Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, April 26, 2023
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Vol. 47 N° 21
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Cybersécurité et du Numérique
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Intervenants par tranches d'heure
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Simard, Jean-François
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Setlakwe, Michelle
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Setlakwe, Michelle
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Simard, Jean-François
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Caire, Éric
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Bouazzi, Haroun
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Caire, Éric
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Bouazzi, Haroun
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Simard, Jean-François
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Setlakwe, Michelle
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Arseneau, Joël
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Caire, Éric
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Setlakwe, Michelle
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Simard, Jean-François
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Bouazzi, Haroun
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Caire, Éric
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Setlakwe, Michelle
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Simard, Jean-François
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Abou-Khalil, Alice
15 h 30 (version révisée)
(Seize heures)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, bienvenue à toutes et à tous. Je constate que nous avons
quorum, la Commission des finances publiques est donc à même de pouvoir
entreprendre ses travaux.
Comme vous le savez, nous sommes aujourd'hui
réunis afin de procéder à l'étude du volet Cybersécurité et numérique des
crédits budgétaires du portefeuille Cybersécurité et Numérique pour l'exercice
financier 2023‑2024. Une enveloppe de 2 h a été louée... a été
allouée, dis-je, pour l'étude de ces crédits.
Alors, Mme la secrétaire, bonjour. Y
a-t-il des remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Allaire (Maskinongé) est remplacé par M. Chassin
(Saint-Jérôme); M. Bélanger (Orford), par M. Lévesque (Chapleau); M. Montigny
(René-Lévesque), par M. Sainte-Croix (Gaspé); et Mme Rizqy
(Saint-Laurent), par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Le Président (M. Simard) : Alors,
bienvenue à tous ces nouveaux collègues qui auront la chance de vivre une
expérience extraordinaire, celle de siéger à la Commission des finances
publiques.
Nous allons donc, comme la tradition le
veut, procéder par blocs d'échange d'environ 15 à 20 minutes, selon le
moment où nous en serons rendus dans le courant de nos débats. Pour casser la
glace, donc, je laisse la parole à notre collègue. Vous disposez de 18 min 10 s.
Mme Setlakwe : Merci, M.
le Président. Je vous salue et je suis heureuse de vous revoir...
16 h (version révisée)
Mme Setlakwe : ...salue et je
suis heureuse de vous revoir. On avait passé beaucoup de temps durant l'étude
du projet de loi n° 3... donc, plaisir de vous revoir. Salutations à M. le
ministre et toute son équipe. Bonjour, mes collègues du gouvernement, mes
collègues du deuxième groupe d'opposition, les différents recherchistes, ma
recherchiste, Mme Gagné, et Mme la secrétaire, et toute l'équipe du secrétariat
de la commission, la régie, le service de la transcription. Je pense que je n'oublie
personne.
Donc, une fois ces salutations d'usage
derrière nous, je veux simplement reprendre un peu d'où on est partis, M. le
ministre. On avait échangé ensemble lors de l'étude des crédits provisoires et
aussi en Chambre. Donc, moi, sans plus tarder je passerais à mes questions, M.
le Président, pour qu'on puisse couvrir le plus grand nombre de sujets
possible.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Je vous en prie.
Mme Setlakwe : J'aimerais
débuter avec le thème de la maturité technologique. M. le ministre, vous vous
souviendrez, lors de notre échange, en mars dernier, vous nous aviez informés
que votre intervention, votre niveau d'intervention, variait selon la maturité
technologique de l'organisation. Il y a le ministère de la Santé qui avait été
nommé, l'Agence du revenu. Nous, on avait été interpelés par la notion de
maturité technologique. On s'est informé un peu, on a demandé à votre
ministère, dans le cadre des questions qu'on a soumises... On a reçu une
réponse comme quoi : «Le ministère de la Cybersécurité et du Numérique
considère comme un indice de maturité technologique les seuils pour le coût d'un
projet ou un programme de projet... nature visé qui détermine l'autorité
chargée d'accorder les autorisations.» Il y aurait trois groupes d'appartenance.
Ils sont prévus à l'annexe II du document Règles relatives à la gestion des
projets en ressources informationnelles. Tu sais, par exemple, bon, on
trouve l'Agence du revenu sous le groupe 1, tu sais, le seuil pour aller,
disons, au Conseil du trésor, est plus élevé, donc j'imagine que celles qui
sont prévues au groupe 1 sont plus matures.
Question pour vous, M. le ministre. Nous
comprenons dans votre réponse que l'ensemble des organismes publics et des
entreprises du gouvernement sont répartis en trois groupes d'appartenance sur
la base de leurs seuils d'autorisation d'un dossier d'affaires, soit 10 millions,
5 millions ou 1 million. Existe-t-il d'autres critères ayant guidé la
détermination de ces groupes d'appartenance?
M. Caire : Bien non,
essentiellement, c'est le critère de coût de projet et évidemment la
maturité... la maturité va se... En fait, le coût du projet, le coût d'autorisation
du projet reflète la maturité technologique de l'entreprise. Donc, évidemment,
plus vous avez une maturité technologique élevée, plus le coût du projet, qui
requiert une autorisation du Conseil du trésor, est élevé, donc plus, à l'interne,
vous avez la latitude d'autoriser des projets.
Donc, je vais vous énumérer les critères,
puis, après ça, on élaborera. Donc, vous avez, bon, au niveau des projets et du
projet comme tel par rapport à l'organisation, donc, le risque du projet, vous
avez l'historique en matière de gestion de projets, vous avez le nombre, la
complexité, la taille des projets qui figurent dans son portefeuille, donc le
nombre de projets qui auront été... qui auront été, je dirais, analysés,
développés, mis en développement, et leur complexité. Donc, s'il y a un
historique de projets important qui ont été livrés de façon conforme, bien,
évidemment, ça, c'est un indice qui est important, et, en fonction de ça, on va
dire : Bon, bien, à partir de là, on peut autoriser... on peut permettre
des seuils d'autorisation plus élevés.
Mme Setlakwe : Merci. Donc
là, je viens d'entendre que, selon le nombre de projets, l'importance, l'historique,
tout ça, on peut classer un organisme dans le groupe, tu sais... plus haut dans
le groupe 1, disons. À l'annexe II, la SAAQ est dans le groupe d'appartenance
1. À la lumière, là, des événements récents puis... des dernières semaines, là,
dont on a amplement parlé, est-ce que vous croyez que la SAAQ bénéficie
toujours de la même latitude?
M. Caire : C'est une bonne
question, mais il faudrait quand même... En fait, quand on parle de l'historique,
il faut tenir compte de l'ensemble des projets qui ont été gérés ou qui ont été
menés à terme. Il faut comprendre que, dans le cas de CASA, la livraison à
laquelle on a assisté au mois de février était la deuxième. Il y avait eu une
première livraison, en 2019, pour laquelle tout s'était bien passé. Donc, son
historique était positif, bon, puis il y a... en plus de d'autres projets
que... Parce qu'il faut comprendre que, dans son histoire, la SAAQ a livré <plusieurs...
M. Caire :
...historique
était positif, bon, puis il y a... en plus de d'autres projets que... Parce
qu'il faut comprendre que, dans son histoire, la SAAQ a livré >plusieurs
projets technologiques.
Il faut aussi comprendre que le rôle de la
SAAQ a beaucoup évolué avec le temps. Donc, au fur et à mesure de son
évolution, différentes responsabilités lui ont été confiées, et, en fonction de
ces responsabilités-là, ça a amené, je dirais, différents projets à être
développés et à être déployés. Et CASA visait, dans le fond, à regrouper ces
projets-là sous un seul et même système. Donc, oui, il y avait une maturité
technologique qui nous donnait à penser que l'organisation était de cette
catégorie-là, assez élevée, bon.
Et, dans le dernier volet, il y a quand
même deux éléments qu'il faut tenir compte. D'une part, comme je dis, le fait
qu'il y ait eu une première livraison en 2019 qui s'était bien passée.
Deuxièmement, il y a le déploiement et il y a la technologie comme telle, le
système comme tel. Là, les chiffres qu'on a aujourd'hui, au niveau du système,
sont quand même... sont quand même positifs. Le déploiement, bien, c'est parce
qu'il y a différents facteurs qui sont externes à l'application informatique,
comme telle, donc le nombre d'employés au comptoir, l'organisation des services
au comptoir, la prévision qu'on a faite du nombre de transferts qui se feraient
du service en présentiel, service en lieu physique, vers le service en ligne. Il
y a des... peut-être des prévisions qui ne se sont pas avérées.
Et l'application comme telle, donc,
l'application comme telle, il y a eu... il y a eu un moment de flottement. C'est
normal. Dans tous les gros déploiements, il y a cette période-là de flottement
et d'ajustement, mais, aujourd'hui, on peut dire que le système est stable et
donne les services qui sont attendus d'un système informatique en ligne.
Mme Setlakwe : Merci. Deux
choses. Est-ce qu'il y aurait un document à l'appui de ce que vous venez
d'énoncer, là, les différents critères et puis... etc., ce que vous venez de
mentionner? Est-ce qu'il y aurait un document que vous pourriez partager?
M. Caire : Je veux juste être
sûr que je comprends votre question, Mme la députée. Les critères par rapport à
comment on évalue la maturité technologique ou les critères par rapport au
projet de la SAAQ?
Mme Setlakwe : Les deux.
M. Caire : Bien, la SAAQ,
j'imagine, là, puis... là, vous me permettrez de les laisser, là, présenter
leurs... Donc, comme vous le savez, ils ont eux-mêmes une présence, là, aux
crédits, donc les documents qui sont les leurs, je vais les laisser les déposer,
mais oui, ça me fera plaisir, Mme la députée, de vous envoyer... Bien, ce n'est
pas un document, là, c'est vraiment des critères comme... mais ça me fera
plaisir de vous les faire parvenir.
Mme Setlakwe : Pour boucler
la boucle sur la SAAQ, là, actuellement, j'imagine que, là, vous avez un peu
élevé votre niveau d'intervention, surveillance. Est-ce que les choses
progressent bien, progressent mieux?
• (16 h 10) •
M. Caire : Oui. Bien, comme
je vous dis, on est à deux niveaux. Le niveau qui nous préoccupe, nous, c'est
l'application comme telle, c'est CASA, c'est le déploiement du volet 2 de CASA.
Oui, les choses évoluent bien. Comme je vous dis, là, pour l'instant, je pense
qu'on a atteint le seuil de transactions qui était celui d'avant le
déploiement. Les temps réponse sont bons, là. Je pourrai... je pourrai valider
avec la SAAQ, là, pour que cette information-là vous soit transmise, là, par
rapport à ce que nous... mais les temps réponse sont bons. Le volume... le
volume de service est revenu à un niveau qu'on avait connu avec l'ancien
système. Maintenant, pour ce qui est des services au comptoir, là, vous
comprendrez que ça, c'est le volet dont moi, je ne m'occupe pas, là.
Mme Setlakwe : Merci. Je nous
ramène à notre conversation du mois de mars en étude de crédits provisoires.
Vous disiez que le ministère de la Santé et l'Agence du revenu étaient des
organismes plus expérimentés. Sécurité publique : Besoin d'une expertise
peut-être un peu plus de pointe à ce niveau-là, c'étaient vos mots. Sécurité
publique se trouve dans le groupe 2, SAAQ se trouve dans le groupe 1, mais là
pouvez-vous clairement nous définir votre niveau de responsabilité, là, dans
chacun des trois groupes d'appartenance?
M. Caire : En fait, on
travaille... La responsabilité du MCN... on travaille sur trois niveaux. Le
premier niveau de responsabilité, c'est le dirigeant de l'information qui
l'assume. Donc, chaque ministère, chaque portefeuille a un dirigeant de
l'information qui s'occupe des technologies de l'information pour son
ministère. Certains organismes peuvent se faire désigner un dirigeant de
l'information, comme la SAAQ, par exemple. Il y a un dirigeant de l'information
pour le ministère des Transports, mais la SAAQ, compte tenu de son statut, a un
dirigeant de l'information qui lui est propre. Donc, ça, c'est le premier
niveau de <responsabilité...
M. Caire :
...l'
information
qui lui est propre. Donc, ça, c'est le premier niveau de >responsabilité.
Le deuxième niveau de responsabilité,
c'est le dirigeant principal de l'information, qui est aussi M. Rodrigue,
actuellement, le sous-ministre en titre du ministère de la Cybersécurité et du
Numérique. Donc, hiérarchiquement, les dirigeants de l'information relèvent du
dirigeant principal de l'information. Et le troisième niveau de responsabilité,
c'est le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, et là on va parler de
cas qui sont assez extrêmes, rendu à ce niveau de responsabilité là.
Donc, la responsabilité de la bonne
gestion des projets en technologies de l'information, que ce soit le
développement des projets, le déploiement, le maintien d'actifs, la gestion des
actifs, etc., les incidents de premier niveau, ça se règle au niveau du
dirigeant de l'information. Lorsqu'on arrive, par exemple, à un projet qui
serait en problème ou qui démontre des signes de problèmes, que ce soit au
niveau des coûts, des échéanciers, de la portée, etc., et que ça ne peut pas se
régler au niveau du dirigeant de l'information, à ce moment-là, le dirigeant
principal de l'information va être appelé à intervenir. La loi lui octroie
certains pouvoirs, notamment au niveau de la reddition de comptes ou de mesures
de redressement à être appliquées. Et, si on s'en va vers quelque chose de
plus... vraiment beaucoup plus problématique, à ce moment-là, le ministre de la
Cybersécurité peut intervenir, et là on parle, par exemple, d'audit, on parle
de stopper le projet, carrément, donc, d'arrêter le projet. À ce niveau-là, ça
se fait toujours en collaboration, par contre, avec le ministre de portefeuille.
Mme Setlakwe : Merci. On a
fait une demande d'accès à l'information et on a obtenu le... c'est un gabarit,
là, le Plan de transformation numérique 2023‑2027, qui est exigé à tous
les ministères ou organismes d'ici le mois de juin prochain. En prenant
connaissance des exigences, en page 3, nous pouvons lire la phrase suivante :
«Afin de définir les ambitions d'affaires, il est fortement suggéré aux
organismes publics de s'appuyer sur leur diagnostic de maturité numérique
résultant de l'exercice du Radar numériQc.» Et d'ailleurs ce gabarit-là, c'est
assez lourd, hein, c'est assez exigeant.
M. Caire : ...oui. C'est
assez exhaustif, oui.
Mme Setlakwe : Puis là, donc,
je me ramène encore... Donc, il y a un Radar numériQc. Nous, on a consulté
votre page gouvernementale pour la mesure de la maturité numérique, nous
trouvons très peu d'informations concernant le niveau de maturité des
organismes publics du gouvernement. Donc, question, M. le ministre, pour les
personnes qui nous écoutent, là : Quelle est la différence entre l'indice
de maturité technologique décrite précédemment, les groupes 1, 2, 3, là, en
fonction des seuils, et la mesure de la maturité numérique sous-entendue par ce
fameux Radar numériQc?
M. Caire : Bien, en fait, la
première : les critères dont je vous ai parlé vont servir à définir quels
sont les seuils pour lesquels une organisation va devoir obtenir l'autorisation
du Conseil du trésor pour un projet. Donc, vous l'avez dit, c'est des projets
de 1 million, 5 millions, 10 millions, en deçà de quoi,
dépendamment du groupe, ça peut... l'autorisation peut se donner à l'interne.
Je vous dirais qu'il y a une volonté, là-dedans, aussi d'avoir une certaine
vélocité dans le traitement puis l'avancement des projets, parce qu'ultimement
on ne veut pas que tous les projets aient nécessairement à passer par le
Conseil du trésor.
Maintenant, pour la maturité
technologique, c'est un exercice interne qu'on fait avec les ministères et
organismes pour voir où est-ce qu'eux se situent au niveau, puis là on... Comme
vous l'avez vu en annexe, là, les critères et les gabarits sont plus exhaustifs
parce qu'on... il faut aussi que cette organisation-là soit capable, d'abord,
de faire un diagnostic de l'état de situation, deuxièmement, à travers les
plans de transformation numérique et son évaluation de sa maturité
technologique, de dire : Bon, bien, qu'est-ce que nous, on est capables de
réaliser, actuellement, quels sont les écarts à combler en termes d'expertise,
par exemple, dans les années futures? Et là ça pourrait être d'y aller par des
mesures comme de la formation, avec l'Académie de transformation numérique, ou,
bon, des embauches spécifiques, ou encore de travailler avec le ministère de la
Cybersécurité et du Numérique pour certaines expériences, mais, l'idée, c'est
d'être capable aussi de dire de façon réaliste quelle est ma capacité à assumer
la transformation numérique de mon organisation.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
juste pour rebondir, on présume que ces deux indices-là sont interreliés, là,
se parlent?
M. Caire : Oui, évidemment.
Sauf que, pour les seuils d'autorisation, les indices sont plus... sont moins
exhaustifs, là, je vous en ai fait l'énumération, parce que, là, on ne veut pas
non plus, là, complexifier tout le processus. Mais sur... pour ce qui est du
radar, comme je vous dis, l'exercice interne, là, je pense qu'il faut qu'on
soit capables d'aller plus <loin...
M. Caire :
...complexifier
tout le processus. Mais sur... pour ce qui est du radar, comme je vous dis,
l'exercice interne, là, je pense qu'il faut qu'on soit capables d'aller plus >loin
dans le détail pour qu'aussi... au niveau des DI, justement, d'avoir cette
vision-là de leur propre organisation puis quel est l'écart entre où est-ce
qu'ils sont et où est-ce qu'ils devraient être. Donc, pour le savoir, bien,
évidemment, il faut faire des constats qui sont lucides, là.
Mme Setlakwe : Est-ce qu'il
serait possible de déposer officiellement, là, dans le cadre de nos travaux, le
diagnostic de maturité numérique organisationnelle des différents organismes
publics du gouvernement?
M. Caire : Je vais prendre la
question en délibéré, M. le Président, parce que ça reste un exercice interne
par rapport aux ministères et organismes. Puis ce n'est pas que je veux faire
des cachotteries, là, mais... C'est juste que, si on veut que les organismes
aient... comment je dirais ça, la capacité d'être très lucides, peut-être que,
si ça est exposé publiquement... puis je vous dirais l'argument que je vois,
peut-être qu'ils auront tendance... Peut-être que les résultats pourraient être
différents si cet exercice-là reste à l'interne, versus si cet exercice-là
était rendu public.
Ce que je peux faire, Mme la députée, par
contre, compte tenu de votre statut d'élue, à l'intérieur d'un briefing
technique... Parce que, bon, je considère que les élus ont aussi une
responsabilité par rapport aux informations qui leur sont communiquées, puis je
pense qu'on peut faire confiance aux élus, à l'intérieur d'un briefing
technique, puis je fais la même proposition, évidemment, au député de
Maurice-Richard... on pourrait vous faire un briefing puis vous dresser un portrait
de la situation. Mais pour nous assurer d'avoir une information, je vous
dirais, qui est exacte, peut-être que de le rendre public n'est pas... Puis je
dis bien, là : Je la prends en délibéré, mais ce n'est peut-être pas une
bonne idée.
Mme Setlakwe : Je vous
entends. Oui, j'accepte volontiers, là, votre idée de briefing. D'ailleurs, le
dernier qu'on a eu remonte à février. C'était quelques jours avant le lancement
CASA, là, de SAAQclic, puis moi, j'avais été étonnée qu'il n'y ait pas eu un mot
sur le déploiement. Il a fallu que je pose la question. Tu sais, c'était un
briefing utile, là, je... mais il y avait eu un détail d'échéancier, de coûts,
l'état des appels d'offres. Pas un mot... Oui, mon collègue se souvient, et
puis moi, à la fin, tu sais... Puis même j'ai dû admettre que je n'étais pas...
Vous aviez une discussion entre informaticiens puis moi, à un moment donné,
j'ai fait : Vous allez trop loin dans le technique, là, mais moi, de
mon... tu sais, des fois, avec un certain recul, j'ai dit : Il me semble
que c'est lundi, là, que vous déployez SAAQclic — c'était annoncé, on
savait que les bureaux étaient fermés — est-ce qu'on peut avoir... tu
sais, est-ce qu'on peut avoir une mise à jour? Puis il a fallu que je le
demande pour qu'on en ait une. Puis finalement, bon, on a connu les ratés qu'on
a connus. Donc, en tout cas, je considère que l'important virage
numérique...
M. Caire : M. le Président,
si je peux me permettre...
Le Président (M. Simard) : Seulement
si la députée le veut.
Mme Setlakwe : Bien sûr. Je
vais juste finir ma phrase. Donc, tu sais, considérant les ratés puis
l'important virage numérique qu'on a amorcé, si on ne veut pas reproduire les
mêmes erreurs pour la suite, là, je pense que...
Le Président (M. Simard) : Alors,
succinctement, parce que le temps pris est amputé à votre prochain bloc.
M. Caire : Très rapidement, à
la décharge des fonctionnaires qui ont présidé à ce briefing technique là, le
mandat était de faire un briefing sur les projets du portefeuille du ministère,
ce qui n'était pas le cas de SAAQclic.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci. Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard, qui
dispose de 12 min 3 s.
M. Bouazzi : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le ministre, chers collègues, quel plaisir d'être ici pour
faire vivre ce moment démocratique. Je commencerais peut-être par poser la
question à M. le ministre : Est-ce que l'approche qu'on décrit comme big bang,
contrairement aux approches itératives, c'est-à-dire l'approche où on ferme un
certain nombre de systèmes pour en ouvrir un le lendemain plutôt qu'y aller par
petits morceaux, est une approche qui vous semble acceptable?
• (16 h 20) •
M. Caire : Bien, je vous
dirais que, de façon générale, ce n'est pas la meilleure façon de faire.
Quelquefois, il arrive qu'en raison notamment d'un haut niveau de désuétude de
certaines technologies on ait plus ou moins le choix, mais je vous dirais
qu'idéalement, l'idée, c'est de faire vivre le système jusqu'à ce que le
nouveau système soit en mesure de prendre le relais.
M. Bouazzi : C'est l'approche
qui a été prise pour la SAAQ.
M. Caire : Bien, en fait,
d'une façon, oui, parce que ce que la SAAQ nous a expliqué, puis encore là, je
ne veux pas m'avancer trop dans les explications, comme... compte tenu que la
SAAQ est quand même disponible pour 1 h 30 min pour leurs
propres crédits, mais ce qui nous a été expliqué, c'est justement que les
anciens systèmes étaient à ce point désuets que le processus de conversion de
la donnée des anciens systèmes vers le nouveau système faisait en <sorte...
M. Caire :
...désuets
que le processus de conversion de la donnée des anciens systèmes vers le
nouveau système faisait en >sorte qu'on ne pouvait pas faire ça et
rouler les deux systèmes en même temps.
M. Bouazzi : Donc,
effectivement, il y a eu plusieurs centaines de systèmes qui ont été fermés, de
ce qu'on comprend, pour en ouvrir un le lendemain. Est-ce que vous avez exploré
la possibilité d'éviter d'avoir un big bang? Est-ce qu'on a demandé aux
spécialistes de revenir avec une autre alternative, possiblement, ou on a juste
accepté le fait qu'ils nous ont proposé une approche en mode big bang?
M. Caire : En fait, comme j'expliquais
à Mme la députée, compte tenu du fait, d'une part, qu'en 2019 il y avait déjà
eu un déploiement, qu'on était donc au deuxième volet à être déployé, je veux
dire, là, nous, on a pris acte du plan de match de la SAAQ, mais, en même
temps, ce n'était pas un projet de notre portefeuille. Donc, on a pris... on a
pris acte du plan de match de la SAAQ.
M. Bouazzi : Je comprends. Ma
question est claire... Donc, je comprends que vous les avez... vous ne leur
avez pas conseillé de revoir leur copie et de revenir avec une approche qui est
plus conventionnelle. On s'entendra, vous et moi, M. le ministre, que ça fait
quand même longtemps qu'on sait que des approches en mode big bang sont des
approches très risquées par rapport à des approches itératives et que les
chances de succès sont, en général, faibles.
Dans les approches de... réussies de
grosse transformation numérique, dans ce qui concerne la gestion du changement
et des utilisateurs, dans le cas qui nous... dont on parle, c'est beaucoup,
évidemment, les citoyens. Est-ce que vous pensez que le gros, ou, en tout cas,
une bonne partie de la communication doit se faire en préparation, justement,
de la mise en production?
M. Caire : En fait, je pense
qu'il faut le faire à deux volets, parce que, oui, il y a cette
communication-là, mais il y a aussi toute la formation qui doit être donnée aux
nouveaux utilisateurs du système. Donc, effectivement, il faut que les
utilisateurs du système, qui sont souvent les... ceux qui donnent les services
aux citoyens, développent cette habileté-là avec le nouveau système.
M. Bouazzi : Dans le cas de
la SAAQ, il y avait, de mémoire, autour de 7 millions de dollars qui
ont été donnés à une compagnie privée pour, justement, communiquer sur la SAAQ.
La totalité de cet argent et des campagnes associées au système allait être
faite après la mise en production. Est-ce que vous pensez que c'était une bonne
pratique de ne pas commencer la sensibilisation aux citoyens avant la mise en
prod du système?
M. Caire : Écoutez, il
faudrait poser la question à la SAAQ par rapport aux évaluations qu'ils ont
faites dans les habitudes de consommation de leurs clients. Il faut aussi
évaluer, au niveau de l'interface, jusqu'à quel point... vous me pardonnerez,
M. le député, l'anglicisme, mais jusqu'à quel point il «user-friendly», donc
facile à l'utilisation. Là-dessus, là, je ne pourrais pas vous répondre. Je
pense que cette question-là devrait être dirigée à la SAAQ.
M. Bouazzi : Mais vous, en
tant que ministre du Numérique, de Cybersécurité, est-ce que... si vous aviez à
faire un gros projet de déploiement d'un demi-milliard, est-ce que vous auriez
commencé la gestion de changement et de la communication d'un budget de 7 millions
de communication avant la mise en production?
M. Caire : Bien, j'aurais
certainement le réflexe, et nous avons le réflexe, de valider au niveau de
nos... de nos usagers. Je vais vous donner un exemple, M. le député. Le service
d'authentification gouvernementale, c'est ce qu'on a fait, on a demandé à une
firme de nous aider, de nous guider pour voir, au niveau des habitudes, au
niveau de l'utilisation, au niveau de ce qui était le plus facile et le plus
accessible pour les citoyens dans le service d'authentification, et, à partir
de là, on a conçu l'interface, on a... etc. Vous comprenez ce que je veux dire?
M. Bouazzi : Je comprends
très bien, M. le ministre. Vous comprendrez que ça ne remplace pas une campagne
de communication publique qui commence avant la mise en prod des systèmes.
Bien... bien faire la conception de l'interface graphique... Évidemment, on
espère qu'on prend en compte les rétroactions des utilisateurs possibles, on s'attend
que, quand il y a un budget de 7 millions de communications avec les
citoyens dans la mise en production de la SAAQ et, d'ailleurs, aussi de la
création d'une identité numérique, que la communication commence avant et non
pas après la mise en production. Je comprends que vous ne leur avez pas
conseillé de faire cela pour la gestion du changement, <sachant...
M. Bouazzi :
...je
comprends que vous ne leur avez pas conseillé de faire cela pour la gestion du
changement, >sachant que... Vous et moi, je pense qu'on se met d'accord
sur le fait que la gestion du changement est un paramètre essentiel dans la
réussite de ce genre de projet.
M. Caire : Bien, en fait, la
gestion du changement est effectivement un paramètre très important. C'est la
raison pour laquelle, de notre côté, parce qu'encore une fois vous comprendrez
que je ne peux pas répondre pour les gestionnaires de la SAAQ, mais de notre
côté, c'est un élément auquel on apporte beaucoup d'attention, notamment par
des formations avec École nationale d'administration publique, où on forme nos
gestionnaires à, justement, être capable de prévoir, planifier les mesures et
le déploiement de la gestion du changement. Mais vous avez raison,
effectivement, ça fait partie des paramètres de succès du déploiement d'une
nouvelle application.
M. Bouazzi : Donc, je
comprends que vous ne leur avez pas conseillé de faire bien attention à cet
aspect-là.
Donc, avant la création de votre
ministère, quand vous étiez en charge de la transformation numérique, mais sans
le ministère, quel est le conseil que vous avez donné à la SAAQ et lequel qui
n'a pas été suivi pendant les trois ans qui ont précédé la création de votre
ministère?
M. Caire : Alors, à l'époque,
quand je suis arrivé, j'étais ministre délégué à la Transformation numérique.
Donc, il faut comprendre que mon action se faisait à l'intérieur du Conseil du
trésor, avec les pouvoirs qui étaient ceux du président du Conseil du trésor.
Ce qui est très important, M. le député, c'est que la loi n° 95, que j'ai
fait adopter au printemps 2021, qui a présidé à la conduite du ministère, a
changé de...
M. Bouazzi : ...
M. Caire : Non, bien, M. le
Président, je suis désolé, c'est impossible, je ne peux pas résumer quatre ans
en trois secondes.
Le Président (M. Simard) : Bien,
M. le député, non, il y a des règles. On essaie de partager le temps des deux
parties.
M. Caire : Je comprends, M.
le Président, mais c'est parce que c'est une question à développement, puis là
moi, je veux bien...
Le Président (M. Simard) : Bien,
il y a développement et développement, vous avez assez d'expérience pour ça. M.
le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Justement, je
vais me permettre d'être très, très clair : Avez-vous donné un conseil,
et, si oui, lequel, pendant trois ans, dans un projet qui a coûté 200 000 $
par jour?
M. Caire : Bien, écoutez, M.
le Président, je n'en avais ni l'autorité ni le mandat.
M. Bouazzi : Donc, je
comprends que, pendant tout le débat qu'on a eu sur le fiasco, que vous avez
vous-même nommé comme fiasco, à la SAAQ, on nous a dit que vous n'étiez qu'un
simple conseiller... pendant trois ans, vous n'avez donné aucun conseil?
M. Caire : C'est parce que le
député mélange deux choses. Il y a quand le ministère est arrivé et avant.
Avant, je n'en avais ni l'autorité ni le mandat, et c'est la raison pour
laquelle on est allés vers un ministère, c'est justement parce que le ministre
délégué n'avait ni l'autorité ni le mandat. On s'est dit : Ça prend un
ministère pour être capable de faire ça, notamment, et bien d'autres choses,
là.
M. Bouazzi : Je note bien
qu'effectivement il n'y a eu aucun conseil pendant trois ans. M. le ministre,
en tout respect, j'ai eu plusieurs conseillers dans ma carrière et, en général,
ils donnent des conseils. Donc, je...
M. Caire : ...
Le Président (M. Simard) : Une
personne à la fois. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Sur la
transformation, la migration des données vers l'infonuagique des 555 sites et
120 organismes, en 2019, vous aviez annoncé que ça serait fini d'ici le 31 mars
2023. Je comprends que les dates ont changé, qu'il y avait 155 millions
d'investissements et que les retombées économiques seraient de 100 millions
annuellement une fois que ce serait fait. On en est où aujourd'hui?
M. Caire : En fait, au décret
de 2019, qui ne visait que l'administration publique, ce qui s'est passé, c'est
que moi, j'ai demandé à ce que la portée du projet soit gouvernementale, donc
inclue les deux réseaux, et ce que les fonctionnaires m'ont dit à ce moment-là,
c'est : Écoutez, ce n'était pas dans la planification. Donc, commençons
par l'administration publique, laissez-nous faire la planification et nous
reviendrons avec un plan. Le mandat de 2020, c'est que les fonctionnaires nous
ont dit : Ce qui serait intéressant, c'est de regrouper tout ce projet-là,
donc, d'où le 2023 qui est devenu 2025, parce qu'on a inclus et le réseau de la
santé, et le réseau de l'éducation, et l'administration publique dans un seul
et même projet. Donc...
• (16 h 30) •
M. Bouazzi : Donc, on est
passé d'un échéancier de trois ans à cinq ans. Je comprends les explications
que vous nous donnez pour avoir augmenté de 60 % l'échéancier.
Actuellement, les chiffres que nous avons, c'est qu'il y a cinq centres sur 120
qui ont été migrés et à peu près 50 % de la job qui a été faite. Est-ce
que c'est effectivement le degré d'avancement actuel?
M. Caire : En fait, bien, pas
tout à fait, non. Il y a cinq organismes qui ont complété le programme, mais c'est
qu'au niveau du réseau de l'éducation, on était à 44 % d'avancement...
16 h 30 (version révisée)
M. Caire : ...qu'on avait, c'est
qu'au niveau du réseau de l'éducation on était à 44 % d'avancement. Au
niveau de l'administration, on était à 58 %. Donc, il faut comprendre que
ce n'est pas parce que l'organisme n'a pas complété qu'il n'a pas avancé dans
son... dans son plan.
M. Bouazzi : ...dans l'avancement
actuel, si on a fait 60 % de la job et que les retombées étaient de 100 millions,
est-ce qu'il y a ne serait-ce que 1 million de retombées économiques
actuellement de ce projet de migration en infonuagique pour ceux qui ont déjà
été faits?
M. Caire : Comme... Bien,
comme je vous ai expliqué aux crédits provisoires, il faut comprendre que les
premières années d'un...
M. Bouazzi : ...1 million
de retour, juste 1 $ de retour par rapport aux 100 millions qui ont
été promis il y a trois ans.
M. Caire : Alors, comme je
vous ai expliqué aux crédits provisoires, il faut comprendre que les premières
années d'un programme comme celui-là sont des... des années d'investissements.
Donc, on... on agrandit.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Très bien. Merci beaucoup. Cela met fin à ce bloc d'échange. Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont .
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. J'ai fait un petit réaménagement de... de ma séquence, comme on
parle de... du nuage, poursuivons, je vais renchérir sur les questions de mon
collègue. Donc là, vous en étiez à nous expliquer que... parce que, moi aussi,
là, ça me préoccupe, on n'a pas vu vraiment d'économies, on n'a pas... on n'a
pas avancé énormément. C'est un projet d'intérêt... désigné d'intérêt
gouvernemental, c'est un projet majeur. Donc, allez-y, poursuivez, s'il vous
plaît. Au départ, on investit, mais là rassurez-nous qu'on va commencer à voir
des... des retombées, là, puis des économies.
M. Caire : Bien, en fait,
dans la planification initiale qui a été faite, les premières retombées se font
minimalement à la cinquième année et les économies optimales se font à la 10e année.
Maintenant, je ne vous cacherai pas qu'il y a aussi de nouvelles informations
qu'on a, notamment l'expérience de la caisse de dépôt et de placement,
notamment la Banque Nationale, donc différentes organisations qui ont migré
vers l'infonuagique. Donc, ça, ça nous amène, je dirais, de nouvelles
informations. Et aussi la pandémie a fait en sorte qu'on a révisé certains de
nos critères à savoir qu'au départ le nuage gouvernemental ne devait conserver
que les données sensibles du gouvernement, ce qui représentait plus ou moins
20 % des données gouvernementales, on a élargi ce critère-là parce qu'on s'est
dit que, dans une situation comme celle de la pandémie, le gouvernement devait
être en mesure d'être opérationnel, et donc on a aussi rajouté tout le volet
stratégique. Alors là, on augmente de façon significative le nombre d'informations
qui seraient gardées dans le nuage gouvernemental, ce qui, évidemment, peut
avoir des impacts à court... je dirais à moyen et à long terme sur les
économies potentielles, par contre, ce qui va avoir un impact aussi sur la
sécurité de l'information, sur la sécurité des opérations gouvernementales et
sur l'autonomie du gouvernement par rapport au stockage de ces données, qui
était une préoccupation qui a été mentionnée à... par différentes organisations.
Et il y a aussi... Il faut comprendre,
puis M. le député de Maurice-Richard avait raison de le souligner, on passe
quand même de 577 centres de traitement de l'information à quatre. Donc,
au niveau de l'espace physique où on stocke les données, du nombre de
ressources humaines et de l'organisation sur le territoire au niveau de l'efficacité,
donc, de ramener ça à quatre, ça va aussi donner... ça va permettre d'avoir une
plus grande efficacité, ça va permettre peut-être aussi d'avoir moins besoin de
ressources humaines. Et donc c'est tout ce volet-là qu'on est en train de
revoir parce que, comme je vous le dis, au niveau des opérations stratégiques
du gouvernement, il ne faut pas qu'on mette ça à risque. Donc, le volume de
données qu'on va conserver va être plus grand que prévu.
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Setlakwe : Merci. On
comprend donc que vous vous êtes adaptés au fil du temps. Vous avez fait des
ajustements. Moi, j'ai... j'ai lu dans la... dans La Presse, là, en... à
la fin mars, 27 mars que, là, il semblerait que certaines entreprises
réalisent que ce n'est pas... on n'économise pas tant que ça, et que les géants
de l'Internet ont vendu le rêve 100 % infonuagique au secteur privé et
gouvernemental à grand renfort de marketing, mais le cloud commence à coûter
très cher, et aux États-Unis, et probablement ici aussi, il y a des entreprises
qui en sortent et qui économisent des millions, vous avez sûrement lu ça comme
moi, vous en pensez quoi?
M. Caire : Bien, ça fait
partie des choses qu'on analyse, Mme la députée. Donc, effectivement, il faut
qu'on... qu'on... qu'on évalue si cet impact-là vient changer la planification
initiale en termes d'économie et, si oui, de quelle façon, mais je vous dirais
que ce qui est surtout le changement le plus important qu'on veut apporter, c'est
au niveau de l'autonomie gouvernementale par rapport à l'accès à ses propres <données...
M. Caire :
...propres
>données et donc ce qui veut dire un volume plus important de données
qu'on va conserver dans le nuage gouvernemental. Donc, ça aussi, ça risque, là,
d'avoir un impact sur les... sur les bénéfices... bien, les économies, mais,
par contre, ça va aussi avoir un impact sur la sécurité de l'information et sur
la sécurité des opérations du gouvernement.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
je reviens à mon thème Projet d'intérêt gouvernemental. Je vais y arriver.
Merci. On a parlé du nuage. À la page 12 de votre volume 5, on a des
projets désignés d'intérêt gouvernemental, bon, SAGIR, SQIN, le nuage, là, la
question du stockage, la reconnaissance faciale à la SAAQ. On dirait qu'il n'y
en a aucun, là, de ces projets-là qui se déroulent... qui se déroulent à
merveille. Est-ce qu'on peut les prendre un à un?
Donc là, SAGIR, on a parlé quand même
abondamment dans les dernières semaines, puis ça a fait l'objet des médias
aussi, il y a eu des problématiques, il y a eu des erreurs dans les paies de...
oui, certains milliers. C'était combien de milliers de... d'employés d'État?
Est-ce que... est-ce que vous avez repris le contrôle dans SAGIR?
M. Caire : Bien, en fait, ce
qui se passe dans SAGIR... D'abord, je tiens à souligner qu'en 2019 on a
fait un déploiement SAGIR, donc migrer vers la version 12, qui s'est bien
passé, Mme la députée. Vous vous souviendrez, vous avez même cité à la période
des questions des commentaires que j'avais faits à l'époque, parce que ça
s'était effectivement très bien passé. Évidemment, là, il y a eu la... bon, la
pandémie, donc vous comprendrez que, pour ce qui est de faire évoluer SAGIR,
les énergies du ministère ont été appelées à d'autres tâches, notamment amener
le gouvernement en télétravail, télémédecine, télé-éducation, téléjustice,
etc., et on ne pouvait pas, le gouvernement ne pouvait pas cesser d'opérer.
Donc, ça... pour deux ans et demi, ça a mobilisé les ressources vers cette
transformation-là, soit dit en passant, qui s'est très bien déroulée aussi,
puisque le gouvernement, comme vous le savez, a continué d'opérer dans des
circonstances qui n'étaient pas faciles.
Maintenant, on travaille avec SAGIP qui
est un système qui est... qui est déployé depuis soit 1978, qui n'est pas
SAGIR, là, qui est programmé en cobol. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'au
niveau du Conseil du trésor il y a maintenant une... des négociations qui sont
de plus en plus regroupées, mais chaque négociation amène différentes
modifications aux conventions collectives. Et le gros désavantage du système
SAGIP et de cobol, c'est sa rigidité. C'est des systèmes qui sont fermés, qui
sont rigides, et donc chaque modification doit être programmée dans le système.
Ce sont des systèmes extrêmement robustes, extrêmement stables, ce qui fait
que, sur les 80 000 employés de l'État, tout le monde reçoit sa paie...
presque tout le monde, devrais-je dire, la très, très grande majorité de nos
employés reçoivent leur paie tous les 15 jours comme prévu. Mais, quand il
y a des résultats de négociation comme ça, on a 45 jours à la signature
pour faire la modification. Les équipes sont petites, ce sont de petites
équipes, parce que c'est une expertise qui est en voie de disparition, plus
personne n'enseigne le cobol. Quand moi, j'ai fait mon cours en informatique,
ça ne s'enseignait déjà plus. Donc, les programmeurs cobol sont de plus en plus
rares, et c'est ce qui amène... c'est ce qui amène la difficulté.
Mme Setlakwe : ...vous nous
en aviez parlé. Donc, merci d'aller, oui, en détail sur, oui, les différents
volets qui viennent complexifier les démarches. Mais, tu sais, quand... Les
négociations de convention collective, les changements à implanter suite à ça,
c'est des choses qui sont prévisibles.
M. Caire : Bien, c'est-à-dire
qu'il est prévisible qu'on va avoir des changements, mais lesquels...
Mme Setlakwe : Mais on sait
quand est-ce que ça s'en vient, oui. Oui, exactement.
• (16 h 40) •
M. Caire : Je vous donne un
exemple. Là, il y a une clause qui dit : Si 60 % des ingénieurs
passent à 37 h 30 min, il y a un bonus de 1 %. Mais je dois
savoir avant : Est-ce qu'il y aura 60 % des ingénieurs qui vont le
faire? Parce qu'il y en a, une majorité, qui peuvent rester à 35 heures.
Alors, j'attends.
Mme Setlakwe : Mais je
comprends. J'espère vraiment que ce dossier-là va reprendre les rails
correctement.
M. Caire : ...on y travaille,
on y travaille. J'ai demandé à mon sous-ministre, justement, là, de trouver une
façon. Parce qu'il faut comprendre aussi que c'est très concentré dans le
temps, hein, c'est au moment de faire les mises à jour, puis après ça, entre
deux conventions collectives... tu sais, c'est comme...
Mme Setlakwe : Non, je
comprends, mais, même si c'est très peu, peu souvent, peu d'employés, c'est... on
parle de la paie des employés, là, c'est assez fondamental. Oui.
M. Caire : ...je... Mme la
députée, vous avez entièrement raison. Là, je n'essaie pas... je n'essaie pas
d'excuser, j'explique. Mais, vous avez <raison...
M. Caire :
...Mais,
vous avez >raison, un employé doit avoir sa paie...
Mme Setlakwe : ...
Le Président (M. Simard) : ...qui
retapent nos travaux, là, si deux personnes parlent en même temps, ils ne
peuvent pas y arriver. Mme la députée.
Mme Setlakwe : Donc, quatre grands
projets désignés d'intérêt gouvernemental. À mes yeux, là, il n'y en a pas un
qui fonctionne de façon optimale. On a parlé de SAGIR, on a parlé du nuage,
la... je vais... là, j'ai sauté SQIN, je vais y arriver. Reconnaissance
faciale, on en a parlé en mars, vous m'expliquiez la raison d'être, c'était
pour optimiser... tu sais, trouver des failles, des doublons dans la banque de
photos de... il y avait toute une explication. Puis là on apprend, quelques
jours plus tard, que votre collègue la ministre des Transports a complètement
interrompu le projet.
Tu sais, on peut comprendre, avec les
problématiques à la SAAQ, là, à un moment donné, la confiance du public
s'effrite. Puis, comme on dit en bon français, la SAAQ a comme d'autres chats à
fouetter, tu sais, dans sa mission fondamentale, émettre les permis, les
immatriculations à temps, tout ça, là. J'ai... tu sais, je ne m'explique pas
qu'on a une conversation, vous et moi, puis là, quelques jours plus tard, votre
collègue la ministre des Transports interrompt. Qu'est-ce que... Qu'en est-il?
M. Caire : Bon, d'abord, vous
me permettrez de dire que le Service d'authentification gouvernementale aux
citoyens fonctionne très bien, vraiment très bien. On en est très fiers. Ça,
c'est le premier bloc. En fait, c'est le bloc 2, parce que le bloc 1,
c'est aux entreprises, du Service québécois d'identité numérique. Donc, je
tiens quand même à le mentionner parce que, justement, vendredi, je vais aller
à une soirée reconnaissance des employés qui ont fait ça puis je pense qu'on a
des raisons d'être fiers de nos employés de la fonction publique, qui nous ont
livré un système moderne et performant.
Sur la reconnaissance faciale, écoutez,
je... Ce que je peux vous dire, c'est que, de notre côté... Parce que, là, la
reconnaissance faciale à la SAAQ, pour le ménage de ses photos, moi, je peux
vous expliquer pourquoi ils voulaient faire ça. Maintenant, la décision de ma
collègue, je vais laisser ma collègue l'expliquer. Je dis que la SAAQ est sous
son autorité, vous comprendrez que je ne me permettrai pas de commenter les
décisions d'une collègue. Mais, pour la reconnaissance faciale, dans le SQIN,
ce que je vous avais... ce que je vous avais dit et ce que je vous redis, c'est
qu'il y aura consultation publique. Mais, si on veut amener notre service
d'identité à ce qu'on appelle un niveau 3, donc c'est un niveau supérieur
au niveau de la sécurité, c'est le genre d'élément qui... qu'on devra déployer,
donc, l'identification par la biométrie. Et, si on ne souhaite pas ça,
évidemment, si les citoyens ne souhaitent pas aller là, bien, on n'ira pas.
Mais il faut comprendre que, dans les différents niveaux de sécurité, le Service
d'authentification gouvernemental actuel nous permet d'avoir un niveau de
sécurité 2. Si on veut aller à un niveau supérieur, bien, ça va faire
partie des choses qu'on va devoir mettre de l'avant, si les citoyens nous
suivent là-dedans, bien sûr.
Mme Setlakwe : Merci.
Toujours sur le SQIN, le Service québécois d'identité numérique, on a demandé
des... on a eu des renseignements particuliers. Dans l'année
financière 2022 et 2023, un montant de plus de 13 millions a été
dépensé. Il y a un tableau de bord qui donne des informations. On apprend qu'il
y a sept blocs. Les cinq premiers ont fait l'objet d'une
autorisation. Selon le tableau de bord, on en est, il me semble... c'était-tu
39 % d'avancement? Est-ce que vous êtes... vous êtes satisfait? Parce que
je regarde aussi la revue de presse, là : «Même si»... là, je suis dans le...
au 22 novembre, La Voix de l'est : «Même si elle n'est pas
encore offerte à tous les Québécois qui le souhaitent, le ministre refuse de
dire que la première phase de son grand projet d'identité numérique, promise
pour juin... est en retard. Mais pour le prochain volet destiné aux entreprises,
annoncé pour 2023, le ministre... reconnaît que l'échéance devrait être sans
doute repoussée.» Vous aviez répondu, bon, tu sais : des déploiements à
petite échelle, tout ça, et il faut y aller par étapes. Est-ce que ça progresse
bien? Parce qu'on dirait que... on dirait que non.
M. Caire : En fait, je vous
dirais que... Puis c'est une autre information, Mme la députée, que je vous
donne, parce que le bloc 2, donc le bloc citoyen, a été livré en deçà des
budgets prévus. Le budget global pour le bloc 1 et 2 était de
41 millions, c'est ça?
Une voix : ...
M. Caire : Oui, 37 pour
l'exécution, 41 pour le... bon. Et on est... on est à l'intérieur des budgets,
il n'y a pas de problème là-dessus. En plus, on a développé plus de
fonctionnalités que ce qui était prévu dans le projet initial, ce qui fait que
tout ça sera réutilisable et va nous permettre, je dirais, de les intégrer au
bloc 1, qui est le volet entreprise.
Ceci étant dit, Mme la députée, oui,
effectivement, sur le volet entreprise, il va falloir retarder le <moment...
M. Caire :
...retarder
le >moment où on va le développer et le livrer, parce que, compte tenu
de la pandémie, vous comprendrez que la... les efforts ont été mis ailleurs,
notamment par l'Agence du revenu et par nous, mais on est à l'intérieur des
budgets. Donc, budgétairement, on est encore sur les cibles. Et, sur la portée
du projet, on est encore sur les cibles. Donc, l'échéancier devra être repoussé
un peu. Je vous reviendrai avec une date plus précise lorsque j'aurai eu
l'occasion de faire l'analyse avec les... avec les collègues.
Mme Setlakwe : Parfait.
Merci. D'ailleurs, quand on demande des renseignements puis qu'une réponse nous
est donnée, ajoutez-les, ces informations-là. Nous, on n'est pas juste à la
recherche, là, de... de problèmes puis de mauvaises nouvelles. Si vous
rencontrez... si vous êtes à l'intérieur des budgets, si vous êtes à
l'intérieur des échéances prévues, bien, faites-nous-le savoir.
M. Caire : Le message est
passé, Mme la députée.
Mme Setlakwe : Merci. Merci.
Donc, je reviens au nuage, l'état d'avancement.
Des voix : ...
Mme Setlakwe : On a parlé tout
à l'heure... C'est juste pour compléter, là, le sujet, là, du nuage, qui est
très important. On a parlé de l'avancement, on a parlé des coûts, on en a parlé
abondamment. Au niveau des données médicales, est-ce que... bien, vous avez
peut-être précisé, là, est-ce que, finalement, elles vont être exportées? Elles
ne seront pas... Il y avait des contradictions dans vos affirmations.
M. Caire : Bon, souvenez-vous
de la discussion qu'on a eue, d'ailleurs, avec le PL n° 3. D'une part, je
vous avais dit que ces données-là étaient donc considérées d'emblée des données
sensibles. Comme je vous expliquais, les données sensibles devront être
conservées à l'intérieur du nuage gouvernemental. Donc, il n'est absolument pas
question de les exporter. Ça fait partie, d'ailleurs, Mme la députée, de ce que
je vous disais, là, quand je parlais d'information stratégique, parce que
toutes les données de santé, quand on les analyse finement à travers le prisme
qu'on avait élaboré, n'étaient pas nécessairement des données sensibles, maintenant
ce sera le cas et... ou alors des données stratégiques, mais, dans les deux cas,
le résultat est le même, c'est qu'on va les garder à l'intérieur du nuage
gouvernemental. Mais ça a pour effet d'augmenter le... c'est-à-dire la
capacité, d'avoir à augmenter la capacité de nos centres de traitement
gouvernementaux.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
vos propos visaient... en tout cas, il y avait une précision, là, recherche ou...
en tout cas, ce que vous venez d'annoncer, c'est pour tous les renseignements
de santé, pas seulement ceux de la recherche.
M. Caire : Oui, mais là, je
comprends votre question, le fait de les conserver sur le nuage gouvernemental
ne veut pas dire que nous ne pourrons pas, à travers des protocoles de
recherche, avec d'autres chercheurs ailleurs au Québec, mais selon les
protocoles qui ont été élaborés dans le projet de loi n° 3 à ce moment-là.
Là, moi, je parlais vraiment au niveau du stockage. Nous allons les stocker
dans le nuage gouvernemental, mais, dans le cadre d'un projet de recherche à
l'international, par exemple, il pourra y avoir, via des protocoles d'entente,
échange d'information.
Mme Setlakwe : Merci. En
conclusion, moi, j'en ai une petite dernière, on... reconnaissance faciale,
projet interrompu. On a dépensé combien d'argent sur ce projet avorté?
M. Caire : C'est une question
pour la SAAQ, Mme la députée. Je ne le sais pas.
Mme Setlakwe : Très bien.
Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Sur ce, je cède la parole au député des Îles-de-la-Madeleine, qui dispose de
7 min 50 s
• (16 h 50) •
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, j'ai le goût de commencer par une blague, en disant
que, si ma collègue de Mont-Royal—Outremont a parlé
beaucoup dans les nuages, moi, j'aimerais revenir sur le plancher des vaches du
ministère. M. le ministre, il y a des dépêches de presse qui ont été publiées
qui sont inquiétantes sur le fonctionnement interne du ministère, sur ses
effectifs, sur les compétences. Quand on dit qu'il y a un nombre très grand de
postes vacants, est-ce que vous pouvez nous faire le portrait, là, réel de la
situation? Parce que, si on veut donner confiance aux Québécois dans la mission
qui est la vôtre, bien, il faut d'abord être confiant qu'il y a des gens
pour... à la barre puis qui peuvent livrer la marchandise.
M. Caire : Oui. Bien, on est
à... au niveau des postes vacants, au ministère, là, vous m'excuserez...
Une voix : ...
M.
Caire
: Hein?
M. Arseneau : On parlait de
25 postes de direction manquants.
M. Caire : Non, bien, ça, ça
a été... ceux-là ont été comblés.
Une voix : ...
M.
Caire
: Bien,
je peux... Autorisez-vous le sous-ministre...
M. Arseneau : Oui.
M.
Caire
: Je
vais le laisser.
M. Arseneau : Oui, allez-y,
parce que je pense que c'est important de connaître l'organigramme puis où on
en est dans les effectifs.
Le Président (M. Simard) : Alors,
il y a consentement. Monsieur, pour les fins de vos travaux, auriez-vous
d'abord l'amabilité de vous présenter?
M. Rodrigue (Pierre E.) : Merci,
M. le Président. <Pierre...
M. Rodrigue (Pierre E.) :
Merci,
M. le Président. >Pierre Rodrigue, sous-ministre du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique.
Effectivement, je dois vous rassurer, concernant
l'organisation du ministère, il n'y a... il n'y a absolument rien d'alarmant en
termes d'expertise. Je vous dirais qu'actuellement, pour ne pas prendre un...
prendre un terme technique, nous avons atteint notre cible d'heures rémunérées,
c'est-à-dire que, techniquement, on a embauché tous les gens qu'on devrait. Il
est vrai que, dans l'organigramme, vous allez voir des postes de gestion qui
sont vacants. C'est tout à fait normal, parce qu'on a refait notre organigramme
au cours de la dernière année. On est un nouveau ministère, donc on a refait
notre structure administrative pour chacun des sous-ministériats.
Donc, effectivement, on a créé de nouveaux
postes de gestionnaire pour lesquels on est en processus de dotation. Mais,
pour l'année en cours, on a beau être un nouveau ministère... Puis, dans un
contexte de pénurie de main-d'oeuvre, on a embauché au cours de la dernière
année 475 nouveaux employés de plus. Donc, même s'il y a du roulement,
parce qu'il y a des gens, évidemment, qui peuvent quitter en mutation,
affectation pour d'autres organisations, on reste qu'au net on a un solde
positif de près de 200... de 150 employés. Donc, il n'y a pas...
M. Arseneau : Mais, quand on
dit, par exemple, qu'une personne, M. Kelly, assume par intérim quatre autres
postes de direction, on se demande : Où va-t-il donner de la tête? Est-ce
qu'on peut véritablement être efficace dans un ministère où des gens
multiplient les tâches différentes?
M. Rodrigue (Pierre E.) : Oui,
effectivement, ça peut avoir l'air inquiétant sur le... mais c'est... il y a
des postes qui sont créés actuellement sur le papier, mais pour lesquels on n'a
pas attribué d'effectifs à la boîte. Donc, la boîte a été créée dans
l'organigramme, mais, comme telle, elle n'est pas encore opérationnelle. Donc,
on la met sur l'organigramme pour les besoins de la cause, le temps que les
effectifs soient dotés. Donc, il n'y a pas d'inquiétude.
M. Arseneau : Dernier élément
là-dessus, là, une autre révélation : vous avez parlé de 460... ou 430...
M. Rodrigue (Pierre E.) : 475.
M. Arseneau : 475, mais en
même temps on dit qu'il y a 300 salariés qui ont quitté le navire,
seulement au ministère. Ça, ça... C'est réel, cette information-là?
M. Rodrigue (Pierre E.) : Oui,
oui, c'est tout à fait... c'est tout à fait normal parce qu'on est dans une...
M. Arseneau : C'est des
portes tournantes?
M. Rodrigue (Pierre E.) : En
fait, on est... Au gouvernement, là, on... il y a des... il y a des mutations
qui se font, effectivement, donc, effectivement, il y a des gens qui
quittent... bien, ils vont quitter le ministère pour être dans un autre
ministère, pour avoir des promotions, un poste primé, etc. Donc, on est... on
n'a pas un taux de roulement qui est supérieur aux autres ministères, de telle
sorte qu'au net on a augmenté nos effectifs. Comme je vous dis, on a atteint
notre cible d'heures rémunérées.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Arseneau : Très bien. Bien...
bien merci. Je vais revenir avec le ministre, si vous le voulez bien, parce
qu'on voulait aussi s'assurer d'avoir les compétences non seulement au
ministère de la Cybersécurité, mais dans différents ministères pour gérer, là,
cette espèce de transition numérique et essayer de mettre fin à ce qu'on a
appelé, là, la dépendance envers les sous-traitants, j'allais dire la
cyberdépendance, là, dans ce cas-là. Mais, même à votre propre ministère, on
dit qu'on n'y arrive pas. Quel est l'état de la situation?
M. Caire : Bien, en fait, je
vous dirais que, là-dessus, d'abord, comme tout le monde, là, je veux dire, on
fait face à une rareté de certains profils de ressources. Donc, ce qu'on
fait... On a une entente qui a été renouvelée d'ailleurs avec l'Université
Laval au niveau de l'Académie de transformation numérique, donc, pour faire de
la formation avec les collègues, notamment l'Enseignement supérieur, Travail,
des bourses pour envoyer plus de gens étudier en technologies de l'information.
Nous, on a augmenté significativement le nombre de stages justement pour
montrer le ministère à ces futurs diplômés-là et les intéresser à venir
travailler chez nous. Donc, on est très agressifs, là, sur le recrutement.
M. Arseneau : Est-ce qu'il y
a quelque chose comme un plafond, là, de ressources externes qu'on devrait
fixer, là, au-delà duquel on n'est plus en mesure d'assurer, un peu comme on a
vécu au ministère des Transports, vous vous souvenez...
M. Caire : Oui, oui, oui.
Oui.
M. Arseneau : ...où on disait :
On n'a plus les... même les moyens d'avoir nos propres inspections des
ouvrages?
M. Caire : Bien, je vous
dirais que le pendant de ça, c'est qu'actuellement on a 2 538, ou même
peut-être un peu plus, projets qui roulent. Donc, si on veut être capables de
livrer nos projets, M. le député, je dirais qu'à court terme on n'a pas le choix
de continuer à avoir accès, parce que c'est une question aussi d'assurer la
continuité de la transformation numérique du gouvernement.
M. Arseneau : Mais vous
n'avez pas de pourcentage, là, à nous donner ou de ratio?
M. Caire : Moi, je vous...
Bien, moi, je vous dirais que la cible réaliste, c'est 80-20, 80 %
d'internes pour 20 % de consultation. Je ne pense pas qu'il soit réaliste
d'aller au-delà de ça, pour toutes sortes de raisons.
M. Arseneau : Oui, oui, oui. Très
clair.
Maintenant, j'aimerais aborder une autre
question plus... plus pratico-pratique, là, dans la sécurité numérique, là,
les... Vous avez déclaré, M. le ministre, il y a quelque temps, en février :
«Il n'y a pas de transformation numérique possible dans un univers qui oeuvre
en silos, ce qui était le cas au gouvernement du Québec sur le plan des
données.»
M. Caire : Oui.
M. Arseneau : J'aimerais vous
illustrer, parce que c'est... c'est un autre chapeau que je porte, là, dans le
domaine de la santé, à quel point ça semble éparpillé, «en silos», et puis ça
me fait mettre en doute non pas vos propos, mais la façon dont on va pouvoir y
arriver. Quand on pense à Clic Santé, Rendez-vous Santé, Dossier santé Québec,
Carnet Santé, Bonjour-Santé, on se dit : On <dirait...
M. Arseneau :
...on
se dit : On >dirait que ça n'a jamais été aussi complexe, et
l'éventail de différentes plateformes, aussi difficile pour le citoyen. Est-ce
qu'on va faire le ménage là-dedans? Est-ce que c'est votre objectif?
M. Caire : Bien, absolument.
Mais, en fait, là, je vais faire attention parce que, sur les applications, ce
qui est important, c'est que toutes ces applications-là puissent travailler
ensemble, soient interopérables, ce qui n'était pas le cas. Maintenant, on met
en place des normes pour s'assurer que ces applications-là se parlent.
Au niveau de la donnée, M. le député de
Maurice-Richard le soulignait, là, c'est 577 centres de traitement, c'est ça
qui est épars, c'est ça qui est épouvantable. Alors, si on veut être capable
que tout le monde utilise une donnée de qualité, une donnée qui est bien gérée,
bien là, on a un travail de regroupement à faire puis on a un travail aussi de
ménage à faire dans nos banques de données pour s'assurer qu'on garde une
donnée qui est intègre.
M. Arseneau : Deux petites
questions en rafale. Le processus électoral, vous savez qu'un peu partout à
travers la planète, là, il y a des cyberattaques, on vise à influencer le
résultat électoral. Est-ce que le ministère de la Cybersécurité, M. le
ministre, enquête sur ces questions-là et peut... et travaille avec Élections
Québec, le Directeur général des élections? Oui?
M. Caire : Bien, le DGEQ
n'est pas sous l'autorité du MCN, mais on souhaite collaborer avec eux de plus
en plus sur les questions de cybersécurité puis de protection de nos
infrastructures critiques.
M. Arseneau : D'accord.
Est-ce que...
Le Président (M. Simard) : 15 secondes,
mais, très rapidement, allez-y.
M. Arseneau : Bien, je vais
vous poser la question, vous pourrez peut-être me répondre dans un autre bloc.
En fait, c'est la fuite de données à Investissement Québec, j'aimerais savoir
si, effectivement, là, l'information a été divulguée au ministère, à votre
ministère, et puis qu'est-ce que vous avez fait.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, merci, la question est lancée, ne sait-on jamais. Mme la députée
de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Poursuivons
sur le thème de la main-d'oeuvre, des ressources internes, externes,
sous-traitance. Mon collègue du troisième groupe...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Oui, les
Îles-de-la-Madeleine, merci, parlait peut-être plus spécifiquement de la
situation au sein de votre ministère. Moi, j'ai un portrait global du... tu
sais, par groupe d'appartenance de la main-d'oeuvre en ressources
informationnelles présentes... tu sais, présentes, toutes les ressources, là,
donc dans tous les organismes publics, puis on voit qu'entre 2021 et 2022 il y
a une augmentation de postes vacants, de ressources externes. Est-ce que... Ces
gens-là sont basés où, là, les personnes qu'on utilise à l'externe, tous
organismes confondus, là? Moi, je me demande : Est-ce qu'on a des
personnes qui travaillent pour des organismes gouvernementaux du Québec mais
qui résident à l'extérieur du pays?
M. Caire : Écoutez, contrats
avec...
Une voix : ...
M. Caire : Chez nous, on
n'est pas supposés, là, je vous dirais que ce n'est pas une pratique, ce n'est
pas une pratique chez nous. Les consultants sont des consultants des firmes que
vous... que vous connaissez, là, généralement. Mais, non, ce n'est pas... ce n'est
pas... Hein?
Une voix : ...
M. Caire : Oui, la SAAQ, bon.
Mme Setlakwe : Mais est-ce
que... Vous dites : C'est... On n'est pas supposé, ce n'est pas une
pratique. Donc, est-ce qu'il y en a?
M. Caire : Bien, chez nous...
Chez nous, la réponse au... pour... C'est parce que, là, vous demandez pour
l'ensemble des ministères.
Mme Setlakwe : Non, non, moi,
je parle généralement, là, tu sais, sur... au niveau de tous les organismes.
M. Caire : Bien, ce que je
comprends, c'est que, pour la SAAQ, la réponse à votre question, ce serait oui.
Mme Setlakwe : Ils sont basés
où, ces gens-là?
M. Caire : Avec votre
permission, je vais laisser M. Rodrigue, répondre à cette question-là.
Le Président (M. Simard) : M.
Rodrigue.
• (17 heures) •
M. Rodrigue (Pierre E.) : Oui.
Il peut y avoir des organismes qui, effectivement, embauchent des firmes
externes qui ont, pour différentes raisons, des ressources à l'extérieur. La
SAAQ, c'est le cas, là, il y a des programmeurs, je pense, qui sont situés aux
Indes. Je crois que Revenu Québec, également, peut... peut en avoir. Nous, de
notre côté, on s'assure de ne pas en avoir. On en a eu puis on a mis fin à ces
contrats-là, de notre côté, là. Mais ici on ne peut pas garantir qu'il y en
a... puis on sait qu'il y en a à l'échelle du gouvernement. Est-ce que c'est
recensé? Non.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Setlakwe : Ce n'est pas
recensé. OK, merci. Je vais poser une question, là, générale. Avec la situation
actuelle, là, le virage numérique important, certains ratés, je ne veux pas
revenir là-dessus, puis les cyberattaques qui, je pense, ne cesseront pas,
malheureusement, est-ce qu'on devrait prioriser quelque chose? Est-ce que vous
pensez qu'on ne devrait pas être sur... tu sais, sur tous les fronts, là?
Est-ce qu'on manque de monde, là, pour affronter tout ça en même temps?
M. Caire : Bien, en fait...
Mme Setlakwe : Comprenez-vous
ma question? Est-ce qu'on...
M. Caire : Oui. Non, non, je
comprends. Je vous dirais que... Bien, je vais le prendre sur le volet
cybersécurité. Je vous dirais que la création du ministère...
17 h (version révisée)
M. Caire : ...je vous dirais
que la création du ministère visait beaucoup cette capacité-là, sur le
territoire québécois, à avoir une... une meilleure cohésion, avoir des
pratiques qui sont plus conformes aux réalités des menaces du XXIe siècle.
On avait déjà commencé dans le précédent mandat avec le déploiement du Réseau
gouvernemental de cyberdéfense. Je pense qu'il y a eu un progrès qui a été
extrêmement significatif qui s'est fait. ...après ça, avec l'avènement de la
loi n° 95, on a créé le Chef gouvernemental de la sécurité de l'information,
qui est... un poste qui est assumé par Mme Girard, ici présent. Et, avec le
ministère, on a donné encore plus de... de capacité d'action sur le territoire
québécois. Donc, oui, c'est clair qu'il faut... je pense que les... la réalité
du XXIe siècle fait en sorte qu'on n'a pas le choix d'être extrêmement
proactifs sur ces questions-là.
Mme Setlakwe : Puis vous avez
l'équipe solide, nécessaire, requise pour...
M. Caire : Oui. En fait...
Oui. Puis, comme je vous expliquais l'autre jour, Mme la députée, là, sans
révéler des... des conversations, j'ai... j'ai assisté, moi, à une
démonstration, au niveau du Centre gouvernemental de cyberdéfense, sur les
méthodes et les environnements qui sont mis en place pour que les gens puissent
s'entraîner, puis comment réagir aux menaces, comment détecter aussi. Parce qu'on...
Il faut comprendre qu'on fait des balayages de nos propres systèmes, donc on
est proactifs pour détecter les vulnérabilités, comment les corriger. On a mis
en place la plateforme de signalement des vulnérabilités pour justement que le
hackeur éthique puisse nous signaler lorsqu'il y a des vulnérabilités qui sont
détectées.
Donc, oui, je pense qu'on a mis en place
les budgets, les équipes et les expertises pour... Écoutez, il y a encore du
chemin à faire, là. Je... Je ne vous dis pas, là, qu'on... qu'on a la maturité
que je souhaite, mais je vous dirais que, par rapport à ce que c'était, on est
vraiment, vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup en avance.
Mme Setlakwe : OK. Non, non,
je... je ne suis pas en train de... de douter qu'il y a des systèmes en place. Il
y a des... Il y a... Et c'est vrai qu'on en avait parlé. Mais là je me... je me
rapporte à la... à l'article du Journal de Montréal qui est paru hier...
oui, c'est ça, c'était hier, Nicolas Lachance : «Les postes de directeur
de la prévention, de la détection et de la gestion des incidents et celui du centre
opérationnel de cyberdéfense ne sont pas comblés, alors que le sous-ministre
base sa stratégie sur l'analyse de risques et les menaces.» Plus loin : «Des
spécialistes recherchés : Québec cherche principalement des spécialistes
de la cyberdéfense, de la cyberprotection et de l'intelligence artificielle.»
Moi, je... Moi, je ne suis pas rassurée, là. Je trouve ça inquiétant de... de lire
ça. Vous me dites : Non, non, c'est correct, ce n'est pas parfait, mais...
mais...
M. Caire : En fait, deux
choses... deux choses, Mme la députée. D'une part, c'est des postes... Un, c'est
des postes de cadres, donc ce n'est pas des postes... d'opérateurs. D'autre
part, comme le sous-ministre le disait, il y a des nouveaux postes là-dedans,
donc, pour lesquels il faut aller chercher des heures rémunérées puis de la
dotation. Et troisièmement on travaille en réseau maintenant, et non plus en
silo, ce qui veut dire qu'un centre opérationnel peut parfaitement soutenir un
autre centre opérationnel. Le centre gouvernemental arrive aussi en renfort, donc
tout ça... travaille maintenant de façon intégrée et non pas de façon
individualisée. C'est la force, justement, d'avoir mis en place un réseau par
rapport à ce qui existait avant, où un ministère était totalement isolé et en
silo. Maintenant, on travaille en réseau. Puis ces postes-là vont se combler au
fur et à mesure qu'on aura les... on aura la capacité de les combler.
Mme Setlakwe : OK. Donc, si
je vous entends bien, là, vous n'avez aucune intention de mettre quoi que ce
soit sur pause parce qu'il y a un enjeu de... de main-d'oeuvre?
M. Caire : Bien, sur la
cybersécurité, certainement pas, Mme la... Mme la députée, là. Au contraire, je
vous dirais qu'on a... on a... on va aussi vite que c'est humainement possible,
là. Je ne veux pas mettre de pression sur la sous-ministre adjointe à la Sécurité
de l'information et la Cybersécurité, ce qui veut dire que je vais le faire.
Mais je vous dirais que les... l'état géopolitique, la situation des menaces, l'intensification
des menaces fait en... et... et le mandat du gouvernement d'assurer une
cohésion sur son territoire fait en sorte que les besoins sont de plus en plus
grands. Puis on est très contents, d'ailleurs, des sommes qui ont été allouées
dans le dernier budget pour nous aider là-dedans.
Mme Setlakwe : Non. Très bien.
D'ailleurs... Mais, moi, ma question, ce n'était pas est-ce qu'on devrait
mettre quelque chose sur pause au niveau de cybersécurité. C'était... C'était généralement,
là, sous votre ministère.
M. Caire : Oui. Non, je comprends.
Mme Setlakwe : OK. On a eu
copie des renseignements particuliers, les sommes dépensées. Là, je suis à la
question... 1RP-12, sommes dépensées, 2022-2023. Je regarde le total, 91
millions l'an dernier, ça se compare à 84. Mon Dieu! Mes yeux font défaut.
M. Caire : ...notre lot à
tous, les yeux.
Mme Setlakwe : Oui, je sais.
Est-ce que vous avez... vous pouvez nous justifier ça? Donc, 91 millions
versus 84, c'est... ça représente <quoi?...
Mme Setlakwe :
...vous
pouvez nous justifier ça? Donc, 91 millions versus 84, c'est... ça
représente >quoi?
M. Caire : Je m'excuse. Pouvez-vous...
J'ai... Je...
Mme Setlakwe : Désolée. Non,
le delta, là, de... entre 91 et 84 millions, ça représente quoi? RP... RP-11 et
RP-12.
M. Caire : On va vous trouver
ça, Mme la députée.
Mme Setlakwe : Merci.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Souhaitez-vous
poursuivre avec une autre question? Parce que, là, votre temps file.
Mme Setlakwe : ...sur la
cyberattaque au niveau de l'Hydro-Québec.
M. Caire : Oui.
Mme Setlakwe : Finalement,
moi, ce que j'ai compris, c'était comme... ça a mis sur pause, tu sais,
l'interface client, le site Web, tout ça. Ça aurait pu être pire. Et c'est
quelque chose que... et que j'ai... Vous aviez échangé avec mon collègue député
de Jacques-Cartier sur cet enjeu-là l'an dernier, donc c'est quelque chose qui
était... vous aviez à l'esprit. Puis, comme vous dites, ça... ça peut arriver
encore. La prochaine fois, ça peut être pire.
M. Caire : Bien, en fait... si
je peux rassurer les gens, c'est ce... c'est ce qu'on appelle une attaque par
déni de service. Donc, on va envoyer des requêtes par... des robots vont
envoyer des requêtes jusqu'à surcharger le système. Ce n'est pas... Ce n'est
pas le genre d'attaque qui va, par exemple... une intrusion où on va extraire
de la donnée, où on va injecter du code malicieux. C'est... C'est vraiment
juste pour faire tomber le système. Donc, c'est... c'est extrêmement
désagréable, mais ce n'est pas dangereux au point de vue de la sécurité des
systèmes d'information.
Mme Setlakwe : Merci. Mais
est-ce que... Quel... Quel est votre... Quelle a été votre réaction suite à ça?
Ou est-ce que vous avez posé des gestes?
M. Caire : Bien, en fait, ce
qu'on fait à ce moment-là, c'est qu'on recommence les balayages pour s'assurer
que cette attaque-là n'est pas un leurre. Parce qu'on peut se servir de ces
attaques-là, bon, pour faire diversion puis on va attaquer le système d'une
autre façon, on va être en train de chercher une vulnérabilité ou une faille
dans le système. Donc, ça, il faut être très attentifs à ça, parce que le déni
de service en soi n'est pas nécessairement une attaque qui va faire beaucoup de
dégâts, mais par contre, ça peut être utilisé pour cacher une autre intention.
Et ça, là-dessus, on est extrêmement vigilants.
Mme Setlakwe : J'aimerais ça
vous entendre sur le Programme prime aux bogues.
M. Caire : Oui. Bien,
écoutez, le... le projet pilote est complété, les résultats sont convaincants.
Je... Vous me donnez l'occasion de signaler, puis à votre demande... je signale
que ce programme-là a reçu un prix d'innovation de l'Institut de
l'administration publique du Québec pour son côté innovateur parce qu'on est
les premiers au Canada à faire ça. Et là on est en appel d'offres maintenant
pour pérenniser la solution. Et, comme je... comme je vous disais, là, on est
en train de... de réfléchir à la façon dont il sera utilisé par les ministères
et organismes pour s'assurer, là... bien, en fait, est-ce qu'on met des
critères, est-ce qu'on met des normes ou est-ce qu'on fait juste offrir le
service aux ministères et organismes. J'ai demandé évidemment à mon
sous-ministre, là, de faire une... évaluation et de voir jusqu'à quel point on
peut se servir de ça, parce que ça a vraiment donné des résultats extrêmement
positifs, notamment avec le Service d'authentification gouvernementale, là, qui
a été testé. Puis, on l'a vu après le déploiement, là, il a été... bien,
convivial, oui, convivial, robuste, mais surtout très stable.
Mme Setlakwe : Donc, c'est
prometteur?
M. Caire : Oui, vraiment,
vraiment.
Mme Setlakwe : On lit, à la
réponse RP-10, au 28 février, le PAB, Programme de prime aux... compte
neuf actifs.
M. Caire : Oui. Ça, c'est...
Bien, comme je vous dis, on est en projet pilote, donc, mais c'est quand même
des actifs d'importance, compte tenu qu'on parle du système...
d'authentification gouvernementale. Alors, on parle de... le site de la... déontologie
policière, Répertoire de toxicologie de la CNESST, site d'octroi de permis de
transport en matières explosives de la Sûreté du Québec, Clic Santé, Service
québécois d'identité numérique, le SAG, le Guichet d'accès de première ligne du
ministère de la Santé et des Services sociaux, le système des habilitations
sécuritaires de la Sûreté du Québec, plateforme de signalement des
vulnérabilités, dont vous avez parlé, et Données Québec, qui est notre site
pour les données ouvertes. Donc, c'est quand même des systèmes d'importance,
là, qu'on... qu'on a mis là-dessus. Puis les résultats sont au-delà de nos
attentes, dans les faits.
Et, en plus, on n'a même pas été au... au bout
du budget qui était octroyé, là, si ma mémoire ne... ne me joue pas des tours,
ce qui veut dire qu'on n'a pas eu à payer tant de... de primes que ça.
• (17 h 10) •
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée.
M.
Caire
: Ce
qui est tout à l'honneur de nos équipes.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée.
Mme Setlakwe : Il aurait été
utile de nous les fournir, de...
M. Caire : La liste?
Mme Setlakwe : Oui.
M. Caire : Oui, oui.
Mme Setlakwe : S'il vous
plaît.
Le Président (M. Simard) : On
va vous engager à le soumettre au secrétariat afin que nous puissions le
partager?
M. Caire : ...M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : ...Avec
grand plaisir. Veuillez poursuivre, chère <collègue...
Le Président (M. Simard) :
...Avec
grand plaisir. Veuillez poursuivre, chère >collègue.
Mme Setlakwe : ...va.
J'aimerais ça qu'on parle du Système d'information pour laboratoire, le SIL.
M. Caire : OK.
Mme Setlakwe : Vous avez
l'air surpris, mais c'était...
M. Caire : Non, non, non. C'est...
C'est... bien, parce que ce n'est pas...
Mme Setlakwe : ...ça a fait
l'objet de... d'une enquête dans La Presse. Moi, je me suis informée, j'ai
parlé à des intervenants du milieu pour essayer de comprendre comment eux
vivaient ça, là. Je parle de... de médecins, là. Et...
M. Caire : Là, vous parlez de
la centralisation ou du système comme tel?
Mme Setlakwe : Bien, du...
Mais, moi, j'ai compris que le... le système lui-même fonctionne, mais la façon
que ça a été déployé dans les hôpitaux, ça ne donne pas les résultats
escomptés, M. le ministre. Moi, je parle à un médecin qui me dit : Là, on
nous envoie ça, mais c'est comme... il a comparé, tu sais... un truc IKEA, là,
qui arrive, les morceaux sont là, puis là, il manque le toit. Il me dit :
Les technologues sont complètement débordés, ils perdent un temps fou à aller
chercher l'information. C'est important, là, pour être sûr de ne pas se
tromper. C'est ce que le... l'article de La Presse révélait. Donc, il y
a une perte de temps, il y a des erreurs sur le... le résultat du test qui mène
à un diagnostic important sur la santé de la personne. Tu sais, moi, ça m'a
fait penser : mais où est le... où est le... le ministère de... tu sais,
que vous êtes impliqué dans ça puis...
M. Caire : Bien, en fait,
bon, quand... puis là, je... je vais faire une longue explication courte, M. le
Président, quand un... un système est particulier à un ministère, le ministère
en est le maître d'oeuvre. Donc, nous, on va faire les autorisations, on va
faire... on va faire les suivis pour s'assurer de trois choses : le
budget, la portée, l'échéancier, qui sont les critères qui nous disent si on
doit intervenir ou non. Mais sinon, sur la fonctionnalité du système, c'est
vraiment les lignes d'affaires qui ont la responsabilité. Donc, quand je vous
parlais tout à l'heure des... des trois lignes de responsabilité, là c'est
vraiment le dirigeant de l'information du ministère de la Santé et des Services
sociaux qui voit au bon fonctionnement, au bon déploiement de ces systèmes.
Là, je vous... je vais vous confesser, Mme
la députée, là, que je n'ai pas un rapport exhaustif sur l'état de situation.
Par contre, si vous voulez, je pourrai poser les questions nécessaires et vous
transmettre les réponses.
Mme Setlakwe : Mais
j'apprécierais parce que je trouve ça extrêmement important. Et c'est... c'est un
système qui va être implanté dans tous les hôpitaux du Québec. Puis ce n'est
pas juste d'avoir un... C'est supposé être un logiciel, un système clé en main.
Ce n'est pas du tout le cas.
M. Caire : ...c'est que
souvent, puis je pense que vous l'avez bien dit, il y a la solution comme telle
puis il y a le... le déploiement de la solution. Alors là, je ne sais pas,
est-ce que c'est la solution qui cause problème ou c'est le déploiement de la
solution. Là, je ne saurais pas vous dire, mais je... je m'engage à aller
chercher l'information.
Mme Setlakwe : Parce que ça
prend une... ça prend une planification adéquate.
M. Caire : Puis ça prend une
planification adéquate, ça prend une connaissance du système pour l'utiliser
adéquatement, ça prend aussi des... au niveau de l'encadrement, de s'assurer
que les gens le font, le font comme... comme c'est prévu. Donc, il y a un
ensemble de facteurs qui ne relèvent pas nécessairement de la performance du
système, mais des facteurs humains qui sont en périphérie. Puis là,
honnêtement, je ne veux pas pointer rien du doigt, parce que la vérité, c'est
qu'on aura... on aura besoin d'aller poser des questions là-dessus.
Mme Setlakwe : Parce qu'on ne
peut pas juste, tu sais, mettre ça en place... Puis là le médecin me disait :
Tu sais, j'ai été informé très peu de temps avant la date de... de mise en...
mise en vigueur, et là, ça nous est comme, excusez mon... ça nous a été
garroché. Ce n'est pas aux technologues, qui sont déjà... ils ont déjà leurs
fonctions dans un... dans un hôpital, dans un laboratoire, à... à jouer aux...
aux programmeurs ou... Tu sais, ils sont obligés de démêler tout ça, perdent un
temps fou.
Et là, ce qui m'a vraiment renversée le
plus, c'est qu'on parle d'un médecin spécialiste oncologue qui me dit : À
cause de ça, là, de ce genre de... de délais puis de frustration, il dit :
Dans un avant-midi, une matinée, je... j'étais capable de voir
17 patients, là, j'en vois 12, 13. L'impact est important.
M. Caire : ...peux me
permettre, Mme la députée, ils font quand même un... un déploiement qui est
ciblé. Par contre... ils ne l'ont justement pas déployé partout. L'idée... Non,
mais... mais, en fait, dans...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Caire : Cette mauvaise
nouvelle là est une bonne nouvelle dans le sens où ils n'ont pas fait un
déploiement massif. Donc, ils font un petit déploiement, ils regardent, ils
corrigent, ils apprennent. Puis, après ça, quand tout est réglé, là, ils font
le déploiement.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Setlakwe : ...vous n'êtes
pas impliqué. J'ai terminé.
Le Président (M. Simard) : Vous
pourriez prendre sur votre prochain bloc.
Mme Setlakwe : Merci. Ça va.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, nous cédons maintenant la parole au député de Maurice-Richard,
qui dispose de 12 min 7 s.
M. Bouazzi : Merci beaucoup,
M. le Président.
Donc, continuons là où on en <était....
M. Bouazzi :
...Merci
beaucoup, M. le Président.
Donc, continuons là où on en >était.
Donc, il y a actuellement... En 2009, vous avez promis un projet de migration
vers l'infonuagique qui devait, au début, être livré en mars dernier avec des
retombées de 100 millions. Le projet, en fin de compte, va durer deux ans
de plus. Mais, bonne nouvelle, il y en a quand même 58 %, 60 % qui a
déjà été fait. Et actuellement il n'y a pas 1 $ de retombées économiques
associées au 60 % qui a déjà fait... été fait. C'est bien ça?
M. Caire : Bien, compte tenu
de ce que je vous ai dit, M. le député, là, je ne changerai pas ma réponse.
M. Bouazzi : Et vous nous
avez dit : Il y a du nouveau, il y a, au niveau de la... la migration de
l'infonuagique de la Caisse de dépôt puis d'autres organismes... il y a du
nouveau qui va nous pousser à réévaluer ces retours. M. le ministre, ça fait,
je dirais, une décennie que, dans l'industrie, on sait que la migration vers
l'infonuagique, ça peut améliorer l'agilité, ça peut améliorer la rapidité de
déploiement, mais de manière extraordinairement rare, ça peut apporter des
retours sur investissement. Donc, est-ce que, quand vous avez pris la décision
en 2019, il y avait des exemples de succès qui ont rapporté le même ordre de
grandeur, donc 100 millions de retours annuels, dans ce genre de
migration?
M. Caire : Bien, en fait,
dans la planification, il y avait un élément que je tiens à souligner, qui est
le paiement à l'utilisation. Donc, quand on... quand on fait du stockage sur
site, puis vous le savez aussi bien que moi, M. le député, là, vous achetez une
capacité qui est cette capacité-là, que vous l'utilisiez ou non. L'infonuagique
amenait cette flexibilité-là, de payer à l'utilisation. Et, sur les bases de
ces... de ces calculs-là, il y avait des... des économies qui avaient été...
qui avaient été planifiées.
Maintenant, vous le soulignez,
effectivement, on a une expérience plus exhaustive. Parce que je... je ne suis
peut-être pas d'accord sur le fait que ça fait un... une décennie, là, qu'on
sait que l'infonuagique n'amène pas de... d'économies. Puis le contexte du
gouvernement aussi amène des... des réalités différentes, parce qu'il y a toute
la... la question de la mise à jour technologique et de... de l'infrastructure,
là, qui...
M. Bouazzi : Je vous entends.
Je comprends. Je connais très, très bien la description que vous faites,
effectivement, du fait qu'on... on loue de l'espace et on ne l'achète pas.
C'est un speech de vente qu'on connaît par coeur d'Amazon ou d'Azure, AWS ou
Azure de Microsoft.
Ceci étant dit, est-ce que, quand vous
avez pris la décision en nous disant qu'on va démarrer le plus gros projet
d'infonuagique... On s'entend qu'on n'est pas en avance au Québec. Il y a
beaucoup d'organismes publics, que ce soit dans d'autres provinces ou à
l'international, qui ont déjà fait une énorme partie de leur migration à
l'infonuagique. Est-ce que vous avez eu un exemple de succès sur lequel vous
avez... autres que ce que vous a dit Microsoft et Amazon, mais vous, est-ce
qu'il y a un exemple que vous avez de réussite que vous pouvez citer?
M. Caire : Bien, en fait, ce
n'est pas nécessairement sur... Je veux corriger peut-être certains éléments.
Ce n'est pas... L'évaluation ne s'est pas faite sur les... vous avez parlé de
pitch de vente, là, je vais... je vais reprendre l'expression, mais bien sur
les éléments qui étaient connus à cette époque-là.
Puis je veux peut-être corriger un autre
élément aussi. Quand vous dites qu'il y avait beaucoup d'organisations qui
avaient déjà fait cette migration-là, c'était... cette espèce de tendance qui
se dessine, puis qui se dessine encore.
Soit dit en passant, les gens ne tournent
pas tous le dos à l'infonuagique, là. On a... On a un article, puis, bon, il y
a des explications, puis l'infonuagique continue d'avoir quand même des... son
intérêt sur différents éléments. Mais les...
• (16 h 20) •
Le Président (M. Simard) : M.
le député.
M. Bouazzi : M. le ministre,
je n'ai jamais dit qu'il fallait tourner le dos à l'infonuagique. J'ai même
expliqué qu'il y avait, si c'est bien fait, possiblement des gains en
efficacité, en agilité, en capacité à faire des preuves de concept, en rapidité
de déploiement. Mais, en 2019, en tout respect, il y avait déjà beaucoup de
compagnies qui avaient déjà fait leur migration à l'infonuagique, dans le
monde. Et je comprends qu'il n'y a pas un seul exemple de succès que vous êtes
capable... Parce que, là, aujourd'hui, vous êtes capable de nous dire qu'il y a
des organismes qui, au bout du compte, se rendent compte qu'il n'y a pas de
retours sur investissement, mais, quand vous avez fait la promesse, en 2019,
vous n'êtes pas capable de nommer juste un succès sur lequel vous vous êtes
basé. Moi, je connais les calculatrices des vendeurs d'Amazon et de AWS et je
comprends qu'on peut décider de faire des analyses là-dessus, mais, bon, je...
je comprends qu'il n'y a pas un exemple sur lequel vous vous êtes basé pour
dire que nous allions avoir un 100 millions de retours sur <investissement...
M. Bouazzi :
...analyses
là-dessus, mais, bon, je... je comprends qu'il n'y a pas un exemple sur lequel
vous vous êtes basé pour dire que nous allions avoir un 100 millions de retours
sur >investissement. Et puis, très probablement, il n'y aura en pas, de
retours sur investissement sur cette stratégie que vous avez promis en 2019,
étant donné qu'il n'y a pas 1 $ de retour actuellement, alors qu'on est
déjà à 58 % d'avancement.
Pour... Pour...
M. Caire : M. le Président.
Le Président (M. Simard) : ...en
prie.
M. Caire : M. le Président,
en fait, le député, dans ses... dans ses questions, initialement, disait :
Vous avez 577 sites. On ramène ça à quatre. Chacun de ces sites-là
nécessite une dotation en ressources humaines, en ressources matérielles et
évidemment... l'entretien du site comme tel. On ramène ça à quatre.
Donc, je... je comprends ce que mon
collègue dit, mais la situation du gouvernement du Québec, elle était
extrêmement particulière dans ce sens-là. Et les calculs qu'on a faits étaient
basés sur la situation du gouvernement du Québec, et non pas l'expérience
qu'une organisation qui n'a rien à voir avec la nôtre aurait pu vivre, là. Je
pense qu'il faut comparer des pommes avec des pommes aussi, là.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le député.
M. Bouazzi : Non. Je... Je vous
mets... Donc, est-ce que l'objectif d'avoir 100 millions de retours annuels
est encore à jour? C'est quoi, votre nouvel objectif?
M. Caire : On va faire les
recalculs sur la base de... de ce que je vous ai dit. Parce que l'élément que
j'ajoute, c'est qu'on va... on a changé la philosophie au niveau de conserver
nos données, ce qui, soit dit en passant, était une demande qu'on nous a fait
de façon large. Donc, comme on conserve plus de données que ce qu'on avait
prévu initialement, bien, vous allez être d'accord avec moi que c'est sûr que
ça va avoir un impact sur les coûts, et donc sur les économies.
M. Bouazzi : M. le ministre,
le projet a démarré en 2019. Il y a des gestionnaires de projet qui donnent des
rapports, j'espère, de manière mensuelle. Et aujourd'hui on est en 2023, et
vous n'avez aucune idée de quel ordre de grandeur de retours nous allons avoir
une fois que le projet va être fini, alors que 60 % a été fait? Il n'y a
pas un chiffre, un...
M. Caire : Bien... Bien, ce
que je vous dis, ce que je vous dis, M. le député, c'est que la pandémie nous a
amenés à revoir le volume de données que nous allions conserver. Donc, les
calculs que j'ai demandés et la... les modifications que je demande à
l'administration publique tiennent compte d'abord des intérêts opérationnels du
gouvernement, des intérêts de la sécurité des informations, puis «sécurité» au
sens très large du terme, là, pas simplement cybersécurité, mais... sécurité
dans nos opérations. Et... Et ça change, ça change, évidemment, le... l'orientation
qu'on prend dans le projet.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Je pense que
c'est... Je pense que c'est clair : sur le projet de la SAAQ, vous étiez
conseillé pendant trois ans, mais ce n'était pas votre responsabilité, vous
n'avez pas donné de conseils, sur ce projet-là, qui vous appartient, vous
l'avez depuis quatre ans et vous n'êtes pas capable de nous dire aujourd'hui
quel est le nouvel objectif que vous avez donné, il y a quatre ans, de
100 millions, celui-là, on sait qu'il est plus réaliste, et aujourd'hui
vous n'êtes pas capable de nous dire c'était quoi, le nouveau chiffre. C'est
correct.
Par rapport au projet SAGIR, on sait qu'il
y a une... il est désuet depuis maintenant cinq ans. Est-ce qu'on est... Donc,
il y avait un projet de... un nouveau projet de paie. Et puis vous savez
effectivement que c'est des gros projets. Est-ce que le fait que le système de
paie du gouvernement est obsolète est... est un risque?
M. Caire : En fait, deux
choses. Premièrement, il n'est pas désuet depuis cinq ans. Je vous ramène au
projet GIRES, qui est, à l'origine, un projet qui visait à remplacer ça, qui
s'est fait au tournant des années 2000. Et SAGIR est un projet que le
gouvernement libéral a mis de l'avant en 2004. Donc, ça ne fait pas cinq ans
que c'est désuet, M. le député, là, je veux dire, je n'étais pas encore en
politique, c'était déjà désuet.
M. Bouazzi : ...est désuet?
Est-ce que...
M. Caire : Ah... ça... ça continuait
à être désuet, M. le... bien oui, c'est sûr, M. le Président.
M. Bouazzi : Est-ce que nous
sommes à risque? Est-ce qu'il y a un risque associé?
M. Caire : Non, non, non, parce
qu'on est sur ordinateur central. Puis, je sais, vous savez de quoi je parle.
Ordinateur central, c'est des systèmes cobol, c'est des systèmes qui sont très
robustes, mais c'est juste qu'il n'y a aucune souplesse, aucune flexibilité. C'est
des systèmes fermés. Donc, dans l'évolution nécessaire d'une organisation comme
le gouvernement du Québec, ça ne répond plus aux besoins. Mais, le système
comme tel, il continue à rouler, là.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Bouazzi : Mais vous
comprendrez, M. le ministre, qu'un système de paie qui n'est pas capable de
s'adapter pour pouvoir faire des paies ou même carrément qui paie alors qu'il
ne devrait pas, ce n'est plus un risque, c'est un problème. On est... On est au-delà
du risque.
La question, c'est : Quels sont les
risques qui nous attendent pour les paies qui vont venir pour l'année
prochaine, alors qu'il y a une grosse négociation qui arrive? Je pense
qu'encore une fois, pour l'instant, c'est un risque, mais dès que la négociation
sera finie, malheureusement, ce sera un problème. Et on peut le prévoir.
Pourquoi, pendant les cinq dernières années, ne pas avoir démarré un projet
pour se débarrasser de ce <risque?...
M. Bouazzi :
...peut
le prévoir. Pourquoi, pendant les cinq dernières années, ne pas avoir démarré
un projet pour se débarrasser de ce >risque?
M. Caire : Bon. D'une part,
comme je l'ai dit, dès 2019, on était dans la migration vers la version 12
d'Oracle. Ça s'est super bien passé. Pourquoi? Bien, parce qu'en 2020, avec la
pandémie, le... la demande du gouvernement était... Écoutez, là, il a fallu
changer complètement notre capacité de bande passante, nos systèmes
téléphoniques, nos outils collaboratifs, notre infrastructure physique.
M. Bouazzi : Pourquoi le...
ne pas l'avoir démarré cette année?
M. Caire : Pardon?
M. Bouazzi : Cette année... on
n'est pas...
M. Caire : Non, mais on est
là-dedans, là. Ce que je vous... Ce que j'ai annoncé d'ailleurs, c'est deux
choses : d'une part, vous avez raison, il y a des... des négociations de
conventions collectives qui s'en viennent, donc il faut qu'on puisse, avec les
équipes, faire les mises à jour nécessaires, on est en discussion avec le
Trésor pour mettre un environnement qui va nous permettre de faire ces mises à
jour là très rapidement, et, parallèlement à ça, les équipes sont à planifier,
non seulement SAGIR, mais...
M. Bouazzi : Il... Il me
reste une minute. J'aurais juste une...
Le Président (M. Simard) :
Oui.
M. Caire : Mais, si... Mais,
si je peux me... Non, mais ça, M. le Président, c'est parce que, là, je...
Le Président (M. Simard) : ...M.
le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Il me reste une minute
et j'avais juste une question que je voulais vous poser sur l'intelligence
artificielle. Parce que, malheureusement, j'aurais bien voulu effectivement
avoir plus d'échange.
M. Caire : Posez-moi votre
question, puis je vais vous répondre. Mais c'est... c'est très important, M. le
Président...
M. Bouazzi : C'est très bien.
M.
Caire
: Bon.
M. Bouazzi : Ma... Ma question
est simple : Est-ce que ChatGPT respecte les lois du Québec en matière de
données personnelles?
M. Caire : Bien, ChatGPT n'a
pas le choix de... de respecter les... les lois du Québec en matière de
renseignements personnels, M. le Président.
M. Bouazzi : Donc...
actuellement...
M.
Caire
: Parce
que, s'il ne respecte pas la loi, la Commision d'accès à l'information...
M. Bouazzi : Bien, c'est une
question : Il n'a pas le choix, mais est-ce qu'il la respecte?
Actuellement, l'Italie, l'Allemagne, en Europe, ils ont décidé que ça ne
respectait pas les lois de... de protection des données personnelles des
citoyens européens. Donc, vous, vous êtes sûr que ChatGPT, actuellement,
respecte la loi?
Le Président (M. Simard) : ...conclusion,
s'il vous plaît.
M. Caire : En fait, c'est
parce que c'est... c'est... c'est l'utilisation qu'on... qu'on en fait. ChatGPT
se connecte sur des bases de données. Donc, est-ce que les bases de données, le
stockage de ces bases de données là respectent les lois du Québec? Bien, il y a
la commission d'accès à...
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup. Merci à vous, M. le ministre. Nous devons arrêter ce bloc d'échange.
Bien que ce soit très intéressant, on doit poursuivre et céder la parole à la
députée de Mont-Royal—Outremont, qui dispose de 18 minutes.
Mme Setlakwe : Merci, M. le Président.
Revenons sur le tableau à la page 12 de fascicule n° 5, les projets
désignés d'intérêt gouvernemental. Je réalise qu'il y en a un... un quatrième
au sein de votre ministère qui... qui est en voie de réalisation, celui du Réseau
gouvernemental de télécommunication lié à la Stratégie de transformation
numérique gouvernementale : «Ce réseau offrira une gamme de services de
pointe en matière de télécommunication». Donc, il est assez important pour
faire partie de... de la liste. Est-ce que vous pouvez nous en parler, s'il
vous plaît?
M. Caire : Oui. Bien,
écoutez, c'est qu'on était sur l'ancien... le RITM, qui était le... le réseau
actuel qu'on utilise. On est évidemment, dans ce réseau-là, dans une situation
de désuétude technologique. Comme j'ai dit, bon, évidemment, pendant la
pandémie, il était... ce n'était pas nécessairement le temps de faire ces... Bien,
parce qu'on a lancé ce projet-là en 2019, qu'on a... à l'été 2019, on a
autorisé d'aller de l'avant avec ce projet-là. Maintenant, avec la pandémie,
bon, ça a eu les conséquences que vous connaissez. Mais c'est une migration
vers une technologie qui est plus moderne, plus récente, et pour lesquelles le
gouvernement du Québec va être l'opérateur. Parce que, dans l'ancien RITM, on
sous-traitait même le volet opérateur, qui, lui, sous-traitait la mise en place
du réseau. Donc là, le gouvernement du Québec récupère le contrôle comme
opérateur de son réseau. Puis, après ça... avec les ententes qu'on a avec les
partenaires, on va moderniser, donc migrer le réseau vers des technologies plus
récentes.
• (17 h 30) •
Mme Setlakwe : Est-ce que ça...
ça progresse bien?
M. Caire : Bien, ça progresse
bien, sauf que, comme je vous ai dit, le... la pandémie a fait en sorte que
c'est tout le... le réseau du gouvernement, réseau de bande passante... Par
exemple, on a triplé le réseau de bande passante, il a fallu augmenter la
sécurité, sécurité physique, sécurité logicielle. Parce que vous comprendrez
que des gens qui travaillent dans les édifices du gouvernement ou des gens qui
travaillent à la maison, ce n'est pas le même défi au niveau de la sécurité des
infrastructures. Il y avait toute cette... Écoutez, on est passé de... quand, en...
en mars 2020, on avait, au ministère, bien, qui était l'ITQ... on avait la
capacité de connecter en télétravail 750 personnes, il fallait en mettre
58 000 en télétravail. Ça a été un... un travail colossal. D'ailleurs,
j'en profite pour saluer l'exploit que... que ça a été, de réussir ça sans coup
férir. Notre réseau de télécom, nos outils collaboratifs... Il fallait déployer
des outils collaboratifs pour que les gens puissent effectivement continuer à
télétravailler. Donc, ça, ça... ça a monopolisé, je vous dirais, tout notre
personnel d'infrastructures. Mais, une fois terminé, bien là, on est de retour
vers le projet pour la migration vers RGT...
17 h 30 (version révisée)
M. Caire : ...infrastructures,
et, une fois terminé, bien là, on est de retour vers le projet pour la
migration vers RGT.
Mme Setlakwe : Oui, vous avez
quelque chose à ajouter? Allez-y.
M. Caire : Le sous-ministre
me dit qu'on est à 80 % de réalisation au 31 mars.
Mme Setlakwe : 80?
M. Caire : Pour cent, oui.
Mme Setlakwe : Puis au niveau
des coûts, est-ce qu'on est en deçà des budgets, un peu dépassé? C'est…
M. Caire : Ah! si Mme Munger
vous dit qu'on est dans les coûts, soyez sûre, on est dans les coûts.
Mme Setlakwe : Merci. Puis ça
représente combien, ce projet-là, combien d'argent, combien d'investissement?
Le Président (M. Simard) : …que
Mme Munger puisse répondre?
Mme Setlakwe : Certainement,
oui.
M. Caire : Ah! oui. Ah! il y
a tellement consentement, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Il
y a consentement. Alors, madame, pour les fins...
M. Caire : Si vous saviez
comme il y a consentement.
Le Président (M. Simard) : S'il
vous plaît! Pour les fins de nos travaux, auriez-vous l'amabilité de vous
présenter, s'il vous plaît?
Mme Munger (Kathleen) : Alors,
bonjour. Kathleen Munger, sous-ministre adjointe à la gouvernance et au
financement. Alors, je vais chercher mon information. Nous avons des coûts
estimés de 40,8 millions, pour un total réel dépensé, à date, de 26,5 millions.
Merci.
Mme Setlakwe : Merci. Oui, donc,
avez-vous une réponse pour moi sur la question de… du bloc précédent, l'explication
de RP-12?
Mme Munger (Kathleen) : En
fait, on aimerait qu'elle répète... que madame puisse répéter la question.
Mme Setlakwe : RP-12, ce sont
les montants dépensés en 2022-2023, 91 millions au total. Mais, tu sais,
on faisait le… la distinction ressources internes-ressources externes, et je
comparais ça à l'année précédente, qui était RP-11.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, M. Rodrigue.
M. Rodrigue (Pierre E.) : Merci,
M. le Président. Donc, dans le fond, vous voulez avoir l'explication du 91 millions,
qui représente à la fois les dépenses... dans le fond, nos dépenses au 28 février,
à la fois en investissement et... en investissement, donc toutes les… tout ce
qui est capitalisable, et les dépenses courantes, puis ça… ça comprend à la
fois le coût des ressources internes, des ressources externes, également, nos
contrats à forfait et des acquisitions de matériel que l'on peut faire dans l'année.
Donc, c'est ça, le total du 91 millions qu'on a au... du 1er avril 2022
au 28 février 2023. Est-ce que je réponds correctement à votre
question?
Mme Setlakwe : Qu'est-ce qui
explique la différence quand même significative?
M. Rodrigue (Pierre E.) : La
différence avec quel montant?
Mme Setlakwe : Au niveau des
ressources externes surtout.
M. Rodrigue (Pierre E.) : La
différence avec...
Mme Setlakwe : Bien, l'année…
l'année d'avant.
M. Rodrigue (Pierre E.) : Ah!
c'est qu'à chaque année on le voit, même, c'est dans tous les ministères, on
augmente, évidemment, notre... on augmente notre vélocité. Et c'est sûr que si…
Justement, un dossier comme le RGT, c'est un dossier pour lequel on a beaucoup,
d'une part, d'acquisitions et de... on a beaucoup de recours aux ressources
externes. C'est la même chose, également, pour le transfert de la desserte
policière. Donc, on a des dossiers qu'on... pour lesquels on a mis beaucoup d'énergie
pour les accélérer. Alors, évidemment, pour être capables de rentrer dans… dans
nos délais, voire même, les devancer, alors, évidemment, ça fait que, bien, on
doit dépenser davantage, là.
Et, cette année, bien, il y a de l'acquisition
de matériel parce que, dans les années de pandémie… je ne peux pas revenir
toujours à donner l'explication de la pandémie, mais, effectivement, ça a été
plus difficile de se faire livrer du matériel. Et là on se rend compte qu'on a
poussé beaucoup pour qu'il en rentre avant le 31... 31 mars. Donc, c'est
ce qui peut expliquer également l'augmentation des dépenses.
Mme Setlakwe : Merci, M.
Rodrigue. Je suis encore dans le cahier de réponses, là. Je m'en vais à RP-16,
RP-17. Et c'était d'ailleurs... je pense, c'est en lien avec... dans le
fascicule 5, on parle de projets qui sont actifs. RP-16, on liste les
projets autorisés par le Conseil du trésor, et il y en a... il y en a une
certaine liste, là. C'est des projets, bon, majeurs. Il y en a... il y en a un
dans votre ministère. À RP-17, c'est la liste des organismes ayant soumis une
programmation annuelle, là, en vertu de l'article 14 de la LGGRI, avec le
coût estimé. Là, quand on parcourt la liste, elle est vraiment longue et
impressionnante, c'est à se demander comment on va réaliser... Puis là plus on
tourne les <pages…
Mme Setlakwe :
...vraiment
longue et impressionnante, c'est à se demander comment on va réaliser... Puis
là plus on tourne les >pages, plus il y en a, il y en a, il y en a au
sein de différents ministères, et je vois que ça touche l'Éducation, ça touche
différentes... différents organismes. Et c'est probablement les 2 538...
M. Caire : ...en fait, c'est
305 projets en planification. Les 2 000... les 2 000… les plus
de 2 500 sont en réalisation. Oui, oui, c'est bien ça, il y en a plus de
2 500 en réalisation, puis il y en a 305 en planification.
Mme Setlakwe : Donc, ceux qui
sont listés ici, qu'on a obtenus, sont en planification.
M. Caire : …
Mme Setlakwe : Puis vous
n'avez pas d'inquiétudes, on va réussir à réaliser tout ça? On a les
ressources, on a la... on a la main-d'oeuvre? C'est… c'est impressionnant,
puis...
M. Caire : Oui, bien... oui,
mais en même temps...
Mme Setlakwe : …la question
se pose.
M. Caire : Non, mais,
écoutez, c'est sûr que ça nécessite une vigilance, donc, sur le… notre... notre
tableau de bord, mais on a quand même 25 493 ressources TI au
gouvernement du Québec. Donc, vous avez raison, là, ce… ce portrait-là, il
est... il est important, mais le nombre de ressources est important. Puis je
vous signale qu'on a quand même livré 258 projets en 2022. Je comprends
qu'il y en a un qui a posé problème avec la SAAQ, là, mais il y a quand même
258 projets qui ont été livrés sans encombre par le gouvernement du
Québec, par l'ensemble des ministères et organismes. Vous comprendrez que je ne
veux pas m'attribuer le mérite de ces… de ces projets-là, c'est… c'est pour
l'ensemble du gouvernement.
Donc, on fait un… on fait un suivi qui est
serré, Mme la députée, là, on regarde, effectivement, chacun de ces... de ces
projets-là à travers notre tableau de bord pour s'assurer que tout ça suit son
cours, puis qu'on n'ait pas... selon les trois critères que je vous ai
exprimés, là, donc le coût, l'échéancier et la portée, que ça reste... que ça
reste sur la bonne voie. Et, s'il est nécessaire d'intervenir, bien, on va le
faire.
Mme Setlakwe : Puis les
rapports qui vous sont... qui vous sont soumis vous… vous satisfont?
M. Caire : Bien, en fait, je
ne devrais peut-être pas utiliser cette… cette expression-là, mais, selon...
selon notre système de suivi des projets, pour l'instant, c'est... Bien, il y
en a toujours, là… ça peut arriver, à un moment donné, que, bon, sur
l'échéancier, sur le coup, il y a un voyant jaune qui s'allume. C'est à ce
moment-là où je vous disais, là, les lignes d'intervention… donc le dirigeant
de l'information doit porter une attention particulière à ce projet-là. Parce
que ces 2 500 projets là sont divisés sur l'ensemble des ministères
et organismes, donc il y a plusieurs dirigeants de l'information qui ont des
équipes qui se répartissent les 25 000 ressources donc je vous...
dont je vous parlais pour faire ces suivis-là. Donc, chaque projet a une
dotation, quand même, qui lui est propre, et un dirigeant de l'information, qui
a le mandat de s'assurer que les projets sont suivis et sont sur la bonne voie.
Si la situation semble empirer, bien, à ce moment-là, le DPI intervient. Puis,
si on s'en va vers quelque chose d'encore plus grave, bien, à ce moment-là,
c'est le ministre qui va… qui va intervenir, mais je vous dirais qu'à date ce
n'est pas... ce n'est pas arrivé, sauf pour le cas que vous… que vous
mentionnez.
Mme Setlakwe : Au niveau
de... Merci. Au niveau de la santé, on a siégé ensemble sur une commission, PL
n° 3. On en est où sur le déploiement? Il me semble que, dans… dans nos...
M. Caire : Du PL n° 3?
Mme Setlakwe : Oui, au niveau
des renseignements de santé, puis... bien, c'est ce qu'on vise à avoir, le Dossier
de santé numérique. Puis il me semble que, dans nos conversations, dans nos
échanges, on avait... on avait parlé du déploiement, puis qu'à l'heure actuelle
on était, sauf erreur, à l'étape de… d'appel d'offres pour... Parce que vous
allez faire des genres de... bon, j'appelle ça un projet pilote, là, mais vous
allez faire des tests dans certains… certains CISSS ou CIUSSS. Pouvez-vous nous
dire où ça...
• (17 h 40) •
M. Caire : Oui, bien, en
fait, là...
Mme Setlakwe : …est-ce que...
comment ça avance, ça?
M. Caire : …je n'ai pas
l'information à... bien, tu sais, je veux dire, finale, est-ce que l'appel
d'offres a été complété, combien de... combien de soumissionnaires. Puis là, on
parle, évidemment, du centre de données des renseignements de santé et de
services sociaux, pour situer la conversation. Oui, effectivement, le ministère
était en appel d'offres. Est-ce que l'appel d'offres est complété, là, je...
Une voix : ...
M. Caire : C'est complété en
mars, complété en mars. Donc là, il faudrait...
Une voix : ...
M. Caire : Comment? Bien,
vas-y donc, là.
M. Rodrigue (Pierre E.) : Oui.
Pour... Effectivement, il y avait... il y a deux pilotes, là, le CIUSSS du
Nord-de-l'Île-de-Montréal et le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.
Donc, il y a eu un affichage, là, de... pour trouver une solution technologique,
qui s'est terminé le 13 mars. Donc, évidemment, on nous dit... nos
collègues de la Santé nous disent que ça a suscité un grand intérêt. Puis, actuellement,
bien, c'est la suite du processus de gestion contractuelle. Vous comprenez
qu'on ne peut pas...
Une voix : ...
M. Rodrigue (Pierre E.) : Non,
non, pas du tout. Donc, <évidemment…
M. Rodrigue (Pierre E.) :
...bien,
c'est la suite du processus de gestion contractuelle. Vous comprenez qu'on ne
peut pas...
Une voix :
...
M. Rodrigue (Pierre E.) :
Non,
non, pas du tout. Donc, >évidemment, on ne peut pas en dire davantage,
parce que le processus n'est pas complété.
Mme Setlakwe : Non, non, je
comprends ça. C'est juste que c'est un… c'est un dossier très important, là,
pour qu'on puisse évoluer dans le bon sens, là, au niveau du partage des
renseignements et tout ça, puis j'étais curieuse de savoir où est-ce qu'on en
était dans le déploiement.
On est sur votre tableau de bord, là, en
ce moment, puis il y aurait huit projets code rouge qui requièrent la mise en
place de mesures importantes... Je pense que, M. le ministre, vous avez huit
projets, oui, que… qui nécessitent votre intervention.
M. Caire : …si… si un voyant
arrive au rouge, ça ne veut pas dire que le ministre intervient tout de suite.
Il y a toujours, au niveau du dirigeant de l'information, le devoir de procéder
à des mesures correctrices. Si... Bon, là, on parle de...
Une voix : …
M.
Caire
: ...au
niveau des… au niveau des coûts, là, c'est... le dirigeant de l'information va
proposer des mesures de redressement. Si… c'est… au cas où ces mesures-là ne
donnent pas les résultats escomptés, là, le dirigeant principal de
l'information va s'en mêler. Mais on n'est pas à cette étape-là encore, on est
encore à l'étape où les dirigeants de l'information doivent redresser ces
projets-là.
Mme Setlakwe : Très bien. Je
me rapporte encore au fascicule 5. Vous êtes… votre ministère va… a fêté,
hein, son premier anniversaire, première année d'activité se caractérise par
l'évolution du cadre de gouvernance, consolidation des façons de faire,
réalisation d'une série d'initiatives visant à promouvoir l'excellence dans le
domaine des ressources informationnelles. Un peu plus loin, on parle de… d'un
cadre de gestion des bénéfices comme étant un outil indispensable pour… pour
être capables de mesurer les initiatives et les projets et être capables de
voir quels bénéfices ont été dégagés.
M. Caire : Ah! bien, vous me
permettrez de féliciter Mme Munger, qui est à l'origine de ce cadre-là. En
fait, ce qu'on fait… puis on a travaillé avec… avec Pr Caron, de l'ENAP… ce
qu'on souhaite, c'est justement qu'on puisse calculer les bénéfices, bénéfices
financiers, mais aussi au niveau de l'accroissement de la performance, la
diminution des erreurs, la diminution des temps de prestation de services, donc
différents types de bénéfices. Et, à partir de ce printemps, le cadre des
bénéfices... chaque projet informatique, pour être qualifié, pour être
automatisé... autorisé, pardon… «automatisé», excusez-moi, quel lapsus… pour être
autorisé, doit répondre aux exigences du cadre de bénéfices, parce que, souvent,
on nous vendait des projets informatiques avec des... c'était, évidemment, la
huitième merveille du monde, sauf qu'une fois déployé c'était plus mitigé. Donc
là, on veut installer… et nous avons installé... et c'est… c'est Mme la
sous-ministre Munger qui a le devoir sacré de s'assurer de cette
application-là, mais de faire en sorte... Et, une fois le projet déployé, on
fait un suivi sur cinq ans pour s'assurer que les bénéfices qui ont été
planifiés sont livrés.
Mme Setlakwe : …est comme en
construction, là?
M. Caire : Non, non, non,
c'est en application.
Mme Setlakwe : C'est en
application?
M. Caire : Le cadre a été
autorisé en 2022. Au printemps 2022, il a été annoncé. Les ministères et
organismes avaient un an pour en prendre connaissance puis se gouverner en
conséquence. Mais, à partir de... on est... de mars, février, mars…
Une voix : ...
M. Caire : 1er avril...
1er avril, quelle belle date… le cadre est entré en vigueur. Donc, à
partir de là, tous les projets informatiques qui seront soumis devront
s'astreindre aux différentes mesures qui sont prescrites par le cadre de
gestion des bénéfices.
Mme Setlakwe : Excellent.
Donc, je dois... j'ai bien compris que tous les projets doivent être... s'y
soumettent, doivent… doivent être suivis en vertu de ce cadre-là?
M. Caire : Oui, absolument.
Mme Setlakwe : Là, il va être
rendu... il est public?
M. Caire : Le cadre de
gestion des bénéfices?
M. Rodrigue (Pierre E.) : ...
M. Caire : Oui, oui, c'est
dans la Gazette officielle, que M. Rodrigue me dit.
Mme Setlakwe : Parfait, merci.
En lisant toujours le fascicule, dans la section des actifs informationnels, je
voyais que l'état de santé des actifs ne semblait pas si élevé. On parle de 3.5
sur 5. Donc, ça, ça... ça veut dire satisfaisant à bon?
M. Caire : Ça, oui, ça veut
dire satisfaisant à bon. Il faut comprendre que c'est une moyenne, donc on a
des actifs qui sont très modernes, on a des actifs qui ne sont très pas
modernes. Mais, en moyenne, je vous dirais que l'état de nos actifs est bon.
Maintenant, il y a des secteurs sur lesquels il faut continuer <d'intervenir…
M. Caire :
...je
vous dirais que l'état de nos actifs est bon. Maintenant, il y a des secteurs
sur lesquels il faut continuer >d'intervenir pour s'assurer de maintenir
et d'augmenter cette moyenne-là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Simard) : Alors,
je cède maintenant la parole à la députée de Fabre, qui dispose de 13 min 10 s.
Mme Abou-Khalil : Merci, M.
le Président. J'en profite d'ailleurs pour saluer mes collègues, assis en avant
ou en arrière, tout le monde dans la salle. C'est ma première fois à faire
l'étude de crédits, comme tout le monde... comme mon collègue ici. J'oeuvre
dans le domaine de la technologie de l'information depuis environ 25 ans, et
cinq ans en cybersécurité, alors, oups! là, vous devinez mon âge, hein, 25 et
cinq. Alors, j'ai complété, d'ailleurs, comme mon collègue le député de Maurice-Richard, plusieurs mandats dans… que ce soient
Desjardins, BNC, etc., ça fait qu'on a les connaissances techniques puis on se
sent à l'aise avec ces sujets-là. Je suis très contente d'occuper le rôle
d'adjointe parlementaire au ministre de la Cybersécurité et au Numérique.
D'ailleurs, j'aime beaucoup travailler à ses côtés. J'aimerais remercier,
d'ailleurs, le premier ministre, aussi, pour sa confiance.
Alors, pour commencer mes… nos
discussions, M. le ministre, comme vous le savez, on est en train de subir pas
mal d'attaques, que ce soit DoS, que ce soit DDoS, et le dernier qui a frappé Hydro-Québec,
et nous savons que ces attaques-là vont en augmentant. Alors, la fréquence
monte, et le volume, à une vitesse assez alarmante. Et les… et les chiffres
font peur. On subit, à peu près 39… à toutes les 39 secondes, une attaque.
Alors, peu importe le but de ces attaques-là, que ce soit politique, que ce
soit pour l'argent, ou une vengeance, ou passer un message, ne serait-ce... ça
met le serveur dans un dilemme quelconque, ou bien, en arrêt quelconque. Alors,
sur un aspect global, comment assurons-nous notre défense nationale contre les
cyberattaques sur nos infrastructures critiques, notamment contre la Chine et
la Russie?
M. Caire : Bien, en fait, on
a mis en place une politique de cybersécurité en 2020, et je… vous me
permettrez de revenir… parce que ça explique la situation actuelle. On est
passés d'une situation où chaque ministère et organisme devait assurer la
sécurité de ses systèmes d'information totalement indépendant des autres,
indépendamment des autres, dans une reddition de comptes qui se faisait du
terrain vers le sous-ministre, et donc on s'isolait, ce qui est une pratique
désastreuse, et avec, je vous dirais… je vais faire attention à ce que je dis,
quand même, là, mais, disons, une préoccupation qui était de son époque, je
vais le dire comme ça.
• (17 h 50) •
Quand je suis arrivé, la première chose
que j'ai... alors, après la politique de cybersécurité, c'est que j'ai... il
faut travailler en réseau, il faut travailler en collaboration, il faut mettre
en place, autour du gouvernement du Québec et de ses… de ses organismes, un
périmètre de défense. Donc, on a créé le Centre gouvernemental de cyberdéfense,
parce que ça prend, évidemment, une entité centrale pour coordonner l'action de
tout le monde. Il faut changer cette culture-là du silo, de dire : Mon
Dieu, une cyberattaque n'est pas une maladie honteuse. Si elle réussit, ce
n'est pas honteux, ça arrive, il faut en parler, il faut… il faut travailler en
équipe pour repousser cette attaque-là et en mitiger les effets. On a déployé
ce qu'on appelle les centres opérationnels de cyberdéfense. Donc, chaque
ministère et organisme, et aussi organismes… sociétés d'État, et… bon, se dote
d'une intelligence en cyberdéfense, et tout ça est mis en réseau avec un
vaisseau amiral, qui est le Centre gouvernemental de cyberdéfense.
On a, évidemment, mis en place toute une...
des règles d'affaires, je dirais, là, bon, des procédures standards. Donc,
comment on réagit aux cyberattaques, comment on fait circuler l'information,
comment on fait monter l'information, à quel niveau, comment on réagit? Donc,
il fallait avoir toute cette espèce d'intelligence là de réaction, qui fait en
sorte que, quand on est… quand on subit une attaque, le temps de réaction est
diminué de beaucoup, parce que tout le monde sait ce qu'il a à faire, et les
rôles sont clairement identifiés au sein de toutes les organisations. Mon
sous-ministre se plaît à dire que j'ai mis en place une organisation
paramilitaire, mais je pense, effectivement, que c'est un peu ce qu'il faut
faire.
Maintenant, avec la loi n° 95, on a
renforcé cette idée-là par la création du <poste…
M. Caire :
...un peu ce qu'il faut faire.
Maintenant, avec la loi
n° 95, on a renforcé cette idée-là par la création du >poste
de Chef gouvernemental de la sécurité de l'information. Donc, aujourd'hui, il y
a Mme Girard, qui est la sous-ministre adjointe à la sécurité de
l'information et à la cyberdéfense, pour amener ces considérations-là au plus
haut niveau, avec un sous-ministre, aussi, qui est maintenant capable
d'interagir avec ses collègues. Donc, le ministère a donné un volume
supplémentaire à notre capacité d'agir et à intégrer cette... cette notion-là
que le réseau gouvernemental nous rend plus forts.
Donc, après ça, bien, ça prenait des
moyens financiers, évidemment, donc on est allé chercher… il y a un premier 100 millions.
Je remercie d'ailleurs le ministre des Finances. Dans le dernier budget, il y a
des sommes additionnelles qui nous ont été octroyées pour qu'on puisse
continuer le déploiement du réseau. Parallèlement à ça, il fallait aussi
travailler sur nos infrastructures, donc on a mis en place un plan, ce qu'on
appelle le plan des 15 mesures. C'est les 15 mesures minimums
auxquelles doivent s'astreindre les ministères et organismes pour assurer la
sécurité de leurs systèmes d'information, pour s'assurer, bon, évidemment, de
ne pas travailler avec des systèmes qui sont désuets ou qui présentent des
vulnérabilités.
On a mis en place la plateforme de
signalement des vulnérabilités, parce qu'on s'est... on s'est rendu compte… Puis
il y a eu cet événement-là, qu'on a tous en tête, où un hacker éthique a trouvé
une vulnérabilité dans un système du gouvernement, mais a dit : Je ne sais
pas comment faire pour le signaler au gouvernement. On s'est dit : Bien,
qu'à cela ne tienne. On a mis en place ce... cette plateforme-là, avec une
obligation, pour les ministères et organismes, dépendamment du niveau de
criticité de la vulnérabilité qui était... qui était découverte, d'agir
rapidement, très rapidement ou en urgence. Je vous donne un exemple, la fameuse
vulnérabilité de Log4Shell, qui est arrivée au... c'était décembre 2021?
Une voix : 2021.
M. Caire : Décembre 2021, où
le gouvernement du Québec, compte tenu du niveau de criticité, a dit :
Bien, on ferme tous les systèmes du gouvernement, parce qu'on ne peut pas
prendre de risques par rapport à ça. Donc, ça, c'est des protocoles, c'est
parce qu'on a mis ces protocoles-là en place. Dans... dans une ancienne vie, le
gouvernement a... bon, chaque ministère et organisme se serait fait une
réunion, un comité, une réflexion, aurait dit : Qu'est-ce qu'on fait avec
ça? Chacun aurait eu autant de réactions qu'il y a d'organisations. Là, on a
été... on a été capables de travailler en organisation, comme... avec un tout,
avec une cohérence, coordonnée par le DPI et par la sous-ministre adjointe à la
sécurité de l'information. Donc, c'est autant de mesures qu'on met en place qui
renforcent notre capacité à se défendre.
Maintenant, pour se projeter dans
l'avenir, Mme la députée, on est à travailler à un plan national de
cybersécurité, parce que, maintenant, avec le ministère, on a une mission
régalienne sur le territoire de l'État, donc il faut considérer la sécurité non
seulement pour l'administration ou le gouvernement, mais aussi pour la société
civile, et ça, ça veut dire de réfléchir à ça. Je sais que vous êtes bien au
fait de cette situation-là. On veut mettre en place aussi d'autres... prendre
d'autres organisations ou d'autres... bien, pas structures, je n'aime pas... je
n'aime pas le mot, mais d'autres... d'autres gestes pour augmenter la capacité,
la connaissance et l'expertise de nos gens à l'interne, et donc, bon, on peut aller
chercher des certifications, aller chercher une capacité opérationnelle par la
pratique. Donc, on réfléchit à des choses qu'on veut mettre en place. Nous
aurons des annonces à faire. Éventuellement, peut-être aussi au niveau des...
du pouvoir législatif, peut-être qu'il y aura d'autres... d'autres mesures à
mettre en place. Donc, tout ça va... fait partie de nos réflexions à venir.
Mme Abou-Khalil : Merci. Ma
deuxième question ira plus sur comment assurons-nous le développement local de
nos entreprises en cybersécurité ainsi que leurs forces réelles d'autonomie.
Parce qu'on sait que trouver des gens techniques et les retenir, c'est un
challenge, parlez-moi de... pardonnez-moi l'expression anglaise, c'est vraiment
dur à trouver quelqu'un qui a les connaissances et de le garder avant qu'il
aille offrir un poste ailleurs pour être mieux payé ou autres. Alors, comment
est-ce qu'on va pouvoir recruter ces gens-là et les inciter à rester?
M. Caire : Oui, bien, c'est
une excellente question. En fait, ce qu'on fait, c'est qu'on va chercher aussi
à former des gens à l'interne. Donc, les gens qui sont à l'interne, par
définition, ont un intérêt à poursuivre une carrière au sein de notre
organisation. Donc, on veut mettre l'emphase sur la formation des <ressources…
M. Caire :
...à poursuivre
une carrière au sein de notre organisation. Donc, on veut mettre l'emphase sur
la formation des >ressources qui sont déjà commises à l'interne.
Je vous parlais de l'Académie de
transformation numérique. C'est une… une façon de donner une formation sans
dire aux gens : Bien, écoutez, vous devez retourner faire un bac au
complet ou un DEC. Donc, l'Université Laval, avec l'Académie de transformation
numérique, a mis en place cette organisation-là, qui est capable d'avoir la
souplesse de quelqu'un qui a déjà une formation, qui est déjà au travail puis
qui veut aller chercher cette formation-là sans retourner sur les bancs d'école
faire des cours de français, philo, éducation physique pour aller chercher un
DEC, ou qu'il ait un bac donc, puis un parcours qui est vraiment adapté aux
besoins de la ressource dans sa progression de carrière. Ça, c'est le premier
volet.
Le deuxième volet, c'est les stages.
Beaucoup… on a augmenté de façon très significative les stages qu'on offre à
l'interne pour justement, que ces diplômés-là puissent venir chez nous vivre
l'expérience du travail à l'interne, au sein du gouvernement du Québec, et voir
à quel point les défis qu'on leur offre sont d'envergure puis qu'il y a peu ou
pas d'autres organisations au Québec qui ont je dirais, les défis d'un même
niveau. On parle du gouvernement du Québec, de la plus grosse banque
d'information au Québec, on parle du plus grand nombre de systèmes
d'information à protéger. On pense à une pluralité de missions névralgiques que
le gouvernement du Québec a à donner à sa population.
Donc, les défis sont de taille, les
besoins sont en conséquence, et on veut mettre, comme je vous disais... bon, on
est en train de réfléchir à ça… d'autres… d'autres organismes ou d'autres...
une autre organisation en place pour s'assurer de leur montée en compétence, un
mot qui est extrêmement cher à mon sous-ministre, donc, et qu'ils… et qu'ils
puissent aller se chercher des qualifications qui seront reconnues. Puis, bon,
évidemment, il y aura... évidemment, sur le plan financier, on est en
discussion pour s'assurer que, sur le plan financier, on est quand même
capables d'offrir des conditions salariales, des conditions normatives qui sont
de nature à les retenir.
Mais, je tiens à le souligner, puis Mme la
députée de Mont-Royal—Outremontle
disait, il faut aussi parler des bonnes nouvelles. Cette année, le ministère de
la Cybersécurité, par rapport à l'entreprise privée, a un solde migratoire
positif. Donc, pour la première fois, il y a plus de gens du privé qui sont venus
travailler au gouvernement du Québec qu'il y a de gens du gouvernement du
Québec qui sont allés travailler au privé. Donc, ça, je pense que ça… ça dénote
que les mesures qu'on met en place donnent quand même des résultats positifs.
Mme Abou-Khalil : Parfait, merci.
M. le Président, il me reste combien de temps encore?
Le Président (M. Simard) : 45 secondes.
Mme Abou-Khalil : 45, bien,
je n'ai pas le temps de demander... poser ma question. 45 secondes, ce
n'est pas grand temps. Ça fait que je remercie tout le monde. Merci, M. le
Président, M. le ministre, toute l'équipe, pour… de m'avoir écouté et subir mes
questions.
M. Caire : Bien, je vais en
profiter, M. le Président...
Mme Abou-Khalil : Ah! bien,
allez-y.
M. Caire : ...pour remercier
infiniment le travail colossal qui a été fait par les équipes qui m'entourent.
C'est des heures et des heures de travail pour s'assurer d'avoir l'ensemble des
informations, donc je les remercie infiniment. C'est un travail colossal, et
c'est un travail bien fait, encore une fois. Merci beaucoup, tout le monde.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : S'il
vous plaît, à l'ordre! À l'ordre! Mme la députée, un mot?
Mme Setlakwe : Non, non,
j'allais simplement remercier, moi aussi, mon équipe.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Setlakwe : Merci à tous.
Des voix : …
Le Président (M. Simard) : S'il
vous plaît! Bien. Puisque cette période d'échange est terminée, nous allons
maintenant procéder à la mise aux voix. Donc, conséquemment, le
programme 1, intitulé Direction et administration, est-il adopté?
• (18 heures) •
Des voix : Adopté.
Mme Setlakwe : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division. Le programme 2, intitulé Gestion des ressources
informationnelles spécifiques, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Mme Setlakwe : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille
Cybersécurité et Numérique pour l'exercice financier 2023-2024 est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Mme Setlakwe : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division. Donc, en terminant, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition. Et, chers collègues, à nouveau, merci pour
votre précieuse collaboration.
Et, compte tenu de l'heure, nous allons
ajourner nos travaux et nous nous retrouverons mardi prochain. Au revoir.
(Fin de la séance à 18 h 01)