Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Wednesday, May 3, 2023
-
Vol. 47 N° 23
Étude des crédits budgétaires du ministère des Finances, volet Finances - Société des alcools du Québec
Étude des crédits budgétaires du ministère des Finances, volet Finances - Société québécoise du cannabis
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
-
-
Simard, Jean-François
-
Beauchemin, Frédéric
-
Girard, Eric
-
Bouazzi, Haroun
-
-
Bouazzi, Haroun
-
Simard, Jean-François
-
Beauchemin, Frédéric
-
Girard, Eric
-
Bérubé, Pascal
-
Allaire, Simon
-
-
Simard, Jean-François
-
Rizqy, Marwah
-
Girard, Eric
-
Bouazzi, Haroun
-
-
Bouazzi, Haroun
-
Girard, Eric
-
Simard, Jean-François
-
Beauchemin, Frédéric
11 h (version révisée)
(Onze heures dix-neuf minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, à l'ordre! Bonjour à toutes et à tous. Nous avons quorum et
nous sommes en mesure de pouvoir reprendre nos travaux.
Comme vous le savez, nous sommes aujourd'hui
réunis afin de procéder à l'étude du volet Société des alcools du Québec des crédits
budgétaires du portefeuille Finances pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de 45 minutes a été allouée, bien sûr, à ces crédits.
Mme la secrétaire, y aurait-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Reid
(Beauharnois).
Société des alcools du Québec
Discussion générale
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, bienvenue à notre nouveau collègue. Donc, nous allons procéder,
comme nous le faisons toujours, par blocs d'échange. Cette fois-ci, ils seront,
bien sûr, plus courts. Et nous débutons par le député de Marguerite-Bourgeoys,
qui dispose de 8 min 56 s.
• (11 h 20) •
M. Beauchemin : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci à tous. Merci d'être présente avec nous aujourd'hui.
Bien, écoutez, on parle d'actualité, on a vu qu'il y avait un article, dans les
journaux, qui est sorti hier, en fait, comme quoi qu'à l'intérieur de la CAQ il
semble y avoir des membres qui sont motivés à l'idée de privatiser la Société
des alcools. Ça vient, ça part. En 2018, durant la campagne électorale, il y
avait eu effectivement cette mouvance-là, à l'intérieur du mouvement de la CAQ,
de faire en sorte que la Société des <alcools soit...
M. Beauchemin :
...l'intérieur
du mouvement de la CAQ, de faire en sorte que la Société des >alcools
soit privatisée.
On avait fait, à l'époque, au Parti
libéral, une étude qui avait amené plusieurs scénarios pour parler de modernisation,
un peu, potentielle, et une étude d'analyse de voir comment viable c'était. Il
y avait cinq scénarios, là, les grands scénarios qui ont été illustrés. Il y
avait une privatisation partielle de la Société des alcools, activités de
détail et de distribution; essaimage d'une partie de la SAQ et l'entrée d'un ou
plusieurs compétiteurs; ouverture de lignes de produits exclusives à la SAQ et
aux détaillants autorisés, par exemple, des épiceries; optimisation du réseau
de succursales; optimisation du réseau de distribution.
Donc, il y a eu plein de choses qui se
sont passées avant l'élection de 2018, et puis là, bien, force de constater,
là, qu'il n'y a pas eu grand-chose qui a été fait durant les cinq années de la
CAQ sur le dossier du modèle d'affaires de la Société des alcools. Est-ce que
le ministre peut nous parler un petit peu des intentions qu'il a face au modèle
de la Société des alcools?
Le Président (M. Simard) : ...ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
bonjour à tout le monde. Toujours un plaisir de participer à l'étude des
crédits. Et, bien, c'est très sain que, dans des partis politiques, il y ait
des débats dans les congrès. Après tout, on est une démocratie, puis là je ne
veux pas parler comme un économiste, là, mais une démocratie libérale, et puis
les gens ont le droit de s'exprimer puis d'avoir des opinions.
Nous sommes au gouvernement. Le premier
ministre, en 2018, a été très clair, et je vais être très clair aussi
aujourd'hui, nous n'avons pas l'intention de s'attaquer ou de modifier le
monopole de la SAQ qui amène 1,4 milliard de dividendes. Ça va jusqu'à 2,2 milliards,
si on compte les taxes, et puis on pourrait aller jusqu'à 2,6 milliards,
si on compte les taxes fédérales. Et puis ça, M. le Président, ça fait quoi? Ça
paie des hôpitaux puis des écoles et puis ça permet au gouvernement d'assumer
ses missions de l'État.
Et je vous remercie d'avoir mentionné
l'étude qui faisait référence aux améliorations au niveau de la logistique des
opérations de détail puis le taux de rotation des inventaires. Tout ça, ça fait
partie de l'efficience du modèle. Alors, ce qu'on veut... Il n'y a pas de
hausse de consommation d'alcool. Au Québec, ce qu'on veut, c'est que les
revenus augmentent doucement avec l'inflation puis que les coûts diminuent. Puis
l'efficience opérationnelle fait que le dividende augmente, plus d'écoles, plus
d'hôpitaux.
M. Beauchemin : D'accord,
donc... Mais en termes, justement, de ce qui s'est passé pour faire une
amélioration du modèle de la Société des alcools, est-ce que... Je sais, là, il
y a eu la carte Inspire, là, mais est-ce qu'il y a eu quelque chose d'autre, à
part la carte Inspire, dans les cinq années, sous le gouvernement de la CAQ?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
pense que votre question est un peu tendancieuse, là. Je ne vous en veux pas.
On a ici une excellente PDG qui termine son mandat en juin, alors je pense
qu'elle pourrait nous expliquer comment elle a amélioré l'efficacité
opérationnelle de la SAQ durant les cinq dernières années, s'il y a
consentement.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Je
crois comprendre qu'il y a consentement. Donc, Mme Dagenais, vous êtes bien
connue du grand public, néanmoins, auriez-vous l'amabilité, s'il vous plaît, et
peut-être pour une dernière fois dans votre carrière, de vous présenter?
Mme Dagenais (Catherine) : Oui.
Alors, Catherine Dagenais, PDG de la SAQ. Merci de m'accueillir ici
aujourd'hui.
En fait, bien, je suis très fière, là, ça
adonne que, mon mandat... ça fait cinq ans cette année, et, dans les cinq
dernières années, on a amélioré, effectivement, l'efficience de la SAQ
puisqu'on est partis d'un coût de... chaque bouteille vendue, en fait... chaque
dollar vendu nous coûtait... 0,166 $ — pardon, je parle par
cœur, je ne sais pas pourquoi — et cette année on a terminé l'année à
0,152 $, alors on a diminué les dépenses par vente, pour chaque dollar
vendu. Évidemment, on a donc travaillé sur la performance... les dépenses de la
SAQ, qui ont crû moins vite que les revenus de la SAQ.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : D'accord.
Écoutez, l'évolution de la demande, si je comprends bien, elle n'existe pas. Il
n'y a pas eu une côte, un peu, durant la pandémie, puis, par la suite, ça s'est
<rétabli? Est-ce que...
M. Beauchemin :
...pandémie,
puis par la suite ça s'est >rétabli? Est-ce que vous pouvez nous parler
un petit peu de ce phénomène?
Mme Dagenais (Catherine) : Oui,
certainement. Alors, pendant la pandémie, ce qui s'est passé, c'est qu'il y a
eu un mouvement. En fait, le consommateur a consommé différemment. Les
restaurants étant fermés... la SAQ vend aux restaurants, comme vous le savez
certainement, alors on n'a pas vendu, malheureusement, aux restaurants, mais
les consommateurs ont acheté dans les succursales SAQ et dans les épiceries, ce
qui fait que la progression des ventes, quand on liste les ventes sur cinq
années, est à peu près... est égale, là. Il n'y a pas eu de consommation ou de
vente exceptionnelle liée à la pandémie, mais bien un déplacement de ces
ventes-là.
M. Beauchemin : Ça fait que
vous avez parlé, là, qu'il y a eu une baisse, là, des frais variables à l'unité
de la bouteille qui est passée de 16,2 % à 15,2 %. Bien, ça
s'expliquait comment? Quelle est... les mesures mises en place pour en arriver
là?
Mme Dagenais (Catherine) : Bien,
en fait, ça, c'est une saine gestion de toutes nos opérations, c'est comment on
gère nos magasins, nos entrepôts, c'est la gestion de nos contrats. La
négociation serrée qu'on fait avec tous les contrats qu'on a... nous ont permis
justement de... d'assurer une meilleure performance. La productivité a été un
des éléments, là, qui a été marqué durant ces cinq années-là.
M. Girard (Groulx) : Comme il
n'y a pas de hausse de la consommation, par habitant, d'alcool, on est condamnés
à être efficient et productif pour augmenter doucement le dividende dans le
respect de notre responsabilité sociale, parce qu'on ne veut pas faire la
promotion de la consommation.
M. Beauchemin : Peut-être...
Oui.
Mme Dagenais (Catherine) : J'aimerais
ajouter, parce que je... Tout en... En fait, cette... je dirais, de faire
attention à nos dépenses, de faire attention d'avoir... d'être efficace peut
parfois laisser croire que le service à la clientèle n'est pas important. Et on
a fait tout ça tout en maintenant un haut taux de satisfaction de la clientèle,
ce qui me rend d'autant plus fière, parce que c'est un résultat, là, qui vient
de tout ce que les employés ont fait les cinq dernières années.
M. Beauchemin : Est-ce que
vous avez déjà considéré ou est-ce que ce serait à considérer... Évidemment,
avec la carte Inspire, là, vous avez plein de data sur la clientèle, le
consommateur. Est-ce que vous allez considérer vendre ce data ou essayer de
faire optimiser le data, d'essayer de trouver une valeur ajoutée à ce data?
Mme Dagenais (Catherine) : En
fait, le data qu'on vend ou qu'on rend accessible à nos partenaires, il n'est
pas un data personnel. C'est-à-dire, évidemment, on suit les règles de... sur
la loi des informations personnelles, mais oui, il est possible pour nous de
vendre du data pour avoir une meilleure offre pour la clientèle.
M. Beauchemin : Puis combien
ça représente...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Beauchemin : Puis combien
ça représente en valeur pour, disons, l'année passée?
Mme Dagenais (Catherine) : Je
n'ai pas les montants ici avec moi, malheureusement.
M. Girard (Groulx) : ...
Mme Dagenais (Catherine) : C'est
très marginal, effectivement.
M. Beauchemin : ...déjà la
fin de mon...
Le Président (M. Simard) : Malheureusement,
oui. Ils sont plus courts cette fois-ci, étant donné qu'on dispose de moins de
temps.
M. Beauchemin : On va revenir
tantôt.
Le Président (M. Simard) : Bien
oui. Alors, en bonne compagnie, le temps passe rapidement. Je cède maintenant
la parole au député de Maurice-Richard qui, quant à lui, dispose de 4 min 28 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Toujours un plaisir de participer à cet exercice démocratique
important. Étant donné le temps qui m'est imparti, évidemment, je vais essayer
d'aller vite.
D'abord, permettez-moi de commencer par
une déclaration d'amour à cette société qu'est la SAQ. On entend effectivement,
depuis plusieurs années, des gens qui voudraient ou privatiser ou libéraliser
le marché. Il y a eu d'autres expériences au Canada, comme en Alberta, depuis
1993, si je ne me trompe pas, ou en Colombie-Britannique, où c'était plus
l'addition de sociétés privées qu'ils ont rajoutées à la société d'État. Quels
que soient les cas qu'on peut analyser, les conclusions sont assez claires :
une société d'État, c'est des meilleures offres, c'est des meilleurs prix et
des meilleurs conseils. Et donc nous sommes bien heureux de ce système.
• (11 h 30) •
Maintenant, ayant dit cela, je vais
aborder, donc, deux sujets, le premier dans ma première tranche et puis le
deuxième dans les autres quatre minutes qui me seront imparties. Le premier
consiste à parler de la question de la prévention. Il y a toute une controverse
sur les capacités d'Éduc'alcool de bien faire la job concernant la prévention.
Ma première question, c'est : Quel budget est-ce que la SAQ met et quelles
sont les politiques que vous voulez mettre en place, peut-être, pour améliorer
l'aspect prévention, éducation à la consommation d'alcool?
Mme Dagenais (Catherine) : Bien,
je peux y aller?
M. Girard (Groulx) : Bien sûr.
Mme Dagenais (Catherine) : Parfait,
merci. Alors, bien, effectivement, la <raison d'être...
>
11 h 30 (version révisée)
< Mme Dagenais (Catherine) :
Parfait,
merci. Alors, bien, effectivement, la >raison d'être de la SAQ, pourquoi
la SAQ est venue au monde en 1921, c'est pour justement s'assurer de faire des
ventes responsables. Et ça fait donc partie de notre ADN et de notre mission,
encore, 102 ans plus tard. C'est sûr qu'on est très sensibles face à la
vente, bien, en fait, de ces... d'un produit qui n'est pas un produit comme les
autres. Et, chez nous, en fait, notre rôle est de s'assurer qu'on fait,
justement, des ventes responsables, qu'on offre aussi...
M. Bouazzi : OK. Mais, par
rapport à Éduc'alcool, juste... Je vais peut-être diviser ma question parce qu'elle
était trop large. Est-ce que vous pensez que le mandat d'Éduc'alcool suffit à
la mission, ou vous pensez qu'il faudrait en faire plus, étant donné le manque
peut-être de prévention ou l'insuffisance de prévention qui entoure cette
institution-là?
Mme Dagenais (Catherine) : Bien,
en fait, pour nous, Éduc'alcool, en fait, c'est un organisme qui est indépendant
puis qui a un rôle de formation, d'éducation sur la consommation d'alcool. Ils ont
été créés il y a 30 ans, là, par la SAQ et les membres de l'industrie pour
s'assurer, justement, que l'éducation se faisait correctement. Et on est...
M. Bouazzi : Donc, est-ce que
vous voudriez... Je comprends bien. Je connais l'histoire, effectivement, d'Éduc'alcool.
Est-ce que vous vous... Quelles choses qu'Éduc'alcool ferait moins bien que
vous voudriez faire de plus? Est-ce qu'il y a quelque chose que vous voudriez
faire de plus dans la prévention ou est-ce que vous considérez que la job d'Éduc'alcool
se suffit, qu'elle... Comment est-ce que vous voyez les choses?
Mme Dagenais (Catherine) : Bien,
en fait, le rôle d'Éduc'alcool est très clair pour nous, pour moi. Ceci étant
dit, le rôle de la SAQ, c'est de faire des ventes responsables. On a une
éthique de vente qui est très claire. Donc, évidemment, à chaque année, c'est
de revenir là-dessus avec nos employés, donner de la formation, s'assurer qu'on
ne vend pas aux mineurs, par exemple, ou aux clients manifestement en état d'ébriété.
Et évidemment, on va continuer à garder cette sensibilité-là puis aussi à
offrir des produits complémentaires faibles en alcool, par exemple.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
pensez, par exemple, que les rabais que vous offrez pourraient être peut-être
revus pour améliorer la question de la consommation et l'éducation à l'alcool?
Le Président (M. Simard) : En
15 secondes.
Mme Dagenais (Catherine) : Les
rabais qu'on offre à la clientèle sur un an représentent 2 % de tout ce
qui est offert à la clientèle.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. Je cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys,
qui dispose à nouveau de 8 min 56 s.
M. Beauchemin : Bon, étant
donné que le temps passe très rapidement, je vais passer à mon deuxième sujet.
Si j'ai le temps, je reviendrai pour finir ce qu'on disait dans le premier
bloc.
Microbrasseurs, microdistilleurs,
restaurateurs, tous semblent être du même avis, le mécanisme de timbres est
laborieux, archaïque, d'une autre époque. Énormément de coûts pour ces trois
groupes de PME, les microbrasseurs particulièrement, les restaurateurs aussi, et
évidemment, je vais le nommer, troisième, les distilleries aussi. Donc, tout le
monde en arrache, tout le monde trouve ça difficile, trouve ça laborieux.
Moi, je fais juste penser à un scan ultra
simple qui pourrait être un système beaucoup plus efficace, qui serait beaucoup
plus... qui permettrait, justement, jusqu'à l'utilisation par des machines dans
les succursales de la SAQ pour scanner les bouteilles plus rapidement. Ce n'est
pas un légume qu'il faut savoir exactement c'est quoi, le code, c'est vraiment
juste un scan. Ce serait extrêmement efficace.
Pour vous, là, à la Société des alcools,
la gestion du timbre, vous voyez ça comment?
Mme Dagenais (Catherine) : Bien,
très bonne question, la gestion du... la gestion du timbre. En fait, le timbre
est là pour, en fait... pour respecter, en fait, le commerce, comment le
commerce de l'alcool est fait, là, dans ces institutions-là. Ça fait des...
depuis très, très longtemps, je n'ai pas la date, mais que le timbre existe.
Est-ce qu'il y a un moyen plus efficace? Certainement. Il y a eu des comités de
travail qui se sont penchés avec le gouvernement, là, même depuis plusieurs
années, là, pas seulement... il y a 10 ans, il y a cinq ans, il y a six
ans, sept ans, et on n'est pas arrivés à la... à un mécanisme plus moderne pour
le faire. Mais c'est le seul moyen qu'on a de contrôler la vente d'alcool de
par les différentes <institutions...
Mme Dagenais (Catherine) :
...c'est
le seul moyen qu'on a de contrôler la vente d'alcool de par les différentes
>institutions.
M. Beauchemin : Mais il y a d'autres
législations vraiment tout proche de nous, l'Ontario, le Vermont, d'autres
places alentour, pour qui ce n'est pas le modèle utilisé, scannent un «bar
code» sur une bouteille, moderne, plus efficace. Tu veux absolument identifier
cette bouteille-là, clic, tu la vois. Celle-là maintenant va passer d'être
vendue dans une succursale de la SAQ à être vendue dans un restaurant. Tout ça
est lié à un système central pas si compliqué. Mais j'imagine que, bon, il doit
y avoir des coûts, il doit y avoir des chasses gardées qui vont être à brasser
un peu, et tout, là. Mais est-ce que, vous, vous avez une idée, en termes de
juste l'application du modèle du timbre, là, combien ça coûte à la Société des
alcools?
Mme Dagenais (Catherine) : Oui.
M. Beauchemin : Ça coûte
combien?
Mme Dagenais (Catherine) : Ça
coûte 2 millions par année.
M. Beauchemin : 2 millions
de dollars par année?
Mme Dagenais (Catherine) : Versus
faire un nouveau système informatique. Tu sais, il y a un cas d'affaires à
faire avec toutes les instances, là.
On me donne une petite note ici, là. Effectivement,
ce n'est pas... évidemment, ce n'est pas la SAQ qui fait le suivi de tout ça,
hein? C'est un outil pour les policiers, de justement... quand ils font leurs
enquêtes. Alors, on n'est pas seuls là-dedans, mais la... pour la SAQ, c'est un
coût de 2 millions, versus le faire autrement, qui coûterait un autre
montant que je ne connais pas.
M. Beauchemin : Donc, 2 millions.
Ça, c'est le papier collant en tant que tel, qui coûte deux millions de
dollars?
Mme Dagenais (Catherine) : Exact,
tout le processus.
M. Beauchemin : OK. Donc, la
main-d'oeuvre associée?
Mme Dagenais (Catherine) : Tout
le processus.
M. Beauchemin : Tout le
processus coûte 2 millions de dollars?
Mme Dagenais (Catherine) : Oui,
oui.
M. Beauchemin : Mais, en
termes d'efficacité au niveau des consommateurs, en termes d'efficacité au
niveau des producteurs, est-ce que ces coûts-là ont été intégrés dans vos calculs?
J'imagine que non. C'est ça?
Mme Dagenais (Catherine) : En
fait, ça ne change rien pour les consommateurs ni les producteurs. C'est une
tâche qui est effectuée à la SAQ. Puis, en fait, on suit les règles, on suit...
Il y a des lois là-dessus. On applique la loi, et ça ne change rien pour le
consommateur.
M. Beauchemin : Bien, vous
dites : Ça ne change rien pour le consommateur. Du point de vue du
consommateur, quand il voit le timbre en tant que tel, ce n'est pas un problème
pour lui, il va prendre la bouteille comme ça. Mais le distributeur... excusez,
le restaurateur, pour lui, il est obligé de payer un prix plus élevé pour le
timbre, de vendre dans un restaurant... Bien, en fait, la bouteille est plus
dispendieuse... la redevance à la Société des alcools est plus dispendieuse
pour vendre dans un restaurant. Est-ce que je me trompe là-dessus?
Mme Dagenais (Catherine) : Oui,
vous vous trompez là-dessus. Ça ne coûte pas plus cher au restaurateur, vendre
un produit qu'il a acheté à la SAQ. Ça ne coûte pas plus cher. Ça coûte même
moins cher que si un consommateur l'achetait.
M. Beauchemin : Mais le
restaurateur, s'il voit une bouteille dans la SAQ, il peut la prendre. Il doit
faire la demande pour faire changer le timbre pour, après ça, aller ensuite la
vendre dans son restaurant.
Mme Dagenais (Catherine) : Non.
Bien, il n'y a pas de timbre sur les bouteilles. En fait, le restaurateur
choisit ses bouteilles, et, à ce moment-là, il y a un timbre d'apposé pour ce
restaurateur-là. Alors, il n'y a pas de décollage, collage de timbres sur les
bouteilles. Ça se fait une fois, mais pour le client, le restaurateur qui en a
besoin, et cette tâche-là ne coûte pas plus cher au restaurateur. Mais il doit,
par obligation par la loi... Les produits qu'il rend disponibles dans son
restaurant doivent être timbrés, sinon, il est passible d'une amende. C'est la
loi.
M. Beauchemin : Mais... OK. Ça
fait que le restaurateur se fournit en bouteilles ou en importations privées
via la SAQ. La livraison se fait comme elle se fait. Mais, à l'extérieur de ce
réseau-là, si, par exemple, il arrive puis il voit, dans une SAQ, des
bouteilles que... Ah! tiens, ceux-là, j'aimerais ça les voir, personnellement,
l'individu, le restaurateur peut les acheter. Pour les vendre dans son
restaurant, il faut qu'il les fasse retimbrer?
Mme Dagenais (Catherine) : Il
n'y a pas de retimbrage, c'est-à-dire que le restaurateur qui va à la
succursale près de chez lui choisit les bouteilles, à la caisse... en fait,
présente son identification de restaurateur, souvent, il est connu par les
employés, on timbre ses bouteilles, puis il s'en va avec. C'est ça, le
processus.
M. Beauchemin : OK.
• (11 h 40) •
M. Girard (Groulx) : Puis
c'est un processus qui vise à lutter contre la contrebande. Et, bien que c'est
un sujet qu'on parle depuis longtemps, on n'a pas de meilleur processus pour
l'instant.
M. Beauchemin : Il y a-tu une
piste qui a été envisagée autre que ça? Aucunement ou... Vous avez regardé
sûrement d'autres <modèles...
M. Beauchemin :
Vous
avez regardé sûrement d'autres >modèles puis vous avez dit non, comme en
Ontario, par exemple?
M. Girard (Groulx) : Mais,
comme je vous dis, là, c'est qu'on peut... on peut regarder d'autres modèles, puis
ça a été regardé, d'autres modèles, mais c'est une chose de dire que le modèle
qu'on a, il n'est pas parfait, après ça, il faut trouver l'autre modèle. Là,
vous, vous semblez être un adepte du modèle ontarien, là. Moi, je n'ai pas
participé aux discussions, je ne sais pas s'il a été spécifiquement étudié,
mais je peux vous dire que le timbrage sert à prévenir la contrebande...
M. Beauchemin : Ça, c'est l'utilisation.
M. Girard (Groulx) : ...ou la
vente, je ne sais pas si «contrebande», c'est le terme assez large, là, mais
vente illégale de produits.
M. Beauchemin : Sur l'aide...
l'AMBQ demande une révision de la fiscalité, là, pour pouvoir être plus représentatif
de la grosseur de chaque microbrasserie. Vous avez probablement vu le mémoire,
là, de l'association qui mentionnait comme quoi que, bien là, actuellement,
c'est, grosso modo, là... je pense qu'il y a juste trois paliers. Ils
voudraient juste faire un... monter ça de façon plus graduelle, permettant aux
microbrasseries qu'on pourrait peut-être catégoriser un peu plus artisanales
d'être moins sujets à ce frais relativement élevé...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Beauchemin : Oh! pour...
Ça, c'est... 15 secondes seulement, c'est...
Le Président (M. Simard) : Eh
bien, là, il en reste cinq.
M. Beauchemin : Je ne peux
pas... Je vais poser la question au prochain bloc.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard
qui dispose de 4 min 28 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je n'avais pas prévu, mais sur les timbres, c'est quand même... ce
n'est pas... ça ne coûte pas de l'argent, mais ça coûte du temps à toutes
sortes de petites PME au Québec. Et je pense qu'il serait temps d'ouvrir le
dossier. J'en ai parlé avec le ministre de l'Économie, il était ouvert à y
réfléchir. Et je vous invite, M. Girard, de...
Une voix : ...
M. Bouazzi : Ah! M. le
ministre des Finances, d'y réfléchir aussi, si...
M. Girard (Groulx) : ...«moderniser»,
«rendre ça plus efficient en productivité», je suis content de voir que Québec
solidaire... adopte ces termes. Là, on parle le même langage.
M. Bouazzi : C'est une
critique facile, M. le ministre. J'ai passé 15 ans à moderniser et
optimiser des processus.
M. Girard (Groulx) : Mais
voilà! On va bénéficier de votre expertise.
M. Bouazzi : Et par ailleurs
aussi, les questions qui datent du temps de la prohibition, je pense qu'on peut
se poser la question à quel point elles sont utiles.
Avant de revenir sur la question de
l'offre de la SAQ, peut-être, Mme Dagenais, j'aurais une question. Comme
vous le savez peut-être, actuellement, il y a un certain nombre de vins qui
sont produits dans des territoires occupés par Israël, qui sont des territoires
qui sont non reconnus comme annexés légalement par le Canada entre autres,
évidemment, le Québec aussi, et qui sont étiquetés «faits en Israël». Il y a
plusieurs exemples, là. J'en ai un devant moi, là, c'est Tishbi Estate French
Riesling 2021, qui est dans plus d'une trentaine de succursales et fait dans
une colonie.
Est-ce que, d'abord, vous reconnaissez le
fait que le Canada ne reconnaît pas les territoires annexés comme étant des
territoires appartenant à Israël?
Mme Dagenais (Catherine) : Vous
me posez une question à laquelle je ne me suis pas préparée, alors je...
M. Girard (Groulx) : Votre
question, pratico-pratique, là... parce que...
M. Bouazzi : Pratico-pratique,
des bouteilles de vin qui viennent de vin... de raisins produits...
M. Girard (Groulx) : De territoires
occupés, qui seraient vendus à la SAQ sous le...
M. Bouazzi : ...de
territoires non reconnus devraient être retirées, un, sur les questions de
l'étiquetage, car c'est un étiquetage qui est frauduleux étant donné que ce
n'est pas fait en Israël. Ce n'est pas des territoires reconnus par le Canada
comme appartenant à l'État israélien. Et deux, aussi parce qu'évidemment on ne
veut pas se rendre complices. Ce serait dommage, ça n'a pas beaucoup d'intérêt,
il y en a juste une quinzaine, possiblement.
Et donc je vous invite à respecter et de
vous intéresser plus au droit international concernant ces écarts et de nous
permettre de n'avoir que du vin qui est fait en Israël qui soit étiqueté «fait
en Israël», et non pas du vin qui vient de territoires occupés, partiellement
ou complètement.
Mme Dagenais (Catherine) : Je
vais vérifier.
M. Bouazzi : Merci beaucoup.
Sur la question de l'offre, on a parlé de la prévention, il y a la question de
la <diversité de l'offre...
M. Bouazzi :
Merci
beaucoup. Sur la question de l'offre, on a parlé de la prévention, il y a la
question de la >diversité de l'offre. Évidemment, il y a eu des
nouvelles offres en ligne, qui est quelque chose qui a... la SAQ a beaucoup mis
en place. Est-ce que... Qu'est-ce que la SAQ pense faire pour pouvoir répondre
aux nouvelles formes d'intérêt qu'il peut y avoir sur le vin, des offres plus
nichées? On sait que la question du conseil est très importante et puis elle
joue un rôle important dans les services que vous offrez, mais comment faire
mieux pour s'adapter à ces nouvelles demandes du marché, en fait, simplement?
Mme Dagenais (Catherine) : Écoutez,
ça fait 102 ans que la SAQ existe. Si la SAQ ne s'était pas renouvelée et
n'avait pas offert des produits qui intéressent le client, ça fait longtemps
qu'elle n'existerait plus. En fait, année après année, notre offre se
renouvelle pour refléter les goûts de la clientèle et les nouvelles tendances. On
n'a qu'à penser aux vins orange, aux vins bios, aux vins faibles en... aux
produits faibles en alcool.
Le Président (M. Simard) : ...il
vous reste quelques secondes.
Mme Dagenais (Catherine) : Ah
bon! Alors... et on va continuer. En fait, on achète de 80 pays dans le
monde, alors évidemment qu'on parle à tous nos producteurs et on découvre des
nouvelles... des nouveaux producteurs également.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, en vous invitant toujours à vous adresser à la présidence, je cède
la parole au député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président, M. le ministre. Mme Dagenais.
Mme Dagenais, est-ce que vous vous engagez
à abolir la majoration perçue par la Société des alcools du Québec sur les
ventes effectuées sur les lieux de fabrication des produits de
microdistillerie?
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Réponse :
non. Et l'équilibre, dans le commerce de l'alcool au Québec, il est précaire.
On a un monopole et on a le statut d'artisan. Le statut d'artisan, qui permet
de vendre sans majoration, c'est un statut exceptionnel qui est disponible
lorsque vous travaillez de la terre à la bouteille. L'élargissement de ce
statut doit respecter l'esprit de ce statut exceptionnel.
M. Bérubé : M. le Président,
les collègues du ministre qui ont des distilleries sur leur territoire seront
heureux d'apprendre sa fermeture sur ce dossier. Personne ne va s'opposer à ce
que vous régliez cette question-là, qui est importante. C'est des entreprises
qui sont dans nos régions, qui contribuent à notre identité, au tourisme, à
notre économie. Ils demandent d'avoir des pratiques commerciales et
promotionnelles de la SAQ qui sont adaptées à leurs réalités. Et je comprends
qu'à cette demande, dont je me fais l'écho, vous dites non à ça?
M. Girard (Groulx) : Bien,
comme je vous dis, si c'est des artisans, c'est déjà possible. Le statut
d'artisan existe pour, je vais vous donner le chiffre exact...
M. Bérubé : Ah! je les ai,
les chiffres. C'est la volonté que je cherche.
M. Girard (Groulx) : Non,
mais il y a... il y a actuellement 33 permis d'artisan. Ça, ça permet de
vendre sans majoration. Maintenant, il y a également un processus légal qui est
en cours.
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Bérubé : Je soumets
humblement au ministre que son collègue de l'Économie s'est rendu dans une
microdistillerie de Québec, Stadaconé, en disant que cette question-là allait
être réglée. Et on y a cru, à cet engagement-là, comme dans d'autres. Alors, je
suis désolé d'apprendre ça, que cette revendication, elle est portée par
beaucoup de monde, personne ne s'y oppose, sauf le ministre. C'est ça?
M. Girard (Groulx) : Bien,
quand vous dites : La... parce qu'on a des obligations en vertu des
accords internationaux, hein?
M. Bérubé : Soutenir les
microdistilleries.
M. Girard (Groulx) : On doit respecter,
donner un traitement équitable à tous. Et, le statut d'artisan, c'est un statut
exceptionnel qu'on accorde déjà, et qui se qualifie peut bénéficier de ventes
sans majoration, notamment, sur place.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le député de Matane.
M. Bérubé : Je veux prendre
l'exemple de la Distillerie du St-Laurent dans la circonscription de Rimouski. Les
revendications sont très claires. Même chose, Distillerie Mitis, dans ma
circonscription. Ailleurs au Québec, les collègues de son caucus, je suis sûr
qu'ils ont fait des représentations. C'est possible de changer les règles pour
favoriser les distilleries.
Le Président (M. Simard) : ...secondes.
M. Bérubé : On remplace des
produits internationaux par des produits québécois. Nous, c'est le nationalisme
qui nous plaît dans le concret. J'aurais aimé que la CAQ en fasse autant. C'est
une amère déception.
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. le député de Matane-Matapédia. Je cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys
qui dispose de 8 min 56 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le Président.
L'Association des microbrasseries de... brasseurs du Québec demande une
révision de la fiscalité pour inclure une certaine progressivité en fonction de
la capacité de production des brasseurs. Actuellement, il y a trois paliers
seulement, puis ce que l'association demande, c'est une plus grande
progressivité pour pouvoir faire passer ça à huit paliers de taxation, ce qui
pourrait donc aider les plus petits joueurs à, tranquillement pas <vite...
M. Beauchemin :
...faire
passer ça à huit paliers de taxation, ce qui pourrait donc aider les plus
petits joueurs à, tranquillement pas >vite, faire leur place. Est-ce que
vous, M. le ministre, est-ce que vous êtes au courant de cette demande?
M. Girard (Groulx) : En fait,
la façon... Moi, je suis responsable de la SAQ, qui est une des sociétés d'État
sous ma responsabilité. La réglementation de l'alcool, c'est sous le ministre de
l'Économie. J'ai entendu parler de cette demande, oui. Je ne l'ai pas reçue
directement.
M. Beauchemin : OK. Est-ce
que le concept d'aider les plus petits brasseurs... Vous avez parlé d'un côté
artisan tantôt, là, mais ceux qui sont plus petits... plus grands que le côté
simplement artisan, eux font face au même niveau de tarification que, par
exemple, si on passe de 5 000 bouteilles à
75 000 bouteilles. Donc, pour ceux qui sont vraiment plus petits,
est-ce qu'il y aurait peut-être une ouverture de votre part à discuter avec le
ministre de l'Économie?
M. Girard (Groulx) : Toute
demande d'allègement doit... est étudiée dans le contexte du monopole, de
l'équilibre et des règles commerciales internationales. Alors, dans le
précédent mandat, cette question-là avait été étudiée, puis il n'y avait pas eu
de réponse favorable. Depuis, je n'ai pas été... ce dossier-là n'a pas été
étudié.
M. Beauchemin : Mais juste
pour que je comprenne, parce que je suis nouveau, moi, j'essaie de comprendre, Revenu
Québec, c'est sous votre responsabilité?
M. Girard (Groulx) : Exact.
M. Beauchemin : Les taxations
d'alcool, c'est donc sous Revenu Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien non.
La taxation de l'alcool, c'est la politique du gouvernement, le ministère des
Finances, et, le monopole du commerce de l'alcool, c'est exécuté par la Société
des alcools du Québec. Les règles...
M. Beauchemin : Bien, c'est
parce que tout à l'heure, vous m'aviez répondu...
M. Girard (Groulx) : Les
règles du commerce international, c'est sous le MEI et...
M. Beauchemin : Je comprends,
mais, tout à l'heure, vous aviez répondu que c'était sous la responsabilité du
ministre de l'Économie de...
M. Girard (Groulx) : Les règles
du commerce d'alcool sont sous la responsabilité du ministre de l'Économie.
M. Beauchemin : Au niveau de
la taxe spécifique sur la bière, par exemple, le...
M. Girard (Groulx) : Pardon?
M. Beauchemin : Au niveau de
la taxe spécifique sur la bière, comme j'ai mentionné, la fiscalité pour les
microbrasseurs, que vous faisiez 5 000 bouteilles ou 75 000 bouteilles,
vous êtes exactement au même tarif en termes de taxes.
M. Girard (Groulx) : ...il y
a déjà trois paliers. Vous l'avez dit, vous, vous voulez un quatrième palier.
M. Beauchemin : Oui. On veut
huit paliers. En fait, la recommandation de l'association des microbrasseurs,
c'est pour huit paliers. Est-ce que vous êtes ouvert à ça?
M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire
qu'il faudrait que je voie les impacts financiers. Ces questions-là sont
complexes, doivent être étudiées dans le contexte du monopole, de l'équilibre
du commerce de l'alcool au Québec, du respect des règles commerciales. Ça fait
que lorsque vous dites : Est-ce que vous êtes ouvert?, on est toujours
ouvert. Mais, si l'objectif, c'est de réduire les taxes, réduire les marges,
réduire... ça, on est moins ouvert.
M. Beauchemin : Bien, c'est
plus dans le contexte de vouloir aider des petites entreprises tout partout,
réparties à travers le Québec au grand complet, de les aider à avoir un essor
économique en essayant d'éliminer un petit peu cette taxation-là qui ne reflète
pas la capacité de production des plus petits dans l'industrie. Donc, c'est
juste dans ce contexte-là. Je vois que vous avez une ouverture quand même à la
proposition.
M. Girard (Groulx) : Bien,
encore une fois, il y a déjà une progression. Vous voulez plus de progression
ou vous vous faites le porte-parole de ceux qui veulent plus de progression.
M. Beauchemin : Bien, en
fait, moi, je suis ici pour aider l'ensemble des entreprises au Québec, l'ensemble
des citoyens québécois à avoir accès à une aide ou à une légèreté, si on peut dire,
au niveau de la réglementation du gouvernement de la CAQ. L'exemple qui est
donné ici, c'est un exemple qui est frappant. On parle d'un microbrasseur qui
fait 5 000 bouteilles versus 75 000 bouteilles. C'est le
même niveau de taxation, c'est la même barrière à l'entrée, si on peut dire. Et
donc il me semble que, pour aider, justement, les plus petits pour qu'un jour
ils deviennent plus grands, ce serait la chose à faire que d'aider.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, encore une fois, je tiens à vous dire que le commerce de l'alcool, c'est
un équilibre au Québec. On a la SAQ, le monopole, on a des règles, on a des
paliers progressifs. Vous voulez ajouter des paliers. Tout ça doit être discuté
en détail. Et puis je rappelle que la consommation n'augmente pas, et qu'on
encourage la consommation responsable.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Marguerite...
M. Beauchemin : Oui. Bien, M.
Président, c'est correct. Moi, ce que je vais faire pour vous aider, je vais
déposer ce document-là, qui a été fait... comme ça, vous pourrez prendre connaissance
des revendications.
Une autre chose que les microbrasseurs
demandent, c'est d'avoir accès à des marchés publics à travers le Québec. On
l'a déjà ouvert, ce marché-là, pour les artisans de vin, de cidre et d'autres
alcools, mais les producteurs de bière, eux, ne peuvent pas. Pourquoi?
M. Girard (Groulx) : Encore
une fois, la réglementation de l'alcool, responsabilité du MEI. <Pourquoi?...
M. Girard (Groulx) :
Encore
une fois, la réglementation de l'alcool, responsabilité du MEI. >Pourquoi?
Ce qu'on accorde au statut d'artisan, c'est un statut exceptionnel. OK? Je
répète qu'on a 33 permis d'artisan au Québec et puis qu'il vient des
privilèges avec ce statut-là. Et puis c'est sûr que ceux qui ne l'ont pas, ils
regardent ce statut-là puis ils le convoitent.
M. Beauchemin : Bien là, au
niveau de la taxation, je comprends que l'artisan, donc, il n'y a pas le... il
n'y a pas le palier.
M. Girard (Groulx) : Il n'y a
pas de majoration.
M. Beauchemin : Exactement, il
n'y a pas la majoration. Ici, ce n'est pas cet enjeu-là qui est demandé ou qui
est discuté. C'est simplement avoir accès au marché. Qu'ils soient compétiteurs
contre un artisan à côté, qui, lui, n'a pas la même majoration, j'imagine que
les microbrasseurs, eux autres, ce n'est pas là le point, là. Le point, c'est
l'accessibilité au marché.
M. Girard (Groulx) : Alors,
votre demande, spécifiquement...
M. Beauchemin : Bien, la
demande, c'est : Pourquoi les microbrasseurs, les producteurs de bière n'y
ont pas accès?
M. Girard (Groulx) : Accès
où?
M. Beauchemin : À des marchés
publics comme marchés en la campagne, Marché Atwater, marché n'importe quoi.
M. Girard (Groulx) : OK. Ça
fait que vous voulez avoir des microbrasseurs dans les marchés publics. C'est
votre suggestion? C'est votre recommandation de politique publique?
M. Beauchemin : C'est la
recommandation des microbrasseurs, d'une industrie.
M. Girard (Groulx) : Non,
non, mais les microbrasseurs ne font pas de politique publique, là. C'est un...
M. Beauchemin : Ils ne font
pas de politique publique, mais ils viennent... ils veulent avoir quelqu'un...
M. Girard (Groulx) : Vous, c'est
votre recommandation?
Le Président (M. Simard) : ...un
après l'autre. Ça va très bien... il reste du temps.
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que vous portez leur recommandation ou vous recommandez de faire ça?
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, M. le député.
M. Beauchemin : Bien, moi,
j'essaie de comprendre pourquoi vous êtes barré à l'idée.
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas dit que j'étais barré. J'ai dit que la réglementation de l'alcool était la
responsabilité du MEI.
M. Beauchemin : OK. Est-ce qu'il
y a moyen que vous puissiez, avec le pouvoir que vous avez, avoir cette
conversation-là avec eux pour voir s'il y aurait une ouverture de permettre
l'accès aux microbrasseurs dans les marchés publics?
M. Girard (Groulx) : Cette
conversation-là, elle doit déjà avoir eu lieu... doit se faire avec le
ministère de l'Économie.
M. Beauchemin : J'ai-tu
d'autre temps?
Le Président (M. Simard) : 1 min
20 s.
M. Beauchemin : On va
retourner au niveau de la SAQ. Madame, question pour vous, simple : Le
principe des caisses automatiques, comme on voit maintenant dans les grandes
chaînes d'épicerie, pourquoi ça ne peut pas être installé à la SAQ?
Mme Dagenais (Catherine) : On
n'a jamais dit que ça ne pouvait pas être installé dans les SAQ. Je ne sais pas
d'où ça vient, ce...
M. Beauchemin : OK. Bien,
est-ce qu'il y en a d'installées dans la SAQ?
Mme Dagenais (Catherine) : En
fait, dans la dernière année, on a tout... réinstallé nos caisses
enregistreuses, et ça fera partie, en fait, d'une prochaine itération des
caisses au moment opportun. On a beaucoup de projets technologiques, mais
effectivement, c'est quelque chose... ce n'est pas une orientation à laquelle
nous sommes fermés.
M. Beauchemin : OK. Il y
avait-tu d'autres options plus optimales que ça?
Le Président (M. Simard) : En
20 secondes.
M. Beauchemin : Pour le
client à la caisse, il y avait-tu d'autres façons plus optimales, selon vous,
que la caisse automatique?
Mme Dagenais (Catherine) : C'est
ça qu'il faut regarder avant de...
Le Président (M. Simard) : ...
• (12 heures) •
Mme Dagenais (Catherine) : Parce
qu'on vend un produit pas comme les autres, je l'ai dit tout à l'heure, alors
évidemment, si on fait ça, bien, quelles sont les considérations à avoir pour
la vente d'alcool.
M. Beauchemin : Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, sur ce, je cède la parole au député de Maskinongé, qui dispose d'environ
cinq minutes.
M. Allaire : Parfait. Merci,
M. le Président. Mme Dagenais, M. le ministre, c'est un plaisir d'avoir la
chance, là, de vous poser des questions aujourd'hui. En fait, je vais en avoir
une.
Je ne ferai pas lever la main à qui sont
les bons consommateurs de la SAQ aujourd'hui parce que je pense qu'on l'est à
peu près tous. On a vu l'évolution, au fil du temps, de la mise en marché de la
SAQ, l'expérience client, je vais l'appeler comme ça, qui est de plus en plus
intéressante avec plusieurs offres différentes. Dans cette offre qui a évolué
au fil du temps, les produits québécois, je pense qu'ils ont de plus en plus de
place. Il y a aussi de plus en plus de producteurs.
Si on se fie à ce que le député de Matane-Matapédia
a dit tantôt, c'est comme si on ne les aide pas, nos entreprises, on ne les
aide pas, nos transformateurs, puis ce qui est tout le contraire. Chez nous,
dans Maskinongé, j'ai la Distillerie Mariana. Et, grâce à la SAQ, qui a
définitivement joué un rôle important pour aider cette entreprise-là à créer un
certain levier dans sa création de richesse, là, pour le Québec... et c'est
comme ça pour plein d'autres entreprises.
Peut-être nous en dire davantage un peu
par rapport à votre vision. Je sais que vous allez quitter bientôt, mais quand
même, je sais que tout ça est sûrement déjà mis en place. Comment on peut
davantage faire de place à nos belles entreprises? Comment qu'on peut aussi les
aider et mieux les supporter dans <l'offre de services de la SAQ?...
>
12 h (version révisée)
(Reprise à 12 h 10)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, à nouveau, merci pour votre très grande ponctualité. Je
constate que nous avons quorum. Nous pouvons donc reprendre nos travaux.
Et, comme vous le savez, à ce stade-ci,
notre commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Société
québécoise du cannabis des crédits budgétaires du portefeuille Finances pour l'exercice
financier 2023‑2024. Une enveloppe de 45 minutes a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
Alors, Mme la secrétaire, auriez-vous des
remplacements à nous annoncer, s'il vous plaît?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Reid
(Beauharnois).
Société québécoise du cannabis
Discussion générale
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous allons procéder, comme on le fait toujours, donc, par blocs d'échange, et,
sans plus tarder, je cède la parole au député de... à la députée de Saint-Laurent.
Soyez la bienvenue, chère collègue.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
monsieur.
Le Président (M. Simard) : Et
vous disposez de 13 min 26 s.
Mme Rizqy : Ce qui est très
peu de temps, donc j'aurai des questions très <courtes...
Mme Rizqy :
Ce qui
est très peu de temps, donc j'aurai des questions très >courtes.
Première question... Bonjour, M. le ministre, ravie de vous revoir.
Ce matin, j'ai été surprise que votre
formation politique avait voté contre la motion présentée par le deuxième
groupe d'opposition... troisième groupe d'opposition, à savoir le gel des taux
d'intérêt. Vous connaissez l'adage : Qui ne paie pas de dettes s'enrichit.
Présentement, les étudiants du reste du Canada verront leur taux d'intérêt pour
leurs prêts étudiants à 0 % et ceux des Québécois, 7,2 %. Pouvez-vous
nous dire pourquoi vous avez voté contre?
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, je ne commenterai pas, là, pourquoi on a voté contre. Il y a eu des
discussions sur l'ensemble des motions... à laquelle je n'étais pas partie.
Puis, pour les motivations intrinsèques reliées à la motivation, peut-être
qu'il y avait des amendements qui ont été suggérés, qui n'ont pas été acceptés.
Ça fait que, sur la motion, je n'ai pas de commentaire outre que c'est la
ministre de l'Enseignement supérieur puis qu'il est fort possible qu'on ait
demandé des amendements qui n'ont pas été acceptés. Si vous voulez parler de
l'enjeu comme tel, ça me fera plaisir de répondre dans une question
subséquente.
Mme Rizqy : Alors,
effectivement, les amendements ont été acceptés. Et vous êtes ministre des
Finances. Moi, je veux savoir, pour vous, à titre de ministre des Finances,
croyez-vous qu'il serait souhaitable que les étudiants québécois bénéficient du
même taux d'intérêt que les autres étudiants canadiens, c'est-à-dire 0 %?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que l'éducation, c'est une responsabilité du gouvernement du
Québec, et qu'on administre notre propre programme de prêts et bourses, et il y
a... il y a toutes sortes de politiques et de discussions avec le milieu
étudiant. Alors, durant la pandémie, les intérêts étaient gelés jusqu'au
31 mars 2023 au Québec et au Canada. Le gouvernement fédéral a
annoncé son intention de poursuivre ce gel. Dans notre cas, ce qu'on a annoncé
au budget, c'est de bonifier les frais de subsistance, et c'était le choix de
la ministre de l'Enseignement supérieur dans le cadre de ses discussions avec
les mouvements étudiants. Alors, il est... C'est une responsabilité du Québec, et
puis on administre notre propre programme, mais on a ajouté des sommes
supplémentaires.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rizqy : Je vais vous lire
l'amendement qui a été accepté, l'amendement de la CAQ :
«Qu'elle rappelle que l'éducation est une
compétence exclusive du Québec et que les sommes annoncées par le gouvernement canadien
sur l'aide financière aux études dans son dernier budget doivent être
transférées au Québec, sans condition.» On a tous accepté cet amendement-là.
Maintenant, la question plus simple :
Êtes-vous à l'aise présentement à avoir des étudiants québécois qui paient
7,2 % d'intérêt, alors que les étudiants canadiens en paient zéro?
Êtes-vous à l'aise avec ça?
M. Girard (Groulx) : Mais,
encore une fois, l'ensemble du programme de prêts et bourses, les modalités qui
sont choisies au Québec, c'est la responsabilité du Québec. On n'a pas
l'obligation d'avoir une duplicité exacte avec le fédéral. Alors, il y a des
choix qui sont faits. Le choix qui a été fait au budget, de bonifier les frais
de subsistance...
Mme Rizqy : Alors, ça veut
dire que, pour les dizaines de milliers d'étudiants québécois, ils vont devoir
continuer à payer 7,2 % d'intérêt, alors que les autres étudiants du reste
du Canada paieront zéro. Vous êtes confortable avec ça, oui ou non?
M. Girard (Groulx) : Bien, il
y a plusieurs choses qui sont différentes entre le Québec puis le Canada...
Mme Rizqy : Non, juste pour
les intérêts.
M. Girard (Groulx) : Bien,
est-ce que je peux répondre à la question?
Le Président (M. Simard) : ...ça
va mieux. On va y aller un à la fois. Alors, pour l'instant, la parole est au
ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Merci, M. le Président. C'est parce qu'on ne me laisse pas parler.
Le Président (M. Simard) : Alors,
on vous écoute, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Alors,
il y a plusieurs choses qui sont différentes entre le système d'éducation
québécois et le Canada, notamment que les frais de scolarité sont beaucoup plus
bas au Québec, qui est un choix de société, mais on a aussi les bourses
Perspective pour encourager les étudiants dans les secteurs où on a des... une
pénurie de main-d'oeuvre.
Et là il y a un choix qui a été fait par
la ministre de l'Enseignement supérieur qui visait à bonifier les frais de
subsistance. Le gouvernement fédéral a annoncé un autre choix. Oui, il y a des
divergences. Le programme de prêts et bourses, c'est la responsabilité de la
ministre de l'Enseignement supérieur.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Bon, bien,
parfait. Donc, je n'ai pas eu la réponse, donc je peux constater qu'il est à
l'aise à laisser les Québécois étudiants à avoir 7,2 % d'intérêt, alors
que les autres étudiants canadiens sont à 0 %.
Je vais passer à ma deuxième partie de
question. On a déposé un projet de loi pour encadrer les taux d'intérêt
abusifs. Moi, je veux savoir, est-ce que le ministre de l'Éducation est
d'accord qu'effectivement il y a une loi qui est applicable en France... le
ministre des Finances, pardon. Le ministre des Finances, est-ce qu'il est à
l'aise? Parce qu'en France il y a une loi qui a été adoptée pour encadrer les
taux d'intérêt abusifs. Est-ce qu'il pense que le Québec pourrait emboîter le
pas à la France puis s'assurer que les taux d'intérêt abusifs, cartes de
crédit, marges de crédit, devraient être encadrés aussi au <Québec...
Mme Rizqy :
...marges
de crédit, devraient être encadrés aussi au >Québec?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, le
choix des projets de loi qui est étudié n'est évidemment pas la responsabilité
du ministre des Finances. Si un tel projet de loi est étudié et que je suis
concerné, bien, j'y participerai certainement.
La réglementation des institutions
financières au Canada, bien, il y en a une partie importante qui est au
fédéral. Et là vous parlez de taux d'intérêt abusifs. Je pense que c'est une
question, là, qui devrait être regardée plus large que simplement la
législation du Québec.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : Bien, vous êtes,
quand même, ministre des Finances puis vous devez avoir... Vous avez présenté
un bouclier économique. Puis moi, je suis venue pour vous aider, M. le
ministre, pour bonifier votre bouclier économique et je crois qu'une des bonnes
mesures c'est d'encadrer les taux d'intérêt abusifs. La France l'a fait. Et je
vous donne juste un petit exemple. Vous avez déjà été banquier. En ce moment,
nous, au Québec, les cartes de crédit, il y en a plein à 20 %, 24 %.
Pendant ce temps-là, en France, ça fait des années que c'est autour de
10 %. Alors, comment se fait-il que nous, au Québec, on est capables, dans
notre champ de compétence juridique, de le faire, mais on s'abstient de le
faire? Moi, je vous invite à prendre le projet de loi libéral puis de l'ajouter
dans votre bouclier économique pour aider les Québécois. Ça, c'est une façon
concrète de les aider en pleine période d'inflation. Est-ce que ça, vous êtes
d'accord avec moi?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je suis
d'accord pour étudier tous les projets de loi pour lesquels je serai concerné.
Vous avez déposé un projet de loi. S'il vient... Je pense que l'Office de la
protection du consommateur relève de la Justice. Si on veut... on réclame mon
expertise au moment où un tel projet de loi sera étudié, ça me fera plaisir d'y
participer.
Mme Rizqy : ...votre
expertise, parce que je sais que, d'un point de vue économique, vous avez une
expertise. Je me suis déjà entretenue avec le ministre de la Justice. Lui, il a
eu de l'ouverture. Est-ce que vous... J'imagine, vous avez pris connaissance de
mon projet de loi, parce que, sinon, ça me peinerait, mais j'imagine que vous
avez pris connaissance... À titre d'expert en économie, trouvez-vous que la
France a bien fait d'encadrer des taux d'intérêt abusifs?
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Alors,
M. le Président, je n'ai pas pris connaissance de son projet de loi, mais le
ministre de la Justice est leader, et là la députée me dit que le ministre de
la Justice a manifesté de l'intérêt pour son projet de loi. Alors, en temps et
lieu, s'il est étudié, il est appelé et qu'on requière mon expertise, ça me
fera plaisir d'y participer.
Le Président (M. Simard) :
...députée.
• (12 h 20) •
Mme Rizqy : Bien, je vous
invite à prendre le temps de lire les projets de loi, parce que moi, je fais
l'exercice pour l'ensemble des projets de loi du gouvernement et de tous mes
collègues, d'ailleurs, de lire les projets de loi, à titre de parlementaire. Ça
fait partie de mes nombreuses fonctions. C'est aussi de prendre connaissance
des projets de loi déposés ici, en Chambre.
Dernier volet. Je vous ai parlé, et vous
avez répondu à mon collègue sur ce dossier-là, la réponse m'a fait sourciller...
Vous vous rappelez, on a discuté sur les portes tournantes à Revenu Québec.
Donc, il y avait cet avocat qui travaille chez Revenu Québec, qui est allé au
privé, qui est retourné chez Revenu Québec, qui est retourné au privé, bref,
sans même de périodes qu'on appelle tampons. Je vous ai parlé de la politique
qui existe à Revenu Canada, qui est limitée dans le temps, dans l'espace, sur
le territoire et qui inclut aussi certains volets de fonction. La réponse m'a
fait sourciller parce que vous avez dit, ou on a expliqué à mon collègue, que
la nôtre était tellement bonne parce qu'elle était illimitée dans le temps.
Vous savez qu'en droit québécois une clause de non-concurrence ne peut pas être
illimitée dans le temps. Elle doit être, en fait, limitée dans le temps.
Alors, pouvez-vous, s'il vous plaît,
reconsidérer votre position, là, et me réaffirmer votre engagement clair à
revoir la politique de non-concurrence pour les employés de Revenu Québec, pour
s'assurer que, justement, ce ne soient pas des portes tournantes et que vous
allez aussi respecter les conditions. Puis, je vais vous les nommer, les
conditions qui émanent de la jurisprudence : être indispensable à la
protection des intérêts légitimes de l'entreprise — ici, c'est Revenu
Québec — être limitée dans le temps, être limitée dans l'espace,
tenir compte des spécificités de l'emploi du salarié, comporter une
contrepartie financière. Ce sont des conditions déjà établies.
Alors, moi, pourquoi ça m'a fait
sourciller, l'explication de dire que la nôtre était si bonne parce qu'elle
était illimitée dans le temps, bien, elle se ferait casser devant un tribunal.
Le Président (M. Simard) : ...M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : En fait,
c'est vraiment une excellente discussion pour l'étude des crédits d'hier,
lorsque nous avions la présidente... la PDG de Revenu Québec et toute son
équipe. Et puis on ne parle pas de règles de concurrence, on parle du code de
déontologie, là. Et ce qu'on a mentionné, c'est qu'après que... puis je
félicite la députée de Saint-Laurent, qui avait effectivement mentionné ça dans
le cadre de l'étude détaillée d'un autre projet de loi, on... Il y avait eu les
articles dans La Presse, puis il y avait eu la référence, la demande, et puis
cette question-là a été étudiée. Puis ce qui a été dit hier simplement, c'est
que les clauses de non-concurrence du fédéral étaient <limitées...
M. Girard (Groulx) :
...clauses
de non-concurrence du fédéral étaient >limitées à un an. Ce qui a été
dit, c'est qu'on regarde ce qui se fait au fédéral, on regarde continuellement
pour améliorer nos processus, et que le... la direction de Revenu Québec travaillait
avec le conseil d'administration Québec pour s'assurer que les règles du code
de déontologie respectent l'esprit de ce que vous voulez, Mme la députée de Saint-Laurent.
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci. Je suis
contente de vous l'entendre dire, M. le ministre, sincèrement, parce que
l'objectif de pourquoi je vous ai envoyé le libellé de ce qui existe comme
clause de non-concurrence dans le code de déontologie des fonctionnaires de
l'État fédéral respecte quand même les critères établis déjà par la
jurisprudence, et c'est pour ça que ça a fait sourciller, hier, la réponse...
Puis, pardonnez-moi, j'étais dans les crédits d'éducation, et vous connaissez
toute l'affection que j'ai pour mes crédits d'éducation. Alors, je ne pouvais
pas me séparer...
M. Girard (Groulx) : ...très
bon.
Mme Rizqy : Et, malgré que
ChatGPT puis l'intelligence artificielle... je n'ai pas encore trouvé le moyen
de me cloner, M. le Président. Alors, moi, je vous invite sincèrement...
J'aimerais ça qu'on le travaille ensemble. Je sais qu'il va y avoir le conseil
d'administration qui va se pencher, mais les cinq critères que j'ai nommés, ce
sont des conditions importantes à respecter pour s'assurer de la validité de
cette clause. Alors, je crois qu'on a toujours eu le même intérêt, tous les
deux, qu'on a partagé, ainsi que mon collègue. Est-ce que vous pouvez nous
confirmer que vous allez communiquer les cinq conditions de la jurisprudence
avant le dépôt, pour s'assurer qu'elle est valide d'un point de vue juridique?
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Mais,
encore une fois, ce que je tiens à dire, c'est que, lorsque cette question-là a
été soulevée en commission, on a évidemment comparé ce qui se fait au fédéral
et au Québec et qu'on n'a pas trouvé, dans ce qui se fait au fédéral, une
inspiration pour nécessairement améliorer notre code de déontologie, ce qui
n'empêche pas le désir d'améliorer notre code de déontologie. Et ça, c'est en
cours et ça se fait. C'est initié par la direction et ça se travaille avec le
conseil d'administration. Et puis on prend évidemment ces questions-là
extrêmement au sérieux, parce qu'il n'est pas question de travailler pour un
client chez Revenu Québec, de quitter Revenu Québec et d'aller représenter
cette même entité là dans le secteur privé.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. Girard (Groulx) : Mais on
veut, bien sûr, avoir des échanges d'expertise avec le secteur privé. Il va
continuer à avoir des employés qui viennent et qui partent de chez Revenu
Québec et du secteur privé.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Très
succinctement, parce que le temps file. Nous, on appelle ça des murailles de
Chine, ce qui est très important d'établir, parce que Revenu Québec, c'est le
gardien et le chien de garde de tous les contribuables. Et c'est pour ça qu'il
faut fermer la porte aux portes tournantes... mauvais jeu de mots de ma
part, mais bon.
Je vous invite tout simplement, et prenez
l'engagement, juste de communiquer les cinq conditions que je vous ai envoyées.
On a besoin de cette clause pour ne pas revivre exactement le même scénario
qu'on a eu avec cet avocat qui est vraiment passé d'un...
Le Président (M. Simard) : En
15 secondes.
Mme Rizqy : Bien, sinon, en 15 secondes,
permettez-moi de dire merci de m'avoir accueillie. Vous aurez un autre bloc.
Mais merci de m'avoir accueillie dans vos crédits puis merci aux équipes,
évidemment. Alors, je vais me taire ici, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Mais,
Mme la députée de Saint-Laurent, vous êtes toujours la bienvenue parmi nous. Le
seul reproche qu'on peut vous faire, c'est de ne pas venir assez souvent.
Mme Rizqy : Ah! d'accord.
Le Président (M. Simard) : Alors,
sur ce, je cède la parole au député de Maurice-Richard,
qui dispose de 8 min 58 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Toujours un plaisir, encore une fois, de participer à cet exercice
démocratique. Je vois le ministre des Finances partager cette joie de
participer à cet exercice. Merci, M. Farcy, entre autres, d'être ici parmi
nous.
Je vais, M. Farcy, parler peut-être
de coût de la vie et puis j'aurais une question pour vous. Est-ce que vous avez
une idée de combien coûte, en moyenne, un quatre et demie à Montréal, par
exemple?
Le Président (M. Simard) : ...
M. Bouazzi : Pas à l'achat. On
est juste au niveau de le louer, à ce stade-ci.
M. Girard (Groulx) : M. le
Président, je... peut-être que le député pourrait aller au fond de sa question
puis nous dire ce qu'il veut vraiment savoir.
M. Bouazzi : Je peux donner
la réponse et puis continuer.
M. Girard (Groulx) : Voilà, parce
que...
M. Bouazzi : Je n'ai pas de problème
avec ça. Avec grand plaisir, avec grand plaisir.
M. Girard (Groulx) : ...le PDG
de la SQDC, là, n'est pas ministre de l'Habitation.
M. Bouazzi : Mais il peut se
poser la question de qu'est-ce que ça coûte de vivre à Montréal, étant donné
qu'il est quand même en charge d'un certain nombre de salaires, on s'entend,
des travailleuses et travailleurs.
M. Girard (Groulx) : ...négociations
syndicales à la SQDC.
M. Bouazzi : Je veux parler
des revenus des gens qui travaillent dans une société d'État, et qu'elle, je
l'espère, a une responsabilité d'exemplarité.
M. Girard (Groulx) : Parfait.
M. Bouazzi : Donc, un
quatre et demi aujourd'hui, si, demain, quelqu'un cherche un quatre et demi, en
moyenne à <Montréal...
M. Bouazzi :
Donc,
un quatre et demi aujourd'hui, si, demain, quelqu'un cherche un quatre et demi,
en moyenne à >Montréal, c'est 1 958 $. On s'entend, pour plus,
c'est plus, plus d'argent pour un six et demi, quelqu'un qui a deux enfants et une
famille. D'un point de vue alimentation, pour un coût minimal d'une épicerie
équilibrée et conforme aux recommandations nutritionnelles pour une famille de
type de quatre personnes, on parle de 13 000 $, annuellement. Pour
une personne seule, on parle de 5 300 $, ce qui... grosso modo, juste
pour le loyer. Et ce qu'il faut à manger pour une personne seule, on est autour
de 28 000 $ de dépenses annuelles, s'il loue un quatre et demi demain
matin et qu'il va juste faire une épicerie saine et équilibrée. On ne parle pas
d'avoir un problème aux dents, étant donné les... les assurances qui sont
souvent mauvaises, y compris celles des députés, d'ailleurs, sur la question
des dents.
Question pour vous : Quelqu'un qui
commence au salaire minimal aujourd'hui à la SQDC, combien il lui reste juste
après avoir mangé et se loger? Est-ce que...
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : On
pourrait commencer par répondre par combien quelqu'un gagne lorsqu'il entre à
la SQDC et la progression qu'il a, M. Farcy, s'il y a un consentement pour
que vous preniez la parole.
Le Président (M. Simard) : Alors,
y a-t-il consentement? M. Farcy, auriez-vous d'abord l'amabilité de vous
présenter, s'il vous plaît?
M. Farcy (Jacques) : Oui.
Alors, bonjour. Je m'appelle Jacques Farcy, je suis le PDG de la SQDC. Je vous
remercie de m'accueillir.
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous vous écoutons, monsieur.
M. Farcy (Jacques) : Écoutez,
en fait, le salaire d'entrée à la SQDC aujourd'hui... Il faut voir qu'on a, je
dirais, trois types de succursales. On a des succursales dans lesquelles les
employés ont décidé de ne pas se faire représenter par un syndicat, on a des
succursales qui ont décidé de se...
M. Bouazzi : ...je
m'excuse. J'ai très peu de temps. Est-ce que vous pouvez donner les trois types
de salaires de départ? Ce n'est pas grave, ça...
M. Farcy (Jacques) : Alors,
effectivement, donc, le salaire dans les succursales, les presque trois quarts
de succursales où on a négocié, réglé les conventions collectives, le salaire
d'entrée aujourd'hui est à 19,39 $ de l'heure. Il reste
24 succursales qui sont aujourd'hui dans un mouvement de grève,
27 succursales représentées par une autre centrale dans laquelle nous
sommes en négociations, et ce sont les anciennes conditions qui s'appliquent,
le temps que nous réussissions à trouver un accord à la table.
M. Bouazzi : Et
théoriquement le maximum est à 22 $ de l'heure, de ce que je comprends?
M. Farcy (Jacques) : Oui,
l'échelle peut progresser. Aujourd'hui, la moyenne peut-être... parce
qu'évidemment on parle beaucoup du salaire d'entrée, la moyenne des heures dans
les succursales qui sont les plus anciennes dans notre réseau, donc quatre ans,
c'est 20 $, un peu plus... légèrement supérieur à 20 $ de l'heure.
M. Bouazzi : On est
d'accord pour dire que personne n'a le 22 $ pour l'instant parce que
personne n'a assez d'ancienneté?
M. Farcy (Jacques) : Exactement.
L'entreprise est relativement jeune encore.
M. Bouazzi : Très bien, très
bien. Donc, à 17 $ de l'heure, on parle... à 35 heures-semaine, on
parle à peu près de 31 000 $ avant impôt. On s'entend que c'est des
gens qui payent très peu d'impôts parce qu'ils ne gagnent pas assez d'argent.
Et, à 19 $ de l'heure, on parle de 34 500 $.
Le revenu viable, d'après les... l'IRIS à
Montréal, est de 32 000 $. Je rappelle que juste un quatre et demi
plus manger sainement, c'est 28 300 $. Encore une fois, on a intérêt
à ne pas avoir mal à une dent. Est-ce que vous pensez que c'est juste
suffisant?
Et pourquoi ne pas s'aligner sur d'autres
sociétés d'État qui permettent aux gens qui travaillent dans des sociétés
d'État d'avoir un revenu... Là, je ne parle même pas d'économiser pour espérer
peut-être acheter une maison. On est juste dans qu'est-ce qui est raisonnable
d'avoir pour pouvoir vivre dans une société d'État qui a quand même une
responsabilité d'exemplarité.
• (12 h 30) •
M. Farcy (Jacques) : Alors,
sans doute, tout le public est familier avec les logiques de négociation. Ce
n'est pas moi qui décide du salaire des employés, ça fait l'objet d'une
négociation. Donc, cette négociation-là est en cours. Évidemment, je ne me
permettrai pas de commenter la négociation, donc je vais laisser les gens à la
table progresser dans la négociation, et j'ai bon espoir d'arriver à un accord
qui satisfasse tout le monde.
M. Bouazzi : Je ne vous
demande pas de négocier, je vous demande de me dire combien est-ce que, pour
vous... Prenons, au hasard, vous... vous gagnez plus que 300 000 $
par an. On enlève les 30 000 $ de revenus viables, il en reste 270 000 $.
Est-ce que, pour vous, ça fait beaucoup? Est-ce que ça suffit pour vivre?
M. Farcy (Jacques) : ...mon
salaire ne me suffit pour vivre?
M. Bouazzi : Parce qu'il
n'y a pas de négociations... J'aimerais voir si est-ce que vous avez des avis
sur les revenus des gens quand il n'y a pas de négociations. Est-ce que vous
avez des revenus? Parce que moi, sans avoir à négocier quoi que ce soit, si on
me dit qu'il y a quelqu'un qui gagne 33 000 $ et que le salaire
viable est de 32 000 $, que donc il lui reste 1 000 $ à la
fin de l'année en dessus du salaire viable, pas besoin de savoir qu'il y a des
négociations, ce n'est pas beaucoup d'argent.
M. Farcy (Jacques) : En
fait, les conditions salariales sont connues par toutes nos équipes. Donc,
aujourd'hui, trois quarts de nos succursales fonctionnent, je vous le dis, avec
une négociation qui a amené le salaire d'entrée aujourd'hui à 19,39 $.
Donc, je constate que <trois quarts de nos équipes sont satisfaites de ce
mode de fonctionnement...
>
12 h 30 (version révisée)
< M. Farcy (Jacques) :
Donc,
je constate que >trois quarts de nos équipes sont satisfaits de ce mode
de fonctionnement. On a ouvert des succursales il y a très peu de temps. Vous
le savez, le parc s'est agrandi. On n'a eu aucun problème pour embaucher. Donc,
est-ce que ce sont des conditions qui satisfont les équipes qui travaillent
aujourd'hui à la SQDC? La réponse que je veux vous donner, c'est : C'est
des conditions qui fonctionnent très bien et qui nous permettent de mener notre
mission.
M. Bouazzi : Et il n'y a
aucun enjeu de recrutement?
M. Farcy (Jacques) : Aucun
enjeu de recrutement.
M. Bouazzi : Vous comprenez,
je vais quand même me permettre de rappeler que le fait qu'il n'y ait aucun
enjeu de recrutement n'est pas une bonne excuse de ne pas avoir une société d'État
qui paie correctement les gens. Je veux dire, aujourd'hui, à la SAQ, on
commence à 21 $ de l'heure. C'est le plus bas possible. Le maximum,
actuellement, que les gens ont à la SQDC, c'est le minimum que les gens ont à
la...
M. Girard (Groulx) : Vous
parlez de la SAQ, vous parlez d'une société d'État qui a 102 ans d'histoire.
La SQDC, c'est tout nouveau, et on a 1 200 employés, aucun enjeu de
recrutement. Il y a une négociation en cours, elle va se poursuivre. Nous
sommes convaincus que les parties vont s'entendre.
M. Bouazzi : Pourquoi ne pas
commencer à 15,25 $?
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que c'est votre suggestion?
M. Bouazzi : Non, mais l'idée
d'avoir un enjeu de recrutement... Aujourd'hui, on nous dit même que les
députés vont être augmentés de 30 % parce qu'il y aurait un enjeu de
recrutement pour les députés, pour avoir des gens compétents. Et on nous dit
que, pour la… pour la SQDC, sous prétexte qu'il n'y aurait pas d'enjeu de
recrutement, on trouverait normal qu'une société d'État commence les salaires à
17 $ ou à 19 $ de l'heure quand une autre société, qui existe depuis
plus longtemps, j'en conviens, mais je vais vous dire, c'est aussi un drôle d'argument,
commence à 21 $ de l'heure, qui est actuellement le maximum que les gens
ont à la SQDC.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Les
négociations sont de la responsabilité du Conseil du trésor. M. Farcy, est-ce
que vous voulez ajouter quelque chose?
M. Farcy (Jacques) : Je
voudrais juste ajouter que je crois beaucoup à l'exercice de la négociation et
à la représentation syndicale. Donc, je le redis, on met beaucoup d'énergie,
tout le monde à la table, notre... la partie patronale, mais également le
syndicat. On était, la semaine dernière, encore avec le conciliateur en chef du
Québec. On doit se revoir le 9 mai. Donc, je souhaite que cet exercice
puisse nous ramener un accord qui satisfasse tout le monde, et on ne ménage pas
notre énergie.
M. Bouazzi : C'est très bien.
Moi, je me rappelle que le premier...
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup.
M. Bouazzi : ...le premier
ministre du Québec expliquait que 50 000 $...
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue.
M. Bouazzi : ...en dessous de
50 000 $, ça augmentait le problème.
Le Président (M. Simard) : Merci,
cher collègue. Je cède maintenant la parole au député...
M. Girard (Groulx) : Mais, M.
le Président, il peut prendre de mon temps pour finir sa phrase.
Le Président (M. Simard) : Non,
non, non, écoutez...
M. Girard (Groulx) : Non?
Le Président (M. Simard) : Non.
S'il vous plaît, je vais présider, mais ça va bien.
M. Girard (Groulx) : Parfait.
Désolé.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, à vous la parole.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Les ventes au deuxième trimestre de 2023 ont atteint 139,1 millions de
dollars pour son deuxième trimestre, comparativement à 142 millions de
dollars durant le même trimestre à l'exercice précédent. Qu'est-ce qui est
arrivé avec ces ventes-là? On peut spéculer.
Ma question que j'ai... Puis peut-être, M.
le ministre, vous voulez passer la parole au président de la SQDC. J'essaie de
comprendre, il y avait des objectifs qui avaient été stipulés de votre part, je
crois, à savoir, essayer d'aller capturer un certain pourcentage du marché
illicite. Clairement, on n'a pas été capable d'atteindre ces chiffres-là. Si j'ai
bien compris, on est en bas de 60 %. On s'est donné un objectif au-dessus
de 66 %. Est-ce que vous êtes en mesure de nous expliquer un petit peu ce
qui se passe?
M. Girard (Groulx) : Je vais
amorcer la réponse et je... on va passer la parole à notre PDG, puisque nous,
on a souvent l'occasion d'échanger, mais c'est certain qu'on a atteint un
plateau de croissance. On a capturé quelque part entre 55 % et 60 %
du marché. Et là on a une... on a des lois strictes qui font qu'on ne vend...
on n'a pas de vapotage puis on n'a pas de comestible, et il y a une part de
marché qu'on ne peut pas capturer parce qu'on a fait des choix de ne pas offrir
ces produits-là.
Je passe la parole à M. Farcy, qui pourra
documenter les fluctuations trimestrielles et la tendance générale, bien sûr.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. Farcy.
M. Farcy (Jacques) : Merci,
M. le ministre. Alors, effectivement, pour la question qui est des ventes, on a
<tendance…
M. Farcy (Jacques) :
...M.
le ministre. Alors, effectivement, pour la question qui est des ventes, on a >tendance,
nous, à regarder le tonnage vendu, pas forcément les ventes en dollars, parce
que les ventes en dollars peuvent fluctuer en fonction du prix au gramme, et,
quand on parle de captation de marché, c'est évidemment le tonnage qui est
important.
Vous parliez d'un pourcentage de plus de
60 %, qui était le pourcentage auquel on espérait arriver à la fin de
notre premier plan stratégique. Ce pourcentage-là, il est évidemment calculé
sur un marché de référence, le marché total. On s'entend que ce marché total,
il inclut la part de l'activité illégale, la part des marchés noirs. Aucun
acteur du marché noir ne déclare ses volumes, donc, évidemment, c'est une
estimation, et cette estimation, il y a trois ans, on estimait le marché total
au Québec à 150 tonnes. En fait, c'est sur la base de cette estimation de
150 tonnes que le pourcentage a été calculé. Depuis, on a maintenant une
meilleure compréhension du marché, même s'il y a encore, évidemment, beaucoup
d'estimations. Et le marché était estimé, l'année dernière, à 187 tonnes,
aujourd'hui, 190. Donc, c'est ce qui explique, en fait, la différence en termes
de pourcentage, parce qu'évidemment c'est à peu près le même volume de vente,
mais rapporté sur 190 tonnes au lieu de 150. Donc, c'est là où le pourcentage
varie.
Maintenant, vous l'avez très bien dit, on
est à peu près à la moitié du chemin, et, M. le ministre l'a rappelé, on est à
peu près à la moitié du chemin. On a encore du travail à faire pour être
capables de dépasser la stabilité dans laquelle on arrive cette année.
M. Beauchemin : D'accord.
Juste pour que je comprenne bien... Moi, je parlais de dollars absolus, je ne
parlais pas de pourcentage, là, je parlais de dollars absolus pour ce qui est
de ce qui s'est passé au deuxième trimestre. En termes de kilogrammes, ça
représente, si je comprends bien ce qui est bien devant moi, là,
25 095 kilogrammes de cannabis comparativement à
25 857 kilogrammes, donc, de cannabis. Donc, il y a eu une baisse d'à
peu près quasiment 800 kilogrammes de cannabis. Il y a eu une majoration
des prix aussi, si je comprends bien. Donc, ce que vous me dites, finalement, c'est
que tout ça, c'est un petit peu parce qu'on est en train de perdre... on ne
répond pas exactement à la demande des clients, si on peut dire. Est-ce que
c'est ça?
M. Farcy (Jacques) : En fait,
ce que j'explique, c'est qu'on atteint un plateau. Donc, on ne perd pas, mais
on n'est plus dans une phase où on est capables de faire les croissances qu'on
a connues dans les premières années et qui ont été des croissances
exponentielles, évidemment. Donc, aujourd'hui, on est sur une phase où on
attend une forme de stabilité, un plateau de croissance. Et, si on veut être
capable d'aller plus loin, c'est-à-dire de continuer à convaincre les
consommateurs existants de venir à la SQDC plutôt que d'acheter sur les marchés
illégaux, il faut qu'on soit attentifs à trouver les manières de répondre aux
besoins des clients tout en ayant toujours notre mission en perspective, parce
qu'elle est absolument fondamentale, qui est de protéger la santé.
Donc, en ce sens, on a un commerce de
détail très différent des autres commerces de détail ou des autres sociétés
d'État. Notre mission à nous, c'est de capter des consommateurs déjà existants
et les convaincre de venir dans le canal légal sans stimuler la demande,
c'est-à-dire sans demander ou sans suggérer à des consommateurs qui se poseraient
la question de consommer du cannabis. Donc, c'est cet équilibre-là qu'il faut
trouver et c'est ce qui est devant nous, dans les prochaines années, avec,
notamment, le dépôt de notre prochain plan stratégique.
M. Beauchemin : Pouvez-vous
m'expliquer... Bon, vous avez parlé de comestible, et vapotage, et tout, là.
Pouvez-vous m'expliquer, selon vous, si, quand on parle ici, là, de marché
illicite, est-ce que, selon vous, tout le marché illicite est du vapotage et du
comestible?
M. Farcy (Jacques) : Non.
M. Beauchemin : Est-ce que,
donc, il y a du cannabis à l'ancienne, si on peut dire, qui se retrouve
là-dedans?
M. Farcy (Jacques) : Oui, oui,
tout à fait, du cannabis séché, tout à fait. L'essentiel du vapotage, l'essentiel
du marché illégal ne sont pas que des produits comestibles et des produits de
vapotage. C'est sûr qu'il y en a, mais il y a également, je dirais, dans la
deuxième moitié qu'il nous manque, des produits de cannabis séché plus
traditionnel ou plus historique, on va le dire comme ça.
M. Beauchemin : Si je résume
ça, là, il y a à peu près, grosso modo, un petit peu plus que 40 % du
marché total du cannabis, dans son ensemble, qui est illicite, c'est ça?
• (12 h 40) •
M. Farcy (Jacques) : Exactement,
45 %.
M. Beauchemin : Et, dans ce
40 %-là, il y a... C'est quoi, la répartition cannabis classique, si on
peut dire, et puis vapotage et aussi consommable? Et qu'est-ce que... Il y
aurait-tu autre chose que ce que je ne connais pas, là?
M. Farcy (Jacques) : Alors,
évidemment, comme je le disais, dans la partie qui ne nous est pas accessible
aujourd'hui, il n'y a pas de déclaration, il n'y a pas de statistiques, donc ça
m'est difficile de répondre précisément cette question-là. Néanmoins, on peut
regarder ce qui se passe dans d'autres provinces où, par exemple, le vapotage
existe. Le vapotage représente entre 15 % et 18 % des ventes de
cannabis légal dans les provinces qui ont choisi de vendre le vapotage.
M. Beauchemin : Ça
représenterait combien de ce 40 %-là, donc?
M. Farcy (Jacques) : Bien, ça
pourrait représenter...
M. Beauchemin : Le quart?
M. Farcy (Jacques) : Écoutez,
je n'ai pas fait les estimations à haut niveau, mais ça pourrait représenter
peut-être quelque chose comme une petite <moitié...
M. Farcy (Jacques) :
...quelque
chose comme une petite >moitié de ce 40 %.
M. Beauchemin : OK. Puis le
comestible?
M. Farcy (Jacques) : Alors,
les comestibles, en fait, on en parle beaucoup parce qu'il y a une demande
forte sur les produits, les jujubes, les chocolats, qui sont des produits très,
très attractifs. Mais ce ne sont pas des ventes, je dirais, qui sont
prioritaires en termes de tonnage ou en termes de dollars. Donc, ce sont des
ventes... Les clients qui veulent acheter ces produits-là y tiennent beaucoup,
mais ça n'est pas l'essentiel de la consommation. Je dirais, le gros
aujourd'hui de l'activité illégale, c'est du cannabis séché. C'est évidemment
le vapotage qui s'est considérablement développé. C'est ensuite des produits
plus transformés.
Et un point qui est également très
important, le Québec a choisi une règle qui est, je pense, une très bonne
règle, de limiter les taux de THC à 30 %. D'autres provinces n'ont pas
cette limite, et il y a donc des... ce qu'on appelle des produits d'extraits,
donc des produits, en fait, concentrés, qui vont bien au-delà des 30 % et
qui sont très actifs sur les marchés illégaux. Et la raison pour laquelle le
Québec a souhaité ne pas aller dans cette direction-là, c'est parce que ce sont
des produits qui peuvent être particulièrement nocifs sur la santé.
M. Beauchemin : Mais j'ai une
question pour vous, parce que, tu sais, l'eau trouve toujours son niveau, d'une
certaine façon. Avec, justement, tous ces trucs qui sont maintenant disponibles
sur l'Internet, on appelle ça le marché gris, si je comprends bien, parce que
ce n'est pas tout à fait le marché noir, peut être acheté en Ontario ou en
Colombie-Britannique et être livré au Québec. Qu'est-ce que... Comment je
pourrais dire, donc? Qu'est-ce que vous voyez, selon vous, qui serait une façon
de s'assurer que tout ça puisse être sous le contrôle de la SQDC?
M. Farcy (Jacques) : Alors,
vous me donnez l'opportunité de rappeler au grand public, merci pour cela,
qu'effectivement, de bonne foi, certains clients peuvent acheter sur certains
sites en ligne en pensant qu'ils achètent d'une source légale. Donc, je veux le
rappeler, si vous n'êtes pas dans le cannabis médical... évidemment, dans le
cannabis médical, c'est une autre situation. Mais si vous n'avez pas de
prescription médicale, si vous achetez au Québec d'un site Internet qui n'est
pas SQDC.ca, vous achetez d'une source illégale. Donc, ça, c'est important de
le redire parce que les marchés illégaux sont particulièrement créatifs et
prennent toute forme, toute apparence, y compris des apparences qui ressemblent
à des apparences de légalité.
Donc, on se doit, nous, de convaincre les
clients de venir à la SQDC, on se doit d'avoir la bonne offre. Et sur ces sites
illégaux, vous retrouvez effectivement des produits très différents, qui
peuvent être très attractifs, soit en termes de prix de vente, donc des prix au
gramme très bas, soit des produits très nichés. Ça peut être parfois des
produits très haut de gamme. Ça peut être des produits qui sont à forte teneur
en THC. Ça peut être des présentations de cannabis que nous, on s'est refusé de
vendre. Donc, les marchés illégaux reprennent un peu tout type de... je dirais,
de présentation. Donc, c'est très important pour les Québécois de comprendre
que, s'ils n'ont pas de prescription médicale, s'ils achètent ailleurs qu'à la
SQDC, ils achètent d'une source illégale.
M. Beauchemin : Ici, j'ai
deux questions par rapport à ça. Donc, est-ce que je peux conclure que ce
40 quelques pour cent, là, qui n'est pas, donc, dans le modèle SQDC, c'est
tout dans l'illégal, qui est donc fourni à travers un ensemble, que ce soit
l'Internet ou le marché noir dans le Québec, en tant que tel? Donc, c'est...
les gens vont se satisfaire dans ces véhicules-là. C'est ça que vous me dites?
M. Farcy (Jacques) : Oui. En
fait, l'estimation totale du marché pour calculer les pourcentages, comprend un
tout petit... enfin, comprend le marché médical, mais le marché médical au
Québec, en termes de tonnage, est relativement petit, quelques tonnes. Donc,
votre estimation est correcte de dire que l'écrasante majorité du 45 % qui
nous manque aujourd'hui, ce sont des ventes qui sont faites via des canaux
illégaux.
M. Girard (Groulx) : Mais il
y a deux choses, là, il y a des ventes illégales de ce qu'on vend puis il y a
des ventes de produits qu'on ne vend pas.
M. Beauchemin : D'accord.
Mais sur, par exemple, des entreprises qui sont basées en Colombie-Britannique
ou en Ontario, reconnues par les gouvernements... quand vous dites : C'est
illégal, c'est illégal aux yeux de la loi au Québec. Mais donc c'est...
quelqu'un pourrait aller, par exemple, en Ontario, acheter ces trucs-là, les
consommer là-bas, puis ça ne serait pas dans l'illégalité en Ontario de faire
ça. Est-ce que je comprends ça?
M. Farcy (Jacques) : Alors,
si le consommateur se déplace en personne pour aller acheter un produit légal
en Ontario et ramène ce produit physiquement lui-même au Québec.
M. Beauchemin : ...ou le
consomme là-bas.
M. Farcy (Jacques) : ...ou le
consomme là-bas, il n'est pas dans l'illégalité. Ce qui est illégal, c'est
d'acheter sur un site Internet basé ailleurs qu'au Québec et de se faire livrer
au Québec. Ça, c'est une source illégale. Et d'ailleurs, les acteurs légaux,
c'est le cas aussi pour la SQDC... si un client tente de passer une commande
sur SQDC.ca avec une adresse de livraison ailleurs qu'au Québec, on va informer
le client qu'on ne le livrera pas parce qu'on ne change pas de juridiction.
M. Beauchemin : Mais est-ce que
je me trompe en disant que le... ce 45 %-là est la résultante de
l'approche que la société, ou que le gouvernement a mandaté la <société...
M. Beauchemin :
...l'approche
que la société, ou que le gouvernement a mandaté la >société de vouloir limiter
les produits? Et donc c'est... fait en sorte que, finalement, bien, cette
demande-là ne peut pas être satisfaite à travers la SQDC, et donc les gens vont
à l'extérieur du Québec, au Canada, véritablement, là, pour pouvoir se
satisfaire. Est-ce qu'il y a une amélioration de votre modèle pour ouvrir,
disons, les autres parties?
M. Farcy (Jacques) : En fait,
ce n'est pas lié au modèle et donc le raccourci qui est de dire c'est le modèle
qui génère ce pourcentage n'est pas le bon. Il faut se rappeler que la SQDC a
juste quatre ans et demi d'existence et que, dans la création d'une nouvelle
entreprise dans une industrie toute nouvelle, il y a des étapes.
Donc, aujourd'hui, on est à une étape où
ce n'est plus le fait de créer des succursales qui va nous permettre de
continuer à capter du marché. On est dans une étape où maintenant qu'on a un
réseau existant de 98 succursales et d'un site Internet qui est très
fonctionnel, avec des systèmes de livraison variés, il faut qu'on passe à une
autre étape. Et l'autre étape, c'est de dire, dans ce circuit de distribution
qui est le nôtre... il faut qu'on se pose la question de voir comment on peut
mieux informer nos clients de ce que la SQDC fait. Donc, ce n'est pas le modèle,
c'est vraiment les étapes de croissance de l'organisation qui font qu'on en est
rendu là aujourd'hui et on a encore, dans le modèle existant, de la marge de
croissance pour les années qui viennent.
Le Président (M. Simard) : En
15 secondes.
M. Beauchemin : Je vois tout
de même que ça... il semble y avoir une réalisation que le modèle est dans le
même... Dans le monopole qui existe pour la SQDC, le modèle ne semble pas être
ouvert encore pour pouvoir ouvrir vers d'autres avenues en gardant la mission
de l'État.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : Je vais
prendre ça, mais c'est toujours l'équilibre...
Le Président (M. Simard) : Le
temps est révolu, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais vous me laissez une phrase peut-être, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Bien,
en cinq secondes, là, cher collègue.
M. Girard (Groulx) : C'est
toujours l'équilibre entre capturer les parts de marché et la responsabilité sociale
d'un enjeu de santé publique.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci beaucoup. Alors, le temps de la partie gouvernementale qui n'est
pas pris est jugé comme étant écoulé. Conséquemment, l'étude des crédits
budgétaires est terminée, et nous sommes maintenant prêts à procéder à la mise
aux voix.
Adoption des crédits
Alors, le programme 1... pardon,
intitulé Directions et administration est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division. Le programme 2, intitulé Activités en matière économique,
fiscale, budgétaire et financière, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division. Le programme 3, intitulé Contributions, frais de services
bancaires et provisions pour transférer des crédits, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division. Le programme 5, intitulé Services de la dette, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Finances pour l'exercice financier 2023-2024
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Simard) : Adopté
sur division. Tout est correct, Mme la secrétaire? Très bien.
Documents déposés
Alors, en terminant, je dépose les
réponses du gouvernement aux questions formulées par l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, j'ajourne nos
travaux sine die. Et, à nouveau, merci pour votre précieuse collaboration.
(Fin de la séance à 12 h 49)