Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Wednesday, May 13, 2026
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Vol. 49 N° 5
Étude des crédits budgétaires du Conseil du trésor, Administration gouvernementale et Efficacité de l'État, volet Conseil du trésor
Étude des crédits budgétaires du Conseil du trésor, Administration gouvernementale et Efficacité de l'État, volet Conseil du trésor - Autorité des marchés publics
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Intervenants par tranches d'heure
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Laframboise, Mario
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Beauchemin, Frédéric
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Duranceau, France-Élaine
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Duranceau, France-Élaine
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Beauchemin, Frédéric
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Laframboise, Mario
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Leduc, Alexandre
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Duranceau, France-Élaine
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Leduc, Alexandre
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Laframboise, Mario
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Beauchemin, Frédéric
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Duranceau, France-Élaine
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Laframboise, Mario
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Beauchemin, Frédéric
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Leduc, Alexandre
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Leduc, Alexandre
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Duranceau, France-Élaine
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Laframboise, Mario
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Chassin, Youri
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Beauchemin, Frédéric
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Beauchemin, Frédéric
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Laframboise, Mario
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Duranceau, France-Élaine
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Reid, Claude
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St-Louis, François
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Laframboise, Mario
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Beauchemin, Frédéric
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Leduc, Alexandre
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Leduc, Alexandre
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Laframboise, Mario
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Paradis, Pascal
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Beauchemin, Frédéric
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Duranceau, France-Élaine
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St-Louis, François
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St-Louis, François
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Laframboise, Mario
14 h 30 (version révisée)
(Quinze heures)
Le Président (M. Laframboise) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, la Commission des
finances publiques reprend ses travaux.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Conseil du trésor des crédits budgétaires du portefeuille Conseil
du trésor, Administration gouvernementale et Efficacité de l'État pour l'exercice
financier 2026‑2027. Une enveloppe de 2 h 30 est allouée pour l'étude
de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Hébert (Saint-François) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord); Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Reid
(Beauharnois); et Mme Zaga Mendez (Verdun) est remplacée par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Conseil du trésor
Discussion générale
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup, Mme la secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre
général par blocs, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit vers 17 h 30.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un bloc d'échange. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous pour 22 min 24 s.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à tout le monde d'être ici. Merci, Mme la
ministre. Je veux... je veux qu'on parle de ce qu'on a tous appris, là, hier, en
fait, le départ de Mme Marie-Claude Rioux, qui a claqué la porte, là, à
quelques mois de l'abolition de son poste à la commission, là, pour... qui a été
une des conséquences du projet de loi n° 7. Je veux
juste, peut-être, poser des questions générales, mettre la table un peu, puis,
après ça, on va y aller plus dans le détail.
Elle a quand même quitté en disant que :
«Aujourd'hui, mes valeurs, mon intégrité et ma rigueur me poussent à dénoncer
cette culture du secret, même si cela dérange.» Est-ce que vous pourriez, Mme
la ministre, nous décrire un peu, là, la relation que vous ou votre entourage,
là, au Conseil du trésor, avait avec Mme Rioux?
Mme Duranceau : Bien,
bonjour, M. député de Marguerite-Bourgeoys. Bien, écoutez, vous vous
souviendrez qu'on avait cette même conversation-là, ou on avait une
conversation, là, qui portait sur la Commission de la fonction publique dans le
cadre du projet de loi n° 7, donc, on a débattu, là,
si on veut, du démantèlement, là... c'est-à-dire du transfert au Tribunal
administratif du travail puis au Secrétariat du Conseil du trésor, là, de
différentes fonctions. Alors, je pense que ça, ça s'est fait en toute
transparence puis selon les règles de l'art, là : commission parlementaire,
après ça, étude détaillée, donc.
Et puis, après, pour ce qui est de la mise
en œuvre de ce qui a été adopté en lien avec le projet de loi n° 7,
bien, vous vous souviendrez, là, que les dispositions transitoires étaient
assez laborieuses à lire, là, en commission, mais, bref, c'était soit au 1er avril
soit au mois d'octobre ou... selon l'entité. Bref, les dates d'entrée en
vigueur étaient différentes, et, pour la Commission de la fonction publique,
bien, l'entrée en vigueur, je pense, était à la fin... si je ne me trompe pas,
à la fin octobre ou au début octobre 2026.
Donc là, tu sais, si on réfère à ça, comme
culture du secret, là, je pense qu'il fallait que le projet de loi soit adopté
pour qu'on sache quand est-ce que les mesures allaient entrer en vigueur. Donc,
c'est un peu ce que... ce que je pourrais expliquer, là, sur la notion de
secret, là. Moi, c'est la chose qui me vient en tête. Sinon, évidemment, c'était
une commission qui était... qui était indépendante, qui était nommée par l'Assemblée
nationale. Donc, il y avait... il y avait une distance, évidemment, là, avec
mon organisation puis avec moi, là. Je n'ai pas eu vraiment de lien avec Mme Rioux,
que je tiens, par ailleurs, à saluer, là, pour ses bons services, là, de l'État
dans le cadre de ses fonctions, là, à la Commission de la fonction publique.
M. Beauchemin : Spécifiquement,
moi, je me posais la question, à savoir, la relation... est-ce que vous aviez,
vous, une relation avec elle? Est-ce que c'était une employée qui était dans
votre entourage? Est-ce qu'il y a des gens dans votre équipe qui, eux, avaient
à jaser plus fréquemment? On veut <comme...
>
15 h (version révisée)
<19307
M.
Beauchemin :
...qui, eux, avaient à jaser plus fréquemment. Je
veux... on veut >comme juste se faire une tête, là, sur le côté
personnel de la relation. C'était dynamique, c'était courtois, c'était le fun,
c'était...
Mme Duranceau : Moi,
personnellement, je n'avais pas de relation avec elle. Je n'ai jamais rencontré...
je n'ai jamais rencontré Mme Rioux, là.
M. Beauchemin : OK. Est-ce que
ça vous a surpris, son départ assez fracassant d'hier?
Mme Duranceau : Bien, écoutez,
je peux dire que ça m'a surprise dans le sens où, en novembre 2025, dans le
cadre des travaux sur le projet de loi n° 7, on avait reçu une lettre de
sa part à l'effet qu'en substance la commission était en accord avec le
transfert de son tribunal administratif... de son greffe vers le Tribunal
administratif du travail, elle ne s'opposait pas non plus, par ailleurs, au
transfert de la vérification au niveau du Secrétariat du Conseil du trésor.
Puis, bien franchement, on a eu les discussions dans le cadre du projet de loi n° 7,
bon.
Maintenant, que quelqu'un dise :
Écoute, le contexte ne me convient plus, je décide que je change d'emploi, ça,
ça lui appartient, mais, tu sais, elle faisait partie de la fonction publique
et elle aurait été... tu sais, accueillie dans... je pense que c'est au Conseil
du trésor qu'elle... au Secrétariat du Conseil du trésor qu'elle était... qu'elle
atterrissait. Donc, évidemment, c'est sa décision, là, puis toutes ses raisons
lui appartiennent, là, je dirais.
M. Beauchemin : Bien, c'est
justement, dans le contexte de tout ce que vous venez de dire, où est-ce qu'il
y avait... il y avait une continuité qui s'offrait à elle, malgré tout, ça fait
qu'évidemment, de ma perspective à moi, je trouve ça un peu surprenant, là, le
genre de départ, là, qu'on a eu. Surtout que, tu sais, c'est quand même une
nomination relativement récente de votre gouvernement. Donc, on décide de
restructurer, un département et une personne spécifique, là, qui a été nommée
par vous... bien, votre prédécesseur, en fait, là, il n'y a pas si longtemps. C'est
pour ça que j'essaie de comprendre. Il y a-tu quelque chose qui ressort de tout
ça? Il y a-tu eu des plaintes? Il y a-tu quelque chose?
Mme Duranceau : Bien, écoutez,
pas à ma connaissance, là, puis on m'informe que non. Puis je... rectifier, j'ai
dit : Elle aurait été accueillie au Secrétariat du Conseil du trésor, c'est
plutôt au Tribunal administratif du travail. Donc, c'est une nuance. Là, après
ça, sa décision... cette décision-là lui appartient, là. Moi, honnêtement, je
suis même surprise, donc, elle fait partie de la fonction publique, il y a un
paquet d'opportunités intéressantes dans la fonction publique. On a des défis
énormes, en termes d'efficacité de l'État, en termes de transformation de l'État,
alors, si elle avait voulu contribuer à ça, bien, il y avait des belles
options, là.
M. Beauchemin : Mais pourquoi
qu'elle a dit : «Aujourd'hui, mes valeurs, mon intégrité et ma rigueur me
poussent à dénoncer cette culture du secret.»? C'est quand même fort, là, comme...
Mme Duranceau : Bien là, je ne
peux pas... je ne peux pas vous répondre à sa place là, il faudrait lui
demander.
M. Beauchemin : Il n'y a pas eu
d'enjeu, il n'y a pas de chicane, il n'y avait rien, tout était beau?
Mme Duranceau : Non. Non, moi,
comme je vous dis, ma réponse initiale c'était par rapport aux délais pour la
mise en application de ce qui a été voté, là, dans le cadre du projet de loi n° 7.
Tu sais, je peux comprendre, là, pour les équipes, tu sais, ça va-tu être
applicable au 1er avril, ça va-tu être juste au mois d'octobre que... tu sais,
l'incertitude, tu sais, c'est toujours inquiétant. Ça, je le comprends. Bon.
Après ça, on était tributaires de l'agenda
législatif puis quand est-ce que le projet de loi allait être adopté? Alors,
comme ça a été après le 1er avril, bien, ça reportait d'un six mois, je pense,
l'entrée en vigueur des mesures. Donc, ça, oui, ça a créé de l'incertitude. Est-ce
que c'est de ça qu'elle nous accuse, là, je ne le sais pas, tu sais, il
faudrait... il faudrait lui parler, mais ce qu'on me dit, c'est qu'on a une
bonne relation avec les anciens employés de la Commission de la fonction
publique, là, qui sont... qui sont accueillis partiellement au TAT puis au Secrétariat
du Conseil du trésor. Puis on se rappellera qu'on fait tout ça dans une
perspective d'efficacité de l'État, une petite efficacité à la fois pour que,
cumulativement, ça ait des... ça ait un impact. Donc, voilà.
M. Beauchemin : Pensez-vous...
bon, je veux dire, le fait que vous l'avez mentionné un petit peu, tantôt, là,
il y a eu toute l'histoire du projet de loi puis de, finalement, lui dire que
son département allait être... sa commission allait être divisée en deux
morceaux puis on allait en envoyer au TAT, puis tout ça, donc... À partir de ce
moment-là, lorsqu'elle, elle l'a appris plus publiquement, pensez-vous que ça,
ça a un petit... un élément qui explique sa réaction? Parce que, dans le fond,
c'est comme si, dans le fond, de son point de vue à elle, elle n'a pas été
impliquée dans le processus décisionnel. On lui a apporté ça comme un fait
accompli, venant du même gouvernement qui l'avait, il n'y a pas si longtemps, juste
nommée à ce point... à ce poste-là, là.
Mme Duranceau : Bien,
premièrement, elle est nommée par l'Assemblée nationale, là, non par le
gouvernement.
M. Beauchemin : Oui, <d'accord...
Mme Duranceau :
...nationale,
là, non par le gouvernement.
M. Beauchemin :
Oui, >d'accord, recommandé par...
Mme Duranceau : Ensuite de
ça, le projet de loi n° 7 a été déposé quand?
Une voix : ...
Mme Duranceau : Bon. En
novembre 2025. OK. Donc là, on se fait à l'idée. On en a discuté, après ça, on
a expliqué comment cette transition-là allait se faire. Ensuite...
M. Beauchemin : M. le
Président, juste deux petites secondes, c'est parce qu'il y avait quand même eu
des échanges au préalable à propos de ce que la Commission de la fonction
publique avait fait à l'intérieur... ne pouvait pas se sentir à l'aise, donc,
de pouvoir opérer, à écouter et enquêter sur le Conseil du trésor. Tout ça a
mené à une espèce de... comme une réaction où est-ce que des gens ne se
sentaient peut-être pas bien appréciés par le Conseil du trésor, qui était le
patron, finalement, à l'époque, là, de la Commission de la fonction publique.
Donc, il y avait... il y avait tout ça, là, en trame de fond qui amenait ça.
Et cette dame, qui a été, donc, comme je
disais tout à l'heure, nommée, oui, votée par l'Assemblée nationale mais nommée
par le gouvernement de la CAQ, a eu un peu le tapis qui lui a été retiré en
dessous des pieds. On se rappelle que c'est quand même, et c'était, jusqu'à ce
moment-là, là, le chien de garde qui vérifiait si, à l'intérieur de la machine,
il y avait des employés qui ne faisaient pas l'affaire, qui, par exemple,
fraudaient des employés qui étaient absents sans justification, des employés qui
avaient des comptes de dépenses exagérés, etc. C'était un petit peu, là, le
rôle, là, que la commission avait à l'époque. Elle est nommée, elle fait sa
job, puis là, bien, woups! on fait ça, ça fait que je pense que ça a peut-être
un petit peu expliqué, là.
• (15 h 10) •
C'est pour ça que je suis curieux, parce
qu'il semble que vous n'avez jamais... ou personne n'a eu des conversations
avec elle là-dessus, puis là, bien, elle parle de, justement, culture du
secret, son intégrité, sa rigueur. C'est comme si elle dit qu'elle ne s'est pas
faite... on lui a fait... on l'a tassée parce qu'elle n'était pas bonne, là.
C'est un petit peu ça qu'elle sous-entend, là.
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, encore là, je vais la laisser s'expliquer, là, sur cette... sur cette
lettre-là, qui ne donne quand même pas tout... probablement, tout le fond de sa
pensée, mais il n'était aucunement question de... il était... on ne remettait
pas du tout en question sa compétence. Et, au contraire, elle était accueillie
au sein du Tribunal administratif du travail comme membre de la fonction
publique puis elle aurait pu jouer un rôle là ou ailleurs, probablement, avec
des discussions, là, qui auraient pu avoir lieu avec les Emplois supérieurs,
j'imagine. Donc, honnêtement...
M. Beauchemin : ...de la part
de...
Mme Duranceau : Oui, oui,
j'ai lu.
M. Beauchemin : OK, donc il
semble quand même... elle dit que... elle se plaint du flou autour de l'entrée
en vigueur de la loi.
Mme Duranceau : C'est ça,
c'est ce que je mentionne. Tu sais, on en a discuté ensemble, de l'entrée en
vigueur de la loi. C'est sûr qu'il y a eu un flou parce qu'on ne savait pas, au
niveau de l'agenda législatif, quand est-ce qu'on allait pouvoir adopter le
projet de loi. Finalement, je pense que ça a été le 1er avril ou... en tout
cas, puis notre date butoir, c'était le 31 mars, pour que la mesure
s'applique au 1er avril. Donc, ça a eu pour effet de décaler. Est-ce que c'est
parce qu'elle n'a pas eu connaissance de cette règle transitoire là dans... tu
sais, immédiatement puis qu'il est resté un flou pendant quelques jours ou
semaines? Je ne le sais pas, mais, pour moi, c'était bien clair que cette
mesure-là, comme on a adopté une journée plus tard, bien, ça décalait, ça
décalait de six mois l'entrée en vigueur. Puis il y a un comité de transition,
là, pour assurer le changement.
Puis, tu sais, je pense, dans toutes les
discussions qu'on a eues sur le PL n° 7, oui, on veut
que les mesures entrent en vigueur puis que... tu sais, qu'il y ait de
l'efficacité qui découle de ça, mais on n'a pas précipité rien, là-dedans, non
plus, tu sais. On s'en souviendra, là, l'INESSS, l'INSPQ, on a même convenu
ensemble de se donner 12 mois pour avoir le temps suffisant de bien faire les
choses.
Là, dans le cas... en fait, dans le cas de
la Commission sur la fonction publique, bon, ce qu'on semble dénoter de la
lettre, c'est qu'il aurait été souhaitable que ça se fasse rapidement ou à une
date fixe, fixée d'avance. Là, finalement, ça a été décalé de six mois. Ça
permet à tout le monde de se faire une tête, de voir si, effectivement, ils
veulent ou pas intégrer l'entité qui leur est proposée, mais, tu sais, tout ça
se fait, je veux dire, dans les règles de l'art, là, ce n'est pas la première
fois qu'on intègre des entités. Puis c'est comme je vous dis, il y a du
changement.
La beauté là-dedans, c'est qu'elle avait
un poste qui lui était... Puis je... tu sais, là, on parle d'une personne en
particulier et là il faut... on peut voir aussi l'ensemble de <l'oeuvre...
Mme Duranceau : ...et là il
faut... on peut voir aussi l'ensemble de >l'oeuvre, là.
M. Beauchemin : Oui. Je vous
entends. C'est quand même, comme je disais tantôt, la personne qui a été nommée
par votre gouvernement, qui a été mise en place par l'Assemblée nationale après
un vote du deux tiers, qui... Évidemment, votre gouvernement contrôle
l'Assemblée nationale. Ça fait en sorte que cette dame-là est arrivée là
peut-être avec les meilleures intentions du monde, puis là elle a l'impression
que le tapis lui a été retiré en dessous des pieds. Bien, en fait, peut-être,
est-ce que vous pouviez nous éclairer un petit peu plus, c'est... le processus
qui a été mis en place pour lui annoncer que ça arrivait, comment ça s'est
fait, ça?
Mme Duranceau : Bien, tous les
regroupements, tous les regroupements qui étaient proposés dans le cadre du
projet de loi n° 7, ça a été annoncé aux dirigeants des organismes,
considérant le privilège parlementaire, là, écoute, la journée même ou la
journée qui a précédé, là, pour... Puis, de toute façon, les changements,
évidemment, n'étaient pas immédiats. Puis, comme vous savez, il y en a sur
lesquels on a choisi de reporter, de retourner à la table à dessin. Celui-là,
bien, au terme des discussions, on a décidé de le poursuivre. Alors, il n'y a
pas eu d'annonce préalable plus pour elle ou pour quelqu'un d'autre, là.
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que juste peut-être prendre en considération la chose suivante : cette
personne-là, qui a été nommée par votre gouvernement, apprend, juste avant le
dépôt du projet de loi, finalement, si je comprends bien, là, c'est... Puis, de
la façon que ça a été fait, j'assume que c'est un communiqué qui a été envoyé à
tous, là, il n'y a pas personne qui l'a appelée pour lui parler personnellement?
Mme Duranceau : La secrétaire
du Conseil du trésor...
Des voix : ...
Mme Duranceau : La secrétaire
du Conseil du trésor lui a donné un coup de fil, là. Puis, quand c'est... parce
que c'était une mesure qui relevait de Trésor. Quand c'est des mesures qui
relevaient de Santé, c'est le sous-ministre à la Santé qui donne un coup de
fil.
M. Beauchemin : D'accord.
Donc, elle apprend, la veille, là, du dépôt du projet de loi, par vous, au
téléphone, comme quoi que, bon, bien, voici ce qui va t'arriver, là, grosso
modo. C'est la même personne qui, quelques mois au préalable, avait été sur la
place publique pour essayer d'expliquer comme quoi qu'elle était dans une
situation difficile de pouvoir critiquer ou enquêter sur le Conseil du trésor,
à cause qu'elle se rapportait directement au Conseil du trésor, puis, dans ce
contexte-là, ça la mettait dans une situation un peu de... elle avait
l'impression d'être en conflit d'intérêts, de par la structure qui était là.
Puis là, bien, elle a donc voulu émettre un rapport sur le Conseil du trésor
puis que... ce n'était peut-être pas positif, puis là, bien... Je ne sais pas,
j'essaie juste de...
Mme Duranceau :
...premièrement, elle ne relève pas du Conseil du trésor. La Commission de la
fonction publique, là, c'est indépendant puis c'est... Là, on parle des
institutions, on ne parle pas d'une... là, vous me parlez d'une personne, mais
il faut voir l'ensemble de l'oeuvre. Puis ce dont... ce dont vous parlez là, la
secrétaire du Conseil du trésor n'a jamais eu vent de ça, là.
M. Beauchemin : Pourquoi c'est
la secrétaire du Conseil du trésor qui l'a appelée?
Mme Duranceau : Bien, parce
que le projet de loi est porté par Trésor. Puis, comme c'était une entité
indépendante, c'est le Trésor qui a... qui a porté cette mesure-là. Ça fait que
c'est pour cette raison-là. Puis on l'a appelée pour l'informer de notre
intention. Évidemment, il fallait que ce soit adopté, et tout, là.
M. Beauchemin : Mais la
Commission de la fonction publique, c'est une entité qui est à l'intérieur du
Conseil du trésor.
Mme Duranceau : Non, c'est
indépendant, ça relève de l'Assemblée nationale.
M. Beauchemin : Ça relève de
l'Assemblée nationale, je comprends, mais, au niveau du budget... au niveau du
budget...
Mme Duranceau : C'est dans
notre portefeuille administratif, effectivement.
M. Beauchemin : Oui. Bon. Bon,
bien, on va s'entendre, là.
Mme Duranceau : ...ça fait que
c'est pour ça qu'on s'en est occupé.
M. Beauchemin : On ne mord pas
la main qui nous nourrit, n'est-ce pas? Donc, c'est un peu ce qui est arrivé,
là, ici, là, elle avait cette impression-là, d'être dans cette situation-là, et
elle en a parlé, même, elle en a même parlé à quelques reprises. On a entendu,
il y a eu des articles de journaux à ce sujet-là, là. Donc, elle se sentait
peut-être, à ce moment-là, un peu exposée. Puis là, bien, elle apprend...
J'essaie de juste, tu sais, reconstruire le contexte qui l'a portée à arriver à
dire qu'il y a une culture du secret. Quelle culture pensez-vous qu'elle
sous-entend, là? C'est quoi, la culture du secret au Conseil du trésor?
Mme Duranceau : Bien, il n'y a
pas de culture du secret, là.
M. Beauchemin : Mais qu'est-ce
que... mais qu'est-ce qu'elle veut dire?
Mme Duranceau : Honnêtement,
il faudrait que... il faudrait que cette dame-là s'explique, là, puis ce n'est
pas moi qui peux parler pour elle. Puis, l'autre chose : on a eu des
commissions parlementaires puis on a fait une étude détaillée sur ces
changements-là, alors... Puis...
M. Beauchemin : ...avoir été
totalement transparente avec la Commission de la fonction publique, les
fonctionnaires, et tout?
Mme Duranceau : Je pense que
oui, là. Bien oui.
M. Beauchemin : Ils ont appris
au moment approprié dans le cadre des limites de...
Mme Duranceau : Bien, dans le
cadre du respect d'un <processus...
M. Beauchemin : ...dans le
cadre des limites de...
Mme Duranceau : Bien, dans
le cadre du respect d'un >processus parlementaire, il y a une intention
qui a été exprimée. Après ça... ça, c'était en novembre 2025, puis, après ça,
le projet de loi a été... les travaux se sont déroulés dans les mois qui ont
suivi. Alors, je pense que le plus important, là-dedans, c'est que les gens...
personne n'a perdu son emploi, là, hein?
M. Beauchemin : Est-ce qu'il y
a des emplois additionnels qui ont été créés? Est-ce qu'il y a des... il y a un
volume d'affaires...
Mme Duranceau : Non.
M. Beauchemin : ...similaire,
donc on ne justifie pas d'avoir embauché des gens de plus? Il n'y a donc pas
eu, au Tribunal administratif du travail, depuis, des embauches additionnelles?
Mme Duranceau : Bien là, ça va
rentrer en vigueur au mois de novembre prochain, première des choses, là, ou
fin octobre, alors là, pour le moment, il n'y a pas de changement qui résulte
de cet élément-là qui était inclus dans le PL n° 7.
Puis, tu sais, ce qu'on a dit, c'est que
c'est à terme, à un moment donné, qu'il y a une... tu sais, il y a une
attrition puis il y a une efficacité qui va se va gagner, puis on enlève une
structure, puis on répartit les tâches dans les bons organismes. Alors,
l'efficacité, elle va se gagner à terme, là.
M. Beauchemin : «À terme», on
a déjà eu cette question, on a déjà eu ce débat. «À terme», ça représente quoi?
Mme Duranceau : Sur le PL n° 7, j'avais plusieurs millions d'économies, là, on
n'était pas loin de... On peut vous trouver....
M. Beauchemin : Pour la Commission
de la fonction publique, là, à terme, ça représente combien, cette transformation
spécifique là dans laquelle Mme Rioux a été impliquée?
Mme Duranceau : On va vous trouver
les chiffres, là, mais, tu sais, tous les éléments d'efficacité qui se
trouvaient dans le PL n° 7, là, à terme, c'était
autour de 40 millions d'économies, une fois que tout ça va être mis en
place, là, au fil... au fil des prochaines années. Puis il y avait une
réduction d'ETC aussi qui découlait de ça, là. On va retrouver les chiffres.
• (15 h 20) •
Donc, tu sais, ce n'est pas... ce n'est
absolument pas un règlement de comptes ou quoi que ce soit, là, ça faisait
partie de l'ensemble de l'oeuvre, l'ensemble des mesures d'efficacité. Puis
vous... on a eu les discussions ensemble, puis, honnêtement, il faut, comme...
il faut être... il faut être conscients que le changement, ça entraîne des
réactions. Puis ce serait beaucoup plus facile de rester dans le statu quo, de
ne pas déranger personne, tout le monde continue de faire son petit travail de
la même façon, avec les mêmes outils, papier, hein, papier, pour ne pas prendre
de chance. Et là, bien, il ne se passera rien, puis il n'y aura personne qui va
être dérangé.
Alors là, nous, on a osé faire des
changements, il faut avancer, efficacité de l'État. Donc, oui, on a remis en
question certaines structures, on en a discuté. Avec vous, on a... on a choisi
de retourner à la table à dessin sur certains changements qui étaient proposés...
M. Beauchemin : Il me reste
une minute, je veux juste... si c'était possible, donc...
Mme Duranceau : Ah! je vous
les laisse.
M. Beauchemin : Merci. Il y a
des inquiétudes qui persistent autour de la capacité, là, du TAT de gérer des
dossiers, là, qui vient de la Commission de la fonction publique. Qu'avez-vous
à dire aux Québécois, là, qui s'inquiètent de la bonne gestion de l'État, à
force d'entendre parler de gaspillage aussi souvent?
Mme Duranceau : Répétez-moi
votre question.
M. Beauchemin : Des
inquiétudes persistent à la capacité... pour les Québécois, de la capacité du
TAT de gérer des dossiers qui viennent de la Commission de la fonction publique,
avec tout le gaspillage qu'on entend dans le quotidien depuis des semaines et
des semaines, et des mois, et des années. Qu'est-ce que vous avez à dire aux
Québécois qui s'inquiètent de la bonne gestion?
Mme Duranceau : Bien, moi,
l'efficacité de l'État, c'est ma priorité. Alors, le TAT, comme les autres
entités, doivent gérer leurs affaires de manière à être... à être efficaces.
Puis, dans le cas des tâches qui vont découler du transfert des dossiers de la
Commission de la fonction publique, bien, les effectifs suivent. Bien, s'ils
étaient capables de le gérer dans la Commission de la fonction publique, ils
vont être capables de les gérer dans le TAT, puis on va être dans un une seule
entité, qui est un tribunal, qui est une entité indépendante, puis j'ose
espérer qu'ils vont optimiser leurs ressources puis faire en sorte que ça va
créer une mutualisation puis qu'il va y avoir des économies qui vont résulter
de ça.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. Merci, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
Maintenant, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, pour
14 min 56 s.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à toutes les équipes qui vous
accompagnent. On va parler, dans ce premier bloc, Mme la ministre, de
télétravail. Quelle surprise, hein? Je pense que je ne vous étonne pas tant que
ça. J'aimerais évidemment, avant de plonger sur le fond, prendre un petit
instant pour parler de la forme, là. Vous avez une déclaration qu'on pourrait
qualifier de malheureuse, il y a quelques jours, où est-ce que vous avez dit,
là, qu'il fallait apprendre à se comporter comme il faut, en retournant en
présence au bureau. Je ne sais pas si vous vouliez revenir sur cette
déclaration-là, peut-être, pour offrir peut-être des <excuses...
M. Leduc :
...revenir
sur cette déclaration-là, peut-être, pour offrir peut-être des >excuses
aux gens qui nous écoutent, qui sont dans la fonction publique puis qui, je
pense, se comportent déjà bien comme il faut, télétravail ou pas.
Mme Duranceau : Oui, honnêtement,
moi, je les fréquente à chaque jour, les gens de la fonction publique, là, puis
ils travaillent effectivement de manière rigoureuse, puis, en tout cas, ceux
avec qui je suis engagée, là, veulent transformer l'État, veulent améliorer les
choses. Alors, je pense que, ces gens-là, ils ont compris ce que je voulais
dire. D'ailleurs, quand on lit l'article au complet puis qu'on ne s'arrête pas
seulement au titre, bien, on comprend très bien que je voulais... ce que je
voulais dire puis que c'est important de venir au bureau. Pourquoi? Parce qu'il
y a un esprit d'équipe, on sent... on sent la culture d'entreprise, on est
capables d'innover, on est capables de jaser à côté de la machine à café, puis
de jaser de nos dossiers, puis trouver des façons d'avancer plus vite, de faire
les choses autrement. Alors, je pense que c'est un sujet auquel... à l'égard
duquel tout a été pas mal dit, là.
M. Leduc : Bien, est-ce que
vous êtes en mesure, dans ce cas-là, de reconnaître que vous vous êtes
peut-être un peu mal exprimée?
Mme Duranceau : Je ne vais
pas m'excuser d'un titre qui ne reflète pas ce que j'ai dit.
M. Leduc : Vous n'avez pas
dit ça : «On apprend à se comporter comme il faut.»?
Mme Duranceau : J'aimerais
que vous lisiez la suite de ce que j'ai dit. Évidemment, se faire clipper,
c'est ça, hein? Alors, moi, je considère que le titre ne reflète pas ce que
j'ai dit. Le reste de l'article exprime clairement ce que j'ai dit, puis je
vous l'ai répété.
M. Leduc : Bon. Ça, c'est
clarifié. Allons-y sur le fond maintenant. La décision, donc, de forcer un
retour à trois jours semaine en présence, plutôt que le précédent deux jours semaine,
il est surprenant pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'on a mis la
main sur une série de documents internes, là, autant des enquêtes qui sont
faites par la fonction publique que des sondages d'appréciation, et il y a des
données assez fortes, là, qui nous démontrent que le télétravail ne vient pas
entacher du tout l'efficacité, le professionnalisme. J'ai quelques données,
ici, qu'on a trouvées dans un sondage qui a été fait par la firme Léger en
avril 2024. Je vous donne quelques chiffres : 62 % des employés
se disent plus efficaces en télétravail, 55 % des employés estiment réaliser
un travail de meilleure qualité en télétravail, et 58 % des cadres jugent
les niveaux d'efficacité équivalents, qu'un employé soit en télétravail ou en
présentiel. C'est quand même des chiffres assez forts.
J'aimerais ça, comprendre sur quoi repose,
d'un point de vue scientifique, votre décision de ramener l'ensemble de la
fonction publique à trois jours semaine.
Mme Duranceau : Je pense
qu'il faut remettre les choses en perspective, là, puis comprendre ce qui se
passe. Il y a 30 % des fonctionnaires, là, de la fonction publique qui
sont déjà au travail cinq jours par semaine, cinq jours en présentiel, là, OK,
et la politique, c'était : On veut que tout le monde... tout le monde
était là deux jours semaine. Là, on augmente à trois jours. Ça fait qu'il y a
70 % du monde qui sont visés par la mesure puis qui augmentent d'une
journée. Alors, on est dans le très, très, très raisonnable, OK, première des
choses.
Ensuite, bon, vous avez un sondage, là,
fait par le syndicat, je pense...
M. Leduc : ...de la fonction
publique, sondage Léger fait par la fonction publique en avril 2024.
Mme Duranceau : Bon, OK, mais,
tu sais, au risque de me répéter, là, au risque de me répéter, venir au bureau,
c'est... quand tu es un nouvel employé ou un jeune employé, c'est bénéficier du
mentorat de tes collègues, de tes supérieurs. Pour des gens qui peuvent être
seuls, ça permet de briser l'isolement, pour les gens qui peuvent avoir
certains défis, à un moment donné, dans leurs vies, ça leur permet de jaser
avec leurs collègues, de se sentir soutenus. Alors, ça, c'est de l'intangible,
ce n'est pas dans des statistiques. C'est du vrai monde qui parle à d'autre
vrai monde puis qui se sentent aidés puis appuyés.
M. Leduc : Si vous permettez,
Mme la ministre, on connaît votre opinion de ça. Ça, c'est bon, mais ce que je
vous demandais, c'était : Est-ce que vous avez des études...
Mme Duranceau : ...
M. Leduc : ...avez-vous des
études scientifiques?
Le Président (M. Laframboise) :
On ne s'interpelle pas les uns les autres, s'il vous plaît. Vous allez poser
votre question, madame va répondre. On va lui laisser le temps, monsieur...
M. Leduc : Merci. Ma question,
c'était : Est-ce que vous avez des assises scientifiques, des études que
vous pourriez nous partager, sur lesquelles repose votre décision, au-delà de
votre appréciation personnelle? Je n'ai pas entendu de réponse à ce niveau-là,
passons à un autre angle.
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Non, il a la parole, il peut vous poser deux, trois questions en même temps.
M. Leduc : Bien, voulez-vous
une deuxième... On peut faire un deuxième essai, deuxième essai. Je lui ai
demandé une première fois, je lui demande une deuxième fois : Avez-vous
des études scientifiques sur lesquelles repose votre décision?
Mme Duranceau : Bien, mes
études sont aussi scientifiques que les vôtres, là. Et, par ailleurs, on a un
extrait du même sondage qui dit que 22 % des cadres évoquent le manque de
mobilisation de leurs employés comme un enjeu auquel ils doivent faire face,
avec le télétravail, 44 % des employés mentionnent un inconvénient en lien
avec l'isolement social, 37 % des employés voient un enjeu en lien avec la
<perte...
Mme Duranceau : ...l'isolement
social, 37 % des employés voient un enjeu en lien avec la >perte
d'esprit d'équipe, 51 % des cadres ont identifié un impact sur la perte de
l'esprit d'équipe, 34 % des cadres ont constaté des difficultés de
communication.
Alors, moi, je n'ai rien inventé, j'en ai,
là, des données et je pense que, si vous avez vous-même travaillé déjà avec des
collègues dans un bureau, je ne sais pas comment vous fonctionnez, à Québec
solidaire, mais voir le monde puis partager des affaires, bien, ça te fait
avancer, ça te fait réfléchir, ça te fait imaginer d'autres choses puis ça te
fait trouver des solutions plus rapidement. Je pense que ce n'est que positif.
Et le fédéral est à cinq jours semaine, les autres provinces sont passées à
quatre ou cinq jours, les grandes entreprises privées ont aussi augmenté leur
nombre de jours au bureau. Il y a une valeur à ça. Il y a de l'intangible, mais
ce qu'on voit, c'est qu'il y a une détresse psychologique aussi.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : On ne nie pas ça,
puis, dans le fond, c'était déjà un enjeu, parce que c'était déjà une partie de
télétravail, vous avez juste bougé l'aiguille, mais je ne suis pas sûr que ça
va bouger tant que ça, ces chiffres-là, on verra. Moi, ce que je retiens, c'est
que, dans votre sondage interne, 58 % des cadres jugent le niveau
d'efficacité équivalent, qu'un employé soit en télétravail ou en présentiel.
C'est un chiffre qui parle.
• (15 h 30) •
Vous parlez du fédéral, parlons-en. Parce
que, là, vous faites une décision comme ça, assez abrupt, pas de consultation,
évidemment, des gens concernés. Puis, justement, le fédéral, bien, on n'a pas
appris de leurs erreurs parce qu'ils ont eu des problèmes de locaux en ramenant
de manière abrupte les travailleurs avec un nombre supérieur de journées en
présence, ils ont des problèmes de logistique. Est-ce que vous, vous êtes en
mesure de nous chiffrer le nombre de places au bureau suffisantes, qui va être
nécessaire pour remplir votre nouvelle exigence de trois jours semaines? Parce
que ce qu'on entend, c'est qu'il y a déjà des ratés, là.
Mme Duranceau : Oui, première
des choses, il y en a eu, de la consultation, OK, c'est... Le télétravail, ce
n'est pas conventionné, c'est un aspect sur lequel on consulte le syndicat et
ces consultations-là ont été faites. À preuve, ça devait entrer en vigueur le
26 janvier, à leur demande on a extensionné jusqu'au 28 février ou...
au 26 février. Donc, on a écouté, on s'est adapté.
Au niveau des locaux, il n'y a aucun
enjeu, depuis le mois de janvier, on n'a pas d'enjeu. Et, d'ailleurs, tout ce
qu'on a fait en matière de réduction des coûts relativement à notre immobilier,
les travaux avaient été réalisés dans une perspective d'un retour au bureau à
trois jours semaine. Alors, les bureaux peuvent accueillir les employés avec un
volume, là, de trois jours semaine. Et, voilà, donc...
M. Leduc : Donc, êtes-vous
capables de chiffrer le retour à trois jours par rapport à deux jours, ça va
coûter combien à l'État?
Mme Duranceau : On garde quand
même nos économies prévues dans notre stratégie de gestion de dépenses pour
s'assurer d'un retour à l'équilibre budgétaire pour 2029‑2030.
M. Leduc : Donc, il n'y a pas
de chiffre aujourd'hui pour ça, ou peut-être qu'on pourrait nous l'acheminer
plus tard, ce n'est pas grave.
Mme Duranceau : Bien là, je
peux vous sortir... millions récurrents, et ces économies-là vont être
réalisées.
M. Leduc : Parce qu'encore une
fois, dans un autre document interne du ministère, vous faisiez le calcul que
la formule précédente, donc à trois jours semaines en télétravail, permettait
des économies récurrentes de 120 millions de dollars.
Mme Duranceau : Bien là, ces
économies-là demeurent. Les travaux avaient été faits sur seulement, je pense,
40 % des baux puis des... et là on a augmenté sur 60 % des baux puis les
immeubles en propriété. Ça fait que ça permet de faire en sorte que les
économies qui étaient attendues... l'exercice a été fait sur un plus grand
échantillon, un plus grand inventaire de propriétés et de baux, puis on va
aller chercher l'économie souhaitée tout de même au terme de 2029‑2030.
M. Leduc : On nous a rapporté
beaucoup d'enjeux de confidentialité, parce qu'un retour dans une aire ouverte
avec des bureaux impersonnels, où est-ce qu'on parle littéralement, avec juste
une petite cloison, à côté d'une autre personne, de dossiers personnels, des
fois, des dossiers sensibles, il y aurait des enjeux, et qu'on n'est pas prêts,
avec des endroits fermés, hermétiques, pour traiter des enjeux personnels.
Est-ce qu'il y a un plan pour ça?
Mme Duranceau : Il y a... il y
a effectivement des revendications, là, à cet égard-là, mais je pense que, pour
avoir visité plusieurs bureaux, il y a des espaces qui sont prévus, justement,
pour des appels personnels ou des appels qui doivent être confidentiels puis il
y a des aires de travail ouvertes pour d'autres types de tâches. Ce n'est pas un
enjeu, là, je veux dire, il y a... il y a certains groupes qui font ces
revendications-là, mais ça s'applique à l'ensemble de la fonction publique, là.
M. Leduc : Vous aviez,
en 2022, émis la proposition ou la position, que vous avez réalisée, de
délocaliser des emplois. Donc, vous aviez mis 5 000... l'objectif d'avoir
5 000 personnes de la fonction publique dans des régions pour sortir
un peu de Montréal ou Québec, surtout Québec, je dirais, puis, en date de 2024,
dans les articles qu'on a consultés, vous aviez réussi à 90 % cet objectif-là,
de <5 000 personnes...
>
15 h 30 (version révisée)
<17935
M.
Leduc :
...qu'on a consulté, vous aviez réussi à 90 % cet
objectif-là de >5000 personnes.
Est-ce que, de ces 5000 personnes
là qu'on a délocalisées dans des régions comme le Saguenay, le Bas-du-Fleuve ou
ailleurs... est-ce qu'ils font partie des gens qui devront, à partir de ce
moment-là, revenir, hein, faire du trois jours/semaines en présence dans les
bureaux, on imagine, de Québec?
Mme Duranceau : Bien, ça s'applique
à l'ensemble de la fonction publique, là. Alors, oui, ces personnes-là qui
étaient régionalisées... Mais je pense que, dans certaines régions, il y a des
bureaux regroupés ou des espaces partagés où ces gens-là peuvent se rendre.
L'autre chose, tu sais, pour des cas
particuliers, parce que c'est souvent ce à quoi vous faites référence, là, des
cas particuliers, bien, il demeure que ces gens-là, ils ont un supérieur, ils
ont un gestionnaire à qui ils peuvent s'adresser. Puis on a voulu garder de la
souplesse dans tout ça. Je pense que, le gros bon sens, là, on l'oublie
souvent, là, mais ça existe encore, puis on peut s'en servir, puis on peut
adapter selon les circonstances.
M. Leduc : ...de dire :
Voici, nous avons 5000 emplois
que nous voulons régionaliser, qui, par définition, seront faits en télétravail
complet, forcément, parce qu'ils sont dans des endroits qu'il y a peu ou pas de
bureaux, et surtout pas leurs équipes à eux. Vous faisiez tantôt référence au
fait que c'est bien de rencontrer les gens de son équipe de travail. Si vous
avez une fonction dans une région éloignée, bien, il n'y en aura pas, d'équipe
de travail dans un rayon de quelques kilomètres. Là, vous dites : Non,
non, non, il faut revenir au bureau. C'est des gens à qui on aura promis un
emploi dans une région plus éloignée, décentralisée. Là, on leur dit :
Non, non, finalement, il faut reprendre votre travail dans un bureau. Alors, il
faut soit, quoi, déménager? Est-ce que ça... ça force des gens à déménager?
Mme Duranceau : ...bien non. Je
vous ai dit, là, on parle de gros bon sens, OK? Puis il y a des gens qui ont
choisi, avec leur gestionnaire, d'être régionalisés, puis ces gens-là peuvent
être encore en télétravail, là. Si c'était ça, le concept qui s'appliquait,
parce qu'il n'y a aucun bureau du gouvernement dans leur région qui est
applicable pour ce qu'ils ont à faire, bien, ils vont rester en télétravail. Mais,
tu sais, je pense que, là, des cas spécifiques, on peut en parler, mais moi, je
m'en remets au gros bon sens des gestionnaires de qui ces gens-là relèvent, puis
qu'ils regardent la situation ensemble puis qu'ils voient comment ça peut
fonctionner. Des gens qui sont compétents, des gens qui travaillent bien, des gens
qui livrent des résultats, c'est sûr qu'on veut les garder puis c'est sûr qu'il
y a moyen de s'entendre avec son gestionnaire pour que ça fonctionne. Ça fait
que moi, je ferais attention, là, de vouloir alarmer tout le monde, là.
M. Leduc : C'est un terme non
parlementaire, ça, M. le Président.
Mme Duranceau : Ah! C'est-tu
parlementaire ici, là?
Le Président (M. Laframboise) :
...
M. Leduc : Bien sûr que c'est
parlementaire ici, Mme la ministre. On ne peut pas imputer des motifs comme ça.
Passons.
Téléprésentiel, vous avez été informée de
cette nouvelle formule, hein? Vous nous donnez des avantages à revenir au
bureau, sauf que, là, c'est devenu légion, les exemples qui pullulent sur les
réseaux sociaux, mais évidemment dans les médias aussi, que, dans le fond, on
les force à revenir au bureau, mais pour être connectés toute la journée dans
des réunions sur Teams ou sur Zoom. J'imagine, c'est surtout sur Teams pour la
fonction publique.
Il y a une chose... il y a un aspect assez
absurde de dire : Oui, revenez tous au bureau, mais là vous allez être en
connexion avec des gens, puis les gens à la machine à café ne seront probablement
même pas dans votre équipe de travail. Vous partagez un bureau impersonnel.
Demain, ça va être une autre cabine, peut-être un autre étage. N'avez-vous pas la
crainte de répéter ce qu'on vient de voir, il y a un an ou deux, avec la
fonction publique fédérale, qui sont allés en grève sur ce fonctionnement-là du
télétravail qui avait été aussi imposé par le gouvernement fédéral? N'êtes-vous
pas en train de vous magasiner, de nous magasiner, pour nous, l'État québécois,
une grève de la fonction publique à la prochaine ronde de négos, qu'ils vont
certainement vouloir le conventionner vu que ça ne l'était pas? Puis là vous l'avez
utilisé, votre droit de gestion, c'est bien correct, mais vous... n'êtes-vous
pas en train de magasiner, de mettre tous les ingrédients pour une belle grosse
grève de la fonction publique sur la question du droit au télétravail lors de
la prochaine ronde?
Mme Duranceau : Est-ce que
vous, Québec solidaire, vous proposez 100 % en télétravail, 100 % du
temps en télétravail?
M. Leduc : ...un projet de
loi, il y a quelques mois de ça, qui proposait plutôt de commencer avec
40 %, Mme la ministre. Je peux même vous l'acheminer si ça vous ferait
plaisir de le lire.
Mme Duranceau : Bien, quand
on dit que... trois jours/semaine, là, trois sur cinq, ça fait quoi?
M. Leduc : ...minimum, qu'on
vous propose, à 40 %, parce que ça inclut tout le monde, on n'a pas fait
un projet de loi juste pour la fonction publique.
Mme Duranceau : Bon, bien, en
tout cas...
M. Leduc : Mais vous ne
répondez pas à ma question sur la grève, Mme la ministre.
Mme Duranceau : Bien, écoutez...
Le Président (M. Laframboise) : ...c'est
tout le temps que vous aviez, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, pour le
moment. On revient avec le député de Marguerite-Bourgeoys pour 22 min 33 s.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. On veut parler de la taille de l'État. On apprenait
récemment, là, que le nombre d'employés de l'État avait grossi encore cette
année, on est rendus à 503742 ETC.
Ça, j'inclus tout le monde, là, tout le monde, tout le monde, tout le monde sont
inclus là-dedans, là. La CAQ s'était donné comme objectif, en 2025, de réduire
la fonction publique de 2000
ETC, avec un objectif d'atteindre 5000
d'ici la fin, là, du mandat. Est-ce que vous avez une mise à< jour...
M. Beauchemin :
...avec
un objectif d'atteindre 5
000
d'ici la fin, là, du mandat. Est-ce que vous avez une mise à >jour à
nous faire là-dessus, Mme la ministre, à savoir où est-ce que vous en êtes
rendus dans votre plan?
Mme Duranceau : Oui, oui, oui.
Donc là, il faut faire attention. Deux choses. On a parlé de... Bon, depuis que
moi, je suis en poste, là, on a parlé de 5000
ETC sur deux ans, qu'on voulait réduire, 4000 fonction...
4000 fonction
publique, 1000 hors
fonction publique. Donc, sur ce 5 000 là, en date d'aujourd'hui, on est à
3000...
Une voix : ...
• (15 h 40) •
Mme Duranceau : ...3106 pour la fonction
publique puis 434 pour le hors fonction publique. Alors, sur notre objectif de
deux ans, on est en ligne. Ensuite, je suis contente que vous me parliez de
l'ensemble de l'oeuvre depuis 2018-2019. Parce que c'est important de faire des
nuances, là, c'est le fun, ici, en commission, on peut faire les nuances, ce
qui n'est pas toujours le cas dans le corridor, ou autrement. Donc, la fonction
publique a augmenté, depuis 2018-2019, de 8687
ETC, OK? Puis le hors fonction publique, donc les réseaux, éducation, santé,
ça, ça a augmenté de 100000.
Ça fait qu'il y a une nuance à faire entre les deux. Le bout administratif,
fonction publique, c'est juste 8687,
lequel va être réduit, et il est déjà réduit de 3106.
Oui. Oui?
M. Beauchemin : Vous dites
que le... la fonction publique, elle n'a augmenté que de seulement 8000?
Mme Duranceau : Elle a... là,
par rapport à hors fonction publique, là.
M. Beauchemin : Oui, oui,
c'est ça, mais...
Mme Duranceau : Là, je ne
veux pas que vous me clippiez sur que 800... 8106,
là, avec...
M. Beauchemin : Non, non,
mais par rapport à ceux qui donnent...
Mme Duranceau : ...sur un
TikTok quelconque.
M. Beauchemin : ...par
rapport... ce n'est pas mon genre, par rapport... par rapport à la fonction
publique, pas ceux qui livrent les services, je parle, là, les fonctionnaires
en tant que tels, là.
Mme Duranceau : ...fonction
publique, là, c'est... ce sont les ministères puis les organismes, là, qui sont
visés par la Loi sur la fonction publique. Je vais vous donner des exemples,
OK? Donc, le 8000,
le 8687,
12,7 %, c'est quoi? C'est, au ministère du Transport, des ajouts
relativement au fonds aérien. On veut que les régions puissent être desservies,
bien, il y a le fonds aérien. Les pilotes et agents de... et agents de bord, dont
les heures ont été augmentées de 35 heures à 40 heures/semaine, ça,
c'est cinq heures fois le nombre de personnes, ça augmente les ETC. Donc,
c'était plus de services. Au niveau de la Sécurité publique, ajout pour la
lutte contre la violence liée aux armes à feu puis aux gangs, donc on a ajouté
des policiers, des ajouts pour la cybercriminalité puis l'exploitation sexuelle
des enfants. Au niveau de l'immigration, il faut intégrer nos immigrants, il
fallait favoriser aussi l'immigration en région, bien, ça a pris du monde aussi
pour s'occuper de tout ça. Donc, ce ne sont que quelques exemples, mais c'est
lié à de l'augmentation de services aux citoyens. Ça, c'est l'étape qui a été
faite. Ça a augmenté.
Là, moi, j'ai dit quoi? On réduit de 4000 en deux ans. On en a
3106 déjà, de
réduits, là on coupe dans la bureaucratie, on enlève les postes qui ne rendent
pas des services aux citoyens, on enlève des postes de bureaucratie. On adopte
un projet de loi, avec votre appui, pour enlever de la reddition de comptes,
libérer du temps pour que les gens passent du temps sur des affaires qui sont à
valeur ajoutée pour les citoyens.
M. Beauchemin : ...question, parce
que, dans la catégorie de ceux qui sont... qui livrent des services à la... à
la population, il y a eu des cadres là-dedans qui ont été embauchés pour
pouvoir gérer le nombre d'employés, etc., etc. Il y a eu, donc, juste pour
donner des statistiques, là, OK, depuis 2018, 6 % de plus d'infirmières...
excusez, 6 % de plus d'enseignants...
Mme Duranceau : ...
M. Beauchemin : ...exact, et
7,6 % de plus d'infirmières, mais, dans la même catégorie hors fonction
publique, il y a quand même eu des cadres qui ont été embauchés. Puis il y a
quand même eu des employés de bureau qui ont été embauchés pour, j'imagine,
dans le hors fonction publique, là, s'assurer que ça se gère. Cependant, on a
engagé 14,8 %, disons 15 %, de cadres, depuis 2018, puis on a engagé
12 % de plus d'employés de bureau dans la non-fonction publique, ceux qui
livrent les services.
Moi, je viens d'une école où, normalement,
là, il y a des économies d'échelle, là. Puis on engage des enseignants,
6 %, on engage des infirmières, 7,6 %, normalement, on devrait
engager, en <pourcentage...
M. Beauchemin :
...6 %,
on engage des infirmières, 7,6 %, normalement, on devrait engager en >pourcentage,
moins d'employés de bureau puis moins de cadres. Ça, c'est des gens qui gèrent
du monde, ça fait que, si tu en engages en pourcentage plus que ce que tu as de
gens qui livrent les services, à un moment donné, on est en train de créer
quelque chose qui devient un mammouth, là, un peu, d'une certaine façon. Ça
fait que j'essaie juste de comprendre. Comment vous réconciliez ça, vous, Mme
la ministre... Mme la Présidente du Conseil du trésor, qu'on a engagé plus de
cadres...
Mme Duranceau : Bien là, pour
qui...
M. Beauchemin : Bien, de... hors
fonction publique, là, à l'intérieur de ce que vous appelez, là, les
enseignants, les médecins, les infirmières, et tout ça, là, quand... on a
engagé plus de cadres à l'intérieur de cette division-là que de gens qui
livrent des services, en pourcentage, là. En absolu, c'est des plus petits
chiffres, je vais vous le donner tout de suite, là, en absolu, là, le nombre
d'employés de bureau puis le nombre de cadres, en absolu, c'est moins élevé que
le nombre d'enseignants puis le nombre d'infirmières qu'on a engagés, mais, en
pourcentage de ce qu'ils représentaient avant, on en a engagé un pourcentage
plus élevé. C'est un peu bizarre, non?
Mme Duranceau : Là, on parle
du personnel enseignant ou du personnel infirmier?
M. Beauchemin : Les deux, OK,
il y a des personnes... dans... infirmiers puis...
Mme Duranceau : On est-tu à
la page B.73, là, de...
M. Beauchemin : Je ne suis
pas à la même page que vous, là. Moi, j'ai une équipe extraordinaire de deux
personnes qui ont tout tabulé les 3800 pages
des documents du ministre des Finances, là, pour en arriver à conclure qu'il y
avait effectivement une augmentation de 12 % d'employés de bureau versus
une augmentation de 6 % d'enseignants, par exemple, le double. Il n'y a
pas une économie d'échelle, normalement, qu'on aurait dû atteindre? Puis, comme
je disais tantôt, là, je vous le donne, là, en absolu, là. En absolu, c'est des
plus petits chiffres, mais, en relatif, les pourcentages le disent, là, c'est le
double.
Mme Duranceau : Bien là, moi,
je n'ai pas vos chiffres, là, ça fait que c'est sûr que c'est difficile puis,
pour ceux qui nous écoutent, ça doit être difficile aussi. Mais, quand on
regarde la page B.73, là, du budget de dépenses volume I, là, puis ça,
c'est ce qui est publié puis c'est... nous, c'est avec ça qu'on travaille, la
variation, depuis 2024-2025, personnel d'encadrement, on augmente de
203 personnes, personnel infirmier augmente de 1934. Ça fait que le ratio...
M. Beauchemin : Bien, c'est
ça, c'est exactement ça que je vous dis, là, en absolu, en chiffre total, oui,
les chiffres ont de l'air plus petits mais en proportion... c'est-à-dire en
relatif... Par rapport à ce que l'image était avant 2018, OK, il y a plus 200,
bien, c'est quand même un plus gros pourcentage. C'est peut-être mon...
Mme Duranceau : ...peut-être
qu'on ait exactement vos chiffres, parce que, là, je n'arrive pas à... Ce que
je peux dire, c'est que, tu sais, c'est sûr que si tu réembauches un paquet
d'infirmières, parce qu'ils étaient tous payés par des agences, puis que tu
réduis de plusieurs centaines de millions le budget, puis tu embauches du
monde, puis... là, ça prend certaines personnes pour les gérer, là.
M. Beauchemin : ...ce n'est
pas... ce n'est pas dans la livraison du service en tant que tel, mon enjeu. Aucunement,
en fait, non, mon enjeu est plus que, là, maintenant, spécifiquement pour gérer
ces infirmières puis ces enseignants-là, on a engagé, toutes proportions
gardées, plus de cadres.
Mme Duranceau : ...parlez du
personnel d'encadrement? Parce que, quand nous, on regarde ça, la ligne, là,
2023 à 2026, tu sais, sur ces années-là, on a engagé 200 personnes, alors
que le personnel infirmier a augmenté, le personnel enseignant a augmenté,
donc, puis... Donc, le bout encadrement puis personnel de bureau est resté
relativement stable, là, à plus 200 dans les deux cas, là. Ça fait que... Puis
là il faut faire attention, personnel de bureau, on a quand même des gens qui
s'occupent de... tu sais, de répondre à la population aussi là-dedans.
M. Beauchemin : Mais juste si
je pouvais avoir votre attention deux secondes.
Mme Duranceau : Oui, oui. OK,
j'écoute.
M. Beauchemin : Donc, 200 personnes,
personnel de bureau, qui sont là pour toute une cohorte d'enseignants, OK? En
absolu, là, on a augmenté de 6 % la cohorte d'enseignants, OK, ils sont un
plus gros nombre en absolu, parce qu'on se base sur... je ne sais pas c'est
quoi, le chiffre, là, on va se dire qu'on se base sur 10000, bien là on en a 6 % de plus, bien,
c'est 600, OK? Ça fait que 600, ça a l'air d'un gros chiffre, OK, mais 600, en
relatif par rapport à ce qu'ils étaient, ce n'est... c'est 6 %, d'accord?
Moi, ce que je dis, c'est que les
personnels de bureau, en pourcentage, là, ça, ça a augmenté de 12 %. Ça
fait que c'est... c'est là où je me pose la question. On n'a pas fait aucune
économie d'échelle. Normalement, on rentre l'intelligence artificielle
là-dedans, normalement, on a des processus de gestion, normalement, on a un
paquet de trucs qui fait en sorte que le même gestionnaire est capable d'en
prendre plus. Bien là, le même groupe d'enseignants a eu besoin d'avoir proportionnellement
plus de <gérants...
M. Beauchemin :
...plus.
Bien là, le même groupe d'enseignants a eu besoin d'avoir proportionnellement
plus de >gérants. C'est l'inverse, la logique. Ça fait que c'est ça que
j'essaie de comprendre.
Mme Duranceau : Bien, je suis
à la même place que vous, là. Puis est-ce que vous êtes en train de parler
d'ETC ou de personnes, dans votre cas?
M. Beauchemin : ...bonne
question, là, je ne sais pas.
Mme Duranceau : Bien, c'est
ça, c'est peut-être pour ça, parce qu'on n'arrive pas aux mêmes chiffres,
honnêtement. Puis je suis à la même place, là. Puis, nous, quand on regarde
notre personnel d'encadrement, la croissance...
M. Beauchemin : ...
• (15 h 50) •
Mme Duranceau : OK, ça fait qu'on
est sur les ETC. Personnel d'encadrement, on parle de 0,6 % de croissance.
Sur l'ensemble des effectifs, là, organismes publics, 0,6 % sur l'ensemble.
Après ça, les... le personnel infirmier, quant à lui, a augmenté de 2,5 %,
puis le personnel enseignant a augmenté de 0,6 %, puis personnel de
bureau, techniciens, et autres, de 0,1 %. Ça fait que, tu sais, des
12 %, là, j'en n'en ai pas, ça fait que je veux bien essayer de l'expliquer,
mais je ne sais pas où trouver ma comparaison.
M. Beauchemin : Bien, je vais
vous parler de d'autres chiffres pour essayer de clarifier la chose.
Mme Duranceau : Bien, ça nous
fera plaisir de... honnêtement, si je peux dissiper ce doute dans votre esprit
ou le confirmer, ça va me faire plaisir qu'on en parle, parce que j'ai la même
préoccupation que vous, là, moi.
M. Beauchemin : OK. Depuis
2018, le Québec a eu une augmentation de sa population, là, de 8 %. Depuis
2018, l'effectif du gouvernement en équivalent temps complet, en ETC, lui, a
fait un bond de 22 %. Alors, si on avait suivi, là, la croissance de la
population du Québec, pour avoir une croissance du... de l'effectif
gouvernemental similaire, il y aurait eu 74000 employés
de moins qui auraient été engagés.
Mme Duranceau : Bien là, on a
parlé de deux hausses, là. Ça fait que comment ça donne, 74 de moins?
M. Beauchemin : OK, des fois,
je sais, ça peut être compliqué suivre des chiffres, là, mais...
Mme Duranceau : Non, non, d'habitude
je suis.
M. Beauchemin : OK. Bon,
bien, alors, la population a augmenté de 8 % depuis 2018.
Mme Duranceau : Oui.
M. Beauchemin : L'effectif
gouvernemental a augmenté de 22 % depuis 2018 aussi.
Mme Duranceau : OK, qui est
mon total fonction publique puis hors fonction publique, «right»?
M. Beauchemin : Tout le monde
ensemble.
Mme Duranceau : C'est ça, OK.
Bien là, je l'ai expliqué tantôt, là.
M. Beauchemin : Oui, mais un
instant, là, c'est quand même...
Mme Duranceau : Oui, mais on
a augmenté les services.
M. Beauchemin : Oui, mais, si
vous aviez augmenté à la même rapidité que la croissance de la population, ça
veut dire de 8 %, il y aurait eu 74000 employés
de moins.
Mme Duranceau : Ah! OK, que...
OK, parfait, mais il y aurait eu moins d'infirmières, il n'y aurait pas eu d'aides
à la classe, il n'y aurait pas eu de tribunaux spécialisés pour les victimes d'actes
criminels. Tu sais, c'est ça que je dis...
M. Beauchemin : Vous me
suivez, on s'en va... on s'en va à la même place.
Mme Duranceau : ... il y a eu
une austérité libérale avant nous.
M. Beauchemin : Ah! Mon Dieu!
Il ne faudrait pas dire ça. Il aurait fallu quand même comprendre ici que j'aurais...
j'aurais accepté plus facilement la critique si, en tant qu'utilisateur des
services santé, OK, je vous dirais : Ça a été extrêmement efficace, là, moi,
là, j'ai plus de services maintenant que j'en avais en 2018, j'ai plus de
médecins, j'ai plus d'infirmières, j'ai plus de services, moi, j'ai l'impression
que mes files d'attente, là, ont diminué dans les hôpitaux. Puis, vous le savez
aussi bien que moi, c'est totalement l'inverse qui est visualisé par l'ensemble
des Québécois. On attend plus longtemps dans les hôpitaux...
Mme Duranceau : Non, non,
non, les chiffres se sont améliorés.
M. Beauchemin : Depuis 2018,
je m'excuse...
Mme Duranceau : Là, je vous
invite aux crédits de la Santé.
M. Beauchemin : ...depuis
2018, il y a une détérioration de l'offre de services de l'État québécois
envers les Québécois, puis tout le monde en parle. Puis, c'est vrai, le nombre
d'heures a augmenté, ce n'est plus 90 minutes, comme était la promesse de
la CAQ, là, on est rendus à du 18 heures, dans certaines régions du
Québec, d'attente, là.
Mme Duranceau : Je pense qu'on
voit des baisses en chirurgie, on voit des baisses d'attente, on va se référer
au tableau de bord de la Santé aux crédits de la Santé, là.
M. Beauchemin : On peut... on
peut le faire, si vous voulez, mais ce que je veux vous dire, OK, c'est que,
quand on regarde les statistiques dans son ensemble... Parce que je peux vous
trouver des cas extrêmes où est-ce qu'il n'y en a même plus, de services, ça fait
qu'on ne va... on ne va pas chacun faire du «cherry picking», là, pour gagner
notre argumentaire. Moi, je vais vous parler de l'ensemble de l'oeuvre.
Mme Duranceau : Bon.
M. Beauchemin : Bien, l'ensemble
de l'oeuvre, là, il y a une perte des services à la population. Les Québécois
et Québécoises ont un retard scolaire maintenant plus grand qu'ils l'avaient
avant. Les infrastructures sont en piètre état. Je veux dire, on regarde tout
ça...
Mme Duranceau : Je peux-tu
répondre sur ça?
M. Beauchemin : Bien, je
peux-tu finir?
Mme Duranceau : Oui.
M. Beauchemin : Il y a... il
y a l'ensemble de l'oeuvre, là, qui est à... qui est à considérer. Puis, quand
on la considère au complet, l'ensemble de l'oeuvre, bien, on en a encore
beaucoup moins pour notre argent.
Donc, moi, je vous pose la question, là.
Si vous aviez augmenté, à la vitesse de la croissance de la population, l'effectif
du gouvernement, on aurait embauché 74000 employés
de moins. Puis ça, ça aurait été de garder l'élan libéral des années avant,
puis là vous <auriez...
M. Beauchemin : ...employés
de moins. Puis ça, ça aurait été de garder l'élan libéral des années avant,
puis là vous> auriez économisé 8,4 milliards dans votre budget
annuel, 8,4 milliards.
Mme Duranceau : OK, mais j'aurais...
M. Beauchemin : Donc, le
déficit de cette année, là, il serait de 1,6 au lieu de 10.
Mme Duranceau : Oui, mais là
c'est des... ce sont des raccourcis, si vous me permettez, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Bien, on
parle, là.
Mme Duranceau : On jase, c'est
ça. Parce que, là, à un moment donné, on a beaucoup augmenté les services à la
population. Puis un exemple, dans mon comté, OK, donc, augmentation de la
clientèle de 6 % dans ma commission scolaire, augmentation de la masse
salariale de 65 %. Donc, ça veut dire quoi, ça? Ça veut dire qu'on a
ajouté des aides à la classe, ça veut dire qu'on a ajouté des classes spéciales.
C'est mon directeur de centre de services scolaire qui me dit ça. Puis là je ne
veux pas... L'écart, il est à peu près ça, là, je n'ai peut-être pas les
pourcentages exacts. Donc, il y en a, des services additionnels à la population.
Alors là, à un moment donné, tu sais, vous
me dites, les infrastructures sont dans une... un état lamentable, j'aimerais
rappeler que, depuis 1968, il y a eu 25 années de pouvoir libéral puis
25 années de pouvoir du Parti québécois. Je veux dire, les infrastructures
ne se sont pas désagrégées dans les derniers huit ans, là. Non, non, on a juste
récolté le manque de suivi, à cet égard-là, des dernières années.
M. Beauchemin : Mais...
Mme Duranceau : Puis ça a été
la même chose dans les services. On a bonifié les services à la population, là.
Oui, il faut réduire les ETC, mais il faut les réduire là où ce n'est pas
efficace. Puis on a eu un superbe exemple la semaine dernière avec le DSN,
dossier pour lequel vous avez déchiré votre chemise. Et ça, ça vise
l'efficacité, ça, ça va permettre de sauver du temps puis ça va permettre que
les travailleurs de la santé passent du temps sur ce qui a un réel impact à la
population plutôt que de déplacer des chemises bleues puis des chemises vertes.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci... merci, madame...
M. Beauchemin : ...je vais
vous lire... je vais vous lire un article du Devoir, OK.
Mme Duranceau : Bon.
M. Beauchemin : Le titre
seulement, je vais vous la... je vous le résumer, là, Le Québec est la pire
province en termes d'attente aux urgences depuis des années. Le temps
médian, puis ça, c'est il y a six mois déjà, le temps médian était de
5 h 23 min. Ça a plus que doublé depuis 2018. Ça fait que ça,
c'est... ça, c'est le temps...
Mme Duranceau : Bon, là, un
article du Devoir. On peut-tu se fier au BI du ministère de la Santé?
M. Beauchemin : Bien, c'est
parce que, vous savez, Mme la ministre...
Mme Duranceau : Moi, je ne me
fie pas à ce que je lis en titre.
Le Président (M. Laframboise) :
...madame, il va terminer, là, puis après ça vous aurez le temps de répondre.
Mme Duranceau : Mes excuses, M.
le député.
M. Beauchemin : J'essaie juste
de vraiment, là, mettre la table pour qu'on puisse comparer des pommes avec des
pommes, OK? Le temps d'attente a augmenté de façon significative depuis que
vous êtes au pouvoir, d'accord? Puis ce n'est pas juste moi que le dis, là...
Mme Duranceau : Selon qui, là,
exactement?
M. Beauchemin : Bien, Le Devoir,
qui a fait une étude avec un temps médian.
Mme Duranceau : Quel auteur?
M. Beauchemin : L'institut
économique de développement de Montréal, c'est comme... Ce n'est pas juste moi,
là, il y a plusieurs personnes qui en parlent. Donc, on est...
Mme Duranceau : Dans quel
hôpital?
M. Beauchemin : Bien là, je
peux-tu...
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y, continuez, là, mais...
M. Beauchemin : OK. On parle
du temps médian dans l'ensemble du Québec, OK?
Mme Duranceau : Pour quels
types de chirurgie?
M. Beauchemin : ...l'ensemble
du Québec, des salles d'attente. OK, l'ensemble du Québec, les salles
d'attente, ça a augmenté. Puis c'est une étude qui comparait ça depuis... Puis
on vous donne un break, là, on vous... on vous laisse tomber les deux premières
années, là, depuis 2020, OK, jusqu'à 2026, fin 2025. Donc, vous êtes dans une
situation ici où est-ce que vous nous dites que vous avez augmenté le nombre de
personnes, mais les services en santé se détériorent. Donc, face à cette
situation-là, force est de constater, clairement, il y a quelque chose qui ne
fonctionne pas.
Puis c'est quoi? Bien, il y a eu une
structure qui a été mise en place, là, Santé Québec, le mammouth qui a été mis
en place par-dessus, là, l'autre mammouth. Puis là on est rendu avec de la
structurite aiguë qui a coûté énormément d'argent aux Québécois et Québécoises.
On est rendu maintenant que, si on avait suivi juste la croissance
démographique, on aurait pu économiser 8 milliards... 8,4 milliards de
dollars annuellement, là, mais là on est dans une situation où est-ce que c'est
ça, la réalité.
Donc, on a augmenté le nombre de cadres,
on a augmenté le nombre de gestionnaires de façon supérieure au nombre de gens
qui livrent les services, Mme la ministre, c'est ça, l'enjeu. Au lieu d'avoir
augmenté le nombre de personnes qui livrent le service, on a augmenté le nombre
de patrons puis à... Bien, en fait, c'est exactement ça que l'étude dit. Et, en
augmentant le nombre de patrons, on se trouve à être dans une situation où
est-ce que les gens sont encore plus mélangés comment livrer les services.
L'efficacité de l'État, elle est moins efficace. Et voilà, on est rendu là.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Duranceau : Il me reste
combien de temps?
Le Président (M. Laframboise) :
C'est... votre réponse.
Mme Duranceau : Ah! c'est le
temps... OK, bien là, on a augmenté, là, dans la santé, on a <augmenté...
Le Président (M. Laframboise) :
...c'est... votre réponse.
Mme Duranceau : Ah! c'est
le temps... OK, bien là, on a augmenté, là, dans la santé, on a >augmenté
les ETC, préposés aux bénéficiaires, services de soutien à domicile, ouverture
de maisons des aînés. Mon Dieu que vous avez chicané contre ça. Il faut
toujours bien les ouvrir puis avoir du personnel dedans. Alors, c'est ça qu'on
a fait. Ensuite de ça, encadrement en CHSLD, ajout à la Santé publique, donc. Puis
Santé Québec, là, ils sont «on budget», OK? Petit écart cette année, c'est la
première fois qu'on est aussi performants en termes de suivi de budget du côté
de la santé.
• (16 heures) •
Donc, honnêtement, là, il faut croire en
cette structure, comme vous dites, qui a été mise en place. On a une équipe
hypercompétente, puis ça va livrer des résultats pour les Québécois. Je pense
que c'est ça qu'ils attendent. Puis on a enfin... Puis ce n'est pas moi qui le
dis, là, je pense que c'était... Vous vous référez à des articles de journaux,
moi aussi, je pense, c'est Francis Vailles, il y a une semaine ou deux, qui
disait que, justement, l'aiguille commençait à bouger, là, du côté de la santé,
puis on le voit concrètement. Alors, voilà. Puis, bien, pour la suite, on va
laisser le ministère de la Santé répondre à ses crédits, là.
M. Beauchemin : Comment de
temps qu'il me reste?
Le Président (M. Laframboise) :
Il vous reste 38 secondes.
M. Beauchemin :
38 secondes. Bien, juste peut-être en guise de conclusion, vous
comprendrez, Mme la ministre, que, pour les Québécois qui nous écoutent en ce
moment et qui nous regardent, là, eux, ils ont eu la CAQ en charge depuis les
huit dernières années, puis tout ce qu'ils ont vu, là, OK, c'est une
détérioration de l'État, une détérioration du service aux citoyens, une
augmentation des déficits, une augmentation de la dette. Puis là on a des
chiffres à l'appui pour vous expliquer comment que ça n'a pas bien fonctionné,
parce qu'on a engagé plus de cadres que de gens qui livrent des services, à un
coût qui a fait exploser l'emprunt et les déficits. Puis on nous fait accroire
comme quoi que, là, soudainement, ça va mieux.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci...
M. Beauchemin : La réalité, ce
n'est pas le cas.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Vous aurez d'autres
chances. Juste avant de poursuivre, là, je comprends que la ministre fournira
les données relativement à la Commission de la fonction publique suite à une
question du député de Marguerite-Bourgeoys. Vous aviez promis de...
Mme Duranceau : ...d'où vient
son info, puis je vais corroborer ou pas, là.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. Donc, vous vous engagez...
Mme Duranceau : ...qu'on
s'assure qu'on est sur les mêmes chiffres, là, qu'on travaille sur les mêmes
références, sans problème.
Le Président (M. Laframboise) :
Est-ce que vous êtes d'accord, monsieur...
M. Beauchemin : ...
Le Président (M. Laframboise) :
...donc, vous allez vous échanger, puis, par la suite, si on n'a pas le temps
durant la séance aujourd'hui, vous envoyez ça à la commission, puis là, à ce
moment-là, nous, on pourra le faire parvenir...
Mme Duranceau : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Avec plaisir. Donc, maintenant, nous passons au député de Jean-Talon pour
9 min 46 s.
M. Paradis : Bonjour, Mme la
ministre.
Mme Duranceau : Bonjour.
M. Paradis : Bonjour à tous
les membres de votre équipe. J'aimerais commencer en revenant sur l'échange que
vous avez eu avec le collègue de Marguerite-Bourgeoys relativement à la
démission fracassante de la présidente de la fonction publique. Donc, à la fin,
là, compte tenu de cet échange-là, est-ce que vous trouvez que c'est une bonne
nouvelle que la présidente de la Commission de la fonction publique démissionne
comme ça?
Mme Duranceau : Bien, je ne
trouve pas que c'est une bonne nouvelle. C'était une personne qui était
compétente, elle avait un poste qui lui... qui l'attendait, là, au Tribunal
administratif du travail, mais après ça moi, je... c'est son choix, là. Je ne
connais pas ses raisons personnelles, là.
M. Paradis : Bien, dans les...
dans les médias, elle l'a dit clairement. Elle a dit : Il y a un projet de
loi très important qui touchait la fonction... la Commission de la fonction
publique, et ça a été préparé dans le plus grand secret, on n'a pas été
consultés, alors que nous étions les premiers à pouvoir nous proposer là-dessus...
à pouvoir nous prononcer là-dessus. Est-ce que vous... est-ce que vous tirez
des leçons de ce qu'elle dit, la présidente de la... en tout cas,
l'ex-présidente de la fonction... de la Commission de la fonction publique?
Mme Duranceau : Bien, écoutez,
notre projet de loi n° 7, c'est... tous les organismes qui étaient touchés
ont été informés de notre intention, là, de faire des modifications la veille
ou... Mais il y a des choses qui étaient discutées, par ailleurs, depuis
longtemps, là. Pour plusieurs, ce n'était pas une surprise, là. Donc là,
maintenant...
M. Paradis : Mais...
Mme Duranceau : Je ne referai
pas l'étude détaillée de cet élément-là. On l'a fait au PL... au PL n° 7.
Là, maintenant, les décisions... sa décision de quitter la fonction publique,
qui offre quand même des belles opportunités d'emploi puis des défis superbes,
c'est la sienne.
M. Paradis : Est-ce qu'il y a
des leçons à en tirer, pour vous, une telle démission aussi fracassante?
Mme Duranceau : Bien là,
démission fracassante, là, je veux dire, c'est son choix, là.
M. Paradis : Non. Très bien.
Sur le télétravail aussi, vous avez eu un échange avec notre collègue... notre
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Donc, à la fin, est-ce que vous êtes prêts
ici à vous engager à avoir une rencontre calmement pour discuter calmement avec
les représentants des syndicats affectés sur la question du télétravail? Est-ce
que c'est quelque chose qui pourrait aider?
Mme Duranceau : Bien, on a...
Moi, j'ai eu une rencontre déjà, déjà, bien avant que ce soit mis en vigueur.
Et...
M. Paradis : Bien, manifestement,
il y a encore des questions. Est-ce que vous êtes prêts à les rencontrer?
Mme Duranceau : Et les équipes
du Secrétariat du Conseil du trésor, qui s'occupent de ces dossiers-là, ont eu
plusieurs rencontres aussi. Ils ont été consultés <là-dedans. Alors, je
l'ai dit...
>
16 h (version révisée)
<19257
Mme
Duranceau : ...dossier-là, ont eu plusieurs rencontres aussi, ils ont
été consultés >là-dedans. Alors, je l'ai dit à plusieurs reprises, là,
je pense que ce sujet-là a été... a été...
M. Paradis : Mais est-ce que
vous seriez prêts, aujourd'hui, à les rencontrer de nouveau, là, notamment
compte tenu des échanges que vous avez eus, là, sur la nature de votre
proposition, etc.? Vous ne trouvez pas que c'est une bonne idée?
Mme Duranceau : Bien, écoute,
s'il y a des... s'ils ont des propositions constructives et nouvelles que ni
moi, ni mon cabinet, ni l'équipe du Secrétariat du Conseil du trésor n'ont déjà
entendues, on va les écouter. Moi, des mesures constructives, je suis toujours
ouverte à ça.
M. Paradis : Bon, j'espère
que c'est une ouverture à ce qu'il y ait un dialogue. Parce que vous savez,
hein, que nous, sur le principe de se retrouver humainement dans des lieux de
travail, on s'est exprimés là-dessus, on pense qu'il y a du positif là-dedans,
mais de se parler pour le faire dans le meilleur contexte, on pense que c'est
une bonne idée. Bon...
Mme Duranceau : Bien, moi, je
vous assure que ces dialogues-là ont eu lieu, là, hein, à plus d'une reprise.
Alors, soyons clairs sur ça.
M. Paradis : Manifestement,
il y a encore du dialogue à avoir. Mais j'aimerais vous amener sur l'autre
question...
Mme Duranceau : Avec de nouvelles
idées, c'est parfait.
M. Paradis : Mais j'aimerais...
Le dialogue, c'est bon en continu. J'aimerais vous amener aussi sur un autre
sujet, là, que vous venez d'aborder avec le collègue de Marguerite-Bourgeoys. Parce
que c'est vrai que nous aussi, à travers tous les documents d'étude de crédits,
là, j'en ai plusieurs avec moi ici, on essaie de voir où est-ce qu'on en est
dans la taille de l'État, dans le... du nombre d'employés par rapport à 2018. Parce
que la promesse de la Coalition avenir Québec en 2018, et c'est une des plus
importantes, c'est un cheval de bataille... Il y en avait d'autres, c'étaient
les contrats informatiques, une autre, c'étaient les revendications
autonomistes à l'intérieur du régime fédéral, ce sera pour une autre fois. Mais
un des principaux chevaux de bataille, c'était la taille de l'État. Votre
promesse, c'était de réduire la taille de la fonction publique, donc des
ministères, de 5 000. Après ça, on parlera du parapublic.
Aujourd'hui, vous nous dites, vous nous
dites, si j'ai bien compris, que depuis 2018 il y a une croissance, dans les
ministères, de 8 687 ETC, équivalents de temps complet, pour ceux qui nous
regardent, grosso modo, là, un nombre d'employés. C'est bien ce que vous nous
avez dit tout à l'heure. Alors, promesse de moins 5 000 de la CAQ, croissance
de plus 8 687. Est-ce que la CAQ a rempli sa promesse?
Mme Duranceau : Oui, parce qu'on
l'a... c'est disponible dans la stratégie de gestion de dépenses, on a réduit
le 5 000. Le 5 000 qu'on avait promis au tout début, là, 2018, on l'a
atteint, on l'a réduit, celui-là. Ensuite de ça, on a... Puis ce n'est pas une
nouvelle, là, c'est dans la stratégie de gestion de dépenses, j'ai oublié de le
mentionner tantôt au député de Marguerite-Bourgeoys. Ça fait qu'il y a eu ce
premier 5 000 là. Par ailleurs, le précédent premier ministre, là, le... C'est
moi qui l'a annoncé, là, je pense : 4 000, fonctions publiques, 1 000
hors fonction publique. Donc là, on est en voie d'atteindre ce nouveau 5 000
là pour l'année 2026-2027. Ça fait que ça, ça fonctionne.
Là, ce qui est injuste de votre part, c'est
de ne jamais considérer l'augmentation des services, hein. Parce qu'on a
augmenté beaucoup les services à la population, puis je vais nommer des choses
qui vous touchent, là. Quand on ajoute un tribunal spécialisé, ça prend du
monde, hein, au tribunal pour entendre les causes puis faire les règlements. Donc,
il y a eu un ajout de 8 167 ETC : ajout de policiers, ajout de gens
au ministère du Transport pour le Fonds aérien, augmentation du nombre d'ETC, on
l'a dit, pour les pilotes. Au niveau de l'immigration, je sais que ce n'est pas
un sujet que vous aimez, là, mais, tu sais, il faut accueillir les gens puis s'en
occuper, on a ajouté du monde de ce côté-là.
M. Paradis : Mais, Mme la
ministre, si vous me permettez, parce que, là, vous êtes aussi dans le
parapublic, j'y arrive dans une minute, là, j'aimerais qu'on...
Mme Duranceau : ...là, c'est
fonction publique.
M. Paradis : Oui, mais c'est
parce que votre promesse, c'est moins 5 000, ce n'est pas, genre : Ah!
ça va dépendre des services, tout ça. Vous avez... vous vous êtes...
Mme Duranceau : ...moins 3 000.
M. Paradis : Vous vous êtes
présentés...
Mme Duranceau : ...
M. Paradis : Vous vous êtes
présentés devant la population québécoise et vous avez dit : Nous, si vous
nous élisez, la CAQ, on va réduire dans les ministères de 5 000. Et
aujourd'hui vous nous dites : plus 8 687 depuis 2018. Et, nous, les
chiffres qu'on a, quand on regarde les cahiers de crédits, les budgets, c'est
plus 12 000 qu'on a, donc on n'a pas les mêmes chiffres. Puis j'aimerais
ça que vous nous disiez exactement où sont vos chiffres. Mais, nous, ce qu'on
a, c'est plus 12 000, alors que la croissance de la population, comme vous
le... vous en discutez avec le collègue de Marguerite-Bourgeoys, n'est pas là.
Et là sur le parapublic, là aussi, il y a
une croissance. Nous, on a... on a une croissance de l'équivalent, donc, des...
en équivalent, là, de temps complet, plus 57 000 dans le <parapublic...
M. Paradis :
...
donc, des... en équivalent, là, de temps complet, plus 57 000 dans le >parapublic.
Parce que vous avez créé plein de nouvelles structures, comme Santé Québec,
comme Mobilité Infra Québec, comme beaucoup plus... beaucoup de croissance chez
Investissement... notamment dans les hauts salariés puis les cadres. J'espère
qu'on aura le temps de s'y rendre, parce que là aussi, là, les très hauts
salariés qui ont des rémunérations en dehors des cadres prévus, là, on en a vu
plein dans les études de crédits. Ça, est-ce que vous nous dites, Mme la
ministre, là, que Mobilité Infra Québec, actuellement, ou plus de monde à
Investissement Québec, plus de hauts salariés à Investissement Québec... que
Santé Québec, actuellement, la création de Santé Québec... Est-ce que vous êtes
capable de m'affirmer ici aujourd'hui, Mme la ministre, que, ça, les gens, là,
du Québec on vu la différence, ils ont eu plus de services, jusqu'à maintenant,
parce qu'on a créé Santé Québec?
Mme Duranceau : Là, on
mélange beaucoup de choses, là. Moi, je n'ai pas de problème à répondre à tout
ça, là, mais on va y aller une affaire à la fois. Donc, quand on regarde
l'augmentation d'ETC, là, OK, fonction publique, l'augmentation de 8 687,
c'est 8 % de l'augmentation. 92 % de l'augmentation globale, là,
c'est pour des... c'est dans les réseaux, ça veut dire, c'est le secteur de la
santé puis de l'éducation, ce sont les aides à la classe, ce sont les préposés
aux bénéficiaires, ce sont les classes spécialisées. Alors, ça, c'est du vrai
monde qui rend des services à du vrai monde. C'est ça, là, 92 % de notre
augmentation sur sept ans, là, c'est pour des services à la population.
Le 5 000 qu'on avait promis au
début, on l'a livré, on va refaire une autre baisse de 4 000. Mais là il
ne faut pas oublier d'où on partait, là. En 2018, austérité libérale, et il
fallait rattraper, là, il y a des services qui étaient requis par la
population. Alors, vous pouvez dire : Vous avez promis aux Québécois de
réduire de 5 000 ETC, mais on avait promis un paquet d'autres affaires
aussi au niveau de services qui étaient attendus et, ces services-là, on les a
livrés.
• (16 h 10) •
Le Président (M. Laframboise) : ...25 secondes.
Il va rester 25 secondes.
M. Paradis : Très bien.
N'empêche que votre promesse, c'était moins 5 000, et actuellement on a
beau essayer de présenter des chiffres, c'est qu'il y a plus de monde. Et votre
promesse était moins 5 000, donc c'est une promesse qui n'a pas été
remplie, qui n'a pas été satisfaite par le gouvernement de la CAQ.
Mme Duranceau : ...les
tableaux qui montrent clairement ce qui a été fait.
M. Paradis : Je vais être
preneur, mais la promesse, c'était moins...
Mme Duranceau : Il faut être
preneur puis dire la vérité.
M. Paradis : C'était... Bien
là, j'espère que vous n'êtes pas en train de dire que je ne dis pas la vérité...
Le Président (M. Laframboise) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît!
Mme Duranceau : Non...
M. Paradis : ...parce que la
promesse était moins 5 000, et vous ne l'avez pas, vous n'avez...
Le Président (M. Laframboise) : S'il
vous plaît! C'est terminé pour M. le député de Jean-Talon. Donc, on poursuit
avec l'opposition officielle pour 22 min 33 s... 22 min 15 s,
excusez-moi.
M. Beauchemin : Bon, ça fait
qu'on a commencé avec moins 5 000, on en a rajouté 8 000 puis là
on en coupe 3 000, donc on est à zéro?
Mme Duranceau : ...plus de
services. Hein, c'est-tu de l'efficacité?
M. Beauchemin : C'est
tellement... c'est tellement spectaculaire. Parce que, dans tout ce qu'on a
regardé, dans tous les documents fournis par votre ministère, il y a quand même
une augmentation de 12 000 employés de la fonction publique. Là, il y
a eu 3 000 qui sont partis, on est rendus à 8 909, 9 000, là, on
ne s'obstinera pas, là, à faire des arrondissements. Mais, grosso modo, là,
vous, vous venez de nous dire, là, que, jour 1, là, la CAQ arrive au
pouvoir, là, puis on a mis 5 000 personnes à la porte? Est-ce que
c'est ça que j'ai bien entendu, Mme la présidente du Conseil du trésor? Est-ce
que c'est bel et bien ça que j'ai entendu? Jour 1, vous êtes arrivés, là,
puis il y a 5 000 personnes qui sont... qui sont... qui ont été
remerciées?
Mme Duranceau : Bien non, bien,
ce n'est pas comme ça qu'on a fait les choses, là, c'était... On avait une
promesse de réduire de 5 000 postes puis on les... on l'a réalisée,
cette promesse-là. Puis c'est 5 000 ETC, ça fait que c'est
5 000 heures travaillées.
M. Beauchemin : ...mais, je
veux dire, quand? Parce qu'honnêtement ce n'est pas ça, là, tous les chiffres
disent le contraire. Tous les chiffres disent, là, que, jour 1, vous êtes
arrivés, là, puis ça n'a fait qu'augmenter. Là, vous parlez de réduire. Il y en
a 3 500, grosso modo, là, qui ont... qui ont été en ETC, là, réduits, OK,
par rapport à ce que c'était, là, le sommet étant proche de 12 000. Mais
jamais... Mais jamais vous n'aviez... Vous êtes partis à... le point de départ,
là, 2018, puis là, soudainement, moins 5 000 ETC, plus 8 000 ETC,
moins 3 000, là. On n'est pas à zéro, là, on n'a pas fait... on n'a pas
fait du surplace, dans les huit ans caquistes, là, on a augmenté la machine.
Tous les chiffres le montrent, là, l'article de La Presse, l'article du Devoir,
les références dans le livre du budget du ministre des Finances. Les collègues
ici veulent vous dire exactement la même chose que moi. J'essaie juste, là...
On se perd peut-être, là, dans les chiffres, c'est peut-être difficile pour les
gens qui nous suivent, mais jamais il n'y a eu une réduction de la taille de
l'État depuis 2018 sous le gouvernement de la CAQ.
Mme Duranceau : ...augmenté
plus. On l'a réduit, le 5 000. Sinon, là, ça aurait été...
M. Beauchemin : OK, <votre
plan, c'était...
Mme Duranceau : On l'a
réduit, le 5 000. Sinon, là, ça aurait été...
M. Beauchemin :
OK,
>votre plan, c'était l'augmenter, finalement, de 18 000, mais vous
avez seulement augmenté de 13 000?
Mme Duranceau : Notre
plan, c'était de pallier à l'austérité libérale puis de...
M. Beauchemin : Arrêtez
de dire ça!
Mme Duranceau :
...d'offrir les services que les Québécois attendaient. On a beaucoup...
M. Beauchemin : ...avait
des meilleurs services aux citoyens, comme vous le dites...
Mme Duranceau : Non, non,
non.
M. Beauchemin : ...en
termes de services de santé, nombre de professeurs, temps d'attente dans les
hôpitaux, tout était meilleur que là, sous la gouvernance de la CAQ, là.
Mme Duranceau : Tout
était meilleur?
M. Beauchemin : Bien,
vraiment, vraiment meilleur. On n'avait pas un déficit, on n'a pas été décoté.
On a été dans une situation où est-ce qu'on n'était pas du tout à la même place
qu'on est actuellement, les infrastructures étaient mieux entretenues, il y
avait... il y avait un environnement plus prospère pour le développement
d'entreprises. Donc, on va arrêter de parler de... de «gimmick marketing», là,
qui a été utilisée par d'autres partis, là. Soyons clairs sur une chose. Depuis
2018, jamais vous n'avez réduit la taille de l'État.
Mme Duranceau : ...M. le
député de Marguerite-Bourgeoys...
M. Beauchemin : En
absolu, depuis 2018.
Mme Duranceau : Notre
5 000, là, ça couvrait fonction publique hors fonction publique, donc
l'ensemble de l'oeuvre, là, qui représentait, en 2019, 499 000 ETC,
qui a augmenté à 608 000... Là, c'est sûr que c'est compliqué à
comprendre, là, mais...
M. Beauchemin : ...comprend
pourquoi vous...
Mme Duranceau : ...on a
beaucoup augmenté les services. Ça explique... Puis on a... Tu sais, la
main-d'œuvre indépendante, là, ce n'est pas nous qui l'avons inventée, là. Ça,
c'était sous les libéraux, là, ça, la main-d'œuvre indépendante. Donc là, on
l'a réduit. Mais, si tu engages des infirmières puis tu les ramènes sur ton «payroll»,
bien, ça augmente le nombre d'ETC. Ça, on a économisé des centaines de millions
avec ça, dans les deux dernières années. Alors, ça, c'est un exemple concret
d'augmentation d'ETC, mais de réduction des dépenses de l'autre côté.
Alors, tu sais, il n'y a pas de magie. À
un moment donné, quand tu offres des services, ça prend du monde pour rendre
les services. C'est pour ça que nous, on croit en une transformation numérique
de l'État. Je le sais que c'est difficile pour vous autres, là. Mais ça, ça va
permettre de mieux rendre les services plus efficacement.
M. Beauchemin : Si
c'était le cas, Mme la présidente, là, OK, si c'était vraiment le cas, là, que
vous avez amélioré la qualité des services, il n'y aurait pas personne qui se
plaindrait en ce moment, là, tout le monde serait content, vous seriez au
sommet dans les sondages. Ce n'est pas le cas parce que, justement, les gens se
plaignent, parce que, justement, les temps d'attente augmentent. On est dans
cette situation-là où est-ce que l'État a été mal géré depuis huit ans. On en
arrive à cette conclusion. On n'est pas les seuls, tout le monde en parle.
Donc, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?
Parlons du sujet des... de la guerre
contre le télétravail, que vous faites, juste parce que je trouve ça
intéressant. Vous nous demandez de vous faire confiance en vos chiffres puis
avec vos déclarations, mais c'est parce que votre prédécesseure a dit ici même,
là, avec toute confiance, qu'au pire le télétravail avait un effet neutre sur
la productivité, mais, au mieux, positif. Ça, c'est votre prédécesseure qui a
dit ça. Là, vous, ce que vous nous dites, c'est l'inverse, donc j'essaie juste
de, comme... Même parti, même fonction, même ministère, on a changé de cap.
Ça, c'était, évidemment, juste remettre
dans le contexte. Le projet de loi n° 7, ça, c'était
à l'automne dernier, quand on a tout essayé pour faire en sorte qu'on remonte dans
les sondages, au gouvernement de la CAQ, puis on a eu des bonnes idées de
communication marketing en faisant la guerre contre le télétravail, la guerre
contre les médecins. On a décidé de partir en guerre pour se trouver des
ennemis, pour faire mousser, là, les sondages. Puis là la résultante de ça,
c'est que là vous partez en guerre, encore, là, contre le télétravail, mais
votre prédécesseure était constructive sur le télétravail. Ça fait que j'essaie
juste de comprendre. Il y avait la flexibilité, là, maintenant, il n'y en a
aucune, flexibilité. C'est trois jours minimum. Avant, il y avait un deux
jours, mais il y avait une flexibilité qui pouvait s'installer. Il va y avoir
un paquet d'autres questions, là, qui va suivre, là, mais est-ce que je comprends
bien, là, que, par rapport à votre prédécesseure, vous avez des positions
totalement diamétralement opposées en ce moment?
Mme Duranceau : Moi, je
suis vraiment surprise d'avoir cette discussion-là avec vous, mais c'est
parfait. D'ailleurs, vos questions, en tout cas, ne semblent pas aller dans le
sens de ce que j'entends de l'Institut de développement urbain, hein? Donc,
êtes-vous en train de me dire vous n'êtes pas en faveur d'un retour au bureau
équilibré, d'une proposition qui est... qui est raisonnable?
M. Beauchemin : Ce n'est
pas... ce n'est pas là où est-ce que je veux en venir. J'essaie juste de
comprendre. On a totalement changé de fusil d'épaule, à la CAQ, en même pas un
an, parce que votre prédécesseure, qui était ici l'an dernier, avait dit,
justement ici, là, que le télétravail avait un effet neutre sur la
productivité, au mieux positif, puis vous, vous dites l'inverse.
Mme Duranceau : ...moi,
je ne vois pas ça <comme un...
M. Beauchemin : ...positif,
puis vous, vous dites l'inverse.
Mme Duranceau :
...moi, je ne vois pas ça >comme un changement drastique. On était...
Premièrement, j'ai dit quoi tantôt, là, on a 30 % des employés de la
fonction publique qui sont au bureau cinq jours/semaine. On était à deux jours/semaine,
dans la politique-cadre, et là on augmente à trois jours/semaine. Je pense que,
quand ma collègue a dit ça, bien, elle s'appuie sur... bon, sur un rapport qui
avait été fait. Ce n'est pas des données qui sont... Ça demeure très qualitatif,
là, comme appréciation, mais la vie a continué d'évoluer puis l'environnement
dans lequel on est a continué d'évoluer. Le fédéral a annoncé son retour au
bureau, les banques, vous connaissez ça, les banques, vous, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, ont annoncé des retours au bureau à cinq jours/semaine.
Alors, il y a une mouvance vers un retour au bureau. Parce que, oui, certaines
tâches peuvent s'accomplir à la maison, mais il y a quand même une perte de
créativité, d'initiative, de...
M. Beauchemin : ...
Mme Duranceau : Non, ça, c'est
vous qui dites ça, là.
M. Beauchemin : Bien non,
mais je vais juste faire une citation, là, que vous avez dit.
Mme Duranceau : Non, non, non,
ce qu'on peut dire dans le corridor, en vitesse, là, des fois, ce n'est pas
toujours parfait. Mais je pense que, depuis tantôt, j'exprime qu'il y a des
bénéfices à se retrouver avec des collègues, à apprendre des collègues, à
écouter ce qui se dit, à s'imprégner de la culture d'entreprise, à participer à
des résolutions de problèmes qui ne sont pas les nôtres, mais, parce qu'on est
là, on est capables contribuer. Je pense que tout le monde est intelligent, là,
puis comprend ce que je veux dire, là.
• (16 h 20) •
M. Beauchemin : Bien, je pense
que les gens comprennent qu'il y a effectivement une certaine dynamique qui
s'installe lorsqu'on est en travail présentiel, par rapport à du travail en
télétravail, ça, c'est certain. L'enjeu n'est pas là. Moi, ma question, c'est
d'essayer de comprendre, comment se fait-il... Encore une fois, là, c'est le
même gouvernement. Il y a eu un jeu de chaises musicales. Vous avez gardé la
vôtre, tant mieux pour vous, mais il y a eu un jeu de chaises musicales. On
essaie de nous faire croire que c'est un nouveau gouvernement. Mais là ma
question, c'est... OK, aujourd'hui, là, vous dites à peu près le contraire de
ce que votre prédécesseure a dit, mais vous, vous trouvez ça... que c'est quand
même un peu normal. J'essaie de comprendre pourquoi, qu'est-ce que ça... qu'est-ce
que... c'est quoi qui influence ce changement?
Mme Duranceau : ...ce n'est
pas un changement drastique de position. La politique de deux jours, là, elle
avait été mise en place pour accompagner un retour progressif au travail après
la pandémie, OK? Puis là on est en 2026, là, la pandémie est finie, là. Et ce
qui est intéressant, si vous suivez un peu ce qui se passe dans l'actualité, là,
je vais vous dire ça, l'année 2026, là, marque vraiment un tournant où le
bureau redevient la norme principale. Donc, on s'éloigne du modèle de
télétravail qui était prédominant durant la pandémie. Alors, tu sais, ce n'est
pas un changement drastique, c'est juste comprendre l'écosystème, voir ce qui
se passe autour de nous puis s'ajuster. Quand tu es au gouvernement, là, ce
n'est pas : tout est figé dans le béton, puis on ne peut pas s'ajuster,
là.
Le Président (M. Laframboise) : ...Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci. Vous
avez affirmé que les fonctionnaires avaient besoin, grosso modo, là,
d'apprendre à vivre. J'aimerais comprendre...
Mme Duranceau : ...
M. Beauchemin : Bien, j'essaie
de résumer vos mots, là. Est-ce que vous pouvez m'expliquer ce que vous voulez
dire ou pourquoi, selon vous, ça a été pris hors contexte?
Mme Duranceau : Bien, en tout
cas, je ne sais pas si vous vous faites poser souvent des questions dans les
corridors de l'Assemblée nationale. Des fois, ça va vite, tu n'as pas toujours
les bons mots. Mais là je vous inviterais à ne pas vous fier à un titre, je
vous inviterais à lire le reste de l'article. Je pense que j'ai été très, très
claire dans mon propos, puis la plupart des gens m'ont bien comprise. Alors,
c'est ça, je l'ai mentionné, là, depuis tantôt. On parle de ça, là, depuis deux
heures, là.
M. Beauchemin : Les employés,
là, qui sont en postes régionalisés, là, qu'est-ce qu'on fait avec eux?
Mme Duranceau : Bien là, je
l'ai... j'ai répondu à qui, donc? Je pense, au député...
Une voix : ...
Mme Duranceau : ...Hochelaga-Maisonneuve,
c'est ça. J'ai dit que le jugement, là, c'était encore de mise. Puis les gens
qui sont... qui ont choisi de... tu sais, d'occuper un poste qui est
régionalisé, bien, premièrement, il y a des exceptions puis il y en a qui
peuvent... qui peuvent continuer de travailler en télétravail. <L'autre
chose...
Mme Duranceau :
...
puis il y en a qui peuvent... qui peuvent continuer de travailler en
télétravail. >L'autre chose, s'il y a des situations particulières,
bien, je les invite à communiquer avec leurs gestionnaires. Les gestionnaires
ont des responsabilités plus grandes, hein, ils prennent des gens en charge,
ils sont payés en conséquence, donc on s'attend à ce qu'ils prennent... aussi,
qu'ils aient le courage managérial d'organiser les affaires de manière
conséquente et efficace pour leurs employés.
Mais moi, je suis curieuse, M. le député
de Marguerite-Bourgeoys : Vous logez où, vous, en termes de télétravail?
Tu sais, c'est un grand enjeu. Vous venez des banques...
M. Beauchemin : Moi, c'est...
mon rôle ici, c'est de vous poser des questions.
Mme Duranceau : Non, mais, si
vous avez une suggestion constructive, là, on va l'écouter.
M. Beauchemin : Bien, moi, ma
suggestion constructive, c'est de s'assurer qu'on puisse avoir une fonction
publique qui est efficace, qui performe puis que les Québécois en ont pour leur
argent. Donc, quand on prend des positions dogmatiques puis qu'on y va de
l'avant avec du mur-à-mur un peu partout, comme ça semble être le cas, bien, c'est
sûr et certain qu'il va y avoir des embûches. J'essaie de faire éviter ça pas
simplement au gouvernement de la CAQ, mais à l'ensemble des Québécois.
Évidemment, là, vous avez sûrement entendu
parler des mêmes commentaires de la part de certains fonctionnaires, ils s'en
vont au bureau, maintenant, faire des Teams avec d'autre monde dans le même
bureau ou dans d'autres places, dans d'autres succursales du gouvernement. Je
pense que...
Mme Duranceau : ...député de Marguerite-Bourgeoys,
avez-vous...
M. Beauchemin : Je peux-tu
finir ma question? Je pense que c'est efficace, là, d'avoir des Teams, mais
est-ce que c'est une obligation pour tout le monde, là, de se déplacer au
bureau pour faire des Teams ou ils auraient pu faire des Teams de chez eux?
Mme Duranceau : ...là, il
faut me connaître, là, je pense que vous me connaissez assez, là, je n'ai
certainement pas...
M. Beauchemin : Mais je vous
pose une question.
Mme Duranceau : Il n'y a
certainement pas une approche dogmatique de mon côté. Les gestionnaires sont
imputables, sont responsables de leurs équipes puis ils ont aussi la
responsabilité de regarder comment les choses s'organisent puis de faire en
sorte que leurs équipes s'organisent de manière efficace, alors de lisser le
temps au bureau, de s'assurer que les équipes pertinentes sont au bureau en
même temps. Les journées où on vient au bureau, c'est pour des rencontres,
idéalement, en personne. Mais là on va-tu, comme parlementaires, se mêler de ce
niveau de détails là? Il y a une grande politique générale, puis il incombe aux
sous-ministres et aux gestionnaires des différents employés de s'assurer que
les besoins opérationnels sont satisfaits puis que tout ça se fait de manière
efficace. Là, je pense qu'on rentre un petit peu trop, là, dans tous les
détails.
M. Beauchemin : ...qui
existent en intelligence artificielle, il y a des outils de gestion qui
permettent, justement, d'optimiser tout ça, il y a des... Mais ça prend... le
dénominateur commun dans tout ça, c'est de la flexibilité. Puis, pour que ça
puisse fonctionner de façon efficace, il faut être flexible. Votre approche,
malheureusement, elle est dogmatique, ça fait en sorte que vous êtes incapable
de pouvoir faire des ajustements. Puis je comprends le réflexe, parce que c'est
plus simple, on ne veut pas se la compliquer, je la catche. C'est de même,
l'eau trouve son niveau. Mais la réalité, c'est que là on est dans une
situation budgétaire avec des finances publiques en détérioration, on a besoin
de, justement, réinventer la roue de façon la plus optimale possible, puis ça
nous prend les meilleurs outils.
Puis là je vais vous parler d'un autre
exemple. Avec vos antennes régionales gouvernementales, là, OK, bien là, il va
falloir supporter toute l'arrivée de ce beau monde là, là. Ça fait que là
comment vous allez payer ça? Il va falloir qu'il y ait des bureaux qui soient
créés dans vos antennes régionales. Les antennes régionales, à certains
endroits, elles ne sont pas assez grosses pour accueillir tous les
fonctionnaires qui sont en télétravail, avec... Ça fait que est-ce que ça, ça a
été planifié? Est-ce qu'on a une... Est-ce qu'on a une étude de coûts de ce que
ça, ça représente? Ça, c'est un autre exemple, là, d'une approche mur à mur
sans y avoir pensé spécifiquement.
Mme Duranceau : Donc, la
question?
M. Beauchemin : Est-ce que
vous avez pensé aux ramifications de l'obligation que vous avez d'imposer sans
flexibilité... à ce que ça va engendrer comme conséquences pour vos antennes
régionales gouvernementales, dont certaines ne sont pas assez grosses pour
accueillir tout ce beau monde là que vous voulez ramener trois jours/semaine
minimum? Est-ce que vous avez mis ça dans votre modèle? Puis, si oui, ça coûte
combien?
Mme Duranceau : Oui, tout ça
est dans le modèle, toutes nos économies relativement à l'immobilier, là, sont
dans le modèle puis sont dans notre stratégie de gestion de dépenses. On a
régionalisé des postes, on n'a pas régionalisé des bureaux. Il y a quelques
bureaux gouvernementaux qui ont été ouverts en région. Il y avait des bureaux
régionaux qui <existaient déjà...
Mme Duranceau : ...
gouvernementaux qui ont été ouverts en région. Il y avait des bureaux régionaux
qui >existaient déjà. Encore une fois, là, je m'en remets aux
gestionnaires, là, d'organiser ça intelligemment pour que les équipes
travaillent ensemble.
Puis je veux juste mentionner aussi,
peut-être vous n'êtes pas au courant de ça, là, mais il n'y a plus de téléphone,
dans nos bureaux, on utilise Teams. Donc, tu sais, ça se peut aussi que, dans
les commentaires qu'on entend : Ah! on est toujours sur Teams, bien,
peut-être parce que le téléphone, là, c'est Teams maintenant. Donc, je veux
juste nuancer, là, pour...
M. Beauchemin : Bien,
justement, dans ces antennes régionales là, où est-ce que l'équipement n'est
pas suffisant pour répondre à l'arrivée des trois jours/semaine, là vous me
dites... vous me parlez en général...
Mme Duranceau : Oui, je pense,
c'est anecdotique, ça...
M. Beauchemin : Non, ce n'est
pas anecdotique, là.
Mme Duranceau :
...responsables de ces employés-là, puis je m'attends à ce qu'ils fassent leur
travail convenablement puis que les employés qui sont à tel ou tel endroit
aient les outils dont ils ont besoin pour réaliser leurs tâches.
M. Beauchemin : Moi, je me
mets à la place, là, de la personne qui vous épaule dans ce dossier-là puis je
me dis : Elle va sûrement se faire poser la question sur ce genre
d'exception là. Parce que ça, c'est... ça, c'est comme le gorille dans
l'ascenseur, là, c'est assez gros que... Comme là, on est dans une situation où
est-ce qu'il va falloir qu'on dépense plus, là, il va falloir qu'on dépense
plus pour accueillir ce monde-là. Ça fait que, minimalement, avoir été
quelqu'un qui travaille dans votre équipe, là, je vous aurais fait faire le
calcul. Là, vous ne l'avez pas. Puis c'est une question qui est légitime :
Combien ça coûte de plus?
• (16 h 30) •
Mme Duranceau : De quoi? La
régionalisation des 5 000 postes ou le télétravail des...
M. Beauchemin : Les antennes
régionales gouvernementales. Il va falloir qu'ils soient adaptés pour
accueillir les...
Mme Duranceau : On a en masse
de place en région pour accueillir tout le monde. Il y a 60 quelques bureaux
régionaux et il y a amplement de place pour accueillir tout le monde.
M. Beauchemin : Il y a des
régions où est-ce que l'antenne n'est pas assez... Il va falloir que les gens
conduisent plus loin que l'antenne la plus proche pour se rendre, il va
falloir... Il va y avoir de ça. Donc, est-ce que...
Mme Duranceau : Ces gens-là
ont des supérieurs, j'imagine, ils relèvent de quelqu'un.
M. Beauchemin : Bien, ils
relèvent de vous, ultimement, là. Ça fait que, donc, la...
Mme Duranceau : Bien, ils
relèvent de...
M. Beauchemin : La question,
là, OK, c'est de savoir combien ça va coûter. Est-ce que vous avez fait,
minimalement, une étude d'impact? On a eu cette conversation-là souvent, là,
durant le PL n° 7 : étude d'impact, non, ce
n'est pas fait, étude d'impact, non, ce n'est pas fait. Encore une fois, ici,
on a une autre situation où est-ce qu'il aurait dû y avoir une étude d'impact.
Elle n'a pas été faite, c'est ça que je comprends?
Mme Duranceau : ...c'est
excellent, comme ligne, là, pour pouvoir prétendre qu'il n'y a pas d'étude
d'impact. Mais je peux vous dire une affaire qu'au Trésor, des études, il y en
a. Alors, ça, n'ayez aucun doute là-dessus, il n'y a pas de coût additionnel.
Les bureaux, ils existent, les gens qui sont en région, qui veulent aller au
bureau, qui peuvent aller au bureau, ils vont au bureau, puis, dans d'autres
cas, ils s'organisent avec leurs supérieurs puis ils travaillent de la maison.
Je suis extrêmement surprise de ce genre de conversation avec le Parti libéral.
Mon Dieu! Où s'en va-t-on?
M. Beauchemin : Moi, c'est une
question de savoir si on gère bien, puis si on planifie bien, puis si on
exécute bien. La question est simple. Il n'y a pas eu d'étude d'impact qui a
été faite pour, justement, le coût que ça va engendrer. Donc, oui,
effectivement, le Parti libéral du Québec gère bien ou pense bien être capable
de gérer en ayant, justement, la prévisibilité nécessaire pour être capable
de... OK, ça coûte combien. On n'a pas de réponse.
Mme Duranceau : ...vous auriez
dû la poser... Je ne sais pas, c'est quand, vos crédits sur le PQI puis les
infrastructures? Parce que ça, ça relève de la SQI, l'aménagement des bureaux,
et c'est la SQI qui a tout fait ces analyses-là et qui...
M. Beauchemin : Mais ce n'est
pas vous, la présidente du Conseil du trésor?
Mme Duranceau : La SQI relève
de Finances.
M. Beauchemin : Oui, je sais,
ça, mais, je veux dire, vous, vous êtes la...
Mme Duranceau : C'est ça. Oui,
bien, nous, on était très à l'aise... Là, l'étude, je ne l'ai pas avec moi. On
peut vous fournir ça aussi.
M. Beauchemin : La présidente
du Conseil du trésor est supposée avoir, hein, le tablier complet de tout ce
que tout coûte.
Mme Duranceau : ...puis on
était en accord. Et, comme je vous ai dit, la stratégie de gestion de dépenses
prévoit des économies annuelles en matière de réduction d'espaces bureau, et
notre politique de télétravail à trois jours/semaine sur l'ensemble du
territoire n'occasionne pas de coûts additionnels.
M. Beauchemin : Ça, vous me le
dites, là, maintenant, là, à 4 heures... 4 h 33 en ce 13 mai, là? Ça
ne coûte pas rien de plus?
Mme Duranceau : L'ensemble de
ma stratégie de dépense, tout ce qu'on fait pour réduire le nombre de pieds
carrés d'espaces bureau va me procurer les économies qui sont prévues. Est-ce
que d'augmenter le nombre de pieds carrés pour tel ou tel ministère... Parce
que, là, à trois jours/semaine, il y a plus de monde. Oui, ça, ça augmente les
coûts. Mais «all in», je vais aller chercher quand même les économies qui
étaient prévues pour mon retour à l'équilibre budgétaire. Et, oui, c'est une
volonté de revenir à trois jours/semaine. On vit dans un monde où les choses
ont changé. Puis, en 2026, il y a un retour au bureau. On était à deux jours,
on passe à trois jours. C'est très, très, très raisonnable.
Le Président (M. Laframboise) :
C'est tout le temps sur cette section de ce segment pour le député de
Marguerite-Bourgeoys. Maintenant, nous passons au député
d'Hochelaga-Maisonneuve pour 15 min 5 s.
M. Leduc : Merci, M. le <Président.
Mme la ministre...
71 - MBO- MR- Imprimé
le 21 mai 2026 à 2:54 Fin
R -047
16 h 30 (version révisée)
<15357
Le
Président (M. Laframboise) :
...nous passons au député
d'Hochelaga-Maisonneuve,
pour 15 min 5 s.
M. Leduc :
Merci, M.
le >Président. Mme la ministre, projet de loi n° 990, j'ai fait imprimer
une copie.
Mme Duranceau : ...
M. Leduc : C'est le fameux
projet de loi que j'ai déposé, puis on a vérifié, vous étiez présente. Vous
avez même voté pour le dépôt de mon projet de loi, imaginez-vous donc. Alors,
je vous en donne une copie, vous pourrez en lire dans votre lecture de chevet,
je suis sûr que ça va vous intéresser.
Je veux vous parler d'un rôle qui est
important pour celui de... que vous occupez, qui est les négociations. Vous n'avez
pas participé nécessairement aux grosses négociations, là, de la fonction
publique, c'était votre prédécesseure qui était là, mais vous êtes quand même,
donc, en fonction. J'aimerais savoir, en ce moment, au moment où on se parle...
Mme Duranceau : ...
M. Leduc : ...parfait... combien
de négos sont en cours au ministère.
Mme Duranceau : Un instant.
M. Leduc : Vos équipes
travaillent sur combien de négociations?
Mme Duranceau : Un instant.
Là, on a 99 % de nos négos qui sont réglées, OK.
M. Leduc : Donc, s'il en
reste 1 %, ça fait un chiffre nominal de?
Mme Duranceau : Ça fait un
chiffre nominal... ah! une trentaine de groupes.
M. Leduc : Une trentaine, OK.
Mme Duranceau : Oui.
M. Leduc : C'est quoi, la
plus ancienne, celle qui date... qui a la date la plus éloignée d'aujourd'hui?
Mme Duranceau : Attendez, là,
on va regarder ça, on va regarder ça, la plus ancienne. On cherche ça, ce ne
sera pas très long.
Des voix : ...
Mme Duranceau : Donc, vous
voulez savoir pour un groupe spécifique ou?
M. Leduc : Dans ce que vous
gérez en ce moment, dans les 30 qui restent, là, c'est lesquelles les plus...
qui sont les plus en retard, si on peut dire, qui datent de la plus longtemps,
là? On remonte jusqu'à quand, là? On a une convention échue qui date de?
Êtes-vous en mesure de me dire ça?
Mme Duranceau : Je... 2023, à
peu près, là. C'est ce qu'on me...
M. Leduc : 2023. Est-ce que...
Mme Duranceau : C'est ce qu'on
me glisse à l'oreille.
M. Leduc : Est-ce que c'est
le groupe des paramédics dont on parle, ici, qui date de 2023?
Mme Duranceau : Bien là,
votre question, c'est quoi, là, spécifiquement? On va y répondre, là.
M. Leduc : Bien, je veux
juste savoir s'il y en a qui sont encore plus anciens que ceux-là. Moi, j'avais
2023 pour les paramédics, mais c'est-tu... on parle bien d'eux autres ou il y
en a peut-être qui sont encore un peu plus tôt en 2023, d'un autre groupe?
Mme Duranceau : Paramédics...
paramédics, il y en a que c'est de... c'est mars 2023.
M. Leduc : C'est de ça qu'on
parle donc, les plus anciens?
Mme Duranceau : Oui, c'est ça
que je vois, là, moi.
M. Leduc : OK. Donc, moi, à
ma connaissance, en effet, j'avais 2023. J'étais curieux de savoir s'il y en
avait des plus anciens que ça. Vous me répondez, je vous remercie. 2023, ça, c'est
la fin de la convention collective, donc ça va faire... ça fait trois ans. Qu'est-ce
qui explique la longueur de cette négociation-là en particulier? C'est quand
même assez long, trois ans de négociations.
Mme Duranceau : Oui, bien là,
évidemment, tu sais, c'est limité, ce que je peux dire, parce qu'on est
toujours en négociations, comme vous le savez, ça fait que dans ce temps-là, on
est toujours très prudents dans ce qu'on dit. Puis, tu sais, je comprends, je
comprends tout à fait les paramédics qui disent : Écoute, ça fait
longtemps, il faut que ça se règle, puis on est entièrement d'accord. On a
commencé par régler le fonds commun, hein, puis les paramètres sont bien
connus, les paramètres financiers. Alors, je pense que, hein, c'est important
de partir de là. Donc, peut-être que c'est ce qui explique un certain délai.
M. Leduc : On m'a informé,
puis j'aimerais ça que vous me confirmiez les chiffres, qu'il y aurait eu 67 rencontres
de négociation.
Mme Duranceau : C'est
possible, là, je ne sais pas, moi, personnellement, le nombre de rencontres, là.
Mais on prend ça... alors, on prend ça au sérieux, on fait les rencontres, puis
tout le monde progresse.
M. Leduc : Est-ce que ce
serait votre objectif de régler ça dans les prochaines semaines, avant,
minimalement, peut-être, qu'on ferme le parlement début juin, mi-juin?
Mme Duranceau : Bien, c'est
dans notre objectif de régler, oui. Mais, tu sais, il faut régler aussi en
tenant compte de l'équité pour tout le monde, puis des paramètres qu'on a puis
de notre... de notre capacité de payer. Puis, bien, il demeure qu'il faut être
deux là, pour s'entendre, alors... Mais moi... On est tout à fait de bonne foi
là-dedans, là, pour trouver des solutions, là.
M. Leduc : Qu'est-ce qui
serait des éléments clés qui vous permettraient d'atteindre une entente?
Mme Duranceau : Bien là, si
vous voulez, je vais laisser la négociation avoir lieu à la table. D'entrée de
jeu, j'ai dit qu'il y avait un cadre financier qui était connu, des paramètres.
On a... comme je l'ai mentionné, on a réglé avec 99 % des groupes. Alors,
il faut que ce soit équitable pour tout le monde, là.
M. Leduc : Ils étaient ici,
hein, il n'y a pas très longtemps, au mois d'avril, si je ne me trompe pas, ou
même, il y a... il y a quelques semaines, ils étaient très inquiets. Puis il y
avait, dans la foule de personnes qui manifestaient en soutien, des étudiants
et étudiantes, qui, normalement, seraient en train de faire des stages pour
obtenir leur diplôme. Et là, vu que la grève a été déclenchée en décembre, si
je ne me trompe pas, de facto, il n'y a pas de grève. Votre gouvernement avait
tenté de faire une poursuite pour rendre ça service essentiel. Ça a échoué
devant le tribunal du travail, qui a été quand même assez sévère envers le
gouvernement, là, sur votre lenteur à négocier.
N'êtes-vous pas inquiets qu'on n'est pas
capable de fournir des <stages...
M. Leduc :
...à
négocier.
N'êtes-vous pas inquiets qu'on n'est
pas capable de fournir des >stages à des étudiants et étudiantes qui... D'ailleurs,
j'ai reçu des témoignages de solidarité. Les étudiants et étudiantes souhaitent
que vous régliez, là, souhaitent... ils appuient les grévistes, ils appuient
les paramédics. C'est leurs futures conditions de travail, donc, assez
logiquement, ils aimeraient ça que ce soient quand même des conditions
intéressantes. Mais ils sont inquiets aussi, ils veulent aller faire du travail
de première ligne. Ça fait que, moi, ce que je veux savoir, Mme la ministre,
c'est : C'est combien haut, dans votre ordre de priorités, de régler les
paramédics le plus vite possible?
Mme Duranceau : Bien,
vous savez, la CSN est bien au courant de notre cadre, hein? Ils ont réglé le...
avec le front commun. Et puis moi, je l'ai dit souvent, là... bien, pas «je
l'ai dit souvent», je veux dire, c'était important de régler, puis, quand je
les ai rencontrés, à plusieurs occasions, les paramédics, je leur ai dit qu'on
avait un cadre qui était... qui était connu, alors qu'il fallait travailler à
l'intérieur de ce cadre-là. Je pense que ça évolue, là, de part et d'autre. Et
puis je pense que c'est important de rappeler que c'est un service essentiel,
puis qu'il n'y a pas d'enjeu pour la population puis qu'en cas d'urgence ces
services-là sont essentiels puis seront rendus, là.
• (16 h 40) •
M. Leduc : Ce que vous
me dites, c'est : Voici le cadre, puis il ne bougera pas. Donc, il y a...
les deux parties sont dans leur coin puis ils ne se parlent pas?
Mme Duranceau : Non, ce
que je vous dis, c'est que je ne vais pas négocier ici, là. Honnêtement, là,
j'ai répondu, puis les négociations, elles vont avoir lieu à la table.
M. Leduc : Bien, vous avez
répondu... on a tous... on peut tous juger, là, de la réponse. Moi, ma
question, c'était : Quelle est la... quelle est la hauteur de... Ma
question, c'était : C'est haut combien dans votre liste de priorités?
Là-dessus, est-ce que vous êtes prête à vous impliquer personnellement dans
cette négo-là pour trouver une solution?
Mme Duranceau : On a
réglé avec 99 % des groupes. Je veux régler avec les autres groupes, dont
les paramédics.
M. Leduc : Parce qu'à ma
connaissance, votre...
Mme Duranceau : Ça fait
longtemps qu'on se parle puis on veut intensifier les discussions avec eux,
puis ces discussions-là, le contenu de ces conversations-là, je les garde pour
la table de négociation.
M. Leduc : À ma
connaissance, votre prédécesseure n'hésitait pas à aller parfois, pour essayer
de régler quelque chose, se pointer, donc, directement.
Mme Duranceau : Oui.
Est-ce que... est-ce que vous suivez mon horaire? Est-ce que vous savez si j'ai
des conversations?
M. Leduc : Bien, c'est
pour ça que je vous pose la question.
Mme Duranceau : Bon,
bien, chaque fois que j'ai croisé les paramédics, j'ai eu des conversations
avec eux. J'ai des conversations avec mes équipes, puis on va faire ce qu'il
faut faire pour régler. Puis, pour nous, tous les groupes sont prioritaires.
M. Leduc : Parce que,
là, la fin de session du cégep achève, là. C'est, quoi, mi-juin, fin juin, une
fin de session de cégep. On va l'échapper, là, le stage, on va avoir perdu une
cohorte.
Mme Duranceau : ...dites
qu'on va l'échapper, ce n'est pas moi.
M. Leduc : Oui, je
comprends. Là, j'essaie de vous transmettre l'urgence de la situation, qu'on va
échapper une cohorte complète de jeunes paramédics qui n'auront pas leur
diplôme parce qu'ils n'auront pas fait leur stage.
Mme Duranceau : Bien là,
je suis obligée de vous dire, puis vous connaissez ça mieux que moi, les
syndicats, là, c'est eux qui font le choix des moyens de pression. Alors, c'est
leur choix, leurs moyens de pression.
M. Leduc : OK... Je dois
vous dire que je suis un peu inquiet. Je ne peux pas dire que je sens l'urgence
dans vos réponses.
Mme Duranceau : Nous, on
est prêts à régler s'ils sont prêts à régler.
M. Leduc : Bien oui,
mais s'ils respectent votre cadre, puis il n'y a rien d'autre, c'est ça? En
tout cas, on va se souhaiter le meilleur puis on va souhaiter bonne chance à
tout le monde.
Sur les coupes dans la fonction publique,
on a eu des... j'ai assisté aux échanges il y a quelques instants, mais je veux
bien comprendre les chiffres. Moi, j'avais compris que vous aviez une cible de
5 000 ETC sur deux ans, puis que vous aviez ventilé 2 000 pour
2025-2026, puis 3 000 pour 2026-2027. C'est bien ça?
Mme Duranceau : ...on
avait une première cible, en 2018, de 5 000 ETC, puis on voit très
bien qu'elle a été... là, c'est dommage que le député de Jean-Talon ne soit
plus là, mais... elle a été atteinte, et c'est dans la stratégie de gestion de
dépenses de 2023-2024. Il y a 381 millions de dollars qui ont
été économisés grâce à la réduction d'un premier 5 000 ETC. Ensuite
de ça, l'année dernière, on a dit : Il va y avoir un autre 5 000 ETC,
4 000, fonction publique, 1 000, hors fonction publique. Donc, sur ce
5 000 là, il y en a 3 000...
M. Leduc : ...540. C'est
ça?
Mme Duranceau : Il y en a
3 106 qui ont déjà été réduits pour la fonction publique, puis il y en a
434 pour le hors fonction publique. Donc, sur notre cible de 4 000, on en a
3 106. Sur notre cible de 1 000, hors fonction publique, on en a 434.
Donc...
M. Leduc : Pour un total
de 3 540.
Mme Duranceau : Pour un
total de 3 540, c'est ça, sur 5 000.
M. Leduc : C'est ça. Que
faisaient ces gens-là?
Mme Duranceau : Que
faisaient ces gens-là? On va me dire ça, hein? Parce que c'est... nombre
d'heures, des fois, c'est des postes... En fait, en... ça, le plus gros, c'est
des... c'est des postes qui n'ont pas... des départs à la retraite, postes qui
n'ont pas été comblés, répartition autrement de la tâche de... des tâches de
travail, <réduction...
Mme Duranceau :
...retraite, postes qui n'ont pas été comblés, répartition
autrement de la tâche de... des tâches de travail, >réduction de la
bureaucratie, temps qui a été libéré pour faire autre chose, donc tu n'as plus
besoin peut-être de x, y fonction, réduction du temps supplémentaire, réduction
aussi... il y a le réaménagement du temps de travail, donc réduction de la... du
nombre d'heures des semaines de travail. Ça fait qu'on pouvait passer de
35 heures à 32,5 heures ou de 37 à 35. Alors là, on réduit des
heures, on fait notre semaine sur quatre jours au lieu de cinq jours.
Ça fait que tout ça, c'est des mécanismes
qui ont permis de réduire le nombre... le nombre d'heures travaillées, à notre
avis, sans affecter les services à la population. Parce qu'il ne faut pas
oublier, on a eu une longue discussion sur l'augmentation du nombre d'ETC pour
augmenter les services à la population. Là, ce sur quoi on travaille, c'est l'efficacité,
la bureaucratie, enlever les tâches qui sont... qui sont inefficaces ou qui n'apportent
pas la valeur ajoutée qui était souhaitée.
M. Leduc : On parle souvent
de bureaucratie depuis tantôt, puis je ne peux pas m'empêcher d'avoir en tête
toutes les discussions que j'ai eues avec vos collègues dans le milieu... les
ministres qui sont responsables de différents programmes dans le milieu
communautaire, où le milieu communautaire est enseveli de documents, et de
redditions de comptes, et de dépôts. Ce serait bien de s'occuper de ce volet-là
aussi que vous évoquez dans la bureaucratie, et pas juste des personnes.
Vous m'avez donné une orientation générale
d'une méthodologie que vous avez utilisée pour atteindre ce 3 540 ETC,
mais je vous relance encore une question plus pointue : Est-ce qu'il y a
des titres d'emploi... des titres d'emploi dans des ministères en particulier...
J'aimerais ça avoir une idée pointue des gens dont on n'a pas renouvelé le
poste ou qu'on a aboli le poste.
Mme Duranceau : On regarde ça,
on regarde ça.
M. Leduc : Merci.
(Consultation)
Mme Duranceau : ...les
classes d'emploi, là, tu sais, de manière détaillée. Bon, personnel d'encadrement,
moins sept. Personnel professionnel, moins 1 046. Tu sais, ça ne dit
pas grand-chose, là, ça, ici, là. Personnel de bureau, moins 1 044...
1 444. Donc, c'est ça. Agents de la paix, augmentation de 176. Ça fait que
vous voyez que... Puis ça, agents de la paix, il y a des services directs à la
population.
Alors, tu sais, nous, on... en fait, ce qu'on
a fait... puis c'est... on n'a pas envoyé une directive à qui que ce soit,
aller sur telle classe ou telle autre classe. On a demandé au ministère de
faire un exercice pour s'interroger sur... Moi, j'ai dit : Tu sais, qu'est-ce
que vous... de quoi vous avez de besoin comme fonction publique, en 2030, 2035,
pour bien rendre les services à la population? Donc, interrogez-vous sur ça
puis, tu sais, revenez-nous avec vos propositions. Alors, chaque ministère a
pris les décisions qui étaient pertinentes pour eux, compte tenu des services
qu'ils ont... qu'ils ont à rendre, là. Puis il va falloir collectivement se
demander comment on veut rendre les services. Est-ce qu'on veut continuer avec
le fax puis le papier, ou on va innover puis on va adopter de la technologie
qui va nous permettre d'être plus efficaces?
M. Leduc : Donc, vous me
dites que, quand vous avez préparé ce plan d'attrition, vous n'avez pas donné
des cibles, vous n'avez... Le 5 000, là, de tantôt ou, je me souviens plus
du chiffre exact, le 4 000 plus quelques gens en fonction, ce chiffre-là
de 4 000, il n'est pas sorti d'une boîte de Cracker Jack, c'est vous qui l'avez
mis au jeu, puis, après ça, vous avez dit : Chaque ministère doit trouver
des cibles qui vont cadrer dans ce 4 000. Bien, ce 4 000 là, vous l'avez
déterminé comment?
Mme Duranceau : ...des cibles
à chaque ministère, mais, après ça, ils ont fait leur plan, là...
M. Leduc : Oui, oui, mais le
4 000, le total d'origine? Vous l'aviez ventilé après, d'accord, mais le 4 000
d'origine, il sort... il est trouvé comment, ce chiffre-là?
Mme Duranceau : Bien, il y a
un 2 000 que ma prédécesseure avait annoncé, un
autre 2 000, c'est moi, puis, tu sais, ça aurait pu être un chiffre
différent, là, je pense que c'est un chiffre qui était raisonnable aussi. Ça
correspondait aussi, grosso modo, à l'attrition... plutôt, les départs à la
retraite. Il y a à peu près 2 000 départs à la retraite par année, ça
fait que, veux veux pas... puis, dans ça, il y en a qu'il fallait remplacer
dépendamment des postes occupés. Mais c'était comme une réduction assez
naturelle de la fonction publique. Sauf que là, il y a une... tu sais, l'exercice
se faisait de dire : OK, tel poste, je veux le remplacer, tel autre poste,
je ne le remplacerai pas parce que mes opérations...
M. Leduc : Mais, s'il y avait
juste eu 1 000 départs à la retraite, vous auriez revu votre chiffre
à la baisse, ça veut dire?
Mme Duranceau : Bien là, je
ne sais pas, là, tu sais, c'est des suppositions, là. Tu sais, c'est un chiffre
qui est raisonnable. En fait, je pense que ce que ça montre, c'est que ce
n'était très certainement pas un coup de hache, là, c'était <raisonnable...
Mme Duranceau : ...ce
n'était très certainement pas un coup de hache, là, c'était >raisonnable.
Puis mon but, là... en tout cas, notre but, c'était de faire ça de manière
structurée pour que... structurée puis, je l'ai dit souvent, chirurgicale, pour
que ça tienne la route.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. C'est tout pour M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Maintenant, nous passons au député de Saint-Jérôme, pour 3 min 15 s.
M. Chassin :
Et ça va vite, 3 min 15 s. Merci. Mme la Présidente du Conseil
du trésor, j'ai, évidemment, dans mes questions, un retour sur une lettre que
vous avez envoyée, lorsque vous êtes rentrée en poste, à tous vos collègues,
leur demandant leur collaboration pleine et entière pour, notamment, recentrer
l'État, le gouvernement sur ses missions essentielles. Et la lettre se
terminait, là... je vais retrouver ça ici, mais... «dans les prochains jours,
mes équipes et moi-même communiquerons avec les vôtres dans le but de
coordonner ces chantiers». Il me semble qu'il y avait beaucoup de promesses
dans cette correspondance. Donc, j'aimerais savoir si, effectivement, dans les
chantiers, donc, ce que je comprends, là, qui concernaient les différents
ministères et organismes, quelque, quoi, huit mois plus tard, est-ce qu'il y a
eu des résultats selon vous, de la part du Conseil du trésor et...
• (16 h 50) •
Mme Duranceau : ...est le plus
transformateur ou porteur, dans l'approche, là, qui a été prise... Oui, c'est
une chose, mes collègues, puis c'est pour leur parler de comment on allait
faire les choses. Puis, rapidement, tu sais, a découlé de ça des mesures pour
le PL n° 7, après ça... C'est ça,
ça fait que c'est... très concrètement, PL n° 7, PL n° 11. Ça, c'est très concret. Mais ce qui est le plus
transformateur puis porteur, c'est qu'il y a un chantier d'efficacité de l'État
qui a été mis en place, là, puis qui est... qui est porté par le Secrétariat du
Conseil du trésor, là. Puis ça, c'est les gens en arrière de moi, puis qui y
adhèrent pleinement, tu sais, ça vient d'eux, c'est pour eux, puis c'est pour
faire en sorte de transformer l'État, pour être plus efficaces puis pour mieux
livrer les services à la population avec les besoins de 2030, 2035, 2040.
Alors, ça a été le coup d'envoi, puis là je pense qu'on est bien partis avec un
chantier très, très structuré en termes de réduire la bureaucratie, s'assurer
de l'imputabilité et...
M. Chassin :
S'assurer de l'imputabilité, donc la responsabilité, notamment, des
gestionnaires, puis, au-delà de l'efficacité, de réfléchir, si je ne m'abuse,
parce que c'était dans la lettre, mais à la pertinence des différents... des
différents programmes, des différents organismes, ce qui est autre chose que
l'efficacité, hein? Puis la pertinence, c'est : Est-ce que c'est quelque
chose qu'on devrait faire? Est-ce que c'est encore utile qu'on le fasse? Et là,
là-dessus, vous transmettiez d'ailleurs, en annexe, la liste des organismes et
fonds spéciaux relevant de chacun. Je n'ai pas personnellement constaté un
grand, grand ménage, un grand vent de fusions et de réductions, mais il y en a
eu dans le projet de loi n° 7, et, parfois, c'était
difficile, je le concède, par ailleurs. Est-ce que c'est tout ou est-ce qu'il y
en a encore? Est-ce que... autrement dit, est-ce que le chantier, par exemple,
de l'efficacité de l'État concerne aussi la pertinence?
Mme Duranceau : ...tout à fait,
c'est un des piliers de... un des trois piliers de notre chantier. C'est de
revoir les programmes, s'assurer, justement, de leur pleine efficience.
M. Chassin :...rapport public des activités de cette... Parce que ça, c'est
la partie qui est toujours difficile, Mme la Présidente du Conseil du trésor.
Mme Duranceau : Oui, ça fait
partie de notre stratégie de gestion de dépenses. On va arriver à réduire... à
réduire nos coûts si on fait les choses différemment. Si on veut maintenir les
services, il faut faire les choses différemment.
M. Chassin :Absolument. Et, en termes de réflexion, j'imagine qu'il y a une
évaluation qui est faite. Il y avait de l'évaluation, en fait, de programmes,
là, déjà, mais on n'a jamais accès à ces résultats-là, et ça, c'est la partie
qui, pour... dans le débat public, entre autres, là, manque énormément. Est-ce
qu'on recommande tout le temps le maintien ou l'ajout de ressources? Est-ce que,
parfois, on se dit : Oui, c'est peut-être moins efficace ou ça pourrait
être fusionné? Cette discussion-là, on ne l'a pas dans le public, puis on ne
l'a certainement pas entre élus.
Mme Duranceau : ...A.9,
page A.9 du volet I...
M. Chassin :
Oui, la stratégie.
Mme Duranceau : ...de la
stratégie de gestion de dépenses, pilier 3, Maximiser les dépenses de
transfert, c'est tous les programmes, ça, puis les subventions. Ça va être
analysé, puis, dans le contexte de ça, on va pouvoir rendre compte.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. Il y a eu un dépassement d'une minute, mais le Parti libéral vous a fait
grâce de cette minute. Parfait. Donc, M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
pour 21 min 2 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Je veux, d'entrée de jeu, là... Tantôt, on me demandait d'où
venaient mes <données...
M. Beauchemin :
...d'entrée
de jeu, là... Tantôt, on me demandait d'où venaient mes >données. Mme la
Présidente du Conseil du trésor... on me demandait d'où venaient mes données,
on voulait savoir où on parlait de postes, etc., là, tout le... la taille de
l'État, le nombre de fonctionnaires à temps plein, les augmentations de cadres,
etc., que j'avais ça. Ça fait que, si vous voulez, je vais déposer l'article de
journal, de référence, là, que... si vous êtes capable de... d'y avoir accès.
J'imagine que, par le Greffier ici, on va être capable, donc on va le déposer,
OK? Vous allez l'avoir.
Le Président (M. Laframboise) :
...qui accepte... qui a à accepter...
M. Beauchemin : Accepter ça, M.
le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
...donc merci de le transmettre au secrétariat. Est-ce que vous souhaitez qu'il
soit rendu public ou distribué aux membres seulement?
M. Beauchemin : Ça peut être
distribué au public.
Le Président (M. Laframboise) :
Au public et aux membres, parfait. Donc...
M. Beauchemin : C'est bon?
Le Président (M. Laframboise) :
C'est bon...
M. Beauchemin : Oui? D'accord.
Le Président (M. Laframboise) :
...techniquement, et... Vous allez le transmettre?
M. Beauchemin : Oui.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, allez-y.
M. Beauchemin : Ça part.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait.
M. Beauchemin : Alors, vous
voyez, on travaille efficacement, on vous fournit une information, vous allez
pouvoir faire vos propres analyses, basées sur des gens qui sont avec une
vision optimale.
Je veux vous amener sur un sujet qui est
assez important, on en parle dans plusieurs... dans plusieurs groupes, là, le Centre
d'acquisitions gouvernementales, le CAG, qui a été créé pour fournir aux
ministères et aux organismes publics les biens et services dont ils ont besoin
dans le but d'optimiser les acquisitions gouvernementales et générer, là, des
économies. Cependant, l'an dernier, là, le rapport du Vérificateur général du
Québec sur le CAG a été très décevant. On veut faire le suivi sur les mesures
qui ont été amorcées, et nos questions, là, de l'an dernier qui étaient par
rapport au CAG, là, on veut juste prolonger là-dessus. Donc, je vous mets, là,
en place, là, ce que j'essaie de... où est-ce qu'on veut s'en aller.
Donc, selon l'audit, là, le CAG ne parvenait
pas à réaliser une part importante des regroupements d'achats prévus dans sa
planification annuelle des acquisitions gouvernementales. Donc, ici, on a
encore un autre exemple, là, dont... on veut dire quelque chose, on veut faire
quelque chose, on planifie quelque chose, mais on a de la misère à livrer, puis
ce n'est pas moi qui le dis, là, c'est la Vérificatrice générale. «Plusieurs
regroupements d'achats visant à répondre aux besoins des ministères ne se sont
pas réalisés, ce qui limite l'efficience de ce regroupement. Le CAG n'évalue
pas adéquatement les économies générées par les acquisitions regroupées.»
Encore une fois, on n'est pas capables, donc, de mesurer ou quantifier le
succès, comment qu'on définit la réussite.
«L'utilisation des modes d'attribution de
contrats qui tiennent davantage compte de la qualité de l'achat du... l'achat
québécois et du développement durable demeure un défi pour le CAG.» On
s'entend, là, dans un contexte de guerre tarifaire, où est-ce que nos voisins
du Sud ne respectent pas des ententes, bien, nous, on est... maintenant, on
devrait avoir le même minimal réflexe de dire : On va acheter québécois en
premier. Malheureusement, ça semble être encore un énorme défi, là, pour le CAG
d'agir ainsi. «Et l'information que dispose le CAG ne permet pas de suivre
adéquatement les acquisitions regroupées et de rendre compte de leurs
performances.»
Donc, les quatre derniers points, là, que
je vous ai mentionnés, c'est les constats de la Vérificatrice générale sur le
CAG. Maintenant, je vais vous poser des questions. Est-ce qu'on a eu des
évaluations sur la planification des contrats?
Mme Duranceau : ...en rapport
avec la Vérificatrice générale, ça, là?
M. Beauchemin : Non, par
rapport à ce que le CAG doit faire, là. Donc, il y a les évaluations de
planification sur les contrats. Est-ce qu'on a analysé comment qu'on procède
dans le CAG, là, pour voir comment... où est-ce qu'on a des défauts, où est-ce
que ça ne fonctionne pas?
Mme Duranceau : Bien, peut-être,
si vous me permettez, je vais passer la parole à M. Desbiens, là, qui est à la
tête du CAG. Bien, tu sais, ce que j'aimerais dire avant, par contre, si vous
me le permettez, c'est que, tu sais, juste en... c'est en 2024‑2025,
562 millions d'économies, là. Ça fait que, tu sais, de l'achat regroupé,
ce n'est pas une grande nouveauté là, il y a des économies là-dedans. Ça fait
que ça, c'est important. Donc, le CAG fait son travail, puis on espère qu'il en
fasse encore plus pour nous faire économiser encore plus.
Vous avez parlé du contexte économique. Je
pense que c'est important de souligner, là, qu'on a émis au Trésor deux décrets...
deux directives à l'effet... pour pénaliser des fournisseurs étrangers,
fournisseurs américains à l'égard de l'adjudication des contrats. Donc, dans le
choix, il y a une pénalité, on va quand même choisir en fonction du prix, mais
au niveau de... c'est ça... Là, je ne l'explique pas bien, là, mais, bref, on
vient pénaliser les fournisseurs étrangers de manière à favoriser les entreprises
québécoises. Donc, ça, c'est depuis la mise en vigueur des <tarifs...
Mme Duranceau :
...entreprises
québécoises. Donc, ça, c'est depuis la mise en vigueur des >tarifs, là.
Ça fait que ça a été fait en 2025.
M. Beauchemin : ...pourquoi
qu'on... dans les... dans le modèle d'évaluation, pourquoi qu'on pénalise les
étrangers versus favoriser... Je veux dire, je pense qu'il y aurait moyen de...
Mathématiquement, là, au lieu de dire 0,8 fois US, on pourrait dire 1,2 fois
Canada ou 1,2 fois Québec, là. Comprenez-vous ce que je veux dire?
J'essaie juste de voir la... Pourquoi la mentalité, c'est de pénaliser versus,
tu sais, plutôt, de donner plus de points, naturellement, à des produits
québécois? C'est du... philosophie, là. J'essaie de comprendre.
Mme Duranceau : Bien, on
pénalise les soumissionnaires américains, là. C'est comme ça qu'on l'a
structuré parce que ce qu'on veut c'est payer le juste prix, somme toute.
• (17 heures) •
M. Beauchemin : OK. Parce que...
Donc, si je comprends bien, là, la réponse, là, c'est parce qu'encore une fois
à la fin de tout ça, c'est le meilleur prix seulement. Ça fait que dire
1,2 fois Québec, ce serait augmenter le prix inutilement. D'accord. Est-ce
que je peux vous poser une autre question?
Mme Duranceau : Oui, oui,
allez-y.
M. Beauchemin : Ça fait que...
Est-ce que la planification du CAG, selon vous, là... est-ce qu'elle est
adéquate dans le contexte actuel aujourd'hui, avec...
Mme Duranceau : Est-ce que
vous pourriez définir «planification»?
M. Beauchemin : Bien, la mise
en... mise en place des objectifs associés au CAG, c'est-à-dire, on veut
planifier de regrouper, on veut planifier d'optimiser, on veut planifier d'acheter
au Québec, on veut planifier... Est-ce que, selon vous, là, tout ce qui a été
fait à date, là, va dans la bonne direction? Puis, s'il y aurait des
corrections ou des améliorations à faire, lesquelles?
Mme Duranceau : Bien... Puis
là c'est là où je laisserai la parole aussi à M. Desbiens, peut-être, pour
parler de ce qu'il fait, mais le CAG a fait un plan d'action suivant, là, les
recommandations du Vérificateur général puis il fait un rapport sur le suivi de
ce plan-là. Donc... c'est ça. Et, après ça... Là, je ne sais pas où vous voulez
aller exactement avec votre question, mais, peut-être, je vais devancer, tu
sais...
M. Beauchemin : ...en
premier, peut-être.
Mme Duranceau : Oui, je
voulais juste commenter, tu sais, sur la stratégie d'achats québécois. Tu sais,
on a une nouvelle stratégie de marché public, là, qui s'en vient, puis l'achat
québécois va être mis de l'avant. Ça fait que, si c'est là où vous voulez
aller, est-ce que le CAG devrait acheter plus québécois, bien, je peux laisser
M. Desbiens expliquer que... il y a certains éléments dont il s'occupe,
certains biens qu'il acquiert, encore faut-il qu'il en existe au Québec, là,
donc... Mais, si vous acceptez, on va laisser la parole à...
Le Président (M. Laframboise) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
vous vous présentez, avec votre titre, s'il vous plaît.
M. Desbiens (Luc) : Rebonjour.
Luc Desbiens, président-directeur général du Centre d'acquisitions
gouvernementales.
Alors, pour répondre à votre première
question, par rapport à la planification, évidemment, le CAG a été mis en place
en septembre 2020. On se souviendra qu'est-ce qu'il y avait en septembre
2020 ainsi qu'en 2021, 2022, donc il y a eu beaucoup d'acquisitions faites pour
la pandémie, donc, puis le Vérificateur général a fait ses travaux dans ces
données-là. Mais nous sommes vraiment ailleurs aujourd'hui par rapport à la
planification des acquisitions gouvernementales, qu'on appelle notre PAG, qui
est notre planification des dossiers. C'est sûr que ce n'est pas le CAG qui
décide quels dossiers qu'on va faire. On fait ça avec nos clients. Donc, on
s'assoit avec Santé Québec maintenant, on s'assoit avec le ministère de l'Éducation,
le ministère de l'Enseignement supérieur, qui inclut les collèges et les
universités, et les ministères et organismes. On a une... Ça dure à peu près un
an de consultations, à savoir quels dossiers qu'on doit mettre dans notre
planification annuelle des acquisitions gouvernementales.
C'est sûr qu'une grande partie des
acquisitions qu'on doit faire, c'est ceux qui tombent échus. Donc, on fait,
historiquement, un achat regroupé, qui tombe échu, le contrat tombe, finalement,
là, on arrive à la fin du contrat, et on renouvelle des contrats. Et, à chaque
année, on ajoute des nouveaux regroupements d'achats, des produits qu'on n'a
jamais faits à contrat.
M. Beauchemin : ...comment...
comment vous faites? Donc, est-ce que vous avez commencé avec... on va
commencer avec un petit exemple, puis on va additionner, on va additionner, on
va additionner, ou vous avez tout de suite commencé avec la Santé comme...
comme premier client?
M. Desbiens (Luc) : Bien,
c'est sûr que le CAG a été créé à partir de cinq organismes, OK, dont trois
organismes qui existaient depuis le début des années 2000, là, qu'on
appelait les groupes d'approvisionnement communs, SigmaSanté, le groupe de...
le GACEQ et le GACOQ, qu'on appelait. Donc, ces trois entités-là ont formé le
CAG. Donc, on ne partait vraiment pas de zéro à ce moment-là. Le «clinch» qu'il
y a eu, que je pourrais dire, en début des années 2020, c'est tout le lien avec
la pandémie puis la recherche de masques et des produits de protection
individuelle, qui a mis de côté un peu les acquisitions autres, puis il n'y
avait aussi pas de disponibilité de nos clients pour nous aider à faire les
acquisitions. Alors, on a eu du «backlog» à faire, qui s'est fait en 2023, mais...
on fait vraiment ça avec nos clients. Puis c'est... surtout, on a commencé avec
les dossiers qui étaient déjà en achats regroupés, et puis qu'on a faits, par
la suite, en <ajoutant...
>
17 h (version révisée)
< M. Desbiens (Luc) :
...qui était déjà un achat groupé et puis qu'on a fait par la suite en >ajoutant...
On a des arrêtés ministériels, qu'on appelle, là, des arrêtés pris par chacun
des ministres, qui définit les produits qui doivent être faits obligatoirement
à contrat. Donc là, on ajoute des produits aux arrêtés ministériels puis on
fait des nouveaux dossiers.
M. Beauchemin : Puis c'est
correct si je... on peut juste dialoguer directement, là?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, allez-y.
M. Beauchemin : Ça fait que, donc,
en d'autres mots, il y a encore une certaine flexibilité, dans certains
ministères, de ne pas passer par le CAG, évidemment, si je comprends bien. C'est
ça?
M. Desbiens (Luc) : Évidemment,
il y a des dossiers qui ne sont pas visés par arrêté. Donc, on fait des
dossiers... on ne fait pas seulement des dossiers qui sont visés par arrêté, on
fait des dossiers qui ne sont pas visés par arrêté. Et, dans ces dossiers-là, c'est
une adhésion volontaire de chacun des organismes publics.
M. Beauchemin : Pourquoi ça...
Pourquoi c'est volontaire?
M. Desbiens (Luc) : Bien, ce
n'est pas toujours pertinent de faire un achat regroupé. Donc, ce n'est pas
tous les produits qui se... mettons, qui est disponible en achat... qui est
proposé.
M. Beauchemin : Parce qu'une des
critiques de la part de la VG, c'est qu'il y a eu une augmentation accrue, là,
de contrats de gré à gré à l'intérieur du CAG. Ça s'explique comment, ça?
M. Desbiens (Luc) : Bien, ça
s'explique surtout par la période qu'elle a fait l'évaluation. Donc, il y a eu
une grande période, comme je disais, où est-ce qu'il n'y a pas eu de
renouvellement de contrat, parce que les équipes ont été mises à contribution
auprès du ministère de la Santé pour acquérir des produits, des EPI, des
équipements de protection individuelle. J'étais bien placé pour le savoir, là, j'étais
sous-ministre adjoint au ministère de la Santé à ce moment-là, de 2020 à 2024.
Alors, on a mis le CAG à contribution. Évidemment, ces retards-là, qu'il a pris
dans certains contrats, il a fallu les prolonger. Donc, il y a eu beaucoup de
gré à gré qui ont été faits pour prolonger les contrats existants, pour
permettre au CAG de reprendre sa vitesse de croisière et de retourner en appel
d'offres sur les produits. Donc, il y a eu beaucoup de gré à gré pour éviter
les ruptures.
M. Beauchemin : Donc, les lentilles...
les lentilles que la VG portait datent... datent un peu, là, si je comprends.
M. Desbiens (Luc) : Oui.
Évidemment...
M. Beauchemin : Ça fait que,
là, on pourrait avoir une perspective totalement différente si on regardait
avec une date de début plus avancée dans le temps.
M. Desbiens (Luc) : Exactement.
On a passé à la Commission de l'administration publique, en décembre, et puis
on a répondu à à peu près le même type de questions que vous posez.
M. Beauchemin : Je n'étais pas
là.
M. Desbiens (Luc) : Mais la
commission s'est dite satisfaite de nos réponses, évidemment.
M. Beauchemin : OK. Dans le
rapport de la VG, on dit... Je ne sais pas c'est qui qui fait la citation, mais
peut-être qu'on va se reconnaître, là : «Le CAG adhère aux recommandations
émises et s'engage à apporter des améliorations concrètes au bénéfice de ses
clients, fournisseurs et prestataires de services.» Ça peut être des paroles
qui viennent de vous, là, ça.
M. Desbiens (Luc) : Malheureusement,
je n'étais pas au CAG à ce moment-là. Je suis arrivé en janvier 2025.
M. Beauchemin : OK. Quelles
mesures concrètes... Ça, c'est une question que je vous pose, là, avec ce que
je viens juste de lire comme citation. Quelles mesures concrètes sont
envisagées pour améliorer la performance du CAG et assurer la réalisation d'autres
achats prévus qui vont venir? Comme, comment vous allez faire, là, pour
vraiment, là, améliorer la... Là, vous avez trouvé une méthode, là, pour... On
additionne, on additionne, on additionne, on a du plus gros volume. Est-ce que
c'est seulement... L'objectif, c'est d'augmenter pour que le volume soit
toujours le plus gros possible, ou y a-tu d'autres façons de faire en sorte
que, disons, au même volume d'achats, on puisse avoir un meilleur prix, ou une
meilleure commodité, ou une meilleure qualité? Y a-tu... Qu'est-ce que vous regardez,
là?
M. Desbiens (Luc) : Dans la...
Dans notre planification stratégique, là, nous n'avons pas juste un
indicateur qui... Les économies, évidemment, c'est un indicateur important puis
qu'on respecte depuis le début de la création du CAG, mais il y a d'autres
indicateurs, comme l'achat québécois, à titre d'exemple. Puis le CAG a
complètement changé ses stratégies d'approvisionnement pour essayer d'atteindre
aussi ses cibles d'achats québécois, qui n'est quand même pas évident à faire,
considérant les types de produits qu'on acquiert au CAG.
Évidemment, 80 %, c'est le réseau de
la santé. Donc, il y a les médicaments, il y a des équipements médicaux, donc
il y a des produits qui ne sont pas faits au Québec. Mais on a des stratégies,
là, qu'on utilise de plus en plus, je vous dirais même... je vais déboulonner
un mythe aujourd'hui, là, le plus bas soumissionnaire conforme, unique, là, on
s'éloigne de ça de façon intensive, là. On n'est plus vraiment là-dedans.
Je vais vous donner un exemple, si vous
permettez. Ce qu'on fait maintenant, c'est des contrats à commande. Donc, au
lieu de mettre seulement un soumissionnaire à contrat, on met tous les
soumissionnaires qui sont à l'intérieur de 10 % du prix du plus bas. Donc,
si je vais en soumission pour un produit, et puis j'ai un soumissionnaire qui
est fourni à 1 $, un autre fourni à 1,05 $, il y a... un autre fourni
à 1,15 $. Bien, on va mettre les deux à contrat, lui à 1 $ et lui à 1,05 $,
puis on va offrir ça à nos clients. Nos clients adorent cette façon de faire
là, parce qu'il a le choix. Il a le choix de choisir lui à 1 $ ou à 1,05 $
en fonction de la valeur. Donc, un établissement pourrait dire : Moi, je
vais prendre lui à 1 $ parce qu'il est moins cher. Puis l'autre pourrait
dire : Moi, je vais prendre lui 1,05 $, parce que c'est le
fournisseur que j'utilise déjà, et, en plus, je n'aurais pas à changer mes
protocoles de soins, je n'aurai pas à refaire la formation et, en plus, les
infirmières aiment bien le produit parce qu'il se manipule mieux puis il est
plus <efficace...
M. Desbiens (Luc) :
...plus,
les infirmières aiment bien le produit parce qu'il se manipule mieux puis il
est plus >efficace, il est plus rapide. Donc, il a le choix de choisir
entre deux fournisseurs. Et puis, en plus, si on a un bris d'approvisionnement
en cours de contrat, bien, on a toujours un «backup» avec un deuxième. Donc...
M. Beauchemin : ...c'est-tu
souvent le cas?
M. Desbiens (Luc) : Quasiment
dans tous les cas, maintenant, on l'utilise. Pas «tous», là, je ne pourrais pas
dire «tous», mais, à chaque fois que c'est pertinent de le faire, on le fait.
Donc, ça, c'est une...
M. Beauchemin : Ça fait qu'on
a décentralisé le processus décisionnel vers le client un peu, là.
M. Desbiens (Luc) : Bien, on
met plus de gens... plus de fournisseurs à contrat dans... en plus, on augmente
la probabilité qu'on ait des fournisseurs québécois à contrat, puis, en plus,
on donne au client le choix, effectivement, de choisir.
Un deuxième élément qu'on fait aussi très
souvent maintenant, c'est les lots. Donc, on s'est déjà fait dire, au CAG,
qu'un achat regroupé, c'est un gros achat, il y a juste les gros qui sont
capables de répondre, et puis les petites PME ne sont pas capables de répondre.
Maintenant, on fait des lots, donc on fait un appel d'offres puis on va à cinq
lots, mettons, on peut avoir des lots régionals spécifiques pour une région ou
spécifiques pour un produit.
• (17 h 10) •
M. Beauchemin : Est-ce que
vous avez de la flexibilité pour, justement, peut-être, si le lot est trop gros
encore de, sur le spot, là, comme ça, de décider de modifier, justement, vos
paramètres, pour pouvoir...
M. Desbiens (Luc) : Effectivement.
M. Beauchemin : OK. Vous
avez... vous avez encore de la flexibilité.
M. Desbiens (Luc) : Les
stratégies nous appartient... Nos stratégies nous appartient. Je vous donne un exemple,
là, dans le lait, les produits laitiers. Donc, on pourrait faire un lot pour
l'ensemble du Québec. On comprend qu'il y aurait probablement juste un
fournisseur qui serait capable de répondre pour l'entièreté du Québec, mais il
existe des laiteries un peu plus locales qui ont une capacité de distribution
vraiment limitée dans une région donnée. Bien, on va faire un lot dans cette
région-là, versus d'autres lots dans d'autres régions ou d'autres lots regroupés
dans d'autres régions.
M. Beauchemin : ...distinction
entre propriétés intellectuelles québécoises ou pas. Est-ce que vous faites une
distinction entre distributeurs versus fabricants? Est-ce que vous faites une
distinction...
M. Desbiens (Luc) : Pour
l'instant, notre indicateur, c'est une adresse et des... il y a une... comment
je pourrais dire... une définition, je ne sais pas si tu l'as précisément,
là... Mais c'est une présence significative au Québec.
M. Beauchemin : OK, mais ça
peut être un...
M. Desbiens (Luc) : Ça
pourrait être un distributeur.
M. Beauchemin : Ça peut être
un distributeur. Ça n'a pas besoin d'être le manufacturier.
M. Desbiens (Luc) : Oui. Ça
pourrait être un distributeur d'adresse d'affaires.
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que... Parce que ça, c'est quand même une lacune qui avait été soulevée, là,
par le VGQ, là, le Vérificateur général. Est-ce qu'il y a l'intention, dans
votre équipe, de faire, justement... Parce que le secteur manufacturier, veux
veux pas, là, on est en déclin au Québec, là, on l'a remarqué, là, depuis les
huit dernières années. On peut peut-être aider, donner un coup de pouce en...
justement, à prix égal, ou peut-être à l'intérieur du 10 %, plus favoriser
un distributeur qui distribue quelque chose qui est manufacturier au Québec
versus ce qu'il distribue qui n'est pas fait au Québec.
M. Desbiens (Luc) : ...on est
en discussion, à l'interne, effectivement, d'essayer d'aller influencer le
choix du distributeur, parce que, nos appels d'offres, ce n'est pas pour un
produit, là. Si je prends le produit d'épicerie à titre d'exemple, il y a à peu
près 1 000 produits à l'intérieur d'un appel d'offres. Donc, on
comprend qu'on ne fait pas un appel d'offres pour de la mayonnaise, un appel
d'offres pour le ketchup, puis un appel d'offres... puis il y a 1 000 camions
qui arrivent au centre hospitalier par semaine. Donc, c'est un distributeur.
Là, on est en train de cogiter, justement,
sur qu'est-ce qu'on pourrait faire pour forcer un distributeur à aller chercher
des fournisseurs québécois plutôt que des fournisseurs étrangers. Donc, on
travaille sur des options, là, qui va peut-être arriver dans les prochains
appels d'offres.
M. Beauchemin : Mais,
parenthèse, il y a eu, malheureusement — vous devez être au courant — la
mise en arrêt, là, de Colabor pendant un bout de temps, qui est un fournisseur
important pour les hôpitaux, là, du Québec, qui eux, majoritairement, se
fournissent de producteurs québécois versus les autres. Il y a Loiselle aussi
qui est pas mal québécois, là, en termes de fournisseurs.
Mais les autres, c'est un peu partout, là,
c'est le Nord-Est américain, l'Ontario et le Québec inclus. Ça fait que c'est
difficile de sourcer, là, d'avoir la source en tant que telle, mais...
M. Desbiens (Luc) : Oui,
bien, Colabor était un de nos clients, donc, c'est un de nos contrats, c'est un
de nos appels d'offres. Donc, on a travaillé fort avec Santé Québec, justement,
pour s'assurer qu'on n'ait pas de bris de service. Mais, effectivement, on
travaille fort pour essayer de trouver des stratégies pour influencer le
distributeur à aller chercher des produits québécois, puis...
M. Beauchemin : Même si
Colabor, maintenant, fait partie de l'empire de Pierre Karl...
M. Desbiens (Luc) : Il
soumissionnera, au besoin.
M. Beauchemin : ...en autant
qu'il puisse avoir des fabricants québécois fiables, ce serait important.
Comment le gouvernement, selon vous... Je
retourne à vous, Mme la ministre, je ne veux pas que vous sentiez que je vous
abandonne, là. Comment le gouvernement compte améliorer la fiabilité des
données et des méthodes utilisées pour évaluer les économies générées par le
CAG?
Mme Duranceau : Ça va être M.
Desbiens qui va répondre à ça.
M. Beauchemin : Je vous
donnais une chance.
M. Desbiens (Luc) : Je
réponds?
M. Beauchemin : Oui.
M. Desbiens (Luc) : On a
toujours sous-estimé les <économies
M. Desbiens (Luc) :
Je
réponds?
M. Beauchemin :
Oui.
M. Desbiens (Luc) :
On a toujours sous-estimé les >économies au CAG depuis sa création, donc
il y a eu un choix fait en disant : Si on n'est pas capable d'avoir des
données fiables, on va prendre le minimum qui... qu'on est capable de
justifier. Il y a eu, justement, le VGQ qui a mentionné qu'on sous-estimait les
économies, qu'on n'était pas capable de l'avoir de façon précise et en
totalité. Donc, ça fait partie de notre plan d'action. Cette action-là est
complétée. Donc, on a mis en place une nouvelle méthodologie qui va permettre
de faire une évaluation des économies sur 100 % des regroupements d'achats
que nous avons dès cette année.
M. Beauchemin : OK, merci.
Combien de temps qu'il me reste?
Le Président (M. Laframboise) :
10 secondes.
M. Beauchemin : Bien, voilà.
Merci beaucoup.
Document déposé
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. Tout d'abord, je confirme le dépôt du document sur Greffier. Donc, il
est maintenant public.
Puis, avant de poursuivre, je comprends
que la ministre fournira l'étude sur la gestion des dépenses en lien avec le
réaménagement des bureaux, suite à une question du député de Marguerite-Bourgeoys
dans le bloc précédant celui-ci, d'ici la fin de la séance ou sinon par
courriel à la commission après la séance.
Mme Duranceau : ...on va
fournir réponse à la question, là. On ne va pour fournir... Il n'y a pas de
rapport, là.
Le Président (M. Laframboise) : OK.
Donc, vous allez répondre à la question puis vous allez nous fournir les
documents.
Mme Duranceau : Oui.
Le Président (M. Laframboise) :
C'est bon. Parfait. Donc, maintenant, nous passons au bloc du gouvernement.
Donc, c'est 12 minutes, et on commence avec le député de Beauharnois.
M. Reid : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, chers collègues, c'est un retour pour moi en
commission parlementaire, il y a longtemps que je ne me suis pas présenté ici,
c'est très agréable.
On a parlé du... on va parler du projet de
loi n° 7, Mme la ministre. Le 5 novembre 2025,
vous avez déposé le projet de loi n° 7, qui
s'intitule Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de
l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires. Je rappelle ici
que ce projet de loi visait à moderniser l'État québécois en simplifiant ses
structures et en renforçant l'imputabilité de ses hauts dirigeants. Ce grand
chantier, vous nous en avez parlé un petit peu tantôt, inscrit dans la volonté
exprimée par le premier ministre dès son discours d'ouverture en septembre
2025, lequel a été adopté le 1er avril 2026. Il introduit des mesures
concrètes touchant plus de 40 entités gouvernementales. On parle ici de
fusions, abolitions de structures, transferts de responsabilités ainsi qu'un
allègement des redditions de comptes à faible valeur ajoutée. Le tout, bien
entendu, sans compromettre la transparence de l'État.
Sur le plan de l'imputabilité, la loi
introduit également des mécanismes structurants pour les titulaires d'emplois
supérieurs. On parle ici de l'instauration d'un stage probatoire et la
clarification des attentes liées à leur rôle. Ce sont des outils ou c'est des
outils concrets pour s'assurer que ceux et celles qui occupent des postes
stratégiques livrent des résultats concrets pour les Québécoises et les
Québécois.
Mme la ministre, notre gouvernement et
vous en même temps avez eu... avez eu le courage de revoir des façons de faire
souvent intouchées depuis quelques années, depuis plusieurs années. Il s'agit
d'un premier jalon, d'une démarche plus large qui vise à bâtir un État plus
agile, plus efficace et plus responsable.
Mme la ministre, maintenant que la loi est
adoptée, pour le bénéfice de ceux qui nous écoutent et de nombreux citoyens,
est-ce que vous pouvez nous expliquer comment se déroule la mise en œuvre de
ces dispositions et quelles sont les prochaines étapes du grand chantier sur
l'efficacité de l'État? Vous en avez parlé tantôt, vous avez élaboré sur
certains piliers, mais j'aimerais en entendre davantage, s'il vous plaît.
Mme Duranceau : Oui, bien,
merci pour la question. Donc, je pense que c'est structurant, là, ce qui est en
train de se produire. D'ailleurs, je vais en profiter pour remercier toute
l'équipe du Secrétariat du Conseil du trésor qui est là, parce que si on est
capable d'avancer, honnêtement, c'est parce qu'ils portent... tous ensemble,
là, ils portent ces changements-là puis ils y croient. D'ailleurs, M. Nikolas
Ducharme, oui, qui est là, qui est le grand, quoi? manitou, c'est-tu ça?
Une voix : ...
Mme Duranceau : C'est ça,
exactement, de notre projet d'efficacité de l'État. Puis le PL n° 7,
c'était peut-être le premier morceau de robot, si on peut faire cette
référence-là. Puis l'idée, c'est d'avoir un projet de loi comme ça, un omnibus
qui va revenir à chaque... à chaque session, un peu comme les Affaires
municipales ont un omnibus pour des changements législatifs, même chose au
ministère des Finances, qui a son omnibus pour les mesures fiscales. Donc,
d'avoir un omnibus efficacité de l'État pour que tous les ministères et
organismes sachent que : Heille, ça, telle affaire, il faut changer ça,
qu'ils n'aient pas besoin d'attendre d'avoir un projet de loi. Par ailleurs,
ils savent qu'il y a un mécanisme qui est là deux fois par <année...
Mme Duranceau : ... Par
ailleurs, ils savent qu'il y a un mécanisme qui est là deux fois par >année,
où ils peuvent soumettre leurs changements.
Donc, ça, je pense que c'est très
constructif puis porteur, puis ça envoie un message aussi. L'efficacité de
l'État, ce n'est pas juste une affaire d'un gouvernement à un moment donné,
c'est un changement que l'administration publique embrasse puis veut
poursuivre. Donc, je pense que ça envoie un signal qui est fort. Ça fait qu'il
y a eu... Donc, il y a eu le PL n° 7, qui était... qui visait à réduire la bureaucratie, accroître
l'efficacité de l'État puis renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires.
Et un prochain omnibus, ce serait probablement un peu un titre similaire, parce
que ça va être ça, l'objectif, à chaque fois.
• (17 h 20) •
Puis on a eu aussi un projet de loi qui
était porté par notre collègue de Beauce-Sud, qui modifiait... c'était la Loi
modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif. Donc, là aussi, quand je dis qu'on fait les
choses de manière structurée, ce projet de loi là, un paquet de rapports, de
reddition de comptes... Tu sais, des fois, si je prends, pour ma part, là,
quelque chose qui relevait de moi, donc, le rapport sur l'application de la...
mais...
Une voix : ...
Mme Duranceau : La Loi sur
l'administration publique. C'est une loi qui a été mise en vigueur en 2000, si
je ne me trompe pas, puis là on est en 2026, puis on faisait encore des
rapports d'application d'une loi votée il y a 20 ans... 25 ans,
26 ans. Donc, à un moment donné, elle est... elle est intégrée, cette
loi-là, dans les bonnes pratiques. Les pratiques ont évolué puis on n'a plus
besoin de faire rapport tout le temps là-dessus. Donc, ça, c'est un exemple, celui-là,
bien concret.
Puis, vous savez comme moi, là, on fait
des rapports, on les lit, on les corrige, une autre personne passe dessus.
Donc, combien d'heures sont libérées par l'abolition d'une multitude de
rapports, bien, c'est comme ça qu'on va améliorer notre efficacité de l'État.
J'ai répondu à des questions sur la réduction des ETC, bien, c'est un bel
exemple. On réduit des ETC sans toucher aux services aux citoyens. Alors, c'est
ça, toute la démarche qui, je pense, est constructive par rapport à l'efficacité
de l'État.
Le grand chantier qui est... qui est mis
de l'avant, il y a trois piliers... Puis là je ne sais pas j'ai combien de
temps, parce que je peux vous parler de ça pendant des heures.
Le Président (M. Laframboise) :
Il reste six minutes au gouvernement.
Mme Duranceau : OK. Donc,
trois piliers. Le premier, c'était d'optimiser l'organisation du travail puis
les structures administratives; le deuxième, renforcer la saine gestion des
dépenses de fonctionnement et des investissements; puis le troisième, j'en ai
parlé tantôt avec le député de Saint-Jérôme, maximiser l'impact des dépenses de
transfert de l'État.
Donc, premier pilier, comment on organise
le travail, ce sont les structures. Donc, on a parlé d'organismes qu'on a
fusionnés ou abolis. Donc, on revoit les structures qui sont lourdes, qui gagnent
à être mutualisées ou distribuées autrement. C'est ça, notre premier pilier.
Le deuxième pilier, saine gestion des
dépenses de fonctionnement. Ça, c'est les dépenses de l'État, de manière
générale. Je ne sais pas, moi, certains contrats d'approvisionnement, on a
parlé du CAG, ça fait que c'est là-dedans. Ensuite de ça, s'assurer que nos
investissements, que chaque dollar est bien investi, c'est toute notre gestion
du PQI, s'interroger sur nos devis techniques puis ce qu'on définit comme
besoins. Puis ces besoins-là, ils vont coûter combien après? Puis il y a-tu
moyen d'arriver au même résultat, mais en définissant peut-être moins les
besoins, puis on va laisser le marché nous proposer des choses qui vont nous
permettre d'atteindre nos résultats à meilleur prix. Ça fait que ça, c'est le
deuxième pilier.
Puis le troisième pilier, bien, c'est,
justement, de s'interroger sur nos missions essentielles... nos services
essentiels, nos missions essentielles et notre panier de services. Et, bien, à
travers ça, c'est les programmes, hein, qui financent un paquet de services à
la population. Donc, l'analyse qui va être faite globalement puis par
ministère, c'est de s'interroger sur, OK, qu'est-ce qui est essentiel, qu'est
ce qui est le panier de services, puis est-ce que ce que j'offre comme service
additionnel, c'est encore ça dont la population a besoin ou il faudrait
transformer notre façon de faire.
Puis je pense aussi, à travers tout ça, il
y a l'intelligence artificielle puis il y a le numérique. Tu sais, s'il y a une
chose qui va transformer de manière fulgurante les façons de faire, c'est
l'intelligence artificielle puis le numérique.
Le Président (M. Laframboise) :
...3 min 36 s.
M. St-Louis : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, chers collègues. Mme la ministre, j'aimerais qu'on <revienne...
M. St-Louis :
...
Mme la ministre, chers collègues. Mme la ministre, j'aimerais qu'on >revienne
sur la réduction des ETC. On en a beaucoup parlé, vous me direz, mais tellement
de chiffres ont été mis de l'avant, les chiffres... le chiffre net absolu, les
cibles 2018, les nouvelles cibles. J'aimerais ça reprendre avec vous la
chronologie de tout ça pour que... pour la compréhension des gens qui nous
écoutent, et puis l'impact de l'exemple que vous avez effleuré, là, du retour
des infirmières dans le réseau de la santé, qui étaient en agence autrefois,
donc, qui vient, à mon avis, fausser le calcul. Alors, j'aimerais vous
entendre.
Mme Duranceau : OK, bien,
première promesse en 2018, on va réduire de 5 000 ETC global, là, fonction
publique, hors fonction publique. Cette promesse-là a été atteinte, on le voit
dans notre stratégie de gestion de dépenses 2023-2024, publiée et approuvée,
380 millions d'économies. Ça, c'était une première promesse remplie.
Deuxième promesse, annoncée l'année dernière, 5 000 ETC; 4 000,
fonction publique, 1 000, hors fonction publique. Donc, fonction publique,
ce sont... c'est l'administration de l'État. Donc, on est en voie d'atteindre
l'objectif de 4 000, on est à 3 106, au moment où on... bien, en tout
cas, au 31 mars. Et ça a été fait de manière très chirurgicale, là, ce
n'était pas... c'était raisonnable. On parle de postes qui... de départs à la
retraite, de congédiements, de démissions et de gel de recrutement, donc, et de
répartition du travail qui s'est faite autrement, pour ne pas affecter les
services à la population. Ça fait que ça, ce chiffre-là, au niveau de la
fonction publique, il va être... il va être atteint, on est déjà à 3 106
sur 4 000.
Maintenant, fonction publique, réduction
de 1 000, on est à 434. Pourquoi? Bien, le hors fonction publique, ce sont
les réseaux, hein, ça fait que c'est le réseau de l'éducation, c'est le réseau
de la santé. On n'a pas prévu de gel d'embauche de ce côté-là parce que ça,
c'est des services directs à la population. Bon, tout le monde doit faire des
efforts budgétaires, d'où le 1 000 qui est... qui est prescrit. Mais, tu
sais, un bon exemple d'augmentation d'ETC dans le milieu de la santé, c'est l'ouverture
des maisons des aînés, ça a pris du monde pour ça. 46 maisons des aînés. Ça a
pris des gens, là, des préposés, des infirmières pour aller travailler là. On a
voulu réduire la main-d'oeuvre indépendante. Donc, ce qu'on payait aux agences,
on a économisé des centaines de millions avec ça. Bien, il a fallu remettre des
infirmières sur notre «payroll». Préposés aux bénéficiaires, on en a embauchés,
là, suite à la pandémie, il y a eu une... un effort, là, colossal, je pense que
c'était 10 000 préposés aux bénéficiaires, parce qu'on avait besoin
de monde dans nos hôpitaux.
Alors, ça, évidemment, les oppositions,
elles ne font pas ces nuances-là ou, tu sais, elles ne s'attardent pas à le
nuancer, mais, à un moment donné, on veut des profs, on veut des aides à la
classe, on veut, tu sais, des travailleurs de la santé dans les maisons des
aînés. Bien, je veux dire, il faut les embaucher. Donc, je pense que ces
nuances-là sont importantes à faire quand on dit : Ah! ça a augmenté de
100 000. Attention, là. Ça a augmenté, il y a des services directs qui
sont liés à cette augmentation-là. Et 92 % de l'augmentation, là, du
108 000, je pense, 92 %, c'est pour les réseaux de la santé et de
l'éducation. Puis j'en parlais tantôt, tu sais, dans mon comté, ils ont... ils
me le disent. Augmentation de la clientèle, 6 %, augmentation de la masse
salariale, donc de services directs à l'élève, 65 %. Donc, tu sais, je ne
l'invente pas, là.
On peut critiquer, là, tant qu'on veut,
mais il n'y a jamais un gouvernement qui a dépensé autant... investi, je
dirais, autant sur... dans les services à la population. J'aimerais rappeler
aussi que, tu sais, on était en rattrapage, là, par rapport à l'austérité
libérale des années qui nous ont précédées. Juste pour la forme, là.
Adoption des crédits
Le Président (M. Laframboise) : Merci.
Le temps alloué à l'étude du volet Conseil du trésor des crédits budgétaires du
portefeuille Conseil du trésor, Administration gouvernementale et Efficacité de
l'État étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix
des crédits.
Le programme 1, intitulé Soutien au
Conseil du trésor, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) :
Sur division, adopté sur division. Le programme 2, intitulé Soutien aux
fonctions gouvernementales, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division. Le programme 3, intitulé Commission de la fonction
publique, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division. Le programme 4, intitulé Régimes de retraite et
d'assurances, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division. Le programme 5, intitulé Fonds de suppléance, est-il
adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur <division.
Le Président
(M. Laframboise) :
... est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur >division.
Le Président
(M. Laframboise) : Adopté sur division.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 17 h 35, où elle entreprendra l'étude du
volet Conseil du trésor — Autorité des marchés publics des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil du trésor, Administration gouvernementale
et Efficacité de l'État. Merci. On se revoit tantôt.
(Suspension de la séance à 17 h 29)
17 h 30 (version révisée)
(Reprise à 17 h 35)
Le Président (M. Laframboise) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, la Commission des
finances publiques reprend ses travaux.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Conseil du trésor, Autorité des marchés publics, des crédits
budgétaires et du portefeuille Conseil du trésor, Administration
gouvernementale et Efficacité de l'État pour l'exercice financier 2026‑2027.
Une enveloppe d'une heure a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. Mme Hébert (Saint-François) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord); Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Reid
(Beauharnois); et Mme Zaga Mendez (Verdun) est remplacée par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Autorité des marchés publics
Discussion générale
Le Président (M. Laframboise) :
Merci, Mme la secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général
par blocs, incluant les questions et les réponses. Je suis maintenant prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle. M. le député
de Marguerite-Bourgeoys, pour 17 min 51 s.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. On va juste vous demander de tenir le temps pour
nous parce qu'on a un problème de... d'ordinateur. Voilà.
D'entrée de jeu, j'aimerais... j'aimerais
beaucoup, si c'est possible, de remercier les gens de l'Autorité des marchés
publics pour l'immense travail que vous faites à mettre en place des processus,
à faire en sorte qu'on puisse avoir des vérifications, à s'assurer que, pour
les Québécois, les gens qui paient, en bout de piste, là, OK, avec leur argent...
que le gouvernement met en place les paramètres, les cadres, les mesures
nécessaires pour s'assurer, là, qu'on puisse en avoir pour notre argent, minimalement.
Donc, un gros merci, là, pour ce que vous faites.
Je vais... je vais vous parler... je vais
vous parler de SIFA, puis je vais vous parler, évidemment, de Santé Québec. Je
vais vous parler, évidemment, de la... des recommandations que vous avez faites
pour la Société de l'assurance automobile du Québec, le fameux SAAQclic, puis
je vais vous parler, là, du DSN, OK, donc, en entrée de jeu. J'ai deux blocs, ça
fait que je vais essayer de séparer ça moitié-moitié, puis ça se peut qu'on s'enfarge
puis qu'on parle trop longtemps sur un sujet, ça fait que peut-être qu'on va
hypothéquer un autre, mais on verra.
Donc, vous avez émis, la semaine dernière,
une décision accablante entourant la mauvaise gestion des fonds publics au sein
de... du MSSS et de Santé Québec. La gouvernance du projet SIFA a été bâclée,
les fonds publics gaspillés. On parle d'un projet stationné, parqué à 400 millions
de dollars, avec des coûts, là, de 723 000 $ par mois juste pour être
suspendu, un frais, là, de 175 millions de dollars pour être résilié. J'aimerais
donc vous entendre là-dessus. Pouvez-vous nous expliquer le processus, ce qui
vous a amenés, là, à vouloir enquêter, là, sur SIFA?
Le Président (M. Laframboise) :
...
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Laframboise) :
Consentement. Donc, vous allez vous nommer et vous présenter.
M. Trudel (Yves) : Bonjour.
Alors, merci, M. le Président. Yves Trudel, je suis président-directeur général
de l'Autorité des marchés publics.
Concernant votre question, donc, ce qui
nous a amenés à s'intéresser au projet SIFA, c'est deux dénonciations que nous
avons reçues, anonymes, à l'effet qu'il y avait des problématiques dans le
cadre du contrat SIFA. Donc, nos équipes se sont intéressées à regarder où
était la problématique. On a débuté l'enquête, puis ça a résulté par la
décision que vous avez lue il y a deux semaines.
M. Beauchemin : Donc, c'était
un processus où les gens peuvent dénoncer ce qu'ils voient, ce qu'ils
entendent, puis ça reste anonyme. Ces gens-là peuvent... Quand ça arrive, là,
ça, vous avez ce genre d'entrées là, d'informations là qui rentrent, là, j'assume
que vous trouvez... vous avez une façon de vérifier : c'est-tu valide, c'est-tu...
puis là vous avancez dans votre processus d'enquête. Avant de le faire, j'assume,
là, pour valider si ça vaut la peine ou pas, vous vérifiez, il y a un certain
mécanisme de vérification avant d'aller de l'avant?
M. Trudel (Yves) : Tout à
fait. Donc, absolument, on ne prend pas pour acquise que les dénonciations...
ce que les dénonciateurs nous disent. On vérifie toujours, au début, on regarde
si ça fait du sens un peu, ce qui nous a été dit, si c'est le cas, et, à ce
moment-là, après quelques vérifications, on finit par ouvrir un dossier d'enquête
puis aller de l'avant dans le dossier parce qu'il y a matière à enquêter.
M. Beauchemin : OK. J'aimerais
ça juste valider quelques points, là, ici. Vous avez dit que les coûts... dans
votre <rapport...
M. Beauchemin : ...J'aimerais
ça juste valider quelques points, là, ici. Vous avez dit que les coûts... dans
votre >rapport, dans votre décision, les coûts ont explosé aux points 2.1,
2.2, c'est un peu technique, là, mais juste, vous comprenez ce que je dis
sûrement, là, les coûts ont passé, là, de 200 à 409 millions de
dollars. Point d'interrogation.
M. Trudel (Yves) : Entre
autres. Oui.
M. Beauchemin : Entre
autres. Puis...
M. Trudel (Yves) : Oui.
Donc, la première chose qui a éveillé nos... notre intérêt dans ce dossier-là,
c'est l'autorisation qu'avait donné le Conseil du trésor en 2022 pour un projet
évalué à 202 millions. Par la suite, on s'est rendu compte qu'il avait été
scindé en deux, ce projet-là, donc c'était SIFARH au début, c'étaient finances,
approvisionnement et ressources humaines. Et le projet a été scindé en deux. Et
le volet SIFA uniquement coûtait 200... coûtait maintenant 409 millions.
• (17 h 40) •
M. Beauchemin : Je ne
veux pas prêter de mauvaises intentions, rien de ça, mais en agissant de la
sorte, là, est-ce qu'on... on en arrive à donc tomber en dessous d'un certain...
un genre de «threshold», un niveau, un endroit où, à partir de ce point-là, on
a moins de besoin de l'avoir... de la surveillance ou il y a quand même de la
surveillance, peu importe les montants, là?
M. Trudel (Yves) : Il y a
de la surveillance, peu importe le montant.
M. Beauchemin : OK. Au
MSSS, quand le projet débute, on réalise en avril 2024 que les coûts sont
nettement plus élevés pour la portion attribuable au PQI. Ça, c'est ce que vous
avez dit. C'est bien ça?
M. Trudel (Yves) : C'est
bien ça.
M. Beauchemin : OK.
Pouvez-vous nous expliquer les dépassements du PQI budgété interne, là, du
MSSS, s'il vous plaît?
M. Trudel (Yves) : Non,
je ne suis pas en mesure de vous expliquer le dépassement PQI, bien entendu, le
PQI-RI. Non, je ne suis pas en mesure de vous l'expliquer.
M. Beauchemin : OK. Les
coûts ont quand même explosé, on l'a vu au niveau du... du PQI, là, puis c'est
des budgets qui sont internes à l'intérieur du MSSS. Ça fait partie, là, dans
leur façon de voir... eux autres, ils considèrent développement,
infrastructure, informatique, etc., comme étant partie, là, de... d'un
programme québécois, là, de l'infrastructure. Eux, en fait, ce qu'ils essaient
de faire, c'est un lien par rapport à ce que vous, vous avez noté, que les
coûts ont explosé. Donc, je vous... je vous mettais ça dans un langage où
est-ce qu'on parlait des pics du PQI, là, budget interne, là, du MSSS. Mais,
dans la façon que vous, vous l'avez analysé, là, est-ce que vous pouvez nous
expliquer comment on en est arrivés à des dépassements de coûts aussi
significatifs?
M. Trudel (Yves) : En
fait, il y a un volet extrêmement important dans la discussion que vous avez en
ce moment avec moi puis dans votre questionnement. On parle beaucoup de
dépassements de coûts en informatique. Nos constats en informatique ne sont pas
nécessairement des dépassements de coûts, mais une mauvaise évaluation, un
mauvais estimé des coûts au départ.
M. Beauchemin : ...ça
semble être habituel, là, on le fait tout le temps. On sous-estime, parce que
c'est plus facile à avaler la pilule initialement, puis après ça... C'est
pourquoi qu'on fait ça?
M. Trudel (Yves) : Il y a
différentes raisons. Ça dépend de chacun des contrats, là. Dans chacun des
contrats, il y a différentes explications qui nous sont fournies. Mais,
honnêtement, on voit que ça pourrait être, par exemple : Bien, je veux
absolument que mon projet soit autorisé, donc je vais mettre les chiffres pour
avoir l'autorisation.
M. Beauchemin : Une fois
que tu as le bras dans le tordeur, ce n'est pas la fin du monde.
M. Trudel (Yves) : Une
fois que je vais avoir conclu le contrat puis que ça va partir, bien, on verra
à ajuster tout ça. Parfois, c'est vraiment... je focusse sur la solution
technologique sans avoir défini mon besoin d'affaires. Ça, c'est...
M. Beauchemin : Comment
on solutionne ça, ce réflexe-là? Parce que ça semble se répéter à plusieurs
reprises, à plusieurs endroits dans l'appareil. Comment on... comment on arrête
d'avoir ce microbe?
M. Trudel (Yves) : Bien,
en fait, c'est un problème qui date depuis des années. Au Québec, on s'est
attardés beaucoup, dans les dernières années, au volet construction, hein,
c'est plus évident. Un hôpital, une école, des routes, un pont, on le voit,
c'est tangible, on voit... on voit ça se bâtir. Il y a eu une commission
Charbonneau sur la construction. Donc, on a focussé beaucoup, au Québec, au
niveau de la construction, très peu au niveau de l'informatique.
Ce qu'on se rend compte, c'est que, depuis
des années, il y a une culture en informatique qui s'est installée, c'est-à-dire
qu'on a un besoin. Clairement, mon système est désuet, je ne suis plus supporté,
il faut que je change ça sans nécessairement prendre le temps de regarder tout
changer. C'est quoi, la valeur ajoutée à la... à ma mission? Quel type de
solution j'ai besoin? Pour ça, il faut que je développe mes besoins... Il faut
que j'identifie mes besoins d'affaires, développe mes processus, les mettre à
jour. Donc, ma mission, c'est ça. J'ai besoin de bâtir un système pour livrer
des services à la population. C'est quoi, le... c'est quoi, mes besoins? Une
fois que ça, c'est bien établi... ça, ils le font rarement. Donc, on est
rarement en amont. On est beaucoup... on se dépêche à trouver la solution,
puis, <quand...
M. Trudel (Yves) :
...on
est rarement en amont. On est beaucoup... on se dépêche à trouver la solution,
puis, >quand le fournisseur arrive... ça, c'est les fournisseurs qui
nous le disent, quand les fournisseurs arrivent, le contrat est conclu, ils se
rendent compte que, mon Dieu, tout est à faire. Ce n'est pas comme c'était
proposé, ce n'est pas comme il y a au devis, ce n'est pas comme il y avait dans
les documents d'appel d'offres. Donc, c'est extrêmement important, ce volet-là,
de bien, bien, bien évaluer le besoin d'affaires puis en faire des processus,
pas permettre au fournisseur de venir s'installer puis dire : Mon Dieu,
mais tu as... ça, tu n'as pas fait ça, tu as oublié de dire ça, tu ne m'as pas
dit que c'était ça.
M. Beauchemin : Pour les
gens qui nous écoutent, là, ça fait combien d'années que vous, vous êtes en
poste?
M. Trudel (Yves) : À l'Autorité
des marchés publics? Sept ans.
M. Beauchemin : Sept ans.
Puis, vous, le constat que vous faites actuellement, là, ce n'est pas la
première fois, là, que vous en parlez, de ce constat-là, là. Ce n'est pas la
première fois que vous dites que c'est effectivement... on est en mode
rattrapage, là, département par département, ministère par ministère, on n'a
pas de vue d'ensemble, etc. Ça fait au moins depuis l'année après votre arrivée
que vous le dites, n'est-ce pas?
M. Trudel (Yves) : Au
niveau de l'informatique?
M. Beauchemin : Oui.
M. Trudel (Yves) : Oui,
comme à tous les niveaux. Donc, l'Autorité des marchés publics, on s'est donné
comme objectif de changer des cultures. Donc, depuis 2020, on est dans une
approche où ce qu'on souhaite, c'est que je n'intervienne plus jamais dans ces
affaires-là pour changer des cultures. Et je dois vous avouer que, depuis sept
ans, ça a évolué énormément, au sein des organismes publics, et pour le mieux.
L'informatique a été négligée un peu au niveau des enquêtes, peu importe par
quel organisme d'enquête. Comme ça a été négligé un peu, là, on tombe
là-dedans, ça a l'air gros. C'est gros, parce que c'est des fonds publics,
évidemment, mais je tiens à répéter que ce n'est pas nécessairement des
dépassements de coûts, c'est un mauvais estimé des coûts au départ.
M. Beauchemin : ...début
que vous êtes en poste, vous le remarquez, que c'est le modus operandi. Depuis
le début que vous êtes en poste, vous remarquez l'approche d'y aller de façon
départementale, d'y aller de façon isolée, en mode rattrapage, de ne pas avoir
une vue d'ensemble. Depuis le début, les planifications sont faites de cette
façon-là pour, par la suite, en arriver à se dire : Bien non, mais,
finalement, ce n'est pas la bonne solution, on recommence, c'est plus gros.
Puis, depuis le début, on a des SAAQclic, SIFA, etc., là, puis c'est... je
parle juste des années sous la CAQ, là. Donc, j'essaie de comprendre comment se
fait-il... Parce que vous, vous vous rapportez au Conseil du trésor, si je
comprends bien...
M. Trudel (Yves) : Oui.
L'AMP est un organisme neutre et indépendant, mais, effectivement, je suis sur
le portefeuille de l'administration gouvernementale.
M. Beauchemin : C'est ça.
Puis là, vous, au Conseil du trésor, vous avez eu plusieurs ministres, là,
depuis les sept dernières années, là. J'assume que vous avez ventilé vos
doléances là-dessus depuis les sept dernières années?
M. Trudel (Yves) : ...tellement
en informatique, mais récemment, oui, depuis, je vous dirais, une année certain.
On exprime ce qu'on doit exprimer en informatique auprès des autorités.
M. Beauchemin : Mais
donc le gouvernement, l'appareil au niveau des ministres, il n'était pas au
courant de ce que vous dites, il n'était pas au courant que ça allait...
c'était mal planifié?
M. Trudel (Yves) : En
fait, l'année dernière... mais, en fait, le 23 mai dernier, j'ai eu un mandat
de la prédécesseure de Mme la ministre, donc Mme LeBel à l'époque, pour
faire une veille, je dirais, stratégique sur les problématiques en informatique
au Québec.
M. Beauchemin : Puis
c'est la première fois?
M. Trudel (Yves) : Que
l'AMP avait un mandat de veille? Oui. En informatique, oui.
M. Beauchemin : Ça
aurait peut-être dû être fait avant, ça. OK. Encore suite, là, au rapport, là,
que je vous mentionnais tantôt, là, vous aviez mentionné... Santé Québec
arrive, là, avec le MCN, à recommander l'arrêt du projet après son audit, mais
la clause de non-résiliation de 175 millions de dollars fait peur au
ministre de la Santé, si je comprends bien. C'est bel et bien ça? Le 175 millions,
là, si tu résilles, ça va te coûter 175 millions, ça fait peur un petit
peu, là, à la machine?
M. Trudel (Yves) : Effectivement.
Donc, s'il y a un manquement important dans ce contrat-là, c'est de ne pas
avoir inclus de clause de résiliation. Puis, comme vous pouvez voir dans la
décision qu'on a rendue dans ce dossier-là, ils évoquent la raison pour
laquelle ils n'ont pas mis la clause de résiliation... c'est que le fournisseur
n'aurait pas signé le contrat s'il y avait eu une clause de résiliation, parce
que c'est un forfaitaire puis il considérait qu'il prenait tous les risques. Je
vous dis ce que le fournisseur nous a dit.
M. Beauchemin : Peut-être,
mais, je veux dire, quand on l'a signé, là, c'était quand même assez évident,
là, cette clause-là. Le 175 millions, il était clair, net et précis, là.
Il n'y a pas eu d'alarme qui a sonné? Nulle part?
M. Trudel (Yves) : Certainement
pas.
M. Beauchemin : Incroyable!
Bon. Puis là ça, ça a été signé par quel ministère, ce contrat-là?
M. Trudel (Yves) : Ce
contrat-là <était...
M. Beauchemin :
...Puis
là ça, ça a été signé par quel ministère, ce contrat-là?
M. Trudel (Yves) :
Ce
contrat-là >était... c'était coordonné, si vous voulez, par le ministère
de la Santé, mais le contrat a été... l'appel d'offres, les documents d'appel
d'offres ont été construits par le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
M. Beauchemin : Donc,
c'est le ministère de la Santé qui est responsable de ce gâchis-là.
M. Trudel (Yves) : Oui.
M. Beauchemin : OK.
Ensuite, là, on entre vraiment, là, dans la poutine gouvernementale, le
rehaussement du budget, l'interruption de projets après un an,
demi-tergiversations, etc., etc., là, tout ce que vous avez dit, là. C'est
quand même assez... assez spécial. Ce qu'on constate, là, c'est que le MSSS n'a
pas géré de façon diligente les fonds publics. C'est ma perception, c'est
l'interprétation que je fais de vos commentaires. En fait, je pense que vous le
dites même, vous-même, clairement. Est-ce que vous pouvez nous expliquer, là,
les raisons de votre constat de ça, là?
• (17 h 50) •
M. Trudel (Yves) : Les
raisons, c'est que le... le MSSS a donné la responsabilité au CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean
d'élaborer les documents d'appel d'offres, d'aller de l'avant avec ça et le
MSSS avait la responsabilité budgétaire dans ce dossier-là. De ce qu'on a
constaté, c'est qu'à un moment donné le... et ça, c'est ce qui nous a été
répondu dans l'enquête, le CIUSSS qui était responsable d'écrire l'appel
d'offres a questionné à l'occasion le MSSS pour avoir l'enveloppe, la valeur
budgétaire et ils n'ont pas eu de réponse. Alors, ils ont décidé d'aller de
l'avant quand même avec la conclusion du contrat.
M. Beauchemin :
Incroyable!
M. Trudel (Yves) : Et,
bien, à la conclusion du contrat, comme vous le voyez, le MSSS s'est rendu
compte qu'il manquerait d'argent.
M. Beauchemin : Incroyable.
Donc, qui est responsable de ça? C'est qui?
M. Trudel (Yves) : Dans
le sens de... Pardon, je saisis mal.
M. Beauchemin : Bien, de...
de ne pas avoir compris que ça allait être... que ça allait être ça et qu'il
allait manquer d'argent. Qui qui est... Qui qui n'est pas... Qui a manqué cette
vision-là?
M. Trudel (Yves) : Clairement,
dans le contexte du... de la signature du contrat, c'est le MSSS.
M. Beauchemin : Puis il
n'y avait pas d'audit de la part du ministère de la Santé pour s'assurer que le
MSSS se rapporte? On parle d'un montant quand même important, là, ici, là. Il
n'y a pas... il n'y a pas un appel à toutes les semaines ou à tous les mois,
minimalement, là, que... où est-ce que tu en es dans ce... dans ce contrat-là?
Il n'y avait pas de ça?
M. Trudel (Yves) : Non,
il n'y en a pas eu, définitivement pas, parce qu'on ne serait pas ici avec
celle-là aujourd'hui, c'est sûr.
M. Beauchemin : Donc, il
n'y avait aucune... Ça fait qu'il n'y avait aucune gouvernance de suivi sur des
contrats, là, significatifs à l'intérieur de la machine du ministère de la
Santé?
M. Trudel (Yves) : Non.
Il y a eu des audits dans ce dossier-là quand Santé Québec est arrivé par le
MCN, mais il était déjà trop tard. Le MCN a fait son travail, donc leur audit
disait exactement ce qu'il avait à dire avec les constats qu'ils ont faits
aussi dans les manquements du contrat, mais il était trop tard.
M. Beauchemin : Donc, ça
naviguait, là, à l'abandon, là. Il n'y avait pas de suivi, rien, là, on
gaspillait, on n'avait aucune espèce d'idée, on signait n'importe quoi, là.
M. Trudel (Yves) : Ça ne
naviguait pas à l'abandon, je ne dirais pas ça comme ça, mais ça manquait de
coordination un peu, effectivement.
M. Beauchemin : Tabarouette!
Je vais dire comme vous, là, ce n'est pas... ce n'est pas petit, là. OK.
L'implication de Santé Québec là-dedans, là, pouvez-vous nous en parler un
petit peu?
M. Trudel (Yves) : Bien,
Santé Québec est arrivé... a été créé en 2024 et a été pleinement opérationnel,
je dirais, vers la fin de l'année 2024. Et, ils ont hérité, à ce
moment-là, de... du dossier SIFA, du projet SIFA. Et, déjà, à ce moment-là,
bien, les problèmes avaient commencé. Ils se sont rendu compte aussi qu'ils
manquaient d'argent et ils ont... ils ont travaillé pour en obtenir davantage, je
vais le dire comme ça, puis le gouvernement a refusé de mettre des fonds
additionnels considérant que l'AMP, on était au dossier. Alors, le contrat a
été tout simplement suspendu le temps de l'enquête.
Le Président (M. Laframboise) :
...Marguerite-Bourgeoys. Donc, nous allons poursuivre avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
pour 11 min 54 s.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour. Rebonjour, Mme la ministre. Je vais aussi poser mes
questions à M. Trudel, si vous le permettez bien. Je voulais, justement...
je vais continuer sur la lancée de mon collègue, je voulais un peu mieux
comprendre la séquence ministère de la Santé, Santé Québec, parce que, dans
votre décision, là, dans vos ordonnances, vous soulignez à grands traits la
minimisation des responsabilités du ministère. Pouvez-vous nous en dire
davantage? Est-ce que c'est ce que vous venez d'expliquer par rapport au
transfert des responsabilités à Santé Québec?
M. Trudel (Yves) : En
fait, qu'est-ce qui a été important dans ce volet-là, c'est que le MSSS a
transféré la responsabilité du projet à Santé Québec alors qu'il était déjà à
problèmes. Et, malheureusement, toute l'information utile au dossier n'a pas
été transmise à Santé Québec. Et ça, ça aussi, <ça...
M. Trudel (Yves) : ...toute
l'information utile au dossier n'a pas été transmise à Santé Québec. Et ça, ça
aussi, >ça a été important, parce que, nous autres, on s'en est rendu
compte dans l'enquête parce qu'on demandait de l'information aux gens de Santé
Québec, qui sont maintenant responsables du progrès... du projet, et on a eu un
peu de misère à l'obtenir. Ça a pris un certain temps avant qu'on comprenne — parce
que ça nous a été dit par eux — que l'information était détenue au
MSSS et pas partagée à Santé Québec. Donc, il fallait donc s'adresser à Santé
Québec... au ministère de la Santé, pardon, pour obtenir l'information utile.
Donc, ça a été compliqué un peu.
M. Leduc : Est-ce que j'aurais
raison d'utiliser un peu l'image d'une patate chaude qu'on aurait voulu se
débarrasser au ministère de la Santé?
M. Trudel (Yves) : Bien,
je pense que c'est venu avec la création de Santé Québec, puis là le ministère
de la Santé a tout simplement dit : Bon, bien, ce n'est plus dans ma cour,
c'est dans la cour de Santé Québec, donc je transmets la responsabilité de ce
projet-là à Santé Québec. Je ne vois pas de mauvaises intentions, en tout cas,
nous autres, on ne l'a pas vu comme ça. Mais ça a été transféré à Santé Québec.
M. Leduc : ...point de
vue plus politique, c'est que, souvent, quand c'est un beau projet, des rubans
à découper, des belles annonces, là, le ministère est là, le ministre est là.
Quand ça va moins bien, par contre : Ah! Santé Québec, là, je vous tape
sur les doigts puis vous devez corriger la situation. Il y a comme une espèce
de pare-feu, là, qu'on peut avoir... un pare-feu politique qu'on semble s'être
créé avec ce gouvernement. Ça fait qu'il y a peut-être un danger là. Mais ce
que je retiens, donc, de votre présentation, de votre explication, c'est que ça
a été trop rapide. On a trop rapidement passé ça à Santé Québec alors que Santé
Québec n'était pas opérationnel.
M. Trudel (Yves) : En
fait, Santé Québec était opérationnel à la fin de l'année 2024 et le
dossier a été transmis. Mais, entre transmettre un dossier puis... puis
partager des ressources qui ont suivi le dossier depuis le début, il y a une
marge. Ça, ça n'a pas été fait.
M. Leduc : Il aurait donc
fallu deux choses : attendre un peu — du point de vue du
ministère — avant de transférer le dossier et le transférer au
complet.
M. Trudel (Yves) : Bien,
il aurait pu le transférer au complet puis transférer... pas transférer, mais
prêter les ressources qui étaient attitrées à ce projet-là depuis le début pour
continuer d'accompagner Santé Québec dans le transfert jusqu'à tant que Santé
Québec puisse devenir autonome complètement. Parce qu'il comprenait tout ce
qu'il avait besoin dans ça.
M. Leduc : Mais, en même
temps, on n'a pas créé Santé Québec, permettez-moi l'expression en anglais,
«out of thin air», là. On a pris souvent la côte d'Adam pour créer Ève, là. Si
j'ai bien compris, il y a beaucoup de fonctionnaires, de hauts fonctionnaires,
de cadres qui sont partis. On leur offrait, d'ailleurs, de partir du cabinet...
bien, pas du cabinet, mais du ministère de la Santé pour aller fonder Santé
Québec. C'était le même monde. Ça fait que c'est surprenant qu'il y ait eu une
espèce de non-transfert d'information si c'était physiquement les mêmes
individus.
M. Trudel (Yves) : Je ne
peux malheureusement pas répondre au profil d'individus qui a été transféré à Santé
Québec, mais ça a été un enjeu dans ce dossier-là.
M. Leduc : Ça pourrait
être intéressant, si vous avez à rejouer dans ce film-là, de regarder l'aspect
des individus qui ont transféré... Parce que, oui, c'est une institution,
ministère de la Santé, Santé Québec, mais, des fois, c'est le même monde qui
sont passés de l'un à l'autre, pas à 100 %, mais quand même une quantité
impressionnante de personnes.
M. Trudel (Yves) : ...tout
le monde lit la décision, on ne rejouera jamais dans ce film-là, non. C'est une
espérance.
M. Leduc : Parlons-en,
justement. Trouvez-vous que vous avez eu une bonne collaboration du MSSS dans
votre enquête?
M. Trudel (Yves) :
Excellente.
M. Leduc : Oui? Ça a bien
été?
M. Trudel (Yves) : Puis
de Santé Québec également.
M. Leduc : Parfait. Bonne
nouvelle. Vous mentionnez, je pense, dans votre décision, la volonté de
s'assurer que les informations accessibles soient dans le tableau de bord puis
que ce soit corrigé, puis je pense que vous utilisez l'expression à temps... en
temps opportun. Est-ce qu'à votre connaissance, parce que là c'est quand même
récent, là, votre ordonnance, le 7 mai...
M. Trudel (Yves) : La
semaine dernière.
M. Leduc : Oui. Est-ce
que ça a été corrigé en temps opportun? Est-ce qu'on est encore dans le temps
opportun pour mettre à jour le tableau de bord?
M. Trudel (Yves) : En
fait, comme vous avez vu, une des ordonnances est de nous fournir des plans
d'action, tant au MSSS qu'au... qu'à Santé Québec et on s'attend de voir dans
les actions qui seront prises... puis je n'ai pas de doute que ça va être ça,
on s'attend de voir une rigueur dans l'alimentation des tableaux de bord, donc
dans la... le mettre à jour. Mais le mettre à jour avec les vrais chiffres, les
bons chiffres, ce qui n'est pas le cas actuellement. Ce qui n'était pas le cas,
à tout le moins.
M. Leduc : Ça, je
comprends.
M. Trudel (Yves) : Je ne
dis pas qu'il ne travaille pas là-dessus actuellement, parce qu'on n'a pas reçu
encore le tableau... le plan d'action, parce qu'on a demandé dans
60 jours, là, il y a quand même beaucoup de choses à faire au niveau de Santé
Québec et du ministère de la Santé pour répondre à nos ordonnances. Donc, on
n'a... on n'a pas encore les plans d'action, mais ça... je suis convaincu que
ça va être des actions.
M. Leduc : Donc, en
matière de délai, ils ont 60 jours pour vous fournir le plan d'action à
partir du 7 mai dernier.
M. Trudel (Yves) :
Exactement.
M. Leduc : À l'intérieur
de ce 60 jours-là et à l'intérieur de ce plan d'action là, il y aura une méthodologie
ou, en tout cas, une manière de mettre à jour les tableaux de bord ou ils
pourraient le faire tout de suite?
M. Trudel (Yves) : En
fait... Bien, ils le font peut-être.
M. Leduc : On n'a pas
besoin d'attendre 60 jours puis un plan d'action.
M. Trudel (Yves) : Non,
effectivement, ils le font peut-être et ils sont peut-être déjà en train de...
d'agir à ce niveau-là puis ils vont nous le produire comme ça dans le plan
d'action. C'est possible. Puis, honnêtement, je ne suis pas inquiet du
redressement. J'ai eu la chance de rencontrer les dirigeants de Santé Québec et
je ne suis même vraiment pas inquiet du redressement qu'ils veulent donner à ce
projet-là et à tous <les...
M. Trudel (Yves) : ...les
dirigeants de Santé Québec et je ne suis même vraiment pas inquiet du
redressement qu'ils veulent donner à ce projet-là et à tous >les projets
qui vont suivre. Ça ne m'inquiète pas, honnêtement, c'est... Je pense qu'ils ont...
ils voient le sérieux de la chose, ils voient le manque de rigueur qu'il y a eu
dans le passé dans ce dossier-là, et, maintenant, ils constatent que ça...
c'est de la gestion de fonds publics, donc c'est des sous des contribuables qui
sont dépensés dans ces... dans ces contrats-là, et c'est important d'y mettre
la rigueur. Puis les tableaux de bord sont là pour une raison, c'est pour
donner l'information en reddition de comptes. Il faut qu'elle soit.... il faut
qu'elle corresponde à la réalité, pas : on va en cacher un petit peu.
M. Leduc : Puis, une
fois qu'ils vont vous avoir acheminé leur plan d'action, vous, vous pouvez
faire des commentaires sur le plan d'action si vous le trouvez insuffisant,
vous pouvez intervenir?
M. Trudel (Yves) : Oui,
il faut que ce soit...
M. Leduc : Il faut les
renvoyer faire un devoir, dire : Non, non, c'est...
M. Trudel (Yves) : Il
faut que ce soit à notre satisfaction, effectivement.
M. Leduc : À votre
satisfaction, OK.
• (18 heures) •
M. Trudel (Yves) : Puis
c'est pour ça qu'en cours d'élaboration de plan d'action, il y a beaucoup
d'échanges avec nos équipes. Donc, souvent, ils n'arrivent pas, après
60 jours, avec un plan : Tiens, avez-vous des commentaires? Au fur et
à mesure, s'ils ne sont pas certains, ils vont communiquer avec nos équipes. On
a des gens qui sont responsables de suivre les actions, donc ils vont
communiquer avec eux pour dire : Bien, tu demandais ça, si j'arrive avec
ça, c'est-tu OK, ça répond-tu à votre besoin? Dois-je en faire plus? Donc, il y
a beaucoup d'échanges en cours de route avant d'avoir un plan fini.
M. Leduc : Les frais de
723 000 $ par mois, là, sur les redevances, depuis octobre, depuis
que le projet est suspendu, à partir de quand on pourrait s'attendre à ce que
ce soit revenu à zéro, là, qu'on arrête de faire ça? Dans le fond, qu'on ait
redressé la situation, si je comprends bien.
M. Trudel (Yves) : En
fait, comme vous avez vu dans... vous avez pu lire dans la décision, ça va être
à partir du moment où les... Santé Québec aura l'autorisation de poursuivre ou
non, parce que, pour le moment, il est encore suspendu, donc aura ou non
l'autorisation de poursuivre ses travaux dans SIFA. Et, à ce moment-là, bien,
la machine va repartir puis les frais sont attribuables au fait qu'il est
suspendu. Évidemment, il y a un fournisseur puis il n'y avait pas de clause de
résiliation. Donc, quelqu'un paie.
M. Leduc : Sur le dossier
informatique, êtes-vous en mesure... avez-vous la liberté de nous dire le
nombre d'enquêtes ouvertes ou... bien, en cours ou qui ont été traitées dans
les récentes années qui touchent au domaine informatique? Là, on a, bien sûr,
SIFA. Je pense qu'il y a le DSN aussi. Il y a le PMSJ. Y en a-tu beaucoup
d'autres? Comment vous en gérez de front, là, des enquêtes sur l'informatique
au Québec?
M. Trudel (Yves) : En
fait, la... je vous dirais que la première grande, ça a été SAAQclic. SIFA a
suivi, puis là, bien, c'est... pour chez nous, on est habitués à ça, là. À
partir du moment où on met le pied dans un... dans une activité qui n'a jamais
été vraiment vérifiée, là, on va avoir d'autres dénonciations dans d'autres
projets. Je vous dirais que, présentement, bien, si on exclut SIFA, SAAQclic,
là, parce qu'ils sont terminés, je n'ai pas le nombre exact parce qu'il y en a
peut-être en vérification en ce moment, mais deux ou trois faciles.
M. Leduc : Celui sur le Plan
de moderniser le système de justice aussi, non?
M. Trudel (Yves) : Il
est en vérification en ce moment. Donc, malheureusement, je ne peux pas vous en
dire davantage.
M. Leduc : Oui. Je comprends,
mais il fait partie des enquêtes en cours. Ça, c'est... ça, c'est public de
toute façon.
M. Trudel (Yves) : Il
fait partie des vérifications actuelles qu'on mène.
M. Leduc : Ça fait que,
là, on en avait combien tantôt, quatre ou cinq au total?
M. Trudel (Yves) : Non,
je dirais...
M. Leduc : SAAQclic,
SIFA, DSN, justice...
M. Trudel (Yves) : Oui.
M. Leduc : Ça fait
quatre.
M. Trudel (Yves) : Ça
fait quatre.
M. Leduc : Parfait. Sur
le DSN, justement...
Des voix : ...
M. Leduc : C'est bien
quatre, c'est ça? On s'entend? Merveilleux! Sur le DSN, dans le temps qu'il
reste, ce que je comprends, c'est que, dans ce scénario-là, c'est vous qui avez
ouvert, de votre propre chef, l'enquête...
M. Trudel (Yves) : ...
M. Leduc : Suite, encore
une fois, à des plaintes internes... bien, des plaintes internes ou pas, mais
des plaintes qui vous sont acheminées, ou... Comment ça fonctionne pour
enclencher une enquête de votre propre chef?
M. Trudel (Yves) : Au
niveau du DSN, c'est à notre initiative.
M. Leduc : Donc, vous,
vous avez vu des choses dans les journaux ou vous entendez des bruits?
M. Trudel (Yves) : Les
médias, les... Oui, oui, effectivement, on... à tous les jours, on exerce une
vigie médiatique, donc on regarde ce qui se passe. On exerce également une
vigie au SEAO, on regarde qu'est-ce qui s'est inscrit puis de quelle façon,
tous les jours. Donc, à partir de ça, on est capables d'initier nos propres
enquêtes...
M. Leduc : Je comprends.
M. Trudel (Yves) : ...en fonction
de ce qu'on voit puis de l'importance qu'on doit y donner.
M. Leduc : Je comprends.
Puis avez-vous comme une espèce de grille d'analyse interne qui vous guide pour
dire : On part-tu une enquête ou pas?
M. Trudel (Yves) : On
tombe en vérification, on commence en vérification, on regarde si la conformité
est là et tout, et ça peut arrêter là, et où... là, on se rend compte qu'il y a
peut-être des manquements et on verse en enquête à ce moment-là.
M. Leduc : Ça fait que
c'est des gradations. Puis il y en a combien, mettons, des gradations comme ça,
à l'interne?
M. Trudel (Yves) : Ah!
il n'y a pas de... il n'y a pas de grille de gradation, ça va avec ce qu'on
constate.
M. Leduc : Ça fait que
vérification, puis, si oui ou non, feu vert ou feu rouge, on arrête ou on
continue.
M. Trudel (Yves) : Ou on
continue, effectivement, puis on a... avec ça, on a développé une approche
d'intervention qui est très intéressante, parce que, en faisant notre vigie au
SEAO, quand on constate un <manquement pendant...
>
18 h (version révisée)
< M. Trudel (Yves) : ...parce
qu'en faisant notre vigie au SEAO, quand on constate un >manquement
pendant le processus d'appel d'offres, on communique avec le donneur d'ouvrage,
on identifie le manquement, puis, s'il corrige, on arrête ça là. Et là ça, ça
ouvre la concurrence. Donc, ça, ce qui est intéressant, c'est qu'à ce moment-là
il va arriver qu'il va annuler son appel d'offres, il va arriver qu'il va faire
un addenda, et là il y a d'autres soumissionnaires qui ont la capacité de
soumissionner. On ouvre la concurrence à ce moment-là. Ces vigies-là sont
extrêmement importantes.
M. Leduc : Combien de temps, M.
le Président?
Le Président (M. Laframboise) :
34 secondes.
M. Leduc : Bon. On parlait
tantôt du... celui sur la Justice, que vous disiez qu'il est encore en cours.
Je comprends que vous n'avez pas le loisir de nous donner trop de détails, mais
est-ce qu'on peut s'attendre à une conclusion dans l'année en cours, peut-être?
M. Trudel (Yves) : Très
difficile à vous... à dire, parce que c'est des dossiers qui ont une certaine
ampleur. On a des obligations légales en plus d'équité procédurale, la justice
naturelle embarque là-dedans. Donc, pour toutes ces raisons-là, je ne suis pas
capable de me prononcer. Ce n'est jamais facile de dire combien de temps va
prendre une enquête quand ils ont tous cette envergure-là. Puis évidemment j'ai
la capacité de surveiller que j'ai la capacité. Donc, je ne suis pas un nombre
illimité de ressources.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps que le député d'Hochelaga-Maisonneuve avait. Maintenant,
le député de Jean-Talon, pour 3 min 52 s.
M. Paradis : Bonjour. Donc,
on a peu de temps ensemble. J'aimerais revenir au dossier SAAQclic, que vous
venez d'évoquer, et le rôle de l'AMP par rapport à SAAQclic. Le 13 janvier
2026, vous avez ordonné qu'il y ait une reddition de comptes à tous les six mois
qui vous serait faite par la Société de l'assurance automobile du Québec. Je
comprends donc que la première reddition de comptes arrive bientôt. J'aimerais
que vous nous en parliez. Est-ce que vous êtes en lien avec la SAAQ? Est-ce que
c'est en préparation? Est-ce que vous voyez ça d'un bon oeil? Donnez-nous des
nouvelles de cette reddition de comptes, s'il vous plaît.
M. Trudel (Yves) : Alors, j'ai
des bonnes nouvelles à vous donner en plus. Donc, je dois dire que la
récupération de notre... de nos ordonnances par la SAAQ devrait servir de
modèle à tout organisme public qui est visé par une décision de l'AMP, non
seulement on n'a pas attendu six mois, et eux non plus, donc il y a des
échanges, je dirais, presque hebdomadaires entre nos équipes et les leurs, ça a
été ça au début, et la SAAQ a pris acte de choses extrêmement importantes,
entre autres, dans leur plan d'action, c'est-à-dire, et ça, c'est important, ils
ont revu, ils ont réévalué leurs besoins. Tantôt, je disais à vos collègues, à une
réponse à nos questions : La définition des besoins, c'est la base et c'est
malheureusement trop souvent mis de côté, pas bien évalué. Du fait qu'ils ont
revu leurs besoins, ils ont coupé de 37 millions la valeur d'un contrat.
Donc, ce n'est pas rien. Ne serait-ce qu'ils ont réévalué, pourquoi j'avais
besoin de ça, en ai-je encore besoin, bien, ils sont passés d'un contrat qui
était prévu à 79 millions, il est rendu à 37. Donc, c'est extrêmement
important. Alors, ils ont pris nos décisions, nos ordonnances très au sérieux.
M. Paradis : Et cette
reddition de comptes va prendre quelle forme? Comment ça va se passer? Est-ce
qu'il va y avoir une partie publique à ça? Ça va... parce que ça va être la
première, je pense, dans le cas de ce... de ce contrat. Pouvez-vous nous
indiquer, là, comment vous entrevoyez ce qui s'en vient? Parce que c'est ça, on
arrive, là, hein, ça va être en... ça va être en juin.
M. Trudel (Yves) : Ça va être
en juin, effectivement, fin juin. Bien, la reddition de comptes ne sera pas
publique, là, c'est-à-dire leur reddition de comptes à nous ne sera pas
publique, elle deviendrait publique si on n'est pas satisfait de la reddition
de comptes puis qu'on doit agir à nouveau, elle deviendrait publique. Sinon, ça
fait partie du dossier d'enquête puis les plans d'action qui doivent venir avec.
M. Paradis : C'est-à-dire qu'il
y aura... il n'y aura aucune partie publique de cette reddition de comptes,
soit de la part de la... de la Société de l'assurance automobile du Québec ou
de votre part, parce que, quand même, il y a une... il y a une partie de
transparence, hein, vous savez que, maintenant, le public québécois, on dit SAAQclic,
tout le monde sait de quoi on parle. La transparence est importante. Donc, est-ce
qu'il y a un aspect qui sera public, qui va nous permettre de savoir ce qui se
passe et comment ça avance?
M. Trudel (Yves) : Je pense
que la SAAQ le rendra public parce qu'il y a de l'intérêt à le rendre public, bien
entendu. Je pense que oui, mais nous, à notre niveau, on ne rend pas publics
les plans d'action qui nous sont fournis puis les actions qui en découlent.
M. Paradis : Je comprends. Il
me reste quelques secondes. Dans le rapport sur l'enquête, à la suite de l'enquête
dans le scandale SAAQclic, il y a une recommandation de vous donner plus de
pouvoir. Vous avez réagi favorablement. Est-ce qu'il y a du nouveau là-dessus?
Est-ce qu'il y a du travail qui est fait sur des pouvoirs additionnels à l'AMP
pour éviter que ça se reproduise, ou pour que vous ayez plus de dents?
M. Trudel (Yves) : Donc, pour
votre... pour répondre à votre question, oui, il y a des travaux qui sont en
cours, même que l'Autorité des marchés publics, on a quelqu'un qui, sur ce <sujet-là...
M. Trudel (Yves) :
... sur ce >sujet-là, a participé à des travaux avec le comité
de coordination de la mise en oeuvre des recommandations.
M. Paradis : Et est-ce que
vous pouvez nous en dire plus?
M. Trudel (Yves) : Je... Non.
M. Paradis : Non.
M. Trudel (Yves) : Non.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup, M. le député de Jean-Talon. Nous allons passer à la dernière
période pour l'opposition officielle. 17 min 51 s, M. le député
de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Je veux juste revenir dans ce qu'on discutait tantôt, là, à propos,
là, du MSSS. Dans tout ce qu'on a discuté, là, à propos, là, de cette
situation-là, là, avec Santé Québec, etc., là, est-ce que... est-ce que le
politique, selon vous, a eu... a une influence dans ça?
• (18 h 10) •
M. Trudel (Yves) : Je ne suis
pas en mesure de répondre à cette question-là. Je n'ai pas cette information-là.
M. Beauchemin : Mais on le
disait tantôt, que ça se rapportait au ministre de la Santé. Le ministre de la
Santé a créé la structure de Santé Québec. Ça s'en va à Santé Québec, puis, à
partir de ce moment-là, ce n'est plus sous la gouverne du ministre de la Santé,
c'est sous la gouverne de la DG, là, de Santé Québec. Est-ce que vous trouvez
ça un peu spécial, que, tu sais, un gros enjeu, là, on parle de... minimalement,
là, des centaines de millions de dollars, là, en dépassements de coûts, et
plus, là... là, on s'en va, puis ça se stationne ailleurs, c'est plus sous la
gouverne? Pourtant, c'était quelque chose qui était probablement déjà, là, en
action depuis des années. Ça fait sept ans que vous en parlez. Ça ne vous
dit rien? C'est... Il n'y a pas de...
M. Trudel (Yves) : Bien,
écoutez, selon moi, puis je peux me tromper, là, mais le... Santé Québec est...
a un conseil d'administration, et ils sont quand même sous la direction du
ministre ou de la ministre de la Santé. Donc, le politique ne s'est pas détaché
de Santé Québec, il y a une ministre qui est... qui est en haut de Santé Québec.
M. Beauchemin : Le fait que
ce problème-là existe depuis des années puis que, là, vous, vous l'avez donc
noté, documenté, et tout... Est-ce que vous trouvez ça normal, qu'une ministre
de la Santé n'ait rien fait là-dessus, jusqu'à tant... que ça l'a pris un
rapport de Santé Québec?
M. Trudel (Yves) : ...si vous
me permettez, comme j'ai dit tantôt, le dossier a été suspendu, le projet a été
suspendu par le gouvernement. Et le... Il y a le... à un moment donné, il y a
eu des tentatives de demandes au gouvernement pour faire avant avancer le
projet, donc des demandes d'argent, et le gouvernement a dit : Non, tant
et aussi longtemps que l'AMP va être dans le dossier d'enquête, on ne donne
rien de plus, on le laisse suspendu. Donc, c'est important.
M. Beauchemin : Mais c'est en
réaction... c'est en réaction, évidemment, avec ce qui s'est passé, là, avec
SAAQclic. Vous avez remis, là, une ordonnance de constat en marge de l'écriture
du rapport Gallant. J'aimerais ça vous entendre là-dessus, notamment, là, sur
votre lecture des contrats technologiques du gouvernement dans le cadre, là, de
SAAQclic.
M. Trudel (Yves) : Je n'ai
pas compris le début, je suis désolé.
M. Beauchemin : J'aimerais ça
vous entendre sur les ordonnances de constats que vous avez donnés en marge,
là, au rapport Gallant pour SAAQclic.
M. Trudel (Yves) : En marge du
rapport Gallant?
M. Beauchemin : Bien, vous
avez déposé, là. «L'Autorité des marchés publics rend des ordonnances et
formule des recommandations à la Société d'assurance automobile du Québec.» Il
y a eu un communiqué qui a été écrit, là, le 13 janvier de cette année.
Vous avez constaté des manquements : planification déficiente,
irrégularités, modification des éléments essentiels... fractionnement de
besoins encore, manque de transparence. C'est un document, là, qui vient de
votre...
M. Trudel (Yves) : ...
M. Beauchemin : Oui.
M. Trudel (Yves) : Oui.
M. Beauchemin : Bon.
J'aimerais vous entendre là-dessus, là, qu'est-ce que vous voulez quand vous
parlez de la planification déficiente à plusieurs égards, notamment quant à
l'évaluation des besoins, SAAQclic.
M. Trudel (Yves) : Ah! OK. C'est
parce que vous parliez de... la commission Gallant. J'essayais de comprendre,
là, le lien.
M. Beauchemin : Bien, c'est
dans le contexte de la...
M. Trudel (Yves) : Mais la
commission Gallant a fait son travail, on a fait le nôtre, qui était différent,
là, on n'avait pas le même mandat. Mais, ceci dit, donc, vous avez tout à fait
raison, dans notre décision, on a constaté une planification déficiente. Je
reviens à l'évaluation des besoins. Mais là il faut se souvenir qu'on est en 2014
à peu près quand tout ça commence, c'est loin, et il y a eu un problème avec
les comités de sélection. Donc, le comité de sélection, là, il n'y a rien de
plus important en matière de gestion contractuelle quand tu veux aller en
qualité-prix. Ces gens-là sont... en principe, on ne sait pas c'est qui qui
sont sur les comités de sélection, il y a une seule... il y a des secrétaires
de comité de sélection qui sont formés pour être secrétaires de comité de
sélection certifiés. Donc, les gens, à l'époque, qui étaient responsables du
contrat SAAQclic faisaient fi des <règles...
M. Trudel (Yves) :
...faisaient
fi des >règles contractuelles de l'époque. Donc, ce n'est pas compliqué.
Les comités de sélection, ils en faisaient ce qu'ils voulaient.
La modification d'éléments essentiels. Donc,
le contrat était prévu pour des choses, et là ils ont intégré plein de choses. Un
gros manquement, c'est qu'ils ont pris un PGI, puis, dans le PGI, ils l'ont
changé au complet. Donc, quand on prend un PGI, en principe, c'est parce que le
produit répond à nos besoins. Bien, ils ont pris un PGI, mais ils l'ont modifié
au complet, ce qui fait qu'il y a eu beaucoup de fractionnements là-dedans. Les
sous ne suivaient pas, bien entendu. Écoutez, c'est le pire dossier qu'on ne
peut pas voir en manquement en gestion contractuelle... c'est SAAQclic. Ce
n'est pas compliqué. Tout est arrivé dans SAAQclic.
M. Beauchemin : Je
peux-tu vous entendre spécifiquement, là, sur le fractionnement, parce qu'il y
a eu quand même du fractionnement des besoins? Ça a été une façon, là, pour SAAQclic,
d'éviter, là, de se rapporter, là, sur des plus gros montants, évidemment, là.
Est-ce que... J'aimerais vous entendre là-dessus, là : Est-ce que vous
êtes inquiet de la façon que ça a été fait?
M. Trudel (Yves) : On
l'a été, mais là, évidemment, c'est corrigé avec notre décision. Mais
effectivement, ce qu'on a constaté, c'est que les règles font en sorte qu'en
haut de 10 % il faut qu'ils refassent une demande et ils ont fait
9,76 %, si je me souviens bien, ou 9,78 % pour ne pas atteindre le
10 %, pour ne pas à avoir à refaire une demande. Donc, tout était fait en
catimini. Donc, il y avait un budget qui avait été alloué, autorisé pour des
contrats dans le cadre du programme SAAQclic, ils l'ont dépensé à l'avance,
après la livraison 1,5, parce qu'il y avait plusieurs livraisons, il n'y
avait déjà plus d'argent. Il fallait qu'ils soient très créatifs pour être
capables de poursuivre.
M. Beauchemin : Puis
pourquoi pensez-vous qu'ils ont fait ça?
M. Trudel (Yves) : Là,
pourquoi ils ont... Là, je ne peux pas vous répondre pourquoi je pense qu'ils
ont fait ça. Je pense que ça l'a été fait parce qu'ils ont fait confiance à un
individu qui avait le contrôle total du projet. Donc, c'est ma lecture, puis,
je pense, c'est la lecture du commissaire Gallant également. Notre lecture,
c'est qu'il y a un individu qui a pris le projet, à qui on a fait confiance,
puis là il s'est rendu compte, à un moment donné, qu'il y avait des difficultés
puis il a tenté lui-même, avec son équipe puis sa garde rapprochée, de pallier
aux difficultés.
M. Beauchemin : Ça fait
que ça, ça s'est fait vers quand à peu près?
M. Trudel (Yves) : Oh
mon Dieu! Ça a commencé, je dirais, presque dès le début, parce que cet
individu-là a ciblé en plus une entreprise. Il voulait non seulement un PGI,
mais il voulait que ce soit SAP qui ait... qui ait le contrat. Donc, ça
commence très tôt. Très, très tôt.
M. Beauchemin : En
quelle année?
M. Trudel (Yves) : Bien,
je dirais 2000... c'est conclu... c'est en 2017, je pense, que c'est
signé, ce contrat-là, de mémoire. Et... Mais ça a commencé, ces discussions-là,
en 2014... même 2013, 2012 qu'ils y ont réfléchi, mais, en 2014, là, c'est
allé pas mal d'avant avec la décision de prendre un PGI. Puis, en 2017, ils ont,
de mémoire...
Une voix : ...
M. Trudel (Yves) : ...2015,
pardon, ils ont conclu un contrat.
M. Beauchemin : Donc,
c'était un modus operandi qui était en place depuis un bon bout de temps, là.
M. Trudel (Yves) : Oui,
avec un individu, effectivement.
M. Beauchemin : Puis il n'y
avait pas... il n'y a eu aucun moyen d'attraper ça, juste... Parce que, là, on
a été capables de trouver, finalement, là, anguille sous roche, à un moment
donné, dans la dernière année et demie, là, mais avant ça, là, il n'y avait...
M. Trudel (Yves) : Bien,
la mauvaise nouvelle pour les marchés publics, c'est que l'AMP n'existait pas à
ce moment-là. La bonne nouvelle, c'est qu'on est là maintenant, puis on est
capables de rattraper ça. Et, comme je vous dis, la SAAQ s'est reprise en main
là-dedans, et on espère que nos décisions soient assez éducatives pour
permettre aux autres organismes publics de comprendre les erreurs qu'il y avait
dans ça puis de ne pas les répéter, parce qu'on va mettre beaucoup d'efforts
dans la prochaine année en exécution de contrats, en informatique entre autres.
On se rend compte que le suivi de l'exécution, bien, c'est laissé pas mal aux
organismes qui sont responsables de développer les systèmes informatiques.
M. Beauchemin : Je veux
vous amener sur le DSM. C'est-tu hier? Je ne m'en rappelle plus, c'est-tu hier,
le ministre de la Justice? Oui, c'est ça, c'est hier. Le ministre de la
Justice, c'est-tu hier?
Une voix : ...
M. Beauchemin : C'est ça,
OK. Je perds la notion du temps. L'AMP est actuellement impliquée dans le
dossier, là, pour la Justice, le projet Lexius, là, c'est ça?
M. Trudel (Yves) : C'est
ça, oui.
M. Beauchemin : Bon.
Votre implication, en ce moment, c'est quoi?
M. Trudel (Yves) : On
est en vérification actuellement.
M. Beauchemin : OK. Puis
ça... ça vous... ça amène quoi, exactement, là? Vous... ça...
M. Trudel (Yves) : Bien,
on va... on va vérifier la conformité du processus d'appel d'offres, la
conclusion des contrats. Puis, s'il n'y a rien, il n'y a rien. S'il y a quelque
chose, on va débarquer en enquête, puis là on <va...
M. Trudel (Yves) : ...puis
là on >va mener une enquête.
M. Beauchemin : Puis là vous,
dans cette étape-là, vous êtes rendus où, exactement, là?
M. Trudel (Yves) : On est en
vérification encore.
M. Beauchemin : En début,
milieu...
M. Trudel (Yves) : En début.
M. Beauchemin : En début. OK.
Le PMSJ est divisé en trois axes, eux-mêmes déclinés en différents
programmes, eux-mêmes divisés en plusieurs projets. L'un de ces programmes
compte 36 projets. C'est-tu inquiétant, ce genre de structure là, selon
vous?
M. Trudel (Yves) : Écoutez, c'est...
Ça se fait, donc, c'est possible de le faire comme ça. Il faut juste voir
pourquoi ça a été fait comme ça. C'est-tu le bon véhicule? C'est... Là, je ne
peux pas vous dire, je n'ai aucune idée, mais, parfois, d'avoir des plus petits
projets, c'est mieux qu'un très, très gros. Ça dépend, ça dépend de ce qui...
de leurs besoins, en fait. Donc, c'est... ça dépend de leurs besoins. Ce qui
est un peu rassurant dans l'article que j'ai lu ce matin, c'est qu'ils prennent
le temps de le faire, justement, pour ne pas tout garrocher, comme ils ont...
comme l'exemple que le ministre prenait ce matin, pour ne pas être pris avec un
système qui ne fonctionne pas.
Vous savez, SAAQclic, s'il n'y avait pas
eu de files d'attente dans les bureaux en février 2023, on n'en aurait
jamais entendu parler. Jamais. On en a entendu parler parce qu'ils n'ont pas
livré le produit qu'ils s'attendaient de livrer, donc, il y avait des files
d'attente pour avoir leur permis, leurs plaques d'immatriculation,
l'indemnisation des victimes, tout ça fait en sorte que, publiquement, c'est
sorti. Sinon, on n'en aurait pas entendu parler.
Aujourd'hui, avec ce que vous lisez ce
matin, bien, je trouve intéressant, à tout le moins aujourd'hui, de lire le
commentaire qu'on veut s'assurer que ça fonctionne avant d'aller de l'avant.
Donc, c'est un bon commentaire, maintenant est-ce que c'est le cas? Bien, on
est en vérification.
• (18 h 20) •
M. Beauchemin : Le ministère
de la Cybersécurité et du Numérique souhaite faire un audit dans le même genre
que SIFA, SAAQclic, etc., là. C'est quoi, votre avis, là, sur la position, là,
du ministère de la Cybersécurité là-dessus?
M. Trudel (Yves) : Oh! bien
là, c'est dans leur cour, ils ont le droit, ils peuvent faire des audits aussi
souvent que ça leur tente, bien entendu. Comme je dis souvent, mais c'est le
cas également, généralement, pour nous, on est toujours en retard, on est...
vous comprenez, parce que les choses sont faites comme elles sont faites. Actuellement,
en termes de... bien, en gestion contractuelle, au niveau de l'informatique, on
peut faire un audit, on va identifier les problématiques, encore faut-il
qu'elles soient corrigées.
M. Beauchemin : Est-ce que
vous trouvez ça intéressant de voir, quand même, qu'il y a toujours ce genre de
situation là qui semble se répéter, là, peu importe dans quel département qu'on
regarde, dès qu'il y a un projet... un programme quelconque informatique, là, on
semble avoir ce réflexe-là? Pensez-vous que c'est institutionnalisé?
M. Trudel (Yves) : ...je vais
répéter un peu ce que j'ai dit parce que c'était important. Au Québec, dans les
dernières années, le Québec s'est attardé au secteur de la construction, peut-être
pas suffisamment au secteur de l'informatique. Maintenant, c'est là qu'on est,
la prédécesseure de Mme la ministre nous a confié un mandat. Et le mandat,
c'est exactement pour ça, voir pourquoi il y a tant de problématiques en
informatique, de faire des recommandations, le cas échéant, et, bien, de voir
le gouvernement les appliquer ou pas, là, ils seront libres de le faire.
M. Beauchemin : Puis, dans un
contexte où est-ce que, de façon générale, là... Puis là je vous entends, là,
il y a... il y a une évolution des besoins de la société, là. Est-ce que le
système actuel qu'on veut mettre en place, selon vous, là, est... dans la
gestion des contrats technologiques, là, va être... a plus de chance de
réussir? C'est... Les écueils que vous pouvez voir... Parce que j'imagine que
vous, vous ne travaillez pas en silo, là, vous regardez ça : ici, c'est ce
que ça donne, ou ici, au Québec, voici ce qu'on fait. Là, j'imagine que vous
vous comparez avec ce qui se passe en Ontario, aux États-Unis, en Europe, dans
l'OCDE, les meilleures pratiques, etc., là. Ça a de l'air de quoi? Parce que,
quand on se compare, là, ce qu'on essaie de mettre en place, est-ce qu'on est
en mode étapiste, là, en ce moment, là?
M. Trudel (Yves) : En fait, le...
Quand on regarde ce qui se passe ailleurs dans le monde, au Canada, aux
États-Unis, le Québec est... se situe à la même place que les autres. Les
autres ont autant de misère que le Québec. On se rend compte que, dans le
monde, actuellement, il doit s'imposer une transformation numérique. Donc,
c'est vrai aussi pour le Québec. Maintenant, c'est dans cette transformation-là
que tout le monde est actuellement. L'intelligence artificielle va probablement
rendre les choses plus rapides, différentes, ça va être <un...
M. Trudel (Yves) :
...ça
va être >un... ça va être un autre monde tantôt, contrairement à une
infrastructure routière, ou un immeuble, un hôpital, une école. Les besoins
sont clairs, on les voit. Et la rivière, elle a... c'est... vous pouvez
prendre 10 ans pour bâtir le pont, la rivière, elle va être la même
largeur. Les coûts vont être différents dans 10 ans, parce que la main-d'oeuvre,
les coûts de matériaux de construction... mais la portance va être la même
s'ils ne changent pas le type de circulation sur le pont. En informatique,
demain, c'est une autre journée.
Donc, ça prend des changements, il y a... des
changements s'imposent au Québec, comme à bien des places, mais le Québec a
pris ça en main, puisque le gouvernement m'a donné un mandat de faire une
veille, de faire des constats et de recommander à la présidente du Conseil du
trésor des... de faire des recommandations en vertu des constats qu'on a faits.
M. Beauchemin : Puis, quand
vous regardez ça, là, ce que vous dites, finalement, là, parce que je vous
entends, là, ce que vous parlez, c'est que, finalement, on a besoin d'être
agiles.
M. Trudel (Yves) : De?
M. Beauchemin : On a besoin
d'être agiles, d'être flexibles.
M. Trudel (Yves) : Oui.
Encore faut-il bien le comprendre.
M. Beauchemin : Il faut...
Exactement. Donc là, l'objectif, j'assume, parce que, bon, on a eu des
expériences de par le passé... j'assume que l'objectif, ici, c'est d'avoir
cette flexibilité-là, mais à un haut niveau, pour être capables de couvrir pas
juste, là, le département du ministère des Transports, puis Santé, puis
Éducation, puis Infrastructures, c'est d'avoir une vue d'ensemble pour le tout,
là, OK? Mais, même à ce niveau-là, il faut être conscients qu'il faut qu'on
soit flexibles parce que, si on part de ce qu'on fait actuellement puis on s'en
va dans le quantique demain matin, il faut tout recommencer encore, là.
Ça fait que qu'est-ce que vous faites, justement,
pour vous assurer qu'à ce niveau-là on a... on garde une certaine flexibilité
pour pouvoir, si besoin il y a... Parce que c'est possible, que, dans 10 ans,
on ait à faire face à une transition encore complète de tout le système parce
qu'on va avoir une nouvelle technologie qui va être encore plus avancée puis on
va vouloir faire du mode rattrapage encore, parce que, si on ne le fait pas au
Québec puis ils le font en Ontario, bien, ils vont faire des gains de
productivité, puis nous, on ne le fera pas, ça fait qu'on n'aura pas le choix,
là, OK? Comment vous faites, là, pour vous préparer, là, face à ces
éventualités-là? Parce que, de façon macroéconomique, là, c'est là, la grosse
décision à plusieurs milliards de dollars, là.
M. Trudel (Yves) : Si vous me
permettez, je pense, ce n'est pas à moi de répondre à cette question-là, là, je...
Ma juridiction, elle se limite à la... à la gestion contractuelle. Donc, je...
si vous me permettez, je...
M. Beauchemin : On va demander
à la ministre de nous répondre.
M. Trudel (Yves) : Je ne veux
pas passer la rondelle à la ministre, mais c'est plus dans sa cour.
Mme Duranceau : Une passe sur
la palette? Il me reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Laframboise) : ...Allez,
allez... du temps sur le gouvernement, là.
Mme Duranceau : Bien, tu
sais, je pense, vous avez raison, il faut... il faut être agile, puis ça va à
vitesse grand V, là, puis l'intelligence artificielle, tout l'impact que ça a
sur les projets, c'est phénoménal. Ça fait qu'on pourra en parler davantage
pendant les crédits du MCN. Mais je pense que ce qui ressort, première
recommandation du rapport Gallant, ça nous prend une entité qui a... qui a les
connaissances puis qui est capable de maintenir cette agilité-là puis de faire
ses recommandations selon les changements technologiques. Alors, il faut
travailler sur notre entité qui est le MCN et qui a les connaissances.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Maintenant, la parole est au
gouvernement. Député de Joliette, pour 6 min 10 s.
M. St-Louis : Merci beaucoup,
M. le Président. Mme la ministre, j'aimerais qu'on revienne sur la création de
l'AMP et, comme le mentionnait M. Trudel, c'est quand même assez récent, créée
en décembre 2017, entrée en fonction au début de l'hiver 2019, si je
ne m'abuse. Pouvez-vous revenir sur le contexte et les raisons, Mme la
ministre, de la création de l'AMP, et surtout comment le gouvernement actuel
a-t-il revu ce rôle en comparaison avec le précédent gouvernement?
Mme Duranceau : ...je pense,
c'est important, effectivement, là, de revenir sur les dates. On a vu le député
de Marguerite-Bourgeoys, là, qui travaillait sur la séquence. Bien, l'AMP a été
créée par les libéraux en 2017, mais avec une entrée en vigueur juste en 2019,
je vous dis ça au passage, et des pouvoirs, mais des pouvoirs quand même
limités. Ce qu'on a fait en 2022, PL n° 12, qui est
devenu la loi n° 18, qui avait été portée par ma...
bien, ma prédécesseure au Conseil du trésor, à l'époque, ou, en tout cas,
députée de Champlain. C'est un projet de loi qui a... qui donnait des pouvoirs
additionnels à l'AMP pour lui permettre d'être beaucoup plus indépendante dans
ses interventions, puis je pense qu'on a vu, là, la description des différentes
vérifications puis enquêtes menées par l'AMP, c'est fait avec beaucoup de
rigueur et d'autonomie.
Et, si vous me permettez, je ferais, à mon
<tour...
Mme Duranceau :
...je
ferais à mon >tour, une passe à M. Trudel de l'AMP pour qu'il...
justement, qu'il puisse nous parler de l'impact que ça a eu, ce... ces pouvoirs
additionnels là qu'on a pu leur confier.
M. Trudel (Yves) : Merci.
Merci, M. le Président. C'est incroyable, les... la différence de depuis juin 2022
à aujourd'hui, en termes d'intégrité, parce qu'en juin 2022, en plus des
pouvoirs qu'on a obtenus... des pouvoirs additionnels qu'on a obtenus pour
faire notre travail, ça nous permettait d'agir plus rapidement au niveau de la
conformité.
Au niveau de l'intégrité, ce qui est
marquant, c'est les délais avec lesquels on est capables de répondre après... après
vérification auprès des entreprises qui souhaitent contracter avec l'État.
Donc, ça nous a permis même d'inclure dans notre planification stratégique des
indicateurs puis des cibles qui venaient avec les pouvoirs additionnels qui
nous... qui nous avaient été donnés, et ça, c'est extrêmement important, parce
qu'un des indicateurs, c'est de réduire les efforts de la clientèle jusqu'en 2028.
On a des pourcentages là-dedans, on rentre dans nos cibles.
• (18 h 30) •
Je dois vous dire que le PL n° 7 aura
permis qu'on maintienne l'autorisation de contracter avec l'État. Ça, c'est
très important parce qu'il y a des fournisseurs qui, donc, en haut de certains
seuils, doivent obtenir une autorisation, ne venaient pas chercher
l'autorisation parce qu'ils se disaient : Bien, je vais recommencer dans
trois ans. Là, finalement, c'est devenu cinq ans. Et, dès 2022,
je demandais à ce qu'on ait le maintien, comme votre permis de conduire,
jusqu'à tant que vous ne le méritiez plus, vous l'avez. Bien, c'était la même
chose pour moi, puis c'était notre vision à l'AMP pour faire en sorte que les
entrepreneurs ne soient pas toujours dans la paperasse pour obtenir leur
autorisation.
Donc, il y a eu des changements
importants, et le maintien dans le PL n° 7 va certainement permettre à des
entreprises qui n'avaient aucun intérêt d'avoir de l'intérêt, parce qu'en plus
ils... depuis le... depuis le 2 juin 2022, ils doivent l'avoir au moment
de la soumission. Avant, c'était au moment de la conclusion du contrat.
Maintenant, c'est au moment de la soumission. Donc, des fois, c'était très
serré. Ils communiquaient avec nous. Il fallait qu'on mette ça en urgence pour
évidemment faire en sorte qu'ils puissent soumissionner. Avec ça, maintenant,
c'est une grosse réduction de paperasse pour les entreprises. On est passés de
11 guides à quatre guides, on est passés de 14 formulaires à 11 formulaires.
Donc, on a travaillé beaucoup, dans les dernières années, à réduire les efforts
de la clientèle pour ouvrir à des soumissionnaires potentiels, donc qui ont
l'autorisation de contracter avec l'État, et on pense que ça va amener de la
concurrence.
Qu'est-ce qu'on a vu dans les dernières
années, c'est que, quand on travaille puis qu'il y a de la concurrence puis on
travaille pour ramener de la concurrence, les prix baissent. On a fait des
vigies, entre autres, dans le domaine des souffleuses à neige, c'étaient des
devis dirigés, puis, écoutez, c'est des municipalités, là, c'était auprès des
petites municipalités qui n'ont pas beaucoup de moyens. Malheureusement, il n'y
avait pas beaucoup de concurrence dans le domaine. On est en train d'en ramener
parce qu'ils se sont rendu compte qu'un concurrent baissait les prix des
souffleuses de 58 000 $ pour un concurrent. Quand il y en avait deux,
on rajoute des milliers de dollars encore en baisse de prix. Donc, c'est
superimportant.
Puis on se rend compte de plus en plus que
les municipalités, les villes... La ville de Québec, récemment, cette semaine,
je pense, il y avait un article où la ville de Québec a décidé de revoir la
façon dont ils attribuaient les contrats pour la tonte de pelouse. Ils ont
ouvert à la concurrence. Il y a un gain très significatif. Et ça, je dirais que
c'est depuis que l'AMP, on est là, où tout le monde prend conscience de
l'importance de la concurrence. Et, comme on agit en amont, comme on a une
approche d'intervention intéressante, comme on agit beaucoup plus rapidement
auprès des donneurs d'ouvrage, bien, on voit l'augmentation de la concurrence.
Présentement, même dans le... dans la loi accélérant certains projets
d'infrastructures, on voit que, dans les grands chantiers, comme il y a un peu
moins d'appels d'offres, il y a plus de concurrence et, les prix entre les
soumissionnaires, l'écart se réduit considérablement actuellement. Donc, c'est
juste intéressant, la présence de l'AMP puis les pouvoirs qui nous ont été
accordés pour faire notre travail.
En plus, ça nous permet en intégrité
d'écarter ceux qui ne méritent pas d'avoir des contrats publics. Dans la
dernière année, on a inscrit au RENA... en fait, au 31 janvier, on avait
inscrit au RENA 11 entreprises qui étaient contrôlées par le crime
organisé. Ces entreprises-là avaient des contrats publics. Ils n'en ont plus.
Et c'est des entreprises intègres qui obtiennent les contrats publics. Ça,
c'est extrêmement important. On se souviendra qu'une des priorités, il n'y a
pas si longtemps, c'était le combat au crime organisé, mais le crime organisé
dans les marchés publics, et notre travail avec des partenaires, parce qu'on
travaille avec beaucoup de partenaires, on a 38 protocoles d'entente avec
différents partenaires. Donc, on... ensemble, on réussit à rendre les marchés <publics
plus sains...
>
18 h 30 (version révisée)
< M. Trudel (Yves) : ...donc,
ensemble, on réussit à rendre les marchés >publics plus sains.
M. St-Louis : Parfait. Merci,
M. Trudel.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 26 mai 2026, à 9 h 45, où elle
entreprendra l'étude du volet Finances, Infrastructures, des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil du trésor, Administration gouvernementale
et Efficacité de l'État. À mardi.
(Fin de la séance à 18 h 35)