(Quinze heures)
Le Président (M. Laframboise) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, la Commission des finances publiques reprend
ses travaux.
La
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Conseil du trésor des
crédits budgétaires du portefeuille Conseil du trésor, Administration
gouvernementale et Efficacité de l'État pour l'exercice financier 2026‑2027.
Une enveloppe de 2 h 30 est allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Hébert (Saint-François) est remplacée par M. Provençal (Beauce-Nord); Mme Mallette (Huntingdon) est
remplacée par M. Reid (Beauharnois); et Mme Zaga Mendez (Verdun) est
remplacée par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
Conseil du trésor
Discussion générale
Le Président
(M. Laframboise) : Merci beaucoup, Mme la secrétaire. Nous allons
procéder à une discussion d'ordre général par blocs, incluant les questions et
les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps
qui leur est alloué, soit vers 17 h 30.
Je suis maintenant
prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
bloc d'échange. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous pour
22 min 24 s.
M. Beauchemin : Merci beaucoup, M. le
Président. Merci à tout le monde d'être ici. Merci, Mme la ministre. Je
veux... je veux qu'on parle de ce qu'on a tous appris, là, hier, en fait, le
départ de Mme Marie-Claude Rioux, qui a claqué la porte, là, à quelques
mois de l'abolition de son poste à la commission, là, pour... qui a été une des
conséquences du projet de loi n° 7. Je veux juste,
peut-être, poser des questions générales, mettre la table un peu, puis, après
ça, on va y aller plus dans le détail.
Elle a quand même
quitté en disant que : «Aujourd'hui, mes valeurs, mon intégrité et ma
rigueur me poussent à dénoncer cette culture du secret, même si cela dérange.»
Est-ce que vous pourriez, Mme la ministre, nous décrire un peu, là, la relation
que vous ou votre entourage, là, au Conseil du trésor, avait avec
Mme Rioux?
Mme Duranceau : Bien, bonjour, M. député
de Marguerite-Bourgeoys. Bien, écoutez, vous vous souviendrez qu'on avait
cette même conversation-là, ou on avait une conversation, là, qui portait sur
la Commission de la fonction publique dans le cadre du projet de loi n° 7, donc, on a débattu, là, si on veut, du démantèlement,
là... c'est-à-dire du transfert au Tribunal administratif du travail puis au Secrétariat
du Conseil du trésor, là, de différentes fonctions. Alors, je pense que ça, ça
s'est fait en toute transparence puis selon les règles de l'art, là :
commission parlementaire, après ça, étude détaillée, donc.
Et puis, après, pour
ce qui est de la mise en oeuvre de ce qui a été adopté en lien avec le projet
de loi n° 7, bien, vous vous souviendrez, là, que les
dispositions transitoires étaient assez laborieuses à lire, là, en commission,
mais, bref, c'était soit au 1er avril soit au mois d'octobre ou... selon
l'entité. Bref, les dates d'entrée en vigueur étaient différentes, et, pour la
Commission de la fonction publique, bien, l'entrée en vigueur, je pense, était
à la fin... si je ne me trompe pas, à la fin octobre ou au début octobre 2026.
Donc là, tu sais, si
on réfère à ça, comme culture du secret, là, je pense qu'il fallait que le
projet de loi soit adopté pour qu'on sache quand est-ce que les mesures
allaient entrer en vigueur. Donc, c'est un peu ce que... ce que je pourrais expliquer, là, sur la notion de
secret, là. Moi, c'est la chose qui me vient en tête. Sinon, évidemment,
c'était une commission qui était...
qui était indépendante, qui était nommée par l'Assemblée nationale. Donc, il y
avait... il y avait une distance, évidemment, là, avec mon organisation puis
avec moi, là. Je n'ai pas eu vraiment de lien avec Mme Rioux, que je tiens, par ailleurs, à saluer, là, pour ses
bons services, là, de l'État dans le cadre de ses fonctions, là, à la
Commission de la fonction publique.
M. Beauchemin :
Spécifiquement, moi, je me posais la question, à savoir, la relation...
est-ce que vous aviez, vous, une relation avec elle? Est-ce que c'était une
employée qui était dans votre entourage? Est-ce qu'il y a des gens dans votre
équipe qui, eux, avaient à jaser plus fréquemment? On veut comme juste se faire
une tête, là, sur le côté personnel de la relation. C'était dynamique, c'était
courtois, c'était le fun, c'était...
Mme
Duranceau : Moi,
personnellement, je n'avais pas de relation avec elle. Je n'ai jamais
rencontré... je n'ai jamais rencontré Mme Rioux, là.
M. Beauchemin : OK. Est-ce que ça
vous a surpris, son départ assez fracassant d'hier?
Mme
Duranceau : Bien, écoutez, je
peux dire que ça m'a surprise dans le sens où, en novembre 2025, dans le
cadre des travaux sur le projet de loi n° 7, on avait reçu une lettre de
sa part à l'effet qu'en substance la commission était en accord avec le
transfert de son tribunal administratif... de son greffe vers le Tribunal
administratif du travail, elle ne s'opposait pas non plus, par ailleurs, au
transfert de la vérification au niveau du Secrétariat
du Conseil du trésor. Puis, bien franchement, on a eu les discussions dans le
cadre du projet de loi n° 7, bon.
Maintenant,
que quelqu'un dise : Écoute, le contexte ne me convient plus, je décide
que je change d'emploi, ça, ça lui appartient, mais, tu sais, elle
faisait partie de la fonction publique et elle aurait été... tu sais,
accueillie dans... je pense que c'est au Conseil du trésor qu'elle... au
Secrétariat du Conseil du trésor qu'elle était... qu'elle atterrissait. Donc, évidemment,
c'est sa décision, là, puis toutes ses raisons lui appartiennent, là, je
dirais.
M.
Beauchemin : Bien, c'est
justement, dans le contexte de tout ce que vous venez de dire, où est-ce qu'il
y avait... il y avait une continuité qui s'offrait à elle, malgré tout,
ça fait qu'évidemment, de ma perspective à moi, je trouve ça un peu surprenant,
là, le genre de départ, là, qu'on a eu. Surtout que, tu sais, c'est quand même
une nomination relativement récente de votre gouvernement. Donc, on décide de
restructurer, un département et une personne spécifique, là, qui a été nommée
par vous... bien, votre prédécesseur, en fait, là, il n'y a pas si longtemps. C'est pour ça que j'essaie de comprendre.
Il y a-tu quelque chose qui ressort de tout ça? Il y a-tu eu des plaintes? Il y
a-tu quelque chose?
Mme Duranceau : Bien, écoutez, pas à
ma connaissance, là, puis on m'informe que non. Puis je... rectifier, j'ai
dit : Elle aurait été accueillie au Secrétariat du Conseil du trésor,
c'est plutôt au Tribunal administratif du travail. Donc, c'est une nuance. Là,
après ça, sa décision... cette décision-là lui appartient, là. Moi,
honnêtement, je suis même surprise, donc, elle fait partie de la fonction
publique, il y a un paquet d'opportunités intéressantes dans la fonction
publique. On a des défis énormes, en termes d'efficacité de l'État, en termes
de transformation de l'État, alors, si elle avait voulu contribuer à ça, bien,
il y avait des belles options, là.
M. Beauchemin : Mais pourquoi
qu'elle a dit : «Aujourd'hui, mes valeurs, mon intégrité et ma rigueur me
poussent à dénoncer cette culture du secret.»? C'est quand même fort, là,
comme...
Mme
Duranceau : Bien là, je ne
peux pas... je ne peux pas vous répondre à sa place là, il faudrait lui
demander.
M. Beauchemin : Il n'y a pas eu
d'enjeu, il n'y a pas de chicane, il n'y avait rien, tout était beau?
Mme Duranceau : Non. Non, moi, comme
je vous dis, ma réponse initiale c'était par rapport aux délais pour la mise en
application de ce qui a été voté, là, dans le cadre du projet de loi n° 7.
Tu sais, je peux comprendre, là, pour les équipes, tu sais, ça va-tu être
applicable au 1er avril, ça va-tu être juste au mois d'octobre que... tu sais,
l'incertitude, tu sais, c'est toujours inquiétant. Ça, je le comprends. Bon.
Après ça, on était tributaires de l'agenda
législatif puis quand est-ce que le projet de loi allait être adopté? Alors,
comme ça a été après le 1er avril, bien, ça reportait d'un six mois, je pense,
l'entrée en vigueur des mesures. Donc, ça, oui, ça a créé de l'incertitude.
Est-ce que c'est de ça qu'elle nous accuse, là, je ne le sais pas, tu sais, il
faudrait... il faudrait lui parler, mais ce qu'on me dit, c'est qu'on a une
bonne relation avec les anciens employés de la Commission de la fonction
publique, là, qui sont... qui sont accueillis partiellement au TAT puis au
Secrétariat du Conseil du trésor. Puis on se rappellera qu'on fait tout ça dans
une perspective d'efficacité de l'État, une petite efficacité à la fois pour
que, cumulativement, ça ait des... ça ait un impact. Donc, voilà.
M. Beauchemin : Pensez-vous... bon,
je veux dire, le fait que vous l'avez mentionné un petit peu, tantôt, là, il y
a eu toute l'histoire du projet de loi puis de, finalement, lui dire que son
département allait être... sa commission allait être divisée en deux morceaux
puis on allait en envoyer au TAT, puis tout ça, donc... À partir de ce
moment-là, lorsqu'elle, elle l'a appris plus publiquement, pensez-vous que ça,
ça a un petit... un élément qui explique sa réaction? Parce que, dans le fond,
c'est comme si, dans le fond, de son point de vue à elle, elle n'a pas été
impliquée dans le processus décisionnel. On lui a apporté ça comme un fait
accompli, venant du même gouvernement qui l'avait, il n'y a pas si longtemps,
juste nommée à ce point... à ce poste-là, là.
Mme
Duranceau : Bien,
premièrement, elle est nommée par l'Assemblée nationale, là, non par le
gouvernement.
M. Beauchemin : Oui, d'accord,
recommandé par...
Mme Duranceau : Ensuite de ça, le
projet de loi n° 7 a été déposé quand?
Une voix : ...
Mme
Duranceau : Bon. En novembre 2025. OK. Donc là, on se fait à l'idée.
On en a discuté, après ça, on a expliqué comment cette transition-là allait se
faire. Ensuite...
M.
Beauchemin : M. le Président, juste deux petites secondes, c'est parce
qu'il y avait quand même eu des échanges au préalable à propos de ce que la
Commission de la fonction publique avait fait à l'intérieur... ne pouvait pas
se sentir à l'aise, donc, de pouvoir opérer, à écouter et enquêter sur le
Conseil du trésor. Tout ça a mené à une espèce de... comme une réaction où
est-ce que des gens ne se sentaient peut-être pas bien appréciés par le Conseil
du trésor, qui était le patron, finalement,
à l'époque, là, de la Commission de la fonction publique. Donc, il y avait...
il y avait tout ça, là, en trame de fond qui amenait ça.
Et cette dame, qui a
été, donc, comme je disais tout à l'heure, nommée, oui, votée par l'Assemblée
nationale mais nommée par le gouvernement de la CAQ, a eu un peu le tapis qui
lui a été retiré en dessous des pieds. On se rappelle que c'est quand même, et
c'était, jusqu'à ce moment-là, là, le chien de garde qui vérifiait si, à
l'intérieur de la machine, il y avait des employés qui ne faisaient pas
l'affaire, qui, par exemple, fraudaient des employés qui étaient absents sans
justification, des employés qui avaient des comptes de dépenses exagérés, etc.
C'était un petit peu, là, le rôle, là, que
la commission avait à l'époque. Elle est nommée, elle fait sa job, puis là,
bien, woups! on fait ça, ça fait que je pense que ça a peut-être un
petit peu expliqué, là.
• (15 h 10) •
C'est pour ça que je
suis curieux, parce qu'il semble que vous n'avez jamais... ou personne n'a eu
des conversations avec elle là-dessus, puis là, bien, elle parle de, justement,
culture du secret, son intégrité, sa rigueur. C'est comme si elle dit qu'elle
ne s'est pas faite... on lui a fait... on l'a tassée parce qu'elle n'était pas
bonne, là. C'est un petit peu ça qu'elle sous-entend, là.
Mme Duranceau :
Bien, écoutez, encore là, je vais
la laisser s'expliquer, là, sur cette... sur cette lettre-là, qui ne donne quand même pas tout... probablement, tout le
fond de sa pensée, mais il n'était aucunement question de... il était... on
ne remettait pas du tout en question sa compétence. Et, au contraire, elle
était accueillie au sein du Tribunal administratif du travail comme membre de
la fonction publique puis elle aurait pu jouer un rôle là ou ailleurs,
probablement, avec des discussions, là, qui auraient pu avoir lieu avec les
Emplois supérieurs, j'imagine. Donc, honnêtement...
M.
Beauchemin : ...de la part de...
Mme
Duranceau : Oui, oui, j'ai lu.
M.
Beauchemin : OK, donc il semble quand même... elle dit que... elle se
plaint du flou autour de l'entrée en vigueur de la loi.
Mme Duranceau :
C'est ça, c'est ce que je
mentionne. Tu sais, on en a discuté ensemble, de l'entrée en vigueur de
la loi. C'est sûr qu'il y a eu un flou parce qu'on ne savait pas, au niveau de
l'agenda législatif, quand est-ce qu'on allait pouvoir adopter le projet de
loi. Finalement, je pense que ça a été le 1er avril ou... en tout cas, puis
notre date butoir, c'était le 31 mars, pour que la mesure s'applique au
1er avril. Donc, ça a eu pour effet de décaler. Est-ce que c'est parce qu'elle
n'a pas eu connaissance de cette règle transitoire là dans... tu sais,
immédiatement puis qu'il est resté un flou pendant quelques jours ou semaines? Je
ne le sais pas, mais, pour moi, c'était bien clair que cette mesure-là, comme
on a adopté une journée plus tard, bien, ça décalait, ça décalait de six mois
l'entrée en vigueur. Puis il y a un comité de transition, là, pour assurer le
changement.
Puis, tu sais, je
pense, dans toutes les discussions qu'on a eues sur le PL n° 7,
oui, on veut que les mesures entrent en
vigueur puis que... tu sais, qu'il y ait de l'efficacité qui découle de ça,
mais on n'a pas précipité rien, là-dedans, non plus, tu sais. On s'en
souviendra, là, l'INESSS, l'INSPQ, on a même convenu ensemble de se donner
12 mois pour avoir le temps suffisant de bien faire les choses.
Là, dans le cas... en
fait, dans le cas de la Commission sur la fonction publique, bon, ce qu'on
semble dénoter de la lettre, c'est qu'il
aurait été souhaitable que ça se fasse rapidement ou à une date fixe, fixée
d'avance. Là, finalement, ça a été décalé de six mois. Ça permet à tout
le monde de se faire une tête, de voir si, effectivement, ils veulent ou pas intégrer
l'entité qui leur est proposée, mais, tu sais, tout ça se fait, je veux dire,
dans les règles de l'art, là, ce n'est pas la première fois qu'on intègre des
entités. Puis c'est comme je vous dis, il y a du changement.
La beauté là-dedans,
c'est qu'elle avait un poste qui lui était... Puis je... tu sais, là, on parle
d'une personne en particulier et là il faut... on peut voir aussi l'ensemble de
l'oeuvre, là.
M.
Beauchemin : Oui. Je vous
entends. C'est quand même, comme je disais tantôt, la personne qui a été nommée
par votre gouvernement, qui a été mise en place par l'Assemblée
nationale après un vote du deux tiers, qui... Évidemment, votre gouvernement
contrôle l'Assemblée nationale. Ça fait en sorte que cette dame-là est arrivée
là peut-être avec les meilleures intentions du monde, puis là elle a
l'impression que le tapis lui a été retiré en dessous des pieds. Bien, en fait,
peut-être, est-ce que vous pouviez nous éclairer un petit peu plus, c'est... le
processus qui a été mis en place pour lui annoncer que ça arrivait, comment ça
s'est fait, ça?
Mme
Duranceau : Bien, tous les regroupements, tous les regroupements qui
étaient proposés dans le cadre du projet de
loi n° 7, ça a été annoncé aux dirigeants des organismes,
considérant le privilège parlementaire, là, écoute, la
journée même ou la journée qui a précédé, là, pour... Puis, de toute façon, les
changements, évidemment, n'étaient pas immédiats. Puis, comme vous savez, il y
en a sur lesquels on a choisi de reporter, de retourner à la table à dessin.
Celui-là, bien, au terme des discussions, on a décidé de le poursuivre. Alors,
il n'y a pas eu d'annonce préalable plus pour elle ou pour quelqu'un d'autre,
là.
M.
Beauchemin : OK. Ça fait que
juste peut-être prendre en considération la chose suivante : cette
personne-là, qui a été nommée par votre gouvernement, apprend, juste
avant le dépôt du projet de loi, finalement, si je comprends bien, là, c'est... Puis, de la façon que ça a été
fait, j'assume que c'est un communiqué qui a été envoyé à tous, là, il n'y a
pas personne qui l'a appelée pour lui parler personnellement?
Mme
Duranceau : La secrétaire du Conseil du trésor...
Des voix :
...
Mme Duranceau :
La secrétaire du Conseil du trésor lui a donné un coup de fil, là. Puis, quand
c'est... parce que c'était une mesure qui relevait de Trésor. Quand c'est des
mesures qui relevaient de Santé, c'est le sous-ministre à la Santé qui donne un
coup de fil.
M.
Beauchemin : D'accord. Donc, elle apprend, la veille, là, du dépôt du
projet de loi, par vous, au téléphone, comme quoi que, bon, bien, voici ce qui
va t'arriver, là, grosso modo. C'est la même personne qui, quelques mois au
préalable, avait été sur la place publique pour essayer d'expliquer comme quoi
qu'elle était dans une situation difficile de pouvoir critiquer ou enquêter sur
le Conseil du trésor, à cause qu'elle se rapportait directement au Conseil du
trésor, puis, dans ce contexte-là, ça la mettait dans une situation un peu
de... elle avait l'impression d'être en conflit d'intérêts, de par la structure
qui était là. Puis là, bien, elle a donc voulu émettre un rapport sur le Conseil du trésor puis que... ce
n'était peut-être pas positif, puis là, bien... Je ne sais pas, j'essaie juste
de...
Mme
Duranceau : ...premièrement, elle ne relève pas du Conseil du trésor.
La Commission de la fonction publique, là, c'est indépendant puis c'est... Là,
on parle des institutions, on ne parle pas d'une... là, vous me parlez d'une
personne, mais il faut voir l'ensemble de l'oeuvre. Puis ce dont... ce dont
vous parlez là, la secrétaire du Conseil du trésor n'a jamais eu vent de ça,
là.
M.
Beauchemin : Pourquoi c'est la secrétaire du Conseil du trésor qui l'a
appelée?
Mme
Duranceau : Bien, parce que le projet de loi est porté par Trésor.
Puis, comme c'était une entité indépendante, c'est le Trésor qui a... qui a
porté cette mesure-là. Ça fait que c'est pour cette raison-là. Puis on l'a
appelée pour l'informer de notre intention. Évidemment, il fallait que ce soit
adopté, et tout, là.
M.
Beauchemin : Mais la Commission de la fonction publique, c'est une
entité qui est à l'intérieur du Conseil du trésor.
Mme
Duranceau : Non, c'est indépendant, ça relève de l'Assemblée nationale.
M.
Beauchemin : Ça relève de l'Assemblée nationale, je comprends, mais,
au niveau du budget... au niveau du budget...
Mme
Duranceau : C'est dans notre portefeuille administratif,
effectivement.
M.
Beauchemin : Oui. Bon. Bon, bien, on va s'entendre, là.
Mme
Duranceau : ...ça fait que c'est pour ça qu'on s'en est occupé.
M.
Beauchemin : On ne mord pas la main qui nous nourrit, n'est-ce pas?
Donc, c'est un peu ce qui est arrivé, là, ici, là, elle avait cette
impression-là, d'être dans cette situation-là, et elle en a parlé, même, elle
en a même parlé à quelques reprises. On a
entendu, il y a eu des articles de journaux à ce sujet-là, là. Donc, elle se
sentait peut-être, à ce moment-là, un peu exposée. Puis là, bien, elle
apprend... J'essaie de juste, tu sais, reconstruire le contexte qui l'a portée
à arriver à dire qu'il y a une culture du secret. Quelle culture pensez-vous
qu'elle sous-entend, là? C'est quoi, la culture du secret au Conseil du trésor?
Mme
Duranceau : Bien, il n'y a pas de culture du secret, là.
M.
Beauchemin : Mais qu'est-ce que... mais qu'est-ce qu'elle veut dire?
Mme
Duranceau : Honnêtement, il
faudrait que... il faudrait que cette dame-là s'explique, là, puis ce n'est pas
moi qui peux parler pour elle. Puis, l'autre chose : on a eu des
commissions parlementaires puis on a fait une étude détaillée sur ces
changements-là, alors... Puis...
M. Beauchemin :
...avoir été totalement transparente avec la Commission de la fonction
publique, les fonctionnaires, et tout?
Mme Duranceau : Je pense que oui,
là. Bien oui.
M. Beauchemin : Ils ont appris au
moment approprié dans le cadre des limites de...
Mme Duranceau : Bien, dans le cadre
du respect d'un processus parlementaire, il y a une intention qui a été
exprimée. Après ça... ça, c'était en novembre 2025, puis, après ça, le projet
de loi a été... les travaux se sont déroulés dans les mois qui ont suivi.
Alors, je pense que le plus important, là-dedans, c'est que les gens...
personne n'a perdu son emploi, là, hein?
M. Beauchemin : Est-ce qu'il y a des
emplois additionnels qui ont été créés? Est-ce qu'il y a des... il y a un
volume d'affaires...
Mme Duranceau : Non.
M.
Beauchemin : ...similaire,
donc on ne justifie pas d'avoir embauché des gens de plus? Il n'y a
donc pas eu, au Tribunal administratif du travail, depuis, des embauches
additionnelles?
Mme Duranceau : Bien là, ça va
rentrer en vigueur au mois de novembre prochain, première des choses, là, ou
fin octobre, alors là, pour le moment, il n'y a pas de changement qui résulte
de cet élément-là qui était inclus dans le PL n° 7.
Puis, tu sais, ce qu'on a dit, c'est que c'est à
terme, à un moment donné, qu'il y a une... tu sais, il y a une attrition puis
il y a une efficacité qui va se va gagner, puis on enlève une structure, puis
on répartit les tâches dans les bons organismes. Alors, l'efficacité, elle va
se gagner à terme, là.
M.
Beauchemin : «À terme», on a
déjà eu cette question, on a déjà eu ce débat. «À terme», ça représente quoi?
Mme Duranceau : Sur le PL n° 7, j'avais plusieurs millions d'économies, là, on
n'était pas loin de... On peut vous trouver...
M. Beauchemin : Pour la Commission
de la fonction publique, là, à terme, ça représente combien, cette
transformation spécifique là dans laquelle Mme Rioux a été impliquée?
Mme Duranceau : On va vous trouver
les chiffres, là, mais, tu sais, tous les éléments d'efficacité qui se
trouvaient dans le PL n° 7, là, à terme, c'était
autour de 40 millions d'économies, une fois que tout ça va être mis en
place, là, au fil... au fil des prochaines années. Puis il y avait une réduction
d'ETC aussi qui découlait de ça, là. On va retrouver les chiffres.
• (15 h 20) •
Donc, tu sais, ce n'est pas... ce n'est
absolument pas un règlement de comptes ou quoi que ce soit, là, ça faisait
partie de l'ensemble de l'oeuvre, l'ensemble des mesures d'efficacité. Puis
vous... on a eu les discussions ensemble, puis, honnêtement, il faut, comme...
il faut être... il faut être conscients que le changement, ça entraîne des
réactions. Puis ce serait beaucoup plus facile de rester dans le statu quo, de ne
pas déranger personne, tout le monde continue de faire son petit travail de la
même façon, avec les mêmes outils, papier, hein, papier, pour ne pas prendre de
chance. Et là, bien, il ne se passera rien, puis il n'y aura personne qui va
être dérangé.
Alors là, nous, on a osé faire des changements,
il faut avancer, efficacité de l'État. Donc, oui, on a remis en question
certaines structures, on en a discuté. Avec vous, on a... on a choisi de
retourner à la table à dessin sur certains changements qui étaient proposés...
M. Beauchemin : Il me reste une
minute, je veux juste... si c'était possible, donc...
Mme Duranceau : Ah! je vous les
laisse.
M. Beauchemin : Merci. Il y a des
inquiétudes qui persistent autour de la capacité, là, du TAT de gérer des
dossiers, là, qui vient de la Commission de la fonction publique. Qu'avez-vous
à dire aux Québécois, là, qui s'inquiètent de la bonne gestion de l'État, à
force d'entendre parler de gaspillage aussi souvent?
Mme Duranceau : Répétez-moi votre
question.
M. Beauchemin : Des inquiétudes
persistent à la capacité... pour les Québécois, de la capacité du TAT de gérer
des dossiers qui viennent de la Commission de la fonction publique, avec tout
le gaspillage qu'on entend dans le quotidien depuis des semaines et des
semaines, et des mois, et des années. Qu'est-ce que vous avez à dire aux
Québécois qui s'inquiètent de la bonne gestion?
Mme Duranceau :
Bien, moi, l'efficacité de l'État, c'est ma priorité. Alors, le TAT, comme les
autres entités, doivent gérer leurs affaires de manière à être... à être
efficaces. Puis, dans le cas des tâches qui vont découler du transfert des
dossiers de la Commission de la fonction publique, bien, les effectifs suivent.
Bien, s'ils étaient capables de le gérer dans la Commission de la fonction
publique, ils vont être capables de les gérer dans le TAT, puis on va être dans
un une seule entité, qui est un tribunal, qui est une entité indépendante, puis
j'ose espérer qu'ils vont optimiser leurs ressources puis faire en sorte que ça
va créer une mutualisation puis qu'il va y avoir des économies qui vont
résulter de ça.
Le
Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. Merci, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Maintenant,
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, pour 14 min 56 s.
M. Leduc : Merci, M. le Président.
Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à toutes les équipes qui vous accompagnent.
On va parler, dans ce premier bloc, Mme la ministre, de télétravail. Quelle
surprise, hein? Je pense que je ne vous étonne pas tant que ça. J'aimerais
évidemment, avant de plonger sur le fond, prendre un petit instant pour parler
de la forme, là. Vous avez une déclaration qu'on pourrait qualifier de
malheureuse, il y a quelques jours, où est-ce que vous avez dit, là, qu'il fallait
apprendre à se comporter comme il faut, en retournant en présence au bureau. Je
ne sais pas si vous vouliez revenir sur cette déclaration-là, peut-être, pour
offrir peut-être des excuses aux gens qui nous écoutent, qui sont dans la
fonction publique puis qui, je pense, se comportent déjà bien comme il faut,
télétravail ou pas.
Mme Duranceau : Oui, honnêtement,
moi, je les fréquente à chaque jour, les gens de la fonction publique, là, puis
ils travaillent effectivement de manière rigoureuse, puis, en tout cas, ceux
avec qui je suis engagée, là, veulent transformer l'État, veulent améliorer les
choses. Alors, je pense que, ces gens-là, ils ont compris ce que je voulais
dire. D'ailleurs, quand on lit l'article au complet puis qu'on ne s'arrête pas seulement
au titre, bien, on comprend très bien que je voulais... ce que je voulais dire
puis que c'est important de venir au bureau. Pourquoi? Parce qu'il y a un
esprit d'équipe, on sent... on sent la culture d'entreprise, on est capables
d'innover, on est capables de jaser à côté de la machine à café, puis de jaser
de nos dossiers, puis trouver des façons d'avancer plus vite, de faire les
choses autrement. Alors, je pense que c'est un sujet auquel... à l'égard duquel
tout a été pas mal dit, là.
M. Leduc : Bien, est-ce que vous
êtes en mesure, dans ce cas-là, de reconnaître que vous vous êtes peut-être un
peu mal exprimée?
Mme Duranceau : Je ne vais pas
m'excuser d'un titre qui ne reflète pas ce que j'ai dit.
M. Leduc : Vous n'avez pas dit
ça : «On apprend à se comporter comme il faut.»?
Mme
Duranceau : J'aimerais que vous lisiez la suite de ce que j'ai
dit. Évidemment, se faire clipper, c'est ça, hein? Alors, moi, je
considère que le titre ne reflète pas ce que j'ai dit. Le reste de l'article
exprime clairement ce que j'ai dit, puis je vous l'ai répété.
M. Leduc : Bon. Ça, c'est clarifié.
Allons-y sur le fond maintenant. La décision, donc, de forcer un retour à trois
jours semaine en présence, plutôt que le précédent deux jours semaine, il est
surprenant pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'on a mis la main sur
une série de documents internes, là, autant des enquêtes qui sont faites par la
fonction publique que des sondages d'appréciation, et il y a des données assez
fortes, là, qui nous démontrent que le télétravail ne vient pas entacher du
tout l'efficacité, le professionnalisme. J'ai quelques données, ici, qu'on a
trouvées dans un sondage qui a été fait par la firme Léger en avril 2024.
Je vous donne quelques chiffres : 62 % des employés se disent plus
efficaces en télétravail, 55 % des employés estiment réaliser un travail
de meilleure qualité en télétravail, et 58 % des cadres jugent les niveaux
d'efficacité équivalents, qu'un employé soit en télétravail ou en présentiel.
C'est quand même des chiffres assez forts.
J'aimerais ça, comprendre sur quoi repose, d'un
point de vue scientifique, votre décision de ramener l'ensemble de la fonction
publique à trois jours semaine.
Mme
Duranceau : Je pense qu'il faut remettre les choses en
perspective, là, puis comprendre ce qui se passe. Il y a 30 % des
fonctionnaires, là, de la fonction publique qui sont déjà au travail cinq jours
par semaine, cinq jours en présentiel, là, OK, et la politique, c'était :
On veut que tout le monde... tout le monde était là deux jours semaine. Là, on
augmente à trois jours. Ça fait qu'il y a 70 % du monde qui sont visés par
la mesure puis qui augmentent d'une journée. Alors, on est dans le très, très,
très raisonnable, OK, première des choses.
Ensuite, bon, vous avez un sondage, là, fait par
le syndicat, je pense...
M. Leduc : ...de la fonction
publique, sondage Léger fait par la fonction publique en avril 2024.
Mme Duranceau : Bon, OK, mais, tu
sais, au risque de me répéter, là, au risque de me répéter, venir au bureau,
c'est... quand tu es un nouvel employé ou un jeune employé, c'est bénéficier du
mentorat de tes collègues, de tes supérieurs. Pour des gens qui peuvent être
seuls, ça permet de briser l'isolement, pour les gens qui peuvent avoir certains défis, à un moment donné, dans leurs vies, ça leur
permet de jaser avec leurs collègues, de se sentir soutenus. Alors, ça, c'est
de l'intangible, ce n'est pas dans des statistiques. C'est du vrai monde qui
parle à d'autre vrai monde puis qui se sentent aidés puis appuyés.
M. Leduc : Si vous permettez, Mme la
ministre, on connaît votre opinion de ça. Ça, c'est bon, mais ce que je vous
demandais, c'était : Est-ce que vous avez des études...
Mme Duranceau : ...
M. Leduc : ...avez-vous des études
scientifiques?
Le Président (M. Laframboise) : On
ne s'interpelle pas les uns les autres, s'il vous plaît. Vous allez poser votre
question, madame va répondre. On va lui laisser le temps, monsieur...
M. Leduc : Merci. Ma question,
c'était : Est-ce que vous avez des assises scientifiques, des études que
vous pourriez nous partager, sur lesquelles repose votre décision, au-delà de
votre appréciation personnelle? Je n'ai pas entendu de réponse à ce niveau-là,
passons à un autre angle.
Une voix : ...
Le
Président (M. Laframboise) :
Non, il a la parole, il peut vous poser deux, trois questions
en même temps.
M. Leduc : Bien, voulez-vous une
deuxième... On peut faire un deuxième essai, deuxième essai. Je lui ai demandé
une première fois, je lui demande une deuxième fois : Avez-vous des études
scientifiques sur lesquelles repose votre décision?
Mme Duranceau : Bien, mes études
sont aussi scientifiques que les vôtres, là. Et, par ailleurs, on a un extrait
du même sondage qui dit que 22 % des cadres évoquent le manque de
mobilisation de leurs employés comme un enjeu auquel ils doivent faire face,
avec le télétravail, 44 % des employés mentionnent un inconvénient en lien
avec l'isolement social, 37 % des employés voient un enjeu en lien avec la
perte d'esprit d'équipe, 51 % des cadres ont
identifié un impact sur la perte de l'esprit d'équipe, 34 % des cadres ont
constaté des difficultés de communication.
Alors, moi, je n'ai rien inventé, j'en ai, là,
des données et je pense que, si vous avez vous-même travaillé déjà avec des
collègues dans un bureau, je ne sais pas comment vous fonctionnez, à Québec
solidaire, mais voir le monde puis partager des affaires, bien, ça te fait
avancer, ça te fait réfléchir, ça te fait imaginer d'autres choses puis ça te
fait trouver des solutions plus rapidement. Je pense que ce n'est que positif.
Et le fédéral est à cinq jours semaine, les autres provinces sont passées à
quatre ou cinq jours, les grandes entreprises privées ont aussi augmenté leur
nombre de jours au bureau. Il y a une valeur à ça. Il y a de l'intangible, mais
ce qu'on voit, c'est qu'il y a une détresse psychologique aussi.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : On ne nie pas ça, puis,
dans le fond, c'était déjà un enjeu, parce que c'était déjà une partie de
télétravail, vous avez juste bougé l'aiguille, mais je ne suis pas sûr que ça
va bouger tant que ça, ces chiffres-là, on verra. Moi, ce que je retiens, c'est
que, dans votre sondage interne, 58 % des cadres jugent le niveau
d'efficacité équivalent, qu'un employé soit en télétravail ou en présentiel.
C'est un chiffre qui parle.
• (15 h 30) •
Vous parlez du fédéral, parlons-en. Parce que,
là, vous faites une décision comme ça, assez abrupt, pas de consultation,
évidemment, des gens concernés. Puis, justement, le fédéral, bien, on n'a pas
appris de leurs erreurs parce qu'ils ont eu des problèmes de locaux en ramenant
de manière abrupte les travailleurs avec un nombre supérieur de journées en
présence, ils ont des problèmes de logistique. Est-ce que vous, vous êtes en
mesure de nous chiffrer le nombre de places au bureau suffisantes, qui va être
nécessaire pour remplir votre nouvelle exigence de trois jours semaines? Parce
que ce qu'on entend, c'est qu'il y a déjà des ratés, là.
Mme Duranceau : Oui, première des
choses, il y en a eu, de la consultation, OK, c'est... Le télétravail, ce n'est pas conventionné, c'est un aspect sur lequel
on consulte le syndicat et ces consultations-là ont été faites. À preuve, ça
devait entrer en vigueur le 26 janvier, à leur demande on a extensionné
jusqu'au 28 février ou... au 26 février. Donc, on a écouté, on s'est
adapté.
Au niveau des locaux, il n'y a aucun enjeu,
depuis le mois de janvier, on n'a pas d'enjeu. Et, d'ailleurs, tout ce qu'on a
fait en matière de réduction des coûts relativement à notre immobilier, les
travaux avaient été réalisés dans une perspective d'un retour au bureau à trois
jours semaine. Alors, les bureaux peuvent accueillir les employés avec un
volume, là, de trois jours semaine. Et, voilà, donc...
M. Leduc : Donc, êtes-vous capables
de chiffrer le retour à trois jours par rapport à deux jours, ça va coûter
combien à l'État?
Mme Duranceau : On
garde quand même nos économies prévues dans notre stratégie de gestion de
dépenses pour s'assurer d'un retour à l'équilibre budgétaire pour 2029‑2030.
M. Leduc : Donc, il n'y a pas de
chiffre aujourd'hui pour ça, ou peut-être qu'on pourrait nous l'acheminer plus
tard, ce n'est pas grave.
Mme Duranceau : Bien là, je peux
vous sortir... millions récurrents, et ces économies-là vont être réalisées.
M.
Leduc : Parce qu'encore une
fois, dans un autre document interne du ministère, vous faisiez le calcul que la
formule précédente, donc à trois jours semaines en télétravail, permettait des
économies récurrentes de 120 millions de dollars.
Mme Duranceau : Bien là, ces
économies-là demeurent. Les travaux avaient été faits sur seulement, je pense, 40 % des baux puis des... et là on a
augmenté sur 60 % des baux puis les immeubles en propriété. Ça fait que ça
permet de faire en sorte que les économies qui étaient attendues...
l'exercice a été fait sur un plus grand échantillon, un plus grand inventaire
de propriétés et de baux, puis on va aller chercher l'économie souhaitée tout
de même au terme de 2029‑2030.
M. Leduc : On nous a rapporté
beaucoup d'enjeux de confidentialité, parce qu'un retour dans une aire ouverte
avec des bureaux impersonnels, où est-ce qu'on parle littéralement, avec juste
une petite cloison, à côté d'une autre personne, de dossiers personnels, des
fois, des dossiers sensibles, il y aurait des enjeux, et qu'on n'est pas prêts,
avec des endroits fermés, hermétiques, pour traiter des enjeux personnels.
Est-ce qu'il y a un plan pour ça?
Mme Duranceau : Il y a... il y a
effectivement des revendications, là, à cet égard-là, mais je pense que, pour
avoir visité plusieurs bureaux, il y a des espaces qui sont prévus, justement,
pour des appels personnels ou des appels qui doivent être confidentiels puis il
y a des aires de travail ouvertes pour d'autres types de tâches. Ce n'est pas
un enjeu, là, je veux dire, il y a... il y a certains groupes qui font ces
revendications-là, mais ça s'applique à l'ensemble de la fonction publique, là.
M. Leduc : Vous aviez, en 2022,
émis la proposition ou la position, que vous avez réalisée, de délocaliser des
emplois. Donc, vous aviez mis 5 000... l'objectif d'avoir
5 000 personnes de la fonction publique dans des régions pour sortir
un peu de Montréal ou Québec, surtout Québec, je dirais, puis, en date de 2024,
dans les articles qu'on a consultés, vous aviez réussi à 90 % cet objectif-là,
de 5 000 personnes.
Est-ce que, de ces 5 000 personnes
là qu'on a délocalisées dans des régions comme le Saguenay, le Bas-du-Fleuve ou
ailleurs... est-ce qu'ils font partie des gens qui devront, à partir de ce
moment-là, revenir, hein, faire du trois jours/semaines en présence dans les
bureaux, on imagine, de Québec?
Mme Duranceau : Bien, ça s'applique
à l'ensemble de la fonction publique, là. Alors, oui, ces personnes-là qui
étaient régionalisées... Mais je pense que, dans certaines régions, il y a des
bureaux regroupés ou des espaces partagés où ces gens-là peuvent se rendre.
L'autre chose, tu sais, pour des cas
particuliers, parce que c'est souvent ce à quoi vous faites référence, là, des
cas particuliers, bien, il demeure que ces gens-là, ils ont un supérieur, ils
ont un gestionnaire à qui ils peuvent s'adresser.
Puis on a voulu garder de la souplesse dans tout ça. Je pense que, le gros bon
sens, là, on l'oublie souvent, là, mais ça existe encore, puis on peut
s'en servir, puis on peut adapter selon les circonstances.
M. Leduc : ...de dire : Voici,
nous avons 5 000 emplois
que nous voulons régionaliser, qui, par définition, seront faits en télétravail
complet, forcément, parce qu'ils sont dans des endroits qu'il y a peu ou pas de
bureaux, et surtout pas leurs équipes à eux. Vous faisiez tantôt référence au
fait que c'est bien de rencontrer les gens de son équipe de travail. Si vous
avez une fonction dans une région éloignée, bien, il n'y en aura pas, d'équipe
de travail dans un rayon de quelques kilomètres. Là, vous dites : Non,
non, non, il faut revenir au bureau. C'est des gens à qui on aura promis un
emploi dans une région plus éloignée, décentralisée. Là, on leur dit :
Non, non, finalement, il faut reprendre
votre travail dans un bureau. Alors, il faut soit, quoi, déménager? Est-ce que
ça... ça force des gens à déménager?
Mme Duranceau : ...bien non. Je vous
ai dit, là, on parle de gros bon sens, OK? Puis il y a des gens qui ont choisi,
avec leur gestionnaire, d'être régionalisés, puis ces gens-là peuvent être
encore en télétravail, là. Si c'était ça, le concept qui s'appliquait, parce
qu'il n'y a aucun bureau du gouvernement dans leur région qui est applicable
pour ce qu'ils ont à faire, bien, ils vont rester en télétravail. Mais, tu
sais, je pense que, là, des cas spécifiques, on peut en parler, mais moi, je
m'en remets au gros bon sens des gestionnaires de qui ces gens-là relèvent,
puis qu'ils regardent la situation ensemble puis qu'ils voient comment ça peut
fonctionner. Des gens qui sont compétents, des gens qui travaillent bien, des
gens qui livrent des résultats, c'est sûr qu'on veut les garder puis c'est sûr
qu'il y a moyen de s'entendre avec son gestionnaire pour que ça fonctionne. Ça
fait que moi, je ferais attention, là, de vouloir alarmer tout le monde, là.
M. Leduc : C'est un terme non
parlementaire, ça, M. le Président.
Mme
Duranceau : Ah! C'est-tu parlementaire ici, là?
Le Président (M.
Laframboise) : ...
M. Leduc : Bien sûr que c'est parlementaire ici, Mme la
ministre. On ne peut pas imputer des motifs comme ça. Passons.
Téléprésentiel, vous
avez été informée de cette nouvelle formule, hein? Vous nous donnez des
avantages à revenir au bureau, sauf que, là, c'est devenu légion, les exemples
qui pullulent sur les réseaux sociaux, mais évidemment dans les médias aussi,
que, dans le fond, on les force à revenir au bureau, mais pour être connectés
toute la journée dans des réunions sur Teams ou sur Zoom. J'imagine, c'est
surtout sur Teams pour la fonction publique.
Il y a une chose...
il y a un aspect assez absurde de dire : Oui, revenez tous au bureau, mais
là vous allez être en connexion avec des gens, puis les gens à la machine à
café ne seront probablement même pas dans votre équipe de travail. Vous
partagez un bureau impersonnel. Demain, ça va être une autre cabine, peut-être
un autre étage. N'avez-vous pas la crainte de répéter ce qu'on vient de voir,
il y a un an ou deux, avec la fonction publique fédérale, qui sont allés en
grève sur ce fonctionnement-là du télétravail qui avait été aussi imposé par le
gouvernement fédéral? N'êtes-vous pas en train de vous magasiner, de nous
magasiner, pour nous, l'État québécois, une grève de la fonction publique à la
prochaine ronde de négos, qu'ils vont certainement vouloir le conventionner vu
que ça ne l'était pas? Puis là vous l'avez utilisé, votre droit de gestion,
c'est bien correct, mais vous... n'êtes-vous pas en train de magasiner, de
mettre tous les ingrédients pour une belle grosse grève de la fonction publique
sur la question du droit au télétravail lors de la prochaine ronde?
Mme
Duranceau : Est-ce que vous, Québec solidaire, vous proposez
100 % en télétravail, 100 % du temps en télétravail?
M. Leduc : ...un
projet de loi, il y a quelques mois de ça, qui proposait plutôt de commencer
avec 40 %, Mme la ministre. Je peux même vous l'acheminer si ça vous
ferait plaisir de le lire.
Mme
Duranceau : Bien, quand on dit que... trois jours/semaine, là, trois
sur cinq, ça fait quoi?
M. Leduc : ...minimum,
qu'on vous propose, à 40 %, parce que ça inclut tout le monde, on n'a pas
fait un projet de loi juste pour la fonction publique.
Mme
Duranceau : Bon, bien, en tout cas...
M. Leduc :
Mais vous ne répondez pas à ma question sur la grève, Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Bien, écoutez...
Le Président (M. Laframboise) : ...c'est
tout le temps que vous aviez, M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve,
pour le moment. On revient avec le député de Marguerite-Bourgeoys pour
22 min 33 s.
M.
Beauchemin : Merci beaucoup, M. le Président. On veut parler de la
taille de l'État. On apprenait récemment, là, que le nombre d'employés de
l'État avait grossi encore cette année, on est rendus à 503 742 ETC. Ça,
j'inclus tout le monde, là, tout le monde, tout le monde, tout le monde sont
inclus là-dedans, là. La CAQ s'était donné
comme objectif, en 2025, de réduire la fonction publique de 2 000 ETC, avec un objectif d'atteindre 5 000 d'ici la fin, là, du mandat. Est-ce que
vous avez une mise à jour à nous faire là-dessus, Mme la ministre, à savoir où
est-ce que vous en êtes rendus dans votre plan?
Mme
Duranceau : Oui, oui, oui. Donc là, il faut faire attention. Deux
choses. On a parlé de... Bon, depuis que
moi, je suis en poste, là, on a parlé de 5 000 ETC
sur deux ans, qu'on voulait réduire, 4 000 fonction...
4 000 fonction publique, 1 000 hors fonction
publique. Donc, sur ce 5 000 là, en date d'aujourd'hui, on est à 3 000...
Une voix :
...
• (15 h 40) •
Mme
Duranceau : ...3 106
pour la fonction publique puis 434 pour le hors fonction publique. Alors, sur
notre objectif de deux ans, on est en ligne. Ensuite, je suis contente que vous
me parliez de l'ensemble de l'oeuvre depuis 2018-2019. Parce que c'est
important de faire des nuances, là, c'est le fun, ici, en commission, on peut
faire les nuances, ce qui n'est pas toujours le cas dans le corridor, ou
autrement. Donc, la fonction publique a augmenté, depuis 2018-2019, de 8 687 ETC, OK? Puis le hors
fonction publique, donc les réseaux, éducation, santé, ça, ça a augmenté de 100 000. Ça fait qu'il y a
une nuance à faire entre les deux. Le bout administratif, fonction publique,
c'est juste 8 687,
lequel va être réduit, et il est déjà réduit de 3 106.
Oui. Oui?
M.
Beauchemin : Vous dites que le... la fonction publique, elle n'a
augmenté que de seulement 8 000?
Mme Duranceau : Elle
a... là, par rapport à hors fonction publique, là.
M. Beauchemin : Oui, oui, c'est ça,
mais...
Mme Duranceau : Là, je ne veux pas
que vous me clippiez sur que 800... 8 106,
là, avec...
M. Beauchemin : Non, non, mais par
rapport à ceux qui donnent...
Mme Duranceau : ...sur un TikTok quelconque.
M. Beauchemin : ...par rapport... ce
n'est pas mon genre, par rapport... par rapport à la fonction publique, pas
ceux qui livrent les services, je parle, là, les fonctionnaires en tant que
tels, là.
Mme Duranceau : ...fonction
publique, là, c'est... ce sont les ministères puis les organismes, là, qui sont
visés par la Loi sur la fonction publique. Je vais vous donner des exemples,
OK? Donc, le 8 000,
le 8 687,
12,7 %, c'est quoi? C'est, au ministère du Transport, des ajouts relativement
au fonds aérien. On veut que les régions puissent être desservies, bien, il y a
le fonds aérien. Les pilotes et agents de... et agents de bord, dont les heures
ont été augmentées de 35 heures à 40 heures/semaine, ça, c'est cinq
heures fois le nombre de personnes, ça augmente les ETC. Donc, c'était plus de
services. Au niveau de la Sécurité publique, ajout pour la lutte contre la
violence liée aux armes à feu puis aux gangs, donc on a ajouté des policiers,
des ajouts pour la cybercriminalité puis l'exploitation sexuelle des enfants. Au niveau de l'immigration, il faut intégrer nos
immigrants, il fallait favoriser aussi l'immigration en région, bien, ça
a pris du monde aussi pour s'occuper de tout ça. Donc, ce ne sont que quelques
exemples, mais c'est lié à de l'augmentation de services aux citoyens. Ça,
c'est l'étape qui a été faite. Ça a augmenté.
Là, moi, j'ai dit quoi? On réduit de 4 000 en deux ans. On en a
3 106 déjà, de
réduits, là on coupe dans la bureaucratie, on enlève les postes qui ne rendent
pas des services aux citoyens, on enlève des postes de bureaucratie. On adopte
un projet de loi, avec votre appui, pour enlever de la reddition de comptes,
libérer du temps pour que les gens passent du temps sur des affaires qui sont à
valeur ajoutée pour les citoyens.
M. Beauchemin : ...question, parce
que, dans la catégorie de ceux qui sont... qui livrent des services à la... à
la population, il y a eu des cadres là-dedans qui ont été embauchés pour
pouvoir gérer le nombre d'employés, etc., etc. Il y a eu, donc, juste pour
donner des statistiques, là, OK, depuis 2018, 6 % de plus d'infirmières...
excusez, 6 % de plus d'enseignants...
Mme Duranceau : ...
M. Beauchemin : ...exact, et
7,6 % de plus d'infirmières, mais, dans la même catégorie hors fonction
publique, il y a quand même eu des cadres qui ont été embauchés. Puis il y a
quand même eu des employés de bureau qui ont été embauchés pour, j'imagine,
dans le hors fonction publique, là, s'assurer que ça se gère. Cependant, on a
engagé 14,8 %, disons 15 %, de cadres, depuis 2018, puis on a engagé
12 % de plus d'employés de bureau dans la non-fonction publique, ceux qui
livrent les services.
Moi, je viens
d'une école où, normalement, là, il y a des économies d'échelle, là. Puis on
engage des enseignants, 6 %, on engage des infirmières, 7,6 %,
normalement, on devrait engager, en pourcentage, moins d'employés de bureau
puis moins de cadres. Ça, c'est des gens qui gèrent du monde, ça fait que, si
tu en engages en pourcentage plus que ce que tu as de gens qui livrent les
services, à un moment donné, on est en train de créer quelque chose qui devient
un mammouth, là, un peu, d'une certaine façon. Ça fait que j'essaie juste de
comprendre. Comment vous réconciliez ça, vous, Mme la ministre... Mme la
Présidente du Conseil du trésor, qu'on a engagé plus de cadres...
Mme Duranceau : Bien là, pour qui...
M. Beauchemin : Bien, de... hors
fonction publique, là, à l'intérieur de ce que vous appelez, là, les
enseignants, les médecins, les infirmières, et tout ça, là, quand... on a
engagé plus de cadres à l'intérieur de cette division-là que de gens qui
livrent des services, en pourcentage, là. En absolu, c'est des plus petits
chiffres, je vais vous le donner tout de suite, là, en absolu, là, le nombre
d'employés de bureau puis le nombre de cadres, en absolu, c'est moins élevé que
le nombre d'enseignants puis le nombre d'infirmières qu'on a engagés, mais, en
pourcentage de ce qu'ils représentaient avant, on en a engagé un pourcentage
plus élevé. C'est un peu bizarre, non?
Mme Duranceau : Là, on parle du
personnel enseignant ou du personnel infirmier?
M. Beauchemin : Les deux, OK, il y a
des personnes... dans... infirmiers puis...
Mme Duranceau : On est-tu à la
page B.73, là, de...
M.
Beauchemin : Je ne suis pas à la même page que vous, là. Moi,
j'ai une équipe extraordinaire de deux personnes qui ont tout tabulé les 3 800 pages
des documents du ministre des Finances, là, pour en arriver à conclure qu'il y
avait effectivement une augmentation de 12 %
d'employés de bureau versus une augmentation de 6 % d'enseignants, par
exemple, le double. Il n'y a pas une économie d'échelle, normalement, qu'on
aurait dû atteindre? Puis, comme je disais tantôt, là, je vous le donne, là, en
absolu, là. En absolu, c'est des plus petits chiffres, mais, en relatif, les
pourcentages le disent, là, c'est le double.
Mme Duranceau :
Bien là, moi, je n'ai pas vos
chiffres, là, ça fait que c'est sûr que c'est difficile puis, pour ceux qui nous écoutent, ça doit être difficile aussi.
Mais, quand on regarde la page B.73, là, du budget de dépenses volume I, là,
puis ça, c'est ce qui est publié puis c'est... nous, c'est avec ça qu'on
travaille, la variation, depuis 2024-2025, personnel
d'encadrement, on augmente de 203 personnes, personnel infirmier augmente
de 1 934. Ça fait que le ratio...
M. Beauchemin :
Bien, c'est ça, c'est exactement ça que je vous dis, là, en absolu, en
chiffre total, oui, les chiffres ont de
l'air plus petits mais en proportion... c'est-à-dire en relatif... Par rapport
à ce que l'image était avant 2018, OK, il y a plus 200, bien, c'est
quand même un plus gros pourcentage. C'est peut-être mon...
Mme
Duranceau : ...peut-être qu'on ait exactement vos chiffres, parce que,
là, je n'arrive pas à... Ce que je peux dire, c'est que, tu sais, c'est sûr que
si tu réembauches un paquet d'infirmières, parce qu'ils étaient tous payés par des agences, puis que tu réduis de plusieurs
centaines de millions le budget, puis tu embauches du monde, puis... là,
ça prend certaines personnes pour les gérer, là.
M.
Beauchemin : ...ce n'est pas... ce n'est pas dans la livraison du
service en tant que tel, mon enjeu. Aucunement, en fait, non, mon enjeu est
plus que, là, maintenant, spécifiquement pour gérer ces infirmières puis ces
enseignants-là, on a engagé, toutes proportions gardées, plus de cadres.
Mme
Duranceau : ...parlez du personnel d'encadrement? Parce que, quand
nous, on regarde ça, la ligne, là, 2023 à
2026, tu sais, sur ces années-là, on a engagé 200 personnes, alors que le
personnel infirmier a augmenté, le personnel enseignant a augmenté,
donc, puis... Donc, le bout encadrement puis personnel de bureau est resté
relativement stable, là, à plus 200 dans les
deux cas, là. Ça fait que... Puis là il faut faire attention, personnel de
bureau, on a quand même des gens qui s'occupent de... tu sais, de
répondre à la population aussi là-dedans.
M.
Beauchemin : Mais juste si je pouvais avoir votre attention deux
secondes.
Mme
Duranceau : Oui, oui. OK, j'écoute.
M. Beauchemin : Donc, 200 personnes, personnel de bureau,
qui sont là pour toute une cohorte d'enseignants, OK? En absolu, là, on
a augmenté de 6 % la cohorte d'enseignants, OK, ils sont un plus gros
nombre en absolu, parce qu'on se base sur...
je ne sais pas c'est quoi, le chiffre, là, on va se dire qu'on se base sur 10 000, bien là on en a 6 % de plus, bien,
c'est 600, OK? Ça fait que 600, ça a l'air d'un gros chiffre, OK, mais 600, en
relatif par rapport à ce qu'ils étaient, ce n'est... c'est 6 %, d'accord?
Moi, ce que je dis,
c'est que les personnels de bureau, en pourcentage, là, ça, ça a augmenté de
12 %. Ça fait que c'est... c'est là où je me pose la question. On n'a pas
fait aucune économie d'échelle. Normalement, on rentre l'intelligence artificielle
là-dedans, normalement, on a des processus de gestion, normalement, on a un
paquet de trucs qui fait en sorte que le même gestionnaire est capable d'en
prendre plus. Bien là, le même groupe d'enseignants a eu besoin d'avoir
proportionnellement plus de gérants. C'est l'inverse, la logique. Ça fait que
c'est ça que j'essaie de comprendre.
Mme Duranceau : Bien, je suis à la même place que vous, là. Puis est-ce que vous êtes
en train de parler d'ETC ou de personnes, dans votre cas?
M. Beauchemin :
...bonne question, là, je ne sais pas.
Mme
Duranceau : Bien, c'est ça, c'est peut-être pour ça, parce qu'on
n'arrive pas aux mêmes chiffres, honnêtement.
Puis je suis à la même place, là. Puis, nous, quand on regarde notre personnel
d'encadrement, la croissance...
M.
Beauchemin : ...
• (15 h 50) •
Mme
Duranceau : OK, ça fait qu'on est sur les ETC. Personnel
d'encadrement, on parle de 0,6 % de croissance. Sur l'ensemble des
effectifs, là, organismes publics, 0,6 % sur l'ensemble. Après ça, les...
le personnel infirmier, quant à lui, a augmenté de 2,5 %, puis le
personnel enseignant a augmenté de 0,6 %, puis personnel de bureau,
techniciens, et autres, de 0,1 %. Ça fait que, tu sais, des 12 %, là,
j'en n'en ai pas, ça fait que je veux bien essayer de l'expliquer, mais je ne
sais pas où trouver ma comparaison.
M.
Beauchemin : Bien, je vais vous parler de d'autres chiffres pour
essayer de clarifier la chose.
Mme
Duranceau : Bien, ça nous fera plaisir de... honnêtement, si je peux
dissiper ce doute dans votre esprit ou le confirmer, ça va me faire plaisir
qu'on en parle, parce que j'ai la même préoccupation que vous, là, moi.
M. Beauchemin : OK.
Depuis 2018, le Québec a eu une augmentation de sa population, là, de 8 %.
Depuis 2018, l'effectif du
gouvernement en équivalent temps complet, en ETC, lui, a fait un bond de
22 %. Alors, si on avait suivi, là, la croissance de la population
du Québec, pour avoir une croissance du... de l'effectif gouvernemental
similaire, il y aurait eu 74 000 employés
de moins qui auraient été engagés.
Mme
Duranceau : Bien là, on a parlé de deux hausses, là. Ça fait que
comment ça donne, 74 de moins?
M.
Beauchemin : OK, des fois, je sais, ça peut être compliqué suivre des
chiffres, là, mais...
Mme
Duranceau : Non, non, d'habitude je suis.
M.
Beauchemin : OK. Bon, bien, alors, la population a augmenté de
8 % depuis 2018.
Mme
Duranceau : Oui.
M.
Beauchemin : L'effectif gouvernemental a augmenté de 22 % depuis
2018 aussi.
Mme
Duranceau : OK, qui est mon total fonction publique puis hors fonction
publique, «right»?
M.
Beauchemin : Tout le monde ensemble.
Mme
Duranceau : C'est ça, OK. Bien là, je l'ai expliqué tantôt, là.
M.
Beauchemin : Oui, mais un instant, là, c'est quand même...
Mme
Duranceau : Oui, mais on a augmenté les services.
M.
Beauchemin : Oui, mais, si vous aviez augmenté à la même rapidité que
la croissance de la population, ça veut dire de 8 %, il y aurait eu 74 000 employés de
moins.
Mme Duranceau :
Ah! OK, que... OK, parfait, mais
il y aurait eu moins d'infirmières, il n'y aurait pas eu d'aides à la classe, il n'y aurait pas eu de tribunaux
spécialisés pour les victimes d'actes criminels. Tu sais, c'est ça que je dis...
M.
Beauchemin : Vous me suivez, on s'en va... on s'en va à la même place.
Mme
Duranceau : ... il y a eu une austérité libérale avant nous.
M.
Beauchemin : Ah! Mon Dieu! Il ne faudrait pas dire ça. Il aurait fallu
quand même comprendre ici que j'aurais...
j'aurais accepté plus facilement la critique si, en tant qu'utilisateur des
services santé, OK, je vous dirais : Ça a été extrêmement efficace,
là, moi, là, j'ai plus de services maintenant que j'en avais en 2018, j'ai plus
de médecins, j'ai plus d'infirmières, j'ai plus de services, moi, j'ai
l'impression que mes files d'attente, là, ont diminué dans les hôpitaux. Puis,
vous le savez aussi bien que moi, c'est totalement l'inverse qui est visualisé
par l'ensemble des Québécois. On attend plus longtemps dans les hôpitaux...
Mme
Duranceau : Non, non, non, les chiffres se sont améliorés.
M.
Beauchemin : Depuis 2018, je m'excuse...
Mme
Duranceau : Là, je vous invite aux crédits de la Santé.
M.
Beauchemin : ...depuis 2018, il y a une détérioration de l'offre de
services de l'État québécois envers les Québécois, puis tout le monde en parle.
Puis, c'est vrai, le nombre d'heures a augmenté, ce n'est plus 90 minutes,
comme était la promesse de la CAQ, là, on est rendus à du 18 heures, dans
certaines régions du Québec, d'attente, là.
Mme
Duranceau : Je pense qu'on voit des baisses en chirurgie, on voit des
baisses d'attente, on va se référer au tableau de bord de la Santé aux crédits
de la Santé, là.
M.
Beauchemin : On peut... on
peut le faire, si vous voulez, mais ce que je veux vous dire, OK, c'est que,
quand on regarde les statistiques
dans son ensemble... Parce que je peux vous trouver des cas extrêmes où est-ce
qu'il n'y en a même plus, de services, ça fait qu'on ne va... on ne va
pas chacun faire du «cherry picking», là, pour gagner notre argumentaire. Moi,
je vais vous parler de l'ensemble de l'oeuvre.
Mme
Duranceau : Bon.
M.
Beauchemin : Bien, l'ensemble de l'oeuvre, là, il y a une perte des
services à la population. Les Québécois et Québécoises ont un retard scolaire
maintenant plus grand qu'ils l'avaient avant. Les infrastructures sont en
piètre état. Je veux dire, on regarde tout ça...
Mme
Duranceau : Je peux-tu répondre sur ça?
M.
Beauchemin : Bien, je peux-tu finir?
Mme
Duranceau : Oui.
M.
Beauchemin : Il y a... il y a l'ensemble de l'oeuvre, là, qui est à...
qui est à considérer. Puis, quand on la considère au complet, l'ensemble de
l'oeuvre, bien, on en a encore beaucoup moins pour notre argent.
Donc,
moi, je vous pose la question, là. Si vous aviez augmenté, à la vitesse de la
croissance de la population, l'effectif du gouvernement, on aurait
embauché 74 000 employés
de moins. Puis ça, ça aurait été de garder l'élan libéral des années avant,
puis là vous auriez économisé 8,4 milliards dans votre budget annuel,
8,4 milliards.
Mme
Duranceau : OK, mais j'aurais...
M.
Beauchemin : Donc, le déficit de cette année, là, il serait de 1,6 au
lieu de 10.
Mme Duranceau : Oui, mais là c'est des... ce sont des raccourcis,
si vous me permettez, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : Bien, on parle, là.
Mme
Duranceau : On jase, c'est ça. Parce que, là, à un moment donné, on a
beaucoup augmenté les services à la population. Puis un exemple, dans mon
comté, OK, donc, augmentation de la clientèle de 6 % dans ma commission
scolaire, augmentation de la masse salariale de 65 %. Donc, ça veut dire
quoi, ça? Ça veut dire qu'on a ajouté des aides à la classe, ça veut dire qu'on
a ajouté des classes spéciales. C'est mon directeur de centre de services
scolaire qui me dit ça. Puis là je ne veux pas... L'écart, il est à peu près
ça, là, je n'ai peut-être pas les pourcentages exacts. Donc, il y en a, des
services additionnels à la population.
Alors là, à un moment
donné, tu sais, vous me dites, les infrastructures sont dans une... un état
lamentable, j'aimerais rappeler que, depuis
1968, il y a eu 25 années de pouvoir libéral puis 25 années de
pouvoir du Parti québécois. Je veux dire, les infrastructures ne se sont
pas désagrégées dans les derniers huit ans, là. Non, non, on a juste récolté le
manque de suivi, à cet égard-là, des dernières années.
M.
Beauchemin : Mais...
Mme
Duranceau : Puis ça a été la
même chose dans les services. On a bonifié les services à la population, là. Oui,
il faut réduire les ETC, mais il faut les réduire là où ce n'est pas efficace.
Puis on a eu un superbe exemple la semaine dernière avec le DSN, dossier pour
lequel vous avez déchiré votre chemise. Et ça, ça vise l'efficacité, ça, ça va
permettre de sauver du temps puis ça va permettre que les travailleurs de la
santé passent du temps sur ce qui a un réel impact à la population plutôt que
de déplacer des chemises bleues puis des chemises vertes.
Le Président (M.
Laframboise) : Merci... merci, madame...
M.
Beauchemin : ...je vais vous lire... je vais vous lire un article du Devoir,
OK.
Mme
Duranceau : Bon.
M.
Beauchemin : Le titre seulement, je vais vous la... je vous le
résumer, là, Le Québec est la pire province en termes d'attente aux urgences
depuis des années. Le temps médian, puis ça, c'est il y a six mois déjà, le
temps médian était de 5 h 23 min. Ça a plus que doublé depuis
2018. Ça fait que ça, c'est... ça, c'est le temps...
Mme
Duranceau : Bon, là, un article du Devoir. On peut-tu se fier
au BI du ministère de la Santé?
M.
Beauchemin : Bien, c'est parce que, vous savez, Mme la ministre...
Mme
Duranceau : Moi, je ne me fie pas à ce que je lis en titre.
Le
Président (M. Laframboise) :
...madame, il va terminer, là, puis après ça vous aurez le temps de répondre.
Mme
Duranceau : Mes excuses, M. le député.
M.
Beauchemin : J'essaie juste de vraiment, là, mettre la table pour
qu'on puisse comparer des pommes avec des pommes, OK? Le temps d'attente a
augmenté de façon significative depuis que vous êtes au pouvoir, d'accord? Puis
ce n'est pas juste moi que le dis, là...
Mme
Duranceau : Selon qui, là, exactement?
M.
Beauchemin : Bien, Le Devoir, qui a fait une étude avec un
temps médian.
Mme
Duranceau : Quel auteur?
M.
Beauchemin : L'institut économique de développement de Montréal, c'est
comme... Ce n'est pas juste moi, là, il y a plusieurs personnes qui en parlent.
Donc, on est...
Mme
Duranceau : Dans quel hôpital?
M.
Beauchemin : Bien là, je peux-tu...
Le Président (M.
Laframboise) : Allez-y, continuez, là, mais...
M.
Beauchemin : OK. On parle du temps médian dans l'ensemble du Québec,
OK?
Mme
Duranceau : Pour quels types de chirurgie?
M.
Beauchemin : ...l'ensemble du Québec, des salles d'attente. OK,
l'ensemble du Québec, les salles d'attente, ça a augmenté. Puis c'est une étude
qui comparait ça depuis... Puis on vous donne un break, là, on vous... on vous
laisse tomber les deux premières années, là, depuis 2020, OK, jusqu'à 2026, fin
2025. Donc, vous êtes dans une situation ici où est-ce que vous nous dites que
vous avez augmenté le nombre de personnes, mais les services en santé se
détériorent. Donc, face à cette situation-là, force est de constater,
clairement, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
Puis c'est quoi?
Bien, il y a eu une structure qui a été mise en place, là, Santé Québec, le
mammouth qui a été mis en place par-dessus, là, l'autre mammouth. Puis là on
est rendu avec de la structurite aiguë qui a coûté énormément d'argent aux
Québécois et Québécoises. On est rendu maintenant que, si on avait suivi juste
la croissance démographique, on aurait pu économiser 8 milliards...
8,4 milliards de dollars annuellement, là, mais là on est dans une
situation où est-ce que c'est ça, la réalité.
Donc, on a augmenté
le nombre de cadres, on a augmenté le nombre de gestionnaires de façon
supérieure au nombre de gens qui livrent les services, Mme la ministre, c'est
ça, l'enjeu. Au lieu d'avoir augmenté le nombre de personnes qui livrent le service, on a augmenté le nombre de patrons puis
à... Bien, en fait, c'est exactement ça que l'étude dit. Et, en
augmentant le nombre de patrons, on se trouve à être dans une situation où
est-ce que les gens sont encore plus mélangés comment livrer les services.
L'efficacité de l'État, elle est moins efficace. Et voilà, on est rendu là.
Le Président (M.
Laframboise) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Il me reste combien de temps?
Le Président (M.
Laframboise) : C'est... votre réponse.
Mme
Duranceau : Ah! c'est le
temps... OK, bien là, on a augmenté, là, dans la santé, on a augmenté les
ETC, préposés aux bénéficiaires, services de soutien à domicile, ouverture de
maisons des aînés. Mon Dieu que vous avez chicané contre ça. Il faut toujours
bien les ouvrir puis avoir du personnel dedans. Alors, c'est ça qu'on a fait.
Ensuite de ça, encadrement en CHSLD, ajout à la Santé publique, donc. Puis
Santé Québec, là, ils sont «on budget», OK? Petit
écart cette année, c'est la première fois qu'on est aussi performants en termes
de suivi de budget du côté de la santé.
• (16 heures) •
Donc, honnêtement,
là, il faut croire en cette structure, comme vous dites, qui a été mise en
place. On a une équipe hypercompétente, puis ça va livrer des résultats pour
les Québécois. Je pense que c'est ça qu'ils attendent. Puis on a enfin... Puis
ce n'est pas moi qui le dis, là, je pense que c'était... Vous vous référez à
des articles de journaux, moi aussi, je pense, c'est Francis Vailles, il y a
une semaine ou deux, qui disait que, justement, l'aiguille commençait à bouger,
là, du côté de la santé, puis on le voit concrètement. Alors, voilà. Puis,
bien, pour la suite, on va laisser le ministère de la Santé répondre à ses
crédits, là.
M.
Beauchemin : Comment de temps qu'il me reste?
Le Président (M.
Laframboise) : Il vous reste 38 secondes.
M. Beauchemin : 38 secondes. Bien, juste peut-être en guise
de conclusion, vous comprendrez, Mme la ministre, que, pour les
Québécois qui nous écoutent en ce moment et qui nous regardent, là, eux, ils
ont eu la CAQ en charge depuis les huit dernières années, puis tout ce qu'ils
ont vu, là, OK, c'est une détérioration de l'État, une détérioration du service
aux citoyens, une augmentation des déficits, une augmentation de la dette. Puis
là on a des chiffres à l'appui pour vous expliquer comment que ça n'a pas bien
fonctionné, parce qu'on a engagé plus de cadres que de gens qui livrent des
services, à un coût qui a fait exploser l'emprunt et les déficits. Puis on nous
fait accroire comme quoi que, là, soudainement, ça va mieux.
Le Président (M.
Laframboise) : Merci...
M.
Beauchemin : La réalité, ce n'est pas le cas.
Le
Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Vous aurez d'autres chances.
Juste avant de poursuivre, là, je comprends que la ministre fournira les
données relativement à la Commission de la
fonction publique suite à une question du député de Marguerite-Bourgeoys. Vous
aviez promis de...
Mme
Duranceau : ...d'où vient son info, puis je vais corroborer ou pas,
là.
Le Président (M.
Laframboise) : Parfait. Donc, vous vous engagez...
Mme
Duranceau : ...qu'on s'assure qu'on est sur les mêmes chiffres, là,
qu'on travaille sur les mêmes références, sans problème.
Le Président (M.
Laframboise) : Est-ce que vous êtes d'accord, monsieur...
M.
Beauchemin : ...
Le
Président (M. Laframboise) :
...donc, vous allez vous échanger, puis, par la suite, si on n'a pas le temps
durant la séance aujourd'hui, vous envoyez ça à la commission, puis là,
à ce moment-là, nous, on pourra le faire parvenir...
Mme
Duranceau : ...
Le Président (M.
Laframboise) : Avec plaisir. Donc, maintenant, nous passons au député
de Jean-Talon pour 9 min 46 s.
M. Paradis :
Bonjour, Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Bonjour.
M. Paradis :
Bonjour à tous les membres de votre équipe. J'aimerais commencer en revenant
sur l'échange que vous avez eu avec le collègue de Marguerite-Bourgeoys
relativement à la démission fracassante de la présidente de la fonction
publique. Donc, à la fin, là, compte tenu de cet échange-là, est-ce que vous
trouvez que c'est une bonne nouvelle que la présidente de la Commission de la
fonction publique démissionne comme ça?
Mme Duranceau :
Bien, je ne trouve pas que c'est une bonne nouvelle. C'était une personne qui
était compétente, elle avait un poste qui lui... qui l'attendait, là, au Tribunal
administratif du travail, mais après ça moi, je... c'est son choix, là. Je ne
connais pas ses raisons personnelles, là.
M. Paradis :
Bien, dans les... dans les médias, elle l'a dit clairement. Elle a dit :
Il y a un projet de loi très important qui touchait la fonction... la
Commission de la fonction publique, et ça a été préparé dans le plus grand
secret, on n'a pas été consultés, alors que nous étions les premiers à pouvoir
nous proposer là-dessus... à pouvoir nous
prononcer là-dessus. Est-ce que vous... est-ce que vous tirez des leçons de ce
qu'elle dit, la présidente de la... en tout cas, l'ex-présidente de la
fonction... de la Commission de la fonction publique?
Mme
Duranceau : Bien, écoutez, notre projet de loi n° 7, c'est...
tous les organismes qui étaient touchés ont été informés de notre intention,
là, de faire des modifications la veille ou... Mais il y a des choses qui
étaient discutées, par ailleurs, depuis longtemps, là. Pour plusieurs, ce
n'était pas une surprise, là. Donc là, maintenant...
M. Paradis :
Mais...
Mme
Duranceau : Je ne referai pas l'étude détaillée de cet élément-là. On
l'a fait au PL... au PL n° 7. Là, maintenant, les décisions... sa décision
de quitter la fonction publique, qui offre quand même des belles opportunités
d'emploi puis des défis superbes, c'est la sienne.
M.
Paradis : Est-ce qu'il y a des leçons à en tirer, pour vous, une telle
démission aussi fracassante?
Mme
Duranceau : Bien là, démission fracassante, là, je veux dire, c'est
son choix, là.
M. Paradis : Non. Très bien. Sur le télétravail aussi, vous avez eu un échange avec
notre collègue... notre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Donc, à la
fin, est-ce que vous êtes prêts ici à vous engager à avoir une rencontre calmement pour discuter calmement avec les
représentants des syndicats affectés sur la question du télétravail? Est-ce que
c'est quelque chose qui pourrait aider?
Mme
Duranceau : Bien, on a...
Moi, j'ai eu une rencontre déjà, déjà, bien avant que ce soit mis en vigueur.
Et...
M. Paradis :
Bien, manifestement, il y a encore des questions. Est-ce que vous êtes prêts à
les rencontrer?
Mme
Duranceau : Et les équipes du Secrétariat du Conseil du trésor, qui
s'occupent de ces dossiers-là, ont eu plusieurs rencontres aussi. Ils ont été
consultés là-dedans. Alors, je l'ai dit à plusieurs reprises, là, je pense que
ce sujet-là a été... a été...
M. Paradis :
Mais est-ce que vous seriez prêts, aujourd'hui, à les rencontrer de nouveau,
là, notamment compte tenu des échanges que vous avez eus, là, sur la nature de
votre proposition, etc.? Vous ne trouvez pas que c'est une bonne idée?
Mme
Duranceau : Bien, écoute, s'il y a des... s'ils ont des propositions
constructives et nouvelles que ni moi, ni mon cabinet, ni l'équipe du Secrétariat
du Conseil du trésor n'ont déjà entendues, on va les écouter. Moi, des mesures
constructives, je suis toujours ouverte à ça.
M. Paradis :
Bon, j'espère que c'est une ouverture à ce qu'il y ait un dialogue. Parce que
vous savez, hein, que nous, sur le principe de se retrouver humainement dans
des lieux de travail, on s'est exprimés là-dessus, on pense qu'il y a du
positif là-dedans, mais de se parler pour le faire dans le meilleur contexte,
on pense que c'est une bonne idée. Bon...
Mme
Duranceau : Bien, moi, je vous assure que ces dialogues-là ont eu
lieu, là, hein, à plus d'une reprise. Alors, soyons clairs sur ça.
M. Paradis : Manifestement, il y a encore du dialogue à avoir. Mais j'aimerais vous
amener sur l'autre question...
Mme
Duranceau : Avec de nouvelles idées, c'est parfait.
M. Paradis :
Mais j'aimerais... Le dialogue, c'est bon en continu. J'aimerais vous amener
aussi sur un autre sujet, là, que vous venez d'aborder avec le collègue de Marguerite-Bourgeoys.
Parce que c'est vrai que nous aussi, à travers tous les documents d'étude de
crédits, là, j'en ai plusieurs avec moi ici, on essaie de voir où est-ce qu'on
en est dans la taille de l'État, dans le... du nombre d'employés par rapport à
2018. Parce que la promesse de la Coalition avenir Québec en 2018, et c'est une
des plus importantes, c'est un cheval de bataille... Il y en avait d'autres,
c'étaient les contrats informatiques, une autre, c'étaient les revendications
autonomistes à l'intérieur du régime fédéral, ce sera pour une autre fois. Mais
un des principaux chevaux de bataille, c'était la taille de l'État. Votre promesse,
c'était de réduire la taille de la fonction publique, donc des ministères, de
5 000. Après ça, on parlera du parapublic.
Aujourd'hui, vous
nous dites, vous nous dites, si j'ai bien compris, que depuis 2018 il y a une
croissance, dans les ministères, de 8 687 ETC, équivalents de temps
complet, pour ceux qui nous regardent, grosso modo, là, un nombre d'employés.
C'est bien ce que vous nous avez dit tout à l'heure. Alors, promesse de moins
5 000 de la CAQ, croissance de plus 8 687. Est-ce que la CAQ a rempli
sa promesse?
Mme
Duranceau : Oui, parce qu'on l'a... c'est disponible dans la stratégie
de gestion de dépenses, on a réduit le
5 000. Le 5 000 qu'on avait promis au tout début, là, 2018, on l'a
atteint, on l'a réduit, celui-là. Ensuite de ça, on a... Puis ce n'est
pas une nouvelle, là, c'est dans la stratégie de gestion de dépenses, j'ai
oublié de le mentionner tantôt au député de Marguerite-Bourgeoys. Ça fait qu'il
y a eu ce premier 5 000 là. Par ailleurs, le précédent premier ministre,
là, le... C'est moi qui l'a annoncé, là, je pense : 4 000, fonctions
publiques, 1 000 hors fonction publique. Donc là, on est en voie
d'atteindre ce nouveau 5 000 là pour l'année 2026-2027. Ça fait
que ça, ça fonctionne.
Là, ce qui est
injuste de votre part, c'est de ne jamais considérer l'augmentation des
services, hein. Parce qu'on a augmenté beaucoup les services à la population,
puis je vais nommer des choses qui vous touchent, là. Quand on ajoute un
tribunal spécialisé, ça prend du monde, hein, au tribunal pour entendre les
causes puis faire les règlements. Donc, il y a eu un ajout de 8 167
ETC : ajout de policiers, ajout de gens au ministère du Transport pour le
Fonds aérien, augmentation du nombre d'ETC, on l'a dit, pour les pilotes. Au
niveau de l'immigration, je sais que ce n'est pas un sujet que vous aimez, là,
mais, tu sais, il faut accueillir les gens puis s'en occuper, on a ajouté du
monde de ce côté-là.
M. Paradis :
Mais, Mme la ministre, si vous me permettez, parce que, là, vous êtes aussi dans
le parapublic, j'y arrive dans une minute, là, j'aimerais qu'on...
Mme Duranceau : ...là, c'est
fonction publique.
M. Paradis : Oui, mais c'est parce
que votre promesse, c'est moins 5 000, ce n'est pas, genre : Ah! ça
va dépendre des services, tout ça. Vous avez... vous vous êtes...
Mme Duranceau :
...moins 3 000.
M. Paradis : Vous vous êtes
présentés...
Mme Duranceau : ...
M. Paradis : Vous vous êtes
présentés devant la population québécoise et vous avez dit : Nous, si vous
nous élisez, la CAQ, on va réduire dans les ministères de 5 000. Et
aujourd'hui vous nous dites : plus 8 687 depuis 2018. Et, nous, les
chiffres qu'on a, quand on regarde les cahiers de crédits, les budgets, c'est
plus 12 000 qu'on a, donc on n'a pas les mêmes chiffres. Puis
j'aimerais ça que vous nous disiez exactement où sont vos chiffres. Mais, nous,
ce qu'on a, c'est plus 12 000, alors
que la croissance de la population, comme vous le... vous en discutez avec le
collègue de Marguerite-Bourgeoys, n'est pas là.
Et là sur le parapublic, là aussi, il y a une
croissance. Nous, on a... on a une croissance de l'équivalent, donc, des... en
équivalent, là, de temps complet, plus 57 000 dans le parapublic. Parce
que vous avez créé plein de nouvelles structures, comme Santé Québec, comme Mobilité
Infra Québec, comme beaucoup plus... beaucoup de croissance chez
Investissement... notamment dans les hauts salariés puis les cadres. J'espère
qu'on aura le temps de s'y rendre, parce que là aussi, là, les très hauts
salariés qui ont des rémunérations en dehors des cadres prévus, là, on en a vu
plein dans les études de crédits. Ça, est-ce que vous nous dites, Mme la
ministre, là, que Mobilité Infra Québec, actuellement, ou plus de monde à
Investissement Québec, plus de hauts salariés à Investissement Québec... que
Santé Québec, actuellement, la création de Santé Québec... Est-ce que vous êtes
capable de m'affirmer ici aujourd'hui, Mme la ministre, que, ça, les gens, là,
du Québec on vu la différence, ils ont eu plus de services, jusqu'à maintenant,
parce qu'on a créé Santé Québec?
Mme
Duranceau : Là, on mélange beaucoup de choses, là. Moi, je
n'ai pas de problème à répondre à tout ça, là, mais on va y aller une
affaire à la fois. Donc, quand on regarde l'augmentation d'ETC, là, OK,
fonction publique, l'augmentation de 8 687, c'est 8 % de
l'augmentation. 92 % de l'augmentation globale, là, c'est pour des...
c'est dans les réseaux, ça veut dire, c'est le secteur de la santé puis de
l'éducation, ce sont les aides à la classe, ce sont les préposés aux
bénéficiaires, ce sont les classes spécialisées. Alors, ça, c'est du vrai monde
qui rend des services à du vrai monde. C'est ça, là, 92 % de notre
augmentation sur sept ans, là, c'est pour des services à la population.
Le 5 000 qu'on avait promis au début,
on l'a livré, on va refaire une autre baisse de 4 000. Mais là il ne faut
pas oublier d'où on partait, là. En 2018, austérité libérale, et il fallait
rattraper, là, il y a des services qui étaient requis par la population. Alors,
vous pouvez dire : Vous avez promis aux Québécois de réduire de 5 000
ETC, mais on avait promis un paquet d'autres affaires aussi au niveau de services
qui étaient attendus et, ces services-là, on les a livrés.
• (16 h 10) •
Le Président (M. Laframboise) : ...25 secondes.
Il va rester 25 secondes.
M.
Paradis : Très bien. N'empêche que votre promesse, c'était
moins 5 000, et actuellement on a beau essayer de présenter des chiffres,
c'est qu'il y a plus de monde. Et votre promesse était moins 5 000, donc
c'est une promesse qui n'a pas été remplie, qui n'a pas été satisfaite
par le gouvernement de la CAQ.
Mme Duranceau : ...les tableaux qui
montrent clairement ce qui a été fait.
M. Paradis : Je vais être preneur,
mais la promesse, c'était moins...
Mme Duranceau : Il faut être preneur
puis dire la vérité.
M. Paradis : C'était... Bien là,
j'espère que vous n'êtes pas en train de dire que je ne dis pas la vérité...
Le Président (M. Laframboise) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît!
Mme Duranceau : Non...
M. Paradis : ...parce que la
promesse était moins 5 000, et vous ne l'avez pas, vous n'avez...
Le Président (M. Laframboise) : S'il
vous plaît! C'est terminé pour M. le député de Jean-Talon. Donc, on poursuit
avec l'opposition officielle pour 22 min 33 s... 22 min 15 s,
excusez-moi.
M. Beauchemin : Bon, ça fait qu'on a
commencé avec moins 5 000, on en a rajouté 8 000 puis là on en coupe
3 000, donc on est à zéro?
Mme
Duranceau : ...plus de services. Hein, c'est-tu de l'efficacité?
M. Beauchemin :
C'est tellement... c'est tellement spectaculaire. Parce que, dans tout ce
qu'on a regardé, dans tous les documents fournis par votre ministère, il y a
quand même une augmentation de 12 000 employés de la fonction
publique. Là, il y a eu 3 000 qui sont partis, on est rendus à 8 909,
9 000, là, on ne s'obstinera pas, là, à faire des arrondissements. Mais, grosso modo, là, vous, vous venez de nous
dire, là, que, jour 1, là, la CAQ arrive au pouvoir, là, puis on a
mis 5 000 personnes à la porte? Est-ce que c'est ça que j'ai bien
entendu, Mme la présidente du Conseil du
trésor? Est-ce que c'est bel et bien ça que j'ai entendu? Jour 1, vous
êtes arrivés, là, puis il y a 5 000 personnes qui sont... qui
sont... qui ont été remerciées?
Mme Duranceau :
Bien non, bien, ce n'est pas comme ça qu'on a fait les choses, là,
c'était... On avait une promesse de réduire de 5 000 postes puis on
les... on l'a réalisée, cette promesse-là. Puis c'est 5 000 ETC, ça fait
que c'est 5 000 heures travaillées.
M.
Beauchemin : ...mais, je veux dire, quand? Parce qu'honnêtement ce
n'est pas ça, là, tous les chiffres disent le contraire. Tous les chiffres
disent, là, que, jour 1, vous êtes arrivés, là, puis ça n'a fait
qu'augmenter. Là, vous parlez de réduire. Il y en a 3 500, grosso modo,
là, qui ont... qui ont été en ETC, là, réduits, OK, par rapport à ce que
c'était, là, le sommet étant proche de 12 000. Mais jamais... Mais jamais
vous n'aviez... Vous êtes partis à... le point
de départ, là, 2018, puis là, soudainement, moins 5 000 ETC, plus
8 000 ETC, moins 3 000, là. On n'est pas à zéro, là, on n'a
pas fait... on n'a pas fait du surplace, dans les huit ans caquistes, là, on a
augmenté la machine. Tous les chiffres le montrent, là, l'article de La
Presse, l'article du Devoir, les références dans le livre du budget
du ministre des Finances. Les collègues ici veulent vous dire exactement la
même chose que moi. J'essaie juste, là... On se perd peut-être, là, dans les
chiffres, c'est peut-être difficile pour les gens qui nous suivent, mais jamais
il n'y a eu une réduction de la taille de l'État depuis 2018 sous le
gouvernement de la CAQ.
Mme
Duranceau : ...augmenté plus. On l'a réduit, le 5 000. Sinon, là,
ça aurait été...
M.
Beauchemin : OK, votre plan, c'était l'augmenter, finalement, de
18 000, mais vous avez seulement augmenté de 13 000?
Mme Duranceau :
Notre plan, c'était de pallier à l'austérité libérale puis de...
M. Beauchemin :
Arrêtez de dire ça!
Mme Duranceau :
...d'offrir les services que les Québécois attendaient. On a beaucoup...
M. Beauchemin :
...avait des meilleurs services aux citoyens, comme vous le dites...
Mme Duranceau :
Non, non, non.
M. Beauchemin : ...en termes de services de santé, nombre de
professeurs, temps d'attente dans les hôpitaux, tout était meilleur que
là, sous la gouvernance de la CAQ, là.
Mme Duranceau :
Tout était meilleur?
M. Beauchemin :
Bien, vraiment, vraiment meilleur. On n'avait pas un déficit, on n'a pas
été décoté. On a été dans une situation où est-ce qu'on n'était pas du tout à
la même place qu'on est actuellement, les infrastructures étaient mieux
entretenues, il y avait... il y avait un environnement plus prospère pour le
développement d'entreprises. Donc, on va arrêter de parler de... de «gimmick
marketing», là, qui a été utilisée par d'autres partis, là. Soyons clairs sur
une chose. Depuis 2018, jamais vous n'avez réduit la taille de l'État.
Mme Duranceau :
...M. le député de Marguerite-Bourgeoys...
M. Beauchemin :
En absolu, depuis 2018.
Mme Duranceau :
Notre 5 000, là, ça couvrait fonction publique hors fonction publique,
donc l'ensemble de l'oeuvre, là, qui représentait, en 2019,
499 000 ETC, qui a augmenté à 608 000... Là, c'est sûr que c'est
compliqué à comprendre, là, mais...
M. Beauchemin :
...comprend pourquoi vous...
Mme Duranceau : ...on
a beaucoup augmenté les services. Ça explique... Puis on a... Tu sais, la
main-d'oeuvre indépendante, là, ce n'est pas nous qui l'avons inventée,
là. Ça, c'était sous les libéraux, là, ça, la main-d'oeuvre indépendante. Donc là, on l'a réduit. Mais, si tu
engages des infirmières puis tu les ramènes sur ton «payroll», bien, ça
augmente le nombre d'ETC. Ça, on a économisé des centaines de millions avec ça,
dans les deux dernières années. Alors, ça, c'est un exemple concret
d'augmentation d'ETC, mais de réduction des dépenses de l'autre côté.
Alors, tu sais, il n'y a pas de magie. À un
moment donné, quand tu offres des services, ça prend du monde pour rendre les
services. C'est pour ça que nous, on croit en une transformation numérique de
l'État. Je le sais que c'est difficile pour vous autres, là. Mais ça, ça va
permettre de mieux rendre les services plus efficacement.
M. Beauchemin : Si c'était le
cas, Mme la présidente, là, OK, si c'était vraiment le cas, là, que vous avez
amélioré la qualité des services, il n'y aurait pas personne qui se plaindrait
en ce moment, là, tout le monde serait content, vous seriez au sommet dans les
sondages. Ce n'est pas le cas parce que, justement, les gens se plaignent,
parce que, justement, les temps d'attente augmentent. On est dans cette
situation-là où est-ce que l'État a été mal géré
depuis huit ans. On en arrive à cette conclusion. On n'est pas les seuls, tout
le monde en parle. Donc, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?
Parlons du sujet des... de la guerre contre le
télétravail, que vous faites, juste parce que je trouve ça intéressant. Vous
nous demandez de vous faire confiance en vos chiffres puis avec vos
déclarations, mais c'est parce que votre prédécesseure a dit ici même, là, avec
toute confiance, qu'au pire le télétravail avait un effet neutre sur la
productivité, mais, au mieux, positif. Ça, c'est votre prédécesseure qui a dit
ça. Là, vous, ce que vous nous dites, c'est l'inverse, donc j'essaie juste de,
comme... Même parti, même fonction, même ministère, on a changé de cap.
Ça, c'était, évidemment, juste remettre dans le
contexte. Le projet de loi n° 7, ça, c'était à
l'automne dernier, quand on a tout essayé pour faire en sorte qu'on remonte
dans les sondages, au gouvernement de la CAQ, puis on a eu des bonnes idées de
communication marketing en faisant la guerre contre le télétravail, la guerre
contre les médecins. On a décidé de partir en guerre pour se trouver des
ennemis, pour faire mousser, là, les sondages. Puis là la résultante de ça,
c'est que là vous partez en guerre, encore, là, contre le télétravail, mais
votre prédécesseure était constructive sur
le télétravail. Ça fait que j'essaie juste de comprendre. Il y avait la
flexibilité, là, maintenant, il n'y en a aucune, flexibilité. C'est
trois jours minimum. Avant, il y avait un deux jours, mais il y avait une
flexibilité qui pouvait s'installer. Il va y avoir un paquet d'autres
questions, là, qui va suivre, là, mais est-ce que je comprends bien, là, que, par rapport à votre prédécesseure, vous
avez des positions totalement diamétralement opposées en ce moment?
Mme Duranceau : Moi, je suis
vraiment surprise d'avoir cette discussion-là avec vous, mais c'est parfait.
D'ailleurs, vos questions, en tout cas, ne semblent pas aller dans le sens de
ce que j'entends de l'Institut de développement urbain, hein? Donc, êtes-vous
en train de me dire vous n'êtes pas en faveur d'un retour au bureau équilibré,
d'une proposition qui est... qui est raisonnable?
M. Beauchemin : Ce n'est pas... ce
n'est pas là où est-ce que je veux en venir. J'essaie juste de comprendre. On a
totalement changé de fusil d'épaule, à la CAQ, en même pas un an, parce que
votre prédécesseure, qui était ici l'an dernier, avait dit, justement ici, là,
que le télétravail avait un effet neutre sur la productivité, au mieux positif,
puis vous, vous dites l'inverse.
Mme Duranceau : ...moi, je ne
vois pas ça comme un changement drastique. On était... Premièrement, j'ai dit
quoi tantôt, là, on a 30 % des employés de la fonction publique qui sont
au bureau cinq jours/semaine. On était à deux jours/semaine, dans la
politique-cadre, et là on augmente à trois jours/semaine. Je pense que, quand
ma collègue a dit ça, bien, elle s'appuie sur... bon, sur un rapport qui avait
été fait. Ce n'est pas des données qui sont... Ça demeure très qualitatif, là,
comme appréciation, mais la vie a continué d'évoluer puis l'environnement dans
lequel on est a continué d'évoluer. Le fédéral a annoncé son retour au bureau,
les banques, vous connaissez ça, les banques, vous, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, ont annoncé des retours au bureau à cinq jours/semaine. Alors, il y a une mouvance vers un retour au
bureau. Parce que, oui, certaines tâches peuvent s'accomplir à la maison,
mais il y a quand même une perte de créativité, d'initiative, de...
M. Beauchemin : ...
Mme Duranceau : Non, ça, c'est vous
qui dites ça, là.
M. Beauchemin : Bien non, mais je
vais juste faire une citation, là, que vous avez dit.
Mme Duranceau : Non, non, non, ce
qu'on peut dire dans le corridor, en vitesse, là, des fois, ce n'est pas
toujours parfait. Mais je pense que, depuis tantôt, j'exprime qu'il y a des
bénéfices à se retrouver avec des collègues, à apprendre des collègues, à
écouter ce qui se dit, à s'imprégner de la culture d'entreprise, à participer à
des résolutions de problèmes qui ne sont pas les nôtres, mais, parce qu'on est
là, on est capables contribuer. Je pense que tout le monde est intelligent, là,
puis comprend ce que je veux dire, là.
• (16 h 20) •
M. Beauchemin : Bien, je pense que
les gens comprennent qu'il y a effectivement une certaine dynamique qui
s'installe lorsqu'on est en travail présentiel, par rapport à du travail en
télétravail, ça, c'est certain. L'enjeu n'est pas là.
Moi, ma question, c'est d'essayer de comprendre, comment se fait-il... Encore
une fois, là, c'est le même gouvernement. Il y a eu un jeu de chaises
musicales. Vous avez gardé la vôtre, tant mieux pour vous, mais il y a eu un
jeu de chaises musicales. On essaie de nous faire croire que c'est un nouveau
gouvernement. Mais là ma question, c'est... OK, aujourd'hui, là, vous dites à
peu près le contraire de ce que votre prédécesseure a dit, mais vous, vous trouvez ça... que c'est quand même un peu normal.
J'essaie de comprendre pourquoi, qu'est-ce que ça... qu'est-ce que...
c'est quoi qui influence ce changement?
Mme
Duranceau : ...ce n'est pas un changement drastique de position. La
politique de deux jours, là, elle avait été
mise en place pour accompagner un retour progressif au travail après la pandémie,
OK? Puis là on est en 2026, là, la pandémie est finie, là. Et ce qui est
intéressant, si vous suivez un peu ce qui se passe dans l'actualité, là, je
vais vous dire ça, l'année 2026, là, marque vraiment un tournant où le
bureau redevient la norme principale. Donc, on s'éloigne du modèle de télétravail qui était prédominant durant la
pandémie. Alors, tu sais, ce n'est pas un changement drastique, c'est
juste comprendre l'écosystème, voir ce qui se passe autour de nous puis
s'ajuster. Quand tu es au gouvernement, là, ce n'est pas : tout est figé
dans le béton, puis on ne peut pas s'ajuster, là.
Le Président (M.
Laframboise) : ...Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : Merci. Vous
avez affirmé que les fonctionnaires avaient besoin, grosso modo, là,
d'apprendre à vivre. J'aimerais comprendre...
Mme
Duranceau : ...
M.
Beauchemin : Bien, j'essaie de résumer vos mots, là. Est-ce que vous
pouvez m'expliquer ce que vous voulez dire ou pourquoi, selon vous, ça a été
pris hors contexte?
Mme
Duranceau : Bien, en tout cas, je ne sais pas si vous vous faites
poser souvent des questions dans les corridors de l'Assemblée nationale. Des
fois, ça va vite, tu n'as pas toujours les bons mots. Mais là je vous
inviterais à ne pas vous fier à un titre, je vous inviterais à lire le reste de
l'article. Je pense que j'ai été très, très claire dans mon propos, puis la plupart des gens m'ont bien
comprise. Alors, c'est ça, je l'ai mentionné, là, depuis tantôt. On parle de
ça, là, depuis deux heures, là.
M.
Beauchemin : Les employés, là, qui sont en postes régionalisés, là,
qu'est-ce qu'on fait avec eux?
Mme
Duranceau : Bien là, je l'ai... j'ai répondu à qui, donc? Je pense, au
député...
Une voix :
...
Mme
Duranceau : ...Hochelaga-Maisonneuve, c'est ça. J'ai dit que le
jugement, là, c'était encore de mise. Puis
les gens qui sont... qui ont choisi de... tu sais, d'occuper un poste qui est
régionalisé, bien, premièrement, il y a des exceptions puis il y en a
qui peuvent... qui peuvent continuer de travailler en télétravail. L'autre
chose, s'il y a des situations particulières, bien, je les invite à communiquer
avec leurs gestionnaires. Les gestionnaires ont des responsabilités plus
grandes, hein, ils prennent des gens en charge, ils sont payés en conséquence,
donc on s'attend à ce qu'ils prennent... aussi, qu'ils aient le courage
managérial d'organiser les affaires de manière conséquente et efficace pour
leurs employés.
Mais moi, je suis
curieuse, M. le député de Marguerite-Bourgeoys : Vous logez où, vous, en
termes de télétravail? Tu sais, c'est un grand enjeu. Vous venez des banques...
M.
Beauchemin : Moi, c'est... mon rôle ici, c'est de vous poser des
questions.
Mme
Duranceau : Non, mais, si vous avez une suggestion constructive, là,
on va l'écouter.
M.
Beauchemin : Bien, moi, ma suggestion constructive, c'est de s'assurer
qu'on puisse avoir une fonction publique qui est efficace, qui performe puis
que les Québécois en ont pour leur argent. Donc, quand on prend des positions
dogmatiques puis qu'on y va de l'avant avec du mur-à-mur un peu partout, comme
ça semble être le cas, bien, c'est sûr et certain qu'il va y avoir des embûches.
J'essaie de faire éviter ça pas simplement au gouvernement de la CAQ, mais à
l'ensemble des Québécois.
Évidemment, là, vous
avez sûrement entendu parler des mêmes commentaires de la part de certains fonctionnaires, ils s'en vont au bureau, maintenant,
faire des Teams avec d'autre monde dans le même bureau ou dans d'autres
places, dans d'autres succursales du gouvernement. Je pense que...
Mme
Duranceau : ...député de Marguerite-Bourgeoys, avez-vous...
M. Beauchemin :
Je peux-tu finir ma question? Je
pense que c'est efficace, là, d'avoir des Teams, mais est-ce que c'est une obligation pour tout le
monde, là, de se déplacer au bureau pour faire des Teams ou ils auraient pu
faire des Teams de chez eux?
Mme Duranceau : ...là,
il faut me connaître, là, je pense que vous me connaissez assez, là, je n'ai
certainement pas...
M. Beauchemin : Mais je vous pose
une question.
Mme Duranceau : Il n'y a
certainement pas une approche dogmatique de mon côté. Les gestionnaires sont
imputables, sont responsables de leurs équipes puis ils ont aussi la
responsabilité de regarder comment les choses s'organisent puis de faire en
sorte que leurs équipes s'organisent de manière efficace, alors de lisser le
temps au bureau, de s'assurer que les équipes pertinentes sont au bureau en
même temps. Les journées où on vient au bureau, c'est pour des rencontres,
idéalement, en personne. Mais là on va-tu, comme parlementaires, se mêler de ce
niveau de détails là? Il y a une grande politique générale, puis il incombe aux
sous-ministres et aux gestionnaires des différents employés de s'assurer que
les besoins opérationnels sont satisfaits puis que tout ça se fait de manière
efficace. Là, je pense qu'on rentre un petit peu trop, là, dans tous les détails.
M.
Beauchemin : ...qui
existent en intelligence artificielle, il
y a des outils de gestion qui
permettent, justement, d'optimiser tout ça, il y a des... Mais ça
prend... le dénominateur commun dans tout ça, c'est de la flexibilité. Puis,
pour que ça puisse fonctionner de façon efficace, il faut être flexible. Votre
approche, malheureusement, elle est dogmatique, ça fait en sorte que vous êtes
incapable de pouvoir faire des ajustements. Puis je comprends le réflexe, parce
que c'est plus simple, on ne veut pas se la compliquer, je la catche. C'est de
même, l'eau trouve son niveau. Mais la réalité, c'est que là on est dans une
situation budgétaire avec des finances publiques en détérioration, on a besoin
de, justement, réinventer la roue de façon la plus optimale possible, puis ça
nous prend les meilleurs outils.
Puis là je vais vous parler d'un autre exemple.
Avec vos antennes régionales gouvernementales, là, OK, bien là, il va falloir
supporter toute l'arrivée de ce beau monde là, là. Ça fait que là comment vous
allez payer ça? Il va falloir qu'il y ait des bureaux qui soient créés dans vos
antennes régionales. Les antennes régionales, à certains endroits, elles ne
sont pas assez grosses pour accueillir tous les fonctionnaires qui sont en
télétravail, avec... Ça fait que est-ce que ça, ça a été planifié? Est-ce qu'on
a une... Est-ce qu'on a une étude de coûts de ce que ça, ça représente? Ça,
c'est un autre exemple, là, d'une approche mur à mur sans y avoir pensé
spécifiquement.
Mme Duranceau : Donc, la question?
M. Beauchemin : Est-ce que vous avez
pensé aux ramifications de l'obligation que vous avez d'imposer sans
flexibilité... à ce que ça va engendrer comme conséquences pour vos antennes
régionales gouvernementales, dont certaines
ne sont pas assez grosses pour accueillir tout ce beau monde là que vous voulez
ramener trois jours/semaine minimum? Est-ce que vous avez mis ça dans
votre modèle? Puis, si oui, ça coûte combien?
Mme Duranceau : Oui, tout ça est
dans le modèle, toutes nos économies relativement à l'immobilier, là, sont dans
le modèle puis sont dans notre stratégie de gestion de dépenses. On a
régionalisé des postes, on n'a pas régionalisé
des bureaux. Il y a quelques bureaux gouvernementaux qui ont été ouverts en
région. Il y avait des bureaux régionaux qui existaient déjà. Encore une
fois, là, je m'en remets aux gestionnaires, là, d'organiser ça intelligemment
pour que les équipes travaillent ensemble.
Puis je veux juste mentionner aussi, peut-être
vous n'êtes pas au courant de ça, là, mais il n'y a plus de téléphone, dans nos
bureaux, on utilise Teams. Donc, tu sais, ça se peut aussi que, dans les
commentaires qu'on entend : Ah! on est toujours sur Teams, bien, peut-être
parce que le téléphone, là, c'est Teams maintenant. Donc, je veux juste
nuancer, là, pour...
M. Beauchemin : Bien, justement,
dans ces antennes régionales là, où est-ce que l'équipement n'est pas suffisant
pour répondre à l'arrivée des trois jours/semaine, là vous me dites... vous me
parlez en général...
Mme Duranceau : Oui, je pense, c'est
anecdotique, ça...
M. Beauchemin : Non, ce n'est pas
anecdotique, là.
Mme Duranceau : ...responsables de
ces employés-là, puis je m'attends à ce qu'ils fassent leur travail
convenablement puis que les employés qui sont à tel ou tel endroit aient les
outils dont ils ont besoin pour réaliser leurs tâches.
M. Beauchemin : Moi, je me mets à la
place, là, de la personne qui vous épaule dans ce dossier-là puis je me
dis : Elle va sûrement se faire poser la question sur ce genre d'exception
là. Parce que ça, c'est... ça, c'est comme le gorille dans l'ascenseur, là,
c'est assez gros que... Comme là, on est dans une situation où est-ce qu'il va
falloir qu'on dépense plus, là, il va falloir qu'on dépense plus pour
accueillir ce monde-là. Ça fait que, minimalement, avoir été quelqu'un qui
travaille dans votre équipe, là, je vous aurais fait faire le calcul. Là, vous
ne l'avez pas. Puis c'est une question qui est légitime : Combien ça coûte
de plus?
• (16 h 30) •
Mme Duranceau : De quoi? La
régionalisation des 5 000 postes ou le télétravail des...
M.
Beauchemin : Les antennes régionales gouvernementales. Il va falloir
qu'ils soient adaptés pour accueillir les...
Mme
Duranceau : On a en masse de place en région pour accueillir tout le
monde. Il y a 60 quelques bureaux régionaux et il y a amplement de place pour
accueillir tout le monde.
M.
Beauchemin : Il y a des régions où est-ce que l'antenne n'est pas
assez... Il va falloir que les gens conduisent plus loin que l'antenne la plus
proche pour se rendre, il va falloir... Il va y avoir de ça. Donc, est-ce
que...
Mme
Duranceau : Ces gens-là ont des supérieurs, j'imagine, ils relèvent de
quelqu'un.
M.
Beauchemin : Bien, ils relèvent de vous, ultimement, là. Ça fait que,
donc, la...
Mme
Duranceau : Bien, ils relèvent de...
M.
Beauchemin : La question, là, OK, c'est de savoir combien ça va
coûter. Est-ce que vous avez fait, minimalement,
une étude d'impact? On a eu cette conversation-là souvent, là, durant le PL n° 7 : étude d'impact, non, ce n'est pas fait, étude d'impact,
non, ce n'est pas fait. Encore une fois, ici, on a une autre situation où
est-ce qu'il aurait dû y avoir une étude d'impact. Elle n'a pas été faite,
c'est ça que je comprends?
Mme
Duranceau : ...c'est excellent, comme ligne, là, pour pouvoir
prétendre qu'il n'y a pas d'étude d'impact.
Mais je peux vous dire une affaire qu'au Trésor, des études, il y en a. Alors,
ça, n'ayez aucun doute là-dessus, il n'y a pas de coût additionnel. Les
bureaux, ils existent, les gens qui sont en région, qui veulent aller au
bureau, qui peuvent aller au bureau, ils vont au bureau, puis, dans d'autres
cas, ils s'organisent avec leurs supérieurs puis ils travaillent de la maison.
Je suis extrêmement surprise de ce genre de conversation avec le Parti libéral.
Mon Dieu! Où s'en va-t-on?
M.
Beauchemin : Moi, c'est une question de savoir si on gère bien, puis
si on planifie bien, puis si on exécute bien. La question est simple. Il n'y a
pas eu d'étude d'impact qui a été faite pour, justement, le coût que ça va
engendrer. Donc, oui, effectivement, le Parti libéral du Québec gère bien ou
pense bien être capable de gérer en ayant, justement, la prévisibilité
nécessaire pour être capable de... OK, ça coûte combien. On n'a pas de réponse.
Mme
Duranceau : ...vous auriez dû la poser... Je ne sais pas, c'est quand,
vos crédits sur le PQI puis les infrastructures? Parce que ça, ça relève de la
SQI, l'aménagement des bureaux, et c'est la SQI qui a tout fait ces analyses-là
et qui...
M.
Beauchemin : Mais ce n'est pas vous, la présidente du Conseil du
trésor?
Mme
Duranceau : La SQI relève de Finances.
M.
Beauchemin : Oui, je sais, ça, mais, je veux dire, vous, vous êtes
la...
Mme
Duranceau : C'est ça. Oui, bien, nous, on était très à l'aise... Là,
l'étude, je ne l'ai pas avec moi. On peut vous fournir ça aussi.
M.
Beauchemin : La présidente du Conseil du trésor est supposée avoir,
hein, le tablier complet de tout ce que tout coûte.
Mme
Duranceau : ...puis on était en accord. Et, comme je vous ai dit, la
stratégie de gestion de dépenses prévoit des
économies annuelles en matière de réduction d'espaces bureau, et notre
politique de télétravail à trois jours/semaine sur l'ensemble du
territoire n'occasionne pas de coûts additionnels.
M.
Beauchemin : Ça, vous me le dites, là, maintenant, là, à
4 heures... 4 h 33 en ce 13 mai, là? Ça ne coûte pas rien de plus?
Mme
Duranceau : L'ensemble de ma stratégie de dépense, tout ce qu'on fait
pour réduire le nombre de pieds carrés d'espaces bureau va me procurer les
économies qui sont prévues. Est-ce que d'augmenter le nombre de pieds carrés
pour tel ou tel ministère... Parce que, là, à trois jours/semaine, il y a plus
de monde. Oui, ça, ça augmente les coûts. Mais «all in», je vais aller chercher
quand même les économies qui étaient prévues pour mon retour à l'équilibre
budgétaire. Et, oui, c'est une volonté de revenir à trois jours/semaine. On vit
dans un monde où les choses ont changé. Puis, en 2026, il y a un retour au
bureau. On était à deux jours, on passe à trois jours. C'est très, très, très
raisonnable.
Le Président (M.
Laframboise) : C'est tout le temps sur cette section de ce segment
pour le député de Marguerite-Bourgeoys. Maintenant, nous passons au député
d'Hochelaga-Maisonneuve pour 15 min 5 s.
M.
Leduc : Merci, M. le Président. Mme la ministre, projet de loi
n° 990, j'ai fait imprimer une copie.
Mme
Duranceau : ...
M. Leduc : C'est
le fameux projet de loi que j'ai déposé, puis on a vérifié, vous étiez
présente. Vous avez même voté pour le dépôt de mon projet de loi, imaginez-vous
donc. Alors, je vous en donne une copie, vous pourrez en lire dans votre
lecture de chevet, je suis sûr que ça va vous intéresser.
Je veux vous parler
d'un rôle qui est important pour celui de... que vous occupez, qui est les
négociations. Vous n'avez pas participé nécessairement aux grosses
négociations, là, de la fonction publique, c'était votre prédécesseure qui
était là, mais vous êtes quand même, donc, en fonction. J'aimerais savoir, en
ce moment, au moment où on se parle...
Mme
Duranceau : ...
M. Leduc : ...parfait...
combien de négos sont en cours au ministère.
Mme Duranceau :
Un instant.
M. Leduc : Vos
équipes travaillent sur combien de négociations?
Mme
Duranceau : Un instant. Là, on a 99 % de nos négos qui sont
réglées, OK.
M. Leduc : Donc,
s'il en reste 1 %, ça fait un chiffre nominal de?
Mme
Duranceau : Ça fait un chiffre nominal... ah! une trentaine de
groupes.
M. Leduc : Une
trentaine, OK.
Mme
Duranceau : Oui.
M. Leduc : C'est
quoi, la plus ancienne, celle qui date... qui a la date la plus éloignée d'aujourd'hui?
Mme
Duranceau : Attendez, là, on va regarder ça, on va regarder ça, la
plus ancienne. On cherche ça, ce ne sera pas très long.
Des voix :
...
Mme
Duranceau : Donc, vous voulez savoir pour un groupe spécifique ou?
M. Leduc : Dans
ce que vous gérez en ce moment, dans les 30 qui restent, là, c'est lesquelles
les plus... qui sont les plus en retard, si on peut dire, qui datent de la plus
longtemps, là? On remonte jusqu'à quand, là? On a une convention échue qui date
de? Êtes-vous en mesure de me dire ça?
Mme
Duranceau : Je... 2023, à peu près, là. C'est ce qu'on me...
M. Leduc : 2023.
Est-ce que...
Mme
Duranceau : C'est ce qu'on me glisse à l'oreille.
M. Leduc : Est-ce
que c'est le groupe des paramédics dont on parle, ici, qui date de 2023?
Mme
Duranceau : Bien là, votre question, c'est quoi, là, spécifiquement?
On va y répondre, là.
M. Leduc : Bien,
je veux juste savoir s'il y en a qui sont encore plus anciens que ceux-là. Moi,
j'avais 2023 pour les paramédics, mais c'est-tu... on parle bien d'eux autres
ou il y en a peut-être qui sont encore un peu plus tôt en 2023, d'un autre
groupe?
Mme
Duranceau : Paramédics... paramédics, il y en a que c'est de... c'est
mars 2023.
M. Leduc : C'est
de ça qu'on parle donc, les plus anciens?
Mme
Duranceau : Oui, c'est ça que je vois, là, moi.
M. Leduc : OK.
Donc, moi, à ma connaissance, en effet, j'avais 2023. J'étais curieux de savoir
s'il y en avait des plus anciens que ça. Vous me répondez, je vous remercie.
2023, ça, c'est la fin de la convention collective, donc
ça va faire... ça fait trois ans. Qu'est-ce qui explique la longueur de cette
négociation-là en particulier? C'est quand même assez long, trois ans de
négociations.
Mme Duranceau : Oui, bien là,
évidemment, tu sais, c'est limité, ce que je peux dire, parce qu'on est
toujours en négociations, comme vous le savez, ça fait que dans ce temps-là, on
est toujours très prudents dans ce qu'on dit. Puis, tu sais, je comprends, je
comprends tout à fait les paramédics qui disent : Écoute, ça fait
longtemps, il faut que ça se règle, puis on est entièrement d'accord. On a
commencé par régler le fonds commun, hein, puis les paramètres sont bien
connus, les paramètres financiers. Alors, je pense que, hein, c'est important
de partir de là. Donc, peut-être que c'est ce qui explique un certain délai.
M. Leduc : On m'a informé, puis
j'aimerais ça que vous me confirmiez les chiffres, qu'il y aurait eu
67 rencontres de négociation.
Mme Duranceau : C'est possible, là,
je ne sais pas, moi, personnellement, le nombre de rencontres, là. Mais on
prend ça... alors, on prend ça au sérieux, on fait les rencontres, puis tout le
monde progresse.
M.
Leduc : Est-ce que ce serait votre objectif de régler ça
dans les prochaines semaines, avant, minimalement, peut-être, qu'on
ferme le parlement début juin, mi-juin?
Mme Duranceau : Bien, c'est dans
notre objectif de régler, oui. Mais, tu sais, il faut régler aussi en tenant compte de l'équité pour tout le monde, puis des
paramètres qu'on a puis de notre... de notre capacité de payer. Puis, bien,
il demeure qu'il faut être deux là, pour s'entendre, alors... Mais moi... On
est tout à fait de bonne foi là-dedans, là, pour trouver des solutions, là.
M. Leduc : Qu'est-ce qui serait des
éléments clés qui vous permettraient d'atteindre une entente?
Mme Duranceau : Bien là, si vous
voulez, je vais laisser la négociation avoir lieu à la table. D'entrée de jeu,
j'ai dit qu'il y avait un cadre financier qui était connu, des paramètres. On
a... comme je l'ai mentionné, on a réglé avec 99 % des groupes. Alors, il
faut que ce soit équitable pour tout le monde, là.
M. Leduc : Ils étaient ici, hein, il
n'y a pas très longtemps, au mois d'avril, si je ne me trompe pas, ou même, il
y a... il y a quelques semaines, ils étaient très inquiets. Puis il y avait,
dans la foule de personnes qui manifestaient en soutien, des étudiants et
étudiantes, qui, normalement, seraient en train de faire des stages pour
obtenir leur diplôme. Et là, vu que la grève a été déclenchée en décembre, si
je ne me trompe pas, de facto, il n'y a pas de grève. Votre gouvernement avait tenté
de faire une poursuite pour rendre ça service essentiel. Ça a échoué devant le
tribunal du travail, qui a été quand même assez sévère envers le gouvernement,
là, sur votre lenteur à négocier.
N'êtes-vous pas inquiets qu'on n'est pas capable
de fournir des stages à des étudiants et étudiantes qui... D'ailleurs, j'ai
reçu des témoignages de solidarité. Les étudiants et étudiantes souhaitent que
vous régliez, là, souhaitent... ils appuient les grévistes, ils appuient les
paramédics. C'est leurs futures conditions de travail, donc, assez logiquement,
ils aimeraient ça que ce soient quand même des conditions intéressantes. Mais
ils sont inquiets aussi, ils veulent aller faire du travail de première ligne.
Ça fait que, moi, ce que je veux savoir, Mme la ministre, c'est : C'est
combien haut, dans votre ordre de priorités, de régler les paramédics le plus
vite possible?
Mme Duranceau : Bien, vous
savez, la CSN est bien au courant de notre cadre, hein? Ils ont réglé le...
avec le front commun. Et puis moi, je l'ai dit souvent, là... bien, pas «je
l'ai dit souvent», je veux dire, c'était important de régler, puis, quand je
les ai rencontrés, à plusieurs occasions, les paramédics, je leur ai dit qu'on
avait un cadre qui était... qui était connu, alors qu'il fallait travailler à
l'intérieur de ce cadre-là. Je pense que ça évolue, là, de part et d'autre. Et
puis je pense que c'est important de rappeler que c'est un service essentiel,
puis qu'il n'y a pas d'enjeu pour la population puis qu'en cas d'urgence ces
services-là sont essentiels puis seront rendus, là.
• (16 h 40) •
M. Leduc : Ce
que vous me dites, c'est : Voici le cadre, puis il ne bougera pas. Donc,
il y a... les deux parties sont dans leur coin puis ils ne se parlent
pas?
Mme Duranceau : Non, ce que je
vous dis, c'est que je ne vais pas négocier ici, là. Honnêtement, là, j'ai
répondu, puis les négociations, elles vont avoir lieu à la table.
M. Leduc : Bien, vous avez
répondu... on a tous... on peut tous juger, là, de la réponse. Moi, ma
question, c'était : Quelle est la... quelle est la hauteur de... Ma
question, c'était : C'est haut combien dans votre liste de priorités? Là-dessus, est-ce que vous êtes prête à
vous impliquer personnellement dans cette négo-là pour trouver une
solution?
Mme Duranceau : On
a réglé avec 99 % des groupes. Je veux régler avec les autres groupes,
dont les paramédics.
M. Leduc : Parce qu'à ma
connaissance, votre...
Mme Duranceau :
Ça fait longtemps qu'on se parle puis on veut intensifier les discussions
avec eux, puis ces discussions-là, le contenu de ces conversations-là, je les
garde pour la table de négociation.
M. Leduc : À ma connaissance,
votre prédécesseure n'hésitait pas à aller parfois, pour essayer de régler
quelque chose, se pointer, donc, directement.
Mme Duranceau : Oui. Est-ce que... est-ce que vous suivez mon
horaire? Est-ce que vous savez si j'ai des conversations?
M. Leduc : Bien, c'est pour ça
que je vous pose la question.
Mme Duranceau : Bon, bien,
chaque fois que j'ai croisé les paramédics, j'ai eu des conversations avec eux.
J'ai des conversations avec mes équipes, puis on va faire ce qu'il faut faire
pour régler. Puis, pour nous, tous les groupes sont prioritaires.
M. Leduc : Parce que, là, la
fin de session du cégep achève, là. C'est, quoi, mi-juin, fin juin, une fin de
session de cégep. On va l'échapper, là, le stage, on va avoir perdu une
cohorte.
Mme Duranceau : ...dites qu'on
va l'échapper, ce n'est pas moi.
M. Leduc : Oui, je comprends.
Là, j'essaie de vous transmettre l'urgence de la situation, qu'on va échapper
une cohorte complète de jeunes paramédics qui n'auront pas leur diplôme parce
qu'ils n'auront pas fait leur stage.
Mme Duranceau : Bien là, je
suis obligée de vous dire, puis vous connaissez ça mieux que moi, les
syndicats, là, c'est eux qui font le choix des moyens de pression. Alors, c'est
leur choix, leurs moyens de pression.
M. Leduc : OK... Je dois vous
dire que je suis un peu inquiet. Je ne peux pas dire que je sens l'urgence dans
vos réponses.
Mme Duranceau : Nous, on est
prêts à régler s'ils sont prêts à régler.
M. Leduc : Bien oui, mais s'ils
respectent votre cadre, puis il n'y a rien d'autre, c'est ça? En tout cas, on
va se souhaiter le meilleur puis on va souhaiter bonne chance à tout le monde.
Sur les coupes dans la fonction publique, on a
eu des... j'ai assisté aux échanges il y a quelques instants, mais je veux bien
comprendre les chiffres. Moi, j'avais compris que vous aviez une cible de
5 000 ETC sur deux ans, puis que vous aviez ventilé 2 000 pour
2025-2026, puis 3 000 pour 2026-2027. C'est bien ça?
Mme Duranceau : ...on
avait une première cible, en 2018, de 5 000 ETC, puis on voit très
bien qu'elle a été... là, c'est dommage que le député de Jean-Talon ne
soit plus là, mais... elle a été atteinte, et c'est dans la stratégie de
gestion de dépenses de 2023-2024. Il y a 381 millions de dollars
qui ont été économisés grâce à la réduction d'un premier 5 000 ETC.
Ensuite de ça, l'année dernière, on a dit : Il va y avoir un
autre 5 000 ETC, 4 000, fonction publique, 1 000, hors
fonction publique. Donc, sur ce 5 000 là, il y en a 3 000...
M. Leduc : ...540. C'est ça?
Mme Duranceau : Il y en a 3 106
qui ont déjà été réduits pour la fonction publique, puis il y en a 434 pour le
hors fonction publique. Donc, sur notre cible de 4 000, on en a
3 106. Sur notre cible de 1 000, hors fonction publique, on en a 434.
Donc...
M. Leduc : Pour un total de
3 540.
Mme Duranceau : Pour un total de
3 540, c'est ça, sur 5 000.
M. Leduc : C'est ça. Que
faisaient ces gens-là?
Mme Duranceau : Que faisaient
ces gens-là? On va me dire ça, hein? Parce que c'est... nombre d'heures, des
fois, c'est des postes... En fait, en... ça, le plus gros, c'est des... c'est
des postes qui n'ont pas... des départs à la retraite, postes qui n'ont pas été
comblés, répartition autrement de la tâche de... des tâches de travail, réduction de la bureaucratie, temps qui a été libéré
pour faire autre chose, donc tu n'as plus besoin peut-être de x, y fonction,
réduction du temps supplémentaire, réduction aussi... il y a le réaménagement
du temps de travail, donc réduction de la...
du nombre d'heures des semaines de travail. Ça fait qu'on pouvait passer de
35 heures à 32,5 heures ou de 37 à 35. Alors là, on réduit des
heures, on fait notre semaine sur quatre jours au lieu de cinq jours.
Ça fait que tout ça, c'est des mécanismes qui
ont permis de réduire le nombre... le nombre d'heures travaillées, à notre
avis, sans affecter les services à la population. Parce qu'il ne faut pas
oublier, on a eu une longue discussion sur l'augmentation
du nombre d'ETC pour augmenter les services à la population. Là, ce sur quoi on
travaille, c'est l'efficacité, la bureaucratie, enlever les tâches qui sont...
qui sont inefficaces ou qui n'apportent pas la valeur ajoutée qui était
souhaitée.
M. Leduc : On
parle souvent de bureaucratie depuis tantôt, puis je ne peux pas m'empêcher
d'avoir en tête toutes les discussions que j'ai eues avec vos collègues dans le
milieu... les ministres qui sont responsables de différents programmes dans le milieu communautaire, où le milieu communautaire
est enseveli de documents, et de redditions de comptes, et de dépôts. Ce
serait bien de s'occuper de ce volet-là aussi que vous évoquez dans la
bureaucratie, et pas juste des personnes.
Vous m'avez donné une orientation générale d'une
méthodologie que vous avez utilisée pour atteindre ce
3 540 ETC, mais je vous relance encore une question plus
pointue : Est-ce qu'il y a des titres d'emploi... des titres d'emploi dans
des ministères en particulier... J'aimerais ça avoir une idée pointue des gens
dont on n'a pas renouvelé le poste ou qu'on a aboli le poste.
Mme
Duranceau : On regarde ça, on regarde ça.
M. Leduc :
Merci.
(Consultation)
Mme
Duranceau : ...les classes d'emploi, là, tu sais, de manière
détaillée. Bon, personnel d'encadrement, moins
sept. Personnel professionnel, moins 1 046. Tu sais, ça ne dit pas
grand-chose, là, ça, ici, là. Personnel de bureau, moins 1 044...
1 444. Donc, c'est ça. Agents de la paix, augmentation de 176. Ça fait que
vous voyez que... Puis ça, agents de la paix, il y a des services directs à la
population.
Alors, tu sais, nous,
on... en fait, ce qu'on a fait... puis c'est... on n'a pas envoyé une directive
à qui que ce soit, aller sur telle classe ou telle autre classe. On a demandé
au ministère de faire un exercice pour s'interroger sur... Moi, j'ai dit :
Tu sais, qu'est-ce que vous... de quoi vous avez de besoin comme fonction
publique, en 2030, 2035, pour bien rendre les services à la population? Donc,
interrogez-vous sur ça puis, tu sais, revenez-nous avec vos propositions.
Alors, chaque ministère a pris les décisions qui étaient pertinentes pour eux,
compte tenu des services qu'ils ont... qu'ils ont à rendre, là. Puis il va
falloir collectivement se demander comment on veut rendre les services. Est-ce
qu'on veut continuer avec le fax puis le papier, ou on va innover puis on va
adopter de la technologie qui va nous permettre d'être plus efficaces?
M. Leduc : Donc,
vous me dites que, quand vous avez préparé ce plan d'attrition, vous n'avez pas
donné des cibles, vous n'avez... Le 5 000, là, de tantôt ou, je me
souviens plus du chiffre exact, le 4 000 plus quelques gens en fonction,
ce chiffre-là de 4 000, il n'est pas sorti d'une boîte de Cracker Jack,
c'est vous qui l'avez mis au jeu, puis, après ça, vous avez dit : Chaque
ministère doit trouver des cibles qui vont cadrer dans ce 4 000. Bien, ce
4 000 là, vous l'avez déterminé comment?
Mme
Duranceau : ...des cibles à chaque ministère, mais, après ça, ils ont
fait leur plan, là...
M. Leduc : Oui, oui, mais le 4 000, le total d'origine?
Vous l'aviez ventilé après, d'accord, mais le 4 000 d'origine, il
sort... il est trouvé comment, ce chiffre-là?
Mme
Duranceau : Bien, il y a un 2 000 que ma prédécesseure avait
annoncé, un autre 2 000, c'est moi, puis, tu sais, ça aurait pu être
un chiffre différent, là, je pense que c'est un chiffre qui était raisonnable
aussi. Ça correspondait aussi, grosso modo, à l'attrition... plutôt, les
départs à la retraite. Il y a à peu près 2 000 départs à la retraite
par année, ça fait que, veux veux pas... puis, dans ça, il y en a qu'il fallait
remplacer dépendamment des postes occupés.
Mais c'était comme une réduction assez naturelle de la fonction publique. Sauf
que là, il y a une... tu sais, l'exercice se faisait de dire : OK,
tel poste, je veux le remplacer, tel autre poste, je ne le remplacerai pas
parce que mes opérations...
M. Leduc : Mais,
s'il y avait juste eu 1 000 départs à la retraite, vous auriez revu
votre chiffre à la baisse, ça veut dire?
Mme
Duranceau : Bien là, je ne sais pas, là, tu sais, c'est des
suppositions, là. Tu sais, c'est un chiffre qui est raisonnable. En fait, je
pense que ce que ça montre, c'est que ce n'était très certainement pas un coup
de hache, là, c'était raisonnable. Puis mon but, là... en tout cas, notre but,
c'était de faire ça de manière structurée pour que... structurée puis, je l'ai
dit souvent, chirurgicale, pour que ça tienne la route.
Le Président (M.
Laframboise) : Merci beaucoup, Mme la ministre. C'est tout pour M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve. Maintenant, nous passons au député de Saint-Jérôme,
pour 3 min 15 s.
M.
Chassin : Et ça va vite, 3 min 15 s. Merci. Mme
la Présidente du Conseil du trésor, j'ai, évidemment, dans mes questions, un retour sur une lettre que vous avez envoyée,
lorsque vous êtes rentrée en poste, à tous vos collègues, leur demandant leur collaboration pleine et entière pour,
notamment, recentrer l'État, le gouvernement sur ses missions essentielles. Et la lettre se terminait, là... je vais
retrouver ça ici, mais... «dans les prochains jours, mes équipes et
moi-même communiquerons avec les vôtres dans le but de coordonner ces
chantiers». Il me semble qu'il y avait beaucoup de promesses dans cette
correspondance. Donc, j'aimerais savoir si, effectivement, dans les chantiers,
donc, ce que je comprends, là, qui concernaient les différents ministères et
organismes, quelque, quoi, huit mois plus tard, est-ce qu'il y a eu des
résultats selon vous, de la part du Conseil du trésor et...
• (16 h 50) •
Mme
Duranceau : ...est le plus transformateur ou porteur, dans l'approche,
là, qui a été prise... Oui, c'est une chose, mes collègues, puis c'est pour
leur parler de comment on allait faire les choses. Puis, rapidement, tu sais, a découlé de ça des mesures pour le PL n° 7, après
ça... C'est ça, ça fait que c'est... très concrètement, PL n° 7, PL n° 11. Ça, c'est très concret. Mais ce qui est
le plus transformateur puis porteur, c'est qu'il y a un chantier d'efficacité
de l'État qui a été mis en place, là, puis qui est... qui est porté par le Secrétariat
du Conseil du trésor, là. Puis ça, c'est les gens en arrière de moi, puis qui y
adhèrent pleinement, tu sais, ça vient d'eux, c'est pour eux, puis c'est pour
faire en sorte de transformer l'État, pour être plus efficaces puis pour mieux
livrer les services à la population avec les besoins de 2030, 2035, 2040.
Alors, ça a été le coup d'envoi, puis là je pense qu'on est bien partis avec un
chantier très, très structuré en termes de réduire la bureaucratie, s'assurer
de l'imputabilité et...
M.
Chassin : S'assurer de l'imputabilité, donc la responsabilité,
notamment, des gestionnaires, puis, au-delà de
l'efficacité, de réfléchir, si je ne m'abuse, parce que c'était dans la lettre,
mais à la pertinence des différents... des différents programmes, des
différents organismes, ce qui est autre chose que l'efficacité, hein? Puis la pertinence, c'est : Est-ce que c'est quelque
chose qu'on devrait faire? Est-ce que c'est encore utile qu'on le fasse? Et là,
là-dessus, vous transmettiez d'ailleurs, en annexe, la liste des
organismes et fonds spéciaux relevant de chacun. Je n'ai pas personnellement
constaté un grand, grand ménage, un grand vent de fusions et de réductions,
mais il y en a eu dans le projet de loi n° 7, et,
parfois, c'était difficile, je le concède, par ailleurs. Est-ce que c'est tout
ou est-ce qu'il y en a encore? Est-ce que...
autrement dit, est-ce que le chantier, par exemple, de l'efficacité de l'État
concerne aussi la pertinence?
Mme
Duranceau : ...tout à fait, c'est un des piliers de... un des trois
piliers de notre chantier. C'est de revoir les programmes, s'assurer,
justement, de leur pleine efficience.
M.
Chassin : ...rapport public des activités de cette... Parce que
ça, c'est la partie qui est toujours difficile, Mme la Présidente du Conseil du
trésor.
Mme
Duranceau : Oui, ça fait partie de notre stratégie de gestion de
dépenses. On va arriver à réduire... à réduire
nos coûts si on fait les choses différemment. Si on veut maintenir les
services, il faut faire les choses différemment.
M. Chassin : Absolument.
Et, en termes de réflexion, j'imagine
qu'il y a une évaluation qui est faite. Il y avait de l'évaluation, en
fait, de programmes, là, déjà, mais on n'a jamais accès à ces résultats-là, et
ça, c'est la partie qui, pour... dans le débat public, entre autres, là, manque
énormément. Est-ce qu'on recommande tout le temps le maintien ou l'ajout de
ressources? Est-ce que, parfois, on se dit : Oui, c'est peut-être moins
efficace ou ça pourrait être fusionné? Cette discussion-là, on ne l'a pas dans
le public, puis on ne l'a certainement pas entre élus.
Mme
Duranceau : ...A.9, page A.9 du volet I...
M.
Chassin : Oui, la stratégie.
Mme
Duranceau : ...de la stratégie de gestion de dépenses, pilier 3,
Maximiser les dépenses de transfert, c'est tous les programmes, ça, puis les
subventions. Ça va être analysé, puis, dans le contexte de ça, on va pouvoir
rendre compte.
Le Président (M.
Laframboise) : Merci. Il y a eu un dépassement d'une minute, mais le Parti
libéral vous a fait grâce de cette minute. Parfait. Donc, M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
pour 21 min 2 s.
M. Beauchemin :
Merci, M. le Président. Je veux, d'entrée de jeu, là... Tantôt, on me demandait
d'où venaient mes données. Mme la Présidente du Conseil du trésor... on me
demandait d'où venaient mes données, on voulait savoir où on parlait de postes,
etc., là, tout le... la taille de l'État, le nombre de fonctionnaires à temps
plein, les augmentations de cadres, etc., que j'avais ça. Ça fait que, si vous
voulez, je vais déposer l'article de journal, de référence, là, que... si vous
êtes capable de... d'y avoir accès. J'imagine que, par le Greffier ici, on va
être capable, donc on va le déposer, OK? Vous allez l'avoir.
Le Président (M.
Laframboise) : ...qui accepte... qui a à accepter...
M.
Beauchemin : Accepter ça, M. le Président.
Le Président (M.
Laframboise) : ...donc merci de le transmettre au secrétariat. Est-ce
que vous souhaitez qu'il soit rendu public ou distribué aux membres seulement?
M.
Beauchemin : Ça peut être distribué au public.
Le Président (M.
Laframboise) : Au public et aux membres, parfait. Donc...
M.
Beauchemin : C'est bon?
Le Président (M.
Laframboise) : C'est bon...
M.
Beauchemin : Oui? D'accord.
Le Président (M.
Laframboise) : ...techniquement, et... Vous allez le transmettre?
M.
Beauchemin : Oui.
Le Président (M.
Laframboise) : Donc, allez-y.
M.
Beauchemin : Ça part.
Le Président (M.
Laframboise) : Parfait.
M.
Beauchemin : Alors, vous voyez, on travaille efficacement, on vous fournit
une information, vous allez pouvoir faire vos propres analyses, basées sur des
gens qui sont avec une vision optimale.
Je veux vous amener
sur un sujet qui est assez important, on en parle dans plusieurs... dans
plusieurs groupes, là, le Centre d'acquisitions gouvernementales, le CAG, qui a
été créé pour fournir aux ministères et aux organismes publics les biens et
services dont ils ont besoin dans le but d'optimiser les acquisitions
gouvernementales et générer, là, des
économies. Cependant, l'an dernier, là, le rapport du Vérificateur général du Québec sur le CAG a été très décevant. On veut
faire le suivi sur les mesures qui ont été amorcées, et nos questions, là, de
l'an dernier qui étaient par rapport au CAG,
là, on veut juste prolonger là-dessus. Donc, je vous mets, là, en place, là, ce
que j'essaie de... où est-ce qu'on veut s'en aller.
Donc, selon l'audit,
là, le CAG ne parvenait pas à réaliser une part importante des regroupements
d'achats prévus dans sa planification
annuelle des acquisitions gouvernementales. Donc, ici, on a encore un autre
exemple, là, dont... on veut dire quelque chose, on veut faire quelque
chose, on planifie quelque chose, mais on a de la misère à livrer, puis ce
n'est pas moi qui le dis, là, c'est la Vérificatrice générale. «Plusieurs
regroupements d'achats visant à répondre aux besoins des ministères ne se sont
pas réalisés, ce qui limite l'efficience de ce regroupement. Le CAG n'évalue
pas adéquatement les économies générées par les acquisitions regroupées.»
Encore une fois, on n'est pas capables, donc, de mesurer ou quantifier le
succès, comment qu'on définit la réussite.
«L'utilisation des
modes d'attribution de contrats qui tiennent davantage compte de la qualité de
l'achat du... l'achat québécois et du développement durable demeure un défi
pour le CAG.» On s'entend, là, dans un contexte de guerre tarifaire, où est-ce
que nos voisins du Sud ne respectent pas des ententes, bien, nous, on est...
maintenant, on devrait avoir le même minimal réflexe de dire : On va
acheter québécois en premier. Malheureusement, ça semble être encore un énorme
défi, là, pour le CAG d'agir ainsi. «Et l'information que dispose le CAG ne
permet pas de suivre adéquatement les acquisitions regroupées et de rendre
compte de leurs performances.»
Donc, les quatre
derniers points, là, que je vous ai mentionnés, c'est les constats de la
Vérificatrice générale sur le CAG. Maintenant, je vais vous poser des
questions. Est-ce qu'on a eu des évaluations sur la planification des contrats?
Mme
Duranceau : ...en rapport avec la Vérificatrice générale, ça, là?
M.
Beauchemin : Non, par rapport à ce que le CAG doit faire, là. Donc, il
y a les évaluations de planification sur les contrats. Est-ce qu'on a analysé
comment qu'on procède dans le CAG, là, pour voir comment... où est-ce qu'on a
des défauts, où est-ce que ça ne fonctionne pas?
Mme
Duranceau : Bien, peut-être, si vous me permettez, je vais passer la
parole à M. Desbiens, là, qui est à la tête
du CAG. Bien, tu sais, ce que j'aimerais dire avant, par contre, si vous me le
permettez, c'est que, tu sais, juste en... c'est en 2024‑2025,
562 millions d'économies, là. Ça fait que, tu sais, de l'achat regroupé,
ce n'est pas une grande nouveauté là, il y a des économies là-dedans. Ça fait
que ça, c'est important. Donc, le CAG fait son travail, puis on espère qu'il en
fasse encore plus pour nous faire économiser encore plus.
Vous avez parlé du
contexte économique. Je pense que c'est important de souligner, là, qu'on a
émis au Trésor deux décrets... deux directives à l'effet... pour pénaliser des
fournisseurs étrangers, fournisseurs américains à l'égard de l'adjudication des
contrats. Donc, dans le choix, il y a une pénalité, on va quand même choisir en
fonction du prix, mais au niveau de... c'est ça... Là, je ne l'explique pas
bien, là, mais, bref, on vient pénaliser les fournisseurs étrangers de manière
à favoriser les entreprises québécoises. Donc, ça, c'est depuis la mise en
vigueur des tarifs, là. Ça fait que ça a été fait en 2025.
M. Beauchemin : ...pourquoi
qu'on... dans les... dans le modèle d'évaluation, pourquoi qu'on pénalise les
étrangers versus favoriser... Je veux dire, je pense qu'il y aurait
moyen de... Mathématiquement, là, au lieu de dire 0,8 fois US, on pourrait dire 1,2 fois Canada ou
1,2 fois Québec, là. Comprenez-vous ce que je veux dire? J'essaie juste de
voir la... Pourquoi la mentalité, c'est de pénaliser versus, tu sais,
plutôt, de donner plus de points, naturellement, à des produits québécois?
C'est du... philosophie, là. J'essaie de comprendre.
Mme
Duranceau : Bien, on pénalise les soumissionnaires américains, là.
C'est comme ça qu'on l'a structuré parce que ce qu'on veut c'est payer le juste
prix, somme toute.
• (17 heures) •
M.
Beauchemin : OK. Parce que... Donc, si je comprends bien, là, la
réponse, là, c'est parce qu'encore une fois à la fin de tout ça, c'est le
meilleur prix seulement. Ça fait que dire 1,2 fois Québec, ce serait
augmenter le prix inutilement. D'accord. Est-ce que je peux vous poser une
autre question?
Mme
Duranceau : Oui, oui, allez-y.
M.
Beauchemin : Ça fait que... Est-ce que la planification du CAG, selon
vous, là... est-ce qu'elle est adéquate dans le contexte actuel aujourd'hui,
avec...
Mme Duranceau :
Est-ce que vous pourriez définir «planification»?
M. Beauchemin :
Bien, la mise en... mise en place
des objectifs associés au CAG, c'est-à-dire, on veut planifier de
regrouper, on veut planifier d'optimiser, on veut planifier d'acheter au
Québec, on veut planifier... Est-ce que, selon vous, là, tout ce qui a été fait
à date, là, va dans la bonne direction? Puis, s'il y aurait des corrections ou
des améliorations à faire, lesquelles?
Mme
Duranceau : Bien... Puis là c'est là où je laisserai la parole aussi à
M. Desbiens, peut-être, pour parler de ce
qu'il fait, mais le CAG a fait un plan d'action suivant, là, les
recommandations du Vérificateur général puis il fait un rapport sur le
suivi de ce plan-là. Donc... c'est ça. Et, après ça... Là, je ne sais pas où
vous voulez aller exactement avec votre question, mais, peut-être, je vais
devancer, tu sais...
M.
Beauchemin : ...en premier, peut-être.
Mme
Duranceau : Oui, je voulais juste commenter, tu sais, sur la stratégie
d'achats québécois. Tu sais, on a une nouvelle stratégie de marché public, là,
qui s'en vient, puis l'achat québécois va être mis de l'avant. Ça fait que, si
c'est là où vous voulez aller, est-ce que le CAG devrait acheter plus
québécois, bien, je peux laisser M. Desbiens expliquer que... il y a certains
éléments dont il s'occupe, certains biens qu'il acquiert, encore faut-il qu'il
en existe au Québec, là, donc... Mais, si vous acceptez, on va laisser la
parole à...
Le Président (M.
Laframboise) : Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Laframboise) : Donc, vous vous présentez, avec votre titre, s'il vous
plaît.
M. Desbiens
(Luc) : Rebonjour. Luc Desbiens, président-directeur général du Centre
d'acquisitions gouvernementales.
Alors, pour répondre
à votre première question, par rapport à la planification, évidemment, le CAG a
été mis en place en septembre 2020. On se souviendra qu'est-ce qu'il y
avait en septembre 2020 ainsi qu'en 2021, 2022, donc il y a eu beaucoup
d'acquisitions faites pour la pandémie, donc, puis le Vérificateur général a
fait ses travaux dans ces données-là. Mais nous sommes vraiment ailleurs
aujourd'hui par rapport à la planification des acquisitions gouvernementales, qu'on appelle notre PAG, qui est
notre planification des dossiers. C'est sûr que ce n'est pas le CAG qui décide quels dossiers qu'on va faire. On fait
ça avec nos clients. Donc, on s'assoit avec Santé Québec maintenant,
on s'assoit avec le ministère de l'Éducation, le ministère de l'Enseignement
supérieur, qui inclut les collèges et les universités, et les ministères et
organismes. On a une... Ça dure à peu près un an de consultations, à savoir
quels dossiers qu'on doit mettre dans notre planification annuelle des
acquisitions gouvernementales.
C'est sûr qu'une
grande partie des acquisitions qu'on doit faire, c'est ceux qui tombent échus.
Donc, on fait, historiquement, un achat regroupé, qui tombe échu, le contrat
tombe, finalement, là, on arrive à la fin du contrat, et on renouvelle des
contrats. Et, à chaque année, on ajoute des nouveaux regroupements d'achats,
des produits qu'on n'a jamais faits à contrat.
M.
Beauchemin : ...comment... comment vous faites? Donc, est-ce que vous
avez commencé avec... on va commencer avec un petit exemple, puis on va
additionner, on va additionner, on va additionner, ou vous avez tout de suite
commencé avec la Santé comme... comme premier client?
M.
Desbiens (Luc) : Bien, c'est sûr que le CAG a été créé à partir de
cinq organismes, OK, dont trois organismes qui existaient depuis le
début des années 2000, là, qu'on appelait les groupes d'approvisionnement
communs, SigmaSanté, le groupe de... le GACEQ et le GACOQ, qu'on appelait.
Donc, ces trois entités-là ont formé le CAG. Donc, on ne partait vraiment pas
de zéro à ce moment-là. Le «clinch» qu'il y a eu, que je pourrais dire, en
début des années 2020, c'est tout le lien avec la pandémie puis la recherche de
masques et des produits de protection individuelle, qui a mis de côté un peu
les acquisitions autres, puis il n'y avait aussi pas de disponibilité de nos
clients pour nous aider à faire les acquisitions. Alors, on a eu du «backlog» à
faire, qui s'est fait en 2023, mais... on fait vraiment ça avec nos clients.
Puis c'est... surtout, on a commencé avec les dossiers qui étaient déjà en
achats regroupés, et puis qu'on a faits, par la suite, en ajoutant... On a des
arrêtés ministériels, qu'on appelle, là, des arrêtés pris par chacun des
ministres, qui définit les produits qui doivent être faits obligatoirement à
contrat. Donc là, on ajoute des produits aux arrêtés ministériels puis on fait
des nouveaux dossiers.
M. Beauchemin : Puis c'est correct
si je... on peut juste dialoguer directement, là?
Le Président (M. Laframboise) : Oui,
allez-y.
M. Beauchemin : Ça fait que, donc,
en d'autres mots, il y a encore une certaine flexibilité, dans certains
ministères, de ne pas passer par le CAG, évidemment, si je comprends bien.
C'est ça?
M. Desbiens (Luc) : Évidemment, il y
a des dossiers qui ne sont pas visés par arrêté. Donc, on fait des dossiers...
on ne fait pas seulement des dossiers qui sont visés par arrêté, on fait des
dossiers qui ne sont pas visés par arrêté. Et, dans ces dossiers-là, c'est une
adhésion volontaire de chacun des organismes publics.
M. Beauchemin : Pourquoi ça...
Pourquoi c'est volontaire?
M. Desbiens (Luc) : Bien, ce n'est
pas toujours pertinent de faire un achat regroupé. Donc, ce n'est pas tous les
produits qui se... mettons, qui est disponible en achat... qui est proposé.
M. Beauchemin : Parce qu'une des
critiques de la part de la VG, c'est qu'il y a eu une augmentation accrue, là,
de contrats de gré à gré à l'intérieur du CAG. Ça s'explique comment, ça?
M. Desbiens (Luc) : Bien, ça
s'explique surtout par la période qu'elle a fait l'évaluation. Donc, il y a eu
une grande période, comme je disais, où est-ce qu'il n'y a pas eu de
renouvellement de contrat, parce que les équipes ont été mises à contribution
auprès du ministère de la Santé pour acquérir des produits, des EPI, des
équipements de protection individuelle. J'étais bien placé pour le savoir, là,
j'étais sous-ministre adjoint au ministère de la Santé à ce moment-là, de 2020
à 2024. Alors, on a mis le CAG à contribution. Évidemment, ces retards-là,
qu'il a pris dans certains contrats, il a fallu les prolonger. Donc, il y a eu
beaucoup de gré à gré qui ont été faits pour prolonger les contrats existants,
pour permettre au CAG de reprendre sa vitesse de croisière et de retourner en
appel d'offres sur les produits. Donc, il y a eu beaucoup de gré à gré pour
éviter les ruptures.
M.
Beauchemin : Donc, les
lentilles... les lentilles que la VG portait datent... datent un peu, là, si je
comprends.
M. Desbiens (Luc) : Oui.
Évidemment...
M. Beauchemin : Ça fait que, là, on
pourrait avoir une perspective totalement différente si on regardait avec une
date de début plus avancée dans le temps.
M. Desbiens (Luc) : Exactement. On a
passé à la Commission de l'administration publique, en décembre, et puis on a
répondu à à peu près le même type de questions que vous posez.
M. Beauchemin : Je n'étais pas là.
M. Desbiens (Luc) : Mais la
commission s'est dite satisfaite de nos réponses, évidemment.
M. Beauchemin : OK. Dans le rapport
de la VG, on dit... Je ne sais pas c'est qui qui fait la citation, mais
peut-être qu'on va se reconnaître, là : «Le CAG adhère aux recommandations
émises et s'engage à apporter des améliorations concrètes au bénéfice de ses
clients, fournisseurs et prestataires de services.» Ça peut être des paroles
qui viennent de vous, là, ça.
M.
Desbiens (Luc) :
Malheureusement, je n'étais pas au CAG à ce moment-là. Je suis arrivé en
janvier 2025.
M. Beauchemin : OK. Quelles mesures
concrètes... Ça, c'est une question que je vous pose, là, avec ce que je viens juste de lire comme citation. Quelles
mesures concrètes sont envisagées pour améliorer la performance du CAG et
assurer la réalisation d'autres achats prévus qui vont venir? Comme, comment
vous allez faire, là, pour vraiment, là, améliorer la...
Là, vous avez trouvé une méthode, là, pour... On additionne, on additionne, on
additionne, on a du plus gros volume. Est-ce que c'est seulement... L'objectif,
c'est d'augmenter pour que le volume soit toujours le plus gros possible, ou y
a-tu d'autres façons de faire en sorte que, disons, au même volume d'achats, on
puisse avoir un meilleur prix, ou une meilleure commodité, ou une meilleure
qualité? Y a-tu... Qu'est-ce que vous regardez, là?
M. Desbiens
(Luc) : Dans la... Dans notre planification stratégique, là, nous
n'avons pas juste un indicateur qui... Les
économies, évidemment, c'est un indicateur important puis qu'on respecte depuis
le début de la création du CAG, mais il y a d'autres indicateurs, comme
l'achat québécois, à titre d'exemple. Puis le CAG a complètement changé ses
stratégies d'approvisionnement pour essayer d'atteindre aussi ses cibles
d'achats québécois, qui n'est quand même pas évident à faire, considérant les
types de produits qu'on acquiert au CAG.
Évidemment,
80 %, c'est le réseau de la santé. Donc, il y a les médicaments, il y a
des équipements médicaux, donc il y a des produits qui ne sont pas faits au
Québec. Mais on a des stratégies, là, qu'on utilise de plus en plus, je vous
dirais même... je vais déboulonner un mythe aujourd'hui, là, le plus bas
soumissionnaire conforme, unique, là, on s'éloigne de ça de façon intensive,
là. On n'est plus vraiment là-dedans.
Je vais vous donner
un exemple, si vous permettez. Ce qu'on fait maintenant, c'est des contrats à
commande. Donc, au lieu de mettre seulement
un soumissionnaire à contrat, on met tous les soumissionnaires qui sont à
l'intérieur de 10 % du prix du plus bas. Donc, si je vais en
soumission pour un produit, et puis j'ai un soumissionnaire qui est fourni à
1 $, un autre fourni à 1,05 $, il y a... un autre fourni à
1,15 $. Bien, on va mettre les deux à contrat, lui à 1 $ et lui à
1,05 $, puis on va offrir ça à nos clients. Nos clients adorent cette
façon de faire là, parce qu'il a le choix. Il a le choix de choisir lui à
1 $ ou à 1,05 $ en fonction de la valeur. Donc, un établissement
pourrait dire : Moi, je vais prendre lui à 1 $ parce qu'il est moins
cher. Puis l'autre pourrait dire : Moi, je vais prendre lui 1,05 $,
parce que c'est le fournisseur que j'utilise déjà, et, en plus, je n'aurais pas
à changer mes protocoles de soins, je n'aurai pas à refaire la formation et, en plus, les infirmières aiment
bien le produit parce qu'il se manipule mieux puis il est plus efficace,
il est plus rapide. Donc, il a le choix de choisir entre deux fournisseurs. Et
puis, en plus, si on a un bris d'approvisionnement en cours de contrat, bien,
on a toujours un «backup» avec un deuxième. Donc...
M.
Beauchemin : ...c'est-tu souvent le cas?
M. Desbiens (Luc) :
Quasiment dans tous les cas, maintenant, on l'utilise. Pas «tous», là, je
ne pourrais pas dire «tous», mais, à chaque fois que c'est pertinent de le
faire, on le fait. Donc, ça, c'est une...
M.
Beauchemin : Ça fait qu'on a décentralisé le processus décisionnel
vers le client un peu, là.
M. Desbiens
(Luc) : Bien, on met plus de gens... plus de fournisseurs à contrat
dans... en plus, on augmente la probabilité qu'on ait des fournisseurs
québécois à contrat, puis, en plus, on donne au client le choix, effectivement,
de choisir.
Un
deuxième élément qu'on fait aussi très souvent maintenant, c'est les lots.
Donc, on s'est déjà fait dire, au CAG, qu'un achat regroupé, c'est un
gros achat, il y a juste les gros qui sont capables de répondre, et puis les
petites PME ne sont pas capables de répondre. Maintenant, on fait des lots,
donc on fait un appel d'offres puis on va à cinq lots, mettons, on peut avoir
des lots régionals spécifiques pour une région ou spécifiques pour un produit.
• (17 h 10) •
M.
Beauchemin : Est-ce que vous avez de la flexibilité pour, justement,
peut-être, si le lot est trop gros encore de, sur le spot, là, comme ça, de
décider de modifier, justement, vos paramètres, pour pouvoir...
M. Desbiens
(Luc) : Effectivement.
M.
Beauchemin : OK. Vous avez... vous avez encore de la flexibilité.
M. Desbiens (Luc) : Les stratégies nous appartient... Nos stratégies nous appartient. Je
vous donne un exemple, là, dans le lait, les produits laitiers. Donc, on
pourrait faire un lot pour l'ensemble du Québec. On comprend qu'il y aurait probablement
juste un fournisseur qui serait capable de répondre pour l'entièreté du Québec,
mais il existe des laiteries un peu plus locales qui ont une capacité de
distribution vraiment limitée dans une région donnée. Bien, on va faire un lot dans cette région-là, versus
d'autres lots dans d'autres régions ou d'autres lots regroupés dans d'autres
régions.
M.
Beauchemin : ...distinction entre propriétés intellectuelles
québécoises ou pas. Est-ce que vous faites une distinction entre distributeurs
versus fabricants? Est-ce que vous faites une distinction...
M. Desbiens (Luc) : Pour l'instant, notre
indicateur, c'est une adresse et des... il y a une... comment je pourrais dire...
une définition, je ne sais pas si tu l'as précisément, là... Mais c'est une
présence significative au Québec.
M.
Beauchemin : OK, mais ça peut être un...
M. Desbiens
(Luc) : Ça pourrait être un distributeur.
M.
Beauchemin : Ça peut être un distributeur. Ça n'a pas besoin d'être le
manufacturier.
M. Desbiens
(Luc) : Oui. Ça pourrait être un distributeur d'adresse d'affaires.
M. Beauchemin : OK. Ça fait que...
Parce que ça, c'est quand même une lacune qui avait été soulevée, là, par le VGQ, là, le Vérificateur général. Est-ce
qu'il y a l'intention, dans votre équipe, de faire, justement... Parce que le secteur
manufacturier, veux veux pas, là, on est en déclin au Québec, là, on l'a
remarqué, là, depuis les huit dernières années.
On peut peut-être aider, donner un coup de pouce en... justement, à prix égal,
ou peut-être à l'intérieur du 10 %, plus favoriser un distributeur
qui distribue quelque chose qui est manufacturier au Québec versus ce qu'il
distribue qui n'est pas fait au Québec.
M. Desbiens (Luc) : ...on est en
discussion, à l'interne, effectivement, d'essayer d'aller influencer le choix
du distributeur, parce que, nos appels d'offres, ce n'est pas pour un produit,
là. Si je prends le produit d'épicerie à titre d'exemple, il y a à peu près
1 000 produits à l'intérieur d'un appel d'offres. Donc, on comprend
qu'on ne fait pas un appel d'offres pour de la mayonnaise, un appel d'offres
pour le ketchup, puis un appel d'offres... puis il y a 1 000 camions
qui arrivent au centre hospitalier par semaine. Donc, c'est un distributeur.
Là, on est en train de cogiter, justement, sur
qu'est-ce qu'on pourrait faire pour forcer un distributeur à aller chercher des
fournisseurs québécois plutôt que des fournisseurs étrangers. Donc, on
travaille sur des options, là, qui va peut-être arriver dans les prochains
appels d'offres.
M. Beauchemin : Mais, parenthèse, il
y a eu, malheureusement — vous
devez être au courant — la
mise en arrêt, là, de Colabor pendant un bout de temps, qui est un fournisseur
important pour les hôpitaux, là, du Québec, qui eux, majoritairement, se
fournissent de producteurs québécois versus les autres. Il y a Loiselle aussi qui
est pas mal québécois, là, en termes de fournisseurs.
Mais les autres, c'est un peu partout, là, c'est
le Nord-Est américain, l'Ontario et le Québec inclus. Ça fait que c'est
difficile de sourcer, là, d'avoir la source en tant que telle, mais...
M. Desbiens (Luc) : Oui, bien,
Colabor était un de nos clients, donc, c'est un de nos contrats, c'est un de
nos appels d'offres. Donc, on a travaillé fort avec Santé Québec, justement,
pour s'assurer qu'on n'ait pas de bris de service. Mais, effectivement, on
travaille fort pour essayer de trouver des stratégies pour influencer le
distributeur à aller chercher des produits québécois, puis...
M. Beauchemin : Même si Colabor, maintenant,
fait partie de l'empire de Pierre Karl...
M. Desbiens (Luc) : Il
soumissionnera, au besoin.
M. Beauchemin : ...en autant qu'il
puisse avoir des fabricants québécois fiables, ce serait important.
Comment le gouvernement, selon vous... Je
retourne à vous, Mme la ministre, je ne veux pas que vous sentiez que je vous
abandonne, là. Comment le gouvernement compte améliorer la fiabilité des
données et des méthodes utilisées pour évaluer les économies générées par le
CAG?
Mme Duranceau : Ça va être M.
Desbiens qui va répondre à ça.
M. Beauchemin : Je vous donnais une
chance.
M. Desbiens (Luc) : Je réponds?
M. Beauchemin : Oui.
M. Desbiens (Luc) : On a toujours
sous-estimé les économies au CAG depuis sa création, donc il y a eu un choix
fait en disant : Si on n'est pas capable d'avoir des données fiables, on
va prendre le minimum qui... qu'on est capable de justifier. Il y a eu,
justement, le VGQ qui a mentionné qu'on sous-estimait les économies, qu'on
n'était pas capable de l'avoir de façon précise et en totalité. Donc, ça fait
partie de notre plan d'action. Cette action-là est complétée. Donc, on a mis en
place une nouvelle méthodologie qui va permettre de faire une évaluation des
économies sur 100 % des regroupements d'achats que nous avons dès cette
année.
M. Beauchemin : OK, merci. Combien
de temps qu'il me reste?
Le Président (M. Laframboise) :
10 secondes.
M. Beauchemin : Bien, voilà. Merci
beaucoup.
Document déposé
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. Tout d'abord, je confirme le dépôt du document sur Greffier. Donc, il
est maintenant public.
Puis,
avant de poursuivre, je comprends que la ministre fournira l'étude sur la
gestion des dépenses en lien avec le réaménagement des bureaux, suite à une
question du député de Marguerite-Bourgeoys dans le bloc précédant celui-ci,
d'ici la fin de la séance ou sinon par courriel à la commission après la
séance.
Mme Duranceau :
...on va fournir réponse à la
question, là. On ne va pour fournir... Il n'y a pas de rapport, là.
Le Président (M.
Laframboise) : OK. Donc, vous allez répondre à la question puis vous
allez nous fournir les documents.
Mme
Duranceau : Oui.
Le Président (M. Laframboise) : C'est bon. Parfait. Donc, maintenant, nous
passons au bloc du gouvernement. Donc, c'est 12 minutes, et on
commence avec le député de Beauharnois.
M. Reid : Merci,
M. le Président. Mme la ministre, chers collègues, c'est un retour pour moi en
commission parlementaire, il y a longtemps que je ne me suis pas présenté ici,
c'est très agréable.
On a parlé du... on
va parler du projet de loi n° 7, Mme la ministre. Le
5 novembre 2025, vous avez déposé le projet de loi n° 7,
qui s'intitule Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité
de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires. Je rappelle
ici que ce projet de loi visait à moderniser l'État québécois en simplifiant
ses structures et en renforçant l'imputabilité de ses hauts dirigeants. Ce
grand chantier, vous nous en avez parlé un petit peu tantôt, inscrit dans la
volonté exprimée par le premier ministre dès son discours d'ouverture en
septembre 2025, lequel a été adopté le 1er avril 2026. Il introduit des
mesures concrètes touchant plus de 40 entités gouvernementales. On parle ici de fusions, abolitions de structures,
transferts de responsabilités ainsi qu'un allègement des redditions de
comptes à faible valeur ajoutée. Le tout, bien entendu, sans compromettre la
transparence de l'État.
Sur le plan de
l'imputabilité, la loi introduit également des mécanismes structurants pour les
titulaires d'emplois supérieurs. On parle ici de l'instauration d'un stage
probatoire et la clarification des attentes liées à leur rôle. Ce sont des
outils ou c'est des outils concrets pour s'assurer que ceux et celles qui
occupent des postes stratégiques livrent des résultats concrets pour les Québécoises
et les Québécois.
Mme la ministre,
notre gouvernement et vous en même temps avez eu... avez eu le courage de
revoir des façons de faire souvent intouchées depuis quelques années, depuis
plusieurs années. Il s'agit d'un premier jalon, d'une démarche plus large qui
vise à bâtir un État plus agile, plus efficace et plus responsable.
Mme la ministre,
maintenant que la loi est adoptée, pour le bénéfice de ceux qui nous écoutent
et de nombreux citoyens, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment se déroule
la mise en oeuvre de ces dispositions et quelles sont les prochaines étapes du
grand chantier sur l'efficacité de l'État? Vous en avez parlé tantôt, vous avez
élaboré sur certains piliers, mais j'aimerais en entendre davantage, s'il vous
plaît.
Mme
Duranceau : Oui, bien, merci pour la question. Donc, je pense que
c'est structurant, là, ce qui est en train de se produire. D'ailleurs, je vais
en profiter pour remercier toute l'équipe du Secrétariat du Conseil du trésor qui
est là, parce que si on est capable d'avancer, honnêtement, c'est parce qu'ils
portent... tous ensemble, là, ils portent ces changements-là puis ils y
croient. D'ailleurs, M. Nikolas Ducharme, oui, qui est là, qui est le
grand, quoi? manitou, c'est-tu ça?
Une voix :
...
Mme Duranceau : C'est ça, exactement, de notre projet d'efficacité de l'État. Puis le
PL n° 7, c'était peut-être le premier morceau de
robot, si on peut faire cette référence-là. Puis l'idée, c'est d'avoir un
projet de loi comme ça, un omnibus qui va revenir à chaque... à chaque session,
un peu comme les Affaires municipales ont un omnibus pour des changements
législatifs, même chose au ministère des Finances, qui a son omnibus pour les
mesures fiscales. Donc, d'avoir un omnibus efficacité de l'État pour que tous
les ministères et organismes sachent que : Heille, ça, telle affaire, il
faut changer ça, qu'ils n'aient pas besoin d'attendre d'avoir un projet de loi.
Par ailleurs, ils savent qu'il y a un mécanisme qui est là deux fois par année,
où ils peuvent soumettre leurs changements.
Donc, ça, je pense
que c'est très constructif puis porteur, puis ça envoie un message aussi.
L'efficacité de l'État, ce n'est pas juste une affaire d'un gouvernement à un
moment donné, c'est un changement que l'administration publique embrasse puis
veut poursuivre. Donc, je pense que ça envoie un signal qui est fort. Ça fait
qu'il y a eu... Donc, il y a eu le PL n° 7, qui était... qui visait à réduire la bureaucratie, accroître
l'efficacité de l'État puis renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires.
Et un prochain omnibus, ce serait probablement un peu un titre similaire, parce
que ça va être ça, l'objectif, à chaque fois.
• (17 h 20) •
Puis on a eu aussi un
projet de loi qui était porté par notre collègue de Beauce-Sud, qui
modifiait... c'était la Loi modifiant diverses dispositions principalement aux
fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif. Donc, là aussi,
quand je dis qu'on fait les choses de manière structurée, ce projet de loi là,
un paquet de rapports, de reddition de comptes... Tu sais, des fois, si je
prends, pour ma part, là, quelque chose qui relevait de moi, donc, le rapport
sur l'application de la... mais...
Une
voix : ...
Mme
Duranceau : La Loi sur l'administration publique. C'est une loi qui a
été mise en vigueur en 2000, si je ne me trompe pas, puis là on est en 2026,
puis on faisait encore des rapports d'application d'une loi votée il y a
20 ans... 25 ans, 26 ans. Donc, à un moment donné, elle est...
elle est intégrée, cette loi-là, dans les bonnes pratiques. Les pratiques ont
évolué puis on n'a plus besoin de faire rapport tout le temps là-dessus. Donc,
ça, c'est un exemple, celui-là, bien concret.
Puis, vous savez
comme moi, là, on fait des rapports, on les lit, on les corrige, une autre
personne passe dessus. Donc, combien d'heures sont libérées par l'abolition
d'une multitude de rapports, bien, c'est comme ça qu'on va améliorer notre
efficacité de l'État. J'ai répondu à des questions sur la réduction des ETC,
bien, c'est un bel exemple. On réduit des ETC sans toucher aux services aux
citoyens. Alors, c'est ça, toute la démarche qui, je pense, est constructive
par rapport à l'efficacité de l'État.
Le grand chantier qui
est... qui est mis de l'avant, il y a trois piliers... Puis là je ne sais pas
j'ai combien de temps, parce que je peux vous parler de ça pendant des heures.
Le Président (M.
Laframboise) : Il reste six minutes au gouvernement.
Mme
Duranceau : OK. Donc, trois piliers. Le premier, c'était d'optimiser
l'organisation du travail puis les structures
administratives; le deuxième, renforcer la saine gestion des dépenses de
fonctionnement et des investissements; puis
le troisième, j'en ai parlé tantôt avec le député de Saint-Jérôme, maximiser l'impact des dépenses de transfert de l'État.
Donc, premier pilier,
comment on organise le travail, ce sont les structures. Donc, on a parlé
d'organismes qu'on a fusionnés ou abolis. Donc, on revoit les structures qui sont
lourdes, qui gagnent à être mutualisées ou distribuées autrement. C'est ça,
notre premier pilier.
Le
deuxième pilier, saine gestion des dépenses de fonctionnement. Ça, c'est les
dépenses de l'État, de manière générale. Je ne sais pas, moi, certains
contrats d'approvisionnement, on a parlé du CAG, ça fait que c'est là-dedans.
Ensuite de ça, s'assurer que nos investissements, que chaque dollar est bien
investi, c'est toute notre gestion du PQI, s'interroger sur nos devis
techniques puis ce qu'on définit comme besoins. Puis ces besoins-là, ils vont
coûter combien après? Puis il y a-tu moyen d'arriver au même résultat, mais en
définissant peut-être moins les besoins, puis on va laisser le marché nous
proposer des choses qui vont nous permettre d'atteindre nos résultats à
meilleur prix. Ça fait que ça, c'est le deuxième pilier.
Puis le troisième
pilier, bien, c'est, justement, de s'interroger sur nos missions
essentielles... nos services essentiels, nos missions essentielles et notre
panier de services. Et, bien, à travers ça, c'est les programmes, hein, qui
financent un paquet de services à la population. Donc, l'analyse qui va être
faite globalement puis par ministère, c'est de s'interroger sur, OK, qu'est-ce
qui est essentiel, qu'est ce qui est le panier de services, puis est-ce que ce
que j'offre comme service additionnel, c'est encore ça dont la population a
besoin ou il faudrait transformer notre façon de faire.
Puis je pense aussi,
à travers tout ça, il y a l'intelligence artificielle puis il y a le numérique.
Tu sais, s'il y a une chose qui va
transformer de manière fulgurante les façons de faire, c'est l'intelligence
artificielle puis le numérique.
Le Président (M.
Laframboise) : ...3 min 36 s.
M. St-Louis :
Merci, M. le Président. Mme la ministre, chers collègues. Mme la ministre,
j'aimerais qu'on revienne sur la réduction des ETC. On en a beaucoup parlé,
vous me direz, mais tellement de chiffres ont été mis de l'avant, les
chiffres... le chiffre net absolu, les cibles 2018, les nouvelles cibles.
J'aimerais ça reprendre avec vous la chronologie de tout ça pour que... pour la
compréhension des gens qui nous écoutent, et puis l'impact de l'exemple que
vous avez effleuré, là, du retour des infirmières dans le réseau de la santé,
qui étaient en agence autrefois, donc, qui vient, à mon avis, fausser le
calcul. Alors, j'aimerais vous entendre.
Mme
Duranceau : OK, bien, première promesse en 2018, on va réduire de
5 000 ETC global, là, fonction publique, hors fonction publique. Cette
promesse-là a été atteinte, on le voit dans notre stratégie de gestion de
dépenses 2023-2024, publiée et approuvée, 380 millions d'économies. Ça,
c'était une première promesse remplie. Deuxième promesse, annoncée l'année
dernière, 5 000 ETC; 4 000, fonction publique, 1 000, hors
fonction publique. Donc, fonction publique,
ce sont... c'est l'administration de l'État. Donc, on est en voie d'atteindre
l'objectif de 4 000, on est à 3 106, au moment où on... bien,
en tout cas, au 31 mars. Et ça a été fait de manière très chirurgicale,
là, ce n'était pas... c'était raisonnable. On parle de postes qui... de départs
à la retraite, de congédiements, de démissions et de gel de recrutement, donc,
et de répartition du travail qui s'est faite autrement, pour ne pas affecter
les services à la population. Ça fait que
ça, ce chiffre-là, au niveau de la fonction publique, il va être... il va être
atteint, on est déjà à 3 106 sur 4 000.
Maintenant, fonction
publique, réduction de 1 000, on est à 434. Pourquoi? Bien, le hors
fonction publique, ce sont les réseaux, hein, ça fait que c'est le réseau de
l'éducation, c'est le réseau de la santé. On n'a pas prévu de gel d'embauche de
ce côté-là parce que ça, c'est des services directs à la population. Bon, tout
le monde doit faire des efforts budgétaires, d'où le 1 000 qui est... qui
est prescrit. Mais, tu sais, un bon exemple d'augmentation d'ETC dans le milieu
de la santé, c'est l'ouverture des maisons des aînés, ça a pris du monde pour
ça. 46 maisons des aînés. Ça a pris des gens, là, des préposés, des infirmières
pour aller travailler là. On a voulu réduire la main-d'oeuvre indépendante.
Donc, ce qu'on payait aux agences, on a économisé des centaines de millions
avec ça. Bien, il a fallu remettre des infirmières sur
notre «payroll». Préposés aux bénéficiaires, on en a embauchés, là, suite à la
pandémie, il y a eu une... un effort, là, colossal, je pense que c'était
10 000 préposés aux bénéficiaires, parce qu'on avait besoin de monde
dans nos hôpitaux.
Alors,
ça, évidemment, les oppositions, elles ne font pas ces nuances-là ou, tu sais,
elles ne s'attardent pas à le nuancer, mais, à un moment donné, on veut
des profs, on veut des aides à la classe, on veut, tu sais, des travailleurs de
la santé dans les maisons des aînés. Bien, je veux dire, il faut les embaucher.
Donc, je pense que ces nuances-là sont importantes à faire quand on dit :
Ah! ça a augmenté de 100 000. Attention, là. Ça a augmenté, il y a des
services directs qui sont liés à cette augmentation-là. Et 92 % de
l'augmentation, là, du 108 000, je pense, 92 %, c'est pour les réseaux de la santé et de l'éducation.
Puis j'en parlais tantôt, tu sais, dans mon comté, ils ont... ils me le disent.
Augmentation de la clientèle, 6 %, augmentation de la masse
salariale, donc de services directs à l'élève, 65 %. Donc, tu sais, je ne
l'invente pas, là.
On peut critiquer,
là, tant qu'on veut, mais il n'y a jamais un gouvernement qui a dépensé
autant... investi, je dirais, autant sur... dans les services à la population.
J'aimerais rappeler aussi que, tu sais, on était en rattrapage, là, par rapport
à l'austérité libérale des années qui nous ont précédées. Juste pour la forme,
là.
Adoption des crédits
Le Président (M.
Laframboise) : Merci. Le temps alloué à l'étude du volet Conseil du
trésor des crédits budgétaires du portefeuille Conseil du trésor,
Administration gouvernementale et Efficacité de l'État étant presque écoulé,
nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 1,
intitulé Soutien au Conseil du trésor, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le
Président (M. Laframboise) :
Sur division, adopté sur division. Le programme 2, intitulé Soutien aux
fonctions gouvernementales, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le Président (M.
Laframboise) : Adopté sur division. Le programme 3, intitulé
Commission de la fonction publique, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le Président (M.
Laframboise) : Adopté sur division. Le programme 4, intitulé
Régimes de retraite et d'assurances, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le
Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division. Le programme 5, intitulé Fonds de suppléance, est-il
adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
Le Président
(M. Laframboise) : Adopté sur division.
Compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 17 h 35, où elle
entreprendra l'étude du volet Conseil du trésor — Autorité des marchés
publics des crédits budgétaires du portefeuille Conseil du trésor,
Administration gouvernementale et Efficacité de l'État. Merci. On se revoit
tantôt.
(Suspension de la séance à
17 h 29)
(Reprise à 17 h 35)
Le Président
(M. Laframboise) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, la Commission des finances publiques reprend ses travaux.
La commission est réunie
afin de procéder à l'étude du volet Conseil du trésor, Autorité des marchés
publics, des crédits budgétaires et du portefeuille Conseil du trésor,
Administration gouvernementale et Efficacité de l'État pour l'exercice
financier 2026‑2027. Une enveloppe d'une heure a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Hébert
(Saint-François) est remplacée par M. Provençal (Beauce-Nord); Mme Mallette (Huntingdon) est
remplacée par M. Reid (Beauharnois); et Mme Zaga Mendez (Verdun) est
remplacée par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
Autorité des marchés
publics
Discussion générale
Le Président (M. Laframboise) :
Merci, Mme la secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général
par blocs, incluant les questions et les réponses. Je suis maintenant prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle. M. le député
de Marguerite-Bourgeoys, pour 17 min 51 s.
M. Beauchemin : Merci beaucoup,
M. le Président. On va juste vous demander de tenir le temps pour nous parce
qu'on a un problème de... d'ordinateur. Voilà.
D'entrée de jeu, j'aimerais... j'aimerais
beaucoup, si c'est possible, de remercier les gens de l'Autorité des marchés
publics pour l'immense travail que vous faites à mettre en place des processus,
à faire en sorte qu'on puisse avoir des vérifications, à s'assurer que, pour
les Québécois, les gens qui paient, en bout de piste, là, OK, avec leur
argent... que le gouvernement met en place les paramètres, les cadres, les
mesures nécessaires pour s'assurer, là, qu'on puisse en avoir pour notre
argent, minimalement. Donc, un gros merci, là, pour ce que vous faites.
Je vais... je
vais vous parler... je vais vous parler de SIFA, puis je vais vous parler,
évidemment, de Santé Québec. Je vais vous parler, évidemment, de la...
des recommandations que vous avez faites pour la Société de l'assurance
automobile du Québec, le fameux SAAQclic, puis je vais vous parler, là, du DSN,
OK, donc, en entrée de jeu. J'ai deux blocs, ça fait que je vais essayer de
séparer ça moitié-moitié, puis ça se peut qu'on s'enfarge puis qu'on parle trop
longtemps sur un sujet, ça fait que peut-être qu'on va hypothéquer un autre,
mais on verra.
Donc, vous avez émis, la semaine dernière, une
décision accablante entourant la mauvaise gestion des fonds publics au sein
de... du MSSS et de Santé Québec. La gouvernance du projet SIFA a été bâclée,
les fonds publics gaspillés. On parle d'un projet stationné, parqué à
400 millions de dollars, avec des coûts, là, de 723 000 $ par
mois juste pour être suspendu, un frais, là,
de 175 millions de dollars pour être résilié. J'aimerais donc vous
entendre là-dessus. Pouvez-vous nous expliquer le processus, ce qui vous
a amenés, là, à vouloir enquêter, là, sur SIFA?
Le Président (M. Laframboise) :
...
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Laframboise) :
Consentement. Donc, vous allez vous nommer et vous présenter.
M. Trudel (Yves) : Bonjour.
Alors, merci, M. le Président. Yves Trudel, je suis président-directeur général
de l'Autorité des marchés publics.
Concernant
votre question, donc, ce qui nous a amenés à s'intéresser au projet SIFA, c'est
deux dénonciations que nous avons reçues, anonymes, à l'effet qu'il y
avait des problématiques dans le cadre du contrat SIFA. Donc, nos équipes se
sont intéressées à regarder où était la problématique. On a débuté l'enquête, puis
ça a résulté par la décision que vous avez lue il y a deux semaines.
M. Beauchemin : Donc, c'était un processus où les gens peuvent
dénoncer ce qu'ils voient, ce qu'ils entendent, puis ça reste anonyme. Ces gens-là peuvent... Quand ça arrive, là, ça,
vous avez ce genre d'entrées là, d'informations là qui rentrent, là,
j'assume que vous trouvez... vous avez une façon de vérifier : c'est-tu
valide, c'est-tu... puis là vous avancez dans votre processus d'enquête. Avant
de le faire, j'assume, là, pour valider si ça vaut la peine ou pas, vous
vérifiez, il y a un certain mécanisme de vérification avant d'aller de l'avant?
M. Trudel (Yves) : Tout à fait.
Donc, absolument, on ne prend pas pour acquise que les dénonciations... ce que
les dénonciateurs nous disent. On vérifie toujours, au début, on regarde si ça
fait du sens un peu, ce qui nous a été dit, si c'est le cas, et, à ce
moment-là, après quelques vérifications, on finit par ouvrir un dossier
d'enquête puis aller de l'avant dans le dossier parce qu'il y a matière à
enquêter.
M. Beauchemin : OK. J'aimerais
ça juste valider quelques points, là, ici. Vous avez dit que les coûts... dans
votre rapport, dans votre décision, les coûts ont explosé aux points 2.1,
2.2, c'est un peu technique, là, mais juste, vous
comprenez ce que je dis sûrement, là, les coûts ont passé, là, de 200 à
409 millions de dollars. Point d'interrogation.
M. Trudel (Yves) : Entre
autres. Oui.
M. Beauchemin :
Entre autres. Puis...
M. Trudel (Yves) : Oui. Donc,
la première chose qui a éveillé nos... notre intérêt dans ce dossier-là, c'est
l'autorisation qu'avait donné le Conseil du trésor en 2022 pour un projet
évalué à 202 millions. Par la suite, on s'est rendu compte qu'il avait été
scindé en deux, ce projet-là, donc c'était SIFARH au début, c'étaient finances,
approvisionnement et ressources humaines. Et
le projet a été scindé en deux. Et le volet SIFA uniquement coûtait 200... coûtait
maintenant 409 millions.
• (17 h 40) •
M. Beauchemin : Je ne veux pas
prêter de mauvaises intentions, rien de ça, mais en agissant de la sorte, là,
est-ce qu'on... on en arrive à donc tomber en dessous d'un certain... un genre
de «threshold», un niveau, un endroit où, à
partir de ce point-là, on a moins de besoin de l'avoir... de la surveillance ou
il y a quand même de la surveillance, peu importe les montants, là?
M. Trudel (Yves) : Il y a de la
surveillance, peu importe le montant.
M. Beauchemin : OK. Au MSSS, quand le projet débute, on réalise
en avril 2024 que les coûts sont nettement plus élevés pour la portion
attribuable au PQI. Ça, c'est ce que vous avez dit. C'est bien ça?
M. Trudel (Yves) : C'est bien
ça.
M. Beauchemin : OK. Pouvez-vous
nous expliquer les dépassements du PQI budgété interne, là, du MSSS, s'il vous
plaît?
M. Trudel (Yves) : Non, je ne
suis pas en mesure de vous expliquer le dépassement PQI, bien entendu, le
PQI-RI. Non, je ne suis pas en mesure de vous l'expliquer.
M. Beauchemin : OK. Les coûts
ont quand même explosé, on l'a vu au niveau du... du PQI, là, puis c'est des
budgets qui sont internes à l'intérieur du MSSS. Ça fait partie, là, dans leur
façon de voir... eux autres, ils considèrent développement, infrastructure,
informatique, etc., comme étant partie, là, de... d'un programme québécois, là,
de l'infrastructure. Eux, en fait, ce qu'ils essaient de faire, c'est un lien
par rapport à ce que vous, vous avez noté, que les coûts ont explosé. Donc, je vous...
je vous mettais ça dans un langage où est-ce qu'on parlait des pics du PQI, là,
budget interne, là, du MSSS. Mais, dans la façon que vous, vous l'avez analysé,
là, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment on en est arrivés à des
dépassements de coûts aussi significatifs?
M. Trudel (Yves) : En fait, il
y a un volet extrêmement important dans la discussion que vous avez en ce
moment avec moi puis dans votre questionnement. On parle beaucoup de
dépassements de coûts en informatique. Nos constats en informatique ne sont pas
nécessairement des dépassements de coûts, mais une mauvaise évaluation, un
mauvais estimé des coûts au départ.
M. Beauchemin : ...ça semble
être habituel, là, on le fait tout le temps. On sous-estime, parce que c'est plus
facile à avaler la pilule initialement, puis après ça... C'est pourquoi qu'on
fait ça?
M. Trudel (Yves) : Il y a
différentes raisons. Ça dépend de chacun des contrats, là. Dans chacun des
contrats, il y a différentes explications qui nous sont fournies. Mais,
honnêtement, on voit que ça pourrait être, par exemple : Bien, je veux absolument que mon projet soit autorisé,
donc je vais mettre les chiffres pour avoir l'autorisation.
M. Beauchemin : Une fois que tu
as le bras dans le tordeur, ce n'est pas la fin du monde.
M. Trudel (Yves) : Une fois que
je vais avoir conclu le contrat puis que ça va partir, bien, on verra à ajuster
tout ça. Parfois, c'est vraiment... je
focusse sur la solution technologique sans avoir défini mon besoin d'affaires.
Ça, c'est...
M. Beauchemin : Comment on
solutionne ça, ce réflexe-là? Parce que ça semble se répéter à plusieurs
reprises, à plusieurs endroits dans l'appareil. Comment on... comment on arrête
d'avoir ce microbe?
M. Trudel (Yves) : Bien, en
fait, c'est un problème qui date depuis des années. Au Québec, on s'est
attardés beaucoup, dans les dernières années, au volet construction, hein,
c'est plus évident. Un hôpital, une école, des routes, un pont, on le voit,
c'est tangible, on voit... on voit ça se bâtir. Il y a eu une commission
Charbonneau sur la construction. Donc, on a focussé beaucoup, au Québec, au
niveau de la construction, très peu au niveau de l'informatique.
Ce qu'on se rend compte, c'est que, depuis des
années, il y a une culture en informatique qui s'est installée, c'est-à-dire
qu'on a un besoin. Clairement, mon système est désuet, je ne suis plus
supporté, il faut que je change ça sans nécessairement prendre le temps de
regarder tout changer. C'est quoi, la valeur ajoutée à la... à ma mission? Quel
type de solution j'ai besoin? Pour ça, il faut que je développe mes besoins...
Il faut que j'identifie mes besoins d'affaires, développe
mes processus, les mettre à jour. Donc, ma mission, c'est ça. J'ai besoin de
bâtir un système pour livrer des services à la population. C'est quoi, le...
c'est quoi, mes besoins? Une fois que ça, c'est bien établi... ça, ils le font
rarement. Donc, on est rarement en amont. On est beaucoup... on se dépêche à
trouver la solution, puis, quand le fournisseur arrive... ça, c'est les
fournisseurs qui nous le disent, quand les fournisseurs arrivent, le contrat
est conclu, ils se rendent compte que, mon Dieu, tout est à faire. Ce n'est pas
comme c'était proposé, ce n'est pas comme il y a au devis, ce n'est pas comme
il y avait dans les documents d'appel d'offres. Donc, c'est extrêmement
important, ce volet-là, de bien, bien, bien évaluer le besoin d'affaires puis
en faire des processus, pas permettre au fournisseur de venir s'installer puis
dire : Mon Dieu, mais tu as... ça, tu n'as pas fait ça, tu as oublié de
dire ça, tu ne m'as pas dit que c'était ça.
M. Beauchemin : Pour
les gens qui nous écoutent, là, ça fait combien d'années que vous, vous êtes en
poste?
M. Trudel (Yves) : À l'Autorité
des marchés publics? Sept ans.
M. Beauchemin : Sept ans. Puis,
vous, le constat que vous faites actuellement, là, ce n'est pas la première
fois, là, que vous en parlez, de ce constat-là, là. Ce n'est pas la première
fois que vous dites que c'est effectivement... on est en mode rattrapage, là, département par département, ministère
par ministère, on n'a pas de vue d'ensemble, etc. Ça fait au moins
depuis l'année après votre arrivée que vous le dites, n'est-ce pas?
M. Trudel (Yves) : Au niveau de
l'informatique?
M. Beauchemin : Oui.
M. Trudel (Yves) : Oui, comme à
tous les niveaux. Donc, l'Autorité des marchés publics, on s'est donné comme
objectif de changer des cultures. Donc, depuis 2020, on est dans une approche
où ce qu'on souhaite, c'est que je n'intervienne plus jamais dans ces
affaires-là pour changer des cultures. Et je dois vous avouer que, depuis sept
ans, ça a évolué énormément, au sein des organismes publics, et pour le mieux.
L'informatique a été négligée un peu au niveau des enquêtes, peu importe par
quel organisme d'enquête. Comme ça a été négligé un peu, là, on tombe
là-dedans, ça a l'air gros. C'est gros, parce que c'est des fonds publics,
évidemment, mais je tiens à répéter que ce n'est pas nécessairement des
dépassements de coûts, c'est un mauvais estimé des coûts au départ.
M. Beauchemin : ...début que
vous êtes en poste, vous le remarquez, que c'est le modus operandi. Depuis le
début que vous êtes en poste, vous remarquez l'approche d'y aller de façon
départementale, d'y aller de façon isolée, en mode rattrapage, de ne pas avoir
une vue d'ensemble. Depuis le début, les planifications sont faites de cette
façon-là pour, par la suite, en arriver à se dire : Bien non, mais,
finalement, ce n'est pas la bonne solution, on recommence, c'est plus gros.
Puis, depuis le début, on a des SAAQclic, SIFA, etc., là, puis c'est... je
parle juste des années sous la CAQ, là. Donc, j'essaie de comprendre comment se
fait-il... Parce que vous, vous vous rapportez au Conseil du trésor, si je
comprends bien...
M. Trudel (Yves) : Oui. L'AMP
est un organisme neutre et indépendant, mais, effectivement, je suis sur le
portefeuille de l'administration gouvernementale.
M. Beauchemin : C'est ça. Puis
là, vous, au Conseil du trésor, vous avez eu plusieurs ministres, là, depuis les sept dernières années, là. J'assume que vous
avez ventilé vos doléances là-dessus depuis les sept dernières années?
M. Trudel
(Yves) : ...tellement en informatique, mais récemment, oui,
depuis, je vous dirais, une année certain. On exprime ce qu'on doit
exprimer en informatique auprès des autorités.
M. Beauchemin : Mais donc le
gouvernement, l'appareil au niveau des ministres, il n'était pas au courant de
ce que vous dites, il n'était pas au courant que ça allait... c'était mal
planifié?
M. Trudel (Yves) : En fait,
l'année dernière... mais, en fait, le 23 mai dernier, j'ai eu un mandat de la
prédécesseure de Mme la ministre, donc Mme LeBel à l'époque, pour faire
une veille, je dirais, stratégique sur les problématiques en informatique au
Québec.
M. Beauchemin : Puis c'est la
première fois?
M. Trudel (Yves) : Que l'AMP
avait un mandat de veille? Oui. En informatique, oui.
M. Beauchemin : Ça aurait
peut-être dû être fait avant, ça. OK. Encore suite, là, au rapport, là, que je
vous mentionnais tantôt, là, vous aviez mentionné... Santé Québec arrive, là,
avec le MCN, à recommander l'arrêt du projet après son audit, mais la clause de
non-résiliation de 175 millions de dollars fait peur au ministre de
la Santé, si je comprends bien. C'est bel et bien ça? Le 175 millions, là,
si tu résilles, ça va te coûter 175 millions, ça fait peur un petit peu,
là, à la machine?
M. Trudel
(Yves) : Effectivement. Donc, s'il y a un manquement important dans ce
contrat-là, c'est de ne pas avoir inclus de clause de résiliation. Puis, comme
vous pouvez voir dans la décision qu'on a rendue dans ce dossier-là, ils
évoquent la raison pour laquelle ils n'ont pas mis la clause de résiliation...
c'est que le fournisseur n'aurait pas signé le contrat s'il y avait eu une
clause de résiliation, parce que c'est un forfaitaire puis il considérait qu'il
prenait tous les risques. Je vous dis ce que le fournisseur nous a dit.
M. Beauchemin :
Peut-être, mais, je veux dire, quand on l'a signé, là, c'était quand même
assez évident, là, cette clause-là. Le 175 millions, il était clair, net
et précis, là. Il n'y a pas eu d'alarme qui a sonné? Nulle part?
M. Trudel
(Yves) : Certainement pas.
M. Beauchemin :
Incroyable! Bon. Puis là ça, ça a été signé par quel ministère, ce
contrat-là?
M. Trudel
(Yves) : Ce contrat-là
était... c'était coordonné, si vous voulez, par le ministère de la Santé, mais
le contrat a été... l'appel d'offres,
les documents d'appel d'offres ont été construits par le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
M. Beauchemin :
Donc, c'est le ministère de la Santé qui est responsable de ce gâchis-là.
M. Trudel
(Yves) : Oui.
M. Beauchemin :
OK. Ensuite, là, on entre vraiment, là, dans la poutine gouvernementale, le
rehaussement du budget, l'interruption de projets après un an, demi-tergiversations,
etc., etc., là, tout ce que vous avez dit, là. C'est quand même assez... assez
spécial. Ce qu'on constate, là, c'est que le MSSS n'a pas géré de façon
diligente les fonds publics. C'est ma
perception, c'est l'interprétation que je fais de vos commentaires. En fait, je
pense que vous le dites même, vous-même, clairement. Est-ce que vous
pouvez nous expliquer, là, les raisons de votre constat de ça, là?
• (17 h 50) •
M. Trudel (Yves) : Les raisons,
c'est que le... le MSSS a donné la responsabilité au CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean d'élaborer les documents d'appel d'offres, d'aller de l'avant avec ça et
le MSSS avait la responsabilité budgétaire dans ce dossier-là. De ce
qu'on a constaté, c'est qu'à un moment donné le... et ça, c'est ce qui nous a
été répondu dans l'enquête, le CIUSSS qui était responsable d'écrire l'appel
d'offres a questionné à l'occasion le MSSS pour avoir l'enveloppe, la valeur
budgétaire et ils n'ont pas eu de réponse. Alors, ils ont décidé d'aller de
l'avant quand même avec la conclusion du contrat.
M. Beauchemin :
Incroyable!
M. Trudel
(Yves) : Et, bien, à la conclusion du contrat, comme vous le voyez, le
MSSS s'est rendu compte qu'il manquerait d'argent.
M. Beauchemin :
Incroyable. Donc, qui est responsable de ça? C'est qui?
M. Trudel
(Yves) : Dans le sens de... Pardon, je saisis mal.
M. Beauchemin :
Bien, de... de ne pas avoir compris que ça allait être... que ça allait
être ça et qu'il allait manquer d'argent. Qui qui est... Qui qui n'est pas...
Qui a manqué cette vision-là?
M. Trudel
(Yves) : Clairement, dans le contexte du... de la signature du contrat,
c'est le MSSS.
M. Beauchemin : Puis il n'y avait pas
d'audit de la part du ministère de la Santé pour s'assurer que le MSSS se rapporte? On parle d'un montant quand même
important, là, ici, là. Il n'y a pas... il n'y a pas un appel à toutes les
semaines ou à tous les mois, minimalement, là, que... où est-ce que tu
en es dans ce... dans ce contrat-là? Il n'y avait pas de ça?
M. Trudel
(Yves) : Non, il n'y en a pas eu, définitivement pas, parce qu'on ne
serait pas ici avec celle-là aujourd'hui, c'est sûr.
M. Beauchemin :
Donc, il n'y avait aucune... Ça fait qu'il n'y avait aucune gouvernance de
suivi sur des contrats, là, significatifs à l'intérieur de la machine du
ministère de la Santé?
M. Trudel
(Yves) : Non. Il y a eu des audits dans ce dossier-là quand Santé
Québec est arrivé par le MCN, mais il était déjà trop tard. Le MCN a fait son
travail, donc leur audit disait exactement ce qu'il avait à dire avec les
constats qu'ils ont faits aussi dans les manquements du contrat, mais il était
trop tard.
M. Beauchemin :
Donc, ça naviguait, là, à l'abandon, là. Il n'y avait pas de suivi, rien,
là, on gaspillait, on n'avait aucune espèce d'idée, on signait n'importe quoi,
là.
M. Trudel
(Yves) : Ça ne naviguait pas à l'abandon, je ne dirais pas ça comme
ça, mais ça manquait de coordination un peu, effectivement.
M. Beauchemin :
Tabarouette! Je vais dire comme vous, là, ce n'est pas... ce n'est pas
petit, là. OK. L'implication de Santé Québec là-dedans, là, pouvez-vous nous en
parler un petit peu?
M. Trudel
(Yves) : Bien, Santé Québec est arrivé... a été créé en 2024 et a été
pleinement opérationnel, je dirais, vers la fin de l'année 2024. Et, ils
ont hérité, à ce moment-là, de... du dossier SIFA, du projet SIFA. Et, déjà, à
ce moment-là, bien, les problèmes avaient commencé. Ils se sont rendu compte
aussi qu'ils manquaient d'argent et ils ont... ils ont travaillé pour en obtenir
davantage, je vais le dire comme ça, puis le gouvernement a refusé de mettre
des fonds additionnels considérant que l'AMP, on était au dossier. Alors, le
contrat a été tout simplement suspendu le temps de l'enquête.
Le Président
(M. Laframboise) : ...Marguerite-Bourgeoys. Donc, nous allons
poursuivre avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve, pour
11 min 54 s.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Bonjour. Rebonjour, Mme la ministre. Je vais aussi
poser mes questions à M. Trudel, si vous le permettez bien. Je voulais,
justement... je vais continuer sur la lancée de mon collègue, je voulais un peu
mieux comprendre la séquence ministère de la Santé, Santé Québec, parce que,
dans votre décision, là, dans vos
ordonnances, vous soulignez à grands traits la minimisation des responsabilités
du ministère. Pouvez-vous nous en dire davantage? Est-ce que c'est ce
que vous venez d'expliquer par rapport au transfert des responsabilités à Santé
Québec?
M. Trudel
(Yves) : En fait, qu'est-ce qui a été important dans ce volet-là,
c'est que le MSSS a transféré la responsabilité du projet à Santé Québec alors
qu'il était déjà à problèmes. Et, malheureusement, toute l'information utile au
dossier n'a pas été transmise à Santé Québec. Et ça, ça aussi, ça a été important,
parce que, nous autres, on s'en est rendu compte dans l'enquête parce qu'on
demandait de l'information aux gens de Santé Québec, qui sont maintenant
responsables du progrès... du projet, et on a eu un peu de misère à l'obtenir.
Ça a pris un certain temps avant qu'on comprenne — parce que ça nous a
été dit par eux — que
l'information était détenue au MSSS et pas partagée à Santé Québec. Donc, il
fallait donc s'adresser à Santé Québec... au ministère de la Santé, pardon,
pour obtenir l'information utile. Donc, ça a été compliqué un peu.
M. Leduc :
Est-ce que j'aurais raison d'utiliser un peu l'image d'une patate chaude qu'on
aurait voulu se débarrasser au ministère de la Santé?
M. Trudel
(Yves) : Bien, je pense que c'est venu avec la création de Santé
Québec, puis là le ministère de la Santé a tout simplement dit : Bon,
bien, ce n'est plus dans ma cour, c'est dans la cour de Santé Québec, donc je
transmets la responsabilité de ce projet-là à Santé Québec. Je ne vois pas de
mauvaises intentions, en tout cas, nous autres, on ne l'a pas vu comme ça. Mais
ça a été transféré à Santé Québec.
M. Leduc :
...point de vue plus politique, c'est que, souvent, quand c'est un beau projet,
des rubans à découper, des belles annonces, là, le ministère est là, le
ministre est là. Quand ça va moins bien, par contre : Ah! Santé Québec, là, je vous tape sur les doigts puis vous devez corriger la situation.
Il y a comme une espèce de pare-feu, là, qu'on peut avoir... un pare-feu
politique qu'on semble s'être créé avec ce gouvernement. Ça fait qu'il y a
peut-être un danger là. Mais ce que je retiens, donc, de votre
présentation, de votre explication, c'est que ça a été trop rapide. On a trop
rapidement passé ça à Santé Québec alors que Santé Québec n'était pas
opérationnel.
M. Trudel
(Yves) : En fait, Santé Québec était opérationnel à la fin de
l'année 2024 et le dossier a été transmis. Mais, entre transmettre un
dossier puis... puis partager des ressources qui ont suivi le dossier depuis le
début, il y a une marge. Ça, ça n'a pas été fait.
M. Leduc :
Il aurait donc fallu deux choses : attendre un peu — du
point de vue du ministère — avant
de transférer le dossier et le transférer au complet.
M. Trudel
(Yves) : Bien, il aurait pu le transférer au complet puis
transférer... pas transférer, mais prêter les ressources qui étaient attitrées
à ce projet-là depuis le début pour continuer d'accompagner Santé Québec dans
le transfert jusqu'à tant que Santé Québec puisse devenir autonome
complètement. Parce qu'il comprenait tout ce qu'il avait besoin dans ça.
M. Leduc :
Mais, en même temps, on n'a pas créé Santé Québec, permettez-moi l'expression
en anglais, «out of thin air», là. On a pris souvent la côte d'Adam pour créer
Ève, là. Si j'ai bien compris, il y a beaucoup de fonctionnaires, de hauts
fonctionnaires, de cadres qui sont partis. On leur offrait, d'ailleurs, de
partir du cabinet... bien, pas du cabinet, mais du ministère de la Santé pour
aller fonder Santé Québec. C'était le même monde. Ça fait que c'est surprenant
qu'il y ait eu une espèce de non-transfert d'information si c'était
physiquement les mêmes individus.
M. Trudel
(Yves) : Je ne peux malheureusement pas répondre au profil d'individus
qui a été transféré à Santé Québec, mais ça a été un enjeu dans ce dossier-là.
M. Leduc :
Ça pourrait être intéressant, si vous avez à rejouer dans ce film-là, de
regarder l'aspect des individus qui ont transféré... Parce que, oui, c'est une
institution, ministère de la Santé, Santé Québec, mais, des fois, c'est le même
monde qui sont passés de l'un à l'autre, pas à 100 %, mais quand même une
quantité impressionnante de personnes.
M. Trudel
(Yves) : ...tout le monde
lit la décision, on ne rejouera jamais dans ce film-là, non. C'est une
espérance.
M. Leduc :
Parlons-en, justement. Trouvez-vous que vous avez eu une bonne collaboration du
MSSS dans votre enquête?
M. Trudel (Yves) :
Excellente.
M. Leduc :
Oui? Ça a bien été?
M. Trudel
(Yves) : Puis de Santé Québec également.
M. Leduc :
Parfait. Bonne nouvelle. Vous mentionnez, je pense, dans votre décision, la
volonté de s'assurer que les informations accessibles soient dans le tableau de
bord puis que ce soit corrigé, puis je pense que vous utilisez l'expression à
temps... en temps opportun. Est-ce qu'à votre connaissance, parce que là c'est
quand même récent, là, votre ordonnance, le 7 mai...
M. Trudel (Yves) :
La semaine dernière.
M. Leduc :
Oui. Est-ce que ça a été corrigé en temps opportun? Est-ce qu'on est encore
dans le temps opportun pour mettre à jour le tableau de bord?
M. Trudel
(Yves) : En fait, comme vous avez vu, une des ordonnances est de nous
fournir des plans d'action, tant au MSSS qu'au... qu'à Santé Québec et on
s'attend de voir dans les actions qui seront prises... puis je n'ai pas de
doute que ça va être ça, on s'attend de voir une rigueur dans l'alimentation
des tableaux de bord, donc dans la... le mettre à jour. Mais le mettre à jour
avec les vrais chiffres, les bons chiffres, ce qui n'est pas le cas
actuellement. Ce qui n'était pas le cas, à tout le moins.
M. Leduc :
Ça, je comprends.
M. Trudel
(Yves) : Je ne dis pas qu'il ne travaille pas là-dessus actuellement,
parce qu'on n'a pas reçu encore le tableau... le plan d'action, parce qu'on a
demandé dans 60 jours, là, il y a quand même beaucoup de choses à faire au
niveau de Santé Québec et du ministère de la Santé pour répondre à nos
ordonnances. Donc, on n'a... on n'a pas encore les plans d'action, mais ça...
je suis convaincu que ça va être des actions.
M. Leduc : Donc, en matière de délai, ils ont 60 jours
pour vous fournir le plan d'action à partir du 7 mai dernier.
M. Trudel
(Yves) : Exactement.
M. Leduc :
À l'intérieur de ce 60 jours-là et à l'intérieur de ce plan d'action là,
il y aura une méthodologie ou, en tout cas, une manière de mettre à jour les
tableaux de bord ou ils pourraient le faire tout de suite?
M. Trudel
(Yves) : En fait... Bien, ils le font peut-être.
M. Leduc :
On n'a pas besoin d'attendre 60 jours puis un plan d'action.
M. Trudel
(Yves) : Non, effectivement, ils le font peut-être et ils sont
peut-être déjà en train de... d'agir à ce niveau-là puis ils vont nous le
produire comme ça dans le plan d'action. C'est possible. Puis, honnêtement, je
ne suis pas inquiet du redressement. J'ai eu la chance de rencontrer les
dirigeants de Santé Québec et je ne suis même vraiment pas inquiet du
redressement qu'ils veulent donner à ce projet-là et à tous les projets qui
vont suivre. Ça ne m'inquiète pas, honnêtement, c'est... Je pense qu'ils ont...
ils voient le sérieux de la chose, ils voient le manque de rigueur qu'il y a eu
dans le passé dans ce dossier-là, et, maintenant, ils constatent que ça...
c'est de la gestion de fonds publics, donc c'est des sous des contribuables qui
sont dépensés dans ces... dans ces contrats-là, et c'est important d'y mettre
la rigueur. Puis les tableaux de bord sont là pour une raison, c'est pour
donner l'information en reddition de comptes. Il faut qu'elle soit... il faut
qu'elle corresponde à la réalité, pas : on va en cacher un petit peu.
M. Leduc :
Puis, une fois qu'ils vont vous avoir acheminé leur plan d'action, vous,
vous pouvez faire des commentaires sur le plan d'action si vous le trouvez
insuffisant, vous pouvez intervenir?
M. Trudel
(Yves) : Oui, il faut que ce soit...
M. Leduc :
Il faut les renvoyer faire un devoir, dire : Non, non, c'est...
M. Trudel
(Yves) : Il faut que ce soit à notre satisfaction, effectivement.
M. Leduc :
À votre satisfaction, OK.
• (18 heures) •
M. Trudel
(Yves) : Puis c'est pour ça qu'en cours d'élaboration de plan
d'action, il y a beaucoup d'échanges avec
nos équipes. Donc, souvent, ils n'arrivent pas, après 60 jours, avec un
plan : Tiens, avez-vous des commentaires? Au fur et à mesure, s'ils
ne sont pas certains, ils vont communiquer avec nos équipes. On a des gens qui
sont responsables de suivre les actions, donc ils vont communiquer avec eux
pour dire : Bien, tu demandais ça, si j'arrive avec ça, c'est-tu OK, ça
répond-tu à votre besoin? Dois-je en faire plus? Donc, il y a beaucoup
d'échanges en cours de route avant d'avoir un plan fini.
M. Leduc :
Les frais de 723 000 $ par mois, là, sur les redevances, depuis
octobre, depuis que le projet est suspendu, à partir de quand on pourrait
s'attendre à ce que ce soit revenu à zéro, là, qu'on arrête de faire ça? Dans
le fond, qu'on ait redressé la situation, si je comprends bien.
M. Trudel
(Yves) : En fait, comme vous avez vu dans... vous avez pu lire dans la
décision, ça va être à partir du moment où les... Santé Québec aura
l'autorisation de poursuivre ou non, parce que, pour le moment, il est encore suspendu, donc aura ou non l'autorisation de
poursuivre ses travaux dans SIFA. Et, à ce moment-là, bien, la machine va
repartir puis les frais sont attribuables au fait qu'il est suspendu.
Évidemment, il y a un fournisseur puis il n'y avait pas de clause de
résiliation. Donc, quelqu'un paie.
M. Leduc : Sur
le dossier informatique, êtes-vous en mesure... avez-vous la liberté de nous
dire le nombre d'enquêtes ouvertes ou... bien, en cours ou qui ont été traitées
dans les récentes années qui touchent au domaine informatique? Là, on a, bien
sûr, SIFA. Je pense qu'il y a le DSN aussi. Il y a le PMSJ. Y en a-tu beaucoup
d'autres? Comment vous en gérez de front, là, des enquêtes sur l'informatique
au Québec?
M. Trudel
(Yves) : En fait, la... je vous dirais que la première grande, ça a
été SAAQclic. SIFA a suivi, puis là, bien, c'est... pour chez nous, on est
habitués à ça, là. À partir du moment où on met le pied dans un... dans une
activité qui n'a jamais été vraiment vérifiée, là, on va avoir d'autres
dénonciations dans d'autres projets. Je vous dirais que, présentement, bien, si
on exclut SIFA, SAAQclic, là, parce qu'ils sont terminés, je n'ai pas le nombre
exact parce qu'il y en a peut-être en vérification en ce moment, mais deux ou
trois faciles.
M. Leduc :
Celui sur le Plan de moderniser le système de justice aussi, non?
M. Trudel
(Yves) : Il est en vérification en ce moment. Donc, malheureusement,
je ne peux pas vous en dire davantage.
M. Leduc :
Oui. Je comprends, mais il fait
partie des enquêtes en cours. Ça, c'est... ça, c'est public de toute façon.
M. Trudel
(Yves) : Il fait partie des vérifications actuelles qu'on mène.
M. Leduc :
Ça fait que, là, on en avait combien tantôt, quatre ou cinq au total?
M. Trudel
(Yves) : Non, je dirais...
M. Leduc :
SAAQclic, SIFA, DSN, justice...
M. Trudel
(Yves) : Oui.
M. Leduc :
Ça fait quatre.
M. Trudel
(Yves) : Ça fait quatre.
M. Leduc :
Parfait. Sur le DSN, justement...
Des voix : ...
M. Leduc :
C'est bien quatre, c'est ça? On s'entend? Merveilleux! Sur le DSN, dans le
temps qu'il reste, ce que je comprends, c'est que, dans ce scénario-là, c'est
vous qui avez ouvert, de votre propre chef, l'enquête...
M. Trudel
(Yves) : ...
M. Leduc :
Suite, encore une fois, à des plaintes internes... bien, des plaintes internes
ou pas, mais des plaintes qui vous sont acheminées, ou... Comment ça fonctionne
pour enclencher une enquête de votre propre chef?
M. Trudel (Yves) : Au niveau du
DSN, c'est à notre initiative.
M. Leduc : Donc, vous, vous
avez vu des choses dans les journaux ou vous entendez des bruits?
M. Trudel (Yves) : Les médias,
les... Oui, oui, effectivement, on... à tous les jours, on exerce une vigie
médiatique, donc on regarde ce qui se passe. On exerce également une vigie au
SEAO, on regarde qu'est-ce qui s'est inscrit puis de quelle façon, tous les
jours. Donc, à partir de ça, on est capables d'initier nos propres enquêtes...
M. Leduc : Je comprends.
M. Trudel (Yves) : ...en
fonction de ce qu'on voit puis de l'importance qu'on doit y donner.
M. Leduc : Je comprends.
Puis avez-vous comme une espèce de grille d'analyse interne qui vous guide pour
dire : On part-tu une enquête ou pas?
M. Trudel (Yves) : On tombe en
vérification, on commence en vérification, on regarde si la conformité est là
et tout, et ça peut arrêter là, et où... là, on se rend compte qu'il y a
peut-être des manquements et on verse en enquête à ce moment-là.
M. Leduc : Ça
fait que c'est des gradations. Puis il y en a combien, mettons, des gradations
comme ça, à l'interne?
M. Trudel (Yves) : Ah! il n'y a
pas de... il n'y a pas de grille de gradation, ça va avec ce qu'on constate.
M. Leduc : Ça fait que
vérification, puis, si oui ou non, feu vert ou feu rouge, on arrête ou on
continue.
M. Trudel (Yves) : Ou on
continue, effectivement, puis on a... avec ça, on a développé une approche
d'intervention qui est très intéressante, parce que, en faisant notre vigie au
SEAO, quand on constate un manquement pendant
le processus d'appel d'offres, on communique avec le donneur d'ouvrage, on
identifie le manquement, puis, s'il corrige, on arrête ça là. Et là ça,
ça ouvre la concurrence. Donc, ça, ce qui est intéressant, c'est qu'à ce
moment-là il va arriver qu'il va annuler son appel d'offres, il va arriver
qu'il va faire un addenda, et là il y a d'autres soumissionnaires qui ont la
capacité de soumissionner. On ouvre la concurrence à ce moment-là. Ces
vigies-là sont extrêmement importantes.
M. Leduc : Combien de temps, M. le
Président?
Le Président (M. Laframboise) :
34 secondes.
M. Leduc : Bon. On parlait tantôt
du... celui sur la Justice, que vous disiez qu'il est encore en cours. Je
comprends que vous n'avez pas le loisir de nous donner trop de détails, mais
est-ce qu'on peut s'attendre à une conclusion dans l'année en cours, peut-être?
M. Trudel (Yves) : Très difficile à
vous... à dire, parce que c'est des dossiers qui ont une certaine ampleur. On a
des obligations légales en plus d'équité procédurale, la justice naturelle
embarque là-dedans. Donc, pour toutes ces raisons-là, je ne suis pas capable de
me prononcer. Ce n'est jamais facile de dire combien de temps va prendre une
enquête quand ils ont tous cette envergure-là. Puis évidemment j'ai la capacité
de surveiller que j'ai la capacité. Donc, je ne suis pas un nombre illimité de
ressources.
Le
Président (M. Laframboise) : Merci beaucoup. C'est tout le temps que le député d'Hochelaga-Maisonneuve avait. Maintenant, le député de Jean-Talon,
pour 3 min 52 s.
M. Paradis : Bonjour. Donc, on a peu
de temps ensemble. J'aimerais revenir au dossier SAAQclic, que vous venez
d'évoquer, et le rôle de l'AMP par rapport à SAAQclic. Le 13 janvier 2026,
vous avez ordonné qu'il y ait une reddition de comptes à tous les six mois
qui vous serait faite par la Société de l'assurance automobile du Québec. Je
comprends donc que la première reddition de comptes arrive bientôt. J'aimerais
que vous nous en parliez. Est-ce que vous
êtes en lien avec la SAAQ? Est-ce que c'est en préparation? Est-ce que vous
voyez ça d'un bon oeil? Donnez-nous des nouvelles de cette reddition de
comptes, s'il vous plaît.
M. Trudel (Yves) : Alors, j'ai des
bonnes nouvelles à vous donner en plus. Donc, je dois dire que la récupération
de notre... de nos ordonnances par la SAAQ devrait servir de modèle à tout
organisme public qui est visé par une décision de l'AMP, non seulement on n'a
pas attendu six mois, et eux non plus, donc il y a des échanges, je
dirais, presque hebdomadaires entre nos équipes et les leurs, ça a été ça au
début, et la SAAQ a pris acte de choses extrêmement
importantes, entre autres, dans leur plan d'action, c'est-à-dire, et ça, c'est
important, ils ont revu, ils ont réévalué leurs besoins. Tantôt, je disais à
vos collègues, à une réponse à nos questions : La définition des besoins,
c'est la base et c'est malheureusement trop souvent mis de côté, pas bien évalué.
Du fait qu'ils ont revu leurs besoins, ils ont coupé de 37 millions la
valeur d'un contrat. Donc, ce n'est pas rien. Ne serait-ce qu'ils ont réévalué,
pourquoi j'avais besoin de ça, en ai-je encore besoin, bien, ils sont passés
d'un contrat qui était prévu à 79 millions, il est rendu à 37. Donc, c'est
extrêmement important. Alors, ils ont pris nos décisions, nos ordonnances très
au sérieux.
M. Paradis : Et
cette reddition de comptes va prendre quelle forme? Comment ça va se passer?
Est-ce qu'il va y avoir une partie publique à ça? Ça va... parce que ça va être
la première, je pense, dans le cas de ce... de ce contrat. Pouvez-vous nous
indiquer, là, comment vous entrevoyez ce qui s'en vient? Parce que c'est ça, on
arrive, là, hein, ça va être en... ça va être en juin.
M. Trudel
(Yves) : Ça va être en juin, effectivement, fin juin. Bien, la
reddition de comptes ne sera pas publique, là, c'est-à-dire leur reddition de
comptes à nous ne sera pas publique, elle deviendrait publique si on n'est pas
satisfait de la reddition de comptes puis qu'on doit agir à nouveau, elle
deviendrait publique. Sinon, ça fait partie du dossier d'enquête puis les plans
d'action qui doivent venir avec.
M. Paradis : C'est-à-dire
qu'il y aura... il n'y aura aucune partie publique de cette reddition de
comptes, soit de la part de la... de la Société de l'assurance automobile du
Québec ou de votre part, parce que, quand même, il y a une... il y a une partie
de transparence, hein, vous savez que, maintenant, le public québécois, on dit
SAAQclic, tout le monde sait de quoi on parle. La transparence est importante.
Donc, est-ce qu'il y a un aspect qui sera public, qui va nous permettre de
savoir ce qui se passe et comment ça avance?
M. Trudel
(Yves) : Je pense que la SAAQ le rendra public parce qu'il y a de
l'intérêt à le rendre public, bien entendu. Je pense que oui, mais nous, à
notre niveau, on ne rend pas publics les plans d'action qui nous sont fournis
puis les actions qui en découlent.
M. Paradis : Je
comprends. Il me reste quelques secondes. Dans le rapport sur l'enquête, à la
suite de l'enquête dans le scandale SAAQclic, il y a une recommandation de vous
donner plus de pouvoir. Vous avez réagi favorablement. Est-ce qu'il y a du
nouveau là-dessus? Est-ce qu'il y a du travail qui est fait sur des pouvoirs
additionnels à l'AMP pour éviter que ça se reproduise, ou pour que vous ayez
plus de dents?
M. Trudel
(Yves) : Donc, pour votre... pour répondre à votre question, oui, il y
a des travaux qui sont en cours, même que l'Autorité des marchés publics, on a
quelqu'un qui, sur ce sujet-là, a participé à des travaux avec le comité de
coordination de la mise en oeuvre des recommandations.
M. Paradis : Et
est-ce que vous pouvez nous en dire plus?
M. Trudel
(Yves) : Je... Non.
M. Paradis :
Non.
M. Trudel
(Yves) : Non.
Le Président (M.
Laframboise) : Merci beaucoup, M. le député de Jean-Talon. Nous allons
passer à la dernière période pour l'opposition officielle.
17 min 51 s, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : Merci, M. le Président. Je veux juste revenir dans ce
qu'on discutait tantôt, là, à propos, là, du MSSS. Dans tout ce qu'on a
discuté, là, à propos, là, de cette situation-là, là, avec Santé Québec, etc.,
là, est-ce que... est-ce que le politique, selon vous, a eu... a une influence
dans ça?
• (18 h 10) •
M. Trudel
(Yves) : Je ne suis pas en mesure de répondre à cette question-là. Je
n'ai pas cette information-là.
M.
Beauchemin : Mais on le disait tantôt, que ça se rapportait au
ministre de la Santé. Le ministre de la Santé a créé la structure de Santé
Québec. Ça s'en va à Santé Québec, puis, à partir de ce moment-là, ce n'est
plus sous la gouverne du ministre de la Santé, c'est sous la gouverne de la DG,
là, de Santé Québec. Est-ce que vous trouvez ça un peu spécial, que, tu sais,
un gros enjeu, là, on parle de... minimalement, là, des centaines de millions
de dollars, là, en dépassements de coûts, et plus, là... là, on s'en va, puis
ça se stationne ailleurs, c'est plus sous la gouverne? Pourtant, c'était
quelque chose qui était probablement déjà, là, en action depuis des années. Ça
fait sept ans que vous en parlez. Ça ne vous dit rien? C'est... Il n'y a
pas de...
M. Trudel
(Yves) : Bien, écoutez, selon moi, puis je peux me tromper, là, mais
le... Santé Québec est... a un conseil d'administration, et ils sont quand même
sous la direction du ministre ou de la ministre de la Santé. Donc, le politique
ne s'est pas détaché de Santé Québec, il y a une ministre qui est... qui est en
haut de Santé Québec.
M.
Beauchemin : Le fait que ce problème-là existe depuis des années puis
que, là, vous, vous l'avez donc noté, documenté, et tout... Est-ce que vous
trouvez ça normal, qu'une ministre de la Santé n'ait rien fait là-dessus,
jusqu'à tant... que ça l'a pris un rapport de Santé Québec?
M. Trudel
(Yves) : ...si vous me permettez, comme j'ai dit tantôt, le dossier a
été suspendu, le projet a été suspendu par le gouvernement. Et le... Il y a
le... à un moment donné, il y a eu des tentatives de demandes au gouvernement
pour faire avant avancer le projet, donc des demandes d'argent, et le
gouvernement a dit : Non, tant et aussi longtemps que l'AMP va être dans
le dossier d'enquête, on ne donne rien de plus, on le laisse suspendu. Donc,
c'est important.
M.
Beauchemin : Mais c'est en réaction... c'est en réaction, évidemment,
avec ce qui s'est passé, là, avec SAAQclic. Vous avez remis, là, une ordonnance
de constat en marge de l'écriture du rapport Gallant. J'aimerais ça vous
entendre là-dessus, notamment, là, sur votre lecture des contrats
technologiques du gouvernement dans le cadre, là, de SAAQclic.
M. Trudel
(Yves) : Je n'ai pas compris le début, je suis désolé.
M. Beauchemin :
J'aimerais ça vous entendre sur
les ordonnances de constats que vous avez donnés en marge, là, au
rapport Gallant pour SAAQclic.
M. Trudel
(Yves) : En marge du rapport Gallant?
M. Beauchemin :
Bien, vous avez déposé, là.
«L'Autorité des marchés publics rend des ordonnances et formule des
recommandations à la Société d'assurance automobile du Québec.» Il y a eu un
communiqué qui a été écrit, là, le 13 janvier de cette année. Vous avez
constaté des manquements : planification déficiente, irrégularités,
modification des éléments essentiels... fractionnement de besoins encore,
manque de transparence. C'est un document, là, qui vient de votre...
M. Trudel
(Yves) : ...
M.
Beauchemin : Oui.
M. Trudel
(Yves) : Oui.
M.
Beauchemin : Bon. J'aimerais vous entendre là-dessus, là, qu'est-ce
que vous voulez quand vous parlez de la planification déficiente à plusieurs
égards, notamment quant à l'évaluation des besoins, SAAQclic.
M. Trudel (Yves) :
Ah! OK. C'est parce que vous parliez de... la commission
Gallant. J'essayais de comprendre, là, le lien.
M.
Beauchemin : Bien, c'est dans le contexte de la...
M. Trudel
(Yves) : Mais la commission Gallant a fait son travail, on a fait le
nôtre, qui était différent, là, on n'avait pas le même mandat. Mais, ceci dit,
donc, vous avez tout à fait raison, dans notre décision, on a constaté une
planification déficiente. Je reviens à l'évaluation des besoins. Mais là il
faut se souvenir qu'on est en 2014 à peu près quand tout ça commence,
c'est loin, et il y a eu un problème avec les comités de sélection. Donc, le
comité de sélection, là, il n'y a rien de plus important en matière de gestion
contractuelle quand tu veux aller en qualité-prix. Ces gens-là sont... en
principe, on ne sait pas c'est qui qui sont sur les comités de sélection, il y
a une seule... il y a des secrétaires de comité de sélection qui sont formés
pour être secrétaires de comité de sélection certifiés. Donc, les gens, à
l'époque, qui étaient responsables du contrat SAAQclic faisaient fi des règles
contractuelles de l'époque. Donc, ce n'est pas compliqué. Les comités de
sélection, ils en faisaient ce qu'ils voulaient.
La modification
d'éléments essentiels. Donc, le contrat était prévu pour des choses, et là ils
ont intégré plein de choses. Un gros manquement, c'est qu'ils ont pris un PGI,
puis, dans le PGI, ils l'ont changé au complet. Donc, quand on prend un PGI, en
principe, c'est parce que le produit répond à nos besoins. Bien, ils ont pris
un PGI, mais ils l'ont modifié au complet, ce qui fait qu'il y a eu beaucoup de
fractionnements là-dedans. Les sous ne suivaient pas, bien entendu. Écoutez,
c'est le pire dossier qu'on ne peut pas voir en manquement en gestion
contractuelle... c'est SAAQclic. Ce n'est pas compliqué. Tout est arrivé dans SAAQclic.
M. Beauchemin :
Je peux-tu vous entendre spécifiquement, là, sur le fractionnement, parce
qu'il y a eu quand même du fractionnement des besoins? Ça a été une façon, là,
pour SAAQclic, d'éviter, là, de se rapporter, là, sur des plus gros montants,
évidemment, là. Est-ce que... J'aimerais vous entendre là-dessus, là :
Est-ce que vous êtes inquiet de la façon que ça a été fait?
M. Trudel
(Yves) : On l'a été, mais là, évidemment, c'est corrigé avec notre
décision. Mais effectivement, ce qu'on a constaté, c'est que les règles font en
sorte qu'en haut de 10 % il faut qu'ils refassent une demande et ils ont fait 9,76 %, si je me souviens bien, ou 9,78 %
pour ne pas atteindre le 10 %, pour ne pas à avoir à refaire une demande.
Donc, tout était fait en catimini. Donc, il y avait un budget qui avait été
alloué, autorisé pour des contrats dans le
cadre du programme SAAQclic, ils l'ont dépensé à l'avance, après la
livraison 1,5, parce qu'il y avait plusieurs livraisons, il n'y
avait déjà plus d'argent. Il fallait qu'ils soient très créatifs pour être
capables de poursuivre.
M. Beauchemin : Puis pourquoi
pensez-vous qu'ils ont fait ça?
M. Trudel
(Yves) : Là, pourquoi ils ont... Là, je ne peux pas vous
répondre pourquoi je pense qu'ils ont fait ça. Je pense que ça l'a été
fait parce qu'ils ont fait confiance à un individu qui avait le contrôle total
du projet. Donc, c'est ma lecture, puis, je pense, c'est la lecture du
commissaire Gallant également. Notre lecture, c'est qu'il y a un individu qui a
pris le projet, à qui on a fait confiance, puis là il s'est rendu compte, à un
moment donné, qu'il y avait des difficultés puis il a tenté lui-même, avec son
équipe puis sa garde rapprochée, de pallier aux difficultés.
M. Beauchemin : Ça fait que ça,
ça s'est fait vers quand à peu près?
M. Trudel (Yves) : Oh mon Dieu!
Ça a commencé, je dirais, presque dès le début, parce que cet individu-là a
ciblé en plus une entreprise. Il voulait non seulement un PGI, mais il voulait
que ce soit SAP qui ait... qui ait le contrat. Donc, ça commence très tôt.
Très, très tôt.
M. Beauchemin : En quelle
année?
M. Trudel
(Yves) : Bien, je dirais 2000... c'est conclu... c'est
en 2017, je pense, que c'est signé, ce contrat-là, de mémoire.
Et... Mais ça a commencé, ces discussions-là, en 2014... même 2013,
2012 qu'ils y ont réfléchi, mais, en 2014, là, c'est allé pas mal d'avant
avec la décision de prendre un PGI. Puis, en 2017, ils ont, de mémoire...
Une voix : ...
M. Trudel (Yves) : ...2015,
pardon, ils ont conclu un contrat.
M. Beauchemin : Donc, c'était
un modus operandi qui était en place depuis un bon bout de temps, là.
M. Trudel (Yves) : Oui, avec un
individu, effectivement.
M. Beauchemin : Puis il n'y avait
pas... il n'y a eu aucun moyen d'attraper ça, juste... Parce que, là, on a été
capables de trouver, finalement, là, anguille sous roche, à un moment donné,
dans la dernière année et demie, là, mais avant ça, là, il n'y avait...
M. Trudel (Yves) : Bien, la
mauvaise nouvelle pour les marchés publics, c'est que l'AMP n'existait pas à ce
moment-là. La bonne nouvelle, c'est qu'on est là maintenant, puis on est
capables de rattraper ça. Et, comme je vous dis, la SAAQ s'est reprise en main
là-dedans, et on espère que nos décisions soient assez éducatives pour
permettre aux autres organismes publics de comprendre les erreurs qu'il y avait
dans ça puis de ne pas les répéter, parce qu'on va mettre beaucoup d'efforts
dans la prochaine année en exécution de contrats, en informatique entre autres.
On se rend compte que le suivi de l'exécution, bien, c'est laissé pas mal aux
organismes qui sont responsables de développer les systèmes informatiques.
M. Beauchemin : Je veux vous
amener sur le DSM. C'est-tu hier? Je ne m'en rappelle plus, c'est-tu hier, le
ministre de la Justice? Oui, c'est ça, c'est hier. Le ministre de la Justice,
c'est-tu hier?
Une voix : ...
M. Beauchemin : C'est ça, OK.
Je perds la notion du temps. L'AMP est actuellement impliquée dans le dossier,
là, pour la Justice, le projet Lexius, là, c'est ça?
M. Trudel (Yves) : C'est ça,
oui.
M. Beauchemin : Bon. Votre
implication, en ce moment, c'est quoi?
M. Trudel (Yves) : On est en
vérification actuellement.
M. Beauchemin : OK. Puis ça...
ça vous... ça amène quoi, exactement, là? Vous... ça...
M. Trudel (Yves) : Bien, on
va... on va vérifier la conformité du processus d'appel d'offres, la conclusion
des contrats. Puis, s'il n'y a rien, il n'y a rien. S'il y a quelque chose, on
va débarquer en enquête, puis là on va mener une enquête.
M. Beauchemin : Puis
là vous, dans cette étape-là, vous êtes rendus où, exactement, là?
M. Trudel (Yves) : On est en
vérification encore.
M. Beauchemin : En début, milieu...
M. Trudel (Yves) : En début.
M. Beauchemin : En début. OK. Le
PMSJ est divisé en trois axes, eux-mêmes déclinés en différents
programmes, eux-mêmes divisés en plusieurs projets. L'un de ces programmes
compte 36 projets. C'est-tu inquiétant, ce genre de structure là, selon
vous?
M. Trudel (Yves) : Écoutez, c'est...
Ça se fait, donc, c'est possible de le faire comme ça. Il faut juste voir
pourquoi ça a été fait comme ça. C'est-tu le bon véhicule? C'est... Là, je ne
peux pas vous dire, je n'ai aucune idée, mais, parfois, d'avoir des plus petits
projets, c'est mieux qu'un très, très gros. Ça dépend, ça dépend de ce qui...
de leurs besoins, en fait. Donc, c'est... ça dépend de leurs besoins. Ce qui
est un peu rassurant dans l'article que j'ai lu ce matin, c'est qu'ils prennent
le temps de le faire, justement, pour ne pas tout garrocher, comme ils ont...
comme l'exemple que le ministre prenait ce matin, pour ne pas être pris avec un
système qui ne fonctionne pas.
Vous savez, SAAQclic, s'il n'y avait pas eu de
files d'attente dans les bureaux en février 2023, on n'en aurait jamais
entendu parler. Jamais. On en a entendu parler parce qu'ils n'ont pas livré le
produit qu'ils s'attendaient de livrer, donc, il y avait des files d'attente
pour avoir leur permis, leurs plaques d'immatriculation, l'indemnisation des
victimes, tout ça fait en sorte que, publiquement, c'est sorti. Sinon, on n'en
aurait pas entendu parler.
Aujourd'hui, avec ce que vous lisez ce matin,
bien, je trouve intéressant, à tout le moins aujourd'hui, de lire le
commentaire qu'on veut s'assurer que ça fonctionne avant d'aller de l'avant.
Donc, c'est un bon commentaire, maintenant est-ce que c'est le cas? Bien, on
est en vérification.
• (18 h 20) •
M. Beauchemin : Le ministère de la
Cybersécurité et du Numérique souhaite faire un audit dans le même genre que SIFA, SAAQclic, etc., là. C'est quoi,
votre avis, là, sur la position, là, du ministère de la Cybersécurité
là-dessus?
M. Trudel (Yves) : Oh! bien là,
c'est dans leur cour, ils ont le droit, ils peuvent faire des audits aussi
souvent que ça leur tente, bien entendu. Comme je dis souvent, mais c'est le
cas également, généralement, pour nous, on est toujours en retard, on est...
vous comprenez, parce que les choses sont faites comme elles sont faites.
Actuellement, en termes de... bien, en gestion contractuelle, au niveau de
l'informatique, on peut faire un audit, on va identifier les problématiques,
encore faut-il qu'elles soient corrigées.
M. Beauchemin : Est-ce que vous
trouvez ça intéressant de voir, quand même, qu'il y a toujours ce genre de
situation là qui semble se répéter, là, peu importe dans quel département qu'on
regarde, dès qu'il y a un projet... un programme quelconque informatique, là,
on semble avoir ce réflexe-là? Pensez-vous que c'est institutionnalisé?
M. Trudel (Yves) : ...je vais
répéter un peu ce que j'ai dit parce que c'était important. Au Québec, dans les
dernières années, le Québec s'est attardé au secteur de la construction,
peut-être pas suffisamment au secteur de l'informatique.
Maintenant, c'est là qu'on est, la prédécesseure de Mme la ministre nous a
confié un mandat. Et le mandat, c'est exactement pour ça, voir pourquoi
il y a tant de problématiques en informatique, de faire des recommandations, le
cas échéant, et, bien, de voir le gouvernement les appliquer ou pas, là, ils
seront libres de le faire.
M.
Beauchemin : Puis, dans un contexte où est-ce que, de façon
générale, là... Puis là je vous entends, là, il y a... il y a une
évolution des besoins de la société, là. Est-ce que le système actuel qu'on
veut mettre en place, selon vous, là, est... dans la gestion des contrats
technologiques, là, va être... a plus de chance de réussir? C'est... Les
écueils que vous pouvez voir... Parce que j'imagine que vous, vous ne
travaillez pas en silo, là, vous regardez ça : ici, c'est ce que ça donne,
ou ici, au Québec, voici ce qu'on fait. Là, j'imagine que vous vous comparez
avec ce qui se passe en Ontario, aux États-Unis, en Europe, dans l'OCDE, les
meilleures pratiques, etc., là. Ça a de l'air de quoi? Parce que, quand on se
compare, là, ce qu'on essaie de mettre en place, est-ce qu'on est en mode
étapiste, là, en ce moment, là?
M. Trudel (Yves) : En fait, le...
Quand on regarde ce qui se passe ailleurs dans le monde, au Canada, aux
États-Unis, le Québec est... se situe à la même place que les autres. Les
autres ont autant de misère que le Québec. On se rend compte que, dans le
monde, actuellement, il doit s'imposer une transformation numérique. Donc,
c'est vrai aussi pour le Québec. Maintenant, c'est dans cette transformation-là
que tout le monde est actuellement. L'intelligence artificielle va probablement
rendre les choses plus rapides, différentes, ça va être un... ça va être un
autre monde tantôt, contrairement à une infrastructure routière, ou un
immeuble, un hôpital, une école. Les besoins sont clairs, on les voit. Et la
rivière, elle a... c'est... vous pouvez prendre 10 ans pour bâtir le pont,
la rivière, elle va être la même largeur. Les coûts vont être différents dans
10 ans, parce que la main-d'oeuvre, les coûts de matériaux de
construction... mais la portance va être la même s'ils ne changent pas le type
de circulation sur le pont. En informatique, demain, c'est une autre journée.
Donc,
ça prend des changements, il y a... des changements s'imposent au Québec, comme
à bien des places, mais le Québec a pris ça en main, puisque le gouvernement
m'a donné un mandat de faire une veille, de faire des constats et de
recommander à la présidente du Conseil du trésor des... de faire des
recommandations en vertu des constats qu'on a faits.
M.
Beauchemin : Puis, quand vous regardez ça, là, ce que vous dites,
finalement, là, parce que je vous entends, là, ce que vous parlez, c'est que,
finalement, on a besoin d'être agiles.
M. Trudel
(Yves) : De?
M.
Beauchemin : On a besoin d'être agiles, d'être flexibles.
M. Trudel
(Yves) : Oui. Encore faut-il bien le comprendre.
M.
Beauchemin : Il faut... Exactement. Donc là, l'objectif, j'assume,
parce que, bon, on a eu des expériences de par le passé... j'assume que
l'objectif, ici, c'est d'avoir cette flexibilité-là, mais à un haut niveau,
pour être capables de couvrir pas juste, là, le département du ministère des
Transports, puis Santé, puis Éducation, puis Infrastructures, c'est d'avoir une
vue d'ensemble pour le tout, là, OK? Mais, même à ce niveau-là, il faut être
conscients qu'il faut qu'on soit flexibles parce que, si on part de ce qu'on
fait actuellement puis on s'en va dans le quantique demain matin, il faut tout
recommencer encore, là.
Ça fait que qu'est-ce
que vous faites, justement, pour vous assurer qu'à ce niveau-là on a... on
garde une certaine flexibilité pour pouvoir, si besoin il y a... Parce que
c'est possible, que, dans 10 ans, on ait à faire face à une transition
encore complète de tout le système parce qu'on va avoir une nouvelle
technologie qui va être encore plus avancée puis on va vouloir faire du mode
rattrapage encore, parce que, si on ne le fait pas au Québec puis ils le font
en Ontario, bien, ils vont faire des gains de productivité, puis nous, on ne le
fera pas, ça fait qu'on n'aura pas le choix, là, OK? Comment vous faites, là,
pour vous préparer, là, face à ces éventualités-là? Parce que, de façon
macroéconomique, là, c'est là, la grosse décision à plusieurs milliards de
dollars, là.
M. Trudel
(Yves) : Si vous me permettez, je pense, ce n'est pas à moi de
répondre à cette question-là, là, je... Ma juridiction, elle se limite à la...
à la gestion contractuelle. Donc, je... si vous me permettez, je...
M.
Beauchemin : On va demander à la ministre de nous répondre.
M. Trudel
(Yves) : Je ne veux pas passer la rondelle à la ministre, mais c'est
plus dans sa cour.
Mme
Duranceau : Une passe sur la palette? Il me reste combien de temps, M.
le Président?
Le Président (M.
Laframboise) : ...Allez, allez... du temps sur le gouvernement, là.
Mme
Duranceau : Bien, tu sais, je pense, vous avez raison, il faut... il
faut être agile, puis ça va à vitesse grand V, là, puis l'intelligence
artificielle, tout l'impact que ça a sur les projets, c'est phénoménal. Ça fait
qu'on pourra en parler davantage pendant les crédits du MCN. Mais je pense que
ce qui ressort, première recommandation du rapport Gallant, ça nous prend une
entité qui a... qui a les connaissances puis qui est capable de maintenir cette
agilité-là puis de faire ses recommandations selon les changements
technologiques. Alors, il faut travailler sur notre entité qui est le MCN et
qui a les connaissances.
Le Président (M.
Laframboise) : Merci beaucoup, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
Maintenant, la parole est au gouvernement. Député de Joliette, pour
6 min 10 s.
M. St-Louis :
Merci beaucoup, M. le Président.
Mme la ministre, j'aimerais qu'on revienne sur la création de l'AMP et, comme le mentionnait M. Trudel, c'est
quand même assez récent, créée en décembre 2017, entrée en fonction au
début de l'hiver 2019, si je ne m'abuse. Pouvez-vous revenir sur le
contexte et les raisons, Mme la ministre, de la création de l'AMP, et surtout
comment le gouvernement actuel a-t-il revu ce rôle en comparaison avec le
précédent gouvernement?
Mme
Duranceau : ...je pense, c'est important, effectivement, là, de
revenir sur les dates. On a vu le député de Marguerite-Bourgeoys, là, qui
travaillait sur la séquence. Bien, l'AMP a été créée par les libéraux
en 2017, mais avec une entrée en vigueur juste en 2019, je vous dis
ça au passage, et des pouvoirs, mais des pouvoirs quand même limités. Ce qu'on
a fait en 2022, PL n° 12, qui est devenu la loi n° 18, qui avait été portée par ma... bien, ma prédécesseure au Conseil du trésor, à l'époque,
ou, en tout cas, députée de Champlain. C'est un projet de loi qui a... qui donnait
des pouvoirs additionnels à l'AMP pour lui permettre d'être beaucoup plus
indépendante dans ses interventions, puis je pense qu'on a vu, là, la
description des différentes vérifications puis enquêtes menées par l'AMP, c'est
fait avec beaucoup de rigueur et d'autonomie.
Et, si vous me
permettez, je ferais, à mon tour, une passe à M. Trudel de l'AMP pour qu'il...
justement, qu'il puisse nous parler de l'impact que ça a eu, ce... ces pouvoirs
additionnels là qu'on a pu leur confier.
M.
Trudel (Yves) : Merci. Merci, M. le Président. C'est incroyable,
les... la différence de depuis juin 2022 à aujourd'hui, en termes
d'intégrité, parce qu'en juin 2022, en plus des pouvoirs qu'on a obtenus...
des pouvoirs additionnels qu'on a obtenus pour faire notre travail, ça nous
permettait d'agir plus rapidement au niveau de la conformité.
Au niveau de l'intégrité, ce qui est marquant,
c'est les délais avec lesquels on est capables de répondre après... après
vérification auprès des entreprises qui souhaitent contracter avec l'État.
Donc, ça nous a permis même d'inclure dans notre planification stratégique des
indicateurs puis des cibles qui venaient avec les pouvoirs additionnels qui
nous... qui nous avaient été donnés, et ça, c'est extrêmement important, parce
qu'un des indicateurs, c'est de réduire les efforts de la clientèle
jusqu'en 2028. On a des pourcentages là-dedans, on rentre dans nos cibles.
• (18 h 30) •
Je dois vous dire que le PL n° 7 aura
permis qu'on maintienne l'autorisation de contracter avec l'État. Ça, c'est
très important parce qu'il y a des fournisseurs qui, donc, en haut de certains
seuils, doivent obtenir une autorisation, ne venaient pas chercher
l'autorisation parce qu'ils se disaient : Bien, je vais recommencer dans
trois ans. Là, finalement, c'est devenu cinq ans. Et, dès 2022,
je demandais à ce qu'on ait le maintien, comme votre permis de conduire,
jusqu'à tant que vous ne le méritiez plus, vous l'avez. Bien, c'était la même chose
pour moi, puis c'était notre vision à l'AMP pour faire en sorte que les
entrepreneurs ne soient pas toujours dans la paperasse pour obtenir leur
autorisation.
Donc, il y a eu des changements importants, et
le maintien dans le PL n° 7 va certainement permettre à des entreprises
qui n'avaient aucun intérêt d'avoir de l'intérêt, parce qu'en plus ils...
depuis le... depuis le 2 juin 2022, ils doivent
l'avoir au moment de la soumission. Avant, c'était au moment de la conclusion
du contrat. Maintenant, c'est au moment de la soumission. Donc, des
fois, c'était très serré. Ils communiquaient avec nous. Il fallait qu'on mette
ça en urgence pour évidemment faire en sorte
qu'ils puissent soumissionner. Avec ça, maintenant, c'est une grosse réduction de
paperasse pour les entreprises. On est passés de 11 guides à
quatre guides, on est passés de 14 formulaires à 11 formulaires.
Donc, on a travaillé beaucoup, dans les dernières années, à réduire les efforts
de la clientèle pour ouvrir à des soumissionnaires potentiels, donc qui ont
l'autorisation de contracter avec l'État, et on pense que ça va amener de la
concurrence.
Qu'est-ce qu'on a vu dans les dernières années,
c'est que, quand on travaille puis qu'il y a de la concurrence puis on
travaille pour ramener de la concurrence, les prix baissent. On a fait des
vigies, entre autres, dans le domaine des souffleuses à neige, c'étaient des
devis dirigés, puis, écoutez, c'est des municipalités, là, c'était auprès des
petites municipalités qui n'ont pas beaucoup de moyens. Malheureusement, il n'y
avait pas beaucoup de concurrence dans le domaine. On est en train d'en ramener
parce qu'ils se sont rendu compte qu'un concurrent baissait les prix des
souffleuses de 58 000 $ pour un concurrent. Quand il y en avait deux,
on rajoute des milliers de dollars encore en baisse de prix. Donc, c'est
superimportant.
Puis on se rend compte de plus en plus que les
municipalités, les villes... La ville de Québec, récemment, cette semaine, je
pense, il y avait un article où la ville de Québec a décidé de revoir la façon
dont ils attribuaient les contrats pour la tonte de pelouse. Ils ont ouvert à
la concurrence. Il y a un gain très significatif. Et ça, je dirais que c'est
depuis que l'AMP, on est là, où tout le monde prend conscience de l'importance
de la concurrence. Et, comme on agit en amont, comme on a une approche
d'intervention intéressante, comme on agit beaucoup plus rapidement auprès des
donneurs d'ouvrage, bien, on voit l'augmentation de la concurrence.
Présentement, même dans le... dans la loi accélérant certains projets
d'infrastructures, on voit que, dans les grands chantiers, comme il y a un peu
moins d'appels d'offres, il y a plus de concurrence et, les prix entre les
soumissionnaires, l'écart se réduit considérablement actuellement. Donc, c'est
juste intéressant, la présence de l'AMP puis les pouvoirs qui nous ont été
accordés pour faire notre travail.
En plus, ça nous permet en intégrité d'écarter
ceux qui ne méritent pas d'avoir des contrats publics. Dans la dernière année,
on a inscrit au RENA... en fait, au 31 janvier, on avait inscrit au RENA
11 entreprises qui étaient contrôlées par le crime organisé. Ces
entreprises-là avaient des contrats publics. Ils n'en ont plus. Et c'est des
entreprises intègres qui obtiennent les contrats publics. Ça, c'est extrêmement
important. On se souviendra qu'une des priorités, il n'y a pas si longtemps,
c'était le combat au crime organisé, mais le crime organisé dans les marchés
publics, et notre travail avec des partenaires, parce qu'on travaille avec
beaucoup de partenaires, on a 38 protocoles d'entente avec différents
partenaires. Donc, on... ensemble, on réussit à rendre les marchés publics plus
sains.
M. St-Louis : Parfait. Merci, M.
Trudel.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux au mardi 26 mai 2026, à 9 h 45, où elle
entreprendra l'étude du volet Finances, Infrastructures, des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil du trésor, Administration gouvernementale
et Efficacité de l'État. À mardi.
(Fin de la séance à 18 h 35)