(Neuf heures quarante-cinq minutes)
Le Président (M. Laframboise) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des finances publiques ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Finances, Infrastructures, des crédits budgétaires du
portefeuille Conseil du trésor, Administration gouvernementale et Efficacité de
l'État pour l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de
2 h 45 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le Président.
Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Bussière (Gatineau); M. St-Louis
(Joliette), par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice); Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé), par M. Ciccone (Marquette); Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont), par Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger); et Mme Zaga Mendez
(Verdun), par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs, incluant les questions
et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du
temps qui leur est alloué, soit vers 12 h 30.
Infrastructures
Discussion générale
Donc, je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc. Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger,
la parole est à vous pour 19 min 37 s.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Alors, bon matin à tous, M. le ministre. Bon matin, les gens qui
vous accompagnent de votre cabinet, les gens de la SQI, collègues du
gouvernement et de l'opposition officielle.
Alors, aujourd'hui, M. le Président, c'est un
exercice qui est fort important, hein, parce qu'on va discuter de qu'est-ce qui se retrouve dans le PQI, tout
qu'est-ce qui est maintien d'actif. Alors, on n'a pas beaucoup de temps, malgré
qu'on a quand même
2 h 45 min. On pourrait en parler pendant, je vous dirais, la
journée. Alors, je vais rentrer... je vais rentrer dans le vif du sujet.
Je voulais
souligner quand même la nomination du ministre responsable des Infrastructures.
C'est rare qu'on voit un ministre des Finances qui est en charge de...
du PQI. Ça devrait être rassurant, hein, parce que c'est le ministre des
Finances qui détient les chiffres puis les budgets. Alors, j'ai très hâte à échanger
avec vous, M. le ministre.
Alors, ceci dit, évidemment, on parle beaucoup
de... Ce temps-ci, c'est devenu quasiment, je vous dirais, à la mode de parler des infrastructures, tout qu'est-ce
qui est maintien d'actif. Alors, je vous... je rentrerais dans une question
assez précise, M. ministre : Comment on priorise les dossiers dans le PQI?
M. Girard
(Groulx) : Bien, merci pour
la question. Et, puisqu'on va passer 2 h 45 min ensemble, si
vous permettez, je présenterais les gens qui sont avec moi. Mme
Bourgeois, PDG de la SQI, Marie-Claude Lavallée, sous-ministre adjointe
associée...
Une voix : ...
M. Girard
(Groulx) : ...associée aux
infrastructures, et mon expert du cabinet, puis évidemment la sous-ministre
aux Finances, et mon chef de cabinet.
Alors, les demandes excèdent plusieurs fois la
capacité de payer des Québécois, principalement parce que l'ensemble de nos infrastructures ont été créées
dans les années 60 et 70. Alors, en même temps qu'on a eu quand même
une forte croissance de la population, on a 9 millions de Québécois
aujourd'hui, on a cette vétusté qui... qui s'accentue. Alors, tout ça, ça fait
que les demandes excèdent plusieurs fois ce qu'on peut faire. Et donc, oui, il
y a un exercice important de priorisation qui doit être fait.
Alors, je
dirais qu'il y a plusieurs étapes. Alors, il y a... Au niveau du ministère des
Finances, on donne ce qui est... qui est fonction de la capacité de
payer, puis on pourra revenir là-dessus, sur la taille de l'enveloppe, si vous
voulez, à 170 milliards. Pourquoi 170 milliards? Et puis il y a un
lien avec les agences de notation.
Ensuite, il y a une séparation qui est faite par
grands secteurs que vous connaissez, santé, éducation, enseignement supérieur,
transport, transport en commun, technologie, et ensuite il y a une
priorisation. Par exemple, ce n'est pas le ministre des Infrastructures ou le ministre des Finances
qui va dire, à Santé ou Santé Québec, quels projets sont prioritaires.
Alors là, on descend dans l'expertise des juridictions. Et puis c'est
toujours... Encore une fois, après ça, il y a un équilibre entre la
bonification et le maintien d'actif.
Et puis il y a toute la question de la hausse des
clientèles. Alors, si on... Santé, vieillissement de la population,
éducation... Dans le fond, on a eu en même temps un vieillissement de la
population puis une augmentation des cohortes
de jeunes élèves, notamment dans la région de Montréal, Laurentides,
Montérégie. Alors, tout ça fait que c'est un exercice de priorisation
qui est complexe.
• (9 h 50) •
Mme
Rotiroti : Merci, M. le ministre. Alors, on sait que, dans
le PQI, on a des étapes, hein, un projet va suivre des étapes jusqu'à
tant qu'il arrive à la planification. Une fois qu'il arrive à la planification,
c'est là qu'on détermine les plans et devis avec... avec les coûts, et, à ce
moment-là, il y a une décision politique qui se prend pour savoir si le projet est
priorisé pour passer à la réalisation.
Dans l'étape de planification, on a vu qu'il y a
certains projets qui restent, je vous dirais, stationnés dans la partie de
planification. Alors, la question se pose, si vous faites une évaluation en
bonne et due forme par rapport à les besoins, avec les critères que... Vous
avez énuméré quelques-uns, puis j'imagine qu'il doit y avoir d'autres critères
aussi qui arrivent de chaque secteur.
Alors, en ayant pris
tout ça en considération, qu'est-ce qui fait en sorte que... Un projet qui est
dans le... la planification, dans l'étape planification, qu'est-ce qui fait
qu'il passe à la réalisation? Est-ce que c'est un choix politique? Est-ce que
c'est un choix par rapport à la priorité du terrain? Est-ce que c'est un choix
par secteur, chaque ministère qui cible avec leurs propres priorités quel
projet est recommandé pour passer à l'étape de réalisation?
M. Girard (Groulx) : Bon, bien, d'abord, juste un petit commentaire
sur le fait que les projets sont stationnés, là. Il y a quand même
400 projets de plus de 20 millions qui ont été réalisés depuis 2019,
là, près de 90 l'an dernier. Alors, je veux dire, je suis ouvert à la critique
constructive, mais, stationnement, 400 projets, là, je ne vois pas trop le
lien. Mais c'est correct.
Politique, bien,
c'est-à-dire qu'on a une... on a une structure de gouvernance, là. On a la Société
québécoise des infrastructures qui accompagne les secteurs de la santé et de
l'éducation, l'enseignement supérieur. Ensuite, on a le ministère des Transports, le ministère des Infrastructures. Mais,
pour... essentiellement, pour passer de planification à réalisation, il
faut être prêts. Il faut que le projet soit mature et que le dossier d'affaires
soit prêt à être approuvé. Et puis, quand vous dites «politique», bien, c'est
sûr que le Conseil des ministres, c'est un organe politique, mais c'est aussi
le gouvernement du Québec qui a la responsabilité d'évaluer si un projet est
prêt à passer en réalisation.
Et, par exemple, lorsqu'un projet n'est pas prêt à
passer en réalisation, mais qu'on veut néanmoins l'accélérer, bien, on
peut faire des travaux préparatoires. Puis ça, c'est un choix politique, parce
qu'évidemment, si on ne fait pas les travaux
préparatoires, bien, ça va venir plus tard, ça retarde le projet. Alors, deux
exemples de travaux préparatoires, le tramway de Québec, où on autorise
des travaux préparatoires bien qu'on ne soit pas prêts formellement à passer en
réalisation, et même chose pour l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.
Mme
Rotiroti : Bien, justement, je suis contente que vous l'apportez,
le... l'exemple du... l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, parce que, quand on parle
de projets qui étaient prêts, qui ont resté dans la planification longtemps, ça... ça en fait partie. Puis la
démonstration que le projet était prêt, c'est que vous avez réservé vous-même,
dans le budget pour le futur chef, une enveloppe de 250 millions, et, au
jour au lendemain, tout d'un coup, le projet était prêt, puis on a lancé
Maisonneuve-Rosemont, qui est une très bonne nouvelle, d'ailleurs, pour
l'est... non seulement pour l'est de Montréal, pour... mais pour l'ensemble du
Québec, alors, d'où vient ma question : Comment on fait pour prioriser
certains projets et s'assurer que le projet qui est dans l'étape de
planification est sur... vient sur l'étape de réalisation?
Puis,
Maisonneuve-Rosemont, c'était un superbel exemple, M. le ministre. Vous l'avez
dit, puis ce n'est pas moi qui l'ai dit, vous l'avez dit, mais c'est un projet
que ça fait des années qu'il était prêt. Non seulement qu'il était prêt, on a
demandé, pour... pour s'acheter du temps, d'optimiser les coûts, optimiser les
coûts. Et, sous ce prétexte-là, on le stationnait dans la planification. Au
jour au lendemain, avec la nouvelle cheffe, tout d'un coup, on avait trouvé les
sommes puis on avait lancé la première phase de 400 millions.
Alors, ma question
demeure : Comment vous faites pour prioriser vos projets? Et comment vous
faites... On va aller encore plus loin : Comment que l'évaluation de ces
projets de loi... ces projets-là sont faits? Qui qui les fait?
M. Girard
(Groulx) : Oui. Bon, bien là, d'abord... Puis je suis... Je comprends
que les crédits, là, ça peut être un exercice politique et puis qu'il y aura
une campagne électorale, là, mais là on mélange les affaires, là, OK? Là, on
parle d'infrastructures, OK, nous sommes aux crédits infrastructures.
Et vous avez référé à
une enveloppe de 250 millions par année qui avait été réservée dans le
budget pour donner une marge de manoeuvre à la personne qui allait gagner la
course au leadership pour faire des annonces. Et c'était le compromis pour pouvoir déposer le budget avant le
31 mars et... parce qu'au Québec l'année fiscale se termine le
31 mars et que, bien, il y a, par exemple, des organismes communautaires,
mais aussi des organismes autres que budgétaires,
comme des centres de services scolaires, qui attendaient leurs budgets pour
l'année 2026-2027. Donc, dans un désir de continuité des affaires
de l'État, on a déposé le budget avant le 31 mars. Et c'est ce dépôt du
budget avec le PQI qui a permis l'annonce de Maisonneuve-Rosemont, parce que ça
prenait le PQI 2026-2036 pour faire l'annonce de Maisonneuve-Rosemont.
Alors, le PQI a été déposé avec le budget dans la continuité des affaires de
l'État, ce qui permet de prioriser Maisonneuve-Rosemont tel que c'était
nécessaire.
Mme Rotiroti : OK. Alors, je comprends, M. le ministre, que
vous... tout d'un coup, vous avez trouvé l'argent. Ce n'est pas ça, le
point.
M. Girard (Groulx) : Bien, je l'ai
trouvé dans le PQI qui a été déposé au budget 2026-2027.
Le
Président (M. Laframboise) : Vous la... vous la laissez compléter, puis après
ça vous avez le droit de répondre.
Mme Rotiroti : Parfait. Excellent.
Alors, je vais vous amener...
M. Girard (Groulx) : Oui, oui, mais
j'ai trouvé l'argent dans le PQI quand même, M. le Président.
Mme
Rotiroti : Oui. OK. Il ne demeure pas moins, M. le ministre,
qu'on a trouvé quand même l'argent. C'est un projet qui était dans le
PQI les dernières années, et tout d'un coup... On mettait ça toujours aux
calendes grecques et, au jour au lendemain, on a trouvé l'argent.
Bon, ceci dit, on va passer à un autre sujet. Je
vais vous parler d'un décret. J'imagine que, comme ministre des Finances, vous
êtes autour de la table. C'est un décret qui a été passé par le Conseil du
trésor, et je... C'est le décret 1235-86. Je vous... je vous explique
rapidement. Ça concerne la sous-traitance pour les ingénieurs et les
architectes. Ça a été passé le 5 juillet dernier, qui fait en sorte qu'on
va enlever le taux... honoraires des ingénieurs et des architectes, puis on
s'en va sur le libre marché, OK?
Alors, vous avez... Comme gouvernement, vous
êtes dotés de plusieurs lois, que ce soit le 62, le 66, qui vous permettent
d'aller faire des projets en collaboration, plus vite, à moindre coût, hein, pour
les Québécois. Ça, c'est des projets de loi que sans... Je me souviens, à
l'époque, pour l'avoir fait, un des deux, c'étaient des projets de loi qui
étaient nécessaires pour être capables de faire des gros, gros projets, comme
les hôpitaux, et etc.
Une fois que je vous dis ça, M. le ministre, un,
est-ce que vous êtes au courant de ce décret-là? Et, de deux, comment que ce
décret-là va vous permettre de faire des projets plus rapidement, mais surtout
à moindre coût pour les Québécois, quand on s'en va sur un marché
inflationniste?
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Alors, est-ce que vous permettriez... C'est une question quand même assez
précise, puis on... Avec moi, j'ai des expertes et des experts. Est-ce que vous
permettez qu'on passe la parole à notre PDG de la SQI?
Mme Rotiroti : Absolument.
M. Girard (Groulx) : Merci beaucoup.
Mme
Rotiroti : Bien, d'ailleurs, vu qu'elle va avoir la parole
après que je donne le consentement, M. le Président, elle pourrait
peut-être nous expliquer, justement, dans les contrats avec la SQI, avec vos...
comment ça va diminuer les coûts pour vous aussi. Ce serait intéressant de le
savoir.
Le Président (M. Laframboise) : Est-ce
que vous donnez le consentement, madame?
Mme Rotiroti : Oui, avec plaisir.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
vous vous présentez, madame, et vous indiquez votre fonction.
Mme Bourgeois (Caroline) : Oui.
Bonjour. Caroline Bourgeois, présidente-directrice générale de la Société
québécoise des infrastructures.
Alors, oui, ça faisait quelques années quand
même qu'on fonctionnait avec... pour... en fait, pour les services professionnels, les appels d'offres services
professionnels, architecture et génie, sur qualité seulement. Donc, c'était une
obligation en vertu de la... d'un règlement, là, découlant de la LCOP, de la Loi
sur les contrats des organismes publics. Donc, on n'est pas les seuls à l'avoir
appliqué comme ça, mais plusieurs donneurs d'ouvrage publics.
• (10 heures) •
Et, au fil des années, ce... cette sélection de
professionnels sur la base qualité seulement nous a quand même amenés à payer
très cher pour nos services professionnels. Parce que c'est une négociation qui
se faisait de gré à gré. Donc, une fois
qu'on a sélectionné la firme sur la base qualité, bien, on négociait de gré à
gré les honoraires, et c'était... c'est et puis ce l'est encore, parce
qu'il y a encore beaucoup de ces contrats-là qui continuaient à rouler. Puis le
mode qualité existe encore. Ça fait partie
du coffre à outils de l'approvisionnement en services professionnels. Donc,
beaucoup de temps, beaucoup de temps passé à négocier les honoraires.
Et ce qui... Même s'il y avait un décret avec
des pourcentages, les services de base couverts par ce décret-là sont quand
même très contraints ou, en fait, très... très limités, puis de plus en plus de
services additionnels étaient requis, et là ça... ça demande, ça demandait et
ça demande toujours de les négocier à la pièce. On parle, par exemple, des
modes de réalisation alternatifs, on parle de la transformation numérique de
l'industrie, de la surveillance accrue des chantiers, toutes sortes de choses
qui n'étaient pas comprises dans la méthode à pourcentage. Donc, on a payé...
on a payé quand même assez cher et on a... on a... Je pense qu'on a... On a
milité, nous, la SQI aussi, auprès du Secrétariat du
Conseil du trésor, marchés publics, pour nous donner d'autres possibilités
d'aller s'approvisionner en services professionnels, dont le prix, avec des
taux horaires aussi augmentés.
Mais ce prix-là nous a permis aussi d'aller
chercher les nouvelles firmes, parce qu'en misant seulement sur la qualité
c'est beaucoup des grosses firmes. On a créé des monstres chez les ingénieurs,
les architectes qui ont... qui décrochaient
les contrats, et des petites firmes disaient : Bien, moi, si on me
demandait de faire un rapport qualité-prix, je pourrais peut-être me
positionner un peu mieux, donc, dans des projets de... peut-être, de moindre
envergure. Donc, le fait qu'ils se mettent en compétition, comme d'autres
fournisseurs, les entrepreneurs, des fournisseurs en approvisionnement, ils se
mettent aussi en concurrence. Il y a toujours le volet qualité, qualité et
prix. Ça nous permet d'aller chercher une meilleure... une meilleure adéquation
entre nos budgets puis ce qu'on pense que ça vaut en services professionnels.
Oui.
Mme
Rotiroti : OK. Ça fait que vous dites... Si je comprends
bien, il y avait toujours des dépassements de coûts.
Mme
Bourgeois (Caroline) : Bien, c'est... Je ne peux pas faire la corrélation
directe entre le coût des honoraires professionnels et le coût du
projet, parce que c'est une des composantes des projets, mais je peux vous dire
que les négociations étaient difficiles. Puis c'était... c'était... On arrivait
quand même à des coûts, souvent, qui nous surprenaient en matière d'honoraires
professionnels, mais c'était comme ça, hein, c'était... C'était le principe de
la qualité seulement sur les... sur
la sélection des professionnels. Je vous dis que c'est encore une possibilité
d'aller s'approvisionner en services
professionnels. C'est encore... Puis je pense qu'on est capables de juger si
les professionnels sont en mesure de donner un prix ou pas, dépendamment
de la maturité, justement, de l'avancement des études qu'on leur donne pour
soumettre un prix.
Mme Rotiroti : Ça fait que, dans le
fond, vous permettez d'ouvrir le marché et d'aller chercher peut-être d'autres
fournisseurs ou d'autres ingénieurs qu'auparavant, avec le décret, ne pouvaient
pas soumissionner.
Mme Bourgeois (Caroline) : Bien,
tout le monde avait les chances égales de soumettre leur candidature en
qualité, mais on peut comprendre que plus tu en avais de fait, plus tu avais
des chances de te requalifier pour le prochain. Puis j'ai souvent des
professionnels qui ne... qui nous ont dit : Bien, on n'est pas capables de
rentrer sur la base qualité seulement, il y a toujours quelqu'un de plus gros
et de plus fort que nous. Alors, en mettant un...
Mme
Rotiroti : Un
équilibre.
Mme Bourgeois (Caroline) : ...un
balancier pour l'équilibre du prix puis de... puis, en même temps, de
permettre... Le décret a permis aussi, je pense, puis je... ce n'est pas moi
qui l'a rédigé, puis ce n'était pas notre... notre rôle, là, mais...
Mme Rotiroti : Ça fait que, dans le
fond, si je vous écoute attentivement, est-ce que vous diriez que le fait qu'on
a aboli le décret va vous permettre de sauver de l'argent, va vous permettre
d'arriver à... Votre objectif, c'était de dire de livrer des projets à moindre
coût.
Mme Bourgeois (Caroline) : Oui. Il
faut faire attention. Je ne veux pas qu'on reste sur l'image qu'on va... on va
payer moins cher pour nos services puis que les services vont être diminués. Je
pense qu'on va chercher un équilibre entre la... une meilleure concurrence. On
va payer le juste prix, puis ça va contribuer aussi à faire des meilleurs projets.
M. Girard (Groulx) : Alors, juste
pour clarifier pour tout le monde, là, puis juste pour... Là, on va utiliser
l'expertise qui est avec nous, mais, dans la tradition parlementaire, là, il
faut répondre dans le même temps que la question a été posée, parce que je suis
sûr que notre députée a beaucoup de questions.
Là, qu'est-ce qui a changé entre avant et après
le CT, là, pour que tout le monde comprenne?
Mme
Bourgeois (Caroline) : Il n'y a plus de... il n'y a plus de décret avec
des pourcentages applicables sur des... obligatoires applicables sur les
coûts de projet. Il n'y a plus non plus l'obligation d'aller chercher des
professionnels seulement sur la base qualité.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Mme Bourgeois (Caroline) :
Maintenant, on peut négocier et on peut... On a... on a un guide de référence
puis on peut se baser sur ce guide-là pour négocier nos honoraires.
Mme Rotiroti : Une fois qu'on a
enlevé... Parce que le décret est déjà enlevé, M. le ministre. Alors, est-ce
qu'il y a eu une analyse d'impact par rapport à le fait qu'on enlève ce
décret-là, surtout dans les gros projets? Parce que je comprends l'équilibre
qu'on veut aller chercher, ça, je comprends très bien, mais il ne demeure pas
moins que l'enveloppe est quand même
limitée. On s'est... Le gouvernement s'est engagé de livrer des gros projets
plus rapidement à moindre coût, je
vous dirais, à 25 % moindre que le coût. Est-ce que... L'analyse d'impact,
un, a-tu été faite? De deux, on a-tu des projets
où est-ce que vous vous êtes déjà servis de trouver cet équilibre-là, que vous
êtes capables de me dire que ça a coûté moins cher?
Mme Bourgeois (Caroline) : Nous, on
a fait une analyse d'impact pour les projets de la SQI. Évidemment, je ne peux
pas me faire le porte-parole de tous les donneurs d'ouvrage, parce que le
décret auquel vous référez, ça vient... ça émane des marchés publics du Trésor,
et il n'y a pas que la SQI qui s'en sert et il n'y a pas la SQI qui a fait
l'analyse de ce que ça va... ce que ça aurait comme impact dans ses projets.
Donc, quand... Le ministre l'a dit tout à l'heure, que ce soit le transport,
que ce soient les centres de services...
M. Girard (Groulx) : Mais est-ce que
vous pouvez donner l'impact pour la SQI?
Mme
Bourgeois (Caroline) : Bien, c'est un impact... C'est un... Bien, je n'ai
pas le... je n'ai pas le chiffre, mais on a... on a vu qu'il y avait un
impact quand même positif sur le coût du projet, positif.
Mme Rotiroti : Parfait. Alors, je
suis très contente...
Le Président (M. Laframboise) : Et
c'est terminé, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger. Et ça a dépassé. Le temps va
être pris sur le temps du gouvernement, là, pour le dépassement.
Donc, maintenant, pour la deuxième opposition,
M. le député de Maurice-Richard, pour
16 min 21 s.
M. Bouazzi : Merci beaucoup, M. le
Président. M. le ministre, très heureux de vous retrouver dans les crédits. Ça
faisait un bout.
M. Girard
(Groulx) : ...et il y a un espace de disponible au projet de
loi n° 5, si vous voulez vous joindre à nous.
M. Bouazzi : Si vous voulez, mais
moi aussi, je parle longtemps, M. le ministre. Mais là je vais essayer d'être
court parce que j'ai... j'ai très peu de temps. Mais je le dis sincèrement,
parce que c'est mes derniers crédits, vu que vous savez que je ne me...
probablement que je ne me représente pas. Je dois avouer que les échanges avec
vous ont été un plaisir, malgré nos désaccords constants, on va le...
M. Girard (Groulx) : Philosophiques.
M.
Bouazzi : ...philosophiques, ce qui n'a pas été le cas avec
tout le monde, malheureusement, M. le ministre. Mais je tenais à le dire
pour ces derniers crédits avec vous.
M. Girard (Groulx) : Merci.
M. Bouazzi : Bon, parlons... parlons
infrastructures. J'imagine que, comme moi, vous avez lu le rapport de l'Ordre
des ingénieurs. Et je dois avouer que ma formation d'ingénieur... J'ai promis à
l'ordre de ne pas dire que j'étais ingénieur vu que je ne paie plus ma
cotisation depuis longtemps, mais ma formation d'ingénieur m'a apporté à
vraiment porter attention très... très fortement à ce qu'ils ont proposé.
D'abord, sans
même aller dans leur rapport, on voit que les infrastructures en mauvais ou en
très mauvais état ont augmenté, en pourcentage,
de 4 % et dépassent les 50 % déjà depuis quelque temps. Je veux dire,
rendu à cette étape où on ne fait que pelleter par en avant, parce que c'est ça
qui arrive, comment vous... comment vous qualifiez la situation?
M. Girard (Groulx) : Bien, d'abord,
je tiens à dire... Puis moi aussi, je vous remercie pour la qualité des
échanges au cours des quatre dernières années. Et, bien sûr, la plupart de ces
échanges ont eu lieu à la Commission des finances publiques. C'était un
plaisir.
Bon, je tiens à dire que l'Ordre des ingénieurs,
évidemment, c'est une partie prenante extrêmement crédible, mais, il faut être clair, là, il n'y a rien de ce
qu'ils ont dit qui nous a surpris ou qu'on ne savait pas déjà, là. Ce qu'on
nous a dit, c'est qu'il y a un déficit de maintien d'actif, qu'un coup
de barre doit être donné et que, donc, on... à dollars constants, on doit
prioriser le maintien par rapport à la bonification, ensuite, qu'un rattrapage
doit être fait, qu'un dollar investi en maintien économise des dollars à long
terme.
Alors, moi, je remercie l'Ordre des ingénieurs
pour leur contribution aux débats publics. Je les ai rencontrés dans le cadre
des consultations prébudgétaires et, en tout respect, je n'ai pas appris
grand-chose, parce qu'ils ont mis l'emphase sur quelque chose qu'on sait déjà,
qu'on a un effort supplémentaire à faire au niveau du maintien d'actif.
M. Bouazzi : Mais le problème que je
vois... c'est-à-dire que, si on voit que 46 % des infrastructures sous la
responsabilité des organismes publics sont
dans un mauvais état ou très mauvais état et que la situation a empiré de
4 % dans le PQI par rapport à l'année précédente, je veux bien
qu'on en mette plus, mais vous nous accorderez qu'on n'en met pas assez.
• (10 h 10) •
M. Girard (Groulx) : Oui, mais là il
faut faire attention à la méthodologie, parce que les chiffres ne sont pas comparables nécessairement d'une année à l'autre,
là, puis je vais vous expliquer pourquoi. Parce qu'une des critiques, c'est que l'évaluation de l'état de nos infrastructures par
le passé n'était pas suffisamment détaillée ou précise. Et, à mesure qu'on
renforcit nos mécanismes d'évaluation, on a une évaluation plus juste. Alors,
la hausse entre l'année passée puis cette année reflète une meilleure
évaluation du secteur de la santé, une évaluation plus juste. Ce n'est pas...
ce n'est pas que la désuétude, là, s'est accélérée entre le 30 mars 2025
puis le 1er avril 2026. C'est vraiment une meilleure connaissance du parc
qui permet de donner une valeur plus juste aujourd'hui et d'être confiant que
le chiffre qu'on a aujourd'hui, c'est la meilleure évaluation de la situation.
Et je ne mettrais pas trop d'importance sur l'évaluation entre le chiffre de
l'an dernier puis celui de cette année.
M. Bouazzi : Mais, M. le ministre,
en 2023, l'évaluation des écoles, par exemple, a changé, et, sans avoir investi
dans les écoles, la qualité des écoles s'est améliorée, là. On s'entend que ça
va dans les... dans les deux sens. Malgré le fait que nos écoles sont dans une
situation catastrophique, on peut-tu s'entendre quand même que, d'un point de
vue maintien d'actif, on n'en met pas assez pour résorber?
Moi, je vous
dirais, vous avez passé une loi, votre gouvernement a passé une loi pour les
copropriétaires, y compris ceux qui sont... à trois d'un immeuble et qui
se retrouvent dans une... dans une situation où ils doivent planifier pour les 20 prochaines années pour garder un
immeuble de trois appartements avec toute une complexité, des spécialistes,
etc. Le minimum, c'est que le parc ne se détériore pas, là. Et, si on ne
peut pas faire confiance aux chiffres, je veux bien, mais, je veux dire, il est
clair que, vu que tout ça a été bâti dans les années 70, la situation
empire.
Moi, je voudrais... Je vais entrer sur la
question du transport en commun, qui est, comme vous le savez, une question qui
nous est très, très chère dans ma formation politique, à Québec solidaire. Et
les investissements pour les maintiens du...
en bon état du transport en commun en... de 2026 à 2036 étaient de 3,5
milliards de dollars, et, en 2018, donc, de 2018 à 2028, c'était
prévu pour 3,8 milliards, ça fait que pratiquement une stagnation, alors
qu'il y avait une inflation comparable, sur ces années-là, qui entoure le
77 %. Ça fait que, dans les faits, on a comme vraiment baissé de
77 %. Comment... Je vous avouerai qu'un de mes grands regrets en tant que
député, c'est quand même le peu d'engagements qu'on a pu avoir au Québec et le
peu d'influence qu'on a pu avoir sur la lutte à la crise climatique, M. le
ministre. Comment on peut expliquer qu'on n'investit pas plus en transport en
commun pour le maintien des actifs, là?
M. Girard (Groulx) : Bon, alors,
juste revenir un peu sur le maintien d'actif, qu'on évalue à... le déficit de
maintien d'actifs, qui est évalué à 46... 45 milliards de dollars pour les
organismes publics. Alors, on dit qu'on en prend en charge... je pense que
c'est 63 % ou 68 %...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : ...63 %
avec les investissements. Mais ce qu'il faut voir derrière ces chiffres-là,
c'est qu'on prend vraiment l'entièreté du déficit de maintien d'actifs en
enseignement supérieur, en éducation, au niveau de la santé. Et la portion qui
manque, c'est transport, routes et transport collectif, OK? Alors, c'est...
c'est vrai que, lorsqu'on regarde ce qu'on fait en déficit de maintien
d'actifs, c'est vrai que, le transport, on pourrait en faire plus, si on avait
la capacité financière de le faire immédiatement, puisqu'on parle de sommes extrêmement
importantes.
Lorsque vous
dites : Pourquoi on ne fait pas plus en maintien d'actif du transport
collectif?, bien, certainement qu'on
en fait. J'ai rencontré les gens du métro de Montréal, par exemple, puis j'ai
rencontré les gens d'Alstom, là, qui sont prêts à produire les voitures,
parce qu'évidemment il y a... il y a le matériel roulant puis il y a
l'infrastructure comme telle...
M. Bouazzi : Les stations.
M. Girard
(Groulx) : ...mais on peut
aussi se réjouir de la bonification du parc, c'est-à-dire l'ouverture du REM, l'Anse-à-l'Orme,
et puis il reste ce qui viendra pour l'aéroport. Mais je... Moi, je veux pogner
ce que vous dites, là. On doit en faire plus...
M. Bouazzi : Mais, M. le ministre,
moi, je vous...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Donnez-moi pas
trop de chiffres. Je vais... je vais vous en demander si j'en ai besoin. Parce
que, là, vous me déconcentrez. J'écoute monsieur.
Mais je suis d'accord avec vous, là, qu'on... on
devrait faire plus de maintien d'actif en transport collectif, notamment dans
le métro de Montréal. Je ne veux pas nier ça, là.
M. Bouazzi : Mais pourquoi on ne
fait pas... Parce que je vous avouerai que c'est déprimant. Je veux dire, concrètement, d'un point de vue économique, les
congestions nous coûtent un bras, là. C'est... Il y avait une évaluation
à 6 milliards par an pour l'économie
québécoise dans la congestion. Le transport en commun fait partie de la
solution. Les baisses de GES, votre gouvernement a reculé et a reporté
les objectifs de baisse de GES à 2035 plutôt que 2030.
Il y a deux solutions, là. Le plus gros des GES,
c'est le transport. Il y a deux solutions : l'électrification des voitures — ça ne
va vraiment pas très vite — et
évidemment aussi le transport en commun.
Aujourd'hui,
les montants qui sont investis dans le transport en commun, le... Je veux dire,
vous le savez comme moi, le métro de Montréal a besoin. Il a été construit dans
les années 70. Les stations tombent en lambeaux. Nous avons besoin de plus
d'argent, là. Malheureusement, je voudrais vous demander de vous engager, mais
c'est la dernière année. Mais c'est vraiment terriblement triste. Mais est-ce
que vous pensez, je ne sais pas, moi, que le... que la crise climatique est un
complot? Je... Rendu là, je ne comprends pas pourquoi vous n'investissez pas.
Vous n'avez pas investi pendant toutes ces années dans le transport en commun,
M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bon, bien, merci. Et je partage vos préoccupations pour les
changements climatiques, n'ayez crainte. Et on investit. Le PQI était à
100 milliards. Il est aujourd'hui à 167 milliards. Si on regarde ce
qui est fait en transport en commun, il y a
un effort qui est, en fait, une bonification, là : à Québec, le tramway de
Québec, à Montréal, le REM. Et là il y a une situation, que je suis
d'accord, avec le métro de Montréal, qui a été construit quand? Expo 67. Ça commence à faire longtemps, là,
Expo 67. Alors, on a une bonification aussi, prolongement de la ligne
bleue, qui amène énormément de ressources. Par exemple, on a priorisé, là, dans
l'année... Avec l'amélioration du solde budgétaire 2025‑2026, on a priorisé des
sommes pour la ligne bleue. Alors, ça, c'est de la bonification et c'est fait.
Mais... Alors donc, on reconnaît l'importance du transport en commun.
Maintenant, si votre point est : Est-ce qu'on
doit faire un effort supplémentaire pour le métro de Montréal?, bien, je
suis d'accord avec vous. Et là vous dites : C'est la dernière année de
votre mandat. Bien, au contraire, j'espère en avoir
un autre, parce que je commence à m'occuper des infrastructures et je suis
sympathique au problème de maintien d'actif du métro de Montréal.
M. Bouazzi : M.
le ministre, vous êtes d'accord avec moi, mais c'est vous, le ministre des
Finances, ce n'est pas moi. Je veux dire, quand vous êtes arrivé, il y avait
3,8 milliards dans le PQI en maintien des actifs, en transport collectif.
En 2026, il y en a 3,5. Avec l'inflation, c'est une baisse de 77 %. Je
veux bien, vous pouvez promettre ce que vous voulez dans les prochaines
élections, là, mais, je veux dire, jugeons sur le fait et sur les bilans. Le
métro, il a besoin de 7 milliards. La vérité, c'est que, si on n'a pas...
on n'a pas... Vous avez raison de dire : Vous n'avez pas l'argent de le
faire. Il va falloir trouver de l'argent quelque part. En fait, c'est ça, la
vraie question et notre grand désaccord. Et, là-dessus, le métro, pour être à
jour aujourd'hui, il a besoin de 7 milliards. C'est ce que nous dit la
STM. En 2030, ce sera 9 milliards si on ne fait rien.
Concrètement, là,
entre l'année dernière et cette année, les 17 milliardaires au Québec, 17
personnes, là, ont vu leur richesse
augmenter de 25 milliards de dollars, augmenter, là, c'est-à-dire,
ils étaient milliardaires l'année dernière et ils sont encore
milliardaires cette année, mais ça a augmenté de 25 milliards. On a besoin
de 7 milliards de dollars pour avoir un métro qui fonctionne, qui,
sur une logique de droite... oubliez les GES qui me sont chers et puis le fait
que c'est les plus pauvres qui prennent le métro, mais, sur une logique de
droite, nous coûte une fortune, d'un point de vue économique, parce que les
gens attendent dans les stations et ne sont pas capables d'avoir un métro qui
arrive à l'heure, ont des stations qui
ferment. Les personnes en mobilité réduite ne sont pas capables d'avoir des
ascenseurs dans les métros. Je veux dire, la situation est quand même
dramatique. Je veux dire, à un moment, effectivement, il y a des choix à faire.
Et, si vous êtes sérieux sur l'idée de mettre de l'argent, il va falloir aller
le chercher, M. le ministre, et c'est ce que vous ne faites pas,
malheureusement.
• (10 h 20) •
M. Girard
(Groulx) : Bon, bien, je veux... je vous remercie pour cette critique
constructive, là. Je veux juste être clair, là, les efforts en transport
collectif ont augmenté, mais principalement dans la bonification : tramway
de Québec, ligne bleue, REM. Ça fait que, là, là, vous dites : Oui, mais
la part de maintien d'actif est restée constante. Oui, mais on n'a pas le choix lorsqu'on gouverne. Là, si on regarde
l'effort qui est fait, total, 100 milliards... 167 milliards,
donc, un effort important.
Ensuite, le PQI en
éducation, il a doublé. Le PQI en santé a augmenté... Je vais aller vous
chercher...
M. Bouazzi :
...M. le ministre. Oui.
M. Girard
(Groulx) : Mais donc c'est sûr que vous pouvez trouver une composante
qui n'a pas augmenté, le maintien d'actif en transport collectif. La critique
est légitime. Et même je vous accorde que, oui, on doit faire plus en maintien
d'actif pour le métro de Montréal. Je ne conteste pas votre affirmation.
M. Bouazzi : Non,
mais... Oui, en tout cas, je vous entends. Je veux bien, moi, vous dire qu'il
faudrait garder le métro fonctionnel et puis des stations de métro qui ne
coulent pas. Vous me dites : Mais, attention, on est en train de faire des
nouvelles stations. C'est bien, là, c'est ce qui a...
M. Girard
(Groulx) : Mais est-ce que vous êtes contre les nouvelles stations?
M. Bouazzi : On
est 100 % contre. Et on aurait dû en faire plus depuis longtemps, M. le
ministre.
M. Girard
(Groulx) : Vous êtes pour?
M. Bouazzi :
100 % pour, oui, pardon.
M. Girard
(Groulx) : D'accord. D'accord. Merci.
M.
Bouazzi : On aurait dû en faire plus, M. le ministre, mais ça ne change
rien au fait qu'il faut avoir un métro qui fonctionne, là. Je veux dire, moi,
je veux bien... Encore une fois, là, je veux dire, si quelqu'un se dit :
Bien, moi, je veux une extension à ma maison, mais le toit, il coule, moi, je
pense que l'extension, elle peut être positive, mais il faut aussi attaquer le
toit le plus vite possible. Et là il coule au sens premier... Je ne sais pas si
vous avez pris le métro dernièrement, mais
c'est assez... assez dramatique. Et on n'y arrivera pas sans trouver des richesses
pour combler ça, là, pour qu'on ait une richesse commune, parce que le
métro, c'est une richesse commune, là, comme les routes, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bon,
richesse commune. Alors, je veux être clair, là. Alors, on fait un effort
extrêmement important au niveau des infrastructures, 167 milliards.
Selon les agences de notation, là, OK, la capacité de payer des Québécois,
c'est 17 milliards par année en infrastructures, parce que nous sommes un
crédit AA-, et les agences de notation ne veulent pas qu'on fasse plus de
dépenses en capital que 10 % de nos revenus, donc, 17 milliards par
année. Et, suite aux menaces du président Trump, on a décidé d'en faire
21 milliards, ce qui a amené un enjeu avec l'agence de notation S&P.
Alors, moi, je peux vous dire qu'au niveau de l'effort total le Québec est un
leader. On est probablement la province qui en fait... la deuxième province qui
en fait le plus en proportion de son PIB.
Ensuite, on a
commencé, dès 2018... Parce qu'il y en a qui se réveillent, là. Vous
regarderez, là, il y a des provinces qui commencent à faire des dépenses en
infrastructures. Nous, c'est parti depuis 2018. Ensuite, si vous pouvez
reconnaître qu'au total on en fait beaucoup, alors, à partir de là, je suis
d'accord pour avoir une discussion avec vous
sur l'allocation. Si vous souhaitez qu'on fasse moins d'hôpitaux, plus de
transport en commun, bien, vous pouvez proposer ça à la population. Je
ne suis pas en désaccord, mais on doit respecter la capacité de payer les
Québécois.
Le Président (M.
Laframboise) : Merci beaucoup. Il y a eu dépassement de temps, donc ça
va être pris sur le temps du gouvernement. Maintenant, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger, pour
19 min 34 s.
Mme
Rotiroti : Merci, M. le Président. Alors, juste pour fermer le premier
bloc avec la discussion que j'avais eue avec la responsable de la SQI, vous
avez dit qu'il y a eu une analyse d'impact par rapport à le fait qu'on a enlevé
le décret sur les honoraires des architectes et ingénieurs. Je ne sais pas si
on serait d'accord de déposer ça à la commission, ce... cette analyse d'impact
là. Ce serait apprécié.
M. Girard
(Groulx) : D'accord pour quoi?
Le Président (M.
Laframboise) : ...l'analyse d'impact qui a été faite par la SQI, là.
Mme
Rotiroti :
Concernant les honoraires des architectes et des ingénieurs.
Des voix :
...
Mme
Rotiroti :
Parfait.
Mme Bourgeois (Caroline) : On a quelques résultats aussi post-appels
d'offres, maintenant qu'on roule avec ça.
Mme
Rotiroti :
Excellent. Parfait.
Mme Bourgeois
(Caroline) : On peut faire une petite note synthèse.
Mme
Rotiroti :
Bien, l'analyse, ce serait apprécié, parce que vous comprenez que, nous, c'est
des... Des études de crédits, c'est un exercice qui est hyperimportant, et,
pour bien faire notre travail de l'opposition officielle, il faut quand même
avoir toutes les données. Et je suis très, très contente que la SQI ont fait
cette analyse-là. Ça va être très, très utile de l'avoir.
Le Président (M.
Laframboise) : Donc, vous pouvez l'acheminer à la commission...
Mme
Rotiroti : À la commission, oui.
Le Président (M.
Laframboise) : ...qui, elle, va l'acheminer aux membres.
Mme Rotiroti : Parfait. Merci. Alors, dans le Plan québécois des
infrastructures 2026-2036, M. le ministre, à la page... dans la
section C.11, dans la section C, la page 11, vous avez une évolution
du DMA des organismes publics par secteur et par organisme. Vous avez dit tout
à l'heure que le déficit de maintien d'actifs...
M. Girard
(Groulx) : ...
Mme
Rotiroti :
Oui, C.11, dans la section C.
M.
Girard (Groulx) : Excusez-moi, j'avais compris B, mais c'est... Tout
monde avait compris C, sauf moi. Alors, c'est moi, le problème. Continuez.
Mme
Rotiroti : Pas de problème. Alors, vous avez dit tout à l'heure que le
déficit de maintien d'actifs est alentour de 45 millions...
M. Girard
(Groulx) : Milliards.
Mme
Rotiroti :
...milliards. C'est qu'est-ce qu'on voit dans votre projection 2026-2027,
44 milliards.
M. Girard
(Groulx) : Oui.
Mme
Rotiroti : Parfait. Je vous amène un petit peu plus loin,
dans... au niveau total Transports, tout qu'est-ce qui est réseau
routier, et là on a un chiffre d'à peu près 24,5 milliards de
dollars. Vous le voyez?
M. Girard
(Groulx) : Un instant. Total...
Mme
Rotiroti : Total Transports.
M. Girard
(Groulx) : Moi, je vois 24,5.
Mme Rotiroti : Exact, à peu près, oui,
et 16. Nous... Est-ce que ça, c'est le bon chiffre, M. le ministre, de cette année?
Vous pouvez le confirmer, que c'est vraiment le chiffre pour
l'année 2026-2027?
M. Girard
(Groulx) : Oui.
Mme
Rotiroti : Oui. OK.
M. Girard
(Groulx) : C'est le chiffre public.
Mme
Rotiroti : C'est
le chiffre public. Exact. Alors... Parce que nous, on a un document qui nous
prévient, dans le réseau du ministère des Transports, qui nous dit que le total
de ce déficit-là, ce n'est pas 24,5 — ça,
c'était en 2024 — et
que, pour 2025, on parle de 31 milliards.
M. Girard
(Groulx) : D'accord.
Mme
Rotiroti : Comment vous expliquez cet écart-là?
M. Girard
(Groulx) : Si vous permettez, je vais donner la parole à notre
sous-ministre associée, qui était là, d'ailleurs, en 2024 et qui connaît tout
le processus associé au plan annuel de gestion... C'est PAGI?
Mme
Rotiroti :
Mais vous... Oui.
M. Girard (Groulx) :
Plan annuel de gestion des infrastructures. Merci. Alors, allez-y.
Le Président (M.
Laframboise) : Est-ce qu'il y a consentement?
Mme Rotiroti : Oui. Juste un instant. M.
le ministre, c'est... Vous êtes quand même responsable du PQI, vous êtes
ministre des Finances. Je pense que les chiffres qu'on a dans le PQI doivent
absolument être les bons chiffres si on veut faire notre travail comme il faut.
Alors, moi, ma question, là, dans le PQI présentement devant nous, là, dans
votre livre, là, c'est 24 milliards, 24,5 milliards.
M. Girard
(Groulx) : 24 516 700 000 $.
Mme
Rotiroti : Oui, exact.
M. Girard (Groulx) : C'est
le meilleur estimé en vertu de l'évaluation qui a été faite. L'évaluation est
annuelle.
Mme
Rotiroti : OK. Puis il y a un autre document, à l'interne, du
ministère de... du Transport qui disent que, pour cette année, pour 2025, on
est déjà... on est déjà rendus à 31 milliards. Comment vous expliquez cet
écart-là? On n'est pas dans les bons chiffres, là.
M. Girard
(Groulx) : Oui, mais est-ce que... D'abord, j'ai...
Le Président (M.
Laframboise) : ...là, pour le moment, il n'y a pas de consentement
pour madame.
Mme
Rotiroti : Oui.
Le Président (M.
Laframboise) : Vous voulez le donner, le consentement?
Mme
Rotiroti :
Oui.
Le Président (M.
Laframboise) : Oui? Parfait.
M. Girard (Groulx) : Oui,
parce que, ce chiffre-là, je ne l'ai pas vu, là. Moi, je vous... On a des
documents publics qui ont été déposés au budget. Alors, j'ai... La
question : Est-ce que le chiffre 24 516 700 000 est le
bon?, la réponse est oui.
Là, vous, vous dites :
J'ai vu un document qui dit que c'était...
Mme
Rotiroti : Pour cette année,M. le ministre. On parle de cette
année, de 2026-2027.
M. Girard
(Groulx) : Bon, alors, allez-y.
Mme
Rotiroti :
Le chiffre qu'on a dans le PQI, du 24 milliards, 24,5 milliards, est-tu le
bon chiffre?
M. Girard (Groulx) : Il
est le bon chiffre, d'accord? Est-ce que vous voulez une confirmation de la
sous-ministre associée aussi?
Mme
Rotiroti : Bien, moi, j'ai un document...
M. Girard
(Groulx) : Vous avez un document.
Mme
Rotiroti : ...oui, que je pourrais déposer, si vous voulez, à la
commission, qui circule au ministère des Transports,
qui dit que le déficit de maintien d'actifs pour les chaussées, c'est de 31
milliards. Et ça, c'est pour l'année 2025.
Alors, vous comprenez, M. le ministre, que, quand
on veut comparer des... On ne peut pas comparer des pommes avec des oranges. Il faut comparer des pommes
avec des pommes. Alors, si, en partant, on n'a pas les bons chiffres dans
le PQI, on a un problème.
• (10 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Mais
on a les bons chiffres. Là, c'est... Il faudrait que vous, vous déposiez votre
document...
Mme
Rotiroti :
Avec plaisir.
M. Girard
(Groulx) : ...qu'on puisse regarder d'où provient ce document,
pourquoi le chiffre est différent.
À la question :
Est-ce que les documents qui sont publics contiennent la meilleure évaluation
du déficit de maintien d'actifs du secteur transport pour la
période 2026-2027?, la réponse, c'est oui.
Mme
Rotiroti : OK. Ça fait que vous, vous vous basez...
Le Président (M.
Laframboise) : Est-ce que vous voulez...
Mme
Rotiroti :
Oui, consentement, monsieur, oui.
Le Président (M. Laframboise) : Est-ce qu'il y a consentement pour que le... que
le document de Mme la députée...
M. Girard
(Groulx) : Certainement. Consentement.
Le Président (M.
Laframboise) : Parfait. Consentement.
Mme
Rotiroti :
Parfait.
M. Girard (Groulx) :
Puis on pourra regarder ça.
Mme
Rotiroti : Je vais le déposer. Je vais juste continuer.
M. Girard
(Groulx) : Est-ce que vous aimeriez savoir comment on évalue ce
chiffre?
Mme
Rotiroti :
Oui.
M. Girard
(Groulx) : Comment on l'obtient?
Mme
Rotiroti : Bien oui, avec plaisir.
M. Girard
(Groulx) : Allez-y.
Le Président (M. Laframboise) : Vous
présenter, madame, et vous... nommer votre titre.
Mme
Lavallée (Marie-Claude) : Oui. Bonjour. Marie-Claude Lavallée, sous-ministre
associée aux infrastructures publiques, ministère des Finances.
Donc, dans le fond, les données, c'est les...
Peut-être que vous avez des données plus récentes. Vous parlez de février 2026, là. Nous, on publie... C'est
les... Les PAGI, là, les plans annuels de gestion des... Excusez, j'ai accroché
le micro. Donc, les plans annuels de gestion des investissements publics en
infrastructures les plus récents, 2026-2027, ce sont les données des ministères
qu'on publie. Nous, on coordonne l'opération, mais c'est les PAGI de chacun des
ministres et chacun des ministères. Donc, le ministre des Infrastructures, lui,
sa responsabilité, c'est de coordonner le tout
et de déposer les PAGI à l'Assemblée nationale. Donc, ce sont les données
publiques du ministère des Transports.
Là, vous l'avez dans les PAGI, on retrouve le
même 24 516 700 000 $. En 2026-2027, on part à la... cette
même page C.11, de 22,5 milliards. Le document en question, peut-être
qu'il est plus récent. Donc, moi, je n'en ai pas pris connaissance. Mais nous,
on publie ça en date de mars, puis, en date de mars, c'était la donnée publique
la plus récente.
M. Girard (Groulx) : Juste...
Peut-être, une source de confusion, là, les investissements en maintien du parc
en transport sont de l'ordre de 31 milliards, là, mais ce n'est pas la
même chose que le déficit de maintien d'actifs. Mais, lorsque vous aurez déposé
votre document, on pourra analyser tout ça.
Mme
Lavallée (Marie-Claude) : Donc, 31... OK. Donc, vous parlez de 31 milliards,
31,6, c'est ça, votre chiffre?
Mme
Rotiroti : Moi, j'ai 31 milliards à partir de 2025.
C'est décortiqué par rapport à des ponts, des structures, des chaussées.
C'est tout décortiqué pour arriver au montant de 31 milliards.
M. Girard (Groulx) : Très bien.
Déposez ça, on va analyser ça.
Mme
Rotiroti : Et le chiffre de 24,5 milliards qu'on
retrouve dans le PQI, dans le tableau que j'ai entre les mains, c'est
des chiffres qui datent de 2024. Puis je l'ai dans le bilan d'état des
chaussées, là. Le réseau routier de 2024, on est toujours au même chiffre.
Alors, vous êtes en train de me dire que les chaussées, puis le maintien
d'actif des chaussées, puis tout qu'est-ce qui est au niveau du transport
depuis les deux dernières années n'a pas augmenté. On reste toujours à
24,5 milliards.
Mme Lavallée
(Marie-Claude) : Bien,
écoutez, ça, c'est le bilan des chaussées. Ce n'est pas la même chose. C'est
un autre document. En tout cas, je reconnais, le code de couleurs.
Mme Rotiroti :
Non, c'est l'état de route, c'est le même document.
Mme Lavallée (Marie-Claude) :
Là, vous êtes en 2024. Les plus récents...
Mme Rotiroti : Bien, c'est ça que je vous dis. En 2024, le
chiffre que vous avez là, le 24,5 milliards, se retrouve dans les
chiffres de 2024. Aujourd'hui, on est en 2026.
Mme Lavallée (Marie-Claude) :
Bien, alors, c'est... En 2025, c'était 22,5 milliards, le DMA des
chaussées, pas juste des chaussées, là, mais de tout le... tout le réseau
routier, 22,5 milliards en 2025-2026. En 2026-2027, c'est... ça a augmenté
à 24,5 milliards. Ça se peut que ça ait fluctué dans le temps puis qu'en
2024-2025 on était plus haut. 2025-2026, ça a baissé. Ça a réaugmenté au
PAGI 2026-2027. Ça s'explique principalement par la hausse du coût du bitume. Ce sont les données publiques. Ce
sont les données du ministère des Transports les plus récentes pour les
chaussées. Donc là, vous, si vous vous êtes basés sur les données du... des
PAGI 2024-2025, on peut les sortir, là, mais ce n'est pas l'année
financière qui se termine, là.
Mme Rotiroti : On
comprend que le PQI est toujours fait une année en retard. Ça fait que votre
chiffre de cette année est le chiffre de l'année passée. C'est ça que vous
dites.
Mme Lavallée (Marie-Claude) :
Bien non, c'est les données les plus récentes. Les PAGI 2026-2027, c'est
les données les plus... les données les plus récentes pour tous les ministères.
Donc, la page C.11, c'est un résumé... la page C.11 du PQI, c'est un résumé de tout ce document-là qui
s'appelle les PAGI. C'est exactement le même chiffre dans les deux.
Donc, c'est les plus récents. Vous avez exactement le même chiffre. Tout est
détaillé sur la méthodologie du ministère
des Transports. 2024, c'est une méthodologie qui était semblable. Donc, ça
évolue dans le temps, le déficit de maintien d'actifs.
Mme Rotiroti : Vous avez entièrement raison quand vous
dites : Ça évolue dans le temps. Et c'est... de là vient ma question, c'est de dire que le
24,5 milliards, ça a été évalué au ministère de Transports en 2024.
Aujourd'hui, en
2026 — puis
là je comprends que votre année financière, c'est comme le gouvernement, c'est
le 31 mars — on
est toujours avec le chiffre de 24,5 milliards. Ça veut dire que,
de 2024 à 2026, votre maintien... le maintien d'actif est demeuré le même.
Mme Lavallée
(Marie-Claude) : Bien, en fait, le bilan des chaussées de 2025 du
ministère des Transports n'est pas encore disponible. Donc, c'est eux qui... Je
pense qu'ils ne sont pas à jour, là, sur leur site Internet. Donc, le bilan des
chaussées de 2025 n'étant pas disponible, là, vous avez ceux de 2024 devant
vous. Mais, moi... Il va probablement, on m'indique, sortir en juillet avec les
montants que je vous indique.
Document déposé
Le Président (M. Laframboise) : ...vous interrompre, là, parce que le document de
la députée est maintenant dans les documents distribués sur le Greffier.
J'en autorise le dépôt. Donc, il est déjà disponible sur Greffier. Vous pourrez
le voir là.
Mme Rotiroti :
...M. le Président. Alors, vous... Comment vous expliquez que le MTQ parle de
31 milliards en déficit de maintien d'actifs, puis, vous, dans le PQI,
c'est 24,5 milliards?
Mme Lavallée
(Marie-Claude) : Mais en fait nous, on prend les données du ministère
des Transports. Ce sont leurs PAGI. Il faudra peut-être leur poser la question,
quel est l'écart avec les bilans de 2024, mais... Les bilans, par ailleurs, ne
sont pas en année financière, ils sont en année civile, les bilans que le
ministère des Transports sortent. Nous, on est en année financière. C'est
peut-être là un écart aussi. Mais les PAGI... la page C.11 et les PAGI, ce
sont les données les plus récentes du ministère des Transports, qu'on a
publiées en mars dernier. Maintenant, le chiffre de 2024 qui a été publié sur
leur site Internet, là, je ne suis pas en mesure de pouvoir vous l'expliquer.
C'est...
Mme Rotiroti :
...quand même un écart de presque 7 milliards de dollars, là.
Mme Lavallée (Marie-Claude) : Bien, PAGI 2024... Est-ce qu'on a
PAGI 2024? Merci. Donc... Non, mais...
Mme Rotiroti :
OK. Entre-temps... Oui.
M. Girard (Groulx) : On va vous trouver la page C.11 de 2024, si
vous voulez, là. On va comparer deux chiffres comparables.
Mme Rotiroti :
Bien, 2024, elle devrait être à 22,5 milliards, si mon... mes chiffres
sont bons, là, votre...
M. Girard
(Groulx) : Ça, c'est 2025-2026, 22 milliards.
Mme Rotiroti :
Pour le transport, il devrait être à 22 milliards.
M. Girard
(Groulx) : 22,5 milliards, c'est 2025-2026.
Mme Rotiroti :
Exact.
M. Girard
(Groulx) : Mais, si votre point, c'est que le chiffre de
24,5 milliards n'est pas bon, j'aimerais simplement
vous dire que c'est le meilleur estimé disponible lors du dépôt du budget puis
que c'est fait professionnellement. Et, au PAGI 2024-2025, le
déficit de maintien d'actifs du réseau routier était estimé à 20,4 milliards. Et donc... Il est estimé
ensuite, l'année suivante, 22,5, et maintenant 24,5, ce qui démontre qu'on
n'arrive pas, actuellement, étant donné les efforts qu'on fait, en
fonction de la capacité de payer, la priorisation, à résorber le déficit de
maintien d'actifs des transports. Et pourquoi? Parce qu'on a choisi de le
résorber en santé, en éducation puis en enseignement supérieur. Et donc on
priorise, et il y a une limite à la capacité de payer, alors, nécessairement,
il y a une composante qui se détériore, et cette composante est le réseau
routier.
Mme Rotiroti : Bien,
ça, M. le ministre, merci de l'avoir spécifié, mais, juste à rouler dans les
routes, on voit qu'il y a un délaissé par rapport à tout qu'est-ce qui
est transport et chaussée. Puis je comprends que c'est un choix politique...
M. Girard
(Groulx) : Mais il y a des améliorations au niveau de la santé...
Mme Rotiroti :
...c'est un choix politique qu'on a fait. Très bien. Puis on aura
l'occasion de... un petit peu plus tard, de
parler de tout qu'est-ce qui est maintien d'actif, parce que vous... Tout
ministre qui a occupé votre... Tous vos prédécesseurs se pètent les bretelles
en disant qu'il n'y a jamais eu autant d'investissements dans le maintien
d'actif. Pourtant, quand on parle à des gens, puis ne serait-ce de faire...
d'aller sur le terrain, tout le monde nous dit la même chose : On ne voit pas d'amélioration, on prend du recul sur
presque tout et on se dit : Qu'est-ce qu'on va faire? À un moment
donné, on investit cet argent-là, mais, concrètement, on ne voit pas les
résultats.
Alors,
moi, je veux juste savoir : Dans le même document, à la page C.11 du
plan d'infrastructures, la société québécoise... la SQI, on parle d'une... on
parle d'un budget de 1,7... 1,6 milliard, est-ce que le 1,6 milliard,
c'est un bon estimé?
M. Girard
(Groulx) : Mais, je veux dire, on peut passer tous les chiffres, là,
les documents publics du gouvernement du Québec, dans le PQI, tous les chiffres
sont bons, là. C'est le meilleur estimé qu'on a, là. Est-ce que vous voulez...
Est-ce que nos techniques d'évaluation de la qualité de nos actifs peuvent être
raffinées? Bien sûr. C'est un processus continu. Mais, si vous allez me
demander, pour les deux prochaines heures, si chaque chiffre est bon, je vais
vous répondre oui à chaque fois.
Mme Rotiroti : Bien,
M. le ministre, vous venez de le dire, si on pouvait se... raffiner les chiffres,
on pourrait. Mais c'est justement ça. L'évaluation qui est faite, là, je
viens de vous faire la démonstration qu'il y a un écart par rapport à le
ministre...
M. Girard
(Groulx) : Vous ne m'avez fait aucune démonstration.
Mme Rotiroti :
Il y a un écart de 6 millions.
M. Girard
(Groulx) : Vous avez déposé un document qui a un autre chiffre. C'est
tout. Il n'y a aucune démonstration qui a été faite que notre chiffre n'était
pas bon, là.
Mme Rotiroti : Bien,
c'est le... c'est des chiffres, des estimations qui viennent du ministère dans
le secteur qui est responsable de le volet réseau routier du ministère
Transports, qu'eux, ils disent que le chiffre, c'est de 31 millions.
Alors, il y a un écart quand même de 6... milliards, excusez-moi, on parle
de milliards, là.
• (10 h 40) •
M. Girard
(Groulx) : Non, mais c'est... c'est correct, j'avais compris. Mais,
écoutez, on a une fonction publique qui est professionnelle. On a des gens qui
évaluent nos actifs. On raffine nos processus. Alors, le déficit de maintien
d'actifs pour le secteur transport, selon les plans annuels de gestion de nos
infrastructures 2026-2027, le déficit
de maintien d'actifs en transport est de 24,5 milliards. Si vous voulez
affirmer qu'en vertu d'un autre document vous avez un autre chiffre, déposez le document, on va le regarder.
Mais, pour ma part, je vais défendre le professionnalisme de la fonction
publique. Et le 24,5 milliards, qui est un chiffre public, il est bon.
Mme Rotiroti : Bien,
écoutez, c'est... Loin de moi de remettre en question la fonction publique.
Moi, je vous dis... Puis c'est
important comme exercice, M. le ministre, là. Puis je comprends que c'est des
chiffres que vous obtenez. Moi, je vous dis qu'il y a d'autres chiffres,
puis, ces chiffres-là, il y a un écart quand même de 6 milliards de
dollars. Alors, un PQI, c'est de faire des estimés les plus près, hein, si on
veut avoir vraiment un vrai portrait de la situation dans tous les secteurs.
M. Girard (Groulx) : Je
vous ai donné le portrait puis je pense qu'on est d'accord avec la tendance.
20,5 milliards, 2024-2025, 22,5 milliards, 2025-2026, et
24,5 milliards, 2026-2027. Et vous, vous avez un chiffre de
30 milliards qui sort de nulle part, puis là vous avez déposé le document,
puis on va l'étudier.
Mme Rotiroti :
Parfait. Puis ce n'est pas un chiffre qui sort de nulle part, M. le
ministre, c'est un chiffre qui a été fait, justement, par des fonctionnaires...
M. Girard
(Groulx) : Bien, c'est un chiffre... c'est un chiffre de 2024 dans un
document...
Mme Rotiroti : ...que
vous... vous estimez qu'ils font un travail exemplaire. Et je suis entièrement
d'accord avec vous. Alors, ça vient
du ministère Transports, c'est un document à l'interne, et que les estimés de
coûts sont à 31 milliards.
M. Girard
(Groulx) : Parfait. Bien, très bien, on va regarder ça.
Mme Rotiroti :
Alors, je vais garder qu'est-ce qu'il reste pour le prochain bloc, M. le
Président.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Donc, maintenant, nous passons à la députée de Chicoutimi pour
10 min 46 s.
Mme Laflamme :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : ...
Mme Laflamme : Merci
pour ces échanges aujourd'hui. Alors, partons ensemble à travers le Québec, si
vous le voulez bien, et commençons avec un rapport qui a été déposé...
commandé par l'UMQ à la firme Raymond Chabot, qui a été déposé en décembre
2025. Est-ce que vous en avez pris connaissance?
M. Girard (Groulx) : Bien,
le rapport lui-même, non. Est-ce que j'ai lu le rapport? Bien, comment ça
fonctionne, là... Il y a énormément de rapports, là, l'Ordre des
ingénieurs, la chaire en fiscalité, et puis il y en avait un autre, là, Aviseo. Alors, c'est certain que moi, je suis
conseillé par le ministère des Finances, qui fait un excellent travail. Alors,
j'ai... j'ai une synthèse des
rapports qui me... qui me vient. Puis là d'ailleurs, récemment, il y a eu le
rapport de deux anciens ministres des Finances sur la fiscalité
municipale. J'ai la synthèse. Est-ce que j'ai lu les 56 recommandations?
Non.
Mme Laflamme :
...on vous a synthétisé tout ça?
M. Girard
(Groulx) : Oui.
Mme Laflamme : Puis
on va... on vous a sûrement mis la puce à l'oreille aussi par rapport aux
préoccupations des municipalités.
M. Girard
(Groulx) : Oui, il y a des préoccupations.
Mme Laflamme :
Notamment par rapport au PQI, parce qu'on apprend que la part dédiée aux
municipalités a diminué considérablement depuis 2015, passant de 7,9 % à
4,3 %, ce qui représente, donc, une baisse de 3,6 points de
pourcentage. J'aimerais savoir, dans un premier temps, qu'est-ce qui est mis en
branle pour concrètement corriger ce déséquilibre-là, qui est dénoncé par
l'UMQ.
M. Girard
(Groulx) : Bon, d'abord, c'est important de dire, là, que ce
chiffre-là n'inclut pas, par exemple, le transport collectif, n'inclut pas les
efforts en logement. Alors, c'est un chiffre, pour ce qui est des
investissements municipaux, qui est plus petit que l'ensemble des efforts qui
sont faits. En fait, on a un pourcentage quelque part, là. Si on prend le
PQI 2025-2035 ou 2026-2036, on est à 27,3 milliards si on ajoute le
transport collectif, le logement, et puis, au PQI 2018-2028, on était à
20 milliards. Alors, on est passés de 20 milliards à
27 milliards.
Mais c'est vrai que
la portion municipalités, là, eau potable, eaux usées, elle, a diminué en
pourcentage puis est constante en dollars, mais il y a eu des augmentations,
logement, transport collectif et, bon, voirie locale, etc., là, et
infrastructures récréatives et sportives. Ça fait qu'il faut prendre
l'ensemble.
Mme Laflamme :
Parlons, justement, vous en avez fait mention, là, de l'aspect de l'accès à
l'eau potable. Vous savez qu'il y a des municipalités au Québec qui ont encore
de la difficulté à avoir accès à de l'eau potable, qui sont notamment obligées
de faire bouillir leur eau. Je vous donne quelques exemples ici.
Bon, notamment, il y
a le maire de Lévis qui rejette l'idée d'utiliser des compteurs d'eau pour
financer la mise à niveau des usines de traitement des eaux usées. Il y a un
moratoire sur les nouvelles constructions en place depuis l'automne 2024,
à Lévis, jusqu'à la fin 2028 en raison des capacités insuffisantes des
usines de traitement dans deux secteurs qui sont névralgiques. On parle, là, de
Saint-Nicolas et de Desjardins.
Parlons de la municipalité de Princeville, qui est
frappée d'un avis de faire bouillir l'eau préventif depuis 2023, qui a
appris que le gouvernement du Québec n'a pas l'intention de dégager des fonds
pour la construction d'une nouvelle usine
avant 2029. Vous savez, à côté de Princeville, il y a Sainte-Sophie-d'Halifax
qui attend d'avoir accès à de l'eau potable depuis 18 ans.
Alors, concrètement, est-ce que c'est normal que
des citoyens du Québec n'ont pas accès à l'eau potable en 2026?
M. Girard
(Groulx) : Bon, je veux juste reprendre... prendre un pas de recul par
rapport à votre question, parce que la... ou la réponse courte, c'est... c'est
non. On souhaiterait que tout le monde ait accès à l'eau potable, là, je...
pour ça, là, pour la réponse concrète, là.
Mais, juste pour être clair, au niveau, encore une
fois, du niveau des infrastructures, alors, on a des organismes publics
qui sont la propriété du gouvernement du Québec et puis on a des organismes
subventionnés qui sont les municipalités,
notamment. Et puis, pour l'ensemble des infrastructures, alors, on juge que
54 % de nos infrastructures sont en bon état au niveau des
organismes publics, et c'est 78 %. Ça fait que, toutes choses étant égales
par ailleurs, moi, je veux bien prendre le...
Mme Laflamme :
...vous voulez dire?
M. Girard
(Groulx) : Qui sont en bon état au niveau des organismes
subventionnés...
Mme Laflamme :
Et le 54 %?
M. Girard
(Groulx) : C'est les organismes publics, OK?
Mme Laflamme :
Parfait.
M. Girard
(Groulx) : Alors donc, toutes choses étant égales par ailleurs, les
infrastructures des organismes subventionnés, qui incluent les municipalités,
les MRC, sont en bien meilleur état que celles du gouvernement.
Alors, je veux bien
prendre tous les rapports qui sont publiés en... au même moment où il y a les
assises de l'UMQ, puis ces rapports-là sont
de qualité, c'est... les gens sont de bonne volonté puis demandent des
investissements supplémentaires en maintien d'actif, notamment eau
potable, eaux usées, tout ça est légitime, mais moi, je dois prendre une
perspective plus large qui est celle de... du fiduciaire des finances publiques
du Québec. Et je dois vous informer que, toutes choses étant égales par ailleurs,
le gros de l'effort en maintien d'actif qui doit être fait, c'est au niveau des
organismes publics qui sont la propriété du gouvernement du Québec.
Mme Laflamme : ...territoire au
Québec. Et souvent, malheureusement, ça a le coût de laisser de côté les
demandes de ces petites municipalités là. Comment est-ce qu'on va arriver à
renverser la tendance, donc?
M. Girard (Groulx) : Ok. Bien,
très bonne question. Bien, notamment, lorsqu'on veut occuper le territoire, ça
prend des écoles, des hôpitaux, et puis ça, ce sont des organismes publics. Et
il y a vraiment un effort qui est fait au PQI 2026-2036 au niveau des
hôpitaux, du réseau de la santé, puis il y a plusieurs hôpitaux en région, là.
Puis on pourra, si vous voulez, je ne veux pas prendre votre temps, là, mais
les nommer. Mais c'est certain que l'eau potable, les eaux usées, c'est un
défi, mais ce n'est pas le seul défi auquel on fait face.
Mme Laflamme : Est-ce que ça ne
devrait pas être une priorité, par exemple, l'accès à l'eau potable?
M. Girard (Groulx) : Définitivement
que l'eau potable, eaux usées, c'est extrêmement important, mais, je veux être
clair, encore une fois, avec les Québécois, là, la santé aussi, c'est une
priorité, l'éducation aussi, c'est une priorité, l'enseignement supérieur,
c'est une priorité. Alors, il y a une capacité de payer. Il y a un effort
important qui est fait. Selon une des quatre agences qui nous surveillent, il y
a un effort trop important qui est fait. Et nous, on travaille très fort, là,
pour que tout ça rentre dans un cadre financier qui est solide.
Et puis, je le dis en toute transparence, selon
une agence de notation, la capacité de payer des Québécois en dépenses en
capital, c'est 17 milliards par année. Or, on en fait 21 milliards.
Alors, on ne passera pas à 25 milliards dans les prochaines années parce
que les municipalités ont déposé un rapport qui dit qu'on n'en fait pas assez
au niveau des eaux potables, usées. Il va falloir prioriser à l'intérieur des
enveloppes existantes.
• (10 h 50) •
Mme Laflamme : Donc, je
comprends bien que la priorisation est à la santé mais pas nécessairement à
l'eau potable. Parce qu'on s'entend que la qualité de vie aussi des gens, c'est
un premier déterminant de la santé.
M. Girard (Groulx) : Ça, vous
me dites ça pourquoi, là? OK.
Mme Laflamme : Quelle est la
page de l'eau potable?
M. Girard (Groulx) : Non, non,
mais je veux juste... Oui. Ah! OK. Bon, d'accord. Alors, à la page F.73,
on liste tout l'effort qui est fait pour le milieu municipal. Écoutez, les...
Merci. Les sources, là... Moi, je vous dirais que l'enveloppe des infrastructures, elle n'augmentera plus beaucoup, là. On
a vu, là, que, par exemple, au budget 2025-2026, on a fait une
augmentation de l'enveloppe de 11 milliards, et une agence a émis un
drapeau rouge. On voit ici qu'au budget de cette année on a augmenté de
5 milliards, OK, 3 milliards dans les 10 ans futurs, puis on a
devancé de 2 milliards. Et là ça, c'est les contraintes avec lesquelles on
travaille. Puis, en même temps, on se dit : On doit faire plus de maintien
d'actif. D'accord. Le député qui vous a précédée, il dit : Faites plus de
maintien d'actif en transport en commun. Là, vous, vous prenez la parole, vous
dites : Faites plus de maintien d'actif au niveau des eaux potables et des
eaux usées.
Mme Laflamme : Maintien
d'actif, c'est la base aussi.
M. Girard (Groulx) : OK. Bien,
alors, je suis d'accord avec ça. Donc, ce qu'on est en train de dire
collectivement, c'est : Priorisons le maintien d'actif. Très bien,
priorisons le maintien d'actif. Mais après ça il faut... il faut... C'est quoi,
l'énoncé qui suit? Ça veut dire qu'on va faire moins de bonification. Nous tous
devons être conscients qu'à enveloppe donnée plus de maintien d'actif veut dire
moins de bonification.
Mme Laflamme : Sur le maintien d'actif, on est d'accord. Il faut
faire plus de maintien d'actif, moins de coupures de ruban rouge. Ça,
c'est très clair.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Mme Laflamme : Cependant, ce
que j'entends de votre bouche, c'est...
M. Girard (Groulx) : ...nommer
un projet que vous voulez canceller?
Mme Laflamme : Ce que j'entends
de votre bouche, c'est : Les régions du Québec vont devoir encore attendre
pour avoir accès à des choses aussi essentielles que de l'eau potable. C'est ce
qu'on dit à l'heure actuelle à Princeville et à Sainte-Sophie-d'Halifax.
M. Girard
(Groulx) : Non, ce n'est pas ce que j'ai dit du tout. Je dis que je
reconnais leurs défis, que j'ai le rôle de fiduciaire, de regarder l'ensemble.
Et que ce que je vous dis, c'est que 54 % des organismes publics sont en
bon état, des infrastructures, puis que c'est... pour les municipalités, c'est
78 %. On a augmenté les transferts au niveau des... Puis, si vous regardez
le... D'ailleurs, le rapport Marceau etJérôme-Forget, qu'est-ce qu'ils
disent aux municipalités? Gérez vos dépenses.
Mme Laflamme :
Oui, mais on s'entend que l'accès à l'eau portable...
M. Girard (Groulx) : Gérez vos dépenses salariales. Je ne sais pas
c'est quoi, le numéro de la recommandation, mais c'est ma favorite.
Le Président
(M. Laframboise) : Oui. Merci beaucoup, Mme la députée de Chicoutimi.
Maintenant, passons au député d'Abitibi-Est pour 3 min 35 s. M.
le député.
M. Dufour :
Oui. M. le ministre, bien, vous parlez de petit effort. Je vais vous en
demander un, petit effort, justement, et vous
le savez possiblement, sur quoi je vais aller. Le domaine minier vous rapporte
au-delà de 1 milliard présentement. Il est en...
M. Girard
(Groulx) : Bien là, déjà, vous m'avez déjoué, là. Je m'en... je m'en
allais à un hôpital en Abitibi. Alors là, je me refocusse. Allez-y.
M. Dufour :
Ça va être la deuxième question. La première... On a peu de temps. Donc, la
première question, vous le savez, on a
une... un investissement qui vient d'être annoncé, par le fédéral, de
12 millions. La ville embarque pour 1 million, la corporation
de développement de l'aviation, à Val-d'Or, pour un autre million. Donc, Québec
est le seul partenaire, actuellement, qui n'est pas dans l'enjeu pour faire en
sorte de repaver une piste d'aéroport qui est quand même un hub... un hub
stratégique pour le développement du Nord. C'est 4,7 millions. À partir du
moment que vous comprenez l'argent que les... que le domaine minier vous amène
présentement, le fameux 1 milliard que je vous dis, c'est juste des mines
qui sont sur mon territoire, dans Abitibi-Est, bien, j'ose espérer que le petit
effort va arriver avant la fin de la session parlementaire actuelle.
M. Girard (Groulx) : OK. Puis, juste pour ceux qui nous écoutent, là,
on parle de la piste de quel aéroport, là?
M. Dufour :
De l'aéroport de Val-d'Or.
M. Girard (Groulx) : Merci, merci. Alors, est-ce qu'on a des
informations sur... Non. Alors, ma... Alors, je vais simplement vous
dire, vous encourager à poser cette question aux crédits du ministère des
Transports. Effectivement, là, lorsqu'on vous écoute, 4,7 millions
semblent une somme bien minime pour l'importance du projet, mais, en toute
franchise, je ne connais pas le dossier en détail et je ne peux pas me
prononcer ici.
M. Dufour : Naturellement qu'aux Transports la question va
être soulevée, mais il reste par là que ça va prendre un décret, puis,
en tant que ministre des Finances, je pense que vous allez avoir... avoir un
rôle majeur à jouer dans ce dossier-là.
M. Girard
(Groulx) : J'ai souvent un rôle lorsqu'il y a de l'argent. Et il n'y a
pas grand-chose qui se passe au Québec sans
le gouvernement, il n'y a pas grand-chose qui se passe au gouvernement sans
argent, et j'ai le privilège d'être le ministre des Finances. Alors,
c'est certain que, si la piste d'atterrissage de l'aéroport de Rouyn-Noranda passe
devant mes yeux...
M. Dufour :
Non, de Val-d'Or.
M. Girard
(Groulx) : Val-d'Or. Est-ce que tout va bien à Rouyn-Noranda?
M. Dufour :
On oublie Rouyn-Noranda. Dans ce cas-ci, c'est Val-d'Or.
M. Girard
(Groulx) : Parfait, à Val-d'Or. Alors, c'est certain que je vais y
porter attention.
M. Dufour :
Pour le dernier point que j'avais à soulever, ce serait davantage avec les gens
de la SQI dans le dossier de l'Hôpital d'Amos, justement.
M. Girard
(Groulx) : Ah! bien là, j'étais prêt. Vous voulez la présidente de la
SQI? Allez-y.
M. Dufour :
Mais je pense que c'est important... de la SQI davantage. Quand on est rendus
qu'on demande un test sismique à l'Hôpital d'Amos, c'est à se
demander est-ce qu'on veut vraiment réaliser le projet ou pas, alors que le secteur de l'Abitibi-Témiscamingue est sur la Province du Supérieur, Bouclier
canadien. C'est l'endroit le moins possible en sismique au Canada. Donc,
j'essaie de comprendre qu'est-ce qu'on essaie de prouver quand on fait des
demandes de ce type-là.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme Bourgeois... Mme Bourgeois,
allez-y.
Mme Bourgeois
(Caroline) : Bonjour. Écoutez, d'abord, la SQI coordonne des projets
majeurs avec un... innombrables exigences en toutes... en toutes matières, dont
les exigences des codes des bâtiments puis de la Régie du bâtiment. Donc, je ne
pense pas qu'on n'invente rien. On suit les... on suit les règles, on suit les
codes, et nos professionnels qu'on engage
dûment, qui sont des professionnels membres d'ordres professionnels,
architectes, ingénieurs, notamment,
ingénieurs en structure aussi, ont la responsabilité de suivre les normes et
codes. Donc, s'il y a une analyse qui a été faite, puis je ne connais
pas le dossier particulièrement dans le cas de l'Hôpital d'Amos, c'est parce
que c'était requis de le faire. Je n'ai pas le résultat non plus, donc...
Mais on comprend aussi que les exigences sont de
plus en plus élevées, sont de plus en plus nombreuses en matière
d'exemplarité, de conformité, etc., pour les infrastructures publiques. Dans le
cadre de projets ou de chantiers qu'on mène pour optimiser les infrastructures,
on requestionne tout ça. Je n'ai pas encore les réponses à tout, mais on
requestionne tout ça, y compris les exigences sismiques émanant des codes de
construction.
M. Dufour :
Merci.
Le Président
(M. Laframboise) : Merci. Merci beaucoup. Le temps de dépassement
sera pris sur le temps du gouvernement.
M. Girard
(Groulx) : ...pour dire que l'Hôpital d'Amos, là, c'est une priorité,
puis on veut le faire...
Le Président
(M. Laframboise) : Il a le droit.
M. Girard
(Groulx) : ...puis je vous remercie de le souligner ici.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Il a le droit de prendre du temps du gouvernement, là. Donc, Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger...
Jeanne-Mance—Viger,
pour 19 min 55 s.
Mme Rotiroti :
Il n'a pas amputé sur mon temps, monsieur... M. le Président.
Le Président
(M. Laframboise) : Non, pas du tout, jamais.C'est le
temps du gouvernement.
Mme Rotiroti :
C'est une blague, c'est une blague.
M. Girard
(Groulx) : ...
Mme Rotiroti :
Merci, merci, M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : J'ai même demandé qu'on raccourcisse les réponses, là.
Mme Rotiroti :
Merci. Oui, vous avez raison, et j'apprécie énormément. Alors, on va aller
un petit peu en rafale, des questions de... en rafale, M. le ministre.
Alors, en 2024,
l'ancien ministre responsable des Infrastructures avait déposé la Stratégie
québécoise en infrastructures publiques, la stratégie qui prévoyait qu'on
faisait des projets avec le 15 %... pour réduire les coûts de
15 % et les délais de 25 %. Alors, la stratégie est quand même
déployée il y a... il y a quand même deux ans déjà. C'est quoi, le... Avez-vous
un bilan? Pouvez-vous me dire combien de projets où est-ce qu'on a... on s'est
servi de ça, et qui ont coûté moins cher, puis qui sont allés plus vite? En
avez-vous, des exemples à nous donner?
M. Girard
(Groulx) : Bien, d'abord, je tiens à dire, là, qu'il y a un continuum
de directives qui ont été déposées pour améliorer nos processus, là, que ce
soit la diminution des coûts, la diminution des temps, le respect des budgets.
Alors, vous avez raison, mai 2024, Stratégie québécoise d'infrastructures
publiques, mai 2025, Directive sur la gestion des projets majeurs. Et puis
là le bilan de la stratégie québécoise... Pourquoi vous ne prendriez pas la
parole? Tant que... C'est vous qui avez l'expertise. Allez-y.
Mme Lavallée
(Marie-Claude) : C'est bon. Alors, la stratégie, effectivement, a été
adoptée en mai 2024. Il y avait 17 mesures...
Mme Rotiroti :
Je connais la stratégie. Je veux juste savoir : Deux ans plus tard, y a-tu
des projets qu'on peut citer en exemple qui nous ont coûté moins cher et qui
ont été plus vite?
Mme Lavallée
(Marie-Claude) : Bien là, à ce moment-là, Caroline, je vais te laisser
aller. Moi, c'est un bilan sur les mesures, est-ce qu'elles sont réalisées,
terminées ou en cours. C'est le bilan que je peux vous donner.
• (11 heures) •
Mme Rotiroti :
Parfait. C'est... Oui. C'est des projets, plutôt, que je voudrais, oui.
Mme Lavallée (Marie-Claude) :
Pour ce qui est des projets précis qui ont pu en bénéficier, surtout du mode
collaboratif, je vais laisser la parole à ma collègue.
Mme Rotiroti :
Merci.
Le Président (M. Laframboise) : Mme Bourgeois.
Mme Bourgeois
(Caroline) : Oui, bien, on a un exemple probant, on s'en... on
s'en est servi aussi beaucoup parce qu'il est facile à comparer, dans le
programme des écoles secondaires. Il y a quatre écoles secondaires qui ont été
réalisées, donc, conçues et
construites avec un mode davantage collaboratif,
conception-construction-financement, et ces écoles-là, avec des
programmes similaires aux autres en même temps, se sont livrées avec des
économies d'autour de 15 % sur les coûts, 25 % de moins en
échéancier.
Maintenant, on continue aussi... On fait valoir
ces modes-là. On ne peut pas en juger immédiatement parce que ces projets-là
sont en construction ou en planification, mais on a des nouveaux modes de
réalisation, comme le conception-construction progressif pour des bâtiments
modulaires dans notre parc immobilier, sur les bâtiments de... d'établissements
de détention, une école secondaire également qui est en
conception-construction... progressif, et d'autres projets qu'on lance sur les
modes collaboratifs. Cette stratégie-là nous a permis, justement, d'avoir accès
plus facilement à ces modes-là.
Mme Rotiroti : Parfait. Alors,
merci. L'exemple de l'école... Ça fait deux ans que je pose la même question,
c'est deux ans que j'ai la même réponse. Alors, je comprends qu'il y a des projets
quand même en route...
Mme Bourgeois (Caroline) : Oui,
en cours.
Mme Rotiroti : ...avec ces modes-là. Ça fait que, peut-être,
l'année prochaine, on aura peut-être d'autres projets qui ont bénéficié
de cette stratégie-là.
Mme Bourgeois (Caroline) : Avec
plaisir.
M. Girard
(Groulx) : Puis les modes alternatifs, là, comme le partage
des risques, puis tout ça, effectivement, c'est en cours, mais,
puisqu'on parle de projets majeurs, c'est un peu tôt pour parler des gains.
Mme Rotiroti : On va en parler,
d'autres projets, avec les risques, justement.
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
Mme
Rotiroti : Juste
pour finir, on a aussi... on s'est dotés de... du projet de loi n° 62
qui... C'est une loi qui, principalement, avait à diversifier les stratégies
d'acquisition des organismes publics et leur offrir davantage d'agilité dans la
réalisation de leurs projets d'infrastructure. Alors, il y a 12 projets
qui sont actuellement en cours. Alors, pouvez-vous
nous dire s'il y a eu, dans ces projets de loi qui sont en cours, là, si... Un,
j'imagine qu'on suit ces projets de loi... ces projets-là. Et, si on
suit par rapport à... on maintient les coûts, est-ce qu'il y a eu des
dépassements? On est-tu dans les coûts respectifs?
M. Girard (Groulx) : Bon, alors,
vous voulez un bilan de la loi sur l'accélération de certains projets
d'infrastructure. Alors, on a ça. Puis on doit d'ailleurs déposer le bilan à
l'Assemblée nationale sur le site Internet vendredi. Mais on va vous donner une
primeur avec notre sous-ministre associée.
Mme
Rotiroti : Oui, bien, justement, je vous... vous allez... je
voulais vous le demander, si vous nous donnez la primeur, vu que c'est
dans quelques jours.
M. Girard (Groulx) : Oui, on va vous
dire ce qu'il en est.
Mme Lavallée (Marie-Claude) : Je
n'ai pas de primeur...
M. Girard (Groulx) : Non, mais...
Non, mais donnez l'information que vous avez, là...
Mme Lavallée (Marie-Claude) : Donc,
je vous donne... je vous donne...
M. Girard (Groulx) : ...par mon
affirmation, d'une primeur.
Mme Lavallée
(Marie-Claude) : C'est bon.
Le Président (M. Laframboise) : Mme
Lavallée.
Mme
Lavallée (Marie-Claude) : Parfait. Alors, ce qui est en ligne présentement,
donc, c'est la dernière reddition de
comptes de l'automne dernier. Les chiffres n'ont pas beaucoup bougé entre
l'automne et maintenant en termes de nombre de projets qui ont utilisé des nouvelles mesures, mais, en termes de
chiffres, par exemple, en termes d'investissement, là, il y a une grosse
augmentation. Mais je pourrai prendre quelques minutes pour le trouver dans mes
courriels. Je l'ai à quelque part.
Donc, à l'automne, depuis l'adoption de la
LACPI, dans le fond, là, c'est... il y a... Actuellement, vous savez, ce n'est
pas 180 projets, là. Il y a 171 projets. C'est très clair, là. Il y a
eu des projets retirés, des projets subdivisés. Donc, on suit 171 projets.
Puis la reddition de comptes est la suivante, c'est-à-dire qu'il y a
79 projets qui ont utilisé 116 mesures d'accélération. Donc, ça me
revient, là. De mémoire, vendredi, cette semaine, il y aura deux projets de
plus qui ont utilisé deux mesures de plus, donc, 81 projets pour
118 mesures.
Mme Rotiroti : OK. Mais là vous
faites... Oui, parce que, là, vous faites référence aux 180 projets qui
étaient dans le projet de loi n° 66, là.
Mme Lavallée (Marie-Claude) : Dans...
Oui, exact.
Mme Rotiroti : Puis effectivement,
vous avez raison, on a retiré quelques-uns puis on est alentour de 170.
Mme Lavallée (Marie-Claude) : Exact.
Mme
Rotiroti : Moi, je parlais spécifiquement de le projet de
loi n° 62, où est-ce qu'il y a 12 projets actuellement en
cours.
Mme Lavallée (Marie-Claude) : Projet 62?
Mme Rotiroti : Oui.
Mme Lavallée (Marie-Claude) : C'est
lequel, ce projet... Il s'appelle comment?
Mme Rotiroti : C'est la loi qui
visait principalement à diversifier les stratégies d'acquisition des organismes
publics et leur offrir davantage d'agilité dans la réalisation de leurs projets
d'infrastructure. Et, quand on a fait des vérifications,
semble-t-il qu'il y aurait 12 projets qui sont actuellement en cours et...
mais le gouvernement n'est pas en mesure
de nous dire les gains réalisés ou les économies générées puis les pertes
subies. C'est dans le cahier des études des crédits, là, oui, c'est les
renseignements particuliers, la question 44. Vous voyez les tableaux des
12 projets, d'ailleurs, que vous avez donnés, mais on n'est pas capables
d'évaluer s'il y a eu des gains.
M. Girard (Groulx) : Vous avez
mentionné que vous aviez des questions en rafale, là. On va continuer avec vos
questions...
Mme
Rotiroti :
Parfait. Excellent.
M. Girard (Groulx) : ...puis on va
vous revenir pour celle-ci, parce que sinon je pense qu'on ne répondra pas
adéquatement.
Mme Rotiroti : Parfait. Alors, juste...
Vous avez la bonne page, là, des renseignements particuliers? C'est la
question 44. Vous voyez les 12 projets en question.
M. Girard (Groulx) : Est-ce que la
SQI veut répondre tout de suite?
Mme Bourgeois (Caroline) : Oui,
bien, ce que je comprends, c'est les... c'est les projets, justement, qui
utilisent le mode collaboratif. C'est ça, la liste des 12 projets, OK,
c'est ça. Alors donc, ce n'est pas la... ce n'est pas la... ce n'est pas la
LACPI. Bien, en fait, c'est... c'est ce que je vous disais tout à l'heure,
donc, il y a des projets en cours. Je vous parlais des bâtiments modulaires
pour les établissements de détention. Je vous parlais également de dossiers qui
étaient à l'étude. Donc, il n'y a pas... il n'y a pas de statistique en ce moment
sur les résultats d'avoir mis de l'avant ces projets-là, autrement que ceux des
écoles secondaires, dont on vous a parlé tout à l'heure.
Mme Rotiroti : Parfait. Alors,
j'imagine qu'à la fin de ces projets-là on va être capables d'évaluer s'il y a
eu vraiment des gains ou des économies qui ont été générés.
Mme Bourgeois (Caroline) : Tout à
fait.
Mme
Rotiroti :
Parfait...
Mme Bourgeois (Caroline) : C'est
bien... c'est bien parti.
Mme
Rotiroti : C'est pris en note pour l'année prochaine. Merci.
Alors, dans les projets livrés en 2025-2026, où est-ce qu'il y a...
on a noté où est-ce qu'il y a eu des dépassements de coûts. Nous avons regardé
la liste qui a été... qui est dans
votre tableau de bord, d'ailleurs, le tableau de bord du Conseil du trésor, mais qui est sous la responsabilité de la... de la SQI. Alors,
on va aller un petit peu en rafale. On a le Centre des transports d'Anjou. Il y
a eu réaménagement et agrandissement à Montréal. Le projet a été autorisé en
2021. Le coût initial était de 21 milliards... millions, et le coût final
était... bon, le coût final est de 44,7 millions, qui est une nette
augmentation de 113 %. Comment vous expliquez ça?
M. Girard (Groulx) : La première
chose que je pourrais vous dire, c'est que j'ai failli perdre connaissance
quand vous m'avez dit «de 21 milliards à 41 milliards».
Mme Rotiroti : Quand...
10 milliards. Moi aussi. Je me suis... je me suis corrigée tout de suite.
M. Girard (Groulx) : Maintenant que
j'ai repris mes battements cardiaques, on va vérifier ce projet dans le tableau
de bord et répondre à votre question.
Mme Bourgeois (Caroline) : ...vous
dire que, malgré l'augmentation qui a été autorisée, ça... le coût de projet
final a fini en deçà, là. Je vais... je vais me le faire... Il a fini à 39.
Bon, c'est un moindre mal, il est terminé à 39 millions. C'est un projet
qui a été installé dans des bâtiments existants et qui a généré... ça arrive
aussi, là, généré énormément de mises à niveau, de maintien d'actif. Il y a eu
énormément de découvertes, aussi, souterraines, entre autres, sur des conduites
municipales qui n'apparaissaient pas au plan existant. Donc, il a fallu changer
la solution immobilière en cours de route, par exemple, faire un agrandissement
au-dessus d'un autre... un autre espace existant. Il y a eu beaucoup, beaucoup de changements qui sont dus à l'existant,
et au sol, et aux équipements qui étaient dans le sol.
En même temps, je dois vous dire que ce
projet-là, comme d'autres... Peut-être que vous allez entendre ma réponse un
peu plus souvent. Ça... C'est... Les résultats d'appels d'offres ont été... pas
à la... à la mesure de ce qu'on pouvait imaginer en pleine... en plein début de
pandémie, donc, des résultats d'appels d'offres très élevés par rapport à tout
ce que vous connaissez comme inflation, manque de ressources, etc., oui.
Mme
Rotiroti : Je comprends, oui. Je veux juste quand même porter
à votre attention, parce que je l'ai à l'écran, là, dans le tableau de
bord, on est toujours à 44,7 millions. Vous, vous dites qu'on a quand même
fait... malgré la hausse, on a quand même fait des économies, puis ça... le
coût final est de 39 millions. Je reviens à qu'est-ce que je disais à
tout... au tout début. Quand on n'a pas les bons chiffres... Nous, on se fie à
qu'est-ce qu'on a, hein, comme renseignements. Il ne demeure pas moins que
le... il y a eu des dépassements de coûts. Vous dites : Bien, il y a eu
des mises à niveau, il y a eu des surprises, il y a eu des structures
immobilières qui ont été ajoutées en cours de route du projet. C'est là
l'importance quand je parle de bien évaluer le projet.
Puis Dieu sait que, dans un PQI, il y a des
différentes étapes, hein? On a... On dépose le projet, on passe en planification. En planification, le ministre peut
demander l'optimisation de coûts pour... peut demander des nouveaux ajouts
aux plans et devis, etc. Mais, au moment qu'on accepte, puis ça devient...
qu'on vient en réalisation, je comprends qu'il peut y avoir toujours un petit,
tu sais, écart entre le prix et le prix final... le prix final du projet, parce
que des imprévus, ça peut arriver, mais là
on parle des augmentations quand même de... C'est quasiment le double, hein?
• (11 h 10) •
Puis là je
peux vous donner, là... Je peux vous faire une liste, là. On peut passer... Je
vais vous donner un autre exemple, le Musée national de l'histoire du
Québec. Là, je vous amène à Québec, là. On était dans le comté d'Anjou, je vous
amène à Québec. En 2021, le projet a été autorisé à l'étape en réalisation. La
livraison était prévue en 2023, a été reportée en mai 2025, puis
mars 2026. Le coût initial du projet : 49,8 millions. Le coût
final est de 105 millions. C'est quand même 111 % d'augmentation. On
ne parle pas d'un petit écart de quelques millions, là, on parle, quasiment,
le... quasiment, le... bien, c'est le double du projet.
Alors, moi, je veux savoir ça donne quoi de
faire une évaluation du projet. Ça... Si l'évaluation n'est pas bien faite,
bien, qu'on le laisse en planification puis qu'on demande des comptes avant.
Mais là, tu sais, je comprends qu'il peut y
avoir des dépassements de coûts. Je pense qu'il n'y a aucun projet qui se fait
dans les coûts, en passant, là. Quelques millions, oui, mais là c'est du
net au double, là.
Mme Bourgeois (Caroline) : Je
peux...
M. Girard (Groulx) : Est-ce que vous
voulez répondre sur le Musée national de l'histoire du Québec?
Mme
Bourgeois (Caroline) : Oui, bien, sur le musée... sur le Musée national
de l'histoire, j'aimerais rappeler que ce projet-là, initialement, était
un Espace bleu qui faisait partie de 17 projets d'Espaces bleus au
gouvernement, et qu'en... en cours de route, il y a eu une réorientation. En
2024, ça a été annoncé comme le Musée national de l'histoire du Québec. Ce
n'était plus la même portée, ce n'est plus le même contenu muséal et ça ne
prenait pas le même
espace dans l'édifice, qui est un pavillon du Séminaire de Québec, le pavillon
Camille-Roy, qui est un bâtiment patrimonial qu'on a dû restaurer en
entier pour permettre l'installation d'un musée, avec des caractéristiques de
musée. Ce n'est pas seulement un Espace bleu comme c'était auparavant. Donc...
Et ça... et ça s'est fait quand même rapidement. C'est un produit
extraordinaire qu'on livre pour le... pour le patrimoine de l'État. Mais je
suis d'accord avec vous que les premiers paramètres, ce n'étaient pas ceux qui
étaient prévus, mais la portée et le contenu n'étaient pas les mêmes non plus.
Mme Rotiroti : OK. Alors, le projet
a complètement changé, là, du début jusqu'à la fin.
Mme Bourgeois (Caroline) : Le projet
a complètement changé.
Mme
Rotiroti : OK.
Puis là on était dans des édifices patrimoniaux, puis Dieu sait que, quand on
commence à toucher ça, ça coûte cher.
Mme Bourgeois (Caroline) : On a pris
plus d'espace dans le bâtiment patrimonial, oui.
Mme Rotiroti : Il ne demeure pas
moins que ça a doublé dans le budget.
Alors, prenons un autre exemple, le réseau de
télécommunications mobiles, phases I et II. Ça, c'était dans le Nord-du-Québec.
Alors, en mars 2023, le projet a été autorisé à l'étape en réalisation. Alors,
il est en cours. Le coût initial prévu : 39,5 millions. La
contribution du Québec était de 11 millions, puis la contribution des
partenaires dans le projet était à
28,5 millions. Coût final, et c'est là que ça devient intéressant, coût
final : 69,8 millions, qui a quand même doublé. Contribution de Québec, alors, on passe de
11 millions à 41,3 millions. Ça, c'est Québec. Mais la contribution
des partenaires, elle, elle reste à 28,5 millions, ce qui fait en sorte
que la... le projet, il y a une augmentation de 77 %, mais tous les
dépassements de coûts ont été assumés par Québec. Pourquoi?
Mme Bourgeois (Caroline) : Moi, je
ne peux pas répondre. Ce n'est pas mon domaine.
M. Girard (Groulx) : Non, mais je
vais... je vais répondre. Bien, en fait, c'est une discussion qui est très
intéressante. C'est parce que souvent les contributions fédérales sont sur la
base du projet initial. Et puis ensuite vous comprenez, ici, là, qu'on parle de
réseau cellulaire en région éloignée et puis... Est-ce que c'est satellitaire,
ça, ou c'est du cellulaire?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Absence de
couverture cellulaire. OK. Mais il est possible qu'on passe par satellite là, il faudrait que je vérifie, puis ça, c'est le
ministère de la Cybersécurité et du Numérique qui est responsable de ce
projet-là.
Mais ce qu'on voit souvent, c'est que, les
projets, par exemple, lorsqu'il y a des augmentations de coûts, le fédéral
refuse d'augmenter sa contribution. Alors, nécessairement, c'est comme si... Si
on prend un projet standard, là, 40 %, fédéral... 40 %, fédéral,
40 %, Québec, 20 %, la MRC ou municipalité, et puis là le projet
augmente de coût, puis là le fédéral refuse d'augmenter sa contribution parce
que lui, il fonctionne sur des enveloppes fixes de budgets passés, c'est... les
infrastructures qui ne lui appartiennent pas passent, évidemment, directement
en dépenses, et là... quoi qu'ils essaient de changer leur comptabilité sur les
dépenses en capital, là, c'est un autre sujet, mais ce qu'on voit, c'est que la
contribution du fédéral ne suit pas l'augmentation des coûts. C'est un problème
dans la fédération. Et tous mes collègues ministres des Finances sont
insatisfaits de l'effort qui est fait par le gouvernement fédéral au niveau des
infrastructures. C'est pour ça qu'on a demandé 100 milliards sur 10 ans.
Et, présentement, on est autour de 51 milliards.
Mme
Rotiroti : Dans les... la contribution des partenaires, vous
dites : Le fédéral est là-dedans. Les municipalités aussi,
j'imagine.
M. Girard (Groulx) : Dans le cas
ici, les partenaires... J'imagine aussi qu'il y a les Premières Nations aussi,
là. On n'a pas le détail de la contribution des partenaires à
28,5 millions. Le fédéral est là, ça, c'est définitif.
Mme Rotiroti : OK. Ça fait que le...
C'est nous qui assumons tout le dépassement de coûts, en totalité.
M. Girard (Groulx) : Bien,
malheureusement, c'est... c'est souvent comme ça. Et on a un cas extrêmement
intéressant à Québec, le tramway de Québec, où la question est : Est-ce
que le fédéral contribue 40 % du projet? Puis le fédéral nous répond : Bien sûr qu'on paie 40 % du projet.
Et là eux, ils se trouvent à payer 40 % d'un projet qui était de
l'ordre de 5 milliards, puis là le projet, il a évolué, puis maintenant on
a un projet de plus de 7 milliards, et ils sont à 20 %.
Alors, tout ça pour dire que le fédéral prend
une position, qui n'est pas particulièrement aidante, de refuser de maintenir
son pourcentage lorsque soit la portée ou les coûts des projets augmentent.
Mme Rotiroti : OK. Merci. On va
revenir dans l'autre bloc.
Le Président (M.
Laframboise) : Vous allez reporter votre temps?
Mme
Rotiroti : Je n'ai
plus de temps, oui. Merci.
Le
Président (M. Laframboise) : C'est parfait. Ça va? Donc, on poursuit avec le député de Maurice-Richard pour 16 min 21 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le Président.
M. le ministre, on va reprendre là où on a laissé. On parlait...
M. Girard (Groulx) : ...station
Berri-UQAM.
M.
Bouazzi : On était dans l'incapacité d'investir dans le
maintien des actifs et dans le PQI, plus généralement, et le pourcentage
de ces investissements par rapport aux revenus, et vous avez parlé des agences
de notation.
M. Girard
(Groulx) : Mais les agences de notation reflètent
l'évaluation de la capacité de payer des Québécois.
M. Bouazzi : Bon. Donc, nous, on a
déjà parlé... j'ai déjà parlé des 17 milliardaires au Québec qui ont
augmenté leur richesse de 25 milliards. Nous, on pense que ceux-là,
particulièrement, ils auraient une capacité particulière à contribuer plus que
les autres de par leur capital, qui a augmenté de manière tout à fait obscène
dans les dernières années, où, votre
gouvernement, je pense qu'il a été très clair, c'est : Pas de... pas de
taxe sur le capital pour les archimillionnaires.
M. Girard (Groulx) : Vous, vous
voulez taxer les 17 milliardaires du Québec...
M. Bouazzi : Entre autres.
M. Girard (Groulx) : ...et moi, je
veux multiplier le nombre de milliardaires au Québec.
M. Bouazzi : Mais pour qu'ils
gardent leur argent ou ils repartagent un peu?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire qu'au Québec et au Canada...
M. Bouazzi : Parce que, moi, avoir
des milliardaires au...
M. Girard
(Groulx) : ...on a les taxes
sur le gain de capital, là, et lorsque... On a l'impôt sur le revenu, la taxe
sur le bien du capital, puis vous, vous voulez amener un deuxième concept de
taxation du capital, ce qu'évidemment nous ne supportons pas.
M. Bouazzi : M. le ministre, le
concept de taxer le capital existe, c'est les taxes municipales et scolaires,
et, aujourd'hui, c'est pratiquement entièrement à la charge de la classe
moyenne, c'est-à-dire que, pour garder sa maison, qui est le principal capital
que la classe moyenne a, il faut payer un pourcentage de la valeur de la maison
tous les ans, qui n'a rien à voir ni avec le gain du capital, ni avec les
loyers, ni avec rien, là. Juste la valeur de la maison fait en sorte qu'à
chaque année on paie un pourcentage de la... de la richesse que nous avons
quand on fait partie de la classe moyenne qui a la chance d'avoir une maison.
Les extrariches, les 17 milliardaires, ils
accumulent 75 milliards de dollars aujourd'hui. Le pourcentage qu'ils
ont dans leurs maisons est infime. L'extrême majorité de leur capital, c'est
des actions et des options en bourse, et ils paient zéro sur la valeur de leurs
actifs, contrairement à la classe moyenne.
Ça fait que cette taxe-là, elle existe. C'est juste qu'elle
est vraiment injuste. Et vous, vous dites : Gardons-la telle qu'elle
est, n'allons pas chercher, effectivement, ce même principe-là que, pour garder
un capital, il faut en payer un pourcentage. Et qu'il y ait
17 milliardaires qui accumulent, et je rappelle, quand même,
75 milliards de dollars, c'est correct, vous voudriez plus de
milliardaires.
• (11 h 20) •
M. Girard (Groulx) : Mais, dans les
faits, là, la plupart de ces gens-là, là, ont créé des entreprises. Ils ont
pris des risques. Ils ont connu des succès et ils ont monétisé leurs succès en
vendant des actions, sur lesquelles ils ont payé la taxe sur le gain de
capital. Et, au décès, ces gens-là, on va présumer de la disposition, puis il y
aura la taxe sur le gain de capital.
Moi, ce que
je vous dis, ce qu'on veut plus, on veut une économie québécoise qui est
performante, et donc avec des entreprises plus performantes. Et les
créateurs, les fondateurs de ces entreprises-là, bien, ils ont une récompense
pour les risques qu'ils ont pris. Et la façon qu'on va chercher des revenus,
outre l'impôt sur le revenu, c'est, évidemment, la taxation du gain de capital,
qui est la forme de taxe sur le gain de capital qui est utilisée au Québec et
au Canada.
M. Bouazzi : M.
le ministre, je suis sûr que vous comprenez de quoi je parle. Dans les faits,
quand quelqu'un décède et que les gens héritent de la maison, ils paient le
gain en capital. Ça n'empêche pas le fait que, juste
avant, à chaque année, le propriétaire de la maison a payé un pourcentage de la
valeur de son avoir, de sa richesse, et qu'au lendemain de son décès les
enfants, pour garder la maison, une fois qu'ils ont payé le fameux gain en
capital, ils vont continuer à payer un pourcentage de la valeur de leur
richesse, ce qui n'est pas le cas pour les archimilliardaires, parce que ce
n'est pas une maison qu'ils ont, c'est des actions. Puis on parle de prendre
2 %, là. Au lendemain, là, il leur reste 98 % de beaucoup de
millions, M. le ministre. Donc, le... Ça, c'est premièrement.
Deuxièmement, pour
beaucoup des archimillionnaires, ils ont... ils ne se sont pas faits eux-mêmes,
là. Il y a deux choses qui font que, pour la plupart, ils sont
archimillionnaires. La première, c'est qu'ils ont hérité eux-mêmes. C'est comme
un peu la règle. Pour être très riche, il vaut mieux être enfant de très riche.
M. Girard
(Groulx) : ...pas l'ensemble des 17, là, pas du tout.
M. Bouazzi :
Ce n'est pas l'ensemble, mais il y en a, et puis on pourrait en nommer. Et plus
ça va, plus ils meurent, et leurs enfants, donc, seront milliardaires sans
avoir fait...
M. Girard
(Groulx) : Mais, au décès, on présume de la disposition, puis ils
paient le gain de capital.
M. Bouazzi : Encore une fois, M. le ministre, on parle de
deux... Je pense qu'on peut se mettre d'accord qu'on parle quand même de
deux choses différentes. Le gain en capital est une chose, un impôt sur la
fortune en est une autre. J'ai donné l'exemple de la maison. Une taxe municipale
et scolaire n'a rien à voir avec le gain en capital. Il n'y a pas l'équivalent
pour la richesse des extrariches. Je veux dire, on peut... on peut...
M. Girard
(Groulx) : Bien, je m'en voudrais qu'on prenne tout votre temps des
crédits Infrastructures à discuter de l'impôt sur la richesse...
M. Bouazzi :
C'est bon. Alors...
M. Girard
(Groulx) : ... qui est une forme de taxe sur le capital que vous
voulez ajouter, alors qu'on a déjà les gains de capitaux qui sont taxés au
Québec et au Canada.
M. Bouazzi :
Bien, on a une situation, M. le ministre, c'est qu'on n'a pas assez d'argent
pour garder notre métro fonctionnel, pas assez d'argent pour rénover les écoles
comme il faudrait, pas assez d'argent pour garder un réseau routier
fonctionnel, parce qu'il faudrait plus d'argent, ça fait que... Ou bien on
accepte que tout se détériore ou bien on va chercher de l'argent quelque part.
Nous, on a des propositions.
Je vais vous dire,
les archimillionnaires, et pas les seuls, profitent du capital commun, qui est,
justement... S'ils veulent avoir des travailleuses et travailleurs en bonne
santé, qui sont bien éduqués, qui peuvent se déplacer pour aller au travail,
ils profitent d'une richesse commune qui ne vient pas de leurs poches, là.
C'est le fait d'avoir un métro, des routes, des hôpitaux et des écoles, qui est
le capital commun de nous toutes et tous, là. C'est... Les riches, ils ont un
gros capital. Les autres, bien, leur principal capital, c'est ce qui nous
appartient à nous toutes et tous, et c'est ce qui se détériore aujourd'hui.
Ça fait que je vais
aller ailleurs, dans quelque chose, je pense, avec lequel vous, vous êtes fier,
j'imagine, c'est les baisses d'impôt, évidemment, que vous avez mises en place.
Je vous vois sourire, je suis sûr que vous êtes content de ces baisses d'impôt
là, que vous avez mises en place au début de votre mandat...
M. Girard
(Groulx) : Deuxième mandat.
M. Bouazzi :
...du deuxième mandat, donc, depuis trois ans, qui nous privent, bon an, mal an
de... au début, de 1,7 milliard par an, puis là ça augmente jusqu'à
2 milliards en ce moment à peu près.
M. Girard
(Groulx) : Bon, on est toujours autour de 1,7, mais continuez. Je
pense que ce n'est pas là-dessus qu'on est en désaccord.
M. Bouazzi : Bon. Mais je voudrais que les gens qui nous
écoutent comprennent pourquoi est-ce qu'on se prive d'une richesse
commune. Donc, concrètement, là, on a à peu près... on s'est privés d'à peu
près 6 milliards, à date d'aujourd'hui. Et, pour des gens qui gagnent
40 000 $, ils ont reçu de... en tout cas, ils n'ont pas donné à
l'État. Donc, ils ont gardé un 200 $ de plus à peu près. Pour les gens qui
gagnent 100 000 $ et plus, c'est à peu près 800 $. Je veux juste
que les gens... qu'ils se rendent compte, là, si...
Et moi, j'ai eu la
malchance, comme probablement tous les gens qui nous écoutent, d'avoir un pneu
qui a éclaté la semaine dernière en avançant
sur un nid-de-poule. Un pneu, là, c'est entre 100 $ et 500 $. Des
roues, là, c'est entre 40 $ et 500 $... 500 $. Et je ne
parle pas des suspensions, des amortissements. Tout ça, là, ça dépasse ce que
j'ai reçu comme retour d'impôt par le simple fait d'avoir éclaté un pneu sur un
nid-de-poule. 6 milliards, là, c'est 40 millions
de nids-de-poule qu'on peut réparer, M. le ministre. Est-ce que vous ne pensez
pas que tout cet argent dont on se prive pour la richesse commune serait
mieux investi pour garder nos investissements, surtout qu'ils augmentent les inégalités, comme vous le savez, M. le
ministre, plutôt que nous priver d'un... d'argent qui est vraiment important?
M. Girard
(Groulx) : Bien, d'abord, je voudrais vous féliciter pour votre
cohérence, parce que je pense qu'on a eu la même discussion en 2022, en 2023,
en 2024, en 2025, en 2026. Et j'apprécie travailler avec vous. Et, vous avez
raison, je suis fier de ces baisses d'impôt, qui avaient été promises lors de
l'élection en 2022 puis qui ont été livrées au budget 2023.
Alors... Puis c'est... c'est un coup de maître,
parce qu'on a baissé le premier taux, celui que tout le monde paie, hein, qui
était de 15 %, puis on l'a baissé à 14 %. Et puis vous savez que, de
0 $ à 19 000 $ au Québec, il y a l'exemption personnelle de
base. Vous ne payez pas d'impôt. Mais ensuite, de 20 000 $ à 49 000 $, vous payez,
essentiellement, maintenant, 14 % au Québec, 11,5 % au fédéral,
25,5 %. Et là, en baissant le premier taux, bien, tout le monde en
bénéficie. Et évidemment le but, c'est d'aider le plus de monde possible.
Ensuite, le deuxième palier, qui est entre
49 000 $ et 99 000 $, bien, nous étions à 20 %. On est
passés à 19 %, ce qui fait que vous payiez, autrefois, 37 %,
puis, maintenant, 36 %.
Et tout ce que j'aimerais vous souligner, c'est
que, lorsqu'on prend des études, là, comme la chaire en fiscalité et finances
publiques, puis qu'ils analysent le fardeau fiscal des Québécois par rapport
aux 51 États, puis les 10 provinces, puis les trois territoires,
bien, on finit où, au Québec? Numéro un pour le fardeau fiscal. Alors, je ne
vais pas m'excuser de réduire le fardeau fiscal des Québécois, au contraire. Si
je peux avoir le privilège d'avoir un troisième mandat, de retrouver
l'équilibre budgétaire, bien, c'est certain qu'on aimerait...
Encore une
fois, par exemple, lorsque c'est... on dit que le
premier 19 000 $, là, il n'y a pas d'impôt, pourquoi ce ne
serait pas 20 000 $? Ce seuil-là, il est plus élevé en Ontario.
Pourquoi on n'encouragerait pas les gens à travailler puis à garder plus de
l'argent qu'ils gagnent lorsqu'ils travaillent pour leur famille, pour eux?
Alors, on va continuer avec cette orientation.
M. Bouazzi : Mais, M. le ministre...
M. Girard (Groulx) : On part du
point de vue où on est les plus taxés en Amérique.
M.
Bouazzi : M. le ministre, d'abord, il y a à peu près un
tiers de la population qui ne gagne pas assez d'argent pour avoir profité des baisses d'impôt. Ils
paient, par ailleurs, la TVQ, la TVA, tout ça. Ils paient énormément d'impôt,
par ailleurs, là, mais...
M. Girard
(Groulx) : On a 40 % de la population,
approximativement, qui ne paie pas d'impôt, effectivement.
M. Bouazzi : Bon, ça fait que
ceux-là, ils n'ont pas eu...
M. Girard (Groulx) : Impôt sur le
revenu, vous avez... vous avez dit juste.
M. Bouazzi : ...et c'est eux... et
c'est eux qui en ont le plus besoin. Maintenant, 100 % des gens qui
gagnent plus de 100 000 $ ont reçu 820 $ de retour, qui est
le... qui est le maximum.
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est...
Je vous dis... Puis c'est là que je vous dis que c'est un coup de maître, le
premier taux, parce que j'aurais pu baisser le taux d'impôt des plus importants
salariés, mais, en baissant le premier taux, tous ceux-là qui paient des impôts
en ont bénéficié. Et d'ailleurs, vous savez, le premier ministre canadien, là,
qu'on dit... Mark Carney, on dit : C'est incroyable, cet économiste-là qui
nous donne le privilège d'être premier ministre du Canada. Qu'est-ce qu'il a
fait? Il a baissé le premier taux.
M. Bouazzi : Vous comprendrez que...
M. Girard (Groulx) : Où s'est-il
inspiré? Au Québec.
M.
Bouazzi : Vous comprendrez que M. Carney n'est pas mon
idole non plus. Mais le coup de... le coup de maître, si je comprends
bien, c'est de... Vous auriez pu augmenter encore plus les inégalités, mais
vous vous êtes limité à ce que vous nous proposez, parce que, concrètement...
M. Girard
(Groulx) : Non, j'ai incité les gens à travailler en leur
permettant de garder le plus d'argent possible lorsqu'ils travaillent.
M. Bouazzi : Alors, c'est ça, tant
et aussi longtemps qu'ils ne se paient pas un nid-de-poule, parce qu'il suffit
d'un nid-de-poule pour que ça égalise tout le retour d'impôt qu'ils ont eu là.
Et, je veux dire, bouchons les nids-de-poule, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Mais ça, c'est
un... Le déficit de maintien d'actifs du secteur des transports, là, on est
d'accord, on veut en faire plus.
M. Bouazzi : Oui, c'est la moitié,
c'est... La grosse partie des déficits, c'est les routes, là. C'est comme...
C'est grave. 50 % des routes sont dans un état délabré au Québec, là.
M.
Girard (Groulx) : Mais je connais l'étendue de vos diplômes, là. Il ne
faut pas confondre les dépenses opérationnelles et les dépenses en capital, là.
M. Bouazzi :
Là, on est d'accord.
M. Girard
(Groulx) : Parfait.
M. Bouazzi :
Et donc, pour les... aujourd'hui, pour le maintien...
M. Girard
(Groulx) : Notez ça au procès-verbal.
M. Bouazzi : ...pour
le maintien, aujourd'hui, est-ce qu'on est d'accord que 50 % des routes,
dont on est... au Québec, sont en mauvais ou en très mauvais état?
M. Girard
(Groulx) : On est d'accord que la majorité du déficit de maintien
d'actifs qui n'est pas pris en charge est dans le secteur des transports.
M. Bouazzi : Bon, exact. Ça fait que, concrètement... Et
100 % des Québécois, là, qu'ils soient milliardaires ou pauvres,
pourraient quand même profiter de routes de bonne qualité. On est d'accord. Là,
une fois n'est pas coutume, je défends les routes, là, M. le ministre. Essayons
d'être d'accord, là.
• (11 h 30) •
M. Girard
(Groulx) : Bien, je n'ai rien à ajouter. Les Québécois sont les plus
taxés. Notre gouvernement a pris une position. Puis d'ailleurs tout ça est
illustré, là, à ma page favorite du budget, là, qui est...
M. Bouazzi : Mais j'entends, mais c'est une vision...
c'est-à-dire qu'il y a des choix de... choix de société à faire, M. le
ministre. Les Québécois, on est quand même... on est...
M. Girard (Groulx) : ...page A.27,
qui montre que notre gouvernement a réduit le fardeau fiscal des Québécois
dans le poids de l'économie.
Le Président (M.
Laframboise) : On va le laisser terminer. C'est bon?
M. Girard
(Groulx) : Oui. Merci, M. le Président.
M. Bouazzi :
Aux États-Unis, les Américains paient moins d'impôt, mais, concrètement, c'est,
encore une fois, la question de quelle est notre richesse commune. Avoir des
CPE, avoir des écoles, des universités accessibles, avoir du transport commun de qualité, ce n'est pas... Je veux dire, si
on se retrouve avec plus de richesse chacun pour soi, et avoir des
routes délabrées, un transport en commun qui ne marche pas, des gens qui
meurent dans les urgences, des hôpitaux où le toit coule, ça ne fait pas de
nous une meilleure société. Il y a des choix.
Et puis moi, je
comprends, là. Je dois dire... Je ne vous félicite pas pour votre cohérence,
mais, en tout cas, je la souligne, je dois
dire, depuis quatre ans. Et elle est... elle est... Elle met de la clarté dans
nos débats. Il y a deux visions de société. Il y en a une qui dit :
Bon, bien, essayons d'en avoir le maximum possible qui reste dans la poche des
gens, quitte à faire en sorte qu'il en reste beaucoup plus dans la poche des
plus riches et encore plus dans la poche des extrariches. Et, de l'autre côté,
nous, on dit : Bien, d'abord, prenons-en là où il y en a le plus, dans la
poche des extrariches, pour que tout le monde en profite, y compris les
extrariches, pour qu'on ait des écoles, des hôpitaux, du transport et des
routes qui fonctionnent.
Il
ne me reste que quelques minutes, et je voulais vous parler... Et on aurait pu
parler de toutes sortes d'écoles, mais il y en a une qui n'est pas loin de ma
circo, mais qui n'est pas dans ma circo, qui est l'académie de Roberval, que je
trouve quand même assez symptomatique d'un problème profond dans
les priorisations. En ce moment, c'est une école, donc, dans Villeray, qui est
fermée depuis 2019 pour cause de moisissures. Les élèves ont été déplacés dans
des locaux qui ne sont pas adéquats. Je ne sais pas... Bon, comme vous n'êtes
pas ministre de l'Éducation, ça fait que, c'est sûr, vous ne les avez pas
visités. Moi, je les ai visités pour ma fille. Je dois avouer que... quand elle
devait rentrer au secondaire. Il y a un étage au complet où il n'y a pas une
seule fenêtre. C'est des élèves qui ne voient pas la lumière du jour depuis
maintenant 2019. On est maintenant en 2026. Il n'y a rien qui a été fait depuis
2021 dans cette... dans cette école. Comment... comment c'est même possible, M.
le ministre, qu'une école comme celle-là ne soit pas priorisée?
M. Girard (Groulx) : Bien,
écoutez, on a fait des efforts colossals en éducation, là, puis il faut être
très clairs. Je vais vous donner l'ampleur de ce qui a été fait au
niveau de ça.
M. Bouazzi : Non, mais vous pouvez me
dire ce qui s'est fait ailleurs, je veux bien, mais celle-là particulièrement,
elle est prioritaire pour le CSSDM.
M. Girard
(Groulx) : Bien, on est... le ministère de l'Éducation est en
discussion avec le centre de services scolaire pour trouver la bonne façon de
prioriser ce projet, qui est un projet important pour le secteur. Et puis,
lorsqu'on regarde l'ensemble de ce qui a été fait...
M. Bouazzi : Mais,
encore une fois, M. le ministre, cette école est fermée...
Le Président (M. Laframboise) : Non,
c'est tout le temps... c'est tout le temps que nous avions, messieurs. Donc, nous allons poursuivre avec notre collègue
de Jeanne-Mance—Viger
pour 20 min 24 s. Mais on vous a rajouté, là, ce que vous
aviez puis on va le faire sur l'autre bloc aussi.
Mme Rotiroti : ...c'est gentil,
monsieur.
Le Président (M. Laframboise) :
Madame.
Mme
Rotiroti : Merci,
M. le Président. Alors, on va aller... on va aller directement dans les... On
va parler des postes de police de la SQ, qui est vraiment sous votre gouverne,
M. le ministre, de... sous la gouverne de la SQI. Alors, quand nous avons quitté le gouvernement il y a quand même huit
ans, huit ans déjà, les postes de police de la SQ étaient, en très forte
majorité, en très bon état. Alors, entre 2022 puis 2023, le portrait a
drastiquement changé. On a passé de 12 % des postes de police en mauvais
état ou très mauvais état à 65 %.
Alors, est-ce que vous pouvez nous expliquer
comment ces postes de police là de la SQ se sont détériorés à ce point-là en à
peu près sept ans? Je pourrais vous déposer les chiffres, là, mais...
M. Girard
(Groulx) : On va chercher la réponse. J'ai... Alors, à la
question : Est-ce que je peux vous expliquer ça ici, là,
maintenant?, la réponse, c'est non. On va chercher la réponse. Continuez. Je
vous connais, vous avez des questions en rafale.
Mme Rotiroti : Oui, exact. Alors,
vous comprenez que c'est quand même une... Les postes de police de la Sûreté du
Québec à travers le Québec, là...
M. Girard (Groulx) : La désuétude
des postes de police de la SQ vous inquiète.
Mme
Rotiroti : Oui. 12 %, on a laissé le parc en mauvais
état de 12 %. On peut dire quasiment que toutes les bâtisses étaient en bon état ou très bon état. On
peut le prendre à l'inverse. Aujourd'hui, il y a 65 % de ces immeubles-là en très mauvais état. Vous comprenez... Peut-être,
ce n'était pas une priorité du gouvernement, parce que vous avez mis
l'argent ailleurs, mais il faudrait peut-être avoir... savoir pourquoi qu'on
laissait ces immeubles détériorer à ce point-là. Ça va pour ça?
M. Girard (Groulx) : ...est-ce qu'on
a...
Mme Bourgeois (Caroline) : En fait,
j'ai peut-être une réponse partielle, si vous permettez, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
Mme Bourgeois (Caroline) : C'est que
le quartier général appartenait... compte pour beaucoup, beaucoup dans la...
dans la désuétude. C'était un édifice majeur...
Mme Rotiroti : Ça, c'est à Montréal.
On va en parler tout à l'heure.
Mme Bourgeois (Caroline) : C'est à
Montréal. C'est le quartier général. Donc, c'est peut-être ça qui fait le
poids. Mais je vais... je vais... on va continuer à chercher les chiffres
pour...
Mme Rotiroti : OK. Bien, je doute
qu'on passe à 12 % à 65 %, puis c'est juste celle de Montréal. Mais
on va en parler, de celle de Montréal, parce que j'ai quelques questions...
j'aurais besoin de quelques clarifications, entre autres, sur le quartier
général à Montréal.
Avant, je vais vous amener... je vais vous
amener au poste de police de Saint-Joseph-de-Beauce, OK? En septembre 2023, la
SQ a été informée qu'un des nouveaux propriétaires de le bâtiment qui abrite le
poste de police de la SQ de Saint-Joseph-de-Beauce était un présumé trafiquant
de drogue. La SQ avait pris la décision de relocaliser le poste au palais de
justice de Saint-Joseph-de-Beauce. Entre-temps, le propriétaire en question
s'est retiré, et les propriétaires ont proposé à la SQ d'acheter l'immeuble, ce
qui n'a pas été fait par la SQI. Bref, on maintient le cap de déménager le
poste de police au palais de la... au palais de justice. En février dernier,
nous apprenons que la SQI ne donne plus de date pour les travaux de
transformation du palais de la justice de Saint-Joseph-de-Beauce en vue du
déménagement du poste de la SQ.
Alors, est-ce
qu'aujourd'hui... Nous, on a cherché pour avoir ces données-là. On voulait voir
s'il y avait un nouvel échéancier, évidemment, si les coûts avaient
changé, parce que les coûts préparatoires étaient estimés à 1,5 million, puis aujourd'hui on se rend compte que c'est à peu
près... on est rendus à 6 millions. Alors, moi, je veux savoir, un,
pourquoi que la SQ a pris la décision de ne pas acheter la bâtisse.
Est-ce que ça aurait peut-être coûté moins cher? J'imagine que vous avez fait
cette évaluation-là. Et c'est quoi, les prochains échéanciers pour le
déménagement du poste de police de Saint-Joseph-de-Beauce?
Mme Bourgeois (Caroline) : Quelques
réponses. Tout d'abord, c'est... c'est préférable, dans le cadre de nos...
de notre optimisation, mais c'est... l'optimisation des espaces, mais aussi
c'est très valide aussi pour les postes de la Sûreté
du Québec d'être majoritairement
propriétaires, donc, de rapatrier les espaces dans un... dans un de nos
édifices.
La raison que vous avez évoquée était la... était
la bonne. Même s'il y a eu des changements, l'orientation a été prise de rapatrier dans le... dans le palais de
justice. La livraison va... est reportée vers octobre. Puis la raison
principale, c'est de la... le manque d'approvisionnement en
quincaillerie carcérale. Donc, ça a pris un grand, grand délai pour avoir cet
approvisionnement-là. Il y a moins... il y a moins de joueurs possibles. Ils
sont souvent américains, etc. Vous connaissez le contexte. Le bâtiment aussi où
était... où était la SQ avant était un bâtiment plus vétuste. Donc, on va faire
des locaux plus adaptés pour le poste de la SQ. Ça va finir sous la barre des
10 millions. Je n'ai pas l'information, tout... tout, exactement, ce
qui... ce qui... ce que ça comprend, mais ce projet-là est très avancé et il se
livre dans les prochains mois au palais de justice de Saint-Joseph.
Mme Rotiroti :
OK. Mais pourquoi que...
M. Girard
(Groulx) : Il est à quelle étape?
Mme Bourgeois
(Caroline) : Il est en réalisation. Il est en... il est en
construction.
Mme
Rotiroti : Oui, mais pourquoi qu'on a maintenu le choix du palais de
justice, alors qu'il y a des enjeux quand même... Tu sais, il y a le niveau de
nombre d'espaces de stationnement qui est limité, on a des plafonds de sept
pieds, c'est dans un sous-sol du palais de justice, les vestiaires, les
toilettes mixtes pour les policiers ne sont pas...
il y a des délais dans les coûts. Pourquoi qu'on s'est... on s'est tardés à
garder ça puis maintenir le choix du palais de justice, malgré le fait
que c'était inadéquat?
• (11 h 40) •
Mme Bourgeois (Caroline) : Bien,
je ne suis pas capable de vous répondre que c'est inadéquat. C'est ce que
vous... c'est ce que vous dites. C'est ce qu'on vous a rapporté. Je
pense que, si on a proposé une solution immobilière, c'est parce qu'elle était adéquate. Des sous-sols, des plafonds
de sept pieds, c'est des choses qui se gèrent bien. Des sous-sols de palais de justice, ce n'est pas des sous-sols
de maison, là. C'est des espaces quand même vastes et normalement plus
éclairés aussi.
Maintenant, donc,
c'est une solution immobilière qui nous... qui nous apparaissait adéquate, de
même que le mouvement de rapatrier dans nos propriétés. On a quand même eu
plusieurs enjeux, au fil des dernières années, à des municipalités, des MRC qui décideraient... rapatrier les bâtiments qu'on
occupait en location. Donc, on a tout avantage à être le plus
propriétaire pour les postes de la SQ.
Mme
Rotiroti : Bien, eh bien, voilà, exactement, c'est... c'est la
question qu'on... qu'on se pose. Pourquoi qu'on n'a pas simplement acheté la
bâtisse où est-ce qu'il se retrouve présentement, le poste de police, d'autant
plus qu'il était plus adéquat que le déménager au palais de justice?
Mme Bourgeois
(Caroline) : C'est... Bien, écoutez, vous le dites, mais je ne peux
pas confirmer que c'était plus adéquat. Je peux vous dire qu'il y avait
d'autres locataires et que c'est un bâtiment qui était très vétuste. Donc, on
aurait requis aussi beaucoup, beaucoup d'investissements dans cette bâtisse-là
probablement aussi sur l'enveloppe puis sur les travaux de maintien. Donc, ce
n'était pas un choix judicieux.
Mme Rotiroti : OK. Alors, pour dire que
ce n'était pas un choix judicieux, j'imagine que les évaluations ont été faites
à cet effet-là pour décider que la bâtisse était tellement désuète que
ça valait la peine de les déménager. C'est ça que vous dites.
Mme Bourgeois
(Caroline) : Oui, bien sûr, c'est une analyse... Oui, c'est ce qu'on
fait pour tous les projets. C'est une analyse... On appelle ça une analyse
immobilière. On évalue les options et on prend la meilleure option au point de
vue des coûts, au point de vue des réponses, des besoins fonctionnels. Puis la
SQ est très satisfaite de l'orientation qu'on a prise dans ce dossier-là.
Mme Rotiroti : Ah bon! OK. La SQ est
satisfaite. OK. Alors, ça m'amène à ma question. J'imagine que vous êtes en conversation avec eux, et les décisions se
prennent sur une base mutuelle, j'imagine, concernant leurs besoins.
Mme Bourgeois
(Caroline) : Bien entendu, bien entendu. C'est notre clientèle, on y
fait attention.
Mme
Rotiroti : Parfait. Merci. Merci beaucoup. Vous avez amené... Vous
avez parlé de le grand quartier de la SQ sur la rue Parthenais. Alors, on va
aller directement là, vu que vous l'avez amené comme sujet. Bon, l'édifice qui
abrite le quartier... le grand quartier général de la SQ à... sur Parthenais, à
Montréal, avait un déficit de maintien d'actifs de 62,2 millions, pas
milliards, M. le ministre. Cette année, dans les réponses qui nous ont été
fournies à la question 13 des
renseignements particuliers de l'opposition officielle, le déficit a baissé. On
est rendus à 68,8 millions. Ça fait qu'on peut dire : Wow!
c'est une amélioration de 3,4 millions.
Mme Bourgeois
(Caroline) : Le déficit à 68, puis le premier chiffre que vous nous
avez donné...
Mme
Rotiroti : Oui, 72,2 millions. Il y avait un déficit de
maintien d'actifs de 72,2 millions. Cette année, dans la réponse
que vous nous fournissez dans la question 13 des renseignements
particuliers de l'opposition, le déficit a baissé. Alors, on est rendus... Au
lieu d'être à 62... 72,2 millions, on est rendus à 68,8 millions, qui
est quand même une amélioration de 3,4 millions.
Mme Bourgeois (Caroline) : Oui,
c'est parce qu'il y a des travaux qui ont été faits. Donc, on parle des
systèmes de contrôle de tout le... tout le quartier général. Donc, il y a des
millions qui ont été investis dans un... dans le système de contrôle, leur
remplacement complet.
Mme Rotiroti : OK. Alors, très bien.
Puis c'est ça qu'on a pu s'imaginer. Puis on est allés un petit peu plus loin
puis, à la question 30, dans les renseignements particuliers de...
qu'on... que l'opposition officielle a demandés, on demande ce qui était
investi en maintien d'actif dans l'année pour l'ensemble de l'édifice sous la
responsabilité de la SQI. Puis, pour l'édifice Parthenais, vous venez de dire,
vous avez fait quelques travaux, en cours de route, qui fait en sorte qu'on diminue le coût et vous avez indiqué que vous avez
remplacé la couverture de la toiture des ailes C et D, remplacé la
génératrice, nettoyé les réseaux sanitaires, pluviaux, réparé la cheminée,
modifié... En tout cas, vous donnez une liste, et à la fin vous dites que le
total des travaux réalisés en maintien d'actif est de 460 507 $.
Alors, 460 507 $ puis, je vous ai dit, je vous ai même félicités, une
amélioration de 3,4 millions, il y a quand même un écart. Comment vous
expliquez cet écart-là?
Mme Bourgeois (Caroline) : Je n'ai
pas la réponse. On peut avoir aussi changé la valeur de remplacement de
l'immeuble aussi. Le... Je ne peux pas vous dire pour l'indice...
Mme Rotiroti : Je comprends, mais
moi, je vous pose...
Mme Bourgeois (Caroline) : Je ne
suis pas capable de vous répondre en ce moment.
Mme Rotiroti : J'ai posé la
question... C'est pour ça qu'on fait les études des crédits. On pose des
questions très particulières en sachant très bien qu'avec le temps qu'on a ici,
en commission parlementaire, c'est extrêmement difficile, tu sais, d'aller dans
les... des détails comme ça. Alors, nous, on prend l'opportunité qui est donnée
à nous. Et vous avez fait la liste. Vous
dites que les travaux qui sont réalisés en maintien d'actif arrivent à
460 507 $. Très bien, vous avez fait quelques travaux, mais,
dans le chiffre initial, on parle d'une économie de 3,4 millions. C'est...
c'est tout un écart, là.
Mme Bourgeois (Caroline) : Regardez,
il y a un exercice d'inspection annuelle qui se fait sur nos édifices. Donc, il
est possible, en refaisant une inspection, qu'on arrive à des... à des chiffres
différents. Ce n'est pas une... C'est une science quand même inexacte aussi,
l'évaluation, parce que c'est des coûts, c'est de la portée puis ça peut
changer chaque année. Mais c'est... c'est certain qu'avec nos outils... On a un
outil de gestion de maintien d'actif qui nous permet d'être encore plus précis
depuis quelques... depuis quelques années, mais c'est... c'est certain qu'on
fait des inspections, on a du personnel là-dessus pour chacune de nos bâtisses,
pour réévaluer les travaux qui sont à faire avec plus de précision. Donc, il
est possible qu'il y ait des coûts aussi qui aient changé, des coûts
d'équipement, des fois à la baisse, des fois
à la hausse, des événements qui nous permettent de réévaluer. Donc, ce n'est
pas nécessairement une règle de trois
où on dit : On a... on a... ou une addition simple : On a fait ces
travaux-là, ça vient de réduire exactement du même montant. Donc, c'est
une réévaluation.
Mais, au
fond, ce qu'il est important de comprendre, c'est qu'on a, effectivement, un
déficit de maintien quand même important, puis on le... on s'y... on s'y
attaque. Puis il y a des projets aussi de réaménagement dans l'édifice.
Mme
Rotiroti : Je comprends qu'est-ce que vous dites, là. Moi,
mon enjeu, c'est... Bon, d'abord... d'abord, au moment qu'on a posé la question
à aujourd'hui, vous êtes capables de me confirmer que les coûts ont été
réévalués ou qu'il y a eu d'autres... d'autres maintiens qui a été fait dans la
bâtisse. Est-ce qu'on arrive quand même à le 3,4 millions ou pas
encore?
Mme
Bourgeois (Caroline) : Bien, écoutez, j'ai... C'est du détail... Je
comprends où vous voulez en venir, mais on a quand même... On prend le temps,
année après année, c'est ce que je viens de vous expliquer, on prend le temps
d'évaluer sur nos édifices, ce qu'il reste à faire, ce qui est à faire avec un
horizon 0-5 ans, par exemple, et, année après année, il est possible que
les chiffres changent, puis évoluent, puis varient un petit peu. Puis, sur
l'ensemble, entre 68 et 72, je ne trouve pas que c'est une grosse, grosse
différence. C'est comme... Oui, c'est des millions, mais c'est quand même... Il
y a... Le parc continue à se détériorer. On fait des travaux en même temps. On
revoit les priorités.
Mme Rotiroti : Vous comprenez aussi
que, comme exercice, en étude des crédits, dans l'opposition officielle, nous,
on se fie sur les chiffres qu'on a dans nos cahiers. On demande des questions
spécifiques, justement, pour être capables de mieux comprendre. Puis là vous me
dites : Bien, on change la méthode de calcul en cours de route. C'est...
c'est quand même...
Mme
Bourgeois (Caroline) : Non, ce n'est pas la méthode.
Mme
Rotiroti : C'est quand même... Tu sais, c'est quand même particulier,
parce qu'à ce moment-là on peut questionner tous les chiffres qui nous sont
donnés, là, dans le PQI. Et de là revient ma question initiale, au tout début,
quand j'ai eu l'échange avec le ministre en disant : Bien, comment on fait
pour prioriser, comment on fait nos évaluations? Parce que, si, en cours de
route, on change les méthodes de calcul, puis là finalement... Bien, je voulais
vous féliciter pour dire : Bien, vous avez quand même diminué le coût de
3,4 millions. Vous, vous me dites : Bien, tu sais, 3,4 millions,
c'est... c'est beaucoup, mais, tu sais, dans les circonstances... Bon.
M. Girard
(Groulx) : ...vous comprenez qu'on raffine nos méthodes d'évaluation,
là. Le déficit de maintien d'actifs en 2026, il n'est pas évalué de la même
façon qu'en 2018, là. On doit raffiner notre échantillonnage puis on ne peut
pas... on ne peut pas arrêter d'améliorer nos processus pour que les chiffres
demeurent comparables dans le temps, là. Le but, c'est de maintenir la qualité
des actifs.
Mme
Rotiroti :
Absolument.
M. Girard (Groulx) : Et donc, par exemple, lorsqu'on voit une
détérioration des actifs en santé entre l'an dernier puis cette année,
ce n'est pas parce que les actifs se sont détériorés, c'est parce qu'on a
raffiné notre méthode d'évaluation, puis ça fait augmenter le déficit de
maintien d'actifs. Mais là je comprends que les deux chiffres ne sont plus
comparables.
Mme
Rotiroti :
Je comprends, mais vous comprenez aussi, M. le ministre... Loin de nous de
remettre en question la qualité, parce que c'est ça qu'on veut, on veut des
bâtiments de qualité, on veut des infrastructures de qualité. Et c'est
justement là où est-ce que ça m'amène à vous... à vous dire : Bien, une
raison de plus. Là, on change les méthodes de calcul. Parce que vous dites :
On veut bonifier, puis qu'on veut avoir les meilleurs projets, j'en suis, mais
vous comprenez que c'est extrêmement difficile, comme opposition officielle, de
faire notre travail quand, les chiffres que
j'ai devant moi, je peux tous les questionner sous le prétexte que la méthode
de calcul est en train de changer.
• (11 h 50) •
M. Girard
(Groulx) : Bien, c'est... c'est certain que le niveau de complexité
est élevé, là. On a plus de 700 projets de plus de 20 millions et
puis on doit faire nos plans annuels de... On a... C'est quoi, ça?
Une voix :
...
M. Girard
(Groulx) : La valeur de remplacement de nos actifs totalise
450 milliards. Alors, c'est sûr qu'on ne peut pas évaluer chaque actif en
temps réel.
Mais je suis d'accord avec vous, là. C'est
important d'avoir des bonnes données pour prendre des bonnes décisions. Puis
on doit aussi s'entendre sur les bonnes lignes directrices, là. Alors, d'une
part, on doit respecter la capacité financière. D'autre part, on doit favoriser
le maintien par rapport à la bonification. On doit contrôler nos coûts. Puis il
y a de nombreuses initiatives, dans ces secteurs-là, pour arriver à un plan
québécois d'infrastructures qui répond aux aspirations des Québécois.
Mme
Rotiroti :
M. le Président, j'ai... écoutez, j'ai tellement de choses. Quand on regarde le
PQI puis on regarde les projets qui sont là, et avec toutes les phases que le
projet doit passer pour arriver à l'étape de la réalisation... J'ai dit tout à
l'heure qu'ils restent dans la planification. C'est à ce moment-là que les
calculs se font. C'est à ce moment-là que les plans et devis sont... sont
soumis. C'est là que le gouvernement a la prérogative de demander d'optimiser
le projet, chose qu'on a faite à plusieurs reprises dans certains projets qu'on
a aujourd'hui. Alors, vous comprenez, là, que je prends pour acquis que, quand
le ministre dit : Ce projet-là passe en réalisation... que tous ces
calculs-là pour améliorer le projet, on parle de qualité, on parle de
dépassements de coûts, que tout ça est fait à ce moment-là.
Alors là, moi, je
vous questionne sur des enjeux très précis, sur des postes de police qui sont
sous votre gouverne, qui sont sous la gouverne de la SQI. Je pensais qu'on
avait une très bonne nouvelle. Malheureusement, c'est... bon, je retire mes
propos. Et là vous me dites : Bien, c'est parce qu'en cours de route on
change la méthode de calcul, on change la façon de faire les choses, etc. Mais
comment, moi, vous voulez que je fasse mon travail dans l'opposition officielle
si je ne suis pas capable de me fier sur les chiffres que vous me donnez?
M. Girard (Groulx) : Bien, écoutez, on est là pour vous aider à faire
votre travail. Continuez avec vos questions. Ça va nous faire plaisir de
répondre. Et puis vous avez raison que, lorsqu'un dossier est en planification,
bien, on doit compléter un dossier d'affaires de qualité avant de passer en
réalisation. Puis maintenant, dans les projets majeurs, on a aussi un niveau
d'avancement des projets qui est très important.
Et puis on suit les
dossiers et puis on n'amène pas de dossiers en réalisation qui ne sont pas
prêts à l'être. Et donc, oui, il y a une période qui, parfois, est plus longue
que prévu en planification. Parfois, on reste en planification parce qu'il n'y
a pas suffisamment de fonds. Il y a des limites à ce qu'on peut réaliser dans
une année courante. Mais, dans bien des cas, c'est parce que les projets ne
sont pas prêts, tout simplement, à passer en réalisation.
Mme
Rotiroti :
Bien, je suis contente que vous allez là, monsieur... M. le ministre, parce que
c'est l'échange qu'on a eu dès qu'on a commencé les études de crédits. Quand je
vous ai dit que les... il y a des projets qui restent stationnés dans la planification faute d'argent, bien, c'est aussi une
question de priorisation aussi. Alors, je suis contente que, là, vous
venez de dire la même chose que j'ai dite d'entrée de jeu. Alors, merci pour
ça. Je vais vous poser...
M. Girard (Groulx) : Oui, bien,
je... Personnellement, je ne suis pas d'accord avec le verbe «stationner», là,
pour la simple et bonne raison qu'on a réalisé 400 projets depuis
2019-2020, mais je comprends, là, qu'il y a un aspect politique à tout ça, puis
vous voulez dire que les...
Mme
Rotiroti : Bien,
je peux vous dire, il n'y a aucun aspect... Oui.
M. Girard (Groulx) : ...vous voulez
dire que les projets sont stationnés en planification...
Le Président (M. Laframboise) : C'est
le temps que nous avions à cet échange-ci.
Mme
Rotiroti : Non,
bien...
Le Président (M. Laframboise) :
Vous... Il va vous rester tantôt du temps pour échanger encore. Donc,
maintenant, M. le député de Saint-Jérôme, pour 3 min 35 s.
M. Chassin :
Merci. Bonjour. Bonjour à ceux qui vous accompagnent aussi.
Évidemment,
donc, j'ai peu de temps, mais il me semble... puis c'est... c'est au-delà de
juste Infrastructures, mais il me
semble qu'il y a quelques questions d'intérêt dans une perspective de
s'améliorer, hein, puis une de ces questions-là, c'est, évidemment...
Puis je ne sais pas si d'autres collègues ont posé la question, mais ce que
Francis Vailles, dans le fond, montrait ou partageait dans son article de
samedi dernier, soit que les coûts de construction ont augmenté beaucoup plus vite que l'inflation... Et puis
évidemment, quand on regarde les chiffres comme ça, on se dit : Plus
53 % par rapport à 2017, c'est comme si, en augmentant de
100 milliards à 167 milliards le PQI, bien, on a augmenté jusqu'à 153
juste pour maintenir la même enveloppe, en quelque sorte. Alors, évidemment,
c'est... au fil des années, ce n'est pas tout à fait ça, mais est-ce qu'il y a
à ce point surchauffe qu'on est finalement, dans le PQI, en train de rattraper
juste la possibilité de faire les projets qu'on pensait faire, en quelque
sorte?
M. Girard (Groulx) : Bon, c'est
certain que, dans l'augmentation du PQI de 100 milliards à
167 milliards, il y a une portion réelle puis il y a une portion
inflation. C'est indéniable. On estime que, dans le secteur institutionnel, il
y a eu une inflation de 42 % sur cette période-là. C'est beaucoup. Puis on
peut y aller sur les facteurs. Mais, si je peux vous rassurer, sachez qu'en
Ontario c'est plus de 60 %, là. Alors, ce n'est pas un phénomène qui est
particulier au Québec, là. La hausse des prix des matériaux, la hausse des
coûts de main-d'oeuvre, les normes de bâtiment, la productivité... Si vous
allez... Je sais que vous êtes économiste. Vous savez que le secteur de la
construction est un secteur peu productif, la sous-utilisation de la
technologie, alors...
M. Chassin : 42 %.
M. Girard (Groulx) : 42 %,
c'est beaucoup.
M.
Chassin : C'est beaucoup
puis c'est, en même temps, inférieur à ce que M. Louis Lévesque évaluait, là,
pour...
M. Girard
(Groulx) : Oui, bien, M.
Louis Lévesque, ça, c'en est un autre qui fait des rapports indépendants de
grande qualité. Il est dans mon «in-box». Je
ne l'ai pas lu. Ça va aller à la fin de semaine prochaine. Mais le ministère est
là-dessus.
M. Chassin :
Est-ce que... Puis là c'est... c'est un réflexe fréquent au gouvernement du
Québec, et en tout respect pour les gens de la SQI. Est-ce que... La SQI, qui
est un centre d'expertise, en fait, en gestion de projet, comme le Centre
d'acquisitions gouvernementales, comme plein d'autres organismes du
gouvernement, bien, ce sont des clients
captifs qui sont, en fait, par la directive des grands projets, obligés de
recourir à la... à l'expertise de la SQI. Pourquoi ne pas se soumettre à
la concurrence, à la limite, les centres de services scolaires, là, qui se
disent : Gardez votre projet d'école primaire en dessous de
50 millions, bon, quand c'était 50 millions? Pour éviter, là, qu'on
soit pris dans tout ça, bien, on pourrait ne pas...
M. Girard (Groulx) : Alors, vous...Vous, vous voulez qu'on mette de côté notre expertise...
M. Chassin : En fait, qu'on laisse les gens choisir s'ils ont besoin ou
non de ce centre d'expertise faramineux, qui, je suis sûr, satisfait tous ses
clients.
M. Girard (Groulx) : Oui, mais parce
que, quand c'est nous qui paie, on serait bien malavisés de se passer de notre
expertise.
M.
Chassin : Est-ce que...
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
messieurs. Merci beaucoup. C'est tout le temps que nous avions, M. le député de
Saint-Jérôme. Maintenant, la parole est à Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger pour
son dernier bloc de 20 min 25 s.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Alors, ça passe extrêmement vite. J'imagine, M. le ministre, vous
avez eu l'occasion de prendre connaissance de le rapport fait par l'Ordre des
ingénieurs du Québec qui a été déposé, OK, Agir maintenant pour éviter... de
demain. Alors, dans... Évidemment, c'est un document quand même exhaustif
qui parle de les maintiens d'actif, PQI, etc. Puis je pense que, dans le
rapport même, ils disent que chaque PQI qui est proposé... qui propose une
projection d'évolution de l'état des infrastructures... que ces projections
sont systématiquement trop optimistes pour le rapport et la réalité. Alors,
déjà là, ça revient à la question d'avoir les bons chiffres et qu'on est
toujours... On sous-estime le maintien de nos infrastructures en partant,
alors... qui fait en sorte qu'on n'a pas vraiment une vraie évaluation de nos
infrastructures.
• (12 heures) •
Ceci dit, ils proposent quand même différentes
stratégies, huit stratégies, entre autres, mais il y en a une qui... J'aimerais
ça vous entendre par rapport à tout qu'est-ce qui est prévisibilité, qui est
dans la mesure 3.2, en disant que c'est crucial d'instaurer des mécanismes
qui garantissent la protection du financement de maintien d'actif contre les changements de priorité ou changements de
gouvernement, dépendamment, dans le temps, en disant que ça donnerait à
les ministères et les organismes la prévisibilité nécessaire à la planification
adéquate des travaux sur plusieurs années ainsi que la maîtrise des coûts.
Alors, ça, c'est toute la question, puis je pense que vous en entendez parler
autant que nous, c'est toute la question de stop et go dans un projet qui fait
en sorte qu'à la... en bout... en bout du fil le projet nous coûte beaucoup
plus cher que prévu... prévu, parce que, quand on part un projet, après ça, on
l'arrête, pour des raisons qui peuvent varier, et que, là, on repart le
dossier, bien, il y a peut-être deux, trois, quatre ans qui se sont écoulés.
Les coûts ne sont plus pareils. Alors, j'aimerais ça vous entendre là-dessus,
si vous avez une réflexion sur tout qu'est-ce qui est prévisibilité au moment
qu'on donne un contrat, de fournir... parce que...
Tu sais, prenez l'exemple de
Maisonneuve-Rosemont, parce qu'on revient toujours à ça. On a fait le
stationnement de 90 millions. Après ça, il y avait la question de la
prochaine... la prochaine phase, qui... qu'on avait de la misère à débuter,
toujours sous le prétexte : Bien, on avait demandé d'optimiser les coûts.
Finalement, on a trouvé le 400 millions. Puis il y avait une inquiétude
énorme avec l'hôpital, en disant : Bien, si on tarde la première phase, le
projet, ce ne sera plus... ce ne sera plus 400 millions, là, parce qu'automatiquement
ça va augmenter.
Alors, j'aimerais ça juste vous entendre
brièvement sur... Avez-vous... avez-vous cette réflexion-là dans les
changements que vous voulez faire ou dans les méthodes de calcul, ça en fait
partie, des changements concernant la prévisibilité des projets? Qu'est-ce que
vous en pensez?
M. Girard (Groulx) : Oui. Bon,
alors, comme vous le savez, j'ai été nommé récemment ministre des Infrastructures et je me suis donné deux
priorités. La première : signer les ententes avec le gouvernement fédéral
pour qu'on ait accès à l'argent qui nous revient. Alors, on parle du
Fonds pour bâtir des collectivités fortes. Il y a un volet santé puis il y a un
volet logement et enseignement supérieur, et on travaille très fort pour
finaliser ces ententes. Puis évidemment il y a aussi le volet transport en
commun... le volet transport et transport en commun. Ça, c'est mon collègue du
ministère des Transports. Mais, certainement, finaliser les ententes avec le
gouvernement fédéral, première priorité.
Deuxième priorité : prendre en charge le
déficit de maintien d'actifs. Et là, ce que je fais, je prends... On a une
stratégie de prise en charge du maintien d'actif qui vise à augmenter
progressivement, tant en dollars et en pourcentage, la proportion des
investissements annuels en maintien d'actif, à prioriser le maintien, à indexer
les enveloppes de maintien... Là, je n'arrive pas à me lire, mais, bref, on a
une stratégie claire pour le maintien d'actif. Et là moi, je prends
connaissance de cette stratégie-là, et je souhaite la bonifier, parce qu'on a
des efforts importants à faire, et, lorsque j'aurai des conclusions, je les
communiquerai.
Le
Président (M. Laframboise) :
Juste avant de continuer, là, j'ai une demande pour une pause de cinq minutes,
de M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Mais est-ce
qu'on a du temps au gouvernement?
Le Président (M. Laframboise) : Bien
oui, c'est ça, on va le prendre sur le temps du gouvernement, là.
M. Girard (Groulx) : Bien, ça me
convient.
Le
Président (M. Laframboise) :
Ça va? Ça fait que, donc, une pause de cinq minutes, s'il y a consentement. Ça
va?
M. Girard (Groulx) : Après ce
bloc-là.
Le Président (M. Laframboise) :
Après... C'est parce que...
M. Girard
(Groulx) : Vous voulez le prendre tout de suite?
Le Président (M. Laframboise) : Non,
c'est vous. Vouliez-vous une pause santé tout de suite?
M. Girard (Groulx) : Non, non, mais
on peut finir son bloc.
Le Président (M. Laframboise) : Ah!
on va finir son temps, là. OK. Allez-y.
Mme
Rotiroti : Bien,
moi, ça ne me dérange pas. Si on veut, on peut le prendre tout de suite.
M. Girard (Groulx) : Non, on peut
finir le bloc.
Le Président (M. Laframboise) : OK.
Allez-y.
Mme
Rotiroti : Ça va? Parfait. Merci. Alors, merci de nous
expliquer vos priorités, M. le ministre. Puis je pense que dans... Quand
vous allez prendre tout qu'est-ce qui est DMA, maintien d'actif, l'importance
de bien évaluer nos infrastructures, je pense que ça devrait être quelque chose
qu'on devrait se pencher, parce que l'évaluation fait en sorte que c'est là qu'on
a le pourcentage de détériorisation, puis savoir à quel point que cette
infrastructure-là a besoin d'entretien ou pas, mais cette évaluation-là, dès le
départ, doit être bien faite.
M. Girard
(Groulx) : Vous avez raison
que d'améliorer nos méthodes d'évaluation, c'est un processus qui est continu.
La fréquence... Les méthodes d'évaluation, leur fréquence, avoir des données à
jour, ça, c'est une priorité. Ensuite, la prise en charge, c'en est une autre.
Et puis évidemment ça a des impacts financiers puis ça a des impacts
collectifs, là, parce qu'à dollar donné ça va vouloir dire moins de
bonification.
Mme
Rotiroti :
Absolument. Merci. On va aller dans des questions... Parce que le temps file,
puis j'ai beaucoup de questions à poser. Concernant la cyberdéfense avec la
SQI, vous avez quand même renforcé la sécurité au sein de l'organisation, tout qu'est-ce qui est cybersécurité. Avez-vous... Qu'est-ce qui
vous amène à ça? Est-ce que vous avez eu des... Est-ce que vous étiez
victimes... d'incidents liés à la cybersécurité en cours de l'année ou c'était
un virage numérique, tout simplement?
Mme Bourgeois (Caroline) : Bien,
écoutez, c'est les bonnes... c'est les bonnes pratiques. Non, il n'y a pas eu
d'incident de cybersécurité majeur chez nous, mais on a vu quand même ce qui se
passait ailleurs, chez d'autres donneurs d'ouvrage ou d'autres entités
publiques ou privées. Puis c'est des... Ce sont des bonnes pratiques. On est
encadrés pour ça. On a... On fait le maximum, je pense, pour assurer la sécurité,
autant sur de la formation chez nos gens, sur des équipements aussi qui nous
permettent d'assurer la sécurité.
Mme
Rotiroti : Ça, ça
va, puis tout à fait d'accord avec vous que votre... on a une obligation de
protéger ces informations-là. Vous dites : Il n'y a pas eu des incidents
majeurs, mais qu'il y en a eu. Alors, on parle des incidents mineurs. Ça traite
de quoi au juste? Vous en avez eu combien?
Mme Bourgeois (Caroline) : Je n'ai
pas d'information là-dessus. Je ne crois pas qu'il y ait eu des incidents importants ou même mineurs dignes de mention dans
notre... dans notre parcours en matière de cybersécurité chez nous.
Mme
Rotiroti : OK. Vous avez commencé... toujours avec la SQI,
vous avez commencé à intégrer l'intelligence artificielle dans votre
organisation. Je vois que vous avez dépensé... investi, on va dire, ce n'est
pas une dépense parce que c'est un
investissement, 502 686 $ pour l'intelligence artificielle de
commodité, notamment Copilot, puis 653... à peu près 654 000 $ pour
l'intelligence artificielle de métier. Alors, on a deux différents. Vous avez
dit, à la question 35, dans le cahier des questions des
renseignements personnels... particuliers, c'est-à-dire, que ça vous a permis
d'améliorer la qualité des projets, la réduction des risques, l'accélération de
livraison, la... la fiabilisation des données puis l'optimisation de
l'exploitation immobilière. Alors, est-ce que ça va finir par remplacer les
humains, l'intelligence artificielle, chez vous, madame?
Mme Bourgeois (Caroline) : C'est une
question beaucoup trop vaste pour mon secteur, là. C'est de... Je pense qu'on a
beaucoup de... On a beaucoup à continuer à apprendre puis à s'adapter en
matière d'intelligence artificielle. C'est certain que nous, on veut saisir les
opportunités que ça offre.
Vous avez parlé de commodité et de métier. Donc,
les commodités, c'est ce que tout le monde peut utiliser tous les jours pour
aider à être plus efficace, puis, métiers, bien, on va voir comment on peut
aussi s'améliorer, nous, dans la productivité
et dans la... dans l'efficience sur des éléments qui nous sont directement
dévolus. Comme par exemple, le contrôle des plans et devis, on a un...
on développe aussi un logiciel de gestion de projet et on voit comment l'intelligence artificielle pourrait nous aider
peut-être à simplifier puis à livrer plus vite certaines modalités ou certaines
fonctionnalités pour nous... pour
nous accompagner, donc, comme... comme n'importe quel citoyen ou n'importe
quelle entreprise, mais on a pris les devants aussi. On n'attend pas que
ça... que ça nous dépasse. On s'encadre. On est systématiques, chez nous,
formation, éthique, sur l'utilisation de l'intelligence artificielle.
Mme
Rotiroti : Parfait. Ça rassure les architectes puis les ingénieurs
qu'on n'est pas là pour les remplacer, n'est-ce pas?
Conversion d'édifices
à bureaux en logements. J'ai eu l'occasion, les deux derniers crédits, de poser
cette question-là. On se souvient qu'il y a des immeubles qui appartiennent à
la SQ. Puis là on était dans une époque de COVID, alors il y avait beaucoup de
télétravail. On se posait la question si les gens revenaient à leurs bureaux,
mais qu'est-ce qu'on faisait avec ces espaces de bureaux là. Et on avait le
premier ministre, à l'époque, qui disait : Bien, pourquoi ne pas les virer
en logements, pourquoi ne pas se servir de ces immeubles-là, qui appartiennent,
dans le fond, à la SQI, mais de les convertir en logements? Alors, je ne sais
pas où est-ce qu'il est rendu... Pouvez-vous nous dire où est-ce qu'il est rendu,
ce projet-là? Est-ce qu'il est toujours sur votre radar ou est-ce que vous avez
totalement abandonné le fait de convertir
ces bureaux-là sous le prétexte que tout le monde retourne au bureau, hein?
Alors, il y a peut-être moins d'espace. Pouvez-vous juste me clarifier,
un, avez-vous moins d'espaces de disponibles? Puis est-ce que, ces espaces-là,
il y a toujours la possibilité de les convertir en bureaux de logement?
• (12 h 10) •
Mme Bourgeois
(Caroline) : OK. Bien, tout d'abord, ce n'est pas dans la mission de
la SQI de faire du logement, OK? Par contre, la conséquence positive aussi,
parce qu'il y en a plusieurs, du plan d'optimisation des espaces à bureaux de
l'administration gouvernementale, c'est qu'en... notre objectif étant de
libérer des espaces locatifs pour concentrer le plus grand nombre dans nos
propriétés, ces espaces locatifs là puis ces immeubles qu'on délaisse aux
fins... à la fin des baux, souvent, les propriétaires qui sont... qui perdent
la location gouvernementale vont saisir l'opportunité de convertir ces
immeubles-là en logements. Donc, on a... on a... Il y a eu déjà quelques cas, mais il y a eu... Je pense, à Place d'Youville, il
y a des orientations qui sont faites pour des immeubles qu'on va laisser.
Il y a un édifice aussi qu'on pourrait...
qu'on pourrait vendre sur le chemin Sainte-Foy. Il y a des... différentes
solutions, mais ce n'est pas la SQI qui convertit ces immeubles de sa
propriété en logements. Donc, c'est vraiment la conséquence d'avoir libéré des
locations qui va faire bénéficier peut-être à une plus grande offre de services
en logement sur le marché global.
Mme
Rotiroti : OK. Ça fait que vous n'êtes pas en mesure de me dire s'il y
a eu des espaces de bureaux qui ont été convertis. Vous n'avez pas ces chiffres-là,
comme l'année passée, c'est ça?
Mme Bourgeois
(Caroline) : Bien, c'est... En fait, je pourrais vous donner l'exemple
du 3700, Berri, qu'on a vendu, l'ancien Institut des sourdes-muettes, qui était
les... qui était les locaux de la Corporation d'hébergement du Québec avant
qu'ils soient fusionnés avec la SQI au début des années 2010. Cet
édifice-là vient d'être vendu, en avril, et il va être... En fait, c'est un
complexe, là. Il va être converti en logements par le promoteur qui l'a acheté.
Mais ce n'est pas le rôle de la SQI de convertir ou de s'occuper des logements.
Mme
Rotiroti :
Non, je comprends.
Mme Bourgeois
(Caroline) : C'est le rôle de la Société d'habitation du Québec.
Mme
Rotiroti :
Oui, de l'habitation, absolument. Parfait.
Maisons des aînés.
Alors, nous avons demandé, en accès à l'information, une copie du bilan du
programme des maisons des aînés, M. le ministre, qui a été présenté au CA le
1er mai 2025. On a reçu le document. Je l'ai ici. Je pourrais le déposer, mais
je ne sais pas si ça va donner grand-chose, parce que c'est des pages noires,
comme ça. Je n'ai aucune, aucune... C'est des pages et des pages noires,
aucune... Tout a été caviardé.
Alors, est-ce que...
Bon, la question se pose : Qu'est-ce que vous ne voulez pas qu'on sache?
Mais, encore pire, qu'est-ce que vous ne voulez pas montrer aux Québécois? Puis
ça, les maisons d'aînés, là, il va falloir que ce soit bien clair, là, ce n'est
pas le gouvernement précédent, ce n'était pas dans nos cartons, ce n'étaient
pas des choses qu'on envisageait, comme vous l'avez fait, c'est vraiment le
bilan qui vous appartient. Et on a quand même dépensé 2,9 milliards de
l'argent des contribuables.
Alors, est-ce que... M. le ministre, premièrement,
avez-vous le document? Si oui, est-ce que c'est un petit peu plus beau de
qu'est-ce qu'on a reçu, nous? Parce que c'est complètement, comme je vous dis,
complètement caviardé. Il n'y a pas une page, à part des belles photos,
là, pour nous montrer comment que c'est beau. Si vous pouvez vous engager de
nous déposer le document non caviardé...
M. Girard
(Groulx) : Bien, je ne suis pas responsable de l'accès à
l'information, là. Contrairement à ce que vous pensez, là, les ministres ne
jouent pas là-dedans, là. Alors, ce n'est pas moi, là, qui choisis ce qui est
divulgué. Vous faites vos demandes d'accès à
l'information, puis c'est traité professionnellement, puis je n'ai rien à voir
là-dedans.
Quant aux maisons des
aînés, bien, qu'est-ce que je peux vous dire? Effectivement, ça a coûté
2,8 milliards. Là, vous, vous dites 2,9 milliards, mais on peut s'entendre, 2,8, 2,9. Il s'est créé
3 500 places dans 46 maisons des aînés, et puis le coût
moyen prévu était supposé être de 678 000 $ par place, puis le coût
moyen s'est terminé à 804 000 $ par place. Et puis, depuis, bien, on
a pris des mesures, puis l'objectif, c'est de ramener le coût à
600 000 $ par place. Et puis c'est certain que les maisons des aînés,
c'est des projets, là, qui étaient exceptionnels au niveau de la qualité de
vie, mais qui étaient plus dispendieux.
Mme
Rotiroti :
Oui, bien, moi, c'était plutôt le niveau de transparence, M. le ministre. Puis
je comprends que vous dites : Bien, ce n'est pas sous ma responsabilité
parce que c'est au ministère de la Santé...
M. Girard
(Groulx) : Mais, si vous faites une demande d'accès au ministère de la
Santé, là, vous comprendrez, là, que le ministre des Finances ou le ministre
des Infrastructures n'est pas responsable de ça, là.
Mme
Rotiroti : Non,
mais le ministre peut...
M. Girard (Groulx) : Ça fait que je
ne m'engage pas à me substituer aux processus qui sont en cours...
Mme
Rotiroti : OK.
Bon, parfait, vous ne voulez pas vous engager de déposer un...
M. Girard (Groulx) : Non.
Mme
Rotiroti :
Parfait. Excellent. On va continuer à faire la demande...
M. Girard (Groulx) : Par contre, je
suis une personne très transparente. Alors, si vous avez des questions... Mais
là je vois qu'on a les mêmes chiffres, 2,8 milliards pour
3 500 places, 46 maisons des aînés...
Mme
Rotiroti : Bien,
écoutez, moi, il faut que je prends... Oui, bien là...
M. Girard (Groulx) : ...un coût
moyen de 804 000 $ par place.
Mme
Rotiroti : Bien,
il y a un écart. Moi, j'ai... Oui, bien, on ne s'obstinera pas. Vous, vous
dites 2,8. Moi, j'ai 2,9. Puis, pour le reste des chiffres que vous me donnez,
je dois me fier sur les chiffres que vous me donnez parce que je ne les ai pas.
Alors, je ne peux pas... Je n'ai aucun comparable à faire, ça fait qu'il faut
que je prends votre parole. Alors, merci beaucoup pour les chiffres que vous me
donnez.
M. Girard (Groulx) : Bien, j'ai bien
des défauts, mais je ne suis pas responsable de l'accès de l'information au
ministère de la Santé.
Mme
Rotiroti : Je
comprends. Je comprends.
Une voix : ...
Mme
Rotiroti : Bien,
c'est parce que c'est ça, c'est la SQI qui est responsable des maisons des
aînés, monsieur... de la construction des maisons des aînés. Oui, le projet
émane de le ministre de la Santé ou le ministère de la Santé, mais, en bout de
ligne, c'était la SQ, alors... la SQI, qui est sous votre gouverne.
M. Girard (Groulx) : Oui, mais, tous
les projets qui sont en réalisation, là, tout est public, là, et là...
D'ailleurs, la preuve, c'est qu'on a le même chiffre, là, 2,8 milliards
pour 3 500 places, 46 maisons des aînés.
Mme
Rotiroti : Bien,
alors, je vais peut-être mieux m'exprimer.
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
Mme
Rotiroti : J'ai
devant moi le document que je vous ai montré, qui est caviardé.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Mme
Rotiroti : Et
c'est le bilan des maisons des aînés et alternatives au CA de la SQI. Alors,
ça, c'est une rencontre qu'il y a eu avec le CA de la SQI.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Mme
Rotiroti : J'ose
espérer, j'ose espérer qu'avec le CA ils ont eu l'ensemble du portrait, ils ont
eu le document non caviardé. Alors, ça, la SQI, de... que je sache, c'est sous
votre gouverne, comme responsable.
M. Girard (Groulx) : Oui. Alors, la
question...
Mme
Rotiroti : Alors, moi, je vous demande... Alors, la
question, c'est : Le document que j'ai ici, qui est le bilan qui
est... de la maison des aînés qui a été présenté au CA de la SQI, que moi, j'ai
reçu via une demande d'accès à l'information complètement caviardé, est-ce que
vous vous engagez de me donner le format non caviardé?
M. Girard (Groulx) : Non, parce que
je ne suis pas responsable de l'accès à l'information. Alors, j'ai...
Mme Rotiroti : Bien, vous êtes
responsable, M. le ministre. Vous êtes... La SQI est sur votre gouverne.
M.
Girard (Groulx) : Oui, mais la politique d'accès à l'information...
Mme
Rotiroti :
Là, on joue sur les mots, M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : ...ne relève pas du ministre, là. Ce n'est pas comme si je
fais un... je prends mon téléphone cellulaire puis je dis : Caviardez, ne
caviardez pas, là.
Mme
Rotiroti : Oui, mais moi, je vous dis qu'il y a d'autres ministres
dans... qui ont déjà accepté de déposer des documents. Vous, c'est non.
M. Girard
(Groulx) : Bien, moi, ma politique... Je crois beaucoup aux rôles et
responsabilités, puis, si le ministre se met à descendre dans la salle des
marchés puis à faire des émissions sur les marchés financiers, il ne comprend
pas son rôle.
Mme Rotiroti : OK. Bien, moi, je...
Écoutez, M. le ministre, c'est une question de transparence. C'est un document qui
a déjà été rendu public, parce que, de toute évidence, les membres du CA l'ont.
Alors, ce n'est pas quelque chose que je vous demande qui est confidentiel...
M. Girard
(Groulx) : Bien, je n'ai pas autorité pour faire ça.
Mme
Rotiroti : ...qui pourrait mettre en péril la construction de ces
maisons-là. Ce n'est pas ça que je vous demande. C'est un document qui, de
toute évidence, a déjà été public, qui... Il y a plusieurs personnes qui l'ont.
M. Girard
(Groulx) : Mais il n'a pas été public, là. Le CA de la SQI, ce n'est
pas public.
Mme
Rotiroti : Bien non, mais, je veux dire, il y a des gens autour de la
table qui l'ont... qu'il n'est pas caviardé, alors...
M. Girard
(Groulx) : Oui. Ils sont... Ils travaillent pour le CA.
Mme
Rotiroti : OK. Parfait. Alors, nous, on n'a pas le droit de savoir
combien ça a coûté puis combien ça coûte aux contribuables. Ça, ce n'est pas
notre... Parfait.
M. Girard
(Groulx) : Bien, je ne comprends pas, parce que, les projets qui sont
en réalisation, les chiffres sont publics. Alors, les maisons des aînés sont
réalisées, 3 500 places, 46 maisons des aînés,
2,8 milliards.
Mme
Rotiroti : ...c'est quoi que vous avez révisé, le coût initial versus
le coût final. C'est ce genre d'information là. Pour être capables de faire une
meilleure reddition de comptes, c'est ce genre d'information là qu'on a besoin
dans l'opposition officielle. Je planche... Depuis le début de nos crédits, M.
le ministre, je plaide, je vous pose des questions spécifiques sur des chiffres
parce que les chiffres qu'on voit puis les chiffres qu'on reçoit ne sont pas
tout à fait les mêmes. Alors, si on veut comparer des pommes avec des pommes,
il faut bien que j'aie les bons chiffres. Alors...
M. Girard
(Groulx) : Est-ce que vous voulez que la présidente de la SQI vous
parle de l'évolution des coûts dans les maisons des aînés?
Le Président (M.
Laframboise) : C'est tout le temps que nous...
Mme
Rotiroti : Non...
Le Président (M. Laframboise) : C'est
tout le temps que nous avons, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Donc, j'avais une demande de suspension de cinq
minutes prise sur le temps du gouvernement. Est-ce que ça va? Donc,
consentement? Ça va? Donc, on revient dans cinq minutes.
(Suspension de la séance à
12 h 19)
(Reprise à 12 h 25)
Le Président (M.
Laframboise) : Donc, il nous reste... Nous allons maintenant passer à
l'intervention de Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice pour
4 min 30 s.
M. Girard
(Groulx) : Je pensais qu'on finissait à 12 h 45, mais on
finit à 12 h 30.
Le Président (M.
Laframboise) : 12 h 30, oui. Allez-y, madame.
M.
Girard (Groulx) : ...j'ai pris un break avec cinq minutes à faire en
troisième période.
Le Président (M.
Laframboise) : Allez-y.
M. Girard
(Groulx) : J'aurais pu... j'aurais pu toffer.
Mme Tardif : C'est
la supplémentaire. C'est la supplémentaire.
M. Girard
(Groulx) : Allez-y.
Mme Tardif : On
va voir qui va gagner. Bien, bonjour, tout le monde. Merci d'être là. Merci à
tous les fonctionnaires aussi et à tous les collaborateurs, là. C'est précieux.
On sait à quel point ça demande beaucoup de travail, ces études de crédits là.
Même si on ne vous questionne pas, on sait tout le travail que vous avez fait.
Depuis longtemps,
depuis des décennies, on peut le dire, on l'a constaté, là, il y a eu... Est-ce
que le mot «négligence» est acceptable, M.
le Président? Donc, moi, je dirais, et c'est ce qu'on reçoit aussi de nos
citoyens, il y a quand même eu de la négligence par rapport à
l'entretien des infrastructures publiques au Québec, du sous-investissement
chronique. Et, quand on est arrivés, on est arrivés avec ce cadeau empoisonné
là, un déficit d'entretien important.
On a, depuis 2018,
investi, vous l'avez dit, là, entre autres, dans 400 projets de plus de
20 millions de dollars chaque. Et les conséquences, malheureusement,
quand on n'entretient pas des bâtiments, des infrastructures, c'est non
seulement des conséquences qui sont sur du béton, sur des bâtisses, mais aussi
sur la qualité des services qu'on offre aux citoyens et citoyennes. Donc, ce
qu'on a voulu faire et ce qu'on fait depuis 2018, je pense, c'est de donner
davantage de services de qualité, et c'est ce vers quoi on s'en va.
Mais je veux avoir une réponse, donc, je
raccourcis mon préambule et je vous demande concrètement, parce que les
gens me le demandent aussi en circonscription, nous le demandent... On a un
actif, en valeur, de 450 milliards de dollars d'actif en infrastructures au Québec. C'est énorme. Quelles sont
les principales orientations qui vont être prises, qui vont guider la poursuite pour le rattrapage au
cours des prochaines années? Parce qu'on n'a pas terminé ce rattrapage-là.
M. Girard
(Groulx) : OK. Alors, cette stratégie-là, là, de résorption du
maintien d'actif, c'est extrêmement important. Et on divulgue, là, qu'on a un
déficit de maintien d'actifs de 45 milliards, qu'on en prend en charge
63 %. Ça correspond à 28 milliards. Et puis ce... Là, ce qu'on voit,
dans le fond, c'est qu'on est capables de résorber le maintien d'actif en
santé, en éducation, en enseignement supérieur, mais que les efforts ne sont
pas suffisants en transport et en transport en commun. C'est essentiellement
les grands constats.
Et là ce qu'on doit
faire, bien, c'est... on doit augmenter les sommes pour le maintien d'actif.
Alors, dans le... Cette année, là, les sommes ont augmenté en dollars et en
pourcentage, et là... Est-ce que vous avez le graphique, le maintien d'actif?
Une voix : ...
M. Girard
(Groulx) : Bien, elles ont augmenté en dollars et en pourcentage, et
là on va devoir continuer d'augmenter les dollars puis les pourcentages, et, à
dollars constants, ça veut dire moins de bonification. Alors, ça, c'est les
sommes?
Une voix :
...
M. Girard
(Groulx) : OK. Alors, on a le total sur 10 ans qui est... qui est
rendu à 106 milliards. Par exemple, en 2018‑2019 c'était 58 milliards,
OK? Alors, ça a doublé en maintien. Les sommes pour cette année... oui, je
pense que c'est le même graphique, 12,5 milliards, et, par exemple, en 2018‑2019,
c'était 6.
Alors, il y a un effort qui est fait, mais il
n'est pas suffisant parce que l'ensemble de nos infrastructures ont été
construites dans les années 60 et 70. Alors, il va falloir, un, continuer
de faire des efforts en dollars, en pourcentage. Collectivement, on doit
accepter le fait qu'on va devoir prioriser le maintien sur la bonification pour
une certaine période. Et il va falloir... Là, je vais mettre en garde tous les
gens qui vont dire que cette priorisation-là au maintien par rapport à la
bonification, c'est excellent, sauf pour les projets de bonification qui les
concernent.
• (12 h 30) •
Le Président (M. Laframboise) : Merci.
Merci beaucoup, M. le ministre. C'est tout le temps... Merci, Mme la
députée de Laviolette—Saint-Maurice.
C'est tout le temps que nous avions.
Adoption des crédits
Le temps alloué à l'étude du volet Finances, Infrastructures,
des crédits budgétaires du portefeuille Conseil du trésor,
Administration gouvernementale et Efficacité de l'État étant presque écoulé,
nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits. Le
programme 6, intitulé Soutien aux infrastructures gouvernementales, est-il
adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
Le Président (M. Laframboise) : Sur
division. Adopté sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Finalement,
l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Conseil du trésor,
Administration gouvernementale, Efficacité de l'État pour l'exercice
financier 2026‑2027 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté
sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux au mercredi 27 mai 2026, à 15 heures, où elle entreprendra
l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Cybersécurité et Numérique.
Merci.
(Fin de la séance à 12 h 31)