(Quinze heures trente minutes)
Le Président (M.
Bachand) : Bonjour, tout le monde. Bon
après-midi. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Justice des crédits budgétaires du portefeuille Justice pour
l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de 3 h 45 min
a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la députée... Mme la secrétaire, y a-t-il
des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par M. Montigny (René-Lévesque); M. Lemieux (Saint-Jean), par M. Jacques
(Mégantic); Mme Schmaltz (Vimont), par M. Caron
(Portneuf); M. Zanetti
(Jean-Lesage), par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Justice
Discussion générale
Le Président (M.
Bachand) : Nous allons procéder à une
discussion d'ordre général par blocs d'échange, incluant les questions et les
réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui
leur est alloué, soit vers 19 h 15. M. le député de l'Acadie, vous
avez la parole pour une première bloc... pour un premier bloc d'échange de
18 min 8 s.
M. Morin : Merci, M. le Président.
Alors, M. le ministre, dans un premier temps, j'aurai des questions en ce qui a
trait à ce que j'appellerais l'accès à la justice. Donc, on sait que, et on a
lu dans les journaux, entre 48 000 et 55 000 dossiers risquent
de dépasser les plafonds du célèbre arrêt Jordan pour les causes criminelles. Y
aura-t-il des arrêts de procédures ou pas? On verra. On a entendu également,
par les journaux, un manque assez important de personnel dans les palais de
justice, manque de personnel greffier, des huissiers, pas de constables
spéciaux, et plusieurs personnes, plusieurs associations, dont la bâtonnière du
Québec, ont sonné l'alarme.
Alors, ma première série de questions pour M. le
ministre est la suivante. Quel est le nombre de dossiers qui sont ouverts à la
Cour du Québec en chambres civile, criminelle, de la jeunesse? Combien de
procès sont reportés? Et quel est le délai pour conclure ces audiences dans les
trois chambres?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui, alors,
bonjour. Merci, M. le Président. Merci de votre présence aujourd'hui.
Je tiens à
vous présenter également les gens qui nous accompagnent, donc, salutations au
collègue de l'Acadie, au collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne, au collègue de
Vaudreuil, mes collègues de la partie gouvernementale, la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, qui est également adjointe parlementaire au
ministère de la Justice, Mme la députée de Laval-des-Rapides, M. le
député de René-Lévesque, M. le député de Portneuf ainsi que M. le député de Mégantic; vous présenter également les membres de
la fonction publique qui sont avec nous aujourd'hui : Me Yan Paquette,
sous-ministre en titre au ministère de la Justice, Me Mylène Martel, sous-ministre
associée au sous-ministériat des Services à l'organisation de la
transformation, Me Patrick Thierry Grenier, sous-ministre associé, Me Kathy
Plante, sous-ministre associée, Me Marjorie Forgues, sous-ministre associée, Me
Véronique Morin, directrice du bureau du sous-ministre
et secrétaire générale, Me Gaétan Rancourt, Me Martine Allard; de la Commission des services juridiques,
monsieur Daniel... Me Daniel LaFrance, le président de la Commission des
services juridiques, Me Nadine Koussa, vice-présidente
de la Commission des services juridiques; du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Patrick Michel, donc, Directeur des
poursuites criminelles et pénales, Me Vincent Martinbeault, DPCP adjoint, Me
Anny Bernier, DPCP adjointe, Me Sophie Lamarre,
DPCP adjointe; ainsi que de la Commission
des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Me
Philippe-André Tessier, Mme Josée Morin, Mme Myrlande Pierre et Me
Suzanne Arpin, ainsi que les membres de mon cabinet.
Donc, pour
répondre à votre question relativement aux délais, donc, en matière de chambre
civile, donc, le nombre de dossiers ouverts...
M. Morin : ...la
première... le premier volet traitait du nombre de dossiers et, après, des
délais pour terminer les dossiers.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Donc, le
nombre de dossiers en matière civile?
M. Morin : ...à
la chambre criminelle et à la chambre de la jeunesse.
M. Jolin-Barrette : OK.
Donc, en matière civile, le nombre de dossiers ouverts est de 38 846.
Donc, ça exclut la division des
petites créances. À la division des petites créances, c'est 14 468. À la
chambre criminelle, c'est 79 755. À la chambre pénale, c'est 236 146.
À la chambre de la jeunesse, c'est 8 063 en matière de délinquance. En
matière de protection, c'est 10 509 dossiers.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Et le...
M. Jolin-Barrette : Ah!
excusez-moi, en adoption, c'est 687 dossiers.
M. Morin : Je vous remercie, M.
le ministre. Et le temps moyen pour régler un dossier.
M. Jolin-Barrette : Donc,
exemple, à la chambre... Bien, je vous ai présenté les... le nombre de dossiers
ouverts puis ensuite je vais vous présenter les données par rapport aux délais
moyens. Donc, délai moyen d'audition à la
chambre civile, 225 jours, à la division des petites créances, 682, à la
chambre criminelle, délai médian des causes criminelles réglées, c'est
302 jours. Il faut juste comprendre qu'en matière civile et en matière
criminelle la façon de calculer le délai de durée de vie du dossier n'est pas
le même. Donc, ce n'est pas calculé de la même façon. En matière pénale, délai
médian des causes réglées, c'est 161 jours. En matière de chambre de la jeunesse,
délinquance, c'est 80 jours avec
procès, pour la comparution, c'est 37 jours, pour le délai moyen
d'audition en protection, c'est 103 jours, et pour... en matière
d'adoption, c'est 42 jours.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Et
combien... en matière criminelle, combien est-ce qu'il y a de dossiers qui se
terminent par des arrêts de procédure, arrêts de procédure qui sont demandés
par le poursuivant ou arrêts de procédure décrétés par la cour?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Au total...
donc, au total, on a 24 dossiers qui ont été des arrêts des procédures
pour l'année. À votre question, combien sont
le fait du tribunal... qui sont imputables, dans le fond, à la défense ou qui
sont... qui sont décrétés par le tribunal versus la poursuite, donc,
est-ce qu'on a cette information-là? Donc, je vais céder la parole à Me Patrick
Michel, qui est Directeur des poursuites criminelles et pénales.
M. Morin : J'aimerais, M. le
Président, que ce soit M. le ministre qui réponde, s'il vous plaît.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Alors, ce
que le Directeur des poursuites criminelles et pénales m'indique, c'est... sur
les 24 arrêts de procédure, dans le
fond, il y en a 17 de ce 24 là, parce qu'il y a plus d'un accusé qui a
bénéficié d'un arrêt des procédures. Donc, au total, c'est
17 arrêts de procédure qui touchent 24 accusés.
M. Morin : De
ces arrêts des procédures là, les 17, est-ce que ce sont des arrêts qui ont été
demandés par le DPCP ou ce sont des arrêts qui ont été ordonnés par la
cour pour abus de procédure?
M. Jolin-Barrette : Donc,
ceux-là, ce sont des arrêts par la cour, c'est ça.
M. Morin : Par la cour?
M. Jolin-Barrette : Par la
cour.
M. Morin : Donc, pour abus de
procédure?
M. Jolin-Barrette : Bien, pas
nécessairement abus de procédure. C'est des arrêts des procédures en raison des
délais, là. Ce n'est pas nécessairement des abus de procédure.
M. Morin : Si
vous ne respectez pas les délais, ça va finir par faire un abus de procédure.
Et est-ce qu'il y a un suivi qui est fait?
M. Jolin-Barrette : Bien non...
M. le Président, ça ne veut pas dire, parce qu'il y a un délai qui n'est pas respecté et que le tribunal prononce un arrêt des
procédures, que c'est parce qu'il y a nécessairement eu un abus au sens...
un abus par le poursuivant public. Il y a
plusieurs circonstances qui font en sorte que le tribunal peut en venir où il y
a un arrêt des procédures. Vous savez, on se
retrouvait dans une situation où les délais étaient très serrés, notamment, sur
plusieurs facteurs que vous connaissez,
notamment l'implantation du ratio. Donc, ça fait en sorte que ça met beaucoup
de pression sur le poursuivant public, et il peut arriver que, dans certaines
circonstances... qui font en sorte que les dossiers sont sous pression, et
qu'il peut arriver qu'un délai institutionnel est imputé, ce qui fait en sorte
que ça peut amener un arrêt des procédures,
mais il faut faire attention. Ce n'est pas nécessairement parce qu'il y a un
abus de l'État qu'il y a nécessairement un arrêt des procédures.
M. Morin :
Et, quand c'est un arrêt des procédures qui est imposé par le tribunal,
est-ce qu'il y a un suivi de ces dossiers-là... qui sont faits pour déterminer
les causes de l'arrêt de procédure pour ne pas que ça se répète?
M. Jolin-Barrette :
Bien, en fait, tous les dossiers au Directeur des poursuites criminelles et
pénales sont recensés. À partir du moment où il y a un arrêt des procédures...
Dans le fond, c'est pour ça qu'on est en mesure de vous donner la donnée, parce qu'il y a quelques années, à l'époque où
j'étais assis dans la chaise du collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne, on posait la question à l'une de mes
prédécesseurs, la députée de Gatineau, puis ce n'était pas comptabilisé
à l'époque.
Alors,
le Directeur des poursuites criminelles et pénales, maintenant, est en mesure
de nous dire combien il y a d'arrêts des procédures qui sont indiqués.
Alors, bien entendu, on les comptabilise maintenant, le nombre d'arrêts des procédures. Puis vous comprendrez qu'avec
l'arrêt Jordan tous les acteurs en matière de justice, particulièrement en
matière de justice criminelle et pénale, ont
fait vraiment tous les efforts pour éviter qu'il y ait des arrêts des
procédures, et ce qui est intéressant de constater... puis je suis un
peu déçu, M. le Président, que le député de l'Acadie n'ait pas commencé par ça,
pour féliciter le gouvernement d'avoir conclu une entente avec la juge en chef.
M. Morin :
...un appel au règlement. Est-ce
que le ministre me prête des intentions, ou c'est son état d'âme, ou...
En fait, je comprends mal ses propos, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Répondez
directement à la question, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Alors, ce que je voulais
dire, c'est qu'on a eu un bon règlement pour les victimes et pour les
citoyens, donc, vendredi dernier, et ça, j'aurais cru que mon collègue de
l'Acadie l'aurait souligné.
Le
Président (M. Bachand) : ...
M. Morin :
Merci, M. le Président. On voulait également savoir combien vous aviez de
causes pendantes devant la Cour d'appel et la Cour suprême du Canada. La
réponse qu'on a obtenue, c'est que le gouvernement trouve que ce n'est pas pertinent. Est-ce que vous... Il
me semble que c'est pertinent pour connaître le nombre de causes qui sont
devant les tribunaux. Est-ce que vous pouvez nous informer, M. le ministre?
• (15 h 40) •
M. Jolin-Barrette :
Alors, par rapport au nombre de causes, il y en a plusieurs. Dans le fond,
le Procureur général se retrouve devant la Cour d'appel et devant la Cour
suprême à plusieurs reprises. Alors, je ne crois pas que nous avons
comptabilisé le tout, mais, si vous voulez, on pourrait faire l'exercice et
vous revenir éventuellement à ce niveau-là. Parfois, il y a des causes aussi
qu'on est en attente d'un jugement aussi depuis longtemps. Donc, ça fait
plusieurs mois aussi. Donc, ce sont des dossiers qui ont été plaidés, et qu'on
attend que les tribunaux rendent leur décision.
Je donne un exemple, C-92, parce que je sais que le collègue est également
porte-parole en matière d'affaires autochtones également, donc, le
dossier, ça fait un certain temps qu'il a été entendu par la Cour d'appel.
Alors...
Le
Président (M. Bachand) : ...l'information,
puis on pourra partager avec les membres. Merci beaucoup.
M. Morin :
Oui. Alors, M. le Président, donc, je vais attendre les renseignements que
M. le ministre pourra m'acheminer.
Maintenant, en lien avec la Commission des services juridiques, pouvez-vous, M.
le ministre, donner des informations
sur leur budget, le nombre d'employés et le nombre d'avocats permanents qui travaillent
pour la commission?
M. Jolin-Barrette :
Encore là, on a eu des bonnes nouvelles dans ce dossier-là parce qu'il y a
eu un accord de principe. Donc, les avocats de l'aide juridique, les avocats
permanents, un peu plus que la moitié avaient exercé des moyens de pression par
la grève, donc ceux qui étaient syndiqués avec la CSN, plus la Rive-Sud. Donc,
on a eu un accord de principe avec eux. L'autre partie, qui était un petit peu
moins que la moitié et qui était représentée par un autre syndicat, eux avaient
déjà signé une entente.
Alors,
c'est une très bonne nouvelle. Tous les avocats de l'aide juridique, désormais,
ont signé la nouvelle entente, et on m'informe également que ceux de la
CSN ont entériné également, dans chacun des centres communautaires juridiques,
l'entente. Donc, c'est une très bonne nouvelle.Je dois remercier Me
LaFrance et Me Koussa, qui sont président et vice-présidente de la Commission
des services juridiques, pour leur excellent travail dans le cadre de ces
négociations-là. Puis je pense que ça envoie un signal positif. Ça va bien en
matière de justice, notamment avec la signature
des procureurs permanents de l'aide juridique, notamment avec l'entente avec la
Cour du Québec. Vous voyez, on est en train d'améliorer les choses.
À votre question, il y a combien de personnes
qui travaillent, donc le budget de la Commission des services juridiques, c'est 177 300 900 $. Il
y a des transferts provenant d'autres entités du périmètre comptable du
gouvernement de 255 000 $. Les revenus
autonomes estimés, ça, c'est la contribution... lorsque vous atteignez un
certain niveau de revenus, vous pouvez payer
jusqu'à 800 $ pour obtenir des services juridiques de la Commission des
services juridiques, ça, ça
représente 4 000 $ de revenus autonomes... 4 millions, pardon,
excusez, 4 millions. Donc, on est à 181 555 900 $ de budget. Pour le nombre de personnes qui
travaillent à la Commission des services juridiques, on a
1 034 personnes, dont
392 avocats et notaires, qui étaient sur la paie en date de février 2023,
au moment de la fermeture pour compléter les crédits, ce qui est une
augmentation de 22 avocats en une année.
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Morin : Oui,
merci, M. le Président. Et là ces avocats-là à l'aide juridique, il y en a
combien qui se consacrent spécifiquement au droit criminel, en défense?
M. Jolin-Barrette : En
matière de droit criminel, peut-être que... Je ne sais pas si Me LaFrance...
Souhaitez-vous que je réponde ou vous souhaitez que...
M. Morin : Oui, j'apprécierais
que le ministre réponde, M. le Président.
M. Jolin-Barrette : Bon,
d'accord. Alors, on va me communiquer l'information, à savoir combien d'avocats
sont désignés en matière criminelle à l'aide
juridique, et il faut comprendre aussi que, dans le régime de la Commission
des services juridiques, dans le fond, il y a deux volets.
Dans le fond, pour les mandats, il y a les
permanents de l'aide juridique, qui sont au nombre de 392, et un autre volet
également d'avocats en pratique privée qui prennent les mandats d'aide
juridique, et on a une entente, notamment,
avec le Barreau, où on a mis en place les recommandations intérimaires du
groupe de travail et également 18 autres recommandations permanentes, qui
étaient jugées urgentes au mois de septembre dernier, août ou septembre
dernier, donc, qui, notamment, faisaient en sorte de bonifier beaucoup de
tarifs en matière criminelle pour les avocats de la pratique privée.
En réponse à votre question, il y a environ
40 % des dossiers... pardon, 40 % des avocats qui font du droit
criminel, à la Commission des services juridiques, au niveau des permanents de
l'aide juridique. Puis il faut savoir... Au niveau de la structure de l'aide
juridique, là, il y a, oui, la Commission des services juridiques qui chapeaute
l'ensemble des centres communautaires
juridiques, mais, dans les différentes régions, les centres communautaires,
exemple la Rive-Sud, exemple
l'Estrie, exemple Québec, Chaudière-Appalaches, ce sont des centres
communautaires autonomes qui ont leur convention collective et...
M. Morin : ...portait sur le
nombre de procureurs ou d'avocats qui travaillent à l'aide juridique. Alors, je
comprends la structure de l'aide juridique en général. M. le ministre a répondu
à ma question. Je le remercie. J'aurais également...
M. Jolin-Barrette : Je veux
juste donner davantage d'informations, M. le Président.
M. Morin : J'aurais également
une autre question, M. le Président, pour M. le ministre. On parle beaucoup
d'accès à la justice. Donc, combien d'organismes ont reçu des montants de votre
ministère, et les montants qui ont été reçus
pour mettre en place des programmes, que ce soit de médiation, d'information,
pour le public en général, sur le système de justice au Québec?
M. Jolin-Barrette : ...des
montants, supposons, du fonds d'accès justice ou vous parlez de subventions,
parce que la majorité des...
M. Morin : Je parle du fonds
d'accès justice, mais je parle aussi des subventions qui sont données par le ministère, M. le Président, notamment, que ce soit
Éducaloi, Juripop ou d'autres organismes, qui, j'imagine, reçoivent des
montants autres qu'uniquement celui du fonds d'accès justice.
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, les organismes... En fait, le ministère de la Justice, il est un bailleur
de fonds principalement par le biais du Fonds Accès Justice et par le biais du
Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels. Donc, ce sont les deux fonds qui
sont le plus générateurs de subventions.
Donc, dans le cadre... le Fonds Accès Justice,
dans le cadre du Programme d'aide financière pour favoriser l'accès à la
justice, le montant global, c'est 936 555 $, donc, qu'on a donnés
dans le cadre d'appels à projets. Ensuite, pour le... On finance également à la
mission les centres de justice de proximité par le biais du Fonds Accès
Justice, ça, c'est 5 302 604 $. Donc, ça va de 328 227 $
pour le centre de justice de proximité des îles de la... Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
jusqu'à 958 418 $ pour le Centre de justice de proximité du Grand
Montréal. Donc, l'ensemble des CJP est en... varie entre ça. On a annoncé
récemment la création de nouveaux centres de justice de proximité qui sont en
développement. Notamment, on a indiqué Sherbrooke...
M. Morin : ...il y a combien de
montants qui vont être consacrés à former, par exemple, des médiateurs, compte
tenu du projet de loi n° 8 qui a été adopté et qui met l'emphase sur la
médiation?
Le Président (M. Bachand) : Très
rapidement, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui, bien, en fait, ça, ça va être une mesure budgétaire distincte qui fait
suite au projet de loi n° 8.
M. Morin :
Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Ça va?
M. Morin :
Oui, merci.
Le Président (M. Bachand) : Alors, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, pour un temps de 18 min
8 s, s'il vous plaît. M. le député.
M. Cliche-Rivard :
Merci beaucoup, M. le Président. Merci à tous et toutes qui sont présents
aujourd'hui.
M.
le ministre, vous en avez parlé, de votre entente avec Mme la juge en chef
Rondeau. Je voudrais y revenir. L'entente
prévoit 14 nouveaux juges, alors que c'était 41 qui était demandé. Je
voudrais savoir qu'est-ce qui vous rend si réticent à nommer ou à
ajouter des budgets pour la magistrature?
M. Jolin-Barrette : ...il n'y a absolument
rien qui me rend réticent à ajouter des budgets pour la magistrature.
Par contre, je suis content de la question, M. le Président, parce que j'ai
toujours dit que moi, je serais... j'étais prêt à ajouter des ressources dans
le système de justice, mais, par contre, il faut que ça se traduise par un gain
d'efficacité, et surtout que le citoyen, le justiciable et également la victime
y trouvent leur compte. Il faut qu'on ait un système de justice qui est
beaucoup plus efficace, beaucoup plus moderne également. Il faut changer nos
façons de faire et il faut surtout s'assurer
d'être performants, parce qu'il faut que le citoyen, peu importe... Là, on est
en matière criminelle et pénale. Peu
importe qu'il y ait un acquittement ou une condamnation, il faut que l'ensemble
des intervenants du système de justice soient orientés vers les
citoyens, ou vers la victime, ou vers les droits de l'accusé.
Alors,
il n'y a pas de raison pour laquelle nos délais sont extrêmement longs. Moi, je
suis responsable, comme ministre de la Justice, de l'ensemble des
délais, mais je ne suis pas le seul acteur dans le système de justice. Vous savez, il y a le Directeur des poursuites
criminelles et pénales qui est avec moi, il y a la Commission des services
juridiques, mais également la magistrature. La magistrature est un volet
important, est un intervenant du système de justice. Tout le monde qui est
assis ici devant vous est imputable, la magistrature doit l'être également, et
c'est pour ça que, dans le cadre de
l'entente, on s'est fixé des cibles communes, et c'est la première fois que la
magistrature va s'engager à respecter certaines cibles, notamment un
taux de fermeture de dossiers de 1,1, le fait d'avoir un délai médian de
212 jours, au lieu de plus de 300, et également le fait de respecter les
délais de 18-30 mois dans une proportion de 87,7 %. Alors, c'est une très
bonne entente au bénéfice des citoyens.
M. Cliche-Rivard :
Merci, M. le Président. Je n'ai pas beaucoup de temps. Donc, j'aimerais que
le ministre réponde simplement directement à la question. Vous ne pensez pas
que 30 juges de plus auraient amélioré le ratio et auraient donné un
meilleur service?
M. Jolin-Barrette :
Non.
M. Cliche-Rivard :
Non?
• (15 h 50) •
M. Jolin-Barrette :
Non. Savez-vous pourquoi? Parce ce n'est pas nécessairement uniquement une
question de rajouter des ressources.
Écoutez, en 2013, là, il y avait environ 45 000 dossiers de plus dans
le système, il y avait une vingtaine de juges de moins. En 2013, là, on
avait 113 570 causes ouvertes, il y avait 128 juges, puis les
délais étaient plus courts. Aujourd'hui, en 2022-2023, il y a
80 702 causes ouvertes, on a 146 juges, donc 18 juges de
plus, et les délais sont effarants.
Alors, voyez-vous,
quand il y a eu l'arrêt Jordan, Mme Vallée, à l'époque, elle était
ministre de la Justice, il y a eu une
injection de 16 juges dans le système. La première, la deuxième année, ça
s'est amélioré, puis, après ça, ça a recommencé à décliner. Il faut
avoir des cibles, des objectifs de performance, et c'est ce qu'on a eu dans
l'entente, et c'est une excellente entente
au bénéfice des citoyens. La magistrature sera imputable, puis, je pense, c'est
un bon signal à envoyer, tout le monde est responsable.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Avant l'entente, vous
parliez de jusqu'à 50 000 dossiers en danger qui pourraient faire
l'objet d'arrêts de procédure. Après l'entente, c'est quoi, le chiffre?
Combien de dossiers sont en danger?
M. Jolin-Barrette : Bien, ce que l'entente
nous permet de faire, c'est de rajouter... Dès le mois de septembre, et
même avant, il n'y a rien qui empêche la cour de, déjà, augmenter le nombre de
jours siégés par ses juges. Ça nous permet, justement, de faire en sorte
d'avoir plus de disponibilité, plus de jours d'audience qui vont être
disponibles. Donc, ça fait en sorte que la pression sur le système de justice
va diminuer.
M. Cliche-Rivard :
Mais est-ce qu'il va y en avoir? C'est quoi, le chiffre?
M. Jolin-Barrette : Est-ce
qu'il va y avoir des arrêts des procédures? Peut-être. Je ne peux pas vous
garantir qu'il n'y aura pas d'arrêt de procédure. Honnêtement, on...
M. Cliche-Rivard : Vous
disiez 50 000. Donc, vous étiez capable de l'estimer. Là, aujourd'hui,
vous ne pouvez pas l'estimer?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, on a des ressources supplémentaires, donc 14 juges de plus qui vont
siéger. La cour, également, s'est engagée à avoir des taux de fermeture
beaucoup plus réduits. Alors, dans les faits, on a une formule gagnante.
M. Cliche-Rivard : Mais, si vos
taux sont réussis...
Le
Président (M. Bachand) :
Si j'ai de la misère à vous
entendre... parce que, là, il y a du monde qui a de la misère à vous
entendre. Donc, laissez la personne poser la question et l'autre répondre. Oui,
M. le ministre.
M. Cliche-Rivard : Si les
ratios sont rencontrés...
M. Jolin-Barrette : Notre
taux, là, actuellement, il est à 79,4 % des dossiers qui est à l'intérieur
du délai 18-30 mois. À terme, avec l'entente, on va être à
87,7 %.
M. Cliche-Rivard : Donc,
13 %...
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, ce n'est pas 13 % des dossiers que ça va être des arrêts des
procédures. C'est 13 % des dossiers qui pourraient être hors délai de
18-30 mois, mais ce n'est pas systématiquement parce que vous êtes hors délai... parce que, parfois, c'est
la responsabilité de la défense, parfois il y a une renonciation aux délais.
Alors, on a vraiment une bonne entente qui permet de sécuriser... Est-ce que...
Est-ce que vous...
M. Cliche-Rivard : Donc,
jusqu'à... jusqu'à 13 000 dossiers sont, donc, en danger. Est-ce
qu'on n'aurait pas pu régler ça en
augmentant le nombre de juges avec votre ratio en même temps, faire les deux en
même temps, s'engager pour des ratios, mais donner au nombre... le
nombre de juges qui était demandé à la cour?
M. Jolin-Barrette : Bien,
je ne sais pas comment vous faites votre calcul, là, mais 13 % de
50 000, ça ne donne pas 13 000.
M. Cliche-Rivard : C'est vrai,
vous avez tout à fait raison, mais la question reste la même.
M. Jolin-Barrette : OK. Alors,
en réponse à votre question, ce ne sont pas tous les dossiers qui sont au-delà
du délai de 18-30 mois qui se soldent par des arrêts de procédure parce
que ce n'est pas nécessairement imputable à l'État
ou à l'administration de la poursuite. Donc, on est dans une situation où on
vient sécuriser la situation, et, vous savez, la cour a une responsabilité de constater que, s'ils se retrouvent hors
délai... Et ça, je dois faire un point, M. le Président, qui est très clair,
là, je remercie tous les juges de la chambre criminelle et pénale qui décident
de sortir de leur délibéré pour éviter qu'il y ait des arrêts des
procédures, parce que nous avons une magistrature qui est consciente de
l'impact que ça peut avoir. Alors, ils se
rendent disponibles malgré le fait qu'ils ne devaient pas siéger ou qu'ils
étaient en délibéré, et ça, je pense que... Quand je parle de la
responsabilité collective, je les remercie de faire ce choix.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie...
d'Acadie! excusez-moi, Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le
ministre ne peut pas nous confirmer aujourd'hui que son entente va permettre
d'éviter les arrêts de procédure?
M. Jolin-Barrette : Bien, vous
posez une drôle de question. En 2022, on a eu 17 arrêts de procédure, puis
ce n'est pas nécessairement une question uniquement de délai, des fois c'est la
conduite, puis tout ça. Il peut y arriver des
circonstances exceptionnelles, des causes complexes qui peuvent justifier un
dépassement des plafonds sans qu'il y ait des arrêts des procédures,
mais, sur les arrêts des procédures, directement, je ne peux pas vous le
garantir à 100 %, mais ce n'est pas à
cause de l'entente. Et, même si on avait rajouté 41 juges, et même si on
avait rajouté 50 juges, il aurait pu
y arriver qu'il y ait certains dossiers, pour des circonstances
exceptionnelles, où est-ce qu'on excède le 18-30 mois, mais il y a
une chose qui est sûre, c'est que, là, on est mobilisé pour éviter tous les
arrêts de procédure. Et moi, je peux vous
dire une chose, je ne suis pas satisfait quand on est hors délai, et c'est pour
ça qu'on a fait en sorte de donner des
ressources supplémentaires au Directeur des poursuites criminelles et pénales,
de faire en sorte d'ajouter 14 juges de plus aussi.
Le Président
(M. Bachand) : ...s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard :
Dans les deux cas, j'aimerais savoir combien ont coûté aux contribuables la
demande de renvoi en Cour d'appel et la
rémunération en matière de médiation de l'ex-juge Chamberland. Combien ce
processus-là a coûté aux contribuables?
M. Jolin-Barrette : Sur
la question de la rémunération du juge Chamberland, c'est fixé par voie
réglementaire, dans le fond, dans un
règlement. Pour un avocat de plus de 15 ans de pratique, c'est un taux
horaire de 300 $ de l'heure. Honnêtement, je n'ai pas eu la facture
de M. le juge Chamberland parce qu'on vient de régler la situation vendredi. Donc, je vais attendre d'avoir des données
préliminaires. Donc, dans le cadre du processus de facilitation... Ça, c'est le
chiffre à jour?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : OK, OK.
Donc, le chiffre préliminaire est de 25 119 $ pour les honoraires de
M. le juge Chamberland. Pour ce qui est du coût de renvoi à la Cour d'appel,
pour ce qui est des coûts du Procureur général, bien, dans le fond, ce sont nos
avocats à l'interne qui gèrent le dossier. Donc, ça fait partie des ressources
qui sont consacrées... Je pense que nous avions une équipe de deux ou trois
juristes qui... de deux ou trois plaideurs qui s'occupaient, notamment, de ce
dossier-là, mais ils ne sont pas à temps plein sur ce dossier-là.
M. Cliche-Rivard : Sur les
14 nouveaux juges, combien vont être assignés ou dédiés à la justice
dans...
M. Jolin-Barrette : Ça sera une
conversation que j'aurai avec la juge en chef. Vous connaissez à quel point
nous collaborons bien ensemble. Alors, à chaque fois qu'il y a la création d'un
nouveau poste ou une demande de changement de district, de lieu de résidence,
c'est une discussion qui se fait entre le ministre de la Justice et la juge en
chef.
La façon que
ça procède pour, supposons, créer un nouveau poste, je donne un exemple. L'an
passé, nous avions ajouté huit postes de juge à la Loi sur les tribunaux judiciaires, donc, notamment, en matière jeunesse, pour
réussir à travailler sur les délais en matière jeunesse, et donc la juge en
chef m'a suggéré d'ouvrir les postes de juge dans certains districts,
et, pour les postes que j'ai ouverts, j'ai respecté la demande de lieu de résidence
de la juge en chef.
Donc, c'est une discussion qui se fait ensemble,
mais votre question est intéressante, sur le fait que ne devrions-nous pas
avoir un juge qui a un lieu de résidence fixé dans le Nord. Moi, je trouve que
c'est une idée fort intéressante, et j'envisagerais très positivement, si le
collègue veut m'appuyer là-dedans, le fait que peut-être qu'un juge devrait
avoir son lieu de résidence à Kuujjuaq.
M. Cliche-Rivard : Vous
aurez mon appui sur ça, M. le ministre. Qu'est-ce que le ministre répond au
Barreau du Québec, qui demandait de
doubler le budget en justice? Vraisemblablement, ce n'est pas ça du tout qui
s'est passé.
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, tout le monde aimerait ça que son budget double, à la Santé, à l'Éducation,
en Transport. L'État québécois a des ressources limitées et des besoins qui
sont illimités. Cependant, on n'a pas à être gênés de l'augmentation en matière
budgétaire qu'on a eue. Cette année, on a eu 5,8 % d'augmentation de
croissance du budget, qui est un montant substantiel de croissance. Puis,
écoutez, depuis que le gouvernement de la CAQ est au pouvoir, c'est une
augmentation de près de 26 % du budget au cours des quatre dernières
années ou cinq dernières années, comme vous aimez le rappeler, mais donc,
écoutez, un budget qui croît du quart à l'intérieur de cinq ans ou de quatre
ans, c'est exceptionnel.
Alors, la justice est vraiment une priorité du
gouvernement. Et, si on compare avec les autres États fédérés du Canada, et ça, c'est fort intéressant, ce taux de
comparaison là, M. le Président, écoutez, en termes de dollars, l'évolution
des dépenses publiques, en matière de
justice, par habitant, on augmente constamment et on est rendu à près de
160 $.
Et j'aimerais déposer, M. le Président, ce
document-là qui démontre les courbes comparativement aux autres États. Quand
vous regardez le Québec, là, en 2016-2017, à l'époque du Parti libéral, on
était en dessous de l'Ontario, on était en dessous de l'Alberta, en dessous de
la Colombie-Britannique. On a dépassé l'Ontario, et l'Alberta, et on est en
train de rejoindre la Colombie-Britannique. Alors, M. le Président, j'aimerais
pouvoir le donner aux collègues, ce document-là. J'en ai fait, d'ailleurs, des
copies, M. le Président.
Document déposé
Le Président
(M. Bachand) : ...de transmettre par
courriel à la...
M. Jolin-Barrette : D'accord,
on va le faire.
Le Président
(M. Bachand) : Merci. On va pouvoir
faire la distribution.
M. Cliche-Rivard : Combien de
temps me reste-t-il, M. le Président?
Le Président
(M. Bachand) : Il vous reste six
minutes.
• (16 heures) •
M. Cliche-Rivard :
Six minutes? Parfait. Alors, écoutez, c'est quand même assez impressionnant
de voir le ministre dire que tout va bien en justice. Il salue les ententes,
mais, quand le Barreau du Québec, d'un côté, parle de potentielle rupture de
services, que le DPCP est obligé de faire des priorisations de ce qui va être
poursuivi, de ce qui ne va pas être
poursuivi. Les groupes de défense qu'on rencontre me disent que tout le monde
est à bout de nerfs ou à bout de
souffle, que les salles de palais n'ouvrent pas. Je veux dire, il y a quand
même, je veux dire, un énorme «distinguishing» ou distinction entre ce qui se passe sur le terrain puis ce que le
ministre nous répond. Bien sincèrement, le ministre doit regarder la
réalité en face puis voir que ça ne se passe pas si bien qu'il le prédit, là.
M. Jolin-Barrette : ...un gros bémol à ce que
vous dites, et peut-être que le Directeur des poursuites criminelles et
pénales pourra ajouter, là. Mais la directive qui a été envoyée par le
Directeur des poursuites criminelles et pénales faisait état de la situation avec le ratio pris, unilatéralement, par la
direction de la Cour du Québec, avec un ratio de un pour un. Le DPCP se retrouvait obligatoirement
dans un... devait réagir obligatoirement par rapport au mur qui allait être
atteint en raison de la décision de la cour.
Puis je ne pense pas
que vous trouvez ça normal, vous non plus, comme membre du Barreau, que la Cour
du Québec dise : Écoutez, nous, on arrête de siéger le tiers du temps, peu
importe les considérations pour les victimes. Pensez à une victime d'agression
sexuelle, là, qui, elle, elle veut raconter son histoire, puis on lui
dit : Bien, il n'y a pas de date ou les
délais vont aller à l'année prochaine ou dans un an et demi, alors qu'elle
souhaite raconter son histoire. Alors, c'est pour ça que l'entente, elle
est bonne, parce qu'on a une cible de taux de fermeture où on va fermer plus de dossiers annuellement, qu'on en ouvre, et la
cour est responsable. Vous savez, moi, comme ministre de la Justice, là...
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard :
J'aimerais qu'on parle de financement de l'aide juridique. Dans le budget,
on prévoit 9,1 millions sur trois ans pour bonifier les services d'offres
à la Commission des services juridiques. Le Barreau demandait 60 millions
supplémentaires pour mettre en oeuvre les 43 recommandations par rapport
au rapport d'étape de juillet 2021. Donc, j'ai deux questions. À quoi serviront
ces 9,1 millions sur trois ans? Et comment, avec ces sommes réduites, en
fait, qui sont à peu près le sixième de ce qui était demandé, est-ce qu'on va
pouvoir mettre en place les recommandations?
M. Jolin-Barrette :
Oui, bien, on travaille déjà sur les recommandations. On a rempli les
recommandations qui sont intérimaires, dans le rapport intérimaire. On a déjà
appliqué les 18 recommandations les plus urgentes. Puis on est en
négociation avec le groupe de... c'est le CITAJ, donc, c'est le comité
indépendant de la pratique privée, hein, c'est ça?
Une voix :
C'est ça.
M. Jolin-Barrette :
OK. Et là on leur a demandé de prioriser leurs demandes, hein, pour dire
quelles sont les plus urgentes, pour être en mesure de financer adéquatement.
Il y a une chose qui est importante : la progression du budget du
ministère de la Justice, en termes de pourcentage, est l'un des plus gros au
sein du gouvernement du Québec. Alors, le Barreau, lorsqu'ils disent : Il
faut doubler le budget, il faut être réaliste aussi. Comme je vous le disais, lorsqu'on présente des demandes, il faut
que ce soit des demandes qui sont crédibles et des demandes qui ne sont pas
faites dans l'absolu.
Alors,
moi, je vais toujours me battre pour la justice au Québec, pour le ministère de
la Justice, pour qu'il y ait les sommes nécessaires, mais il faut faire en
sorte d'envoyer l'argent au bon endroit, et c'est ce qu'on fait. Mais c'est,
surtout, il ne faut pas juste mettre
de l'argent pour mettre de l'argent. Il faut changer nos façons de faire, il
faut changer les pratiques, et c'est ce qu'on a eu avec l'entente avec la Cour
du Québec, en ayant des cibles puis des indicateurs de performance.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous dites que les
demandes du Barreau ne sont pas crédibles, si j'ai bien compris.
M. Jolin-Barrette :
Ce que je dis, c'est qu'il ne faut pas juste rajouter des ressources. Ce
n'est pas qu'une question de ressources, c'est une question de quelle façon
est-ce qu'on travaille. Et l'entente, avec la Cour du Québec, en est la démonstration. On a des objectifs qui sont ciblés, des
engagements pour dire : Écoutez, il faut fermer plus de dossiers
qu'on a de dossiers d'ouverts. Écoutez, les taux de fermeture, là, en
2013-2014, on avait un taux de fermeture de 1,07 %; en 2016-2017,
1,13 %; en 2017-2018, 1,14 %, puis là on était tombé à 0,9 %.
Comment voulez-vous fonctionner si vous avez plus de juges, vous avez
45 000 dossiers de moins, mais que vous ne fermez pas un dossier
ouvert pour un dossier fermé?
Donc, il faut que
tout le monde travaille dans la même direction. Puis ce n'est pas uniquement
une question de dire : Ah! il y a une
pénurie de main-d'oeuvre, il manque de greffiers. On s'est adapté. Puis le
ministère de la Justice, je peux vous
dire, là, qu'ils font un travail extraordinaire, à tous les matins, pour
s'assurer qu'on a le nombre de greffiers disponibles.
Le
Président (M. Bachand) : ...de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Est-ce
que vous estimez, en général, M. le ministre, que les sommes allouées à un
mandat d'aide juridique sont suffisantes et raisonnables pour le mandat
qui a été exécuté aujourd'hui, en 2023?
M. Jolin-Barrette :
Bien, écoutez, justement, le Groupe tactique d'intervention, le GTI, que
j'ai mis sur pied suite à la précédente
signature de l'entente, avait pour objectif de faire des recommandations, et,
notamment, on a bonifié les tarifs
d'aide juridique à la satisfaction du groupe... du Barreau du Québec...
négociations, et notamment en matière d'immigration aussi pour les
mandats en matière d'immigration.
M. Cliche-Rivard : ...tel qu'il
est aujourd'hui?
M. Jolin-Barrette : Ce que je
vous dis, c'est qu'on a répondu à plusieurs recommandations qui nous avaient
été faites.
M. Cliche-Rivard : Mais, moi,
je vous pose la question.
M. Jolin-Barrette : Bien, moi,
ce que je vous dis, c'est que l'objectif est de faire en sorte d'assurer à tous
les citoyens d'avoir une représentation
optimale dans leurs droits, incluant lorsqu'ils saisissent des mandats d'aide
juridique... sont sous mandat d'aide juridique.
M. Cliche-Rivard : M. le
Président...
M. Jolin-Barrette : Et on se
retrouve dans une situation...
M. Cliche-Rivard : ...oui ou
non, sont-ils suffisants, les mandats?
M. Jolin-Barrette : ...où on
négocie et qu'on a des sommes budgétaires où on investit en matière de justice.
Le Président (M.
Bachand) : S'il vous plaît! S'il vous
plaît! C'est parce qu'encore une fois donnez-vous la chance d'entendre l'autre.
Alors, il reste 30 secondes, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Alors,
je vais faire très court. Oui ou non, les mandats actuels sont-ils suffisamment
payés?
M. Jolin-Barrette : Bien, vous
posez la question sous l'angle corporatiste...
M. Cliche-Rivard : Non, non,
pas du tout. Je pense qu'on prête des intentions, là.
M. Jolin-Barrette : ...de
quelqu'un qui dit : Est-ce qu'ils sont suffisamment payants...
M. Cliche-Rivard : Je pense que
c'est très clairement des intentions.
M. Jolin-Barrette : ...est-ce
qu'ils sont suffisamment payants, pour qui, l'important, c'est que le
justiciable puisse être bien représenté par un professionnel du droit. Et,
d'ailleurs, en matière d'immigration, on a sensibilisé notre collègue au
fédéral, M. Lametti, sur la formule de financement qui doit être accordée
par le fédéral et pour que le Québec ait sa juste part.
Le Président (M.
Bachand) : ...en terminant.
M. Jolin-Barrette : J'ai
signifié à M. Lametti que ce n'était pas suffisant, ce que nous avons
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Merci beaucoup.
M. Jolin-Barrette : Je lui ai,
d'ailleurs, envoyé une lettre le 4 avril...
M. Cliche-Rivard : Quand même.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, ma question, elle est très simple : Combien y a-t-il,
présentement, de postes vacants à combler à la Cour du Québec, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette : En termes
de juges?
M. Morin : Juges.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
de juges, on va vérifier. On peut vous donner le nombre de personnes qui
manquent dans nos palais de justice, si vous le souhaitez, puis je vais vous
revenir avec la réponse pour le nombre de juges.
M. Morin : Bien,
j'aimerais qu'on parle du nombre de postes de juges vacants. Puis, à cela,
j'imagine...
M. Jolin-Barrette : Bien,
actuellement, il y a cinq concours d'ouverts, je crois. Il y a des concours,
donc, ça fait cinq. Il y a des concours en attente également. Vous savez aussi
qu'il y a un sursis sur un des postes que j'ai ouvert à Longueuil. À Longueuil,
en chambre jeunesse, là, la direction de la Cour du Québec s'est adressée à la
Cour supérieure pour faire suspendre un concours de juges, M. le Président,
alors que je souhaite le combler.
M. Morin : M. le Président, je
pense que ma question était très simple. J'ai demandé à M. le ministre le
nombre de postes vacants, c'est... tout simplement. Je n'ai pas parlé de
sursis, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Jolin-Barrette : Bien, moi,
j'en parle, M. le Président, du sursis.
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Jolin-Barrette : J'en
parle parce que c'est fort important, savez-vous pourquoi? Parce que moi, je
veux combler les postes, mais on se retrouve dans une situation où la
direction de la Cour du Québec poursuit l'État québécois...
M. Morin : M. le Président, à
nouveau, s'il vous plaît, je vais faire appel à vous, ma question est simple,
je veux avoir le nombre de postes.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, mais en même temps, je
veux dire, le ministre, il a quand même une certaine
liberté dans sa réponse, alors, tout comme vous avez une liberté dans vos
questions. Mais, bien sûr, M. le ministre, je vous demanderais quand
même de répondre à la question du député, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : J'y arrive,
M. le Président, avec le nombre.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette : Donc, un en
Abitibi; quatre, Laval, Laurentides, Lanaudière; Bois-Francs, un; Montréal,
quatre; Montérégie, cinq; Chaudière-Appalaches, deux; Bas-Saint-Laurent, un,
donc, pour un total de 18. Et moi, je tente
de combler des postes, mais, par contre, la direction de la Cour du Québec
m'empêche de le faire parce qu'elle présente une demande de sursis...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Merci.
M. Jolin-Barrette : ...à la
Cour supérieure...
M. Morin : M. le Président, si
vous permettez?
M. Jolin-Barrette : ...M. le
Président, et ça fait en sorte que ça bloque le processus judiciaire.
M. Morin : M. le Président, s'il vous plaît, mon temps est
quand même restreint et j'aimerais que M. le ministre...
Le
Président (M. Bachand) :
Oui, mais, en même temps, il faut
laisser la personne poser la question, M. le ministre, et, M. le député, laisser le temps au ministre de
répondre aussi, puis on s'assure d'avoir un équilibre dans les temps. Alors,
M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci,
M. le Président. Donc, aux 18, on va ajouter les 14 nouveaux postes? Dans
l'entente, vous allez avoir combien de nouveaux postes de juges?
M. Jolin-Barrette : En 2023?
M. Morin : Oui.
M. Jolin-Barrette : Bien, je le
souhaite, avec votre collaboration, si c'est possible. On doit modifier la Loi
sur les tribunaux judiciaires, donc, à l'Assemblée nationale. Donc, on va
ajouter 14 postes de juges à la Loi sur les tribunaux judiciaires.
M. Morin : Parfait. Et, en
général, il faut combien de temps pour combler un poste de juge?
M. Jolin-Barrette : Ah! bien, ça, je suis
content que vous me posiez la question. C'est vraiment très variable.
Moi, comme ministre de la Justice, à partir du moment où je reçois la demande,
OK, je tente d'ouvrir les postes avec célérité.
Cependant, à partir du moment où j'ai désigné les personnes qui sont désignées
sur le comité de sélection, donc, vous le
savez, le juge en chef désigne un juge de la Cour du Québec, le Barreau du
Québec désigne deux membres du Barreau du Québec, l'Office des
professions désigne deux membres. À partir du moment où j'ai l'ensemble des noms, j'envoie une lettre pour les désigner sur le
comité. Et, à partir de ce moment-là, ça sort des mains du ministre de la Justice.
Et là ce sont les juges en chef adjoints, qui sont désignés généralement pour
présider le comité, qui fixent les entrevues.
L'année passée, on a
lancé des concours, je crois, au mois d'avril ou mai, et il y a des entrevues
qui se sont tenues au mois de janvier 2023.
Pouvez-vous croire, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre,
décembre, janvier : neuf mois pour tenir des entrevues pour des
concours de juges.
Alors, moi, à partir
du moment où je reçois le rapport, j'essaie de procéder avec célérité, ça
doit... Il y a des vérifications de sécurité...
• (16 h 10) •
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette :
...qui doivent être faites avec la Sûreté du Québec, avec les ordres
professionnels. Mais ça, c'est un élément fondamental, le ministre de la
Justice ne contrôle pas le délai dans lequel les gens sont nommés. Mais vous conviendrez avec moi que neuf mois, pour
tenir des entrevues pour des postes de juges, ça n'a pas vraiment de bon
sens. On devrait pouvoir être en mesure d'avoir des délais très courts...
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup,
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
...pour les comités d'entrevue pour pouvoir nommer les juges.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie.
M. Morin :
Je vais laisser M. le ministre avec son évaluation de la chose. Moi, je
réserve mes commentaires, d'ailleurs, je
n'en ai pas là-dessus. Mais j'ai une autre question cependant. On parle...
J'aimerais qu'on parle des employés maintenant au ministère de la
Justice. Vous avez combien d'employés, vous avez combien de postes vacants et
vous avez embauché combien d'employés dans la dernière année?
M. Jolin-Barrette :
OK. Je vais répondre à votre question. M. le Président, est-ce que je
pourrais demander au député de l'Acadie
juste de baisser son micro un petit peu vers lui pour qu'on puisse entendre
dans notre haut-parleur aussi? Merci.
M. Morin :
Est-ce que c'est mieux comme ça?
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette :
Je pense, ça va être mieux.
M. Morin :
Parfait.
M. Jolin-Barrette :
Donc, les données au...
Une voix :
...
M. Jolin-Barrette :
...OK, au 31 mars, on avait 4 320 employés au ministère de la
Justice...
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette :
OK. Donc, excusez-moi, 4 336 au MJQ; dans les palais de justice, on en
a 2 395. Donc, au niveau des postes vacants, donc, on a 213 postes
vacants à pourvoir, donc, 100 dans la métropole, qui comprend Montréal, Lanaudière, Laval, Longueuil,
Laurentides, Montérégie-Ouest, et 113 dans la Capitale-Nationale, qui comprend
Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord, Outaouais,
Montérégie-Est, Saguenay—Lac-Saint-Jean,
Mauricie–Bois-Francs, Abitibi-Témiscamingue, Nord-du-Québec et Centre-du-Québec–Estrie.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin :
Oui. Alors, maintenant, j'aimerais qu'on parle, là, du taux de rétention,
M. le Président. Quel est le taux de rétention pour les employés au ministère
de la Justice?
M. Jolin-Barrette :
Excusez-moi, j'ai manqué votre dernière...
M. Morin : Oui.
Alors, M. le Président, maintenant, je vais parler des taux de rétention. Quels
sont les taux de rétention pour vos employés au ministère de la Justice?
M. Jolin-Barrette : Donc,
on va trouver le taux de rétention. Par ailleurs, pour la dernière année, on a
engagé, au ministère de la Justice, 1 708 personnes et, dans
les palais de justice, 1 242. Donc, on a vraiment mis l'accent sur le
recrutement pour, justement, combler la pénurie de main-d'oeuvre. Donc...
M. Morin : Maintenant, de ces
embauches-là, est-ce que ce sont des postes permanents ou ce sont des postes
contractuels à durée déterminée?
M. Jolin-Barrette : C'est des
postes permanents. Vous savez, c'est des postes permanents, puis moi, je le dis à la caméra, si vous voulez avoir une carrière
qui est intéressante, qui est trépignante... trépidante, le ministère de la Justice
a plein d'opportunités à vous offrir, et notamment, que ce soit...
Le Président (M.
Bachand) : Merci, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...au
niveau des palais de justice, mais également au ministère de la Justice, on a
des campagnes de publicité et on est un employeur de choix...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup.
M. Jolin-Barrette : ...puis
c'est un plaisir de travailler sous la supervision de Me Paquet.
M. Morin : Alors, M. le
Président...
Document déposé
Le
Président (M. Bachand) :
Merci. On a reçu le document du
ministre, alors on va le mettre sur Greffier dans quelques instants. M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : Bien. Alors, de ces
employés-là qui ont été embauchés, combien sont encore en poste?
M. Jolin-Barrette : Au niveau
du taux de rétention?
M. Morin : Oui.
M. Jolin-Barrette : 89,4 %.
Donc, le taux de rétention, c'est 89,4 %.
M. Morin : Parfait. Pour les
100 postes qui sont vacants dans la grande région de Montréal puis les 113
dans la région de Québec, quelle est votre stratégie de recrutement pour
combler ces postes le plus rapidement possible? Et est-ce que ce sont des
postes permanents ou occasionnels?
M. Jolin-Barrette : Est-ce que
ce sont des postes permanents ou des postes...
M. Morin : Occasionnels ou, en
fait, à durée déterminée?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, on vise à retenir 100 % des employés, bien entendu, ça représente un
défi. Donc, je vous parlais de la campagne de recrutement. On a tenu une
campagne de recrutement du 28 novembre 2022 au 5 février 2023, notamment, sur les médias sociaux, dans les
collèges, pour parler du ministère de la Justice. Donc, on a fait des entrevues de groupe de sélection
centralisée. Donc, la campagne a permis d'attirer des candidatures
intéressantes.
Ce qu'on fait
également à l'interne, c'est qu'on crée des formations pour, justement,
conserver nos employés, donc, pour les faire migrer à l'intérieur de
l'organisation pour développer leurs compétences. Puis aussi le ministère de la Justice, ça va être appelé à se transformer
dans les tâches qui vont être effectuées avec la numérisation du ministère
de la Justice, avec le fait que les cours
vont devenir numériques également. On s'en va vers une amélioration du bagage de
compétences de l'ensemble des personnes. Alors, pour... Également, dans la
mesure de rétention, on offre des programmes de formation accrédités par des établissements
d'enseignement, en matière de justice. Donc, on fait des démarches auprès, justement, techniques
juridiques, secrétariat juridique pour faire en sorte de mieux cibler les ressources qu'on veut.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Parfait.
Oui. J'aimerais... Maintenant, quand on parlait du nombre de postes de juge, et
vous l'avez évoqué, j'aimerais savoir si vous avez l'intention de créer des
postes de juges et des postes de juges de paix magistrats permanents
dans la région du Grand-Nord du Québec, au Nunavik. Rappelez-vous, c'est une
recommandation d'un rapport
que vous avez demandé. Je ne crois pas que cette recommandation-là a été mise
en oeuvre maintenant. Qu'est-ce que vous attendez pour le faire? Ça n'a
pas été fait. Puis quel est votre plan là-dessus?
M. Jolin-Barrette :
Mais, écoutez, moi, je suis extrêmement ouvert. Puis, comme à la question
du député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
je trouve que c'est une excellente idée. Alors, je dois comprendre de votre
intervention, quand vous dites :
Qu'attendez-vous pour le faire? que vous m'invitez à le faire et à mettre un
lieu de résidence qui se retrouverait,
exemple, à Kuujjuaq ou à Puvirnituq. Moi, je pense qu'on est en train de mettre en
place les recommandations du rapport de Me Latraverse. Ça fait partie
des réflexions. J'ai déjà eu l'opportunité d'échanger avec la direction de la cour à ce sujet-là. D'ailleurs, je pense que
j'ai même déjà envoyé une correspondance à cet effet-là. Et je peux vous
dire que...
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie, oui.
M. Jolin-Barrette :
...l'enthousiasme n'est pas tout aussi réciproque à fixer... à fixer un
poste dans le Nord, mais je pense que nous devrions le faire. Mais, voyez-vous,
en tout respect et en collaboration avec la magistrature, je souhaite arriver à un accord comme celui que
j'ai conclu pour, justement, expliquer l'importance pour les membres des
Premières Nations d'avoir un juge en résidence dans le Nord. Ça pourrait
prendre plusieurs formes. Ce n'est pas obligé
d'être 100 % des jours qui sont dans le Nord, ça pourrait être deux ou
trois semaines de résidence par mois aussi. Alors, moi, je suis ouvert à ça.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette : Puis je pense que c'est
important, par contre, d'avoir une présence permanente au niveau du Directeur
des poursuites criminelles et pénales.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie.
M. Morin :
M. le Président, oui, parce qu'en
effet, c'est une recommandation importante du rapport Latraverse, que
vous avez vous-même demandé, M. le ministre. Mais je vous dirais que je vais,
en plus, vous poser quelques questions là-dessus, parce que c'est beau d'avoir
du personnel, mais encore faut-il être capable d'avoir un endroit pour qu'ils puissent travailler. Or, une des
recommandations du rapport Latraverse, c'est évidemment qu'il y ait une mise
à niveau, augmentation des palais de justice à Kuujjuaq puis à Puvirnituq. Or,
quand on regarde le PQI, 2023-2033, il n'y a aucun montant qui est alloué pour
que ce soit une amélioration, construction, rénovation, agrandissement de ces
deux centres de justice. Alors, est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi?
M. Jolin-Barrette :
Bien, en fait, là, vous êtes dans le Plan québécois des infrastructures.
M. Morin :
C'est exact, M. le Président.
M. Jolin-Barrette : Dans le fond, dans le
budget, là, il y a une mesure de 71,2 millions de dollars sur six ans,
donc, pour renforcer les services offerts aux autochtones et d'en faciliter
l'accès. Donc, il y a 7,5 millions de dollars sur cinq ans qui est
alloué au MJQ pour améliorer la situation de la cour itinérante et de
l'administration de la justice au Nunavik.
Et, de ce montant-là, il y a des sommes qui vont pouvoir être utilisées,
notamment, pour les infrastructures. Parce qu'il faut comprendre que les
infrastructures du ministère de la Justice se retrouvent dans le PQI quand
c'est des montants qui sont substantiels. Ça fait plusieurs années qu'on sait
que le palais de justice à Kuujjuaq a besoin de rénovation, mais également les
autres communautés, parce que, bien souvent, dans les autres communautés, on
n'est pas propriétaires de l'immeuble, c'est
la communauté qui est propriétaire et ça se trouve parfois que, dans la cour
itinérante, bien, c'est des gymnases
d'école, c'est des garages municipaux. Donc, on veut que... En fait, notre
demande est à l'effet que deux sites soient étudiés d'une façon plus
approfondie, Kuujjuaq et Puvirnituq pour avoir des installations plus
adéquates.
Cependant, on a
investi beaucoup de ressources en matière de visioconférence, puis là 92 %
des enquêtes pour mise en liberté se sont
tenues par visioconférence au Nunavik. Alors, on a amélioré la qualité de la
bande passante. Mais est-ce que les installations sont optimales? La
réponse, c'est non. Cependant, ce n'est pas le ministère de la Justice qui arrive là tout seul. Ça se fait avec
les communautés. Puis il faut qu'il y ait une volonté des communautés aussi.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député de l'Acadie.
• (16 h 20) •
M. Morin :
Parfait. Donc, autre chose en ce qui a trait au financement du Conseil de
la magistrature, on a lu que le financement n'était pas adéquat pour qu'il soit
capable de remplir sa mission. Quels sont les montants que vous allez allouer, d'autant plus qu'après l'adoption
du projet de loi n° 8 le conseil aura d'autres responsabilités? Alors,
comment vont-ils faire pour remplir leur mandat avec les fonds suffisants?
M. Jolin-Barrette :
Bien, vous savez, les ressources sont disponibles pour le Conseil de la
magistrature.
M. Morin : Alors, vous trouvez
que leur financement est adéquat?
M. Jolin-Barrette :
Bien, écoutez, je n'ai pas eu de... Je ne pense pas avoir eu de plainte
pour dire que le financement n'était pas adéquat.
M. Morin : En fait, quand on
était dans la commission parlementaire, c'est ce qu'ils nous ont dit, qu'ils
n'arrivaient pas à suffire à la tâche. Donc, bref, c'est : vous trouvez
qu'ils ont suffisamment d'argent, c'est votre réponse. Excellent. Je vous remercie.
Maintenant, pour le DPCP, est-ce que vous avez
également l'intention, parce que, là, on a parlé des juges, qu'il y ait des
procureurs permanents qui soient assignés au Nunavik?
M. Jolin-Barrette : Donc,
actuellement, il a été mis en place une équipe de choc par le Directeur des
poursuites criminelles et pénales. Est-ce que vous souhaitez que le Directeur
des poursuites criminelles et pénales vous explique quelles sont ces
mesures-là par rapport à l'organisation de la cour dans le Nord ou vous voulez
que je le fasse?
M. Morin : Oui.
Alors, je vous demandais si vous aviez l'intention qu'il y ait des procureurs
du DPCP permanents dans les villes du Grand Nord.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Puis moi, j'ai répondu à votre question en vous posant une question, à
savoir : Est-ce que vous voulez
que moi, je vous l'explique ou que le Directeur des poursuites criminelles et
pénales vous l'explique?
M. Morin : J'aimerais que vous
me l'expliquiez, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bon,
d'accord. On se prive quand même d'une expertise fort importante de Me Michel.
Mais, dans le fond, les procureurs aux poursuites criminelles et pénales, il y
aura des... une équipe basée, notamment, à partir de Montréal, qui vont aller
deux semaines dans le Nord et deux semaines à Montréal. Mais ça va permettre,
justement, de faire en sorte d'aller plus rapidement dans le Nord, avant les
audiences, pour rencontrer les victimes. Parce
qu'un des défis qu'il y avait, et le rapport Latraverse en fait état, est à
l'effet que les procureurs qui étaient sur la cour itinérante arrivaient
en même temps que la cour, et là rencontraient les victimes, et n'avaient pas
nécessairement le temps de bien détailler la relation, de rencontrer.
Donc, je pense, ce qui est important, c'est de
faire en sorte, avec cette équipe-là, qu'on a une équipe qui part de Montréal, qui va plus tôt rencontrer les
victimes, préparer les procès, leur rappeler l'importance d'être présents, les
mesures d'accompagnement, de soutien qu'on est en mesure d'avoir pour les
personnes, même chose pour la Commission des services juridiques, qui souhaite
dégager également des gens pour rencontrer les accusés plus rapidement
également.
M. Morin : Parfait,
oui, merci. Alors, j'allais vous poser la question pour l'aide juridique, et
vous y avez répondu. Je vous remercie. Maintenant...
M. Jolin-Barrette : Peut-être
juste en complément d'information, là, on m'indique que le DPCP vient de
combler cinq postes pour arriver à mettre en oeuvre ce projet. Donc, ça va être
trois postes à partir de Montréal et deux
postes à partir d'Amos, justement, pour que les procureurs aillent d'avance
rencontrer les victimes sur le circuit, avant que la cour arrive, de
façon à faire en sorte que tout le monde va être préparé. Puis, quand la cour
arrive, bien, dans le fond, ils sont prêts à procéder, ils ont déjà rencontré
la victime, tout ça. C'est une des recommandations du rapport Latraverse. Puis
on tente de faire la même chose avec la Commission des services juridiques.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie, il reste
2 min 12 s à votre bloc, pardon.
M. Morin : Oui,
parfait. Quand on parlait, M. le Président, des délais de l'entente, dont
faisait référence M. le ministre, et de vouloir réduire le temps de jour
pour rendre des décisions, particulièrement en matière criminelle, je pense que votre objectif, comme durée moyenne,
c'est 212 jours. Et, quand on regarde les... le nombre de jours
présentement dans l'ensemble des districts judiciaires et des palais de
justice, pour les délais médians en jour, vous avez seulement un, deux, trois, quatre, cinq centres de services qui
sont en bas ou autour de 212 jours. Donc, la majorité de tous ces
autres centres là sont vraiment au-delà, puis il y en a même que c'est
387 jours, ou 365 jours à Mégantic. Donc, quelle est la stratégie que
vous allez mettre en place pour être capable de ramener ces nombres de jours
là, médians, à 212 jours?
M. Jolin-Barrette : Ce
qui est important, puis c'est un document que je souhaite déposer également, M.
le Président, c'est l'évolution du délai médian de fermeture. Donc, en
2013-2014, là, on était à 246 pour arriver, en 2020-2021, à 307, 303. Là, on est à 308 cette année. Puis, avec
l'entente, on va être en mesure de redescendre jusqu'à 212. Donc, le fait d'avoir
signé l'entente, puis ça, on va pouvoir le déposer, M. le Président, sur le
site Web, ça va nous permettre de réduire ces délais-là. Puis la cour s'est
engagée avec le taux de fermeture de dossier, donc, de 1,1, puis j'aimerais
déposer également l'évolution du taux de fermeture où est-ce qu'on était à
1,7 % en 2013-2014, on est monté à 1,14 %. Mais, avec les cibles que
nous avons, cette année, en l'année judiciaire 2023-2024, on va être à
1,15 % pour, par la suite, être à
1,1 %, donc, l'atteinte de la cible. Justement, ça, ça va permettre de
diminuer plus de dossiers... en fait, de
fermer plus de dossiers qui sont ouverts annuellement. Et ça, dans l'ensemble
des districts judiciaires, la coordination va être responsable de
l'atteinte de ces cibles-là avec les ressources supplémentaires qui sont
accordées.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Merci. Donc, vous connaissez la
procédure, nous le faire parvenir par courriel, s'il vous plaît. Mme la
députée de Vaudreuil pour 18 min 08 s.
Mme Nichols :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à...
aux équipes qui vous accompagnent, qui ont
sûrement travaillé aussi très fort, parce qu'on a reçu des boîtes... des boîtes
de documents. Donc, félicitations pour votre travail, qui est quand même un
travail de précision. J'ai travaillé, vous allez être content, j'ai
travaillé avec les cahiers, donc, j'ai épluché, là, les nombreux cahiers et, si
vous permettez, M. le ministre, j'aimerais commencer par... Bien, en fait,
bien, je vais vous lire la question, mais, en fait, c'est plus la réponse où
j'ai vraiment... la réponse me plaît plus ou
moins ou, en fait, je ne sais pas si vous allez pouvoir la préciser. Dans le
cahier des renseignements particuliers de l'opposition officielle, il y
a une des questions... il y a une des questions où on demande la ventilation
des budgets 2022-2023, qui sont alloués à la magistrature, sous la
juridiction du Québec, pour le perfectionnement des juges, les congrès et les
colloques, incluant les budgets supplémentaires qui auraient pu être accordés.
La réponse, puis je
vais vous donner la réponse qui est... qui est dans le cahier, puis je vais me
permettre, en même temps, d'apporter certains... certaines questions, la
réponse dit que les crédits 2022-2023 du Conseil de la magistrature sont de l'ordre de
3,2 millions de dollars, que les dépenses probables, 2022-2023 du
Conseil de la magistrature s'élèvent
à plus de 4,2 millions de dollars. Déjà là, M. le ministre, j'ai une
question, le ministère qui n'est pas en mesure de confirmer la nature du
dépassement probable de 1 million. Donc, je me demande pourquoi le
ministère n'est pas en mesure de
confirmer la nature, la nature du dépassement, puis on ajoute qu'il y a une
correspondance qui a été transmise au
Conseil de la magistrature afin d'obtenir des précisions sur l'utilisation des
sommes, y compris une ventilation selon les postes budgétaires.
Donc,
ma sous-question, c'est : Est-ce que vous êtes en mesure de nous donner la
ventilation? Est-ce que vous avez une
réponse... une réponse à la correspondance? Puis on parle plus spécifiquement,
pour 2022-2023, d'un budget de
1 355 500 $ qui a été alloué pour le perfectionnement des juges
qui sont sous la juridiction du Conseil de la magistrature du Québec.
Évidemment, là... puis on peut lire aussi, là, dans la réponse qu'il y a un
ajout de 108 000 $ qui vient du gouvernement
fédéral pour le perfectionnement des juges en langue anglaise. C'est mes deux
questions pour commencer, mais j'aurai des sous-questions évidemment.
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien, écoutez, M. le
Président, c'est une très bonne question de la députée de Vaudreuil. Je
pense que... en fait, c'est préoccupant. Puis, vous l'avez dit, là, le
ministère de la Justice a envoyé une lettre au Conseil de la magistrature, il y
a des crédits budgétés de 3,2 millions de dollars puis il y a un
dépassement de coûts d'environ 1 million de dollars de la part du
Conseil de la magistrature. Le Conseil de la magistrature est supposé être le
responsable de la formation des juges, puis là on voit que les crédits qui ont
été consacrés, les sommes dépensées, c'est
1 355 000 $ du Conseil de la magistrature, alors qu'ils vont
dépenser 4,2 millions puis ils ont fait des dépassements de coûts de 1 million de dollars, ça
représente plus de 30 % du budget que le Conseil de la magistrature a
dépassé cette année.
Puis je ne sais pas
si vous savez ça, mais le Conseil de la magistrature, eux, ne sont pas
assujettis aux crédits votés, au fait que l'Assemblée nationale ici entérine le
budget, mais eux, le Conseil de la magistrature, ce sont des crédits
permanents, ça signifie que toute dépense est autorisée et ce n'est assujetti à
aucun contrôle. Donc, le Conseil de la
magistrature dépense les sommes comme il le souhaite, et c'est pour ça que...
Vous faisiez référence à une lettre, là, le sous-ministre du ministre de la Justice a écrit une lettre au Conseil
de la magistrature, que je vais déposer, M. le Président, pour demander au Conseil de la magistrature
quelles sont les sommes, à quoi est attribuable les sommes du dépassement
exceptionnellement élevé des prévisions budgétaires du conseil. Le ministère de
la Justice souhaite obtenir des précisions sur l'utilisation de ces sommes
excédentaires, y compris une ventilation selon les postes budgétaires.
Alors, je ne suis pas
en mesure de vous répondre, mais moi, comme ministre de la Justice, d'un
organisme qui est... qui fait partie du
périmètre de la justice, je trouve ça extrêmement préoccupant qu'un organisme
dépense plus de 1 million de dollars de son budget, connecté directement sur le fonds consolidé, qu'il ne soit pas assujetti au contrôle des
parlementaires, ça me préoccupe hautement. Donc, je vais déposer la lettre, M.
le Président.
• (16 h 30) •
Le
Président (M. Bachand) : ...s'il vous
plaît.
Mme Nichols :
La lettre... la lettre date de quand? La correspondance date de quand?
M. Jolin-Barrette :
Bien, écoutez, la lettre a été envoyée... je ne peux pas vous dire à quel
moment elle a été envoyée, elle n'est pas
datée, mais, par contre, on ne peut pas se retrouver dans une situation où il
n'y a aucun contrôle des deniers
publics qui sont octroyés. Il n'y a pas d'organisme normalement dans l'État qui
peut dépenser des sommes sans être assujetti à aucun contrôle de l'État.
Mais, M. le
Président, un dépassement de coûts de 30 % annuellement,
1 million de dollars, vous avez un budget
de 3,2 millions de dollars puis il y a 1 million de dollars
qui est dépensé, puis on ne sait pas où, puis on ne sait pas comment, ça
pose des questions.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci... par les voies
habituelles. Mme la ministre... Mme la députée de Vaudreuil, pardon.
Mme Nichols : Bien,
je comprends... je comprends les propos du ministre puis je me demande, à part
la correspondance, là, qu'est-ce qu'il fait pour... qu'est-ce qu'il fait...
C'est vrai, là, qu'il devrait y avoir une certaine reddition de comptes, là,
mais où c'est prévu ou quelles mesures peuvent être mises en place pour que...
pour avoir de l'information, justement, sur cette ventilation-là, sur cette
reddition de comptes, pour ces... Il n'y a pas moyen d'intervenir auprès de
la... du Conseil de la magistrature du Québec? Le ministre de la Justice ne
peut pas intervenir?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, on est laissés au bon vouloir de la discrétion du Conseil de la
magistrature. Le sous-ministre a envoyé une lettre. On n'a pas eu de
réponse à ce jour.
Cependant,
écoutez, comme je vous le dis, la Loi sur les tribunaux judiciaires pour le
Conseil de la magistrature, ce sont des... ce sont des crédits qui sont
permanents dans le cadre de la Loi sur les tribunaux judiciaires, ça
veut dire qu'ils ne sont pas assujettis à aucun contrôle des parlementaires,
contrairement à des crédits votés où, annuellement, ici, on approuve le budget
du ministère de la Justice, puis il y a un contrôle, puis vous pouvez poser des
questions. Mais même moi, je ne le sais pas, parce que le Conseil de la
magistrature ne fait pas de reddition de comptes.
Puis, vous vous souviendrez, dans le cadre du
projet de loi n° 8, on a mis
certaines mesures en place pour avoir un rapport annuel détaillé. Pendant des
années, je pense, pendant quatre ans, il n'y a pas eu de rapport annuel de la
part du Conseil de la magistrature qui a été rendu public. Et je pense qu'il y
avait eu une correspondance à l'endroit des membres de la commission
parlementaire. Et on nous avait indiqué, dans le cadre de la correspondance, de
la part du Conseil de la magistrature, que le site Internet ne fonctionnait
pas. Donc, pendant quatre ans, on n'a pas pu
dire aux citoyens québécois à quoi était utilisé le budget québécois pour le
Conseil de la magistrature, à quoi servaient les sommes. Aucune
transparence, aucune reddition de comptes.
Là, je suis heureux qu'avec vous on ait pu
modifier le projet de loi n° 8. Et, d'ailleurs, je
tiens à vous remercier d'avoir participé aux travaux du projet de loi n° 8. Maintenant, la Vérificatrice générale peut aller
vérifier les livres et les états de compte
du Conseil de la magistrature. Mais voyez-vous l'importance d'avoir de la
transparence, de la reddition de
comptes au sein de cette institution-là qui utilise des fonds publics? Puis ce
n'est pas des pinottes, là, on parle
de 1 million de dollars de dépassement de coûts supplémentaires, 3,2,
à plus de 4 millions de dollars supplémentaires. C'est une somme qui est importante. Écoutez, on dépense
1 000 piastres de plus, il y a des vérifications qui sont
faites. Là, il n'y a aucune vérification, aucune, aucun...
Le Président (M. Bachand) :
Merci, M. le ministre. Merci. Alors, le tableau sur les données prospectives
est sur Greffier. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Bien, j'entends le ministre puis, sincèrement, je vais vous donner
ma position : tant qu'à moi, c'est un
scandale qu'on ne soit pas... qu'on n'ait pas cette... puis peut-être pas les
oppositions, mais du moins que la... le ministre de la Justice n'ait pas
ces informations-là du Conseil de la magistrature, je trouve ça bien effrayant.
Et je me
permets de souligner, là, que, même si c'est indiqué que c'est pour le
perfectionnement des juges qui sont sous la... sous cette juridiction-là, ce
serait plus qu'intéressant, là, d'avoir l'information, du moins la ventilation.
Est-ce que le ministre peut prendre un
engagement, du moins, que, quand il aura les informations ou il y aura une
correspondance écrite à cet effet là, il pourra la déposer?
M. Jolin-Barrette : Oui,
je n'ai pas de problème avec ça. Puis, honnêtement, M. le Président, c'est
important pour moi que tous les
organismes qui relèvent de l'État, qu'ils soient de la branche législative,
exécutive ou judiciaire, puissent donner des comptes à la population.
C'est de l'argent public puis il faut savoir qu'est-ce qui est fait avec
l'argent public des Québécois et des Québécoises.
Puis, je le réitère, nous, comme ministres, on
doit venir devant l'Assemblée pour faire autoriser les crédits et c'est un
exercice qui est important, fait par les collègues des oppositions aujourd'hui,
de venir dire à quoi servent les sommes. Et il n'y a personne qui se sert dans
le fonds consolidé directement. Et moi, je veux savoir également à quoi a servi
ce million supplémentaire là. Et c'est surtout important aussi d'amener de la
reddition de comptes, de la transparence. Et tout le monde au Québec doit
respecter les normes, les règles et surtout faire en sorte de faire preuve de
transparence.
Le Président
(M. Bachand) : ...
M. Jolin-Barrette : Oui.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Je voudrais revenir aussi sur l'entente... l'entente entre le
ministre de la Justice puis la juge en chef de la Cour du Québec. On sait que
la collaboration a été quand même assez difficile, au point tel qu'il a fallu
nommer, en janvier, un médiateur pour, en fait, aider les parties à s'entendre.
Comme disait mon collègue précédemment,
c'était quand même 41 nouveaux magistrats qui étaient demandés. Puis le
gouvernement a créé 14 nouveaux postes à la magistrature. Puis, ce
qu'on comprend aussi, c'est en droit criminel, en matière criminelle. Je me
demandais : Est-ce que le ministre peut être un peu plus précis sur ses
intentions, les districts dans lesquels il pense desservir un peu plus?
Puis je fais référence à
un tableau, un tableau à la question 86, là, qui dit que, pour chaque
district judiciaire, les délais de traitement moyen des dossiers criminels...
c'est quand même assez impressionnant que les délais médians tournent autour de 302 jours, mais que des endroits comme
Mégantic, il y a... c'est 365 jours, Saint-François,
320 jours. Il y a quand même pas loin d'une dizaine de districts
judiciaires où c'est en haut de 300 jours. C'est quand même beaucoup. Ça
fait que je me demandais si on était pour prioriser ces endroits-là. J'ai
compris aussi que c'était pour être à partir de septembre.
Puis, mon autre question, je la pose tout de
suite parce que je sais que le ministre est très articulé puis il va nous
amener ailleurs. Sur le plan linguistique, est-ce qu'il y aura des exigences
sur le plan linguistique pour ces 14 nouveaux juges là?
M. Jolin-Barrette : Mais, en
fait, je vous dirais, la réponse, elle se retrouve notamment dans le règlement
sur la sélection des juges, où est-ce qu'on dit, à l'article 6.1 :
«...une fois par année, le ministre invite la juge en chef de la Cour
du Québec, les municipalités où est
situé le chef-lieu d'une cour municipale où les juges exercent leurs fonctions
à temps plein et de façon exclusive et le juge en chef adjoint à la Cour du
Québec responsable des cours municipales à lui soumettre, à titre informatif,
une planification des postes à pourvoir en tenant compte du nombre de juges en
poste, des vacances prévisibles ainsi que des postes de juge par chambre, par
lieu de résidence rattaché à un poste ou par cour, le cas échéant.
«En cas de
vacances non planifiées, le ministre peut consulter [la] juge en chef de la Cour du Québec — bon — [...]concernant
la chambre visée [et] le lieu de résidence rattaché au poste...»
Donc, à partir du moment où on aura modifié la
loi, je vais consulter la juge en chef, parce ce n'est pas une vacance qui est
planifiée, ce sont des nouveaux postes, pour lui demander où elle croit que
nous devrions établir ces nouveaux postes. Mais, bien entendu, dans le cadre de
mon analyse, je vais vouloir viser les districts judiciaires où les délais sont
les plus grands.
D'un autre côté, il faut favoriser la
performance, l'optimisation des ressources. Puis, comme je l'expliquais à mes
collègues tantôt, il ne faut pas juste venir corriger, il ne faut pas... il ne
faut pas venir récompenser les moins performants
en leur donnant davantage de ressources, il faut qu'à l'interne ils puissent
changer les méthodes de travail, être plus efficaces.
Mais nous, on ajoute 14 juges, mais on
ajoute aussi du personnel de soutien. Donc, on va ajouter 13 adjoints à la
magistrature, trois huissiers audienciers, neuf greffiers audienciers, quatre
techniciens en droit, des agents de bureau également. Donc, ça représente une
somme de près de 8 millions de dollars qu'on investit en plus du
salaire des juges puis des ressources pour les accompagner. Donc, quand on crée
un poste de juge, on ne fait pas juste créer un poste de juge, on amène
également des gens avec eux.
Pour la situation linguistique, bien, écoutez,
c'est du cas par cas en fonction... la... On a modifié la loi l'an passé dans
la Charte de la langue française avec la modification au règlement sur la
sélection des juges. Et, dans le fond, il
faut prendre tous les moyens raisonnables pour éviter d'imposer une telle
exigence. Puis les seuls critères que le ministre doit tenir compte,
c'est le nombre de juges ainsi que... qu'ils maîtrisent la langue, ainsi que le
nombre de procès en vertu de 530...
Le Président
(M. Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette : ...du Code
criminel.
Mme Nichols : Est-ce
qu'on est capable de chiffrer ou de dire quel montant va être budgété pour
mettre en place... mettre en place cette entente-là?
• (16 h 40) •
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, c'est plusieurs millions de dollars, là. Donc, c'est 8 millions.
C'est ça? 8 millions.
Mme Nichols : C'est
8 millions de dollars qui sont prévus?
M. Jolin-Barrette : Bien, ça va
nous coûter 8 millions de dollars par année à la suite de l'entente.
Mme Nichols : Parfait. Vous
avez... On a... On en a beaucoup parlé, là, les délais à rattraper, entre
autres, à la... On parle des pourcentages
d'efficacité... On parle des taux d'utilisation moyens des salles d'audience
pour les palais de justice. Ça aussi, c'est quand même assez surprenant.
Il y a des... il y a des endroits où seulement 8 % de taux d'utilisation... des endroits comme Lachute,
5 % du taux d'utilisation. J'imagine que vous allez en tenir compte aussi
dans la répartition, ça va faire partie... ou, du moins, on le porte à
votre attention que ça devrait faire partie des aspects à retenir.
M. Jolin-Barrette : Oui. Mais,
sur cette question-là, là, le taux d'utilisation est calculé à partir des
séances tenues et enregistrées dans les salles d'audience, il ne tient pas
compte de l'ensemble des activités judiciaires comme les règlements de dernière minute, les conférences de règlement à
l'amiable. Les séances de juillet et d'août ne sont pas considérées parce
qu'elles ne reflètent pas l'activité judiciaire normale. Mais c'est sûr que le
taux d'utilisation, c'est quand le juge est assis là puis il parle
enregistrement aussi. Mais, bien entendu, des fois, il y a des salles qui sont
peu utilisées, ou il y a des règlements, ou même que les
procès se finissent plus tôt, donc l'après-midi, ça ne siège pas jusqu'à
4 h 30.
Donc, lorsque je vous parle d'optimisation,
d'efficacité, et ce n'est pas une question de jours siégés, c'est une question
de planification et de changer la façon que les méthodes sont faites, mais ça,
ce n'est pas le ministre de la Justice qui détermine ça. Le ministre de la
Justice, ce n'est pas lui qui entend les dossiers, ce n'est pas lui qui assigne
les juges, ce n'est pas lui qui fait le rôle, c'est la responsabilité de la
cour. Donc, c'est pour ça que les indicateurs de performance, c'est un engagement de leur part à : Voici, on vous
donne des ressources supplémentaires, on comprend que les juges veulent
siéger moins de jours d'audience, mais vous avez une obligation de résultat, de
respecter les cibles visées pour réduire les délais dans le système judiciaire.
Mme Nichols : Quand
vous parliez de... que vous vous êtes réjoui de cet accord-là, vous avez dit,
entre autres, que ça permet de réaliser les... des gains concrets. Les gains
concrets que vous parlez, c'est ça, c'est la reddition de comptes que la
cour va vous transmettre? Est-ce qu'il y avait d'autres...
M. Jolin-Barrette : Bien, mais,
en fait, les gains, ce sont pour les...
Mme Nichols : Mais concrets. Je
le sais...
M. Jolin-Barrette : Bien, les
gains concrets, pour les justiciables, c'est la réduction des délais et
notamment le fait qu'en ayant des objectifs ciblés... Auparavant, là...
Souvent, le discours en matière de justice, c'est : Il manque de
ressources, il manque de ressources. OK. On pourrait rajouter, là,
100 personnes, là, si on ne change pas nos méthodes de travail, on n'a pas
d'objectif puis on continue toujours de faire la même chose, est-ce que ça va
changer quelque chose dans...
Mme Nichols : Il y a une partie
rémunération aussi, là. Il y a une partie rémunération, là.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme Nichols : Les
greffiers, greffières-audiencières sont sous-payés. Si on compare avec le
milieu municipal, une greffière-audiencière peut gagner
50 000 $, mais, au niveau municipal, 69 000 $. Ça fait que
je pense qu'il y a du rattrapage à faire aussi de ce côté-là, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, la
députée de Vaudreuil a raison que, pour assurer la rétention et l'attraction
des gens, il faut être en mesure d'être
compétitifs, notamment sur le plan salarial. C'est pour ça que ma collègue du
Trésor, présentement, est très en train de faire un exercice de
reclassification, elle consulte notamment les syndicats, conformément à ce qui
est prévu dans la loi. On avait réglé, avant Noël, une partie l'an passé avec
une prime de 10 % puis avec des nouvelles échelles. Mais je suis d'accord
avec vous, ça représente un défi.
Alors, on est en exercice de reclassification,
justement, c'est étudié présentement, pour faire en sorte d'être compétitif.
Parce que les greffiers, les adjoints à la magistrature font un travail
important et, sans eux, c'est difficile de
fonctionner. Ça prend des greffiers. Alors, ils sont vraiment importants pour
le système de justice, et ils font un travail important, et surtout ce
sont des gens qui sont dévoués envers la justice.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député
d'Acadie, pour 18 min 3 s, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. J'aimerais, M. le Président, revenir à une des questions que posait
ma collègue la députée de Vaudreuil, à la question de... en fait, 34 dans notre
cahier, relativement aux dépassements du... en fait, du budget et des dépenses
du Conseil de la magistrature. Est-ce qu'il y a, M. le ministre, au sein de
votre ministère, des indicateurs, des mesures en place qui vous avertissent
quand il y a des dépassements de coûts puis quels sont-ils?
M. Jolin-Barrette : Non, les
contrôles et les dépenses se font directement par le Conseil de la
magistrature. Donc, le ministère de la Justice ne valide pas et n'approuve pas
les dépenses du Conseil de la magistrature et le ministère de la Justice ne
pose aucun geste, aucune action pour déclencher les paiements envers les
fournisseurs ou envers le conseil. Donc, le
ministère de la Justice ne se mêle aucunement et n'est pas informé des dépenses
du Conseil de la magistrature, ne contrôle pas les dépenses du Conseil
de la magistrature.
Ceci étant dit, lorsqu'à la lecture du cahier de
crédits je constate qu'il y a un dépassement de coûts de plus de 1 million de
dollars, qui représente plus de 30 % d'augmentation du budget, je me pose
de sérieuses questions parce que le Conseil de la magistrature prévoit un
certain budget annuellement, puis là on se retrouve, pour cette année, à quasiment 1 million de plus. Je pense que les
Québécois ont le droit de savoir à quoi sert l'argent, de quelle façon sont
utilisées les sommes, surtout que
l'information que nous avons relativement à la formation, qui devrait être la
dépense la plus grande du Conseil de
la magistrature... on parle de 1 355 500 $, OK? Là, la dépense
probable est à 4,2 millions.
Le Conseil de la magistrature, son autre
responsabilité, c'est d'entendre les dossiers déontologiques des juges. Écoutez, en raison des obligations
constitutionnelles, l'État québécois rémunère l'avocat qui représente un juge
au Conseil de la magistrature et il n'y a pas tant de dossiers par année qui se
retrouvent au Conseil de la magistrature. Et je
rappellerais que les membres du Conseil de la magistrature, ce sont... qui est
composé de 16 personnes, il y a deux membres du public; maintenant, à
partir du 15 mai, il y aura un représentant des victimes, il y a deux
avocats, il y aura un notaire et il y a 10 juges qui sont payés par
l'État. Donc, ce n'est pas une dépense en masse salariale, quand le conseil se
réunit, fort élevée, là.
Document déposé
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Juste vous dire
que la lettre est maintenant déposée. Merci beaucoup. M. le ministre... M. le
député de l'Acadie, pardon.
M. Morin : Merci,
M. le Président. Donc, je comprends qu'il y a... votre sous-ministre,
peut-être, qui a envoyé une lettre au conseil, M. le ministre, pour en
savoir davantage.
M. Jolin-Barrette : Pardon?
M. Morin : Je disais : Je
comprends que, probablement, votre sous-ministre a envoyé une lettre pour en
savoir davantage. Et comment avait été mis... comment vous avez été mis au fait
de ce dépassement-là? C'est en lisant nos cahiers de crédits ou il y a un mécanisme
interne qui vérifie quand même certaines dépenses? Parce que je comprends que ça aurait pu être 2 millions,
3 millions. Puis, en bout de piste, qui va payer quand il dépasse? C'est
vous, c'est votre ministère qui allez éponger le million de plus?
M. Jolin-Barrette : En fait, ce
n'est pas le ministère, c'est connecté directement sur le fonds consolidé parce
que ce sont des crédits permanents. Et donc, juste pour vous dire, dans le
rapport annuel qui a finalement été rendu public,
hein, après quatre ans, donc il y a des données qui ont été... qui ont été
rendues publiques en 2022, dans un rapport qui n'avait pas été produit,
je pense, depuis quatre ans. Donc, on a vu que les budgets accordés à la
déontologie, c'est 471 000 $,
documentation juridique, 538 000 $, rémunération,
535 000 $. Mais vous comprendrez qu'ils sont connectés
directement sur le fonds consolidé.
M. Morin : Parfait.
M. Jolin-Barrette : Mais que ce
n'est pas des crédits votés.
M. Morin : Merci, M. le
Président. J'ai regardé également les formations, M. le Président, qui étaient
suivies par les employés du ministère de la
Justice. Et, quand on regarde l'ensemble des formations, il y a très peu
d'employés qui ont abordé toute la question de l'intelligence artificielle
qui fait débat depuis maintenant plusieurs semaines, ici, à l'Assemblée
nationale, et dans le public en général. L'intelligence artificielle,
évidemment, il y a déjà un impact, mais éventuellement il y aura sûrement un
cadre juridique qui devra être adopté. Alors, quel est le plan du ministère
relativement à l'intelligence artificielle, à sa place, et avez-vous un plan
pour que, finalement, vous ayez plus de vos employés qui soient formés pour
être capable de composer avec cette réalité?
• (16 h 50) •
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
en fait, au niveau de l'intelligence artificielle, le cadre réglementaire, le
cadre législatif relève de mon collègue au
ministère de la Cybersécurité et du Numérique. Et donc on travaille en
collaboration avec eux pour le volet juridique sur l'intelligence
artificielle.
Donc là, on est en train de voir quelles mesures
vont être en... vont être mises en place par le ministère de la Justice. Là, il y a 21 millions de
dollars qui a été annoncé pour favoriser la recherche éthique et responsable.
On souhaite faire en sorte, par le biais des directions d'affaires
juridiques qui se retrouvent au ministère de la cybersécurité, être en mesure
d'avoir des règles claires, des règles éthiques détaillées, puis également le
fait que nous soyons également des experts de l'encadrement juridique rattaché
à ça. Mais je vous dirais que ça représente un défi parce que c'est un nouveau
cadre, il y a déjà la loi sur... la loi sur les technologies, la LGG...
j'oublie le terme, là, c'est la loi sur les technologies de l'information ou...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : La
loi-cadre sur les... En tout cas, la loi sur les technologies de l'information,
donc, qui chapeaute tout ça. Donc, peut-être qu'il y aura lieu d'encadrer davantage
et prévoir... Loi concernant le cadre juridique des technologies de
l'information.
M. Morin : Et,
quand vous faites référence à un service juridique qui est au sein du ministère
de la Cybersécurité, ce ministère-là relève de vous ou du ministère de
la Cybersécurité?
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
dans le fond, de la façon qu'est organisé le ministère de la Justice, juste
pour vous faire une histoire courte, là, dans le fond, il y a le ministère de
la Justice avec le 1 200 de l'Église, supposons le siège social, mais, dans chacun des ministères, où parfois il y a des
ministères qui sont regroupés, où il y a des directions affaires
juridiques, les directions d'affaire juridique relèvent du ministère de la
Justice. Donc, souvent, elles sont physiquement à
l'intérieur du ministère, avec le ministère, mais elles relèvent... et elles
sont chargées de conseiller mes différents collègues, de conseiller... ils
exercent le rôle de jurisconsulte. Ce sont eux qui font les projets de loi,
donc qui sont des légistes, qui donnent des avis juridiques, opinions
juridiques. Donc, les DAJ se retrouvent dans les ministères.
M. Morin :
Exact. Mais donc, au niveau du leadership juridique, ça relève de vous?
M. Jolin-Barrette :
Oui, ultimement, ultimement, oui. Mais, dans le fond, nous, on est... Dans
le fond, notre client, c'est le ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
Donc, on répond aux demandes du client.
M. Morin :
Je comprends.
M. Jolin-Barrette :
Un peu la même chose quand que... Lorsque je suis dans mon rôle de Procureur
général du Québec, bien, on a deux contentieux, un à Montréal, un à
Québec, dans le fond, nos clients sont les ministères. Donc, mes
collègues sont mes clients.
M. Morin :
D'accord. Mais, comme procureur général, c'est vous qui, ultimement, êtes
le jurisconsulte du gouvernement. Donc, c'est vous qui avez, évidemment, le
leadership dans ce domaine-là.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais pas dans mon
rôle de procureur général, dans mon rôle de ministre de la Justice.
M. Morin :
Parfait. Merci. Merci, M. le Président. Donc, maintenant, on a commencé à
parler un peu de la justice dans le Nord.
Puis, malheureusement, le tableau qu'on peut dresser est sombre : un adulte
sur six qui est judiciarisé au Nunavik.
On a fait référence... Je vous ai déposé des questions sur les palais de
justice, des locaux vétustes, malpropres, beaucoup de personnes qui sont
obligées de se promener d'une communauté à l'autre dans des situations souvent difficiles, la cour qui a moins siégé dans les
communautés de la baie d'Ungava. Alors, vous avez commandé, M. le ministre,
le rapport Latraverse, qui a été déposé il y a de cela plus d'un an, avec une
série de recommandations. Combien de recommandations du rapport Latraverse ont
été mises en vigueur?
M. Jolin-Barrette : Il y en a plusieurs,
recommandations. Donc, actuellement, nous, on a 27 recommandations
qui touchent le ministère de la Justice ou les organismes. Et là on est environ
à une douzaine de recommandations qui sont déjà mises en oeuvre ou sur le point
de l'être. Donc, il y a d'autres recommandations qui touchent les collègues
Santé et Services sociaux, supposons, Sécurité publique, mais on a environ la
moitié, là, qui est en voie de réalisation ou qui ont déjà été réalisées.
M. Morin :
Et quel est votre plan et votre
échéancier pour que toutes les recommandations soient mises en oeuvre?
M. Jolin-Barrette :
Bien, je vous dirais, le plus rapidement possible. Il y a certaines
recommandations, par contre, que c'est... avec les Inuits, ce n'est pas
uniquement le ministère de la Justice qui arrive, qui débarque, qui fait les
mesures. Il y a des mesures qu'on est capable de mettre en place. Exemple, sur
la question de la cour itinérante, le Directeur des poursuites criminelles et
pénales peut le faire de son propre chef parce qu'on déploie nous-mêmes nos
propres ressources. Mais, pour ce qui est de la question, supposons, des
bâtiments, là-bas, c'est une négociation avec les communautés, donc ce n'est
pas... Dans le fond, ce que je veux vous dire, c'est que ce n'est pas
unilatéral. Ce n'est pas : le
gouvernement du Québec décide sur toutes les recommandations, on arrive, on
fait ça, puis c'est fini. Il faut discuter avec les communautés. Il y a
des recommandations également qui touchent la Cour du Québec.
Là, dans le budget de
cette année, on a eu une mesure budgétaire de 7,5 millions de dollars
qui s'ajoute à d'autres mesures qui étaient
déjà existantes pour améliorer l'accès de la justice au Nunavik,
fait suite aux recommandations du rapport. Puis là on a quatre
sous-comités de travail avec le Nunavik, donc avec la DPJ, la régie régionale
de santé, la Société Makivik et l'administration régionale de Kativik. Donc, on
est en place. On a quatre sous-comités de travail sur les infrastructures,
protection de la jeunesse et jeunes contrevenants, formation des intervenants
innus et judiciaires, et la cour régionale et juge de paix.
Et ça, c'est un
élément qui est intéressant parce que, dans le rapport Latraverse, il
recommande également d'avoir une cour régionale qui serait l'équivalent d'une
cour municipale. Alors, on a déjà financé, donné le mandat à Makivik pour qu'ils soient en mesure, déjà, de
travailler à mettre en place cette cour-là. Donc, ça, ça signifierait une cour
permanente, qui est l'équivalent, supposons, d'une cour municipale. Donc, les
infractions, supposons, par poursuite sommaire pourraient, supposons que la
partie 27 est là, pourraient être traités directement. Donc, ce ne serait
plus la cour qui arrive en avion qui débarque dans chacune des communautés,
mais où il y a un chef-lieu qui est directement là-bas. Alors, ça peut être une
avenue intéressante. Alors, on a débloqué plus de... bien, plusieurs milliers
de dollars, justement, pour que ça soit étudié.
Donc,
c'est sûr que nous, on ne débarque pas pour dire : Rapport Latraverse
dit : Ça prend une cour régionale, on fait une cour régionale. On a pris
acte de la recommandation, on a contacté les Inuits, on a dit : On
souhaiterait faire ça, est-ce qu'on peut étudier? Ça fait que, là, on
l'étudie avec eux pour arriver à une mise en place éventuelle, mais ça ne se
fait pas d'une façon unilatérale, bing bang, on débarque, là.
M. Morin : Et,
croyez-moi, M. le Président, je ne suggère pas une unilatérale, mais... une
façon unilatérale de le faire, sûrement pas avec les Premières Nations et les
Inuits, ça, c'est très clair, sauf que c'est important de voir quelle est la
progression de ces recommandations-là. Et vous avez répondu, M. le ministre.
Toujours dans la justice dans le Nord, j'imagine
que vous avez différents comités pour traiter de la gouvernance de ces
différents dossiers-là. J'ai noté que vous avez un comité concernant la
capacité de détention au Nunavik qui ferait des enquêtes pour remise en
liberté, des solutions possibles pour identifier les problèmes reliés à ces
enquêtes-là, à la capacité de détention. Est-ce que vous savez combien de fois
votre comité s'est réuni?
M. Jolin-Barrette : Ce
comité-là s'est réuni... On va vérifier, je vais vous revenir. Mais,
entretemps, là, au cours des dernières
années, là, on a annoncé des investissements de plus de
33 millions de dollars en matière de services aux communautés
autochtones : 7,7 millions pour l'embauche d'intervenants autochtones
additionnels responsables d'offrir des
services d'aide aux victimes d'actes criminels, 6 millions pour le
déploiement accru de services de conseillers parajudiciaires
autochtones, 5,5 millions pour l'amélioration des services d'interprètes
en langues autochtones, 7,2 millions
pour le soutien et le déploiement d'initiatives en matière de justice
communautaire dans les communautés des Premières Nations et des Inuits,
donc les comités de justice, 4 millions pour la mise en place de nouvelles
initiatives de justice communautaire en
milieu urbain, 2,9 millions pour l'amélioration de la rémunération des
rédacteurs Gladue. Ça...
M. Morin : Sauf que, si vous
permettez, M. le Président, ma question était simple et précise.
M. Jolin-Barrette : Bien,
je vous détaille toutes les bonnes mesures que le gouvernement du Québec met en
place.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, c'est bien, mais...
M. Morin : Oui, mais parce que
ma question, ce n'était pas ça, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Allez-y, M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Vous avez également un comité permanent de mise
en oeuvre des ententes avec le milieu nordique, ce qui aiderait probablement à faire avancer certains dossiers avec les
Inuits. Est-ce que vous savez combien ce comité s'est réuni de fois la
dernière année, M. le ministre?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Donc, il ne
s'est pas réuni.
M. Morin : Zéro.
Puis votre autre premier comité concernant la capacité de détention au Nunavik pour
les enquêtes pour remise en liberté, savez-vous combien de fois il s'est
réuni?
M. Jolin-Barrette : On est en
train de chercher l'information.
M. Morin : D'accord. Alors, ce
comité-là, c'est zéro. Maintenant...
M. Jolin-Barrette : Pas ce
comité-là, l'autre comité. Là, on vous revient avec la réponse.
M. Morin : Non, je vous parle
du comité permanent de mise en oeuvre des ententes du milieu juridique, là,
rencontres, il n'y en a eu aucune.
Maintenant,
si on regarde, toujours dans le volet qui touche les Premières Nations, combien d'argent a été alloué dans votre organisation pour faire
fonctionner le programme du volet Gladue, pour que des ententes de type Gladue
soient rédigées?
M. Jolin-Barrette : Pour le
volet Gladue?
M. Morin : Oui.
M. Jolin-Barrette : Mais, pour
le volet Gladue, là, on a consacré, attendez, bon, 2,9 millions l'année
passée, on a fait une annonce, 2,9 millions pour l'amélioration de la
rémunération des rédacteurs Gladue et pour l'embauche de rédacteurs Gladue supplémentaires auprès des organismes autochtones.
Donc, c'est important, lorsqu'une peine de moins de 90 jours... Oui, et la
rédaction. Puis vous, vous voulez savoir la somme totale, cette année, pour les
rédacteurs Gladue...
M. Morin : Oui, exact.
M. Jolin-Barrette : ...avec les
parajudiciaires autochtones. Ça, on a-tu ça? Je vais...
• (17 heures) •
M. Morin : Et
j'ai d'autres questions là-dessus. Vous avez combien de postes à temps plein
pour les rédacteurs de rapports Gladue?
M. Jolin-Barrette : Bien, ça,
il y a une partie des rédacteurs qui ne sont pas au ministère de la Justice
mais qui sont dans les communautés.
M. Morin : D'accord.
M. Jolin-Barrette : Notamment, on en avait ajouté avec la communauté attikamek.
Donc, souvent, on finance des mesures avec des organismes autochtones, qu'ils
sont employés des organismes autochtones. Donc, il y a des ententes de
service permettant l'embauche du rédacteur Gladue à temps plein qui sont
conclues avec certaines organisations. Donc, je vous parlais de... les Services
parajudiciaires autochtones du Québec, le gouvernement de la nation crie, le
Conseil de la nation atikamekw, le Conseil des Mohawks d'Akwesasne, la Société
Makivik, le centre des Premiers Peuples de Montréal. Donc, actuellement, il y a
108 rédacteurs de rapports Gladue qui sont accrédités au Québec. Puis,
entre le 1er avril 2022 et le 28 février 2023, il y a eu
219 rapports Gladue qui ont été ordonnés, donc. En mars 2002, on a conclu quatre ententes de trois ans pour le
soutien à l'embauche de rédacteurs Gladue à temps plein par les Services parajudiciaires
autochtones, Centre de justice des premiers peuples de Montréal, je vous le
dirais, Makivik...
M. Morin : Et ça prend...
M. Jolin-Barrette : ...nation
crie.
M. Morin : Ça prend combien de
temps, règle générale, pour obtenir un rapport Gladue?
M. Jolin-Barrette : Je n'ai pas
cette information-là.
M. Morin : Elle pourra,
j'imagine, nous être donnée éventuellement.
M. Jolin-Barrette : Oui. On va
vérifier.
M. Morin : Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Alors, Mme la
députée de...
M. Jolin-Barrette : Bien,
juste...
Le Président (M.
Bachand) : Oui, rapidement, très, très
rapidement.
M. Jolin-Barrette : Oui, juste
vous dire, par contre, là, c'est dans chacun des dossiers, là. Ça fait que ça
varie en fonction de quand est-ce que c'est ordonné puis...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup.
M. Morin : Merci, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré,
pour 12 min 26 s, s'il vous plaît.
Mme Bourassa : Oui, merci. Pour
les besoins de la cause, je vais regarder par en avant plutôt que... je vais regarder mon collègue. Alors, je vous salue, M. le
Président, M. le ministre, collègues de la banquette du gouvernement et
les oppositions, ainsi que tout le monde derrière moi. Merci beaucoup d'être
là, parce que c'est un exercice qui est très important pour les gens, pour les
citoyens.
Je voulais aborder aujourd'hui la question de
l'accessibilité du système de justice, parce que l'information juridique, pour les gens qui ne sont pas notaires
ou membres du Barreau, peut parfois sembler compliquée. Il faut vulgariser,
et c'est vraiment là la clé, il faut rendre
l'information accessible. Et, ça, le ministère de la Justice l'a clairement
compris.
Depuis octobre 2020, il y a une porte d'entrée
virtuelle qui a été créée pour aider les gens à mieux être guidés, mieux être informés, mieux être
accompagnés dans toutes les procédures juridiques. Et, justement, ça s'appelle
JuridiQC, c'est le service en ligne qui est gratuit, dans un langage clair, et
ça, c'est primordial, ça facilite l'utilisation des différents services qui
sont offerts. Et l'objectif, c'est très simple, c'est aider les citoyens à
mieux comprendre leurs droits.
Je suis
allée, justement, sur ce site pour tenter de voir ce qui est offert. On parle
de 1 500 liens. Il y a des services, également, de balados, des
webinaires, bref, beaucoup d'information vulgarisée. Je l'ai mentionné, ça sert
à accompagner les citoyens. C'est la Société québécoise de l'information
juridique qui s'occupe de ce projet, et, d'ailleurs, ils ont reçu un prix, en 2022, le... bien, en fait, ils
étaient en... finalistes pour le prix Zénith, dans la catégorie communication,
donc ça montre que, clairement, ce qui est fait, ça correspond aux besoins des
citoyens.
En me promenant
également sur le site, ce que j'ai vu, c'est qu'on peut presque, et j'utilise
le mot «presque», divorcer en un clic de
souris, parce qu'il y a un service pour les couples qui ne sont... qui n'ont
pas d'enfant né de leur union et qui veulent divorcer à l'amiable. Et
c'est assez simple, comme façon de faire, c'est assez impressionnant. En fait,
il y a des... on se crée un compte, il y a un questionnaire, par la suite, il y
a des questions personnalisées en fonction de la situation. Et, souvent, ça
peut être compliqué, pour les gens qui tentent de se repérer dans le système judiciaire, de récupérer, de rassembler tous les
papiers, notamment pour les demandes de divorce. Alors, c'est un outil très,
très simple. Il y a également des bottins, là, après... à chaque page, il y a
des bottins avec les professionnels auxquels on pourrait avoir accès, notamment
des avocats, des notaires, et tout ça. Alors, j'ai trouvé ça très convivial, et c'est vers ça qu'il faut aller, vers de
l'information vulgarisée, simple, claire, concise. Alors, c'était mon préambule,
mais j'en viens à mes questions, M. le
ministre. Ce que j'aimerais savoir, en fait, c'est : Des nouveautés comme
celle-là, est-ce qu'il y en a d'autres qui sont à venir?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Bien, pour la SOQUIJ, je pense que c'est un organisme... une société
d'État, c'est une société d'État qui est...
qui est mal connue un peu, je vous dirais, mais c'est une société d'État qui
est fort importante. Parce que, justement, leur objectif, c'est, entre
autres, de vulgariser la justice et de faire en sorte qu'ils sont... qu'ils
diffusent, notamment, qu'ils font de la traduction de jugement et qu'ils
permettent aux citoyens de retrouver des jugements. Puis vous avez raison de
dire que, sur le site JuridiQC, qui a été mis en place par la SOQUIJ, bien, ça
permet de faire en sorte d'avoir de l'information et notamment sur, supposons,
les procédures de divorce conjointes.
Maintenant, avec...
On parlait de l'intelligence artificielle. Bien, les justiciables qui se
représentent seuls peuvent verser leurs informations, quand il n'y a pas
d'enfant, là, quand c'est une demande de divorce conjointe qui n'est pas
contestée. Donc, quand les gens sont heureux de se divorcer conjointement,
alors, ils peuvent. Ça génère quatre documents avec les informations. Puis tout
ce qu'ils ont à faire, à partir du moment où les informations sont générées,
ils peuvent aller les déposer à la cour. Donc, ça permet d'accompagner les
personnes dans ce processus-là.
L'autre point qui est
important sur le site de la SOQUIJ... Et on a insisté aussi en matière
d'information juridique. Vous savez, on
lutte beaucoup contre la violence faite aux femmes, contre les violences
sexuelles, les violences conjugales, et on a mis un bandeau également,
sur le site de la SOQUIJ, en tout temps, pour... Lorsque les gens recherchent de l'information juridique, ils ont
tout de suite les numéros de téléphone puis les informations disponibles s'ils
sont victimes de violence sexuelle ou de violence conjugale.
Et ils peuvent
aussi... ça me fait penser, parce qu'on a la Commission des services juridiques
avec nous, le fait qu'on... Le service Rebâtir est en place, donc une ligne
téléphonique qui donne quatre heures de service juridique gratuit à toute personne. C'est véritablement un
vrai succès. Et je tiens à remercier les représentants de la Commission
des services juridiques d'avoir mis ça en place, parce que ça permet vraiment
de répondre à un besoin, également les avocats et les avocates qui pratiquent à
la ligne Rebâtir. Donc, toute question, que ce soit sur n'importe quel sujet, exemple, je suis victime de violence conjugale,
j'ai des questions : Qu'est-ce qui va arriver avec la garde des enfants? Qu'est-ce
qui va arriver avec la maison? Qu'est-ce qui va arriver avec la garderie,
l'école? Est-ce que mon conjoint va pouvoir
voir les enfants? Est-ce qu'il va devoir payer une pension alimentaire? J'ai un
statut d'immigration précaire, mais je suis dans une relation toxique,
qu'est-ce qui va m'arriver, quel est mon statut? Alors, les avocats de la
commission des affaires juridiques qui sont sur la ligne Rebâtir, on a
15 avocats qui travaillent là, c'est un investissement
majeur de l'État québécois pour, justement, accompagner les gens sur leurs
droits et les renseigner adéquatement.
Et, en réponse à
votre question : Bien, ça va être quoi, les nouveautés à venir? Bien, on
va mettre le thème du logement, qui va se
concentrer sur le parcours du locataire. Je suis convaincu que le collègue de
Saint-Henri—Sainte-Anne
va être heureux, et il pourra constater, avec sa formation politique, qu'on
renseigne les gens adéquatement sur leurs droits en matière de logement. Donc,
il va y avoir également une série de balados, hein, de quatre épisodes sur la
séparation et le divorce et également sur le thème du travail, les événements
de vie à être précisés auprès du citoyen, également. Alors, plein
d'informations qui sont simples et accessibles, justement, au bénéfice des
citoyens, pour être bien renseigné sur... juridiquement.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée,
oui.
Mme Bourassa :
Parfait. Je continue?
Le
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y,
allez-y.
Mme Bourassa :
Parfait. OK. Bien, effectivement, c'est un service qui a été beaucoup
utilisé. Je ne sais pas si on avait les statistiques d'utilisation, mais je
sais qu'il y a, d'ailleurs, des sondages qui ont été effectués auprès des
citoyens, parce que c'est ce qu'on veut, quand on met un service en place,
c'est, par la suite, voir si ça correspond à l'attente,
aux attentes des citoyens. Alors, il y a des sondages qui ont été envoyés aussi
pour savoir le taux de satisfaction, mais aussi qu'est-ce qu'il faudrait
changer, s'il y a des choses qui peuvent être ajoutées, effectivement.
Il faut dire que l'information juridique, puis
on l'a vu en commission parlementaire, beaucoup de groupes nous disent que
c'est vraiment ça, la problématique, la compréhension des citoyens, que ceux
derrière moi appellent souvent les judiciarisés. Moi, je
préfère les appeler les citoyens. Parce que c'est difficile d'avoir beaucoup de
connaissances dans le milieu juridique. Puis
souvent, quand les gens sont... doivent faire appel aux services judiciaires,
bien, ils sont dans un état préoccupé, parce que, quand on a affaire aux
services de justice, souvent, ce n'est pas de gaieté
de coeur, c'est lorsqu'il y a un litige qui est en cours. Alors, on veut que ce
soit simple, que les gens soient guidés. Alors, les gens ont été quand même nombreux, après la mise en place de
ce service, à répondre, et les taux de satisfaction étaient quand même
très élevés, là. Mon collègue va pouvoir répondre à cette question-là lorsqu'il
va revenir.
• (17 h 10) •
Bien, ce qu'on voulait savoir aussi,
c'est : Comment est-ce qu'on peut, nous, au gouvernement, puisqu'on a,
bien sûr, le fardeau de contrôler les finances et de gérer les finances...
comment est-ce qu'on peut aider les citoyens en répondant le mieux possible à
leurs questionnements? Alors, M. le ministre, ce que je voulais savoir,
c'est : Est-ce que vous avez en main
les taux de satisfaction de ce service, qui est quand même nouvellement... je
crois que c'était depuis le début de cette année, là, qu'il est en...
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...bien, je
pense que, dans toute chose, la satisfaction est très importante. Alors, les...
on a effectué un sondage pour monitorer le tout, notamment auprès de
1 718 répondants, pour les avoir consultés, donc, relativement au
taux de notoriété, donc, qui est de 31 %. Les citoyens nous ont dit
également que l'information était facile à repérer, dans un taux de 68 %,
les ressources, dans un taux de 69 %, puis les informations, la facilité
avec laquelle elles sont à comprendre, de
76 %. Puis ça, je pense, c'est fort important, parce que... Bon, ici, il y
a beaucoup de juristes dans la salle, sauf que les citoyens, pour eux,
parfois, le système de justice, il peut paraître éloigné. Donc, l'importance de
la vulgarisation... il est fort important.
Et, à la lumière des... du sondage, pour avoir
monitoré le tout auprès des citoyens, à la suite du... de ce sondage-là, on constate que les taux sont assez
élevés où est-ce que les citoyens se retrouvent satisfaits du fait que
l'information, elle est claire, elle est disponible. Et probablement que
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
a déjà fureté sur le site JuridiQC pour
constater à quel point l'information, elle est claire. Alors, je pense que ça
valait la peine d'investir sur ce site-là, dans un souci d'accès à la
justice et d'information juridique.
Et ça me fait penser que, dans les démarches que
nous faisons, on a adopté deux projets de loi pour faire en sorte que les
étudiants universitaires peuvent donner des conseils et des avis juridiques
désormais. Et ça, ça va permettre d'aider les gens qui n'ont pas nécessairement
les moyens d'aller voir un avocat, d'être... d'avoir un début de commencement de comment être renseignés sur
leurs droits, leurs obligations. Et, même, avec mes collègues, l'an dernier,
avec le projet de loi n° 34, on a fait en sorte que les avocats et les
notaires, désormais, peuvent pratiquer dans un organisme à but non lucratif et
donner des conseils et des avis juridiques. Donc, ça, également, ça faisait
longtemps que c'était réclamé par le milieu communautaire, et je pense qu'en
matière d'accès à la justice c'est fort important.
Donc, ça va permettre également à des avocats à la retraite de donner des
conseils, des avis juridiques. Un avocat qui a pratiqué toute sa vie,
qui ne fait plus de représentation mais qui souhaite donner de son temps pour
mieux renseigner les gens, je pense que
c'est approprié. Donc, ce sont des mesures d'accès à la justice, tout comme le
site Web de JuridiQC.
Autre
pourcentage intéressant, 82 % des gens recommandent qu'un... recommandent
d'utiliser le site, donc, en termes de référence, pour dire : Bien, j'ai
eu une expérience satisfaisante, et 67 % des gens disent : J'ai
confiance pour entamer des démarches juridiques
à la suite de la consultation du site. Et 80 % des... 81 % des
citoyens recommandent que... de consulter un professionnel du droit
aussi à la suite de ça.
Donc, voyez-vous, je pense que le fait de...
plus on donne de l'information juridique, plus ça va permettre aux gens d'être
outillés et d'avoir une opinion sur leurs droits. Et ça s'inscrit dans la
perspective de l'État québécois, puis ça, je
pense que c'est tous les gouvernements qui partageraient cette idée-là. On fait
face à des défis devant le système de
justice, il y a de plus en plus d'autoreprésentations devant les tribunaux.
Puis là les tribunaux doivent souvent renseigner les gens à partir du
moment où ils se représentent seuls. Donc, si, en amont...
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Jolin-Barrette : Oui, je
termine. Si, en amont, ils ont été mieux informés sur leurs droits, sur le
système de justice et comment ça fonctionne,
bien, ça va, justement, permettre d'être plus efficaces un coup qu'ils sont
rendus devant les tribunaux et qu'ils sont non représentés.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de
l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, puisqu'on parlait de sondages et d'information, votre
ministère a fait effectuer des sondages pendant la dernière année, mais il n'y
a eu aucun sondage, en fait, semble-t-il, qui a été fait pour le Fonds d'aide
aux victimes d'actes criminels, ni au Fonds des registres, ni au Fonds relatif
aux contrats publics. Est-ce qu'il y a une raison particulière?
M. Jolin-Barrette : Il n'y a
pas de sondages qui ont été effectués sur ces registres-là.
M. Morin : Exactement. En
fait... puis pas pour le Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels non plus.
M. Jolin-Barrette :
...le Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels, dans le fond, il sert à
financer les organismes. Donc, il y a des appels à projets annuellement, et là
le ministère de la Justice octroie des sommes par le biais du Fonds d'aide aux
victimes d'actes criminels. Tu sais, la façon qu'il est financé, le Fonds
d'aide aux victimes d'actes criminels, c'est, exemple, sur les constats
d'infraction, bien, il y a une partie des frais qui va au Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels. Je pense
qu'auparavant c'était 8 $. Là, c'est rendu... le Fonds d'aide aux victimes
d'actes criminels, c'est rendu 10 $ qui s'en va directement au
fonds d'aide d'actes criminels puis 4 $... 8 $... C'est ça, c'est 10 $ au Fonds d'aide... au Fonds d'aide aux
victimes d'actes criminels, 8 $ au Fonds Accès Justice. Puis 25 % du
montant total de l'amende, ça, ça s'en va au fonds consolidé.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Merci. Alors,
toujours en ce qui a trait à l'accès à la justice puis la sensibilisation pour
le public, en ce qui a trait aux campagnes
de publicité et puis de sensibilisation, on a demandé combien il y avait eu de
campagnes, les coûts. Et puis la
réponse qu'on a reçue : pour le ministère, aucune, pour le fonds d'accès à
la justice, aucune, pour le Fonds
d'aide aux victimes, aucune. Donc, finalement, vous n'avez pas fait aucune
campagne de publicité et de sensibilisation pour la population en
général?
M. Jolin-Barrette : Bien,
pas par le biais de ces... de ces organismes-là, mais il faut comprendre
qu'exemple, au Fonds Accès Justice,
dans les projets que nous avons qui sont retenus par le projet Accès Justice,
je pense que c'est... quoi, c'est 500 000 $ par année dans le
Fonds Accès Justice, des appels à projets?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 650 000 $.
Donc, dans le 650 000 $ dans le Fonds Accès Justice, il y en a qui
font de la publicité, ou des campagnes, ou
des balados, ou des projets particuliers. Donc, ce n'est pas tant le rôle...
Dans le fond, les projets sont sélectionnés, le financement est donné,
puis il y a un comité qui fait des recommandations pour les projets à sélectionner pour le Fonds Accès
Justice. Là, les projets sont soumis, c'est à hauteur de... jusqu'à concurrence
de 50 000 $, je crois, et là eux font le projet qui est déterminé.
Donc, on se sert du fonds, justement, pour financer des appels à projets comme
ça.
Même chose pour le Fonds d'aide aux victimes
d'actes criminels, à ce moment-là, ils... on finance les projets. Je vous donne
un exemple, là, la question 22 des renseignements particuliers de
l'opposition officielle, là, pour le... ça,
c'est le FAVAC, le Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels. Bien, dans
les... dans les projets qu'il y a pour... supposons, pour les victimes, bien, l'Université de Montréal, supposons, il y a une somme de 9 987 $
qui leur a été octroyée pour l'examen
de l'effet des chiens de soutien lors d'entrevues d'enquête auprès des enfants.
À l'Université de Montréal, action des proches et perceptions des femmes
victimes de violence conjugale à l'égard de ces actions, prise en compte des
particularités ethnoculturelles dans la proposition adaptée. L'Association
québécoise Plaidoyer-Victimes,
80 587 $, les victimes d'actes criminels qui se représentent seules
devant les tribunaux. Donc, il y a une série de mesures dans le cadre du
FAVAC qui sont financées, même chose pour le Fonds Accès Justice. Attendez, je
vais trouver ça, donc...
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie, oui,
allez-y. Oui.
M. Morin : Oui.
Alors, très bien. Donc, si on continue avec la gouvernance, avez-vous la
réponse, M. le Président, à la question que je posais, tout à l'heure,
en ce qui a trait au comité concernant la capacité de détention au Nunavik,
pour le nombre de fois où ils se sont réunis et le travail qui a été accompli?
Des voix : ...
M. Morin : Aucune? Donc, le
mandat de ce comité-là, c'est de travailler, puis vous pourrez nous informer
davantage sur toute la question de la capacité de détention, toutes les
enquêtes pour remise en liberté, ce qui pose un enjeu majeur dans le système.
Le comité ne s'est pas réuni une seule fois?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, vous aurez constaté que, depuis les dernières années, il y a beaucoup moins de problématiques. Parce que, vous vous
souviendrez, vers 2016, à peu près, la Protectrice
du citoyen, à l'époque, avait
clairement indiqué qu'il y avait des enjeux en matière d'enquête sur mise en
liberté dans le Nord. Parce que ce qui arrivait,
supposons, si vous étiez arrêté, supposons, dans un des 14 villages ou,
supposons, prenons Puvirnituq, puis là ce qui arrivait, c'est qu'ils prenaient le détenu, ils l'amenaient à
Montréal. À Montréal, ils le transféraient à Saint-Jérôme puis, ensuite,
de Saint-Jérôme, ils l'amenaient à Amos, OK? Puis là il comparaissait à Amos.
M. Morin : Exact.
• (17 h 20) •
M. Jolin-Barrette : Comme on
dit, c'était la grosse run de lait, puis la personne, avant d'avoir son enquête
sur mise en liberté, pouvait passer, dans le fond, 10 jours avant de
pouvoir accéder à son enquête sur mise en liberté, ce qui n'avait aucun sens.
Là, désormais, 90 % des ententes se font par visiocomparution, parce qu'on
a amélioré la question
de la bande passante. Ça fait que ça se fait directement dans la communauté,
maintenant, alors c'est beaucoup mieux. Puis également il y a un pont
aérien qui peut être mis en place, également, et on avait eu ça auparavant,
avant la pandémie. Même... excusez-moi, je
dis 90 %, 92 % que ça se fait par visioconférence, désormais, alors
c'est... ça ne représente plus un enjeu.
M. Morin :
Parfait. Merci. Alors, on parle aussi d'imputabilité.
M. Jolin-Barrette : Là, peut-être un dernier
point aussi, là, on a ajouté deux juges en Abitibi, aussi, pour faire la
cour itinérante, en fonction des besoins de la cour itinérante, là, puis on
a...
Le Président
(M. Bachand) : ...allez-y.
M. Jolin-Barrette :
Dernier... dernier petit point.
M. Morin :
Rapidement.
M. Jolin-Barrette : On a pris des ententes
supplémentaires aussi avec les communautés pour que les locaux de la
cour itinérante soient adaptés, enquêtes sur mise en liberté aussi.
M. Morin :
D'accord. Quand on parle de gouvernance, d'indicateurs, d'imputabilité,
vous avez également un groupe de travail en matière pénale qui vise à
travailler et valider des indicateurs, en matière pénale, évidemment, pour être
efficaces. Savez-vous combien de fois ce comité-là s'est réuni l'an passé?
M. Jolin-Barrette :
Je vais vérifier, je vais vous revenir. Il y a...
M. Morin :
Puis vous avez également un comité interministériel de développement
durable. On parle, évidemment, de l'impact de la pollution, lutte aux
changements climatiques. J'aimerais ça savoir quel est le mandat de ce comité puis combien de fois il s'est réuni,
également, s'il vous plaît, M. le Président, donc vous pourrez regarder.
Maintenant, si on
revient...
M. Jolin-Barrette :
...bien, juste un point, il y a énormément de comités, puis ils se
réunissent à réunions variables. Cependant,
il y a un volet sur la question de la détention, là, c'est fort important. Là,
on est en matière de justice, mais c'est le ministère de la Sécurité
publique qui est responsable au niveau de la détention pour les détenus, pour
les prévenus aussi.
M. Morin :
Oui, mais ce comité-là vise à traiter... En fait, il ne s'est pas réuni, là,
mais il vise à traiter... Il y a la capacité de détention, mais il y a les
enquêtes pour remise en liberté puis les solutions possibles. Donc, ça, ce
n'est pas uniquement le ministère de la Sécurité publique.
Maintenant, si on
revient à tous les services aux autochtones, dans votre ministère, combien
avez-vous, présentement, de programmes qui aident à traiter la toxicomanie dans
les différents tribunaux, puis le montant qui est alloué à ça?
M. Jolin-Barrette :
Est-ce... M. le Président, juste pour bien comprendre la question, est-ce
que c'est dans les communautés autochtones?
M. Morin :
Communautés autochtones, oui, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Combien de programmes on
a dans les communautés autochtones pour toucher la toxicomanie?
M. Morin :
Oui. Exact. Tout à fait, M. le Président.
M. Jolin-Barrette :
Je... on est en train de faire la vérification, donc. OK. Donc...
M. Morin :
Et, pendant que... pendant, M. le Président, qu'il y a des recherches qui
sont faites, j'aimerais également savoir combien vous avez de programmes, de
mesures de rechange pour les populations autochtones, le budget qui est alloué,
le nombre de dossiers, les succès et les récidives.
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : OK. Alors,
je peux répondre à la première question. Il existe trois programmes de
traitement de la toxicomanie de la Cour du Québec, qui sont en vigueur au
Québec, donc dans le district judiciaire de Montréal et dans le village
nordique de Puvirnituq et de... Akulivik, pardon. Donc, l'entente couvre la
période du 1er avril 2018 au
31 mars 2023. Pour l'exercice financier 2022-2023, la contribution
fédérale maximale était de 1 125 000 $. Donc, chaque ministère et
organisme qui participe au Programme de traitement de la toxicomanie de la Cour
du Québec assume, à même ses budgets de financement, le programme.
Votre deuxième
question...
M. Morin :
En fait, je voulais savoir combien vous avez de programmes de rechange,
mesures de rechange pour les populations autochtones, le nombre de dossiers,
les succès et les récidives.
M. Jolin-Barrette : OK. Donc, dans les... le
Programme de mesures de rechange, il est offert dans 27 communautés et villages autochtones. Donc, ça se fait par le
biais de protocoles d'entente entre le Directeur des poursuites criminelles et
pénales et les autorités politiques des nations autochtones.
Alors, dans les
nations qui sont visées, il y a les Mohawks, à Akwesasne, il y a la nation
crie, pour Mistissini, Waskaganish,
Whapmagoostui, Chisasibi, Waswanipi,
Nemaska, Oujé-Bougoumou, Wemindji.
Bon, pour la nation inuite, il y a Aupaluk, Kangirsuk, Kuujjuarapik,
Puvirnituq, Salluit, Quaqtaq, Kuujjuaq,
Kangiqsualujjuaq, Inukjuak,
Kangiqsujuaq, Tasiujaq, Umiujaq; pour les... pour la nation attikamek,
vous avez Opitciwan, Manawan... Wemotaci; pour la nation naskapie, vous avez Kawawachikamach; pour les
Micmacs, vous avez Restigouche; puis, pour la nation algonquine, vous
avez Kitigan Zibi.
M. Morin : Et il y a combien de
dossiers qui sont traités dans le cadre de ces programmes de mesures de
rechange? Et quels sont les succès qui sont, évidemment, obtenus?
M. Jolin-Barrette :
Oui. On est en train de faire les recherches pour voir si on a
l'information relativement...
M. Morin :
Donc, je comprends,
éventuellement, M. le Président, que cette information-là pourra être donnée. Je
vous remercie. Pouvez-vous me rappeler, M. le ministre, le temps médian pour
régler les causes, que ce soit criminel ou civil, à Kuujjuaq?
M. Jolin-Barrette :
À Kuujjuaq. Ce ne sera pas long, on va vous donner l'information.
M. Morin :
Très bien. Entre-temps...
M. Jolin-Barrette :
Puis un des défis, là, puis le rapport Latraverse en parlait, relativement
aux dossiers en matière criminelle, la population, elle est très judiciarisée
dans le Nord. Donc, souvent, il y a des personnes qui se retrouvent en bris,
parce qu'ils ne restent pas leurs conditions, ou ils ne se présentent pas où
ils sont mandats, parce que, pour de multiples raisons, ils ne se présentent
pas à la cour. Puis un des enjeux que nous souhaitons régler, avec la présence du Directeur des poursuites criminelles et pénales, avec les procureurs, avant l'audience, c'est de
rappeler aussi l'importance, pour les
victimes, d'être présentes à la cour, pour ne pas qu'il y ait des reports de
dossiers notamment aussi. Parce qu'il arrive fréquemment que, supposons,
la victime n'est pas là ou l'accusé n'est pas là, ne se présente pas, il se retrouve dans une problématique où le
procès ne peut pas avoir lieu aussi. Donc, c'est important d'avoir cette
sensibilité-là puis cet effort-là qu'on doit
faire aussi pour que le système de justice soit compris aussi dans les différentes
communautés. Alors, est-ce que le taux de...
M. Morin :
M. le Président, alors, puisque...
M. Jolin-Barrette :
...le taux de réussite du PMRG, on me dit, général, c'est 93,2 %.
M. Morin :
Donc, ça permet, au fond, de
moins judiciariser les dossiers où ce sont des Inuits ou des membres des
Premières Nations qui sont poursuivis.
M. Jolin-Barrette :
C'est des mesures de rechange, dans le fond.
M. Morin :
Exact.
M. Jolin-Barrette : Parce
que l'idée là-dedans, quand les individus, supposons, ont des enjeux de
toxicomanie, supposons, ou de
dépendance, c'est le fait de les aider à retrouver le cours de leur vie et non
pas nécessairement de les judiciariser, là.
M. Morin :
...monsieur... M. le Président, donc, évidemment, on me donnera la réponse
pour le temps moyen d'une cause criminelle
et civile à Kuujjuaq, mais vous avez... Quand vous parliez, tout à l'heure, M.
le ministre, des conditions de remise
en liberté, c'est certain que, tout dépendant des conditions qui sont données,
ça peut permettre à une personne, évidemment, de commettre une
infraction.
Si, par exemple, vous
donnez à quelqu'un de ne pas rencontrer une autre personne, puis qu'ils vivent
dans une communauté où il n'y a pas beaucoup de monde, il y a des bien bonnes
chances qu'il risque de rencontrer la personne en question. Donc, il va y avoir
un bris de condition. Allez-vous donner des directives pour qu'il y ait des
conditions de remise en liberté, en matière pénale, qui soient adaptées aux
communautés autochtones et inuites pour éviter ce genre de problématique là?
M. Jolin-Barrette :
Alors, il y a... le Directeur des poursuites criminelles et pénales
m'informe qu'il y a déjà des directives à cet effet-là. Est-ce que vous
souhaitez entendre le Directeur des poursuites criminelles et pénales sur ce
point-là?
M. Morin :
Je préférerais vous entendre, vous, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Écoutez, moi aussi, j'ai mes préférés, puis ça me fait plaisir que vous me
préférez. Alors, il y a... il y a déjà des
directives. Vous savez, Me Michel est très sympathique aussi, là. Donc, il y
a... oui, il y a déjà des directives qui sont données. Pour les délais,
ça, c'est médian, moyen?
Une voix :
...
• (17 h 30) •
M. Jolin-Barrette : Médian. Bon. Pour les délais moyens... pardon,
médians, excusez, médians, à votre précédente question, pour la baie
d'Ungava, la région de Kuujjuaq, c'est 302 jours, pour la baie d'Hudson,
c'est 212.
M. Morin :
Merci. Donc... et, oui, il y a des directives. Je vous... je vous remercie.
Maintenant, pour le Nord, notamment à Kuujjuaq,
vous avez combien d'employés inuits qui travaillent pour le ministère de la
Justice à Kuujjuaq?
M. Jolin-Barrette :
Oui, je vais vous revenir avec la réponse. On m'indique également, du côté
du Directeur des poursuites criminelles et
pénales, que, bien entendu, les procureurs évitent de demander des conditions
qui placent nécessairement le contrevenant en contravention avec
l'objectif de la mesure. Donc, les procureurs, lorsqu'ils font leurs
représentations, c'est sûr que, s'il n'y a pas de logement suffisant, ils ne
demanderont pas une interdiction de contact à la communauté. Donc, c'est pris
au...
M. Morin :
C'était le but de ma question, M. le Président, là.
M. Jolin-Barrette :
...au cas par cas. Donc...
M. Morin :
Je suis satisfait de la réponse de M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
OK. Pour...
M. Morin :
Donc, si on continue, pour les employés inuits qui travaillent pour vous à
Kuujjuaq?
M. Jolin-Barrette :
Oui. On a 14 interprètes de langue inuite, donc, à l'emploi et on a
une employée aussi.
M. Morin :
Et ce sont des employés à temps plein ou des employés contractuels?
M. Jolin-Barrette : C'est des employés
contractuels et les autres employés que nous avons sont basés à Amos,
qui soutiennent la région.
M. Morin :
Donc, les employés inuits, à Kuujjuaq, sont contractuels. Les employés à
Amos, est-ce que ce sont des Inuits?
M. Jolin-Barrette :
Est-ce que ce sont des?
M. Morin :
Inuits?
M. Jolin-Barrette :
Non.
M. Morin :
Est-ce qu'ils sont permanents ou contractuels?
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, pour tous les employés que nous avons, on souhaite les
permanentiser dès qu'on peut.
M. Morin :
Pardon?
M. Jolin-Barrette : Pour tout employé, on
souhaite les permanentiser. Donc, même les employés contractuels qu'on a, même
dans le Nord, s'ils souhaitent devenir permanents, on souhaite qu'ils
deviennent permanents.
M. Morin :
Mais avez-vous la capacité puis un programme pour rendre ces emplois-là
permanents?
M. Jolin-Barrette :
Oui. Ce qui arrive, c'est que, souvent, supposons, il n'y a pas les
minimums pour être embauché permanent. Donc, ce qu'on fait, on les engage
contractuels puis on leur donne la formation pour qu'ils puissent accéder au
statut de permanent...
M. Morin :
D'accord. Donc, mon temps est écoulé. Parfait, je...
M. Jolin-Barrette :
...en vertu des règles de dotation.
Le
Président (M. Bachand) : Il reste une
vingtaine de secondes que vous allez pouvoir reprendre tantôt.
M. Morin :
Pardon?
Le
Président (M. Bachand) : Il restait
une vingtaine de secondes qu'on va additionner tantôt.
M. Morin :
Une vingtaine. D'accord. Alors, je continuerai tout à l'heure. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Donc, je
céderais la parole au député de Camille-Laurin pour une période de
14 min 44 s. M. le député, s'il vous plaît.
M. St-Pierre
Plamondon : Oui, M. le Président. Salutations au ministre. J'ai eu le
bénéfice d'écouter les échanges entre les
oppositions et le ministre et, évidemment, les sujets qui ressortent, c'est le
manque d'investissement dans le
système de justice, le manque de ressources, pénurie de main-d'oeuvre. Et donc,
en introduction, juste pour orienter mes questions, j'aimerais rappeler
ce qui s'est passé sous le régime libéral, parce que c'est important de tenter
d'améliorer comment on gère notre système de justice. Rappelons-nous qu'à
l'époque plusieurs voix s'élevaient par rapport à des inquiétudes, des
inquiétudes légitimes vis-à-vis les conséquences potentielles de l'arrêt
Jordan. Et, à l'époque, la ministre Vallée et le gouvernement Couillard
répondaient qu'il n'y avait pas de problème de manque de ressources, qu'on avait ici un enjeu de culture.
Il fallait changer la culture, alléger les procédures. Or, on connaît la suite.
Il
y a eu quelques juges d'ajoutés, des projets de loi pour améliorer l'efficacité
de la justice, mais les ressources n'ont pas suivi et on n'a donc pas pu
éviter ce qu'on peut qualifier d'hécatombe d'arrêts de procédures, donc des
accusés de meurtre, d'agressions sexuelles, de fraudes, un paquet de personnes
qui s'en sont sorties avec un arrêt de procédures
faute de ressources. Et c'est en 2018 seulement que le gouvernement Couillard a
dépensé d'un trait 500 millions de dollars pour essayer de soutenir
le système de justice, mais, évidemment, le mal était fait.
Les mêmes questions,
je pense, doivent se poser ici, là, c'est-à-dire que je veux bien qu'il y ait
une culture, qu'il y ait des négociations,
mais la question des ressources pour faire fonctionner notre système de justice
me semble fondamentale, pénurie de greffiers, de personnel de soutien
qui oblige les juges à annuler des séances, les délais qui s'allongent. Donc, ce sera le sens de mes
questions, parce que je note, dans un contexte d'inflation, que les ressources
supplémentaires allouées à notre système de justice semblent disproportionnées
avec les besoins urgents.
Je vais commencer par
le sujet central, M. le Président, donc, tout ce qui touche les requêtes
Jordan. Nous avons, au Parti québécois,
envoyé une demande de renseignements particuliers au ministère de la Justice
dans laquelle nous demandons, et je cite, les «statistiques sur le
nombre d'accusés libérés à la suite d'une requête en arrêt de procédures pour délais raisonnables depuis l'arrêt
Jordan rendu le 8 juillet 2016, indiquer le nombre de requêtes présentées,
le nombre de requêtes entendues, le nombre de procès abandonnés, le
nombre de dossiers à risque dans les six prochains mois, voire un an, deux
ans».
Le
ministère de la Justice nous a répondu que la réponse se trouvera dans le
cahier DPCP. Or, le cahier DPCP, en page 24, nous dit que la
réponse nous sera fournie par le ministère de la Justice. Donc, je pense
qu'aujourd'hui les deux sont là. Donc, ma
question, puis la première qui, je pense, est importante : Est-ce que
quelqu'un peut me donner une réponse sur le nombre de requêtes Jordan ou
le nombre de procès annulés? C'est ma question, M. le ministre.
Le
Président (M. Bachand) : M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Alors, finalement, la
réponse était dans le cahier de l'opposition officielle, à la question 89.
Alors, cette année, il y a eu 24 arrêts de procédures pour des délais
raisonnables demandés par la défense et autorisés par un juge qui ont été
constatés. Mais, de ce 24 là, dans le fond, ça touche 24 accusés
distincts, mais, dans le fond, ça touche 17 dossiers parce qu'il y avait
des coaccusés dans certains districts... dans certains dossiers.
M. St-Pierre
Plamondon : M. le Président, ma question, c'est : Combien de
requêtes Jordan, en ce moment, sont pendantes?
M. Jolin-Barrette :
À la grandeur du Québec, est-ce qu'on a l'information sur le nombre?
Une voix :
...
M. Jolin-Barrette :
Oui. Ça, ce n'est pas comptabilisé, le nombre de requêtes qui sont présentées.
Parce que vous comprendrez que, dans un
procès, dans n'importe quel procès criminel, il peut y avoir une multitude de
requêtes qui sont présentées au fur et à mesure du dossier, mais le
ministère de la Justice ne compte pas chacune des requêtes en fonction d'est-ce que c'est une requête
Lavallée, est-ce que c'est une requête Babos, est-ce que c'est une requête en
arrêt des procédures. Ce qu'on comptabilise, parce qu'on souhaite que nos
ressources soient consacrées prioritairement au traitement des dossiers,
mais ce qu'on comptabilise, c'est combien d'arrêts de procédure. Ça fait que
s'il y a une requête qui est acceptée par le juge à cause d'un arrêt, ça, on le
comptabilise.
M. St-Pierre
Plamondon : M. le Président, c'est parce que le sens de ma question,
c'est de prévenir plutôt que de guérir. Donc, je comprends qu'on ait des
statistiques sur les arrêts de procédures, mais là je comprends qu'on n'a pas
de statistique sur les requêtes. Or, dans nos recherches pour essayer de
comprendre ce qui se passe, on a trouvé le mémoire du Procureur général du
Québec daté du 30 mars 2023 dans l'affaire concernant le renvoi relatif à
la décision de la juge en chef de la Cour du Québec de diminuer le nombre de
jours où siègent les juges affectés à la Chambre criminelle et pénale. Et on
trouve, au paragraphe 15, l'affirmation suivante : «En décembre 2022,
le ministère évalue qu'à titre de conséquence directe du changement de ratio,
environ 9 000 causes pourraient dépasser les plafonds fixés par la
Cour suprême dans l'arrêt Jordan et potentiellement faire l'objet d'une requête
en arrêt des procédures.» Donc, d'où vient ce chiffre de 9 000 si on n'a
pas de donnée?
M. Jolin-Barrette : Bien,
en fait, ce n'est pas... Vous, votre question à l'origine, c'était :
Combien de requêtes ont été présentées? Ça, c'est un estimé du nombre de
dossiers qui pourraient être hors délais. Dans le fond, là, et puis j'ai déposé à la commission tout à l'heure, puis
c'est sur le site Greffier, de disponible, dans le fond, ce tableau-là. Dans
le fond, actuellement, pour les délais 18-30 mois... Je peux vous en
donner une copie si vous voulez. En voulez-vous une copie papier?
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
Je vous écoute.
M. Jolin-Barrette : OK. Dans le
fond, supposons que vous prenez l'année 2019‑2020, on était à 90 %
des dossiers qui étaient à l'intérieur du
délai de 18-30 mois. Et là, cette année, on a glissé jusqu'à 78,9 %,
79,4 % des dossiers qui respectent le délai 18-30 mois. Avec
l'entente qu'on a signée avec la juge en chef, on va remonter jusqu'à 87,7 % des dossiers. Ça signifie que
13 % des dossiers pourraient être hors délais, mais ça ne signifie pas que
c'est en raison des actions de l'État, parce que la défense renonce,
supposons, aux dossiers.
M. St-Pierre Plamondon : Non,
non, ça, je comprends, M. le Président, mais je veux juste clarifier pour être
certain de la réponse. Le ministère estime que 9 000 dossiers sont à
risque au niveau des délais, mais il n'y a pas de comptabilité du nombre de
requêtes présentées pour une requête Jordan.
M. Jolin-Barrette : Non, parce
que les 9 000 dossiers, si le ratio demeurait intact, là, le un pour
un, la décision unilatérale de la juge en chef de la Cour du Québec, l'estimé
que nous avons, c'est qu'en fonction des délais,
en fonction de l'absence de date de cour, on avait 9 000 dossiers à
risque que nous, on est capables de voir quand est-ce que le dossier est
inscrit, donc quand est-ce que la dénonciation a été faite. Donc, c'est le
point de départ de la... du chronomètre, si
je peux dire, pour notre 18 mois, pour notre 30 mois. Donc, en
fonction du délai de l'introduction de la poursuite, ça permettrait
d'estimer à 9 000 dossiers le nombre de dossiers qui se
retrouveraient hors délais si le ratio
changeait parce qu'on n'avait pas de date de cour. Mais là, heureusement, on a
conclu une entente avec des cibles, des
objectifs, et avec un rajout de juges, donc 17 jours, jours-audience par
juge, plus on ajoute 14 ressources, ça va permettre d'enlever de la
pression sur le système de justice pour éviter, justement, que ces
9 000 dossiers-là soient à risque.
• (17 h 40) •
M. St-Pierre Plamondon : M. le
Président, donc, je clos cette section-là en suggérant au ministre, compte tenu
que 9 000 dossiers sont à risque, d'évaluer si une comptabilité du
nombre de requêtes en bonne et due forme qui sont présentées, c'est une
comptabilité qui puisse être faite de sorte qu'on soit en prévention. Parce
qu'évidemment, lorsqu'on a une comptabilité de ce qui est jugé hors délais,
bien, il est trop tard pour agir.
M. Jolin-Barrette : Bien,
le seul enjeu avec votre proposition, là... Je suis ouvert à votre proposition.
L'enjeu, c'est parce que, si mes
greffiers au comptoir, là, ils commencent à documenter chacune des requêtes,
ça, c'est une requête en arrêt des procédures, ça, c'est une Babos, ça,
c'est une Lavallée, ça, c'est une...
M. St-Pierre Plamondon : Non,
mais une Jordan, je veux dire...
M. Jolin-Barrette : Oui,
sauf que ce que je veux dire, le greffier, lui, normalement, là, ce n'est pas
lui qui distingue la nature de la
requête, vous comprenez? Puis déjà on est sur la corde raide relativement au
nombre de ressources. Ça fait qu'on veut affecter les greffiers aux
dossiers puis aux salles de cour.
M. St-Pierre
Plamondon : Vu que j'ai 15 minutes, donc, je prends acte
de la réponse du ministre. Je vais changer de sujet pour parler du
financement du système de justice en général.
Donc, comme je disais, le dernier investissement
sérieux dans le système de justice date de 2018. On avait ajouté
500 millions consacrés à la modernisation du système de justice. Or, le
sous-financement de la justice est chronique. Les besoins sont énormes en
termes de tarifs d'aide juridique, pénurie de main-d'oeuvre, rémunération du personnel de soutien, seuil d'accès à l'aide
juridique, amélioration de l'accès à la justice, réduction des délais, rénovation
et sécurisation des palais de justice.
Sous la CAQ, une nouvelle crise des arrêts de
procédures pour délais déraisonnables pourrait avoir lieu si on prend le
chiffre de 9 000. Je comprends, là, les nuances apportées par le ministre,
mais vous comprendrez qu'avec ce que je
viens de nommer comme problèmes liés au sous-financement, on est à risque à
plusieurs niveaux. Le juge en chef de la Cour supérieure est très
inquiet. Alors même que le ministre se voit dans l'obligation de faire des
sorties publiques, je
veux mentionner... J'en ai plusieurs, je pourrais... Je n'aurai pas le temps,
mais, notamment, en octobre 2021, au palais de justice de Montréal, des
greffières quittent les bureaux pour des emplois plus payants. Présentement, 20 % des juges n'ont pas d'adjoint puis des
huissiers-audienciers doivent régulièrement couvrir deux salles d'audience
en même temps. Donc, la réaction du ministère, c'était que, malgré le manque de
main-d'oeuvre, le ministère de la Justice assurait qu'il n'y a aucun problème
et qu'il se dit proactif pour pouvoir... pour pourvoir des postes en usant de «différentes stratégies innovantes d'embauche
et de recrutement». Ça, c'est entre guillemets. C'est vraiment ce qui a
été dit.
Donc, il y a eu plusieurs sorties en lien avec
le manque de ressources. La plus récente que j'ai trouvée, 24 mai 2022,
c'est une autre sortie du juge en chef de la Cour supérieure, au niveau de la
pénurie de main-d'oeuvre, qualifiant de catastrophe la pénurie de
main-d'oeuvre : «On vit une crise, on vit une catastrophe.» Donc, ça se poursuit. En juin 2022, un détenu incapable
d'obtenir une demande de remise en liberté dans les délais, et donc il dépose
une requête extraordinaire. Septembre 2022, un juge déplore le manque d'action
du gouvernement et le mutisme de la classe
politique sur la crise, en contexte de campagne électorale. Novembre 2022, le
nombre de demandes d'évaluations psychiatriques
de criminels a tellement augmenté que les experts ne suffisent plus à la tâche
par manque de ressources allouées par le gouvernement. Décembre 2022, un
violent criminel n'a plus à se soucier d'être déclaré délinquant dangereux en
raison des délais déraisonnables pour lui faire subir une évaluation
psychiatrique. Donc, je donne ces exemples-là pour montrer qu'il y a l'arrêt
Jordan, il y a tout ce qui fait fonctionner un système de justice, et,
lorsqu'il n'y a pas de ressource, évidemment, ça pose problème.
Donc, j'ai
des questions pointues pour essayer de comprendre l'état des lieux puis ce
qu'on va faire. Combien il y a de postes de greffiers-audienciers qui
sont actuellement vacants, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
en fait, j'ai déjà donné la réponse plus tôt, mais ça va me faire plaisir de
vous la redonner tout à l'heure. Mais juste un point relativement aux
ressources, là. En 2017, là, au mois d'avril 2017, le ministère de la Justice
comptait 3 505 employés, puis, en date du... en mars 2023, donc le
mois dernier, on comptait 4 315 employés. Donc, on est en hausse
constante depuis les dernières années par rapport au nombre de ressources. Ensuite, le budget, cette année, a augmenté de
5,8 %, le budget du ministère de la Justice, donc, ce qui est un des plus
hauts pourcentages d'augmentation de l'ensemble des ministères ici. Et, au
cours des quatre dernières années, plus du
quart du budget du ministère de la Justice, donc presque 26 %. Le budget
du ministère de la Justice... Donc, le ministère de la Justice a sa part
du lion en termes d'augmentation de... du budget du ministère de la Justice. Au
niveau du DPCP également, on n'a jamais eu
autant de procureurs aux poursuites criminelles et pénales depuis que le
gouvernement est là. Donc, on investit dans le système de justice.
L'autre
point, pour votre intervention, relativement à la Cour supérieure, 99 %
des dossiers à peu près en matière criminelle et pénale se retrouvent en Cour
du Québec et non pas en Cour supérieure. Ça, c'est le premier élément.
Pour la
question des greffiers. Est-ce que nous avons un défi de rétention et
d'attraction? La réponse, c'est oui.
M. St-Pierre
Plamondon : M. le Président, je suis obligé, vu mon temps
limité, de vraiment poser la question : Combien de postes vacants
chez les greffiers? C'est ça, ma question.
M. Jolin-Barrette : Alors,
pour la région métropolitaine, qui comprend Montréal, Lanaudière, Laval,
Longueuil, Laurentides, Montérégie-Ouest, c'est 100 postes qui sont
disponibles, et Capitale-Nationale et les régions, donc, qui comprend Chaudière-Appalaches,
Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Les Îles,
Côte-Nord, Outaouais, Montérégie-Est, Saguenay—Lac-Saint-Jean, Mauricie—Bois-Francs,
Abitibi, Nord-du-Québec, Centre-du-Québec, Estrie, c'est de... c'est 113, donc, pour un total de 213, mais ce
n'est pas uniquement des postes de greffiers, là, c'est des postes à pourvoir.
M. St-Pierre
Plamondon : Donc, s'il y a 213 postes à pourvoir, ma
question, combien de postes sont ouverts? Combien de concours sont
actuellement ouverts pour pourvoir ces postes?
M. Jolin-Barrette : On
est en recrutement continu. Donc, cette année, dans les palais de justice québécois,
là, on a embauché 1 242 personnes, donc au total, au MJQ, 1 708,
puis au... bien, dans les palais, 1 248... 1 242. Donc là...
M. St-Pierre
Plamondon : Mais ce que je comprends, M. le Président,
juste... Je comprends qu'on n'a pas de donnée sur le nombre de postes ouverts
quant aux 213 postes de greffier à pourvoir. Est-ce que c'est le cas, oui
ou non?
M. Jolin-Barrette : En fait,
tous les postes vacants sont ouverts.
M. St-Pierre Plamondon : Il y a
un concours, il y a un poste affiché pour chacun d'entre eux?
M. Jolin-Barrette : Tout est
ouvert.
M. St-Pierre Plamondon : Quelle
est la stratégie...
M. Jolin-Barrette : Si vous
voulez soumettre votre candidature, on est prêts à vous prendre.
M. St-Pierre Plamondon : Merci.
J'aurai la même pensée pour vous.
M. Jolin-Barrette :
Bien, peut-être qu'on va se retrouver là tous les deux. On serait des
acteurs intéressés au système de justice.
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
ce qui me fait demander, M. le Président, quelle est la...
Le Président
(M. Bachand) : 45 secondes, M.
le député.
M. St-Pierre Plamondon : Combien
de temps?
Le Président
(M. Bachand) : 45 secondes.
M. St-Pierre Plamondon : Quelle
est la stratégie que vous allez mettre en place pour pourvoir ces postes-là,
sachant que, là, on est à 200 quelques postes puis il ne se passe pas
grand-chose?
M. Jolin-Barrette : Bien, il y
a beaucoup de travail qui a déjà été fait, relativement aux campagnes de
recrutement. Puis, écoutez, embaucher 1 200 personnes dans une année,
moi, je trouve que le ministère de la Justice a fait une pas mal bonne job,
parce que, dès que vous embauchez quelqu'un, il faut également le former. Donc,
ça demande énormément d'efforts de la part des équipes, puis on réussit à
intégrer puis à faire fonctionner le système de justice. Puis on a des méthodes
alternatives aussi. Lorsque, supposons, vous faisiez référence à des salles de
cours qui n'étaient pas ouvertes, bien, désormais, on a une équipe de greffiers
à distance, que, si jamais il y a greffier qui est malade le matin puis que...
ou qu'il est malade, ou qu'il ne peut pas se présenter au travail, bien, on
peut basculer dans une autre région, ce n'est pas l'idéal, mais de façon
virtuelle. Ça fait que, pour éviter qu'une salle n'ouvre pas, ce qu'on se
retrouve, c'est que, lorsqu'une salle ferme, bien, on va chercher le greffier
dans l'autre salle.
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le
député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, rapidement, M. le ministre, est-ce que, présentement, au Nunavik,
toutes les communautés sont branchées avec la visioconférence?
M. Jolin-Barrette : On
m'indique que non. Je peux vous dire lesquelles ne sont pas branchées.
M. Morin : Bien, en fait,
donnez-moi le nombre. Est-ce que vous le savez? Puis pourquoi ne sont-elles pas
branchées?
M. Jolin-Barrette : Ça ne sera
pas bien long.
M. Morin : Alors, pendant que
les collègues cherchent...
Le Président
(M. Bachand) : Oui, allez-y, M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : J'aimerais savoir
également : Pour les avocats, les procureurs qui vont avec la cour
itinérante au Nunavik, est-ce que vous avez des programmes de formation
spéciale sur le mode de vie des Inuits?
Le Président
(M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, au
Directeur des poursuites criminelles et pénales, il y a de la formation sur la culture inuite et également sur la conception du
système de justice québécois pour la nation inuite. Donc, les procureurs,
avant d'aller dans le Nord, ont cette formation-là.
M. Morin : Merci. Et à l'aide
juridique?
M. Jolin-Barrette : Est-ce que
vous me permettez de céder la parole à Me LaFrance?
M. Morin : Non, je préférerais
vous entendre, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Me LaFrance,
est-ce qu'il y a de la formation?
Une voix : ...
Le Président
(M. Bachand) : ...directement au
ministre. Désolé.
M. Jolin-Barrette : Alors,
le président de la Commission des services juridiques m'informe qu'il y a de la
formation pour les avocats de l'aide juridique qui vont dans le Nord.
• (17 h 50) •
M. Morin : Parfait.
Merci. Avant, quand j'ai terminé l'autre bloc, on parlait de postes d'employés
inuits qui étaient contractuels à Kuujjuaq. Quand ces postes-là vont-ils
devenir permanents pour la rétention des populations locales au sein du système
de justice, ce qui aiderait grandement le ministère?
M. Jolin-Barrette : Oui. De ce
que je comprends, c'est qu'on souhaite permanentiser toutes les ressources que
nous avons par voie contractuelle de les rendre permanents. Par contre, les
règles de dotation font en sorte que, souvent, il y a un minimum requis pour
être permanent. Donc, il y a des examens, je crois, de la fonction publique à
remplir. Et donc on accompagne les employés dans leurs démarches de succès vers
l'examen de la fonction publique. Cependant, ça arrive parfois que les employés
ne réussissent pas l'examen de la fonction publique. Donc, on ne peut pas les
embaucher permanents à cause qu'ils n'atteignent pas... qu'ils ne passent pas
l'examen. Ça fait que c'est pour ça qu'ils sont contractuels. Et cette
situation-là n'est pas le cas uniquement du Nord, supposons, là, parce que, là,
je ne vous donne pas en cas d'exemples le Nord, mais, ce que je veux dire, dans
le Sud, ça se passe également. Dans nos palais de justice, ça arrive, des fois,
qu'on ait des employés contractuels qui ne réussissent pas à être permanents en
raison des règles de dotation, qui ne réussissent pas à passer l'examen, mais
leur contrat est renouvelé. Puis...
M. Morin : ...d'échec?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Je n'ai pas
cette information-là.
M. Morin : Alors, vous pourrez
nous la fournir, éventuellement?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Puis, dans le fond, l'employée que nous avons dans le Nord, elle a un double
contrat, soit un contrat d'interprète et d'agent de bureau. Donc,
c'était son... On m'indique que c'est son choix de travailler à honoraires à
titre d'interprète plutôt que d'avoir un contrat permanent en tant qu'agent de
bureau.
L'autre point également, tantôt, vous m'avez
demandé combien de communautés n'ont pas accès à Internet. Sur les 14, c'est
cinq communautés.
M. Morin : Parfait.
Je vous remercie. Est-ce que vous avez également des postes de parajuristes et
d'interprètes, qui sont capables
d'utiliser les langues des Premières Nations pour éviter qu'il y ait des
reports, pour encadrer les victimes, pour que le système fonctionne plus
efficacement?
M. Jolin-Barrette : Bien là...
M. Morin : Combien?
M. Jolin-Barrette : Dans le
Nord, on en a 14, interprètes, je pense, en langue inuite.
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Mais je
pense que c'est... Sous réserve, M. le Président, je pense, c'est 14.
M. Morin : Parfait.
M. Jolin-Barrette : Puis,
pour la question de l'Internet, là, dans le fond, on m'indique, là, que c'est
une question de fibre optique. Donc,
la fibre optique, éventuellement, va se rendre dans le Nord. Donc, on est au
travail, également, pour faire en sorte d'utiliser Starlink. Donc, c'est
ça, à partir du moment où les communautés vont être branchées, on va pouvoir
utiliser la visioconférence, ce qui va nous aider. Ça fait que l'Internet,
c'est satellitaire. Donc, il y a des contrats
du gouvernement du Québec qui ont été donnés avec Starlink. Ça fait qu'on
travaille avec eux pour le Nord, en attendant que la fibre optique
arrive également dans les différentes communautés.
Je voulais
vous dire aussi, oui, le nombre d'interprètes autochtones sous contrat. Donc,
pour les Inuits, c'est 14, les Cris, c'est 10, les Innus, 10, Naskapis, un,
communauté algonquine, un, Algonquins et Cris, un, Attikameks, trois, Micmacs,
un.
Des voix : ...
Le Président
(M. Bachand) : M. le député de
L'Acadie, oui, on continue.
M. Morin : Maintenant,
pour... J'aurais des questions pour le volet Numérisation de la justice, M. le
Président.
M. Jolin-Barrette : Juste une
précision.
Le Président
(M. Bachand) : Oui. Allez-y, M. le
ministre, oui.
M. Jolin-Barrette :
Donc, dans ceux que je vous ai nommés, c'est le nombre d'interprètes
autochtones sous contrat. Puis il y a une
autre catégorie, c'est non-interprète sous contrat qualifié, donc, qui ont
passé également un examen. Donc là, on en rajoute 10. Pour les Inuits, les
Algonquins et les Cris, huit supplémentaires, puis les Innus, deux. Ça veut
dire, pour le Nord, on en a 24 au total.
M. Morin :
Merci. Donc, si on regarde
maintenant la numérisation de la justice, le... Votre ministère a investi
beaucoup dans le programme Lexius. Donc, vous êtes rendus à quelle phase de
mise en oeuvre?
M. Jolin-Barrette :
Bien là, je suis heureux que vous me posiez la question parce qu'hier, qui
était lundi, on a livré la procédure, la... le volet de procédures non
contentieuses, et ça fonctionne avec succès. Alors, je tiens à remercier les équipes. On est rendus à la
phase II. Donc, ça signifie que les procédures non contentieuses peuvent
être déposées désormais en ligne. Donc, c'est ça.
Puis,
dans le fond, parallèlement à ça, le DPCP travaille sur l'informatisation, lui
aussi, avec GESTE. Et, au niveau de l'aide juridique aussi, il y a... je
ne me souviens plus comment s'appelle...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
IMAJ. Donc, l'ensemble des acteurs sont mobilisés pour le service
d'informatisation, de numérisation du système de justice.
M. Morin :
Puis est-ce que vous êtes en retard avec votre plan stratégique ou si les
délais et les échéanciers sont respectés?
M. Jolin-Barrette :
Bien, en fait, en 2018, quand Mme Vallée avait été chercher le... Parce
que, tantôt, vous avez dit le... Ah! je pense que c'est le député de
Camille-Laurin, il a dit 500 millions. Dans le 500 millions, ça ne
comprenait pas uniquement de l'argent pour l'informatisation, là, je pense que
c'était une centaine de millions qui était dans le plan de transformation. Et,
au départ, c'était cinq ans, mais, par contre, c'est davantage sur 2025. Donc,
il y a deux ans qui ont été rajoutés pour être en mesure de faire les
livrables.
Mais,
tu sais, exemple, là, dans la transformation de la justice, là, ce qui a été
livré, là, il y a eu le déploiement des audiences en salle virtuelle et
semi-virtuelle. Parce que, ça, c'est important de le dire, là, on est en 2023,
mais avant 2020, là, il n'était pas question
de faire des audiences virtuelles, là, ou très peu, très, très peu. Là, la
pandémie, je vous dirais qu'il y a eu beaucoup de points négatifs à la
pandémie, mais, pour le système de justice, ça a eu ça de bon, où est-ce que ça a donné un bon élan au système de
justice pour le moderniser. Donc, ensuite, il y a eu l'instauration du greffe
numérique à la Cour d'appel, la mise en place du Greffe numérique judiciaire du
Québec par la Cour du Québec et la Cour supérieure, la mise en place de la
signature et de la transmission électronique des jugements, la mise en place des séances d'information sur la parentalité après
la rupture à distance, le déploiement des comparutions de fin de semaine
et les jours fériés, paiement du cautionnement pour les comparutions tenues les
fins de semaine et les jours fériés par virement Interac, carte de crédit ou
argent comptant, de l'argent comptant, mise en ligne...
M. Morin :
Oui, parfait. Donc, vous êtes... Vous suivez vos échéanciers ou vous êtes
en retard? C'était ça, ma question.
M. Jolin-Barrette : Bien, je vous dirais
qu'on va être... On va être ferme sur 2025. Donc, on devrait tout livrer
pour 2025...
M. Morin :
Donc, vous visez 2025.
M. Jolin-Barrette :
...en matière de justice criminelle.
M. Morin :
Parfait. Maintenant, quand vous avez fait référence au travail... au DPCP,
il y a un projet à un moment donné qui
soulignait que les forces policières pourraient transmettre leurs dossiers
d'une façon numérique aux procureurs,
qui, par la suite, pourraient envoyer, par exemple, une dénonciation au greffe
pour qu'elle soit éventuellement assermentée,
tout ça étant fait d'une façon numérique. Vous être rendus où avec ce
projet-là? Est-ce que ça fonctionne?
M. Jolin-Barrette :
Alors, pour le projet... Ça, c'est le projet GESTE, dans le fond, que les
policiers vont pouvoir envoyer leurs informations directement, donc un dossier
entièrement numérisé. Donc là, on m'indique... Voulez-vous que Me Michel
réponde ou je réponds?
M. Morin :
Oui, oui, je vous écoute.
M. Jolin-Barrette :
OK. Donc, les deux projets d'affaires sont réalisés. On est rendu au
troisième projet d'affaires, donc, et il
reste à déployer le programme au sein des corps policiers progressivement. Vous
allez commencer par quel corps de police?
Une voix : Gatineau.
M. Jolin-Barrette :
Donc, on va commencer par Gatineau, puis ensuite?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Ah! OK, on
a... OK. Alors, Gatineau, c'est déjà comme ça. C'est déjà en vigueur. Donc, les policiers, quand ils mettent en état
d'arrestation un individu, ils transmettent au Directeur des poursuites
criminelles et pénales, la preuve?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Ah!
C'est un projet pilote, alors, pas tous les dossiers. Alors, on commence par
Gatineau, puis là, dans le fond, le procureur dans le cadre du projet
pilote, exemple, les types d'infraction qui sont transmis?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : OK. Alors,
demande d'intenter, les dossiers sont faits numériquement, divulgation de la
preuve également. Est-ce que c'est pour tous les chefs?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Quels types
d'accusations dans le projet pilote?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Donc, comme
autres que vol?
M. Morin : Donc, je comprends
que...
M. Jolin-Barrette : Donc,
exemple, les dossiers vol, recel. On débute également les dossiers d'agressions
sexuelles également. Donc, vous comprenez qu'un des objectifs, c'est que tout
aille plus rapidement. Ça simplifie le travail des policiers et ça simplifie le
travail des procureurs. On évite d'avoir les chariots. Tout est numérique.
Alors, c'est important.
M. Morin : Puis
comment ça... Quelles sont les mesures en place pour vous assurer de la
sécurité de l'information qui est envoyée sur une base numérique?
M. Jolin-Barrette : Excusez-moi.
Qu'est-ce qui est transféré sur la base numérique?
M. Morin : Quelles
sont les mesures en place pour protéger? C'est de l'information hautement confidentielle.
Donc, qu'est-ce qui est mis en place pour
assurer que le système va fonctionner, que ça va être tout à fait protégé puis
qu'il n'y aura pas de renseignements
personnels qui vont être, par exemple, divulgués d'une façon non conforme à la
loi?
• (18 heures) •
M. Jolin-Barrette : Donc, ça
part du corps de police, puis ça s'en va directement dans une boîte au DPCP,
j'imagine?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : C'est sur
un site sécurisé au MJQ?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Donc, ça
prend un code?
(Consultation)
M. Jolin-Barrette : Donc, on
m'indique, du côté du Directeur des poursuites criminelles et pénales, que les plus hauts standards de sécurité sont respectés,
notamment la cote... ZIC? ...444. Alors, je ne suis pas un expert de tout ça.
Alors bien entendu, le policier et le procureur qui accèdent au dossier ont des
codes d'accès sécurisés pour pouvoir obtenir les informations en lien
avec le dossier où il y a une demande d'intenter et où la preuve est transmise.
Donc, il y a un cadre de gouvernance interne
qui a été établi afin, notamment, de respecter les plus hauts standards sur
l'intégrité de l'information, puis,
bien entendu, pour ne pas que ça puisse être divulgué, puis pour ne pas que ça
puisse être attaqué en termes informatiques...
M. Morin : Puis, quelles sont
les mesures...
M. Jolin-Barrette :
...au même titre que les dossiers auparavant, lorsqu'ils étaient papier, bien,
ils n'étaient pas laissés sur le coin du bureau.
M. Morin :
Quelles sont les mesures en place
pour s'assurer d'une divulgation complète à la défense par la suite?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
OK. Alors, c'est une application sécurisée auquel la défense a accès en
fonction du numéro de dossier puis avec un
code particulier pour l'avocat. Donc, l'avocat de la défense qui représente
l'accusé a un code et peut aller consulter la preuve. C'est une sorte de
portail?
Une
voix : ...
M. Jolin-Barrette : OK. C'est ça, c'est un
portail. Puis, dans le fond, l'avocat de la défense la reçoit directement, donc
doit se connecter pour pouvoir consulter la preuve sur cet outil... C'est une
passerelle sécurisée qui existe pour transmettre la preuve.
M. Morin :
Parfait. Particulièrement à
Montréal, mais dans d'autres districts au Québec, depuis très longtemps,
les avocats de la défense et... demandaient
d'avoir accès automatiquement directement aux enregistrements judiciaires
dans les palais de justice. Quand les avocats ont à préparer des requêtes
Jordan ou d'autres types de requête, plutôt que
de demander une transcription, bien, tout comme les juges dans leurs bureaux,
ils pourraient avoir accès. Ça a toujours été refusé. Est-ce que vous avez un projet pour rendre accessibles ces
différents enregistrements-là pour sauver du temps, être plus efficace,
sauver de l'argent?
M. Jolin-Barrette :
Vous, vous parlez, là, du repiquage, supposons.
M. Morin :
Oui, exactement.
M. Jolin-Barrette :
Au lieu de passer par le repiquage...
M. Morin : Donc, il y a un enregistrement qui est fait, il y a des participants du
service judiciaire, ou de la Justice, ou même des juges qui y ont accès
directement, mais les avocats de la défense puis les procureurs en dehors du système n'ont pas accès à ça. Pourtant, il y a une
intégrité dans le système. Pourquoi on ne leur donne pas accès? Ça serait... permettrait
d'être plus efficace.
M. Jolin-Barrette :
Donc, à terme, oui, mais pas pour... pas... pas d'ici 2025. Dans le fond,
on se concentre sur les différentes plateformes, le fait d'avoir le dossier
criminel numérique. Donc, l'enjeu, c'est pour des raisons de sécurité. Actuellement, le système qu'on a en
place ne permettrait pas de se connecter de l'externe pour les enregistrements.
M. Morin :
Puis, «à terme», c'est quand?
M. Jolin-Barrette :
Bien là, notre plan, dans un premier temps, c'est de livrer la
numérisation. On n'a pas d'échéancier précis pour ça.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
Oui, pas à cette étape-ci. Donc, ce n'est pas la priorité. Mais on peut
envoyer...
M. Morin :
Ce serait, par ailleurs, très efficace pour les intervenants dans le
système de justice, cependant.
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais on peut, par contre, envoyer numériquement les enregistrements
audios.
M. Morin :
Oui, sauf que ça, ça prend du temps. Et c'est ça, le problème.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Mais, dans le fond, d'ici 2023, là, il y a l'implantation du dossier
judiciaire numérique en matière non contentieuse et modernisation du processus,
donc, au complet. Ça, ça a été fait lundi. Ensuite,
il y a l'architecture des services en technologies de l'information communs
complétée ainsi que l'architecture des volets criminel, pénal, et
gestion des assignations, le calendrier, la finalisation des processus
d'affaires de la Cour d'appel du Québec, la mise en place d'un projet pilote de
transcription assistée des audiences, donc l'enregistrement audio, la
mise en place d'un rappel par texto pour les rendez-vous pris par le service du
centre administratif et judiciaire, la modernisation du processus de demande et
de délivrance des télémandats, la mise en place d'un projet pilote sur
l'utilisation d'un outil afin de faciliter le travail de... du juge à
l'audience, la modernisation du processus de comparution les jours de semaine.
Donc, ça, ça va être le début de déploiement.
M. Morin : ...Président.
Maintenant, il y a également un rapport très important qui s'appelle Rebâtir
la confiance. Alors, j'aurais quelques questions pour ça. Combien
vous avez présentement de tribunaux spécialisés? Est-ce qu'ils sont... Est-ce que les projets pilotes sont
évalués? Quelles sont les premières conclusions que vous pouvez nous livrer?
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
en fait, là, actuellement, on a 10 projets pilotes, donc, qui sont en
lancement. L'analyse est faite en continu, donc on a... on travaille en
collaboration avec l'Université du Québec en Outaouais puis avec l'UQAM, donc, pour faire... On a signé une entente de service
avec l'équipe de recherche de l'Université
du Québec en Outaouais, en collaboration avec l'Université du Québec à Montréal. Donc, les chercheuses et professeures Mme Célyne Lalande, du Département de travail
social de l'Université du Québec en
Outaouais, et Mme Dominique
Bernier, du Département des sciences juridiques de l'Université du
Québec à Montréal, sont désignées comme directrices du projet d'évaluation. Donc, l'évaluation du tribunal spécialisé en
matière de violence sexuelle et de violence conjugale vise à rendre compte de
l'implantation du projet pilote du tribunal spécialisé, la mise en oeuvre du
tribunal spécialisé, l'atteinte des
objectifs du tribunal spécialisé selon différents volets, notamment formation,
division spécialisée, aménagement des espaces et accompagnement. Donc...
M. Morin : Justement,
parlant de formation, est-ce vous pouvez nous en parler davantage? Quelle est
la formation qui est mise en place et comment vous vous assurez que les
intervenants vont être formés adéquatement?
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
dans le fond, il y a beaucoup de formations qui ont été données depuis la mise
en place de la loi. Là, ce qu'il faut comprendre sur le tribunal spécialisé,
c'est que ce n'est pas uniquement la division spécialisée à la cour. Mais le
tribunal spécialisé, comment nous l'avons construit, c'est que...
Le Président
(M. Bachand) : ...M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Je vais poser des questions... je vais poser une question à la
commission. On a des gens avec nous, donc on va les utiliser à bon escient. En
octobre 2022, le juge Yergeau de la Cour
supérieure a déclaré inopérant l'article 636 du Code de la sécurité routière, estimant qu'il contribuait au phénomène du
profilage racial. La commission avait alors salué cette décision conforme à ses
orientations et ses recommandations. Depuis, le gouvernement a porté la
décision en appel et a déposé le projet de loi n° 14.
Quelle est, aujourd'hui, la position de la
commission quant à ces derniers développements? Et sur quelles bases juridiques
s'appuie-t-elle?
Le Président
(M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président, suite à la décision du juge Yergeau, le gouvernement du Québec a décidé de porter en appel le jugement.
L'article 636 du Code de la
sécurité routière, c'est un article
qui est important, notamment dans l'application du travail policier.
Alors, il faut comprendre que les policiers, dans le cadre de leur travail,
doivent pouvoir assurer la sécurité routière, notamment. Et mes collègues,
notamment à la Sécurité publique et à la
Lutte contre le racisme, ont été très clairs : il ne faut pas que cet article-là
soit utilisé pour faire quelconque profilage. Et c'est très, très clair.
M. Cliche-Rivard : Et est-ce
qu'on peut avoir la commission... la réponse de la commission?
M. Jolin-Barrette : Ah! bien,
avec plaisir. Me Tessier.
M. Cliche-Rivard : Qui avez
quand même salué la décision Yergeau.
Le Président
(M. Bachand) : ...alors, je vous
inviterais à vous présenter, s'il vous plaît.
M. Tessier (Philippe-André) : Alors,
Philippe-André Tessier. Je suis président de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse.
M. le Président, bonjour. Oui, effectivement. Donc, simplement pour souligner que la
commission, suite à... lorsque le jugement du juge Yergeau a été rendu,
a salué ce jugement-là en ayant, à nombreuses reprises, recommandé l'interdiction des interpellations policières,
aussi appelées contrôles de routine. Et cette décision-là, effectivement, a été
portée en appel devant la Cour d'appel, et la commission a demandé à intervenir
pour faire valoir les éléments de droit qu'elle soutient dans ses
nombreux mémoires et positions des 20 dernières années sur ce sujet.
M. Cliche-Rivard : Donc,
la commission n'aurait pas... bien, ce n'est pas son rôle, là, mais elle était
d'accord avec la décision Yergeau.
M. Tessier (Philippe-André) : La
commission soutient la... elle demande une intervention en appel au soutien, là, de la demande pour, donc, invalider
l'article 636 ainsi qu'interdire les interpellations policières, aussi
appelées contrôles de routine, ce qui est la position que la commission
a aussi exprimée lors des consultations particulières sur le projet de loi n° 14.
M. Cliche-Rivard :
Donc, la commission ne se range pas du côté du Procureur général.
M. Tessier
(Philippe-André) : Effectivement, monsieur... Oui, M. le
Président. Effectivement.
M. Jolin-Barrette :
Alors, M. le Président, ça démontre toute l'indépendance de la commission
des droits de la personne.
Mais,
cela étant dit, mon collègue le ministre de la Sécurité publique a déposé le
projet de loi n° 14 pour prévoir des lignes directrices, notamment, pour les différents corps de police.
Alors, nous sommes d'avis, comme gouvernement, qu'il est nécessaire,
entre autres, d'appuyer le travail policier et de donner des outils aux
policiers pour assurer la sécurité routière et la sécurité de la population,
tout en disant du même coup que l'article ne doit pas être utilisé pour faire
du profilage.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député,
s'il vous plaît.
• (18 h 10) •
M. Cliche-Rivard :
Question également pour le DPCP. J'aimerais savoir — et,
si M. le ministre permet, on permettra au
directeur de répondre — son
appréciation de ses troupes actuelles. Et, ainsi, que ferait-il de 20 ou
30 ressources additionnelles?
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Est-ce qu'il y aurait consentement, bien sûr? Alors, consentement. Alors, je
vous invite d'abord à vous présenter...
M. Jolin-Barrette :
Juste un point avant, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Pardon?
M. Jolin-Barrette :
Juste un point avant.
Le
Président (M. Bachand) : Oui.
M. Jolin-Barrette : Oui, avant de céder la
parole au directeur, c'est important de souligner que, dans
l'organisation du Directeur des poursuites criminelles et pénales, il n'y a
jamais eu autant de ressources en termes de nombre de procureurs aux poursuites
criminelles et pénales. Si vous retournez il y a de cela environ 10 ans,
c'était la moitié moins, environ, de ressources. Alors, je pense qu'avec le
tribunal spécialisé, avec la lutte contre les armes à feu, la poursuite verticale qu'on met en place, on donne énormément de
ressources au Directeur des poursuites
criminelles et pénales.
Cela étant dit, je
laisse la parole à Me Michel.
Le
Président (M. Bachand) : Allez-y, maître.
M. Michel
(Patrick) : Merci, M. le Président. Merci pour votre question, M. le
député. Bien, le ministre m'a volé un peu ma réponse, je m'en excuse, mais
c'est essentiellement ce que j'allais dire. C'est certain que, écoutez...
Le
Président (M. Bachand) : Excusez-moi,
maître. Juste vous présenter officiellement pour qu'on puisse... pour les fins
de la transcription. Merci.
M. Michel (Patrick) : Oh oui! Excusez-moi. Patrick Michel. Patrick
Michel, Directeur des poursuites
criminelles et pénales.
Alors, c'est certain,
bon, comme le ministre... M. le ministre l'a souligné, on a obtenu un
accroissement assez important, voire
phénoménal de nos... de nos effectifs au cours des trois derniers exercices
financiers. C'est 142 postes de procureurs additionnels. On est
maintenant à 869 effectifs autorisés. Ça inclut nos postes de
gestionnaires, mais 786 postes de procureurs autorisés. Si on se reporte à
notre création en 2007, on était moins de 400 procureurs au DPCP, donc on
peut dire que nos effectifs ont doublé.
Ce que j'allais dire,
bien, évidemment, avec 20, 30, 40 procureurs de plus, là, on ferait
toujours... on ferait toujours mieux avec plus, mais je peux vous dire qu'on
est en mesure de livrer notre mission avec les effectifs que nous avons. C'est
ma conception des choses.
M. Cliche-Rivard :
Donc, vous êtes satisfait de vos ressources actuelles?
M. Michel
(Patrick) : Je suis satisfait de nos ressources actuelles. J'en
prendrais plus si on veut m'en donner plus, mais je suis en mesure de livrer
notre mission, de répondre à nos objectifs avec nos effectifs actuels.
M. Cliche-Rivard : Et on ne veut pas vous en
donner plus? Je pose la question. Est-ce qu'il y a une demande qui a été
formulée pour en avoir davantage?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président...
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : ...juste
dans le budget de cette année, là, mon collègue des Finances, là, a investi
20,5 millions de dollars pour
faciliter le parcours judiciaire des victimes, notamment par la poursuite du
financement des procureurs qui
oeuvrent en matière de violences sexuelles et conjugales,
10 millions de dollars pour bonifier les services offerts par les maisons d'hébergement pour les
femmes également. Alors, ce sont des engagements financiers significatifs
pour lutter contre les violences sexuelles et conjugales.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Oui.
L'équivalent du DPCP au fédéral a demandé de ne plus poursuivre, sauf
exception, pour possession simple en matière de drogue. Est-ce que le DPCP
pourrait en faire de même ici, au Québec?
M. Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président...
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, oui.
M. Jolin-Barrette : ...vous
savez, le gouvernement fédéral a adopté la loi C-5. Notamment, dans le
cadre de cette loi-là, et vous l'aurez constaté, on permet... puis je fais un
aparté puis je reviens à votre question, on permet maintenant l'emprisonnement avec sursis pour des infractions de nature
sexuelle. Ça n'a aucun sens. J'ai fait de fortes représentations à mon
collègue le ministre Lametti. D'ailleurs, je lui ai envoyé une lettre le
9 février dernier et... pour dénoncer, et vous me permettrez de me citer, là :
«En raison de l'élargissement des infractions
donnant ouverture aux peines d'emprisonnement dans la collectivité, un homme
reconnu coupable d'une violente agression sexuelle a, la semaine dernière,
évité la prison ferme et a été condamné à 20 mois de prison à domicile.
Une telle décision n'était plus possible en cas d'agression sexuelle depuis
2007. Ces modifications législatives constituent, à notre avis, un recul
important en matière de lutte contre les violences sexuelles et vont à
l'encontre des efforts déployés par tous les intervenants du système de justice
pour éviter...
Le Président (M.
Bachand) : Merci, M. le ministre.
Rapidement, en terminant.
M. Jolin-Barrette : ...les
personnes victimes hésitent à dénoncer et à porter plainte.»
Juste vous dire, dans ce cas-là, c'était une
dame qui s'était fait sodomiser, OK, de force, et le tribunal a condamné à
20 mois de prison en raison de la modification, du Parti libéral du
Canada, de la loi.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette : C'est complètement inacceptable. Puis ce qu'il a
dit, le ministre Lametti, c'est de dire : Bien, faisons vivre la
loi. Attendons de voir les conséquences parce qu'on veut lutter contre la
surreprésentation.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Saint-Jacques...
Sainte-Anne.
M. Jolin-Barrette : La
surreprésentation n'a rien à voir avec les cas d'agressions sexuelles.
M. Cliche-Rivard : Bien, on
pourra en discuter, M. le ministre, mais je vous posais la question puis je
posais la question au DPCP en matière de directives pour la non-poursuite de
possession simple. Je conviens avec vous que la situation est terrible, mais la
question n'était pas celle-là.
M. Jolin-Barrette : Alors, dans
le cadre du projet de loi C-5, la loi a été changée, donc le Code criminel
a été changé, et qui demande aux poursuivants de modifier les directives. Et
j'ai publié une orientation en tant que mesure
du ministre de la Justice, donc à la Gazette officielle du Québec
du 24 avril 2023, donc, c'est-à-dire hier, qui donne des orientations au Directeur des poursuites criminelles et pénales, où on indique... c'est à la page 1303A, où
on indique :
«Vu le premier alinéa de l'article 22 de la
Loi sur le Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui prévoit que les
orientations que le ministre de la Justice élabore et les mesures qu'il prend
concernant la conduite générale des affaires
en matière criminelle et pénale visent notamment à assurer la prise en compte
des intérêts légitimes des personnes victimes d'infractions criminelles,
le respect et la protection des témoins, la présence et la répartition des
procureurs aux poursuites criminelles et pénales sur l'ensemble du territoire,
le traitement de certaines catégories d'affaires ainsi que le traitement non
judiciaire d'affaires ou les recours... des mesures de rechange à la
poursuite», bon, vu, vu, vu.
Donc, on
indique que, «lors de l'analyse de l'opportunité d'engager une poursuite, le
poursuivant doit évaluer l'ensemble des circonstances liées à la commission de
l'infraction afin d'apprécier la présence d'un risque pour la sécurité
publique, ce qui est particulièrement le cas lorsque celle-ci est perpétrée
dans un contexte impliquant : le crime organisé,
la possession ou l'utilisation d'armes; la présence de personnes mineures ou
d'autres personnes vulnérables; de la violence; la sécurité routière; la
sécurité des travailleurs.
«Dans
le cas où le poursuivant décide de ne pas autoriser le dépôt d'une
dénonciation, mais qu'il estime qu'une alternative à la judiciarisation est
appropriée, il doit recourir aux mesures de rechange au sens de
l'article 716 du Code criminel plutôt qu'à l'avertissement ou au renvoi, y
compris dans le cas d'une première infraction.»
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette :
Ça signifie que le législateur fédéral disait : Vous pouvez donner
uniquement un avertissement. Or,
l'orientation du ministre de la Justice au Directeur des poursuites criminelles et pénales, c'est que vous devez, dans ce cas-ci,
envoyer les gens dans des programmes de mesures de rechange.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député.
M. Cliche-Rivard : Parfait. J'ai des
questions plus de type proposition, M. le ministre. On voit régulièrement,
dans l'actualité, des situations où un... des délinquants semblent préférer
risquer de payer une amende que de se conformer à nos lois ou nos règlements.
Cela tient, en partie, au fait que nous ne mettons pas toujours sur le terrain
des ressources nécessaires à l'application des lois. Cela semble cependant
également tenir au fait que, trop souvent, les
amendes infligées sont insuffisantes pour jouer leur rôle dissuasif.
Quelquefois, elles sont tout simplement trop basses, et, d'autres fois,
elles peuvent être appropriées à la plupart des situations, mais pas aux
individus hors normes. On a l'exemple d'Amazon, par exemple, qui gagne des
millions, des milliards et qui, finalement, s'il ne respecte pas nos procédures
ou nos lois, se retrouve à avoir des amendes dérisoires sur... qui n'ont aucun
impact de dissuasion sur leur comportement.
Alors,
que pensez-vous de l'idée d'instaurer plus largement un principe d'amendes proportionnelles
au revenu pour les personnes morales?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Mais, exemple, vous
faites référence, supposons, à la Loi sur la santé et sécurité au travail?
M. Cliche-Rivard :
Par exemple.
Des
voix : ...
M. Jolin-Barrette :
Mon collègue le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, il me semble
que, dans le cadre de la loi sur l'accès à
l'information, il... et la protection des renseignements personnels, oui, le projet
de loi n° 64, il y avait des dispositions pénales associées en
fonction du revenu des entreprises. Donc, c'est quelque chose que le
gouvernement du Québec regarde. On a déjà légiféré à ce volet-là dans le cadre
de la précédente législature. Donc, c'est quelque chose sur lequel je suis
ouvert.
M. Cliche-Rivard :
Vous êtes ouvert? Parfait. Une autre proposition, une autre discussion sur
les dommages punitifs. On voyait
récemment... Dans les médias, on en a reparlé récemment suite à un jugement, là,
de... qui accordait des dommages punitifs ou exemplaires, et on a vu, dans le
cas de Jean Charest, 385 000 $, dont 350 000 $ à titre
de dommages punitifs. Cela signifie que la cour a estimé que le dommage réel
subi par M. Charest était de 35 000 $ et que, pour punir la
faute et envoyer un message de dissuasion, on rajoutait 350 000 $ en
dommages dits punitifs.
Considérant
que les sommes octroyées à titre de dommages punitifs ou exemplaires ne visent
pas à indemniser le demandeur, qui est déjà indemnisé par l'octroi de dommages
et intérêts compensatoires, mais bien plutôt à envoyer un message pour
protéger la société, on peut se demander pourquoi le demandeur se trouve alors
à empocher l'ensemble de la somme donnée.
Considérant ce qui
précède, que pense le ministre de l'idée d'utiliser une partie des sommes
octroyées à titre de dommages punitifs compensatoires à des fins d'utilité
collective? Nous pourrions, par exemple, légiférer afin que 50 % de ces
sommes aillent dans un fonds afin de favoriser l'accès à la justice.
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
Des
voix : ...
M. Jolin-Barrette :
Bien, d'entrée de jeu, c'est important de mentionner que le ministère de la
Justice n'a eu à verser aucune somme à titre de dommages dans les dossiers où
on était représentés par le PGQ. Donc...
M. Cliche-Rivard :
Tout à fait. Mais le gouvernement, oui.
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais le ministère de la Justice, non. Là, dans ce cas-ci, on parle de
l'UPAC...
• (18 h 20) •
M. Cliche-Rivard :
Tout à fait.
M. Jolin-Barrette :
...donc, qui est un organisme distinct, qui était représenté, bien entendu,
par le PGQ. Donc, on prévoit déjà que des contributions obligatoires sont
fixées en vertu de 8.1. Donc, que ça soit en matière de suramende compensatoire
en matière criminelle et pénale, que ce soit également sur les constats
d'infraction, où le montant... où, lorsque vous êtes condamné à la cour par un
montant, il y a une partie avec les frais, tout ça, qui s'en vont au FAVAC.
Pour ce qui est de
votre proposition, là on est en matière civile, écoutez, ce n'est pas quelque
chose à laquelle j'ai réfléchi, mais je prends note de votre commentaire puis
je vais réfléchir à tout ça relativement aux dommages punitifs. Mais on est dans le cadre d'une instance de nature civile, on
n'est pas dans le cadre d'une instance de réparation à l'endroit de la
collectivité.
M. Cliche-Rivard :
Mais le dommage punitif sert quand même de dissuasion en matière de
société, quand même. Donc, ça envoie un message à la société que ce type
d'action n'est pas acceptable. Donc, il y a un message de dissuasion sociétale, si vous me permettez
l'expression. Donc, on pourrait quand même utiliser une bonne partie de ces
sommes à des fins d'accès à la justice, par exemple. C'est une proposition.
M. Jolin-Barrette :
Bien, écoutez, j'accueille votre proposition. Je vais l'analyser. On est
toujours à la recherche de modes de
financement de nos programmes en matière d'accès à la justice. Ça aurait pu
être des taxes sur des automobiles ou ça, alors...
M. Cliche-Rivard :
Le gouvernement a une batterie de juristes qui donnent des avis sur une
panoplie de sujets, ce qui est bien normal, évidemment. Or, il arrive
fréquemment que les ministres argumentent qu'un avis juridique leur permet ou
ne leur permet pas de faire quelque chose sans toutefois rendre ces avis
publics. Or, il semble que le gouvernement
fédéral, quant à lui, ait adopté toute une pratique différente et publie très
souvent ses avis juridiques pour soutenir les arguments ou pour soutenir leurs
analyses juridiques. Pour quelle raison le gouvernement du Québec refuse
de le faire? On parlait de transparence tout à l'heure, donc je pense que ça en
fait partie.
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, au fédéral, c'est
un énoncé juridique de la loi, supposons, qui est rendu public. Ce n'est pas un avis juridique, c'est un énoncé juridique
de ce qu'il y a dans le projet de loi. Donc, ce n'est pas un avis juridique.
M. Cliche-Rivard :
Moi, mes recherches me disent qu'il y a une analyse juridique qui est
accessible après sur l'avis juridique que le ministre soulève. On est capable
d'avoir les avis juridiques du gouvernement sur une question x qui avait été
commandée par le ministère. Donc, la réponse, c'est : Le Québec est-il...
La question, c'est : Le Québec serait-il ouvert à faire ça, à divulguer
ses avis juridiques internes? Et sinon, pourquoi? C'est une question de transparence. C'est une question de fonds
publics. Vous parliez de transparence du Conseil de la magistrature. Je vous
pose la question.
M. Jolin-Barrette :
Non, c'est totalement différent. Lorsqu'on est en matière de conseil
juridique, donc, en ma qualité de
jurisconsulte du gouvernement, je conseille les différents ministères clients,
je conseille le gouvernement pour faire en sorte qu'il prenne... qu'il prenne
les meilleures décisions dans l'intérêt des Québécois. Dans
l'éventualité où on commençait à divulguer les avis juridiques de l'ensemble de
l'État et que des compagnies...
Prenons un cas en
environnement, OK?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
Prenons un cas en environnement, OK, supposons, pour imposer de nouvelles
mesures plus contraignantes sur un sujet
donné en matière d'environnement. Est-ce que le député de Saint-Henri—Sainte-Anne souhaiterait qu'une compagnie
qui a des activités commerciales qui ont un impact sur l'environnement et qui,
manifestement, serait touchée par cette nouvelle réglementation là plus
stricte, en vue d'amener un environnement plus
sain pour la communauté... voudrait que cette compagnie-là se retrouve avec les
avis juridiques du gouvernement...
M. Cliche-Rivard :
C'est un exercice de reddition de comptes envers des questions qu'on vous
pose.
M. Jolin-Barrette :
...parce qu'elle contesterait le règlement ou la loi adoptée par le
gouvernement? Je ne crois pas que ça serait son objectif, mais sa proposition
nous amène à ça.
M. Cliche-Rivard : Bien, je vous pose une
question. Vous dites : Non, on n'a pas l'intention de les divulguer.
C'est ça, la réponse?
M. Jolin-Barrette :
Alors, la réponse, c'est non.
M. Cliche-Rivard :
Voilà.
M. Jolin-Barrette : Mais je
mets un peu de contexte autour de ça pour bien expliquer...
M. Cliche-Rivard :
Bien, oui, mais on n'a pas beaucoup de temps. Il me reste une minute, M. le
Président.
M. Jolin-Barrette :
...pour m'assurer de vous donner toute l'information.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Cliche-Rivard :
Alors, le ministre de la Justice a piloté le PL n° 70
visant à abolir les thérapies de conversion
au Québec. Or, on apprenait, en mars 2023, que de telles thérapies sont
malheureusement pratique courante actuellement
à Montréal. Je voudrais savoir combien d'amendes ont été imposées depuis la
sanction du projet de loi n° 70.
M. Jolin-Barrette : Donc, c'est ma collègue
la ministre de la Condition féminine qui est maintenant responsable du
projet de loi sur les thérapies de conversion.
M. Cliche-Rivard :
Mais c'est votre ministère qui émet les amendes.
M. Jolin-Barrette :
Pardon?
M. Cliche-Rivard :
C'est vous qui émettez les amendes, c'est votre ministère quand même.
M. Jolin-Barrette :
Relativement aux thérapies de conversion? Il faut constater une
contravention à la loi. Donc, est-ce qu'il y a des amendes qui ont été émises
en vertu de la loi?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
On m'indique qu'il n'y a pas d'amende qui a été émise.
M. Cliche-Rivard :
Aucune amende émise depuis l'adoption du PL n° 70?
M. Jolin-Barrette :
Donc, il doit y avoir des constats émis pour qu'il y ait des amendes.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée de Vaudreuil, s'il vous plaît.
Mme Nichols :
Merci. Merci, M. le Président. J'ai des petites questions en rafale, mais,
pour faire... pour continuer un peu dans la thématique de mon précédent
collègue, qui parlait, entre autres... Bien, il a parlé du DPCP, et on sait que le DPCP, c'est lui qui autorise
puis qui dirige les poursuites criminelles, pénales au nom de l'État québécois,
mais il y a aussi les poursuites contre le gouvernement. Je me demandais
combien ça a coûté à l'État, en 2022, les poursuites
contre le gouvernement, puis il y a eu combien de dossiers. Puis je sais que
vous faites une différence entre le gouvernement puis le ministère de la
Justice.
M. Jolin-Barrette :
Bien, juste pour bien comprendre votre question, là, les poursuites en
matière civile?
Mme Nichols :
Oui, en... Bien, on peut les ventiler : civile, criminelle, pénale.
Oui, civile, criminelle.
M. Jolin-Barrette : Vous voulez dire le...
Mais juste pour bien comprendre : le coût, supposons, des dommages que
l'État a dû verser au total ou vous incluez, supposons, les coûts des
procureurs, de nos services juridiques?
Mme Nichols :
Non, pas le coût des procureurs, le coût versé total.
M. Jolin-Barrette :
OK. On va vérifier. On va vous revenir avec le chiffre. On n'a pas
l'information.
Mme Nichols : Parfait.
Puis, à ce jour, il y en a combien, encore, de poursuites contre l'État? Ça
représente quel montant?
M. Jolin-Barrette :
Combien de poursuites?
Mme Nichols :
Il y a combien de poursuites contre l'État, puis ça représente quel
montant?
M. Jolin-Barrette :
En matière civile, supposons?
Mme Nichols :
En matière civile.
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez, on a
beaucoup de litiges. On a des litiges en matière, supposons, de transport, d'expropriation,
de responsabilité civile. On a énormément de dossiers...
Mme Nichols : Parfait. Est-ce
qu'on est capable de les chiffrer?
M. Jolin-Barrette : Dans
le fond, on a, en matière... Au Procureur
général du Québec, donc, pour les
deux contentieux, on a 100 000 dossiers annuellement. Donc,
ça, c'est les dossiers en matière civile, administratifs...
Mme Nichols :
En matière criminelle?
M. Jolin-Barrette :
En matière criminelle, on a 80 000 dossiers autorisés par année?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Donc, l'année passée,
80 702 dossiers ouverts au DPCP; l'année précédente, 82 396;
2021, 85 516. Ça fait que c'est des dossiers qui ne sont pas
fermés, nécessairement, à l'intérieur d'une année. Mais là, avec l'entente qu'on a à la Cour du Québec, ça va être un taux de fermeture de 1,1. Donc, on va fermer plus de
dossiers qu'on va en ouvrir. Très bonne entente.
Mme Nichols :
Oui, ça, on l'a compris, M. le ministre. Mais... Parfait. C'est correct.
Le Conseil de la
justice administrative, il y avait une des questions qui disait : Le
nombre, la nature, les résultats des plaintes déposées devant le Conseil de la
justice administrative de... On sait qu'évidemment, c'est eux qui s'occupent des enquêtes sur le comportement
des membres des tribunaux administratifs qui sont sous sa compétence. On
parlait d'une ouverture d'environ 200 plaintes. Et ce qu'on remarque... on
l'a de façon ventilée, là, votre équipe nous l'a transmis : les plaintes
pour le Tribunal administratif du Québec, 29; Tribunal administratif du travail,
47; le TAL, 120; et les plaintes au Bureau des présidents des conseils de
discipline, quatre; aucune plainte pour le Tribunal administratif des marchés financiers. Ça saute aux yeux, là : les
plaintes sur le Tribunal
administratif du logement, 120.
Est-ce qu'il y avait des explications ou est-ce que...
M. Jolin-Barrette :
Particulièrement sur la nature des plaintes? Bien, écoutez, on va vous...
Mme Nichols :
Bien, ça s'explique comment qu'il y a des plaintes plus élevées au Tribunal
administratif du logement?
M. Jolin-Barrette :
Bien, vous savez, c'est un sujet qui est très émotif, le logement, aussi.
Mme Nichols : Oui, mais, quand même,
120... 120 et 29 au Tribunal
administratif du Québec. Le Travail
aussi, c'est très... c'est très sensible, puis c'est très humain, puis
il y en a quand même juste 47.
Des voix :
...
M. Jolin-Barrette :
Je vais vous revenir avec l'information sur également le nombre de plaintes
retenues par le Conseil de la justice administrative. Parce que, nécessairement, des fois, il y a des
plaintes qui sont formulées à l'égard des
décideurs administratifs, mais ça ne veut pas dire que la plainte est
nécessairement fondée. Donc, on va vous sortir l'information puis on va
vous la communiquer.
Le
Président (M. Bachand) : ...avant la fin
de la séance?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Mme Nichols :
Je m'excuse : sur le nombre de plaintes retenues?
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, ce qu'on va vous envoyer comme information, c'est le nombre
de plaintes qui ont été jugées recevables,
supposons, puis le nombre de plaintes qui ont été amenées, supposons, à une...
bien, je ne sais pas si c'est une réprimande pour eux autres, là, mais... une...
Parce que, normalement, ça se fait en deux processus, en deux étapes :
recevabilité, ensuite analyse, enquête, et audition, puis tout ça. Donc, il y
en a qui ne passent même pas l'étape de la recevabilité.
• (18 h 30) •
Mme Nichols : Mais, quand même, il y a
des enquêtes sur le comportement des membres des tribunaux administratifs.
Je
reviens au TAL, là : il y a quand même 120 plaintes. C'est beaucoup,
là. Il y a, définitivement, un problème au niveau des relations
humaines, là. Je vais utiliser ce...
M. Jolin-Barrette :
Écoutez, le Conseil de la justice administrative fait partie d'une entité
indépendante du ministère de la Justice. Il
faut comprendre que le Tribunal
administratif du logement ne relève
pas du ministère de la Justice. Dans le fond, le ministre titulaire,
c'est le ministre des Affaires municipales.
Mme Nichols : C'est le MAMH.
M. Jolin-Barrette :
Bien, Habitation. Excusez. C'est séparé maintenant. Alors, ça relève du
ministère de l'Habitation.
Mais,
écoutez, je m'engage à faire les vérifications, c'est quoi, le taux
d'acceptation des plaintes, puis où il y a eu enquêtes et auditions.
Mme Nichols :
Parfait. Merci. Le virage numérique...
M. Jolin-Barrette : Mais, juste un point, par rapport au volume de dossiers entendus par année, là, il y a beaucoup
de dossiers, là, qui sont entendus au TAQ, au TAL, par année, là, on parle de
plusieurs milliers de dossiers par année.
Mme Nichols :
Oui, oui, définitivement, puis je ne vous ferai pas un exposé sur le Tribunal
administratif du logement, là, mais il y a définitivement une grosse
problématique, une grosse problématique. Je sais que ça a été porté à l'attention de la ministre des Affaires
municipales, mais, quand vous nous transmettez ces données-là, je me dis :
Vous ne pouvez pas les ignorer vous non plus, c'est quand même... c'est
quand même important.
Puis on l'entend, là,
vous êtes ministre de la Justice, là, vous l'entendez dans le milieu aussi, il
y a eu des démissions en bloc, il y a eu des problèmes de gestion de personnel.
Je me dis : Comme ministre de la Justice, c'est sûr qu'il faut lever... il
faut lever un drapeau rouge. Puis il y a sûrement des explications à tout ça. Je
comprends qu'on s'en remet au ministère des Affaires municipales, mais je suis
certaine que... je suis certaine que vous en savez... vous en savez beaucoup
sur les problématiques concernant le TAL.
M. le Président, le
virage numérique, j'avais des petites questions, peut-être, en rafale... en
rafale. Le... On en a parlé aussi un peu, précédemment, sur le... pour
continuer, dans le fond, le virage numérique du système de justice, puis
l'accès aux documents, puis aux... les services, puis les... On voit qu'il y a
des prévisions, là, dans les... le budget 2023-2024. Il est question... Il
y a un projet pilote qui a été mis en place au niveau des équipements des
salles d'audience. Je me demandais c'est où, le projet pilote qui a été...
M. Jolin-Barrette :
Pour les salles d'audience?
Mme Nichols :
Pour les salles d'audience. Puis on comprend qu'il y a... que ce n'est pas
uniforme non plus. Alors, est-ce qu'il y a
un échéancier où on prévoit uniformiser le tout? Puis, quand on se promène de
palais... en palais de justice, en palais de justice, là, on en... on
voit que la différence est assez flagrante.
M. Jolin-Barrette :
C'est un projet qui est à la Cour d'appel. Puis, pour l'informatisation, il
y a aussi le...
Mme Nichols :
Cour d'appel de Montréal?
M. Jolin-Barrette :
C'est-tu... les deux, Montréal et Québec.
Mme Nichols :
Montréal, Québec.
M. Jolin-Barrette :
Montréal et Québec. Et, pour les palais de justice, là, vous aurez constaté
maintenant que pas mal toutes les salles
d'audience, maintenant, ont de la visio à l'intérieur, là, il y a des écrans,
puis, peu importe où vous vous promenez à la grandeur du Québec, les
salles d'audience sont équipées.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée,
ça va?
M. Jolin-Barrette :
Oui, les salles d'audience sont équipées, donc, moniteurs, caméras...
Mme Nichols : Oui, mais ce n'est pas,
tout le monde, uniforme. Est-ce qu'il y a un plan d'uniformiser le tout?
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, le projet pilote, c'est pour faire en sorte que les juges en
salle d'audience aient accès aux dossiers judiciaires numériques. Oui, on
commence par la Cour d'appel.
Mme Nichols :
C'est le projet pilote dans les deux cours d'appel, Québec, Montréal?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Mme Nichols :
Dans les rénovations des palais de justice, on sait qu'il y a vraiment des
palais de justice qui sont assez... qui ont beaucoup d'amour, disons-le comme
ça... qui ont besoin de beaucoup d'amour. Il y a des salles qui sont assez désuètes ou même des palais de
justice qui sont assez désuets. On voit... on voit qu'il y a des montants, là,
qui sont prévus. Entre autres, dans le bilan du plan d'agrandissement et de
rénovation des palais de justice, on voit que Roberval, 64,9 millions, on
voit qu'à Saint-Hyacinthe 104,1 millions pour le réaménagement majeur du
palais de justice. On voit que c'est des
projets qui sont en réalisation, 2024-2025, 2025-2026, etc. M. le ministre,
moi, j'ai un pont, dans mon comté, qui a explosé...
M. Jolin-Barrette : Un quoi?
Mme Nichols :
Un pont...
M. Jolin-Barrette :
Un pont.
Mme Nichols : ...dans mon comté, dont les coûts ont explosé de
65 %. Je me demandais : Est-ce que, quand vous faites des
prévisions comme ça, vous tenez compte, entre autres, des... les explosions des
coûts?
M. Jolin-Barrette :
Oui, nous, on connaît moins les ponts. On est plus dans les salles
d'audience.
Mme Nichols :
Ah! mais vous devriez venir à Vaudreuil. On pourrait vous expliquer les...
M. Jolin-Barrette : Bien, j'attends juste une
invitation. J'attends juste une invitation, mais là ce que j'ai compris
de la vice-première ministre, par contre, c'est qu'on a garanti la rénovation
du pont de l'Île-aux-Tourtes.
Mme Nichols :
Je n'écoutais pas, je m'excuse.
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, on a garanti la rénovation du pont de l'Île-aux-Tourtes.
Mme Nichols :
Pas la rénovation. On fait un nouveau pont de l'Île-aux-Tourtes.
M. Jolin-Barrette :
Bien, c'est encore mieux.
Mme Nichols : On fait un nouveau pont.
Les coûts ont explosé de 65 % parce
que vous l'avez reporté deux fois.
Mais je sais qu'on est dans les crédits en...
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais là...
Mme Nichols :
On n'est pas dans les crédits en Transport, là, mais...
M. Jolin-Barrette :
...un nouveau pont, vos citoyens de Vaudreuil vont être très contents. Vous
pourrez leur dire que vous avez...
Mme Nichols : Partez-moi pas, un
nouveau pont sans transport collectif, voyons donc. Les autobus vont passer
sur l'accotement. Crinquez-moi pas, M. le ministre. On va rester dans les
crédits en Justice, mais...
M. Jolin-Barrette :
Non, mais les autobus vont rouler sur le pont.
Mme Nichols :
Sur l'accotement.
Le
Président (M. Bachand) : Oui, s'il vous
plaît, il n'est pas...
Mme Nichols :
Quand il va y avoir un accident, les autobus vont passer où?
M. Jolin-Barrette : Oui, mais ce n'est pas
dans... ce n'est pas dans l'eau, c'est sur le pont. Ils vont être sur le pont.
Le
Président (M. Bachand) : Alors, il n'y a
pas personne qui... On continue, on continue, on continue.
Mme Nichols :
Oui, c'est ça, c'est le président qui soulève la pertinence, ça ne va pas
très bien.
M. Jolin-Barrette :
Bon, pour Roberval, vous vous souvenez, il y a eu un incendie.
Mme Nichols :
Oui.
M. Jolin-Barrette :
Donc, il était déjà en rénovation. D'ailleurs, c'est votre ancien premier
ministre qui avait annoncé un nouveau palais de justice à Roberval à l'époque.
Alors, aussi, le palais de justice de Saint-Hyacinthe... Dans le fond, là
actuellement, le palais de justice de Saint-Hyacinthe, il est dans un palais de
justice temporaire, dans une ancienne
épicerie. Alors, la démolition a commencé de l'ancien palais de justice qui
était complètement désuet, qui était
coté E. Donc, il devrait être en cours de réalisation pour 2025-2026.
Rouyn-Noranda également, agrandissement et... bien, en fait, on
construit...
Mme Nichols :
Oui, mais, ça, on voit que c'est des projets qui sont...
M. Jolin-Barrette : Donc, dans le fond, on a
trois... trois gros projets, c'est Roberval, Saint-Hyacinthe, Rouyn.
Mme Nichols : Puis il y a...
M. Jolin-Barrette : OK,
puis les accroissements de coûts sont couverts également avec le PQI, c'est ça,
dans ces budgets-là.
Mme Nichols :
Parfait, mais il n'y a eu aucun projet de terminé, parce qu'il y avait une
question sur le nombre de projets terminés,
puis il n'y avait aucun projet de terminé pour... dans les dossiers
d'amélioration des palais de justice du Québec.
M. Jolin-Barrette :
Bien non, mais c'est parce qu'il y en a qui ne sont pas au PQI. Exemple,
avec le tribunal spécialisé, on est en train, dans les différents endroits, de
rendre les lieux mieux adaptés pour les victimes.
Ça fait que je vous
donne un exemple. Au palais de justice de Québec, où il y a un tribunal
spécialisé, bien, exemple, on a... on a mis la salle d'attente des victimes
dans le local, au rez-de-chaussée, de la salle des mariages, parce
qu'auparavant le local des victimes, il était en haut, au deuxième ou au
troisième étage, puis les victimes devaient passer devant les salles d'audience
pour aller à la salle des victimes.
Alors là, maintenant,
la salle des mariages est en rentrant à gauche. Ça fait que, maintenant, le
CAVAC accueille les victimes tout de suite en rentrant pour éviter qu'elles
aillent sur les étages. Donc, maintenant, c'est une grande salle, elle a été
aménagée, c'est sur le bord de la fenêtre, il y a de la luminosité également.
Il faut arrêter de placer les victimes dans le dernier placard à balai qu'il y
avait, comme c'était le cas auparavant.
Donc, ça fait partie
de la réforme qu'on fait au niveau des aménagements, donc, mais ils
n'apparaissent pas nécessairement au PQI. C'est dans le cadre du budget du
tribunal spécialisé qu'on fait les travaux d'aménagement.
Mme Nichols :
Merci pour les précisions. On a travaillé ensemble le projet de loi
n° 8 puis on travaille présentement le projet de loi sur, entre autres,
là, la gestation pour autrui, puis, dans le projet de loi... dans le projet de
loi n° 8, là, c'est prévu qu'à un moment donné il y a des... je vais dire,
des compétences partagées, c'est-à-dire que
le citoyen va pouvoir choisir d'aller à la Cour du Québec ou d'aller à la Cour
supérieure, parce que c'est là où il y a le partage...
M. Jolin-Barrette :
La compétence concurrente.
Mme Nichols :
C'est ça, il y aura... il va y avoir une compétence concurrente. Moi, je
voulais savoir, M. le ministre, c'est quoi,
les prévisions, vous voyez ça comment, parce que c'est sûr que ça pourrait
surcharger peut-être un peu plus la Cour du Québec ou... puis il faut
prévoir évidemment les effectifs. Il faut prévoir... Vous en parlez depuis le début, là... depuis le début de l'après-midi, là,
la gestion... la gestion des dossiers, il faut que ce soit plus efficace. C'est
quoi, le plan de match de ce côté-là?
• (18 h 40) •
M. Jolin-Barrette :
Bien, dans le fond, dans le projet de loi n° 8, on l'a vu, la
médiation en matière civile va être
favorisée. Donc, si vous allez avec un mode alternatif de règlement des
différends avant d'introduire votre dossier, vous allez être fixé par
priorité autant à la Cour supérieure qu'à la Cour du Québec. Là, la Cour du
Québec, elle, elle va avoir juridiction
jusqu'à 75 000 $ de façon exclusive, et, de compétence concurrente,
entre 75 000 $ et 100 000 $, mais ça représente très
peu de dossiers.
Et là, dans le cadre
du budget, on a 40 millions de dollars pour la création d'un
programme de médiation aux petites créances. Comme on l'a vu, donc, la
médiation devient obligatoire aux petites créances. Bien, le fait que la
médiation devienne obligatoire aux petites créances, ça va libérer les juges
des petites créances pour faire en sorte qu'ils puissent se consacrer aux
dossiers d'une valeur plus importante.
Donc, on a travaillé
avec la Cour du Québec aussi pour la rédaction du projet de loi n° 8, qui
ne prévoyait pas de besoin additionnel pour la mise en place de ce projet-là,
donc, la hausse du seuil puis la compétence concurrente. Puis il faut dire qu'entre 75 000 $ puis
100 000 $ il y a... ce n'est pas un volume significatif de dossiers
qui sont entendus.
Mme Nichols :
Puis la même chose avec le projet de loi qu'on travaille, là, sur la
gestation pour... la gestation pour autrui, évidemment, il va y avoir des
incidences sur le nombre de dossiers, sur les...
M. Jolin-Barrette :
Bien, en fait, moins, je vous dirais, moins. Ça va avoir une diminution des
dossiers devant la cour, parce qu'actuellement en grossesse pour autrui les
gens doivent absolument passer par la cour pour le consentement spécial. Or là,
la voie principale qu'on trace, la voie légale, ça va être devant le notaire.
Donc, théoriquement, les gens, s'ils
respectent les conditions de forme et les conditions de fond, ce qu'on souhaite
amener, là, ça va être la voie principale, ils n'auront jamais affaire avec la
cour, contrairement à aujourd'hui, où chaque personne qui a un enfant
par grossesse pour autrui n'a pas le choix d'aller devant le tribunal puis de
passer par le consentement sur autorisation spéciale.
Alors, ce qu'on vient
faire, c'est que ça ne passe plus par le tribunal, mais ça passe par le
notaire, puis ensuite par la déclaration au Directeur de l'état civil. Ça fait
qu'on vient moins embourber les tribunaux relativement à cet élément-là, puis ce sera qu'uniquement en dernier recours, où on a
développé la voie judiciaire. Exemple, supposons qu'il y avait une
condition de forme qui n'avait pas été respectée, supposons, il n'y avait pas
de convention notariée, mais toutes les
conditions de fond sont là, exemple, pas de rémunération, mère porteuse
21 ans, à ce moment-là, le tribunal va pouvoir être saisi du
dossier.
Mme
Nichols : Le projet de loi n° 8, on faisait
appel à beaucoup... enfin, on amène beaucoup les citoyens à utiliser le service de médiateur, hein? On
l'impose. On le sait, dans certains dossiers, on vient l'imposer. Les
médiateurs, il faut les former. Les médiateurs, il en manque. Qu'est-ce
qui est prévu... Qu'est-ce qui est prévu à cet effet-là?
M. Jolin-Barrette :
Bien, dans le fond, on y va graduellement pour l'implantation des
différents districts, mais il ne manque pas
de médiateurs, actuellement, là. On avait sorti les chiffres dans le cadre du
projet de loi n° 8, là, il y en a... il y a un bassin d'environ
1 369 médiateurs accrédités, qui peut prendre des mandats aux petites
créances, mais, bien entendu, que ce soit le Barreau ou la Chambre des
notaires, ils vont être invités à donner de la formation supplémentaire puis
accréditer davantage de médiateurs parce que ça va pouvoir devenir une pratique
intéressante aussi en région, notamment, ou à Montréal aussi, de faire de la
médiation civile aux petites créances.
Donc, il y a un
bassin, il y a un potentiel, pour les avocats, pour les notaires ou pour les
médiateurs accrédités par les organismes de
médiation, de faire ce travail-là. Donc, dans le budget, on a
40 millions consacrés à ça pour faire en sorte de déployer les ressources, puis l'idée, c'est de décharger la
cour puis d'avoir des délais beaucoup plus réduits pour que les gens
passent en médiation. Puis, il faut se souvenir, là, 60 % des dossiers qui
passent en médiation se règlent, et nous en
sommes un bon exemple. Avec la juge en chef, voyez-vous, on a fait de la
facilitation, médiation, on a réglé notre dossier. On serait dans les
statistiques.
Mme Nichols :
Je rappelle qu'il y a eu... je rappelle que, oui, c'est ça...
Le
Président (M. Bachand) : 30 secondes.
Mme Nichols : Parfait. Les
médiateurs... Bien, je fais un commentaire étant donné qu'il reste
30 secondes, là. Les médiateurs, on le sait, ils le disent souvent,
tu sais, ça ne vaut pas la peine tant que ça de prendre des dossiers en médiation, la rémunération n'est pas là. Là, vous
avez parlé d'un budget de 30 millions. Est-ce que c'est prévu, peut-être,
bonifier, justement, les montants qui vont être donnés aux médiateurs?
M. Jolin-Barrette : Bien, je sais que c'est
une demande des médiateurs, là, mais, actuellement, le taux horaire est
à 115 $...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
121 $ de l'heure actuellement...
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le député d'Acadie, pour 17 min 32 s.
M. Morin :
Merci. Merci, M. le Président. Alors, je voudrais poursuivre, M. le
Président, avec le projet Rebâtir la
confiance. Présentement, est-ce
que tous les palais de justice sont aménagés pour s'assurer que les victimes,
par exemple, ne seront pas en contact avec l'accusé? Parce que, moi, ce qu'on
me dit, M. le Président, c'est que... encore dans bien des endroits où, bien,
la victime rentre en même temps, si l'accusé n'est pas détenu... en même temps
que l'accusé dans la salle de cour. Ça crée un paquet de malaises. Donc, quel
est votre plan pour s'assurer que cela ne se
reproduise pas, puis comment vous allez aménager les palais de justice pour
vous assurer que les victimes sont... vont pouvoir être là sans être
inquiétées?
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors, honnêtement,
on a quand même beaucoup de travail à faire à la grandeur du Québec dans nos
palais de justice parce que, quand ils ont été construits, ils n'ont pas été
construits en pensant aux victimes.
Je vous donne un
exemple, là. Quand vous allez au palais de justice de Victoriaville, là, les
salles d'audience sont au deuxième étage.
Vous montez, puis la salle des victimes, où elle était située, vous deviez
passer par la salle des pas perdus, puis, après ça, elle est au bout
d'un corridor à gauche, puis les toilettes sont à droite complètement, ça fait qu'il faut repasser par la salle des pas
perdus. Alors là, on est en train de changer ça, notamment pour faire en sorte
de... que la victime n'ait plus... ne soit plus sur le même étage.
Même
chose à Granby, supposons. La salle, supposons, à Granby, des victimes, elle
était entre les deux salles d'audience,
puis vous aviez la salle des pas perdus. Ça fait que, là, on est au
rez-de-chaussée, puis les victimes peuvent entrer par une porte
distincte qui n'est pas la porte principale aussi. Ça fait que, sur chacun des
palais de justice, on fait la cartographie. On analyse quels sont les
changements à apporter.
Je
donne un autre exemple, le tribunal spécialisé à Sherbrooke. À Sherbrooke, vous
montez l'édifice, vous arrivez... Je pense que c'est au premier étage où est-ce
qu'il y a les chambres... les salles criminelles. Les salles criminelles, à Sherbrooke, là, elles donnent sur l'esplanade puis
elles sont face à l'arrière, vers — dans
le fond, c'est King — l'autre
bord de King, OK? Puis là la salle des victimes, où il fallait que vous
tourniez à gauche au bout du corridor, il y avait trois salles de criminels,
puis la salle des victimes était dans le fond à gauche, pas de fenêtre,
complètement peinturée en rouge, genre
années 80, avec des paravents «shaggy» beiges. Ça n'avait pas de bon sens.
Ça fait que, là, on est en train de déplacer la bibliothèque du CAIJ,
OK, avec des travaux. On empiète...
M. Morin :
Mais, si vous me permettez, M. le Président...
M. Jolin-Barrette : Bien, je
veux juste vous...
M. Morin :
...ma question, c'était : Quel est votre échéancier? Dans combien de
temps ça va être réglé pour l'ensemble des palais de justice? Puis est-ce que
vous y travaillez présentement?
M. Jolin-Barrette :
Oui, on y travaille présentement. Dans le fond, pour l'implantation des
projets pilotes, en fait, du tribunal
permanent, c'est 2026 à la grandeur du Québec, mais on va plus vite que ça.
L'équipe du ministère de la Justice est complètement dédiée. Dans le
projet de loi qu'on avait fait avec les collègues, on prévoyait cinq projets
pilotes. Là, on est déjà rendu à 10 projets pilotes, justement, parce que,
quand on commence un projet pilote, on peut
déjà entamer le changement, donc, notamment, des lieux, mais aussi de la
formation des acteurs qui travaillaient avec... en collaboration avec
les différents partenaires du milieu. Puis vous disiez : Il y a combien de
formations qui ont été données? Bien,
écoutez, on a formé vraiment plusieurs centaines de personnes, parce que le
tribunal spécialisé, je vous disais, ce n'est pas juste la division,
mais c'est aussi l'accompagnement à partir du dépôt de la dénonciation jusqu'à
la sentence et au-delà. Ça fait que tous les acteurs qui vont avoir affaire
avec, notamment, la division spécialisée devront être formés. Donc...
M. Morin :
On y reviendra d'une façon plus spécifique, M. le Président, mais alors,
là, je repose encore ma question. Est-ce que vous avez un échéancier qui est
mesurable pour vous assurer que, dans les palais de justice, les victimes
n'auront pas à rencontrer les accusés quand ces derniers, évidemment, sont en
liberté? Ma question, c'est ça. Là, je comprends que vous y travaillez. Quand
est-ce que ça va être terminé dans tous les palais de justice pour que les
victimes n'aient pas à vivre ça?
M. Jolin-Barrette :
Bien, le plus rapidement possible, mais, en fonction de chacun des palais
de justice, la nature des travaux est variable. Il y en a que c'est...
M. Morin :
Je le comprends, M. le Président, c'est sûr.
M. Jolin-Barrette :
Mais ce que je veux vous dire, là, c'est que, quand on arrive dans un
palais de justice, là, puis le local est mal situé, OK, on prend des mesures temporaires,
des mesures alternatives dès le moment où on implante un tribunal spécialisé,
puis même, déjà, ceux qui ont... qui ne sont pas encore... tribunal spécialisé,
j'ai demandé à ce qu'on fasse en sorte que
les locaux ne permettent pas de croiser leur agresseur. Je vous donne un
exemple...
M. Morin :
Donc, est-ce que vous pouvez... M. le Président, est-ce que le ministre
peut nous assurer que, justement, même si le
tribunal spécialisé n'est pas en place, les victimes n'auront pas à rencontrer
l'accusé, leur agresseur, quand ils vont témoigner à la cour
présentement?
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais, déjà, là, avec les CAVAC, là, ce qui est prévu... Dans plusieurs
palais de justice, quand la victime se
présente, OK, au CAVAC, souvent, il va... le constable spécial qui est à
l'accueil contacte le CAVAC, et l'intervenante du CAVAC descend pour
aller chercher la victime, pour l'accompagner et l'amener directement au local
du CAVAC.
M. Morin :
D'accord.
M. Jolin-Barrette :
Pour la formation, il y a déjà près de 2 000 personnes qui se sont
inscrites aux formations sur les réalités relatives à la violence sexuelle et à
la violence conjugale lors des sessions de printemps et automne 2022.
Donc, on a investi également pour avoir des ressources supplémentaires dans les
CAVAC, pour les ressources spécialisées, et,
honnêtement, c'est très positif, ce qui se passe dans le système de justice
criminelle et pénale, de dire...
• (18 h 50) •
M. Morin :
Monsieur... Merci, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Allez-y, M. le
député d'Acadie.
M. Morin :
Donc, au niveau... au niveau de la formation, là, on parle des CAVAC, mais,
souvent, ce qui est difficile, on le sait, pour une victime, c'est d'aller
dénoncer, puis, dans un premier temps, souvent, elle va en parler à ses proches ou à la police. Je comprends que la
police relève de la Sécurité publique, mais, au niveau de la formation,
est-ce que vous travaillez avec votre collègue pour que... vous assurer que les
policiers vont être formés, qu'ils vont être capables d'accueillir, d'écouter
les victimes, faire en sorte que ces dossiers-là puissent cheminer, ou si c'est
uniquement le ministre de la Sécurité publique qui s'occupe de ça? Avez-vous un
mot à dire là-dedans?
M. Jolin-Barrette :
Oui, en fait, tout le monde est formé. Tous les intervenants qui ont
affaire avec le tribunal spécialisé doivent
être formés. Donc, ça veut dire également l'enquêteur qui vient témoigner, les
agents aussi. Puis les policiers, qui
sont les premiers à recevoir les plaignantes ou les plaignants, également sont
formés à la réalité... Donc, les policiers assistent à nos formations
présentement aussi.
M. Morin : D'accord. Et, au
niveau de l'information qui est donnée aux victimes, quelles sont les mesures
qui sont en place? Est-ce que vous pouvez nous assurer que les victimes sont
informées des différentes étapes du processus judiciaire
puis que, si jamais l'accusé est remis en liberté... qu'elles seront accusées,
puis qu'il y a des mesures qui vont être prises pour qu'elles soient protégées?
M. Jolin-Barrette :
Oui, puis c'est important que vous le mentionniez. Dans le fond, supposons
qu'on est en matière de violence sexuelle,
donc, avant d'autoriser une plainte, dans le fond, le procureur aux poursuites
criminelles et pénales... On est en matière de poursuite verticale. Ça
fait que c'est le même procureur du début à la fin, même chose en violence conjugale. Donc, le procureur va
rencontrer la victime au préalable, en matière de violence sexuelle,
pour lui expliquer l'ensemble du processus. Donc, il y a une ligne
d'information également au DPCP qui couvre les questions de la victime avant
qu'elle décide de porter plainte. Donc, il y a une ligne de disponible. La
personne peut appeler, la victime, puis elle peut répondre à toutes ses
questions.
Parallèlement à ça
aussi, on a Rebâtir, avec l'aide juridique, où est-ce qu'il y a
quatre heures de services juridiques gratuits pour toute question de
nature... dans tout domaine de droit, pour être informé. Alors, il y a aussi
l'aide financière d'urgence qu'on déploie, où est-ce que, quand une personne
victime est dans un milieu toxique, il ne
faut pas qu'elle se pose la question : Est-ce que je reste dans mon milieu
toxique, là? Je prends mes cliques puis mes claques puis je m'en vais,
puis là ça, c'est géré par SOS Violence conjugale puis...
M. Morin :
Parfait. Alors, M. le Président...
M. Jolin-Barrette : C'est ça. Et donc, là, ils fournissent
l'allocation pour le logement, le transport, la nourriture, le temps que
la personne puisse aller en période de transition, dans une maison.
M. Morin :
Parfait. Je vous remercie. Vous avez mentionné que ces dossiers-là sont en
poursuite verticale. Est-ce que tous ces dossiers-là sont en poursuite
verticale sans exception?
M. Jolin-Barrette :
Bien, en fait, il existe des exceptions. Exemple, la procureure est
enceinte, doit quitter pour son congé de maternité, bien là il y a un collègue
qui la remplace. Autre exemple, il y a une maladie...
M. Morin :
Oui, ça, c'est certain, M. le Président. Ce n'est pas de ça dont je parle.
M. Jolin-Barrette :
Bien, les autres...
M. Morin :
La façon dont ça fonctionne au bureau du DPCP.
M. Jolin-Barrette :
Ils sont tous en poursuite verticale, sauf exception: le procureur est
malade, il y a de la mortalité, il n'est pas là...
M. Morin :
Très bien. Puis est-ce que vous vous assurez que les...
M. Jolin-Barrette : Sauf... il y a un bémol,
sauf en cour itinérante, parce que ce n'est pas possible de toujours
avoir le même procureur.
M. Morin :
Je comprends. Est-ce que vous vous assurez puis vous avez des directives en
place pour que les victimes soient bien informées par les procureurs des
différentes étapes puis que, si jamais il y a une négociation de plaidoyer, la
victime va être capable de comprendre ce qui se passe?
M. Jolin-Barrette :
Alors, la réponse du Directeur des poursuites criminelles et pénales: Oui,
tout est prévu dans les directives du directeur et le...
M. Morin :
Puis elles sont appliquées?
M. Jolin-Barrette :
Certainement que c'est appliqué.
M. Morin :
Parfait.
M. Jolin-Barrette : Et, si je peux rajouter,
dans le fond, là, pour la Commission
des services juridiques, pour la ligne REBÂTIR, là, du 1er octobre 2021 au
31 mars 2023, on a eu 25 961 consultations juridiques offertes à
7 347 bénéficiaires, et, pour les CAVAC, là, on a ajouté des
ressources également, donc 57 millions...
M. Morin :
Bien, en fait, ma question portait, entre autres, sur les CAVAC. Est-ce que
les CAVAC sont suffisamment financés puis est-ce qu'ils sont capables de
remplir leur mandat?
M. Jolin-Barrette :
Bien, oui, on a ajouté des ressources, là, dans les CAVAC. Exemple, là, à
Valleyfield, on a ajouté une coordonnatrice,
Granby aussi. On va avoir des arrivées à Drummondville, La Tuque. Québec, il y
a eu des ressources supplémentaires,
Laval, Sherbrooke, Montmagny aussi puis Sept-Îles. Donc, c'est des ressources
supplémentaires qui sont données dans les CAVAC.
M. Morin : OK,
parfait. Et vous avez des CAVAC dans tous les palais de justice?
M. Jolin-Barrette : Bien,
en fait, dans... je vous dirais, dans chacune des régions. Dans le fond, les
CAVAC... Deux choses. Oui, les CAVAC ont des bureaux dans tous les
palais de justice. Par contre, est-ce que les CAVAC sont uniquement aux palais
de justice? La réponse, c'est non. Dans les... Il y en a... Souvent, il y a une
intervenante CAVAC dans les corps de police
pour faire l'INFOVAC, la liaison. Dès qu'un dossier rentre, l'intervenante CAVAC
peut contacter la victime puis...
M. Morin : Mais,
pour répondre à ma question, M. le Président, donc, dans les palais de justice,
vous avez des représentants des CAVAC qui vont accompagner les victimes,
et ça, il y en a dans tous les palais de justice.
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Morin : Parfait. Excellent.
Au niveau de l'aide psychosociale ou de l'aide spécialisée qui est accordée aux
victimes, pouvez-vous me dire s'il y a suffisamment d'employés? Quelle est la
rétroaction, l'évaluation du programme? Est-ce que ça fait en sorte que les
victimes sont bien accompagnées? Est-ce qu'il y a des choses à améliorer?
Est-ce que vous rencontrez des défis?
M. Jolin-Barrette : Pour le
tribunal spécialisé?
M. Morin : Et puis... oui,
bien, premièrement, puis aussi dans les palais de justice où il n'y a pas
encore de tribunal spécialisé.
M. Jolin-Barrette : Oui, bien,
dans le fond, il faut dire, toutes les victimes sont accompagnées. Bien entendu, le fait d'implanter les tribunaux
spécialisés, ce que ça fait, c'est que ça amène encore une plus grande concertation
avec les milieux, avec les organismes pivots de la région, puis je donne un
exemple. Dans certains... dans un certain district, dans le fond, on a
davantage de... où on a parti un tribunal spécialisé, on a davantage de cas
d'inceste, OK? Ça fait que, là, ça permet,
justement, puis c'est ça, la beauté du projet pilote, de s'ajuster en fonction
de la réalité particulière de chaque
district judiciaire, puis d'aller chercher les intervenants en fonction de la
nature des crimes, supposons, sexuels, puis d'ajuster en fonction de la
clientèle.
M. Morin : Merci.
Merci, M. le Président. Alors, maintenant, la Commission d'examen des troubles
mentaux. Il y a eu plusieurs articles qui ont été publiés dans les
journaux récemment, manque de personnel, manque de suivi de dossiers. On est au
courant du tragique événement de la sergente Breau. Qu'est-ce que vous allez
faire dans votre ministère pour vous assurer qu'il y aura suffisamment de
personnel, qu'il y aura un suivi de dossiers et qu'il n'y aura plus d'autre
tragédie?
M. Jolin-Barrette : Bien,
en fait, on a mis en place un comité interministériel qui est composé de M. le
sous-ministre, du sous-ministre à la Sécurité publique ainsi qu'à Santé
et Services sociaux.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Oui, la
Commission des services juridiques, le Directeur des poursuites criminelles et
pénales, qui siègent à ce comité-là, pour avoir des mesures concrètes.
Notamment, les policiers ont demandé d'avoir l'information directement dans le
registre pour savoir est-ce que, bon, il y avait eu une mise en liberté, est-ce
que la personne avait des troubles mentaux. Alors, on est en bonne direction
pour annoncer des éléments concrets pour faire en sorte, justement, que les
policiers soient outillés. Et là il y a des enquêtes également du coroner.
Donc, on va être en mesure également d'arriver avec une mise en place de
recommandations très claires. Puis les conditions de remise en liberté, il faut
le dire, sont prévues par le législateur fédéral dans le Code criminel. Là,
moi, j'ai déjà discuté avec mon homologue au fédéral, M. Lametti, pour lui
demander que les conditions de remise en liberté soient plus serrées, pour voir
qu'est-ce que le fédéral peut faire au niveau des critères, parce que la
commission des troubles mentaux, elle examine, mais est liée par ce qui est
prévu dans le Code criminel.
M. Morin : M. le Président,
c'était le nombre d'employés pour les suivis. Quel est votre échéancier pour
que ces comités-là vous donnent des recommandations puis que vous puissiez
mettre en place des mesures appropriées pour qu'on n'ait plus de tragédie?
M. Jolin-Barrette : Donc, les
échéanciers, c'est un mois, trois mois pour le court terme, puis ensuite les
autres mesures, notamment avec le fédéral, c'est un peu plus long, c'est plus
sur du moyen, long terme.
M. Morin : Parfait.
M. Jolin-Barrette : Mais il y a
une chose qui est très claire, là, le gouvernement fédéral, il faut qu'il
prenne ses responsabilités.
M. Morin :
En fait, si vous me permettez, M. le Président, ma question, c'étaient les
mois, les échéanciers.
Le
Président (M. Bachand) : Il reste très peu
de temps, allez-y... parfait, allez-y, M. le député.
• (19 heures) •
M. Morin :
Je vous remercie, M. le ministre.
Maintenant, une autre question, perception des amendes. Vous avez
combien de dossiers présentement chez le percepteur des amendes?
M. Jolin-Barrette :
Combien de dossiers nous avons? Il y en a beaucoup. Alors, on donne des...
M. Morin :
Je comprends qu'on pourra éventuellement me donner le montant exact des
dossiers. Vous avez combien... Ça correspond... Quel est le montant total des
amendes?
M. Jolin-Barrette : Donc, en date du
28 février, créances, 184,4 millions, puis les sommes retrouvées...
recouvrées, 100 millions... 100,7 millions.
M. Morin :
Donc, vous avez quelque chose comme 60 millions qui n'est pas
recouvré, grosso modo.
M. Jolin-Barrette : Bien,
83, je pense. Donc, on a un taux de recouvrement de 78,7 %, revenus,
recettes, oui, 78,7 %.
M. Morin :
Et avez-vous des mesures en place
pour augmenter la performance du percepteur puisqu'il y a un pourcentage
d'amendes que vous ne recouvrez pas?
M. Jolin-Barrette : Bien, ça, c'est pour
l'année, mais ça ne veut pas dire que les amendes ne sont pas recouvrées pour
les années subséquentes aussi, là. Alors, pour... OK. Alors, les mesures pour
optimiser le recouvrement, donc traiter les demandes de la clientèle... convenir d'un mode de paiement,
priorisation des activités qui présentent un fort potentiel de recouvrement, entreprendre des mesures
d'exécution forcée en ce qui concerne les sommes non acquittées dans le délai prescrit
par le tribunal. Donc, transmission d'un avis de non-paiement à la...
M. Morin :
Et ma dernière question, M. le
Président : Vous avez combien de personnes qui sont emprisonnées pour
non-paiement d'amende? Récemment, il y a une décision qui a été rendue où il y
a des gens qui ont été emprisonnés, puis ils ont été remis en liberté parce que
le percepteur n'avait pas agi correctement. Quelles sont les mesures que vous
avez mises en place pour éviter que des gens vulnérables se retrouvent en
prison inutilement?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
Il reste très peu de temps.
M. Jolin-Barrette :
...la loi a été modifiée par... J'ai fait une erreur, l'autre fois, à la
période de questions, j'avais dit
«Mme Vallée», mais c'est ma collègue la députée de Champlain, ancienne
ministre de la Justice, qui l'a fait. Donc, c'était une bonne mesure,
c'était notre gouvernement qui l'avait faite. Et, d'ailleurs...
Le
Président (M. Bachand) : Et c'est,
d'ailleurs, là-dessus... Mme la députée de Laval-des-Rapides. Merci, M. le
député de l'Acadie.
Mme Haytayan :
M. le Président... Bonjour, M. le Président et chers collègues de la Commission
des institutions. Poursuivons en abordant la hausse des seuils d'admissibilité
pour le Programme d'aide juridique. Depuis les hausses historiques et
successives des seuils d'admissibilité à l'aide juridique, de 2014 et de 2016,
une personne seule complétant une semaine de travail de 35 heures au
salaire minimum peut être admise gratuitement à l'aide juridique. Et, depuis 2017, les indexations annuelles au 31 mai
permettent de maintenir la parité avec le salaire minimum. En effet, le
régime québécois d'aide juridique comporte deux volets, soit un qui est gratuit
et un qui est contributif, applicables selon
le seuil d'admissibilité à l'aide juridique basé sur les revenus annuels des
personnes bénéficiant du service.
En 2022, une personne
seule travaillant 35 heures au salaire minimum, qui représente
25 935 $ par année, pouvait
bénéficier du service gratuitement. Et, en ce qui concerne les familles formées
de deux adultes avec deux enfants, le seuil d'admissibilité, pour
l'accès sans frais à un avocat d'aide juridique, était de 42 531 $
par année. Qui plus est, pour les justiciables ayant un revenu se situant entre
les seuils d'admissibilité gratuits et les seuils maximums, une contribution
variant entre 100 $ et 800 $, selon leur situation financière et leur
composition familiale, leur permet d'avoir accès aux services d'aide juridique.
Cette formule permet de connaître à l'avance le coût maximum d'honoraires et de
frais qui pourrait être dépensé pour leur représentation, la représentation
d'un justiciable. Ce système est essentiel pour fournir un meilleur accès à la
justice aux Québécois, notamment aux plus vulnérables.
Voici
mes deux questions afférentes, M. le Président. Premièrement, concrètement,
quels sont les pourcentages d'augmentation suite aux différentes
hausses, depuis 2005, pour l'année d'indexation 2023? Deuzio, en quoi se
traduiront ces pourcentages, en termes de seuils d'admissibilité aux services,
selon les revenus des justiciables et les niveaux de contribution auxquels ils
seront assujettis?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui, merci, Mme la députée de Laval-des-Rapides. Avec votre permission, je
pense que les représentants de la Commission des services juridiques pourraient
répondre à cette question, ils sont les mieux placés pour le faire, s'il y a
consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement. Donc, en
débutant... en vous présentant, pardon, s'il vous plaît. Désolé.
M. LaFrance (Daniel) : ...alors,
merci pour la question, M. le Président. On est toujours très fiers de partager
avec vous les seuils d'admissibilité à l'aide juridique. On doit dire qu'à la
création même de l'aide juridique c'était la
volonté du législateur en 1972... Ça fait 50 ans, d'ailleurs, on fête
notre 50e anniversaire. Donc, la volonté, c'était de faire en sorte qu'une
personne travaillant 35 heures-semaine, salaire minimum, soit admissible
gratuitement. Alors, on a réussi, à force de travail, à rétablir, à revenir
à cet... ce beau projet de départ à partir de 2016.
Et puis c'est renouvelé à chaque année, un peu
comme vous le mentionniez, et c'est quand même... ce n'est pas rien, parce que,
si on parle du montant, là, juste pour que vous voyiez un peu qu'est-ce que ça
représente, on parlait de 8 870 $ par année, pour une personne seule,
pour être admissible gratuitement à l'aide juridique. Et ça, ça a perduré dans
le temps, je vous dirais, un 15, 20 ans dans le temps. Donc, vous voyez
qu'à cette époque-là, à part un étudiant qui travaillait le jeudi soir, le
vendredi soir ou quelqu'un qui était prestataire de la... de la sécurité du
revenu, pardon, bien, c'étaient eux qui étaient admissibles.
Donc, si on
se reporte à aujourd'hui, là, avec les hausses subséquentes, on... par rapport
à 2005, ce que je viens de dire, on est à une hausse de 212,9 %
d'augmentation, alors ce n'est pas rien. Alors, pour vous donner une idée, le
fameux 8 870 $, que je vous parlais à l'instant, il est maintenant à
27 755 $. Donc, vous voyez, c'est quand même assez important, et puis on parlait du volet contributif, le volet
contributif qui a été instauré en 1996. Eh bien, ça permet... si je
prends une famille formée de conjoints avec deux enfants, avec une contribution
maximum de 800 $, on va chercher un
revenu familial de... 63 572 $, pardon. Donc, on est au-delà du
salaire minimum 35 heures-semaine. Donc, on peut dire qu'aujourd'hui on
est encore plus généreux dans nos... dans nos volets qu'à la création même de
l'aide juridique.
Le Président (M.
Bachand) : ...Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré,
pardon.
Mme Bourassa : ...merci
beaucoup. M. le Président, je vais vous amener, maintenant, sur un autre sujet,
un sujet d'intérêt qui préoccupe quand même les citoyens. On observe,
depuis 2016, une augmentation de la violence, surtout du côté de la région
métropolitaine. À la fin de l'année 2021, on parle de 187 événements
qui impliquaient des coups de feu, qui ont
été enregistrés dans la région de Montréal, que ce soient des meurtres, des
tentatives de meurtre, parfois des
décharges sans victime, mais il reste qu'il y a souvent des témoins, il y a des
gens qui voient ça, et c'est perturbant. Il y a une hausse de 30 %,
depuis l'année 2020, de ces genres d'événements. Alors, on parle de plus
de 600 armes à feu illégales qui ont été saisies également récemment.
Donc, c'est une tendance à la hausse.
Il y a des événements, notamment le
24 septembre 2001, on a adopté la Stratégie québécoise de lutte contre la violence liée aux armes à feu. Ma question, qui
s'adresse au ministre ou peut-être au directeur... au DPCP, selon qui
est la personne qui va vouloir répondre : Pouvez-vous nous indiquer de
quelle manière, justement, le DPCP s'est impliqué dans cette lutte?
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Jolin-Barrette : ...la
question de la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Peut-être que, si le... M. le
directeur des poursuites criminelles et pénales acceptait de répondre à la
question, si on a le consentement.
Le Président (M.
Bachand) : M. le directeur, s'il vous
plaît.
M. Michel (Patrick) : ...alors,
merci pour votre question, Mme la députée. Alors, suite à l'annonce des effectifs policiers, quand même un déploiement
important d'effectifs policiers dans le cadre de la stratégie CENTAURE, alors on a évalué, de notre côté, nos besoins pour
voir comment on pouvait... au-delà de... au-delà de prendre les dossiers
et de traiter les poursuites, mais pour améliorer, disons, l'efficacité des
enquêtes, tant sur le plan de la qualité des enquêtes,
sur le plan juridique, aussi l'efficacité des enquêtes en termes de... en
termes de délais d'enquête, comment on pouvait contribuer.
Alors, avec les effectifs qu'on a obtenus au
cours de l'exercice 2022-2023, on a mis en place et déployé une équipe de 15 procureurs spécialisés, qu'on a
vite déployés, essentiellement, dans les... disons, dans nos points de service ou
les régions qu'on pourrait qualifier de... un peu plus chaudes, là, où la
problématique... la problématique de la violence avec les armes à feu ou le
trafic d'armes à feu représente davantage... davantage un fléau. Alors, ces
procureurs-là travaillent, d'une part, de façon intégrée entre eux, mais aussi
de façon très intégrée avec les policiers déployés
dans le cadre du projet CENTAURE. Donc, on parle de conseils juridiques, on
parle de conseils stratégiques en enquête, on parle de développer des
stratégies pour s'assurer qu'au moment où on... au moment où les opérations policières ont lieu, que les dossiers soient prêts
à être divulgués pour procéder, qu'il n'y ait pas de retard, disons, entre, si
on veut, les frappes policières et le moment où on porte des accusations, qu'on
diminue ces retards-là pour que, le plus tôt possible, on puisse traiter les
dossiers dans le cadre du système de justice.
Aussi, ces procureurs-là
font une veille... une veille jurisprudentielle, une mise en commun de tout ce
qu'on développe comme preuves d'expert avec
les policiers pour qualifier le fléau que représentent les armes à feu. On
utilise ces preuves-là, que ce soit au stade de la remise en liberté,
lorsqu'on s'oppose à la remise en liberté ou au stade de la détermination de la peine, pour obtenir des
sentences qui, justement, reflètent la gravité de ce fléau-là, de la dangerosité
de la violence avec les armes à feu. Je ne sais pas si ça répond à votre
question, Mme la députée.
• (19 h 10) •
Le Président (M. Bachand) : Merci. J'aurais la députée, le temps file, de Laval-des-Rapides
Mme Haytayan : Merci,
M. le Président. En terminant, à la lumière de la sanction du projet de loi
n° 2, PL n° 2, en juin
dernier, soit la Loi portant sur la réforme du droit de la famille en matière
de filiation et modifiant le Code civil en matière de droits de la personnalité et d'état civil, ma
question : Quelle clientèle est visée par les nouvelles mesures du
PL n° 2 et par les assouplissements apportés au Règlement sur l'aide
juridique?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre. Le temps
file.
M. Jolin-Barrette : Alors, avec
l'aide... Bien, en fait, avec le projet de loi n° 2, puis, vous savez,
c'est la première phase de la réforme du droit de la famille, là, on est en
train de faire la deuxième phase, bien entendu, on a fait des avancées
significatives avec la réforme du droit de la famille dans le projet de loi
n° 2, notamment le fait que, maintenant, les enfants, leur revenu n'est
pas comptabilisé pour être représenté par un avocat de la Commission des
services juridiques. Même chose, également, au niveau du contre-interrogatoire,
on a mis en place des mesures pour s'assurer
qu'il puisse y avoir une représentation et que, supposons, un agresseur qui...
bien, en fait, un agresseur... un accusé d'agression ne puisse pas poser
des questions directement à la victime. Donc, automatiquement, il peut y avoir
un avocat qui est nommé pour poser les questions à la place. Donc, c'est un
service qui est couvert.
Puis je pense que ce sont des avancées
significatives qu'on a faites avec le projet de loi n° 2. Et,
heureusement, bien, les travaux du projet de loi n° 12 vont rondement, et
je souhaite qu'on puisse l'adopter avant la fin de la session parlementaire,
parce qu'il y a beaucoup d'enfants, actuellement, encore une fois, qui se
retrouvent dans un vide juridique, puis il faut réussir à combler ça
rapidement, notamment sur la grossesse pour autrui.
Adoption des crédits
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Le temps alloué à
l'étude du volet Justice des crédits budgétaires du portefeuille Justice
étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des
crédits.
Est-ce que le programme 1, intitulé
Administration de la justice, est adopté? Sur division. Merci.
Est-ce que le programme 2, intitulé Activités
judiciaires, est adopté? Sur division. Merci.
Est-ce que le programme 3, intitulé Justice
administrative, est adopté? Sur division.
Est-ce que le programme 4, intitulé
Indemnisation et reconnaissance, est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce que le programme six... Adopté. Est-ce que le
programme 6, intitulé Poursuites criminelles et pénales, est adopté?
Adopté sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte
tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au
mercredi 26 avril à 11 h 30, où il va entreprendre l'étude
du volet Relations internationales et Francophonie des crédits budgétaires du
portefeuille Relations... et Francophonie. À bientôt. Merci. Bonne soirée.
(Fin de la séance à 19 h 13)