Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, March 21, 2024
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Vol. 47 N° 34
Continuation of the debate on the Budget Speech
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Intervenants par tranches d'heure
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Simard, Jean-François
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Girard, Eric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Bouazzi, Haroun
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Bélanger, Gilles
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Girard, Eric
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Bouazzi, Haroun
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Simard, Jean-François
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Allaire, Simon
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Allaire, Simon
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Beauchemin, Frédéric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Bélanger, Gilles
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Simard, Jean-François
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Bouazzi, Haroun
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Girard, Eric
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Bélanger, Gilles
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Bélanger, Gilles
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Cadet, Madwa-Nika
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Montigny, Yves
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Girard, Eric
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Montigny, Yves
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante et une minutes)
Le Président (M. Simard) : ...chers
collègues, bienvenue à toutes et à tous. Très heureux de vous retrouver.
Comme vous le savez, la commission est aujourd'hui
réunie afin de poursuivre <le...
Le Président (M. Simard) :
...aujourd'hui
réunie afin de poursuivre >le débat sur le discours du budget
conformément à l'article 275 de nos règlements.
Mme la secrétaire, bonjour. Bienvenue. Y
aurait-il des remplacements ce matin?
La Secrétaire : Non, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Alors,
avant d'entreprendre nos travaux, je vous informe de la façon dont se déroulera
notre mandat. D'abord, pour ce débat d'une durée totale de 10 heures, la
répartition du temps de parole se fait de la manière suivante : cinq heures
pour le gouvernement, 3 h 45 min pour l'opposition officielle,
1 h 15 min pour le deuxième groupe d'opposition. Nous débuterons
par les remarques, bien sûr, préliminaires, qui seront faites par M. le
ministre. Une fois ces remarques préliminaires faites, notre collègue de Marguerite-Bourgeoys
pourra suivre, et nous terminerons par notre collègue de Maurice-Richard.
Ces interventions dureront 20 minutes au maximum.
Alors, M. le ministre, nous débutons
d'ores et déjà par nos remarques préliminaires. La parole vous appartient.
M. Girard (Groulx) : Oui,
merci, M. le Président. Et, malgré que ce soit mon sixième budget, la procédure
me... me surprend toujours un peu. Alors, les 20 minutes de remarques
préliminaires?
Le Président (M. Simard) : ...au
complet. Si vous ne les faites pas, le temps est reporté.
M. Girard (Groulx) : Reporté
et utilisé par les oppositions?
Le Président (M. Simard) : Bien,
utilisé par votre groupe parlementaire et... et ceux des oppositions.
M. Girard (Groulx) : OK. Et,
les remarques préliminaires, c'est dans le 10 heures ou c'est un bonus?
Le Président (M. Simard) : C'est
dans 10 heures. Non, ce n'est pas un bonus, malheureusement. Non, on n'est
pas familiers des bonus, ici.
M. Girard (Groulx) : OK.
Donc... Donc, vous me suggérez de faire 20 minutes de remarques
préliminaires.
Le Président (M. Simard) : C'est...
C'est à votre choix, mais vous avez un maximum de 20 minutes.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Alors, je me... je me lance, M. le Président. Et par... D'abord, j'aimerais
souligner la présence de plusieurs professionnels de haut calibre du ministère
des Finances qui sont avec nous, notamment, bien, notre sous-ministre, mais
aussi tous les sous-ministres associés, un membre de mon cabinet, M. Pelletier.
Je remercie les députés du gouvernement. Et ceux-ci sont influents, M. le
Président, et, dans le budget, il y avait des éléments qui reflètent
l'expertise de chacun de ces excellents députés.
Est-ce qu'il y a quelqu'un qui va me
donner comme un... un aperçu du temps, du 20 minutes ou vous êtes...
vous...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Parfait.
OK. Bien, faites-moi signe à 15 minutes.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Oui,
voilà, lorsqu'il me restera cinq minutes, finalement. Et je remercie les
députés de l'opposition, de leur équipe. Et je vois que la deuxième opposition
a changé d'analyste, alors je lui... je lui souhaite bienvenue, analyste ou
conseiller. C'est un plaisir de vous avoir avec nous. Et les débats de la Commission
des finances publiques sont toujours agréables. Merci au personnel de
l'Assemblée nationale.
Bon. Alors, je pense que, d'entrée de jeu,
ce que je pourrais faire, c'est répéter mon... un peu mon discours du huis clos,
qui était le... Comme vous le savez, il y a... il y a presque... Combien de
personnes qui participent au budget, au huis clos?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Il y
avait 800 personnes au huis clos et plusieurs journalistes. Alors, il y a...
il y a... le discours du budget, officiel, que... que vous voyez tous, parce
que nous... nous sommes des élus de l'Assemblée nationale, vous en voyez une
partie à la télévision, bien que la tradition, maintenant, les analystes
coupent le discours et embarquent, et, pour ceux qui aiment bien prendre les
choses à la légère, bien, vous avez aussi pu voir des éléments du discours du
budget à Infoman, qui... qui soulignait l'aspect solennel du discours du
budget, M. le Président. Puis je vois dans vos yeux que vous ne l'avez pas vu,
mais je... mais c'était drôle, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) :
OK. OK. Alors, c'était un budget
exigeant, responsable, dans un contexte économique extrêmement difficile.
L'objectif central du budget, c'est
l'amélioration de la qualité et de l'accessibilité des services publics en
santé et en éducation. Et, pourquoi je... je prends la peine de spécifier
qualité <et...
M. Girard (Groulx) :
...je
prends la peine de spécifier qualité >et accessibilité? Parce que c'est
certain qu'on a des soins exceptionnels en santé, puis que nos jeunes dans le
secteur de l'éducation sont... sont dévoués, et on a déjà des services de
qualité, mais l'accès, c'est une... une composante qui est importante en santé.
Et évidemment, en éducation, on fait des grandes choses, mais on a un enjeu qui
est extrêmement important, un enjeu de personnel, de... On manque de personnel.
Et, en fait, le gouvernement investit des
sommes pour améliorer les conditions de travail. Et ça, c'est très important,
on va en parler. Le gouvernement investit des sommes dans ses employés, bonifie
les conditions de travail des employés du secteur public afin de se doter
d'avancées significatives en organisation du travail. Et... Mais est-ce que
simplement les... ces... ces investissements-là vont être suffisants pour
améliorer les services en santé? La réponse, c'est non.
Le budget 2024‑2025 investit aussi
4,9 milliards sur cinq ans en santé et en éducation, et ça, ça suit des
investissements de l'ordre de 7,3 % les cinq années précédentes, évidemment,
ça inclut une pandémie, là, qui a... qui a poussé le niveau des dépenses,
6,6 % en éducation. Je rappelle que le PQI du Québec a augmenté de plus de
50 %, mais le PQI en éducation, lui, c'est plus de 100 %
d'augmentation.
On fait aussi des réformes au niveau de la
gouvernance avec la création de Santé Québec et de l'Institut national
d'excellence en éducation. On se dote de données probantes, parce que, vous
savez, les fameux tableaux de bord dont on parle en santé, on ne les a pas en
éducation. Et ça prend des données pour avoir des bonnes politiques puis faire
des bons choix, des bonnes... des bonnes analyses et des bonnes politiques, alors
on se dote d'outils pour avoir des données probantes. Et il y a également la
transformation numérique. Alors, c'est tout ça, notamment avec le dossier de
santé numérique... c'est tout ça qui va donner des meilleurs services publics.
La mesure dont je suis le plus fier au
budget, et je regarde mes deux collègues puis je pense qu'ils seraient
d'accord, c'était l'élimination, à compter du 1er janvier 2025, de la
réduction de la rente de retraite pour les aînés en situation d'invalidité de
plus de 65 ans. Nous en avions parlé, on en a discuté en Chambre, les...
les deux partis qui sont... sont présents ici avaient même amené des projets de
loi distincts sur cet aspect. Et je suis très content que nous en ayons discuté
et nous en soyons arrivés à cette mesure dans le budget. Je remercie aussi la
couverture journalistique de cette décision gouvernementale importante parce
que c'est un choix.
Le gouvernement investit aussi
3,9 milliards sur cinq ans pour les Québécois, les collectivités et
l'économie québécoise, notamment 483 millions pour l'accès au logement,
300 millions, ça, c'est en collaboration avec le fédéral, pour la rénovation
d'habitations à loyer modique, 286 millions pour les services de transport
de personnes à mobilité réduite, on parle souvent en transport dernièrement de
ce qui n'est pas fait, bien, peut-être qu'on pourrait souligner qu'il y avait
dans le budget 286 millions pour les services de transport en mobilité
réduite, 140 millions pour renforcer l'accompagnement judiciaire des
personnes vulnérables, notamment les tribunaux spécialisés en matière de
violence conjugale, 187 millions pour la culture et la langue française,
443 millions pour appuyer les secteurs stratégiques et économiques,
889 millions pour la prospérité des régions, 400 millions pour
l'intégration des immigrants. Au total, M. le Président, 8,8 milliards
d'initiatives dans ce budget 2024‑2025. Et, toutes proportions gardées,
étant donné la situation budgétaire, c'est un budget qui est 50 % plus
petit que les budgets que nous avons, en termes d'initiatives... que nous avons
eus depuis que nous sommes au pouvoir.
• (11 h 50) •
Le déficit 2024‑2025 est de
8,8 milliards. Au sens des comptes publics, ça correspond à 1,5 % du
PIB. Après contribution au Fonds des générations, on est à 11 milliards.
Et puis, là, je... je dois de vous expliquer pourquoi on <est...
M. Girard (Groulx) :
...je...
je dois de vous expliquer pourquoi on >est passés... ou on aura
l'occasion d'en discuter, mais il y a eu beaucoup de questions pourquoi nous
sommes passés de 3 milliards, à la mise à jour, à 11 milliards. Ça,
c'était la prévision pour 2024-2025. Et puis ça, c'est à la page G.19, M.
le Président. Et essentiellement, c'est que la mise à jour était basée sur les
données de la fin octobre. Or, les négociations dans le secteur public à la fin
octobre n'étaient pas du tout à l'endroit où elles se sont conclues à la fin
décembre. Alors, il y a une part importante de l'ajustement de 3 milliards
qui est un ajustement lié aux négociations de conventions collectives, il y a
le fait qu'on a remis une provision de 1,5 milliard dans le cadre
financier, il y a le fait qu'Hydro-Québec, suite à la sécheresse de l'été
dernier, a eu moins d'exportations, et les exportations étant la portion de la
production d'électricité qui est la plus profitable, bien, les ajustements aux
revenus des sociétés d'État sont extrêmement importants, et finalement, il y a
des initiatives dans le budget. Tout ça fait qu'on passe de 3 à 11, et c'est
expliqué à la page G.19.
Le gouvernement pose des gestes importants
pour améliorer l'efficience de ses interventions sur le plan du régime fiscal,
de la performance des sociétés d'État et de ses dépenses budgétaires. En fait,
il y a une approche graduelle pour le retour à l'équilibre budgétaire.
Il me reste combien de temps, M. le
Président?
Le Président (M. Simard) : ...10 minutes
tapant d'écoulées.
M. Girard (Groulx) : Merci,
M. le Président. Je voyais dans vos yeux qu'il se passait quelque chose. Alors,
c'était...
Le Président (M. Simard) : C'est
un moment symbolique.
M. Girard (Groulx) : ...c'était
le passage du 10 minutes.
Alors, il y a... il y a des gestes
immédiats puis il y a des gestes qui devront venir. Et les gestes immédiats
totalisent 2,9 milliards sur cinq ans. Et puis, donc, le
8,8 milliards dont je vous ai parlé tout à l'heure, il faut soustraire ce
2,9 milliards sur cinq ans, qui fait qu'au net, lorsqu'on regarde la
page A.5, le net du budget est de l'ordre de 5,9 milliards ou
6 milliards. Ça fait un budget qui respecte la capacité de payer des
Québécois.
Il y a, dans les gestes immédiats, la
révision des crédits d'impôt aux entreprises. En fait, ce qu'on modernise,
c'est des crédits d'impôt dans le secteur de la technologie qui étaient
fonction... On les modifie. Pourquoi? Parce que, lorsqu'ils ont été créés, le
taux de chômage était autour de 10 %. Aujourd'hui, il est inférieur à
5 %. Et d'ailleurs, lorsqu'on a fait une consultation publique avec les
experts des milieux académiques, on nous a dit : Vous devez revoir
systématiquement vos programmes, vos crédits d'impôt, les moderniser. Et donc,
ce qu'on a, c'est une baisse moyenne de ces crédits d'impôt là de 20 % à
terme, parce qu'on fait ça progressivement, là. Pour ce qui est de jeux vidéo
et d'affaires électroniques, ça n'entre pas en vigueur avant les années
fiscales qui débutent après 2025. Et c'est progressif. Et tout ça va permettre,
en fait, M. le Président, de contenir la dépense fiscale, hein? C'est... Il n'y
a pas vraiment de réduction de la dépense fiscale. C'est qu'on prend une
situation où on devait avoir une croissance importante et puis on contrôle ça.
Il y a des efforts au niveau de
l'optimisation des sociétés d'État, la performance. Les sociétés d'État sont
autonomes, elles ont leurs... leurs directions, leurs conseils d'administration,
et c'est elles qui vont déterminer si ça viendra des revenus ou des dépenses.
On veut aller chercher aussi 1 milliard sur cinq ans, il y a la question
de la lutte contre le tabagisme, l'intégrité du régime fiscal, et tout ça donne
2,9 milliards, M. le Président, sur cinq ans.
Nous avons annoncé aussi... puis ça, c'est
extrêmement important, encore une fois en accord avec les recommandations des
experts... mais puisque le déficit est important, et que nous avons un
engagement ferme de revenir à l'équilibre budgétaire, de réduire le poids de la
dette, nous avons annoncé un examen complet des dépenses fiscales et
gouvernementales, les dépenses budgétaires. Les dépenses fiscales totalisent
74 milliards, M. le Président. Puis, en fait, il y en a, là, qu'on ne
touchera pas, c'est clair, alors on parle plutôt de 50 milliards, 277 mesures
qui seront examinées. 40 de ces 50 milliards concernent les particuliers,
10, les entreprises, 136 milliards de dépenses de portefeuilles ou de
dépenses de programmes, des dépenses budgétaires. Et ça, ça va être fait... cet
examen-là sera fait par le Conseil du trésor en collaboration avec le ministère
du Conseil exécutif, des avis indépendants des experts, même chose pour la
dépense fiscale, dirigée par le ministère des Finances avec la collaboration du
ministère du Conseil <exécutif...
M. Girard (Groulx) :
...la
collaboration du ministère du Conseil >exécutif, des avis indépendants,
des avis d'experts.
Quelques mots sur le cadre financier. Puis
la page la plus importante du budget, M. le Président, c'est la page G.7.
Je l'ouvre en vous parlant, parce que le... la page G.7, c'est le cadre
financier cinq ans du gouvernement, avec les taux de croissance moyens. Et tout
est là, M. le Président. Et on voit bien que si on regarde pour le retour à
l'équilibre budgétaire, que nous avons dit qu'il serait déposé au budget 2025‑2026.
Et pourquoi, M. le Président, on attend en 2025‑2026? Bien, parce qu'on attend...
L'année 2024 va être une année particulière. C'est-à-dire que les six
premiers mois de l'année 2024 vont être très difficiles au niveau de la
croissance. Et l'ensemble des économistes des secteurs privés, des
prévisionnistes, prévoient que le deuxième semestre va être meilleur, en
coordination avec les baisses de taux puis la baisse d'inflation. Puis ça permettra
de déposer un plan de retour à l'équilibre budgétaire au budget 2025‑2026
dans des meilleures conditions économiques. Parce que c'est certain que si
maintenant, par exemple, on mettait un frein à la dépense budgétaire abrupte,
bien, on risquerait de provoquer une récession parce qu'il y a très peu de
croissance présentement au Québec. En fait, j'ai qualifié la situation de
stagnation.
Alors, ça va nécessiter des efforts réels.
C'est... C'est un contexte qui est difficile, mais la situation est gérable. Et
on prévoit qu'on va revenir à l'équilibre budgétaire, après contribution au
Fonds des générations, au plus tard en 2029‑2030. Alors, bien sûr, on aimerait
le faire en 2028‑2029. Et, au sens des comptes publics, là, ça pourrait être
aussi tôt que 2026‑2027, puisque ce qui est prévu présentement, c'est un
déficit de 300 millions en 2026‑2027. Et d'ailleurs, 2026‑2027, c'est la
même année où l'Ontario a prévu revenir à l'équilibre budgétaire.
Une des façons de regarder...
Est-ce que vous m'avez dit quelque chose,
M. le Président?
Le Président (M. Simard) : ...pas.
Je me parlais. Je...
M. Girard (Groulx) : OK. Il
me reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste 4 min 23 s.
M. Girard (Groulx) : D'accord,
merci, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Je
comptabilisais. Je mettais des notes.
M. Girard (Groulx) : Ça... Mais
ça... ça, je n'avais pas vu ça dans vos... dans vos yeux, là, le
4 min 23 s.
Le Président (M. Simard) : Alors,
il y a beaucoup d'autres choses dans mes yeux, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : J'avais
vu le 10, mais pas... pas le 4 min 23 s, là.
Alors, une façon de revenir à l'équilibre
budgétaire, lorsque vous regardez la croissance des revenus, 3,3 % en
moyenne sur cinq ans puis la croissance des dépenses en moyenne sur cinq ans de
2,9 %, ce qu'on explique en note de bas de page, là, la note...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais moi, je la cherche à G.7, là. Elle n'est pas à G.7, elle est donc G.6. Alors,
ce qu'on explique, c'est que ce 0,4 % là devra être 1,1 % pour
revenir à l'équilibre budgétaire. Alors, c'est-à-dire que l'écart de 0,4 %
actuel montre qu'on a un déficit structurel de 4 milliards. Pour éliminer
ce déficit-là, cet... cet écart-là devra passer à 1,1 %. OK.
Puis vous noterez aussi, M. le Président,
là, puis là, je ne veux pas faire de politique, mes relations sont excellentes
avec la ministre des Finances... mais vous noterez que les transferts fédéraux ne...
n'ont un taux de croissance que de 0,5 % par année en moyenne sur cinq
ans. Ça, ce n'est pas beaucoup, M. le Président. Et évidemment que si les
transferts fédéraux, par exemple, augmentaient de 5 %, bien, on
l'atteindrait assez aisément, le 1,1 %. Ce n'est pas le cas. Mais il y a
des dossiers importants présentement, les soins dentaires, l'assurance
médicaments, où on demande un droit de retrait avec pleine compensation.
L'autre façon qu'on va revenir à
l'équilibre budgétaire, c'est en poussant le potentiel de l'économie. Et on
aura l'occasion d'en parler, mais essentiellement, on est arrivés au pouvoir,
le PIB potentiel était estimé à 1,5 %. Maintenant, on est à 1,7 %, on
doit le pousser à 2 %. Nous maintenons les cibles de dette à long terme.
Alors, il y a un engagement ferme équilibre budgétaire, mais aussi l'engagement
ferme envers les cibles de dette de 30 % en 2037‑2038. Présentement, on
est à 39 %, M. le Président. C'était 41 % avant la pandémie. Et je
vous rappelle qu'on a dû prendre des ajustements comptables de l'ordre de
4 %.
• (12 heures) •
Un mot sur l'économie. 2023 et le premier
semestre de 2024, c'est très difficile. On est dans une situation de stagnation
qui ne correspond pas à une récession, mais c'est certain que le resserrement
des conditions de crédit et les éléments temporaires, les feux de forêt, la baisse
de production de l'électricité, font que l'économie a été faible, bien que la
faiblesse ne soit pas généralisée. Donc, c'est pour ça qu'il n'y a pas de
récession, puis qu'en moyenne on aura eu 0,2 % de croissance. Pour 2025,
le Québec est très bien positionné, puis la relance avec la... ce qu'on anticipe,
une baisse des taux d'intérêt, une baisse...
12 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...anticipe,
une baisse des taux d'intérêt, une baisse de l'inflation. Les Québécois ont un
revenu disponible réel qui a crû de 17 % depuis 2018, c'est... par rapport
à 13 % pour les Canadiens, niveau d'endettement à 148 %. Ça, c'est un
niveau de dette par rapport au revenu disponible qui est mieux que le
189 % des Canadiens. Bref, il y aura une reprise de l'économie en
synchronisation avec la baisse de l'inflation et les taux d'intérêt. Le Québec
est bien positionné.
Alors, en conclusion, M. le Président, c'est
un budget qui est exigeant, qui est responsable. La priorité est à la santé
puis à l'éducation, là. Parce que je sais que je vais devoir me lever souvent
en Chambre, peut-être dans ce débat, et de répondre : Pourquoi vous n'avez
pas investi dans ça? Pourquoi vous n'avez pas... Bien, c'est clair, M. le
Président, la priorité était à la santé et à l'éducation, et on est dans une
situation budgétaire difficile. On a donc un engagement ferme au retour à l'équilibre
budgétaire, les cibles de dette.
Et c'est un plaisir d'être avec vous
aujourd'hui, M. le Président. Et il me reste combien de temps?
Le Président (M. Simard) : 30 secondes,
cher collègue.
M. Girard (Groulx) : Bien, 30 secondes,
je vais les utiliser, M. le Président...
Le Président (M. Simard) : Bien
sûr.
M. Girard (Groulx) : ...parce
qu'il faut maximiser dans ces situations-là. Alors, je dirais que c'est un
budget qui a été fait dans des conditions difficiles. C'est certain que les
taux d'intérêt qui sont passés de 0,5 % à 5 % au Canada et à 5,5 %
aux États-Unis, bien, ils ont ralenti l'économie nord-américaine. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci à vous, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à notre collègue de Marguerite-Bourgeoys,
le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à tout le monde qui est ici ce matin. Merci à
toutes les équipes. Deuxième opposition ou au gouvernement, merci à vous d'être
ici pour ce débat qui est extrêmement important.
Je vais m'inspirer un peu de ce que le
ministre des Finances nous... a eu comme réflexe de revenir à sa... à son
allocution du huis clos. Et puis, bien, je vais faire un peu de même parce que,
bon, c'est pour mettre la table, finalement, là, de ce qui est devant nous, des
belles heures qu'on va passer ensemble pour discuter de ce déficit tout de même
record d'un gouvernement qui a perdu le contrôle de nos finances publiques.
La CAQ est arrivée au pouvoir avec des
surplus budgétaires. Bon, j'ai entendu l'argumentaire dire que : Non, non,
non, 2018, il n'y avait pas des surplus budgétaires de 7 milliards. Quand
on parle de surplus, il y a eu des surplus qui se sont accumulés dans les
années précédentes. J'ai entendu l'argumentaire : Non, non, non, il a
fallu raccorder pour faire une évaluation de la dette appropriée. Oui, je
comprends. Mais, si on compare des pommes avec des pommes, au lieu de faire des
pommes avec des oranges ou des bananes, on a quand même laissé, grosso modo,
avec la même façon de regarder la réalité, 7 milliards de dollars au
gouvernement de la CAQ lors du début de son premier mandat. Et, mardi dernier,
on a quand même eu un déficit record de 11 milliards. Donc, en fait, de
façon récurrente, il y a là-dedans un déficit de 4 milliards de
dollars.
Le ministre des Finances parlait d'aller
chercher des coupures additionnelles pour rétrécir le gap, là, de 1,1 %
entre les dépenses et les revenus. Bien, j'apprécie, en fait, la candeur du
ministre là-dessus parce que ça a été quand même demandé à quelques reprises,
là, au salon bleu, à savoir : Quelle serait l'approche du gouvernement, à
savoir : Comment résorber le déficit structurel que la CAQ nous a
maintenant mis de retour dans notre réalité quotidienne pour les années à
venir? Et la réponse était un peu vague.
Il y a plusieurs façons de résorber une
différence entre les revenus et les dépenses. J'entends que le ministre va
prioriser plutôt une approche de couper. On peut aussi penser à l'amélioration
de la productivité, donc d'améliorer les revenus. Je pense que ça, c'est
important. Mais force est quand même de constater que, déjà, dans le budget de
la CAQ de mardi dernier, il y avait déjà des attentes vraiment optimistes au
niveau de la croissance des revenus pour l'an prochain de 4,7 %, puis on n'a
pas d'espace de référence ici pour vraiment en discuter.
Donc, allons voir ce que l'Institut du
Québec nous donne pour l'année 2024-2025, et le chiffre est de 3 %.
Donc, c'est tout de même une énorme différence. Et, si cette différence-là ne
se réalise pas, si le 4,7 % moins 3% ne se réalise pas, le 1,7 fois
les revenus estimés de la part du ministre, c'est quelque chose <qui...
M. Beauchemin :
...pas,
si le 4,7 % moins 3% ne se réalise pas, le 1,7 fois les revenus
estimés de la part du ministre, c'est quelque chose >qui va varier
alentour de 2 milliards additionnels. Donc, on parle de 11 milliards
de déficits, quand on compare des pommes avec des pommes, puis on peut... on
peut parler de plusieurs façons, mais soyons constants, là, sur l'approche.
Après contribution au Fonds des générations, quand on parle du 7 milliards
qu'on a laissé en 2018, 11 milliards, il y a quand même, dans ce
11 milliards là, l'hypothèse de base comme quoi que les revenus vont être
1,7 % plus élevés que... qu'estime l'Institut du Québec.
Donc, il y a plusieurs places pour
s'inquiéter dans le budget qui a été déposé la semaine dernière, et, ça, je
vous dirais que c'est un enjeu qui est majeur. Puis l'approche qu'on a
entendue, que le ministre vient de nous confirmer, de faire des coupures pour
pouvoir résorber le déficit, bien, ça, je suis content d'entendre qu'au moins
on dit : Le plan de match... sans vraiment le chiffrer pour le moment,
mais on dit que le plan de match va être dans les coupures.
On croit tout de même que... Nous,
l'avenue aurait été de faire augmenter les revenus. Mais, étant donné qu'on
vient de comprendre comme quoi que les revenus sont déjà vraiment bien estimés
à être plus élevés que pense l'Institut du Québec, effectivement, le ministre
n'a plus d'autre avenue. Il ne peut pas passer de 4,7 à 5,3, il ne peut pas
passer de 4,7 à 6,4, que le 6,4 nous amènerait un 2 milliards additionnels de
revenus de l'État pour faire en sorte qu'on puisse résorber le déficit. Donc,
il n'y a plus de marge de manœuvre. On a été dans le tapis, si on peut prendre
l'expression, au niveau des revenus, au-delà de ce que pense l'Institut du Québec.
Donc, le retour à l'équilibre budgétaire
qui était prévu pour 2027-2028, le gouvernement s'est trompé, il s'est trompé
beaucoup. J'ai entendu l'argumentaire de la page G.11, G.7, là... G.8, là,
du ministre comme quoi que, bon, bien, il y a des choses qui sont arrivées, on
n'avait pas vu venir que les demandes syndicales allaient être si élevées, etc.
J'ai entendu ça. Mais on sait aussi qu'il y a eu les chèques électoralistes, il
y a les chèques aux Kings, les échecs retentissants, les promesses brisées au
niveau des maternelles quatre ans, la maison... les maisons des aînés, les
espaces bleus, le panier... les paniers bleus percés. La fameuse promesse de la
CAQ, durant la campagne électorale de 2018 : On va réduire la taille de
l'État, il n'y a jamais eu autant d'employés de la fonction publique au Québec.
Donc, on comprend, là, qu'il y a un paquet de variables qui, de toute
évidence... le gouvernement veut dire que ce n'est pas dans son contrôle, mais
on parle de crédibilité financière ici. Puis je pense que le gouvernement de la
CAQ a une certaine humilité à démontrer devant les citoyens du Québec et au
minimum faire preuve de transparence quant à savoir que c'est tout de même
leurs décisions qui nous ont amenés dans la situation actuelle.
Je pense qu'on a fait une proposition, la
semaine passée, qui était fort intéressante puis je pense que la paternité a
été débattue légèrement dans la journée d'hier au salon bleu, mais, directeur
parlementaire du budget, c'est quelque chose qu'on a demandé depuis très
longtemps. Puis le directeur parlementaire du budget existe ou l'équivalent
existe ailleurs. Et cette personne-là met les lentilles de la vérité
lorsqu'elle regarde ce qui est déposé par les gouvernements, ce qui serait
déposé par le gouvernement de la CAQ l'an prochain. Puis nous, on veut vraiment
que cette demande-là soit répondue. On a entendu la réponse du leader du
gouvernement hier, à savoir que c'était juste une question de paternité, mais
il n'y avait pas de réponse à savoir qu'est-ce qui allait être fait.
• (12 h 10) •
Donc, c'est quand même inquiétant. C'est
inquiétant pourquoi? Bien, parce qu'on a notre contexte actuel, au-delà de
10 milliards de dollars de charge d'intérêts à chaque année. Puis ça
va être de plus en plus élevé. À terme, là, après la fin du cadre financier
déposé mardi dernier, il y aura eu 28 milliards de déficits accumulés, si
les chiffres du ministre sont exacts. On sait aussi que la dette augmente plus
vite que simplement juste les déficits, là, parce qu'il y a les programmes
d'infrastructure qui s'ajoutent à ça. 95 milliards de dollars de
dette additionnelle auront été ajoutés sur les épaules de tous les Québécois à
la fin du cadre financier qui a été déposé mardi dernier. C'est presque
37 % de tout ce que la dette représentera alors à ce moment-là. Pour un
gouvernement <que...
M. Beauchemin :
...déposé
mardi dernier. C'est presque 37 % de tout ce que la dette représentera
alors à ce moment-là. Pour un gouvernement >que ça ne fait même pas six
ans qu'il est au pouvoir, là... Le Parti libéral du Québec, juste le rappeler
au cas que personne ne le sache, ça fait 157 ans qu'on est en histoire,
qu'on existe. Le gouvernement, en six ans, a été capable de mettre le cap sur
un ajout de 36 % à la dette nationale.
Donc, moi, je pense que le gouvernement
devrait prendre au minimum ses responsabilités fiduciaires à l'égard de tous
les Québécois, incluant les prochaines générations. On a vu, l'an passé, des
coupes dans les contributions au Fonds des générations. C'est une attaque vers
l'équité intergénérationnelle. Le report, encore une fois, à l'équilibre
budgétaire, c'est une attaque à l'équité intergénérationnelle. C'est tout de
même désolant. C'est... C'est un échec retentissant.
On a parlé, donc, de voir comment qu'on
peut résorber, de la part du gouvernement, le... la situation économique dans
laquelle on se trouve au niveau des finances publiques. Puis l'approche a été
mentionnée encore ce matin, de... c'était de faire des coupures. J'aimerais ça,
savoir, bon, on aura sûrement la chance d'en parler, quelles sont les
intentions, quel ministère aura à subir des coupures.
Mais ce que je ne comprends pas d'un
gouvernement qui se dit un gouvernement de l'économie, qui, clairement,
maintenant, est en train de perdre cette réputation à cause d'un énorme déficit
de crédibilité qui est en train de s'accumuler, comment se fait-il qu'il n'a
aucune vision pour aider l'économie à croître? On peut... Il y a deux façons. Comme
je l'ai dit tantôt, on peut réduire les dépenses ou augmenter les revenus.
Bien, augmentons les revenus. Comment se fait-il qu'on n'aide pas le coeur de
notre économie, les PME? Comment se fait-il qu'on est en train de même être
incapables de répondre aux inquiétudes des PME? Je demandais en Chambre hier à
savoir : Est-ce que la fiscalité de nos entreprises, de nos petites
entreprises au Québec... va-t-elle être changée? Est-ce que les petites
entreprises du Québec, nos PME... vont-elles encore devenir la cible du
gouvernement pour renflouer les coffres? Est-ce qu'elles vont devenir la petite
caisse du gouvernement?
L'an passé... les deux dernières années,
excusez, il y a eu une augmentation de 11,6 % du tarif hydroélectrique
pour nos PME, 11,6 %. Elles ont à transiger à tous les jours avec la
pénurie de main-d'œuvre, la crise du logement. Là, maintenant, on est en train
de leur faire augmenter leurs coûts d'hydroélectricité. L'inflation a été une
variable qui a été incroyablement difficile pour plusieurs d'entre elles. On a
averti le gouvernement. Mon prédécesseur avait averti le gouvernement que les
politiques qui allaient être mises en place allaient affecter l'inflation. On
ne le croyait pas, on disait qu'on vivait sur une autre planète. Je pense qu'on
vivait sur Terre, clairement.
Donc, comment se fait-il qu'on n'est pas
capables de dire : Correct, on s'est trompés, on a fait des erreurs? J'ai
cru entendre des... des remarques historiques par rapport au Parti québécois qu'il
s'est trompé dans son déficit de 1,5 milliard, pendant que nous, on se
trompe de 8 milliards cette année, et aucune excuse à ce sujet. C'est un
peu ça quand on parle d'humilité, c'est un peu ça quand on parle de
transparence, puis d'être capable de voir les Québécois en face puis leur dire :
Bon, bien, OK, correct, on va faire mieux. Puis faire mieux, ce serait de faire
croître notre productivité.
Puis on est sortis dans les derniers trois
mois, au Parti libéral du Québec, pour dire qu'est-ce qu'on doit faire, puis je
suis content que le gouvernement l'ait repris. Il n'y a aucune paternité pour
les bonnes idées pour faire avancer le Québec. Mais je suis content de voir que
la CAQ a décidé de prendre notre idée, que la révision des crédits budgétaires
fiscaux pour nos PME devrait être une priorité. Mais notre approche n'était pas
d'enlever 1 milliard. Notre approche était de faire que, si le focus est
sur la création... postes vacants, parce qu'on est en pénurie de main-d'œuvre,
on s'entend là-dessus, le focus devrait être sur l'amélioration de la
productivité. Aidons peut-être les mêmes industries avec la même enveloppe,
mais optimisons la façon de faire. Non, non, le premier réflexe, ça a été de
couper. Donc, voilà deux façons différentes de penser. Faire croître
l'économie, faire croître la productivité, augmenter les revenus de l'État,
c'est ça <qui...
M. Beauchemin :
...différentes
de penser. Faire croître l'économie, faire croître la productivité, augmenter
les revenus de l'État, c'est ça >qui est la priorité, c'est ça, la façon
de faire, parce que la population du Québec le demande.
Moi, je trouve que c'est à ne rien y
comprendre. On a besoin d'avoir une vision de développement économique. On a
besoin d'avoir une vision des saines gestions des finances publiques. Puis on a
plusieurs dossiers, là, qu'on va aborder dans les 10 prochaines ou neuf et
demi prochaines heures devant nous, mais ça va être important de discuter de
plusieurs dossiers. Puis on pourra rentrer dans le détail, M. le Président,
puis, avec éloquence et plaisir, on va être participants dans tout le débat,
ça, je peux vous le garantir.
On avait fait des demandes, une qui était
au niveau de l'habitation. On a rencontré plusieurs intervenants, plusieurs
grandes entreprises, moyennes entreprises, petites entreprises, dans les
derniers mois. On a rencontré des entreprises qui ont eu de l'expérience à
l'extérieur du Québec, puis qui sont venus s'installer au Québec, puis qui nous
ont parlé de comment ça a été un problème pour eux le jour où est-ce qu'ils ont
mis leur nouvelle entreprise en fonction et qu'ils se sont rendu compte du
manque de vision des gouvernements locaux où est-ce qu'ils se sont implantés, à
savoir les infrastructures, les écoles puis les places en garderie. Puis on
comprend que ce gouvernement-là... ces gouvernements-là n'ont pas répondu à
temps. Mais, lorsqu'on fait mention qu'il y a crise de logement... du logement,
qu'on a besoin de place en garderie, c'est parce qu'on a entendu ce que les
gens nous apportent de leur expérience à l'extérieur du Québec. Comment se
fait-il qu'on n'est pas capables, au Québec, ici, de mettre en place ces mêmes
approches qui ont... qui sont des solutions demandées par les entrepreneurs qui
veulent venir au Québec, qui veulent venir s'installer au Québec, faire croître
notre économie? Donc, pour eux, ce qui est important, c'est qu'on trouve une
façon constructive de résorber la crise du logement, qu'on aide nos familles
québécoises à trouver des places en garderie.
Bien, on a proposé, donc, l'amélioration
de la productivité, ce sur quoi je parlais il y a quelques instants, on a
parlé, dans nos demandes prébudgétaires, d'améliorer la situation pour la crise
du logement et d'améliorer la situation en garderie. Et donc force est de
constater que l'approche du gouvernement au niveau de l'habitation ne fonctionne
pas. Je sais, on en a entendu parler à la mise à jour au mois de novembre, on
va attendre de voir comment ça va fonctionner, tatati, tatata. Je comprends. Mais,
à date, on n'a eu aucune reddition positive à savoir quelles ont été les
conséquences positives ou négatives de l'approche gouvernementale là-dessus.
Pourtant, on le voit très bien, que,
l'autre bord de la rivière, à Ottawa, quand on a nos lentilles basées à partir
de Gatineau puis qu'on regarde l'autre bord de rivière, on le voit bien, là,
qu'à Ottawa il y a des grues. À Ottawa, ça fonctionne. Il y a de la croissance
de développement résidentiel. Pourquoi? Parce qu'ils n'ont pas d'équivalent de
la TVQ là-bas. Les entrepreneurs, eux, vont là-bas. Ils se disent : Bien,
moi, là, pour moi, là, c'est plus facile parce que je sais que, pour mes
matériaux de construction, la marge de manœuvre, ça va me permettre de les
vendre de façon compétitive, puis je vais être capable de vendre mes nouvelles
résidences à des citoyens. Mais, au Québec, les entrepreneurs ne veulent même
pas lever des projets de terre parce qu'il n'y a pas preneurs aux prix qu'ils
demandent.
• (12 h 20) •
Donc, pourquoi ne pas aider, à la source
même du problème, l'offre? Parce qu'on peut aider la demande, mais, dans un cas
de déséquilibre entre l'offre puis la demande, il ne faut pas la stimuler
encore plus, il ne faut pas attendre puis souhaiter que ce soit la Banque du
Canada qui baisse les taux d'intérêt. Le gouverneur de la Banque du Canada a même
écrit un papier à ce sujet. Tout le monde le voit, tout le monde le comprend,
une baisse de taux d'intérêt va autant, sinon plus stimuler la demande. Et
c'est sur quoi le ministre table ses croissances de revenus, que... que de
faire améliorer l'offre. Donc, allons-y directement avec quelque chose très
ciblé pour aider l'offre en logements, élimination de la TVQ. Et on l'a fait,
la demande.
Les places en garderies. On a demandé
15 000... Il y a 63 000 places en garderies non subventionnées au
Québec. Là-dedans, là, c'est des places théoriques. Elles ne sont pas toutes
utilisées. Il y en a plusieurs d'entre elles qui sont libres. Pourquoi? Parce
que M. et Mme Tout-le-monde ont de la misère à payer 60 $ par jour par
enfant, 300 $ par semaine. C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent.
Comment se fait-il qu'on ne peut pas simplement convertir 15 000 places,
c'est ce qu'on a demandé, 15 000 places de services de garde non
subventionnées en service de garde subventionné à coup de 200 millions de
dollars? 200 millions de dollars, M. le <Président...
M. Beauchemin :
...non
subventionnées en service de garde subventionné à coup de 200 millions de
dollars? 200 millions de dollars, M. le >Président. Chaque
dollar investi en service de garde en génère six à l'économie québécoise.
Plusieurs centaines de parents, même milliers de parents, pourraient retourner
sur le marché du travail, aideraient à résorber la pénurie de main-d'oeuvre.
Donc, tout ça s'attache, M. le Président.
Au Parti libéral, on avait une vision d'amélioration de la productivité,
amélioration de l'offre de logements, amélioration des places en garderie pour
aider à faire en sorte que les revenus soient au rendez-vous, étant donné les
dépenses, pour essayer de résorber le déficit historique que le ministre a
déposé la semaine dernière.
Donc, je ne sais pas combien de temps
qu'il me reste, M. le...
Le Président (M. Simard) : 50 secondes.
M. Beauchemin : Je vais
utiliser le dernier 50 secondes qu'il nous reste pour simplement faire la
notion suivante pour que tous s'en rendent compte. Jusqu'à mardi dernier, on
répétait que, dans les quatre dernières années, sous ce gouvernement-là, il y a
eu zéro, zéro augmentation de la productivité au Québec. Dans le nouveau budget
qui a été déposé mardi, on ajoute maintenant une année, ça va faire cinq ans,
cinq ans avec zéro amélioration de la productivité au Québec. On a beau dire :
Ah! on va croître, puis on va croître, puis on va croître. Il faut croître un
peu mieux que le voisin parce que sinon on perd du terrain.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Beauchemin : Donc, ça,
c'est important, puis on va y revenir. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, très cher collègue. Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard, qui est le porte-parole de sa formation
politique en matière de finances.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. M. le ministre, chers collègues, toujours un plaisir d'être ici dans
ces moments où, en fait, on parle vraiment du fond des choses et puis où ça
nous permet, nous, à Québec solidaire, entre autres, de montrer toute la
différence, effectivement, qu'il y a entre notre manière de penser les finances
publiques, et le gouvernement, et, plus largement, les trois autres partis.
Je... Pour répondre aussi aux
préoccupations peut-être du ministre, qui voyait que notre recherchiste n'est
pas présent aujourd'hui avec nous, j'apprécie la pensée que vous avez eue pour
lui, il a malheureusement fait une chute hier et puis il s'est fait mal au
poignet. Et j'espère pour lui qu'il n'est pas bloqué pendant 24 heures
dans les urgences pour pouvoir voir un médecin. Mais bref, on lui... on lui
souhaite bon rétablissement, s'il nous écoute d'autant plus.
Peut-être pour déjà conclure, parce qu'on
a un point commun avec M. le ministre, c'est qu'on a souvent la même
compréhension des processus et des chiffres, mais on n'arrive pas aux mêmes
conclusions. Donc, je comprends que, si je conclus tout de suite, je vais
pouvoir garder mes minutes pour plus tard. Et donc je m'arrêterai tout de suite
pour mes remarques préliminaires.
Le Président (M. Simard) : ...chers
collègues, avec notre secrétariat, nous avons une tâche très, très ingrate de
répartir et de gérer le temps convenablement pour chacun de nos blocs, hein, on
le ventile pour chacun de nos blocs. Donc, pour le bloc que nous avons d'ici la
fin de nos travaux à 13 heures, nous aurons à peu près 10 minutes
d'intervention par bloc, en fait, 13 minutes, me dit-on maintenant officiellement.
Merci pour cette précision. Et je cède la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Les agences
de crédit émettent... et le ministre des Finances vient du même domaine que
moi, et on est tous au courant des procédures que les agences de crédit font
comme exercice, à chaque fois qu'il y a un budget, ils vont émettre des
commentaires, une note, un écrit pour donner leur opinion sur qu'est-ce qu'ils
ont entendu. On a quand même eu la levée d'un drapeau jaune la semaine
dernière. Je le sais, c'est normal. Elles écrivent leurs textes, elles écrivent
ce qu'elles pensent, puis elle dit à leur clientèle, les investisseurs
obligataires, comme quoi que, bon, ce qui se passe à Québec, on n'aime pas. Et
juste pour qu'on soit clairs, là, ils ont fait le même exercice l'an passé. Ils
ont fait le même exercice l'année d'avant. Ils ont fait le même exercice depuis
plusieurs années, avant que... DBRS s'appelait DBRS Morningstar, DBRS indépendant
le faisait aussi. J'ai passé plus d'une trentaine d'années dans les marchés des
capitaux, puis mon expérience, c'est qu'on regarde la tendance à relativement
long terme, et le... la relation du coût de financement entre le Québec et
l'Ontario a varié dans le temps. Et lorsque des plaques tectoniques bougent,
les agences de crédits en prennent... en prennent note. Et c'est ce qu'elles
ont mentionné <la...
M. Beauchemin :
...des
plaques tectoniques bougent, les agences de crédits en prennent... en prennent
note. Et c'est ce qu'elles ont mentionné >la semaine dernière. Puis,
juste pour qu'on puisse vraiment comprendre, là, je vais traduire dans la
langue de Molière ce qui est écrit dans la langue de Shakespeare, mais il y a
clairement un «outlook», une vision d'avenir qui a changé à Québec. Et un
budget négatif de 11 milliards de dollars, un déficit, donc, n'est
pas une bonne chose pour l'économie québécoise. Ça, ça a été écrit, là, la
semaine passée.
En 2023, la perspective va rester
relativement stable. La réduction de la dette semble maintenant cependant
ralentir. On va garder notre vision future, à DBRS, du ratio dette nette, PIB,
et on va dire qu'on peut être encore dans nos attentes, mais ils surveillent. 2023.
2022 : Le Québec a introduit, en
2022... ça, c'est suite, évidemment, là, au... puis je n'irai peut-être pas
2022, 2021, étant donné que j'ai juste 13 minutes, là, mais ce que je
voulais vous dire, c'est que, ça, c'est 2023, ça, c'est 2022, 2021. J'ai 2020,
j'ai 2019, 2017, 2018. J'ai 2018, 2014, 2016, 2017. Et la tendance qu'on voyait,
c'est qu'il y avait une amélioration des commentaires, peut-on dire, OK, de la
part des agences de crédit par rapport à la façon de faire du gouvernement de
Québec.
Évidemment, les libéraux sont arrivés dans
une situation qui était extrêmement difficile en 2018, ont remis les finances
publiques en ordre, et il y a eu une amélioration de l'écart de crédit entre le
coût d'emprunt du Québec et le coût d'emprunt de l'Ontario. Cet écart, qui, par
le passé, était : Québec payait plus cher, relativement parlant, pour de
l'argent, est passé, tranquillement pas vite, à : Québec paie moins cher
que l'Ontario pour de l'argent. Et cette tendance-là s'est améliorée de 2014 à
2018.
De 2018 à 2022, cette tendance-là a été
relativement stable. Un exemple, pour que... si les gens comprennent... puis,
le ministre, je sais qu'il va comprendre, l'écart de crédit pour une nouvelle
émission au Québec était inférieur de deux points de base par rapport à
l'Ontario. Puis ça, c'est une moyenne, je dirais, des dernières années. Bien,
lundi dernier, OK, l'écart était encore de moins deux. Ça coûtait donc un peu
moins cher au Québec d'emprunter, OK, que ça coûtait pour l'Ontario de faire la
même chose, dans le même terme.
• (12 h 30) •
Budget déposé mardi, cette relation-là
change. Dans le monde obligataire, là, c'est quand même des... c'est un marché
qui est relativement stable. Je vous dirais que, pour M. et Mme Tout-le-monde,
regarder le marché obligataire au quotidien, là, ça peut être peut-être un peu
ennuyant. Moi, j'y trouve un certain plaisir, là, j'y ai passé plusieurs années
de ma vie, là, mais je peux vous dire qu'il y a eu quand même un mouvement. L'avantage
du Québec a été réduit de moitié dans une journée. Le premier ministre parle,
mercredi matin de la semaine dernière, du instantané. On est passés d'être sous
le coût de l'Ontario pour emprunter 10 ans à plus cher que l'Ontario pour
emprunter 10 ans.
Donc, le marché parle. Le marché a dit :
On n'aime pas ce qu'on a entendu. C'est clair. C'est simple comme ça. Je
comprends qu'on a été capables d'émettre sur le marché obligataire. C'est sûr
qu'on a été capables d'émettre sur le marché obligataire parce qu'on a payé
plus cher. Les investisseurs ont dit : Moi, je suis preneur à un prix plus
élevé. Puis le gouvernement, il a transigé à un prix plus élevé. C'est correct,
on a besoin de financer notre dette, puis il faut le faire, puis c'est la chose
à faire. Puis je ne suis pas en train de critiquer les opérations du ministère
des Finances, là. Ils font ce que doit, puis c'est tant mieux. Mais ce que je
veux juste que tout le monde comprenne, c'est que, même s'il y avait un appétit
pour 5 milliards de papiers émis par la province du Québec la semaine
dernière, puis ça a été un succès, ça a été un succès à un coût plus élevé
relatif par rapport à ce que c'était lundi matin, donc... puis je pense que le
ministre me comprend, il comprend d'où je viens, il sait très bien que je suis
allé...
12 h 30 (version révisée)
M. Beauchemin : ...je pense
que le ministre me comprend, il comprend d'où je viens, il sait très bien que
je suis allé vérifier les institutions sur la rue pour m'assurer de la validité
de l'argumentaire que je vous apporte, et l'argumentaire que je vous apporte
est solide, c'est les grandes banques canadiennes qui m'ont tous exprimé dans
leurs termes exactement ce que je viens de vous dire.
Donc, pour qu'on soit clairs, on n'est pas
en train de dire que la province du Québec est en situation de perspective
négative au niveau des agences de crédit. Ce n'est pas ça qu'on dit. On n'est
pas en train de dire que le Québec n'a plus de marché obligataire. Ce n'est pas
du tout ça qu'on dit. On dit que le marché obligataire, oui, il est ouvert, et
tant mieux, c'est un marché liquide. Les gens ont confiance. Ils ont confiance
dans l'historique, ils ont confiance dans le Fonds des générations, ils ont
confiance dans les partis qui ont été au pouvoir, comme le Parti libéral, qui a
été capable de bien gérer les finances publiques, et ça s'est démontré de par
la façon que les marchés ont transigé en réduisant l'écart de crédit entre le
Québec et l'Ontario dans les années précédentes pour en arriver à aujourd'hui.
Remarquez qu'à l'intérieur d'une semaine
et quelques jours, que cet écart a fait en sorte que, maintenant, relativement
parlant, emprunter pour le Québec est plus cher. Donc, ça se simplifie en
voulant dire que le marché n'a pas trouvé ça fantastique, ce budget-là, au
contraire. Puis on ne pourra pas dire que le premier ministre avait raison de
se promener sur la place publique puis dire : Il n'y a pas de problème, c'est
un bon budget, on va être capables de bien faire les choses, tout ça. Le marché
dit totalement autrement.
Puis je m'excuse, mais moi, je pense que,
quand le marché parle, là, OK, il faudrait quand même l'écouter. Les agences de
crédit n'ont pas mis le Québec sous observation, les agences de crédit ont
juste noté une variation du parcours, et, la variation du parcours, ce qu'elles
ont observé, c'est que ce n'était pas dans la bonne direction. Elles l'ont fait
pour deux raisons : première, déficit record, 11 milliards de
dollars; deuxième raison, pas de plan de retour à l'équilibre budgétaire.
Modification de la loi à l'automne dernier
pour pouvoir permettre au gouvernement de prendre plus de temps. C'est tout
dans les droits du ministre des Finances, du gouvernement d'agir ainsi, et c'est
ça qui est ça. Et on est corrects, le gouvernement suit la procédure pour
modifier la loi pour faire en sorte qu'il puisse se donner plus de temps pour
retrouver l'équilibre budgétaire. J'ai entendu les commentaires du ministre
comme quoi que, bon, on veut voir ce que la première moitié de 2024 va être
avant de commencer à faire des hypothèses sur comment on va être capables de
résorber le déficit budgétaire, etc., où est-ce qu'on va aller couper, pour
être très précis. Bien, en fait, je trouve ça quand même drôle qu'on veut se
donner ce coussin-là, de temps, ce coussin temporel, pour pouvoir en arriver
avec un plan de match pendant qu'on est quand même capables de faire des
prévisions jovialistes, si je peux utiliser le terme, des revenus de croissance
à 4,7 %. On est capables de mettre un paquet de variables dans ce livre
qui nous a été donné la semaine dernière, qui nous démontre la situation dans
laquelle on se trouve à être, à quelques détails près, mais on n'est pas
capables de donner un plan de match pour retourner à l'équilibre budgétaire
complet, on n'est pas capables de mettre des suppositions puis dire : Bon,
bien, la probabilité de ci, ça va être ça, on devrait être capables de faire
ça, comme le ministre le fait pour l'ensemble de ses prévisions économiques.
Donc, en ce qui me concerne, c'est
justifiable, ce que les agences de crédit ont dit la semaine dernière. Elles
ont... Elles ont raison de dire qu'il est important, OK, de prendre note qu'un
déficit de 11 milliards de dollars n'est pas une bonne chose pour le
Québec. C'est important de se rendre compte qu'on a maintenant en place ce qu'on
considère être un déficit structurel.
Alors, je vous le dis, M. le Président,
les cotes de crédit influencent la perception des institutions financières. C'est
grâce aux agences de crédit que des milliards et des milliards de dollars
peuvent être transigés de façon quotidienne, de façon ordonnée, que le Québec
peut emprunter sur le marché obligataire. Mais il faut quand même prendre note
que, dans les commentaires émis par les agences de crédit, dont DBRS, <que...
M. Beauchemin :
...il
faut quand même prendre note que, dans les commentaires émis par les agences de
crédit, dont DBRS, >que le rythme de réduction de la dette continue de
ralentir, pas une bonne nouvelle, que les perspectives budgétaires sont
nettement détériorées, pas une bonne nouvelle, que la stagnation affecte
l'économie du Québec, pas une bonne nouvelle. On est dans une situation
économique difficile, c'est clair, c'est net, c'est précis. Et c'est ressenti
par tous. Et c'est pour ça que, dans leur façon d'écrire, dans leur
perspective, c'est des politiciens de la finance, un peu, je vous dirai, les
agences de crédit, ils disent... ils disent doucement, des fois, des messages
codés, OK? Mais le message codé qu'on entend, c'est qu'il ne faut pas que ça
continue de même. On doit reprendre le contrôle des finances publiques puis on
doit s'assurer que le profil de crédit du Québec reste constructif, et ce, pour
l'équité intergénérationnelle, pour maintenant, pour qu'on puisse financer
maintenant, puis pour le plus long terme, pour que ce soit aussi bon pour nos
jeunes.
Donc, j'espère que ce message-là est
entendu, parce qu'on sait bien que, l'an passé, on a pigé dans les contributions
du Fonds des générations, que, cette année, on repousse à plus tard. Donc, on
repellette en avant, on met ça sur le dos des jeunes encore. J'espère qu'on
comprend que c'est important de bien faire la gestion des finances publiques
pour s'assurer, justement, que nos plus jeunes puissent avoir un meilleur
Québec. Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci,
cher collègue. Je cède maintenant la parole au député d'Orford, qui dispose de
11 minutes. En fait, son groupe parlementaire...
Une voix : ...
M. Bélanger : M. le... M. le
Président...
Le Président (M. Simard) : Non,
parce c'est que, dans le fond, ce coup-ci, ce coup-ci, notre collègue a choisi
de faire une intervention qui n'impliquait pas d'interaction avec vous. C'était
son choix le plus légitime.
M. Girard (Groulx) : ...sans
interaction. Donc, c'est la fin du bloc.
Le Président (M. Simard) : C'est
la fin de sa période de parole à lui, et nous poursuivons. Nous terminerons à
13 heures. M. le député d'Orford.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
M. Bélanger : M. le... M. le
Président, j'invite le ministre, s'il veut répondre... comme il n'y a pas eu de
débat, les oppositions ont décidé de ne pas poser de questions, j'invite le
ministre à répondre à certains points, puis moi, je pourrai compléter, le cas
échéant.
Le Président (M. Simard) : Ce
qui est très légitime. M. le ministre, vous voulez intervenir?
M. Girard (Groulx) : Puis là
c'est un bloc de combien de temps?
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste 10 minutes, approximativement.
M. Girard (Groulx) : Qui nous
amène?
Le Président (M. Simard) : Ensuite,
ce sera le député de Maurice-Richard, puis nous terminons
à 13 heures.
M. Girard (Groulx) :
OK. D'accord. Bien… OK. Bien, j'ai...
D'accord. C'est inorthodoxe, mais, certainement, ça peut être fait, mais,
normalement, dans ces blocs-là, il y a des échanges. Là, je n'ai pas eu
l'occasion de commenter.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Alors, je vais quand même rectifier quelques points. D'abord, j'entends souvent
le chef de l'opposition dire qu'ils nous ont laissé un surplus de
7 milliards en 2018‑2019, et il faut bien être conscient que le chiffre de
7 milliards correspond au surplus comptable, c'est-à-dire avant
contribution au Fonds des générations. Alors, si on veut comparer ou faire
référence aux 11 milliards, c'est bien 5, le chiffre après contribution.
Le 7, lui, c'est le surplus comptable. Alors, le chef de l'opposition ne fait
pas cette distinction, mais je suis convaincu que le député de Marguerite-Bourgeoys,
lui, peut la faire.
• (12 h 40) •
Deuxième point, on a beaucoup parlé des
prévisions de l'IDQ, qui indiquerait que nos prévisions sont exagérées, et le
député de Marguerite-Bourgeoys a utilisé un qualificatif moins élogieux. Mais,
juste pour préciser, là, le 1,5 % que l'Institut du Québec avait pour 2024‑2025,
c'est pour les revenus totaux. Donc, ça doit être comparé aux 2,4 % de
revenus totaux du gouvernement, et non aux 4,7 %. Et dans le 2,4 %,
bien, évidemment, il y a la croissance des salaires du secteur public, là, une
information que nous avions que l'IDQ n'avait pas. Alors, il est possible que
le chiffre de l'IDQ à 1,5 %... mais je suis convaincu que ça a été fait de
manière professionnelle puis je sais qu'ils font du bon travail. Mais... mais,
certainement, il ne faudrait pas mettre en doute la prévision de 2,4 % de
revenus du gouvernement du Québec qui, elle, est informée des négociations dans
le secteur public, information que l'IDQ n'a pas.
Ensuite, on a beaucoup parlé des écarts
des émissions. En fait, ce qui s'est passé, M. le Président, cette <année...
M. Girard (Groulx) :
...pas.
Ensuite, on a beaucoup parlé des écarts
des émissions. En fait, ce qui s'est passé, M. le Président, cette >année,
c'est que la situation de l'Ontario s'est améliorée contre tous les émetteurs.
Alors, il faut bien le dire, l'Ontario a une perspective positive de quatre
agences, et effectivement, dans leur dernier plan budgétaire, ils prévoyaient
un objectif de retour à l'équilibre budgétaire, avant contribution au Fonds des
générations, pour 2026-2027 et puis, là, ils vont sortir leur budget le
26 mars, puis on verra où ils en sont. Puis loin de moi de faire des
prédictions, mais je sais qu'eux aussi font face à un accroissement de la
population, puis qu'ils ont eu un ajustement salarial relié à des dossiers
litigieux, et puis, bien... bref, laissons l'Ontario sortir son budget. Et la
dette nette du PIB du Québec est à 39 %. Il y a six mois, l'Ontario a
prédit que la sienne serait à 38 %, mais là il y aura un budget. Alors, il
est possible qu'on se retrouve au même niveau de dette nette et avec le Québec
côté plus haut que l'Ontario, mais l'Ontario, avec des perspectives positives.
Quant aux écarts d'émissions, bien,
effectivement, nous transigions un point de base à travers l'Ontario avant le
budget, mais, il faut être bien clair, M. le Président, nous n'émettions plus.
On n'émettait plus depuis la fin novembre parce que notre... nos états
financiers ne reflétaient pas l'évolution de la négociation. Je l'ai dit à la
mise à jour, les données étaient jusqu'à la fin octobre, et les négociations se
sont conclues à la fin décembre, à un autre endroit où... que nous étions à la
fin octobre. Et donc, puisqu'il n'y avait pas d'émission, bien, nos écarts
étaient très serrés.
Et là le budget a été bien reçu dans les
marchés financiers. Ça a été souligné par le député de Marguerite-Bourgeoys. En
fait, moi, j'ai rarement vu ça, un émetteur faire quatre émissions en cinq
jours ouvrables, dont une émission de 3,3 millions... 3,3 milliards de
dollars canadiens en euros, un 10 ans, qu'il y a tellement eu de demandes qu'il
y a eu une réouverture, un 30 ans, Hydro-Québec est venue, de nouvelles
émissions aujourd'hui. Et, oui, on a bougé les écarts d'approximativement trois
points de base, donc passer de moins un à plus deux, plus deux et demi.
Et là le budget de l'Ontario viendra. Et
l'Ontario, eux n'émettent pas parce qu'ils sont dans une situation où, avant un
budget, on n'émet pas, et on verra où sera leur budget, et où ils émettront, et
où les écarts seront. Mais, bref, on était très, très, très, légèrement
inférieurs, nous sommes très, très légèrement supérieurs. On verra comment ça
va évoluer. Mais c'est certain que tout ça doit être regardé dans une
perspective de long terme, et c'est certainement notre intention de transiger,
à long terme, au même niveau ou, si on peut, inférieur à l'Ontario.
Mais je répète que... Il y a trois grands
émetteurs au Canada : l'Ontario, la Colombie-Britannique et le Québec. Et
la situation... le budget 2024-2025 de la Colombie-Britannique était,
toutes proportions gardées, avec un déficit plus élevé que celui du Québec. Et
là on verra où l'Ontario va arriver puis on verra où les marchés positionnent
tous ces gens-là.
Au niveau des agences de notation, bien,
il est normal que... pas... je ne veux pas dire normal, mais il est de coutume
que des DBRS et Moody's émettent des communiqués dans les 24 heures qui
suivent un budget. Elles l'ont fait cette année. Elles ont dit que le déficit
de 11 milliards était important. Et je suis content que le député de Marguerite-Bourgeoys
clarifie toutes les distinctions entre un déficit de 11 milliards, qui est
un élément négatif de crédit, et les perspectives négatives. Et, d'aucune
façon, DBRS et Moody's n'ont émis de perspective négative. Et d'ailleurs les
communiqués étaient néanmoins balancés, là. Si je prends Moody's, bien, je vais
vous lire la phrase, M. le Président : «In our view, the material fiscal
pressures are expected to be restricted to 2025 and 2026.» Alors, qu'est-ce que
ça veut dire? Ça veut dire que la situation budgétaire difficile est très
difficile présentement, 2024-2025, 2025-2026, parce qu'il y a des éléments
temporaires, on en a parlé, <de...
M. Girard (Groulx) :
...difficile
est très difficile présentement, 2024-2025, 2025-2026, parce qu'il y a des
éléments temporaires, on en a parlé, >de la stagnation de l'économie. La
politique monétaire fonctionne. L'économie est dans une période de stagnation.
Tous les secteurs sensibles aux taux d'intérêt ont ralenti. Et, dans notre cas,
bien, il y avait deux autres éléments importants, c'est-à-dire les feux de
forêt, la sécheresse, la faible hydroélectricité, faible exportation, et les
règlements dans le secteur public. Et maintenant on a des ententes pour les
cinq prochaines années, une stabilité qui sera appréciée parce qu'on a...
essentiellement, les salaires sont 50 % de nos dépenses, alors là on n'a
pas d'incertitude sur 50 % de nos dépenses qui viendront dans le temps,
et...
Bref, les agences font leur travail, et
nous, on fait le nôtre. Le déficit est élevé, à 11 milliards, et ça va
nécessiter des gestes réels. C'est gérable. On s'en occupe. Et soyez certain,
M. le Président, que l'équilibre budgétaire, la réduction du poids de la dette
sont des engagements fermes du gouvernement.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, M. le ministre. Alors, il reste 1 min 40 s à votre
groupe parlementaire. M. le député d'Orford.
M. Bélanger : Merci, M. le
Président. Bien, je tiens à saluer la réplique très précise et mentionner aussi
qu'il faut être prudent lorsqu'on fait des comparaisons, exemple, avec
l'Ontario, surtout que l'Ontario n'a pas présenté son budget. Donc, je salue
les précisions que le ministre a apportées.
Moi, peut-être plus tard en après-midi, il
y a un dossier que je vais vouloir discuter. Bon, je suis l'adjoint
parlementaire du ministre des Finances puis je pilote un dossier qui est
important, qui est un dossier de connectivité. Et on a annoncé, au budget, un
25 millions. Ça semble peu, mais ce que je tiens à préciser, c'est que ce
25 millions là se rajoute à près de 160 millions, qui a été généré
par une saine gestion du projet précédent, et puis qui est un projet, en
passant, qu'on a réalisé dans le dernier mandat. Et puis je pourrai vous parler,
plus tard cet après-midi, de notre deuxième engagement et l'impact que ça peut
représenter au niveau des dépenses et des revenus de l'État, entre autres.
Ça fait que, M. le Président, je ne sais
pas combien de secondes il nous reste pour...
Le Président (M. Simard) : 35,
cher collègue.
M. Bélanger : 35 secondes.
Bien, je pourrais peut-être y aller rapidement, peut-être, en mentionnant que
l'engagement qu'on avait pris en 2018 en termes de connectivité, c'est un
engagement qui avait débuté sous Jacques Parizeau dans les années 90. Et
puis, à ce moment-là, il y avait un déficit de 5 milliards. Et Jacques
Parizeau s'est choqué puis il s'est dit : La connectivité est un élément
important, mais ça n'a jamais été réalisé. Et, en 2003, Jean Charest avait fait
la promesse, justement, de brancher les régions dans un mandat, ce qui n'a pas
été fait.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Bélanger : Et notre
gouvernement l'a réalisé dans un mandat en 2018.
Le Président (M. Simard) : C'est
fort intéressant, mais on devra y revenir plus tard parce que votre temps est
complété. Merci à vous, cher collègue.
Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard, qui dispose de
11 minutes.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je rassure tout de suite le ministre, on va avoir la chance
d'échanger. Et, malgré la volonté de notre parti de réformer profondément cette
institution, cette partie-ci, je dois avouer que je suis assez orthodoxe dans
mon approche et je trouve que ces échanges-là méritent d'être là.
• (12 h 50) •
Je vais peut-être commencer par mettre la
table pour qu'on se mette d'accord sur un certain nombre de concepts, parce que
je dois dire que tous les arguments qui ont été apportés par le gouvernement
sont des choses dont on parle depuis longtemps, étant donné que vous savez, M.
le ministre, que nous ne sommes pas dogmatiques sur l'approche de la question
de la dette et des déficits, malgré, évidemment, qu'on ne pense pas que c'est
une bonne chose.
Donc, je vais me permettre de lire
quelques citations. Donc là, je lis une citation du premier ministre, qui dit
que... non, dans Le Devoir, Le Devoir qui cite le
premier ministre, qui dit que : «Le premier ministre a relativisé la
situation financière actuelle en soulignant que le déficit de 11 milliards
pour l'année 2024-2025 est comptabilisé après des versements destinés à
rembourser la dette au sens comptable. En calculant les revenus moins les
dépenses, il est de 8,8 milliards de dollars». Et M. Legault a
aussi déclaré que... le premier ministre, pardon, a déclaré que : «Cette
somme équivaut à 1,5 % du produit intérieur brut. Je pense que c'est
quelque chose de raisonnable».
Donc, peut-être d'abord, est-ce qu'on peut
se mettre d'accord une fois pour toutes, et je pense que vous avez donné une
entrevue dans ce sens-là, à Zone économique, que le vrai déficit, c'est
celui qui ne contient pas les paiements <au...
M. Bouazzi :
...entrevue
dans ce sens-là, à Zone économique, que le vrai déficit, c'est celui qui
ne contient pas les paiements >au Fonds des générations?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, c'est deux concepts différents. Le surplus comptable, ou le solde
budgétaire au sens des comptes publics, revenus moins dépenses, qui est la
définition qui est utilisée dans les autres provinces et le gouvernement
fédéral, c'est effectivement un déficit de 8,8 milliards, qui correspond à
1,5 % du PIB.
M. Bouazzi : Exact. Et
d'ailleurs c'est la définition qui est utilisée partout dans le monde.
M. Girard (Groulx) : Essentiellement.
M. Bouazzi : Essentiellement.
La spécificité du Québec... Nous, ce qui... ce qui nous intéresse... c'est-à-dire
que, pendant plusieurs années, je me permets une remarque, on s'est retrouvé à
noircir la situation comptable du Québec... et par les gouvernements
précédents, hein, le vôtre, mais le vôtre ne faisait pas exception, et on s'est
retrouvé à noircir la situation. Et, cette fois, on utilise enfin des arguments,
qui nous semblent plutôt les bons, qui consistent à dire : Arrêtons de
faire semblant que l'argent qu'on met dans le Fonds des générations vient
noircir la situation, étant donné... dans la situation actuelle, vous vous êtes
fait un plaisir de le répéter ad nauseam et vous aviez raison.
La deuxième, peut-être, remarque, c'est la
question du pourcentage du PIB, du déficit. Je ne suis pas sûr, honnêtement, et
puis je me permets, en tant que jeune élu, jeune, évidemment, par le fait que
ça ne fait pas longtemps que je suis élu, dans le... dans le budget, il y avait
une représentation des pourcentages de PIB, du déficit.
M. Girard
(Groulx) :
...
M. Bouazzi :
Exact. Est-ce que c'est une... Est-ce
que c'est une pratique courante des six dernières années d'avoir mis ça en
pourcentage du PIB?
M. Girard (Groulx) : Non,
c'est une information additionnelle qu'on a donnée cette année. Parce que c'est
certain que, par exemple, si on prend le déficit 2024-2025, qui correspond
à 1,5 % du PIB, c'est certainement plus que nous aurions voulu, mais il
est important de relativiser que, par exemple, la Colombie-Britannique était à
1,9 %.
M. Bouazzi : C'est... C'est
très bien. On pense que c'est une information importante. Et, encore une fois,
ça retombe sur ce qu'on dit, à Québec solidaire, depuis des années, c'est
qu'évidemment ce qui compte, c'est le pourcentage du PIB et non pas la valeur
brute. Et vous aviez raison de le répéter, de la même manière que la dette en
tant que telle, en pourcentage du PIB, est l'information la plus probante à
avoir et puis évidemment son évolution. Donc, je me permets, par exemple, de
rappeler... et puis vous me direz si vous êtes en désaccord, c'est que, si on
continue à avoir des déficits annuels année après année, on l'espère, le plus
bas possible et que la dette par rapport au pourcentage du PIB... en
pourcentage de PIB ne fait que diminuer, on s'entend que le déficit, en fait,
n'a pas d'intérêt dans ce cas-là.
M. Girard (Groulx) : Non, je
ne serais pas d'accord avec vous, parce qu'au Québec nous avons négligé nos
infrastructures pendant longtemps, et le gouvernement du Québec a dû faire un
ajustement majeur au plan québécois en infrastructures, c'est-à-dire qu'il est
passé de 100 milliards en 2018 à 153 milliards cette année. Et ces
dépenses en capital là, qui sont essentiellement, là, pour les gens qui nous
écoutent... faisons l'hypothèse que c'est 15 milliards par année, bien, ce
15 milliards de dépenses là, là, il y a une part importante qui augmente
la dette. Pas tout, là, parce qu'il y en a une part... celles qui sont en
dehors du périmètre comptable, ils passent à la dépense, puis il y a des...
l'amortissement du capital puis des intérêts, c'est dans le cadre financier.
Mais, par exemple, si vous regardiez, vous verriez qu'essentiellement on doit, à
chaque année, avec un... avec un PQI de 153 milliards, la dette augmente
de près de 8 milliards par année, la dette nette, parce qu'on fait
d'importantes dépenses en capital. Et c'est pour ça que d'être à l'équilibre
budgétaire, revenus moins dépenses, avec le déficit d'infrastructures auquel
nous faisons face... C'est-à-dire qu'on doit faire des investissements
importants en infrastructures. Alors, l'essence du Fonds des générations, qui
est de réduire le poids de la dette, puisque le seul but <du...
M. Girard (Groulx) :
...l'essence
du
Fonds des générations, qui est de réduire le poids de la dette,
puisque le seul but >du Fonds des générations, c'est de réduire le poids
de la dette, c'est d'aller, jusqu'à un certain point, contrer les effets de
l'augmentation des dépenses en capital sur le poids de la dette.
M. Bouazzi : Je ne suis pas
sûr de vous suivre. Ça fait qu'on est d'accord, hein, que, d'abord, ce que...
ce que vous dites, c'est qu'effectivement, laisser aller nos infrastructures, en
fait, emmagasine une dette, même si... et puis il faut l'attaquer. Et, quand on
l'attaque, bien, évidemment, ça coûte de l'argent. Mais peut-être je vous
demanderai : Si vous avez à choisir entre deux situations théoriques, une
où il y a un déficit annuel qui n'est pas gros, mais une... un pourcentage par
rapport au PIB qui ne fait que diminuer, ou un déficit de zéro, mais dans le
cas, disons, d'une récession où on se retrouve à augmenter le pourcentage de la
dette par rapport au PIB, c'est lequel qui, d'un point de vue juste finances
publiques, serait le mieux?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous dirais que votre question est incomplète parce que vous vous référez au
solde budgétaire, qui est un élément de l'évolution de la dette, mais il faut
tenir compte des dépenses en capital. Et, comme les dépenses en capital sont
importantes au Québec parce qu'on fait des efforts extrêmement importants en
infrastructures, on est passés de 100 milliards à 153 milliards, on a
augmenté de plus de 125 % les infrastructures, par exemple, dans le réseau
de l'éducation, mais ça, ça augmente le poids de la dette, donc on ne peut pas
se contenter d'uniquement observer le solde budgétaire pour prédire l'évolution
de la dette. Parce que si j'étais au niveau, par exemple, du gouvernement
précédent à 100 milliards de PQI, bien, mon... mes... ma dette
augmenterait beaucoup moins vite. Si je pousse mon PQI a 200 milliards, bien,
je vais avoir une dette qui va augmenter plus vite.
Alors, nous, on cherche l'équilibre, on
fait des investissements importants en infrastructures, mais on est conscients qu'associés
à ces dépenses en capital, il y a un effet sur le poids de la dette.
M. Bouazzi : Je ne suis pas
sûr qu'on se comprenne et peut-être je n'ai pas été assez clair.
Une voix : ...
M. Bouazzi : Bon. Si on a une
évolution en pourcentage de PIB de notre dette qui baisse, est-ce que ce n'est
pas là le critère le plus important à suivre dans l'évolution, il faut que ça
baisse en pourcentage de PIB? Et que si ça, ça arrive alors que les déficits
peuvent être positifs ou négatifs, est-ce que c'est plutôt ça qui est le plus
important, sachant qu'il est possible d'avoir un déficit annuel tout en ayant un
pourcentage de la dette qui ne fait que baisser par rapport au PIB et que
l'inverse est possible aussi? Et, nous, si on a à choisir, soyons clairs, on
choisirait une baisse du pourcentage de la dette par rapport au PIB annuelle,
tous les ans, plutôt que d'être dogmatique sur le déficit zéro.
M. Girard (Groulx) : ...alors,
je vous répondrais qu'il est vrai que, si le déficit par rapport au PIB baisse,
on est sur une trajectoire descendante, et c'est bien. Ce que... Par contre, ce
que je vous dirais, c'est que, dans l'état actuel des efforts qui sont faits au
niveau des infrastructures au Québec, aujourd'hui, là, 153 milliards sur
10 ans, c'est presque impossible que le poids de la dette dans l'économie
baisse sans faire des versements au Fonds des générations, et donc c'est
presque impossible d'être en déficit et faire 153 milliards de PQI...
M. Bouazzi : Je vous entends.
M. Girard (Groulx) : ...et
d'avoir un poids de la dette qui diminue en fonction du PIB.
• (13 heures) •
M. Bouazzi : Je vous entends.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Bouazzi : En conclusion,
je vous entends. C'était juste pour rappeler que si on est là actuellement,
c'est parce qu'il y a une continuité depuis maintenant la fin des
années 90 avec le dogme du déficit zéro...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Bouazzi : ...à qui on doit
le Parti québécois, et, à un moment, il faudrait sortir de ce dogme-là.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue.
M. Bouazzi : Et je vous sens
un peu en sortie de ce dogme-là.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue.
Compte tenu de l'heure, nous allons
suspendre momentanément nos travaux. On se rejoint à 14 heures. N'allez
pas trop loin. À bientôt.
(Suspension de la séance à 13 h 01
)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, bienvenue. Merci pour votre ponctualité. Nous reprenons nos
travaux, et je cède, d'entrée de jeu, la parole au député de Maskinongé. Monsieur,
votre groupe parlementaire disposera de 18 minutes.
M. Allaire : Merci. Merci, M.
le Président. Salutations, chers collègues. M. le ministre, salutations
également.
M. le ministre, vous allez me permettre de
saluer les efforts que vous devez faire à chaque budget, qui... qui ne sont pas
évidents, honnêtement, et puis j'ai cette réflexion-là à chaque année. Vous
devez, d'une certaine façon, négocier avec l'ensemble des parlementaires qui,
dans chacun de leurs comtés, ont des idées, ont des projets, ont des attentes.
Ils veulent régler différents enjeux. Ça fait que ce n'est jamais... ce n'est jamais
bien évident. Puis je pense aussi aux différents ministres qui, à tour de rôle,
doivent déambuler dans votre bureau avec différentes demandes, dans des années
où, au niveau... au niveau économique, c'est... ça peut être plus facile. Cette
année, je pense que c'était un exercice de gymnastique quand même assez
phénoménal, puis, je tiens à le dire, je pense que c'est tout en votre honneur
de l'avoir fait de la façon que vous l'avez fait, d'avoir pris le temps de nous
écouter, surtout. Et je salue l'ensemble du processus...
14 h (version révisée)
M. Allaire : ...de l'avoir
fait de la façon que vous l'avez fait, d'avoir pris le temps de nous écouter
surtout, et je salue l'ensemble du processus, là, qui vous a... qui vous a
amenés à déposer un budget la semaine dernière. Bien, en fait, pas la semaine
dernière, mais l'autre semaine avant.
M. le ministre, il y a un sujet qui, moi,
me tient un peu plus à coeur, qui...
M. Girard (Groulx) : ...
M. Allaire : Oui, la semaine
dernière. C'est ça, exact. Ça va vite des fois. Merci, M. le ministre. Tout ce
qui est l'optimisation de l'État, ça... moi, ça me parle beaucoup, et on a fait
des choses quand même depuis le début, qui n'est pas en lien direct avec l'optimisation.
Je pense à l'allègement réglementaire qui est quand même une façon d'optimiser
l'ensemble des services de notre gouvernement. Et dans ce contexte... dans ce
contexte-ci, avec le budget qui a été déposé, vous avez été clair sur ce qui s'en
vient. Vous avez un peu mis la table, là, sur notre volonté, là, vraiment, là,
d'être capable, là, d'optimiser l'ensemble des services de l'État, d'optimiser
l'ensemble des budgets ministériels tout en... en améliorant, pardon, la
prestation de services, naturellement, idéalement de ne pas toucher au fardeau
fiscal, donc que... Il n'est pas question naturellement d'augmenter les impôts
notamment. C'est sûr que ce qu'on souhaite, c'est retourner vers l'équilibre
budgétaire, et puis ça fait partie des solutions.
Ça fait que je vous... je vous fais une
passe, entre guillemets, pour faire l'analogie avec le hockey, que vous aimez
bien, mais vers où on s'en va, là? C'est quoi votre plan de match? C'est quoi
votre vision par rapport à ce volet-là en particulier?
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que... Juste pour préciser votre question, puis merci pour vos bons mots, vous
voulez qu'on précise les gestes pour revenir à l'équilibre budgétaire ou
particulièrement sur l'examen des dépenses fiscales et budgétaires?
M. Allaire : Les deux.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Merci. Alors, si on y va avec le sentier de retour à l'équilibre budgétaire,
là. Ça, c'est la section G, à la page 31, et puis on va rester dans les
grands principes, là. Bien, dans le fond, ce qu'on dit, c'est qu'on a une situation
difficile actuellement à 11 milliards qui est... qui se poursuit en
2025-2026 avec moins 8,5 milliards. Et puis après ça, ce qu'on voit, c'est
qu'il reste un solde budgétaire de 4 milliards qu'on a appelé pour fins de
simplification, là, le déficit structurel, celui qui reste une fois que l'économie
est revenue à son taux de croissance du potentiel. Et il y a... il y a essentiellement
quatre éléments qui... qui caractérisent notre stratégie.
D'une part, il y a les gestes immédiats, le
2,9 milliards qu'il y a dans le... dans le budget avec des gestes au
niveau des crédits d'impôt basés sur les salaires. Puis je tiens à dire, là, qu'on
maintient ces crédits d'impôt là. Essentiellement, on les réduit de 20 %
en moyenne, là. Bon, il y a trois crédits d'impôt principaux. Il y a l'effort
aux sociétés d'État. Il y a la taxation des cigarettes, qui est essentiellement
un geste de santé publique, parce qu'on va chercher le maximum qu'on peut aller
chercher sans favoriser la contrebande puis on vise toujours l'atteinte du
fameux 10 % de tabagisme au Québec, là. Et il y a la question des
véhicules usagés et de donner des ressources à Revenu Québec. Parce qu'on a
donné des nouvelles missions à Revenu Québec sur la cryptomonnaie, l'hébergement
touristique, les guichets automatiques, les bureaux de change, et tout ça, c'est
des missions en dehors de la mission principale de Revenu Québec. Ce qui fait
que, lorsqu'on ajoute ces missions-là, bien, il y a moins d'employés dans les
missions fondamentales, c'est-à-dire l'examen fiscal puis l'étude des
planifications fiscales agressives puis de l'évitement fiscal. Alors, on
redonne des ressources à Revenu Québec. Ça, c'est des gestes immédiats. Ensuite,
il y aura l'examen, ce qui a...
Puis je tiens à dire qu'au niveau des sociétés
d'État, les sociétés d'État sont autonomes, là, ça peut être tant des gestes
aux revenus que des dépenses. Puis, si on prend, par exemple, Loto-Québec,
bien, c'est certain que Loto-Québec peut aller capter des parts de marché des
opérateurs illégaux, là, puisque c'est le jeu, et, au Québec, c'est 100 %
la responsabilité de <Loto-Québec...
M. Girard (Groulx) :
...et,
au Québec, c'est 100 % la responsabilité de >Loto-Québec, mais on
sait qu'il y a des opérateurs illégaux. Donc, il y a des opportunités d'aller
chercher des parts de marché. Et on sait que le gouvernement précédent avait
légiféré. Malheureusement, ça n'a pas fonctionné, et je pense que l'intention
était bonne, puis là on regarde nos... nos avenues législatives. Mais tout ça pour
dire que... sociétés d'État, il y a revenus, il y a dépenses.
Ensuite, l'examen. Bien, l'examen, ce
qu'on... ce qu'on explique, c'est qu'il y a essentiellement 50 milliards
de dépenses fiscales, 277 mesures, 40 milliards au niveau des
individus, 10 milliards au niveau des entreprises, et que tous les experts
nous disent : Vous devez revoir systématiquement les mesures que vous avez
mises dans le temps. En fait, ça devrait... En fait, ce que les experts nous
disent, c'est que les mesures devraient toutes avoir une date d'expiration, ce
qui obligerait les gouvernements à se pencher sur l'efficacité de ces
mesures-là et de conclure ou non... Parce qu'il y a... il y a beaucoup
d'inertie dans le gouvernement, c'est-à-dire que c'est beaucoup plus facile de
créer des programmes que d'en éliminer. Il s'agit qu'il y ait quelques
personnes qui bénéficient d'une mesure pour avoir beaucoup de résistance à son
élimination.
Alors, ça, c'est les dépenses fiscales
dirigées par le ministère des Finances, avec le Conseil exécutif, et l'aide
de... sûrement, d'experts académiques pour revoir nos dépenses fiscales. Toujours
dans un angle efficacité fiscale : Combien il y a de dépenses fiscales, combien
de retombées fiscales? Efficacité économique : Combien il y a de dépenses
fiscales, combien il y a de retombées économiques? L'efficacité sociale : Combien
il y a de dépenses fiscales puis de retombées sociales? Et aussi se poser
simplement la question : Pourquoi avions-nous créé cette dépense fiscale?
Et est-ce que c'est toujours pertinent aujourd'hui? Ça, je pense, si on n'est
pas capable de cocher oui, bien, on aura une partie de la réponse, là.
Alors, pour les dépenses budgétaires,
bien, il y en a plus, il y en a pour 136 milliards. Ça, c'est le Trésor
qui va regarder ça, encore une fois avec le Conseil exécutif, les... des avis
d'experts indépendants, peut-être des avis du secteur privé, des experts
académiques. Et là, bien, on va aussi revoir les programmes puis pourquoi ils
ont été créés, puis qu'est-ce qu'on fait, puis est-ce qu'on pourrait faire
mieux. Puis il y a toujours la question de la transformation numérique de
l'État, là, qui est... qui est la source la plus apparente de la productivité
du secteur public.
Alors, un, geste immédiat, deux, processus
d'examen, trois, bien, c'est indéniable que les transferts fédéraux ne
répondent pas à la... Il y a un désengagement du gouvernement fédéral au niveau
de la santé et de l'infrastructure. On n'a plus de programmes en infrastructure
au gouvernement fédéral depuis le 31 mars... au 31 mars 2024, c'est
la fin du programme d'infrastructure du fédéral. Et on a parlé tantôt qu'il y a
d'importants besoins en infrastructures au Québec. Et donc on a... on a ça.
• (14 h 10) •
Puis, en santé, bien, l'entente qu'on a
signée, bien, elle a l'avantage d'être sans condition, mais elle a le
désavantage d'être nettement insuffisante. Puis ce qu'on voit, c'est que les
transferts fédéraux augmentent de seulement 0,5 % en moyenne sur cinq ans.
Puis tantôt j'ai parlé que le taux de... le différentiel devait passer de
0,4 % à 1,1 % entre les revenus puis les dépenses. La vérité, c'est
que, si les transferts fédéraux, par exemple, augmentaient de 4 % ou
3 % par année, bien, on se rapprocherait très près de ce 1,1 % qu'on
cherche. Alors, ça, c'est le troisième levier. Et il y a deux candidats,
là, principaux : soins dentaires et assurance médicaments, où on demande
retrait, sans condition, avec pleine compensation.
Et je ne pourrais pas... J'ai combien de
temps, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : ...7 min 30 s,
cher collègue, en fait, à l'ensemble de votre groupe.
M. Girard (Groulx) : OK. Bien,
je ne peux pas m'empêcher de souligner que nous avons perdu récemment un grand premier
ministre du Canada qui visait la réconciliation du Québec, la signature de la Constitution
canadienne et que, dans l'accord du lac Meech, il y avait une clause qui
limitait le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence des
provinces avec pleine compensation financière. Et on ne serait pas dans la
situation où nous sommes aujourd'hui si cette clause-là avait été acceptée,
endossée par les... À ce moment-là, c'étaient les <10 provinces...
M. Girard (Groulx) :
...acceptée,
endossée par les... À ce moment-là, c'étaient les >10 provinces qui
devaient l'adopter.
Et, bon, là, gestes immédiats, examen,
transferts fédéraux et, finalement, tout ce qui est la question des revenus. Puis
le député de Marguerite-Bourgeoys l'a bien mentionné, c'est beau de regarder
l'examen au niveau des dépenses, mais il faut promouvoir le revenu. Puis là, ce
qu'on fait, nous, au gouvernement, nous sommes arrivés... 1,5 % de PIB
potentiel, on veut aller à 2 %, on veut pousser le potentiel économique du
Québec, et là on est rendu à 1,7 %, et c'est certain que, bien, on vise
2 %, puis tous ici peuvent prendre leur téléphone et faire la différence.
Par exemple, sur 25 ans, là, si la croissance est de 2 % au lieu de
1,5 %, bien, si vous prenez votre calculatrice et vous faites 1,0005, qui
est le différentiel entre 2 et... Là, j'ai-tu mis un zéro de trop, là?
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : C'est la
différence entre 2 % et 1,5 %, et là, ce que je vous suggère, c'est
de faire 1 % plus la différence entre 2 % et 1,5 %, puis de
mettre ça à l'exposant 25, puis de faire moins 1, pour constater que
2 %, c'est beaucoup mieux que 1,5 % et que, sur 25 ans, ce petit
différentiel de 0,5 %, là, quand vous composez, c'est fantastique, là, au
niveau de la capacité économique du Québec d'assumer ses responsabilités, ses
missions de l'État.
Alors, on est rendu à 1,7 %. On fait
ça comment? Bien, on fait ça d'abord avec du fiscal, puis ça, c'est bien
expliqué, puisqu'on a parlé de la section E, là. Le fiscal, c'est... On a deux
outils principaux, qui est le crédit d'impôt à... — ça, c'est la page
E.6, là — le C3i, le crédit d'impôt à l'investissement, qui favorise
les investissements de moins de 100 millions, puis le congé fiscal pour
grands projets d'investissement, ça, c'est tout ce qui est en haut de
100 millions, et puis des crédits, là, de l'ordre de 15 %, 20 %,
25 %, dépendamment de la région. Ça, c'est l'aspect fiscalité.
Après ça, il y a l'aide directe. On sait qu'Investissement
Québec, il y a eu une réforme d'Investissement Québec, Investissement Québec
est plus présent, avec des interventions en équité, des prêts, des actions privilégiées
pour promouvoir, d'une part, la croissance des entreprises ici, mais aussi
l'aide à l'exportation, l'attraction d'investissements étrangers.
Et à ça s'ajoute le volet conseil, qui est
principalement livré aussi par Investissement Québec, mais aussi par Accès
entreprise Québec, par exemple en région, où là, par exemple, on pourrait
parler du programme de transformation numérique, là, où, tu sais, c'est beau de
dire : Transformez-vous, voici de l'argent, mais il faut quand même
assister les entreprises, diagnostic, aider. Ça fait qu'il y a... il y a un
volet conseil, là.
Fiscal, aide directe, conseil. Tout ça
vise à pousser le potentiel économique du Québec.
Puis, dans le budget, il y a la question
des secteurs stratégiques. On a cinq secteurs stratégiques au Québec.
Alors, c'est très bien de faire des nouvelles choses, mais il faut se rappeler
les avantages compétitifs du Québec dans le secteur de l'aluminium, dans le
secteur des sciences de la vie, dans le secteur de l'aérospatiale, dans le
secteur de l'intelligence artificielle et, maintenant, la filière batterie,
création de zones d'innovation.
Puis là on ajoute dans ce budget-ci les
laboratoires industriels. Les laboratoires industriels, c'est quoi? C'est des
infrastructures partagées de recherche et d'innovation où le privé, différentes
entreprises privées, différents milieux académiques vont partager les
infrastructures des laboratoires industriels pour innover, faire des gains de
productivité.
Le Président (M. Simard) : Alors,
cher collègue, il nous reste environ 2 min 30 s.
M. Allaire : ...le micro... Oui,
c'est le bon? Merci.
Le Président (M. Simard) : Voilà.
M. Allaire : Bien,
rapidement, M. le ministre, vous n'avez pas évoqué votre échéancier par rapport
à la révision notamment des programmes. C'est quoi, votre plan de match par
rapport à ça?
M. Girard (Groulx) : Alors,
on va déposer un plan de retour à l'équilibre budgétaire au budget 2025-2026,
et là, les examens commencent maintenant. Vous savez, il y a une tradition
après un budget : on se repose une journée, on prend un demi-verre de vin,
on met les pieds sur le pouf, on regarde une période, puis là on se rend compte
que les Canadiens perdent encore, puis là on se remet au travail, OK? C'est... c'est...
c'est émouvant. C'est reparti. Et là... Donc là, on travaille sur l'examen, on va...
on regarde, au ministère des Finances, on est en train de discuter comment
est-ce qu'on va faire cet examen fiscal. Mon collègue d'en face, je pense qu'il
sourit, je <pense...
M. Girard (Groulx) :
...cet
examen fiscal. Mon collègue d'en face, je >pense qu'il sourit, je pense
qu'il est d'accord avec ma... l'issue... ma conclusion sur l'issue du... de la
période de hockey, que j'ai potentiellement regardée.
Et là, nous, on est en train de travailler
pour déterminer comment on va faire ça, cet examen fiscal là, le Trésor fait la
même chose, le Conseil exécutif, mais on va être en marche. On va pouvoir
donner une feuille de route certainement à la mise à jour, dire qu'est-ce qui
est fait, qu'est-ce qui reste à faire. On va aussi dire publiquement si on
utilise... par exemple, dans le cas de la fiscalité, là, par exemple, si on
utilisait la chaire en fiscalité et finances publiques ou la chaire en
productivité des HEC, bien, on va le dire, là, qu'on utilise des experts
indépendants, on va... Mais je dirais qu'à la mise à jour, on va être en
position de dire comment on fait cet examen-là, puis au budget, on va être en
mesure de mesurer les dividendes associés à ces deux... cet examen... ces deux examens-là
qui composent la deuxième étape du plan de retour à l'équilibre budgétaire qui
comprend quatre composantes.
M. Allaire : Merci. Ça va, M.
le Président.
Le Président (M. Simard) : Collègue,
en 40 secondes, souhaiteriez-vous faire une conclusion?
M. Allaire : Non, ça va.
M. Girard (Groulx) : Moi, je
peux vous en faire une en 40 secondes parce qu'on ne gaspille jamais le
temps du gouvernement, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Allez-y,
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : À moins
qu'on l'investisse dans d'autres temps du gouvernement?
Le Président (M. Simard) : Ça
peut être reporté.
M. Girard (Groulx) : Mais, si
on parle de ça pendant 40 secondes, il va être épuisé, alors...
Le Président (M. Simard) : Mais
oui.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Il
vous en reste 22. On reconnaît en vous le comptable. M. le...
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Oui.
Bon, excusez-moi.
M. Beauchemin : ...corrigeons
le tir.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, vous disposez de 19 minutes.
M. Beauchemin : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Juste pour revenir un peu sur ce qu'on a dit ce
matin avant de se laisser pour le lunch, puis, disons, je vais prendre un peu
de temps là-dessus, je vais y aller d'un bloc là-dessus, puis après ça, on va
parler d'un autre sujet, puis le... dans le prochain sujet, on pourra... on
pourra dialoguer.
Ça fait que, donc, juste pour remettre les
pendules à l'heure, on parlait ce matin du coût de financement, et puis que,
finalement, le marché de la dette au Québec a... est bien avalé et digéré, le
5 milliards de nouveaux financements qui a lieu cette semaine, et ça, tant
mieux. C'est normal, évidemment. Lorsque, pendant plusieurs mois, on tient le
marché sous... sous verrou, comme ça a été le cas, puis c'est normal, ça fait
partie de la stratégie de la politique de financement du gouvernement d'agir
ainsi, puis c'est de bonne guerre, je pense, avec les participants dans le
marché. Aucun problème avec ça, mais je veux juste quand même dire quelque
chose. C'est que le marché, qu'est-ce que c'est? Puis M. le ministre va
sûrement être d'accord avec moi là-dessus. Le marché est un mécanisme
d'escompte d'événements futurs. Le marché est la résultante de l'interprétation
de ce que tous les participants nous disent en ce qui a trait à ce qui devrait
arriver plus tard.
• (14 h 20) •
Et donc, lorsque le marché, sachant très
bien qu'on... qu'on s'enlignait vers le budget quelque part au mois de mars et
que... donc, d'à partir de lundi de cette semaine, sachant très bien que le
budget allait être mardi cette semaine, et que le marché... Sachant très bien
qu'il y avait des besoins de financement, et ce, depuis des mois, le savait
qu'il y avait des besoins de financement, le marché ne s'est pas ajusté en
passant de moins dispendieux que l'Ontario pour le Québec de se financer à plus
dispendieux que l'Ontario pour le Québec de se financer simplement à cause du
volume qui a été émis sur le marché obligataire, parce que le marché savait
très bien que ça, ça s'en venait. Le marché le savait très bien, qu'il y avait
des conditions macroéconomiques. Non, le marché s'est ajusté pour la simple et
unique raison que ce qui a été annoncé lundi... ce qui a été perçu par le
marché lundi et ce qui a été annoncé mardi suite... en... par la suite des
commentaires du premier ministre mercredi, ça, a fait en sorte que le marché a
décidé de passer de moins... dans le terme de 10 ans, de moins de deux «basis
point», deux points de base moins dispendieux pour le Québec de se financer à
plus deux «basis point» par rapport à l'Ontario pour se financer pour le Québec
lors du... lors du 5 milliards de nouvelles émissions qui a eu lieu, donc,
cette semaine.
Donc, c'est la seule raison pour laquelle
le marché s'est écarté. Ce n'est pas à cause du volume de nouvelles émissions
qui s'en venait. Ce n'est pas à cause de... d'être non au courant de ce qui se
passait dans les nouvelles <macroéconomiques...
M. Beauchemin :
...d'être
non au courant de ce qui se passait dans les nouvelles >macroéconomiques.
C'est vraiment la nouvelle du budget qui a fait en sorte que ça a été comme ça.
Donc, c'était moins cher avant et plus cher après, et ça, c'est vraiment pour
conclure sur l'argumentaire qu'on a... qu'on a parlé ce matin. On était mieux,
donc, lundi matin, pour se financer, que jeudi, parce que, bon, le gouvernement
a tout de même surpris les marchés avec son déficit record de 11 milliards.
Maintenant, je veux parler de la
productivité. La productivité, M. le ministre, vous êtes au courant, c'est le
levier qui nous reste. On n'a pas la capacité de pouvoir avoir plusieurs
leviers, là, pour améliorer notre situation économique, on s'entend, on
s'entend là-dessus. Lors de la présentation de la... Ça, c'est ici, c'était en
novembre, hein, ça ici?
Une voix : ...
M. Beauchemin : Budget...
budget 2023, la prévision de la productivité, selon votre ministère, pour
l'année 2023, était d'une baisse de 0,9 %, et puis, pour l'année 2024
à 2027, une moyenne de plus 1 %.
Lors du budget de mardi dernier, la
productivité pour la même année, 2023, a été une baisse de 2,1 %. Pour 2024,
maintenant, le ministère prévoit une baisse de 0,3 %. Pour 2025,
maintenant, on prévoit une hausse de 0,9 %. Donc, on s'éloigne vraiment,
là, de la moyenne qui était prévue l'an passé, d'une augmentation de
productivité de 1 %. La chaire de productivité de l'Université de Montréal,
du HEC... pardon, excusez, mentionne comme quoi que, bon, si on veut faire
vraiment le rattrapage structurel de la richesse du Québec par rapport à
l'Ontario, on doit se donner une cible plus élevée que ça, et cette cible, elle
est de 2 %. Mais je fais juste mettre le contexte pour parler un peu des
mesures qui doivent être considérées pour faire en sorte qu'on puisse faire
avancer l'économie du Québec.
J'ai bien aimé votre commentaire que les
mesures devraient avoir... les mesures fiscales, les mesures du gouvernement
devraient avoir des dates d'expiration pour qu'elles soient automatiquement
revisitées, pour s'assurer qu'elles soient bel et bien efficaces, puis ça, on
pourra en discuter, je trouve que c'est une bonne approche, mais on doit quand
même considérer aussi ce qui est mentionné par des groupes économiques à
travers tout le Québec. Puis je vais juste en nommer quelques-uns, puis après
ça, on pourra... je pourrai vous poser la question.
Les Manufacturiers et Exportateurs du
Québec parlent que, bon, vous avez, dans votre budget, M. le ministre, parlé
d'investissements privés non résidentiels en hausse de 2,4 % en 2024
et 2,9 % en 2025, la réalité sur le terrain, selon le MEQ, elle est toute
autre. «Lors du récent sondage réalisé par le MEQ l'automne dernier, 26 %
des entreprises qui vivent des conséquences directes liées à la hausse des
coûts de taux d'intérêt déclarent reporter ou annuler complètement leurs
projets d'investissements.» Ça fait que ça, c'est le... ça, c'est le MEQ.
Le Conseil du patronat du Québec dit que
le «Budget Girard : un déficit qui inquiète les employeurs et est une absence
de mesures tangibles pour maximiser le potentiel économique du Québec.» Donc,
on parle du potentiel économique, le même 2 % qu'on aurait comme objectif,
là, eux autres, ils disent que c'est... il y a des... une absence concrète de
mesures pour l'atteindre. Ça, c'est le Conseil du patronat.
La Fédération des chambres de commerce du
Québec décrit le budget comme une déception pour le milieu économique, peu
d'aide pour aider nos PME.
Le FCEI parle du manque de vision pour les
PME, pour l'ensemble des petites entreprises au Québec.
Je vais... je vais vous reposer une
question, M. le ministre, que j'ai posée hier au ministre de l'Agriculture,
pour simplement en arriver à clarifier un point de vue qui est très, très, très
important pour l'ensemble de nos PME. Est-ce que le fardeau fiscal de nos PME
va être affecté dans les prochaines années?
M. Girard (Groulx) : Bien,
comme vous le savez, dans notre premier mandat, on a réduit le taux PME, là, de
4 % à 3,2 % pour être au même niveau que l'Ontario. Alors, il a été
réduit. Et, non, d'aucune façon, ce n'est notre intention, là, d'augmenter
l'impôt sur le revenu des sociétés. Lorsqu'on parle des dépenses fiscales, on
ne parle pas des taux d'imposition, là, et lorsqu'on dit qu'on va examiner les
277 dépenses fiscales, l'impôt sur le revenu des particuliers ou l'impôt
sur le revenu des <sociétés...
M. Girard (Groulx) :
...l'impôt
sur le revenu des particuliers ou l'impôt sur le revenu des >sociétés, c'est...
ça, c'est les tables d'impôt, ce ne sont pas des dépenses, des déductions
fiscales. Donc, non.
M. Beauchemin : OK. Le
fardeau fiscal dans son ensemble. Donc, il y a...
M. Girard (Groulx) :
Non. Puis d'ailleurs il faut...
il faut se rappeler, là, que nous avons les taxes sur les... Là, je vous ai dit
qu'on avait le même taux PME, ce qui est... nous en convenons, est bon, qu'en
Ontario, mais les taxes sur les masses salariales sont plus élevées au Québec
que dans les autres provinces, et c'est pour ça qu'il faut être prudent avec le
régime des rentes, là. Il ne faut pas augmenter les cotisations au régime des
rentes parce que ça, c'est une taxe importante pour les employeurs.
M. Beauchemin : Donc, vous
nous confirmez qu'il n'y aura aucune augmentation du fardeau fiscal de nos PME.
M. Girard (Groulx) : Bien,
quand vous dites «aucune augmentation»... Là, l'examen des dépenses fiscales,
il n'est pas fait, OK? Ça fait que, s'il y avait une mesure, s'il y avait une
dépense fiscale qui était associée aux entreprises et qu'il y a des PME puis
qu'on... il est... par exemple, qu'on concluait, après son analyse, que cette
mesure-là n'est pas efficace, mais il est possible que le fait d'éliminer cette
mesure-là ait un impact sur le fardeau fiscal de certaines PME, par exemple.
Mais...
Alors, il faut bien distinguer, là, les
termes, la langue française est précise, là, il n'est aucunement question
d'augmenter les taux d'imposition des PME. En général, il n'est aucunement question
d'augmenter les taxes sur les masses salariales, mais on ne peut pas faire un
examen des dépenses fiscales sans prendre le temps d'examiner les
277 mesures, là. Vous ne pouvez pas m'engager à ne pas bouger aucune des 277 mesures
avant que j'aie fait l'examen.
M. Beauchemin : OK. Au niveau
du taux d'imposition, cependant, vous...
M. Girard (Groulx) : Ça ne
bouge pas.
M. Beauchemin : ...vous vous
engagez à ne pas augmenter le taux d'imposition.
M. Girard (Groulx) : Je
m'engage. Le taux PME, certainement. L'impôt des corporations, ce n'est d'aucunement
notre intention. Mais vous et moi, on est d'accord avec ça. Mais je pense qu'on
aura... C'est important de dire que vous et moi, nous sommes d'accord parce
qu'on aura un troisième interlocuteur tantôt dans le débat qui serait peut-être
moins d'accord. Mais...
M. Beauchemin : Mais l'ensemble
des mesures fiscales et tout... tout le 270 que vous mentionniez, je
crois, là, le...
M. Girard (Groulx) : 277 mesures...
M. Beauchemin : 277.
M. Girard (Groulx) : ...50 milliards
de dépenses fiscales, dont 40, parce qu'il faut se rappeler le poids, là, 40
est aux particuliers, 10 aux sociétés. Puis là, dans les gestes immédiats, il y
a quand même... ça... Parce que, là, il faut faire attention lorsqu'on parle de
cinq ans puis de... À la cinquième année, là, parce qu'on y va très
progressivement, pour les crédits d'impôt sur les salaires dans le secteur de
la technologie, ça donne près de 400 millions, là. Ça fait qu'il y a déjà
des gestes au niveau des crédits d'impôt des entreprises qui sont faits. Alors,
on ne retouchera pas à ces crédits d'impôt là, là.
M. Beauchemin : OK. Bon. Ça
fait que, donc, de façon particulière, au niveau du taux d'imposition, un
engagement de la part du ministre de ne pas l'augmenter pour nos PME du Québec.
Maintenant, il reste à déterminer si le fardeau fiscal dans son ensemble sera
modifié. Je crois comprendre que, oui, ça va être modifié.
• (14 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
notre intention, ce n'est pas d'augmenter le fardeau fiscal. Mais ce que je
dis, c'est que, lorsqu'on fait l'examen des dépenses fiscales, nécessairement,
si vous éliminez une dépense fiscale, il y a quelqu'un qui bénéficiait de cette
dépense fiscale là. Ça ne veut pas dire qu'elle est optimale. Ça dépend des
critères sociaux, les critères économiques, les critères fiscaux.
M. Beauchemin : Le réflexe
d'avoir coupé de 1 milliard, je le comprends dans le sens que... bon, vous
l'avez expliqué, puis ça a été une qui a été identifiée tout de suite. Mais
pourquoi ne pas avoir mis en place tout de suite cette... une enveloppe
identique en termes de montants, pour pouvoir justement faire croître les
revenus, que ce soit en investissements, en recherche et développement pour nos
PME, que ce soit en investissements en intelligence artificielle? Et justement,
hier, on était avec le Scientifique en chef. Beaucoup, beaucoup de
conversations par rapport, peut-être, à un objectif de société d'avoir des
investissements en recherche, que ce soit fondamentale ou appliquée ou... orientée
versus fondamentale, plutôt, excusez, de l'ordre de...
14 h 30 (version révisée)
M. Beauchemin : ...fondamentale,
ou appliquée, ou... orientée versus fondamentale, plutôt, excusez, de l'ordre
de 3 % du produit intérieur brut. On est à 2,16 %, je pense...
2,67 %, excusez. Donc, l'objectif étant de se rendre à 3 %, en tant
que société, que ce soit autant au niveau aide gouvernementale que pour les
entreprises. Ça aurait peut-être pu être quelque chose qui aurait fait en sorte
que le gouvernement ait, donc, investi dans un temps de moins grande prospérité
économique, pour faire en sorte que, justement, le levier soit au rendez-vous
pour plus tard. Qu'est-ce que vous en pensez, de ça?
M. Girard (Groulx) : Bien,
si, à chaque fois que je fais une économie, je mets une nouvelle dépense, bien,
on ne résorbera pas le déficit structurel de 4 milliards. Et nous
convenons, vous et moi, votre parti et le nôtre, parce qu'il y a d'autres
partis qui ne sont pas d'accord avec cette approche-là, que l'équilibre
budgétaire, après contribution au Fonds des générations... L'importance du Fonds
des générations, c'est nécessaire. Mais là, si je fais des mesures aux revenus...
Parce que, depuis 2019, ces crédits d'impôt là avaient été identifiés comme
associés à des industries qui sont matures, qui ont été créées il y a
longtemps, quand le taux de chômage était à 10 %, si, aussitôt que je fais
une économie, je mets une nouvelle dépense, bien, on ne le résorbera pas, le
déficit de 4 milliards.
M. Beauchemin : ...d'un côté,
comme on mentionnait, il y a deux approches. On peut réduire les dépenses ou
augmenter les revenus. Ce qu'on discute, actuellement, c'est une façon d'augmenter
les revenus puis de le faire de façon structurelle, justement, pour que ce soit
récurrent, pour éliminer, donc, de façon permanente, le déficit structurel qui
est construit, donc.
M. Girard (Groulx) : Oui. Il
y a des gestes qui ont été faits, notamment à la mise à jour, avec le congé
fiscal pour grands projets d'investissement. Face à un déficit de 11 milliards,
que vous-même, vous avez qualifié d'important, bien, je pense que...
M. Beauchemin : ...
M. Girard (Groulx) : Pardon?
M. Beauchemin : Historique.
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Bien, il
n'y a pas... bien, en fait, on verra, parce qu'en pourcentage du PIB, il n'est
définitivement pas record ni historique, puis on verra s'il est plus élevé que
le 17 de la pandémie, à la fin de l'année, lorsqu'on sera aux comptes publics,
parce qu'on a 1,5 milliard de provisions.
Mais c'est que là, face à un déficit de 11 milliards,
je pense que c'est très important d'envoyer un signal qu'on s'en occupe, et
donc d'avoir des gestes immédiats. Or, si ma réponse à des nouveaux revenus, c'est
des nouvelles dépenses, bien, ça ne fait pas un cadre financier
particulièrement crédible, là.
M. Beauchemin : Je vous
entends...
M. Girard (Groulx) : Ça prend
des gestes concrets, c'est ça que je veux vous dire.
M. Beauchemin : ...je vous
entends là-dessus, ça prend des gestes concrets pour démontrer aux agences de
crédit, justement, comme quoi qu'on prend les choses au sérieux.
M. Girard (Groulx) : Bien,
les agences de crédit, les investisseurs, mais aussi tous les gens qui s'intéressent
aux finances publiques, dans le sens que, si on ne fait rien... Par exemple, si
on avait un déficit de 11 milliards puis qu'on disait : Ça va aller
mieux, croyez-moi, les baisses de taux vont amener de la croissance, puis le 11 milliards
va disparaître. C'est moins crédible qu'on fait des gestes maintenant, on a
identifié un processus pour faire d'autres gestes. On travaille sur les
transferts fédéraux puis on travaille sur la croissance économique. C'est une
question de crédibilité de la gestion d'une situation difficile.
M. Beauchemin : Je comprends.
Le Président (M. Simard) : ...il
vous reste deux minutes.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Juste peut-être, pour nous expliquer, parce que moi, en ce moment,
je suis en train de faire le focus sur le côté des revenus, l'amélioration de
la productivité. Je comprends votre argumentaire, à savoir on veut travailler
au niveau des coupures budgétaires, puis ça, je vous entends là-dessus. Mais j'essaie
juste de comprendre comment vous pouvez expliquer le différentiel entre la
prévision négative de productivité que vous aviez déposée au budget de l'an
dernier, pour 2023, qui était d'une baisse de 0,9 %, à une baisse de
2,1 %, là, finalement, au final.
M. Girard (Groulx) : Très
simple, le numérateur et le dénominateur. Alors, la productivité, c'est
essentiellement y sur l, c'est-à-dire la production divisée par le nombre d'heures
travaillées ou de travailleurs, fois le nombre d'heures, mais, essentiellement,
on parle de la production de l'économie sur l'ensemble des heures travaillées,
et, dans ce cas-ci, on est... pas au niveau de... Ce qu'on a eu, c'est une
croissance de la population phénoménale. On a eu, en raison de l'apparition <des
demandeurs d'asile...
M. Girard (Groulx) :
...dans
ce cas-ci, on est... pas au niveau de... Ce qu'on a eu, c'est une croissance de
la population phénoménale. On a eu, en raison de l'apparition >des
demandeurs d'asile, une augmentation importante. On a une croissance de la
population, en 2023, là... La croissance de la population historique du Québec,
c'est 0,7 %, et elle a été de 2,3 % l'an dernier...
Le Président (M. Simard) : Très
bien. En conclusion.
M. Girard (Groulx) : Alors...
Puis les feux de forêt puis... ça fait que la baisse de la production dans le
secteur forestier puis l'arrêt de la production d'électricité, parce que... la
baisse d'eau...
Le Président (M. Simard) : Très
bien, très bien.
M. Girard (Groulx) : Moins de
production, plus de travail, moins de productivité.
Le Président (M. Simard) : Je
cède maintenantla parole au député d'Orford, qui dispose d'environ
18 minutes, 18 min 30 s.
M. Bélanger : Merci, M. le
Président. Je vais... je vais peut-être continuer un petit peu sur... tantôt,
où j'ai mentionné par rapport à... par rapport à la connectivité, ça va pouvoir
donner une petite pause au ministre, même si je me suis gardé quelques
questions où je voudrais avoir des réponses. On a annoncé, comme je disais,
25 millions, mais 25 millions vient se rajouter, à peu près, 150,
160 millions, qui sont le fruit d'une efficacité de gestion sur
l'engagement précédent. Puis je veux revenir à l'engagement précédent, qui
était un engagement de 2018, pour brancher toutes les régions du Québec. Puis,
quand on dit de brancher toutes les régions du Québec, mais c'est... évidemment
que ça a un impact économique au niveau des régions. Je pourrai revenir plus
tard, là, au niveau impact PIB par région administrative.
Mais, si je reviens au budget, dans le
budget, on faisait un peu le sommaire de qu'est-ce qui avait été fait dans...
sur le premier engagement, qui était de rejoindre 250 000 foyers.
Parce qu'il faut comprendre que les... la connectivité, ça reste... ça reste un
dossier fédéral, qui est un dossier qui est de juridiction fédérale. Puis,
normalement, c'est à Ottawa à régler le dossier qui est relié aux
télécommunications, mais Québec a décidé de prendre le leadership de ce
dossier-là. Et on avait un budget qui avoisinait 1,3 milliard pour le
réaliser. Ottawa a mis presque 50 % du budget et puis nous a laissé la
totale gestion de ce dossier-là, ce qui a fait qu'on a quand même déployé près
de 70 000 kilomètres de fibre en 18 mois.
70 000 kilomètres de fibre, là, c'est... juste en termes d'équivalence,
c'est deux fois le tour de la Terre. Donc, ce n'est pas rien. Ça a fait
travailler beaucoup les entreprises... les entreprises en région.
Puis, en date d'aujourd'hui, bien,
l'objectif est dépassé par au-dessus de 50 000 foyers. Donc, on a
réalisé 125 % de l'objectif. Et puis la note qu'on a reçue d'Ottawa, c'est
100 %. Le Québec, en 2018, était en queue... en queue de peloton en termes
de connectivité au Canada, et, en un mandat, on est passé en queue de peloton à
premier à travers le Canada.
• (14 h 40) •
Puis je veux... je veux revenir un peu à
l'histoire parce que ce n'est pas rien. Puis, en fin de semaine dernière, je
lisais un article de Paul Journet dans La Presse Plus, qui parlait
justement d'un exploit, que la CAQ, le gouvernement avait fait l'exploit de
brancher les régions. Puis j'ai fouillé un peu... le week-end, j'ai fouillé un
peu sur l'historique, qu'est-ce qui s'était passé puis quand est-ce que...
quels ont été les engagements au niveau de la connectivité sur le Québec. Puis
je suis revenu en 1994, il y a 30 ans, et puis, à ce moment-là, les
finances publiques, ça n'allait pas tellement bien. Le déficit anticipé, là, il
frôlait les 5 milliards de dollars, mais 5 milliards de
dollars en 1994, c'est un déficit, en proportion du PIB, de beaucoup supérieur
au déficit qu'on a... qu'on a annoncé récemment. Donc, ce déficit-là était
important, mais, par contre, la connectivité était vraiment importante.
Puis le ministre... le premier ministre de
l'époque, qui était M. Parizeau, avait décidé justement d'aller au niveau de la
connectivité puis de... de s'assurer que cet engagement-là allait être réalisé,
puis ce qui n'a pas été fait. Par la suite, Jean Charest, comme j'ai expliqué
tantôt, en 2003... Puis là je voudrais juste vous lire sa citation, parce que
je l'aimais beaucoup. En 2003, Jean Charest disait : «Nous allons brancher
les régions avant la fin de ce mandat.» Ça, c'est 2003, ça fait quand même,
quoi, c'est 21 ans. Des connexions Internet haute vitesse seront
disponibles dans toutes les régions du Québec. Il faut rappeler aussi que cette
question d'être connecté, d'avoir accès à <Internet haute vitesse...
M. Bélanger :
...21 ans.
Des connexions Internet haute vitesse seront disponibles dans toutes les
régions du Québec. Il faut rappeler aussi que cette question d'être connecté, d'avoir
accès à >Internet haute vitesse, c'est aussi important aujourd'hui, en
2003, que jadis, l'accès à l'hydroélectricité l'a été et l'accès au téléphone.
Nous investirons également dans les infrastructures de transport. Ça fait que
ce n'est pas rien, puis notre gouvernement a quand même réalisé cet
engagement-là en 18 mois, donc à partir de 2021. Ça fait que l'impact, je
reviendrai un petit peu plus tard, là, l'impact au niveau économique est
significatif.
Au dernier budget, on a annoncé un 25 millions
qui vient se rajouter à des crédits qui étaient disponibles pour le second
engagement. Le second engagement, en termes de connectivité, c'est de déployer
une connectivité à 100 % mobilité à travers le Québec. Encore là, c'est un
dossier de compétence et de juridiction fédérale. Québec décide de prendre le
leadership de ce dossier-là. Il faut comprendre que, dans le dossier de
connectivité, il n'y a aucune information disponible. Ce n'est pas comme si
j'ai une carte de la RAMQ, ça me dit où je suis, c'est quoi, l'adresse, puis
tout ça. Mais les dossiers de connectivité, on n'avait aucune idée qui n'était
pas branché, et là on n'avait pas d'idée où sont les secteurs où il n'y avait
pas de couverture de mobilité. Donc, il y a deux ans, le ministre des Finances
avait annoncé, je crois, que c'est 75 millions, pour être capable de faire
la cartographie, finaliser un peu au niveau d'Internet haute vitesse, ce qui a
été fait. Et on a actuellement la carte... les cartes disponibles de toutes les
sections d'ombre au Québec qui n'ont pas de bonne couverture de mobilité.
Une particularité au niveau de la
mobilité, si je compare ça à Internet, Internet, lorsqu'on subventionne une
entreprise de télécommunication, ce qu'on... ce qu'on a fait... Je rappelle,
là, que le budget était au-dessus du milliard, mais on l'a quand même réalisé
pour 700 millions, donc on a été... on a été en bas du budget. Lorsqu'on
donne une subvention à une entreprise de télécommunication pour brancher
Internet, ça lui donne un client. Donc, il peut y avoir un forfait mensuel,
donc on peut... L'entreprise de télécommunication est capable de rembourser ses
frais d'opération et de maintenance. Lorsqu'on parle de mobilité, c'est un
autre dossier puis c'est quand même beaucoup plus complexe, parce qu'en région
ce n'est pas nécessairement rentable pour le Québec. Puis il faut comprendre...
souvent, on parle des : Oui, mais bon, le Québec puis le Canada, les
tarifs de connectivité sont très... sont très élevés par rapport à la France ou
les États-Unis, mais la population ou le nombre de foyers au kilomètre carré
est de beaucoup inférieur au Québec et au Canada, si on compare avec d'autres
pays. Donc, il faut faire attention lorsqu'on compare... lorsqu'on compare les
taux.
Mais au niveau du budget, il y a une
annonce qui a été faite, ce n'est pas rien, là, c'est 100 tours au niveau
des infrastructures. Chaque tour représente un budget d'au-dessus... au-dessus
de 1 million de dollars. Et le déploiement va débuter, ça a été
annoncé. C'est passé au Conseil des ministres, ça va être annoncé... annoncé
sous peu. On avait déjà 79 tours qui étaient... qui étaient en processus.
Je n'arriverai pas avec tous les... tous les détails dans quelle région. Donc,
on se retrouve à 179 tours. Vous allez me dire : Quels sont les...
quels sont les besoins pour avoir une couverture à 100 %? Ma réponse
serait peut-être 700 tours, sauf que le Québec n'ira pas subventionner des
tours dans un endroit, où il y a peu de... où il y a peu de trafic. On va
probablement faire comme on a fait avec Internet haute vitesse, on va utiliser
la technologie satellitaire. La technologie satellitaire, pour le moment, offre
une solution fixe. Donc, le satellite fonctionne bien au niveau d'Internet,
mais dans une... dans une situation où il n'y a pas de mobilité. Sauf que la
solution satellitaire mobile, d'ici deux ans, va probablement devenir une
solution intéressante qui va pouvoir venir compléter un peu notre offre et
s'assurer qu'on va être capable de remplir... de remplir notre mission.
Donc, je veux revenir au niveau de,
peut-être, l'impact que ça représente en termes de... en termes de rentabilité,
parce qu'on va réaliser nos engagements. Mais est-ce que ça coûte cher, la
connectivité? Est-ce que c'est rentable? Bien, l'opération haute vitesse, on
l'a fait sur le milliard. On a offert 700 millions. On a atteint
125 % de nos... de nos objectifs. Et puis il y a des régions... Je vous
donnerais un exemple. En 2022, l'impact, au niveau du PIB, pour une région
comme l'Abitibi qui était très peu connectée, c'est 3,5 %, 3,5 % du
PIB. Ça fait que la connectivité en termes d'impact <sur plusieurs
années...
M. Bélanger :
...au
niveau du PIB, pour une région comme l'Abitibi qui était très peu connectée,
c'est 3,5 %, 3,5 % du PIB. Ça fait que la connectivité en termes
d'impact >sur plusieurs années, parce qu'on a quand même un plan de
connectivité jusqu'à 2030, ça peut représenter 1 % du PIB nominal du
Québec sur les cinq prochaines années. Ça fait que ce n'est pas rien.
Puis je veux revenir au niveau de l'impact
des familles, parce qu'on parle que les tarifs au Canada et au Québec ne sont
pas... ne sont pas concurrentiels. Bien, depuis deux ans, depuis la fin de la
réalisation d'opération haute vitesse, les tarifs, au Canada et au Québec, mais
surtout au Québec, ont diminué d'à peu près de 20 %. Pourquoi? Lorsqu'on
subventionne une entreprise, par exemple pour brancher l'Abitibi, dans ce
cas-ci en Abitibi, c'était Vidéotron, bien, les concurrents ne se laissent pas
faire. Donc, les concurrents, à leurs frais, puis on ne les subventionne pas,
ils font ça à leurs frais, décident de, pas nécessairement d'envahir, mais
décident de pénétrer ce territoire-là de façon à ne pas le laisser à une seule
entreprise. Donc, ce qu'on a remarqué au Québec, on a subventionné, ça
représente... c'est de l'argent public, mais on a créé une concurrence et ça a
eu un impact au niveau des taux. Pour les familles, ça représente près d'un
millier de dollars par année, pour un utilisateur, peut-être 100, 150 $ en
termes... en termes de frais de connectivité... ce n'est pas rien.
Et puis je voudrais faire un peu une
corrélation. Si on continue, en termes de continuité, sur la connectivité d'ici
peut-être 2030, d'ici 2030, ça peut représenter jusqu'à 2 % du PIB, du PIB
nominal. Et la connectivité, qu'est-ce que ça fait en termes de productivité?
Parce qu'on parle de transformation numérique. Si je suis en région, si je veux
avoir des robots au niveau de l'agriculture, bien, ça prend une connectivité,
ça prend de la connectivité 5G pour l'intelligence artificielle, pour la
robotique, si on parle des villes intelligentes, si on parle au niveau du... au
niveau du transport, d'avoir des transports voiture autonome. Chaque dollar
investi en connectivité a un impact au niveau... au niveau du PIB du Québec.
Et là je voudrais revenir peut-être à un
élément, parce qu'au niveau du budget, on a annoncé des... l'élimination de
crédits d'impôt. Et puis un élément qui... que j'aimerais peut-être avoir
l'opinion du ministre, mais c'est au niveau de Roulez vert, parce qu'on sait,
on parle au Québec de transformer au niveau des... de l'automobile, d'aller de
plus en plus vers électrique. Mais quel est l'impact de cette, justement, de
cette déduction-là au cours des deux, trois prochaines années? Et puis
qu'est-ce qu'on va faire avec... qu'est-ce qu'on va faire avec ces sommes-là?
Parce que ça va représenter quand même un certain montant, quelles vont être
les économies? Et qu'est-ce que le ministre compte faire avec les sommes qui
vont être récoltées du programme Roulez vert qui va être progressivement
éliminé.
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci beaucoup, M. le député d'Orford. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Votre question, est-ce que c'est sur les modalités du retrait progressif ou
si... qu'est-ce qu'on va faire avec les sommes?
• (14 h 50) •
M. Bélanger : C'est plutôt :
Qu'est-ce qu'on va faire avec les sommes?
M. Girard (Groulx) : D'accord,
d'accord. Alors, Roulez vert, c'est un programme qui est populaire, dispendieux
et, malheureusement, peu efficace au niveau de la réduction des gaz à effet de
serre par dollar dépensé. Et donc, c'est bon d'avoir des mesures qui sont
populaires, parce que c'est bon d'avoir une adhésion à nos objectifs de lutte
de gaz à effet de serre, mais là on a un Plan pour une économie verte qui va
être doté de 9,3 milliards de dollars, qui est une augmentation, je
pense, de 36 % sur... 39 % depuis 2021. Et puis là on est à 60 %
de l'objectif de réduction de 37,5 %, et puis on veut atteindre la
réduction de, en 2030, de 37,5 % de nos émissions par rapport à 1990. Et
donc, ça nous prend des mesures qui ont plus de... qui sont plus puissantes,
plus performantes.
Alors, on cherche vraiment des mesures qui
vont, par dollar investi, avoir un impact plus important dans les réductions de
gaz à effet de serre. Et ça, je laisserais le ministre l'Environnement les
identifier, <j'avoue que là...
M. Girard (Groulx) :
...alors
on cherche vraiment des mesures qui vont, par dollar investi, avoir un impact
plus important dans les réductions de gaz à effet de serre. Et ça, je
laisserais le ministre l'Environnement les identifier, >j'avoue que là
je suis au-delà de mon... de mon expertise. Mais je peux vous dire que c'était
bien connu, là, que, par tonne de CO2 réduite, là... c'est un
programme dispendieux. Puis il y a un autre facteur qui est très important,
c'est-à-dire qu'on a un certain nombre de véhicules électriques sur les routes,
mais on n'a pas assez de bornes, puis on n'a pas assez de bornes performantes
pour charger rapidement.
Alors, par exemple, si, à la conclusion de
cette réunion aujourd'hui, vous prenez votre voiture électrique puis vous
quittez pour Montréal, bien, il est possible que vous allez devoir recharger à
Drummondville ou Trois-Rivières. Et là, dans un monde idéal, vous aimeriez
recharger dans un temps à peu près équivalent à celui si vous faisiez votre
plein, en 10 minutes, vous branchez votre voiture, vous rechargez. Puis
là, finalement, vous voulez d'un niveau... pour encourager l'usage des voitures
électriques, mais on vise une situation où en fait toujours Québec, Montréal, à
l'intérieur de trois heures, pas une situation où on passe, par exemple, 45 minutes
à se recharger. Parce que ça, ça transforme rapidement un voyage de trois
heures à un voyage de 3 h 45 min. Puis ça, c'est si vous
n'arrivez pas à la borne puis il y a quelqu'un qui est déjà là, ça pourrait
rajouter 15 minutes, une demi-heure.
Alors, bref, on a besoin de plus de
bornes. Alors, je dirais qu'il y a deux endroits... peut-être qu'on achètera
plus de bornes ou déploiera des bornes plus puissantes, et peut-être qu'on ira
avec des mesures d'efficacité énergétique ou, par exemple, d'aide aux
entreprises. Il y a toute la question de l'efficacité énergétique des
bâtiments. Il peut avoir des mesures en transport en commun, ou des choses
comme ça. Mais, pour chaque dollar du 9,3 milliards qui sera dépensé en
réduction de gaz à effet de serre au Québec, il faut aller chercher le maximum
de réduction de gaz à effet de serre. Et cette douce réduction de Roulez vert
se fait parce qu'essentiellement le prix des voitures électriques a évolué.
L'écart entre le prix d'une voiture électrique et le prix d'une voiture à
essence a diminué dans le temps.
Mais, bref, il y aura des mesures et il y
aura des bornes. Mais j'aime bien les bornes, mais ce n'est pas moi qui fais la
location, là, mais moi, je rêve du jour où... Puis vous, vous êtes ingénieur,
moi, je ne suis pas ingénieur, mais à quand la borne qui nous recharge aussi
vite que le plein d'essence actuel?
M. Bélanger : Mais, M. le
ministre, il y a des... ça dépend des véhicules. Là, j'ai deux véhicules
électriques, un pour ma conjointe et un pour moi, je peux vous dire que, quand
je vais à Magog en hiver, la plupart du temps, je suis obligé d'arrêter à
mi-chemin, et ça m'arrive d'être obligé d'attendre parce qu'il n'y a pas assez
de bornes. Ça, c'est une problématique, donc, votre point est bon. Le véhicule
qui a un peu plus d'âge, je suis limité à 50 kilowatts, en termes de
recharge, mais l'autre, je peux faire du 150 kilowatts, ce qui est quand
même assez long, ça prend quand même 30 minutes, 30 minutes pour
faire le plein. Donc, votre point est très valide. Puis il y a beaucoup à
faire au niveau des bornes, parce que, justement, en termes d'économie
d'énergie, il y a des bornes qui se développent au niveau résidentiel et ces
bornes-là sont à deux sens. Donc, lorsqu'on arrive avec un véhicule qui est
plein de charge et, s'il y a une consommation, un pic de consommation, on peut
utiliser le véhicule pour être capable d'amoindrir la demande au niveau
hydroélectrique au Québec. J'ai terminé?
Le Président (M. Simard) : Vous
avez terminé, cher collègue...
M. Bélanger : Merci, M. le
Président
Le Président (M. Simard) : ...c'était
tout le temps dont vous disposiez. Sur ce, j'aurais besoin de votre
consentement afin que nous puissions suspendre momentanément nos travaux, et ce
temps pris le sera sur la partie gouvernementale. Y aurait-il consentement?
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Consentement.
Alors, nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 56)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président (M. Simard) : Bien,
chers collègues, nous reprenons nos travaux. Et je cède la parole au député de Maurice-Richard qui dispose d'une période de 20 minutes.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je voudrais échanger avec vous, M. le ministre, sur la question,
vous vous en doutez peut-être, des baisses d'impôts.
Vous avez pris la décision l'année
dernière... Une des raisons pourquoi on a un déficit aussi grand, c'est aussi
parce qu'on s'est privé d'une partie de richesse commune à travers la baisse d'impôt,
et vous le savez, vous avez décidé de baisser les impôts de tous les
Québécoises et les Québécois, et nous avons calculé que, pour les personnes qui
gagnaient plus de 100 000 $ et plus, ça représentait pratiquement 600 millions,
là, 590 millions de perte, de trou dans notre budget récurrent l'année
dernière, cette année, et toutes les années suivantes, est ce que vous pensez
que c'était une si bonne idée?
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mais merci et je me réjouis de votre évolution, parce que je sens que vous
endossez maintenant la baisse des impôts pour 4 millions de personnes et
que vous concentrez vos critiques sur les 600 000 qui gagnent plus de 100 000 $,
alors j'appellerais ça une convergence, et puis on en a souvent, on s'entend
souvent sur plusieurs choses, on s'est entendu sur la rente invalidité, et puis
là on s'entend sur les impôts pour 4 millions de personnes, puis là vous
me parlez des 600 000 qui gagnaient plus de 100 000 $.
La façon que la baisse d'impôt a été
structurée, c'est en réduisant les versements au Fonds des générations pour s'assurer
qu'elle n'ait aucun impact sur les services. Et donc s'il n'y avait pas eu de
baisse d'impôt, il y aurait eu... il aurait fallu avoir des versements au Fonds
des <générations...
M. Girard (Groulx) :
...de
baisse d'impôt, il y aurait eu... il aurait fallu avoir des versements au Fonds
des >générations plus importants et donc il n'y aurait pas eu plus
d'argent pour les services.
Alors, je rappelle que les versements au
Fonds des générations pouvaient atteindre jusqu'à 5 milliards en
2028-2029, je pense que c'était plutôt 2029-2030, là, et qu'on a tempéré ça à
3 milliards. Mais, de la façon que c'est structuré, il n'y a pas d'impact
sur les services.
M. Bouazzi : Je pensais,
honnêtement, qu'on avait réglé ce problème-là. Vous avez passé la dernière
semaine au complet à nous rappeler que, sans les versements au Fonds des
générations, le trou était juste de 8,8 milliards. Donc, il est évident,
M. le ministre, que l'argent qui... le 1,7 milliard en tout de baisse
d'impôt qui disparaît aurait pu... rajouté à votre phrase, qu'en fin de compte
le déficit était de 7 milliards ou, bref, 1,7 milliard de moins
plutôt que les 8,8 que vous nous rappeler à chaque fois, plutôt que le
11 milliards. Il est évident, M. le ministre, que, quand on se prive
d'argent, de baisses d'impôt, on... c'est de l'argent, effectivement, dont
l'État se prive. Maintenant, si on décide de payer la dette avec, de le mettre
dans le Fonds des générations ou de le dépenser, ça reste quand même de
l'argent que nous n'avons plus.
Parmi les personnes qui ont eu droit à ces
baisses d'impôt, il y a une catégorie dont je parle souvent et dont je pense
qu'on est les seuls à parler, c'est la catégorie des très, très, très riches
qui accumulent en capital plus de 1 milliard de dollars. Quand vous
êtes arrivés au pouvoir, il y en avait 11 qui accumulaient à peu près
26 milliards de dollars et, actuellement, il y en a 17 qui accumulent
autour de 50 milliards de dollars. Donc, je rappelle quand même...
M. Girard (Groulx) : ...c'est
des revenus ou c'est du capital, là?
M. Bouazzi : Du capital.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
M. Bouazzi : Du revenu à
50 milliards, M. le ministre, ça serait compliqué. Le... bon, je ne sais
pas si vous en connaissez, moi, je n'en connais pas, bon. Mais reste que
l'ordre de grandeur, quand même, est effarant, on parle de quantité d'argent...
Si on prend les deux premiers quintiles, donc l'argent en capital, la propriété
accumulée pour 3,5 millions de Québécois vaut à peu près le
50 milliards de dollars. Donc, on a 17 personnes qui ont
accumulé autant de capital que 3,5 millions de Québécoises et de
Québécois.
Un autre ordre de grandeur, c'est de dire :
Bien, si j'accumule, moi, je mets de côté 100 000 $ de côté tous les
ans. Si je veux arriver à l'argent de ces 17 personnes, il faudrait que
j'accumule 100 000 $ tous les ans, de côté, pendant 500 000 ans,
500 000 ans. Est-ce que vous pensez, M. le ministre, que ces
personnes-là pourraient contribuer plus à notre richesse commune? Est-ce qu'ils
paient leur juste part?
Le Président (M. Simard) : ...
• (15 h 10) •
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors là, on est dans la politique fiscale, et puis, au Québec et au Canada, on
a l'impôt sur le gain de capital puis on a, lors du décès, la présomption de
disposition et donc, si vous n'avez pas été imposé sur votre capital durant
votre vie... durant votre vie, point, vous êtes imposé lors de votre décès.
Alors, si on arrivait avec une taxe, par exemple, sur le capital, bien là il
faudrait revoir l'impôt sur le gain de capital parce qu'on se trouverait à
faire une double imposition.
Je pense qu'au niveau de la fiscalité au
Canada, on a choisi l'impôt sur le gain de capital, puis on pourrait avoir un
débat, entre gens, éclairé, là, si la déduction pour gain de capital est trop
élevée ou non et puis est-ce que la taxation des dividendes, elle est adéquate
ou non, mais on s'est donné une structure : impôt sur le revenu, impôt sur
les dividendes, impôt sur les gains de capitaux, imposition du capital,
présomption de disposition au décès.
Et donc ce que vous proposez, c'est
essentiellement l'ajout d'un impôt pour une classe de personnes qui... vous
avez dit un nombre, mais je ne connaissais même pas ce nombre, qui, en
proportion de 9 millions d'habitants, ce n'est pas beaucoup de personnes
puisqu'en soi on n'est pas une société où il s'est <accumulé...
M. Girard (Groulx) :
...ce
n'est pas beaucoup de personnes puisqu'en soi on n'est pas une société où il
s'est >accumulé beaucoup de richesses. Alors, à votre question est-ce
que je suis en faveur d'une taxe sur le capital au Québec? Ma réponse est non.
M. Bouazzi : Bien, en
fait, ma question, M. le... D'abord, évidemment, vous avez dit... vous avez
parlé de taxe-capital lors du décès, mais on s'entend, vous et moi, que ce
n'est pas une taxe sur le capital, c'est une taxe sur les gains en capitaux qui
auraient été faits si la personne les avait vendus de son vivant et donc ce
n'est pas une taxe sur le capital ni sur l'héritage. C'est l'impôt qui aurait
dû être payé à un moment donné si la personne avait vendu.
La... Ma question c'est est-ce que ces personnes-là...
Et puis, vous dites qu'il n'y a pas eu tant d'accumulation de richesses. Je
rappelle quand même que ces 17 personnes ont l'équivalent de la richesse
du patrimoine de 3 millions et demi de Québécois, là. C'est quand même un
ordre de grandeur que je... Ça n'a pas l'air de vous... de vous choquer, mais
c'est quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent. La question c'est
est-ce que ces personnes-là paient leur juste part, avant d'en arriver au
mécanisme.
M. Girard (Groulx) : OK.
Bien, en fait, moi, je n'ai vraiment pas l'intention de commenter sur la... sur
l'impôt sur le revenu d'individus particuliers, la situation fiscale de chacun
des... Je suis convaincu que la situation fiscale de ces 17 personnes-là
varie d'une personne à l'autre. D'une part, je n'ai pas accès à leur dossier,
et c'est... ce ne serait vraiment pas approprié que je l'aie. Je ne peux pas
vous dire combien d'impôt ces personnes-là ont payé chaque année. Mais vous, ce
que vous voulez amener, c'est une nouvelle taxe sur le capital. Et moi, je suis
contre.
M. Bouazzi : Je ne
comprends pas très bien. Donc, vous dites, en fait, que le fait que
17 personnes aient accumulé la richesse de 3 millions et demi de
personnes, vous n'avez pas à commenter ça. Est-ce qu'il y a... Est-ce qu'il y a
un ordre de grandeur? Est-ce que si les 17 personnes avaient accumulé
80 % du patrimoine au Québec, ça serait trop? Est-ce qu'il y a un moment
où ça serait... où ça serait trop, où on se dit : Il faudrait peut-être
partager un peu mieux que ça la richesse? Ou on se dit : Au minimum, ces
personnes-là n'auraient pas dû avoir accès à des baisses d'impôts?
M. Girard (Groulx) : Bien,
si on ramène ça à une échelle plus commune, là, parce que, là, vous, vous
parlez de personnes ultra, ultra, ultra riches, puis ça s'adonne qu'ils sont
17. Et si on prend le fameux 1 % au Québec, là, vous savez, le 1 %
dont on parle toujours, là, le 1 % le plus riche, là, ces gens-là gagnent
en moyenne... Là, je mets ma sous-ministre au défi, mais je vais vous dire
combien ce 1 % paie de l'impôt sur le revenu en proportion du total de
l'impôt sur le revenu qui est payé au Québec, 19 %. Alors, ces
personnes-là privilégiées paient 20 %, presque 20 % de l'impôt sur le
revenu, donc 19 fois plus que leur poids démographique en impôt sur le
revenu. Donc, ils contribuent à l'impôt sur le revenu.
Vous, ce que vous suggérez, c'est que
peut-être vous... ce serait préférable que ce soit 25 %, 30 %,
35 %. Moi, je considère qu'autour de 19 %, puisqu'en partant on
est... Vous savez, lorsqu'on regarde la distribution du fardeau fiscal au
Québec, on est en partant une société extrêmement taxée. Et sachant que ce
1 % là paie 19 % du total, bien, je considère qu'ils paient leur
part.
M. Bouazzi : Là, je vais
vous parler des inégalités de capital. Je suis un peu étonné que vous dites
qu'il n'y ait pas de taxe sur le capital. Est-ce que... Est-ce qu'il y a...
Est-ce qu'il y a une taxe sur le capital, sur la... au Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien,
vous faites référence à quelle taxe?
M. Bouazzi : Bien, il y
en a au moins une. M. le ministre, c'est qu'à chaque année les personnes qui
sont propriétaires d'une maison doivent payer...
M. Girard (Groulx) : Bien
sûr.
M. Bouazzi : ...un pourcentage
de la valeur de la maison pour la garder.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Bouazzi : Bon. Et
donc, sur cette lecture-là, actuellement, c'est sur la valeur de leur maison et
non pas sur leur avoir net. Et donc... Et on s'entend que, pour prendre par
exemple les 17 personnes, l'extrême majorité de leur capital n'est pas une
maison, ça ferait des grosses maisons à plus d'1 milliard de capital. Et
donc, il y a une taxe sur le capital aujourd'hui au <Québec...
M. Bouazzi :
...à plus
d'1 milliard de capital. Et donc, il y a une taxe sur le capital aujourd'hui
au >Québec, mais elle ne s'applique pas aux gens très riches.
M. Girard (Groulx) : Bien, il
y a un impôt foncier à la base des revenus des municipalités, c'est l'impôt
foncier. Vous savez que nous... le gouvernement précédent avait amorcé ça, puis
nous, on a accéléré la réduction de la taxe scolaire, c'est-à-dire qu'on a
tranquillement évacué ce champ fiscal pour le laisser aux municipalités.
Et ma... notre excellente sous-ministre,
avec la collaboration de nos excellents sous-ministres associés, me dit que le
seuil de revenus du 1 %, c'est 279 000 $, que le revenu moyen
est de 655 000 $ et que ces gens-là paient 20 % de l'impôt sur
le revenu. Mais ce n'est pas ça dont vous me parlez, vous me parlez de la taxe
sur le capital. Et oui, l'impôt foncier est une taxe sur le capital.
M. Bouazzi : Ce qui est
intéressant, par exemple, c'est que toutes ces personnes-là ont eu droit à une
baisse d'impôt que vous avez proposée et que vous continuez à penser que c'est
une bonne idée.
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, c'est même possible que la baisse d'impôt ait évité la récession au Québec.
Et la baisse d'impôt a été faite pour... vraiment, dans un horizon long terme,
stimuler l'offre de travail, augmenter le potentiel économique, mais elle avait
aussi un aspect conjoncturel, c'est-à-dire qu'elle arrivait au moment où
l'économie était extrêmement faible en 2023, et on estimait son impact à
0,3 % en 2023 puis on a fait 0,2 % de croissance.
Maintenant, dans une... La différence
entre être en récession et ne pas être en récession, c'est non linéaire, là, ce
n'est pas de dire : Ah, bien, si je prends 0,2 puis je faisais moins 0,2,
bien là, je prends 0,4, puis ça aurait bien été, la récession. Non, lorsqu'on
embarque dans une dynamique de récession, l'ensemble des secteurs de l'économie
sont faibles et il y a une accélération des problèmes, des difficultés, des
non-linéarités. Et c'est vraiment bon, si vous pouvez le faire, d'éviter d'être
en récession.
M. Bouazzi : Si... Bon, je...
Plusieurs choses à dire, mais pour conclure un peu sur cette question de
patrimoine absolument immense qui a été accumulé par très, très peu de monde...
M. Girard (Groulx) : ...on
peut présumer qu'ils ont payé de l'impôt, là.
M. Bouazzi : Pas sur le
patrimoine parce qu'il n'y a pas de taxe sur le patrimoine. Sur le revenu.
M. Girard (Groulx) : Bien, le
patrimoine, il faut...
M. Bouazzi : Sur le revenu,
mais pas sur le patrimoine.
M. Girard (Groulx) : Pour
accumuler du patrimoine, ça prend des revenus.
M. Bouazzi : Et...
Une voix : ...
M. Bouazzi : C'est ça. S'ils
ont payé leur impôt. D'ailleurs... en tout cas, on n'entrera pas tout de suite
dans les paradis fiscaux. Mais je signale au passage qu'il y a, en plus des
questions des paradis fiscaux, le fait que quand on a beaucoup de patrimoines,
on utilise beaucoup de l'argent sur des marges de crédit qui, elles,
évidemment, ne sont pas imposables, c'est une bonne manière de ne jamais être
imposé quand on a autant de patrimoines.
Et le fait qu'il y avait
11 milliardaires à votre arrivée qui accumulaient 26 milliards et
que, maintenant, il y en a 26 qui... 17 qui en accumulent 50, vous, est ce
que... Est-ce que c'est bien? Est-ce que si dans deux ans, il y en a... ils
accumulent 100 milliards, est-ce que c'est mieux? Est-ce qu'il y a une
limite? Est-ce qu'il y a une limite dans la quantité d'argent qu'une personne
peut accumuler quand on sait qu'il y a 900 000 personnes qui ont fait
la file pour les banques alimentaires au Québec cette année?
• (15 h 20) •
M. Girard (Groulx) : Bon.
Mais ça dépend comment cette richesse-là serait créée. Par exemple, si
quelqu'un développait une technologie pour recharger les voitures électriques
en cinq minutes, et qu'il se mettait à déployer ses bornes partout dans le
monde, puis qu'il devenait multimilliardaire, puis qu'il ferait travailler les
gens au Québec en ingénierie et en innovation pour produire ses batteries, et
puis que là il accumulerait du capital puis des actions dans sa compagnie, puis
que tout irait bien, puis il serait milliardaire, bien, moi, je dirais bravo.
M. Bouazzi : Donc, il n'y a
pas de limite.
M. Girard (Groulx) : Mais ce
n'est pas ce que j'ai dit, j'ai dit que... Mais vous me parlez,
17 contribuables, je vous dis que chaque situation est différente.
M. Bouazzi : C'est ça. Mais
ils ont tous... ils sont tous différents avec plus d'1 milliard en
capital. Que je rappelle, 1 milliard, c'est quand même 50 000 ans à
400 000 $ de côté.
M. Girard (Groulx) : Mais,
par exemple, si cinq de ces 17 ont créé la troisième compagnie du Québec puis
que ça... ils ont fait des exportations puis ils ont fait travailler des gens,
puis les caisses de retraite... le fonds de retraite du RRQ a investi dans leur
<compagnie...
M. Girard (Groulx) :
...gens,
puis les caisses de retraite... le fonds de retraite du RRQ a investi dans leur
>compagnie, puis que l'action a monté, bien, le succès entrepreneurial,
c'est positif.
M. Bouazzi : Je comprends
bien que c'est positif, mais je veux dire, il pourrait y avoir
900 millions, plus d'1 milliard, et puis ça serait quand même
beaucoup d'argent. Est-ce que... est ce que... est ce qu'il y a une
accumulation? Vous, vous dites : Là... Parce que je rappelle quand même
que ces personnes-là qui ont des brillantes idées, et puis je les en félicite,
ils doivent embaucher des gens en bonne santé, qui sont allés à l'école. S'ils
ont des produits, des batteries qui... ou des affaires pour recharger les
voitures, ils ont intérêt à avoir des routes où il n'y a pas trop de nids de
poule. Ils prennent des jets privés et puis ils ont besoin de toutes sortes
d'infrastructures. Je veux dire, ce n'est pas comme s'ils ne
sur-sur-surutilisaient pas les capacités des infrastructures de l'État pour
avoir des bons ingénieurs qui vont à l'école, etc. Je veux dire, ce n'est
pas... cet argent-là qu'ils ont fait, c'est aussi parce qu'il y a des
infrastructures autour dans la société qui leur permet de faire ça.
Et donc la question c'est : Est-ce
qu'ils paient leur juste part? Et vous, vous dites : Dans le système
actuel, ils paient leur juste part.
M. Girard (Groulx) : ...par
exemple, prenons quelqu'un qui aurait 1 milliard d'actifs, et l'an dernier,
il aurait fait 10 % de rendement avec son portefeuille 60-40 pour
l'allocation d'actif sur son milliard. Alors, supposons qu'il a fait
100 millions de revenus. Bien, cette personne-là, elle a payé
53 millions d'impôts.
M. Bouazzi : S'il a fait 100 millions
de revenus, il a payé 53 millions d'impôts?
M. Girard (Groulx) : Oui.
Parce que l'impôt... l'impôt... la... son... Lorsque vous avez de l'argent
comme ça...
M. Bouazzi : S'il le vend.
M. Girard (Groulx) : ...votre
impôt moyen et votre impôt marginal, c'est le même taux. C'est le plus haut
taux, c'est 53 %.
M. Bouazzi : Donc...
M. Girard (Groulx) : Donc,
vous payez 53 millions de revenus, donc vous contribuez.
M. Bouazzi : Vous m'avez
perdu, là. Donc, si....
M. Girard (Groulx) : Vous
avez 1 milliard d'actif...
M. Bouazzi : Voilà.
M. Girard (Groulx) : OK.
M. Bouazzi : Il a pris... Le
milliard a pris son million de valeurs.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
M. Bouazzi : Là, pour
l'instant, je n'ai pas payé d'impôts.
M. Girard (Groulx) : Non,
mais vous avez 100 millions de revenus, par exemple, à déclarer à l'impôt.
M. Bouazzi : Non, j'ai
100 millions de capital pour l'instant. Pour qu'il soit du revenu, il
faudrait que je le vende.
M. Girard (Groulx) : Non,
parce que vous allez... C'est-à-dire, vous, vous faites l'hypothèse qu'il y a
juste de l'appréciation du capital, mais présumément, vous avez un portefeuille
avec des actifs, des obligations qui vous donnent du revenu, qui est imposable,
des actions, qui vous donnent des dividendes, qui est imposable. Moi, ce que je
vous ai dit, c'est que grosso modo si vous avez fait 10 % de rendement,
vous avez fait 100 millions, vous avez payé 53 millions d'impôts.
M. Bouazzi : Donc, si j'ai
fait 10 % de rendement et que j'ai pris ça en revenus, à ce moment-là...
et puis... J'ai du mal à... Dans la majorité des cas, c'est du gain en capital
dont on parle pour ces milliardaires-là.
M. Girard (Groulx) : Bien,
pas uniquement.
M. Bouazzi : Et grâce...
grâce d'ailleurs à ce qu'a fait le Parti québécois il y a maintenant 25...
Le Président (M. Simard) : ...En
fait, c'est terminé la conclusion. C'était votre conclusion, cher ami.
M. Bouazzi : OK. C'est bon.
M. Girard (Groulx) : Bien,
vous pouvez lui donner. Il peut finir sa phrase.
Le Président (M. Simard) : Non,
non...
M. Girard (Groulx) : Sur mon
temps. Il peut finir sa phrase, ça vaut la peine.
Le Président (M. Simard) : Non,
on ne commence pas ça. Alors, on a fini ce bloc-là, et je vais donner la
parole...
M. Girard (Groulx) : Désolé.
Le Président (M. Simard) : ...au
député d'Orford. Je vous en prie.
M. Bélanger : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Parce
qu'il y aura d'autres blocs par la suite. Merci.
M. Bélanger : J'aimerais
préciser que pour une économie, c'est quand même plus intéressant d'avoir des
actifs qui sont actifs que des actifs qui sont... qui sont dormants pour la
croissance économique.
Je voudrais revenir aux batteries,
justement, et puis aux chargeurs, parce que c'est un dossier qui n'est pas
terminé. Mais je trouve... je trouve intéressant... puis je ne savais pas
pourquoi cette mesure-là a été faite, mais vous avez laissé les crédits pour
les bornes à la maison. Est-ce que c'est pour enlever le fardeau, justement,
d'avoir... de l'obligation d'avoir des... plus de bornes sur la route? Parce
que je reviens...
Je prendrais l'exemple de Tesla. Tesla,
quand ils ont déployé leurs bornes de recharge... Lorsque tu te charges à la
maison, les coûts de recharge sont de beaucoup inférieurs à si tu te charges
sur la route et puis tu ne peux pas rester chargé à la borne si ton véhicule,
il est déjà chargé. Donc, tu vas... tu vas te faire... il va... il va y avoir
un taux pour ça. Puis là j'oublie au début, là, parce que moi j'en avais déjà
eu une Tesla, puis ça ne coûtait rien pour les charger quand tu allais sur les
bornes, mais là ils ne le font plus.
Ça fait que ma question est : Est-ce
que le fait de garder les crédits pour les bornes à la maison a un impact sur
les investissements requis sur les bornes au niveau du... au niveau du
réseau... du réseau routier? Et, lorsqu'on se charge à la maison, bien,
évidemment, peut-être qu'il va y avoir des <moyens...
M. Bélanger :
...Et,
lorsqu'on se charge à la maison, bien, évidemment, peut-être qu'il va y avoir
des >moyens éventuellement pour diminuer la pointe... la pointe de
demande. Ça fait qu'idéalement notre véhicule se charge la nuit pendant que
notre lave-vaisselle a fini de marcher puis que, par la suite, la demande... la
demande est moins élevée. Ça, c'était pour les bornes à la maison. Puis j'ai
d'autres questions par la suite.
M. Girard (Groulx) : Alors,
votre question...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Non...
le président se cherchait de l'eau chaude. Votre question, c'est : Est-ce
que nous avons modifié les crédits d'impôt...
M. Bélanger : Pourquoi avoir
gardé le crédit d'impôt pour les bornes à la maison et...
M. Girard (Groulx) : En fait,
il n'y a pas eu de discussion autour de ce crédit d'impôt là. Je ne peux... Je
ne peux pas vous affirmer, là, qu'on a pris une décision, là, sur ce crédit
d'impôt là, il n'était pas en jeu. Là, le ministre de l'Environnement va
divulguer comment il va déployer son 9,3 milliards de dollars, et
c'est vraiment lui qui est notre quart-arrière pour atteindre les cibles de
moins 37,5 %. Alors là, on réduit les subventions aux véhicules puis on
maintient l'aide pour les bornes. Ce n'est pas... Ce n'est pas un crédit
d'impôt, je ne pense pas, là...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : C'est un
rabais à l'achat.
M. Bélanger : C'est un
rabais, mais, je trouve... je trouve, c'est quand même un bon incitatif, là, c'est...
M. Girard (Groulx) : Oui, on
maintient le... Ça, c'est, évidemment, si vous avez l'électricien qui est
disponible pour aller la poser chez vous, là, ce qui peut...
M. Bélanger : C'est du 240,
oui, c'est ça, ça se fait bien, mais c'est très... c'est très utile. Moi, j'en
ai... j'en ai une à la maison puis je suis capable de faire de la maison à
Québec sans...
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que vous, vous suggérez qu'on aurait dû enlever la subvention à l'achat?
M. Bélanger : Non, non, je
trouve que c'était une bonne idée parce que...
M. Girard (Groulx) : De le maintenir.
M. Bélanger : De le
maintenir, parce que, les véhicules, l'autonomie... l'autonomie augmente, et la
plupart des gens, d'après moi, ils font l'exercice de se dire : Bon,
bien... Comme moi, j'ai fait l'exercice : Orford-Québec, en hiver, 30 %
de moins d'efficacité, ça fait que j'ai pris un véhicule qui pouvait faire une
autonomie de 450 km, et, en hiver, je suis capable de le faire sans
arrêter à mi-chemin, ce qui est très utile quand tu commences le mardi matin
puis tu ne veux pas arriver... tu ne veux pas arriver en retard. Ça, c'était ma
première question.
L'autre question...
M. Girard (Groulx) : Ça fait
que tout le monde se rejoint au Madrid, là, le mardi matin.
M. Bélanger : Oui, il y a le
Madrid, mais il y a un nouvel arrêt, il y a un arrêt un petit peu plus loin qui
avait même des bonnes bornes de recharge, là.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
M. Bélanger : On les
découvre, on les découvre au fur et à mesure.
Là, je vais trahir un peu mon âge, là, mais,
moi, quand je suis sorti de l'école, bien, j'ai travaillé deux, trois ans pour
Coopers & Lybrand, dans ce temps-là ça s'appelait Coopers & Lybrand,
pas PricewaterhouseCoopers, et puis j'ai fait deux ans puis j'ai demandé d'être
associé, ils m'ont dit : Il faut que tu attendes 10 ans, ça fait que j'ai
décidé de partir mon entreprise. Et, en partant mon entreprise, j'ai bénéficié
beaucoup des crédits d'impôt à la recherche et développement, mais aussi des
crédits d'impôt au multimédia. Ça a permis... J'ai pu créer une filiale du
multimédia où je pouvais faire des projets, puis les crédits d'impôt, ce qui
représentait un bon ratio au niveau de la... de la masse salariale, c'était
très intéressant. Et il y a aussi les crédits d'impôt à recherche et développement,
où il y a Ottawa puis Québec, je pense, qui s'arriment à ce niveau-là.
• (15 h 30) •
Ma question, elle est quand même... elle
est quand même simple, parce que j'ai fait ça pendant plusieurs, plusieurs
années et, à un certain moment donné, je les utilisais quand, dans le fond,
peut-être que je n'avais pas besoin de les utiliser, autant les crédits d'impôt
à la recherche et développement et les crédits d'impôt au multimédia. Parce que
je crois que c'est Bernard Landry qui avait parti... en tout cas, la Cité du
multimédia à Montréal, etc., pendant les années 90. Ça a été un bon coup
parce que ça a pu développer l'économie au niveau du multimédia, pensons à
Ubisoft, etc., et... Mais je pense que ça a duré trop longtemps.
Et ma question est : Pourquoi, que ça
soit notre gouvernement ou que ça soit les gouvernements précédents, dans une
situation de pénurie de main-d'œuvre... de ne pas les avoir coupées plus
rapidement? Et, maintenant qu'on les... qu'on les enlève, qu'est-ce qu'on va
faire avec ces sommes-là? Quels vont être les bénéfices? Est-ce que ça va,
selon vous, créer un impact pour les entreprises du multimédia? Est-ce qu'ils
vont quitter le Québec? Est-ce que ça va représenter un impact fiscal négatif?
Ça, c'est la question que j'avais sur les crédits d'impôt multimédia, mais
aussi la facette des crédits d'impôt à la recherche et développement...
15 h 30 (version révisée)
M. Bélanger : ...multimédia,
mais aussi la facette des crédits d'impôt à la recherche et développement, où
parfois c'est une zone grise. Il y a des entreprises qui peuvent faire des
projets qui ne contribuent pas nécessairement à la recherche, et ces crédits d'impôt
là sont utilisés pour peut-être améliorer la marge de profitabilité de
certaines entreprises.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Sept
minutes.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Alors, bien, c'est toujours un équilibre, hein? Il y a... il y a des gens qui
disent : Bien là, si vous réduisez le crédit d'impôt multimédia, affaires
électroniques et effets spéciaux d'approximativement 20 %, pourquoi n'avez-vous
pas le courage de les abolir complètement, hein? Il y a des gens qui nous
disent ça. Puis, d'un autre côté, si je croise les entrepreneurs dans ces
entreprises-là, bien, à les entendre parler, la réduction de 20 %, bien, c'est
vraiment, vraiment, vraiment trop. Ça fait que, là, on cherche l'équilibre.
Alors nous, on... Ces crédits d'impôt là,
il y avait des enjeux d'intégrité, d'équité et d'optimalité. D'abord, d'équité.
Ce n'était pas normal que le crédit d'impôt affaires électroniques soit 24-6, c'est-à-dire
24 % remboursable, 6 % non remboursable. Ça, ça veut dire que vous
devez payer de l'impôt pour avoir accès au dernier 6 %. Puis le CTMM, lui,
il était jusqu'à 37 % remboursable. Alors là, ce qu'on dit, c'est que, sur
une période de cinq ans, puis ça c'est la page E.13, bien, on... ce qui
était 6 % non remboursable dans le CDAE va passer à 10 %, puis le
CTMM, va augmenter de 2,5 % pendant quatre années, commençant la deuxième
année. Parce qu'on sait que le marché, il est fragile, il est plus difficile
présentement. Mais bref, pour avoir le maximum du crédit d'impôt de 30 %,
vous allez devoir payer l'équivalent de 10 % d'impôt. Puis ça, c'est ce
que j'appellerais l'équité, d'une part, entre les deux crédits d'impôt.
Et d'autre part, l'équité, aussi, fiscale,
là. C'est-à-dire que, pour bénéficier du maximum du crédit d'impôt, vous devez
payer l'impôt au Québec, et, bien, c'est un enjeu, parfois, dans les... dans le
secteur des technologies. On a des entreprises qui sont profitables, mais,
parce qu'elles font beaucoup de dépenses en capital, bien, on n'a jamais d'impôt
sur le revenu. Mais ce n'est pas toutes les entreprises, là, mais ce sont des
caractéristiques de ces industries. Ils ont beaucoup de dépenses en capital. Ou,
une autre façon de voir ça, c'est qu'elles sont extrêmement dynamiques puis qu'elles
réinvestissent toujours leurs profits. Mais nous, on pense qu'on va chercher un
équilibre en mettant une portion non remboursable, c'est-à-dire que, pour en
bénéficier, vous allez devoir payer de l'impôt. Mais, lorsqu'on regarde l'ensemble
des changements, c'est essentiellement une réduction, en moyenne, de 20 %
au terme de cinq ans. Puis si on regarde la dépense fiscale, bien, elle va
rester constante à l'an 5 versus l'an 1, au lieu d'augmenter. Alors,
on ne coupe même pas la dépense fiscale.
L'autre point, c'est qu'on payait sur
le... on payait une subvention sur le premier dollar de salaire. Or, on a une
exemption, l'exemption personnelle de base, qui fait que vous ne payez pas d'impôt
sur le premier 19 000 $ de revenus au Québec. Alors là, on
subventionnait le premier 19 000 $ de revenus, puis ce 19 000 $
de revenus là, il n'est même pas imposable. Alors là, on a amené un seuil
minimum, c'est-à-dire qu'il n'y aura plus de subvention pour les premiers 19 000 $,
mais on a aussi fait, en contrepartie... on a enlevé le plafond. Puis on avait
un enjeu d'équité, parce qu'on n'avait pas le même plafond, dans le jeu vidéo,
que dans les affaires électroniques. Puis là c'est des... le même genre de
diplômés. Alors, on a enlevé le plafond, parce qu'on veut encourager d'avoir
les postes des plus hauts salariés, parce que c'est souvent eux qui dirigent l'innovation,
c'est les employés les plus performants, c'est ceux-là qu'on veut en valeur
ajoutée, ça fait qu'on a enlevé le plafond mais on a mis un seuil minimum.
Alors, tout ça fait qu'on cherche l'équilibre.
Mais c'est certain, il y a aussi <l'aspect d'équité...
M. Girard (Groulx) :
...
Alors, tout ça fait qu'on cherche l'équilibre. Mais c'est certain, il y a aussi
>l'aspect d'équité interprovinciale. Ces crédits d'impôt là, ils
existent en Colombie-Britannique, ils existent en Ontario, ils existent aux
États-Unis. Puis, si on avait coupé, par exemple, 100 % du crédit d'impôt
aux jeux vidéo, bien, l'industrie, elle aurait simplement traversé en Ontario.
Alors là, on était légèrement plus généreux que l'Ontario, puis là on tempère,
puis on donne une année pour s'ajuster. Parce que les ajustements ne commencent
pas tout de suite, puis ça va être fait graduel. Alors, on souhaite que
l'industrie demeure dynamique et qu'elle s'ajuste au nouveau taux d'imposition.
M. Bélanger : Je pensais vous
avoir posé une colle, là, mais ça n'a pas fonctionné. Mais j'ai une autre...
Le Président (M. Simard) : ...pour
le faire.
M. Bélanger : ...une minute,
une question sur Hydro-Québec. Bon, Hydro-Québec, on considérait que c'était la
vache à lait, là, pour le Québec, puis, lors du budget, on a mentionné,
justement, qu'Hydro-Québec... qu'on avait reçu moins, puis ça avait... l'impact
avait été important. Mais je me pose la question, avec les changements
climatiques puis savoir comment il y a d'eau dans les réservoirs, parce que
c'est un peu comme une batterie qui a accumulé une charge, là : Quelle est
la... Quel est l'horizon de prévision qu'on peut avoir, au niveau
d'Hydro-Québec, sur, justement, sa contribution à l'État et comment on peut
intégrer ça dans la planification financière?
M. Girard (Groulx) : Oui.
Alors, si vous regardez la page G.12, les révisions depuis mars 2023, vous
voyez que, les entreprises du gouvernement, en 2023-2024, on a eu une révision
de 1,6 milliard, en 2024-2025, une révision de 1,3 milliard et, en
2025-2026, 382 millions. Alors, essentiellement, la sécheresse, la faible hydraulicité
nous a coûté 3 milliards de revenus. Et ça, c'est parce que, lorsqu'il y a
moins d'eau dans les réservoirs, bien, on protège la consommation domestique et,
donc, on exporte moins. Mais les exportations d'électricité, c'est ça qui est
plus payant, parce que le tarif d'exportation, surtout en période de pointe,
est beaucoup plus élevé que les tarifs domestiques, donc... Mais, pour faire
face aux changements climatiques, il s'agit d'avoir des sources d'énergie, de
diversifier les bassins hydrauliques répartis sur...
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci, M. le ministre. Votre temps est complété, M. le ministre. Et je
dois maintenant, avec grand plaisir, céder la parole à la collègue de Bourassa,
qui dispose de 18 minutes et qui, incidemment, je vous le rappelle, est la
vice-présidente de notre commission. Chère collègue.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
M. le Président. Un grand plaisir d'être de retour dans cette commission-ci,
donc, notamment, pour pouvoir parler du budget. M. le ministre, je suis
porte-parole des dossiers emploi, travail et jeunesse, donc mon intervention,
donc, se concentrera sur ces différents aspects du budget 2024-2025.
D'abord, en matière d'emploi, j'ai envie
de vous parler de planification de la main-d'oeuvre. Vous m'avez entendue hier,
en période de questions, donc, parler des attentes, des prévisions de la Commission
des partenaires du marché du travail en matière d'emploi à plus long terme,
donc, l'horizon 2031, là, qui nous indique qu'il y aurait, donc, 1,6 million
de postes à pourvoir, donc, d'ici là, dans l'état d'équilibre du marché du
travail, là, qui est revu périodiquement. L'état d'équilibre nous parle, donc,
des différentes clientèles possibles, évidemment, donc, les jeunes, les
immigrants futurs, les personnes, donc... la future population immigrante, donc
celles qui ne sont pas à l'emploi, là, les membres de la population active qui
ne sont pas à l'emploi, puis évidemment les travailleurs expérimentés.
• (15 h 40) •
Sans surprise, je commencerais avec
l'aspect des travailleurs expérimentés. Puis je vais vraiment sur deux volets,
hein, parce que, dans le fond, la pleine question, donc, de la main-d'oeuvre se
fait sur deux aspects : bien, une augmentation du bassin de travailleurs
puis une hausse de la productivité de ces travailleurs- là.
Donc, sur l'augmentation du bassin de
travailleurs, j'ai nommé les clientèles, entre guillemets. Et j'aimerais vous
entendre, donc, sur le crédit d'impôt pour les entreprises, de maintien... de
maintien à l'emploi des travailleurs expérimentés. Je vous ai entendu hier nous
dire, bon, que... nous dire, bon, que, selon vous, donc, il y avait des
arbitrages à faire, donc, dans le budget. Mais est-ce que vous pensez que la
décision de l'abolition de ce crédit d'impôt là, qui a d'ailleurs été décriée
par l'ensemble du secteur des affaires, Conseil du patronat du Québec, Fédération
des chambres de commerce du Québec, etc... est-ce que vous pensez que ça va
aider à recruter ce bassin qui est sous-représenté sur le marché du travail,
qui... comme votre collègue l'a maintes et maintes fois mentionné?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, on <remonte à...
Mme Cadet : ...comme votre
collègue l'a maintes et maintes fois mentionné?
M. Girard (Groulx) :
Bien,
en fait, on >remonte à 2019. Alors, pour faire l'histoire des crédits
d'impôt, travailleurs expérimentés ou d'expérience, je ne me souviens pas quel
était l'ancien terme, et le nouveau, là, mais on parle des travailleurs de plus
de 60 ans, en 2019, on a dit... Puis je pense même qu'il faut
remonter aux... aux précédents gouvernements de 2014-2018. On avait mis un
crédit d'impôt à 10 000 $ à 65 ans pour le... 10 000 $,
non imposable, à 65 ans. Et ça déclinait, là, c'était 1 000 $ à
60 ans ou 2 000 $, puis ça atteignait 10 000 $ à
65 ans. Et puis nous, en 2019, on a regardé ça puis on a dit : Oui,
c'est intéressant de stimuler l'offre de travail, on va mettre 10 000 $
partout, là, 10 000 $ à 60, 61, 62, bon, tout ça. Puis ça coûte, ça,
quand même, 500 millions par année, là, aux contribuables, parce que finalement
on favorise une strate de contribuables aux dépens des autres, puis ça coûte à
peu près 500 millions par année, là, ce n'est pas gratuit, ce crédit d'impôt
pour...
Mme Cadet : J'ai une question
ici : Pourquoi vous dites «aux dépens des autres»?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est parce que, si on n'a pas ces revenus-là, il faut aller chercher des
revenus ailleurs. On se prive de 500 millions de revenus, en disant ce...
que leur revenu n'est pas imposable. OK? Et on se fait souvent demander :
Pouvez-vous l'augmenter, le bonifier, etc.? Bon, celui-là, il fonctionne parce
que les gens nous disent : Moi, je serais prêt à offrir plus d'heures de
travail, mais je trouve que mon bénéfice marginal n'est pas assez élevé. Donc,
pour stimuler le bénéfice marginal, on a réduit le taux d'imposition.
Au niveau de la demande, les employeurs, le
fait qu'il n'y ait pas de taxe sur la masse salariale pour les PME, pour les
travailleurs entre 60 et 64 ans, par exemple, ça... ça n'incite pas à
travailler, à faire des embauches. Parce que, de toute façon, les entreprises
cherchent des travailleurs, alors il n'y a pas de gain marginal d'emplois par
cette mesure-là. C'est-à-dire que, lorsqu'on l'a créé, on s'est dit : Ça
va stimuler le taux de participation des travailleurs. On pensait que... Ce
qu'on voulait amener, c'est un changement de culture dans les entreprises, où,
par exemple, les entreprises auraient dit : Plutôt que d'embaucher un
travailleur de 40 ans, je vais embaucher deux travailleurs de 62 ans,
puis ils vont chacun travailler deux jours et demi. On voulait stimuler, comme,
un changement de culture dans les entreprises pour favoriser les travailleurs
plus âgés.
Mme Cadet : Puis on n'est pas
en train de les décourager un peu avec l'abolition du crédit d'impôt? Parce que,
je reviens sur l'annonce, là, qui a été faite avec le Conseil du patronat. Ce
qu'on dit : Bien, on investit, donc, près d'un million de dollars
pour accompagner ces entreprises-là. On leur dit : Bon, il y a des
différences d'incitatifs, il y a des incitatifs fiscaux, donc, qui existent. Donc,
pour vous, et étant donné que, bon, ce qu'on souhaite, c'est un changement de
culture, donc, de vous assurer, donc, de faire les aménagements nécessaires, ce
n'est pas un peu décourager, justement, donc, ces PME là, donc, qui se sont
dit : OK, il y a ces aménagements-là, d'accord, donc, je vais être
capable, donc, de me diriger vers le ministère de l'Emploi pour de
l'accompagnement, mais finalement on coupe une partie de leurs ailes pour nous
assurer d'aller vers ce changement de culture là dont vous parlez?
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, c'est un crédit d'impôt qui était très peu réclamé. Ceux qui le
réclamaient le réclamaient en moyenne... Très peu réclamé. Ceux qui le
réclamaient réclamaient en moyenne pour 3 160 $, là. Ça fait que
c'est certain que 3 160 $, ça ne fait pas un incitatif à créer un
changement structurel, là, dans la présence des travailleurs expérimentés sur
le marché du travail. Puis il faut dire que, depuis... durant la campagne
électorale, puis je pense que vous aviez une promesse similaire, là, on a
réduit... on a amené la possibilité de réduire les cotisations au régime des
rentes pour les travailleurs d'expérience, et donc on a diminué les taxes sur
les masses salariales. Et ces crédits d'impôt là étaient fonction de taxes sur
la masse salariale. Puis, comme on les a réduites, bien, il est d'autant moins efficace.
Alors, tout ça pour dire qu'on a un <déficit de 11 milliards...
M. Girard (Groulx) :
...
réduites, bien, il est d'autant moins efficace. Alors, tout ça pour dire qu'on
a un >déficit de 11 milliards. On a dit qu'on devait avoir une
approche graduelle qui incluait des gestes immédiats. On a dit qu'on devait
examiner nos dépenses fiscales, et celle-là, puisque c'est nous qui l'a créée
en 2019, en 2024, on est capables de l'évaluer. Ce n'est pas un crédit d'impôt
qui accomplissait ce pour quoi il a été créé, et donc on l'élimine.
Mme Cadet : Mais sur la
hausse de la productivité, donc, qui est l'autre aspect névralgique pour... en
fait, l'un des derniers leviers, là, pour stimuler la croissance au niveau des
PME, je vous cite Véronique Proulx, là, de MEQ, que vous connaissez, qui
essentiellement, donc, au lendemain du budget, donc, nous disait qu'elle était
assez satisfaite des mesures en matière de formation de la main-d'œuvre... dit,
donc : «Le gouvernement souhaite que les entreprises prennent le virage
technologique, mais, sans littératie numérique, il n'y aura pas de
transformation numérique. La formation de la main-d'œuvre représente un défi de
tous les jours pour nos entreprises manufacturières. Il faut arrêter de
saupoudrer les dépenses, et le gouvernement doit prioriser les projets de
formation qui visent à rehausser la productivité.» Pourquoi vous n'êtes pas
allés là dans le budget?
M. Girard (Groulx) : Parce
que le... très clairement, je pense... Puis c'est rare qu'on est aussi
explicites, les priorités du budget sont la santé et l'éducation, et il y a eu
un investissement dans les employés du secteur public, qui a des impacts, et
puis...
Mme Cadet : Mais ça aurait pu
être concomitant, quand même, parce que, comme je vous dis, donc, c'est un
levier de croissance, donc, à plus long terme, donc, d'investir dans la
formation de notre main-d'œuvre au sein de nos PME ou au sein de nos
entreprises...
M. Girard (Groulx) : Mais on
n'a pas coupé dans la formation de main-d'œuvre...
Mme Cadet : Non, non, ça, je
comprends ça.
M. Girard (Groulx) : Mais on
ne peut pas avoir un budget priorité santé et éducation qui représente
65 % des dépenses budgétaires du gouvernement puis, en plus, dire :
Mais en passant, sous priorité, les 35 % du reste des postes budgétaires,
là. À un moment donné, il faut être cohérent. On a 11 milliards de
déficits, on veut faire des... Une des raisons pourquoi on a ces déficits-là,
c'est parce qu'on fait des investissements extrêmement importants en santé, en
éducation.
Et puis je dois vous dire quelque chose,
parce que vous me nommez le Conseil du patronat, peut-être vous allez me parler
de la FCEI, Manufacturiers et Exportateurs du Québec. Je les vois tous, ces
gens-là, OK, et je dois vous dire que, systématiquement, ces gens-là me
demandent de bonifier les crédits d'impôt. Alors là, à la mise à jour, il y a
eu le congé fiscal pour grands projets d'investissement puis le C3i, OK. Et
j'espère qu'ils n'ont pas oublié ces gestes-là qui visent à stimuler la
productivité sur l'investissement.
Puis là le budget, ce n'était pas un
budget visant à favoriser l'investissement des entreprises, c'était un budget
qui faisait des investissements dans le secteur public en santé puis en
éducation. Mais j'encourage ces groupes-là à travailler avec nous puis à
trouver des solutions pérennes, puis on est ouverts à ça. Mais ces solutions-là
ne peuvent pas toujours être d'augmenter la dépense fiscale.
Mme Cadet : Bien, je suis
certaine que ces groupes-là, donc, sont déjà en mode solution, parce qu'on leur
parle aussi, puis habituellement, donc, ce sont des solutions pérennes qu'ils
nous proposent.
J'ai une... peut-être une dernière
question sur le volet emploi, avec le temps qu'on a. C'est vraiment, donc, une
curiosité que j'avais. L'an dernier, donc, dans le budget, donc, il y avait,
donc, un projet pilote qui avait été mis sur pied, là, en... pour résorber,
donc, l'enjeu de la pénurie de main-d'œuvre de 3 000 demandeurs
d'asile sur trois ans dans l'industrie touristique. Là, je sais que le CSMO,
là, dans le secteur touristique, donc, est encore en train d'administrer ce
projet pilote là. Pourquoi il n'a pas été bonifié? Je sais que votre
gouvernement, donc, parle souvent, donc, du fardeau financier, donc, que
peuvent représenter, donc, les demandeurs d'asile qui ne sont pas à l'emploi.
Donc, pourquoi ça peut être... ce n'est pas quelque chose qui était envisagé?
• (15 h 50) •
M. Girard (Groulx) : Ça n'a
pas été demandé. En fait, je n'ai pas eu... à moins... je n'ai pas eu de
demande de bonifier ce programme-là. Mais peut-être que ce serait une question
qui pourrait être discutée aux crédits avec la ministre du Tourisme, là, qui
connaît sûrement ce programme-là mieux que moi. Mais je n'ai pas, de mémoire,
qu'on m'a demandé spécifiquement de bonifier cette mesure-là au budget.
Mme Cadet : D'accord. Donc,
c'est vraiment une question de... vous avez fait les arbitrages entre les
différentes demandes que vous avez reçues... CSMO, donc, je cherchais
l'acronyme, le Comité sectoriel de main-d'œuvre.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Mme Cadet : Ensuite,
évidemment, donc, je suis porte-parole jeunesse, je <voulais un peu la...
bien...
Mme Cadet :
...
Ensuite, évidemment, donc, je suis porte-parole jeunesse, je >voulais un
peu la... Bien, le budget, on l'a mentionné, donc, crée, donc, un énorme
déficit. Est-ce que vous avez réfléchi, donc, à la question de l'équité
intergénérationnelle, là, quand vous avez constaté, donc, le fardeau de la
dette qui est émis sans déposer un plan de retour à l'équilibre budgétaire?
M. Girard (Groulx) : Bien,
vous savez, dans la section H, là, on a tous les bénéfices d'avoir le moins de
dette possible, et... Lpage H.4, là, Contribuer... D'ailleurs, le premier,
c'est Contribuer à l'équité intergénérationnelle, Assurer un financement stable
des principales missions de l'État, Faire face aux coûts du vieillissement de
la population, Mettre en place des mesures pour lutter contre les changements
climatiques, Financer les investissements en infrastructures, Réduire le
fardeau fiscal, Contrer une nouvelle récession, Augmenter l'autonomie
financière dans la fédération, parce qu'on reçoit toujours beaucoup de
péréquation.
Bref, la raison pourquoi on ne met pas de
plan de retour à l'équilibre budgétaire immédiat, bien qu'on fasse des gestes,
c'est que, si on faisait des gestes trop brusques maintenant, bien, on
provoquerait une récession, avec toutes les non-linéarités qu'on a discutées,
et qu'on... Bien qu'on dit que le déficit structurel soit de l'ordre de
4 milliards, c'est seulement lorsque l'économie va fonctionner à un niveau
plus normal qu'on va savoir exactement, là, est-ce que c'est vraiment 5 ou 3.
Il y a quand même une certaine incertitude à estimer le déficit structurel en
période de stagnation économique. Et, bref, je suis d'accord avec vous qu'il
faut avoir moins de dettes, c'est pour ça qu'on est... on garde la cible de
30 % en 2037-2038. C'est important.
Mme Cadet : Merci. Hier, en
Chambre, donc, vous avez indiqué être en accord avec le projet de loi que mon
collègue de Nelligan a déposé, là, sur la création du poste de directeur
parlementaire du budget. À l'intérieur du projet de loi, nous avons aussi
inclus un volet d'analyse intergénérationnelle. Je vous lis l'article :
«Le directeur parlementaire du budget prépare, une fois tous les trois ans, un
rapport sur l'équité intergénérationnelle qui évalue la viabilité à long terme
des politiques gouvernementales sur une période de 40 ans — donc — qui
inclurait des projections sur la manière dont les tendances et les changements,
notamment sur les plans démographiques, technologiques et climatiques,
pourraient affecter l'économie et le budget.» Est-ce que vous êtes en accord
avec le principe d'avoir un rapport sur l'équité intergénérationnelle à
l'intérieur, donc, du mandat du directeur parlementaire du budget?
M. Girard (Groulx) : Bien, si
on prend le principe de faire des projections à long terme, il y a plusieurs
personnes qui font ça déjà. Il faut juste faire attention de penser que le
directeur parlementaire du budget va tout faire ce qu'on ne fait pas
présentement, là. Parce que la première chose qu'un directeur parlementaire du
budget va devoir faire, c'est assumer les responsabilités de la Vérificatrice
générale vis-à-vis du rapport préélectoral, et ça, c'est des milliers d'heures
de travail. OK? Alors, il ne faut pas penser, là, que demain le directeur parlementaire
du budget va se mettre à analyser tout, tout faire. Alors, je pense que...
Mme Cadet : Mais on parle
d'une fois tous les trois ans ici. C'est pour ça que je vous ai mis la
disposition, là, c'est pour ça que...
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais laissez-moi vous préciser que, si on crée un directeur parlementaire du
budget, je suggérerais qu'il soit indépendant, et qu'il puisse juger lui-même
des... ou elle-même des études qu'elle veut prioriser, et que les
parlementaires aient le loisir de lui référer ce qui les intéresse,
notamment... Et on pourrait avoir ça. Nous, ce qu'on fournit, c'est l'horizon
15 ans, là. Puis ça, c'est nouveau qu'on donne ça, on est le premier
gouvernement qui fournit des cibles de dette sur l'horizon 15 ans, puis on
fournit la projection 15 ans. Alors, est-ce que cette projection-là peut
être amenée à 40 ans? Oui, sûrement. Mais je ferais attention à
dire : Le directeur parlementaire du budget va faire telle affaire, telle
affaire, telle affaire, parce qu'en partant il va avoir des milliers d'heures à
faire sur le rapport préélectoral.
Mme Cadet : Mais je vous... D'accord,
donc, je vous entends. Je vous rappellerais justement que le projet de loi que
le... que votre parti politique avait déposé en 2015 indiquait aussi que le
directeur parlementaire du budget aurait pour fonction de préparer et de
fournir, de façon indépendante, à la demande de l'Assemblée nationale, des
recherches, études et analyses de l'impact financier économique d'une mesure proposée
par le gouvernement à un organisme public. Donc, ce n'est pas...
M. Girard (Groulx) : C'est
bon.
Mme Cadet : Donc, notre
demande ne s'écarte pas trop. Je comprends, j'entends les réserves que vous
émettez, mais, dans le fond, c'est des réserves que vous émettriez sur votre
propre projet de loi.
M. Girard (Groulx) : Bien,
moi, ce que je vous dis, c'est que, si on crée un directeur parlementaire du
budget, il faudrait lui donner toute l'indépendance dont il... il ou elle aura
de <besoin pour...
M. Girard (Groulx) :
...
il faudrait lui donner toute l'indépendance dont il... il ou elle aura de >besoin
pour faire les études qu'il ou elle juge pertinentes puis de réserver du temps
pour des demandes des parlementaires. Mais, si on met trop de responsabilités
précises, bien, ça ne fera pas ce qu'on veut faire, c'est-à-dire il ne pourra
pas ou elle ne pourra pas se pencher sur des enjeux...
Mme Cadet : Merci. Deux
petites dernières questions, parce qu'il ne nous reste plus beaucoup de temps.
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Cadet : 20 secondes.
Stages dans le secteur public, priorité santé, éducation, vous l'avez
mentionné. Donc, dans le volet éducation, est-ce que vous l'avez envisagé?
Parce que c'était un engagement de votre collègue.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire qu'on... dans la mesure où on bonifiait de façon importante les
travailleurs existants ou les employés, non, on n'avait pas les moyens, avec le
11 milliards de déficit, de faire ça.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup.
Mme Cadet : Merci.
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous poursuivons avec le député de... non, de René-Lévesque.
M. Montigny : René-Lévesque.
Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Ça me fait plaisir aujourd'hui de
parler de trois... trois sujets, si le temps me le permet, M. le Président. Le
premier sujet, je vais parler de logements sociaux communautaires; le deuxième,
je vais parler de transport aérien régional, évidemment; et le troisième sujet,
l'enseignement supérieur.
Je vais commencer avec l'enjeu des
logements sociaux communautaires. Parce que, lundi dernier, j'avais le bonheur,
là, avec ma collègue ministre de l'Emploi, la députée Duplessis, de présenter,
là, dans notre belle région de la Côte-Nord, des investissements importants,
là, 56 logements sociaux communautaires annoncés qui vont se construire
rapidement dans un délai très court, à Baie-Comeau, qui permet d'aider. Parce
qu'on le sait, là, le taux d'occupation de logements est à 0,5 %, alors...
Le taux d'inoccupation. Alors, c'est des belles annonces. Mais, en même temps,
on voyait aussi, dans le PQI, que, pour le secteur de la Côte-Nord, il y
avait... on est passé, l'année dernière, à 9,5 millions, à
23,4 millions. On voit qu'il y a une hausse.
Alors, j'aimerais ça vous entendre sur
l'enjeu des logements sociaux, parce que, dans mon regard à moi, avec les
derniers jours, avec le budget, avec les annonces, avec ce qui est inscrit au
PQI dans ma région de la Côte-Nord, bien, on voit bien, là, qu'on donne tout un
coup. Puis on voyait aussi qu'on avait fait quelque chose d'important, entre
autres avec la mise à jour économique, il y a à peu près six mois. Alors,
j'aimerais ça vous entendre là-dessus pour tout l'enjeu, je dirais, du
logement, logements sociaux, les efforts qu'on fait comme gouvernement pour
stimuler la construction de logements rapidement.
M. Girard (Groulx) : Combien
de temps?
Le Président (M. Simard) : ...15 s.
• (16 heures) •
M. Girard (Groulx) : OK. Bon,
alors, la situation du logement, elle a évolué au Québec, elle a évolué avec...
On a eu quand même des années de croissance économique élevée et là on a un
nouveau facteur, croissance de population élevée. Et on a aussi eu la pandémie
qui a stimulé la demande d'espace, parce que les gens... soudainement, les gens
passent plus de temps à la maison, et donc consommation d'espace
supplémentaire. Et, bref, la demande de logements est extrêmement forte, et,
face à ça, on doit stimuler l'offre.
Alors, nous, ce qu'on a fait, depuis 2018,
c'est 6,3 milliards de dollars. Là-dedans, il y a 4 milliards pour la
construction. Parce qu'il faut être conscient qu'on met aussi beaucoup d'argent
pour subventionner les loyers, parce qu'il y a le programme
d'Allocation-logement puis il y a le programme de... PSL, programme de
subvention des loyers. Ces programmes-là, on aide les gens qui ont des
logements existants à rester dans leurs logements, là. Et ça, il y a eu...
bien, on pourrait dire, si je simplifiais, là, il y a eu 4 milliards en
construction, mais il y en a eu 2,3 en aide au logement. Et en tout, ce qui est
prévu, de constructions, c'est 23 000 unités. OK? Et là-dedans il y a
du logement social, il y a du logement abordable et il y a...
On peut aussi dire qu'un logement
abordable avec une subvention de loyer, ça se transforme en un logement social.
OK? Mais il y a différentes variantes. Mais je dis ça parce qu'il y a eu
beaucoup de... Les gens étaient désappointés qu'on n'investisse pas de
nouvelles sommes dans AccèsLogis. Mais, d'une part... C'est parce
qu'AccèsLogis, c'étaient les logements sociaux. Mais, d'une part, c'est parce
qu'il y avait un inventaire de 15 000 unités d'AccèsLogis qui
n'avaient pas été construites parce que les subventions n'avaient pas évolué
avec les coûts de construction, tout ça. Bref, on a mis les sommes nécessaires
pour réaliser ces 15 000 unités de logements sociaux puis on a créé
un nouveau...
16 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...on a
mis les sommes nécessaires pour réaliser ces 15 000 unités de
logements sociaux, puis on a créé un nouveau programme en 2021, puis là on
commence parce que ça prend à peu près deux ans, c'est parfois trois ans, puis dans
le cas d'AccèsLogis, sept ans, huit ans, 10 ans pour créer les logements.
Alors, on travaille avec les partenaires
municipaux pour faire les allègements réglementaires. On travaille avec le
fédéral, parce que, souvent, je pourrais être critique de la collaboration du
fédéral en santé, je pourrais être critique de leur aide au niveau des
infrastructures, mais, pour le logement, ils sont présents. Au... à la mise à
jour, ils nous ont donné 900 millions sans condition, et tout ça va donner
8 000 logements de plus. Alors, il y a une bonne collaboration avec
le fédéral dans le secteur du logement. Il est possible que le logement soit
une des priorités du budget fédéral, ça nous donnerait une aide supplémentaire.
On verra. Nous, on aurait une préférence pour l'ensemble des infrastructures,
et on verra bien leur choix.
Alors, je pense qu'au niveau du logement
on va continuer d'investir, c'est extrêmement important. Et puis il n'y a pas
de petits projets, là, parce que j'entends des fois : Bien, voyons, une
annonce de 60 logements. Mais... mais les 23 000 logements qu'on
veut construire, ce sont des projets partout sur le territoire, puis il y en a
des gros, puis il y en a des petits. Puis, lorsqu'on a entendu Le Groupe
Maurice l'autre jour, bien, ce n'est pas 1 000, ce n'est pas une tour de 1 000 logements,
là, c'est 10 projets de 100 logements.
M. Montigny : Je vous
rassure, M. le ministre, je vous rassure, hein, à Baie-Comeau, là, 50 quelques
logements, 60 logements, c'est gros...
M. Girard (Groulx) : Parfait.
M. Montigny : ...en fonction
de la... de la proportion de la population versus d'autres villes au Québec.
Ma prochaine question. Merci, M. le
ministre. Je vais y aller tout de suite sur l'enseignement supérieur. Je
terminerai peut-être, si j'ai du temps, là, avec le transport aérien régional.
En éducation, en enseignement supérieur, on voyait, là, dans le PQI, pour ma
région, la Côte-Nord, qu'il y avait des augmentations importantes, là,
notamment 271 millions l'année dernière pour 459 millions pour nos
enfants dans les écoles, en éducation. Puis on est passés de 40 millions à
50 millions en enseignement supérieur dans la région de la Côte-Nord, c'est
quand même aussi une belle augmentation importante.
Ça fait qu'on le voit, là, dans le budget,
on mentionne qu'il y a eu des dépenses en santé qui ont augmenté de 42 %,
alors que celles des portefeuilles en éducation, en enseignement supérieur ont
augmenté de 37,4 %, 35,7 %, des croissances annuelles moyennes de
7,3, 6,6, 6,3. Bien, je vais aujourd'hui vous parler spécifiquement d'enseignement
supérieur, mais, en même temps, déjà, on le voit, là, qu'il y a une croissance
quand même importante. Ça fait que j'aimerais ça vous entendre là-dessus, vous...
nous en parler davantage de tout cet enjeu des investissements puis de la
croissance des investissements d'enseignement supérieur.
Parce que c'est important pour... pour les
électeurs de la région de la Côte-Nord, parce qu'on développe davantage l'enseignement
supérieur, notamment avec le pôle d'enseignement, parce qu'on était la seule
région à ne pas avoir de services universitaires. Il n'y a pas d'Université du
Québec Côte-Nord, alors c'est l'Université du Québec à Rimouski qui donne pour
le secteur ouest puis Chicoutimi qui donne pour le secteur est. Ça fait que c'est
important pour les citoyens d'être capables de se scolariser près de leur
domicile. J'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Girard (Groulx) : Alors,
on a augmenté le PQI, nous avons augmenté le PQI de 53 milliards, de 100 à
153 milliards sur un horizon de six ans. Et, en enseignement supérieur, c'est
40 % depuis 2018. Alors, le dernier budget avait des sommes de 8,5 milliards
en enseignement supérieur répartis sur l'ensemble des territoires, là, c'est
les cégeps, les universités.
Et puis c'est certain que l'occupation du
territoire dans les régions, ça passe souvent par les cégeps, mais que les
pôles universitaires, c'est aussi extrêmement intéressant. Puis là j'avoue que je
ne savais pas que vous n'aviez pas de pôle universitaire et je pense qu'il
faudrait remédier à ça. Je suis maintenant, je vais utiliser un terme de
politicien, sensibilisé. Voilà. Et c'est... vous... Est-ce qu'il y a un cégep à
Baie-Comeau et à Sept-Îles?
M. Montigny : ...il y a un
cégep à Baie-Comeau, un cégep à Sept-Îles, le cégep de Baie-Comeau, le cégep de
Sept-Îles. Il y a aussi Chicoutimi qui donne des services collégials à
Forestville, qui est une autre municipalité. Puis <c'est...
M. Montigny :
...il
y a aussi Chicoutimi qui donne des services collégials à Forestville, qui est
une autre municipalité. Puis >c'est... Tout ça est regroupé dans un pôle
collégial, là, qui se parle ensemble. Belle concertation du milieu.
Mais il y a une entente particulière qui
s'est créée entre deux universités, où ils ont des professeurs partagés pour un
diplôme commun entre deux universités, Chicoutimi, Université du Québec à
Chicoutimi, Université du Québec à Rimouski. Ils se sont unis ensemble pour
avoir ensemble ces services-là. Alors, il y a des profs qui enseignent pour
l'Université du Québec à Chicoutimi, qui enseignent aussi à des élèves de
Baie-Comeau, et vice-versa. Puis ça fait un diplôme, tout dépendant de leur
lieu d'études, qui est Université du Québec à Chicoutimi ou Rimouski, tout
dépendant du lieu, de la ville où ils sont. Ça fait que c'est très innovant et
ça permet d'offrir un service dans une région qui n'avait pas d'«Université du
Québec à».
M. Girard (Groulx) : Et puis
ça, ça se passe dans les locaux du cégep?
M. Montigny : Du cégep.
M. Girard (Groulx) : Bravo!
M. Montigny : C'est assez
original, innovateur, ça fait que c'est... c'est quelque chose qui se développe
bien, qui marche bien. Le recteur me disait que c'était l'antenne qui se
développait le mieux. Alors, c'est pour ça... puis je voyais qu'il y avait des
investissements importants qui avaient été faits, puis ça stimulait, justement,
des projets de ce type-là.
Je terminerais, M. le ministre, si vous
voulez bien, avec le temps qu'il nous reste, sur l'enjeu du transport aérien
régional. À la page D-28, que vous connaissez bien, dans... dans votre
budget, il y a une belle section, là, Bonifier l'appui à la desserte aérienne
des régions. On le voit bien, là, comme gouvernement des régions, on le voit
que c'est un service essentiel. M. le premier ministre a bien dit quand il est
allé à Gaspé récemment... expliqué comment c'était important de bien desservir
les régions.
Ma question va être sur l'enjeu
économique. Comment, là, le... ces dessertes régionales là peuvent avoir un
impact sur l'économie? Mais j'aimerais bien vous mentionner que les montants
qui ont... qui ont été investis à date, là, depuis la création du programme
PAAR pour l'accès aux régions, c'est quand même 234 millions de
dollars, ce n'est pas rien, pour permettre l'accès aux régions à la fois pour
les résidents, mais à la fois pour les gens qui veulent aller visiter.
Mais on a additionné en plus... parce
qu'on n'avait pas tout réglé. On avait réglé un problème de prix. On a
longtemps dit que c'était cher voyager des régions vers les grands centres.
Maintenant, il y a 500 $ aller-retour pour des vols en régions éloignées.
Les Îles-de-la-Madeleine s'en tirent très, très bien, avec vraiment, là... ils
s'en tirent très bien avec la destination au Québec qui profite le plus du
programme. C'est les Îles-de-la-Madeleine. 51 % des billets vendus, total,
sont Sept-Îles, Fermont, secteur de Gaspé et secteur des Îles. Alors, l'Est du
Québec plus éloigné, 50 % du programme, c'est très, très bon pour ces
régions-là.
Maintenant, on a décidé de mettre
27 millions de plus, parce qu'il y a des dessertes qui se sont, je dirais,
défaites avec le temps, après la pandémie, puis ça prend du temps à répartir,
notamment Mont-Joli, notamment Baie-Comeau, notamment d'autres régions au
Québec, où c'est plus difficile, en Abitibi-Témiscamingue. Alors, on a
additionné 27 millions, ça fait que j'aimerais ça vous entendre sur
l'impact que ça peut avoir d'avoir des vols aériens partout sur le territoire
du Québec pour l'économie du Québec.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Bien,
moi, je vous relancerais la balle. Quel impact ça pourrait avoir d'avoir du
transport aérien dans l'ensemble des régions du Québec?
• (16 h 10) •
M. Montigny : Bien, parfait.
Ça va me faire plaisir, M. le ministre. Vous savez, desservir des régions comme
ça, ne serait-ce qu'en transport aérien pour la poste, particulièrement... Ça
peut être bizarre ce que je vous dis, mais il y a des régions enclavées qui
n'ont pas de routes. Vous savez, la Basse-Côte-Nord, le seul moyen qu'ils ont,
c'est souvent par l'avion ou par le traversier, mais ils ne voyagent pas
l'hiver. Puis, avec les changements climatiques, on voit très bien que la route
blanche, qui est une route qui est faite par la glace l'hiver, bien, avec les
changements climatiques, elle fond, ça fait qu'il n'y a plus de route, ni
blanche. Il n'y a pas de route non plus en période estivale, ça fait que c'est
des régions enclavées. Mais il y a des citoyens, même c'est des plus petits
villages, ils ont besoin d'avoir accès à des différents services, la poste, et
d'autres. Mais au niveau économique...
M. Girard (Groulx) : ...je
suis aussi responsable des Québécois d'expression anglaise.
M. Montigny : Oui?
M. Girard (Groulx) : Et, dans
ces enclaves-là, il y a des communautés anglophones en Basse-Côte-Nord.
M. Montigny : Vous avez tout
à fait raison. Vous avez tout à fait raison. Mais au niveau économique, ils
veulent se développer...
M. Girard (Groulx) : Ils
m'ont lancé une invitation.
M. Montigny : ...puis développer
des commerces de proximité, développer aussi des lieux de production de
certains produits. Bien, ça leur prend de l'accès au transport. Les
Îles-de-la-Madeleine sont un bel exemple au niveau touristique, et c'est le cas
pour la Basse-Côte-Nord. Vous savez, Blanc-Sablon a été aussi populaire au
niveau touristique...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Montigny : ...que Val-d'Or
l'été passé.
Le Président (M. Simard) : Alors,
après ce vaste tour de géographie, je cède maintenant la parole à notre
collègue député de Marguerite-Bourgeoys qui va conclure nos échanges pour cet
après-midi.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Je veux juste brièvement revenir sur vos
commentaires, M. le ministre, à propos, là, des organismes <patronaux...
M. Beauchemin :
...je
veux juste brièvement revenir sur vos commentaires, M. le ministre, à propos,
là, des organismes >patronaux, que ce soit... que ce soit le FCEI, la Fédération
des chambres de commerce du Québec, les Manufacturiers Exportateurs du Québec,
le Conseil du patronat, ça, c'est quand même des gens qui
sont en contact, de façon quotidienne, avec de l'entrepreneuriat québécois, qui
sont en contact avec les plus de 262 000 PME, là, qu'on a au Québec, qui
ont le pouls du coeur de notre économie sur le terrain, là. Ça, c'est les gens
qui voient leur compétitivité, qui voient leur productivité qui a été affectée,
qui ont vu les conditions, si je peux dire, perdantes qui ont fait en sorte
qu'ils n'ont pas eu les reins assez solides pour faire des investissements dans
les dernières années. On l'a mentionné tout à l'heure, j'en ai parlé, les
investissements privés, le non résidentiel, ils sont en baisse.
Puis on a quand même... je pense que...
que ces gens-là aient des demandes, on peut les catégoriser comme des aides
fiscales spécifiques, comme vous sembliez... sembliez dire... mais leur
objectif ultime, c'est d'être capables d'être plus productifs puis d'être
capables de pouvoir avoir la capacité de produire plus avec ce qu'ils ont,
d'essayer de résorber à leur manière le problème de pénurie de main-d'œuvre, sans
être obligés d'aller des fois passer à travers des programmes à l'extérieur des
compétences de la majorité d'entre eux pour les comprendre. Donc, quand ils
vous donnent leur son de cloche à eux, je pense que c'est très, très... très,
très clair.
Puis il y en... il y a le FCEI qui parle
depuis plusieurs années de la déduction pour petites entreprises, puis celle-là
spécifiquement, elle est, selon moi, d'une équité en termes de comme... Quand
on regarde l'ensemble des entrepreneurs, des employeurs, des donneurs d'ordres
au Québec, bien, les plus petites entreprises, elles se trouvent à payer plus
cher que les entreprises qui ont plus de 5 500 heures de travaillées
par année. Elles sont aussi les entreprises qui ont eu à subir l'inflation dans
le quotidien, elles sont débordées dans la capacité de pouvoir simplement en
arriver à la fin de leur... de leur mois puis elles ont de la misère à être
capables de pouvoir investir dans leur modèle d'affaires. Donc, il y a
plusieurs analyses qui a été faite.
Le FCEI l'a analysé de la façon suivante,
puis je vais vous lire la citation du président du FCEI, M. François
Vincent, pour vous... vous demander qu'est-ce que vous en pensez. Ici, on
parle, effectivement, donc, de la déduction, là, pour petites entreprises qui
fait en sorte qu'elles paient donc plus cher. «Abolir cette règle, c'est
l'équivalent de créer 10 000 emplois directs et indirects, car les
entreprises pourraient ainsi donner de meilleurs salaires à leurs employés et
rembourser leurs dettes. Ce serait de l'argent qui retournerait directement
dans la collectivité».
Tout comme lorsque vous aviez fait la
promotion, là, des baisses d'impôt, comme quoi que ça a un effet positif sur le
PIB du Québec, c'est dans le même ordre d'idée, mais qu'est-ce que vous en
pensez de cette... Puis là, c'est la FCEI, ça.
M. Girard (Groulx) : Bien, d'abord
j'en pense que c'est vous qui avez créé cette imposition-là. C'est le
gouvernement du premier ministre Couillard et avec le ministre des Finances
Leitão suite à l'examen... C'était une recommandation de la commission Godbout,
puis vous l'avez mise en place. Et là vous me demandez d'annuler une... un
critère d'imposition que vous avez créé. Non, ça, c'est important de le dire.
Je comprends que vous n'étiez pas au
gouvernement, mais on a tous le devoir de respecter les décisions des
gouvernements passés. C'est un sujet qu'on a souvent eu en Chambre par rapport
à la rente invalidité, c'est... c'est facile de dire que le gouvernement du PQ
n'aurait pas dû, en 1996, couper la rente invalidité, mais il faut être bien
conscients qu'en 1996 le régime des rentes il était dans une extrême
difficulté, puis qu'ils ont augmenté les cotisations, puis ils coupé les prestations,
puis ils ont coupé la rente invalidité. Bon.
Là, vous, vous avez fait un examen sur la
fiscalité puis vous avez décidé qu'en bas de 5 000 heures c'était le
gros taux, vous n'aviez pas accès au taux PME. Et là... puis ça, ça été fait,
je pense, en 2015 ou en <2016...
M. Girard (Groulx) :
...gros
taux, vous n'aviez pas accès au taux PME. Et là... puis ça, ça été fait, je
pense, en 2015 ou en >2016, et là on est en 2024. Puis vous me demandez
de renverser la décision de celui qui m'a précédé. Et moi, j'ai un déficit de
11 milliards de dollars, et renverser ça, ce serait extrêmement
dispendieux. Alors, c'est la principale raison pourquoi je ne l'ai pas fait.
M. Beauchemin : Dans le même
contexte, parce que vous aviez dit, tout à l'heure, que, bon, c'était important
de mettre une date d'expiration à des programmes, il faut quand même être
conséquents puis dire qu'on va le faire dans tous les aspects, là, de ça. Je
comprends que vous portiez les lentilles de quelqu'un qui voulait couper dans
les dépenses, mais ici on est encore dans la même logique de vouloir essayer de
stimuler la croissance économique. Donc, ma perception est que c'est... oui,
peut-être que ça a été fait sous le gouvernement précédent, dans les
années 2000, mais ça fait déjà plus de 10 ans que ça, c'est le cas.
Peut-être qu'initialement il y avait des raisons essentielles pour lesquelles
cette décision-là a été prise...
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'étaient les...
M. Beauchemin : Puis là on en
est rendus à un autre contexte économique, donc.
M. Girard (Groulx) : Bien, la
raison principale de la commission Godbout, et que votre gouvernement avait
utilisée, c'était pour favoriser la taille des entreprises, parce que la...
l'ensemble des... l'ensemble des experts nous disent qu'on doit encourager que
les entreprises grossissent, se consolident. Et là, essentiellement, ce qu'on
dit, c'est que, si vous n'avez pas trois employés, bien, vous... vous ne
bénéficierez pas du taux PME, là, de 3,2 %, vous allez payer le gros taux
de l'impôt sur les entreprises, qui est de 11 %. Alors, 11 % ou
11,5 %? 11 %...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : 11,5 %.
Merci. Et bref, vous savez, il y aura un examen des dépenses fiscales.
L'examen, un des objectifs, c'est de générer des revenus. Alors, cette
mesure-là, elle est extrêmement dispendieuse. Et la FCEI, je les écoute, je les
rencontre à chaque budget puis j'ai eu... j'ai eu l'occasion des fois de leur
parler dans d'autres contextes. Puis ils défendent très bien leur point puis
ils représentent bien leurs membres, mais, dans l'état actuel des finances
publiques, c'était... ce n'était définitivement pas à l'agenda d'abolir ça.
M. Beauchemin : Donc, je vous
entends que vous allez les considérer dans un contexte économique plus
favorable.
M. Girard (Groulx) : Écoutez,
avant le contexte budgétaire plus favorable, il y a le contexte budgétaire
actuel auquel on doit faire face, là, je pense que ça va être ça, la priorité
pour quelques années.
M. Beauchemin : Écoutez, je
vous entends. Moi, je pense que, bon, c'est encore une fois une question de
savoir si on veut augmenter les revenus. Puis je pense que c'était une façon de
s'y rendre. On va revenir sur le commentaire que vous aviez mentionné tout à
l'heure à propos, là, de la productivité. Donc, au budget 2023, on parlait
que votre prévision de gain de productivité pour l'année serait de 0,9 %,
puis ça a fini à moins 2,1 %, et que les raisons étaient le feu, manque
d'eau dans les réservoirs d'Hydro-Québec puis les demandeurs d'asile.
• (16 h 20) •
M. Girard (Groulx) : ...bien,
deux choses, la productivité, c'est cyclique, OK, ça fait qu'il n'y a pas de
gain de productivité si vous n'avez pas de croissance, parce que la
productivité, c'est comme une résultante, là, diviser...
M. Beauchemin : ...dérivée de,
c'est la dérivée.
M. Girard (Groulx) : ...diviser
y par l, il n'y a pas de y, ça fait que c'est sûr qu'il n'y aura pas de... Ça
fait qu'il y a un... il n'y a jamais de productivité en stagnation ou en
récession, ou presque jamais, là, c'est peut-être déjà arrivé, mais parce qu'on
n'a pas eu de croissance en 2023... Puis, dans le fond, ça n'a rien à voir avec
la productivité, et ça a tout à voir avec le fait que les taux d'intérêt sont à
5 %. Puis ça a arrêté l'économie, alors c'est difficile d'avoir des gains
de productivité sans croissance. Ça fait que c'est vraiment un aspect...
M. Beauchemin : Mais je
faisais lien avec ce que vous me disiez tantôt, que c'était... bon, vous nous quantifiez :
feux, bassin d'Hydro-Québec puis...
M. Girard (Groulx) : Mais il
n'y a pas eu de croissance, oui.
M. Beauchemin : OK, c'était
la raison pour laquelle c'était ça. Est-ce que ça va être la même raison pour
laquelle on peut dire que ce que vous avez mis, donc, dans le budget en... dans
le cadre financier 2023, qui tablait sur une augmentation de 1 % pour la
productivité... et que, là, maintenant, pour 2024, vous <prévoyez...
M. Beauchemin :
...qui
tablait sur une augmentation de 1 % pour la productivité... et que, là,
maintenant, pour 2024, vous >prévoyez une baisse de 0,3 %? Est-ce
que c'est encore les mêmes...
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est encore le fait qu'on a révisé à la baisse 2024, parce que, les six
premiers mois, on a encore la politique monétaire restrictive, puis, le début
de l'année de 2024, on n'aura à peu près pas de croissance. Et, en plus, on a
le facteur, là, que, de manière cyclique, on a 2,3 % de croissance de
population en 2023, et, 2024, on attend une augmentation de population élevée
aussi, là, alors. Ça fait que la question de toute l'augmentation de la
population reliée à l'augmentation des immigrants temporaires, là, puis il y a
toutes les différentes catégories... Puis ce n'est pas... ce n'est pas l'objet
de votre question, mais c'est certain qu'une croissance de population de
2,3 % là, on a rarement vu ça au Québec, là, ça fait que ça fait un effet
cyclique sur la productivité.
M. Beauchemin : Je voulais...
je voulais aussi vous entendre sur le secteur manufacturier, qui avait des
doutes, là, quant à la prévision, là, des investissements privés non
résidentiels, là, de 2,4 %. Sur quoi est-ce que vous, vous vous êtes basés
pour en arriver à ce chiffre-là précisément?
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, on a toutes sortes de modèles macroéconomiques de prévisions. On a
aussi une enquête de Statistique Canada sur les intentions d'investissement des
entreprises. Ça, c'est un input de ce chiffre-là. Ensuite, il y a la question
de l'impôt des sociétés. Pour faire des investissements, ça prend des
cash-flows, puis là, comme les taux d'intérêt sont élevés, bien, il y a très
peu de monde qui empruntent pour faire des investissements. Donc, les
investissements viennent beaucoup des... de la profitabilité. Alors, ce qu'on
anticipe, c'est un rebond de la profitabilité des entreprises, ce qui va amener
un rebond des investissements. Et on a les sondages, là, d'intentions
d'investissement, qui, je crois, sont produits par Statistique Canada.
M. Beauchemin : Puis ça,
c'est ce que... c'est ce que ces sondes-là, si on peut dire, d'une certaine
façon, là, vous donnent pour 2024?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Parce qu'on a
quand même l'Institut du Québec, qui, elle aussi, donc, fait des analyses de
son côté, on a les professionnels des marchés des capitaux, avec lesquels,
j'assume, vous avez des conversations de façon régulière, que, moi aussi, c'est
le cas. On parle du resserrement des conditions de crédit. Les expectatives de
baisse de taux d'intérêt, elles ont été modifiées depuis l'automne dernier, à
savoir qu'est-ce qui allait être le scénario de 2024. Ça varie, maintenant,
entre 75 à 125... points, versus...
M. Girard (Groulx) : Oui, puis
ça pourrait être plus tôt.
M. Beauchemin : Ça pourrait
être plus tôt, ça pourrait...
M. Girard (Groulx) : Ce
serait... ce serait positif.
M. Beauchemin : Exactement.
Donc, le secteur de la fabrication, il n'est pas... il n'est pas capable de
voir la même résultante. J'essaie de... Juste expliquer, selon vous, qu'est-ce
que vous pouvez... Peut-être nous expliquer quelle est la différence entre,
disons, la perception des modèles que vous, vous avez, puis ce que le secteur
manufacturier... Que ce soit l'Institut du Québec, que ce soit le MEQ, que ce
soit le Conseil du patronat, que ce soit la Fédération des chambres de commerce
du Québec ou le FCEI, elles sont toutes un peu unanimes, en fait, à savoir que
ce chiffre-là de 2,4 %, ce n'est pas... ils ne le voient pas, là. J'essaie
juste de comprendre pourquoi sont-ils aussi différents que votre modélisation.
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, j'ai l'impression que les membres de ces groupes de patronat là, ils
participent aux sondages de Statistique Canada. Ça fait que là...
M. Beauchemin : C'est pour ça
que...
M. Girard (Groulx) : ...il y
a une certaine dichotomie, mais... mais je tiens à vous dire que le ministre
des Finances, il a... il a des pouvoirs, il a certains pouvoirs, mais il y a un
pouvoir qu'il n'a pas, c'est d'imposer une prévision économique à sa guise dans
le budget, là, OK? Ça, c'est les professionnels du ministère des Finances qui
font ça. Et même moi... puis là je le vois dans le coin de la salle, il est
ici, l'économiste en chef, Raymond. Quand même je lui dirais : Mon cher
excellent économiste Raymond, tu pourrais-tu mettre 4,4 % pour
l'investissement résidentiel, parce que ça me permettrait de dire qu'on va
avoir un boom d'investissements? Bien, il me répondrait : Chacun son
métier. Moi, je vais <faire...
M. Girard (Groulx) :
...qu'on
va avoir un boom d'investissements? Bien, il me répondrait : Chacun son
métier. Moi, je vais >faire la prévision d'investissements non
résidentiels, puis toi, fais ton budget.
Alors, ce n'est pas... je n'ai pas d'input
sur ces variables-là, et c'est fait professionnellement, avec des modèles
macroéconomiques, puis l'expérience, hein, c'est... On a... on est chanceux, au
ministère des Finances, d'avoir des professionnels de grande qualité. Et
2,4 %, c'est notre meilleur estimé de la croissance des investissements
non résidentiels des entreprises en 2024, et c'est un estimé qui est solide et
qu'on va défendre avec... qu'on va défendre. Et, si les baisses de taux
viennent plus tôt, bien, peut-être que ça s'avérera une prévision qui était
conservatrice.
M. Beauchemin : ...explique
la différence entre ce qui avait été prévu pour l'année, donc, 2023, qui était
initialement une augmentation de 0,4 % des investissements non
résidentiels des entreprises, à finalement qu'on constate, là, en 2023, là, à
la fin de l'année, que c'est une baisse de 1,4 %? Le différentiel, là, de
1,8 %, comment ça s'explique, selon vous?
M. Girard (Groulx) : Le ralentissement
de l'économie, ça veut dire que la politique monétaire a mordu plus que prévu,
puis, en même temps, nos partenaires, notre principal partenaire, l'Ontario,
ralentit aussi. Par contre, les États-Unis, ça a été mieux, mais on voit que ce
n'est pas au niveau des... de la balance commerciale qu'on a moins bien fait.
Ça fait que je dirais qu'on a définitivement moins de profits des entreprises
en 2023 qu'on avait prévus, puis ça se répercute sur les intentions
d'investissement.
M. Beauchemin : ...si je
comprends bien, on est quand même... comment pourrais-je dire, donc, on est à
l'oratoire avec des lampions d'allumés et on veut que la Banque du Canada
baisse ses taux le plus rapidement possible. Mais si... supposons que ça ne se
réalise pas?
M. Girard (Groulx) : Bien,
toute chose étant égale par ailleurs, plus il y a de profits des entreprises,
plus il y a d'investissements.
M. Beauchemin : Effectivement,
mais ça n'a pas été... ça n'a pas été le cas malheureusement pour l'an dernier.
Mais donc, la baisse de taux d'intérêt, pour vous, vous tablez énormément
là-dessus, si je comprends bien, là, pour que l'année prochaine...
M. Girard (Groulx) : Non, pas
que je table énormément là-dessus, c'est que, là, l'économie est arrêtée en
raison des hausses de taux d'intérêt, OK?
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Le
but... Le but de la politique monétaire, M. le Président...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : ...c'était
de contraindre la demande, et malheureusement ça fonctionne très bien.
Le Président (M. Simard) : Alors,
moi, je dois vous contraindre cette fois-ci dans le temps, M. le ministre, en
tout respect, parce que, bien sûr, nous terminons nos travaux pour ce premier
bloc d'échange. Alors, comme convenu tout à l'heure, je vous informe que le
temps inutilisé par le groupe parlementaire formant le gouvernement est réputé
écoulé. Sur ce, je vous remercie pour votre collaboration.
J'ajourne nos travaux, et on se retrouve
mardi le 26 mars. Belle fin de journée!
(Fin de la séance à 16 h 30)