Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, April 25, 2023
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Vol. 47 N° 20
Étude des crédits budgétaires du Conseil du trésor et Administration gouvernementale, volet Infrastructure
Étude des crédits budgétaires du Conseil du trésor et Administration gouvernementale, volet Conseil du trésor
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Intervenants par tranches d'heure
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Simard, Jean-François
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Rizqy, Marwah
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Julien, Jonatan
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Simard, Jean-François
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Julien, Jonatan
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Rizqy, Marwah
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Thouin, Louis-Charles
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Mallette, Carole
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Julien, Jonatan
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Simard, Jean-François
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Rizqy, Marwah
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Simard, Jean-François
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Julien, Jonatan
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Rizqy, Marwah
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Thouin, Louis-Charles
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Simard, Jean-François
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Rizqy, Marwah
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Rizqy, Marwah
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LeBel, Sonia
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Simard, Jean-François
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Labrie, Christine
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LeBel, Sonia
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Rizqy, Marwah
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Simard, Jean-François
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Lachance, Stéphanie
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Rizqy, Marwah
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LeBel, Sonia
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Simard, Jean-François
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St-Pierre Plamondon, Paul
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Beauchemin, Frédéric
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LeBel, Sonia
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Labrie, Christine
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Rizqy, Marwah
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LeBel, Sonia
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Rizqy, Marwah
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Simard, Jean-François
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Labrie, Christine
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LeBel, Sonia
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Rizqy, Marwah
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Simard, Jean-François
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Allaire, Simon
10 h (version révisée)
(Dix heures trente minutes)
Le Président (M. Simard) :
Alors,
chers collègues, bienvenue à toutes et à tous. Je constate que nous avons
quorum, et la Commission des finances publiques peut amorcer ses travaux, mais,
tout d'abord, je voulais saluer, dans nos tribunes, de nombreux représentantes
et représentants de l'école Félix-Leclerc à Montréal. Soyez les bienvenus,
chers amis.
Comme vous le savez, la commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Infrastructures des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil du trésor et Administration gouvernementale
pour l'exercice financier 2023‑2024. Une <enveloppe...
>
10 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Simard) : ...administration
gouvernementale. Pour l'exercice financier 2023-2024, une enveloppe de
deux heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, bonjour. Y aurait-il
des remplacements ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Allaire (Maskinongé) est remplacé par M. Thouin
(Rousseau); M. Montigny (René-Lévesque), par M. Girard
(Lac-Saint-Jean); et M. Bouazzi (Maurice-Richard), par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci. Bienvenue à ces collègues. Comme le veut notre tradition, nous allons
procéder par blocs d'échange qui incluent questions, bien sûr, et réponses dans
un temps généralement équivalent. Et, afin d'amorcer nos débats, je cède d'entrée
de jeu la parole à notre collègue de Saint-Laurent, qui dispose de 18 min 26 s.
Mme Rizqy : Parfait. Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, ainsi qu'à vos équipes qui
vous accompagnent, et évidemment à mon collègue le député de Taschereau, et un
bonjour tout spécial aux élèves de l'école Félix-Leclerc qui sont avec nous
dans nos tribunes à ces crédits.
Brièvement, peut-être pour les élèves, les
crédits, c'est quoi? Ça nous permet à nous de faire ce qu'on appelle la
reddition de comptes. Donc, lorsque le gouvernement annonce des sommes d'argent,
par exemple pour un tunnel, on fait des suivis pour voir est-ce que c'est
réalisé ou pas. Puis c'est aussi dans nos règles d'imputabilité. Alors, ça, c'est
un exercice que nous faisons habituellement, en règle générale, une fois par
année, lorsque l'exercice financier est terminé. Oui.
Et là il est maintenant terminé. Alors, d'entrée
de jeu, je... je vais commencer avec le ministre, et vous savez, M. le... je
vais aller directement au but, hein, vous me connaissez déjà. Tout le monde en
parle. Alors, vous, M. le ministre, aujourd'hui, vous, êtes-vous toujours dans
le trio ministériel pour le troisième lien?
Le Président (M. Simard) : ...M.
le ministre.
M. Julien : Bien, écoutez, je
pense qu'on a clairement mentionné la semaine dernière, là, qu'à la lumière
des... des... des études et des éléments probants qui... qui étaient la base
sur laquelle on devait fonder une décision de faire un lien autoroutier entre
les deux rives on a mentionné que ces données-là n'étaient pas... de
manière pragmatique, ne venaient pas supporter la nécessité d'un lien
autoroutier entre les deux rives. On voit les effets postpandémiques, en
fin de compte, sur la circulation, on a mesuré les temps... les temps de
déplacement autoroutier entre les deux rives, origine-destination de
certains endroits, et c'est la décision qu'on a prise.
Mme Rizqy : Oui, ma
question... Moi, je veux juste savoir, parce que, le 20 octobre dernier,
ça ne fait pas si longtemps que ça, le premier ministre annonçait un trio, le
député de Lévis, la vice-première ministre la députée de Louis-Hébert, et
vous-même, un trio pour le troisième lien. Moi, ma question est vraiment simple :
Êtes-vous toujours dans ce trio ministériel du troisième lien?
Le Président (M. Simard) : ...de
vous adresser à la présidence. M. le ministre.
M. Julien : Alors,
certainement qu'on a annoncé en... la semaine dernière qu'un lien interrives de
transport en commun était vers quoi on voulait se tourner pour les deux régions,
sur le principe également du... du gain en temps-déplacement. Alors, pour moi,
ça reste... ça reste un lien.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : Bien, la question
du trio, moi, je veux juste savoir : Êtes-vous toujours membre de ce trio
ou non?
M. Julien : Bien, je fais
partie, moi, d'un caucus, en réalité, de la Capitale-Nationale, je suis
ministre responsable de la Capitale-Nationale. Il y a un caucus également de
la... de la Rive-Sud. Alors, comme membre du caucus, comme ministre
responsable, mais certainement, là, que j'abonde dans ce sens-là.
Mme Rizqy : OK. Parce qu'il y
a eu une annonce d'un trio ministériel, puis pourquoi je pose la question à
savoir si vous êtes toujours dans le trio ministériel ou s'il est dissous,
parce que le trio a été fait pour le troisième lien, c'est qu'aujourd'hui un
membre de votre caucus, ministre, dit qu'il y a un retour d'ascenseur.
Partagez-vous la même opinion que votre collègue ministre?
M. Julien : Bien, écoutez,
là, je ne sais pas de quoi il est mention ici puis je respecte les opinions de
mes collègues. Je fais mes opinions miennes.
Mme Rizqy : Alors, le titre aujourd'hui,
c'est Abandon du 3e lien routier. La députée de... de Chutes-de-la-Chaudière,
qui est aussi ministre tout comme vous, elle, elle dit que... elle réclame une
compensation pour sa région et elle dit que : «Je pense que l'ascenseur
doit remonter.» Êtes-vous d'accord avec votre collègue?
M. Julien : Bien, M. le
Président, on travaille très fort. Là, on a annoncé justement, avec Bruno
Marchand, avec Gilles Lehouilliers, avec mon collègue ministre responsable de
Chaudière-Appalaches et moi-même, une zone économique métropolitaine qui vise,
entre autres par les engagements qu'on a pris, on est le seul parti à avoir
pris des engagements d'ailleurs, là, spécifiquement pour la grande région, 500 millions
d'engagements, donc, clairement, on va <investir...
M. Julien :
...clairement,
on va >investir pour faire en sorte que la zone économique
métropolitaine qui couvre les deux rives, la RMR... on va investir
fortement pour le développement économique, pour l'effervescence culturelle
puis pour s'assurer de la qualité de vie des citoyens. Je l'ai mentionné à la chambre
de commerce, ce plan-là tient toujours, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la Députée.
Mme Rizqy : Je cite au mot :
«C'est ce qu'on fait généralement, quand on ne tient pas nos promesses.» Elle
estime que, les Lévisiens, le gouvernement Legault en doit une. Moi, je veux
savoir : Si votre collègue dit que Lévis mérite un retour d'ascenseur,
êtes-vous d'accord avec elle? Et est-ce que vous êtes, à ce moment-là, d'accord
que les gens de la Capitale-Nationale aussi mériteraient un retour d'ascenseur?
M. Julien : Moi, quand
j'observe, M. le Président, tous les engagements qu'on a pris, les gestes qui
sont prévus à l'intérieur, entre autres du PQI, et le développement qu'on veut
pour la grande zone économique métropolitaine, Rive-Nord, Rive-Sud, clairement
qu'il y a des investissements majeurs qui sont prévus qu'on va réaliser comme
gouvernement.
Mme Rizqy : Sur les
engagements, on repassera, là, parce que les maternelles quatre ans, ça a
été pas mal un échec, là. Puis, par la suite, il y a aussi promesses qu'on
appelle phares, là, c'est ce qui est... les plus importantes, et, parmi ça, il
y avait le triangle de priorité. Et la première promesse qui était là-dedans de
la députée de Chaudière... Chutes-de-la-Chaudière, la première, première
priorité, là, c'était le troisième lien.
Moi, ma question, maintenant, je vais la
reposer différemment. Parce que moi, je suis inquiète, là. Je suis porte-parole
aussi dans le Conseil du trésor et des infrastructures. Je veux savoir est-ce
que ça, ici, ce Programme, là, de soutien aux infrastructures sportives et
récréatives scolaires et d'enseignement supérieur, est-ce qu'il va être amendé
pour ajouter un nouveau critère qui s'appelle le retour d'ascenseur.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre.
M. Julien : M. le Président,
je me souviens que ma collègue de Saint-Laurent avait clairement mentionné il y
a quelques mois qu'elle était ici pour faire des politiques et non de la
politique. Je la reconnais bien. Mais, honnêtement, on a un plan clair. On a
des investissements qui sont prévus, 150 milliards d'investissements. On a
une zone économique métropolitaine sur laquelle on dit : On veut créer de
l'effervescence dans la grande région, la RMR, en réalité, qui comprend la
Rive-Sud et la Rive-Nord. On a coalisé tous les intervenants élus des deux côtés
de la rive, ce qui est... ce qui est assez rare, ce qu'il n'avait pas réussi,
le parti, précédemment. Et ce qu'on veut faire ensemble, c'est justement avoir
une vision de développement économique avec des investissements majeurs. C'est
ce qu'on va faire.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. Mme la députée.
Mme Rizqy : Moi, je veux
savoir est-ce que vous allez amender...
Le Président (M. Simard) : ...exhiber
des documents qui ne sont pas des tableaux, petite prudence.
Mme Rizqy : Oui, oui, ça,
c'est... Oui, mais ça, c'est... Vous avez raison, mais il y a une table des
matières.
Alors, ici, il y a des règles
d'admissibilité, évaluation de projets, et on... je vais aller à la
page 7, là, de l'évaluation de projets, là. Il y a des critères, là, donc,
pour justement annoncer un aréna, un centre des loisirs, une bibliothèque
municipale. Puis, à moins que je me trompe, là, dans un avenir... pardon, dans
un passé, là, vous avez déjà été vérificateur, je crois, à moins que je ne me
trompe?
M. Julien : ...
Mme Rizqy : Donc, vous avez
déjà été vérificateur. Vous, là, avec vos réflexes de vérificateur, pensez-vous
sincèrement qu'un critère de retour d'ascenseur doit exister?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : M. le Président,
puis je vais vous parler directement à vous, M. le Président, si vous
permettez, tu sais, clairement, je ne sais pas, en fin de compte, quelle
intention ou qu'est-ce qu'on veut me faire dire. On a des critères, on respecte
nos critères et on applique, en réalité, selon ces schèmes-là, d'autant plus,
en réalité, dans les... dans les infrastructures sportives, qu'il y a des
besoins majeurs. On a mentionné qu'on allait investir 1,5 milliard partout
au Québec dans la période qui s'en vient. Et on sait très bien qu'à la fin on
doit être en mesure d'évaluer les projets sur des critères qui sont des
critères tangibles et qui ne sont pas tendancieux. Donc, on est encore à la même
place.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy : Est-ce que vous
allez tenir ce même discours lorsque votre collègue va déposer des projets
d'arénas, de bibliothèques municipales ou, je ne sais pas, moi, un centre de
loisirs? Parce que, là, on entend, là, de... Moi, ce matin, je ne vous ai même
pas encore entendu condamner les propos de votre collègue, en fait. Vous me
demandez où est-ce que je m'en vais. Je pense que les Québécois sont en droit
aujourd'hui de s'attendre, là, que vous, à titre de ministre responsable, aussi,
des Infrastructures, oui, de la Capitale-Nationale, mais des Infrastructures
aussi... de dire : Non, on ne fait pas de projets au Québec basés sur le
retour d'ascenseur. C'est ça, votre rôle aujourd'hui, là.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
• (10 h 40) •
M. Julien : M. le Président,
toujours en discussion avec vous. Naturellement, on a un PQI, puis on va finir
par y arriver dans nos discussions, je le sais, de 150 milliards.
Peut-être que le réflexe de la députée de Saint-Laurent, c'est de penser qu'à
la CAQ on va <faire...
M. Julien :
...on va
>faire comme avant 2018. Puis je lui confirme, ça ne sera pas le
cas. On va investir de manière éclairée, de manière rigoureuse, où les besoins
seront, avec des critères justement de discrimination. C'est ce qu'on fait, ce
qu'on va faire.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : Jusqu'à
maintenant, là, je lui ai donné un paquet de fois l'occasion de se distancer
des propos de sa collègue. Il ne le fait pas, là. Puis nous, on a un adage :
Qui ne dit mot consent. Alors, moi, je ne comprends pas, là, les critères de
discrimination. Est-ce qu'il va... bientôt, il va aussi nous annoncer que la Capitaine-Nationale
mérite... Parce qu'il est quand même responsable de la Capitale-Nationale.
Est-ce qu'il va nous annoncer que la Capitale-Nationale mérite aussi un retour
d'ascenseur?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : La Capitale-Nationale,
M. le Président, encore là, il y a plusieurs partis, là, qui sont représentés
ici. Lors de la dernière campagne électorale, on est le seul parti qui a
démontré de l'ambition pour la Capitale-Nationale en déposant, effectivement,
une feuille de route avec des projets tangibles qu'on veut réaliser dans la Capitale-Nationale.
Donc, c'est ça, notre feuille de route, c'est ce qu'on va faire, puis c'est ce
qu'on va réaliser.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rizqy : Bien, écoutez, vu
qu'il m'envoie une question aussi... des fois, je me pose si on me tend la main
pour la question, là. Vous êtes sérieux en ce moment, quand vous me dites...
quand j'entends : On était le seul parti à avoir de l'ambition, à
déposer... Je le répète, le premier projet pour la Capitale-Nationale et pour
les gens Lévis que vous êtes allé sur toutes les tribunes parler, c'était le
troisième lien. Et, même si vous disiez... tous, à chaque fois : Pas
besoin d'études pour aller de l'avant. Et vous me dites qu'on va avoir des
critères sérieux pour aller de l'avant pour des projets d'infrastructures. J'ai
de la misère à vous suivre, là. Les critères de discrimination, est-ce que ça
va être les mêmes que pour le troisième lien, c'est-à-dire que vous allez,
vous, la journée, par vous-même, regarder l'état des lieux, un peu comme votre
collègue ministre l'Éducation quand il me parle des écoles vétustes? Il rentre
là puis il regarde puis il se demande si c'est vraiment des E ou si ça devrait
être peut-être un B ou un C.
Alors, moi, je veux juste savoir
aujourd'hui, ma question est très simple : Est-ce qu'il se distancie des
propos de sa collègue qui dit que, vu que le premier ministre n'a pas respecté
le premier engagement envers les gens de la Capitale-Nationale et de Lévis, mais
elle, dans son cas, elle prêche pour sa paroisse, qui est Lévis... elle dit :
On a droit à un retour d'ascenseur? Et là on pouvait même entendre Jonathan
Trudeau, sur les ondes de Cogeco, dire : Hé! on va bientôt... là, on...
Apparemment, on leur a dit, là, aux élus, là, qu'ils peuvent envoyer des
projets, là, des arénas, c'est le temps. Il me semble qu'on est en droit de
s'attendre à savoir comment que ça va être distribué.
Puis j'ai une autre question, là. Le
retour d'ascenseur, c'est-tu 1 million, 2 millions, 3 millions,
4 millions ou 5 milliards? Puis est-ce que, là-dedans, ils vont-tu
avoir un 40 % du fédéral ou pas dans l'équation?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : ...M. le
Président. Bien, écoutez, ça... ça fait trois fois que je réponds, puis je
réponds assez clairement à la question de ma collègue de Saint-Laurent. On
investit selon des critères déterminés. Quand on prend... En réalité, ce qu'on
va faire... Puis, dans les infrastructures sportives, bien, on l'a toujours
fait de cette manière-là, par des évaluations, qui fait en sorte qu'on priorise
les projets selon certains critères. Alors, on va continuer de faire ça. Alors,
si ce n'est pas la réponse qu'elle attend, bien, c'est... Pourtant, c'est clair
comme réponse. Donc, je réitère que les investissements se font d'une manière
où on a des critères, des priorisations ministérielles, et c'est ce qu'on
applique.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : Juste parce que, pour
être certains qu'on va vous garder, avec le calendrier on est le 25 avril,
pouvez-vous nous déposer les critères en date du 25 avril?
Le Président (M. Simard) : En
s'adressant à la présidence. M. le ministre.
M. Julien : Bien, alors,
encore là, si ma collègue fiscaliste, je crois, a pris le temps de lire le PQI,
il y a 150 milliards de projets dans le PQI, il y a des centaines de
projets, là, qui sont des projets qu'on qualifie de majeurs, en santé,
éducation, transports. Il y a des enveloppes. Juste dans le dernier, là, c'est
plus de 8 milliards en maintien d'actif pour des... pleins de petits
projets. Alors, elle voudrait avoir la liste de priorisation multicritères,
multisectorielle de tous les ministères qui sont dans le PQI? Bien non, bien
non. Donc, chacun des éléments, chacun des secteurs priorise selon ses propres
critères de maintien d'actif, de développement. L'école qu'on va bâtir, c'est à
cause qu'on voit que... on voit poindre, en réalité, des besoins supplémentaires.
Les centres de services les regardent. Selon différents critères, le centre de
services se retourne au ministère de l'Éducation, dit : Regardez qu'est-ce
qu'on obtient. Le ministère de l'Éducation arbitre les <priorités...
M. Julien :
...arbitre
les >priorités de bonification. Les centres de services arbitrent les
priorités, en fin de compte, de maintien d'actif. C'est ça, les critères, donc
c'est les critères qui sont multiples, dépendant de l'investissement qu'on
fait.
Le Président (M. Simard) : ...Mme
la députée.
Mme Rizqy : ...des priorités
auxquelles il faisait référence, les priorités gouvernementales, vous devez les
avoir, avec des critères. Vous avez dit : Nous, on regarde ça avec nos
critères, alors je vous prends au mot, quels sont vos critères? Parce que moi,
je veux être sûre qu'aujourd'hui on parle des mêmes critères et que... il n'y
en a pas, de retour d'ascenseur.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Mais je n'ai pas
parlé de priorités gouvernementales, j'ai parlé de priorités. Par exemple, si
on parle d'infrastructures sportives puis on dit : On va investir
1,5 milliard, est-ce qu'on dit que, dans les différentes régions du
Québec, c'est au bénéfice de la communauté, pour la santé des communautés, pour
pouvoir se réaliser? Mais là on vient de dire : Bien, voici l'enveloppe et
voici comment cette enveloppe-là va être distribuée, où le besoin est le plus
pressant. Alors, c'est ça, les critères qu'on se dote.
C'est sûr que, dans le discours inaugural,
on se donne les grandes priorités, comme gouvernement. On va venir dire : Nous
autres, on veut focaliser sur l'éducation, sur tel aspect, tel aspect. Mais,
après ça, sur l'application des investissements, on le fait de manière
rigoureuse.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Je n'ai pas besoin
de dire... M. le ministre, là, si vous êtes ministre, nécessairement, si vous
parlez de priorités, ce sont des priorités gouvernementales, c'est une suite
logique dans les choses, lorsqu'on parle au je, là. Donc, vous êtes ministre,
puis les priorités, elles doivent nécessairement être gouvernementales.
Et «focaliser», c'est un anglicisme, c'est
l'«emphase».
Et ensuite, pour terminer, je veux savoir
quelles sont votre liste de critères pour les priorités gouvernementales.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. M. le ministre.
M. Julien : Bien, écoutez, je
vais donner, M. le Président, la même réponse que tantôt. Je vais prendre
l'exemple, là... Il y a 22,2 milliards de prévus au PQI sur 10 ans
pour le ministère de l'Éducation. Dans cette somme-là, il y a
14 milliards, un peu plus de 14 milliards qui est pour le maintien
des actifs et la balance, en fin de compte, là, à peu près 35 %, qui est
pour de la bonification. La bonification, c'est de bâtir, en fin de compte, des
écoles primaires, des écoles secondaires, faire des rénovations majeures, des
ajouts de classes. C'est basé sur des priorisations qui sont quantifiées avec
la démographie.
Puis après ça le maintien d'actif, il est
basé, lui, sur des critères de qu'est-ce qu'on doit réaliser pour le maintien
des actifs, selon des évaluations.
Alors, notre gouvernement a certainement
une priorité de mettre des investissements nécessaires en éducation parce qu'on
est passés de 9 milliards à 22 milliards entre 2018, 2023. Mais après
ça, sur le choix spécifique, les ministères ont des critères de priorisation
pour investir ces sommes-là. Alors, c'est comme ça qu'on fonctionne.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le Président. Donc, je vous invite, le ministre, à de nous déposer les
priorités ainsi que les critères. Il dit qu'il y en a, des critères, mais il ne
veut pas les déposer. Donc, moi, M. le Président, il a beau répéter, mais il me
semble que c'est un petit peu inquiétant.
Puis on ne veut pas rejouer dans le même
film, là. On a... Est-ce que c'est vrai que vous avez vraiment dépensé
325 millions de dollars pour des études pour le troisième lien qui
n'a pas lieu, finalement, là? Parce que c'est quand même beaucoup,
325 millions de dollars, pour des études.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : M. le Président,
je n'ai... je n'ai pas du tout cette information-là.
Mme Rizqy : ...l'engagement
de la trouver, cette information-là?
M. Julien : Bien, on va voir,
en fin de compte, si elle est disponible.
Mme Rizqy : Bien, c'est vos
crédits, donc vous devez peut-être répondre?
Le Président (M. Simard) : Alors,
on s'adresse toujours à la présidence, s'il vous plaît. M. le ministre.
Mme Rizqy : J'aimerais avoir
le coût, qu'il dépose tous les coûts pour toutes les études, pour tout le... pour
tout le projet de troisième lien. Peu importe comment que vous allez l'appeler
maintenant, là, du tunnel pharaonique au troisième lien, à tramway, ou peu
importe comment ça va s'appeler maintenant, une nouvelle mouture, nous, on veut
s'attendre et on est en droit de s'attendre à savoir combien ont coûté toutes les
études.
M. Julien : ...je pense que
le bon endroit, ça va être aux crédits des transports, d'avoir ces
discussions-là.
Mme Rizqy : Non, c'est aux
infrastructures, le bon endroit.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rizqy : Bien, M. le
Président, on est à... c'est les infrastructures, donc il chapeaute tout ça,
là, donc ça doit passer aussi par lui, là. Il me semble que c'est ici, là, que
je dois m'adresser.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, sur ce, notre premier bloc d'échange s'arrête.
Nous poursuivons, et je laisse la parole à
notre collègue le député de Taschereau, qui dispose de 12 min 17 s.
• (10 h 50) •
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. D'abord, j'aimerais saluer les gens qui s'en vont — au
revoir — dans les gradins, saluer la présence aussi de notre jeune
stagiaire, Louis-Philippe Jasmin, qui est en a politique appliquée à l'Université
de Sherbrooke, qui va nous accompagner toute la journée. Donc, il a l'occasion
aujourd'hui d'être avec nous, puis de nous suivre, puis de suivre les
commissions. Merci, M. le Président. Salutations au ministre, aux collègues et
à tous les... tous les... tous les membres de votre personnel, là, qui vous
accompagnent aujourd'hui.
D'abord, j'aimerais... j'aimerais peut-être...
On a déjà eu cette discussion-là, mais je vous <repose...
M. Grandmont :
...mais
je vous >repose quand même la question pour que tout le monde sache,
parce que c'est un nouveau type de ministère qui a été créé. C'est quoi, la
mission, en fait, d'un ministre responsable des Infrastructures?
M. Julien : Alors, M. le
Président, je tiens à remercier mon collègue député de Taschereau parce que ça
va peut-être permettre à ma collègue de Saint-Laurent, là, de situer les rôles
et responsabilités de chacun.
Ce qu'on constate au Québec, c'est qu'on a
un PQI somme toute qui a beaucoup augmenté à travers les dernières années. On
est passés d'une centaine de milliards il y a cinq ans à
150 milliards aujourd'hui, et il y a des investissements majeurs qui se
font dans les différents secteurs : éducation, santé et transports.
Naturellement, ces trois volets-là, à eux seuls, c'est peut-être 80 %... un
peu plus de 80 % du PQI. C'est des sommes importantes. On voit qu'il y a
plusieurs chantiers dans ces trois domaines-là et le défi qu'on a devant nous,
puisqu'on doit justement réinvestir de manière massive en infrastructures suite
à 15 années de sous-investissement, c'est de s'assurer qu'on est
efficients dans ces investissements-là à tous égards.
Alors, on veut... Comme ministre
responsable des Infrastructures, oui, on gère la priorisation qui est inscrite
au PQI pour le 150 milliards, mais on travaille également avec la SQI, qui
est le bras opérationnel de tout ce qui est... des édifices, des ministères et
organismes. Et la SQI, également, chapeaute et accompagne tous les projets
majeurs. Ce qu'on veut faire, c'est d'améliorer l'efficience, c'est-à-dire
faire plus vite, faire moins cher et assurer l'accélération du maintien
d'actif. Et, pour ce faire, c'est comme un agent coordonnateur, une tour de
contrôle. Je finirai là-dessus pour ne pas prendre tout votre temps. C'est par
exemple : C'est quoi, les capacités de réalisation qu'on a dans les
différentes régions? Est-ce qu'on peut ordonnancer des travaux de manière plus
optimale en s'assurant, par exemple, que, quand on réfère tous les projets
transports, éducation, santé et autres, on s'assure justement de ne pas venir
faire un goulot spécifiquement dans une région, mieux les distribuer? Est-ce
qu'on peut voir des nouvelles façons, justement, de travailler également en
collaboration avec des entrepreneurs généraux, pour partager des fois nos
bonnes pratiques, pour diminuer les coûts, pour aller plus rapidement?
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : ...résumer, en
fait, là, vous jouez le rôle d'arbitre sur le PQI, sur le budget, vous
accompagnez le ministre des Finances, en fait, sur le... sur le... la
réalisation du budget aussi. Mais vous avez 150 milliards, vous jouez le
rôle d'arbitre sur l'ensemble des projets qui seront ou qui ne seront pas
priorisés à plus ou moins court terme sur les 10 prochaines années et sur
l'année à venir. Donc, on peut dire que vous êtes un ministre poids lourds
parce que les infrastructures, c'est quand même des gros, gros... c'est des
gros budgets. Vous êtes un poids lourd. Puis on ajouterait à ça que vous êtes
aussi ministre responsable de la Capitale-Nationale. Donc, vous avez aussi un
poids important dans la région?
M. Julien : ...Alors...
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Vous faites des
affirmations, je vais répondre plutôt. Je suis ministre responsable de la
Capitale-Nationale, je suis un gars de Québec, je suis... puis j'ai une volonté
claire, là, que la capitale se porte très bien. Pour ce qui est de l'arbitrage,
je vais le mettre en perspective. Ministre responsable, comme je vous dis, on
veut augmenter l'efficience puis relier les différents ministères qui font
beaucoup de réalisations, d'investissements. Puis après ça, sur l'arbitrage,
c'est beaucoup plus... En réalité, chacun des ministères dépose leurs besoins,
ont des critères de priorisation sur leurs besoins, et après ça on a... on a des
sommes qui sont limitées, et là on a des discussions ministère par ministère,
parce que les demandes sont plus grandes que la capacité. Alors, moi, à la fin,
c'est plate, mais je dois arrêter à 150 milliards. Et là, bien, on a des
discussions puis on regarde, en fin de compte, l'arbitrage sur la fine ligne à
la fin.
M. Grandmont : Parfait. Non,
je pense qu'on a dit sensiblement la même chose. Merci beaucoup.
Pour revenir sur le troisième lien, le
budget, c'est écrit fin 2022, normalement. Selon ma compréhension, on
n'écrit pas ça dans le mois de mars. Là-dedans... Donc, pour l'écriture d'un
budget, évidemment, on prend... on tient en compte l'ensemble des projets qui
vont devoir... qu'on va vouloir prioriser. Donc, j'imagine que vous deviez être
courant... fin 2022 que... en fait, je vous pose la question : Est-ce
que... Fin 2022, lors de l'écriture du budget, est-ce que vous étiez au
courant que la partie autoroutière du troisième allait être abandonnée?
M. Julien : Non.
M. Grandmont : Donc, vous
l'avez appris quand?
M. Julien : Lundi dernier.
M. Grandmont : Vous l'avez
appris lundi. Un ministre qui a un poids aussi important, qui porte la
responsabilité des arbitrages sur les infrastructures au Québec, qui conseille
directement le ministre des Finances, qui est responsable de la
Capitale-Nationale a appris lundi dernier que le troisième lien autoroutier
n'allait pas se réaliser?
M. Julien : M. le Président,
alors, le troisième lien est un <projet...
M. Julien :
...lien
est un >projet qui était au-dessus de 1 milliard, qui était
provisionné dans une méthode de provisions successives à l'intérieur d'une
enveloppe centrale, alors il y a certains montants qui ont été provisionnés.
Maintenant, lundi, on a des données sur lesquelles on se base pour prendre une
décision. Et c'est à la lumière de ces données-là qu'on a pris la décision, M.
le Président. Donc, si mon collègue de Taschereau me dit : Bien, vous
auriez dû le savoir avant, bien, il faut que tu aies l'information pour prendre
la décision, donc, non, je ne le savais pas avant.
M. Grandmont : Merci. Il y a
des... il y a des études, il y a plusieurs études qui ont été déposées. On
peut... on peut féliciter le gouvernement là-dessus. Enfin,
8 000 pages d'études qui ont été déposées sur le site du Réseau
express de la Capitale, c'est une bonne chose. Là-dedans, il y a des documents
qui montrent que... en fait, qui affirment que la question de l'achalandage
n'était pas une... une bonne... comment je dirais ça, un argument pour
abandonner la partie autoroutière du troisième lien. Si l'étude dit le
contraire, pourquoi c'est l'argument qui a été utilisé par la ministre des
Transports?
M. Julien : Encore là, il y
aura des crédits pour la ministre des Transports, parce qu'on a... on a chacun,
quand même, nos spécialités, là. Puis ici n'entendez pas, M. le Président, que
je ne fais pas miennes ses conclusions. Mais clairement je suis surpris de mon
collègue de Taschereau parce qu'en réalité c'est : «Damned if you do,
damned if you don't»... ou, en français, ça serait : Tu es damné si tu le
fais ou tu es damné si tu ne le fais pas. Mais, à la fin, on dit... on regarde
les données, on dit : Écoutez, à la lumière de ces données-là, maintenant,
de manière responsable et pragmatique, on ne considère plus, en fin de compte,
maintenant le lien autoroutier et on préconise un lien de transport en commun.
Alors, si mon collègue dit que ces données-là ne sont pas bonnes, bien, je lui
dirai de militer pour en... pour en faire part.
M. Grandmont : ...les
orientations par rapport à ce projet-là, je faisais juste souligner qu'il y
avait une contradiction très apparente, très évidente entre ce qui était dit et
ce que les études disaient.
Parlant des études, parmi les choses qu'on
trouve, puis j'ai trouvé ça vraiment intéressant, il y a une... un tableau, en
fait, qui a circulé dans lequel on voit bien que différents scénarios, un
bitume, un tube avec transport collectif et transport routier dans le même...
dans la même infrastructure, et aussi une option où on a juste le transport
collectif, un tunnel réservé au transport collectif. Tout ça est chiffré.
Évidemment, on... C'est bien marqué, là, il y a des... il y a des alertes
partout, là, dans le... dans le tableau qui disent, là, de faire attention,
c'est des estimations de coûts, mais, quand même, on est en... on est... donc
on a la réponse, on sait que le gouvernement a, dans ses... comme information
le coût estimé d'un projet de tunnel interrives qui comprendrait seulement du
transport collectif. Est-ce que le ministre peut nous dire à combien a été
évaluée l'estimation du coût du tunnel simplement en transport collectif?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Premièrement, je
n'ai pas ces informations-là, M. le Président. C'est parce que c'est le
ministère des Transports qui fait ces analyses-là. Et, deuxièmement, dans les
projets d'infrastructure majeurs, ou dans n'importe lequel projet
d'infrastructure, je ne sais pas pourquoi je dis «majeur», là, dans les projets
d'infrastructure avec des deniers publics, si on dévoile les évaluations de
coûts a priori de faire les démarches d'appel d'offres ou d'appel à la
concurrence, bien, je veux dire, c'est parce qu'on ne connaît pas ça. Quelqu'un
qui fait ça ne connaît pas ça. Alors, on le voit même, actuellement, avec le
projet de tramway. Donc, le ministère des Transports fait ses évaluations, il
doit les préserver de manière, justement, à faire en sorte que l'éventuel appel
à la concurrence ne soit pas faussé par des résultats préliminaires.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci. C'est
quand même surprenant considérant qu'il semble y avoir une espèce de deux poids,
deux mesures, finalement, entre ce qui se passe chez les partenaires
municipaux qui développent des projets de transport collectif, où les coûts
doivent être tout le temps ventilés, on demande énormément de transparence,
alors que, du côté du troisième lien, un projet mené par le gouvernement,
jamais moyen d'avoir l'information, jamais moyen d'avoir l'information quand
c'est des projets du ministère des Transports. On se cache toujours derrière la
compétition, puis les appels d'offres à venir, puis il ne faut pas dévoiler nos
coûts, mais, quand il s'agit du transport... du transport collectif pour les
municipalités, tout le temps hyperdifficile de demander autrement que d'avoir
la plus grande transparence. Respect d'un 3,3 milliards de dollars, on a
entendu je ne sais pas combien de temps.
• (11 heures) •
Je ne poserai pas de question là-dessus
parce que j'ai envie de vous amener sur la suite des choses. La ministre a fait
la bonne chose en disant que ce projet-là, la partie autoroutière allait être
abandonnée. Maintenant, pour ce qui est du transport routier, une composante...
11 h (version révisée)
M. Grandmont : ...pour ce qui
est du transport routier, une composante tunnel routier, on a entendu le ministre
de l'Éducation, responsable de la région de Chaudière-Appalaches, dire : Il
y aura un jour une infrastructure autoroutière. On a entendu la ministre des
Transports dire que, pour le moment, rien ne justifiait une autoroute sous le
fleuve Saint-Laurent.
Qu'est-ce qu'on attend? En fait, j'aimerais
savoir... En fait, est-ce que le ministre est d'accord sur le fait qu'on
devrait, à l'état actuel des choses, sachant ce qu'il sait des projets d'infrastructure
au Québec... on devrait mettre tout de suite une clé dans la porte d'une éventualité
d'un retour d'un projet autoroutier sous le fleuve Saint-Laurent et jeter cette
clé-là au fleuve? Est-ce que, dans le fond, il garde, lui, la porte toujours
ouverte à un projet autoroutier sous le fleuve ou s'il, comme la science nous
dit depuis toujours, met... met un couvercle sur la marmite, et il n'y aura pas
de projet autoroutier sous le fleuve, de sa perspective comme ministre
responsable de la Capitale-Nationale, mais aussi des infrastructures?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Oui, bien, M. le
Président, vous savez, la vie est longue, hein, et, probablement, si on était
retournés 20 ans en arrière, même 10 ans derrière, force est de
constater que de prévoir qu'au Québec on anticipait, d'ici 2030, à avoir 2 millions
de véhicules électriques... Moi, je me souviens, en 2013, lors d'une campagne
municipale, je faisais du porte-à-porte, j'étais tombé chez quelqu'un qui avait
une Leaf. Heille! Je trouvais ça extraordinaire. J'avais ouvert les portes, on
avait regardé ça, mais, tu sais, aujourd'hui, on est rendus ailleurs. Alors, ce
que me demande mon collègue, c'est... À la vie, à la mort, vous dites qu'on ne
fera pas quelque chose. On avisera. Les données actuelles nous disent que non.
Le Président (M. Simard) : Alors,
je cède maintenant la parole à la députée de Saint-Laurent, qui dispose à
nouveau de 18 min 22 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup. Moi,
juste pour être certaine, est-ce que vous avez lu les études, les 8 000 pages
auxquelles vous avez fait référence?
Le Président (M. Simard) : ...à
la présidence, s'il vous plaît, j'insiste à nouveau.
Mme Rizqy : Oui, d'accord.
Le Président (M. Simard) : M.
le...
M. Julien : Je n'ai pas lu
les 8 000 pages. M. le Président, on s'est fait présenter un sommaire
avec les données sommaires. Je pense qu'on a chacun nos ministères, chacun nos
responsabilités, et je ne demanderai pas non plus à mes collègues de lire les 8 000 pages
que j'ai pour préparer le PQI.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. Mme la députée.
Mme Rizqy : Est-ce que vous
avez été présenter le sommaire avant ou après la prise de décision de l'abandon
du projet? Le sommaire, est-ce qu'il vous a été présenté avant ou après l'abandon
du projet de troisième lien?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Le sommaire m'a
été présenté lundi dernier.
Mme Rizqy : Mais avant l'annonce
ou après l'annonce de l'abandon?
M. Julien : L'annonce a été
faite jeudi dernier.
Mme Rizqy : Mais, au Conseil
des ministres, ça a été présenté quand, ces études?
M. Julien : Le sommaire, en
fin de compte, des résultats des études ont été présentés au caucus, aux
ministères concernés puis au Conseil des ministres.
Mme Rizqy : Mais est-ce qu'à
ce moment-là la décision était prise ou n'était pas encore prise?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : La décision a été
prise jeudi dernier, et les députés et les ministres ont été informés avant la
décision.
Mme Rizqy : Oui, mais le
Conseil des ministres, c'est bien mercredi?
M. Julien : Ma réponse est
claire.
Mme Rizqy : Bien non, c'est...
respectueusement, là, moi, j'ai... Moi, je me sens une personne raisonnable
puis, habituellement, je suis capable de suivre les... quand on parle, là, puis
là j'ai de la misère à suivre, là, mais moi, je veux savoir, le sommaire,
lorsqu'il vous a été présenté, puis là vous me dites que la décision a été
prise jeudi, mais que ça vous a été présenté... Si je comprends bien ma
déduction, ça a été présenté au Conseil des ministres le mercredi parce qu'il n'y
avait pas eu de Conseil des ministres jeudi, là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien, puis on continue de s'adresser à la présidence. M. le ministre.
M. Julien : M. le Président,
je réitère que les ministres de la grande région ont été informés lundi
dernier, le caucus mardi matin, et les informations ont été données à l'ensemble
de la députation avant la décision officielle de jeudi.
Mme Rizqy : Puis la décision
officieuse, parce qu'officielle, c'est officieuse, donc je veux juste savoir...
Est-ce que vous a été mis, au fond, sur le fait accompli malgré le sommaire?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Je ne comprends
pas, M. le Président, la nature de la question.
Mme Rizqy : Avez-vous eu
votre mot à dire? Il y a eu des études. Moi, je comprends que les études, vous
les avez eues avant jeudi, puis qu'il y a eu un Conseil des ministres mercredi.
Avez-vous eu votre mot à dire où la décision a été prise, qu'elle soit
officielle ou officieuse?
Le Président (M. Simard) : Oui,M. le ministre.
M. Julien : Alors, les
sommaires appuyant la décision ont été présentés lundi, mardi, avant la
décision de jeudi.
Mme Rizqy : La décision,
est-ce que vous...
Le Président (M. Simard) : Non,
mais à vous la <parole, madame...
Le Président (M. Simard) :
...à
vous la >parole, madame.
Mme Rizqy : Tantôt, vous avez
dit, là, qu'un de vos rôles à titre de poids lourd, là, c'était de faire des
arbitrages. Est-ce que vous avez eu un mot à dire ou pas du tout?
Le Président (M. Simard) : Alors...
Mme Rizqy : En fait, qui a
pris la décision?
M. Julien : ...je n'ai jamais
parlé de poids lourd. Je n'ai jamais dit ça. À partir du moment, en réalité, où
les données qui permettent de prendre une décision sont divulguées a priori, en
fin de compte, de l'annonce, c'est ce qui est arrivé.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Si je continue,
pour être certaine de bien comprendre, il a été mis sous le fait accompli que,
finalement, le fameux trio qui nous a été présenté en octobre 2022, là, le
trio, il n'est plus membre du trio, là. Rappelez-vous, là, le trio ministériel,
M. le député de Lévis, la députée de Louis-Hébert, qui est aussi la
vice-première ministre du Québec et ministre responsable des Transports, et le
député, qui est le ministre qui est mon vis-à-vis, le député de Charlesbourg...
Il y a un trio, là. Moi, ce que je comprends, c'est que le trio au complet,
responsable du projet qui a été présenté à la population, il y a un membre du
trio qui n'était pas au courant de la décision, là. Alors, est-ce qu'il gère
les arbitrages pour les infrastructures ou il ne les gère pas?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : Là, on mélange...
on mélange les choses, M. le Président, mais permettez-moi, là... Il y a une
présentation qui est faite sur des données, déplacements, origines, destinations,
qui montrent, en réalité, que les déplacements, au cours des dernières années,
sont moins longs. Quand on regarde ces éléments-là, le MTQ et ma collègue
disent : Voici le constat, et on convient que le lien autoroutier n'est
plus nécessaire aujourd'hui momentanément. Alors, à moins que ma collègue dise
qu'il est nécessaire, mais c'est sur la base de ces données-là...
Maintenant, mon rôle comme... au niveau,
en fin de compte, du Plan québécois des infrastructures, c'est avec les
différents besoins d'arbitrer les sommes avec des priorisations que chacun des
ministères nous fournit. Naturellement, on a un projet de troisième lien,
maintenant qui est en transport en commun, qui est de plus de 1 milliard
estimé. Donc, on provisionne des sommes à l'intérieur d'une enveloppe centrale
justement pour éviter qu'on puisse divulguer l'estimation des coûts. Alors,
c'est deux choses totalement opposées.
Le Président (M. Simard) : Très
bien, merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : ...supersimple. Je
voulais juste savoir : Est-ce que, oui ou non, il a eu son mot à dire pour
la prise de décision? Il n'est pas capable de me répondre. Donc, je comprends
qu'il n'a plus de mot à dire dans cette prise de décision. Est-ce que,
maintenant, il peut nous dire qui a pris la décision?
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. M. le ministre.
M. Julien : Écoutez, à partir
du moment où est-ce qu'on nous présente des données, puis qu'on a des
discussions, puis que la décision est prise a posteriori, bien, c'est comme ça
qu'on fonctionne, en fin de compte, dans notre parti politique.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. Mme la députée.
Mme Rizqy : La façon de
fonctionner, c'est de ne pas dire qui prend la décision?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Bien, c'est une
décision gouvernementale, M. le Président. C'est la décision de notre
gouvernement, oui, oui.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Oui, c'est un petit
peu surréaliste, parce que j'ai un membre du Conseil des ministres qui ne peut
pas me dire si, oui ou non, il a eu son mot à dire dans une décision sur un
projet névralgique à la Capitale-Nationale et Lévis—Chaudière-Appalaches. Au
fond, il ne veut pas me dire si, oui ou non, il a eu son mot à dire. Je dois
faire des déductions, là, mais je pense que les Québécois sont en droit de
s'attendre à savoir c'est qui qui a pris la décision, mais, regardez, je vais
passer, je vais aller sur un autre sujet, là.
Maintenant, je vais vous parler de
Saint-Laurent. Moi, je veux comprendre une chose. Il y a eu, en 2020, un projet
de loi n° 61 qui a été abandonné pour être revu et corrigé sur le projet
de loi n° 66. Le projet de loi 66, là-dedans, on se rappelle... M. le
Président, on va remettre les choses en contexte, là. Le gouvernement de
l'époque, le même gouvernement actuel, disait sur toutes les tribunes que
c'était important pour la relance économique, le projet de loi n° 66, et
qu'on devait prioriser certaines infrastructures.
• (11 h 10) •
Dans les priorités du projet de loi
n° 66, qui a été sanctionné le 11 décembre 2020, il y avait des
écoles, une à L'Île-des-Soeurs, c'était la troisième école, qui est attendue
depuis maintenant plus de quatre ans, il y a l'école primaire d'Outremont, il y
a l'école primaire à l'île Sainte-Geneviève, mais il y a deux écoles dans mon
arrondissement, Saint-Laurent. Moi, je veux savoir pourquoi les deux écoles à
Saint-Laurent sont mises sur pause, alors qu'elles sont nécessaires, et qu'à
Saint-Laurent le poids démographique a dépassé la barre de
100 000 habitants, et que <toutes les projections démontrent
qu'on continue de grandir...
Mme Rizqy :
...habitants,
et que >toutes les projections démontrent qu'on continue de grandir, et
que nous n'avons aucun problème de mise en chantier. Nous, les logements, ils
lèvent de terre. Alors, je veux savoir pourquoi qu'il n'y a pas de... Je ne
sais pas, est-ce qu'il y a un problème d'ascenseurs à Saint-Laurent?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : M. le Président,
tu sais, je le réitère, parce que, quand même, on ne va pas évacuer le début de
son affirmation, alors on a eu les données qui ont été présentées avant la
décision, et on y a participé, et la décision qui est prise, c'est une décision
gouvernementale, que je fais mienne. Maintenant, spécifiquement pour les
questions, là, des écoles mentionnées, je n'ai pas le détail de cette
information-là. Si vous permettez, chère collègue, est-ce que... est-ce que
vous pouvez préciser quelles écoles exactement puis...
Mme Rizqy : ...vous le
déposer. Donc, l'école mise sur pause à Saint-Laurent, l'école qu'on appelle,
entre nous, Jules-Poitras, et l'autre, Marcel-Laurin.
M. Julien : Alors, c'est des
écoles primaires. Alors, c'est directement les centres de services, parce que
c'est des écoles à enveloppes inférieures, en réalité, que des projets majeurs.
Habituellement, c'est des écoles secondaires. Donc, les questions, c'est dans
les centres de services.
Mme Rizqy : Vous avez fait une
loi. La loi s'appelle 66. Elle a été adoptée et sanctionnée. Cette loi-là, vous
mettez des projets prioritaires. Les deux écoles de Saint-Laurent, notamment,
sont prioritaires, l'école de Mont-Royal—Outremont est
prioritaire, l'école de L'Île-des-Sœurs est prioritaire et l'école
Sainte-Geneviève est prioritaire. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi ce sont
seulement des écoles libérales, dans des comtés libéral, qui sont mises sur
pause?
Le Président (M. Simard) : ...très
bien. Je vous réitère toute l'importance de s'adresser à la présidence, comme
le veulent nos règlements. M. le ministre.
M. Julien : Naturellement, on
a adopté, là, une loi pour l'accélération de certains projets d'infrastructure
avec... avec plusieurs dizaines de projets, là, de mémoire, 180 projets, qui
visait justement à permettre à certains projets d'être accélérés. Là-dessus, il
y en a plus d'une cinquantaine, là, qui ont effectivement bénéficié de
mesures... de mesures d'accélération pour favoriser leur réalisation.
Maintenant, spécifiquement pour les deux projets, je crois que mes collègues de
la SQI ont certaines informations. Si vous permettez, ils vont vous les donner.
Mme Rizqy : ...
M. Julien : Non?
Mme Rizqy : J'ai d'autres
questions.
Le Président (M. Simard) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Mme Rizqy : Je veux avoir des
réponses.
Le Président (M. Simard) : Je
constate qu'il n'y a pas de consentement.
Mme Rizqy : Parce que je
trouve ça hautement problématique.
Le Président (M. Simard) : Alors,
Mme la députée, à vous la parole, chère collègue.
Mme Rizqy : Moi, là, je fais
de la politique. Je me lève, en éducation, pour plein d'enfants du Québec,
mais, quand je me lève pour Saint-Laurent, faites-moi confiance que je ne me
lève pas à moitié pour Saint-Laurent.
Alors, moi, le projet de loi n° 66, c'est
un gouvernement qui a été déposer... où est-ce qu'on nous a dit : Il était
essentiel, voire vital de l'adopter pour lancer 180 projets. Une fois que le
projet loi est sanctionné, la personne qui est redevable, c'est le ministre des
Infrastructures. Là-dessus, là, moi, en date du... de septembre 2022, là, j'ai
à peine 7 % des projets qui sont réalisés. Ça, c'est une chose, des
projets réalisés, mais ce qui est inacceptable, c'est de mettre sur pause des
écoles qui sont attendues, et j'ai même... J'ai même les plans architecturaux.
On a présenté l'école. J'ai plus de 100 000 habitants. On est passés, année
après année, là, de 80 000, 90 000, 95 000... et on s'attend à avoir plus
de 20 000... C'est ça, notre réalité.
Alors, moi, je veux savoir, là,
pourquoi... Qu'est-ce qui se passe pour mes écoles de Saint-Laurent? On a deux
écoles qui sont promises, puis une de deux... une de ces deux écoles, c'est un
des quartiers où est-ce qu'il y a le plus haut taux de densité de population
dans tout le Québec.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : Bien,
certainement, M. le Président, mais, naturellement, ma collègue pose des
questions, mais elle ne veut pas, en réalité, qu'on donne du détail par rapport
aux éléments.
Mme Rizqy : ...là.
Le Président (M. Simard) : C'est
ça. Alors, s'il vous plaît, nos échanges vont bien. M. le ministre, je vous
prie de poursuivre.
M. Julien : ...de nommées, il
y en a seulement deux qui sont dans la LACPI, là, dans la loi d'accélération.
Naturellement, il y a des enjeux très spécifiques, là, que le centre de
services... auxquels fait face... disponibilité de terrains, etc. Donc,
naturellement, on peut faire un amalgame en disant : Bien, voici... mais,
si on les prend un à un... Les écoles primaires, naturellement, c'est les
centres de services. Les écoles secondaires, oui, la SQI les suit, certains
sont à l'intérieur de LACPI, puis il y a des fiches de projets où le ministère
de l'Éducation a des motifs pour faire en sorte que ça va plus ou moins vite.
Le Président (M. Simard) :
Chère collègue.
Mme Rizqy : Je parle de deux
écoles de Saint-Laurent. Non seulement les terrains, on les a, on a les plans <architecturaux.
Tout était attaché
Mme Rizqy :
...on a
les plans >architecturaux. Tout était attaché. Là, elles sont mises sur pause,
puis je veux savoir pourquoi. Ne me donnez pas d'excuse de terrains. On les a.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. M. le ministre.
M. Julien : Il faudrait
vraiment que ma collègue précise de quelles deux écoles parle-t-elle, avec
leurs noms, des écoles primaires, des écoles secondaires, parce que, pour
l'instant, elle nomme des choses qui sont imprécises.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. Mme la députée.
Mme Rizqy : Alors, je ne sais
pas comment le nommer pour que le ministre l'entende correctement, c'est
l'école qu'on appelle Jules-Poitras parce qu'elle est sur le boulevard
Jules-Poitras, et l'école Marcel-Laurin sur le boulevard Marcel-Laurin, et,
dans la loi n° 66, il y en a une dans presque... C'est
l'école n° 110, et l'autre, c'est l'école n° 108 du projet de loi n° 66.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Oui, bien, on va...
Tu sais, il y a des centaines de projets d'écoles, M. le Président. Donc, on me
demande, en fin de compte, spécifiquement les deux qui l'intéressent
momentanément, mais il faut qu'elle me permette d'aller voir, là, la
ligne 108, la ligne 110, les motifs. Ces motifs-là, en fin de compte,
ça va me faire plaisir de les divulguer.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : M. le Président,
la question a été...
M. Julien : C'est deux écoles
primaires qu'on me dit.
Mme Rizqy : Oui, depuis
tantôt, je l'ai dit, ce sont deux écoles primaires, Jules-Poitras,
Marcel-Laurin, et la question était posée même dans les cahiers de crédits.
Donc, moi je m'attends que, si je pose une question dans les cahiers de
crédits, bien, que la réponse, elle soit disponible au moment où est-ce que
j'ai un échange avec mon interlocuteur, alors, et il n'y a pas, ici, d'amalgame.
Je parle de mes... de deux écoles à Saint-Laurent, et on en a besoin. Et, si un
gouvernement fait adopter une loi n° 66 et il dit à
l'ensemble de la population : Ce sont des projets prioritaires... Je ne
lui parle pas des 180 projets d'écoles partout au Québec. Je lui parle de
celles qui sont mises dans une loi qui a été adoptée pour dire qu'on va les
accélérer. Donc, c'est tellement urgent de faire ces écoles-là qu'on les
priorise sur toutes les autres écoles du Québec. Alors, moi, je veux savoir
est-ce qu'il y a un problème parce qu'elles sont dans mon comté.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : On avance, M. le
Président, puis on précise les choses, c'est deux écoles primaires. Alors,
après ça, il faut parler aux gens qui sont responsables de chacun des dossiers.
Alors, la SQI, qui travaille avec moi, c'est sur les projets majeurs,
50 millions et plus. Les écoles primaires sont en dessous de cette
barre-là. C'est le ministère de l'Éducation, avec les centres de services...
qui sont responsables de la réalisation... de la planification et de la
réalisation de ces écoles-là. Alors, ma collègue, si elle veut obtenir réponse
spécifiquement à des écoles primaires chez elle, doit questionner le
responsable, le ministre de l'Éducation, centres de services, et ils vont leur
donner toutes les informations nécessaires. Alors, je ne peux pas donner de
l'information que je ne possède pas et dont je ne suis pas responsable.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Parce que le
ministre est d'accord que, lorsqu'on adopte la loi n° 66,
déposée par le ministre, le président du Conseil du trésor de l'époque, c'est
lui, par la suite, qui a la responsabilité de veiller au grain et de s'assurer
de ne pas l'échapper sur les projets de loi qui ont été mis... pardon, sur les
projets qui ont été mis dans cette loi-là, 66. Et, je rappelle aussi une chose,
ne me dites pas qu'il y a des sous-catégories. Une fois qu'un projet est
inscrit dans la loi n° 66, c'est que c'est vous qui
dites à la population : On les priorise. Donc, c'est vous qui les mettez
sous votre responsabilité.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : ...d'être en
désaccord, M. le Président, avec ma collègue. Alors, le projet de loi LACPI,
là, qui visait... qui vise toujours à accélérer des projets, c'est
180 projets de pleine nature, où on vient donner, en fin de compte, des
possibilités d'accélération à l'intérieur du processus. Alors, c'est
réglementaire, c'est des étapes, puis on dit : Vous avez cette
possibilité-là, mais je ne commencerai pas à aller voir tous les projets des
différents secteurs qui s'y classent sur différentes mesures pour dire : Les
avez-vous utilisés? C'est des possibilités qu'on offre en termes d'efficience,
et, après ça, les responsables de la réalisation ont cette possibilité-là pour
embarquer justement dans la réalisation. Donc, il ne faut pas mêler les choses.
• (11 h 20) •
Mme Rizqy : ...mais j'ai
devant moi un ministre responsable des Infrastructures, et que, oui, son rôle,
c'est de s'assurer que, lorsqu'on met de l'argent dans le PQI, qu'on sort des
projets de certains ministères et qu'on les met dans une loi n° 66
parce qu'on veut accélérer la mise en œuvre de ces chantiers, bien,
qu'effectivement c'est à lui de veiller au grain, puis de s'assurer qu'on n'en
échappe pas plus, puis que les écoles lèvent de terre, parce que moi, en ce
moment, je ne suis pas plus avancée.
Et là, grosso modo, si je résume mes deux
blocs, là, on n'est pas responsables d'un projet qui est de plusieurs milliards
ici, pour le troisième lien, puis on n'est pas responsable des écoles, même si
tout ça a été adopté et sanctionné dans la loi n° 66.
Alors, moi, je me pose, en ce <moment, des questions...
Mme Rizqy :
...moi,
je me pose,
en ce >moment, des questions, là. Au ministère des Infrastructures,
on est responsables, à ce moment-ci, de quoi exactement? Parce que vous me
dites, en d'autres mots, que, sur les 180 projets, là... Là-dedans, est-ce
qu'il y a un auquel vous êtes responsable? Est-ce qu'il y a un là-dedans que
vous allez faire des suivis? Parce que, si on est à seulement 7 % de
réalisation, vous conviendrez avec moi, là, la moyenne au bâton n'est pas très
forte pour un projet de loi qui était supposément ultra important.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Nous poursuivons nos échanges. Je cède maintenant la parole au député de
Rousseau, qui dispose de 9 min 45 s.
M. Thouin : Merci, M. le
Président. Tout d'abord, vous voulez compléter la réponse, là, M. le ministre?
M. Julien : Bien oui,
certainement, parce que, tu sais, c'est toujours plate d'avoir une question
sans avoir le temps de répondre. Merci, cher collègue, de m'y permettre.
Alors, il y a une loi qui vise à accélérer
en mettant en place des mécanismes d'accélération de projets de toute nature,
M. le Président. Alors, je ne commencerai pas, après ça, à venir m'immiscer
dans des travaux routiers, dans des travaux d'infrastructures routières, dans des
travaux par rapport à des édifices de santé, d'éducation, mais ce que je vais
m'assurer, par exemple, c'est que ce qu'on a prévu à l'intérieur de ladite loi
comme allègement, si elle est utilisée, elle est utilisée de manière adéquate.
Alors, oui, on met de l'allègement pour accélérer des projets, et, si on
utilise ces allègements-là, on doit le faire conformément à la loi, mais,
malheureusement ou heureusement, ça serait intenable, je ne suis pas responsable,
comme ministre responsable des Infrastructures, de la réalisation de toutes les
infrastructures au Québec.
Le Président (M. Simard) : Député
de Rousseau.
M. Thouin : Merci, M. le
Président. Donc, d'abord, peut-être au bénéfice de ces milliers de Québécois,
probablement, qui nous écoutent actuellement à la maison, bien, je pense qu'ils
ont le goût d'entendre parler d'éducation, d'éducation supérieure, de logement
abordable, de santé et services sociaux. Vous savez, le ministre des Infrastructures,
M. le Président, ce n'est pas le ministre d'un seul projet. C'est le ministre
responsable de plusieurs centaines de projets. Le Québec est grand, et j'ai
envie qu'on parle du PQI dans son ensemble.
Donc, en mars 2023, le gouvernement a déposé
le PQI 2023-2033, présentant des investissements de 150 milliards sur
10 ans. Il faut se rappeler que le PQI 2023-2033 s'établit à
7,5 milliards de plus par rapport à l'année précédente et à
49,6 milliards de plus depuis notre arrivée en poste en 2018. C'est
énorme, passer de 100 milliards à 150 milliards. Donc, évidemment, ma
réponse... ma question pour le ministre, c'est quoi, les priorités
d'investissement du gouvernement dans ce PQI là si important?
M. Julien : Oui, merci
pour la question. Puis on va parler, en fin de compte, M. le Président, du PQI
proprement dit, là. On a entamé un peu notre discussion, là, déjà, mais c'est
bien qu'on y arrive.
150 milliards, M. le Président, comme
mentionnait mon collègue, on est passés de 142,5 à 150 milliards, mais on
est surtout passés d'une centaine de milliards à 150 milliards, sur
2018-2023, en PQI, parce qu'on est obligés de le faire, M. le Président, si on
veut être responsables dans les investissements en infrastructures. Le
gouvernement précédent... puis, à titre d'exemple, en éducation, le PQI, là,
2018, c'était 9 milliards sur 10 ans. 9 milliards sur
10 ans. Aujourd'hui, on se surprend qu'on a des bâtiments avec des niveaux
de désuétude élevés. On est passés de 9 milliards, M. le Président, à
22,2 milliards d'investissements prévus à l'intérieur du réseau de
l'éducation, 9 à 22,2. Sur le 22,2, il y a 14 milliards... plus de
14 milliards qui sont pour le maintien d'actifs justement pour rattraper,
rattraper les sous-investissements, qui a fait en sorte que certains bâtiments
du réseau sont en déficience d'entretien.
Alors, oui, on agit de manière
responsable. Et, quand on regarde, là, en santé, sur la période 2023-2033,
c'est 24,1 milliards qu'on va investir, en éducation, 22,2 milliards,
en enseignement supérieur, 7,7 milliards, mais, quand on regarde
l'ensemble des enveloppes qu'on a décidé, comme gouvernement, d'investir en
infrastructures... parce qu'on a une responsabilité. On a une responsabilité de
doter le Québec d'infrastructures modernes, efficaces, et on doit y mettre les
sommes requises, ce qui n'a malheureusement pas été fait pendant plusieurs
années. Certains diront qu'on n'a pas rétabli tout, mais on met les bouchées
doubles, les bouchées triples, même, en éducation, pour y arriver, et on compte
bien y arriver.
M. Thouin : C'est
toujours ça. Merci. Peut-être, M. le Président, j'aimerais ça <entendre
aussi parler de...
M. Thouin :
...peut-être,
M. le Président, j'aimerais ça >entendre aussi parler de logements
abordables. On sait que c'est préoccupant, là, pour les Québécois. Parlez-nous
un petit peu de ce qui est prévu dans le PQI, dans le prochain... dans le
nouveau PQI, en fait, s'il vous plaît.
M. Julien : On a investi des
sommes, encore là, majeures, de mémoire, 650 millions en logement
abordable, et également, avec ma collègue responsable de l'Habitation, on a
plusieurs programmes, avec les Finances également, pour compléter l'AccèsLogis.
L'enjeu qu'on a devant nous, M. le Président, c'est... On met beaucoup de
sommes, mais on doit trouver les moyens, avec les partenaires, d'augmenter
l'efficience de livraison des logements abordables et des logements sociaux, parce
que, oui, on doit injecter de l'argent, mais on doit travailler en partenariat,
puis on a des concepts, avec Desjardins, avec la FTQ, pour être en mesure d'en
faire le plus possible avec les sommes qu'on investit.
La création, en fin de compte, d'un
ministre responsable des Infrastructures vise ça également. C'est-à-dire qu'en
temps de surchauffe, puis on voit qu'il y a une surchauffe dans les
infrastructures, si on veut bien arbitrer tout ce qui se fait en infrastructures
pour être en mesure d'obtenir le coût le plus bas dans nos investissements, il
faut connaître ce que chacun des secteurs fait dans différentes régions.
À titre d'exemple, si je m'en vais dans
une région, un, où je veux bâtir trois écoles, en même temps que je bâtis un
hôpital, puis je veux faire 500 logements sociaux, plus trois autoroutes,
la région va être submergée, en fin de compte, de projets, l'offre ne sera pas
à la mesure et les coûts vont gonfler. Donc, on doit être en mesure d'arbitrer
et de séquencer nos investissements pour obtenir le plus, pour les
investissements qu'on va faire, d'effet, le plus d'efficience.
Donc, au total, là, c'est un montant de
1 004 000 000 $ qui vont être investis en logements sociaux
et communautaires. On parle de 5 290 unités. Donc, oui, on est à la
tâche, oui, on en fait plus que jamais, puis, oui, les défis sont grands, puis
je vais supporter ma collègue responsable de l'Habitation dans le défi.
M. Thouin : Merci, M. le
ministre. Je peux continuer, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Mallette) : Oui,
encore un peu moins de trois minutes.
M. Thouin : Merci, merci,
c'est gentil. Peut-être aussi... Donc, je comprends qu'évidemment il y a
plusieurs... Je comprends que le rôle du ministère... du ministre responsable
des Infrastructures, ça va être un rôle de tour de contrôle pour s'assurer que
tous les travaux sont faits de façon la plus efficiente possible. Je vais y revenir
dans mon prochain bloc pour parler un petit peu plus, là, d'efficience et de
comment bien ou comment mieux faire les choses pour l'avenir, mais on en a
parlé un petit peu d'écoles tantôt. Je reviendrais un peu sur les écoles. Quand
la CAQ est arrivée au pouvoir en 2018, Mme la Présidente, on avait un grand
rattrapage à faire au niveau des écoles au Québec. On le sait tous. Mme la
Présidente, savez-vous combien il y avait d'écoles secondaires qui étaient
inscrites au PQI du Parti libéral quand on est arrivés? Aucune, Mme la
Présidente, aucune. Or, au cours des dernières années, le Québec a connu une
augmentation importante de sa clientèle scolaire partout sur le territoire.
Face à l'accroissement des besoins de
places-élèves dans les écoles secondaires de plusieurs régions du Québec d'ici
2025, le ministère de l'Éducation a déposé un mémoire au printemps 2019
pour la construction de 15 écoles secondaires. Ces projets ont été
regroupés dans un programme, et c'est la SQI qui a été identifiée comme gestionnaire
du projet. Évidemment, ces écoles veulent offrir... visent à offrir un
environnement sain, sécuritaire, stimulant, adapté aux besoins des étudiants,
proposent des lieux de collaboration propices à la socialisation, aux échanges,
aux espaces pédagogiques flexibles, évolutifs, puis des espaces où la
végétation est mise en valeur. Il y a une signature architecturale particulière
qui est prévue, et on va s'assurer d'intégrer des matériaux québécois comme le
bois, l'aluminium, etc., mais ma question pour le ministre des Infrastructures,
c'est au niveau de la façon de faire, et peut-être aussi pour la SQI, là. C'est
quoi, l'avantage d'avoir un programme pour la réalisation de plusieurs
bâtiments?
• (11 h 30) •
M. Julien : ...c'est sûr que
le regroupement, là, de plusieurs projets dans un seul programme, là, permet
justement une meilleure coordination à tous les niveaux, la conception... au
niveau des... conception des plans et devis, la discussion avec les parties
prenantes, la construction elle-même, la réalisation, qui permet justement de
bénéficier d'une manière plus maximale... je dirais, d'optimiser la capacité de
réalisation puis d'avoir un mode de réalisation justement où on a un programme
qui regroupe plusieurs infrastructures, où il y a un apprentissage. C'est comme
une économie d'échelle qui permet d'être plus efficient dans la réalisation.
Donc, c'est cette approche-là qu'on doit
prôner. Elle ne s'applique pas dans tous les projets, mais, dans certains
projets similaires, qui peuvent être complémentaires, on doit justement essayer,
autant que faire se peut, de bâtir sur des programmes comme ça qui vont amener
plus d'efficience dans la réalisation. Je le dis toujours, là, si je suis
capable...
11 h 30 (version révisée)
M. Julien : ...plus efficience
dans la réalisation. Je le dis toujours, là, si je suis capable d'en faire plus
avec 1 $, c'est ce que je dois chercher, augmenter l'efficience. On a 150 milliards
devant nous, si j'augmente l'efficience de 10 %, bien, je fais 10 %
plus de projets.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à la députée de
Saint-Laurent qui dispose d'un peu plus de 18 minutes.
Mme Rizqy : Bien, merci
beaucoup, M. le Président. Récemment, le premier ministre a confié un nouveau
mandat au ministre responsable des Infrastructures, le mandat est le suivant :
d'évaluer exactement ce que ça veut dire, les fameuses cotes pour les écoles,
de revoir la façon de mesurer la vétusté des écoles. Pouvez-vous nous parler de
votre nouveau mandat?
M. Julien : Avec plaisir. Ça
va prendre un peu de temps. Vous verrez jusqu'où vous me laisserez aller.
Le Président (M. Simard) :
C'est terminé.
M. Julien : C'est terminé?
Alors, on a développé un mandat, là, sur quatre éléments principaux. Je vais
les nommer, puis, après ça, on verra si vous voulez aller plus loin dans... On
a le premier volet, qui est... qui est réalisé par la SQI, là, qui vise, justement,
à faire un audit sur la conformité de l'application des processus d'inspection,
qui est uniformisé à l'intérieur des infrastructures scolaires, qui,
actuellement, est appliqué par les centres de services scolaires. Alors, on a
un échantillon. Ils sont déjà sur le terrain pour aller voir à l'aveugle, c'est-à-dire,
ce n'est pas par-dessus l'épaule, c'est à l'aveugle, des évaluations
indépendantes pour venir voir est-ce que le résultat qu'on obtient actuellement
est bien celui, en fin de compte, qu'on obtient sur une deuxième évaluation.
Puis, à la lumière de ça, on verra s'il y a des distorsions. On ne le souhaite
pas.
Le deuxième volet, c'est réviser, là, la
méthodologie qui est sous-jacente à l'évaluation de l'indice d'état des
infrastructures pour les écoles d'ici l'automne 2023. Encore là, M. le
Président, on a un guide, on a des cotes a, b, c, d, e. Si le guide est
bien appliqué, on obtient effectivement des catégorisations d'immeubles, a, b,
c, d, e. Nous, ce qu'on veut faire, ce n'est pas de mettre en doute cet a, b,
c, d, e là, mais on veut trouver... s'assurer que les investissements qui sont
faits à l'intérieur du PQI, pour le maintien des actifs, vont sur les éléments
les plus pertinents et les plus utiles. À titre d'exemple, pour coter une
école, si on dit : Le stationnement est à refaire, puis il vaut 5 millions,
5 millions du stationnement sur la valeur de remplacement qui est de 100 millions,
j'ai 5 % de désuétude.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Julien : On ne pense pas
que le stationnement est pertinent.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy : Merci. Juste pour
être certaine, là, vous, présentement, est-ce que vous connaissez le cadre qui
existe, là? Est-ce que vous en avez pris connaissance?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : Bien, j'ai pris
assez connaissance du cadre qui existe.
Mme Rizqy : OK. Donc, vous
êtes au courant, déjà, que la procédure est déjà uniformisée, standardisée.
Est-ce que vous êtes au courant que c'est le gouvernement qui a créé un cadre
de gestion qui a donné naissance à un guide, et ce guide-là a été approuvé par
le ministère, et ça s'appelle le processus d'inspection uniformisée, et que, je
regarde la date, la plus récente version, c'est de 2022? Donc, vous êtes au
courant, présentement, comment sont établies les cotes actuellement, là.
M. Julien : M. le Président, non
seulement je suis au courant, mais je suis un ancien, moi, je suis un ancien de
la SQI. Je connais bien ces concepts-là. Et on ne dit pas que le guide et le
guide d'application ne sont pas adéquats. Actuellement, ils sont appliqués par
72 centres de services distincts. On veut s'assurer que l'application qui
en est faite est conforme à ce qui est prescrit. Alors, il me semble, c'est
clair, c'est le premier volet de notre mandat.
Mme Rizqy : Où, ça, dans le
processus d'inspection uniformisée, on parle que la cote, si, par exemple, le
stationnement vaut 5 millions sur un projet de 100 millions, ça donne
5 %? Parce ce que je l'ai devant moi, mais je ne le trouve pas. Je n'ai
pas vu ça, moi.
M. Julien : Alors, le calcul,
puis après ça, si vous avez besoin encore d'aller plus loin, mais le calcul est
assez simple, hein? C'est... Au numérateur, on doit inscrire tous les
investissements qui sont prévus dans les cinq prochaines années. Et, au
dénominateur, on doit considérer la valeur de remplacement du bâtiment, du
bâtiment. Donc, j'ai une école, valeur de remplacement, je dis un chiffre rond
pour qu'on puisse voir ensemble, valeur de remplacement 100 millions, c'est-à-dire
qu'est-ce qu'il nous en coûterait, refaire l'école, et, au numérateur, en
réalité, on évalue tous les éléments qui doivent, d'ici les cinq prochaines
années, être investis dans le maintien du parc, dont le stationnement. Et, par
exemple, alors si on regarde tout ce qu'il y a à faire, salle mécanique, salle
électrique, toiture, stationnement, filage, <puis, si on regarde...
M. Julien :
...les
cinq prochaines années, être investi dans le maintien du parc, dont le
stationnement. Et, par exemple, alors si on regarde tout ce qu'il y a à faire,
salle mécanique, salle électrique, toiture, stationnement, filage, >puis,
si on regarde dans les cinq prochaines années, selon l'évaluation du guide, ça
donne 42 millions. Alors, mon numérateur, 42 millions, dénominateur
100 millions, valeur de remplacement, indice à 42 %, 42 %, c'est
E, très mauvais. Aussitôt que je dépasse 30 %, c'est E, très mauvais.
Donc, de zéro à 5, c'est A; de cinq à 10, c'est B; de 10 à 15, c'est C; de 15 à
30, c'est D; puis plus de 30, c'est E. Désolé, M. le Président, mais si... on
me demande des explications.
Je terminerai en disant : Nous
autres, on s'interroge. Une fois qu'on a dit, on va aller voir comment qu'elle
est appliquée, le deuxième volet de notre mandat, c'est de dire : Moi, là,
qu'est-ce... Quand ça a un impact sur l'intégrité structurale du bâtiment, j'y
attache beaucoup d'importance. S'il y avait des enjeux d'investissement, dans
les cinq prochaines années, admettons, dans quatre ans, on disait : Aie!
Si on ne faisait pas ça...
Le Président (M. Simard) : Très
bien...
M. Julien : ...il y aurait un
enjeu de santé, sécurité...
Le Président (M. Simard) : ...très
bien.
M. Julien : Alors, on veut
venir voir quels sont les éléments qui sont le plus pertinent, dans le deuxième
volet, sur le volet éducation pour s'assurer qu'on investisse nos sommes de
manière prioritaire sur ces volets-là. Je ne dis pas que ce n'est pas le fun,
avoir un beau stationnement, mais à choisir, on voudrait focaliser nos
investissements sur les éléments les plus pertinents dans la vocation
éducative.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Je connais
l'attachement que vous avez pour le stationnement maintenant, mais c'est
juste... ce que je regarde ici, là, dans le document que j'ai de travail, l'auditeur
doit faire... il doit cocher notamment zéro, deux ans, trois, cinq ans ou six,
sept à 10 ans, donc, quand est-ce qu'on doit le remplacer. Juste pour les
parents qui nous écoutent puis les équipes-écoles, là, vous savez que, dès
maintenant, on priorise aussi pour tout ce qui est infrastructures. Donc, si,
par exemple, un plafond tombe, c'est ultraprioritaire, là, dès maintenant,
depuis que... Le deuxième volet auquel vous faites référence sur la façon de
prioriser, vous savez que ce document de travail a été réalisé par vos équipes,
là, pour la priorisation des travaux.
M. Julien : Alors, M. le
Président, bien, je vais réitérer, puis je vais encore prendre du temps, parce
que force est de constater que mon explication n'a pas été adéquate. On vient
catégoriser les travaux qui sont à faire 0-2 ans, 2-5 ans,
5-10 ans. Pour le calcul, en fin de compte, sur la valeur de remplacement,
on prend les deux premiers volets, 0-2 ans, 2-5 ans. Naturellement,
dans ces volets-là, je pourrais avoir : Je dois refaire le stationnement
d'ici cinq ans. II rentre dans mon numérateur. Alors, je dis juste : C'est
le fun, le stationnement, mais peut-être qu'on doit focaliser notre attention
sur les éléments les plus pertinents. Puis il y a des catégorisations, alors,
il y a différentes catégories d'investissement. Et je réitère qu'on est mieux
de travailler sur l'intégrité structurale du bâtiment, sur des enjeux qu'on
pourrait dire : Heille! si je ne remplace pas ma salle mécanique... ma
salle électrique, bien, d'ici quatre ans, je n'aurai peut-être pas de
chauffage, de confort, plus que sur d'autres aspects qui peuvent être
énergivores en coût, nécessaires, probablement. Mais si je veux investir de la
manière la plus efficiente pour corriger et pour assurer la mission éducative,
je veux prioriser sur les aspects les plus importants.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Moi, ce que vous
me dites, ça semble vraiment plein de logique, pour vrai. Alors, pourquoi ça
n'a pas été fait par votre gouvernement au moment où vous avez établi
l'infrastructure scolaire, le cadre de gestion?
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre.
M. Julien : Alors,
effectivement, il n'y avait pas d'inspection, là, avant qu'on arrive.
Mme Rizqy : Non, il y en
avait.
M. Julien : Alors, c'est...
Faites attention. Il n'y avait pas d'inspection structurée, certainement pas.
Alors, on a développé un guide, un guide d'application, avec une méthodologie
qui est robuste. On a un système après ça qui est très performant, qui
s'appelle Maximo, qui permet de compiler ces données-là. Depuis deux ans... depuis
deux ans, on compile ces données-là, et maintenant on observe que les données
qu'on a, le brut qu'on a, là, on va les vérifier, on fait des projets, en fin
de compte, des échantillonnages à l'aveugle pour s'assurer qu'il n'y a pas de
biais. On espère que ça va être conforme. On a plein de données brutes qui sont
pertinentes si elles sont bonnes. C'est le premier volet. On va aller valider
qu'elles sont bonnes. Pour l'instant, on n'a pas de doute, mais on va aller le
voir.
Une fois qu'on s'est dit ça, toutes ces
données brutes qu'on a là, dans Maximo qui a le système qui est compilé par
chacun des centres de services, là, on veut aller y sortir la substantifique
moelle. C'est quoi, les éléments là-dedans, puisqu'on a le portrait sur lequel on
doit focaliser notre attention pour s'assurer, en fin de compte, qu'on va
investir dans les bons éléments.
Le Président (M. Simard) : ...collègue,
Mme la députée.
• (11 h 40) •
Mme Rizqy : Moi, ma question,
là, était très honnête, là, j'ai dit que ce qu'il me disait semblait plein de
bon sens, effectivement, il faut mettre l'emphase sur les priorités les plus
urgentes. Moi, je veux savoir... Il y a eu un guide qui a été préparé pour
l'ensemble des centres de services scolaires — il est d'accord avec
moi, il hoche de la tête — il date de 2022. <Mais pourquoi...
Mme Rizqy :
...les
plus urgentes. Moi, je veux savoir... Il y a eu un guide qui a été préparé pour
l'ensemble des centres de services scolaires
— il est
d'accord
avec moi, il hoche de la tête
— il date de 2022. >Mais
pourquoi que ce guide-là ne tient pas compte de la sagesse auquel vous faites
référence ce matin?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : On a, de mémoire,
3 000... combien, 4 107 écoles qui doivent passer dans ce guide-là.
De mémoire, là, puis je ne veux pas dire... on va me corriger, 92 % ont
déjà été... 92 % ont déjà été appliqués, sur deux ans. Je veux dire, les
gens, là, ils prennent ça en grande charge, M. le Président. Ce qu'elle me dit,
ma collègue, c'est, pendant qu'ils sont en train de compiler, puis avec un
guide, là, il aurait fallu en plus qu'on vienne dire... a priori même de
qu'est-ce qui va être entré dans le système Maximo, parce qu'il y en a encore
8 % à faire, là, qu'on prenne des décisions. Mais là on a les données puis
on dit : Heille! avec ces données-là, je pense qu'on doit... puisqu'on a
quand même 14,2 milliards, sur 10 ans, en maintien d'actif dans le
réseau, on va le mettre aux endroits qui sont les plus pertinents. Mais ce
n'est pas comme si ça faisait 15 ans qu'on faisait ça, puis coudon, vous
vous réveillez. Ça fait deux ans qu'on compile, alors... Je sais qu'on ne va pas
vite, comparativement à eux, on va très vite.
Le Président (M. Simard) : Alors,
Mme la députée.
Mme Rizqy : Vous allez pas
mal à reculons, je vous dirais, sincèrement. Alors, moi, là-dessus, là,
sincèrement, là, je ne comprends pas, parce que je vous dis que vous êtes...
Vous me dites, en fait, c'est vous, que vous n'êtes pas satisfait des
résultats. Vous me dites que vous devez revoir, basé sur deux principes, le
premier volet. Vous dites qu'au fond... Vous pensez qu'il y a des gens dans le
réseau qui appliquent ça puis qui pèsent sur le crayon. C'est ce qui a été
sous-entendu par le premier ministre, puis qu'à ce moment-là il faut revoir...
C'est pour ça que vous envoyez des vérifications à l'aveugle. Ça, c'est le
premier volet.
Deuxième volet, vous dites : Moi, le
chiffrier, peut-être qu'il n'est pas assez bon, parce qu'on met peut-être trop
d'emphase sur le stationnement, puis que, c'est bien beau le stationnement,
mais ce n'est pas une priorité, parce que moi, je veux m'attarder à tout ce qui
est structurel, ce qui est... ce qui pourrait mettre en péril... Je ne vous
cite pas au mot, ici, je fais vraiment de la vulgarisation de vos propos. Vous
me dites, à ce moment-là : Il faut vraiment revoir la façon qu'on priorise
pour mettre l'emphase sur ce qu'il y a de plus éminent, peut-être, comme
danger, par exemple de structure. Ça, je vous dis : Parfait. Mais pourquoi
que ça, ça n'a pas été ajouté dès le départ dans votre chiffrier?
Le Président (M. Simard) : Merci...
Mme Rizqy : Parce que moi, ma
compréhension, en fait, du chiffrier, c'est qu'en quelque part, ici, ce l'est
déjà. Quand qu'on regarde 0‑2 ans, 3-5 ans, 6-10 ans, il me
semble qu'à ce moment-là l'auditeur, le stationnement, là, on s'entend que,
s'il y a des craques, moi, je suis d'accord avec vous, là, il peut y avoir
peut-être des blessures, évidemment, mais la personne qui est en train de
regarder ça, c'est un spécialiste.
Alors, j'ai aussi une autre question. Vous
dites qu'il va y avoir quelqu'un de chez vous qui va aller faire les
inspections à l'aveugle, c'est qui cette personne, c'est quoi, ses compétences?
Le Président (M. Simard) : Alors,
toujours en s'adressant à la présidence. M. le ministre.
M. Julien : Bien, c'est bien,
parce qu'on a quand même des discussions assez élaborées, c'est intéressant.
Effectivement, le système permet actuellement de compiler 0-2 ans, 2-5 ans,
5-10 ans, c'est pour donner une perspective, en réalité, sur tous les
éléments, ce qu'on doit faire comme travaux. Mais, après ça, il y a des cotes
de 1 à 5 qui sont... c'est quoi, la nature des travaux. Est-ce que ça vient
toucher, par exemple, l'esthétique, 1; le confort, 2; la qualité des services,
3; l'intégrité du bâtiment et des services; 4; puis la santé, sécurité, 5? Alors,
vous comprenez que 5 est plus important que 1. Dans le système, on a ces
données-là. Actuellement, on veut s'assurer que les données au système sont
adéquates. Donc, on va faire un échantillonnage à l'aveugle pour se faire
confirmer ça. Si ce n'est pas le cas, on va apporter des ajustements avec le
rapport qu'on obtiendra.
Deuxième élément, on vient dire : On
veut s'assurer que les centres de services focalisent leur attention sur les 4
et 5, sur les éléments les plus importants. Parce que c'est vrai que, si mon
stationnement à lui seul me donne un taux de désuétude qui m'amène en E, mais,
quand je le retire, je me retrouve en B, peut-être que ce n'est pas l'école sur
laquelle je dois intervenir prioritairement, tandis que peut-être une autre
école est en D, mais c'est... Tous les investissements sont importants. Alors, encore
là, si on veut bien prioriser...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Julien : ...il faut venir...
il faut venir identifier les éléments, dans chacune des écoles, qui sont les
plus à risque.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Est-ce que vous
partagez la même opinion que votre collègue le ministre de l'Éducation que,
quand vous vous promenez dans les écoles.... Je ne sais pas si vous avez eu
l'occasion de vous promener dans les écoles, mais, d'après moi, oui. Vous êtes
sûrement allé faire un tour dans les écoles de votre comté, j'imagine. Vous, à
vue de nez, est-ce que vous avez reçu... Est-ce que vous vous êtes enquéri de
la situation? Est-ce que vous avez demandé un appel à tous? Parce que moi, j'ai
fait un appel à tous, puis regardez, là, c'est ça, nos écoles, donc...
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Rizqy : Mais je pense que
c'est graphique, là.
Le Président (M. Simard) : Non,
ce n'est pas graphique, c'est une photo.
Mme Rizqy : Oui, mais c'est
une photo...
Le Président (M. Simard) : Je
m'excuse, <ce n'est pas un tableau...
Mme Rizqy :
...mais
je pense que c'est graphique, là.
Le Président (M. Simard) :
Non,
ce n'est pas graphique, c'est une photo.
Mme Rizqy :
Oui,
mais c'est une photo...
Le Président (M. Simard) :
Je
m'excuse, >ce n'est pas un tableau, c'est une photo. Vous avez assez
d'expérience et de vision pour ça. Veuillez poursuivre, s'il vous plaît.
Mme Rizqy : Bien, dans ce
cas, est-ce que... voulez-vous que je les dépose? Parce qu'il me semble que le
ministre qui est appelé...
M. Julien : ...
Le Président (M. Simard) : Bon.
S'il vous plaît, à l'ordre!
Mme Rizqy : Bien, vous pouvez
nous partager la blague. Moi, ça ne me dérange pas. On est toujours prêt à les
entendre, les bonnes blagues.
M. Julien : ...
Le Président (M. Simard) : Alors,
chère collègue, souhaitiez-vous poursuivre?
Mme Rizqy : Bien, partagez
votre blague, ça semblait tellement drôle. Moi, j'ai des photos de moisissures,
j'ai des photos de murs d'amiante. Donc, moi, honnêtement, c'est une affaire
que je ne comprends pas. Vous avez... J'ai demandé à plusieurs reprises à votre
collègue : Avez-vous un début de commencement de preuve pour faire une
affirmation aussi importante, à savoir que les centres de services scolaires
auraient gonflé les chiffres pour obtenir du financement et ainsi partir avec
votre inspection à l'aveugle, là? Vous, est-ce que vous avez eu un début de
commencement de preuve ou est-ce que vous avez fait, au moins, la démarche de
demander, peut-être, aux gens qui sont dans nos écoles des photos pour voir
qu'est-ce qui en est? Est-ce que vous avez visité dernièrement des écoles, pas
juste dans votre comté, mais à l'extérieur du Québec, celles qui sont cotées E?
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci, chère collègue. M. le ministre.
M. Julien : Oui. M. le
Président. On a 4 100 écoles qui sont dans des niveaux qui peuvent
varier d'un niveau à l'autre. Et les images présentées par ma collègue,
j'espère qu'elles ne sont pas représentatives du parc. Je ne le crois pas, bien
honnêtement. Maintenant, on fait une approche structurée, je ne voudrais pas me
faire reprocher de faire une approche structurée où on va faire, en fin de
compte... puis est-ce que... si j'avais eu le temps de répondre aux questions.
La SQI mandate un évaluateur externe indépendant, spécialisé pour faire les
évaluations à l'aveugle, pour avoir le portrait, en fin de compte, d'un tiers
indépendant totalement, qui n'est pas propriétaire, locataire du bâtiment. On
va voir les résultats qui sortiront.
Deuxièmement, ma collègue, quand on a
investi 14,4 milliards dans les 10 prochaines années seulement pour
le maintien des actifs du réseau scolaire, alors que, sous son gouvernement,
c'était 9 milliards pour la bonification et le maintien, alors, on prend
les bouchées doubles. On veut y aller de manière structurée puis on va faire ça
dans l'ordre.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : Vous faites des
annonces à coups de milliards, mais vous ne livrez pas la marchandise, là. Moi,
deux écoles sont annoncées, sont quantifiées puis sont mises sur pause. L'école
à l'Île-des-Sœurs, vous l'avez annoncée plus que quatre fois. Ça, c'est une
autre école qui a été annoncée où est-ce que même le ministre de l'époque en
Éducation s'est présenté sur place. Il regardait les parents droit dans les
yeux, il a dit : L'argent est là. Inquiétez-vous pas, elle s'en vient,
votre troisième école. La vice-première ministre aussi est allée sur place puis
elle a dit : Oui, oui, ça s'en vient. Elle n'a pas été là. Donc,
oui, il y a des annonces, il y a de l'argent qui est annoncé, mais moi, je ne
comprends pas, elles ne sont pas livrées. Puis là, maintenant, vous me dites 4 400 écoles.
Je ne sais pas, mais moi, là, j'ai 2 307 écoles préscolaires et
primaires, 468 écoles secondaires, 279 centres de formation
professionnelle et d'éducation des adultes. Ça donne
3 054 établissements scolaires où est-ce qu'il y a des enfants, ou
des jeunes adultes, ou des adultes, tout simplement, en éducation d'adultes.
Moi, je veux savoir, là, puis je vais vous
la répéter plus simplement, de deux choses l'une, vous, avez-vous un début de
commencement de preuve qu'il y aurait des centres de services scolaires qui
auraient pesé plus fort sur le crayon? Parce que c'est ça qui a été
sous-entendu par le premier ministre, que ça été exagéré pour avoir des sommes
d'argent, chose qui est grave. Puis vous le savez que c'est grave de faire ça,
c'est vrai, mais, pour faire une telle affirmation, il faut avoir un début de
commencement de preuve, à tout le moins. Vous avez été vérificateur, là...
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Mme Rizqy : ...vous savez à
quoi je fais référence. Deuxième chose...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
Mme Rizqy : Non, mais j'ai
dit deux choses l'une, là.
Le Président (M. Simard) : Non,
mais il vous reste trois secondes.
Mme Rizqy : Le deuxième, si
vous n'avez pas de preuve, est-ce que vous allez chercher de la preuve?
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, nous allons poursuivre maintenant avec le député de Taschereau qui
dispose d'environ 12 minutes.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. M. le ministre connaît bien les projets d'infrastructure.
Évidemment, par ses fonctions actuelles et passées, il joue depuis longtemps
là-dedans, il sait très bien que, pour un bon projet bien réalisé, ça se fait
en étapes, des étapes qui existent, qui sont normées, ça se trouve facilement
sur le site du gouvernement : études des besoins, études d'opportunité,
planification, réalisation et clôture du projet. Il y a eu
8 000 pages de projets d'études qui ont été déposés sur le site du
Réseau express de la Capitale.
• (11 h 50) •
Le Devoir a fait... a demandé
à des experts en projets d'infrastructure de regarder l'ensemble de ce qui
avait été déposé, et il n'y a pas, là-dedans, un début de semblant d'études
d'opportunité. On n'a jamais eu d'études des besoins, par ailleurs, non plus.
Ça fait... Le bureau de projet a été mis sur pied en 2017 sous les libéraux, il
y a, au moins, 60 millions de dollars qui a été déposé... qui a été
dépensé par ce bureau de projet là, sur les 325 qui sont à sa disposition. Le
ministre parle beaucoup d'efficience. L'efficience, c'est la recherche d'une...
c'est la capacité de <rendement d'un projet...
M. Grandmont :
...par
ce bureau de projet là, sur les 325 qui sont à sa disposition. Le ministre
parle beaucoup d'efficience. L'efficience, c'est la recherche d'une... c'est la
capacité de rendement d'un projet, c'est la capacité de >rendement d'une
politique. C'est ça, l'efficience. Ça fait que, est-ce que le ministre trouve
qu'un bureau de projet qui travaille depuis 2017, qui a dépensé
60 millions de dollars, puis il n'y a pas l'ombre du début de
commencement d'une étude d'opportunité, c'est de l'efficience?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Encore là, M. le
Président, je n'ai pas tout le détail, en fin de compte, à l'intérieur des
ministères spécifiques, MTQ, Santé, Éducation. Tu sais, je veux dire, juste
pour figurer, si mon collègue ministre de la Santé travaille à un projet
majeur, qui est l'hôpital ici, dans la région de Québec, bien, tu sais, nous
autres, on suit, avec le Conseil du trésor, s'il y a des éléments qui s'en
écartent, mais, après ça il y a des étapes à suivre, effectivement, qui doivent
être déposées, et là c'est le travail de chacun des ministères de franchir
chacune de...
Pour ce qui est, en réalité, du troisième
lien, il y a eu au-dessus de 58 millions, là, d'investissements dans les
études, et le dossier devait passer aux dossiers d'affaires éventuellement, et,
à la lumière même des résultats des études, bien, la décision a été prise,
celle de la semaine dernière. Mais, après ça, je ne peux pas répondre à mon
collègue qu'est-ce qu'il y a derrière les éléments, là, propres au MTQ.
M. Grandmont : ...des
questions, parce que le ministre est responsable des Infrastructures, c'est lui
qui sert à... c'est lui qui a pour mandat de garder un regard général, un peu
macro, là, on comprend, là, sur les différents projets qu'on a au Québec. C'est
lui qui fait les arbitrages. C'est lui qui essaie d'aller chercher le maximum d'efficience,
tirer le maximum du marché aussi pour avoir le plus de retombées positives pour
le Québec. Comment il arrive à faire son arbitrage convenablement, comme
ministre responsable des Infrastructures, si les projets, en arrière, sont
montés tout croche?
M. Julien : Mais, je veux
dire, mon collègue, mon collègue de Taschereau... Il faut juste bien situer le
rôle de chacun. Éventuellement, si je prends l'exemple du tramway, le dossier d'opportunité...
dossier d'affaires, éventuellement, au dépôt du dossier d'affaires, qui est
supporté par des analyses probantes, bien là, le dossier d'affaires est
épluché, et la décision est prise sur le caractère adéquat de tout ce qui y est
inscrit. C'est la même chose pour le dossier de troisième lien.
Donc, on a, en réalité, dans un processus,
des moments de contrôle où éventuellement on se rend à la réalisation puis à la
clôture. Mais, a priori de la réalisation, dossier d'affaires, dans tous les
cas, dossier d'opportunité assez fréquente, mais, si on prend l'exemple du
tramway, il n'y en a pas, je pense, hein, le tramway?
Des voix : ...
M. Julien : Alors, dans le
dossier du tramway, pour prendre celui-là, mon cher collègue, il n'y a pas de
dossier d'opportunité, il y aura un dossier d'affaires. Donc, il y a
éventuellement, pour prise de décision, quelque chose qui est développé, qui
est robuste, qui est probant, qui permet au gouvernement de prendre une
décision. Alors, a priori, ces éléments-là, qui sont des haies à franchir de
contrôle et d'information pertinente, mais vous me demandez de spéculer. Mais
il va finir... les projets vont finir par arriver à ces haies de contrôle là.
Chemin faisant, permettez-moi, en fin de compte, de ne pas intervenir, chemin
faisant, mais il y a des haies de contrôle à franchir, comme le dossier d'affaires
pour le tramway.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Mais, quand...
Merci, M. le Président. Mais, quand même, on parle d'un ministre, donc, il a la
responsabilité de faire les arbitrages. Est-ce que, pour la suite des choses,
pour le projet de troisième lien... Là, on repart un peu à zéro, là. Il y a
beaucoup d'études qui ont été déposées, on repart un peu à zéro. Est-ce que,
pour le prochain projet, même si c'est la responsabilité de sa collègue aux
Transports, est-ce que le ministre responsable des affaires... pas les
affaires, mais des Infrastructures va demander à ce qu'il y ait une réelle
étude d'opportunité sur le projet de troisième lien de transport collectif, ou
si l'étude d'opportunité va seulement porter sur ce qui passera dans un
éventuel tunnel?
En bref, est-ce que... est-ce qu'on va
regarder toutes les options possibles pour assurer les déplacements interrives,
de part et d'autre, du fleuve?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Plusieurs
questions purement hypothétiques. Mais, si on revient sur le processus, là, c'est-à-dire
que moi, comme... comme responsable du PQI, les dossiers qui sont à l'étude,
qui nécessitent des études, sont inscrits, planif, avec des sommes, somme
toute, là, marginales par rapport <au coût du projet...
M. Julien :
...revient
sur le processus, là, c'est-à-dire que moi, comme... comme responsable du PQI,
les dossiers qui sont à l'étude, qui nécessitent des études, sont inscrits,
planif, avec des sommes, somme toute, là, marginales par rapport >au
coût du projet, là, tu sais, c'est 1 % pour permettre... 2 % pour
permettre des réalisations de travaux, il est inscrit là. Naturellement, ils ne
sont pas en phase réalisation. Éventuellement, quand il y a le... le DA qui
arrive, là on dit : Écoutez, là, on a regardé le projet, on l'a... le ministère
responsable l'a viré à l'endroit, à l'envers, l'a regardé sous toutes ses
coutures : Voici ce qui est soumis. Et c'est à partir de ce moment-là que
les sommes sont inscrites habituellement à l'intérieur du PQI.
A priori, c'est des sommes pour études qui
sont, somme toute, là, par rapport au coût du projet, assez... pas marginales,
mais très légères pour permettre justement la réflexion. Et c'est au moment où
est-ce que le dossier devient dossier d'affaires qu'on vient l'inscrire, et
c'est à cette face-là que la décision se prend. Naturellement, aussi
s'interroger : Qu'est-ce qu'on met comme dossier d'étude? Parce que c'est
sûr que si on fait plein, plein, plein d'études, bien, on peut imaginer qu'a
posteriori, ils vont devenir en réalisation, mais il y a une phase de dossier
d'affaires qui permet de venir statuer sur un projet, qui permet de venir
inscrire les sommes de manière importante à l'intérieur du PQI. Et, encore là,
chacun des ministères a ses priorités qu'il doit arbitrer.
Le Président (M. Simard) : M.
le député.
M. Grandmont : Oui. Il ne répond
pas vraiment à ma question sur ce qui attend, en fait, de ses... des ministres
avec qui il dialogue. Il ne veut pas... Je ne sens pas une volonté d'aller
chercher le meilleur coût-bénéfice pour la population. Puis, par ailleurs, on
peut continuer à parler d'efficience. On apprend, par le Journal de Québec,
que le tramway pourrait être construit au Mexique. Est-ce que le ministre
trouve que, si c'est vrai, si ça se confirme, est-ce que c'est le meilleur
coût-bénéfice pour les Québécois, les Québécoises?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Alors, encore là,
je n'ai pas tout le détail de l'information. Puis je sais que l'entente
contractuelle... le processus contractuel prévoyait à la fois des pourcentages
de local et également d'assemblages. Donc, cette information-là, je ne l'ai pas
devant moi.
M. Grandmont : ...que c'est
le meilleur coût-bénéfice pour le Québec.
M. Julien : Alors là, c'est
des questions purement hypothétiques, M. le Président. Alors, avec les «si»,
là, comme on dit... Je ne peux pas... je ne peux pas aller sur des questions
hypothétiques. Donc, je ne m'avancerai pas là-dessus.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, toujours...
M. Grandmont : En tout cas,
on me souffre à l'oreille que ce serait confirmé.
Le Président (M. Simard) : S'il
vous plaît, s'il vous plaît, toujours un à la fois.
M. Grandmont : Je serais bien
curieux... je serais bien curieux d'entendre la réponse. Merci. Oui.
Le Président (M. Simard) : S'il
vous plaît, s'il vous plaît, un à la fois.
M. Grandmont : J'aimerais...
Le Président (M. Simard) : Et
c'est le président qui accorde la parole. À vous, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci
beaucoup. C'est gentil. Merci. J'aimerais aller sur les... au PQI directement,
là, sur les investissements dans les transports, entre le routier et le
transport collectif. En 2018, le gouvernement s'était engagé... le gouvernement
de la CAQ s'était... s'était engagé à ce que les investissements prévus au PQI
soient à 50 % pour le transport routier, à 50 % pour le transport
collectif. Or, depuis 2018, on est toujours à 70 % d'investissement pour
le transport routier versus 30 % pour le transport collectif. Or, avec les
changements climatiques, la lutte à l'étalement urbain qu'on doit faire,
pourquoi on est toujours à 70 % pour le transport routier versus 30 %
pour le collectif?
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup. M. le ministre.
M. Julien : Bien, les
observations qu'on a, M. le Président, je ne peux pas être d'accord avec mon
collègue de Taschereau, bien que j'aime beaucoup être d'accord avec lui, des
fois, mais pas sur celle-là, certainement pas. Quand on observe, en fin de
compte, le PQI 2023-2033 plus le PQI ultérieur, parce qu'il y a des grands
projets, là, d'infrastructure, de transport collectif qui dépassent
habituellement même la période de 10 ans, ce qu'on observe actuellement,
puis il y a aussi des aménagements à l'intérieur... qui sont intégrés à
l'intérieur du routier, mais qui sont des aménagements de voies réservées, par
exemple, donc, on doit transférer au transport collectif.
Donc, moi, j'obtiens en réalité que, sur
la période longue, prévisible, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on a à l'intérieur du
PQI et qu'on veut réaliser, c'est 48,4 milliards pour le volet collectif
et 47,3 milliards pour le volet routier, donc c'est 51, 49, mettons.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Merci. Cher collègue.
• (12 heures) •
M. Grandmont : Parfait. On
pourra vérifier ces chiffres-là. C'est quand même intéressant. Est-ce que... Maintenant,
sur le maintien des actifs, sur le maintien des actifs, dans le transport
collectif, on a un bon problème de maintien des actifs. C'est bien de
développer le transport collectif, puis ça, là-dessus, on va être d'accord.
Évidemment, il faut le développer, on en veut plus, c'est nécessaire en 2023
d'en faire davantage, mais le budget nous donne comme aperçu, pour les
prochaines années, que 80 % des sommes dédiées au transport collectif vont
aller à la bonification et 20 % seulement au maintien des actifs.
Puis on voyait encore aujourd'hui dans le
journal... à LaPresse, en fait, à Montréal, j'imagine que
le ministre en a pris connaissance, des enjeux avec la ligne verte, à Montréal,
où on a dû faire des travaux d'urgence. Les travaux ont été arrêtés pendant
quelques heures, mais la ligne verte est clairement problématique. Mais c'est
vrai partout ailleurs au Québec aussi, on a des enjeux...
12 h (version révisée)
M. Grandmont : ...à Montréal,
où on a dû faire des travaux d'urgence, les travaux ont été arrêtés pendant
quelques heures. Mais la ligne verte est clairement problématique. Mais c'est
vrai partout ailleurs au Québec aussi, on a des enjeux de maintien des actifs
sur le transport collectif. On comprend que le gouvernement a... semble avoir
saisi l'urgence d'agir sur le maintien des actifs dans le transport routier :
80 % va au maintien des actifs dans le transport routier. Il y a un
déficit d'entretien de 20 milliards, c'est normal qu'on s'y attarde
beaucoup. Mais, sur le transport collectif, pourquoi le gouvernement n'est pas
en train de s'assurer que ce qu'on possède va durer encore dans le temps?
Le Président (M. Simard) : ...M.
le ministre.
M. Julien : Bien, écoutez, en
infrastructure, quand tu... tu fais du développement puis de la bonification,
puis... force est de constater qu'on en fait beaucoup dans le transport
collectif, le maintien d'actif vient beaucoup plus tard, là. Puis, c'est-à-dire
qu'on n'est pas sur... sur mode de fonds dédiés au Québec, là. Je ne viens pas
dire : Éventuellement, ce que je suis en train de développer, dans 20 ans,
dans 30 ans, je vais devoir le maintenir, donc je crée un fonds. Bien non.
Alors, c'est normal que le maintien des actifs en transport collectif soit
beaucoup plus faible en pourcentage parce que je suis en développement, il est...
il est neuf.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup. C'est terminé. Je cède maintenant la parole à la députée de Saint-Laurent,
qui dispose d'environ 18 minutes.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M.
le Président.
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Rizqy : Oui,
certainement.
Moi, j'aimerais savoir : Est-ce
que... C'est quoi le mécanisme pour faire l'acquisition d'un terrain à la SQI?
C'est... Qu'est-ce qu'on regarde?
Le Président (M. Simard) : ...M.
le ministre.
M. Julien : ...j'ai fait
quelques acquisitions de terrains, dans une ancienne vie, là. Puis, après ça,
je laisserai... bien, si vous me permettez, après ça, madame... Mme Bourgeois...
Mais... peut-être vous ne le souhaitez pas. Mais habituellement c'est à la
juste valeur marchande qu'on acquiert les terrains. Naturellement, la juste
valeur marchande, c'est... c'est une évaluation qui est faite... on essaie de
la faire faire par un tiers indépendant. Puis le vendeur n'a jamais la même
valeur marchande que l'acheteur, hein? C'est... C'est souvent ça. Quand je suis
vendeur, habituellement, j'ai une valeur marchande plus élevée que quand je
suis acheteur. Mais c'est par, en fin de compte, le cumul d'évaluations, les...
les distorsions qu'il y a entre les évaluations. Puis, après ça, on s'entend
sur une JVM qui... qui fait sens pour les deux parties prenantes.
Habituellement, c'est ça.
Mme Rizqy : ...qui nous écoutent,
c'est la juste valeur marchande. C'était quoi, le... la juste valeur marchande
pour le terrain pour la résidence pour la maison des aînés à Mirabel?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : Écoutez, j'ai... je
n'ai aucune idée, là, parce que, je veux dire, ça commence à être assez... ça
commence à être assez spécifique. Mais, si vous permettez, là, si quelqu'un a
une réponse à fournir... si vous permettez, chère collègue, que la SQI réponde
à cette question-là, on fait... on fait la recherche.
Le Président (M. Simard) : Est-ce
qu'il y aurait consentement? Est-ce qu'il y aurait consentement ou pas de
consentement, à ce stade-ci?
Mme Rizqy : ...pas encore la
réponse. Mais, dès qu'ils ont la réponse... Moi, je veux juste avoir le chiffre
de la juste valeur marchande pour le terrain pour la résidence pour la maison
des aînés à Mirabel.
Je veux savoir aussi : Est-ce qu'il y
a d'autres critères, mise à part la juste valeur marchande, que vous regardez
avant de faire l'acquisition d'un terrain?
M. Julien : Bien là, encore
là, vous ouvrez sur une question qui est assez large. Puis je ne saurais dire
quel autre critère pourrait être regardé parce qu'à la fin la juste valeur
marchande est quand même déterminée par une appréciation mutuelle d'un vendeur
et d'un acheteur. Et, cette valorisation-là, avec des évaluateurs, là, qui sont
pris habituellement de... de chacune des parties... Tu sais, je me souviens,
quand j'étais à la ville de Québec puis je voulais acquérir un terrain du
ministère des Transports, bien, je l'évaluais toujours un peu moins cher par
mon évaluateur parce qu'il prenait des critères plus... plus conservateurs que
le vendeur. Mais ça devrait toujours être basé sur la juste valeur marchande,
qui est le bénéfice attendu par... par le terrain dans les années futures.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rizqy : Moi, ce que je...
je vois comme chiffres, c'est que la maison des aînés, le terrain est à 3 429 000 $,
mais il aurait été payé 3,7 millions. 3,4 millions étaient la juste
valeur marchande, et qu'il aurait été payé 3,7 millions. Pourquoi un écart
de 300 000 $?
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre.
M. Julien : Alors, vous dites
que la JVM était à 4 millions, puis on l'a payé 3,7 millions?
Mme Rizqy : 3,4, et vous l'avez
payé 3,7.
M. Julien : OK. Alors, encore
là, je suis surpris, parce que, quand on.... quand on a des écarts aussi
faibles... parce que c'est... c'est faible, en pourcentage, je parle, pas...
pas en dollars, hein, 300 000 $, moi, je les aime aussi, comme vous,
j'aime beaucoup 300 000 $... mais quand un écart de pourcentage entre
deux évaluations... C'est-à-dire qu'il y a toujours une partie prenante qui
fait une évaluation, puis l'autre partie prenante qui fait son évaluation, puis
on obtient ça. Puis, après ça, naturellement, quand on dépose la valeur
marchande pour faire l'acquisition, bien là, il faut... il faut que le vendeur
soit vendeur, tu sais. Parce que je peux bien estimer la valeur marchande de
votre terrain, chère collègue, mais si vous n'êtes pas vendeuse, vous allez me
dire : Jonatan, je ne suis pas intéressée. Alors... Alors, après ça,
naturellement, on a une base de valeur marchande, puis après ça, on... on regarde
le geste qu'on doit poser ensemble pour s'entendre.
Mme Rizqy : ...Bien, il faut
croire que c'est un bon vendeur, hein? C'est une personne qui est connue dans
le <milieu...
Mme Rizqy :
...Bien,
il faut croire que c'est un bon vendeur, hein? C'est une personne qui est
connue dans le >milieu. Disons qu'il n'a pas les meilleures moeurs, la
personne à qui vous avez acheté le terrain. Est-ce que vous êtes au courant de
qui qui a acheté le terrain... de qui vous, la SQI, vous avez acheté le terrain,
pardon, qui était le propriétaire?
Le Président (M. Simard) : ...à
la présidence. M. le ministre.
M. Julien : Encore là, toutes
les acquisitions, ce n'est pas... ce n'est pas toujours la SQI qui les fait. Des
fois, c'est les établissements. Lors... Excusez-moi, chère collègue, je n'ai
pas capté la fin de votre question.
Mme Rizqy : Il faut qu'il
soit un méchant bon vendeur quand même, là, parce que la personne à qui vous
avez fait l'acquisition, c'est la conjointe à un individu qui est qualifié par
le secteur policier de gangster.
M. Julien : ...au courant. ...vous
avez, en fin de compte, une démonstration de ça, faites-nous-en part, puis on...
on va regarder la... la situation avec grand plaisir.
Mme Rizqy : ...M. le Président.
C'est une invitation, là.
Le Président (M. Simard) : Non,
mais c'est... c'est... On ne peut pas demander d'aller au-delà des règlements.
Alors, ce n'est pas dans les règlements. Veuillez poursuivre.
M. Julien : ...que le
vendeur, c'est un gangster. On va vérifier ça.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Rizqy : ...par... est
soutenu par la Régie des alcools, des courses, des jeux. Vous... Vous faites
confiance à cet organisme?
M. Julien : On va faire les
vérifications, chère collègue.
Mme Rizqy : Est-ce que vous
faites confiance à la Régie des alcools, des courses et des jeux, aux décisions
qu'elle rende?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : Non, mais écoutez...
c'est de l'information que j'obtiens. On va... On va voir qu'est-ce qu'il en
est.
Mme Rizqy : Bien, c'est...
c'est... c'est publié dans La Presse par Hugo Joncas. La Régie des
alcools, des courses et des jeux, moi, je fais confiance à cet organisme
lorsqu'il rend des décisions, identifie la conjointe auquel... pardon, le... le
conjoint de la personne avec qui vous avez fait la... la transaction actif dans
le prêt usuraire et extorsion. Vous, là...
M. Julien : ...collègue...
Mme Rizqy : Je n'ai pas... Je
n'ai pas encore posé... Je n'ai pas encore posé ma question. Si vous me permettez,
elle s'en vient. Parce que je veux juste rester sur les faits. Ça, ce n'est pas
moi qui a rendu cette décision, là, vous en conviendrez. Et, par la suite, on
dit : C'est un prêteur lié au crime organisé, puis on parle de taux
usuraires, et tout ça. Mais, moi, j'ai une question. Parce que, si, dans vos
critères de transaction, vous n'avez pas le... le critère qui s'appelle «bonnes
moeurs», est-ce que vous serez d'accord d'ajouter ce critère-là pour ne pas que
le gouvernement, ou ses organismes, ou quoi que ce soit... qu'il n'y ait pas
d'argent du gouvernement... Parce que ça, c'est les contribuables, là, qui
paient, là. Là, non seulement c'était autour de 3,4 millions, on a payé
3,7. À un moment donné, est-ce que vous, là, vous trouvez que c'est correct
qu'il y ait des transactions qui émanent soit du gouvernement ou de ses
institutions, qu'on ajoute un critère pour s'assurer que, justement, à
l'avenir, une telle procédure, bien, n'arrive pas, là, une telle transaction,
là?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : Oui, bien, c'est
ça. Alors, je comprends que ma collègue nous dit que la situation qui... qui est
rapportée... que la... la vendeuse est disqualifiée parce que son conjoint est
décrit comme le décrit mon... ma collègue. Je pense que c'est des informations
qui n'étaient pas disponibles à l'époque. Puis je réitère, là, après ça, on a
des procédures d'acquisition. Alors, on va regarder spécifiquement, là. La
personne est-elle disqualifiée du fait qu'on a des reproches à son conjoint? Je...
Je ne saurais dire, mais j'apprécie qu'on ne fasse pas de la politique. Qu'on
fasse des politiques ici, j'aime bien ça.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, Mme la députée.
Mme Rizqy : ...des politiques
qui s'assurent que l'argent des contribuables n'aille pas dans des poches, de
façon directe ou indirecte, à une personne qui a été reconnue, là, par la Régie
des alcools, des courses et des jeux à titre de... à faire de... actif dans le
prêt usuraire et de l'extorsion, là. C'est vraiment grave, là. Ce n'est pas des
petites accusations, ça, M. le ministre, vous en conviendrez. Alors, ça, est-ce
que ça, vous êtes d'accord que c'est quelque chose qu'on devrait peut-être
envisager, d'avoir des mécanismes beaucoup plus rigoureux, s'assurer que
l'argent des contribuables... Puis surtout que, là, ils ont payé
300 000 $ plus cher que qu'est-ce qui était établi dès le départ.
Vous, vous n'avez pas de malaise à ça, là? Parce que moi, j'ai un profond malaise
avec ça, je vous dis très franchement, là.
Alors, dans les politiques qu'on devrait
faire, c'est d'avoir les meilleurs standards, puis que l'argent des
contribuables ne sert pas à enrichir, directement ou indirectement, une
personne qui est active dans le prêt usuraire et l'extorsion, franchement!
M. Julien : ...encore là,
avec... avec les informations que me donne ma collègue, et les interprétations
qu'on en fait, je ne peux pas dire qu'il y a eu trafic d'influence ou quoi que
ce soit pour moi. Alors, bien, écoutez...
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : La
parole appartient au ministre pour l'instant.
• (12 h 10) •
M. Julien : Alors, j'essaie
juste de comprendre, en fin de compte, là, où elle veut en venir spécifiquement.
Si elle me dit, en réalité, que cette transaction ne devrait pas avoir lieu,
bien, on va faire les vérifications appropriées.
Le Président (M. Simard) : ...Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy : ...Président,
c'est <important...
Le Président (M. Simard) :
...Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy :
...Président,
c'est >important. Puis, à titre de députée, moi, j'ai fait attention de
ne pas mettre des mots dans la bouche du ministre. C'est pour ça que, des fois,
je... je repose une question pour lui donner l'occasion de pouvoir formuler
correctement. En aucun temps, je n'ai parlé de trafic d'influence, franchement,
là! J'ai parlé ici de l'argent des contribuables qui ne doive pas atterrir,
directement ou indirectement, dans les poches d'une personne qui a déjà été
reconnue par la régie des jeux ayant un passé avéré dans... actif dans le prêt
usuraire et l'extorsion. C'est quand même grave, là, M. le Président. Là, je
disais : Est-ce qu'on devrait réfléchir à avoir justement un critère
supplémentaire pour qu'à l'avenir ça n'arrive pas? Puis là il me parle de
trafic d'influence, là. Franchement!
Regardez, je vais poser une autre question,
parce que visiblement, là, ça ne l'intéresse pas. Alors, maintenant, là,
j'aimerais savoir, pour les maisons des aînés, on est rendus à combien par
porte? Combien ça coûte par porte, là? Je sais qu'avant c'était autour de
1 million par porte, là, mais là on est rendus à combien?
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, M. le ministre.
M. Julien : On me dit qu'on
est rendus à 800 000 $ par chambre en place.
Mme Rizqy : ...et une
augmentation des coûts. Vous, vous dites que non, il n'y a pas eu
d'augmentation des coûts? OK. Pouvez-vous nous l'expliquer, s'il y a consentement?
M. Julien : ...on est à
804 425 $. Je ne peux pas être plus précis que ça.
Mme Rizqy : ...de quand?
M. Julien : En date de... de mars.
Le PQI.
Mme Rizqy : En date de mars
2023, on serait à 804 000 $ par porte, là... par chambre?
M. Julien : 804 425 $.
Mme Rizqy : OK. Et, vos
prévisions, ce serait à peu près combien? Parce que.... présentement, on a des
échos que dans certains... certains endroits, là, qu'il faut refaire certaines
ailes de... Il faut démolir une aile complète, par exemple, à celle de Mirabel.
Au Saguenay, il y a des fissures, elle n'est même pas encore en service, puis
il y a des fissures, puis il y a un problème aussi de stationnement là-bas. Ça,
c'était un vrai problème de stationnement.
Le Président (M. Simard) : Bien.
M. le ministre.
M. Julien : ...pour... pour le
cas... nommé, c'est aux frais, naturellement, là, de... de celui qui réalise le
projet. Ce n'est pas aux frais de l'État, là, donc il n'y aura pas de coûts
supplémentaires.
Après ça, quand ma collègue me demande, M.
le Président, là, qu'est-ce que... qu'est-ce que ça va être, la suite, bien,
encore là, là, tu sais, quand je parle de... de 800 000 $... 804 000 $,
là, c'est... c'est des projets qui varient entre 600 000 $ puis plus
de 1 million, là. Ça dépend, en fin de compte, où, comment, etc. Donc, on
a... on a une moyenne de 804 425 $. Puis je ne saurais m'engager sur...
sur celles à venir, là. Ce serait assez hasardeux.
Le Président (M. Simard) : ...Mme
la députée.
Mme Rizqy : Vous n'allez pas
vous hasarder à répondre. OK. Mais, moi, juste... je regarde rapidement parce
que c'est quand même sorti. Moi, j'ai... je tiens pour... je vais tenir pour
acquis que vous avez pris connaissance des résidences pour aînés flambant
neuves : au Saguenay, 77,5 millions, il y a toujours zéro résident,
Roberval, zéro résident, le même coût, et pour celle du Saguenay, on nous parle
déjà de problèmes de fissures. Comment se fait-il qu'une résidence neuve a déjà
un problème de fissures? Qu'est-ce qui est arrivé?
Le Président (M. Simard) : ...merci.
M. le ministre.
M. Julien : Bien, M. le
Président, écoutez, quand on fait de la construction de projets de cette
nature-là, il arrive très régulièrement qu'il y ait des déficiences qui sont
observées, là, à... à la fin du mandat, qui doivent être corrigées. Ces
déficiences-là sont corrigées, là, à la charge de l'entrepreneur. Donc, ce que
mentionne ma collègue, ça va être corrigé. Puis des projets... quand on fait
des projets importants d'infrastructures, on observe toujours des déficiences à
la fin des travaux et qui doivent être régularisées avant de... la prise de
possession.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy : Dans le cas de
Mirabel, le promoteur, c'est Pomerleau. Et on apprend aussi que Pomerleau est
responsable de huit chantiers. Et vous leur avez demandé de faire des vérifications
sur les huit chantiers, en plus de celui de Mirabel, donc un total de neuf
chantiers à vérifier pour s'assurer qu'il n'y a pas les mêmes problèmes
ailleurs. Je veux savoir : On est rendus où dans cette vérification?
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre.
M. Julien : Plutôt que faire
le téléphone arabe, est-ce que vous permettez que... qu'elle la soumette, la
réponse?
Le Président (M. Simard) : Est-ce
qu'il y aurait consentement?
Mme Rizqy : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Il
y a consentement. Alors, madame, pour les fins de nos travaux, auriez-vous
d'abord l'amabilité de vous présenter, s'il vous plaît?
Mme Bourgeois (Caroline) :
...
Le Président (M. Simard) : En
vous adressant, là, plus... au micro.
Mme Bourgeois (Caroline) :
Oui. Je vais m'approcher.
Alors, Caroline Bourgeois. Je suis présidente-directrice générale de la Société
québécoise des infrastructures.
Donc, on est responsables de la
réalisation du programme de maisons des aînés, de la concrétisation de 46 <maisons...
Mme Bourgeois (Caroline) :
...de la
réalisation du programme de maisons des aînés, de la concrétisation de
46 >maisons. Donc, vous faites référence au... au projet de
Mirabel. Effectivement, comme l'a dit M. le ministre, il y a eu des... une...
en fait, on a découvert, le consortium... C'est un... C'est un mode de
réalisation alternatif, les... constructions de neuf maisons. Vous avez nommé
Pomerleau, en fait, c'est un consortium de constructeurs et concepteurs,
ensemble, qui prennent les risques liés à la conception et à la construction du
projet. Et, à Mirabel, effectivement, ils ont découvert un problème structural
qui... qui les ont amenés à démolir une partie de l'aile. Mais ça a été fait
entièrement à leurs frais parce qu'ils en... ils en étaient responsables. Et, effectivement,
en... en revue diligente, on a... ça... ça les a amenés à revoir aussi la
conception de certaines maisons des aînés dans le même contrat, donc dans les
neuf maisons sous... sous... sous leur juridiction, dans Laval, Laurentides, Lanaudière.
Et ils ont... réalisé certains travaux pour qu'on...
Le Président (M. Simard) : Merci,
madame.
Mme Bourgeois (Caroline) :
...pour s'assurer que c'était conforme. Donc, c'est terminé, à l'heure
actuelle.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Quelle est la
liste des travaux?
Mme Bourgeois (Caroline) :
...détail de liste des
travaux. Il y a eu de... du soutien supplémentaire.
Mme Rizqy : ...que vous
déposez la liste des travaux qui a été réalisés ains que les.... les coûts, les
retards... engendrés.
Mme Bourgeois (Caroline) :
Bien, les coûts, il n'y
en a pas. Je vous l'ai expliqué, c'est à l'intérieur de son enveloppe, c'est un
forfait du part... de la part du consortium. Mais, pour le détail, oui, on
pourra vous revenir.
Mme Rizqy : Mais, juste pour
bien comprendre, vous dites que c'est payé à partir même de l'enveloppe?
Mme Bourgeois (Caroline) :
En fait, c'est pris
dans son... C'est un contrat forfaitaire de neuf maisons des aînés dans la
région de Laval, Laurentides et Lanaudière. Et c'est... Et c'est un contrat
forfaitaire, donc ils prennent en charge l'ensemble des éléments de conception
et de construction. Ils sont responsables des services professionnels et des
services de construction. Et, s'ils décèlent une erreur, bien, ils assument la
réparation de leur erreur à leurs frais dans leur enveloppe forfaitaire. Le
gouvernement... sait depuis le début combien ça coûte, ce contrat-là.
Mme Rizqy : OK. Donc, juste pour
bien comprendre, le gouvernement, vous octroyez des sommes. Disons que c'est
77 millions pour chacune des résidences, fois neuf, disons que ça coûte
693. Je vais arrondir pour les fins... que les gens ne... ce soit intelligible
pour tout le monde. Donc, 700 millions de dollars, disons que ce
serait l'enveloppe forfaitaire. Est-ce que c'est dans... à même cette enveloppe
forfaitaire que le consortium, notamment... j'inclus Pomerleau, doit piger pour
réparer des problèmes de conception, par exemple?
Mme Bourgeois (Caroline) :
...en fait, si c'est
pris... Normalement, ils se prennent des enveloppes de risque eux-mêmes pour
leurs propres risques... internes à leurs réalisations, à leurs conceptions.
Donc, c'est dans leur enveloppe. Donc... le... le gouvernement n'a pas à... à
étirer des dollars supplémentaires pour... pour venir palier une erreur de leur
côté.
Mme Rizqy : ...c'est
l'enveloppe du gouvernement, c'est-à-dire que c'est la poche des contribuables
qui paie pour un problème de conception, là. Je ne comprends pas.
Mme Bourgeois (Caroline) :
Oui. Mais, en fait, on
le paie, que... que le dommage arrive ou pas, parce qu'on a payé un forfait. On
a payé un forfait pour construire neuf maisons des aînés. Et, dans cette
enveloppe-là, que le... que le... C'est une soumission qu'ils ont faite. On l'a
acceptée, la soumission. Donc, dans... dans... dans ce... ce format-là, ils ont
à assurer les risques de conception et de construction. On... On ne vient
pas... On ne paie pas plus cher. C'est un... C'est le principe d'un forfait.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Je comprends
parfaitement un principe de forfait. Mais une nuance importante lorsqu'on dit :
Légalement, vous assumez les frais, vous, ça ne peut pas être à l'intérieur de
la même enveloppe du gouvernement. Parce que ça veut dire qu'au fond c'est les
contribuables qui paient pour une erreur aussi importante où est-ce qu'on
démolit une... une aile complète pour la reconstruire. À moins que vous me
dites que vous, vous trouvez que c'est correct, là.
Puis là, c'est plutôt à vous, parce que je
vais retourner dans le politique, ça va être avec le ministre, là. Dans tous
les cas, moi, ma question, elle est très simple, M. le Président. Je ne sais
pas combien de temps qu'il me reste.
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Rizqy : Je veux juste
qu'on me dépose la liste des travaux, s'il vous plaît, et combien que ça a
coûté dans l'enveloppe forfaitaire, combien ça a coûté chacun des... de ces
problèmes de conception. Qu'on me le dépose, tout simplement, M. le Président.
Mme Bourgeois (Caroline) :
...de sommes associées
à ces problèmes de conception là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, ce bloc d'échange est maintenant terminé. Et je cède la parole au
député de Rousseau. Je vous rappelle que ce sera notre dernier bloc d'échange
avant la fin de nos travaux cet avant-midi.
M. Thouin : Merci, M. le
Président. Tout d'abord, je vais donner un peu de temps à mon ministre pour
pouvoir compléter la réponse.
• (12 h 20) •
M. Julien : Oui. Bien, c'est
ça. Pour ma collègue de Saint-Laurent, c'est... c'est le principe, en fin de
compte, d'un appel... à l'appel à la concurrence qu'on appelle forfaitaire.
Donc, les joueurs qui déposent les soumissions forfaitaires sont mis en
concurrence. Et, quand ils déposent ces projets-là, bien, ils... ils déposent
le meilleur coût en prenant tous les risques. Et naturellement, si les risques
se matérialisent, bien, ça ne coûte pas plus cher à l'État. Et c'est un concept.
Puis je pense que dans certains cas de figure... qu'il est plus efficient que
d'autres <concepts...
M. Julien :
...que
dans certains cas de figure... qu'il est plus efficient que d'autres >concepts.
Donc, ici, quand même bien qu'il y avait des déficiences à corriger, il était
dans un forfait, et le risque appartenait au consortium.
Le Président (M. Simard) : À
vous la parole, cher collègue.
M. Thouin : ...merci, M. le
Président. J'en aurais probablement pour... pour des heures à échanger avec le
ministre, mais je vais tenter de... d'aller peut-être dans deux sujets : d'abord,
l'EBI, puis, dans un deuxième temps, les chantiers pour améliorer l'efficience
dans la gestion de nos infrastructures.
Donc, d'abord, le dossier de l'EBI. Une
petite mise en contexte. En 2018, le gouvernement libéral a signé une Entente
bilatérale intégrée, là... qui s'appelle le... la EBI, en fait, sur une durée
de 10 ans, 2018-2028, qui prévoyait une somme de
7,5 milliards de dollars pour le Québec sous différents volets. Comme
on l'a constaté quand on est arrivés au pouvoir en 2018, l'entente n'assurait
pas une grande flexibilité pour permettre au... pour permettre au Québec
d'affecter les sommes dans des projets identifiés comme prioritaires. On se
souvient qu'on ne pouvait pas financer le tramway de Québec, par exemple, à la
hauteur de 40 % dans la première mouture de l'entente, on a dû même
demander à la ville de Montréal de transférer des sommes à Québec. L'été
dernier, le gouvernement fédéral a changé de façon unilatérale l'entente afin
de ramener la date limite des soumissions des projets à mars 2023, date qui
était initialement prévue à 2025.
Donc, ma question pour le ministre. On a
appris récemment que vous étiez arrivés à sécuriser les sommes pour le Québec
malgré le changement d'échéancier d'Ottawa. Je sais que c'était toute une négo.
Je pense que c'est important de souligner que ça représente des milliards de
dollars en jeu pour le Québec. Bien évidemment, si vous aviez échoué, bien, on
aurait entendu... vous auriez été accusé de tous les maux du monde. Pourtant,
je n'ai pas entendu beaucoup de félicitations. Moi, je veux en profiter. Et
j'aimerais ça savoir... j'aimerais... en fait, j'aimerais ça que vous nous
expliquiez c'est quoi, l'entente, puis comment on peut être sûrs que le
gouvernement fédéral ne va pas nous faire le même coup une autre fois, il n'y
aura pas d'autres changements d'ici la fin de l'entente.
M. Julien : ...merci. Bien,
effectivement, l'EBI, qui était une enveloppe qui était pancanadienne. Alors,
chacune des provinces avait des montants qui étaient prévus pour le financement
d'infrastructures. Au Québec, c'étaient 7,5 milliards. Et la date de... d'échéance,
de mémoire, était prévue au... pour soumettre des projets, au 31 mars
2025, initialement. Et, de façon unilatérale, lors de... du dépôt du budget
fédéral, il y a une décision qui a été prise de devancer au 31 mars 2023.
Le Québec, on était quand même déjà sur
nos... sur nos sites d'investissement, c'est-à-dire qu'on avait les deux tiers
de la période de passés, puis on avait les deux tiers des projets, en fin de
compte, financés. Mais soudainement, là, en dedans de cinq mois, on devait être
en mesure de s'entendre avec le fédéral pour que la somme résiduelle,
2,7 milliards... c'est-à-dire que ces 2,7 milliards de participation
du fédéral dans des projets d'infrastructures au Québec, conjointement, à titre
d'exemple, 40 % pour le tramway, tel autre projet en.... environnement,
tel autre projet en transport... on allait perdre la somme de
2,7 milliards.
Alors, on s'est mis à la tâche. Puis là,
en collaboration effectivement avec le ministre... LeBlanc au fédéral, on a eu
des bonnes discussions pour trouver une voie de passage. Et on a travaillé, je
vous dirais, très fort, là, sur une courte période de temps parce qu'il fallait
quand même soumettre pour approbation au gouvernement fédéral tous les projets
qui allaient pouvoir effectivement bénéficier du 2,7 milliards avant le
31 mars 2023.
Et soyez assurés, là, que premièrement, ça...
ça a bien été. Les ministères ont bien participé, que ce soient le ministère
des Transports, le ministère de l'Environnement, les ministères concernés, pour
bien identifier les projets et leur structure de coûts. Et on a pu soumettre à
temps et obtenir les approbations... et... et je dirais plus... pas... l'«approbation»,
ce n'est pas le bon terme, obtenir une entente, parce que c'est une entente de...
mutuelle, une entente, en réalité, sur le 2,7 milliards pour s'assurer
justement que le Québec va pouvoir investir ces sommes-là au cours des huit,
10 prochaines années à l'intérieur des projets d'infrastructures chez nous.
Donc, on est bien contents.
M. Thouin : Donc, on a passé
tout proche de perdre 3 milliards. On les...
M. Julien : 2,7. Oui.
M. Thouin : 2,7. J'ai gardé
le... le meilleur pour la fin, le dessert.
M. Julien : ...j'espère que
je vais être bon!
M. Thouin : M. le ministre,
vous le savez, j'ai été un de ceux qui ont milité avec, je dirais... avec
vigueur pour qu'il y ait un ministre responsable des Infrastructures. Je
croyais que c'était essentiel pour le Québec. Vous avez annoncé à quelques
reprises que vous travaillez sur différents chantiers pour améliorer
l'efficience de la gestion de nos infrastructures. J'ai d'ailleurs l'immense
privilège de travailler ce dossier-là avec vous et je crois qu'il est pertinent
pour les collègues de vous entendre sur les chantiers. Parce qu'on parle
beaucoup de la surchauffe, de mauvaises nouvelles, mais le gouvernement
travaille aussi sur des solutions pour la <suite...
M. Thouin :
...de
mauvaises nouvelles, mais le gouvernement travaille aussi sur des solutions
pour la >suite. Vous connaissez mon intérêt pour l'efficience de l'État.
Donc, j'aimerais ça que vous nous parliez, avec les minutes qui nous restent,
là, des chantiers qui sont en cours, principalement trois chantiers majeurs.
Moi, j'aimerais ça, si vous voulez en partager... partager l'information avec
les collègues.
M. Julien : Oui. Rapidement,
dans les premiers mois, on a identifié... puis ensemble, d'ailleurs, cher... cher
collègue, là, puis c'est... c'est toujours un plaisir de travailler avec vous,
on a identifié les objectifs qu'on avait. Puis... puis c'est assez simple, en...
en trois phrases... même pas trois phrases, là, c'est plus en trois mots, on
veut faire moins cher, plus vite puis on veut assurer le maintien des actifs.
C'est... C'est ça, en fin de compte, qui nous motive.
Il y a une pression excessive,
actuellement, sur les demandes d'investissement. Il y a du rattrapage à faire
dans les infrastructures au Québec, parce qu'il y a... pendant trop d'années,
on n'a pas investi. Et là on doit trouver le moyen, pour chaque dollar investi,
d'aller chercher le maximum d'effets. Et, si, comme je disais tantôt... si je
suis capable d'aller chercher 10 %, 12 %, 15 % d'efficience sur
150 milliards... 10 % d'efficience, c'est soudainement
15 milliards de plus pour faire d'autres projets. Et on y croit, mais on
veut le faire de manière ordonnée.
On a lancé trois grands chantiers. Le
premier, on l'appelle le chantier amélioration du démarrage des projets. On
observe, actuellement, que les projets qui sont déposés, souvent, il y a... il
y a des changements dans la portée. Ils sont... Ils sont... Il manque certaines
précisions dans les étapes préliminaires. Si on veut aller plus vite, il faut
qu'on travaille de manière plus concertée à identifier vraiment la portée des
projets et s'assurer que le... le dossier est plus rapidement à l'étape où il
peut passer à la réalisation. Et ça, on peut aller chercher des gains de temps
importants. Et, plus le projet est précis, bien, on va gagner aussi des gains
d'efficience sur les coûts. Alors, c'est un premier... chantier, là, qu'on
appelle amélioration du démarrage des projets. Il est fait de façon mutuelle
avec la Société québécoise des infrastructures et le ministère des Transports.
Participent à ça le... le ministère du Conseil exécutif, le Secrétariat du
Conseil du trésor, bref, les... l'ensemble des ministères concernés, là, qui...
qui y participent.
Le deuxième chantier. Il me reste deux
minutes, alors une minute par chantier. On veut revoir le mode de réalisation
qui va être axé sur la performance. Tantôt, on avait des discussions, avec ma
collègue de Saint-Laurent, sur un mode, en fin de compte, où on prend plusieurs
projets sur une base forfaitaire avec un consortium. Bien, ça, c'est un
exemple. On pense qu'on doit favoriser une multitude de modes, dépendant du
type de projet qu'on doit réaliser. À titre d'exemple, si on fait des projets
qui sont récurrents, qui sont de même nature, bien, je pense que ça vaut la
peine d'envisager des solutions comme le forfait énoncé. Dans d'autres cas de
figure, on pourrait avoir des meilleures collaborations, a priori, où on a un
partage de risque. Ce qu'on veut faire avec ça, c'est, oui, diminuer les coûts,
mais c'est aussi augmenter la concurrence. Parce qu'actuellement dans le
mode... dans les modes qu'on utilise trop souvent, ça vient restreindre la
concurrence, parce que la charge, en fin de compte, de l'entrepreneur est trop
élevée par rapport à ses risques. Et il y a plusieurs joueurs qui... qui préfèrent
ne pas y être. Alors, on a de... de grandes perspectives là-dessus.
Le troisième chantier, c'est le chantier
de la performance, qu'on appelle, accrue et gestion de projets. C'est avoir de
meilleurs outils de monitoring, de suivi, justement, pour capter le plus
rapidement possible les enjeux de performance des différents projets. Donc, ça
également, c'est un volet très important.
Ces trois projets là sont déjà en cours. Et
probablement que d'ici la fin de l'été on aura, de manière intérimaire, là, des
conclusions pour nous... nous... aller chercher, espérons, 10 % à
12 % d'efficience dans la réalisation de nos projets d'infrastructures.
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste encore quelques secondes.
M. Julien : Bien, je vous...
je veux remercier, remercier, M. le Président, toutes les équipes qui sont ici
aujourd'hui. Merci de votre présence. Merci, chers collègues, pour cette
période d'échange constructive. Et ça va être tout pour moi.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, notre période d'échange étant maintenant révolue, nous en sommes rendus
à l'étape de la mise aux voix. Conséquemment, le programme 6 intitulé Soutien
aux infrastructures gouvernementales est-il adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division. Sur ce, merci à nouveau pour votre précieuse collaboration.
Nous allons suspendre nos travaux. Mais,
en terminant, je dépose les réponses aux demandes de renseignements de
l'opposition. Et on se retrouve après les affaires courantes à la salle
Pauline-Marois. À plus tard.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15
h
29)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, bienvenue à toutes et à tous. Je constate que nous avons
quorum. Conséquemment, nous pouvons entreprendre nos travaux.
Comme vous le savez, notre commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Conseil du trésor des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil du trésor et Administration gouvernementale
pour l'exercice financier 2023‑2024. Une enveloppe de trois heures a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, bonjour. Y aurait-il
des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Montigny (René-Lévesque) est remplacé par Mme Lachance
(Bellechasse) et M. Bouazzi (Maurice-Richard), par Mme Labrie
(Sherbrooke).
Le Président (M. Simard) : Bienvenue
à ces nouveaux collègues. Alors, comme le veut notre tradition, nous allons
procéder par blocs d'échange d'environ 15 à 20 minutes chacun. Et nous
cédons d'ores et déjà la parole à la porte-parole de l'opposition officielle et
députée de Saint-Laurent. Chère collègue, vous disposez de 18 min 10 s.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président. Je me tourne immédiatement vers la présidente du
Conseil du trésor pour la saluer, elle, et l'équipe, la grande équipe qui l'accompagne,
ma collègue la députée de Sherbrooke. Évidemment, vis-à-vis, là,
malheureusement, je ne parle pas de chacun de vos comtés. Alors, Huntingdon?
Une voix : ...
Mme Rizqy : Oh! Orford. Bellechasse,
bonjour. Et j'allais dire, il y a Fabre. OK, parfait. Merci. Là, Maskinongé.
Bonjour à vous tous. Évidemment, mon attachée politique, Mme Florence
Thivierge, qui m'accompagne encore aujourd'hui, elle était avec moi tantôt, ce
matin, et elle me suit. Et ça tombe bien, parce que moi, des fois, j'ai de la
suite dans les idées, comme vous le savez, M. le Président, et que je dois m'adresser
à la présidence. Donc, ne vous sentez pas vexé si je ne vous regarde pas. Je me
tourne vers lui pour respecter, évidemment, notre code de conduite.
Alors, M. le Président, vous vous
rappelez, ce matin, j'ai essayé d'avoir une réponse, je dis bien «essayé», d'avoir
une réponse du ministre des...
15 h 30 (version révisée)
Mme Rizqy : ...Infrastructures.
Je voulais savoir... Parce que j'ai plusieurs chapeaux, hein? Vous le savez, on
est en équipe un peu plus réduite, hein, ces temps-ci, au Parti libéral. Donc,
moi, j'ai éducation, enseignement supérieur, mais j'ai aussi le bonheur d'être
porte-parole en matière d'infrastructures et Conseil du trésor. Et j'ai été
très, très surprise des propos de la députée de Chutes-de-la-Chaudière ce
matin. Et je comprends qu'il peut y avoir des déceptions. Ça, je comprends
parfaitement ça. Mais là, de soutenir qu'il doit y avoir un retour d'ascenseur,
puisque le projet autoroutier du tunnel, communément appelé «le troisième
lien», est abandonné...
Moi, j'ai essayé d'avoir le ministre des
Infrastructures qui confirme qu'effectivement il ne partage pas cette pensée, c'est-à-dire
que, puisqu'on n'investira pas, environ, entre 6 à 10 milliards de
dollars pour un tunnel en dessous du fleuve Saint-Laurent, bien, la somme
dégagée de ça, si jamais il y a des sommes importantes, devrait être retournée
à Lévis. Et je cite : «C'est ce qu'on fait généralement quand on ne tient
pas une promesse, a convenu la ministre des Relations internationales et de la
Condition féminine, la députée de Chutes-de-la-Chaudière, et elle dit que Lévis
mérite un retour d'ascenseur.»
Alors, je m'essaie maintenant vers la
présidente du Conseil du trésor. Peut-elle rassurer les Québécois, puis qu'effectivement
ce n'est pas comme ça qu'on procède? Il n'est pas question de retour d'ascenseur
parce qu'un projet a été abandonné. Bonjour.
Mme LeBel : Bonjour.
Le Président (M. Simard) : ...
Mme LeBel : Oui. Vous allez
me permettre, chère collègue de Saint-Laurent, de prendre la peine de quand
même présenter, mais brièvement, les équipes qui m'entourent. Naturellement, je
n'en ferai pas la liste complète parce qu'on va... on va prendre beaucoup de
temps, mais je dois vous dire que j'ai naturellement les équipes de mon cabinet,
j'ai les équipes du Trésor, avec le secrétaire, qui est à côté de moi, du Secrétariat
du Conseil du trésor, j'ai naturellement l'équipe du CAG, si jamais on a des
questions qui ont rapport avec ces questions-là, et j'ai l'équipe de l'AMP.
Naturellement, j'ai les gens du budgétaire également. Ce sont des gens qui sont
fort importants quand on prépare les crédits et qui sont fort importants pour
le rôle essentiel du Trésor tout au long de l'année. Je ne veux pas les nommer
parce que je vais en oublier, mais les différentes directions sont là, les
marchés publics, la performance, le budgétaire. Et, encore là, je me suis
lancée dans une énumération et je sais que je vais oublier les gens, mais ils
le savent, à quel point je les apprécie.
Maintenant, pour répondre de façon très
générale à votre question, tous les programmes vont être étudiés, tous les
budgets, tous les projets à la grandeur du Québec, parce que je considère qu'on
est le gouvernement de l'ensemble du Québec au complet, vont être étudiés de façon
pragmatique, en fonction des données et des besoins de chaque région. Et, s'il
y a des projets qui sont présentés pour la région en particulier, ce sera
étudié de la même façon, avec beaucoup d'ouverture, mais avec les critères qui
sont propres au gouvernement et au Conseil du trésor.
Mme Rizqy : Désolée. Vous
m'avez fait...
Mme LeBel : C'est un exploit,
je dois dire. Je le souligne. Alors, j'aimerais avoir l'extrait. C'est entre
quatre minutes et?
Mme Rizqy : Ça va aller. Donnez-moi
une seconde. Désolée. Là, j'ai un fou rire, il faut que je me recentre.
Désolée. Voulez-vous continuer à présenter quelques collègues?
Mme LeBel : Oui, bien, je
peux.
Des voix : Ha, ha, ha!
Mme LeBel : Je peux
continuer. Voulez-vous que j'énumère les comtés de mes collègues?
Mme Rizqy : Non, non, non.
Mme LeBel : Mais je ne me
lancerai pas là-dedans parce que je les connais par leur nom et leur prénom,
puis, quand je me lance dans le nom des comtés, c'est plus complexe.
Mme Rizqy : Merci beaucoup d'avoir
saisi la balle au bond, Mme la Présidente du Conseil du trésor. Donc...
Mme LeBel : Absolument. Vous
ferez de même pour moi, si l'occasion se présente.
Mme Rizqy : Ne vous inquiétez
pas. Et donc je comprends que vous ne souscrivez pas, par vos propos, qu'il il
y aura un nouveau critère de retour d'ascenseur, là, clairement?
Mme LeBel : Bien, je
comprends très bien la... je comprends très bien la réalité de la région en
question, la grande région de tous les collègues qui font partie de ce
caucus-là, je le comprends très bien. Maintenant, on peut... on va travailler
certainement avec eux pour trouver des projets qui sont porteurs, mais les
projets porteurs devront, comme dans l'ensemble du Québec, être évalués. Et, s'il
y a des projets porteurs ailleurs au Québec, on va également les évaluer. Mais
je comprends très bien la réaction. C'est quand même une décision qui a été
difficile, mais qui a été basée de façon pragmatique et sur la base de données.
Pour moi, c'est... c'est ça.
Mme Rizqy : Non, non, je ne
remettrai pas en question la décision, mais c'est juste au niveau de... Je ne
veux pas qu'il y ait un nouveau critère de retour d'ascenseur, parce que ça
veut dire que ça...
Mme LeBel : Bien, je pense
que le premier ministre lui-même l'a dit ce matin, qu'on allait examiner tous
les projets au Québec. Il ne s'est pas engagé dans une voie qui était de
privilégier pour ces raisons-là. Mais effectivement, s'il y a des projets qui
sont porteurs, ils vont être accueillis, puis on va les étudier.
Mme Rizqy : Non, non. C'est
que je me disais... je voulais vraiment que les Québécois soient rassurés.
Parce que, vous savez, il y a la chronique du matin à Paul Arcand. Avant, c'était
le député de Lévis, le député de Lévis qui tenait la chronique de 7 heures, que
c'est la chronique politique, parce que, souvent, on pouvait avoir une bonne
idée, des fois, de certaines orientations gouvernementales, et on annonçait
que, s'il avait des projets <d'aréna...
Mme Rizqy :
...de
certaines orientations gouvernementales, et on annonçait que, s'il avait des
projets >d'aréna, c'était le temps de les déposer. Alors, j'ai... j'ai
un petit peu sursauté parce que, le retour d'ascenseur, moi, je sais qu'il n'y
en aura pas à Saint-Laurent, là, vous comprendrez, là. Donc, je veux m'assurer
que Saint-Laurent puis les autres comtés qui ne sont pas touchés par ce qui se
passe présentement avec le troisième lien ne soient pas, en ce moment, comment
dire, pas dans les bonnes dispositions pour faire des applications.
Mais je vous connais, et je connais aussi
votre rigueur, et je comprends aussi que, par votre réponse, vous ne souscrivez
pas à cette histoire de retour d'ascenseur.
Mme LeBel : Bien, ma réponse,
elle est ma réponse, donc je vais vous demander de ne pas en faire de
déduction. Je vous dis juste que les projets porteurs, qu'ils soient de cette
région ou d'une autre, vont être étudiés avec la même... la même acuité, la
même ouverture.
Mme Rizqy : Daccord. Il n'y
aura pas des priorités, là, j'espère.
Mme LeBel : Bien, les
priorités gouvernementales, jusqu'à présent, sont toujours annoncées de façon
claire et transparente, donc, et sont souvent dans des grands sujets comme
l'économie, comme l'éducation, comme l'immigration, comme l'environnement.
Donc, c'est sûr que les projets qui rentrent dans ces priorités-là, ce n'est
pas une cachette qu'ils sont... qu'ils sont porteurs pour nous. Mais on les
annonce, nos priorités, dans tous les domaines. Donc, dans ce sens-là, oui, il
peut y avoir des priorités.
Mme Rizqy : OK. Parfait. Merci
beaucoup. Écoutez, moi, je veux juste vous amener sur un autre sujet, sur un
autre terrain qui est important. Puis ce n'est pas une question piège, je l'ai
posée ce matin au ministre des Infrastructures. Je lui ai raconté une histoire
qui est arrivée, qui est factuelle et qui est aussi déjà dans les journaux,
c'est l'affaire de la maison des aînés à Mirabel. C'était écrit dans LaPresse,
sous la plume d'Hugo Joncas. Je vous fais juste un petit peu le topo, là. Puis
je vais arriver avec une proposition, ce ne sera pas une question, mais je veux
avoir de l'ouverture de votre part pour qu'on puisse travailler pour amender la
loi ou les critères pour qu'à l'avenir une telle situation n'arrive pas au
Québec.
En gros, M. le Président, vous allez me
trouver redondante vu que vous m'avez écoutée ce matin, il y a un terrain qui
appartient à une dame. Cette dame, elle est conjointe à un individu. Ils ont
des affaires ensemble dans d'autres compagnies, mais l'individu en question a
été reconnu par la Régie des alcools, des courses et des jeux comme étant
actif, et je cite, «dans le prêt usuraire et l'extorsion». Donc, l'argent des
contribuables, à mon humble avis, ne peut pas servir directement ou
indirectement à enrichir une personne qui est reliée au crime organisé, et que
c'est reconnu aussi, et d'autant plus que les policiers le disent clairement,
que ce prêteur est lié au crime organisé, qu'il y a plusieurs enquêtes sur lui
et qu'il a déjà été identifié, là, pour des taux usuraires, là.
Donc, moi, aujourd'hui, j'aimerais juste
avoir votre ouverture, parce que je sais qu'il existe dans d'autres endroits où
est-ce qu'on met un critère qu'on appelle les bonnes mœurs. Donc, pour faire
une transaction avec l'État, l'État au sens le plus large, ici, du terme, que
ce soit directement avec le gouvernement ou par un de ses mandataires, bien, à
ce moment-là, on tienne compte de ce critère-là, ce qui nous aurait empêchés,
en fait, d'acheter ce terrain. Puis il y a d'autres terrains qui existent, là,
il y a d'autres propriétaires privés de terrains fonciers au Québec. Mais ici
je trouve qu'à l'avenir...
Là, ici, clairement... Puis le ministre me
l'a dit : Moi, Mme la députée de Saint-Laurent, je ne l'ai pas vu, ce
dossier-là. Puis même, par la suite, j'ai parlé en dehors des micros avec des
gens de la SQI, qui ne savaient pas, ils n'étaient pas au courant. Mais, quand
on fait un type d'enquête, quand on ajoute ce critère-là, bien, ça nous pousse
à pousser notre réflexion puis l'enquête un peu plus loin.
Alors, est-ce que vous avez une ouverture
pour qu'on puisse travailler ensemble pour peut-être faire une modification, ça
se peut que ce soit un projet législatif à ce moment-là, mais qu'on vienme
ajouter le critère de bonnes mœurs pour les transactions avec la SQI?
• (15 h 40) •
Mme LeBel : OK. Je vais vous
répondre à deux niveaux. Le premier niveau, c'est qu'effectivement le cas de
figure particulier dont vous me parlez, là, je ne suis pas au courant dans les
détails. Donc, je vais, avant de pouvoir vous donner une réponse qui
pourrait... Naturellement, je ne commenterai pas un dossier particulier, là,
mais, avant de vous donner une réponse qui pourrait englober ce dossier-là de
façon très précise, je vais me permettre de peut-être vérifier.
Ce que je peux vous dire, par contre,
c'est que, dans le dernier projet de loi n° 12, et je ne suis pas certaine que
ça s'applique à ce genre de dossier là, mais il y avait... on a... on a ouvert
toute la question de l'intégrité des entreprises qui font affaire avec le
gouvernement du Québec au sens très large.
On a ajouté une déclaration d'intégrité
sous les seuils, parce que vous saviez qu'il y avait toute la question du RENA,
c'est-à-dire du registre des entreprises non autorisées. Donc, le corollaire de
ça, c'est d'être une entreprise autorisée, de faire... de faire... Il y
avait... Il y a des vérifications qui étaient faites antérieurement par l'UPAC,
maintenant qui sont... qui ont été ramenées entièrement au sein de l'AMP, qui
vérifie, au-dessus des seuils, les entreprises qui... l'intégrité des entreprises.
On a intégré sous ces seuils-là une <déclaration...
Mme LeBel :
...au-dessus
des seuils, les entreprises qui... l'intégrité des entreprises. On a intégré
sous ces seuils-là une >déclaration d'intégrité de nos entreprises. Là,
je pense que vous m'avez dit qu'il s'agit de l'achat d'un terrain. Donc, on
a... c'est une forme de contrat, mais ce n'est pas une... ce n'est pas la même
base contractuelle que de faire un contrat par... bon.
Je ne l'ai pas, la réponse. Est-ce que
vous m'intriguez? Oui, dans l'ouverture de ce qu'on pourrait peut-être faire.
Naturellement, je ne m'engagerai pas à une solution parce qu'on l'a, vu dans le
débat du projet de loi n° 12, il y a toujours plusieurs niveaux et, des fois,
il y a des difficultés d'intervention. Mais je vais très certainement garder ça
comme étant quelque chose qui doit être à tout le moins regardé puis évalué
pour voir si... C'est peut-être au Trésor, c'est peut-être ailleurs, je ne le
sais pas, mais... s'il y a quelque chose qui pourrait être fait. Et là,
naturellement, je n'ai pas les détails de ce dossier particulier là pour vous
donner, là, plus d'indications.
Mme Rizqy : OK. Bien, si, admettons,
on reste quand même, là... Factuellement, c'est une transaction. Ce n'est pas,
évidemment, ici, un échange de services, mais ça demeure légalement un contrat,
une transaction, où c'est des deniers publics qui vont servir. Et, dans ce
cas-ci, ça a même permis d'enrichir la personne, parce que l'évaluation du
terrain était autour de 3 430 000, finalement on a payé environ 3 700 000.
Puis vous me direz que ce n'est pas beaucoup, 300 000, mais chaque dollar
compte, puis c'est correct, mais clairement, ici, il y a des deniers publics
qui ont servi pour, je vais le dire ainsi, directement ou indirectement, aller
dans les poches d'un individu aux mœurs notoires, où la régie des alcools et
des jeux a clairement dit : Non, non, non, il y a des problèmes, ici,
d'extorsion, de taux usuraire.
Si, admettons... si, admettons, on se
détache du dossier, comment qu'on fait maintenant, au Québec, pour s'assurer
que ça n'arrive plus, ça, qu'une personne... Parce que, vous savez, dans notre
jargon, là, les personnes liées, là, les conjoints, ce sont des personnes liées.
Alors, des fois, on a des gens qui ont utilisé leur conjoint ou leur conjointe
parce qu'eux ont un dossier. Puis là ils savent très bien que l'État ne voudra
pas agir avec eux, ou interagir avec eux, ou faire une transaction avec eux, donc
ils vont demander à leur partenaire, qui est la conjointe ou le conjoint,
d'être, au fond, la personne signataire, mais dans l'acte, alors que, quand
qu'on regarde l'ensemble de leurs affaires, ils sont en relation d'affaires
dans d'autres compagnies, et ça reste des personnes liées au sens de la loi,
puis même au sens de la loi fiscale. Mais là je n'embarquerai pas dans
fiscalité, je vais en perdre beaucoup, puis là...
Mme LeBel : Non, non, on va
avoir du fun.
Mme Rizqy : Mais, moi,
j'adore ça. Puis, quand je pars en fiscalité, je ne m'arrête pas.
Mme LeBel : On va s'amuser,
mais on va perdre tout le monde.
Mme Rizqy : Exactement.
Mme LeBel : Ou presque.
Mme Rizqy : Mais, moi, je
veux juste discuter. On peut même mettre un peu de côté le dossier, mais juste
de se dire : Comment, maintenant, on peut trouver des outils pour qu'à
l'avenir les deniers publics ne servent pas directement ou indirectement à des
personnes liées qui ont déjà été reconnues coupables d'infractions soit pénales
ou criminelles?
Mme LeBel : Bien, écoutez, la
question est fort intéressante puis elle m'interpelle à plusieurs niveaux, ne
serait-ce qu'en mon ancienne vie et ma vie présente.
Dans ma vie présente, je suis responsable,
comme présidente du Conseil du trésor, de la loi sur les contrats publics.
Naturellement, c'est pour ça que je vous disais tantôt : Ce n'est pas un
contrat au sens de la loi sur les contrats publics. Donc, la portée que l'AMP
peut y avoir, la portée que moi, je peux y avoir par le projet de loi n° 12, je
sais que ce n'est pas pertinent dans le dossier en question, mais j'ai voulu
vous faire la démonstration que, par plusieurs bonds, depuis 2018, on a amené
l'AMP, l'Autorité des marchés publics, je pense, à l'endroit où elle devait
être et qu'elle tient compte, dans ses enquêtes, dans ses évaluations
d'intégrité au sens large, ne serait-ce que par les déclarations d'intégrité,
que par les évaluations qu'elles font pour donner des permissions de contracter
avec l'État au-dessus des seuils, elle tient compte de ce genre... le genre
d'exemple factuel que vous donnez pour juger de l'intégrité d'une entreprise.
Maintenant, de même, rapidement, la
réponse du chemin idéal pour le faire, je ne l'ai pas. Il faut l'évaluer. Je
vais poser une question qui est... je suis dans une réflexion : On parle,
ici, d'un terrain pour une école, si je ne me trompe pas?
Mme Rizqy : Non.
Mme LeBel : Non?
Mme Rizqy : Maison des aînés.
Mme LeBel : Pour une maison
des aînés. Bon. Est-ce que l'État doit se priver d'un terrain qui est idéal?
Est-ce que... Comment on le fait? Est-ce qu'il y en a d'autres? S'il n'y en a
pas d'autres, est-ce qu'on doit s'en priver? Peut-être que la réponse est oui.
Quand je le dis, ce n'est pas pour mettre en question que ce n'est pas pertinent
de se poser la question, mais ce n'est pas... On n'est pas dans la même... dans
la même situation qu'une relation contractuelle de long terme où quelqu'un nous
rend des services.
Maintenant, ça ne veut pas dire que la
question ne se pose pas. Alors, je vais réitérer que je suis fort intriguée. Je
sais que ce n'est pas... ce n'est peut-être pas nécessairement de mon ressort,
compte tenu que, moi, c'est la loi sur les contrats publics, mais, à tout le
moins, il y a une réflexion qui devra se faire. Puis je suis convaincue que mon
collègue, peut-être, vous a répondu la même chose ce matin, je ne sais pas, là,
mais, moi, en tout cas, j'ai une réflexion que je veux faire là-dessus. Mais est-ce
que je vous promets qu'il va y avoir quelque chose? Non.
Mme Rizqy : Non, effectivement...
Mme LeBel : Moi, j'ai toujours...
j'ai toujours l'obligation de moyens. Donc, je vais y réfléchir, mais je ne
m'engage pas dans aucune voie.
Mme Rizqy : Mais la bonne
nouvelle, Mme la Présidente du Conseil du trésor, vous avez une obligation de
moyens, mais moi, j'ai peut-être la façon que vous êtes capable de livrer des
résultats.
Mme LeBel : On <verra...
Mme Rizqy :
...de
livrer des résultats.
Mme LeBel :
On >verra.
Mme Rizqy : Non, mais, de
façon très sérieuse, le...
Mme LeBel : Non, mais c'est
un sujet intéressant, là.
Mme Rizqy : Oui, oui.
Mme LeBel : Mais j'ai du mal
à vous répondre, pas parce que c'est un sujet qui m'embarrasse...
Mme Rizqy : Non, mais j'ai
une suggestion pour vous.
Mme LeBel : ...mais je suis
très factuelle. Et, comme je ne connais pas les faits, j'ai du mal à m'engager
dans cette voie-là. Mais, sur la question de l'intégrité, c'est quelque chose
qui me préoccupe, oui.
Mme Rizqy : Bien, dans ce
cas, moi, j'aimerais ça, peut-être... De toute façon, je rencontre votre chef
de cabinet sur un autre sujet. Moi, j'aimerais ça, qu'on continue la discussion
peut-être en privé parce que je n'ai pas eu une réponse satisfaisante ce matin.
Puis peut-être parce que la sensibilité n'était pas, à ce moment-là, sur le
coup, présente parce que, tu sais, quand on a des échanges au vif...
Mme LeBel : Oui. Puis c'est
difficile quand on ne connaît pas le dossier.
Mme Rizqy : ...puis là on
pense que c'est un piège, mais ce n'est pas un piège, là.
Mme LeBel : Oui, non.
Mme Rizqy : C'est vraiment de
s'assurer que les deniers publics, directement ou indirectement, ne touchent...
ne va pas dans les poches des gens qui ont déjà été reconnus coupables d'une
infraction ou qui sont, évidemment, des individus qui sont des personnes
d'intérêt pour la police, là. Donc, ça, je pense que, ce jargon-là, vous le
connaissez très bien.
Moi, de mon côté, je prends l'engagement
de me rendre disponible, là, j'ai déjà quelque facilité à écrire quelques
projets de loi, mais je pourrais vous faire une petite suggestion, parce qu'on
peut reprendre, à partir du PL n° 12, l'esprit de ça
puis l'ajouter pour les transactions au sens plus large. Parce que je me dis...
Je vous donne un exemple. Là, on parle
d'un terrain, mais ça peut être une bâtisse aussi qui appartient à des gens peu
recommandables. On ne voudra pas utiliser les deniers. Puis, oui, des fois, on
va se dire : On va passer notre tour parce que ce n'est pas vrai qu'on va
venir enrichir des gens qu'on ne sait pas nécessairement comment que, l'argent,
ils l'ont obtenu pour faire, justement, dès le départ, l'acquisition soit du
terrain ou de la bâtisse.
Mme LeBel : Mais, vous le
savez...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
Mme LeBel : Bien, j'allais
dire, l'ouverture est là. Parce que la raison pour laquelle j'ai illustré les
pas de géant, je pense, qu'on a fait dans ce domaine-là par le PL n° 12,
c'était pour vous démontrer à quel... Bien, dans mon domaine d'action actuel,
on a fait le travail. Donc, oui, la réflexion, ça va nous faire plaisir d'en
discuter avec vous à d'autres niveaux.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Alors,
je vous remercie. Sur ce, je cède la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Pour un total
de?
Le Président (M. Simard) : Pour
un total de 12 min 16 s, environ.
Mme Labrie : Merci beaucoup,
M. le Président. Je veux discuter avec la ministre de la question des lanceurs
d'alerte. Je vais mettre la table en citant quelques-uns de ses collègues qui,
dans le passé, ont tenu des propos à l'égard de l'omerta dans les services
publics. D'abord, la ministre McCann, en 2019, qui disait : «La loi de
l'omerta, je n'en veux plus dans notre réseau. Le personnel qui a connaissance
de situations inacceptables ne doit pas se taire. Les intervenants doivent
parler à leurs gestionnaires qui, eux, doivent prendre les mesures pour
corriger la situation.» Il y a l'actuel ministre de la Santé du Québec qui
avait dit en 2021 : «L'omerta dans le réseau de la santé, c'est terminé.»
Il y a l'ancien ministre de l'Éducation qui avait tenu des propos dans ce
sens-là également en disant : «La loi du silence n'est pas une option pour
améliorer notre réseau scolaire.» Il voulait procéder, dans la renégociation
des ententes, à l'époque, à inscrire ça dans la convention collective, là, la
notion de liberté de parole.
Donc, ça a été dit souvent dans le passé
par le gouvernement de la CAQ, et pourtant, moi, j'entends encore très
régulièrement... En fait, il ne se passe pas une semaine sans que des personnes
qui travaillent dans le secteur public me disent qu'ils ne peuvent pas parler
de ce qui se passe parce qu'elles ont peur de représailles. Je l'entends dans
plusieurs secteurs, plusieurs ministères. Et elles en subissent, des
représailles. Quand il y a une information qui circule, l'employeur enquête. On
a vu un exemple récemment sur la Côte-Nord, d'ailleurs, dont la ministre se
souvient peut-être. Ces gens-là se font rappeler leur devoir de loyauté.
Nous, comme députés, on fait serment de
loyauté envers le peuple du Québec. La ministre a prêté ses serments, moi
également. J'aimerais savoir : Pour la ministre, est-ce que les employés
de l'État doivent être loyaux envers le peuple du Québec ou envers leurs
gestionnaires?
• (15 h 50) •
Mme LeBel : Bon, je ne
répondrai pas à la question sous cet angle-là parce qu'il y a... chaque employé
a un certain devoir de loyauté envers son employeur quel qu'il soit. Mais je
pense qu'on dépasse ces questions-là quand on parle de lanceurs d'alerte et
qu'il faut... quand on a des lanceurs d'alerte qui sont de vrais lanceurs au
sens... au sens auquel où on l'entend, je pense qu'il faut leur donner un
mécanisme qui leur permet d'être à l'aise, OK, pour le faire.
Et votre question m'interpelle à deux
niveaux, parce qu'il y a la perception qui est présente de beaucoup de gens,
qu'ils ne sont pas... qui ne se sentent pas confortables de dénoncer, et ça,
cette perception-là, il faut la contrer, il faut leur donner... et il y a la...
peut-être, dans certain cas de figure, de voir à leur donner des mécanismes
concrets.
Ceci étant dit, moi, c'est une... C'était
la recommandation 8 de la commission Charbonneau. On dirait qu'à chaque
fois que je fais des crédits j'ai l'impression que je fais une prolongation à
chaque fois de mon ancienne vie, mais c'est... encore une fois, c'est un sujet
qui me préoccupe et pour lequel je pense qu'il est très important de donner
suite. Il y a eu un rapport qui a été déposé à l'Assemblée nationale au mois de
mai 2020, un rapport sur la mise en oeuvre de la <loi...
Mme LeBel :
...qui
a été déposé à l'Assemblée nationale au mois de mai 2020, un rapport sur la
mise en oeuvre de la >loi. On a une loi sur la divulgation, sur les
lanceurs d'alerte, qui... qui a besoin d'être modernisée. Ce rapport a dressé
le bilan de l'application de la loi, puis il y a plusieurs recommandations qui
ont été faites pour avoir des pistes d'amélioration, donc des pistes d'améliorations
concrètes, mais aussi il faut véhiculer un sentiment de sécurité. Mais je pense
qu'un va... ne va pas sans l'autre.
Maintenant, dans le rapport en question,
il y avait la recommandation de mettre sur pied un comité de travail, et là
j'ai la liste, ici, là, des gens qui sont... qui composent ce comité-là. Puis
on l'a mis sur pied tel que la recommandation était. C'est un comité de travail
avec le ministère du Travail, de l'Emploi et la Solidarité sociale, et je le
dis un peu pour vous mais un peu pour les gens qui nous écoutent pour qu'ils
comprennent qu'on est en action : Protecteur du citoyen, naturellement,
qui... qui est partie à ça, la Commission des normes, de l'équité, la CNESST en
bon... en bon français, le ministère de la Famille, les commissaires à
l'intégrité municipale, aux enquêtes et le Secrétariat du Conseil du trésor.
Donc, c'est un groupe de travail qui va aussi travailler sur les
recommandations du rapport.
Mais la vraie prochaine étape dans tout
ça, et ça fait un petit bout de temps qu'on le dit et qu'on le met de l'avant,
c'est que le rapport doit être étudié en commission parlementaire. Ça fait
partie de la loi, ça fait partie du mécanisme. Et moi, je pense que, s'il faut
qu'on ouvre la loi au terme de ce de cette étude-là et des recommandations qui
découleront de la commission qui aura étudié, parce qu'une... une... vous
pourrez décider, vous étant la commission parlementaire, là, au sens large, de
remettre de l'avant certaines recommandations ou d'autres, bien, on va ouvrir
la loi s'il le faut. Moi, je suis prête à commencer l'étude. Le rapport est
prêt, donc... et le signal est lancé. Puis, pour l'instant, moi, les signaux
que j'ai, c'est qu'on est prêt à commencer l'étude si la commission veut bien
s'en saisir, la commission concernée. Et, je vous le dis, s'il faut ouvrir la
loi, on le fera, parce que je pense que...
Mais je vais me permettre de dire quelque
chose, par contre. Je pense qu'il faut bien encadrer, je pense qu'il faut
rassurer les gens, que ce soit les employés de l'État ou toute autre personne
qui pourrait être un lancer... un lanceur d'alerte dans la société, mais il y a
aussi des balises et des règles qu'il faut suivre pour lancer des alertes, et
je pense qu'il faut les clarifier pour ces gens-là, effectivement.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée.
Mme Labrie : ...Président.
Est-ce que la ministre est d'avis que les travailleurs, travailleuses du
secteur public devraient avoir la liberté de dénoncer des situations ou de
commenter la façon dont ça se passe à l'interne quand ils le font pour le bien
commun? Est-ce qu'elle pense qu'ils devraient pouvoir le faire sans subir des
représailles?
Mme LeBel : Moi, je pense que
ça prend un cadre pour leur permettre de s'exprimer et de dénoncer. Ça prend un
processus, et c'est là-dessus qu'on doit travailler pour les rassurer.
Mme Labrie : Est-ce que la
ministre pense que ce cadre et ce processus, actuellement, sont suffisants?
Parce qu'elle parle de rassurer. Est-ce que c'est simplement de mieux informer
les gens, dans son esprit, ou c'est de... de raffiner ce processus?
Mme LeBel : Bien, il y a un
cadre et un processus présentement qui existent, et je ne veux pas... je ne
veux pas donner, par mes propos, l'impression aux gens qui nous écoutent que
c'est le chaos total et que les gens n'ont pas l'opportunité de dénoncer s'ils
se sentent à l'aise de le faire dans des circonstances bien précises,
d'ailleurs, OK, parce que la... au sens de la loi, il y a une définition de l'acte
répréhensible à l'article 4.
Maintenant, j'ai vu le rapport qui a été
déposé de la mise en oeuvre de la loi, qui est somme toute une loi qui est
quand même assez récente. Dans l'histoire d'une loi, là, ce n'est pas... je
pense qu'elle a, quoi, cinq, six ans, là, pas plus... bien, à peu près, au
niveau du... au moment du rapport, je vais le dire comme ça. Donc, il y a,
comme... comme toutes les... tous les rapports de mise en oeuvre, des
recommandations, et je pense qu'elles méritent d'être étudiées par la
commission parlementaire. Puis je ne veux pas me... me substituer à la
commission parlementaire. Elle a un rôle à jouer, et cette commission
parlementaire là fera des recommandations. Est-ce qu'elle adoptera les
recommandations du rapport? Est-ce qu'elle en ajoutera d'autres? Est-ce qu'elle
fera d'autres types de recommandation? On verra au final de ce processus-là.
Moi, par contre, je peux vous dire que je
suis disposée et disponible, à la suite de cet exercice-là, qui est prévu par
la loi, de mettre en oeuvre les recommandations qui en ressortiront. Pour
moi... Je veux que le... le message soit très clair, il y a déjà un système de
protection. Je pense que, dans la très grande majorité des cas, il est respecté,
ce processus-là. Je pense que, dans la très grande majorité des cas, les gens
peuvent se sentir à l'aise de le suivre. Maintenant, il y a des recommandations
d'amélioration, puis on va... on va faire la suite appropriée, le cas échéant.
Mme Labrie : Je... je vais
vous lire des extraits du témoignage d'une neuropsychologue qui nous a écrit
récemment. Ça fait plus de 20 ans qu'elle travaille dans le réseau de la
santé. Elle travaille en... en soins à domicile, en gériatrie. «Il faut donner
l'impression d'une qualité de service en misant sur la quantité. Le manque <d'humanité...
Mme Labrie :
...faut
donner l'impression d'une qualité de service en misant sur la quantité. Le
manque >d'humanité envers les usagers et leur système mais aussi envers
les intervenants qui font le travail clinique est aussi de plus en plus
évident. Des fois, je me dis que c'est de la violence organisationnelle et j'ai
souvent honte de ce que nos services sont devenus. Comme travailleuse de la
santé, si je parle pour les usagers et les familles, trop souvent je dérange et
je me fais rappeler qui est mon employeur. Mon constat au cours de toutes ces
années : la loi du silence existe toujours, mais elle est de plus en plus
sournoise.»
Comme ministre de l'Administration
gouvernementale, est-ce que la présidente du Conseil du trésor trouve ça normal
qu'une employée qui veut dénoncer la violence organisationnelle au sein du
réseau se sente muselée à ce point-là?
Mme LeBel : Je ne commenterai
pas ce cas particulier, OK, parce que je ne le connais pas dans tous ses
détails. J'en sais ce que vous me dites et je le prends comme vous me dites. Mais
je sais... j'ai suffisamment d'expérience pour savoir qu'il y a l'affirmation
générale et après ça un monde de nuances dans les dossiers. Donc, je ne
voudrais pas rentrer dans ce dossier-là.
Ceci étant dit, je le répète, ça prend...
oui, comme dans toutes les... dans toutes les relations de travail, il doit y
avoir une relation de confiance entre l'employeur et l'employé. Puis ce n'est
pas propre au gouvernement. C'est propre à l'ensemble des employeurs, des
employés, partout.
Maintenant, il faut qu'il y ait aussi, à
l'intérieur de ce cadre de relation de confiance et de loyauté au sens large,
parce que l'employeur doit avoir confiance en son employé et l'employé, d'avoir
confiance en son employeur, c'est à deux sens, il doit y avoir, pour l'employé,
une façon de pouvoir exprimer ses... que ce soit un acte répréhensible au sens
de la loi ou ses doléances. Maintenant, je pense qu'il faut leur fournir le
cadre approprié pour le faire, et le... j'allais dire «le contexte», mais pas
le contexte, l'environnement, pardon, je cherchais... l'environnement approprié
pour le faire.
Maintenant, pour ce qui est des actes
répréhensibles, je pense qu'on devra faire la suite avec la commission
parlementaire concernée.
Mme Labrie : Donc, si je
comprends bien la ministre, son intention pour fournir ce cadre, c'est
davantage de procéder par voie législative que par les conventions collectives.
Mme LeBel : Bien, c'est parce
que, là, faites attention, si vous me demandez par rapport à la loi sur la
divulgation des actes répréhensibles, c'est une chose. Si vous êtes en train de
m'invoquer des... des réclamations syndicales pour le climat de travail, je
vais vous référer à la table de négociation, c'est-à-dire, moi, je vais en
parler aux tables de négociation puis je ne me positionnerai certainement pas
ici. Mais ça fait partie, naturellement.... L'organisation du travail, les
conditions de travail, le climat de travail font toujours partie d'une
négociation. Mais là il y a deux niveaux. Est-ce qu'on dénonce pour avoir de
meilleures conditions parce qu'on est dans un acte de négociation? À ce
moment-là, c'est légitime de parler de ces sujets-là, mais on va parler aux
tables de négociation puis pas ici. Maintenant, si on me demande, en vertu de
la loi sur la divulgation des actes répréhensibles, je ne me souviens jamais du
titre correct, mais on sait de laquelle on parle, Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles, bien, moi, je suis très prête à améliorer la loi.
Mme Labrie : Moi, je vous parle
de situations qui viseraient à améliorer la qualité des services aux citoyens,
le bien commun, davantage que de situations qui concernent les conditions de
travail.
La ministre a fait référence à un... bon,
le rapport sur la mise en œuvre de la loi. Son prédécesseur au Conseil du
trésor, qui est actuellement le ministre de la Santé, avait lui-même déposé un
rapport dans lequel il y avait des recommandations très claires, là, pour la
mise à jour de la loi. Le Protecteur du citoyen aussi a fait des
recommandations dans ce sens-là, 21 recommandations, en fait, en 2019.
Donc, est-ce que la ministre endosse les recommandations du rapport du Protecteur
du citoyen et celles de son collègue?
Mme LeBel : J'y ai fait
référence. Le rapport dont... auquel je faisais référence, qu'on avait déposé à
l'Assemblée nationale suite à la mise.... le rapport de mise en œuvre de la loi
en mars 2020, c'était mon collègue qui était là en mars 2020.
Mme Labrie : Puis le rapport
de la Protectrice du citoyen.
Mme LeBel : Oui, oui, c'est
son rapport sur la mise en œuvre de la loi, et c'est ce rapport-là qui doit
être... qui doit être étudié en... J'exhibe, c'est celui-là, mais il est sur le
site de l'Assemblée nationale. Mais c'est ce rapport-là qui doit maintenant
être étudié en commission... en commission parlementaire. Et c'est à lui que je
faisais référence et c'est...
Mme Labrie : Celui du
ministre... Celui de son prédécesseur.
• (16 heures) •
Mme LeBel : Bien, ce n'est
pas celui du ministre, là, c'est celui de... oui, Secrétariat du Conseil du
trésor avec le protecteur sur la mise en œuvre de la loi.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Merci.
Mme LeBel : C'est le même et,
oui, c'est celui-là.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Nous poursuivons nos échanges, et je cède à nouveau la
parole à la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le Président. Mme la présidente du Conseil du trésor, vous avez affirmé que
le télétravail, qu'il n'y avait aucune baisse de productivité observée. C'est
bien ça?
Mme LeBel : J'ai déjà dit
que, selon les observations, qui n'étaient pas des données, parce qu'on va
avoir un rapport... On s'est donné comme objectif de réévaluer notre politique
de télétravail pour avoir un bilan vraiment complet en 2024. Elle n'a pas
été... Cette politique, là, elle a pris tout son envol, si on veut, pleinement
en avril 2022, je dirais même fin... fin avril, mai, juin 2022...
16 h (version révisée)
Mme LeBel : ...elle a pris
tout son envol, si on veut, pleinement, en avril 2022, je dirais même fin
avril, mai, juin 2022, parce qu'il y a eu, à un moment donné, vous vous
souviendrez, hein, ce n'est pas si lointain... on ferme, on ouvre, on revient
100 % en télétravail. Donc, elle n'est pas... de façon complète, en œuvre depuis
fin avril, peut-être, je dirais, 2022.
Donc, on devrait avoir un rapport complet,
un bilan complet pour évaluer : Est-ce que c'est un... Parce que moi, je
pense que ça prend un échantillonnage probant. Ce que j'ai déjà déclaré, c'est
que, présentement, surtout pendant la pandémie, quand on était à cinq jours de
télétravail, nous n'avions pas remarqué, et on... et ça, ce n'est pas
scientifique, là, c'est en discutant avec les différents ministères, avec les
services aux citoyens, avec... on n'avait pas remarqué de baisse de
productivité qui était liée à du télétravail à cinq jours.
Maintenant, on était dans un contexte
différent, on le sait, et je ne suis pas dupe, là, il va falloir qu'on ait un
échantillonnage probant, mais, tu sais, on va regarder : Est-ce que c'est
un modèle optimal? Est-ce qu'il y a des paramètres à modifier? Déjà, on a eu
des recommandations d'une professeure en gestion des ressources humaines de
Rimouski, je pense, de l'Université du Québec à Rimouski, qui donnait déjà des
commentaires sur notre politique, dont on va tenir compte, là, pour cette
analyse-là, et on est en train de regarder ça, là.
Donc, je pense qu'il faut qu'on refasse un
bilan, mais, pour l'instant, je vous dirais que, par observation... on dit-tu
«empirique»? Non, hein, ce n'est pas «empirique». Par observation,
présentement, il y a, naturellement, de l'adaptation à faire dans nos modèles
de gestion. On ne peut plus être dans le modèle de gestion à vue, on doit être
dans un modèle de gestion basé sur la performance, mais il faut se donner le
temps et le recul nécessaire pour avoir de bonnes données. Mais je vous dirais
qu'on ne ressent pas présentement d'impact sur la productivité, mais c'est loin
d'être scientifique, là.
Mme Rizqy : OK, mais vous
conviendrez qu'à date ça va quand même bien pour ceux qui sont en télétravail,
là.
Mme LeBel : C'est ce que je
viens de dire, c'est ça, on ne voit pas... mais... Je pense qu'on a le devoir
de faire un bilan complet, une évaluation qui est beaucoup plus probante que ce
que je vous dis là, mais, effectivement, est-ce qu'il y a des cas de figure?
Potentiellement, là, mais, moi, je vous parle de 70 % des gens qui sont en
mode télétravail, au gouvernement, présentement, au sens large de la
fonction... dans la fonction publique, en télétravail en mode hybride. Et,
présentement, je veux dire, on ne ressent pas d'impact qui permettrait de conclure,
là, juste... genre, de façon évidente, que ça va mal. Au contraire, ça semble
bien aller, mais je ne dis pas qu'il n'y a pas de cas de figure, là, c'est...
Mme Rizqy : Non, non, bien,
il y a toujours des exceptions qui confirment la règle, là, on s'entend.
Mme LeBel : Oui, absolument.
Mme Rizqy : Mais, si jamais
il y avait eu vraiment des bris de service ou quoi que ce soit, vous auriez
immédiatement agi, là.
Mme LeBel : Oui, puis des
bris de service qui sont liés au télétravail, parce qu'il ne faut quand même
pas nécessairement tirer une conclusion immédiate, s'il y a un bris de service,
que c'est nécessairement lié au télétravail. Mais oui, on suit la politique de
très près, et on s'est donné comme objectif de se faire un bilan complet en
2024, avec des données beaucoup plus probantes, et de réévaluer. Parce que, je
l'ai dit dès le départ, quand on a mis cette politique de télétravail là sur la
table, elle a été peut-être activée beaucoup plus rapidement que ce qu'on avait
anticipé. La pandémie nous... faisant aller tout le monde en télétravail cinq
jours, à un moment donné, il faut aussi s'adapter à la situation, mais... On va
réévaluer, effectivement, mais, pour l'instant, il n'y a pas... disons qu'il n'y
a pas de sonnette d'alarme majeure sur l'efficacité.
Mme Rizqy : Parfait. Parce
que moi, ce que j'ai, comme échos des gens, c'est que c'est très apprécié. Et,
vous le savez, en ce moment, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, c'est
un attrait qui est recherché par les employés, d'être aussi capables de faire
du télétravail. Ça leur permet de mieux conjuguer leurs réalités famille-travail,
et je suis contente de vous entendre le dire, qu'à date il n'y a pas de
sonnette d'alarme, ça se passe relativement bien, qu'évidemment il peut y avoir,
ici et là, quelques cas, mais, sinon, le tout se poursuit bien.
Pourquoi je vous pose la question? Vous
savez que j'ai aussi le chapeau de porte-parole en matière d'éducation.
Permettez-moi juste de vous faire peut-être une réalité plus des enseignants.
Dans la grille-matières d'un enseignant, puis vous, vous avez été professeure...
bien, nous, les profs,moi aussi, j'ai été prof, on a une plus grande latitude,
hein, dans notre façon de faire notre travail, et c'est un immense privilège.
Les enseignants, dans la grille-matières, des fois, il arrive... en fait, pas
juste des fois, là, ils ont souvent, évidemment, des cours, mais ils ont des
cases horaires où ils peuvent préparer leurs prochaines périodes. Alors, des
fois, ça va arriver, on va dire, sur une période de neuf jours, qu'ils vont
avoir une journée qu'ils vont terminer, disons, le jeudi après-midi, ils n'ont
pas besoin d'être en classe, donc ils ont du temps. Et plusieurs <disent...
Mme Rizqy :
...terminer,
disons, le jeudi après-midi, ils n'ont pas besoin d'être en classe, donc ils
ont du temps. Et plusieurs >disent : Mais pourquoi que je suis
obligé de rester à l'école? Et je sais que vous êtes en négociation collective,
je ne vous demande pas de me parler des tables de négo, je vous demande, là, de
prendre un peu, là, comment dire, là... tu sais, ce recul-là, de comment qu'on
fait pour valoriser les enseignants, les garder... Puis on en a vraiment
besoin.
Et moi, je sais qu'une de leurs demandes
que j'entends... sur le terrain et pas aux tables de négo, moi, je ne suis pas
aux tables de négo, mais... Si vous voulez m'inviter, là, j'irais, hein, pas de
problème, j'adore négocier, ça va me faire vraiment plaisir.
Mme LeBel : ...par contre.
Mme Rizqy : Il y en a qui ne
seraient pas contents chez nous de faire ça.
Mme LeBel : Vous êtes la
bienvenue.
Mme Rizqy : Vous voyez comment
qu'on a du plaisir, nous autres... Conseil du trésor? Mais peut-être de pouvoir
donner un petit peu cette flexibilité qui existe déjà, maintenant, pour les
fonctionnaires de l'État et qui est appréciée, là, d'eux, de se dire : Bien,
aujourd'hui, en 2023, lorsque notre présence physique n'est pas requise, qu'on
n'a pas besoin de faire une prestation de service devant une classe et qu'on a
de la correction à faire... M. le Président, vous en avez fait, de la
correction?
Le Président (M. Simard) : Malheureusement,
oui.
Mme Rizqy : Et voilà! Moi
aussi, j'en ai fait. Et la réalité, dans les écoles... ce n'est pas vrai qu'on
est en surplus de classes, et souvent on doit se retrouver plusieurs
enseignants dans la salle de dîner des enseignants, la salle de repos, mais ils
sont plusieurs, puis là, évidemment, il y a du bruit, puis il y a toujours
quelque chose qui arrive, puis on n'est pas capable de mettre vraiment toute
notre concentration à la tâche. J'aimerais savoir si vous avez une ouverture
pour qu'on puisse aussi étendre ce droit... OK, non, je rephrase, pas «droit»...
Mme LeBel : Oui, s'il vous
plaît
Mme Rizqy : ...j'ai vu dans
le regard tout de suite... cette possibilité que le télétravail ne soit pas
uniquement pour... réservé, en ce moment, pour les fonctionnaires de l'État,
mais qu'on le permette aussi pour les enseignants. Je pense que ce serait une
façon aussi de les valoriser en leur faisant confiance, à eux aussi. Parce que
vous, Mme la présidente du Conseil du trésor, vous faites confiance que les
fonctionnaires, quand ils sont en télétravail, ils travaillent pour vrai, ils
ne font pas semblant, on le sait. Puis vous l'avez dit, il n'y en a pas eu, de
bris de service lié au télétravail. C'est aussi une façon de les valoriser puis
leur dire : Nous, on vous fait confiance que vos corrections, vous allez
les faire. Puis, de toute façon, Mme la présidente, ils sont obligés de les
faire, on a des dates d'entrée de bulletins. Donc, ils les font, les
corrections, mais ça leur permet de le faire dans des conditions gagnantes, où
est-ce qu'ils sont dans le confort de la maison, sans le bruit d'une école.
Puis, des fois, vous savez, du bruit, il y en a.
Mme LeBel : Vous savez comme
moi que je ne peux pas complètement me détacher du fait que je suis
présentement en négociation, malheureusement. Et vous savez comme moi que
j'aimerais bien vous dire : Mme la députée de Saint-Laurent, prenons une
bulle, ici, où personne ne m'écoute et que... je vais pouvoir vous dire des
choses qui ne seront pas reprises par les syndicats aux tables de négociation.
Alors, comme on ne vit pas dans ce monde idéal, que ça n'existe pas, je vais
faire très attention à ce que je vous réponds.
Ceci étant dit, bon, vous l'avez précisé,
puis je suis contente, la politique dont je fais... à laquelle je fais
référence s'adresse à la fonction publique, nous parlons des deux grands
réseaux. Maintenant, quand on nous parle de ce que vous me parlez... Vous me
parlez d'organisation du travail. L'organisation du travail, on me parlait
tantôt de priorités, bien, c'en est une, priorité qui guide et qui est en toile
de fond de la négociation actuelle.
Et, oui, je suis sensible à l'organisation
du travail, je suis sensible à l'attraction, à la rétention, je suis sensible à
la productivité, également, parce que, naturellement, si le gouvernement est
prêt... le gouvernement est prêt à s'asseoir avec les syndicats et parler
d'organisation du travail. Et je vous dirais que j'ai beaucoup d'ouverture dans
ce cadre-là pour qu'il y ait, par contre une... qu'il y ait... que... comment
je dirais ça, donc, dans l'organisation du travail, qu'il y ait aussi une
amélioration du service qui est faite.
Ceci étant dit, je vais juste vous donner
un exemple. Lors de la dernière négociation, il y avait toute la question du
cinq heures de travail... je vais l'appeler travail clérical, je sais que ce
n'est pas ça, là, mais qui n'est pas de l'enseignement, là, parce qu'on
s'entend que du télétravail pour les heures de classe... je comprends que ce
n'est pas là que vous voulez aller. Mais, dans ce cinq heures-là, on a négocié
un deux heures de libération où... que les enseignants peuvent faire à
l'endroit où ils veulent, et ça a été négocié. Donc, maintenant, au lieu d'être
32 heures de présence à l'école... c'est maintenant 30 heures de
présence à l'école, et ça inclut les heures de classe, naturellement. Donc,
ceci étant dit, parlons organisation du travail, parlons-en ensemble aux tables
de négociation.
• (16 h 10) •
Mme Rizqy : Moi, j'entends
une ouverture, par le sourire aussi, mais...
Mme LeBel : Sur
l'organisation du travail.
Mme Rizqy : Oui, sur
l'organisation du travail. Moi, je vous soumets que ce serait vraiment très
apprécié.
Mme LeBel : C'est noté.
Mme Rizqy : Et gardons en
tête que nous perdons, dans les cinq premières années, entre 20 à 25 % des
jeunes enseignants, les nouveaux enseignants, mais aussi qu'on a une nouvelle
tendance qui se dessine, des enseignants d'expérience qui quittent plus tôt,
maintenant, vers la retraite, même avec des pénalités, parce qu'ils sont
vraiment épuisés. Alors, je trouve que c'est une façon aussi d'ajouter dans ce
que votre collègue, qui était l'ancien <ministre...
Mme Rizqy :
...pénalités,
parce qu'ils sont vraiment épuisés. Alors, je trouve que c'est une façon aussi
d'ajouter dans ce que votre collègue, qui était l'ancien ministre de >l'Éducation...
il appelait ça le bouquet de mesures. Puis c'est vrai qu'on a besoin d'un
bouquet de mesures.
Permettez-moi de continuer sur encore la
même chose, mais sous un autre angle, maintenant, qui touche le télétravail,
mais... vous allez me voir venir : la déconnexion. Moi, je suis allée dans
les écoles faire du remplacement, et là j'ai découvert que mes talents de prof
à l'université ne valaient absolument rien à l'école, pour vrai, et que... Je
suis sortie de là épuisée après une semaine. Ce n'est même pas des farces. Et,
semaine après semaine, j'ai découvert beaucoup plus le monde de l'éducation
primaire et j'ai été assez surprise des courriels. Parce que, là, vu que
j'étais dans l'école, j'avais aussi, moi, le droit de savoir qu'est-ce qui se
passait, mais, pour vrai, il y avait des courriels qui rentraient passé
9 h et même passé 10 h le soir. Tu sais, je peux comprendre, quand il
y a des urgences, là, des vraies urgences, qu'effectivement, là, il faut
envoyer un courriel : L'école, demain, elle est fermée pour x, y raison, ça,
je trouve ça vraiment correct, mais est-ce qu'il y a une ouverture pour venir
écrire noir sur blanc le droit à la déconnexion pour des employés?
Mme LeBel : Écoutez, il y a
quand même plusieurs choses qui encadrent cette question-là. Maintenant, dans
la politique de télétravail, il n'y a rien qui est écrit noir sur blanc, sur
cette question-là, mais, dans le guide d'application de la politique, on
demande aux... j'allais dire aux entités concernées qui appliquent la politique
de porter une attention particulière à cette question-là. Donc, oui, c'est un
souci.
Maintenant, comment... Est-ce qu'on doit
aller plus loin? Est-ce qu'il y a des cas de figure qui sont nécessaires?
Est-ce que... Et je sais que c'est une demande des syndicats, donc je suis très
prudente. Donc, on en discutera aux différents niveaux, mais je veux juste
rassurer qu'on n'est pas complètement insensibles, là, parce que, dans le guide
d'application, on demande de faire attention à ce... à cette... à ces cas de
figure-là, à ça, là, et cette question, là, de déconnecter. D'ailleurs, j'ai
hâte qu'on nous la donne à nous aussi, députés et ministres, mais, bref, il y a
une attention particulière qui doit être portée à cette question-là,
effectivement, et c'est dans le guide d'application.
Mme Rizqy : Là, il me reste
combien de temps?
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Rizqy : OK, parfait.
Mme LeBel : ...dire, là,
parce que c'est marqué à la... Bien, la politique de télétravail, c'est marqué «Responsabilité
de l'employé ou de l'employée, bon, ça, puis c'est être... bon, c'est :
«Être joignable dans un délai raisonnable, mais selon son horaire de travail.»
Donc, c'est bien précis, c'est selon son horaire de travail. Donc, ce n'est pas
parce que... Puis vous savez qu'ils sont en télétravail en mode hybride, hein?
Donc...
Mme Rizqy : ...préciser, là,
mettons, je parlais vraiment de l'équipe-école.
Mme LeBel : Oui, mais là on
est dans les négociations à ce moment-là. C'est parce que moi... C'est délicat,
parce que moi, je n'ai pas l'ensemble des commissions scolaires, l'ensemble des
règles, et tout ça, et des employeurs. Moi, ma politique s'adresse à la
fonction publique.
Maintenant, est-ce que, dans le cadre des
négociations avec les secteurs, présentement... aux tables de négociation
sectorielles, est-ce que c'est un sujet qui est abordé? Bien, ce sera très
certainement un sujet qu'on discutera, le cas échéant, là.
Mme Rizqy : Il me semble
qu'ils l'ont déposé dans leurs demandes, là, les syndicats.
Mme LeBel : Bien, c'est pour
ça je vous dis que ça va être... ça va être discuté aux tables de négociation,
là.
Mme Rizqy : Oui, mais vous
avez déjà commencé à mettre un petit peu la table sur certaines affaires que le
gouvernement ouvre.
Mme LeBel : Oui, je vous
parlais de la politique de la fonction publique. Il faut avoir une sensibilité
à ça, mais elle va se... elle va se décliner de quelle façon? Je ne le sais
pas. C'est un sujet qui est discuté aux tables de négociation par les secteurs
concernés, donc, dont l'éducation, auquel vous faites référence.
Mme Rizqy : Oui, parce que je
pense qu'à l'époque où est-ce qu'on vit, là... Nous, disons-le ainsi, vous,
tout comme moi, on est des élus, donc nos heures, ça fait longtemps qu'on a
arrêté de les calculer, là, mais il me semble que, pour des employés qui ont
déjà une lourde tâche, là, dans leur cas, il me semble qu'on est rendus là, à aller
encadrer ça, là.
Mme LeBel : Oui. Bien, tu
sais, il faut faire... je ne mets pas en cause le fait qu'il faut avoir le
télétravail, le travail à distance, les outils de communication... parce que ce
n'est pas propre au télétravail, hein, les outils de communication, qu'on
fournit souvent à beaucoup d'employés... oui ou non, les courriels, la façon
plus immédiate de rejoindre tout le monde, dans notre société, puis c'est un
grand débat de société, a permis de se rejoindre facilement.
Maintenant, il faut faire la distinction
entre recevoir un courriel, le prendre et y répondre, mais vous avez raison, il
y a une question, je pense, même beaucoup plus large que l'éducation ou que les
négociations, à se poser sur la facilité avec laquelle on est rejoignables et
l'attente de l'immédiat qu'on a tous dans notre société, mais je reprends,
maintenant, de façon plus précise : C'est un sujet qu'on va discuter aux
tables de négociation.
Mme Rizqy : Alors, je vous
soumets comme idée de prévoir, par exemple, pour les enseignants, que répondre
dans la journée scolaire et... Disons que leur présence, disons, est de
7 h 40 jusqu'à 8 heures... pardon, pas 8 heures, ça, c'est
nous autres, jusqu'à 8 heures le soir... non, mais disons que ce <serait...
Mme Rizqy :
...est de
7 h 40 jusqu'à 8 heures... pardon, pas 8 heures, ça, c'est
nous autres, jusqu'à 8 heures le soir... non, mais disons que ce >serait
7 h 40 jusqu'à, par exemple, 16 heures, qu'ils terminent l'école,
environ, là, plus ou moins, mais que, c'est ça, durant la période de travail,
là, qu'ils peuvent répondre aux courriels, mais qu'après, une fois qu'ils ont
quitté l'école, que ce soit clair. Parce que, sinon, eux, il faut se mettre à
leur place, quand ils reçoivent des courriels, s'ils ne répondent pas, bien, vous
vous dites : Bien, il a ouvert le courriel, est-ce qu'il va répondre? Bien,
il y en a beaucoup qui ont cette pression de répondre de peur de recevoir une
plainte de ne pas avoir répondu assez rapidement. C'est cette crainte-là qu'on
devrait essayer d'enlever, puis dire que non, la journée de travail est de
telle heure à telle heure et, par conséquent, les réponses sont de telle heure
à telle heure, sauf évidemment s'il y a une urgence importante, là, ça, je peux
comprendre. Puis habituellement les urgences, c'est les cadres, donc, les
directions d'école, qui seraient en mesure de répondre, ou le centre de
services scolaire, mais... Là, je ne sais pas combien de temps qu'il me reste...
parce que j'ai d'autres questions.
Le Président (M. Simard) : 1 min 50 s.
Mme Rizqy : OK. Bien,
voulez-vous... Sinon je vais aller à mon prochain bloc. Voulez-vous répondre à
ça? Sinon, est-ce que je peux terminer puis prendre mon temps après? Oui. OK,
parfait. Bien, à moins que vous vouliez répondre, mais je pense que...
Mme LeBel : ...rien à ajouter
à part le fait que je sais que c'est une... que ça fait partie d'une demande et
je sais que le sujet fait partie de la discussion.
Mme Rizqy : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup. Mme la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, M. le
Président. D'abord, permettez-moi de saluer ici tous les collègues, saluer Mme
la ministre ainsi que toute son équipe qui l'accompagne aujourd'hui aux
crédits.
M. le Président, la collègue du Parti
libéral vient de parler que nous avions le devoir, en fait, de soutenir un
modèle de gestion basé sur la performance, en termes de ressources humaines,
mais la performance de l'État, on le sait, on en a... En fait, ce n'est pas la
collègue qui en a parlé, c'était en réponse à la collègue — je vois des
points d'interrogation — permettez-moi de rectifier. Donc, on parle
de performance basée... de gestion basée sur les performances, mais ça, ça
s'adresse aussi pour les performances de l'État.
Et, quand on parle du contexte des
finances publiques dans lequel on s'inscrit actuellement, de la situation
économique post-pandémie, inflation, on le sait aussi, on a beaucoup d'enjeux,
et je pense que la collègue en a fait mention, des enjeux liés à la rareté de
main-d'œuvre, qui représentent aussi des défis importants pour l'administration
publique. Il y a un travail qui doit se faire et qui peut se faire. Et la
révision des programmes vous permet et, en fait, permet à l'État de modifier
les façons de faire de l'administration publique pour amener un niveau de
performance plus grand, d'une part, évidemment, dans un même contexte,
d'améliorer la qualité des services aux citoyens. On en parle souvent, on en a
eu plusieurs, discussions. Les citoyens s'attendent à avoir des réponses
précises à leurs besoins, s'attendent... des niveaux d'attentes qui sont quand
même assez élevés. Et aussi ça vous permet de dégager une marge de manœuvre
pour réaffecter des ressources en fonction, évidemment, des différentes
priorités gouvernementales.
Je lisais que les efforts en révision des
programmes vont se poursuivre et, évidemment, pourraient permettre de
contribuer à l'atteinte de cibles importantes, dont des économies récurrentes
de 1,5 milliard, à terme, on parle ici de 2026‑2027. Moi, ce que
j'aimerais entendre, ce que j'aimerais savoir, c'est quels moyens on va
prendre, quels moyens vous allez prendre pour que le gouvernement puisse
atteindre ces cibles-là. Puis là je vous parle, ici, là, de deux natures, que
ce soient des moyens financiers ou non, là. Je veux vous entendre.
• (16 h 20) •
Mme LeBel : Bien, merci.
Mme Lachance : Vous savez
comment ça me touche.
Mme LeBel : Oui, absolument.
D'ailleurs, on va avoir l'occasion d'y travailler ensemble. Écoutez, la
révision des programmes gouvernementaux est importante à deux niveaux. Vous
avez mentionné le premier niveau... Et ils ne sont pas en ordre d'importance.
Donc, le premier niveau, naturellement, qui est le plus évident, ce sont les
économies récurrentes qu'on peut y retrouver quand on fait la révision des
programmes gouvernementaux. Ce n'est pas la première fois, dans le cadre
financier 2018... je me trompe toujours, 2018‑2023, on avait déjà... dans
nos mesures d'optimisation, il y avait la révision des programmes, et qui nous
ont permis, à terme, avec d'autres mesures d'optimisation, de faire des
économies de l'ordre de 2 milliards de dollars, ce qui n'est pas
négligeable dans un cadre financier. D'ailleurs... vous allez le retrouver,
d'ailleurs, à la Stratégie de gestion des dépenses, que j'ai déposée en même
temps que le budget de mon collègue aux Finances, à la page 18, on parle
de l'exercice qui a été fait préalablement et des mesures d'optimisation. Donc,
on a atteint même plus que notre objectif, un peu plus de 2 milliards à
terme. Et il y avait toute la question de la <révision...
Mme LeBel :
...même
plus que notre objectif, un peu plus de 2 milliards à terme. Et il y avait
toute la question de la >révision des programmes gouvernementaux dans
cette case-là.
Maintenant, on a encore, dans
l'amélioration continue, notre cadre financier puis la saine gestion des
finances publiques. Et, là-dedans, il y a deux composantes, hein, il y a la
saine gestion, mais c'est de l'efficacité, également, et de l'efficience. Donc,
il faut qu'on comprenne qu'on ne recherche pas des coupures, on recherche de
l'efficacité, on recherche de l'efficience.
Il faut comprendre que les sommes qui sont
récupérées ou économisées de cette révision des programmes là et de cette
gestion plus optimale de nos deniers publics sont réinvesties dans les services
aux citoyens. Donc, l'idée, c'est de dire : Est-ce que chaque dollar qui
est dépensé dans les programmes du gouvernement vient servir au maximum les
citoyens? C'est ça, la... c'est ça qui est l'objectif derrière cette révision
de programmes là.
Et, en même temps, la révision des programmes
est aussi une opportunité de venir simplifier les démarches d'accès aux
programmes pour les clientèles. On l'entend, sur le terrain, comment c'est
compliqué, l'accès aux programmes, comment, des fois, c'est plus ardu pour des
gens qui ne sont pas rompus à l'exercice de soumettre des dossiers aux
programmes gouvernementaux ou de chercher à travers la multitude des
programmes. Malgré que les 125 députés, dans les 125 comtés, font un
excellent travail d'accompagnement envers les citoyens pour les guider à
travers le dédale des programmes gouvernementaux, je pense que c'est important
de simplifier les démarches d'accès des programmes pour les clientèles.
Donc, ce sont deux niveaux, et on va y
arriver. On l'a fait la dernière fois. Et comment... Je peux vous donner des
exemples de projets qui ont été faits, qui étaient beaucoup plus à portée
gouvernementale. Il y en a eu une multitude. On en a eu des... deux... est-ce
que c'est... deux projets de loi sur la révision réglementaire aussi. Ça ne
touche pas les programmes du Conseil du trésor, comme tels, et des différents
ministères, mais c'est dans le même état d'esprit qu'on le fait. On a eu
l'optimisation de la gestion de la flotte gouvernementale du CGER, comme on
l'appelle, où on a regroupé sous un même toit plusieurs entités. On a donc
confié le mandat au Centre de gestion de l'équipement roulant, qui était le
CGER, du ministère du Transport, d'intégrer les activités de la gestion de la
flotte gouvernementale. Ça n'a l'air de rien, là, mais il y avait des petites
flottes gouvernementales à gauche et à droite, et on a voulu centraliser ça, et
on a dégagé des économies. Non seulement on a des gains d'efficacité puis c'est
beaucoup plus logique d'avoir ça à un même endroit, mais on a des économies en
dollars sonnants qui sont... qui découlent de tout ça.
On a également... Et c'est aussi une
façon, la gestion des programmes, de ne pas juste récupérer des économies, mais
il y a, des fois, des programmes gouvernementaux... Et vous le savez,
maintenant, ça fait plusieurs fois qu'on fait l'exercice des crédits, quand des
sommes d'argent sont attribuées dans un programme spécifique, ce n'est pas
impossible dans tous les cas de figure, mais c'est souvent très complexe de
prendre l'argent de ce programme-là, qui ne fonctionne peut-être pas ou qui
n'est pas aussi populaire... et là je prends un terme très, très générique, là,
mais très... populaire qu'on l'aurait pensé, donc probablement qui ne répond
pas nécessairement aux besoins de la clientèle. Et, des fois, on ne se pose pas
trop la question, il y a des sommes qui dorment là, qui ne sont pas utilisées
pour les gens.
Donc, de fait, de revoir ces
programmes-là, peut-être de les maintenir mais en les modifiant, peut-être de
les abolir parce qu'ils ne répondent pas à un besoin de la clientèle mais de
prendre ces sommes-là et de les mettre, les injecter dans un programme qui
fonctionne très bien, où, des fois, on a trois, quatre fois le niveau de
demande des ressources, donc... ça fait partie de tout ça, la révision des
programmes. Et on le fait.
Naturellement, ce n'est pas le Conseil du
trésor qui révise tous les programmes de tous les ministères et organismes, ce
serait impossible, mais on envoie le signal très clair et on suit les
programmes gouvernementaux pour être sûrs que... Pour nous, l'indicateur le
plus probant, c'est les économies, parce que, quand... qui sont l'indicateur,
je dirais, le plus probant de notre surveillance de la révision des programmes,
mais, naturellement, on accompagne les ministères et organismes, en termes de
performance, d'efficience. On a d'ailleurs tous les plans stratégiques. Je
pourrais partir dans la performance, mais... parce que ça... je trouve ça,
effectivement, fascinant, mais ça fait partie des outils, également, que l'on
fait pour cette révision des programmes là. Mais c'est très spécifique, la
révision des programmes, à l'intérieur d'un grand souci d'efficience et de
performance.
Mme Lachance : Merci. M. le Président,
j'ai une autre petite question, est-ce que j'ai encore du temps?
Le Président (M. Simard) : Oui,
1 min 50 s, madame.
Mme Lachance : Merci. Dans la
révision des programmes, puis vous l'avez bien dit, dans le fond, vous avez... c'est
un des outils parmi tant d'autres, mais j'aimerais aussi vous entendre parler,
parce qu'évidemment on parle d'attentes citoyennes, et on a déjà eu la
discussion ensemble, concernant, évidemment, l'évaluation de la performance de
l'État.
Donc, ce que j'aimerais parler avec vous,
c'est, techniquement, le tableau de bord de la performance de l'administration
publique. Ce que j'aimerais voir, c'est comment cet outil-là peut permettre une
amélioration continue qui se transpose, dans le fond, dans les ministères et
comment, <évidemment...
Mme Lachance :
...amélioration
continue qui se transpose, dans le fond, dans les ministères et comment, >évidemment,
ça nous amène à un autre niveau, puis là je veux des exemples, quand même...
Mme LeBel : Oui. Bien, la
transparence, c'était l'essentiel, quand on parle d'évaluation de la
performance. Quand on est arrivés au pouvoir, en 2018, c'est mon prédécesseur,
d'ailleurs, qui était au Trésor à l'époque, qui a mis sur place ces nouveaux
indicateurs-là. C'est important qu'on ait des indicateurs, dans les plans
stratégiques, qui sont mesurables. C'est bien beau de dire : J'aimerais
avoir un meilleur système... un meilleur service à la population, quand je suis
un ministère donneur de services, si on n'a pas d'indicateurs pour bien le
mesurer, bien, on peut faire une profession de foi, mais on ne le saura jamais.
Donc, on a d'ailleurs procédé en deux
étapes majeures, la première étant de mettre à jour les plans stratégiques avec
des indicateurs de performance pour pouvoir avoir un suivi probant, et le
tableau de bord en fait partie. Quand on est capables de voir la performance
des différents ministères, quels sont les indicateurs où il y a eu des manques,
les explications qui sont données, parce qu'il peut y avoir des explications à
donner, et les intentions, après ça, d'aller en amélioration, je pense que de
la transparence... et le tableau de bord en fait partie, est un des meilleurs
outils pour suivre ces indicateurs.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Lachance : ...
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, chère collègue. Je cède de nouveau la parole à la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le Président. Dans les cahiers de crédits, j'aimerais juste comprendre,
parce qu'il y a une catégorie pour les vacances, les réserves de maladie, qu'on
appelle, puis il y a un chiffre qui est beaucoup plus important pour une
catégorie d'emplois, c'est sécurité publique. En réserve, là, on parle de
18 millions, alors qu'à d'autres endroits, c'est...
Mme LeBel : Êtes-vous capable
de nous guider à travers pour nous cibler la mesure, la ligne?
Mme Rizqy : Ah oui, oui! La
question n° 13 dans les renseignements généraux.
Mme LeBel : OK.
Mme Rizqy : Juste pour
comprendre...
Mme LeBel : ...
Mme Rizqy : Oui, oui, oui, il
n'y a pas de problème, là.
Des
voix : ...
Mme LeBel : Là, dans la
question n° 13, moi, j'ai un tableau que je... trop petit pour lire.
Mme Rizqy : Oui. Bien, juste
pour vous donner une idée, mettons, au Conseil du patrimoine, il y a pour
33 000 $ de réserve de maladie que... donc, qui n'a pas été pris, Conseil
du trésor, c'est un peu plus, c'est 3 millions, mais le 18 millions,
c'est vraiment Sécurité publique, ça n'inclut pas, évidemment, la Sûreté du
Québec, là. C'est que c'est vraiment... J'aimerais juste savoir pourquoi la...
c'est aussi important. C'est parce qu'ils n'ont pas été capables de les
prendre?
Mme LeBel : OK. Bien, si vous
permettez, là, parce qu'on est très technique, puis d'ailleurs j'apprécie qu'on
ait une question crédits aux crédits, je le souligne...
Mme Rizqy : Je suis là pour
ça, Mme la Présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Je vous dirais
que c'est presque une première dans ma vie.
Mme Rizqy : Bien non, l'année
passée, j'étais avec... Non, l'année passée, j'étais absente. Bien oui, j'étais
en plein traitement, hein?
Mme LeBel : Et voilà. Et
voilà. Et voilà.
Mme Rizqy : Bien,
écoutez... je faisais mon bébé numéro un, là, écoutez.
Mme LeBel : J'aurais eu la
question crédits l'année passée, mais alors je souligne que c'est ma première question
crédits aux crédits, ou presque.
Donc, ceci étant dit, si vous
permettez, comme c'est très précis, je vais demander à Mme Cantin, qui
est... Peut-être donner votre titre vous-même... Parce que je la connais sous
le nom de Danièle.
Mme Rizqy : Bonjour.
Le Président (M. Simard) : ...consentement?
Mme Rizqy : Oui,
consentement.
Le Président (M. Simard) : ...auriez-vous
d'abord l'amabilité de vous présenter.
Mme Cantin (Danièle) : Oui. Bonjour,
Danièle Cantin, secrétaire associée aux politiques budgétaires et aux
programmes. Bien, je vais répondre à votre question en expliquant la façon que
c'est calculé. C'est qu'on vient... dans les états financiers du gouvernement,
on vient indiquer la dépense, le niveau de dépenses, et la variation annuelle
découle de qu'est-ce qui a été ajouté dans la banque du personnel et, en moins,
qu'est-ce qui a été utilisé. Donc, c'est les plus et les moins qui viennent
présenter la variation pour chacun des ministères. Donc, s'il y a des plus et
des moins qu'on retrouve à la hausse ou à la baisse, bien, c'est l'effet de
l'utilisation de ces vacances-là par le personnel.
Mme Rizqy : Là, présentement,
c'est des réserves, donc je comprends que, permettez-moi l'expression, elles
n'ont pas été décaissées.
Mme Cantin (Danièle) : Exactement.
Mme Rizqy : C'est quand même
beaucoup, 18 millions. J'aimerais savoir est-ce que vous avez cherché à
savoir pourquoi? Est-ce qu'ils n'ont pas été en mesure de les prendre?
Mme Cantin (Danièle) : Ça... Je
n'ai pas la réponse à cette question-là.
Mme LeBel : Elle existe,
cette réponse-là, mais c'est le groupe concerné qui pourrait vous y répondre.
Nous, on calcule les données, on récolte les données à haut niveau pour
préparer les rapports, mais...
Mme Rizqy : Je ne suis pas
dans le bon groupe.
Mme LeBel : Bien non.
Mme Rizqy : Ce n'est pas
grave. OK. Bien, merci. Donc, au fond, ce serait à la Sécurité publique de
pouvoir m'expliquer qu'est-ce qui se passe.
• (16 h 30) •
Mme LeBel : Il y a peut-être
un événement particulier qui s'est passé, qui a empêché les gens de prendre des
vacances, mais... Et puis je vous dirais que je ne sais pas quelle année... ça
doit... ça doit... c'est l'année 2022‑2023?
Mme Rizqy : Oui.
Mme LeBel : Bon. Je ne sais
pas, peut-être que, compte tenu du contexte que l'on vivait, il y a peut-être eu
plus de temps supplémentaire que de vacances qui ont été prises, là, mais là
je... Voyons! Pourquoi je te donne ça?
Mme Rizqy : Non, bien,
gardez-le, parce que j'ai une autre question dans les crédits.
Mme LeBel : Oh mon Dieu!
Mme Rizqy : Allez à la
question... pardon, juste voir, c'est...
Une voix : ...
Mme Rizqy : ...n° 6,
contrats. Dans les renseignements généraux, là, la question n° 6, contrats.
Mme LeBel : Donc, le 6, OK.
Mme Rizqy : Oui. Puis là vous
allez me dire...
16 h 30 (version révisée)
Mme Rizqy : ...dans les
renseignements généraux, la question n° 6,
Contrats...
Mme LeBel : L'onglet 6.
OK.
Mme Rizqy : Oui. Puis là
vous allez me dire, et à juste titre, que c'est écrit très petit, je vous le
dis tout de suite.
Mme LeBel : Ils n'ont
pas pensé à l'âge de leurs ministres.
Mme Rizqy : Bien,
voyons, vous êtes toute jeune.
Mme LeBel : Vous le
direz à mes yeux. Oui, je vous suis...
Mme Rizqy : Là, le
faucon pèlerin ne sera pas très content, là, je vous le dis tout de suite.
Mme LeBel : Bien, je
vous l'ai dit en français, hein? Je vous suis.
Mme Rizqy : Non, je vous
avise...
Mme LeBel : Ah! OK.
Mme Rizqy : ...que le
faucon pèlerin ne sera pas content, au futur. Formation Design thinking,
ça mange quoi en hiver?
Mme LeBel : Ah! ça doit
être entre guillemets...
Mme Rizqy : Non, non,
mais...
Mme LeBel : Je suis
convaincue que c'est entre guillemets, parce que c'est probablement des
formations qui sont appelées comme ça puis que, quand on fait référence à une
formation, ce n'est quand même pas nous qui nommons la formation. Mais elle est
à quelle page? Mais je ne sais pas, je m'avance, mais est-ce qu'il y a des
guillemets?
Mme Rizqy : Oui, oui, il
y a des guillemets, mais, dans tous les cas... Bien, ma question ne porte pas
sur le niveau du français, mais on aurait pu le traduire. C'est à la page 4...
Mme LeBel : Mais c'est parce
qu'on ne peut pas traduire le nom d'une formation. Parce qu'elle existe, cette
formation-là. Ce n'est pas une intention de donner une formation en réflexion
du... Comment ça se dit, "design", en français?
Mme Rizqy :
Design
thinking. Mais, moi, honnêtement, ma question, je veux vraiment savoir ça
mange quoi en hiver, une formation en «design thinking».
Mme LeBel : Bien, ce
sont toutes les formations qui sont disponibles et offertes, là. Donc, je ne
les connais pas toutes par cœur, les synopsis de toutes les formations.
Une voix : ...
Mme LeBel : Ce sont des
formations sur les technologies de l'information. Je ne connais pas par cœur le
contenu et le synopsis de...
Mme Rizqy : Non, non, je
ne vous demande pas de le connaître par cœur, mais je me demandais si quelqu'un
savait c'était quoi, parce que moi, ça m'a juste surprise.
Mme LeBel : Non. Il
faudrait s'y inscrire pour la connaître.
Mme Rizqy : Voulez-vous
qu'on s'inscrive? C'est-tu une invitation?
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : Non, c'est parce
qu'il y a d'autres formations tout aussi pertinentes, là, Sens poétique et
pouvoir d'influence, mais ça, je pense, vous l'avez déjà.
Mme LeBel : Oui, mais,
vous savez, on répertorie la liste des formations qui sont dans les différents
secteurs. Ces secteurs-là sont beaucoup plus à même de vous répondre quel est l'objet
de la formation. Et, quand elle est désignée comme ça, puis je faisais des
blagues, là, mais quand elle est désignée, c'est parce que c'est une formation
existante... Nous, on fait référence à des formations qui existent, et elle est
désignée comme ça, donc, pour être sûr de bien la cibler et d'envoyer les gens
dans cette formation-là, je vais dire. Voilà.
Mme Rizqy : Non, mais,
de toute façon, je regarde. Si jamais il y en a quelques-unes qu'on devrait s'inscrire,
j'envoie ça dans l'univers...
Mme LeBel : Je vais
commencer par faire mes 30 heures au Barreau avant de faire autre chose...
Mme Rizqy : Bien non, Mme
la Présidente, ne savez-vous pas que vos heures en consultation comptent? Bien
oui, je les ai fait compter.
Mme LeBel :
L'étude
détaillée?
Mme Rizqy : Non. Consultations,
pas Études détaillées. Bien, je le sais, j'ai été approuvée, moi. Puis
moi, je les ai toutes faites, toutes. Je peux même vous montrer mon courriel d'approbation.
Mme LeBel : Bien là, la
responsable des ordres professionnels va peut-être aller réviser vos... Non,
non, c'est une blague, mais on s'en reparlera ailleurs.
Mme Rizqy : Je ne sais
pas. Mes heures de formation continue?
Mme LeBel : En tout cas,
je... Je note tout ce que vous me dites, et celle-là aussi est notée.
Mme Rizqy : Parfait. Je
le sais, là. De toute façon, Intelligence émotionnelle, c'est une autre
formation. Mieux transiger avec les personnalités difficiles, j'imagine
que ce n'est pas fait pour moi, là.
Des voix : ...
Mme Rizqy : Vous avez
manqué ma blague.
Mme LeBel : Oui. Et je l'ai
ri par politesse, je l'avoue.
Mme Rizqy : Oui? Vous
êtes honnête. Alors, Mme la Présidente, vous, vous avez fait adopter la loi...
Mme LeBel : Quelques lois.
Oui.
Mme Rizqy : Bien,
quelques lois, vous pouvez en être fière. Vous vous rappelez du projet de loi n° 66?
Mme LeBel : Ah oui!
Bien, il y a des numéros qu'on oublie moins que d'autres, oui.
Mme Rizqy : Bon.
Là-dedans, ce matin, ce n'était pas trop clair si c'était vous ou...
Mme LeBel : C'est mon
collègue.
Mme Rizqy : Bien là, ce
matin, il ne voulait pas prendre la responsabilité.
Mme LeBel : Bien, je m'excuse,
mais c'est... Le projet de loi n° 66. C'est avec des
dossiers... les 200 projets... C'est-tu 180?
Mme Rizqy : 180.
Mme LeBel : Je me suis
autocorrigée. Les 180 projets qui sont à l'annexe, ce sont des projets qui
sont tous au PQI, et les niveaux d'évaluation sont pour le PQI et la SQI, en
général, pour certains des projets, surtout quand on parle des écoles
secondaires. Et là je retombe dans mon ancienne responsabilité, pas si
lointaine, mais effectivement le suivi est fait par les infrastructures, je
pense, hein, par le secrétariat des infrastructures, et c'est le secrétariat
dont mon collègue est responsable avec ces nouvelles... ces nouvelles choses.
Est-ce qu'il y a... Je pense qu'il devrait
y avoir une... C'est-tu aux trois mois qu'on devait avoir... Je ne me souviens
plus, là, des délais, mais il devait y avoir une reddition de comptes...
Mme Rizqy : Aux six mois.
Mme LeBel : ...aux six
mois. Merci. Et je me souviens que tout le monde avait cinq ans pour utiliser
les mesures. Je vais y aller de façon très générale. Je répéterai que ce sont
quatre cartes d'accélération qui ont été fournies. Quand on fournit quatre
cartes, ils n'ont pas l'obligation de les utiliser, et on aura un bilan complet
à la fin des cinq ans. Mais il y a des intervalles de six mois, si je ne me
trompe pas, là. Vous me pardonnerez, c'est trois, là, mais je me souviens qu'il
y avait des intervalles. Et je pourrais... Je ne veux pas... Comme je ne veux
pas brûler votre temps, je n'irai pas dans les quatre cartes et vous parler que
c'est en environnement, en expropriation, en <aménagement du territoire...
Mme LeBel :
...en
expropriation, en >aménagement du territoire, mais ce sont... On avait
dit d'entrée de jeu que, dépendamment du projet, dépendamment de l'avancement
du projet, il pouvait arriver que certains projets n'en aient pas besoin, mais
c'étaient des projets qui avaient été identifiés comme étant des potentiels
utilisateurs de ces cartes-là, pas toutes, des fois une, des fois comme... Quand
on parlait d'écoles, des fois, on aurait pu parler d'expropriation. Des fois,
c'est une question d'aménagement du territoire, donc, des fois, c'est une
question environnementale. Est-ce qu'on est près d'un cours d'eau? La question
de l'expropriation et de l'environnement était beaucoup plus présente dans les
projets routiers, naturellement, mais pas exclue dans les projets de maisons
des aînés ou d'écoles, là.
Donc, peut-être, vous pourriez me poser
votre question, mais je n'ai pas la prétention de pouvoir y répondre parce que
je ne suis plus aussi étroitement associée à ces données-là que je ne l'étais.
Donc, la mémoire étant une faculté qui oublie, je tends à essayer d'oublier.
Mme Rizqy : Vous tenez à
essayer d'oublier?
Mme LeBel : Non, c'est
une blague.
Mme Rizqy : C'est impossible
avec vous.
Mme LeBel : Non, non.
Non, mais je n'oublie pas, mais, je veux dire, je ne suis pas au fait des
données, des dernières données, je vais le dire comme ça, là.
Mme Rizqy : Ça adonne
bien, parce que, moi, j'avais le président de ce matin, qui est aussi notre
président d'aujourd'hui, là. Donc, vous notez que j'étais ce matin aux bons
crédits quand je posais mes questions, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Je
note que vous étiez là.
Mme LeBel : Mais tout
dépend de la question par contre, comme je vous dis, là.
Mme Rizqy : Non, mais
c'est parce que, moi, dans ma tête, c'est que le projet de loi n° 66, ma
compréhension, c'est que c'étaient des projets que le gouvernement a jugé
prioritaires. Ils en ont identifié parmi, là, des centaines, là, qui sont
déposés, 180, qui, eux, devaient passer plus rapidement que les autres parce
qu'ils sont nécessaires. Puis, là-dedans, il y avait évidemment des maisons des
aînés, il y avait, je crois, aussi un hôpital.
Mais, moi, vous comprenez, l'éducation,
c'est important, mais Saint-Laurent, encore plus important parce que, moi, je
suis redevable aux gens de Saint-Laurent. Et j'avais deux écoles dans
l'arrondissement de Saint-Laurent qui étaient inscrites dans les
180 projets. Et j'ai essayé de comprendre pourquoi elles ont été mises sur
pause. Et là, votre collègue, grosso modo, m'a expliqué que ce n'était pas à
lui de me répondre.
Alors moi, sincèrement, je suis sincère
quand je le dis, les écoles, il en manque pour vrai. Et là, ici, il y a une
formation qui s'appelle Sens politique et pouvoir d'influence. Puis, ça,
c'est vous, là. Alors, je vais le répéter, on a dépassé, chez nous, le cap du
90 000, 100 000 habitants. On est rendus environ à 104 000,
puis on prévoit avoir 20 000 nouvelles portes d'ici les prochaines
années. Les deux écoles étaient jugées prioritaires parce qu'elles étaient
nécessaires par le poids de la population. Mais, chez nous, c'est un poids de
population qui est différent d'ailleurs. On est... On a beaucoup de jeunes
familles avec des enfants, deux, trois, là. Écoutez, c'est ça, ma réalité à
Saint-Laurent. Et, moi, je le disais à la blague, mais ce n'est pas une blague,
l'aéroport de Dorval est à côté puis Saint-Laurent est juste à côté. Donc, ils
arrivent à Dorval, puis, pouf!, ils arrivent à Saint-Laurent. Donc, nous, ces
gens-là, on les accueille, mais on a besoin des infrastructures.
Donc, dans la mesure du possible, avec
votre sens politique et votre pouvoir d'influence, que je connais très bien,
Mme la présidente du Conseil du trésor, on n'a pas le luxe d'attendre pour la
construction de ces écoles parce que, chez moi, en ce moment même, là, je n'ai
plus de locaux nulle part dans aucune des écoles de Saint-Laurent, aucune. On
est déjà en sous capacité.
• (16 h 40) •
Je suis sincère et je le répète, ce matin,
votre collègue, ce n'était pas dans son champ de compétence à lui, ce n'était
pas dans sa cour. Mais, moi, il faut que ça soit dans la cour de quelqu'un.
J'en ai vraiment besoin, pas moi personnellement, là, mais les concitoyens, là.
Puis je sais que, quand vous avez déposé ce projet de loi, vous nous avez
clairement dit : L'objectif, c'est de l'accélérer.
Les deux écoles, que je fais référence, il
y en a une que j'attire encore plus votre attention, qui est, en fait, dans
l'arrondissement Saint-Laurent, mais, en plus, dans l'Acadie, alors, mais dans
un quartier que, nous, les gens connaissent très bien, c'est l'endroit au
Québec qui a le plus de densité de population. Donc... Et le terrain est là, on
a les terrains, les plans d'architecture sont faits pour les deux écoles.
Alors, la mise sur pause, on ne la comprend pas, puis elle ne nous a jamais
été, en fait, justifiée.
Mme LeBel : Parfait. Je
vais vous répondre à deux niveaux, encore une fois. Puis je vous aurais, en
toute transparence, répondu la même chose, si j'étais encore responsable des
infrastructures.
Mon collègue, je ne sais pas de quelle
façon il vous a répondu ce matin, mais il est exact de dire qu'il ne peut...
qu'il est difficile, pour vous, de... pour lui, de répondre pourquoi deux
projets particuliers, que ce soient des écoles, des hôpitaux ou des maisons des
aînés, sont mis sur pause ou n'ont pas le niveau d'avancement que l'on
souhaiterait. Le collègue est responsable de la loi sur l'accélération de
certains projets d'infrastructure, qui se nommait le projet de loi n° 66,
et responsable de la reddition de comptes <telle que je vous ai nommé...
Mme LeBel :
...responsable
de la reddition de comptes >telle que je vous ai nommé. Quand on parle
des projets particuliers, ce sont les ministres sectoriels qui sont
responsables de ces projets-là. Ce que la LCACPI a fait, je vous l'ai dit, a
fourni quatre cartes d'accélération à des niveaux différents. Maintenant, on
doit se rendre à ce niveau-là avant de pouvoir prendre la piste d'accélération,
si elle est appropriée. Maintenant, je ne connais pas les projets dont vous me
parlez, je ne les connais pas de façon personnelle. Je ne connais pas leur
niveau d'avancement et je ne sais pas non plus, quand on fait le PQI à chaque
année, malgré qu'on est rendus à 145 milliards, je pense qu'il faut le
noter, même plus, je pense qu'on est rendus à 147.
Une voix : 150 milliards.
Mme LeBel : 150. Mon
Dieu! Vous voyez que j'en ai perdu un bout, là. Moi, j'étais à 147,5. Donc, on
est rendus à 150 milliards, que l'Éducation ait une très grande part de ce
PQI-là. Je pense que l'Éducation, c'est, pour cette année, 2,4 milliards
d'investissements. Parce que, chaque année, le PQI dégage une tranche
d'investissements. Donc, sur les 145 milliards sur 10 ans, je fais un
chiffre rond, il y a à peu près 14 milliards qui sont dégagés. Là-dedans,
naturellement, il y a toute la portion qui doit être mise en maintien et il y a
la portion qui doit être mise pour les nouvelles écoles, et c'est pareil pour
tous les projets d'infrastructure du PQI. Donc, cette année, il y a
2,4 milliards, des sommes disponibles pour la réalisation de projets, puis
qui correspondent à plus de 1 054 projets d'ajout de classes, qui
sont disponibles.
Maintenant, ceci étant dit, quand j'étais
responsable du PQI, c'est la même chose pour mon collègue, moi, quand j'ai des
discussions avec le ministère de l'Éducation, je ne lui dis pas : Fais
telle école ou fais telle école. Je lui dis : Tu as 2 milliards de
disponibles, je fais un chiffre rond, et je lui demande : Quelles écoles
veux-tu faire ou quels projets mets-tu de l'avant? Donc, quand on me demande pourquoi
un projet est mis sur la glace, ce sont vos termes, donc je n'endosse pas
nécessairement vos termes, mais je reprends votre question, bien, je ne suis
pas en mesure de vous répondre car ce sont les ministères sectoriels. Les
hôpitaux, c'est Santé qui peut répondre. L'Éducation, c'est... Une école, c'est
Éducation. Les projets routiers, c'est le MTQ.
Le Conseil du trésor ne décide pas des
projets. Le Conseil du trésor alloue des sommes, et par la suite,
naturellement, bien, si on est dans les cinq ans de l'adoption de la LCACPI, loi
sur l'accélération de certains projets d'infrastructures, bien, ils pourront,
quand ils seront rendus à ce niveau-là, utiliser la carte d'accélération. Elle
est disponible. Maintenant, je ne suis pas capable de vous répondre. Je sais
qu'il y a eu des dossiers, à un moment donné, dont on a discuté, où il était
impossible, pour des raisons x, y, de trouver un terrain. Mais c'est sûr que le
projet ne peut pas lever si on n'a pas de terrains disponibles. Vous m'avez dit
que ce n'est pas le cas. Donc, je ne le commente pas dans ce sens-là, je dis
juste que je ne connais pas les détails de ce projet-là de façon assez
particulière pour comprendre qu'est-ce qui a justifié...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : ...cette
décision-là ou cette réponse-là.
Le Président (M. Simard) :
Madame.
Mme Rizqy : Oui. En
fait, c'est que c'est marqué noir sur blanc, puis les mots qui ont été utilisés
par le centre de services scolaire puis le... qui ont été publiés ici : Ça
a été mis sur pause. Le terrain est là, il est déjà identifié, la... Tout a été
fait. Mais moi, j'ai une autre question : Mais qui fait les suivis à ce
moment-là, une fois qu'on a identifié 180 projets? Parce qu'en date de
septembre dernier on était à 7 % d'avancement dans les 180 projets du
PL n° 66. C'est très peu, alors que ça fait maintenant deux ans et demi
que la loi a été adoptée. Alors, c'est qui qui fait, à ce moment-là, le suivi
pour dire : Bien, le gouvernement annonce des chantiers, on annonce même
de l'argent? Donc... Puis c'étaient des montants, là. Donc, on sait même les
montants qui sont alloués, mais après ça, là, sur la livraison des sommes, bien,
qui qui est redevable là-dedans?
Mme LeBel : C'est
lesdits ministères sectoriels qui, donc, qui disposent des sommes pour les
différents projets. Moi, quand on a... pas moi, là, mais, quand on alloue des
sommes en infrastructure à un ministère sectoriel, bien, il a la capacité de
choisir quel projet il met de l'avant. Donc, pourquoi, pour reprendre vos
termes, ces projets-là sont mis sur pause? Je l'ignore.
Mme Rizqy : Parce que,
là, moi, juste ce qui est marqué, c'est que la clientèle... Moi, en ce moment,
je n'ai pas un problème de clientèle. Il n'en manque pas. J'ai trop de monde
même.
Mme LeBel : Vous
comprenez que moi, je ne suis pas équipée pour discuter avec vous de ça parce
que ce n'est pas mon ministère, donc...
Mme Rizqy : Alors,
est-ce que ça serait...
Mme LeBel : C'est le ministre
de l'Éducation qui a les données.
Mme Rizqy : Parce que le
ministère de l'Éducation m'a envoyé à Infrastructures, puis Infrastructures m'a
envoyé à vous. Moi, je tourne en rond.
Mme LeBel : Bien, je
m'excuse de vous... de vous continuer à faire tourner en rond, mais ce n'est
définitivement pas... Pour avoir occupé ce poste-là depuis plusieurs années, ce
n'est définitivement pas le Trésor et Infrastructure qui décident de la
priorisation des projets au niveau des ministères. Maintenant, c'est sûr qu'on
regarde la reddition de comptes, puis, à la fin, on va faire un bilan, et ça,
c'est mon collègue en Infrastructures. Mais la priorisation, moi... Nous, on
met à la disposition de nos collègues des enveloppes et, après ça, le choix de
l'usage de ces enveloppes-là est déterminé par les collègues sectoriels. Et par
la suite, naturellement, c'est <inscrit au PQI...
Mme LeBel :
...sectoriels.
Et par la suite, naturellement, c'est >inscrit au PQI.
Mme Rizqy : Ma dernière question,
parce que le temps file, c'est : En date de la fin de l'année, de
l'exercice, il y a combien d'argent qui est retourné au Trésor, des crédits
inutilisés?
Mme LeBel : Ce qu'on
appelle les crédits périmés?
Mme Rizqy : Oui.
Mme LeBel : Est-ce que je
peux vous trouver la réponse pendant qu'on fait la suite?
Mme Rizqy : Oui, oui, pas
de problème. Merci, Mme la présidente.
Mme LeBel : Parfait. À
suivre.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Ça va pour vous, chère collègue?
Mme Rizqy : Pas de
problème.
Le Président (M. Simard) :
Je cède donc maintenant la parole au député de Camille-Laurin, à qui je
souhaite la bienvenue, et qui dispose de 11 min 48 s.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
M. le Président. Bonjour. Quelques questions en rafale. On dispose de
11 minutes. Premier point, la question des appels... des contrats sans
appel d'offres durant la pandémie. Durant la pandémie, votre gouvernement a
accordé 17,4 milliards de dollars en contrats de gré à gré, donc sans
appel d'offres. On sait qu'il y a eu une pandémie, mais on peut parler, pour la
période 2018 à 2020, d'une pratique généralisée à la CAQ. Québec a donné
4,5 milliards en contrats publics, prétextant la plupart du temps que la
possibilité de démontrer qu'un appel d'offres ne... la possibilité de démontrer
qu'un appel d'offres servirait l'intérêt public, là, n'était pas possible. En
comparaison, avant l'élection de la CAQ, Québec donnait en moyenne
1,8 milliard de contrats par année sans appel d'offres.
On sait que l'essentiel d'un contrat... du
processus d'appel d'offres, vous le savez mieux que moi, vu vos expériences
professionnelles, c'est de prévenir le favoritisme ou le gonflement des
contrats. Or, on a appris dans les médias durant la pandémie que des milliards
en contrats ont été donnés sans appel d'offres à des entreprises carrément
fantômes ou frauduleuses. Donc, essentiellement, des centaines de millions de
dollars ont été donnés à des compagnies de qui on ne connaît rien. Journal
de Montréal a été sur ce dossier-là. On parle de centaines de millions de
contrats. Ça n'a pas juste eu lieu au Québec, donc ce n'est pas propre à la
gouvernance de la CAQ. L'État de New York a lancé des procédures pour essayer
de récupérer et donc récupérer des sommes qui avaient été dépensées à des
compagnies fantômes.
J'ai posé la question ce matin au ministre
de l'Économie, M. Fitzgibbon, qui, lui, était au courant de ces sommes-là,
données, de ce dossier-là. Il m'a dit : Moi, je n'ai pas fait de démarches
pour voir ce qui était advenu de ces sommes-là et, non, on n'a pas pris, à ma
connaissance, de procédures judiciaires pour récupérer ces sommes. Donc, ma
question pour vous, c'est : Dans la mesure où plusieurs contrats ont été
octroyés à des compagnies fictives, fantômes ou carrément frauduleuses, situées
parfois à l'extérieur du Québec, quelles procédures ou quelles démarches a été
entreprise par le gouvernement pour récupérer ces sommes?
Mme LeBel : Bon,
plusieurs choses, dans ce que vous dites. Puis, comme c'est en rafale, je vais
me permettre d'y répondre, parce qu'il y a beaucoup d'affirmations, d'a priori
que vous faites, avec lesquelles je ne suis pas d'accord. Donc, je vais me
permettre de rectifier certaines choses. Grosso modo, dans les dernières
années, précédant même l'arrivée de la CAQ, la proportion de contrats qui est
faite par appels d'offres versus la proportion de contrats qui est faite de gré
à gré se maintient. On est dans une proportion d'environ 80-20. 80 % de
tous les contrats sont faits par appel d'offres ou par appel sur invitation et
environ 20 % des contrats sont faits de gré à gré. Oui, l'augmentation de
la valeur des contrats de gré à gré a augmenté, mais vous devrez comprendre que
l'augmentation globale de la valeur des contrats a également augmenté. Mais,
quand on regarde la pratique, elle ne... elle n'est pas divergente de ce qui
s'est fait dans les dernières années. Il y a eu, pendant la pandémie, et il
faut faire la distinction, des contrats qui sont en vertu de la Loi sur les
contrats publics et des contrats qui sont faits en vertu de la... de l'urgence
sanitaire, donc qui découlent de l'urgence sanitaire. Et il faut faire la
différence entre les deux. Et des contrats qui découlent de l'urgence sanitaire,
100 % des contrats sont donnés de gré à gré, c'est le propre de l'urgence
sanitaire, et ça disait : Sans délai et sans formalité.
M. St-Pierre Plamondon :
M. le Président...
Mme LeBel : Bien, il y
avait une liste de questions en rafales.
• (16 h 50) •
M. St-Pierre Plamondon : ...j'ai
juste 11 minutes.
Le Président (M. Simard) :
Tout à fait.
M. St-Pierre Plamondon :
J'ai juste 11 minutes.
Le Président (M. Simard) : Tout
à fait. Allez-y, cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon :
Je suis obligé de cibler, là.
Le Président (M. Simard) :
Oui, oui, tout à fait.
M. St-Pierre Plamondon : Il
y a un article du bureau d'enquête du Journal de Montréal qui date du
15 février 2021, intitulé Des mystérieux fournisseurs ont reçu des
millions de Québec. C'est rempli de contrats à des compagnies fictives.
Pouvez-vous me répondre si, oui ou non, le gouvernement a entrepris des
démarches de récupération de sommes qui ont été octroyées à des compagnies
douteuses, fictives ou carrément frauduleuses, oui ou non? Juste oui ou non,
parce que j'ai 11 minutes.
Mme LeBel : Bien, ça
fait...
M. St-Pierre Plamondon :
L'avez-vous...
Mme LeBel : C'est parce
que, là, c'est trop délicat pour répondre par oui ou non à une question comme
telle. Il y a certains dossiers où on est en procédure judiciaire. On ne
répondra pas sur quels dossiers.
Le Président (M. Simard) : Mme
la Ministre. Alors, M. le député de Camille-Laurin, à vous la parole.
Mme LeBel : Alors, j'ai
répondu. Il y a certains dossiers qui sont en procédure judiciaire, mais je ne
répondrai pas sur lesquels.
M. St-Pierre Plamondon : OK.
Donc, vous ne nous donnerez pas l'information.
Mme LeBel : Bien, je
pense que c'est un oui.
Le Président (M. Simard) : Chers
collègues, s'il vous plaît! D'abord, j'aimerais qu'on puisse s'adresser à la
présidence. Ça va me permettre d'attribuer <correctement les droits de
parole...
Le Président (M. Simard) :
...qu'on puisse s'adresser à la présidence. Ça va me permettre
d'attribuer >correctement les droits de parole. On va poursuivre dans
l'ordre. M. le député de Camille-Laurin, veuillez poursuivre.
M. St-Pierre Plamondon : Je
vais changer le... Je vais essayer de faire tous les sujets, là. Je demande
qu'on réponde de manière la plus succincte possible. Je vais vous parler des
psychologues. Puis vous le savez, le réseau public de psychologie est déserté,
puis la raison principale, c'est que nos psychologues du réseau public ne sont
pas payés correctement lorsqu'on compare à leurs pairs au privé. L'échelle
salariale d'un psychologue dans le réseau public, c'est entre 28 $ de
l'heure et 52 $ de l'heure, alors qu'en clinique privée on parle de
140 $, 150 $ de l'heure, résultat 40,6 % des psychologues
travaillant dans le réseau de santé quittent au cours de leurs cinq à six
premières années de pratique. Ma question est simple : Est-ce que vous
trouvez qu'à 56 000 $ par année, c'est suffisant pour garder et
attirer des psychologues dans le réseau public?
Mme LeBel : Je vais
simplement répondre en disant qu'on a déposé une offre salariale pour les
psychologues qui est bonifiée, qui peut même les amener à des augmentations de
salaire qui peuvent même aller jusqu'à 125 000 $ par année. Donc, il
y a sur la table, présentement en discussion avec les syndicats concernés, une
offre substantielle pour bonifier la rémunération des psychologues.
M. St-Pierre Plamondon : Sur
le sujet des médias et de la presse locale, on a plusieurs médias qui récemment
sont sortis pour parler soit de pertes d'emplois, comme c'est le cas à la coop
de l'information ou encore dans le cas du Journal Métro, des médias qui
sonnent l'alarme en disant : On n'a pas les moyens de travailler et
d'offrir une presse indépendante. On a souvent parlé d'une solution, c'est de
faire payer les GAFAM, imposer une taxe de 3 % sur le chiffre d'affaires
des GAFAM de manière à donner une source de revenus à des médias qui ont peu de
revenus depuis l'introduction des médias sociaux et des géants du Web. Que fait
concrètement le gouvernement pour aider des petits médias locaux qui sont essentiels
à la démocratie et à l'information?
Mme LeBel : Ce n'est pas
une question qui relève du Conseil du trésor. Je vais demander à mon collègue
de s'adresser au ministre de la Culture. Je pense que... Je sais que... J'ai
déjà entendu certains de mes collègues en culture se positionner sur cet
enjeu-là. Alors, je vais vous demander...
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
à votre connaissance qui est en charge des questions budgétaires, est-ce que
vous avez alloué des sommes en soutien aux médias locaux? Est-ce qu'à votre
connaissance...
Mme LeBel : Bien, je
sais que, pendant la pandémie, dernièrement, ça s'est fait dans la dernière
législature. Maintenant, pour le budget détaillé du ministère de l'Éducation...
de la Culture, vous pouvez parler avec eux parce que c'est Culture et
Communications, et c'est de leur ressort.
Le Président (M. Simard) : Alors,
en continuant de s'adresser à la présidence.
Mme LeBel : Toujours.
Pardon. Oui, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Ça
va très bien. M. le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : Merci.
Je veux vous parler d'un dossier dont on parle depuis plusieurs années et qui
est sûrement important pour Mme la ministre, c'est celui du processus d'appel
d'offres. On le sait encore que la règle du bas... du plus bas soumissionnaire
a toujours cours au Québec, alors que c'était la première recommandation de la
commission Charbonneau de changer ça. Pour une raison que je m'explique mal, on
est encore dans cette vieille façon archaïque et inefficace d'octroyer les
contrats. On est en retard en Amérique du Nord. Et parce que c'est votre
spécialité et parce que j'ai siégé sur le comité de suivi de la commission
Charbonneau, j'ai une question toute simple : Qu'est-ce qui vous empêche
d'agir pour réformer la règle du plus petit... du plus bas soumissionnaire?
Mme LeBel : Je ne sais
pas à quel moment vous avez interrompu votre suivi, mais vous auriez été très,
très intéressé par les discussions qu'on a eues dans le cadre du PL n° 12 qui est devenu la loi n° 18
où j'ai justement annoncé dans que ce soit dans la stratégie des marchés
publics ou dans le projet de loi où on a fait des modifications à la loi sur
les contrats publics, annoncé mon intention de faire en sorte qu'on se détache
de la loi du plus bas soumissionnaire. J'ai par contre précisé qu'on ne
l'éliminera pas du coffre à outils, et on a eu beaucoup de bonnes discussions
avec l'industrie et le milieu. Et naturellement tout le monde convenait que,
dans certains cas de figure, la loi sur le plus bas soumissionnaire peut être
le type d'appel d'offres qui est approprié pour certains. Mais on est
présentement en travaux dans l'espace innovation qui a été créé par le PL n° 12 et la loi n° 18. Et donc...
Et ça répond d'ailleurs à la recommandation de la commission Charbonneau. Et
j'ai eu de belles discussions en consultation là-dessus.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : Je
comprends que vous avez des discussions.
Mme LeBel : Oui.
M. St-Pierre Plamondon : Moi,
je vous dis que M. Dubé, en 2019, sortait pour dire : Québec révisera
la règle du plus bas soumissionnaire. On était en 2019. Ça allait se faire dans
les prochaines semaines.
Mme LeBel : Je vous ai
dit que vous avez manqué de belles discussions dans le cadre du projet de loi n° 12, et on aura une réglementation qui va suivre, et on a
mis d'ailleurs dans l'espace d'innovation la première... La première chose,
c'est de mettre...
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Camille-Laurin, allez-y.
Mme LeBel : Oui, oui.
Le Président (M. Simard) : C'est
parce qu'on essaie d'avoir un équilibre quand même dans les échanges. Allez-y,
cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon : C'est
simplement... Je comprends que vous avez des discussions. Est-ce que vous êtes
en train de vous commettre en termes de résultats, là, pas de discussion, tout
le monde a des discussions, là, à la réforme et à changer la règle du bas... du
plus bas soumissionnaire?
Mme LeBel : J'ai dit en
commission parlementaire, et ça découle du projet de loi n° 12, je vous
dis qu'on a adopté la loi 18, que c'est mentionné... que c'est dans la
stratégie des marchés publics et que, oui, on va se détacher de la loi sur le
plus bas soumissionnaire. On est même en train de faire des travaux dans
l'espace d'innovation avec les gens concernés de l'industrie sur
l'approvisionnement <basé sur la valeur...
Mme LeBel :
...sur
l'approvisionnement >basé sur la valeur plutôt que le plus bas
soumissionnaire.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. St-Pierre Plamondon : Peut-être
que je ne comprends pas. Vous êtes en train de me dire que la règle du plus bas
soumissionnaire n'existe plus au Québec?
Mme LeBel : Non, j'ai
bien dit qu'on ne l'éliminera pas. Ce qu'il faut faire, c'est qu'elle arrête de
devenir la règle par défaut des approvisionnements gouvernementaux. Et
d'ailleurs, un des constats qui ont été faits, c'est qu'on doit se baser
beaucoup plus sur la valeur, et on fait des travaux dans l'espace
d'innovation...
Le Président (M. Simard) : Nos
échanges sont très captivants, mais je vous prie de vous adresser à la
présidence. M. le député de Camille-Laurin, veuillez poursuivre.
M. St-Pierre Plamondon : Il
me reste juste une minute. Là, je vais essayer de faire un...
Le Président (M. Simard) : Deux
minutes, cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon : Deux
minutes? Merci. Donc, ce que je comprends, c'est que vous n'avez pas éliminé la
règle du plus bas soumissionnaire...
Mme LeBel : Et on ne le
fera pas.
M. St-Pierre Plamondon : ...et
que c'était la première recommandation du comité de suivi de la commission
Charbonneau. Est-ce que je me trompe?
Mme LeBel : Bon. La commission
Charbonneau ne demandait pas d'éliminer la règle du plus bas soumissionnaire.
Donc, moi, je suis les recommandations de la commission Charbonneau, et non pas
du comité de suivi. Elle demandait de fournir un coffre à outils pour éviter
qu'on soit prévisibles et que... et parce que, dans le cas de la règle du plus
bas soumissionnaire, la rotation de soumissions, la rotation des
soumissionnaires faisait en sorte qu'on pouvait pouvoir faire beaucoup plus de
malversations, et on a tous les outils nécessaires pour ne pas être dans le
même cas de figure.
Le Président (M. Simard) :
M. le député de Camille-Laurin. Cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon : Je
termine là-dessus. Je conclus qu'il n'y a pas d'intention ou il n'y a pas de...
on ne met pas fin à la règle du plus bas soumissionnaire, avec les nuances
énoncées par la ministre.
Mme LeBel : Ce qui a
toujours clairement été dit.
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste toutefois 1 min 12 s, cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon : C'est
beau, j'ai fait le tour. Merci.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, merci à vous. Nous poursuivons, et je cède maintenant la parole au
porte-parole de l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
vous disposez de 18 min 46 s
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bonjour, Mme la ministre.
Mme LeBel : Bonjour.
M. Beauchemin : Je veux
vous amener sur le terrain des dépenses gouvernementales, puis de la croissance
de celles-ci, et de l'écart qu'il y a entre le coût pour reconduire
annuellement les programmes puis les objectifs qui ont été donc déclarés, là,
de dépenses des programmes par le gouvernement de la CAQ. Si je me fie à la
page... Puis juste deux secondes. Ça, c'est la page 9?
Une voix : C'est la page 9,
oui.
M. Beauchemin : La
stratégie de gestion des dépenses, qui est à la page 9, pour que tout le
monde ait la même information devant leurs yeux, là, 2023‑2024, les coûts de
reconduction des programmes étaient à 15 488 000 000 $, et
puis en 2024‑2025, ça passe à 118 314 000 000 $. Cependant,
l'objectif du gouvernement était que... de faire en sorte que ces dépenses-là
soient de l'ordre de, le chiffre juste en dessous, 117 775 000 000 $,
donc un écart de 540 millions de dollars approximativement, si mes yeux me
font justice. L'année suivante, 2025‑2026, cet écart-là est rendu à 677, 678 millions
de différence entre les deux. Je sais que l'enveloppe budgétaire, c'est un gros
chiffre, puis que peut-être que, tu sais, 680 millions de dollars, sur
cette enveloppe-là, c'est peut-être un petit pourcentage, mais ça reste quand
même que les petits pourcentages comme ça, quand ça s'accumule, éventuellement
ça devient des dépenses qui sont non planifiées, là.
Ma question est en fait la suivante :
Comment pensez-vous... Comment allez-vous être capable de résorber ces
écarts-là, et de nous expliquer un petit peu comment les sources de revenus
vont être au rendez-vous, là, pour permettre ça?
• (17 heures) •
Mme LeBel : Oui. Bien,
c'est une excellente question. Je dois juste rassurer les gens. Année, après
année, après année, puis ce n'est pas nouveau, ça fait depuis longtemps que ça
existe, il y a toujours cette projection-là d'écart à résorber dans le futur,
et on a, à chaque année, des discussions avec le ministère des Finances. Parce
qu'il faut comprendre que le coût de reconduction des programmes, c'est le
chiffre qui est fourni par les différents ministères de qu'est-ce qu'ils
anticipent avec les, bon, la hausse de la vie, l'augmentation des salaires,
etc., tout ce qui... tout ce qui est... ce qui sera nécessaire pour eux pour
pouvoir faire vivre la mission de la base... de leur base budgétaire, la
mission. Donc... Et l'objectif des dépenses, c'est l'objectif qui est donné par
le ministère des Finances.
À chaque année, je dois vous dire qu'on
réévalue aussi, parce que c'est ça qui est la dépense probable. Il va finir par
y avoir la dépense actuelle dans les coûts de reconduction. Et je... Et je vous
rassure, on a toujours... on retrouve toujours des mesures, on est capables,
dans des programmes ou dans des... Je vais donner un exemple, là, des dépenses
qui n'ont pas été faites parce qu'on a engagé des effectifs. On donne les
budgets... On prévoit les budgets sur un an, mais les effectifs sont engagés en
cours d'année. Donc, c'est peut-être un huitième, deux huitièmes... un
douzième, pardon, je parle de mois, qui sont utilisés. Donc, on n'est pas trop
inquiets, parce qu'année après année, on trouve les solutions pour être
capables de résorber cet écart. Et ça se fait beaucoup par façon comptable, là,
avec tout ça. Et on l'a vu encore l'année passée...
17 h (version révisée)
Mme LeBel : ...et on l'a fait
encore l'année passée. Moi, ça fait trois ans, présentement, que je fais cet
exercice-là. Je vais vous avouer que, les premières années, je me disais :
Oh! mon Dieu, c'est… c'est incroyable. Mais non, ça se fait très bien, et ça...
et ça... et ça n'engendre pas des coupures, et… il n'y a pas de coupures qui
découlent de ça. On réussit, à travers les budgets… D'ailleurs, les chiffres se
précisent, d'ailleurs, d'année... quand on arrive dans l'année concernée, et on
réussit à refaire... à faire arrimer les deux chiffres, si on veut, à la fin de
l'année budgétaire.
M. Beauchemin : …que je mets
sur cette feuille-là, puis je fais comme vous, je dis que ça n'a pas d'allure,
qu'est-ce qui se passe là.
Mme LeBel : Bien, c'est une
réaction tout à fait légitime. Je vous dis, depuis 2014-2015 qu'il y a ce genre
de choses là. Et ça… et ça découle de l'évaluation qui est faite par les
différents ministères et organismes, de leurs besoins, si on veut, surtout les
ministères, parce qu'on parle des programmes et non pas du portefeuille, et de
l'objectif de dépenses qui est donné par le ministère des Finances.
Naturellement, tout le monde doit tendre vers l'objectif. Mais on trouve
toujours la solution, et, depuis 2014-2015, c'est fait, là, ce n'est pas...
M. Beauchemin : Pour mon
éducation personnelle, qu'est-ce qui arrive dans un contexte où est-ce que,
justement, là, toutes les dépenses sont au rendez-vous, là, tous les effectifs
ont été engagés? Est-ce que vous avez une expérience comme quoi ça s'est
réalisé, une...
Mme LeBel : Bien, c'est très
utopique, parce que ça n'arrive jamais…
M. Beauchemin : Ce n'est
jamais arrivé?
Mme LeBel : …ne serait-ce que
par l'embauche des effectifs. Je veux dire, je peux vous donner vos budgets au
jour zéro, mais, déjà, juste avec l'affichage, et tout le reste, on finit
toujours par être.... Mais il y a... cette méthode-là a été confirmée, là, par
la Vérificatrice générale du Québec, et on finit toujours par trouver une façon
d'arrimer les dépenses probables ou les deux lignes, si on veut, là, l'objectif
des dépenses de programmes avec le coût de reconduction des programmes.
M. Beauchemin : OK. Comme
vous vous en doutez peut-être, là, j'ai passé un petit peu de temps, là, à
regarder le budget, l'exercice, en fait, que le budget représente, et j'en…
j'en ai conclu... Bien, je vais juste vous donner quelques statistiques, ici,
que j'ai devant moi. Les dépenses de programmes pour Santé et Services sociaux,
une augmentation de 4,5 %. Une croissance des dépenses du programme
2023-2024, la ligne qui est juste en dessous, là, sur la même page que je vous
faisais référence tantôt, là, on parle de 10,1 %. En Éducation, la
proportion d'augmentation, c'est 3,4 %. Enseignement supérieur,
5,5 %. J'imagine que c'est une moyenne pondérée, là, qu'on me donne, là,
4,2 %, ici, là, d'augmentation entre… entre les... avec les trois
ministères. C'est les grosses, grosses, grosses dépenses, là, de l'État, puis
on arrive avec une augmentation, là, annuelle de 4,2 %. Dans l'ensemble de
l'appareil gouvernemental, de mémoire, ça donne 2,1 %.
Mme LeBel : Bien, il faut
faire la différence, puis je vais essayer de ce que... parce que… dans les
chiffres. Je vais juste compléter un peu ma réponse de tantôt. À la mise à jour
économique aussi, dans cet écart à résorber là, on a déjà une… des choses qui
se précisent, rendus à la mise à jour économique, parce que les données sont
analysées, là, de façon plus précise dans la réalité, là. Là, il y a deux... il
y a deux choses. Il y a le coût de maintien des services. Naturellement, le
coût de maintien des services, quand on parle de la proportion, naturellement,
c'est parce que... bon, c'est… c'est ce que ça prend aux... Santé et Services
sociaux, à Éducation et Enseignement supérieur, année sur année, l'année passée
et cette année, que pour fournir ces services, et ne pas en ajouter, mais
continuer. Dans un cas, c'est 4 %, 5 %, dans l'autre, c'est 3 %,
4 %, dans l'autre, c'est 5 %... 5,5 %, effectivement. Ce qui est
marqué, le 4,2 %, au bout, ce n'est pas nécessairement la moyenne des
trois qui est là, mais c'est la moyenne de reconduction des coûts de services
de l'ensemble des ministères.
Mais là on a mis trois... on a donné trois
grands exemples de portefeuilles pour démontrer que, dans un cas, pour Santé et
Services sociaux, leur base budgétaire, au minimum, devait être augmentée de
4,5 %, pour s'assurer de maintenir les services, mais elle a été augmentée
de 10,1 %. Donc, le… je vais faire un chiffre rond. Le 6 % d'écart,
ce sont des nouvelles mesures du budget cette année. Donc, ça leur permet de
faire d'autres choses. Et c'est comme ça pour l'ensemble des ministères. Mais
ici, dans le tableau, on ne présente que trois grands ministères. Mais la ligne
du bout, pondérée, c'est pour l'ensemble, hein, des coûts de maintien de
services, le 4,2 %, de toutes les missions de l'État.
M. Beauchemin : OK. Donc,
quand on regarde ça, on se dit : Bon, bien, OK, correct, 4,2 % pour l'ensemble.
Donc, tous les ministères vont avoir, en moyenne, une augmentation de
4,2 % d'augmentation.
Mme LeBel : …que c'est 3 %,
il y en a que c'est 5 %, mais la moyenne est 4,2 %. Tout le monde a
reçu ce que ça lui prenait pour maintenir ses services et tout le monde a eu ce
que ça lui prenait, à différents niveaux, pour avoir des nouvelles mesures.
M. Beauchemin : Mais on en a
quand même vu certains qui ont eu zéro augmentation, comme la Justice, par
exemple.
Mme LeBel : OK. Bien, ça me
permet de vous expliquer la chose suivante. Je suis contente qu'on en parle.
Au-delà des chiffres, parce que je ne veux pas rentrer dans les chiffres, là,
il faut… il faut faire attention. Il est exact… quand on regarde les chiffres
du ministère de la Justice, il <semble…
Mme LeBel :
...les
chiffres, là, il faut… il faut faire attention. Il est exact… quand on regarde
les chiffres du ministère de la Justice, il >semble n'y avoir rien eu,
ou même avoir eu, je pense, un déficit. Par contre, il faut prendre en compte
le fait que, l'an passé, ils ont eu des mesures du budget exceptionnelles,
entre autres, je pense que c'était pour l'IVAC, de l'ordre de 80 millions,
si je ne me trompe pas, mais ne vous accrochez pas au montant que je vous donne,
parce que je ne l'ai pas par cœur. Mais, l'année passée, ils ont eu... parce
qu'il y a eu la loi sur l'IVAC qui a été modernisée, ils avaient besoin de
budget, donc c'est entré dans l'année budgétaire de l'année passée. Mais ils
n'en ont pas besoin cette année, de cette mesure-là.
Donc, nécessairement, quand on regarde
budget sur budget, il semble y avoir une décroissance. Elle est exacte au
niveau des chiffres, mais elle n'est pas exacte au niveau de la réalité. Le
ministère de l'Éducation, dans les quatre dernières années, quatre ou cinq
dernières années, a eu une hausse globale d'environ 22 %. Mais, l'an
passé, c'était un gros morceau, la loi sur l'IVAC, et ils ont eu les budgets pour
ça, et c'était rentré... c'est rentré dans l'année passée. Cette année, ils
n'en ont plus besoin, ils ont déjà eu ces montants-là, donc ce n'est pas
reconduit dans leur base budgétaire.
Mais je peux vous rassurer qu'ils ont eu
ce que ça prenait pour le coût de maintien des services, et ils ont eu une...
ils ont eu aussi, également, un pourcentage supplémentaire. Mais là je ne sais
pas c'était quoi leur coût de maintien à eux, là, mais il y avait deux grands
pans. C'est ça, je l'ai ici. Il y a... il semble y avoir une réduction de
3 %, mais il y a la... il y a deux grands pans qui ont été enlevés, 81...
bien, pas enlevés, mais pas reconduits, 80 millions pour les dépenses
exceptionnelles, qui étaient pour l'infonuagique, c'est-à-dire toute la
transformation numérique du ministère de la Justice, c'était le 80 que j'avais
en tête, et 35 millions pour toute la question des... Ça, c'est les
nouvelles mesures, ça? Non, c'est par rapport à l'année passée, c'est ça, pour
toute la question des... de l'indemnisation des personnes... d'actes criminels.
Je parlais de l'IVAC tantôt, c'est à ça que je faisais référence.
C'est un gros montant, ça,
81 millions plus 35 millions, qui ne disparaît pas, mais qui n'est
pas reconduit, parce qu'ils l'ont déjà eu, le montant, puis ils ont ce qu'il
faut pour faire l'exercice prévu par rapport à ça. Mais je peux vous dire que
leur base budgétaire, elle a été augmentée de la... du pourcentage nécessaire à
la reconduction de leurs services, et ils ont même eu des mesures dans le budget,
mais je n'ai pas le… je ne l'ai pas ici, là. Sur l'autre page, voilà, ils ont
eu même un 16 millions supplémentaire à leur base budgétaire.
Le Président (M. Simard) : Oui,
alors, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Juste de
façon simple, là, pour les gens qui nous écoutent, là, donc, il y a
80 millions plus 35, c'est ça? Donc, grosso modo, 115 qui n'ont pas eu à
être reconduits pour les fonctions initialement anticipées de l'année
précédente, mais qui sont encore, donc, dans l'enveloppe budgétaire du ministre
de… ministère de la Justice…
Mme LeBel : Classés dans les
mesures auxquelles elles avaient... elles faisaient référence.
M. Beauchemin : …pour
augmenter la capacité de la machine à continuer à... Ça fait que, donc,
l'augmentation, dans le ministère de la Justice, pour maintenir à flot, si on
peut dire, les services, représente, pour le ministère de la Justice,
115 millions de dollars.
Mme LeBel : Non, bien… OK,
vous avez raison, là. Je vais reprendre, parce que c'est important, OK, puis je
vous… je vous ai induit en erreur. Il y a deux choses particulières. Dans le
budget 2022-2023, il y a le 80... je parlais de 80, tantôt, mais c'est
81,8 millions qui est disparu, pas... pas disparu de l'enveloppe du
ministère de la Justice, mais qui n'a pas… qui n'a pas été reconduit dans
l'enveloppe de 2023-2024. Et le 35 millions, c'est un plus, je m'excuse,
parce que c'est important, qui est pour associer à la mise en service, là,
d'urgence, là... de tout le plan d'urgence en contexte de violence conjugale.
Ça, ça fait partie du budget du ministère de la Justice. Puis il y a un
16 millions supplémentaires qui sont des mesures du budget 2023-2024. Je
pourrais vous... vous énumérer les mesures, mais il y a un 16 millions
supplémentaire. Donc, je pense que je pourrais résumer en disant : Le
ministère de la Justice s'est vu donner ses coûts de reconduction de services,
comme tous les autres, plus des mesures du budget, de l'ordre d'environ
16 millions.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : OK. Donc, le
81 millions... 81,8 ou 82 millions, grosso modo, n'est pas dépensé de
la même façon, mais...
Mme LeBel : N'est plus requis
cette année.
M. Beauchemin : N'est plus
requis cette année, mais a été quand même retourné au ministère... a été...
• (17 h 10) •
Mme LeBel : Ah! ils l'ont eu,
ils l'ont utilisé.
M. Beauchemin : Ils l'ont eu
pareil.
Mme LeBel : Ils l'ont eu, ils
l'ont utilisé, mais ils n'en ont plus besoin.
M. Beauchemin : Donc, ils s'en
servent pour maintenir à flot leurs opérations.
Mme LeBel : Non, non, c'était
une mesure du budget de l'an passé, spécifique. Puis je peux vous la lire, là :
pour certains coûts informatiques, notamment l'infonuagique et le rehaussement
de la sécurité pour les créances douteuses relatives aux infractions et
amendes, ainsi que les dépenses reliées à la réforme du régime d'indemnisation
des victimes d'actes criminels. Donc, ce que je vous disais, l'IVAC, ils en
avaient besoin, ils l'ont eu. Cette année, ils n'en ont plus besoin. S'ils en
avaient eu besoin, il y aurait eu des discussions pour reconduire un montant
pour cette ... Donc, ils ont fait ce qu'ils avaient à faire avec ça. Ils
considèrent, eux, qu'ils n'en ont plus besoin. Ils ont eu leur base de
reconduction de <services…
Mme LeBel :
...ce
qu'ils avaient à faire avec ça. Ils considèrent, eux, qu'ils n'en ont plus
besoin. Ils ont eu leur base de reconduction de >services, donc ils ont
eu leur base de programmes plus... je ne sais pas c'est quoi, leur pourcentage,
mais je vais leur appliquer la moyenne, pour fins de discussion, 4,2 %,
parce que tout le monde a eu environ 4,2 % de moyenne, des fois, c'est
moins, des fois, c'est plus, et ils ont eu 16,6 millions de mesures de
budget. Donc, ils ont eu leur base, les coûts de reconduction plus
16 millions... bien, 17, si j'arrondis, là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Cher collègue, il vous reste 4 min 50 s.
M. Beauchemin : L'évaluation
qui est faite, notamment, là, avec… avec ce que vous avez comme… comme data,
là, quelle… quelle est l'inflation, le taux d'inflation qui a été utilisé pour
calculer le coût de reconduction des programmes? Là, il doit y avoir une
hypothèse qui a été utilisée pour l'inflation.
Mme LeBel : Bien, cette
hypothèse-là vient du ministère des Finances. Nous, on utilise les données qui
viennent du ministère des Finances. On me dit que c'est l'IPC qui vient du
ministère des Finances. Mais pour discuter de l'hypothèse, il faudrait discuter
avec mon collègue aux Finances. Nous, on utilise l'hypothèse qui nous est
transmise par le ministère des Finances.
M. Beauchemin : Vous
avez utilisé exactement le même taux, là, que j'ai discuté avec votre ministre
des Finances.
Mme LeBel : Bien, comme
je n'ai pas... je n'étais pas... je n'ai pas… je ne suis pas au courant de
votre discussion, je ne dirai ni oui ni non, mais je dirais que l'hypothèse
nous vient du ministère des Finances.
M. Beauchemin : Parfait.
D'accord. Donc, est-ce que, par rapport à l'augmentation moyenne, là, de
4,2 %, c'est... C'est quand même une grosse augmentation. L'augmentation
des revenus, comme vous le savez, n'était pas au rendez-vous cette année, d'où
la raison pour laquelle on a un déficit. Est-ce que la perspective, pour les
années à venir, selon vous, quand on regarde seulement, là, les deux prochaines
années… c'est ça, les deux, trois prochaines années devant nous, on parle de…
excusez, de 2022, 2023, 2024, qui est ici devant moi, là, OK, 4,2 %… est
ce que la perspective, pour les années à venir, c'est de maintenir ce genre
d'augmentation annuelle?
Mme LeBel : …ça va dépendre
des discussions qu'on va avoir avec le ministère des Finances. C'est le
ministre des Finances qui nous donne nos objectifs de dépenses. On a eu
l'occasion d'en discuter dans la question précédente. Et nous, après ça, on
voit avec les différents ministères quels sont leurs besoins anticipés et on
fait arrimer tout ça. Donc, vous avez vu, il y a des écarts à résorber pour le
futur. Mais nous, on travaille avec les chiffres du ministre des Finances sur
cette base-là. Et ce n'est pas parce que je ne veux pas vous répondre, mais
c'est parce que ce n'est pas... ce n'est pas de mon ressort, dans cette… dans
cette optique-là.
Maintenant, quel est l'impact des…
l'inflation, les coûts de reconduction? Naturellement, on regarde, nous,
également, le coût de maintien des services. Ça va avec les conventions
collectives, les différentes augmentations, l'augmentation des effectifs. Quand
il y a plus de monde, ça coûte plus cher. Donc, tout ça est tenu en compte,
plus les indices auxquels vous faites référence. Mais pour cette portion-là,
c'est vraiment discuté avec le ministère des Finances, qui nous donne nos
balises, si on veut, dans, d'ailleurs, les objectifs de dépenses de programmes.
Et vous comprenez… puis je sais que vous le comprenez, mais au Trésor, nous, on
a vraiment les dépenses de programmes. Le portefeuille gouvernemental est
beaucoup plus large que ça, mais nous, on est dans le contrôle des dépenses de
programmes.
M. Beauchemin : OK.
Quand je regarde les statistiques, là, je le vois, je pense que le ministère…
puis c'est vraiment juste pour la simplifier, là… le ministère gagnant, en
termes d'augmentation de prix... pas de prix, mais de coûts, c'est, si je
comprends bien, là, l'Enseignement supérieur. Est-ce que, ça, c'est le
ministère qui a eu la plus forte augmentation?
Mme LeBel : Bien, il y a
l'effet clientèle aussi qu'il faut mesurer. Donc, quels sont les paramètres qui
sont entrés en compte? Là, il faut faire la distinction entre le coût de
maintien des services et les mesures de... la croissance des dépenses de
programmes qui sont accordées en fonction de mesures du budget. Les mesures du
budget sont des choix qui sont faits de priorités, donc pourquoi on donne tant
pour... pour avoir de nouvelles mesures budgétaires. Mais le coût de maintien
des services est discuté sur des… je dirais, des critères qui sont objectifs,
l'augmentation de la clientèle, l'augmentation des salaires, aussi, dans un
lieu donné, l'inflation, vous l'avez mentionné, et on s'assure, année après
année, que chaque ministère ne subit pas de coupures, parce qu'une coupure
c'est quand il y a moins que le coût de maintien de ses services, et qu'il doit
procéder à des coupures. Alors, tout le monde a eu le coût de maintien de ses
services.
Maintenant, pourquoi, dans un cas X ou Y,
l'effet, en pourcentage, semble plus élevé qu'ailleurs? Bien, il y a sûrement
des explications. Est-ce qu'il y a eu un achalandage? OK, bien, l'Enseignement
supérieur, c'est l'effet clientèle, particulièrement, oui.
M. Beauchemin : Est-ce
que vous êtes capable de répondre à ma question à savoir quel ministère a eu,
donc, la plus grosse augmentation?
Mme LeBel : Bien, la
plus grande augmentation, en...
M. Beauchemin : C'est
l'Enseignement supérieur?
Mme LeBel : Bien, en pourcentage,
j'ai l'Enseignement supérieur ici, mais on... bien, les trois qu'on a mis là, c'est
les trois plus gros.
M. Beauchemin : OK. Et
puis, à l'inverse?
Mme LeBel : Le plus
petit...
M. Beauchemin : Les plus
petits, les trois plus petits?
Mme LeBel : Bien... on va
vous trouver les chiffres, mais en tenant compte qu'ils ont eu ce qu'ils
avaient <besoin…
M. Beauchemin :
...plus
petits?
Mme LeBel :
Bien...
on va vous trouver les chiffres, mais en tenant compte qu'ils ont eu ce qu'ils
avaient >besoin. Donc, si le chiffre est petit, c'est parce que leurs
besoins étaient plus petits, là. Mais on va vous trouver la réponse des trois
plus petits.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
Mme LeBel : Mais on peut vous
trouver la réponse, là, pour être sûrs.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Alors,
je cède maintenant la parole à la députée de Sherbrooke, qui dispose de 12 min 14 s.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. On va... Juste... Je vais juste attendre d'avoir l'attention de...
Mme LeBel : ...
Mme Labrie : Merci. Donc, je
veux discuter avec vous d'équité salariale, encore. Ça arrive... En fait, le Conseil
du trésor soutient les autres ministères en matière de gestion des ressources,
puis on a vu récemment qu'avec le cafouillage à la SAAQ il y avait beaucoup de
dossiers qui prenaient du retard, puis il y a des ressources qui ont été
dégagées en provenance des autres ministères pour aller épauler à la SAAQ, pour
répondre dans des délais plus raisonnables.
Là, en ce moment, à la CNESST, il y a des
milliers de plaintes qui ne sont pas réglées par rapport à l'exercice de
maintien d'équité salariale de 2010. Ça fait 13 ans. Il y en a des milliers
d'autres qui datent de 2015, ça fait huit ans. L'exercice de 2020 n'est pas
encore réalisé, mais quand je regarde le portrait, je... ça donne l'impression
qu'il y a une difficulté, là, à gérer les plaintes à la CNESST par rapport à
l'équité salariale ou en tout cas, il y a une difficulté à livrer des décisions
dans un délai raisonnable. Et je trouve ça gênant qu'après 13 ans il y a encore
des milliers de femmes qui attendent qu'on se penche sur leur dossier. Donc,
j'aimerais savoir si la ministre a un plan pour gérer ce dossier-là d'une
manière plus efficace, réduire les délais de traitement des plaintes. Comment
le Trésor va s'assurer que la CNESST a les ressources suffisantes, là, pour
traiter ces dossiers-là dans un délai raisonnable?
Mme LeBel : Bien, c'est une
excellente question, parce que vous avez raison, hein, l'équité est l'effet
d'une loi, donc on doit... on doit, un jour ou l'autre, avoir le processus qui
est capable de... de juger des plaintes qui sont... qui sont encore... encore
sur la table, je vais le dire comme ça.
Écoutez, j'ai demandé... La CNESST est
sous la responsabilité de mon collègue au Travail. Il est au courant de la
situation, il est au courant du fait qu'on est... qu'on a de l'ouverture pour
trouver des solutions, comme dans tous les cas de figure d'ailleurs, pour être
capables de voir comment on peut aider la CNESST dans le traitement de ces
plaintes-là. C'est toujours délicat, parce que c'est un tribunal, hein,
indépendant. Donc, on doit... on doit voir aussi quelles seraient les demandes
de la CNESST pour être capables de... l'évaluation de la capacité de la CNESST,
et quelles seront leurs demandes pour être capables de répondre à ces
plaintes-là. De notre côté, on va… on va essayer de voir comment on est
capables de les aider dans le processus d'enquête pour faciliter le traitement
des plaintes. Donc, c'est à deux niveaux.
Mais, oui, on est très... très sensibles
et préoccupés par la question. Mais il faut que, de leur côté, ce tribunal, qui
est la commission... la... je ne me lancerai pas, la CNESST nous donne aussi...
nous fasse état de ses besoins pour être capables de traiter ces plaintes-là.
Mais ça fait… ce n'est pas la première fois que je le dis que je suis prête à
travailler avec mon collègue au Travail...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme LeBel : ...comme dans
tous les ministères où il y a des besoins criants, pour trouver des solutions
pour pouvoir être capables de défaire ce noeud, là, si on veut.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Mme la députée.
Mme Labrie : Donc, j'entends
que la ministre a de l'ouverture à fournir des ressources supplémentaires si
son collègue au Travail lui en demandait. Et donc ça veut dire que ça fait 13
ans qu'il y a une difficulté à traiter ces plaintes-là et qu'il n'y a jamais de
demandes qui ont été faites de la part de son collègue au Travail ou, en tout
cas, de ses prédécesseurs, pour avoir des ressources supplémentaires pour
traiter les plaintes?
• (17 h 20) •
Mme LeBel : Bien, je ne me
prononcerai pas sur les discussions que mon collègue a, au Travail, avec le
tribunal en question, mais il y a... c'est à plusieurs niveaux, là, les... Ce
n'est pas juste une question de ressources, c'est une question de voir comment
on peut trouver des solutions aussi pour aider à... au traitement le plus
efficace possible de ces plaintes-là.
Donc, je ne m'attacherai pas à la
solution, mais je peux vous dire que je suis très préoccupée également par la
situation, parce qu'effectivement vous savez, comme ça découle d'une loi, comme
devant... comme dans tous les cas de plainte, comme dans tous les cas de
tribunal, naturellement, quand il y a des plaintes, le Trésor s'assoit avec les
parties concernées, puis on essaie de trouver des règlements puis des
solutions. Mais il arrive un moment où on est allés au bout du processus, et où,
là, on ne s'entend plus, et il faut que ça tranche. Parce qu'on en a réglé
beaucoup, de plaintes, aussi, au Trésor, puis on est capables, dans certains
cas de figure, de trouver des ententes, des terrains d'entente où les deux
parties sont satisfaites, qu'on respecte la loi parce que... parce que ça ne se
négocie pas, l'équité salariale, ça découle d'une loi. Maintenant, il arrive un
moment où, bien, il faut qu'un tribunal tranche, et, par la suite, bien,
dépendamment de la décision du tribunal, le gouvernement va se gouverner en
conséquence.
Mais je peux juste vous réitérer... je ne
répondrai pas pour mon collègue au Travail… je peux juste vous réitérer qu'on
est très sensibles, nous, au Trésor, surtout que je suis la personne qui est en
plein dans ce... dans ce créneau-là. Et ces discussions-là, je les ai avec les
syndicats, je leur... je les mets <souvent…
Mme LeBel :
...est en
plein dans ce... dans ce créneau-là. Et ces discussions-là, je les ai avec les
syndicats, je leur... je les mets >souvent en garde de mélanger les
négos et l'équité salariale. Pour moi, c'est deux choses différentes. Mais ça
ne veut pas dire qu'on ne peut pas discuter pour trouver des solutions avec
eux. Ça, ce n'est pas... ce n'est jamais exclu, de discuter. Mais je peux vous
dire qu'on est sensibles puis on regarde pour trouver des solutions. Mais le
fait est que c'est un tribunal, et qu'il doit traiter ces plaintes-là.
Mme Labrie : Je suis contente
que la ministre le nomme elle-même, parce qu'effectivement ça s'est fait, dans
le passé, de trouver un terrain d'entente avec les parties concernées pour
régler ces plaintes-là. Quand je l'ai questionnée dans les derniers mois
là-dessus, elle me disait que, pour les plaintes restantes, elle misait sur le
processus de la CNESST. Donc, j'entends, elle nous le reconfirme aujourd'hui,
donc, pour elle, il n'y a pas... pour les plaintes qui restent, là, celles de
2010, celles de 2015, il n'y en a plus, de dossiers qu'elle estime pouvoir être
gérés autrement que par le processus du tribunal.
Mme LeBel : Bien là, c'est
difficile de faire une déclaration à l'emporte-pièce sur un ensemble de
plaintes. Je vous dirais qu'il y a un lot de ces plaintes-là très certainement,
puis je ne veux pas dire 80 %, 90 %, je ne le sais pas, je n'ai pas
fait le décompte… il y en a sûrement qui sont encore en discussion. Il y en a
d'autres qui… probablement, qui ont... qui sont arrivées au bout du processus
où on pouvait s'entendre, parce que, quand... quand on s'entend, en équité
salariale, il faut que ce soit crédible dans l'échafaudage de toute l'équité
salariale de la loi, et donc on ne peut pas faire... donc, il faut qu'on soit
capables de justifier, en fonction des critères de la loi, le résultat final
qui découle de la plainte quand on a une entente.
Donc, je vous dirais qu'il y a
certainement un lot de ces plaintes-là qui doivent maintenant être traitées par
le tribunal, oui. Est-ce que c'est l'entièreté? Je ne voudrais pas m'avancer
là-dessus, parce qu'il y a peut-être des plaintes là-dedans qui sont encore en
discussion, qui pourraient être encore potentiellement, discutables, mais là il
faudrait les voir une par une, là, et ce serait un exercice fastidieux, là. Ça
fait que ne le prenez pas comme étant l'ensemble des plaintes, mais comme il y
en a, oui, qui sont rendues au bout du processus, et il y en a suffisamment
pour que ce soit problématique, dans le sens où ça devrait.... problématique,
dans le sens qu'il faut que la CNESST tranche.
Mme Labrie : Est-ce que,
parmi tous les collègues qui sont autour de la ministre aujourd'hui, il y a
quelqu'un qui est responsable de, justement, étudier ça, voir s'il y a encore
des plaintes qui sont traitables autrement, là, que par le processus du
tribunal?
Mme LeBel : Ah! bien, je vous
réponds, moi, je le sais, qu'il y en a certainement un lot qui sont encore...
surtout dans les plus récentes, j'imagine, là. Je regarde 2021. Il y en a,
probablement, qui sont encore en discussion, probablement moins en 2010,
peut-être mitigé en 2015. Mais... mais, de toute manière, je ne vous fournirai
pas ces statistiques-là, parce que moi, je n'annoncerai pas, d'entrée de jeu :
Telle plainte est discutable, et telle plainte ne l'est pas. C'est un processus...
à partir du moment où on dépose une plainte, c'est un processus qui est
judiciarisé.
Maintenant, comme tous les processus
judiciarisés, il arrive que les parties discutent et s'entendent. Donc, est-ce
qu'il y aura toujours une ouverture de discussion et d'entente? La réponse est
oui. Sur lesquels en particulier, je vais me garder... je ne discuterai pas
d'un processus qui est judiciarisé. Maintenant, je peux certainement affirmer
que, dans... que, dans ce lot-là, il y en a quelques-unes, sinon, plus que
quelques-unes qui sont arrivées au bout du processus, et que là, c'est le...
Parce que c'est judiciarisé à partir du moment du dépôt d'une plainte, là, et
on est une partie. Donc, on discute, comme toute partie devrait le faire dans
un processus judiciaire, puis, à un moment donné, vient un temps où le tribunal
doit trancher, là, comme dans tout processus judiciaire.
Mme Labrie : Oui, j'entends.
Puis moi, je fais confiance au processus à la CNESST, aussi, pour trancher pour
les cas qui n'auront pas pu être réglés autrement. Je suis contente d'entendre
qu'il y a encore de l'ouverture quand même, pour essayer de régler autrement
pour certaines plaintes. Mais, quand même, après 13 ans, là, je pense
qu'on peut dire sans exagérer que le délai est déraisonnable. Moi, j'ai
confiance en la capacité de la CNESST à fournir une décision juste. Par contre,
je n'ai plus confiance qu'ils sont capables de fournir cette décision-là dans
un délai raisonnable, là, après 13 ans.
Donc, moi, j'aimerais ça savoir si la
ministre, elle, elle en fait, des démarches, auprès de son collègue au Travail,
auprès de la CNESST, pour leur... leur offrir des ressources supplémentaires
pour réussir à régler ça, parce que ça devient un peu gênant, comme employeur,
comme État… on a le devoir d'exemplarité… de ne pas être capables de régler ces
dossiers-là après 13 ans.
Mme LeBel : Oui, mais il faut
comprendre que c'est un processus judiciarisé. Dans cette capacité-là, dans
cette fonction-là, la commission est un tribunal. Maintenant, j'offre la
collaboration, autant qu'on peut l'offrir quand on est une partie à un
processus judiciarisé. Maintenant, je vous ai déjà répondu qu'on était à la
recherche de solutions en autant qu'elles n'atteignent pas et qu'elles ne
compromettent pas l'indépendance du tribunal en question.
Mme Labrie : OK. Je vais
parler de l'avenir, à ce moment-là…
Mme LeBel : L'avenir, oui.
Mme Labrie : …parce que là, le
processus, l'exercice de maintien de l'équité pour 2020, il n'est pas... il
n'est pas complété. Il y en aura d'autres à l'avenir, là. De toute évidence, le
processus qui existe en ce moment ne nous permet pas de régler les dossiers
dans un délai raisonnable. Il y a, pour vrai, des milliers de personnes, en
particulier des femmes, qui attendent, depuis des années, plus d'une décennie,
d'avoir un salaire juste, que quelqu'un se penche là-dessus. Moi, je ne trouve
pas ça <normal…
Mme Labrie :
...plus
d'une décennie, d'avoir un salaire juste, que quelqu'un se penche là-dessus.
Moi, je ne trouve pas ça >normal. J'entends que là, on est pognés avec
un processus qui fait en sorte que, des fois, ça s'étire, mais est-ce qu'on est
obligés de maintenir ce processus-là pour la suite? Est-ce que la ministre a
une opinion sur la façon dont on procède actuellement? Est-ce qu'elle est
satisfaite de ce qui existe comme processus en ce moment? Est-ce que ça la rend
fière que ça puisse être aussi long? Ou est-ce qu'elle envisage de peut-être le
réviser, ce processus-là, peut-être de réviser la Loi sur l'équité salariale
pour s'assurer qu'on réussisse à traiter ces plaintes-là dans un délai
raisonnable?
Mme LeBel : OK. Il faut
comprendre que, bon, l'évaluation de l'équité salariale se fait en fonction de
la loi, je l'ai dit, là, je veux juste replacer… replacer la question dans mon
esprit correctement, et l'évaluation de l'équité salariale, dans... à chaque
cinq ans, je pense, c'est cinq ans… le maintien, à chaque cinq ans, se fait.
Dans la grande majorité des... Mais c'est quand même un processus qui est
rigoureux, qui est long et qui découle... et j'ai du mal à voir comment... on
ne doit pas l'escamoter, disons-le comme ça.
Ceci étant dit, ceci étant dit, il y a
deux choses dans ce que vous dites. Il y a le processus en maintien, qui, une
fois qu'il est déposé, convient à probablement, une grande majorité de gens, et
il y a les plaintes qui en découlent. Parce que les plaintes, ce n'est pas
l'ensemble de l'équité salariale. On doit comprendre qu'on a l'exercice de
maintien, je vais prendre 2010 à titre d'exemple, qui s'est fait. Dans beaucoup
de cas de figure, l'équité salariale a été versée, c'est-à-dire appliquée, mais
il y a, à chaque fois, des plaintes qui en découlent. Là où ça devient
peut-être un peu plus difficile à concevoir, c'est dans le traitement des
plaintes, dans le traitement des plaintes, et là j'ai déjà répondu à cette
question-là.
Maintenant, pour l'exercice du maintien...
Le Président (M. Simard) : …s'il
vous plaît, Mme la députée de Sherbrooke, à vous la parole.
Mme Labrie : Oui. Juste parce
qu'il nous reste moins... une trentaine de secondes.
Mme LeBel : OK, je m'excuse,
je n'ai pas...
Mme Labrie : Ma question,
c'est : Ce processus de traitement des plaintes, pour l'avenir, pour les
futures plaintes qui ne sont pas en traitement actuellement, est-ce qu'on peut
le réviser pour que ce ne soit plus jamais aussi long?
Mme LeBel : Bien, ce sera
toujours en... Bien, c'est parce que, quand on parle des plaintes, c'est un
processus judiciaire, donc ce sera toujours tributaire de la CNESST, puis on en
a discuté.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
Mme LeBel : L'évaluation,
c'est autre chose. Ça découle de la loi.
Le Président (M. Simard) : Une
dernière intervention, chère collègue, très rapidement.
Mme LeBel : J'essaie vraiment
de vous répondre, là.
Mme Labrie : Bien, écoutez,
moi, j'entends… j'entends que la ministre me répond que, dans l'avenir, là,
l'exercice de 2020, ça se peut qu'il y ait des plaintes qu'en 2033 elles ne
sont pas encore réglées?
Mme LeBel : Ce n'est pas
l'objectif, parce que l'objectif, si on est capables de fournir et d'aider la
CNESST à trouver un moyen de désengorger, probablement que, dans le futur, on
sera moins… on sera moins pris. Mais il faut comprendre, là, que c'est un
tribunal qui doit traiter ces plaintes-là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien, merci. Alors, nous pourrons poursuivre plus tard, il vous reste encore un
bloc d'échange. Mme la députée de Saint-Laurent, la parole vous appartient.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le Président. Je ne sais pas si la présidente du Conseil du trésor a pris
connaissance du résultat du sondage qui a été commandé par le Syndicat de
professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec. Ah! désolée, je
vais répéter ma question, le son... mon micro était un petit peu trop loin.
Mme LeBel : ...
Mme Rizqy : Oui, le sondage La
sous-traitance au sein de l'appareil gouvernemental—Constats et enjeux.
C'est fait par le SPGQ. Ça a été rendu public, là, c'est au niveau de la
sous-traitance.
Mme LeBel : Oui, allez-y.
Mme Rizqy : Oui. Est-ce que
vous avez eu le temps d'en prendre connaissance?
Mme LeBel : Bien, je n'ai pas
lu les lignes du... je n'ai pas lu le rapport d'un couvert à l'autre, mais
disons que j'en ai une impression générale, qui, peut-être, va me permettre de
vous y répondre, sinon, je vous le dirai si ma lecture n'était pas assez...
Mme Rizqy : Bien, est-ce que
vous partagez le constat que la sous-traitance a augmenté au cours des
dernières années?
Mme LeBel : Bien, de façon...
au niveau des chiffres, ça dépend dans quel domaine, tu sais, mais il y a… il y
a de la sous-traitance, je vais le dire comme ça. C'est parce qu'il faudrait
que j'aie les chiffres comparatifs, et je ne les ai pas, les chiffres
comparatifs. Mais il y a de la sous-traitance, c'est un fait indéniable, là.
Mme Rizqy : Bien, si on va à
l'annexe 1 du rapport...
Mme LeBel : Bien oui, mais c'est
un sondage, qui a été fait, là, auprès de 3 000 personnes, donc c'est
peut-être leur impression aussi, mais… Et moi, comme je suis au Conseil du
trésor, là, je n'ai pas les chiffres pour vous dire est-ce qu'il y a une
augmentation, dans quel pourcentage. Mais je suis prête à stipuler qu'il y a de
la sous-traitance.
• (17 h 30) •
Mme Rizqy : Par contre, à
l'annexe 1, il est question des postes vacants, des postes internes puis des
postes externes. Donc, ce n'est pas un sondage, à ce moment-là, on est vraiment
dans les postes qui existent, là, donc qu'est-ce qui est à l'affichage de
postes. Est-ce que... Ce n'est pas les chiffres du Trésor.
Mme LeBel : …ce n'est pas les
chiffres du Trésor, là, c'est les chiffres qui ont été... qui ont été… Et là je
ne suis pas en train de dire qu'ils ne sont pas bons ou qu'ils sont bons mais
ce n'est pas nos chiffres, c'est les chiffres du Syndicat de professionnelles
et professionnels du gouvernement du Québec. Donc, de quoi ils découlent… et
ça, je n'ai pas examiné les chiffres pour m'assurer qu'ils étaient exacts. Mais
ce ne sont pas les chiffres du Trésor.
Mme Rizqy : OK. Est-ce que
vous avez des chiffres, peut-être, pour contredire ces chiffres-là?
Mme LeBel : Bien, peut-être
qu'on pourrait en faire un examen et... les examiner, parce que ça dépend de
quelle façon ils sont compilés. Leur compilation est-elle une compilation qu'on
a de la même façon? Peut-être pas. Vous comprenez…
17 h 30 (version révisée)
Mme LeBel : ...et les examiner
parce que ça dépend de quelle façon ils sont compilés. Leur compilation est-elle
une compilation qu'on a de la même façon? Peut-être pas. Vous comprenez que ce
n'est pas parce que je ne veux pas vous répondre, mais c'est parce que je n'ai
pas... ce ne sont pas les chiffres du Trésor, alors moi, je ne m'appuierai pas
là-dessus pour tirer des conclusions, là. Je ne les qualifie pas, mais je ne m'en
servirai pas.
Mme Rizqy : OK. Alors, je
vais vous donner un autre outil, pour les fins de notre discussion : l'article
de Pierre-Paul Biron, du Journal de Montréal, Sous-traitance à l'externe
en informatique, donc on va prendre un exemple d'un ministère.
Mme LeBel : Parfait.
Mme Rizqy : Puis désolé que ce
soit celui de l'informatique, là, ce n'est pas que je veux en ajouter, là.
Mme LeBel : Non, non, mais je
comprends que c'était dans le journal, oui.
Mme Rizqy : C'est ça, c'est
dans le journal. Alors là, ici, on voit que «33 % des ressources utilisées
dans la dernière année étaient des sous-traitants, alors que près de 1 200 postes
demeurent vacants, du jamais vu.» Initialement, l'objectif, c'était de réduire
la sous-traitance. Pourquoi qu'on a de la difficulté et qu'on a cette dépendance
envers les sous-traitants?
Mme LeBel : Bon, il faut
faire... Je veux juste prendre le temps de réitérer que j'ai pleinement
confiance en la fonction publique et la compétence des gens qui exercent. Je
suis moi-même issue de la fonction publique, donc... Et, même si je m'exclus de
tout ça, je considère qu'on a des gens, dans la fonction publique, qui sont
extrêmement compétents. Maintenant, les cas spécifiques... Il y a des cas
spécifiques où le gouvernement peut faire appel à de la sous-traitance. Puis c'est
très difficile pour moi d'entrer... Puis ce n'est pas parce que c'est des TI ou
c'est autre chose, mais il y a des cas spécifiques. Et il faut comprendre aussi
que la pénurie de main-d'œuvre touche la fonction publique.
Donc, ce n'est pas parce qu'on enlève du
travail à nos fonctionnaires, c'est soit parce qu'il n'y a pas assez de monde
de disponible et que nos fonctionnaires sont utilisés dans un cas de figure x,
à pleine capacité, soit qu'on a besoin d'un enjeu spécifique où l'expertise ne
se retrouve pas dans un moment donné. Parce que c'est sûr que, si cette
expertise-là devient nécessaire pour le gouvernement de façon pérenne, on va se
bâtir des équipes. Mais si, sur des cas de figure très pointus, une expertise
est nécessaire et que ce n'est pas efficient pour le gouvernement d'embaucher
des gens...
Parce que la fonction publique, vous le
savez, elle est basée sur la base d'une carrière dans la fonction publique,
hein? Donc, si on a besoin, pour des cas de figure bien particuliers, des
situations très pointues, d'avoir de la sous-traitance, on va le faire, ou si
on en a besoin, parce que, dans un cas x, y, on a difficilement... difficile à
embaucher, ou qu'on a une pénurie de main-d'œuvre, ou que toutes nos ressources
sont utilisées à pleine capacité puis qu'on a, excusez-moi, j'allais dire un
«peak», mais une pointe, une pointe, une pointe de travail dans un cas
particulier, on va faire appel à la sous-traitance. Donc, on ne l'éliminera
jamais.
Mais je veux qu'on rassure tout le monde,
parce que je sais que ça vient d'un syndicat, on n'est pas en train de
contourner nos professionnels de la fonction publique, mais ils sont... je
pense qu'ils pourraient vous en témoigner, ils sont utilisés pleinement dans
leurs compétences.
Mme Rizqy : Mais comment
aujourd'hui on peut justifier qu'au même endroit, dans la même unité de
travail, que nous avons une personne qui est embauchée directement par l'État,
disons que cette personne-là gagne 70 000 $, et que, juste à côté de
cette personne, il y a une autre personne qui utilise l'ordinateur du
gouvernement, a un courriel du gouvernement, le téléphone du gouvernement, mais
a un titre différent parce que c'est un sous-traitant, mais il travaille au
même endroit, mais il gagne plus?
Mme LeBel : Ça, c'est un
débat que j'aurai avec les syndicats à la table de négociation, si vous
permettez, parce que c'est exactement le cœur de leur discussion, et on
entre... Puis le sondage arrive à point, d'ailleurs, on est dans des négociations,
donc on va discuter avec eux.
Mme Rizqy : Et là vous en
discutez avec moi.
Mme LeBel : Non, bien, venez vous
asseoir à la table, mais je... Vous aurez l'autorisation si vous êtes de mon
côté.
Mme Rizqy : Bien... Oh! Attendez,
il y a beaucoup de témoins, là.
Mme LeBel : Bien oui, mais ça
fait deux fois que j'offre... Traversez, vous allez être accueillie. Non, mais
vous comprendrez que ce sont des cas de figure qu'on doit discuter aux tables
de négociations, farce à part, blague à part. Et on en entend parler. D'ailleurs,
c'est le même... Ce n'est pas le même enjeu, mais c'est la même discussion avec
les infirmières, puis les MOI, là, puis l'ordre des infirmières. Donc, il faut
trouver, mais... Et ces discussions-là auront lieu aux tables de négociation. Mais
on devra comprendre qu'il y aura toujours des cas de figure où ce sera
nécessaire de faire de l'embauche à l'externe.
Mme Rizqy : OK. Bien, est-ce
que vous, vous gardez la... C'était un engagement, au fond, électoral, là, de
dire : On va réduire la sous-traitance. Ça, c'était un engagement qui a
été pris en 2014 et en 2018, mais finalement ça n'a pas été respecté. Puis là
je vous donne un cas précis. Puis je pourrais aussi vous parler de justice,
parce que c'est un domaine que vous connaissez particulièrement bien. Vous le
savez, hein, dans le... le ministère de la Justice s'est donné comme mandat de
moderniser les salles de cour, il y a un immense virage numérique qui est
entrepris... qui a été entrepris, qui est toujours <entrepris...
Mme Rizqy :
...
immense virage numérique qui est entrepris... qui a été entrepris, qui est
toujours >entrepris puis qui est constant, qui nécessite des sommes
importantes. Et vous le savez, c'est un défi de tous les jours de maintenir nos
infrastructures numériques face à toutes les cyberattaques. Donc, moi, je
comprends que les équipes de TI, là, ce n'est pas un point... un besoin de pointe,
c'est un besoin qui est quotidien.
Mme LeBel : Bien, ça
dépend. Ce n'est pas un besoin de pointe, ça... Je ne suis pas assez experte en
technologies de l'information, là, pour me lancer, mais je vais vous aider de
façon très générale. Ce n'est pas... Ça peut être un besoin de pointe. Si on a
besoin d'un groupe d'experts particuliers pour monter un projet et que ce
projet-là dure deux ans, bien, on n'engagera pas des gens pour 20 ans avec
une permanence dans la fonction publique pour le faire. De la même façon, ça
nous prend une base d'expertise dans la fonction publique, et j'y crois
également. Donc, je ne parle pas de ce dossier-là en particulier.
Mais il faut qu'on comprenne que, oui, on
doit se dégager de la sous-traitance pour les missions récurrentes de l'État,
je vais le dire comme ça, les fonctions récurrentes de l'État. Mais il y aura
toujours des cas de figure où, pour un dossier... bien, un projet donné, je
dirai, qu'il sera judicieux de s'adjoindre des gens de l'externe, soit parce
que leur expertise, elle est tellement pointue qu'on ne l'a pas et qu'il n'y a
pas la demande nécessaire pour le gouvernement de la développer, soit parce
qu'on a besoin de venir prêter main-forte à nos équipes en place pour un projet
qui demande, pendant un temps déterminé, une pointe, une pointe d'effectifs.
Mais est-ce qu'on... est-ce qu'on doit,
comme gouvernement, se détacher de la sous-traitance qui est une sous-traitance
de... de... j'allais dire de quotidien, c'est-à-dire de services quotidiens?
Bien, il faut tendre vers ça, c'est sûr, là. Mais il ne faut pas penser que
parce qu'il y a sous-traitance qu'il n'y a nécessairement pas justification ou
nécessité de le faire dans ce cas particulier, au moment donné. C'est une photo
qu'il faut prendre.
Mme Rizqy : OK. Puis la
photo, vous, estimez quoi qui serait raisonnable?
Mme LeBel : Bien, je ne
peux pas donner un chiffre à ça. Si demain matin j'ai plusieurs projets puis
que, de concert, même, avec mes équipes gouvernementales, y inclure dans
l'équipe les fonctionnaires concernés, on a besoin d'augmenter les équipes pour
un projet donné, bien, peut-être qu'il arrivera une pointe plus grande, à un
moment donné, puis après ça il y en aura... il y en aura moins pendant un
certain temps. On ne peut pas mettre un chiffre, mais je pense que ce qu'on
peut mettre, c'est un objectif. C'est-à-dire que la sous-traitance devrait
être, dans tous les cas où c'est nécessaire, limitée à des... des services
exceptionnels qui le requièrent ou parce qu'on n'a pas l'expertise et que ça ne
vaut pas la peine pour le gouvernement de la bâtir à l'intérieur de ses
équipes, là. Ça peut arriver.
Le Président (M. Simard) : Chères
collègues...
Mme Rizqy : Ah! OK. Oui?
Le Président (M. Simard) : Allez-y.
Non, c'est juste...
Mme Rizqy : Non, parce
que l'échange allait bien, là, M. le Président, moi, je...
Le Président (M. Simard) : Pour
vrai, ça va? On tente quand même toujours de garder un certain équilibre dans
les questions et les réponses.
Mme LeBel : Alors, je me
tais.
Mme Rizqy : Ah non! Mais
non, l'échange va bien. Merci beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Ça
vous va? Bon, très bien.
Mme Rizqy : Non, non.
Inquiétez-vous pas, inquiétez-vous pas, quand je ne suis pas satisfaite, tout
le monde le sait. Ça va très bien.
Le Président (M. Simard) : Bon,
parfait.
Mme Rizqy : Non, mais...
Mme LeBel : Non, mais
vous comprenez. Donc, je ne pense pas qu'on réalise...
Le Président (M. Simard) : Mme
la ministre, il vous reste 7 min 45 s.
Mme LeBel : Je ne pense pas
qu'on peut y aller en termes de chiffres. Je pense qu'on doit y aller en termes
de cas par cas puis d'examiner à chaque fois quelles sont les... quelle était
la nécessité.
Mme Rizqy : Oui. La
réponse... (panne de son) ...pourquoi, parce que je veux vraiment vous
sensibiliser à quelque chose qui a été dit par un de vos collègues. Le ministre
responsable de la Cybersécurité et du Numérique...
• (17 h 40) •
Une voix : ...
Mme Rizqy : Merci à la députée
de Fabre qui me souffle des fois les réponses. Merci beaucoup. Lui, il a dit,
dans son gros chantier informatique, c'était carrément un projet de la... digne
de la Baie-James et que des milliards de dollars seront investis, là, donc... Puis
il n'y est pas allé de main morte pour les qualificatifs, là. Donc, là, «Baie-James»,
quand j'ai entendu ça, j'ai fait : OK! Je ne sais pas s'il a parlé avec la
présidente du Conseil du trésor, parce qu'il a avancé plusieurs milliards de
dollars et...
Mme LeBel : Mais c'est
quoi, le...
Mme Rizqy : Pardon?
Mme LeBel : Excusez-moi.
Mme Rizqy : Ah non! Désolée.
Et là, au fond, c'est que, si on a un gros chantier, la Baie-James a quand même
duré pas mal d'années, là, on s'entend, là, la Baie-James, ça nous a pris du
temps, j'imagine que ça, ça ne peut pas se qualifier de projet de pointe et que
là, à ce moment-là, il faudrait s'assurer que les équipes qui seront en place
pour faire cette grande transformation numérique digne de la nouvelle
Baie-James des temps modernes... qu'on ne peut pas se permettre de se dire que
ça va être de la sous-traitance puis qui... on va être capable d'embaucher.
Puis, soyons honnêtes, aujourd'hui, là, les technologies informatiques, là,
plein d'organisations, on les engage dans tous les différents corps de métiers,
<professions...
Mme Rizqy :
...
d'organisations, on les engage dans tous les différents corps de métiers, >professions,
entreprises, parce qu'on a des grands défis et que c'est même la façon non
seulement pour plusieurs de communiquer, mais faire des affaires. Mais, pour l'État
québécois, qui détient les données les plus sensibles des Québécois, on n'a
pas, nous, le luxe de ne pas être des champions en matière de cybersécurité...
Une voix : ...
Mme Rizqy : ...et
transformation numérique, merci. Et c'est ça qu'on veut développer comme
expertise, c'est de s'assurer que nous, à l'interne, bien, qu'on a vraiment nos
meilleurs. Et, si on continue dans la même veine, c'est-à-dire d'augmenter le
pourcentage qui est en sous-traitance, bien, on risque à ce moment de dire d'une
façon détournée aux gens : Bien, ne restez pas à la fonction publique,
allez au privé, vous allez être mieux payés, d'une part, pour faire exactement
la même chose mais la chaise à côté. Là, je mets une chaise vide, mais imaginez
qu'il y a quelqu'un qui est là, là, mais...
Mme LeBel : Mais je vais vous
rassurer, là, ce n'est pas pour remplir les missions de l'État. On a un
ministère de la Cyber...
Mme Rizqy : Sécurité.
Mme LeBel : ...sécurité et du
Numérique, MCN, le ministère de la... Et il y a... il a... ils ont, sur 10 ans,
un PQI de l'ordre de 7,7 milliards de dollars sur 10 ans. Donc,
c'est sûr et certain que c'est deux choses très différentes dont on parle, là.
C'est-à-dire qu'il va falloir fournir les moyens au ministère de remplir sa
mission de base.
Maintenant, le fait est qu'il y a une
difficulté, présentement, en... qui est circonstancielle à la... aux éléments
présents, c'est-à-dire qu'on a une pénurie en matière de TI, et on n'est pas
les seuls à la vivre, cette pénurie-là et cette difficulté d'embauche, et il y
a, naturellement, des négociations. Donc, je n'entrerai pas là-dedans, mais la
question de l'attraction, la rétention est certainement une question qui nous
préoccupe. Donc, il faut faire... il faut faire la part des choses, là.
Parce que, ça, vous me parlez de la
mission du ministère, qui a un PQI de 7,7 milliards à gérer sur 10 ans,
je vous ai bien parlé qu'on ne devrait pas faire recours à la sous-traitance,
autant que faire se peut, pour remplir la mission d'un ministère. Maintenant,
ça ne veut pas dire que même le MCN lui-même ne nous dira pas, à un moment
donné : À l'intérieur de ma mission, j'ai quelque chose de plus pointu qui
me demande une expertise externe. Ça, c'est un cas de figure hypothétique que
je vous donne. Ce n'est pas exclu.
Mais là il y a un enjeu de pénurie de
main-d'oeuvre. On a d'ailleurs mis des plans gouvernementals, avec mes
collègues au Travail, entre autres, et au ministère de l'Enseignement
supérieur. On a mis sur place des bourses d'études pour favoriser l'entrée aux
TI. On essaie d'augmenter le bassin disponible pour être capable d'embaucher.
Avec la nouvelle dotation qu'on a faite, on va être capables d'embaucher de
façon beaucoup plus ciblée. Le télétravail fait partie des outils. Donc, on a
mis tout ce qu'il y a sur la table. Et, entre autres, ces gens-là sont en
général, dans la plupart des cas, à cinq jours/semaine en télétravail.
Donc, on met sur la table beaucoup de
choses pour devenir un employeur attractif, mais on est en concurrence avec le
monde entier dans ce virage technologique là. Mais on va faire... on va mettre
sur la table des outils pour faciliter le recrutement. Mais c'est très
différent de la sous-traitance, là, on parle de la mission d'un ministère, là,
si je peux vous rassurer là-dessus, là.
Mme Rizqy : OK. Mais juste...
Je vous le dis, c'est parce que... Prenons l'exemple d'Hydro-Québec.
Hydro-Québec, eux, ont vraiment géré une vraie Baie-James, là, puis...
Hydro-Québec, eux, ont vraiment géré une vraie Baie-James, puis, en matière de
sécurité de l'informatique, là, ils se sont équipés à l'interne. Puis, à tous
les jours, Hydro-Québec fait face à des centaines de tentatives de
cyberattaque, mais eux ont décidé que, stratégiquement, vu que c'est un...
c'est... Chez nous, probablement, notre joyau le plus important, pour nous, les
Québécois, c'est Hydro-Québec. Eux, ils se sont dit : Nous, on va se doter
à l'interne de notre expertise, on va se protéger face aux cyberattaques puis
on va vraiment, à chaque fois, améliorer nos technologies de l'information à
l'interne. Moi, je vous invite vraiment à avoir cette philosophie parce que ça
a été une formule gagnante chez Hydro-Québec. Il n'y a pas de raison que ça ne
fonctionne pas, maintenant, dans les autres ministères du gouvernement.
Mme LeBel : Bien, un des
objectifs premiers du MCN, c'est justement la cybersécurité, donc d'avoir à
l'interne ces... ces compétences-là qui sont stratégiques pour la sécurité de
nos systèmes gouvernementaux, c'est sûr. Mais on fait quand même face à la
difficulté d'embauche à laquelle tout le monde fait face, mais on y travaille.
Mais je voulais juste qu'on comprenne qu'il y a aussi l'accompagnement et toute
la question du virage numérique du gouvernement. C'est possible que, pour
certains projets de pointe en virage numérique, on... que même le MCN lui-même
dise : Bien là, j'ai des équipes qui sont capables de faire une portion du
travail et après ça s'assurer de la sécurité des systèmes. Mais là je suis dans
des... dans des choses hypothétiques. C'est parce que vous voulez que je vous
rassure sur la sous-traitance. Bien, on va doter les ministères des... des
compétences stratégiques dont ils ont besoin pour remplir leurs missions.
Mme Rizqy : En fait, ce
serait quoi, votre cible? C'est quoi maintenant, vous, votre cible, là, pour
réduire la dépendance à la sous-traitance?
Mme LeBel : Bien, je n'ai pas
de cible pour réduire la dépendance. Je vais doter le... les ministères de
la... des compétences nécessaires pour remplir leurs missions. Et il y a une
difficulté présentement avec... particulièrement en matière de TI, et je vous
ai dit qu'on avait mis sur la table tout ce qu'on peut mettre sur la table pour
faciliter le recrutement. Maintenant, il reste la portion des négociations, que
je n'aborderai pas, mais c'est un <outil parmi...
Mme LeBel :
...
Maintenant, il reste la portion des négociations, que je n'aborderai pas, mais
c'est un >outil parmi tant d'autres, les conventions collectives, la
dotation, la formation qu'on a ajoutée pour avoir... augmenter le bassin des
gens qui ont cette compétence-là. Et on va s'assurer de doter le MCN des
compétences stratégiques. Mais maintenant on peut ouvrir les postes, il faut
trouver les ressources, et, dans l'intervalle, on doit quand même fonctionner.
Mme Rizqy : Mais êtes-vous
d'accord que, si le privé est capable d'ouvrir des... d'ouvrir des postes puis
trouver les ressources, c'est parce qu'il sait mettre l'argent sur la table?
Mme LeBel : Bien là, c'est
une question de négociation. Là, je vais... je vais... je vais vous dire que...
Et je vais répéter que j'ai la sensibilité de... à la difficulté et de la
concurrence qu'on a en matière de TI, et je vais m'arrêter là sur le commentaire.
Mme Rizqy : Mais c'est juste
qu'on... la concurrence, on dirait qu'on la crée nous-mêmes. Puis je vais vous
donner un autre exemple. Bien...
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Rizqy : Oh mon Dieu!
Déjà? Bon, bien, je...
Le Président (M. Simard) : Déjà,
malheureusement. Mais vous pouvez empiéter sur votre prochain bloc.
Mme Rizqy : Je peux empiéter
maintenant sur mon prochain bloc?
Le Président (M. Simard) : Tout
à fait.
Mme Rizqy : OK. Bien, permettez-moi
juste d'empiéter brièvement sur mon prochain bloc. Prenons l'exemple... Vous,
là, est-ce que vous êtes à l'aise, là... Prenons l'exemple de Revenu Québec. Ce
sont les données les plus sensibles que Revenu Québec reçoit de tous les
Québécois. Êtes-vous à l'aise que les technologies de l'information peuvent
être sous-traitées à l'extérieur du Québec puis à l'extérieur, même, du pays?
Mme LeBel : Je vais laisser
mon collègue aux Finances ou mon collègue au CN répondre à ça, je ne suis pas assez
au courant de cette situation-là puis je ne voudrais par m'embarquer dans
quelque chose que je ne connais pas.
Mme Rizqy : OK. D'accord.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Je cède maintenant la parole à la députée de Sherbrooke, qui dispose d'environ
12 minutes.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. En ce moment, il y a une idée qui a commencé à circuler, dans les
dernières semaines, celle de hausser le salaire des députés, on parle d'une
hausse de 30 %. Il n'y a pas beaucoup de monde au Québec qui ont eu une
hausse aussi importante dans les dernières années. Nous, à Québec solidaire, on
n'est pas d'accord avec ce rapport-là, mais, jusqu'à preuve du contraire, il
semble que la CAQ le soit. Et, d'après les auteurs du rapport, eux soutiennent
que la hausse serait nécessaire à cause de l'augmentation de la charge de
travail, des horaires atypiques puis des enjeux de sécurité vécus par les élus.
Or, il y a beaucoup de domaines d'emploi qui vivent des enjeux similaires
d'augmentation de charge de travail, d'horaires atypiques et de sécurité. C'est
vrai en santé, c'est vrai en éducation. Et, en plus, il s'agit de professions
où la pénurie est pas mal plus élevée que pour les députés. Donc, j'aimerais
savoir ce que la ministre responsable de l'Administration gouvernementale pense
de ça, d'offrir un rattrapage de 30 % aux élus alors que, dans le secteur
public, l'offre d'augmentations salariales ne suit pas l'inflation.
Mme LeBel : Alors, c'est la
députée de Champlain qui va vous répondre. C'est un rapport qui a été déposé
par un comité consultatif qui est indépendant. Il est déposé présentement à
l'Assemblée nationale, il est sous la responsabilité du BAN. Il y a des
discussions qui sont faites dans les différents caucus, et mes commentaires, je
le ferai dans mon caucus.
Mme Labrie : Il y a des
collègues de la partie gouvernementale qui se sont exprimés dans l'espace
public.
Mme LeBel : Bien, grand bien
leur fasse.
Mme Labrie : OK. Donc, en
tant que ministre, la ministre n'a pas de position là-dessus?
Mme LeBel : En tant que
députée de Champlain, on parle de travaux qui sont menés par l'Assemblée
nationale, par le BAN. En tant que députée, ce dossier-là m'a été présenté à
mon caucus, et je vais garder mes discussions à l'intérieur de mon caucus.
• (17 h 50) •
Maintenant, je peux peut-être répondre à
une autre portion. Vous parliez de réévaluation d'emplois. Il y a des
mécanismes qui existent dans la fonction publique. Alors, ce sont des
discussions qui ne sont pas de l'ordre de la négociation. C'est un peu comme
l'équité salariale. Quand... Tout le monde a l'opportunité de faire une
réévaluation et de voir s'il y a des faits. On l'a fait, d'ailleurs, dans les
dernières années, on a donné ce qu'on appelle des rangements. Un rangement,
dans notre... dans notre langage, c'est faire en vertu de critères objectifs,
et ce que... ce n'est pas une augmentation de salaire, c'est une réévaluation
des tâches, donc ce n'est pas négocié.
Il faut faire attention aussi, il y a la
progression dans l'échelle, des fois, qui donne, dans la poche de l'individu,
une augmentation de salaire, mais qui n'est pas une augmentation parce que
c'est une progression normale dans l'échelle. Mais cette possibilité de
réévaluer les tâches d'un poste donné existe dans la fonction publique.
On est en train, d'ailleurs, de procéder à
cette réévaluation-là pour les greffiers audienciers, si je ne me trompe pas,
pour voir si on n'est pas capable de voir, en fonction des tâches actuelles et des
tâches qu'ils faisaient à l'époque où le rangement a été décidé, s'il n'y a pas
une différence. Ça va donner... ça donne, de façon concrète, aux gens, une
augmentation de salaire, ça leur donne plus d'argent, c'est normal. Mais ce
n'est pas une augmentation de salaire, au sens où ce n'est pas, genre : On
te donne 4 % parce que... Non, ça, c'est sur les paramètres salariaux ou
les primes.
Mais, quand on parle de rangement, bien,
quand quelqu'un fait plus de tâches, il est approprié qu'il soit plus payé. Et
ça existe, on l'a fait pour... je pense que je l'ai fait pour les gens en
service correctionnel, si je ne me trompe pas. Ils ont eu un rangement
supplémentaire, l'an passé, qui leur donne, naturellement, une augmentation de
salaire, c'est-à-dire que, pratico-pratique, la personne a plus d'argent, mais
elle est payée parce qu'elle fait plus de tâches. Donc, il y a un service
supplémentaire qui était rendu pour... pour les gens. Donc, ça existe, cette
notion-là. Parce que vous avez fait aussi... vous avez dit : Il y a
d'autres gens, dans la fonction publique, parce que vous faisiez référence au
rapport que je ne commenterai pas. Mais ça <existe, et on le fait...
Mme LeBel :
... que
vous faisiez référence au rapport que je ne commenterai pas. Mais ça >existe,
et on le fait. Donc, je nommais rapidement les greffiers audienciers puis les
services correctionnels, mais ils ont eu des rangements supplémentaires, les
services correctionnels, et ils ont eu également des augmentations de salaire
en vertu de la négociation.
Mme Labrie : Est-ce qu'il y a
d'autres titres d'emploi? Vous en avez nommé deux. Est-ce qu'il y a d'autres
titres d'emploi qui sont réévalués pour le rangement actuellement?
Mme LeBel : Rapidement, comme
ça, je ne les ai pas en tête, qui d'autre en a eu.
Une voix : ...
Mme LeBel : Les PAB, les
préposés aux bénéficiaires, sont également réévalués en fonction de leurs
tâches et non pas sous l'angle d'une augmentation salariale. C'est bien
différent.
Une voix : ...
Mme LeBel : Ça, c'est fait?
Ah! c'est fait. Ça, ça a été fait. Là, des fois, j'avoue qu'entre ce qui est
fait...
Mme Labrie : Donc, entre
les... Donc, elle m'en... la ministre m'a donné trois titres d'emploi...
Mme LeBel : Oui. Les PAB ont
eu un rangement supplémentaire, le service...
Mme Labrie : Un seul qui est
en cours actuellement. Les deux autres qu'elle m'a nommés, c'est des choses qui
ont été faites.
Mme LeBel : Le greffier... Les
greffiers audienciers, c'est en cours d'analyse présentement.
Mme Labrie : C'est le seul?
Mme LeBel : Bien, que j'ai en
tête, que j'ai en tête.
Mme Labrie : C'est le seul
qui... Est-ce que peut-être la réponse pourra nous être transmise par écrit, à
savoir s'il y en a d'autres?
Mme LeBel : Bien, la question
précise, c'est combien de...
Mme Labrie : Quels sont les
titres d'emploi...
Mme LeBel : Quels sont les
corps d'emploi? Bien, il y a beaucoup de demandes faites par les syndicats. Je
vous dirais que toutes les demandes faites par les syndicats présentement sont
en évaluation. Elles n'auront pas toutes un dénouement qui est anticipé par
eux. Je peux vous faire l'exemple de la demande des...
(Consultation)
Mme LeBel : Non. Il y a
d'autres demandes, comme je vais vous dire... Parce que je leur ai répondu, les
constables spéciaux qui faisaient une demande, puis ils le faisaient dans le
cours de la négociation. Je leur ai dit que ça ne se négocie pas, un rangement,
ça s'évalue. Et on a fait... on a fait une analyse, on est en train de la
compléter. Mais je vous dirais que, de façon partielle, je leur ai déjà dit
que, pour l'instant, il n'y avait pas de critère sur la table qui permettait
d'avoir un rangement. Maintenant, la négociation, c'est une autre chose, je
veux bien qu'on le comprenne.
Mme Labrie : Je vous entends.
Je me permets quand même de nommer que, donc, ça fait très peu, là, de titres
d'emploi pour lesquels il y a une réévaluation de leur rangement.
Mme LeBel : ...je vous dirais
qu'à chaque fois qu'un syndicat en fait une demande, même s'il fait un amalgame
avec les négociations, ce qu'il ne devrait jamais faire, on l'évalue.
Mme Labrie : J'entends que
c'est séparé des négociations et c'est ce qui devrait. En ce moment, il y a un
écart de rémunération important, là, entre le provincial et le fédéral. Puis
même, quand on regarde la rémunération globale, c'est 11 %. Ça... ça
complique le recrutement. En ce moment, au fédéral, ils font la grève parce
qu'ils se font offrir 9 % sur trois ans. Ici, on parle de 9 % sur
cinq ans. Donc, je sais que la ministre m'a déjà fait valoir qu'il n'y avait
pas juste le salaire, il y a d'autres avantages sociaux. C'est également le cas
au fédéral. Donc, on parle quand même d'un écart de 11 %, en ce moment,
qui pourrait être augmenté. Je sais que la ministre ne veut pas parler des
négociations, mais de manière plus générale, moi, je constate que, jusqu'à
maintenant, la stratégie de recrutement du gouvernement semble ne pas passer
par les salaires puisqu'on constate cet écart qui est maintenu dans les offres
actuelles. Est-ce que la ministre peut nous dire c'est quoi, la stratégie de
recrutement du gouvernement du Québec face à la pénurie de main-d'oeuvre?
Mme LeBel : Bien, la
stratégie de recrutement passe également par les conventions collectives, mais,
pour moi, une convention collective, c'est plus qu'un salaire, c'est
l'organisation du travail. Donc, la priorité est maintenant sur l'organisation
du travail, on l'a bien mentionné. Ce n'est pas la première fois que je le dis.
Dans la dernière négociation, on a quand même octroyé des augmentations
salariales substantielles à plusieurs corps d'emploi, pour ne pas nommer les
PAB, les infirmières, les enseignants, et il y avait également les éducatrices
de CPE qui ont eu beaucoup plus que les paramètres salariaux en équivalents. On
parle de 15 % à 18 %, là, je ne veux pas... je fais un grand... Ça
passe également par les conditions de travail.
Moi, je vous dis, quand j'ai des
discussions avec les gens sur le terrain, d'ailleurs, notre collègue de
Saint-Laurent en parlé tantôt, des enseignants, où l'organisation de la classe
est importante, l'organisation du travail est important, l'endroit où on est
capable de faire les heures qui ne sont pas la classe sont importantes. Le
salaire est important, mais c'est une composante. Donc, je pense qu'il faut
aussi avoir la préoccupation de... plus large que le salarial, qui est une
composante, j'en conviens. Mais je pense qu'aujourd'hui, présentement, quand
j'entends les infirmières, la majorité d'entre elles, ce n'est pas : Je
veux plus d'argent. On a fait pleuvoir sur leur tête des milliards de dollars...
Le Président (M. Simard) : Très
bien...
Mme LeBel : ...et ils nous on
dit : Ce n'est pas de l'argent qu'on veut, c'est du temps. Donc, on est
très conscients que c'est l'organisation du travail et on y travaille.
Mme Labrie : Puis je suis
contente d'entendre la ministre dire ça, parce qu'effectivement, pour certains
emplois... C'est vrai pour les infirmières notamment, là, elles ont dit ça, et
je commençais à avoir hâte que quelqu'un au gouvernement l'entende. Par contre,
ce que je vois aussi, c'est qu'il y a des propositions qui sont faites qui vont
dans le sens de l'augmentation du nombre d'heures par semaine de travail. Et
ça, ça va dans le sens contraire de ce qui est souhaité, là, sur le terrain.
Mme LeBel : Oui. Bien là, il
faut comprendre une chose. Au gouvernement, on a des services à rendre à la
population. Et j'ai toujours dit que j'étais très sensible à la situation de
l'organisation du travail, mais au final il faut que la <population...
Mme LeBel :
... j'étais
très sensible à la situation de l'organisation du travail, mais au final il
faut que la >population aient des services. Donc, augmenter les salaires
pour augmenter les salaires, si je ne suis pas capable d'avoir plus de services
à la population, je ne le ferai pas.
D'un autre côté, je ne forcerai jamais
personne à rentrer au travail plus d'heures. Maintenant, la plupart, pour
parler des infirmières, à titre d'exemple, parce qu'on en a parlé abondamment,
et je ne sortirai pas du cadre qu'on a déjà mentionné, on a déjà dit que c'est
le temps supplémentaire obligatoire qui les indispose, à juste titre, et non
pas le temps supplémentaire, le temps supplémentaire obligatoire, qui est une
infime partie de tout le temps supplémentaire qui existe au Québec en matière
de santé, entre autres, pour les infirmières, mais qui est un fort irritant
pour celles qui ont à le vivre. Maintenant, ce qu'elles veulent, c'est de la
prévisibilité. Il y a des gens qui veulent... Il y a des gens qui travaillent
plusieurs heures par semaine et qu'elles sont contentes de le faire parce
qu'elles ont de la prévisibilité. Et jamais, dans les dépôts gouvernementals et
les demandes du gouvernement de rehaussement des heures, il n'y avait
d'obligation de le faire. Naturellement, je ne me priverai jamais de mettre des
incitatifs financiers pour augmenter la productivité. J'ai besoin de tant de
travail, j'ai besoin de tant d'heures d'ouvrage et je ne peux pas aujourd'hui,
demain matin, produire en chaîne, en série, dans une usine, des infirmières ou
des professionnels qui prennent deux, trois, quatre, cinq ans à produire, et
les besoins sont immédiats.
Donc, il y a plusieurs stratégies qui sont
mises sur la table, et beaucoup de ces stratégies-là sont pour être capables de
réorganiser le travail et, entre autres, leur donner de la prévisibilité et de
la flexibilité dans leurs horaires. Mais c'est sûr que je ne me priverai pas
d'avoir des discussions aux tables de négociation dans différents secteurs, qui
va peut-être me permettre, au bout du compte, avec le consentement du
travailleur et à son bénéfice... lui offrir des incitatifs pour m'offrir plus
de temps, c'est clair, qui va, de toute façon, bénéficier à tout le monde au
bout du compte.
Mais je veux bien mettre la table, là, de
façon très correcte. On ne forcera jamais personne, mais le fait est qu'il y a
un taux très élevé de travailleurs à temps partiel, et surtout dans le domaine
de la santé, qui s'explique et qui se justifie. Mais on ne pourra pas, comme
employeur responsable et surtout comme gouvernement qui a des services à
rendre... de me priver de leur offrir des incitatifs monétaires, de leur offrir
des vacances, ou de la réorganisation du travail, ou de la prévisibilité, et
tenter ainsi de les convaincre de venir travailler un petit peu plus que ce
qu'elles ne font présentement.
Mme Labrie : OK. Pour la
minute qui me reste, quand on a discuté ensemble des crédits provisoires, on
avait eu quelques échanges sur l'offre gouvernementale, puis la ministre avait
mentionné que l'inflation prévue sur cinq ans, c'était 11,9 %. C'est le
chiffre qu'elle avait utilisé elle-même à l'époque.
Mme LeBel : Oui, à l'époque.
Mme Labrie : Oui. Donc, elle
se corrigera peut-être, mais donc, au mieux, actuellement, l'offre du gouvernement,
c'est 11,5 %. Ça reste donc en dessous de l'estimation faite par le
gouvernement lui-même. Pourquoi?
Mme LeBel : Bien, je vous
dirais que même les coûts de l'estimation du gouvernement lui-même ont baissé
depuis ce temps-là. J'ai entendu mon conseil... mon collègue aux Finances de...
même dire que la cible qu'on allait atteindre à mi-année était moins élevée que
ce qui était anticipé, donc probablement qu'on sera à moins de 11,9 % sur
cinq ans. Mais je n'ai pas les nouveaux chiffres. À l'époque où j'ai fait le
dépôt, effectivement, j'ai dit que c'était à hauteur des... à la hauteur dans
le récurrent, mais il ne faut pas omettre le 1 000 $ de forfaitaire
qui amenait l'ensemble de l'offre à 13 %, donc qui nous amène nettement
au-dessus de l'inflation de l'époque. Mais, bonne nouvelle pour tout le monde,
il semblerait que ces cibles-là soient en baisse et que, sur les cinq ans, on
soit en bas de 11,9 %. Mais je n'ai pas ce chiffre-là pour l'instant. Mais
oui, c'est vrai, j'ai dit que les montants récurrents étaient de l'ordre de
11,5 %. On ne peut pas négliger le forfaitaire, il existe, il va être
versé, à tout le moins, s'il est accepté, parce que c'est une offre de
négociation, naturellement, mais ça nous amène à 13 %. Donc, on est, je
pense, sur la cible.
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci beaucoup, Mme la ministre. Très bien. Je cède maintenant la parole à la
députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup. À
la question n° 23, Renseignements généraux, Liste du
personnel...
Une voix : Oui, je ne vous
entends pas.
Mme Rizqy : Heille! Désolée.
À la question n° 23, Demande de renseignements
généraux, Liste du personnel rémunéré par le ministère et affecté à d'autres
organismes publics, parapublics... parapublics, non gouvernementaux et autres,
indiquez le nom de la personne, poste occupé, salaire de base et bonis, vous
avez marqué... la réponse était : aucun employé.
Mme LeBel : Bien, je vois la
réponse comme vous, mais là j'imagine que vous voulez l'explication?
• (18 heures) •
Mme Rizqy : Oui, parce qu'est-ce
que ça inclut les sous-ministres qui sont déplacés?
Mme LeBel : ...
Mme Rizqy : Non, non, je le
sais. Bien, je vais juste poser ma question, puis vous pouvez y réfléchir, ça
ne me dérange pas. Je veux juste savoir : Est-ce que ça inclut les
sous-ministres qui ont été déplacés, mais qui sont toujours, par contrat, par
décret, à l'embauche pour... aux Emplois supérieurs?
Mme LeBel : ...moi,
rapidement, je vous dirais que c'est la liste du personnel rémunéré par le
ministère. Ce dont vous parlez, ce n'est pas rémunéré par le ministère, en tout
cas, le cas de figure que vous venez de me donner. Mais là je vais demander
qu'on vérifie, donc, particulièrement.
Mme Rizqy : Est-ce que ce
serait...
Mme LeBel : ...pour le... le ministère,
c'est-à-dire le Secrétariat du Conseil du trésor, et non pas pour l'ensemble.
Mme Rizqy : Oui, OK, donc ça
n'inclue pas les Emplois supérieurs...
18 h (version révisée)
Mme LeBel : ...pour le
ministère... c'est-à-dire le Secrétariat du Conseil du trésor, et non pas pour
l'ensemble.
Mme Rizqy : Donc, ça n'inclut
pas les Emplois supérieurs.
Mme LeBel : Non, parce que je...
ce n'est pas moi qui les paie, je vous le dis, là, ce n'est pas dans mon
budget. Non, mais c'est parce que ce n'est pas dans mon budget, c'est ça, je
veux dire. Donc, ce n'est pas... ce ne sont pas... ce n'est pas du personnel
rémunéré par le ministère, là, le SCT. Donc, dans mon personnel... Bien là, ce
n'est pas le mien, là, j'ai l'air très possessive, mais dans le personnel
rémunéré par le Secrétariat du Conseil du trésor, il n'y a... La réponse, c'est
aucun.
Mme Rizqy : ...ce serait, au
fond, au Conseil exécutif. OK, parfait, ça répond à ma question. J'avais juste
une petite interrogation.
Mme LeBel : Merci.
Mme Rizqy : Je vous amène au n° 16,
actifs immobiliers excédentaires. Là, ici, on a les immeubles qui sont
complètement inoccupés. Je me demande s'il y a un exercice qui est fait,
présentement, pour non seulement les immeubles excédentaires inoccupés, mais
ceux qui sont partiellement inoccupés, étant donné que, vous le savez, là, en
ce moment, dans plein de champs de compétence gouvernementale, on cherche des
locaux, on cherche aussi des terrains puis des bâtisses, notamment pour faire
des écoles, je dis ça au passage.
Est-ce qu'il y a eu l'exercice qui a été
fait à l'interne pour revoir peut-être la dotation de certains immeubles, eux
qui sont complètement vacants et ceux qui sont occupés mais de façon partielle?
Peut-être pour fusionner différents ministères, les regrouper à la même adresse,
puis que, par la suite, si on a des immeubles qu'on est capables de libérer
pour faire autre chose... je donnais un exemple, le logement locatif. Est-ce
que ça, c'est quelque chose que vous envisagez? Parce que, je vous le dis, on a
besoin d'espace.
Mme LeBel : ...oui, ça fait
partie de la révision de la stratégie immobilière, en tout cas, je n'ai pas...
La vision, c'est ça. Bien oui, parce que quand j'étais... mais ça aurait été
une question extrêmement intéressante à poser à mon collègue qui est maintenant
responsable de la SQI. Bien oui, ça fait partie de la stratégie de la SQI.
Quand j'étais là, on avait... D'ailleurs, le télétravail nous a... nous a amenés
à nous poser la question, parce que les locaux... parce qu'on va revoir tout l'aménagement
des locaux. On va le faire selon une nouvelle méthode. C'est sûr que, bon,
dans certains cas de figure, des bureaux fermés vont demeurer nécessaires, mais,
dans d'autres cas, ce sera des postes où on pourra se... j'ai juste le mot en
anglais, se loguer, se docker, donc se brancher de façon... comme des postes
nomades. Donc... donc, oui, ça fait partie de la révision de... que la SQI doit
faire.
Et, encore une fois, on verra qu'est-ce qu'on
fera avec les locaux qui... les immeubles qui nous appartiennent, les bails qui
sont en location, comment on peut regrouper, mais je n'ai pas la réponse. Bien,
oui, ils sont en train de faire une réévaluation de tout ça. Et on devait
attendre... à... à une certaine époque, quand j'étais... quand j'étais encore
responsable de la SQI, les discussions étaient de voir aussi l'effet du
télétravail et comment on va se réorganiser, là. Bien, on a fait... on est en
train de revoir aussi la vision d'aménagement des bureaux dans tout ça, là.
Donc, disons que mes termes ne sont pas exacts, là, mais oui.
Mme Rizqy : ...vous, vous
serez en mesure, dans un avenir rapproché... je ne sais pas si vous avez un
échéancier, peut-être, pour nous présenter, pas juste à moi, là, mais à l'ensemble
des Québécois, là, comme une vision claire de comment qu'on pourrait regrouper
certains lieux, là, certains ministères où est-ce qu'ils sont là à temps
partiel, on va le dire ainsi. Comme ça, on pourrait peut-être libérer des
bâtisses puis les reconditionner à d'autres usages.
Mme LeBel : Bien, il faudra
poser la question à mon collègue qui est... qui est en charge de la...
Mme Rizqy : Mais vous, vous
répondez plus facilement, je trouve.
Mme LeBel : Bien là, je... ça,
je vais... je vais me garder de commenter tout ça.
Mme Rizqy : Vous pouvez
sourire et ne rien commenter.
Mme LeBel : Non, non, mais...
non, mais je vais regarder de reconduire tout ça. C'est sûr que moi, je me
souviens, parce qu'il y a à peine six mois, d'avoir eu ces discussions-là. Puis
je l'ai même dit de façon publique, donc, je ne trahis aucun secret, qu'il va falloir...
qu'il faut qu'on révise notre parc immobilier, qu'il soit à titre de
propriétaire ou locatif. Et naturellement ils sont en train de faire cette
révision-là. Maintenant, c'est l'étendue de ma connaissance du dossier, elle s'arrête
à il y a six mois.
Mme Rizqy : OK. Bien, merci
quand même, là, on s'en reparlera, évidemment. Est-ce que vous avez eu le temps
de trouver la réponse pour les crédits expirés de tantôt?
Mme LeBel : Oui, j'avais... j'avais
un papier.
Mme Rizqy : Il y avait un
petit post-it?
Mme LeBel : Oui. Il n'y a
aucun... il n'y a aucun périmé, parce qu'on appelle ça des crédits périmés, de
prévu pour 2022-2023. On a été capables, avec notre nouvelle stratégie
budgétaire, de pouvoir... Bon, je m'explique. On a mis en place, au Trésor,
depuis que je suis là, entre autres, une nouvelle stratégie budgétaire qui fait
en sorte que notre... Vous avez vu, dans les crédits, que notre fonds de suppléance
est beaucoup plus garni qu'il l'était dans les dernières années. Ce qu'on fait,
c'est qu'on met... pas l'ensemble des mesures, mais plusieurs mesures du budget
à l'intérieur de l'enveloppe... l'enveloppe du fonds de suppléance, qui est
colorée, j'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer, colorée pour les ministères.
Je m'explique. Je prends un chiffre
fictif. Le ministère de l'Éducation a 100 millions pour une mesure y. Elle
peut être... ce 100 millions là peut être mis à l'intérieur de l'enveloppe
du fonds de suppléance, mais il est, nous, à l'interne, coloré et identifié
pour le ministère de l'Éducation. À l'époque, quand c'était transféré dans les
portefeuilles des ministères, il était très difficile <d'utiliser...
Mme LeBel :
...à
l'interne, coloré et identifié pour le ministère de l'Éducation. À l'époque,
quand c'était transféré dans les portefeuilles des ministères, il était très
difficile >d'utiliser ces sommes-là, peut-être, à l'intérieur du... Bien,
mettons que le ministère nous dit : Bien, pour n'importe quelle raison, je
n'ai eu besoin que de 75 millions pour faire ce que je voulais faire, le
25 millions était gelé où on veut à l'intérieur de l'enveloppe du
ministère ou, des fois, même à l'intérieur d'un programme, j'ai eu l'occasion
de le dire, pour la révision de programmes.
La beauté de le mettre à l'intérieur du
fonds de suppléance, c'est qu'on peut, à la fin de l'année ou quand on
arrive... fin de l'année, quand on est sûrs que le ministère de l'Éducation...
Là, je le nomme parce que c'est votre portefeuille, mais on s'entend que mon
cas... pour fins d'enregistrement effectif, le ministère de l'Éducation, bien
là, à ce moment-là, ce 25 millions là peut être... peut être réutilisé
pour une autre initiative. Donc, cette souplesse-là, dans l'usage de certaines
mesures, certains fonds, nous... fait en sorte qu'il est réservé au ministère
jusqu'au moment où le ministère nous indique qu'il n'en a plus besoin, qu'il ne
l'utilisera pas, pour x, y raisons. Et, au lieu d'en avoir... au lieu d'avoir
un... un crédit périmé qui retourne au fonds consolidé, ça nous permet de
réutiliser ces sommes-là, et on a même réinvesti près de 1,1 milliard
l'année passée ou cette année...
Une voix : ...
Mme LeBel : 1,6 milliard
l'année passée, dont 1,1 pour le transport... pour faire du devancement pour le
transport collectif à Montréal, entre autres, et je ne me souviens plus de la
mesure, du 600... du 500 millions, mais on a réussi. Donc, cette année, il
n'y a aucun périmé de prévu, parce qu'on est capables d'utiliser cette
stratégie-là.
Mme Rizqy : Et le fonds de
suppléance était de combien?
Mme LeBel : Ah! mon Dieu, le
chiffre est quelque part, je vais vous le trouver, je ne l'ai pas par cœur, mais
il a grossi considérablement dans les dernières années, mais parce qu'il faut
comprendre qu'il est... Bien, on a le chiffre, là, c'est juste parce que je ne
l'ai pas par cœur, là, mais vous devez comprendre qu'à l'intérieur de ça... Puis
d'ailleurs on a des tableaux dans la... dans les dépenses...
Mme Rizqy : ...parce que je
me mets à la place de plusieurs citoyens, puis je vous donne un exemple. Il y a
eu une annonce avec le montant que vraiment... Je vous donne un exemple
concret. Une école à Laval, on annonce le financement pour des rénovations, on
met même la pancarte «La rénovation s'en vient», mais ça fait maintenant deux
ans, puis là les gens sont en droit de se demander la question suivante, là :
Bien, qu'est-ce qui s'est passé? Parce que l'argent, permettez-moi
l'expression, est décaissé, les gens sont... attendent, justement, de voir les
travaux. Alors, moi, je veux savoir, tu sais, le fonds de suppléance est rendu
à combien, parce qu'il faut aussi s'assurer que... la bonne marche des travaux.
Mme LeBel : C'est deux choses
différentes. Là, on... je vous parlais des mesures budgétaires, et, quand on
parle des crédits périmés, c'est les mesures budgétaires. Là, vous me parlez de
PQI, donc de l'enveloppe du Plan québécois des infrastructures.
Mme Rizqy : Oui, mais, quand...
quand on ne le dépense pas, à ce moment-là, généralement, c'est qu'il devient
périmé quand il n'est plus dépensé.
Mme LeBel : Non. À ce
moment-là... Encore une fois, je rentre...
Mme Rizqy : Bien là, c'est que
ça a changé, là, c'est...
Mme LeBel : C'est parce que,
là, je rentre dans le portefeuille de mon collègue, là, et je suis très mal à
l'aise d'entrer dans le portefeuille de mon collègue. Bien, il y a également
des stratégies, ces sommes-là ne sont pas perdues, mais, quand on autorise, dans
une enveloppe à un ministère, d'utiliser des sommes pour du maintien d'écoles,
à titre d'exemple, il l'utilise pour du maintien d'écoles. Maintenant, quelle
école il choisit, ça lui appartient, là.
Mme Rizqy : OK Là... là, je
le vois, là, finalement, là. En 2022-2023, le fonds de suppléance était de
5,9 milliards...
Mme LeBel : Aujourd'hui,
c'est à peu près 10 milliards.
Mme Rizqy : C'est ça, là.
Donc, c'est... c'est quand même...
Mme LeBel : Plus ou moins, là,
mais c'est deux choses différentes. Les mesures du PQI ne sont pas dans le
fonds de suppléance, ce sont les mesures budgétaires.
Mme Rizqy : Bien, si je
comprends bien votre... le fonds de suppléance, c'est que ce n'est pas encore
dépensé, c'est... ça s'en vient, là.
• (18 h 10) •
Mme LeBel : Non. Le fonds de
suppléance, ce sont... OK. J'ai les mesures budgétaires, on parlait tantôt de
la base... Il faut faire la différence avec les infrastructures, c'est deux
enveloppes différentes. C'est pour ça qu'on peut être deux à... deux
responsabilités différentes, là.
On oublie le PQI pour deux secondes, OK?
Quand on parle de mesures budgétaires, je ne sais pas, moi, je ne sais pas, une
mesure budgétaire, donner des... donner... de donner 200 $ à chaque parent
pour avoir des... Bon, ça, c'est une mesure budgétaire. Dans le budget, vous
allez voir, dans les colonnes des... budgétaires, souvent, il y a les mesures
qui sont inscrites au portefeuille puis il y a les mesures qui sont inscrites
au fonds de suppléance. Elle appartient... Donc, il y a une portion du fonds de
suppléance qui est là pour les imprévus. Le Conseil du trésor a toujours eu un
fonds de suppléance qui était beaucoup plus modeste que celui-là pour pallier
aux imprévus en cours d'année, aux priorités ou aux urgences qui pourraient
survenir. Ceci étant dit, ça existe toujours, à l'intérieur du fonds de
suppléance, cette possibilité-là, mais ce n'est pas... ce n'est pas pour
pallier au budget de mon collègue. Le budget est ce qui nous guide, et c'est ce
qu'on adopte aujourd'hui.
Maintenant, le fonds de suppléance a
grossi, pas parce que le Conseil du trésor a plus d'argent pour pallier à des
mesures x, y, z, mais c'est parce que... mais c'est parce qu'on a pris... Dans
les dépenses de portefeuilles, de programmes, il y a des mesures du budget qui
sont inscrites au fonds de suppléance, il y en a d'autres qui sont transférées
directement dans les ministères. Et, vous le voyez dans les colonnes, c'est
inscrit, fonds de suppléance... elle est au fonds de suppléance. Théoriquement,
c'est une enveloppe commune à tout le monde, mais, comme c'est une mesure qui
est <accordée...
Mme LeBel :
...inscrit,
fonds de suppléance... elle est au fonds de suppléance. Théoriquement, c'est
une enveloppe commune à tout le monde, mais, comme c'est une mesure qui est
>accordée par le budget du ministre des Finances, moi, à l'interne, dans
notre gestion du fonds de suppléance, j'ai des lignes qui apparaissent, qui
disent : Bien, ça, ce petit bout là, il est à l'Éducation, ce petit bout
là est à Culture, ce petit bout là est à Tourisme, à titre d'exemple. Et, pour
diverses raisons, si le ministère, en cours d'année, n'en a plus besoin, je ne
lui enlève pas, là, ça lui appartient. Ça me donne... nous, au Trésor,
l'agilité de prendre ces sommes-là et...
Et c'était une grande critique, qui disait :
Bien, voyons, telle dépense, ce n'est pas fait, pourquoi vous ne pouvez pas la
mettre ailleurs? Parce que c'est ça qu'on vote aujourd'hui, on vous vote des
postes de dépenses, puis on vous dit que cette somme-là va aller pour ça,
puis... Bien, en le faisant dans le fonds de suppléance, le poste de dépenses
est quand même voté, mais moi, en fin d'année, je peux être capable d'avoir,
après ça, peut-être, 1,1 milliard, où, là, je me dis : C'est
1,1 milliard qui est ramassé à gauche puis à droite. Je suis comme un
écureuil. À la fin de l'année, je prends les reliquats du fonds de suppléance,
qui deviendraient des périmés, et je suis capable, par décision de... des
décisions qui sont... qui sont... qui sont documentées, de les donner à
d'autres choses.
Mme Rizqy : OK. Alors,
concrètement, là...
Mme LeBel : Oui,
concrètement.
Mme Rizqy : ...maintenant que
je commence à mieux comprendre, là, qu'est-ce qui serait dans le fonds de
suppléance des crédits périmés, le montant?
Mme LeBel : Bien, il n'y a
pas... il n'y en a pas cette année.
Mme Rizqy : Je le sais qu'il
n'y en a pas, parce qu'on a changé la ligne, puis la ligne s'appelle «fonds de
suppléance», mais il y en a tout le temps, là, c'est... c'est impossible...
Mme LeBel : Bien, il n'y en a
plus, de crédits périmés, parce qu'ils sont réutilisés. Les crédits périmés, c'est
ça que j'essaie... Oui?
Mme Rizqy : Attendez, là... attendez,
attendez, attendez, je veux juste préciser ma pensée, s'il vous plaît. Vous
êtes plus rapide que moi, je n'ai pas posé ma question. Alors, je sais que, là,
on ne l'inscrit plus, là, les... (Panne de son) ...je le comprends, là, mais je
veux savoir. Parce que c'est impossible, à chaque année, de... de dépasser
complètement une enveloppe budgétaire, pour différentes raisons, soit parce qu'on
n'a pas trouvé preneur à un appel de projets, soit parce qu'on n'a pas
trouvé... il n'y a personne qui a soumissionné ou la soumission était beaucoup
trop élevée. Moi, je veux juste savoir... ce n'est vraiment pas du tout une
question piège... je veux savoir, dans cette enveloppe-là, c'est quoi, le
montant, au fond, de projets qui ont été annoncés, mais que, finalement, on n'a
pas été en mesure de réaliser, pour différentes raisons, puis il y en a plein,
des raisons, là.
Mme LeBel : Bon, suivi des
dépenses de l'année passée, parce que je n'ai pas encore de crédits périmés
pour le budget... 2023-2024, parce que je... l'année n'est pas terminée. Budget...
2021-2022, pardon, c'était 1,6 milliard, je vous ai expliqué. L'année
passée, c'était 1,1 milliard, OK, et l'année passée, si je n'avais pas eu
la mécanique du fonds de suppléance, je me serais trouvée face à un potentiel
de 1 milliard de crédits périmés.
Mme Rizqy : J'ai compris.
Merci.
Mme LeBel : Vous ne voulez
pas avoir mon explication complète? J'étais prête.
Mme Rizqy : Bien là... bien
là, c'est drôle, tantôt, vous l'avez expliqué, puis là j'ai eu le déclic,
puisque, là, on a eu le même langage, et là j'ai compris. Alors...
Mme LeBel : Oui, ils sont
périmés à la fin de l'année.
Mme Rizqy : Parfait. Bien,
merci.
Mme LeBel : Et là on évite
qu'ils le soient, parce qu'on a une mécanique qui permet de les réallouer
ailleurs.
Mme Rizqy : Là, j'ai tout
compris. Merci beaucoup. Est-ce que je peux vous poser une autre question, mais
ce serait à la question n° 10...
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : Il me reste du
temps, non?
Mme LeBel : Bien, c'est une
question, j'y réponds.
Le Président (M. Simard) : ...oui,
3 min 35 s.
Mme Rizqy : OK, parfait.
Alors, c'est juste qu'à la question n° 10 j'ai... on a posé la question
pour savoir les coûts d'hébergement de données, de ce qu'on appelle
l'infonuagique. On a le montant, 56 905 $. Bien, la liste des fournisseurs,
ça m'envoie à un lien sur un site Web, mais ce n'est pas très précis. C'est
qu'au fond on me donne la liste de toutes les entreprises qui peuvent être des
infonuagiques qualifiées, là. Moi, c'était juste la liste des fournisseurs à
qui on a confié l'infonuagique, là. Là, je sais que c'est impossible que ce
soient tous ces gens-là, toutes ces entreprises-là. Si vous l'avez, je vais la
prendre, là. Si vous ne l'avez pas, je peux comprendre, là.
Mme LeBel : Bien, la liste,
elle est publique, hein? Le lien vous renvoie à une liste qui est publique.
Mme Rizqy : Non, mais je
l'ai, la liste. Bien, c'est que ça me donne une liste de tous ceux qui peuvent
être qualifiés, mais ça ne me dit pas qui a obtenu le contrat.
Mme LeBel : Ah! bien là...
Non, non, moi, c'est la liste des fournisseurs que j'ai. Maintenant, savoir...
Et on peut donner des contrats à l'intérieur de ces fournisseurs-là. Je me
tourne, je cherche ma direction concernée...
Des voix : ...
Mme LeBel : ...ils sont
publiés, par la suite, sur le SEAO, ceux qui sont utilisés, là. Donc, ça, c'est
la liste des fournisseurs qui sont disponibles, et, après ça, s'ils sont
utilisés, qu'ils se sont vu octroyer un contrat, ils se retrouvent sur le SEAO,
et je n'ai pas fait le recoupage. Bonne fin... Vous allez avoir une belle fin
de semaine en perspective.
Mme Rizqy : Bien non, les
crédits, ça sert à ça.
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : C'est que,
justement, vous avez une équipe plus garnie que la mienne.
Mme LeBel : Non, les crédits
ne servent pas à faire du travail de recoupage, mais à vous fournir
l'information, et je... elle est disponible sur le SEAO.
Mme Rizqy : Bien oui, mais ma
question était claire dans les crédits. Moi, je veux savoir le coût, s'il y a
eu des dépassements de coûts, puis c'est qui, qui a travaillé comme
fournisseurs, puis on me renvoie une liste...
Mme LeBel : Bien non. On
demandait la liste des fournisseurs, mais ils sont là, les fournisseurs. C'est
ça, la liste des fournisseurs autorisés.
Mme Rizqy : Oui, mais, vous
savez, c'est comme... c'est comme en droit, tu sais, il faut avoir de la suite
dans les idées. Alors, le sujet, verbe, complément. Bien, si le sujet est
encore dans la même question principale, on fait référence, toujours, au même
sujet principal.
Mme LeBel : Bien, c'est comme
en droit, on répond à la question qui est posée.
Mme Rizqy : Bien oui...
Mme LeBel : Vous avez eu la
réponse.
Mme Rizqy : ...mais, après
ça, vous êtes capables de préciser votre pensée.
Mme LeBel : Non, mais ça
existe, mais le... vous allez pouvoir voir à travers le SEAO, là. Puis je suis
convaincue que...
Mme Rizqy : Vous me faites <travailler...
Mme LeBel :
...non, mais
ça existe, mais le... vous allez pouvoir voir à travers le SEAO, là. Puis je
suis convaincue que...
Mme Rizqy :
Vous me
faites >travailler, là, puis, en plus, vous savez, là, les fins de
semaine, là, je m'occupe de quelqu'un d'autre de plus précieux.
Mme LeBel : Oui, je le sais.
Mme Rizqy : Hum-hum. D'accord.
Alors, dernière question, vu que le temps file. Moi, ce matin, je n'ai pas pu
avoir la réponse, j'aimerais que vous me confirmez : Est-ce qu'il est vrai
que les études du troisième lien ont coûté 325 millions de dollars en
tout et partout?
Mme LeBel : Bien, je n'ai pas
la réponse. Je sais qu'il y a des budgets qui avaient été dégagés pour l'étude
à l'intérieur du PQI. Maintenant, il faudrait voir avec mes collègues
concernés, soit au MTQ, soit... soit aux Infrastructures, quelles sont les
sommes...
Mme Rizqy : ...répond pas.
Mme LeBel : ...mais moi, je
peux vous... je connais le montant de la somme qui a été dégagée.
Mme Rizqy : Ah! Parfait. Ça a
été combien qui a été dégagé?
Mme LeBel : Bien, c'était ça,
je pense, mais je... je ne me fie pas au chiffre, là, mais il y avait des...
mais... Je ne le sais pas, je ne l'ai pas, la réponse. Je ne l'ai pas, la
réponse.
Mme Rizqy : OK. Bien, les
montants dégagés, ça a été combien?
Mme LeBel : Bien, ce n'est
pas des montants dégagés, mais il y avait des montants qui ont été alloués au
PQI, je pense, pour faire les... pour faire... Bien là, je regarde Daniel, qui
n'est pas au PQI, mais... Il me manque Marie-Claude Lavallée...
Mme Rizqy : Marie-Claude,
apparaissez.
Mme LeBel : ...avec laquelle
je suis habituée de travailler quand j'étais au PQI. Bien, je ne le sais pas.
Je ne le connais pas, le montant. Bien, il y a eu des montants pour les études,
mais je ne connais pas les sommes exactes puis je ne voudrais pas m'avancer sur
cette question-là. Bien, en principe, ça devrait apparaître au PQI concerné par
l'année où la... où les études ont été... ont été... la... accordées, là, puis
il devrait y avoir une ligne là-dessus, dans le PQI, de l'année en question,
là, en principe.
Mme Rizqy : Puis est-ce que
vous êtes au courant des montants pour conférences de presse et publicités pour
le troisième lien?
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : Non?
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : Hum-hum,
d'accord, parce qu'il y avait aussi une question dans ma... dans mes crédits,
là.
Mme LeBel : Et quelle était
la réponse?
Le Président (M. Simard) : ...en
conclusion.
Mme Rizqy : La réponse,
c'était un autre site Web. Vous me faites travailler, Mme la présidente. Bien,
merci... Je peux-tu juste... juste dire merci rapidement, là?
Mme LeBel : Oui, merci.
Le Président (M. Simard) : Oui,
en cinq secondes.
Mme Rizqy : Ah! Bien, merci
pour l'exercice. Je pense que c'était notre dernier bloc?
Le Président (M. Simard) : Oui.
Mme Rizqy : Alors, merci à
vos équipes pour l'exercice, c'est très gentil.
Mme LeBel : Oui, merci aux
équipes, surtout, là.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Mme LeBel : Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, chère collègue. Et, pour ce dernier bloc, je donne la parole au député
de Maskinongé qui dispose de 10 min 30 s.
M. Allaire : Merci, M. le
Président. Bien, moi aussi, je vais me permettre de saluer le travail de
l'ensemble des équipes respectives. Vous ne le voyez peut-être pas, mais les...
les cartables sont assez volumineux quand même, ça fait que c'est beaucoup de
travail. Ça fait que je tiens, honnêtement, à vous remercier pour votre
excellent travail. Puis, vu que je suis le dernier à intervenir, je pense qu'on
peut dire que ça s'est quand même bien passé. Ça fait que vous avez fait plus
qu'un excellent travail, parce que je ne pense pas trop coincer ma ministre, en
tout cas, je l'espère.
Mme LeBel : ...ce n'est pas
exclu.
M. Allaire : Oui, bien, merci.
Merci, Mme la ministre, de vous être prêtée au jeu quand même. Je sais que vous
n'avez pas trop le choix, mais je pense qu'on a bien fait ça quand même.
Le projet de loi n° 12. D'abord,
merci de m'avoir donné le privilège de travailler avec vous sur ce dossier-là. Bien,
quelle belle pièce législative! J'ai envie de dire ça comme ça. On s'est
attaqué à beaucoup de choses, puis je le dis de façon positive, entre autres,
on s'est donné, quand même, beaucoup plus de marge de manœuvre pour favoriser
nos belles entreprises québécoises dans les contrats qu'on donne à ces mêmes
entreprises. On s'est... ou on a aussi un peu réglé les problématiques, ou c'est
en voie de l'être, là, au niveau des délais de paiement dans le secteur de la
construction. On est venus aussi renforcer le régime d'intégrité de l'AMP. Ça
fait que c'est beaucoup de choses auxquelles on s'est... on s'est attaqué, là,
avec le projet de loi n° 12. On a aussi... puis j'allais l'oublier, là,
mais on s'est donné aussi une stratégie au niveau de l'innovation, comment qu'on
peut mieux accompagner nos entreprises à innover au Québec. Ça fait que je
pense que ça aussi, c'est un élément fort, là, du projet de loi n° 12.
• (18 h 20) •
Bien, je vais revenir plus précisément
avec les délais de paiement dans le secteur de la construction. Vous avez dit,
tantôt, que ça vous rattrape tout le temps, votre passé avec... avec la
commission Charbonneau, mais je vais en parler, moi aussi, un petit peu, quand
même, parce que ça fait quand même partie de vous, mais ça fait aussi beaucoup
partie de l'environnement du Conseil du trésor. Parce qu'en novembre 2015,
quand le rapport a été déposé, il y a quand même 14 mesures, là, qui
étaient sous la responsabilité du Conseil du trésor, dont une qui a un lien
avec les délais de paiement, puis vous allez me permettre, là, de la citer,
cette recommandation-là. Alors, ça disait : «D'adopter des dispositions
législatives ou réglementaires afin de proposer, dans le cadre d'un contrat
principal... pardon, et des sous-traitances, une norme sur les délais de
production des décomptes progressifs et des paiements afin de diminuer
l'emprise des surveillants de chantier et des donneurs d'ouvrage publics sur
les entreprises œuvrant dans l'industrie de la construction, ainsi que la
possible infiltration du crime organisé.»
Alors, bon, c'est un... c'est un peu plate
le lire comme ça, mais ça a fait quand même en sorte que ça a découlé d'un
projet pilote, projet pilote que je pense a porté... a porté de ses fruits. Et,
dans l'ensemble du processus qui a amené à l'élaboration du projet de loi n° 12,
on a consulté des groupes. Et, à chaque fois qu'on consultait des groupes qui
avaient un lien avec le secteur de la construction, ils nous revenaient,
naturellement, avec le projet pilote qui était en cours, et ils étaient somme
toute favorables. Et il y a d'ailleurs un rapport qui a été déposé en
mars 2022 en lien avec ce fameux projet pilote là. Le rapport, à ce
stade-ci, et les mesures qu'on a mises en place dans le projet de loi
n° 12, et peut-être même ce qui s'en vient, Mme la ministre, peut-être
nous... nous <éclairer...
M. Allaire :
...à ce
stade-ci, et les mesures qu'on a mises en place dans le projet de loi
n° 12, et peut-être même ce qui s'en vient, Mme la ministre, peut-être
nous... nous >éclairer un peu plus, parce que, de ce que j'ai compris,
c'est que tout le monde sort gagnant des mesures qui ont été mises en place
puis c'est très bien reçu par rapport au secteur de la construction. Donc, je
vous cède la parole. Je vous lance ça comme ça, là, la patinoire est à vous.
Mme LeBel : Merci. Écoutez,
bien, ça... vous avez fait partie des travaux comme moi puis surtout de la
consultation. C'était un enjeu qui était fort important. C'est un enjeu qui
était important pour la commission Charbonneau, parce que ça nous permettait...
les délais de paiement font en sorte de... quand on est payé dans les bons
délais, on est capables d'avoir une capacité financière qui nous permet
peut-être de soumissionner encore plus sur des projets... des projets publics.
Donc, l'idée était de prendre soin de notre bassin de soumissionnaires et
d'avoir une saine concurrence dans l'industrie de la construction. Donc, c'est
pour ça, c'est sous cet angle-là, naturellement, que la commission Charbonneau
s'était... s'était... voyons, s'était... heille! j'ai vraiment un blanc sur un
mot facile, intéressée, hé! mon Dieu Seigneur, j'avais un blanc, intéressée aux
délais de paiement. C'était vraiment sous l'angle de l'intégrité, parce que
nous, pour avoir un bassin... Quand tu as un bon bassin de concurrence,
naturellement, tu as un marché qui est beaucoup plus sain, et les marchés
publics doivent être sains.
Maintenant, il y a un autre angle, qui est
l'angle peut-être un peu plus gouvernemental. Bien, c'est... c'est normal de
payer nos gens le plus rapidement possible quand ils nous rendent des services.
Donc, quand on met en convergence ces deux intérêts-là, je pense qu'il allait
de soi qu'il fallait qu'on agisse dans ce domaine-là. Vous l'avez dit, le
projet pilote s'est terminé, je pense, en août 2021. On a eu le rapport, et
c'est concluant. D'ailleurs, on a... on a... dès le projet de loi n° 66,
qui est maintenant la LACPI, on avait déjà cette discussion-là avec les gens de
l'industrie concernée et on avait... on avait... je ne dirais pas, étendu le
projet pilote, mais on avait pris les principes du projet pilote, et on les a
appliqués à tous les... tous les contrats de l'annexe du projet de loi
n° 66. Donc, tous ces contrats-là, nonobstant les travaux qu'on est en
train de faire, sont... sont sous l'égide du projet pilote, mais pas dans une
bulle de trois ans, c'est-à-dire on y applique les mécanismes qui étaient à
l'intérieur des... du projet pilote.
Ceci étant dit, dans l'intervalle, et
quand on a... j'avais dit, à plusieurs reprises, qu'on attendait,
naturellement, le rapport de... du projet pilote et que les indicateurs étaient
quand même... les indications qu'on en avait étaient positives. Bien, en... en juin
2022, depuis ce temps-là, dans le cadre du projet de loi n° 12, on a fait
le reste du chemin, c'est-à-dire qu'il y a eu le projet pilote, dans... dans ce
projet pilote là, il y a eu le projet de loi n° 66 qui est arrivé. Compte
tenu que les indications du projet pilote étaient... étaient que ça
fonctionnait bien, on a accepté, à ces 180 projets là, de donner les
outils du projet pilote. Donc, on avait déjà une grande couche des projets en
construction du gouvernement qui étaient ciblés.
Maintenant, on a fait le reste du travail
dans le projet de loi n° 12, c'est-à-dire qu'on a mis en place, dans le
cadre de la loi... Naturellement, quand on parle d'une pièce législative, il
faut... il faut... Dans une pièce législative, on détermine les paramètres très
généraux, le plus précis possible, mais le plus... le plus souple possible, du
carré de sable. Et maintenant on doit travailler à l'élaboration de la
réglementation. On travaille, d'ailleurs, avec la Coalition sur les retards de
paiement dans ces enjeux-là. Ils sont très satisfaits, jusqu'à présent, des
travaux. Et on devrait avoir la suite réglementaire de tout ça très... le plus
rapidement possible, mais les travaux sont en cours, et ça va très bien avec la
coalition, là. Bien, le signal du projet... de la loi est très fort, parce
qu'on a adopté le principe de... du projet pilote dans la loi. Maintenant, ça
prend les réglementations pour que ça... que ça suive, là.
M. Allaire : ...probablement
la dernière... le dernier projet de loi qui a été adopté de la dernière
législature. Ça fait que c'est sûr qu'après ça...
Mme LeBel : Oui, 2 juin 2022
M. Allaire : Il faut laisser
le temps, les choses se mettent en place. Par rapport à la mise en place, là,
de l'Autorité des marchés publics, encore une fois, dans le projet de... on est
venus... dans le projet de loi n° 12, on est venus renforcer cet
élément-là au niveau législatif. Là, je ne sais pas si l'AMP peut... pourrait
intervenir, mais, en fait, ma question, c'est : Est-ce que... est-ce que
c'est déjà concluant, ce qu'on a mis en place dans le projet de loi n° 12
par rapport à cet élément-là en particulier?
Mme LeBel : Bien, moi, je ne
suis peut-être pas... j'ai peut-être un conflit d'intérêts là-dedans, comme je suis
la personne qui a mis en place, et je suis très fière du projet de loi
n° 12. Ça fait que peut-être que ce sera l'occasion pour moi, si vous
permettez, la commission, de passer la parole à M. Trudel, qui est le président
de l'AMP, qui, je sais, brûle depuis trois heures de pouvoir s'adresser à
vous. D'ailleurs, on a omis... et je veux présenter le président du CAG aussi
qui était présent et très disponible de vous... de vous répondre, mais ça n'a
pas adonné. Donc...
Le Président (M. Simard) : Alors,
y aurait-il consentement? Il y a consentement. M. Trudel, pour les fins de nos
travaux, auriez-vous l'amabilité de vous présenter?
M. Trudel (Yves) : Oui.
Bonjour. Alors, Yves Trudel, je suis président-directeur général de l'Autorité
des marchés publics.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Trudel (Yves) : Merci, M.
le Président. Donc, pour répondre à la <question...
M. Trudel (Yves) :
...oui.
Bonjour. Alors, Yves Trudel, je suis président-directeur général de
l'Autorité
des marchés publics.
Le Président (M. Simard) :
...
M. Trudel (Yves) : Merci,
M. le Président. Donc, pour répondre à la >question, M. le Président,
depuis la sanction du p.l. n° 12, donc la loi n° 18 maintenant,
effectivement, les pouvoirs qui nous ont été accordés eu égard à cette loi-là,
on peut les décliner de deux façons. C'est très concluant, en termes de
conformité, donc au niveau de... du respect des règles normatives avec les
pouvoirs qu'on a, additionnels, pour pouvoir surveiller les marchés publics et
le respect des règles normatives auprès des donneurs d'ouvrage. Et l'autre
volet qui est assez important, c'est le rapatriement de l'activité de
vérification, qui était auparavant menée par nos collègues de l'UPAC, qui
maintenant est menée de bout en bout par l'Autorité des marchés publics. Il y a
un gain important, au niveau des délais, eu égard aux autorisations et aux
renouvellements d'autorisation, et donc c'est extrêmement concluant.
On est très chantier, donc, avec ce
rapatriement-là, et les pouvoirs qui nous ont été accordés, ça nous permet
également d'aller en chantier. Donc, sur le terrain, on vérifie, on échange
avec les entrepreneurs. Ça permet de recueillir énormément d'informations eu
égard aux marchés publics et à ce qui se passe présentement au niveau des
contrats publics. Donc, c'est très, très concluant. C'est effectivement un très
beau projet qui aura permis à l'autorité de prendre sa place, comme elle devait
la prendre, tout à fait.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Allaire : Bien, en fait, je
pense qu'il me reste seulement quelques secondes, là, je pourrais peut-être...
Le Président (M. Simard) : Une
quarantaine de... de secondes, cher collègue.
M. Allaire : ...je pourrais
peut-être laisser les mots de la fin, peut-être, à... Mme la présidente, voilà.
Mme LeBel : ...peut-être
qu'on peut le prendre pour remercier tout le monde, remercier mes collègues de
l'opposition pour la rigueur d'exercice puis la convivialité. Ce n'est pas
parce qu'on parle de choses sérieuses qu'on ne peut pas le faire de cette
façon-là. Alors, merci à mes collègues de l'opposition qui sont présents, avec
qui j'ai l'occasion souvent de travailler. Merci à mes collègues de la
banquette ministérielle qui sont là pour m'appuyer et à tous... surtout,
surtout, surtout toutes les équipes du Trésor, du CAG et de l'AMP. Ça a l'air
de rien, là, mais c'est beaucoup de travail pour préparer ces trois heures de
crédits. Alors, merci à tout le monde.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, compte tenu du fait que notre période d'échange est maintenant révolue,
nous allons procéder à la mise aux voix des programmes suivants.
Est-ce que le programme 1, intitulé
Soutien au Conseil du trésor, est adopté?Adopté sur division.
Le programme 2, intitulé Soutien aux
fonctions gouvernementales, est-il adopté?Adopté sur division.
Le programme 3, intitulé Commission
de la fonction publique, est-il adopté?Adopté sur division.
Le programme 4, intitulé Les régimes
de retraite et d'assurance, est-il adopté?Adopté sur division.
Enfin, le programme 5, intitulé Fonds
de suppléance, est-il adopté? Adopté sur division.
Alors, chers amis, je dépose bien sûr les
réponses aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, nous allons
ajourner nos travaux. On se retrouve demain, 16 heures. Au revoir.
(Fin de la séance à 18 h 30)