Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Finance
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Thursday, June 4, 2026
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Vol. 49 N° 9
Clause-by-clause consideration of Bill 5, An Act to accelerate the granting of the authorizations required to carry out priority national-scale projects
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11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures cinquante et une minutes)
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, à l'ordre s'il vous plaît, ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission des finances publiques ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques. La Commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations
requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Caron
(Portneuf); Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord) et Mme Zaga Mendez (Verdun) est remplacée par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Laframboise) :
Merci, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux d'hier, nous
en étions à l'étude de l'article 23. Il y a-t-il d'autres interventions
sur cet article? M. le... M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, bonjour.
Merci, M. le Président. Bonjour à tout le monde. Content d'être de retour sur l'étude
détaillée du projet de loi n° 5. Comme je le mentionnais hier à la fin de
notre conversation... Ça va être bruyant, hein, juste que les gens sachent, là,
qu'on... il y a des... il y a des problèmes de climatisation et que... C'est ça,
bref, peut-être les portes resteront ouvertes. En tout cas, peu importe.
Donc, hier, comme je l'ai mentionné, j'avais
une discussion quand même intéressante avec M. le ministre pour savoir, le
régime d'exception s'applique sur combien de temps, en fait, de la durée du
projet. Et ce que j'ai compris hier, c'est que l'ensemble du projet lui-même
pouvait être... pouvait faire l'objet d'un... Sur la durée de vie, hein,
complète, en fait, du projet, pouvait être assujetti à des assouplissements et
à un régime d'exception, ce qui est quand même assez particulier, on aura sans
doute la chance de rediscuter de ça.
J'ai... je voudrais déposer un amendement,
s'il vous plaît, sur un aspect, là, connexe. Merci beaucoup. Donc, si on peut
suspendre.
M. Girard (Groulx) : ...
M. le Président.
M. Grandmont : Ah oui,
absolument, avant de déposer... l'amendement, oui, absolument.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, ça dépendra évidemment de l'exception, parce que c'est, comme on a
mentionné hier, c'est du cas par cas. Alors, c'est certain que, si on modifie
une disposition de l'article de l'annexe I, bien, il y aura une raison pour ça,
puis on va venir baliser ça avec 26 et toute la section 3. Mais c'est du
cas par cas, donc ça va dépendre, c'est quoi le projet d'intérêt stratégique et
d'envergure nationale et quelle modification aura été faite à une loi de l'annexe
I.
M. Grandmont : On se
comprend, mais un projet minier, par exemple, c'est des projets qui peuvent s'échelonner
sur une centaine d'années. On a déjà des régimes d'exception qui existent, les
autorisations ministérielles, on le sait, là, puis on a augmenté la durée, en
fait, des autorisations ministérielles dans le... dans le projet de loi
n° 11, récemment. Je dis, on, le gouvernement.
Mais... Et là, dans le fond, ce que vous
nous dites, c'est que pour un projet qui pourrait durer une centaine d'années,
évidemment, au cas par cas, mais si... Le régime d'exception pourrait s'appliquer
à ce projet de loi là qui pourrait avoir une durée de 100 ans. Ça pourrait
arriver.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que, de la façon que vous construisez votre exemple, là, oui, ça
pourrait être le cas.
M. Grandmont : D'accord.
M. Girard (Groulx) : Mais...
je n'ai pas... je n'ai pas soumis, là, de projets miniers avec 100 ans de
durée de vie et une modification à disposition de l'annexe I, à toute
disposition de l'annexe I. Ça fait que faudra voir c'est quoi le projet, là. Je
pense que l'idée, c'est toujours d'agir professionnellement, puis dans l'intérêt
supérieur du Québec, là, qu'on a... on a trouvé un nouveau nom, là, l'intérêt
public. J'ai ma propre définition, pour le mien, pour mon terme. Et donc, ça
devra être soupesé.
M. Grandmont : C'est... c'est
de l'intérêt public que vous avez votre propre définition?
M. Girard (Groulx) : L'intérêt
supérieur du Québec.
M. Grandmont : Et c'est
donc... c'est... Vous avez votre propre définition de l'intérêt supérieur du
Québec.
M. Girard (Groulx) : Non,
mais parce qu'on... on en a une, de l'intérêt public, là, on en a discuté.
Alors... Comme...
M. Girard (Groulx) : …en
utilisant un autre terme, j'ai dit que j'avais ma propre définition.
M. Grandmont : D'accord. Donc
j'aimerais qu'on suspende, s'il vous plaît. On va déposer un amendement qui n'a
pas un lien fondamental avec ça. Je voulais juste y revenir, là, mais, si on
peut suspendre, j'ai un amendement.
Le Président (M. Laframboise) :
Suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 55)
12 h (version non révisée)
(Reprise à 12 h 07)
Le Président (M. Laframboise) : Lors
de la suspension, nous étions toujours à l'analyse de l'article 23. Il y avait
un amendement que M. le député de Taschereau… à déposer. M. le député.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Donc, effectivement, sur l'article 23, on a une
proposition d'amendement. Il est affiché, c'est parfait, je vais donc pouvoir
le lire. «Ajouter à la fin de l'article 23 du projet de loi, les alinéas
suivants : Toute autorisation octroyée en vertu du premier alinéa doit
préalablement avoir fait l'objet d'une analyse d'impact réglementaire par le
gouvernement, conformément à la Politique gouvernementale sur l'allègement
réglementaire et administratif. Cette analyse doit être rendue publique au
moment de l'octroi de l'autorisation.». L'article 23 du projet de loi, tel qu'amendé,
se lirait ainsi «Le gouvernement peut, dans le but d'accélérer la réalisation d'un
projet désigné ou afin de permettre l'exercice d'activités qui découlent… qui
découlent d'un projet désigné à la suite de sa réalisation et qui ne peuvent
être conformes aux normes applicables, modifier l'application de toute
disposition d'une loi visée à l'annexe I ou d'un règlement pris pour son
application. Toute autorisation octroyée en vertu du premier alinéa doit
préalablement avoir fait l'objet d'une analyse d'impact réglementaire par le
gouvernement, conformément à la Politique gouvernementale sur l'allègement
réglementaire et administratif. Cette analyse doit être rendue publique au
moment de l'octroi de l'autorisation.».
Alors, si vous le permettez, je vais
expliquer un peu mon… amendement. Bon, d'abord, évidemment, il y a un outil
administratif qui existe, qui a été créé par le gouvernement lui-même, c'est l'analyse
d'impact réglementaire. Pour ce que je souhaite faire à travers ça, à travers l'article
23, c'est imposer de la rigueur, de la transparence, qui, à l'heure actuelle,
est manquante dans le projet de loi 5. Je l'ai dit souvent, mais… et puis c'était
partagé par plusieurs des acteurs qu'on a rencontrés lors des audiences
particulières, tout le processus, là, est très opaque, manque de transparence
et s'apparente beaucoup à un chèque en blanc législatif qui permet de modifier
des lois par décret. Donc, en liant l'article 23 à la Politique gouvernementale
sur l'allègement réglementaire et administratif, ce que je cherche à faire, c'est
que le ministre des Finances doive chiffrer, analyser, justifier publiquement l'impact
réel de ces… de ces accommodations qu'il offre, dans le fond, à l'industrie, aux
entreprises, en fait aux porteurs de projets.
• (12 h 10) •
Donc d'abord, je pense qu'il y a d'abord
une notion de cohérence de l'État, là, que je veux souligner à travers cet
amendement-là, que je veux renforcer. Bon. Le Secrétariat du Conseil du trésor
exige déjà des ministères qu'ils fassent une analyse d'impact réglementaire
pour s'assurer que l'adoption d'un règlement ne nuise pas de façon injustifiée
aux entreprises, aux citoyens et aux finances de l'État, évidemment.
Évidemment, le gouvernement ne peut pas exiger de tous ces ministères qu'ils
respectent scrupuleusement la Politique sur l'allègement réglementaire lorsqu'il
s'agit de petites modifications administratives. Puis, en même temps, c'est
exempté de ses propres règles lorsqu'il décide, par décret, de modifier l'application
d'une loi pour un méga projet industriel. Alors, mon amendement vise simplement
la cohérence de l'État. Moi, je pense que, si M. le ministre est…
M. Grandmont : ...convaincu
qu'une dérogation réglementaire peut être bénéfique pour la réalisation d'un
projet industriel de grande ampleur, et donc potentiellement aussi d'impacts
majeurs sur l'environnement, d'impacts majeurs sur la santé des populations,
donc, des écosystèmes, de milieux naturels qui rendent des services économiques
absolument incroyables et fort... fort bénéfiques. Bien, moi, je pense que le
M. le ministre devrait avoir aucune réticence à soumettre une dérogation à un
test de l'analyse d'impacts que le gouvernement a lui-même mise en place.
Ensuite, évidemment, ce que je souhaite
faire à travers cette proposition d'amendement là, c'est de contrer le côté
arbitraire économique, en mesurant les coûts réels pour la collectivité. Je
pense que c'est une notion qui est quand même assez importante. J'en ai parlé
hier, mais j'y reviens quand même, c'est important. On a tendance, au Québec,
même si on est très bon sur plusieurs aspects environnementaux, on a une
fâcheuse tendance de négliger les aspects collatéraux, les impacts collatéraux
qu'amènent les projets... toutes sortes de projets, hein, les projets
industriels, mais aussi les projets routiers, on pourrait dire aussi, là.
Je ne peux... Je pourrais donner un
exemple très, très évocateur, très clair, sur lequel je travaille avec mon
collègue de Jean-Lesage depuis quand même un bon petit bout de temps, même
avant que je sois moi-même député... je sois devenu député à l'Assemblée
nationale en 2022. C'est la question des transports et de l'impact sur les
populations. Je vais même prendre un exemple très précis, qui relève des
compétences de M. le ministre des Finances, parce que la SAQ, ça relève des
finances, à ma connaissance, il me semble bien. Monsieur... Oui, effectivement,
on me confirme que c'est bien ça. Pardon, excusez-moi. La SAQ, il y a, depuis
le début des années 2000... Bon, on le sait, le modèle de la SAQ est quand même
particulier au Québec, il n'est pas le même partout dans le monde. On a... des
juridictions...
M. Girard (Groulx) : ...loi n° 5, M. le Président.
M. Grandmont : Bien, je veux
faire mon explication.
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, c'est parce qu'il n'y a pas de lien.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y. Vous pouvez continuer, monsieur le...
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, la SAQ, c'est un monopole d'État, évidemment.
Et, depuis le début des années 2000, sous l'impulsion du gouvernement du Parti
québécois, on a exigé une augmentation des dividendes de la SAQ, ce qui a amené
la... les dirigeants de la SAQ à augmenter, trouver des moyens pour renflouer
les coffres de l'État et à explorer des nouvelles façons d'organiser la vente,
la distribution d'alcool au Québec. Avant, on avait des SAQ sur les rues
commerciales un peu partout au Québec, mais on s'est mis à développer dans les
dernières années des SAQ Dépôt et à enlever les SAQ qui sont moins rentables,
je dis avec des guillemets, là, dans les rues commerciales, sur les rues
commerciales.
Or, à peu près tous les Québécois, toutes
les Québécoises vont à la SAQ une fois de temps en temps. Et quand on enlève
une SAQ de sur une rue commerciale, bien, évidemment, les gens vont aller là où
la distribution d'alcool se fait et donc n'iront plus sur leurs rues
commerciales. Premier impact, moins d'achalandage sur les rues commerciales.
Deuxième impact, c'est que si les SAQ se trouvent au croisement de deux
autoroutes, bien, c'est une utilisation accrue de l'automobile pour des gens
qui veulent aller acheter de l'alcool. Et donc, impact numéro 2, on a davantage
de trafic, davantage d'utilisation d'automobiles pour aller s'alimenter à la
SAQ. On a donc un effet qui n'était pas calculé au départ, qui n'est pas
calculé dans le bilan financier et dans le calcul des dividendes de la SAQ,
mais qui a un impact ailleurs, à la fois sur la vitalité et le dynamisme des
rues commerciales et sur la qualité de vie des gens...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député, je vous écoute, je vous entends. J'essaie que vous fassiez le
lien, là, avec le projet de loi puis les infrastructures, là, de la SAQ, là. Je
vous écoute, là, puis je voudrais juste que vous vous concentriez, là, sur le
projet de...
M. Grandmont : Ah, mais je
suis très...
Le Président (M. Laframboise) :
...sur le projet de loi. Non, mais vous êtes concentré à perdre du temps, là,
peut-être, là. Fait que...
M. Grandmont : Excusez-moi,
M. le Président, vous avez dit quoi?
Le Président (M. Laframboise) :
...je vous le dis, j'essaie juste d'évaluer si vous ne perdez pas de temps,
tout simplement. C'est juste ça, là.
M. Grandmont : Non, je gère
bien mon temps, mais j'aimerais qu'on ne me prête pas d'intention, s'il vous
plaît, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Je ne vous prête pas d'intention...
M. Grandmont : ...merci.
Le Président (M. Laframboise) :
...je veux juste que vous vous concentriez sur le projet de loi qui est déposé
devant vous.
M. Grandmont : Parfait,
exactement, j'étais en train de conclure mon exemple pour montrer qu'on a cette
fâcheuse tendance, au Québec, à ne considérer les projets que sous un seul
angle. On ne pense pas... On pense en silo, on ne pense pas de manière
transversale et on oublie les impacts que peuvent occasionner des projets. Et
donc, je refais... je reviens, je termine mon exemple en disant que ce que je
veux faire, en fait, avec ce... avec mon amendement, c'est éviter...
M. Grandmont : ...que des
projets qui seraient désignés par le ministre des Finances aient des impacts
qui n'auraient pas été calculés, de la même façon qu'on le fait mal au Québec,
comme dans mon exemple de la SAQ.
Donc, évidemment, modifier une disposition
législative réglementaire pour un projet spécifique, priorisé, privilégié,
choisi par le ministre des Finances peut accorder un avantage concurrentiel
injuste à un promoteur, tout en transférant des coûts, notamment
environnementaux, routiers, sanitaires. Parce qu'il y a un lien très fort entre
la présence de transport et des impacts sur la santé, notamment
cardiovasculaire, des populations, des collectivités et des municipalités qui
sont à proximité de ces projets.
Prenez l'exemple, par exemple, de
Contrecoeur. Contrecoeur, bon, ce n'est pas, évidemment, un projet qui va être
visé par le PL no 5, là, M. le ministre l'a rappelé, évidemment,
hier, c'est probablement plus le fédéral, en fait, c'est un projet fédéral,
parce que c'est un projet portuaire, évidemment, dans lequel le gouvernement du
Québec a investi, cela dit.
Mais il reste quand même que pour les
habitants de... des petits villages, des villes qui sont à proximité du port de
Contrecoeur, bien il y a un impact qui n'est malheureusement pas calculé dans
les coûts-bénéfices de ce projet-là par le gouvernement fédéral et par,
évidemment, aussi, le promoteur, celui de l'impact sur la qualité de vie des
gens. Leur qualité de vie, parce qu'on pourrait voir passer des milliers de
camions dans ces villages-là. Et c'est d'ailleurs un des arguments qu'ils utilisent
pour s'opposer à ce projet-là.
Et donc aussi, donc d'un point de vue de
sécurité routière, mais d'un point de vue aussi de qualité de l'air, ce qui est
super important parce que déjà dans ce secteur-là, il y a déjà une pollution de
l'air qui est très importante, déjà une pollution de l'air qui est très
importante. Il y a plein d'autres compagnies, d'industries qui sont à
proximité.
Alors, on ne tient pas compte et moi,
j'aimerais ça, moi, que, M. le ministre, comme il aura la possibilité d'octroyer
des permissions spéciales à des entreprises, qu'il s'assure que les
collectivités seront protégées. Les lois actuelles ne sont pas suffisantes pour
protéger les collectivités, pour protéger la santé des gens, pour protéger
l'environnement aussi. Trouvons des moyens pour que ce projet de loi là fasse
mieux.
Si on est pour créer des régimes
d'excession... d'exception et aussi, pour reprendre des mots de certains des
intervenants qu'on a entendus, si le PL no 5 devient un projet
pilote, de nouvelles mesures ou de nouvelles façons de faire sur l'octroi
d'autorisations pour des projets qu'on voudrait étendre à davantage de projets
au Québec, si c'est un projet pilote, assurons-nous qu'il nous emmène dans la
bonne direction.
Moi, faire des projets pilotes pour
baisser la barre en termes d'exigences environnementales ou sanitaires, je
pense qu'on est en train de passer à côté d'une maudite belle occasion. Si on
vise remonter la barre, viser l'excellence, tant mieux, on est prêt à regarder
ça avec le ministre des Finances, évidemment, puis c'est ce que je fais...
j'essaie de proposer avec mes amendements.
Donc, il faut absolument s'assurer que...
Puis c'est ce que propose mon amendement, là, c'est que le gouvernement doit
faire un calcul coûts-bénéfices rigoureux avant de signer un décret
d'exception. Ce que je veux, c'est éviter des décisions à l'aveugle qui
seraient dictées par l'urgence ou politique ou économique. C'est bien
important, M. le Président, de le faire.
Maintenant, il y a tout l'enjeu de la
transparence qui, évidemment, a un rôle, évidemment, là, je le disais, puis je
le répète encore, parce qu'encore une fois, pour moi, c'est un pilier
fondamental de ce que devrait être le développement économique au Québec. C'est
l'argument de la transparence... qui nous aide, par ailleurs, à aller chercher
l'acceptabilité sociale.
Il faut sortir, je pense, les décrets
ministériels, puisque c'est... c'est le... la clé, en fait, de voûte de
l'autorisation des différents projets. Il faut sortir les décrets de l'opacité.
Le processus est... est extrêmement opaque. On doit trouver des moyens de le
rendre beaucoup plus transparent.
Vous savez, on a entendu plusieurs groupes
lors des audiences, notamment le CQDE, la Fondation Rivières, le SFPQ et ces
organisations-là avaient toutes des critiques majeures sur le fait que le PL no
5 concentre des pouvoirs extraordinaires, extraordinaires au Conseil des
ministres, sans aucun mécanisme de reddition de comptes immédiats, aucun
mécanisme de reddition de comptes immédiats.
• (12 h 20) •
Donc, ma proposition, en fait, je
m'attarde, peut-être, précisément, là, dans ce cas-ci, au deuxième alinéa, là,
qui dit que : «Cette analyse doit être rendue publique au moment de
l'octroi de l'autorisation». Ça introduit une obligation de transparence que je
juge essentielle, M. le Président. Il faut rendre l'analyse d'impact publique
au moment de l'octroi de l'autorisation. La population du Québec, puis les
milieux économiques ont le droit de savoir pourquoi le gouvernement décide
de...
M. Grandmont : ...d'éviter
une loi existante pour un projet précis. Il y a plein de... plein d'arguments
qui pourraient sous-tendre cet... cet argument-là, notamment les arguments
économiques. On comprend que des entreprises seront avantagées par rapport à
d'autres. Et si on n'a pas cette possibilité d'avoir une analyse qui est rendue
publique, rendue... rendue publique au moment de l'octroi d'une autorisation,
bien l'industrie elle-même verra des avantages donnés à certaines compagnies plutôt
que d'autres, sans savoir le pourquoi.
Donc, d'un... Juste d'un point de vue
économique et de concurrence entre les entreprises, je pense qu'il y a là
quelque chose quand même qui est de la... qui relève de l'équilibre et de
l'uniformité des lois qui s'appliquent à l'ensemble des joueurs, peu importe
leur taille, peu importe leur provenance, peu importe le projet, peu importe,
où elles s'appliquent. Alors, si les arguments économiques et administratifs du
ministre des Finances sont solides, moi, je pense qu'au moment de l'octroi
d'autorisations, ils vont résister sans problème à la publication de cette
analyse-là.
Et puis, il y a toute la question aussi de
la transparence vis-à-vis... vis-à-vis l'acceptabilité sociale. La... l'opacité
d'un processus qui touche des projets qui sont majeurs, qui ont un impact
potentiel majeur, donc sur l'environnement, sur la santé des populations, ne
fait qu'alimenter le cynisme, alors que la transparence, au contraire, même si
les arguments ne seront pas toujours bien reçus ou pourront être à contre
argumenter, ça va quand même favoriser la confiance dans le processus. Et moi,
je pense que ça, c'est quand même assez essentiel, un peu comme le BAPE le fait
à d'autres étapes.
Je pense que j'offre au ministre, à
travers mon argument, à travers mon amendement, pardon, un mécanisme qui permet
de donner de la transparence et qui pose les bases d'un dialogue ouvert,
transparent avec la population. Vous savez, on a des exemples, là, il y en a
plein, là, j'ai demandé à mon équipe de me sortir une certaine revue de presse
de différents projets où les... la population se sent lésée dans sa capacité à
avoir accès à l'information, se sent lésée dans sa capacité à... Oui, ce ne
sera pas long. Se sent lésée dans sa capacité à avoir... avoir voix au
chapitre.
On parle, par exemple, du projet Lomiko
Metals, le projet La Loutre. Le projet a avancé contre l'avis des... des
citoyens. Le projet a été lancé, autorisé et il y a eu des référendums, puis
là, on se retrouve dans une impasse parce que les citoyens sont fortement
opposés à un projet, se sentent lésés dans le processus, ne se sentent pas
entendus, font un référendum, la majorité des gens votent contre ce projet-là
et on vient de bâtir, par manque de transparence, par manque de conversation
avec la population, une espèce de cul-de-sac, en fait, social dans lequel la
population s'oppose ouvertement à un projet. Puis ça remet en question les
échéanciers, je pense, de réalisation de ce projet-là.
Donc c'est un peu le genre de... de cul-de-sac
dans lequel je veux éviter que le ministre des Finances se retrouve à travers
son projet de loi, en augmentant la place qui est laissée à la transparence.
Le Président
(M. Laframboise) : Si vous permettez, M. le député de Taschereau,
peut-être votre collègue de Marguerite-Bourgeoys voudrait, avant que vous ayez
terminé tout votre temps, là, ça vous permettrait peut-être de lui répondre.
M. Grandmont : Oui, avec
plaisir, avec plaisir.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci.
Merci, M. le Président. Peut-être pour... pour l'information, pour le collègue
de Taschereau, nous avons préparé un amendement à l'article 26 qui touche
exactement le point du collègue au niveau de la transparence. Un amendement que
nous avons discuté avec le gouvernement, puis on s'est entendu sur une façon de
le présenter. Ça fait que moi, je pense que dans le contexte où est-ce que, si
c'est exactement ça, moi, je serais très, très à l'aise de partager
l'information avec le collègue, si ça peut nous aider à faire avancer, puis
passer au-delà de l'article 23.
Suggestion comme ça, puis j'envoie ça
dedans... dans l'univers, là, pour qu'on puisse avancer parce qu'évidemment,
pour nous, on pense que, tu sais, le développement économique du Québec est
extrêmement important, ça passe par des grands projets comme ça, puis le
développement économique du Québec permet au Québec d'avoir des revenus qui
permettent de pouvoir prendre soin de tout ce que vous mentionnez, de façon
permanente, là.
Ça fait que, donc, moi, je pense que ça
serait essentiel de pouvoir avancer. Je pense que
l'article 26 qu'on... qu'on veut amender nous amènerait directement,
là, à solutionner votre... votre position. Ça fait que je vous lance ça dans
l'univers, là.
Le Président
(M. Laframboise) : Parfait. De toute façon, il est déjà déposé
sur le Greffier, donc vous pouvez poursuivre, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui,
parfait. Effectivement, bien, j'irai... j'irai prendre le temps de le
consulter. Je remercie d'ailleurs le collègue de Marguerite-Bourgeoys de
prendre la parole, puis de...
M. Grandmont : …montrer son…
son attachement, finalement, aussi au… à l'augmentation, à l'amélioration de la
transparence dans les processus.
Je pense que c'est un point que je suis
heureux de voir partagé par l'opposition officielle, parce que ça démontre, en
fait, que ce processus-là, qui est élaboré par le ministre des Finances, a des
lacunes importantes au niveau de la transparence.
Donc, je vais quand même continuer
d'argumenter en espérant que monsieur le ministre accepte de voter en faveur de
mon amendement, puis on pourra regarder, évidemment, le 26.
Ça me fera un grand plaisir d'en discuter
avec le… le député de Marguerite-Bourgeoys.
Je terminerai avec quelques arguments
supplémentaires, là.
D'abord, je… je l'ai mentionné un petit
peu tantôt, mais je… on a un souhait, là, en fait, de rétablir l'équité, en
fait, là, pour l'ensemble des entreprises qui… qui… qui mènent des projets au
Québec, des associations économiques, là, dont la… la Fédération des chambres
de commerce du Québec, le Conseil du patronat du Québec, avaient rappelé
l'importance de la prévisibilité du droit, puis de l'équité concurrentielle.
Puis, évidemment, un processus qui… qui
donne certains passe-droits à la pièce, bien, ça favorise
disproportionnellement les grandes entreprises capables de faire, à la fois, du
lobbying, mais, là, capables aussi de faire des projets de plus grande
envergure qui pourraient se qualifier.
Ce qu'on a bien compris dans les quelques
bribes de critères évoqués par le ministre des Finances, quand on parle de
projets vraiment majeurs, c'est des projets d'envergure.
Ça le dit un peu dans le titre aussi. Puis
on sait aussi que c'est des projets qui pourraient faire plus d'un milliard de
dollars d'investissement.
On ne sait pas trop au niveau de… de la
partie gouvernementale, mais… mais on comprend qu'on a un des projets majeurs.
Donc, il y a une certaine forme d'iniquité
entre différents types de projets en fonction de capacité à faire du lobbying
et, d'autre part, ampleur de projets. Et donc… moi, je trouve ça
particulier qu'on crée des régimes d'exception alors que les PME du Québec,
elles, doivent suivre les règles qui… et les lois, qui ont cours au Québec à
100 %, sauf moyennant évidemment certains ajustements, comme les
autorisations ministérielles ou des permis de polluer. Mais il reste, quand
même, que, sur papier, quand on veut démarrer un projet, on doit respecter les
règles en place, on doit, on est assujetti si demande est faite à un bureau, à
une évaluation environnementale faite par le Bureau d'audiences publiques en
environnement, le cours des… de réalisation de projets est le même.
Les normes environnementales sont les
mêmes. Alors que là, d'un autre côté, bien, on favorise des gros joueurs qui
sont déjà, par leurs capacités exceptionnelles, leur taille exceptionnelle,
leur capacité à faire du lobbyisme, sont en mesure d'obtenir certains
privilèges que les PME du Québec ne pourraient pas, ne pourraient pas obtenir.
Moi, je pense que c'est un bris d'équité
commerciale qui est quand même assez majeur, qui n'est pas à l'avantage des PME
du Québec.
En exigeant une analyse d'impact
réglementaire obligatoire et publique, on s'assure que les dérogations
accordées ne viennent pas désavantager injustement nos entreprises locales ou
créer des distorsions de marché qui seraient inexplicables.
Les règles du jeu doivent demeurer
transparentes et surtout les mêmes pour tous les investisseurs.
Finalement, je… ce que j'aimerais à
travers mon amendement, c'est utiliser l'article 23 comme levier
d'amélioration continue pour l'État québécois. Le Conseil du… du patronat
et l'AEMQ, qui mentionnaient dans le… que le PL 5 devrait servir à
documenter les inefficacités structurelles de l'État afin de moderniser
l'appareil réglementaire de façon globale plutôt que de multiplier les
exceptions.
Si on doit modifier une modification en vertu…
une disposition de loi, pardon, en vertu de l'article 23, parce qu'elle
paralyse un projet créateur de valeur, ça, c'étaient leurs propos à peu près,
là, c'est peut-être signe que cette disposition-là, réglementaire, est désuète
pour tout le monde. Encore une fois, pourquoi permettre à une entreprise de
bénéficier de certains avantages, si une loi est désuète, et aux autres
entreprises de continuer à jouer dans un carré de sable où des lois sont
désuètes?
• (12 h 30) •
Je le dis, encore une fois, par exemple,
pour être bien sûr d'être bien compris, que les lois existent pour des raisons,
évidemment, mais que peut-être qu'avec le temps certaines lois mériteraient
d'être dépoussiérées. Mais pourquoi on favorise certaines entreprises plutôt
que d'autres, et particulièrement nos PME au Québec ? Moi, je… j'ai quand même une certaine… un
certain malaise par rapport à ça. Surtout quand on… on veut développer en
pensant nationalisme québécois. Moi, j'ai bien peur et j'ai des craintes qu'il
y ait des projets qui soient favorisés par le PL5, soient… ne soient pas des
entreprises québécoises. Et donc, on se retrouverait finalement à agir à
l'encontre de ce que le gouvernement, par ailleurs, essaie de prôner, un
nationalisme économique fort. Donc, au lieu de naviguer à vue, là, avec des
décrets à la pièce, moi, je pense que des analyses d'impact public
fourniraient, et à la population, mais…
12 h 30 (version non révisée)
M. Grandmont : …aussi au
Conseil du trésor, toutes les données nécessaires pour mener de véritables réformes
transversales.
Le Président (M. Laframboise) : ...c'est
tout le temps que vous aviez sur votre amendement. Est-ce que j'ai d'autres
questions, commentaires sur l'amendement? Donc, le vote…
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Par appel nominal? Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard
(Groulx) :
Contre.
La
Secrétaire : M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Contre.
La
Secrétaire : M. Caron (Portneuf)?
M. Caron : Contre
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) : Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons donc à l'étude de l'article 23.
Des questions, commentaires sur l'article 23?
Une voix : …
M. Grandmont : Parfait. Dans
ce cas-là, moi, j'aurais un amendement, s'il vous plaît, on demanderait une
courte suspension.
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
M. Grandmont :Merci…
(Suspension de la séance à 12 h 31)
(Reprise à 12 h 39)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
lors de la suspension, nous étions toujours à l'article 23. Notre collègue de
Taschereau avait un amendement à nous proposer. M. le député de Taschereau.
• (12 h 40) •
M. Grandmont : Oui, Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais gérer mon petit thé. Oui. Merci.
Donc, amendement à l'article 23. Supprimer,
les mots « ou afin de permettre l'exercice d'activités qui découlent d'un
projet désigné à la suite de sa réalisation et qui ne peuvent être conformes
aux normes applicables »; Ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
« Les pouvoirs prévus au présent article ne peuvent être exercés qu'aux
fins de la réalisation d'un projet désigné. Ils cessent de s'appliquer dès la
mise en service du projet. Aucune modification de l'application d'une loi ou
d'un règlement ne peut être accordée en...
M. Grandmont : …vertu du
présent article pour l'exploitation, l'entretien, l'agrandissement, le
renouvellement ou toutes activités subséquentes liées au projet ».
L'article 23 du projet de loi, tel qu'amendé, se lirait ainsi : Le
gouvernement peut, dans le but d'accélérer la réalisation d'un projet désigné,
modifier l'application de toutes dispositions de la loi visée à l'annexe I ou
d'un règlement pris pour son application.
Une voix : …
M. Grandmont : Merci. Les
pouvoirs prévus au présent article ne peuvent être exercés qu'aux fins de la
réalisation d'un projet désigné. Ils cessent de s'appliquer dès la mise en
service du projet. Aucune modification de l'application d'une loi ou d'un
règlement ne peut être accordée en vertu du présent article pour
l'exploitation, l'entretien, l'agrandissement, le renouvellement ou toute
activité subséquente liée au projet. Alors, M. le Président, c'est l'argument
que je voulais... pas l'argument… l'amendement que je voulais déposer en lien
avec la discussion qu'on a eue avec M. le ministre, sur la durée
d'applicabilité du régime d'exception créée par le projet de loi cinq. Ce qu'on
veut éviter, c'est que des projets, puis on comprend que tous les projets
seront analysés au cas par cas. Mais, encore une fois, ne connaissant pas le
type de projets que nous allons… qui seront soumis éventuellement au ministre
des Finances. Et en même temps aussi…
Je m'excuse, M. le Président, ça, ça me
dérange un petit peu la discussion de l'autre côté-là. S'ils peuvent juste
baisser le volume un petit peu…
Le Président (M. Laframboise) :
S'il vous plaît.
M. Grandmont : Je ne veux pas
les empêche de parler, évidemment là. Il y a peut-être des conversations
importantes à tenir, mais ça me… dérange un petit peu, déconcentre un peu.
Et donc évidemment, tout ça va être jugé
au cas par cas. On ne connaît pas le type de projets qui seront éventuellement
soumis au ministre des Finances, mais il a quand même laissé entendre que, dans
l'évaluation, au cas par cas, des différents projets, certains projets tels
que... et dans le contexte où le projet de loi est écrit d'une telle façon,
bien, certains projets pourraient bénéficier d'exemptions vis-à-vis certaines
lois pour une durée qui pourrait être extrêmement longue sur toute la durée de
vie, sur tout le cycle de vie de… d'un projet réalisé par une entreprise
choisie par le ministre des Finances. Vous comprendrez que... on a au Québec
des lois qu'il vaut la peine d'être respectées. On a aussi, évidemment, une
population qui est inquiète, qui...qui voit, de plus en plus, dans certaines
régions du Québec, des entreprises polluer leur air, polluer leur eau, polluer
les terres autour de chez eux, et on ne voudrait pas que... parce que le
ministre des Finances a décidé de désigner certains projets, cette
contamination-là soit protégée ad vitam eternam sur tout le cycle de vie d'une
entreprise… d'un projet. Il faut s'assurer qu'à un moment donné, s'il y a
accélération, exemption, c'est ça, accélération d'un projet par l'octroi de
certaines exemptions, bien qu'il y ait une volonté très claire au gouvernement
du Québec que cette entreprise-là, tranquillement, pas vite, vienne
s'assujettir aux lois et règlements en vigueur au Québec. Je pense que c'est une
question de confiance envers la population qui est vraiment très important.
Donc, mon…. mon amendement, en fait, s'attaque à ce que plusieurs… juristes et
organismes appellent la permanence invisible des passes-droits octroyés à
travers le PL cinq. L'actuel… l'article vingt… 23, pardon, actuel, contient une
disposition qui est vraiment très, très, très, très large. Il permet au
gouvernement de modifier, par décret, l'application d'une loi non seulement
pour bâtir le projet, mais aussi pour permettre les activités subséquentes qui
vont découler de l'arrivée de ce projet-là, qui ne peuvent pas être conformes
aux normes applicables une fois le projet réalisé, construit. En clair, ça
signifie qu'un projet prioritaire pourrait bénéficier d'un permis de polluer,
l'équivalent des autorisations ministérielles que le ministre connaît
évidemment très, très bien, j'imagine, qui ont été modifiés, allongés à… à 10
ans dans le projet de loi 11, où donc de déroger à perpétuité, de déroger,
donc, à ces lois-là à perpétuité, bien après sa mise en service. Tu sais, moi,
ce que j'ai entendu souvent de la part du ministre, c'était que… on doit
favoriser l'arrivée de projets parce que c'est long démarrer des projets, c'est
long démarrer des projets. C'est ce que j'ai entendu, il répétait c'est long
démarrer des projets, c'est long... On a eu des allègements réglementaires
offerts par les différents ministres de l'Environnement dans les derniers mois,
des allègements réglementaires puis, avec le même argument, c'est long démarrer
des projets, c'est long démarrer des projets. D'accord, mettons qu'on achète
cet argument-là, moi, je pense qu'on pourrait faire autrement, dépoussiérer
certaines lois, ça, c'est une chose. Les allègements réglementaires, ça peut
être positif dans certains cas. Évidemment, on demande évidemment de… de
pouvoir, comme… comme parlementaires, pouvoir avoir les discussions là-dessus,
parce que tout allègement n'est certainement pas bénéfique. Mais, bon, il peut
y avoir…
M. Grandmont : ...du
travail de dépoussiérage qui se fait à travers le temps. Mais là, de dire que
tout d'un coup, l'exploitation d'un projet fait partie de notre capacité à
accélérer l'arrivée des projets au Québec, il y a comme un pas, moi, que je ne
suis pas prêt à franchir.
C'est long, démarrer des projets,
d'accord, pour moi, c'est... Le démarrage d'un projet, ça consiste en quoi? À
son évaluation au départ, dépôt de projet, on l'évalue, ensuite de ça,
certaines autorisations données par le ministre des Finances après consultation
des différents ministères, parties impliquées, les municipalités, consultation
des Premières Nations et des Inuites, des communautés autochtones qui sont
touchées par le projet, d'accord.
Après ça, bien, le projet, donc, est
autorisé, il y a des projets, des travaux préparatoires qui sont autorisés par
le ministre, on est encore dans une phase de démarrage, là. Je peux comprendre,
là, dans la logique même qu'est celle du gouvernement du Québec, de la CAQ,
qu'OK, c'est long, démarrer des projets... OK, travaux préparatoires, mettons
qu'on achète aussi l'histoire que les travaux préparatoires sont importants,
puis qu'on doit accélérer leur réalisation. On tombe ensuite dans une phase où
on va pousser l'analyse plus loin, il va y avoir des... ou des évaluations
environnementales, dans un processus piloté par le BAPE, certes réduit, là,
évidemment, on y viendra éventuellement, les échéanciers pourront être réduits
par décret, par... par le ministre, par le Conseil des ministres.
Mais il y a quand même toujours une
évaluation environnementale qui est faite par le Bureau d'audiences publiques.
On est encore toujours dans la phase de démarrage du projet, à partir du moment
où le... les exemptions légales et réglementaires s'appliquent sur la partie
où, là, OK, le projet a été construit, puis il est en phase d'exploitation,
bien là, je comprends mal qu'on... qu'on arrive à justifier l'exemption sur
cette période-là, alors que l'argument de départ, c'était, on a de la misère à
faire... à démarrer des projets au Québec.
Je me souviens, là, ça prend quatre ans,
ça prend six ans, ça prend huit ans, pour être capable de faire démarrer des
projets. Tel projet, ça fait huit ans qu'on attend pour le démarrer. Bon,
d'accord, mettons qu'on regarde ça dans la logique du ministre des Finances,
là, puis qu'on se dit, OK, c'est le démarrage, le problème. D'accord, on
peut... on peut avoir une jase là-dessus, mais rendu dans la phase
d'exploitation, le projet est là, là, le projet est démarré, l'argument vient
comme, un peu, de tomber.
Donc moi, je m'inquiète vraiment que
cette... qu'on ait cette possibilité-là, qu'on se donne cette possibilité-là du
côté des ministres, du ministre des Finances, des ministres des Finances, parce
qu'il y aura certainement des successeurs au ministre actuel. Et qu'on... J'ai
de la misère à comprendre que cette... ça puisse s'appliquer à la phase
d'exploitation, ça ne rejoint pas du tout l'objectif de départ. L'intention que
moi, je sentais et que j'entendais, c'était, on a de la misère à démarrer des
projets.
Bon, l'article 23, actuellement, là,
tel qu'il est écrit et que j'aimerais modifier, là, contient une disposition
qui est vraiment très, très large. Il permet au gouvernement de modifier par
décret l'application d'une loi non seulement pour bâtir le projet, mais pour
permettre ces activités subséquentes qui ne peuvent pas être conformes avec les
normes applicables. Donc, c'est un permis de déroger, un permis de polluer à
perpétuité pour ce...
Puis vous imaginez, le paradoxe, on a des
normes au Québec, là, mettons, sur un polluant x ou y, là, on dit, tels métaux
lourds dans l'atmosphère, la norme est de tant de nanogrammes par mètre cube.
La science évolue, la science nous amène à, OK, il va falloir réduire cette
norme-là, parce qu'on se rend compte, après que des experts aient fait leur
plaidoyer, que ça a des impacts sur la population humaine ou sur des espèces
menacées, par exemple.
Bien, pour l'ensemble du Québec, ces
normes-là pourraient être baissées, mais pour l'entreprise privilégiée, choisie
à travers le projet de loi n° 5, elle serait tout aussi exemptée de la
nouvelle norme abaissée qui pourtant, serait abaissée pour le bien-être, la
qualité de vie, puis la santé humaine. Donc, le régime d'exception, non
seulement il est à perpétuité, mais en plus... ne permet pas de suivre
l'évolution de la science. Moi, je trouve ça particulièrement inquiétant.
Donc, je pense que si on va, si M. le
ministre accepte évidemment mon... mon amendement, là, ça permettrait de
garantir ou d'octroyer une responsabilité environnementale permanente. Le
projet de loi tel qu'il est écrit, là, il permet, par exemple, à une usine ou à
une mine d'opérer en toute légalité, tout en violant les normes
environnementales québécoises pendant 30 ans, 40 ans, 50 ans, 60 ans,
ça peut être 100 ans. Les projets industriels majeurs, des mines, par
exemple, peuvent durer 100 ans, simplement parce qu'elle a été... ces
projets-là ont été désignés comme prioritaires dès le départ, à travers le
processus bâti, développé par le ministre des Finances.
• (12 h 50) •
Donc, moi, ce que je souhaite, c'est
accélérer, tu sais, qu'on veuille accélérer pour la construction d'une
infrastructure majeure en période de transition énergétique, c'est une chose,
mais permettre à une entreprise, une fois qu'elle est construite, d'opérer son
usine en dehors des lois environnementales québécoises...
M. Grandmont : …puis à
perpétuité, ça, c'est une autre chose. Alors, le texte actuel, là, il crée des
zones de non-droit permanent. Ce sont des zones de non-droit permanent au
Québec, puis mon amendement dresse une barrière face à ça. Les passe-droits,
moi, je pense que ça doit cesser le jour où le projet commence à opérer. De
toute façon, il y a d'autres mécanismes pour être capables d'aider l'entreprise
à atteindre les cibles, les normes, les lois existantes au Québec. On le sait,
on le voit, on a modifié des lois, il existe actuellement des autorisations
ministérielles qui permettent à des entreprises d'avoir une période de temps
définie qui a été augmentée à 10 ans récemment, pour atteindre des normes qu'on
lui demande d'atteindre. Donc, il y a déjà des régimes qui existent, il y a
déjà un mécanisme qui existe au Québec, alors que là, le projet de loi 5, une
fois en application, une fois un projet autorisé, bénéficie d'un régime
d'exception à perpétuité. Donc, à l'étape de l'exploitation, moi, je pense que
tout le monde d'abord, devrait suivre les mêmes règles de protection de la
santé et de l'environnement. Mais, même si le gouvernement veut y déroger, il y
a des mécanismes qui existent déjà. Par contre, ce qui est intéressant, c'est
que, cycliquement, aux 10 ans maintenant, c'était trois ans avant, mais, on
revisite cette autorisation ministérielle pour s'assurer que l'entreprise fait
le travail. Bon, le plus souvent, vous me direz que, finalement, le
gouvernement ne fait que reconduire les autorisations ministérielles, on a un
profond désaccord là-dessus, mais au moins on est obligé de se poser la
question à certaines échéances. Est-ce que l'entreprise est sur le bon chemin?
Est-ce qu'on reconduit encore une fois? Ou est-ce que… bien, c'est ça. Mais tu
sais, il y a quelque chose déjà qui existe, bon
Il y a toute une question aussi d'équité
commerciale, là, pour nos PME. Mon amendement touche ça aussi, je tiens à le
mentionner, parce qu'évidemment ça soutient, évidemment, la… ça a soutenu la
rédaction de cet amendement-là. Les projets désignés comme prioritaires, là,
souvent, qui sont portés par des entreprises multinationales, parce qu'évidemment
c'est des… des projets qui ont cette capacité de déployer un lobbyisme
important, qui ont cette capacité aussi de déployer des projets d'envergure,
des projets qui font chiffres en milliard, qui seront donc possiblement ou
potentiellement ciblés… qui pourraient être visés par le projet de loi 5. On
pense à des projets de l'ampleur, évidemment, on comprend qu'on n'est pas dans
le même… on n'est pas… on n'est pas… ce n'est pas un projet qui va être géré au
Québec, parce qu'il traverse plusieurs provinces, mais on comprend qu'avec
Marinvest par exemple, c'est un bon exemple de projet ou de type de projet qui
pourrait bénéficier, là, de désignation, soit dans le C-5, bien, en fait, dans
le C-5, dans le cas qui nous occupe, parce qu'il y a plusieurs provinces traversées
potentiellement par ce projet-là. Mais vous comprenez que ce projet-là, c'est
des moyens colossaux, là, puis on le voit, ils se sont… ils se sont offert les
services d'une firme de lobbyistes, quand même, pas la plus petite, le
National. Ils font un travail, un immense travail souterrain, ils arrivent à
garder l'information bien serrée près d'eux. Donc, ils ont des moyens
importants. Et vous comprendrez que ce ne sont pas toutes des entreprises au
Québec qui ont cette capacité-là, de développer à la fois de grands projets,
mais aussi de développer une stratégie de lobbyisme aussi imposante et aussi
structurée et, semble-t-il, efficace. Donc, c'est ça, il y a un avantage
concurrentiel qui est donné à certaines entreprises par rapport aux PME québécoises.
Et je sais que mon collègue de Marguerite-Bourgeoys est fortement attaché au
développement, puis au rayonnement, puis au dynamisme des PME québécoises.
Mais, moi, ce que je propose, des amendements pour s'assurer qu'elles ne soient
pas désavantagées par rapport à des projets d'entreprises qui sont déjà… déjà
plus musclés, plus… plus imposants, mais en plus qui viendraient, qui
obtiendraient des pouvoirs particuliers par une désignation offerte par le
ministre des Finances.
Donc, en permettant des dérogations, là,
permanentes pour l'exploitation, là, on ne parle plus… on ne parle plus de
démarrage d'entreprise, là, on parle d'exploitation… on parle d'exploitation,
on parle d'entretien, on parle d'agrandissement. Tout ça pourrait être pour
toutes ces étapes-là dans la vie, dans le cycle de vie d'une entreprise
pourrait bénéficier de passe-droits réglementaires et législatifs parce que le
ministre des Finances les aurait désignés. Et donc, on crée au Québec deux
classes d'entreprises. D'un côté, les entreprises qui ont ces moyens-là, qui
ont cette capacité-là, qui sont capables d'avoir l'écoute du ministre des
Finances, puis, de l'autre côté, bien, nos PME… nos PME régionales qui doivent
payer le plein prix, qui doivent payer, qui doivent aussi respecter toutes les
lois en vigueur au Québec. C'est une distorsion de marché quand même assez
importante et quand même sans précédent pour l'instant au Québec, M. le
Président, là. On vient créer un régime d'exception qui pourrait durer
longtemps, là. Si une entreprise est assujettie à PL 5, réussit à obtenir des
exemptions à travers le projet de loi 5 et bénéficie d'exemptions…
M. Grandmont : ...de
passe-droit sur une période qui peut s'échelonner sur un siècle. Vous imaginez,
un siècle de distorsion de marché sur le territoire québécois, ce n'est quand
même pas rien, 100 ans de désavantage pour nos PME québécoises.
Alors, moi, je pense que le statut de
prioritaire, là, le statut de projet prioritaire, tu sais, prenant pour acquis
que ce projet de loi là va finir par voir le jour, bien, s'il doit exister, ça
doit être un accélérateur de chantier, pas un abri fiscal réglementaire à long
terme. Ça ne doit pas être un abri fiscal à long... réglementaire à long terme,
pour des entreprises qui bénéficieraient de passe-droit et d'avantages que
d'autres entreprises, nos PME, n'auraient pas le droit d'avoir.
J'aimerais aussi souligner que mon
amendement, en fait, se veut une forme de protection, contre le contournement
de l'esprit de la loi. Sans le deuxième alinéa de mon amendement, en fait, là,
donc sans le deuxième alinéa, un promoteur pourrait utiliser sa désignation
initiale pour agrandir indéfiniment ses installations ou renouveler ses
équipements sans jamais avoir à repasser par le processus d'évaluation environnementale.
En tout cas, il n'y a rien qui le garantit pour l'instant, là.
Si j'ai une entreprise, une mine par
exemple, ou reprenons encore, là, la... le train, là, comment il s'appelle, le
train? Pardon? La boucle du Labrador, la boucle ferroviaire du Labrador? La
boucle ferroviaire... Si ce projet-là était assujetti, bien on pourrait, par
exemple, voir ce projet-là, doubler ses lignes, par exemple, avoir deux rails
plutôt qu'une seule. Je ne sais pas c'est quoi le projet exactement, est-ce que
c'est une ou deux, mais on pourrait voir ce projet-là augmenter, agrandir,
augmenter sa portée sans que ce projet-là ne doivent jamais s'assujettir aux
lois en vigueur au Québec, donc, ne jamais repasser par le processus normal
d'autorisation environnementale.
Mon amendement, là, ça ferme, je pense,
une immense brèche législative. Si on ne précise pas que la dérogation s'étend,
en fait, s'éteint à la mise en service, donc, à partir du moment où on entre en
phase d'exploitation du projet, un promoteur, pardon, un promoteur, va pouvoir
agrandir son usine 10 ans plus tard en réclamant le maintien de ses
privilèges obtenus à travers le PL no 5. C'est, je pense, ne
pas adopter mon amendement, c'est assumer une certaine forme de
déresponsabilisation de l'appareil réglementaire au Québec. Je pense qu'on doit
inscrire noir sur blanc que toute modification subséquente, tout agrandissement
ou tout entretien lourd relève du droit commun et des lois sectorielles
normales et devrait donc respecter les lois en vigueur au Québec.
Je prends une petite gorgée, si vous
permettez. Mon amendement, évidemment, bon, vise aussi, je le rappelle, parce
que c'est important, rétablir la confiance du public, favoriser l'acceptabilité
sociale des projets. Le Centre québécois pour le droit de l'environnement,
Nature Québec, la Fondation Rivières, ont dénoncé le caractère abusif de cet
article-là, qui suscite un fort mécontentement et des grandes craintes. Et ce
que... ce qu'ils espèrent, en fait, c'est qu'on puisse faire des amendements pour
amoindrir la portée de l'article 23, pour éviter un cynisme chez les
citoyens, les citoyennes qui habitent à proximité des futurs sites industriels.
Vous comprendrez que quand les gens vont
comprendre que les dérogations aux lois québécoises peuvent s'appliquer sur
l'entièreté du cycle de vie d'une entreprise, 100... jusqu'à 100 ans. Je
prends toujours cet exemple-là parce qu'on sait qu'il y a des entreprises au
Québec qui ont une durée de vie de 100 ans, des projets miniers,
notamment, bien, on risque d'avoir des levées de boucliers assez importantes,
une certaine forme de désabusement, du cynisme important dans la population.
Le Président
(M. Laframboise) : ...dernière minute, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Alors,
comment on peut demander à des citoyens, à des citoyennes, à des municipalités,
par exemple, d'accepter l'implantation d'une méga-usine ou d'un projet minier
dans leur communauté si la loi permet au gouvernement de les exempter à vie sur
des normes comme, par exemple, les normes sur le bruit, les rejets d'eau ou les
émissions atmosphériques. Comment on fait pour aller chercher cette
acceptabilité sociale si, pour des générations, on sait que le bruit pourrait
ne pas suivre, ne pas respecter...
• (13 heures) •
Le Président
(M. Laframboise) : ...on est, juste... J'aurais besoin du... Il
vous reste 52 secondes...
13 h (version non révisée)
Le Président (M. Laframboise) :
...seconde. Est-ce que j'ai le consentement pour qu'on puisse... pour lui
permettre de terminer, là... Consentement? Pour terminer votre discours sur...
Il vous reste 52 secondes sur ça...
M. Grandmont : Ah, OK, OK,
OK.
Le Président (M. Laframboise) :
...donc si vous voulez... Vous pouvez... poursuivez.
M. Grandmont : Oui. Merci.
Donc, est-ce qu'on... Donc, c'est ça. Comment on fait pour favoriser l'acceptabilité
sociale d'un projet alors qu'on sait que la population va être mise au courant
que le projet à proximité de chez eux pourrait être une nuisance sonore,
atmosphérique, de pollution pour des générations? Moi, j'ai de grandes, grandes,
grandes inquiétudes, et c'est pour ça qu'on offre cet amendement-là, en
espérant que M. le ministre y voit une façon d'accélérer ses projets plutôt que
d'alimenter le cynisme et potentiellement de ralentir les projets qu'il veut
lui-même accélérer. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup. Donc, est-ce qu'il y a d'autres commentaires, questions par
rapport à l'amendement? Donc, s'il n'y en a pas, donc, vote par appel nominal. Allez-y.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
: Monsieur...
M. St-Louis (Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention. Donc, l'amendement est rejeté et je vous remercie.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 07)
Le Président (M. Laframboise) :
La Commission des finances publiques reprend ses travaux. Nous poursuivons
l'étude détaillée du Projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l'octroi
des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale. Lors de la suspension de nos travaux ce matin, nous en
étions toujours à l'étude de l'article 23. Donc, des questions,
commentaires, collègues, sur l'article 23? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui.
Merci beaucoup, M. le Président. Bien, écoutez, moi, pour moi, je n'ai pas
obtenu encore satisfaction, mes craintes sont toujours présentes concernant la
possibilité qu'un projet désigné par le projet de loi n° 5, en fait, là, puisse
bénéficier d'exemptions, de passe-droits sur une période indéfinie qui pourrait
couvrir l'entièreté du cycle de vie d'une... d'un projet. Et on sait que des
projets peuvent durer très longtemps, un projet de mine, par exemple, ça peut
durer 100 ans, donc, si vous le permettez, je demanderais une courte
suspension pour déposer un amendement.
Le Président (M. Laframboise) :
Si vous permettez, là, juste avant. Oui, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Juste
parce que, bon, l'objectif ici, ça serait quand même de voir si ce qui a été
écrit dans... dans la proposition d'amendement, dans l'article 26, est-ce
que vous avez pris le temps de regarder ce que c'était pour voir? Parce que
dans ce qu'on a proposé, il y a énormément d'éléments de transparence.
Puis, je suis curieux d'avoir ton... votre
opinion, savoir votre vue dessus, votre opinion là-dessus pour savoir comme,
qu'est-ce que vous en pensez. Parce que ça... ça ajoute tout de même des
éléments de réponse pour justement, transparence au niveau, la durée du projet,
transparence au niveau des effectifs, transparence au niveau des sommes,
transparence au niveau de la priorisation, etc. Donc, je ne sais pas, est-ce
que vous avez pris le temps de regarder?
M. Grandmont : Oui, j'ai
pris le temps de le parcourir et puis, bien, effectivement, ça ne répond pas,
en fait, à l'objet de l'amendement que je veux proposer. Mais j'entends bien,
et puis on aura certainement une bonne discussion, forcément très positive, en
fait, parce que je... Comme je l'ai dit tantôt, j'ai vraiment très hâte de
pouvoir essayer d'obtenir un peu plus de transparence à travers ce projet de
loi là. Donc on... l'article 26, ça va me faire plaisir de vous poser des
questions, puis d'échanger avec vous là-dessus, évidemment.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 10)
(Reprise à 15 h 15)
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, lors de la suspension, nous en étions toujours à l'étude de l'article 23,
et M. notre collègue de Taschereau a un amendement. Monsieur...
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, un amendement à l'article 23 : ajouter à
la fin de l'article 23 du projet de loi, les alinéas suivants : toute...
toute autorisation accordée en vertu du présent article...
M. Grandmont : ...peut excéder
une période de cinq ans. Le gouvernement peut autoriser le renouvellement d'une
autorisation que s'il démontre que les conditions prévues aux articles 4, 14 et
23 de la présente loi sont toujours remplies. Toute demande de renouvellement
est analysée comme une nouvelle demande et fait l'objet des mêmes consultations,
avis et formalités que ceux requis pour l'octroi initial de la modification.
L'article 23 du projet de loi tel
qu'amendé se lirait ainsi : le gouvernement peut, dans le but d'accélérer
la réalisation d'un projet désigné ou afin de permettre l'exercice d'activités
qui découlent d'un projet désigné à la suite de sa réalisation et qui ne
peuvent être conformes aux normes applicables, modifier l'application de toute
disposition d'une loi visée à l'annexe I ou d'un règlement pris pour son
application.
Toute autorisation accordée en vertu du
présent article ne peut excéder une période de cinq ans. Le gouvernement peut
autoriser le renouvellement d'une autorisation que s'il démontre que les
conditions prévues aux articles 4, 14 et 23 de la présente loi sont toujours
remplies. Toute demande de renouvellement est analysée comme une nouvelle
demande et fait l'objet des mêmes consultations, avis et formalités que ceux
requis pour l'octroi initial de la modification.
Voilà, M. le Président, quelques raisons
qui me... m'encouragent à... C'est ce que je viens de faire, M....
Le Président (M. Laframboise) :
C'est l'amendement qui est... Non, c'est... Bien, il lit son amendement plus
son amendement corrigé, là, qui corrige le...
M. Girard (Groulx) : Je pensais
qu'il relisait l'article avec l'amendement.
M. Grandmont : Oui, je l'ai
fait, bien, je l'ai fait, en tout cas, peu importe. Oui, M. le Président. Donc,
c'est ça, en fait, je reviens avec un nouvel... une nouvelle proposition, en
fait, pour éviter ce que j'appelle des passe-droits à perpétuité... à
perpétuité, s'entendant évidemment sur l'ensemble du cycle de vie d'un projet.
Un projet, évidemment, là, doit d'abord se faire autoriser, hein? Il y a des...
un formulaire qui va être rempli par une entreprise qui va donc faire acheminer
une proposition de projet au ministre des Finances. Le ministre des Finances va
l'analyser, va demander des avis à différents partenaires clés : les
ministères, les municipalités concernées, les communautés autochtones
concernées. Bref, on a déjà vu ça dans d'autres... dans d'autres articles
précédemment et, par la suite, va autoriser des travaux préparatoires.
Il y a un processus qui va suivre son
cours et, ultimement, l'entreprise va finir par pouvoir lancer ses travaux
réels, là, les travaux de mise en œuvre du projet. Et cette étape-là va
déboucher sur la période d'exploitation jusqu'à la clôture du projet où on va
fermer boutique, fermer le projet, normalement remettre le plus possible le
site en état et fermer les livres, en fait, du projet, tout simplement. Donc,
c'est un peu ça, le cycle de vie d'un projet. La durée de ce projet-là peut
évidemment varier beaucoup dans le temps. Des projets peuvent être plus courts,
des projets peuvent être plus longs. On sait qu'il y a des projets qui peuvent
avoir une durée de vie de 100 ans.
On connaît la... l'historique de la
fonderie Horne à Rouyn-Noranda, qui a commencé par l'exploitation d'une mine de
cuivre sur laquelle on a mis une fonderie, et, par la suite, bien, le projet a
été modifié substantiellement. Je vais peut-être d'ailleurs me resservir de cet
exemple-là parce qu'il est quand même assez évocateur. Le projet, donc,
toujours le même propriétaire, en fait, là, bien que ça l'a été racheté par
Glencore, ultimement, mais c'est toujours le même type de projet, mais la
source d'approvisionnement en cuivre a changé. Donc, la nature profonde du
projet a changé.
Mais ce projet-là existe depuis plus de
100 ans. Ça fait plus de 100 ans que cette fonderie-là est au cœur du quartier
Notre-Dame à Rouyn-Noranda. Bref, tout ça pour montrer que des projets peuvent
durer longtemps dans le temps, peuvent évoluer aussi et que pour l'instant,
dans le projet de loi du ministre des Finances, le projet de loi n° 5, il n'y a
rien qui est prévu pour venir revérifier s'il n'y a pas... il n'y a pas
nécessité de modifier les règles qui avaient été attribuées à ce projet-là
initialement, en vue de le rendre plus acceptable... acceptable aux yeux de la
population, mais acceptable aussi aux yeux des lois et normes qui ont cours et
qui existent au Québec. Je pense notamment au niveau des normes
environnementales, évidemment.
• (15 h 20) •
Je pense à ça parce que c'est un enjeu qui
a un lien très fort avec la santé de la population. Puis on le voit,
d'ailleurs, avec ce projet-là, donc, que je nommais la Fonderie Horne, où,
finalement, il y a des enjeux de santé très importants. Donc, s'attaquer de
front à l'enjeu des passe-droits à perpétuité puis introduire un mécanisme
crucial de reddition de comptes périodique et d'évaluation continue des projets
d'exception. Si on veut créer un régime d'exception, il faut s'assurer qu'il y
ait une forme de mécanisme de revérification constant pour s'assurer que...
M. Grandmont : ...cette...
ces dérogations aux lois et règlements du Québec sont toujours dans l'intérêt
collectif et non pas dans l'intérêt de l'entreprise privée seulement. C'est un
peu ça, en fait, M. le Président. Donc, en limitant la validité des dérogations
à une période maximale de cinq ans, puis en imposant un processus de
renouvellement rigoureux, mon... mon amendement empêche qu'un privilège
temporaire devienne un passe-droit permanent, déconnecté des réalités
environnementales, économiques, climatiques futures, qui peuvent être appelées
à évoluer à travers le temps.
Donc voilà, c'est un peu... c'est un peu
dans cet esprit-là que je dépose cet amendement-là. Si je vais un petit peu
plus dans le... dans le détail, on le dit souvent, là, le monde change, là,
puis ce n'est pas juste de la faute de Donald Trump au sud de la frontière, ce
n'est pas juste à cause de lui que le monde change.
Le monde change aussi du point de vue
climatique, M. le Président, et on le sait, on le voit, les écosystèmes
évoluent vraiment très, très, très rapidement. La température sur le globe,
malheureusement, augmente par faute de l'inaction humaine, politique, d'un peu
partout. Et c'est ça, les écosystèmes dans lesquels évoluent les entreprises
québécoises sont appelés à changer et les réglementations aussi, québécoises,
internationales, auxquelles parfois on adhère, elles aussi sont appelées à
s'adapter, à évoluer, à essayer de limiter le plus possible les effets négatifs
des activités humaines sur la planète.
Donc, une dérogation réglementaire ou environnementale
accordée à un promoteur aujourd'hui peut s'avérer catastrophique dans cinq ans,
en raison de la détérioration d'un milieu, par exemple, ou encore de
l'accélération de la crise climatique. Si, par exemple, on autorise la
réalisation d'un projet dans lequel on autorise, on permet des émissions de gaz
à effet de serre de façon immense, bien, quel pouvoir a le gouvernement par la
suite pour venir resserrer les émissions de gaz à effet de serre, si on se rend
compte que finalement, les effets des changements climatiques se font sentir?
Je ne sais pas si M. le ministre a déjà
entendu parler, là, des enjeux, notamment liés au méthane dans le Grand Nord
canadien, québécois. Il y a... il y a un réchauffement qui se fait dans ces
endroits-là, dans les régions nordiques. Il y a un moment où si le pergélisol
finit par céder, finit par se réchauffer, à ne plus exister, bien, il y a un
dégagement de méthane qui est très important et ça pourrait accélérer les
effets des changements climatiques, le méthane étant 40 fois plus gaz à
effet de serre, un gaz à effet de serre 40 fois plus puissant que le CO2.
Donc, si on se rend compte que finalement,
globalement sur la planète, on doit revenir en arrière, contraindre des
entreprises à réduire leur impact sur la... les... nos émissions de gaz à effet
de serre, mais comment on va réussir à le faire à travers un mécanisme qui a
déjà donné un passe-droit quasi infini à des entreprises.
Donc moi, je vous dirais, M. le Président,
que les sciences de l'environnement évoluent, puis notre climat, lui aussi,
change à une vitesse inédite qui risque de s'accélérer et accorder une
dérogation à perpétuité sans date de péremption c'est, d'un point de vue
scientifique, irresponsable. Je pèse mes mots, là. Alors qu'en limitant l'autorisation
à cinq ans, bien, mon amendement vient forcer l'État puis le promoteur à
réévaluer la situation de façon périodique. Si, par exemple, une nappe
phréatique s'est asséchée ou si une espèce est devenue encore plus menacée
entre temps, bien, l'État doit pouvoir ajuster le tir en temps réel. Alors,
moi, idéalement, ce serait en temps réel, moi, ce que je propose à M. le
ministre, c'est une période de cinq ans, ce qui n'est quand même pas énorme sur
la durée de vie d'un projet.
Donc, on ne peut pas figer le droit
environnemental dans le temps, simplement pour plaire à l'industrie, à plaire
à... au privé. Mon amendement aussi vise à... à forcer une culture de la
diligence, puis de l'efficacité chez le promoteur. Il faut y voir une forme de
responsabilisation qu'on veut donner aux entreprises. Déjà qu'elles se
négocient à leur avantage des passe-droits quand même importants qui
contournent les lois déjà existantes au Québec, bien, crime, au moins, on
essaie de responsabiliser puis d'essayer de tirer vers le haut une entreprise
qui, sciemment, a fait des demandes pour échapper à certaines lois, à certains
règlements.
Donc, je pense que, sans balises
temporelles strictes, un promoteur pourrait étirer indûment l'utilisation de
ces privilèges réglementaires sans se priver, sans se.... pardon, pas sans se
priver, mais sans se presser de livrer des résultats...
M. Grandmont : ...Au moins,
on sait quand… on s'assure que le promoteur d'un projet, bien va avoir lui
aussi les yeux sur le calendrier et s'assurer que, sachant que la date
d'échéance arrive, sachant qu'il va devoir repasser par un processus qui a déjà
eu initialement quand il a présenté son projet, bien, aura peut être, en soit,
ça, c'est mon souhait, c'est ce que j'espère… l'envie d'améliorer ses
processus, se réglementer et m'approcher le plus possible des lois existantes
au Québec. Le ministre répète souvent que le PL cinq, c'est une loi d'urgence
pour accélérer la réalisation de projets au Québec, d'accélérer les chantiers.
Alors, si les projets sont…
M. Grandmont : Pardon ?
M. Girard (Groulx) … je n'ai jamais
dit ça.
M. Grandmont : Donc, je ne
veux pas prêter d'intentions au ministre, évidemment... ce n'est pas…
effectivement, ce n'est pas une loi d'urgence, effectivement, vous avez raison,
une loi d'urgence m'a échappé. Mais c'est un projet qui vise à accélérer des
projets d'envergure. Je m'en tiendrai au titre du projet de loi. Vous avez
raison. Mais si l'urgence, en tout cas, si, l'importance d'accélérer des
projets est réelle, bien, je pense que, du côté du privé aussi… doit avoir une
certaine forme de diligence. Une dérogation législative ou réglementaire, c'est
un privilège qui est important-là… un privilège accordé par l'État au détriment
de certaines lois et règlements existants au Québec. On fait d'immenses
concessions à ce promoteur privé là, et je pense que, de laisser ce privilège
là à une durée qui est illimitée, en fait, qui est calquée potentiellement sur
le cycle de vie ancien d'une entreprise, bien, c'est un privilège qui est
beaucoup trop grand. Déjà, le limiter à cinq ans, nous permet… d'accompagner,
j'essaie de me mettre encore une fois dans la tête du ministre sur l'objectif
d'accélérer des projets d'envergure au Québec. Ça offre quand même une
prévisibilité qui est très grande. Le promoteur privé, sait qu'à tous les cinq
ans, cette… revalidation, je le dirais comme ça, va survenir, va revenir, donc,
il y a une prévisibilité qui était très claire aussi. Ce qui n'empêche pas que
ce… cette autorisation-là soit évidemment renouvelée par le ministre des
Finances. Mais, en même temps, ça nous donne, nous, citoyens citoyennes,
l'assurance qu'on a revalidé que ce privilège-là en valait la chandelle. Moi,
je pense que c'est quand même assez important, puis c'est quand même un
compromis qui me semble quand même acceptable. Perpétuité versus renouvellement
aux cinq ans, je pense que, dans les yeux de la population, ce serait quelque
chose de probablement plus acceptable. Donc, le promoteur a un signal clair
devant lui… a cinq ans, pour réaliser ses phases critiques, puis démontrer son
sérieux... tout le temps qu'il faut pour démarrer son projet, le lancer… déjà
amorcé, si le projet… si le projet se monte à l'intérieur d'une… si
l'exploitation commence à l'intérieur d'une période de cinq ans, commencer
l'exploitation. Donc, ça lui permet de faire ce travail-là, ça lui permet de
commencer l'exploitation. Évidemment, pour moi, l'État ne distribuera pas de chèques
en blanc à durée indéterminée que les entreprises peuvent faire stagner, en
fait, là, puis s'asseoir en fait, sur ce privilège qui n'est pas au bénéfice de
la population et des collectivités du point de vue… j'exclus évidemment, là,
les retombées économiques-là… que pourrait me répondre M. le ministre, mais,
d'un point de vue de santé publique, d'un point de vue environnemental
notamment.
• (15 h 30) •
Mon amendement aussi propose en fait de
rétablir un fardeau, un fardeau de la preuve, puis de la saine gestion
publique. L'article 23, actuellement, permet au gouvernement d'exempter à
long terme un projet qui ne peut pas se conformer aux normes. S'il a été choisi
par le ministre des Finances, c'est qu'il considère que ce projet-là ne peut
pas se réaliser à l'intérieur des paramètres que sont les lois du Québec. Donc,
en quelque sorte… l'État perd, en quelque sorte… le contrôle, une fois le
décret signé. C'est pour ça que c'est important de revisiter à des périodes
données, que le projet ne peut pas être amélioré parce que, par exemple, les
conditions ont évolué au niveau du changement climatique, au niveau de
l'environnement, au niveau de nouvelles données scientifiques, par exemple.
Donc, ça permet de garder un certain contrôle sur les projets… Et c'est ce que
dit un peu le deuxième alinéa de mon amendement, qui justement inverse le
fardeau de la preuve au bout de cinq ans, ce n'est pas. Ce n'est pas à la
collectivité ou au groupe de citoyens de se battre…
15 h 30 (version non révisée)
M. Grandmont : …pour prouver
qu'une dérogation à nos lois, à nos règlements, fait des ravages. C'est aux
promoteurs à faire la démonstration, puis au gouvernement aussi à faire la
démonstration rigoureuse que les critères de sélection qui avaient permis d'identifier
un projet sont toujours d'actualité. C'est aux promoteurs et au gouvernement,
aux yeux des… devant les citoyens et citoyennes, de prouver que cette
dérogation-là, elle est toujours pertinente, elle est toujours de l'actualité
et elle est toujours nécessaire. Ce n'est pas aux citoyens à se battre contre
un projet, vous allez dire qu'ils vont peut-être le faire pareil, là, mais…
mais ce n'est pas à eux de le faire… vous imaginez les citoyens mis devant… devant
le fait accompli qu'une usine pourra faire ce qu'elle veut, au regard par
exemple de ses rejets atmosphériques ou de ses rejets, ou de sa captation d'eau
dans une nappe phréatique sensible, qu'elle pourra faire ce qu'elle veut pour
les 50, 60, 70 ou 100 prochaines années. Il y a quelque chose de
fondamentalement qui… qui relève en fait du combat de David contre Goliath, là.
Donc, on veut s'assurer que les acteurs concernés, qui ont le pouvoir de… de
faire le suivi adéquat et de trouver le meilleur équilibre pour la collectivité…
au premier regard, bien évidemment, le gouvernement, mais aussi l'entreprise
privée, le promoteur doit faire la démonstration que les dérogations sont
toujours non seulement permises, mais… mais rigoureusement et scientifiquement
requises.
Sinon, mon amendement aussi vise le
respect du droit public à l'information, puis à la lutte contre… contre le
cynisme. Ça permettrait d'ajouter des consultations qui sont périodiques. Vous
savez, j'en ai souvent parlé, là, évidemment, là, les organismes comme le
Regroupement national des CRE, donc des conférences régionales des élus du
Québec, la Fondation Rivières, le Centre québécois pour le droit de l'environnement,
notamment, ont parlé de déficit de légitimité dans ce projet de loi là, du PL-5,
une légitimité démocratique, principalement, où les citoyens perdent énormément
dans leur pouvoir d'influence face aux décrets… d'influence… les décrets du
Conseil des ministres. Donc, mon amendement, ce qu'il propose, c'est donc un…
qu'on revisite, en fait, cette autorisation-là à tous les cinq ans. Donc, en
imposant que le renouvellement soit traité comme une nouvelle demande, avec les
mêmes consultations, les mêmes avis, les mêmes formalités, bref, le même
processus, on redonne une voix aux communautés locales dans lesquelles se
déploie ce genre de projet là. Cinq ans après le début d'un projet, bien, les
citoyens, les citoyennes qui vivent à proximité des installations ont droit, je
pense que c'est tout à fait légitime, de faire le bilan devant l'État. Est-ce
qu'il y a trop de bruit? Est-ce que l'air est respirable? Est-ce que… est-ce que
l'eau est encore potable? Quand on a…
Des voix : …
M. Grandmont : Non, je n'ai
pas terminé, mais je laisse M. le ministre parler.
Des voix : …
M. Grandmont : Il me semble
que M. le ministre semblait vouloir parler, là.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y, continuez.
M. Grandmont : Merci. Vous
savez, quand on a un projet normal qui n'est pas assujetti au projet de loi 5,
bien, il y a des lois, il y a des normes qui sont là pour nous… pour rassurer
la population. Normalement, ces lois-là sont supposées être collées sur la
science, s'assurer que les rejets atmosphériques, par exemple, vont permettre
de… à la fois permettre l'activité économique, mais d'un autre côté aussi s'assurer
que la population est en sécurité. Là, on rentre dans un régime d'exception
perpétuel. Donc, il n'est pas… il n'est pas illogique, il me semble, que d'avoir
à tous les cinq ans une période pendant laquelle on revisite cette autorisation-là.
Ça me semble logique, ne serait-ce que pour nous assurer que le public ne se
sente pas exclu du processus pour des périodes qui peuvent aller sur plusieurs
décennies. Évidemment, ça… ça… je pense que la transparence périodique, c'est
le seul remède au cynisme, aux inquiétudes de la population. Sinon, je… mon
amendement aussi s'accroche au fait que le CQDE, le Centre québécois pour le
droit de l'environnement, a prévenu que l'octroi de décret d'exemption sans
balises temporelles ni critères stricts expose le gouvernement à des vagues d'injonctions
et de révision judiciaires de la part de la société civile. On le voit
actuellement en Ontario, le projet de loi 5, je pense qu'il s'appelle 5 aussi
en Ontario, est contesté. Le projet de loi C-5 au fédéral est contesté
également devant les tribunaux. Bien, cet amendement-là protège l'État contre
lui-même, puis offre…
M. Grandmont : …une
prévisibilité juridique indispensable, parce que les tribunaux, eux autres,
sanctionnent sévèrement l'arbitraire, puis l'absence de clause de… de réévaluation.
Donc, en inscrivant une clause de caducité
automatique tous les cinq ans, assortie d'un processus clair de réexamen, on
repasse par les mêmes étapes, on donne une structure, je pense, plus robuste, à
la loi.
Alors, si on veut de la stabilité pour les
projets prioritaires, bien, je pense que la meilleure façon d'éviter qu'un
projet ne soit bloqué par un juge dans dix ans, c'est de démontrer que la loi
elle-même prévoit des mécanismes réguliers de réévaluation démocratique et
scientifique.
Alors, moi, je pense, puis je reviens
encore une fois sur la consultation sur les émissions de gaz à effet de serre,
là, les cibles de GES, les investisseurs auxquels j'ai… j'ai parlé, là,
l'industrie, là, les représentants de l'industrie, ils ne craignent pas
l'excellence, ils ne craignent pas la reddition de comptes.
Si le promoteur… si le projet du promoteur
respecte tous les critères de l'État et se comporte de manière responsable,
d'un point de vue de l'environnement, de la santé publique, au bout de cinq
ans, bien, le projet… le renouvellement d'autorisation se fera sans trop
d'encombres.
Mais la population aura été rassurée, la
population aura pu recevoir l'information et aura pu à nouveau s'exprimer sur
un projet qui se passe dans leur localité.
Ce qu'on… ce qu'on risque, en fait, de… de
créer, en refusant cet… amendement-là, c'est juste moins de prévisibilité
économique et c'est aussi un risque que ces projets soient ralentis, alors que
le ministre, ce qu'il espère, c'est plutôt les accélérer.
Donc, voilà, je vous invite… à votre tour…
Le Président (M. Laframboise) : …député
de Taschereau, c'est tout le temps que vous aviez pour l'amendement.
Donc, nous allons revenir… sur cet
amendement. Donc, est-ce que vous voulez un vote par appel nominal ? Vote par appel nominal.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Grandmont (Taschereau) ?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson) ?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf) ?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord) ?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette) ?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys) ?
M. Beauchemin : Abstention.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville) ?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons à l'article 23. Donc,
des questions commentaires sur l'article 23 ?
Des voix : …
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, est-ce que… oui, Monsieur le Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, j'ai une
question. En fait, j'ai cité un cas, le… le projet…
Des voix : …
M. Grandmont : …oui, c'est
ça, le projet La loutre.Bon, il y a… évidemment, on n'est pas encore dans
l'application du projet de loi 5. Mais, vous voyez, il y a un projet qui a été
développé, ça a créé… c'est une mine de graphite, là.
Puis il y a eu beaucoup de… de grogne chez
les citoyens et citoyennes. Les citoyens ont décidé d'organiser… je pense que
c'était simultanément avec les élections municipales, mais il y a eu un
référendum qui était organisé, un peu de la même façon que TES Canada aussi,
là, en Mauricie, là, il y a eu un référendum qui a été organisé pendant une
campagne, la campagne municipale, mais bref, il y a eu un référendum. Et…
qu'est-ce qui se passe dans le cas où un projet serait assujetti à… serait…
donc…. bénéficierait des… des avantages amenés par PL 5 ? Puis on… on se rend compte,
finalement, par après, que la grogne populaire a augmenté. Il y a eu des
référendums.
Comment… comment… comment… vous, comme
ministre des Finances, vous réagissez ?
Vous avez donné une autorisation, il y a des passe-droits environnementaux, par
exemple, pour cette… ces entreprises-là, puis il y a… il y a des référendums,
la grogne populaire est très forte. Comment… comment on réagit comme ministre
des Finances ?
M. Girard (Groulx) : Oui,
juste préciser, là, parce que passe-droits environnementaux, là, vous… vous
voulez aller où avec ça, là ?
M. Grandmont : Bien, je veux
dire, un projet de loi permet de… je pense que la Loi sur la qualité de
l'environnement peut être modifiée par… par le PL 5. Donc, on… on prend…
M. Girard (Groulx) : Non,
mais… non, vous… parce que… est-ce que, là, vous étiez… vous étiez revenu au
concept général ou vous étiez spécifiquement à Nouveau Monde Graphite ?
Une voix : …
M. Girard (Groulx) : …parce
que… parce que j'avais compris de votre question que vous impliquiez que
Nouveau Monde Graphite avait eu des passe-droits environnementaux.
C'est ce que je voulais préciser, là.
M. Grandmont : Non, effectivement,
là, j'ai dit « celui-là
n'est pas assujetti », il
n'a pas été visé par… par le PL 5, évidemment, pour l'instant, en tout
cas, du moins, là.
Mais vous voyez quand même que ce
projet-là suscite tellement de grogne que, finalement il y a eu des
référendums.
• (15 h 40) •
Donc comment… comment vous, comme
ministre, vous voyez ça, là, vous êtes sur un projet de loi, puis vous… en
fait, la loi est adoptée et, un jour, vous avez des projets qui vous sont
soumis…
M. Grandmont : ...vous en
autorisez. Le temps que la population prenne connaissance du projet, des fois,
ça peut prendre quand même assez longtemps... D'autant plus que là, il y a...
il y a un peu moins de transparence dans le processus du PL 5 que dans un processus
normal d'autorisation de projet. Puis là, le projet est autorisé, il est balisé
avec certaines lois qui sont adaptées à son contexte. Puis là, il y a... la
grogne est très, très forte, il y a des référendums qui s'organisent. Comment
vous... Comment vous voyez ça, ce cas de figure là où, comme ministre des
Finances, vous devriez faire face à ça, là?
M. Girard (Groulx) : OK,
juste être clair, là, parce que... Là, vous voulez une discussion générale sur
le PL 5? Là, vous me parlez pas de Nouveau Monde Graphite, là, hein?
M. Grandmont : Parce qu'il y
a plus général, en fait. Parce que je reviens un peu à l'idée, là, que...
M. Girard (Groulx) : Mais
non, mais parce que je ne dis pas que Nouveau Monde Graphite, là, c'est le
projet qui est le plus encensé socialement, là, mais à ce que je sache, il n'y
a pas eu de référendum, puis il n'y a pas eu de passe-droits environnementaux.
Fait que là, je veux juste... Vous dites des choses, vous avez mentionné
Nouveau Monde Graphite. Moi, je ne voudrais pas commenter puis endosser ce que
vous dites sur Nouveau Monde Graphite alors que ce n'est pas le cas.
M. Grandmont : Donc, en fait,
je parle de Lomiko Metals, c'était pas Nouveau Monde Graphite. Lomiko Metals.
M. Girard (Groulx) : Ah, OK.
Mais là, déjà, si on change de projet...
M. Grandmont : Ouais.
M. Girard (Groulx) : ...c'est
un autre chose.
M. Grandmont : Mon erreur.
Désolé.
M. Girard (Groulx) : OK,
bien, en fait... En toute franchise, Lomiko Metals, ce n'est pas un dossier que
je connais puis c'est pas lui qui a été priorisé en vertu du projet de loi n° 5
fédéral. C'est Nouveau Monde Graphite qui a été priorisé.
M. Grandmont : OK, bien, je
vais prendre ma question plus générale. Oublions...
M. Girard (Groulx) : Allons-y
généralement.
M. Grandmont : ...oublions
Lomiko Metals.
M. Girard (Groulx) : ...je
pense que c'est... Je pense que c'est... L'objectif, c'est la discussion
générale. Allez-y.
M. Grandmont : Ouais, exact.
Bon, j'ai essayé de vous faire adopter des... différents mécanismes ou
différents amendements, des mécanismes pour augmenter la transparence.
M. Girard (Groulx) :
...transparence, ça vient plus tard, là. Au contraire, on n'a pas pu parler de
transparence parce qu'on a parlé de travaux préparatoires pendant des heures et
des heures, puis là, ça fait plusieurs heures qu'on parle de modifier les
dispositions des lois qui sont en annexe. On va y arriver pour parler de transparence,
puis il y a des obligations de transparence. C'est certain que, si on veut
aller plus vite, il va falloir être plus transparent.
M. Grandmont : D'accord.
Bien, écoutez. Sur des processus pour revisiter l'autorisation qui est donnée.
Parce que, là, vous avez un projet de loi qui permet de donner des
autorisations qui vont... qui vont... qui vont potentiellement durer des
décennies, là. Est-ce que, dans votre esprit, c'est la bonne façon de
fonctionner? Ou est-ce que vous vous prévoyez...
M. Girard (Groulx) : Bien là,
là où je serais d'accord avec vous, c'est que si on se donne des pouvoirs
extraordinaires ou exceptionnels, on est... on a un devoir de transparence.
Là-dessus, je suis d'accord avec vous. Par contre, des projets d'intérêt stratégique
et national, c'est important. Puis, je vous rappelle que, par exemple, un
projet comme le tramway, qui vous est cher et qui m'est cher, on n'avait pas
l'acceptabilité sociale au départ, on avait peut-être... peut-être que les eaux
étaient séparées directement à 50 % ou nord-sud, je ne sais pas trop. Mais
on n'avait pas... on n'avait pas un consensus excessivement large, puis on
avait un rapport du BAPE très sévère, puis il y a quand même fallu faire preuve
de leadership pour favoriser le transport en commun dans notre capitale
nationale. Et ça, ça demandait du courage politique pour un projet d'intérêt
pour la capitale nationale.
M. Grandmont : Vous avez
parlé de grands pouvoirs. Vous savez ce qu'on dit avec les grands pouvoirs,
viennent les grandes responsabilités. C'est une... c'est un grand penseur qui a
dit ça. Est-ce que vous pensez que c'est responsable d'offrir à une entreprise
la possibilité d'échapper à certaines lois sur des périodes de temps qui
peuvent aller jusqu'à 100 ans?
M. Girard (Groulx) : Bien...
Encore une fois, ça va être du cas par cas. Est-ce que je suis fier que le
tramway avance malgré un rapport du BAPE extrêmement défavorable...
M. Grandmont : ...je pensais?
M. Girard (Groulx) : ...non,
mais... Ça va être du cas par cas. Si on prend l'exemple que j'ai parlé, la
fosse du Labrador, bien, on a deux voies ferroviaires en parallèle qui
appartiennent à deux entités différentes. Et puis, on pense que d'intégrer une
boucle serait dans l'intérêt supérieur du Québec. Et donc... Ça va être du cas
par cas.
M. Grandmont : D'accord. Mais
est-ce que... Je reprends...
M. Grandmont : ... ma
question, est-ce que vous pensez que c'est... Dans quel cas ça pourrait être
responsable que de dire, pour 100 ans, vous avez le droit de contourner tel
article de la loi sur la qualité de l'environnement.
M. Girard (Groulx) : Bien,
OK, bien, c'est sûr que la façon que vous le présentez, ce n'est pas
particulièrement attrayant.
M. Grandmont : Ce n'est
pas partiellement, quoi?
M. Girard (Groulx) :
Attrayant.
M. Grandmont : Non,
c'est ça, bien...
M. Girard (Groulx) : Non.
M. Grandmont :
...présentez... présentez-le-moi attrayant, parce que vous faites juste
répondre, ça sera au cas par cas.
M. Girard (Groulx) : La
façon que vous le présentez, là, vous n'êtes pas un très bon vendeur pour le PL
no 5.
M. Grandmont :
Vendez-moi votre salade, là, parce que, pour vrai...
M. Girard (Groulx) : OK.
Non. Je vous... je ne vous trouve pas très bon vendeur du PL no 5.
M. Grandmont : Bien, je
veux dire, c'est vous qui êtes le ministre qui porte le projet de loi.
M. Girard (Groulx) : Non,
mais, c'est parce que je vous dis, c'est du cas par cas, parce que vous faites
un cas hypothétique. Vous dites que je vais à... dès, aussitôt que le projet de
loi est adopté, je vais m'empresser d'autoriser un projet qui va dévier à nos
responsabilités environnementales pendant 100 ans, là. Non.
M. Grandmont : D'accord,
bien, vendez-nous votre salade parce que pour vrai, vous ne faites que
répondre : Au cas par cas.
M. Girard (Groulx) : Bien
je vous... je vous...
Le Président
(M. Laframboise) : ...Taschereau, c'est tout le temps que vous
aviez sur l'article 23.
M. Girard
(Groulx) : Ah, OK.
Le Président
(M. Laframboise) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres questions,
commentaires sur l'article 23?
M. Girard (Groulx) : Pas
pour moi.
Le Président
(M. Laframboise) : Est-ce que l'article 23 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Laframboise) : Sur... sur division, sûrement, là, hein? Sur
division, donc adopté sur division, donc article 24.
M. Girard (Groulx) : Oui :
«Le gouvernement peut, par règlement, déterminer les droits exigibles pour
toute formalité prévue par la présente loi, de même que leurs conditions et
leurs modalités de paiement».
Commentaire : «Cet article prévoit
que le gouvernement peut, par règlement, déterminer les droits exigibles pour
que toute formalité prévue par le projet de loi, de même que leurs conditions
et leurs modalités de paiement». Alors, voilà.
Le Président
(M. Laframboise) : Questions, commentaires sur l'article 24?
M. Grandmont : M. le
Président, est-ce que vous pouvez demander au collègue en face d'arrêter de
faire des blagues, là, c'est parce qu'on... ça devient dur de ne pas... c'est
dur d'arriver à ne pas rire, là, c'est tellement drôle.
Le Président
(M. Laframboise) : Article... Questions, commentaires sur
l'article 24?
M. Grandmont : Oui, je
ne sais pas si on collègue de Marguerite-Bourgeoys en a? Non? Moi, j'ai
quelques questions, d'abord. C'est un article qui est quand même assez court. C'est
un article qui est...
M. Girard (Groulx) : Juste
pour clarifier...
M. Grandmont : Oui,
allez-y.
M. Girard (Groulx) :
...On se donne un pouvoir d'imposer des droits supplémentaires.
M. Grandmont : Bon.
M. Girard (Groulx) : Que
ceux qui sont exigibles en vertu des lois.
M. Grandmont : Parfait.
Donc, pouvez-vous être un peu plus explicite sur les droits exigibles et les
droits supplémentaires dont vous faites mention?
Le Président (M. Laframboise) :
... j'ai besoin du consentement... donner votre titre...
M. Tremblay (Nicolas) :
Consentement.
Le Président
(M. Laframboise) : Consentement... votre titre et votre... votre
nom, votre titre. Merci.
M. Tremblay (Nicolas) : Merci,
M. le Président. Nicolas Tremblay, sous-ministre adjoint au développement
économique, aux politiques aux entreprises et aux sociétés d'État au ministère
des Finances. De manière simple, le gouvernement va... Bien, le ministère des
Finances, là, va devoir déployer des ressources, analyser les projets, faire la
coordination, puis le promoteur va bénéficier de cet avantage-là. Donc,
l'objectif, c'est de s'assurer que les ressources publiques qui sont allouées
à... au traitement plus accéléré des dossiers soient à la charge du promoteur.
M. Grandmont : La charge
du promoteur. Donc, si vous me donnez un exemple, un peu du cheminement, là,
qu'est-ce que ça représente en fait, là, plus concrètement?
M. Tremblay (Nicolas) : Recevoir
le dépôt, l'analyse du dossier, puis les recommandations, par exemple, au Conseil
des ministres, là, puis les consultations avec les partenaires.
M. Grandmont : OK. Donc,
ça, normalement, c'est à la charge du partenaire?
M. Girard (Groulx) : Du
promoteur.
M. Grandmont : Du
promoteur, pardon, oui, du promoteur. Donc, des ressources... Est-ce que les
ressources de l'État sont en fait payées par une contribution du promoteur?
C'est-tu comme ça qu'il faut le comprendre?
M. Tremblay (Nicolas) : Les...
pas les ressources de l'État en tant que telles, là, mais...
M. Grandmont : Désolé,
les ressources humaines, là, j'entends, là.
M. Tremblay (Nicolas) : ...les
frais encourus dans le traitement du dossier doivent être... doivent être
couverts, là, par... par l'utilisateur, là, comme dans plusieurs autres
processus usuels, là, d'autorisation, là.
M. Grandmont : Parfait.
Puis, quand on parlait de... de frais, de droits supplémentaires, est-ce que
c'est parce que c'est un régime particulier ou si c'est toujours prévu aussi
dans ce... dans tous les projets de nature industrielle?
M. Tremblay (Nicolas) : Mais
dans la logique, c'est simplement qu'il va y avoir déjà des droits qui vont
être... qui vont être à couvrir, là, pour les analyses des divers ministères,
dont, par exemple, le financement du ministère de l'Environnement. Puis il y
aura des droits supplémentaires par-dessus ces frais-là pour le travail de
coordination, là, du ministère des Finances.
• (15 h 50) •
M. Grandmont : Parfait.
On dit dans les commentaires : «Cet article prévoit que le gouvernement
peut, par règlement, déterminer les droits exigés pour toute formalité prévue
par le projet de loi, de même que leurs conditions et leurs modalités de paiement».
Est-ce que...
M. Grandmont : …que c'est pour
chaque projet qu'un règlement qui est émis et dans lequel on va retrouver les
droits exigibles, ou si c'est par règlement suivant l'adoption du projet de loi
cinq qu'on va… on va fixer, en fait, ces… ces droits-là?
M. Tremblay (Nicolas) : Généralement,
c'est par règlement que c'est fait pour l'ensemble des contribuables pour que
ce soit équitable.
M. Grandmont : Parfait,
excellent. Si vous le permettez, M. le Président, on va... je suspendrais
quelques instants et on va proposer un amendement.
Le Président (M. Laframboise) : Juste…
je vais revenir sur une directive que je vais vous donner par rapport aux
suspensions. On avait avisé, ce matin, votre… votre adjointe, que cinq minutes,
là, c'était le temps qu'on accordait...
M. Grandmont : Oui, on fait
au plus vite, on fait au plus vite. Merci.
Le Président (M. Laframboise) : Ça
fait qu'on va demander de respecter cinq minutes.
M. Grandmont : Absolument.
Le Président (M. Laframboise) :
Suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 51)
(Reprise à 15 h 59)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
lors de la suspension nous en étions à l'article 24 et le député de Taschereau
avait un amendement. M. le député, vous pouvez le lire.
• (16 heures) •
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup M. le Président. Donc, je vais lire l'amendement que je propose à
l'article 24. Merci. Une part des revenus issus de ces... en fait, il faut
ajouter à la fin de l'article 24 du projet de loi l'alinéa suivant :
« Une part des revenus issus de ces droits est affectée au renforcement de
capacités d'analyse, de surveillance et d'inspection du ministère de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs pour
les projets désignés. » L'article 24 du projet de loi, tel qu'amendé, se
lirait ainsi : Le gouvernement peut, par règlement, déterminer les droits
exigibles pour toute formalité prévue par la présente loi, de même que leurs
conditions et leurs modalités de paiement. Une part des revenus issus de ces
droits est affectée au renforcement de la capacité d'analyse, de surveillance
et d'inspection du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs pour les projets désignés. Je
me permets d'expliquer, M. le Président, mon amendement. Merci. Donc, en fait,
c'est une proposition pragmatique que je propose au ministre des Finances. Il
introduit un mécanisme de financement dédié…
16 h (version non révisée)
M. Grandmont : ... ou en
fait, on pourrait parler d'autofinancement pour s'assurer que l'accélération
des projets ne se fasse pas au détriment de la rigueur scientifique et
environnementale. L'article 24, là, du projet de loi n° 5, prévoit
que le gouvernement peut exiger des droits financiers des promoteurs pour le
traitement de leurs demandes d'autorisation. En exigeant, en fait, suivant mon...
mon amendement, là, en exigeant qu'une part de ces droits-là soit formellement
affectée au renforcement de la capacité d'analyse, de surveillance et d'inspection
du ministère de l'Environnement, bien, je pense qu'on répond directement à une
des grandes failles de ce projet de loi là, soit le manque de ressources de l'État
pour gérer la charge de travail supplémentaire.
Alors, quelques arguments. D'abord, je
pense qu'il faut... Si on veut accélérer, en fait, les projets au Québec, il
faut... il faut que ça se fasse en accélérant aussi la présence, ou en
augmentant, en fait, les effectifs de l'État, pas seulement augmenter le nombre
de décrets qui sont... qui sont octroyés, qui sont... qui sont décidés, qui
sont votés. Le ministre répète souvent que le PL no 5 vise à
réduire les délais, alors que, comme le soulignait le mémoire du SFPQ, la
principale cause de la lenteur administrative n'est pas... ce ne sont pas les
lois elles-mêmes, mais le manque chronique d'effectifs dans les ministères, d'analystes,
de biologistes, au sein des ministères sectoriels qui analysent des projets,
pour étudier des projets qui sont de plus en plus complexes.
Alors, selon moi, si on... On peut voter
toutes les lois d'exception qu'on veut, si on n'a pas les professionnels sur le
terrain, dans les bureaux, pour analyser les documents, les projets vont
continuer de bloquer. Mon amendement, en fait, propose une solution qui, comme
je l'ai dit tantôt, est très pragmatique et très concrète, là. Il faut utiliser
l'argent versé par les promoteurs de ces grands projets pour embaucher les
équipes d'analystes du ministère de l'Environnement. Pour aller plus vite, oui,
mais de manière responsable et pour donner des bras, des têtes, des cerveaux à
l'État et non pas simplement couper dans le processus.
Je pense que, M. le ministre, je ne me
trompe pas quand vous dites que vous ne voulez pas développer des projets au
détriment de l'environnement. Il ne faut pas que ça soit juste une façon ou un
argument de vente, il faut que ça se traduise par des gestes concrets et mon
argument, mon... mon amendement va dans ce sens-là.
L'autre argument qui a souvent été amené
par... par le syndicat, notamment, mais aussi par d'autres joueurs, notamment l'Association
des constructeurs routiers, puis des grands travaux au Québec.
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, il y a... M. le ministre va vouloir intervenir, donc à un moment donné je
vais lui donner la parole.
M. Grandmont : Ah, bien,
si... J'allais partir un autre argument, là, mais il peut intervenir.
M. Girard (Groulx) : Parce
que... parce que, je ne comprends pas où on s'en va avec ça, là. Écoutez, on
exige des frais pour payer pour les services qui vont être rendus par le
ministère des Finances. Puis là, vous, vous dites, on va prendre ça, puis on va
envoyer ça au ministère de l'Environnement. Non, ça ne tient pas debout, là. OK,
ça, c'est des frais... Il y a déjà des frais à l'environnement dans nos lois, on
a des lois, on a des frais.
Là, ce qu'on dit, c'est que, puisque l'autorisation
va être centralisée au ministère des Finances, il va y avoir des coûts, puis c'est
les promoteurs qui vont payer pour. Ça fait que, là, on... Je vais être poli,
là, mais on est en train de se perdre, là. OK, ça fait que moi, j'aimerais ça
qu'on ait des débats sur des vrais enjeux, et ça, ça n'en est pas un.
Ce que je vous propose, 24, 25, vous allez
l'aimer, 26, vous allez l'aimer, on va avoir fini la partie 1. Après ça,
on pourrait faire la station Bridge-Bonaventure, je pense que vous allez aimer
ça. Puis après ça, tout le monde va être de bonne humeur, on va être rendu à 26,
on va voir une station Bridge-Bonaventure, puis là on pourra repartir la partie 2,
où je soupçonne qu'il y a des sujets où vous allez avoir des vrais enjeux, on
pourra avoir des vraies discussions. C'était une suggestion, je m'arrête ici,
puis vous pouvez continuer avec votre argumentaire.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci
beaucoup. Bien, écoutez, si ça n'a pas l'air clair pour l'instant, je vais
continuer d'expliquer mon amendement, parce qu'évidemment c'est ce que je
souhaite, c'est qu'on soit bien... on soit bien compris, alors, je prendrai le
temps de bien expliquer, évidemment. Puis évidemment, je souhaite aussi,
évidemment, qu'il y ait des stations de REM de nouveaux... nouvelles stations
dans... dans Griffintown. Mais si jamais on n'a pas le temps de s'y rendre, M.
le ministre sait très bien qu'on peut déposer aussi ces amendements-là dans un
projet de loi omnibus si...
M. Grandmont : …le PL 22 dans
lequel on pourrait, tout à fait, c'est un beau projet de loi consensuel dans
lequel on pourra parler.
M. Girard (Groulx) : J'ai
aussi un omnibus fiscal, là, ça fait que, là, l'endroit où les amendements
sont, ça, ça appartient au gouvernement là.
M. Grandmont : Oui,
absolument.
M. Girard (Groulx) : J'ai un
omnibus fiscal après le projet de loi cinq, aussi, il me fera plaisir de
travailler avec vous sur l'omnibus fiscal, mais moi, j'aimerais mieux qu'on
adopte les stations du REM, ici, plutôt qu'attendre l'omnibus fiscal.
M. Grandmont : Je comprends,
je comprends, puis c'est votre droit le plus strict, évidemment. Moi, de mon
côté, évidemment, comme je l'ai souvent dit quand même, et je le répéterai au
bénéfice du ministre, on a des sérieux doutes par rapport à ce projet de loin
là.
M. Girard (Groulx) : Et
j'accueille ces doutes, mais je ne peux pas croire que c'est sur l'article 24
là. Ça, ce n'est pas… vous n'avez pas de sérieux doutes sur l'article 24 là,
là, on fait du sérieux tournage en rond.
M. Grandmont : M. le
Président, je ne pense pas que c'est…
Le Président (M. Laframboise) : Il
ne faut pas prêter d'intentions M. le ministre Donc, allez-y, M. le député de
Taschereau,
M. Girard (Groulx) : Je retire
mes propos, M. le président.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Merci, M. le ministre. Écoutez, ce que je propose, en fait, c'est
effectivement, on va chercher les droits qui sont payés par le promoteur. Pour
moi, c'est… c'est…
Ça c'est ce que tu dis ça?
Donc, c'est
ça, dans le fond, on... je veux juste m'assurer, en fait, que les… les
ressources de l'État ne seront pas phagocytées, bouffées tout rond par des
projets qui seront priorisés par le ministre des Finances parce que des projets
auront été choisis. Je reviens à l'Association des constructeurs de routes et
des grands travaux du Québec, et l'UMQ aussi, qui s'inquiétaient, fortement, du
fait que la priorisation de mégaprojets nationaux allait mobiliser énormément de
ressources existantes de l'État, ce qui, potentiellement, peut paralyser des
projets d'infrastructures régionales. Puis, on le sait, là, les projets sont
nombreux, les besoins sont très, très grands. On parle de routes, de ponts,
d'aqueduc municipaux, les ponceaux, il y en a... il y en a pour plusieurs
milliards de dollars d'infrastructure qu'on doit, on doit entretenir, mais tout
ça, et on parle souvent de ces projets-là en termes d'argent, mais c'est aussi
beaucoup une question de ressources, parce qu'on doit faire les analyses dans
chacun des ministères concernés. Alors là, on va avoir, un, des projets
immenses qui vont être sélectionnés par le ministre des Finances et risque
d'attirer le plus gros des ressources de l'État vers ces projets-là au détriment
des autres. Alors, moi, ce que je vois, c'est que le PL Cinq, ça crée un
entonnoir. Les analystes environnementaux vont être réaffectés d'urgence aux
projets prioritaires du ministre des Finances, ce qui va allonger les délais
pour les municipalités, puis les PME en région, puis en affectant une part des
droits perçus au financement de nouvelles capacités d'analyse dédiées, bien,
mon amendement, ce qu'il fait, c'est qu'il garantit que les projets d'envergure
nationale paient pour leur propre gestion administrative, paient pour ajouter
des ressources qui seront dédiées à l'analyse des projets choisis par le
ministre. On évite de… cannibaliser l'expertise de l'Etat au détriment du reste
de l'économie québécoise.
• (16 h 10) •
Il y a un autre principe aussi qui est
quand même assez courant, en fait, dans le domaine environnemental, c'est le
principe, là, du… le principe de pollueur-payeur. Dans le fond, garantir
l'indépendance de l'État face à ce principe-là. Lorsque des promoteurs paient
des droits à l'État, il est clair que cet argent-là doit évidemment servir à
l'évaluation objective puis rigoureuse du projet et non pas… et non pas
monnayer une approbation rapide là. On doit s'assurer que le travail se fait de
la bonne façon. Vous imaginez? On est déjà dans un… dans un contexte où on
peine à réaliser l'entièreté des évaluations, notamment en environnement, parce
qu'il y a un… il y a un… bon, il y a un contexte qui fait en sorte que,
notamment, on a de moins en moins de ressources. Le nombre de projets, en fait,
qui sont évalués, descend d'année en année. Alors, vous imaginez si en plus, on
ajoute des projets prioritaires qui vont venir chercher la plus grosse partie
de ces ressources-là. Pour que le public ait confiance, pour moi, il doit être
évident que… il est évident, en fait, que les droits exigés à l'article 24 ne
soit pas juste un droit d'entrée. En liant cet argent-là, directement au budget
d'inspection puis de surveillance du ministère de l'Environnement, on
réaffirmerait le principe d'indépendance de notre fonction publique. Le
promoteur, lui, paie pour que l'État fasse son travail de gardien de
l'environnement de la manière la plus pointue et la plus scientifique possible,
qu'elle donne un résultat positif ou négatif à la fin là. Je pense aussi que mon
argument, mon amendement, en fait, vient renforcer le filet de sécurité...
M. Grandmont : …l'autorisation.
Le Centre québécois pour le droit de l'environnement, puis Nature Québec ont
rappelé à plusieurs reprises, là, que le travail ne s'arrête pas à l'octroi du
permis. Si le gouvernement, si le ministre des Finances veulent accélérer
l'émission des autorisations en amont, ils ont l'obligation morale et légale de
multiplier les inspections sur le terrain pendant la réalisation, pour
s'assurer que les conditions environnementales sont respectées. On le sait,
actuellement, là, on a de la difficulté, en ce moment même, à avoir un nombre
suffisant d'inspecteurs sur le terrain pour s'assurer de la bonne réalisation
ou du respect des conditions imposées lors de la construction ou de la
construction de certains projets, lors de l'exploitation de certains projets.
On vient créer un régime d'exception qui viendrait prioriser le transfert de
ces ressources-là vers des projets prioritaires. Ou encore l'effet inverse, ce
qu'on n'aurait pas… on n'aurait pas du tout les ressources nécessaires pour
être capable de le faire alors qu'on… on est déjà un petit peu… on donne des…
certaines dérogations d'un point de vue environnemental, bien, il faut
s'assurer effectivement qu'on a, pour ces projets prioritaires là, sur lequel
on doit avoir un œil encore plus grand parce que grands projets égalent
potentiellement grands impacts, bien, on doit s'assurer qu'on a les ressources
sur le terrain pour faire les suivis. Si on n'a pas les ressources pour faire
le suivi, comment voulez-vous qu'on s'assure que ces projets majeurs que le
ministre aura autorisés suivront les… le minimum requis qui leur est demandé?
Il y a quelque chose là-dedans qu'il faut s'assurer. Donc, en ayant une
contribution, en fait, assurée, c'est-à-dire que, dans les droits exigibles, il
y en a une partie qui, automatiquement, va au ministère de l'Environnement pour
s'assurer que les règles environnementales, pendant toutes les phases du
projet, sont effectivement respectées. Bien, on vient, dans le fond,
responsabiliser l'entreprise, puis on vient s'assurer de respecter le minimum
qu'on a demandé à cette entreprise-là. Déjà qu'on assouplit pour cette
entreprise-là, vous imaginez si en plus, il n'y a tellement pas d'inspection
que l'entreprise ne fait même pas le minimum requis? On risque d'être dans des
situations où les dommages causés à l'environnement ou les dommages causés à la
santé humaine, santé populationnelle, risquent d'être quand même assez importants.
Ce que je propose, c'est aussi une
formule, une formule nouvelle, quand même. J'ai vu la réaction, là, assez
forte, là, du côté gouvernemental, sur… quant à la réception de ma proposition.
Je comprends que j'essaie de créer quelque chose, peut-être qui est nouveau,
mais c'est une formule d'autofinancement moi que je pense qui pourrait apporter
un petit… un petit renouveau. On est dans un projet de loi qui a été souvent
qualifié, là, de projet pilote. On aimerait le voir se déployer ailleurs parce
qu'il n'y a pas là quelque chose d'intéressant à essayer, justement, à travers
un projet pilote, donc, une formule d'autofinancement moderne, puis, en plus,
qui est responsable pour les finances publiques. Parce qu'en fait, c'est des
droits qu'on… qu'on charge à l'entreprise qui servirait à payer pour le
travail, l'expertise d'employés de l'État, dont la fonction est de vérifier la
conformité du travail du promoteur sur le terrain. Vous savez, le ministre des
Finances cherche certainement à optimiser les budgets, puis à éviter de creuser
les dépenses, le déficit, des finances de l'État, moi, c'est ce que je lui
propose avec ça. Bon, il me répondra que ce n'est peut-être pas une grande
goutte dans l'océan des finances du Québec, mais quand même, je pense qu'il devrait
recevoir avec enthousiasme ma proposition. Je lui offre une façon d'aller
responsabiliser les promoteurs sans aucuns frais pour l'État québécois.
Le Président (M. Laframboise) :
…des intentions, là. Ne prêtez pas des intentions au ministre.
M. Grandmont : Ah non, je…
non, mais je souhaite qu'il soit de cet avis-là.
M. Girard (Groulx) : Il n'y a
aucun enthousiasme.
M. Grandmont : Il n'y a aucun
enthousiasme, OK. C'est là-dessus que vous ne…
M. Girard (Groulx) : Oui, vous
me prêtez des intentions.
M. Grandmont : Je souhaite
que M. le ministre voie mon projet d'amendement avec enthousiasme, dans ce
cas-là. C'est… c'est bien vu, bravo. Ça me… ça me réjouit, je vous retrouve,
là. C'est une personne affable, pleine d'humour, je vous reconnais, là, merci.
Puis je ne veux pas vous prêter des intentions en disant que vous êtes plein
d'humour, évidemment, non plus. Donc, évidemment, moi, je pense que c'est un…
c'est un argument… c'est un amendement qui est plein de rigueur budgétaire, en
fait, parce qu'il n'y a aucuns frais pour l'État. C'est une façon, en fait, là,
de mettre en place des ressources pour s'assurer de la conformité des pratiques
sur le terrain, sans un sou de plus chargé aux Québécoises puis aux Québécois.
Ça ne pèse pas non plus sur le fond… le Fonds général de l'État du Québec non
plus, là. Donc, il crée une espèce de boucle d'autofinancement vertueux…
M. Grandmont : ...je
pense qu'il faut le voir comme ça, M. le ministre. Plus il y a de grands
projets industriels complexes déposés au Québec, plus les revenus issus de ces
droits-là vont augmenter, puis plus la capacité de l'État à analyser, puis à
surveiller ces projets-là va s'accroître proportionnellement. C'est un modèle,
moi, je pense, de saine gestion économique appliquée à la gouvernance
environnementale. Donc, voilà, j'espère que ces arguments-là parlent à M. le
ministre, évidemment aussi.
Puis je vais me permettre de parler
également, encore cette fois-ci, d'acceptabilité sociale auprès des
collectivités locales. Parce qu'en effet, là, la Fédération québécoise des
municipalités, puis la Fondation Rivières ont souvent rappelé que les citoyens
craignent de se faire imposer des mégas projets que personne ne surveille, que personne
ne surveille les impacts réels dans leur cour.
Puis, là, on peut penser au bruit, à la
poussière, à la contamination de l'eau, à l'assèchement de nappes phréatiques,
à l'assèchement de milieux humides, disparition de milieux humides qui sont
importants, là, à bien des égards, notamment pour la qualité de l'eau, mais
aussi pour dans le contrôle des inondations. On peut parler d'un paquet, là, la
biodiversité, évidemment aussi, la perte de la biodiversité.
Bref, les impacts sont potentiellement très,
très nombreux et je le dis, là, et je pèse vraiment mes mots, là, je pense que
dans le projet de loi n° 5, l'acceptabilité sociale est probablement
l'angle mort le plus important de... sur l'ensemble de l'oeuvre, là. C'est
d'ailleurs ce qu'avait mentionné le... la Fédération des chambres de commerce
du Québec.
Donc, je pense que pour rassurer une
communauté locale qui voit s'installer un projet de très grande envergure,
bien, le gouvernement doit pouvoir lui garantir que le ministère des... de
l'Environnement aura les yeux fixés sur les opérations, aura... Puis quand je
dis opérations, je ne parle pas de la phase d'exploitation, mais je parle
vraiment de l'ensemble du déploiement, là, d'un projet.
Il y a... il y a... Je pense qu'il y a une
cohérence très grande, à savoir que le ministère de l'Environnement qui, à mon
sens, doit jouer un rôle de chien de garde sur les enjeux environnementaux, qui
malheureusement, n'en a pas vraiment les moyens et j'inviterais M. le ministre
des Finances à lire s'il a le temps de le faire un jour, là, La caution
verte de Louis-Gilles Francoeur, où on comprend bien que le ministère de
l'Environnement, malgré son budget général, incluant les différents projets
qu'il gèrent, peut sembler relativement important, a un budget d'opération sur
sa mission qui est vraiment très faible, surtout au regard de... du poids qu'il
occupe dans le... la totalité du budget du Québec.
Ce qu'on remarque avec le temps, c'est que
le... la mission, le respect, le budget de mission du ministère de
l'Environnement a tendance à demeurer très, très bas, voire à décroître avec le
temps, au regard du budget total, donc le pourcentage en fait, par rapport au
budget total. Et c'est cette mission-là, là, que moi, je veux voir garantie,
que je veux voir assurée, m'assurer que le ministère de l'Environnement est un
véritable chien de garde, qu'il a les yeux et les mains sur le terrain pour...
s'assurer de protéger l'intérêt des collectivités, protéger l'environnement,
protéger la santé publique, protéger l'air, l'eau, nos milieux humides, nos
terres agricoles, etc.
Donc, en inscrivant dans la loi que
l'argent du projet sert directement à financer la surveillance environnementale
locale des projets... des projets d'envergure nationale, bien, on offre une garantie
tangible de transparence aux citoyens, puis aux citoyennes, puis aux élus
municipaux aussi, par ailleurs. Puis je pense que c'est la clé, c'est une des
clés, en tout cas, que je propose pour éviter des blocages sur le terrain.
Donc, si je récapitule, là, je pense que
mon amendement, en fait, est une solution pragmatique. On offre une possibilité
au ministre de trouver des façons de garantir un travail adéquat du ministère
de l'Environnement, ses analystes, sur le terrain, de suivre l'évolution des projets
sans un sou de plus pour les contribuables québécois.
• (16 h 20) •
Je pense que c'est une position qui est
raisonnable, une solution qui nous permet d'éviter que des projets importants
siphonnent des ressources qu'on a besoin par ailleurs sur le terrain. C'est un
principe aussi qui... C'est un... c'est un amendement qui permet de rejoindre
le principe de pollueur payeur, qui est quand même un principe assez
intéressant à suivre quand on veut s'assurer du respect des normes
environnementales. C'est aussi, donc, une formule d'autofinancement qui est
moderne. Effectivement, ça...
M. Grandmont : ...n'existe
pas encore. Je propose, moi, de modifier le projet de loi, 24, pour que les
droits exigibles, on a eu une bonne démonstration tantôt, c'est quelque chose
d'assez courant, mais, tant qu'à faire un régime d'exception avec le PL no 5,
essayons d'innover, essayons d'être un peu dans la modernité, d'avoir une
méthode, là, qui permet d'aller chercher une partie de ces droits-là exigibles
et de les transférer vers un travail adéquat, là, du ministère de
l'Environnement.
Puis, comme je le dis, je pense qu'à la
fin, c'est... ce sont les projets qui bénéficieront de ce... de ce nouveau
mécanisme que j'espère voir mis en place. L'objectif étant qu'on veut, je
pense, à travers ça, rassurer la population, rassurer les communautés, rassurer
les municipalités quant à l'importance qui est accordée à la protection de
l'environnement. Donc, ce sera tout, M. le Président, je vous remercie.
Le Président
(M. Laframboise) : Parfait. D'autres questions, commentaires sur
l'amendement, l'article 24? Donc, est-ce que l'amendement... Vote par
appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
:
M. Provençal (Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
:
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin :
Abstention
La Secrétaire
:
M. Laframboise (Blainville)?
Le Président
(M. Laframboise) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté.
D'autres questions, commentaires sur l'article 24?
M. Grandmont : Oui, M.
le Président, si vous me permettez de suspendre quelques instants, on aurait un
autre amendement.
Le Président
(M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 16 h 22)
(Reprise à 16 h 25)
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, nous en étions à l'article 24. Le député de Taschereau, donc, souhaite
proposer un amendement...
M. Grandmont : Oui. Non,
finalement, il n'y aura pas de dépôt d'amendement supplémentaire sur le 24.
Merci.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. Donc, on peut continuer à discuter de 24. Est-ce qu'il y a d'autres
questions, commentaires?
M. Grandmont : ...excusez-moi.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci
beaucoup. Les modalités de paiement, ça ressemble à quoi, généralement?
Le Président (M. Laframboise) : M.
Tremblay.
M. Tremblay (Nicolas) : Merci,
M. le Président. Ça peut être par virement bancaire, par exemple, là...
M. Grandmont : Puis c'est
vraiment technique, comme ça?
M. Tremblay (Nicolas) :
...oui, c'est ça, là...
M. Grandmont : Puis est-ce
qu'il y a des délais qui sont demandés pour le paiement de ces...
M. Tremblay (Nicolas) : Généralement,
les... le début des activités vient à la suite du paiement. Fait qu'il y a des
délais, mais le temps qu'on le reçoit...
M. Grandmont : Puis il n'y a
rien qui commence tant que le paiement n'a pas été fait?
M. Tremblay (Nicolas) : Généralement,
pour commencer à traiter un dossier, on demande le paiement.
M. Grandmont : D'accord. Ça
me semble assez logique. Parfait. Merci beaucoup.
Le Président (M. Laframboise) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires? Donc, est-ce que l'article
24 est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Pardon? Par vote... nominal. Vote par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Pour.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Pour.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
La Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Contre.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention. Donc, l'amendement... l'article 24 est adopté. Article 25, M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui, M.
le Président. Tout décret pris pour l'application du premier alinéa de l'article
22 ou de l'article 23 doit indiquer les motifs le justifiant. Le cas échéant,
l'avis accompagnant un projet de règlement pris aux fins de l'application de
l'article 23 doit également faire état des motifs le justifiant.
Malgré les articles 11 et 17 de la Loi sur
les règlements, un projet de règlement prévu au premier alinéa ou à l'article
24 peut être édicté après l'expiration d'un délai d'au moins 20 jours à compter
de sa publication à la Gazette officielle du Québec et un règlement visé à cet
alinéa ou à cet article peut entrer en vigueur à la date de sa publication à la
Gazette officielle du Québec ou à toute date ultérieure qu'il indique.
Commentaire : cet article prévoit que
lorsque des lois sont ajoutées à l'annexe ou que des adaptations ou des modifications
sont apportées aux lois ou aux règlements, le gouvernement doit indiquer les
motifs le justifiant. Il prévoit aussi un délai plus court de publication d'un
projet de règlement, ainsi qu'une entrée en vigueur d'un règlement à la date de
sa publication à la Gazette officielle. Et les gens qui écoutent avec attention
auront compris que j'ai un amendement, puisqu'on a retiré 22, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Allez-y
avec votre amendement.
M. Girard (Groulx) : Article
25. Remplacer le premier alinéa de l'article 25 du projet de loi par l'alinéa
suivant : tout décret et, le cas échéant, l'avis accompagnant un projet de
règlement pris pour l'application de l'article 23 doivent indiquer les motifs
le justifiant. Commentaire : cet amendement permet de retirer la référence
à l'article 22 supprimé par cet amendement. Alors, je pense que l'amendement
n'est pas controversé, M. le Président, je proposerais qu'on adopte
l'amendement pour qu'on aille tout de suite discuter de 25 amendé.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires sur l'amendement? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Je n'ai pas de
sous-amendement.
Le Président (M. Laframboise) : Vous
n'avez pas de sous-amendement. Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, on retourne à l'article 25 tel qu'amendé. Donc, des questions,
commentaires sur l'article 25 tel qu'amendé? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Donc, merci, évidemment, pour la concordance. Bien, écoutez, je vais
y aller tout de suite pour vous demander une courte suspension. J'aurais un
amendement.
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 16 h 29)
16 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 16 h 36)
Le Président (M. Laframboise) :
Lors de la suspension, nous en étions à l'étude de l'article 25 et notre
collègue de Taschereau avait un amendement. M. le député.
M. Grandmont : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, je vais lire mon article, mon amendement, pardon.
Insérer, après le premier alinéa de l'article 25 du projet de loi, le
suivant :
«Préalablement à l'adoption d'un décret ou
à l'édiction d'un règlement visé au premier alinéa, le gouvernement doit
solliciter et rendre public un avis du Scientifique en chef du Québec ou d'un
comité consultatif d'experts scientifiques indépendants. Cet avis évalue
spécifiquement les impacts potentiels de la dérogation ou de la modification
visée sur la qualité de l'environnement, sur la biodiversité et sur la santé
publique.»
L'article 25 du projet de loi tel qu'amendé
se lirait ainsi :
«Tout décret, et le cas échéant, l'avis
accompagnant un projet de règlement pris pour l'application de l'article 23
doivent indiquer les motifs les justifiant préalablement à l'adoption d'un
décret ou à l'édiction d'un règlement visé au premier alinéa, le gouvernement
doit solliciter et rendre public un avis du Scientifique en chef ou d'un comité
consultatif d'experts scientifiques indépendants. Cet avis évalue scientifiquement
les impacts potentiels de la dérogation ou de la modification visée sur la
qualité de l'environnement, sur la biodiversité et sur la santé publique.
«Malgré les articles 11 et 17 de la
Loi sur les règlements (chapitre R-18.1), un projet de règlement prévu au
premier alinéa ou à l'article 24 peut être édicté après l'expiration d'un
délai d'au moins 20 jours à compter de sa publication à la Gazette officielle du
Québecet un règlement visé à cet alinéa ou à cet article peut entrer en
vigueur à la date de sa publication à la Gazette officielle du Québecou
à toute date ultérieure qu'il indique.»
Alors, M. le Président, si vous me
permettez, je vais expliquer mon amendement.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y.
M. Grandmont : Bon, il n'y
a... il n'y a pas de surprise, évidemment, là, je cherche à m'assurer,
finalement, que l'aspect environnemental des projets soit le plus rigoureux
possible. On a des analyses à faire, évidemment, et si j'invoque ici, là, le Scientifique
en chef du Québec ou un comité d'experts indépendants, c'est que je veux
introduire un mécanisme de rigueur scientifique et de transparence absolue, au
moment où le gouvernement s'apprête à fixer les règles du jeu opérationnelles
du projet de loi n° 5.
L'article 25 donne au Conseil des
ministres le pouvoir discrétionnaire d'adopter des décrets ou des règlements
pour encadrer l'application des exemptions par voie... et des voies d'accélération.
Donc, en exigeant l'avis obligatoire et public du Scientifique en chef du
Québec ou d'un comité d'experts indépendants, là, je laisse le choix,
évidemment, là, au Conseil des ministres ou au ministre des Finances d'aller
chercher l'expertise qui lui siéra davantage. Avant que ces décrets-là ou règlements
soient adoptés, on se donne l'occasion d'ériger un rempart institutionnel
contre l'apparence d'arbitraire économique et d'apparence de court-termisme
politique et économique.
Donc quelques arguments. D'abord, je pense
que, M. le Président, vous savez, je suis quelqu'un qui vient des sciences, je
la valorise beaucoup face au pouvoir arbitraire, face au pouvoir de l'exécutif
qui parfois peut être un peu trop grand. On a déjà parlé de la séparation des
pouvoirs, je ne reviendrai pas là-dessus, l'exécutif a un très grand pouvoir au
Québec. Lui en donner davantage n'aiderait en rien au... à corriger, en fait,
cette faille que nous avons au Québec dans la... dans notre État de droit, où
la séparation des pouvoirs n'est absolument pas complète et bénéfique.
• (16 h 40) •
Donc, moi, je vois un enjeu, là, parce que
le projet de loi n° 5 centralise des pouvoirs comme rarement il n'en est...
il est arrivé au sommet de l'État d'en avoir. En confiant la destinée à...
M. Grandmont : …environnementale
de grands projets à des décisions ministérielles potentiellement influencées
par le lobbyisme. On le rappelle, il y a très, très peu de mécanismes, très peu
de fenêtres ouvertes sur la prise de décision. Or, j'offre, à travers cet
amendement-là, je pense, une voie pour être capable de remettre de la lumière
sur un processus qui est très opaque.
Alors, le Conseil des ministres, moi, je
pense que c'est un... c'est une instance politique qui est fort importante,
fort nécessaire dans notre démocratie, mais c'est… ce n'est pas un laboratoire
scientifique. Il n'y a pas là nécessairement toute l'expertise qu'il faut. Et,
lorsqu'il s'agit de réglementer des dérogations qui vont toucher nos lois, qui
protègent notre eau, notre air, nos espèces menacées, nos milieux humides, nos
forêts, nos milieux agricoles, bien, les décisions ne peuvent pas reposer
uniquement sur des intuitions ou des considérations économiques ou des
pressions de l'industrie.
Mon amendement vient, en quelque sorte,
institutionnaliser la science au cœur du pouvoir réglementaire. Donc, demander
l'avis, à cette étape-ci, au scientifique en chef ou à un comité d'experts
choisis par le ministère des Finances, par le ministre des Finances, vient
garantir que chaque décret qui va être octroyé va reposer sur des données
solides, probantes et rigoureuses, M. le Président. Je... le scientifique en
chef a quand même un rôle important dans notre société, et j'espère que la
nouvelle nomination d'un nouveau scientifique en chef, qui a déjà une
notoriété, apportera un peu de lumière sur ce… sur ce rôle-là, c'est ce que je
souhaite. C'est pour ça que j'ai accueilli avec beaucoup de joie la nomination
du nouveau scientifique en chef, parce que je pense que c'est un rôle qui est
sous… sous valorisé, en fait, dans la société québécoise. On s'est doté, donc,
d'une structure avec la création du scientifique en chef, d'une structure
d'éthique et de conseils scientifiques, qui est… qui… qui a le potentiel de
devenir très prestigieuse. Puis on en a quelques-unes, il y a évidemment le
scientifique en chef, mais je pense aussi au fonds de recherche du Québec. Mais
malheureusement, ce scientifique en chef là, souvent, ses compétences sont
ignorées lors de l'urgence législative.
Vous savez, le poste de scientifique en
chef du Québec, ce n'est pas... ce n'est pas un simple prestige, ce n'est pas
une simple vitrine pour l'État. Moi, je pense qu'il doit agir comme une
boussole pour notre société. On est à une époque où, malheureusement, la
science est souvent dénigrée et souvent perçue comme une opinion parmi
d'autres. La science n'est pas assez valorisée, je pense. Or, on sait très bien
qu'on en a besoin plus que jamais, à la fois pour favoriser une discussion
publique saine, basée sur des arguments qui sont valables, qui sont hors des
sophismes, mais qui sont aussi orientés vers, je dirais, la recherche de la
vérité la plus absolue possible, sans exclure une remise en question. Parce que
c'est ça aussi la science c'est cette capacité de douter. Et je pense que c'est
un… c'est une... c'est un peu le rôle d'une boussole, en fait aussi, la
capacité de se remettre en question. Je pense notamment à l'amendement que j'ai
proposé tantôt, là, de revisiter à tous les cinq ans la procédure
d'autorisation. C'est une façon aussi de se remettre en question. C'est quelque
chose qui échappe malheureusement trop souvent à beaucoup de gens dans notre
société. Donc, si le gouvernement est de bonne foi puis prétend que le projet
de loi cinq va respecter la qualité de l'environnement, va respecter la santé
des populations, bien, il devrait avoir aucune objection à soumettre ses
projets de décret à l'œil critique de notre plus haute autorité scientifique,
le scientifique en chef. C'est une question de respect, pour les institutions,
de savoir que nous avons nous-mêmes créé. Scientifique en chef, c'est une
création récente du gouvernement du Québec, en tout cas relativement récente,
du gouvernement du Québec. Si on lui donne ce pouvoir là, de regarder et
d'analyser des projets d'envergure nationale, on vient de valoriser de façon
importante ce rôle très important dans notre société.
Bon, une autre chose que je pense
intéressante à travers mon amendement, c'est que ça permet de garantir une
évaluation transversale des risques sur l'environnement, sur la biodiversité,
sur la santé publique, évidemment aussi…
M. Grandmont : ...puis je
reviens un peu à l'analyse en silo, là, qui malheureusement est trop souvent
celle du gouvernement, puis évidemment on a ça dans à peu près toutes les...
toutes les sphères de nos vies. On a tendance à analyser un petit peu les
choses au regard de simplement ce qui nous occupe ou du champ de compétence, du
carré de sable qu'on nous a donné. Mais il manque souvent un regard extérieur
qui permet d'avoir une vision plus large, plus 360, plus transversale de
l'évaluation des risques.
Pour moi, le Scientifique en chef ou
encore une fois, je ne prétends pas que c'est le seul acteur qui pourrait faire
ça, mais un comité d'experts indépendants pourrait le faire également aussi,
permet d'avoir ce regard extérieur avec un peu de recul, mais surtout un regard
large sur des projets qu'on juge de priorité nationale et d'envergure et qu'on
veut prioriser du côté du gouvernement.
Vous savez, l'urgence d'accélérer des
projets industriels, quand on veut faire ça vite, souvent on oublie de faire
bien, malgré les bonnes intentions, là, ça n'empêche pas, mais malheureusement,
on a le nez un peu trop collé sur des opportunités qui se présentent, sur des
arguments qui nous sont soufflés à l'oreille par le promoteur, qui nous sont
proposés par toutes sortes de firmes et de lobbys. Et on en a des exemples
récents, la filière batterie, les projets miniers, on en a, des projets, là, où
finalement on... Excusez-moi, j'ai de la misère à m'entendre, M. le Président.
Le Président
(M. Laframboise) : S'il vous plaît, collègues. Oui, allez-y.
M. Grandmont : Merci, M.
le Président.
M. Girard (Groulx) :
Excusez-moi.
M. Grandmont : Ah, je ne
vous visais pas, M. le ministre. Donc, c'est ça, on a tendance, quand on
accélère, quand on veut accélérer des projets, peut-être oublier des fois de
regarder plus large, on oublie peut-être l'essentiel, on voit l'opportunité
politique, on voit... l'opportunité économique, mais on oublie de regarder les
impacts transversaux, les impacts collatéraux que peuvent avoir des projets
sur... sur la collectivité.
Donc, l'urgence d'accélérer les projets
industriels, ça fait oublier souvent que les impacts écologiques finissent par
devenir des enjeux de santé publique à travers une plus grande contamination de
notre eau, de nos sols, de l'air, une détérioration de l'ambiance sonore.
Évidemment, la pollution par le bruit, c'est quand même quelque chose
d'important.
Donc, mon amendement, en fait, il cible
spécifiquement la triple dimension de l'impact, d'abord l'environnement, la
biodiversité, puis la santé des populations. Moi, je pense qu'un projet
prioritaire ne peut pas être évalué uniquement sous l'angle du produit
intérieur brut ou.... généré, ou encore des emplois qui vont être créés, là.
Alors, l'avis d'un... d'un comité d'experts indépendants ou du Scientifique en
chef forcerait, en quelque sorte, le gouvernement à regarder ces angles morts
qui sont dans ces décrets, notamment les risques toxicologiques ou la
fragmentation des habitats fauniques, avant qu'il ne soit trop tard.
Qu'est-ce que c'est, là, la fragmentation
des habitats fauniques? Je donnerais un exemple que les collègues connaissent
sans doute, là, l'habitat du caribou, par exemple, là, on crée toutes sortes de
chemins forestiers ou de chemins d'accès pour des installations énergétiques,
par exemple, les éoliennes, etc. Et ça fragmente le territoire, ça rend le
caribou plus fragile, plus menacé face aux attaques de ses prédateurs qui ont
des corridors préférentiels pour le traquer, le chasser. Donc c'est un peu ça,
la fragmentation.
Ça peut être aussi la création de... Bon,
je prends un exemple d'étalement urbain, mais on sépare deux zones écologiques
où il y a des espèces qui pourraient avoir à migrer d'un espace à l'autre, qui,
s'il y a une route, s'il y a un quartier qui apparaît, s'il y a des
installations industrielles qui apparaissent, bien, il voit ce corridor entre
deux espaces, deux... deux biomes, en fait, là, être séparés et donc ne plus
être capable de communiquer. Ça affaiblit les espèces, donc c'est ça, c'est ça
un peu, là, les... la fragmentation des habitats fauniques.
Ma proposition d'amendement aussi vient
travailler sur un aspect dont j'ai déjà parlé, mais il me semble, encore une
fois, important de le ramener. C'est la question de la transparence comme
antidote au cynisme citoyen. Il a été dit, là, par plusieurs, plusieurs groupes
qu'on a entendus, notamment le Centre québécois pour le droit en environnement,
Nature Québec, le Regroupement national des conseils régionals de
l'environnement du Québec, qui ont fortement dénoncé l'opacité, puis le manque
de mécanismes de reddition de comptes immédiats dans le processus décisionnel
du projet de loi n° 5.
• (16 h 50) •
Et c'est pour ça, là, le deuxième élément,
là, de mon amendement, là, il est... il est quand même assez important...
M. Grandmont : …c'est
l'importance et l'obligation surtout de rendre public cet avis scientifique au
moment de l'adoption.
Le caractère public vient rassurer la
population, vient renseigner les parties prenantes, donc, les groupes qui ont
un intérêt dans le suivi de ce genre de projet là, vient renseigner les médias,
par exemple, ou les citoyens, les citoyennes et citoyens de communautés locales
adjacentes ou encore les… les représentants, donc les personnes élues de ces
différentes municipalités-là, qui peuvent être touchées par un projet
industriel, vient rendre disponible cette information-là, vient donner accès à
cette validation ou infirmation scientifique.
Dans le cas où il serait publié,
évidemment, on s'attendrait, à cette étape-ci, à ce que l'avis soit favorable,
du comité d'experts ou du scientifique en chef.
Mais bref, ça vient donner une validité au
projet, une solidité, une robustesse du point de vue du respect de
l'environnement.
Donc, si le gouvernement, évidemment,
refuse de rendre publics les avis scientifiques qui guident ces décrets
d'exception, bien, la population va d'emblée conclure, puis je pense que l'on
peut dire, de façon assez légitime aussi, que des risques environnementaux ne
sont pas dévoilés. Et ça, bien, évidemment, dans l'œil du public, c'est
complètement inacceptable.
Donc, la proposition à l'effet de créer ce
mécanisme-là vient garantir à la population qu'il y a acceptation ou, en tout
cas avis favorable, d'experts, soit indépendants, soit le scientifique en chef.
S'il n'y a pas publication de ces avis-là,
alors que le processus demandait formellement que ces acteurs-là soient consultés,
bien, on se rend compte, évidemment, qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne
pas. Et, bon, la population sera en droit de… de demander des comptes au
gouvernement. Mais ça, je pense que c'est quand même assez intéressant.
La transparence… la transparence, c'est un
des éléments qui est le plus manquant dans le projet de loi 5, évidemment,
mais c'est aussi, parallèlement, le seul moyen de rebâtir la confiance
publique, qui est déjà largement effritée par la gestion environnementale du gouvernement
depuis des années, mais aussi qui est déjà, qui est aussi déjà effrité par le
projet de loi lui-même actuellement. Donc, je prie vraiment le ministre des
Finances d'accepter mon amendement pour garantir que cette confiance-là du
public ne soit pas davantage effrité.
Ensuite, évidemment, je… je pense que mon
amendement s'érige en… en rempart contre l'insécurité juridique et les recours
civils pour l'État.
On le sait, le projet de loi en Ontario,
qui est le… le projet de loi jumeau, en fait, du projet de loi 5 ici, au
Québec, le projet de loi C-5, au fédéral, sont actuellement devant les
tribunaux parce que contestés par une partie de la population, par des acteurs
de la société civile.
Alors, adopter des règlements ou des
décrets d'exemption à la pièce, sans assise scientifique solide, expose, je
pense, bien humblement, l'État québécois à des poursuites judiciaires massives
pour utilisation excessive de pouvoir discrétionnaire ou non-respect de ses
obligations de protection de la population, respect de protection de
l'environnement.
Voyez-la, Monsieur le Ministre, cette
proposition d'amendement comme une police d'assurance juridique pour le
gouvernement, parce que les tribunaux sont sévères, de plus en plus sévères
envers les décisions réglementaires, qui sont arbitraires, qui sont prises par
l'exécutif en matière environnementale.
Alors, en disposant d'un avis formel du
scientifique en chef ou encore d'un comité d'experts indépendants, bien, je
pense que l'État se dote d'une défense qui est plus robuste, qui démontre, qui
agit non seulement selon les règles de l'art, mais aussi sur la base de
connaissances fiable, scientifiques, ancrées dans l'actualité et ancrées dans
la réalité d'aujourd'hui.
Et moi, je pense que c'est essentiel pour
la prévisibilité juridique… d'adopter cet amendement-là, mais aussi pour les
milieux d'affaires aussi qui veulent voir accélérés leurs projets, mais qui
risquent, si, évidemment, le projet de loi ou encore des projets sont contestés
juridiquement parce qu'on n'aura pas eu suffisamment de transparence et
d'assise scientifique pour supporter des autorisations qui auraient été données
par le Conseil des ministres.
Finalement, je… peux être un dernier
argument, là, sur… sur la question de la cohérence. Le gouvernement du Québec
est signataire de plusieurs engagements internationaux, notamment au regard,
là, des… de ses émissions de gaz à effet de serre, donc d'une réduction de
l'impact humain sur les changements climatiques, déjà qu'on a…
M. Grandmont : ...baissé
nos ambitions à la session passée, à mon grand... à mon grand désarroi, on a
baissé les attentes, on a baissé l'ambition climatique du Québec, mais aussi on
a d'autres engagements qu'on a signés en rapport notamment à la protection de
notre territoire. On s'est engagé à protéger, là, 30 % de notre territoire
d'ici 2030 pour protéger la biodiversité. Puis ça, c'est un.... c'est un
accord, là, le Kunming-Montreal, c'est un... c'est un... c'est un cadre mondial
de l'ONU sur la biodiversité qui impose d'évaluer scientifiquement et de
réduire les impacts négatifs des subventions, puis des processus industriels
sur la nature. Ce n'est quand même pas rien.
Moi, ce que je propose, c'est de justement
trouver des... un mécanisme qui permet de se raccrocher à ces engagements-là, à
ces accords que nous avons signés comme nation. On ne peut pas, je pense, avoir
signé des déclarations internationales de cette ampleur-là pour... qui visent à
protéger la biodiversité à l'échelle mondiale, puis à l'échelle, évidemment, de
notre territoire. On agit évidemment le plus possible là où on a un certain
contrôle et parallèlement, alors qu'on a de la difficulté à atteindre ces
objectifs-là, je le rappelle, au bénéfice des collègues, on a de la difficulté
à atteindre nos objectifs, on n'est pas sur la voie d'atteindre d'ici 2030,
30 % de notre territoire protégé, parce que c'est dans trois ans et demi
seulement, là, 2030.
On ne peut pas, donc, parallèlement à ces
objectifs, qu'on a de la difficulté à atteindre, voter une loi qui permet au Conseil
des ministres d'adopter des décrets d'exemption environnementale les yeux
fermés, il y a une contradiction là, là. Si on poursuit des engagements, on
doit tout mettre en œuvre pour essayer de les atteindre. On peut se permettre,
peut-être, d'accélérer des projets qu'on juge prioritaires, ça, j'en suis, mais
d'un autre côté, ça ne doit pas se faire au détriment des engagements qu'on
prend.
Je pense qu'il est possible de conjuguer
les deux et c'est pour ça que je propose cet amendement-là. Ce n'est pas un
amendement qui dit : Le projet de loi n° 5 doit être abrogé, non,
c'est un projet de loi, c'est un amendement qui dit, simplement :
Consultons un avis... allons obtenir un avis scientifique du Scientifique en
chef ou d'un comité d'experts indépendants pour valider que le respect de
l'environnement fait partie intégrante de l'autorisation qui a été donnée, donc
du projet industriel qui sera éventuellement lancé et réalisé.
Donc, mon amendement, je pense, assure la
cohérence internationale du Québec. Puis en lien à l'article 25, à l'avis
d'experts indépendants ou au Scientifique en chef, on prouve... on prouve que
le Québec prend au sérieux ces engagements-là, les engagements qui visent le
climat et le respect et la protection de l'écologie, de la biodiversité de
notre territoire au Québec. Et donc qu'aucun intérêt, aucun impératif
économique...
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député, c'est tout le temps que vous
avez sur votre amendement à l'article 25. Donc, est-ce qu'il y a des...
d'autres questions, commentaires? Donc, est-ce que l'amendement est adopté? Un
vote par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) :
Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin :
Abstention
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président
(M. Laframboise) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté.
Nous revenons à... à l'étude de l'article 25. D'autres questions,
commentaires?
M. Grandmont : Oui, M.
le Président.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui.
Merci beaucoup. Si vous permettez de suspendre un petit peu, j'aurais un autre
amendement à proposer.
Le Président
(M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 16 h 59)
17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 06)
Le Président (M. Laframboise) : … Donc
maintenant, nous allons…nous allons… lors de la suspension, nous en étions à l'article 25,
notre collègue de Taschereau nous proposait un amendement. M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci, M.
le Président. Alors, je vais lire mon amendement dans le deuxième alinéa de l'article 25
du projet de loi, remplacer 20 par 45. Donc, l'article 25 du
projet de loi tel qu'amendé se lirait ainsi : «Tout décret et, le cas
échéant, l'avis accompagnant un projet de règlement pris pour l'application de
l'article 23 doit indiquer les motifs les justifiant. Malgré les articles 11
et 17 de la Loi sur les règlements (chapitre R-18.1), un projet de
règlement prévu au premier alinéa ou à l'article 24 peut être édicté après
l'expiration d'un délai d'au moins 45 jours à compter de sa publication à
la Gazette officielle du Québec et d'un règlement visé à cet alinéa ou à cet
article peut entrer en vigueur à la date de sa publication à la Gazette
officielle du Québec ou à toute date ultérieure qu'il indique.»
M. le Président, je vais me permettre d'expliquer
mon amendement. Donc, l'article 25 là, du projet de loi cinq, touche aux
modalités de consultations publiques applicables au projet de règlement ou au
décret d'exception… En l'état actuel… le projet de loi, le texte, en fait,
accorde un délai de seulement 20 jours au public, aux municipalités et aux
groupes environnementaux. Je m'excuse, M. le Président, j'ai encore beaucoup de
bruit là, je suis désolé.
Le Président (M. Laframboise) :
...s'il vous plaît. C'est bien. Allez-y.
M. Grandmont : Aux municipalités.
Donc, en l'état, là, le texte accorde un délai de seulement 20 jours au
public, aux municipalités, aux groupes environnementaux, aux experts, donc à
toutes les parties prenantes qui sont intéressées par les projets qui seraient
désignés par… autorisés, en fait-là par le ministre, pour analyser les
propositions réglementaires du gouvernement, puis soumettre leurs commentaires.
Puis, on sait comment, déjà, en partant, c'est un délai qui est très court, là,
évidemment, 20 jours plutôt que 45, mais en plus, c'est qu'on va être
devant des concepts ou en fait des présentations, des autorisations qui auront
des formes différentes au cas par cas, on sait qu'on est dans un régime d'exception
et on sait qu'on n'aura pas… on aura donc une… des critères qui seront
différents, on aura des… une complexité, je vais le présenter comme ça, une
complexité variable selon en fait le type de projet, mais surtout une
variabilité, en fait, au niveau des projets, il n'y aura pas de… il n'y aura
rien de très constant en fait là, dans ce qui est présenté. Moi, je pense que porter
ce délai-là à 45 jours, c'est un amendement qui est du bon sens
démocratique, en fait, là. D'abord, il s'aligne sur les standards habituels de
la Loi sur les règlements du Québec, puis ça garantit que la participation
citoyenne ne sera pas réduite à un simple exercice administratif.
• (17 h 10) •
Bon, le premier argument, je viens de le
nommer, c'est celui de la cohérence législative, respecter la Loi sur les
règlements du Québec. Au Québec, la Loi sur les règlements, l'article 11
fixe par défaut à 45 jours, le délai minimum de consultation publique pour
tout projet de règlement afin de laisser un peu de temps raisonnable pour la
société de réagir. Ça tient à plusieurs choses, là, le….
M. Grandmont : …le 45 jours,
il n'est pas là pour rien, puis quand on parle de règlement, des fois c'est de
la petite monnaie, là, comparativement à ce qu'on risque de retrouver quand on
parle de projets de l'envergure de ceux qui seront… et qui seront choisis par
le ministre des Finances et par le gouvernement. Tu sais, on va avoir… tu sais,
j'ai vu des projets de règlement sur la solidarité sociale où finalement on
fixe des petits paramètres pour une petite partie de la population. Je ne dis
pas que ce n'est pas important, mais ce que je veux dire, c'est que ça touche très
peu de personnes, l'ampleur de ce règlement-là est peu de choses, sa portée est
peu de choses comparativement à un règlement qui porterait sur un projet
industriel considéré comme d'envergure, priorisé par le gouvernement par décret
avec… avec des passe-droits pour certaines… certaines réglementations ou lois
existantes au Québec. Et puis là, on verrait ces délais-là, non pas de 45 jours
comme normalement, mais de 20 jours seulement. Moi, 45 jours, je trouve ça
intéressant. Pourquoi? Parce que pour avoir été de l'autre côté aussi, puis
regardé des règlements passer… avant d'être député, là, c'est le genre
d'activité à laquelle je m'adonnais, surveiller ce qui se passait dans la
Gazette officielle, pour pouvoir réagir et à se servir de ces 45 jours-là pour pouvoir
faire des commentaires au ministre qui proposait ces… ces règlements-là. Puis
45 jours, c'était déjà assez minimal dans le sens où, dépendamment, au moment
où ça tombe dans l'année, tu es très content d'avoir un 45 jours plutôt qu'un
20. Imagine un… imaginez un règlement qui tombe, qui est publié dans la Gazette
officielle le 15 décembre. Bien, le 20 jours nous mène au début du mois de
janvier avec un 20 jours seulement. Est-ce que vraiment les gens vont prendre
le temps de produire un mémoire pour faire des commentaires et émettre des
opinions sur un projet? Je veux dire, 20 jours, c'est très très court. Déjà
juste dans un… dans une période de temps plus propice pour rédiger ce genre de
mémoire là, ça m'apparaît très peu de temps considérant l'ampleur de ces
projets-là. Monter un argumentaire, prendre le temps d'y réfléchir, prendre le
temps de le décrire, se relire, le valider, co-écrire, peut-être dans certains
cas aussi, là, des documents, 20 jours, c'est très très peu de temps pour des
fois, des gens qui vont faire ça de façon bénévole. Si on est dans une
municipalité, des citoyens vont peut-être vouloir produire, mettre sur papier
leurs opinions, leurs intentions et participer, dans le fond, à la discussion
avec le ministre. Et même pas trois semaines m'apparaît comme un délai très,
très, très, très restreint pour leur permettre de s'exprimer clairement.
Ce qui m'amène à mon deuxième argument. On
est devant des projets industriels majeurs, en fait, pour le Québec, des
projets prioritaires, de grands projets de plus d'un milliard de dollars,
évidemment. C'est clair que ça vient, en tout cas, selon moi, là, à vue de nez,
là, pour… pour le genre de projet dont on a pu discuter, puis avec les indices
que nous a donnés à travers le temps, là, le ministre, ça vient avec une
complexité technique et scientifique importante. Les mégaprojets sont, je
pense, par définition, je ne pense pas me tromper en disant ça, sont technique,
sont complexe. Donc, les projets prioritaires d'envergure nationale, des mines de
terres rares, des mégas-usines, des infrastructures de transport, par exemple,
ça implique potentiellement des milliers de pages techniques, l'étude… des
études hydrogéologiques, des études environnementales, des études sur le bruit,
les études donc acoustiques, les études de vibration… les études peuvent être
très complexes. J'ai vu aller… on parle souvent du projet du tramway, M. le
ministre et moi, on partage tous les deux une grande passion pour le
ferroviaire en milieu urbain, on sait combien le nombre d'études qui sont
attendues pour ce genre de projet là, qui se chiffre en milliard, sont
nombreuses. Donc, 20 jours pour analyser l'impact d'une dérogation
réglementaire sur une nappe phréatique, par exemple, ou sur un écosystème qui,
lui aussi, par ailleurs, est complexe. Bien c'est honnêtement matériellement
impossible, même pour des experts indépendants, là, des experts, pardon, des
experts de groupes environnementaux, par exemple. Même pour des petites
municipalités. Mais si c'est difficile pour ces groupes-là qui ont un peu de
temps puis un peu de ressources humaines et matérielles pour le faire, imaginez
ce que c'est pour des experts indépendants ou encore des groupes de citoyens.
Moi, je pense qu'en… en donnant un délai aussi court de réaction, le
gouvernement s'assure de ne recevoir en fait, à peu près aucuns commentaires…
aucuns commentaires… aucuns commentaires de fond, puis ça risque en fait de
neutraliser l'apport de la science…
M. Grandmont : ...la science,
ça peut se matérialiser de toutes sortes de façons, là. Je pense souvent qu'il
y a des experts scientifiques sur certains sujets, des experts légistes,
évidemment. Mais il y a aussi des experts de vécu. Des gens qui habitent un
quartier, qui habitent une communauté, qui ont aussi des choses à dire, mais
qui n'ont pas nécessairement l'habitude de prendre la plume, l'ordinateur pour
écrire. Mais ça requiert donc un temps nécessaire pour être capable de faire ce
genre de... d'exercice-là.
Alors, moi, je pense que donner 45 jours,
c'est le strict minimum pour permettre une analyse sérieuse, une analyse
chiffrée puis constructive qui va, à terme, venir bonifier le projet du
gouvernement. Je pense qu'on ne peut pas se priver de cette expertise-là, mais
encore faut-il laisser le temps aux parties intéressées de produire cette
science-là qui ne va être que bénéfique. À 20 jours, là, on risque de ne
recevoir aucun mémoire puis plutôt voir des gens, en fait, se mobiliser à
l'extérieur des processus que le ministre veut mettre en place et, donc, se
retrouver avec de la contestation, de la polarisation et, donc, potentiellement
aussi du ralentissement. Je ne pense pas que c'est ça que le ministre veut. Il
veut exactement l'inverse, en fait, accélérer des projets.
Donc, je l'invite vraiment à regarder
cette possibilité-là, au moins de s'accrocher sur le 45 jours, c'est le strict
minimum. Puis, en plus, comme je l'ai dit tantôt, on s'accroche au règlement,
en fait, à la norme, aux pratiques courantes, en fait, pour ce qui est des
délais donnés pour les règlements... pour réagir à des règlements au
gouvernement. Je parlais des citoyens, je parlais des experts indépendants.
J'ai parlé un peu des municipalités puis des MRC, mais je veux quand même
explorer davantage cette... ce groupe-là, ces parties prenantes là, évidemment,
aussi.
Les administrations municipales puis les
MRC sont aux premières lignes, hein, face aux impacts territoriaux de ces
potentiels projets-là. On parle de zonage, d'infrastructures, de réseaux d'eau,
par exemple. Puis leurs conseils ne se réunissent pas si souvent que ça. Dans
les petites municipalités, dans les MRC, là, des rencontres à tous les mois,
c'est assez fréquent, M. le Président. Donc, c'est justement pour ça que la
Fédération québécoise des municipalités, la FQM, puis l'Union des municipalités
du Québec le rappellent souvent. Les gouvernements locaux ont besoin de temps
pour analyser les impacts que les projets choisis par l'État auront dans leur
cours. 20 jours pour produire des avis, des mémoires, alors, qu'ils se rencontrent
une fois par mois, c'est largement insuffisant.
Ça signifie qu'un projet de règlement peut
être publié et adopté entre deux séances ordinaires d'un conseil municipal ou
d'une MRC. Ça, ça prive les élus locaux de leur capacité d'adopter formellement
une résolution ou un mémoire, et donc, de bien représenter les intérêts des
personnes et des entreprises qu'ils représentent à travers leurs fonctions
d'élus municipaux ou de représentants de leur municipalité sur la MRC. Donc,
porter le délai... de faire passer de 20 jours à 45 jours, je pense que c'est
faire preuve d'une certaine forme de respect envers l'autonomie municipale puis
le rythme démocratique des plus petites municipalités.
Et je le rappelle encore une fois, j'ai
comme l'impression... Encore une fois, on va là-dessus parce que, pour
l'instant, on n'a pas eu beaucoup d'informations sur le type de projets qui
seront éventuellement visés par le projet de loi n° 5, malgré nos appels
répétés à faire en ce sens, malgré d'autres projets de loi où la liste des
projets était clairement identifiés. Bien, je pense, en fait que... une large
part de ces projets d'envergure nationale choisis par le gouvernement risque en
fait de se retrouver dans des milieux où les municipalités sont plus petites,
où les municipalités ont moins de moyens, où les municipalités se rencontrent,
effectivement, ont des séances du conseil municipal uniquement une fois par
mois.
Et, je le répète, je le répète, là,
imaginez un projet de règlement dévoilé et adopté... entre deux séances
courantes du conseil municipal. Quand même, il faut le faire. Il y a un petit
vice de procédure, pour ne pas dire un petit vice démocratique, là, dans ce
processus-là. Alors, c'est pour ça que je propose ça, de faire passer de 20 à
45 jours à compter de la publication dans la Gazette officielle.
• (17 h 20) •
Bon, un autre argument aussi que je trouve
important de souligner, c'est mon argument... mon amendement vise à éviter le
piège de la précipitation juridique...
M. Grandmont : …les
consultations courses, courtes, pardon, les consultations qui sont courtes,
forcent des… des réactions à la pièce, augmentent le risque d'avoir des angles
morts, juridiques ou administratifs qui vont devoir être corrigés par d'autres
décrets gouvernementaux.
À vouloir aller trop vite, M. le
Président, je pense qu'on écrit de mauvaises règles ou, en tout cas, on
augmente les chances que c'est ce qui se passe. Les milieux économiques
eux-mêmes, comme le Conseil du patronat du Québec ou la Fédération des chambres
de commerce du Québec, demandent de la prévisibilité, puis de la stabilité. Si
le gouvernement adopte un décret d'exemption après seulement 20 jours de
consultation, il s'expose à des… des erreurs de rédaction ou à des omissions
graves qui peuvent mener à une instabilité juridique. Un délai de 45 jours
permet à davantage d'intervenants de faire valoir leur point de vue, d'adopter
des résolutions, de produire des mémoires, ce qui permet par ailleurs aussi au
gouvernement d'améliorer la qualité de ses décrets.
Donc, un délai de 45 jours permet de
faire le tour de la question correctement, avec plus de monde. Et ça permet
d'adopter des normes robustes du premier coup. Vous savez ce qu'on dit, hein, M.
le Président, il y a un adage qui dit «tout seul on va plus vite, ensemble on
va plus loin». C'est un peu ça que je propose, en fait, c'est de s'assurer
qu'un maximum de personnes puisse participer. On vient de rajouter, là,
25 jours, à cette étape-ci du processus de… d'identification des projets
prioritaires choisis par le gouvernement. 25 jours pour s'assurer qu'il y
ait un peu plus de personnes qui vont pouvoir mettre… faire œuvre utile, mettre
à profit leur intelligence individuelle et collective. Moi, je pense qu'on est
gagnant sur le long terme. Ça peut, et ça… ça a toutes les chances de faire de
meilleurs projets à la fin.
Je m'excuse, je prends une gorgée d'eau.
Encore une fois, je reviens sur cette… ce
pilier-là, en fait, là, tout à fait manquant, je pense, du projet de
loi 5, celui de la transparence, celui de l'acceptabilité sociale. L'acceptabilité
sociale, je pense que c'est le meilleur remède contre l'enlisement judiciaire.
Le Centre québécois pour le droit de l'environnement, puis Nature Québec, nous
ont prévenu, à travers d'excellents mémoires et de très, très bonnes, de très
pertinentes auditions dans des consultations… particulières, que l'impression
de « passage en force », je mets des guillemets, là,
mais l'impression de passage en force unilatéral engendre de la résistance qui
mène tout droit à la judiciarisation des projets. L'objectif du projet de loi,
c'est d'essayer de sauver du temps. C'est l'objectif. C'est faire plus rapide.
Mais restreindre la consultation à 20 jours risque de braquer la
population, les populations locales qui vont se sentir muselées. Ils vont
sentir qu'ils n'ont pas le temps de réagir, qu'ils n'ont pas le temps pour le
faire, qu'ils n'ont pas… puis, encore moins s'ils n'ont pas les outils pour le
faire.
Donc, qu'est-ce qui est plus efficace? Est-ce que c'est prendre
25 jours de plus pour écouter le public, écouter les MRC, écouter les
municipalités, écouter les unions municipales, la Fédération québécoise des
municipalités et l'Union municipale, écouter les experts, écouter les organismes
environnementaux, bref, toutes ces parties prenantes qui permettent de
réajuster le… le tir de façon, je dirais, pacifique ou s'entêter sur un délai
de 20 jours, tel qu'il est écrit actuellement dans l'article 25 et
faire face à un paquet de mécanismes qui pourraient être… qui pourraient aller
d'injonction de contestation devant les tribunaux, de manifestations sur le
terrain, par exemple?
Je pense que mon amendement, qui est
raisonnable, je crois, protège l'efficacité des projets en misant, non pas sur
un passage en force, mais sur l'acceptabilité sociale. Ça, je pense que c'est
fondamental. À trop vouloir aller vite, on risque de se ralentir, Monsieur le
Président.
Enfin, j'aimerais revenir sur un argument
qui m'est évidemment très cher : maintenir une certaine paix démocratique
autour des projets. Ce sont des projets qui sont importants, qui risquent
d'amener une certaine polarisation, évidemment. Évidemment, on crée des régimes
d'exception à travers le projet de loi 5. Donc, déjà, il y a des gens dans
la population, chez une certaine partie de la… la société civile, qui sont… qui
sont inquiets, à juste titre, je pense, quant au recul démocratique au Québec,
un point de vue qui était partagé par ailleurs par, donc, la Fondation Rivières…
M. Grandmont : ...Fondation
Rivières, le Centre québécois pour les droits de l'environnement, le
Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec.
Imposer un délai de 20 jours, là, pour des délais, des décrets d'exception, ça
donne encore une fois l'impression que les consultations ne sont qu'une façade,
une simple case à cocher sur un processus d'accélération, d'autorisation de
projets, puis ça alimente, je pense, le cynisme de la population envers nos
institutions publiques, nos institutions politiques. Alors que maintenir le
standard de 45 jours qui, encore une fois, n'est qu'un ajout de
25 jours démontre que l'État québécois, même lorsqu'il gère des projets
prioritaires, refuse, en quelque sorte, de sacrifier des principes fondamentaux...
nos principes démocratiques fondamentaux et qu'il croit sincèrement en la
valeur de la parole citoyenne, de la parole de la société civile.
Donc, si un projet d'envergure nationale à
2 milliards de dollars, qui est planifié sur 30 ans, sur
40 ans, sur 50 ans, sur 100 ans, est à ce point fragile qu'il
s'effondre pour un écart de 25 jours de consultations en moins, moi, je
pense que les bases fondamentales de ces projets-là ne sont pas solides. C'est
pour ça que je propose de modifier l'article 25 en ajoutant, en modifiant,
en fait, le délai, en le faisant passer de 20 jours à 45 jours à
compter de la publication à la Gazette officielle. S'assurer d'avoir une
certaine cohérence, ailleurs les règlements sont traités de cette façon-là,
45 jours, c'est le délai minimum qui est celui des consultations publiques
pour tout projet de règlement.
On veut s'assurer aussi donner aux parties
prenantes, les citoyens, les citoyennes, les municipalités, les unions
municipales, les... les experts indépendants, les organismes de la société
civile, le temps nécessaire pour être capables de rédiger des avis qui font du
sens, qui sont... qui sont plus touffus, qui sont plus riches aussi. On veut
s'assurer aussi, puis je terminerais là-dessus, M. le Président, pour s'assurer
de respecter la... le rythme démocratique des municipalités dans les régions où
plusieurs de ces projets-là risquent d'être déployés. Je le rappelle, là, il y
a certains conseils municipaux qui ne se réunissent qu'une fois tous les mois.
Voilà, merci.
Le Président
(M. Laframboise) : Merci beaucoup M. le député de Taschereau,
c'est tout le temps que vous aviez pour... sur votre amendement à
l'article 25. Des questions, commentaires sur l'amendement? Est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Rejeté.
Le Président
(M. Laframboise) : Rejeté... Vote par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard
(Groulx) : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin :
Abstention.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président
(M. Laframboise) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté.
Nous revenons aux discussions sur l'article 25. Des questions, commentaires?
M. Grandmont : ...M. le
Président.
Le Président
(M. Laframboise) : Ça va. Est-ce que... Pas de questions. Donc, est-ce
que l'article 25 est adopté?
Une voix : ...
Le Président
(M. Laframboise) : Vote par appel nominal.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) :
Pour.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Pour.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Pour.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin :
Abstention.
La Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Contre.
La Secrétaire
:
M. Laframboise (Blainville)?
Le Président
(M. Laframboise) : Abstention. Donc, l'article 25, tel
qu'amendé, est adopté. Donc, il y avait un amendement, hein, c'est ça? À
l'article 26. M. le... M. le ministre, l'article 26.
M. Girard (Groulx) : Je
lis 26, il y aura dépôt d'amendement qui sera lu, puis après ça peut-être qu'on
va discuter... Bien, on va y aller dans l'ordre.
Le Président
(M. Laframboise) : Oui, allez-y.
M. Girard (Groulx) : Alors,
je vais lire l'article, on va déposer l'amendement... ou quelqu'un déposera
l'amendement.
«26. Le ministre rend accessibles de la
manière qu'il détermine les renseignements suivants :
«1° l'échéancier prévu pour l'octroi d'une
autorisation par le gouvernement;
«2° l'arrêté du ministre autorisant des
travaux préparatoires;
«3° les documents et les renseignements,
autres que ceux contenant des renseignements personnels, sur la base desquels
l'autorisation, y compris les conditions dont elle est assortie, a été octroyée
par le gouvernement;
«4° le calendrier de réalisation d'un
projet désigné;
«5° les demandes de modification d'une
autorisation par un promoteur et, le cas échéant, les motifs pour lesquels une
telle demande a été refusée;
«6° les renseignements accessibles en vertu
des lois ou des règlements qui encadrent la réalisation du projet désigné...
17 h 30 (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : ...ou des
activités nécessaires à sa réalisation qui ne sont pas autrement publiés;
«7° un état annuel de l'avancement de
chacun des projets désignés.
«Les renseignements visés au premier
alinéa ont un caractère public, à l'exception :
«1° de ceux concernant la localisation
d'espèces menacées ou vulnérables;
«2° de ceux identifiés par le promoteur
d'un projet désigné qu'il considère être un secret industriel ou commercial
confidentiel.
«Malgré le paragraphe 2° du deuxième
alinéa, le ministre peut, s'il est en désaccord avec les prétentions du
promoteur, décider de rendre les renseignements publics dans un délai de 15
jours suivant la notification d'un avis à cet effet au promoteur.»
Commentaire. Cet article prévoit quels
sont les renseignements qui sont rendus publics par le ministre. En outre, de
ceux qui le sont déjà en vertu de la loi, comme les décrets désignant les
projets ou octroyant les autorisations. Ils confirment aussi que les
renseignements qui y sont énumérés ont un caractère public, sauf les
renseignements concernant la localisation d'espèces menacées ou vulnérables, ou
ceux identifiés par le promoteur d'un projet que le promoteur considère être un
secret industriel ou commercial confidentiel. Toutefois, pour les
renseignements identifiés par le promoteur, le ministre peut tout de même
décider de les rendre publiques dans un délai de 15 jours qui suivent la
notification d'un avis à cet effet au promoteur.
Le Président (M. Laframboise) : Je
crois que le député de Marguerite-Bourgeoys a un amendement. M. le député
M. Beauchemin : Il est dans Greffier
déjà, je crois.
Le Président (M. Laframboise) :
On va juste l'afficher, juste un instant.
M. Beauchemin : Oui
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y
M. Beauchemin : Alors, l'amendement :
Dans le premier alinéa de l'article 26 du projet de loi :
1 ° remplacer, dans ce qui précède le
paragraphe 1 °, «de la manière qu'il détermine» par «, semestriellement, sur le
site Internet du ministère des
Finances,»;
2° insérer, à la fin du paragraphe 3°, «ou
sur la base desquels le gouvernement a refusé d'octroyer une telle
autorisation»;
3° insérer, dans le paragraphe 5° et après
«modification», «ou de cession»;
4° remplacer, dans le paragraphe 7°,
«annuel» par «semestriel».
Je n'ai pas besoin de lire comment l'article
se lirait. Donc l'objectif c'est évidemment, bon, on est sur le projet de loi cinq…
on essaye donc de faire avancer l'approbation de projets majeurs. On ne parle
pas d'une école ou on ne parle pas de réparer une route -là, on parle de
quelque chose de vraiment structurel pour l'économie du Québec… Ça pourrait
permettre, évidemment, au gouvernement-là, pendant une période de cinq ans, de
faire, de désigner un projet prioritaire d'envergure nationale en utilisant une
approche accélérée pour le cheminement au niveau des approbations
gouvernementales. On parle de projet de 1 milliard de dollars. Donc, comme
législateurs, on s'attend à ce qu'il y ait de la transparence, évidemment, tout
au long du processus et surtout lorsqu'il y a une reddition de comptes. Ça fait
que, donc, c'était dans cet esprit-là, là, qu'on a déposé… ces amendements-là.
On l'a vu… le gouvernement, lui, fédéral, a adopté le jumeau, on appelle ça le
C-5. Notre côté, M. le Président, nous, on est pour, évidemment, le
développement économique du Québec. On a souci évidemment aussi de la
transparence, mais on s'attend à ce qu'il y ait des comptes… soit rendus. Donc,
on a été collaborateurs dans le processus, on a étudié… à plusieurs reprises
des différentes idées, là, qu'on a voulu avancer, on en a proposé plusieurs aux
ministres, et puis on a travaillé avec les équipes du ministre, puis on doit dire
que, d'entrée de jeu, on a mis nos objectifs en commun pour qu'on puisse
avancer… pour qu'on puisse avoir de la transparence et de la reddition de
comptes. Puis je dois dire que le ministre a été très proactif avec son équipe
devant l'évidence qu'on n'avait pas posée-là, que c'était essentiel pour la
suite des choses.
Donc, on avait un problème avec la
rédaction de l'article 26 du projet de loi. On disait, et je vais citer
ici la citation dans l'article : Le ministre rend accessible de l'information.
Il y avait donc une discrétion au niveau… que le ministre avait sur la manière
de rendre accessible cette information-là en lien avec le projet. On voulait,
on pouvait rendre accessible une série de renseignements, mais c'était au bon
vouloir, évidemment, la façon que c'était écrit. Alors, avec l'amendement, ce
que je propose, on va bonifier le projet de loi de quatre façons. Premièrement,
on va créer l'obligation pour…
M. Beauchemin : ...gouvernement
de rendre l'information publique, on remplace «rend accessibles de la manière
qu'il détermine» par «rend accessible sur le site internet», donc c'est une
obligation.
Nous ajoutons une reddition de comptes sur
le ou les projets aux six mois et non, évidemment, là, annuels. Donc, avant
qu'on pose la question là-dessus, juste pour qu'on soit clair, une reddition de
comptes aux six mois, c'est vraiment une avancée dans certains genres de
projets, c'est quand même relativement complexe, pour avoir été de l'autre côté
de l'équation à plusieurs reprises dans mon passé, je peux vous dire que de le
faire aux six mois, ça peut être exigeant, mais je pense que c'est essentiel.
Troisièmement, on va bonifier les
explications que le gouvernement devra rendre et fournir au public. On voulait
savoir sur quelle base le gouvernement prend ses décisions et pourquoi il va de
l'avant ou non avec une autorisation, puis ça sera maintenant écrit dans une
loi. Finalement, tant qu'à corriger et bonifier le projet de loi, on proposait
d'ajouter que les renseignements concernant une cession d'autorisation par un
promoteur soient rendus publics.
Alors, de notre côté, ce qu'on propose
avec cet amendement-là, c'est plus de transparence, plus de reddition de
comptes. Et voilà. Donc, on voudrait, évidemment, on a... on a enlevé l'article 22,
on a cimenté l'annexe I. L'amendement qu'on propose, là, à l'article 26,
va améliorer, donc, la transparence, puis assurer, là, que la population ait
accès à un suivi semestriel des projets. Puis je pense qu'on va dans la bonne
direction de... C'est une bonne gouvernance, selon nous.
Le Président
(M. Laframboise) : Questions, commentaires sur l'amendement à
l'article 26?
M. Girard (Groulx) :
...commentaire.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : On
a eu l'occasion d'étudier l'amendement proposé, et il nous convient.
Le Président
(M. Laframboise) : Parfait. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui,
merci beaucoup. On en a parlé précédemment, on... J'avais bien hâte de pouvoir
avoir cette discussion-là avec le député de Marguerite-Bourgeoys sur... sur les
amendements, en fait, qu'il voulait proposer. J'ai quelques questions quand
même, là, même si je félicite le travail qui a été fait pour améliorer la
transparence, évidemment, quelque chose d'important. Après ça, même si on
partage l'objectif, des fois, les moyens pour y arriver peuvent différer, des
fois, on peut trouver que ça va assez loin, d'autres fois moins, selon
l'exigence de transparence qu'on peut avoir de part et d'autre.
Bon, évidemment, sur le début de
l'article 26, le ministre rend accessible... de la manière qu'il
détermine. Effectivement, je comprends... je comprends bien l'intention, là,
déjà, de le... de dire que ça va être sur le site du ministère, il y a un
endroit, il est déjà déterminé, c'est à... ça a le mérite d'être assez clair.
Vous avez dit tantôt que de faire des...
une certaine forme de reddition, en fait, là, de l'ensemble des projets. Parce
que là, on ne parle pas de... On parle de l'ensemble des projets qui seront
traités, donc, à... à chaque six mois, on va avoir une... une mise à jour du
site Internet. C'est ce que vous vous demandez, en d'autres termes, vous dites,
ça peut être exigeant, mais c'est nécessaire. En quoi c'est... c'est si
exigeant que ça, considérant que je ne pense pas qu'il y ait tant que ça de
projets qui soient... qui soient visés par le projet de loi?
M. Beauchemin : ...donc,
je réponds, OK, parfait. Ça fait que, pour avoir été de l'autre côté pendant...
M. Grandmont : Quand
vous dites : De l'autre côté, excusez-moi, vous...
M. Beauchemin : Bien,
parce que j'ai travaillé dans une institution financière qui aidait à la
réalisation de projets majeurs.
M. Grandmont : D'accord,
d'accord.
M. Beauchemin : On parle
plus souvent qu'autrement ici d'envergure et d'enjeux au niveau de la
construction, de la réalisation, puis c'est dans ce setup-là, dans cet genre
d'environnement là où le... Rendre, ces développements-là, de rendre un rapport
de ces développements-là, tu sais, plus fréquent qu'aux six mois, ça devient un
peu redondant.
• (17 h 40) •
Tu sais, je pense que de façon
pragmatique, peut-être qu'un an était, peut-être, un peu trop long, aux trois
mois devient peut-être trop fréquent. Je pense qu'à six mois, on a trouvé un
terrain d'entente qui nous permet d'avoir une mise à jour plus régulière, puis
que si jamais il y allait avoir quelque chose qui n'allait pas très bien
fonctionner, bien ça serait plus facilement capable d'être qualifié à partir de
ce moment-là. Je vois ça plutôt comme une avancée, puis évidemment, ça permet
autant au promoteur qu'au gouvernement que...
M. Beauchemin : …partie
prenante de la société civile impliquée dedans… dans ça, de voir justement
l'évolution, puis ça permet à tous de pouvoir comprendre quelle exécution se
fait bien. Puis évidemment, au niveau du gouvernement, j'assume que tu sais si,
de façon intérimaire, il y a des enjeux qui se dégagent, bien là, évidemment,
ça va être plus, comment pourrais-je dire, donc, fréquent le moment où il y
aura un : OK, on aurait donc dû agir, où on devrait donc agir. C'est dans
ce sens-là.
M. Grandmont : Je…
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre, peut-être un complément.
M. Grandmont : Pardon.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y.
M. Girard (Groulx) : Non, j'ai
déjà donné mon accord, alors, je pense que j'ai…
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Vous savez, M.
le Président, quand… quand j'entends parler de ça, là, ça me fait penser au
tableau de bord des projets d'infrastructure du Québec. Puis j'aurais une
question, en fait, là, pour le ministre responsable des Infrastructures, justement.
Le tableau de bord, là, des infrastructures au Québec vous permet de suivre les
différents projets où ils en sont rendus, bien, c'est quand même très utilisé,
là, je pense. En tout comme moi, je l'utilise souvent. La mise à jour de ce
tableau de bord là, il se fait à quel rythme?
M. Girard (Groulx) : C'est
une très bonne question. Ça ne fait pas longtemps que je suis responsable des
infrastructures, puis je vous dirais que, si je comptais sur ce tableau de bord
pour répondre à vos questions en chambre, j'aurais de la misère. Alors je pense
qu'on va essayer d'augmenter le nombre de mises à jour et le contenu
informationnel.
M. Grandmont : Mais est-ce
qu'à votre connaissance il y a… il y a un délai prescrit? Un rythme prescrit,
un peu comme le propose le collègue de Marguerite-Bourgeoys?
M. Girard (Groulx) : J'imagine
que c'est… c'est… on a… on a plusieurs étapes, là, dans la réalisation d'un
projet, là, la fiche d'avant-projet, le dossier d'opportunité, après ça, le
dossier d'affaires, le niveau… le niveau d'avancement des projets. J'imagine
qu'à chaque fois qu'il y a une étape, on fait une mise à jour.
M. Grandmont : ...qui
pourrait se faire en continu… mais en tout cas, si vous pouvez me trouver
l'information parce que je trouve que c'est un comparable intéressant aussi,
là, pour assurer… je comprends qu'à chaque fois qu'il y a une mise à jour, ça
peut et ça doit être fait, mais si au moins on s'assure qu'aux six mois, par
exemple... parce que je trouve l'idée du collègue de Marguerite-Bourgeoys quand
même pertinente, là, on s'assure qu'il y a toujours… Vous-même, vous dites
d'entrée de jeu que vous y voyez… vous ne répondriez pas à des questions en
Chambre sur la base d'informations qui sont sur le...
M. Girard (Groulx) : Non,
mais ce que je veux dire, c'est que les… la fiche est vraiment sommaire.
M. Grandmont : Oui, oui, non,
c'est sûr, évidemment.
M. Girard (Groulx) : Et
peut-être qu'on pourrait avoir un degré de transparence de plus, premier
commentaire. Deuxièmement, la fréquence, bien, au minimum, c'est un an, là,
parce que le PQI est redéposé annuellement, donc, il faut que toutes les fiches
soient cohérentes, plus, lorsque les projets ont… franchissent une étape, là,
comme ce que j'ai mentionné, là. Il y a… il y a les étapes principales, là, à
l'étude, planification, réalisation, mais à l'intérieur de chacune de ces
étapes-là, il y a d'autres étapes, comme la fiche d'avant-projet, le dossier
d'opportunité, etc. À chaque fois qu'on franchit une de ces… de ces…
M. Grandmont : Sous-étapes,
là, jalons.
M. Girard (Groulx) : Oui, on
me dit que c'est en continu pour les projets majeurs, mais, c'est… je vais
regarder ça, OK? Ça va prendre… ça va prendre un troisième mandat, là, mais…
mais je trouve que la fiche est vraiment sommaire, là. Si on prend, par
exemple, le dossier qui était dans les journaux aujourd'hui, l'Hôtel-Dieu. Non,
tu ne peux pas… tu n'as pas… tu n'as pas l'essence de la situation avec ce qui
est… ce qui est là, là.
M. Grandmont : Non,
effectivement, c'est assez succinct comme information, mais en tout cas, je
suis content qu'on ait cette discussion-là quand même malgré tout, parce
qu'effectivement, moi aussi, j'ai toujours trouvé que l'information était très
sommaire, alors que c'est un outil qui a une grande pertinence.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
pense que, si on faisait un jeu de Génies en herbe PQI, là, il y a quand même
720 projets de plus de 20 millions. Ça pourrait être utile. Mais il y a plus
d'information que ça qui pourrait être disponible.
M. Grandmont : Bien, je suis
content de vous entendre là-dessus, M. le ministre. Je reviens à notre collègue
de Marguerite-Bourgeoys. Au troisième paragraphe, là, vous dites «les documents
et les renseignements, autres que ceux contenant des renseignements personnels — évidemment — sur
la base desquels l'autorisation, y compris les conditions dont elle est
assortie, a été octroyée par le gouvernement ou sur la base desquels le
gouvernement a refusé d'octroyer une telle autorisation». Je suis content de
voir cette proposition-là, puis je suis content…
M. Grandmont : ...que M.
le ministre l'accepte, mais est-ce que je dois comprendre qu'en fait des
projets qui auraient été soumis, on verra une... une information apparaître et
on connaîtra les raisons du refus? Est-ce que c'est ce que vous souhaitez?
Est-ce que... est-ce que je comprends bien, en fait, à la base?
M. Beauchemin : Bien
l'objectif ici, c'est de... qu'il y ait de la transparence, pourquoi qu'un
projet n'aurait pas été... pourquoi le projet n'aurait pas été de l'avant sur
une base où est-ce que le gouvernement a refusé, là, de donner une
autorisation. Donc, l'éventail de projet reste à être, évidemment, là,
déterminé, mais, tu sais, je pense que ça va devenir relativement simple à
l'expliquer si un projet ne passe pas le test ou ne satisfait pas les exigences
d'impact majeur sur l'économie, etc. Comme on, comme on a listé au début. Donc,
c'est dans... c'est dans cet ordre de pensée là, de juste que ce soit clair et
transparent, les raisons pour lesquelles un projet n'aurait peut-être pas passé
au niveau de l'autorisation.
M. Grandmont : Est-ce
que, M. le ministre, vous avez la même compréhension que moi que, au troisième
paragraphe, là, quand on indique «ou sur la base desquels le gouvernement a
refusé d'octroyer une telle autorisation», dans le fond, on vient marquer pour
une première fois, là, à moins que je me trompe, publiquement à identifier un
projet qui n'aurait pas été accepté, et on connaîtra donc les raisons de ce
refus d'autorisation.
M. Girard (Groulx) : Là,
vous êtes à quel alinéa? Excusez-moi.
M. Grandmont : Premier
alinéa, troisième paragraphe.
M. Girard (Groulx) : Excusez-moi,
j'étais à l'article 52, là, j'avais un excès d'enthousiasme. Je reviens.
M. Grandmont : On divise
par deux, on divise par deux.
M. Girard (Groulx) : Mais
c'est vous qui m'avez donné l'idée de l'enthousiasme. OK, 2°... 3°, les documents
et les renseignements autres que ceux contenant des renseignements sur la base
desquels l'autorisation, y compris les... a été...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Et
refusée. OK. On dit que c'est les documents et les renseignements, mais que les
motifs sont ailleurs. Ils sont à quel endroit? Ce serait la prochaine question.
Le Président
(M. Laframboise) : ...juste vous présenter, parce que...
M. Grandmont : Me
Desbiens.
Le Président
(M. Laframboise) : Oui.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Merci, M. le...
Le Président
(M. Laframboise) : Consentement pour Me Desbiens? Ça va?
M. Grandmont : Toujours.
Le Président
(M. Laframboise) : Allez-y.
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Donc, le... ici, ce qu'on a, à 26, là, puis ce que le député
de Marguerite-Bourgeoys ajoute, c'est tous les renseignements qui ne sont pas
autrement publiés. Donc, les motifs qui justifient le refus vont être dans un
décret. Les motifs vont être dans le décret. Ça fait que, oui, on va publier
les motifs, M. le député de Marguerite-Bourgeoys a raison, mais en plus on
va... on va publier les documents et les renseignements sur la base desquels on
a refusé. Ça fait qu'on publie tout.
M. Grandmont : Donc, juste
pour bien comprendre, là, les... Bien, c'est... c'est bien, là, il y a... comme
on voit que c'est à deux endroits, c'est... c'est parfait, les motifs à la
Gazette, puis les documents dans le tableau de bord, en fait, là.
Mais donc, des projets qui auraient été
soumis au ministre des Finances, si jamais il les refuse, on va toujours savoir
qu'il y avait eu proposition et qu'il y a eu refus et on aura accès aux motifs
et aux documents. C'est ça?
Mme Desbiens (Geneviève) :
Oui.
M. Grandmont : On est
allés vérifier, là, juste pour information, là, sur le tableau de bord, le TBI,
là, le tableau de bord des infrastructures, puis il y a des mises à jour, là,
de façon un peu aléatoire, là, aux deux semaines, aux trois mois, il y a des écarts,
là, très variables. Ça fait que, j'ai l'impression que c'est un mélange, là, de
révisions annuelles pour le... la préparation du budget et d'alimentation en
continu. Ce qui n'empêche pas, sur le fond, que vous avez raison, là, je
partage votre avis, là, sur le fait qu'on pourrait avoir plus d'informations,
là.
M. Girard (Groulx) : Bien,
je peux vous dire que j'ai déjà indisposé certaines personnes qui font des
efforts assez importants pour mettre ça à jour en temps continu.
M. Grandmont : Non,
c'est parce que vous visez plus haut, c'est parfait, là, vous essayez de tirer
les gens vers le haut.
M. Grandmont : Je
partage ça avec vous.
M. Grandmont : Parfait.
Bon, OK, bien je comprends mieux le...
M. Girard (Groulx) : Il
y a 720 projets de 20 millions et plus, là.
M. Grandmont : Ah oui,
non, c'est sûr, c'est beaucoup.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Grandmont : Puis,
évidemment, le standard restant à 20 millions, le nombre de projets ne fait
qu'augmenter aussi.
M. Girard (Groulx) :
Donc...
M. Grandmont : On a un
PQI plus gros, puis l'inflation fait son œuvre, ça fait que.
M. Girard (Groulx) : Donc
il y a... il y a une mise à jour des 720 projets qui est un effort honorable.
M. Grandmont : Oui, et
on les salue.
M. Girard (Groulx) :
Voilà.
M. Grandmont : Toutes
ces personnes qui travaillent à alimenter le TBI.
M. Girard (Groulx) : C'est,
je...
Le Président
(M. Laframboise) : ...puis ils sont tous en direct, là.
M. Grandmont :
Visiblement, oui.
M. Girard (Groulx) : Je
vais... je vais avoir... je vais avoir besoin de mon garde du corps pour la
première fois en huit ans.
M. Grandmont : ...c'est
drôle, ça.
M. Girard (Groulx) : OK.
Soyons sérieux, 26.
• (17 h 50) •
M. Grandmont : Oui,
absolument, le sujet l'impose. J'aurais encore une question pour le collègue de
Marguerite-Bourgeoys. Cinquième paragraphe, «les demandes de modification ou de
cession d'une autorisation par un promoteur et, le cas échéant, des motifs pour
lesquels une telle demande a été refusée»...
M.
Grandmont : …comment expliquer le sens de cette… de cette
proposition-là?
M. Beauchemin : Bien, la
cession, donc, c'est comme terminé, il n'y a plus d'avancée, là, c'est terminé.
M. Grandmont : OK. Dans le
sens de… cessation, on cesse…
M. Beauchemin : C'est ça.
M. Grandmont : Bien, c'est le
mot… c'est le terme « cession » qui est utilisé ces temps-ci?Moi, je… je le comprenais
comme un transfert, là.
M. Beauchemin : Transfert.
Des voix : …
M. Grandmont : Transfert? Ah ! D'accord. D'accord.
Donc… Donc, dans quel cas ça pourrait se
produire une cession d'une autorisation par un promoteur? Donc, on change de
propriétaire d'une entreprise, mais le projet reste le même, par exemple, ou
c'est le… le projet est racheté par une autre entreprise, puis on va transférer? Je pense que je suis en train
de… d'avoir la bonne ligne, mais je souhaite…
M. Beauchemin : Ça, c'est un…
c'est un bon exemple. Je veux dire, ça… ça peut être comme ça. Il y a… de par…
des fois, ça peut arriver que… qu'un promoteur arrive puis, là, bien, l'entité,
elle est attirante pour un autre promoteur qui devient le propriétaire, puis
là, bien, il y a une continuité dans… dans une nouvelle entité qui se fait. Ça…
c'est dans ce contexte-là, j'imagine, que le… le terme « cession »…
Allez-y Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci.
Oui je vais aller vite. Concordance à 18. On l'a fait tantôt à dix… bien,
tantôt, il y a quelques séances, on a modifié l'article 18 pour ajouter la
cession. C'était un oubli, puis il fallait faire la concordance ici, aussi.
Donc, je… on avait dit à M. le Député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Grandmont : D'accord. Mais
donc, on comprend que c'est le genre de chose qui peut arriver, là. Une cession
de l'autorisation, là, est-ce que, si le porteur reste la même, par exemple, il
est racheté par une entité plus grosse, là, il y a une fusion-acquisition, là,
est-ce que… est-ce que ça nécessite…
Mme Desbiens (Geneviève) :
Non.
M. Grandmont : …donc, une
cession? J'ai deux réactions complètement opposées. Il y a un «non», du côté de
Me Desbiens, puis il y a «oui» du côté de la ministre, du ministre. Pouvez-vous
nous expliquer, là, parce qu'on dit que ça peut être refusé aussi?
Mme Desbiens (Geneviève) : Un
changement d'actionnariat… d'actionnaires ne fait pas en sorte qu'on change la
personnalité morale.
M. Grandmont : OK.
Mme Desbiens (Geneviève) : Il
faut que ça soit une autre personne. Donc, dans ce cas-là, il y en a… une
cession.
M. Grandmont : Un rachat, par
exemple?
Mme Desbiens (Geneviève) : Un
rachat des actifs qui emporte une autre personne, cession. Un changement
d'actionnaire, pas de cession.
M. Grandmont : OK. OK. Donc,
je comprends. Puis, donc, ça pourrait être refusé?Cette
cession-là pourrait éventuellement être refusée?
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui.
Oui, oui, on peut refuser des cessions. Tout ce qu'on fait ici, là, comme on le
disait à l'article 18, cession, révocation, suspension, c'est tous des
pouvoirs qui sont dans les lois qui sont applicables, qui demeurent
applicables. Donc, ce n'est que dans les cas de… que… que ces lois-là le
permettent, qu'on peut le faire. Donc, si la loi ne le permet pas, on ne peut
pas refuser, on ne peut pas accorder la cession, excusez.
M. Grandmont : On ne peut pas
accorder la… la cession. D'accord. Et donc est-ce que, dans le cas d'une… d'un
rachat ou d'une demande de cession, est-ce que, nécessairement, on repasse par
tout le processus? Je ne pense pas qu'on passe à travers le processus, mais
quelles sont les modalités sous lesquels on évalue la possibilité de… de céder
l'autorisation?
Des voix : …
Mme Desbiens (Geneviève) : C'est
aux articles 16, 17, 18 que vous avez la réponse.
M. Grandmont : D'accord.
Parfait. Oui. Vous m'excuserez si je… vous vous souviendrez que j'avais été
remplacé par mon collègue, je pense, pour ces articles-là, là…
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui
M. Grandmont : …Hochelaga-Maisonneuve,
qui était là. Bien, parfait. Excellent. Moi, je… j'aime ça, là.
D'abord, j'aimerais juste revenir sur la…
le paragraphe 1, là, remplacer l'arbitraire, là, de la manière qu'il
détermine par «semestriellement sur un site Internet». Moi, je trouve ça…
intéressant, parce que… on aurait pu avoir un ministre qui décide de publier ça
sur un recueil obscur, on n'aurait pas eu accès à l'information, ça aurait pu
être un communiqué de presse, ça aurait pu. Puis on sait combien cette
information-là est éphémère, dure à retrouver par la suite. Donc, un point de
chute, un endroit, un site Internet sur lequel on est capable de s'assurer de
pouvoir revenir. On peut le mettre nous-mêmes dans nos onglets, le garder dans
nos favoris, puis y revenir à tous les six mois à date fixe pour être capable
d'avoir l'information. Donc, moi, je trouve ça hyper intéressant et important,
la transparence. J'ai beaucoup plaidé pour ça, évidemment, là, dans les
propositions d'amendement que j'ai faites par le…. le passé.
Bon, évidemment, le public, les
investisseurs, les municipalités, les parlementaires… les parlementaires,
notamment aussi, doivent pouvoir savoir exactement où aller chercher
l'information. Alors, en inscrivant dans la loi que les rapports doivent être
publiés sur le site Internet du ministère des Finances, comme le propose le
collègue de Marguerite-Bourgeoys, bien, on vient créer un ancrage institutionnel
fixe, prévisible, puis c'est une bonne… c'est une bonne gestion.
Évidemment, j'aurais aimé ça qu'on… qu'on
adopte davantage de mes amendements par… précédemment, mais, bon, on va prendre
cet amendement, là, puis je le salue, c'est très, très intéressant et
important. L'obligation d'inclure des projets refusés aussi, je trouve
ça intéressant, parce que le texte, actuellement…
M. Grandmont : ...n'obligeait
pas, à moins que je lise mal, là, mais n'obligeait pas d'indiquer de mettre les
documents, en fait, de la base sur la... sur les... C'est dit, là, ou sur la
base desquels le gouvernement a refusé d'octroyer une telle autorisation. Je
pense que c'est une bonne chose aussi, je pense que le public a le droit de
savoir évidemment à l'avance pour des projets qui vont se réaliser
formellement. Ça risque d'avoir un impact sur leur qualité de vie, sur leur
communauté.
Mais le fait de savoir aussi que certains
projets se préparent, sont tentés par des promoteurs, mais qu'ils sont refusés,
permet de voir aussi que bon, à quelque part, malgré l'opacité des processus,
malgré le manque de transparence, il y a quand même des processus à l'interne
qui font que certains projets ne passent pas. J'espère bien qu'il y en aura
d'ailleurs, parce que ça viendra un peu démontrer, en fait, qu'il y a... il y a
un semblant de rigueur à l'intérieur des décisions qui sont prises.
Donc, puis un bilan qui est honnête ne
fait pas juste état de ce qui va bien. Quand on a un bulletin de nos enfants ou
même nos bulletins, quand on était jeune, évidemment, aussi, bien, il n'y avait
pas juste les bonnes notes, ça serait trop facile. Donc d'avoir évidemment,
d'avoir aussi les projets qui sont refusés, bien, c'est... c'est une bonne
chose, ça montre un peu la feuille de route du gouvernement, de l'État. Puis,
si le gouvernement, bien, refuse d'octroyer une autorisation à un promoteur sur
la base d'avis défavorable, par exemple, du ministre de l'Environnement, bien,
cette décision-là est toute aussi importante pour le public.
Et je le dis, je le répète, j'aurais aimé
mieux... Puis on verra comment on peut essayer d'améliorer ça aussi dans un
autre amendement que je proposerai, mais le rôle du ministère de
l'Environnement dans ce travail-là, dans l'évaluation des projets, des risques pour
la population, est drôlement important. Et donc je pense que de savoir qu'on
peut avoir accès aux documents qui justifient ou qui permettent de refuser un
projet, sachant que ça vient potentiellement du ministère de l'Environnement,
bien, c'est un plus.
Donc, rendre publics les motifs des refus,
ça permet de documenter aussi les limites environnementales que l'État refuse
de franchir. Ça donne aussi de la prévisibilité, il faut le dire, il faut le
voir aussi de l'autre côté, je pense que c'est important. C'est pour ça que
c'est un bon ajout du collègue de Marguerite-Bourgeoys. Ça permet de...
Le Président
(M. Laframboise) : Si vous permettez, M. le ministre... voudrait
peut-être ajouter.
M. Grandmont : Ah, bien,
je finirais ma phrase, si vous permettez, M. le Président.
Le Président
(M. Laframboise) : OK, allez-y, allez-y.
M. Grandmont : Après ça,
je vais lui donner, évidemment. Bien, ça permet de donner de la prévisibilité
aussi aux autres entreprises qui évoluent dans un environnement compétitif et
qui voient, qui vont analyser les motifs de refus, les documents de refus et
qui vont pouvoir se dire : Bon, bien, voici, il y a... il y a une ligne
qui était tracée dans le sol, nous ne proposerons rien qui va en deçà de cette
ligne-là. Moi, je pense que, quand même, c'est un avantage indéniable pour la
société québécoise, M. le ministre....
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, juste en fonction de l'heure, puisqu'on a un enthousiasme modéré pour
les... pour ce qui est proposé comme amendement, je proposerais qu'on vote les
amendements du député de Marguerite-Bourgeoys et ensuite on aura
l'article 26 amendé. Et vous... vous nous indiquerez, au retour, s'il vous
convient, tel qu'amendé et s'il ne vous convient pas, bien on passera tout de
suite à ce qui concerne la Caisse de dépôt<i> et la station
Bridge-Bonaventure. Mais, pour ce qui est du temps qui nous concerne, avant la
pause, je propose de voter l'amendement du député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Grandmont : Bien, si
vous me permettez...
Le Président
(M. Laframboise) : Mais ça prend le consentement pour faire ça,
donc M...
M. Girard (Groulx) :
Bien, c'est... c'est ce que je demande.
M. Grandmont : Bien, si
vous me permettez, moi, je veux d'emblée dire que j'aimerais que le projet de
loi soit évalué, soit étudié dans l'ordre chronologique des articles.
Normalement, quand on veut faire des propositions d'études détaillées par
blocs, on le propose au début de l'étude détaillée, ce qui nous permet, à nous,
de nous préparer en conséquence. Là, si on décide de créer des nouveaux blocs à
cette étape-ci de l'étude détaillée, je pense qu'on n'y arrivera pas.
M. Girard (Groulx) : Mais
on vous a envoyé tous les amendements.
M. Grandmont : Pardon?
M. Girard (Groulx) :
Mais... mais si on pouvait juste discuter de ce que je propose-là. Puis on
pourra discuter du reste en revenant quand tout le monde aura mangé.
Le Président
(M. Laframboise) : Ce que vous proposez, c'est d'adopter tout de
suite l'amendement qui a été déposé par...
M. Girard (Groulx) :
C'est ce que je propose au... au député.
Le Président
(M. Laframboise) : Mais, si...
M. Grandmont : Mais,
j'avais encore plein de belles choses à dire sur ce... sur cet amendement-là,
je le trouve intéressant, puis je veux m'en servir...
Le Président
(M. Laframboise) : Donc, compte tenu de l'heure...
M. Girard (Groulx) : Bon.
Alors, voilà.
Le Président
(M. Laframboise) : ...je vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 19 h 30. Et n'oubliez pas que ce sera à
la salle Kirkland.
(Suspension de la séance à 18 heures)
19 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 19 h 34)
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, la Commission des finances publiques reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations
requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale.
Lors de la suspension de nos travaux, cet
après-midi, nous en étions à l'étude d'un amendement déposé par le député de Marguerite-Bourgeoys
à l'article 26, et la parole était au député de Taschereau. M. le député.
M. Grandmont : ...M. le
Président, je pense qu'il me reste autour de 9 min 30 s, quelque
chose comme ça.
Une voix : ...
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup, M. le Président. Bien oui, je voulais prendre le temps de féliciter
et de souligner le travail, là, du collègue de Marguerite-Bourgeoys, parce que
son amendement, en fait, bien, ne répond pas entièrement, il le sait, je l'ai
dit aussi, mais répond partiellement au moins aux... aux attentes qu'on avait
par rapport au projet de loi, c'est-à-dire davantage de transparence, c'est-à-dire
davantage de redditions de comptes, une facilité plus grande pour les citoyens
et les citoyennes, les médias, les parties prenantes de la société civile d'avoir
accès à de l'information.
Et, par ailleurs aussi, et ça, je pense qu'évidemment
c'est quelque chose qu'il y avait à l'esprit quand il a proposé ses amendements,
c'était... c'était aussi donner de la prévisibilité puis de la transparence
aussi pour les entreprises, parce qu'effectivement, si on retrouve sur le site
Web, donc, le nouveau... de bord... voyons, je dis «travaux», tableau, tableau
de bord de... de suivi des projets acceptés ou refusés, bien, on connaît aussi,
parce qu'on a accès maintenant aux documents, on a accès aux raisons qui ont
motivé un refus. Donc, ça vient offrir, en quelque part, certaines balises,
hein? Une entreprise ne va pas essayer de proposer un projet qui ira... qui
irait en dessous, en deçà de ce qui a été identifié comme une ligne à ne pas
dépasser dans un projet précédent...
M. Grandmont : …donc, moi, je
trouve ça intéressant quand même, tu sais, les projets refusés incluent
évidemment, dans ce… dans ce tableau de bord-là, on a l'information déjà, d'une
part sur la Gazette, mais un peu plus de détails, accès aux documents dans le
site web du ministre des Finances. Puis je pense qu'effectivement… un bilan
honnête, comme je le disais tantôt, mais… pas seulement les réussites, mais
aussi là où on… on a tracé la ligne.
Concernant le troisième paragraphe,
insérer, dans le paragraphe 5° et après «modification», «ou de cession»,
je pense que ce qui est intéressé là dedans, intéressant là dedans, c'est… c'est
que ça permet de modifier… en fait, l'article 23 permet de modifier les
lois par décret, pour un promoteur précis. Puis ça, on s'entend là-dessus, c'est
un peu le principe.
Qu'est-ce qui arrive, maintenant, si ce
promoteur-là vend son projet ou sa filiale à une multinationale étrangère, ça
pourrait arriver, ou à un autre fonds spéculatif par exemple? Bien, le texte
parle de suivre les modifications d'autorisation mais omet les cessions. Alors,
c'est ce que vient ajouter le collègue de Marguerite-Bourgeoys. Cet ajout-là,
il vient prévenir un risque, je dirais, d'opportunisme commercial, qui est
quand même majeur.
Une autorisation d'exception qui serait
accordée en vertu du projet de loi 5 a évidemment, j'en ai déjà parlé, une
valeur financière quand même colossale. Ça… ça vient donner le sceau d'approbation
gouvernemental, ça donne une robustesse à ce projet-là sur les marchés et,
donc, ça devient un… un objet, potentiellement, de… de spéculation quand même
assez important. Alors, si un promoteur obtient un… une exemption
réglementaire, à travers le PL 5, de l'État québécois, puis qu'il décide
de revendre, de céder son projet à un tiers, bien, au moins, l'Assemblée
nationale et le public obtiennent l'information. Ça, je pense que c'est quand
même intéressant.
Bon, j'aurais pu être, peut être, un petit
peu plus loin, j'aurais fait un processus de revalidation, mais bon, je pense
que, quand même, on avance dans la bonne direction. Je ne proposerai pas, comme
je l'ai dit… non je ne l'avais pas dit, mais je ne proposerai pas de… de
sous-amendement là-dessus. Je pense quand même que c'est un… c'est un gain,
quand même, intéressant. Je pense qu'on doit suivre. Tu sais, c'est des projets
qui se déroulent au Québec, là, puis je pense qu'on doit suivre l'identité de…
des personnes morales qui détiennent les privilèges de l'État pour, de notre
côté, éviter la spéculation boursière sur le dos de nos lois environnementales,
de nos lois de protection de la santé des citoyens et des citoyennes du Québec.
Je pense que c'est quand même assez fondamental.
Concernant le paragraphe 4°, on fait
passer, là, dans le paragraphe 4°, le terme «annuel» par «semestriel», le
gouvernement justifie le projet de loi 5 par l'urgence d'agir pour la
transition économique. Alors, un rapport annuel, ce que ça aurait eu pour effet
de faire, c'est que… un projet, en fait, aurait pu déroger aux lois pendant
onze mois consécutifs avant que les parlementaires ne reçoivent, ou même les
citoyens, en fait, là, ne reçoivent l'information et soient, donc, informés. Si
on a une mise à jour de site Web à tous les six mois, on raccourcit ce
délai-là, on augmente la transparence, on augmente les chances aussi, parce
que… c'est mon avis, de pouvoir être mis au courant d'une dérogation à des lois
qui se ferait à l'insu, donc, de… du bien public.
La situation économique et climatique, là,
est vraiment urgente, ces temps-ci. Puis, si on… si un projet est à ce point
urgent, qui justifie, qui nécessite, dans le fond, une exception pour
contourner nos processus normaux, alors que la reddition de comptes doit suivre
le même rythme accéléré, bien, moi, je pense qu'un an, c'est long, à l'échelle
d'un chantier industriel prioritaire. Alors, un suivi semestriel, tous les six
mois, ça permet un contrôle parlementaire, puis citoyen, peut-être pas en temps
réel, mais encore, encore un petit peu plus proche du temps réel. Ça offre la
possibilité de corriger les dérives ou des impacts environnementaux imprévus
avant qu'ils ne deviennent irréversibles.
Évidemment, encore une fois, six mois, c'est
long. Il peut se passer bien des choses sur un chantier qui pourrait être de
nature irréversible. Mais, comme le disait le collègue de Marguerite-Bourgeoys,
peut-être une balance, en fait, entre un trimestriel puis un an. À six mois, en
tout cas, à tout le moins, je pense que ça vaut la peine de l'essayer puis on
verra s'il y a des dérives, au pire… le prochain gouvernement pourra tenter de…
de modifier ça si jamais, en fait, si… s'il y a des situations comme celle-là
qui se présentent.
• (19 h 40) •
Sinon, finalement, je terminerais avec l'argument,
là, pour moi, qui est central, là, dans l'appréciation que j'ai de cet
amendement-là sur l'article 26, c'est…
M. Grandmont : …la question de
l'acceptabilité sociale, par la transparence, qui n'est pas en continu, mais
qui est mieux que ce qui était proposé initialement dans le PL 26. Je rappelle
encore une fois, là, le Centre québécois pour le droit de l'environnement, la
Fondation Rivières, le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement
du Québec. Ils avaient tous identifié le manque de transparence dans… comme un
des principaux carburants… du cynisme envers le projet de loi 5. Des
groupes environnementaux, puis syndicaux, l'ont, quand même, répété souvent,
là, le PL 5 souffre d'un grave, grave déficit de légitimité. Je pense que la
seule façon vraiment de rassurer puis de maintenir l'adhésion puis la paix
sociale autour de ces projets d'envergure nationale, c'est d'offrir une plus
grande transparence, une transparence qui est structurée, qui est fréquente,
qui est le plus près du total.
Et donc l'amendement proposé par le
collègue de Marguerite-Bourgeoys, évidemment, il s'était montré d'accord avec
le projet de loi initialement, là, donc, je comprends son esprit, mais il ne
voulait pas bloquer les projets. Ce n'est pas son intention, il ne ralentit pas
les chantiers, mais on se rejoint sur un point. Il assure simplement que l'État
rend des comptes proprement, de manière moderne, de manière équilibrée.
Donc, je pense que cet article, cet
amendement là, vient ajouter quelque chose de… de très fondamental sur l'article
26. D'abord, remplacer l'arbitraire par une adresse publique fixe. On sait
exactement où on trouve l'information. Ce ne sera pas dans un communiqué, ça ne
sera pas dans… dans un document obscur, dans un onglet difficile à trouver sur
le site Internet. En tout cas, je l'espère, ça sera sur le site internet et
bien en évidence. Peut-être qu'on aurait pu être un peu plus exigeants à ce
niveau-là, mais quand même, on sait qu'on le trouve sur le site internet du
ministère, ça permet, bien, ça va permettre d'inclure aussi toute la
documentation liée aux projets qui ont été refusés, ce qui est une excellente
chose, évidemment, pour tracer une ligne sur ce qu'on ne peut plus.
On est en train de bâtir une espèce de
jurisprudence environnementale à l'intérieur du projet de loi 5. Ça fait
qu'il y a… il y a un concept intéressant là, dans le… vraiment, je trouve. Ça permet,
évidemment, aussi d'éviter… de suivre, en fait, les cessions de l'entreprise,
donc les cessions également des dérogations qui sont transmises d'un
propriétaire à un autre sur un même projet. Donc, ça invite le marché noir à
des passe-droits. Ça permet aussi, là, son amendement, de passer à un rythme
semestriel plutôt qu'annuel. Encore une fois, il y a de la… davantage de… de
facilités pour le public, pour les médias, pour les… la société civile de
suivre un peu plus fréquemment l'évolution des projets. Donc, c'est très bien.
Puis, évidemment, bien, on revient toujours sur l'acceptabilité sociale, la
transparence en continu. C'est ce que je souhaite, moi aussi, ajouter, là,
impulser, ajouter à ce projet de loi là. On verra si on peut trouver d'autres endroits
où on peut, encore une fois, là, essayer d'apporter des améliorations au projet
de loi.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Taschereau. Donc, d'autres questions, commentaires d'autres
collègues sur l'amendement à l'article 26 déposé par la députée de
Marguerite-Bourgeoys?
Donc, ceux qui sont en faveur de l'amendement? Adopté.
Donc, maintenant, nous allons ouvrir les
discussions sur l'article 26 tel qu'amendé. Des questions commentaires?
Une voix : …
M. Grandmont : Non? C'est bon?
Dans ce cas-là, je vous demanderais de… une courte suspension. J'aurais un
amendement à déposer.
Le Président (M. Laframboise) : Merci.
Donc, suspension.
(Suspension de la séance à 19 h 44)
(Reprise à 19 h 50)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
lors de… nous étions sur… lors de la suspension, nous étions sur l'article 26,
tel qu'amendé. Maintenant, nous avons un amendement du député de Taschereau. M.
le député.
M. Grandmont : Oui. Bonjour.
Merci beaucoup. Je… je me propose donc de faire cet amendement : Insérer,
après le paragraphe 3° du premier alinéa de l'article 26, le paragraphe suivant
:
«3.1° les avis transmis au ministre ou au
gouvernement par les ministres, les organismes publics, les municipalités, les
communautés métropolitaines et les communautés autochtones relativement à un
projet désigné;».
Donc, l'article 26 du projet de loi tel,
qu'amendé, se lirait ainsi :
«26. Le ministre des Finances rend…
M. Grandmont : …accessibles,
semestriellement, sur le site Internet du ministère des Finances, les
renseignements suivants :
«1° l'échéancier prévu pour l'octroi d'une
autorisation par le gouvernement;
«2° l'arrêté du ministre autorisant des
travaux préparatoires;
«3° les documents et les renseignements,
autres que ceux contenant des renseignements personnels, sur la base desquels
l'autorisation, y compris les conditions dont elle est assortie, a été octroyée
par le gouvernement;
«3.1° les avis transmis au ministre ou au
gouvernement par les ministres, les organismes publics, les municipalités, les
communautés métropolitaines et les communautés autochtones relativement à un
projet désigné;
«4° le calendrier de réalisation d'un
projet désigné;
«5° les demandes de modification d'une
autorisation par un promoteur et, le cas échéant, les motifs pour lesquels une
telle demande a été refusée;
«6° les renseignements accessibles en
vertu des lois ou des règlements qui encadrent la réalisation du projet désigné
ou des activités nécessaires à sa réalisation qui ne sont pas autrement
publiés;
«7° un état annuel de l'avancement de
chacun des projets désignés.
«Les renseignements visés au premier
alinéa ont un caractère public, à l'exception :
«1° de ceux concernant la localisation
d'espèces menacées ou vulnérables;
«2° de ceux identifiés par le promoteur
d'un projet désigné qu'il considère être un secret industriel ou commercial
confidentiel.
«Malgré le paragraphe 2° du deuxième
alinéa, le ministre peut, s'il est en désaccord avec les prétentions du
promoteur, décider de rendre les renseignements publics dans un délai de 15
jours suivant la notification d'un avis à cet effet au promoteur.»
Voilà, M. le Président.
Une voix : …
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, allez-y.
M. Girard (Groulx) : 3.1°, c'est
couvert par 3°. Et je vous invite, avant de déposer vos amendements, à utiliser
nos services juridiques, parce que, là, 3.1° est complètement couvert par 3°,
là. Alors, je suggère qu'on ne parle pas 20 minutes de ça, là.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Bien, je
pense… je pense qu'il y a des nuances quand même assez importantes que j'aimerais
pouvoir faire.
Vous savez, on a récemment reçu le… le
rapport de la Commissaire au développement durable qui nous a parlé d'un paquet
de projets, évidemment, notamment le projet de Nemaska Lithium, un projet pour
le… lequel on s'est bien rendu compte que des avis négatifs avaient été rendus
concernant le projet tel que présenté initialement. Ça a occasionné, en fait,
des allers-retours entre le ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Énergie
et le ministère de l'Environnement pour être capable d'autoriser, finalement,
le projet. Donc, on est passé d'un projet qui était jugé à risque à un projet,
finalement, où on est… on l'a autorisé avec certaines conditions. Et, puis,
finalement, en fait, après d'autres discussions, on a un projet qui était
assorti, qui n'était plus assorti de conditions. Donc on avait un… un chèque en
blanc pour avancer dans ce projet-là. Évidemment, si les avis avaient été
rendus publics assez rapidement, on aurait pu être mis au courant de ce qui se
passait. Le public aurait pu apprendre plus tôt, donc en amont, plutôt qu'en
aval de la réalisation de ce projet-là. Je ne pense pas que c'est ce qu'on
souhaite, évidemment. Puis on sait, ce projet là, maintenant, a du plomb dans l'aile.
C'est un projet qui a certaines difficultés. Puis on ne peut que s'inquiéter de
voir que 1,2 milliard $ de mémoire a été mis dans ce projet-là, alors
que, finalement, au départ, il était jugé non recevable ou en tout cas à risque
pour… pour le Québec, d'un point de vue économique, d'un point de vue… il y a peut-être
d'autres arguments, mais en tout cas, d'un point de vue économique, il l'était
certainement.
Ce qu'on espère avoir, c'est la
transparence institutionnelle complète au sein du mécanisme de reddition de
comptes. M. le Président. Puis, on… j'espère, on peut l'obtenir à travers l'article 26,
donc, en forçant le gouvernement à rendre publics l'ensemble des avis
sectoriels… les ministères, les municipalités, les Premières Nations, les
municipalités, les MRC qui pourraient être consultés, éventuellement, concernant
un projet désigné. Bien, ça permettrait de réellement briser ce réflexe de… d'opacité
qui existe, à travers le projet de loi 5.
L'objectif, c'est d'éviter qu'un ministre
des Finances ou le Conseil des ministres donne l'impression de… de masquer des
objections qui sont majeures, provenant d'autres secteurs, donc des partenaires
du gouvernement, que ce soit à l'intérieur même du… du ministre… du ministère
des Finances, pardon, que ce soient les partenaires ministériaux, sectoriels ou
que ce soient les partenaires externes, qu'ils soient les Premières Nations,
les municipalités, les MRC, etc.
L'objectif, c'est d'éviter que le ministre
des Finances puis le Conseil des ministres masquent ces objections-là et qu'il
ne soit pas rendu public à la population et que ça donne l'impression qu'on…
M. Grandmont : …tente de
forcer le passage d'un projet.
Ce qui est important, en fait, à travers
ça, c'est, je pense, la première des choses, c'est éviter le tablettage des
avis d'experts. Je pense que ça a une valeur quand même assez importante.
Moi, je crois profondément à la fonction
publique, notamment, je pense qu'il y a des experts qui travaillent dans chacun
des… des ministères qui sont à même de produire des avis d'une très grande
valeur, d'une très grande rigueur et qui peuvent renseigner à la fois le
ministre des Finances, mais aussi l'ensemble des partenaires impliqués ou qui
suivent ce genre de projet, là, ou même… ici même, les collègues, les députés
de l'Assemblée nationale, qui ont un rôle, surtout dans les oppositions,
évidemment, qui ont un rôle de surveillance de l'action gouvernementale. Je
pense que ça peut… ça ne peut qu'aider à notre travail, ça augmente la
transparence, ça augmente la confiance envers l'institution qu'est l'Assemblée
nationale du Québec. Ça, c'est une chose, évidemment.
Et donc, ces experts de chacun des
ministères offrent, comme je le disais, un travail d'une très, très grande
rigueur et il se doit d'être mis en évidence, ce travail-là. Je ne peux que
souhaiter que cette expertise-là soit mise à contribution pour nous permettre,
au Québec, de prendre les meilleures décisions, les décisions qui nous amènent
dans la bonne direction. Alors, oui, accélérer les projets, ça peut être un
souhait qui est qui… qui est positif pour la société du Québec, mais il faut qu'elle
se fasse orienter dans la bonne direction. Et je pense que cette expertise-là
peut nous offrir ce genre de… de voie, en fait, vers les meilleurs projets,
parce qu'appuyés notamment grandement sur la science. Évidemment, si un avis
est négatif sur un projet, on doit absolument pouvoir en avoir connaissance
aussi.
Je pense que, même si le processus créé à
l'intérieur du PL 5 donne énormément de pouvoir au ministre des Finances,
il est clair que l'action gouvernementale et l'action des députés de l'Assemblée…
d'opposition de l'Assemblée nationale ne peut… ne peut que déboucher sur de
meilleurs processus et de meilleurs projets, si tout le monde a la même… a
accès à la même information et l'information la plus complète, évidemment
aussi. Donc, c'est une… c'est une façon, je pense, là, de… de limiter ou de
surveiller l'action gouvernementale et de lui permettre de faire un meilleur
tri politique dans les projets qui lui sont soumis.
Il y a quelque chose là-dedans aussi que j'aime
beaucoup, c'est la question de l'autonomie des municipalités. Si on peut avoir
accès à ces… à ces avis offerts par les municipalités ou les MRC, là, le cas
échéant, ou les communautés métropolitaines, évidemment, comme la Communauté
métropolitaine à Montréal ou avec la Communauté métropolitaine de Québec, on a
accès à une information qui est particulièrement intéressante parce que d'une
part, bon, dans plusieurs municipalités, il y a des ressources humaines et
matérielles qui permettent d'aller chercher une information très pertinente,
très fouillée, très touffue.
On le voit ici d'ailleurs dans plusieurs
commissions, notamment tout ce qui touche les transports, tout ce qui touche…
les affaires municipales et bien d'autres… bien d'autres sujets. Les
municipalités, la ville de Québec, la ville de Montréal, la FQM, l'UMQ, puis
plein d'autres municipalités de taille un peu plus petites viennent ici puis
présentent des mémoires qui sont hautement utiles. Il y a une connaissance, une
expertise, d'abord, une expertise, je commencerais. Il y a des employés de
très, très grande valeur dans ces institutions publiques que sont les
municipalités et les unions qui les représentent. Mais il y a aussi un niveau
de compréhension qui est beaucoup plus proche du terrain que ce que nous avons
ici, collectivement à l'Assemblée nationale. C'est pour ça que je pense que les
deux mélangés ensemble donnent des résultats qui peuvent être, ma foi, encore
plus complets, une information encore plus riche.
Et donc d'avoir accès à ces
informations-là, à travers une… une mise en disponibilité, là, sur le site du
ministère des Finances concernant les différents projets, que ces avis soient
négatifs, ou qu'ils soient positifs, ça nous donne exactement l'heure juste à
deux paliers de gouvernance différents.
Donc un peu plus en hauteur, un peu plus
macro et celui, municipal, qui nous donne un peu plus le pouls du terrain et la
connaissance fine de… du territoire sur lequel, éventuellement, sera développé…
seront développés les différents projets, là, choisis par le ministre.
Donc, moi, je pense que la FQM, l'UMQ,
parce qu'ils l'ont demandé, là… notamment demander une véritable considération
de l'impact des projets d'envergure nationale sur les milieux de vie locaux.
• (20 heures) •
Lorsqu'une municipalité ou une communauté
métropolitaine transmet un avis officiel au gouvernement pour dire qu'un
projet, par exemple, va saturer ses infrastructures d'eau, ou par exemple
entrer en contradiction avec son schéma d'aménagement, ou, par exemple, risque
d'avoir un impact majeur sur la qualité de vie de ses résidents…
20 h (version non révisée)
M. Grandmont : ...parce
que des camions vont se mettre à circuler en nombre, on peut les calculer en
centaines, voire en milliers. Le projet de port de Contrecoeur est un excellent
exemple, on parle de milliers de nouveaux camions qui circuleraient dans les
rues d'un petit village du Québec. Est-ce que c'est ça qu'on veut offrir à nos
citoyens, nos citoyennes du Québec? Je ne pense pas, bien, que l'avis soit
positif ou négatif, moi, je pense que cet avis-là doit être public. On doit
rendre l'information publique, disponible au même titre que l'information des
ministères, par exemple, doit être publique.
Encore une fois, c'est une question de
compréhension, c'est une question d'échelle, mais c'est une... question de
compréhension sur différents niveaux, à différentes échelles d'un même projet.
Ça enrichit la connaissance, ça enrichit le savoir et ça permet de prendre de
meilleures décisions. Aujourd'hui, pour un projet, de bien comprendre, qu'est-ce
qui s'est passé, pour l'acceptation ou le refus d'un projet, mais ça permet
aussi de tracer des balises plus claires pour la suite des choses.
Ça permet encore une fois, un peu comme
pour l'amendement du collègue de Marguerite-Bourgeoys, ça permet de dire, voici
où sont les lignes à l'intérieur desquelles les entreprises pourront déposer
des projets et pour lesquels il y aura davantage de chance d'acceptabilité par
le ministre des Finances. Si on respecte ces nouvelles balises, on crée, je
pense, une sorte de jurisprudence, d'aménagement, d'octroi de permis à travers
le... le projet de loi n° 5 sur des projets d'envergure.
Moi, je pense que c'est très, très
intéressant, c'est une question de respect élémentaire, donc, envers les
gouvernements de proximité qui ne doivent pas être, à mon avis, là, utilisés
simplement pour avoir des avis directs au ministre, mais on... on n'en entend
plus parler. Je pense que ça doit être mis en valeur, cette compétence et cette
connaissance-là. Évidemment, je pense que ça permet aussi, parce que j'ai un...
Il y a un point spécifique, évidemment, sur les Premières Nations, en fait, les
communautés autochtones, je vais reprendre le vocable du projet de loi
n° 5.
Les nations autochtones partagent souvent
des préoccupations qui sont majeures quant aux impacts cumulatifs des projets
sur leurs droits ancestraux, notamment la chasse, la pêche, puis évidemment, l'intégrité
de leur territoire traditionnel. Et un peu comme, pour ce qui est, comme, l'argument
que j'ai utilisé pour le monde municipal, encore une fois, c'est un savoir qui
est... qui est parallèle en fait, à celui que nous avons au... au gouvernement
du Québec et dans les municipalités. Donc, ça nous permet d'avoir, encore une
fois, une source d'information externe, tout à fait valide, ancrée dans un
savoir qui est différent, mais qui permet aussi d'avoir une perception
différente sur les projets, une perception différente sur l'utilisation qu'on
fait du territoire également, et aussi, évidemment, un regard particulier sur
les traditions.
Bien ça, je pense que c'est quelque chose
d'intéressant dans le... la réconciliation que nous cherchons à faire avec les
Premières Nations, en tout cas, chez nous, chez Québec solidaire. Évidemment,
le gouvernement, il... il répète qu'il veut agir en partenariat, puis dans le...
dans le respect des Premières Nations, mais moi, je pense en fait que pour que
la confiance existe bien, le processus doit être transparent, là.
Le processus, les actions doivent être réelles,
on peut dire des choses, mais je pense que la meilleure façon de démontrer son
engagement, c'est d'avoir des actions qui sont conséquentes. Si une communauté
autochtone formule un avis dans lequel il y a des craintes ou des
recommandations techniques par rapport à un projet qui est désigné, qui serait
situé, en tout ou en partie, sur son territoire, je pense que cet avis-là ne
doit pas rester confiné dans les officines des ministères. La publication de
ces avis-là démontre une réelle volonté de transparence et permet d'évaluer
publiquement la qualité du dialogue que le gouvernement veut réellement opérer
avec les Premières Nations.
Moi, je pense que cette... cette parole,
ces écrits, ce savoir rendu public, encore une fois, permettent de tracer les
contours de ce qui est acceptable au Québec. On est en train de créer une
jurisprudence de ce qui est acceptable au Québec pour les projets de grande
envergure qui pourraient vouloir être priorisés par le ministre, par les
entreprises, via le ministre des Finances, suite... donc, à l'intérieur du projet
de loi n° 5.
Dans le... Dans mon amendement, il y a
aussi, évidemment, un désir de rétablir les pouvoirs au sein de l'appareil
gouvernemental. Bon, je ne sais pas si le ministre des Finances va... va
accepter de me suivre là-dessus, je ne présumerai de rien, je ne veux pas lui prêter
des intentions, mais de ma perception, le ministre des Finances s'approprie...
M. Grandmont : …énormément de
pouvoir sur… la désignation des projets d'envergure nationale, le choix des
projets qu'il considérera d'intérêt national de grande envergure et donc à
prioriser au Québec.… Donc, ça fait une sorte de centralisation très forte au
profit du ministre des Finances et de l'Exécutif, par ailleurs, qui va venir
valider ses choix. Cela dit, en faisant cela, ça affaiblit, selon ma perception,
les ministères sectoriels qui, normalement, devraient agir comme des gardiens.
Je reviens encore une fois sur… puis là, quand je parle des gardiens, je parle,
par exemple, de l'environnement, la santé, les ressources naturelles. Pour moi,
ce sont trois ministères qui doivent agir en gardiens du territoire… gardiens
de la santé de la population, gardiens de la santé de nos écosystèmes,
d'environnement, évidemment. Le code Nemaska Lithium est un excellent exemple,
un contre-exemple de ce qu'on doit faire au Québec, un ministère très fort, le
ministère, le MEIE très fort, qui part bien sans même avoir de projet de loi
cinq, par la seule force de son poids politique… et ça tient peut être aussi, à
ce moment-là, aux personnes qui sont en place… à la tête de chacun de ces
ministères sectoriels là, mais elles réussissent à convaincre le ministère des
Ressources naturelles que les avis négatifs sur un projet, on doit les
renverser pour, d'abord un projet… autorisé, mais avec conditions, puis un
projet autorisé sans condition, le tout assorti d'investissements de centaines
de millions de dollars. Faut quand même le faire. Au départ, on parle d'un
projet qui était jugé à risque par les fonctionnaires du ministère des
Ressources naturelles et la Faune, et on est passé à un projet accepté sans
condition, 1,2 milliard de dollars. C'est quand même assez fort, le
café, M. le Président. Alors, imaginez ce qui se passe avec un projet de loi
cinq potentiellement-là, évidemment, je ne vais pas prétendre que c'est ce que
le ministre va faire, mais le risque est quand même là, de ma perception, même
sans le projet de loi cinq, on arrive à ce genre de centralisation du pouvoir
dans les mains d'une personne, en l'occurrence ici le ou la ministre… de
l'Économie, de l'Industrie et de l'Énergie le MEIE. Et, imaginez si on donnait
ce pouvoir-là à une personne, à un ministre des Finances qui décide qu'on
avance sur des projets qu'il a choisis ou qu'elle a choisis, moi, je vois des
risques potentiels de répétition de projets de type Nemaska dans un avenir
proche, si ce projet de loi là est adopté comme il est écrit. C'est quand même
une concentration très, très forte. Donc, le SFPQ, d'ailleurs, avait dénoncé
que le fait que le projet de loi cinq transformait les règles de protection en
exigences facultatives, donc les règles de protection de ces différents
ministères-là, Environnement, Santé, Ressources naturelles deviennent des
exigences facultatives sous la pression politique, validées, enchâssées dans
une loi, le projet de loi cinq. En obligeant la publication de tous les avis
transmis par les différents ministères, bien, mon amendement redonne du poids
politique… à l'expertise interne de l'État, et donc de chacun des ministères
qui doivent agir en chiens de garde, de l'environnement, de la santé, de nos
ressources naturelles. Un ministère… un ministre de l'Environnement ou de la
Santé sera probablement plus outillé, plus rigoureux… excusez-moi, je n'ai pas
fini, plus rigoureux, plus courageux dans son avis, si c'est que son avis
risque d'être entendu et donc rendu public. Je pense que c'est une… garantie
qu'on donne au ministre de l'Environnement ou au ministre de la Santé ou au
ministre des Ressources naturelles, s'il sait que son avis sera rendu public
plutôt que simplement tabletté. Évidemment, je terminerai par deux arguments
absolument essentiels, à mon avis, l'acceptabilité sociale par l'accès complet
à l'information. Le Centre québécois pour le droit de l'environnement, Nature
Québec, la Fondation Rivières, rappelle que c'est la rétention d'information
qui génère la méfiance du public et des municipalités, de la société civile qui
génèrent la méfiance, les rumeurs, les blocages citoyens aussi… on en a des
exemples actuellement, avant même d'avoir adopté le projet de loi cinq, qui va
augmenter l'opacité et le manque de transparence.
Alors, pour qu'un grand projet industriel
soit accepté dans une communauté, moi, je pense que les citoyens doivent avoir
l'assurance qu'on ne leur cache rien. Si le public a accès à l'ensemble des
avis, ceux qui applaudissent le projet comme ceux qui soulèvent des critiques,
voire des avis défavorables, bien il peut juger de manière éclairée de la
pertinence des compromis faite par le gouvernement. Le gouvernement risque
d'avoir des avis positifs, des avis nuancés, des avis négatifs, décider d'aller
de l'avant ou de ne pas aller de l'avant. On pourra voir comment le ministre…
15 357 Le Président (M. Laframboise) :
M. le député…
19 267 M. Grandmont : Ah, c'est
déjà terminé?
15 357 Le Président (M. Laframboise) :
…de Taschereau, c'est tout le temps que vous avez sur votre amendement… donc
d'autres questions, commentaires sur l'amendement?
• (20 h 10) •
17
929
M. Girard (Groulx) : Oui,
M. le Président…
M. Girard (Groulx) : ...oui,
j'ai un commentaire. 3.1° est couvert par 3°, alors là, on vient de passer 20
minutes sur un amendement qui n'était pas recevable, mais on peut voter
maintenant et le refuser.
Le Président
(M. Laframboise) : Oui. Juste, par contre, par rapport à la
recevabilité, vous avez toujours le droit de demander de vérifier la
recevabilité. La seule chose, c'est que j'ai fait sortir certaines décisions,
là, parce qu'évidemment, si vous me la demandez, je vais être obligé de
demander à la table de me rendre une décision, puis j'en ai fait sortir une. La
redondance n'est pas une raison de... de contestation, donc utiliser les mêmes
mots, donc il faut vraiment que ce soit complexe.
Donc, évidemment, si jamais il y avait une
contestation de la recevabilité, je la recevrais. Je demanderais à la table les
avis des juridiques, des juristes qui nous rendraient une décision que je
rendrais ici. Ça risque de prendre un peu de temps, c'est juste ça, là, par
rapport... Mais vous avez le droit tout le temps, tout le temps, de demander
une... de valider la recevabilité.
Donc est-ce que, d'autres... S'il n'y a
pas d'autres questions, commentaires, sur l'amendement, est-ce que l'amendement
est adopté? Rejeté? Vote par appel nominal. Donc le vote par appel, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) :
Contre.
La Secrétaire : Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Totalement
contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin :
Abstention.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président
(M. Laframboise) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté.
Nous revenons donc à l'article 26,
tel qu'amendé, aux discussions sur l'article 26 tel qu'amendé. D'autres
questions, commentaires? Ça va.
M. Grandmont : M. le
Président, je vous demanderais une courte suspension, j'ai un autre amendement
à déposer.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député... Suspension.
(Suspension de la séance à 20 h 13)
(Reprise à 20 h 19)
Le Président (M. Laframboise) : Lors
de la suspension, nous en étions toujours sur l'article 26 tel qu'amendé,
et notre collègue de Taschereau nous a demandé une suspension pour déposer un
amendement. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup, M. le Président… Donc, je vais lire mon amendement à l'article… à
l'article 26 du projet de loi :
1° Supprimer le paragraphe 1° du
deuxième alinéa;
2° Remplacer, dans le paragraphe 2°
du deuxième alinéa «2°»
par «1°».
Je vais le lire, ça va être plus clair, là.
L'article 26 du projet de loi tel qu'amendé se lirait ainsi :
«26. Le ministre rend accessibles,
semestriellement, sur le site Internet du ministère des Finances, les
renseignements suivants :
«1° l'échéancier prévu pour l'octroi d'une
autorisation par le gouvernement;
«2° l'arrêté du ministre autorisant des
travaux préparatoires;
«3° les documents et les renseignements,
autres que ceux contenant des renseignements personnels, sur la base desquels
l'autorisation, y compris les conditions dont elle est assortie, a été octroyée
par le gouvernement ou sur la base desquels le gouvernement a refusé d'octroyer
une telle autorisation;
«4° le calendrier de réalisation d'un
projet désigné;
«5° les demandes de modification ou de
cession d'une autorisation par un promoteur et, le cas échéant, les motifs pour
lesquels une telle demande a été refusée;
«6° les renseignements accessibles en
vertu des lois ou des règlements qui encadrent la réalisation du projet désigné
ou des activités nécessaires à sa réalisation qui ne sont pas autrement
publiés;
«7° un état semestriel de l'avancement de
chacun des projets désignés.
«Les renseignements visés au premier
alinéa ont un caractère public, à l'exception :
«1° de ceux identifiés par le promoteur
d'un projet désigné qu'il considère être un secret industriel ou commercial
confidentiel.
«Malgré le paragraphe 2° du deuxième
alinéa, le ministre peut, s'il est en désaccord — il y a peur-être
une correspondance à faire, le paragraphe 1°, j'imagine, du deuxième
alinéa — le ministre peut, s'il est en désaccord avec les prétentions
du promoteur, décider de rendre les renseignements publics dans un délai de
15 jours suivant la notification d'un avis à cet effet au promoteur.»
Donc, vous comprendrez qu'il y a peut-être
une concordance qui manque à la fin, là.
• (20 h 20) •
Le Président (M. Laframboise) :
Je vais autoriser le remplacement du 2°…
Le Président (M. Laframboise) : …par
1° à la fin, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Merci. Ça va
nous permettre de sauver du temps. Donc, bien c'est ça en fait, là, ce qu'on
veut essentiellement, c'est de s'assurer que la localisation d'espèces menacées
ou vulnérables soit une information accessible. Je ne vois pas pourquoi cette
information-là devrait être, écoutez… Bien, si le ministre veut discuter
là-dessus, puis tenter de nous convaincre du contraire, on est intéressés à
avoir son avis là-dessus.
M. Girard (Groulx) : ...déjà
offert d'utiliser nos services juridiques avant de déposer vos amendements.
Votre amendement, il ne tient pas debout. Là, vous allez partir pendant 20
minutes sur un amendement qui ne tient pas debout. Voilà mon commentaire.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Est-ce que
quelqu'un qui accompagne le ministre veut nous expliquer en quoi il pense que
notre amendement ne tient pas la route.
Le Président (M. Laframboise) : Me
Desbiens.
M. Grandmont : Merci.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Merci, M. le Président. En vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement,
ces espèces et ces endroits là sont protégés pour éviter le braconnage.
M. Grandmont : Et donc ce que
vous dites en fait, c'est qu'on ne veut pas rendre disponibles ces
emplacements-là pour éviter le braconnage.
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui.
On a répété la Loi sur la qualité de l'environnement ici.
M. Grandmont : La Loi sur la
qualité de l'environnement. D'accord. Est-ce que ce système-là fonctionne bien
actuellement?
M. Girard (Groulx) : …
Mme Desbiens (Geneviève) : OK,
c'est bon.
M. Girard (Groulx) : Là, on a
donné l'avis juridique, ça suffit.
M. Grandmont : Bon, est-ce
que vous permettez de suspendre quelques instants? Je veux consulter mes
collègues, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 20 h 23)
(Reprise à 20 h 25)
Le Président (M. Laframboise) : Lors
de la suspension, à la demande du député de Taschereau, nous étions sur un
amendement qu'il venait de déposer. M. le député.
M. Grandmont : Oui, merci. Et,
suite à la consultation de mes collègues et à l'avis de Me Desbiens,
évidemment, on comprend bien le sens de la présence… la pertinence de la
présence de cette… de cette note, en fait, là, de… ce paragraphe, en fait, dans
l'article 26. Donc, on va retirer notre proposition d'amendement.
Le Président (M. Laframboise) : Consentement?
Des voix : Consentement.
M. Grandmont : Merci.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, cet amendement est retiré. Donc, nous sommes toujours sur les
discussions sur l'article 26 tel qu'amendé. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci...
M. Grandmont : ...j'aimerais
vous poser une question, M. le ministre. Il y a plusieurs éléments, là, qui
sont rendus publics sur le site du ministère. Il y a donc des documents, des
renseignements autres que ceux des renseignements personnels, évidemment, sur
la base desquels l'autorisation... y compris les conditions auxquelles elle est
assortie, qui a été octroyée par le gouvernement, sur la base desquels le
gouvernement a refusé d'octroyer une telle autorisation. Il y a un calendrier
de réalisation du projet désigné, des demandes, tu sais, il y a une série de
renseignements qui vont être mis sur... rendus publics sur le site Internet.
Est-ce qu'un projet pourrait être... On
pourrait exiger d'un projet, par exemple, on pourrait exiger d'un promoteur que
sur son projet, il y ait des mesures de compensation, des mesures
d'atténuation, de suivi environnemental qui soient imposées au promoteur pour
la réalisation de son projet?
M. Girard (Groulx) : Oui,
tel qu'énoncé à l'article 14.
M. Grandmont :
L'article 14. Et quelle est la nature des documents ou des exigences qui
sont à cet article-là, s'il vous plaît?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) :
Donner l'information à tous.
Le Président
(M. Laframboise) : Consentement? Me Therrien.
M. Girard (Groulx) :
Allez-y.
Mme Desbiens (Geneviève) : On
se rappellera... Merci, M. le Président. On se rappellera qu'à
l'article 14, on prévoit que toutes les mesures d'atténuation des lois qui
sont applicables au projet, notamment les garanties, les compensations, vont
s'appliquer. Donc, c'est tout ce que les lois prévoient qui pourrait
s'appliquer à l'égard du projet.
M. Grandmont : Est-ce
qu'on... Faites-moi un suivi, s'il vous plaît, là. Est-ce qu'on est aux travaux
préparatoires ou on est sur le projet en lui-même?
Mme Desbiens (Geneviève) :
14.
M. Grandmont : 14, oui.
Mme Desbiens (Geneviève) : C'est
les conditions pour octroyer une autorisation, la fourniture de renseignements,
des garanties, des compensations qui sont prévues par les lois applicables au
projet. Donc, c'est tout ce qui pourrait s'appliquer au projet.
M. Grandmont : Et donc
c'est... ce sont des exigences qui sont données aux promoteurs.
Mme Desbiens (Geneviève) : Ce
sont les lois qui s'appliquent.
M. Grandmont : Oui,
c'est ça, exactement.
Mme Desbiens (Geneviève) :
On ne lui donne pas d'exigences, on fait appliquer la loi.
M. Grandmont : On fait
appliquer la loi. Chaque projet est différent, évidemment, on va demander
d'appliquer la loi, on va évaluer, j'imagine, au ministère, avec le promoteur,
les exigences en fonction du projet. C'est-à-dire, est-ce que... est-ce qu'on
demande une compensation? Est-ce qu'il y a des milieux humides qui ont été, par
exemple, qui devront être compensés? Ce genre d'informations là, ça dépend de
chacun des projets, là, on applique la loi, mais ça vient avec des demandes qui
sont précises.
Mme Desbiens (Geneviève) : Tout
à fait, d'ailleurs, le promoteur, quand il fait sa demande, doit donner la
liste des autorisations qu'il a besoin, puis, avec ça, on sait quelles lois
vont s'appliquer. Donc, qu'est-ce qui va être demandé comme garanties,
compensations, renseignements.
M. Grandmont : Parfait.
Est-ce que ces informations-là, c'est-à-dire la teneur de ce qui est demandé
par le gouvernement à une entreprise pour son projet, au regard des lois, est
de nature publique?
Mme Desbiens (Geneviève) : Il
y a... il y a certaines choses qui sont publiques, oui, il y en a, je ne
pourrais pas vous donner une liste exhaustive, mais oui, il y a des choses qui
sont publiques. Mais ça, c'est l'application des lois, là. C'est sûr que ce ne
sont pas les avis, puis les documents sur lesquels on va se baser
nécessairement pour donner l'autorisation. On ne pourra pas donner
l'autorisation en vertu de la loi tant qu'il ne nous aura pas donné les
renseignements, les garanties et tout le reste, prévus par les lois
applicables.
M. Grandmont : Parfait.
Merci. Vous répondez à ma question. Donc, M. le Président, si vous permettez,
je prendrais une courte suspension, je vais déposer un amendement.
Le Président
(M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 20 h 30)
20 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 20 h 36)
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va. Donc, lors de la suspension, nous étions toujours à l'article 26
tel qu'amendé. Lors de la suspension, le député de Taschereau nous avait
demandé pour déposer un amendement. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Donc, l'amendement va comme suit : Insérer,
après le paragraphe 3° du premier alinéa de l'article 26 du projet de
loi, le suivant :
«3.1° les mesures d'atténuation, de
compensation et de suivi environnemental imposées au promoteur relativement à
un projet désigné;».
L'article 26 du projet de loi, tel qu'amendé,
se lirait ainsi :
«Le ministre rend accessibles, semestriellement,
sur le site Internet du ministère des Finances, les renseignements suivants :
«1° l'échéancier prévu pour l'octroi d'une
autorisation par le gouvernement;
«2° l'arrêté du ministre autorisant les
travaux préparatoires;
«3° les documents et les renseignements
autres que ceux contenant des renseignements personnels sur la base desquels l'autorisation,
y compris les conditions dont elle est assortie, a été actroyée... a été
octroyée par le gouvernement ou sur la base desquels le gouvernement a refusé d'octroyer
une telle autorisation;
«3.1° les mesures d'atténuation, de
compensation et de suivi environnemental imposées aux promoteurs relativement à
un projet désigné;
«4 °le calendrier de réalisation d'un
projet désigné;
«5° les demandes de modification ou de
cession d'une autorisation par un promoteur et, le cas échéant, les motifs pour
lesquels une telle demande a été refusée;
«6° les renseignements accessibles en
vertu des lois ou des règlements qui encadrent la réalisation du projet désigné
ou des activités nécessaires à sa réalisation qui ne sont pas autrement
publiés;
«7° un état semestriel de l'avancement de
chacun des projets désignés.
«Les renseignements visés au premier alinéa
ont un caractère public, à l'exception :
«1° de ceux concernant la localisation
d'espèces menacées ou vulnérables;
«2° de ceux identifiés par le promoteur
d'un projet désigné qu'il considère être un secret industriel ou commercial
confidentiel.
«Malgré le paragraphe 2° du deuxième alinéa,
le ministre peut, s'il est en désaccord avec les prétentions du promoteur,
décider de rendre les renseignements publics dans un délai de 15 jours
suivant la notification d'un avis à cet effet au promoteur.»
Voilà. Je... Si vous permettez, je vais
présenter un peu les arguments.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y.
M. Grandmont : Évidemment,
là...
M. Girard (Groulx) : ...droit
à un petit commentaire éditorial en partant mais en partant, M.?
Le Président (M. Laframboise) :
Allez, M. le ministre, oui, vous avez le droit.
M. Girard (Groulx) : C'est
dans le décret d'autorisation.
M. Grandmont : Dans le...
Vous faites référence à l'article 14? Non?
M. Girard (Groulx) : Non.
L'information que vous voulez ajouter est dans le décret d'autorisation.
M. Grandmont : Je pense
que ça vaut la peine que ça se retrouve là. Tout à l'heure, on a parlé, j'ai
posé des questions à Me Desbiens, elle me disait qu'à l'article 14 se
trouvaient les... on disait ça, la transmission...
M. Girard (Groulx) :
Article 13.
M. Grandmont : Article 13.
On va aller voir, mais, écoutez... Alors, c'est ça, exact. C'est bien beau tout
cela, mais ça n'a pas un caractère public, si je peux me permettre, M. le
Président. Cet amendement-là est d'une importance très, très grande pour la
transparence de l'action de l'État, puis la responsabilité des grands
industriels au Québec. L'article 26 du PL no 5 répertorie
les informations qui doivent obligatoirement figurer dans le bilan public de
reddition de comptes des projets qui sont prioritaires. Actuellement le texte
force le gouvernement à publier une liste de projets autorisés, puis les motifs
de leur acceptation, mais il oublie le suivi de ses projets, les exigences
environnementales concrètes imposées aux promoteurs.
En exigeant l'inscription des mesures d'atténuation,
de... de compensation et de suivi environnemental dans la reddition de comptes
publics, mon amendement offre des balises claires pour s'assurer que les
promesses, les promesses environnementales qui sont faites par le gouvernement
ne restent pas lettre morte après l'octroi du permis.
Alors d'abord, je pense qu'il y a
plusieurs arguments, là, qui soutiennent cet argument-là. D'abord, lorsque le
gouvernement utilise l'article 23 pour modifier une loi, permettre un...
et permettre un grand projet, il négocie souvent, en coulisse, évidemment, des
mesures de compensation... Par exemple, recréer un milieu humide ailleurs,
planter des arbres, par exemple. Il y a toutes sortes de moyens qui peuvent...
de mesures qui peuvent être assorties, qui peuvent accompagner, en fait, une
autorisation.
• (20 h 40) •
Évidemment, le public n'a aucun moyen de
savoir si ces compensations-là sont sérieuses ou dérisoires, ou même si ces
demandes de compensations là existent, même simplement. Donc, M. le Président,
si le gouvernement décide de déroger à une norme...
M. Grandmont : …à une loi
environnementale au bénéfice d'un projet industriel qu'il considère
prioritaire, majeur et donc digne d'être priorisé par le gouvernement et que ça
se fait en échange de mesures de compensation, bien, la population a le droit
de savoir précisément en quoi consistent ces contreparties-là. Puis, quand je
parle de la population, je parle plus large aussi, les médias aussi qui
s'intéressent à ces questions-là, la société civile, donc les groupes
environnementaux notamment. Il y a des organisations environnementales, il y a
des médias et des citoyens aussi, par ailleurs, qui s'intéressent de près à ce
que toute… tout milieu naturel qui aurait perdu ses valeurs écologiques
primaires soit compensé autrement. Puis on le voit bien, ça revient constamment
dans l'actualité. Par exemple, le Fonds de compensation des milieux humides,
qui n'est toujours pas utilisé à sa pleine capacité, il y a de l'argent qui
dort là-dedans. Si ça se trouve un jour… on va se retrouver avec un fonds de
compensation qui va aller… être transféré au Fonds des générations tellement ce
fonds-là va être rendu gros un jour. Donc, M. le Président, si le gouvernement
décide de contourner ces lois-là, le public doit en être informé pour des
arguments de transparence, tout simplement. Est-ce que le promoteur s'est
engagé à restaurer un écosystème équivalent ou si, dans les faits, parce que
s'il n'y a pas de surveillance qui peut être faite par l'action citoyenne,
l'action des médias, l'action de la société civile, est-ce qu'il n'a pas reçu
un simple passe-droit à rabais? C'est une question légitime qu'on peut se
poser, M. le Président, et c'est pour ça qu'on doit avoir accès à
l'information. Donc, mon amendement sort ces exigences-là des tiroirs
ministériels et puis les expose au grand jour sur le site Internet du ministre
des Finances, qui garantit ainsi donc, une saine et honnête reddition de
comptes. C'est mon souhait.
Maintenant, aussi, comme je le disais, ce
que je souhaite offrir à la population, c'est un réflexe de vigilance. Mais
pour avoir de la vigilance, on doit pouvoir avoir de l'information. Le
gouvernement a un rôle évidemment essentiel à jouer dans les orientations, puis
de la mise en œuvre de toutes sortes de projets, de programmes dans la société,
mais doit être à l'écoute de la population, mais aussi doit être surveillé par
les oppositions à l'Assemblée nationale ainsi que par l'ensemble de la société
qui a le droit de jouer son rôle d'influence auprès du gouvernement, même une
fois élu. Donc, comme le soulignait le SCPQ… SFPQ, pardon, le ministre… le
ministère de l'Environnement actuellement, là, souffre d'un grand manque de
personnel et d'inspecteurs pour surveiller tous les chantiers au Québec. On le
sait, là, on a très, très peu de personnel qui… d'inspecteurs, en fait, qui
peuvent se promener. Souvent, maintenant même, M. le Président, ce qu'on a, là,
c'est des inspecteurs qui font des inspections par téléphone. Ils appellent
l'entreprise pour savoir où vous en êtes rendus. Pouvez-vous me faire un suivi
des mesures compensatoires qui vous avez été demandées? Et s'il y a d'autres
choses qui va, qui ne va pas? Les gens ne vont plus sur le terrain parce qu'on
n'a pas les moyens ni humains, donc suffisamment d'inspecteurs pour aller sur
le terrain, ni financier et matériel pour être capable, donc de déployer ce
personnel hautement spécialisé sur le terrain et aller vérifier de visu si on a
effectivement respecté les conditions qui avaient été données. Donc, moi, je
demande aux… à la commission en fait d'être réaliste. Nos inspecteurs en
environnement ne peuvent pas être partout, tout le temps, et je pense qu'on
peut les accompagner. On aimerait en avoir davantage. Évidemment, on devrait
avoir davantage d'argent au ministère de l'Environnement, davantage d'employés
d'État qui font ces inspections-là, davantage de ressources pour être capables
de les déployer sur le terrain. Mais sinon, à défaut d'avoir cela, parce que je
connais un peu aussi de la situation budgétaire du Québec, on en parle à
l'occasion, à l'Assemblée nationale, dans les médias, un peu partout. Moi, je
pense qu'on peut aussi compter sur les yeux aussi des personnes qui se trouvent
sur le terrain, et là, j'entends par là, bien, des municipalités, les comités
de citoyens, les groupes écologistes locaux, les riverains qui habitent à proximité
d'un projet, les communautés autochtones, les médias. Mais il y a encore…
encore faut-il que ce monde-là puisse faire ce travail-là, bénévoles, on
s'entend, ou payés s'ils travaillent pour un média ou une organisation, mais
toujours est-il que, pour être capable de faire ce travail de vigilance et de
surveillance plus citoyenne, je dirais, on doit… ces personnes doivent savoir
ce qu'elles ont à surveiller. Si les mesures d'atténuation du bruit, si les
mesures d'atténuation d'émissions de poussières, de particules fines, de gaz ou
des rejets…
M. Grandmont : ...un lot sans
public, parce qu'on le sait, parce que l'information était disponible. Bien,
ces acteurs-là, là, les citoyens, les groupes citoyens, les organisations…
communautaires, les organisations riveraines, les citoyens riverains de
projets, les médias aussi pourront lever le drapeau rouge si le promoteur ne
respecte pas ses engagements. Donc, pour moi, la transparence est un excellent
levier pour l'État. Si on donne des conditions, mais qu'on n'a pas les moyens
de les vérifier, c'est de la dérogation au rabais, c'est-à-dire que
l'entreprise peut prendre le risque de ne pas les suivre. Mais surtout,
sachant, faisant cela, sachant très bien que les risques de réprimandes sont
très très faibles. Alors que, si on a, effectivement, une transmission ou une
divulgation d'information qui est plus large et qui permet, après ça, à
différents acteurs d'intervenir, de lever des drapeaux rouges, bien, on a cette
possibilité là de de venir confirmer au gouvernement que l'action est faite ou
ne l'est pas. Et donc après, c'est au gouvernement d'intervenir. C'est une…
encore une fois, c'est une mesure à très faible coût pour le gouvernement. On
offre aux citoyens de devenir, en quelque sorte, les yeux sur le terrain, que
les citoyens, les organismes soient les yeux du gouvernement sur le terrain, ce
qui n'est pas mauvais en soi. Ça garde les gens impliqués sur la qualité de
leur... de leur environnement.
Évidemment, aussi, moi, ce que j'aime, à
travers cet amendement-là, c'est que ça force la discipline et la rigueur chez
le promoteur. Ça a un suivi public, ça a un suivi systématique. Certains
promoteurs pourraient considérer que les conditions environnementales sont des
formalités administratives secondaires, une fois que le chantier est démarré,
c'est-à-dire qu'on va chercher l'autorisation, on se retrouve avec… c'est
assorti de conditions, mais il n'y a personne qui est au courant de rien. Donc,
pour l'entreprise, encore une fois, c'est toujours l'idée que tant qu'on n'est
pas pris il n'y a pas de problème. Et, sachant que l'information n'est pas
divulguée, on risque fort d'avoir des entreprises... en tout cas, ça pourrait
arriver que les entreprises disent : Bien, je vais prendre une chance,
puis ça va être secondaire, je vais me concentrer sur tout sur déarrer mon
projet, puis, une fois rendu dans l'exploitation, bien, je vais me concentrer
sur l'exploitation, mettant de côté, malheureusement ce qui arrive trop
souvent, les aspects environnementaux, les conditions environnementales qui
accompagnent le projet.
Donc, mon argument là-dessus, c'est que
l'amendement, ça crée une incitation à la discipline pour le secteur privé… des
entreprises, surtout, de plus en plus, je dirais, cherchent à bâtir des
relations plus harmonieuses et plus courtoises avec les populations riveraines.
Elles savent qu'elles n'ont rien à gagner à alimenter les antagonismes… avec
les riverains, avec les organisations, avec les médias. Quand on n'en parle
pas, ça va bien. Si on ne parle pas d'une entreprise, normalement, c'est que ça
va bien. Le problème, c'est que, si effectivement on a…en fait, ce n'est pas un
problème, si, au contraire, on a des citoyens qui ont accès à l'information et
toujours au bénéfice du respect des recommandations, des demandes du
gouvernement, si on a des citoyens qui sont à même de lever des drapeaux
rouges, bien on risque d'avoir une certaine forme d'autonomisation et de prise
en charge individuelle des entreprises. Donc, quand une entreprise sait que ses
obligations de suivi environnemental sont inscrites noir sur blanc sur le site
internet du gouvernement ou du ministre, que c'est accessible aux journalistes,
aux actionnaires, au public, bien, elle va lui accorder une attention managériale
plus grande dans le suivi de ses activités courantes, et elle va considérer
l'atteinte de ces objectifs de respect des conditions fixées par le
gouvernement comme un objectif important, au même titre que ceux de réaliser le
projet ou de générer des profits et de générer de l'activité économique. Donc
ça évite le relâchement postautorisation, puis ça pousse les promoteurs à être
exemplaires dans la réalisation de leurs travaux.
• (20 h 50) •
On gagne à ça. On gagne à ça parce qu'on
remonte le niveau ou si on montre aussi qu'on a des entreprises qui sont
capables de fleurir, d'être dynamiques économiquement et qu'en même temps
suivent les recommandations du gouvernement, les demandes du gouvernement sur
le respect de mécanismes de compensation de restauration environnementale, par
exemple, et bien on fait la démonstration qu'il est possible de conjuguer
dynamisme économique et respect de l'environnement. Et c'est ce que Québec
solidaire dit depuis toujours. On est capable de faire les deux en même temps.
Il faut arrêter d'essayer de les opposer. J'ai eu beaucoup de discussions avec
l'ancien ministre de l'Environnement, notamment…
M. Grandmont : …sur les enjeux
qui touchaient les cibles de réduction de GES. Évidemment, mon amendement vise
encore un objectif, là, d'acceptabilité sociale, puis de dissipation des doutes
de la population dans les processus d'octroi d'autorisation rendue possible par
le PL-5. Le déficit de légitimité démocratique du projet de loi 5, puis la
réduction du rôle du Bureau d'audiences publiques en environnement sur certains
projets, en fait sur les projets prioritaires, risquent de générer une très,
très grande méfiance des communautés… dans les communautés d'accueil. Pour
qu'un projet industriel soit accepté par une communauté, il ne suffit pas de
dire : Bien, le projet est accepté, faites-nous confiance, on s'occupe de
tous, les lois vont être respectées. Il faut aller plus loin que ça,
évidemment, M. le Président. La population est de plus en plus, je ne le dis
pas péjorativement, là, mais éduquée sur les enjeux environnementaux. On a
remonté le niveau, là, depuis plusieurs années. C'est devenu un enjeu qui est
de plus en plus discuté dans la population, un enjeu qui est de plus en plus
compris par la population. Le niveau de connaissance, on va se le dire, a
grandement crû dans les dernières décennies et c'est parfait, puis c'est tant
mieux parce que ça fait une population qui est plus exigeante sur les enjeux
environnementaux depuis plusieurs années, et je pense que c'est au bénéfice de
la société québécoise, là, que d'avoir des gens qui sont plus exigeants
là-dessus. C'est un… c'est rendu un incontournable.
Souvenez-vous, il n'y a pas longtemps, M.
le Président, il n'y a pas si longtemps, même… jusqu'en 2018, je dirais, il y a
des parties… des partis politiques qui se présentaient avec aucun projet,
aucune plateforme environnementale. Mais je dirais qu'après 2018, les choses
avaient déjà changé, là. On était pas mal… tous les principaux partis avaient
des engagements environnementaux assez importants. Ça fait que je dirais que la
frontière s'est tracée en 2018. En 2018, on a vraiment basculé. Depuis huit ans
là… tous les partis politiques sont vraiment intéressés, font des propositions
sur les questions environnementales. Évidemment, il y a un niveau de
variabilité assez grand là, là-dessus, évidemment, mais quand même, c'est rendu
que même les partis politiques depuis 2018 pensent que c'est d'une importance
très, très grande pour le Québec.
Bref, tout ça pour dire que, pour qu'un
projet industriel soit accepté par la communauté, il ne faut pas juste dire :
Bien, c'est autorisé, on s'occupe du reste. Évidemment, ils veulent savoir, ils
sont inquiets, c'est leur milieu de vie, ils connaissent l'impact des rejets
polluants sur leur santé. Ils connaissent de plus en plus aussi les différences
de… environnementales d'un secteur à l'autre d'une même ville qui font que
l'espérance de vie peut changer. C'est fou, là, si je prends juste Québec, par
exemple, une espérance de vie de huit ans inférieure si on habite en
Basse-Ville près des… des grandes entreprises, ceinture dans des quartiers
proches des entreprises et ceinturés par des autoroutes, comparativement à la
Haute-Ville, où on est dans un autre… on dirait qu'on est dans un autre monde,
on a huit ans de plus d'espérance de vie, surtout des comorbidités qui sont
beaucoup plus faibles en Haute-Ville qu'en Basse-Ville. On vit plus longtemps
et on vit plus en santé, plus vieux aussi.
Donc la population est éduquée là-dessus
et veut savoir comment leur milieu de vie, leur habitat, si je peux dire, leur
communauté, vont être protégés. Et donc en publiant officiellement les mesures
d'atténuation, comme les barrières antibruit, les filtres de filtration… les
systèmes de filtration d'air avancé, les plans de suivi de qualité de l'air,
les mesures de compensation, les mesures de mitigation ou les barrières pour
empêcher des rejets atmosphériques, des contaminations de nappes d'eau
souterraines, par exemple. Bref, ça peut aller très large. Bien, je pense qu'on
rassure légitimement les élus locaux et les résidentes et les résidents de ces
secteurs-là. C'est, je pense, un des moyens les plus sûrs d'obtenir une
acceptabilité sociale qui est robuste, puis d'éviter des crises sur le terrain,
des crises qui, par ailleurs peuvent, encore une fois, toujours alimenter un
certain cynisme, de la méfiance envers le gouvernement, envers les promoteurs
et aussi potentiellement ralentir des projets parce qu'on pourrait avoir bien,
de l'activation sur le terrain, ou encore on pourrait avoir des contestations
judiciaires. C'est le genre de choses qui peuvent arriver.
Aussi, un élément que je trouve
intéressant, puis je l'ai évoqué tantôt, suite à la proposition, là, adopté,
là, de… l'amendement du collègue de Marguerite-Bourgeoys, là, c'est toute la
jurisprudence environnementale qu'on est en train de se créer, que je trouve
intéressante. Donc, c'est en quelque sorte assurer la mémoire institutionnelle,
puis le suivi rigoureux à long terme des projets, là. Évidemment, toute cette
information-là, le gouvernement la possède, mais la mémoire institutionnelle,
elle déborde largement du cadre de l'Assemblée nationale ou du ministère des…
M. Grandmont : ...Finances ou
des différents ministères sectoriels. La mémoire de… des enjeux
environnementaux, ça se passe aussi à travers les médias. Ça se passe à travers,
aussi, le savoir des organisations environnementales. Vous le savez aussi bien
que moi, on a entendu des groupes qui avaient une pertinence, pendant les
consultations, le CQDE, Nature Québec, le Regroupement national des CRE du
Québec. Ils ont un regard sur plusieurs décennies en arrière et sur des
décennies en avant de nous aussi. Ils sont capables de… à la fois, de recul,
d'analyse et de prospective, ce qui est vraiment, franchement, fascinant.
Donc, de rendre publiques ces
informations-là vient alimenter ces savoirs-là, autant au sein du gouvernement,
qui a l'information déjà a priori, vous me direz, mais quand même… mais ça le
pousse, parce que les acteurs à l'extérieur aussi l'ont et ça permet de… de
viser un peu plus haut, de viser le mieux aussi, même à l'intérieur du
gouvernement, le ministère des Finances ou des différents ministères
sectoriels. L'information étant partagée, ça tire tout le monde vers le haut.
Donc, un projet prioritaire, donc, il y a
ça, d'une part, mais un projet prioritaire aussi, ça s'inscrit dans le temps
long. Un projet choisi par le ministre des Finances, bien, va s'échelonner sur
l'ensemble de son cycle de vie, sur 20, sur 30, sur 40, sur 100 ans. Et,
évidemment, les ministres changent, les directeurs régionaux du ministère de
l'Environnement changent, les fonctionnaires changent, aussi, ils finissent par
prendre leur retraite. Alors, en quelque part, centraliser l'ensemble de cette
information-là, l'ensemble des obligations de suivi, d'atténuation, de
compensation dans le bilan de l'article 26, ça crée un registre historique
public formidable sur le long terme. Donc, 20 ans plus tard, l'État puis
la société civile auront toujours un outil sous la main pour vérifier si le
promoteur respecte la parole qu'il a donnée suivant les demandes du
gouvernement, quand il a reçu l'autorisation en 2026, 2027, 2028, 2029, 2030.
Donc, c'est un puissant outil de suivi sur
le long terme. Moi, en tout cas, je pense que c'est une… c'est une façon de… en
rendant public ça… ces informations-là, on se donne… on se donne de la qualité
d'information sur le long terme.
Je reviens aussi sur quelque chose
d'important, c'est-à-dire la prévisibilité pour les entreprises, pour les
futurs investisseurs, donc une prévisibilité et un cadre de référence aussi
pour les futurs investisseurs. Les associations d'industries, là, le Conseil du
patronat, la Fédération des chambres de commerce, l'AMQ, demandent constamment
de la clarté sur ce que l'État attend de l'industrie. Puis, rendre ces mesures
publiques, là, ce n'est pas seulement bénéfique pour les citoyens, aussi, c'est
un excellent guide pour les entreprises.
Le Président (M. Laframboise) : …pour
expliquer votre amendement. Donc, est-ce qu'il y a d'autres questions,
commentaires sur l'amendement? Est-ce
que l'amendement est adopté?
Une voix : …
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, vote par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour
La
Secrétaire : M. Girard (Groulx)?
M. Girard
(Groulx) :
Contre.
La Secrétaire : Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme Hébert : Contre.
La
Secrétaire : M. Lemay (Masson)
M. Lemay : Diamétralement,
contre
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Fermement,
contre.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Extrêmement,
contre.
La Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
Le Président (M. Laframboise) : Abstention.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
l'amendement est rejeté. Donc, nous revenons, donc, à l'étude de
l'article 26 tel qu'amendé. Des questions, commentaires sur
l'article 26 tel qu'amendé?
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup. Laissez-moi replonger dans l'article 26, qui n'est pas trop
loin, là. Je l'ai ici, je pense. Non.
Une voix : …
M. Grandmont : Non, non, j'ai
des questions à poser. Ah oui, c'est
ça.
Donc, premier alinéa, quatrième
paragraphe, le
calendrier, donc, rend accessibles de la manière… c'est plus la manière qu'il
détermine , là, c'est sur
le site Web, là, du… du ministère.
Le calendrier de réalisation d'un projet
désigné. Ça consiste en
quoi, ça, le calendrier de réalisation d'un projet désigné?
Une voix : …
Le Président (M. Laframboise) :
M. Tremblay.
M. Tremblay (Nicolas) : Donc,
c'est l'ensemble des étapes nécessaires à sa réalisation, là, donc qu'on
commence une fois qu'on a fait la planification, donc les travaux qu'on doit
faire sur le site de manière détaillée, de l'arrivée, là, disons, du… du projet
jusqu'à… jusqu'à sa fin, là.
• (21 heures) •
M. Grandmont : OK. Je… je
rappellerais une conversation qu'on a eue tout à l'heure avec moi et le
ministre des Finances sur le… le tableau de bord des infrastructures. On
semblait d'accord sur le fait que c'est un tableau qui… qui pourrait présenter
davantage d'information. On s'attend…
21 h (version non révisée)
M. Grandmont : …quoi-là, comme
type de détails, vous dites des informations détaillées, mais avez vous des
exemples de ce que ça pourrait représenter comme information qui est donnée sur
ce… ce calendrier-là?
M. Tremblay (Nicolas) : Moi,
là, je dirais l'ensemble du chemin critique -là du projet-là. Si on prend… par
exemple, l'étape de planification, ensuite la réalisation, les travaux sur le
site, le déploiement, par exemple, des infrastructures, s'il y a plusieurs
bâtiments… c'est ce type de précision là, puis l'installation des équipements.
Donc, vraiment, le détail de comment le projet-là va se réaliser pour s'assurer
que la population soit en mesure de faire un suivi puis, que les ministères qui
sont en charge de faire les inspections, là, soient en mesure de faire leur
travail au moment adéquat, là, sur le site, sur le chantier, là, de
construction.
M. Grandmont : Est-ce que...
Bon, deux questions. Est-ce qu'on a... Est-ce qu'on a des dates sur ce
calendrier-là, c'est-à-dire
qu'on sait qu'on est en phase de construction,
un premier bâtiment va être construit de telle date à telle date, un
deuxième de telle date à telle date, après ça il y a tel type d'infrastructure
qui construit de telle date à telle date, après ça on passe en phase d'exploitation,
à partir de telle date? Est-ce que... Est-ce que c'est un niveau de détail de
ce niveau-là?
M. Tremblay (Nicolas) : Un
calendrier, généralement, c'est daté, là.
M. Grandmont : Ça dépend
toujours comment on décide de le présenter. Mais... mais je vous pose la
question parce que, c'est ça, je souhaiterais avoir la réponse. Mais donc vous
vous dites que, dans le fond, il va être daté, il va avoir des dates.
M. Tremblay (Nicolas) : C'est un
calendrier.
M. Grandmont : Un calendrier. D'accord.
Est-ce que... Puis là vous avez parlé des
inspecteurs qui sont chargés, donc, d'aller vérifier du respect des
échéanciers, de la réelle réalisation du projet, évidemment. Est-ce qu'ils ont
un calendrier différent de celui qui est rendu public sur le site du ministre
des Finances?
M. Tremblay (Nicolas) : Bien,
les ministères sont impliqués de manière détaillée dans la réalisation des
projets-là, puis dans les diverses étapes. Ça fait que ça peut arriver qu'il y
aille certaines sous-étapes qui nécessitent qu'il y aille des vérifications sur
le terrain pour s'assurer de la conformité des travaux. Ça fait que ce
calendrier-là est le plus détaillé possible. Mais, dans le cadre d'une étape,
ça se peut qu'une inspection, un inspecteur s'y présente plus d'une fois-là. Ça
fait qu'il n'y a pas le calendrier, bon, d'inspection, parce que ça nuirait
évidemment à la qualité des inspections, si elles sont toujours prévus.
M. Grandmont : Moi, j'ai… on a
déjà un exemple de tableau de bord de suivi des infrastructures au Québec qui… qui
ne fournit pas assez d'informations. Puis là on a un calendrier de réalisation
où on ne vient pas mentionner que c'est un calendrier qui est détaillé puis qui
est ventilé par étapes, pour… pour les projets qui seront sur le site Internet.
Donc, j'aimerais apporter un amendement. Si vous permettez, je demanderais une
courte suspension.
Le Président (M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 21 h 04)
(Reprise à 21 h 14)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
nous étions toujours à l'article 26 tel qu'amendé. Il y avait un
amendement que le député de Taschereau se proposait à nous déposer. M. le dépôt…
le député de Taschereau.
Une voix : …
M. Grandmont : On peut
prendre ça dans un sens ou dans l'autre.
J'ai un amendement à députer et à vous
lire, M. le Président. Donc : Insérer, au paragraphe 4° du premier
alinéa de l'article 26, et après «le calendrier» les mots «détaillé et
ventilé pour chaque étape».
L'article 26 du projet de loi, tel
qu'amendé, se lirait ainsi :
«26. Le ministre rend accessibles,
semestriellement, sur le site Internet du ministère des Finances, les
renseignements suivants :
«1° l'échéancier prévu pour l'octroi d'une
autorisation par le gouvernement;
«2° l'arrêté du ministre autorisant des
travaux préparatoires;
«3° les documents et les renseignements,
autres que ceux contenant des renseignements personnels, sur la base desquels
l'autorisation, y compris les conditions dont elle est assortie, a été octroyée
par le gouvernement;
«4° le calendrier détaillé et ventilé pour
chaque étape de réalisation d'un projet désigné;
«5° les demandes de modification d'une
autorisation par un promoteur et, le cas échéant, les motifs pour lesquels une
telle demande a été refusée;
«6° les renseignements accessibles en
vertu des lois ou des règlements qui encadrent la réalisation du projet désigné
ou des activités nécessaires à sa réalisation qui ne sont pas autrement
publiés;
«7° un état annuel de l'avancement de
chacun des projets désignés.
«Les renseignements visés au premier
alinéa ont un caractère public, à l'exception :
«1° de ceux concernant la localisation
d'espèces menacées ou vulnérables;
«2° de ceux identifiés par le promoteur
d'un projet désigné qu'il considère être un secret industriel ou commercial
confidentiel.
«Malgré le paragraphe 2° du deuxième
alinéa, le ministre peut, s'il est en désaccord avec les prétentions du
promoteur, décider de rendre les renseignements publics dans un délai de 15
jours suivant la notification d'un avis à cet effet au promoteur.»
Donc, voici, je vais me permettre
d'expliquer un peu mon amendement, M. le Président.
• (21 h 20) •
Le Président (M. Laframboise) :
…Taschereau.
M. Grandmont : Cet
amendement-là vise…
M. Grandmont : ...à éliminer,
en fait, un cas classique de divulgation d'informations sans qu'il y ait
beaucoup d'informations, la publication de calendriers qui sont soit trop
macroscopiques, macro en hauteur, pas assez d'informations ou encore…ou
encore des calendriers qui sont trop flous, qui rendent... donc, par exemple,
du type réalisation 2026-2029, qui rendent tout contrôle parlementaire et
citoyen totalement impossible. Puis, bien, je reprendrai en exemple,
évidemment, le tableau de suivi, le tableau de bord des infrastructures dont on
a parlé plus tôt et sur lequel on s'entendait, le ministre et moi. Il pourrait
être amélioré pour avoir davantage d'informations. Je pense qu'on ne perd rien
à avoir des calendriers qui sont plus clairs, d'autant plus que ça a une
fonction... en tout cas, moi, je suis quelqu'un de… d'information schématisée,
j'aime vraiment ça, j'aime les cartes,
j'aime les tableaux. J'aime ça, l'information regroupée de façon pertinente,
facile à déchiffrer, à lire. Et donc on est capable d'y mettre quand même
beaucoup d'informations. Vaut mieux utiliser cet outil-là justement pour bien
renseigner la population. Puis actuellement l'article 26 exige simplement
du gouvernement qu'il publie un calendrier de réalisation des projets
prioritaires. Bon, j'entendais là le ministre dire : J'aimerais ça
qu'il soit détaillé. En tout cas, on entendait ces mots-là du côté de la
banquette gouvernementale.... Mais, en même temps, il y a l'intention, et je
pense que, par clarté législative, on se doit de… le plus possible, en tout
cas, décrire les intentions gouvernementales ou du ministère dans un cadre d'un
projet de loi. Autrement, ce sont des mots, évidemment, pendant un certain
temps, bien, des personnes qui ont entendu ces conversations-là, qui auront
regardé cet échange-là, comprendront l'intention. Mais, avec le temps, cette
information-là, ce sens, l'Intention peut se perdre, donc on vous propose
simplement de l'ajouter… Je pense que d'abord, il y a un argument de saine
gestion… d'abord permet un véritable contrôle de l'échéancier. L'enjeu, c'est
que… un calendrier qui est trop global, ça… ça masque en fait potentiellement
les retards sectoriels, par exemple, des retards dans les études environnementales,
dans l'approvisionnement, dans le raccordement électrique, sous une enveloppe
de temps qui est comme plus générique. Donc, le plus on sera détaillés, le plus
on aura de chance de savoir exactement à quelle étape on est rendu, et je pense
que la population riveraine d'un projet sera à même de comprendre, bien…, il y
a telle activité qui est en train de se passer ;
on va voir sur le calendrier et on a l'information, on comprend le pourquoi, on
arrête de se poser des questions. La meilleure façon, en fait, je vais
retenir, je vais rappeler des mots quand je travaillais sur le… dans un
organisme environnemental qui faisait la promotion du transport collectif,
j'avais fait venir des conférenciers sur la question du tramway à Québec. Et il
y avait quelqu'un, si ma mémoire est bonne, de la ville de Waterloo, qui était
venu à Québec pour parler de l'expérience de la mise en place de la
construction d'un tramway, et il disait : On ne communique jamais assez
sur un projet majeur. La population aime avoir de l'information, aime à être
renseignée, veut recevoir de l'information pour bien comprendre dans quelle
partie d'un projet elle est rendue. Ça rassure, ça donne un sens à ce qu'elle
est en train de vivre autour d'elle. Donc, on ne peut...
Le Président (M. Laframboise) : Et
là-dessus, M. le ministre voudrait peut-être vous répondre, ce qui fait que je
veux juste…
M. Girard (Groulx) : On
attendait un point, là, dans une phrase pour intervenir.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y, M. le ministre
M. Girard (Groulx) : OK. Alors,
détaillé, oui. Ventilé, non. Ça ne veut rien dire, on n'a pas ça dans le corpus
législatif. Ça fait qu'on serait d'accord pour détaillé, point, passer au vote,
OK.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc...
M. Girard (Groulx) : Ventilé,
non. Détaillé, oui.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
soit que vous… soit que vous acceptiez ou soit que vous déposiez un
sous-amendement, M. le ministre
M. Girard (Groulx) : Bien là,
c'est son amendement, là. Je viens de lui faire une proposition. Ce qui
fait que je vais le laisser décider.
Le Président (M. Laframboise) : OK.
Allez-y.
M. Grandmont : Bien, juste
d'un point de vue technique, là, est-ce que je peux… est-ce que je dois
redéposer un autre amendement, si jamais on décide d'aller simplement vers
détaillé? Ce serait quoi
la bonne façon de procéder là, si jamais on veut faire ça? Parce que je n'exclus pas
encore, en fait, de… de faire un argumentaire sur la notion de ventilation,
mais, si je n'arrive pas à convaincre M. le ministre...
Le Président (M. Laframboise) : C'est
que, vous ne pouvez pas sous-amender votre amendement.
M. Grandmont : Non, non.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
il faut que vous le retiriez, puis le redéposer Ou peut-être qu'il peut y avoir
un sous-amendement qui est déposé par quelqu'un d'autre, c'est ça, à moins que
M. le ministre dépose un sous-amendement…
Le Président (M. Laframboise) : ...ça
fait que l'idéal, ce serait de... en tout cas, un des deux, là. Si vous pouvez
le retirer, puis le redéposer.
M. Grandmont : M. le
Président, si vous permettez, je demanderais une courte suspension, puis on va
regarder ça.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait.
M. Grandmont : On va essayer
de trouver une solution, là, pour...
Le Président (M. Laframboise) :
Suspension.
(Suspension de la séance à 21 h 21)
(Reprise à 21 h 30)
Le Président
(M. Laframboise) : Donc, lors de la suspension, nous en étions à
un amendement déposé par le collègue de Taschereau. Donc, M. le député de Taschereau,
je crois que vous avez quelque chose à nous proposer.
M. Grandmont : Oui,
effectivement. Donc, suite à des discussions qu'on a eues avec la partie
gouvernementale, on va retirer l'amendement que nous proposions, qui venait
modifier... qui venait ajouter la notion de calendrier détaillant,
calendrier... — on ne l'a plus à l'écran, là — calendrier
détaillé et ventilé des étapes de réalisation d'un projet.
Une voix : ...
M. Grandmont : Ça prend
le consentement. Et on... on déposera par la suite un nouvel amendement qui
fait davantage consensus.
Le Président
(M. Laframboise) : Est-ce qu'il y a consentement pour le retrait?
Consentement. Donc... Et là vous avez un autre amendement à nous déposer. M. le
député.
• (21 h 30) •
M. Grandmont : Oui.
Donc, vous l'avez sous les yeux. Je vais aller le chercher ici de mon côté. Bon,
il ne m'a pas été envoyé, là, mais, en gros...
Des voix : ...
21 h 30 (version non révisée)
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Bon. Donc, dans le fond, c'est d'insérer, au paragraphe 4° du premier alinéa de
l'article 26, et après «le calendrier», les mots «détaillé pour chaque»… on
avait dit chacune, «chacune des étapes».
Des voix : …
M. Grandmont : Bon, excusez-moi,
on va … on va… Oui c'est ça, il est correct à l'écran. C'est moi qui n'ai pas
le bon. Bon, d'accord, je vais le lire là, donc «détaillant chacune des étapes».
Je suis désolé, je n'avais pas le bon sur l'ordinateur ici. Donc, insérer, au
paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 26, et après «le calendrier» les
mots «détaillant chacune des étapes». Merci. Concordance.
Le Président (M. Laframboise) : Je
vais faire une concordance.
M. Grandmont : Merci. C'est
ce qui se trouve, en fait, dans l'article tel qu'il se lirait, qu'on a le bon
amendement.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, j'autorise la concordance pour que ce soit «détaillant chacune des
étapes». Parfait.
M. Grandmont : Merci. Désolé,
il est tard. Il n'y a pas de problème. Donc, bien, c'est ça, donc, suite
à une discussion, là, je pense que ça nous permettra d'obtenir… ça nous
permettra d'obtenir, en fait, un calendrier qui est un petit peu plus
exhaustif, un petit peu plus riche en informations que ce qu'on pouvait
craindre d'avoir. Puis, bien je sentais que du côté gouvernemental, on avait
une envie d'avoir un tableau de bord, un calendrier qui était un petit peu plus
riche en informations, puis ça avait été nommé par plusieurs des personnes et
le ministre lui-même. Donc, on verra comment ça va s'opérationnaliser dans les
faits, mais, en tout cas, disons qu'on vient, je pense, clarifier l'intention
du législateur avec l'ajout par mon amendement. Donc, on serait prêts à
voter, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
D'autre questions, commentaires? Donc, est-ce que l'amendement qui a été déposé
est adopté? Adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, vote par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
La Secrétaire : Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
: Pour.
La Secrétaire
:
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Pour.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) : Abstention.
Donc, l'amendement est adopté.
Donc, nous poursuivons les discussions sur
l'article 26 tel qu'amendé.
M. Girard (Groulx) : On est
prêts à voter sur 26, M. le Président.
M. Grandmont : M. le
Président, j'ai quelques questions encore. Je pense qu'il me reste quelques
minutes?
Le Président (M. Laframboise) : Huit
minutes.
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, bien, j'ai
quelques… quelques éléments. C'est quand même un article assez… assez riche,
là, assez important. Je suis content, d'ailleurs, là, qu'on ait pu quand même l'améliorer,
là, à travers le travail, là, du collègue de Marguerite-Bourgeoys, l'amendement
qu'on vient de proposer, ça ajoute un peu, là, de transparence, ce n'est pas
encore au niveau qu'on espérait, mais quand même. On travaille, on est dans la
bonne direction. J'ai quand même des questions. Donc, premier alinéa, sixième
paragraphe, il est dit «les renseignements accessibles en vertu des lois ou des
règlements qui encadrent la réalisation du projet désigné ou des activités
nécessaires à sa réalisation qui ne sont pas autrement publiés». De quoi on
fait… à quoi on fait référence quand on dit «qui ne sont pas autrement»… des
documents qui ne sont pas autrement publiés?
Le Président (M. Laframboise) : Me
Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Ce qu'on veut dire ici, c'est que certains renseignements ne
sont pas rendus publics, mais, en vertu de la Loi sur l'accès, pourraient être
accessibles, donc, s'ils sont accessibles, on les rend publics, pas de demande
d'accès, on rend tout public.
M. Grandmont : Dès le départ.
D'accord. Et donc est-ce qu'on peut s'attendre… bien j'imagine qu'on peut s'attendre
aussi à ce qui est comme une espèce de tri d'information. Il y a des…
évidemment, il y a des… des informations nominales, des renseignements
personnels, il y a tout ça, j'imagine… va suivre un peu la Loi sur l'accès à l'information,
puis il y aura des documents qui seront… qui seront caviardés, j'imagine, là. Est-ce
que ça va être un peu le même principe?
Mme Desbiens (Geneviève) : Oui,
tout à fait. Les renseignements personnels, vu qu'ils ne sont pas accessibles
en vertu de la Loi sur l'accès, on ne peut pas les rendre accessibles.
M. Grandmont : Les secrets
professionnels c'est la même chose aussi, des… des informations de nature
concurrentielle, par exemple, aussi. OK. Parfait. Ça clarifie des choses.
Au deuxième alinéa, on dit : «Les
renseignements visés au premier alinéa ont un caractère public, à l'exception :
«1° de ceux concernant la localisation d'espèces
menacées ou vulnérables;
«2° de ceux identifiés par le promoteur d'un
projet désigné qu'il considère être un secret industriel ou commercial
confidentiel.de ceux concernant la localisation d'espèces menacées ou
vulnérables.»
Donc, c'est à ça qu'on faisait référence,
dans le fond, ces informations-là ne seront pas rendues publiques. Donc, OK, on
confirme à travers cet… ce paragraphe-là.
On dit par la suite, là, au troisième
alinéa : «Malgré le paragraphe 2° du deuxième alinéa, le ministre peut, s'il
est en désaccord avec les prétentions du promoteur, décider de rendre les
renseignements publics dans un délai de 15 jours suivant la notification d'un
avis à cet effet au promoteur.»
Quelques questions. D'abord, pourquoi 15 jours?
Le Président (M. Laframboise) : Me
Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : Merci,
M. le Président. Délai usuel. La majorité de nos délais sont de 15 jours
pour les avis.
M. Grandmont : C'est un… Donc,
c'est un dispositif normal, là, dans le corpus. Oui? OK. Avez-vous des exemples
de ça…
Mme Desbiens (Geneviève) : ...bien
là, je ne l'ai pas... pas là. Je peux vous en sortir, par exemple, mais...
M. Grandmont : S'il vous
plaît, oui.
Ça me permet de poser une autre question
en attendant. Je comprends l'intention du législateur dans cet... dans cet
alinéa-là, et je... et je le salue par ailleurs, là, je pense que c'est une
bonne mesure que de décider, s'il est en désaccord avec les prétentions du
promoteur de rendre publics certains renseignements. Ça me fait quand même
poser la question du risque de poursuites, potentiellement, en tout cas je l'imagine
comme ça pour l'instant, peut-être que je vois trop de... je vois de façon trop
dramatique, peut-être, là, les conséquences de cet article-là, de cet alinéa-là,
mais est-ce que... est-ce qu'on risque, en quelque part, de susciter un
mécontentement tel chez le promoteur qu'il pourrait y avoir des répercussions
de différentes natures, poursuites ou autres? Je veux dire, j'imagine que vous
l'avez évalué, là, mais...
M. Girard (Groulx) : Il
y a toujours des risques de poursuite.
M. Grandmont : OK. Vous
pensez à quoi quand vous... Quel genre de renseignements ou quel genre de
litige que ça pourrait apporter? Ou quel genre de renseignements que... qu'un
promoteur ne voudrait pas voir divulgués, mais que le ministre voudrait voir
divulgués? J'imagine que vous avez exploré différents scénarios, là, pour... si
vous avez pris la peine d'inscrire ça. Je comprends l'intention, je la trouve
adéquate, mais...
M. Girard (Groulx) : Bien,
si vous êtres d'accord, je ne comprends pas qu'on discute de ça.
M. Grandmont : Bien, je
comprends l'intention, je veux juste...
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est parce que, si vous... si vous voulez encenser le projet de loi... Le but
de l'article 26, c'est d'être transparent.
M. Grandmont : Mais vous
me dites qu'il y a des risques.
M. Girard (Groulx) : Bien,
là, ça fait 4 heures qu'on discute d'un article qui vise à être
transparent. Ça fait que, là, vous dites : Heille! vous allez être trop
transparent, vous allez vous faire poursuivre.
Le Président
(M. Laframboise) : Me Desbiens.
Mme Desbiens (Geneviève) : Dans
la Loi sur l'accès, on a deux articles, 23 et 24, la loi sur l'accès, qui
disent que, quand on a des renseignements considérés comme étant confidentiels
soit par le promoteur et aussi par le gouvernement, on ne les rend pas publics,
les secrets industriels, les secrets financiers. Donc, ça prend les deux
critères pour y avoir accès. Ici, on répète un petit peu, en quelque sorte, ce
que la loi a dit, en disant, en précisant qu'on... qu'on a un délai de
15 jours pour s'organiser avec le promoteur. Et, le 15 jours, il y a
1 700 occurrences, à peu près, dans le corpus, de...
M. Grandmont : Parfait.
Excellent. Ça me convainc. Merci.
Mais, maintenant, donc, sur les critères
pour rendre... pour divulguer des informations ou des renseignements, vous me
dites qu'il y a un double critère. Si le promoteur et le gouvernement s'entendent
pour dire que c'est confidentiel, ça le demeurera. Si le promoteur dit, c'est
confidentiel et le gouvernement dit, ce ne l'est pas, là, le gouvernement peut
se permettre, le ministre peut se permettre, dans un délai de 15 jours, de
rendre accessible ces renseignements-là. Est-ce qu'il y a des risques, puis
est-ce que vous... J'imagine que vous les... avez calculés, mais est-ce que...
est-ce qu'il y a des risques potentiels? Je pose la question.
Mme Desbiens (Geneviève) : Je
ne crois pas. C'est l'article 23.1 de la Loi sur la qualité de l'environnement
qu'on répète ici, en plus de la loi sur l'accès.
M. Grandmont : La Loi
sur la qualité de l'environnement réfère...
Une voix : ...
M. Grandmont : OK,
parfait. On ira vérifier. Merci beaucoup.
Le Président
(M. Laframboise) : D'autres questions, commentaires? Donc, est-ce
que l'article 28... excusez, 26, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Laframboise) : Adopté. Excusez, M. le ministre.
Article 27.
M. Girard (Groulx) : ...28,
c'est dans trois semaines, à la vitesse qu'on va.
Le Président
(M. Laframboise) : Article 27. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : OK.
27.
«Partie II, Mesures d'allègement
particulières et autres aménagements.
«Chapitre I, Environnement et sécurité des
barrages.
«Section I, Travaux préparatoires.»
Article 27 :
«Les travaux préparatoires permis en vertu
de l'article 12 ne peuvent à eux seuls être assujettis à la procédure d'évaluation
et d'examen des impacts sur l'environnement en vertu de l'article 31.1 de
la Loi sur la qualité de l'environnement.
• (21 h 40) •
«Ces travaux préparatoires ne peuvent être
réalisés aux endroits suivants :
«1° dans un milieu présentant un intérêt
particulier pour la conservation identifié dans un plan régional des milieux
humides et hydriques élaboré conformément à la sous-section 3 de la
section IV de la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en
eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et des milieux associés;
«2° dans un territoire inscrit au registre
des aires protégées au Québec en vertu de l'article 5 de la Loi sur la
conservation du patrimoine naturel;
«3° dans un refuge faunique ou dans un
territoire mis en réserve en vue d'y établir un refuge faunique au sens de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune...
M. Girard (Groulx) : «40
dans l'habitat d'une espèce faunique ou floristique menacée ou vulnérable au
sens de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
«Lorsque le ministre permet la réalisation
de travaux préparatoires dans des milieux humides et hydriques au sens de l'article
46.0.2 de la Loi sur la qualité de l'environnement, il doit tenir compte des
objectifs énoncés à l'article 46.0.1 de cette loi.»
Commentaire. Cet article précise que les
travaux préparatoires pris seuls ne sont pas assujettis à la procédure d'évaluation
et d'examen des impacts sur l'environnement. Il détermine aussi les endroits où
de tels travaux ne peuvent être réalisés en raison de la particularité de
certains milieux naturels. Lorsque ces travaux sont réalisés dans des milieux
humides et hydriques au sens de la Loi sur la qualité de l'environnement, le
ministre en permet leur réalisation en tenant compte des objectifs énoncés à l'article
46.0.1 de la Loi sur la qualité de l'environnement afin d'en éviter les pertes,
minimiser les impacts sur ces derniers et compenser les atteintes résiduelles.
Des voix : …
Le Président (M. Laframboise) : Des
éléments supplémentaires, M. le ministre?
M. Girard (Groulx) : Oui, je
peux vous donner des éléments supplémentaires.
Le premier alinéa permet d'éviter que les
travaux préparatoires soient à eux seuls considérés comme des travaux à risque
environnemental moyen ou élevé.
Ainsi, ils ne peuvent à eux seuls
déclencher l'obligation de suivre la procédure d'évaluation et d'examen des
impacts sur l'environnement.
Ceci permet notamment de cibler les
travaux qui sont à risque environnemental faible et de s'assurer que des
remises en état peuvent être exigés lorsque ces travaux ne sont plus requis aux
fins de la réalisation d'un projet désigné.
Concernant le deuxième alinéa,
conformément à l'article 15 de la Loi affirmant le caractère collectif des
ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et des
milieux associés, les municipalités régionales de comté doivent élaborer et
mettre en œuvre un plan régional des milieux humides et hydriques dans une
perspective de gestion intégrée de l'eau, qui doit notamment identifier de tels
milieux qui présentent un intérêt particulier pour la conservation.
Le ministre responsable de l'Environnement
rend disponible sur son site Internet un guide portant sur l'élaboration de
tels plans.
Les territoires inscrits au registre des
aires protégées du Québec sont ceux visés par la Loi sur la conservation du
patrimoine naturel du Québec, qui reprend la définition contenue dans la ligne
directrice de l'Union internationale pour la conservation de la nature.
La Loi sur les espèces menacées ou
vulnérables prévoit un processus de désignation légale de certains habitats des
espèces qu'elle vise à protéger. Pour les espèces fauniques, la Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune complètent les protections
applicables.
Aux fins d'application du troisième
alinéa, les objectifs énoncés à l'article 46.0.1 de la Loi sur la qualité de l'environnement
sont d'éviter les pertes de milieux humides et hydriques, de favoriser la
conception de projets qui minimisent leur impact sur le milieu récepteur et de
réduire la vulnérabilité des personnes et des biens face à une inondation ou à
la mobilité des cours d'eau. Cela vise à favoriser une gestion intégrée des
milieux humides et hydriques, dans une perspective de développement durable et
en considération de la capacité de support de ces milieux, de leur zone d'alimentation
en eau et du bassin versant dans lequel ils se trouvent, ainsi que des enjeux
liés aux changements climatiques.
En outre, des mesures de compensation dans
le cas où il n'est pas possible pour les fins d'un projet d'éviter de porter
atteinte aux fonctions écologiques et à la biodiversité, des milieux humides et
hydriques pourront être exigés.
À noter que l'article 31.4.1 de la Loi sur
la qualité de l'environnement.
Des voix : ….
M. Girard (Groulx) : On peut
arrêter là. Merci. Voilà. Donc, en résumé, un excellent article, M. le
Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Questions, commentaires sur l'article 27? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, j'avais
quelques questions. C'était un… en fait, je considère… on considère que l'article…
M. Grandmont : ...27, là,
c'est quand même un pas dans la bonne direction. Il y a des acteurs qui ont
soumis des mémoires, là, qui considéraient que ça pourrait aller un peu plus
loin, notamment la ville de Laval. Et la ville de Laval faisait référence
notamment aux... aux milieux en voie de protection, parce que là, pour l'instant,
en fait, on fait référence aux milieux présentant un intérêt particulier pour
la conservation, identifiés dans un plan régional des milieux humides et
hydriques élaboré conformément à certaines dispositions, un territoire inscrit
au registre des aires protégées, là, au Québec en vertu de certaines
dispositions, à des refuges fauniques ou des territoires mis en réserve en vue
d'établir un refuge faunique au sens de la Loi sur la conservation et la mise
en valeur, dans l'habitat d'une espèce faunique ou floristique menacée ou
vulnérable, on espère bien, mais il n'y a rien sur ces... ces milieux en voie
de conservation, en voie de protection. Est-ce qu'il y a une raison pourquoi
cette... ce type de milieu qui chemine vers une protection n'est pas inclus, en
fait, là, dans les... dans l'article 27?
M. Girard (Groulx) : On
a un... on a des expertes en environnement qui vous ont écouté discourir depuis
de nombreuses heures, ça fait qu'on va leur donner la parole.
M. Grandmont : Avec
plaisir.
Le Président
(M. Laframboise) : Il y a consentement? Consentement. Donc,
vous... vous vous nommez et vous... vous vous nommez et vous nommez votre
titre, s'il vous plaît.
Mme Durand (Maude) : Oui.
Bonjour. Maude Durand, directrice du Bureau de stratégies législatives et
réglementaires au ministère de l'Environnement.
En fait, les territoires qui sont visés,
là, à l'article 27 sont ceux qui bénéficient d'une protection, la, légale
reconnue. À l'étape de la désignation du projet, là, le ministère de l'Environnement
va quand même pouvoir émettre ses commentaires, là, pour la désignation du
projet. Il y a plusieurs étapes, là, pendant l'évolution du projet où le
ministère de l'Environnement, là, va être consulté, donc si... c'est sûr que s'il
y a des milieux d'intérêt qui ne sont pas nécessairement des milieux désignés
comme tels, ils pourront... le ministère de l'Environnement pourra faire ses
commentaires. C'est juste que c'est quand même difficile, quand les projets ne
sont pas nécessairement identifiés sur le territoire encore et n'ont pas suivi
toutes les étapes de désignation d'une aire protégée ou d'un milieu naturel, de
venir bloquer le territoire, là, pour ces... ces projets-là, là.
M. Grandmont : Merci.
Donc, c'est parce qu'elles n'ont pas encore...
Mme Durand (Maude) : Exact.
M. Grandmont : Ces
territoires n'ont pas encore un statut...
Mme Durand (Maude) : Légal.
M. Grandmont :
...officiellement de protection. Et donc ce que vous me dites, c'est que le
ministère de l'Environnement va quand même, évidemment, lever les drapeaux au
ministre des Finances...
Mme Durand (Maude) : Oui,
exactement.
M. Grandmont : ...qui
pourra en tenir compte ou ne pas en tenir compte, mais ça sera... Donc, ça
serait ça, le cheminement, en fait, là.
Mme Durand (Maude) : Exactement.
M. Grandmont : Bon,
parfait. Merci beaucoup. Écoutez, moi, je pense qu'il y aurait à ajouter un peu
plus de certitude sur la protection. Vous savez, c'est le genre de projet, je
le rappelle, on a besoin, en fait, là, de protéger 30 %... On s'est engagé,
en fait, à protéger 30 % de notre territoire d'ici 2030. Il y a des
processus actuellement qui ont cours, il y a eu des appels à projets pour
désigner des projets d'intérêt, pour voir à les protéger éventuellement.
Donc, il y a sur le territoire plusieurs
espaces qui sont en voie de protection, ne... ne le sont pas encore, mais,
selon les acteurs terrain, les municipalités, des regroupements de citoyens,
des experts, des expertes, il y a évidemment un caractère, disons... disons,
assez exceptionnel pour que ces personnes, ces organisations-là, ces
institutions, ces municipalités-là demandent la protection de ces territoires.
Donc, moi, j'aimerais qu'on suspende, s'il
vous plaît, M. le Président, je vais... je vais proposer un amendement qui
irait dans ce sens-là, de s'assurer de garder une place pour la protection des
territoires en voie de protection. Merci.
Le Président
(M. Laframboise) : Suspension.
(Suspension de la séance à 21 h 50)
(Reprise à 21 h 56)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
avant la suspension, nous en étions à l'article 27, c'est ça, hein, 27. Mais,
juste avant de… de passer la parole au député de Taschereau, j'ai reçu une
demande de dépôt d'amendement de la part du ministre. Donc, M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Girard (Groulx) : Oui, j'aimerais
déposer publiquement les amendements 50.1 à 50.8 sur le REM.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
le dépôt va être fait sur le site Greffier dans… d'ici quelques minutes…
Une voix : ….
Le Président (M. Laframboise) : …sur
Internet, excusez-moi …
M. Girard (Groulx) : Merci.
Le Président (M. Laframboise) : …le
dépôt sera fait sur Internet d'ici quelques minutes.
M. Girard (Groulx) : Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Donc, voulez-vous afficher… Ça va ?
Donc, M. le député de Taschereau, allez-y.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président.
Donc, l'article va comme suit :
Ajouter, après le paragraphe 40
du deuxième alinéa de l'article 27 du projet de loi, le paragraphe
suivant :
«50 Les milieux en voie de
protection.»
Évidemment, il y a concordance… il n'y a
pas de concordance, c'était le dernier, effectivement.
Donc, l'article 27 du projet de loi,
tel qu'amendé, se lirait ainsi :
«27. Les travaux préparatoires permis en
vertu de l'article 12 ne peuvent à eux seuls être assujettis à la
procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement en vertu de
l'article 31.1 de la Loi sur la qualité de l'environnement
(chapitre Q-2).
«Ces travaux préparatoires ne peuvent être
réalisés aux endroits suivants :
«1° dans un milieu présentant un intérêt
particulier pour la conservation identifié dans un plan régional des milieux
humides et hydriques élaboré conformément à la sous-section 3 de la
section IV de la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en
eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et des milieux associés
(chapitre C-6.2);
«2° dans un territoire inscrit au registre
des aires protégées au Québec, en vertu de l'article 5 de la Loi sur la
conservation du patrimoine culturel (chapitre C-61.01);
«3° dans un refuge faunique ou dans un
territoire mis en réserve en vue d'y établir un refuge faunique, au sens de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune
(chapitre C-61.1.);
«4° dans l'habitat d'une espèce faunique…
ou floristique menacée ou vulnérable au sens de la Loi sur les espèces menacées
ou vulnérables (chapitre E-12.01;
«5° Les milieux en voie de protection.
«Lorsque le ministre permet la réalisation
de travaux préparatoires dans des milieux humides et hydriques au sens de l'article 46.0.2
de la Loi sur la qualité de l'environnement, il doit tenir compte des objectifs
énoncés à l'article 46.0.1 de cette loi.»
Alors, M. le Président, quelques
explications, si vous permettez.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Donc, comme je
le disais tantôt, bon, il y a plusieurs intervenants qui ont parlé de ça, là,
évidemment, il y a des organismes qui travaillent activement, là, puis, bon,
des collègues, tout à l'heure, en parlaient tout à l'heure, il y a des
organismes qu'on connaît bien, Canards Illimités, Capitale Nature et autres,
là, qui travaillent de plusieurs façons, des fois en achetant des terrains, des
fois en obtenant des dons, bon, il y a différentes façons, là, travaillent
beaucoup avec les municipalités, avec le gouvernement aussi pour protéger le
territoire. Je le rappelle, on a des… des ambitions très grandes, au Québec,
celui de protéger 30 % de notre territoire d'ici 2030. Ce sont des
engagements qu'on a pris à l'international. C'est super important, évidemment.
Et il y a aussi des municipalités qui… qui sont fortement investies dans la
protection du territoire, la Ville de Laval, notamment, qui considère que, bon,
l'article 27 est un… est un pas dans la bonne direction, mais… elle pense
que le texte de loi devrait aller plus loin, plus concrètement, afin d'éviter
toute atteinte potentielle au milieu de voie… en voie de protection.
Laval propose, suggère, en fait, là, d'abord
d'interdire des travaux préparatoires dans les secteurs faisant l'objet d'une
proposition formelle de création ou d'agrandissement d'un refuge faunique, dès
la transmission du devis technique au ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
La prise en compte de cette
recommandation, là, je suis toujours sur deux mémoires, là, de… de Laval,
permettrait notamment que la demande d'agrandissement du refuge faunique de la
Rivière-des-Mille-Îles, déposée par la Ville de Laval, en partenariat avec
Éco-Nature, donc, une autre organisation qui travaille à la protection, là, du
territoire, après plusieurs années de travail, puisse poursuivre son chemin
dans l'appareil gouvernemental.
Donc, toujours dans… selon mémoire. Par
ailleurs, considérant que l'adoption d'autres mesures de conservation efficaces
peut favoriser la… préservation à long terme de la biodiversité à l'extérieur
des aires protégées, il pourrait aussi être opportun d'exclure les zones
faisant l'objet de telles mesures, des secteurs où les travaux préparatoires
pourront être réalisés. Donc, la reconnaissance des… des autres mesures
de conservation efficace étant beaucoup plus… rapide que l'inscription au
registre d'aires protégées, la Ville de Laval a déjà eu recours à ce procédé
pour préserver plusieurs lots municipaux de grand…
22 h (version non révisée)
M. Grandmont : ...valeur écologique
et entend poursuivre en ce sens. D'ailleurs, elle n'est pas la seule à l'avoir
fait ou à l'envisager, plusieurs municipalités y voient, elles aussi, une
manière d'aider le Québec à atteindre la cible de 30 % de conservation de
son territoire d'ici 2030. Il y a évidemment plein d'arguments qui soutiennent
ça. J'y viens d'ailleurs pour les arguments qui sont plus de mon cru, là.
Donc, l'article 27, là, du projet de
loi, comme je le disais, va dans la bonne direction, mais peut être amélioré.
Il y a une liste des milieux sensibles ou protégés qui doivent être soustraits
ou faire l'objet de précautions absolues face aux dérogations puis à l'accélération
offertes par les autorisations gouvernementales. Puis, bien, en l'état actuel,
l'article 27 et la loi protègent davantage, en fait, puis c'est ce qu'on a
eu comme explication tout à l'heure, là, protègent les territoires qui ont déjà
eu un statut final.
En ajoutant un cinquième paragraphe, là, en
identifiant que les milieux en voie de protection sont assujettis, en fait, viennent
s'insérer dans l'article 27, on vient combler une brèche juridique assez
importante, à mon avis. On empêche qu'un projet, donc prioritaire, désigné par
le ministre, vienne détruire ou fragmenter, ce qui pourrait être aussi
problématique, là, un territoire que le ministère de l'Environnement pourrait s'apprêter,
après des années d'efforts, à protéger de manière permanente.
Donc, vous voyez qu'on a des... des
territoires, des zones, en fait, qui sont sur... dans un cheminement vers une
éventuelle, une possible protection. Ça ne veut pas dire que ça va s'y rendre,
évidemment, là, je veux quand même être clair là-dessus. Mais les chances sont
que ce territoire-là soit protégé.
Dans tous les cas, ça envoie quand même un
signal important, celui que des territoires, ce territoire qui est en voie de
protection, a quand même été choisi par la communauté, par une ville, par une
MRC. Bon, il y a plusieurs acteurs, il y a même des appels à projets qui ont
été lancés par le ministère de l'Environnement lui-même. Et donc ça envoie
quand même un signal important que le territoire a un caractère exceptionnel, en
tout cas, à tout le moins important, et qui vaudrait la peine de s'y attarder
et donc de le protéger. Évidemment, s'il est en voie d'être protégé,
évidemment, ça peut prendre un peu de temps, mais on se permet de s'assurer que
ces... ces territoires-là ne seront pas ou fragmentés ou détruits par un projet
choisi par le gouvernement.
Donc, évidemment, il y a une notion, là,
de cohérence étatique, là, je dirais, là, éviter que la main droite défait ce
que la main gauche essaie de construire, essaie de protéger. Le ministère de l'Environnement,
il fait des efforts quand même assez considérables, investit des sommes
importantes, puis des années de travail, d'expertise scientifique pour
identifier, cartographier, mobiliser la population, mobiliser les municipalités
qui ont un rôle à jouer aussi dans la protection du territoire, particulièrement
dans le sud du Québec, avec l'intention de mettre en réserve des territoires à
haute valeur écologique.
Alors, je pense que mon amendement est
assez clair, là. Ça vise une espèce de cohérence qui est quand même, somme
toute, assez élémentaire au sein de l'appareil gouvernemental. Il serait... il
serait pour le moins décevant que le ministre de l'Environnement identifie un
territoire comme en voie de protection et qui... que ce projet-là, que ce
territoire-là, cette zone-là, soit en cheminement vers une protection, mais
que, de l'autre côté, le ministre des Finances, pour prioriser un projet,
vienne saccager ce travail-là qui mènerait potentiellement à... à l'atteinte d'un
statut dans le.. à partir duquel il pourrait avoir cette protection-là. Donc, c'est
un... c'est un territoire, c'est une zone qui, potentiellement, peut se
retrouver dans un des territoires dans lesquels les projets ne peuvent être
autorisés. Ils sont simplement en cheminement vers cet... ce statut-là.
Donc, moi, je pense qu'il faut absolument
que... que le ministre des Finances n'utilise pas le PL no 5 pour
parachuter des projets industriels lourds par décret d'exception qui pourraient
empêcher les territoires d'atteindre ce statut qui, par ailleurs, au bout de
quelques mois ou quelques années, les aurait protégés. Donc, je pense que l'État
québécois doit parler d'une seule voix, c'est important d'avoir une cohérence
au sein de l'appareil, puis si un milieu est officiellement en voie de
protection, bien, il doit être exclu des... des territoires sur lesquels
peuvent être autorisés des projets industriels.
Ensuite, de ça, bien évidemment, il y a...
il y a l'enjeu de protéger les investissements, puis le travail de concertation
régionale. Placer un milieu en voie de protection comme une réserve de
biodiversité projetée, par...
M. Grandmont : ...par
exemple, là, ça nécessite de longues négociations, un consensus avec les
municipalités, les MRC, les communautés autochtones, les acteurs économiques
locaux. J'ai assisté, il n'y a pas longtemps, à une conférence de presse du...
d'un groupe qui s'appelle Capital Nature ici, à Québec, qui commence à
travailler à développer une ceinture verte autour de la zone habitée de la
ville de Québec. Projet super intéressant qui s'apparente un peu au projet de
ceinture verte qu'il y a dans... C'est toujours un projet, encore là, ce n'est
pas une ceinture verte à proprement dit à Montréal, mais il y a quand même
toujours ce désir de la compléter.
On a un exemple très éloquent aussi à
Toronto, là, il y a une ceinture verte qui est beaucoup plus mature, beaucoup
plus robuste, qui protège et qui force, en fait, les municipalités qui sont
situées à l'intérieur, donc la ville de Toronto puis ses... l'agglomération
torontoise à penser l'occupation du territoire autrement que par l'étalement
urbain, parce qu'il y a cette ceinture-là qui est un garde-fou incroyable.
Donc, voyez, on est en train de bâtir, au
Québec, des... un modèle qui ressemble à celui qui s'apparente à la région
métropolitaine de Toronto. Et donc, plusieurs de ces territoires-là sont en
voie d'être protégés, il y en a quelques-uns qui le sont déjà, mais
quelques-uns sont en voie, c'est un long travail. De cette conférence de presse
là avec Capital Nature, j'ai appris que d'aller chercher le financement, de
concerter les acteurs, que ce soient des acteurs privés, des acteurs publics,
c'est un travail de longue haleine.
Et donc, il y a comme une forme de
reconnaissance, déjà, que ces milieux-là ont un caractère exceptionnel, mais en
même temps, le moment, le temps nécessaire pour arriver à une dénomination qui
les protégerait au sens de l'article 27, peut être long. Ça n'en fait pas
des milieux moins intéressants, ils n'ont juste pas le statut.
Donc, moi, je pense qu'on a... on a toutes
les raisons, en fait, de... pour protéger ces milieux-là qui ont un potentiel
immense de l'insérer, en fait, dans l'article 27, parce que, pour qu'un
territoire devienne en voie de protection, ça a demandé beaucoup de travail.
Puis permettre au PL no5 d'ignorer ce stade... transitoire pour
y imposer un projet prioritaire industriel au sens de la loi no5,
du projet de loi no5, c'est potentiellement jeter à la poubelle
des années et des années de concertation régionale et, en quelque sorte, aussi,
de bafouer l'autonomie des territoires qui ont choisi la voie de la
conservation.
Une autre chose que je veux éviter, que je
veux prévenir à travers cet amendement-là, c'est le syndrome du sprint
industriel. Si les milieux en voie de protection ne sont pas explicitement
protégés par... dans la loi... dans la loi à l'article 27, bien, certains
promoteurs, plus ratoureux que d'autres, je dirais, pourraient faire pression
sur le gouvernement pour obtenir un décret d'urgence avant que le statut de
protection permanent soit octroyé, officiellement voté.
Donc, sans cet amendement-là à
l'article 27, bien ça peut créer une forme de prime à la précipitation,
parce que des promoteurs de projets industriels majeurs, par exemple,
pourraient cibler les territoires en attente de protection finale en se
disant : Vite! On va demander une dérogation en vertu de l'article... en
vertu du PL no5, avant que le décret de parc national ou de
réserve ne soit signé. Donc, c'est comme une espèce d'incitation, une
incitation au sabotage environnemental, en fait, là.
Donc, mon amendement protégerait
l'intention de conservation du Québec contre une forme de... de lobby de
dernière minute. Autre argument, bien, j'en ai parlé d'entrée de jeu, je pense
que c'est un argument qui est tout à fait important pour le Québec, pour la
reconnaissance qu'on a à l'international. Vous savez, on a... M. le Président,
on est des leaders du point de vue environnemental. On n'est pas les... on
n'est pas les meilleurs, on pourrait certainement s'améliorer, mais dans l'œil
des acteurs internationaux qui suivent l'actualité environnementale, on est
quand même considérés comme faisant partie des bons joueurs, quand même, on va se
le dire, là.
• (22 h 10) •
Malgré tout, il faut toujours demeurer
vigilants. On peut toujours s'améliorer, évidemment aussi. Et parmi les
engagements internationaux qu'on a pris, bien il y a celui de protéger
30 % de notre territoire d'ici 2030. Pour y arriver, bien, le gouvernement
lui-même compte massivement sur les territoires actuellement en voie de
protection. Je vous l'ai dit, il y a eu un appel à projets, il y a eu une forte
mobilisation de différents acteurs dans la société québécoise, de municipalités,
de groupements citoyens, d'organismes environnementaux, etc., etc., qui ont
soumis des projets au ministère de l'Environnement pour... pour désigner de
nombreux territoires qui vont nous permettre, si... s'il y en a...
M. Grandmont : …maximum, qui
sont évidemment acceptés, protégés, éventuellement qui vont… qui pourrait nous
permettre de tendre vers l'atteinte de cet objectif de 30 % du territoire
protégé et aussi par le fait même de travailler beaucoup sur la partie sud du
Québec, où on a plus de difficultés à protéger le territoire, évidemment, parce
que c'est des milieux qui sont plus contraints, évidemment, et aussi d'assurer
la préservation de corridors écologiques qui sont essentiels pour la faune et
la flore. Donc, si le premier ministre et le ministre de l'Environnement
rappellent fièrement puis régulièrement, bien le ministre de l'Environnement,
pardon, rappelle fièrement notre engagement international de protéger 30 %
de notre territoire, bien, il va falloir que les actions suivent. Et, pour
atteindre cet objectif-là, les milieux en voie de protection sont nos gains de
demain. Des territoires en voie de protection, il y en a plusieurs qui, je
l'espère, se… deviendront protégés, auront un statut conforme à ce qu'on trouve
à l'article 27, d'ici 2030. Il ne faudrait pas que des projets autorisés par le
projet de loi 5 viennent gruger cette réserve de territoires potentiellement
protégés sous prétexte d'urgence économique. Parce que sinon, on n'atteindra
jamais notre cible, on n'atteindra jamais notre engagement que nous avons
nous-mêmes signé et duquel nous sommes très fiers et duquel nous nous vantons à
l'international. Donc voilà.
Et sinon, un autre angle sur lequel il me
semble important de proposer cet amendement-là, là, d'ajouter les milieux en
voie de protection à l'article 27, bien, c'est… c'est de reconnaître… en fait,
c'est l'apport de la science, en fait, c'est de reconnaître, là, que la valeur
écologique n'attend pas le décret, en fait, là. Un milieu naturel, ça possède une
biodiversité qui est unique, des milieux humides critiques, des habitats, des
espèces menacées bien avant que les juristes d'État aient terminé de rédiger le
décret final de protection. Donc toutes les espèces menacées qu'on connaît, là,
dont on entend quand même souvent parler, là, les rainettes faux-grillon, les
caribous, les plantes rares, elles ne lisent pas la Gazette officielle, M. le
Président. Un milieu en voie de protection, ça possède déjà actuellement la
valeur biologique qui justifie sa sauvegarde. Bon, après ça, le ministère de
l'Environnement, selon ces critères, décidera de les protéger ou pas. Et s'il
le protège selon certains critères ou sous certains statuts, bien il reste
quand même que s'ils… s'ils ont été désignés en voie de protection, il y a une
valeur écologique assurée et assumée.
Donc, ce n'est pas… ce n'est pas… et cette
biodiversité-là, c'est… les services rendus par ces milieux biologiques
distincts et spécifiques nous offrent des apports économiques incroyables. On
pense aux milieux humides, par exemple. Bon, certaines personnes pensent
éventuellement calculer la valeur écologique, la valeur financière, la valeur
monétaire d'un milieu écologique comme un milieu humide. C'est peut-être une
bonne idée…. pas une bonne idée, il y a des pours et des contres, mais ce qu'on
sait par contre, c'est qu'une tourbière, un milieu humide, ça filtre l'eau que
nous buvons après. Donc c'est des usines de filtration qu'on n'a pas besoin de
construire. Ce sont aussi des remparts face aux inondations. Un milieu humide
peut gonfler et prendre un volume incroyable quand un apport d'eau important
arrive au printemps, par exemple à la fonte des neiges, avec des pluies qui
accompagnent cette fonte de neige là. Et ça prévient donc qu'il ait des
inondations qui sont par ailleurs fort coûteuses. On n'a qu'à demander aux
assureurs ce qu'ils en pensent, ils savent très bien que les montants dépensés
par les compagnies d'assurance sur les dommages causés par, notamment les
changements climatiques sont devenus immenses et de plus en plus, certains
risques ne sont même plus assurés par les assureurs. Donc, c'est un coût qui
est finalement pelleté vers les gouvernements municipaux et le gouvernement du
Québec et fédéral qui se retrouve à finalement payer la facture. Puis, quand ce
n'est pas fait, bien, sinon, c'est les citoyens, les citoyennes, qui en paient
la note en payant eux-mêmes pour des travaux de réparations divers sur leur
demeure notamment. Donc, évidemment, ça, cette valeur-là, elle n'est souvent
pas comptabilisée. Puis malheureusement, ça, c'est encore une fois un peu la…
la vision en silo, là, qui nous empêche de voir cette valeur-là. Donc, il ne
faudrait pas que des projets industriels viennent briser, saccager ces
milieux-là, qui ont une valeur déjà. Protégés ou non, ces milieux-là ont une
valeur très très grande.
Finalement, un autre argument, là,
évidemment, c'est la question de la prévisibilité. Je reviens souvent, c'est
important à la fois pour les investisseurs qui donc, sont derrière les projets
industriels et aussi pour éviter les conflits sociaux qui pourraient devenir
majeurs…
M. Grandmont : ...éventuellement.
Donc, je pense que l'enjeu ici, là, c'est, à travers l'amendement, là, ce que
je tente de régler, c'est d'envoyer un... un promoteur développer un projet
dans une zone que la collectivité s'attend à voir protégée à court terme. Je
pense que c'est une... c'est une recette gagnante pour une crise
d'acceptabilité sociale aiguë, là, je vous dirai, là, puis des blocages
juridiques majeurs, c'est ce que je veux éviter.
Vous imaginez, je l'ai dit tantôt, il y a
plusieurs de ces milieux en voie de protection qui sont le fruit d'une
concertation régionale importante. Il y a différents acteurs qui interviennent,
des organismes en... en protection, des organismes environnementaux, des
acteurs privés aussi qui vont soit financer, soit offrir des terrains, des
citoyens impliqués, évidemment aussi, qui sont souvent riverains de ces
projets-là, les municipalités aussi, à qui on demande aussi de protéger... des
territoires.
Donc, vous imaginez, si cette
concertation-là est mise à mal par un projet industriel qui serait désigné à
l'intérieur du projet de loi no5, je pense qu'on se magasine
beaucoup, beaucoup, beaucoup de trouble éventuellement. Donc, ma suggestion,
c'est vraiment de dire que ça prend de la prévisibilité. Le Conseil du
patronat...
Le Président
(M. Laframboise) : C'est tout le temps que vous avez pour... sur
votre amendement à l'article 27. Est-ce que l'article 27... l'amendement
à l'article 27 est adopté?
Des voix : ...
Le Président
(M. Laframboise) : Vote par appel nominal.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) :
Contre.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
M. Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin :
Abstention.
La Secrétaire
: Et M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président
(M. Laframboise) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté.
Nous revenons à l'étude de
l'article 27. Questions, commentaires, collègues?
M. Grandmont : Oui.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui.
Donc, bien, écoutez, on a... on a rejeté notre amendement, là, qui visait à
protéger les milieux en voie de protection. Je n'ai pas eu... Je n'ai pas eu la
chance, là, d'obtenir des... des arguments, là, de la part du ministre, mais
maintenant qu'on est revenu sur... sur l'article 27, peut-être qu'il peut
me donner des raisons qui justifient son... son refus.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est flou comme concept. Alors, nous, on fait de la législation sérieuse, là.
Tout est en voie de protection, là. Ça fait que ça... c'était non pertinent.
Voilà.
M. Grandmont : Est-ce
que M. le ministre aurait préféré une appellation différente, plus conforme à
ce que les juristes auraient pu proposer?
M. Girard (Groulx) : Non,
je préférerais voter l'article 27, parce que, là, à trois heures pour un
article, là, je trouve qu'on n'avance pas vite, M. le Président. Alors, on est
ici depuis trois heures, on a fait l'article 26, puis là ce serait
l'article 27, donc ce serait 100 % de productivité. On ferait deux articles
en trois heures au lieu d'un. Questions, commentaires?
M. Grandmont : Oui. Je
continuerais avec des questions, si vous permettez, M. le Président.
Donc, on comprend que les travaux
préparatoires ne peuvent pas être réalisés aux endroits suivants, donc les
milieux d'intérêt présentant un intérêt particulier pour la conservation
identifiés dans un plan régional des milieux humides et hydriques, des
territoires inscrits au registre des aires protégées au Québec, un refuge
faunique dans un territoire mis en réserve en vue d'y établir refuge... un
refuge faunique. Vous voyez, c'est quand même assez drôle parce que le
troisième paragraphe parle d'un territoire qui est mis en réserve en vue d'y
établir un... un refuge faunique, donc on est en voie de créer un refuge
faunique. Je fais juste noter quand même le... la ressemblance, en fait, avec
la proposition que je faisais tantôt. Sinon, quatrièmement, dans l'habitat
d'une espèce faunique ou floristique menacée ou vulnérable au sens de la Loi
sur les espèces menacées ou vulnérables, évidemment.
J'aimerais savoir, M. le ministre, il y a
des milieux humides et hydriques qui ne figurent pas dans un plan régional des
milieux humides et hydriques, ou qui figurent sur une version seulement
provisoire d'un tel plan. Est-ce que ça ne vaudrait pas la peine de protéger
ces milieux humides et hydriques là? Ou, en fait, pourquoi ils ne s'y... ne se
retrouvent pas dans le... dans l'article 27?
M. Girard (Groulx) : Ils
ne sont pas encore qualifiés comme protégés.
M. Grandmont : D'accord.
Donc, ça ressemble un peu à l'argument qui nous a été donné tantôt, là, par
l'experte. Donc, je le comprends. Si on revient à... au troisième paragraphe,
là, on parle : «dans un refuge faunique ou dans un territoire mis en
réserve en vue d'y établir un refuge faunique». C'est quoi, la différence?
Est-ce que c'est un statut que d'être un territoire mis en réserve en vue d'y
établir un refuge faunique?
• (22 h 20) •
Le Président
(M. Laframboise) : Madame.
Mme Durand (Maude) : Bien,
effectivement, pour les refuges...
Mme Durand (Maude) : …fauniques,
c'est certains régimes, puis ce qu'il faut savoir par rapport à ce que vous
avez mentionné tantôt, c'est qu'il y a quand même certains territoires, là, qui
sont mis en réserve légalement ou qui ont certaines... protections,
excusez-moi, projetées. C'est selon, un peu, nos régimes applicables, en fait,
ce qu'il faut comprendre, c'est que, souvent, nos nouveaux régimes de
protection sont plus clairs sur comment mettre en réserve des territoires.
Donc, si vous allez voir, dans le registre des aires protégées, vous allez
trouver certains territoires qui sont déjà mis en réserve, qui sont dans le
registre des aires protégées. Mais ce n'est pas ça pour l'ensemble de nos
régimes de protection. Souvent, les anciens régimes étaient un peu… de
protection de certains types de milieux étaient moins clairs, là, sur comment
on mettait en réserve ces milieux-là. Donc ça devient plus difficile de les
mettre, de les identifier clairement sur le territoire, de les répertorier, de
voir l'état d'avancement, puis de décider aussi : Ah oui, ceux-là, c'est
sûr qu'ils vont être protégés plus tard. Donc, je ne sais pas si ça répond à
votre question sur les refuges en particulier, là.
M. Grandmont : Oui,
effectivement. Et donc je reviens à ce que… l'amendement que j'ai proposé
tantôt, là, pour compréhension, là, bien, les milieux en voie de protection,
donc, il n'y a pas de statut particulier pour ça?
Mme Durand (Maude) : Pour
certains, oui. Certains, on a des statuts de mise en réserve, là, comme vous…
pouvez voir dans le registre des aires protégées, il y en a… il y en a que oui,
mais pas pour l'ensemble des types de statuts.
M. Grandmont : Et il y en a…
mais est-ce qu'il en a plusieurs… est-ce qu'il en a beaucoup, des milieux en
voie de protection qui sont mis en réserve?
Mme Durand (Maude) : Bien,
dans le registre, on peut voir qu'on a quand même… on en a quand même
plusieurs, là, des territoires mis en réserve, qui sont… on a une bonne
trentaine, je dirais, de territoires mis en réserve, là, qui sont au registre,
qui vont être protégés par l'article 27, là, du projet de loi. Puis on a aussi
d'autres types de milieux, par exemple, des paysages humanisés projetés. Donc,
c'est vraiment certains types de milieux qu'on est capable de venir établir
plus clairement le type de protection alors qu'ils sont en voie d'être
protégés. Mais ce n'est pas ça pour l'ensemble des… des régimes.
M. Grandmont : ...une réserve
pour les zones en voie d'être protégées? C'est ça?
Mme Durand (Maude) : Territoires
mis en réserve, effectivement, là.
M. Grandmont : Puis il y a
aussi… vous avez parlé de paysages humanisés?
Mme Durand (Maude) : Oui.
M. Grandmont : Pouvez-vous
m'en dire plus?
Mme Durand (Maude) : Les
paysages humanisés projetés, je pourrais vous revenir là, effectivement pour un
peu plus, mais, si vous allez voir dans le registre des aires protégées, dans
le fond, il y a tous les types de milieux qu'on protège, là. Donc, dans
ceux-là, on peut voir qu'en général, là, par exemple, bien, il y a, bien sûr,
nos parcs marins, nos parcs nationaux qu'on connaît, des refuges biologiques,
des refuges fauniques, des réserves de biodiversité, mais il y en a quelques-uns,
effectivement, les paysages humanisés projetés et certains territoires qui sont
mis en réserve aussi, là, qui ont des statuts de protection.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci.
M. Grandmont : Bien,
j'aimerais, j'aimerais savoir qu'est-ce que… qu'est-ce qu'un paysage…
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Point
d'ordre?
M. Girard (Groulx) : Un
instant, là, un instant. Il faut que ce soit pertinent à l'article 27.
M. Grandmont : Bien oui, ça
l'est.
M. Girard (Groulx) : On ne
fera pas le tour, là, du site Web du ministère de l'Environnement, là.
Le Président (M. Laframboise) :
Oui?
M. Provençal : …à l'effet l'amendement
de monsieur a été rejeté, et là, indirectement, il continue à poser des
questions sur son amendement. Alors, ça a été rejeté, point.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. Donc, vous ne pouvez pas revenir sur un amendement qui a été rejeté.
M. Grandmont : ...vous parlez
des paysages humanisés projetés. Qu'est-ce que vous entendez par cette
définition? C'est quoi, la définition d'un paysage…
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, tout à fait. Donc...
Une voix : …qui est présenté
à l'article 27, puis là il est en train de regarder quelque chose qui n'est pas
abordé dans l'article 27.
Le Président (M. Laframboise) :
211 du règlement. Ça s'applique.
M. Grandmont : Moi, j'ai
proposé... j'ai proposé quelque chose qui touchait les… les territoires en voie
de protection. Là, j'essaie de savoir si mon amendement est en train de
couvrir, couvrait les paysages humanisés projetés. J'ai l'impression que non.
Une voix : …
M. Grandmont : Mais je ne
pense pas que mon amendement couvrait la notion de paysage humanité… humanisé
projetée.
Une voix : ...
M. Grandmont : Bien,
j'aimerais juste avoir cette réponse-là. Est-ce que l'amendement que j'ai
proposé tantôt... pour éclaircir si effectivement je suis en train de…
M. Girard (Groulx) : Pour
éclaircir votre amendement?
M. Grandmont : Non, éclaircir
votre prétention, celle de dire que je suis en train de refaire le travail de
mon amendement.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
je vais mettre fin à la séance. Donc, collègues, je vous remercie de votre
collaboration. Compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux sine
die.
(Fin de la séance à 22 h 26)