Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(September 30, 2025 au April 8, 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, April 1, 2026
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Vol. 48 N° 39
Clause-by-clause consideration of Bill 5, An Act to accelerate the granting of the authorizations required to carry out priority national-scale projects
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15 h (version non révisée)
(Quinze heures sept minutes)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des finances publiques ouverte.
Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer
l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets
prioritaires et d'envergure nationale.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Zaga Mendez (Verdun) est remplacée par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
Mme la Présidente... la secrétaire. Lorsque... Lors de l'ajournement de nos
travaux, le 25 mars dernier, nous en étions à l'étude... On laisse les
portes ouvertes à moitié, oui, tout le long de la séance. Oui, je vous le dis,
là, c'est... demande spéciale du ministre. Lors de l'ajournement...
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Oui. Lors de l'ajournement de nos travaux, le 25 mars dernier, nous en
étions à l'étude de l'article 4 tel qu'amendé. Y a-t-il d'autres
interventions sur cet article? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Écoutez, effectivement, on aurait aussi donc un
autre amendement qu'on voudrait présenter au ministre dans, évidemment, l'objectif,
là, de faire améliorer le projet de loi. Je ne sais pas s'il est disponible.
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
le temps qu'on va... Oui, on va discuter, on va revenir à la discussion sur les
temps de verbe, le temps qu'on affiche votre amendement.
Une voix : ...
M. Beauchemin : C'est parce
que vous voulez déposer un autre amendement, vous là, là? Mais là, j'ai... Un
ou l'autre, ce n'est pas bien grave, là.
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y. C'est moi qui préside et qui dirige les débats, là, M. le ministre et M.
le député, là. Donc, c'est... Donc, la parole est au député de... Jean-Talon. Oui,
c'est ça. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Oui, merci,
parce qu'on était sur une discussion, donc, de temps de verbe, n'est-ce pas, M.
le ministre?
M. Girard (Groulx) : ...consulté
son Bescherelle entre les deux rencontres. Alors, allez-y.
• (15 h 10) •
M. Paradis : Voilà. Donc,
pour les gens qui nous regardent avec attention, nous sommes à l'article 4
du projet de loi qui indique quels sont les éléments que le ministre considère
lorsqu'il veut désigner un projet qui entrerait, donc, dans le processus prévu
par le projet de loi. Je faisais remarquer que lorsqu'il s'agit du paragraphe 3°
du deuxième alinéa, le temps de verbe devrait être au présent parce que l'idée
n'est pas que le projet dans le futur, après sa désignation, devrait prendre en
compte en compte les intérêts des communautés locales et autochtones, mais qu'au
moment où le ministre va l'analyser il devrait déjà en... en prendre compte.
Puis, ensuite, on va voir comment ça se travaille.
Notre collègue Me Desbiens faisait
remarquer qu'elle aimerait avoir une cohérence dans les temps de verbe...
M. Girard (Groulx) : ...
M. Paradis : Pardon, M. le
ministre?
M. Girard (Groulx) : Une
cohérence intertemporelle.
M. Paradis : Intertemporelle!
On est en train de... d'utiliser des... des verbes vraiment spectaculaires.
Mais, dans ce souci de cohérence, je pense que vous pourriez être prêt, M. le
ministre, à considérer peut-être un amendement qui viserait...
M. Paradis : ...à tout mettre
au présent. Moi, je suis d'avis qu'au paragraphe 3°, ce serait suffisant, parce
que le reste, je comprends que ça peut être prospectif. Mais si vous êtes prêts
à... à considérer un tel amendement, je pourrais en déposer un à l'instant.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, nous sommes soucieux que les cinq critères aient une cohérence que j'ai
qualifiée d'intertemporelle, mais essentiellement soient... aient le même temps
de verbe. Et donc, présentement, il est vrai qu'on a quatre paragraphes au
conditionnel présent, puis un au présent, puis là il y en a un qui est au
conditionnel présent que vous, vous aimeriez mettre au présent. Alors, avec
l'accord de ma juriste... Vous êtes d'accord, vous êtes toujours d'accord?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Alors, on
est à l'aise à ce que les cinq critères soient soit au présent ou soit au
conditionnel présent, mais on souhaite que les cinq critères aient le même
temps de verbe.
M. Paradis : Très bien. Donc,
dans quelques minutes, vous recevrez une proposition d'amendement en ce sens.
Je... Puis, ensuite, j'ai un autre élément qui... Puis, vous... Je veux tester
le terrain avec vous dès maintenant, le verbe d'appel de ces conditions ou de
ces éléments à considérer, c'est le verbe peut, c'est-à-dire que vous avez la faculté
de considérer l'un ou l'autre des éléments. Je vous suggère que le verbe ici
devrait être doit, parce qu'en fait c'est évident, M. le ministre, que la
personne, donc le ministre va devoir considérer ces éléments-là, ce qui ne veut
pas dire qu'utiliser le mot doit, donc je vous suggère ici que le mot, ce
serait «il doit notamment considérer les éléments suivants». Donc, à quel point
ça consolide l'autonomie et la résilience du Québec, à quel point ça aurait
des... des retombées économiques, comment ça prend en compte les intérêts des
communautés locales et... et autochtones, comment ça contribue à l'atteinte des
cibles gouvernementales sur la transition énergétique et que c'est possible de
le mettre en œuvre à court terme.
Maintenant, ensuite, vous allez fixer les
conditions, ensuite, vous allez fixer l'agenda. Donc, est-ce que... je vois
déjà qu'on pourrait dire : Oui, mais là on ne peut pas se lier les mains
tout de suite. Ici, c'est vraiment le verbe d'appel de ce que vous devez
considérer, les éléments que vous devez regarder pour dire «oui ou non, je
désigne», et je pense que nécessairement, à chaque fois, puis je vous ai
entendu depuis le début de nos débats, puis vous... je pense que vous-même vous
considérez que c'est... vous allez regarder ces cinq questions-là, puis ça va
vous permettre de décider si, oui ou non, le projet passe la rampe et si vous
voulez le désigner.
Donc, je vous propose... Mon amendement va
vous mettre les verbes au présent. Mais là j'aimerais voir si vous êtes ouverts
à ce que je change aussi le verbe d'appel à «il doit notamment considérer»
plutôt qu'«il peut notamment considérer». Parce que je serais surpris que vous
disiez : Bien, pour tel projet, finalement, je ne regarderai pas un et
deux, je vais juste regarder trois, quatre, cinq. Je ne pense pas qu'il soit
alternatif, mais je pense que nécessairement, chaque fois, vous allez les
regarder, de toute façon.
M. Girard (Groulx) : Pour
être clair, puisqu'on travaille à la Commission des finances publiques avec
grande transparence et collaboration, on est... nous ne sommes pas réceptifs à
cette portion de l'ensemble de ce que vous avez suggéré.
Et je dois rappeler à tous, là, qu'il y a
des projets d'intérêt national et stratégiques qui ne seront pas désignés en
vertu du projet de loi n° 5, parce que certains promoteurs, pour des
raisons qui sont suffisamment avancées ou parce qu'il... Bref, il y en a qui
pourraient devoir être désignés qui ne devront pas être désignés tout
simplement parce qu'ils ne sont pas intéressés à être désignés à suivre cette
procédure accélérée. Alors, nous, on... on garderait la nomenclature actuelle.
M. Paradis : Bon, je
comprends qu'on va regarder la partie de l'amendement qui change les temps de
verbe. Je pense que c'est déjà un bon point. Mais je... je vous pose la
question autrement : Est-ce qu'il se pourrait... Puis, je comprends ce que
vous me dites, ce n'est pas tous les projets qui vont être désignés, puis, pour
chacun des quatre... pour chacun des cinq paragraphes, vous allez avoir une
marge pour voir, bien, dans quelle mesure ça consolide, dans quelle mesure,
puis il y en a... Non, je ne le désigne pas. Mais est-ce que j'ai raison de
penser, M. le ministre, que... Si c'est vous, là, si le projet de loi est
approuvé, là, est adopté, puis demain vous avez un premier projet, moi, je
pense que, nécessairement, à chaque fois, puis c'est de bonne guerre, puis
c'est... c'est une bonne politique, vous allez regarder ces... ces cinq
questions-là, c'est les cinq grandes questions...
M. Paradis : ...que vous allez
vous poser à chaque fois puis, pour l'un et l'autre, vous allez juger si, oui
ou non, ça répond, mais vous allez les regarder, ces questions-là.
M. Girard (Groulx) : Il
pourrait avoir un projet qui est tellement fort au niveau d'un des cinq, que ça
augmente son rôle stratégique et national. Puis je veux revenir sur le cas au
fédéral comme le cas du port de Contrecoeur. C'est un cas intéressant, puis
c'est un projet qui est très avancé, là. Avant que le premier ministre Carney
soit élu, puis il y ait cette idée de... le projet avançait déjà avec le
gouvernement fédéral. Alors, ce n'est pas clair en quoi, sa désignation, comme
projet d'intérêt stratégique national, va accélérer vraiment la réalisation du
projet. Puis l'enjeu qui existait dans ce projet-là, au niveau de l'habitat du
chevalier cuivré, là, c'est le même enjeu désigné, pas désigné, etc.
M. Paradis : Je réitère que
je pense qu'on n'est pas si loin ici, M. le ministre, parce que moi, je pense,
vous... Une objection que vous pourriez avoir, c'est de dire : Je ne veux
pas m'attacher trop les mains parce que ça se pourrait que ça varie d'un
critère à l'autre. Puis c'est ce que vous êtes en train de me dire, peut-être
que, des fois, puis là ne nommons pas des paragraphes, mais vous allez me
dire : Oui, pour tel... pour le critère de tel paragraphe, ce n'est pas
tant que ça, mais c'est tellement fort dans un autre paragraphe que je
l'autorise. Mais moi, ici, ce que je vous dis, c'est qu'à chaque fois... Vous
allez les regarder, ces cinq questions-là, puis c'est de bonne guerre de
dire : Dans le projet de loi, je vais les regarder. À chaque fois, je dois
considérer ces critères-là puis de le mettre du «peut» au «doit», ça ne vous
lie pas les mains pour chacun. Ça ne dit pas : Voici le critère à
rencontrer dans chacun. Ça dit qu'à chaque fois, de toute façon, puis vous le
savez, vous allez le faire, vous allez regarder la question économique... la
question de la résilience du Québec en matière énergétique notamment. Vous
allez regarder la question des communautés locales et autochtones. Vous allez
regarder la question de la transition énergétique puis vous allez regarder le
calendrier. À chaque fois, vous allez le faire de toute façon.
Donc, moi, je pense que c'est une bonne
chose de dire : Vous devez le regarder, puis ensuite c'est vous qui jugez
dans quelle mesure vous atteignez le seuil. Puis j'ai comme l'impression que
vous êtes d'accord avec moi. Je ne vous lie pas les mains sur le seuil à chaque
fois, mais je le sais que vous allez les regarder, les cinq questions, me
semble-t-il.
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, là vous me prêtez des intentions en disant que je suis d'accord avec
vous. Je vous ai déjà indiqué que je n'étais pas réceptif à cette partie-là.
Puis je vous remercie de nous en avoir parlé à l'avance, parce qu'on a pu
réfléchir avec les légistes sur les implications de ça, puis ça ne fonctionne
pas de notre côté.
M. Paradis : Bon. Alors, je
vous demande une minute juste pour m'assurer, M. le Président, que vous avez en
main... notre amendement.
Le Président (M. Laframboise) :
Suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 19)
(Reprise à 15 h 23)
Le Président (M. Laframboise) : Lors
de la suspension, nous en étions à un amendement qui est déposé par le député
de Jean-Talon. Vous pouvez faire la lecture de votre amendement et donner vos
commentaires. Est-ce que l'amendement est... Il faut que l'amendement soit
affiché. Juste un instant.
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Il va en faire la lecture, mais on va le voir à l'écran pour qu'il puisse le
lire.
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Allez-y,
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Alors, à
l'article 4 de la Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations
requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale,
remplacer, au paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 4, le mot
«consoliderait» par «consolide». Remplacer, au paragraphe 2° du deuxième alinéa
de l'article 4, le mot «aurait» par «a». Remplacer, au paragraphe 3° du
deuxième alinéa de l'article 4, les mots «prendraient en compte» par
«prendre en compte». Et 4, remplacer, au paragraphe 3° du deuxième alinéa de
l'article 4, le mot... Non, je comprends que... remplacer au paragraphe 4°
du deuxième alinéa de l'article 4, le mot «contribuerait» par «contribue».
Donc, l'article 4...
Une voix : ...
M. Paradis : Oui, il y une
correction d'orthographe à faire. Donc, l'article 4 se lirait comme suit,
je vais aller tout de suite au deuxième alinéa : Donc, aux fins de cette
désignation, il peut notamment considérer les éléments suivants :
1° le projet consolide l'autonomie et la
résilience du Québec, notamment en matière d'énergie, de minéraux critiques et
stratégiques ou d'infrastructures;
2° le projet a des retombées économiques
majeures pour le Québec, notamment en raison de la valeur des investissements
nécessaires pour le réaliser et des emplois qui seraient maintenus ou créés;
3° le projet prend en compte les intérêts
des communautés locales et autochtones;
4° le projet contribue à l'atteinte des
cibles gouvernementales relatives aux objectifs de la transition énergétique;
5° le calendrier de réalisation du projet
permet d'envisager une mise en œuvre à court terme.
Alors donc, ça donne suite à nos
discussions de jeudi dernier, c'est ça, jeudi dernier, et de tout à l'heure, M.
le ministre. Ça permet de dire qu'au moment où on vous propose le projet, où on
propose au ministre un projet pour désignation, on a déjà une conviction que ça
satisfait à chacun de ces cinq critères.
Je... je réitère qu'en ce qui concerne
l'élément un, deux et quatre, je comprends qu'au moment de la désignation ça
puisse être prospectif, donc on envisage que, dans l'avenir, ça aura cet
effet-là.
En ce qui concerne le fait que ça prend
les... ça prend en compte les intérêts des communautés locales et autochtones,
il me semble qu'au moment déjà où on vous propose le projet, il faut déjà que
ce soit existant.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre...
M. Girard (Groulx) : ...Est-ce
que vous voulez intervenir?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Nous, on
est... Dans un souci de flexibilité et de bonne conduite des travaux, on est à
l'aise avec ça.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
D'autres questions, commentaires? Est-ce que l'amendement à l'article 4
tel que déposé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté?
Donc, on revient au débat sur l'article 4 tel qu'amendé. Donc, vous
laissez...
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Pardon?
Là, je veux juste vous aviser, quand votre temps va être terminé, vous ne
pouvez plus déposer d'autres amendements sur l'article 4. Il vous reste à
peu près 10 minutes. Je veux que vous le sachiez, là, OK? Donc, M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis : D'où ma demande
de prendre une minute pour m'assurer que vous avez une demande d'amendement qui
vous soit acheminée.
Le Président (M. Laframboise) :
Vous avez un deuxième amendement?
M. Paradis : Donc, si on peut
suspendre une minute, là, le temps qu'on s'assure que vous l'avez entre...
entre vos mains.
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 27)
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 31)
Le Président (M. Laframboise) : Lors
de la suspension, le député de Jean-Talon proposait un amendement qui est
devant nous. M. le député, lire l'amendement, s'il vous plaît.
M. Paradis : Merci, M. le
Président. Donc, à l'article 4 du projet de loi, ajouter, au paragraphe 3°
du deuxième alinéa, les mots «et promeut» après les mots «prend en compte».
Donc, l'article 4, tel que modifié,
se lirait comme suit, je vais aller au deuxième alinéa immédiatement, donc :
«Aux fins de cette désignation, il peut notamment considérer les éléments
suivants». Et là je vais au paragraphe 3° : «Le projet prend en compte et
promeut les intérêts des communautés locales et autochtones».
Donc, M. le ministre, on est aussi en
suivi d'une partie de la discussion qu'on a eue la semaine dernière, je vous
faisais remarquer que le paragraphe 5°, 6° d, donc le paragraphe... le sous-paragraphe
d du paragraphe 6° de l'article 5 de la loi fédérale, qui est l'équivalent
de celui que vous voulez mettre en œuvre ici, à l'article 4, prévoit... donc,
c'est les mots qui sont utilisés, c'est «promouvoir les intérêts des peuples
autochtones». Donc, vous avez indiqué vous-même qu'une grande partie, en tout
cas, une partie de votre inspiration, c'était la... la loi adoptée à Ottawa.
Deuxièmement, vous remarquerez que dans
votre... dans les paragraphes de cet article, c'est toujours quelque chose, on
dit qu'il faut que ça... que ça fasse avancer, hein? Donc, le projet consolide
l'autonomie et la résilience du Québec au premier paragraphe. Ensuite, au
deuxième paragraphe, le projet a des retombées économiques majeures pour le
Québec. Donc, il y a quelque chose de positif qui est attendu. Au quatrième
paragraphe, le projet contribue à l'atteinte des cibles gouvernementales
relatives aux objectifs de la transition énergétique. Au cinquième paragraphe,
vous dites, bien, ça permet d'envisager que ça va se réaliser. Mais là, au
troisième paragraphe, c'était neutre, votre... votre critère, il dit : Ça
prend en compte les intérêts des communautés locales et autochtones. Je pense
que vous voulez lancer ou je pense qu'on aurait intérêt ici à lancer le même
message que ce n'est pas seulement qu'on a considéré, bien oui, on vous a
regardé, vous, les communautés locales, c'est : Oui, ça va... ça va
permettre de faire avancer les intérêts des communautés locales et des
communautés autochtones. Ça m'apparaît très important, dans un souci de
cohérence des critères qui vont être considérés au moment de désigner un
projet.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
écoutez, moi, je ne suis pas juriste, là, je suis économiste avec une formation
en mathématique, spécialiste de la finance, mais je note que mon collègue, qui
est juriste, s'inspire des lois fédérales. Alors, nous, on n'a pas exactement
la même structure, là. Eux, ils ne prennent pas en compte, puis là nous, on
prend en compte, alors on... Là, vous voulez que nous, on promeut parce qu'eux
promettent, mais... mais eux ne prennent pas en compte. Bref, je vous dirais
que l'article 4, tel qu'amendé, nous satisfait, M. le Président, et c'est
ici que s'arrêterait notre volonté de compromis.
Le Président (M. Laframboise) : C'est
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, je me
doutais, là, que vous pourriez faire une remarque là-dessus. Vous savez, ce n'est
pas parce que je trouve ça plaisant de devoir faire appel au régime fédéral,
mais c'est vous-même qui avez indiqué que c'est votre inspiration. Et là on est
pris avec le régime fédéral. Mais vous dites «ne tient pas compte», mais en
fait, regardez, là, il s'agit du paragraphe 6° de l'article 5 et la phrase
d'appel des critères est : «pour décider s'il prend ou non un décret en
vertu des paragraphes 1° ou 4° relativement à un projet, il peut tenir compte
de tout facteur qu'il estime pertinent, notamment dans quelle mesure le projet
peut». Là, je suis dans la citation de la loi fédérale. Donc, avec égard, M. le
ministre, la loi fédérale dit «tenir compte» et, ensuite, est-ce que le projet
va promouvoir les intérêts des peuples autochtones? Donc, si le projet... si la
loi fédérale est votre inspiration ici, vous avez l'air de fixer la barre moins
haute et vous avez l'air de fixer la barre moins haute par rapport à vos autres
critères. Vos autres critères, M. le ministre, dans le projet de loi, sont
clairement prospectifs dans le sens positif, ça améliore. Ce n'est pas juste
que vous tenez compte de l'économie...
M. Paradis : ...puis de la
résilience du Québec. Ce n'est pas juste que vous tenez compte des retombées
économiques, ce n'est pas juste que vous tenez compte des cibles
gouvernementales relativement à la transition énergétique, c'est qu'il faut que
ça améliore. Donc, ça contribue à la prospérité du Québec, au développement du
Québec sur ces critères-là. Mais, lorsque vient le temps de parler des
communautés autochtones et des communautés locales, là, c'est seulement en
tenir compte. Donc, en termes d'interprétation pure et simple par rapport à votre
loi d'inspiration, vous fixez la barre moins haute et par rapport aux autres
critères tout aussi importants, vous avez l'air de fixer la barre moins haute.
Moi je vous... je vous... je suggère avec beaucoup d'égards que de toute façon,
ce que vous allez vouloir considérer, ce que le ministre va vouloir considérer
en désignant le projet, c'est est-ce que ça améliore les choses pour les
communautés locales et autochtones? Parce que c'est ça, l'objectif? C'est de
construire, de faire émerger des projets qui sont mobilisant, qui suscitent de
l'acceptabilité... sociale, mais qui sont conçus de telle sorte qu'on va
chercher à améliorer sur ces cinq critères-là que vous considérez.
Sinon, en tout cas, il y en a seulement
un... il y en a un qui est là juste pour dire : Il faut que vous regardiez
ça, mais ce ne sera pas... ce ne sera pas aussi important que pour les autres
critères pour nous, en tout cas, qu'on... que ce soit positif pour les
communautés autochtones et les communautés locales. Et je le redis, ce sont des
messages très importants qu'on lance actuellement en ce qui concerne les
communautés autochtones, d'ailleurs, je le réitère, dans cette optique de
réconciliation législative qui est suggérée par le grand chef de l'Assemblée
des Premières Nations du Québec et du Labrador, Francis Verreault-Paul.
Le Président (M. Laframboise) : Autres
questions, commentaires? S'il n'y a pas d'autres questions, commentaires,
est-ce que l'amendement à l'article 4 tel que déposé est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Un vote par appel nominal qui est demandé?
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Un vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
La Secrétaire :Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
La Secrétaire
:
M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
:
M. Laframboise (Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté. Donc,
d'autres collègues qui avaient demandé la parole sur l'article 4. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, si je comprends bien la façon que ça fonctionne, il devrait y
avoir déjà deux amendements qu'on a amenés. Donc, on va premier... le premier
amendement qui est au deuxième alinéa.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, il est à l'écran, c'est ça?
M. Beauchemin : Il devrait...
Il devrait arriver à l'écran.
Le Président (M. Laframboise) :
Pas encore, attendez, c'est celui-là, on va... on va... Allez-y M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, vous le lisez puis vous faites vos commentaires.
• (15 h 40) •
M. Beauchemin : Alors,
l'article 4 modifie le deuxième paragraphe du deuxième alinéa de
l'article 4 du projet de loi pour l'ajout, après les mots «pour le
réaliser» de «, d'une augmentation de la productivité à l'échelle nationale».
Donc, l'article modifié se dirait comme
suit : «Le gouvernement peut déjà»... Je vais y aller directement au point
numéro deux, là : «Le projet aurait des retombées économiques majeures
pour le Québec, notamment en raison de la valeur des investissements
nécessaires pour le réaliser, d'une augmentation de la productivité à l'échelle
nationale et des emplois qui seraient créés.»
Simplement, M. le ministre des Finances,
là-dessus, je pense que ça va de soi, dans le sens que, bon, c'est un
article... c'est un projet de loi qui, par définition, va faire bouger
l'aiguille. Je veux juste simplement qu'on s'en assure, parce que la réalité,
comme on a discuté, là, depuis les derniers jours, la productivité, là, au
Québec a besoin d'un bon coup de pouce. Ça fait que je veux que ça rentre, on
veut, au Parti libéral du Québec, que ça rentre dans le verbatim du projet de
loi pour qu'on puisse nous permettre de faire en sorte que, lorsqu'on va mettre
les ressources, l'énergie, lorsqu'on va, évidemment, donc, consulter l'ensemble
des communautés locales, des autochtones...
M. Beauchemin : ...qu'on doit
faire, que les municipalités aussi visées vont être prises en charge, leurs
intérêts vont être pris en compte, qu'on fait tout cet effort-là, mais qu'en
bout de piste, OK, qu'on ait bougé l'aiguille au niveau de la productivité.
Donc, je pense que ça va de soi à la grandeur des projets qu'on parle ici, là,
c'est, je pense, c'est même inévitable que ça va être le cas, mais il faut
absolument le mettre dans la façon de décrire le projet de loi pour... pour
s'en assurer que ça va être une des façons qu'on va pouvoir mesurer le succès
de ce genre de projet de loi là. Et je crois que nos collègues au fédéral
avaient démontré une certaine ouverture à avoir un verbatim dans ce sens. Ça
fait que, voilà.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. M. le ministre, commentaires?
M. Girard (Groulx) : Oui,
d'abord, il faut comprendre la façon que la productivité est calculée dans les
comptes publics, c'est une résultante, hein? C'est la production divisée par le
nombre de travailleurs, la productivité n'est pas observable, là. C'est une
dérivée d'autres éléments des comptes publics, et puis, par exemple,
l'industrie de la construction qui est notable pour être à faible productivité
parce qu'à haute intensité en travail. Mais donc, par exemple, si on avait un
projet intensif en construction, là, par exemple, un pont ou des choses comme
ça, bien...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) :
...peut-être un barrage, quoique le barrage ait des impacts sur la production,
mais je ne suis pas sûr qu'on va faire bouger la productivité globale du
Québec. Bref, je comprends l'intention, mais je ne suis pas réceptif au
bénéfice d'inclure ça dans le critère 2.
M. Beauchemin : ...que vous
dites, qui sont les premiers à dériver de l'équation pour en arriver à la
productivité, ici, on va parler aussi évidemment de ce qui va être affecté par
la réalisation, pas juste la mise en place du projet d'infrastructure, mais la
réalisation une fois qu'il est réalisé, ces composantes-là vont être affectées
positivement, on l'espère. Donc, c'est ce genre d'exercice là qui va en arriver
à déterminer s'il y a eu une augmentation de la productivité, à moins que je me
trompe, là, mais c'est exactement dans le sens de ce qu'on discutait depuis les
derniers jours, à savoir on fait un investissement majeur structurant dans les
milliards de dollars avec des retombées nationales. L'augmentation de la productivité
va être au rendez-vous.
Je sais que dans ce que vous déposez dans
votre budget, c'est un exercice comptable qui en arrive à ça, mais les
composantes sous-jacentes de votre équation prennent en compte... prendront en
compte la réalisation du projet structurant.
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que tu aimerais intervenir, Nicolas?
Le Président (M. Laframboise) :
Est-ce qu'il y a consentement?
M. Beauchemin : Oui, consentement.
Le Président (M. Laframboise) :
Votre nom et votre titre.
M. Tremblay (Nicolas) :
Nicolas Tremblay, sous-ministre adjoint, Développement économique, Politique
aux entreprises et sociétés d'État au ministère des Finances. C'est certain
qu'afin de s'assurer qu'un projet ait un impact sur la productivité à l'échelle
globale, avec la vaste étendue de projets qui pourraient se qualifier, en
passant des projets d'infrastructure publique, par exemple...
M. Beauchemin : ...
M. Tremblay (Nicolas) :
...mais ça pourrait être un hôpital, ça pourrait être un projet... un projet de
barrage, ça pourrait être un projet de transport. Il y a plusieurs domaines,
comme il n'y a pas de projet désigné en tant que tel. Puis l'ampleur des
projets, pour que ça ait un impact sur la productivité nationale au Québec,
c'est certain qu'on parlerait probablement de projets, pas dans l'ordre du
milliard, mais dans l'ordre de plusieurs milliards de dollars par projet. Puis
ça devrait... de manière obligatoire, avoir un impact sur la production en tant
que telle, pas forcément sur les services publics. Ça fait que peut-être que
l'effet sur la productivité à l'échelle nationale, c'est une ambition qui est
difficilement atteignable pour un seul projet, là...
M. Tremblay (Nicolas) : ...d'investissement
au projet majeur, malgré le fait, là, qu'il soit... qu'il soit très important,
là, comme projet en soi, là.
Le Président (M. Laframboise) :
...Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui. Là ça va
être comment qu'on va désigner des projets, hein, qui va vraiment faire en
sorte que ça va pouvoir rentrer dans ce projet de loi là, le critère qu'on va
donner tantôt pour s'assurer que des projets puissent être désignés. J'assume
ici qu'on ne parle pas d'un hôpital. Alors, moi, pour moi, je pense que de quoi
on parle ici, c'est vraiment structurant au niveau de l'économie du Québec. Il
y a... Puis on peut-être, tu sais, «une augmentation de la productivité à
l'échelle nationale dans la première année en cours, lorsque le projet sera
réalisé.» C'est juste que je veux qu'on ait une ancre quelque part pour...
M. Girard (Groulx) : ...mettons
que le projet est risqué, là, mettons que c'est une mine de terres rares, là,
puis qu'on fait le projet puis le prix des terres rares pendant deux, trois ans,
il est dans le plancher, là, bien, ça n'aidera pas à la productivité nationale,
là. C'est un drôle de critère, là. C'est comme un critère qui introduit une
certitude dans un monde incertain. Ça fait que vous, vous dites...
M. Beauchemin : Mais c'est
une aspiration à s'assurer qu'on...
M. Girard (Groulx) : Mais je
suis d'accord avec l'aspiration. Je ne suis juste pas d'accord à le mettre dans
le... dans le critère de désignation.
M. Beauchemin : Mais comment
qu'on pourrait avoir quelque chose de plus costaud que ce qui est écrit là?
M. Girard (Groulx) : En ayant
des investissements, on a clairement un déficit d'investissement privé. Dans le
cas ici, on ne veut pas se... on ne veut pas se restreindre aux investissements
privés parce que, quand même, on pense qu'on pourrait avoir des projets avec
Hydro-Québec, notamment. Mais c'est certain qu'au Québec on a un déficit
d'investissements privés, d'innovation, de productivité. Bref, vous connaissez
l'ensemble de nos défis. Mais le gain de productivité, il est aspirationnel,
tandis que les investissements vont être réels.
M. Beauchemin : OK, bien,
moi, je le vois d'une certaine façon, OK, puis quand je regarde ça, je me
dis : Bon, bien, supposons qu'on ne mettait pas ça. On pourrait-tu parler
de s'assurer qu'il n'y ait pas de perte de productivité? Parce que, dans le
fond, si on met un projet de ces ampleurs-là, qu'on est en train de discuter,
là, puis qu'il y a un ralentissement de la productivité au Québec, là, on s'est
trompé solide, là.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que si on fait un projet risqué puis que le projet ne va pas bien,
il n'y aura pas de gain de productivité, là.
M. Beauchemin : Oui,
effectivement. Je ne suis pas contre l'idée qu'on prenne du risque, mais, tu
sais, demain matin l'économie peut arrêter, là, puis Contrecoeur, il n'y aura
pas grand bateaux qui va aller s'accoter là, là. Ça fait que, moi, je pense
que, tu sais, ça va évidemment faire partie, là, l'économie mondiale est une
influence dans tout ça puis ça va se refléter partout, puis ça pourra
s'argumenter. Mais, tu sais, toutes choses étant égales par ailleurs, lorsqu'on
va vouloir le mettre en place, lorsqu'on va vouloir le considérer, puis fût une
époque là où est-ce que je me serai attaqué sur un fichier puis que je vous
l'aurais monté le modèle, là, mais ça se monte, un modèle qui va être capable
de calculer ça, là.
M. Girard (Groulx) : Non
mais, dans la façon que le paragraphe est rédigé, là, on a les deux concepts
de... le capital d'investissement puis de travail puis évidemment, c'est dans
la combinaison capital-travail, on va avoir le gain de productivité.
• (15 h 50) •
M. Beauchemin : OK.
Prenez-moi par la main et amenez-moi là, là, juste pour revoir exactement ce
que vous dites quand on regarde ça, là.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est les investissements qui vont amener le gain de productivité. La valeur...
La façon que c'est rédigé, là, le projet aurait des retombées économiques majeures
pour le Québec, notamment en raison de la valeur des investissements
nécessaires pour le réaliser et des emplois qui seraient créés. Seront? On
est... est-ce qu'on est rendu... Le projet à des retombées.
Le Président (M. Laframboise) : Autres
questions, commentaires?
M. Beauchemin : Juste une...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Taschereau. Oui.
M. Grandmont : Sur
l'amendement, non.
Le Président (M. Laframboise) :
Sur l'amendement, ça va? D'autres questions, commentaires...
Le Président (M. Laframboise) : ...M.
le député de Marguerite-Bourgeoys, vous vous... vous vous en gardez un peu.
Oui.
M. Beauchemin : ...ce que...
ce que j'essaie de... de comprendre ici, c'est que tout projet devrait amener à
un gain de productivité. Je pense qu'on dit la... la même chose ici. Puis, ce
n'est pas une redondance, c'est juste que, comme vous... comme vous le savez,
là, il y a... il y a d'autres variables dans l'équation, là, comptable qu'on
utilise dans... dans le budget pour en arriver à faire le calcul de la
productivité. Donc là, je veux juste qu'on mette l'emphase sur le fait que ce
chiffre-là, publié comme il est publié dans... je m'excuse, là, je n'ai plus la
page par cœur, c'est mon autre dossier qu'on discutait ce matin, là, mais la
page de la productivité, on aurait un gain ou on aurait une influence positive
sur ce chiffre-là. Puis, s'il y avait... il y avait une note, on pourrait
dire : En passant, un projet x qui a été fait, qui était majeur, lui, il y
a eu un ajout positif de... sur la productivité du Québec.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je...
Écoutez, encore une fois, là, je comprends l'aspiration, là, la productivité, c'est
la combinaison optimale du capital puis du travail, mais le bénéfice d'écrire
ça «productivité à l'échelle nationale», je... je ne le vois pas. Ça fait que
je comprends l'intention, là, on... et on a besoin de faire des gains de
productivité au Québec, je suis d'accord avec ça, mais je ne suis pas d'accord
avec mettre ça dans le deuxième critère.
M. Beauchemin : ...qu'on le
regardait d'une autre façon, là. Supposons qu'on met... on aurait un projet
tellement, là, gigantesque, OK, tellement coûteux qu'en fait si on faisait des
calculs de productivité, là, pourrait avoir un effet négatif juste de par le
fait que le projet économiquement «pricé» trop cher, mais là on aurait un enjeu
de productivité nationale. Ça fait que le forcer, parce qu'ici on parle juste
de... des retombées économiques majeures, des investissements nécessaires, là,
on le dit, mais supposons que c'est dans le trop dispendieux, on perd, on va
perdre de la productivité. C'est pour ça qu'en ajoutant la notion ici, bien, on
s'assure que le calibrage, que l'équilibre, justement, que vous mentionnez est
atteint, là.
M. Girard (Groulx) : Bien,
écoutez, mon... mon sous-ministre me faisait remarquer que, pour avoir un
impact sur la productivité nationale, là les projets vont être immenses. C'est
comme... c'est un... c'est un critère, là, qui vient... qu'un seul projet a un
impact sur la productivité nationale, c'est... c'est démesuré.
M. Beauchemin : L'objectif
ici, c'est de s'assurer que, minimalement, là, même si c'est à la marge, je
veux qu'on s'assure qu'il y a une augmentation de la productivité au Québec,
peu importe le projet.
M. Girard (Groulx) : Encore
une fois, je suis... je suis à l'aise avec l'intention et inconfortable avec le
désir de modifier le deuxième critère avec ce concept. Surtout au niveau
national, là, de penser qu'un projet va déplacer la productivité nationale,
c'est... c'est... c'est un impact démesuré.
M. Beauchemin : ...dans le
contexte ici de projet majeur. C'est une loi qui vise à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation de projets prioritaires d'envergure
nationale.
M. Girard (Groulx) : Admettons
que c'était un projet de 4 milliards, là, 5 milliards, bien...
M. Beauchemin : À la marge,
il va bouger, là, à la marge, ça va... il ne partira pas, là, de... de 1 à 5.
M. Girard (Groulx) : À la
marge, il peut faire bouger, mais il peut y avoir des cas où ce ne sera pas...
ce ne sera pas le cas, là. Ça dépend de l'industrie. La productivité nationale,
là, c'est pondéré par les industries, chaque industrie a sa productivité. Comme
je vous le dis, l'industrie de la construction, pas productif, ça fait que dès
qu'on aurait un projet, mais... dès qu'on ferait un projet intensif en construction,
bien là, la productivité va descendre.
M. Beauchemin : Mais, je
comprends, mais c'est... comme je disais, ce n'est pas tant dans la
construction du projet que dans une fois réalisé...
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
là le critère que vous amenez, là c'est une augmentation de la productivité à
l'échelle nationale, ça ne marche pas...
M. Girard (Groulx) : ...ça ne
fonctionne pas en termes d'ampleur.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : OK. Bien,
écoutez, on s'entend qu'on ne s'entend pas.
Le Président (M. Laframboise) :
S'il n'y a pas d'autre question, commentaire, est-ce que vous demandez le vote,
M. le député de Marguerite-Bourgeoys? Vote par appel nominal.
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
La Secrétaire
:
Monsieur... Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Abstention.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention. Donc, M. le député de Taschereau, la parole est à vous.
M. Grandmont : Oui, merci.
Le Président (M. Laframboise) :
Il vous reste... juste pour vous dire, parce qu'on est sur l'article 40 tel
qu'amendé...
Une voix : 4.
Le Président (M. Laframboise) :
...4 tel qu'amendé, excusez-moi, vous aimeriez être rendus au 40...
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Il
vous reste 10 min 30 s sur les discussions sur l'article 4
tel qu'amendé.
M. Grandmont : Oui, bien,
écoutez... M. le Président, merci. Content de vous retrouver, évidemment. Avant
de proposer un amendement, puisque j'en ai un, j'aimerais revenir sur quelque
chose que le ministre a dit tantôt. Il a dit à la suggestion... en réaction...
en fait, en réponse à l'amendement de notre collègue de Jean-Talon, qui voulait
qu'en fait l'ensemble des critères, des cinq critères qui sont énumérés,
fassent partie des éléments pris en compte pour la désignation. Le ministre a dit :
Bien non, ça va demeurer... ça ne sera pas, «il doit notamment considérer les
éléments», ça sera «il peut», tel qu'il est écrit. Là, après ça, M. le ministre
a dit, ça veut dire que je pourrais choisir... en fait, le gouvernement
pourrait choisir un seul de ces critères pour justifier un projet. La surprise
a été quand même un peu grande, parce que si, à la fin, un seul de ces
critères-là peut servir à autoriser un projet d'envergure de priorité nationale
qui va à avoir un processus accéléré en acceptabilité sociale au niveau des
règles environnementales, un seul critère pourrait être retenu pour une
désignation de projet. Ça donne beaucoup de pouvoir à l'appareil... au
gouvernement pour désigner des projets d'intérêt national. C'est des projets
majeurs, on s'entend, M. le ministre, a parlé de projets qui valaient des
milliards, des projets qui sont importants, qui ont des grosses retombées.
Mais donc le critère, par exemple, le
cinquième critère, le calendrier de réalisation du projet pourrait me permettre
d'envisager une mise en œuvre à court terme, pour être le seul critère retenu
par M. le ministre pour désigner un projet, ça me semble gros, ça me semble
vraiment gros. En tout cas, j'invite vraiment le ministre à peser le poids de
son affirmation, ce qu'il a dit, ce qui a été enregistré et ce qui pourrait
être entendu par tout le monde, et de reconsidérer l'amendement qui a été
proposé par notre collègue de Jean-Talon, parce que je trouve qu'il y a là un
poids énorme à chacun de ces critères-là pris individuellement. Je ne suis pas
intervenu tantôt, là, mais je veux... je veux quand même le souligner, c'est
important.
M. Girard (Groulx) : Mais
c'est certain que, si vous imputez ce poids à cinq, je suis d'accord avec vous,
si vous l'imputez à quatre, vous seriez d'accord avec moi. Alors...
M. Grandmont : Ça dépend du
projet, évidemment.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
M. Grandmont : Mais vous
comprenez quand même que ce que vous avez dit...
M. Girard (Groulx) : Je comprends.
M. Grandmont : ...peut être
interprété dans son sens strict, et il n'y a rien qui garantit que c'est vous
qui allez être le prochain ministre des Finances l'automne prochain non plus,
tu sais, je veux dire... Mais donc...
M. Girard (Groulx) : Exact,
mais je pense qu'un projet d'intérêt stratégique national qui contribuerait à
l'atteinte des cibles gouvernementales relatives aux objectifs de la transition
énergétique, bien, c'est un critère qui est fort, là.
• (16 heures) •
M. Grandmont : On est bien
d'accord là-dessus...
M. Girard (Groulx) : Bon,
alors...
M. Grandmont : ...mais s'il
ne tenait pas compte des intérêts des communautés locales et autochtones.
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
ça ne veut pas dire... je n'ai pas voulu dire qu'on serait en contravention des
autres... des autres critères, j'ai dit qu'un des critères pourrait être la
justification qui amène à la désignation.
M. Grandmont : Mais c'est ça,
mais c'est un peu ce que je dis. Vous comprenez que...
M. Girard (Groulx) : Mais là
vous prenez cinq comme exemple, puis là...
M. Grandmont : Mais je veux
dire...
M. Girard (Groulx) : ...je
vous fais un contre-exemple avec quatre, puis vous êtes d'accord avec moi.
M. Grandmont : Bien, je ne
suis pas d'accord avec le quatre, ce que je vous dis, c'est que je ne suis pas
d'accord avec l'idée qu'un seul critère pourrait servir. Parce que si on
revient à la discussion que vous avez eue tantôt avec notre collègue de
Jean-Talon sur les intérêts des... des communautés locales et autochtones, ça
pourrait ne pas être tenu du tout en compte si quatre et cinq cochaient oui.
M. Girard (Groulx) : Bien, si
on tient...
16 h (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : ...pas en
compte les intérêts... Le projet ne se fera pas, là.
M. Grandmont : Mais ça, c'est
votre interprétation, mais ce n'est pas ce que le texte dit puis ce n'est pas
ce que vous avez dit tantôt non plus.
M. Girard (Groulx) : Je vous
ai donné le contre-exemple avec 4.
M. Grandmont : Oui.
M. Girard (Groulx) : Vous
m'avez... vous m'avez servi le 5, je vous ai donné 4 puis...
M. Grandmont : Et moi, je
vous ai servi 4, 5, moins 2.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
M. Grandmont : Et puis je
pense que vous comprenez bien le point d'accord que j'essaie d'amener.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
J'ai compris.
M. Grandmont : Je vous invite
à le reconsidérer. On est ouverts, évidemment, aux amendements qui proviennent de
la... de la partie gouvernementale si c'est pour... améliorer son propre projet
de loi, aucun projet de loi, tel qu'il est déposé, n'est infaillible,
évidemment.
Alors, oui, c'est ça, donc j'avais annoncé
que j'aurais un amendement. Ça peut prendre quelques secondes pour vous...
suspendre et vous l'acheminer. Merci.
Le Président (M. Laframboise) :
Suspension.
M. Girard (Groulx) : Suspension?
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
M. Girard (Groulx) : OK.
(Suspension de la séance à 16 h 02)
(Reprise à 16 h 10)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
lors de la suspension, nous en étons... nous en étions à un amendement déposé
par M. le député de Taschereau. M. le député, lire votre amendement et vos
commentaires, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais retrouver le document sur mon... à moins
qu'on défile, là, sur la page pour que je puisse le lire, ce serait bien. À
l'article 4 du projet de loi, remplacer, dans le paragraphe cinq du
deuxième alinéa, le mot... Il n'y a pas de mot.
Une voix : ...
M. Grandmont : Ah! c'est...
c'est un point, pardon, excusez-moi, mes lunettes sont commandées, mais je n'ai
pas reçu encore mes nouveaux verres. Ajouter après le... après le paragraphe
cinquième du deuxième alinéa, le suivant :
6....
M. Grandmont : ...le projet
fait la démonstration d'une acceptabilité sociale favorable.
Donc, l'article quatre du projet de loi
tel qu'amendé se lirait ainsi : «Le gouvernement peut désigner un type de
projet prioritaire et d'envergure nationale, tout projet stratégique de grande
ampleur dont la réalisation rapide est d'intérêt collectif et la mise en œuvre réussie
est plausible. Aux fins de cette désignation, il peut notamment considérer les
éléments suivants :
«Le projet consoliderait l'autonomie et la
résilience du Québec, notamment en matière d'énergie et de minéraux critiques
et stratégiques ou d'infrastructures;
«Le projet aurait des retombées
économiques majeures pour le Québec, notamment en raison de la valeur des
investissements nécessaires pour... pour le réaliser et les emplois qui
seraient créés;
«Le projet prendrait en compte les
intérêts des communautés locales et autochtones;
«Le projet contribuerait à l'atteinte des
cibles gouvernementales relatives aux projets de... aux objectifs de la
transition énergétique;
«Le calendrier de réalisation du projet
permet d'envisager une mise en œuvre à court terme;
«Et donc sixièmement, le projet fait la
démonstration d'une acceptabilité sociale favorable.»
Voilà. Pourquoi cet ajout, cet amendement,
me demanderez-vous, M. le ministre, parce qu'on fait ça pour les citoyens et
les citoyennes du Québec, parce qu'on veut absolument que ces... que les
citoyens soient derrière ces projets-là, les supportent. Il n'y a pas
longtemps, votre collègue de la Beauce-Sud lui-même parlait... en réponse à une
question, là, d'un député, là, du Parti québécois, il disait : La
démocratie en général a telle... on compte à tel point qu'il y a un processus
d'acceptabilité sociale pour ce genre de projet qui est important. Il parlait
du BAPE, en l'occurrence, là, qui est important pour capter l'acceptabilité ou
le fait que des gens étaient d'accord ou pas avec le projet. Alors, en...
respectons le processus qui est proscrit à l'intérieur de nos lois, respectons,
évidemment, le travail qui se fait de la part de l'entreprise auprès de la
communauté... bref, il y a une volonté à afficher de la part d'à peu près tout
le monde, en fait, au Québec, de l'importance de... de l'acceptabilité sociale.
Combien de fois on a entendu le premier ministre parler de différents projets
en disant : L'acceptabilité sociale est là, ou n'est pas là, ou nous irons
dans cette direction-là, si jamais l'acceptabilité sociale se montrait
favorable. Donc, évidemment, c'est un critère qui nous apparaît essentiel.
À cela, le ministre pourra peut-être
répondre que le troisième paragraphe, qui affirme que le projet prend en compte
les intérêts des communautés locales et autochtones, je répondrai
préventivement à cette... à cette réponse que ce n'est pas la même chose, parce
que qui décide de l'intérêt... de ce qui est bon pour une communauté? C'est la
communauté elle-même. Par exemple, un projet qui pourrait se déployer sur une
communauté et que la... les gens d'affaires, par exemple, je caricature, mais
c'est le genre de situation qui pourrait arriver, les gens d'affaires sont en
faveur d'un projet, mais la population y est opposée. Bien, comment trancher en
fait? Alors, c'est pour ça qu'on parle d'acceptabilité sociale, ça englobe tout
le monde.
Évidemment, il y a des processus par
rapport à ça. J'ai nommé le BAPE tantôt, là, qui, on en parlera plus tard, là,
aura un rôle quand même dans l'acceptation de ces projets-là. Mais donc ce
projet-là doit... les projets qui seront identifiés, qui seront désignés par le
gouvernement doivent nécessairement rencontrer les... non seulement les
intérêts, mais l'acceptabilité de la population. Je pense que c'est essentiel.
Puis c'est une façon aussi de s'assurer que les projets se fassent plus
rondement. Ça a été nommé aussi, là, plusieurs fois, là, par plusieurs
organisations qu'on a rencontrées pendant les consultations particulières.
Évidemment, là, M. le ministre écoutait, comme nous, plusieurs gens qui nous
ont dit que les projets... le projet de loi qui vise l'accélération des projets
majeurs prioritaires d'envergure pourrait être ralenti si l'acceptabilité
sociale n'est pas au rendez-vous. Alors, il est important de le spécifier dès
le début, l'acceptabilité sociale, dès l'article quatre, pour montrer, je
dirais, patte blanche sur cet élément-là, qui est revenu quand même à plusieurs
reprises dans les audiences particulières. Voilà mes explications, M. le
Président.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est certain que l'acceptabilité sociale, c'est un concept important. Je donne
le... Le député de Taschereau l'a mentionné, je le remercie d'avoir donné le
crédit au premier ministre, qui lui-même l'utilise fréquemment, mais je pense
que ça fait partie du BAPE, là. Puis on reconnaît qu'avant l'autorisation, il y
aura un BAPE puis que l'acceptabilité sociale sera... Bref, le concept que vous
voulez amener dans la désignation fait partie de l'autorisation.
M. Grandmont : Donc, dans le
processus de désignation d'un projet, le BAPE va organiser des audiences, une
consultation. On verra dans le détail, là, qu'est-ce que c'est... en quoi ça
consiste plus précisément, plus tard, dans des articles, là, mais... Donc, le
BAPE va mesurer cette acceptabilité sociale là. Si le BAPE mesure une
acceptabilité sociale négative, qu'est-ce qui se...
M. Grandmont : ...avec le
projet.
M. Girard (Groulx) : Mais
c'est-à-dire que le BAPE, là, c'est consultatif, comme vous le savez, comme on
a vu dans le cas du tramway de Québec, mais je pense que le BAPE était
horrible, puis le projet va de l'avant, puis vous êtes pour le projet, puis moi
aussi. Alors...
M. Grandmont : Content de
savoir que vous êtes comme le ministre des Transports en faveur de ce
projet-là.
M. Girard (Groulx) : Pardon?
M. Grandmont : Je suis
content de savoir que, comme le ministre des Transports, vous êtes en faveur du
projet de tramway.
M. Girard (Groulx) : Bien, le
gouvernement est en faveur du projet de tramway.
M. Grandmont : Bien, c'est
parce que c'était comme moins sûr ce matin, là.
M. Girard (Groulx) : Pourquoi?
M. Grandmont : Ah, bien, vous
regarderez votre revue de presse. L'ancien ministre des Finances... Le candidat
de Lévis à la course à la chefferie semblait moins sûr de son appui au tramway,
mais c'est un autre dossier.
M. Girard (Groulx) : OK.
Mais, écoutez...
M. Grandmont : Il y a
beaucoup d'actualité dans la journée. C'est bien correct.
M. Girard (Groulx) : Non,
mais je ne veux pas vous faire rire, mais je n'ai pas lu son article dans ma
revue de presse. Mais je ne me trompais pas en disant que vous étiez pour le
tramway?
M. Grandmont : Non, ça, ça
n'a pas changé.
M. Girard (Groulx) : Alors,
je vous confirme que je suis pour le tramway.
M. Grandmont : Ça fait depuis
2009 que je suis en faveur du tramway.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Alors, ça va. Alors, déjà... déjà, c'est un bon départ.
M. Grandmont : Oui, effectivement.
M. Girard (Groulx) : OK.
Surtout que j'ai... surtout que j'ai mis de l'argent pour accélérer le tramway
dans le budget avant le 31 mars, ça fait qu'il faudrait... il faudrait
attendre avant le 31 mars.
M. Grandmont : C'est drôle,
je n'ai jamais eu vraiment de doute sur votre appui au tramway, ce qui n'a pas
toujours été le cas de tous les ministres à la CAQ.
M. Girard (Groulx) : On n'est
pas le premier avril? J'ai décaissé avant le 31 mars?
M. Grandmont : Si on revient
à ma proposition d'amendement.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Revenons à... revenons à l'acceptabilité sociale, ça me convient
M. Grandmont : ...à nos
moutons. Lâchons les poissons et allons aux moutons. Donc, c'est ça. Moi, je...
je vous propose, c'est d'ajouter cet élément-là. Je vous servirai l'argument
que vous m'avez servi tantôt quand j'ai parlé de l'importance relative de
chacun des... tu sais, du fait , finalement, on... certains critères peuvent
être acceptés, d'autres être plus mineurs, voire non existants dans la
désignation d'un projet.
Moi, je vous dis, si on ajoute le sixième
point, là, sur l'acceptabilité sociale, de un, ça envoie un message, hein, on
est en train de dire que, finalement, ça fait partie des critères importants
qui peuvent être utilisés pour désigner un projet, au même titre que ça... ça
consolide l'autonomie et la résilience du Québec, que ça aurait des retombées
économiques majeures, que ça tiendra en compte les intérêts des populations
locales, des communautés autochtones, que ça permettrait d'atteindre les... les
cibles de transition énergétique, les objectifs de transition énergétique, que
ça peut se réaliser rapidement.
Puis là, après ça, vous avez dit
tantôt : Bien, ces critères-là peuvent être... bon, vous aviez dit un, je
comprends que c'était pour faire image, mais que, dans le fond, un critère pour
être prédominant, d'autres pour être un peu mineurs. Moi, je vous dis,
l'acceptabilité sociale, je pense que vous êtes globalement en faveur de ce
principe-là, vous dites : C'est... c'est inscrit plus loin dans... dans le
processus, on va le décrire. Moi, je vous suggère de l'inscrire tout de suite
ici, dès l'article 4, pour envoyer le signal que c'est un volet important
dans la prise de décision, dans la désignation des projets qui vont être donc
désignés par le gouvernement. Après ça, ils ont des importances relatives,
c'est vous-même qui l'avez dit tantôt.
Donc, moi, je pense que c'est simplement
d'envoyer un signal de... de bonne foi envers ce critère-là qui est essentiel,
vous l'avez dit vous-même. Le premier ministre l'a utilisé à plusieurs reprises
dans la discussion sociale sur le déploiement, le démarrage de projets majeurs
encore plus, c'est essentiel. Donc, c'est l'argument que vous m'avez servi
tantôt. Ils peuvent avoir des poids relativement relatifs en fonction du
projet, du contexte dans lequel ils s'inscrivent, c'est simplement une bonne
façon d'envoyer un message positif dès le départ, au début de ce projet de loi
là.
• (16 h 20) •
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Mais,
écoutez, je... je pense qu'on est tous pour l'acceptabilité sociale. S'il y a
quelqu'un qui n'est pas pour l'acceptabilité sociale, là, il peut lever sa
main, là. Mais... mais là... là c'est une question d'où ça vient dans le processus.
Alors, on... on suggère qu'au niveau de la désignation, ce n'est pas... je ne
veux pas utiliser le mot «pertinent», mais ce n'est pas nécessaire.
Définitivement, au niveau de l'autorisation, il y aura un BAPE s'il faut qu'il
y ait un BAPE. Puis, dans le BAPE, il y aura le critère de... Donc, je... je...
je vais...
M. Grandmont : Si vous me
permettez, je vais... je vais retenter ma chance.
M. Girard (Groulx) : C'est
vraiment... juste pour conclure, c'est vraiment... ce que je suggère le député
de Taschereau sera considéré au niveau de l'autorisation. Et là, ce qu'on nous
suggère, c'est de le mettre au niveau de la désignation. Alors, on est contre,
mais on n'est pas contre le principe, on est contre l'endroit où le député de Taschereau
suggère de l'inclure.
M. Grandmont : Je... je
tente...
M. Grandmont : ...ma chance
une dernière fois, M. le Président. Le... le... Pendant les audiences, c'est un
des éléments, l'acceptabilité sociale, qui est revenu le plus souvent. Il y a
l'environnement, évidemment, dont on a beaucoup parlé. L'acceptabilité sociale
était un des éléments clés du mécontentement des groupes qu'on a entendus.
Moi, je vous suggère, encore une fois, de
l'inscrire dès la désignation à l'article 4 pour envoyer un signal clair
que cette acceptabilité sociale là sera tenue en compte. Après ça, exactement
comme vous l'avez dit, libre au ministre d'en tenir compte à un degré qui
pourrait varier, qui pourrait... qui pourrait varier, ce au regard des autres
critères, mais je vous invite vraiment à le considérer. Pour moi, ça envoie un
message qui serait potentiellement reçu positivement par bien des gens qu'on a
rencontrés. Et c'est aussi, je le rappelle aussi, un des... un des éléments
clés dans... dans... comment je dirais ça, dans la capacité réelle d'accélérer
des projets. On se l'ait dit, on le sait, là, il y a beaucoup de groupes qui
nous ont dit : Ce projet de loi là, s'il reste comme ça, il y a des bonnes
chances que, pour toutes sortes de raisons, contestations, manifestations,
toutes sortes de moyens qui peuvent être utilisés par la société civile
pourraient ralentir des projets. Alors que là, bien, on vient envoyer un signal
clair que l'acceptabilité n'est pas une donnée secondaire dans la désignation des
projets. Merci.
M. Girard (Groulx) : L'acceptabilité
sociale n'est pas une donnée secondaire dans l'autorisation des projets.
Le Président (M. Laframboise) : D'autres
questions, commentaires? Est-ce que l'amendement à l'article 4...
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Vote nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
La Secrétaire
: Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
La Secrétaire : M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Donc, on revient au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. le député.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc...
Des voix : ...
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, j'ai un autre amendement. Est-ce qu'on fait une pause deux
secondes pour le temps qu'il soit affiché?
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 16 h 24)
16 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 16 h 33)
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, nous en étions, lors de la suspension, à un amendement qu'a préparé le
député de Marguerite-Bourgeoys. Si vous voulez, s'il vous plaît, nous le lire, M.
le député.
M. Beauchemin : Oui. Alors,
merci, M. le Président. On veut ici modifier l'article 4 du projet de loi
par l'insertion, dans le paragraphe 3° du deuxième alinéa et après «les
intérêts» de «des municipalités visées par le projet».
Puis je vais descendre tout de suite au
point n° 3°, «le projet prendrait en compte les
intérêts des municipalités visées par le projet, des communautés locales et
autochtones».
Donc, en faisant ça, tout ce qu'on se
trouve à faire, premièrement, on répond à la critique lorsqu'on a entendu les
gens de la Fédération québécoise des municipalités qui sont venus nous dire
haut et fort que le ministre doit considérer les intérêts des municipalités
visées par le projet. Les communautés locales, les autochtones, les
municipalités, c'est... ça peut être perçu comme étant trois parties prenantes
de la société civile, là, qui peut être affecté par des projets que... le
projet de loi ici vise à mettre sur l'accélérateur. Donc, en faisant ça,
évidemment, on prend en compte leurs intérêts, on prend en compte les intérêts,
on démontre qu'on les a écoutés. Ça aide à atteindre la fameuse acceptabilité
sociale, ça fait avancer le projet. On considère que, dans l'ensemble de l'oeuvre,
c'est une valeur ajoutée pour l'efficacité.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui. Je
donnerais la parole à ma juriste, là, parce qu'on... c'est redondant.
Le Président (M. Laframboise) :
Vous présenter... Consentement? On a consentement. Donc, allez-y, vous présenter,
votre titre, s'il vous plaît.
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui,
merci, M. le Président. Alors, Geneviève Desbiens, ministère de la Justice, avocate
au ministère de la Justice.
Alors, M. le ministre a raison de dire c'est
redondant, parce que, dans le corpus, «communautés locales», ça peut être la
municipalité, ça peut être un quartier, ça peut être une organisation. C'est
tout ce qui regroupe des citoyens qui ont un lien entre eux. Donc, les
municipalités sont incluses dans les communautés locales. Et, tout au long du
projet de loi, elles peuvent même être sollicitées de manière distincte pour
formuler des commentaires. Elles vont donner des autorisations. On va le voir
plus loin, là, elles sont parties prenantes dans le projet. Donc, c'est
vraiment une redondance que de les nommer ici de cette manière-là, parce qu'elles
font partie des communautés locales.
M. Beauchemin : ...je vais
faire ça, de les nommer spécifiquement, en plus de dire «des communautés
locales».
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien,
on a un impact ailleurs dans le corpus. C'est comme si, en les nommant ici, si
elles ne sont pas nommées ailleurs dans le corpus, puis là je l'ai beaucoup, dans
le corpus, «communautés locales», c'est comme si on faisait en sorte...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...que
par interprétation, je n'ai pas... je n'ai pas municipalité dans communauté
locale, puisqu'ici, dans le projet de loi n° 5, je
suis obligé de le spécifier. Ça fait que là, je viens comme tout chambouler le
corpus d'interprétation ailleurs dans le corpus. Important, là, comme
modification.
M. Beauchemin : Puis juste
pour les gens, là, qui nous écoutent où on pourrait les envoyer voir que,
lorsque vous mentionnez des communautés locales, ça l'a inclus, de par le
passé, donc, maintenant, il y a jurisprudence que ça inclut aussi, donc, des
municipalités qui peuvent être visées par le projet ici.
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien,
toutes les lois environnementales vont avoir un aspect qui va nommer... ils
vont avoir des dispositions nommant les communautés locales, par exemple, la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel, on le voit aussi dans la Loi sur
les mines. Toutes les lois qui peuvent impliquer les communautés locales vont
avoir cette expression-là, de la même manière ici qu'on l'a dans le projet de
loi n° 5. Ça fait que, par interprétation, nous, on
le sait, que quand on voit communautés locales, bien, ça peut comprendre les
municipalités, ça peut comprendre un quartier d'une municipalité, ça peut
comprendre une autre organisation qui regroupe des personnes qui sont... qui
sont concernées par le sujet. Donc, c'est très, très, très large comme
expression.
M. Beauchemin : Il n'y aura
pas un recours d'une municipalité si le projet de loi devient accepté ici, là,
comme quoi que, par exemple, là, oups, on veut être entendus, on veut que nos
intérêts soient pris en compte, puis que là, bien là, ça va créer un précédent,
là. Ici, vous me parlez, là, que c'est procédures standards de prendre... si on
accepte ça tel quel, là, on accepte donc le fait que les municipalités visées
vont avoir leurs intérêts pris en cours...
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien
tellement...
M. Beauchemin : ...en compte,
excusez.
Mme Desbiens (Geneviève) : Oh!
Excusez-moi. Tellement qu'elles vont avoir la possibilité de délivrer les
autorisations. Parce que l'autorisation unique du gouvernement, à moins de
situations exceptionnelles, ne comprendra pas les municipalités, les
autorisations qui sont octroyées par les municipalités. On a laissé aux
municipalités leur pouvoir d'autoriser certaines choses sur leur territoire.
M. Beauchemin : OK.
Mme Desbiens (Geneviève) : Puis
on le voit, comme je vous dis, à l'article six, là, à la fin, quand on va y
arriver, on va pouvoir en discuter, mais elles sont parties prenantes du projet
et le ministre doit les solliciter de manière distincte pour obtenir leurs
commentaires. Ça fait que c'est sûr que leurs intérêts vont être pris en compte
parce qu'on va même aller leur parler de manière distincte.
M. Beauchemin : Merci.
Le Président (M. Laframboise) : Autres
questions, commentaires? Est-ce que vous... Oui? Oui, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
Juste pour... Au bénéfice des gens qui nous écoutent, là, j'aurais pu la
poser... j'aurais pu poser la question tantôt, mais la nuance entre désignation
et autorisation, on en parle... on en a parlé tantôt, là, peut-être juste
expliquer la nuance entre les deux puis ça apparaît où dans le processus, là,
les... chacun des deux concepts, là.
M. Girard (Groulx) : Mais en
quoi cette référence-là est pertinente à l'amendement de...
M. Grandmont : Bien, c'est
parce que c'est quelque chose qui est discuté depuis tantôt, là, en fait, on
l'a évoqué dans la question de l'amendement sur... du collègue de Marguerite-Bourgeoys,
puis on en a parlé aussi tantôt quand on parlait d'acceptabilité sociale.
Merci.
M. Girard (Groulx) : Mme
Desbiens.
Le Président (M. Laframboise) : Me
Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Oui, merci. Bien, la désignation, c'est... c'est comme... c'est comme dire...
Parce que la loi, le projet de loi, c'est comme une voie distincte de la voix
habituelle au niveau des autorisations, on rassemble dans une seule et même
autorisation des autorisations qui pourraient être données par plusieurs
ministres ou organismes. Ici, la distinction, c'est, une fois qu'on est
désigné, on entre dans cette voie distincte pour aller chercher une
autorisation unique. Ça fait que c'est ça, la différence entre l'autorisation
et la désignation. La désignation, c'est comme une voie de passage pour aller
chercher l'autorisation unique. C'est... elle sert juste à ça.
M. Grandmont : Parfait, je
voulais juste que ça soit clarifié au bénéfice des gens qui nous écoutent.
Merci.
Le Président (M. Laframboise) : D'autres
questions, commentaires? L'amendement, est-ce que vous le maintenez, M. le
député de Marguerite-Bourgeoys?
• (16 h 40) •
M. Beauchemin : Non, ce n'est
pas nécessaire.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
pour le retirer...
M. Beauchemin : Bien, on peut
voter pour.
Le Président (M. Laframboise) :
...ça prend le consentement.
M. Beauchemin : Ou on peut
voter pour, ça va être plus rapide, peut-être, je ne sais pas.
Le Président (M. Laframboise) : OK.
Donc, le vote est demandé. Par appel nominal ou...
M. Beauchemin : Oui.
Le Président (M. Laframboise) :
Ou par appel.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention, M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
La Secrétaire
:Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : C'est Mallette.
Contre.
Le Président (M. Laframboise) :
Mallette, Mme Malette.
La Secrétaire
:
Mallette, désolée. M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Abstention.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
...
La Secrétaire
: ...c'est
rejeté.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, l'amendement est rejeté. Donc, nous revenons aux discussions sur
l'article... 4 tel qu'amendé — mon Dieu, je veux aller vite — 4
tel qu'amendé. Donc, des questions, commentaires?
M. Girard (Groulx) : C'est le
député de Taschereau qui donne le rythme. C'est lui qui... qui a essayé de nous
amener à 43 tantôt, là.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires sur l'article 4
tel qu'amendé? Oui, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, Manufacturiers et Exportateurs du Québec avaient, dans ses
commentaires, fait la recommandation suivante, d'inviter le gouvernement à
adopter une approche plus qualitative et structurante des retombées économiques
qui tiennent compte, là, de la contribution des projets à la... à la solidité
de la chaîne de valeur québécoise, à l'intégration, grosso modo, des
entreprises locales dans les grands chantiers, dans ce qui est sous-entendu
dans le projet de loi. Évidemment, tu sais, de permettre le développement du
savoir-faire manufacturier puis de la résilience d'économie québécoise face aux
chocs extérieurs. Ça fait que ça, je pense que le concept de de ça, le principe
de ça, on est tous d'accord.
J'essaie juste de voir, quand on parle ici
de désignation, on a le terme la résilience du Québec en matière d'énergie,
etc., mais on ne semble pas... Tu sais, on parle de retombées majeures pour le
Québec, mais est-ce qu'on parle de la chaîne au complet? Quand on parle de
retombées, on parle-tu comme l'arrivée de l'argent? Comment qu'on le définit
ici? Comment qu'on intègre les inquiétudes des gens du... du MEQ dans... dans
votre projet de loi, dans cette section-ci, la section IV, là.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : ...juste,
parce que mon sous-ministre me parlait en même temps, sur le début de votre
intervention, si vous pouvez juste me résumer votre question, je vais mieux y
répondre.
M. Beauchemin : On veut
s'assurer, à l'intérieur de l'article 4 du projet de loi, là, qu'ici on
fait entrer le concept de la chaîne de valeur québécoise, l'intégration des
entreprises locales dans le processus de désignation. Alors...
M. Girard (Groulx) : Oui, ça
fait que ça, c'est dans le concept de résilience énoncé au premier critère de
désignation, là, parce que c'est... La façon que c'est écrit, c'est, le projet
consoliderait l'autonomie et la résilience du Québec. Alors, là-dedans, il y a
la chaîne d'approvisionnement et... Puis là le «notamment», là, ça, c'est des
exemples. Alors, le... ce que vous cherchez est dans l'énoncé général, la résilience
du Québec.
M. Beauchemin : Mais une autre
façon de le demander, c'est, quand on va l'exécuter, on va s'assurer que le
contenu québécois va être présent au maximum qu'il est potentiellement possible
de l'être.
M. Girard (Groulx) : Bien là,
je veux faire attention, là, le maximum, c'est toujours... Il faut toujours que
ce soit fait avec doigté, dans le sens que les critères de coût puis de respect
des contrats internationaux, les lois internationales, tout ça. Alors, il n'y a
pas de... si vous voulez dire, maximum de contenu local sous contraintes de
coûts, respect des accords internationaux, oui, si on veut dire, consolider
l'autonomie, favoriser le... l'approvisionnement local, oui.
M. Beauchemin : On ne sera pas
tout le temps sur le plus bas soumissionnaire, on va avoir...
M. Girard (Groulx) : Non, non.
M. Beauchemin : ...on va avoir
des variables autres, là, qui vont entrer.
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
on ne sera pas tout le temps plus cher ou que ce soit local non plus. C'est
pour ça que je dis, il y a un équilibre.
M. Beauchemin : OK. Il y avait
aussi les gens de la Fédération des chambres de commerce du Québec qui nous
parlaient des mécanismes de reddition de comptes pour l'ensemble des projets
désignés comme étant quelque chose de stratégique. Est-ce que... est-ce que
vous allez mettre en place des critères qui vont être objectifs, qui vont
s'appliquer, puis que ça va se traduire dans des mécanismes de reddition de
comptes?
M. Girard (Groulx) :
Excusez-moi, là, je dois être fatigué, trop d'heures sur la Commission des
finances publiques du budget qui ont précédé le PL n° 5.
Je ne comprends pas votre question.
M. Beauchemin : C'est correct.
J'étais présent, donc, je peux...
M. Girard (Groulx) : ...là,
clairement, c'est le... le problème est avec celui qui écoute, là, ça fait que,
répétez-moi votre question, je vais... je vais sûrement mieux y répondre si je
la comprends.
M. Beauchemin : Le
gouvernement doit... va-t-il introduire des critères objectifs de sélection et
va... ça va-tu être appliqué dans les mécanismes de reddition de comptes pour
qu'on puisse être capable de bien désigner, finalement, là, les projets, les...
qu'on puisse faire l'analyse par la suite, a posteriori, là.
M. Girard (Groulx) : Ça, on
traite ça à quel article?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : 6? On me
dit que l'objet de votre question est traité à l'article six, ce qui pourrait
en soi être une motivation pour adopter quatre et cinq, M. le Président.
M. Beauchemin : Je comprends
vos... vos intentions, M. le ministre. Est-ce que le gouvernement a l'intention
d'intégrer dans les critères de sélection, évidemment, une priorité aux projets
menés par des entreprises déjà présentes, là, au Québec? J'assume que oui, là,
mais...
M. Girard (Groulx) : Oui.
Oui, les fournisseurs, oui, oui, oui.
M. Beauchemin : Ça, c'est
quelque chose qui va être clarifié. On regardait aussi avec les gens du... on
parlait de clarifier les critères... Non, attends. Non, ça, c'est correct.
Excusez-moi, je... c'est mon temps qui coule, malheureusement, là, je vais...
Établir des critères plutôt que de lister des éléments possiblement considérés,
OK. Indicateurs tenus, OK. S'il y a quelqu'un... notre collègue ici, là, de Taschereau
voulait peut-être prendre le ballon deux secondes, là. Non?
M. Girard (Groulx) : Le
député de Taschereau est prêt à passer à l'article cinq.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Taschereau, allez-y.
M. Grandmont : Merci. Oui,
j'avais des questions. Il me reste quelques minutes, j'imagine, sur mon temps,
sur le 4 amendé, hein?
Le Président (M. Laframboise) : ...il
vous restait sept minutes.
M. Grandmont : Bon. Oui, le
quatrième paragraphe, là, «le projet contribuera à l'atteinte des cibles
gouvernementales relatives aux objectifs de la transition énergétique.»
M. Girard (Groulx) : ...l'emphase,
tout à l'heure, là.
M. Grandmont : J'ai essayé
toutes sortes d'exemples pour qu'on essaie de se comprendre, là, c'était un peu
ça, le but, tantôt, là, mais, oui. On réfère à quel document exactement, là?
C'est où, c'est inscrit où, ces objectifs de transition énergétique?
M. Girard (Groulx) : Bien,
les... on réfère notamment au plan pour une économie verte, certainement.
M. Grandmont : Et donc, on a
des cibles chiffrées qui permettent de mesurer l'atteinte des objectifs à
travers les projets qui seront développés?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est le Québec qui a des cibles puis, là, qui contribue à l'atteinte des
cibles. Donc, on réfère à ces cibles-là.
M. Grandmont : On parle de
transition énergétique, on ne parle pas de réduction de gaz à effet de serre,
on ne parle pas de, c'est ça, d'autres objectifs, là. Est-ce que... Donc, en
fait, ma question c'est : Pourquoi avoir choisi la notion de transition
énergétique plutôt que d'objectif de transition climatique par exemple, ou
encore d'objectif de réduction, même mondiale, d'émissions de gaz à effet de
serre? On comprend, là, que c'est des projets qui, des fois, vont avoir des
impacts à l'extérieur, évidemment, on essaie de les réduire un peu partout sur
la planète parce que ça n'a pas vraiment de frontière, là. Mais pourquoi avoir
choisi la notion de transition énergétique plutôt que climatique?
M. Girard (Groulx) :
Voulez-vous répondre?
Le Président (M. Laframboise) :
Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Oui, merci M. le Président. On a choisi ces mots-là parce que ça vise très,
très large, c'est... La transition énergétique, c'est... c'est actuel et c'est
large, ça englobe pas mal tout.
M. Grandmont : Ça englobe pas
mal tout. D'accord. Est-ce que, pour vous, le méthane, le gaz naturel liquéfié,
c'est une énergie de transition, par exemple?
• (16 h 50) •
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que le méthane fait partie de la transition énergétique?
M. Grandmont : Oui, c'est ma
question.
(Consultation)
M. Grandmont : Ça fait beaucoup
d'informations à gérer.
M. Girard (Groulx) : Non, non,
mais je veux juste être clair, là. Je suis assez fatigué, là, si vous me parlez
en même temps que j'essaie de répondre à sa question, ça ne fonctionnera pas,
d'autant plus...
M. Grandmont : Ménagez-le,
ménagez-le.
M. Girard (Groulx) : ...en
plus que j'essaie d'écouter...
M. Girard (Groulx) : ...je
regrette ou félicite tous ceux qui sont adeptes du «multitasking», mais moi,
j'ai une concentration assez linéaire.
M. Grandmont : Je suis à la
même place que vous, là.
M. Girard (Groulx) : Alors,
votre votre question, c'est : Est-ce que le méthane... Le méthane, c'est
ce qui... C'est le...
M. Grandmont : Le gaz naturel
liquéfié, on parle de... le GNL.
M. Girard (Groulx) : Non, non,
mais un instant, là. Non, non, non. Là, vous ne dites pas ce que lui a dit là.
OK, le méthane, c'est ce qui fuit les gazoducs notamment. Alors, est-ce que
vous me demandez si je pense que les fuites de méthane d'un gazoduc, ça fait
partie de la transition énergétique? Non.
M. Grandmont : D'accord. Si
ça fuit des gazoducs, c'est parce qu'on le transporte dans un gazoduc, mais
refroidit à moins 180 °C, il me semble, donc, c'est du gaz, c'est du
méthane liquéfié, refroidi. Donc, est-ce que du gaz naturel liquéfié ou du
méthane à moins 180 °C, pour vous, est-ce que c'est une énergie de
transition? Si on vise les transitions énergétiques, est-ce que... est-ce que
le gaz naturel liquéfié obtenu par fracturation, par exemple, dans l'Ouest
canadien, est-ce que, pour vous, c'est une énergie de transition? Donc, est-ce
que ça nous rapproche de nos objectifs de transition énergétique?
M. Girard (Groulx) : OK Mais
là votre question est plus claire, là, parce que vous êtes passé... vous êtes
passé par le méthane. Votre question, c'est : Est-ce que le gaz naturel,
liquéfié ou non, fait partie de la transition énergétique? C'est plus ça, votre
question.
M. Grandmont : Je vous
écoute.
M. Girard (Groulx) : Non, mais
je veux clarifier votre question pour bien répondre.
M. Grandmont : Vous l'avez
bien compris.
M. Girard (Groulx) : Parfait.
Merci. OK. Bien, ça dépend, je veux dire, c'est une question de degrés, c'est-à-dire
que, si on arrive à faire tout ce qu'on veut faire avec l'hydroélectricité, la
réponse, c'est non. Si on manque d'énergie dans nos ambitions économiques et
sociales, bien là, ça se peut qu'on soit obligé de diversifier. Puis là, après
ça, question de degré, là, ça fait qu'il y a tout un débat à savoir si le gaz
naturel fait partie de la transition énergétique ou pas. Puis mon opinion ne
fera pas pencher la balance d'un bord ou l'autre, là.
M. Grandmont : Parce que...
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
je veux dire, c'est mieux que le charbon, puis le pétrole, puis c'est moins bon
que l'hydroélectricité.
M. Grandmont : Est-ce que
vous savez ce qu'Alain Webster, qui est quand même le président du Comité
consultatif sur les changements climatiques, le comité qui consulte...
M. Girard (Groulx) : Oui, oui,
qui a fait une présentation de grande...
M. Grandmont : Exactement,
qu'on a entendu, effectivement.
M. Girard (Groulx) : ...de
grande qualité... voyons...
Une voix :
M. Girard (Groulx) : ...aux
consultations particulières. Merci.
M. Grandmont : Exact, exact,
qu'on a eu la chance aussi d'entendre sur les... la révision des cibles de GES
avec le député de Lévis, anciennement ministre de l'Environnement.
M. Girard (Groulx) :
Décidément, vous êtes...
M. Grandmont : Ah! je l'ai
dans ma soupe aujourd'hui, je l'ai dans ma soupe.
M. Girard (Groulx) : Tantôt,
on était suspendu, puis j'ai lu l'article que j'avais manqué de ma revue de
presse, puis il y avait une citation et l'article incluait une citation. Alors,
j'ai compris pourquoi vous étiez impliqué émotivement.
M. Grandmont : C'est plus...
c'est plus qu'émotif, ce n'est pas... c'est factuel aussi, là.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
M. Grandmont : Alors, oui,
Alain Webster, pour revenir à lui, un article sur un projet dont on parle, on a
déjà eu des discussions là-dessus, Marinvest, qui essentiellement vise à
extraire par facturation... par fracturation du gaz de l'Ouest canadien en
Alberta. C'est une pratique qui est interdite ici au Québec. On a heureusement
fermé la porte à ça, le transporter sur 1 000 kilomètres jusqu'au
port de Baie-Comeau, selon les informations qu'on a et, par la suite,
l'exporter.
Bon, il y a deux choses à dire qui sont
quand même intéressantes là-dessus. D'abord, Alain Webster, il dit : Même
si les promoteurs et les partisans de ce projet présentent le projet, en fait,
cette technologie-là comme un outil de transition énergétique, M. Webster dit
que, quand on produit plus de gaz naturel, on ne fait pas de la transition, ça
veut dire de demeurer dans l'industrie des énergies fossiles au lieu de faire
la véritable transition, par exemple, vers l'énergie solaire ou l'énergie
éolienne. C'est faire fausse route. Il dit, puis ça, je pense que c'est une
citation intéressante qui va nous ramener sur le texte de
l'article 4 : «La seule façon de rentabiliser ce type
d'infrastructure immense, c'est de ne pas atteindre nos objectifs climatiques.»
Ce qu'il dit aussi, vous comprenez bien le jeu de l'offre et la demande, là,
considérant vos connaissances, vos études...
M. Grandmont : ...votre
position. Il y a beaucoup de gens qui disent que l'Europe, qui se montre très
friande d'un développement d'un tel projet ici, au Québec, veut le faire parce
que ça leur permettrait de faire aller la concurrence puis avoir du gaz moins
cher, tout simplement. S'il y a plusieurs sources qui sont déployées, ça
permettrait de faire baisser les prix, ce serait tout à fait à leur avantage,
d'un point de vue tout simplement basé sur l'offre et la demande.
Donc je reviens à ce que je... à ma
question. Si des projets comme celui-là ne permettent pas d'atteindre nos
objectifs de réduction de notre impact, de l'impact humain sur les changements
climatiques, est-ce qu'on est en train d'atteindre les cibles gouvernementales
relatives aux objectifs de la transition énergétique? Est-ce que, dans le
fond... est-ce qu'on n'aurait pas dû prendre un critère différent qui serait
celui de la réduction de nos émissions ou de la lutte contre les changements
climatiques, plutôt que de s'accrocher uniquement à la transition énergétique?
M. Girard (Groulx) : Bon, je
veux juste revenir sur... Comment il s'appelle, le projet avec le... Marinvest
Energy?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Il y
a-tu... il y at-u un Energy?
M. Grandmont : Ah! vous ne
l'avez jamais vu, hein, c'est ça?
M. Girard (Groulx) : Bien,
non, non, mais si je l'avais vu, je vous le dirais, là. Je vous confirme que je
ne l'ai jamais vu. Il y a-tu un Energy? Il y a un Energy, OK. Alors, pour ce
qui concerne Marinvest Energy, je répète que je n'ai jamais eu aucun
représentant de cette compagnie dans mon bureau puis que je n'ai jamais vu le
projet. Par contre, je dois vous dire qu'une des choses que j'étais très
sceptique de GNL Québec, c'était de transporter du gaz naturel sur le Saguenay
avec une technologie de bateau qui n'existait pas. Et donc je tiens à dire que
le fait qu'il sorte à Baie-Comeau plutôt que sur le Saguenay, c'est mieux.
Après ça, il faudra voir le projet. S'il
peut finir par arriver dans mon bureau, etc., ça me fera plaisir de l'analyser,
mais, à ce jour, personne n'a considéré qu'il était pertinent que je le voie,
et Dieu sait que j'ai beaucoup d'ouverture à entendre beaucoup de monde.
Là, vous m'avez demandé si ce serait mieux
d'avoir un critère plus restrictif de lutte aux changements climatiques plutôt
que de transition énergétique. C'est ça, votre question?
M. Grandmont : Bien, vous
pouvez le prendre comme vous voulez, mais je ne pense pas que c'est plus
restrictif, je pense que c'est plus adapté, en fait, à la réalité qu'on vit
actuellement. C'est une question d'interprétation, là, mais, oui, en fait, on
pourrait dire : Vous pouvez l'analyser sous l'angle : Est-ce que
c'est plus restrictif ou pas? Moi, je pense qu'il faut l'analyser sous l'angle
de : Est-ce que ça nous permet de s'attaquer aux principaux périls qui
sont... qui ont cours actuellement. Il me semble que la transition énergétique
est plus restrictive que la réponse aux impératifs climatiques, par exemple,
parce que ça nous envoie dans des directions qui sont plus proches d'une
solution qui est attendue un peu partout à l'échelle de la planète, là.
J'imagine que ça dépend comment on l'interprète, en fait, là.
M. Girard (Groulx) : OK.
Donc, vous, vous rejetteriez le projet avant le BAPE, là. Vous n'avez pas
besoin de consulter, vous êtes contre.
M. Grandmont : Bien, il est
supposé y avoir une présentation éventuellement de ce projet-là. Après ça, s'il
est clair qu'un projet ne mérite pas d'être... je veux dire, au même titre que,
par exemple, là, on... vous allez, vous, de votre côté, regarder les projets en
fonction de l'intérêt des communautés locales et autochtones, comment vous
allez faire pour mesurer ça avant le BAPE?
M. Girard (Groulx) : Bien,
ça, c'est là qu'on va... lorsqu'on dit : Le calendrier de réalisation
permet d'envisager une mise en œuvre à court terme, ça veut dire qu'il y a des
préconsultations puis il y a des discussions qui ont déjà eu lieu, là, avec les
communautés locales puis les Premières Nations. Mais ce ne sont pas les
consultations formelles au sens constitutionnel, mais il faut qu'il y ait du
travail qui a été fait en amont, parce que, sinon, la réalisation ne se fera
pas à court terme. Mais, écoutez...
• (17 heures) •
M. Grandmont : Bien, si je
peux me permettre, M. le ministre, de la même façon que l'entreprise, avant de
déposer son projet pour obtenir sa désignation, pour avoir fait le travail, une
évaluation, une maison de sa capacité à augmenter ou réduire, préférablement
réduire les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle planétaire, on
pourrait même le garder très, très large, justement, là, pour éviter que ça
soit trop contraint au Québec.
M. Girard (Groulx) : Mais je
veux être, là, on ne fait pas le projet de loi n° 5
pour Marinvest Energy, là.
M. Grandmont : Non, non, mais
c'est un exemple que je vous donnais, là, parce que ça servait bien, là, la
discussion.
M. Girard (Groulx) : Oui,
oui, mais c'est un exemple... C'est comme un projet qui est ambiant, mais je ne
l'ai pas vu encore.
M. Grandmont : Je suis à la
même place que vous.
M. Girard (Groulx) : OK. Ça
fait que, tu sais, c'est...
M. Grandmont : Il n'y a
personne qui est venu me voir encore de chez national non plus...
17 h (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : ...mais
je vous... je vous tiens au courant, dès que je l'ai vu...
M. Grandmont : Bien, vous
m'inviterez, faites mieux, invitez-moi. Je vais me déplacer, je vais aller à
Montréal.
M. Girard (Groulx) : D'accord,
c'est ça. Voulez-vous recommenter sur la... la restrictivité de transition
énergétique, inclusivité du terme. Moi, je suis...
Mme Desbiens (Geneviève) : À
votre convenance.
M. Girard (Groulx) : Mais ça
me convient.
Le Président (M. Laframboise) :
Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : Comme
je l'ai mentionné tantôt, la transition énergétique, c'est très inclusif. C'est
des mots qu'on emploie dans le corpus, de manière générale, pour avoir une
expression la plus englobante possible. On en parle aussi dans le plan de mise
en œuvre, puis dans le PMO... excusez-moi, dans le... dans le PMO, le Plan pour
une économie verte...
M. Girard (Groulx) : Le plan
de mise en oeuvre.
Mme Desbiens (Geneviève) :
...puis le Plan de mise en œuvre du plan pour une économie verte. Donc, c'est
très, très englobant. Moi, je pense que le projet de loi est conforme en droit
avec ce qu'on a dans le corpus.
M. Grandmont : M. le
Président, la notion de changements climatiques aussi est dans le corpus, à ma
connaissance. Donc, déjà, ça serait en toute cohérence avec ce qui existe déjà,
évidemment. Puis, en tout cas, à mon avis, considérant l'importance que
revêtent les changements climatiques, on ferait mieux de viser le mieux... le
plus rapidement possible, plutôt que de s'enfarger dans les fleurs du tapis, à
savoir est-ce qu'un projet est nécessaire ou est... peut plausiblement réduire...
plausiblement, nous aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle
mondiale ou pas. Parce que, si on s'en tient juste à la notion de transition
énergétique, on risque justement de se retrouver devant des projets qui
pourront être mis en doute par une partie de la population ou par des experts,
par des experts du comité consultatif sur les changements climatiques, par
exemple.
Encore une fois, on n'atteint pas un des
objectifs principaux de ce projet-là qui est d'accélérer ces projets-là à
travers... Puis la notion d'acceptabilité sociale, elle est importante. Je ne
vous rappellerai pas les nombreux sondages qui sont faits, tu sais,
régulièrement, qui montrent que les Québécois et les Québécoises souhaitent que
le gouvernement, que les entreprises en fassent plus pour réduire nos émissions
de gaz à effet de serre, que le climat ne soit plus une menace telle qu'elle
est perçue en ce moment. Et donc, si on a... si on a des objectifs plus clairs...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Taschereau...
M. Grandmont : C'est terminé,
hein? Merci.
Le Président (M. Laframboise) :
...c'est tout le temps que vous avez pour discuter de l'article 4 tel qu'amendé.
Donc, est ce que j'ai d'autres questions, commentaires sur l'article 4 tel
qu'amendé? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : M. le ministre, pourriez-vous
nous indiquer ce que vous avez comme cadre sur la notion de la mise en œuvre à
court terme? Qu'est-ce que ça veut dire, pour vous, mise en œuvre à court terme?
Je pose... je pose la question, M. le ministre, parce que plusieurs
intervenants dans leur mémoire se sont posé la question.
M. Girard (Groulx) : OK. Moi,
je me pose la question sur la logistique. On n'avait pas épuisé de temps sur l'article 4.
Le Président (M. Laframboise) :
Le temps du député de Taschereau est épuisé, mais il reste cinq minutes,
quelques secondes, là, au député de Jean-Talon et 6 min 40 s au
député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Girard (Groulx) : OK,
excusez-moi de vérifier cette considération temporelle. Alors, peut-être... c'est-à-dire
que, lorsqu'on a amené le «vraisemblable» en haut, là, un projet qui n'est pas
mature ne pourra pas être désigné. Et donc je pense qu'ici on revient un peu à
l'essence même de l'article qui est que les projets ont une haute probabilité
de se réaliser et, pour ça, il faut qu'ils soient matures et donc qui pourront
être mis en œuvre à court terme.
M. Paradis : Bien, donc là,
vous m'avez répondu sur la notion de vraisemblable, ça, je pense que c'est à la
suite de l'amendement proposé par le collègue de Marguerite-Bourgeoys, maintenant,
c'est «vraisemblable», avant, c'était «plausible», fort bien. Moi, maintenant,
je vous demanderais de préciser ou de m'indiquer ce que vous avez... ce à quoi vous
avez pensé comme délai raisonnable quand vous dites...
M. Paradis : ...que le
calendrier de réalisation du projet permet d'envisager une mise en œuvre à
court terme. Qu'est-ce que c'est, court terme? Et je vous pose la question,
notamment, parce qu'il y a la notion de cinq ans dans ce projet de loi, est-ce
que c'est lié à cette notion de cinq ans ou c'est complètement indépendant?
M. Girard (Groulx) : C'est
certainement à...
M. Paradis : Parce que
vous... parce que, vous savez, M. le ministre, juste pour préciser ma question,
les projets dont on parle, il y en a certains qui peuvent se mettre en œuvre
sur une très longue durée, qui, dans leur domaine, ça demeure quand même du
court terme, mais, quand on le regarde par rapport à d'autres projets, ça peut
avoir l'air très... très long, par exemple, des projets dans les domaines que
vous mentionnez, c'est-à-dire en... en ressources naturelles, par exemple, des
fois, c'est long à se développer.
M. Girard (Groulx) : Alors,
c'est certain qu'à l'article 20 on a une notion de mise en œuvre, là, une
autorisation, puis je vous lis l'article 20, là, puis ce n'est pas pour
faire du temps, là, parce qu'il y a deux phrases, «une autorisation devient
caduque deux ans après son octroi si la réalisation du projet désigné n'est pas
commencée». Donc, mise en œuvre à court terme après l'autorisation, deux ans.
Il faut que le projet ait... après l'autorisation pour que le projet ait
commencé d'ici deux ans.
M. Paradis : Très bien. Donc,
l'intention du législateur ici, que vous nous... nous précisez, c'est de lier.
En fait, il y a un lien entre ce paragraphe 5° à l'article 4 et
l'article 20, c'est-à-dire que si ça ne se met pas en œuvre dans un délai
de deux ans, ça ne passe pas la rampe en vertu du paragraphe 5°, c'est ça?
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Notre légiste aimerait préciser.
Le Président (M. Laframboise) : Me
Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : ...Président.
Là, il faut distinguer la réalisation du projet de la phase qui suit,
notamment, moi, j'appelle ça la phase d'exploitation. Je comprends de vos
propos que, dans le cas de certains projets, la réalisation avant qu'on puisse
utiliser ce pour quoi on fait le projet, pourrait prendre beaucoup de temps.
Pensons à la construction de quelque chose qui peut prendre des années, ça
pourrait s'échelonner sur une période de 10, 15 ans.
Mais ici, on... on veut que la mise en
œuvre, la réalisation du projet, que cette réalisation soit mise en œuvre
rapidement. Donc, c'est pour ça que le ministre réfère aux deux ans.
L'autorisation, là, une fois qu'on va l'avoir délivrée, on a deux ans pour
mettre en œuvre notre… notre réalisation, la commencer. Puis là, après ça,
bien, on va pouvoir réaliser le projet sur la période pour laquelle elle doit
être réalisée. Ça fait que c'est à ça que ça réfère, cette mise en œuvre là,
ce… ce commencement du projet doit se faire rapidement. Mais oui, vous avez
raison aussi que certains projets à mettre en œuvre, ça va être très, très
long. C'est juste qu'il ne faut pas tarder, donc…
M. Girard (Groulx) : C'est…
c'est la réalisation qui va être longue.
Mme Desbiens (Geneviève) : La
réalisation va être longue…
M. Girard (Groulx) : Mais il
faut que le début de la réalisation soit en dedans de deux ans de
l'autorisation.
Mme Desbiens (Geneviève) : Voilà.
M. Paradis : Bon, on a
utilisé plusieurs expressions, je vais essayer de le dire autrement, et vous me
direz si j'interprète bien, c'est-à-dire que vous ne… vous n'exigez pas, évidemment,
parce que c'est la nature de plusieurs de ces projets-là, vous ne… vous
n'exigez pas que le projet de loi soit terminé, ou construit, ou complété, ou
en opération, ou en exploitation à l'intérieur d'un délai de deux ans, mais il
faut qu'il soit mis en marche, qu'il soit lancé. Il n'y a pas porté tous ses
fruits, mais il faut qu'il soit lancé à l'intérieur d'un délai de deux ans.
• (17 h 10) •
M. Girard (Groulx) : Amorcé,
commencé, lancé, débuté.
M. Paradis : Très bien.
Merci.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaire? Ça va? M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Il vous reste
6 min 40 s de parole.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc…
Une voix : …
M. Beauchemin : Non, non, ce
n'est pas obligatoire. On va... on va optimiser l'efficacité de l'État puis
l'imputabilité, là, de… tous les participants à cette… à cette commission, M.
le Président.
Donc, ici, on est en train de… de vouloir
établir, là, les critères de… de désignation, et puis on a parlé, là, que ce
doit être quelque chose qui va être résilient de ça. Je vous dirais que, quand
on regarde ça, OK, l'enjeu qui m'apparaît encore évident, c'est qu'il n'y a pas
de très grandes précisions...
M. Beauchemin : ...puis
j'entendais le… le collègue, là, de… de Taschereau tout à l'heure dire que ça
donne énormément de… de pouvoir au… au poste, là, du… du ministre des Finances
pour… pour la suite des choses, puis j'en conviens qu'effectivement c'est le
cas. Puis donc, quand on regarde ça, je me pose la question : Est-ce
que... Parce que là, en ce moment, en bout de piste, là, vous pouvez vous
servir... parce qu'on parle ici de... on utilise le terme «notamment», là, on
peut se servir d'un, peut-être de deux, on peut se servir d'autres qui ne sont
pas sur la liste ici. On a... Ici, c'est un petit peu confus. Est-ce que vous
êtes d'accord minimalement avec nous là-dessus qu'en ce qui concerne d'avoir
une certaine prévisibilité sur les critères qui vont être utilisés ça peut
quand même laisser beaucoup de place à l'interprétation?
M. Girard (Groulx) : La
flexibilité est certainement une des qualités de ce projet de loi.
M. Beauchemin : Bon. Et donc
vous comprendrez que quand on... on a ce genre d'environnement là, bien, il y
a… il y a comme une résistance qui se crée, un peu. On veut… on veut que le
projet avance, hein, on veut que ça fonctionne pour le Québec.
Les… les gens qui sont de l'autre côté de
l'équation en ce moment, eux, ce qu'ils préféreraient voir, c'est plus de
prévisibilité, avoir une certaine certitude sur quels critères, c'est quoi, la
formule, minimalement, est-ce qu'on va en avoir un, deux ou trois, il y a-tu
comme un… un engagement minimum requis qu'il va falloir qu'il soit établi pour
qu'on puisse dire : À partir de là, on... Parce que là, en ce moment, puis
ça peut être un de ceux-là, à quelle intensité de... d'un de ces facteurs-là de
désignation ça reste à déterminer.
M. Girard (Groulx) : ...le...
le notamment indique que, selon les circonstances, tous les critères pourraient
être pertinents, mais il y aura des circonstances où ce ne sera pas l'ensemble
des critères qui vont être pertinents. Alors, on se donne de la flexibilité.
Je... je pense que les… les définitions
sont larges. C'est quoi un projet d'intérêt stratégique et national? Bien,
c'est un projet qui va consolider la résilience du Québec, qui aura des
retombées économiques majeures, qui va être respectueux des communautés
locales, autochtones, contribuer à l'atteinte des cibles, transition
énergétique.
Alors, on parle de projet stratégique,
d'intérêt national, puis, oui, on a des critères flexibles.
M. Beauchemin : Vous savez,
quand on… quand on fait la modification, là, pour changer, là, le terme
«plausible», on voulait aller dans… dans la précision, on l'a fait pour faire
avancer, en fait, le projet de loi pour s'assurer que… que, justement, il n'y
ait pas de perte de temps potentielle là-dessus, spécifiquement, en recours, si
jamais un jour, malheureusement, ça devrait aller, là. L'objectif ici, c'est
de, encore une fois, essayer de voir si, minimalement, on reconnaît le fait que
cette ambiguïté, si on peut utiliser le terme, ou cette flexibilité que vous
souhaitez avoir...
M. Girard (Groulx) : Je
préfère flexibilité à ambiguïté, mais...
M. Beauchemin : ...le manque
de précision, peu importe comment on veut le décrire.
M. Girard (Groulx) :
Flexibilité.
M. Beauchemin : Flexibilité.
Mais peut être interprété négativement de… de par plusieurs parties prenantes
de la société civile. Et c'est un petit peu ça qui est l'enjeu ici.
Ça fait que votre objectif d'obtenir la…
l'acceptabilité sociale, mais il est un petit peu ici, là, hypothéqué par le
fait même qu'on n'a pas plus de précisions, là, sur certains de ces
critères-là, dans… dans quelle mesure vont-ils être minimalement utilisés.
C'est un peu ça qui est… qui est l'enjeu, malheureusement. Puis, je le dis, là,
en toute conscience que, tu sais, mon objectif ici, moi, c'est de s'assurer que
le Québec puisse gagner, qu'on puisse mettre en place un projet de loi comme
celui-ci, mais qu'on… qu'on soit avec tous les meilleurs atouts de notre bord
pour, justement, gagner en contestation si jamais un jour, malheureusement, on
doit se rendre là, là.
M. Girard (Groulx) : Mais, si
on prend le projet de loi C-5, eux, ils désignent les projets dans le
projet de loi, OK? Il y a une annexe au projet de loi puis là les...
M. Beauchemin :° Puis, ils
sont en contestation aussi.
M. Girard (Groulx) : ...les
projets sont énumérés, OK? Parce qu'une des critiques qu'on a entendues, c'est
pourquoi les projets ne sont pas dans le projet de loi. OK. Ça, c'est une
critique. Puis là le fédéral, eux, ils ont ça. Nous, on a préféré garder la
flexibilité.
M. Beauchemin : Je vais
l'amener à l'extrême, OK? On a la capacité...
M. Beauchemin : …d'avoir
encore plus de flexibilité en ne mettant pas de projet de loi. Puis, le jour
qu'on en aura un, on pourra décrire d'une autre façon un autre genre de projet
de loi encore plus large. Je veux dire, je peux l'amener à l'extrême,
l'argumentaire. Moi, ce que j'essaie de faire, c'est dire ici, peut-on...
M. Girard (Groulx) : Mais si
vous n'avez pas de projet de loi, vous ne pourrez pas accélérer le calendrier
de réalisation, là.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais si ce n'est pas...
M. Girard (Groulx) : Ni… ni
d'autorisation.
M. Beauchemin : On aurait pu
l'avoir encore plus large, dire : On fait un projet de loi pour s'assurer
que ça puisse fonctionner de façon plus efficace, l'avenir du parlementarisme
québécois, là, on a... J'exagère, mais est-ce que vous comprenez ce que
j'essaie de dire ici, c'est qu'il y a... il y aurait eu moyen d'être encore
plus vague. Ce que je veux faire, c'est de l'être encore moins.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Le Président (M. Laframboise) : Commentaires?
D'autres questions, commentaires? Ça va? D'autres questions, commentaires sur
la l'article 4 tel qu'amendé? Donc, est-ce que l'article 4, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, l'article 4 est adopté. L'article 5, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à mes collègues pour les excellentes
suggestions concernant l'article 4.
Article 5 : Le promoteur qui
souhaite que son projet soit désigné par le gouvernement le présente au
ministre. Le gouvernement peut déterminer des critères auxquels un projet ou
son promoteur doit satisfaire pour que le projet soit examiné. Pour
l'application de la présente loi, on entend par promoteur quiconque...
quiconque demande la désignation d'un projet ou une autorisation aux fins de la
réalisation d'un projet désigné ou des activités nécessaires à sa réalisation.
Commentaires : Cet article prévoit
que la demande de désignation d'un projet est faite au ministre des Finances
par le promoteur qui souhaite que son projet soit désigné par le gouvernement.
L'article permet aussi au gouvernement de déterminer des critères personnalisés
applicables à un projet ou à son promoteur pour prendre en considération une
demande de désignation. Il prévoit enfin une définition de ce qu'on entend par
promoteur. Notes additionnelles, puisque j'avais... je m'étais engagé à
participer les... à partager les notes additionnelles, cet article reprend en
partie le paragraphe 2° de l'article 4.1 de C-5, et là on donne 4.1 de
C-5, afin de promouvoir la transparence et la prévisibilité, le décret pris en
vertu du paragraphe 1° énonce les critères spécifiques auxquels le promoteur
d'un projet doit satisfaire pour que son projet soit jugé d'intérêt national.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Est-ce que...
Bon, quand on dit le gouvernement peut déterminer des critères auxquels un
projet ou son promoteur doit satisfaire pour que les… le projet soit examiné,
est-ce qu'il y a une ouverture de la part du gouvernement ici à les rendre
publiques ces critères-là spécifiques, là, aux projets xyz, là?
Le Président (M. Laframboise) : Me
Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Le gouvernement s'exprime par décret, ça va être public.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
les... les… les critères vont être…
Mme Desbiens (Geneviève) :
Oui.
M. Beauchemin : Parfait. OK.
• (17 h 20) •
Le Président (M. Laframboise) :
Député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci. Donc,
les critères vont être publics, ils vont être rendus publics, c'est bien ça?
Ces critères pourraient être quoi? Dans une liste de critères normale, qui
sont... Par exemple, on a eu des... on a eu des... des bonnes discussions, là,
à une présentation d'un des collègues ici, là, qui parlait, là, justement, là,
de l'ensemble de la grille pour le calcul des retombées économiques dans un…
dans un… dans un projet. Est-ce que, dans le fond, il y a déjà une grille de
critères existante qui serait éventuellement utilisée?
M. Girard (Groulx) : Je pense
que notre sous-ministre aux Finances aurait... pour le débat
M. Grandmont : Mais c'est ça,
je suis train de le passer à la palette, là. C'est ça.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le sous-ministre.
M. Tremblay (Nicolas) : Il y
a plusieurs critères qui peuvent être pris en compte pour qu'un projet soit
examiné, notamment le niveau de détail de la documentation qu'un… qu'un
promoteur devrait avoir à fournir, les… les discussions qui ont eu lieu avec
les parties prenantes préalables, par exemple. Ça fait que les critères
pourraient être… être assez précis, là, en termes de… de besoin...
M. Tremblay (Nicolas) : ...pour
que le gouvernement soit en mesure de faire l'analyse, là, du... de la
désignation puis d'avoir les discussions, qu'on va avoir plus tard dans les
articles subséquents, là, avec les parties prenantes concernées, là, pour en
assurer sa recevabilité.
M. Grandmont : D'accord.
Est-ce qu'il y a une... est-ce qu'il y a une liste de critères déjà existants
qui servent à identifier des projets, par exemple, à Investissement Québec, je
ne sais pas, là, qui investit dans différents projets, qui permet de densifier,
justement, des projets qui sont plus susceptibles d'avoir des retombées
positives sur le Québec, et donc ces critères-là, qui servent déjà, par
ailleurs, dans la stratégie économique industrielle du gouvernement, pourraient
être éventuellement transférés à des projets, là, qui pourraient viser à
l'obtention d'une désignation par le gouvernement?
M. Tremblay (Nicolas) : Bien,
il existe plusieurs programmes qui ont des critères pour qu'une demande soit
recevable, là. Par exemple, au ministère des Finances, on a... on administre le
congé fiscal pour grands projets d'investissement, puis on doit recevoir un
formulaire prescrit, le projet doit atteindre un certain seuil
d'investissement, l'entreprise doit nous fournir de la documentation ou... par
rapport, par exemple, aux représentants désignés. Ça fait qu'il y a... il y a
un paquet de critères dans plusieurs programmes, là, qui sont déjà existants,
là. C'est un... c'est un élément relativement usuel, là, dans l'administration
des programmes gouvernementaux.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup. Maintenant, M. le ministre, avec le projet de loi n° 5, on crée,
en quelque part, une espèce de régime d'exception, là, on ressort des
programmes déjà existants, des programmes qui... pour lesquels il y a déjà des
formulaires que les entreprises remplissent pour présenter leur projet. Donc,
selon le ministère, selon le programme, il y a différents formulaires qui sont
existants puis les compagnies, j'imagine, peuvent déposer des... présenter des
projets. Est-ce que... est-ce que vous allez avoir, pour les projets qui visent
une désignation, un programme ou un formulaire qui va permettre de recevoir ces
projets-là ou ça va juste être... on envoie des projets, on envoie des projets,
on fait un «one-pager» ou on fait un mémoire pour présenter un... Comment ça...
Comment, concrètement, ça risque de se passer, là, selon votre perception,
selon votre intention?
M. Girard (Groulx) : Bien,
l'idée, là, ce n'est pas de créer des nouveaux formulaires, là. Ça, je vous le
confirme, là, OK? Mais le rôle du ministère des Finances, ça va être de... Bien
là, en fait, là, je suis... puisqu'on est à l'article 5, je vais arrêter
ma réponse ici puisque j'allais commenter quelque chose qui va suivre la
désignation et l'autorisation. Pouvez-vous préciser la gestion des formulaires
interministériels?
M. Tremblay (Nicolas) : ...l'objectif,
pour qu'un promoteur puisse être en mesure de s'adresser au gouvernement, il va
falloir une porte d'entrée, puis cette porte d'entrée-là, on... elle va être
moderne, ça va être un site Web. Puis il pourra faire le dépôt des...
M. Grandmont : ...
M. Tremblay (Nicolas) : Oui,
voilà, voilà. Donc, on aura une porte moderne, puis il pourra... ils pourront
déposer les documents, qui ne sera pas uniquement un formulaire. On aura besoin
d'informations d'identification pour être en mesure d'identifier le promoteur,
d'avoir le projet, mais généralement, c'est accompagné aussi de documentation
déposée par le promoteur qui est d'une forme plus libre, là, pour être en
mesure de présenter le projet selon sa facture puis son secteur d'activité, là.
Parce qu'on vise un certain... un grand éventail de projets en termes de types,
là, ça fait que ça va être difficile, avoir un formulaire très précis, outre
les détails de base, là, sur le projet, là. Mais ça va se faire via une demande
par une plateforme Web.
M. Grandmont : OK. Donc, un
site Internet sur lequel il y a un espace pour déposer des documents qui
présentent le projet. Puis on veut avoir quelque chose d'assez léger puis
d'assez flexible dans la présentation, parce que le type de projets qui
pourraient être déposés, qui pourraient être soumis à l'attention du ministre
des Finances, pourraient être variés. ...on ne veut pas quelque chose de trop,
trop compliqué à cette étape-ci. C'est ce que je comprends?
M. Tremblay (Nicolas) : On
veut s'assurer d'avoir la documentation nécessaire pour en faire l'analyse,
mais on ne veut pas créer un processus lourd pour tant la fonction publique,
là, le gouvernement, que pour le promoteur, là. Donc, il risque d'y avoir un
certain nombre d'échanges, là.
M. Grandmont : OK. Mais donc
est-ce qu'il y aura des documents attendus...
M. Tremblay (Nicolas) : Oui.
M. Grandmont : C'est-à-dire,
on va demander au promoteur de nous...
M. Grandmont : ...fournir une
certaine liste d'éléments pour être capable d'au moins juger recevable
l'analyse du projet, là.
M. Tremblay (Nicolas) : Oui.
Puis c'est... c'est les éléments qu'on va... que le gouvernement pourra
déterminer par décret, qu'est-ce qui est attendu que le promoteur fournisse
comme document ou une preuve d'activité.
M. Grandmont : D'accord.
Donc, ça, ça va être géré par décret, par la suite, pour la liste des documents
attendus. Comment le... Comment le... pas le site Web, ce n'est pas... ce n'est
pas une question de promotion, mais comment le ministre compte faire connaître
son initiative? Est-ce qu'on attend que les projets... On fait juste mettre une
pancarte «open to business» ou il va y avoir du démarchage qui pourrait être
fait par le gouvernement? J'imagine que oui. Peut-être que ça sort un peu...
C'est peut-être plus politique, en fait, là. Mais donc à partir du moment où on
a eu le lieu de dépôt, c'est-à-dire que le ministre... le promoteur qui
souhaite que son projet soit désigné par le gouvernement le présente au
ministre, j'imagine qu'il va y avoir... c'est des interactions qu'on va avoir.
On va rencontrer des promoteurs, on va... on va rester à l'affût de ce qui se
passe puis ce qui pourrait être intéressant pour le Québec?
M. Tremblay (Nicolas) : Évidemment,
dans le cadre de nos activités, on rencontre des promoteurs. Puis le promoteur
pourrait être un promoteur par ailleurs gouvernemental, là, ça pourrait être un
projet porté par le gouvernement. On vise certainement des projets de nature
privée, là, comme ça a été indiqué précédemment, mais rien n'empêcherait que ce
soit un promoteur gouvernemental ou municipal, par exemple, là, qui aille un projet
à présenter. Mais, de manière générale, le site Web sera... sera publicisé. Il
y aura possiblement une certaine campagne pour mettre le projet... bien, les
capacités du projet de loi en lumière. Puis, au fur et à mesure qu'il y aura
des désignations, la visibilité que le processus, là, donnera à ces projets-là
attirera certainement, là, d'autres... d'autres promoteurs, là. Ça fait que
c'est...
M. Girard (Groulx) : Mais
juste pour préciser, là. L'attraction d'investissements étrangers, c'est un peu
à ça que vous référez. Je pense, ça, ça ne fait pas partie du projet de loi
cinq, là. Mais est-ce que ceux qui travaillent à l'attractivité du Québec
pourraient mentionner ou faire la promotion du fait qu'on a une voie accélérée
pour la réalisation des projets, l'autorisation et la réalisation? Oui, mais ce
n'est pas le projet de loi cinq, là, qui va permettre d'attirer des
investissements internationaux au Québec.
M. Grandmont : Bien, en tout
cas, si je me mets à votre place, ça envoie un signal à tout le moins, là.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Grandmont : Puis près ça,
sur la mécanique pour le faire, je vous entends. On se comprend.
Là, je ne sais pas si c'est une
information qui était... qui était nouvelle. On parle de possibilité de projet
gouvernemental ou municipal. Est-ce que c'est...
M. Girard (Groulx) : Bien,
Hydro-Québec, notamment, là, gouvernemental.
M. Grandmont : Ah, dans ce
sens-là. Oui, effectivement, oui, une société d'État, effectivement. Bien
oui...
M. Girard (Groulx) : Je
pense, c'est le meilleur exemple.
M. Grandmont : Puis
municipal, ça veut dire que ça pourrait être...
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas d'exemple. Avez-vous un exemple de projet...
M. Tremblay (Nicolas) : Bien,
je ne veux pas... Un projet de transport collectif, par exemple, là.
M. Grandmont : Oui, des
projets qui prennent quand même assez de ressources financières, vraiment, pour
être réalisés, là. OK. Parfait. Pour l'instant, ça va, je n'ai pas d'autre
question sur le cinq. Merci.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui. Tantôt,
on parlait, là, de rentrer l'élément de gain de productivité, là, dans...
Est-ce qu'on pourrait ici considérer qu'on pourrait avoir justement comme
critère que le gouvernement pourrait déterminer, donc, l'augmentation de
productivité nationale?
• (17 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
qu'il y aurait des gains de productivité associés au projet? Oui, ça pourrait
être un des critères, oui.
M. Beauchemin : OK. Comment
qu'on pourrait le verbaliser dans l'article cinq?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
pense que l'article cinq vise à nous donner de la flexibilité. On ne veut pas
verbaliser avec précision des critères, là.
M. Beauchemin : On comprend
aussi que... Quand on regarde ça en ce moment, c'est comme si, on va dire, les
critères peuvent changer un petit peu, là, en cours de route. Est-ce que...
M. Girard (Groulx) : En
fonction des projets. Les critères peuvent changer en fonction des projets.
M. Beauchemin : OK, mais pour
des projets qui seraient identiques, par exemple, miniers?
M. Girard (Groulx) : Projets
identiques miniers. Il y a... Ça n'existe pas vraiment, là, des projets
identiques, là. Tu sais, mine d'or, mine de fer...
M. Beauchemin : Des mines de
lithium?
M. Girard (Groulx) : Mais on
n'aura pas deux mines de lithium. ...d'ailleurs, c'est intéressant,
présentement, on a... on a deux projets, mais il n'y en aura juste une qui va
se...
17 h 30 (version non révisée)
M. Beauchemin : …C'est un
petit peu où est-ce que j'allais, là. Ça fait que quand on veut mettre les
critères en place pour initialement, là, donner les autorisations.
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, présentement c'est le promoteur qui… qui est en train de choisir quelle
mine et non le gouvernement, là.
M. Beauchemin : Puis là le
fait de mettre le... Est-ce qu'on inclut, donc, le promoteur, le consortium
comme étant aussi potentiellement un... un critère. Ça pourrait devenir un
critère, ça?
M. Girard (Groulx) : Bien là,
je pense que la… la crédibilité du promoteur, c'est un critère, là. C'est...
c'est... c'est… On a des promoteurs qui ont… qui ont des réalisations derrière
eux, mais ça augmente la crédibilité du projet, là, la... la vraisemblance.
M. Beauchemin : Mais si à
chaque… mais si à chaque projet les critères changent, comment qu'on… qu'on
fait pour avoir de la prévisibilité, là? On est en train de dire que,
potentiellement, ça peut changer à chaque projet les… les critères d'évaluation,
là.
M. Girard (Groulx) : Mais
effectivement l'analyse va se faire projet par projet, là.
M. Beauchemin : Mais il n'y a
pas... Il n'y aura pas des critères d'évaluation auxquels standardisés minimals,
je veux dire...
M. Girard (Groulx) : Bien oui,
il y a des critères de... de... Je vais vous... Il y a des critères communs à l'analyse
des projets. Oui.
M. Beauchemin : Bon.
M. Girard (Groulx) : Oui. La
rentabilité, la... Vous voulez intervenir? Allez-y.
M. Tremblay (Nicolas) : Je
pense qu'il est important de souligner que l'article 5 vise les critères
pour examiner un projet, pas... ce n'est pas le critère de désignation qui
était...
M. Beauchemin : Non, c'est ça,
exactement.
M. Tremblay (Nicolas) : Ça fait
que c'est… c'est vraiment les critères pour qu'une demande soit recevable. Tu
sais, ça fait que ça va surtout être clérical, là.
M. Beauchemin : Mais c'est
pour ça que, justement, on n'est même pas au… au terme de la sélection, là, du…
du projet en tant que tel, on est en train de se demander comme les critères
pour on va-tu l'analyser ou pas.
M. Tremblay (Nicolas) : C'est
ça. Est-ce qu'on va... Est-ce qu'on a la documentation?
M. Beauchemin : C'est pour ça
qu'il y a plus de... de communes mesures, il me semble, qui devraient être
établies pour que... parce qu'on est plus macro, là, dans l'approche, là, on n'est
plus... on ne rentre pas dans le détail autant. C'est pour ça que je me dis :
Il devrait y avoir donc des critères plus spécifiques, minimalement, établis,
non? Il me semble, ça m'apparaît évident, mais..
M. Tremblay (Nicolas) : Ce
sera principalement des… des critères de documentation à recevoir, de… de type
d'analyse qu'on pourrait demander, par exemple, là, dans… en termes de… de
critères qui s'appliqueront de manière similaire à l'ensemble des projets. Il
n'y aura pas un décret qui sera fait à tous les projets pour modifier les
critères d'examen.
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que c'est parce , normalement, ça… ça devrait fonctionner par décret.
Des voix : …
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Donc, si on s'adresse aux promoteurs ou qu'on vise un projet,
ça va être un décret. Si on fait des critères généraux, là on tombe dans la
notion de règlement. C'est des critères à caractère général et impersonnel. Là,
ça va prendre un règlement. Ça va dépendre la situation. On pourra avoir les
deux. On pourrait avoir des critères généraux, mais on pourrait aussi, par
projet, avoir les critères spécifiques, parce que lui, il est exceptionnel.
Donc, tout ça va être publié.
Et, au niveau de… de… tu sais, on crée… on
crée quelque chose ici, là, ce projet de loi là est assez inusité, il crée une
nouvelle façon de faire, une autorisation unique qui rassemble plusieurs
autorisations. C'est sûr que si on va trop dans le détail, on va être pris avec
ces détails-là, ça fait qu'on va se créer, moi, j'appelle ça une jurisprudence,
mais ce n'est pas le bon terme, on va se créer une… une manière de fonctionner
avec l'expérience. Ça fait que c'est pour ça que le projet de loi est très
large, pour se donner cette agilité-là. Mais, au niveau de la publication, dans
tous les cas, qu'il soit de manière générale, ou impersonnelle, ou spécifique,
tout ça va être publié. Puis, au fur et à mesure, on pourra s'appuyer sur l'expérience
des projets précédents pour améliorer les critères à l'avenir.
M. Beauchemin : Ça n'aurait
pas été opportun ici, justement, d'y aller avec une meilleure description des
critères généraux, justement.
Mme Desbiens (Geneviève) : Contrairement
à ce qui va suivre avec l'autorisation ou tous les renseignements qui peuvent
être demandés en vertu des lois qui s'appliquent déjà pourront être demandés...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...ici,
on est dans la désignation. On ne l'a jamais fait. Donc, le ministère devra
avoir l'agilité nécessaire pour déterminer justement les critères qui vont être
requis pour son examen. Et, étant donné que la désignation et l'autorisation
qui va s'ensuivre sont délivrées par le gouvernement, nécessairement ces
critères-là devront être acceptés par le gouvernement dans son ensemble. Donc,
les autres ministères et organismes vont être consultés avant que le décret
soit pris. C'est pour ça qu'on le met comme ça. C'est pour ça que ce n'est pas
le ministre qui va déterminer les critères, mais bien le gouvernement pour
qu'on crée une structure.
M. Beauchemin : ...je
comprends. Mais donc pour le peu d'expérience à date que j'ai, là, de ce
côté-ci de la banquette, là, ce que je comprends donc, finalement, c'est qu'en
bout de piste, là, ici, là, on met de quoi qui, de toute évidence, va être
modifié plus tard, là. Parce que, quand on va arriver avec un peu plus
d'expérience, on va être donc plus connaissants. C'est la meilleure façon de le
faire. Puis la deuxième version de ce projet de loi là va être modifiée en
fonction de justement ce qu'on aura appris. Ça fait que, là, on essaie quelque
chose, mais on n'a pas... on n'a pas... on n'a pas de certitude sur la façon
que ça va opérer. Puis c'est pour ça, quand je dis des critères plus généraux,
on a une idée. On ne veut pas les mettre, je comprends, parce que ça va nous
limiter, si j'entends l'argument. Mais, de tous les projets... Parce que, là,
il y a un paquet de trucs qu'on a vérifiés. C'est un autre projet de loi, là,
mais dans le projet de loi sept, où est-ce qu'il y avait plein de méthodes,
justement, qui étaient plus libertaines initialement, qui avaient été mises il
y a une dizaine d'années, une vingtaine d'années, que, là, on a enlevées, parce
que, justement, ça... portait à trop large interprétation. Puis là c'est
l'exercice que votre collègue au Trésor vient juste de terminer. On vient de
passer à travers un exercice parce qu'on les a enlevées puis précisées pour la
suite des choses. Ça fait que, là, on est à la naissance de quelque chose de
nouveau, là, OK. Mais c'est certain qu'éventuellement ce que j'argumente en ce
moment... Ça va être peut-être dans cinq ans, ce sera peut-être dans deux ans,
on ne le sait pas, mais ce que j'argumente en ce moment va revenir parce qu'on
va vouloir avoir plus de précisions sur la façon de faire. C'est ce qui va nous
permettre... Parce que, si je comprends bien, si ce n'est pas écrit, ce n'est
pas permis.
Mme Desbiens (Geneviève) : Ce
n'est pas nécessairement comme ça.
M. Beauchemin : C'est un
petit peu ça, là, qui était le...
Le Président (M. Laframboise) : ...
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien,
ce n'est pas : si ce n'est pas écrit, ce n'est pas permis, là. On n'est
pas dans une loi prescriptive, contrairement, mettons, aux lois en matière
d'alcool. Ici, on se donne... C'est comme un pouvoir réglementaire, finalement,
où... mais vu... On n'a pas mis «par règlement» parce que ça peut viser un
projet spécifique ou un promoteur spécifique, mais c'est similaire à un pouvoir
réglementaire, là.
M. Girard (Groulx) : Si vous
permettez, je voudrais juste relire le paragraphe du commentaire, là, pour bien
comprendre ce qu'on fait, là. Parce que, là, il est quand même tard, et puis on
a beaucoup parlé de l'article quatre. Et alors le commentaire sur l'article
cinq dit : L'article permet au gouvernement de déterminer des critères
personnalisés applicables à un projet ou à son promoteur pour prendre en
considération une demande de désignation. Ça fait que c'est l'objet de
l'article cinq, c'est de permettre au gouvernement, via le ministre des
Finances, d'exiger des informations pour considérer la demande de désignation.
Donc, c'est un article qui vise à nous permettre d'avoir toute l'information
nécessaire pour prendre une décision de désignation ou non.
• (17 h 40) •
M. Beauchemin : Je vous
entends, M. le ministre, mais c'est justement là. Moi, c'est quand j'ai vu
«critères personnalisés». Ça veut dire quoi? Tu sais, on parle, là, entre nous,
là, je veux dire, ça commence où, ça arrête où? C'est... Comment ça fonctionne?
Comment... Tu sais, je veux dire, on parle de milliards de dollars aussi, là.
Ça fait que peut-être que...
M. Tremblay (Nicolas) : Je
pense, de manière générale, ça va être des critères globals qui vont être
utilisés pour l'ensemble des projets en termes de qu'est-ce qu'on a de besoin
pour être capables de l'examiner. Il peut arriver qu'on aille un projet
particulier dans un domaine particulier qui demande au gouvernement d'avoir
d'autres informations particulières au domaine d'activité spécifique du projet.
Puis le gouvernement se donne le pouvoir de faire une modification dans ce cas
particulier là. Mais, de manière générale, les informations qui vont être
nécessaires à analyser une désignation, bien, vont référer les...
M. Tremblay (Nicolas) : …éléments
qu'on va devoir recevoir comme… comme gouvernement, ils vont référer aux… aux
éléments qui ont été identifiés à l'article précédent. Mais, de manière
générale, ça va fonctionner comme ça. Ça se peut qu'il y ait des cas
spécifiques, qu'on ait besoin de compléments d'information ou d'informations
additionnelles puis qu'on… qu'on l'exige au promoteur, là.
M. Beauchemin : Mais je ne
sais pas si vous comprenez mon questionnement, là. Mon questionnement, en ce
moment, là, c'est que, bon, aujourd'hui, on se parle entre nous, là, puis ça va
bien, là, on est capables de… d'avoir une conversation, mais il n'y a pas des
mauvaises intentions de la part du gouvernement. Mais sait-on jamais, là,
peut-être qu'un jour il y a un autre gouvernement qui rentre en place, là, puis
la définition, puis tout ça, tout change, là. Puis là, bien, le fait qu'on n'a
pas été précis, le fait qu'on n'a pas décrit spécifiquement ça veut dire quoi,
les critères personnalisés, ça laisse la place à n'importe qui de faire quelque
chose qui pourrait être dans un intérêt totalement purement politique, ça peut
être d'intérêt national, mais argumenté à saveur politique. C'est un peu ça,
l'enjeu. C'est là où je me dis : Pourquoi on ne prend pas l'opportunité
ici pour dire : Bien, les créas personnalisés, ça veut dire quoi de façon
plus spécifique, dans un contexte, là, de développement économique seulement,
là, développement économique où on a, justement... on bouge l'aiguille, hein,
sur le produit intérieur brut, on bouge l'aiguille sur la productivité, parce
que la définition est tellement large qu'on peut se sortir du contexte
économique. C'est pour ça... C'est là, l'argument, là, c'est… c'est là, mon
inquiétude.
M. Girard (Groulx) : M. le
Président, je pense qu'on... l'article 5 n'est pas particulièrement
controversé puis je pense qu'on a épuisé la discussion.
Le Président (M. Laframboise) : Mais
les collègues ont le droit de continuer, mais vous avez le droit de...
M. Girard (Groulx) : Ah,
bien, c'est... D'aucune façon, je ne conteste le droit de mes collègues, là.
Loin de moi cette idée.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Mais en fait, moi, c'est… c'est sur le troisième
alinéa de l'article 5, là, que j'avais des questions. Question de bien le
comprendre, on dit «pour l'application de la présente loi, on entend par
promoteur, entre guillemets, quiconque demande la désignation d'un projet ou
une autorisation aux fins de la réalisation d'un projet désigné ou des
activités nécessaires à sa réalisation». Quand, M. le ministre, vous avez
parlé, là, de… du processus, puis tout ça, puis que, dans le fond, bon,
l'objectif du… du promoteur, c'était déposer l'ensemble de documentation
attendu pour obtenir, vous avez tout le temps dit, une désignation. Pourquoi il
y a une nuance ici, là, au troisième alinéa, «désignation d'un projet ou d'une
autorisation pour fin de réalisation d'un projet désigné ou des activités
nécessaires à sa réalisation»? Est-ce que c'est trois éléments...
M. Girard (Groulx) : Je pense
que pour répondre à cette question, j'aimerais me référer à celle qui a rédigé
le projet de loi, parce que c'est… ce n'est certainement pas moi qui s'est levé
le matin puis qui a dit que ça prendrait deux ou. Alors, allez-y.
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui.
Merci, M. le Président. Alors, ici, on a une définition de promoteur parce
qu'on s'écarte du sens courant du terme, surtout parce qu'en matière
d'environnement on va autoriser les activités. Donc, dans un projet, on va voir
un promoteur principal, sens courant du terme de promoteur, celui qui va être
chargé de… du projet, mais, par exemple, la personne qui doit excaver parce
qu'on a besoin d'excavation, elle, elle va aller se chercher une… une
autorisation si elle en a besoin d'une pour excaver. Donc, elle va devenir le
promoteur parce qu'elle a besoin d'une autorisation spécifique pour faire son
activité. En matière d'environnement, on va autoriser les activités. Donc,
étant donné qu'on rassemble en une autorisation l'ensemble des autorisations, y
compris celles environnementales, bien là, on a besoin d'avoir une notion plus
large de qui va être visé par l'autorisation unique. Oui, il va avoir le
promoteur, mais ça se peut qu'il y ait des autorisations puis ce ne soit pas le
promoteur qui ait besoin d'aller chercher, ça va être quelqu'un. Puis, ils sont
visés comme ça.
M. Grandmont : ...qui
travaillerait pour le promoteur, qui aurait besoin de faire du déboisement.
Mme Desbiens (Geneviève) : Moi,
j'ai parlé d'excavation.
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
exactement, là, mais on parle. En fait, je pense que vous...
Une voix : …
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
exact. Donc, vous… vous référiez, entre autres, par exemple, aux travaux
préparatoires dont on a… on a abondamment parlé, là, pendant la consultation,
là. Donc, ça peut impliquer ça.
Et donc c'est à cette étape-là qu'on va
aller chercher cette autorisation-là, ou si c'est simplement parce que ça fait
partie de la documentation attendue du promoteur? Je ne sais pas si ma question
est claire, là, mais...
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien,
justement, je ne suis pas certain de la question, là. On va… on va en parler
beaucoup dans la… la partie du projet de loi qui traite des autorisations, là.
Ici, on donne une… une définition parce qu'en droit... en législation, en droit
civil, on ne met pas les… les définitions nécessairement en haut de la loi, on
va la mettre quand on voit le mot la première fois dans un article pour le
reste de la loi, pour l'ensemble de la loi. Ça fait que c'est pour ça qu'on met
la définition ici, parce que c'est...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...la
première fois qu'on utilise le mot «promoteur», mais elle va s'appliquer pour
tout le reste de la loi, y compris puis particulièrement dans la partie pour...
concernant les autorisations.
M. Grandmont : Je comprends.
Donc, dans le fond, ce qu'on vient dire, c'est que «promoteur», ça s'entend
comme toutes les parties prenantes à la réalisation d'un projet,
essentiellement. Je résume bien?
M. Girard (Groulx) : ...je
vais... Je ne sais pas si mon exercice de synthèse va être bon, là, mais il n'y
a pas qu'un promoteur par projet.
M. Grandmont : Qu'est-ce que
vous... Qu'est-ce que vous voulez dire, il n'y a pas qu'un promoteur?
M. Girard (Groulx) : Bien,
parce que le promoteur, c'est un... c'est un terme qui englobe d'autres parties
prenantes.
M. Grandmont : OK, oui, c'est
ça, on dit exactement la même chose. C'est ça. Sauf que là, en fait, pour le
reste du projet de loi...
M. Girard (Groulx) : Vous
m'avez fait peur, je pensais que ma synthèse mélangeait plus qu'elle aidait...
clairement pas fameux comme synthèse.
M. Grandmont : Mais là, ce
qu'on veut dire ici, ce qu'on veut dire ici, c'est que les... le mot
«promoteur», pour le reste du projet de loi, s'entend, comme tous ceux qui sont
définis ici. Dans le fond, c'est une définition du mot «promoteur», dans le
fond, qu'on vient... qu'on vient le mettre à l'article 5, c'est bien ça?
Parfait.
Le Président (M. Laframboise) : Ça
va?
M. Grandmont : Ça va pour
l'instant. Merci.
Le Président (M. Laframboise) : D'autres
questions, commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Donc, moi, ce
que j'aimerais ici, là, c'est donnez-moi donc un exemple concret. Là, on... on
a parlé, là, de... sans rentrer dans le détail, là, de plusieurs potentiels
types d'exemples de projets qui pourrait être intéressants, là. Donnez-moi donc
un exemple concret de ce que c'est, là, des critères personnalisés.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, avez-vous une industrie pour votre projet?
M. Beauchemin : Parlons de
l'énergie.
M. Girard (Groulx) : Non mais
voulez-vous une ligne de transmission?
M. Beauchemin : Disons.
M. Girard (Groulx) : Nicolas.
M. Tremblay (Nicolas) : Un
critère pourrait être en lien avec le nombre de citoyens desservis par le... le
projet donné, par exemple, si c'est un projet de service public. Ce qui ne
s'appliquerait pas à une usine, par exemple, de manière commune, ou à une mine,
de manière commune. Ça fait qu'on peut ça essayer de voir, bien, dans nos
analyses, on veut savoir est-ce que... Quels seront les impacts de cette ligne
de... de transport là sur les citoyens? Comment d'énergie va être desservie?
Bien, ça pourra être un critère particulier pour un projet de transport
énergétique, par exemple.
M. Beauchemin : Donc, ici, le
promoteur pourrait être le gouvernement ou une... une entité du gouvernement?
M. Tremblay (Nicolas) : Oui.
M. Beauchemin : Puis là on
aurait des critères spécifiques, on se donnerait des critères spécifiques.
M. Tremblay (Nicolas) : Par
exemple.
M. Beauchemin : Avez-vous
d'autres exemples? Dans le concept de ligne de transmission, par exemple.
M. Tremblay (Nicolas) : Ça
pourrait être des... pour une ligne de transmission, là, pour l'instant, je
n'ai pas quelque chose de particulier qui me vient à l'esprit, là, de critères
spécifiques qui ne pourraient pas être couverts par un prétexte général, là.
M. Beauchemin : OK. Dans un
concept de minier, par exemple.
M. Tremblay (Nicolas) : Concernant
la réhabilitation des... des lieux après ou le traitement des... des résidus de
production minière, par exemple.
M. Beauchemin : Mais ça, ça
se trouverait à être donc spécifique à l'industrie, OK, d'accord. Quand vous
parliez de plus comme... je pense que c'est le terme... utilisé, là, ici, là...
Il y a des critères personnalisés qu'on a utilisés tantôt quand on... quand on
l'expliquait, là. Un exemple spécifique par rapport à, disons, une entreprise
ou un promoteur dans le secteur minier, je veux dire, c'est-tu quelque chose
qu'on pourrait imaginer?
• (17 h 50) •
Mme Desbiens (Geneviève) : Est-ce
que je peux me permettre une question? Est-ce que vous avez l'impression que la
phrase veut dire... Quand on dit le gouvernement peut déterminer les critères
auxquels un projet ou son promoteur doit satisfaire, est-ce que vous avez
l'impression qu'on vise quelqu'un en particulier? Parce que la phrase... OK. En
législature... en législature, en législation, là, quand on... en légistique,
je devrais dire, je m'excuse, quand on écrit un projet, ça veut dire un ou plusieurs.
Ce n'est pas nécessairement spécifique. On écrit toujours au singulier nos
lois. Mais le singulier, quand on prend le pluriel, nos règles de français sont
un peu spéciales en légistique, le singulier, ça comprend le pluriel. Si on dit
un projet, ça peut être des...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...des
projets. Et c'est parce que ça pourrait être parfois juste un, donc c'est pour
ça qu'on met «un projet». Mais généralement, «un projet», c'est des projets
puis c'est leurs promoteurs. Ça fait que je viens de comprendre pourquoi vous
avez l'impression qu'on va avoir des critères spécifiques et non pas des
critères faits par règlement, à cause de la phrase, le «un projet», dans votre
tête, c'était ça, mais ce n'est pas ça que ça veut dire, ça veut dire des
projets. On écrit vraiment tout le temps au singulier nos lois.
M. Beauchemin : OK. Ça
clarifie pas mal la situation. OK. Bien, je vous remercie.
Le Président (M. Laframboise) : D'autres
questions, commentaires? Est-ce que l'article 5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté.
Article 6.
M. Girard (Groulx) : Est-ce
qu'on pourrait suspendre deux minutes?
Le Président (M. Laframboise) : Oui.
Suspension.
(Suspension de la séance à 17 h 52)
(Reprise à 17 h 59)
Le Président (M. Laframboise) : Allons-y.
Donc, nous... lors de la suspension, nous en étions rendus à l'article 6,
M. le ministre. Donc, je vous demanderais d'en faire la lecture. M. le ministre,
la parole est à vous.
M. Girard (Groulx) : Excusez-moi.
Article 6 : «Avant que le gouvernement ne désigne un projet, le
ministre publie à la Gazette officielle du Québec un avis de la
désignation projetée indiquant le nom et la description du projet, le nom du
promoteur et les motifs pour lesquels le projet est considéré comme prioritaire
et d'envergure nationale.
«L'avis indique le délai, qui ne peut être
inférieur à 30 jours, à l'expiration duquel le projet pourra être désigné
par le gouvernement. Il mentionne également que tout intéressé peut, durant ce
délai, transmettre ses commentaires au ministre.
«Le ministre sollicite aussi les
commentaires des parties concernées de manière distincte.»
Commentaire. Cet article prévoit qu'un
avis de la désignation d'un projet doit être publié à la Gazette officielle du
Québec avant que le projet ne soit désigné par le gouvernement.
L'avis doit indiquer : le nom du
projet, le nom du promoteur du projet, la description du projet, les motifs
pour lesquels il est considéré comme un projet prioritaire et d'envergure
nationale, le délai avant l'expiration duquel le projet ne pourra être désigné
par le gouvernement, ce délai ne pouvant être inférieur à 30 jours, que
tout intéressé peut, durant ce délai, transmettre des commentaires au ministre.
L'article prévoit aussi que le ministre
doit consulter distinctement les parties directement concernées par le projet,
par exemple la municipalité où le projet pourrait se...
18 h (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : ...se
réaliser.
Note additionnelle. Cet article reprend le
paragraphe 1.1 de l'article 5 de la loi C5.
Le Président (M. Laframboise) : ...
M. Beauchemin : ...Les
commentaires des parties concernées dans le processus que vous venez de
décrire, là, M. le ministre, là, ça va être public, hein? On va rendre ça... on
va rendre ça public, les commentaires? Oui?
M. Girard (Groulx) : Oui ou
non?
M. Beauchemin : Oui, non?
M. Girard (Groulx) : Non.
Réponse : Non.
M. Beauchemin : Ma question :
Pourquoi?
M. Girard (Groulx) : Bien,
les consultations à la Gazette officielle, on ne rend jamais les
commentaires publics. Ce n'est juste pas une procédure du gouvernement de
rendre publics les commentaires, une consultation à la Gazette officielle.
M. Beauchemin : Mais là
les...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Pardon?
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : ...
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Par exemple, les commentaires à la suite d'une consultation
sur un projet de règlement, on ne donne pas ça, là. Ce n'est pas rendu public,
là, c'est... c'est... c'est consigné.
M. Beauchemin : Les
consultations particulières qu'on a dans une commission sont... le sont?
M. Girard (Groulx) : ...
M. Beauchemin : Oui, non,
mais c'est...
M. Girard (Groulx) : Là, c'est
un avis à la Gazette officielle de désignation, là. Ce n'est pas une
consultation particulière.
M. Beauchemin : OK. C'est des
consultations qui vont être faites de façon... de manière distincte.
M. Girard (Groulx) : Je ne
comprends pas le sens de la question.
M. Beauchemin : Bien, là, on
me dit... là, vous me dites que ça ne va pas être rendu public.
M. Girard (Groulx) : Il y a
un avis de désignation. Alors, nous, on a travaillé avec le promoteur, on a
évalué la demande, puis là on pense que ce projet-là devrait être désigné, puis
là on l'indique à la Gazette officielle, et puis là on a une période
pour recevoir des commentaires, puis là on va prendre connaissance des
commentaires, on va les analyser. Mais c'est dans le cadre de notre travail
pour la désignation.
M. Beauchemin : Les
commentaires ne vont pas être publics?
M. Girard (Groulx) : Non.
M. Beauchemin : Puis, à part
que c'est comme ça que ça se fait, dans le cas... dans le contexte où est-ce qu'ici
on parle...
M. Girard (Groulx) : Les
publications à la Gazette officielle.
Le Président (M. Laframboise) : ...
Mme Desbiens (Geneviève) : Les
publications à la... L'avis qui va être publié à la Gazette va être
public, mais les commentaires, c'est des commentaires qui peuvent être envoyés
par écrit au ministre, et on ne les rend pas publics parce que, bien, d'abord,
ce n'est pas considéré comme des renseignements publics. Il n'y a rien qui
empêcherait la personne de publier ses commentaires par ailleurs. Mais on a
quand même des règles, au gouvernement, notamment au niveau de l'accès aux
documents, qui feraient en sorte que, bien, ça, c'est des renseignements qui
émanent d'une partie privée. Donc, ce n'est pas rendu public systématiquement
par le gouvernement, ce n'est pas des renseignements qui sont considérés comme
d'ordre public, de... qui devraient être publiés.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais c'est juste que j'essaie de... Quelqu'un qui regarde ça a posteriori, là,
puis il dit : Ça n'a pas fonctionné puis ça aurait été intéressant de
comprendre pourquoi, puis là il y aurait eu quelqu'un qui aurait mis un
commentaire à ce sujet, tu sais, un apprentissage pour être capable de pouvoir
avancer puis de corriger nos erreurs au fur et à mesure qu'on avance, ça, ça
serait une façon de le faire, de nourrir minimalement l'information pour qu'on
puisse être capables de dire : Bien, on s'était fait avertir, on ne l'a
pas écouté, pourquoi, puis on peut désigner la façon que ça aurait dû être fait
pour justement ne pas avoir fait l'erreur. Je dis ça comme ça, là.
Le Président (M. Laframboise) : ...
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Mais, même si on ne les rend pas publics de manière
systématique, il n'y a rien qui empêche quelqu'un d'y avoir... de faire une
demande pour y avoir accès en vertu de la Loi sur l'accès, là.
M. Beauchemin : On peut
avoir, donc, accès à cette information-là. OK.
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien,
si les critères pour rendre publics ces renseignements-là sont... sont
respectés, oui, mais on ne peut pas, mettons, publier des renseignements qui
auraient... qui seraient, mettons, commerciaux, industriels, qui seraient
considérés comme confidentiels par quelqu'un. Ça fait que, comme on ne connaît
pas la teneur des commentaires qui pourraient être formulés, on ne les rend pas
publics systématiquement. Mais, si quelqu'un faisait une demande pour avoir
accès à ces renseignements-là, on pourrait rendre accessible ce que la loi nous
permet de rendre accessible.
M. Beauchemin : Puis, une
fois que c'est désigné...
M. Beauchemin : ...une fois
que le projet serait désigné. On aurait-tu moins d'enjeux à rendre
l'information plus publique, ou même principe, c'est ça. OK. Je... je vais m'inspirer
d'autres commentaires.
Le Président (M. Laframboise) :
Député de Taschereau.
M. Grandmont : Je n'avais
même pas levé la main à... Vous lisez dans mes pensées, M. le Président. Vous
êtes fort. Merci.
30 jours. Je commencerais par ça
peut-être. Pourquoi avoir choisi 30 jours?
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui, oui, je
sais, je sais, mais c'est quand même le minimum.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est... les consultations à la Gazette officielle, c'est quoi le minimum, Mme
Desbiens?
Mme Desbiens (Geneviève) : Généralement,
les délais pour les consultations sont de 30 jours. Parfois, on a 45,
parfois on a 15, ça dépend des… des sujets. On a pris une médiane, on a mis
30 jours parce que c'est quand même un mois. C'est... c'est une longueur
qui est acceptable.
M. Grandmont : Qu'est-ce qui
fait varier de 15 à 45 jours? Parce que vous l'avez dit, là... En fait,
moi, ce que j'ai comme information, c'est que le délai standard pour déposer un
mémoire ou formuler des commentaires suite à la publication d'un projet de
règlement dans la Gazette officielle est de 45 jours, délai standard.
Donc, vous me dites que des fois c'est 15, des fois c'est 30. Qu'est-ce qui
fait varier cette durée-là?
Mme Desbiens (Geneviève) : Dans
le secteur financier, entre autres, puis c'est un secteur connu par le
ministre, c'est 30 jours pour les règlements pour l'Autorité des marchés
financiers, ce n'est pas 45. La plus... la majorité des règlements dans le
secteur financier, c'est 30 jours. Certains règlements qui sont approuvés
par le gouvernement, ça va être 45. On a des délais de 15 jours, notamment
pour des avis quand on va prendre des décisions défavorables à l'égard d'une
personne, là on va lui donner un délai pour présenter ses observations.
Généralement, c'est 15 jours, ce délai-là. Ça fait qu'on est allé chercher
un délai minimum, comme le ministre l'a dit, de 30 jours, un délai d'un
mois qui est comme une médiane entre ce qui est très court est un peu plus
long.
M. Grandmont : On dit que le
délai de 45 jours peut parfois être réduit ou modifié selon les
dispositions spécifiques de la loi habilitante ou du règlement, ou s'il s'agit
d'une procédure d'urgence. Est-ce qu'on est dans une situation d'urgence à
cette étape-ci de la désignation d'un projet prioritaire?
Mme Desbiens (Geneviève) : Non,
pas du tout, là. Ce délai-là ne peut pas être écarté... Tu sais, M. le ministre
parle souvent de l'article 23, là où tout se joue, là, tout ce qui est
écrit dans le projet de loi ne peut pas être modifié, là, c'est… à moins qu'il
y a une loi, que la législature vienne le modifier. Donc, ce qu'on écrit ici,
ce délai de 30 jours là ne peut pas être écarté. La loi, ses règlements ne
s'appliquent pas, là, ça fait que ce délai de minimum de 30 jours ne peut
pas être écarté. Puis, je vous invite... Tu sais, à d'autres endroits, là,
admettons, par exemple, à l'article 9, à la fin, on a un délai de
15 jours pour les avis quand on va prendre une décision défavorable. Donc,
c'est vraiment un délai qui est commun, là, ce n'est pas... Puis, il ne peut
pas être écarté, là, ça ne peut pas être en bas de 30 jours.
M. Grandmont : On s'entend
bien, on s'entend bien. 30 jours, c'est quand même assez court pour des
projets de cette envergure-là, j'ai l'impression.
• (18 h 10) •
M. Girard (Groulx) : C'est le
délai minimum, pourra être inférieur.
M. Grandmont : Oui, mais on
parle de projets majeurs, on parle de projets de plusieurs milliards,
potentiellement, on parle de projets avec des répercussions sur toutes sortes
d'aspects sociaux, environnementaux.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais les gens n'apprendront pas l'existence du projet, là, avec la... dans la
Gazette officielle, là.
M. Grandmont : Bien, ils vont
en entendre parler comment?
M. Girard (Groulx) : Mais ces
projets-là sont... sont connus, là. Ce n'est pas… ce n'est pas la première...
L'avis de désignation ne sera pas la première fois que la société civile entend
parler du projet, là.
M. Grandmont : Oui. OK. Bon,
on va reprendre l'exemple de Marinvest parce que...
M. Girard (Groulx) : Si vous
voulez.
M. Grandmont : C'est juste
pour faire un exemple, là, évidemment, ce n'est pas...
M. Girard (Groulx) : On
pourrait prendre le tramway de Québec, là, on s‘entend bien sur le tramway de
Québec.
M. Grandmont : Non, mais
j'aime bien parler de Marinvest. Je ne sais pas pourquoi j'ai comme un... je me
développe une passion pour le GNL.
M. Girard (Groulx) : Je ne
sais pas... je ne sais pas pourquoi, moi, je me... Bien, allez-y.
M. Grandmont : Bon, je prends
cet exemple-là, parce que pour moi, il est... il est assez évocateur de ce que
je veux illustrer. Ce projet-là, officiellement, il n'existe pas encore, bon,
ou du point de vue des fonctionnaires fédéraux, il semble exister pour vrai
depuis le mois de mai passé.
M. Girard (Groulx) : Il faut
que j'écoute, là, parce que si vous me parlez pendant qu'il me parle, je
n'entends rien, puis là je le fais répéter, puis là il est 18 h 11.
Go!
M. Grandmont : Merci. Je suis
exactement comme vous, je suis assez mono canal, l'archétype du... de la
personne qui a de la misère à faire deux choses en même temps, là, pour vrai,
c'est…
M. Girard (Groulx) : ...dans un
«trading room», c'est le contact visuel. Si tu ne vois pas mes yeux, je ne
t'écoute pas. N'est-ce pas?
M. Grandmont : Je suis
content de rencontrer quelqu'un qui est comme moi. Alors, je reprends.
Marinvest, bon, oui, on en entend parler parce que...
M. Girard (Groulx) : Mais je
ne pense pas que 45 jours va vous rendre favorable envers Marinvest, là, ça
fait que je ne sais pas pourquoi on parle de Marinvest pour le délai de
publication à Gazette officielle.
M. Grandmont : Parce que...
Bien, je vais vous l'expliquer, je vais vous l'expliquer. Je vais vous
l'expliquer, parce que, pour moi, il représente bien le point que je veux
faire. Vous dites : Les sociétés... les groupes de la société civile vont
avoir entendu parler de projets à l'avance, mais bon, ils n'ont pas des
mémoires tout prêts au cas où des projets sont déposés. Marinvest...
M. Girard (Groulx) : Mais on
ne dépose pas un mémoire à l'avis de désignation, là.
M. Grandmont : Si je peux
juste terminer, M. le ministre, je m'excuse. C'est des commentaires, les gens
vont pouvoir écrire. C'est une sorte de... Je reprends, en fait, ce qui est
écrit, là : «...le gouvernement... désigne un projet, le ministre publie à
la Gazette officielle un avis de désignation projeté indiquant le nom et
la description du projet, le nom du promoteur et les motifs pour lesquels le
projet est considéré comme prioritaire et d'envergure nationale. L'avis indique
le délai qui ne peut être inférieur à 30 jours à l'expiration duquel le
projet pourra être désigné par le gouvernement. Il mentionne également que tout
intéressé peut, dans ce délai, transmettre ses commentaires au ministre.»
Transmettre ses commentaires au ministre, ça prend la forme d'un mémoire. Souvent,
ça peut être une lettre, ça peut être un courriel.
M. Girard (Groulx) : Mais là,
ça, c'est la désignation, là, ce n'est pas l'autorisation.
M. Grandmont : Je sais, je
sais, mais c'est un moment qui est utilisé par des gens pour venir vous
dire : Attendez une minute, là, ce projet-là, nous, on a de fortes
réserves.
M. Girard (Groulx) : Vous,
vous aimeriez 45 jours? Nous...
M. Grandmont : Bien, ce
serait déjà mieux, parce que, pour vrai, moi, je vais dire, on a déjà vu des
règlements passés, par exemple, sur des lois portées par la ministre
responsable de la Solidarité sociale et Action communautaire, des articles...
pas des articles, mais des règlements très pointus, avec très, très peu
d'articles, en fait, très, très peu de textes, puis on a quand même... les
groupes avaient 45 jours pour pouvoir réagir à ça. Si un projet est...
M. Girard (Groulx) : Mais...
mais si je vous donne le cas inverse, là...
M. Grandmont : M. le
Président, excusez-moi, j'ai de la misère à finir mes phrases.
Le Président (M. Laframboise) :
Juste le laisser terminer, M. le ministre. Allez-y.
M. Grandmont : Merci, c'est
aimable. Tu sais, un 30 jours, là, ce n'est pas un 30 jours ouvrables
non plus, là. Si, par mégarde, le ministre inscrit... fait inscrire à la Gazette
officielle du Québec un projet le 15 décembre, bien, je veux dire,
c'est des groupes qu'on... qui risquent de travailler là-dessus pendant leur temps
des... vous allez encore avoir des groupes qui vont être fâchés après vous pour
des mauvaises raisons. Je pense que vous vous épargnerez bien du trouble juste
en rajoutant un petit 15... 15 jours à un 30 jours qui est très
court. C'est des projets qui sont majeurs, c'est des projets qui sont
importants, des projets pour lesquels vous voulez avoir une acceptabilité
sociale sur... Puis je comprends que vous voulez accélérer aussi des projets
d'importance, c'est un peu ça, l'objectif du projet... du projet de loi
également aussi. Je pense que ce n'est pas trop cher payé que de rajouter deux
semaines à cette étape-ci pour donner le temps aux groupes de préparer un
mémoire puis de vous l'envoyer.
M. Girard (Groulx) : Mais je
ne conteste pas que, pour un projet donné, 45 jours seraient plus
appropriés que 30, OK, mais si pour un autre projet, 30 serait plus approprié
que 45, comme l'objectif du projet de loi, c'est d'accélérer la réalisation de
projets, je ne voudrais surtout pas mettre un délai de 45 jours alors que
30 serait suffisant, d'où l'appellation «un minimum de 30 jours».
M. Grandmont : Quand... Bon,
d'abord, j'ai la misère à voir où il y aurait des distinctions. On parle tous
de projets majeurs, de projets qui se chiffrent en milliards, on est tous dans
des projets d'envergure. Je ne vois pas sur quel... sur la base de quels
critères une période de... j'appelle ça une consultation, ça n'en est pas une
bonne, mais... ça n'en est pas une, mais vous comprenez ce que je veux dire,
là, je ne vois pas qu'est-ce qui ferait qu'on pourrait passer de 30 à
45 jours. C'est des projets importants, majeurs qui vont demander des
efforts considérables à des organisations de la société civile, des
municipalités qui vont vouloir intervenir, parce que c'est possible de le faire
dès cette étape-ci pour marquer... pour... pour faire avancer leurs arguments
dès ce moment-là ou pour lever des drapeaux rouges. Donc, je ne vois pas en
quoi un 30 ou un 45 jours, ça pourrait... Il pourrait y avoir une variation.
Moi, ce que je vous demande, c'est que le minimum soit de 45 jours.
Et vous me dites : Je n'ajouterai pas
des délais de deux semaines, parce que l'objectif du projet de loi, c'est
d'accélérer des projets. Quand vous avez commencé à parler du projet, quand
vous l'avez déposé en Chambre... non, juste après, en tout cas, dans les
audiences particulières, je me souviens vous... vous l'avoir entendu dire, vous
disiez que vous vouliez éviter que des projets prennent des six, huit,
10 ans à se réaliser. Je ne vous demande pas un an sur la Gazette
officielle, là, je vous demande un délai de 45 jours pour permettre à
des organisations de se structurer un peu puis d'envoyer des commentaires en
bonne et due forme, puis un peu... moins dans...
M. Grandmont : ...moins dans
l'urgence en fait. Ce que je vous dis, là, c'est que, selon ce qu'on a, là,
comme délai standard pour déposer des mémoires ou formuler des commentaires sur
des projets de règlement, c'est mineur, ce n'est pas gros, des règlements, là,
normalement ce n'est pas des projets de l'ampleur de ce que vous voulez faire
avancer avec le projet de loi n° 5, normalement, c'est 45 jours. On
peut réduire ces délais-là quand il y a urgence. Je vous dirais que vous
pourriez probablement... il faudrait vérifier avec Mme la légiste, Me Desbiens,
mais vous pourriez peut-être, si jamais il y a urgence, réduire ces délais-là
aussi, parce que c'est déjà prévu pour les règlements qui sont inscrits à la
Gazette, et on passe donc par le même processus. En tout cas, je pense que
45 jours, ce n'est pas cher payé pour donner un peu de temps aux
organisations, là, puis les municipalités, je les inclus là-dedans, les
Premières Nations aussi, je les inclus là-dedans, de juste avoir le temps de se
structurer puis d'envoyer des commentaires puis ne pas commencer dans l'urgence
puis dans le mécontentement. Vous vous évitez du trouble, à mon avis.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais, dans le projet de loi C5, c'est 30 jours, OK? Nous, on a mis
minimum 30 jours parce qu'on se donne une flexibilité si on pense qu'un
délai supplémentaire est nécessaire et... Bien, je veux être respectueux des
échanges, mais je soupçonne que, si j'avais mis 45, vous me demanderiez 60.
M. Grandmont : Non, même pas.
M. Girard (Groulx) : Alors
là, le fédéral se donne 30 jours. Nous, on dit minimum 30 jours.
M. Grandmont : Je...
M. Girard (Groulx) : Vous
allez me corriger, allez-y.
M. Grandmont : Bien, je vais
surtout demander à M. le Président de faire attention à ce que le ministre ne
me prête pas des intentions, parce que ce n'est pas le cas. Si ça avait été
45 jours, comme pour les règlements, je n'aurais probablement rien dit.
J'aurais questionné, peut-être, le fait que... bien, sur le processus ou j'aurais
été sur un autre... sur un amendement, que je vais faire éventuellement, sur le
6, l'article 6, mais ça aurait été concordant avec ce qui se passe avec
les règlements. Donc...
M. Girard (Groulx) : ...la
clarification.
M. Grandmont : J'accepte vos
excuses.
Le Président (M. Laframboise) : ...ça
va?
M. Grandmont : Donc, est-ce
que... est-ce que ça vaut la peine que je dépose un amendement pour proposer
que ce soit 45 jours ou il y a fermeture de votre côté?
M. Girard (Groulx) : Vous
êtes souverain, là, vous faites ce que vous voulez.
M. Grandmont : Bien, c'est
parce que, s'il n'y a pas de chance que vous soyez ouvert à la possibilité que
je... qu'on aille vers 45 jours, pour être concordant avec qui se passe pour
les règlements qui sont déposés à la Gazette officielle... qui sont publiés,
pardon, à la Gazette officielle...
M. Girard (Groulx) : Mais...
mais ce n'est pas vrai, là, qu'on est concordant, là, c'est que... non. Vous
pouvez déposer votre amendement si vous voulez déposer votre amendement. Si
votre question, c'est : Est-ce que je vais appuyer votre amendement? Ma
réponse, c'est non.
M. Grandmont : D'accord. Je
ne le déposerai pas. On va sauver un peu de temps, au plus grand bonheur de M.
le ministre.
Maintenant, je... il y a... il y a
d'autres éléments, là, qui sont quand même intéressants puis importants. Le
BAPE, donc le Bureau d'audiences publiques en environnement, et le Conseil
patronal de l'environnement du Québec, dans le but de faciliter
l'interprétation ou la compréhension des projets, suggéraient que soient
ajoutés des éléments à l'avis. Dans les commentaires, là, vous avez... vous
avez indiqué, M. le ministre, que l'avis doit indiquer le nom du projet,
évidemment le nom du promoteur du projet, la description du projet, les motifs
pour lesquels il est considéré comme un projet prioritaire et d'envergure
nationale, le délai avant l'expiration duquel le projet ne pourra être désigné
par le gouvernement, ce délai ne pouvant être inférieur à 30 jours et que
tout intéressé peut, dans ce délai, transmettre des commentaires au ministre.
Donc, suivant la recommandation du BAPE et du
Conseil patronal de l'environnement au Québec, je vais proposer un amendement.
Donc, si vous nous permettez de suspendre quelques instants, on va vous envoyer
ça.
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 18 h 20)
(Reprise à 18 h 25)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
lors de l'ajournement, la députée de Taschereau nous avait préparé un
amendement. Je voudrais juste vous dire avant que j'ai une correction de forme,
il faut enlever le six avant la lecture, là, il y a un six qui est là qui ne
devrait pas être là. Ça fait que c'est une correction de forme, ça fait que
vous n'avez pas besoin de redéposer. Allez-y avec la lecture.
Des voix : ...
M. Grandmont : Excusez-moi,
je vais lire. Donc, l'article... l'amendement proposé : Remplacer le
premier alinéa de l'article 6 du projet de loi par le suivant :
Avant que le gouvernement ne désigne un
projet, le ministre publie à la Gazette officielle un avis de la désignation
projetée indiquant le nom et la description du projet, le nom du promoteur, les
motifs pour lesquels le projet est considéré comme prioritaire et d'envergure
nationale, ainsi qu'une analyse sommaire des répercussions potentielles sur
l'environnement.
Donc, l'article se lirait ainsi :
Avant que le gouvernement ne désigne un
projet, le ministre publie à la Gazette officielle du Québec un avis de la
désignation projetée indiquant le nom et la description du projet, le nom du
promoteur, les... les motifs pour lesquels le projet est considéré comme
prioritaire et d'envergure nationale, ainsi qu'une analyse sommaire des
répercussions potentielles sur l'environnement.
Je ne lirai pas la suite, là, ce n'est
pas... ce n'est pas modifié par la proposition. Donc, essentiellement…
M. Grandmont : ...c'est un peu
comme... comme je le... je le... comme il est écrit, en fait. L'objectif, en
fait, à travers ça, c'est de s'assurer que les parties prenantes qui voudraient
pouvoir émettre des commentaires, à cette étape-ci, donc avant la désignation,
puissent le faire en ayant un peu plus d'informations. Comme le dit M. le
ministre, il y a certains critères qui vont être utilisés pour déterminer si un
projet est... peut recevoir la désignation et cheminer dans le processus visé
par le projet de loi n° 5. L'objectif de ça, c'est de
prendre l'information qui sera de toute façon existante normalement, elle
devrait être fournie par le promoteur, lui-même devrait avoir ce genre
d'information là, devrait avoir déposé ce genre d'évaluation sommaire des
impacts sur l'environnement et donc la rendre disponible au public dans la Gazette
officielle pour être capable de, justement, renseigner le plus tôt
possible, dans le processus de désignation, toute information nécessaire et qui
sera utilisée par les parties prenantes. L'objectif, encore une fois, est de
favoriser l'acceptabilité sociale, de donner un maximum d'informations sur les
projets au fur et à mesure qu'on traverse des étapes de désignation de projets
à travers le projet de... le processus, là, du PL n° 5.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci.
Donc, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 28)