Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, April 4, 2023
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Vol. 47 N° 19
Continuation of the debate on the Budget Speech
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Simard, Jean-François
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Mallette, Carole
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Girard, Eric
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Girard, Eric
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Mallette, Carole
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Simard, Jean-François
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Simard, Jean-François
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Girard, Eric
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Montigny, Yves
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Beauchemin, Frédéric
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Beauchemin, Frédéric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Bélanger, Gilles
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Girard, Eric
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Allaire, Simon
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Girard, Eric
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Allaire, Simon
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Allaire, Simon
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Girard, Eric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Bouazzi, Haroun
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Mallette, Carole
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Girard, Eric
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Mallette, Carole
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Simard, Jean-François
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Bélanger, Gilles
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Caron, Linda
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Caron, Linda
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Montigny, Yves
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Girard, Eric
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Caron, Linda
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Bélanger, Gilles
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Beauchemin, Frédéric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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McGraw, Désirée
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Allaire, Simon
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Montigny, Yves
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McGraw, Désirée
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Bélanger, Gilles
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures cinquante-deux minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers amis, à l'ordre, s'il vous plaît! Je constate que nous avons quorum.
Conséquemment, nous pouvons entreprendre nos travaux.
Comme vous le savez, la Commission des
finances publiques est aujourd'hui réunie afin de poursuivre le débat sur le
discours sur le budget conformément à l'article 275. C'était pour tester
vos votre connaissance de nos règlements. Alors, voilà.
Mme la secrétaire, il y a-t-il des
remplacements ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); et Mme Rizqy (Saint-Laurent); par Mme Caron
(La Pinière).
Le Président (M. Simard) : Merci
et bienvenue à nos nouveaux collègues. Nous allons poursuivre nos échanges. Je
cède, d'entrée de jeu, la parole à notre collègue, la députée de Huntingdon,
qui dispose de 18 minutes.
Mme Mallette : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour. Bon matin. Vous allez bien, j'espère, chers
collègues? Moi, ce matin, j'aimerais ça vous parler d'éducation. Donc, l'éducation,
pour une société, bien, ça permet de réduire la pauvreté, ça favorise la
croissance économique, ça permet d'atteindre l'égalité hommes-femmes, ça
promeut le développement social puis ça impacte positivement la santé en
général. Le niveau d'éducation est donc en parfaite corrélation avec le niveau
de vie d'un pays. Donc, on ne peut pas nier l'importance de l'éducation. Je
suis moi-même le fruit de notre système public scolaire, j'y crois profondément,
puis mon gouvernement aussi. 908 millions ont été investis pour encourager
la persévérance scolaire. En fait, ça a été mis au budget pour encourager la
persévérance scolaire, la réussite éducative et augmenter la pratique de
loisirs et de sports. Donc, je pense que, pour notre gouvernement, ça démontre
aussi l'importance de l'éducation. On va rajouter un 659,3 millions pour
favoriser l'accès, la persévérance et accroître la diplomation aux études
supérieures.
J'aimerais vous amener sur un autre
terrain, puis on va comprendre après le lien avec l'éducation. Le mandat
précédent a permis d'identifier et d'amorcer la modernisation de l'État. Des
réformes importantes ont été menées, des gestes visant à modifier les façons de
faire ont été posés. Le système de santé, en particulier, à cause de la
pandémie, a été un des premiers à poser des gestes structurants visant à
améliorer les façons de faire. Notre gouvernement a fait de la modernisation de
l'État une priorité car, surtout à cause de la pénurie de main-d'oeuvre et du
vieillissement de la population, cette modernisation est fondamentale et
nécessaire afin d'être plus efficace. Nécessairement, la clé, pour rendre le
tout plus efficace, est la productivité, et je peux vous dire que notre
gouvernement a bien compris que c'était le virage incontournable à prendre, et
ce virage incontournable, bien, c'est de procéder à la transformation numérique
de l'État.
Donc, je ne sais pas si vous me voyez
venir, M. le ministre. Selon le budget, 173,7 millions a été accordé pour
soutenir l'accès aux données et la transformation numérique dans le réseau de l'éducation.
Donc, j'aimerais, M. le ministre, savoir ce que vous allez faire exactement de
cette somme.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci. Deux
points d'intendance. Peut-être ouvrir les portes pour que l'air circule.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre, ce sera fait à l'instant même.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Le Président (M. Simard) : Mais
pas seulement une, les deux, <de surcroît...
Le Président (M. Simard) :
...fait
à l'instant même.
M. Girard (Groulx) :
Merci.
Le Président (M. Simard) :
Mais
pas seulement une, les deux, >de surcroît.
M. Girard (Groulx) : Et
deuxième point d'intendance, c'est un bloc d'échange de combien de temps?
Le Président (M. Simard) : De
18 minutes...
M. Girard (Groulx) : 18 minutes.
Le Président (M. Simard) : ...auquel
il reste 15 minutes.
M. Girard (Groulx) : Très
bien. Et là... Excusez-moi. Alors, on est dans le bloc sur la transformation
numérique. Excusez-moi, je vais y arriver, juste trouver les bonnes pages.
Le Président (M. Simard) : L'éducation,
oui.
M. Girard (Groulx) : Section...
Ce ne sera pas long.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : C.11,
améliorer la performance du réseau scolaire. Ah! bien oui. OK. Bon. Merci
beaucoup. Alors, si je nous dirige à la page C.11, et puis je vous rappelle que
notre gouvernement a dédié 2,3 milliards pour la réussite des jeunes et
puis qu'il y a 1,5 milliard qui va dans ce qu'on pourrait appeler le...
tout simplement le primaire et le secondaire, et puis ce 117 millions qui
va à l'enseignement supérieur. Et puis, dans le 1,5 milliard, il y a 240 millions
qui va à améliorer la performance du réseau scolaire.
Et ici on parle de... Alors, la
section 1.2, l'amélioration de la performance de l'ensemble du système
éducatif passe par l'utilisation des données au service de l'apprentissage
ainsi que le potentiel offert par le numérique. Il est important d'en exploiter
toutes les possibilités au bénéfice de la réussite des élèves, d'une meilleure
gestion du système éducatif. Cela doit également reposer sur un réseau scolaire
efficient favorisant le partage des ressources et le regroupement des services
de même que sur une gouvernance scolaire agile, laquelle se traduit par un
réseau et un ministère performants. Et là on voit que 174 millions va à
l'accès aux données et la transformation numérique et 66 millions à la
performance, et là il faut distinguer ces deux montants.
Alors, au niveau du 174 millions, il
s'agit de la poursuite du virage numérique à l'école qui offre aux jeunes de
nouvelles façons d'apprendre, de communiquer et de partager. En parallèle, les
investissements sont destinés à la gestion numérique du réseau. Ces
investissements permettront notamment la migration du réseau vers
l'infonuagique ainsi que le renforcement de la posture en matière de sécurité.
Alors, on voit ici, là, qu'il y a de l'argent pour les élèves, mais il y a
aussi évidemment de l'argent pour le réseau. Et...c'est pour ça que — excusez-moi — le
deuxième point, qui est accroître l'efficience du réseau, bien là, on parle
d'initiatives qui pourraient amener la réalisation de diagnostics
organisationnels, production d'études de faisabilité, projets pilotes,
développement d'outils qui pourraient être partagés, les meilleures pratiques,
mise en place de projets locaux.
Il faut se rappeler qu'on a un système
scolaire où les données sont dans les centres de services scolaires et les
commissions scolaires anglophones et que le ministre de l'Éducation n'a pas
toujours l'ensemble des données consolidées de ce qui se passe dans le réseau.
Et là on a fait plusieurs choses pour améliorer cette situation, notamment via l'Institut
de la statistique du Québec qui collecte les données administratives, les met
disponibles dans un environnement sécurisé qu'on appelle les CADRISQ, les
centres d'accès aux données de recherche de l'Institut de la statistique du
Québec. C'est disponible pour les chercheurs académiques. Et là, plus loin dans
le budget, il y a une section où on veut les rendre disponibles pour les
chercheurs du gouvernement.
• (10 heures) •
Alors, ces données administratives là
permettent notamment de faire des études croisées avec le ministère du Revenu,
le ministère de la Santé et des Services sociaux et la Régie de l'assurance
maladie. Et, bref, il y a toute une question de permettre des meilleures
recherches sur les meilleures pratiques en éducation. Ça, c'est pour nos
chercheurs académiques, soit dans les facultés d'éducation ou les... Bien, par
exemple, je connais à l'UQAM une excellente économiste qui se spécialise en
éducation, Catherine Haeck, passe par les CADRISQ pour avoir accès aux banques
de données dans un cadre sécurisé. Alors, pour...
Ces données-là, il faut les avoir,
évidemment, il faut les centraliser, les prendre dans les différents centres de
services scolaires, amener ça au ministère et qui, lui, ensuite, pourra les
partager avec l'Institut de la statistique du Québec. Mais, vous comprenez, il
y a une expression qui est utilisée au gouvernement, et puis, des fois, les
oppositions s'en moquent un peu, mais...
10 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...qui,
lui, ensuite pourra les partager avec l'Institut de la statistique du Québec.
Mais, vous comprenez, il y a... il y a une expression qui est utilisée au
gouvernement, et puis, des fois, les oppositions s'en moquent un peu, mais en
tout respect, parce que c'est... On parle beaucoup de tableau de bord, là, mais
ce n'est pas parce que les... Je dis ça en tout respect, parce que les membres
de l'opposition savent très bien qu'avoir un tableau de bord, c'est pertinent,
mais je pense que ce qu'on... ce qu'on critique gentiment, c'est peut-être que
le mot est trop utilisé. Alors, peut-être, j'ai... Je ne prête pas d'intention,
je réponds à la question, M. le Président.
Alors, c'est certain que le ministre de l'Éducation
veut avoir accès à un tableau de bord et pouvoir intervenir dans son réseau. Je
vous dirais que, moi-même, les données en éducation, ça fait longtemps que c'est
un problème. En 2017, avant de me présenter à l'élection de 2018, je
voulais avoir... j'avais une question très simple : Quel est le taux de
graduation des enfants au Québec? Si vous prenez une cohorte de 100 enfants,
là, 52 filles et 48 garçons? Et, cinq ans plus tard, il y en a
combien qui ont leur secondaire V? Sept ans plus tard, combien ont
leur secondaire V? Et l'historique de tout ça. Et malheureusement, à ma
grande surprise, pour répondre à cette question, ça prenait le doyen de la
faculté de l'éducation de l'Université de Montréal, qui assemblait des banques
de données pour arriver à une conclusion statistique assez solide, mais les... c'était
clair que nous n'avions pas les données de manière centralisée qui résident
dans les différentes commissions scolaires. Parce que c'est assez fondamental. Notamment,
on dit souvent que les garçons ont le moins bon taux graduation que les filles.
Puis on a... on a des objectifs aussi, là.
On veut que, sur un horizon de sept ans, 90 % des gens aient...
soient diplômés, puis on voit que le chiffre actuel... Est-ce que c'est 82 %
ou 84 %? 90 %... Le chiffre actuel en 2021-2022 : 84 % des
élèves après sept ans, parce qu'on permet de transformer son secondaire V
dit régulier en formation professionnelle. Après sept ans, on a un taux de
graduation de 84 %, et les meilleures normes internationales, ce serait 90 %.
Alors, on a l'objectif 90 %. On a où nous sommes, puis là, après ça, on a
besoin de granularité dans les informations pour intervenir au bon... aux bons
endroits puis comprendre. Bref, les données en éducation sont décentralisées
et... ce qui rend l'évaluation des politiques difficile. Excusez-moi, M. le
Président, je vais essayer d'être plus bref à l'avenir, là, je suis... je
suis... je suis rouillé. La fin de semaine, entre les deux... les deux sessions
de commission... je serai plus concis à l'avenir.
Mme Mallette : ...qu'on ne
mesure pas, on ne peut pas l'améliorer.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Mme Mallette : Puis on veut
être efficaces dans les données qu'on va percevoir, là, à l'éducation pour être
réactifs plus rapidement, si on peut avoir les données plus rapidement. Donc,
je comprends vraiment la pertinence des tableaux de bord. Puis je suis certaine
que mes collègues de l'opposition comprennent la même chose que moi.
Parce que, bon, notre gouvernement a quand
même un plan ambitieux, hein, pour les Québécoises et les Québécois. On a un
engagement sincère pour accroître la richesse collective, une volonté
indéfectible à maintenir et améliorer les services en santé, en environnement,
mais en... notamment en éducation. Et, encore une fois, le budget déposé la
semaine dernière, il y a deux semaines même, a démontré ces volontés.
Donc, nous travaillons ensemble afin d'être un Québec plus prospère, plus vert
et plus fier. Puis, dans ce sens, M. le ministre, vous investissez 168 millions
pour favoriser l'accès aux projets pédagogiques particuliers et valoriser la
culture et la citoyenneté québécoise. Est-ce que vous pouvez nous en dire un
peu plus à ce sujet?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Alors,
ça, on sait que c'est... cette mesure vient directement des constats des
vulnérabilités du réseau faits par mon collègue le ministre de l'Éducation,
qui, suite à sa nomination, a fait le tour du réseau. Et on a parlé qu'il y
avait beaucoup d'écoles publiques avec des projets particuliers, mais qui en
avaient aussi sans projet, et qu'il y a eu une <expression...
M. Girard (Groulx) :
...une
>expression assez claire de la part du ministre que les projets
particuliers soient étendus à l'ensemble des écoles publiques secondaires. Et
là on parle d'arts, sports et sciences, bien qu'il y a... il y a
certainement... «arts» au sens large, là, il y a sûrement le volet humanitaire
là-dedans aussi, là, mais, bref, le désir que chaque école secondaire ait un
projet particulier. Et c'est pour ça qu'on bonifie les sommes, qui passent
notamment de 200 $ à 300 $ pour les parents. C'est-tu 100 $ à
300 $ ou 200 $...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : 200 $
à 300 $. Bon, alors, ma mémoire était correcte. Puis c'est certain qu'à
300 $ vous ne jouez pas au hockey, peut-être pas au football, mais vous
pouvez certainement jouer au volleyball et au soccer.
Et puis c'est une progression. Est-ce...
est-ce que, dès la rentrée scolaire de septembre 2023, il y aura un projet
particulier dans chacune des écoles secondaires publiques au Québec? Je le
souhaite, mais ça va être une progression. Peut-être, il faudra ajouter
d'autres sommes. Et on sait que notre gouvernement avait déjà ajouté une heure
par jour, au secondaire, pour, même chose, là, sports, arts, sciences, aide aux
devoirs aussi, mais là ce n'était pas nécessairement dans un contexte de
programme particulier, c'était tout simplement une heure d'activités
supplémentaire. Alors, tout ça vise quoi, là? L'appartenance, la motivation, le
plaisir d'apprendre. Dans le fond, on veut que les étudiants soient heureux à
l'école, aiment leur école, et les projets particuliers visent ça.
Mme Mallette : ...nous avons
déjà parlé que l'éducation est de la plus haute importance pour une nation.
J'imagine que j'ai encore un petit peu de temps.
Le Président (M. Simard) : ...il
vous reste environ trois minutes.
Mme Mallette : Parfait. Merci.
Bien, c'est pourquoi notre gouvernement en a fait sa plus grande priorité.
D'ailleurs, la croissance de l'enveloppe en éducation est forte depuis votre
arrivée à titre de ministre des Finances. Est-ce que vous pouvez nous dire
quelle a été la croissance passée de ce portefeuille-là, puis nous dire aussi
quelle en sera la croissance future?
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Alors... Et là permettez-moi, M. le Président, de faire l'éloge du ministère
des Finances, parce que c'est possible de connaître les taux de croissance des
dépenses dans le budget du Québec. C'est absolument impossible dans le budget
fédéral. Il n'y a pas de taux de croissance dans les budgets fédéraux et il n'y
a pas de taux cumulé de croissance, puis il n'y a pas de notes de bas de page
pour expliquer les taux de croissance. Alors, vraiment, le Québec fait un
effort de divulgation digne de mention. Et, si vous m'aviez demandé quel est le
taux de croissance des dépenses militaires au Canada, j'aurais été obligé de
vous répondre : Je ne sais pas, je vais être obligé de prendre ma
calculatrice parce que ce n'est pas écrit.
Alors, je me dirige donc vers la section
sur la situation budgétaire du Québec, la fameuse section H, où, à la
section H.41, on a l'évolution des dépenses. Et là on y va par dépenses de
portefeuille, à la section H.42, et on voit que l'éducation a crû en 2022-2023,
par rapport à 2021-2022, de 10 %. Ce qui nous concerne plus, c'est le
budget actuel, 6 %, 2023-2024, puis, 2024-2025, 3 %. Puis là on fait
une moyenne géométrique de 6,4 %. Puis, si on veut en savoir plus, on va à
la note 3, qui nous explique qu'en 2023-2024 ainsi qu'en 2024-2025 les
croissances des dépenses s'expliquent par la hausse des coûts liés à la
prestation de services des établissements et les initiatives annoncées dans le
budget 2023-2024.
• (10 h 10) •
Pourquoi on a eu un si haut taux de
croissance en 2022-2023? Bien, c'est principalement parce que, la base
budgétaire 2021-2022, il y a des dépenses qui n'ont pas sorti. Alors là,
vous avez vraiment un exemple de transparence. Puis, par le passé, la moyenne
de croissance de dépenses en éducation, c'était plus de 6 %. Vous avez
peut-être la décimale exacte, Mme la...
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : En
conclusion.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : On va
trouver la décimale exacte. On va le donner dans un autre bloc, M. le
Président...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : C'est
zéro... 6,0 %, <M. le Président...
M. Girard (Groulx) :
...C'est
zéro... 6,0 %, >M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Ah!
bien, vous l'avez dans le temps pile.
M. Girard (Groulx) : Je l'ai
bien estimé.
Le Président (M. Simard) : Très,
très bien estimé, et dans les 18 minutes également estimées.
M. Girard (Groulx) : Merci. C'est
parti, là, je me réchauffe.
Le Président (M. Simard) : Alors,
je cède maintenant la parole à notre collègue de Maurice-Richard,
qui dispose d'environ 20 minutes.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. M. le ministre, chers collègues, très heureux d'être là. D'abord,
avant d'ouvrir une conversation que je voudrais ouvrir sur la question de la
crise climatique, je voudrais revenir sur les questions d'inégalité des genres
dont on a beaucoup parlé la dernière fois dans nos échanges entre M. le
ministre et moi-même, où on avait signifié le fait que les institutions, les
politiques publiques peuvent contribuer à créer ou à reproduire des inégalités
de genre et que ces baisses d'impôt faisaient en sorte qu'elles augmentaient,
en fait, les inégalités de genre. Étant donné que... alors que 30 % des
Québécoises et des Québécois n'auront pas accès à cette baisse d'impôt, les
femmes sont surreprésentées dans les populations pauvres. Et donc c'était
37 % des femmes, ce à quoi le ministre est revenu avec un chiffre
intéressant qui est que 52 % des personnes qui vont profiter de cette
baisse d'impôt sont des hommes et 48 % sont des femmes. Nous avons fait
des calculs pour savoir où est-ce que tombaient, donc, ces différentes
catégories. Et, en gros, sur le 1,7 milliard de dollars de baisses
d'impôt, il y en a un peu plus que 1 milliard qui va aller à des hommes et
le reste aux femmes, aux Québécoises. Donc, peut-être une question à M. le
ministre : Est-ce que... À partir de combien d'inégalités, on va dire, de
ces retours d'impôt, on considère que ces politiques publiques là augmentent
les inégalités de genre au Québec?
M. Girard (Groulx) : La
première chose que j'aimerais vous dire, c'est que j'ai suggéré à ma fille
d'écouter notre échange la semaine dernière, mais revenons à l'échange
d'aujourd'hui. Ce qui ne veut pas dire qu'elle l'a fait, là. Votre question,
précisément, c'est quoi, là? Parce que je ne veux pas vous faire perdre votre
temps.
M. Bouazzi : La question en
fait est simple. D'après nos calculs, au minimum, sur le 1,7 milliard de
retour d'impôt qu'il va y avoir annuellement, au minimum, il y en a 1 milliard,
en fait plus que 1 milliard qui va aller aux hommes et le reste aux
femmes. Donc, à partir de quel pourcentage on considère que ces politiques-là
augmentent les inégalités de genre, ou est-ce qu'au moins... peut-être, je...
plutôt que poser cette question-là, où la réponse est évidemment : elles
augmentent, si je peux me permettre de répondre à cette partie-là, en tout cas,
de notre lecture des choses, augmentent les inégalités de genre, peut-être pour
les prochaines politiques publiques, est-ce que le gouvernement pourrait
s'engager d'étudier quel impact sur les inégalités de genre peuvent avoir ce
genre de politiques, qui sont des politiques très importantes, hein, que vous
avez mis de l'avant, pour éviter que les prochaines décisions fiscales
participent à augmenter les inégalités de genre au Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci pour la question. Puis c'est évidemment une question très importante. Je dirais
que vous faites une erreur statistique parce que vous regardez la distribution
au temps, T égale à zéro. Or, la baisse d'impôt est permanente. Alors, il
faudrait la regarder sur l'ensemble de l'horizon. Vos chiffres de
1,7 million, je les confirme, ils sont justes, ainsi que les chiffres de
52 %... 52 % d'hommes, 48 % de femmes. Mais il n'y a rien qui
dit que, dans 10 ans, on aura la même distribution, là, c'est une
politique qui est dynamique. Et ce qu'on voit au Québec, c'est qu'on a les taux
de participation des femmes au marché du travail les plus élevés et qu'il n'y a
rien qui permet de croire que la distribution exacte de cette politique va
rester la même dans le temps parce que la société évolue. Quant aux analyses,
lorsque vous dites : Est-ce que vous faites des analyses? Bien, comme je
vous ai mentionné, nous avons deux ressources au secrétariat de la condition
féminine qui font de telles analyses.
M. Bouazzi : Merci, M. le
ministre. Je me permets de dire que, si on ne fait pas des analyses sur les
inégalités de genre, sur les prochaines politiques publiques que votre
gouvernement va faire dans les trois prochaines années, il n'y a aucune
raison qui va faire en sorte que, par magie, par miracle, les Québécoises vont
commencer à gagner autant, voire plus d'argent que les hommes et donc profiter
plus que les hommes de ces baisses d'impôt. Ça ne se fera pas par magie. Ça
s'est toujours <fait...
M. Bouazzi :
...
toujours
>fait parce qu'il y a des femmes qui sont... demandé, exigé un certain
nombre de politiques publiques pour garantir leur égalité. Malheureusement, on
est en 2023, et vous le savez comme moi, sur les questions de revenus et
sur toutes sortes d'autres questions... On était ensemble en commission sur le
RRQ, c'est la même chose, les femmes, on sait, reçoivent moins de... de RRQ que
les hommes parce qu'elles gagnent moins que les hommes. Évidemment, il y a les
questions des plafonds de verre. Il y a toutes sortes de... Il y a les biais
inconscients. Il y a toutes sortes de raisons qui font en sorte que, si on ne
met pas en place des analyses systématiques des conséquences sur les inégalités
de genre des politiques publiques de l'État, ça ne se fera pas par magie. Et,
dans le cas qui nous intéresse, qui a été une des propositions phares du
gouvernement, qui est cette baisse d'impôts là, c'est bien la preuve que ça ne
se fait pas par magie. On a donné, je le rappelle, sur 1,7 milliard de
dollars, plus de 1 milliard aux hommes et le reste aux femmes. Et donc on
a participé à augmenter les inégalités qui sont déjà inégalitaires.
M. Girard (Groulx) : Je peux
répondre ou?
M. Bouazzi : Avec plaisir.
Le Président (M. Simard) : Tout
à fait.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
suggère qu'on regarde l'ensemble des politiques du gouvernement. Par exemple,
c'est certain que le montant pour les aînés de 2 000 $, lui, va aux
femmes dans une majorité. Dans ce cas-là, c'est 58-42, 58 % femmes,
42 % hommes. Et le... Et le 2 000 $ coûtait, lui, 1,6 milliard
par année.
Alors, je vous dirais que, si on prend ces
deux politiques, là, qui sont essentiellement les deux politiques
permanentes... Parce que, dans le bouclier, il y avait des chèques temporaires,
puis les tarifs, que vous avez endossés, mais que vous... vous auriez préféré
un gel, ça, c'est pour le mandat. Mais, pour ce qui est des deux politiques
plus permanentes, une est 52-48, l'autre est 58-42 en faveur des femmes, et les
deux coûtent plus de 1,5 milliard par année.
Alors, je pense qu'il faut regarder
l'ensemble de ce qu'on fait.
M. Bouazzi : ...M. le
ministre. Nous avons d'ailleurs applaudi cette... j'ai personnellement applaudi
cette politique pour les personnes aînées.
Ceci étant dit, c'est dommage qu'on doive
attendre à l'âge de 70 ans pour que ces politiques-là embarquent, alors
que la baisse d'impôts, évidemment, touche tout le reste des femmes du Québec.
M. Girard (Groulx) : Mais ça
touche aussi 1,2 million de personnes.
M. Bouazzi : Oui, oui. Et
c'est pour ça que nous l'avons applaudi. Parce que l'égalité des genres,
évidemment, c'est pour tous les Québécoises et Québécois. Je suis persuadé que
probablement qu'on arriverait à des... à un certain nombre d'accords, malgré
beaucoup de désaccords que nous avons évidemment. Mais, comme ce qui a été dit
juste avant, tout ce qui n'est pas calculé, ou partout où il n'y a pas de
métrique, partout où il n'y a pas d'analyse, et je viens d'un monde comme vous
où on aime beaucoup les tableaux de bord et les métriques, bien, encore une
fois, les questions de justice ne se feront pas d'elles-mêmes. Et, sur les
questions de genre, particulièrement en 2023, nous, on apprécierait que,
si vous ne choisissez pas de faire passer notre projet de loi... bien, d'en mettre
un qui oblige les politiques publiques à se poser au moins la question et
d'assumer les inégalités auxquelles elles participent ou, au contraire, de se
réjouir du fait qu'elles comptent un certain nombre d'inégalités.
M. Girard (Groulx) : J'ai
déjà répondu à cette question, M. le Président, en disant qu'on le fait déjà.
Et je comprends dans notre échange que le député de Maurice-Richard
considère qu'on ne le fait pas assez, que les ressources...
M. Bouazzi : Disons ça comme
ça.
M. Girard (Groulx) : ...que
les ressources qui sont accordées à cette activité sont insuffisantes.
• (10 h 20) •
M. Bouazzi : Effectivement.
Surtout, M. le ministre, c'est moi qui vous ai posé la question sur les... sur
les baisses d'impôts, mais... mais fermons, parce qu'on... je suis d'accord
qu'on a tous les deux à peu près dit la même chose plus d'une fois.
Sur les questions de la crise climatique,
qui est une des questions, avec les questions de justice sociale, qui nous
obsède de notre côté de la... de la banquette, la... Il y a eu le rapport du
GIEC, que j'ai d'abord déposé il n'y a pas longtemps, où il y avait un certain
nombre de scénarios qui étaient abordés, à 1,5 %... 1,5° d'augmentation,
donc, maximale, ou à 2°, ou carrément, si on ne fait rien, à 4°. Déjà, est-ce
que le gouvernement a choisi un scénario parmi les... parmi les scénarios du
GIEC? Est-ce qu'il y a un objectif d'augmentation auquel on veut participer, 1,5°,
ou 2°, ou plus que 2°, donc, d'augmentation de <degré...
M. Bouazzi :
...
d'augmentation >degré de...
M. Girard (Groulx) : Bien, notre
cible de réduction de 37,5 % par rapport à la base de 1990 est cohérente
avec l'engagement du gouvernement canadien en vertu de l'Accord de Paris. C'est
donc 1,5° qui est... La cohérence, c'est avec le 1,5°. Puis là, lorsque vous
dites : Est-ce qu'il y a un... Est-ce que les autres scénarios, suite au
rapport du GIEC, sont étudiés?, là, ce serait une question pour le ministre de
l'Environnement, mais j'ai vu le rapport, là, il est sorti la veille du budget,
je crois, là...
M. Bouazzi : Oui. L'avant-veille,
exactement.
M. Girard (Groulx) : J'en ai
pris conscience.
M. Bouazzi : Oui. C'est le
résumé des... D'abord, c'est le résumé du résumé des six rapports
précédents. Il n'y a pas... il n'y a pas grand-chose de nouveau par rapport à
ce qu'on...
M. Girard (Groulx) : Je vous
l'accorde.
M. Bouazzi : ...ce qu'on
savait déjà. Juste pour être sûr, donc, l'objectif, actuellement, du
gouvernement du Québec auquel on participe, donc, c'est celui du gouvernement
fédéral, c'est de ne pas dépasser le 1,5° d'augmentation planétaire.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Bouazzi : Je vous
avouerai, j'ai peut-être... j'ai probablement...
M. Girard (Groulx) : C'est l'Accord
de Paris.
M. Bouazzi : OK.
M. Girard (Groulx) : C'est l'Accord
de Paris. Notre cible est à l'intérieur de la cible canadienne. Et l'engagement
officiel du Canada, c'est l'Accord de Paris. Et puis il y a toute la question
de l'article 6, là, et les... les bourses du carbone, puis les réductions
avec la Californie, puis etc., là, mais c'est... il reste qu'au niveau où on
discute aujourd'hui c'est... notre cible est cohérente avec 1,5°
d'augmentation.
M. Bouazzi : OK. Et je vous
avouerai... et puis je vais... on va... on va probablement faire des
recherches, je suis très étonné pour une raison, et je ne connaissais pas les
détails de ce qui ferait que 35 % de diminution jusqu'à 2030, sachant que,
donc, dans le rapport, on parle de... il faut arriver à un plafonnement des réductions
mondiales en 2025 avec une réduction de 43 % des gaz à effet de serre par
rapport au niveau de 2005 ou de 1990, suivant comment on voit, mais il n'y a
pas une énorme... une énorme différence...
M. Girard (Groulx) : Il n'y a
pas une énorme différence, vous avez raison.
M. Bouazzi : Exact.
M. Girard (Groulx) : D'ailleurs,
je pense que la cible canadienne était en fonction de 2005.
M. Bouazzi : Oui, c'est ça,
c'est la même chose parce qu'on était revenus à... Bon, bref, mais... mais ça,
donc la diminution de 43 %, c'est jusqu'à 2030 pour rester au 2°, et
carrément, et là on parle de diminution mondiale de 57 %, jusqu'à 2030
pour pouvoir rester au 1,5°. Je dois dire que je suis très étonné de penser que
la réduction de 30 et quelques pour cent que le gouvernement propose avait
comme objectif d'être dans le 1,5° avec...
Mais imaginons... Question que j'ai pour
M. le ministre, c'est : Par rapport aux... aux émissions de gaz à effet de
serre, quelle est la quantité de tonnes de CO2, donc, émises par
Québécois? Et, du coup, ça... Donc, je comprends qu'il y a une baisse de tonnes
de CO2 par Québécois dans les... d'ici 2030. Actuellement, on en est
où?
M. Girard (Groulx) : Alors,
les données que nous avons divulguées au budget, F.6 et F.7, montrent, en 2020,
une... un montant d'émission de 74 mégatonnes. Vous comprenez évidemment
que 2020, c'est l'année de la pandémie. Et je le dis en toute franchise, j'ai
moi-même demandé aux collègues du ministère de tout faire pour mettre les
données de 2021, mais, dans la mesure où elles n'étaient pas disponibles,
c'était... ça aurait été présomptueux pour le ministère des Finances de les
divulguer avant le ministère de l'Environnement. Et, présomptueux ou non, les
données n'étaient pas disponibles, alors... Donc, je donne le bémol qu'on doit
tous reconnaître qu'évidemment 2020, c'est une bonne année pour regarder notre
volume d'émissions pour s'encourager mais que les données seront plus hautes en
2021.
Alors, les... les émissions étaient de
85 mégatonnes en 1990. Elles sont de 74 mégatonnes en 2020.
Ça, c'est sur le territoire du Québec. Parce que, si on prend les économies qui
ont été faites en <Californie...
M. Girard (Groulx) :
...qui
ont été faites en >Californie, ce serait 26 % de réduction plutôt
que 13 %. Vous comprenez le principe. Et puis, par habitant, c'est 8,6. Ça,
c'est des tonnes, 8,6 tonnes par habitant.
M. Bouazzi : Des tonnes, exact.
Exact. Et puis, en se basant... Alors, c'est très dur d'avoir des métriques qui
sont plus segmentées que ça au Québec. Encore une fois, malheureusement, tout
ce qu'on ne... tout ce qu'on ne mesure pas est difficilement, évidemment,
étudiable. Mais on a les... les travaux, entre autres, de Francis Vailles, qui
a tenté de voir quelle était l'émission de quantité de tonnes de CO2
en fonction de quelle couche sociale à laquelle on appartient. Et je ne vous
ferai pas le quiz, parce que je vous avouerai qu'on a eu du mal à avoir les
données. Ça fait que je ne vous ferai pas l'affront de vous poser la question,
mais, en gros, le 1 % le mieux nantis au Québec, là, on parle... émettrait
97 tonnes de CO2 par personne, une centaine de tonnes par
personne. La classe moyenne est autour de 11 tonnes par année. Et, pour le
50 %, donc quand même 50 % de la population le moins nantie, on est à
cinq tonnes de CO2 par personne. Donc, en gros, si on polluait
tous, on consommait tous comme le 50 % le moins nantis au Québec, on
aurait déjà atteint nos objectifs de 2030.
Donc, ma première question, peut-être,
pour M. le ministre : Est-ce que... Sachant que le 1 % le mieux
nantis produit 20 fois plus de tonnes de CO2 par personne que
le 50 %, 4 millions de personnes, le moins nanti au Québec, est-ce
qu'il y a un ratio à partir duquel on peut se dire : Bien là, il va
falloir intervenir? Peut-être que la tonne de CO2 pour le 1 %
devrait coûter plus cher, ou peut-être, carrément, il faudrait interdire des
choses qui participent à cette augmentation de tonnes de CO2 pour
les personnes les mieux nanties au Québec.
M. Girard (Groulx) : Bon,
alors, dans votre question, vous avez fait un tour des statistiques de base
d'une distribution de probabilité, vous avez donné la moyenne, la médiane, les
extrêmes à gauche, les extrêmes à droite. Et puis, évidemment, l'extrême à
droite de la distribution émet plus de CO2 que l'extrême gauche, mais,
en moyenne, c'est 8,6 tonnes. Et, avec l'ampleur du défi que nous avons,
tous vont participer. La réduction des gaz à effet de serre, le travail qu'il y
a à faire, puis là on voit... Vous avez mentionné qu'on n'a... qu'on n'a pas
beaucoup de données désagrégées, mais déjà, à la page F.7, on a une partie
de la solution, où on voit que, depuis 1990, les industries ont réduit de
29 %, le bâtiment, de 37 %, donc les industries et le bâtiment ont
fait des progrès notables, et que les transports sont en hausse de 16 %.
Donc, on voit tout de suite que le secteur des transports, individuel et
commercial... je pense qu'il est... le transport se... ça, je pourrais vous désagréger
ça en deux, mais, lorsque j'ai demandé cette désagrégation, les deux secteurs
sont responsables la hausse des émissions. Et là qui dit transport dit
l'ensemble de distribution de la population devra faire des efforts.
M. Bouazzi : Question simple :
Est-ce que les personnes les mieux nanties, qui produisent 20 fois plus de
tonnes de CO2 que le 50 % du bas de l'échelle, devraient
contribuer plus?
M. Girard (Groulx) : Ma
réponse, c'est : Étant donné l'ampleur du défi que nous avons avec les
changements climatiques, l'ensemble de la population devra en faire plus.
• (10 h 30) •
M. Bouazzi : Donc, je
comprends qu'il n'y a pas de bonnes raisons pour quoi... Juste... juste pour
comprendre le... Actuellement, si on prend... en gros, il nous reste un capital
de CO2 par personne mondiale, OK, c'est à peu près 50 tonnes de
CO2 par être humains sur terre, que, si on dépasse, on est sûrs de
chauffer plus... on n'est pas sûr, évidemment, si on lit les rapports, il y a
toujours un... on va entrer dans les détails techniques, il y a toujours un
certain nombre d'inconnues. Donc, si on veut se donner 50 % de chances de
pouvoir limiter le réchauffement de la planète à un 1,5°, il faut se retrouver avec...
on a 50 tonnes par personne de budget, et on a une partie de notre population
qui en dépense 100 tonnes...
10 h 30 (version révisée)
M. Bouazzi : ...de notre
population, le 1 % des mieux notés qui... on dépense 100 tonnes par
an, donc le double du budget mondial. Donc, on en parlera à notre prochain
segment. Merci.
Le Président (M. Simard) : Ah!
il restait quelques secondes. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
on en reparlera à notre prochain segment, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, merci à vous deux. Je cède maintenant la parole au député de
René-Lévesque, qui dispose d'une période d'environ 18 minutes.
M. Montigny : Bonjour.
Merci, M. le Président. Vous excuserez ma voix, ce n'est pas la fin de semaine,
c'est la grippe. Le rhume est encore là, ça fait que ça laisse des séquelles.
Alors, M. le Président, simplement vous
dire qu'aujourd'hui j'ai envie de vous parler d'économie, de la situation
financière du Québec et de la dette, notamment. Mais, avant, j'aimerais ça
prendre le temps d'expliquer, pour ma région, pour la Côte-Nord, comment ce
budget-là a été.... a ciblé des priorités extrêmement importantes pour nous
citoyens, notamment dans le domaine économique, en favorisant le développement
du secteur forestier avec des investissements importants, notamment, dans des
demandes qui étaient faites par le milieu depuis longtemps dans le secteur
sylvicole. Alors, les travaux sylvicoles ont été priorisés.
Aussi pour rehausser la formation dans les
services des régions, c'est extrêmement important. La Côte-Nord se développe
dans une économie du savoir, puis on était très heureux de voir qu'il y a des
investissements annoncés dans le budget dans ce domaine-là. Alors, très
important pour notre économie.
C'est important aussi, les enjeux de
main-d'oeuvre dans le secteur touristique. Alors, très content de voir qu'on
investit dans ce budget-là, dans ce domaine, pour être capables de développer,
je dirais, de mettre en valeur la beauté de l'ensemble du territoire québécois.
Je vous invite d'ailleurs, M. le Président, à venir visiter la Côte-Nord dans
les prochains mois, vous allez voir comment c'est extraordinaire, ce secteur.
On parle beaucoup de la Gaspésie, mais venez voir la Côte-Nord.
Le Président (M. Simard) : J'accepte
votre invitation.
M. Montigny : Et venez
goûter, c'est le temps du crabe et c'est le temps... Alors, M. le Président, je
vous le dis, ça vaut la peine de venir voir ça.
Maintenant, poursuivre le développement du
territoire du Plan Nord, c'est extrêmement important. On le voit, comment
habiter le Nord, c'est important pour l'occupation du territoire. Et il y a des
beaux éléments du budget et, bien, mettre en place... Maintenant la mise en
place du nouveau congé fiscal pour des grands projets d'investissement dans des
territoires aussi immenses, avec des ressources naturelles aussi abondantes que
dans le secteur du Nord, on ne peut que saluer cette vision du gouvernement.
Maintenant, j'aimerais me concentrer sur
une autre partie de l'économie, la situation financière et la dette. Alors,
bien que les risques, là, bien que la situation actuelle nous amène dans un
contexte d'inflation, on voit bien que le budget est allé cibler des mesures
extrêmement importantes pour les Québécois. On voit qu'on est dans une période
de transition pour l'économie mondiale. Il y a une croissance du PIB réelle au
Québec qui devrait être à 0,6 %. La maîtrise de l'inflation devrait
permettre de rétablir un contexte propice à une croissance durable en 2024, mais
on voit vraiment que le gouvernement s'est... a pris le temps de regarder ces
notions importantes puis de regarder tous les enjeux en lien avec les scénarios
de la dette et le poids que ça amène, l'inflation, sur le citoyen. Et on s'est
dit : Comment on peut faire pour aider le citoyen?
Alors, j'aimerais ça, dans un premier
temps, poser une question au ministre des Finances pour voir comment il voit
ça, lui, l'enjeu du retour à l'équilibre budgétaire. Parce que, oui, on a aidé
les citoyens parce qu'ils en avaient besoin. On est dans un contexte où il
fallait absolument remettre de l'argent dans le portefeuille des citoyens. Mais
évidemment il faut toujours garder dans le viseur l'enjeu de l'équilibre
budgétaire. Alors, j'aimerais ça poser comme question au ministre des Finances :
Pouvez-vous nous expliquer, pour notre gouvernement, l'importance du retour à l'équilibre
budgétaire?
M. Girard (Groulx) : Certainement,
M. le député, et député de René-Lévesque. Et je me permets de dire aux nombreux
sous-ministres hautement qualifiés qui m'entendent, que lorsqu'on s'est...
lorsque nous avons débattu la <pertinence de mettre à la page...
M. Girard (Groulx) :
...que,
lorsqu'on s'est... lorsque nous avons débattu la >pertinence de mettre
le à la page C-26, «notamment dans la région de la Côte-Nord», c'était
pour cet excellent député de René-Lévesque, qui va accueillir un pôle... un
projet qui s'appuie sur la mobilisation des acteurs locaux et régionaux pour
rehausser la formation collégiale et universitaire, notamment dans la région de
la Côte-Nord. Alors, je me souviens qu'on avait eu un débat sur ce «notamment».
Et puis la langue française est précise. Alors, voilà. Vos... La Côte-Nord
était dans nos pensées lors de la rédaction.
Alors, nous avons une loi sur l'équilibre
budgétaire qui remonte au premier ministre Bouchard. Elle a été modifiée,
améliorée par la suite. Nous allons moderniser la loi, parce que nous l'avons
suspendue et que les critères qui ont été créés pour engendrer une période, la
nécessité de produire un plan de retour à l'équilibre budgétaire, sont petits
en proportion de la taille de l'économie. Et donc la loi devra être modernisée.
C'est ce que nous proposons dans le budget.
Alors, nous avons la définition
d'équilibre budgétaire la plus stricte au Canada, notre définition de
l'équilibre budgétaire. Et, si on prend le cadre financier à la page H.5 puis
qu'on regarde l'année 2023-2024, on constate que nous anticipons
148 milliards de revenus et 148 milliards de dépenses. Au sens de la
comptabilité des entités gouvernementales, tel que le gouvernement fédéral fait
son budget, nous serions à l'équilibre budgétaire, 148 et 148. Le gouvernement
fédéral n'inclut pas de provisions pour éventualités, ce que nous faisons pour
1,5 milliard de dollars auxquels s'ajoutent des versements au Fonds des
générations de 2,4 milliards de dollars. Et, selon notre loi de 1995. 1995
ou 1998?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Martin?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : 1996,
voilà. Alors, on était dans l'intervalle de confiance. Le solde budgétaire est
de... déficit de 4 milliards, et donc la somme de la provision et du
versement au Fonds des générations. Mais vous comprenez que, si nous étions
l'Ontario ou le Canada, nous serions à l'équilibre budgétaire. Nous montrons un
déficit de 4 milliards de déficit. Et pourquoi cette version plus stricte?
Bien, parce que les versements au Fonds des générations visent à réduire la
dette du gouvernement du Québec, qui avait été jugée, notamment en 2006,
beaucoup trop élevée. Depuis, nous sommes approximativement au niveau de
l'Ontario, et puis on surperforme Terre-Neuve, la surperformance par rapport à
Terre-Neuve étant, évidemment, la combinaison de notre amélioration et,
malheureusement, de leur détérioration. Et, bref, déficit de 4 milliards,
obligation, en vertu de la loi, de revenir à l'équilibre budgétaire cinq ans
plus tard. Et le plan que nous avons divulgué est d'une simplicité
déconcertante, c'est-à-dire que le 4 milliards en 2023‑2024 deviendra 3 milliards
en 2024‑2025, 2 milliards en 2025‑2026, 1 milliard en 2026‑2027, et
l'équilibre budgétaire, après contribution au Fonds des générations, en 2027‑2028.
• (10 h 40) •
Comment prévoyons-nous revenir à
l'équilibre budgétaire? Alors, ça, c'est écrit, c'est écrit... Je vais le
trouver. Le retour à l'équilibre budgétaire, page H.25. On y apprend que,
d'abord, il y aura une ponction. Il faudra toujours favoriser la croissance
économique parce que les revenus sont directement liés à la croissance du PIB
nominal, et 1 % de croissance de PIB nominal donne approximativement
1 milliard de revenus. C'est bien sûr qu'on a des obligations en vertu des
principales missions de l'État et que, lorsque le fameux secret de la gestion,
toutes activités confondues, qu'on appelle l'efficacité opérationnelle, c'est-à-dire
qu'il doit y avoir un arrimage entre la croissance des dépenses et des revenus,
ce que nous avons au taux de 3 % pour les cinq prochaines années.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de René-Lévesque.
M. Montigny : Merci
beaucoup pour votre <réponse. Il restait deux éléments...
Le Président (M. Simard) :
M. le député de René-Lévesque.
M. Montigny :
Merci
beaucoup pour votre >réponse. Il restait deux éléments à aborder, que
j'annonce tout de suite, là, toute la partie de la modification de la Loi sur
l'équilibre budgétaire, mais je ne veux pas, je ne veux surtout pas manquer de
temps pour la question de la dette. Et je vais aller tout de suite à la dette
puis, si j'ai du temps, je reviendrai à la loi, à moderniser la Loi sur
l'équilibre budgétaire. Mais pour la dette, on a vu, là, dans le budget, que
notre gouvernement est allé vers la réduction, là, du poids de la dette, que ça
demeure une priorité pour le gouvernement, puis que c'est un budget qui est...
qui est prudent. J'aimerais quand même vous entendre sur comment vous comptez
apporter, là, des changements à la Loi sur la réduction de la dette et... tout
en lien avec le Fonds des générations. Qu'est-ce que vous comptez faire,
spécifiquement, sur l'enjeu de la dette en lien avec le Fonds des générations?
M. Girard (Groulx) : Merci
pour la question. Alors, je pense qu'on doit aller à la page I.7, qui
rappelle... Il faut se poser la question, là : Pourquoi on veut réduire le
poids de la dette? Et on pourrait même dire : Pourquoi, on veut réduire le
poids de la dette en proportion du PIB? D'abord, il faut se rappeler que,
lorsque nous sommes à l'équilibre budgétaire, au sens comptable, revenus moins
dépenses, la dette augmente quand même, parce qu'il y a des dépenses en
capital, des dépenses d'immobilisation. Alors, on peut avoir des dépenses
d'opération à l'équilibre, et la dette continue d'augmenter, parce qu'on a... Avec
un PQI de 150 milliards de dollars sur 10 ans, bien, on a des
dépenses en capital qui ajoutent à la dette.
Alors, la raison qu'on veut continuer à
réduire le poids de la dette, notamment avec le Fonds des générations, mais avec
d'autres mesures aussi, notamment avec la croissance économique et puis une
saine gestion des finances publiques, bien, il y a plusieurs facteurs. D'abord,
il y a l'équité intergénérationnelle, il y a s'assurer de pouvoir financer les
principales missions de l'État à long terme, faire face aux coûts associés au
vieillissement de la population. C'est certain qu'on aura des dépenses
supplémentaires associées au poids démographique, l'évolution démographique du
Québec, mettre en place des mesures pour lutter contre les changements
climatiques, financer des investissements importants en infrastructures
publiques, réduire le fardeau fiscal des Québécois, contrer de nouvelles
récessions ou de la volatilité économique et augmenter l'autonomie financière
du Québec dans la fédération, parce que le Québec reçoit 14 milliards de
péréquation. Et puis, évidemment que plus on réduit notre dette, moins on a de
service de dette élevé, plus on a une économie qui est forte, plus on aura...
on réduira notre dépendance à la péréquation, ce qui se fait doucement dans le
temps.
Alors, au niveau de la dette, c'est
important d'avoir des objectifs à long terme, M. le Président. Les objectifs
que nous avions datent de 2006, avec deux cibles, une pour la dette brute et
une pour la dette nette. La cible de dette brute sera atteinte, la cible de
dette nette ne sera pas atteinte. Et nous visons, donc, à moderniser la loi en
se donnant une nouvelle cible, en modifiant les versements aux générations une
fois, parce que ceux-ci augmentaient trop vite et allaient atteindre
5 milliards à l'an 5 du cadre financier. Et ce qu'on propose, c'est
d'adopter la même cible de dette que les autres provinces canadiennes, pour
avoir une base comparative, de n'avoir qu'une cible pour éviter une certaine confusion.
Alors donc, nous recommandons la dette nette. Nous recommandons un horizon de
15 ans et nous allons réduire la dette nette de 10 % sur un horizon
de 15 ans. S'il n'y avait pas eu de baisse d'impôt, ça aurait pu être
accompli sur 10 ans. Donc, la baisse d'impôt a été financée par une
réduction moins rapide du poids de la dette, de... Je répète, ce que nous
faisons, c'est une réduction de 10 % de dette nette sur 10 ans,
plutôt que... sur 15 ans, plutôt que sur 10 ans, s'il n'y avait pas
eu de réduction d'impôt.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous. Cher collègue.
M. Montigny : Merci.
Merci beaucoup pour la réponse. Alors, j'ai entendu dans votre réponse, M. le
ministre, qu'évidemment, là, sur la question de la dette, vous avez évalué, là,
l'enjeu de la modernisation de la loi, sur l'enjeu de l'équilibre budgétaire.
Alors, je suis <content d'avoir un peu de temps...
M. Montigny :
...modernisation
de la loi, sur l'enjeu de l'équilibre budgétaire. Alors, je suis >content
d'avoir un peu de temps, là. Vous comptez moderniser la Loi sur l'équilibre
budgétaire. Alors, pouvez-vous nous expliquer exactement ce que vous comptez
faire dans cette... dans cette... dans ce que vous avez mentionné? Puis en quoi
c'est essentiel de procéder à cette modernisation?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui.
Oui oui. Voilà. A.22?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Mais
elle n'est pas dans H?
Une voix : Oui, c'est la
même.
M. Girard (Groulx) : C'est
la même. Mais H, c'est quelle section? Quelle page?
Une voix : 28.
M. Girard (Groulx) : 28.
Voilà! H.28. OK. Alors, à la page H.28, on parle de la levée de la
suspension parce que, durant la pandémie, on a suspendu la loi parce que si on
ne l'avait pas suspendue dès le déficit de 2020‑2021, on aurait été obligé de
déposer un plan de retour à l'équilibre budgétaire en 2021‑2022. Et là on a
suspendu la loi, et là on fait la levée de la suspension et la modernisation de
la loi. Les intentions législatives précises viendront avec l'omnibus
budgétaire. Puis on aura l'occasion d'en discuter tous ensemble. Mais on est
transparents. On dit : Dans le contexte de la modernisation de la loi, le
gouvernement souhaite améliorer la flexibilité budgétaire dans la détermination
de l'équilibre budgétaire, actualiser les règles exigeant le dépôt d'un plan de
résorption du déficit, dont le seuil et les délais prévus à partir desquels ce
plan est requis. Là, on fait référence au fameux seuil du déficit de 1 milliard
qui a été établi en 2006. Puis évidemment, 1 milliard, aujourd'hui, dans
une économie de 550 milliards, c'est petit. Réviser les règles encadrant son
exécution, dont la mise en place de mesures de résorption et la période prévue
pour résorber les dépassements, abolir la réserve de stabilisation.
C'est une suggestion. Peut-être qu'on
trouvera des supporteurs de la réserve de stabilisation. J'en connais peu. La
réserve de stabilisation était le cumul des surplus passés et... Et dans notre
cas, il n'y a pas de surplus passé. Alors, la réserve est à zéro. Alors, c'est probablement
le bon moment pour l'abolir, pendant qu'elle est à zéro.
Les modalités proposées seront précisées
ultérieurement. Ça, ça veut dire dans l'omnibus budgétaire. Et puis on pourra
discuter de tout cela ensemble, mais je pense que principalement, actuellement,
si je sursimplifie, dès qu'il y a un déficit de 1 milliard, il faut rentrer
en mode plan de retour à l'équilibre budgétaire. Or, 1 milliard, c'est
petit en comparaison de la taille de l'économie aujourd'hui et du fait que
lorsqu'on a 1 milliard de déficit au Québec, dans les faits, on est en
surplus de 3, 4 milliards au sens comptable par rapport aux autres
provinces, selon leurs propres normes.
Le Président (M. Simard) : Cher
collègue, il vous reste... Il ne vous reste plus vraiment de temps.
M. Montigny : Aucun
problème, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci
pour votre collaboration. Je cède maintenant la parole au député de
Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais revenir sur le dernier point que vous avez
mentionné à propos, là, de quel serait l'objectif du déficit, qui pourrait être
donc le «trigger» automatique pour passer à un mode action et réduction. Mais
avant ça, je veux juste mentionner le fait que ce week-end j'ai été surpris de
voir les publicités sur le budget à la radio et à la télévision, je pense, mais
à la radio je les ai clairement entendus. J'étais... J'étais surpris. C'est la
première fois que je suis si attaché à ce processus de mon existence. Donc,
pour moi, c'était surprenant d'entendre les annonces faisant la promotion du budget
sur les ondes pour tous les Québécois, entendre comme quoi le budget était bon,
fantastique, et tout, là. Combien ça coûte une publicité, tu sais, les
publicités, la campagne de marketing qui est mise en place, là, pour vanter les
mérites du budget du gouvernement?
• (10 h 50) •
M. Girard (Groulx) : Je
reconnais la pertinence de la question. Ça a toujours été. Chaque budget de
tous les gouvernements vient avec une campagne d'information sur les mesures du
budget. Et pour le chiffre exact, on va pouvoir le fournir à l'étude de crédit.
Alors, on vous donnera... Je n'ai pas... Je n'ai pas été impliqué dans le <processus
visant...
M. Girard (Groulx) :
...de
crédit. Alors, on vous donnera... Je n'ai pas... Je n'ai pas été impliqué dans
le >processus visant à déterminer la campagne publicitaire associée au
budget. Alors, c'est très difficile pour moi de répondre à cette question, mais
cette question est pertinente et nous aurons, je vous promets, la réponse pour
l'étude de crédits. Même que, si vous mettez la question dans vos questions
pour l'étude de crédits, vous pourriez l'avoir avant l'étude de crédits.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Elle
est déjà dans la liste de questions. Elle était déjà là l'année dernière? OK.
M. Beauchemin : Mais
dans un... Dans un contexte de vouloir gouverner différemment, je me pose la
question : Est-ce vraiment important de faire ce genre de publicité étant
donné le fait que, le jour du budget, il y avait toutes les caméras, tous les
journalistes. Tous les microphones étaient évidemment disponibles pour en faire
la promotion gratuite parce que c'est du reportage médiatique. Et donc je me
pose la question sur la pertinence d'agir ainsi. Je comprends qu'il y a un
historique, là, mais dans un mode...
M. Girard (Groulx) : Bien,
je pense que les... les mesures principales doivent être connues. Par exemple,
lorsqu'il y a eu le crédit d'impôt pour les aînés à la mise à jour, il y a eu
de l'information qui était divulguée par rapport à ça. Là, moi, j'ai vu...
Vous, vous dites à la radio. Moi, j'écoutais un poste de radio qui n'a pas de
publicité, mais qui publicise ses émissions au lieu de publiciser... En tout
cas, vous connaissez le poste de radio, une forme différente de publicité, mais
je l'ai vu sur les sites de différents médias, presse, Journal de Montréal,
etc., de Voir, aussi, probablement.
Alors, avec chaque budget, il y a une
campagne d'information, puis on pourra vous divulguer les montants associés à
ça. Puis c'est certain qu'on est... On sait que les gens s'intéressent au coût
de ça et il y a une... une restriction. On fait ça de façon modérée et
raisonnable parce qu'on sait très bien, là, que c'est... Bien, il ne faut pas
mettre des... des sommes importantes pour ça.
M. Beauchemin : Bien,
j'apprécie. Je dois dire que je comprends le concept d'éducation pour mettre en
œuvre des mesures, puis ça, je n'ai aucun problème avec cette approche-là. Mais
peut-être, si vous avez le temps de réécouter, je dirais qu'au moins la moitié
du message publicitaire est simplement pour vanter la présence du gouvernement dans...
De façon générique, donc, c'est... Pour moi, c'est un petit peu ça qui a comme
retenu mon attention.
M. Girard (Groulx) : Parfait.
OK.
M. Beauchemin : Mais, ceci
étant dit, on passera à l'autre question. Pour faire suite à notre conversation
de la semaine dernière, vous aviez mentionné le nombre de chômeurs au Québec, 200...
Si je me rappelle bien, c'est 208 000 ou 218 000.
M. Girard (Groulx) : On
a des statistiques qui vont être publiées cette semaine, jeudi, mais celles du
mois dernier, 204 000 chômeurs.
M. Beauchemin : 204 000 chômeurs,
avec aussi le 76 000 personnes de 65 ans et plus qui peut
potentiellement venir augmenter le bassin de travailleurs. Donc, si je
regardais les deux composantes ensemble, pour considérer quel est le potentiel
d'augmentation, là, du taux d'emploi qui est utilisé dans la page G.7, là,
donc c'est un summum des deux, là, qui pourrait être le potentiel. 204 plus 76,
ça fait 280 000. Alors, je me posais la question : Quelles sont
les raisons selon vous, principales pour lesquelles les gens, les 204 000,
ne sont pas à l'emploi?
M. Girard (Groulx) : C'est
un désappariement entre les compétences de ces personnes-là et les postes
vacants qui sont disponibles. Le désappariement peut aussi être géographique. Par
exemple, un comptable à Rimouski pourrait ne pas vouloir un emploi de comptable
en comptabilité à Montréal. Il y a des désappariements entre l'offre et la
demande de travail qui peuvent être de nature des compétences ou géographiques.
M. Beauchemin : Puis la
nature des compétences, est-ce que c'est plus prépondérant à la raison pour
laquelle ces gens-là ne vont pas travailler? Est-ce qu'il y a comme un genre? À
80 %, c'est ça, puis 20 %, c'est géographique?
M. Girard (Groulx) : Bien,
les postes vacants qui... pour, au Québec, sont plus nombreux que le nombre de chômeurs,
là. Le Québec et la <Colombie-Britannique sont...
M. Girard (Groulx) :
...chômeurs,
là. Le Québec et la >Colombie-Britannique sont les deux provinces qui
ont plus de postes vacants que de chômeurs. Et c'est particulier parce
qu'évidemment la Colombie-Britannique est la province qui reçoit le plus
d'immigrants au Canada, puis le Québec, probablement celle qui en reçoit le
moins, ce qui amène un économiste comme Pierre Fortin à dire qu'il n'y a aucun
lien entre la politique d'immigration puis le nombre de postes vacants. Mais je
laisse ce débat-là de côté. Je remarque que le taux de postes vacants est
extrêmement élevé en Colombie-Britannique et au Québec en proportion du nombre
de chômeurs. Et, dans les postes vacants, il y a beaucoup de postes qui ne
requièrent pas de compétences, d'études supérieures, par exemple, de diplôme
d'études supérieures.
M. Beauchemin : OK.
Donc, on peut s'entendre que ces postes-là ne sont pas de la catégorie des
salaires les plus élevés. Est-ce que c'est un peu ça que vous...
M. Girard (Groulx) : Là,
je n'ai pas parlé des salaires. Il peut y avoir des salaires élevés dans
certains postes moins qualifiés, mais, en général, plus les... Ce qu'on observe
dans les cohortes, c'est que les salaires moyens augmentent avec les niveaux
d'éducation.
M. Beauchemin : Est-ce que la
productivité est... serait potentiellement améliorée, donc, de voir ces gens-là
retourner sur le marché du travail?
M. Girard (Groulx) : Là,
si on parle des postes vacants... Parce que je n'ai pas les caractéristiques des
chômeurs, OK? Puis si on parle des postes vacants, si tous les postes vacants
étaient comblés, je ne crois pas que la productivité moyenne augmenterait...
M. Beauchemin : Est-ce
que vous croyez que...
M. Girard (Groulx) : ...parce
qu'il y a plus d'emplois à productivité inférieure à la moyenne dans l'ensemble
de postes vacants.
M. Beauchemin : Donc,
vous ne voyez pas... Si c'était le cas, si, théoriquement, les 204 000
viendraient sur le marché du travail, la productivité moyenne baisserait, donc,
si je comprends...
M. Girard (Groulx) : Encore
une fois, je précise que je ne parle pas des 204 000 qui ne travaillent
pas. Je parle plutôt des 260 000 postes vacants. C'est quoi, le
chiffre exact de...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Alors,
on a 208 000 postes vacants. Ça a baissé un peu. Avec le
ralentissement économique dans le deuxième semestre de 2022, le nombre de
postes vacants a diminué. Alors là, moi, je parlais de 208 000 postes
vacants. Je n'ai pas les caractéristiques des compétences des
200 000 chômeurs.
M. Beauchemin : D'accord.
Donc, des...
M. Girard (Groulx) : Mais
peut-être dire : il y a 4,6 millions de travailleurs au Québec.
Alors, si les 200 000 travailleurs joignaient les 4,6 millions,
ça ne ferait pas bouger la moyenne tant que ça, là.
M. Beauchemin : Bien, en
fait, c'est parce que c'est un petit peu dans la direction où est-ce que je
veux aller, parce que, dans votre page G.7, M. le ministre, vous parlez
d'une augmentation du taux d'emploi de 1,1 %. Puis, je me pose la
question, ce 1,1 % là doit donc venir d'une combinaison des
76 000 personnes de 65 ans et plus avec le potentiel de revenir
sur le marché du travail, et ce 204 000, 208 000, là, je ne sais plus
exactement c'est quoi, le chiffre, là, donc un total de 280 000. Donc, le
1,1 %, il se nourrit dans le 280 000.
M. Girard (Groulx) : Oui,
ou il peut se nourrir dans le 4,6 millions aussi, parce que c'est des
heures travaillées, des équivalents temps complets. Alors, quelqu'un qui
travaille déjà 32 heures, qui déciderait de travailler 38 heures, on
va faire un gain de 0,6 heure sur ce travail... 6 heures.
M. Beauchemin : Mais en
fait...
M. Girard (Groulx) : Ça,
on est au niveau agrégé des statistiques de l'emploi. Et au niveau agrégé, au
Québec, il y a 4,7 millions de participants au marché du travail, dont 4,5
travaillent et 200 000 sont en chômage. Il y a 4,7 millions de
personnes qui veulent travailler en février 2023 au Québec.
• (11 heures) •
M. Beauchemin : Dans un
contexte de potentiel ralentissement économique, la probabilité d'augmenter le
nombre d'heures travaillées est relativement faible. Donc, je voulais juste
voir, donc, que ce 1,1 % là vient, disons, du 280 000 et puis que je
vois que, pour les années 2024 jusqu'à 2027, ça augmente. Pour les années
suivantes...
11 h (version révisée)
M. Beauchemin : ...pour les
quatre années suivantes de 0,5 point par année, donc, un total, donc, de deux.
Alors, de 2023 jusqu'à 2027, c'est une augmentation, là, de... de 3 % du
taux d'emploi, ce qui se traduit, si on regarde le 280 000, grosso modo, à
peu près 160 000, 155 000 de ces... de ces 280 000 personnes
là qui donc s'activeraient sur... sur le marché du travail.
Ma question, c'est de savoir, dans ce
contexte-là, où est-ce qu'on a zéro augmentation du bassin de travailleurs
potentiels d'à partir de 2024... mais, en tout cas, pour moi, là, à mes yeux,
ça m'apparaît extrêmement serré comme... comme condition, pour augmenter le
taux d'emploi, de n'avoir qu'un bassin, là, de 280 000 personnes sur
les cinq prochaines années de... de faire en sorte que le taux d'emploi
augmente, là, de 3,1 %, ça m'apparaît extrêmement optimiste, parce que ça
voudrait dire qu'à la fin de tout ça, il ne resterait que 150 000... 130 000
personnes, potentiellement, des gens qui auraient 65 ans et plus et/ou des
chômeurs.
Je pense qu'historiquement au Québec il n'y
a jamais eu un taux de chômage aussi bas, et là on parle de comme le couper
quasiment encore de moitié. Ça fait que c'est pour ça que je me posais...
M. Girard (Groulx) : Mais, en
fait, je veux préciser, là, que l'augmentation du taux d'emploi de 1,1 %
et de 0,5 % peut venir de l'ensemble des 4,7 millions de travailleurs
qui sont actifs, là. Chaque travailleur peut augmenter son effort de travail.
Ce n'est pas... ce n'est pas nécessairement des nouveaux travailleurs, ça peut,
mais ça peut aussi venir de personnes qui travaillent 32 heures, qui
décident d'en travailler 35, qui en travaillent 35, veulent en travailler 40.
Si on regarde depuis un an, 2022 ayant été
une bonne année de croissance, là, l'emploi au Québec a augmenté de 2,2 %
en une année. Là, ça a été une année de très forte croissance. Là, 2023, c'est
définitivement une année où on aura une croissance moins forte. Puis, à long
terme, ce qu'on risque de voir, c'est que les... la population active va
continuer d'augmenter, c'est-à-dire que le taux de participation, pour une
population donnée, va continuer à augmenter, ça, c'est les 70 000, entre
autres, qui vont être encouragés, le taux d'emploi va augmenter puis le taux de
chômage va baisser. Ça fait qu'on a, toutes choses étant égales, par ailleurs,
un marché du travail extrêmement serré. Là, cycliquement, ça se peut que le
marché du travail ait plus d'oxygène, comme on voit, là, il y a moins de postes
vacants depuis les six derniers mois.
Donc, en 2023, on va avoir un marché du
travail moins serré, ça, c'est cyclique, mais, structurellement, à long terme,
le marché du travail va continuer à être serré et le taux de chômage va
continuer de baisser.
M. Beauchemin : Dans les...
puis je ne sais pas, ce n'est peut-être pas la bonne question, là, mais, dans
les quatre dernières années, sous la CAQ, est-ce que vous avez vu, de façon
significative, une augmentation du nombre d'heures travaillées par l'ensemble
des Québécois?
M. Girard (Groulx) : En fait,
moi, les statistiques sur l'emploi au Canada... Statistique Canada fait un très
bon travail, mais il reste que l'échantillon par province, il est petit, il
faut faire attention aux volatilités mensuelles. Moi, j'aime bien me comparer à
février 2020, février 2020, l'économie allait extrêmement bien, on était au
plein emploi, et puis on commençait à s'inquiéter de ce qu'on voyait en Asie,
mais ce n'était pas arrivé en Amérique du Nord. Puis on avait un taux de
participation de 64,8 %, un taux... je vais résumer, à 65 %, un taux
d'emploi à 62 % puis un taux de chômage à 4,5 %.
Là, en février 2023, trois ans plus tard,
mais aussi trois ans de vieillissement de la population, là, parce qu'au
Québec, là on est dans le coeur du vieillissement de la population, qui va
avoir un sommet autour de 2030, trois ans, là, ce n'est pas la même population,
mais on est revenu à des taux d'activité de 65 %, des taux d'emploi 62,3 %
versus 61,9 %, puis un taux de chômage de 4,1 %, alors, l'évolution
du marché de l'emploi, depuis février 2020, en trois ans. Pour ma part, je suis
agréablement surpris qu'on ait réussi à revenir à... malgré le vieillissement
de trois ans. Et puis c'est certain que, plus on part d'une situation où <le
marché du travail...
M. Girard (Groulx) :
...en
trois ans. Pour ma part, je suis agréablement surpris qu'on ait réussi à
revenir à... malgré le vieillissement de trois ans. Et puis c'est certain que,
plus on part d'une situation où >le marché du travail est serré, plus
les gains vont être difficiles à atteindre. Alors, je pense qu'on verra des
taux d'emploi de 63 %, puis je pense qu'on verra des taux d'activité de
66 %, puis je pense qu'on verra des taux de chômage de 3 % au Québec.
Et tout ça, là, moi, quand je regarde
combien de... si on réussissait à pousser ces statistiques-là, je pense qu'on
pourrait aller chercher à peu près 100 000 travailleurs. Là, vous,
tantôt, vous parliez du 200 000 plus 270 000, mais on n'aura jamais
un taux de chômage de zéro, là, il y aura toujours des appariements
géographiques puis de compétence. Moi, je pense qu'il y a un 100 000 travailleurs
qu'on peut aller chercher de plus dans le bassin de travailleurs qu'on a, ce
qui correspond approximativement aux deux prochaines années du marché du
travail.
M. Beauchemin : Ça fait que,
donc, le nombre d'heures que vous avez mentionné, ce n'est pas facile de le
quantifier historiquement. 100 000 que vous mentionnez versus l'estimation
que j'ai faite par rapport à... en prenant comme supposition qu'il y avait zéro
augmentation du nombre d'heures travaillées, là, c'est quand même... quand même,
extrêmement difficile de voir comment qu'on va pouvoir... Parce que, si ces
gens-là, il n'y a pas d'appariement, en fait, comme vous le mentionnez, je me
pose vraiment la question à savoir quelles vont être les réalisations qui vont
être faites par rapport à ça.
Je vois qu'il me reste 30 secondes.
Est-ce qu'on débat tout de suite dans l'autre bloc par la suite ou...
Le Président (M. Simard) : Vous
pourriez... vous pourriez continuer un peu, et puis on prélèverait plus tard.
C'est comme vous le souhaitez.
M. Beauchemin : Bien,
écoutez, je vais terminer sur... sur ce point-là, puis je vais revenir, effectivement,
donc, plus tard. Mais ma question, elle reste quand même entière, dans le sens
qu'en supposant aucune augmentation du nombre d'heures travaillées, ce qui ne
semble pas être facile d'observer de façon historique depuis les quatre
dernières années, à ce moment-là, on ne joue que dans le
280 000 personnes. Vous estimez que 100 000. Ça devient des
conditions de travail extrêmement, extrêmement serrées. J'ai crainte pour
l'inflation, et tout... et tout ce qui vient avec ça, évidemment, là. Mais je
vois que mon temps est terminé, donc...
M. Girard (Groulx) : Et je
suis d'accord avec le député que le marché du travail est extrêmement serré au
Québec.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Je cède la parole au député d'Orford.
M. Bélanger : Merci, M. le
Président. Merci, merci, le ministre, pour cette session puis l'opportunité de
pouvoir discuter du budget. Moi, j'aimerais parler du PIB, PIB du Québec,
produit intérieur brut, puis de son écart, son écart avec l'Ontario, puis évaluer
si certaines initiatives au budget... et l'impact que ça peut représenter au
niveau du PIB.
Mais, d'entrée de jeu, je veux remercier
le ministre pour... comme je suis responsable de la connectivité, d'avoir
assuré une continuité au niveau de la connectivité dans le budget. Puis
j'aimerais revenir au sujet de la connectivité parce que ça a quand même un
impact important au niveau de l'économie. En 2018, il y avait
340 000 foyers, ça, c'est presque 1 million d'usagers, sans
accès à Internet haute vitesse. Ça fait que notre gouvernement avait mis en
place des initiatives et un budget de près de 1,3 milliard pour être
capable de brancher toutes les régions du Québec. Et puis, en date
d'aujourd'hui, comme c'est de compétence et de juridiction fédérale, Ottawa
nous donne une note de 100 %, donc, la première province au Québec avec
une note... une note de 100 % en termes d'accessibilité à Internet,
Internet haute vitesse.
• (11 h 10) •.
Mais notre gouvernement a quand même fait
un choix qui est judicieux, c'est le choix de la fibre optique. Il reste encore
2 millions de foyers au Québec, qui n'ont pas... qui n'ont pas la fibre
optique sur les 4,6... 4,6 millions de foyers, donc, ils utilisent une
technologie qui utilise le cuivre, qui est une ancienne technologie, ou qui
utilise le sans-fil. Mais la bonne nouvelle, c'est que, d'avoir branché toutes
ces régions-là du Québec, ça représente un impact de 1 % de croissance au
niveau... au niveau du PIB, ça fait que ce n'est pas rien, là, c'est quelques
milliards, quelques milliards annuels de contribution au niveau du PIB. Puis on
l'a fait sous le budget, <parce que le budget...
M. Bélanger :
...représente
un impact de 1 % de croissance au niveau... au niveau du PIB, ça fait que
ce n'est pas rien, là, c'est quelques milliards, quelques milliards annuels de
contribution au niveau du PIB. Puis on l'a fait sous le budget, >parce
que le budget était à 1,3 milliard, on a réussi à avoir des gains
d'efficacité qui équivalent à peu près à 100 millions, et Ottawa nous a
retourné presque un demi-milliard. Donc, ce n'est pas rien, M. le Président,
d'avoir réalisé ce projet-là, notre gouvernement, avec les fonds qui ont été
fournis par le ministère des Finances, d'avoir réussi à faire le projet à
600 millions... 600 à 700 millions de moins que le budget.
Et puis, évidemment, c'est démontré que la
connectivité a un impact au niveau économique, mais a aussi un impact au niveau
des gaz à effet de serre. Tantôt, on parlait de l'impact au niveau des gaz à
effet de serre, mais, la bonne nouvelle, c'est qu'il y a des analyses, puis on
a publié ces analyses-là, qui ont été faites par KPMG, c'est jusqu'à un
potentiel de 20 % d'impacts au niveau des GES d'ici 2030.
Mais je vais vous donner un bon exemple,
un bon exemple de connectivité obligée : la pandémie. Quand la pandémie
est arrivée, qu'est-ce qu'on a fait? On a utilisé des applications, des
applications comme Teams, des applications comme Zoom. Ça, c'est des
applications qui exigent une connectivité, ça fait que les régions pas
branchées, c'était assez difficile en région d'être capables de participer
justement à ces sessions-là de travail. Mais en branchant les citoyens, ils ont
pu participer à ces sessions-là, et ils n'utilisaient pas leur véhicule. Donc,
ça a été prouvé que, pendant la pandémie, c'est sûr qu'on ne souhaitait pas une
pandémie, mais c'était la démonstration que la connectivité a un impact
significatif au niveau de la réduction des gaz à effet de serre uniquement au
niveau du volume de trafic. Mais là je peux déborder avec la télémédecine, le
télétravail, l'agriculture qui va utiliser cette connectivité-là pour devenir
plus efficace.
L'impact régional au niveau du PIB, bon,
globalement, au Québec, c'est 1 %, l'impact régional, comme les régions,
était beaucoup en arrière des grands centres, que ce soit Montréal ou que ce
soit Québec. Il y a des régions, comme l'Abitibi puis Lanaudière, c'est
au-dessus de 3 % d'impact sur le PIB. Ce n'est pas rien, là, c'est
significatif. Donc, ça permet un essor économique au niveau des régions. Les régions
viennent contribuer au niveau... au niveau du PIB du Québec. Puis, dans le
budget, bien, il y a eu des annonces, il y a eu des annonces au niveau de la
connectivité pour la continuité. Il y a une cartographie qui se fait, puis on
va aller chercher le volet mobilité, parce que là c'était l'Internet à la
maison, un impact significatif, mais la mobilité a aussi un impact
significatif, pas uniquement au niveau sécurité, mais au niveau économique. Ça
va être des investissements importants, des centaines de millions, mais on voit
que l'impact, l'impact économique en vaut la peine, il y a un retour sur
l'investissement qui est... qui est majeur.
La question que j'avais, puis elle est
quand même complexe, puis M. le ministre a... puis il fait la démonstration
qu'il connaît très, très bien, très, très bien son dossier, mais c'est l'impact,
au niveau du PIB, de ces initiatives, de ces initiatives-là. Entre autres,
je vais donner comme exemple les réductions d'impôt et le chèque ponctuel. On
sait que ça affecte, que ça affecte au niveau de la dette, mais ça a aussi un
impact. Si, moi, on me donne... si, moi, on me donne 1 $ de plus,
potentiellement, je vais l'utiliser pour faire des achats, je peux le placer.
Mais je pense qu'il y a un pourcentage de la population qui va définitivement
l'utiliser pour faire des achats, et donc l'impact net, ce n'est peut-être pas
un coût de 1 $ pour le gouvernement, mais c'est peut-être moindre, parce
qu'il y a des retours au niveau taxation et au niveau... retour au niveau
d'impôt.
Ça fait que, moi, j'aimerais savoir, parce
qu'on sait que notre premier ministre, à chaque jour, il a un souci de réduire
l'écart de richesse entre le Québec et l'Ontario, donc, le Québec a mis en
place des initiatives qui sont... qui aident les citoyens à faire face à
l'inflation. Mais quel est l'impact... C'est quoi, la corrélation... l'impact
entre, justement, cette dette-là et le PIB? Et comment ça va se traduire dans
le futur, là, au cours des prochaines années? Parce qu'on sait que les
réductions d'impôt, bien, ce n'est pas ponctuel, hein, c'est pour... je ne dis
pas «l'éternité», mais c'est quand même pour plusieurs années. Donc, on est
peut-être capables d'estimer à court, moyen et long terme c'est quoi, l'impact
au niveau du PIB. Puis, si on rajoute à ça, peut-être de les prendre les deux
ensemble, on peut les prendre séparés, mais l'impact de l'aide ponctuelle, qui
sont les chèques qui ont été distribués à une partie de la population. Ça, cet
impact-là... Ça crée un impact au niveau de la dette, mais ça crée un impact au
niveau aussi de l'économie, <des dépenses...
M. Bélanger :
...les
chèques qui ont été distribués à une partie de la population. Ça, cet impact-là...
Ça crée un impact au niveau de la dette, mais ça crée un impact au niveau aussi
de l'économie, >des dépenses. J'aimerais savoir, M. le ministre,
comment... comment vous balancez tout ça, puis c'est quoi, l'impact, justement
de... Ma question, là, c'est... je vais la faire précise : Quels sont les
bénéfices d'avoir une dette nette en proportion du PIB? C'est quoi, l'impact de
ces mesures de réduction d'impôt sur le PIB du Québec, court, moyen et long
terme?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui. Là,
j'avais posé précisément cette question, l'impact de la baisse d'impôt sur le
PIB. OK. Voilà. OK. Alors, vous savez, il y a une branche de l'économie qui
s'appelle l'économétrie. Ça, c'est les statistiques appliquées à l'économie.
Et, en économie, il y a beaucoup d'incertitude, et on calcule l'effet de la
baisse d'impôt... Je vais me concentrer sur la baisse d'impôts parce que c'est
là que c'est le plus important, vu que c'est un geste permanent qui va avoir un
effet à long terme. Nous estimons que l'effet sur le PIB est de 0,3 % de
façon permanente. Donc, si vous prenez le niveau du PIB 2022, augmentez
celui-ci de 0,3 % en 2023, et là vous avez la même trajectoire de
croissance à long terme, mais les deux courbes, il y en a une qui est 0,3 %
plus haute. C'est vraiment un effet permanent.
Tandis que les mesures temporaires, comme
le 600 $, 400 $, qui visaient à aider les gens à faire face à la
hausse du coût de la vie pour leurs besoins essentiels, mais c'est certain que
vous avez un saut, mais, l'année d'après, vous avez moins de revenus, alors
vous avez l'effet contraire, là. OK? Donc, pour la baisse d'impôt, 0,3 %
sur le PIB de façon permanente. Le nombre d'emplois, parce que j'ai dit que ça
visait à augmenter l'économie, mais augmenter le nombre d'emplois, nous
estimons avec nos modèles économétriques et leurs limitations, quant à leur
capacité de faire des prévisions, les intervalles de confiance, vous connaissez
tout ça, 16 000 emplois, 16 000 emplois sur un bassin de
travailleurs de 4,6 millions. Alors, si je prends ma calculatrice et
que je divise 16 par 4 600, c'est 0,003, donc 0,3 % de l'offre
de travail du Québec, 16 000 emplois.
M. Bélanger : Puis
0,3 %, ça représente quoi, en dollars...
M. Girard (Groulx) : Mais, si
on prend 550 milliards de PIB, qui était le PIB de 2022, et que je fais
550 milliards fois 0,03... C'est-tu 0,03 ou 0,03 %?
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : C'est
0,3 %. Alors, 550 milliards...
M. Bélanger : Donc, c'est... par
année.
M. Girard (Groulx) : ...550 milliards
fois...
M. Bélanger : Ça devrait être
dans les milliards par année.
M. Girard (Groulx) : Attendez
un instant, là.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Moi,
j'arrive à 1,7 milliard.
M. Bélanger : Oui, ça, ça
fait du sens.
M. Girard (Groulx) : OK.
M. Bélanger : Parce que
1 % de PIB, c'est à peu près 4 milliards annuels.
M. Girard (Groulx) : 1,7 milliard,
vendu, adjugé. Il y a un intervalle de confiance, là.
M. Bélanger : Mais là
l'autre...
M. Girard (Groulx) : 1, 5, 1,
9.
• (11 h 20) •
M. Bélanger : ...l'autre
question, M. le Président, pour le ministre, c'est, justement, ça démontre un
peu la complexité puis je m'interroge sur, justement, les prévisions qui ont
été faites. Parce que, si on regarde les différentes institutions, bon, au
niveau du privé, il y a eu des projections qui ont été optimistes, il y en a
d'autres qui sont pessimistes, puis on sait bien que la journée du budget,
bien, si les prévisions n'ont pas été faites la veille, la veille du budget,
donc, ils ont pris des facteurs qui étaient probablement là en janvier ou en février.
Puis j'aimerais savoir un peu, je ne veux
pas connaître en particulier, là, vos... votre recette secrète, mais de quelle
façon vous vous y prenez pour justement faire ces prévisions-là? Parce qu'on
sait que faire des prévisions, ça a quand même un impact significatif sur la
confiance... la confiance des consommateurs. Donc, des fois, si on est <trop
pessimiste...
M. Bélanger :
...ces
prévisions-là? Parce qu'on sait que faire des prévisions, ça a quand même un
impact significatif sur la confiance... la confiance des consommateurs. Donc,
des fois, si on est >trop pessimiste, ça peut avoir une influence. Mais
est-ce que vous prenez le juste milieu entre ce que le privé évalue de façon
pessimiste puis peut-être les plus optimistes? Parce qu'on a vu des... certains
qui ont utilisé des termes d'apocalypse puis d'autres qui étaient plus
positifs.
Ça fait que j'aimerais savoir, là, comment
vous vous y prenez, justement, pour faire ces prévisions-là. Puis est-ce que
vous attendez à rectifier le tir de façon trimestrielle ou annuelle? Est-ce que,
par la suite... Est-ce que ces prévisions-là, c'est bon pour une année, puis,
par la suite, à chaque année, on révise? Ça fait que... Je suis curieux un peu.
M. Girard (Groulx) : Officiellement,
les prévisions sont révisées deux fois par année, alors à la mise à jour de
l'automne et au budget, puis c'est certain que les données économiques sont
disponibles en temps continu et puis qu'on met toujours à jour nos prévisions.
Dans notre cas, c'était au début mars qu'on a finalisé la prévision budgétaire,
puis, cette année il y avait une particularité, il y avait beaucoup de
dispersion dans les estimés. Généralement, on... Là, on voit que la moyenne du
secteur privé est à 0,3 %, mais c'est vraiment particulier d'avoir
l'extrême gauche à moins 0,5 % puis l'extrême droite à 0,9 %, là.
C'est une dispersion élevée qui reflète qu'on a une décélération importante de
l'économie puis qu'il y a beaucoup d'incertitude. Toutes choses étant égales
par ailleurs, il y avait plus d'incertitude cette année.
En plus, s'est ajoutée la question des
banques régionales américaines, qui s'est matérialisée durant le mois de mars,
après le moment où nous avions arrêté notre prévision budgétaire, et nous, en
général, on est très près de la moyenne du secteur privé, auquel s'ajoutent les
mesures budgétaires. Alors, dans notre cas, il y avait quand même une baisse
d'impôt extrêmement importante, avec un effet de 0,3 %. Alors, il y a
plusieurs éléments dynamiques dans notre prévision, mais si je sursimplifie le
0,3 % du secteur privé, plus le 0,3 % de la baisse d'impôt donne 0,6 %
du ministère des Finances pour l'année 2023.
Est-ce que la prévision aurait été de 0,6 %
si elle avait été faite à la fin mars plutôt qu'au début mars? Non, parce que
la turbulence associée aux banques régionales s'est manifestée dans le mois de
mars, et on a vu, par exemple, que nous avions, pour le Canada, 0,8 %. Or,
le gouvernement fédéral, qui avait une prévision qui a été faite beaucoup plus
tard, en connaissance de la turbulence au niveau des banques, eux ont choisi
0,3 % pour l'année 2023. Mais, plus important que ça, ils ont indiqué que
les neuf premiers mois de l'année seraient... que 2023 serait une année
atypique, avec une croissance de moins 0,4 % entre le sommet et le creux
pour les neuf premiers mois de l'année et un quatrième trimestre extrêmement
fort pour compenser les neuf premiers mois très difficiles.
Et puis là, pour complexifier tout ça,
parce que là je viens de vous dire que le gouvernement canadien a dit que les
neuf premiers mois seraient très difficiles, janvier est extrêmement fort, et
l'estimé qu'on a... Parce que janvier est confirmé, mais, avec le PIB du Canada
de janvier et l'estimé qu'on a de février, on dirait que le gouvernement
canadien s'est trompé pour le premier trimestre. Ce n'est pas vrai que le
premier trimestre va être faible au Canada, en tout cas, pas avec une donnée
ferme et un estimé, au meilleur des connaissances de Statistique Canada, du
mois de février.
M. Bélanger : M. le
Président, il reste combien de...
Le Président (M. Simard) : Alors,
environ deux minutes, cher collègue, un peu moins, un peu moins.
M. Bélanger : OK. Donc, à la
mise à jour, ça risque d'être une bonne nouvelle, là, le... La prévision
devrait être en croissance par rapport à....
M. Girard (Groulx) : Bien,
moi, je vous dirais que ce qu'on a fait, là, 0,6 %, avec un scénario de
récession à moins 0,8 % et un scénario de croissance... un scénario de
croissance à 2 %, là, c'est ça, moins 1,4 %, OK.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : 2 %,
OK. Alors, on a un scénario de récession à moins 0,8 %, un choc négatif de
1,4 %, par rapport à la croissance attendue de 0,6 %. Puis on ajoute
1,4 % dans le scénario <positif de 2 %...
M. Girard (Groulx) :
...alors
on a un scénario de récession à moins 0,8 %, un choc négatif de 1,4 %,
par rapport à la croissance attendue de 0,6 %. Puis on ajoute 1,4 %
dans le scénario >positif de 2 %. Aujourd'hui, je vous dirais que
le scénario baissier est plus probable que le scénario haussier. Alors, je ne
serais pas d'accord avec votre affirmation qu'on risque d'avoir des bonnes
nouvelles à la mise à jour. Je vous dirais, la seule certitude que j'ai pour la
mise à jour, c'est que nous allons réviser nos prévisions pour l'année 2023,
parce qu'avec le degré d'incertitude qu'il y a dans l'économie, si on tombait
directement... si on était toujours à 0,6 % pour la mise à jour, ce serait
toute une année... une année exceptionnelle au niveau du pouvoir prédictif du
ministère des Finances du Québec.
M. Bélanger : Donc, on reste
prudent, ce qui est une bonne approche. Merci.
M. Girard (Groulx) : Prudent
et responsable.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, sur ce, nous allons poursuivre, alors, avec notre collège le
député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Je veux... je veux qu'on se penche un peu sur la baisse impôt, mais
dans un contexte... dans un contexte général. Je veux juste simplement redonner
l'exemple que j'ai mentionné à plusieurs de mes collègues. Une personne seule,
faisant 40 000 $ par année, va avoir, après toutes les baisses d'impôt,
là, 182 $ de plus dans ses poches... Excusez. Ça, c'est un couple avec
deux enfants, qui fait... revenu familial de 40 000 $, va avoir
182 $ dans ses poches de retour de baisse d'impôt. Une personne seule qui
fait le même salaire reçoit 288 $ de baisse d'impôt. Donc, 106 $ de
plus de baisses d'impôt pour une personne seule versus une famille de quatre
qui fait le même salaire, qui fait le même revenu. Je m'explique mal pourquoi
ça se «disconnect» entre... quatre bouches à nourrir va recevoir moins d'argent,
pages B.15, B.14.
M. Girard (Groulx) : Ah! là
on est dans la composante logement du crédit d'impôt pour solidarité,
là-dedans, là. C'est bon. Donc, ce n'est pas la baisse d'impôt, c'est l'effet
combiné de la baisse d'impôt puis du crédit d'impôt aussi.
M. Beauchemin : Et crédit de
solidarité.
M. Girard (Groulx) : Oui,
c'est ça qui explique la différence.
M. Beauchemin : Mais, je veux
dire, en bout de piste, quand on regarde comment ces gens-là vont être
rémunérés, si on peut dire, d'une certaine... vont profiter de la baisse
d'impôt, la baisse d'impôt, elle, elle est de 210 $.
Des voix : ...
M. Beauchemin : Donc, la
baisse d'impôt, elle est de 210 $, et puis, pour la personne seule, je
parle, là, elle est de 210 $, l'augmentation du crédit à la solidarité est
de 78 $, total : 288 $ pour une famille.
M. Girard (Groulx) : OK. Ça,
c'est une personne seule qui a un revenu de 40 000 $, composante
crédit d'impôt solidarité, 78 $, baisse d'impôt, 210 $, total,
288 $.
M. Beauchemin : Exact.
M. Girard (Groulx) : On est
d'accord. Prochain point.
M. Beauchemin : Pour un
couple avec deux enfants...
M. Girard (Groulx) : Oui.
Oui.
M. Beauchemin : ...la baisse
d'impôt va être de 56 $.
M. Girard (Groulx) : Là, vous
êtes à quel revenu, là?
M. Beauchemin : 40 000 $.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
M. Beauchemin : Et le crédit
de la solidarité va être de 126 $, pour un total de 182 $.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Là, j'essaie
juste de comprendre la... Qu'on les combine ou qu'on les attaque de façon... disons,
juste baisse d'impôt, là, si on y va juste avec la baisse d'impôt...
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : ...bien, la
personne seule qui fait 40 000 $ par année, elle, va avoir 210 $
de baisse d'impôt, puis la famille de quatre qui a le revenu familial identique
va faire 56 $.
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, probablement qu'elle paie moins d'impôt à la base, là. Ça fait que, si
vous payez moins d'impôt, vous avez... Votre baisse d'impôt est moins
importante lorsqu'on baisse le seuil d'impôt.
M. Beauchemin : Bien, si
c'était un...
M. Girard (Groulx) : Ce qui
fait qu'en proportion de votre facture d'impôt, votre baisse impôt est
peut-être plus importante, mais, en dollar absolu, elle serait moins.
• (11 h 30) •
M. Beauchemin : Mais, si
c'est une personne qui fait le revenu familial de 40 000 $, ça
devrait être identique.
M. Girard (Groulx) : Non, mais
ici, c'est deux personnes qui font chacun 20 000 $, là. Ce qui est
sous-entendu, c'est que les deux revenus sont égaux. Ça fait que le revenu
40 000 $, c'est deux adultes qui...
11 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...non,
mais ici c'est deux personnes qui font chacun 20 000 $, là, c'est... Ce
qui est sous-entendu, c'est que les deux revenus sont égaux. Ça fait que le
revenu de 40 000 $, c'est deux adultes qui gagnent 20 000 $.
À 20 000 $, une personne seule paie 8 $ d'impôt.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : C'est ça.
Puis la sous-ministre me mentionne qu'il y a l'exemption personnelle de base
qui est à 17 000 $. Alors, si vous gagnez 20 000 $ en
partant, vous ne payez pas d'impôt sur le premier 17 000 $, ce qui
fait que votre facture d'impôt... La principale raison pourquoi le gain est de
seulement 8 $, c'est parce qu'à la base vous ne payez pas beaucoup d'impôt.
M. Beauchemin : OK, donc, ce
que vous me dites, c'est que si... supposons, que c'était une personne qui
gagne le 40 000 $ pour la famille...
M. Girard (Groulx) : Ce ne
serait pas le même...
M. Beauchemin : ...ce serait
288 $.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Donc, ça
revient un petit peu à...
M. Girard (Groulx) : Bien, ce
serait 210 $.
M. Beauchemin : ...excusez,
210 $.
M. Girard (Groulx) : Oui. OK.
M. Beauchemin : Ce serait
210 $.
M. Girard (Groulx) : Bien là,
on... ce qu'on me signale, c'est qu'il y aura l'exemption personnelle de base
sur les deux salaires. Est-ce que...
M. Beauchemin : Même si
les...
Une voix : ...
M. Beauchemin : Donc, le
couple, une personne travaille, l'autre ne travaille pas, les deux ont l'exemption
de base pour le salaire familial?
Le Président (M. Simard) : ...consentement
pour que la...
M. Beauchemin : Oui, il y
a...
M. Girard (Groulx) : ...pour que
la sous-ministre intervienne.
Le Président (M. Simard) : ...Mme
Garneau puisse intervenir dans...
M. Girard (Groulx) : Gingras.
Le Président (M. Simard) : ...Gingras.
Excusez-moi de vous débaptiser, Mme Gingras, mais, pour les fins de nos
travaux, justement, auriez-vous... d'abord l'amabilité de vous présenter, s'il
vous plaît?
Mme Gingras (Julie) : ...bonjour.
Julie Gingras, sous-ministre des Finances. Bien, on est en train de faire le
calcul. On a le simulateur, là, donc on va vous faire le calcul sur la base des
hypothèses que vous avez évoquées. Donc, je comprends que vous voulez un couple
avec seulement un des deux qui travaille puis que la totalité du revenu est à
un des deux couples... un des deux membres du couple?
M. Beauchemin : Oui.
Mme Gingras (Julie) : Ça fait
que, laissez-nous quelques minutes, on le passe dans le simulateur puis on va
vous fournir la réponse.
M. Beauchemin : Absolument,
absolument.
Mme Gingras (Julie) : Je vais
le communiquer au ministre.
M. Girard (Groulx) : Il faut
faire attention avec ces chiffres-là, que... encore une fois, il faut regarder
la facture totale à payer, là, en proportion.
M. Beauchemin : Bien, on se
connaît, on se comprend, mais la question reste : Qui en a le plus besoin
dans les deux scénarios? Pas que... pas que je trouve que quelqu'un qui fait 40 000 $
par année n'a pas à recevoir une baisse d'impôt. Ici, là, dans l'exemple, on...
on est dans la logique qu'il faut aider les Québécois, c'est certain. Puis c'est
pour ça que nous, on a, en fait, suggéré une baisse d'impôt pour le premier
palier d'imposition aussi.
Mais ma question reste la même, dans le
sens que, tu sais, ceteris paribus, 288 $ ou 210 $, dépendamment...
il y a le crédit solidarité ou pas, versus, disons, 288 $, et je vais même
supposer 126 $ pour le crédit de la... de la solidarité, qui a plus besoin
d'aide dans les... dans les scénarios? C'est clair que c'est la famille de deux
enfants avec deux parents qui ont quatre bouches à nourrir, c'est clair qu'eux
on... Donc, je veux en arriver à... finalement, à parler de ciblage, les
mesures ciblées.
Je crois que, dans... dans le cas présent,
étant donné qu'il y a comme 36 % de la population du Québec qui ne fait
pas assez de revenus pour payer de l'impôt, ça aurait été probablement plus
justifié, plus ciblé d'aider les gens qui... En période d'inflation comme en
période de récession, c'est toujours les mêmes qui souffrent le plus, c'est
toujours les mêmes qui ont de la misère à rejoindre les deux bouts. Pourquoi ne
pas avoir été vers une politique, disons, de concentration de l'énergie de la
force de l'appareil gouvernemental pour aider les gens qui en arrachent le
plus? Aider les gens en augmentant le crédit de la solidarité, ça aurait été
plus...
M. Girard (Groulx) : Bien...
M. Beauchemin : ...un impact
pas mal plus direct pour la majorité des gens qui ne font même pas assez d'argent
pour payer de l'impôt, là.
M. Girard (Groulx) : Je
rappelle que le régime fiscal est indexé de 6,4 % en 2023, et donc que les
allocations famille, les seuils d'impôt, le crédit d'impôt solidarité — puis,
dans le cas du crédit d'impôt solidarité, composante, logement, c'est 13 %
et non 6,4 % — tous ces montants-là ont été indexés. En 2023, on
a aussi... suite à la politique de l'ancien ministre du gouvernement précédent,
le ministre Blais, on a l'arrivée du Programme de revenu de base au Québec, qui
est... qui est généreux pour les personnes sur la solidarité sociale qui sont
inaptes à l'emploi depuis une longue période, qu'il y a eu le crédit d'impôt
pour aînés à faibles revenus. Et donc il faut regarder l'ensemble de ce qu'on
fait. La baisse d'impôt vise les 4,6 millions de Québécois qui baissent
d'impôt. Puis, si vous regardez à la page B-11, c'est <certain...
M. Girard (Groulx) :
...donc
il faut regarder l'ensemble de ce qu'on fait. La baisse d'impôt vise les
4,6 millions de Québécois qui baissent d'impôt. Puis, si vous regardez à
la page B-11, c'est >certain qu'en proportion de l'impôt à payer, bien,
ceux... Parce qu'il y a... Ça, c'est une question qui a beaucoup été posée à
Luc Godbout après le budget, les gens ont dit : Bien là, la baisse d'impôt
est inéquitable, quelqu'un qui gagne 80 000 $ a une baisse d'impôt de
628 $ puis quelqu'un qui gagne 40 000 $, c'est 210 $. Ce à
quoi a répondu... Ça, c'est la page B-8. Alors, ce à quoi a répondu Luc
Godbout : Oui, mais la personne à 80 000 $ paient beaucoup plus
d'impôt que la personne à 40 000 $. Alors, si vous allez à la
page B-11, vous voyez que, par exemple, une personne qui gagne
50 000 $ va avoir une baisse d'impôt de 6,6 % de son impôt à
payer et qu'une personne qui gagne 100 000 $ ça va être 5,4 %.
Alors, les montants en dollars absolus... Par exemple, lorsqu'on dit :
Bien là, 20 000 $, c'est seulement 8 $, oui, mais c'est parce
que vous ne payez pas d'impôt pour les 17 000 $ premiers dollars. Ça
fait qu'à la base vous payez 15 % de 3 000 $.
Alors, bref, on a un régime d'impôt qui
est progressif au Québec. On a 4,6 millions qui paient de l'impôt. On fait
des efforts importants pour stimuler la richesse. On souhaite que le 4,6
devienne 4,7, 4,8... peut-être, un jour, on aura 5 millions de contribuables
qui paient de l'impôt. Et le gouvernement a fait un choix, et il y avait deux
autres partis en campagne électorale qui étaient, je dirais, dans le même ordre
d'idée, c'est-à-dire baisser les deux premiers paliers d'imposition. Puis ça
touche 4,6 millions de personnes.
M. Beauchemin : Le concept
qu'on est les plus taxés en Amérique du Nord, c'est... c'est évident, on l'a
vu, on... Le fait que ce soient les... la classe moyenne, aussi, la proportion
est plus sévère, je dirais, dans le premier palier d'imposition que dans le
deuxième, mais... Sur... sur l'aide, quand on parle d'augmenter... les
redevances de 6 % ou de 5 %, dans... dans les... dans les programmes
que vous mentionniez tantôt, ça donne effectivement quelques dollars de plus,
mais, quand on compare à quelqu'un qui fait, disons, 80 000 $ versus
quelqu'un qui fait 40 000 $, oui, effectivement, il y a un énorme
gap, si on peut dire, qui est... qui est créé. Parce que ces dollars
additionnels là, eux sont... viennent du fait que cette personne-là va être
dans la bracket d'impôt... de palier d'imposition qui va faire en sorte qu'il
va être taxé plus, c'est certain, mais... mais, en bout de piste, 818 $ ou
811 $, je ne me souviens plus exactement, c'est le chiffre au maximum du
deuxième palier, dans un contexte où est-ce que les gens qui, eux, sont dans le
bas complètement de notre... de notre société, eux vont avoir beaucoup plus de
misère, même si on les a aidés de 6 % ici, 3 % là. Le total d'aide
qui va être donnée à... aux gens qui sont dans le bas de l'échelle est de loin
inférieur au montant donné aux personnes qui sont dans le haut de l'échelle. Et
donc, en période d'inflation, bien, c'est le pouvoir... Les gens qui ont eu à
prendre des décisions, à savoir comment se nourrir ou est-ce qu'on se nourrit
autant, ce n'est pas des gens à 100 000 $.
Je ne suis pas... je ne suis pas contre
l'idée de la baisse d'impôt. Moi, ce que je trouve qui aurait été approprié,
c'est de trouver un moyen beaucoup plus structurant pour aider ces gens-là en
bas de l'échelle à eux être capables de rejoindre les deux bouts. Puis ils
n'ont pas été capables, malgré la panoplie de mesures pour les... pour les accumuler
ensemble, c'est... c'était de loin suffisant pour permettre de rejoindre les
deux bouts, de se payer l'épicerie, payer la pharmacie, etc., donc, le
transport était dispendieux, le gaz était dispendieux, tout ça.
Ma question, ça reste la même, c'est de
savoir pourquoi il n'y a pas eu un focus sur l'augmentation du crédit de
la solidarité beaucoup plus significatif, qui aurait été vraiment un élément,
là, élévateur pour les gens qui sont dans le bas de l'échelle.
• (11 h 40) •
M. Girard (Groulx) : Oui. Alors,
M. le Président, il y a eu une augmentation de la composante logement du crédit
d'impôt solidarité. C'est un choix, parce que, la composante logement, on a...
on a jugé que c'était important dans le contexte très serré du <secteur...
M. Girard (Groulx) :
...composante
logement du crédit d'impôt solidarité. C'est un choix, parce que, la composante
logement, on a... on a jugé que c'était important dans le contexte très serré
du >secteur du logement. Je rappelle que le gouvernement présente des
mesures équilibrées à la population, c'est-à-dire qu'il y a eu des gestes
ponctuels pour refléter la hausse du coût de la vie, en 2022, avec le
500 $ au budget, le 600 $-400 $ à la mise à jour. Le 600 $-400 $
avait été modulé en fonction du revenu, parce qu'il y avait eu des critiques
constructives que le 500 $ n'était pas modulé en fonction du revenu.
Alors, notre gouvernement non seulement a une approche équilibrée, mais est à
l'écoute.
Ensuite, il y a toute la situation des
aînés qui ne peuvent augmenter leurs revenus parce qu'ils ne travaillent plus,
les aînés de plus de 70 ans. Il y a eu une politique extrêmement positive
pour ces gens-là face à la hausse du coût de la vie avec le crédit pour aîné de
2 000 $. La plupart des gens vont le recevoir avec leur déclaration
de revenus 2022. Et il y avait les tarifs gouvernementaux, par exemple, l'électricité,
le chauffage, puis tout ça.
Et ensuite est venue la baisse d'impôt. La
baisse d'impôt... Je veux répéter que le crédit d'impôt pour aînés à faibles
revenus, la... le plafonnement des tarifs, les mesures ponctuelles visaient à
lutter contre la hausse du coût de la vie... que la baisse d'impôt vise à
stimuler l'économie et l'offre de travail. Alors, la baisse d'impôt n'a pas un
objectif de redistribution de richesse, on a d'autres politiques pour ça,
notamment le Programme de revenu de base, le crédit d'impôt pour les aînés, le
crédit d'impôt solidarité, qui a été indexé de 6,4 %, la composante
logement, de 13 %.
Alors, vous suggérez que vous auriez
augmenté le crédit d'impôt solidarité de manière plus importante. Vous avez
aussi suggéré, en campagne électorale, que vous auriez baissé les impôts de
façon plus importante. J'en conclus que vous auriez fait des déficits plus
importants.
M. Beauchemin : Il y a quand
même une différence entre ce qui a été dit, là, en campagne électorale puis ce
qui est présenté par notre groupe actuellement, une différence significative
aussi. Quand vous parlez qu'au niveau de la baisse d'impôt c'est pour stimuler
l'économie, création d'emplois, et tout ça, est-ce qu'il y a aussi une
composante inflationniste potentielle que vous évaluez dans le calcul de la
baisse d'impôt?
M. Girard (Groulx) : En fait,
le sommet de l'inflation, c'est 2022, et le... on s'attend à ce qu'en moyenne,
en 2023, l'inflation soit à 3,5 %, mais beaucoup plus élevée dans les six
premiers mois que dans les six derniers mois. Et la baisse d'impôt arrive en
juillet. Alors, oui, il peut y avoir une composante, puisqu'on va pousser la
demande de 0,3 %, il peut y avoir un impact marginal sur l'inflation, mais
la baisse d'impôt en juillet 2023...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : ...risque
d'arriver à un moment où l'inflation est beaucoup moins une préoccupation que
la croissance.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Girard (Groulx) : C'est la
croissance qui va être la préoccupation à la mi-année 2023.
Le Président (M. Simard) : Cher
collègue.
M. Beauchemin : On passe au
prochain.
Le Président (M. Simard) : Oui,
idéalement, si vous le souhaitez. Ça vous va?
M. Beauchemin : Est-ce que
c'est à moi à commencer?
Le Président (M. Simard) : Pardon?
M. Beauchemin : Ce n'est pas
à moi à commencer, là?
Le Président (M. Simard) : Non,
non, pas du tout, non. Vous pourriez poursuivre, mais ce serait imputé à votre
prochain bloc.
M. Beauchemin : D'accord.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous. Je cède maintenant la parole au député de Maskinongé, qui dispose, pour
sa part, de 17 minutes.
M. Allaire : Merci, M. le
Président. Justement, j'allais vous poser la question, j'avais interprété vos
signes, 7, 17, là, je n'étais pas sûr.
Le Président (M. Simard) : C'est
parce que vous êtes un banquier, c'est pour ça que j'y allais avec des
chiffres.
M. Allaire : Oui, c'est bon. Merci,
M. le Président. En fait, je vais aborder le sujet de l'éducation, qui était
aussi abordé par... par certains de mes collègues. C'est quand même le deuxième
poste budgétaire le plus important du gouvernement du Québec, au niveau des
dépenses, ce n'est pas rien, après la santé. Et ça paraît aussi dans l'ensemble
des discussions qu'on a entre nous, entre collègues, notamment en caucus, sans
révéler ce qui se dit en caucus, puisque ce qui se dit en caucus reste en
caucus, mais, quand même, on voit que c'est... c'est un sujet, là, qui nous <anime...
M. Allaire :
...notamment
en caucus, sans révéler ce qui se dit en caucus, puisque ce qui se dit en
caucus reste en caucus, mais, quand même, on voit que c'est... c'est un sujet,
là, qui nous >anime tous. On est tous aussi des parents. Moi, j'ai deux
ados qui cheminent, là, dans le milieu scolaire, qui sont rendus au secondaire,
milieu secondaire, mais c'est comme ça pour à peu près tout le monde ici, là, je
regarde les députés de la banquette ministérielle... ou qui sont bientôt
proches d'être dans le milieu scolaire. Ça doit être... ça doit arriver dans...
dans un ou deux ans, mais tout ça pour dire que c'est... ça nous préoccupe.
Parce que ce qu'on souhaite, naturellement, c'est que l'ensemble de nos
enfants, que ce soient les nôtres ou ceux des autres, soient le mieux encadrés
possible. Alors, on souhaite mettre en place des mesures qui... qui vont leur
offrir un milieu d'épanouissement, qui soit le plus complet, le plus adapté
possible, selon où ils sont rendus dans... dans leur évolution.
M. le ministre, là, j'ai... je suis allé
faire une intervention, tantôt, au salon bleu, ça fait que je... j'espère que
je ne répéterai pas des questions qui ont déjà été posées. Ma question va donc
être plus large, ma première, puis je ferai du pouce sur ce que vous allez
dire. Quand vous élaborez un budget comme celui-là, au niveau de l'éducation,
j'imagine qu'il y a des mesures que vous êtes plus fiers que d'autres, des
mesures aussi qui sont plus structurantes que d'autres. Ce sera donc ma
première question. Peut-être, y aller de façon un peu plus large. Puis je sais
que vous êtes un amateur de hockey, ça fait que je vous laisse la patinoire. Ça
fait qu'allez-y avec des mesures peut-être qui... qui vous ont le plus allumés
puis que vous pensez qui vont être le plus porteurs, là, dans l'avenir au
niveau de l'éducation.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous remercie. Puis c'est certain que mon intervention va être influencée par
mes parents, parce que ma mère a dédié sa carrière à... au développement des
jeunes enfants d'âge primaire et préscolaire, et l'éducation, chez nous, ça a
toujours été extrêmement important. Et je dirais que moi, lorsque je regarde le
réseau de l'éducation, je cherche beaucoup la motivation. Je me dis : Il
faut que les enfants soient motivés à l'école, aient du plaisir à apprendre,
veulent aller à l'école, et aussi le développement de l'autonomie. Parce que,
dans le fond, on apprend toute notre vie, et puis on apprend chacun à notre
rythme, mais, chacun de nous, si on y met le temps, bien, on accomplit... on
peut accomplir de grandes choses.
• (11 h 50) •
Ça fait que motivation, autonomie seraient
comme mes deux thèmes qui me... qui me guident dans mes choix budgétaires, mais
évidemment les demandes du ministère de l'Éducation sont plus importantes que
mes principes directeurs. Bien, il reste que, lorsqu'on regarde les mesures que
nous avons en éducation, là, si on va à la section c, bien, c'est certain que...
la littératie et la numératie, 450 millions, c'est certain que les... les
compétences de base, si vous savez lire, écrire et compter, votre potentiel est
illimité, là. Vous pouvez... si vous savez lire, écrire et compter, vous pouvez
décider de faire un doctorat à 70 ans, là. Vous pouvez, après avoir étudié
en... dans une science sociale toute votre vie, décider de repartir en
sciences. Il n'y a... il n'y a rien qui peut vous arrêter. Alors, les
compétences de base, le 450 millions qui est là, avec l'objectif de
90 % de diplomation après sept ans, c'est extrêmement important.
Les projets particuliers, ça, on peut dire
que c'est pour la motivation, puis principalement... les projets particuliers
sont pour garçons et filles, mais on sait que les garçons réussissent moins
bien. Alors, le sport. La formation professionnelle, bien, c'est toute la
question de trouver des programmes qui motivent les jeunes et... Alors, je
dirais que ces trois-là, là, les... la formation professionnelle, les projets
particuliers, la littératie et la numératie sont directement liés à mes deux
principes directeurs, qui viennent de ma mère, la motivation et l'autonomie. Voilà.
M. Allaire : ...jusqu'à la
fin, M. le ministre. C'est bien. Vous avez parlé un peu de... de formation
professionnelle, je vais faire un peu de pouce là-dessus. C'est drôle, dans mon
cheminement à moi, par exemple, je me... je me... je me ramène à l'époque du
primaire et du secondaire, on dirait que c'est quelque chose qui était moins...
peut-être bien bien communiqué. On dirait que, pour moi, ce n'était même pas
une option qui était possible, d'aller... d'aller étudier dans le secteur professionnel.
Puis je ne dis pas que j'aurais fait ce choix-là, mais, au moins, l'avoir mieux
connu, peut-être que mes... peut-être que mes choix auraient été différents.
Cela dit, peut-être il y a une vingtaine
d'années, je me souviens d'avoir participé à un <salon...
M. Allaire :
...mais,
au moins, l'avoir mieux connu, peut-être que mes... peut-être que mes choix
auraient été différents.
Cela dit, peut-être il y a une
vingtaine d'années, je me souviens d'avoir participé à un >salon, à un
salon... salon de l'emploi, où le secteur professionnel, il était en évidence.
Et honnêtement, je vais employer mes mots, c'était... c'était trippant,
c'était même surprenant de voir à quel point qu'il y a des métiers qui sont
très, très intéressants et qui peuvent amener nos jeunes, vraiment, à trouver
une motivation, justement, pour... pour terminer le secondaire et trouver un
métier qui leur plaît davantage.
M. le ministre, vous l'avez parlé un peu,
là, le 200 millions, là, qui est accordé, là, pour la formation
professionnelle, là. J'imagine que c'est... c'est pour moderniser, pour, un
peu, en faire davantage, de promotion. Peut-être aller plus loin là-dedans, c'est...
ça va servir... concrètement, ça va servir à quoi, ce 200 millions là pour
la formation professionnelle?
M. Girard (Groulx) : Très bon...
très bonne question. Puis, oui, c'est modernisé. D'abord, il y a un aspect de la...
de rendre la formation professionnelle à temps partiel gratuite et élargie.
Alors, déjà... Parce qu'on a des jeunes qui ont quitté le réseau scolaire pour
aller travailler, et là on voudrait les ramener dans... leur dire : Bon, tu
es... tu es... ça va, tu es allé travailler en construction, c'est payant,
viens chercher ta diplomation en plomberie, en électricité, en menuiserie. Donc,
formation professionnelle à temps partiel élargie et gratuite. Puis là la
langue française est précise, puis je me... je me rappelle de notre conseiller,
Vicky, là, chaque mot, dans cette phrase, qui est quand même assez courte, là,
a été choisi avec précision — puis je le salue, je soupçonne qu'il
est à l'écoute — «la formation professionnelle à temps partiel soit
élargie et gratuite».
Ensuite, on veut que... c'est certain
qu'on veut amener la technologie numérique, là. Aujourd'hui, sur un chantier,
oui, tu as encore ton galon, quand tu mesures ton gyproc, là, mais tu as aussi
ton téléphone, là, pour diviser ta mesure ou faire ton calcul de superficie.
Donc, il y a toute la numérisation de la formation professionnelle. Je pense
qu'il y a juste moi, là, qui travaille encore avec le... les fameux crayons HB
et les effaces STAEDTLER ou «stapler», ou je ne sais pas... je ne suis pas sûr.
C'est un «p»?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : STAEDTLER.
OK, bon, voilà. Et il y a la... donc, le numérique, il y a la disponibilité,
puis un bon vieux indicateur clé de performance, M. le député, c'est-à-dire
qu'on veut qu'il y ait 30 000 diplômés de plus par année, favoriser
la... ça, c'est-tu par année, ça, le 30 000?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Je pense
que oui. Favoriser la diplomation de 300 000 élèves additionnels...
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Alors, au
total, sur cinq ans, on voudrait avoir 30 000 diplômés additionnels.
Puis on a combien de diplômés en formation professionnelle par année? On va
chercher la réponse pour savoir combien 30 000 de plus représente.
Le Président (M. Simard) : M.
le député.
M. Girard (Groulx) : C'est
ambitieux, je vous... je vous le confirme.
M. Allaire : C'est ambitieux,
peut-être, mais, en même temps, je pense qu'on ne peut pas... on ne peut pas
passer sous silence les problématiques... les problématiques de main-d'œuvre
auxquelles on fait face. Et le secteur professionnel, assurément, peut venir
donner un sérieux coup de main à nos entreprises, là, pour... pour combler
plusieurs, plusieurs postes qu'on a, notamment en région, dans nos... dans nos
belles entreprises manufacturières.
M. le ministre, vous avez parlé, tantôt,
du taux de diplomation. Actuellement, je comprends qu'il est à 82 %, vous
pourrez me corriger, là, si je me trompe.
M. Girard (Groulx) : ...
M. Allaire : 84 %. Bon,
merci, ça n'a pas été long. Et on veut atteindre le niveau de 90 %, c'est
bien ça?
M. Girard (Groulx) : Oui,
après sept ans.
M. Allaire : Après sept ans?
M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire
qu'on sait qu'il y en a qui pourraient quitter et revenir, et on peut doubler
une année. Alors, sept ans pour compléter son secondaire, là, on se donne le
temps d'accompagner ceux qui ont plus de difficultés puis qui ne le feront pas
en cinq ans. C'est pour ça qu'on utilise la statistique de sept ans.
M. Allaire : OK. Merci pour
la précision. Dans le fond, ma question est... bien, elle n'est pas plus large,
mais ce que je comprends, c'est que, dans les mesures qu'on met en place, c'est...
c'est tout l'univers qui... qui peut entourer un enfant, là, qui vient... qui vient
être bonifié, en quelque sorte, tu sais, aussi les services psychoéducatifs,
là, qui peuvent... qui peuvent entrer, là, dans une <bonification...
M. Allaire :
...qui
peut entourer un enfant, là, qui vient... qui vient être bonifié, en quelque
sorte, tu sais, aussi les services psychoéducatifs, là, qui peuvent... qui
peuvent entrer, là, dans une >bonification lorsqu'on met plus d'argent
au budget. Est-ce que je comprends bien, là? C'est...
M. Girard (Groulx) : Ah!
définitivement que les professionnels qui accompagnent les enseignants, c'est
extrêmement important. Et on a ajouté des postes dans le premier mandat. Je...
Est-ce qu'on a ce chiffre-là, le nombre? Le premier ministre fait souvent
référence à ce chiffre-là, le nombre de professionnels qui ont été ajoutés dans
le réseau scolaire. Je vais essayer de le trouver, mais je peux vous dire qu'on
a trouvé qu'il y a 135 000 diplômés par année en formation
professionnelle.
M. Allaire : OK, quand même.
M. Girard (Groulx) : Alors,
ça fait que j'ai... Oui, mais, ce qui est dans le budget, c'est les aides à la
classe. C'est qu'on veut prendre le personnel, par exemple, des services de
garde, qui ont des horaires brisés, les aider à se qualifier pour les utiliser
pour permettre aux enseignants d'avoir de l'aide. Et donc on n'est pas dans les
professionnels, tels qu'orthopédagogues, psychologues, qui sont extrêmement
importants aussi, là, puis qui ont été bonifiés dans le premier mandat.
M. Allaire : Bien...
M. Girard (Groulx) : On
cherche le chiffre pour vous.
M. Allaire : Non, ça va, c'est
gentil. Est-ce que vous avez trouvé l'autre chiffre de tantôt, finalement, oui,
c'est en progression...
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est
30 000 sur cinq ans, puis il y en a présentement 135 000 par année.
Alors, supposons que ce serait 6 000 sur 135 000, et là, je reprends
ma calculatrice, 6 000 divisé par 135 000, ce ne serait rien de moins
qu'une augmentation de 4 % du nombre de diplômés en formation
professionnelle.
M. Allaire : Parfait. Bien,
merci, M. le ministre. À partir du moment où on souhaite attirer davantage de
main-d'œuvre dans le... dans le milieu scolaire, on sait que ce n'est pas
toujours facile non plus. Dans le budget, j'imagine qu'on a prévu certaines
mesures pour être capables de rendre le métier ou les... les métiers qui
gravitent alentour d'un milieu scolaire plus attractifs. Je me trompe ou, là
aussi, il y a des mesures qui sont très, très, très précises par rapport à
notre capacité d'attraction de main-d'œuvre, là, dans le milieu scolaire.
M. Girard (Groulx) : Bien, il
y a notamment les bourses Perspectives qui visent à aider les étudiants qui
sont inscrits, qui complètent avec succès au moins quatre cours dans une
faculté des sciences de l'éducation au Québec. Ça, c'est 2 500 $ par
session, et donc ça peut aller jusqu'à 20 000 $ dans un bac de quatre
ans puis 15 000 $ dans un bac de cinq ans. Ça, c'est extrêmement
important. Ça, ça a été annoncé dans le cadre de l'Opération main-d'œuvre en
2021. Vickyvoulait que je parle de l'Opération main-d'œuvre, alors c'est fait,
dans les 2 h 45 min aujourd'hui. On... travail d'équipe. Vicky
voulait que je parle de l'Opération main-d'oeuvre, les bourses Perspectives, mais
là, je reviens aux mesures pour... Vous me demandez s'il y aura du personnel
supplémentaire, rendre la formation professionnelle...
M. Allaire : Attractive.
• (12 heures) •
M. Girard (Groulx) : Vous
êtes à quelle page exactement?
M. Allaire : Ah! je n'ai pas
la page avec moi, mais, en fait, ma question c'était plus... Ah! allez-y.
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Non, mais
là ce n'est pas la formation professionnelle, là, c'est l'ajout de personnel
scolaire. Alors, ça, c'est dans soutenir la réussite et le bien-être des
élèves? Contrer la pénurie de main-d'œuvre en éducation. Quelle page?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : C-14. OK.
C'est... c'est le week-end, M. le Président, j'ai tellement décroché en fin de
semaine que je regarde mon budget, puis je me dis : Qui a écrit ça?
C-14. Alors, contrer la pénurie de
main-d'oeuvre en éducation : «La pénurie de main-d'oeuvre touche plusieurs
secteurs d'activité au Québec et le milieu de l'éducation n'y fait pas
exception. Ainsi, différentes initiatives sont prévues pour valoriser les
professions dans le domaine de l'éducation et ainsi contribuer à contrer la pénurie
de main-d'œuvre, attirer et maintenir en emploi le personnel expérimenté du
réseau de l'éducation.» Ça, c'est les primes de retour au travail pour les
retraités, OK, il y a... ça, c'est le travail que la présidente du Conseil du
trésor fait pour que les gens qui ont quitté, là, lorsqu'ils reviennent, ils ne
sont pas en bas de l'échelle, on reconnait leur ancienneté puis on s'assure qu'ils
ne sont pas pénalisés avec leur régime de pension...
12 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...lorsqu'ils
reviennent, ne sont pas en bas de l'échelle. On reconnaît leur ancienneté puis
on s'assure qu'ils ne sont pas pénalisés avec leur régime de pension. Il y a
vraiment un excellent travail qui est fait au niveau de ma collègue la
présidente du Conseil du trésor.
Reconnaître le travail réalisé par le
personnel scolaire, sensibiliser la population au rôle déterminant qu'il joue
dans la réussite des élèves, soutenir la formation des enseignants et du
personnel en service de garde en milieu scolaire non légalement qualifié, alors
là on prend tout le personnel qui gravite autour des écoles, qui n'a pas
nécessairement les qualifications formelles pour le faire, on les aide à aller
chercher leur formation, puis ça, ça permet d'avoir un personnel plus qualifié,
alors l'ensemble de ces mesures, c'est 68 millions sur cinq ans dans le budget.
M. Allaire : J'ai peut-être
une petite dernière question, M. le Président. Puisque vous souhaitez en parler
peut-être davantage, l'Opération main-d'œuvre, on a parlé des bourses.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Allaire : On a parlé des
bourses. Simplement savoir s'il y a... Est-ce qu'il y a déjà des statistiques
qui sont rentrées sur les résultats?
M. Girard (Groulx) : Non,
parce que les... automne 2021... C'est donc à partir de l'automne 2022 que les
premières cohortes qui devaient compléter leurs quatre cours à succès à l'automne
2022 pour recevoir des sommes... Donc, il est trop tôt pour évaluer le bénéfice
des bourses Perspective et de l'ensemble de l'Opération main-d'œuvre, qui
totalisait 3 milliards de dollars, mais je suis convaincu que les bourses
Perspective, dans les secteurs du secteur public où on a des pénuries de main-d'œuvre,
services de garde, éducation, sciences infirmières, ça va aider énormément.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci, cher collègue. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président.
M. Girard (Groulx) : ...
Le Président (M. Simard) : Les
choses...
M. Girard (Groulx) : Évoluent?
Le Président (M. Simard) : ...continuent,
évoluent, sont dynamiques, un peu comme une interprétation.
M. Girard (Groulx) : Évoluons.
Un peu comme la baisse d'impôt, c'est dynamique.
Le Président (M. Simard) : Oui,
oui. Alors, cher collègue, à vous la parole pour 21 minutes.
M. Beauchemin : D'accord.
Merci, M. le Président. Je voulais... je voulais vous poser une question, M. le
ministre, à propos de ce que vous avez mentionné plus tôt, la contribution au Fonds
des générations, qui allait être de 5 milliards à la fin de... pas de l'exercice,
mais du mandat, et vous disiez que c'était beaucoup trop. J'aimerais ça que
vous m'expliquiez votre perspective. Pourquoi vous considérez ça comme beaucoup
trop?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous dirais que la plupart des experts disent que la taille du Fonds des
générations devrait être de l'ordre... entre 10 % et 20 % de la dette
nette, OK? Alors, on a une dette nette de 200 milliards de dollars. Et
donc, si on dit qu'optimalement ce serait 10 %, Fonds des générations à 20
milliards, cible optimale, 20 %, cible optimale, 40 milliards de
dollars, c'est certain que, si vous contribuez 5 milliards par année, vous
allez arriver vite à 20 milliards.
Alors, par exemple, à la page I.9, on voit
qu'avec les ajustements que nous avons faits la valeur comptable du fonds, qui
est approximativement la même que la valeur au marché, suite à la baisse de 2022,
de 8 %, la valeur comptable est à 19 milliards et elle devrait atteindre
27 milliards en 2027-2028. Ça, c'est après la réduction des versements que nous
avons choisis et le 5 milliards que nous allons prendre pour mettre sur la
dette, parce qu'il s'est mis... depuis que nous sommes au pouvoir, il se sera
mis 15 milliards du Fonds des générations sur la dette puisque c'est... le but
du Fonds des générations, c'est de réduire la dette, et on est à 19 au début de
l'année, on sera à 27 à la fin de l'année 2027-2028. Alors, on est à l'intérieur
des fourchettes que l'ensemble des spécialistes disent qu'on devrait être,
entre 10 % et 20 % de la taille de la dette.
M. Beauchemin : Dans un
contexte où est-ce qu'encore une fois tout est un peu plus dynamique, pourquoi
écouter les gens qui vous disent que ça devrait être approximativement 10 %
à 20 %, dans un contexte qui est dynamique, où est-ce qu'on a une courbe
démographique qui va contre, en fait, les générations futures? Et donc ma
question : Pourquoi... et qui sont-ils, ces experts-là, pour, justement...
et quel est leur raisonnement en arrière qui explique le... Pourquoi dire 10 %
à 20 %? C'est pris comment? Je veux dire, la dette nette, vous <parlez
que c'est...
M. Beauchemin :
...je
veux dire, la dette nette, vous >parlez que c'est 200 milliards. On
parle de 20 milliards pour le Fonds des générations.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
dirais qu'il n'y a à peu près personne qui véhicule un montant du Fonds des
générations plus grand que 20 % de la dette nette, à part votre parti.
Vous, vous avez parlé de 100 milliards. Si nous avions, par exemple,
100 milliards d'un fonds des générations et... par rapport à une dette
nette de 200 milliards, ça veut dire qu'on aurait 300 milliards de
dette nette et 100 milliards d'un fonds des générations, pour une dette
nette de 200 milliards, bien, c'est beaucoup de levier, là, et avec le
levier vient du risque.
Puis là on voit, à la page I.10,
qu'en moyenne on fait 2,2 % de mieux que le taux d'emprunt sur la dette. Donc,
la prime de risque que l'on capture dans le Fonds des générations, c'est 2,2 %,
et la prime de risque, elle est ce qu'elle dit, c'est-à-dire qu'il y a des
risques associés à ça, et puis, par exemple, l'an dernier, on a perdu 8 %.
Bien, si on avait eu un Fonds des générations de 100 milliards, bien, on
aurait perdu 8 milliards, en plus du 4 milliards que ça aurait coûté
à emprunter ce 100 milliards là, ça fait qu'on aurait eu une valeur
ajoutée de moins 12 milliards.
Ça fait que c'est beaucoup en proportion
de la taille de l'économie du Québec, qui est de 550 milliards, de la
taille de la dette du Québec, qui est de l'ordre de 200 milliards, et il y
a un risque associé au Fonds des générations. C'est-à-dire qu'on emprunte de
l'argent au taux du gouvernement du Québec, qui est un taux moyen de 3,1 %,
un taux marginal de 3,8 % l'an dernier, en moyenne, on fait 5,3 %, mais,
par exemple, en 2008, on a fait moins 22 %. Il n'y a rien de surprenant
là-dedans. Tout le monde sait que 2008 a été une année extrêmement difficile
pour les primes de risque.
Donc, je vous dirais que c'est un
équilibre, et c'est pour ça que l'ensemble des spécialistes parlent d'un fonds
des générations d'une taille de 10 % à 20 % de la dette nette.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Oui. Je vais
décortiquer un petit peu, là, parce qu'il y a beaucoup d'information là-dedans,
mais on va quand même s'entendre sur une chose. On parle de deux classes d'actifs
totalement différentes, et il est normal qu'il y ait une prime de risque sur le
Fonds des générations, si on le regarde de façon juste classe d'actifs par
rapport au marché obligataire, bancaire, monétaire, qui est dans le bas de
l'échelle du risque.
M. Girard (Groulx) : Bien, Le
Québec, c'est un crédit AA. Alors, voilà.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais, ce que je veux dire, c'est que le portefeuille géré par la Caisse de
dépôt est plus haut, si on veut, sur la courbe de risque, ce qui est tout à
fait normal.
M. Girard (Groulx) : Définitivement.
M. Beauchemin : Et,
historiquement, oui, il y a des moments où, comme l'an passé... il peut y avoir
des moments où est-ce que ce... il y a une dislocation des expectatives normales
de marchés, qui fait en sorte qu'on peut justement avoir une année où est-ce
qu'il y a un rendement qui peut être négatif dans l'opération nette de tout ça.
M. Girard (Groulx) :
Exact.
• (12 h 10) •
M. Beauchemin : Cependant, si
cette dislocation-là se maintiendrait pour toujours, je pense qu'on aurait un
gros problème dans l'ensemble de la société, parce qu'il n'y aurait plus
personne qui voudrait mettre un sou dans les marchés, plus personne qui
voudrait mettre du capital pour les entreprises. Donc, ce que je veux dire par
là, c'est qu'il est normal qu'historiquement... pas sur un horizon d'une
fenêtre un an, la journée même, dire : Ah! bien là, le rendement n'est pas
bon cette année, «therefore» on ne va pas mettre d'argent dans le Fonds des
générations, mais il est normal de regarder sur un horizon de terme...
longtemps. Donc, dans un horizon de terme plus long, nonobstant la correction
qui a fait que c'est passé de 3,2 % de surperformance, si on peut dire, du
Fonds des générations, par rapport au coût d'emprunt du Québec, l'année passée,
ça a été réduit à cause que... de ce qu'on vient de discuter...
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est une moyenne. En moyenne, depuis la création, c'est 2,2 %.
M. Beauchemin : Ça a été baissé
à cause de l'année passée, effectivement, mais, comme 2022...
M. Girard (Groulx) : Bien,
les...
M. Beauchemin : En 2008, ça a
baissé de 22 %. Je veux dire, il y a des moments comme ça où est-ce que
c'est sûr que ça, ça va arriver. Ma question est de savoir... Étant donné qu'on
parle de dette nette, étant donné qu'on parle donc de 200 moins le 20, ça
fait 180 milliards de dollars, on s'entend que c'est des vases
communicants. D'une certaine façon, quand on regarde le profil de dette du
Québec, le 200 puis le 20 milliards fait en <sorte que les agences
de crédit vont regarder...
M. Beauchemin :
...milliards
fait en >sorte que les agences de crédit vont regarder le...
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est
220 moins 20 donne 200.
M. Beauchemin : C'est ça, ça
revient au même. Donc, c'est des vases communicants. Donc, prendre l'argent
dans le marché obligataire devient le véhicule peut-être plus optimal pour
financer, peu importe le programme x, y, z qu'on voudrait financer, pas une
mesure fiscale, mais, tu sais, un programme. Si on avait à faire un nouveau
programme quelconque, on aurait donc le financement. Si on était... Si on
n'était pas en surplus, comme c'est le cas actuellement, où est-ce qu'on est en
déficit, alors on n'aura pas le choix que d'aller dans la direction la plus
optimale pour réduire le coût de financement de l'ensemble des Québécois.
Ça fait que ma question pour vous, M. le
ministre, c'est : Étant donné qu'historiquement le Fonds des générations a
surperformé le coût d'emprunt du Québec d'aller financer un nouveau programme à
même les contributions du Fonds des générations, c'est de choisir un moyen plus
dispendieux de financer le programme x, y, z, dans l'occurrence, ici, on parle
d'une baisse d'impôt, mais, en bout de piste, c'est de l'argent qui coûte plus
cher, qu'on va aller emprunter, finalement, en ne contribuant pas au Fonds des
générations?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Totalement
en désaccord avec vous. OK, on emprunte à 3,1 % en moyenne. L'année
dernière, on a emprunté à 3,8 %. Le Fonds des générations donne en moyenne
5 % de rendement, 5,3 %, nous a donné 2,2 %. On prend du risque.
On a une espérance de rendement positive. L'espérance de rendement, puis là je
vais... Permettez-moi d'utiliser deux mots de latin, là. L'espérance de
rendement ex ante et l'espérance de rendement ex post, ce n'est pas la même
chose, là. Ce n'est pas parce que vous avez une espérance de rendement positive
de 2,2 % à long terme que vous allez l'avoir nécessairement... Vous allez la
réaliser après le fait.
Si, en 2023, le marché perd 25 %,
puis que votre espérance de rendement à long terme était de 2,2 %, bien, vous
allez quand même perdre 25 % sur 100 milliards, donc
25 milliards. 25 milliards de perte dans le Fonds des générations,
parce que vous avez... vous auriez eu la bonne idée d'avoir un fonds des
générations à 100 milliards, bien, c'est trop gros en proportion de la
dette de 200 milliards, en proportion de l'économie de 550 milliards,
en proportion de ce que nous sommes, le gouvernement du Québec, qui doit
financer les principales missions de l'État. On n'est pas une caisse de
retraite qui veut capturer des primes de risque. Ça, c'est un métier. Il y a
des gens qui font ça. Et puis le Fonds des générations, lorsqu'il a été créé,
c'était 600 millions, la première année, qui a été versé. Ça n'a pas été
créé pour verser 5 milliards par année.
Alors, on le garde à l'intérieur d'une...
C'est un équilibre. Il y a des partis qui ont proposé un fonds des générations
de 100 milliards. Il y a des gens qui ont dit : Mettez le Fonds des
générations à zéro. Par exemple, les syndicats nous disent : Le Fonds des
générations, on n'a plus besoin de ça, mettez ça à zéro. Bon, nous, on dit :
C'est... On a une position équilibrée. Le Fonds des générations, c'est
important. On le maintient. On le garde comme outil. Ça a fait ses preuves. On
a fait des versements sur la dette de 15 milliards, 10 milliards dans
le premier mandat, 5 milliards ici, pour réduire le programme de
financement, et on va continuer d'augmenter les versements au Fonds des
générations, qui vont atteindre 5 milliards dans 15 ans.
Le Président (M. Simard) : M.
le député.
M. Beauchemin : Bien,
écoutez, je suis en désaccord avec votre ministre, comme quoi qu'étant donné
que c'est des vases communicants... qu'on ne peut pas regarder ce qui est dans
le Fonds des générations comme étant non de la dette, d'une certaine façon.
Alors, je comprends l'analyse de
portefeuille que vous faites. Cependant, de façon historique, c'est de l'argent
pareil, c'est comme prendre dans un compte d'épargne qui fait en sorte que, là,
bien, dès que tu prends de l'argent dans le compte d'épargne, soudainement, ton
profil de dette va augmenter lui aussi. Il n'y a aucune... il n'y aucun rationnel
pour expliquer comme quoi que le fonds est plus à risque que simplement
emprunter sur le marché.
En bout de piste, OK, c'est un outil qui
est là, qui est là pour faire baisser la dette du Québec sur un horizon de
temps, encore une fois, pas juste prendre une fenêtre d'un an ou deux, comme
quoi que ça n'a pas bien été, puis donc dire qu'à partir de ce moment-là ça va
être comme ça toujours. Moi, je dis qu'au contraire, historiquement, étant <donné
que c'est...
M. Beauchemin :
...au
contraire, historiquement, étant >donné que c'est deux classes d'actifs totalement
distinctes, il est normal de s'attendre à ce qu'il y ait une surperformance du
Fonds des générations. Il est normal de s'attendre... Et on n'est pas ici pour
un an, deux ans ou même juste un mandat. On est ici pour plusieurs années et on
met en place des balises pour protéger justement l'avenir de nos enfants.
Et donc, dans ce contexte-là, la décision,
moi, je ne l'explique pas, parce que c'est vraiment... En plus de laisser de
l'argent sur la table, c'est inéquitable au niveau des générations. Il y a un
problème au niveau de l'équité intergénérationnelle par la décision qui a été
prise, c'est celui de dire : Bon, bien, nous, on va se payer un programme,
qu'on appelle nos baisses d'impôt de 1,8 milliard par année, à même les
contributions au Fonds des générations, et, en agissant de cette façon-là, ce
qu'on fait, c'est qu'on laisse de l'argent en plus sur la table parce qu'on
aurait pu le financer à 3,8 %. On aurait pu financer, de façon plus
optimale, à 3,8 %.
M. Girard (Groulx) : Bien,
encore une fois, vous confondez rendement espéré et rendement réalisé. Vous
avez une espérance de rendement de 2 % positive parce que vous prenez des
actifs risqués que vous financez en émettant de la dette. Votre espérance de
rendement est positive. Ça ne donne aucune garantie que votre rendement
réalisé, lui, va être positif. Vous avez une distribution de probabilité qui
est centrée à plus 2 % par année et puis, à droite, vous allez faire
mieux, puis, à gauche, ça va aller mal.
Mais là où je veux faire une distinction,
M. le Président, c'est qu'en finance puis en économie les mauvaises nouvelles
sont corrélées. Lorsque vous allez avoir une récession, vous allez avoir une
baisse de revenus, vos dépenses vont augmenter, votre actif de vos caisses de
retraite va baisser, donc votre passif actuariel net va monter. Alors, si, en
plus, vous avez eu la fausse bonne idée d'avoir un fonds des générations à
100 milliards, vous allez prendre une perte dans votre fonds des
générations en dizaines de milliards de dollars, puis ça va s'ajouter à votre
hausse de dépenses, à votre baisse de revenus puis à votre augmentation de
passif de caisses de retraite. Ça fait que vous allez avoir augmenté la
corrélation des mauvaises nouvelles dans une situation difficile. Ce n'est pas
une bonne politique publique.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Bien, si on
continue dans le mode des corrélations, on va quand même être dans la même
situation. Si je suis votre logique jusqu'au bout, vous devriez donc fermer le
Fonds des générations. On devrait le fermer au complet et juste simplement
rembourser la dette parce qu'on ne peut pas vivre avec aucun risque. Donc, si
c'est ça, alors c'est un ou l'autre. Donc, c'est dans la même mentalité, c'est
dans la même approche de dire que, finalement, le Fonds des générations devrait
être simplement éteint. On rembourse la dette, puis ça finit là, là.
• (12 h 20) •
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire
qu'il y en a qui veulent fermer le Fonds des générations. Notre approche est
équilibrée. On veut que les versements augmentent dans le temps, mais qu'il ne
soit pas à 5 milliards de dollars à l'an 5. On accepte qu'il
soit à 5 milliards de dollars à l'an 15. Et, oui, on a fait...
on a réduit les versements pour financer la baisse d'impôt, ce qui fait que les
nouvelles cibles de dette vont être atteintes sur un horizon 15 ans plutôt
que 10 ans, M. le Président.
Et tout est une question d'équilibre.
C'est-à-dire que, si on a un fonds des générations qui est de l'ordre de 10 %
à 20 % de la dette, lorsqu'il y aura des années difficiles, et il y en
aura nécessairement, lorsqu'il y aura des années où les actifs risqués font
moins bien, bien, la perte dans... qui se matérialisera dans le Fonds des
générations ou la perte dans la valeur au marché, elle ne sera pas
nécessairement matérialisée, mais elle sera dans un ordre de grandeur qui est
tolérable.
Dans le fond, le débat que nous avons,
c'est une question d'appétit pour le risque. Est-ce que le gouvernement d'un
État de... qui a un PIB de 550 milliards de dollars devrait prendre
100 milliards de levier pour investir dans 100 milliards d'actifs
risqués pour générer des revenus? Je soumets l'hypothèse, M. le Président, que
c'est beaucoup trop gros en fonction de la taille de l'économie du Québec.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Je parle des
risques depuis tantôt, mais un des risques les plus significatifs au Fonds des
générations, c'est le risque politique. Les décisions que vous prenez sont une
décision politique. Donc, vos décisions politiques, c'est un risque inhérent au
Fonds des générations. On a nos voisins ici qui, eux autres, voudraient
totalement le fermer pour faire autre chose, là, OK? Vous, vous coupez de
40 % dans les contributions. Eux autres, ils veulent couper à 100 %.
C'est des risques qui <sont politiques...
M. Beauchemin :
...c'est
des risques qui >sont politiques. Donc, ce risque politique là, pour
l'avenir des prochaines générations, comment... Comment voyez-vous pérenniser,
si on peut dire, d'une certaine façon, le Fonds des générations pour
l'élimination de ce risque politique là?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, de la façon que c'est géré... parce que l'unique but du Fonds des
générations, c'est réduire le poids de la dette. Alors, dans ce budget, on
vient d'engager tous les gouvernements, peu importe la couleur, les
motivations, pour les 15 prochaines années, à atteindre les nouvelles cibles de
dette du Québec. Là, on va discuter ensemble, en commission parlementaire, des
nouvelles cibles de dette du Québec, que nous suggérons... devraient être à
30 % de dette nette par rapport au PIB à l'an 15. Ces cibles-là, une
fois qu'elles vont être adoptées dans la loi, vont lier l'ensemble des
gouvernements futurs du Québec. Et donc, si vous ne voulez pas respecter ces
cibles... la taille du Fonds des générations qui est cohérente avec ces cibles,
vous allez être en contravention de la loi sur la gestion de la dette et le
Fonds des générations.
Le Président (M. Simard) : Cher
collègue, il vous reste environ deux minutes.
M. Beauchemin : Environ deux
minutes? Sur un horizon de terme de 15 ans, comme vous le mentionnez
maintenant, où est-ce que ça a été repoussé, là, l'équilibre, de cinq ans
additionnels, là, un autre cinq ans pour atteindre le 30 % de ratio dette
nette de PIB, donc, sur un horizon de 15 ans comme ça, la croissance de
l'économie va, on suppose, être relativement au rendez-vous. On suppose que,
donc, la dette du Québec, pour plusieurs raisons, comme on l'a expliqué au
préalable avec le PQI, va continuer d'augmenter. Donc, votre estimé, dans
15 ans, de ce que 20 % de la dette nette pourrait être, du Fonds des
générations, ça donne quel chiffre?
M. Girard (Groulx) : Bien là,
il faudrait prendre le PIB nominal de 550 milliards, le composer à 3,5 %
pendant 15 ans. Ça fait que 550, si je fais 1,035 exposant 15... Il
est où, mon exposant, là-dessus, là? Il est où?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Non,
c'est le petit chapeau, là. Il est où, le petit chapeau? Comment ça donne, ça,
1,04 exposant 15?
Le Président (M. Simard) : En
10 secondes, s'il vous plaît.
M. Girard (Groulx) : Bien, en
tout cas, il faut prévoir que le PIB nominal va composer de 4 % par année
puis, après ça, il faut prendre 30 % de ce chiffre-là. Ça va vous donner
la taille de la dette nette.
Le Président (M. Simard) : Alors,
je vous remercie beaucoup. Nous poursuivons nos échanges. Je cède maintenant la
parole au député de Maskinongé.
M. Girard (Groulx) : Mais, M.
le Président, je m'inquiète pour le député de Maurice-Richard. Il a échangé son
temps avec qui?
Le Président (M. Simard) : Non,
non mais inquiétez-vous pas, tout va bien, M. le ministre. Tout va bien.
M. Girard (Groulx) : Il
revient... OK.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Maskinongé, à vous la parole.
M. Allaire : Merci, M. le
Président. Est-ce qu'on a la réponse à 1,04 exposant 15?
Une voix : 1,8.
M. Allaire : C'est bon.
M. Girard (Groulx) : 1,8. Alors,
550 fois 1,8.
M. Allaire : Merci. M. le
ministre, la semaine dernière, mon collègue a brièvement abordé le sujet, mon
collègue le député de Gaspé, j'ai envie de faire du pouce là-dessus, parce que
ça concerne les services de santé mentale, entre autres, et vous ne serez
pas... C'est sûr que vous l'avez suivi dans les médias, là, au courant... au
cours des derniers jours. On a quand même vécu un drame important dans ma
circonscription de Maskinongé, plus précisément à Louiseville, où on a une
policière qui est décédée dans une intervention, mais il y a aussi une personne
qui était atteinte de santé mentale, de toute évidence, qui est décédée, là,
puis qui a... Assurément, là, c'est lui qui est responsable, là, du décès de la
policière. Cette personne-là, de toute évidence, était en détresse, était en
crise.
Je pense qu'on se doit de multiplier
l'ensemble des services qui sont offerts aux personnes qui ont des problèmes de
santé mentale. Il faut également voir ce qu'on peut faire pour renforcer les
services sociaux de première ligne, qui sont indispensables à notre société.
Dans le présent... En fait, avant le présent budget, je pense qu'on a fait... on
a quand même fait beaucoup au niveau, entre autres, de l'augmentation du
financement pour différents organismes de première ligne, mais, dans le présent
budget, de façon peut-être plus précise, pour être <capables, là, d'être
davantage en confiance...
M. Allaire :
...pour
être >capables, là, d'être davantage en confiance, là, sur les services
qui vont être offerts aux personnes qui sont... qui sont atteintes de santé
mentale, il y a des mesures qui sont... qui sont très significatives dans le
présent budget. Peut-être, là, je vous lance la balle, là, comme ça, mais
peut-être nous revenir avec des mesures qui sont... qui vont contribuer, là, à
encadrer les gens qui sont atteints de santé mentale.
M. Girard (Groulx) : Oui, bien,
merci pour cette importante question. Puis je dois vous dire qu'avant de
publier le budget j'ai eu de nombreuses discussions avec le ministre Carmant,
qu'on est chanceux d'avoir dans cette équipe, parce qu'il est vraiment
compétent, et cette... la pandémie a exacerbé les problèmes de santé mentale.
Alors, lorsqu'on parle de santé mentale au
gouvernement du Québec, on inclut les enjeux d'itinérance et de dépendance
aussi, là. C'est pour ça qu'on dit que le budget total est de l'ordre de
2 milliards par année, et on a augmenté les budgets d'approximativement
200 millions par année depuis qu'on est au pouvoir, mais les budgets, ça
ne fait pas tout, et, notamment, on a souvent des discussions à l'Assemblée, au
salon bleu, là-dessus, on n'a pas suffisamment de psychologues au Québec.
Alors, le ministre Carmant a amené une
approche pluridisciplinaire où les travailleurs sociaux, les infirmières, les
médecins, les intervenants scolaires sont impliqués dans la lutte ou l'aide à
la santé mentale, une approche pluridisciplinaire, et le nombre de
consultations pour des problèmes de santé mentale, c'était de l'ordre de
165 000 par année en 2019. On est autour de 250 000 aujourd'hui.
Donc, il y a plus de consultations, il y a
plus d'interventions, il y a du développement régional, s'assurer que les
services sont disponibles partout en région, mais c'est certain que la pandémie
a exacerbé les difficultés, puis qu'on va continuer de devoir mettre des sommes
et travailler sur cette problématique, qui est définitivement une problématique
de société.
M. Allaire : ...peu de temps,
mais je pense qu'il reste à peu près deux petites minutes. Si on ajoute à ça
des gens qui... Puis là je ne veux pas faire un lien boiteux, mais, si ces
personnes-là sont en possession d'armes, par exemple, c'est sûr que les gestes
qu'ils peuvent... qu'ils peuvent poser, les gens qui sont... qui sont atteints,
entre autres, de santé mentale, peuvent être irrévocables, naturellement.
Est-ce qu'il y a une préoccupation qui est plus particulière justement pour un
peu contrer... le contrôle, justement, des armes à feu dans le dernier budget?
M. Girard (Groulx) : Oui. Il y
a un 50 millions par année supplémentaire pour la lutte à la violence... C'est-tu
par année ou... Attendez, la lutte à la violence armée, juste vous donner le
montant exact. Alors, on est dans la section E, Sécurité publique, 50 millions,
excusez-moi. C'est 10 millions de plus par année qui s'ajoutent aux sommes
de l'opération CENTAURE, là, qui vise à lutter contre la violence armée au
Québec, puis il y a un volet répression, plus de policiers, etc., mais il y a
aussi tout un volet prévention, là, qui est extrêmement important, et puis... prévention,
répression, policiers, mais aussi des travailleurs sociaux ou des intervenants
sur le terrain.
M. Allaire : Parfait. Merci.
Ça va.
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci à vous, cher collègue.
Compte tenu de l'heure, il est
12 h 30, nous allons suspendre nos travaux et nous retrouvons après
les affaires courantes. À bientôt.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 25)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, nous avons quorum. Nous pouvons poursuivre nos débats, nos
échanges. Et, au moment de suspendre nos travaux, la parole appartenait au
député de Maskinongé. Cher collègue, il vous reste encore une période d'environ
12 minutes.
M. Allaire : Merci, M. le
Président... si vous me permettez, M. le ministre. En fait, je ne sais pas si
vous êtes déjà venu dans Maskinongé, mais... je sais que vous n'avez pas pris
le transport collectif, ça, je suis sûr et certain. Il faut savoir que, dans
Maskinongé, le transport collectif, c'est vraiment une belle histoire. Puis je
dirais qu'ils sont... ils ont réussi, à travers le temps, à développer vraiment
une belle expertise puis à assumer un beau leadership, même, au niveau
national. Ce qui me permet de saluer la directrice <générale...
M. Allaire :
...un
beau leadership, même, au niveau national. Ce qui me permet de saluer la
directrice >générale, Valérie Bellerose, puis de saluer aussi son
président, M. Jean-Yves St-Arnaud, qui est aussi préfet de la MRC de Maskinongé,
mais tout ça pour dire que ce tandem-là, ils ont quand même réussi à faire les
choses autrement, c'est-à-dire vraiment à offrir une desserte de transport
collectif dans l'ensemble de la communauté de Maskinongé, et qui est un très
grand défi quand même, parce que c'est une région qui peut être très rurale,
très isolée, plus au nord de la circonscription. C'est quand même 18 municipalités,
ça fait en sorte que ça rend une... toute la logistique très défiante pour
assurer une desserte de services qui est adéquate, entre autres, pour notre
belle nouvelle génération qui veut se déplacer à l'aide de transports
collectifs, de transporteurs collectifs dans les différentes institutions
d'enseignement. On parle de cégep qui va être situé à Shawinigan, on parle de
cégep qui est situé à Trois-Rivières aussi, on parle de l'Université du Québec
à Trois-Rivières, qui est située à Trois-Rivières centre, ce qui fait en sorte
que ça aussi, ça amène un défi supplémentaire, mais qu'ils ont relevé avec
brio.
C'est sûr que, dans un contexte où on veut
offrir davantage de services à l'ensemble des citoyens, donc qu'il y ait un
achalandage de transport qui est plus fréquent pour permettre plus de
déplacements... qui est fréquent également, ça demande souvent davantage de
sous, ça demande davantage d'investissements pour offrir ce genre de desserte
là.
M. le ministre, dans le contexte où on
souhaite... Puis je pense qu'on s'est positionné souvent, comme gouvernement,
là, dans notre volonté d'offrir davantage de transport collectif, puis je pense
que ça se traduit aussi dans les différents... dans les différents budgets
passés, mais, dans celui-ci, exactement, là, qui nous concerne, est-ce qu'on
peut y retrouver des mesures qui peuvent soutenir davantage le transport
collectif?
M. Girard (Groulx) : Pour
l'ensemble du territoire?
M. Allaire : Oui.
M. Girard (Groulx) : Oui. Bien
sûr. Alors, section E, section 4, renforcer l'accessibilité et les réseaux de
transport, section 4.1, assurer le maintien de la mobilité de personnes,
l'approvisionnement des communautés, puis 4.2, investir dans les
infrastructures terrestres. Alors, allons-y élément par élément.
Alors, on a décomposé ça en
429 millions pour la mobilité des personnes et l'approvisionnement des
communautés et 293 millions dans les infrastructures de transport
terrestre performantes et sécuritaires. Et là on verra que ce sont des
infrastructures hors périmètre comptable, puis c'est pour ça qu'elles passent à
la dépense.
• (15 h 30) •
Alors, dans le 429 millions, là, il y
a toute la question des déficits d'opération des sociétés de transport en
commun. Et je rappelle que le transport en commun, durant la pandémie, on a
maintenu les services et puis on a donné plus de 2 milliards de
dollars aux sociétés de transport en commun, et ça a été fait conjointement
avec le gouvernement fédéral. Alors, je les remercie, une excellente
collaboration.
Et là arrive 2023, et le gouvernement
fédéral nous informe que, pour eux, la pandémie est terminée et que les aides
d'urgence, c'est terminé. Et pourtant nos sociétés de transports en commun nous
informent que ça ne va pas du tout : baisse d'achalandage, augmentation
des coûts, menaces de bris de service. Je pense, là, que si je faisais la somme
de ce qu'on me demandait au budget pour 2023, c'était à peu près
800 millions, dont 400 millions étaient reliés... puis là, j'y vais...
je donne des chiffres ronds, comme ça, c'est plus simple, 400 millions de
baisses tarifaires puis 400 millions de hausses de coûts.
Et, bien, nous, on a des décisions à
prendre, là, hein? Le budget du gouvernement du Québec, comme vous le savez...
On nous demande de supporter le logement, puis on le fait, volontairement, pour
1 milliard de dollars, on nous demande de supporter les soins à
domicile, on le fait, volontairement, avec raison, pour 1 milliard de
dollars, 1 milliard de dollars pour la biodiversité... Ça fait qu'on a toujours
cette contrainte, là, qu'un budget du Québec...
15 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...1 milliard
de dollars, 1 milliard de dollars pour la biodiversité. Et puis on a
toujours cette contrainte, là, qu'un budget du Québec, c'est à peu près 15 milliards
de dépenses sur cinq ans.
Et donc on a une décision à prendre sur le
transport en commun. Et les indications que nous avions avant le budget, c'était
que le fédéral ne participerait pas, ne serait pas conjoint avec nous. Alors,
on a tranché qu'on était prêts à assumer les déficits tarifaires, que la hausse
des coûts des sociétés de transport en commun, dont une partie importante est
les salaires mais, bien sûr, le matériel roulant, garages, etc... Donc, on a
pris 400 millions, qui sera réparti... bon, puis il ne faut pas s'en
cacher, là, 80 % de ça, ou à peu près, va à l'ARTM, puis ensuite une
portion importante va à la STM, mais il y a évidemment Laval, la Rive-Sud. Et,
à 400 millions, on est confiants qu'on couvre le déficit d'opération
tarifaire pour l'année 2023. Et, puisque les municipalités, les sociétés
de transport n'ont pas la même année fiscale que nous... on le donne, nous, sur
deux années fiscales, mais, pour eux, c'est 2023, là, eux sont en année
calendrier, et... Bref, 400 millions.
Et, bon, ça a été accueilli de façon
mitigée. Et j'ai remarqué qu'on n'a rien dit lorsque le fédéral n'a rien mis. Alors,
je dirais... rappellerais à tout le monde que le Québec a mis plus de 2 milliards
de dollars pour le transport en commun, depuis le début de la pandémie, en aide
d'urgence, et que je pense que la pandémie a été difficile pour de nombreux
secteurs de la société, et que le transport en commun a été aidé de façon
importante.
Est-ce que vous aimeriez que je continue
avec les autres items qui ont été faits en transport ou...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) :
D'accord, merci. Alors, il y a
aussi un 29 millions, qui est, évidemment, moins important, pour
diversifier l'offre de transport pour les personnes à mobilité réduite. C'est
des petites sommes, mais c'est, évidemment, extrêmement important.
Maintenir les services aériens régionaux
essentiels. Ça, je crois, c'est pour... l'aide gouvernementale pour les
aéroports. «Cet investissement... l'aide octroyée aux transporteurs aériens
régionaux», excusez-moi. Et assurer le maintien de la desserte maritime de l'île...
à l'île d'Entrée. Mais je n'ai pas le droit de dire que le député de l'île... des...
de la Madeleine n'est pas ici, mais, s'il était ici, il vous dirait que c'est
vraiment une très bonne mesure. Mais je n'ai pas dit qu'il n'était pas ici, je
vous dis que l'île d'Entrée, c'est aux Îles-de-la-Madeleine, M. le Président.
Sur ce, ça fait 429 millions. Et là... Alors, si on rappelle, là... Puis d'ailleurs,
tiens, il y a un tableau qui parle de l'aide d'urgence en transport depuis
2020, puis ça donne, en fait, 2,2 milliards pour les transporteurs
collectifs.
Ensuite, pour ce qui est du transport
terrestre, 293 millions dans le budget. Donc, 429 plus 293 : 722 millions.
Lorsque vous vous êtes levé, M. le député, au discours du budget, pour le 722 millions,
là, c'était ce fameux 293 plus le 429. Vous vous en souvenez, je le vois dans
votre sourire, là.
Il y avait : Soutenir le milieu
municipal dans l'entretien et l'amélioration du réseau routier local. Ça, c'est
ce qu'on appelle... Ça a un autre nom, ça. Ça, c'est le... Ça a un autre nom.
Planification... Travaux d'entretien et d'amélioration sur le réseau routier
local, c'est... c'est extrêmement important. Je cherche le vocable utilisé dans
les MRC pour ça, là, mais...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : La
voirie locale. Merci, merci. 200 millions en 2024‑2025. Ça s'ajoute à d'autres
sommes qui avaient été octroyées avant. Appuyer les interventions visant à
assurer la sécurité aux passages à niveau municipaux, je pense que le... 12 millions,
je pense que le titre est explicite. Encourager l'utilisation du réseau... ferroviaire
par... pour le transport des personnes et de marchandises : 60 millions. Et
ça, est-ce qu'on dit c'est où? Encourager le transport de marchandises, <complémentarité...
M. Girard (Groulx) :
...personnes
et de marchandises : 60 millions. Et ça, est-ce qu'on dit c'est où?
Encourager le transport de marchandises, >complémentarité, routier,
maritime... On ne dit pas c'est où, on est discrets. C'est... généralement,
c'est par choix. Poursuivre l'appui à la réhabilitation de la desserte
ferroviaire en Gaspésie, bien, ça, on le dit : 21 millions.
Alors, c'est l'ensemble des mesures pour
le transport. Puis, évidemment, il y a aussi... Bien, c'est... le budget, c'est
une photo, là. Ça s'ajoute à tout ce qu'on fait pour les infrastructures en
transport en commun et toutes les sommes qui viennent en... au niveau des
opérations des sociétés de transport.
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : ...
Des voix : ...
M. Beauchemin : Je peux
commencer, là, mais...
Le Président (M. Simard) : Changement
de dernière minute. Cher collègue, si vous êtes prêt, je vous cède la parole.
M. Bouazzi : ...M. le
Président. Vous avez fait peur à M. le ministre, qui s'inquiétait depuis tout à
l'heure que notre segment saute.
Le Président (M. Simard) : Bien
oui.
M. Bouazzi : Donc, je tiens,
d'ailleurs, à remercier la première opposition de nous avoir accommodés pour la
prise de parole que nous avions... et aussi, bien sûr, au président de nous
avoir accommodés. Nous pensions que nous passions cet après-midi. Et donc on
est très heureux de rassurer aussi M. le ministre, étant donné que nous allons
avoir notre échange. Et c'est malheureusement le dernier, d'ailleurs, que nous
allons avoir, M. le ministre.
Donc, permettez-moi de revenir un peu sur
les deux premiers échanges... les trois... les deux, trois premiers échanges
que nous avons eus. Le premier était sur la question des inégalités de genre
associées à la baisse d'impôt. Donc, nous avons démontré, une démonstration
assez facile, que la majorité de l'argent, donc plus de 1 milliard de
dollars sur le 1,7 milliard des baisses d'impôt, allait aller vers les hommes.
Et nous avons, évidemment, signifié que nous aimerions beaucoup que les
prochaines politiques publiques soient analysées sous le spectre de l'ADS+, qui
permettrait, justement, que toutes nos politiques publiques participent à la
lutte contre les inégalités de genre, parce que, sinon, malheureusement, nous
n'allons pas y arriver, ces inégalités étant spécialement persistantes.
• (15 h 40) •
Nous avons aussi parlé des inégalités de
patrimoine, rappelant qu'au Québec, du peu de chiffres que nous avons... que le
1 pour 10 000 le plus riche a 18 000 fois plus d'avoirs qu'une
personne qui appartient au 40 % le moins nanti, 18 000 fois plus
d'avoirs, et que ces personnes, pour M. le ministre, ne méritaient pas... ces
inégalités ne méritaient pas une attention particulière. Et nous, évidemment,
on pense que c'est des inégalités qu'il faut absolument aborder. On parle
beaucoup des inégalités de revenus. Les inégalités de patrimoine, dans nos
sociétés, ont explosé, et c'est probablement là le cœur des inégalités,
beaucoup plus que dans les inégalités de revenus.
Laissez-moi, d'ailleurs, rappeler qu'il y
a une taxe sur le patrimoine au Québec, elle s'appelle taxe municipale et
scolaire, mais elle est particulièrement injuste étant donné qu'elle s'applique
essentiellement sur la classe moyenne, qui a pour principal, voire souvent pour
seul avoir la maison, alors que les personnes les mieux nanties ont des
options, ont des actions en bourse, qui, elles, sont zéro taxées. Rappelons
aussi que c'est une taxe qui s'applique non pas sur l'avoir net mais sur
l'avoir brut, et donc, si on a juste 10 % de la maison qui nous appartient
et l'autre 90 % qui appartient à la banque, on paie sur la totalité de
l'avoir et non pas juste sur le 10 % qui nous appartient. Et donc il y a
une taxe, effectivement, sur le capital, mais elle est d'une injustice totale
et, évidemment, elle permet aux personnes les mieux nanties de payer, tout
simplement, zéro taxe sur le capital et zéro taxe sur l'héritage. M. le
ministre nous a rappelé qu'une fois il y a un héritage, il y a une taxe sur le
gain en capital, ce n'est pas une taxe sur le capital, je pense qu'on sera tous
d'accord là-dessus, et que, si, par exemple, la personne vend son avoir de son
vivant, c'est une taxe qu'elle aurait dû payer de toute façon. Donc,
évidemment, ce n'est pas comme s'il y avait une taxe sur l'héritage mais bien
une taxe qui a tout simplement été payée parce qu'il y a eu des gains en
capital.
Bref, le 1/10 000 le plus nanti a
18 000 fois plus d'avoirs qu'une personne qui appartient au 40 % le moins
nanti. Et il est... <clairement...
M. Bouazzi :
...fois
plus d'avoirs qu'une personne qui appartient au 40 % le moins nanti. Et il
est... >clairement pas de limite dans ce rapport d'inégalité pour ce
gouvernement, d'autant plus qu'il n'y a pas non plus une volonté,
malheureusement, de faire des calculs réels sur combien il y a d'inégalités
réelles sur le capital, étant donné qu'on n'a pas de chiffres, en fait, et tout
ce qui n'est pas taxé ou imposé, en fait, n'est pas calculé, et c'est une des
raisons pourquoi nous n'avons pas de chiffres, contrairement à la plupart des
pays de l'OCDE, qui, eux, ont au moins, en général, une taxe sur l'héritage et
souvent aussi une taxe sur les grandes fortunes, qui est une taxe sur le
capital, qui permet d'avoir une meilleure idée des inégalités, d'ailleurs qui
ont été très, très bien décrites par un des nombreux... enfin, plusieurs des
nombreux livres de M. Piketty, que j'ai eu beaucoup le plaisir de lire et qui
rappelle, d'ailleurs, dans ses livres, qu'il y a des décisions qui touchent à
l'idéologie. Et je pense qu'il y a une idéologie qui sous-tend les politiques
publiques du gouvernement et une autre qui sous-tend aussi notre approche et
notre lecture de ce budget. Notre idéologie... nous les avons dits dès le
début, c'était l'introduction que nous avons faite, il y a trois axes :
les inégalités de genre, de race et d'orientation sexuelle, etc., les
inégalités de classes sociales et, enfin, la lutte à la crise climatique.
Et, peut-être, je poserais une question,
donc, après cette longue... ce long rappel des deux premiers segments. Est-ce
que, M. le ministre, vous croyez à la théorie du ruissellement? Juste pour
savoir où est-ce qu'on se place.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Excusez-moi
de rire. C'est parce que cette commission a une longue tradition, et le député
de Rosemont, qui occupait votre poste par moments, parce qu'il a aussi occupé
celui de critique à la santé, me parlait souvent de la théorie du ruissellement,
et donc vous avez une certaine cohérence intertemporelle avec le député de
Rosemont. Alors... Bon, je comprends que ça ne répond pas à la question,
mais...
Alors, inégalités de genre, inégalités de
classes sociales, inégalités climatiques, tous des sujets extrêmement
importants, qui n'empêchent pas que la meilleure contribution qu'on peut faire
aux inégalités, qu'elles soient sociales ou de genre, là, puis là vous, vous
utilisez «inégalités de genre», mais, en fait, vous avez une définition plus
large, là, mais... c'est, évidemment : plus on pousse la croissance
économique, plus le gouvernement a de moyens pour redistribuer de la richesse,
investir dans les missions de l'État, et plus le taux de chômage est bas, plus
il y a de gens qui sortent de situations précaires, pauvreté, etc. Donc, en
général, plus la croissance économique est forte, plus le PIB par habitant est
élevé, la richesse collective est élevée, moins il y a de pauvreté et de... d'inégalités.
À la question... puisque la question était
précise : Est-ce que je crois particulièrement à la théorie du
ruissellement, le «trickle-down economics»? Pas particulièrement, là, mais
c'est... Au sens micro, non, là. Au sens macro, c'est indéniable que plus la
société est riche, plus le gouvernement a des moyens pour faire des actions
sociales.
M. Bouazzi : Évidemment, la
théorie touche à l'idée que plus il y a des riches qui peuvent dépenser leur argent,
plus cet argent-là peut être distribué, et ce n'est pas juste la question
macro. J'ai presque envie de citer Coluche, qui disait : «Les pauvres
seront heureux de savoir qu'ils vivent dans un pays riche», mais je reviendrai
plus à M. Fortin, que vous avez cité vous-même, qui,
lui-même, a expliqué qu'il ne voyait pas de relation entre <l'augmentation...
M. Bouazzi :
...vous-même,
qui, lui-même, a expliqué qu'il ne voyait pas de relation entre >l'augmentation
du PIB et les baisses d'impôt, que la corrélation chez les économistes... Et je
dois avouer que vous avez parlé, donc, effectivement, d'une richesse commune
qui augmente et, effectivement, un certain nombre de services de l'État qui
peuvent être donnés, qui permettent, justement, une redistribution de la
richesse, non pas juste d'un point de vue pécunier, mais d'un point de vue
accès à des services, que ce soit l'école, que ce soit la santé, que ce soit le
transport en commun, même s'il semble que, malheureusement, on n'investit pas
assez. Malheureusement, on ampute notre richesse collective. Et Dieu sait qu'il
y a quand même beaucoup d'économistes qui sont capables... et pas spécialement
de gauche, qui sont capables de... enfin, qui auraient du mal à expliquer le
lien direct entre des baisses d'impôt et une augmentation de la richesse.
Est-ce qu'il y a un économiste que... sur
lequel vous vous basez pour parler, justement, de ces baisses d'impôt? Ce
serait lequel?
M. Girard (Groulx) : Bien,
approximativement 250 économistes au ministère des Finances, qui estiment
l'effet, sur le PIB et l'emploi, des baisses d'impôt. M. Fortin est un
excellent économiste. Lorsque j'ai rencontré M. Fortin avec deux anciens... un
ministre délégué aux Finances... En fait, j'ai rencontré trois professeurs de
l'UQAM, M. Nicolas Marceau, ancien ministre des Finances, et M. Alain Paquet,
ancien ministre délégué aux Finances, et M. Fortin. Alors, il y a eu une
discussion sur l'efficacité des baisses d'impôt, et je vous dirais que M.
Paquet et... Je dirais que M. Marceau ne s'est pas particulièrement prononcé ou
a plus abordé la question d'un point de vue politique, alors je vais garder sa discussion
confidentielle. Je dirais que M. Paquet était plus favorable, M. Fortin, défavorable.
Mais les... ces... avec le ministère, ça fait longtemps qu'on travaille sur
comment faire les baisses d'impôt qui seraient le plus... qui auraient l'impact
maximal sur l'économie, là. Parce qu'on aurait pu augmenter l'exemption
personnelle de base, on aurait pu faire plus du premier palier, moins du
deuxième. On a regardé toutes sortes de combinaisons, et je vous dirais qu'on
est très... très confiants qu'on a bien choisi le geste que nous voulions
faire.
M. Bouazzi : Merci, M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Puis,
juste...
M. Bouazzi : Je reste sur ma
faim sur les noms des économistes. J'espérais d'en avoir plus...
M. Girard (Groulx) : Bien... Bien,
les... comme vous le savez, les fonctionnaires sont indépendants.
M. Bouazzi : Non, non, mais...
M. Girard (Groulx) : Je ne
vous donnerai pas la liste des employés du ministère. Je peux vous la trouver.
M. Bouazzi : Je comprends
bien, mais sur le... les économistes qui ont... qui ont peut-être publié dans
le débat public plus que les fonctionnaires. Je comprends que les
fonctionnaires appuient vos politiques. Je rappelle...
M. Girard (Groulx) : Non, les
fonctionnaires n'appuient pas mes politiques, les fonctionnaires font des
calculs indépendants pour nous permettre de faire des bonnes politiques.
• (15 h 50) •
M. Bouazzi : Je comprends. Je
rappelle qu'il y avait toutes sortes de simulations qui auraient pu éviter que
le haut de la fourchette profite de ces baisses d'impôt là. Et évidemment, dans
un moment de récession, toutes les questions de réinvestir l'argent qu'on donne
à des gens qui vont le dépenser se posent beaucoup pour les... pour les
personnes qui ont, évidemment, des revenus de plus de 100 000 $, qui,
possiblement, ne vont pas le dépenser directement dans l'économie. On s'entend,
M. le ministre.
Je vais peut-être... Combien de temps il
me reste, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Alors,
13 moins 16... ou 16 moins 13, ça fait trois, ça. Je ne suis pas un économiste,
mais...
M. Girard (Groulx) : Puis, si
vous pouvez situer Coluche dans l'histoire de la pensée économique dans vos
trois dernières minutes, ce serait apprécié, là.
M. Bouazzi : Bien, des fois,
il y a... des fois, il y a des phrases qui sont fortes par leur simplicité. Et
puis, rappeler que les gens pauvres ne sont pas plus heureux de vivre dans un
pays... de savoir qu'ils vivent dans un pays riche, je pense que c'est une
maxime qui peut être meilleure que d'autres. Peut-être un dernier point,
étant donné le peu de temps qu'il nous reste. Sur la question du RRQ — je
vais rentrer, pour une fois, dans... dans des choses plus détaillées — d'abord,
on vous remercie d'avoir laissé tomber la question du 62 ans. On considère que
c'est probablement un des gains... en tout cas, qu'on a participé à ce gain-là,
nous, à Québec solidaire. Et, les questions qui touchent au
congé de cotisation des personnes... des personnes qui ont plus que 65 ans,
donc qui vont arrêter de <cotiser...
M. Bouazzi :
...au
congé de cotisation des personnes... des personnes qui ont plus que 65 ans,
donc qui vont arrêter de >cotiser, je comprends, M. le ministre, peut-être
une question simple d'abord, que c'est bien pour s'assurer que les personnes de
plus que 65 ans aient des incitatifs pour rester sur le marché du travail?
M. Girard (Groulx) : En fait,
il y a... c'est vraiment pour la... Le premier objectif, c'est la sécurité
financière des Québécois. Et la mesure, le 60-62, là, visait à ce qu'il y ait
moins de gens qui prennent à 60 ans leur retraite... et la devancer,
pénalité de 36 % par rapport à 65 ans. Au niveau de 65 ans, si vous avez
déjà enclenché votre retraite, vous allez... c'est plus une mesure de liquidité
que de sécurité financière, parce que c'est... ce n'est pas clair que d'arrêter
de cotiser va bonifier votre rente, là. Ça va... Ça dépend de combien vous
allez gagner puis comment ça va influencer votre moyenne. Mais, si vous jugez
que la liquidité immédiate de ne pas cotiser équivaut entre 2 000 $
et 4 000 $ brut, bien, on vous donne l'option de le faire. Et, comme
une des choses qu'on a discutées en commission, c'est que c'était important
qu'on fasse une meilleure éducation pour que les gens prennent une... des
meilleures décisions financières pour eux, c'est avant tout une mesure de
liquidité. Pour ce qui est de protéger la rente si vous travaillez à temps
partiel, ça, c'est une mesure de sécurité financière pure. Ça fait que je
dirais que la première est plus une mesure de liquidité et d'encouragement au
travail, la deuxième est plus une mesure de sécurité financière et
d'encouragement au travail.
M. Bouazzi : Donc, dans les
deux cas... Bien, on oublie la première. La première, c'était le 60-62 ans. Ça
fait que ça, c'est derrière nous.
M. Girard (Groulx) : Non, la
première étant le 65 facultatif.
M. Bouazzi :
Ah! OK. D'accord. Donc, dans les
deux cas, quand même, il y a des mesures d'incitation au travail.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Bouazzi : Ma question... Et
puis ça, je... nous, on appuie tout à fait, hein, cette proposition-là. Ma
question, c'est : Pourquoi avoir aussi fait ce cadeau-là aux employeurs,
en fait, qui... ou, en tout cas, de proposer, parce que j'espère que vous allez
reculer quand nous aurons les débats, mais... mais... mais pourquoi avoir fait
ce cadeau-là, alors que le marché, en fait, normalement, devrait... On leur
fait le cadeau d'aider les gens à travailler. Pourquoi, en plus, leur permettre
de ne pas cotiser, sachant que... tu sais, avec l'argent de cette
cotisation-là, on...
M. Girard (Groulx) : Bien...
Le Président (M. Simard) : Très
rapidement, s'il vous plaît.
M. Girard (Groulx) : ...c'est
un régime autofinancé, cotisation égale employeur-travailleur...
Le Président (M. Simard) :
Merci.
M. Girard (Groulx) : ...puis
on n'avait pas l'intention de changer l'esprit du régime.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole au député d'Huntingdon.
Mme Mallette : Merci
beaucoup. Le budget, bien, ce sont des revenus puis des dépenses avant tout,
mais c'est surtout le point d'ancrage de ce qui incarne le plan du gouvernement
en place. C'est à partir du dépôt du budget que l'ensemble des ministres du
gouvernement peuvent agir dans leurs responsabilités respectives, y compris le
ministre des Finances.
En temps d'incertitude économique, comme
ce que nous vivons actuellement, il est très important que les entreprises et
les investisseurs aient confiance dans le gouvernement en place et en sa
capacité de maintenir ses services et aides financières à travers le temps.
Cela n'est possible que si vous, M. le ministre des Finances, présente un cadre
financier prudent et responsable, comme c'est encore le cas cette année. Et
cela est fait, pour cette année, sans augmenter le fardeau fiscal des Québécois,
même bien au contraire.
Contrairement à ce que d'autres
promettaient en campagne électorale, nous allons retourner à l'équilibre
budgétaire d'ici 2027‑2028 sans augmenter les impôts, en maintenant les
versements au Fonds des générations et en assurant une augmentation importante
des niveaux de dépenses des missions de l'État. Nous pouvons faire cela, car
nos actions nous ont permis d'avoir une meilleure croissance économique que
prévu, encore une fois, et que nous avons une approche responsable et
équilibrée, tout en faisant cela en donnant une baisse d'impôt aux Québécoises
et aux Québécois, comme nous l'avions promis, en plus des aides supplémentaires
pour les aînés, comme annoncé cet automne, et l'indexation de toutes les aides
gouvernementales.
Donc, j'ai quand même <qualifié...
Mme Mallette :
...indexation
de toutes les aides gouvernementales.
Donc, j'ai quand même >qualifié
à plusieurs reprises le budget de prudent et responsable, mais qu'est-ce qui
fait que vous, M. le ministre, qualifiez ce budget de prudent et responsable?
Est-ce que vous pourriez nous préciser le tout?
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci beaucoup. Alors, je me dirige vers ma section «prudente et responsable»...
C'est des blagues. C'est de l'humour de banquier, là, c'est... c'est presque
drôle. Alors... Mais... Mais c'est une question qui est... qui est vraiment
pertinente.
Alors, d'abord, il y a le fait que, si on
regarde l'année 2023‑2024 et qu'on prend une définition standard des
comptes publics, comme l'Ontario et le fédéral, on a 148 milliards de
revenus puis 148 milliards de dépenses. Nous sommes à l'équilibre
budgétaire avant provisions et versements au Fonds des générations :
1,5 milliard de provisions, 2,6 milliards de versements au Fonds des
générations, 4 milliards de déficit. Ensuite, si on avance dans le cadre
financier, en 2025‑2026, on est à l'équilibre budgétaire, au sens des comptes
publics, après provisions. Et, finalement, en 2027‑2028, on revient à
l'équilibre budgétaire après contribution au Fonds des générations de près de
3 milliards, et ça, c'est selon la définition la plus stricte de
l'équilibre budgétaire. En tout, dans le cadre financier, il y a
6,5 milliards de provisions, puis on estime qu'une récession nous
coûterait approximativement 5 milliards. Donc, la somme de nos provisions
excède le coût estimé dans le scénario alternatif de récession.
Et, finalement, l'élément qui est
probablement le plus important, c'est qu'on a eu une hausse des dépenses
importantes avec la pandémie et on a aussi eu le phénomène des dépenses qui ne
sortaient pas, qui précédaient la pandémie, c'est-à-dire qu'on budgétait un
niveau de dépenses et... En fait, les dépenses réalisées étaient inférieures
aux dépenses budgétées depuis le gouvernement qui nous précédait et le nôtre, donc
aucune couleur politique à cette affirmation. Les dépenses réalisées étaient
inférieures aux dépenses projetées, de l'ordre de 2 à 3 milliards, depuis
déjà plus de cinq ans avant la pandémie. Pandémie : hausse des dépenses
importantes.
• (16 heures) •
Alors, je dirais que, cette année, on a
corrigé la base budgétaire, parce que, vous le saviez, on avait, durant la
campagne électorale, promis 1 % d'efficience après quatre ans, 1 %
des dépenses, 1,5 milliard à l'année 4. Donc, on corrige la base
budgétaire de 1 % de dépenses, qui correspond à 1,5 milliard, tantôt
j'ai dit qu'il y avait 3 milliards de dépenses, à peu près, qui ne
sortaient pas par année, et on a un taux de croissance des revenus — et
puis c'est... ça, c'est divulgué, là, je regarde mes collègues du ministère des
Finances, c'est divulgué, parce que ces chiffres-là sont introuvables dans le
budget fédéral, la moyenne des croissances des revenus sur cinq ans et des
dépenses — à 3 %. On a donc un appariement entre la croissance
des revenus et des dépenses qui va nous permettre de revenir à l'équilibre
budgétaire.
On a corrigé la base budgétaire. On a
6,5 milliards de provisions. Nous serons à l'équilibre, après contribution
au Fonds des générations, en 2027‑2028, au sens des comptes publics, en 2025‑2026,
presque à l'équilibre, avant... provisions, en 2023‑2024, et on ajoute à ça les
nouvelles cibles de dette sur l'horizon 15 ans.
Alors, on a un budget avec un cadre
financier solide. Et, normalement, les agences de notation, qui sont les
arbitres de... des finances publiques, vont commenter notre budget. Et on a une
cote de crédit, au Québec, de l'ordre AA, AA moins. Et, lorsque les... c'est...
c'est notre souhait, c'est notre conviction que, lorsque les agences de
notation confirmeront notre cote de crédit, bien, on pourra confirmer que le
cadre financier est apprécié non seulement du ministère qui l'a produit, mais
par les agences indépendantes.
Et ça me fait penser à la question qu'il y
a eu ce matin, à l'Assemblée nationale...
16 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...ça me
fait penser à la question qu'il y a eu ce matin à l'Assemblée nationale, où on
s'inquiétait de la situation financière du gouvernement fédéral. Bien, je vous
dirais que, pour avoir déjà fait affaire avec S&P et Moody's, deux agences
de notation qui ne font pas dans la complaisance... Alors, si ces agences
disent que le gouvernement canadien a une cote de crédit AAA, c'est parce que
les finances publiques du gouvernement fédéral sont soutenables et soutenues.
Mme Mallette : Peut-être,
justement, nous expliquer pourquoi c'est important, cette cote de crédit là.
M. Girard (Groulx) : Parce
que, lorsqu'on a 200 milliards de dette avec une échéance moyenne de 11 ans..
Et la dette brute est supérieure à ça, mais, si on prend juste le 200 milliards
de dette avec une échéance moyenne de... ça veut dire qu'on a 20 milliards
de dette à rouler chaque année. Et, par exemple, si on émet du papier... par
exemple, si la banque centrale de Suisse, elle achète le papier du gouvernement
du Québec, bien, elle a des analystes qui vont passer à travers le budget, mais
un investisseur suisse ne peut pas avoir une connaissance fine du cadre
financier de l'économie du Québec ou... Puis là je dis «suisse», mais ça
pourrait être un Allemand, puis ça pourrait être Américain, puis... Les agences
de notation permettent une standardisation de l'information, donnent un sceau
de qualité. Dans notre cas, c'est AA- : Aa, Moody's, AA-, S&P, et ça
permet de dire que le Québec prend la solidité de ses finances publiques avec
sérieux, puis c'est confirmé par deux entités indépendantes. Il y en a d'autres,
agences, je dirais que S&P et Moody's sont les deux plus importantes.
Mme Mallette : Merci
beaucoup. J'imagine que dans... Parce que vous l'avez vraiment brièvement
abordé, là, quand vous nous parlez du budget, bon, au niveau de la... qu'il est
prudent et responsable, vous avez mentionné, entre autres, qu'on avait pris des
provisions puis aussi qu'on avait fait des scénarios alternatifs de prévisions.
Je ne sais pas si vous pouvez peut-être élaborer un petit peu plus sur ces
scénarios-là puis le pourquoi on met des provisions dans notre budget.
M. Girard (Groulx) : Bon. Bien,
ça, j'ai été sévère avec la transparence des documents du gouvernement fédéral.
Maintenant, je vais leur donner un peu de crédit, le gouvernement fédéral fait
un scénario alternatif baissier et un scénario alternatif haussier depuis déjà
quelques années. Et l'Ontario l'a fait avant nous, et on a compris que, si c'était
bon pour l'Ontario et le Canada, peut-être que le Québec devrait le faire, et,
à la mise à jour, on a donc mis un scénario baissier. Et voici notre premier
budget avec un scénario alternatif haussier et baissier.
C'est certain que les deux scénarios n'ont
pas la même probabilité d'occurrence, là. La probabilité qu'on ait 2 % de
croissance en 2023 est très faible. La probabilité qu'on ait une récession où
le 0,6 % de croissance se transforme en moins 0,8 %, c'est quand même
possible, plus possible que le scénario haussier, mais notre scénario de
référence est à 0,6 % pour 2023, qui correspond au 0,3 % du secteur
privé, plus la mesure fiscale, qui donne 0,3 %. Et le scénario de
récession, il est divulgué, alors on a un choc de moins 1,4 %, ce qui fait
qu'on est à moins 0,8 % plutôt que 0,6 %. Le taux de chômage
augmenterait à 5 %, le déficit passerait de moins 4 milliards à moins
6 milliards, et la dette, en 2027‑2028, serait de 36 %... en fait,
elle augmente approximativement de 1 %, à peu près 5 milliards.
Mme Mallette : Ça, j'imagine
que c'est en lien... les provisions, elles sont en lien avec ces scénarios-là?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous dirais qu'il aurait été imprudent d'avoir un montant de provisions
inférieur au coût du scénario baissier.
Mme Mallette : Je ne parle
pas assez proche du micro, excusez-moi. Donc, je reviendrais à un autre bloc.
On a parlé brièvement de la réserve de stabilisation. Je pense que c'est un
concept, en tout cas, pour ma part, là, qui n'est peut-être pas très bien
compris. Puis j'aimerais aussi avoir les raisons pourquoi vous comptez l'abolir.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous rassure tout de suite, si vous n'avez pas bien compris le concept de la
réserve de stabilisation, vous êtes probablement en compagnie de 99 % de
la population, parce que c'est un concept qui est <extrêmement...
M. Girard (Groulx) :
...pas
bien compris le concept de la réserve de stabilisation, vous êtes probablement
en compagnie de 99 % de la population, parce que c'est un concept qui est >extrêmement
nébuleux. Moi-même, quand je suis devenu ministre des Finances, j'ai compris
que je ne comprenais pas quand je n'étais pas ministre des Finances.
Alors, la réserve de stabilisation, c'est
un compteur qui fait la somme des surplus qui ont précédé l'année courante, si
vous avez accumulé des surplus. Et ce compteur-là... Alors, on avait une loi à
l'équilibre budgétaire... Si vous avez fait des surplus, par exemple, si vous
avez fait un surplus de 3 milliards à T-2... vous aimez les T, vous, puis
2 milliards à T-1, vous avez 5 milliards de surplus, et là vous êtes
au temps T, bien, votre réserve de stabilisation est à 5 milliards. Et là,
si vous faisiez un déficit au temps T, vous pouviez faire un déficit jusqu'à
5 milliards en disant : Bien, ce n'est pas grave, j'ai fait
5 milliards de surplus les deux années précédentes.
Mme Mallette : ...jusqu'à
combien d'années comme ça?
M. Girard (Groulx) : Bien, on
pouvait reculer jusqu'au moment où le solde était à zéro. Théoriquement, on
aurait pu reculer jusqu'en 2006.
Mme Mallette : Donc, c'est
indéfini, là, dans le fond, on additionne toujours, toujours, toujours?
M. Girard (Groulx) : Bien là,
on a fait... Je pense que... On a fait un déficit de 10 milliards, en
2021, ça fait qu'on a nettoyé le concept, là, parce qu'on a pris les...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui,
oui. On a pris les surplus qui avaient précédé, les années précédentes, puis là,
en 2020‑2021 puis en 2021‑2022, on a absorbé les surplus qui avaient été
cumulés. Il y avait, je pense, un surplus... il y avait des surplus à partir de
2028‑2029.
Mme Mallette : ...d'incidence
à abolir ce principe-là, parce que, dans les faits...
M. Girard (Groulx) : C'est
juste un compteur, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'argent. Le fait que vous avez
fait un surplus dans le passé fait que vous empruntez moins, mais vous n'avez
pas d'argent en banque. Alors, si vous faites un déficit cette année, si vous
faites un déficit de 5 milliards, vous devez emprunter 5 milliards.
Le fait que, par le passé, vous avez moins emprunté ne vous donne pas de
sommes. Alors, c'était un concept comptable. Et je vous dirais que j'ai
un ancien vérificateur général qui reste pas loin de chez nous, bon, puis il y
en a eu plusieurs, des vérificateurs généraux, puis des fois je promène mon
chien puis je lui parle, puis il me parle de finances publiques, puis il parle
beaucoup, il me tient en laisse, il me parle pendant des heures de finances
publiques, et il n'aimait pas la réserve de stabilisation. Alors, la prochaine
fois que je le vois, je lui dirai qu'il y a une proposition, parce que les
parlementaires devront en débattre lors de l'omnibus budgétaire, pour éliminer
la réserve de stabilisation.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Chère collègue.
Mme Mallette : Ça fait le
tour des questions que j'avais. Je ne sais pas si mes collègues avaient une
question.
• (16 h 10) •
M. Bélanger : Il reste
combien de temps?
Le Président (M. Simard) : Techniquement...
si je comprends bien, cinq minutes.
M. Bélanger : J'ai une petite
question, là, que je peux... qu'on pourra élaborer un peu plus loin, bon. En
tant qu'adjoint parlementaire du ministre des Finances, j'ai eu la chance de
participer à une courte période du processus prébudgétaire. Puis je veux quand
même saluer son travail parce qu'il a rencontré à peu près tous mes collègues,
ça s'est fait à chaque semaine, donc, il y a eu un processus rigoureux les mois
précédant le budget. Mais je ne connais pas tout le reste de la recette puis
j'assume que, le lendemain du dépôt du budget, il y a certainement un processus
qui s'enclenche pour l'année suivante, surtout quand on vit des situations...
des situations comme en 2020, où il y avait mon collègue de Maskinongé puis...
et le ministre, le député de Groulx, qui étaient là, où il y a eu une
présentation de budget, en mars 2020. Puis je me rappelle qu'il y a eu des
événements quelques semaines après.
Ça fait que je suis curieux un peu sur ce
processus-là, puis j'aimerais en apprendre, en tant qu'adjoint parlementaire du
ministre des Finances mais aussi pour le bénéfice de tout le monde... Puis
j'assume que ma minute, elle a expiré, on pourra peut-être élaborer.
Le Président (M. Simard) : ...je
vous avais dit cinq, cher collègue, alors... à peu près cinq, donc il vous en
reste à peu près quatre.
M. Bélanger : OK. Parfait.
Donc, moi, je serais curieux sur ce processus-là, puis j'aimerais en apprendre
plus parce que c'est important de... au niveau de la population puis des <entreprises...
17 925
M. Bélanger :
...j'aimerais en apprendre plus parce que c'est important de... au
niveau de la population puis des >entreprises.
M. Girard (Groulx) : Votre
question, c'est qu'est-ce qui suit le budget? Bien, généralement, pour... Et
moi, j'ai combien de temps, M. le Président?
5 369
Le
Président (M. Simard) : À peu près 3 min 15 s.
M. Girard (Groulx) : 3 min 15 s,
OK, 3 min 15 s chronométrées, là.
5 369
Le
Président (M. Simard) : Peut-être trois.
M. Girard (Groulx) : Généralement,
après le budget, il y a... Bon. La journée du budget, il y a quelques
entrevues, mais, le lendemain, c'est la grosse journée d'entrevues. Alors, il y
a 26... Cette année, on a fait 26 entrevues. Il faut dire que notre
directrice des communications est particulièrement dynamique. On y est allés de
26 entrevues cette année.
Il y a, bien sûr, la période de questions.
Alors, le budget était un mardi, cette année, c'était unanime, tout le monde
voulait un budget le mardi. Je fais des blagues, il y a quelques têtes fortes,
là, qui n'aimaient pas le mardi, mais c'était presque unanime, le mardi. Et
alors période de questions le mercredi, période de questions le jeudi.
Vendredi, le grand événement à la chambre de commerce de Montréal. Viendra un
événement au Cercle finance et placement du Québec, le traditionnel demi-verre
de vin du vendredi soir qui suit le budget, M. le député. Ça, c'est les pieds
sur le pouf. Quel plaisir!
Et puis arrive la fin de semaine. On est
brûlés. Et là on se repose, le samedi, interdit de travailler. Puis là, le
dimanche, ça repart. Ça repart, M. le député d'Orford parce qu'on ne peut pas
tout traiter dans un budget. Cette année, c'était vraiment un budget économie,
santé, éducation, environnement et la baisse d'impôts, nouvelle cible de dette.
Donc, économie, santé, environnement, éducation, cadre financier prudent et
responsable, retour à l'équilibre budgétaire, nouvelle cible de dette, baisse
d'impôt.
Le prochain budget aura sûrement un autre
thème. Sûrement que les missions santé, éducation seront toujours là. Le plan
santé pourrait nécessiter des sommes additionnelles. En éducation, on a vu, ce
matin, là, qu'on est à... on vise 90 % de taux de diplomation. On est à
84 %, on a évidemment du travail à faire. Alors, les missions de l'État
seront là. L'environnement, ce ne sera pas réglé non plus, ce sera là, mais
quelle sera la particularité, là? Cette année, il y avait quand même :
nouvelle cible de dette, baisse d'impôt. Quels pourraient être les sujets des
prochains budgets? Ça, la réflexion est déjà commencée, là.
17 925
M. Bélanger :
...mémoires déposés affectent cette stratégie-là, les mémoires qui sont
déposés suivant le budget, là, sur les 12 mois... les 12 mois
suivants?
M. Girard (Groulx) : Oui. Oui.
Bien, c'est-à-dire qu'il y a des mémoires qui, parfois, ressemblent étrangement
au mémoire du même groupe des années précédentes, puis il y a des mémoires qui
innovent énormément, qui nous suggèrent des avenues, là, de réflexion. Et là on
a des thèmes, on a quelques thèmes que je pourrai vous partager.
5 369
Le
Président (M. Simard) : On pourra en reparler, oui, c'est une
bonne idée.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
5 369
Le
Président (M. Simard) : Alors, je cède maintenant la parole à la
députée de La Pinière. Notre collègue dispose de 21 min 30 s.
19 313
Mme Caron :
Merci, M. le Président. Alors, je vais... Ce n'est pas l'introduction que
j'avais prévue, mais vous me pardonnerez de ne pas pouvoir m'en empêcher
puisque le ministre des Finances nous a écoutés les... nous a expliqué comment
fonctionnait la cote de crédit. En 2017, le Québec, c'était du jamais vu, avait
eu une meilleure cote de crédit que l'Ontario, et c'était grâce au Fonds des
générations. Fin de la parenthèse.
La première question que j'ai, c'est à
propos des personnes invalides. Alors, quand il y a eu les consultations sur le
RRQ, il y a beaucoup d'entre elles qui avaient écrit à la commission pour nous
sensibiliser au fait que les 71 000 personnes qui reçoivent des
prestations d'invalidité, lorsqu'elles arrivent à l'âge de 60 ans, elles
sont obligées de commencer à retirer le RRQ, et on leur impose les mêmes
pénalités qu'aux autres personnes qui font le choix. Et comme vous l'aviez, M.
le ministre, bien explicité, c'est plus avantageux pour tout le monde de
prendre... de commencer à retirer leur rente de RRQ à 62 ans plutôt qu'à 60 ou
même plus tard.
Alors, dans le cas de ces personnes-là,
une <pénalité...
Mme Caron :
...62 ans
plutôt qu'à 60 ou même plus tard.
Alors, dans le cas de ces personnes-là,
une >pénalité de 18 % à 24 %, qui peut peut-être représenter
3 000 $, 6 000 $, 9 000 $ de revenus, c'est
énorme pour eux. Et aussi, à cause de leur invalidité, bien souvent, les
dépenses en lien avec leur état de santé augmentent. Alors, la question que
j'ai c'est : Est-ce que ça a été considéré, ou est-ce que ça pourra
peut-être être considéré soit de permettre à ces personnes-là de retirer le RRQ
à 62 ans ou bien de continuer comme ça, mais de ne pas leur imposer la
pénalité pour ne pas les précariser puis les appauvrir davantage?
M. Girard (Groulx) : Bon. Premièrement,
la rente invalidité, c'est un dossier délicat, je vais le dire ainsi. D'abord,
il y a un contentieux juridique autour de cela, et donc je vais limiter mes
commentaires. Ensuite, nous avons bonifié la rente invalidité lors du budget 2022‑2023...
ou 2021‑2022, mais c'est venu dans l'omnibus budgétaire qu'on a fait dans
l'année 2022‑2023. On a bonifié la rente invalidité puis on a eu beaucoup
de discussions, à la Commission des finances publiques, là-dessus.
La consultation sur le Régime de rentes,
cette année ne portait pas... il n'y avait pas de... Vous savez, il y avait, je
pense, six questions. Il n'y en avait pas sur la rente invalidité, et donc je
dirais qu'on n'en a pas... Alors, si votre question c'est : Est-ce que les
mémoires ont été analysés par Retraite Québec? Oui. Est-ce qu'on a discuté de
la rente invalidité durant la commission? Non. Si vous voulez qu'on parle
spécifiquement de la pénalité qui est encourue dans ce cas-là, spécifique, là,
je vais demander à un sous-ministre expert de nous décrire ce qui se passe avec
la rente invalidité et...
Mme Caron : En fait, je
voulais savoir s'il y avait possibilité que ça s'améliore, mais je comprends
que non.
M. Girard (Groulx) : Ça n'a
pas été... C'est-à-dire que le geste d'améliorer la rente invalidité a été posé
au budget 2021‑2022.
Le Président (M. Simard) : ...complément
de réponse de la part d'un sous-ministre?
Mme Caron : Non.
Le Président (M. Simard) : Pas
pour l'instant. Très bien.
Mme Caron : Je préférerais
passer au point précédent... suivant.
• (16 h 20) •
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Allons-y.
Mme Caron : Alors, il y a
21,2 millions qui ont été investis pour bonifier le soutien aux personnes
proches aidantes. Par contre, il y a une... il y a un petit... je dirais, un
petit hic. Pour les personnes aidantes des proches de 70 ans et plus, pour
pouvoir bénéficier de l'aide, elles sont obligées de cohabiter avec la personne
aidée. Donc, admettons, puis là, c'est un cas que je vous amène, qui était...
dont j'ai été saisie, une personne qui habite dans mon comté, une dame qui doit
aider ses parents, les deux parents de 70 ans et plus, donc son père et sa
mère. Elle doit souvent s'absenter, manquer le travail pour agir comme proche
aidante de ses deux parents de 70 ans et plus, sauf qu'elle ne peut pas
demander d'aide, l'aide qui est prévue pour les proches aidants, parce qu'elle
ne cohabite pas avec ses parents. Et elle dit : Pourtant j'ai... tu sais,
j'ai des pertes financières parce que je suis souvent obligée de manquer du
travail, et tout ça.
Et ce qui est intéressant, c'est qu'il y a
un crédit d'impôt pour aider une personne de 18 ans et plus qui est
atteinte d'une déficience grave, mais, dans ce cas-là, la personne proche
aidante n'est pas obligée de rester avec la personne de 18 ans et plus.
Alors, est-ce qu'on pourrait les traiter sur le même pied, finalement, que les
personnes proches aidantes des 70 ans et plus ne soient plus obligées de
cohabiter si elles font la preuve qu'elles ont des pertes financières?
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, vous avez raison que le crédit d'impôt pour proches aidants, qui a été
créé au budget 2020‑2021, donc, le budget de la pandémie, le crédit
d'impôt pour proche aidance, a été bonifié pour atteindre jusqu'à
2 500 $. Vous avez raison qu'il y a un critère relié à l'âge puis un
critère lié au handicap. Alors, il n'y a pas eu de demande. Depuis que ce
crédit d'impôt là est émis, en 2020‑2021, je n'ai pas pas été... je n'ai pas
reçu de demande formelle de bonification ou <d'aménagement...
M. Girard (Groulx) :
...pas
été... je n'ai pas reçu de demande formelle de bonification ou >d'aménagement.
Mme Caron : Et vous auriez
besoin de recevoir une demande formelle de la part de qui?
M. Girard (Groulx) : Bien,
dans la mesure où ça a été bonifié en 2021, on est toujours ouverts à ce que...
Le but, c'est d'aider, évidemment.
Mme Caron : Bien,
effectivement, et puis, en fait, ce n'est pas... La demande n'est pas
d'augmenter le crédit d'impôt, mais juste de l'offrir aux personnes qui ne
résident pas 365 jours par année...
M. Girard (Groulx) : Mais,
dans les faits, ça va augmenter le coût pour le Trésor public.
Mme Caron : Ah bien, oui, ça,
c'est sûr. C'est certain.
M. Girard (Groulx) : Alors,
cette question-là devra... pourrait être étudiée dans un budget futur, puis il
faudrait la quantifier puis savoir combien de personnes supplémentaires y
seraient éligibles puis combien ça coûterait.
Mme Caron : Tout à fait. Tout
à fait. Ça, je comprends ça. Dans...
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que vous voulez ajouter quelque chose?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) :
OK.
Mme Caron : Oui, bien, c'est
ça, mais la question, ce n'est pas tant d'être bonifié que de donner le droit
aux personnes qui sont effectivement proches aidantes d'en profiter.
M. Girard (Groulx) : OK.
Présentement, il y a 112 000 personnes qui... et ça, c'était au budget
2021, on estimait qu'il y avait 112 000 personnes...
Mme Caron : Et il va y en
avoir plus. Je peux vous prédire qu'il va y en avoir plus parce que les... avec
le vieillissement de la population, c'est certain qu'il va y avoir plus de
personnes qui vont être obligées d'être proches aidantes de personnes de 70 ans
et plus.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais, si on élargit l'admissibilité, ça va coûter plus cher.
Mme Caron : C'est sûr, mais
ce sont des services que ces personnes-là offrent bénévolement et que... parce
que l'État ne peut pas suffire à la tâche et aider toutes ces personnes-là.
Donc, c'est un service que les proches aidants offrent, on peut dire, à l'État
aussi.
M. Girard (Groulx) :
OK. Bien, vous avez totalement
raison que cette aide-là est, d'une part, inestimable. Puis, comme vous le
savez, au niveau des aînés, là, on fait des efforts importants en soins à
domicile, résidences pour aînés, puis je m'engage à prendre le temps, dans un
prochain budget, de considérer l'élargissement, puis combien ça coûterait,
puis, etc. Évidemment, je n'engage pas le prochain budget du Québec.
Mme Caron : Bien sûr. Au
sujet des RPA, alors, vous savez comme moi que les résidences privées pour
aînés, il y en a... On en annonce malheureusement une fermeture ou une
conversion à peu près aux deux semaines dans les journaux. Il en reste 1 496
au Québec.
Et ce que les partenaires craignent, c'est
que... Dans le budget, il y a une somme de 94,7 millions qui a été mise pour
permettre aux petites RPA qui le désirent de se convertir en ressource
intermédiaire, et la crainte du milieu, c'est de savoir, en fait, quelle est
l'intention réelle du gouvernement. Est-ce que c'est parce qu'on commence à
considérer que le modèle des RPA ne serait plus viable et qu'on voudrait les
inciter à se transformer en ressources intermédiaires? Est-ce que c'est pour ça
qu'il y a ces investissements qui ont été faits pour les ressources
intermédiaires, alors que les RPA, oui, il y a du financement, mais ce sont...
c'est pour reconduire des mesures, là, qui ont commencé durant la pandémie et
qui sont à court terme, qui ne sont pas pérennes.
M. Girard (Groulx) : Bien,
écoutez, quand vous dites court terme, là, il y a quand même 780 millions
qui a été mis au budget 2021‑2022, et là on arrive avec 400 millions
supplémentaires.
Et, non, la conversion de petites
résidences en ressources intermédiaires n'indique pas le désir du gouvernement
de toutes les convertir en ressources intermédiaires, là.
Mme Caron : D'accord. Merci.
M. Girard (Groulx) : C'est
plus une mesure... En fait, je vais aller voir le verbatim exact :
«Réviser le cadre d'intervention auprès des petites résidences. Parmi les
centaines de RPA fermées en 2020, moins de 5 % ont pu être converties en
ressources intermédiaires pour continuer à offrir des soins et des services.
Afin d'éviter un bris dans le continuum de l'offre de services aux aînés en
perte d'autonomie, le gouvernement désire favoriser le processus de conversion
volontaire des petites RPA en ressources intermédiaires.» Puis là on investit
95 millions pour ça. Et, non, il n'y a pas... on ne veut pas... Je pense
que c'est, dans le cas où ça va fermer, on veut offrir une alternative à la
fermeture qui est la conversion en ressources intermédiaires, mais on ne cogne
pas toutes les <portes...
M. Girard (Groulx) :
...fermer,
on veut offrir une alternative à la fermeture qui est la conversion en
ressources intermédiaires, mais on ne cogne pas toutes les >portes pour
les convertir en ressources intermédiaires.
Mme Caron : Je comprends.
Donc, c'est une aide, mais ce n'est pas... ce n'est pas pour les inciter.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Mme Caron : Une autre
question que j'ai... En fait, une mesure que j'aime beaucoup, qui est l'accès
gratuit au vaccin contre le zona... Alors, est-ce que... Je vois que
l'objectif, c'est de vacciner 800 000 personnes sur cinq ans. Alors,
ma question c'est : Est-ce que ça va être... est-ce que toutes les
personnes de 50 ans et plus qui n'ont pas d'assurance... parce que les personnes
qui ont des assurances privées, le vaccin est couvert, donc, est-ce que ce sont
toutes les personnes de 50 ans et plus sans assurance qui vont y avoir
droit? Est-ce qu'il va y avoir, par exemple, une directrice... pardon, une
directive aux professionnels du réseau de la santé pour être proactifs et puis
recommander systématiquement ce vaccin-là à leurs patients quand ils atteignent
l'âge nécessaire? Parce que, sinon, les personnes qui ne sont pas vaccinées et
qui ont le zona ont de grandes souffrances, et ça amène des coûts évidemment
au... dans le réseau de la santé, puis ça vient... ça peut venir engorger la
première ligne. Alors, qui sera admissible à ce vaccin-là?
M. Girard (Groulx) : Oui.
Alors, la première chose que je vous dirais, c'est que le programme n'est pas
mis en place. Et là je veux juste revenir... ça, c'est dans la
section 2.4.
Mme Caron : D.15, D.27 dans
le plan budgétaire.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais je cherche l'endroit. OK. Bon. Vous vous voyez, là, si vous allez à la
page D.15, vous voyez qu'il n'y a pas de somme en 2023‑2024, là, et donc
le programme, il va falloir le mettre en place, OK, puis il y a une somme de
30 millions, là, c'est écrit dans la note de bas de page 1, là, mais
le programme... Le budget ne peut pas tout décrire. Là, nouveau programme,
124 millions, 30 millions par année. Vous comprenez, là, que c'est...
dans l'ampleur des dépenses qu'on a en santé au Québec, c'est relativement
petit.
Alors, le déploiement exact, il va y avoir
une annonce de la ministre responsable des Aînés, puis là elle va parler du
déploiement puis de l'éligibilité, là : est-ce que même ceux qui sont
assurés seront éligibles, alors est-ce que ça sera universel, à partir de quel
âge? Toutes des questions extrêmement pertinentes auxquelles répondra la
ministre des Aînés, mais que moi, je ne peux pas répondre et que, si j'avais
pu, on l'aurait dit dans le budget. Le fait qu'il y ait seulement le nombre de
personnes qu'on vise à vacciner d'ici cinq ans puis le montant laisse une
certaine marge de manœuvre dans l'exécution, là.
Mme Caron : Parfait. Aussi
c'est prévu qu'il va y avoir 23 cliniques d'accès à la première ligne.
M. Girard (Groulx) : Ah!
La seule chose que je voudrais ajouter, c'est que c'est un bon exemple, le
vaccin du zona, du maintien des sites de vaccination permanents et de
dépistage, là, en dehors des établissements publics que nous avions avant la
pandémie. Alors, c'est précisément le genre de vaccin qui pourrait être donné
dans les cliniques où on se faisait vacciner pour la COVID.
Mme Caron : Puis je me
permets d'ajouter que, justement, dans ce sens-là, dans un autre budget, le
vaccin contre la pneumonie serait aussi une bonne chose.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
• (16 h 30) •
Mme Caron : C'est toujours de
la prévention qui... Oui, c'est un gros... ce sont des gros coûts, mais, au
bout du compte, ça évite... ça vient enlever peut-être un peu d'engorgement à
la première ligne puis ça évite d'autres coûts.
M. Girard (Groulx) : Je pense
qu'il y aura les tests diagnostiques aussi, prises de sang, puis tout ça, là,
puis ce serait... finalement, on n'a pas besoin d'aller au CHUM pour une prise
de sang, là.
Mme Caron : Non. Tout à fait.
Alors, dans les 23 cliniques d'accès première ligne supplémentaires, en
fait, j'ai des questions plus sur le fonctionnement que sur l'argent, parce
qu'on dit que... puis là je fais référence à la page D.10 du plan
budgétaire, on dit : «Ces cliniques s'adressent aux usagers qui sont
réorientés par le guichet d'accès à la première ligne à partir de l'urgence ou
de la ligne pédiatrique d'Info-Santé 8-1-1.» Alors, est-ce que ça veut dire que
c'est absolument... Ces trois moyens-là, ce sont les seuls moyens d'avoir accès
à ces nouvelles cliniques ou ces cliniques supplémentaires d'accès à la
première ligne ou si n'importe quelle personne qui a... je vais mettre... je
caricature...
16 h 30 (version révisée)
Mme Caron : ...d'accès à la
première ligne ou si n'importe quelle personne qui a, je vais mettre... je
caricature un peu, là, entre guillemets, un petit bobo va pouvoir s'y présenter
directement, au lieu d'aller à l'urgence, parce qu'il n'a pas... il n'a pas de
médecin de famille, par exemple? Est-ce que tout le monde a... va avoir accès à
ces 23 cliniques supplémentaires?
M. Girard (Groulx) : Excellente
question pour le ministre de la Santé aux crédits. Je vous dirais que la
compréhension que moi, j'ai, là... Parce que ce texte-là, là, on l'a travaillé
puis on l'a retravaillé puis on l'a écrit avec la Santé, puis les
professionnels du ministère des Finances sont entendus avec les professionnels
de la Santé. Alors, on voit que, les cliniques d'IPS, le sens du paragraphe, c'est
qu'ils vont désengorger des débordements, et ce n'est pas écrit, mais notamment
en dehors des heures régulières, pour ces cliniques d'IPS. Alors, est-ce qu'une
personne pourrait se présenter comme dans une clinique sans rendez-vous,
finalement? Je pense que c'est l'esprit de votre question.
Mme Caron : C'est ça, c'est à
peu près ça, la question.
M. Girard (Groulx) : On va...
Il faudrait demander au ministre de la Santé.
Mme Caron : OK. Parfait. Et puis
quels sont les critères qui vont guider le choix des municipalités, ou des
comtés, ou des régions où vont être implantées ces 23 cliniques
supplémentaires?
M. Girard (Groulx) : Bien là,
M. le Président, je ne veux pas avoir l'air du ministre des Finances qui botte
en touche les excellentes questions de la députée, mais je ne suis pas qualifié
pour vous donner les critères pour ouvrir une clinique d'IPS. Quand moi, j'écris
depuis... il y aura 12 cliniques, six de plus qu'actuellement, vous voyez que
moi, je m'en tiens aux chiffres, la quantification des coûts ou du nombre de
cliniques. Et puis là, lorsqu'on rentre dans où, dans le réseau, c'est le plus
urgent d'ouvrir une clinique d'IPS, bien là, je ne suis vraiment pas qualifié
pour répondre à ça, je m'excuse.
Mme Caron : D'accord, c'est
parfait. Est-ce que... Bon, peut-être que ma question suivante va être aussi
trop spécifique, mais je vais quand même la poser...
M. Girard (Groulx) : C'est
des excellentes questions, on prend des notes puis on avertit le ministre de la
Santé que vous allez le questionner aux crédits.
Mme Caron : Alors, en fait, c'est
que, dans les... dans les quatre types de services de soutien à domicile qui
existent, là, le troisième, ce sont les services aux personnes proches
aidantes, par exemple, le répit. Et, bon, on sait qu'il y a des... il y a des Maisons
Gilles-Carle qui existent pour offrir du répit aux proches aidants, et ma
question, c'est de savoir qu'est-ce qu'il en est du financement des Maisons
Gilles-Carle. Parce qu'on sait que celle de Boucherville a fermé ses portes
faute de financement, puis il y en a une autre à Montréal, Évasion, qui crie
famine depuis le mois de décembre. Alors, comment... comment le... comment ça
fonctionne, le fonctionnement des... pardon, le financement des Maisons
Gilles-Carle? Ou, peut-être, comment il a évolué? Peut-être qu'il a changé.
Alors, je ne sais pas si vous pouvez me renseigner sur ça.
M. Girard (Groulx) : Oui,
alors là, de mémoire, les Maisons Gilles-Carle, on a mis des sommes pour ça au
budget, là, je dirais, peut-être le budget 2022-2023. On fait des
recherches, et...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Ah!
Alors, au budget 2020-2021, on a rajouté 68 millions d'ici 2024-2025.
Donc, le financement est en place pour, entre autres, cinq Maisons Gilles-Carle
additionnelles. Alors, dans ce budget-ci, il n'y a pas de somme additionnelle
pour les Maisons Gilles-Carle. Au budget 2020-2021, on a mis des sommes
jusqu'en 2024-2025.
C'est certain que, depuis, il y a eu une
pandémie, il y a eu hausse du coût de la vie, il est possible que ces
maisons-là nécessitent du financement additionnel. Et, encore une fois, je
pense que c'est une excellente question pour le ministre de la Santé. Moi, ce
que je peux vous dire à mon niveau, c'est que 68 millions ont été mis au
budget 2020-2021, de financement additionnel, puis que ça couvre la
période jusqu'en 2024-2025. Donc, au budget 2024-2025, il faudra
certainement se poser la question qu'est-ce qu'on fait avec le financement des Maisons
Gilles-Carle.
Mme Caron : OK. Et puis
peut-être poser la question ailleurs pour savoir comment ça fonctionne parce
que ça semble, d'après ce que... le peu d'information que j'ai, ça semble être
un peu compliqué. Et c'est pour ça qu'il y a une maison à Montréal qui a peur
de fermer d'un jour à l'autre, là, depuis le mois de décembre.
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, c'est <certain que ces...
Mme Caron : ...jour à
l'autre, là, depuis le mois de décembre.
M. Girard (Groulx) :
Oui,
bien, c'est >certain que ces... ces organismes communautaires là...
Le Président (M. Simard) : Très
bien...
M. Girard (Groulx) : ...font
du travail exceptionnel avec peu de moyens...
Le Président (M. Simard) : Très
bien...
M. Girard (Groulx) : ...puis
c'est pour ça qu'on les supporte.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme Caron : Merci.
Le Président (M. Simard) : Je
cède maintenant la parole au député de René-Lévesque, qui dispose de
20 minutes.
M. Montigny : Bonjour, M. le
Président. Alors, merci beaucoup pour ce temps qui m'est alloué. Alors, j'ai
plusieurs sujets, je vais en aborder probablement quatre : un sur le
logement, un sur les organismes communautaires, un autre sur les familles et,
si j'ai du temps, bien, je vais parler du dossier forestier. Commençons avec
l'enjeu du logement.
On voit, c'est un enjeu qui est souvent
amené, d'actualité, l'enjeu du logement. Mais, en même temps, il y a des
investissements importants, là, qui ont été faits à la fois dans le budget
actuel mais aussi dans le budget précédent. On voyait, là, que, dans le budget
précédent, il y avait des sommes qui avaient été allouées, là, en 2022-2023,
pour finaliser la réalisation, entre autres, de 3 300 logements dont
la construction tardait. Alors, il y a effectivement des logements qui...
constructions qui tardent, mais il y a des sous qui sont alloués pour ça aussi.
On a aussi, évidemment, des sommes qui ont été allouées et qui sont
importantes, là, dans le budget actuel pour le logement.
Ça m'amène aussi à voir que, dans ma
région, dans ma circonscription, il y a eu des annonces intéressantes, récentes,
par notre gouvernement pour une augmentation du nombre d'élèves qui allaient
étudier au cégep de Baie-Comeau, notamment dans le secteur de technique
policière. La directrice générale du cégep de Baie-Comeau disait d'ailleurs
dans l'actualité que c'est tout un enjeu qu'une communauté au complet... Puis elle
interpellait la communauté en disant : Bien, on a un enjeu de logement
puis on a besoin de l'ensemble de la communauté pour être capables d'accueillir
ces nouveaux étudiants qui vont arriver en région pour être capables d'étudier
en région. C'est une très bonne nouvelle.
Mais il y a des sommes quand même
importantes qui ont été mises dans le budget, et j'en parlais, plus de
1 milliard d'investissements en logement dans le budget. Puis on entend
toutes sortes d'affaires, ça fait que j'ai envie de vous poser la question :
M. le ministre, depuis qu'on est au pouvoir, là, des sommes considérables ont
été investies en logement, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous
faites dans le budget en matière de logement? Parce qu'il me semble qu'on a mis
des sommes importantes, ça fait que j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
• (16 h 40) •
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Combien
de temps, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : 17.
17.
M. Girard (Groulx) : Ça,
c'est un bloc de 17 minutes?
Le Président (M. Simard) : Non,
il vous reste 17 minutes.
M. Girard
(Groulx) :
OK.
D'accord. Alors, je vais partir du total puis je vais aller vers le
spécifique. Depuis que nous sommes au pouvoir, il s'est mis dans le... sous le
vocable «logements», «logements sociaux», «logements abordables», «aide au
logement», 4 milliards de dollars : 3 milliards dans le
premier mandat et 1 milliard au dernier budget. Alors là, je sursimplifie,
ne sortez pas vos calculatrices, mais, si on y allait de 1 milliard à
chacun des budgets du deuxième mandat, on serait à 25 % plus élevé que
durant le premier mandat. Ça c'est...
Bon, j'apprécie toutes les critiques qui
sont faites sur le budget, et on a reçu des critiques importantes par rapport à
ce qu'on a fait dans le budget. Alors, moi, mon rôle, c'est vraiment de
maximiser sous contraintes et incertitudes. Et j'ai expliqué qu'il y avait
approximativement, pour un budget du Québec, 15 milliards de dollars
sur cinq ans, en moyenne 3 milliards par année. Mais, comme vous le savez,
dans le budget, ici, on a 5,6 milliards en santé puis 2,5 milliards
en éducation. Alors, c'est beau de dire qu'il y a 15 milliards, mais il y
en a huit qui sont partis après les deux premières missions de l'État.
Et là, quand je dis : Il y a
1 milliard en soins à domicile, il y a 1 milliard pour la
productivité des entreprises, il y a 1 milliard pour la biodiversité, et
je dis : Il y a 1 <milliard pour...
M. Girard (Groulx) :
...
productivité des entreprises, il y a 1 milliard pour la biodiversité, et
je dis : Il y a 1 >milliard pour logement, 1 milliard,
c'est beaucoup d'argent.
Ensuite, j'entends la critique
suivante : Vous avez seulement ajouté 1 500 nouveaux logements
abordables dans le budget. C'est vrai. 300 millions pour ça. Mais le budget,
c'est une photo, M. le député. C'est-à-dire que, si j'ai annoncé 3 000 logements
abordables, en décembre 2022, tel que nous l'avons fait au gouvernement, bien,
c'est un peu... «malhonnête», c'est un terme fort, là, mais c'est un peu
exagéré de dire qu'il y a juste 1 500 logements, là. Parce que vous comprenez
que les 3 000 qui ont été annoncés en décembre 2022 ne sont pas
construits.
Et puis ça s'adonne que le programme de Logement
abordable, il a été créé en novembre 2021, et puis que, depuis qu'il a été créé,
en novembre 2021, il y a plus de 6 500 unités qui ont été annoncées,
puis que ces unités-là ne sont pas construites. Donc, il se construira plus de
6 500 unités de logements abordables, dans les prochaines années,
dont 3 000 par les fonds fiscalisés. On utilise trois fonds fiscalisés. Et
moi, vous savez, j'ai un petit côté compétitif, le fonds fiscalisé qui va le
mieux performer des trois, c'est le premier qui va avoir des nouvelles sommes
pour des... pour des logements abordables. Ce n'est pas compliqué, c'est
presque une adjudication, là. Alors, on veut en créer, des logements
abordables, puis il y en a 6 500 en marche.
Les logements sociaux, on a un inventaire
AccèsLogis de plus de 6 500 unités, dont 3 300 manquent de
financement. Mais les autres, ils en ont, du financement, ils sont adéquatement
financés. Alors, on a mis dans le budget 200 millions pour les 3 300 logements,
dont — il y a un chiffre exact, à Montréal, parce que Montréal a
parlé plus fort que les autres — 1 297 à Montréal. Mais il va
quand même se construire 6 500 logements sociaux.
Alors, M. le député, 6 500 logements
abordables, plus 6 500 logements sociaux, il y a 13000 logements qui
vont se construire, ce n'est pas rien, ça, là, là. Et donc de dire que le
gouvernement n'est pas... ne prend pas la situation au sérieux... J'accepte la
critique que peut-être on aurait dû prendre l'argent du transport en commun
puis la mettre dans les logements abordables, mais on ne peut pas tout faire. Et
il se fera 13 000 logements, dans les prochaines années, et ceux-ci
sont adéquatement financés.
Bon, pour ceux qui ont des logements... Puis
là il y a le... logements sociaux, il y a le logement abordable, puis il y a le
logement privé. Le secteur privé a un rôle, le secteur privé doit notamment
mieux construire... C'est-à-dire que le secteur privé aime construire des
condos de luxe, puis la demande n'est pas pour les condos de luxe. Quand vous
entendez qu'il manque des logements à Montréal, les gens ne demandent pas des
logements de luxe. Alors, les constructeurs privés ont répondu à la hausse de
prix en construisant 50 % plus de logements, en 2022 et en 2021, que la
moyenne historique des 10 ans. Maintenant, est-ce qu'il y a adéquation
parfaite entre ce qui est construit puis la demande? Je vous dirais : Pas
totalement. De ce que j'observe à Montréal, on semble construire des logements
plus dispendieux que ce que les familles recherchent. Puis ça, c'est important.
Ensuite, pour ceux qui ont déjà un
logement, bien, on a un programme d'allocation logement et on a demandé à
Revenu Québec... Je ne sais pas si vous avez entendu, il y a des annonces à la
radio, là, ceux qui écoutent la radio privée... Parce que vous savez qu'à la
radio publique il n'y a pas d'annonces, sauf les annonces des autres programmes
de la radio publique. Vous comprenez ce que je veux dire?
Le Président (M. Simard) : Je
vais vous encourager, je vais dire oui.
M. Girard (Groulx) : Non,
mais vous écoutez une émission à la radio publique, puis ils parlent de
l'émission de l'après-midi à la radio publique. Ça, c'est une forme d'annonce,
mais ce n'est pas une annonce comme vous entendriez à la radio privée. Bon, là,
ce que je voulais vous dire, c'est que Revenu <Québec fait des...
M. Girard (Groulx) :
...
à la radio privée. Bon, là, ce que je voulais vous dire, c'est que Revenu >Québec
fait des annonces pour trouver les gens qui sont éligibles au programme d'Allocation-logement,
qui va jusqu'à 170 $ par mois. Et avant c'était 100 $, avant, c'était
100 $, puis les gens disaient : Bien voyons, 100 $, ce n'est pas
assez. On l'a augmenté à 170 $. Et, si vous payez plus que 25 % de
votre revenu brut dans votre loyer, vous êtes éligible au programme d'Allocation-logement.
Et on est passé de... là, je vais faire des chiffres ronds, de plus de
50 000 à 100 000 bénéficiaires du programme d'Allocation-logement...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : ...bon,
c'est ça, on a... grâce aux efforts de Revenu Québec pour trouver les gens
éligibles. Parce que le programme était méconnu.
Pour ceux qui ont des logements sociaux,
on a le Programme de supplément au loyer. Le supplément au loyer, ça, c'est une
subvention. Le programme d'Allocation-logement, la subvention va au locataire,
versée par Revenu Québec. Le Programme de supplément au loyer va au locateur
pour baisser le loyer du locataire. On est rendus à 46 000 suppléments
au loyer. Quand j'ai commencé dans mon poste, je pense que c'était dans l'ordre
de 34 000, on a bonifié les programmes de supplément au loyer de...
Bref, on fait plusieurs choses. Il y a la
rénovation des HLM, aussi, qui est importante. On a eu des questions en
Chambre, c'est un sujet important. Le gouvernement fédéral participe, en vertu
de l'entente Canada-Québec, dans la rénovation des HLM. Il y a aussi les 450 logements
financés par l'Initiative pour la création rapide de logements, du gouvernement
fédéral. Bref, moi j'aimerais dire : Aux problèmes complexes, il n'y a pas
de solution simple. Logements abordables, logements sociaux, logements privés, Programme
de supplément au loyer, programme d'allocation au logement...
Et l'autre piste d'action, là, qui est
souvent soulevée par la deuxième opposition, la microstructure du marché, là,
OK... Parce qu'on a un marché qui est serré, alors les locataires sont souvent
démunis face aux propriétaires. Alors, on a vu qu'il y a eu des resserrements
qui ont été faits au niveau d'Airbnb, récemment. Et je fais abstraction de la
situation effroyable qui a causé ces resserrements-là, mais ça, ça va aider,
OK? Il y a les ressources additionnelles qu'on a mises au tribunal du logement.
Ça, c'était dans le budget 2022-2023, des ressources additionnelles au tribunal
du logement. Ça, ça aide les locataires. Et il y a aussi tous les efforts qui
sont faits pour aider les aînés face à leur bail. On a des ressources
supplémentaires pour les aînés. Cette mesure-là...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Mais la
mesure exacte, c'est quoi?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : OK. Il y
a un accompagnement pour les aînés pour... face à leur bail. Alors, je dirais
que les gestes qui sont posés dans la microstructure du marché, c'est important
aussi quand le marché est serré comme ça.
Le Président (M. Simard) : Oui.
Veuillez poursuivre, M. le député de René-Lévesque.
M. Montigny : Oui. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Il
vous restait 6 min 30 s, cher collègue.
• (16 h 50) •
M. Montigny : C'est parfait.
Alors, je vais passer tout de suite aux sujets que je veux absolument prendre
le temps de vous parler, M. le ministre. J'ai un collègue, dans la région de la
Manicouagan, M. le préfet de la Manicouagan, M. Marcel Furlong, qui s'est
réjoui du budget, particulièrement sur un enjeu, les investissements sur les
travaux sylvicoles, 98 millions, là, sur cinq ans, qui ont été annoncés,
évidemment, suite au budget. Je vais vous amener dans cette section. M. Furlong
parlait vraiment de l'importance de cette annonce pour le secteur forestier...
M. Girard (Groulx) : ...je
peux intervenir?
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : C'est le
centre d'assistance aux plaintes, pour les aînés. C'est un service du
gouvernement du Québec pour aider les aînés. J'ai un membre de mon cabinet qui
arrive, plein d'énergie. Lui n'a pas fait les 5 heures qu'on a faites à
matin, puis il arrive, puis il a la réponse, comme ça. Je voulais...
M. Montigny : Il n'y a pas de
problème. Alors, je vous remercie de la précision. Je reviens, en fait, sur
l'enjeu forestier, si vous me permettez, je veux m'amuser un peu, là-dessus. Parce
que M. <Furlong...
M. Montigny :
...
forestier, si vous me permettez, je veux m'amuser un peu, là-dessus. Parce que
M. >Furlong, il y a plus qu'un an, demandait, accompagné du maire de
Baie-Comeau de l'époque, des investissements importants dans le secteur des
travaux sylvicoles, puis effectivement la marchandise a été livrée. La
marchandise a été aussi livrée sur la lutte à la tordeuse du bourgeon de
l'épinette, dans le budget. Alors, les régions forestières étaient très, très,
je dirais, enthousiastes de cette partie-là du budget. Ça fait que j'aimerais
vous entendre là-dessus, sur l'importance d'une région forestière comme la
région... ma région de la Côte-Nord.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, je vérifie. Ça, c'est dans... Je cherche, je cherche... C'est quelle
page?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : B.54.
Merci. Bien, la première chose que je peux vous dire, c'est que la ministre
responsable a pesé fort sur le crayon, là. Elle ne s'est pas gênée, quand elle
est arrivée, là, c'est... Le soir, j'étais un peu découragé. Je peux vous dire
qu'elle sait où elle s'en va. Puis elle est arrivée avec des demandes... Je
n'avais pas mis «travaux sylvicoles» dans ma liste de priorités, puis je me
suis fait rappeler à l'ordre. Alors, je lui donne tout le crédit. Puis alors...
Puis la tordeuse... bourgeons d'épinette, c'est certain, là, que ça reste un
enjeu important.
J'ai peu à ajouter que ce qui est
disponible à la page B.54, là. Alors, on voit que, pour le secteur
forestier 53... B.53, B.54, qu'il y a 98 millions pour les travaux
sylvicoles, 20 millions pour la tordeuse de bourgeons d'épinette et 10 millions
pour la situation qui est toujours difficile dans l'Outaouais, là, où la
fermeture d'une... d'une papetière amène tout un déséquilibre dans
l'approvisionnement, et donc il faut soutenir la région. Puis, en plus, la
forêt dans l'Outaouais a des particularités, plus de feuillus, etc., ce n'est
pas la même forêt que la Côte-Nord, ce que vous savez très bien.
M. Montigny : Exact, tout à
fait.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, pour les travaux sylvicoles, il y a aussi ce qu'on appelle les fameux
chemins multiusages en forêt publique. Ça, ça n'a pas toujours bonne presse,
les... les... L'industrie et le gouvernement s'efforcent d'améliorer les
pratiques, on a... bon, on a un désir de développement durable, et, les chemins
multiusages, il y a eu des critiques, on en est conscients.
Renforcer le réseau de production des
plants forestiers, pépinières publiques, c'est extrêmement important. Outre de
dire qu'il y a 20 millions qui est donné à la Société de protection des
forêts contre les insectes et les maladies, la SOPFIM, afin de limiter la
progression de l'insecte, je n'ai pas grand-chose à ajouter, outre le fait que mes
compétences dans ce domaine sont limitées.
M. Montigny : Bien, je vais
vous amener... C'est bien parfait, ça répond très bien à ma question, M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci.
M. Montigny : Je vais vous
amener... je vais vous amener sur une dernière question. Il me reste juste
quelques... probablement deux minutes?
Le Président (M. Simard) : 1
m 25 s, cher collègue.
M. Montigny : Eh, mon Dieu! Bien,
je vais poser la question directe : Pouvez-vous nous expliquer rapidement
les mesures du 121 millions dans le budget pour le soutien aux Premières
Nations et les Inuits?
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, deux grands thèmes : logement et services. La situation du logement,
au niveau des Premières Nations, elle est...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui, ça,
c'est la page E.61, merci. Parce qu'on a le Secrétariat des affaires
autochtones, sous le ministre... le ministre Lafrenière... Voilà. J'allais dire
«Laferrière», mais je savais que ce n'était pas ça qu'il fallait que je dise.
Voilà. Et il est venu nous voir et il a dit : Il y a toutes sortes de
problématiques au niveau des Premières Nations et des Inuits, mais logement,
accès aux services, c'est ça, la priorité. Puis on a travaillé avec lui pour
s'assurer que nos actions <allaient avoir un...
M. Girard (Groulx) :
...
priorité. Puis on a travaillé avec lui pour s'assurer que nos actions >allaient
avoir un impact puis qu'on prenait les bonnes décisions, finalement. Alors, je
suis fier de dire, là, que, dans le 71 millions en services, on a la liste
à la page E.63, ça a été travaillé avec le ministre.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Girard (Groulx) : Et, en
conclusion, les sommes de 50 millions pour le logement ont été travaillées
avec le ministre aussi. C'est à la page E.67.
Le Président (M. Simard) : Merci.
E67. Merci. Mme la députée de La Pinière, vous disposez... enfin, votre groupe
parlementaire dispose de 21 minutes.
Mme Caron : Merci bien, M. le
Président. Alors, ma question pose sur les... En page D.26 du plan
budgétaire, c'est indiqué qu'il y a 106 millions afin de consolider les
mesures pour favoriser le vieillissement actif des aînés en collaboration avec
les acteurs du milieu. Et la question que j'ai, parce que je n'ai pas trouvé la
réponse dans les documents, c'était de savoir s'il y a une portion de ces
106 millions qui va aller vers la gériatrie sociale. C'est un... La
gériatrie sociale vit depuis trois ans des projets pilotes, a déployé depuis
trois ans des projets pilotes un peu partout au Québec, qui ont été
subventionnés. Est-ce que vous avez considéré un subventionnement pérenne de la
gériatrie sociale, étant donné que c'est un modèle, en fin de compte, qui
s'appuie sur le milieu?
Et puis, dans les 106 millions, on
parle de favoriser, là, le vieillissement actif des aînés en collaboration avec
les acteurs du milieu. Et donc la gériatrie sociale fait intervenir les
personnes du milieu qui sont en contact avec... au quotidien avec les personnes
aînées. Bon, il y a tout un modèle que je ne m'appliquerai pas à décrire ici,
mais je voulais savoir si, quelque part dans le budget, peut-être que j'ai
manqué quelque chose... est-ce qu'il y a un financement qui est allé à la
gériatrie sociale pour, justement, favoriser le vieillissement actif des
années, mais le maintien à domicile des aînés.
M. Girard (Groulx) : Alors,
pour 106 millions... Et puis je vous remercie de donner les numéros de
page, là, j'apprécie. Le 106 millions, il faudra poser la question à la
ministre déléguée aux Aînés, parce que je constate que, dans le budget, dans le
5,6 milliards qui a été accordé, le 106 millions, il n'y a pas de
verbatim descriptif de ce qui sera fait avec ça. Mais certainement que la ministre
déléguée aux Aînés, lorsqu'elle a choisi d'allouer ce 106 millions-là, en
discussion avec le ministre responsable, a une idée précise de ce qu'elle va
faire avec ces sommes qui correspondent à 21,2 millions 5 fois.
Alors, on prend note de votre question, on
avertit la ministre ou le cabinet de la ministre déléguée aux Aînés que cette
question-là va revenir aux crédits ou même en Chambre, en temps et lieu, puis
qu'elle doit être prête à y répondre et vous donner une réponse précise à une
question qui est excellente : Est-ce qu'il y a de la gériatrie sociale
dans le 106 millions? Et, en toute franchise, moi, je n'ai pas la réponse.
• (17 heures) •
Mme Caron : Parfait. Merci.
Puis la dernière question avant de céder le reste du bloc à mon collègue, je ne
vous donnerai pas de numéro de page, cette fois-ci, parce que ce n'est pas là,
mais c'étaient des discussions qui avaient eu lieu durant... qui ont été amenées
durant les consultations particulières sur le RRQ, puis c'est la fameuse
prestation de décès de 2 500 $. Alors donc, je vois que... je
comprends qu'on a décidé de ne pas l'augmenter cette année. Est-ce que ça peut
être dans les projets futurs? Ou peut-être que vous pouvez nous dire pourquoi
ça n'a pas été retenu.
M. Girard (Groulx) : Bien, il
y aura une autre consultation dans six ans. Alors, certainement que ça peut
être amené dans la consultation dans six ans. C'est aux six ans, hein, qu'on
fait la consultation?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Je dirais
que ce qui a été proposé... Je ne sais pas si vous étiez aux consultations
particulières, quand le groupe est venu, ce qui a été proposé, c'était
extrêmement dispendieux, là. On aurait consommé une part vraiment importante de
la marge de manœuvre du régime, et ça aurait été un transfert, à l'intérieur du
régime, vers... un transfert du régime vers les personnes qui décèdent. Je vous
dirais que j'ai entendu la demande et je n'y étais pas favorable ou, à tout le
moins, je ne l'ai pas priorisée à l'intérieur de la marge de manœuvre qu'on
avait, OK? Alors, il y avait... il y avait le 60 à 62 ans qui coûtait à
peu près la moitié de la marge de manoeuvre. Cette mesure-là telle qu'elle a
été présentée...
17 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...le 60
à 62 ans, qui coûtait à peu près la moitié de la marge de manœuvre, cette
mesure-là, telle qu'elle a été présentée, là, la Cadillac, là, la somme de leur
demande, ça coûtait aussi à peu près la moitié de la marge de manœuvre du
régime, et les contributions facultatives, la moitié de la marge de manœuvre du
régime. On a décidé de faire les contributions facultatives à 65 ans et de
conserver l'autre moitié de la marge de manœuvre. Donc, on s'est arrêtés là,
dans un désir d'être prudents puis de se garder de la marge de manoeuvre.
Mme Caron : C'est ça.
Effectivement, la demande était de retourner à ce... au montant qui existait il
y a 26 ans, parce que cette... cette réduction du montant, là, à 2 500 $,
ça date du déficit zéro. Même chose pour la prestation des invalides dont j'ai
parlé dans le bloc précédent, ça date du déficit zéro que ça a changé, mais qu'effectivement
c'était une mesure qui coûtait cher. Vous avez parlé d'aux six ans qu'il y a
des consultations particulières. Je crois que vous aviez retenu la création,
peut-être, d'un comité ou d'un groupe pour étudier différentes choses, pour
améliorer, peut-être, le RRQ, tout ce système-là qui avait été proposé.
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire
que Retraite Québec a fait déjà des consultations et Retraite Québec s'est
engagée à prendre acte de ce qui a été suggéré en commission et de revoir
comment elle ferait ses consultations actuelles. Alors, on pourra, soit aux
crédits, demander à Retraite Québec où est... comment va l'évolution de leur
réflexion là-dessus, ou lorsqu'on sera à l'omnibus budgétaire puis qu'on devra
faire les changements reliés au RRQ, puis qu'on aura les spécialistes du RRQ
avec nous, on pourra leur demander comment leur réflexion évolue là-dessus.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Alors, je laisse la place à mon collègue.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président.
M. Girard (Groulx) : Juste une
précision, on finit toujours à 5 h 30, là? Bon, OK, excusez-moi.
M. Beauchemin : J'aimerais ça
revenir sur un des questionnements que j'avais ce matin. Je vous avais laissé
une question, à savoir qu'est-ce que serait le profil de baisse d'impôt si c'était
un individu dans le couple d'une famille qui gérait 40 000 $.
M. Girard (Groulx) : Ah oui! On
va passer la parole à notre sous-ministre qui a... J'avais aussi une autre
réponse à votre question de ce matin. Le budget, pour la publicité, 400 000 $,
approximativement ce qui a été dépensé en 2022 aussi, publicité autour du
budget, 400 000 $; 2021, 365 000 $; 2020, campagne annulée;
2019, 400 000 $, et là je dis ça sans aucune partisanerie, 2018,
2017, 2016, 1,8 million.
M. Beauchemin : Pour les
trois années ensemble.
M. Girard (Groulx) : Chacune,
chacune. Donc, on semble être quatre fois moins élevé que les années 2016,
2017, 2018. Je dis ça sans aucune partisanerie. Peut-être que ça ne couvrait
pas l'ensemble puis que les gens étaient moins bien informés puis que, dans ce
temps-là, c'était nécessaire de dépenser plus, mais 400 000 $ semble
être un montant en raisonnable.
Le Président (M. Simard) : Alors,
il y a toujours consentement afin que Mme Gingras puisse intervenir?
Consentement. Mme Gingras, à vous la parole.
M. Girard (Groulx) : Vous ne
touchez pas au micro, on a un expert qui s'occupe de tout ça.
Mme Gingras (Julie) : J'ai
touché au micro, j'espère que je n'ai pas...
Le Président (M. Simard) : Tout
est beau, madame, on vous entend.
Mme Gingras (Julie) : Ça ne
part pas bien, mon affaire, là.
M. Girard (Groulx) : Il est
ici, votre micro.
Le Président (M. Simard) : Mais
ne touchez plus à rien, on va s'en occuper.
Mme Gingras (Julie) : Je ne
touche plus à rien.
Le Président (M. Simard) : Voilà.
Merci.
Mme Gingras (Julie) : OK.
Bon, bien, c'est ça, ça me met dans l'embarras en partant, là, donc. Donc, pour
un couple avec deux revenus égaux, qui fait un total de 40 000 $, on
disait que ça faisait une baisse d'impôt de 56 $. Si on reste toujours
avec un ménage à 40 000 $... Puis on comprend qu'il y a deux adultes,
donc, ils ont chacun droit à leur montant... leurs exemptions, là, de montant
personnel de base qui se cumulent, là, dans ces deux cas-là. Donc, dans le cas
où c'est seulement un des deux membres qui reçoit la totalité du revenu, puis
ça fait quand même un total de 40 000 $, la baisse d'impôt va être
exactement la même, parce que, dans ce cas-là, vu qu'il y a quand même le cumul
des deux montants, là, personnels de base, ça fait que la partie imposable fait
en sorte qu'ils restent sur le même palier d'impôt. Donc, dans ce cas de
figure là, ça fait exactement la même baisse d'impôt. Après ça, on pourrait s'amuser
à faire plein d'autres cas de figure, si les revenus étaient différents, là, ça
pourrait...
M. Beauchemin : C'est la même
baisse d'impôt que le scénario où est-ce que deux personnes se partagent un
revenu de 20 000 $.
Mme Gingras (Julie) : Oui, c'est
ça, deux à 20 000 $ ou un à zéro puis un à 40 000 $, ça
fait la même baisse d'impôt.
Ceci étant dit, si vous me permettez, je
rajouterais un élément supplémentaire en complément, là, à la question. Parce
que, quand vous avez abordé la question, il était question de comparer des
personnes seules et des couples, un couple avec deux enfants, il est important,
je pense, de regarder aussi la question du revenu disponible. Donc, le couple
avec deux enfants...
Une voix : ...
Mme Gingras (Julie) : OK,
je pensais que... Ça va? OK, j'entendais... <J'entends des voix...
Mme Gingras (Julie) :
...il
est important, je pense, de regarder aussi la question du revenu disponible.
Donc, le couple avec deux enfants...
Une voix :
...
Mme Gingras (Julie) :
OK,
je pensais que... Ça va? OK, j'entendais... >J'entends des voix. Ça va
doublement mal, mon affaire. Un couple, deux enfants...
Une voix : Les fantômes du
Parlement.
17 929
M. Girard
(Groulx) : Mais si je peux vous...
Mme Gingras (Julie) : Oui,
vous m'arrêtez là? OK.
17 929
M. Girard
(Groulx) : ...rassurer, vous êtes la personne la plus compétente.
Prenez votre temps pour expliquer ça. Nos auditeurs sont chanceux de vous
avoir. Allez-y.
Une voix : Jusqu'à sept
heures s'il fallait.
Mme Gingras (Julie) : Jusqu'à
sept heures.
17 929
M. Girard
(Groulx) : Arrêtez de respirer en arrière, vous la dérangez.
Mme Gingras (Julie) : Bon,
excusez-moi, là. C'est parce que c'est intimidant, là, de parler, de vous
adresser la parole.
M. Girard (Groulx) : S'adresser
aux parlementaires.
Mme Gingras (Julie) : Donc,
je reviens. Revenu disponible pour un couple avec deux enfants, dont le revenu
de travail était 40 000 $, leur revenu disponible va être de
64 622 $ après tous les crédits, etc. Et la personne seule qui est à
40 000 $, elle, son revenu disponible va être de 32 644 $.
Donc, je pense qu'il y a la question de la baisse d'impôt, comme avait commencé
à le présenter M. le ministre aussi. Il y avait la question du montant total
des impôts, mais des autres aides gouvernementales qui sont aussi versées, là,
dans le cas de ces différents... de ces différentes situations familiales là.
M. Beauchemin : Merci.
M. Girard
(Groulx) : On a... Je pense que dans
le... lorsqu'il y a eu le débat sur les baisses d'impôt, là, il y a des gens
qui ont dit : Bien, voyons, au Québec, on est plus... les plus généreux
avec les familles, on ne paie pas tant d'impôt que ça. Mais c'est important de
dire que, dans l'ensemble des contribuables, seulement, 20 % des
contribuables sont une famille, OK? Parce qu'on a tendance à penser, là, que
tout le monde est une famille, mais non parce qu'il y a des personnes qui
vivent seules, non parce qu'il y a des familles que les enfants ont quitté, que
c'est des familles... ce n'est plus des familles au sens qu'on l'entend, avec
des enfants , et puis il y a des personnes âgées, puis il y en a beaucoup au
Québec qui, évidemment, eux ne sont plus des familles avec enfants au sens...
Donc, la famille avec enfants, auquel on
réfère pour dire : Le Québec est le paradis des familles, c'est-à-dire que
l'aide aux familles est plus généreuse au Québec que dans les autres provinces,
c'est 20 % des contribuables. Ce qui fait qu'on peut être les plus
généreux pour les familles tout en étant les plus taxés sur le 100 %.
19 307
M. Beauchemin :
D'accord, je comprends. Mais merci pour cette clarification. Je veux revenir
sur... dans notre conversation qu'on avait tantôt sur le Fonds des générations,
vous aviez dit, M. le ministre, que 3,5 % de croissance nominale à la 15,
fois la... fois le PIB du Québec qui est de... je vais l'arrondir, là, à
550 milliards, fois 30 %, qui est l'objectif de ratio dette
nette/PIB...
17 929
M. Girard
(Groulx) : Oui, ça donnait à peu près 300 milliards de dette.
19 307
M. Beauchemin :
D'accord. Et donc ça donne 280, selon mes calculs, là. Et donc...
17 929
M. Girard
(Groulx) : Parfait.
• (17 h 10) •
19 307
M. Beauchemin :
...si je comprends bien, ce 80 milliards additionnels, hein, à la
dette, c'est... c'est par rapport aux 200 qu'on a actuellement, là, c'est
ça?
17 929
M. Girard
(Groulx) : Voilà.
19 307
M. Beauchemin :
Donc... Et dans le Plan québécois des infrastructures, ça, ça va au-dessus
de ça, c'est ça?
17 929
M. Girard
(Groulx) : Non, c'est inclus là-dedans.
19 307
M. Beauchemin :
D'accord. Donc, il y a 150 milliards maintenant qui va être dépensé.
Donc, 150 milliards, donc, de dette qui devrait s'ajouter. Ça fait qu'il y
a un remboursement de la dette qui se fait en même temps, si je comprends bien?
17 929
M. Girard
(Groulx) : Non, parce que, dans le PQI du Québec, il y a des
infrastructures municipales ou, en dehors... les universités, en dehors du
périmètre comptable. Dans le 150 milliards d'infrastructure, il y a du
financement du gouvernement du Québec, il y a des infrastructures qui
n'impactent pas la dette du Québec, parce qu'elles passent directement à la
dépense lorsqu'elles sont en dehors du périmètre comptable. Alors, bien qu'il y
ait 150 milliards de PQI, on n'augmente pas la dette de 15 milliards
par année, OK? Et là, si on... Ça, c'est à la section I, si on regarde
l'évolution de la dette... Si on prend la dette nette, là, allons... Puisqu'on
parle de dette nette, allons à la page I.18, OK? Et on voit qu'au début 2022-2023,
on avait 199 758 000 000, donc 200 milliards de dettes au
31 mars 2022, qu'il s'est ajouté 5 milliards de déficit cette
année-là et 5 milliards <d'immobilisations nettes...
M. Girard (Groulx) : ...2022-2023,
on avait 199 758 000 000, donc 200 milliards de dettes au
31 mars 2022, qu'il s'est ajouté 5 milliards de déficit cette
année-là et 5 milliards >d'immobilisations nettes. Alors, l'impact
sur la dette du 15 milliards, supposons que c'était 14, cette année-là,
c'est 5,4, parce qu'il y a des dépenses du... Mettons, je vais faire les
chiffres ronds, mettons que, cette année-là, il y a eu 15 milliards de
PQI. Il y en a une partie qui est passée à la dépense, qui n'a pas été amortie
comme une dépense à long terme, parce qu'en vertu des normes comptables, quand
ça sort du périmètre comptable, ça passe direct à dépenses, ce n'est pas
amorti. Et les dépenses d'amortissement et de taux d'intérêt, amortissement du
capital, ça aussi, ça passe à la dépense.
Alors, il faut donc regarder la page I.17
qui rappelle qu'en 2022-2023, pour 10 milliards d'investissements bruts du
gouvernement du Québec, il y a eu 4,8 milliards de dépenses qui est passé
en amortissement et que 5,4 milliards d'immobilisations nettes se sont
ajoutés à la dette. Alors, il s'ajoute à la dette du Québec, bon an mal an, 5 à
6 milliards de dettes pour les dépenses en capital.
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que, donc, ça va m'amener, donc, à la question par rapport à votre ratio, là,
qui semble être de rigueur au niveau du Fonds des générations, de 10 %,
là, à 20 %. Ce ratio-là va être où, dans 15 ans, si vous dites que
les contributions, à ce moment-là, vont être de 5 milliards au Fonds des
générations, selon vous?
M. Girard (Groulx) : OK. Alors,
le Fonds des générations, alors on dit, là, encore là, je fais des chiffres
ronds, qu'on aura à peu près 300 milliards de dette nette en 2037-2038.
M. Beauchemin : Avant le
Fonds des générations.
M. Girard (Groulx) : Après, au
net.
M. Beauchemin : Au net. OK.
M. Girard (Groulx) : Au net. Le
Fonds des générations est soustrait de la dette.
M. Beauchemin : Non, mais
c'est le calcul qu'on a fait tantôt, le...
M. Girard (Groulx) : Bien, tu
fais 30 % du PIB nominal.
M. Beauchemin : C'est ça. OK.
M. Girard (Groulx) : OK. Alors, les simulations du Fonds des générations à
l'an 15, je n'ai pas la valeur, bon. On ne l'a pas tout simplement. On
peut revenir, on peut vous dire quel ordre de grandeur ça a, là. Mais on est à
27 en... On peut regarder la croissance. On a crû de 10 milliards en cinq
ans, passé de 19 à 27, si... on pourrait facilement être autour de
50 milliards sur une dette de 300 milliards, ce qui voudrait dire
qu'on serait — là, je dois être fatigué, là — 50 divisé par
300, ça fait... Hein?
Une voix :
M. Beauchemin : 1/6.
M. Girard (Groulx) : 1/6.
Voilà.
M. Beauchemin : Moi aussi,
j'ai besoin d'une calculatrice. Là, 1/6, ça doit être proche de...
M. Girard (Groulx) :
16 %.
M. Beauchemin : Voilà. OK.
Vous avez parlé, évidemment...
M. Girard (Groulx) : Non.
M. Beauchemin : Oui?
M. Girard (Groulx) : Non, je
regardais les yeux de votre collègue, puis je n'étais plus sûr de mon 1/6,
mais, lui aussi, il est fatigué.
M. Beauchemin : Ses yeux
veulent dire beaucoup. Donc, dans la conversation, au préalable, on parlait
évidemment du risque, vous avez parlé du risque financier associé, là, au Fonds
des générations. On s'entend que, pour les générations, aussi, futures, il y a
le risque démographique, la courbe démographique.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Vous
entendez?
M. Girard (Groulx) : C'est
pour ça qu'on réduit le poids de la dette.
M. Beauchemin : Il y a aussi,
évidemment, le risque environnemental.
M. Girard (Groulx) : Oui,
changements climatiques.
M. Beauchemin : Exactement.
C'est aussi donc quelque chose qui fait en sorte que, pour les jeunes, c'est
important de voir comment on peut les aider à arriver à solutionner ça.
M. Girard (Groulx) : Oui,
tout, tout, tout est listé à la page I 7, là, il y a plusieurs raisons
pourquoi on veut réduire la dette, là.
M. Beauchemin : Ça m'amène
cependant à me poser la question, comme : Quel était le... Comment vous
avez fait l'arbitrage pour finalement dire que, bien, finalement, c'est le
risque financier <qui va dicter...
M. Girard (Groulx) :
...raisons
pourquoi on veut réduire la dette, là.
M. Beauchemin :
Ça
m'amène cependant à me poser la question, comme : Quel était le... Comment
vous avez fait l'arbitrage pour finalement dire que, bien, finalement, c'est le
risque financier >qui va dicter les contributions futures au Fonds des
générations, les modifications que vous faites au... Là, je me rends compte que
j'ai 15 secondes, je vais peut-être reposer la question dans le prochain
bloc demain.
M. Girard (Groulx) : Est-ce
qu'il reste du temps?
Le Président (M. Simard) : Oui,
il reste 50... 50 secondes, pardon.
M. Beauchemin : Ah! OK. J'ai
mal calculé mon affaire.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, je réponds. Bien, d'abord, pour ce qui est des versements du
2,5 milliards, en 2023-2024 et 2024-2025, alors, comme vous le savez, dans
le précédent mandat, on avait pris 10 milliards du Fonds des générations,
on l'a mis sur la dette. Le seul but dans la loi du Fonds des générations,
c'est des versements sur la dette. Là, on fait 5 milliards,
2,5 milliards, 2023-2024, 2,5 milliards, 2024-2025, c'est la taille
du programme de financement qui a suggéré ces gestes-là puis le fait que les
taux sont élevés. Alors, on avait un programme de financement élevé dans un
contexte de marché où le coût de financement marginal était beaucoup plus élevé
que le coût moyen, donc, on a décidé de réduire notre programme de financement
qui, en même temps qu'Hydro-Québec, a un programme de financement important.
Donc, ça faisait beaucoup...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : ...de
titres du Québec dans le marché en même temps.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup.
M. Beauchemin : Je vais y
revenir.
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous poursuivons avec le député d'Orford. Cher collègue, la parole est à vous.
M. Bélanger : Merci, merci,
M. le Président. Je ne sais pas, tantôt, si on avait complété tout ce qui était
du processus prébudgétaire, puis j'aurais... Avec la question sur la publicité,
j'ose presque demander quel était le budget pour les fameuses chaussures, mais
je sais c'est quoi, la réponse, parce qu'il n'y en a pas eu cette année.
Donc, je vais peut-être aller sur un autre
sujet qui m'intéresse beaucoup, qui est votre vision de l'économie. Puis, il y
a de ça à peu près une... j'allais dire «une décade», mais une dizaine
d'années, les taux d'intérêt... bien, c'est récent aussi, mais les taux
d'intérêt étaient extrêmement bas. C'est certain que c'était un gouvernement
différent qui avait une stratégie différente au niveau... au niveau de
l'économie, mais oublions le gouvernement puis parlons plus de l'économie... de
l'économie en général. J'aimerais savoir, au niveau de votre vision de
l'économie actuellement, puis qu'est ce qui s'en vient, versus ce qu'on a vécu
il y a une dizaine d'années, l'apparence, c'était beaucoup plus facile, c'était
beaucoup plus optimiste, parce que les taux d'intérêt étaient quand même très
bas, donc, l'accessibilité à la propriété était plus facile, les dépenses...
l'essor économique semblait... semblait très bon. Et aujourd'hui, bien, il y a
un sentiment des citoyens puis de la population, en général, il y a un
sentiment un peu négatif suivant la hausse des taux d'intérêt.
Ça fait que j'aimerais ça vous entendre
sur votre vision de l'économie, et puis quel est l'impact, un peu, sur les
prochains budgets. Mais quelle est la vision actuelle et qu'est-ce qui s'en
vient, comparativement à ce que c'était, votre estimation de l'économie, il y a
de ça une dizaine d'années?
• (17 h 20) •
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
n'irai pas aussi loin qu'une dizaine d'années. Je peux vous dire que j'étais
profondément attristé quand j'entendais, durant la pandémie, des gens dire :
Puisque les taux d'intérêt sont à zéro, endettons... endettons-nous sans compter.
Ça, c'est un éditorial, plus. Et, bien sûr, maintenant, les taux ne sont plus à
zéro, et ceux qui se sont financés à taux variable, taux court terme à zéro,
certains gouvernements, bien là, leur service de dette augmente assez
rapidement. Éditorial.
Pour ce qui est de ma vision économique,
bien, ma vision économique, je vais vous la résumer en une équation, M. le
député, et mon équipe me dit toujours : Eric, tes équations, ça
n'intéresse personne. Mais là, je parle quand même à mon adjoint parlementaire,
qui est diplômé en génie, puis je vais faire l'hypothèse que lui, ça
l'intéresse, entre nous. Alors, si je vous dis : Y est égal à Y sur L fois
L, ça vous dit quelque chose? Y est égal à Y sur L fois L. Les L s'annulent, et
Y est égal à Y, c'est une identité. Ça va?
M. Bélanger : Parfait. Oui,
je vous suis.
M. Girard (Groulx) : OK, mais
on est en log, là, on est en taux de croissance ou en... on est un <DXDT
sur T...
M. Girard (Groulx) :
...s'annulent,
et Y est égal à Y, c'est une identité. Ça va?
M. Bélanger :
Parfait.
Oui, je vous suis.
M. Girard (Groulx) :
OK,
mais on est en log, là, on est en taux de croissance ou en... on est un >DXDT
sur T.
M. Bélanger : Pas des... mais
à la 10.
M. Girard (Groulx) : Voilà,
voilà, on est en log, OK. Et donc la production, c'est du capital et du
travail. C'est la combinaison du capital et du travail, et le... la production
par unité de travail, ça, c'est la productivité, OK. Donc, mon Y sur L, c'est
la productivité, puis L, c'est la quantité de travail. Alors, plus vous avez de
quantité de travail, et plus ce travail est productif, plus vous avez de
production.
M. Bélanger : Mais quels sont
les éléments qui peuvent faciliter...
M. Girard (Groulx) : Là,
j'arrive au déterminant. Mais là vous, vous êtes un adjoint parlementaire
impatient, parce que, là, j'étais encore à la définition...
M. Bélanger : C'est vrai.
M. Girard (Groulx) : ...de
mon équation. J'étais encore en train de... J'ai un autre ingénieur. Je viens
de l'apercevoir du coin de l'oeil, qui, elle aussi, sait travailler en log et
en DXDT sur T. DXDT sur X ou sur T? DXDT... non, DXDT sur T. Et donc
croissance de la productivité, croissance du travail, terme d'erreur, bon, puis
là le terme «erreur», il y en a, des affaires là-dedans. Mais prenons le
premier terme, la productivité, comment on fait pour avoir plus de
productivité? Bien, l'investissement des entreprises, l'innovation. On sait que
plus les entreprises sont grandes, plus elles sont productives. On sait que
plus les entreprises sont exposées aux compétitions, plus elles sont
productives.
Donc, de grandes entreprises dans des
économies ouvertes vont générer plus de productivité, plus d'investissements
privés, plus d'innovation. On a une stratégie québécoise pour stimuler
l'innovation, la SQRI, on a l'amortissement accéléré. Pour stimuler la
productivité, c'est du fiscal, comme l'amortissement accéléré, le crédit
d'impôt à l'investissement, de l'aide directe, des prêts de l'équité, chez Investissement
Québec, et du conseil. Par exemple, c'est beau, dire à toutes les PME : Transformez-vous
numériquement, mais il faut aussi les aider, arriver avec des conseillers puis,
donc, fiscal, aide directe, conseil, productivité, des entreprises championnes
qui sont ouvertes aux marchés extérieurs, plus productif.
Au niveau du travail, on a besoin d'une
certaine croissance de la population active, mais on a besoin de qualifier,
requalifier la main-d'œuvre, l'éducation à long terme, puis, bien sûr, toute la
question de base, là, de la littératie, la numératie, bien faire dans nos
écoles, au primaire, au secondaire, c'est la base pour amener des diplomations
en enseignement supérieur et en formation professionnelle dans nos collèges.
Donc, croissance de la... Là, je suis rendu dans le L, là, L étant «labor», au
cas où vous cherchiez...
M. Bélanger : La pandémie,
c'est un X ou un T?
Le Président (M. Simard) : Alors...
M. Girard (Groulx) : Mais
non, mais non, on commence.
Le Président (M. Simard) : Oui.
Ah oui! Il vous reste 11 minutes.
M. Girard (Groulx) : c'est
vrai?
Le Président (M. Simard) : Oui.
M. Girard (Groulx) : OK. Ça
fait que le L, là, OK, qualification, requalification, éducation, croissance de
la population active, encouragement des personnes aînées à travailler, immigration,
tout ça, c'est là, opération main-d'oeuvre. Bon, j'arrive dans le sujet qui me
passionne, M. le Président, le terme d'erreur...
Le Président (M. Simard) : Ça
se voit.
M. Girard (Groulx) : ...le
terme d'erreur, parce que, dans le terme d'erreur, il y a le climat d'affaires,
la réglementation, la chance, c'est un terme d'erreur. Il y a aussi des
infrastructures publiques, là, parce que, pour un niveau donné d'investissement
privé, plus il y a d'infrastructures publiques, plus ça va être efficace. Puis
il y a aussi... Tantôt, j'ai parlé de productivité du secteur privé, mais il y
a toute la productivité du secteur public, là, qui est extrêmement importante.
Puis, le plan santé du ministre Dubé, ça va nous aider pour la productivité au
Québec, là, c'est extrêmement important, là, c'est aussi important que stimuler
l'investissement dans l'entreprise.
Bon, dans le climat d'affaires,
réglementation, confiance, climat d'affaires, encouragement à l'investissement,
entrepreneurship, dans le terme d'erreur, il se passe beaucoup de choses. Je
m'arrête ici, M. le député. Merci pour votre question.
M. Bélanger : Parfait,
parfait.
Le Président (M. Simard) : Cher
collègue.
M. Bélanger : Moi, je n'avais pas
<d'autre question...
M. Girard (Groulx) :
...il
se passe beaucoup de choses. Je m'arrête ici, M. le député. Merci pour votre
question.
M. Bélanger : Parfait,
parfait.
Le Président (M. Simard) :
Cher
collègue.
M. Bélanger : Moi, je
n'avais pas >d'autre question, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Conséquemment,
je cède la parole au député de. Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : D'accord.
Alors, juste pour continuer sur l'arbitrage qui a été mis en place, là...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Beauchemin : ...l'arbitrage
qui a été mis en place, là, pour en arriver à dire que, finalement, c'est le
risque financier, vous étiez en train de donner votre réponse. Juste pour revenir,
donc, on avait parlé du risque démographique, le risque environnemental,
évidemment. Donc, le risque financier semble avoir gagné un petit peu dans la
décision, à savoir les contributions au Fonds des générations. J'aimerais ça
voir... comprendre, en fait, l'arbitrage que vous avez mis en place pour en
arriver à cette décision-là.
M. Girard (Groulx) : Vous
voulez dire... parce que, lorsque... Les objectifs de réduire le poids de la
dette, là, puis l'objectif du Fonds des générations, c'est réduire le poids de
la dette, c'est l'équité intergénérationnelle, financer les missions de l'État
à long terme, faire face au vieillissement de la population, le poids
démographique, lutter contre les changements climatiques, investir dans les
infrastructures publiques, réduire le fardeau fiscal des Québécois, contrer une
nouvelle récession, augmenter l'autonomie financière. Tout ça, là, c'est des
bénéfices de réduire le poids de la dette. Alors, la raison qu'on calibre le
Fonds des générations en fonction de la dette totale, c'est qu'on veut que le
Fonds des générations nous aide à réduire le poids de la dette.
Et c'est certain que, s'il y a une
mauvaise année au moment où le fonds est gros, bien, ça va prendre plusieurs
années à récupérer, là, le Fonds des générations. Par exemple, si on regarde la
page... la page I.10, là, en 2008, quand le fonds, il a fait moins
22 %, là, bien, ça n'allait vraiment pas bien, là, OK, il y avait
seulement 5 % de rendement qui avait été accumulé la première année.
Mettons qu'ils ont mis 600 millions la première année, ils ont fait
5,6 %, puis là mettons qu'ils ont mis... Ils se préparaient à mettre
600 millions en 2008, ça fait que, là, le fonds valait 1,2 milliard,
puis ils avaient fait un rendement de 100 millions. Ça fait que le fonds
valait 1,3 milliard. Puis là, ils ont perdu 22 %, ils ont perdu
22 % du fonds. Soudainement, le fonds est passé d'un 1,1 milliard à
700 millions... peut-être 800, il faudrait que je fasse le calcul exact,
800 millions. Ça fait qu'après ça, là, ça a pris plusieurs années à
revenir.
• (17 h 30) •
Alors, plus votre fond est gros, l'année
où vous avez le... Finalement, la gestion du risque, là, on va parler finance,
là, quelle est la meilleure gestion de risques en finance? C'est quoi, le meilleur
outil de gestion de risques? Puis là les étudiants qui nous écoutent, là, vous
n'aurez pas ça dans un cours de finance à la maîtrise aux HEC, là. Ça, là, je
vous parle de quelqu'un qui a déjà perdu de l'argent. Quelle est la meilleure
mesure de gestion de risques quand tu gères un portefeuille? C'est le scénario
de baisse abrupte, soudaine, extrême. Alors, mettons que ton fonds vaut
100 milliards, puis tu prends dérape de 22 %, bien, tu viens de
perdre 22 milliards d'un coup. 22 milliards, ça veut dire que tu
perdrais 10 % de la valeur de ta dette de 200 milliards. C'est
énorme.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Beauchemin : Bien, en
fait, oui, en... si je comprends bien, on est en mode photo, on prend une photo
aujourd'hui, puis on dit ça maintenant avec la photo d'aujourd'hui. Mais, en
gestion de risques, justement, dans un contexte où est-ce que le profil du
gouvernement est un profil de vie beaucoup plus long qu'une vie humaine, là, on
s'entend, je veux dire, le gouvernement va être... pour des centaines d'années.
Dans un contexte d'horizon de temps beaucoup plus long que ça, je pense qu'il y
a vraiment à se poser la question, à savoir : Est-ce qu'on prend juste une
photo? Parce qu'après 2008, le fonds a, quand même, surperformé le coût
d'emprunt du Québec, la preuve, on en a parlé tantôt, 5,2 % versus
3,1 %. Et donc le rattrapage a eu lieu...
17 h 30 (version révisée)
M. Beauchemin : ...une photo.
Parce qu'après 2008 le fonds a quand même surperformé le coût d'emprunt du
Québec. La preuve, on en a parlé tantôt, 5,2 % versus... 3,1 %. Et
donc le rattrapage a eu lieu. C'est deux classes d'actifs totalement différentes.
En gestion de risque, justement, ces deux classes d'actifs là ne peuvent pas
avoir tout le temps des rendements inverses. C'est certain qu'éventuellement il
va y avoir un rattrapage qui va se faire, sinon, c'est l'ensemble de l'économie,
en tant que telle, qui est à remettre en question. Vous me comprenez, où est-ce
que je viens avec ça, là. Mais...
M. Girard (Groulx) : Bien, je
suis d'accord avec vous. C'est pour ça que je vous ai dit que lorsque l'économie
va mal, vos revenus baissent, vos dépenses augmentent, votre passif de régime
de retraite augmente. Puis là, en plus, vous allez prendre une grosse perte
dans le Fonds des générations. Ça fait que vos malheurs sont corrélés.
M. Beauchemin : ...effectivement,
les malheurs sont corrélés, mais dans un contexte, justement, d'horizon de
temps beaucoup plus longue qu'une vie de carrière de gestionnaire de banque. Je
peux comprendre que c'est certain que, quand ça arrive dans une... dans une période
plus courte, c'est plus un risque important. Mais, dans une période de vie
beaucoup plus longue, comme celle d'un gouvernement ou d'une province du
Québec, l'échéance est théoriquement infinie, on pourrait dire.
Moi, je voulais vous amener sur le sujet
du transport, que vous avez abordé tout à l'heure. L'ensemble des demandes des
sociétés de transport au Québec, donc, si je comprends bien, était d'approximativement
800 millions de dollars. C'est ce que vous avez dit tantôt?
M. Girard (Groulx) : Oui. Bien...
Oui. Bien, c'est un chiffre qui a été... véhiculé dans les médias, là.
Moi-même, je n'ai pas rencontré les sociétés de transport en commun dans le
cadre...
M. Beauchemin : D'accord. Mais...
M. Girard (Groulx) : J'ai
rencontré les municipalités. J'ai rencontré la ministre des Transports.
M. Beauchemin : D'accord.
Mais il y avait... il y avait 400 millions, que vous disiez que c'était la
baisse du tarif, puis il y avait un...
M. Girard (Groulx) : C'était
notre estimé de la baisse des revenus tarifaires.
M. Beauchemin : C'est ça, et
l'autre 400 millions qui était l'augmentation du coût d'opération, on
pourrait dire.
M. Girard (Groulx) : Ça peut
être diverses choses, là, des salaires, des...
M. Beauchemin : OK. Et donc
la baisse des tarifs, vous l'avez expliquée : baisse d'achalandage parce
que les gens font du télétravail, etc., etc., là. Mais ceci étant, l'année
prochaine, qu'est-ce qui va arriver aux sociétés de transport?
M. Girard (Groulx) : Ah! très
bon point. Et, si vous permettez, je vais utiliser 10 secondes de mon
temps pour rappeler, là, qu'on fait des versements au Fonds des générations
importants, là. On continue. Les fonds... Les versements vont atteindre 3 milliards
à l'an 5, et 5 milliards à l'an 15, là. On continue. Alors, là
où on est totalement d'accord avec vous, c'est sur l'importance du Fonds des
générations. Là où on a un désaccord, c'est sur la taille des versements pour
les cinq prochaines années.
Qu'est-ce qui va arriver aux sociétés de
transport en commun? Bien, si l'achalandage ne revient pas, on va avoir un
déficit structurel. Parce que, si on veut maintenir l'offre de service avec
moins d'usagers, dans la... dans la mesure où les usagers financent une
proportion importante du réseau, bien, on va avoir un déficit structurel.
M. Beauchemin : OK. Donc, si
je comprends bien, ce que vous dites, c'est que... Dans le fond, si ce déficit
structurel là a lieu, est-ce qu'on va être rendus, donc, à avoir à faire face à
un choix, à savoir couper dans les services?
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire
qu'on... il faut, si on veut maintenir l'offre de service et que la
clientèle...
M. Beauchemin : Comme les
autobus 10 minutes, là, qu'on a entendu, là, la...
M. Girard (Groulx) : Si ça n'augmente
pas, là, ça veut dire que ça va prendre d'autres sources de financement.
M. Beauchemin : OK. Donc,
dans le budget, là, des 2024-2025, 2025-2026, 2026-2027, il n'y a pas,
justement, là, le 400 millions, là, que vous... que vous annoncez?
M. Girard (Groulx) : Non. Il
y a... Le 400 millions est pour 2023.
M. Beauchemin : Donc, pour
les quatre prochaines années, si... supposons que... toutes choses étant
égales, par ailleurs, il y aurait donc un 1,6 milliard à les financer de façon
additionnelle?
M. Girard (Groulx) : Pas si l'achalandage
revient, là. Parce que la... Une des raisons qu'on maintient le service c'est
pour que l'achalandage revienne. Alors, on présume que l'achalandage n'est pas
revenu. On souhaite tous que l'achalandage revienne là où il était avant la
pandémie. Est-ce qu'on va s'y rendre? Probablement pas. Bref, la réponse est
quelque part entre... je pense qu'on est autour de 70 % d'achalandage. On
vérifie, mais je vais émettre l'hypothèse pour la discussion <maintenant...
M. Girard (Groulx) :
...est
autour de 70 % d'achalandage. On vérifie, mais je vais émettre l'hypothèse
pour la discussion >maintenant qu'on est... entre 65 % et 70 %
de l'achalandage qu'on avait avant la pandémie. Alors, on vise que, si on peut
revenir à 90 %, le problème de financement structurel va être moins
important que si on reste à 70 %.
M. Beauchemin : Puis vous
avez mentionné d'autres sources alternatives de financement pour aider ça. Qu'est-ce
que... Qu'est-ce... À quoi pensez-vous?
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, il y a trois contributeurs, les usagers, les municipalités et le
gouvernement, alors ça peut... chacun peut faire sa part. Les municipalités
vont dire qu'elles en font déjà trop. C'est juste une... En tant que ministre
des Finances, c'est un argumentaire que j'entends souvent. Et les usagers, bien
là, il faut... il y a toujours le risque que, si on augmente la tarification,
bien, l'achalandage ne reviendra pas. Alors, il faut faire attention à ça parce
que les gens réagissent au signal de prix. Puis il y a toute la question de... la
question... non seulement il faut que le service soit agréable, mais il ne faut
pas qu'il soit... cher non plus, là. Et il y a une réflexion. La ministre des
Transports... Et je vous dirais qu'il y a deux... deux axes de réflexion sur le
financement du transport en commun, un qui est sur le financement des
opérations puis un qui est sur le financement des infrastructures.
M. Beauchemin : Dans un
contexte de, justement... la lutte aux changements climatiques, puis je vais
passer la parole à ma collègue, maintenir les services actuels au minimum a une
valeur tout de même ajoutée pour la lutte aux changements climatiques.
M. Girard (Groulx) : Définitivement.
M. Beauchemin : Donc,
c'est... ce sera toujours le minimum qu'on va regarder de maintenir ça, et avec
l'idée de peut-être, éventuellement, justement, en faire plus, de transport en
commun, si je comprends bien.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
suis d'accord avec vous qu'il faut maintenir l'offre de service. Maintenant,
s'il n'y a plus personne qui prend l'autobus le lundi parce qu'il n'y a plus
personne qui va travailler au bureau le lundi, bien, il faudrait... je ne pense
pas qu'il faudrait maintenir des autobus vides pendant 20 ans le lundi, là.
Ça fait que d'un autre côté, toutes choses étant égales par ailleurs, on veut
maintenir l'offre de service, mais il faut aussi, s'il y a eu des changements de
comportement, si on revient à 90 % d'où on était, puis que ce 90 % là
est... est concentré, par exemple, mardi, mercredi, jeudi, bien, il faudra se
poser la question, si l'offre de service... Bien, je suis convaincu que ça se
fait déjà. Mais, l'offre de service constante, elle ne sera pas constante. Elle
va évoluer vers où la demande va être, là.
M. Beauchemin : Bien, ça, je
pense que c'est un peu normal, effectivement.
M. Girard (Groulx) : C'est
ça, là.
M. Beauchemin : Mais je vais...
je vais passer la parole à ma collègue.
M. Girard (Groulx) : Je veux
dire, tout le monde est... est d'accord pour l'autobus aux 10 minutes,
mais je pense que personne n'est d'accord pour l'autobus aux 10 minutes
qui est vide éternellement, là, le lundi, par exemple. Ça fait que c'est... il
faut... il faut trouver le bon équilibre.
• (17 h 40) •
Le Président (M. Simard) : Alors,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Soit dit en passant, soyez la bienvenue
parmi nous. Heureux de vous accueillir, madame.
Mme McGraw : Merci beaucoup,
M. le Président. C'est bien gentil.
Alors, je voudrais qu'on réfère à la
page F.7 du budget.
M. Girard (Groulx) : F.7?
Mme McGraw : F.7. On parle de :
«Le Québec à l'avant-garde de la lutte contre les... changements climatiques.»
On se souvient très bien que le budget a été présenté deux jours après le
rapport du GIEC. Et ce rapport, ce fameux rapport est intitulé... on parle...
c'est surnommé le guide de survie de... pour l'humanité. Et on parle de mesures
audacieuses de la part de tout le monde, surtout les gouvernements, pour
réduire rapidement les émissions de carbone. Pourtant, deux jours plus tard, le
gouvernement du Québec, le gouvernement de la CAQ a présenté un budget qui semble
ignorer l'ignorance... pardon, l'urgence climatique.
Et la première question que je voudrais
poser au ministre, c'est : Il me semble que c'est du mauvais recyclage. Dans
le sens qu'on va aller chercher des annonces antérieures, qu'on mise sur des
fonds qui ont déjà été prévus, comme le marché de carbone. Il semble qu'il n'y
a pas d'argent neuf. Et, en plus, donc, c'est des... déjà des annonces
antérieures, c'est des fonds déjà prévus. En même temps, on a des cibles, cible
de 37,5 %. Puis on voit, avec le beau bloc noir, on sait qu'on est rendus
à 51 %, si je comprends bien le paragraphe. On réalise 51 % de cet
effort. Donc, on est comme à la moitié d'une cible qui, même, on sait, selon
les <scientifiques...
Mme McGraw :
...réalise
51 % de cet effort. Donc, on est comme à la moitié d'une cible qui, même,
on sait, selon les >scientifiques, les experts, ne nous permet même pas
d'achever la... d'atteindre la carboneutralité en 2050. Donc, peut-être
commencer avec : Où se trouvent les fonds neufs, le financement... le
nouveau financement, justement, pour s'attaquer à cet enjeu d'urgence
climatique?
M. Girard (Groulx) : OK. Bon.
Alors, vous avez raison que dans le budget, il y a deux volets, Lutte aux
changements climatiques et Biodiversité. Pour la biodiversité,
approximativement 1 milliard, et ça, c'est relié à la COP15 puis c'est
extrêmement important. Mais ce n'est pas ça, votre question. Votre question est
sur la lutte...
Mme McGraw : Je vais revenir
sur la biodiversité. Oui.
M. Girard (Groulx) : Parfait.
La lutte aux changements climatiques. Alors, la façon qu'on fonctionne, on y va
avec un plan de mis en œuvre cinq ans qui est mis à jour à chaque année pour
éviter la situation où on ferait, par exemple, un plan cinq ans, puis on
arriverait dans cinq ans, puis on dirait : Désolés, on a manqué notre
cible. OK? Parce que c'est ça qui s'est passé dans le passé. Le Québec n'a
jamais, absolument jamais réalisé ses cibles. OK? Puis ça, c'est ça. Et donc on
s'est dit que le plan cinq ans devrait être réévalué à chaque année. Et ça,
c'est depuis 2021-2022. Alors, en 2021-2022, on devait être autour de
40 %, en 2022-2027, 51 %, 2023-2028, ça va venir d'ici le mois de
juin, j'ai... je n'ai pas le moment. Le ministre de l'Environnement va dévoiler
le plan, mais les sommes associées au plan 2023-2028 seront 35 % plus
élevées qu'en 2021-2022 et 18 % plus élevées qu'en 2022-2023 pour la
période cinq ans.
Alors, quand vous dites : C'est des
sommes recyclées, c'est des projections cinq ans des revenus de la bourse du
carbone auxquels s'ajoutent des crédits budgétaires. Le total de ça, c'est
9 milliards pour la période 2023-2028, c'est 35 % de plus qu'il
y a deux ans, puis 18 % de plus qu'il y a un an.
Mme McGraw : Là, je vais
mettre mon chapeau de PDG, de gestionnaire. Je comprends... Si je vous
comprends bien, vous dites qu'à cause que les cibles n'ont pas été atteintes
dans le passé, nous, on va procéder un peu à la pièce, un peu année par année?
M. Girard (Groulx) : On va
donner une évaluation annuelle.
Mme McGraw : Parfait!
M. Girard (Groulx) : Parce
qu'on a... on a une cible en 2030, là. Parce que, si on ne fait rien, on va se
ramasser en 2030 puis on va dire : Ah! désolés, on n'a pas atteint la
cible. C'est ce qui s'est passé en 2020.
Mme McGraw : Mais pourquoi
c'est... pourquoi c'est... Est-ce que c'est... Est-ce que c'est vraiment
mutuellement exclusif? Dans le sens que normalement, on a un plan stratégique
de cinq ans, un budget de cinq ans, puis là, on a des plans au niveau
opérationnel à chaque année. Alors, pourquoi l'un... Pourquoi c'est... Parce
qu'il me semble que, par exemple... Par exemple, qu'en pensez-vous d'une cible
intérimaire, disons, 2025? C'est à l'intérieur de votre mandat de gouvernement.
Pourquoi... Donc, oui, 2030, 2050. 2025, pourquoi pas une cible que vous allez
pouvoir contrôler à l'intérieur de votre mandat?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
2025, on va donner le plan 2025-2030 et on va pouvoir dire : L'objectif
de réduire les gaz à effet de serre de 37,5 %... on va pouvoir dire quel pourcentage
on est. L'objectif, c'est qu'en 2030 on soit à moins 37,5 %. Il y a... Il n'y
a pas de cible intérimaire présentement pour 2025. Je comprends que vous
suggérez qu'il y en ait une.
Mme McGraw : Oui. Qu'en
pensez-vous?
M. Girard (Groulx) : Je ne
suis pas contre.
Mme McGraw : Intéressant.
Parce qu'avec cette approche présentement, la Commissaire sur le développement
durable, elle dit que le Québec navigue à l'aveugle sur les changements
climatiques. Donc, cette approche-là, il y a peut-être des avantages, mais
c'est sûr qu'il y a des désavantages puis il y a des... il y a des risques, des
risques importants associés à cette approche. Puis c'est... c'est un enjeu où
on ne peut pas vraiment se permettre de trop risquer, donc.
M. Girard (Groulx) : Oui. Mais
vous... Je pense que vous connaissez très bien le sujet. Vous savez que par
définition, avec la bourse du carbone, on atteint nos cibles. C'est que, là, on
ne les atteint pas sur le territoire du <Québec...
M. Girard (Groulx) :
...C'est
que, là, on ne les atteint pas sur le territoire du >Québec.
Mme McGraw : Bien, c'est ça.
Mais je comprends très bien que les changements... c'est... c'est un enjeu
mondial.
M. Girard (Groulx) : Parfait.
Parfait.
Mme McGraw : Mais ça nous...
Mais, nous, on a des cibles à atteindre au Québec. C'est sûr qu'on va faire
notre effort au point de vue mondial, excellent, mais il faut quand même
atteindre nos cibles à nous. Puis on ne peut pas s'approprier le travail de New
York ou... Californie.
M. Girard (Groulx) : Bien
oui, Californie, parce qu'on est dans une bourse du carbone avec la Californie.
Puis, en vertu...
Mme McGraw : Pardon. J'aurais
dû... dire Massachusetts. Oui. OK. Désolée.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais on est d'accord, là.
Mme McGraw : Oui.
M. Girard (Groulx) : En vertu
de... l'article 6 de l'Accord de Paris, oui, on peut compter les
réductions de gaz à effet de serre qui ont été achetées par des entreprises
québécoises sur le territoire californien.
Mme McGraw : Donc, si on me
permet, est-ce que je pourrais vous lire la question sur la biodiversité?
D'ailleurs, j'ai eu la chance de participer à... Ah! Bien là, je pense qu'on...
Le Président (M. Simard) : ...mais
on va récupérer dans un bloc... Vous pouvez poursuivre, si vous le souhaitez.
M. Girard (Groulx) : Allez-y,
posez votre question sur la biodiversité, c'est un sujet important.
Mme McGraw : Bon. J'ai eu la
chance de participer à la COP15. D'ailleurs, j'ai travaillé sur la convention
depuis mes études supérieures, il y a longtemps, sur cette convention-là. J'ai
participé à la délégation canadienne qui a fait en sorte que le secrétariat
s'est rendu à Montréal. On a fait compétition, en 1995, contre la Suisse, le
Kenya, et on a... on a remporté. Donc, ça, c'était un... un beau travail
d'équipe Canada-Québec-Montréal. Donc, c'était vraiment bien d'avoir la COP15 à
Montréal, donc bravo au gouvernement du Québec. Et j'étais fière de pouvoir
participer à cette conférence-là.
Par contre, la question se pose encore une
fois. Il me semble que c'est de l'argent... Là, on parle de Plan nature, mais
encore une fois, un peu, avec les changements climatiques, il nous manque des
détails. Donc, c'est bien d'avoir des cibles, mais est-ce qu'on peut avoir plus
de détails? Et... Oui.
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, je pense que la cible, elle est cohérente avec les objectifs de la
COP15, c'est-à-dire protéger 30 % du territoire d'ici 2030. Puis, à la
page F.15 du budget, là, la cible de 30 % du territoire, évidemment, elle
se décline avec d'autres sous-cibles, là, telles que les... diminuer 50 %
des taux d'introduction d'espèces exotiques, puis, etc., puis tout ça. Ça,
c'est... bonjour... extrêmement important. C'est au ministre de l'Environnement
de divulguer le Plan nature, puis le Fonds bleu, puis tout ça. Ce n'est pas au...
Ce n'est pas au ministre des Finances de divulguer l'ensemble du Plan nature.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci. Alors, nous pourrons poursuivre un peu plus tard sur cet enjeu.
Et, avant de céder la parole à mon collègue de Maskinongé, simplement préciser
ceci : le temps qui n'est pas pris par la partie gouvernementale est
réputé être écoulé.
Alors, M. le député de Maskinongé,
veuillez poursuivre, je vous prie.
• (17 h 50) •
M. Allaire : Merci, M. le Président.
Puisque c'est probablement ma dernière intervention, vous allez me permettre de
saluer le travail de tous et chacun, là, ici, alentour de cette table de
commission, c'est quand même un exercice, là, qui est... qui est nécessaire,
mais qui est quand même, là... on sent tout le monde un peu plus fatigué après
10 heures, là, pratiquement, là, qui sont... qui sont terminées alentour
de cette commission, et surtout le ministre. M. le ministre, là, bravo de vous
prêter au jeu. Naturellement, je comprends que vous n'avez pas le choix non
plus, mais vous le faites bien quand même!
Ma question est peut-être un peu plus
large, là. Je suis un peu intrigué à savoir, de votre perspective à vous,
est-ce qu'il y a des éléments qui n'ont pas été abordés puis qui... puis qui, peut-être,
sont des coups de cœur pour vous dans le budget, tu sais, des éléments que vous
êtes... vous êtes fier, même, d'avoir... d'avoir inclus dans ce dernier budget
là. Je serais curieux de vous entendre là-dessus.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est certain que le Dr Julien et la pédiatrie sociale au Québec, c'est
une... une œuvre qui est exceptionnelle parce qu'il rejoint des enfants que le
réseau public a de la misère à rejoindre. Et je pense que le Dr Julien,
puis là je vais y aller de mémoire... mais il avait autrefois reçu
40 millions pour huit ans. Puis là, on lui donne 65 millions pour
cinq ans, puis il était très content. Mais, pour avoir eu la chance d'observer
le Dr Julien et son oeuvre à Montréal, je dirais que dans le budget du
Québec, de 145 milliards par année fois cinq ans, ce 65 millions là
peut nous rendre fiers. Il y en... Il y en a d'autres, mais celui-là, c'est... c'en
est un.
M. Allaire : Merci pour la
belle <transparence...
M. Girard (Groulx) :
...Il
y en... Il y en a d'autres, mais celui-là, c'est... c'en est un.
M. Allaire :
Merci
pour la belle >transparence, là, j'apprécie beaucoup.
Il y a des mesures aussi qui ont touché un
peu plus les Premières Nations, les Inuit. Je pense que c'est au-delà de
121 millions, là, qu'on a... qu'on a annoncés dans le dernier budget. Je
ne sais pas si ce serait possible d'aller un peu plus loin, là, dans cet
argent-là ou dans cet octroi-là. Ça va représenter quoi puis ça va se traduire
comment pour eux?
M. Girard (Groulx) : Très
bien. Alors, le ministre responsable est venu nous voir. Puis les... avec les
Premières Nations et les Inuit, les demandes sont réparties dans plusieurs
ministères. Alors, il y en a, par exemple, aux Finances, il y en a aux
Ressources naturelles, il y en a au Secrétariat des affaires autochtones, mais
il y en a aussi en justice, en sécurité publique. Et le ministre a un rôle de
centralisateur, nous a dit : Logement, accès aux services. Et là je lui ai
montré l'ensemble des demandes qu'on avait, puis on a tout de suite centré
logement, accès aux services. Ce qui fait que lorsqu'on regarde les sommes à la
page E.69, on peut voir... Attendez.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : 61.
merci. 61. J'étais effectivement dans la politique nationale. On peut voir
qu'il y a 71 millions pour les services puis... 50 millions pour le
logement. Et puis, lorsqu'on va voir le 71 millions, bien, on voit qu'il y
a 4,5 millions qui va pour le soutien aux familles d'enfants autochtones
disparus, qui est une initiative extrêmement importante sur un passé de notre
histoire qui est... dont on n'est pas fiers, continuer d'appuyer les services
policiers adaptés aux réalités autochtones, 17 millions. Alors, il y en a
au niveau des policiers autochtones, la Cour itinérante de Nunavik,
7,5 millions. Exemptions fiscales, on voit que ça, c'est une mesure du
ministère des Finances, on devait corriger une situation, 20 millions,
simplifier l'accès au Nunavik, 13 millions, 10 millions à Val-d'Or
pour les soutiens de première ligne. Alors, on voit qu'il y a différentes
régions du Québec où les services sont bonifiés.
Pour le logement, 43 millions pour
appuyer l'habitation au Nunavik, 6,5 millions pour les services... d'hébergement
autochtone à Montréal. Et, à Montréal précisément, on fait référence au Projets
Autochtones du Québec, qui a ouvert en 2020, un site d'hébergement destiné aux
autochtones dans la région de Montréal. Et l'organisme, le nom de l'organisme,
je vais essayer de le trouver, c'est un... c'est un organisme qui... évidemment,
la situation de l'itinérance des autochtones à Montréal, c'est un enjeu très
important. Et il y a eu des bouleversements dans ces services-là, parce qu'il y
a... il y a un site qui était utilisé et apprécié des autochtones qui a fermé,
qui a amené une dispersion de l'itinérance autochtone à Montréal. Et là le
ministre travaille avec le fédéral et la ville de Montréal pour consolider les
services puis donner de l'aide à ces... que ces gens-là ont besoin. Mais
l'organisme à Montréal ne s'appelle pas comme ça, là. Il y a... Il y a un nom
particulier, puis on va le trouver.
M. Allaire : ...d'autre
question. Je ne sais pas si mes collègues ont des questions.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Montigny : Comme on était,
M. le Président, sur les coups de coeur du budget, je vais faire quelque chose
d'un peu spécial. Je vais vous en donner trois coups de coeur que j'avais puis
je vais demander au ministre de choisir, parmi les trois coups de coeur, lequel
il veut répondre puis approfondir un peu plus loin. Excusez-moi, là, avec la
fatigue, la voix, elle commence à avoir de la misère, mais je vais y aller
pareil.
Le premier, c'est en lien avec
l'éducation, là. C'est l'ajout de conseillers pédagogiques qui accompagnent les
enseignants, primaire et secondaire. Vous savez, M. le Président, c'était ça,
ma profession, 22 ans dans le domaine. C'était ça, ma <profession...
M. Montigny :
...Vous
savez, M. le Président, c'était ça, ma profession, 22 ans dans le domaine.
C'était ça, ma >profession. On voit très bien que, quand on accompagne
bien les enseignants, notamment en gestion des comportements en classe, puis
qu'on améliore les comportements, la communication, puis savoir bien
communiquer, ça a un impact sur la qualité du français. Puis cet impact-là
améliore la réussite du français, donc la réussite éducative. Alors, c'est une
mesure clé qui a un impact double : à la fois sur la qualité du français,
mais à la fois sur les comportements des jeunes et la vie scolaire en général.
Deuxième élément, qui est un coup de coeur
puis qui est peut-être passé un peu inaperçu, c'est 25 millions de
dollars en soutien aux organismes apportant une aide aux hommes en situation de
grande vulnérabilité, notamment les pères. Et ça, j'ai un organisme chez nous
qui travaille très fort, qui s'appelle Homme aide Manicouagan, et c'est un
élément coup de coeur pour moi. Parce qu'on le sait, on l'a vu particulièrement
dans les récents mois, là, on a eu une période difficile au Québec, là, qui...
puis partout dans le monde, qui s'appelle la pandémie. Puis je trouve ça
intéressant de soutenir les hommes particulièrement dans ce contexte-là.
La troisième mesure est économique. Tantôt,
on parlait de décarboner, l'importance de décarboner notre Québec. Vous savez,
l'industrie minière, la grosse industrie comme les alumineries, tout ça, si on
réussit à décarboner ces grandes industries d'un coup sec, là, sur la Côte-Nord,
on contribue vraiment à améliorer, au niveau environnemental, notre Québec.
Alors, les mesures importantes, là, d'investissements : plus de
100 millions de dollars en investissements, des mesures aussi... soutenir
les entreprises qui réaliseront des projets industriels majeurs à l'extérieur
des grands centres qui pourront recevoir un congé fiscal allant de 20 % à
25 % des investissements, selon les territoires régionaux. Bien, il y a
des entrepreneurs dans ma région qui veulent développer de l'industrie de la
décarbonation, notamment dans le secteur industriel lourd comme le secteur
minier, toute la fosse du Labrador, alors en travaillant notamment en ammoniac
vert avec des produits qui servent à décarboner notre milieu industriel.
Alors, voici mes trois coups de coeur. Puis
je vous laisse le choix, M. le ministre, d'intervenir sur un de mes trois coups
de coeur : soit la décarbonation de l'industrie avec des mesures fiscales
importantes, soit conseillers pédagogiques qui interviennent auprès de nos
jeunes ou soit des mesures pour les hommes et les pères.
• (18 heures) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
j'aime les trois, M. le Président.
Et l'organisme pour l'itinérance à
Montréal pour les autochtones, que j'aime beaucoup, c'est Résilience Montréal
et c'est financé par le fédéral, Québec et la ville. Et c'est important parce
qu'évidemment, comme je l'ai mentionné, là, les... il y a eu des
bouleversements au niveau de l'hébergement des autochtones à Montréal avec la
fermeture d'un site qui était utilisé et apprécié.
Concernant vos trois mesures, bien, les
trois sont importantes. Il y en a un qui touche la santé mentale, la violence
conjugale, l'autre touche l'éducation, et le dernier, l'économie. Je dirais que
les trois sont importants. Je ne souhaite pas nécessairement m'étendre sur
aucun des trois. Je vais m'arrêter ici.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, je cède maintenant la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : ...
Le Président (M. Simard) : Et
votre groupe dispose de 20 minutes.
Mme McGraw : Super. Merci
beaucoup.
Alors, je voulais juste enchaîner les
questions sur la biodiversité. Je sais que dans le Plan nature, on avait
annoncé que... bon, les aires protégées. Et la question, c'est : Est-ce
que vous... prévoyez des terrains, peut-être même acheter des terrains à fins
de conservation? Et aussi un peu la répartition entre les aires protégées Nord-Sud.
On sait que, dans le Nord-du-Québec, c'est peut-être plus facile... je ne dis
pas que c'est facile, mais c'est peut-être plus facile que dans le Sud. Et on
sait que, selon les... l'ONU, c'est la moyenne mondiale...
18 h (version révisée)
Mme McGraw : ...On sait
que, selon l'ONU, c'est la moyenne mondiale, la cible de ces 30 %. Donc,
dans des endroits comme Québec, on devrait peut-être aller même plus loin que
le 30 %, parce que, ça, c'est la moyenne mondiale. Puis on sait, par exemple,
aux Pays-Bas, ça va être très difficile d'avoir leur 30 %. Donc, est-ce qu'on
envisage aller plus loin? Est-ce qu'on envisage des mesures dans le sud du
Québec, où c'est peut-être un peu plus difficile? Et est-ce qu'on envisage des
fonds additionnels?
M. Girard (Groulx) : Alors,
mon équipe est ici, va informer le ministre de l'Environnement que vous avez
des questions extrêmement précises sur la répartition des objectifs liés aux
30 %. Je dirais qu'avant de fixer une cible supérieure à 30 %, il
faudrait atteindre le 30 %. On a un peu le même débat sur les... la lutte
aux changements climatiques. Il y a beaucoup de gens qui me disent : Bien,
pourquoi vous ne montez pas votre cible de 37 % à 40 % ou à 50 %?
Bien, parce qu'il faudrait d'abord atteindre la cible de 37,5 % avant d'en
fixer une autre. Et donc est-ce qu'on va avoir une cible plus importante que 30 %?
Je pense qu'il faudrait... Je pense que, présentement, on est à 17 %, il
faudrait se rendre au moins à 25 % avant de se poser cette question-là. Ce
serait ma réponse, mais peut-être que le ministre de l'Environnement aura une
meilleure question.
Le débat Nord-Sud, je pense que c'est une
excellente question. Et je soumets à cette commission que je n'ai absolument
aucune compétence pour y répondre, et que cette question-là devrait être
dirigée au ministre de l'Environnement. Et que je comprends que les efforts
pour protéger des territoires au Sud sont plus difficiles que dans le Nord et
que, si on... La qualité du 30 %, ça compte, ce n'est pas juste le
chiffre, c'est ça?
Mme McGraw : C'est la
qualité et la quantité, les deux.
M. Girard (Groulx) : Parfait.
Mme McGraw : Donc, juste
comme exemple, par exemple, à Notre-Dame-de-Grâce, on... il y a un projet à la
falaise Saint-Jacques, puis on prévoit un parc, une dalle-parc. Et là, ce que j'entends
dire, c'est que peut-être il ne va pas y avoir... Ça va être un pont pour
piétons et cyclistes, ce qui est très bien, mais plus de dalle-parc, parce que
le gouvernement, si je comprends bien, il y a des possibilités qu'ils vont se
retirer de cet aspect-là du projet. Donc, il me semble que... J'espère qu'on va
aller dans la bonne direction pour, justement, pour atteindre nos cibles de
30 % aussi dans le sud du Québec. Et on espère que le gouvernement va
réaliser ce projet, cet engagement-là.
Donc, une autre question sur les matières
résiduelles parce que, justement, il y a une discussion aujourd'hui. Bien, c'est
dans les médias, Couche-Tard. Donc, on sait que c'est... Couche-Tard, on
imagine que ce n'est pas le seul, hein? Ce n'est pas le seul parce qu'effectivement
c'est permis. Et on sait que l'élargissement de la consigne a été reporté à
plusieurs reprises, M. le ministre. Depuis, ça a été prévu à l'automne, en
janvier 2020, ensuite automne 2022, ensuite, ça a été rapporté à ce
printemps. Maintenant, c'est rapporté encore une fois en novembre 2023. Et on
voit ce qui se passe entretemps. Donc, est-ce qu'on prévoit? Parce que, dans le
budget, il n'y a rien, il n'y a aucun... Ce n'est pas prévu, à ce que j'ai
compris, corrigez-moi si j'ai tard... Est-ce qu'on... «tort», je devrais dire.
Est-ce qu'on prévoit des fonds justement pour atteindre cet élargissement qu'on
attend toujours des consignes... de la consigne? À ce que je vois, il n'y a pas
de... ni de cibles ni de fonds.
M. Girard (Groulx) : Non,
vous avez raison, il n'y a pas de sommes. Il n'y a pas de sommes supplémentaires
pour la consigne. Et, comme le budget est une photo, si on n'annonce pas de
sommes, bien, là, il n'y a pas d'encadré sur la consigne, tout ça.
Pour être le ministre responsable de la
SAQ, qui est quand même un joueur important dans le débat sur la consigne, là,
l'échéance de novembre 2023, c'est extrêmement serré. On fait tout ce qu'on
peut pour y arriver. Et, moi, il y a la réglementation et le temps qu'on donne
aux gens pour s'adapter à la réglementation. Alors, c'est beaucoup plus
important que la consigne soit un succès, que ce soit fait, par exemple, en
septembre 2023 ou en mars 2024. Alors là, l'objectif, c'est novembre 2023. Je n'ai
aucune indication que cette date-là ne sera pas respectée. On me dit, à la SAQ,
que c'est extrêmement serré, l'échéancier. Et je pense qu'on est rendus là. On
veut y arriver. Et, s'il arrivait que l'échéancier de <novembre glissait...
M. Girard (Groulx) :
...On
veut y arriver. Et, s'il arrivait que l'échéancier de >novembre glissait
un peu en 2024, je pense qu'il faut tous être conscients que l'important, c'est
que ça marche.
Mme McGraw : Et on est d'accord
là-dessus. Mais ça a été reporté quatre fois déjà.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mme McGraw : Mais pour...
Et je... Encore une fois, c'est une approche un peu mutuellement exclusive, et
je comprends pourquoi il faut faire le choix. Donc, oui, donc, on vise
peut-être novembre, mais là vous venez confirmer qu'il n'y a pas de sommes
supplémentaires. Donc, on comprend très bien...
M. Girard (Groulx) : La
consigne est... en principe, est autofinancée, là, par la consigne.
Mme McGraw : Et vous ne
pensez pas que des sommes supplémentaires pourraient ajouter, ou renforcer
l'efficacité, ou le...
M. Girard (Groulx) : Non,
c'est un défi logistique, ce n'est pas un défi d'argent. C'est vraiment un
changement de comportement, une nécessité d'avoir des espaces pour la
cueillette.
Mme McGraw : Et les
incitatifs pour le secteur privé? Couche-Tard, par exemple, il n'y a pas de
pénalité, il n'y a pas...
M. Girard (Groulx) : Mais...
Mme McGraw : Il n'y a ni
incitatif ni de pénalité, si je comprends bien?
M. Girard (Groulx) : Mais
Couche-Tard n'a pas de problème d'argent, là. Ça fait que ce n'est pas, ce
n'est pas une question d'argent, c'est une question de changer les
comportements puis que la consigne fonctionne. Alors, on a besoin que tous les
acteurs participent. Même s'il y avait 25 millions dans le budget pour la
consigne, il n'y a rien qui garantirait qu'en novembre 2023 ça va être prêt.
Mme McGraw : Mais entre
temps on a des comportements problématiques, on va dire, au niveau de
l'environnement. Au niveau de la santé, au niveau du coût de la vie, l'effet
aussi sur l'économie de jeter ces produits-là, il y a du gaspillage, c'est...
M. Girard (Groulx) : Mais
ce qui a été rapporté dans les médias, c'est inexcusable. Je dirais que ça n'a
rien à voir avec la consigne.
Mme McGraw : Et, selon
vous, le gouvernement n'a pas un rôle à jouer là-dedans?
M. Girard (Groulx) : Dans
le comportement inexcusable de Couche-Tard?
Mme McGraw : Oui,
peut-être, oui.
M. Girard (Groulx) : Bien,
moi, je ne suis pas responsable, là, du comportement de Couche-Tard, je... Il y
a eu des questions en Chambre aujourd'hui. C'est certain que Couche-Tard doit
répondre à ce qui a été dit. Mais on a besoin de Couche-Tard dans le recyclage.
Et ce qui est vraiment important, c'est qu'en novembre 2023, la consigne, le
recyclage, ça fonctionne chez Couche-Tard et partout ailleurs.
Donc, moi, la SAQ, c'est un gros joueur
là-dedans. Ils m'en parlent souvent de la complexité du changement de
comportement, de ce qu'on va faire, de l'espace qu'on a besoin pour la
cueillette. C'est un changement important puis il faut bien le faire.
Mme McGraw : Je me
permets, bien, si mon collègue me permet, une autre...
M. Girard (Groulx) : Bien
sûr.
Mme McGraw : ...une
dernière question. Ça... Par rapport aux municipalités, les villes, il n'y a,
encore une fois, pas assez de financement. Bien, est-ce que vous estimez qu'on
a donné les moyens financiers nécessaires aux villes et aux municipalités du
Québec en matière d'environnement, de développement durable? Et je me permets,
parce que, M. le ministre, j'ai juste rencontré quatre citoyens de Limoilou...
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mme McGraw : ...et les
quatre, leurs enfants, ils sont des militants de longue date. Qualité d'air à
Limoilou, on m'a montré des photos, c'est vraiment un problème. Et les quatre,
leurs enfants, ont des problèmes de santé.
• (18 h 10) •
M. Girard
(Groulx) :
D'accord.
Mme McGraw : Donc, on
sait très bien que ça fait longtemps, ce n'est pas juste ce gouvernement,
mais... Maintenant, c'est votre gouvernement qui est au pouvoir, qui a ces
problèmes de qualité d'air à Limoilou. Et la question que je me pose ou que je
vous pose, M. le ministre, c'est les sommes investies pour promouvoir la santé,
mais liées aux enjeux environnementaux, dont la qualité de l'air. Et on
regarde... Ça se passe ici, dans notre... juste à côté, à Limoilou. Donc, des
sommes supplémentaires, des mesures supplémentaires, justement, pour promouvoir
la santé humaine et aussi liées aux enjeux environnementaux?
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais, encore une fois, le budget, c'est une photo. Et la qualité de l'air à Limoilou,
c'est extrêmement important. Le ministre l'a déjà dit, il y a déjà eu des
gestes qui ont été posés. Si, dans le budget, il n'y avait pas des sommes
supplémentaires, ce n'est pas une indication que ce n'est pas un sujet
important. C'est extrêmement important. Je vous invite à poser ces questions-là
au ministre responsable lors de l'étude des crédits. Et c'est certain que notre
gouvernement, on prend ça très au...
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Maskinongé.
M. Beauchemin : Marguerite-Bourgeoys.
Le Président (M. Simard) :
Moi aussi, c'est le <temps que la journée se termine...
Le Président (M. Simard) :
M. le député de Maskinongé.
M. Beauchemin :
Marguerite-Bourgeoys.
Le Président (M. Simard) :
Moi aussi, c'est le >temps que la journée se termine.
M. Beauchemin : Correct.
C'est la fin de la journée.
Le Président (M. Simard) : Marguerite-Bourgeoys.
C'est que mon collègue entre...
M. Girard (Groulx) : Vous
avez secoué l'Assemblée, M. le Président.
M. Beauchemin : Donc, la
société est basée sur trois piliers importants, le législatif, l'exécutif et le
judiciaire. Vous faites partie en fait de deux de ces piliers-là, évidemment. Quand
on... Quand on regarde tout ce qu'on a entendu, quand on regarde tout ce qu'on
voit, là, à la télévision, ce qu'on peut lire dans les journaux, les retards
qui s'accumulent dans nos palais de justice à travers la province au grand
complet, les causes qui sont finalement abandonnées parce que les délais sont
tels que finalement les causes ne peuvent pas être entendues, elles dépassent
les prescriptions, et donc, quand on entend tout ça et puis qu'on regarde, à la
page H.57, que le budget de Justice est réduit pour 2023‑2024, j'essaie de
comprendre...
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : ...étant
donné que ça aurait été normalement attendu qu'il y ait au moins, au minimum,
une augmentation.
M. Girard (Groulx) : Vous
êtes à quelle page?
M. Beauchemin : H.57.
M. Girard (Groulx) : OK.
Encore une fois, j'aimerais souligner la transparence de nos documents. Si vous
allez à la page qui détermine les dépenses de portefeuille...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Ah!
il n'est pas détaillé. OK, il est dans «Autres portefeuilles». Alors, une
chance que je n'ai pas vanté la transparence de nos documents.
Mais je peux répondre à votre question,
parce que c'est une question qui a été posée, là. C'est lié... Dans le
portefeuille Justice, il y a le Fonds d'indemnisation aux victimes d'actes
criminels, et il y a eu des dépenses importantes en 2022‑2023 qui ne... qui
sont concentrées en 2022‑2023, puisqu'elles ne se reproduisent pas en 2023‑2024.
Mais ça fait une chute de la dépense de mission, mission Justice qui inclut les
fonds d'indemnisation.
M. Beauchemin : Est-ce
que, donc, la baisse qu'on voit là ne s'explique que par ça?
M. Girard (Groulx) :
C'est le facteur principal.
M. Beauchemin : D'accord.
Donc, il n'y avait aucune augmentation budgétée pour... nette de ce fonds-là
dans le... en Justice pour l'année 2023‑2024?
M. Girard (Groulx) : Non,
mais, si vous prenez le portefeuille Justice, là, dépenses de programmes et
fonds d'indemnisation, bien, c'est la variation au niveau du fonds
d'indemnisation qui fait que le portefeuille Justice est en baisse année sur
année.
M. Beauchemin : OK.
Donc, toutes choses étant égales par ailleurs, tout ce qui était dépenses
Justice nettes de ça...
M. Girard (Groulx) : Dépenses
de programmes... Est-ce qu'on a la croissance des dépenses de programmes? Ça,
c'est disponible dans les documents du Trésor, la croissance?
Une
voix : ...
M. Girard (Groulx) : Croissance,
entre 2022‑2023 et 2023‑2024, il y aurait... la dépense de programmes Justice
serait en hausse de 6 %.
M. Beauchemin : Ça fait
que combien est donc le fonds d'indemnisation?
M. Girard (Groulx) : La
correction, c'est 34 millions.
M. Beauchemin : 34 millions.
Donc, le 34 millions, est-ce que c'est le 1 515 000 000 $
moins 1 481 000 000 $. C'est ça?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : OK.
Il y a eu 63 millions de dépenses supplémentaires en 2022‑2023 dans le
fonds d'indemnisation. Je n'ai pas donné le bon chiffre.
M. Beauchemin : 63 millions.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, lorsqu'on regarde Justice, on revient à votre page, là, H.57, Justice,
prévision des dépenses de portefeuille, 1-5-1-5, 1-4-8-1, il faudrait corriger
le... il faudrait descendre le 1-5-1-5 de 63 ou augmenter le 1-4-8-1 de 63, là.
C'est un effet de base.
M. Beauchemin : Ça
donnerait donc une augmentation de...
M. Girard (Groulx) : ...2 %.
M. Beauchemin : De
29 millions, c'est à peu près 2 %, donc.
M. Girard (Groulx) : 2 %.
Ça va donner 2 %. Quand on corrige le 63 millions, ça va faire
2 % de <croissance de portefeuille...
M. Girard (Groulx) :
...2 %.
M. Beauchemin :
De
29 millions, c'est à peu près 2 %, donc.
M. Girard (Groulx) :
Deux,
ça va donner deux. Quand on corrige le 63 millions, ça va faire 2 %
de >croissance de portefeuille. Quand vous allez regarder dans les
crédits budgétaires, les dépenses de programme du ministère, celles-ci vont
être en hausse de 5,8 %. Mais essentiellement, là, la mission justice, une
fois qu'elle est corrigée, 2,2 % de croissance.
M. Beauchemin : 2,2 %
de croissance nominale?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Donc,
net de l'inflation, c'est une baisse approximative, on pourrait dire, si on
prend la moyenne annuelle d'inflation?
M. Girard (Groulx) : Si
on prévoit 3,5 % d'inflation pour l'année 2023, qui n'est pas la même
chose que l'année 2023‑2024. L'année 2023‑2024, c'est peut-être
3 % d'inflation.
M. Beauchemin : Donc,
c'est... En valeur nette, là, nette de l'inflation, il y a donc une baisse dans
l'enveloppe pour le ministre, le ministère de la Justice, nette de l'inflation?
M. Girard (Groulx) : On
pourrait dire ça. Là, il faudrait voir chacune des composantes du ministère,
là, pour être sûrs, là. Mais effectivement, si vous avez une croissance de
2 %, puis que l'inflation est 3 %, bien, vous avez une croissance
inférieure au taux d'inflation.
M. Beauchemin : Et donc,
quand on dit qu'on veut attirer les gens, on veut faire en sorte qu'on puisse
optimiser le système pour s'assurer qu'il y ait plus d'efficacité dans le
système, et tout, je m'explique mal... Parce que, dans le fond, ces gens-là,
ils ont juste l'ensemble de l'oeuvre de... du ministère de la Justice. Il y a
beaucoup de gens qui travaillent là-dedans. Ça serait... C'est un petit peu
surprenant, parce qu'ils se trouvent à être dans une situation où est-ce que,
finalement, en bout de piste, là, à la fin de l'année, ils vont en avoir un peu
moins dans leurs poches et/ou il y a du monde qui sont coupés. Comme je n'ai
pas toutes les statistiques, je n'ai pas toutes les données, mais...
M. Girard (Groulx) : Non,
non. Bien, vous, ce que vous suggérez, c'est qu'on aurait dû donner 3 %?
M. Beauchemin : Au
minimum, surtout que le problème actuel, dans le ministère de la Justice, c'est
qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre incroyable. Donc, on veut attirer les
gens vers la Justice, ça... vers le... ce département-là, de rendre les choses
moins compétitives... Il n'y a pas de système qui compétitionne notre système
légitime, donc c'est... Par le fait même, ça ne s'explique pas comme ça, mais,
je veux dire, attirer les gens, l'attractivité de l'emploi est donc moindre,
est réduite.
• (18 h 20) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
on a le même débat en santé. C'est certain qu'améliorer les conditions de
travail, ça facilite d'attirer du personnel, là. Même chose en éducation. C'est
le même débat en santé. Alors, il y avait... Il y a 100 millions qui ont
été ajoutés en justice dans le budget. Puis les priorités qui ont été choisies,
là, ont été discutées avec le ministre, et on est allés avec ce qui était
important, c'est-à-dire, notamment, l'ajout de juges, l'aide juridique. La
médiation obligatoire, l'aide juridique, l'ajout de juges, et je pense que
c'est ça, les trois points.
M. Beauchemin : En guise
de conclusion, parce qu'il me reste peu de temps, là, je voulais juste en
arriver à cette feuille-là, justement. Quand on regarde la variation, à la page H.42,
des... L'évolution des dépenses par portefeuilles ministériels pour
l'année 2023‑2024 et l'année 2024‑2025, la variation est de 1,2 %
et de 2,2 %. Et, ça, c'est nominal, encore une fois, donc, ça, c'est
nominal, encore une fois, donc net de l'inflation. Il y a donc une réduction.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Girard (Groulx) : Bien,
tous les taux de croissance de dépenses dans le budget sont des taux de
croissance de dépenses nominales.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Malheureusement, et comme c'était votre dernier bloc, on ne peut pas
poursuivre pour un prochain. Alors, je cède maintenant la parole au député
d'Orford.
M. Bélanger : Merci, M.
le Président. J'ai... Moi, aujourd'hui, j'ai une dernière question. Puis je
veux revenir un peu sur l'essor économique créé par la connectivité des
régions. On sait que ça... Il y a eu un impact intéressant au niveau du produit
intérieur brut. Donc, c'était une bonne décision du gouvernement et des bons
investissements du <ministre des Finances. Maintenant, bon, l'impact...
M. Bélanger :
...des
bons investissements du >ministre des Finances. Maintenant, bon,
l'impact, c'est un peu comme l'électricité. Dans le temps, l'électricité a eu
un impact économique pour les régions, là, la connectivité a eu un impact. La
prochaine étape qui a un impact sur l'économie, c'est ce qui passe dans cette
connectivité-là. Et puis, là, je vais être prudent, parce que ça reste de
compétence et de juridiction fédérale, donc c'est peut-être à Ottawa à
répondre.
Mais je veux revenir sur TikTok. TikTok,
c'est assez simple parce que c'était des petits clips vidéo, puis ça s'en
allait dans un centre de données en Chine. Mais, lorsqu'on parle d'intelligence
artificielle, je vois un potentiel énorme de gains de productivité avec
l'intelligence artificielle, puis on note déjà des impacts à ce niveau-là. Je
vais prendre l'exemple des véhicules autonomes. Puis l'intelligence
artificielle, souvent, les gens pensent qu'on va chercher les données dans le
nuage, puis le nuage, il est grand, puis il est loin. Mais l'intelligence
artificielle, non. On veut une proximité par rapport aux données, parce que ce
qu'on programme, les algorithmes qu'on développe, il faut être le plus proche possible
des données. Parce qu'il faut comprendre qu'on programme des temps de réaction
ou des... justement, des réactions par rapport à certaines situations. Ça fait
que même si, la fibre, les données vont à la vitesse de la lumière, tu veux ta
milliseconde, tu ne veux pas de latence.
Ma question est la suivante. C'est que ces
données-là, qui, dans certaines applications... véhicules autonomes, bon, c'est
des données qui sont, je ne dis pas qu'ils sont moins sensibles, mais peut-être
au niveau de la santé, bien, toutes ces données-là vont avoir un impact
important au niveau de l'économie. Puis je pense que l'intelligence
artificielle, c'était... c'est une bonne chose. Maintenant, il faut
probablement que ça soit encadré, mais je voulais avoir un peu l'opinion du
ministre face à cette composante-là, qui va avoir un impact significatif dans
l'économie. Et je rappelle que c'est quand même — Ottawa travaille
sur un projet de loi — c'est quand même de compétence et de
juridiction fédérale.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
la question, précisément, c'est quoi?
M. Bélanger : Bien,
quelle devrait être la stratégie au niveau de l'entreposage et de l'utilisation
des données reliées à l'intelligence artificielle? Ça fait que, dans certains
cas, on peut peut-être penser à la reconnaissance faciale, pour automatiser des
processus de validation de la personne qui se présente aux douanes ou dans un
centre. Dans d'autres situations, c'est l'utilisation de données pour
programmer les véhicules, puis ça, c'est... il y a énormément de données qui
sont utilisées.
Et, comme je disais tantôt, c'est un
peu... Je fais l'analogie d'il y a peut-être une trentaine d'années, quand on
avait un projet de maîtrise à faire. Bien, il n'y avait pas d'Internet. Ça fait
qu'on allait à la bibliothèque. Donc, il y avait une proximité par rapport aux
données et aux livres, puis on était vraiment efficaces, parce qu'il y avait...
À peu près toutes les données étaient là, dans le même bâtiment. Le principe
est le même, aujourd'hui, avec l'intelligence artificielle. Les données se
retrouvent partout dans le monde, sauf qu'au niveau de l'intelligence
artificielle, pour être capable de programmer, exemple, un tracteur de ferme
qui va optimiser le sarclage du rang, il faut être capable de programmer des
mécanismes ultrarapides. Donc, ce n'est pas en allant chercher des données de
l'agriculture dans un autre pays, ce qui va prendre quatre millisecondes, qu'on
va être efficaces dans le temps de réaction. C'est qu'il faut être capable de
travailler avec cette boîte de données là.
Et ma question est : Si, le Québec,
on décide d'utiliser des données, avec l'intelligence artificielle, pour être
capables d'être plus efficaces, on va devoir entreposer ces données-là chez
nous. Et il y a divers joueurs qui existent à travers la planète, les Amazon,
les Google. Et est-ce que ces données-là, quelle devrait être la stratégie? Puis
c'est peut-être la stratégie au niveau d'Ottawa. Quelle devrait être la
stratégie ou la prudence à avoir au niveau de l'utilisation de ces données-là,
sachant que l'impact va être majeur? On parle au niveau de l'agriculture, on
parle au niveau des véhicules autonomes. Télémédecine, exemple, un dermatologue
qui veut utiliser de l'information et des données à distance. Là, vous pourrez
me dire que c'est peut-être un robot, à un moment donné, qui va remplacer le
dermatologue, parce qu'il va évaluer avec des bases de données, mais je voulais
quand même avoir peut-être un peu l'opinion du ministre par rapport à
l'intelligence artificielle, l'impact de l'intelligence artificielle au niveau
de l'économie, et quels genres d'utilisation des données qu'on devrait avoir
pour certaines <données qui sont plus sensibles que d'autres...
M. Bélanger :
...qu'on
devrait avoir pour certaines >données qui sont plus sensibles que
d'autres.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Merci pour la question. Puis c'est certain que c'est des questions hautement
importantes qui dépassent mes compétences, mais on a tous la responsabilité de
s'informer et de suivre ce débat parce qu'il est extrêmement important. Alors,
on a l'innovateur en chef, Luc Sirois, on a évidemment Yoshua Bengio, qui est
une sommité mondiale. Et, de ce que j'en comprends, l'intelligence artificielle
va être avec nous pour longtemps puis les développements vont nous
impressionner. Et donc il y a une nécessité d'encadrement éthique, de balises,
et c'est là que M. Bengio et M. Sirois puis des gens compétents comme
ça ont un rôle à jouer. Ça va prendre des balises.
Et, quant à la contribution à l'économie,
bien, plus ça va être présent, bien, plus on sera impliqués, plus on en aura...
on pourra en tirer des bénéfices. Et au niveau de l'intelligence artificielle,
Montréal est particulièrement bien positionnée, puis on va continuer à donner
des sommes. Il y en a eu d'annoncées pour IVADO, pour Mila. Bien, on va
continuer de financer l'intelligence artificielle parce que les retombées sont
extrêmement intéressantes pour l'économie.
Quant à l'entreposage des données, je vais
laisser ça à mon collègue de la Cybersécurité et du Numérique. Mais je rappelle
qu'on investit dans une entreprise privée à Lévis.
M. Bélanger : Qui est un
très beau projet d'économie circulaire en passant.
M. Girard (Groulx) : Exactement.
M. Bélanger : QScale,
là, c'est un fabuleux...
M. Girard (Groulx) : QScale,
je ne sais pas si je devais la nommer, mais je vais la nommer.
M. Bélanger : Bien,
c'était public, oui.
M. Girard (Groulx) : Merci.
M. Bélanger : Oui,
merci. Merci, M. le ministre.
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, notre commission vient d'accomplir son mandat. J'en profite
pour vous remercier pour votre précieuse collaboration, remercier tout
particulièrement le secrétariat et son équipe pour son grand professionnalisme.
Sur ce, nous ajournons nos travaux sine
die. Au revoir.
(Fin de la séance à 18 h 29)