Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Thursday, May 7, 2026
-
Vol. 49 N° 2
Clause-by-clause consideration of Bill 5, An Act to accelerate the granting of the authorizations required to carry out priority national-scale projects
Aller directement au contenu du Journal des débats
14 h (version non révisée)
(Quatorze heures quatorze minutes)
Le Président (M. Laframboise) : À
l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des finances publiques ouvertes. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques. La
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations
requises pour la réalisation des projets prioritaires d'envergure nationale. Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par Mme Jeannotte
(Labelle) et Mme Zaga Mendez (Verdun) par M. Grandmont (Taschereau).
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, hier, nous
en étions à l'étude de l'article 12. Le député de Taschereau avait
notamment signifié son intention de présenter un amendement. M. le député, la
parole est à vous.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup. Alors, on a préparé un amendement qui est envoyé, à ma connaissance.
Donc, si on peut juste le faire apparaître, je vais pouvoir le lire.
Le Président (M. Laframboise) : Juste
l'afficher, le temps, là, puis vous pourrez le lire par la suite. Allez-y, M.
le député.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup. Donc, voilà.
Supprimer dans l'article 12 du projet
de loi, les mots «et malgré toutre... toute disposition contraire».
Donc, l'article 12 du projet de loi
tel qu'amendé se lirait ainsui :
«Le ministre... ainsi, pardon, le ministre
peut permettre, aux conditions qu'il fixe, les travaux préparatoires qu'il
détermine et peuvent être réalisés avant l'octroi de l'autorisation, après
consultation du promoteur ainsi que les ministres, des organismes publics et
des autres parties concernés. Lorsque le ministre permet de tels travaux, il
peut désigner l'autorité responsable de veiller à leur surveillance si la loi
n'y pourvoit pas déjà.»
Alors, mes explications, M. le Président,
si vous permettez.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y.
M. Grandmont : Oui, c'est un
amendement qui vient rappeler, en fait, que ces... des travaux préparatoires là
ne peuvent pas se faire sans tenir compte des lois existantes. Essentiellement,
c'est ce qu'on souhaite, puis je pense qu'il n'y aura pas de surprise du côté
de M. le ministre. Évidemment, si... s'il refuse cette disposition-là, qu'on
propose, on essaiera d'amoindrir la portée de l'article 12 parce qu'on
pense qu'il y a quand même des problèmes assez importants, là, avec les travaux
préparatoires aussi. Vous savez, on a des exemples déjà assez éloquents, là, tu
sais, on a entendu parler... on a parlé abondamment du dossier NorthVolt, un
projet qui a, malheureusement, selon les dires du gouvernement, avorté. Et donc,
ce projet là, bien, avait fait l'objet, aussi, d'une procédure accélérée, on n'a
pas eu de BAPE, là, pour ce... ce projet-là. Et donc, ça avait donné plein d'articles,
notamment comme celui-ci, là, où NorthVolt, un groupe de citoyens, dénonce le
début des travaux, un groupe de citoyens déplore l'autorisation gouvernementale,
obtenue lundi par Northvolt, qui permettra aux fabricants de batteries de
démarrer des travaux de construction de la future usine à McMasterville et
Saint-Basile-le-Grand. Puis vous vous souviendrez, là, que, bon, ce projet-là n'a
pas été réalisé. Évidemment, le projet était quand même d'une grande
ampleur. On parle d'une superficie, là, de 130 000 mètres carrés de milieux
humides, qui sera, si le projet se réalisait, serait affecté de manière
permanente sur le terrain de NorthVolt. Comme je l'ai dit, là, en Montérégie. Évidemment,
le groupe de citoyens disait... puis ne suivait pas, en fait, faisait fi d'un
principe qui est quand même assez important, celui du principe de précaution.
Quand on n'a pas de moyen de prouver qu'une mesure sera... aura des impacts
négatifs, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas agir avec précaution. Et donc,
ce projet-là avait été autorisé, et donc, des travaux préparatoires avaient été...
avaient été faits dans ce... sur ce terrain-là. Le ministère de l'Environnement
jugeait, lui, que le projet ne comportait pas d'empiétement significatif dans
les milieux jugés plus sensibles du site, soit l'ensemble des cours d'eau, leurs
rives, l'ensemble des zones inondables, les milieux humides qui constituaient
un habitat de reproduction potentielle pour certaines espèces comme le petit...
hein, on avait appris l'existence de cette espèce. Et le ministère disait, là,
indiquait qu'afin d'atténuer les impacts sur les habitats fauniques, une
entreprise s'était engagée à créer, restaurer ou conserver des milieux naturels
sur une petite superficie à déterminer qui serait d'égale valeur écologique.
Malheureusement, ce projet-là, pour lequel il y a eu beaucoup d'argent qui
était supposé... qui était...
M. Grandmont : ...investi
dedans et pour lequel on avait eu une modification, là, du règlement afin
d'échapper à l'examen du BAPE. Il y avait eu quand même une contamination. Et
cette contamination-là, à notre connaissance, à moins que le ministre ait une
information différente, là, n'a pas été traitée par le promoteur lui-même.
Donc, vous voyez que si on avait, dans ce contexte-là, travailler à s'assurer
que le promoteur avait les ressources financières nécessaires pour être capable
de le faire, si on avait eu une réelle expertise en amont, même des travaux
préparatoires pour s'assurer que le projet se fasse correctement, les travaux
préparatoires, mais on aurait pu s'assurer aussi que les... la restauration
aussi soit à charge du promoteur. Donc, tu sais, on a un exemple assez concret,
assez récent, qui, selon moi, devrait sonner une alarme assez importante du
côté gouvernemental.
Ce matin, j'aurais aimé ça que M. le
ministre soit présent au salon... pas le salon, à la salle des premiers
ministres. Évidemment, c'est correct que vous ne soyez pas là à ce moment-là.
C'était le rapport de la Commissaire au développement durable. Il y a vos
collègues... représentaient le gouvernement, évidemment. Et donc on a eu un
rapport quand même assez volumineux sur plein...
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Vous
avez raison.
M. Grandmont : Je pense que,
dans ce contexte-là, ça ne portait pas préjudice, si vous le permettez.
Le Président (M. Laframboise) :
Non, mais vous jouez à un jeu dangereux, M. le député de Taschereau.
M. Girard (Groulx) : ...des
commentaires à faire, moi, sur des absences lors de la discussion sur
l'article 12.
Le Président (M. Laframboise) : Oui,
parfait.
• (14 h 20) •
M. Grandmont : Mais
évidemment ce n'était pas... je ne le disais pas d'une... d'une manière
préjudiciable, parce qu'évidemment, là, le gouvernement était représenté,
évidemment, lors de cette... de cette réunion-là. Mais ce qui est intéressant,
en fait, c'était donc un des chapitres, chapitre IV, sur les minéraux
critiques et stratégiques, qui... en fait, il y a eu un audit de performance de
la Commissaire au développement durable qui fait partie, là, de l'équipe de
l'ensemble de la Vérificatrice générale du Québec. Et, dans le fond, l'audit
était intéressant. Il voulait... la commissaire voilait déterminer si le
ministère des Ressources naturelles s'assurait de veiller à ce que les
activités minières liées aux minéraux critiques et stratégiques, donc les MCS,
soient réalisées de façon responsable au bénéfice des générations actuelles et
futures, et déterminer aussi si les interventions du ministère permettaient de
soutenir de façon efficace le développement de chaînes de valeur liées aux
minéraux critiques et stratégiques, et contribue... et qu'il contribue, dans le
fond, aux orientations gouvernementales en matière de transition énergétique et
technologique. Donc, ils ont fait des travaux, là. L'audit s'est étendu, là,
d'avril 2020 à novembre 2025. Évidemment, on rappelait le contexte, là, les
minéraux critiques — le cuivre, le graphite, le lithium, le nickel — sont
des minéraux essentiels à la transition énergétique, mais aussi à des
technologies de pointe comme les semi-conducteurs et à des secteurs industriels
tels que la santé. Ce sont les ressources non renouvelables qui constituent un
bien collecté pour les générations actuelles et futures. Il importe d'en faire
un développement responsable. Puis la Loi sur les mines vise à... qui vise à
favoriser les activités des minières dans une perspective de développement
durable, stipule notamment qu'il est nécessaire d'assurer au développement de
ces activités... un développement, pardon, de ces activités qui est respectueux
de l'environnement, associé aux communautés et intégré au milieu. Donc,
évidemment, c'est le genre de projet, en fait, qui pourrait se retrouver assujetti
au projet de loi n° 5, selon les discussions qu'on a eues avec le ministre
au fil du temps. Bon, la commissaire a fait cet audit-là, parce qu'évidemment
la demande croissante est importante. Nous, on fait un lien, évidemment, avec
le PL 5. Si ce genre de projet là risque d'être assujetti éventuellement
à... à ce projet de loi là, on va avoir... on aura des... de sérieuses
questions à se poser, parce que, même en l'état actuel, on n'arrive pas à
atteindre un paquet d'objectifs qui rejoignent le développement durable, qui
est une loi qui fête son 20e anniversaire cette année et pour laquelle on
doit... on doit s'améliorer et non pas couper dans l'atteinte des... des
objectifs de développement durable, notamment, là, le respect des lois environnementales
en vigueur au Québec puis toutes les lois qui touchent aussi la réglementation
qu'il y a par rapport... ou les processus qu'il y a par rapport à la
participation sociale, à l'acceptabilité sociale des différents projets.
Dans les constats... puis je veux amener,
là, au constat, qui était quand même intéressant, là, selon la commissaire, les
interventions du ministère des Ressources naturelles, selon elle, n'appuient
pas suffisamment le développement de chaînes de valeur de minéraux critiques et
stratégiques et n'appuient pas efficacement leur développement responsable.
Donc, ça, c'est quelque chose que je suggère éventuellement au ministre quand
il désignera des projets ou quand il autorisera ces projets-là, s'assurer qu'on
rejoint les objectifs poursuivis, évidemment, quand on parle des minéraux
critiques et stratégiques, là, qui...
M. Grandmont : ...rejoignent,
évidemment, les recommandations qui sont faites par la commissaire, mais il y a
toute la partie aussi sur... voilà, le constat deux. Bon, puis là je ne sais
pas si, dans le cadre de PL n° 5, j'ai l'impression
que oui, là, dans le cas du PL n° 5, si jamais on a
des projets qui sont... qui touchent les minéraux, l'extraction de minéraux
critiques et stratégiques. Et le constat deux était quand même intéressant, la
commissaire constate que le ministère des Ressources naturelles ne s'est pas
doté d'un processus efficace afin que ses recommandations concernant les
projets miniers qui font l'objet de demandes d'investissement au fonds CRNE reflètent
adéquatement les risques de ces projets. Bon, le CRNE, en fait, c'est le fonds
Capital Ressources naturelles et Énergie, j'imagine que le ministre connaît
bien, ce n'est pas sous sa responsabilité, c'est le ministère de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie qui le gère et ce projet-là... et ce fonds-là est
administré par Investissement Québec. Ce qui est important de savoir, c'est
qu'il y a quand même 1 milliard de dollars qui ont été investis dans cinq
projets miniers depuis 2020. Et évidemment, dans le processus normal, comme
expert gouvernemental du domaine minier, le ministère des Ressources
naturelles, qui serait éventuellement sollicité, l'avis du ministère serait
sollicité par le ministre au moment de la désignation, «doit analyser les risques
des projets miniers afin d'appuyer la décision d'investissement dans ces
projets» et aussi «la recommandation qu'il doit formuler à son ministère pour
l'avis que celui-ci doit délivrer en vertu de la Loi sur les... sur
Investissement Québec».
Bon, toujours dans le constat numéro deux,
ce qui est intéressant, c'est que, selon la commissaire, le processus de
recommandation du ministère des Ressources naturelles est peu balisé ce qui
peut compromettre la capacité du ministère à appuyer la prise de décision
d'investissement. Donc elle dit que, notamment le ministère des Ressources
naturelles n'établit pas le niveau de risque des projets miniers pour justifier
ses recommandations. Elle relève d'ailleurs aussi une situation qui démontre
l'importance, pour le ministère des Ressources naturelles de bien encadrer son
processus de recommandation. Donc, pour une demande d'investissement de 250
millions du fonds CRNE dans un projet minier pour lequel le ministère des
Ressources naturelles a soulevé des risques importants, il a apporté des
modifications successives à la recommandation dans son avis sectoriel,
notamment à la suite d'échanges avec le ministère d'économie de l'innovation,
de l'énergie et Investissement Québec. Les recommandations dans cet avis sectoriel
est passé d'une recommandation préliminaire défavorable à une recommandation
finale favorable, sans condition, qui suggérait des mesures susceptibles
d'atténuer les risques. Ces modifications n'ont pas été exclusivement
justifiées par l'analyse des risques liés aux projets qui relèvent de la
responsabilité du ministère des Ressources naturelles. En effet, des
considérations liées, par exemple, à la volonté de développer la filière
batterie ont influencé la modification de la recommandation.
Donc, grosso modo, il y avait une demande
de 250 millions du Fonds CRNE pour un projet minier, le ministère des
Ressources naturelles l'a analysé, l'a jugé risqué, a soulevé des risques
importants. Suite à des discussions avec le ministère de l'Économie, Innovation
et de l'Énergie et Investissement Québec, ce projet est passé de donc risqué à
recommander avec conditions. Il y a eu à nouveau des discussions, il a été
recommandé sans condition. Le projet n'avait pas changé fondamentalement, selon
le rapport de la vérificatrice. Et donc, par la suite, à partir du moment où ce
projet-là a été recommandé sans condition, il y a eu des nouvelles demandes qui
ont été faites pour du financement et on est passé de 250 millions, on a ajouté
672 millions, selon ce que rapporte la Commissaire au développement durable.
Donc, comprendrez, M. le Président, qu'on
a... on a déjà de la difficulté actuellement à faire respecter les normes
environnementales. On a de la difficulté actuellement à s'appuyer sur
l'expertise du ministère des Ressources naturelles pour juger de
l'acceptabilité d'un point de vue de risque, là, large, là. Tu sais, quand ils
analysent ça, il, tu sais, je veux dire, risqué, pas risqué. Je serais curieux
de connaître les critères qui sont utilisés, on n'a pas eu la chance d'avoir
accès à l'information. Quelle est la grille d'analyse du ministère des
Ressources naturelles? Peut-être qu'il y a la réponse du côté gouvernemental,
mais on avait des fonctionnaires du ministère des Ressources naturelles qui
disaient que ce projet-là n'était pas le bon, présentait des risques suffisants
pour ne pas autoriser un financement. On a voulu, du côté du ministère de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, pousser sur l'accélérateur parce
qu'il y a la filière batterie qu'on doit pousser, c'est une commande politique.
Évidemment, ces discussions-là ont lieu avec Investissement Québec qui débloque
les fonds par la suite et, magiquement, cette recommandation négative est
devenue positive... positive sans condition.
On a de la difficulté actuellement à faire
respecter les lois environnementales, à faire respecter l'avis des
fonctionnaires, on a de la misère à s'appuyer là-dessus. Puis là, on nous
dit...
M. Grandmont : ...malgré
toutes dispositions contraires, c'est-à-dire que le ministre pourrait, aux
conditions qu'il fixe — ça, on a déjà eu des discussions là-dessus — et
malgré toutes dispositions contraires, donc malgré toutes les lois, malgré tous
les règlements, malgré tout, là... on peut autoriser des travaux préliminaires
sur... préparatoires, pardon, sur un site.
Alors, je pose la question. Comment on
peut prendre le rapport du... de la Commissaire au développement durable et
refuser... et voir que les pressions politiques peuvent avoir un effet sur son
classement, c'est-à-dire qu'on autorise finalement un projet, sachant aussi que
des projets pour celui-là, comme, par exemple, Northvolt ont été... des travaux
préparatoires ont été réalisés sur un site... Il y a eu de la contamination qui
s'est rendue jusqu'à la rivière qui est tout près et on... ce n'est même pas le
promoteur, ce n'est même pas Northvolt qui a nettoyé le site, on se demande
encore qui va nettoyer les dégâts sur ce site-là pour des travaux préparatoires
qui ont été faits... qui ont été faits et pour lequel il n'y avait pas eu de
BAPE. Donc, je vous pose la question : Comment on peut penser que des
travaux préparatoires peuvent être autorisés alors qu'on n'arrive même pas à
suivre le processus normal dans les conditions actuelles? Et je serais très
curieux aussi, si vous me permettez...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Grandmont : ...si vous me
permettez...
Le Président (M. Laframboise) :
...poser une question, je vais laisser M. le ministre...
M. Grandmont : Oui, je veux
juste... Ça va être deux questions, on va sauver du temps avec ça. L'autre
question, c'est au niveau du ministère des Ressources naturelles. Quels sont
les critères qui sont utilisés? Parce qu'on va avoir à discuter avec les
ressources naturelles, c'est sûr qu'il y a des projets qui touchent les
minéraux critiques, qui risquent de faire partie des projets qui seraient
présentés à M. le ministre et qui pourraient être assujettis au PL n° 5. Donc, quels sont les critères qui sont actuellement
utilisés par le ministère des Ressources naturelles, qui avaient permis, pour
le projet Nemaska... parce qu'on a appris finalement que c'était le projet
Nemaska, là, il y a eu des articles aujourd'hui de Charles Lecavalier...
comment on peut... quels sont les critères qui avaient permis de dire que Nemaska
était un projet risqué? Donc, j'ai deux questions. Je vais laisser la partie
gouvernementale y répondre.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
• (14 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Bien, M.
le Président, il n'y a absolument aucun lien entre ce qu'on est en train de
nous lire et l'article 12. On est en train de parler du dossier
d'investissement d'un projet minier, puis là, nous, devant nous, on a une
décision à prendre, à savoir si le ministre des Finances peut autoriser des
travaux préparatoires dans le cadre du projet de loi n° 5.
Alors, moi, ma... moi, je retourne la question. C'est quoi, le lien?
Alors, je ne souhaite pas répondre à des questions qui ne sont pas pertinentes
à l'article 12, et ça fait déjà plusieurs sessions sur l'article 12
et les travaux préparatoires. C'est bon, c'est bon pour le tramway, c'est bon
pour l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et ce sera bon pour les projets
stratégiques d'intérêt national.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. C'est bon
pour un paquet de projets, je suis bien d'accord, et des projets pour lesquels
notamment, si on parle du projet de tramway Québec, il y a eu un BAPE, il y a
eu une discussion, on en a parlé en amont. On a eu ce discours-là, cette
acceptabilité sociale qui a été testée, des rapports, des mémoires qui ont été
déposés lors des audiences. On a eu cette discussion publique là, il y a eu des
consultations qui ont été faites par la ville. Alors, oui, les travaux
préparatoires, ils arrivent maintenant, là, à Québec, on en est bien content.
Toute mesure ou toute initiative qu'il va permettre de réduire les délais qui
ont été engendrés par les indécisions de la CAQ, donc le sept ans qu'on a
perdu, elle est bonne à prendre, là, évidemment, là. Moi, je suis très content
de ça, mais on parle de deux projets qui sont... deux contextes complètement
différents. La discussion sur le tramway, elle a été faite longuement.
Alors, le lien, puisque le ministre en
parle, pose la question, le lien, pour moi, il est évident. Le lien,
c'est : Comment ça se fait que des pressions politiques dans le cas d'un
projet comme Nemaska permettent de passer par-dessus l'avis des ministères puis
que, là, le ministre nous dit : Bien, on va avoir un point de chute, les
demandes pour désigner des projets, ça va être le ministre des Finances qui va
s'assurer de consulter toutes les parties prenantes, et, après ça, moi, je vais
prendre cette information-là et je vais autoriser des projets. Je veux dire, il
y a quelque chose là-dedans, là, où... j'ai de la misère à voir pourquoi le
ministre ne voit pas le lien. Parce que le côté... puis ça a beaucoup été
nommé, en fait, pendant les... pendant les différentes... pendant les audiences
particulières, le côté arbitraire du processus. Je pense que c'est une des
choses qui a beaucoup été dénoncée. Alors, même dans le contexte actuel,
avec des lois à respecter, avec des règlements à suivre, avec la Loi sur la
qualité de l'environnement, avec, normalement, pour des projets, des BAPE à
faire, à tenir, à respecter, à écouter, on n'arrive pas à échapper à un...
14 h 30 (version non révisée)
M. Grandmont : ...une
accélération induite par des pressions politiques. Alors, je me demande comment
le ministre va réussir à gérer ça. Mais je pose la question encore, sur les
critères au ministère des Ressources naturelles : Quels sont les critères
qui sont utilisés pour juger du risque d'un projet minier?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je ne
souhaite pas répondre. Il n'y a absolument aucun lien avec l'article 12.
Le Président (M. Laframboise) :
Et c'est le droit du ministre. Donc, il vous reste 3 min 30 s.
Allez-y.
M. Grandmont : Parfait.
Merci. Je ne sais pas si mon collègue veut...
M. Beauchemin : Bien oui, merci,
M. le Président. Moi, je pense que, bon, ce que... ce que le collègue amène, c'est
un point qui est intéressant. Moi, je vous dirais d'entrée de jeu qu'avant l'article
de ce matin j'étais comme un peu... Tu sais, je trouvais ça important qu'on
puisse trouver une façon de mettre en place les dispositifs pour faire en sorte
qu'on puisse avancer, qu'on puisse faire en sorte qu'on puisse faire des
travaux préliminaires de façon efficace. Mais c'est que le gouvernement actuel
a démontré à plusieurs reprises l'incapacité de pouvoir bien gérer les projets.
Qu'on pense à la filière batterie. Puis ce matin, là, Nemaska, c'est quand même
gros, là. Ça a été... Les voyants étaient au rouge puis on a voulu ignorer en
plus. Ça fait que vous comprendrez, M. le ministre, que c'est certain que, du
point de vue des oppositions ou du point de vue des citoyens, quand on regarde
ça, on se pose des questions puis on se dit : OK, correct, là, on veut
enlever ici, là, malgré toutes les dispositions contraires, OK, qui est l'amendement
qui est proposé par la deuxième opposition.
Je le comprends, le réflexe, je le
comprends, réflexe de vouloir enlever cette partie-là de l'article 12,
parce que, justement, on a eu exemple après exemple de cafouillage qui a eu
lieu de par le passé, que, justement, il y avait toutes ces réglementations-là
qui étaient mises en place, qui permettaient de justement ne pas avoir d'erreur.
Je comprends l'aspect environnemental du
collègue. Bien, moi, je focusse sur le côté financier de la chose. Ça nous a
coûté des centaines de millions de dollars. Un cafouillage historique qui a été
le début du déclin de votre ancien patron, là. Puis on est... on est rendus
ici, puis on regarde ça, puis là, maintenant, on apprend, ce matin, là, l'article
de... Je l'ai ici, là... Les signaux rouges ont été ignorés par le
gouvernement, par Charles Lecavalier à La Presse. Je... je suis sans
mot pour expliquer ce désastre financier là, là, on parle de centaines de
millions. Ça peut totaliser presque 1 milliard de dollars. Puis là on
est rendus, là, que... bien, ça, ça a comme passé en dessous de la table, il n'y
a rien à voir, on ne veut pas en parler, on... ce n'est pas directement relié,
là, à l'article 12, mais «malgré toute disposition contraire», ça, ici, là,
ça aurait été quand même évité si on avait été capables d'avoir plus de
transparence du gouvernement, si on avait été capables d'avoir des
conversations plus importantes.
Il y a un article... une partie d'article
qu'il faut absolument que... que je vous lise : «Des centaines...», «l'avis
a toutefois été renversé, des considérations liées, par exemple, à la volonté
de développer la filière batterie ont influencé la modification de la
recommandation dans l'avis sectoriel.» Je veux dire, on a en place des
garde-fous. Là, vous voulez les enlever. Vous ne les écoutiez pas dans le
temps. En tout cas, votre... votre ministre de l'Économie de l'époque a tout
fait, là, pour ne pas que ce soit connu, cette histoire-là. Puis que, là, maintenant,
là, on est devant cette situation-là où est-ce qu'on veut se donner plus de pouvoirs.
Honnêtement, le citoyen qui regarde ça, il
se dit : Bien, ce n'est probablement pas le bon parti politique qui
devrait être au gouvernement, qui devrait proposer une affaire comme ça. C'est là
où est-ce qu'on en est rendus, là, dans... dans l'espèce de critique que les
gens ont du gouvernement actuel, c'est normal. Ça fait que je comprends... je
comprends le collègue et la vision environnementale, puis je la respecte. Moi,
c'est le côté financier de la chose, là, 672 millions de dollars
plus 250, on frôle quasiment le milliard, là, ici, dans ce... dans ce scandale-là.
Puis là, on va en parler toute la semaine prochaine de ça, là. C'est sûr et
certain que la semaine prochaine, ça va faire les manchettes, on va gratter, on
va aller chercher l'information. Pourquoi, c'est quoi, la chronologie de l'événement?
Puis, oui, c'est relié à l'amendement qui est proposé par le collègue sur
l'article...
M. Beauchemin : ...12,
malgré toute disposition contraire. Enlever ça, c'est comme enlever tous les
garde-fous qui, malgré qu'ils étaient présents, le gouvernement actuel a été
capable de faire ce qu'il a fait avec Northvolt, de faire ce qu'il a fait avec
Nemaska Lithium, c'est... Moi, j'aimerais comprendre la réflexion du ministre
sur la nécessité absolue d'avoir ça ici, dans le contexte où est-ce que, de
toute façon, le gouvernement les avait ignorés. C'est-tu parce qu'on veut
maintenant l'enlever pour ne pas se sentir coupables de les avoir ignorés?
Est-ce que c'est... J'essaie de comprendre.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je
ne ferai pas de commentaire. Évidemment, Nemaska Lithium, c'est un projet
extrêmement important pour le Québec. On était avec un partenaire extrêmement
important dans ce dossier-là, Rio Tinto, et je vais m'arrêter ici, parce qu'il
n'y a pas de lien avec l'article 12.
M. Beauchemin : ...M. le
Président. Je comprends la perspective... je comprends la perspective du
ministre de dire qu'il ne voit pas le lien, parce qu'évidemment ça... ça aide
son argumentaire de dire ainsi, mais n'importe qui qui nous écoute actuellement
à la télévision, là, qui voit la modification qu'on essaie d'apporter ici qu'on
veut éliminer la capacité de pouvoir permettre au gouvernement de... de ne même
pas respecter aucune des lois pour pouvoir aller de l'avant avec son projet,
n'importe quel projet étant donné l'historique... S'il y avait eu, là, un
historique, là, réussite, ça a bien été, bien géré, année après année, là...
Mais ce qu'on a eu là, c'est malheureusement, là, du cafouillage, année après
année. Je le sais, là, vous dites que c'est un bon projet, là, Nemaska Lithium.
Pourquoi, si c'est un si bon projet que ça, on a, comme, cafouillé presque
900 millions de dollars avec ça? Je sais, vous ne voudrez pas répondre à
la question, là, mais c'est... c'est un genre... C'est, comme, on a fait une
ignorance des lois, là. On a voulu, là, passer ça en dessous. Puis je pense que
je comprends pourquoi, là, évidemment, avec... Il y avait le scandale de Northvolt
qui était tout, partout, en même temps. Ça a été vraiment encore plus difficile
et pénible pour le gouvernement d'avoir à... à dealer avec ça en même temps.
Mais, écoutez, M. le ministre, là,
l'amendement qui est ici présenté, là, on parle de toutes les lois qui sont à
l'article 1, là. La Loi sur l'acquisition de terres agricoles, la Loi sur
l'aménagement durable du territoire forestier, conservation du patrimoine
naturel, les espèces menacées sur les mines, la Loi sur les parcs, protection
du territoire, l'Autorité régionale de transport, la Loi sur les chemins de fer
concernant... la Loi sur Hydro-Québec, Infrastructure Québec, patrimoine
culturel... Je veux dire, tu sais, s'il n'y avait pas... s'il n'y avait pas un
historique d'erreurs continuelles, on dirait : Correct, on peut donner une
chance au coureur. Mais malheureusement, force est de constater qu'on a devant
nous un gouvernement qui a... qui a fait des erreurs, significatives
d'ailleurs. Donc, en quoi est-ce qu'enlever la disposition qui était inscrite,
par exemple, dans la Loi sur la sécurité du transport terrestre, est
essentielle ici, dans votre article 12?
• (14 h 40) •
M. Girard (Groulx) : Je
ne souhaite pas commenter, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. M. le député...
M. Beauchemin : Bien,
d'accord. Combien de temps qu'il me reste, M. le Président?
Le Président
(M. Laframboise) : Il vous reste plusieurs minutes, là. Vous avez
du temps, là.
M. Girard (Groulx) : ...
Le Président
(M. Laframboise) : Oui.
M. Beauchemin : Mon
intention, ce n'est pas de faire du temps. Mon intention, c'est d'avoir des
réponses aux questions. La réalité, c'est que M. le ministre ne veut pas
répondre.
Le Président
(M. Laframboise) : 12 minutes... 12 min 15 s.
M. Beauchemin : La loi
sur Hydro-Québec. On a une loi, là, ici pour, justement, gérer l'ensemble de ce
qu'Hydro-Québec fait. Puis là ici, on veut tasser cette loi-là pour faire des
travaux préliminaires. Pourquoi? Ça ne marchait pas avec Hydro-Québec? J'essaie
de comprendre. Ça ne marchait pas avec Hydro-Québec? La Loi sur Hydro-Québec n'est
pas fonctionnelle pour les grands projets d'envergure qu'on envisage pour Hydro-Québec?
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que vous avez fini avec Nemaska Lithium?
M. Beauchemin : Bien, je pose
une question sur Hydro-Québec, en ce moment, je n'ai peut-être pas fini sur
Nemaska Lithium, je vais peut-être revenir.
M. Girard (Groulx) : Mais,
c'est parce que, Nemaska Lithium et l'article 12, il n'y a pas de lien.
M. Beauchemin : Bien, la
conséquence, disons, de démasquer... financière, parce qu'il n'y a pas eu,
justement, respect des dispositions des lois.
Le Président (M. Laframboise) :
...il va y avoir une étude des crédits, vous allez sûrement vous occuper...
Le Président (M. Laframboise) : ...Nemaska
Lithium, y compris du rapport de la Commissaire au développement durable.
J'aimerais... Vous avez le droit d'utiliser ce que vous voulez, là, mais je
peux comprendre le ministre qui dit : Bien, c'est des dossiers très, très,
très spécifiques pour lesquels il y a des débats qui peuvent avoir lieu aux
crédits. Donc, est-ce que c'est l'endroit ici où on... tu sais, par rapport à
ce projet de loi là. Moi, je suis... Moi, je suis obligé de vous entendre dans
tout ce que vous voulez, dans le sens où vous pouvez faire ce que vous voulez,
mais je comprends aussi le ministre qui dit : Moi, je ne me sens pas lié
par les avancées que vous faites. Donc, si on peut essayer de se recentrer sur
le projet de loi, j'aimerais ça. Si vous ne voulez pas, je vais vous laisser
parler quand même, tout simplement. C'est ça que je voulais vous dire.
M. Beauchemin : ...j'entends
vos doléances, M. le Président, puis je ne veux pas vous faire souffrir, là, ce
n'est pas mon intention de vouloir être en... dure peine ici. Ce n'est pas du
tout l'intention. L'Intention ici, c'est d'essayer de comprendre pourquoi, à
l'article 12, étant donné l'historique du gouvernement, OK, on insiste à
mettre «malgré toute disposition contraire». Le collègue du deuxième groupe
d'opposition veut... enlever cet aspect-là de l'article. Je comprends. Je
comprends le collègue de le faire avec les lentilles qu'il porte au niveau de
l'environnement. Moi, j'amène l'exemple de Nemaska Lithium avec les lentilles
économiques, en pensant au fait que ça a été presque 1 milliard de dollars
qui a été perdu à date dans l'expérience. S'il n'y avait pas eu des dispositions
contraires, ça aurait été peut-être plus, ne sait-on jamais. Je veux dire, il y
a un garde-fou qui est en place, puis là, on veut l'enlever.
Ça fait que moi, je vous repose la
question à propos d'Hydro-Québec : Qu'est-ce qui fait que, dans la loi
d'Hydro-Québec, vous pouvez... qui vous empêcherait de faire vos projets, puis
que là, bien, vous voulez discarter? Parce qu'évidemment, ça, ça vous permet de
pouvoir discarter de la loi d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Laframboise) : ...
M. Girard (Groulx) : Bon. Là,
on va recentrer la discussion un peu, là. C'est fantasmagorique, là. On parle
du dossier d'investissement d'un projet extrêmement complexe dans lequel on a
un partenaire exceptionnel. C'est un projet qui va se faire. Puis on lit ça à
l'article 12 du projet de loi cinq.
Alors, la raison qu'on veut faire des
travaux préparatoires, c'est, entre la désignation puis l'autorisation, puisque
l'objectif du projet de loi, c'est... je vais vous le lire, le nom du projet de
loi, Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la
réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale, alors la raison
qu'on veut autoriser des travaux préparatoires réversibles, c'est pour
accélérer l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets
prioritaires d'envergure nationale.
M. Beauchemin : ...qu'est-ce
qui est dans la loi d'Hydro-Québec actuellement qui vous empêche de pouvoir
accélérer l'autorisation de projets d'envergure nationale? Qu'est-ce qui est
dans la loi qui maintenant, en utilisant «malgré toute disposition contraire»,
là, OK, vous voulez tasser de la loi pour faire en sorte que vous avancez?
C'est quoi, dans la loi d'Hydro-Québec, qui vous empêche de bouger vite? C'est
ça, la question, là.
Le Président (M. Laframboise) : ...est-ce
que vous donnez le consentement pour que Me Desbiens... Allez-y. Vous vous
présentez avec votre titre.
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci
beaucoup, M. le Président. Geneviève Desbiens, je suis avocate au ministère de
la Justice.
Ce n'est pas dans la loi sur Hydro-Québec,
le problème, c'est l'article 31.1 de la Loi sur la qualité de
l'environnement qui dit que, quand on a besoin d'un BAPE, on ne peut rien faire
tant qu'on n'a pas passé l'étape du BAPE et des autorisations. C'est ça. C'est
juste ça. Ça fait que...
M. Beauchemin : Mais pourquoi
d'abord, quand on parle qu'on veut... Il y a... Il y a une annexe, là, de
toutes les lois qui sont modifiées, qu'on peut tasser de tout bord, tout côté à
cause de «disposition contraire», là, qui est le terme qu'on essaie de... qui
est relié à l'article 12 sur lequel on a des conversations avec vous, M.
le ministre, là. Comment se fait-il que, là... Dans l'annexe un, là, toutes les
lois, elles sont numérotées, là, c'est tout relié au BAPE?
Le Président (M. Laframboise) : ...
Mme Desbiens (Geneviève) : Non,
pas du tout, ce n'est pas juste relié au BAPE. C'est principalement 31.1. Mais
dans les autres lois, mettons, là, on s'en va dans la Loi sur les mines, souvent,
on a besoin des autorisations environnementales pour poursuivre l'octroi des
autorisations dans les mines. Bien, si on ne peut pas faire l'un, on ne peut
pas faire l'autre. Donc, c'est un ensemble de lois. Puis c'est... c'est toutes
les lois, là. Toutes les lois qui prévoient des autorisations sont visées par
le «malgré toute disposition contraire». Mais, comme le ministre le disait,
c'est... c'est regroupé après ça dans l'autorisation. Il y a des balises...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...puis
les normes de réalisation, elles, ne sont pas écartées, c'est juste
l'autorisation qui suit un chemin différent.
M. Beauchemin : Vous
comprendrez que, moi, ce que je veux, là, c'est qu'on puisse ne plus faire de
gaspillage de... en milliards de dollars comme le gouvernement actuel a
été capable de faire dans les huit dernières années. Moi, ce que je veux, là,
c'est que les dollars en taxes que les Québécois paient, OK, soient utilisés de
façon optimale puis qu'on arrête de perdre des sous. Ça fait que, là, on a vu
l'article ce matin. Il y a eu toutes les histoires avec Northvolt, OK, puis là
j'essaie de comprendre, OK, on a des garde-fous qui étaient en place, là, pour
essayer de... Malgré ça, on a fait les erreurs, on a fait le gaspillage, puis là
on veut se donner plus de liberté, d'aller plus loin, plus vite, avec un... une
feuille de route désastreuse, peut-on dire, puis là j'essaie de comprendre. Là,
on me dit que, pour ce qui est d'Hydro-Québec, c'est l'article 31.1 qui est
relié au BAPE, OK, puis ça, c'est parce qu'on veut accélérer. Ça fait que, là,
le point du collègue du deuxième groupe d'opposition, il est quand même
cristallisé, là, dans le sens que ça a de l'allure ce qu'il dit, là, dans le
sens qu'au niveau de l'environnement on a voulu sauter des étapes, mais... Mais
là, ministère du Transport, est-ce que c'est encore le même... Je pose... vous
pose la question.
• (14 h 50) •
Le Président (M. Laframboise) :
Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien,
souvent, le ministère du Transport, on va parler d'expropriation. Donc, c'est
sûr que, s'il n'y a pas... si on... mettons, on va autoriser Hydro-Québec à
exproprier, il n'y a pas encore d'expropriation comme telle, là, c'est juste
une autorisation de procéder à l'expropriation. Donc, une fois qu'on a... qu'on
a enclenché cette procédure-là, ça ne veut pas dire qu'il va y avoir
nécessairement une expropriation, là, on s'entend, là. C'est particulier, le
MTQ.
Puis, tu sais, tantôt, vous disiez :
On veut accélérer, on va échapper le BAPE. Mais non, on l'a dit plus loin, à
27, les travaux... pardon, j'ai de la misère à dire, travaux préparatoires — je
fais rire le député — à eux seuls ne peuvent pas faire l'objet d'un
BAPE. Ça fait qu'on a comme un... C'est sûr que c'est compliqué, là, quand on
reste à l'article 12 puis on ne va pas voir plus loin, mais on le rattrape, ça,
pareil, puis on va le rattraper dans le deuxième alinéa de l'article 15.
M. Beauchemin : ...deux
secondes. Ça fait que ce que vous me dites, là, c'est que, dans les travaux
préparatoires, on n'a pas besoin d'un BAPE, donc?
Mme Desbiens (Geneviève) : ...seuls,
les travaux préparatoires à eux seuls ne font pas l'objet du BAPE...
M. Beauchemin : Oui, c'est ça.
Mme Desbiens (Geneviève) :
...mais ils vont être en... dans la procédure du BAPE avec le reste du projet,
et le gouvernement va rattraper les travaux préparatoires dans son autorisation
en vertu du deuxième alinéa de l'article 15. Il pourra même ajouter des
conditions. Et, comme je le disais, les normes de réalisation des travaux
continuent de s'appliquer. Donc, les normes environnementales, les conditions
que pourrait émettre la CPTAQ en agriculture, tout ça...
M. Beauchemin : OK. Mais
pourquoi, d'abord, qu'on veut les tasser ici?
Mme Desbiens (Geneviève) : On
ne les tasse pas. On fait juste dire que c'est le ministre qui les autorise au
lieu que ce soit le gouvernement, la CPTAQ...
M. Beauchemin : Bien, on
donne quand même le pouvoir, on donne quand même le pouvoir au ministre de les
tasser ici, là.
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui,
c'est parce que, dans la loi, ce qu'on dit, c'est que l'autorisation vient
d'une personne, ou d'une autre, ou d'une troisième. Ici, tout ce qu'on tasse,
c'est l'autorisation de faire des travaux préparatoires, mais les normes de
réalisation demeurent, elles ne sont pas écartées.
M. Beauchemin : Donc, ici, on
tasse... on veut transmettre l'autorisation de faire les travaux à quelqu'un
d'autre. Puis là, ici, on dit que le ministre peut permettre aux conditions
qu'il fixe et malgré toute disposition contraire...
Mme Desbiens (Geneviève) : C'est
ça, il peut autoriser aux conditions... bien, permettre aux conditions qu'il
fixe et malgré toute disposition contraire. Donc, la personne qui est censée
autoriser, elle n'autorise plus, c'est le ministre qui va le faire. Et c'est
pourquoi on va avoir une consultation des ministères, des organismes qui sont
chargés habituellement de rendre ces autorisations pour des travaux pour qu'on
puisse les autoriser avec condition. Puis les normes de réalisation devront
être respectées. On fait juste tasser l'autorisation.
M. Beauchemin : Puis là vous
me l'avez expliqué pour Hydro-Québec. La Régie de l'énergie, c'est... c'est
quoi, le... la raison pour laquelle on ne voudrait justement pas avoir à suivre
les règles de la Régie de l'énergie?
Mme Desbiens (Geneviève) : On
ne suit pas les règles, ce n'est pas ça qu'on fait. On fait juste dire à la
régie : Tu n'autoriseras plus, mettons, la construction d'un réseau de
transport au-delà de 250 millions.
M. Beauchemin : Pourquoi
qu'on fait ça?
Mme Desbiens (Geneviève) : Parce
que c'est le ministre et le gouvernement...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...par
après, qui autorise. On centralise toutes les autorisations au même endroit.
M. Beauchemin : Et pourquoi
qu'on...
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien,
parce que ça accélère les choses. C'est le principe du projet de loi. C'est
pour avoir une porte d'entrée, un interlocuteur qui fait le...
M. Beauchemin : Puis
l'expertise des gens, dans la Régie de l'énergie, qui, eux, travaillent sur ce
département-là?
Mme Desbiens (Geneviève) : Ils
vont être consultés.
M. Beauchemin : Ça fait que...
Mme Desbiens (Geneviève) : Mais
on va établir un échéancier à l'article 11, puis tout le monde va savoir quand
est-ce qu'ils doivent donner une réponse au ministre.
M. Beauchemin : La Loi sur la
sécurité des barrages?
Mme Desbiens (Geneviève) : Même
chose, les normes s'appliquent. Mais c'est les autorisations du ministre et du
gouvernement qui vont s'appliquer.
M. Beauchemin : Donc, on
tasse la Loi sur la sécurité des barrages encore une fois.
Mme Desbiens (Geneviève) : On
tasse le décideur.
M. Beauchemin : Le décideur.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Mais le décideur est quand même dans la... l'équipe.
M. Beauchemin : Non, mais la
loi est écrite, le décideur était dans la loi. Là, on le tasse, ça fait qu'on
rend la loi un peu caduque.
Mme Desbiens (Geneviève) : Non.
On fait juste tasser l'autorisation, on ne tasse pas les normes de réalisation,
de sécurité, et tout le reste.
M. Beauchemin : Ça fait que
le ministre va être obligé de suivre les mêmes règles que la société de sécurité
des... la Loi sur la sécurité des barrages aurait dictées?
Mme Desbiens (Geneviève) : Techniquement,
oui, c'est ce que la loi prévoit. Puis on prévoit même que le ministre va
pouvoir désigner l'autorité responsable de veiller à la surveillance de tout
ça, là, si la loi n'y pourvoit pas déjà. Donc, on... c'est sûr que ça va
sûrement revenir au MELCC dans ce cas-là.
M. Beauchemin : Mais là, je ne
sais pas, on a une page et quelques, là, d'un paquet de lois, là, puis là,
soudainement, le ministre, il va falloir qu'il devienne l'expert de ça, là,
pour prendre...
Mme Desbiens (Geneviève) :
Non.
M. Beauchemin : Comment ça va
fonctionner, d'abord?
Mme Desbiens (Geneviève) : On
va avoir une équipe de... d'experts. C'est pour ça qu'il y a des consultants.
M. Beauchemin : Qui existent
déjà, là, qui sont en charge de toutes ces lois-là, chacun, déjà, là?
Mme Desbiens (Geneviève) : Là,
je vais inviter mes collègues du ministère à répondre à ça, là, parce qu'on
sort un peu du juridique là. Mais...
M. Beauchemin : Bien, oui, on
sort un peu du juridique parce que, dans le fond, tu sais, c'est... on parle de
la façon de faire. Puis, encore une fois, on tasse le décideur, hein, on tasse
le décideur, on prend le rôle de décideur au ministère des Finances. On a
consulté, comme, les mêmes personnes, finalement, qui auraient pris la décision
avant, on est... On me dit qu'on gagne du temps. L'objectif, si ça semble être
ça... On l'a vu de par le passé, on gagne... on regarde la même gang, on
fait... on prend des décisions, on accélère des autorisations, ça a donné les
Northvolt, puis les Nemaska, puis tout ça, ça a fait du gaspillage, ça a fait
des pertes énormes d'argent, puis là on me dit que ça va aller mieux, là, parce
que ça va aller plus vite parce qu'on a terrassé le décideur. J'essaie juste de
comprendre le pitch, là, pour me faire acheter ça, là, c'est... J'essaie de le
comprendre, là, je ne suis pas sûr que je le catche, là.
Le Président (M. Laframboise) :
Me Desbiens? Ou, si vous permettez, peut-être que M. Tremblay aurait une
réponse à ça? Est-ce que vous permettez...
M. Beauchemin : Oui, oui, consentement.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, vous pouvez vous nommer puis nommer votre fonction, M. Tremblay.
M. Tremblay (Nicolas) :
Nicolas Tremblay, sous-ministre adjoint au développement économique, aux
politiques aux entreprises et aux sociétés d'État au ministère des Finances.
Merci, M. le Président. En fait, la logique en arrière de l'accélération, dans
le projet de loi, c'est d'assurer une meilleure coordination puis un meilleur
enchaînement des travaux des divers ministères. Ça fait qu'en ce moment un
promoteur va devoir aller voir chacun des responsables... des lois, puis qui
sont dans l'annexe I, qui représente les lois dont un promoteur pourrait avoir
besoin d'une autorisation. Donc, ils sont... ça va être centralisé dans les
mains du ministre des Finances, qui va jouer le rôle de chef d'orchestre pour
s'assurer que la séquence des travaux d'autorisation soit optimale, puis il va
s'assurer aussi que les informations qui sont transmises d'un ministère à un
autre... des fois, elles sont similaires, donc, éviter qu'il y ait le
dédoublement de traitement d'informations pour le promoteur.
M. Beauchemin : ...
M. Tremblay (Nicolas) :
Absolument.
M. Beauchemin : ...je le
comprends, OK, ça, je n'ai pas d'enjeu avec ça, mais là on tasse le décideur,
parce que c'est le ministre qui prend la décision. Ça fait que je ne vois pas, là,
comment qu'on accélère en faisant ça là.
M. Tremblay (Nicolas) :
Peut-être...
M. Beauchemin : Parce qu'il y
avait quand même du monde qui étaient comme plus aptes à prendre les décisions.
Je ne dis pas que le ministre n'est pas apte, là, OK, mais il y a des gens qui
étaient plus habitués, disons, à prendre les décisions, puis là on les tasse du
processus...
M. Beauchemin : ...c'est le
ministre qui va prendre des décisions, puis là vous me dites qu'il va faire la
coordination. Je veux dire, il aurait pu y avoir ces gens-là qui prennent des
décisions de façon plus accélérée que le ministre aurait pu forcer de faire en
simplement faire des suivis téléphoniques, je ne sais pas, en les poussant un
petit peu plus à faire... je ne vois pas là, le...
M. Tremblay (Nicolas) : J'ai
peut-être souligné que la décision sera prise par le gouvernement, là, pas par
le ministre en tant que tel, puis il y a un certain, un certain rôle, là, de
coordination qui est nécessaire pour être en mesure d'accélérer les projets,
là, qui va être faite auprès du ministre avec son équipe. Il va avoir des
pouvoirs qui, actuellement, ne sont pas disponibles pour un coordonnateur,
disons, gouvernemental, comme, par exemple, d'établir un échéancier puis de
travailler avec le promoteur, puis on verra plus tard, là, dans le courant du
projet de loi, il y a des dispositions d'accélération à divers niveaux, là, que
ce soit municipal, environnemental, pour... dans le secteur des mines, qui vont
aider à accélérer.
Mais, dans la portion du projet qu'on est
actuellement, le ministre joue un rôle de coordonnateur de l'activité
gouvernementale puis d'autorisateur unique ou, du moins, il recommande au
gouvernement une autorisation unique. Donc, le promoteur, quand il va réaliser son
projet, il n'y aura pas besoin d'obtenir 1000 autorisations auprès de
quatre, cinq, six, sept organismes différents, il va avoir une seule
autorisation qui va lui permettre de réaliser les travaux. Ça fait que ça va
être plus rapide au niveau de l'exécution, là, une fois que ça va être... ça va
être mis en œuvre, là, par le promoteur. Ça fait qu'il y aura une accélération
de la réalisation des projets, là, de cette manière-là.
Puis, pour être en mesure de le faire,
bien, il faut donner... il faut prendre toutes les autorisations dont la
responsabilité est dans des organismes différents, puis les regrouper dans une
autorisation unique ou une autorisation parapluie. Puis c'est un peu ça qu'on
fait avec l'annexe I, puis la... Donc, c'est de regrouper toutes ces
autorisations, ces lois-là puis ces règlements-là qui ont des autorisations
pour être en mesure de dire : Ces autorisations-là vont se retrouver dans
l'autorisation unique que le gouvernement va délivrer aux promoteurs. Puis
cette autorisation unique là va lui permettre d'exécuter plus rapidement.
• (15 heures) •
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Combien de
temps il me reste?
Le Président (M. Laframboise) :
Trois...
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que, si je comprends bien... Merci de...
Le Président (M. Laframboise) :
Vous avez à l'alentour de trois minutes là.
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que si je comprends bien, là, ce que vous me dites, là, c'est qu'en gardant
«malgré toutes dispositions contraires», on se trouve à centraliser le
processus décisionnel que toutes ces lois-là de l'annexe un représentaient, on
les centralise au ministère des Finances. Puis, en faisant ça de cette
façon-là, on accélère, mais on a besoin, pour chacune de ces instances-là, de
les consultés pour avoir leur opinion, pour savoir si on va prendre la bonne
décision. Ça fait qu'on ramasse... Je vais donner un chiffre, là, une quinzaine
d'avis, là, puis après ça, on dit : Ah! c'est huit sur 15, on va y aller
de l'avant. C'est-tu comme ça que ça va fonctionner? Ou on a déjà notre idée de
fait, puis on les consulte, mais finalement notre idée est déjà faite, tu sais,
comment ça fonctionne, ça?
M. Tremblay (Nicolas) : Je
pense que la bonne gouvernance, c'est de consulter les institutions avec
sérieux et diligence, là, puis cette consultation-là va se faire dans toute la
diligence nécessaire, là, pour l'avancement du projet puis assurer la qualité
de notre territoire puis la protection des citoyens puis la qualité de notre
environnement, là, cette décision-là va être réellement à la suite d'une
discussion avec les partenaires. Mais au lieu d'avoir à faire cette démarche-là
auprès, si on suit votre exemple, de 15 organismes avant d'être en mesure
de faire les travaux préparatoires ou d'aller de l'avant avec le projet, bien,
le promoteur aura besoin d'avoir une seule personne qui va coordonner le
travail de tout le monde, qui va pouvoir travailler de manière simultanée, ce
qui permettra de délivrer une autorisation de travaux ou d'autoriser des
travaux plus rapidement. Donc, c'est vraiment cette... l'idée, ce n'est pas de
contourner les règles, les lois puis les diverses normes qu'on s'est données
pour protéger notre environnement puis la santé des citoyens, c'est de
travailler plus rapidement ensemble pour améliorer la livraison des
autorisations.
M. Beauchemin : Oui, mais,
moi, l'enjeu que j'ai, c'est qu'on l'a, on avait des gens qui prenaient des
décisions, qui ont dit : Vous voyez, ici, c'est des... c'est un signal
rouge, là, vous ne devriez pas aller de...
15 h (version non révisée)
M. Beauchemin : ...avant, on
ne les a pas écoutés. Là, on réduit, on tasse le décideur qui nous flaggait des
signaux rouges, là, avant, on le tasse maintenant pour aller plus vite. C'est l'objectif
du ministre, puis ça, je le comprends, OK, mais... mais en quoi est-ce que ça
nous éviterait de faire les erreurs aussi gigantesques, comme ce qui a été fait
récemment, là, dans Nemaska Lithium puis dans Northvolt? Je ne vois pas le... je
ne vois pas le safety net nulle part là-dedans, là.
M. Tremblay (Nicolas) : Je ne
peux pas commenter sur le projet spécifique de Nemaska. Puis, dans le cadre du
projet de loi, c'est plus difficile de faire le lien direct, là, mais je tiens
à dire que l'opinion des spécialistes des divers ministères va être entendue
avec diligence, documentée puis disponible. Évidemment, un peu plus loin, on
voit, là, pour ce qui est de la transparence, là, les documents qui ont mené à
l'analyse pour les autorisations, là, seront rendus publics. On le voit plus
tard dans les articles, là, au niveau de la transparence gouvernementale, là. C'est
un des principes même du projet de loi, c'est de s'assurer que l'information
soit disponible aux citoyens.
M. Beauchemin : Merci. M. le
Président, on a fini, on va voter là-dessus, mais après ça on a un amendement.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
sur cet amendement, par contre, on a encore trois minutes pour M. le député de Taschereau.
Allez-y, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Vous avez
quand même soulevé un point intéressant, là, au niveau de la transparence. Je
sais qu'on va en parler tantôt plus tard, là, mais, encore une fois, vous avez
soulevé le sujet, ça fait que ça m'interpelle. Les documents vont être rendus
publics avant le BAPE, j'imagine, avant les... avant la consultation de la
population.
M. Tremblay (Nicolas) : Oui,
pour que les gens puissent avoir l'information nécessaire dans le cadre du
BAPE, là, évidemment, là, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de l'information
additionnelle qui va être ajoutée à la suite du BAPE, là.
M. Grandmont : Évidemment,
évidemment. Mais les gens ont besoin quand même de comprendre. Moi, je trouvais
les questions quand même de mon collègue intéressantes, là, sur le... sur le
pourquoi des... de l'autorisation plus rapide des travaux préparatoires. Là, on
fait un processus accéléré pour les travaux préparatoires. On s'en va après ça
sur, donc, les débuts de travaux. Puis après ça il va y avoir un processus d'évaluation
environnementale, des audiences publiques, bon, ce genre de choses là. On
reparlera un peu de la forme, là, parce qu'on a des questions là-dessus, mais
en quoi ça accélère le projet, si, dans le fond, toutes les mêmes étapes
doivent se faire à la fin, c'est juste qu'on a autorisé plus rapidement des
travaux préparatoires? J'ai de la misère à comprendre le gain de temps réel
pour ça, sinon celui d'envoyer le message que, bon, on a des pépines sur le
terrain.
Le Président (M. Laframboise) :
...
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. En vertu de la loi, comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a
des autorisations qui sont sujettes à d'autres, donc on ne peut pas obtenir une
autorisation si on n'a pas tel autre avant, puis c'est surtout en
environnement. Par exemple, je dois avoir une autorisation environnementale
pour faire quelque chose au niveau minier, ça fait qu'en centralisant puis en
mettant tout le monde en même temps dans la même pièce, on accélère, on n'a pas
besoin d'attendre que l'un rende sa décision, puis que l'autre rende sa
décision par la suite, puis on n'a pas besoin à chaque fois de refaire le
dossier. Tout le monde se parle en même temps.
M. Grandmont : Parce qu'il y
a eu des... il y a eu des allègements réglementaires. En tout cas, il y a un
travail qui a été fait par l'ancien ministre de l'Environnement pour éviter,
justement, là, les allers-retours avec chacun des... chacune des parties
prenantes. Est-ce que, dans le fond, ce qu'il a proposé, lui n'était pas une
solution à ce que vous essayiez de faire autrement dans... à travers la PL 5?
Mme Desbiens (Geneviève) : Je
ne peux pas dire que ce qu'il a proposé n'était pas une solution. C'était une
solution parce que ça accélère. L'enjeu, c'est que ce n'est pas juste au
ministère de l'Environnement, il y a plusieurs autres organismes qui sont en...
à tenir compte : la Commission de la protection du territoire agricole, le
MRNF pour les mines. Et donc, vu qu'on a beaucoup d'intervenants... la Régie de
l'énergie pour le réseau de transport. Donc, vu qu'on a beaucoup d'intervenants
qui... qui attendent la décision de l'autre avant d'intervenir, les mettre tous
à la même place avec un interlocuteur qui va parler aux promoteurs, fait en
sorte qu'on accélère. On n'a pas besoin d'attendre que l'un rentre sa décision
en vertu de la loi pour que l'autre puisse le faire aussi.
M. Grandmont : Mais ça, c'est
pour les travaux préparatoires.
Mme Desbiens (Geneviève) : C'est
pour tout.
M. Grandmont : En tout cas...
Mme Desbiens (Geneviève) : Y
compris les travaux préparatoires. La même affaire pour l'autorisation qu'on va
voir plus loin.
M. Grandmont : Bien, je
terminerai... Ça ne me convainc pas, en tout cas, pour l'instant, encore, là,
mais je reviens sur l'article, là, de... pour le cas de Nemaska, il disait que
le cas Nemaska n'est pas unique, là. Puis, je soulignerais, en fait que le
lien, en fait, c'est que Nemaska, qui a quand même bénéficié de un... plus de 1 milliard
de dollars de fonds publics...
M. Grandmont : ...aurait pu se
retrouver assujetti à PL n° 5. C'est pour ça que,
pour moi, c'est un bel exemple, en fait. Puis le rapport de la vérificatrice...
pas la vérificatrice, puis la Commissaire au développement durable amène des
questions qui sont légitimes, je pense, au regard même de l'article n° 12.
Le cas de Nemaska, donc c'est dit, là,
n'est pas dans un cas unique, depuis 2020, les avis sectoriels du MNRF ont été
livrés pour des dizaines de demandes qui ont mené à des investissements
totalisant plus de 1 milliard de dollars. Malgré l'importance de ces
montants, le MRNF, le ministère, balise peu son processus d'élaboration des
avis sectoriels. On va aller chercher son avis. On dit qu'on ne travaille déjà
pas super bien. Pourquoi? Bien, entre autres, un bel exemple qui a été donné
par la vérificatrice, elle dit : «Le ministère n'a réalisé que deux
inspections — on parle de la surveillance des travaux d'exploration
minière — deux inspections pour assurer le respect des conditions de
403 autorisations pour travaux d'exploration à impact. Le ministère n'est
pas capable de faire sa job actuellement. Deux sur 403. Puis on dit : OK,
là, il va autoriser des travaux préparatoires, il va être consulté là-dessus
dans un processus accéléré. Moi, j'ai de la difficulté.
L'article termine en disant : Durant
cette période, il a produit 19 avis qui contiennent tous une
recommandation favorable à la demande d'investissement, alors que 12 d'entre eux
soulèvent des risques susceptibles d'avoir un impact important sur le projet.
Puis on parle évidemment des impacts environnementaux. J'ai plus insisté
là-dessus. Mon collègue a parlé plus des impacts économiques, mais, dans les
deux cas, je pense qu'on fait la preuve actuellement que, même avec les lois
qu'on a actuellement dans le processus qu'on a actuellement, on n'arrive pas à
s'assurer que les projets ne présentent pas de risques et environnementaux et
économiques. Donc, je vous invite, M. le ministre, à voter en faveur de mon amendement.
• (15 h 10) •
Le Président (M. Laframboise) : Votre
temps est terminé. Donc, d'autres questions, commentaires sur cet amendement?
M. le député de Marguerite-Bourgeoys? Non, ça va. Donc, vous demandez le vote
par appel nominal. Donc, le vote sur l'amendement qui est déposé à
l'article 12, par appel nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
La Secrétaire : M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Donc, on poursuit avec l'étude de
l'article 12. Il vous reste 8 min 35 s, M. le député de
Taschereau, et cinq minutes pour M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Donc, la
parole est à vous.
M. Girard (Groulx) : On va
suspendre.
Le Président (M. Laframboise) :
Vous allez suspendre? Parfait. La suspension est demandée.
(Suspension de la séance à 15 h 11)
(Reprise à 15 h 24)
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, nous allons reprendre nos travaux, puis là je vais corriger le temps, là,
pour être bien... Il reste huit minutes 35 à l'opposition officielle et cinq
minutes à la deuxième opposition, et la parole est à vous. Je crois que vous
nous... avez un amendement que...
M. Beauchemin : Oui. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, oui, effectivement, on a déposé, là, un amendement dans...
dans le Greffier. Donc, je vais le lire, si vous voulez bien. Merci, Mathieu.
«Le ministre peut permettre aux conditions
qu'il fixe, et malgré toute disposition contraire, les travaux préparatoires
qu'il détermine et qui peuvent être réalisés avant l'octroi de l'autorisation
après consultation du promoteur...
Le Président (M. Laframboise) :
...commencez par lire votre amendement.
M. Beauchemin : J'ai-tu oublié
de dire quelque chose?
Le Président (M. Laframboise) :
Vous avez... Vous avez commencé par l'explication. Donc, allez-y avec votre
amendement seulement, puis après ça vous lirez, là, commencez...
Des voix : ...
M. Beauchemin : ...excusez,
excusez. Merci. D'accord : Modifier l'article 12 du projet de loi par
l'insertion après «concerné» de la phrase suivante : «Le ministre doit
prendre les dispositions nécessaires lui permettant le suivi des garanties
financières essentielles à l'avancement du projet.»
Donc, comme je disais, ici, c'est
vraiment... Je peux lui lire, là : «Le ministre peut permettre aux
conditions... malgré... les travaux préparatoires qu'il détermine et qui
peuvent être réalisés avant l'octroi de l'autorisation après consultation du
promoteur, ainsi que des ministres, des organismes publics et des autres
parties concernées, le ministre doit prendre les dispositions nécessaires lui
permettant le suivi des garanties financières essentielles à l'avancement du
projet. Lorsque le ministre permet de tels travaux, il peut désigner l'autorité
responsable de veiller à la surveillance si la loi n'y pourvoit pas déjà.»
Ça fait que le contexte ici, bien
évidemment, c'est de s'assurer, là, qu'on a quelqu'un qui... Parce qu'on l'a
vu, on peut penser juste à l'exemple, là, de Northvolt, où le tapis a été
soutiré, là, en dessous des pieds du promoteur pour les raisons qui lui sont
propres, là. Puis ça, bien, ça, c'est un autre argumentaire, là, mais
minimalement avoir eu des garanties financières essentielles, ça aurait
évidemment été plus propice à permettre, justement, qu'on ne perd pas d'argent.
Ça fait que moi, je regarde évidemment le
côté, là, financier de la chose. Quand on regarde le côté financier de la
chose, on se dit : Bien là, on veut que quelqu'un de crédible soit en
charge ou responsable ici, là, de faire avancer les travaux préparatoires. On
veut que quelqu'un soit capable de pouvoir minimalement avoir les fonds
nécessaires si jamais il allait y avoir à renverser la vapeur, ou peu importe,
là, OK. Donc, ce qu'on veut, c'est s'assurer que la personne avec qui le
gouvernement du Québec travaille ait les reins assez solides pour pouvoir faire
compléter le projet, mais aussi s'assurer que, si on veut minimalement juste renverser
les travaux préparatoires, ait ce qu'il faut pour le faire. Donc, je pense que
c'est comme dans la bonne gouvernance, là, d'ajouter cet amendement-là. M. le
ministre.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
tout ça. M. le Président, c'est traité à 14.1, b, et 52. Alors, je suggère
qu'on adopte 12 et 13 pour se rendre à 14 puis on pourra adresser directement
ce point.
Le Président (M. Laframboise) :
...de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : C'est
intéressant, mais 14 prévoit seulement pour l'autorisation, pas pour les
travaux préparatoires.
M. Girard (Groulx) : ...
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : J'ai
répondu, M. le Président, que ce sujet est traité à 14 et 52.
Le Président (M. Laframboise) :
...
M. Beauchemin : Bon, bien, si
ce n'est pas le cas, je veux juste prendre deux secondes, si vous me permettez,
de lire 14.1, b, je peux-tu prendre une petite pause, deux secondes?
M. Girard (Groulx) : ...
Le Président (M. Laframboise) :
À moins que M. le député de Taschereau ait quelque chose à dire. Vous allez
attendre...
Le Président (M. Laframboise) : ...Suspension?
Suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 29)
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 36)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
on réouvre. On est toujours à l'amendement qui a été déposé par le député de
Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Bon. Alors, M.
le Président, on a eu une conversation durant la pause. On a été capables d'avoir
un éclaircissement pour justement couvrir ce qu'on cherchait d'avoir ici, c'est-à-dire
la capacité d'assurer que le gouvernement va avoir les garanties financières
essentielles. On a compris que c'est écrit ailleurs dans le projet de loi de
façon plus éclairée de la part de maître Desbiens. Merci. Ça fait qu'on est
corrects à laisser tomber l'article... l'amendement qu'on proposait, là, à l'article
ici. On a un autre article... un autre amendement à proposer.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
est-ce qu'il y a consentement pour que l'amendement soit retiré? Consentement.
Donc... Et, bon, par la suite, la parole est à vous, M. le député, toujours sur
votre huit minutes quelques. Vous avez un autre amendement à nous déposer. M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : On a un autre
amendement à déposer. Est-ce qu'il a été déposé? OK.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
on va suspendre. Suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
(Reprise à 15 h 43)
Une voix : …
Le Président (M. Laframboise) :
Non? On resuspend. C'est bon.
(Suspension de la séance à 15 h 43)
(Reprise à 15 h 46)
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, lors de la suspension, nous en étions au dépôt d'un amendement que nous
proposait le député de Marguerite-Bourgeoys. Allez-y, M. le député.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, l'amendement, c'est modifier l'article 12... modifier
l'article 12 du projet de loi par l'insertion après «autorité» du mot
«publique».
L'article modifié se lirait comme
suit : «Le ministre peut permettre, aux conditions qu'il fixe et malgré
toutes dispositions contraires, les travaux préparatoires qu'il détermine et
qui peuvent être réalisés avant l'octroi de l'autorisation, après consultation
du promoteur, ainsi que des ministres, des organismes publics et des autres
parties concernées. Lorsque le ministre permet de tels travaux, il peut
désigner l'autorité publique responsable de veiller à leur surveillance si la
loi n'y pourvoit pas déjà.»
Donc, bien, ici, on veut s'assurer que
c'est bel et bien des gens qui sont sous l'autorisation du gouvernement, donc
du gouvernement du Québec. On veut que ce soit quelque chose qui a un lien avec
le gouvernement du Québec, parce qu'ici, bien, c'est l'autorisation qu'on veut
que les Québécois puisse être indirectement donnée par le gouvernement à
l'autorité que le gouvernement doit contrôler.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas d'objection, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va? Commentaires, M. le député de Taschereau?
M. Grandmont : Oui. Bien, je
pense que c'est effectivement une proposition qui est intéressante. On a...
Bon, il y a eu plusieurs choses qui se sont passées depuis la commission
Charbonneau, qui avait quand même souligné, là, un manque criant d'expertise à
l'interne. J'en ai parlé un peu d'ailleurs aussi en parlant tantôt, là, le du
ministère des Ressources naturelles, où finalement on dit, là, que, tu sais, le
ministère n'a pas la capacité pour être capable de faire... de surveiller le
respect des conditions des 403 autorisations pour les travaux
d'exploration à impacts. On avait la même chose, là, au niveau du ministère des
Transports dans l'octroi des contrats. On a vu aussi avec...
M. Grandmont : ...des projets
en informatique, la transformation numérique avec SAAQclic notamment, le manque
d'expertise à l'interne qui amène finalement différents ministères à s'en
remettre beaucoup au privé pour différentes étapes dans la préparation de
projets. Donc, même dans la préparation, dans l'évaluation des projets, dans
l'évaluation des appels d'offres et dans la surveillance aussi de la... de la
bonne réalisation de ces projets-là. Donc, on a tellement extrait la moelle, en
fait, de la... de l'expertise au niveau des différents ministères que c'en est
devenu un danger, et on a de la misère à se sortir de cette culture-là.
Alors, à toutes les fois qu'on pourra,
comme le suggère le collègue de Marguerite-Bourgeoys, s'assurer que des travaux
pourront être effectués, notamment dans le cas, là, de projets de surveillance,
en fait, de travaux préparatoires qui pourront être faits en utilisant
l'expertise déjà existante au ministère... Puis encore, il y a peut-être une
petite nuance, là, puis peut-être que je questionnerais, dans le fond, le
ministère... pas le ministère, le ministre... pas le ministre, voyons, le
député de Marguerite-Bourgeoys, excusez-moi. Il va être content, peut-être.
Le Président (M. Laframboise) :
...
M. Grandmont : Bien, je vous
pose une question quand même, parce que le ministre est d'accord, mais je vous
pose quand même une question, juste pour être sûr qu'on s'entende bien sur le
sens que vous voulez donner, si on a une autorité publique qui est responsable
de veiller à la surveillance, est-ce que... est-ce que ça implique
nécessairement un ministère ou un organisme public, mais qui utilise des
ressources... des fonctionnaires, en fait, de l'État? Ou si, dans votre esprit,
un organisme ou un ministère pourrait sous-traiter la fonction de surveillance,
tu sais?
M. Beauchemin : Bien, ça,
c'est intéressant parce que...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, allez-y.
• (15 h 50) •
M. Beauchemin : Oui, OK.
Bien, c'est intéressant parce qu'on a comme un peu eu cette conversation-là
tantôt, mais prenons l'exemple du BAPE, par exemple. Moi, je ne vois pas
comment quelqu'un peut, au BAPE, sous-contracter ça. Je pense que ça reste à
l'intérieur du... Donc, oui, c'est du personnel étatique, quelque part, là,
dans tout ça.
M. Grandmont : Parfait. Donc,
je comprends que l'intention, à l'intérieur de cet amendement-là. J'espère que
le ministre, en acceptant cette proposition-là du collègue de
Marguerite-Bourgeoys, a la même intention aussi de s'assurer que cet ajout
intéressant à l'article 12 va nous permettre de garantir qu'on a des
fonctionnaires qui travaillent. Puis ce n'est pas que dans le privé, ils
travaillent mal, là, c'est juste que les intérêts d'une entreprise privée
versus les intérêts de fonctionnaires qui travaillent pour l'État québécois ne
sont pas nécessairement les mêmes. Puis là on parle de surveillance, de
surveillance de travaux, de travaux... préparatoires? Oui, c'est ça. Donc, oui,
je trouve ça intéressant. Donc, on va voter en faveur.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
D'autres...
M. Grandmont : ...on n'est
pas d'accord sur le projet de loi, sur le principe, on a voté contre. Je veux
juste le dire aussi pour le rappeler au ministre. Mais comme on sait que le
ratio... disons le poids qu'on a dans la décision finale de l'adoption ou pas
du projet de loi, évidemment, on va... on va s'efforcer, puis c'est ce qu'on
tente de faire depuis le début aussi, là. Puis je veux juste rassurer le
ministre sur nos... le travail qu'on fait, là, en déposant des amendements, on
essaie d'améliorer, d'amoindrir, des fois, le projet de loi, d'essayer de le
rendre plus acceptable à nos yeux, évidemment, même si, sur le fond,
évidemment, ce projet de loi là, on pense qu'au Québec on aurait pu s'en
passer, mais, comme je disais, on n'a pas... on ne pèse pas très lourd, en
fait, dans la décision de l'adopter ou non.
Donc, on va essayer de... je pense, un peu
à l'orientation aussi que le collègue de Marguerite-Bourgeoys a aussi, là,
quoique lui, il s'est montré plutôt favorable à avoir... veut avoir le meilleur
projet de loi possible. Donc, on se rejoint, là, sur soit l'améliorer soit
l'amoindrir.
Le Président (M. Laframboise) : D'autres
questions, commentaires? Ça va? Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, on poursuit sur l'étude de l'article 12 tel qu'amendé. Maintenant,
donc, il vous reste 7 min 30 s, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys. Je vais commencer avec vous puis, après ça, il reste cinq
minutes au député de Taschereau. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Bien, vous
êtes bien gentil, M. le Président. Après notre conversation du premier
amendement qu'on avait amené, on avait pensé en déposer un autre, qu'on ne
déposera pas parce qu'on a trouvé réponse dans la compréhension de
l'article 52. Donc, on va faire économiser du temps sur ça, mais je pense
qu'on va passer la parole à notre collègue ici.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
Donc, j'aurais un amendement...
M. Grandmont : ...amendement à
proposer, à déposer, on peut suspendre le temps qu'on vous l'achemine.
Le Président (M. Laframboise) :
Suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 53)
(Reprise à 16 h 01)
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, avant la suspension, nous étions toujours sur l'article 12, tel
qu'amendé, et on était... la parole était au député de Taschereau qui nous a
proposé un amendement que vous pouvez... maintenant, on va... on va le
présenter à l'écran. Donc, vous pouvez le lire, M. le député.
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Sur l'amendement, c'est 20 minutes, là, par intervenant, là, c'est... M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. L'article 12 du projet de loi est modifié par
l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant : «Dans les cas applicables, et
suivant l'avis de l'autorité responsable désigné en vertu du premier alinéa du
présent article, le ministre détermine les délais prescrits pour la remise en état
complet des lieux. Ces délais deviennent exécutoires advenant le refus de
l'autorisation gouvernementale, la caducité de la désignation ou l'abandon du
projet par le promoteur.»
Donc, l'article 12 se lirait
ainsi : «Le ministre peut permettre aux conditions qu'il fixe, et malgré
toutes dispositions contraires, les travaux préparatoires qu'il détermine et
qui peuvent être réalisés avant l'octroi de l'autorisation, après consultation
du promoteur ainsi que des ministres, des organismes publics et des autres
parties concernées. Lorsque le ministre permet de tels travaux, il peut
désigner l'autorité responsable de veiller à leur surveillance...»
L'autorité publique, on a oublié le mot,
je suis désolé, ça a été ajouté tantôt, là.
«...qui peut désigner l'autorité publique
responsable de veiller à leur surveillance si la loi n'y pourvoit pas déjà.
«Dans les cas applicables, et suivant
l'avis de l'autorité responsable désigné en vertu du premier alinéa du présent
article, le ministre détermine les délais prescrits pour la remise en état
complète des lieux. Ces délais deviennent exécutoires advenant le refus de
l'autorisation gouvernementale, la caducité de la désignation ou l'abandon du
projet par le promoteur.»
Alors, quelques explications, M. le Président,
si vous permettez. C'est un projet de loi où le ministre des Finances se
retrouve avec quand même passablement de pouvoir, et j'avais envie de lui faire
un cadeau, lui offrir un pouvoir supplémentaire, celui de fixer un délai pour
la réalisation de travaux... de travaux compensatoires, de travaux de
restauration. Évidemment...
16 h (version non révisée)
M. Grandmont : ...il y a
des... dans le libellé, en fait, de ce qui est proposé, il y a différents cas
de figure, dans lesquels, ça, ça s'appliquerait, donc, le refus d'autorisation
gouvernementale, ce qui pourrait arriver, la caducité de la désignation ou
encore l'abandon du projet par le promoteur. On sait que ça peut arriver, évidemment
aussi, là, Northvolt, pour ne pas le citer, il fait partie d'un exemple où,
finalement, c'est le promoteur lui-même qui... qui, pour différentes raisons, n'a
pas pu poursuivre la réalisation de ce projet-là.
Au niveau des arguments, en fait, qui sont...
qui me font proposer cet amendement-là, d'abord, ce qu'on veut, c'est fixer des
délais prescrits et exécutoires pour la remise en état complet des lieux en cas
d'échec d'un projet. Bon, évidemment, donc, là, je pense que le ministre va
être d'accord sur le fait qu'un projet, ça se peut qu'il ne se réalise pas. On
a des exemples en tête, tous et toutes ici, évidemment.
Maintenant, le premier argument, en fait,
c'est de... celui de combler un vide juridique. Actuellement, plusieurs
intervenants, dont l'Ordre des urbanistes du Québec, ont souligné que le projet
de loi actuel est silencieux sur les obligations de remise en état advenant que
le projet ne soit finalement pas réalisé. Évidemment, on a l'article 15
plus loin, là, qui traite des travaux, en fait, mais il n'y a aucune balise
temporelle ni de caractère automatique qui est identifié. Donc, je vous lis le
ce qui était à l'article 15, là, donc, on va au deuxième alinéa, «lorsque
les travaux préparatoires ont été réalisés avant l'octroi d'une autorisation,
le gouvernement peut, en outre des conditions fixées par le ministre ou en
remplacement de celles-ci, exercer les pouvoirs prévus au premier alinéa à l'égard
de travaux et exiger une remise en état des lieux où des travaux ont été
effectués et ne sont plus requis pour la réalisation du projet».
Donc, la notion temporelle n'apparaît pas
à l'article 15 qu'on va voir un petit peu plus tard. Donc, ça permettrait
finalement de venir remplir ce vide qui existe actuellement dans le projet de
loi. Alors, évidemment, on verra peut-être que Me Desbiens aura peut-être des
réponses à ça, peut-être qu'il y a d'autres aspects qu'on n'a pas vus. Mais en
tout cas, a priori, là, nous, on voit que pour l'instant ce n'est pas couvert
ailleurs dans le projet de loi.
Le deuxième argument s'appuie
principalement sur la prévention des dommages écologiques irréversibles. Je
pense que toute personne ici, là, ne veut pas que des dommages écologiques
irréversibles se produisent. On a aussi, encore une fois, plusieurs exemples en
tête de projets pour lesquels des dommages écologiques irréversibles sont
arrivés, des projets où, finalement, le gouvernement du Québec s'est retrouvé
avec des projets, des sites non restaurés sur des bras... parce qu'on n'avait
pas... on n'avait pas bien fixé les balises à l'avant, à la fois sur des
garanties financières, mais ça, on en a parlé un petit peu plus tôt, puis je
pense qu'on est... on est assez... on est assez bien protégés à ce niveau-là,
selon ce qu'on a eu comme explications, mais, au niveau du temporel, il n'y a
rien.
Donc, dans les groupes qui ont déposé des
mémoires, notamment, il y a l'Association des biologistes du Québec et Eau
secours! qui rappellent que les travaux préparatoires, déboisement, remblayage
des milieux humides, ont souvent des impacts irréversibles. Or, en l'absence de
délai exécutoire, un site pourrait rester dégradé indéfiniment, ce qui pourrait...
entraîner une perte durable de fonctions écologiques, notamment la gestion des
inondations, parce que les milieux humides, évidemment, ça joue un effet de tampon,
c'est une grosse éponge. Ça agit comme, comme comme un filtre, évidemment. Ça
accueille des quantités d'eau. Ça peut même... C'est quand même assez
surprenant, là, ça peut prendre du volume quand il y a des volumes d'eau assez
importants qui arrivent dans un milieu humide. Donc, ça permet effectivement d'être...
Puis on sait combien les inondations, dans le contexte notamment des
changements climatiques, sont un enjeu important dans plusieurs municipalités,
pas qu'en milieu urbain, un peu partout au Québec. Donc, ces milieux
humides doivent doivent... doivent être assurés. Parce que vous vous imaginez,
si on a un promoteur qui ne, pour toutes sortes de raisons, ne réalise pas son
projet, mais a fait des travaux préparatoires, remblais. Un site, un milieu
humide, par exemple, on peut très bien imaginer que, si le promoteur, par
exemple pour des raisons financières, ne ne se retrouve pas avec... Bon,
normalement, les garanties financières devraient permettre de le réaliser, mais
si on n'a pas fixé un délai, on met à risque potentiellement la réalisation...
la restauration de ce site là, et donc... Puis on comprend aussi que ce
promoteur-là n'aura pas eu le temps de mettre en place des mesures
compensatoires, c'est-à-dire créer, par exemple, un milieu humide ailleurs, d'ampleur
similaire. Donc, on peut se retrouver avec des situations où, finalement, on
aurait des... des installations humaines, des villes ou des villages qui
pourraient être à risque de subir des inondations plus importantes. Évidemment
aussi, il y a toute la question de la biodiversité qui représente un milieu
humide. Il faut s'assurer d'agir dans des délais raisonnables et fixés par le
ministre à l'avance pour s'assurer de...
M. Grandmont : ...de la
protection de la biodiversité. Donc, cette proposition-là, dans le fond,
assurerait que la restauration devienne une priorité légale dès qu'un projet
avorte pour quelque raison que ce soit.
Un autre argument, troisième, c'est que ça
permettrait de protéger les municipalités puis les communautés locales. L'Union
des municipalités du Québec puis la ville de Laval, dans leur mémoire, disaient
s'inquiéter de voir leur territoire «balafré» — c'est le mot qu'ils
ont utilisé, là — par des travaux pour des projets qui ne voient
jamais le jour. Donc, d'abord, sous l'angle, peut-être, de la sécurité
foncière. Pour le territoire agricole, la ville de Laval demande spécifiquement
que la loi précise les délais au terme desquels les lots exclus doivent être
réintégrés dans la zone protégée. Donc, je pense que c'est tout à fait
légitime. On sait combien notre territoire agricole est précieux. Il est... il
représente à peine 2 % du territoire du Québec. Il est sous pression
aussi, déjà, notamment par l'étalement urbain, la construction
d'infrastructures routières qui alimentent l'étalement urbain, des propositions
comme celles qu'on a vues récemment, là, avec des maisons réalisant, je ne sais
pas de quelle façon, là, mais en accéléré, là, c'est une proposition du
ministre actuel des Affaires municipales, il veut faire des... des maisons en
mode accéléré, là. Je pense qu'il y a... il y a là-dedans, encore une fois,
beaucoup de matière à avoir des... des craintes pour le territoire agricole,
parce que ça va encourager à l'étalement urbain.
• (16 h 10) •
Donc, sur la sécurité foncière. La ville
de Laval demande, là, que la loi précise le délai au terme duquel les lots
exclus doivent être réintégrés à la zone protégée. Donc, ma proposition va dans
ce sens-là. On vient... le ministre vient fixer lui-même un délai à l'intérieur
duquel des travaux doivent être effectués si le promoteur ne peut pas réaliser
son projet. Puis, toujours sur protéger les municipalités, les communautés
locales, il y a la... il y a l'angle aussi, là, d'éviter l'impression de faits
accomplis. On en a beaucoup parlé, là, de cette... j'ai parlé... j'ai parlé de
ça un peu sous l'angle... j'ai parlé de... du «syndrome de la pépine», là, des
délais exécutoires. Ça réduit la pression sur les autorités locales qui,
autrement, pourraient se sentir obligés d'accepter un mauvais projet simplement
parce que le terrain est déjà altéré. Donc, en sachant qu'il y a des
conditions, il y a des... il y a un délai qui est fixé par le ministre lui-même
dans le processus d'autorisation de travaux préparatoires. Bien, ça enverrait
aussi le message qu'on a l'assurance au niveau des municipalités que, ce
projet-là, elles peuvent se permettre de le refuser. Elles peuvent se permettre
de dire non, parce qu'on sait qu'il y aura un projet, des travaux préparatoires
qui seront mis, remis en l'état, à l'intérieur d'un délai fixé par le ministre.
Donc, voilà, je pense que ça permettrait... On a parlé beaucoup d'acceptabilité
sociale dans les articles précédents. Ça permettrait aussi aux municipalités
de... de jouer leur rôle, de bien représenter leurs... leurs citoyens, leurs
citoyennes, puis d'envoyer des messages un petit peu moins de types fait
accompli. Donc, ça favoriserait, peut-être, l'acceptabilité sociale aussi, ou,
en tout cas, une discussion sociale plus... plus paisible et plus claire, plus
honnête.
Un autre argument, c'est de pouvoir
s'appuyer sur l'expertise technique. L'amendement que je propose prévoit que le
ministre fixe les délais suivant l'avis de l'autorité responsable désigné.
Donc, ça répond aux recommandations de l'Association des biologistes du Québec
et du BAPE aussi, qui souhaitent que les décisions...
Des voix : ...
M. Grandmont : Ça va?
M. Girard (Groulx) : ...
M. Grandmont : Parfait.
Merci. Donc, mon amendement prévoit que le ministre fixe des délais suivant
l'avis de l'autorité responsable désigné. Donc, ça, ça répond aux
recommandations de l'Association des biologistes du Québec et du BAPE, qui sont
venus nous voir, qui souhaitent que les décisions sur le terrain soient guidées
par une rigueur scientifique et des experts, notamment, là, des biologistes,
des inspecteurs plutôt que par des considérations purement administratives ou
financières.
Un cinquième argument en faveur de mon
amendement, c'est d'assurer la cohérence avec le secteur minier. Le projet de
loi prévoit déjà, à l'article 46, pour le secteur minier, que
l'autorisation doit préciser les délais dans lesquels le plan de réaménagement
et de restauration doivent être approuvés. Donc, mon amendement, moi, étend
cette logique de diligence et de responsabilité à l'ensemble des projets
prioritaires, en assurant une uniformité de traitement puis une protection
accrue pour tout le territoire québécois. Donc, à l'article 46...
M. Grandmont : ...on dit, là,
«malgré l'article 101 de la Loi sur les mines, une autorisation qui
remplace un bail minier peut être octroyée sans qu'un plan de réaménagement et
de restauration ait été approuvé et qu'une garantie financière ait été fournie.
Le... le ministre des Ressources naturelles et de la Faune doit cependant avoir
approuvé une version préliminaire d'un plan et avoir obtenu la garantie
financière provisoire qu'il a exigée du promoteur. Une autorisation prévoit les
délais dans lesquels le plan de réaménagement et de restauration doit être
approuvé, conformément aux articles 232.1. 232.3 et 232.5 de la Loi sur
les mines et la garantie financière fournie, conformément à
l'article 232.4 de cette loi».
Donc, c'est une proposition qui permet
finalement d'aller chercher une uniformité dans le traitement des informations,
dans la délivrance des permis pour les travaux préparatoires peu importe le
type d'activité qui sera réalisé à l'intérieur des projets visés par le
PL 5.
Un autre argument, puis on va reparler de
Northvolt, c'est celui de tirer des leçons d'expériences passées. Plusieurs...
plusieurs des mémoires qu'on a reçus, on cite le cas de Northvolt comme exemple
de risques associés à des travaux entamés. Puis bon, dans ce cas-là, on avait,
là, destruction de milieux humides, notamment. Il y a eu une certaine pollution
aussi sur le site, jusqu'à la rivière également, avant que la viabilité finale
du projet ne soit assurée. Alors, ma proposition, elle, je pense, en fait,
garantit que dans telles... dans de telles situations, l'État dispose d'un
levier... légal clair pour forcer le promoteur à réparer les dommages dans un
laps de temps qui est défini, protégeant ainsi l'intérêt collectif.
Dans le cas de Northvolt, par exemple, on
n'a pas... on n'a pas de délai, on n'a pas... on n'a pas d'assurance que, finalement,
ce site-là... D'ailleurs, c'est... Je pense que c'est l'ancien propriétaire du
site qui demande... qui se dit ouvert à racheter le site, mais demande que le
site soit restauré. C'est quand même assez... C'est... C'est un bel exemple qui
montre que finalement on... donner le pouvoir au ministre de fixer un délai...
Puis je ne mets même pas de temps précis, là. Ce que je propose, en fait, c'est
qu'au cas par cas le ministre puisse déterminer, suivant l'ampleur, peut-être,
des travaux qui seraient effectués, notamment... puisse fixer lui-même le délai
prescrit selon lesquels ce... les travaux de restauration doivent être
effectués. Alors, voilà, c'était la présentation générale de mon... de ma
proposition d'amendement. Je ne sais pas si le ministre veut y réagir, ou Me
Desbiens, ou le sous-ministre adjoint.
Le Président (M. Laframboise) :
...
M. Girard (Groulx) : Peut-être
que Mme Desbiens pourrait commenter sur la pertinence de l'amendement.
Le Président (M. Laframboise) :
...
Mme Desbiens (Geneviève) :
Merci, M. le Président. D'abord, l'amendement est réglé en partie, comme on le
disait tantôt, par le deuxième alinéa de 15, qui va basculer dans l'autorité...
M. Girard (Groulx) : De 14 ou
de 15?
Mme Desbiens (Geneviève) : De
15, oui, 15, c'est les renseignements puis les garanties.
M. Girard (Groulx) : Tantôt,
on parlait de 14.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Oui, c'est ça. Tantôt, on parlait de 14. Donc, ici, à 12, on autorise, on
centralise l'autorisation avec conditions, après avoir consulté tout le monde.
Puis tout ça est rattrapé dans le deuxième alinéa de 15 avec l'octroi de
l'autorisation. À l'article 46 que vous avez cité, on... l'article 46
existe parce que... en vertu de la loi, on doit avoir le plan de réhabilitation
pour octroyer l'autorisation. Là, on fait une encoche parce qu'à 14 on demande
les renseignements, on dit que tous les renseignements prévus par les lois vont
être... vont devoir être donnés au ministre pour que le gouvernement puisse
octroyer l'autorisation. Là, il nous en manque un, ça fait que, là, on rattrape
avec 46 pour dire : On va adopter quelque chose de provisoire, puis on...
mais c'est rattrapé dans l'autorisation un peu plus tard. C'est juste pour
permettre de débuter les travaux puis d'accélérer le tout.
Donc, ce que vous écrivez est rattrapé
ailleurs dans le projet de loi. Et ce n'est pas au ministre à faire ça. Le
ministre, il ne détermine pas des délais, c'est dans l'autorisation du
gouvernement qu'il va y avoir un rattrapage pour... si, mettons, le projet
avorte, pour avoir des remises en état.
Puis je terminerai avec le fait que
l'article 6 ne prévoit rien si la personne, disons, elle fait faillite,
c'est qui, qui remet en état. Donc, il manque quelque chose dans votre amendement.
Puis ça, souvent, les lois vont le prévoir. Par exemple, ça va être un ministre
qui va devoir remettre.
Mme Desbiens (Geneviève) : ...dans
l'état des lieux si, mettons, la personne ne peut pas le faire. C'est pour ça
qu'on garde l'application des normes de réalisation des projets dans les lois
qui s'appliquent déjà, puis qu'on fait que rassembler les autorisations du côté
du ministre, pour les travaux préparatoires, et du gouvernement pour le reste.
Mais les lois continuent de s'appliquer, et les lois gèrent généralement ces
choses-là.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Taschereau, il vous reste six minutes.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup pour les explications. Bien, écoutez, vous m'avez parlé de 15, vous
m'avez parlé de 46, ça, c'est des articles que j'avais moi-même cités, j'avais
déjà évoqués. Oui, il y a effectivement, dans 15, des notions de restauration,
mais c'est toute la question du délai. Puis là vous me dites : Bien, on le
rattrape plus tard. Bien, ni dans 15 ni dans 46, on ne rattrape la notion de
délai à l'intérieur desquels des travaux de compensation, de restauration
seraient effectués. Là, vous me dites : Après ça, ce n'est pas la... ce
n'est pas la responsabilité du ministre de le faire, ce serait plutôt du
gouvernement de le faire. Mais pointez-moi où on a une obligation de délai puis
de responsabilisation du promoteur à faire des travaux de... de restauration
dans un délai imparti, là. Parce que pour l'instant, on a plusieurs cas de
sites qui ne sont pas restaurés, puis on n'a pas de délai, à ma connaissance,
on n'a pas de délais nulle part dans la loi. Mais je suis prêt à vous écouter
évidemment.
• (16 h 20) •
Le Président (M. Laframboise) : Me
Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : C'est
parce que les délais ne sont pas essentiels, dans le sens où, par exemple, si
le promoteur n'est pas en mesure de faire le rétablissement, puis que c'est le
ministre ou une autre organisation qui doit le faire, on va prendre les
garanties ou les compensations qui vont être... avoir été données au
gouvernement, puis on va demander à quelqu'un de le faire. Ça fait que les
délais, c'est... c'est... rendu là, ce n'est plus quelque chose qu'on est
capable de contrôler. Donc, c'est pour ça qu'on ne met pas ça.
Le Président (M. Laframboise) : M....
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui. Bien, je
trouve ça intéressant, parce que, dans le fond, bon, OK, on invoque l'exemple,
là, d'un fournisseur, là, qui est... qui est sur... en train de ne plus avoir
de capacité financière. On va donc saisir des garanties. On prend des garanties
pour les appliquer à la réalisation de remettre en état. Ça, il y a un délai de
temps, là, qui est... qui va être prescrit, là. Ça ne peut pas se faire tout le
temps extrêmement rapidement, là. Ça peut prendre du temps, là, pour... pour en
arriver à ça. Ma question, en fait... Parce que je trouve ça intéressant
comme... comme argument, mais j'essaie juste de comprendre. Si, supposons qu'on
a déjà passé à travers l'exercice, que les capacités financières sont bonnes,
tout est beau, à partir de ce moment-là, il n'y a plus la... la possibilité que
le gouvernement puisse activer la remise en état, parce qu'on ne passera pas
par des garanties, ça va juste être le fournisseur qui va les faire, donc à
partir de ce moment-là, c'est... qu'est-ce qui gouverne le temps pour exécuter
la remise en état? Y a-tu comme un délai? Il y a... Y a-tu des prescriptions? Y
a-tu une jurisprudence quelque part? Parce qu'on voit des... on en a des cas où
est-ce que ça fait des années que ça niaise, puis les compagnies existent
encore. Ça fait que c'est juste... Il n'y a pas... Il n'y a pas une
jurisprudence quelque part qu'on pourrait se servir pour dire un an maximum?
Mme Desbiens (Geneviève) : Il
y a... Il y a...
Le Président (M. Laframboise) : ...
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. À ma connaissance, là, puis honnêtement, je ne suis pas une
experte en... Moi, je suis experte dans le secteur financier, là. Je ne suis
pas experte dans... en environnement ni en rétablissement de terrain, là. Mais
il n'y a pas de délais parce que justement, c'est difficile à contrôler,
surtout au Québec, avec les hivers. Je veux dire, mettons, on a fait du
déboisement, là, on ne peut pas reboiser en plein hiver, là. Tu sais, il y a
des moments où c'est propice. Puis là, c'est sûr que si les assises financières
du promoteur sont bonnes, le projet, il va se réaliser. Donc, souvent, les
enjeux, c'est quand on a des... d'abandons de projets. Dans ce cas-là, il y
a... il y a une remise en état qui est faite, puis souvent, ce n'est pas le
promoteur qui va s'en occuper, là.
Le Président (M. Laframboise) : ...
M. Beauchemin : Bien, parce
que je vois dans le contexte où est-ce que, par exemple, bon, le promoteur n'a
pas les reins solides, il est en train de faire faillite, je peux comprendre
que cette procédure légale là puisse prendre du temps. Mais, dans le contexte
où est-ce que le promoteur a les reins solides, on demande une remise en état à
l'intérieur d'une période de deux ans.
Mme Desbiens (Geneviève) : ...prescrit
dans les conditions qu'on va...
M. Beauchemin : Par le
contrat?
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui,
c'est ça, par... puis par l'autorisation. Dans l'autorisation qui est avec...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...là,
on rattrape les travaux préparatoires, puis ça, ça va pouvoir être des
conditions qu'on va imposer aux promoteurs une fois que l'autorisation va être
octroyée. Puis, généralement, c'est comme ça que ça fonctionne, là. Par
exemple, en environnement, ils vont faire ça, les autorisations ministérielles.
M. Beauchemin : Puis là, ici,
ce n'est pas la place pour le spécifier, ce n'est pas... ça ne serait pas la place
pour le... pour le spécifier, qu'il doit y avoir justement un délai?
Mme Desbiens (Geneviève) : L'autorisation
n'est pas à 12, elle est à 15? 16? 14? 13? Je ne sais plus. 11? 13. Bon.
M. Beauchemin : On arrive, on
arrive.
Mme Desbiens (Geneviève) : On
y arrive. Elle est à 13.
Le Président (M. Laframboise) :
Questions, commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : ...que mon
collègue a...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...c'est
15, les conditions, là, c'est... c'est...
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Bien, j'étais intéressé aussi par 15.
Mme Desbiens (Geneviève) : Puis,
quand... quand on regarde 15, on rattrape tout ce qui est prévu par nos lois.
On ne crée pas de droit ici. On rattrape ce qui est dans les lois. Premier
alinéa de 15.
Une voix : ...
Mme Desbiens (Geneviève) : Premier
alinéa de 15 décrit ce que l'autorisation doit contenir. Puis là on a les
conditions, qui comprennent tout, modalités, exigences, restrictions et
interdictions prévues par les lois. Les lois continuent de s'appliquer. C'est
ça que...
M. Beauchemin : Mais, dans
les lois, il n'y a pas de prescription de temps?
Mme Desbiens (Geneviève) : Non,
mais on le met dans l'autorisation pareil, on le fixe.
M. Beauchemin : OK. Mais il
faut qu'un ministre décide qu'il va le mettre.
Mme Desbiens (Geneviève) : ...
M. Beauchemin : OK. Il faut
qu'un gouvernement décide qu'il va le mettre.
Mme Desbiens (Geneviève) : Mais
généralement on le met dans les lois... dans les autorisations, là, c'est...
c'est... Quand on délivre une autorisation, on le fixe.
M. Beauchemin : OK. Mais,
pratico-pratique, là, je m'excuse, je ne veux pas faire choquer personne, mais,
dans le cas de Northvolt, par exemple, là, on peut-tu me donner un exemple de
comment ça a fonctionné pour, justement, là, que le terrain, en ce moment, soit
remis en état? Y a-tu...
M. Girard (Groulx) : Là, on
est sur l'amendement à 12. On n'est pas dans le cas de Northvolt. Alors, je
pense que cette question-là n'est pas recevable.
M. Beauchemin : Bien, c'était
juste un exemple pour essayer de comprendre...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : C'était juste
un exemple pour essayer de comprendre comment ça fonctionne dans un cas
spécifique. Prenons l'exemple de Northvolt.
Mme Desbiens (Geneviève) : ...c'est
dans les autorisations, on prescrit des règles pour la remise en état dans
l'autorisation. C'est sûr que, si on n'a pas d'autorisation, c'est plus
difficile, mais, souvent, si l'autorisation n'est pas donnée, c'est parce qu'il
y a quelque chose de grave qui s'est produit.
M. Beauchemin : OK. Ça répond
à mes questions.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va? M. le député de Taschereau, il vous reste quatre minutes 45 secondes.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup. Je veux juste être... J'ai comme l'impression d'avoir entendu deux
choses, en fait, là. On dit : Dans le cadre... c'est peut-être moi, là,
mais, dans le... quand il y a des autorisations qui sont données par le
gouvernement, on fixe les conditions, mais il y a ou il n'y a pas de délai dans
les conditions qui viennent avec les autorisations? Pour moi, ce n'est pas
clair encore tout à fait, là.
Mme Desbiens (Geneviève) : Dans
les lois, on ne fixe pas de délai. Dans les lois, on va dire que le ministre
peut autoriser aux conditions qu'il détermine. Puis... Puis là je ne parle pas
du ministre des Finances, mettons, on parle du ministre de l'Environnement ou
le ministre des Ressources naturelles. Souvent, on va dire qu'il va pouvoir
émettre une autorisation avec les conditions qu'il va déterminer et on fixe
dans ces autorisations-là certaines conditions, notamment quant à certains
délais. Ce n'est pas prescrit dans la loi...
M. Grandmont : D'accord. Et
donc...
Mme Desbiens (Geneviève) : ...mais
on a déjà le pouvoir de le faire.
M. Grandmont : Et donc, le
temps, le délai de temps, le délai temporel pourrait être une condition à
l'autorisation?
Mme Desbiens (Geneviève) : C'est...
C'est généralement le cas tout le temps, tout le temps, tout le temps.
M. Grandmont : Est-ce que...
Est-ce que vous avez des exemples pour nous montrer? Parce que, là, vous
dites : C'est généralement le cas tout le temps, tout le temps, tout le
temps.
Mme Desbiens (Geneviève) : Bien,
dans...
M. Grandmont : ...puis ona
un cas, là, ici où... je reviens encore à Northvolt, là, parce que c'est un cas
récent dans notre... dans nos esprits, là, mais où il ne semble pas y avoir eu
de condition temporelle, de délai temporel pour régler... pour restaurer le
site après, à moins qu'il y en ait une mais qu'elle est juste très longue.
Mais, en tout cas, vu que le promoteur actuel... l'ancien propriétaire du site
qui veut le racheter demande à ce que ça soit décontaminé, s'il y avait déjà un
délai temporel, il pourrait dire : Bien, je vais le racheter dans deux ans
parce que je sais que le max, tu sais, le délai maximum sera en 2026, ou en
2027, ou en 2028, tu sais.
Donc, est-ce que vous avez des exemples,
en fait, qui nous montrent qu'effectivement les délais temporels sont
incorporés dans les conditions de délivrance, là...
M. Grandmont : ...qui
accompagne une autorisation?
Mme Desbiens (Geneviève) : ...dans
le secteur minier, on l'a dans le plan de restauration, entre autres. Ça, c'est
le meilleur exemple que je peux vous donner parce que lui, il est dans... il
est dans la loi, il est facile, là.
M. Grandmont : C'est ça,
exact.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Mais ça, c'est un exemple. On a des plans de restauration.
M. Grandmont : Et vous avez
raison, et c'est pour ça que j'en ai parlé tantôt. J'ai dit...
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui,
puis on en parle plus loin.
M. Grandmont : ...j'ai
dit : Les mines, effectivement, c'est déjà prévu. Et la proposition
d'amendement que je propose, en fait, vient s'assurer que, sur les autres
secteurs d'activité, les autres projets, qui ne seraient pas miniers, mais qui
seraient... possiblement, qui pourraient intéresser le ministre et donc être
assujettis à PL n° 5, en fait, ou le PL n° 5 pourrait le... bien, on viendrait couvrir un secteur
qui ne l'est pas, d'autres secteurs qui ne le sont pas, où il n'y a pas
obligation, en fait, de l'avoir. Donc, oui, oui, pour les mines, mais est-ce
que vous avez d'autres exemples?
Mme Desbiens (Geneviève) : Je
n'ai pas d'autres exemples, je suis désolée. Je ne suis pas une experte en...
Il faudrait que je demande à mes collègues.
M. Grandmont : Est-ce que
vous avez des... bien, peut-être des collègues, éventuellement, qui pourraient
nous renseigner là-dessus? Parce que ça... moi, pour moi, ça pose des questions
quand même importantes, là. Si, au niveau des mines, c'est couvert, c'est une
chose, mais si, pour d'autres secteurs d'activité... À moins que le ministre me
dise que, pour lui, seuls les projets miniers seront visés par PL n° 5, tu sais, mais je ne pense pas que c'est le cas, tu
sais. On parle d'Hydro-Québec, notamment. Bon, c'est ça. Ça fait que, est-ce
qu'on peut éventuellement, avoir des réponses?
Mme Desbiens (Geneviève) : ...ça
se fait aussi, là.
M. Grandmont : Oui, oui, ça
se fait, effectivement, mais...
Mme Desbiens (Geneviève) :
Bien, à part l'environnement, les mines...
Le Président (M. Laframboise) :
Je vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 12 mai 2026, à 9 h 45, où elle
entreprendra l'étude des crédits budgétaires de portefeuille Finances.
(Fin de la séance à 16 h 30)