Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, April 25, 2023
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Vol. 47 N° 15
Étude des crédits budgétaires du ministère du Conseil du trésor et de l'Administration gouvernementale, volet Lois professionnelles
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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LeBel, Sonia
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Morin, André Albert
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Labrie, Christine
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Allaire, Simon
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-cinq minutes)
Le Président (M. Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! Bon matin. Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin procéder à l'étude
du volet Lois professionnelles des crédits budgétaires du portefeuille Conseil
du trésor et Administration gouvernementale pour l'exercice financier
2023-2024. Une enveloppe d'une heure a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. Allaire
(Maskinongé); Mme Schmaltz (Vimont), par Mme Lachance (Bellechasse);
M. Zanetti (Jean-Lesage), par Mme Labrie (Sherbrooke).
Lois professionnelles
Discussion générale
Le Président (M. Bachand) :Merci beaucoup. Nous allons procéder à une discussion d'ordre
général par bloc d'échange, incluant les questions et les réponses. Alors, il
me fait plaisir de céder la parole au député d'Acadie pour une période... un
premier bloc d'échange de 18 min 21 s. M. le député, s'il vous
plaît.
M. Morin : Merci, merci,
M. le Président. Alors, bonjour, tout le monde. Bonjour, Mme la ministre. Je
vois que vous êtes accompagnée probablement de collègues de vos ministères,
alors je vous salue, <bienvenue à cette commission...
M. Morin :
...M.
le Président. Alors, bonjour, tout le monde. Bonjour, Mme la ministre. Je vois
que vous êtes accompagnée probablement de collègues de vos ministères, alors je
vous salue, >bienvenue à cette commission.
Je vous dirais... Parce que, dans un
premier temps, on parle un peu d'une façon plus générale, et puis j'aurai des
questions plus spécifiques à vous poser, Mme la ministre. Mais je vous dirais
que, d'une façon plus globale, j'ai rencontré, écouté différents groupes,
ordres professionnels, et ce qui se dégage, c'est que ça semble être très, très
long avant qu'un ordre professionnel puisse voir le jour au Québec. Et je
comprends qu'il y a une série de vérifications à faire. On ne peut pas
reconnaître n'importe quelle association comme ordre professionnel, puis, en
fait, le mandat même d'un ordre professionnel, c'est de veiller à la protection
du public. Mais il n'en demeure pas moins que... le chemin semble être très,
très long et parsemé de beaucoup... de beaucoup d'embûches. Alors, peut-être
que ce serait une chose importante de s'assurer, pour la protection du public
et de la société en général, justement, que, quand une demande est faite ou
qu'il y a un avis qui est fait, recommandant la création d'un ordre
professionnel, que cet ordre-là puisse voir le jour plus rapidement.
Mais, d'une façon un peu plus spécifique,
je vous dirais que j'ai rencontré les biochimistes et les chimistes qui, et ça
me permet de faire un lien, qui faisaient état des difficultés qu'ils
rencontrent pour la création d'un ordre professionnel. Et ma première question,
et j'en aurai des plus spécifiques, mais ma première question pour vous :
Est-ce que vous êtes au courant? Avez-vous été sensibilisés? Est-ce que votre
ministère est à l'écoute? Et vous en êtes rendus où, par exemple, dans le
cheminement de la création d'un ordre professionnel pour les chimistes ou les
biochimistes?
Le Président (M.
Bachand) :Mme la ministre, s'il vous
plaît.
Mme LeBel : Mais, merci,
merci, M. le député de l'Acadie. Contente de voir pour ce que je pense être vos
premiers crédits, là, qui commencent cette série. Vous allez me permettre,
peut-être, de prendre peut-être un petit moment de ce temps, quand même, pour
vous présenter l'équipe qui est derrière moi, parce que vous aurez peut-être à,
et ma collègue de Sherbrooke également, à leur poser des questions, et j'aurai
peut-être à, pour des enjeux plus précis, à leur céder la parole, parce qu'on
est quand même en période de crédits, et l'objectif, c'est d'avoir des réponses
les plus précises possible à vos questions.
Donc, si je parle de mon cabinet
politique, je suis, à ma droite, entourée de Mme Cantin, qui est ma
directrice de cabinet. J'ai, derrière moi, Émilie Vallée et Andréanne Morneau,
qui sont des conseillères spéciales, qui vont s'occuper, particulièrement,
quand on parle d'Andréanne, pour la suite des événements, de ce qui a trait à
ma responsabilité des ordres professionnels. J'ai, avec moi, Mme Dominique
Derome, qui est présidente de l'office, qui vient d'être nommée, donc, qui est
à ses premiers crédits en tant que présidente également, qui est accompagnée de
Jacques Nadeau, son conseiller stratégique, à la présidence. Et je suis
également accompagnée du Commissaire à l'administration aux professions, M.
André Gariépy, si vous avez des questions particulières. Donc, je prenais... je
trouvais important de prendre le temps non seulement de les présenter, mais de
les remercier d'être avec moi pour cet exercice, là, qui est souvent long, plus
long en préparation qu'en livraison. Donc, je les remercie.
Il y a quand même deux parties à votre
question. Je vais répondre quand même à la première partie, de façon plus
générale. Effectivement, ça peut apparaître comme un long processus, et, dans
toute la question de la révision réglementaire, de l'allègement du système
professionnel, qui fait partie, je vous dirais, d'une de mes deux priorités,
quand j'ai été nommée récemment... J'ai déjà eu l'Ordre des professions, mais
quand j'ai été... le système professionnel, pardon... quand j'ai été nommée
récemment, en octobre, la question de voir si on ne peut pas, dans le
processus, trouver des façons d'accélérer cette façon de faire là, la réponse
est oui. On est en analyse. D'ailleurs, on a lancé un chantier, et ça va faire
partie de ce qu'on va regarder, bon. L'allègement réglementaire, pour les
ordres professionnels, va en faire partie, les différents ordres, mais la
question aussi du processus vers la création d'un nouvel ordre.
• (9 h 50) •
Je dois vous dire qu'en 2019, et on va
venir aux biochimistes et aux biologistes, ne vous inquiétez pas,
microbiologistes, en 2019, quand j'ai eu, pour la première fois, la
responsabilité des ordres professionnels, j'ai lancé un mot d'ordre et je me
tiens déjà... je me tiens encore derrière ce mot d'ordre là, de faire en sorte
que, quand on a des groupes qui désirent être... peut-être former un ordre
professionnel, que la première étape qu'on voit, c'est, on peut voir une
fusion, si on <peut les joindre...
Mme LeBel :
...de faire en sorte que, quand on a des groupes qui désirent
être... peut-être former un ordre professionnel, que la première étape qu'on
voit, c'est, on peut voir une fusion, si on >peut les joindre à un
ordre professionnel existant. Il y a déjà 46 ordres professionnels, si je
ne m'abuse, 54 ou 55...
Une voix : 55.
Mme LeBel : ...55 professions
réglementées. C'est un système qui est vaste, qui peut être lourd, mais qui a
un objectif extrêmement important, qu'il ne faut jamais perdre de vue, c'est la
protection du public.
Donc, ceci étant dit, c'est important, ce
processus-là. Donc, l'alléger dans le sens de pouvoir le faire plus rapidement,
oui, mais l'alléger dans le sens d'escamoter l'analyse qui doit être faite
derrière ça... Vous le savez, vous faites partie, comme moi, cher collègue, d'un
ordre professionnel, qui est le Barreau. On connaît la responsabilité
personnelle, c'est-à-dire du professionnel qui vient avec ça, dans la
protection du public. Et il y a plusieurs outils pour protéger le public au
Québec : des codes de déontologie, des codes d'éthique, des permis
d'exercice, des formations. Il y a une panoplie d'outils, et l'ordre
professionnel en fait partie. Mais, pour moi, c'est un outil qui est quand
même... qu'il faut quand même utiliser quand c'est strictement nécessaire de le
faire.
Ceci étant dit, concernant... Vous m'avez
parlé des biochimistes et des chimistes, si je ne me trompe pas. Donc, dans les
deux cas... Biologistes ou des biochimistes, biologistes, hein, je veux
juste...
M. Morin : ...des
biochimistes et des chimistes.
Mme LeBel : Des
biochimistes et des chimistes. Dans les deux cas, là, je suis au courant des
demandes, effectivement. Je laisse le travail se faire, et les demandes sont en
analyse. Naturellement, je ne vous parlerai pas d'où on est rendus dans le
processus. Il y a des analyses qui doivent se faire. Mais est-ce que les
analyses se font effectivement?
Maintenant, il y avait deux aspects à
votre question. Est-ce qu'on fait l'analyse? Est-ce qu'on est en train de
regarder le dossier avec sérieux? La réponse est oui. Oui, c'est très long, je
le comprends. Quand on est en demande pour avoir un ordre professionnel, c'est
très long, mais les gens doivent comprendre que... C'est ce que je vous ai
parlé. Est-ce qu'on peut... Plusieurs étapes à franchir. Est-ce qu'on peut...
Premièrement, est-ce que... quels sont les actes qui seraient visés? Est-ce que
ça nécessite un ordre professionnel? Est-ce qu'il y a d'autres outils
disponibles dans la société québécoise, dans notre corpus législatif, réglementaire
et de permis qui nous... ou de codes d'éthique, de déontologie, de tout autre,
qui nous permet de rencontrer l'objectif? Et est-ce que...
Donc, finalement, est-ce que l'ordre
professionnel est la seule voie possible pour rencontrer l'objectif de la
protection du public et encadrer la profession? On est en étude sur ces
questions-là.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie, s'il
vous plaît.
M. Morin : Oui, merci.
Alors, bien, merci, madame... merci, Mme la ministre. Alors, je salue la
nouvelle présidente de l'Ordre des professions. Alors, effectivement, nous en
sommes à nos premiers crédits. Bienvenue.
Oui, je comprends qu'il faut... je
comprends qu'il faut un processus rigoureux puis je comprends que l'essence
même d'un ordre professionnel, c'est la protection du public. Mais, justement,
parlons-en, de la protection du public. Quand on regarde, et je débute avec les
biochimistes et les chimistes, ils sont entre autres responsables de travailler
à l'élaboration d'analyses de différentes substances, ça peut être... ça peut
être de l'eau, ça peut être de l'air. Puis, dans bien des cas, de donner des
avis, que ce soit au gouvernement, que ce soit à des entités publiques ou
parapubliques, et là le fait qu'il n'y ait pas d'ordre professionnel fait en
sorte... Puis, vous le savez, vous avez fait référence au Barreau, Mme la
ministre, il y a des actes réservés qui viennent avec une profession. Et donc
ce qui fait que là, maintenant, au Québec, il y a plein de gens qui peuvent,
par exemple, ouvrir un laboratoire, rendre des analyses, et puis on... Je pense,
entre autres, à la qualité de l'eau, les municipalités, des études
épidémiologiques. On a vécu une pandémie.
Donc, ma question précise est :
Qu'allez-vous faire pour que le processus demeure rigoureux, évidemment, mais
qu'il soit accéléré et qu'on accorde une importance? Parce qu'évidemment, si
vous avez une foule de demandes, bien sûr que vous allez devoir prioriser
certaines. Or, je pense que celle-ci, qui est en attente, revêt une importance
particulière pour la protection de la société. Donc, qu'allez-vous faire pour
que ce dossier-là avance plus rapidement? Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la ministre.
Mme LeBel : Bien, merci.
Merci, cher collègue. Bien, je vais un petit peu remettre de l'avant ce que
j'ai eu l'occasion de vous dire dans mon entrée de jeu. Vous avez raison, quand
on regarde, je vous l'ai dit, quand on regarde pour intégrer une profession...
bien, pas une profession au sens du Code des professions, naturellement, mais
une profession au sens commun du terme, au Code des professions ou à titre
d'ordre professionnel, entre autres, on a rencontré les chimistes, parce qu'on
parle des biologistes et des microbiologistes qui souhaiteraient peut-être
intégrer l'Ordre des chimistes ou avoir leur propre ordre professionnel. Donc,
on a rencontré à la fois les chimistes de l'Ordre des chimistes. On a rencontré
les biologistes, les microbiologistes... vous soulevez la question de
l'environnement, c'est une question qui est tout à fait valable et pertinente.
Je veux juste qu'on rassure ici le public,
là. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'ordre professionnel que leur
profession <n'est pas encadrée...
Mme LeBel :
...vous
soulevez la question de l'environnement, c'est une question qui est tout à fait
valable et pertinente.
Je veux juste qu'on rassure ici le
public, là. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'ordre professionnel que leur
profession >n'est pas encadrée, qu'on n'a pas des systèmes qui sont
quand même rigoureux. Vous pourrez peut-être en parler avec mon collègue à
l'Environnement, qui connaît beaucoup plus la question de l'utilisation des
biologistes et des microbiologistes, en matière environnementale, que je
pourrais le prétendre. Mais je suis convaincue et je sais qu'il y a des moyens
d'encadrer. Parce que je voudrais qu'on... je ne voudrais pas qu'on lance...
c'est une discussion qui est fort pertinente et valable, là, mais je suis toujours
soucieuse de ne pas lancer le message à la population qu'à défaut d'ordre
professionnel... l'acte, le geste ou le fait d'analyser ou le fait d'être un
microbiologiste fait en sorte que ces gens-là n'agissent pas de façon
professionnelle au sens large du terme et que la population est en danger.
Maintenant, la question est pertinente et
elle se pose. Et vous le savez, hein, on doit commencer aussi... C'est avancé
dans le dossier des biologistes et microbiologistes, mais il faut que les gens
comprennent, ce n'est pas une baguette magique, d'être dans un ordre
professionnel, ça ne règle pas nécessairement les enjeux, automatiquement,
qu'on doit régler. À ce moment-là, on n'aurait pas le syndic, hein, on n'aurait
pas de syndic dans les ordres professionnels si tout était parfait quand on est
un professionnel. Mais, ceci étant dit, il y a une démarche qui est fort
rigoureuse à faire. La première étape étant, il y a deux aspects, la première
étant de voir quels sont les objectifs de formation d'un ordre professionnel.
On le fait avec les microbiologistes, les biologistes. Je suis en discussion de
l'analyse, et on fait le plus rapidement possible.
Maintenant, est-ce que je peux voir
comment on peut, au-delà de faire le plus rapidement possible, voir comment on
peut alléger le processus? Ça, c'est deux questions différentes qui va... qui
est en dehors de l'analyse du dossier des biologistes et microbiologistes. Mais
il y a toujours la question des actes réservés, des actes partagés, des actes
exclusifs, vous le savez, là il faut négocier, souvent, avec d'autres ordres
professionnels quand il y a une intersection entre les chimistes et
microbiologistes. Est-ce qu'il va y avoir un acte réservé pour chacun d'entre
eux? Est-ce que ça va être un acte partagé? Vous connaissez tout ça, mais je
vais résumer en disant qu'on y travaille.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Monsieur...
M. Morin : Oui. Le temps
file, Mme la ministre. Alors, moi, j'aimerais maintenant vous parler... Je vais
faire un pont puis vous parler des ostéopathes, que j'ai également rencontrés
et écoutés. Vous avez parlé, évidemment, de l'importance d'un ordre
professionnel, des actes réservés, c'est vrai. Bien, justement, les ostéopathes
n'en ont pas, d'ordre professionnel encore, même s'ils le demandent depuis
longtemps déjà. Et j'aurais une question très précise pour vous qui, je pense,
va amener une réponse aussi assez courte et précise. Vous avez un avis de
l'Office des professions qui recommande qu'un ordre professionnel des ostéopathes
soit constitué par lettre patente. Où est rendu le dossier? Et qu'allez-vous
faire pour accélérer le processus?
Mme LeBel : Oui, bien,
vous avez raison, ce dossier-là progresse également. Donc, dans l'intervalle,
il faut encore rassurer les gens, ils ont un code de déontologie, je pense, qui
les encadrent. En tout cas, ils ne sont pas... ils ne sont pas sans
encadrement. Donc, il faut quand même le préciser. Oui, il y a eu un avis
d'opportunité qui a été constitué... qui a été produit, rendu public par
l'Office des professions, je pense que c'est en juin 2022, si je ne me trompe
pas, à l'époque, c'était ma collègue qui était responsable des ordres
professionnels.
Ceci étant dit, ce n'est pas la fin des
haricots quand on a terminé cette analyse-là, c'est une partie de l'analyse.
Avant d'être capable de constituer un ordre professionnel, il faut quand même
aussi... Là, une fois qu'on a fait un avis d'opportunité, on a encore de
regarder quels sont les actes, de quelle façon on va les encadrer, mais,
surtout, la formation doit être au rendez-vous, et disons que la maturité de la
formation, dépendamment de la profession qu'on examine... Puis, encore là, la
profession au sens large et non pas au centre du Code des professions, je le
sais parce que j'ai toujours beaucoup de juristes qui m'écoutent quand je
parle, que ce soit en négociation ou en système professionnel.
Donc, je veux juste qu'on ne parte pas en
disant : Elle a dit qu'on était un professionnel, donc c'est fait. Non. Au
sens large du terme, bien, il y a autre chose à regarder, il faut que la
formation soit au rendez-vous. Quand on décide de créer un ordre professionnel,
on ne peut pas attendre après la formation par la suite. Donc, on travaille
également avec le ministère de l'Enseignement supérieur, et les travaux se
poursuivent, l'analyse se poursuit.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
• (10 heures) •
M. Morin : Merci. Sauf
que, présentement, et particulièrement pour les ostéopathes, je pense qu'il y a
urgence d'agir, parce qu'ils nous ont parlé de la formation, de la rigueur de
leur travail, mais parce qu'il n'y a pas d'ordre professionnel et parce qu'ils
travaillent dans le domaine de la santé, plusieurs ostéopathes sont poursuivis
avec de multiples chefs d'accusation par d'autres ordres professionnels, parce
que d'autres ordres professionnels ont aussi, évidemment, des actes qui sont
réservés. Je pense, entre autres, au Collège des médecins. Donc ça crée un
impact, en bout de piste, non seulement chez les ostéopathes, parce que, là, il
y en a qui ne savent pas vraiment quels actes ils peuvent poser, ils ne veulent
pas être poursuivis, puis ça crée aussi un problème pour le public, qui veulent
avoir des services des ostéopathes, alors, d'où l'importance d'agir.
Donc, qu'allez-vous faire pour vous <assurer...
>
10 h (version révisée)
<19253
M. Morin :
...pas. Ils ne veulent pas être poursuivis. Puis ça crée aussi un
problème pour le public qui veulent avoir des services des ostéopathes, alors d'où
l'importance d'agir. Donc, qu'allez-vous faire pour vous >assurer que
cette situation sera corrigée le plus rapidement possible?
Le Président (M.
Bachand) :Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. Bien,
on continue à travailler de façon très sérieuse sur le dossier. Je pense que...
Je ne veux pas... Je... Vous savez comme moi, je ne trancherai pas ici la
question de savoir : OK, on y va, là, je vous accorde l'ordre professionnel
ou non. Il y a une analyse rigoureuse et sérieuse qui est faite, et il en va de
la crédibilité et de la pérennité du système professionnel. Donc, il ne...
Et je ne dis pas que mes commentaires s'adressent
aux ostéopathes, ni aux microbiologistes, ni aux biologistes, ni à tous ceux
qui pourraient être en attente ou en désir d'avoir un ordre professionnel, mais
il ne suffit pas de le demander pour que ce soit accordé. Le sérieux du système
professionnel, et j'en fais partie depuis près de 30 ans, pour moi, est
fort important. Sa mission n'est pas de protéger les membres du système
professionnel, sa mission n'est pas une mission d'accommodement parce que ce serait
plus pratique, mieux ou plus facile d'avoir un ordre professionnel, sa mission
est une mission de protection du public. Et j'aurai toujours, toujours ce
prisme-là quand je vais faire les analyses et que je vais... je vais demander
aux équipes de faire les analyses.
Et encore une fois je ne cible pas un
dossier particulier. Ce dossier-là suit son cours. Il y a eu, effectivement, un
dossier d'opportunité, mais, une fois que cela est dit, la formation doit être
arrimée aussi de façon... de façon adéquate et à la hauteur des demandes d'un
système... d'un ordre professionnel.
Le Président (M.
Bachand) :Il vous reste un peu plus que
deux petites minutes, M. le député.
M. Morin : Alors, bien,
écoutez, je comprends, mais pour les ostéopathes, je le mentionnais d'entrée de
jeu, vous avez un avis de l'Office des professions, puis c'est un rare avis en
14 ans. Donc, il me semble que, si l'office prend la peine de le
recommander et demander, donc, qu'un ordre soit créé avec lettre patente, ça
devrait normalement faire en sorte que votre réponse devrait être en lien avec
la recommandation. Et ce n'est pas quelque chose qui arrive souvent. Donc, qu'allez-vous
faire pour vous assurer que ces gens-là soient protégés, qu'ils soient bien
formés puis que le public ait accès à leurs services?
Mme LeBel : Bien, bien
formés, c'est le mot clé.
M. Morin : Donc...
Mme LeBel : Est-ce que
vous permettez... Est-ce que vous voulez que Mme Derome ajoute quelque
chose sur cette... ce sujet-là?
M. Morin : Oui, s'il
vous plaît.
Mme LeBel : Parce que c'est
sur votre temps, alors je vous demande la permission.
Le Président (M.
Bachand) :...consentement?OK. Consentement.
Mme LeBel : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Puis, Mme Derome, il reste
1 min 22 s pour le bloc d'échanges. Allez-y.
Mme Derome (Dominique) : Je
vais faire ça rapidement. Merci. Merci, M. le Président. Merci, M. le député.
Lorsqu'on intègre un ordre, un des mécanismes, hein, est la délivrance d'un
permis, et généralement cette délivrance-là est accompagnée d'un diplôme qui
fait référence au titre professionnel. Donc, c'est ici, là, ce que ma ministre
essaie de faire valoir, c'est que là on... on avance le dossier, mais il y a
une partie au niveau de la formation, puisqu'il n'y a pas de formation qui est
reconnue présentement.
Le Président (M.
Bachand) :Une cinquantaine de secondes,
M. le député. Allez-y, oui.
M. Morin : Oui. Alors,
écoutez, maintenant, j'aimerais... j'aimerais vous parler, puis on va commencer
dans le temps qu'il me reste, de l'Ordre des chiropraticiens qui rencontre des
problèmes. Parce qu'ils veulent traiter la population, la population veut avoir
accès à leurs services, mais ils ne peuvent traiter directement les patients
qui sont, en fait, sous le régime de la SAAQ ou de la CNESST parce qu'ils
doivent avoir une référence médicale, ce qui alourdit le processus et qui fait
en sorte qu'il y a des gens qui sont malades qui attendent avant d'être
soignés. Alors, ma question est la suivante : Pourquoi obtenir absolument
une référence médicale, alors qu'il y a déjà un ordre, ce sont des gens qui
sont hyperqualifiés puis qui pourraient traiter directement les patients,
sauver des coûts et du temps?
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup.
Malheureusement, ça met fin au bloc. On va revenir tantôt de toute façon. Mme
la députée de Sherbrooke...
Une voix : ...
Le Président (M. Bachand) :Mme la députée de Sherbrooke pour 12 min 17 s.
Mme Labrie : Merci, M.
le Président. Effectivement, il y a plusieurs dossiers qui traînent depuis
assez longtemps. On vient de discuter des biologistes, des ostéopathes. En plus
des professions qui veulent un nouvel ordre professionnel, il y a aussi les
deux tiers des ordres existants qui veulent mettre à jour leur loi ou leur
champ d'exercices et qui trouvent que c'est assez long, assez compliqué. Des
dossiers comme ceux-là, moi, quand je les vois passer, j'ai l'impression qu'il
n'y a pas vraiment de gens qui sont contre, tout simplement, ce n'est la
priorité de personne. Je me demande si, avec toutes ses responsabilités, la
présidente du Conseil du trésor a assez de temps à consacrer à ce dossier-là
pour permettre au dossier d'avancer.
Mme LeBel : Oui,
excuse-moi... Oui, je m'excuse, oui, je vais m'apprêter à répondre, je... Oui,
absolument, absolument. J'ai eu l'occasion d'en parler un petit peu d'entrée de
jeu, dans le premier bloc, je vous dirais que c'est ma priorité. J'ai deux priorités,
comme ministre responsable des Ordres professionnels : naturellement,
assister mon collègue dans le plan santé, dans toute la question du
décloisonnement, ou on <pourrait...
Mme LeBel :
...
collègue dans le plan santé, dans toute la question du décloisonnement, ou on
>pourrait parler plutôt d'élargissement, parce qu'on préfère parler
d'élargissement, en termes plus exacts, mais également, également de
l'allègement.
Le système professionnel va avoir
50 ans, hein, si ce n'est pas déjà fait, c'est sous peu, hein, bientôt...
va avoir 50 ans cette année, je pense que c'est un bon moment. Quand j'ai
eu le... la responsabilité des ordres professionnels, à l'époque où j'étais à
la Justice, dans les deux premières années, 2018‑2019, je pense, jusqu'en juin
2020, c'était déjà sur la... à la table de l'ordre du jour, puis on avait
commencé déjà une réflexion sur les travaux.
Donc, à l'occasion, entre autres, de la
nomination de Mme Derome, on a parti un chantier, avec l'office, où on
va... J'ai demandé qu'on me prépare, et c'est en élaboration, une feuille de
route pour être capable d'avoir de l'allègement réglementaire pour commencer.
Parce que, quand j'ai rencontré, d'ailleurs, avec mon collègue le député de
Maskinongé, qui est mon adjoint parlementaire et qui va s'occuper
particulièrement... Donc, est-ce que j'ai le temps? Absolument. Quand je suis
appuyée par des gens de qualité comme ça, j'ai absolument le temps de faire
beaucoup de choses. Donc, ce volet-là, particulièrement, va être sous la
responsabilité de mon collègue, qui avait fait un travail extraordinaire avec
les marchés publics. Donc, je suis convaincue que ça va être la suite, avec les
services professionnels.
Et la question de l'allègement
réglementaire, qui était au cœur des discussions que j'ai eues avec les ordres
professionnels, auxquelles mon collègue a assisté, je pense que c'était en
janvier — je m'excuse si je me mêle, des fois, dans les dates, mais il
me semble que c'était en janvier — au retour des Fêtes, en faisait
partie. Et je suis heureuse de leur annoncer qu'on est en mouvement. Sauf que
c'est un gros chantier, la modernisation du système professionnel.
La question abordée avec mon collègue
de...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...l'Acadie — je
m'excuse, je me souvenais de votre nom, votre prénom, mais pas du comté — ...mon
collègue de l'Acadie sur le processus, aussi, pour devenir un ordre
professionnel, tout ça, dans le cadre... entre autres, dans le cadre du 50e, va
être abordé. Et j'espère être capable, avec mon collègue de Maskinongé... être
capable d'annoncer, à court, à moyen et à long terme, de beaux projets de
modernisation. Mais, pour l'instant, je me garde une petite gêne parce que j'ai
donné le mandat à l'office de me préparer ce que j'appelais une feuille de
route et, quand cette feuille de route là sera disponible, elle sera disposée,
partagée et discutée avec les... avec le Conseil interprofessionnel et les
membres du conseil.
Mme Labrie : Je suis
contente d'entendre que la ministre a suffisamment de temps puis la
collaboration de son collègue pour accomplir son mandat. Les ostéopathes, ça
fait quand même plusieurs fois... plusieurs mois qu'ils demandent une
rencontre, qu'ils ne l'ont pas obtenue encore. Donc, peut-être que la ministre
ou son collègue pourront lui en... leur en octroyer une, parce qu'effectivement
eux autres aussi ont le souci de développer des formations. Puis il y a des
universités qui attendent, en ce moment, un signal plus clair, là, de la part
du gouvernement que ça va avancer.
J'ai entendu les priorités de la ministre
dans le cadre de son mandat. J'aimerais savoir si, le dossier des ostéopathes,
elle compte aussi le régler dans le cadre de son mandat. Ça fait... Elle m'a
nommé la Santé, ça fait partie des professions en santé. Est-ce que, d'ici à la
fin du mandat, on peut s'attendre à ce que ce dossier-là ait cheminé?
Mme LeBel : Bien, je
vais répondre la même chose que je répondais... j'ai répondue à votre collègue
de l'Acadie, notre collègue, c'est-à-dire qu'il est en analyse sérieuse et il
suit son cours, le plus rapidement possible. Il n'est pas ralenti, il n'est pas
accéléré, dans le sens où on fait les choses avec rigueur. Parce que, pour moi,
l'aboutissement qui... possible, dans... qui est un des scénarios possibles,
dans ce contexte-là, de l'ordre professionnel, est un... est quelque chose de
très... de très sérieux.
Mme Labrie : Est-ce que
la ministre serait favorable à ce qu'il y ait un ministre spécifiquement dédié
au système professionnel? Après tout, en ce moment, il y a un ministre du
Tourisme. Pourquoi il n'y aurait pas une ministre ou un ministre responsable,
là, exclusivement des dossiers des systèmes professionnels?
Mme LeBel : Bien, la
question se pose. J'en ai déjà parlé avec le Conseil interprofessionnel, je
pense que ça fait partie du document qu'ils ont déposé, également, sur la
modernisation du système professionnel. Je vous dirais que j'ai parlé avec eux
plus de leurs objectifs derrière ça que de... Parce que souvent on met de
l'avant une mesure, mais moi, j'essaie toujours de voir quels sont les
objectifs derrière la mesure. Parce que c'est facile de demander des
structures, de la même façon que je disais que c'est facile de demander ou de
réclamer un ordre professionnel. Mais il ne faut pas, parce qu'on le demande,
penser que c'est la solution optimale avec les objectifs. Et je continue d'être
en discussion avec la présidente du conseil sur les objectifs.
À ce stade-ci, ce n'est pas dans
l'intention du gouvernement. Je pense que de mettre... Je suis une personne
responsable du dossier, c'est difficile pour moi de vous dire que je ne pense
pas être capable de faire le dossier, au contraire. C'est pour ça que je
m'entoure de gens qui sont capables de m'assister et vont pouvoir prendre une
grande partie de la charge avec moi, des gens qui sont sérieux et rigoureux.
Mais, derrière cet objectif-là qui est porté par la présidente du conseil, je
comprends très bien le fait qu'il faut que le système professionnel ait, en bon
français, un peu d'amour et qu'on s'attarde à la question, certainement de la
grande question de la modernisation du système.
• (10 h 10) •
Et, si la question du plan santé et de
l'élargissement des professions nous donne l'occasion de mettre de l'avant ce
système professionnel là, bien, je ne m'en priverai pas pour pousser les enjeux
du système professionnel. Et on va <commencer...
Mme LeBel :
...
ne m'en priverai pas pour pousser les enjeux du système professionnel. Et on va
>commencer par voir qu'est-ce que l'office va nous présenter comme
feuille de route, d'étapes sur la voie de la modernisation, qui ne peut pas se
faire en un seul seul bloc. D'ailleurs, la première question qu'on a faite, le
premier tour de table on a fait avec les 55 ordres... 46 ordres, mais
55 professions, en tout cas, les 46 ordres, ça a été de leur dire :
Écoutez, c'est beau de parler de modernisation et... mais qu'est-ce qu'on peut
faire de précis et quels sont, selon vous, ce que je l'appelais, moi, les
petits gains plus rapides, à moyen et à court terme? Et ça va nous prendre...
Et c'est pour ça... C'est sous cet
angle-là, suite... fort de ces consultations-là, que j'ai demandé à l'office de
nous préparer une feuille de route où on aura une progression et des étapes
très clairement établies. Et je pense, en toute honnêteté et modestie, que ça
va donner... ça va donner un horizon aux autres professionnels, ce qu'ils n'ont
pas depuis longtemps.
Le Président (M.
Bachand) :...
Mme Labrie : Merci, M.
le Président. J'ai une autre question par rapport à la protection des emplois
des présidents d'ordre professionnel. Ça vous a peut-être été rapporté qu'il y
a des personnes qui parfois se font élire comme président de leur ordre
professionnel, qui ont du mal à conserver leurs conditions d'emploi ou qui ont
même perdu leur emploi. Moi-même, j'ai le souvenir d'avoir géré un dossier
comme ça dans ma circonscription, une personne qui voulait se présenter, là, à
la présidence de son ordre professionnel, qui était à l'emploi du CIUSSS de
l'Estrie, qui avait toute la difficulté du monde à se faire confirmer par son
employeur qu'elle pourrait garder son poste pendant son mandat. Le Conseil
interprofessionnel proposait, dans son mémoire sur le projet de loi n° 29, qu'on
ajoute au Code des professions des dispositions pour imposer aux employeurs
d'accorder un congé sans solde aux employés qui sont élus à la présidence d'un
ordre pour la durée de leur mandat, en s'inspirant de ce qui est prévu dans la
loi sur les élections pour les municipalités. Donc, j'aimerais savoir si la
ministre a de l'ouverture à cette proposition-là.
Mme LeBel : Bien, la
réponse est ni oui ni non. Bien au contraire, je vous avoue que, quand on a
fait le tour de table avec les ordres professionnels, cette question-là... et
que je leur ai demandé : Qu'est-ce que vous avez de besoin?, cette
question-là n'a pas été soulevée, en janvier, donc... Et, quand j'ai rencontré
la présidente du conseil... Ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas une... que
c'est une question inexistante, là, mais elle n'a pas été soulevée. Donc,
j'imagine que c'est parce que ce n'est pas, pour l'instant, quelque chose qu'on
a porté à mon attention. Donc, je vais m'enquérir et je verrai avec eux.
Mme Labrie : Je le porte
assurément à votre attention. J'ai vu un dossier comme celui-là, puis c'est
préoccupant, pour une personne qui veut exercer son droit de se porter candidat
comme président de son ordre, de ne pas être certain de pouvoir garder son lien
d'emploi.
Un autre suivi que je veux faire, c'est la
séparation des rôles pour les agronomes. Votre gouvernement avait déposé en
juin un projet de loi pour séparer le rôle de conseiller du rôle de vendeur,
chez les agronomes. C'était une suggestion, notamment, de Louis Robert pour
éviter les conflits d'intérêts. L'Ordre des agronomes le demandait aussi.
Malheureusement, le projet de loi que vous aviez déposé vous-même... bien, pas
vous, vous, mais votre gouvernement, est mort au feuilleton. Donc, j'aimerais
savoir si vous allez aller de l'avant pour redéposer un tel projet de loi.
Mme LeBel : Là, j'allais
faire une petite boutade. C'est sûr que, si je déposais tous les projets de loi
moi-même, là, c'est vrai que je n'aurais pas de temps pour m'occuper des professionnels.
Non, mais c'est une blague. Non, bien, écoutez, oui, c'est la fin de la
législature qui a mis, malheureusement, fin au projet qui avait été déposé par
mon collègue en Agriculture, Alimentation, hein, mon collègue ministre de
l'Agriculture, si je ne me trompe pas, à l'époque. Écoutez, on va continuer. On
travaille avec lui, là, pour regarder comment il peut le faire.
Il y avait eu, je pense... Et là je parle
de mémoire, parce que vous allez comprendre que je n'avais ni les Ordres
professionnels ni l'Agriculture, quand le projet a été déposé. Je suis quand
même membre d'un conseil des ministres, là, vous allez me dire, mais ce qui ne
nous donne pas la science sur tous les détails de tout, parce que, sinon, on ne
serait pas 30 pour occuper ces différents ministères. Mais j'ai cru comprendre
que, lors des consultations, il y a quand même des choses qui avaient été
soulevées. Donc, on est en train de regarder tout ça et on va voir si on va
aussi pouvoir....
Il y a deux avenues possibles, là, qu'on
examine. Est-ce qu'on peut aussi, dans le projet de modernisation et
d'allègement... d'élargissement des professions, dans l'allègement
réglementaire... est-ce qu'on peut faire... on peut travailler sur quelques
aspects puis est-ce que ça va être pertinent de redéposer un projet de loi? Ça,
c'est avec mon collègue en Agriculture, qui va être plus précis dans... de le
déposer. Mais les équipes de l'office travaillent avec le ministre.
Le Président (M.
Bachand) :Il vous reste deux minutes, Mme
la députée de Sherbrooke.
Mme LeBel : Et nous
aussi, et nous aussi.
Mme Labrie : Je pense
que c'est possiblement ma dernière question, ça va être sur la reconnaissance
des qualifications. Une des seules choses qui fait consensus en immigration,
là, c'est que ça dérange tout le monde de savoir qu'il y a des personnes qui
sont diplômées ou qualifiées à l'étranger, dont l'expérience ou la formation
n'est pas reconnue ici. Il y a des enjeux multiples autour de ça, là, notamment
des préjugés de certaines personnes autour des formations d'expériences
acquises à l'étranger. Mais, pour les personnes dont l'emploi est régi par un
ordre professionnel, il y a des défis particulièrement importants. J'aimerais
savoir ce que la ministre fait pour inciter les ordres professionnels à
simplifier, accélérer, rendre plus accessible le processus de <reconnaissance...
Mme Labrie :
...
ordres professionnels à simplifier, accélérer, rendre plus accessible le
processus de >reconnaissance pour ces personnes-là.
Mme LeBel : Bien,
écoutez, ça va me permettre de vous présenter le commissaire, qui pourra
peut-être répondre à une partie de votre question. Mais je vais y aller à plus
haut niveau.
On est très préoccupés par ça parce
qu'effectivement, ne serait-ce qu'en santé, hein, il y a des professionnels
qui... et là je vais prendre le mot «professionnels» au sens du Code des
professions, il y a des professionnels qui travaillent... qui ont été formés à
l'extérieur du Québec, qui travaillent à l'extérieur du Québec, qui
pourraient... ils voudraient venir joindre nos rangs, nos forces vives,
particulièrement dans le domaine de la santé. Naturellement, vous comprendrez
qu'il faut quand même s'assurer, même si... que la formation est adéquate. Et
souvent ces professionnels-là ne sont pas nécessairement... Il y a des mises à
niveau qui sont proposées par les ordres professionnels. Donc, on est en train
de travailler sur des avenues, alternatives du... Je vais le résumé de façon
très succincte : Entre le rien... le gros paquet et le rien du tout, il y
a un intervalle qu'on peut regarder avec les ordres professionnels. Il y a de
l'ouverture de ce côté-là.
Je ne sais pas si M. Gariépy veut
ajouter quelque chose, parce qu'il est, justement, commissaire à l'admission
aux professions, et une des raisons de sa mise en place, de sa nomination,
c'était, justement, l'intégration des professionnels par le biais de
l'immigration.
Le Président (M.
Bachand) :Il ne reste que 20 secondes...
Mme LeBel : Ah! Désolée.
Le Président (M.
Bachand) :...alors, M. le commissaire,
identifiez-vous et répondez à la question.
M. Gariépy (André) : Alors,
André Gariépy...
Le Président (M.
Bachand) :Consentement? Consentement pour
le...
Mme LeBel : ...si c'est
possible.
Le Président (M.
Bachand) :On ne peut pas, ici, on est en
crédits.
Mme LeBel : Pas à cette
étape-là? Je l'ai offert.
Le Président (M.
Bachand) :OK. Donc, M. le commissaire.
M. Gariépy (André) : Pardon.
André Gariépy, Commissaire à l'admission aux professions. Enjeu très important
pour beaucoup de secteurs dans la société, mais qui fait intervenir beaucoup
d'acteurs aussi, et l'enjeu, c'est la coordination, l'enjeu, c'est de susciter,
et d'encadrer, et d'animer cette coordination. Il y a des sommes assez
importantes qui ont été allouées au ministère de l'Immigration pour soutenir
des initiatives. Il y en avait, historiquement, mais ils ont... Le budget
ajouté il y a deux ans...
Le Président (M.
Bachand) :Merci, M. Gariépy. Désolé,
on va sûrement...
M. Gariépy (André) : ...c'est
un espoir.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Sur ce mot d'espoir, on
passe la parole au député d'Acadie.
M. Morin : Merci. Merci,
M. le Président. Alors, j'aimerais continuer, M. le Président, avec les
questions que j'avais commencé à poser relativement au travail des
chiropraticiens, Mme la ministre. Alors, je disais : Écoutez, les victimes
d'accidents du travail et de la route peuvent accéder directement à des soins
médicaux. Cependant, pour les chiropraticiens, ils doivent avoir une ordonnance
d'un médecin qui les réfère. L'ennui, c'est qu'à la suite d'un accident la
rapidité avec laquelle un accidenté peut recevoir des soins va l'aider,
évidemment, à guérir et donc, en bout de piste, va sauver de l'argent à l'État.
D'où, je pense, la priorité d'agir, en plus de penser au bien-être du patient,
évidemment.
Donc, ma question est la suivante :
Est-ce que le gouvernement est ouvert à une meilleure intégration des chiropraticiens
dans le parcours des soins des patients aux prises avec des problèmes
neuromusculosquelettiques? Ça va permettre de soulager les autres
professionnels du réseau, ça va permettre d'être plus efficace, puis, en bout
de piste, ça va coûter moins cher, pour le bénéfice des patients.
Mme LeBel : Bien, je
vais vous répondre de façon beaucoup plus large. Le gouvernement est ouvert à
l'intégration de tout professionnel qui pourra venir nous donner un coup de
main en première ligne. Ceci étant dit, on devra examiner tout ça et coordonner
tout ça. Et je sais que, dans la question des chiropraticiens, ils ont un ordre
professionnel. C'est la question de leurs actes, la révision de leurs actes
réservés ou des actes partagés puis, entre autres, la question encore plus
pointue du diagnostic, dans leur cas. Donc, on est... Les travaux sont en cours
sur l'analyse de leur capacité à faire un diagnostic. Et, quand je dis «l'analyse
de leur capacité», je les entends... je les entends me dire qu'ils sont
capables de le faire. On comprend, «capacité», là, au sens du code, au sens de
la protection et au sens de l'acte réservé. Ils sont déjà des professionnels, ils
vont très bien comprendre mes propos et ne s'en insurgeront pas.
Maintenant, ceci étant dit, on regarde,
hein, le chantier est beaucoup plus large. On l'a fait pour les pharmaciens, on
l'a fait pour les infirmières, les IPS. J'ai eu l'occasion de le faire, moi,
pour les hygiénistes dentaires, où on a ouvert leur capacité d'action sur le
terrain pour avoir certains actes détachés des dentistes. Donc, oui, on est
ouvert à tout ça, mais on le regarde présentement. Je vous avais dit que
j'avais deux grandes priorités, celle de la modernisation à haut niveau, là,
mais ça va se détailler d'une façon plus concrète du service... du système
professionnel, mais également ce qu'on appelle le décloisonnement — moi,
je vais parler de l'élargissement. Ils en font partie dans l'analyse.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
M. Morin : Oui, mais, brièvement
et concrètement, pour permettre un meilleur accès aux accidentés à avoir des
soins chiropratiques, quel est votre échéancier? Quelle est l'échelle, dans le
temps, pour que vous puissiez conclure là-dessus puis permettre, finalement,
aux accidentés d'être soignés plus rapidement?
Mme LeBel : Le plus
rapidement possible.
• (10 h 20) •
M. Morin : Parfait.
Merci. Maintenant, j'aimerais vous parler des techniciens en laboratoire
dentaire. Il y a un enjeu. Selon l'ordre, parce qu'il existe un ordre
professionnel des techniciens en laboratoire dentaire... selon l'ordre, <tous
les...
M. Morin :
...
ordre professionnel des techniciens en laboratoire dentaire... selon l'ordre,
>tous les techniciens doivent être membres de l'ordre, que ce soient
ceux qui vont rencontrer des patients, que ce soient ceux qui vont concevoir
différentes prothèses ou tous ceux qui travaillent en laboratoire. Donc, il n'y
a aucune distinction entre ceux qui travaillent en laboratoire, qui vont
exécuter un travail bien particulier, et ceux qui supervisent le travail, tous
ces gens-là doivent être membres de l'ordre.
Ce qu'on me dit, quand on rencontre les
gens sur le terrain qui ont des laboratoires et qui sont membres de l'ordre,
c'est que c'est évidemment trop complexe, trop dispendieux, puis que ça
occasionne une perte de main-d'œuvre, et donc qu'ils ont un service qui est
moins efficace, qui est rendu, finalement, à la population avec des délais. Ne
serait-il pas opportun, justement, de réserver, comme membres de l'ordre, tous
les techniciens qui supervisent le travail, mais quand ils ont des exécutants
qui font un travail très précis? Pourquoi devraient-ils... membre d'un ordre? Serait-il
possible de les distinguer? J'aimerais vous entendre là-dessus.
Mme LeBel : Écoutez, c'est la
question au cœur des discussions qu'on a présentement avec ces gens-là dans le
cadre... si je me trompe pas, c'est dans le cadre du projet de loi n° 29
que j'ai fait adopter et qui a une... Et on est en place pour mettre une
réglementation, justement, pour s'adresser aux enjeux que vous mentionnez. Là,
je n'ai pas le fin détail, mais j'y vais par souvenir, mais la question que
vous soulevez, c'est la question au cœur des discussions présentement, et je ne
la trancherai pas, mais elle fait partie des discussions.
M. Morin : Puis
avez-vous un échéancier pour éventuellement en arriver à une conclusion?
Mme LeBel : Mon
échéancier va toujours être le même, cher collègue : le plus rapidement
possible. Je suis très consciente des gens qui sont en attente et je vous le
dis, on ne prend pas... on ne prend pas du temps pour le plaisir de prendre du
temps, on prend le temps qu'il faut.
M. Morin : Parfait.
Maintenant, M. le Président, j'aimerais vous parler, Mme la ministre, de l'ordre
des infirmières. Comme vous le savez, lors de l'examen de l'ordre, en 2022,
c'est presque la moitié des candidats et des candidates qui ont échoué,
51 % de réussite. Ça a créé beaucoup, évidemment, de stress, d'inquiétude.
Ça a créé beaucoup d'interventions, également, à gauche et à droite. En
janvier 2023, justement, le rapport Gariépy annonçait qu'il travaillait et
qu'il y avait des examens... en fait, il y avait des éléments préoccupants,
tant sur l'examen que sur la formation des candidats. Donc, j'aimerais savoir
et obtenir, si possible, du commissaire Gariépy, où en est-il avec son rapport
et s'il peut nous faire part de ses premières observations.
Mme LeBel : Oui. Puis,
avant de lui céder la parole, je vais quand même, moi, faire une certaine mise
en contexte. Vous avez raison, le commissaire Gariépy, dans ses fonctions, est
totalement indépendant, donc c'est la meilleure personne qui pourra vous
répondre sur la suite, là.
Il a rendu publique une première étape, un
rapport d'étape, en janvier 2023, dans lequel, bon, il a effectué déjà
certaines recommandations. Moi, je veux quand même prendre le temps de saluer
l'ordre des infirmières, parce qu'on a mis en place des mesures qui sont
intermédiaires pour ne pas pénaliser les candidates à la profession qui
attendent de se joindre à la profession. Et, dans l'intervalle du dépôt du
rapport et des recommandations finales, je pense qu'il fallait trouver une
façon de vivre, si on veut, et de ne pas tout arrêter. Donc...
Et je veux juste, quand même, souligner
qu'on est très content qu'il y ait eu 2 173 inscriptions volontaires
à cet examen-là qui a eu lieu le 27 mars dernier. Mais je vais laisser le
commissaire, parce que je ne veux surtout pas entrer sur un territoire,
connaissant le niveau d'indépendance d'un commissaire sur son territoire, sur
cet aspect-là, alors je vais lui céder la parole, avec votre permission.
Le Président (M. Bachand) :M. Gariépy, s'il vous plaît.
M. Gariépy (André) : Oui.
Bonjour. Merci, M. le Président, merci, Mme la ministre. Effectivement, le
commissaire, c'est un outil de surveillance spécialisé. Quand on donne de
l'autonomie à des organisations pour exercer des fonctions habituelles de
l'État, bien, il faut de la surveillance pour garder un bon équilibre. Et voilà
un dossier où on montre bien que cet équilibre doit toujours être conservé au
sein du système professionnel.
Alors, oui, l'enquête a été déclenchée en
novembre dernier, à la suite des résultats franchement inhabituellement bas. Le
rapport d'étape 1 était un rapport d'étape qui ne livrait pas la
substance, mais nous avions assez d'éléments préoccupants pour s'inquiéter de
la séance du mois de mars. Il y a eu une position qui a été adoptée par l'ordre,
qui se défend, les modalités, là, qui ont été mises en place, là, ça se défend.
Moi, je ne commente pas ça.
Par contre, là où nous en sommes dans
notre enquête, c'est que nous avons effectivement examiné ces éléments
préoccupants. Je rappelle qu'il y a deux hypothèses, nous regardons deux
hypothèses : est-ce que l'examen comporte des failles méthodologiques, hypothèse 1;
hypothèse 2, la formation des personnes candidates ou certaines d'entre
elles ne les a pas préparées adéquatement pour réussir l'examen. Nous regardons
les deux hypothèses. Bientôt, surveillez l'actualité, bientôt, il y aura un
rapport d'étape 2 où, là, il y <aura de la...
M. Gariépy (André) :
... Bientôt, surveillez l'actualité, bientôt, il y aura un rapport
d'étape 2 où, là, il y >aura de la substance.
Ce rapport d'étape 1 portera sur
l'hypothèse 1 de... les failles méthodologiques de l'examen. Un examen,
c'est sérieux, un examen, ça doit être crédible, ça doit être fiable, ça doit
être valide et aussi équitable envers les personnes qui le passent, cet
examen-là. Pour un ordre professionnel, un examen, c'est un des outils, pas le
seul, d'ailleurs. Certains questionnent même l'idée d'avoir des examens, mais
c'est un débat dans la littérature. Lorsqu'on a un outil pour la protection du
public, il faut que ce soit crédible, il faut que ça mesure ce que ça doit
mesurer et donc il faut que ce soit à la hauteur.
Nous avons regardé à partir des standards
internationaux reconnus dans le domaine, avec l'aide d'un expert dont vous
allez connaître le nom dans le rapport, qui est quelqu'un d'assez solide qui a
passé 20 quelques années de sa vie à faire ça pour une grande profession à
travers le Canada, et vous verrez le résultat de l'application de ces
principes-là à la situation de l'examen de l'ordre des infirmières. Et, par la
suite, il y aura un troisième rapport qui suivra, quelques semaines plus tard,
sur la deuxième hypothèse, c'est-à-dire la formation des personnes candidates.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député
d'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, merci, M. le commissaire. Mme la ministre, indépendamment de
l'enquête du commissaire, qui est totalement indépendant, et il est bien qu'il
en soit ainsi, est-ce que vous, vous êtes en contact avec l'ordre des
infirmiers et infirmières du Québec pour évaluer avec eux comment améliorer,
finalement, la formation? Parce que je pense que ça, ce n'est pas un secret
pour personne, on est en manque d'infirmiers puis d'infirmières au Québec.
Alors, comment faire pour qu'il y en ait plus qui puissent accéder à la
profession?
Mme LeBel : Bon, on
va... avec votre permission, on va attendre le rapport du commissaire. J'ai eu
des discussions avec le président de l'ordre, à quelques reprises, surtout
suite à la parution du rapport d'étape. Bien, quand je dis «moi», je dis :
Moi, personnellement, j'en ai eu, mais mes équipes aussi, à plusieurs reprises,
donc, surtout depuis l'apparition du rapport d'étape, le 18 janvier 2023.
Je sais que ma collègue à l'Enseignement supérieur, pour avoir assisté à une
rencontre où elle était présente avec moi, a également, à travers elle, de
façon personnelle et à travers ses équipes, des discussions avec l'ordre
professionnel des infirmières. Mais je pense qu'avant de voir si la formation
est adéquate ou non et avant de voir si l'examen est adéquat ou non, on va
attendre les deux rapports d'étape du commissaire. Et c'est ça qui fait
l'essence de nos discussions. Parce qu'à un moment donné on ne travaillera pas
dans le vide, là.
J'émets des hypothèses, parce qu'il y a
deux hypothèses possibles aux deux questions : l'examen est adéquat ou il
ne l'est pas, avec toutes les nuances qu'il y a entre les deux; la formation
est adéquate ou ne l'est pas, avec toutes les nuances qu'il y a entre les deux.
Donc, si elle est jugée adéquate ou si l'examen est jugé adéquat, bien, on
travaillera sur l'hypothèse ou les hypothèses qui auront été identifiées par le
commissaire comme étant celles sur lesquelles on doit travailler. Mais il y a
deux choses qu'il faut avoir en tête. En tout cas, la principale, du point de
vue du système professionnel, c'est de s'assurer que le public est protégé, mais
qu'il est protégé selon les besoins du public aussi. Donc, il faut regarder
aussi d'avoir le niveau de formation et le niveau d'examen approprié aux
besoins du public et pas aux besoins des membres.
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Morin : Oui.
Maintenant, j'aimerais vous parler de l'Ordre des psychologues puis
particulièrement attirer votre attention sur les psychologues qui oeuvrent dans
le réseau de la santé publique. J'ai eu l'opportunité d'en rencontrer à
plusieurs reprises, leur situation est loin d'être bonne. Il y a un manque
d'employés. Leurs cas, qu'ils doivent traiter en santé mentale, sont de plus en
plus lourds. Il y a un problème de rétention, il y a un problème de salaire, de
rémunération. Ils ont même un problème pour accéder à de la formation continue.
Et, dans certains cas, on me disait que, dans certains centres publics, il y a
trois ou quatre postes qui devraient être occupés par des psychologues, il n'en
reste qu'un ou une. Donc, imaginez, si cette personne-là tombe malade ou n'est
plus capable de travailler, bien là, vous n'aurez plus personne, ce qui va
accroître la charge de travail sur les autres dans d'autres centres. Puis,
déjà, semble-t-il qu'on transfère des patients d'un centre à un autre. On me
disait également qu'il devrait manquer environ 950 psychologues en 2025.
Est-ce qu'on a attiré votre attention là-dessus et est-ce que vous avez un plan
pour vous assurer que des services aussi importants pour aider les gens qui ont
des problèmes en santé mentale... puissent être soignés?
• (10 h 30) •
Mme LeBel : Bon, là, je
vais faire la part des choses parce que c'est important pour les gens qui nous
écoutent de faire la part des choses. Si c'est l'association qui vous
interpelle, c'est une question de négociations. On n'est pas dans la protection
du public, on est dans la protection ou la mise à l'avant de l'avantage des <membres...
>
10 h 30 (version révisée)
Mme LeBel : ...on n'est pas
dans la protection du public, on est dans la protection ou... ou la mise à l'avant
de l'avantage des membres, ce qui ne met pas... ce qui ne... Je ne dénigre pas
les points que vous avez mis de l'avant, mais ce n'est pas de... du ressort du
système professionnel. Donc, la ministre devant vous, responsable du système
professionnel, va vous répondre : C'est une question de négociation.
Ceci étant dit, il y a aussi une question
qui relève de l'Ordre des psychologues, parce que c'est de l'Ordre des
psychologues dont vous parliez, qui est toute la question de leur intégration
dans la première ligne, du diagnostic, de l'ouverture de l'utilisation des
psychologues qu'on pourrait faire dans notre système de santé pour permettre,
justement, à mon collègue le ministre Carmant de pouvoir ouvrir cette première
ligne là et de mettre aussi à profit d'autres types de... d'intervenants en
santé qui ne sont pas nécessairement des psychologues au sens... qui ne sont
pas membres de l'ordre, qui ne sont pas des psychologues. Donc, oui, il y a
également des travaux qui sont faits, avec le ministère de l'Enseignement
supérieur, avec le ministère de la Santé, dans le cadre de la notion d'élargissement.
Donc, deux questions. Il y en a une que je
balaie sous le tapis des négos et l'autre qui est en chantier. Quand on parle
du point de vue des ordres professionnels, oui, il y a une discussion très
sérieuse à cet effet-là avec l'Ordre des psychologues mais dans le cadre de l'élargissement.
Parce que, vous savez, on ne peut pas, dans un grand chantier comme celui
qui... qui... qui est là pour supporter le plan santé, parler en silo avec les ordres
professionnels, dire : Bien, toi, tu peux faire quoi de plus? Puis, toi,
tu peux faire quoi de plus? Ça, c'est une première étape, mais après ça il y a
de l'arrimage à se faire. Parce que, comme je vous ai dit tantôt, il y a des
actes réservés, il y a des actes partagés, il y a des actes exclusifs. Quand on
parle d'actes partagés, bien, il y a plus qu'un ordre professionnel qui est interpelé.
Quand on parle d'actes réservés, ça veut dire qu'on va dire qu'il y a juste un
ordre professionnel qui va pouvoir faire cet acte-là. Et ça, ça veut dire qu'on
réduit le bassin des gens qui doivent intervenir dans cet... dans ce champ de
compétence là. Est-ce que ça se justifie, eu égard à la protection du public,
que ce soit une simple... une seule profession qui puisse le faire? La question
se pose. Si ce sont des actes exclusifs, bien, il y a d'autres gens qui peuvent
les exercer mais ils sont encadrés quand même.
Donc, la réponse est oui, on y travaille
quand on parle de l'aspect, entre autres, du diagnostic.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie, il
reste 2 min 42 sec.
M. Morin : Si vous me
permettez, Mme la ministre, le temps file. Selon les renseignements que j'ai
obtenus, il va en manquer 950, des psychologues, en 2025. C'est quand même un
chiffre qui est énorme. C'est... Ce sont une diplomation qui est effectivement
longue avant de devenir membre de l'ordre. Est-ce que vous avez un plan? Est-ce
que vous parlez avec l'ordre pour vous assurer que la population du Québec aura
assez de psychologues pour soigner des gens? 2025, c'est demain matin.
Mme LeBel : ...de l'accès à
la... Parce que là, on comprend que, dans le cas de... des psychologues, il y a
un ordre professionnel, donc il y a une formation reconnue, OK? Donc, je veux
juste être sûre de bien cibler votre question. Vous me parlez de l'accès à la
formation. Probablement que c'est contingenté, j'imagine, dans le langage
populaire. Donc, écoutez, je sais que ma collègue du ministère de l'Enseignement
supérieur, elle est sensibilisée par mon collègue Carmant, qui est très
préoccupé par la présence des psychologues, pourrait l'aider, justement, avec
ses listes d'attente. Ils ont une discussion à cet effet-là. Mais, comme on
parle de l'accès, c'est-à-dire d'avoir plus de gens qui... accès à la
formation, ce n'est pas une question des ordres professionnels, parce qu'une
fois qu'ils ont fait leur formation, bien, moi, je pense qu'ils vont passer le
permis puis que ça... ils vont pouvoir intégrer la profession. Donc, il n'y a
pas d'enjeu du point de vue du système professionnel. C'est un enjeu d'accès à
la formation.
M. Morin : J'aimerais attirer
votre attention sur le plan stratégique 2019-2023 de l'Office des
professions, notamment la page 49, quand on traite des leviers de
surveillance. Vous aviez des objectifs, développer des indicateurs pour mesurer
la performance des ordres professionnels. Or, vous aviez des cibles en 2019, en
2021 puis en 2022. Le résultat, c'est que c'est non atteint. Alors, qu'est-ce
que vous entendez faire pour développer des indicateurs pour mesurer la
performance des ordres professionnels et atteindre les objectifs que vous vous
êtes fixés?
Le Président (M.
Bachand) :Mme la ministre, il reste 50 secondes
au bloc.
Mme LeBel : ...passer la
parole à Mme Derome, parce que c'est quand même dans leur rapport, dans
leur plan. Donc, je vais laisser...
Le Président (M.
Bachand) :...Derome.
Mme Derome (Dominique) : ...M.
le Président. Merci, M. le député, pour la question. Alors, l'Office des
professions et son équipe travaillent présentement avec l'Université Laval
justement pour pouvoir dégager, là, des indicateurs. On arrive à la fin de
notre planification stratégique. On est arrivés à la fin de la planification
stratégique. Donc, ça va être un bonheur pour moi de repartir avec les équipes
et avec tous les partenaires une... une planification stratégique et la
surveillance sera certainement au cœur des discussions pour la prochaine.
Le Président (M.
Bachand) :10 secondes.
M. Morin : ...dernière
question. Toujours dans votre plan, vous avez un objectif d'élaborer une
politique de surveillance, d'intervention et d'accompagnement des ordres
professionnels parce que vous voulez évidemment, les moderniser. Encore là...
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Je suis désolé,
monsieur. Vous savez, on est en crédits. Alors, M. le député... non, M. le
député de <Maskinongé...
M. Morin :
...évidemment,
les moderniser. Encore là...
Le Président (M.
Bachand) :
Merci beaucoup. Je suis
désolé, monsieur. Vous savez, on est en crédits. Alors, M. le député... non, M.
le député de >Maskinongé pour 9 min 50 s. Allez-y.
M. Allaire : Merci, M. le
Président. Bien, d'entrée de jeu, je pense que je peux vous laisser continuer,
c'est sur mon temps à moi, donc vous pouvez apporter une précision
supplémentaire.
Mme LeBel : ...M. le député
de Maskinongé.
M. Allaire : Ça fait plaisir.
Mme LeBel : Vous êtes un bon
adjoint parlementaire. Non, merci beaucoup. Juste laisser, peut-être, madame
compléter sa réponse parce que c'était fort intéressant comme question. Merci.
Mme Derome (Dominique) : Alors,
merci. Merci, M. le Président, M. le député. Alors, oui, on travaille, on
travaille de plus en plus en accompagnement avec des ordres professionnels. La
ministre l'a dit tantôt, dans le projet de modernisation, transformation du
système professionnel, après son 50 ans, les... les mécanismes de
surveillance seront regardés, scrutés, et on arrivera certainement avec des
nouveaux mécanismes, mais en laissant beaucoup plus d'autonomie, également, au
niveau législatif, réglementaire auprès des ordres.
Donc, c'est ce qui pèse dans la balance
présentement, mais on est là, on surveille. J'ai une équipe de veille au sein
de l'équipe, une équipe qui est fortement représentée par différentes
professions mais également, là, très, très expérimentée, une très belle
intelligence collective, là, qui m'amène des... des informations qui nous
suscitent certains suivies plus rapides avec des ordres qui peuvent présenter
certaines difficultés. Donc, merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci d'avoir
complété votre réponse. J'inviterais aussi M. le commissaire, puisque la
ministre a... a exprimé sa volonté aussi de compléter la... la question de la
députée de Sherbrooke. M. le commissaire Gariépy, si vous voulez dire au micro
pour bonifier votre réponse ou apporter des précisions, vu que vous avez été un
peu pressé par le temps.
Mme LeBel : ...
M. Gariépy (André) : Oui, la
reconnaissance, effectivement. En fait, je ne sais pas ce que je rajouterais,
finalement, là, parce que le temps... il y a un espace-temps qui s'est
installé. Mais une chose est certaine, c'est... c'est un dossier qu'il faut
suivre de façon assidue. Et la création du commissaire, qui est une
recommandation du rapport Bouchard-Taylor, soit dit en passant, c'est mal
connu, là, mais ça vient de là, c'est spécifiquement... justement, il faut un
regard plus spécialisé sur ces questions-là, parce que c'est beaucoup
d'acteurs, c'est beaucoup de gens qui ont chacun leur apport, et puis il faut
s'assurer qu'il y a un gardien du sens dans tout ça pour arriver à l'efficacité
mais aussi un gardien, aussi, de la sensibilité lorsqu'on traite avec des
clientèles comme les personnes formées à l'étranger.
Si vous lisez mes rapports, le rapport
annuel du commissaire, qui est en annexe du rapport annuel de l'office, vous
allez comprendre certains des éléments, les messages qu'on... que nous lançons
à différents acteurs. Et, jusqu'à maintenant, la réceptivité est bonne, mais il
faut suivre, il faut toujours suivre.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
Maskinongé.
M. Allaire : Merci de la
précision, M. Gariépy. J'espère que la réponse vous convient. Mme la
Présidente du Conseil du trésor, c'est un plaisir d'être avec vous ce matin. On
a un peu procédé à l'envers.
Mais en fait je trouve que les oppositions
sont allées vraiment dans le détail, mais je trouve... je trouverais, en fait,
au bénéfice de tout le monde ,vraiment intéressant d'aller... d'y aller un peu...
un peu plus large, de façon un peu plus macro pour comprendre on s'en va où
avec ça, c'est quoi, votre vision, clairement, que vous avez assurément partagé
à Mme Derome. Puis, je vois que Mme Derome, qui... que je salue
d'ailleurs, et qui a... a pris le temps, là, à son... à son entrée en fonction,
de faire une entrevue, une entrevue de bienvenue, je vais le dire comme ça.
Puis, j'invite d'ailleurs tout le monde à aller lire cette entrevue, là, qui
est sur le site de l'Office des professions du Québec et qui met la table, qui...
qui est, dans le fond, probablement... pas probablement, je le sais, que c'est
le reflet de la vision de... de la présidente du Conseil du trésor, qu'elle
nous partage d'une certaine façon et qu'elle doit opérer au sein même de son
organisation. Puis, vous allez me permettre, Mme la Présidente du Conseil du
trésor de la citer, de citer Mme Derome. Donc : «Jamais dans notre
histoire, nous n'avons pu miser sur un contexte si propice au changement. Tous
les... tous les acteurs sont prêts pour les avancées positives qui se profilent
à l'horizon.»
Moi, Mme la Présidente du Conseil du
trésor, je vous ai entendue lorsqu'on a rencontré, effectivement, les
46 ordres professionnels, là. C'était le 23 janvier, là. Tantôt, vous
vous demandiez c'était quoi, la date, c'était le 23 janvier dernier. Votre
vision, elle était très claire, vers où on s'en va, et... et je pense qu'au
bénéfice de tous ce serait important de... de bien la comprendre. Ça fait que
je vous permets, là, de l'exprimer peut-être un peu plus en détail.
• (10 h 40) •
Mme LeBel : Oui. Bien, merci,
merci de me donner cette occasion-là. J'ai eu l'occasion de le dire un peu de
façon impaire à travers les questions qui étaient beaucoup plus précises,
effectivement, des collègues, toutefois pertinentes mais effectivement plus
micro que... que macro sur le système professionnel. Mais j'ai eu l'occasion de
le dire. Pour moi, le système professionnel est fort important. Je ne sais pas
si c'est parce que j'en fais partie depuis 30 ans. J'y crois. Je crois...
Je suis encore membre du Barreau. J'essaie de me comporter dans toutes les
facettes de ma vie comme étant membre d'un... d'un ordre professionnel. Et je
pense que c'est important de <comprendre...
Mme LeBel :
...Je
suis encore membre du Barreau. J'essaie de me comporter dans toutes les
facettes de ma vie comme étant membre d'un... d'un ordre professionnel. Et je
pense que c'est important de >comprendre pour les gens que, quand tu es
membre d'un ordre professionnel, ce n'est pas juste dans ton bureau entre 9 et
5, ce n'est pas juste quand tu vois un client, quand tu vois quelqu'un, c'est
dans toutes les sphères de ta vie. Il y a un code de déontologie, il y a un
code d'éthique. Et tout le temps, à chaque fois que tu te présentes, que ce
soit de façon publique ou de façon privée, tu portes la responsabilité de ton
code professionnel, tu portes la responsabilité de ta profession. Tu n'es pas
un professionnel du lundi au vendredi, de 9 à 5, tu es un professionnel dans
toutes les sphères de ta vie. Bon, naturellement, avec beaucoup plus d'acuité
quand tu... quand tu exerces tes compétences, mais je pense qu'il y a une
posture qui est fort importante.
On a vu... des fois... Et, des fois, moi,
j'ai vu depuis quelques années, puis j'ai été... d'ailleurs j'ai été sur le
conseil du Barreau de Montréal pendant longtemps. J'ai fait partie du comité
des actes illégaux, c'est-à-dire le comité des infractions, pour justement
surveiller les gens qui commettaient... qui... qui faisaient des actes
professionnels tout en n'étant pas membres d'un ordre professionnel, parce que
j'ai toujours trouvé que c'est important.
Ceci étant dit, on doit... Ce système
professionnel là a évolué depuis 50 ans. Il y a beaucoup de choses qui ont
été mises en place. C'est comme une maison que tu construis à la base puis
après ça tu rajoutes des étages, tu rajoutes des pièces. Et peut-être que les
objectifs de chacun des systèmes ou des processus qu'on a mis en place, à un
moment donné, on n'a peut-être pas requestionné ces processus-là en vertu des
objectifs. Mais, pour moi, les objectifs vont toujours demeurer pertinents. Il
ne faudra pas les oublier.
Puis, j'ai remarqué aussi, et ça ne date
pas de dernièrement, mais des fois ça s'accélère quand on mélange souvent
négociation et ordre professionnel dans la sphère publique, et mon collègue ne
les mélange pas, il les... il connaît très bien la différence parce qu'il est
membre d'un ordre professionnel également. Mais même des fois, je sens que
quelques fois qu'il y a confusion des genres et que quand les ordres
professionnels font des... et je n'en ciblerai aucun, mais ils vont se
reconnaître, font certaines interventions publiques, bon, on se demande où est
la protection du public derrière cette intervention. Et des fois, c'est un peu
confus, donc il faut faire attention.
On a des associations, qui ne sont pas des
syndicats, mais qui ont le même rôle qu'un syndicat, c'est-à-dire défendre le
membre. Et on a l'ordre professionnel qui va défendre la... la protection du
public. Quelquefois, quand on défend la protection du public, ça défend aussi
le membre, mais ce n'est pas l'objectif majeur de l'ordre professionnel. Au
contraire, quelquefois, quand on défend le membre, c'est dans le... c'est dans
l'intérêt du public également, mais ce n'est pas l'objectif de l'association
ou... Ça ne veut pas dire que ça ne les préoccupe pas, mais ce n'est pas leur
raison d'être. Et pour moi, c'est très important de faire la part des choses.
Ceci étant dit, le système professionnel,
si le plan santé peut me permettre, à l'occasion des 50 ans du système
professionnel, de mettre de l'avant pourquoi ça existe, je pense que c'est
important. Quand on en entend parler, c'est malheureusement dans des questions
très sensibles et pertinentes, comme celle de l'intégration des professionnels
immigrants. Et on entend parler des gens qui sont déçus, parce qu'ils ont une
profession ailleurs puis qu'ils ne peuvent pas l'exercer ici. Et... et les
répercussions que ça aura sur notre système professionnel, c'est de se faire
dire : Bien, c'est trop lourd. Ça ne marche pas. Ça n'avance pas. C'est
lent. Les professionnels, bien, ils ne veulent pas. C'est une chasse gardée.
C'est pour se protéger. Ce n'est pas ça qu'on doit donner comme signal quand on
est un professionnel.
Donc, il faut être capable d'accueillir ce
qu'on peut accueillir. Et quand on ne peut pas les accueillir, c'est parce
qu'il y a une raison, qui est la protection du public et non pas la protection
de ma chasse gardée. Donc, c'est ça que je veux remettre de l'avant. Et je vous
dirais que 98,8889 % des professionnels ont cette vision-là. Je vous parle
du débat public et non pas de ce qui se passe. Alors, pour moi, si c'est...
c'est une occasion de positionner correctement le système professionnel dans le
débat public tout en mettant de l'avant les enjeux sur lesquels on doit
travailler, il y a des enjeux sur lesquels on doit travailler, bien, c'est un
peu ça, la vision que j'ai présentée aux ordres professionnels.
Et ça va commencer comment? Parce que
c'est une personne beaucoup plus concrète et pragmatique que ça dans la vie,
mais ça prend une vision. Bien, ça va commencer par : Quel est... quels
sont les travaux qu'on va faire en matière de modernisation et d'allègement à
court terme, ce que j'appelais les gains rapides à moyens... après ça, les
actions à moyen terme et les actions qui vont demander des actions beaucoup
plus structurantes à long terme. Et ce chantier-là est en... est en bonne voie de
se... de se concrétiser. Et je pense que les ordres professionnels, ils vont
avoir des choses à dire, mais je ne suis pas... je ne pense pas qu'ils vont
être déçus de voir qu'on est en mouvement concrètement.
Le Président
(M. Bachand) :Merci beaucoup. Sur
ce, je dépose des réponses aux demandes de renseignements de l'opposition.
La commission ses travaux jusqu'à
15 h 30, où elle va entreprendre l'étude du volet Justice des crédits
budgétaires de... du portefeuille Justice. À tantôt. Merci.
(Fin de la séance à 10 h 45)