Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, February 25, 2026
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Vol. 48 N° 29
Clause-by-clause consideration of Bill 5, An Act to accelerate the granting of the authorizations required to carry out priority national-scale projects
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11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures quarante-quatre minutes)
Le Président (M. Laframboise) : À
l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des finances publiques ouvertes. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques. La
Commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations
requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par Mme Lachance
(Bellechasse) et Mme Zaga Mendez (Verdun) par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Lors de l'ajournement de nos travaux, le 18 février dernier, nous en étions à l'étude
d'une motion préliminaire du député de Taschereau qui avait été déposée, pour
laquelle il avait déjà fait son intervention. La parole était au député de Marguerite-Bourgeoys,
il vous reste 27 minutes dix secondes, si vous les utilisé.
M. Beauchemin : J'avais déjà
utilisé du temps, là.
Le Président (M. Laframboise) : Oui,
vous aviez déjà deux minutes et 50 secondes utilisées.
M. Beauchemin : Il me reste
27 minutes.
Une voix : C'était quoi, la
motion?
Le Président (M. Laframboise) : La
motion, c'est Équiterre, une entente Équiterre, c'est ça.
M. Beauchemin : Bon, alors,
bien, bon retour, là, à tous, et merci, M. le Président, pour nous nous
rappeler à l'ordre. Évidemment, je pense que, bon, c'est important, là, les
gens d'Équiterre, pour la simple et unique raison qu'il y a une différence
entre recevoir un mémoire, puis en discuter, là, entre nous, puis d'avoir l'opportunité
de les entendre de vive voix nous expliquer leurs doléances. C'est évident qu'il
va y avoir des conséquences environnementales. C'est clair que leurs
inquiétudes doivent être entendues, parce qu'ils représentent évidemment, bon,
leurs intérêts à eux, particuliers, mais ils rejoignent dans la... dans la
société beaucoup de gens. Et je pense que c'est important, en tant que société,
de s'assurer de réduire au minimum, là, les conséquences à l'environnement pour
tout projet qu'on va vouloir faire pour la suite des choses. Puis je pense que
ça se démontre de par avoir une écoute envers ces gens-là. Donc, on travaille
encore ici le concept de l'acceptabilité sociale. Alors, l'idée ici, c'est de
faire en sorte qu'on puisse en arriver à avoir toutes les parties prenantes de
la société civile qui poussent évidemment, là, dans la même direction. Puis j'entends
le ministre, là, puis je suis entièrement d'accord avec lui, on...
M. Beauchemin : ...on a les
ressources, on a le talent, on a le potentiel au Québec, mais ça bloque. OK. Ça
bloque pourquoi? Parce qu'on a des problèmes au niveau des autorisations.
Pourquoi ça bloque au niveau des autorisations? Bien, parce qu'on n'a pas lu
les premières pages du livre How Beautiful Get... Big things Get Done, OK? Il
faut s'assurer qu'on puisse avoir une acceptabilité sociale, il faut donc
consulter les gens. Puis je pense que c'est... Ce projet de loi là a le
potentiel de transformer le Québec à long terme. Donc, c'est majeur, puis j'en
suis. Donc, pour moi, je veux que ça réussisse, je veux que ça fonctionne.
Puis, pour que ça fonctionne, bien, il faut vraiment qu'on aille le «buy-in» de
tous les groupes, dont évidemment Équiterre.
Équiterre, c'est un organisme qui est
crédible, qui est reconnu, qui a participé à maintes reprises à plusieurs
travaux ici, là, à l'Assemblée nationale du Québec, et donc leur participation
dans nos travaux aurait été bénéfique. Et, ce que la motion de notre collègue
de Taschereau suggère, bien, je trouve que c'est... c'est bien, bien balancé
dans le sens que ça va nous permettre de pouvoir enregistrer et de présenter à
tous les gens qui nous écoutent les points importants que ce groupe-là a à
mettre de l'avant. Vous savez, je pense que justement, pour être capable pour
la suite des choses puis que les prochaines générations regardent comment nous,
on a procédé, bien, c'est important d'avoir... justement, avoir une diversité
de groupes, avoir des gens qui représentent plusieurs intérêts particuliers et
qui sont enregistrés, là, qui viennent ici, devant la caméra, nous expliquer
ça. Ça l'a... ça l'a le bénéfice, là, de justement démontrer aux générations
actuelles mais aussi aux générations futures qui vont regarder. Puis, dans deux
ou trois ans, là, quand on va regarder où est-ce que ce projet de loi là nous
aura amené, on pourra regarder : Hé! en passant, ça, c'étaient les
consultations particulières ou ça, c'était l'étude détaillée où est-ce qu'on a
parlé de, justement, ramener les gens d'Équiterre, parce que c'était important
pour nous, l'environnement. Donc, on va pouvoir avoir cette carte dans notre
jeu puis dire : Bien, vous voyez, c'est de même, que ça a été fait. Puis
aujourd'hui — je parle dans deux, trois ans, là, M. le Président — on pourra
dire : Bien, on a essayé de faire les choses correctement en incluant
toutes les parties prenantes, là, de la société civile dans notre prise de
décision.
Alors, c'est un peu les mêmes arguments
que j'apporte à la motion de notre collègue de Taschereau, que j'avais apportés
à l'autre motion préalable que notre collègue de Taschereau nous avait
présentée. Et puis, dans le contexte, pour moi, ce qui est important, c'est
qu'on puisse vraiment avoir une plus grande écoute possible, le démontrer.
Parce que ce n'est pas des petits projets, c'est des projets qui vont être
transformateurs pour l'économie du Québec avec des ramifications et des
conséquences. Donc, ça m'apparaît juste la bonne chose à faire de les écouter.
Alors, vous ne serez pas surpris, M. e
Président, que, là-dessus, je vais supporter la motion de notre collègue de
Québec solidaire pour qu'on puisse entendre les gens d'Équiterre venir nous
parler. Merci, M. le Président.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Donc, votre intervention étant terminée,
si je n'ai pas d'autre intervention, ça va, donc, sur cette motion, est-ce
que...
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Par
appel nominal, donc, la motion telle que présentée pour inviter Équiterre. M.
le secrétaire, vote par appel nominal.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
Le Secrétaire : Mme Lachance
(Bellechasse)?
Mme Lachance : Contre.
Le Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
Le Secrétaire : M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) : Abstention.
Donc, la motion est rejetée. Donc, nous sommes toujours à l'item motion
préliminaire. Est-ce qu'il y a d'autres motions préliminaires? M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Je ne
sais pas si on peut suspendre quelques secondes, le temps de l'afficher.
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 51)
(Reprise à 11 h 53)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
nous réouvrons, nous sommes toujours aux motions préliminaires. M. le député de
Taschereau, vous avez une motion préliminaire à nous déposer et nous lire.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Oui, cette troisième motion préliminaire me semble
très importante, elle va certainement intéresser aussi les collègues. Je vais
la lire d'abord : «Que, conformément à l'article 244 du règlement de
l'Assemblée nationale, avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi
cinq, Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la
réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale, le ministre des
Finances transmette à la Commission des finances publiques la liste des projets
du gouvernement susceptibles d'être visés par le projet de loi.» Voilà.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
des commentaires? Vous pouvez commencer vos commentaires.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. Bien évidemment, on en a parlé, puis, évidemment,
dans les audiences aussi, M. le ministre a appelé différents intervenants à
soumettre des projets. Je... Alors, leur poser la question : Est-ce que
vous avez vous-même des projets? Ce qui nous fait poser la question un peu
comment ça se fait que le ministre n'a pas lui-même déjà une liste de projets?
En tout cas, c'est ce qu'il dit. Je n'ai pas de liste de projets, donc ça
serait en quelque sorte, finalement, lui donner une espèce de chèque en blanc,
c'est-à-dire qu'on ne connaît pas... Je le rappelle, là, dans le projet de loi,
on va le voir plus tard, donc, il n'y a pas de projets qui sont listés dans le
projet de loi, il n'y a pas de critères non plus qui sont établis, on en
reparlera, évidemment, pendant l'étude détaillée.
Le ministre a parlé pendant les audiences,
là, de projets d'envergure, projets prioritaires, mais dont les critères, il en
a nommé un... deux, en fait, là, je pourrais dire jusqu'à maintenant, on pourra
voir s'il y en a d'autres pour essayer d'éclaircir ce projet de loi là,
notamment, là, la question... la question de l'ampleur des projets en termes
financiers, il parlait de projets de plus de 1 milliard. Il parlait aussi
de projets dans lesquels le privé occuperait, en fait, en tout ou... en tout,
c'est ce qu'il a laissé entendre, ou en partie, c'est ce que nous soupçonnons,
les masses... les masses financières, là, les sommes qui sont investies dans
ces différents projets-là.
J'aimerais rappeler au ministre des
Finances qu'en 2021, son gouvernement a adopté le projet de loi n° 66 qui
visait à accélérer certains projets. Le projet de loi n° 66, 2021, qui
visait, en temps... en période pandémique, d'accélérer une série de projets,
parce qu'on est dans une situation un peu particulière, une période potentielle
de ralentissement économique importante, on voulait s'assurer que l'économie du
Québec continue à fonctionner, et il y avait ce projet de loi là qui avait été
présenté aux parlementaires. Ce... Dans ce projet de loi là, il y avait une
liste de projets, 181 projets qui étaient listés dans le projet de loi
n° 66. Ça, c'était en décembre 2021. Le... À l'époque, le gouvernement
avait jugé nécessaire, puis même tout à fait possible d'inscrire ces projets de
loi là... ces projets-là dans le projet de loi. Alors, c'est un synonyme, pour
moi, de transparence. On savait où le gouvernement voulait s'en aller, c'était
clair, il y avait de la transparence, voici la liste des projets que nous
soumettons et que nous accélérerons. Ça visait des maisons des aînés, des
écoles, des routes.
Or, cette fois-ci, le PL5 vise des
mégaprojets industriels, on pourrait même dire, puisque ce sont des milliards,
des gigaprojets industriels qui auraient potentiellement des impacts
environnementaux très grands, des enjeux d'acceptabilité sociale beaucoup plus
grands. Donc, si on était capable de nommer 181 projets d'infrastructure
dans le PL66, je me dis qu'on peut certainement être capable de nommer au moins
cinq projets qui sont susceptibles d'être assujettis, d'être visés par le
projet de loi n° 5. Bon, le ministre me répondra peut-être
qu'il y a un enjeu de secret industriel. Évidemment, il y a des projets... dans
les projets industriels, la notion de confidentialité pour éviter de faire
dérailler une certaine compétitivité, il y a les enjeux, là, qui sont
importants, évidemment, puis ne on demande pas, évidemment, là, de nommer...
M. Grandmont : ...les détails
technologiques ou les ententes financières qui seraient en cours de rédaction,
voire même peut-être déjà conclues, on ne le sait pas encore. Donc, on veut
savoir, nous, ce que... sur quels... quels types de projets pourraient être
déployés. On aimerait savoir aussi quelles lois seraient suspendues pour
quelles entreprises. On le sait, les lois... il y a... il y a une liste de lois
qui sont déjà prévues dans... dans l'annexe I qui seront suspendues, mais on
aimerait savoir quels autres types de projets et quelles lois pourraient être
ajoutés à cette annexe I là. On sait que le... l'article 22 prévoit que le
gouvernement peut ajouter n'importe quelle loi à cette annexe I pour quelque
projet que ce soit si le promoteur en fait la demande et reçoit l'assentiment
du gouvernement.
Maintenant, il y a... il y a... il y a le
fait que, finalement, on... au Parlement, en fait, on est... on n'est pas
simplement qu'une chambre d'enregistrement des décisions qui sont prises par le
Conseil des ministres. La liste des projets nous permettrait de juger de la
proportionnalité de la loi. Donc, est-ce que cette loi est écrite sur mesure
pour quelques projets? Auquel cas on aimerait savoir ce sont lesquels. Et je
pense qu'il n'est pas abusif de demander que... En fait, on pense qu'il est
abusif de demander des pouvoirs permanents, en fait, sur une prochaine période
de cinq ans, de dérogation. Alors, sachant que cette liste ne nous est pas
disponible pour l'instant, c'est, encore une fois, le principe du chèque en
blanc. Je pense que, comme parlementaires, membres de l'opposition, notre
objectif est de s'assurer que le public est protégé, que l'environnement, que
la santé publique sont protégés également aussi. Autoriser un projet de loi
sans savoir à quels projets ils vont s'appliquer, considérant l'ampleur de ces
projets-là et les conséquences potentielles, c'est offrir un chèque en blanc un
peu trop grand au gouvernement.
Il y a aussi le fait que... puis ça a été
nommé, là, par certains intervenants qu'on a entendus pendant les audiences
particulières, le fait de l'attribution des ressources qui travaillent sur les
différents projets. M. le ministre comprendra que chaque projet qui sera déterminé
comme prioritaire, donc, aura beaucoup plus de chance de se réaliser, aura
aussi une ampleur très, très grande, deviendra ce projet-là... ces projets-là
deviendront des aimants à ressources humaines dans les différents ministères.
Et même on pourrait, par extension, aussi parler de... des ressources aussi qui
sont disponibles dans le privé et dans les municipalités sur lesquelles ils
seraient déployés. Donc, en refusant de donner la liste, bien, on empêche les
municipalités, les PME québécoises de savoir si leurs projets de développement
vont être ralentis, voire mis sur une tablette, parce que les experts du
ministère de l'Environnement, notamment, vont être tous mobilisés vers le
projet d'envergure nationale. Donc, en quelque part, c'est une question
d'équité territoriale de la prévisibilité qui est demandée pour les PME,
pour... du Québec, pour les municipalités qui ont aussi de grands projets et
qui aimeraient ça pouvoir savoir : Est-ce que mon projet a les chances
d'avancer ou si toutes les ressources qui sont là pour évaluer la pertinence,
la faisabilité, les impacts environnementaux et sociaux de mon projet risquent
de ne pas pouvoir se faire?
• (12 heures) •
Donner la liste des projets nous
permettrait aussi de s'assurer de réduire la méfiance puis les contestations
judiciaires. Vous savez, l'acceptabilité sociale, on en a parlé beaucoup, là,
pendant les audiences, ça va se faire, évidemment, pendant les consultations,
écourtées, mais les consultations quand même, qui se dérouleront quand un projet
aura été identifié par le gouvernement du Québec, mais cette acceptabilité
sociale là commence ici même, en cette salle, M. le Président. Si les citoyens
découvrent par décret, une fois la loi votée, qu'un mégaprojet s'installe dans
une... dans leur cour avec un permis accéléré, l'opposition sera décuplée. La
liste permettrait de commencer le dialogue dès maintenant. Et donc ne pas
dévoiler cette liste-là de projets qui sont susceptibles d'être acceptés par le
gouvernement comme étant prioritaires et d'envergure nationale, bien, c'est
d'emblée préparer des futurs affrontements devant les tribunaux ou encore des
manifestations qui pourraient être sur le terrain, ce qui est contraire à
l'efficacité que recherche visiblement le ministre.
Sinon, bien, évidemment, sans cette
liste-là, les critères de l'article 1, les notions, là, de... stratégiques,
projets stratégiques, projets d'intérêt collectif restent des concepts qui sont
abstraits, que le gouvernement pourrait à... modeler à sa guise. Le gouvernement
se donne des pouvoirs de définir lui-même ce qui est...
12 h (version non révisée)
M. Grandmont : ...prioritaires.
Donc sans exemples concrets via une liste, on laisse au... à l'exécutif le
pouvoir de décider seul ce qui est bon pour le Québec, en contournant les
processus scientifiques et techniques habituels, c'est un glissement vers une
gestion de l'État par privilège plutôt qu'en suivant les règles, les normes qui
sont en vigueur actuellement au Québec. Donc, je... je demande formellement et
sincèrement, là, que le ministre puisse nous donner davantage d'information sur
le type de projets qui seront retenus, qui seront étudiés et qui seront
possiblement visés par le projet de loi n° 5. Laisser
les citoyens et les citoyennes du Québec, les PME québécoises, les
municipalités, les organisations de la société civile n'aide personne, ni même
le gouvernement du Québec qui veut accélérer des projets. On ne gagne en rien
au niveau de l'acceptabilité sociale, on ne gagne en rien au niveau de la
transparence des processus démocratiques qui doivent avoir lieu dans un État de
droit comme le Québec, on ne gagne rien sur toute la ligne. On risque de ne pas
être capable d'accélérer ces projets-là. Puis, je le rappelle, le projet de loi
n° 66, puis j'aimerais que le ministre me répondre, à cette question-là :
Qu'est-ce qui fait qu'en 2021, son gouvernement a été capable de mettre dans un
projet de loi 181 projets qu'il visait à accélérer, alors qu'aujourd'hui
on n'est pas capable de le faire? S'il me répond que c'est parce qu'on ne
connaît pas encore les projets, on a un problème. On fait un projet de loi pour
accélérer des projets sans savoir quels projets vont être éventuellement
soumis. On joue un peu à l'apprenti sorcier, je veux dire, on n'est pas en
train de... on n'est pas en train de... de cibler des projets dont on sait qu'ils
seront bénéfiques pour le Québec. On laisse... c'est comme une ouverture totale
au marché en disant : Bien, on est «open to business», ici, venez nous
faire des propositions et, selon notre bon vouloir, selon des critères qui sont
à définir, selon des lois qui peuvent être modifiées par simple décret
gouvernemental, bien, on est... on est ouverts à discuter avec vous de la
faisabilité de ces projets-là, mais faites-vous-en pas, ça va se faire vite, ça
va se faire rapidement. Moi, je... j'ai un malaise, M. le Président, je ne
comprends pas qu'en 2021, on était capables de le faire pour 181 projets,
alors qu'en 2026, on est rendus? J'ai failli hésiter, 2026, on n'est pas
capables de mettre des projets ou même des projets, des types de projets.
Là, évidemment, ce qu'on entend souvent,
je veux dire, on essaie de lire l'actualité un peu comme... comme M. le
ministre nous le faisait remarquer plus tôt, évidemment, il y a des projets,
là, qu'on voit, là, qui cadreraient potentiellement là-dedans. Quand le
ministre parlait de projets, il parlait de... C'est vrai, j'ai peut-être oublié
un critère, d'ailleurs, là, les projets de transition énergétique, c'est un
critère aussi, je pense, qu'il avait utilisé. Bon, déjà, en partant, si le
projet de MarInvest Energy, qui est un projet de gazoduc entre l'Alberta et le
Québec, venait à être priorisé par le projet de loi n° 5,
bien, il y a toute la question de savoir si est-ce qu'effectivement, le gaz
obtenu par fracturation hydraulique, en Alberta, transporté à une température de
-162 degrés Celsius sur plus de 1000 kilomètres, est un bon gaz de
transition vers une énergie plus propre? Moi, je ne considère pas que c'est un
gaz de transition. Le problème, c'est que si ce projet-là est effectivement
ciblé par le projet de loi n° 5, bien, c'est au
gouvernement seul de décider si, effectivement, c'est un bon projet qui
respecte les critères du ministre, mais dans les faits, je vais dire, pour moi,
il y a un désaccord profond. Je pense que le ministre nous a entendus, lors de
la motion du mercredi qu'on a déposée, là. Sur des longues distances, le... du
gaz naturel liquéfié a un potentiel d'effet de serre jusqu'à 80... bien, pas
80... un potentiel de gaz à effet de serre, d'effet de serre, qui peut être
supérieur au charbon, M. le Président, ce n'est quand même pas rien, là, parce
qu'il y a beaucoup de fuites sur un tracé de gazoducs, mais il y a aussi d'énormes
quantités d'énergie qui doivent être sollicitées pour réduire la température du
gaz à -162 degrés Celsius. Il y a eu une étude qui est sortie il n'y a pas
longtemps, d'ailleurs, je l'ai transmise au... au député de René-Lévesque, qui
ne semblait pas me croire que, finalement, le gaz naturel liquéfié pouvait
avoir un potentiel de gaz... d'effet de serre plus important que le charbon, une
étude qui a été faite par une université sérieuse aux États-Unis et qui a mené,
en 2024, au choix de l'administration Biden, d'arrêter la fracturation
hydraulique et le transport, sur de longues distances, de gaz naturel liquéfié,
parce qu'effectivement ce n'est pas... on ne peut pas considérer ça comme une
énergie de transition. Bon, le député de René-Lévesque m'a promis qu'il lirait
l'étude, j'espère qu'il le fera, parce que c'est une étude importante qui a
mené à d'importantes décisions aux États-Unis. Mais, vous voyez, ce genre de
débat là, on ne...
M. Grandmont : ...pas l'avoir
si ce genre de projet là est traité à travers le projet de loi n° 5. Des
projets de mines... On le sait, là, il y a beaucoup de minéraux critiques au
Québec, évidemment. Le gouvernement de la CAQ en a parlé souvent, ils veulent
faire des projets pour accélérer la transition énergétique. Maintenant, il y
a... il y a des enjeux d'acceptabilité sociale autour de ces projets-là, d'une part
parce que les mines qui possèdent... dans lesquelles sont renfermés ces
minéraux critiques là sont de plus en plus... On les voit, là, on regarde la
carte, là, ils sont vraiment situés dans le sud du Québec, proche des
habitations, et donc ça a un impact, l'acceptabilité sociale, d'autant plus
grand, plus grand que ce qu'on avait auparavant quand les mines étaient à peu
près toutes situées dans les parties plus nordiques du Québec.
Est-ce que les mines en font partie?
Est-ce que la mine... fait partie, par exemple, de la liste des projets qui
voudraient être accélérés? Est-ce que Nouveau Monde Graphite fait partie des
projets qui seraient ciblés par le PL n° 5? On est devant beaucoup
d'inconnu, M. le Président. On est devant trop de... trop un manque... un
manque de transparence, une grande opacité, en fait, avec un projet de loi
comme celui-là.
C'est ce qui fait... c'est un des enjeux
qui fait que ce projet de loi là, on a beaucoup, beaucoup de misère et qu'on a
voté contre au principe : c'est un chèque en blanc qui est donné au
gouvernement. Il peut faire à peu près ce qu'il veut avec ça. Donc,
minimalement, là, offrir une certaine transparence, une certaine prévisibilité
au bénéfice des PME, des municipalités, des citoyens et des citoyennes, entamer
déjà un dialogue avec la société civile, avec les citoyens pour favoriser
l'acceptabilité sociale de ces projets-là, qui, par ailleurs, sont peut-être
bons, mais il faut en discuter. Je pense que ça mérite... ça mérite d'avoir une
liste où, au minimum, des secteurs, tu sais, comment je dirais ça, d'écrits.
Là, je parle de listes, listes de projets, ça pourrait être des listes de
secteurs d'activités visés, qui pourraient être visés par le projet de loi n° 5,
ça pourrait être intéressant.
Donc, je m'arrêterai là. M. le Président,
je suis sûr que mon collègue du Parti libéral aura sans doute des choses à dire
aussi. Je le sais très intéressé par ces questions-là aussi. Il a déjà
mentionné, là, que, pour lui, le manque de prévisibilité, en fait, le fait que la
liste des projets ne se retrouve pas dans ce projet de loi, là, l'inquiétait
quand même aussi. Donc, je vais lui laisser la parole, mais voilà, M.
président.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Taschereau, pour les commentaires suite à la
présentation de votre motion préliminaire. M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, vous avez des commentaires.
M. Beauchemin : Petite
question technique, là, ici, M. le Président, on n'est pas en mode interaction,
hein, c'est... je parle puis...
Le Président (M. Laframboise) :
Dès que vous... C'est ça, dès que vous interagissez, votre droit de parole se
termine. Donc, si vous posez une question au ministre puis que le ministre
répond, à ce moment-là, votre droit de parole est terminé.
• (12 h 10) •
M. Beauchemin : D'accord. Je
ne poserai pas de question au ministre, je vois l'attrape. Bon. Bien, écoutez,
merci au collègue, là, de Taschereau de déposer cette motion. Je pense
qu'effectivement dans le contexte où est-ce qu'on veut justement améliorer la
capacité de l'ensemble des parties prenantes de la société civile du Québec
d'accepter plus facilement des grands projets, là, d'envergure nationale...
bien, il me semble que la moindre des choses qu'on pourrait faire, c'est de
faire la liste de ces projets-là. Et je suis pas mal certain, là, qu'ici on
sait déjà, probablement, au gouvernement, de quoi qu'on parle. Puis
effectivement le projet de loi n° 66, qui avait fait une liste exhaustive,
là, de 181 projets... je me souviens plus exactement, M. le Président, c'est
quoi, le taux de succès, mais je pense que le taux de succès était vraiment
faible, en termes de projets qui ont effectivement vu le jour à la suite de ça.
Donc, ça, c'était une étape, pour le projet de loi n° 66, qui était
essentielle pour qu'on puisse avoir des gens qui embarquent, qui veulent
critiquer, qui veulent avoir leurs opinions, qui peuvent comprendre c'est quoi,
les ramifications pour eux autres. C'était une étape qui était importante, dans
le projet de loi n° 66, d'avoir cette liste-là, mais c'est important aussi
de faire la genèse, de voir comment le projet de loi n° 66 a vieilli dans
le temps, puis la réalité, là-dessus, M. le Président, c'est que ça n'a pas
très bien vieilli, parce que, justement, il y a eu d'autres embûches dans le
concept, là, de l'acceptabilité sociale.
Puis je dirais que, si on peut prendre
l'analogie, là, d'une voiture, là, l'acceptabilité sociale, c'est vraiment la
transmission pour permettre, là, au moteur de donner l'énergie à la voiture
d'avancer. Avoir l'acceptabilité sociale, c'est l'élément clé pour que les
choses se fassent bien. Une...
M. Beauchemin : ...on comprend
ça. Bien, il faut comprendre que, pour avoir l'acceptabilité sociale, ça prend
des consultations. Et là je suis en train de faire la chronologie des
événements, là. Et, pour faire une consultation, il faut bien savoir de quoi on
va parler. Il faut bien savoir ça va être quoi, le projet? Parce qu'il y a le
trois quarts du monde, peut-être, même, 95 % du monde ne seront aucunement
intéressés par un projet ABC si le projet ABC, il n'y a aucune ramification
dans leur spectre de vie, dans leur champ de compétence. Ça fait qu'on revient
à la motion du collègue de Taschereau, ça m'apparaît d'une évidence capitale
qu'on ait la liste, justement. Je vais en faire une, liste pour le ministre.
Peut-être que ça va stimuler, là.
Bien, je pense que l'agrandissement du
port de Montréal, à Contrecœur, ça pourrait facilement tomber dans la liste des
projets intéressants. Évidemment, nos besoins énergétiques étant ce qu'ils
sont, tout ce qu'Hydro-Québec va vouloir faire, dans un avenir rapproché, peut
facilement compter, dans cette catégorie-là de projets prioritaires d'envergure
nationale à plusieurs milliards de dollars. Alto, le... le train entre Québec,
train haute vitesse entre Québec et... et Toronto. Tout le monde en parle.
J'imagine que ça va faire partie de la liste. En tout cas, à date, je suis
rendu à trois sur cinq, là. Puis je vais juste rajouter deux mines de graphite,
comme ça, on est rendus à cinq, là, mais, d'après moi, là, étant donné qu'on a
des besoins en minéraux critiques, puis le Québec regorge de... de ces... de
ces composites-là, je vais juste peut-être un peu différer avec mon collègue,
là-dessus, de Taschereau, il y en a dans le Nord, loin des centres urbains, là,
mais c'est important pour notre avenir économique, pour la transition
énergétique, pour l'avenir des prochaines générations, pour nos enfants puis
nos petits enfants, M. le Président, que la transition énergétique se fasse. Et
le... et le Québec a un rôle majeur à jouer dans l'échiquier mondial dans ce...
dans ce projet-là, donc, des mines de graphite.
Alors, on est rendus, là, j'en ai juste
fait cinq, puis je ne me suis pas lâché lousse, là, j'ai fait ça sur le coin
d'une table, rapide comme ça, j'imagine que le gouvernement doit avoir sa
propre liste. Quel est l'avantage pour le gouvernement de garder ça secret?
Bien, je peux comprendre sur certains aspects, quand, par exemple, on parle
d'investisseurs totalement privés qui veulent se garder... qui veulent se
garder une gêne, puis ils veulent se garder le droit de décider s'ils veulent y
aller de l'avant ou pas, puis ils veulent en parler à leurs actionnaires. Puis,
avant de parler à leurs actionnaires, bien, ils ont peut-être besoin d'avoir
des certitudes de la part du gouvernement. Ça fait que, tu sais, c'est... Puis
je comprends que ce n'est peut-être pas facile de savoir quel morceau de domino
doit tomber en premier, là, pour... pour en arriver de l'avant, là.
Ça fait que, pour ceux-là, je pense qu'on
peut... on peut peut-être comprendre la réticence, là, du gouvernement de... de
ne pas nous éclairer là-dessus, mais... mais il y en a d'autres qui ont déjà
été suggérés de... par nos collègues, là, à Ottawa. Il y en a d'autres qui ont
été suggérés par le premier ministre lui-même. Il y en a qui sont dans les
cartons, en fait, depuis un bon bout de temps, qu'on pense à l'agrandissement,
là, du port de Montréal à Contrecœur, ça fait... Ça fait très longtemps, là,
qu'on en parle, de cet agrandissement-là, avec tous les projets, ramifications
dans le ferroviaire qui pourraient lui être associés, des infrastructures
routières qui sont nécessaires. Ça fait longtemps qu'on en parle de ça.
Donc, si on veut les rentrer dans le
processus accéléré d'autorisation que le projet de loi n° 5 représente,
bien, il me semble que, justement, là, pour toute la réticence que plusieurs de
ces projets-là ont déjà eue, malheureusement, bien, il me semble que ça
aiderait à au moins donner un avertissement à tous les gens qui participent
pour qu'on puisse en arriver plus facilement à obtenir la transmission que je
mentionnais, tout à l'heure, dans la voiture, des projets, c'est-à-dire
l'acceptabilité sociale. On en a besoin. Ça fait qu'on a besoin de mettre tout
ce monde-là du même bord de l'équation, on a besoin d'avoir ces gens-là qui
participent.
Puis la raison pour laquelle je reviens
encore sur le projet de loi n° 66, c'est que le taux de succès du projet de
loi...
M. Beauchemin : ...loi n° 66, ça ne s'est pas concrétisé dans... dans un succès,
là, hors norme, là. Étant donné qu'ici on parle de quelque chose qui est
d'envergure nationale, des projets qui sont prioritaires, des projets que moi
je veux qui arrivent, là. Moi, je veux que ça se réussisse. Je veux que le
Québec soit capable de réaliser ces grands projets-là. Je veux qu'on soit
capables d'avoir les gens qui... on est capables de le savoir à l'avance, ceux
qui vont avoir de la résistance par rapport à ça. On veut les embarquer dans le
processus, on veut les consulter.
J'étais à Chicoutimi, jeudi soir passé,
pour un match de hockey. Vous allez comprendre. J'étais allé voir les
Saguenéens battre les Huskies de Rouyn-Noranda et... et le grand chef Paul
était là, qui est un ancien joueur des Saguenéens. Je ne sais pas si le
ministre des Finances est au courant de cette anecdote intéressante...
M. Girard (Groulx) : ...
M. Beauchemin : Non, ce
n'était pas une question. Ce n'était pas une question. C'est un commentaire. Le
ministre pourra répondre plus tard, s'il le souhaite. Mais lorsque j'ai vu le
grand chef Paul, je suis revenu à... dans ma tête, à l'idée et les commentaires
qu'il nous a émis lorsqu'on l'a rencontré en consultation, c'est que c'est
important pour les Premières Nations d'avoir un... plus qu'un... qu'un siège à
la table de négociation, là. C'est important pour eux autres d'avoir été
consultés à l'avance.
Ça fait qu'évidemment, comme je disais
tantôt, savoir de quoi on parle en termes de projet, d'avoir une idée quel
genre d'empreinte ça va avoir sur l'environnement, de quel genre d'empreinte ça
va avoir sur l'économie québécoise, quelle région du Québec va être affectée,
bien, c'est certain que ça stimule le respect chez les gens interpelés si on
les consulte à l'avance. Donc, pour qu'ils puissent être consultés à l'avance
puis pour qu'eux autres comprennent de quoi qu'on parle, bien, il faut qu'ils
sachent c'est quoi le sujet. Il faut qu'ils comprennent ça va être quoi les
ramifications, ça va être quoi le projet. C'est-tu le train, là, qui va passer
dans les terres agricoles? C'est inévitable, là, que ça va passer dans les
terres agricoles. Il n'y a pas de surprise pour personne. On ne pourra pas
déplacer Montréal ou Québec à 800 kilomètres au nord d'où est-ce que c'est
actuellement, pour ne pas passer à travers les terres agricoles actuellement
présentes. C'est sûr qu'il va avoir des conversations qui vont être difficiles
à avoir avec des gens de l'industrie agricole. Mais, quand même, quand on est
capables de dire : Bien, ça, c'est le projet, ça, c'est le tracé
potentiel.
• (12 h 20) •
Puis je pense que pour ce qui est d'Alto,
il n'y a pas vraiment de surprise que c'est un projet qui est dans les cartons.
Ça fait que c'est juste de le dire. Hydro-Québec, il n'y a pas vraiment de
surprise. Je pense que c'est nous, les Québécois, qui détenons cet actif-là. On
pourra s'entendre sur l'efficacité puis le rendement sur le capital, puis ça,
c'est un autre débat, M. le Président, mais ça nous appartient quand même. Puis
on pourrait peut-être, à ce moment-là, être capables d'avoir la capacité de
dire : Bien, voici ce sur quoi on pense vouloir faire des prochains
développements, ou voici sur quoi on pense vouloir avoir la prochaine empreinte
territoriale, voici sur quoi on pense que ça pourrait affecter des gens des Premières
Nations. Et voici sur quoi, en passant, les bénéfices pour l'ensemble du
Québec. Notre apport additionnel en énergie, notre apport additionnel en
graphite, notre apport additionnel en transport collectif de train à haute
vitesse. Voici ce qui va arriver, voici les bénéfices. C'est sûr que
l'acceptabilité sociale, on parle aussi au grand public. Les groupes particuliers
qui sont affectés directement, c'est sûr qu'on va vouloir les avoir de notre
bord. Mais pour que le grand public embarque lui aussi, bien, il faut qu'on
leur démontre qu'on a parlé aux groupes atteints puis qu'on a essayé d'avoir
une entente puis qu'on a eu une entente, ou qu'on a eu une entente moins
difficile, qu'il y a eu peut-être du sable dans l'engrenage, mais qu'on a
essayé. Il faut qu'on le démontre, qu'on a essayé. Puis, après ça, bien, il
faut qu'on soit capables de vendre les mérites. Voici, là, les bénéfices
d'avoir le train, Hydro-Québec, les mines graphite, un grand port à Contrecœur,
etc. Voici ce qui est bénéfique pour l'ensemble du Québec.
Mais je reviens à ce que je disais tantôt.
Pour qu'on puisse avoir cette...
M. Beauchemin : ...avoir
cette conversation-là, pour qu'on puisse avoir les Québécois et les Québécoises
d'accord avec nos idées, pour qu'on puisse y aller de l'avant avec des
conversations avec les parties prenantes... mais il faut être capable d'avoir
identifié c'est quoi, les projets. On en a cinq, six projets, là, que le
ministre nous disait, là. Ce n'est pas compliqué, là. J'en ai identifié déjà
cinq comme ça, là. Ça fait qu'il me semble que, si moi, je suis capable, là...
Puis je suis une simple critique en finance puis en économie pour le Parti
libéral du Québec, là. Plusieurs personnes ont plus de connaissances sur la
planète que moi. À l'âge que j'ai, je me rends compte qu'on apprend,
humblement, à tous les jours qu'il y a beaucoup de gens qui connaissent un
paquet de choses. Mais, là-dessus, je vais être bien honnête avec vous, M. le
Président, au gouvernement, ils ont beaucoup plus d'information qu'à
l'opposition officielle. Donc, c'est certain que partager cette information-là
va faire en sorte que la roue de l'acceptabilité sociale va tourner dans le bon
sens puis ça va nous permettre de pouvoir avoir déjà un dialogue.
Donc, moi, je vais terminer bientôt sur ce
que j'ai à dire, en questionnant le ministre. Moi, je veux comprendre pourquoi
qu'on n'est pas capable d'avoir une plus grande transparence au niveau des
projets à venir. Je comprends qu'il y ait certains enjeux qui peuvent être de
l'ordre du commerce privé, puis ça, c'est un bon argument, mais il y en a
là-dedans que ce n'est pas du tout le cas, comme par exemple Hydro-Québec,
comme par exemple... comme par exemple l'agrandissement du port, etc. Et c'est
des... c'est des projets qui sont dans le domaine plus public.
Donc, moi, là-dessus, je veux juste qu'on
puisse en parler plus ouvertement puis qu'à partir de ce moment-là, quand on
aura cette information additionnelle là, on pourra être capable d'avoir un
dialogue ouvert avec les Québécois, ça fait que... Puis ce qui est important,
c'est qu'on n'ait pas le même taux de succès avec le projet de loi
n° 5 que le gouvernement a eu avec le projet de loi n° 66. Parce
qu'ici on parle de projets prioritaires d'envergure nationale. C'est important,
que ça marche. C'est important. Moi, je veux, là, je veux que le ministre soit
content que son projet de loi passe puis que les projets se réalisent, parce
que juste le projet, en tant que tel, c'est une chose, mais ce n'est pas une
garantie que les projets vont se réaliser. Ça fait qu'on devrait avoir... on
devrait avoir même un des critères, pour mettre un projet de loi comme ça, on
devrait avoir un critère. À la base, on devrait dire : Est-ce qu'on a
vraiment fait la consultation «at large», est-ce qu'on a été le plus
transparent possible envers toutes les parties prenantes de la société civile?
Puis après ça on dépose le projet de loi, puis après ça on en discute, etc.
Moi, ce que je veux, là, c'est non seulement que ce projet de loi là soit
bonifié, accepté, compris de la part des citoyens, mais je veux que ce
mécanisme-là résulte en des projets qui vont se réaliser réellement puis qui
vont être bénéfiques pour l'ensemble de l'économie québécoise.
Donc, si je la résume, ma question au
ministre, c'est vraiment de comprendre s'il peut nous dévoiler la liste et,
s'il ne peut pas la dévoiler, pourquoi. Puis, si c'est que n'est dans le
domaine du privé, ça, je le comprends, mais on peut aussi mettre des
intervalles de probabilités, on peut... on peut discuter en... en économiste,
on peut discuter en mathématicien, on peut parler avec des probabilités, pour que
M. et Mme tout le monde puissent comprendre les chances que ça se réalise à
cette étape-là. Ça l'aura la conséquence de faire en sorte qu'il y ait des gens
qui seront éventuellement affectés par ces projets-là, puissent se réveiller,
puissent sonner une alarme dans leur groupe pour dire : OK, c'est
important, qu'on s'organise, pour qu'on puisse être consultés rapidement, puis
qu'on puisse exécuter rapidement, puis qu'on puisse avancer rapidement dans
l'exécution de cesdits projets là qui viendront suivant l'acceptation du projet
de loi. Alors, je vais terminer là-dessus. M. le Président, merci.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Donc, M. le ministre, vous
aviez demandé...
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, il y a plusieurs choses qui ont été dites, là. Mais, avant de commencer,
je veux juste rappeler que... parce que j'ai... comme vous le savez, j'ai
beaucoup d'écoute, puis j'ai écouté les discours, puis je... le Parti libéral
sont pour le projet de loi là. Je veux juste le rappeler. Moi, c'est ce que
j'ai entendu, parce que, là, à entendre les interventions, je pense qu'on perd
l'essentiel. Puis, bien sûr, lorsqu'on parle de développement économique, bien,
Québec solidaire sera contre. Puis, le PQ, bien, je pense qu'ils sont sur un
autre dossier, là, le référendum, ou quelque chose comme ça, là. Bon. Mais,
moi... vous savez, le ministère des Finances, on est extrêmement bien préparés,
puis là moi, j'ai des notes, puis on essaie d'anticiper toutes les questions.
Alors là, j'avais... le ministère des Finances m'avait préparé une...
M. Girard (Groulx) : ...fiche.
Avez-vous... avez-vous une liste de projets prévus? Le gouvernement n'a pas de
liste de projets prévus. Puis là, je veux vous dire la réponse du ministère des
Finances parce que c'est toute une réponse. L'analyse se fera au cas par cas,
en fonction des demandes qui seront reçues. C'est assez fondamental, ça, M. le
Président, parce qu'il semble y avoir une confusion complète avec le projet de
loi n° 66, qui était essentiellement une liste du
Plan québécois d'infrastructure, donc un document connu. Puis là, dans le
projet de loi, les projets d'infrastructure, bien, ils étaient... vous prenez
un document public, puis vous prenez un projet, puis vous mettez l'essentiel de
celui-ci dans le projet de loi. Ça fait que ce n'est pas du tout la même chose.
Et puis, évidemment, il y avait des centaines de projets parce que notre
gouvernement a augmenté les investissements en infrastructures, puis on a des
centaines de réalisations, puis c'est parce qu'on a augmenté le PQI de
64 %, 164 milliards. Alors, oui, il y avait une liste, mais, non, il
n'y aura pas de liste ici. Mais il y a des critères du cas par cas, puis je
pense que ça va être lorsqu'on va avoir le privilège d'étudier
l'article 4, que je nous incite à faire avant 1 heure. Il y a les
critères du cas par cas.
Il semble aussi y avoir une confusion avec
C-5. Lorsqu'un projet est autorisé par le gouvernement fédéral désigné... pas
autorisé, excusez-moi, je veux juste être clair, désigné par le gouvernement
fédéral, comme le port de Contrecoeur, bien, on veut accélérer le plan de
réalisation du port de... du port de Montréal à Contrecœur, bien, on ne fera
pas deux processus d'accélération parce que, là, on va ralentir le projet, là.
Ça fait que c'est ça, c'est un projet fédéral parce que c'est un port fédéral.
Et, après ça, il y a un autre projet,
Nouveau Monde Graphite, qui a été désigné par le gouvernement fédéral, parce
qu'évidemment, au niveau des métaux critiques stratégiques, bien, souvent, ça
prend un acheteur parce qu'on est dans des petits volumes de minéraux critiques
puis ça prend un acheteur, puis, bref, le fédéral s'intéresse à Nouveau Monde
Graphite. Mais ces projets-là ne seront pas des projets du projet de loi n° 5 du gouvernement du Québec. Ça, je veux être clair
là-dessus.
• (12 h 30) •
Bon. Mais là, moi, vous savez, je suis un
homme de compromis, puis j'aimerais ça qu'on avance, puis articles 1, puis
2, puis 3, parce que c'est un projet de loi assez simple, puis, je vous l'ai
dit, ça se passe tout à l'article 23. Ça fait que dépêchons-nous d'adopter
les autres articles puis discutons de l'article 23. Mais je vais vous en
donner des exemples. OK. Par exemple, au budget 2025-2026, on a octroyé
15 millions pour faire une étude de faisabilité sur la boucle du chemin de
fer de la fosse du Labrador. OK. Alors, dans la fosse du Labrador, M. le
Président, où on extrait du minerai de fer avec haute pureté, bien, vous avez
un tronçon qui appartient à une compagnie privée. Mais est-ce nécessaire de la
nommer? Bien, je peux la nommer, c'est un tronçon de chemin de fer. Tout le
monde sait que ça appartient à ArcelorMittal. Puis de l'autre bord, vous avez
un tronçon qui s'appelle QNSL, chemin de fer de la Côte-Nord et du Labrador.
Alors, le tronçon d'ArcelorMittal part de Fermont puis s'en va à Baie-Comeau,
puis là, l'autre, il part de Labrador City puis il s'en va à Sept-Îles, puis là
il est utilisé par Minerai de fer Québec, Rio Tinto, la société ferroviaire de
Pointe-Noire. Ça fait que, là, vous avez deux tronçons, puis, en bas, vous avez
Baie-Comeau, vous avez Sept-Îles, puis là il n'y a pas de communication puis il
n'y a pas de communication en haut, Fermont puis le Labrador. Ça fait c'est
évident que deux tronçons parallèles qui ne communiquent pas, bien, ce n'est
pas si optimal que ça, là. Parce que vous comprenez que, si ça tournait, la
boucle, bien, ce serait un projet fantastique, là.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas entendu, là, c'est moi qui parle.
Ça fait que la... ça fait que ça, c'est un
projet qu'on a dit qu'on étudiait au budget 2025-2026. Ça fait que, bref, la
boucle de chemin de fer de la fosse du Labrador, projet extrêmement
intéressant.
Je vais vous en donner un autre. Par
exemple, si on voulait faire une usine pharmaceutique, production de vaccins
dans la région de Montréal, cous savez, on a une expertise en sciences de la
vie, mais est-ce que Québec solidaire serait contre ça, une usine
pharmaceutique, mais manufacturier innovant, production de vaccins? On s'en va
où avec ça? Pourquoi? Pourquoi on serait contre ça? On a besoin du secteur
manufacturier qui performe au Québec...
12 h 30 (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : ...et c'est
extrêmement important. Puis notre... notre secteur de l'aluminium, notre
secteur du bois d'oeuvre sont menacés. Dans certains cas, le secteur
aéronautique est menacé par les États-Unis. Alors, si on a des bons projets,
bien, on devrait d'une part les désigner et d'autre part les autoriser. Alors,
je vais m'arrêter ici, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, donc, la
motion préliminaire déposée, vous avez... demandé le vote par appel nominal,
donc le vote par appel nominal est demandé.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Lachance
(Bellechasse)?
Mme Lachance : ...
Le Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
Le Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
Le Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) : Abstention.
Donc, c'est... la motion est rejetée. Donc, nous allons... nous sommes toujours
aux motions préliminaires. Donc, est-ce que ça va? Donc, nous allons commencer
l'étude article par article, M. le ministre. Donc, nous... la commission est
maintenant prête à procéder à l'étude détaillée du projet de loi. M. le
ministre, je vous prie de faire la lecture de l'article un.
M. Girard (Groulx) : Oui. Et
on me faisait remarquer, là, que ma géographie m'a... m'a fait défaut, là. C'est
bien Port-Cartier et non Baie-Comeau. Excusez-moi. OK? Non, mais c'est... tant
qu'à parler de la Côte-Nord, aussi bien dire la bonne ville, là. Alors, j'y
vais.1, art 1...
«Partie I
«Dispositions générales, désignation et
autorisation
«Chapitre I
«Dispositions générales
«Article 1. La présente loi prévoit
des mesures visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la
réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale, dans le but de
favoriser l'autonomie, la résilience et la prospérité du Québec tout en
préservant la santé et la sécurité des personnes, la sécurité des biens de même
que la qualité de l'environnement dans le respect des communautés autochtones.»
Commentaire. Cet article introductif
présente ce que la loi prévoit, c'est-à-dire des mesures en vue d'accélérer l'octroi
des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure
nationale, aux fins de favoriser l'autonomie, la résilience et la prospérité du
Québec tout en préservant la santé et la sécurité des personnes, la sécurité
des biens ainsi que la qualité de l'environnement, le tout dans le respect des
communautés autochtones.
Et là je vais vous dire quelque chose, M.
le Président, parce que moi, j'ai des notes additionnelles, j'ai comme un
statut privilégié, mais cette note-là, elle est importante. Note additionnelle.
il s'agit d'un article d'objet qui ne crée ni droits ni obligation. Cet article
reprend l'article 4 de la loi C-5 du gouvernement fédéral. Voilà.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. Questions, commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui, merci, M.
le Président. Merci, M. le ministre, pour la lecture du premier article de
votre projet de loi. Est-ce qu'on peut ici avoir un petit peu plus de
définitions entre nous, sur le microphone, sans être obligé de faire les
modifications tout de suite? Comment vous définissez ça, prioritaire, envergure
nationale, résilience? C'est quoi exactement, tout ça?
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
ça, c'est l'objet de l'article 4, là : «Le gouvernement peut
désigner, à titre de projet prioritaire et d'envergure nationale tout projet
stratégique de grande ampleur dont la réalisation rapide est d'intérêt
collectif et la mise en œuvre réussie est plausible.» Puis là on parle d'éléments,
il y a... il y a cinq critères.
M. Beauchemin : Plausible, ça
veut dire quoi dans le corpus législatif?
M. Girard (Groulx) : Bien,
plausible, c'est-à-dire que la le projet doit être mature, sa réalisation doit
être probable. Si le projet est conceptuel, bien, c'est un projet qui n'est pas
prêt pour être désigné. Les projets doivent avoir déjà amorcé, par exemple...
les promoteurs, excusez-moi, ce n'est pas le projet qui consulte. Mais, par exemple,
le promoteur doit déjà avoir amorcé des consultations préliminaires avec les
Premières Nations, les communautés concernées, savoir quel procédé il va
utiliser, à qui il va vendre. Plus les projets sont matures, plus ils ont...
ils sont plausibles d'être réalisés. Par exemple, notre collègue, là, de
Taschereau nous parlait d'un projet de gaz naturel liquéfié, mais, pour ma part...
M. Girard (Groulx) : ...pas vu
le projet encore, ça fait que c'est... donc, ce n'est pas un projet mature imminent.
Alors, bref, le fait qu'il soit plausible, moi, je vois ça comme... Si on
désigne et puis qu'ensuite on fait le travail puis qu'on a... on a un plan
d'autorisation, puis ultimement on autorise, bien, là, on va vouloir que le
projet se réalise. Donc, vraiment des projets concrets, réels, plausibles, par
opposition à des projets qui peuvent être extrêmement excitants mais qui ne
sont plus comme conceptuels.
M. Beauchemin : OK, mais...
j'essaie de comprendre en plus aussi, peut-être... puis je ne sais pas, c'est
peut-être maître qui va pouvoir nous répondre, est-ce que c'est un terme qui a
déjà été utilisé dans le corpus législatif du Québec? Il y a-tu une
ramification légale au terme «plausible»?
M. Girard (Groulx) : ...
Le Président (M. Laframboise) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Laframboise) : Consentement.
Donc, vous vous présentez.
M. Girard (Groulx) : Je ne
suis pas... je ne suis pas qualifié pour répondre sur l'ensemble du corpus
législatif du gouvernement du Québec.
Le Président (M. Laframboise) : Présentez-vous,
Mme Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Alors, Geneviève Desbiens, je travaille comme avocate au
ministère de la Justice. Alors, vous posez une excellente question, M. le
député. Il est vrai que le mot plausible n'est pas un mot utilisé dans le
corpus. Par contre, quand on a rédigé le projet de loi, on avait au départ le
mot «crédible» et en français, ça ne fonctionnait pas. Donc, oui, les juristes,
on rédige, mais on est appuyés de linguistes à l'Assemblée nationale qui nous
donne les bons termes si un terme inadéquat. Et c'est pour ça qu'on a utilisé
le mot «plausible», parce qu'une mise en œuvre, il faut qu'elle soit assez,
disons... comment dire? Possible. Donc, c'était le mot «plausible» qui a été
suggéré par les linguistes de l'Assemblée nationale.
M. Beauchemin : Les
linguistes. Ils sont... sont pratiques. Est-ce que les linguistes ont donné une
probabilité que ce soit peut-être, justement, un des ... excusez d'utiliser...
un autre langage que j'utilise, là, qui pourrait être utilisé, justement, en
cours pour dire comme quoi qu'il y a une embûche dans le projet de loi? C'est-tu
quelque chose qui est... c'est-tu dans les probabilités?
• (12 h 40) •
M. Girard (Groulx) : ...moi,
j'ai utilisé l'expression mature, là, c'est-à-dire que le projet doit être
avancé. Plus le promoteur est sérieux, avancé dans son projet, plus ça va être
facile de l'autoriser et on a beaucoup... Bon, il y a un problème au Canada et
au Québec qu'on n'arrive pas à faire des grands projets, et puis c'est reconnu
mondialement que c'est difficile, faire des affaires au Canada puis au Québec
en... puis là on a souvent... on va souvent imputer ces retards-là à la
réglementation, notamment la réglementation environnementale, les consultations
avec les Premières Nations. Mais il y a d'autres raisons, là. Par exemple, que
les projets, les promoteurs changent continuellement leurs projets à mesure
qu'ils avancent dans le projet. Puis là, ça devient difficile de les évaluer au
niveau environnemental, puis ça devient difficile de consulter les parties
prenantes, les municipalités, les citoyens, les Premières Nations si le projet
n'arrête pas de changer. Ça fait que les promoteurs privés, ils ont des
responsabilités, ils ont des responsabilités de présenter des projets concrets,
matures, qui, si on les accélère, bien, ils vont se réaliser.
M. Beauchemin : Donc, ça, ça
sous-entend qu'il va y avoir eu une analyse du plan d'affaires.
M. Girard (Groulx) : Bien
sûr.
M. Beauchemin : D'accord.
Donc, on va avoir pris le temps de regarder les comparables, de voir ce qui se
passe, ce qui s'est déjà passé, c'est-tu quelque chose qu'on «cut and past-ish»
ici, au Québec, quelque chose qui a déjà été réalisé ailleurs? On va regarder
ça, n'est-ce pas? On va... on va s'assurer.
M. Girard (Groulx) : Bien,
généralement, un promoteur, il a un plan d'affaires, là. Ça fait que, s'il n'y
en a pas, déjà, on vient de répondre à la question, là.
M. Beauchemin : Non, mais
dans... dans vos critères pour les accepter, j'assume que «bon plan d'affaires
vérifié» va faire partie des critères.
M. Girard (Groulx) : Bien, M.
le Président, on m'indique que cette discussion-là, c'est l'objet de
l'article 14. Ça fait que, si on pouvait adopter l'article 1, on
pourrait passer à l'article...
M. Girard (Groulx) : ...14.
M. Beauchemin : Ce n'est pas
avec une barre de chocolat, là, qu'on va faire avancer, là, c'est sûr et
certain, là, mais... OK, donc, bien, le financement aussi va être bouclé.
M. Girard (Groulx) : ...qui
n'a pas de financement, ce n'est pas un projet crédible, là.
M. Beauchemin : Je comprends.
Puis il va avoir des consultations préalables qui vont avoir été faites,
probablement.
M. Girard (Groulx) : Des
préconsultations, puis ensuite, entre la désignation puis l'autorisation, des
consultations formelles. Mais avant de faire des consultations formelles, c'est
toujours bon d'avoir fait des préconsultations.
M. Beauchemin : Je suis
entièrement... là-dessus, M. le ministre. Puis là, bien là, je ne veux pas que
le monde tombe de leur chaise à nous regarder à la télévision, là, mais, moi,
je vous entends, là, puis je trouve que ça a l'air concrètement structuré,
votre approche. Puis là je me pose la question : Mais comment se fait-il
qu'on a autorisé Northvolt dans le même contexte, même enveloppe? Gitanquesque
projet, projet phare du gouvernement, puis là, là, il y avait un plan
d'affaires, il y avait du financement, il y avait... Il n'y avait pas de
financement, en fait, mais il y avait, en tout cas, un paquet de trucs, là.
Comment se fait-il que, là, on met ça sur
place avec un projet de loi qui, d'après moi, a des ramifications importantes
pour l'économie du Québec, mais c'est tous les mêmes arguments qu'on a entendus
par le premier ministre lui-même, et répétés à maintes reprises pendant l'année
qui a suivi, avant que ça aille d'un autre bord, là, par le gouvernement de la
CAQ pour Northvolt? Ça fait que j'essaie juste de voir quelles leçons a-t-on
appris puis où le bât blesse dans l'expérience de Northvolt, pour que, justement,
dans nos critères pour la suite des choses, on s'assure que ça ne se répètera
pas, là. Pour moi, c'est important, là.
Le Président (M. Laframboise) :
...
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, on s'éloigne de l'article 1, M. le Président, mais c'est vous l'arbitre
de la concordance, là. On est sur l'article 1, là?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, oui, c'est l'article 1, mais la question est pertinente.
M. Girard (Groulx) : OK, je
vais... je vais répondre, merci. Bien, j'écoute l'opposition, puis c'est comme
s'il y avait juste le gouvernement du Québec qui avait investi dans la
production de batteries, dans le monde, là, c'est un peu... J'ai-tu droit
d'utiliser le mot farfelu? Dans Northvolt, là, on était avec Goldman Sachs, BlackRock,
les meilleurs investisseurs au monde, qui ont supporté une entreprise suédoise
pour faire compétition aux entreprises chinoises. Et puis on voulait produire
une batterie plus verte, c'est-à-dire qu'au lieu de la produire avec du gaz
naturel, mais on voulait la produire avec de l'hydroélectricité. Et donc on
avait un projet qui était directement dans la lignée de la transition
énergétique, tel que prôné par l'administration Biden. Et évidemment il y a eu
ensuite une élection américaine et un changement de tendance, une... un rejet
de la transition énergétique. Et le projet qui était supposé être fait au
Québec était basé sur une usine... La première usine de Northvolt est en Suède,
puisque c'était une entreprise suédoise, et puis là ils se sont mis à avoir des
difficultés de production et puis, en même temps, bien, des perspectives de
vendre puisque le gouvernement américain changeait sa politique du tout au
tout, se sont détériorées. Et donc le projet a eu de graves difficultés en
Suède et la maison mère, et ultimement, le projet du Québec a eu des
difficultés.
Alors, moi, je ne suis pas venu ici...
Moi, je donne toujours l'heure juste. Alors, le projet, c'est un projet risqué.
Lorsqu'on prend des risques, des fois, ça fonctionne, des fois, ça ne
fonctionne pas. Dans ce cas-là, ça n'a pas fonctionné, mais il faudrait arrêter
de penser qu'il y a juste le gouvernement du Québec qui voulait qu'une
compagnie suédoise produise des batteries avec de l'énergie propre en Amérique
du Nord. Je vous le rappelle, on était avec Goldman Sachs et BlackRock, les
investisseurs les plus futés du monde, M. le Président. Ça fait qu'il n'y a pas
juste nous qui a été déçu que ce projet risqué ne fonctionne pas.
M. Beauchemin : Super,
superintéressant. M. le Président. Effectivement...
M. Beauchemin : ...BlackRock,
Goldman Sachs, ils sont plus que futés, ils étaient aussi diversifiés avec. Ça
fait qu'ils n'ont pas mis tous leurs oeufs dans un seul panier dans la filière
batterie, comme nous, au gouvernement du Québec, on a fait en mettant tous nos
oeufs dans Northvolt. Un.
Deuxièmement, tout ce que vous me décrivez
sur Northvolt, bien, le critère qu'on veut mettre ici dans le projet de loi,
là, parce qu'on va revenir au projet de loi, le critère qu'on veut mettre, on
parle de résilience. De toute évidence, on n'a pas gratté la résilience
potentielle du projet de Northvolt parce qu'on se serait rendu compte qu'à
cause du IRA, il y a eu 182 celluliers, j'exagère peut-être, là, qui voulaient
compétitionner pour établir des manufactures sur le territoire nord-américain,
incluant le Canada puis le Québec, puis que, là, nous autres, bien, on a été
comme dans les derniers à commencer à vouloir aller en chercher. Puis, de tous
ceux, là, on a écrémé, là, tous ceux qui étaient bons, là, bien, on est allé
poigner celui qui était le plus à risque de la gang. C'est ça que ça a donné.
Ça fait que résilience, plan d'affaires,
financement, consultations, diversification de portefeuille, tous ces
éléments-là. Puis il y avait en fait aussi beaucoup de personnes du Québec qui
vous ont dit, qui ont dit, que Northvolt, ce n'était peut-être pas le meilleur
joueur à utiliser. On ne fera pas l'autopsie, mais j'ai une question. Si je
comprends bien, là, aujourd'hui, face, là, avec les critères que vous disiez,
là, dans les conditions que vous aviez, donc, à l'époque, là, je comprends que
le gouvernement reprendrait exactement la même décision et réinvestirait encore
dans Northvolt de la même façon?
M. Girard (Groulx) : Oui.
Vous savez, M. le Président, il y a eu une expression. Moi, je fais souvent des
analogies de sport, puis même mon épouse en est un peu agacée, ou tannée, ou en
a eu trop, de... en a trop entendu, là, vous savez, les vieux couples, c'est
comme ça, ça s'appelle un «monday morning quarterback», là. C'est le gars le
lundi, là, il a refait tous les jeux du dimanche, là, puis lui, il n'en aurait
pas manqué, de passe de touché, là.
Ça fait que Northvolt, c'était un projet
risqué avec une compagnie suédoise et le projet n'a pas fonctionné. Puis là,
c'est facile de dire après, là, que si x avait été au gouvernement, il aurait
tout perçu ça, là, puis eux, c'est des gens incroyables en investissement. Je
vais m'arrêter là. «Monday morning quarterback».
• (12 h 50) •
M. Beauchemin : Je comprends
l'analogie de notre athlète ministre des Finances, puis je n'ai... je pas
d'enjeu pour la critique sur mes commentaires, M. le ministre. Ça fait... c'est
de bonne guerre, je n'ai pas d'enjeu du tout avec ça. Mais sauf que, dès le
début, j'ai quand même critiqué le choix de Northvolt parce que, dès le début,
je vous avais dit ou j'avais dit au gouvernement que c'était risqué. On avait
eu la chance d'avoir plusieurs autres joueurs, on est allés avec celui qui était
le plus susceptible d'imploser.
Donc, vous savez, on pourrait au moins
minimalement conclure, OK, que le gouvernement a fait un échec sur l'aspect
résilience de son investissement avec Northvolt parce que, de toute évidence,
c'est là que ça a pété. Ça a pété à la maison-mère. Pourquoi? Parce qu'il n'y
avait pas le financement pour traverser une tempête. Pourquoi? Parce que le
gouvernement suédois a décidé de tirer la plogue là-dessus. Pourquoi? Parce que
la technologie n'était pas bonne. Pourquoi? Parce que c'est comme ça. Ça fait
que c'est ça, la réalité.
Ça fait que moi, ce que je veux m'assurer,
c'est que, pour le projet de loi n° 5, bien, quand on
dit qu'on veut faire une analyse d'un plan d'affaires, on veut s'assurer qu'il
y a le financement, on veut s'assurer que le projet vit dans le temps, on veut
s'assurer que ça soit plausible, que je m'assure que ce terme-là va être... va
passer dans le temps, je veux quand même qu'on comprenne ici, OK, que, de par
la feuille de route du gouvernement actuel, vous comprendrez que plusieurs
Québécois et Québécoises sont critiques face à l'habileté du gouvernement
actuel de pouvoir réaliser ça. Puis là ils sont critiques à cause de,
justement, le manque de résilience que certains grands projets phares ont
démontré avec le temps, mais aussi parce qu'on répète encore une fois les mêmes
erreurs, de manquer à la consultation, de manquer avec l'acceptabilité sociale,
d'avoir plus de transparence possible.
Puis, le projet n° 66,
là, de dire : C'était déjà dans le PQI, puis on les a pris, puis on «cut
and paste», puis on a décidé de faire une analyse là-dessus, ça, je le
comprends, là, je n'ai pas d'enjeu avec ça, mais... je dois être
superintéressant pour qu'il nous quitte ainsi...
M. Beauchemin : ...mais... mais
quand même. Ici, on a une opportunité pour laisser une marque indéniable sur
l'avenir du Québec à long terme. Moi, je veux que ça fonctionne. Le Parti
libéral du Québec veut que ça fonctionne. Donc, notre rôle, c'est de mettre de
la pression sur le gouvernement pour s'assurer justement qu'on mette en place
tous les outils nécessaires pour qu'on fasse une analyse de résilience qui va
durer dans le temps, qu'on fasse une analyse du plan d'affaires qui n'est pas
juste isolée dans l'environnement du Québec, mais de façon mondiale. Parce que,
si on avait eu le réflexe de regarder... puis je ne sais pas c'est quoi, le
chiffre de... là, qui courait après les projets de Biden, là, mais il y en
avait au moins une centaine qui courait après, là, bien, avoir eu ce champ-là
de vision versus : On regarde juste Northvolt, bien, on aurait peut-être
eu un autre résultat. Ça fait que, pour moi, c'est important, là, que, dans le
mécanisme, on mette en place ce qu'il faut pour que ça fonctionne parce qu'on a
une opportunité aujourd'hui pour s'assurer qu'on puisse diversifier notre
économie, qu'on mette en place des vecteurs d'économique qui vont faire en
sorte que notre talent puis nos ressources vont être mis à profit, et ce, de
façon efficace et que ça perdure dans le temps. Voilà.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est certain, M. le Président, qu'on était plusieurs lundi matin à penser
qu'on l'aurait mis dedans à la place de Nathan MacKinnon, là, c'est certain,
là, mais c'est facile à dire après. Vous prenez un projet risqué, puis sa
réalisation est négative, puis la distribution de probabilités avant sa
réalisation... On mélange... là, excusez-moi, là, mais je vais parler de
probabilités statistiques, là. On mélange les probabilités ex ante puis les
probabilités ex post. C'est qu'on regarde après le projet puis on dit : Je
vous l'avais dit. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Voilà. Je suis prêt à
voter l'article 1.
Le Président (M. Laframboise) : Mais
je vais laisser la parole... Il va vous rester du temps, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, mais je veux permettre aussi au député de Taschereau, là,
de s'inscrire dans le débat, là, jusqu'à une heure, là. M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Bien,
j'irais sur... je demanderais au ministre de nous relire, si c'est possible, la
note additionnelle, juste pour bien la comprendre, parce que j'ai des questions
peut-être là-dessus, là.
M. Girard (Groulx) : Il
s'agit d'un article d'objet qui ne crée ni droit ni obligation. Cet article reprend
l'article 4 de la loi C-5. Puis je pourrais vous lire
l'article 4 de la loi C-5, là, mais ce ne sera pas nécessaire, je
pense.
M. Grandmont : Qui ne
croit... «qui ne crée ni droit ni obligation». Ça veut dire quoi, ça,
exactement?
M. Girard (Groulx) : C'est là
que Mme Desbiens entre en ondes, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Mme
Desbiens, allez-y.
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Alors, ça ne crée pas de droit ni obligation parce qu'il n'y a
aucune personne de mentionnée dans l'article. Il n'y a pas : Le ministre
doit faire quelque chose ou le promoteur doit faire quelque chose, ou encore le
ministre peut décider une certaine chose. C'est un article qui vient
circonscrire le... ce qui va suivre dans la loi. On a soit des préambules, soit
des articles d'objet. On préfère les articles d'objet.
M. Grandmont : Parfait. Et
donc cette note dit aussi que le... on réfère à C-5. Vous avez expliqué par la
suite que, dans le fond, un projet, quand il a... quand il est question, là, de
vos explications, là... qu'un projet de loi qui serait visé par C-5 n'aurait
pas besoin d'être encadré par le PL n° 5. C'est ce que vous avez dit.
Est-ce que je comprends...
M. Girard (Groulx) : ...pas
un projet de loi, mais je parle... je voulais dire...
M. Grandmont : Un projet...
excusez-moi, je...
M. Girard (Groulx) : Un
projet économique, oui. Oui, oui, vous avez raison. J'ai dit que ce n'était pas
notre intention d'avoir deux procédures d'accélération en parallèle.
M. Grandmont : D'accord. Mais
est-ce que...
M. Girard (Groulx) : Mais la
structure du projet de loi... Avant de faire le projet de loi, on a regardé le
projet de loi du fédéral, de la Colombie-Britannique et de l'Ontario, donc on
avait le bénéfice d'arriver après. Donc, on pense qu'on a un meilleur projet de
loi, mais il reste que l'objet du projet de loi, il est similaire à l'esprit du
projet de loi C-5 du gouvernement fédéral.
M. Grandmont : Est-ce que...
je note quelque chose, là, j'ai bien de la misère à faire deux choses en même
temps. Est-ce que la... est-ce que... Nécessairement, quand un projet est
assujetti à un projet de loi au Québec ou encore au fédéral, nécessairement, il
y a substitution, c'est-à-dire que... Si, par exemple, un projet de loi est
visé par le PL... «un projet de loi», un projet économique qui est visé par le
PL n° 5, est-ce que, nécessairement, le fédéral va se retirer pour
dire : On vous laisse la procédure, encadrer un projet fait par le Québec,
et il n'y aura pas de dédoublement, il n'y aura pas d'évaluation d'impact
environnemental, par exemple, du côté du fédéral? Est-ce que, finalement, on se
laisse le champ libre à chaque fois?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
pense que, par exemple, un projet de loi pourrait être désigné en vertu de
C-5...
M. Girard (Groulx) : ...et il
n'y aurait certainement seulement une évaluation environnementale. Et cette
évaluation environnementale là serait faite au Québec, là, ce serait un BAPE.
Et donc ce n'est pas parce qu'un projet est désigné au niveau fédéral que le
gouvernement québécois n'assume pas ses responsabilités. Mais... Mais c'est
clair que ni le fédéral ni le gouvernement québécois n'ont l'intention de faire
deux évaluations environnementales pour un projet.
M. Grandmont : Bien, ça,
c'est dans le cas où c'est un gouvernement... votre gouvernement qui
demeurerait au pouvoir, par exemple, mais un nouveau gouvernement pourrait, par
exemple, décider pour un projet de loi... voyons, un projet économique visé par
C-5 pourrait décider finalement de faire un dédoublement et de faire sa propre
évaluation de... du projet aussi pour, éventuellement, peut-être le refuser.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais on serait en... on serait en violation de l'objet du projet de loi, qui
est d'accélérer les autorisations. Ça fait que je ne vois pas en quoi deux
évaluations environnementales est cohérent, là.
M. Grandmont : Non, c'est ça,
mais c'est parce qu'un projet économique pourrait ne pas être ciblé par le PL
5, dire : Au Québec, par exemple, un projet... Je prends Alto parce que
c'est un projet qu'on connaît ou le port de Contrecœur parce que c'est un
projet aussi qu'on connaît, là, deux projets qui sont déjà dans l'actualité.
Donc, ils peuvent être visés par C-5, mais un futur gouvernement, ou même le
vôtre, qui déciderait que, non, finalement, ces projets-là, on trouve qu'ils ne
vont pas dans l'intérêt du Québec, bien, on pourrait... on pourrait décider, du
côté du Québec, de décider de faire des évaluations et de refuser ces
projets-là.
M. Girard (Groulx) : Bien,
les évaluations environnementales, là, c'est... c'est des recommandations, là,
ce n'est pas des acceptations ou des refus. Mais... Mais, par exemple, si on
prend le train à grande vitesse, bien, comme il va traverser plusieurs
provinces, bien, je pense que c'est normal qu'il soit d'intérêt national au
fédéral, mais ce qui n'empêche pas que l'évaluation environnementale de la
portion québécoise, c'est certainement notre intention qu'elle se soit faite au
Québec.
M. Grandmont : Parfait. On
comprend que le PL 5, dans le fond, cherche à s'arrimer, en quelque sorte, au
projet de loi du fédéral. Je ne sais pas si c'est le bon terme que j'utilise,
là, mais en tout cas...
M. Girard (Groulx) : Bien, je
ne sais pas si c'est arrimer comme s'inspirer.
M. Grandmont : S'inspirer de.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Grandmont : Mais donc on y
réfère, en tout cas, par les notes que... additionnelles que vous avez lues.
M. Girard (Groulx) : Oui,
dans sa structure, oui.
M. Grandmont : Donc, dans les
faits, ce qui veut dire que les lois canadiennes, dont la charte canadienne,
dans le fond, ont prépondérance sur l'application de... du PL 5.
M. Girard (Groulx) : Bien là,
ce n'est pas ça que moi, j'ai dit, là.
M. Grandmont : Non, c'est une
interprétation que moi, j'en fais. Je veux la valider avec vous, là.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
ne la partage pas.
M. Grandmont : Non? Ça veut
dire que, par exemple, le... un projet visé par le PL 5 pourrait passer
par-dessus des dispositions contenues dans les chartes des droits et libertés
canadiennes?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, à l'article 23, on nomme... on réfère à l'annexe I puis ni la... les lois
qui... dont on peut modifier les dispositions, et la charte québécoise des
droits et la charte canadienne des droits ne sont pas dans cette annexe-là.
Le Président (M. Laframboise) : Je
vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, où elle poursuivra un autre mandat.
(Suspension de la séance à 13 heures)