(Dix heures trente minutes)
Le Président (M. Simard) :
Alors,
chers collègues, bienvenue à toutes et à tous. Je constate que nous avons quorum, et la Commission des finances publiques
peut amorcer ses travaux, mais, tout d'abord, je voulais saluer, dans nos
tribunes, de nombreux représentantes et représentants de l'école Félix-Leclerc
à Montréal. Soyez les bienvenus, chers amis.
Comme vous le savez, la commission est réunie
afin de procéder à l'étude du volet Infrastructures des crédits budgétaires du portefeuille Conseil du trésor et
Administration gouvernementale pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de deux heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, bonjour. Y aurait-il des
remplacements ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Allaire (Maskinongé) est remplacé par M. Thouin
(Rousseau); M. Montigny (René-Lévesque), par M. Girard (Lac-Saint-Jean); et M. Bouazzi
(Maurice-Richard), par M. Grandmont (Taschereau).
Infrastructures
Le
Président (M. Simard) : Alors, merci. Bienvenue à ces collègues. Comme le
veut notre tradition, nous allons procéder par blocs d'échange qui
incluent questions, bien sûr, et réponses dans un temps généralement
équivalent. Et, afin d'amorcer nos débats,
je cède d'entrée de jeu la parole à notre collègue de Saint-Laurent, qui dispose
de 18 min 26 s.
Discussion générale
Mme Rizqy : Parfait. Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, M. le ministre, ainsi qu'à vos équipes qui vous
accompagnent, et évidemment à mon collègue le député de Taschereau, et un
bonjour tout spécial aux élèves de l'école Félix-Leclerc qui sont avec nous
dans nos tribunes à ces crédits.
Brièvement, peut-être pour les élèves, les
crédits, c'est quoi? Ça nous permet à nous de faire ce qu'on appelle la
reddition de comptes. Donc, lorsque le gouvernement annonce des sommes
d'argent, par exemple pour un tunnel, on fait des suivis pour voir est-ce que
c'est réalisé ou pas. Puis c'est aussi dans nos règles d'imputabilité. Alors,
ça, c'est un exercice que nous faisons habituellement, en règle générale, une fois
par année, lorsque l'exercice financier est terminé. Oui. Et là il est
maintenant terminé.
Alors,
d'entrée de jeu, je... je vais commencer avec le ministre, et vous savez, M.
le... je vais aller directement au
but, hein, vous me connaissez déjà. Tout le monde en parle. Alors, vous, M. le
ministre, aujourd'hui, vous, êtes-vous toujours dans le trio ministériel
pour le troisième lien?
Le Président (M. Simard) : ...M. le
ministre.
M. Julien : Bien, écoutez, je pense
qu'on a clairement mentionné la semaine dernière, là, qu'à la lumière des...
des études et des éléments probants qui... qui étaient la base sur laquelle on
devait fonder une décision de faire un lien autoroutier entre les
deux rives on a mentionné que ces données-là n'étaient pas, de manière
pragmatique... ne venaient pas supporter la nécessité d'un lien autoroutier
entre les deux rives. On voit les effets postpandémiques, en fin de compte, sur la circulation, on a mesuré
les temps... les temps de déplacement autoroutier entre les deux rives,
origine-destination de certains endroits, et c'est la décision qu'on a prise.
Mme Rizqy : Oui, ma question... Moi,
je veux juste savoir, parce que, le 20 octobre dernier, ça ne fait pas si
longtemps que ça, le premier ministre annonçait un trio, le député de Lévis, la
vice-première ministre — la
députée de Louis-Hébert — et
vous-même, un trio pour le troisième lien. Moi, ma question est vraiment
simple : Êtes-vous toujours dans ce trio ministériel du troisième lien?
Le Président (M. Simard) : ...de
vous adresser à la présidence. M. le ministre.
M. Julien : Alors, certainement
qu'on a annoncé en... la semaine dernière qu'un lien interrives de transport en commun était vers quoi on voulait se tourner
pour les deux régions, sur le principe également du... du gain en
temps-déplacement. Alors, pour moi, ça reste... ça reste un lien.
Le Président (M. Simard) : Mme la
députée.
Mme
Rizqy : Bien, la question du trio, moi, je veux juste
savoir : Êtes-vous toujours membre de ce trio ou non?
M.
Julien : Bien, je fais partie, moi, d'un caucus, en réalité,
de la Capitale-Nationale, je suis ministre responsable de la Capitale-Nationale. Il y a un caucus également de
la... de la Rive-Sud. Alors, comme membre du caucus, comme ministre
responsable, mais certainement, là, que j'abonde dans ce sens-là.
Mme Rizqy : OK. Parce qu'il y a eu
une annonce d'un trio ministériel, puis pourquoi je pose la question à savoir si vous êtes toujours dans le trio
ministériel ou s'il est dissous, parce que le trio a été fait pour le troisième
lien, c'est qu'aujourd'hui un membre de votre caucus, ministre, dit
qu'il y a un retour d'ascenseur. Partagez-vous la même opinion que votre
collègue ministre?
M. Julien : Bien, écoutez, là, je ne
sais pas de quoi il est mention ici puis je respecte les opinions de mes
collègues. Je fais mes opinions miennes.
Mme
Rizqy : Alors, le titre aujourd'hui, c'est Abandon du
3e lien routier. La députée de... de Chutes-de-la-Chaudière, qui
est aussi ministre tout comme vous, elle, elle dit que... elle réclame une
compensation pour sa région et elle dit que... «Je pense que l'ascenseur doit
remonter.» Êtes-vous d'accord avec votre collègue?
M. Julien : Bien, M. le Président,
on travaille très fort. Là, on a annoncé justement, avec Bruno Marchand, avec
Gilles Lehouilliers, avec mon collègue ministre responsable de Chaudière-Appalaches
et moi-même, une zone économique métropolitaine qui vise, entre autres par les
engagements qu'on a pris, on est le seul parti à avoir pris des engagements, d'ailleurs, là, spécifiquement
pour la grande région, 500 millions d'engagements, donc, clairement,
on va investir pour faire en sorte que la zone économique métropolitaine qui
couvre les deux rives, la RMR, on va investir fortement pour le
développement économique, pour l'effervescence culturelle puis pour s'assurer
de la qualité de vie des citoyens. Je l'ai mentionné à la chambre de commerce,
ce plan-là tient toujours, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la Députée.
Mme Rizqy : Je cite au mot :
«C'est ce qu'on fait généralement, quand on ne tient pas nos promesses.» Elle
estime que, les Lévisiens, le gouvernement Legault en doit une. Moi, je veux
savoir : Si votre collègue dit que Lévis mérite un retour d'ascenseur,
êtes-vous d'accord avec elle? Et est-ce que vous êtes, à ce moment-là, d'accord
que les gens de la Capitale-Nationale aussi mériteraient un retour d'ascenseur?
M. Julien : Moi, quand j'observe, M.
le Président, tous les engagements qu'on a pris, les gestes qui sont prévus à l'intérieur, entre autres, du PQI, et le
développement qu'on veut pour la grande zone économique métropolitaine,
Rive-Nord, Rive-Sud, clairement qu'il y a des investissements majeurs qui sont
prévus qu'on va réaliser comme gouvernement.
Mme Rizqy : Sur les engagements, on
repassera, là, parce que les maternelles quatre ans, ça a été pas mal un
échec, là. Puis, par la suite, il y a aussi promesses qu'on appelle phares, là,
c'est ce qui est... les plus importantes, et, parmi ça, il y avait le triangle
de priorité. Et la première promesse qui était là-dedans de la députée de
Chaudière... Chutes-de-la-Chaudière, la première, première priorité, là,
c'était le troisième lien.
Moi, ma question, maintenant, je vais la reposer
différemment. Parce que moi, je suis inquiète, là. Je suis porte-parole aussi
dans le Conseil du trésor et des infrastructures. Je veux savoir est-ce que ça,
ici, ce Programme, là, de soutien aux
infrastructures sportives et récréatives scolaires et d'enseignement supérieur,
est-ce qu'il va être amendé pour ajouter un nouveau critère qui
s'appelle le retour d'ascenseur.
Le Président (M. Simard) : Alors, M.
le ministre.
M.
Julien : M. le Président, je me souviens que ma collègue de
Saint-Laurent avait clairement mentionné il y a quelques mois qu'elle était ici pour faire des politiques et non de la
politique. Je la reconnais bien. Mais, honnêtement, on a un plan clair. On a des investissements qui
sont prévus, 150 milliards d'investissements. On a une zone économique
métropolitaine sur laquelle on dit : On veut créer de l'effervescence dans
la grande région, la RMR, en réalité, qui comprend
la Rive-Sud et la Rive-Nord. On a coalisé tous les intervenants élus des
deux côtés de la rive, ce qui est... ce qui est assez rare, ce
qu'il n'avait pas réussi, le parti, précédemment. Et ce qu'on veut faire
ensemble, c'est justement avoir une vision de développement économique avec des
investissements majeurs. C'est ce qu'on va faire.
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. Mme la députée.
Mme Rizqy : Moi, je veux savoir
est-ce que vous allez amender...
Le Président (M. Simard) : ...exhiber
des documents qui ne sont pas des tableaux, petite prudence.
Mme Rizqy : Oui, oui, ça, c'est...
Oui, mais ça, c'est... Vous avez raison, mais il y a une table des matières.
Alors,
ici, il y a des règles d'admissibilité, évaluation de projets, et on... je vais
aller à la page 7, là, de l'évaluation de projets, là. Il y a des
critères, là, donc, pour justement annoncer un aréna, un centre des loisirs,
une bibliothèque municipale. Puis, à moins
que je me trompe, là, dans un avenir... pardon, dans un passé, là, vous avez
déjà été vérificateur, je crois, à moins que je ne me trompe?
M. Julien : ...
Mme Rizqy : Donc, vous avez déjà été
vérificateur. Vous, là, avec vos réflexes de vérificateur, pensez-vous
sincèrement qu'un critère de retour d'ascenseur doit exister?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : M. le Président, puis je
vais vous parler directement à vous, M. le Président, si vous permettez, tu
sais, clairement, je ne sais pas, en fin de compte, quelle intention ou
qu'est-ce qu'on veut me faire dire. On a des critères, on respecte nos critères
et on applique, en réalité, selon ces schèmes-là, d'autant plus, en réalité,
dans les... dans les infrastructures
sportives, qu'il y a des besoins majeurs. On a mentionné qu'on allait investir
1,5 milliard partout au Québec dans la période qui s'en vient. Et on
sait très bien qu'à la fin on doit être en mesure d'évaluer les projets sur des
critères qui sont des critères tangibles et qui ne sont pas tendancieux. Donc,
on est encore à la même place.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme
Rizqy : Est-ce que vous allez tenir ce même discours
lorsque votre collègue va déposer des projets d'arénas, de bibliothèques municipales ou, je ne sais pas,
moi, un centre de loisirs? Parce que, là, on entend, là, de... Moi, ce matin,
je ne vous ai même pas encore entendu
condamner les propos de votre collègue, en fait. Vous me demandez où est-ce
que je m'en vais. Je pense que les Québécois sont en droit aujourd'hui de
s'attendre, là, que vous, à titre de ministre responsable, aussi, des
Infrastructures, oui, de la Capitale-Nationale, mais des Infrastructures
aussi... de dire : Non, on ne fait pas de projets au Québec basés sur le
retour d'ascenseur. C'est ça, votre rôle aujourd'hui, là.
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
• (10 h 40) •
M. Julien : M. le Président,
toujours en discussion avec vous. Naturellement, on a un PQI, puis on va finir
par y arriver dans nos discussions, je le sais, de 150 milliards.
Peut-être que le réflexe de la députée de Saint-Laurent, c'est de penser qu'à la CAQ on va faire comme
avant 2018. Puis je lui confirme, ça ne sera pas le cas. On va investir de
manière éclairée, de manière rigoureuse, où les besoins seront, avec des
critères, justement, de discrimination. C'est ce qu'on fait, ce qu'on va faire.
Le Président (M. Simard) : Mme la
députée.
Mme Rizqy : Jusqu'à maintenant, là,
je lui ai donné un paquet de fois l'occasion de se distancer des propos de sa collègue. Il ne le fait pas, là. Puis nous,
on a un adage : Qui ne dit mot consent. Alors, moi, je ne comprends pas,
là, les critères de discrimination. Est-ce qu'il va... bientôt, il va aussi
nous annoncer que la Capitaine-Nationale mérite... Parce qu'il est quand même responsable de la
Capitale-Nationale. Est-ce qu'il va nous annoncer que la Capitale-Nationale
mérite aussi un retour d'ascenseur?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M.
Julien : La Capitale-Nationale, M. le Président, encore là,
il y a plusieurs partis, là, qui sont représentés ici. Lors de la
dernière campagne électorale, on est le seul parti qui a démontré de l'ambition
pour la Capitale-Nationale en déposant,
effectivement, une feuille de route avec des projets tangibles qu'on veut
réaliser dans la Capitale-Nationale. Donc, c'est ça, notre feuille de
route, c'est ce qu'on va faire, puis c'est ce qu'on va réaliser.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rizqy : Bien, écoutez, vu qu'il
m'envoie une question aussi... des fois, je me pose si on me tend la main pour la question, là. Vous êtes sérieux en ce
moment, quand vous me dites... quand j'entends : On était le seul parti à
avoir de l'ambition, à déposer... Je le répète, le premier projet pour la
Capitale-Nationale et pour les gens Lévis que vous êtes allé sur toutes les
tribunes parler, c'était le troisième lien et même si vous disiez tous, à
chaque fois : Pas besoin d'études pour
aller de l'avant. Et vous me dites qu'on va avoir des critères sérieux pour
aller de l'avant pour des projets d'infrastructures. J'ai de la misère à
vous suivre, là. Les critères de discrimination, est-ce que ça va être les mêmes que pour le troisième lien, c'est-à-dire que
vous allez, vous, la journée, par vous-même, regarder l'état des lieux,
un peu comme votre collègue ministre l'Éducation quand il me parle des écoles
vétustes? Il rentre là puis il regarde puis il se demande si c'est vraiment des
E ou si ça devrait être peut-être un B ou un C.
Alors, moi, je veux juste savoir aujourd'hui, ma
question est très simple : Est-ce qu'il se distancie des propos de sa
collègue qui dit que, vu que le premier ministre n'a pas respecté le premier
engagement envers les gens de la Capitale-Nationale et de
Lévis, mais elle, dans son cas, elle prêche pour sa paroisse, qui est Lévis...
elle dit : On a droit à un retour d'ascenseur? Et là on pouvait même
entendre Jonathan Trudeau, sur les ondes de Cogeco, dire : Hé! on va bientôt... là, on... Apparemment, on leur a
dit, là, aux élus, là, qu'ils peuvent envoyer des projets, là, des arénas,
c'est le temps. Il me semble qu'on est en droit de s'attendre à savoir comment
que ça va être distribué.
Puis j'ai une autre question, là. Le retour
d'ascenseur, c'est-tu 1 million, 2 millions, 3 millions,
4 millions ou 5 milliards? Puis est-ce que, là-dedans, ils vont-tu
avoir un 40 % du fédéral ou pas dans l'équation?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : ...M. le Président.
Bien, écoutez, ça... ça fait trois fois que je réponds, puis je réponds
assez clairement à la question de ma
collègue de Saint-Laurent. On investit selon des critères déterminés. Quand on
prend... En réalité, ce qu'on va faire... Puis, dans les infrastructures
sportives, bien, on l'a toujours fait de cette manière-là, par des évaluations, qui fait en sorte qu'on
priorise les projets selon certains critères. Alors, on va continuer de faire
ça. Alors, si ce n'est pas la réponse qu'elle attend, bien, c'est...
Pourtant, c'est clair comme réponse. Donc, je réitère que les investissements se font d'une manière où on a
des critères, des priorisations ministérielles, et c'est ce qu'on applique.
Le Président (M. Simard) : Mme la
députée.
Mme Rizqy : Juste parce que, pour
être certains qu'on va vous garder, avec le calendrier on est le 25 avril,
pouvez-vous nous déposer les critères en date du 25 avril?
Le Président (M. Simard) : En
s'adressant à la présidence. M. le ministre.
M. Julien : Bien, alors, encore là,
si ma collègue fiscaliste, je crois, a pris le temps de lire le PQI, il y a
150 milliards de projets dans le PQI, il y a des centaines de projets, là,
qui sont des projets qu'on qualifie de majeurs, en santé, éducation, transports. Il y a des enveloppes. Juste dans le
dernier, là, c'est plus de 8 milliards en maintien d'actif pour
des... pleins de petits projets. Alors, elle voudrait avoir la liste de
priorisation multicritères, multisectorielle de tous les ministères qui sont dans le PQI? Bien non, bien non. Donc,
chacun des éléments, chacun des secteurs priorise selon ses propres
critères de maintien d'actif, de développement. L'école qu'on va bâtir, c'est à
cause qu'on voit que... on voit poindre, en réalité, des besoins supplémentaires.
Les centres de services les regardent. Selon différents critères, le centre de services se retourne au ministère de l'Éducation,
dit : Regardez qu'est-ce qu'on obtient. Le ministère de l'Éducation
arbitre les priorités de bonification. Les centres de services arbitrent les
priorités, en fin de compte, de maintien
d'actif. C'est ça, les critères, donc c'est les critères qui sont multiples,
dépendant de l'investissement qu'on fait.
Le Président (M. Simard) : ...Mme la
députée.
Mme Rizqy : ...des
priorités auxquelles il faisait référence, les priorités gouvernementales, vous
devez les avoir, avec des critères. Vous avez dit : Nous, on
regarde ça avec nos critères, alors je vous prends au mot, quels sont vos critères? Parce que moi, je veux être sûre
qu'aujourd'hui on parle des mêmes critères et que par... là-dedans, il n'y en a
pas, de retour d'ascenseur.
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Mais je n'ai pas parlé
de priorités gouvernementales, j'ai parlé de priorités. Par exemple, si on parle d'infrastructures sportives puis on
dit : On va investir 1,5 milliard, est-ce qu'on dit que, dans les
différentes régions du Québec, c'est
au bénéfice de la communauté, pour la santé des communautés, pour pouvoir se
réaliser? Mais là on vient de dire : Bien, voici l'enveloppe et
voici comment cette enveloppe-là va être distribuée, où le besoin est le plus
pressant. Alors, c'est ça, les critères qu'on se dote.
C'est sûr que, dans le discours inaugural, on se
donne les grandes priorités, comme gouvernement. On va venir dire : Nous autres, on veut focaliser sur l'éducation, sur
tel aspect, tel aspect. Mais, après ça, sur l'application des
investissements, on le fait de manière rigoureuse.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Je n'ai pas besoin de
dire... M. le ministre, là, si vous êtes ministre, nécessairement, si vous parlez de priorités, ce sont des priorités
gouvernementales, c'est une suite logique dans les choses, lorsqu'on parle au
«je», là. Donc, vous êtes ministre, puis les priorités, elles doivent
nécessairement être gouvernementales.
Et «focaliser», c'est un anglicisme, c'est
l'«emphase».
Et ensuite,
pour terminer, je veux savoir quelles sont votre liste de critères pour les
priorités gouvernementales.
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. M. le ministre.
M.
Julien : Bien, écoutez, je vais donner, M. le Président, la
même réponse que tantôt. Je vais prendre l'exemple, là... Il y a
22,2 milliards de prévus au PQI sur 10 ans pour le ministère de
l'Éducation. Dans cette somme-là, il y a 14 milliards,
un peu plus de 14 milliards qui est pour le maintien des actifs et la
balance, en fin de compte, là, à peu près
35 %, qui est pour de la bonification. La bonification, c'est de bâtir, en
fin de compte, des écoles primaires, des écoles secondaires, faire des rénovations majeures, des ajouts de classes.
C'est basé sur des priorisations qui sont quantifiées avec la démographie.
Puis après ça le maintien d'actif, il est basé,
lui, sur des critères de qu'est-ce qu'on doit réaliser pour le maintien des
actifs, selon des évaluations.
Alors, notre
gouvernement a certainement une priorité de mettre des investissements
nécessaires en éducation parce qu'on est passés de 9 milliards à
22 milliards entre 2018, 2023. Mais après ça, sur le choix spécifique, les
ministères ont des critères de priorisation pour investir ces sommes-là. Alors,
c'est comme ça qu'on fonctionne.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le
Président. Donc, je vous invite, le ministre, à... de nous déposer les priorités ainsi que les critères. Il dit qu'il y
en a, des critères, mais il ne veut pas les déposer. Donc, moi, M. le
Président, il a beau répéter, mais il me semble que c'est un petit peu
inquiétant.
Puis on ne veut pas rejouer dans le même film,
là. On a... Est-ce que c'est vrai que vous avez vraiment dépensé 325 millions de dollars pour des
études pour le troisième lien qui n'a pas lieu, finalement, là? Parce que c'est
quand même beaucoup, 325 millions de dollars, pour des études.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : M. le Président, je
n'ai... je n'ai pas du tout cette information-là.
Mme Rizqy : ...l'engagement de la
trouver, cette information-là?
M. Julien : Bien, on va voir, en fin
de compte, si elle est disponible.
Mme Rizqy : Bien, c'est vos crédits,
donc vous devez peut-être répondre?
Le Président (M. Simard) : Alors, on
s'adresse toujours à la présidence, s'il vous plaît. M. le ministre.
Mme Rizqy : J'aimerais avoir le
coût, qu'il dépose tous les coûts pour toutes les études, pour tout le... pour
tout le projet de troisième lien. Peu importe comment que vous allez l'appeler
maintenant, là, du tunnel pharaonique au troisième lien, à tramway, ou peu
importe comment ça va s'appeler maintenant, une nouvelle mouture, nous, on veut
s'attendre et on est en droit de s'attendre à savoir combien ont coûté toutes
les études.
M. Julien : ...je pense que le bon
endroit, ça va être aux crédits des transports, d'avoir ces discussions-là.
Mme Rizqy : Non, c'est aux
infrastructures, le bon endroit.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rizqy : Bien, M. le Président,
on est à... c'est les infrastructures, donc il chapeaute tout ça, là, donc ça
doit passer aussi par lui, là. Il me semble que c'est ici, là, que je dois
m'adresser.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, sur ce, notre premier bloc d'échange s'arrête.
Nous poursuivons, et je laisse la parole à notre
collègue le député de Taschereau, qui dispose de 12 min 17 s.
• (10 h 50) •
M.
Grandmont : Merci, M. le Président. D'abord, j'aimerais saluer
les gens qui s'en vont — au
revoir — dans
les gradins, saluer la présence aussi de notre jeune stagiaire, Louis-Philippe
Jasmin, qui est en a politique appliquée à l'Université de Sherbrooke, qui va
nous accompagner toute la journée. Donc, il a l'occasion aujourd'hui d'être
avec nous, puis de nous suivre, puis de
suivre les commissions. Merci, M. le Président. Salutations au ministre, aux
collègues et à tous les... tous les membres de votre personnel, là, qui
vous accompagnent aujourd'hui.
D'abord,
j'aimerais... j'aimerais peut-être... On a déjà eu cette discussion-là, mais je
vous repose quand même la question pour que tout le monde sache, parce
que c'est un nouveau type de ministère qui a été créé. C'est quoi, la mission,
en fait, d'un ministre responsable des Infrastructures?
M. Julien : Alors, M. le Président,
je tiens à remercier mon collègue député de Taschereau parce que ça va
peut-être permettre à ma collègue de Saint-Laurent, là, de situer les rôles et
responsabilités de chacun.
Ce qu'on
constate au Québec, c'est qu'on a un PQI somme toute qui a beaucoup augmenté à
travers les dernières années. On est
passés d'une centaine de milliards il y a cinq ans à 150 milliards
aujourd'hui, et il y a des investissements majeurs qui se font dans les
différents secteurs : éducation, santé et transports. Naturellement, ces
trois volets-là, à eux seuls, c'est
peut-être 80 %... un peu plus de 80 % du PQI. C'est des sommes
importantes. On voit qu'il y a plusieurs chantiers dans ces trois
domaines-là et le défi qu'on a devant nous, puisqu'on doit justement réinvestir
de manière massive en infrastructures suite à
15 années de sous-investissement, c'est de s'assurer qu'on est efficients
dans ces investissements-là à tous égards.
Alors, on veut... Comme ministre responsable des
Infrastructures, oui, on gère la priorisation qui est inscrite au PQI pour le
150 milliards, mais on travaille également avec la SQI, qui est le bras
opérationnel de tout ce qui est... des
édifices, des ministères et organismes. Et la SQI, également, chapeaute et
accompagne tous les projets majeurs. Ce qu'on veut faire, c'est
d'améliorer l'efficience, c'est-à-dire faire plus vite, faire moins cher et
assurer l'accélération du maintien d'actif. Et, pour ce faire, c'est comme un
agent coordonnateur, une tour de contrôle. Je finirai là-dessus pour ne pas
prendre tout votre temps. C'est par exemple : C'est quoi, les capacités de
réalisation qu'on a dans les différentes régions? Est-ce qu'on peut ordonnancer
des travaux de manière plus optimale en s'assurant, par exemple, que, quand on réfère tous les projets transports,
éducation, santé et autres, on s'assure justement de ne pas venir faire un
goulot spécifiquement dans une région, mieux les distribuer? Est-ce qu'on peut
voir des nouvelles façons, justement, de travailler également en collaboration
avec des entrepreneurs généraux, pour partager des fois nos bonnes pratiques,
pour diminuer les coûts, pour aller plus rapidement?
Le Président (M. Simard) : M. le
député de Taschereau.
M.
Grandmont : ...résumer, en fait, là, vous jouez le rôle
d'arbitre sur le PQI, sur le budget, vous accompagnez le ministre des Finances, en fait, sur le... la
réalisation du budget aussi. Mais vous avez 150 milliards, vous jouez le
rôle d'arbitre sur l'ensemble des
projets qui seront ou qui ne seront pas priorisés à plus ou moins court terme
sur les 10 prochaines années et sur l'année à venir. Donc, on peut
dire que vous êtes un ministre poids lourds parce que les infrastructures, c'est quand même des gros,
gros... c'est des gros budgets. Vous êtes un poids lourd. Puis on ajouterait
à ça que vous êtes aussi ministre
responsable de la Capitale-Nationale. Donc, vous avez aussi un poids important
dans la région?
M. Julien : Alors...
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M.
Julien : Vous faites des affirmations, je vais répondre
plutôt. Je suis ministre responsable de la Capitale-Nationale, je suis
un gars de Québec, je suis... puis j'ai une volonté claire, là, que la capitale
se porte très bien. Pour ce qui est de l'arbitrage, je vais le mettre en
perspective. Ministre responsable, comme je vous dis, on veut augmenter
l'efficience puis relier les différents ministères qui font beaucoup de
réalisations, d'investissements. Puis après ça, sur l'arbitrage, c'est beaucoup
plus... En réalité, chacun des ministères dépose leurs besoins, ont des
critères de priorisation sur leurs besoins, et après ça on a... on a des sommes
qui sont limitées, et là on a des discussions ministère
par ministère, parce que les demandes sont plus grandes que la capacité. Alors,
moi, à la fin, c'est plate, mais je
dois arrêter à 150 milliards. Et là, bien, on a des discussions puis on
regarde, en fin de compte, l'arbitrage sur la fine ligne à la fin.
M. Grandmont : Parfait. Non, je
pense qu'on a dit sensiblement la même chose. Merci beaucoup.
Pour revenir sur le troisième lien, le budget,
c'est écrit fin 2022, normalement. Selon ma compréhension, on n'écrit pas
ça dans le mois de mars. Là-dedans... Donc, pour l'écriture d'un budget,
évidemment, on prend... on tient en compte l'ensemble des projets qui vont
devoir... qu'on va vouloir prioriser. Donc, j'imagine que vous deviez être courant, fin 2022, que... en fait, je vous
pose la question : Est-ce que, fin 2022, lors de l'écriture du
budget, est-ce que vous étiez au courant que la partie autoroutière du
troisième allait être abandonnée?
M. Julien : Non.
M. Grandmont : Donc, vous l'avez
appris quand?
M. Julien : Lundi dernier.
M.
Grandmont : Vous l'avez appris lundi. Un ministre qui a un
poids aussi important, qui porte la responsabilité des arbitrages sur
les infrastructures au Québec, qui conseille directement le ministre des
Finances, qui est responsable de la
Capitale-Nationale a appris lundi dernier que le troisième lien autoroutier
n'allait pas se réaliser?
M. Julien : M. le Président, alors,
le troisième lien est un projet qui était au-dessus de 1 milliard, qui
était provisionné dans une méthode de provisions successives à l'intérieur
d'une enveloppe centrale, alors il y a certains montants qui ont été
provisionnés. Maintenant, lundi, on a des données sur lesquelles on se base
pour prendre une décision. Et c'est à la lumière de ces données-là qu'on a pris
la décision, M. le Président. Donc, si mon collègue de Taschereau me dit : Bien, vous auriez dû le savoir avant, bien, il
faut que tu aies l'information pour prendre la décision, donc, non, je
ne le savais pas avant.
M. Grandmont : Merci. Il y a des...
il y a des études, il y a plusieurs études qui ont été déposées. On peut... on
peut féliciter le gouvernement là-dessus. Enfin, 8 000 pages d'études
qui ont été déposées sur le site du Réseau express
de la Capitale, c'est une bonne chose. Là-dedans, il y a des documents qui
montrent que... en fait, qui affirment que la question de
l'achalandage n'était pas une... une bonne... comment je dirais ça, un argument
pour abandonner la partie autoroutière
du troisième lien. Si l'étude dit le contraire, pourquoi c'est l'argument qui a
été utilisé par la ministre des Transports?
M. Julien : Encore là, il y aura des
crédits pour la ministre des Transports, parce qu'on a... on a chacun, quand
même, nos spécialités, là. Puis ici n'entendez pas, M. le Président, que je ne
fais pas miennes ses conclusions. Mais
clairement je suis surpris de mon collègue de Taschereau parce qu'en réalité
c'est : «Damned if you do, damned if you don't» ou, en français, ça
serait : Tu es damné si tu le fais ou tu es damné si tu ne le fais pas.
Mais, à la fin, on dit... on regarde
les données, on dit : Écoutez, à la lumière de ces données-là, maintenant,
de manière responsable et pragmatique, on
ne considère plus, en fin de compte, maintenant le lien autoroutier et on
préconise un lien de transport en commun. Alors, si mon collègue dit que ces données-là ne sont pas bonnes, bien,
je lui dirai de militer pour en... pour en faire part.
M.
Grandmont : ...les orientations par rapport à ce projet-là, je
faisais juste souligner qu'il y avait une contradiction très apparente,
très évidente entre ce qui était dit et ce que les études disaient.
Parlant des
études, parmi les choses qu'on trouve, puis j'ai trouvé ça vraiment
intéressant, il y a une... un tableau, en fait, qui a circulé dans
lequel on voit bien que différents scénarios, un bitume, un tube avec transport
collectif et transport routier dans le même... dans la même infrastructure, et
aussi une option où on a juste le transport collectif, un tunnel réservé au transport collectif. Tout ça est chiffré.
Évidemment, on... C'est bien marqué, là, il y a des... il y a des alertes
partout, là, dans le... dans le tableau qui disent, là, de faire attention,
c'est des estimations de coûts, mais, quand même, on est en... on est...
donc on a la réponse, on sait que le gouvernement a, dans ses... comme
information le coût estimé d'un projet de
tunnel interrives qui comprendrait seulement du transport collectif. Est-ce que
le ministre peut nous dire à combien a été évaluée l'estimation du coût
du tunnel simplement en transport collectif?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Premièrement, je n'ai
pas ces informations-là, M. le Président. C'est parce que c'est le ministère des Transports qui fait ces analyses-là. Et,
deuxièmement, dans les projets d'infrastructure majeurs, ou dans n'importe lequel
projet d'infrastructure, je ne sais pas pourquoi je dis «majeur», là, dans les
projets d'infrastructure avec des deniers publics, si on dévoile les
évaluations de coûts a priori de faire les démarches d'appel d'offres ou
d'appel à la concurrence, bien, je veux dire, c'est parce qu'on ne connaît pas
ça. Quelqu'un qui fait ça ne connaît pas ça. Alors, on le voit même, actuellement, avec le projet de tramway. Donc, le
ministère des Transports fait ses évaluations, il doit les préserver de
manière, justement, à faire en sorte que l'éventuel appel à la concurrence ne
soit pas faussé par des résultats préliminaires.
Le Président (M. Simard) : M. le
député de Taschereau.
• (11 heures) •
M. Grandmont : Merci. C'est quand
même surprenant considérant qu'il semble y avoir une espèce de deux poids, deux mesures, finalement,
entre ce qui se passe chez les partenaires municipaux qui développent des
projets de transport collectif, où les coûts doivent être tout le temps
ventilés, on demande énormément de transparence, alors que, du côté du troisième lien, un projet mené par le gouvernement,
jamais moyen d'avoir l'information, jamais moyen d'avoir l'information
quand c'est des projets du ministère des Transports. On se cache toujours
derrière la compétition, puis les appels
d'offres à venir, puis il ne faut pas dévoiler nos coûts, mais, quand il s'agit
du transport... du transport collectif pour les municipalités, tout le
temps hyperdifficile de demander autrement que d'avoir la plus grande
transparence. Respect d'un 3,3 milliards de dollars, on a entendu je ne
sais pas combien de temps.
Je ne poserai pas de question là-dessus parce
que j'ai envie de vous amener sur la suite des choses. La ministre a fait la
bonne chose en disant que ce projet-là, la partie autoroutière allait être
abandonnée. Maintenant, pour ce qui est du
transport routier, une composante tunnel routier, on a entendu le ministre de
l'Éducation, responsable de la région
de Chaudière-Appalaches, dire : Il y aura un jour une infrastructure
autoroutière. On a entendu la ministre des Transports dire que, pour le
moment, rien ne justifiait une autoroute sous le fleuve Saint-Laurent.
Qu'est-ce qu'on attend? En fait, j'aimerais
savoir... En fait, est-ce que le ministre est d'accord sur le fait qu'on
devrait, à l'état actuel des choses, sachant ce qu'il sait des projets
d'infrastructure au Québec, on devrait mettre
tout de suite une clé dans la porte d'une éventualité d'un retour d'un projet
autoroutier sous le fleuve Saint-Laurent et jeter cette clé-là au
fleuve? Est-ce que, dans le fond, il garde, lui, la porte toujours ouverte à un
projet autoroutier sous le fleuve ou s'il,
comme la science nous dit depuis toujours, met... met un couvercle sur la
marmite, et il n'y aura pas de projet
autoroutier sous le fleuve, de sa perspective comme ministre responsable de la
Capitale-Nationale, mais aussi des infrastructures?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Oui, bien, M. le
Président, vous savez, la vie est longue, hein, et, probablement, si on était
retournés 20 ans en arrière, même 10 ans derrière, force est de
constater que de prévoir qu'au Québec on anticipait, d'ici 2030, à avoir 2 millions de véhicules électriques... Moi, je
me souviens, en 2013, lors d'une campagne municipale, je faisais du
porte-à-porte, j'étais tombé chez quelqu'un qui avait une Leaf. Heille! Je
trouvais ça extraordinaire. J'avais ouvert les portes, on avait regardé ça,
mais, tu sais, aujourd'hui, on est rendus ailleurs. Alors, ce que me demande mon collègue, c'est... À
la vie, à la mort, vous dites qu'on ne fera pas quelque chose. On avisera. Les
données actuelles nous disent que non.
Le Président (M. Simard) : Alors, je
cède maintenant la parole à la députée de Saint-Laurent, qui dispose à nouveau
de 18 min 22 s.
Mme
Rizqy : Merci beaucoup. Moi, juste pour être certaine,
est-ce que vous avez lu les études, les 8 000 pages auxquelles
vous avez fait référence?
Le Président (M. Simard) : ...à la
présidence, s'il vous plaît, j'insiste à nouveau.
Mme Rizqy : Oui, d'accord.
Le Président (M. Simard) : M. le...
M. Julien : Je n'ai pas lu les
8 000 pages. M. le Président, on s'est fait présenter un sommaire avec
les données sommaires. Je pense qu'on a chacun nos ministères, chacun nos
responsabilités, et je ne demanderai pas non plus à mes collègues de lire les
8 000 pages que j'ai pour préparer le PQI.
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. Mme la députée.
Mme Rizqy : Est-ce que vous avez été
présenter le sommaire avant ou après la prise de décision de l'abandon du projet? Le sommaire, est-ce qu'il
vous a été présenté avant ou après l'abandon du projet de troisième lien?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Le sommaire m'a été
présenté lundi dernier.
Mme Rizqy : Mais avant l'annonce ou
après l'annonce de l'abandon?
M. Julien : L'annonce a été faite
jeudi dernier.
Mme Rizqy : Mais, au Conseil des
ministres, ça a été présenté quand, ces études?
M.
Julien : Le sommaire, en fin de compte, des résultats des
études ont été présentés au caucus, aux ministères concernés puis au
Conseil des ministres.
Mme Rizqy : Mais est-ce qu'à ce
moment-là la décision était prise ou n'était pas encore prise?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M.
Julien : La décision a été prise jeudi dernier, et les
députés et les ministres ont été informés avant la décision.
Mme Rizqy : Oui, mais le Conseil des
ministres, c'est bien mercredi?
M. Julien : Ma réponse est claire.
Mme Rizqy : Bien non, c'est...
respectueusement, là, moi, j'ai... Moi, je me sens une personne raisonnable
puis, habituellement, je suis capable de suivre les... quand on parle, là, puis
là j'ai de la misère à suivre, là, mais moi, je
veux savoir, le sommaire, lorsqu'il vous a été présenté, puis là vous me dites
que la décision a été prise jeudi, mais que ça vous a été présenté... Si
je comprends bien ma déduction, ça a été présenté au Conseil des ministres le
mercredi parce qu'il n'y avait pas eu de Conseil des ministres jeudi, là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien, puis on continue de s'adresser à la présidence. M. le ministre.
M. Julien : M. le Président, je
réitère que les ministres de la grande région ont été informés lundi dernier,
le caucus mardi matin, et les informations
ont été données à l'ensemble de la députation avant la décision officielle de
jeudi.
Mme
Rizqy : Puis la décision officieuse, parce qu'officielle,
c'est officieuse, donc je veux juste savoir... Est-ce que vous a été
mis, au fond, sur le fait accompli malgré le sommaire?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Je ne comprends pas, M.
le Président, la nature de la question.
Mme Rizqy : Avez-vous
eu votre mot à dire? Il y a eu des études. Moi, je comprends que les études,
vous les avez eues avant jeudi, puis qu'il y a eu un Conseil des ministres mercredi.
Avez-vous eu votre mot à dire où la décision a été prise, qu'elle soit
officielle ou officieuse?
Le Président (M. Simard) : Oui,M.
le ministre.
M.
Julien : Alors, les sommaires appuyant la décision ont été
présentés lundi, mardi, avant la décision de jeudi.
Mme Rizqy : La décision, est-ce que
vous...
Le Président (M. Simard) : Non, mais
à vous la parole, madame.
Mme
Rizqy : Tantôt, vous avez dit, là, qu'un de vos rôles à
titre de poids lourd, là, c'était de faire des arbitrages. Est-ce que
vous avez eu un mot à dire ou pas du tout?
Le Président (M. Simard) : Alors...
Mme Rizqy : En fait, qui a pris la
décision?
M.
Julien : ...je n'ai jamais parlé de poids lourd. Je n'ai
jamais dit ça. À partir du moment, en réalité, où les données qui permettent de prendre une décision sont
divulguées a priori, en fin de compte, de l'annonce, c'est ce qui est arrivé.
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Si je continue, pour
être certaine de bien comprendre, il a été mis sous le fait accompli que, finalement, le fameux trio qui nous a été présenté
en octobre 2022, là, le trio, il n'est plus membre du trio, là. Rappelez-vous, là, le trio ministériel, M. le
député de Lévis, la députée de Louis-Hébert, qui est aussi la vice-première
ministre du Québec et ministre responsable des Transports, et le député, qui
est le ministre qui est mon vis-à-vis, le député
de Charlesbourg... Il y a un trio, là. Moi, ce que je comprends, c'est que le
trio au complet, responsable du projet qui a été présenté à la
population, il y a un membre du trio qui n'était pas au courant de la décision,
là. Alors, est-ce qu'il gère les arbitrages pour les infrastructures ou il ne
les gère pas?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : Là, on mélange... on
mélange les choses, M. le Président, mais permettez-moi, là... Il y a une présentation
qui est faite sur des données, déplacements, origines, destinations, qui
montrent, en réalité, que les déplacements, au cours des dernières années, sont
moins longs. Quand on regarde ces éléments-là, le MTQ et ma collègue disent : Voici le constat, et on
convient que le lien autoroutier n'est plus nécessaire aujourd'hui momentanément.
Alors, à moins que ma collègue dise qu'il est nécessaire, mais c'est sur la
base de ces données-là...
Maintenant, mon rôle comme... au niveau, en fin
de compte, du Plan québécois des infrastructures, c'est avec les différents besoins d'arbitrer les sommes avec
des priorisations que chacun des ministères nous fournit. Naturellement, on
a un projet de troisième lien, maintenant qui est en transport en commun, qui
est de plus de 1 milliard estimé. Donc,
on provisionne des sommes à l'intérieur d'une enveloppe centrale justement pour
éviter qu'on puisse divulguer l'estimation des coûts. Alors, c'est deux
choses totalement opposées.
Le Président (M. Simard) : Très bien,
merci. Mme la députée.
Mme
Rizqy : ...supersimple. Je voulais juste savoir :
Est-ce que, oui ou non, il a eu son mot à dire pour la prise de
décision? Il n'est pas capable de me répondre. Donc, je comprends qu'il n'a
plus de mot à dire dans cette prise de décision. Est-ce que, maintenant, il
peut nous dire qui a pris la décision?
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. M. le ministre.
M.
Julien : Écoutez, à partir du moment où est-ce qu'on nous
présente des données, puis qu'on a des discussions, puis que la décision est prise a posteriori, bien,
c'est comme ça qu'on fonctionne, en fin de compte, dans notre parti politique.
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. Mme la députée.
Mme Rizqy : La façon de fonctionner,
c'est de ne pas dire qui prend la décision?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M.
Julien : Bien, c'est une décision gouvernementale, M. le
Président. C'est la décision de notre gouvernement, oui, oui.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme
Rizqy : Oui, c'est un petit peu surréaliste, parce que
j'ai un membre du Conseil des ministres qui ne peut pas me dire si, oui ou non,
il a eu son mot à dire dans une décision sur un projet névralgique à la
Capitale-Nationale et Lévis—Chaudière-Appalaches. Au fond, il ne veut pas
me dire si, oui ou non, il a eu son mot à dire. Je dois faire des déductions,
là, mais je pense que les Québécois sont en droit de s'attendre à savoir c'est
qui qui a pris la décision, mais, regardez, je vais passer, je vais aller sur
un autre sujet, là.
Maintenant, je vais vous parler de
Saint-Laurent. Moi, je veux comprendre une chose. Il y a eu, en 2020, un projet de loi n° 61 qui a été abandonné pour
être revu et corrigé sur le projet de loi n° 66. Le projet de loi n° 66, là-dedans, on se rappelle... M. le Président, on va remettre
les choses en contexte, là. Le gouvernement de l'époque, le même gouvernement actuel, disait sur toutes les
tribunes que c'était important pour la relance économique, le projet de loi
n° 66, et qu'on devait prioriser certaines infrastructures.
• (11 h 10) •
Dans les priorités du projet de loi n° 66,
qui a été sanctionné le 11 décembre 2020, il y avait des écoles, une à L'Île-des-Soeurs, c'était la troisième école, qui est attendue depuis maintenant plus de
quatre ans, il y a l'école primaire d'Outremont,
il y a l'école primaire à l'île Sainte-Geneviève, mais il y a deux écoles dans
mon arrondissement, Saint-Laurent. Moi, je veux savoir pourquoi les deux
écoles à Saint-Laurent sont mises sur pause, alors qu'elles sont nécessaires,
et qu'à Saint-Laurent le poids démographique
a dépassé la barre de 100 000 habitants, et que toutes les
projections démontrent qu'on continue
de grandir, et que nous n'avons aucun problème de mise en chantier. Nous, les
logements, ils lèvent de terre. Alors,
je veux savoir pourquoi qu'il n'y a pas de... Je ne sais pas, est-ce qu'il y a
un problème d'ascenseurs à Saint-Laurent?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : M. le Président, tu
sais, je le réitère, parce que, quand même, on ne va pas évacuer le début de
son affirmation, alors on a eu les données qui ont été présentées avant la
décision, et on y a participé, et la décision qui
est prise, c'est une décision gouvernementale, que je fais mienne. Maintenant,
spécifiquement pour les questions, là, des écoles mentionnées, je n'ai
pas le détail de cette information-là. Si vous permettez, chère collègue,
est-ce que... est-ce que vous pouvez préciser quelles écoles exactement puis...
Mme
Rizqy : ...vous le déposer. Donc, l'école mise sur pause à
Saint-Laurent, l'école qu'on appelle, entre nous, Jules-Poitras, et
l'autre, Marcel-Laurin.
M. Julien : Alors, c'est des écoles
primaires. Alors, c'est directement les centres de services, parce que c'est
des écoles à enveloppes inférieures, en réalité, que des projets majeurs.
Habituellement, c'est des écoles secondaires. Donc, les questions, c'est dans
les centres de services.
Mme Rizqy : Vous avez fait une loi.
La loi s'appelle 66. Elle a été adoptée et sanctionnée. Cette loi-là, vous mettez des projets prioritaires. Les deux écoles
de Saint-Laurent, notamment, sont prioritaires, l'école de Mont-Royal—Outremont est prioritaire, l'école de L'Île-des-Soeurs est prioritaire et l'école
Sainte-Geneviève est prioritaire. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi ce
sont seulement des écoles libérales, dans des comtés libéral, qui sont mises
sur pause?
Le
Président (M. Simard) : ...très bien. Je vous réitère toute l'importance
de s'adresser à la présidence, comme le veulent nos règlements. M. le
ministre.
M. Julien : Naturellement, on a
adopté, là, une loi pour l'accélération de certains projets d'infrastructure avec... avec plusieurs dizaines de projets, là, de
mémoire, 180 projets, qui visait justement à permettre à certains projets
d'être accélérés. Là-dessus, il y en a plus
d'une cinquantaine, là, qui ont effectivement bénéficié de mesures... de mesures
d'accélération pour favoriser leur réalisation. Maintenant, spécifiquement pour
les deux projets, je crois que mes collègues de la SQI ont certaines
informations. Si vous permettez, ils vont vous les donner.
Mme Rizqy : ...
M. Julien : Non?
Mme Rizqy : J'ai d'autres questions.
Le Président (M. Simard) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Mme Rizqy : Je veux avoir des
réponses.
Le Président (M. Simard) : Je
constate qu'il n'y a pas de consentement.
Mme Rizqy : Parce que je trouve ça
hautement problématique.
Le Président (M.
Simard) : Alors, Mme la députée, à vous la parole, chère collègue.
Mme Rizqy : Moi, là, je fais de la
politique. Je me lève en éducation pour plein d'enfants du Québec, mais, quand
je me lève pour Saint-Laurent, faites-moi confiance que je ne me lève pas à
moitié pour Saint-Laurent.
Alors, moi, le projet de loi n° 66, c'est
un gouvernement... qui a été déposé, où est-ce qu'on nous a dit : Il était
essentiel, voire vital de l'adopter pour lancer 180 projets. Une fois que
le projet loi est sanctionné, la personne qui est redevable, c'est le ministre
des Infrastructures. Là-dessus, là, moi, en date du... de septembre 2022, là,
j'ai à peine 7 % des projets qui sont
réalisés. Ça, c'est une chose, des projets réalisés, mais ce qui est
inacceptable, c'est de mettre sur pause des écoles qui sont attendues,
et j'ai même... j'ai même les plans architecturaux. On a présenté l'école. J'ai
plus de 100 000 habitants. On est passés, année après année, là, de
80 000, 90 000, 95 000... et on s'attend à avoir plus de
20 000... C'est ça, notre réalité.
Alors, moi, je veux savoir, là, pourquoi...
Qu'est-ce qui se passe pour mes écoles de Saint-Laurent? On a deux écoles qui sont promises, puis une de deux...
une de ces deux écoles, c'est un des quartiers où est-ce qu'il y a le plus
haut taux de densité de population dans tout le Québec.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : Bien, certainement, M.
le Président, mais, naturellement, ma collègue pose des questions, mais elle ne
veut pas, en réalité, qu'on donne du détail par rapport aux éléments.
Mme Rizqy : ...là.
Le
Président (M. Simard) : C'est ça. Alors, s'il vous plaît, nos échanges
vont bien. M. le ministre, je vous prie de poursuivre.
M. Julien : ...de nommées, il y en a
seulement deux qui sont dans la LACPI, là, dans la loi d'accélération.
Naturellement, il y a des enjeux très spécifiques, là, que le centre de
services... auxquels fait face... disponibilité de terrains, etc. Donc, naturellement, on peut faire un amalgame en
disant : Bien, voici... mais, si on les prend un à un... Les écoles
primaires, naturellement, c'est les centres de services. Les écoles
secondaires, oui, la SQI les suit, certains sont à l'intérieur de LACPI, puis
il y a des fiches de projets où le ministère de l'Éducation a des motifs pour
faire en sorte que ça va plus ou moins vite.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rizqy : Je parle de deux écoles
de Saint-Laurent. Non seulement les terrains, on les a, on a les plans
architecturaux. Tout était attaché. Là, elles sont mises sur pause, puis je
veux savoir pourquoi. Ne me donnez pas d'excuse de terrains. On les a.
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. M. le ministre.
M. Julien : Il faudrait vraiment que
ma collègue précise de quelles deux écoles parle-t-elle, avec leurs noms, des
écoles primaires, des écoles secondaires, parce que, pour l'instant, elle nomme
des choses qui sont imprécises.
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. Mme la députée.
Mme Rizqy : Alors, je ne sais pas
comment le nommer pour que le ministre l'entende correctement, c'est l'école
qu'on appelle Jules-Poitras parce qu'elle est sur le boulevard Jules-Poitras,
et l'école Marcel-Laurin sur le boulevard
Marcel-Laurin, et, dans la loi n° 66, il y en a une dans presque... C'est l'école n° 110, et l'autre, c'est l'école n° 108 du
projet de loi n° 66.
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Oui, bien, on va... Tu
sais, il y a des centaines de projets d'écoles, M. le Président. Donc, on me demande, en fin de compte, spécifiquement les deux
qui l'intéressent momentanément, mais il faut qu'elle me permette d'aller voir, là, la ligne 108, la
ligne 110, les motifs. Ces motifs-là, en fin de compte, ça va me faire
plaisir de les divulguer.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : M. le Président, la
question a été...
M. Julien : C'est deux écoles
primaires qu'on me dit.
Mme Rizqy : Oui, depuis tantôt, je
l'ai dit, ce sont deux écoles primaires, Jules-Poitras, Marcel-Laurin, et la
question était posée même dans les cahiers de crédits. Donc, moi je m'attends
que, si je pose une question dans les cahiers de crédits, bien, que la réponse, elle soit
disponible au moment où est-ce que j'ai un échange avec mon interlocuteur, alors, et il n'y a
pas, ici, d'amalgame. Je parle de mes... de deux écoles à Saint-Laurent, et on
en a besoin. Et, si un gouvernement
fait adopter une loi n° 66 et il dit à l'ensemble de la population :
Ce sont des projets prioritaires... Je ne lui parle pas des
180 projets d'écoles partout au Québec. Je lui parle de celles qui sont
mises dans une loi qui a été adoptée pour dire qu'on va les accélérer. Donc,
c'est tellement urgent de faire ces écoles-là qu'on les priorise sur toutes les
autres écoles du Québec. Alors, moi, je veux savoir est-ce qu'il y a un
problème parce qu'elles sont dans mon comté.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Julien : On
avance, M. le Président, puis on précise les choses, c'est deux écoles
primaires. Alors, après ça, il faut parler
aux gens qui sont responsables de chacun des dossiers. Alors, la SQI, qui
travaille avec moi, c'est sur les projets majeurs, 50 millions et
plus. Les écoles primaires sont en dessous de cette barre-là. C'est le
ministère de l'Éducation, avec les centres
de services... qui sont responsables de la réalisation... de la planification
et de la réalisation de ces écoles-là. Alors, ma collègue, si elle veut
obtenir réponse spécifiquement à des écoles primaires chez elle, doit questionner le responsable, le ministre de
l'Éducation, centres de services, et ils vont leur donner toutes les
informations nécessaires. Alors, je ne peux pas donner de l'information
que je ne possède pas et dont je ne suis pas responsable.
Le Président (M.
Simard) : Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Parce
que le ministre est d'accord que, lorsqu'on adopte la loi n° 66,
déposée par le ministre, le président du Conseil du trésor de l'époque, c'est
lui, par la suite, qui a la responsabilité de veiller au grain et de s'assurer
de ne pas l'échapper sur les projets de loi qui ont été mis... pardon, sur les
projets qui ont été mis dans cette loi-là,
66. Et, je rappelle aussi une chose, ne me dites pas qu'il y a des
sous-catégories. Une fois qu'un projet est inscrit dans la loi n° 66, c'est que c'est vous qui dites à la
population : On les priorise. Donc, c'est vous qui les mettez sous votre
responsabilité.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Julien : ...d'être
en désaccord, M. le Président, avec ma collègue. Alors, le projet de loi LACPI,
là, qui visait... qui vise toujours à
accélérer des projets, c'est 180 projets de pleine nature, où on vient
donner, en fin de compte, des
possibilités d'accélération à l'intérieur du processus. Alors, c'est
réglementaire, c'est des étapes, puis on dit : Vous avez cette
possibilité-là, mais je ne commencerai pas à aller voir tous les projets des
différents secteurs qui s'y classent sur
différentes mesures pour dire : Les avez-vous utilisés? C'est des
possibilités qu'on offre en termes d'efficience, et, après ça, les responsables
de la réalisation ont cette possibilité-là pour embarquer justement dans la
réalisation. Donc, il ne faut pas mêler les choses.
• (11 h 20) •
Mme Rizqy : ...mais
j'ai devant moi un ministre responsable des Infrastructures, et que, oui, son
rôle, c'est de s'assurer que, lorsqu'on met
de l'argent dans le PQI, qu'on sort des projets de certains ministères et qu'on
les met dans une loi n° 66 parce qu'on veut accélérer la mise en oeuvre de ces chantiers, bien,
qu'effectivement c'est à lui de veiller au grain, puis de s'assurer qu'on n'en échappe pas plus, puis que les
écoles lèvent de terre, parce que moi, en ce moment, je ne suis pas plus
avancée.
Et là, grosso modo,
si je résume mes deux blocs, là, on n'est pas responsables d'un projet qui est
de plusieurs milliards ici, pour le troisième
lien, puis on n'est pas responsable des écoles, même si tout ça a été adopté et
sanctionné dans la loi n° 66. Alors, moi, je
me pose, en ce moment, des questions, là. Au ministère des Infrastructures, on
est responsables, à ce moment-ci, de quoi
exactement? Parce que vous me dites, en d'autres mots, que, sur les
180 projets, là... Là-dedans, est-ce qu'il y a un auquel vous êtes
responsable? Est-ce qu'il y a un là-dedans que vous allez faire des suivis?
Parce que, si on est à seulement 7 % de réalisation, vous conviendrez avec
moi, là, la moyenne au bâton n'est pas très forte pour un projet de loi qui
était supposément ultra important.
Le Président
(M. Simard) : Merci. Nous poursuivons nos échanges. Je cède
maintenant la parole au député de Rousseau, qui dispose de
9 min 45 s.
M. Thouin :
Merci, M. le Président. Tout d'abord, vous voulez compléter la réponse, là,
M. le ministre?
M. Julien : Bien oui, certainement,
parce que, tu sais, c'est toujours plate d'avoir une question sans avoir le
temps de répondre. Merci, cher collègue, de m'y permettre.
Alors, il y a une loi
qui vise à accélérer en mettant en place des mécanismes d'accélération de
projets de toute nature, M. le Président.
Alors, je ne commencerai pas, après ça, à venir m'immiscer dans des travaux
routiers, dans des travaux d'infrastructures routières, dans des travaux
par rapport à des édifices de santé, d'éducation, mais ce que je vais
m'assurer, par exemple, c'est que ce qu'on a prévu à l'intérieur de ladite loi
comme allègement, si elle est utilisée, elle
est utilisée de manière adéquate. Alors, oui, on met de l'allègement pour
accélérer des projets, et, si on utilise ces allègements-là, on doit le faire
conformément à la loi, mais, malheureusement ou heureusement, ça serait intenable,
je ne suis pas responsable, comme ministre responsable des Infrastructures, de
la réalisation de toutes les infrastructures au Québec.
Le Président
(M. Simard) : Député de Rousseau.
M. Thouin : Merci, M. le
Président. Donc, d'abord, peut-être au bénéfice de ces milliers de Québécois, probablement, qui nous écoutent actuellement à la
maison, bien, je pense qu'ils ont le goût d'entendre parler d'éducation,
d'éducation supérieure, de logement
abordable, de santé et services sociaux. Vous savez, le ministre des
Infrastructures, M. le Président, ce n'est pas le ministre d'un seul projet.
C'est le ministre responsable de plusieurs centaines de projets. Le
Québec est grand, et j'ai envie qu'on parle du PQI dans son ensemble.
Donc, en mars
2023, le gouvernement a déposé le PQI 2023-2033, présentant des
investissements de 150 milliards sur
10 ans. Il faut se rappeler que le PQI 2023-2033 s'établit à
7,5 milliards de plus par rapport à l'année précédente et à 49,6 milliards de plus depuis notre arrivée
en poste en 2018. C'est énorme, passer de 100 milliards à
150 milliards. Donc, évidemment,
ma réponse... ma question pour le ministre : C'est quoi, les priorités
d'investissement du gouvernement dans ce PQI là si important?
M. Julien : Oui,
merci pour la question. Puis on va parler, en fin de compte, M. le Président,
du PQI proprement dit, là. On a entamé un peu notre discussion, là,
déjà, mais c'est bien qu'on y arrive.
150 milliards, M. le Président, comme
mentionnait mon collègue, on est passés de 142,5 à 150 milliards, mais on est surtout passés d'une centaine de
milliards à 150 milliards, sur 2018-2023, en PQI, parce qu'on est obligés
de le faire, M. le Président, si on veut être responsables dans les investissements
en infrastructures. Le gouvernement précédent...
puis, à titre d'exemple, en éducation, le PQI, là, 2018, c'était
9 milliards sur 10 ans. 9 milliards sur 10 ans. Aujourd'hui, on se surprend qu'on a des bâtiments
avec des niveaux de désuétude élevés. On est passés de 9 milliards,
M. le Président, à 22,2 milliards
d'investissements prévus à l'intérieur du réseau de l'éducation, 9 à 22,2. Sur
le 22,2, il y a 14 milliards...
plus de 14 milliards qui sont pour le maintien d'actifs justement pour rattraper,
rattraper les sous-investissements, qui a fait en sorte que certains
bâtiments du réseau sont en déficience d'entretien.
Alors, oui, on agit de manière responsable. Et,
quand on regarde, là, en santé, sur la période 2023-2033, c'est
24,1 milliards qu'on va investir, en éducation, 22,2 milliards, en
enseignement supérieur, 7,7 milliards, mais, quand on regarde l'ensemble
des enveloppes qu'on a décidé, comme gouvernement, d'investir en
infrastructures... parce qu'on a une responsabilité. On a une responsabilité de
doter le Québec d'infrastructures modernes, efficaces, et on doit y mettre les sommes requises, ce qui n'a
malheureusement pas été fait pendant plusieurs années. Certains diront qu'on
n'a pas rétabli tout, mais on met les bouchées doubles, les bouchées triples,
même, en éducation, pour y arriver, et on compte bien y arriver.
M. Thouin : C'est toujours ça.
Merci. Peut-être, M. le Président, j'aimerais ça entendre aussi parler de
logements abordables. On sait que c'est préoccupant, là, pour les Québécois.
Parlez-nous un petit peu de ce qui est prévu dans le PQI, dans le prochain...
dans le nouveau PQI, en fait, s'il vous plaît.
M. Julien : On a investi des sommes,
encore là, majeures, de mémoire, 650 millions en logement abordable, et également, avec ma collègue responsable de
l'Habitation, on a plusieurs programmes, avec les Finances également, pour
compléter l'AccèsLogis. L'enjeu qu'on a devant nous, M. le Président,
c'est... On met beaucoup de sommes, mais on doit trouver les moyens,
avec les partenaires, d'augmenter l'efficience de livraison des logements
abordables et des logements sociaux, parce que, oui, on doit injecter de
l'argent, mais on doit travailler en partenariat, puis on a des concepts, avec Desjardins, avec la FTQ, pour être
en mesure d'en faire le plus possible avec les sommes qu'on investit.
La création, en fin de compte, d'un ministre
responsable des Infrastructures vise ça également. C'est-à-dire qu'en temps de surchauffe, puis on voit qu'il y a
une surchauffe dans les infrastructures, si on veut bien arbitrer tout ce
qui se fait en infrastructures pour être en
mesure d'obtenir le coût le plus bas dans nos investissements, il faut
connaître ce que chacun des secteurs fait dans différentes régions.
À titre d'exemple, si je m'en vais dans une
région, un, où je veux bâtir trois écoles, en même temps que je bâtis un
hôpital, puis je veux faire 500 logements sociaux, plus trois autoroutes,
la région va être submergée, en fin de
compte, de projets, l'offre ne sera pas à la mesure et les coûts vont gonfler.
Donc, on doit être en mesure d'arbitrer et de séquencer nos investissements
pour obtenir le plus, pour les investissements qu'on va faire, d'effet, le plus
d'efficience.
Donc, au
total, là, c'est un montant de 1 004 000 000 $ qui vont
être investis en logements sociaux et communautaires.
On parle de 5 290 unités. Donc, oui, on est à la tâche, oui, on en
fait plus que jamais, puis, oui, les défis sont grands, puis je vais
supporter ma collègue responsable de l'Habitation dans le défi.
M. Thouin : Merci, M. le ministre.
Je peux continuer, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Mallette) :
Oui,
encore un peu moins de trois minutes.
M.
Thouin : Merci, merci, c'est gentil. Peut-être aussi... Donc,
je comprends qu'évidemment il y a plusieurs... Je comprends que le rôle du ministère... du ministre responsable des
Infrastructures, ça va être un rôle de tour de contrôle pour s'assurer
que tous les travaux sont faits de façon la plus efficiente possible. Je vais y
revenir dans mon prochain bloc pour parler
un petit peu plus, là, d'efficience et de comment bien ou comment mieux faire
les choses pour l'avenir, mais on en a parlé un petit peu d'écoles
tantôt. Je reviendrais un peu sur les écoles. Quand la CAQ est arrivée au
pouvoir en 2018, Mme la Présidente, on avait un grand rattrapage à faire au
niveau des écoles au Québec. On le sait tous.
Mme la Présidente, savez-vous combien il y avait d'écoles secondaires qui
étaient inscrites au PQI du Parti libéral quand on
est arrivés? Aucune, Mme la Présidente, aucune. Or, au cours des dernières
années, le Québec a connu une augmentation importante de sa clientèle scolaire
partout sur le territoire.
Face à l'accroissement des besoins de
places-élèves dans les écoles secondaires de plusieurs régions du Québec d'ici
2025, le ministère de l'Éducation a déposé un mémoire au printemps 2019
pour la construction de 15 écoles secondaires. Ces projets ont été
regroupés dans un programme, et c'est la SQI qui a été identifiée comme
gestionnaire du projet. Évidemment, ces écoles veulent offrir... visent à
offrir un environnement sain, sécuritaire, stimulant, adapté aux besoins des
étudiants, proposent des lieux de collaboration propices à la socialisation,
aux échanges, aux espaces pédagogiques flexibles, évolutifs, puis des espaces
où la végétation est mise en valeur. Il y a une
signature architecturale particulière qui est prévue, et on va s'assurer
d'intégrer des matériaux québécois comme le bois, l'aluminium, etc., mais ma
question pour le ministre des Infrastructures, c'est au niveau de la façon de
faire, et peut-être aussi pour la SQI, là. C'est quoi, l'avantage d'avoir un
programme pour la réalisation de plusieurs bâtiments?
• (11 h 30) •
M. Julien : ...c'est sûr que le
regroupement, là, de plusieurs projets dans un seul programme, là, permet justement une meilleure coordination à tous les
niveaux, la conception... au niveau des... conception des plans et devis,
la discussion avec les parties prenantes, la construction elle-même, la
réalisation, qui permet justement de bénéficier d'une manière plus maximale...
je dirais, d'optimiser la capacité de réalisation puis d'avoir un mode de
réalisation, justement, où on a un programme qui regroupe plusieurs
infrastructures, où il y a un apprentissage. C'est comme une économie d'échelle qui permet d'être plus
efficient dans la réalisation. Donc, c'est cette approche-là qu'on doit prôner.
Elle ne s'applique pas dans tous les projets, mais, dans certains projets
similaires, qui peuvent être complémentaires, on doit justement essayer, autant
que faire se peut, de bâtir sur des programmes comme ça qui vont amener plus
d'efficience dans la réalisation. Je le dis toujours, là, si je suis capable
d'en faire plus avec 1 $, c'est ce que je dois chercher, augmenter l'efficience. On a 150 milliards devant nous,
si j'augmente l'efficience de 10 %, bien, je fais 10 % plus de
projets.
Le Président (M. Simard) :
Très
bien. Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à la députée de
Saint-Laurent, qui dispose d'un peu plus de 18 minutes.
Mme Rizqy : Bien, merci beaucoup, M.
le Président. Récemment, le premier ministre a confié un nouveau mandat au
ministre responsable des Infrastructures, le mandat est le suivant :
d'évaluer exactement ce que ça veut dire,
les fameuses cotes pour les écoles, de revoir la façon de mesurer la vétusté
des écoles. Pouvez-vous nous parler de votre nouveau mandat?
M. Julien : Avec plaisir. Ça va
prendre un peu de temps. Vous verrez jusqu'où vous me laisserez aller.
Le Président (M. Simard) : C'est
terminé.
M. Julien : C'est terminé? Alors, on
a développé un mandat, là, sur quatre éléments principaux. Je vais les nommer,
puis, après ça, on verra si vous voulez aller plus loin dans... On a le premier
volet, qui est... qui est réalisé par la SQI, là, qui vise, justement, à faire
un audit sur la conformité de l'application des processus d'inspection, qui est uniformisé à l'intérieur des infrastructures
scolaires, qui, actuellement, est appliqué par les centres de services
scolaires. Alors, on a un échantillon. Ils sont déjà sur le terrain pour
aller voir à l'aveugle, c'est-à-dire, ce n'est pas par-dessus l'épaule, c'est à l'aveugle, des évaluations
indépendantes pour venir voir est-ce que le résultat qu'on obtient actuellement
est bien celui, en fin de compte, qu'on obtient sur une deuxième évaluation.
Puis, à la lumière de ça, on verra s'il y a des distorsions. On ne le souhaite
pas.
Le deuxième volet, c'est réviser, là, la
méthodologie qui est sous-jacente à l'évaluation de l'indice d'état des infrastructures pour les écoles d'ici
l'automne 2023. Encore là, M. le Président, on a un guide, on a des
cotes a, b, c, d, e. Si le guide est bien appliqué, on obtient
effectivement des catégorisations d'immeubles, a, b, c, d, e. Nous, ce qu'on
veut faire, ce n'est pas de mettre en doute cet a, b, c, d, e là, mais on veut
trouver... s'assurer que les investissements qui
sont faits à l'intérieur du PQI, pour le maintien des actifs, vont sur les
éléments les plus pertinents et les plus utiles. À titre d'exemple, pour
coter une école, si on dit : Le stationnement est à refaire, puis il vaut
5 millions, 5 millions du stationnement sur la valeur de remplacement
qui est de 100 millions, j'ai 5 % de désuétude.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Julien : On ne pense pas que le
stationnement est pertinent.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy : Merci. Juste pour être
certaine, là, vous, présentement, est-ce que vous connaissez le cadre qui
existe, là? Est-ce que vous en avez pris connaissance?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : Bien, j'ai pris assez
connaissance du cadre qui existe.
Mme Rizqy : OK.
Donc, vous êtes au courant, déjà, que la procédure est déjà uniformisée,
standardisée. Est-ce que vous êtes au courant que c'est le gouvernement
qui a créé un cadre de gestion qui a donné naissance à un guide, et ce guide-là
a été approuvé par le ministère, et ça s'appelle le processus d'inspection
uniformisée, et que, je regarde la date, la plus récente version, c'est de
2022? Donc, vous êtes au courant, présentement, comment sont établies les cotes
actuellement, là.
M. Julien : M.
le Président, non seulement je suis au courant, mais je suis un ancien, moi, je
suis un ancien de la SQI. Je connais bien
ces concepts-là. Et on ne dit pas que le guide et le guide d'application ne
sont pas adéquats. Actuellement, ils sont appliqués par 72 centres
de services distincts. On veut s'assurer que l'application qui en est faite est
conforme à ce qui est prescrit. Alors, il me semble, c'est clair, c'est le
premier volet de notre mandat.
Mme Rizqy : Où,
ça, dans le processus d'inspection uniformisée, on parle que la cote, si, par
exemple, le stationnement vaut 5 millions sur un projet de 100 millions,
ça donne 5 %? Parce ce que je l'ai devant moi, mais je ne le trouve pas.
Je n'ai pas vu ça, moi.
M. Julien : Alors, le calcul puis, après ça, si vous avez
besoin encore d'aller plus loin... mais le calcul est assez simple, hein? C'est... au numérateur, on doit
inscrire tous les investissements qui sont prévus dans les cinq prochaines années.
Et, au dénominateur, on doit considérer la valeur de remplacement du bâtiment,
du bâtiment. Donc, j'ai une école, valeur de
remplacement, je dis un chiffre rond pour qu'on puisse voir ensemble, valeur de
remplacement 100 millions, c'est-à-dire qu'est-ce qu'il nous en
coûterait, refaire l'école, et, au numérateur, en réalité, on évalue tous les
éléments qui doivent, d'ici les cinq prochaines années, être investi dans le
maintien du parc, dont le stationnement. Et, par exemple, alors si on regarde
tout ce qu'il y a à faire, salle mécanique, salle électrique, toiture,
stationnement, filage, puis, si on regarde
dans les cinq prochaines années, selon l'évaluation du guide, ça donne
42 millions. Alors, mon numérateur, 42 millions, dénominateur,
100 millions, valeur de remplacement, indice à 42 %, 42 %, c'est
E, très mauvais. Aussitôt que je dépasse 30 %, c'est E, très mauvais.
Donc, de zéro à 5, c'est A; de cinq à 10, c'est B; de 10 à 15, c'est C; de 15 à 30, c'est D; puis plus de 30,
c'est E. Désolé, M. le Président, mais si... on me demande des explications.
Je terminerai en
disant : Nous autres, on s'interroge. Une fois qu'on a dit : On va
aller voir comment qu'elle est appliquée, le deuxième volet de notre mandat,
c'est de dire : Moi, là, qu'est-ce... Quand ça a un impact sur l'intégrité
structurale du bâtiment, j'y attache beaucoup d'importance. S'il y avait des
enjeux d'investissement, dans les cinq prochaines années, admettons, dans
quatre ans, on disait : Heille! si on ne faisait pas ça...
Le Président (M.
Simard) : Très bien...
M. Julien : ...il
y aurait un enjeu de santé, sécurité...
Le Président (M.
Simard) : ...très bien.
M. Julien :
Alors, on veut venir voir quels sont les éléments qui sont le plus pertinent,
dans le deuxième volet, sur le volet
éducation pour s'assurer qu'on investisse nos sommes de manière prioritaire sur
ces volets-là. Je ne dis pas que ce n'est pas le fun, avoir un beau
stationnement, mais, à choisir, on voudrait focaliser nos investissements sur
les éléments les plus pertinents dans la vocation éducative.
Le Président (M.
Simard) : D'accord. Mme la députée.
Mme Rizqy : Je
connais l'attachement que vous avez pour le stationnement maintenant, mais
c'est juste... ce que je regarde ici, là,
dans le document que j'ai de travail, l'auditeur doit faire... il doit cocher
notamment zéro, deux ans, trois, cinq
ans ou six, sept à 10 ans, donc, quand est-ce qu'on doit le remplacer.
Juste pour les parents qui nous écoutent puis les équipes-écoles, là,
vous savez que, dès maintenant, on priorise aussi pour tout ce qui est
infrastructures. Donc, si, par exemple, un
plafond tombe, c'est ultraprioritaire, là, dès maintenant, depuis que... Le
deuxième volet auquel vous faites référence sur la façon de prioriser,
vous savez que ce document de travail a été réalisé par vos équipes, là, pour
la priorisation des travaux.
M. Julien : Alors,
M. le Président, bien, je vais réitérer, puis je vais encore prendre du temps,
parce que force est de constater que
mon explication n'a pas été adéquate. On
vient catégoriser les travaux
qui sont à faire 0-2 ans,
2-5 ans, 5-10 ans. Pour le calcul, en fin de compte, sur la valeur de
remplacement, on prend les deux premiers volets, 0-2 ans, 2-5 ans.
Naturellement, dans ces volets-là, je pourrais avoir : Je dois refaire le
stationnement d'ici cinq ans. II rentre dans mon numérateur. Alors, je dis
juste : C'est le fun, le stationnement, mais peut-être qu'on doit
focaliser notre attention sur les éléments les plus pertinents. Puis il y a des
catégorisations, alors, il y a différentes catégories d'investissement. Et je
réitère qu'on est mieux de travailler sur l'intégrité structurale du bâtiment,
sur des enjeux qu'on pourrait dire : Heille! si je ne remplace pas ma
salle mécanique... ma salle électrique, bien, d'ici quatre ans, je n'aurai
peut-être pas de chauffage, de confort, plus que sur d'autres aspects qui
peuvent être énergivores en coût, nécessaires, probablement. Mais, si je veux
investir de la manière la plus efficiente pour corriger et pour assurer la
mission éducative, je veux prioriser sur les aspects les plus importants.
Le Président (M.
Simard) : Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Moi, ce que vous me
dites, ça semble vraiment plein de logique, pour vrai. Alors, pourquoi ça n'a
pas été fait par votre gouvernement au moment où vous avez établi
l'infrastructure scolaire, le cadre de gestion?
Le Président (M. Simard) : Alors, M.
le ministre.
M. Julien : Alors, effectivement, il
n'y avait pas d'inspection, là, avant qu'on arrive.
Mme Rizqy : Non, il y en avait.
M. Julien : Alors, c'est... Faites
attention. Il n'y avait pas d'inspection structurée, certainement pas. Alors,
on a développé un guide, un guide d'application, avec une méthodologie qui est
robuste. On a un système après ça qui est très performant, qui s'appelle
Maximo, qui permet de compiler ces données-là. Depuis deux ans... depuis deux
ans, on compile ces données-là, et maintenant on observe que les données qu'on
a, le brut qu'on a, là, on va les vérifier, on fait des projets, en fin de
compte, des échantillonnages à l'aveugle pour s'assurer qu'il n'y a pas de
biais. On espère que ça va être conforme. On a plein de données brutes qui sont
pertinentes si elles sont bonnes. C'est le premier volet. On va aller valider
qu'elles sont bonnes. Pour l'instant, on n'a pas de doute, mais on va aller le
voir.
Une fois qu'on s'est dit ça, toutes ces données
brutes qu'on a là, dans Maximo, qui a le système qui est compilé par chacun des
centres de services, là, on veut aller y sortir la substantifique moelle. C'est
quoi, les éléments là-dedans, puisqu'on a le portrait sur lequel on doit
focaliser notre attention pour s'assurer, en fin de compte, qu'on va investir
dans les bons éléments.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Simard) : ...collègue,
Mme la députée.
Mme Rizqy : Moi, ma question, là,
était très honnête, là, j'ai dit que ce qu'il me disait semblait plein de bon
sens, effectivement, il faut mettre l'emphase sur les priorités les plus
urgentes. Moi, je veux savoir... Il y a eu un guide qui a été préparé pour
l'ensemble des centres de services scolaires — il est d'accord avec moi, il
hoche de la tête — il
date de 2022. Mais pourquoi que ce guide-là ne tient pas compte de la sagesse à
laquelle vous faites référence ce matin?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : On a, de mémoire,
3 000... combien? 4 107 écoles qui doivent passer dans ce
guide-là. De mémoire, là, puis je ne veux
pas dire... on va me corriger, 92 % ont déjà été... 92 % ont déjà été
appliquées, sur deux ans. Je veux dire, les gens, là, ils prennent ça en grande
charge, M. le Président. Ce qu'elle me dit, ma collègue, c'est, pendant
qu'ils sont en train de compiler, puis avec un guide, là, il aurait fallu en
plus qu'on vienne dire... a priori même de qu'est-ce
qui va être entré dans le système Maximo, parce qu'il y en a encore 8 % à
faire, là, qu'on prenne des décisions. Mais là on a les données puis on
dit : Heille! avec ces données-là, je pense qu'on doit... puisqu'on a
quand même 14,2 milliards, sur 10 ans, en maintien d'actif
dans le réseau, on va le mettre aux endroits qui sont les plus pertinents. Mais ce n'est pas comme si ça faisait 15 ans
qu'on faisait ça, puis coudon, vous vous réveillez. Ça fait deux ans qu'on
compile, alors... Je sais qu'on ne va pas vite, comparativement à eux, on va
très vite.
Le Président (M. Simard) : Alors,
Mme la députée.
Mme
Rizqy : Vous allez pas mal à reculons, je vous dirais,
sincèrement. Alors, moi, là-dessus, là, sincèrement, là, je ne comprends pas, parce que je vous dis que vous êtes...
Vous me dites, en fait, c'est vous, que vous n'êtes pas satisfait des résultats. Vous me dites que vous devez
revoir, basé sur deux principes, le premier volet. Vous dites qu'au fond... Vous pensez qu'il y a des gens dans le réseau qui
appliquent ça puis qui pèsent sur le crayon. C'est ce qui a été sous-entendu
par le premier ministre, puis qu'à ce moment-là il faut revoir... C'est pour ça
que vous envoyez des vérifications à l'aveugle. Ça, c'est le premier
volet.
Deuxième volet, vous dites : Moi, le
chiffrier, peut-être qu'il n'est pas assez bon, parce qu'on met peut-être trop
d'emphase sur le stationnement, puis que c'est bien beau le stationnement, mais
ce n'est pas une priorité, parce que moi, je veux m'attarder à tout ce qui est
structurel, ce qui est... ce qui pourrait mettre en péril... Je ne vous cite pas au mot, ici, je fais vraiment de la
vulgarisation de vos propos. Vous me dites, à ce moment-là : Il faut
vraiment revoir la façon qu'on
priorise pour mettre l'emphase sur ce qu'il y a de plus éminent, peut-être,
comme danger, par exemple de structure. Ça, je vous dis : Parfait.
Mais pourquoi que ça, ça n'a pas été ajouté dès le départ dans votre chiffrier?
Le Président (M. Simard) : Merci...
Mme
Rizqy : Parce que moi, ma compréhension, en fait, du
chiffrier, c'est qu'en quelque part, ici, ce l'est déjà. Quand on regarde 0‑2 ans, 3-5 ans,
6-10 ans, il me semble qu'à ce moment-là l'auditeur, le stationnement, là,
on s'entend que, s'il y a des
craques, moi, je suis d'accord avec vous, là, il peut y avoir peut-être des
blessures, évidemment, mais la personne qui est en train de regarder ça,
c'est un spécialiste.
Alors, j'ai aussi une
autre question : Vous dites qu'il va y avoir quelqu'un de chez vous qui va
aller faire les inspections à l'aveugle; c'est qui cette personne, c'est quoi,
ses compétences?
Le Président (M. Simard) : Alors,
toujours en s'adressant à la présidence. M. le ministre.
M. Julien : Bien, c'est bien, parce
qu'on a quand même des discussions assez élaborées, c'est intéressant. Effectivement, le système permet actuellement de
compiler 0-2 ans, 2-5 ans, 5-10 ans, c'est pour donner une
perspective, en réalité, sur tous les éléments, ce qu'on doit faire
comme travaux. Mais, après ça, il y a des cotes de 1 à 5 qui sont : c'est
quoi, la nature des travaux, est-ce que ça vient toucher, par exemple,
l'esthétique, 1; le confort, 2; la qualité des services, 3; l'intégrité du bâtiment et des services; 4; puis la santé
et sécurité, 5? Alors, vous comprenez que 5 est plus important que 1.
Dans le système, on a ces données-là. Actuellement, on veut s'assurer que les
données au système sont adéquates. Donc, on
va faire un échantillonnage à l'aveugle pour se faire confirmer ça. Si ce n'est
pas le cas, on va apporter des ajustements avec le rapport qu'on
obtiendra.
Deuxième élément, on vient dire : On veut
s'assurer que les centres de services focalisent leur attention sur les 4 et 5,
sur les éléments les plus importants. Parce que c'est vrai que, si mon
stationnement à lui seul me donne un taux de désuétude qui m'amène en E, mais,
quand je le retire, je me retrouve en B, peut-être que ce n'est pas l'école sur
laquelle je dois intervenir prioritairement, tandis que peut-être une autre
école est en D, mais c'est... Tous les investissements sont importants. Alors,
encore là, si on veut bien prioriser...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M.
Julien : ...il faut venir... il faut venir identifier les
éléments, dans chacune des écoles, qui sont les plus à risque.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme
Rizqy : Est-ce que vous partagez la même opinion que votre
collègue le ministre de l'Éducation que, quand vous vous promenez dans
les écoles... Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de vous promener dans
les écoles, mais, d'après moi, oui. Vous êtes sûrement allé faire un tour dans
les écoles de votre comté, j'imagine. Vous, à vue de nez, est-ce que vous avez
reçu... Est-ce que vous vous êtes enquéri de la situation? Est-ce que vous avez
demandé un appel à tous? Parce que moi, j'ai fait un appel à tous, puis
regardez, là, c'est ça, nos écoles, donc...
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Rizqy : Mais je pense que c'est
graphique, là.
Le Président (M. Simard) : Non, ce
n'est pas graphique, c'est une photo.
Mme Rizqy : Oui, mais c'est une
photo...
Le
Président (M. Simard) : Je m'excuse, ce n'est pas un tableau, c'est une
photo. Vous avez assez d'expérience et de vision pour ça. Veuillez
poursuivre, s'il vous plaît.
Mme
Rizqy : Bien, dans ce cas, est-ce que... voulez-vous que
je les dépose? Parce qu'il me semble que le ministre qui est appelé...
M. Julien : ...
Le Président (M. Simard) : Bon, s'il
vous plaît, à l'ordre!
Mme
Rizqy : Bien, vous pouvez nous partager la blague. Moi, ça
ne me dérange pas. On est toujours prêt à les entendre, les bonnes
blagues.
M. Julien : ...
Le Président (M. Simard) : Alors, chère
collègue, souhaitiez-vous poursuivre?
Mme Rizqy : Bien, partagez votre
blague, ça semblait tellement drôle. Moi, j'ai des photos de moisissures, j'ai
des photos de murs d'amiante. Donc, moi, honnêtement, c'est une affaire que je
ne comprends pas. Vous avez... J'ai demandé à plusieurs reprises à votre
collègue : Avez-vous un début de commencement de preuve pour faire une
affirmation aussi importante, à savoir que les centres de services scolaires
auraient gonflé les chiffres pour obtenir du financement
et ainsi partir avec votre inspection à l'aveugle, là? Vous, est-ce que vous
avez eu un début de commencement de
preuve ou est-ce que vous avez fait, au moins, la démarche de demander,
peut-être, aux gens qui sont dans nos écoles des photos pour voir qu'est-ce qui
en est? Est-ce que vous avez visité dernièrement des écoles, pas juste dans
votre comté, mais à l'extérieur du Québec, celles qui sont cotées E?
Le Président (M.
Simard) : Alors, merci, chère collègue. M. le ministre.
M. Julien : Oui. M. le Président. On
a 4 100 écoles qui sont dans des niveaux qui peuvent varier d'un
niveau à l'autre. Et les images présentées par ma collègue, j'espère qu'elles
ne sont pas représentatives du parc. Je ne le crois pas, bien honnêtement. Maintenant,
on fait une approche structurée, je ne voudrais pas me faire reprocher de faire
une approche structurée où on va faire, en fin de compte... puis est-ce que...
si j'avais eu le temps de répondre aux
questions. La SQI mandate un évaluateur externe indépendant, spécialisé pour
faire les évaluations à l'aveugle, pour avoir le portrait, en fin de compte, d'un tiers indépendant totalement,
qui n'est pas propriétaire, locataire du bâtiment. On va voir les
résultats qui sortiront.
Deuxièmement, ma collègue, quand on a investi
14,4 milliards dans les 10 prochaines années seulement pour le
maintien des actifs du réseau scolaire, alors que, sous son gouvernement,
c'était 9 milliards pour la bonification et le maintien, alors, on prend les bouchées doubles. On veut y aller de
manière structurée puis on va faire ça dans l'ordre.
Le Président (M. Simard) : Mme la
députée.
Mme Rizqy : Vous faites des annonces
à coups de milliards, mais vous ne livrez pas la marchandise, là. Moi, deux
écoles sont annoncées, sont quantifiées puis sont mises sur pause. L'école à
l'Île-des-Soeurs, vous l'avez annoncée plus
que quatre fois. Ça, c'est une autre école qui a été annoncée où est-ce que
même le ministre de l'époque en Éducation s'est présenté sur place. Il
regardait les parents droit dans les yeux, il a dit : L'argent est là.
Inquiétez-vous pas, elle s'en vient, votre
troisième école. La vice-première ministre aussi est allée sur place puis elle
a dit : Oui, oui, ça s'en vient. Elle n'a pas été là. Donc, oui, il y a
des annonces, il y a de l'argent qui est annoncé, mais moi, je ne
comprends pas, elles ne sont pas livrées. Puis là, maintenant, vous me dites
4 400 écoles. Je ne sais pas, mais moi, là, j'ai 2 307 écoles préscolaires et primaires, 468 écoles
secondaires, 279 centres de formation professionnelle et d'éducation
des adultes. Ça donne
3 054 établissements scolaires où est-ce qu'il y a des enfants, ou
des jeunes adultes, ou des adultes, tout simplement, en éducation
d'adultes.
Moi, je veux savoir, là, puis je vais vous la
répéter plus simplement, de deux choses l'une, vous, avez-vous un début de commencement de preuve qu'il y aurait
des centres de services scolaires qui auraient pesé plus fort sur le crayon?
Parce que c'est ça qui a été sous-entendu par le premier ministre, que ça a été
exagéré pour avoir des sommes d'argent, chose qui est grave. Puis vous
le savez que c'est grave de faire ça, c'est vrai, mais, pour faire une telle
affirmation, il faut avoir un début de commencement de preuve, à tout le moins.
Vous avez été vérificateur, là...
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Mme Rizqy : ...vous savez à quoi je
fais référence. Deuxième chose...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
Mme Rizqy : Non, mais j'ai dit deux
choses l'une, là.
Le Président (M. Simard) : Non, mais
il vous reste trois secondes.
Mme Rizqy : Le deuxième, si vous
n'avez pas de preuve, est-ce que vous allez chercher de la preuve?
Le
Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, nous allons poursuivre maintenant avec le député de Taschereau,
qui dispose d'environ 12 minutes.
• (11 h 50) •
M.
Grandmont : Merci, M. le Président. M. le ministre connaît
bien les projets d'infrastructure. Évidemment, par ses fonctions actuelles et
passées, il joue depuis longtemps là-dedans, il sait très bien que, pour un bon
projet bien réalisé, ça se fait en
étapes, des étapes qui existent, qui sont normées, ça se trouve facilement sur
le site du gouvernement : études
des besoins, études d'opportunité, planification, réalisation et clôture du
projet. Il y a eu 8 000 pages de projets d'études qui ont été
déposés sur le site du Réseau express de la Capitale.
Le Devoir a fait... a demandé à des
experts en projets d'infrastructure de regarder l'ensemble de ce qui avait été déposé, et il n'y a pas, là-dedans, un début
de semblant d'études d'opportunité. On n'a jamais eu d'études des besoins,
par ailleurs, non plus. Ça fait... Le bureau de projet a été mis sur pied en
2017 sous les libéraux, il y a, au moins, 60 millions de dollars qui
a été déposé... qui a été dépensé par ce bureau de projet là, sur les 325 qui
sont à sa disposition. Le ministre parle
beaucoup d'efficience. L'efficience, c'est la recherche d'une... c'est la
capacité de rendement d'un projet, c'est la capacité de rendement d'une
politique. C'est ça, l'efficience. Ça fait que, est-ce que le ministre trouve qu'un bureau de projet qui travaille depuis
2017, qui a dépensé 60 millions de dollars, puis il n'y a pas l'ombre
du début de commencement d'une étude d'opportunité, c'est de l'efficience?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Encore là, M. le
Président, je n'ai pas tout le détail, en fin de compte, à l'intérieur des
ministères spécifiques, MTQ, Santé,
Éducation. Tu sais, je veux dire, juste pour figurer, si mon collègue ministre
de la Santé travaille à un projet majeur, qui est
l'hôpital ici, dans la région de Québec, bien, tu sais, nous autres, on suit,
avec le Conseil du trésor, s'il y a des
éléments qui s'en écartent, mais, après ça il y a des étapes à suivre,
effectivement, qui doivent être déposées, et là c'est le travail de
chacun des ministères de franchir chacune de...
Pour ce qui est, en réalité, du troisième lien,
il y a eu au-dessus de 58 millions, là, d'investissements dans les études, et le dossier devait passer aux dossiers
d'affaires éventuellement, et, à la lumière même des résultats des études, bien,
la décision a été prise, celle de la semaine dernière. Mais, après ça, je ne
peux pas répondre à mon collègue qu'est-ce qu'il y a derrière les éléments, là,
propres au MTQ.
M. Grandmont : ...des questions, parce que le ministre est
responsable des Infrastructures, c'est lui qui sert à... c'est lui qui a
pour mandat de garder un regard général, un peu macro, là, on comprend, là, sur
les différents projets qu'on a au Québec.
C'est lui qui fait les arbitrages. C'est lui qui essaie d'aller chercher le
maximum d'efficience, tirer le maximum du marché aussi pour avoir le
plus de retombées positives pour le Québec. Comment il arrive à faire son
arbitrage convenablement, comme ministre responsable des Infrastructures, si
les projets, en arrière, sont montés tout croche?
M.
Julien : Mais, je veux dire, mon collègue, mon collègue de
Taschereau... Il faut juste bien situer le rôle de chacun. Éventuellement, si je prends l'exemple du
tramway, le dossier d'opportunité... dossier d'affaires, éventuellement,
au dépôt du dossier d'affaires, qui est supporté par des analyses probantes,
bien là, le dossier d'affaires est épluché, et la décision est prise sur le
caractère adéquat de tout ce qui y est inscrit. C'est la même chose pour le
dossier de troisième lien.
Donc, on a, en réalité, dans un processus, des
moments de contrôle où éventuellement on se rend à la réalisation puis à la
clôture. Mais, a priori de la réalisation, dossier d'affaires, dans tous les
cas, dossier d'opportunité assez fréquente, mais, si on prend l'exemple du
tramway, il n'y en a pas, je pense, hein, le tramway?
Des voix : ...
M. Julien : Alors, dans le dossier
du tramway, pour prendre celui-là, mon cher collègue, il n'y a pas de dossier
d'opportunité, il y aura un dossier d'affaires. Donc, il y a éventuellement,
pour prise de décision, quelque chose qui
est développé, qui est robuste, qui est probant, qui permet au gouvernement de
prendre une décision. Alors, a priori, ces éléments-là, qui sont des
haies à franchir de contrôle et d'information pertinente, mais vous me demandez
de spéculer. Mais il va finir... les projets
vont finir par arriver à ces haies de contrôle là. Chemin faisant,
permettez-moi, en fin de compte, de ne pas intervenir, chemin faisant, mais il
y a des haies de contrôle à franchir, comme le dossier d'affaires pour
le tramway.
Le Président (M. Simard) : M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Mais, quand... Merci,
M. le Président. Mais, quand même, on parle d'un ministre, donc, il a la
responsabilité de faire les arbitrages. Est-ce que, pour la suite des choses,
pour le projet de troisième lien... Là, on repart un peu à zéro, là. Il y a
beaucoup d'études qui ont été déposées, on repart un peu à zéro. Est-ce que,
pour le prochain projet, même si c'est la responsabilité de sa collègue aux
Transports, est-ce que le ministre responsable des affaires... pas les affaires, mais des Infrastructures va demander à ce
qu'il y ait une réelle étude d'opportunité sur le projet de troisième
lien de transport collectif ou si l'étude d'opportunité va seulement porter sur
ce qui passera dans un éventuel tunnel?
En bref, est-ce que... est-ce qu'on va regarder
toutes les options possibles pour assurer les déplacements interrives, de part
et d'autre, du fleuve?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Plusieurs questions
purement hypothétiques. Mais, si on revient sur le processus, là, c'est-à-dire que moi, comme... comme responsable du PQI, les
dossiers qui sont à l'étude, qui nécessitent des études, sont inscrits, planif, avec des sommes, somme toute, là,
marginales par rapport au coût du projet, là, tu sais, c'est 1 % pour
permettre... 2 % pour permettre des réalisations de travaux, il est
inscrit là. Naturellement, ils ne sont pas en phase réalisation.
Éventuellement, quand il y a le... le DA qui arrive, là on dit : Écoutez,
là, on a regardé le projet, on l'a... le ministère responsable l'a viré à l'endroit, à l'envers, l'a regardé sous toutes
ses coutures : Voici ce qui est soumis. Et c'est à partir de ce
moment-là que les sommes sont inscrites habituellement à l'intérieur du PQI.
A priori, c'est des sommes pour études qui sont,
somme toute, là, par rapport au coût du projet, assez... pas marginales, mais
très légères pour permettre justement la réflexion. Et c'est au moment où
est-ce que le dossier devient dossier d'affaires qu'on vient l'inscrire, et
c'est à cette face-là que la décision se prend. Naturellement, aussi s'interroger : Qu'est-ce qu'on met comme
dossier d'étude? Parce que c'est sûr que si on fait plein, plein, plein
d'études, bien, on peut imaginer qu'a
posteriori, ils vont devenir en réalisation, mais il y a une phase de dossier
d'affaires qui permet de venir statuer sur un projet, qui permet de
venir inscrire les sommes de manière importante à l'intérieur du PQI. Et,
encore là, chacun des ministères a ses priorités qu'il doit arbitrer.
Le Président (M. Simard) : M. le
député.
M.
Grandmont : Oui. Il ne répond pas vraiment à ma question sur
ce qui attend, en fait, de ses... des ministres avec qui il dialogue. Il
ne veut pas... Je ne sens pas une volonté d'aller chercher le meilleur
coût-bénéfice pour la population. Puis, par
ailleurs, on peut continuer à parler d'efficience. On apprend, par le Journal de Québec, que le tramway pourrait être construit au
Mexique. Est-ce que le ministre trouve que, si c'est vrai, si ça se confirme,
est-ce que c'est le meilleur coût-bénéfice pour les Québécois, les Québécoises?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M.
Julien : Alors, encore là, je n'ai pas tout le détail de
l'information. Puis je sais que l'entente contractuelle... le processus contractuel prévoyait à la fois des
pourcentages de local et également d'assemblages. Donc, cette information-là, je
ne l'ai pas devant moi.
M. Grandmont : ...que c'est le
meilleur coût-bénéfice pour le Québec.
M.
Julien : Alors là, c'est des questions purement
hypothétiques, M. le Président. Alors, avec les «si», là, comme on
dit... Je ne peux pas... je ne peux pas aller sur des questions hypothétiques.
Donc, je ne m'avancerai pas là-dessus.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, toujours...
M. Grandmont : En tout cas, on me
souffle à l'oreille que ce serait confirmé.
Le Président (M. Simard) : S'il vous
plaît, s'il vous plaît, toujours un à la fois.
M. Grandmont : Je serais bien
curieux... je serais bien curieux d'entendre la réponse. Merci. Oui.
Le Président (M. Simard) : S'il vous
plaît, s'il vous plaît, un à la fois.
M. Grandmont : J'aimerais...
Le Président (M. Simard) : Et c'est
le président qui accorde la parole. À vous, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci beaucoup. C'est
gentil. Merci. J'aimerais aller sur les... au PQI directement, là, sur les
investissements dans les transports, entre le routier et le transport
collectif. En 2018, le gouvernement s'était engagé...
le gouvernement de la CAQ s'était... s'était engagé à ce que les investissements
prévus au PQI soient à 50 % pour le transport routier, à 50 %
pour le transport collectif. Or, depuis 2018, on est toujours à 70 %
d'investissement pour le transport routier
versus 30 % pour le transport collectif. Or, avec les changements climatiques,
la lutte à l'étalement urbain qu'on doit faire, pourquoi on est toujours
à 70 % pour le transport routier versus 30 % pour le collectif?
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup. M. le ministre.
M. Julien : Bien, les observations
qu'on a, M. le Président, je ne peux pas être d'accord avec mon collègue de Taschereau, bien que j'aime beaucoup être
d'accord avec lui, des fois, mais pas sur celle-là, certainement pas. Quand
on observe, en fin de compte, le PQI
2023-2033 plus le PQI ultérieur, parce qu'il y a des grands projets, là,
d'infrastructure, de transport collectif qui dépassent habituellement
même la période de 10 ans, ce qu'on observe actuellement, puis il y a
aussi des aménagements à l'intérieur... qui sont intégrés à l'intérieur du
routier, mais qui sont des aménagements de voies réservées, par exemple, donc,
on doit transférer au transport collectif.
Donc, moi,
j'obtiens en réalité que, sur la période longue, prévisible, c'est-à-dire
qu'est-ce qu'on a à l'intérieur du PQI et qu'on veut réaliser, c'est
48,4 milliards pour le volet collectif et 47,3 milliards pour le
volet routier, donc c'est 51, 49, mettons.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Merci. Cher collègue.
• (12 heures) •
M. Grandmont : Parfait. On pourra
vérifier ces chiffres-là. C'est quand même intéressant. Est-ce que...
Maintenant, sur le maintien des actifs, sur le maintien des actifs, dans le
transport collectif, on a un bon problème de maintien
des actifs. C'est bien de développer le transport collectif, puis ça,
là-dessus, on va être d'accord. Évidemment, il faut le développer, on en veut
plus, c'est nécessaire en 2023 d'en faire davantage, mais le budget nous donne comme
aperçu, pour les prochaines années, que 80 % des sommes dédiées au
transport collectif vont aller à la bonification et 20 % seulement au
maintien des actifs.
Puis on voyait encore aujourd'hui dans le
journal à... La Presse, en fait, à Montréal, j'imagine que
le ministre en a pris connaissance, des enjeux avec la ligne verte, à Montréal,
où on a dû faire des travaux d'urgence, les travaux ont été arrêtés pendant quelques heures. Mais la ligne verte est
clairement problématique. Mais c'est vrai partout ailleurs au Québec
aussi, on a des enjeux de maintien des actifs sur le transport collectif. On
comprend que le gouvernement a... semble avoir saisi l'urgence d'agir sur le
maintien des actifs dans le transport routier : 80 % va au maintien
des actifs dans le transport routier. Il y a un déficit d'entretien de
20 milliards, c'est normal qu'on s'y attarde beaucoup. Mais,
sur le transport collectif, pourquoi le gouvernement n'est pas en train de
s'assurer que ce qu'on possède va durer encore dans le temps?
Le Président (M.
Simard) : ...M. le ministre.
M. Julien : Bien,
écoutez, en infrastructure, quand tu... tu fais du développement puis de la
bonification, puis... force est de constater qu'on en fait beaucoup dans le
transport collectif, le maintien d'actif vient beaucoup plus tard, là. Puis,
c'est-à-dire qu'on n'est pas sur... sur un mode de fonds dédiés au Québec, là.
Je ne viens pas dire : Éventuellement, ce que je suis en train de
développer, dans 20 ans, dans 30 ans, je vais devoir le maintenir,
donc je crée un fonds. Bien non. Alors, c'est normal que le maintien des actifs
en transport collectif soit beaucoup plus faible en pourcentage parce que je
suis en développement, il est... il est neuf.
Le Président (M.
Simard) : Merci beaucoup. C'est terminé. Je cède maintenant la parole
à la députée de Saint-Laurent, qui dispose d'environ 18 minutes.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : ...
Mme Rizqy : Oui,
certainement. Moi, j'aimerais savoir : Est-ce que... C'est quoi le
mécanisme pour faire l'acquisition d'un terrain à la SQI? C'est... Qu'est-ce
qu'on regarde?
Le Président (M.
Simard) : ...M. le ministre.
M. Julien : ...j'ai
fait quelques acquisitions de terrains, dans une ancienne vie, là. Puis, après
ça, je laisserai... bien, si vous me permettez, après ça, madame...
Mme Bourgeois... Mais peut-être vous ne le souhaitez pas. Mais habituellement c'est à la juste valeur marchande
qu'on acquiert les terrains. Naturellement, la juste valeur marchande, c'est...
c'est une évaluation qui est faite... on essaie de la faire faire par un tiers
indépendant. Puis le vendeur n'a jamais la même valeur marchande que l'acheteur, hein? C'est... C'est souvent
ça. Quand je suis vendeur, habituellement, j'ai une valeur marchande plus
élevée que quand je suis acheteur. Mais c'est par, en fin de compte, le cumul
d'évaluations, les... les distorsions qu'il y a entre les évaluations.
Puis, après ça, on s'entend sur une JVM qui... qui fait sens pour les deux
parties prenantes. Habituellement, c'est ça.
Mme Rizqy : ...qui nous écoutent, c'est la juste valeur
marchande. C'était quoi, le... la juste valeur marchande pour le terrain
pour la résidence pour la maison des aînés à Mirabel?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Julien : Écoutez,
j'ai... je n'ai aucune idée, là, parce que, je veux dire, ça commence à être
assez... ça commence à être assez
spécifique. Mais, si vous permettez, là, si quelqu'un a une réponse à
fournir... si vous permettez, chère collègue, que la SQI réponde à cette
question-là, on fait... on fait la recherche.
Le Président (M.
Simard) : Est-ce qu'il y aurait consentement? Est-ce qu'il y aurait
consentement ou pas de consentement, à ce stade-ci?
Mme Rizqy : ...pas
encore la réponse. Mais, dès qu'ils ont la réponse... Moi, je veux juste avoir
le chiffre de la juste valeur marchande pour le terrain pour la résidence pour
la maison des aînés à Mirabel.
Je veux savoir
aussi : Est-ce qu'il y a d'autres critères, mise à part la juste valeur marchande,
que vous regardez avant de faire l'acquisition d'un terrain?
M. Julien : Bien
là, encore là, vous ouvrez sur une question qui est assez large. Puis je ne
saurais dire quel autre critère pourrait être regardé parce qu'à la fin la
juste valeur marchande est quand même déterminée par une appréciation mutuelle
d'un vendeur et d'un acheteur. Et, cette valorisation-là, avec des évaluateurs,
là, qui sont pris habituellement de... de chacune des parties... Tu sais, je me
souviens, quand j'étais à la ville de Québec puis je voulais acquérir un
terrain du ministère des Transports, bien, je l'évaluais toujours un peu moins
cher par mon évaluateur parce qu'il prenait des critères plus... plus
conservateurs que le vendeur. Mais ça devrait toujours être basé sur la juste
valeur marchande, qui est le bénéfice attendu par... par le terrain dans les
années futures.
Le Président (M.
Simard) : Chère collègue.
Mme Rizqy : Moi, ce que je... je vois comme chiffres, c'est
que la maison des aînés, le terrain est à 3 429 000 $, mais il aurait été payé 3,7 millions.
3,4 millions étaient la juste valeur marchande, et qu'il aurait été payé
3,7 millions. Pourquoi un écart de 300 000 $?
Le Président (M. Simard) : Alors, M.
le ministre.
M. Julien : Alors,
vous dites que la JVM était à 4 millions, puis on l'a payé
3,7 millions?
Mme Rizqy : 3,4, et vous l'avez payé
3,7.
M. Julien : OK. Alors, encore là, je
suis surpris, parce que, quand on... quand on a des écarts aussi faibles...
parce que c'est... c'est faible, en pourcentage, je parle, pas... pas en
dollars, hein, 300 000 $, moi, je les aime aussi, comme vous, j'aime
beaucoup 300 000 $, mais quand un écart de pourcentage entre deux
évaluations... C'est-à-dire qu'il y a toujours une partie prenante qui fait une
évaluation, puis l'autre partie prenante qui fait son évaluation, puis on obtient ça. Puis, après ça, naturellement,
quand on dépose la valeur marchande pour faire l'acquisition, bien là, il
faut... il faut que le vendeur soit vendeur, tu sais. Parce que je peux
bien estimer la valeur marchande de votre terrain, chère collègue, mais si vous n'êtes pas vendeuse, vous
allez me dire : Jonatan, je ne suis pas intéressée. Alors... Alors, après
ça, naturellement, on a une base de valeur marchande, puis après ça,
on... on regarde le geste qu'on doit poser ensemble pour s'entendre.
Mme Rizqy : ...Bien, il faut croire
que c'est un bon vendeur, hein? C'est une personne qui est connue dans le milieu. Disons qu'il n'a pas les meilleures
moeurs, la personne à qui vous avez acheté le terrain. Est-ce que vous êtes
au courant de qui qui a acheté le terrain...
de qui vous, la SQI, vous avez acheté le terrain, pardon, qui était le
propriétaire?
Le Président (M. Simard) : ...à la
présidence. M. le ministre.
M.
Julien : Encore là, toutes les acquisitions, ce n'est
pas... ce n'est pas toujours la SQI qui les fait. Des fois, c'est les
établissements. Lors... Excusez-moi, chère collègue, je n'ai pas capté la fin
de votre question.
Mme Rizqy : Il faut qu'il soit un
méchant bon vendeur quand même, là, parce que la personne à qui vous avez fait
l'acquisition, c'est la conjointe à un individu qui est qualifié par le secteur
policier de gangster.
M.
Julien : ...au courant. ...vous avez, en fin de compte, une
démonstration de ça, faites-nous-en part, puis on... on va regarder
la... la situation avec grand plaisir.
Mme Rizqy : ...M. le Président.
C'est une invitation, là.
Le
Président (M. Simard) : Non, mais c'est... c'est... On ne peut pas
demander d'aller au-delà des règlements. Alors, ce n'est pas dans les
règlements. Veuillez poursuivre.
M. Julien : ...que le vendeur, c'est
un gangster. On va vérifier ça.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme
Rizqy : ...par... est soutenu par la Régie des alcools,
des courses, des jeux. Vous... Vous faites confiance à cet organisme?
M. Julien : On va faire les
vérifications, chère collègue.
Mme Rizqy : Est-ce que vous faites
confiance à la Régie des alcools, des courses et des jeux, aux décisions
qu'elles rendent?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M.
Julien : Non, mais écoutez... c'est de l'information que
j'obtiens. On va... On va voir qu'est-ce qu'il en est.
Mme Rizqy : Bien, c'est... c'est
publié dans La Presse par Hugo Joncas. La Régie des alcools, des courses
et des jeux, moi, je fais confiance à cet
organisme lorsqu'il rend des décisions, identifie la conjointe auquel...
pardon, le... le conjoint de la personne avec qui vous avez fait la... la
transaction actif dans le prêt usuraire et extorsion. Vous, là...
M. Julien : ...collègue...
Mme Rizqy : Je n'ai pas... Je n'ai
pas encore posé... Je n'ai pas encore posé ma question. Si vous me permettez, elle s'en vient. Parce que je veux
juste rester sur les faits. Ça, ce n'est pas moi qui a rendu cette décision,
là, vous en conviendrez. Et par la suite on dit : C'est un prêteur
lié au crime organisé, puis on parle de taux usuraires, et tout ça. Mais, moi,
j'ai une question. Parce que, si, dans vos critères de transaction, vous n'avez
pas le... le critère qui s'appelle «bonnes
moeurs», est-ce que vous serez d'accord d'ajouter ce critère-là pour ne pas que
le gouvernement, ou ses organismes,
ou quoi que ce soit... qu'il n'y ait pas d'argent du gouvernement... Parce que
ça, c'est les contribuables, là, qui
paient, là. Là, non seulement c'était autour de 3,4 millions, on a payé
3,7. À un moment donné, est-ce que vous, là, vous trouvez que c'est
correct qu'il y ait des transactions qui émanent soit du gouvernement ou de ses
institutions, qu'on ajoute un critère pour s'assurer que,
justement, à l'avenir, une telle procédure, bien, n'arrive pas, là, une telle
transaction, là?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : Oui, bien, c'est ça.
Alors, je comprends que ma collègue nous dit que la situation qui... qui est rapportée... que la... la vendeuse est
disqualifiée parce que son conjoint est décrit comme le décrit mon... ma
collègue. Je pense que c'est des informations qui n'étaient pas disponibles à
l'époque. Puis je réitère, là, après ça, on a des procédures d'acquisition. Alors, on va regarder
spécifiquement, là. La personne est-elle disqualifiée du fait qu'on a des
reproches à son conjoint? Je... je ne
saurais dire, mais j'apprécie qu'on ne fasse pas de la politique. Qu'on fasse
des politiques ici, j'aime bien ça.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, Mme la députée.
Mme Rizqy : ...des politiques qui
s'assurent que l'argent des contribuables n'aille pas dans des poches, de façon
directe ou indirecte, à une personne qui a été reconnue, là, par la Régie des
alcools, des courses et des jeux à titre de... à faire de... actif dans le prêt
usuraire et de l'extorsion, là. C'est vraiment grave, là. Ce n'est pas des
petites accusations, ça, M. le ministre, vous en conviendrez. Alors, ça, est-ce
que ça, vous êtes d'accord que c'est quelque chose qu'on devrait peut-être envisager,
d'avoir des mécanismes beaucoup plus rigoureux, s'assurer que l'argent des contribuables... Puis surtout que, là, ils ont
payé 300 000 $ plus cher que qu'est-ce qui était établi dès le
départ. Vous, vous n'avez pas de malaise à ça, là? Parce que moi, j'ai
un profond malaise avec ça, je vous dis très franchement, là.
Alors, dans les politiques qu'on devrait faire,
c'est d'avoir les meilleurs standards, puis que l'argent des contribuables ne
sert pas à enrichir, directement ou indirectement, une personne qui est active
dans le prêt usuraire et l'extorsion, franchement!
M. Julien : ...encore là, avec...
avec les informations que me donne ma collègue, et les interprétations qu'on en
fait, je ne peux pas dire qu'il y a eu trafic d'influence ou quoi que ce soit
pour moi. Alors, bien, écoutez...
• (12 h 10) •
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : La parole
appartient au ministre pour l'instant.
M.
Julien : Alors, j'essaie juste de comprendre, en fin de
compte, là, où elle veut en venir spécifiquement. Si elle me dit, en
réalité, que cette transaction ne devrait pas avoir lieu, bien, on va faire les
vérifications appropriées.
Le Président (M. Simard) : ...Merci.
Chère collègue.
Mme Rizqy : ...Président, c'est important.
Puis, à titre de députée, moi, j'ai fait attention de ne pas mettre des mots dans la bouche du ministre. C'est pour ça
que, des fois, je... je repose une question pour lui donner l'occasion
de pouvoir formuler correctement. En aucun temps, je n'ai parlé de trafic
d'influence, franchement, là! J'ai parlé ici de l'argent des contribuables qui
ne doive pas atterrir, directement ou indirectement, dans les poches d'une
personne qui a déjà été reconnue par la régie des jeux ayant un passé avéré
dans... actif dans le prêt usuraire et l'extorsion. C'est quand même grave, là,
M. le Président. Là, je disais : Est-ce qu'on devrait réfléchir à avoir
justement un critère supplémentaire pour qu'à l'avenir ça n'arrive pas? Puis là
il me parle de trafic d'influence, là. Franchement!
Regardez, je
vais poser une autre question, parce que visiblement, là, ça ne l'intéresse
pas. Alors, maintenant, là, j'aimerais savoir, pour les maisons des
aînés, on est rendus à combien par porte? Combien ça coûte par porte, là? Je
sais qu'avant c'était autour de 1 million par porte, là, mais là on est
rendus à combien?
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, M. le ministre.
M. Julien : On me dit qu'on est
rendus à 800 000 $ par chambre en place.
Mme
Rizqy : ...et une augmentation des coûts. Vous, vous dites
que non, il n'y a pas eu d'augmentation des coûts? OK. Pouvez-vous nous
l'expliquer, s'il y a consentement?
M. Julien : ...on est à
804 425 $. Je ne peux pas être plus précis que ça.
Mme Rizqy : ...de quand?
M. Julien : En date de... de mars.
Le PQI.
Mme Rizqy : En date de mars 2023, on
serait à 804 000 $ par porte, là... par chambre?
M. Julien : 804 425 $.
Mme
Rizqy : OK. Et, vos prévisions, ce serait à peu près combien? Parce
que... présentement, on a des échos que dans
certains... certains endroits, là, qu'il faut refaire certaines ailes de... Il
faut démolir une aile complète, par exemple, à celle de Mirabel. Au
Saguenay, il y a des fissures, elle n'est même pas encore en service, puis il y
a des fissures, puis il y a un problème aussi de stationnement là-bas. Ça,
c'était un vrai problème de stationnement.
Le Président (M.
Simard) : Bien. M. le ministre.
M. Julien : ...pour... pour le cas... nommé, c'est aux frais,
naturellement, là, de... de celui qui réalise le projet. Ce n'est pas
aux frais de l'État, là, donc il n'y aura pas de coûts supplémentaires.
Après ça, quand ma
collègue me demande, M. le Président, là, qu'est-ce que... qu'est-ce que ça va
être, la suite, bien, encore là, là, tu sais, quand je parle de... de
800 000 $, 804 000 $, là, c'est... c'est des projets qui
varient entre 600 000 $ puis plus
de 1 million, là. Ça dépend, en fin de compte, où, comment, etc. Donc, on
a... on a une moyenne de 804 425 $. Puis je ne saurais
m'engager sur... sur celles à venir, là. Ce serait assez hasardeux.
Le Président (M.
Simard) : ...Mme la députée.
Mme Rizqy : Vous
n'allez pas vous hasarder à répondre. OK. Mais, moi, juste... je regarde
rapidement parce que c'est quand même sorti. Moi, j'ai... je tiens pour... je
vais tenir pour acquis que vous avez pris connaissance des résidences pour aînés flambant neuves : au
Saguenay, 77,5 millions, il y a toujours zéro résident, Roberval, zéro
résident, le même coût, et pour celle
du Saguenay, on nous parle déjà de problèmes de fissures. Comment se fait-il
qu'une résidence neuve a déjà un problème de fissures? Qu'est-ce qui est
arrivé?
Le Président (M.
Simard) : ...merci. M. le ministre.
M. Julien : Bien,
M. le Président, écoutez, quand on fait de la construction de projets de cette
nature-là, il arrive très régulièrement qu'il y ait des déficiences qui sont
observées, là, à... à la fin du mandat, qui doivent être corrigées. Ces déficiences-là sont corrigées, là,
à la charge de l'entrepreneur. Donc, ce que mentionne ma collègue, ça va
être corrigé. Puis des projets... quand on
fait des projets importants d'infrastructures, on observe toujours des
déficiences à la fin des travaux et qui doivent être régularisées avant
de... la prise de possession.
Le Président (M.
Simard) : Merci. Chère collègue.
Mme Rizqy : Dans
le cas de Mirabel, le promoteur, c'est Pomerleau. Et on apprend aussi que
Pomerleau est responsable de huit chantiers. Et vous leur avez demandé de faire
des vérifications sur les huit chantiers, en plus de celui de Mirabel, donc un total de neuf chantiers à vérifier pour s'assurer
qu'il n'y a pas les mêmes problèmes ailleurs. Je veux savoir : On
est rendus où dans cette vérification?
Le Président (M.
Simard) : Alors, M. le ministre.
M. Julien : Plutôt que faire le téléphone arabe, est-ce que
vous permettez que... qu'elle la soumette, la réponse?
Le Président (M.
Simard) : Est-ce qu'il y aurait consentement?
Mme Rizqy : Oui,
M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Il y a consentement. Alors, madame, pour les fins de nos
travaux, auriez-vous d'abord l'amabilité de vous présenter, s'il vous plaît?
Mme Bourgeois
(Caroline) :
...
Le Président (M.
Simard) : En vous adressant, là, plus... au micro.
Mme Bourgeois (Caroline) :
Oui. Je vais m'approcher. Alors, Caroline Bourgeois.
Je suis présidente-directrice générale de la Société québécoise des
infrastructures.
Donc, on est
responsables de la réalisation du programme de maisons des aînés, de la
concrétisation de 46 maisons. Donc,
vous faites référence au... au projet de Mirabel. Effectivement, comme l'a dit
M. le ministre, il y a eu des...
une... en fait, on a découvert, le consortium... C'est un... c'est un mode de
réalisation alternatif, les... constructions de neuf maisons. Vous avez nommé Pomerleau, en fait, c'est un consortium
de constructeurs et concepteurs, ensemble, qui prennent les risques liés
à la conception et à la construction du projet. Et, à Mirabel, effectivement,
ils ont découvert un problème structurel
qui... qui les ont amenés à démolir une partie de l'aile. Mais ça a été fait
entièrement à leurs frais parce qu'ils en... ils en étaient
responsables. Et, effectivement, en... en revue diligente, on a... ça... ça les
a amenés à revoir aussi la conception de certaines maisons des aînés dans le
même contrat, donc dans les neuf maisons sous... sous leur juridiction, dans
Laval, Laurentides, Lanaudière. Et ils ont... réalisé certains travaux pour
qu'on...
Le Président (M. Simard) : Merci,
madame.
Mme
Bourgeois (Caroline) : ...pour s'assurer que c'était conforme. Donc,
c'est terminé, à l'heure actuelle.
Le Président (M.
Simard) : Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Quelle
est la liste des travaux?
Mme Bourgeois
(Caroline) :
...détail
de liste des travaux. Il y a eu de... du soutien supplémentaire.
Mme Rizqy : ...que
vous déposez la liste des travaux qui ont été réalisés ains que les... les
coûts, les retards... engendrés.
Mme Bourgeois
(Caroline) :
Bien,
les coûts, il n'y en a pas. Je vous l'ai expliqué, c'est à l'intérieur de son
enveloppe, c'est un forfait du part... de la part du consortium. Mais, pour le
détail, oui, on pourra vous revenir.
Mme Rizqy : Mais,
juste pour bien comprendre, vous dites que c'est payé à partir même de
l'enveloppe?
Mme Bourgeois
(Caroline) :
En
fait, c'est pris dans son... C'est un contrat forfaitaire de neuf maisons des
aînés dans la région de Laval, Laurentides et Lanaudière. Et c'est... Et c'est
un contrat forfaitaire, donc ils prennent en charge l'ensemble des éléments de
conception et de construction. Ils sont responsables des services
professionnels et des services de
construction. Et, s'ils décèlent une erreur, bien, ils assument la réparation
de leur erreur à leurs frais dans leur enveloppe forfaitaire. Le
gouvernement... sait depuis le début combien ça coûte, ce contrat-là.
Mme Rizqy : OK.
Donc, juste pour bien comprendre, le gouvernement, vous octroyez des sommes.
Disons que c'est 77 millions pour
chacune des résidences, fois neuf, disons que ça coûte 693. Je vais arrondir
pour les fins... que les gens ne... ce soit intelligible pour tout le
monde. Donc, 700 millions de dollars, disons que ce serait
l'enveloppe forfaitaire. Est-ce que c'est
dans... à même cette enveloppe forfaitaire que le consortium, notamment...
j'inclus Pomerleau, doit piger pour réparer des problèmes de conception,
par exemple?
Mme Bourgeois
(Caroline) : ...en fait, si c'est pris... Normalement, ils se prennent
des enveloppes de risque eux-mêmes pour leurs propres risques... internes à
leurs réalisations, à leurs conceptions. Donc, c'est dans leur enveloppe. Donc... le... le gouvernement n'a pas
à... à étirer des dollars supplémentaires pour... pour venir palier une erreur de
leur côté.
Mme Rizqy : ...c'est
l'enveloppe du gouvernement, c'est-à-dire que c'est la poche des contribuables
qui paie pour un problème de conception, là. Je ne comprends pas.
Mme Bourgeois
(Caroline) :
Oui.
Mais, en fait, on le paie, que... que le dommage arrive ou pas, parce qu'on a
payé un forfait. On a payé un forfait pour construire neuf maisons des aînés.
Et, dans cette enveloppe-là, que le... que
le... C'est une soumission qu'ils ont faite. On l'a acceptée, la soumission.
Donc, dans... dans ce... ce format-là, ils ont à assurer les risques de conception et de construction. On... on ne
vient pas... on ne paie pas plus cher. C'est un... c'est le principe
d'un forfait.
Le Président (M.
Simard) : D'accord. Mme la députée.
Mme Rizqy : Je
comprends parfaitement un principe de forfait. Mais une nuance importante
lorsqu'on dit : Légalement, vous assumez les frais, vous, ça ne peut pas
être à l'intérieur de la même enveloppe du gouvernement. Parce que ça veut dire qu'au fond c'est les contribuables
qui paient pour une erreur aussi importante où est-ce qu'on démolit
une... une aile complète pour la reconstruire. À moins que vous me dites que
vous, vous trouvez que c'est correct, là.
Puis
là, c'est plutôt à vous, parce que je vais retourner dans le politique, ça va
être avec le ministre, là. Dans tous les cas, moi, ma question, elle est
très simple, M. le Président. Je ne sais pas combien de temps qu'il me reste.
Le Président (M.
Simard) : ...
Mme Rizqy :
Je veux juste qu'on me dépose la liste des travaux, s'il vous plaît, et combien
que ça a coûté dans l'enveloppe forfaitaire, combien ça a coûté chacun des...
de ces problèmes de conception. Qu'on me le dépose, tout simplement, M. le
Président.
Mme Bourgeois
(Caroline) :
...de
sommes associées à ces problèmes de conception là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, ce bloc d'échange est maintenant terminé. Et je cède la parole au
député de Rousseau. Je vous rappelle que ce sera notre dernier bloc
d'échange avant la fin de nos travaux cet avant-midi.
M. Thouin : Merci, M. le Président. Tout d'abord, je vais
donner un peu de temps à mon ministre pour pouvoir compléter la réponse.
• (12 h 20) •
M.
Julien : Oui. Bien, c'est ça. Pour ma collègue de Saint-Laurent,
c'est... c'est le principe, en fin de compte, d'un appel... à l'appel à la
concurrence qu'on appelle forfaitaire. Donc, les joueurs qui déposent les
soumissions forfaitaires sont mis en concurrence. Et, quand ils déposent
ces projets-là, bien, ils... ils déposent le meilleur coût en prenant tous les
risques. Et naturellement, si les risques se matérialisent, bien, ça ne coûte
pas plus cher à l'État. Et c'est un concept.
Puis je pense que dans certains cas de figure... qu'il est plus efficient que
d'autres concepts. Donc, ici, quand
même bien qu'il y avait des déficiences à corriger, il était dans un forfait,
et le risque appartenait au consortium.
Le Président (M. Simard) : À vous la
parole, cher collègue.
M. Thouin : ...merci, M. le Président.
J'en aurais probablement pour... pour des heures à échanger avec le ministre,
mais je vais tenter de... d'aller peut-être dans deux sujets : d'abord,
l'EBI, puis, dans un deuxième temps, les chantiers pour améliorer l'efficience
dans la gestion de nos infrastructures.
Donc, d'abord, le dossier de l'EBI. Une petite
mise en contexte. En 2018, le gouvernement libéral a signé une Entente bilatérale intégrée, là... qui
s'appelle le... la EBI, en fait, sur une durée de 10 ans, 2018-2028, qui
prévoyait une somme de 7,5 milliards de dollars pour le Québec
sous différents volets. Comme on l'a constaté quand on est arrivés au pouvoir en 2018, l'entente n'assurait
pas une grande flexibilité pour permettre au... pour permettre au Québec d'affecter
les sommes dans des projets identifiés comme prioritaires. On se souvient qu'on
ne pouvait pas financer le tramway de
Québec, par exemple, à la hauteur de 40 % dans la première mouture de
l'entente, on a dû même demander à la ville de Montréal de transférer
des sommes à Québec. L'été dernier, le gouvernement fédéral a changé de façon unilatérale l'entente afin de ramener la date
limite des soumissions des projets à mars 2023, date qui était initialement
prévue à 2025.
Donc, ma question pour le ministre. On a appris
récemment que vous étiez arrivés à sécuriser les sommes pour le Québec malgré
le changement d'échéancier d'Ottawa. Je sais que c'était toute une négo. Je
pense que c'est important de souligner que
ça représente des milliards de dollars en jeu pour le Québec. Bien évidemment,
si vous aviez échoué, bien, on aurait entendu... vous auriez été accusé
de tous les maux du monde. Pourtant, je n'ai pas entendu beaucoup de
félicitations. Moi, je veux en profiter. Et j'aimerais ça savoir...
j'aimerais... en fait, j'aimerais ça que vous
nous expliquiez c'est quoi, l'entente, puis comment on peut être sûrs que le
gouvernement fédéral ne va pas nous faire le même coup une autre fois,
il n'y aura pas d'autres changements d'ici la fin de l'entente.
M. Julien : ...merci. Bien,
effectivement, l'EBI, qui était une enveloppe qui était pancanadienne, alors, chacune des provinces avait des montants qui
étaient prévus pour le financement d'infrastructures. Au Québec, c'étaient
7,5 milliards. Et la date de... d'échéance, de mémoire, était prévue au...
pour soumettre des projets, au 31 mars 2025, initialement. Et, de façon unilatérale, lors de... du dépôt du budget
fédéral, il y a une décision qui a été prise de devancer au 31 mars
2023.
Le Québec, on était quand même déjà sur nos...
sur nos sites d'investissement, c'est-à-dire qu'on avait les deux tiers de la période de passés, puis on avait
les deux tiers des projets, en fin de compte, financés. Mais soudainement,
là, en dedans de cinq mois, on devait être en
mesure de s'entendre avec le fédéral pour que la somme résiduelle, 2,7 milliards... c'est-à-dire que ces
2,7 milliards de participation du fédéral dans des projets
d'infrastructures au Québec, conjointement,
à titre d'exemple, 40 % pour le tramway, tel autre projet en...
environnement, tel autre projet en transport... on allait perdre la
somme de 2,7 milliards.
Alors, on s'est mis à la tâche. Puis là, en
collaboration, effectivement, avec le ministre... LeBlanc au fédéral, on a eu
des bonnes discussions pour trouver une voie de passage. Et on a travaillé, je
vous dirais, très fort, là, sur une courte période de temps parce qu'il fallait
quand même soumettre pour approbation au gouvernement fédéral tous les projets
qui allaient pouvoir effectivement bénéficier du 2,7 milliards avant le
31 mars 2023.
Et soyez assurés, là, que premièrement, ça... ça
a bien été. Les ministères ont bien participé, que ce soient le ministère des
Transports, le ministère de l'Environnement, les ministères concernés, pour
bien identifier les projets et leur
structure de coûts. Et on a pu soumettre à temps et obtenir les approbations
et... et je dirais plus... pas «l'approbation», ce n'est pas le bon
terme, obtenir une entente, parce que c'est une entente de... mutuelle, une
entente, en réalité, sur le
2,7 milliards pour s'assurer justement que le Québec va pouvoir investir
ces sommes-là au cours des huit, 10 prochaines années à l'intérieur
des projets d'infrastructures chez nous. Donc, on est bien contents.
M. Thouin : Donc, on a passé tout
proche de perdre 3 milliards. On les...
M. Julien : 2,7. Oui.
M. Thouin : 2,7. J'ai gardé le... le
meilleur pour la fin, le dessert.
M. Julien : ...j'espère que je vais
être bon.
M. Thouin : M. le ministre, vous le
savez, j'ai été un de ceux qui ont milité avec... je dirais avec vigueur pour qu'il y ait un ministre responsable des
Infrastructures. Je croyais que c'était essentiel pour le Québec. Vous avez annoncé
à quelques reprises que vous travaillez sur différents chantiers pour améliorer
l'efficience de la gestion de nos
infrastructures. J'ai d'ailleurs l'immense privilège de travailler ce
dossier-là avec vous et je crois qu'il est pertinent pour les collègues
de vous entendre sur les chantiers. Parce qu'on parle beaucoup de la
surchauffe, de mauvaises nouvelles, mais le gouvernement
travaille aussi sur des solutions pour la suite. Vous connaissez mon intérêt
pour l'efficience de l'État. Donc,
j'aimerais ça que vous nous parliez, avec les minutes qui nous restent, là, des
chantiers qui sont en cours, principalement
trois chantiers majeurs. Moi, j'aimerais ça, si vous voulez en partager...
partager l'information avec les collègues.
M. Julien : Oui. Rapidement, dans
les premiers mois, on a identifié... puis ensemble, d'ailleurs, cher... cher collègue, là, puis c'est... c'est toujours un
plaisir de travailler avec vous, on a identifié les objectifs qu'on avait.
Puis... puis c'est assez simple, en... en trois phrases... même pas
trois phrases, là, c'est plus en trois mots, on veut faire moins cher, plus
vite puis on veut assurer le maintien des actifs. C'est... c'est ça, en fin de
compte, qui nous motive.
Il y a une pression excessive, actuellement, sur
les demandes d'investissement. Il y a du rattrapage à faire dans les
infrastructures au Québec, parce qu'il y a... pendant trop d'années, on n'a pas
investi. Et là on doit trouver le moyen, pour chaque dollar investi, d'aller
chercher le maximum d'effets. Et, si, comme je disais tantôt, si je suis
capable d'aller chercher 10 %, 12 %, 15 % d'efficience sur
150 milliards... 10 % d'efficience, c'est soudainement
15 milliards de plus pour faire d'autres projets. Et on y croit, mais on
veut le faire de manière ordonnée.
On a lancé trois grands chantiers. Le premier,
on l'appelle le chantier Amélioration du démarrage des projets. On observe,
actuellement, que les projets qui sont déposés, souvent, il y a... il y a des
changements dans la portée. Ils sont... ils sont... Il manque certaines
précisions dans les étapes préliminaires. Si on veut aller plus vite, il faut
qu'on travaille de manière plus concertée à identifier vraiment la portée des
projets et s'assurer que le... le dossier est plus rapidement à l'étape où il
peut passer à la réalisation. Et ça, on peut aller chercher des gains de temps
importants. Et, plus le projet est précis,
bien, on va gagner aussi des gains d'efficience sur les coûts. Alors, c'est un
premier... chantier, là, qu'on appelle amélioration du démarrage des
projets. Il est fait de façon mutuelle avec la Société québécoise des infrastructures
et le ministère des Transports. Participent à ça le... le ministère du Conseil
exécutif, le Secrétariat du Conseil du trésor, bref, les... l'ensemble des
ministères concernés, là, qui... qui y participent.
Le deuxième chantier. Il me reste deux minutes,
alors une minute par chantier. On veut revoir le mode de réalisation qui va être axé sur la performance.
Tantôt, on avait des discussions, avec ma collègue de Saint-Laurent, sur un mode, en fin de compte, où on prend plusieurs projets
sur une base forfaitaire avec un consortium. Bien, ça, c'est un exemple. On
pense qu'on doit favoriser une multitude de modes, dépendant du type de projet
qu'on doit réaliser. À titre d'exemple, si on
fait des projets qui sont récurrents, qui sont de même nature, bien, je pense
que ça vaut la peine d'envisager des solutions comme le forfait énoncé.
Dans d'autres cas de figure, on pourrait avoir des meilleures collaborations, a
priori, où on a un partage de risque. Ce qu'on veut faire avec ça, c'est, oui,
diminuer les coûts, mais c'est aussi
augmenter la concurrence. Parce qu'actuellement dans le mode... dans les modes
qu'on utilise trop souvent, ça vient
restreindre la concurrence, parce que la charge, en fin de compte, de
l'entrepreneur est trop élevée par rapport à ses risques. Et il y a plusieurs joueurs qui... qui préfèrent ne pas y
être. Alors, on a de... de grandes perspectives là-dessus.
Le troisième chantier, c'est le chantier de la
performance, qu'on appelle, accrue et gestion de projets. C'est avoir de
meilleurs outils de monitoring, de suivi, justement, pour capter le plus
rapidement possible les enjeux de performance des différents projets. Donc, ça
également, c'est un volet très important.
Ces trois
projets là sont déjà en cours. Et probablement que d'ici la fin de l'été on
aura, de manière intérimaire, là, des conclusions pour nous... nous... aller
chercher, espérons, 10 % à 12 % d'efficience dans la réalisation
de nos projets d'infrastructures.
Le Président (M. Simard) : Il vous
reste encore quelques secondes.
M. Julien : Bien, je vous... je veux
remercier, remercier, M. le Président, toutes les équipes qui sont ici aujourd'hui. Merci de votre présence. Merci, chers
collègues, pour cette période d'échange constructive. Et ça va être tout
pour moi.
Le
Président (M. Simard) : Merci. Alors, notre période d'échange étant
maintenant révolue, nous en sommes rendus à l'étape de la mise aux voix.
Adoption des crédits
Conséquemment, le programme 6, intitulé
Soutien aux infrastructures gouvernementales est-il adopté?
Des voix : ...
Le
Président (M. Simard) : Adopté sur division. Sur ce, merci à nouveau pour
votre précieuse collaboration.
Document déposé
Nous allons
suspendre nos travaux, mais, en terminant, je dépose les réponses aux demandes
de renseignements de l'opposition. Et on se retrouve après les affaires
courantes à la salle Pauline-Marois. À plus tard.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
(Reprise à 15
h
29)
Le Président (M. Simard) :
Alors,
chers collègues, bienvenue à toutes et à tous. Je constate que nous avons
quorum. Conséquemment, nous pouvons entreprendre nos travaux.
Comme vous le savez, notre commission est réunie
afin de procéder à l'étude du volet Conseil du trésor des crédits budgétaires du portefeuille Conseil du
trésor et Administration gouvernementale pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de trois heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, bonjour. Y aurait-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Montigny (René-Lévesque) est remplacé par Mme Lachance
(Bellechasse) et M. Bouazzi (Maurice-Richard), par Mme Labrie
(Sherbrooke).
Conseil du trésor
Discussion générale
Le Président (M. Simard) : Bienvenue
à ces nouveaux collègues. Alors, comme le veut notre tradition, nous allons
procéder par blocs d'échange d'environ 15 à 20 minutes chacun. Et nous
cédons d'ores et déjà la parole à la porte-parole de l'opposition officielle et
députée de Saint-Laurent. Chère collègue, vous disposez de
18 min 10 s.
• (15 h 30) •
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M.
le Président. Je me tourne immédiatement vers la présidente du Conseil du
trésor pour la saluer, elle, et l'équipe, la grande équipe qui l'accompagne, ma
collègue la députée de Sherbrooke. Évidemment, vis-à-vis, là, malheureusement,
je ne parle pas de chacun de vos comtés. Alors, Huntingdon?
Une voix : ...
Mme Rizqy : Oh! Orford. Bellechasse, bonjour. Et j'allais
dire, il y a Fabre. OK, parfait. Merci. Là, Maskinongé. Bonjour à vous
tous. Évidemment, mon attachée politique, Mme Florence Thivierge, qui
m'accompagne encore aujourd'hui, elle était
avec moi tantôt, ce matin, et elle me suit. Et ça tombe bien, parce que moi,
des fois, j'ai de la suite dans les idées, comme vous le savez, M. le
Président, et que je dois m'adresser à la présidence. Donc, ne vous sentez pas
vexé si je ne vous regarde pas. Je me tourne vers lui pour respecter,
évidemment, notre code de conduite.
Alors, M. le Président, vous vous rappelez, ce
matin, j'ai essayé d'avoir une réponse, je dis bien «essayé», d'avoir une réponse du ministre des
Infrastructures. Je voulais savoir... Parce que j'ai plusieurs chapeaux, hein?
Vous le savez, on est en équipe un
peu plus réduite, hein, ces temps-ci, au Parti libéral. Donc, moi, j'ai
éducation, enseignement supérieur, mais j'ai aussi le bonheur d'être
porte-parole en matière d'infrastructures et Conseil du trésor. Et j'ai été
très, très surprise des propos de la députée de Chutes-de-la-Chaudière ce
matin. Et je comprends qu'il peut y avoir des
déceptions. Ça, je comprends parfaitement ça. Mais là, de soutenir qu'il doit y
avoir un retour d'ascenseur, puisque le projet autoroutier du tunnel,
communément appelé «le troisième lien», est abandonné...
Moi, j'ai essayé d'avoir le ministre des
Infrastructures qui confirme qu'effectivement il ne partage pas cette pensée, c'est-à-dire que, puisqu'on n'investira
pas, environ, entre 6 à 10 milliards de dollars pour un tunnel en
dessous du fleuve Saint-Laurent,
bien, la somme dégagée de ça, si jamais il y a des sommes importantes, devrait
être retournée à Lévis. Et je
cite : «"C'est ce qu'on fait généralement quand on ne tient pas une
promesse", a convenu la ministre des Relations internationales et
de la Condition féminine, la députée de Chutes-de-la-Chaudière.» Et elle dit
que «Lévis mérite un retour d'ascenseur».
Alors, je m'essaie maintenant vers la présidente
du Conseil du trésor. Peut-elle rassurer les Québécois, puis qu'effectivement ce n'est pas comme ça qu'on
procède? Il n'est pas question de retour d'ascenseur parce qu'un projet a
été abandonné. Bonjour.
Mme LeBel : Bonjour.
Le Président (M. Simard) :
...
Mme LeBel : Oui. Vous allez me
permettre, chère collègue de Saint-Laurent, de prendre la peine de quand même présenter, mais brièvement, les équipes qui
m'entourent. Naturellement, je n'en ferai pas la liste complète parce qu'on
va... on va prendre beaucoup de temps, mais je dois vous dire que j'ai
naturellement les équipes de mon cabinet, j'ai les équipes du Trésor, avec le secrétaire, qui est à côté de moi,
du Secrétariat du Conseil du trésor, j'ai naturellement l'équipe du CAG, si jamais on a des questions qui
ont rapport avec ces questions-là, et j'ai l'équipe de l'AMP. Naturellement,
j'ai les gens du budgétaire également. Ce sont des gens qui sont fort
importants quand on prépare les crédits et qui sont fort importants pour le
rôle essentiel du Trésor tout au long de l'année. Je ne veux pas les nommer
parce que je vais en oublier, mais les
différentes directions sont là, les marchés publics, la performance, le
budgétaire. Et, encore là, je me suis
lancée dans une énumération et je sais que je vais oublier les gens, mais ils
le savent, à quel point je les apprécie.
Maintenant, pour répondre de façon très générale
à votre question, tous les programmes vont être étudiés, tous les budgets, tous les projets à la grandeur
du Québec, parce que je considère qu'on est le gouvernement de l'ensemble
du Québec au complet, vont être étudiés de façon pragmatique en fonction des
données et des besoins de chaque région. Et, s'il y a des projets qui sont présentés pour la région en
particulier, ce sera étudié de la même façon, avec beaucoup d'ouverture,
mais avec les critères qui sont propres au gouvernement et au Conseil du trésor.
Mme Rizqy : Désolée. Vous m'avez
fait peur.
Des voix : ...
Mme
LeBel : C'est un exploit, je dois dire. Je le souligne.
Alors, j'aimerais avoir l'extrait. C'est entre quatre minutes et?
Mme Rizqy : Ça va aller. Donnez-moi
une seconde. Désolée. Là, j'ai un fou rire, il faut que je me recentre.
Désolée. Voulez-vous continuer à présenter quelques collègues?
Mme LeBel : Oui, bien, je peux.
Des voix : ...
Mme LeBel : Je peux continuer.
Voulez-vous que j'énumère les comtés de mes collègues?
Mme Rizqy : Non, non, non.
Mme
LeBel : Mais je ne me lancerai pas là-dedans parce que je
les connais par leur nom et leur prénom, puis, quand je me lance dans le
nom des comtés, c'est plus complexe.
Mme Rizqy : Merci beaucoup d'avoir
saisi la balle au bond, Mme la Présidente du Conseil du trésor. Donc...
Mme LeBel : Absolument. Vous ferez
de même pour moi, si l'occasion se présente.
Mme Rizqy : Ne vous inquiétez pas.
Et donc je comprends que vous ne souscrivez pas, par vos propos, qu'il il y
aura un nouveau critère de retour d'ascenseur, là, clairement?
Mme LeBel : Bien, je comprends très
bien la... je comprends très bien la réalité de la région en question, la
grande région de tous les collègues qui font partie de ce caucus-là, je le
comprends très bien. Maintenant, on peut... on
va travailler certainement avec eux pour trouver des projets qui sont porteurs,
mais les projets porteurs devront, comme dans l'ensemble du Québec, être
évalués. Et, s'il y a des projets porteurs ailleurs au Québec, on va également
les évaluer. Mais je comprends très bien la
réaction. C'est quand même une décision qui a été difficile, mais qui a été
basée de façon pragmatique et sur la base de données. Pour moi, c'est...
c'est ça.
Mme Rizqy : Non, non, je ne
remettrai pas en question la décision, mais c'est juste au niveau de... Je ne
veux pas qu'il y ait un nouveau critère de retour d'ascenseur, parce que ça
veut dire que ça...
Mme LeBel : Bien, je pense que le
premier ministre lui-même l'a dit ce matin, qu'on allait examiner tous les projets au Québec. Il ne s'est pas engagé dans une
voie qui était de privilégier pour ces raisons-là. Mais effectivement, s'il
y a des projets qui sont porteurs, ils vont être accueillis, puis on va les
étudier.
Mme Rizqy : Non, non. C'est que je
me disais... je voulais vraiment que les Québécois soient rassurés. Parce que,
vous savez, il y a la chronique du matin à Paul Arcand. Avant, c'était le
député de Lévis, le député de Lévis qui tenait la chronique de 7 heures, que
c'est la chronique politique, parce que, souvent, on pouvait avoir une bonne
idée, des fois, de certaines orientations
gouvernementales, et on annonçait que, s'il avait des projets d'aréna, c'était
le temps de les déposer. Alors, j'ai... j'ai un petit peu sursauté parce
que, le retour d'ascenseur, moi, je sais qu'il n'y en aura pas à Saint-Laurent, là, vous comprendrez, là. Donc,
je veux m'assurer que Saint-Laurent puis les autres comtés qui ne sont pas
touchés par ce qui se passe présentement avec le troisième lien ne soient pas,
en ce moment, comment dire, pas dans les bonnes dispositions pour faire
des applications. Mais je vous connais, et je connais aussi votre rigueur, et
je comprends aussi que, par votre réponse, vous ne souscrivez pas à cette
histoire de retour d'ascenseur.
Mme
LeBel : Bien, ma réponse, elle est ma réponse, donc je
vais vous demander de ne pas en faire de déduction. Je vous dis juste que les projets porteurs, qu'ils
soient de cette région ou d'une autre, vont être étudiés avec la même... la
même acuité, la même ouverture.
Mme Rizqy : Daccord. Il n'y aura pas
des priorités, là, j'espère.
Mme
LeBel : Bien, les priorités gouvernementales, jusqu'à
présent, sont toujours annoncées de façon claire et transparente, donc, et sont souvent dans des
grands sujets comme l'économie, comme l'éducation, comme l'immigration, comme
l'environnement. Donc, c'est sûr que les projets qui rentrent dans ces
priorités-là, ce n'est pas une cachette qu'ils sont...
qu'ils sont porteurs pour nous. Mais on les annonce, nos priorités, dans tous
les domaines. Donc, dans ce sens-là, oui, il peut y avoir des priorités.
Mme Rizqy : OK. Parfait. Merci
beaucoup. Écoutez, moi, je veux juste vous amener sur un autre sujet, sur un
autre terrain qui est important. Puis ce n'est pas une question piège, je l'ai
posée ce matin au ministre des Infrastructures. Je lui ai raconté une histoire
qui est arrivée, qui est factuelle et qui est aussi déjà dans les journaux,
c'est l'affaire de la maison des aînés à Mirabel. C'était écrit dans La Presse,
sous la plume d'Hugo Joncas. Je vous fais juste un petit peu le topo, là. Puis
je vais arriver avec une proposition, ce ne sera pas une question, mais je veux
avoir de l'ouverture de votre part pour qu'on puisse travailler pour amender la
loi ou les critères pour qu'à l'avenir une telle situation n'arrive pas au
Québec.
En gros, M. le Président, vous allez me trouver
redondante vu que vous m'avez écoutée ce matin, il y a un terrain qui
appartient à une dame. Cette dame, elle est conjointe à un individu. Ils ont
des affaires ensemble dans d'autres
compagnies, mais l'individu en question a été reconnu par la Régie des alcools, des courses et des jeux comme étant actif, et je cite, «dans le prêt
usuraire et l'extorsion». Donc, l'argent des contribuables, à mon humble avis, ne
peut pas servir directement ou indirectement à enrichir une personne qui est
reliée au crime organisé, et que c'est reconnu aussi, et d'autant plus que les policiers le disent clairement, que ce
prêteur est lié au crime organisé, qu'il y a plusieurs enquêtes sur lui
et qu'il a déjà été identifié, là, pour des taux usuraires, là.
Donc, moi, aujourd'hui, j'aimerais juste avoir
votre ouverture, parce que je sais qu'il existe dans d'autres endroits où est-ce qu'on met un critère qu'on
appelle les bonnes moeurs. Donc, pour faire une transaction avec l'État,
l'État au sens le plus large, ici, du terme, que ce soit directement avec le
gouvernement ou par un de ses mandataires, bien,
à ce moment-là, on tienne compte de ce critère-là, ce qui nous aurait empêchés,
en fait, d'acheter ce terrain. Puis il y a d'autres terrains qui
existent, là, il y a d'autres propriétaires privés de terrains fonciers au
Québec. Mais ici je trouve qu'à l'avenir...
Là, ici, clairement... Puis le ministre me l'a dit : Moi, Mme la députée
de Saint-Laurent, je ne l'ai pas vu, ce dossier-là. Puis même, par la
suite, j'ai parlé en dehors des micros avec des gens de la SQI, qui ne savaient
pas, ils n'étaient pas au courant. Mais,
quand on fait un type d'enquête, quand on ajoute ce critère-là, bien, ça nous
pousse à pousser notre réflexion puis l'enquête un peu plus loin.
Alors, est-ce que vous avez une ouverture pour
qu'on puisse travailler ensemble pour peut-être faire une modification, ça se
peut que ce soit un projet législatif à ce moment-là, mais qu'on vienne ajouter
le critère de bonnes moeurs pour les transactions avec la SQI?
• (15 h 40) •
Mme LeBel : OK. Je vais vous
répondre à deux niveaux. Le premier niveau, c'est qu'effectivement le cas de
figure particulier dont vous me parlez, là, je ne suis pas au courant dans les
détails. Donc, je vais, avant de pouvoir vous
donner une réponse qui pourrait... Naturellement, je ne commenterai pas un
dossier particulier, là, mais, avant de vous donner une réponse qui pourrait englober ce dossier-là de façon très
précise, je vais me permettre de peut-être vérifier.
Ce que je peux vous dire, par contre, c'est que,
dans le dernier projet de loi n° 12, et je ne suis pas certaine que ça
s'applique à ce genre de dossier là, mais il y avait... on a... on a ouvert
toute la question de l'intégrité des entreprises
qui font affaire avec le gouvernement du Québec au sens très large. On a ajouté
une déclaration d'intégrité sous les seuils, parce que vous saviez qu'il
y avait toute la question du RENA, c'est-à-dire du registre des entreprises non autorisées. Donc, le corollaire de ça, c'est
d'être une entreprise autorisée, de faire... de faire... Il y avait... Il y a
des vérifications qui étaient faites antérieurement par l'UPAC,
maintenant qui sont... qui ont été ramenées entièrement au sein de l'AMP, qui
vérifie, au-dessus des seuils, les entreprises qui... l'intégrité des entreprises.
On a intégré sous ces seuils-là une déclaration d'intégrité de nos entreprises.
Là, je pense que vous m'avez dit qu'il s'agit de l'achat d'un terrain. Donc, on a... c'est une forme de contrat,
mais ce n'est pas une... ce n'est pas la même base contractuelle que de faire
un contrat par... bon.
Je ne l'ai pas, la réponse. Est-ce que vous
m'intriguez? Oui, dans l'ouverture de ce qu'on pourrait peut-être faire.
Naturellement, je ne m'engagerai pas à une solution, parce qu'on l'a vu dans le
débat du projet de loi n° 12, il y a toujours plusieurs niveaux et, des
fois, il y a des difficultés d'intervention. Mais je vais très certainement
garder ça comme étant quelque chose qui doit
être à tout le moins regardé puis évalué pour voir si... C'est peut-être au
Trésor, c'est peut-être ailleurs, je ne le sais pas, mais... s'il y a
quelque chose qui pourrait être fait. Et là, naturellement, je n'ai pas les
détails de ce dossier particulier là pour vous donner, là, plus d'indications.
Mme
Rizqy : OK. Bien, si, admettons, on reste quand même,
là... Factuellement, c'est une transaction. Ce n'est pas, évidemment,
ici, un échange de services, mais ça demeure légalement un contrat, une
transaction, où c'est des deniers publics qui vont servir. Et, dans ce cas-ci,
ça a même permis d'enrichir la personne, parce que l'évaluation du terrain était autour de 3 430 000,
finalement on a payé environ 3 700 000. Puis vous me direz que ce
n'est pas beaucoup, 300 000, mais chaque dollar compte, puis c'est
correct, mais clairement, ici, il y a des deniers publics qui ont servi pour, je vais le dire ainsi, directement ou
indirectement, aller dans les poches d'un individu aux moeurs notoires, où la
régie des alcools et des jeux a clairement dit : Non, non, non, il
y a des problèmes, ici, d'extorsion, de taux usuraire.
Si, admettons... si, admettons, on se détache du
dossier, comment qu'on fait maintenant, au Québec, pour s'assurer que ça
n'arrive plus, ça, qu'une personne... Parce que, vous savez, dans notre jargon,
là, les personnes liées, là, les conjoints,
ce sont des personnes liées. Alors, des fois, on a des gens qui ont utilisé leur
conjoint ou leur conjointe parce qu'eux ont un dossier. Puis là ils
savent très bien que l'État ne voudra pas agir avec eux, ou interagir avec eux,
ou faire une transaction avec eux, donc ils vont demander à leur partenaire,
qui est la conjointe ou le conjoint, d'être, au fond, la personne signataire,
mais dans l'acte, alors que, quand qu'on regarde l'ensemble de leurs affaires,
ils sont en relation d'affaires dans d'autres compagnies,
et ça reste des personnes liées au sens de la loi, puis même au sens de la loi
fiscale. Mais là je n'embarquerai pas dans fiscalité, je vais en perdre
beaucoup, puis là...
Mme LeBel : Non, non, on va avoir du
fun.
Mme Rizqy : Mais, moi, j'adore ça.
Puis, quand je pars en fiscalité, je ne m'arrête pas.
Mme LeBel : On va s'amuser, mais on
va perdre tout le monde.
Mme Rizqy : Exactement.
Mme LeBel : Ou presque.
Mme
Rizqy : Mais, moi, je veux juste discuter. On peut même
mettre un peu de côté le dossier, mais juste de se dire : Comment, maintenant, on peut trouver des outils pour qu'à
l'avenir les deniers publics ne servent pas directement ou indirectement à des personnes liées qui ont
déjà été reconnues coupables d'infractions soit pénales ou criminelles?
Mme LeBel : Bien, écoutez, la
question est fort intéressante puis elle m'interpelle à plusieurs niveaux, ne
serait-ce qu'en mon ancienne vie et ma vie présente.
Dans ma vie présente, je suis responsable, comme
présidente du Conseil du trésor, de la loi sur les contrats publics. Naturellement, c'est pour ça que je vous
disais tantôt : Ce n'est pas un contrat au sens de la loi sur les contrats
publics. Donc, la portée que l'AMP peut y avoir, la portée que moi, je peux y
avoir par le projet de loi n° 12, je sais que ce n'est pas pertinent dans le dossier en question, mais j'ai voulu
vous faire la démonstration que, par plusieurs bonds, depuis 2018, on a
amené l'AMP, l'Autorité des marchés publics, je pense, à l'endroit où elle
devait être et qu'elle tient compte, dans ses enquêtes, dans ses évaluations
d'intégrité au sens large, ne serait-ce que par les déclarations d'intégrité,
que par les évaluations qu'elles font pour donner des permissions de contracter
avec l'État au-dessus des seuils, elle tient
compte de ce genre... le genre d'exemple factuel que vous donnez pour juger de
l'intégrité d'une entreprise.
Maintenant,
de même, rapidement, la réponse du chemin idéal pour le faire, je ne l'ai pas.
Il faut l'évaluer. Je vais poser une question qui est... je suis dans une
réflexion : On parle, ici, d'un terrain pour une école, si je ne me trompe
pas?
Mme Rizqy : Non.
Mme LeBel : Non?
Mme Rizqy : Maison des aînés.
Mme
LeBel : Pour une maison des aînés. Bon. Est-ce que l'État
doit se priver d'un terrain qui est idéal? Est-ce que... Comment on le fait? Est-ce qu'il y en a
d'autres? S'il n'y en a pas d'autres, est-ce qu'on doit s'en priver? Peut-être que
la réponse est oui. Quand je le dis, ce n'est pas pour mettre en question que
ce n'est pas pertinent de se poser la
question, mais ce n'est pas... On n'est pas dans la même... dans la même
situation qu'une relation contractuelle de long terme où quelqu'un nous
rend des services.
Maintenant, ça ne veut pas dire que la question
ne se pose pas. Alors, je vais réitérer que je suis fort intriguée. Je sais que
ce n'est pas... ce n'est peut-être pas nécessairement de mon ressort, compte
tenu que, moi, c'est la loi sur les contrats publics, mais, à tout le moins, il
y a une réflexion qui devra se faire. Puis je suis convaincue que mon collègue, peut-être, vous a répondu la même
chose ce matin, je ne sais pas, là, mais, moi, en tout cas, j'ai une réflexion
que je veux faire là-dessus. Mais est-ce que je vous promets qu'il va y avoir
quelque chose? Non.
Mme Rizqy : Non, effectivement...
Mme LeBel : Moi, j'ai toujours...
j'ai toujours l'obligation de moyens. Donc, je vais y réfléchir, mais je ne
m'engage pas dans aucune voie.
Mme Rizqy : Mais la bonne nouvelle,
Mme la Présidente du Conseil du trésor, vous avez une obligation de moyens,
mais moi, j'ai peut-être la façon que vous êtes capable de livrer des
résultats.
Mme LeBel : On verra.
Mme Rizqy : Non, mais, de façon très
sérieuse, le...
Mme LeBel : Non, mais c'est un sujet
intéressant, là.
Mme Rizqy : Oui, oui.
Mme LeBel : Mais j'ai du mal à vous
répondre, pas parce que c'est un sujet qui m'embarrasse...
Mme Rizqy : Non,
mais j'ai une suggestion pour vous.
Mme LeBel : ...mais je suis très
factuelle. Et, comme je ne connais pas les faits, j'ai du mal à m'engager dans
cette voie-là. Mais, sur la question de l'intégrité, c'est quelque chose qui me
préoccupe, oui.
Mme Rizqy : Bien, dans ce cas, moi,
j'aimerais ça, peut-être... De toute façon, je rencontre votre chef de cabinet
sur un autre sujet. Moi, j'aimerais ça, qu'on continue la discussion peut-être
en privé parce que je n'ai pas eu une réponse satisfaisante ce matin. Puis
peut-être parce que la sensibilité n'était pas, à ce moment-là, sur le coup,
présente parce que, tu sais, quand on a des échanges au vif...
Mme LeBel : Oui. Puis c'est
difficile quand on ne connaît pas le dossier.
Mme Rizqy : ...puis là on pense que
c'est un piège, mais ce n'est pas un piège, là.
Mme LeBel : Oui, non.
Mme
Rizqy : C'est vraiment de s'assurer que les deniers
publics, directement ou indirectement, ne touchent... ne va pas dans les poches
des gens qui ont déjà été reconnus coupables d'une infraction ou qui sont,
évidemment, des individus qui sont des personnes d'intérêt pour la
police, là. Donc, ça, je pense que, ce jargon-là, vous le connaissez très bien.
Moi, de mon côté, je prends l'engagement de me
rendre disponible, là, j'ai déjà quelque facilité à écrire quelques projets de loi, mais je pourrais vous
faire une petite suggestion, parce qu'on peut reprendre, à partir du PL n° 12, l'esprit de ça puis l'ajouter pour les transactions au sens
plus large. Parce que je me dis...
Je vous donne un exemple. Là, on parle d'un
terrain, mais ça peut être une bâtisse aussi qui appartient à des gens peu recommandables. On ne voudra pas utiliser
les deniers. Puis, oui, des fois, on va se dire : On va passer notre tour parce que ce n'est pas vrai qu'on va venir
enrichir des gens qu'on ne sait pas nécessairement comment que, l'argent,
ils l'ont obtenu pour faire, justement, dès le départ, l'acquisition soit du
terrain ou de la bâtisse.
Mme LeBel : Mais, vous le savez...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
Mme LeBel : Bien, j'allais dire,
l'ouverture est là. Parce que la raison pour laquelle j'ai illustré les pas de
géant, je pense, qu'on a fait dans ce domaine-là par le PL n° 12, c'était
pour vous démontrer à quel... Bien, dans mon domaine
d'action actuel, on a fait le travail. Donc, oui, la réflexion, ça va nous
faire plaisir d'en discuter avec vous à d'autres niveaux.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Alors, je
vous remercie. Sur ce, je cède la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Pour un total de?
Le Président (M. Simard) : Pour un
total de 12 min 16 s, environ.
Mme Labrie : Merci beaucoup, M. le
Président. Je veux discuter avec la ministre de la question des lanceurs
d'alerte. Je vais mettre la table en citant quelques-uns de ses collègues qui,
dans le passé, ont tenu des propos à l'égard de l'omerta dans les services
publics. D'abord, la ministre McCann, en 2019, qui disait : «La loi de
l'omerta, je n'en veux plus dans notre réseau. Le personnel qui a connaissance
de situations inacceptables ne doit pas se taire. Les intervenants doivent
parler à leurs gestionnaires qui, eux, doivent prendre les mesures pour
corriger la situation.» Il y a l'actuel
ministre de la Santé du Québec qui avait dit en 2021 : «L'omerta dans le
réseau de la santé, c'est terminé.» Il
y a l'ancien ministre de l'Éducation qui avait tenu des propos dans ce sens-là
également en disant : «La loi du silence n'est pas une option pour
améliorer notre réseau scolaire.» Il voulait procéder, dans la renégociation
des ententes, à l'époque, à inscrire ça dans la convention collective, là, la
notion de liberté de parole.
Donc, ça a été dit souvent dans le passé par le
gouvernement de la CAQ, et pourtant, moi, j'entends encore très régulièrement...
En fait, il ne se passe pas une semaine sans que des personnes qui travaillent
dans le secteur public me disent qu'ils ne peuvent pas parler de ce qui se
passe parce qu'elles ont peur de représailles. Je l'entends dans plusieurs
secteurs, plusieurs ministères. Et elles en subissent, des représailles. Quand
il y a une information qui circule,
l'employeur enquête. On a vu un exemple récemment sur la Côte-Nord,
d'ailleurs, dont la ministre se souvient peut-être. Ces gens-là se font
rappeler leur devoir de loyauté.
Nous, comme
députés, on fait serment de loyauté envers le peuple du Québec. La ministre a
prêté ses serments, moi également. J'aimerais savoir : Pour la ministre,
est-ce que les employés de l'État doivent être loyaux envers le peuple du
Québec ou envers leurs gestionnaires?
• (15 h 50) •
Mme LeBel : Bon,
je ne répondrai pas à la question sous cet angle-là parce qu'il y a... chaque
employé a un certain devoir de loyauté envers son employeur quel qu'il soit.
Mais je pense qu'on dépasse ces questions-là quand on parle de lanceurs
d'alerte et qu'il faut... quand on a des lanceurs d'alerte qui sont de vrais
lanceurs au sens... au sens auquel où on
l'entend, je pense qu'il faut leur donner un mécanisme qui leur permet d'être à
l'aise, OK, pour le faire.
Et votre
question m'interpelle à deux niveaux, parce qu'il y a la perception qui est
présente de beaucoup de gens, qu'ils ne sont pas... qui ne se sentent pas
confortables de dénoncer, et ça, cette perception-là, il faut la contrer, il
faut leur donner... et il y a la... peut-être, dans certain cas de
figure, de voir à leur donner des mécanismes concrets.
Ceci étant dit, moi, c'est une... C'était la
recommandation 8 de la commission Charbonneau. On dirait qu'à chaque fois
que je fais des crédits j'ai l'impression que je fais une prolongation à chaque
fois de mon ancienne vie, mais c'est...
encore une fois, c'est un sujet qui me préoccupe et pour lequel je pense qu'il
est très important de donner suite.
Il y a eu un rapport qui a été déposé à l'Assemblée nationale au mois de mai
2020, un rapport sur la mise en oeuvre de la loi. On a une loi sur la
divulgation, sur les lanceurs d'alerte, qui... qui a besoin d'être modernisée.
Ce rapport a dressé le bilan de l'application de la loi, puis il y a plusieurs
recommandations qui ont été faites pour avoir des pistes d'amélioration, donc
des pistes d'améliorations concrètes, mais aussi il faut véhiculer un sentiment
de sécurité. Mais je pense qu'un va... ne va pas sans l'autre.
Maintenant,
dans le rapport en question, il y avait la recommandation de mettre sur pied un
comité de travail, et là j'ai la liste, ici, là, des gens qui sont... qui
composent ce comité-là. Puis on l'a mis sur pied tel que la recommandation
était. C'est un comité de travail avec le ministère du Travail, de l'Emploi et
la Solidarité sociale, et je le dis un peu pour
vous mais un peu pour les gens qui nous écoutent pour qu'ils comprennent qu'on
est en action : Protecteur du
citoyen, naturellement, qui...
qui est partie à ça, la Commission des normes, de l'équité, la CNESST en bon...
en bon français, le ministère de la Famille,
les commissaires à l'intégrité municipale, aux enquêtes et le Secrétariat du Conseil du trésor. Donc, c'est un groupe de travail qui va
aussi travailler sur les recommandations du rapport.
Mais la vraie prochaine étape dans tout ça, et
ça fait un petit bout de temps qu'on le dit et qu'on le met de l'avant, c'est que le rapport doit être étudié en
commission parlementaire. Ça fait partie de la loi, ça fait partie du mécanisme.
Et moi, je pense que, s'il faut qu'on ouvre
la loi au terme de ce de cette étude-là et des recommandations qui découleront
de la commission qui aura étudié, parce
qu'une... une... vous pourrez décider, vous étant la commission parlementaire,
là, au sens large, de remettre de
l'avant certaines recommandations ou d'autres, bien, on va ouvrir la loi s'il
le faut. Moi, je suis prête à commencer l'étude. Le rapport est prêt,
donc... et le signal est lancé. Puis, pour l'instant, moi, les signaux que
j'ai, c'est qu'on est prêt à commencer l'étude si la commission veut bien s'en
saisir, la commission concernée. Et, je vous le dis, s'il faut ouvrir la loi,
on le fera, parce que je pense que...
Mais je vais me permettre de dire quelque chose,
par contre. Je pense qu'il faut bien encadrer, je pense qu'il faut rassurer les
gens, que ce soit les employés de l'État ou toute autre personne qui pourrait
être un lancer... un lanceur d'alerte dans la société, mais il y a aussi des
balises et des règles qu'il faut suivre pour lancer des alertes, et je pense
qu'il faut les clarifier pour ces gens-là, effectivement.
Le Président (M. Simard) : Mme la
députée.
Mme Labrie : ...M. le Président.
Est-ce que la ministre est d'avis que les travailleurs, travailleuses du
secteur public devraient avoir la liberté de dénoncer des situations ou de
commenter la façon dont ça se passe à l'interne quand ils le font pour le bien
commun? Est-ce qu'elle pense qu'ils devraient pouvoir le faire sans subir des
représailles?
Mme LeBel : Moi, je pense que ça
prend un cadre pour leur permettre de s'exprimer et de dénoncer. Ça prend un
processus, et c'est là-dessus qu'on doit travailler pour les rassurer.
Mme Labrie : Est-ce que la ministre
pense que ce cadre et ce processus, actuellement, sont suffisants? Parce
qu'elle parle de rassurer. Est-ce que c'est simplement de mieux informer les
gens, dans son esprit, ou c'est de... de raffiner ce processus?
Mme LeBel : Bien, il y a un cadre et
un processus présentement qui existent, et je ne veux pas... je ne veux pas
donner, par mes propos, l'impression aux gens qui nous écoutent que c'est le
chaos total et que les gens n'ont pas l'opportunité de dénoncer s'ils se
sentent à l'aise de le faire dans des circonstances bien précises, d'ailleurs,
OK, parce que la... au sens de la loi, il y a une définition de l'acte
répréhensible à l'article 4.
Maintenant, j'ai vu le rapport qui a été déposé
de la mise en oeuvre de la loi, qui est somme toute une loi qui est quand même
assez récente. Dans l'histoire d'une loi, là, ce n'est pas... je pense qu'elle
a, quoi, cinq, six ans, là, pas plus...
bien, à peu près, au niveau du... au moment du rapport, je vais le dire comme
ça. Donc, il y a, comme... comme toutes les... tous les rapports de mise
en oeuvre, des recommandations, et je pense qu'elles méritent d'être étudiées par la commission parlementaire. Puis je ne veux
pas me... me substituer à la commission parlementaire. Elle a un rôle à jouer,
et cette commission parlementaire là fera des recommandations. Est-ce qu'elle
adoptera les recommandations du rapport? Est-ce qu'elle en ajoutera
d'autres? Est-ce qu'elle fera d'autres types de recommandation? On verra au
final de ce processus-là.
Moi, par contre, je peux vous dire que je suis
disposée et disponible, à la suite de cet exercice-là, qui est prévu par la loi, de mettre en oeuvre les
recommandations qui en ressortiront. Pour moi... Je veux que le... le message
soit très clair, il y a déjà un système de protection. Je pense que, dans la
très grande majorité des cas, il est respecté, ce processus-là.
Je pense que, dans la très grande majorité des cas, les gens peuvent se sentir
à l'aise de le suivre. Maintenant, il y a des recommandations d'amélioration,
puis on va... on va faire la suite appropriée, le cas échéant.
Mme Labrie : Je... je vais vous lire
des extraits du témoignage d'une neuropsychologue qui nous a écrit récemment.
Ça fait plus de 20 ans qu'elle travaille dans le réseau de la santé. Elle
travaille en... en soins à domicile, en gériatrie. «Il faut donner l'impression
d'une qualité de service en misant sur la quantité. Le manque d'humanité envers les usagers et leur système mais aussi
envers les intervenants qui font le travail clinique est aussi de plus en plus
évident. Des fois, je me dis que c'est de la violence organisationnelle et j'ai
souvent honte de ce que nos services sont devenus. Comme travailleuse de la
santé, si je parle pour les usagers et les familles, trop souvent je dérange et
je me fais rappeler qui est mon employeur.
Mon constat au cours de toutes ces années : la loi du silence existe
toujours, mais elle est de plus en plus sournoise.»
Comme ministre de l'Administration
gouvernementale, est-ce que la présidente du Conseil du trésor trouve ça normal qu'une employée qui veut dénoncer la
violence organisationnelle au sein du réseau se sente muselée à ce point-là?
Mme
LeBel : Je ne commenterai pas ce cas particulier, OK,
parce que je ne le connais pas dans tous ses détails. J'en sais ce que vous me
dites et je le prends comme vous me dites. Mais je sais... j'ai suffisamment
d'expérience pour savoir qu'il y a
l'affirmation générale et, après ça, un monde de nuances dans les dossiers.
Donc, je ne voudrais pas rentrer dans ce dossier-là.
Ceci étant dit, je le répète, ça prend... oui,
comme dans toutes les... dans toutes les relations de travail, il doit y avoir une relation de confiance entre
l'employeur et l'employé. Puis ce n'est pas propre au gouvernement. C'est
propre à l'ensemble des employeurs, des employés, partout.
Maintenant, il faut qu'il y ait aussi, à
l'intérieur de ce cadre de relation de confiance et de loyauté au sens large, parce que l'employeur doit avoir confiance
en son employé et l'employé, d'avoir confiance en son employeur, c'est à deux
sens, il doit y avoir, pour l'employé, une façon de pouvoir exprimer ses... que
ce soit un acte répréhensible au sens de la
loi ou ses doléances. Maintenant, je pense qu'il faut leur fournir le cadre
approprié pour le faire, et le... j'allais dire «le contexte», mais pas le contexte, l'environnement, pardon, je
cherchais... l'environnement approprié pour le faire.
Maintenant, pour ce qui est des actes
répréhensibles, je pense qu'on devra faire la suite avec la commission
parlementaire concernée.
Mme
Labrie : Donc, si je comprends bien la ministre, son
intention pour fournir ce cadre, c'est davantage de procéder par voie
législative que par les conventions collectives.
Mme LeBel : Bien, c'est parce que,
là, faites attention, si vous me demandez par rapport à la loi sur la
divulgation des actes répréhensibles, c'est une chose. Si vous êtes en train de
m'invoquer des... des réclamations syndicales pour le climat de travail, je
vais vous référer à la table de négociation, c'est-à-dire, moi, je vais en
parler aux tables de négociation puis je ne me positionnerai certainement pas
ici. Mais ça fait partie, naturellement... L'organisation du travail, les
conditions de travail, le climat de travail font toujours partie d'une
négociation. Mais là il y a deux niveaux.
Est-ce qu'on dénonce pour avoir de meilleures conditions parce qu'on est dans
un acte de négociation? À ce moment-là, c'est légitime de parler de ces
sujets-là, mais on va parler aux tables de négociation puis pas ici. Maintenant, si on me demande, en vertu de la loi
sur la divulgation des actes répréhensibles, je ne me souviens jamais du titre correct, mais on sait de laquelle on
parle, Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles, bien, moi, je suis
très prête à améliorer la loi.
Mme Labrie : Moi, je vous parle de
situations qui viseraient à améliorer la qualité des services aux citoyens, le
bien commun, davantage que de situations qui concernent les conditions de
travail.
La ministre a
fait référence à un... bon, le rapport sur la mise en oeuvre de la loi. Son
prédécesseur au Conseil du trésor,
qui est actuellement le ministre de la Santé, avait lui-même déposé un rapport
dans lequel il y avait des recommandations très claires, là, pour la mise à jour de la loi. Le Protecteur du citoyen aussi a fait des recommandations dans ce sens-là,
21 recommandations, en fait, en 2019. Donc, est-ce que la ministre
endosse les recommandations du rapport du Protecteur du citoyen et celles de
son collègue?
Mme
LeBel : J'y ai fait référence. Le rapport dont... auquel
je faisais référence, qu'on avait déposé à l'Assemblée nationale suite à
la mise... le rapport de mise en oeuvre de la loi en mars 2020, c'était mon
collègue qui était là en mars 2020.
Mme Labrie : Puis le rapport de la Protectrice
du citoyen.
Mme LeBel : Oui, oui, c'est son
rapport sur la mise en oeuvre de la loi, et c'est ce rapport-là qui doit
être... qui doit être étudié en... J'exhibe, c'est celui-là, mais il est sur le
site de l'Assemblée nationale. Mais c'est ce rapport-là qui doit maintenant
être étudié en commission... en commission parlementaire. Et c'est à lui que je
faisais référence et c'est...
Mme Labrie : Celui du ministre...
Celui de son prédécesseur.
• (16 heures) •
Mme LeBel : Bien,
ce n'est pas celui du ministre, là, c'est celui de... oui, Secrétariat du
Conseil du trésor avec le protecteur sur la mise en oeuvre de la loi.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Merci.
Mme LeBel : C'est le même et, oui,
c'est celui-là.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Nous poursuivons nos échanges, et je cède à nouveau la
parole à la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le
Président. Mme la présidente du Conseil du trésor, vous avez affirmé que le
télétravail, qu'il n'y avait aucune baisse de productivité observée. C'est bien
ça?
Mme LeBel : J'ai déjà dit que, selon
les observations, qui n'étaient pas des données, parce qu'on va avoir un rapport... On s'est donné comme objectif de
réévaluer notre politique de télétravail pour avoir un bilan vraiment complet
en 2024. Elle n'a pas été... Cette politique, là, elle a pris tout son envol, si
on veut, pleinement, en avril 2022, je dirais même fin avril, mai, juin 2022,
parce qu'il y a eu, à un moment donné, vous vous souviendrez, hein, ce n'est pas si lointain... on ferme, on ouvre, on revient
100 % en télétravail. Donc, elle n'est pas... de façon complète, en oeuvre
depuis fin avril, peut-être, je dirais,
2022. Donc, on devrait avoir un rapport complet, un bilan complet pour
évaluer est-ce que c'est un... Parce que moi, je pense que ça prend
un échantillonnage probant. Ce que j'ai déjà déclaré, c'est que, présentement,
surtout pendant la pandémie, quand on était à cinq jours de télétravail, nous
n'avions pas remarqué, et on... et ça, ce
n'est pas scientifique, là, c'est en discutant avec les différents ministères,
avec les services aux citoyens, avec... on n'avait pas remarqué de
baisse de productivité qui était liée à du télétravail à cinq jours.
Maintenant, on était dans un contexte différent,
on le sait, et je ne suis pas dupe, là, il va falloir qu'on ait un
échantillonnage probant, mais, tu sais, on va regarder : Est-ce que c'est
un modèle optimal? Est-ce qu'il y a des paramètres à modifier? Déjà, on a eu
des recommandations d'une professeure en gestion des ressources humaines de Rimouski, je pense, de l'Université du Québec à
Rimouski, qui donnait déjà des commentaires sur notre politique, dont on
va tenir compte, là, pour cette analyse-là, et on est en train de regarder ça,
là.
Donc, je pense qu'il faut qu'on refasse un
bilan, mais, pour l'instant, je vous dirais que, par observation... on dit-tu
«empirique»? Non, hein, ce n'est pas «empirique». Par observation,
présentement, il y a, naturellement, de l'adaptation à faire dans nos modèles
de gestion. On ne peut plus être dans le modèle de gestion à vue, on doit être
dans un modèle de gestion basé sur la performance, mais il faut se donner le
temps et le recul nécessaire pour avoir de
bonnes données. Mais je vous dirais qu'on ne ressent pas présentement d'impact
sur la productivité, mais c'est loin d'être scientifique, là.
Mme
Rizqy : OK, mais vous conviendrez qu'à date ça va quand
même bien pour ceux qui sont en télétravail, là.
Mme LeBel : C'est ce que je viens de
dire, c'est ça, on ne voit pas... mais... Je pense qu'on a le devoir de faire
un bilan complet, une évaluation qui est beaucoup plus probante que ce que je
vous dis là, mais, effectivement, est-ce qu'il y a des cas de figure?
Potentiellement, là, mais, moi, je vous parle de 70 % des gens qui sont en
mode télétravail, au gouvernement, présentement, au sens large de la
fonction... dans la fonction publique, en télétravail en mode hybride. Et, présentement, je veux dire, on
ne ressent pas d'impact qui permettrait de conclure, là, juste... genre,
de façon évidente, que ça va mal. Au contraire, ça semble bien aller, mais je
ne dis pas qu'il n'y a pas de cas de figure, là, c'est...
Mme Rizqy : Non, non, bien, il y a
toujours des exceptions qui confirment la règle, là, on s'entend.
Mme LeBel : Oui, absolument.
Mme Rizqy : Mais, si jamais il y
avait eu vraiment des bris de service ou quoi que ce soit, vous auriez immédiatement
agi, là.
Mme LeBel : Oui, puis des bris de
service qui sont liés au télétravail, parce qu'il ne faut quand même pas
nécessairement tirer une conclusion immédiate, s'il y a un bris de service, que
c'est nécessairement lié au télétravail. Mais oui, on suit la politique de très
près, et on s'est donné comme objectif de se faire un bilan complet en 2024,
avec des données beaucoup plus probantes, et de réévaluer. Parce que, je l'ai
dit dès le départ, quand on a mis cette politique
de télétravail là sur la table, elle a été peut-être activée beaucoup plus
rapidement que ce qu'on avait anticipé. La pandémie nous... faisant
aller tout le monde en télétravail cinq jours, à un moment donné, il faut aussi
s'adapter à la situation, mais... On va
réévaluer, effectivement, mais, pour l'instant, il n'y a pas... disons qu'il
n'y a pas de sonnette d'alarme majeure sur l'efficacité.
Mme Rizqy : Parfait. Parce que moi,
ce que j'ai, comme échos des gens, c'est que c'est très apprécié. Et, vous le
savez, en ce moment, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, c'est un
attrait qui est recherché par les employés,
d'être aussi capables de faire du télétravail. Ça leur permet de mieux
conjuguer leurs réalités famille-travail, et je
suis contente de vous entendre le dire, qu'à date il n'y a pas de sonnette
d'alarme, ça se passe relativement bien, qu'évidemment il peut y avoir, ici et
là, quelques cas, mais, sinon, le tout se poursuit bien.
Pourquoi je vous pose
la question? Vous savez que j'ai aussi le chapeau de porte-parole en matière d'éducation. Permettez-moi juste de vous faire
peut-être une réalité plus des enseignants. Dans la grille-matières d'un enseignant,
puis vous, vous avez été professeure... bien, nous, les profs,moi aussi, j'ai
été prof, on a une plus grande latitude,
hein, dans notre façon de faire notre travail, et c'est un immense privilège.
Les enseignants, dans la grille-matières, des fois, il arrive... en fait, pas juste des fois, là, ils ont souvent,
évidemment, des cours, mais ils ont des cases horaires où ils peuvent préparer leurs prochaines périodes.
Alors, des fois, ça va arriver, on va dire, sur une période de neuf jours,
qu'ils vont avoir une journée qu'ils vont terminer, disons, le jeudi
après-midi, ils n'ont pas besoin d'être en classe, donc ils ont du temps. Et
plusieurs disent : Mais pourquoi que je suis obligé de rester à l'école?
Et je sais que vous êtes en négociation
collective, je ne vous demande pas de me parler des tables de négo, je vous
demande, là, de prendre un peu, là, comment dire, là... tu sais, ce
recul-là, de comment qu'on fait pour valoriser les enseignants, les garder...
Puis on en a vraiment besoin.
Et moi, je sais
qu'une de leurs demandes que j'entends sur le terrain et pas aux tables de négo — moi,
je ne suis pas aux tables de négo, mais, si vous voulez m'inviter, là, j'irais,
hein, pas de problème, j'adore négocier, ça va me faire vraiment plaisir...
Mme LeBel : ...par
contre.
Mme Rizqy :
Il y en a qui ne seraient pas contents chez nous de faire ça.
Mme LeBel :
Vous êtes la bienvenue.
Mme Rizqy :
Vous voyez comment qu'on a du plaisir, nous autres... Conseil du trésor? Mais
peut-être de pouvoir donner un petit peu cette flexibilité qui existe déjà,
maintenant, pour les fonctionnaires de l'État et qui est appréciée, là, d'eux,
de se dire : Bien, aujourd'hui, en 2023, lorsque notre présence physique
n'est pas requise, qu'on n'a pas besoin de
faire une prestation de service devant une classe et qu'on a de la correction à
faire... M. le Président, vous en avez fait, de la correction?
Le Président (M.
Simard) :
Malheureusement, oui.
Mme Rizqy : Et
voilà! Moi aussi, j'en ai fait. Et la réalité, dans les écoles, ce n'est pas
vrai qu'on est en surplus de classes, et souvent on doit se retrouver plusieurs
enseignants dans la salle de dîner des enseignants, la salle de repos, mais ils sont plusieurs, puis là, évidemment,
il y a du bruit, puis il y a toujours quelque chose qui arrive, puis on n'est pas capable de mettre vraiment toute
notre concentration à la tâche. J'aimerais savoir si vous avez une ouverture
pour qu'on puisse aussi étendre ce droit... OK, non, je rephrase, pas
«droit»...
Mme LeBel : Oui,
s'il vous plaît
Mme Rizqy : ...j'ai
vu dans le regard tout de suite... cette possibilité que le télétravail ne soit
pas uniquement pour... réservé, en ce
moment, pour les fonctionnaires de l'État, mais qu'on le permette aussi pour
les enseignants. Je pense que ce
serait une façon aussi de les valoriser en leur faisant confiance, à eux aussi.
Parce que vous, Mme la présidente du Conseil du trésor, vous faites
confiance que les fonctionnaires, quand ils sont en télétravail, ils
travaillent pour vrai, ils ne font pas
semblant, on le sait. Puis vous l'avez dit, il n'y en a pas eu, de bris de
service lié au télétravail. C'est aussi une façon de les valoriser puis
leur dire : Nous, on vous fait confiance que vos corrections, vous allez
les faire. Puis, de toute façon, Mme la
présidente, ils sont obligés de les faire, on a des dates d'entrée de
bulletins. Donc, ils les font, les corrections, mais ça leur permet de
le faire dans des conditions gagnantes, où est-ce qu'ils sont dans le confort
de la maison, sans le bruit d'une école. Puis, des fois, vous savez, du bruit,
il y en a.
Mme LeBel : Vous
savez comme moi que je ne peux pas complètement me détacher du fait que je suis
présentement en négociation,
malheureusement. Et vous savez comme moi que j'aimerais bien vous dire :
Mme la députée de Saint-Laurent, prenons une bulle, ici, où personne ne
m'écoute, et que je vais pouvoir vous dire des choses qui ne seront pas
reprises par les syndicats aux tables de négociation. Alors, comme on ne vit
pas dans ce monde idéal, que ça n'existe pas, je vais faire très attention à ce
que je vous réponds.
Ceci
étant dit, bon, vous l'avez précisé, puis je suis contente, la politique dont
je fais... à laquelle je fais référence s'adresse à la fonction
publique, nous parlons des deux grands réseaux. Maintenant, quand on nous parle
de ce que vous me parlez... Vous me parlez
d'organisation du travail. L'organisation du travail, on me parlait tantôt de
priorités, bien, c'en est une, priorité qui guide et qui est en toile de
fond de la négociation actuelle.
Et, oui, je suis
sensible à l'organisation du travail, je suis sensible à l'attraction, à la rétention,
je suis sensible à la productivité,
également, parce que, naturellement, si le gouvernement est prêt... Le
gouvernement est prêt à s'asseoir avec les syndicats et parler
d'organisation du travail. Et je vous dirais que j'ai beaucoup d'ouverture dans
ce cadre-là pour qu'il y ait, par contre
une... qu'il y ait... que... comment je dirais ça, donc, dans l'organisation du
travail, qu'il y ait aussi une amélioration du service qui est faite.
Ceci étant dit, je vais
juste vous donner un exemple. Lors de la dernière négociation, il y avait toute
la question du cinq heures de travail... je vais l'appeler travail clérical, je
sais que ce n'est pas ça, là, mais qui n'est pas de l'enseignement, là, parce
qu'on s'entend que du télétravail pour les heures de classe... je comprends que
ce n'est pas là que vous voulez aller, mais,
dans ce cinq heures-là, on a négocié un deux heures de libération où... que les
enseignants peuvent faire à l'endroit où ils veulent, et ça a été
négocié. Donc, maintenant, au lieu d'être 32 heures de présence à l'école... c'est maintenant 30 heures de
présence à l'école, et ça inclut les heures de classe, naturellement. Donc,
ceci étant dit, parlons organisation du travail, parlons-en ensemble aux
tables de négociation.
• (16 h 10) •
Mme Rizqy : Moi, j'entends une
ouverture, par le sourire aussi, mais...
Mme LeBel : Sur l'organisation du
travail.
Mme Rizqy : Oui, sur l'organisation
du travail. Moi, je vous soumets que ce serait vraiment très apprécié.
Mme LeBel : C'est noté.
Mme
Rizqy : Et gardons en tête que nous perdons, dans les cinq
premières années, entre 20 à 25 % des jeunes enseignants, les
nouveaux enseignants, mais aussi qu'on a une nouvelle tendance qui se dessine,
des enseignants d'expérience qui quittent plus tôt, maintenant, vers la
retraite, même avec des pénalités, parce qu'ils sont vraiment épuisés. Alors,
je trouve que c'est une façon aussi d'ajouter dans ce que votre collègue, qui
était l'ancien ministre de l'Éducation... il appelait ça le bouquet de mesures.
Puis c'est vrai qu'on a besoin d'un bouquet de mesures.
Permettez-moi de continuer sur encore la même
chose, mais sous un autre angle, maintenant, qui touche le télétravail, mais...
vous allez me voir venir : la déconnexion. Moi, je suis allée dans les
écoles faire du remplacement, et là j'ai découvert que mes talents de prof à
l'université ne valaient absolument rien à l'école, pour vrai, et que... Je
suis sortie de là épuisée après une semaine. Ce n'est même pas des farces. Et,
semaine après semaine, j'ai découvert beaucoup plus le monde de l'éducation
primaire et j'ai été assez surprise des courriels. Parce que, là, vu que
j'étais dans l'école, j'avais aussi, moi, le droit de savoir qu'est-ce qui se
passait, mais, pour vrai, il y avait des courriels qui rentraient passé
9 h et même passé 10 h le soir. Tu sais, je peux comprendre, quand il
y a des urgences, là, des vraies urgences,
qu'effectivement, là, il faut envoyer un courriel : L'école, demain, elle
est fermée pour x, y raison, ça, je trouve ça vraiment correct, mais est-ce
qu'il y a une ouverture pour venir écrire noir sur blanc le droit à la
déconnexion pour des employés?
Mme LeBel : Écoutez, il y a quand
même plusieurs choses qui encadrent cette question-là. Maintenant, dans la politique de télétravail, il n'y a rien qui est
écrit noir sur blanc, sur cette question-là, mais, dans le guide d'application
de la politique, on demande aux... j'allais
dire aux entités concernées qui appliquent la politique de porter une attention
particulière à cette question-là. Donc, oui, c'est un souci.
Maintenant,
comment... Est-ce qu'on doit aller plus loin? Est-ce qu'il y a des cas de
figure qui sont nécessaires? Est-ce que... Et je sais que c'est une
demande des syndicats, donc je suis très prudente. Donc, on en discutera aux
différents niveaux, mais je veux juste rassurer qu'on n'est pas complètement
insensibles, là, parce que, dans le guide d'application, on demande de faire
attention à ce... à cette... à ces cas de figure-là, à ça, là, et cette
question, là, de déconnecter. D'ailleurs,
j'ai hâte qu'on nous la donne à nous aussi, députés et ministres, mais, bref,
il y a une attention particulière qui doit être portée à cette
question-là, effectivement, et c'est dans le guide d'application.
Mme Rizqy : Là, il me reste combien
de temps?
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Rizqy : OK, parfait.
Mme
LeBel : ...dire, là, parce que c'est marqué à la... Bien,
la politique de télétravail, c'est marqué «Responsabilité de l'employé
ou de l'employée, bon, ça, puis c'est être... bon, c'est : «Être joignable
dans un délai raisonnable, mais selon son horaire de travail.» Donc, c'est bien
précis, c'est selon son horaire de travail. Donc, ce n'est pas parce que...
Puis vous savez qu'ils sont en télétravail en mode hybride, hein? Donc...
Mme Rizqy : ...préciser, là,
mettons, je parlais vraiment de l'équipe-école.
Mme LeBel : Oui, mais là on est dans
les négociations à ce moment-là. C'est parce que moi... C'est délicat, parce
que moi, je n'ai pas l'ensemble des commissions scolaires, l'ensemble des
règles, et tout ça, et des employeurs. Moi, ma politique s'adresse à la
fonction publique.
Maintenant,
est-ce que, dans le cadre des négociations avec les secteurs, présentement, aux
tables de négociation sectorielles, est-ce que c'est un sujet qui est
abordé? Bien, ce sera très certainement un sujet qu'on discutera, le cas
échéant, là.
Mme Rizqy : Il me semble qu'ils
l'ont déposé dans leurs demandes, là, les syndicats.
Mme LeBel : Bien,
c'est pour ça je vous dis que ça va être... ça va être discuté aux tables de
négociation, là.
Mme Rizqy : Oui, mais vous avez déjà
commencé à mettre un petit peu la table sur certaines affaires que le
gouvernement ouvre.
Mme LeBel : Oui, je vous parlais de
la politique de la fonction publique. Il faut avoir une sensibilité à ça, mais
elle va se... elle va se décliner de quelle façon? Je ne le sais pas. C'est un
sujet qui est discuté aux tables de négociation par les secteurs concernés,
donc, dont l'éducation, auquel vous faites référence.
Mme Rizqy : Oui, parce que je pense
qu'à l'époque où est-ce qu'on vit, là... Nous, disons-le ainsi, vous tout comme moi, on est des élus, donc nos heures, ça
fait longtemps qu'on a arrêté de les calculer, là, mais il me semble que,
pour des employés qui ont déjà une lourde
tâche, là, dans leur cas, il me semble qu'on est rendus là, à aller encadrer
ça, là.
Mme LeBel : Oui. Bien, tu sais, il
faut faire... je ne mets pas en cause le fait qu'il faut avoir le télétravail,
le travail à distance, les outils de
communication... parce que ce n'est pas propre au télétravail, hein, les outils
de communication, qu'on fournit
souvent à beaucoup d'employés... oui ou non, les courriels, la façon plus
immédiate de rejoindre tout le monde, dans notre société, puis c'est un grand
débat de société, a permis de se rejoindre facilement.
Maintenant, il faut faire la distinction entre
recevoir un courriel, le prendre et y répondre, mais vous avez raison, il y a
une question, je pense, même beaucoup plus large que l'éducation ou que les
négociations, à se poser sur la facilité
avec laquelle on est rejoignables et l'attente de l'immédiat qu'on a tous dans
notre société, mais je reprends, maintenant, de façon plus
précise : C'est un sujet qu'on va discuter aux tables de négociation.
Mme
Rizqy : Alors, je vous soumets comme idée de prévoir, par
exemple, pour les enseignants, que répondre dans la journée scolaire et...
Disons que leur présence, disons, est de 7 h 40 jusqu'à
8 heures... pardon, pas 8 heures, ça, c'est nous autres,
jusqu'à 8 heures le soir... non, mais disons que ce serait
7 h 40 jusqu'à, par exemple, 16 heures, qu'ils terminent
l'école, environ, là, plus ou moins, mais que, c'est ça, durant la période de
travail, là, qu'ils peuvent répondre aux courriels, mais qu'après, une fois
qu'ils ont quitté l'école, que ce soit clair. Parce que, sinon, eux, il faut se mettre à leur place, quand ils reçoivent
des courriels, s'ils ne répondent pas, bien, vous vous dites : Bien, il a
ouvert le courriel, est-ce qu'il va répondre? Bien, il y en a beaucoup
qui ont cette pression de répondre de peur de recevoir une plainte de ne pas
avoir répondu assez rapidement. C'est cette crainte-là qu'on devrait essayer
d'enlever, puis dire que non, la journée de
travail est de telle heure à telle heure et, par conséquent, les réponses sont
de telle heure à telle heure, sauf évidemment s'il y a une urgence
importante, là, ça, je peux comprendre. Puis habituellement les urgences, c'est
les cadres, donc, les directions d'école, qui seraient en mesure de répondre,
ou le centre de services scolaire, mais... Là, je ne sais pas combien de temps
qu'il me reste... parce que j'ai d'autres questions.
Le Président (M. Simard) : 1 min 50 s.
Mme Rizqy : OK. Bien, voulez-vous...
Sinon je vais aller à mon prochain bloc. Voulez-vous répondre à ça? Sinon,
est-ce que je peux terminer puis prendre mon temps après? Oui. OK, parfait.
Bien, à moins que vous vouliez répondre, mais je pense que...
Mme
LeBel : ...rien à ajouter à part le fait que je sais que
c'est une... que ça fait partie d'une demande et je sais que le sujet
fait partie de la discussion.
Mme Rizqy : Parfait. Merci beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup. Mme la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, M. le
Président. D'abord, permettez-moi de saluer ici tous les collègues, saluer Mme
la ministre ainsi que toute son équipe qui l'accompagne aujourd'hui aux
crédits.
M. le Président, la collègue du Parti libéral
vient de parler que nous avions le devoir, en fait, de soutenir un modèle de
gestion basé sur la performance, en termes de ressources humaines, mais la
performance de l'État, on le sait, on en a... En fait, ce n'est pas la collègue
qui en a parlé, c'était en réponse à la collègue — je vois des points d'interrogation — permettez-moi de rectifier. Donc, on parle de
performance basée... de gestion basée sur les performances, mais ça, ça
s'adresse aussi pour les performances de l'État.
Et, quand on parle du contexte des finances
publiques dans lequel on s'inscrit actuellement, de la situation économique
post-pandémie, inflation, on le sait aussi, on a beaucoup d'enjeux, et je pense
que la collègue en a fait mention, des
enjeux liés à la rareté de main-d'oeuvre, qui représentent aussi des défis
importants pour l'administration publique. Il y a un travail qui doit se
faire et qui peut se faire. Et la révision des programmes vous permet et, en
fait, permet à l'État de modifier les façons de faire de l'administration
publique pour amener un niveau de performance plus grand, d'une part,
évidemment, dans un même contexte, d'améliorer la qualité des services aux
citoyens. On en parle souvent, on en a eu
plusieurs, discussions. Les citoyens s'attendent à avoir des réponses précises
à leurs besoins, s'attendent... des niveaux d'attentes qui sont quand
même assez élevés. Et aussi ça vous permet de dégager une marge de manoeuvre pour réaffecter des ressources
en fonction, évidemment, des différentes priorités gouvernementales.
Je lisais que les efforts
en révision des programmes vont se poursuivre et, évidemment, pourraient
permettre de contribuer à l'atteinte de cibles importantes, dont des économies
récurrentes de 1,5 milliard, à terme, on parle ici de 2026‑2027. Moi, ce que j'aimerais entendre, ce que
j'aimerais savoir, c'est quels moyens on va prendre, quels moyens vous allez prendre pour que le gouvernement puisse
atteindre ces cibles-là. Puis là je vous parle, ici, là, de deux natures, que
ce soient des moyens financiers ou non, là. Je veux vous entendre.
• (16 h 20) •
Mme LeBel : Bien, merci.
Mme Lachance : Vous savez comment ça
me touche.
Mme LeBel : Oui, absolument.
D'ailleurs, on va avoir l'occasion d'y travailler ensemble. Écoutez, la
révision des programmes gouvernementaux est importante à deux niveaux. Vous
avez mentionné le premier niveau... Et ils ne sont pas en ordre d'importance.
Donc, le premier niveau, naturellement, qui est le plus évident, ce sont les
économies récurrentes qu'on peut y retrouver quand on fait la révision des
programmes gouvernementaux. Ce n'est pas la première fois, dans le cadre
financier 2018... je me trompe toujours, 2018‑2023, on avait déjà... dans
nos mesures d'optimisation, il y avait la révision des programmes, et qui nous
ont permis, à terme, avec d'autres mesures d'optimisation, de faire des
économies de l'ordre de 2 milliards de dollars, ce qui n'est pas
négligeable dans un cadre financier.
D'ailleurs... vous allez le retrouver, d'ailleurs, à la Stratégie de gestion
des dépenses, que j'ai déposée en même temps que le budget de mon
collègue aux Finances, à la page 18, on parle de l'exercice qui a été fait
préalablement et des mesures d'optimisation. Donc, on a atteint même plus que
notre objectif, un peu plus de 2 milliards à terme. Et il y avait toute la
question de la révision des programmes gouvernementaux dans cette case-là.
Maintenant,
on a encore, dans l'amélioration continue, notre cadre financier puis la saine
gestion des finances publiques. Et, là-dedans, il y a deux composantes, hein,
il y a la saine gestion, mais c'est de l'efficacité, également, et de
l'efficience. Donc, il faut qu'on comprenne qu'on ne recherche pas des
coupures, on recherche de l'efficacité, on recherche de l'efficience.
Il faut comprendre que les sommes qui sont
récupérées ou économisées de cette révision des programmes là et de cette
gestion plus optimale de nos deniers publics sont réinvesties dans les services
aux citoyens. Donc, l'idée, c'est de
dire : Est-ce que chaque dollar qui est dépensé dans les programmes du
gouvernement vient servir au maximum les citoyens? C'est ça, la... c'est
ça qui est l'objectif derrière cette révision de programmes là.
Et, en même temps, la révision des programmes
est aussi une opportunité de venir simplifier les démarches d'accès aux programmes pour les clientèles. On
l'entend, sur le terrain, comment c'est compliqué, l'accès aux programmes, comment,
des fois, c'est plus ardu pour des gens qui ne sont pas rompus à l'exercice de
soumettre des dossiers aux programmes gouvernementaux ou de chercher à travers
la multitude des programmes. Malgré que les 125 députés, dans les 125 comtés, font un excellent
travail d'accompagnement envers les citoyens pour les guider à travers le
dédale des programmes
gouvernementaux, je pense que c'est important de simplifier les démarches
d'accès des programmes pour les clientèles.
Donc, ce sont deux niveaux, et on va y arriver.
On l'a fait la dernière fois. Et comment... Je peux vous donner des exemples de
projets qui ont été faits, qui étaient beaucoup plus à portée gouvernementale.
Il y en a eu une multitude. On en a eu des... deux... est-ce que c'est... deux
projets de loi sur la révision réglementaire aussi. Ça ne touche pas les programmes du Conseil du trésor,
comme tels, et des différents ministères, mais c'est dans le même état d'esprit qu'on le fait. On a eu l'optimisation de
la gestion de la flotte gouvernementale du CGER, comme on l'appelle, où on a
regroupé sous un même toit plusieurs entités. On a donc confié le mandat au
Centre de gestion de l'équipement roulant,
qui était le CGER, du ministère du Transport, d'intégrer les activités de la
gestion de la flotte gouvernementale. Ça n'a l'air de rien, là, mais il
y avait des petites flottes gouvernementales à gauche et à droite, et on a
voulu centraliser ça, et on a dégagé des économies. Non seulement on a des
gains d'efficacité puis c'est beaucoup plus logique
d'avoir ça à un même endroit, mais on a des économies en dollars sonnants qui
sont... qui découlent de tout ça.
On a également... Et c'est aussi une façon, la
gestion des programmes, de ne pas juste récupérer des économies, mais il y a,
des fois, des programmes gouvernementaux... Et vous le savez, maintenant, ça
fait plusieurs fois qu'on fait l'exercice
des crédits, quand des sommes d'argent sont attribuées dans un programme
spécifique, ce n'est pas impossible dans tous les cas de figure, mais
c'est souvent très complexe de prendre l'argent de ce programme-là, qui ne fonctionne peut-être pas ou qui n'est pas
aussi populaire... et là je prends un terme très, très générique, là, mais
très... populaire qu'on l'aurait pensé, donc probablement qui ne répond pas
nécessairement aux besoins de la clientèle, et, des fois, on ne se pose pas
trop la question, il y a des sommes qui dorment là, qui ne sont pas utilisées
pour les gens.
Donc, de fait, de revoir ces programmes-là,
peut-être de les maintenir mais en les modifiant, peut-être de les abolir parce
qu'ils ne répondent pas à un besoin de la clientèle mais de prendre ces
sommes-là et de les mettre, les injecter dans un programme qui fonctionne très
bien, où, des fois, on a trois, quatre fois le niveau de demande des ressources,
donc... ça fait partie de tout ça, la révision des programmes. Et on le fait.
Naturellement, ce n'est pas le Conseil du trésor
qui révise tous les programmes de tous les ministères et organismes, ce serait
impossible, mais on envoie le signal très clair et on suit les programmes
gouvernementaux pour être sûrs que... Pour nous, l'indicateur le plus probant,
c'est les économies, parce que, quand... qui sont l'indicateur, je dirais, le
plus probant de notre surveillance de la révision des programmes, mais,
naturellement, on accompagne les ministères et organismes, en termes de
performance, d'efficience. On a d'ailleurs tous les plans stratégiques. Je
pourrais partir dans la performance, mais... parce que ça... je trouve ça,
effectivement, fascinant, mais ça fait partie des outils,
également, que l'on fait pour cette révision des programmes là. Mais c'est très
spécifique, la révision des programmes, à l'intérieur d'un grand souci
d'efficience et de performance.
Mme Lachance : Merci. M. le Président,
j'ai une autre petite question, est-ce que j'ai encore du temps?
Le Président (M. Simard) : Oui,
1 min 50 s, madame.
Mme
Lachance : Merci. Dans la révision des programmes, puis vous
l'avez bien dit, dans le fond, vous avez... c'est un des outils parmi tant d'autres, mais j'aimerais aussi vous
entendre parler, parce qu'évidemment on parle d'attentes citoyennes, et on a
déjà eu la discussion ensemble, concernant, évidemment, l'évaluation de la
performance de l'État.
Donc, ce que
j'aimerais parler avec vous, c'est, techniquement, le tableau de bord de la
performance de l'administration
publique. Ce que j'aimerais voir, c'est comment cet outil-là peut permettre une
amélioration continue qui se transpose, dans le fond, dans les
ministères et comment, évidemment, ça nous amène à un autre niveau, puis là je
veux des exemples, quand même...
Mme LeBel : Oui. Bien, la
transparence, c'était l'essentiel, quand on parle d'évaluation de la
performance. Quand on est arrivés au
pouvoir, en 2018, c'est mon prédécesseur, d'ailleurs, qui était au Trésor à
l'époque, qui a mis sur place ces nouveaux indicateurs-là. C'est
important qu'on ait des indicateurs, dans les plans stratégiques, qui sont mesurables. C'est bien beau de dire :
J'aimerais avoir un meilleur système... un meilleur service à la population,
quand je suis un ministère donneur de
services, si on n'a pas d'indicateurs pour bien le mesurer, bien, on peut faire
une profession de foi, mais on ne le saura jamais. Donc, on a d'ailleurs
procédé en deux étapes majeures, la première étant de mettre à jour les plans
stratégiques avec des indicateurs de performance pour pouvoir avoir un suivi
probant, et le tableau de bord en fait partie. Quand on est capables de voir la
performance des différents ministères, quels sont les indicateurs où il y a eu
des manques, les explications qui sont données, parce qu'il peut y avoir des
explications à donner, et les intentions, après ça, d'aller en amélioration, je
pense que de la transparence... et le tableau de bord en fait partie, est un
des meilleurs outils pour suivre ces indicateurs.
Le
Président (M. Simard) : Très bien.Merci à vous, chère collègue. Je
cède de nouveau la parole à la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le
Président. Dans les cahiers de crédits, j'aimerais juste comprendre, parce
qu'il y a une catégorie pour les vacances, les réserves de maladie, qu'on
appelle, puis il y a un chiffre qui est beaucoup
plus important pour une catégorie d'emplois, c'est sécurité publique. En
réserve, là, on parle de 18 millions, alors qu'à d'autres endroits,
c'est...
Mme LeBel : Êtes-vous capable de
nous guider à travers pour nous cibler la mesure, la ligne?
Mme Rizqy : Ah oui, oui! La question
n° 13 dans les renseignements généraux.
Mme LeBel : OK.
Mme Rizqy : Juste pour comprendre...
Mme LeBel : ...
Mme Rizqy : Oui, oui, oui, il n'y a
pas de problème, là.
Des voix :
...
Mme LeBel : Là, dans la question n° 13,
moi, j'ai un tableau que je... trop petit pour lire.
Mme Rizqy : Oui. Bien, juste pour
vous donner une idée, mettons, au Conseil du patrimoine, il y a pour
33 000 $ de réserve de maladie que... donc, qui n'a pas été pris,
Conseil du trésor, c'est un peu plus, c'est 3 millions, mais le
18 millions, c'est vraiment Sécurité publique, ça n'inclut pas,
évidemment, la Sûreté du Québec, là. C'est que
c'est vraiment... J'aimerais juste savoir pourquoi la... c'est aussi important.
C'est parce qu'ils n'ont pas été capables de les prendre?
Mme LeBel : OK. Bien, si vous
permettez, là, parce qu'on est très technique, puis d'ailleurs j'apprécie qu'on
ait une question crédits aux crédits, je le souligne...
Mme Rizqy : Je suis là pour ça, Mme la
Présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Je vous dirais que c'est
presque une première dans ma vie.
Mme
Rizqy : Bien non, l'année passée, j'étais avec... Non, l'année passée,
j'étais absente. Bien oui, j'étais en plein traitement, hein?
Mme LeBel : Et
voilà. Et voilà. Et voilà.
Mme
Rizqy : Bien, écoutez... je faisais mon bébé numéro un, là, écoutez.
Mme LeBel : J'aurais eu la question crédits l'année passée,
mais alors je souligne que c'est ma première question crédits aux crédits, ou presque.
Donc, ceci
étant dit, si vous permettez, comme c'est très précis, je vais demander à
Mme Cantin, qui est... Peut-être donner votre titre vous-même... Parce que
je la connais sous le nom de Danièle.
Mme Rizqy : Bonjour.
Le Président (M.
Simard) : ...consentement?
Mme Rizqy : Oui,
consentement.
Le Président (M.
Simard) : ...auriez-vous d'abord l'amabilité de vous présenter.
Mme Cantin
(Danièle) : Oui. Bonjour, Danièle Cantin, secrétaire associée aux
politiques budgétaires et aux programmes.
Bien, je vais
répondre à votre question en expliquant la façon que c'est calculé. C'est qu'on
vient... dans les états financiers du
gouvernement, on vient indiquer la dépense, le niveau de dépenses, et la
variation annuelle découle de qu'est-ce qui a été ajouté dans la banque
du personnel et, en moins, qu'est-ce qui a été utilisé. Donc, c'est les plus et
les moins qui viennent présenter la variation pour chacun des ministères. Donc,
s'il y a des plus et des moins qu'on retrouve à la hausse ou à la baisse, bien,
c'est l'effet de l'utilisation de ces vacances-là par le personnel.
Mme Rizqy : Là,
présentement, c'est des réserves, donc je comprends que, permettez-moi
l'expression, elles n'ont pas été décaissées.
Mme Cantin
(Danièle) : Exactement.
Mme Rizqy : C'est
quand même beaucoup, 18 millions. J'aimerais savoir : Est-ce que vous
avez cherché à savoir pourquoi? Est-ce qu'ils n'ont pas été en mesure de les
prendre?
Mme Cantin
(Danièle) : Ça... Je n'ai pas la réponse à cette question-là.
Mme LeBel : Elle
existe, cette réponse-là, mais c'est le groupe concerné qui pourrait vous y
répondre. Nous, on calcule les données, on récolte les données à haut niveau
pour préparer les rapports, mais...
Mme Rizqy : Je
ne suis pas dans le bon groupe.
Mme LeBel : Bien
non.
Mme Rizqy : Ce
n'est pas grave. OK. Bien, merci. Donc, au fond, ce serait à la Sécurité
publique de pouvoir m'expliquer qu'est-ce qui se passe.
• (16 h 30) •
Mme LeBel : Il
y a peut-être un événement particulier qui s'est passé, qui a empêché les gens
de prendre des vacances, mais... Et puis je vous dirais que je ne sais pas
quelle année... ça doit... ça doit... c'est l'année 2022‑2023?
Mme Rizqy : Oui.
Mme LeBel : Bon. Je ne sais pas, peut-être que, compte tenu du
contexte que l'on vivait, il y a peut-être eu plus de temps
supplémentaire que de vacances qui ont été prises, là, mais là je... Voyons!
Pourquoi je te donne ça?
Mme Rizqy : Non,
bien, gardez-le, parce que j'ai une autre question dans les crédits.
Mme LeBel : Oh
mon Dieu!
Mme Rizqy : Allez
à la question... pardon, juste voir, c'est...
Une voix : ...
Mme Rizqy : ...n° 6, contrats.
Dans les renseignements généraux, la question n° 6,
Contrats...
Mme LeBel :
L'onglet 6. OK.
Mme Rizqy : Oui. Puis là vous allez
me dire, et à juste titre, que c'est écrit très petit, je vous le dis tout de
suite.
Mme LeBel :
Ils n'ont pas pensé à l'âge de leurs ministres.
Mme Rizqy :
Bien, voyons, vous êtes toute jeune.
Mme LeBel :
Vous le direz à mes yeux. Oui, je vous suis...
Mme Rizqy :
Là, le faucon pèlerin ne sera pas très content, là, je vous le dis tout de
suite.
Mme LeBel :
Bien, je vous l'ai dit en français, hein? Je vous suis.
Mme Rizqy :
Non, je vous avise...
Mme LeBel :
Ah! OK.
Mme Rizqy :
...que le faucon pèlerin ne sera pas content, au futur. Formation «Design
Thinking», ça mange quoi en hiver?
Mme LeBel :
Ah! ça doit être entre guillemets...
Mme Rizqy :
Non, non, mais...
Mme LeBel :
Je suis convaincue que c'est entre guillemets, parce que c'est probablement
des formations qui sont appelées comme ça puis que, quand on fait référence à
une formation, ce n'est quand même pas nous qui nommons la formation. Mais elle est à quelle page? Mais je ne sais pas,
je m'avance, mais est-ce qu'il y a des guillemets?
Mme Rizqy :
Oui, oui, il y a des guillemets, mais, dans tous les cas... Bien, ma
question ne porte pas sur le niveau du français, mais on aurait pu le traduire.
C'est à la page 4...
Mme LeBel :
Mais c'est parce qu'on ne peut pas traduire le nom d'une formation. Parce
qu'elle existe, cette formation-là. Ce n'est
pas une intention de donner une formation en réflexion du... Comment ça se dit,
"design", en français?
Mme Rizqy :
«Design thinking». Mais, moi, honnêtement, ma question, je veux vraiment savoir
ça mange quoi en hiver, une formation en «design thinking».
Mme LeBel :
Bien, ce sont toutes les formations qui sont disponibles et offertes, là.
Donc, je ne les connais pas toutes par coeur, les synopsis de toutes les
formations.
Une voix :
...
Mme LeBel : Ce sont des formations sur les technologies de
l'information. Je ne connais pas par coeur le contenu et le synopsis
de...
Mme Rizqy : Non, non, je ne vous
demande pas de le connaître par coeur, mais je me demandais si quelqu'un savait
c'était quoi, parce que moi, ça m'a juste surprise.
Mme LeBel :
Non. Il faudrait s'y inscrire pour la connaître.
Mme Rizqy :
Voulez-vous qu'on s'inscrive? C'est-tu une invitation?
Mme LeBel :
Non.
Mme Rizqy : Non, c'est parce qu'il y a d'autres formations tout aussi pertinentes,
là, Sens poétique et pouvoir d'influence, mais ça, je pense, vous l'avez
déjà.
Mme LeBel : Oui, mais, vous savez, on
répertorie la liste des formations qui sont dans les différents secteurs. Ces
secteurs-là sont beaucoup plus à même de vous répondre quel est l'objet de la
formation. Et, quand elle est désignée comme ça, puis je faisais des
blagues, là, mais quand elle est désignée, c'est parce que c'est une formation
existante... Nous, on fait référence à des formations qui existent, et elle est
désignée comme ça, donc, pour être sûr de bien la cibler et d'envoyer les gens
dans cette formation-là, je vais dire. Voilà.
Mme Rizqy : Non,
mais, de toute façon, je regarde. Si jamais il y en a quelques-unes qu'on
devrait s'inscrire, j'envoie ça dans l'univers...
Mme LeBel : Je vais commencer
par faire mes 30 heures au Barreau avant de faire autre chose...
Mme Rizqy : Bien non, Mme la
présidente, ne savez-vous pas que vos heures en consultation comptent? Bien
oui, je les ai fait compter.
Mme LeBel : L'étude détaillée?
Mme Rizqy : Non. Consultations,
pas Études détaillées. Bien, je le sais, j'ai été approuvée, moi. Puis moi, je
les ai toutes faites, toutes. Je peux même vous montrer mon courriel
d'approbation.
Mme LeBel : Bien
là, la responsable des ordres professionnels va peut-être aller réviser vos...
Non, non, c'est une blague, mais on s'en reparlera ailleurs.
Mme Rizqy : Je ne sais pas. Mes
heures de formation continue?
Mme LeBel : En tout cas, je...
je note tout ce que vous me dites, et celle-là aussi est notée.
Mme Rizqy : Parfait. Je le
sais, là. De toute façon, Intelligence émotionnelle, c'est une autre formation.
Mieux transiger avec les personnalités difficiles, j'imagine que ce n'est pas
fait pour moi, là.
Des voix : ...
Mme Rizqy : Vous avez manqué ma
blague.
Mme LeBel : Oui. Et je l'ai ri
par politesse, je l'avoue.
Mme Rizqy : Oui? Vous êtes
honnête. Alors, Mme la présidente, vous, vous avez fait adopter la loi...
Mme LeBel : Quelques lois. Oui.
Mme Rizqy : Bien, quelques
lois, vous pouvez en être fière. Vous vous rappelez du projet de loi n° 66?
Mme LeBel : Ah oui! Bien, il y
a des numéros qu'on oublie moins que d'autres, oui.
Mme Rizqy : Bon. Là-dedans, ce
matin, ce n'était pas trop clair si c'était vous ou...
Mme LeBel : C'est mon collègue.
Mme Rizqy : Bien là, ce matin,
il ne voulait pas prendre la responsabilité.
Mme LeBel : Bien,
je m'excuse, mais c'est... Le projet de loi n° 66.
C'est avec des dossiers... les 200 projets... C'est-tu 180?
Mme Rizqy : 180.
Mme LeBel : Je me suis
autocorrigée. Les 180 projets qui sont à l'annexe, ce sont des projets qui
sont tous au PQI, et les niveaux d'évaluation sont pour le PQI et la SQI, en
général, pour certains des projets, surtout quand on parle des écoles
secondaires. Et là je retombe dans mon ancienne responsabilité, pas si lointaine,
mais effectivement le suivi est fait par les infrastructures, je pense, hein,
par le secrétariat des infrastructures, et c'est le secrétariat dont mon
collègue est responsable avec ces nouvelles... ces nouvelles choses.
Est-ce qu'il y a... Je pense qu'il devrait y
avoir une... C'est-tu aux trois mois qu'on devait avoir... Je ne me souviens
plus, là, des délais, mais il devait y avoir une reddition de comptes...
Mme Rizqy : Aux six mois.
Mme LeBel : ...aux six mois.
Merci. Et je me souviens que tout le monde avait cinq ans pour utiliser les mesures. Je vais y aller de façon très générale.
Je répéterai que ce sont quatre cartes d'accélération qui ont été fournies.
Quand on fournit quatre cartes, ils n'ont
pas l'obligation de les utiliser, et on aura un bilan complet à la fin des cinq
ans. Mais il y a des intervalles de six mois, si je ne me trompe pas,
là. Vous me pardonnerez, c'est trois, là, mais je me souviens qu'il y avait des intervalles. Et je pourrais... Je ne veux
pas... Comme je ne veux pas brûler votre temps, je n'irai pas dans les
quatre cartes et vous parler que c'est en environnement, en expropriation, en
aménagement du territoire, mais ce sont... On avait dit
d'entrée de jeu que, dépendamment du projet, dépendamment de l'avancement du
projet, il pouvait arriver que certains projets n'en aient pas besoin, mais
c'étaient des projets qui avaient été identifiés comme étant des potentiels
utilisateurs de ces cartes-là, pas toutes, des fois une, des fois comme...
Quand on parlait d'écoles, des fois, on
aurait pu parler d'expropriation. Des fois, c'est une question d'aménagement du
territoire, donc, des fois, c'est une question environnementale. Est-ce
qu'on est près d'un cours d'eau? La question de l'expropriation et de
l'environnement était beaucoup plus présente dans les projets routiers,
naturellement, mais pas exclue dans les projets de maisons des aînés ou
d'écoles, là.
Donc, peut-être, vous pourriez me poser votre
question, mais je n'ai pas la prétention de pouvoir y répondre parce que je ne
suis plus aussi étroitement associée à ces données-là que je ne l'étais. Donc,
la mémoire étant une faculté qui oublie, je tends à essayer d'oublier.
Mme Rizqy : Vous tenez à
essayer d'oublier?
Mme LeBel : Non, c'est une blague.
Mme Rizqy : C'est impossible
avec vous.
Mme LeBel : Non, non. Non, mais
je n'oublie pas, mais, je veux dire, je ne suis pas au fait des données, des
dernières données, je vais le dire comme ça, là.
Mme Rizqy : Ça adonne bien, parce
que, moi, j'avais le président de ce matin, qui est aussi notre président d'aujourd'hui, là. Donc, vous notez que j'étais ce
matin aux bons crédits quand je posais mes questions, M. le Président.
Le Président (M. Simard) :
Je
note que vous étiez là.
Mme LeBel : Mais tout dépend de
la question par contre, comme je vous dis, là.
Mme Rizqy : Non,
mais c'est parce que, moi, dans ma tête, c'est que le projet de loi n° 66,
ma compréhension, c'est que c'étaient
des projets que le gouvernement a jugé prioritaires. Ils en ont identifié
parmi, là, des centaines, là, qui sont déposés, 180, qui, eux, devaient passer
plus rapidement que les autres parce qu'ils sont nécessaires. Puis, là-dedans,
il y avait évidemment des maisons des aînés, il y avait, je crois, aussi
un hôpital.
Mais, moi, vous comprenez, l'éducation, c'est
important, mais Saint-Laurent, encore plus important parce que, moi, je suis
redevable aux gens de Saint-Laurent. Et j'avais deux écoles dans
l'arrondissement de Saint-Laurent qui étaient inscrites dans les
180 projets. Et j'ai essayé de comprendre pourquoi elles ont été mises sur
pause. Et là, votre collègue, grosso modo, m'a expliqué que ce n'était pas à
lui de me répondre.
Alors moi, sincèrement, je suis sincère quand je
le dis, les écoles, il en manque pour vrai. Et là, ici, il y a une formation qui s'appelle Sens politique et pouvoir
d'influence. Puis, ça, c'est vous, là. Alors, je vais le répéter, on a dépassé,
chez nous, le cap du 90 000,
100 000 habitants. On est rendus environ à 104 000, puis on
prévoit avoir 20 000 nouvelles portes d'ici les prochaines
années. Les deux écoles étaient jugées prioritaires parce qu'elles étaient
nécessaires par le poids de la population.
Mais, chez nous, c'est un poids de population qui est différent d'ailleurs. On
est... On a beaucoup de jeunes familles avec des enfants, deux, trois,
là. Écoutez, c'est ça, ma réalité à Saint-Laurent. Et, moi, je le disais à la
blague, mais ce n'est pas une blague, l'aéroport de Dorval est à côté puis
Saint-Laurent est juste à côté. Donc, ils arrivent à Dorval, puis, pouf!, ils
arrivent à Saint-Laurent. Donc, nous, ces gens-là, on les accueille, mais on a
besoin des infrastructures.
Donc, dans la mesure du possible, avec votre
sens politique et votre pouvoir d'influence, que je connais très bien, Mme la présidente du Conseil du trésor, on
n'a pas le luxe d'attendre pour la construction de ces écoles parce que,
chez moi, en ce moment même, là, je n'ai plus de locaux nulle part dans aucune
des écoles de Saint-Laurent, aucune. On est déjà en sous capacité.
• (16 h 40) •
Je suis
sincère et je le répète, ce matin, votre collègue, ce n'était pas dans son
champ de compétence à lui, ce n'était pas dans sa cour. Mais, moi, il faut que
ça soit dans la cour de quelqu'un. J'en ai vraiment besoin, pas moi
personnellement, là, mais les concitoyens, là. Puis je sais que, quand
vous avez déposé ce projet de loi, vous nous avez clairement dit :
L'objectif, c'est de l'accélérer.
Les deux écoles que je fais référence, il y en a
une que j'attire encore plus votre attention, qui est, en fait, dans
l'arrondissement Saint-Laurent, mais, en plus, dans l'Acadie, alors... mais
dans un quartier que, nous, les gens connaissent très bien, c'est l'endroit au
Québec qui a le plus de densité de population. Donc... Et le terrain est là, on
a les terrains, les plans d'architecture sont faits pour les deux écoles.
Alors, la mise sur pause, on ne la comprend pas, puis elle ne nous a jamais
été, en fait, justifiée.
Mme LeBel : Parfait. Je vais
vous répondre à deux niveaux, encore une fois. Puis je vous aurais, en toute
transparence, répondu la même chose, si j'étais encore responsable des
infrastructures.
Mon collègue, je ne sais pas de quelle façon il
vous a répondu ce matin, mais il est exact de dire qu'il ne peut... qu'il est difficile, pour vous, de... pour
lui, de répondre pourquoi deux projets particuliers, que ce soient des écoles,
des hôpitaux ou des maisons des aînés, sont mis sur pause ou n'ont pas le
niveau d'avancement que l'on souhaiterait. Le collègue
est responsable de la loi sur l'accélération de certains projets
d'infrastructure, qui se nommait le projet de loi n° 66, et responsable de
la reddition de comptes telle que je vous ai nommé. Quand on parle des projets
particuliers, ce sont les ministres sectoriels qui sont responsables de ces
projets-là. Ce que la LCACPI a fait, je vous l'ai dit, a fourni quatre cartes
d'accélération à des niveaux différents. Maintenant, on doit se rendre à ce
niveau-là avant de pouvoir prendre la piste d'accélération, si elle est
appropriée.
Maintenant,
je ne connais pas les projets dont vous me parlez, je ne les connais pas de
façon personnelle. Je ne connais pas leur niveau d'avancement et je ne
sais pas non plus, quand on fait le PQI à chaque année, malgré qu'on est rendus
à 145 milliards, je pense qu'il faut le noter, même plus, je pense qu'on
est rendus à 147.
Une voix :
150 milliards.
Mme LeBel : 150. Mon Dieu! Vous voyez que j'en ai perdu un
bout, là. Moi, j'étais à 147,5. Donc, on est rendus à 150 milliards, que
l'Éducation ait une très grande part de ce PQI-là. Je pense que l'Éducation,
c'est, pour cette année, 2,4 milliards d'investissements. Parce
que, chaque année, le PQI dégage une tranche d'investissements. Donc, sur les 145 milliards sur 10 ans, je fais un
chiffre rond, il y a à peu près 14 milliards qui sont dégagés. Là-dedans,
naturellement, il y a toute la portion qui doit être mise en maintien et
il y a la portion qui doit être mise pour les nouvelles écoles, et c'est pareil pour tous les projets
d'infrastructure du PQI. Donc, cette année, il y a 2,4 milliards, des
sommes disponibles pour la réalisation de projets, puis qui
correspondent à plus de 1 054 projets d'ajout de classes, qui sont
disponibles.
Maintenant, ceci
étant dit, quand j'étais responsable du PQI, c'est la même chose pour mon
collègue, moi, quand j'ai des discussions avec le ministère de l'Éducation, je
ne lui dis pas : Fais telle école ou fais telle école. Je lui dis : Tu as 2 milliards de disponibles,
je fais un chiffre rond, et je lui demande : Quelles écoles veux-tu faire
ou quels projets mets-tu de l'avant? Donc, quand on me demande pourquoi
un projet est mis sur la glace, ce sont vos termes, donc je n'endosse pas nécessairement vos termes, mais je
reprends votre question, bien, je ne suis pas en mesure de vous répondre
car ce sont les ministères sectoriels. Les
hôpitaux, c'est Santé qui peut répondre. L'Éducation, c'est... Une école,
c'est Éducation. Les projets routiers, c'est le MTQ.
Le Conseil du trésor
ne décide pas des projets. Le Conseil du trésor alloue des sommes et, par la
suite, naturellement, bien, si on est dans les cinq ans de l'adoption de la
LCACPI, loi sur l'accélération de certains projets d'infrastructures, bien, ils
pourront, quand ils seront rendus à ce niveau-là, utiliser la carte
d'accélération. Elle est disponible.
Maintenant, je ne suis pas capable de vous répondre. Je sais qu'il y a eu des
dossiers, à un moment donné, dont on a discuté, où il était impossible, pour
des raisons x, y, de trouver un terrain. Mais c'est sûr que le projet ne
peut pas lever si on n'a pas de terrains
disponibles. Vous m'avez dit que ce n'est pas le cas. Donc, je ne le commente
pas dans ce sens-là, je dis juste que je ne connais pas les détails de
ce projet-là de façon assez particulière pour comprendre qu'est-ce qui a
justifié...
Le Président
(M. Simard) : Très bien.
Mme LeBel :
...cette décision-là ou cette réponse-là.
Le Président
(M. Simard) : Madame.
Mme Rizqy : Oui. En fait, c'est que
c'est marqué noir sur blanc, puis les mots qui ont été utilisés par le centre
de services scolaire puis le... qui ont été publiés ici : Ça a été mis sur
pause. Le terrain est là, il est déjà identifié, la... Tout a été fait.
Mais moi, j'ai une autre question : Mais qui fait les suivis à ce
moment-là, une fois qu'on a identifié 180 projets? Parce qu'en date de septembre
dernier on était à 7 % d'avancement dans les 180 projets du
PL n° 66. C'est très peu, alors que ça fait maintenant deux ans et
demi que la loi a été adoptée. Alors, c'est qui qui fait, à ce moment-là, le
suivi pour dire : Bien, le gouvernement annonce des chantiers, on annonce
même de l'argent? Donc... Puis c'étaient des
montants, là. Donc, on sait même les montants qui sont alloués, mais après ça,
là, sur la livraison des sommes, bien, qui qui est redevable là-dedans?
Mme LeBel :
C'est lesdits ministères sectoriels qui, donc, disposent des sommes pour
les différents projets. Moi, quand on a... pas moi, là, mais, quand on alloue
des sommes en infrastructure à un ministère sectoriel, bien, il a la capacité de choisir quel projet il met de
l'avant. Donc, pourquoi, pour reprendre vos termes, ces projets-là sont mis sur
pause? Je l'ignore.
Mme Rizqy :
Parce que, là, moi, juste ce qui est marqué, c'est que la clientèle... Moi,
en ce moment, je n'ai pas un problème de clientèle. Il n'en manque pas. J'ai
trop de monde même.
Mme LeBel :
Vous comprenez que moi, je ne suis pas équipée pour discuter avec vous de
ça parce que ce n'est pas mon ministère, donc...
Mme Rizqy :
Alors, est-ce que ça serait...
Mme LeBel :
C'est le ministre de l'Éducation qui a les données.
Mme Rizqy : Parce
que le ministère de l'Éducation m'a envoyé à Infrastructures, puis
Infrastructures m'a envoyé à vous. Moi, je tourne en rond.
Mme LeBel : Bien,
je m'excuse de vous... de vous continuer à faire tourner en rond, mais ce n'est
définitivement pas... Pour avoir occupé ce poste-là depuis plusieurs
années, ce n'est définitivement pas le Trésor et Infrastructure qui décident de
la priorisation des projets au niveau des ministères. Maintenant, c'est sûr
qu'on regarde la reddition de comptes, puis, à la fin, on va faire un bilan, et
ça, c'est mon collègue en Infrastructures. Mais la priorisation, moi... Nous, on met à la disposition de nos
collègues des enveloppes et, après ça, le choix de l'usage de ces enveloppes-là
est déterminé par les collègues sectoriels. Et par la suite,
naturellement, c'est inscrit au PQI.
Mme Rizqy : Ma
dernière question, parce que le temps file, c'est : En date de la fin de
l'année, de l'exercice, il y a combien d'argent qui est retourné au
Trésor, des crédits inutilisés?
Mme LeBel : Ce qu'on appelle
les crédits périmés?
Mme Rizqy : Oui.
Mme LeBel : Est-ce que je peux
vous trouver la réponse pendant qu'on fait la suite?
Mme Rizqy : Oui, oui, pas de
problème. Merci, Mme la présidente.
Mme LeBel : Parfait. À suivre.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Ça va pour vous, chère collègue?
Mme Rizqy : Pas de problème.
Le
Président (M. Simard) :
Je cède donc maintenant la parole au député de Camille-Laurin, à qui je
souhaite la bienvenue, et qui dispose de 11 min 48 s.
M. St-Pierre
Plamondon : Merci, M. le Président. Bonjour. Quelques questions
en rafale. On dispose de 11 minutes. Premier point, la question des
appels... des contrats sans appel d'offres durant la pandémie. Durant la
pandémie, votre gouvernement a accordé 17,4 milliards de dollars en
contrats de gré à gré, donc sans appel d'offres. On sait qu'il y a eu une pandémie, mais on peut parler, pour la
période 2018 à 2020, d'une pratique généralisée à la CAQ. Québec a donné 4,5 milliards en contrats
publics, prétextant la plupart du temps que la possibilité de démontrer qu'un
appel d'offres ne... la possibilité de démontrer qu'un appel d'offres servirait
l'intérêt public, là, n'était pas possible. En comparaison, avant l'élection de
la CAQ, Québec donnait en moyenne 1,8 milliard de contrats par année sans
appel d'offres.
On sait que l'essentiel d'un contrat... du
processus d'appel d'offres, vous le savez mieux que moi, vu vos expériences
professionnelles, c'est de prévenir le favoritisme ou le gonflement des
contrats. Or, on a appris dans les médias durant la pandémie que des milliards
en contrats ont été donnés sans appel d'offres à des entreprises carrément
fantômes ou frauduleuses. Donc, essentiellement, des centaines de millions de
dollars ont été donnés à des compagnies de qui on ne connaît rien. Journal
de Montréal a été sur ce dossier-là. On parle de centaines de millions de contrats. Ça n'a pas juste eu lieu au Québec,
donc ce n'est pas propre à la gouvernance de la CAQ. L'État de New York
a lancé des procédures pour essayer de récupérer... et donc récupérer des
sommes qui avaient été dépensées à des compagnies fantômes.
J'ai posé la question ce matin au ministre de
l'Économie, M. Fitzgibbon, qui, lui, était au courant de ces sommes-là,
données, de ce dossier-là. Il m'a dit : Moi, je n'ai pas fait de démarches
pour voir ce qui était advenu de ces sommes-là et, non, on n'a pas pris, à ma
connaissance, de procédures judiciaires pour récupérer ces sommes. Donc, ma
question pour vous, c'est : Dans la mesure où plusieurs contrats ont été
octroyés à des compagnies fictives, fantômes
ou carrément frauduleuses, situées parfois à l'extérieur du Québec, quelles
procédures ou quelles démarches a été entreprise par le gouvernement
pour récupérer ces sommes?
Mme LeBel : Bon,
plusieurs choses, dans ce que vous dites. Puis, comme c'est en rafale, je vais
me permettre d'y répondre, parce
qu'il y a beaucoup d'affirmations, d'a priori que vous faites, avec lesquelles
je ne suis pas d'accord. Donc, je vais me permettre de rectifier
certaines choses. Grosso modo, dans les dernières années, précédant même
l'arrivée de la CAQ, la proportion de contrats qui est faite par appels
d'offres versus la proportion de contrats qui est faite de gré à gré se
maintient. On est dans une proportion d'environ 80-20. 80 % de tous les
contrats sont faits par appel d'offres ou par appel sur invitation et environ
20 % des contrats sont faits de gré à gré. Oui, l'augmentation de la
valeur des contrats de gré à gré a augmenté, mais vous devrez comprendre que
l'augmentation globale de la valeur des contrats a également augmenté. Mais,
quand on regarde la pratique, elle ne... elle n'est pas divergente de ce qui
s'est fait dans les dernières années. Il y a eu, pendant la pandémie, et il
faut faire la distinction, des contrats qui sont en vertu de la Loi sur les contrats
publics et des contrats qui sont faits en vertu de la... de l'urgence
sanitaire, donc qui découlent de l'urgence sanitaire. Et il faut faire la
différence entre les deux. Et des contrats qui découlent de l'urgence
sanitaire, 100 % des contrats sont donnés de gré à gré, c'est le propre de
l'urgence sanitaire, et ça disait : Sans délai et sans formalité.
M. St-Pierre Plamondon : M. le
Président...
Mme LeBel : Bien, il y avait
une liste de questions en rafales.
• (16 h 50) •
M. St-Pierre Plamondon : ...j'ai
juste 11 minutes.
Le Président (M. Simard) : Tout
à fait.
M. St-Pierre Plamondon : J'ai
juste 11 minutes.
Le Président (M. Simard) : Tout
à fait. Allez-y, cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon : Je suis
obligé de cibler, là.
Le Président (M. Simard) : Oui,
oui, tout à fait.
M. St-Pierre Plamondon : Il y a
un article du bureau d'enquête du Journal de Montréal qui date du
15 février 2021, intitulé Des mystérieux fournisseurs ont reçu des
millions de Québec. C'est rempli de contrats à des compagnies fictives. Pouvez-vous me répondre si, oui ou non, le
gouvernement a entrepris des démarches de récupération de sommes qui ont été octroyées à des compagnies
douteuses, fictives ou carrément frauduleuses, oui ou non? Juste oui ou
non, parce que j'ai 11 minutes.
Mme LeBel : Bien, ça fait...
M. St-Pierre Plamondon :
L'avez-vous...
Mme LeBel : C'est parce que,
là, c'est trop délicat pour répondre par oui ou non à une question comme telle.
Il y a certains dossiers où on est en procédure judiciaire. On ne répondra pas
sur quels dossiers.
Le Président (M. Simard) :
...Mme la Ministre. Alors, M. le député de Camille-Laurin, à vous la parole.
Mme LeBel : Alors,
j'ai répondu. Il y a certains dossiers qui sont en procédure judiciaire, mais
je ne répondrai pas sur lesquels.
M. St-Pierre Plamondon : OK.
Donc, vous ne nous donnerez pas l'information.
Mme LeBel : Bien, je pense que
c'est un oui.
Le Président (M. Simard) : Chers
collègues, s'il vous plaît! D'abord, j'aimerais qu'on puisse s'adresser à la présidence. Ça va me permettre d'attribuer
correctement les droits de parole. On va poursuivre dans l'ordre. M. le député de
Camille-Laurin, veuillez poursuivre.
M. St-Pierre Plamondon : Je
vais changer le... Je vais essayer de faire tous les sujets, là. Je demande
qu'on réponde de manière la plus succincte possible. Je vais vous parler des
psychologues. Puis vous le savez, le réseau public de psychologie est déserté,
puis la raison principale, c'est que nos psychologues du réseau public ne sont
pas payés correctement lorsqu'on compare à leurs pairs au privé. L'échelle
salariale d'un psychologue dans le réseau public, c'est entre 28 $ de
l'heure et 52 $ de l'heure, alors qu'en clinique privée on parle de
140 $, 150 $ de l'heure, résultat
40,6 % des psychologues travaillant dans le réseau de santé quittent au
cours de leurs cinq à six premières années de pratique. Ma question est simple : Est-ce que vous trouvez qu'à
56 000 $ par année, c'est suffisant pour garder et attirer des
psychologues dans le réseau public?
Mme LeBel : Je
vais simplement répondre en disant qu'on a déposé une offre salariale pour les
psychologues qui est bonifiée, qui
peut même les amener à des augmentations de salaire qui peuvent même aller
jusqu'à 125 000 $ par année. Donc, il y a sur la table,
présentement en discussion avec les syndicats concernés, une offre
substantielle pour bonifier la rémunération des psychologues.
M. St-Pierre Plamondon : Sur le
sujet des médias et de la presse locale, on a plusieurs médias qui récemment
sont sortis pour parler soit de pertes d'emplois, comme c'est le cas à la coop
de l'information ou encore dans le cas du Journal
Métro, des médias qui sonnent l'alarme en disant : On n'a pas les
moyens de travailler et d'offrir une presse indépendante. On a souvent
parlé d'une solution, c'est de faire payer les GAFAM, imposer une taxe de 3 % sur le chiffre d'affaires des GAFAM de
manière à donner une source de revenus à des médias qui ont peu de revenus depuis l'introduction des médias sociaux et des géants du
Web. Que fait concrètement le gouvernement pour aider des petits médias
locaux qui sont essentiels à la démocratie et à l'information?
Mme LeBel : Ce n'est pas une
question qui relève du Conseil du trésor. Je vais demander à mon collègue de s'adresser au ministre de la Culture. Je pense
que... Je sais que... J'ai déjà entendu certains de mes collègues en culture
se positionner sur cet enjeu-là. Alors, je vais vous demander...
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
à votre connaissance qui est en charge des questions budgétaires, est-ce que
vous avez alloué des sommes en soutien aux médias locaux? Est-ce qu'à votre
connaissance...
Mme LeBel : Bien, je sais que,
pendant la pandémie, dernièrement, ça s'est fait dans la dernière législature.
Maintenant, pour le budget détaillé du ministère de l'Éducation... de la
Culture, vous pouvez parler avec eux parce que c'est Culture et Communications,
et c'est de leur ressort.
Le Président (M. Simard) : Alors,
en continuant de s'adresser à la présidence.
Mme LeBel : Toujours. Pardon.
Oui, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Ça
va très bien. M. le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : Merci.
Je veux vous parler d'un dossier dont on parle depuis plusieurs années et qui est sûrement important pour Mme la ministre,
c'est celui du processus d'appel d'offres. On le sait encore que la règle
du bas... du plus bas soumissionnaire a toujours cours au Québec, alors que
c'était la première recommandation de la commission Charbonneau de changer ça.
Pour une raison que je m'explique mal, on est encore dans cette vieille façon
archaïque et inefficace d'octroyer les contrats. On est en retard en Amérique
du Nord. Et parce que c'est votre spécialité et parce que j'ai siégé sur le
comité de suivi de la commission Charbonneau, j'ai une question toute
simple : Qu'est-ce qui vous empêche d'agir pour réformer la règle du plus
petit... du plus bas soumissionnaire?
Mme LeBel : Je ne sais pas à
quel moment vous avez interrompu votre suivi, mais vous auriez été très, très intéressé par les discussions qu'on a eues dans le
cadre du PL n° 12, qui est devenu la loi n° 18,
où j'ai justement annoncé dans... que ce soit dans la stratégie des
marchés publics ou dans le projet de loi où on a fait des modifications à la
loi sur les contrats publics, annoncé mon
intention de faire en sorte qu'on se détache de la loi du plus bas
soumissionnaire. J'ai par contre précisé qu'on ne l'éliminera pas du
coffre à outils, et on a eu beaucoup de bonnes discussions avec l'industrie et
le milieu. Et naturellement tout le monde convenait que, dans certains cas de
figure, la loi sur le plus bas
soumissionnaire peut être le type d'appel d'offres qui est approprié pour
certains. Mais on est présentement en travaux dans l'espace innovation
qui a été créé par le PL n° 12 et la loi n° 18. Et donc... Et ça répond d'ailleurs à la
recommandation de la commission Charbonneau. Et j'ai eu de belles discussions
en consultation là-dessus.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : Je
comprends que vous avez des discussions.
Mme LeBel : Oui.
M. St-Pierre
Plamondon : Moi, je vous dis que M. Dubé, en 2019,
sortait pour dire : Québec révisera la règle du plus bas
soumissionnaire. On était en 2019. Ça allait se faire dans les prochaines
semaines.
Mme LeBel : Je vous ai dit que
vous avez manqué de belles discussions dans le cadre du projet de loi n° 12, et on aura une
réglementation qui va suivre, et on a mis d'ailleurs dans l'espace
d'innovation la première... La première chose, c'est de mettre...
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Camille-Laurin, allez-y.
Mme LeBel : Oui, oui.
Le Président (M. Simard) : C'est
parce qu'on essaie d'avoir un équilibre quand même dans les échanges. Allez-y,
cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon : C'est
simplement... Je comprends que vous avez des discussions. Est-ce que vous êtes
en train de vous commettre en termes de résultats, là, pas de discussion, tout
le monde a des discussions, là, à la réforme et à changer la règle du bas... du
plus bas soumissionnaire?
Mme LeBel : J'ai dit en
commission parlementaire, et ça découle du projet de loi n° 12, je vous
dis qu'on a adopté la loi 18, que c'est mentionné... que c'est dans la
stratégie des marchés publics et que, oui, on va se détacher de la loi sur le plus bas soumissionnaire. On est
même en train de faire des travaux dans l'espace d'innovation avec les
gens concernés de l'industrie sur l'approvisionnement basé sur la valeur plutôt
que le plus bas soumissionnaire.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. St-Pierre Plamondon : Peut-être
que je ne comprends pas. Vous êtes en train de me dire que la règle du plus bas
soumissionnaire n'existe plus au Québec?
Mme LeBel : Non, j'ai bien dit
qu'on ne l'éliminera pas. Ce qu'il faut faire, c'est qu'elle arrête de devenir
la règle par défaut des approvisionnements
gouvernementaux. Et d'ailleurs, un des constats qui ont été faits, c'est qu'on
doit se baser beaucoup plus sur la valeur, et on fait des travaux dans
l'espace d'innovation...
Le
Président (M. Simard) : Nos échanges sont très captivants, mais je vous
prie de vous adresser à la présidence. M. le député de Camille-Laurin,
veuillez poursuivre.
M. St-Pierre Plamondon : Il me
reste juste une minute. Là, je vais essayer de faire un...
Le Président (M. Simard) : Deux
minutes, cher collègue.
M. St-Pierre
Plamondon : Deux minutes? Merci. Donc, ce que je comprends,
c'est que vous n'avez pas éliminé la règle du plus bas
soumissionnaire...
Mme LeBel : Et on ne le fera
pas.
M. St-Pierre Plamondon : ...et
que c'était la première recommandation du comité de suivi de la commission
Charbonneau. Est-ce que je me trompe?
Mme LeBel : Bon.
La commission Charbonneau ne demandait pas d'éliminer la règle du plus bas
soumissionnaire. Donc, moi, je suis les recommandations de la commission
Charbonneau, et non pas du comité de suivi. Elle demandait de fournir un
coffre à outils pour éviter qu'on soit prévisibles et que... et parce que, dans
le cas de la règle du plus bas soumissionnaire, la rotation de soumissions, la
rotation des soumissionnaires faisait en sorte qu'on pouvait pouvoir faire
beaucoup plus de malversations, et on a tous les outils nécessaires pour ne pas
être dans le même cas de figure.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Camille-Laurin. Cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon : Je
termine là-dessus. Je conclus qu'il n'y a pas d'intention ou il n'y a pas de...
on ne met pas fin à la règle du plus bas soumissionnaire, avec les nuances énoncées
par la ministre.
Mme LeBel : Ce qui a toujours
clairement été dit.
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste toutefois 1 min 12 s, cher collègue.
M. St-Pierre Plamondon : C'est
beau, j'ai fait le tour. Merci.
Le
Président (M. Simard) : Très bien. Alors, merci à vous. Nous poursuivons,
et je cède maintenant la parole au porte-parole de l'opposition officielle. M.
le député de Marguerite-Bourgeoys, vous disposez de 18 min 46 s
M. Beauchemin : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bonjour, Mme la ministre.
Mme LeBel : Bonjour.
M. Beauchemin : Je veux vous
amener sur le terrain des dépenses gouvernementales, puis de la croissance de
celles-ci, et de l'écart qu'il y a entre le coût pour reconduire annuellement
les programmes puis les objectifs qui ont été donc déclarés, là, de dépenses
des programmes par le gouvernement de la CAQ. Si je me fie à la page... Puis
juste deux secondes. Ça, c'est la page 9?
Une voix : C'est la page 9,
oui.
M. Beauchemin : La stratégie de gestion des dépenses, qui est à
la page 9, pour que tout le monde ait la même information devant leurs
yeux, là, 2023‑2024, les coûts de reconduction des programmes étaient
à 15 488 000 000 $, et puis, en 2024‑2025, ça passe à
118 314 000 000 $. Cependant, l'objectif du gouvernement
était que... de faire en sorte que
ces dépenses-là soient de l'ordre de — le
chiffre juste en dessous — 117 775 000 000 $,
donc un écart de 540 millions de dollars approximativement, si mes
yeux me font justice. L'année suivante, 2025‑2026, cet écart-là est rendu à
677, 678 millions de différence entre les deux. Je sais que l'enveloppe
budgétaire, c'est un gros chiffre, puis que peut-être
que, tu sais, 680 millions de dollars, sur cette enveloppe-là, c'est
peut-être un petit pourcentage, mais ça reste
quand même que les petits pourcentages comme ça, quand ça s'accumule,
éventuellement ça devient des dépenses qui sont non planifiées, là.
Ma question est en fait la suivante :
Comment pensez-vous... Comment allez-vous être capable de résorber ces
écarts-là? Et de nous expliquer un petit peu comment les sources de revenus
vont être au rendez-vous, là, pour permettre ça.
• (17 heures) •
Mme LeBel : Oui. Bien, c'est
une excellente question. Je dois juste rassurer les gens. Année, après année, après année, puis ce n'est pas nouveau, ça fait
depuis longtemps que ça existe, il y a toujours cette projection-là d'écart à
résorber dans le futur, et on a, à chaque année, des discussions avec le ministère
des Finances. Parce qu'il faut comprendre que le coût de reconduction des
programmes, c'est le chiffre qui est fourni par les différents ministères de
qu'est-ce qu'ils anticipent avec les... bon, la hausse de la vie,
l'augmentation des salaires, etc., tout ce qui... tout ce qui est... ce qui
sera nécessaire pour eux pour pouvoir faire vivre la mission de la base... de
leur base budgétaire, la mission. Donc... Et l'objectif des dépenses, c'est
l'objectif qui est donné par le ministère des Finances.
À chaque année, je dois vous dire qu'on réévalue
aussi, parce que c'est ça qui est la dépense probable. Il va finir par y avoir la dépense actuelle dans les
coûts de reconduction. Et je... Et je vous rassure, on a toujours... on retrouve
toujours des mesures, on est capables, dans des programmes ou dans des... Je
vais donner un exemple, là, des dépenses qui n'ont pas été faites parce qu'on a
engagé des effectifs. On donne les budgets... On prévoit les budgets sur un an, mais les effectifs sont engagés en cours
d'année. Donc, c'est peut-être un huitième, deux huitièmes... un douzième,
pardon, je parle de mois, qui sont utilisés. Donc, on n'est pas trop inquiets,
parce qu'année après année, on trouve les solutions pour être capables de
résorber cet écart. Et ça se fait beaucoup par façon comptable, là, avec tout
ça. Et on l'a vu encore l'année passée. Moi, ça fait trois ans, présentement,
que je fais cet exercice-là. Je vais vous avouer que, les premières années, je me disais : Oh! mon Dieu, c'est... c'est
incroyable. Mais non, ça se fait très bien, et ça... et ça n'engendre
pas des coupures, et... il n'y a pas de coupures qui découlent de ça. On
réussit, à travers les budgets... D'ailleurs,
les chiffres se précisent, d'ailleurs, d'année... quand on arrive dans l'année
concernée, et on réussit à refaire... à faire arrimer les deux chiffres,
si on veut, à la fin de l'année budgétaire.
M. Beauchemin : ...que je mets sur
cette feuille-là, puis je fais comme vous, je dis que ça n'a pas d'allure,
qu'est-ce qui se passe là.
Mme LeBel : Bien, c'est une réaction
tout à fait légitime. Je vous dis, depuis 2014-2015 qu'il y a ce genre de choses là. Et ça... et ça découle de l'évaluation
qui est faite par les différents ministères et organismes, de leurs besoins,
si on veut, surtout les ministères, parce qu'on parle des programmes et non pas
du portefeuille, et de l'objectif de dépenses qui est donné par le ministère
des Finances. Naturellement, tout le monde doit tendre vers l'objectif. Mais on
trouve toujours la solution, et, depuis 2014-2015, c'est fait, là, ce n'est
pas...
M. Beauchemin : Pour mon éducation
personnelle, qu'est-ce qui arrive dans un contexte où est-ce que, justement,
là, toutes les dépenses sont au rendez-vous, là, tous les effectifs ont été
engagés? Est-ce que vous avez une expérience comme quoi ça s'est réalisé,
une...
Mme LeBel : Bien, c'est très
utopique, parce que ça n'arrive jamais...
M. Beauchemin : Ce n'est jamais
arrivé?
Mme LeBel : ...ne serait-ce que par
l'embauche des effectifs. Je veux dire, je peux vous donner vos budgets au jour zéro, mais, déjà, juste avec l'affichage
et tout le reste, on finit toujours par être... Mais il y a... cette méthode-là
a été confirmée, là, par la Vérificatrice générale du Québec, et on finit toujours par trouver une façon
d'arrimer les dépenses probables ou les deux lignes, si on veut, là,
l'objectif des dépenses de programmes avec le coût de reconduction des
programmes.
M. Beauchemin : OK. Comme vous vous
en doutez peut-être, là, j'ai passé un petit peu de temps, là, à regarder le
budget, l'exercice, en fait, que le budget représente, et j'en... j'en ai
conclu... Bien, je vais juste vous donner quelques statistiques, ici, que j'ai
devant moi. Les dépenses de programmes pour Santé et Services sociaux, une augmentation de 4,5 %. Une croissance des
dépenses du programme 2023-2024, la ligne qui est juste en dessous, là, sur la même page que je vous faisais référence
tantôt, là, on parle de 10,1 %. En Éducation, la proportion d'augmentation,
c'est 3,4 %. Enseignement supérieur,
5,5 %. J'imagine que c'est une moyenne pondérée, là, qu'on me donne, là,
4,2 %, ici, là, d'augmentation entre... entre les... avec les trois
ministères. C'est les grosses, grosses, grosses dépenses, là, de l'État, puis on arrive avec une augmentation, là,
annuelle de 4,2 %. Dans l'ensemble de l'appareil gouvernemental, de
mémoire, ça donne 2,1 %.
Mme LeBel : Bien, il faut faire la
différence, puis je vais essayer de ce que... parce que... dans les chiffres...
Je vais juste compléter un peu ma réponse de
tantôt. À la mise à jour économique aussi, dans cet écart à résorber là, on a
déjà une... des choses qui se précisent, rendus à la mise à jour économique,
parce que les données sont analysées, là, de façon plus précise dans la
réalité, là. Là, il y a deux... il y a deux choses. Il y a le coût de maintien
des services. Naturellement, le coût de maintien des
services, quand on parle de la proportion, naturellement, c'est parce que... bon, c'est... c'est ce que ça prend aux Santé et
Services sociaux, à Éducation et Enseignement supérieur, année sur année,
l'année passée et cette année, que pour fournir ces services et ne pas en
ajouter, mais continuer. Dans un cas, c'est 4 %,
5 %, dans l'autre, c'est 3 %, 4 %, dans l'autre, c'est 5 %,
5,5 %, effectivement. Ce qui est marqué, le 4,2 %, au bout, ce
n'est pas nécessairement la moyenne des trois qui est là, mais c'est la moyenne
de reconduction des coûts de services de l'ensemble des ministères.
Mais là on a mis trois... on a donné trois
grands exemples de portefeuilles pour démontrer que, dans un cas, pour Santé et
Services sociaux, leur base budgétaire, au minimum, devait être augmentée de
4,5 %, pour s'assurer de maintenir les services, mais elle a été augmentée
de 10,1 %. Donc, le... je vais faire un chiffre rond. Le 6 % d'écart,
ce sont des nouvelles mesures du budget cette année. Donc, ça leur permet de
faire d'autres choses. Et c'est comme ça
pour l'ensemble des ministères. Mais ici, dans le tableau, on ne présente que
trois grands ministères. Mais la ligne du bout, pondérée, c'est pour
l'ensemble, hein, des coûts de maintien de services, le 4,2 %, de toutes
les missions de l'État.
M. Beauchemin : OK. Donc, quand on regarde
ça, on se dit : Bon, bien, OK, correct, 4,2 % pour l'ensemble. Donc,
tous les ministères vont avoir, en moyenne, une augmentation de 4,2 %
d'augmentation.
Mme LeBel : ...que c'est 3 %,
il y en a que c'est 5 %, mais la moyenne est 4,2 %. Tout le monde a
reçu ce que ça lui prenait pour maintenir ses services et tout le monde a eu ce
que ça lui prenait, à différents niveaux, pour avoir des nouvelles mesures.
M. Beauchemin : Mais on en a quand
même vu certains qui ont eu zéro augmentation, comme la Justice, par exemple.
Mme LeBel : OK. Bien, ça me permet
de vous expliquer la chose suivante. Je suis contente qu'on en parle. Au-delà
des chiffres, parce que je ne veux pas rentrer dans les chiffres, là, il
faut... il faut faire attention. Il est exact... Quand on regarde les chiffres
du ministère de la Justice, il semble n'y avoir rien eu, ou même avoir eu, je
pense, un déficit. Par contre, il faut
prendre en compte le fait que, l'an passé, ils ont eu des mesures du budget
exceptionnelles, entre autres, je pense que c'était pour l'IVAC, de
l'ordre de 80 millions, si je ne me trompe pas, mais ne vous accrochez pas au montant que je vous donne, parce que je ne
l'ai pas par coeur. Mais, l'année passée, ils ont eu... parce qu'il y a eu la
loi sur l'IVAC qui a été modernisée, ils avaient besoin de budget, donc c'est
entré dans l'année budgétaire de l'année passée. Mais ils n'en ont pas besoin
cette année, de cette mesure-là.
Donc,
nécessairement, quand on regarde budget sur budget, il semble y avoir une
décroissance. Elle est exacte au niveau des chiffres, mais elle n'est
pas exacte au niveau de la réalité. Le ministère de l'Éducation, dans les
quatre dernières années, quatre ou cinq dernières années, a eu une hausse
globale d'environ 22 %. Mais, l'an passé, c'était un gros morceau, la loi sur l'IVAC, et ils ont eu les budgets pour ça,
et c'était rentré... c'est rentré dans l'année passée. Cette année, ils n'en ont plus besoin, ils ont
déjà eu ces montants-là, donc ce n'est pas reconduit dans leur base budgétaire.
Mais je peux vous rassurer qu'ils ont eu ce que
ça prenait pour le coût de maintien des services, et ils ont eu une... ils ont eu aussi, également, un pourcentage
supplémentaire. Mais là je ne sais pas c'était quoi leur coût de maintien
à eux, là, mais il y avait deux grands pans. C'est ça, je l'ai ici. Il y a...
il semble y avoir une réduction de 3 %, mais il y a la... il y a deux
grands pans qui ont été enlevés, 81... bien, pas enlevés, mais pas reconduits,
80 millions pour les dépenses
exceptionnelles, qui étaient pour l'infonuagique, c'est-à-dire toute la
transformation numérique du ministère de la Justice, c'était le 80 que
j'avais en tête, et 35 millions pour toute la question des... Ça, c'est
les nouvelles mesures, ça? Non, c'est par
rapport à l'année passée, c'est ça, pour toute la question des... de
l'indemnisation des personnes... d'actes criminels. Je parlais de l'IVAC
tantôt, c'est à ça que je faisais référence.
C'est un gros montant, ça, 81 millions plus
35 millions, qui ne disparaît pas, mais qui n'est pas reconduit, parce
qu'ils l'ont déjà eu, le montant, puis ils ont ce qu'il faut pour faire
l'exercice prévu par rapport à ça. Mais je peux vous dire que leur base
budgétaire, elle a été augmentée de la... du pourcentage nécessaire à la
reconduction de leurs services, et ils ont
même eu des mesures dans le budget, mais je n'ai pas le... je ne l'ai pas ici,
là. Sur l'autre page, voilà, ils ont eu même un 16 millions
supplémentaires à leur base budgétaire.
Le Président (M. Simard) :
Oui,
alors, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : Juste de façon simple, là, pour les gens qui nous
écoutent, là, donc, il y a 80 millions plus 35, c'est ça? Donc,
grosso modo, 115 qui n'ont pas eu à être reconduits pour les fonctions
initialement anticipées de l'année
précédente, mais qui sont encore, donc, dans l'enveloppe budgétaire du ministre
de... ministère de la Justice...
Mme LeBel : Classés dans les mesures
auxquelles elles avaient... elles faisaient référence.
M.
Beauchemin : ...pour augmenter la capacité de la machine à
continuer à... Ça fait que, donc, l'augmentation, dans le ministère de la Justice, pour maintenir à
flot, si on peut dire, les services représente, pour le ministère de la
Justice, 115 millions de dollars.
Mme LeBel : Non,
bien... OK, vous avez raison, là. Je vais reprendre, parce que c'est important,
OK, puis je vous... je vous ai induit en erreur. Il y a deux choses
particulières. Dans le budget 2022-2023, il y a le 80... je parlais de 80, tantôt, mais c'est
81,8 millions qui est disparu, pas... pas disparu de l'enveloppe du
ministère de la Justice, mais qui n'a pas... qui n'a pas été reconduit
dans l'enveloppe de 2023-2024. Et le 35 millions, c'est un plus, je
m'excuse, parce que c'est important, qui est
pour associer à la mise en service, là, d'urgence, là... de tout le plan
d'urgence en contexte de violence
conjugale. Ça, ça fait partie du budget du ministère de la Justice. Puis il y a
un 16 millions supplémentaires qui sont des mesures du budget
2023-2024. Je pourrais vous... vous énumérer les mesures, mais il y a un
16 millions supplémentaire. Donc, je pense que je pourrais résumer en
disant : le ministère de la Justice s'est vu donner ses coûts de
reconduction de services, comme tous les autres, plus des mesures du budget, de
l'ordre d'environ 16 millions.
Le Président (M.
Simard) : M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : OK. Donc, le
81 millions... 81,8 ou 82 millions, grosso modo, n'est pas dépensé de
la même façon, mais...
Mme LeBel : N'est
plus requis cette année.
M.
Beauchemin : N'est plus requis cette année, mais a été quand même
retourné au ministère... a été...
• (17 h 10) •
Mme LeBel : Ah!
ils l'ont eu, ils l'ont utilisé.
M.
Beauchemin : Ils l'ont eu pareil.
Mme LeBel :
Ils l'ont eu, ils l'ont utilisé, mais ils n'en ont plus besoin.
M.
Beauchemin : Donc, ils s'en servent pour maintenir à flot leurs
opérations.
Mme LeBel : Non, non, c'était une mesure du budget de l'an passé,
spécifique. Puis je peux vous la lire, là : pour certains coûts
informatiques, notamment l'infonuagique et le rehaussement de la sécurité pour
les créances douteuses relatives aux infractions et amendes, ainsi que les
dépenses reliées à la réforme du régime d'indemnisation des victimes d'actes
criminels. Donc, ce que je vous disais, l'IVAC, ils en avaient besoin, ils
l'ont eu. Cette année, ils n'en ont plus
besoin. S'ils en avaient eu besoin, il y aurait eu des discussions pour
reconduire un montant pour cette part là. Donc, ils ont fait ce qu'ils avaient à faire avec ça. Ils considèrent,
eux, qu'ils n'en ont plus besoin. Ils ont eu leur base de reconduction de services, donc ils ont eu leur
base de programmes plus... je ne sais pas c'est quoi, leur pourcentage, mais je vais leur appliquer la moyenne, pour fins
de discussion, 4,2 %, parce que tout le monde a eu environ 4,2 % de
moyenne, des fois c'est moins, des fois c'est plus, et ils ont eu
16,6 millions de mesures de budget. Donc, ils ont eu leur base, les coûts
de reconduction plus 16 millions... bien, 17, si j'arrondis, là.
Le Président
(M. Simard) : Très bien. Cher collègue, il vous reste
4 min 50 s.
M. Beauchemin : L'évaluation qui est
faite, notamment, là, avec... avec ce que vous avez comme... comme data, là,
quelle... quelle est l'inflation, le taux d'inflation qui a été utilisé pour
calculer le coût de reconduction des programmes? Là, il doit y avoir une
hypothèse qui a été utilisée pour l'inflation.
Mme LeBel :
Bien, cette hypothèse-là vient du ministère des Finances. Nous, on utilise
les données qui viennent du ministère des
Finances. On me dit que c'est l'IPC qui vient du ministère des Finances. Mais
pour discuter de l'hypothèse, il
faudrait discuter avec mon collègue aux Finances. Nous, on utilise l'hypothèse
qui nous est transmise par le ministère des Finances.
M. Beauchemin : Vous avez utilisé
exactement le même taux, là, que j'ai discuté avec votre ministre des Finances.
Mme LeBel :
Bien, comme je n'ai pas... je n'étais pas... je n'ai pas... je ne suis pas
au courant de votre discussion, je ne dirai ni oui ni non, mais je dirais que
l'hypothèse nous vient du ministère des Finances.
M. Beauchemin :
Parfait. D'accord. Donc, est-ce que, par rapport à l'augmentation moyenne,
là, de 4,2 %, c'est... C'est quand même une grosse augmentation.
L'augmentation des revenus, comme vous le savez, n'était pas au rendez-vous cette année, d'où la raison pour
laquelle on a un déficit. Est-ce que la perspective, pour les années à venir,
selon vous, quand on regarde seulement, là, les deux prochaines années... c'est
ça, les deux, trois prochaines années devant
nous, on parle de... excusez, de 2022, 2023, 2024, qui est ici devant moi, là,
OK, 4,2 %... est-ce que la perspective, pour les années à venir,
c'est de maintenir ce genre d'augmentation annuelle?
Mme LeBel :
...ça va dépendre des discussions qu'on va avoir avec le ministère des
Finances. C'est le ministre des Finances qui nous donne nos objectifs de
dépenses. On a eu l'occasion d'en discuter dans la question précédente. Et nous, après ça, on voit avec les
différents ministères quels sont leurs besoins anticipés et on fait arrimer
tout ça. Donc, vous avez vu, il y a des
écarts à résorber pour le futur. Mais nous, on travaille avec les chiffres du
ministre des Finances sur cette base-là. Et ce n'est pas parce que je ne
veux pas vous répondre, mais c'est parce que ce n'est pas... ce n'est pas de
mon ressort, dans cette... dans cette optique-là.
Maintenant, quel est
l'impact des... l'inflation, les coûts de reconduction? Naturellement, on
regarde, nous, également le coût de maintien des services. Ça va avec les
conventions collectives, les différentes augmentations, l'augmentation des
effectifs. Quand il y a plus de monde, ça coûte plus cher. Donc, tout ça est
tenu en compte, plus les indices auxquels
vous faites référence. Mais pour cette portion-là, c'est vraiment discuté avec
le ministère des Finances, qui nous
donne nos balises, si on veut, dans, d'ailleurs, les objectifs de dépenses de
programmes. Et vous comprenez... puis je sais que vous le comprenez,
mais au Trésor, nous, on a vraiment les dépenses de programmes. Le portefeuille
gouvernemental est beaucoup plus large que ça, mais nous, on est dans le
contrôle des dépenses de programmes.
M. Beauchemin : OK. Quand je
regarde les statistiques, là, je le vois, je pense que le ministère... puis
c'est vraiment juste pour la simplifier, là... le ministère gagnant, en termes
d'augmentation de prix... pas de prix, mais de coûts, c'est, si je comprends bien, là, l'Enseignement supérieur. Est-ce
que, ça, c'est le ministère qui a eu la plus forte augmentation?
Mme LeBel : Bien, il y a
l'effet clientèle aussi qu'il faut mesurer. Donc, quels sont les paramètres qui
sont entrés en compte? Là, il faut faire la
distinction entre le coût de maintien des services et les mesures de... la
croissance des dépenses de programmes qui sont accordées en fonction de
mesures du budget. Les mesures du budget sont des choix qui sont faits de priorités, donc pourquoi on donne tant pour...
pour avoir de nouvelles mesures budgétaires. Mais le coût de maintien
des services est discuté sur, je dirais, des critères qui sont objectifs,
l'augmentation de la clientèle, l'augmentation des salaires, aussi, dans un
lieu donné, l'inflation, vous l'avez mentionné, et on s'assure, année après année, que chaque ministère ne subit pas de
coupures, parce qu'une coupure c'est quand il y a moins que le coût de maintien
de ses services, et qu'il doit procéder à des coupures. Alors, tout le
monde a eu le coût de maintien de ses services.
Maintenant, pourquoi, dans un cas x ou y,
l'effet, en pourcentage, semble plus élevé qu'ailleurs? Bien, il y a sûrement des explications. Est-ce qu'il y a eu un
achalandage? OK, bien, l'Enseignement supérieur, c'est l'effet clientèle, particulièrement,
oui.
M. Beauchemin : Est-ce que vous
êtes capable de répondre à ma question à savoir quel ministère a eu, donc, la
plus grosse augmentation?
Mme LeBel : Bien, la plus
grande augmentation, en...
M. Beauchemin : C'est
l'Enseignement supérieur?
Mme LeBel : Bien,
en pourcentage, j'ai l'Enseignement supérieur ici, mais on... bien, les trois
qu'on a mis là, c'est les trois plus gros.
M. Beauchemin : OK. Et puis, à
l'inverse?
Mme LeBel : Le plus petit...
M. Beauchemin : Les plus
petits, les trois plus petits?
Mme
LeBel : Bien, on va vous trouver les chiffres, mais en
tenant compte qu'ils ont eu ce qu'ils avaient besoin. Donc, si le chiffre est petit, c'est parce que
leurs besoins étaient plus petits, là. Mais on va vous trouver la réponse des
trois plus petits.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
Mme LeBel : Mais on peut vous
trouver la réponse, là, pour être sûrs.
M. Beauchemin : Merci beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Alors, je
cède maintenant la parole à la députée de Sherbrooke, qui dispose de
12 min 14 s.
Mme Labrie : Merci, M. le Président.
On va juste... Je vais juste attendre d'avoir l'attention de...
Mme LeBel : ...
Mme Labrie : Merci. Donc, je veux
discuter avec vous d'équité salariale, encore. Ça arrive... En fait, le Conseil
du trésor soutient les autres ministères en matière de gestion des ressources,
puis on a vu récemment qu'avec le cafouillage à la SAAQ il y avait beaucoup de
dossiers qui prenaient du retard, puis il y a des ressources qui ont été dégagées en provenance des autres ministères pour
aller épauler à la SAAQ, pour répondre dans des délais plus raisonnables.
Là,
en ce moment, à la CNESST, il y a des milliers de plaintes qui ne sont pas
réglées par rapport à l'exercice de maintien
d'équité salariale de 2010. Ça fait 13 ans. Il y en a des milliers
d'autres qui datent de 2015, ça fait huit ans. L'exercice de 2020 n'est
pas encore réalisé, mais quand je regarde le portrait, je... ça donne
l'impression qu'il y a une difficulté, là, à gérer les plaintes à la CNESST par
rapport à l'équité salariale ou, en tout cas, il y a une difficulté à livrer
des décisions dans un délai raisonnable. Et je trouve ça gênant qu'après
13 ans il y a encore des milliers de femmes qui attendent qu'on se penche
sur leur dossier. Donc, j'aimerais savoir si la ministre a un plan pour gérer
ce dossier-là d'une manière plus efficace, réduire les délais de traitement des
plaintes. Comment le Trésor va s'assurer que la CNESST a les ressources
suffisantes, là, pour traiter ces dossiers-là dans un délai raisonnable?
Mme LeBel : Bien,
c'est une excellente question, parce que vous avez raison, hein, l'équité est
l'effet d'une loi, donc on doit... on doit,
un jour ou l'autre, avoir le processus qui est capable de... de juger des
plaintes qui sont... qui sont encore... encore sur la table, je vais le
dire comme ça.
Écoutez, j'ai
demandé... La CNESST est sous la responsabilité de mon collègue au Travail. Il
est au courant de la situation, il est au
courant du fait qu'on est... qu'on a de l'ouverture pour trouver des solutions,
comme dans tous les cas de figure
d'ailleurs, pour être capables de voir comment on peut aider la CNESST dans le traitement
de ces plaintes-là. C'est toujours délicat, parce que c'est un tribunal,
hein, indépendant. Donc, on doit... on doit voir aussi quelles seraient les demandes de la CNESST pour être
capables de... l'évaluation de la capacité de la CNESST, et quelles seront
leurs demandes pour être capables de
répondre à ces plaintes-là. De notre côté, on va... on va essayer de voir
comment on est capables de les aider
dans le processus d'enquête pour faciliter le traitement des plaintes. Donc,
c'est à deux niveaux.
Mais, oui, on est
très... très sensibles et préoccupés par la question. Mais il faut que, de leur
côté, ce tribunal, qui est la commission...
la... je ne me lancerai pas... la CNESST nous donne aussi... nous fasse état de
ses besoins pour être capables de
traiter ces plaintes-là. Mais ça fait... ce n'est pas la première fois que je
le dis que je suis prête à travailler avec mon collègue au Travail...
Le Président (M.
Simard) : Très bien.
Mme LeBel : ...comme
dans tous les ministères où il y a des besoins criants, pour trouver des
solutions pour pouvoir être capables de défaire ce noeud, là, si on veut.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Mme la députée.
Mme Labrie : Donc,
j'entends que la ministre a de l'ouverture à fournir des ressources
supplémentaires si son collègue au Travail lui en demandait. Et donc ça veut
dire que ça fait 13 ans qu'il y a une difficulté à traiter ces plaintes-là
et qu'il n'y a jamais de demandes qui ont été faites de la part de son collègue
au Travail ou, en tout cas, de ses prédécesseurs, pour avoir des ressources
supplémentaires pour traiter les plaintes?
• (17 h 20) •
Mme LeBel : Bien,
je ne me prononcerai pas sur les discussions que mon collègue a, au Travail,
avec le tribunal en question, mais il y a... c'est à plusieurs niveaux, là,
les... Ce n'est pas juste une question de ressources, c'est une question de
voir comment on peut trouver des solutions aussi pour aider à... au traitement
le plus efficace possible de ces plaintes-là.
Donc, je ne
m'attacherai pas à la solution, mais je peux vous dire que je suis très
préoccupée également par la situation, parce
qu'effectivement vous savez, comme ça découle d'une loi, comme devant... comme
dans tous les cas de plainte, comme dans tous les cas de tribunal,
naturellement, quand il y a des plaintes, le Trésor s'assoit avec les parties
concernées, puis on essaie de trouver des règlements puis des solutions. Mais
il arrive un moment où on est allés au bout du processus et où, là, on ne
s'entend plus, et il faut que ça tranche. Parce qu'on en a réglé beaucoup, de plaintes, aussi, au Trésor, puis on est capables,
dans certains cas de figure, de trouver des ententes, des terrains d'entente
où les deux parties sont satisfaites, qu'on
respecte la loi parce que... parce que ça ne se négocie pas, l'équité
salariale, ça découle d'une loi. Maintenant, il arrive un moment où,
bien, il faut qu'un tribunal tranche, et, par la suite, bien, dépendamment de la
décision du tribunal, le gouvernement va se gouverner en conséquence.
Mais je peux juste
vous réitérer... je ne répondrai pas pour mon collègue au Travail... je peux
juste vous réitérer qu'on est très sensibles, nous, au Trésor, surtout que je
suis la personne qui est en plein dans ce... dans ce créneau-là. Et ces
discussions-là, je les ai avec les syndicats, je leur... je les mets souvent en
garde de mélanger les négos et l'équité
salariale. Pour moi, c'est deux choses différentes. Mais ça ne veut pas dire
qu'on ne peut pas discuter pour
trouver des solutions avec eux. Ça, ce n'est pas... ce n'est jamais exclu, de
discuter. Mais je peux vous dire qu'on est sensibles puis on regarde
pour trouver des solutions. Mais le fait est que c'est un tribunal, et qu'il
doit traiter ces plaintes-là.
Mme Labrie : Je
suis contente que la ministre le nomme elle-même, parce qu'effectivement ça
s'est fait, dans le passé, de trouver un
terrain d'entente avec les parties concernées pour régler ces plaintes-là.
Quand je l'ai questionnée dans les derniers mois là-dessus, elle me
disait que, pour les plaintes restantes, elle misait sur le processus de la
CNESST. Donc, j'entends, elle nous le reconfirme aujourd'hui, donc, pour elle,
il n'y a pas... pour les plaintes qui restent,
là, celles de 2010, celles de 2015, il n'y en a plus, de dossiers qu'elle
estime pouvoir être gérés autrement que par le processus du tribunal.
Mme LeBel : Bien
là, c'est difficile de faire une déclaration à l'emporte-pièce sur un ensemble
de plaintes. Je vous dirais qu'il y a un lot
de ces plaintes-là, très certainement... puis je ne veux pas dire 80 %,
90 %, je ne le sais pas, je n'ai pas fait le décompte, il y en a
sûrement qui sont encore en discussion. Il y en a d'autres qui... probablement,
qui ont... qui sont arrivées au bout du
processus où on pouvait s'entendre, parce que, quand... quand on s'entend, en
équité salariale, il faut que ce soit crédible dans l'échafaudage de
toute l'équité salariale de la loi, et donc on ne peut pas faire... donc, il
faut qu'on soit capables de justifier, en fonction des critères de la loi, le
résultat final qui découle de la plainte quand on a une entente.
Donc, je vous dirais qu'il y a certainement un
lot de ces plaintes-là qui doivent maintenant être traitées par le tribunal, oui. Est-ce que c'est l'entièreté? Je ne
voudrais pas m'avancer là-dessus, parce qu'il y a peut-être des plaintes
là-dedans qui sont encore en discussion, qui pourraient être encore
potentiellement, discutables, mais là il faudrait les voir une par une, là, et ce serait un exercice
fastidieux, là. Ça fait que ne le prenez pas comme étant l'ensemble des
plaintes, mais comme il y en a, oui, qui sont rendues au bout du processus, et
il y en a suffisamment pour que ce soit problématique, dans le sens où
ça devrait... problématique, dans le sens qu'il faut que la CNESST tranche.
Mme
Labrie : Est-ce que, parmi tous les collègues qui sont
autour de la ministre aujourd'hui, il y a quelqu'un qui est responsable
de, justement, étudier ça, voir s'il y a encore des plaintes qui sont
traitables autrement, là, que par le processus du tribunal?
Mme LeBel : Ah! bien, je vous
réponds, moi, je le sais, qu'il y en a certainement un lot qui sont encore...
surtout dans les plus récentes, j'imagine, là. Je regarde 2021. Il y en a,
probablement, qui sont encore en discussion, probablement moins en 2010,
peut-être mitigé en 2015. Mais... mais, de toute manière, je ne vous fournirai
pas ces statistiques-là, parce que moi, je n'annoncerai pas, d'entrée de
jeu : Telle plainte est discutable, et telle plainte ne l'est pas. C'est
un processus... à partir du moment où on dépose une plainte, c'est un processus
qui est judiciarisé.
Maintenant, comme tous les processus
judiciarisés, il arrive que les parties discutent et s'entendent. Donc, est-ce
qu'il y aura toujours une ouverture de discussion et d'entente? La réponse est
oui. Sur lesquels en particulier, je vais me
garder... je ne discuterai pas d'un processus qui est judiciarisé. Maintenant,
je peux certainement affirmer que, dans...
que, dans ce lot-là, il y en a quelques-unes, sinon, plus que quelques-unes qui
sont arrivées au bout du processus, et que là, c'est le... Parce que
c'est judiciarisé à partir du moment du dépôt d'une plainte, là, et on est une
partie. Donc, on discute, comme toute partie devrait le faire dans un processus
judiciaire, puis, à un moment donné, vient un temps où le tribunal doit
trancher, là, comme dans tout processus judiciaire.
Mme Labrie : Oui, j'entends. Puis
moi, je fais confiance au processus à la CNESST, aussi, pour trancher pour les cas qui n'auront pas pu être réglés
autrement. Je suis contente d'entendre qu'il y a encore de l'ouverture quand
même, pour essayer de régler autrement pour certaines plaintes. Mais, quand
même, après 13 ans, là, je pense qu'on peut
dire sans exagérer que le délai est déraisonnable. Moi, j'ai confiance en la
capacité de la CNESST à fournir une décision juste. Par contre, je n'ai
plus confiance qu'ils sont capables de fournir cette décision-là dans un délai
raisonnable, là, après 13 ans.
Donc, moi, j'aimerais ça savoir si la ministre,
elle, elle en fait, des démarches, auprès de son collègue au Travail, auprès de
la CNESST, pour leur... leur offrir des ressources supplémentaires pour réussir
à régler ça, parce que ça devient un peu
gênant — comme
employeur, comme État, on a le devoir d'exemplarité — de
ne pas être capables de régler ces dossiers-là après 13 ans.
Mme LeBel : Oui, mais il faut
comprendre que c'est un processus judiciarisé. Dans cette capacité-là, dans
cette fonction-là, la commission est un tribunal. Maintenant, j'offre la
collaboration, autant qu'on peut l'offrir quand on est une partie à un processus judiciarisé. Maintenant, je vous ai
déjà répondu qu'on était à la recherche de solutions en autant qu'elles
n'atteignent pas et qu'elles ne compromettent pas l'indépendance du tribunal en
question.
Mme Labrie : OK. Je vais parler de
l'avenir, à ce moment-là...
Mme LeBel : L'avenir, oui.
Mme Labrie : ...parce que là, le
processus, l'exercice de maintien de l'équité pour 2020, il n'est pas... il n'est pas complété. Il y en aura d'autres à
l'avenir, là. De toute évidence, le processus qui existe en ce moment ne nous
permet pas de régler les dossiers dans un délai raisonnable. Il y a, pour vrai,
des milliers de personnes, en particulier des femmes, qui attendent,
depuis des années, plus d'une décennie, d'avoir un salaire juste, que quelqu'un
se penche là-dessus. Moi, je ne trouve pas ça normal. J'entends que là, on est
pognés avec un processus qui fait en sorte que, des fois, ça s'étire, mais
est-ce qu'on est obligés de maintenir ce processus-là pour la suite? Est-ce que
la ministre a une opinion sur la façon dont on procède actuellement? Est-ce
qu'elle est satisfaite de ce qui existe comme processus en ce moment? Est-ce que ça la rend fière que ça puisse être aussi long
ou est-ce qu'elle envisage de peut-être le réviser, ce processus-là,
peut-être de réviser la Loi sur l'équité salariale pour s'assurer qu'on
réussisse à traiter ces plaintes-là dans un délai raisonnable?
Mme LeBel : OK. Il faut comprendre
que, bon, l'évaluation de l'équité salariale se fait en fonction de la loi, je l'ai dit, là, je veux juste replacer...
replacer la question dans mon esprit correctement, et l'évaluation de l'équité
salariale, dans...
à chaque cinq ans, je pense, c'est cinq ans... le maintien, à chaque cinq ans,
se fait. Dans la grande majorité des... Mais c'est quand même un processus qui est rigoureux, qui est long et
qui découle... et j'ai du mal à voir comment... on ne doit pas
l'escamoter, disons-le comme ça.
Ceci étant dit, ceci
étant dit, il y a deux choses dans ce que vous dites. Il y a le processus en
maintien, qui, une fois qu'il est déposé, convient à probablement une grande
majorité de gens, et il y a les plaintes qui en découlent. Parce que les plaintes, ce n'est pas l'ensemble de
l'équité salariale. On doit comprendre qu'on a l'exercice de maintien, je
vais prendre 2010 à titre d'exemple, qui s'est fait. Dans beaucoup de cas de
figure, l'équité salariale a été versée, c'est-à-dire appliquée, mais il y a, à
chaque fois, des plaintes qui en découlent. Là où ça devient peut-être un peu
plus difficile à concevoir, c'est dans le
traitement des plaintes, dans le traitement des plaintes, et là j'ai déjà
répondu à cette question-là.
Maintenant, pour
l'exercice du maintien...
Le Président (M.
Simard) : ...s'il vous plaît, Mme la députée de Sherbrooke, à vous la
parole.
Mme Labrie : Oui.
Juste parce qu'il nous reste moins... une trentaine de secondes.
Mme LeBel : OK,
je m'excuse, je n'ai pas...
Mme Labrie : Ma question, c'est : Ce processus de
traitement des plaintes, pour l'avenir, pour les futures plaintes qui ne
sont pas en traitement actuellement, est-ce qu'on peut le réviser pour que ce
ne soit plus jamais aussi long?
Mme LeBel : Bien, ce sera toujours en... Bien, c'est parce
que, quand on parle des plaintes, c'est un processus judiciaire, donc ce
sera toujours tributaire de la CNESST, puis on en a discuté.
Le Président (M.
Simard) : En conclusion.
Mme LeBel : L'évaluation,
c'est autre chose. Ça découle de la loi.
Le Président (M.
Simard) : Une dernière intervention, chère collègue, très rapidement.
Mme LeBel : J'essaie
vraiment de vous répondre, là.
Mme Labrie : Bien,
écoutez, moi, j'entends... j'entends que la ministre me répond que, dans
l'avenir, là, l'exercice de 2020, ça se peut qu'il y ait des plaintes qu'en
2033 elles ne sont pas encore réglées?
Mme LeBel : Ce
n'est pas l'objectif, parce que l'objectif, si on est capables de fournir et
d'aider la CNESST à trouver un moyen de désengorger, probablement que, dans le
futur, on sera moins... on sera moins pris. Mais il faut comprendre, là, que
c'est un tribunal qui doit traiter ces plaintes-là.
Le Président (M.
Simard) : Très bien, merci. Alors, nous pourrons poursuivre plus tard,
il vous reste encore un bloc d'échange. Mme la députée de Saint-Laurent, la
parole vous appartient.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président. Je ne sais pas si la présidente du Conseil du trésor
a pris connaissance du résultat du sondage qui a été commandé par le Syndicat
de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec. Ah! désolée,
je vais répéter ma question, le son... mon micro était un petit peu trop loin.
Mme LeBel : ...
Mme Rizqy : Oui,
le sondage La sous-traitance au sein de l'appareil gouvernemental—Constats
et enjeux. C'est fait par le SPGQ. Ça a été rendu public, là, c'est au
niveau de la sous-traitance.
Mme LeBel : Oui,
allez-y.
Mme Rizqy : Oui.
Est-ce que vous avez eu le temps d'en prendre connaissance?
Mme LeBel : Bien,
je n'ai pas lu les lignes du... je n'ai pas lu le rapport d'un couvert à
l'autre, mais disons que j'en ai une
impression générale, qui, peut-être, va me permettre de vous y répondre, sinon,
je vous le dirai si ma lecture n'était pas assez...
Mme Rizqy : Bien,
est-ce que vous partagez le constat que la sous-traitance a augmenté au cours
des dernières années?
Mme LeBel : Bien, de façon... au niveau des chiffres, ça
dépend dans quel domaine, tu sais, mais il y a... il y a de
la sous-traitance, je vais le dire comme ça. C'est parce qu'il faudrait que
j'aie les chiffres comparatifs, et je ne les ai pas, les chiffres comparatifs.
Mais il y a de la sous-traitance, c'est un fait indéniable, là.
Mme Rizqy : Bien,
si on va à l'annexe 1 du rapport...
Mme
LeBel : Bien oui, mais c'est un sondage, qui a été fait,
là, auprès de 3 000 personnes, donc c'est peut-être leur
impression aussi, mais... Et moi, comme je suis au Conseil du trésor, là, je
n'ai pas les chiffres pour vous dire est-ce qu'il y a une augmentation, dans
quel pourcentage. Mais je suis prête à stipuler qu'il y a de la sous-traitance.
• (17 h 30) •
Mme Rizqy : Par contre, à
l'annexe 1, il est question des postes vacants, des postes internes puis
des postes externes. Donc, ce n'est pas un sondage, à ce moment-là, on est
vraiment dans les postes qui existent, là, donc qu'est-ce qui est à l'affichage
de postes. Est-ce que... Ce n'est pas les chiffres du Trésor.
Mme
LeBel : ...ce n'est pas les
chiffres du Trésor, là, c'est les chiffres qui ont été... qui ont été... Et là
je ne suis pas en train de dire
qu'ils ne sont pas bons ou qu'ils sont bons mais ce n'est pas nos chiffres,
c'est les chiffres du Syndicat
de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec. Donc, de quoi
ils découlent... et ça, je n'ai pas examiné les chiffres pour m'assurer qu'ils
étaient exacts. Mais ce ne sont pas les chiffres du Trésor.
Mme Rizqy : OK. Est-ce que vous avez
des chiffres, peut-être, pour contredire ces chiffres-là?
Mme
LeBel : Bien, peut-être qu'on pourrait en faire un examen
et les examiner, parce que ça dépend de quelle façon ils sont
compilés. Leur compilation est-elle une compilation qu'on a de la même façon?
Peut-être pas. Vous comprenez que ce n'est pas parce que je ne veux pas vous
répondre, mais c'est parce que je n'ai pas... ce ne sont pas les chiffres du Trésor, alors moi, je ne
m'appuierai pas là-dessus pour tirer des conclusions, là. Je ne les qualifie
pas, mais je ne m'en servirai pas.
Mme Rizqy : OK. Alors, je vais vous
donner un autre outil, pour les fins de notre discussion : l'article de Pierre-Paul Biron, du Journal de Montréal, Sous-traitance
à l'externe en informatique, donc on va prendre un exemple d'un
ministère.
Mme LeBel : Parfait.
Mme Rizqy : Puis désolé que ce soit
celui de l'informatique, là, ce n'est pas que je veux en ajouter, là.
Mme LeBel : Non, non, mais je
comprends que c'était dans le journal, oui.
Mme Rizqy : C'est ça, c'est dans le
journal. Alors là, ici, on voit que «33 % des ressources utilisées dans la
dernière année étaient des sous-traitants,
alors que près de 1 200 postes demeurent vacants, du jamais vu.»
Initialement, l'objectif, c'était de réduire la sous-traitance. Pourquoi
qu'on a de la difficulté et qu'on a cette dépendance envers les sous-traitants?
Mme LeBel : Bon, il faut faire... Je
veux juste prendre le temps de réitérer que j'ai pleinement confiance en la
fonction publique et la compétence des gens qui exercent. Je suis moi-même
issue de la fonction publique, donc... Et, même si je m'exclus de tout ça, je
considère qu'on a des gens, dans la fonction publique, qui sont extrêmement
compétents. Maintenant, les cas spécifiques... Il y a des cas spécifiques où le
gouvernement peut faire appel à de la sous-traitance.
Puis c'est très difficile pour moi d'entrer... Puis ce n'est pas parce que
c'est des TI ou c'est autre chose, mais
il y a des cas spécifiques. Et il faut comprendre aussi que la pénurie de
main-d'oeuvre touche la fonction publique. Donc, ce n'est pas parce
qu'on enlève du travail à nos fonctionnaires, c'est soit parce qu'il n'y a pas
assez de monde de disponible et que nos
fonctionnaires sont utilisés dans un cas de figure x, à pleine capacité, soit
qu'on a besoin d'un enjeu spécifique où l'expertise ne se retrouve pas dans un
moment donné. Parce que c'est sûr que, si cette expertise-là devient
nécessaire pour le gouvernement de façon pérenne, on va se bâtir des équipes.
Mais si, sur des cas de figure très pointus, une expertise est nécessaire et
que ce n'est pas efficient pour le gouvernement d'embaucher des gens...
Parce que la fonction publique, vous le savez,
elle est basée sur la base d'une carrière dans la fonction publique, hein?
Donc, si on a besoin, pour des cas de figure bien particuliers, des situations
très pointues, d'avoir de la sous-traitance, on va le faire, ou si on en a
besoin, parce que, dans un cas x, y, on a difficilement... difficile à
embaucher, ou qu'on a une pénurie de main-d'oeuvre, ou que toutes nos
ressources sont utilisées à pleine capacité puis
qu'on a, excusez-moi, j'allais dire un «peak», mais une pointe, une pointe, une
pointe de travail dans un cas particulier, on va faire appel à la
sous-traitance. Donc, on ne l'éliminera jamais.
Mais je veux qu'on rassure tout le monde, parce
que je sais que ça vient d'un syndicat, on n'est pas en train de contourner nos professionnels de la fonction
publique, mais ils sont... je pense qu'ils pourraient vous en témoigner,
ils sont utilisés pleinement dans leurs compétences.
Mme
Rizqy : Mais comment aujourd'hui on peut justifier qu'au
même endroit, dans la même unité de travail, que nous avons une personne qui
est embauchée directement par l'État, disons que cette personne-là gagne
70 000 $, et que, juste à côté de cette personne, il y a une
autre personne qui utilise l'ordinateur du gouvernement, a un courriel du gouvernement, le téléphone du gouvernement,
mais a un titre différent parce que c'est un sous-traitant, mais il travaille au
même endroit, mais il gagne plus?
Mme
LeBel : Ça, c'est un débat que j'aurai avec les syndicats à la table
de négociation, si vous permettez, parce que c'est exactement le coeur de leur
discussion, et on entre... Puis le sondage arrive à point, d'ailleurs, on est
dans des négociations, donc on va discuter avec eux.
Mme Rizqy : Et
là vous en discutez avec moi.
Mme LeBel : Non, bien, venez vous asseoir à la table, mais
je... Vous aurez l'autorisation si vous êtes de mon côté.
Mme Rizqy : Bien...
Oh! Attendez, il y a beaucoup de témoins, là.
Mme LeBel : Bien
oui, mais ça fait deux fois que j'offre... Traversez, vous allez être
accueillie. Non, mais vous comprendrez que ce sont des cas de figure qu'on doit
discuter aux tables de négociations, farce à part, blague à part. Et on en entend parler. D'ailleurs, c'est le
même... Ce n'est pas le même enjeu, mais c'est la même discussion avec les infirmières, puis les MOI, là, puis l'Ordre
des infirmières. Donc, il faut trouver, mais... Et ces discussions-là auront
lieu aux tables de négociation. Mais on
devra comprendre qu'il y aura toujours des cas de figure où ce sera nécessaire
de faire de l'embauche à l'externe.
Mme Rizqy : OK.
Bien, est-ce que vous, vous gardez la... C'était un engagement, au fond,
électoral, là, de dire : On va réduire
la sous-traitance. Ça, c'était un engagement qui a été pris en 2014 et en 2018,
mais finalement ça n'a pas été respecté. Puis là je vous donne un cas
précis. Puis je pourrais aussi vous parler de justice, parce que c'est un
domaine que vous connaissez particulièrement bien. Vous le savez, hein, dans
le... le ministère de la Justice s'est donné comme mandat de moderniser les
salles de cour, il y a un immense virage numérique qui est entrepris... qui a
été entrepris, qui est toujours entrepris puis qui est constant, qui nécessite
des sommes importantes. Et vous le savez, c'est un défi de tous les jours de
maintenir nos infrastructures numériques face à toutes les cyberattaques. Donc,
moi, je comprends que les équipes de TI, là, ce n'est pas un point... un besoin
de pointe, c'est un besoin qui est quotidien.
Mme LeBel :
Bien, ça dépend. Ce n'est pas un besoin de pointe, ça... Je ne suis pas
assez experte en technologies de l'information, là, pour me lancer, mais je
vais vous aider de façon très générale. Ce n'est pas... Ça peut être un besoin
de pointe. Si on a besoin d'un groupe d'experts particuliers pour monter un
projet et que ce projet-là dure deux ans, bien, on n'engagera pas des gens pour
20 ans avec une permanence dans la fonction publique pour le faire. De la même façon, ça nous prend une base
d'expertise dans la fonction publique, et j'y crois également. Donc, je
ne parle pas de ce dossier-là en particulier.
Mais il faut qu'on
comprenne que, oui, on doit se dégager de la sous-traitance pour les missions
récurrentes de l'État, je vais le dire comme
ça, les fonctions récurrentes de l'État. Mais il y aura toujours des cas de
figure où, pour un dossier... bien, un projet donné, je dirai, qu'il
sera judicieux de s'adjoindre des gens de l'externe, soit parce que leur expertise, elle est tellement pointue qu'on
ne l'a pas et qu'il n'y a pas la demande nécessaire pour le gouvernement
de la développer, soit parce qu'on a besoin
de venir prêter main-forte à nos équipes en place pour un projet qui demande, pendant
un temps déterminé, une pointe, une pointe d'effectifs.
Mais est-ce qu'on...
est-ce qu'on doit, comme gouvernement, se détacher de la sous-traitance qui est
une sous-traitance de... de... j'allais dire de quotidien, c'est-à-dire de
services quotidiens? Bien, il faut tendre vers ça, c'est sûr, là. Mais il ne faut pas penser que parce qu'il y a
sous-traitance qu'il n'y a nécessairement pas justification ou nécessité
de le faire dans ce cas particulier, au moment donné. C'est une photo qu'il
faut prendre.
Mme Rizqy :
OK. Puis la photo, vous estimez quoi, qu'il serait raisonnable?
Mme LeBel :
Bien, je ne peux pas donner un chiffre à ça. Si demain matin j'ai plusieurs
projets puis que, de concert, même, avec mes équipes gouvernementales, y
inclure dans l'équipe les fonctionnaires concernés, on a besoin d'augmenter les
équipes pour un projet donné, bien, peut-être qu'il arrivera une pointe plus
grande, à un moment donné, puis après ça il y en aura... il y en aura moins pendant
un certain temps. On ne peut pas mettre un chiffre, mais je pense que ce qu'on
peut mettre, c'est un objectif. C'est-à-dire que la sous-traitance devrait
être, dans tous les cas où c'est nécessaire,
limitée à des... des services exceptionnels qui le requièrent ou parce qu'on
n'a pas l'expertise et que ça ne vaut pas la peine pour le gouvernement de la
bâtir à l'intérieur de ses équipes, là. Ça peut arriver.
Le Président
(M. Simard) : Chères collègues...
Mme Rizqy :
Ah! OK. Oui?
Le Président
(M. Simard) : Allez-y. Non, c'est juste...
Mme Rizqy :
Non, parce que l'échange allait bien, là, M. le Président, moi, je...
Le Président
(M. Simard) : Pour vrai, ça va? On tente quand même toujours de
garder un certain équilibre dans les questions et les réponses.
Mme LeBel : Alors, je me tais.
Mme Rizqy : Ah
non! Mais non, l'échange va bien. Merci beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Ça
vous va? Bon, très bien.
Mme Rizqy : Non, non.
Inquiétez-vous pas, inquiétez-vous pas, quand je ne suis pas satisfaite, tout
le monde le sait. Ça va très bien.
Le Président (M. Simard) : Bon,
parfait.
Mme Rizqy : Non, mais...
Mme LeBel : Non, mais vous
comprenez. Donc, je ne pense pas qu'on réalise...
Le Président (M. Simard) : Mme
la ministre, il vous reste 7 min 45 s.
Mme LeBel : Je ne pense pas
qu'on peut y aller en termes de chiffres. Je pense qu'on doit y aller en termes
de cas par cas puis d'examiner à chaque fois quelles sont les... quelle était
la nécessité.
Mme Rizqy : Oui. La réponse...
(panne de son) ...pourquoi, parce que je veux vraiment vous sensibiliser à
quelque chose qui a été dit par un de vos collègues. Le ministre responsable de
la Cybersécurité et du Numérique...
• (17 h 40) •
Une voix : ...
Mme Rizqy : Merci à la députée
de Fabre qui me souffle des fois les réponses. Merci beaucoup. Lui, il a dit, dans son gros chantier informatique, c'était
carrément un projet de la... digne de la Baie James et que des milliards de
dollars seront investis, là, donc... Puis il n'y est pas allé de main morte
pour les qualificatifs, là. Donc, là, «Baie James», quand j'ai entendu
ça, j'ai fait : OK! Je ne sais pas s'il a parlé avec la présidente du
Conseil du trésor, parce qu'il a avancé plusieurs milliards de dollars et...
Mme LeBel : Mais c'est quoi,
le...
Mme Rizqy : Pardon?
Mme LeBel : Excusez-moi.
Mme Rizqy : Ah non! Désolée. Et
là, au fond, c'est que, si on a un gros chantier, la Baie James a quand même
duré pas mal d'années, là, on s'entend, là, la Baie James, ça nous a pris du
temps, j'imagine que ça, ça ne peut pas se qualifier de projet de pointe et que
là, à ce moment-là, il faudrait s'assurer que les équipes qui seront en place
pour faire cette grande transformation numérique digne de la nouvelle Baie
James des temps modernes... qu'on ne peut pas se permettre de se dire que ça va
être de la sous-traitance puis qui... on va être capable d'embaucher. Puis,
soyons honnêtes, aujourd'hui, là, les technologies informatiques, là, plein
d'organisations, on les engage dans tous les différents corps de métiers,
professions, entreprises, parce qu'on a des grands défis et que c'est même la
façon non seulement pour plusieurs de
communiquer, mais faire des affaires. Mais, pour l'État québécois, qui détient
les données les plus sensibles des
Québécois, on n'a pas, nous, le luxe de ne pas être des champions en matière de
cybersécurité...
Une voix : ...
Mme
Rizqy : ...et transformation numérique, merci. Et c'est ça
qu'on veut développer comme expertise, c'est de s'assurer que nous, à l'interne, bien, qu'on a vraiment nos
meilleurs. Et, si on continue dans la même veine, c'est-à-dire d'augmenter
le pourcentage qui est en sous-traitance, bien, on risque à ce moment de dire
d'une façon détournée aux gens : Bien,
ne restez pas à la fonction publique, allez au privé, vous allez être mieux
payés, d'une part, pour faire exactement la même chose mais la chaise à
côté. Là, je mets une chaise vide, mais imaginez qu'il y a quelqu'un qui est
là, là, mais...
Mme
LeBel : Mais je vais vous rassurer, là, ce n'est pas pour
remplir les missions de l'État. On a un ministère de la Cyber...
Mme Rizqy : Sécurité.
Mme LeBel : ...sécurité et du
Numérique, MCN, le ministère de la... Et il y a... il a... ils ont, sur
10 ans, un PQI de l'ordre de 7,7 milliards de dollars sur
10 ans. Donc, c'est sûr et certain que c'est deux choses très différentes
dont on parle, là. C'est-à-dire qu'il va falloir fournir les moyens au
ministère de remplir sa mission de base.
Maintenant, le fait est qu'il y a une
difficulté, présentement, en... qui est circonstancielle à la... aux éléments présents, c'est-à-dire qu'on a une pénurie en
matière de TI, et on n'est pas les seuls à la vivre, cette pénurie-là et cette
difficulté d'embauche, et il y a, naturellement, des
négociations. Donc, je n'entrerai pas là-dedans, mais la question de l'attraction,
la rétention est certainement une question qui nous préoccupe. Donc, il faut
faire... il faut faire la part des choses, là.
Parce que, ça, vous
me parlez de la mission du ministère, qui a un PQI de 7,7 milliards à
gérer sur 10 ans, je vous ai bien parlé
qu'on ne devrait pas faire recours à la sous-traitance, autant que faire se
peut, pour remplir la mission d'un ministère. Maintenant, ça ne veut pas dire
que même le MCN lui-même ne nous dira pas, à un moment donné : À l'intérieur de ma mission, j'ai quelque chose de
plus pointu qui me demande une expertise externe. Ça, c'est un cas de figure
hypothétique que je vous donne. Ce n'est pas exclu.
Mais là il y a un
enjeu de pénurie de main-d'oeuvre. On a d'ailleurs mis des plans
gouvernementals, avec mes collègues au Travail, entre autres, et au ministère
de l'Enseignement supérieur. On a mis sur place des bourses d'études pour
favoriser l'entrée aux TI. On essaie d'augmenter le bassin disponible pour être
capable d'embaucher. Avec la nouvelle dotation
qu'on a faite, on va être capables d'embaucher de façon beaucoup plus ciblée.
Le télétravail fait partie des outils. Donc, on a mis tout ce qu'il y a
sur la table. Et, entre autres, ces gens-là sont en général, dans la plupart
des cas, à cinq jours/semaine en télétravail.
Donc,
on met sur la table beaucoup de choses pour devenir un employeur attractif,
mais on est en concurrence avec le monde entier dans ce virage
technologique là. Mais on va faire... on va mettre sur la table des outils pour
faciliter le recrutement. Mais c'est très différent de la sous-traitance, là,
on parle de la mission d'un ministère, là, si je peux vous rassurer là-dessus,
là.
Mme Rizqy :
OK. Mais juste... Je vous le dis,
c'est parce que... Prenons l'exemple d'Hydro-Québec. Hydro-Québec, eux,
ont vraiment géré une vraie Baie James, là, puis... Hydro-Québec, eux, ont
vraiment géré une vraie Baie James, puis, en matière de sécurité de
l'informatique, là, ils se sont équipés à l'interne. Puis, à tous les jours,
Hydro-Québec fait face à des centaines de
tentatives de cyberattaque, mais eux ont décidé que, stratégiquement, vu que
c'est un... c'est, chez nous, probablement notre joyau le plus
important, pour nous, les Québécois, c'est Hydro-Québec, eux, ils se sont dit : Nous, on va se doter à l'interne
de notre expertise, on va se protéger face aux cyberattaques puis on va
vraiment, à chaque fois, améliorer nos technologies de l'information à
l'interne. Moi, je vous invite vraiment à avoir cette philosophie parce que ça
a été une formule gagnante chez Hydro-Québec. Il n'y a pas de raison que ça ne
fonctionne pas, maintenant, dans les autres ministères du gouvernement.
Mme LeBel : Bien,
un des objectifs premiers du MCN, c'est justement la cybersécurité, donc
d'avoir à l'interne ces... ces compétences-là qui sont stratégiques pour la
sécurité de nos systèmes gouvernementaux, c'est sûr. Mais on fait quand même face à la difficulté d'embauche à laquelle tout
le monde fait face, mais on y travaille. Mais je voulais juste qu'on comprenne qu'il y a aussi l'accompagnement et toute
la question du virage numérique du gouvernement. C'est possible que,
pour certains projets de pointe en virage numérique, on... que même le MCN
lui-même dise : Bien là, j'ai des équipes qui sont capables de faire une
portion du travail et après ça s'assurer de la sécurité des systèmes. Mais là
je suis dans des... dans des choses hypothétiques. C'est parce que vous voulez
que je vous rassure sur la sous-traitance. Bien, on va doter les ministères
des... des compétences stratégiques dont ils ont besoin pour remplir leurs
missions.
Mme Rizqy : En
fait, ce serait quoi, votre cible? C'est quoi maintenant, vous, votre cible,
là, pour réduire la dépendance à la sous-traitance?
Mme LeBel : Bien,
je n'ai pas de cible pour réduire la dépendance. Je vais doter le... les
ministères de la... des compétences
nécessaires pour remplir leurs missions. Et il y a une difficulté présentement
avec... particulièrement en matière de TI, et je vous ai dit qu'on avait
mis sur la table tout ce qu'on peut mettre sur la table pour faciliter le recrutement. Maintenant, il reste la portion des
négociations, que je n'aborderai pas, mais c'est un outil parmi tant d'autres,
les conventions collectives, la dotation, la formation qu'on a ajoutée pour
avoir... augmenter le bassin des gens qui ont
cette compétence-là. Et on va s'assurer de doter le MCN des compétences
stratégiques. Mais maintenant on peut ouvrir les postes, il faut trouver
les ressources, et, dans l'intervalle, on doit quand même fonctionner.
Mme Rizqy : Mais
êtes-vous d'accord que, si le privé est capable d'ouvrir des... d'ouvrir des
postes puis trouver les ressources, c'est parce qu'il sait mettre l'argent sur
la table?
Mme LeBel : Bien là, c'est une
question de négociation. Là, je vais... je vais... je vais vous dire que... Et
je vais répéter que j'ai la sensibilité de... à la difficulté et de la
concurrence qu'on a en matière de TI, et je vais m'arrêter là sur le
commentaire.
Mme Rizqy : Mais c'est juste qu'on... la concurrence, on
dirait qu'on la crée nous-mêmes. Puis je vais vous donner un autre
exemple. Bien...
Le Président (M.
Simard) : ...
Mme Rizqy : Oh
mon Dieu! Déjà? Bon, bien, je...
Le Président (M. Simard) : Déjà,
malheureusement. Mais vous pouvez empiéter sur votre prochain bloc.
Mme Rizqy : Je
peux empiéter maintenant sur mon prochain bloc?
Le Président (M. Simard) : Tout à
fait.
Mme Rizqy : OK. Bien, permettez-moi
juste d'empiéter brièvement sur mon prochain bloc.
Prenons l'exemple... Vous, là, est-ce que vous
êtes à l'aise, là... Prenons l'exemple de Revenu Québec. Ce sont les données les plus sensibles que Revenu
Québec reçoit de tous les Québécois. Êtes-vous à l'aise que les technologies
de l'information peuvent être sous-traitées à l'extérieur du Québec puis à
l'extérieur, même, du pays?
Mme LeBel : Je vais laisser mon
collègue aux Finances ou mon collègue au CN répondre à ça, je ne suis pas assez
au courant de cette situation-là puis je ne voudrais par m'embarquer dans
quelque chose que je ne connais pas.
Mme Rizqy : OK. D'accord.
Le Président (M. Simard) : Merci. Je
cède maintenant la parole à la députée de Sherbrooke, qui dispose d'environ
12 minutes.
Mme Labrie : Merci, M. le Président.
En ce moment, il y a une idée qui a commencé à circuler, dans les dernières
semaines, celle de hausser le salaire des députés, on parle d'une hausse de
30 %. Il n'y a pas beaucoup de monde au
Québec qui ont eu une hausse aussi importante dans les dernières années. Nous,
à Québec solidaire, on n'est pas d'accord avec ce rapport-là, mais, jusqu'à
preuve du contraire, il semble que la CAQ le soit. Et, d'après les auteurs
du rapport, eux soutiennent que la hausse
serait nécessaire à cause de l'augmentation de la charge de travail, des
horaires atypiques puis des enjeux de sécurité vécus par les élus. Or,
il y a beaucoup de domaines d'emploi qui vivent des enjeux similaires
d'augmentation de charge de travail, d'horaires atypiques et de sécurité. C'est
vrai en santé, c'est vrai en éducation. Et,
en plus, il s'agit de professions où la pénurie est pas mal plus élevée que
pour les députés. Donc, j'aimerais savoir ce que la ministre responsable
de l'Administration gouvernementale pense de ça, d'offrir un rattrapage de 30 % aux élus alors que, dans
le secteur public, l'offre d'augmentations salariales ne suit pas l'inflation.
Mme LeBel : Alors, c'est la députée
de Champlain qui va vous répondre. C'est un rapport qui a été déposé par un
comité consultatif qui est indépendant. Il est déposé présentement à
l'Assemblée nationale, il est sous la
responsabilité du BAN. Il y a des discussions qui sont faites dans les
différents caucus, et mes commentaires, je le ferai dans mon caucus.
Mme Labrie : Il y a des collègues de
la partie gouvernementale qui se sont exprimés dans l'espace public.
Mme LeBel : Bien, grand bien leur
fasse.
Mme Labrie : OK. Donc, en tant que
ministre, la ministre n'a pas de position là-dessus?
Mme
LeBel : En tant que députée de Champlain, on parle de
travaux qui sont menés par l'Assemblée nationale, par le BAN. En tant
que députée, ce dossier-là m'a été présenté à mon caucus, et je vais garder mes
discussions à l'intérieur de mon caucus.
• (17 h 50) •
Maintenant, je peux peut-être répondre à une
autre portion. Vous parliez de réévaluation d'emplois. Il y a des mécanismes
qui existent dans la fonction publique. Alors, ce sont des discussions qui ne
sont pas de l'ordre de la négociation. C'est un peu comme l'équité salariale.
Quand... Tout le monde a l'opportunité de faire une réévaluation et de voir s'il y a des faits. On l'a fait,
d'ailleurs, dans les dernières années, on a donné ce qu'on appelle des rangements.
Un rangement, dans notre... dans notre langage, c'est faire en vertu de
critères objectifs, et ce que... ce n'est pas une augmentation de salaire,
c'est une réévaluation des tâches, donc ce n'est pas négocié.
Il faut faire
attention aussi, il y a la progression dans l'échelle, des fois, qui donne,
dans la poche de l'individu, une
augmentation de salaire, mais qui n'est pas une augmentation parce que c'est
une progression normale dans l'échelle. Mais cette possibilité de
réévaluer les tâches d'un poste donné existe dans la fonction publique.
On est en train, d'ailleurs, de procéder à cette
réévaluation-là pour les greffiers-audienciers, si je ne me trompe pas, pour
voir si on n'est pas capable de voir, en fonction des tâches actuelles et des
tâches qu'ils faisaient à l'époque où le rangement a été décidé, s'il n'y a pas
une différence. Ça va donner... ça donne, de façon concrète, aux gens une augmentation de salaire, ça leur donne
plus d'argent, c'est normal. Mais ce n'est pas une augmentation de salaire, au
sens où ce n'est pas, genre : On te donne 4 % parce que... Non, ça,
c'est sur les paramètres salariaux ou les primes.
Mais, quand on parle de rangement, bien, quand
quelqu'un fait plus de tâches, il est approprié qu'il soit plus payé. Et ça
existe, on l'a fait pour... je pense que je l'ai fait pour les gens en service
correctionnel, si je ne me trompe pas. Ils ont eu un rangement supplémentaire,
l'an passé, qui leur donne, naturellement, une augmentation de salaire,
c'est-à-dire que, pratico-pratique, la personne a plus d'argent, mais elle est payée
parce qu'elle fait plus de tâches. Donc, il y a un service supplémentaire qui
était rendu pour... pour les gens. Donc, ça existe, cette notion-là. Parce que vous avez fait aussi... vous avez dit :
Il y a d'autres gens, dans la fonction publique, parce que vous faisiez référence
au rapport que je ne commenterai pas. Mais
ça existe, et on le fait. Donc, je nommais rapidement les greffiers-audienciers
puis les services correctionnels, mais ils ont eu des
rangements supplémentaires, les services correctionnels, et ils ont eu
également des augmentations de salaire en vertu de la négociation.
Mme Labrie : Est-ce
qu'il y a d'autres titres d'emploi? Vous en avez nommé deux. Est-ce qu'il y a
d'autres titres d'emploi qui sont réévalués pour le rangement actuellement?
Mme LeBel : Rapidement,
comme ça, je ne les ai pas en tête, qui d'autre en a eu.
Une voix :
...
Mme LeBel :
Les PAB, les préposés aux bénéficiaires, sont également réévalués en fonction
de leurs tâches et non pas sous l'angle d'une augmentation salariale. C'est
bien différent.
Une voix :
...
Mme LeBel :
Ça, c'est fait? Ah! c'est fait. Ça, ça a été fait. Là, des fois, j'avoue
qu'entre ce qui est fait...
Mme Labrie : Donc,
entre les... Donc, elle m'en... la ministre m'a donné trois titres d'emploi...
Mme LeBel : Oui.
Les PAB ont eu un rangement supplémentaire, le service...
Mme Labrie : Un
seul qui est en cours actuellement. Les deux autres qu'elle m'a nommés, c'est
des choses qui ont été faites.
Mme LeBel : Le
greffier... Les greffiers-audienciers, c'est en cours d'analyse présentement.
Mme Labrie : C'est
le seul?
Mme LeBel : Bien,
que j'ai en tête, que j'ai en tête.
Mme Labrie : C'est
le seul qui... Est-ce que peut-être la réponse pourra nous être transmise par
écrit, à savoir s'il y en a d'autres?
Mme LeBel : Bien,
la question précise, c'est combien de...
Mme Labrie : Quels
sont les titres d'emploi...
Mme LeBel : Quels
sont les corps d'emploi? Bien, il y a beaucoup de demandes faites par les
syndicats. Je vous dirais que toutes les demandes faites par les syndicats
présentement sont en évaluation. Elles n'auront pas toutes un dénouement qui
est anticipé par eux. Je peux vous faire l'exemple de la demande des...
(Consultation)
Mme LeBel :
Non. Il y a d'autres demandes, comme je vais vous dire... Parce que je leur ai
répondu, les constables spéciaux qui faisaient une demande, puis ils le
faisaient dans le cours de la négociation. Je leur ai dit que ça ne se négocie
pas, un rangement, ça s'évalue. Et on a fait... on a fait une analyse, on est
en train de la compléter. Mais je vous dirais que, de façon partielle, je leur
ai déjà dit que, pour l'instant, il n'y avait pas de critère sur la table qui permettait d'avoir un rangement. Maintenant,
la négociation, c'est une autre chose, je veux bien qu'on le comprenne.
Mme Labrie : Je vous entends. Je me permets quand même de
nommer que, donc, ça fait très peu, là, de titres d'emploi pour lesquels
il y a une réévaluation de leur rangement.
Mme LeBel :
...je vous dirais qu'à chaque fois
qu'un syndicat en fait une demande, même s'il fait un amalgame avec les
négociations, ce qu'il ne devrait jamais faire, on l'évalue.
Mme Labrie : J'entends
que c'est séparé des négociations et c'est ce qui devrait. En ce moment, il y a
un écart de rémunération important, là, entre le provincial et le fédéral. Puis
même, quand on regarde la rémunération globale, c'est 11 %. Ça... ça complique
le recrutement. En ce moment, au fédéral, ils font la grève parce qu'ils se
font offrir 9 % sur trois ans. Ici, on parle de 9 % sur cinq ans.
Donc, je sais que la ministre m'a déjà fait valoir qu'il n'y avait pas juste le salaire, il y a d'autres
avantages sociaux. C'est également le cas au fédéral. Donc, on parle quand
même d'un écart de 11 %, en ce moment, qui pourrait être augmenté. Je sais
que la ministre ne veut pas parler des négociations, mais de manière plus
générale, moi, je constate que, jusqu'à maintenant, la stratégie de recrutement
du gouvernement semble ne pas passer par les salaires puisqu'on constate cet
écart qui est maintenu dans les offres actuelles.
Est-ce que la ministre peut nous dire c'est quoi, la stratégie de recrutement
du gouvernement du Québec face à la pénurie de main-d'oeuvre?
Mme LeBel : Bien,
la stratégie de recrutement passe également par les conventions collectives,
mais, pour moi, une convention collective,
c'est plus qu'un salaire, c'est l'organisation du travail. Donc, la priorité
est maintenant sur l'organisation du travail, on l'a bien mentionné. Ce
n'est pas la première fois que je le dis. Dans la dernière négociation, on a quand même octroyé des
augmentations salariales substantielles à plusieurs corps d'emploi, pour ne
pas nommer les PAB, les infirmières, les
enseignants, et il y avait également les éducatrices de CPE qui ont eu beaucoup
plus que les paramètres salariaux en équivalents. On parle de 15 % à
18 %, là, je ne veux pas... je fais un grand... Ça passe également par les
conditions de travail.
Moi, je vous
dis, quand j'ai des discussions avec les gens sur le terrain — d'ailleurs,
notre collègue de Saint-Laurent en a
parlé tantôt, des enseignants, où l'organisation de la classe est importante,
l'organisation du travail est important, l'endroit où on est capable de
faire les heures qui ne sont pas la classe sont importantes — le
salaire est important, mais c'est une composante. Donc, je pense qu'il faut
aussi avoir la préoccupation de... plus large que le salarial, qui est une
composante, j'en conviens. Mais je pense qu'aujourd'hui, présentement, quand
j'entends les infirmières, la majorité d'entre elles, ce n'est pas : Je
veux plus d'argent. On a fait pleuvoir sur leur tête des milliards de dollars...
Le Président (M. Simard) : Très bien...
Mme LeBel : ...et ils nous on
dit : Ce n'est pas de l'argent qu'on veut, c'est du temps. Donc, on est
très conscients que c'est l'organisation du travail et on y travaille.
Mme Labrie : Puis je suis contente
d'entendre la ministre dire ça, parce qu'effectivement, pour certains
emplois... C'est vrai pour les infirmières notamment, là, elles ont dit ça, et
je commençais à avoir hâte que quelqu'un au
gouvernement l'entende. Par contre, ce que je vois aussi, c'est qu'il y a des
propositions qui sont faites qui vont dans le sens de l'augmentation du
nombre d'heures par semaine de travail. Et ça, ça va dans le sens contraire de
ce qui est souhaité, là, sur le terrain.
Mme LeBel : Oui. Bien là, il faut
comprendre une chose. Au gouvernement, on a des services à rendre à la population. Et j'ai toujours dit que j'étais très
sensible à la situation de l'organisation du travail, mais, au final, il faut
que la population aient des services. Donc, augmenter les salaires pour
augmenter les salaires, si je ne suis pas capable d'avoir plus de services à la
population, je ne le ferai pas.
D'un autre côté, je ne forcerai jamais personne
à rentrer au travail plus d'heures. Maintenant, la plupart, pour parler des
infirmières, à titre d'exemple, parce qu'on en a parlé abondamment, et je ne
sortirai pas du cadre qu'on a déjà
mentionné, on a déjà dit que c'est le temps supplémentaire obligatoire qui les
indispose, à juste titre, et non pas le temps supplémentaire, le temps
supplémentaire obligatoire, qui est une infime partie de tout le temps
supplémentaire qui existe au Québec en
matière de santé, entre autres, pour les infirmières, mais qui est un fort
irritant pour celles qui ont à le vivre. Maintenant, ce qu'elles
veulent, c'est de la prévisibilité. Il y a des gens qui veulent... Il y a des
gens qui travaillent plusieurs heures par semaine et qu'elles sont contentes de
le faire parce qu'elles ont de la prévisibilité. Et jamais, dans les dépôts gouvernementals et les demandes du
gouvernement de rehaussement des heures, il n'y avait d'obligation de le
faire. Naturellement, je ne me priverai jamais de mettre des incitatifs
financiers pour augmenter la productivité.
J'ai besoin de tant de travail, j'ai besoin de tant d'heures d'ouvrage et je ne
peux pas aujourd'hui, demain matin, produire en chaîne, en série, dans
une usine, des infirmières ou des professionnels qui prennent deux, trois,
quatre, cinq ans à produire, et les besoins sont immédiats.
Donc, il y a plusieurs stratégies qui sont mises
sur la table, et beaucoup de ces stratégies-là sont pour être capables de
réorganiser le travail et, entre autres, leur donner de la prévisibilité et de
la flexibilité dans leurs horaires. Mais c'est sûr que je ne me priverai pas
d'avoir des discussions aux tables de négociation dans différents secteurs, qui va peut-être me permettre, au bout du compte,
avec le consentement du travailleur et à son bénéfice... lui offrir des incitatifs pour m'offrir plus de temps, c'est
clair, qui va, de toute façon, bénéficier à tout le monde au bout du compte.
Mais je veux bien mettre la table, là, de façon
très correcte. On ne forcera jamais personne, mais le fait est qu'il y a un
taux très élevé de travailleurs à temps partiel, et surtout dans le domaine de
la santé, qui s'explique et qui se justifie. Mais on ne pourra pas, comme
employeur responsable et surtout comme gouvernement qui a des services à
rendre... de me priver de leur offrir des incitatifs monétaires, de leur offrir
des vacances, ou de la réorganisation du travail, ou de la prévisibilité, et
tenter ainsi de les convaincre de venir travailler un petit peu plus que ce
qu'elles ne font présentement.
Mme Labrie : OK. Pour la minute qui
me reste, quand on a discuté ensemble des crédits provisoires, on avait eu
quelques échanges sur l'offre gouvernementale, puis la ministre avait mentionné
que l'inflation prévue sur cinq ans, c'était 11,9 %. C'est le chiffre
qu'elle avait utilisé elle-même à l'époque.
Mme LeBel : Oui, à l'époque.
Mme
Labrie : Oui. Donc, elle se corrigera peut-être, mais donc,
au mieux, actuellement, l'offre du gouvernement, c'est 11,5 %. Ça reste
donc en dessous de l'estimation faite par le gouvernement lui-même. Pourquoi?
Mme LeBel : Bien,
je vous dirais que même les coûts de l'estimation du gouvernement lui-même ont
baissé depuis ce temps-là. J'ai entendu mon conseil... mon collègue aux
Finances de... même dire que la cible qu'on allait atteindre
à mi-année était moins élevée que ce qui était anticipé, donc probablement
qu'on sera à moins de 11,9 % sur cinq ans. Mais je n'ai pas les nouveaux
chiffres. À l'époque où j'ai fait le dépôt, effectivement, j'ai dit que c'était
à hauteur des... à la hauteur, dans le récurrent, mais il ne faut pas omettre
le 1 000 $ de forfaitaire qui amenait l'ensemble de l'offre à
13 %, donc qui nous amène nettement au-dessus de l'inflation de l'époque.
Mais, bonne nouvelle pour tout le monde, il semblerait que ces cibles-là soient
en baisse et que, sur les cinq ans, on soit en bas de 11,9 %. Mais je n'ai
pas ce chiffre-là pour l'instant. Mais oui, c'est vrai, j'ai dit que les
montants récurrents étaient de l'ordre de
11,5 %. On ne peut pas négliger le forfaitaire, il existe, il va être versé,
à tout le moins s'il est accepté, parce que c'est une offre de
négociation, naturellement, mais ça nous amène à 13 %. Donc, on est, je
pense, sur la cible.
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci beaucoup, Mme la ministre. Très bien. Je cède maintenant la parole
à la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup. À la question n° 23, Renseignements
généraux, Liste du personnel...
Une voix : Oui,
je ne vous entends pas.
Mme Rizqy : Heille! Désolée. À la question n° 23, Demande de renseignements généraux, Liste du personnel
rémunéré par le ministère et affecté à d'autres organismes publics,
parapublics... parapublics, non gouvernementaux et autres, indiquez le nom de la personne, poste occupé, salaire de base
et bonis, vous avez marqué... la réponse était : aucun employé.
Mme LeBel : Bien,
je vois la réponse comme vous, mais là j'imagine que vous voulez l'explication?
• (18 heures) •
Mme Rizqy : Oui,
parce que... est-ce que ça inclut les sous-ministres qui sont déplacés?
Mme LeBel : ...
Mme Rizqy : Non,
non, je le sais. Bien, je vais juste poser ma question, puis vous pouvez y
réfléchir, ça ne me dérange pas. Je veux juste savoir : Est-ce que ça
inclut les sous-ministres qui ont été déplacés, mais qui sont toujours, par
contrat, par décret, à l'embauche pour... aux Emplois supérieurs?
Mme LeBel : ...moi,
rapidement, je vous dirais que c'est la liste du personnel rémunéré par le
ministère. Ce dont vous parlez, ce n'est pas
rémunéré par le ministère, en tout cas, le cas de figure que vous venez de me
donner. Mais là je vais demander qu'on vérifie, donc, particulièrement.
Mme Rizqy : Est-ce
que ce serait...
Mme
LeBel : ...pour le... le ministère,
c'est-à-dire le Secrétariat
du Conseil du trésor, et non pas pour
l'ensemble.
Mme Rizqy : Donc,
ça n'inclut pas les Emplois supérieurs.
Mme LeBel : Non,
parce que je... ce n'est pas moi qui les paie, je vous le dis, là, ce n'est pas
dans mon budget. Non, mais c'est parce que ce n'est pas dans mon budget, c'est
ça, je veux dire. Donc, ce n'est pas... ce ne sont
pas... ce n'est pas du personnel rémunéré par le ministère, là, le SCT. Donc,
dans mon personnel... Bien là, ce n'est pas le mien, là, j'ai l'air très possessive, mais dans le personnel
rémunéré par le Secrétariat du Conseil du trésor, il n'y a... La
réponse, c'est aucun.
Mme Rizqy : ...ce serait, au fond, au Conseil exécutif. OK, parfait, ça répond à ma question. J'avais juste une petite
interrogation.
Mme LeBel :
Merci.
Mme Rizqy :
Je vous amène au n° 16, actifs immobiliers excédentaires. Là, ici, on a
les immeubles qui sont complètement inoccupés. Je me demande s'il y a un
exercice qui est fait, présentement, pour non seulement les immeubles excédentaires inoccupés, mais ceux qui
sont partiellement inoccupés, étant donné que, vous le savez, là, en ce moment, dans plein de champs de compétence
gouvernementale, on cherche des locaux, on cherche aussi des terrains
puis des bâtisses, notamment pour faire des écoles, je dis ça au passage.
Est-ce qu'il y a eu
l'exercice qui a été fait à l'interne pour revoir peut-être la dotation de
certains immeubles, eux qui sont
complètement vacants et ceux qui sont occupés mais de façon partielle?
Peut-être pour fusionner différents ministères,
les regrouper à la même adresse, puis que, par la suite, si on a des immeubles
qu'on est capables de libérer pour
faire autre chose... je donnais un exemple, le logement locatif. Est-ce que ça,
c'est quelque chose que vous envisagez? Parce que, je vous le dis, on a
besoin d'espace.
Mme LeBel : ...oui, ça fait partie
de la révision de la stratégie immobilière, en tout cas, je n'ai pas... La
vision, c'est ça. Bien oui, parce que quand j'étais... mais ça aurait été une
question extrêmement intéressante à poser à mon collègue
qui est maintenant responsable de la SQI. Bien oui, ça fait partie de la
stratégie de la SQI. Quand j'étais là, on avait... D'ailleurs, le télétravail
nous a... nous a amenés à nous poser la question, parce que les locaux... parce qu'on va revoir tout l'aménagement des
locaux. On va le faire selon une nouvelle méthode. C'est sûr que, bon, dans
certains cas de figure, des bureaux fermés vont demeurer nécessaires, mais,
dans d'autres cas, ce sera des postes où on
pourra se... j'ai juste le mot en anglais, se loguer, se docker, donc se
brancher de façon... comme des postes nomades. Donc... donc, oui, ça
fait partie de la révision de... que la SQI doit faire.
Et, encore
une fois, on verra qu'est-ce qu'on fera avec les locaux qui... les immeubles
qui nous appartiennent, les bails qui sont en location, comment on peut
regrouper, mais je n'ai pas la réponse. Bien, oui, ils sont en train de faire
une réévaluation de tout ça. Et on devait attendre à... à une certaine époque,
quand j'étais... quand j'étais encore responsable de la SQI, les discussions
étaient de voir aussi l'effet du télétravail et comment on va se réorganiser,
là. Bien, on a fait... on est en train de
revoir aussi la vision d'aménagement des bureaux dans tout ça, là. Donc, disons
que mes termes ne sont pas exacts, là, mais oui.
Mme Rizqy : ...vous, vous serez en
mesure, dans un avenir rapproché... je ne sais pas si vous avez un échéancier,
peut-être, pour nous présenter, pas juste à moi, là, mais à l'ensemble des
Québécois, là, comme une vision claire de comment qu'on pourrait regrouper
certains lieux, là, certains ministères où est-ce qu'ils sont là à temps
partiel, on va le dire ainsi. Comme ça, on pourrait peut-être libérer des bâtisses
puis les reconditionner à d'autres usages.
Mme LeBel : Bien, il faudra poser la
question à mon collègue qui est... qui est en charge de la...
Mme Rizqy : Mais vous, vous répondez
plus facilement, je trouve.
Mme LeBel : Bien là, je... ça, je
vais... je vais me garder de commenter tout ça.
Mme Rizqy : Vous pouvez sourire et
ne rien commenter.
Mme LeBel : Non, non, mais... non,
mais je vais regarder de reconduire tout ça. C'est sûr que moi, je me souviens, parce qu'il y a à peine six mois,
d'avoir eu ces discussions-là. Puis je l'ai même dit de façon publique, donc,
je ne trahis aucun secret, qu'il va
falloir... qu'il faut qu'on révise notre parc immobilier, qu'il soit à titre de
propriétaire ou locatif. Et naturellement ils sont en train de faire
cette révision-là. Maintenant, c'est l'étendue de ma connaissance du dossier,
elle s'arrête à il y a six mois.
Mme Rizqy : OK. Bien, merci quand
même, là, on s'en reparlera, évidemment. Est-ce que vous avez eu le temps de
trouver la réponse pour les crédits expirés de tantôt?
Mme LeBel : Oui, j'avais... j'avais
un papier.
Mme Rizqy : Il y avait un petit
post-it?
Mme LeBel : Oui. Il n'y a aucun...
il n'y a aucun périmé, parce qu'on appelle ça des crédits périmés, de prévu
pour 2022-2023. On a été capables, avec notre nouvelle stratégie budgétaire, de
pouvoir... Bon, je m'explique. On a mis en
place, au Trésor, depuis que je suis là, entre autres, une nouvelle stratégie
budgétaire qui fait en sorte que notre... Vous avez vu, dans les
crédits, que notre fonds de suppléance est beaucoup plus garni qu'il l'était
dans les dernières années. Ce qu'on fait, c'est qu'on met... pas l'ensemble des
mesures, mais plusieurs mesures du budget à l'intérieur
de l'enveloppe... l'enveloppe du fonds de suppléance, qui est colorée, j'ai
déjà eu l'occasion de l'expliquer, colorée pour les ministères.
Je m'explique. Je prends un chiffre fictif. Le
ministère de l'Éducation a 100 millions pour une mesure y. Elle peut être... ce 100 millions là peut être mis
à l'intérieur de l'enveloppe du fonds de suppléance, mais il est, nous, à
l'interne, coloré et identifié pour le ministère de l'Éducation. À
l'époque, quand c'était transféré dans les portefeuilles des ministères, il
était très difficile d'utiliser ces sommes-là, peut-être, à l'intérieur du...
Bien, mettons que le ministère nous dit : Bien, pour n'importe quelle
raison, je n'ai eu besoin que de 75 millions pour faire ce que je voulais
faire, le 25 millions était gelé où on veut à l'intérieur de l'enveloppe
du ministère ou, des fois, même à l'intérieur d'un programme, j'ai eu
l'occasion de le dire, pour la révision de programmes.
La beauté de le mettre à l'intérieur du fonds de
suppléance, c'est qu'on peut, à la fin de l'année ou quand on arrive... fin de
l'année, quand on est sûrs que le ministère de l'Éducation... Là, je le nomme
parce que c'est votre portefeuille, mais on s'entend que mon cas... pour fins
d'enregistrement effectif, le ministère de l'Éducation, bien là, à ce moment-là, ce 25 millions là peut
être... peut être réutilisé pour une autre initiative. Donc, cette
souplesse-là, dans l'usage de certaines mesures, certains fonds, nous...
fait en sorte qu'il est réservé au ministère jusqu'au moment où le ministère
nous indique qu'il n'en a plus besoin, qu'il ne l'utilisera pas, pour x, y
raisons. Et, au lieu d'en avoir... au lieu
d'avoir un... un crédit périmé qui retourne au fonds consolidé, ça nous permet
de réutiliser ces sommes-là, et on a même réinvesti près de
1,1 milliard l'année passée ou cette année...
Une voix : ...
Mme LeBel :
1,6 milliard l'année passée, dont 1,1 pour le transport... pour faire du
devancement pour le transport collectif à Montréal, entre autres, et je ne me
souviens plus de la mesure, du 600... du 500 millions, mais on a réussi.
Donc, cette année, il n'y a aucun périmé de prévu, parce qu'on est capables
d'utiliser cette stratégie-là.
Mme Rizqy : Et le fonds de
suppléance était de combien?
Mme LeBel : Ah! mon Dieu, le chiffre
est quelque part, je vais vous le trouver, je ne l'ai pas par coeur, mais il a grossi considérablement dans les dernières
années, mais parce qu'il faut comprendre qu'il est... Bien, on a le chiffre,
là, c'est juste parce que je ne l'ai pas par
coeur, là, mais vous devez comprendre qu'à l'intérieur de ça... Puis d'ailleurs
on a des tableaux dans la... dans les dépenses...
Mme
Rizqy : ...parce que je me mets à la place de plusieurs
citoyens, puis je vous donne un exemple. Il y a eu une annonce avec le
montant que vraiment... Je vous donne un exemple concret. Une école à Laval, on
annonce le financement pour des rénovations, on met même la pancarte «La
rénovation s'en vient», mais ça fait maintenant deux ans, puis là les gens sont en droit de se demander la question
suivante, là : Bien, qu'est-ce qui s'est passé? Parce que l'argent,
permettez-moi l'expression, est décaissé, les gens sont... attendent,
justement, de voir les travaux. Alors, moi,
je veux savoir, tu sais, le fonds de suppléance est rendu à combien, parce
qu'il faut aussi s'assurer que... la bonne marche des travaux.
Mme
LeBel : C'est deux choses différentes. Là, on... je vous
parlais des mesures budgétaires, et, quand on parle des crédits périmés, c'est les mesures
budgétaires. Là, vous me parlez de PQI, donc de l'enveloppe du Plan québécois des infrastructures.
Mme
Rizqy : Oui, mais, quand... quand on ne le dépense pas, à
ce moment-là, généralement, c'est qu'il devient périmé quand il n'est
plus dépensé.
Mme LeBel : Non. À ce moment-là...
Encore une fois, je rentre...
Mme Rizqy : Bien là, c'est que ça a
changé, là, c'est...
Mme LeBel : C'est parce que, là, je
rentre dans le portefeuille de mon collègue, là, et je suis très mal à l'aise d'entrer dans le portefeuille de mon collègue.
Bien, il y a également des stratégies, ces sommes-là ne sont pas perdues,
mais, quand on autorise, dans une enveloppe à un ministère, d'utiliser des
sommes pour du maintien d'écoles, à titre d'exemple, il l'utilise pour du
maintien d'écoles. Maintenant, quelle école il choisit, ça lui appartient, là.
Mme
Rizqy : OK Là... là, je le vois, là, finalement, là. En
2022-2023, le fonds de suppléance était de 5,9 milliards...
Mme LeBel : Aujourd'hui, c'est à peu
près 10 milliards.
Mme Rizqy : C'est ça, là. Donc,
c'est... c'est quand même...
Mme LeBel : Plus ou moins, là, mais
c'est deux choses différentes. Les mesures du PQI ne sont pas dans le fonds de
suppléance, ce sont les mesures budgétaires.
Mme Rizqy : Bien, si je comprends
bien votre... le fonds de suppléance, c'est que ce n'est pas encore dépensé,
c'est... ça s'en vient, là.
• (18 h 10) •
Mme LeBel : Non. Le fonds de
suppléance, ce sont... OK. J'ai les mesures budgétaires, on parlait tantôt de
la base... Il faut faire la différence avec les infrastructures, c'est deux
enveloppes différentes. C'est pour ça qu'on peut être deux à... deux
responsabilités différentes, là.
On oublie le PQI pour deux secondes, OK? Quand
on parle de mesures budgétaires, je ne sais pas, moi, je ne sais pas, une
mesure budgétaire, donner des... donner... de donner 200 $ à chaque parent
pour avoir des... Bon, ça, c'est une mesure budgétaire. Dans le budget, vous
allez voir, dans les colonnes des... budgétaires, souvent, il y a les mesures
qui sont inscrites au portefeuille puis il y a les mesures qui sont inscrites
au fonds de suppléance. Elle appartient... Donc, il y a une portion du fonds de
suppléance qui est là pour les imprévus. Le Conseil du trésor a toujours eu un
fonds de suppléance qui était beaucoup plus modeste que celui-là pour pallier
aux imprévus en cours d'année, aux priorités ou aux urgences qui pourraient
survenir. Ceci étant dit, ça existe toujours, à l'intérieur du fonds de
suppléance, cette possibilité-là, mais ce n'est pas... ce n'est pas pour
pallier au budget de mon collègue. Le budget est ce qui nous guide, et c'est ce
qu'on adopte aujourd'hui.
Maintenant, le fonds de suppléance a grossi, pas
parce que le Conseil du trésor a plus d'argent pour pallier à des mesures x, y,
z, mais c'est parce que... mais c'est parce qu'on a pris... Dans les dépenses
de portefeuilles, de programmes, il y a des
mesures du budget qui sont inscrites au fonds de suppléance, il y en a d'autres
qui sont transférées directement dans les ministères. Et, vous le voyez
dans les colonnes, c'est inscrit, fonds de suppléance... elle est au fonds de suppléance.
Théoriquement, c'est une enveloppe commune à tout le monde, mais, comme c'est
une mesure qui est accordée par le budget du ministre des
Finances, moi, à l'interne, dans notre gestion du fonds de suppléance, j'ai des lignes qui apparaissent, qui disent :
Bien, ça, ce petit bout là, il est à l'Éducation, ce petit bout là est à
Culture, ce petit bout là est à Tourisme, à titre d'exemple. Et, pour diverses
raisons, si le ministère, en cours d'année, n'en a plus besoin, je ne lui enlève pas, là, ça lui
appartient. Ça me donne... nous, au Trésor, l'agilité de prendre ces sommes-là
et...
Et c'était une grande critique, qui
disait : Bien, voyons, telle dépense, ce n'est pas fait, pourquoi vous ne
pouvez pas la mettre ailleurs? Parce que c'est ça qu'on vote aujourd'hui, on
vous vote des postes de dépenses, puis on
vous dit que cette somme-là va aller pour ça, puis... Bien, en le faisant dans
le fonds de suppléance, le poste de dépenses est quand même voté, mais
moi, en fin d'année, je peux être capable d'avoir, après ça, peut-être,
1,1 milliard, où, là, je me dis :
C'est 1,1 milliard qui est ramassé à gauche puis à droite. Je suis comme
un écureuil. À la fin de l'année, je prends les reliquats du fonds de suppléance, qui deviendraient des périmés, et
je suis capable, par décision de... des décisions qui sont... qui sont
documentées, de les donner à d'autres choses.
Mme Rizqy : OK. Alors, concrètement,
là...
Mme LeBel : Oui, concrètement.
Mme Rizqy : ...maintenant que je
commence à mieux comprendre, là, qu'est-ce qui serait dans le fonds de
suppléance des crédits périmés, le montant?
Mme LeBel : Bien, il n'y a pas... il
n'y en a pas cette année.
Mme Rizqy : Je le sais, qu'il n'y en
a pas, parce qu'on a changé la ligne, puis la ligne s'appelle Fonds de
suppléance, mais il y en a tout le temps, là, c'est... c'est impossible...
Mme LeBel : Bien, il n'y en a plus,
de crédits périmés, parce qu'ils sont réutilisés. Les crédits périmés, c'est ça
que j'essaie... Oui?
Mme Rizqy : Attendez, là...
attendez, attendez, attendez, je veux juste préciser ma pensée, s'il vous
plaît. Vous êtes plus rapide que moi, je n'ai pas posé ma question. Alors, je
sais que, là, on ne l'inscrit plus, là, les... (Panne de son) ...je le comprends, là, mais je veux savoir. Parce que
c'est impossible, à chaque année, de... de dépasser complètement une
enveloppe budgétaire, pour différentes raisons, soit parce qu'on n'a pas trouvé
preneur à un appel de projets, soit parce qu'on n'a pas trouvé... il n'y a
personne qui a soumissionné ou la soumission était beaucoup trop élevée. Moi,
je veux juste savoir — ce
n'est vraiment pas du tout une question piège — je veux savoir, dans cette
enveloppe-là, c'est quoi, le montant, au fond, de projets qui ont été annoncés,
mais que, finalement, on n'a pas été en mesure de réaliser, pour différentes
raisons, puis il y en a plein, des raisons, là.
Mme LeBel : Bon, suivi des dépenses
de l'année passée, parce que je n'ai pas encore de crédits périmés pour le budget... 2023-2024, parce que je...
l'année n'est pas terminée. Budget... 2021-2022, pardon, c'était
1,6 milliard, je vous ai
expliqué. L'année passée, c'était 1,1 milliard, OK, et l'année passée, si
je n'avais pas eu la mécanique du fonds de suppléance, je me serais
trouvée face à un potentiel de 1 milliard de crédits périmés.
Mme Rizqy : J'ai compris. Merci.
Mme LeBel : Vous ne voulez pas avoir
mon explication complète? J'étais prête.
Mme Rizqy : Bien là... bien là,
c'est drôle, tantôt, vous l'avez expliqué, puis là j'ai eu le déclic, puisque,
là, on a eu le même langage, et là j'ai compris. Alors...
Mme LeBel : Oui, ils sont périmés à
la fin de l'année.
Mme Rizqy : Parfait. Bien, merci.
Mme LeBel : Et là on évite qu'ils le
soient, parce qu'on a une mécanique qui permet de les réallouer ailleurs.
Mme
Rizqy : Là, j'ai tout compris. Merci beaucoup. Est-ce que
je peux vous poser une autre question, mais ce serait à la question
n° 10...
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : Il me reste du temps,
non?
Mme LeBel : Bien, c'est une
question, j'y réponds.
Le Président (M. Simard) : ...oui,
3 min 35 s.
Mme Rizqy : OK,
parfait. Alors, c'est juste qu'à la question n° 10 j'ai... on a posé la
question pour savoir les coûts d'hébergement de données de ce qu'on appelle
l'infonuagique. On a le montant, 56 905 $. Bien, la liste des
fournisseurs, ça m'envoie à un lien sur un site Web, mais ce n'est pas très
précis. C'est qu'au fond on me donne la liste
de toutes les entreprises qui peuvent être des infonuagiques qualifiées, là.
Moi, c'était juste la liste des fournisseurs à qui on a confié l'infonuagique, là. Là, je sais que c'est impossible
que ce soient tous ces gens-là, toutes ces entreprises-là. Si vous l'avez, je vais la prendre, là. Si vous
ne l'avez pas, je peux comprendre, là.
Mme LeBel : Bien, la liste, elle est
publique, hein? Le lien vous renvoie à une liste qui est publique.
Mme Rizqy : Non, mais je l'ai, la
liste. Bien, c'est que ça me donne une liste de tous ceux qui peuvent être
qualifiés, mais ça ne me dit pas qui a obtenu le contrat.
Mme LeBel : Ah! bien là... Non, non,
moi, c'est la liste des fournisseurs que j'ai. Maintenant, savoir... Et on peut
donner des contrats à l'intérieur de ces fournisseurs-là. Je me tourne, je
cherche ma direction concernée...
Des voix : ...
Mme LeBel : ...ils sont publiés, par
la suite, sur le SEAO, ceux qui sont utilisés, là. Donc, ça, c'est la liste des
fournisseurs qui sont disponibles, et, après ça, s'ils sont utilisés, qu'ils se
sont vu octroyer un contrat, ils se retrouvent sur le SEAO, et je n'ai pas fait
le recoupage. Bonne fin... Vous allez avoir une belle fin de semaine en
perspective.
Mme Rizqy : Bien non, les crédits,
ça sert à ça.
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : C'est que, justement,
vous avez une équipe plus garnie que la mienne.
Mme
LeBel : Non, les crédits ne servent pas à faire du travail
de recoupage, mais à vous fournir l'information, et je... elle est
disponible sur le SEAO.
Mme
Rizqy : Bien oui, mais ma question était claire dans les
crédits. Moi, je veux savoir le coût, s'il y a eu des dépassements de
coûts, puis c'est qui, qui a travaillé comme fournisseurs, puis on me renvoie
une liste...
Mme LeBel : Bien non. On demandait
la liste des fournisseurs, mais ils sont là, les fournisseurs. C'est ça, la
liste des fournisseurs autorisés.
Mme Rizqy : Oui, mais, vous savez,
c'est comme... c'est comme en droit, tu sais, il faut avoir de la suite dans
les idées. Alors, le sujet, verbe, complément. Bien, si le sujet est encore
dans la même question principale, on fait référence, toujours, au même sujet
principal.
Mme LeBel : Bien, c'est comme en
droit, on répond à la question qui est posée.
Mme Rizqy : Bien oui...
Mme LeBel : Vous avez eu la réponse.
Mme Rizqy : ...mais, après ça, vous
êtes capables de préciser votre pensée.
Mme
LeBel : Non, mais ça existe,
mais le... vous allez pouvoir voir à travers le SEAO, là. Puis je suis
convaincue que...
Mme
Rizqy : Vous me faites travailler, là, puis, en plus, vous
savez, là, les fins de semaine, là, je m'occupe de quelqu'un d'autre de
plus précieux.
Mme LeBel : Oui, je le sais.
Mme Rizqy : D'accord. Alors,
dernière question, vu que le temps file. Moi, ce matin, je n'ai pas pu avoir la
réponse, j'aimerais que vous me
confirmez est-ce qu'il est vrai que les études du troisième lien ont coûté
325 millions de dollars en tout et partout.
Mme LeBel : Bien, je n'ai pas la
réponse. Je sais qu'il y a des budgets qui avaient été dégagés pour l'étude à l'intérieur du PQI. Maintenant, il faudrait voir
avec mes collègues concernés, soit au MTQ, soit... soit aux Infrastructures,
quelles sont les sommes...
Mme
Rizqy : ...répond pas.
Mme LeBel : ...mais
moi, je peux vous... je connais le montant de la somme qui a été dégagée.
Mme Rizqy : Ah!
Parfait. Ça a été combien qui a été dégagé?
Mme LeBel : Bien,
c'était ça, je pense, mais je... je ne me fie pas au chiffre, là, mais il y
avait des... mais... Je ne le sais pas, je ne l'ai pas, la réponse. Je ne l'ai
pas, la réponse.
Mme Rizqy : OK.
Bien, les montants dégagés, ça a été combien?
Mme LeBel : Bien,
ce n'est pas des montants dégagés, mais il y avait des montants qui ont été
alloués au PQI, je pense, pour faire les... pour faire... Bien là, je regarde
Danièle, qui n'est pas au PQI, mais... Il me manque Marie-Claude Lavallée...
Mme Rizqy : Marie-Claude,
apparaissez.
Mme LeBel : ...avec
laquelle je suis habituée de travailler quand j'étais au PQI. Bien, je ne le
sais pas. Je ne le connais pas, le montant. Bien, il y a eu des montants pour
les études, mais je ne connais pas les sommes exactes puis je ne voudrais pas
m'avancer sur cette question-là. Bien, en principe, ça devrait apparaître au
PQI concerné par l'année où la... où les
études ont été... ont été... la... accordées, là, puis il devrait y avoir une
ligne là-dessus, dans le PQI, de l'année en question, là, en principe.
Mme Rizqy : Puis
est-ce que vous êtes au courant des montants pour conférences de presse et
publicités pour le troisième lien?
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : Non?
Mme LeBel : Non.
Mme Rizqy : Hum!
d'accord, parce qu'il y avait aussi une question dans ma... dans mes crédits,
là.
Mme LeBel : Et
quelle était la réponse?
Le Président (M.
Simard) : ...en conclusion.
Mme Rizqy : La réponse, c'était un autre site Web. Vous me
faites travailler, Mme la présidente. Bien, merci... Je peux-tu juste...
juste dire merci rapidement, là?
Mme LeBel :
Oui, merci.
Le Président (M.
Simard) : Oui, en cinq secondes.
Mme Rizqy : Ah!
Bien, merci pour l'exercice. Je pense que c'était notre dernier bloc?
Le Président (M.
Simard) : Oui.
Mme Rizqy : Alors,
merci à vos équipes pour l'exercice, c'est très gentil.
Mme LeBel : Oui,
merci aux équipes, surtout, là.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup.
Mme LeBel : Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, chère collègue. Et, pour ce dernier bloc, je donne la parole au député
de Maskinongé, qui dispose de 10 min 30 s.
M. Allaire : Merci,
M. le Président. Bien, moi aussi, je vais me permettre de saluer le travail de
l'ensemble des équipes respectives. Vous ne le voyez peut-être pas, mais les...
les cartables sont assez volumineux quand même, ça fait que c'est beaucoup de travail. Ça fait que je tiens,
honnêtement, à vous remercier pour votre excellent travail. Puis, vu que
je suis le dernier à intervenir, je pense qu'on peut dire que ça s'est quand
même bien passé. Ça fait que vous avez fait plus qu'un excellent travail, parce
que je ne pense pas trop coincer ma ministre, en tout cas, je l'espère.
Mme LeBel : ...ce
n'est pas exclu.
M.
Allaire : Oui, bien, merci. Merci, Mme la ministre, de vous
être prêtée au jeu quand même. Je sais que vous n'avez pas trop le
choix, mais je pense qu'on a bien fait ça quand même.
Le projet de loi n° 12. D'abord, merci de
m'avoir donné le privilège de travailler avec vous sur ce dossier-là. Bien, quelle belle pièce législative! J'ai envie
de dire ça comme ça. On s'est attaqué à beaucoup de choses, puis je le dis
de façon positive, entre autres, on s'est donné, quand même, beaucoup plus de
marge de manoeuvre pour favoriser nos belles entreprises québécoises dans les
contrats qu'on donne à ces mêmes entreprises. On s'est... ou on a aussi un peu
réglé les problématiques, ou c'est en voie de l'être, là, au niveau des délais
de paiement dans le secteur de la construction.
On est venus aussi renforcer le régime d'intégrité de l'AMP. Ça fait que c'est
beaucoup de choses auxquelles on s'est... on s'est attaqué, là, avec le
projet de loi n° 12. On a aussi... puis j'allais l'oublier, là, mais on
s'est donné aussi une stratégie au niveau de l'innovation, comment qu'on peut
mieux accompagner nos entreprises à innover au Québec. Ça fait que je pense que
ça aussi, c'est un élément fort, là, du projet de loi n° 12.
• (18 h 20) •
Bien, je vais revenir plus précisément avec les
délais de paiement dans le secteur de la construction. Vous avez dit, tantôt, que ça vous rattrape tout le
temps, votre passé avec... avec la commission Charbonneau, mais je vais en
parler, moi aussi, un petit peu, quand même, parce que ça fait quand même
partie de vous, mais ça fait aussi beaucoup partie de l'environnement du Conseil du trésor. Parce qu'en novembre
2015, quand le rapport a été déposé, il y a quand même 14 mesures,
là, qui étaient sous la responsabilité du Conseil du trésor, dont une qui a un
lien avec les délais de paiement, puis vous
allez me permettre, là, de la citer, cette recommandation-là. Alors, ça
disait d'«adopter des dispositions
législatives ou réglementaires afin de proposer, dans le cadre d'un contrat
principal... — pardon — et
des sous-traitances, une norme sur les délais de production des
décomptes progressifs et des paiements afin de diminuer l'emprise des
surveillants de chantier et des donneurs d'ouvrage publics sur les entreprises
oeuvrant dans l'industrie de la construction, ainsi que la possible
infiltration du crime organisé».
Alors, bon,
c'est un... c'est un peu plate, le lire comme ça, mais ça a fait quand même en
sorte que ça a découlé d'un projet pilote, projet pilote que, je pense, a
porté... a porté de ses fruits. Et, dans l'ensemble du processus qui a
amené à l'élaboration du projet de loi n° 12, on a consulté des groupes.
Et, à chaque fois qu'on consultait des groupes qui avaient un lien avec le
secteur de la construction, ils nous revenaient, naturellement, avec le projet
pilote qui était en cours, et ils étaient somme toute favorables. Et il y a
d'ailleurs un rapport qui a été déposé en mars 2022 en lien avec ce fameux
projet pilote là. Le rapport, à ce stade-ci, et les mesures qu'on a mises en
place dans le projet de loi n° 12, et
peut-être même ce qui s'en vient, Mme la ministre, peut-être nous... nous
éclairer un peu plus, parce que, de ce que j'ai compris, c'est que tout le
monde sort gagnant des mesures qui ont été mises en place puis c'est très
bien reçu par rapport au secteur de la construction. Donc, je vous cède la
parole. Je vous lance ça comme ça, là, la patinoire est à vous.
Mme LeBel : Merci. Écoutez, bien,
ça... vous avez fait partie des travaux comme moi puis surtout de la consultation. C'était un enjeu qui était fort
important. C'est un enjeu qui était important pour la commission Charbonneau,
parce que ça nous permettait... les délais de paiement font en sorte de...
quand on est payé dans les bons délais, on est capables d'avoir une capacité
financière qui nous permet peut-être de soumissionner encore plus sur des
projets... des projets publics. Donc, l'idée
était de prendre soin de notre bassin de soumissionnaires et d'avoir une saine
concurrence dans l'industrie de la construction. Donc, c'est pour ça,
c'est sous cet angle-là, naturellement, que la commission Charbonneau s'était...
s'était... voyons, s'était... heille! j'ai vraiment un blanc sur un mot facile,
intéressée — hé!
mon Dieu Seigneur, j'avais un blanc — intéressée
aux délais de paiement. C'était vraiment sous l'angle de l'intégrité, parce que nous, pour avoir un bassin... Quand tu
as un bon bassin de concurrence, naturellement, tu as un marché qui est
beaucoup plus sain, et les marchés publics doivent être sains.
Maintenant, il y a un autre angle, qui est
l'angle peut-être un peu plus gouvernemental. Bien, c'est... c'est normal de
payer nos gens le plus rapidement possible quand ils nous rendent des services.
Donc, quand on met en convergence ces deux
intérêts-là, je pense qu'il allait de soi qu'il fallait qu'on agisse dans ce
domaine-là. Vous l'avez dit, le projet
pilote s'est terminé, je pense, en août 2021. On a eu le rapport, et c'est
concluant. D'ailleurs, on a... on a... dès le projet de loi n° 66,
qui est maintenant la LACPI, on avait déjà cette discussion-là avec les gens de
l'industrie concernée et on avait... on avait... je ne dirais pas, étendu le
projet pilote, mais on avait pris les principes du projet pilote, et on les a appliqués à tous les... tous
les contrats de l'annexe du projet de loi n° 66. Donc, tous ces
contrats-là, nonobstant les travaux qu'on est en train de faire, sont...
sont sous l'égide du projet pilote, mais pas dans une bulle de trois ans,
c'est-à-dire, on y applique les mécanismes qui étaient à l'intérieur des... du
projet pilote.
Ceci étant
dit, dans l'intervalle, et quand on a... j'avais dit, à plusieurs reprises,
qu'on attendait, naturellement, le rapport
de... du projet pilote et que les indicateurs étaient quand même... les
indications qu'on en avait étaient positives. Bien, en... en juin 2022, depuis ce temps-là, dans le cadre du projet de
loi n° 12, on a fait le reste du chemin, c'est-à-dire qu'il y a eu le projet pilote, dans... dans ce
projet pilote là, il y a eu le projet de loi n° 66 qui est arrivé. Compte
tenu que les indications du projet
pilote étaient... étaient que ça fonctionnait bien, on a accepté, à ces
180 projets là, de donner les outils du projet pilote. Donc, on
avait déjà une grande couche des projets en construction du gouvernement qui
étaient ciblés.
Maintenant, on a fait le reste du travail dans
le projet de loi n° 12, c'est-à-dire qu'on a mis en place, dans le cadre
de la loi... Naturellement, quand on parle d'une pièce législative, il faut...
il faut... Dans une pièce législative, on
détermine les paramètres très généraux, le plus précis possible, mais le plus...
le plus souple possible, du carré de sable. Et
maintenant on doit travailler à l'élaboration de la réglementation. On
travaille, d'ailleurs, avec la Coalition sur les retards de paiement dans ces enjeux-là. Ils sont très satisfaits,
jusqu'à présent, des travaux. Et on devrait avoir la suite réglementaire
de tout ça très... le plus rapidement possible, mais les travaux sont en cours,
et ça va très bien avec la coalition, là.
Bien, le signal du projet... de la loi est très fort, parce qu'on a adopté le
principe de... du projet pilote dans la loi. Maintenant, ça prend les
réglementations pour que ça... que ça suive, là.
M. Allaire : ...probablement
la dernière... le dernier projet de loi qui a été adopté de la dernière
législature. Ça fait que c'est sûr qu'après ça...
Mme LeBel : Oui,
2 juin 2022.
M. Allaire : Il
faut laisser le temps, les choses se mettent en place. Par rapport à la mise en
place, là, de l'Autorité des marchés publics, encore une fois, dans le projet
de... on est venus... dans le projet de loi n° 12, on est venus renforcer cet élément-là au niveau
législatif. Là, je ne sais pas si l'AMP peut... pourrait intervenir, mais, en
fait, ma question, c'est :
Est-ce que... est-ce que c'est déjà concluant, ce qu'on a mis en place dans le
projet de loi n° 12 par rapport à cet élément-là en particulier?
Mme LeBel : Bien,
moi, je ne suis peut-être pas... j'ai peut-être un conflit d'intérêts
là-dedans, comme je suis la personne qui a mis en place, et je suis très fière
du projet de loi n° 12. Ça fait que peut-être que ce sera l'occasion pour moi, si vous permettez, la commission,
de passer la parole à M. Trudel, qui est le président de l'AMP, qui, je sais, brûle depuis trois heures de
pouvoir s'adresser à vous. D'ailleurs, on a omis... et je veux présenter le
président du CAG aussi qui était présent et très disponible de vous...
de vous répondre, mais ça n'a pas adonné. Donc...
Le Président (M. Simard) : Alors,
y aurait-il consentement? Il y a consentement. M. Trudel, pour les fins de
nos travaux, auriez-vous l'amabilité de vous présenter?
M. Trudel
(Yves) : Oui. Bonjour. Alors, Yves Trudel, je suis président-directeur
général de l'Autorité des marchés publics.
Le Président (M.
Simard) : ...
M. Trudel
(Yves) : Merci, M. le Président. Donc, pour répondre à la question, M.
le Président, depuis la sanction du p.l. n° 12, donc la loi n° 18
maintenant, effectivement, les pouvoirs qui nous ont été accordés eu égard à
cette loi-là, on peut les décliner de deux façons. C'est très concluant, en
termes de conformité, donc au niveau de... du respect des règles normatives
avec les pouvoirs qu'on a, additionnels, pour pouvoir surveiller les marchés
publics et le respect des règles normatives auprès des donneurs d'ouvrage. Et
l'autre volet qui est assez important, c'est le rapatriement de l'activité de
vérification, qui était auparavant menée par nos collègues de l'UPAC, qui
maintenant est menée de bout en bout par l'Autorité des marchés publics. Il y a
un gain important, au niveau des délais, eu égard aux autorisations et aux
renouvellements d'autorisation, et donc c'est extrêmement concluant.
On est très chantier,
donc, avec ce rapatriement-là, et les pouvoirs qui nous ont été accordés, ça
nous permet également d'aller en chantier. Donc, sur le terrain, on vérifie, on
échange avec les entrepreneurs. Ça permet de recueillir énormément
d'informations eu égard aux marchés publics et à ce qui se passe présentement
au niveau des contrats publics. Donc, c'est très, très concluant. C'est
effectivement un très beau projet qui aura permis à l'autorité de prendre sa
place, comme elle devait la prendre, tout à fait.
Le Président (M.
Simard) : ...
M. Allaire :
Bien, en fait, je pense qu'il me reste seulement quelques secondes, là, je
pourrais peut-être...
Le Président (M.
Simard) : Une quarantaine de... de secondes, cher collègue.
M. Allaire :
...je pourrais peut-être laisser les mots de la fin, peut-être, à... Mme la
présidente, voilà.
Mme LeBel : ...peut-être
qu'on peut le prendre pour remercier tout le monde, remercier mes collègues de
l'opposition pour la rigueur d'exercice puis la convivialité. Ce n'est pas
parce qu'on parle de choses sérieuses qu'on ne peut pas le faire de cette
façon-là. Alors, merci à mes collègues de l'opposition qui sont présents, avec
qui j'ai l'occasion souvent de travailler.
Merci à mes collègues de la banquette ministérielle qui sont là pour m'appuyer
et à tous... surtout, surtout, surtout toutes les équipes du Trésor, du
CAG et de l'AMP. Ça a l'air de rien, là, mais c'est beaucoup de travail pour
préparer ces trois heures de crédits. Alors, merci à tout le monde.
Adoption des crédits
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, compte tenu du fait que notre période d'échange est maintenant révolue,
nous allons procéder à la mise aux voix des programmes suivants.
Est-ce que le programme 1, intitulé Soutien
au Conseil du trésor, est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division.
Le programme 2, intitulé Soutien aux
fonctions gouvernementales, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division.
Le programme 3, intitulé Commission de la
fonction publique, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division.
Le programme 4, intitulé Les régimes de
retraite et d'assurance, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division.
Enfin, le programme 5, intitulé Fonds de
suppléance, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division.
Documents déposés
Alors, chers amis, je dépose bien sûr les
réponses aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, nous allons ajourner
nos travaux. On se retrouve demain, 16 heures. Au revoir.
(Fin de la séance à 18 h 30)