(Onze
heures trente minutes)
Le Président
(M. Bachand) : Bonjour, tout le monde.
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Lutte contre l'homophobie et la
transphobie des crédits budgétaires du portefeuille Relations internationales
et Francophonie pour l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de
1 h 30 min est allouée pour l'étude de ces crédits.
Mais, avant de
débuter, Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Lutte contre l'homophobie et
la transphobie
Discussion générale
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses.
Il
me fait plaisir de céder la parole à la députée... députée de Westmount—Saint-Louis
pour une période de 18 min 32 s.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président. Bonjour,
Mme la ministre. Bonjour à votre équipe. Je vais commencer tout de suite, je souhaite vraiment parler de le
nerf de la guerre. Souvent, pour nos organismes LGBT, c'est le financement.
Ce n'est pas nouveau, on parle beaucoup de
le financement. C'est... Les organismes communautaires qui supportent la communauté souhaitent savoir si le financement
complémentaire, qui est hors projet de le Bureau de lutte, va être reconduit
puis s'il serait assuré pour plus longtemps qu'une année à la fois. Parce que
ce sont des montants qui font vraiment la différence importante dans le
financement annuel d'un organisme. Certains organismes reçoivent un financement
complémentaire, puis ceci, Mme la
ministre, elle saura que ça... ça s'agit comme une bonification du financement
à la mission. Nous sommes toujours en attente de le plan de lutte.
Alors, ils s'inquiètent de savoir si ce financement complémentaire sera
sécurisé pour la durée de le plan de lutte.
Ça
fait qu'est-ce que... La ministre peut-elle s'engager que ça sera le cas et
nous dire qu'ils peuvent être assurés que le financement sera au
rendez-vous prochainement?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme Biron : Bonjour, M. le Président. Je voudrais d'abord
saluer mes collègues, la députée de Westmount—Saint-Louis,
pour cette étude des crédits, ainsi que la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Je pense que c'est une occasion assez
extraordinaire que nous avons de pouvoir discuter en long et en large de la
condition des LGBTQ et de notre
position, nous, comme gouvernement. C'est un dossier qui me tient à coeur, et
je suis ravie de discuter de la question du financement.
C'est un tout petit
bureau, le Bureau de lutte... de LGBTQ, un bureau qui existe depuis peu, qui...
En fait, la naissance du bureau remonte à
2011. Ça veut dire que c'est à peine 12 ans que ce bureau existe. Et son
budget est petit, mais il augmente constamment. Actuellement, nous avons un
budget de 3,5 millions, et ça monte à 19,7 millions sur
cinq ans. Et, cette année, nous avons pérennisé le Bureau de lutte contre
l'homophobie et la transphobie. Alors, je pense que c'est une avancée majeure.
Et, dans le dernier budget, 800 000 $ de plus a été annoncé pour
cette année, et, sur une période de cinq ans, on parle de
4 millions de dollars. Et nous en sommes... En fait, ça nous... ça va
nous aider d'abord à organiser ce bureau-là au sein du Secrétariat de la
condition féminine et, de plus, à travailler sur le troisième plan de... la
prochaine stratégie, en fait, de lutte contre l'homophobie et la transphobie.
Mme
Maccarone : Merci, mais ça ne répond pas à ma question, qui était très
précise. Est-ce que le financement complémentaire sera sécurisé? C'est ça, la
demande. Parce que, tant que le plan de lutte n'est pas renouvelé, ils se
questionnent puis ils veulent savoir si ce financement sera au rendez-vous.
Mme Biron : Il
me semble que, dans ma réponse, j'ai utilisé le mot «pérennisé». Je pense qu'il
y aura du financement sur cinq ans. Le
Bureau de lutte est intégré au Secrétariat de la condition féminine, et
l'objectif, c'est d'en faire un bureau à part entière et qu'il soit là
pour durer dans le temps. Et mes rencontres avec les différents groupes LGBTQ
me démontrent que c'est essentiel d'avoir ce bureau-là, et j'ai bien
l'intention de le solidifier.
Mme Maccarone : Ce
n'est toujours pas une réponse. Je comprends que la ministre... Moi, ce que
j'entends, c'est que la ministre ne veut pas
prendre un engagement de dire que, oui, le financement complémentaire sera au
rendez-vous. Je comprends que,
là, il y a du financement qui sera au rendez-vous, mais ça reste que le
financement complémentaire, c'est... c'est hors projets puis c'est souvent
nécessaire.
Est-ce que la ministre serait prête, d'abord, à
confirmer que les projets vont aller au-delà d'un an pour éviter de
toujours renouveler les projets chaque année, puis de trouver des solutions,
puis d'être créatif dans le dépôt des nouveaux projets pour sécuriser le
financement? On peut imaginer pour ces groupes, souvent... souvent, mettons, en
région, mais même dans les grandes
métropoles, c'est très difficile pour eux, quand on parle de les employés, de
dire qu'on va confirmer les emplois
pour eux. Ça fait que, si on n'est pas prêt à confirmer qu'on aura du
financement complémentaire, encore une fois, hors projets, est-ce qu'on peut au
moins confirmer qu'il y aura du financement qui sera renouvelé pour plus
que seulement un an?
Mme Biron : Bien, il y a plusieurs
façons de financer l'ensemble des organismes LGBTQ, qui sont de plus en plus nombreux, à ma plus grande satisfaction,
d'ailleurs. Et non seulement les organismes communautaires ne se... se
déploient dans la grande métropole de Montréal, mais on en trouve de plus en
plus en région, et je pense que c'est une nécessité.
Il y a trois façons de financer ces
organismes-là. D'abord, il y a les projets de sensibilisation, et je pense
qu'il faut être très présent à ce niveau-là.
Il y a des projets de concertation régionale, il faut se déployer davantage. Et
il y a les programmes et les projets qui vont soutenir les différents
organismes, et, là-dessus, je pense que nous sommes proactifs, au gouvernement,
et que nous sommes très intéressés à ce que les groupes et organisations LGBTQ
survivent dans le temps et qu'il y ait suffisamment de projets pour qu'ils
puissent déployer leurs ailes.
Mme
Maccarone : Mais ça reste qu'il va falloir qu'ils refassent
les demandes annuellement. Ça fait qu'il y a... il y a zéro confirmation
pour eux qu'ils vont pouvoir survivre après 12 mois, qui amène une
instabilité. Puis souvent c'est des organismes qui sont très petits. Dans les
régions, si on parle de la Mauricie ou dans l'Estrie, par exemple, c'est... il y a seulement un organisme, peut-être,
qui peut soutenir la communauté en entier. Ça fait que, sans avoir une confirmation qu'il va y avoir de la stabilité, ils
sont toujours à risque. C'est des gens qui souhaitent vivre. Alors, il y a des employés qui ne savent pas, d'une année à
l'autre, puis même à un mois près, que : Je ne sais pas si j'ai un emploi dans quelques semaines. Ça fait qu'est-ce que la
ministre serait prête à confirmer que ce financement récurrent serait au rendez-vous
pour eux?
C'est précaire, les organismes qui soutiennent
les communautés LGBT, dans les régions surtout, mais ça arrive aussi, on l'a
vu, avec Interligne. C'est très difficile pour eux de dire aux employés
que : Bien, vous aurez un emploi dans deux semaines. Ça fait qu'est-ce
qu'on peut au moins confirmer qu'année après année ils n'auront pas à toujours
redéposer leurs projets? Parce qu'on sait que les projets qu'ils font sont
essentiels. On sait que, peut-être, ce serait renouvelé, mais on devrait leur
dire, actuellement, concrètement.
La ministre a dit qu'elle veut pérenniser le
bureau. Ça fait que j'ajouterais à ma question : pour avoir une
confirmation puis une déclaration claire pour eux. Ils disent souvent qu'il y a
un manque de transparence, c'est mal coordonné. Évidemment, les budgets sont
insuffisants, mais le manque de transparence, ça leur inquiète beaucoup. Beaucoup de gens font des dépôts pour des projets.
On ne sait pas comment qu'ils sont octroyés, on ne sait pas comment qu'on
fait des choix. Ça fait qu'ils sont préoccupés.
Mme
Biron : J'apprécie sincèrement les questions de la députée
parce que ça me permet d'insister davantage sur nos objectifs. D'abord,
nous avons pérennisé le Bureau de lutte contre l'homophobie et la transphobie
au sein du Secrétariat de la condition féminine. Nous sommes conscients que les
luttes du Bureau de lutte contre l'homophobie et la transphobie sont distinctes
de ceux de la Condition féminine, mais nous comprenons que ce sont... qu'ils
ont des enjeux connexes. Alors, un va pouvoir aider l'autre.
Dans le dernier budget, nous avons pérennisé le
financement du Bureau de lutte contre l'homophobie et la transphobie et, sur
une période de cinq ans, nous allons investir... bien, «investir», nous
avons annoncé que 19,7 millions de dollars seront dédiés à la
lutte contre l'homophobie et la transphobie, ce qui veut dire que plusieurs de
ces organismes-là seront financés. Et nous avons aussi mis en place plusieurs
projets pluriannuels, si bien que ça devrait sécuriser plusieurs de ces organismes-là
dans leur mission et dans leurs intérêts. Déjà, nous avons lancé quelques appels à projets, et ça réagit très bien.
Vous me parliez d'Interligne. Nous espérons pouvoir régler le problème
de la ligne de nuit pour les trois prochaines années. Nous sommes en train
de travailler. Nous accompagnons de très près
ces organismes-là. Quand j'ai été nommée, j'en ai fait un dossier important.
J'ai rencontré l'ensemble des groupes avant les fêtes, j'en ai rencontré
d'autres également avant les fêtes et j'ai à nouveau rencontré le conseil LGBT
il y a quelques semaines.
J'ai un intérêt prononcé pour l'avancement et le
travail de ces groupes-là. Je réalise qu'ils sont jeunes. Nous travaillons
actuellement sur la prochaine stratégie de développement, et je pense que ça va
bien pour les groupes. En tout cas, les échos que moi, j'en ai, c'est qu'ils
sont assez satisfaits de la façon dont nous travaillons.
• (11 h 40) •
Mme Maccarone : Je comprends que
c'est ça que la ministre, elle entend, mais on peut imaginer que, face à des
organismes qui sont souvent désavantagés, ils ont peur de dire la vérité, ils
ont peur de critiquer parce qu'ils ont peur
que leur financement soit coupé. C'est ça, la réalité. Ça fait qu'ils ont peur
de dénoncer publiquement. C'est pour ça qu'ils nous appellent, nous,
pour dire : Ça ne va pas, il y a un manque de transparence, aidez-moi.
Je suis contente de savoir
qu'Interligne va avoir de l'aide. Moi aussi, je les ai rencontrés la semaine
passée. Mais ça reste que c'est regrettable que c'est toujours à la suite des
demandes dans le salon bleu puis d'amener ça sur la place publique pour assurer qu'un organisme comme eux, qui sont
essentiels pour la population, qui vient aider des gens qui ont des pensées suicidaires, qu'on doive
faire tout cet exercice pour assurer une pérennité de financement pour eux.
La ministre a fait référence à un renouvellement
du plan. Le plan de lutte, on est en retard, on est en retard pour plus qu'un an. Ça a expiré en mai,
l'année passée. Ça a été prolongé. Là, c'est expiré encore. Avez-vous
l'intention de le prolonger encore puis, si oui, jusqu'à quel moment?
Sinon, nous sommes rendus où, puis ça va être quand, l'annonce pour le
renouvellement du... le plan de lutte?
Mme
Biron : Merci beaucoup, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Très franchement, si vous... Je vais vous dire deux choses
parce qu'il y a deux aspects dans votre question...
Mme Maccarone : Je vais vous... je
vais vous demander d'être aussi brève que moi parce que j'ai plusieurs autres
questions pour vous aussi.
Mme Biron : Bien, j'essaie de faire
à peu près la même durée que vous faites. Alors, je vais répondre d'abord à la
première partie de votre réponse. Quand vous dites que les organismes ont peur
de dénoncer et qu'ils vous appellent personnellement, je vous invite à m'aider,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
et de dire aux organismes de ne pas avoir
peur. Ce n'est pas parce qu'on dénonce une situation ou qu'on est craintifs que
je vais couper leur financement. Ça ne fonctionne pas comme ça. Je pense
que je peux avoir beaucoup de discussions dans le respect des gens. Et, croyez-moi,
les groupes avec qui j'ai travaillé et j'ai communiqué, tout s'est passé dans
le respect. S'ils sont craintifs, j'ai une équipe formidable, des attachés
politiques qui font... qui sont à l'écoute de ces groupes-là. Et honnêtement,
croyez-moi, croyez-en la bonne foi de mon équipe. Nous voulons aider ces
groupes-là. Alors, s'ils sont craintifs, s'il vous plaît, désamorcez cet état
de situation. On ne peut pas avancer si on a peur.
La deuxième chose concernant le plan de lutte
contre l'homophobie et la transphobie, nous en sommes rendus au troisième. Vous
le savez, le premier plan a duré une année, 2015-2016. Le deuxième date...
c'est en date de 2017 à 2021. Il a été
prolongé d'une année parce que ça fonctionnait assez bien, et on s'en allait en
campagne électorale. Et le troisième plan, et nous avons pas mal
complété les consultations et on voulait le rendre public, là, rapidement, en
juin, après des conversations avec le conseil LGBT puis avec différents groupes
de... le Bureau de lutte contre l'homophobie
et la transphobie, tout ce transfert a été quand même difficile, on a convenu
ensemble de sortir ce plan-là à l'automne.
Alors, je pense que ça va faire un plan plus ficelé, plus achevé et ça permet à
tout le monde de respirer et de prendre le temps de bien le préparer.
Mme Maccarone : La raison pour la
question, c'est parce que... Je comprends que la ministre a dit aux organismes
de ne pas avoir peur, mais ça reste quand on n'a pas de ministre responsable de
le Bureau de lutte contre l'homophobie ou la
transphobie, on a une ministre responsable de la Condition féminine. Le plan de
lutte est en retard. Les organismes se battent pour avoir du financement. On
n'a pas de financement récurrent. Il y a plein d'organismes qui font des demandes qui sont refusées. On voit
d'autres organismes qui reçoivent du financement du gouvernement, qui
sont ouvertement transphobes. Ils ont peur. Ils ont peur de dénoncer parce
qu'ils ont peur de dire haut et fort que... Puis je vais le faire, la ministre
a tout mon accord puis mon désir de vouloir accompagner ces organismes pour
faire suite à la demande de la ministre de les accompagner dans ce processus,
mais ça reste qu'il y a quand même une campagne de haine puis des crimes
haineux qui... puis un discours sur la place publique. C'est des personnes qui sont hypervulnérables. Puis je trouve que,
souvent, ce qu'on fait, c'est... on met ça sur le dos de ces organismes de
faire tout le travail au lieu de se tendre la main pour dire : On
est là pour vous. Au lieu de dire... tu sais, c'est : Il faut que vous, vous fassiez tout le travail. Nous, nous
sommes là pour vous accompagner. Ça fait que juste... juste pour dire que
c'est difficile pour eux.
Puis, si je parle de l'intimidation... Écoute,
j'ai reçu des témoignages des employés qui font des formations dans nos écoles, pas des... pas des enseignants,
mais des organismes comme GRIS, par exemple, qui font de la formation.
Les employés qui font... qui font ça nous ont envoyé des témoignages, puis ils
ont dit, puis je les cite :
«Je constate
en 10 ans que le climat social s'est détérioré dans les écoles. Les
classes sont à l'image de la société, de plus en plus polarisées. De manière
générale, les commentaires homophobes sont répandus dans les écoles
secondaires.»
Puis voici le commentaire en question tout recueilli
récemment de les écoles du Grand Montréal. Encore une fois, là, je cite des
élèves, des élèves de... entre 10 ans et 15 ans... 16 ans,
excusez-moi : «Je vois l'affection entre deux hommes, je veux les tuer — accompagné
d'un dessin de tête de mort.» «Je pense que ce n'est pas normal et dégoûtant.» «J'aimerais que ça s'arrête. Mais je
ne suis pas homophobe, juste ne les supporte pas.» «Les gais ne méritent pas mon respect, alors ils doivent se suicider.» «Je
trouve que c'est un truc vraiment dégueulasse et je suis
"homophobique".» «Je ne les
aime pas, ça me rend mal à l'aise.» «Il y en a certains qui influencent les
enfants à devenir homosexuels, et cela est inacceptable.» Puis, après
l'intervention avec les intervenants, ils sont revenus voir l'élève en
question, puis il a dit :
«Mon opinion n'a pas changé. Je ne considérerai
pas les gais ou lesbiennes comme des humains. Je vous propose d'écouter
l'opinion d'Andrew Tate à propos des gais ou lesbiennes.»
La
communauté, là, ils ont peur. Ça, c'est des jeunes, c'est des jeunes qui disent
ces propos haineux, inacceptables. Ce n'est pas une maladie, être gai, ce n'est
pas une maladie, être lesbienne, ce n'est pas une maladie d'être
transgenre.
Comment la
ministre va adresser l'homophobie et la transphobie dans nos écoles quand il
n'y a... aucune campagne pour sensibiliser la population à la lutte contre
l'homophobie et la transphobie n'a été tenue en 2022-2023?
Mme
Biron : Bon, il y a beaucoup de choses dans ce que vous
avez dit, là. Je vais... je vais prendre juste la finale, parce que je
pense que c'est ce qui est le plus grave, là.
Mme Maccarone : Pas de souci, je
vous donne tout le temps.
Mme Biron : Je vous reviendrai sur
les titres, puis etc. Mais c'est mon rôle, c'est mon rôle d'adresser cet
enjeu-là. Le fait que le Bureau de lutte contre l'homophobie et la transphobie
soit intégré dans le secrétariat de la condition
féminine, bien sûr, les deux cas sont distincts, mais on peut certainement
dire qu'il y a un point commun, certain, c'est-à-dire qu'il y a une
surreprésentation des victimes de violence, autant chez les femmes, mais
également chez les personnes LGBT.
Nous avons un travail important à faire, et
c'est pourquoi il faut le faire ensemble, plus que dans d'autres situations. On
peut se poser des questions, mais, à partir du moment où la volonté est là de
faire quelque chose pour les jeunes, je pense que nous devons travailler
ensemble à l'Assemblée nationale. Vous êtes préoccupée par ce qui se passe, je suis préoccupée par ce qui se passe.
Nous avons un travail important à faire pour essayer de faire... d'intégrer
davantage les différences de genre, les différences de toutes sortes dans nos
sociétés, et dans nos écoles, et partout. On a avancé, mais c'est encore
timide, on a énormément de travail.
Ce que vous m'avez cité là, c'est inacceptable,
je le déplore au plus haut niveau. Nous avons du travail, nous devons aller
dans les écoles, nous devons expliquer, faire comprendre aux gens qui ils sont.
Et, honnêtement, ça me tient très à coeur de le faire. Ce n'est pas pour rien
qu'on travaille sur différents plans sur... et d'actions pour essayer de faire
avancer les choses.
Mme Maccarone : Quel plan d'action?
Mme
Biron : Bien, nous avons... nous allons déposer, à
l'automne, le troisième plan de lutte contre l'homophobie et la transphobie, et je pense qu'il y aura
là-dedans les... plusieurs actions que nous devrons mettre en place, et,
honnêtement, idéalement, on le fera ensemble.
Mme
Maccarone : Mais, entre-temps... mais entre-temps... Oui, tout
à fait, j'offre mon aide, mais, entre-temps... mais je ne suis jamais invitée à
ces rencontres-là, il me ferait plaisir d'assister, mais, entre-temps... Puis
je pense que ma collègue la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques aussi, elle accepterait avec grand plaisir. Mais, entre-temps, il y a des
choses qui arrivent, entre-temps, que nous sommes en attente...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup.
Mme Maccarone : ...le plan de lutte
était renouvelé, les personnes sont discriminées.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, pour 9 min 16 s, s'il vous plaît.
• (11 h 50) •
Mme Massé : Merci, M. le Président.
Bonjour, tout le monde, contente d'être là avec vous. Mme la ministre, j'ai peu de temps, neuf minutes, vous allez voir,
ça va vite, ça fait que je vais être concise, je vous demande la même chose.
Parce qu'on a déjà, vous et moi, commencé à aborder cette question-là, et c'est
notamment la question concernant les marqueurs
de genre, donc la loi qui a été adoptée le 17 juin 2022, qui permet
désormais d'avoir un X ou d'être reconnu comme parent.
On a fait notre travail de législateur.
Maintenant, la balle est dans votre camp. Depuis un an maintenant, que ce
soit en santé avec la RAMQ, la carte-soleil, que ce soit à la SAAQ, au niveau
des transports, malheureusement, les personnes non binaires, les personnes
trans qui voudraient pouvoir utiliser le X ne le peuvent pas. Pouvez-vous nous expliquer, en quelques mots, où vous en êtes?
Et après ça je vais vous parler de l'impact que ça fait chez ces gens-là.
Mme Biron : Je le comprends,
l'impact que ça fait, on en a discuté, quand même, à quelques reprises, vous et moi, puis... Bon, il y a des pas, quand même,
importants qui ont été faits sur les marqueurs, c'est-à-dire qu'on arrive... Les
personnes non binaires jouissent, grâce à la loi n° 2, d'une égalité de
droit, et là il faut travailler plus fort et aller sur l'égalité de fait. La
loi n° 2 a permis le X pour les actes de l'état civil, mais ça ne suit
pas. Je comprends qu'ils n'ont pas leur carte d'assurance maladie, et tout ça,
et je comprends le malaise et le problème que ça crée.
C'est beaucoup lié aux questions informatiques.
Je sens qu'il y a une certaine volonté de notre gouvernement d'aller de
l'avant. Vous savez que moi, je suis dans une situation où je suis
interministérielle. Je dois travailler avec mes collègues. Je dois travailler
avec le ministère de la Justice, avec le ministère de la Sécurité publique, le
ministère de l'Éducation, etc. Et, quand je
discute de ça avec le ministre de la Justice, parce que c'est lui qui est le
plus concerné par cette situation-là, il est ouvert à cette question-là.
Il y a un comité interministériel qui a été mis en place et qui siège et...
Oui, vous pourriez me dire : Bien, un comité... Oui, les comités, c'est
une bonne façon pour un gouvernement de s'en
tirer, etc. Mais je vous dirais que le rapport de ce comité-là est prévu dans
les prochaines semaines, donc on devrait... prochaines semaines,
prochains mois...
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme
Biron : ...au plus tard, alors on devrait avoir des
réponses. Mais l'irritant, c'est la question informatique.
Mme Massé : Moi, là, j'aimerais
ça... Moi, quand j'entends ça, là, ça me fait friser, alors que je ne suis pas de nature à être frisée. Je le sais, que le comité
termine... ministériel termine en juin 2023, s'il n'y a pas de
prolongation, son travail. Mais je n'arrive pas à comprendre. Si c'est un
problème informatique, expliquez-moi pourquoi, en éducation, ils ont pu
le faire, puis quelques jours après l'adoption de la loi.
Moi, là, j'ai des gens qui me contactent pour me
dire : Manon — excusez,
je ne sais pas comment m'appeler moi-même — Manon, je ne vais pas bien.
J'ai des pensées suicidaires. Ça fait des années que je me bats. Je pensais
qu'on avait réussi à gagner ça. Et là, Mme la ministre, vous le savez... je le
sais que vous le savez, je vous en ai parlé à plusieurs fois, mais c'est une
non-réponse pour ces gens-là, un problème informatique. Qu'est-ce que vous
faites pour pousser sur vos collègues qui,
peut-être, traînent le pied un peu, puisqu'en éducation ils ont réglé ça?
Écoutez, c'était réglé le 19 juin 2022, c'est-à-dire deux jours
après l'adoption de la loi. Comment vous poussez sur ces gens-là? C'est à votre
tour.
Mme Biron : Je vous l'ai dit :
Je n'aime pas ça. Je n'aime pas ça, moi... Je ne vous dirai pas que ça me fait friser, parce que, même quand je me frise, ça ne
tient pas. Mais je vais quand même vous dire que le Bureau de lutte contre la transphobie et l'homophobie a une rencontre avec
la SAAQ et la RAMQ dans les prochaines semaines, et c'est prévu.
Alors, on avance dans ce dossier-là. Et je vous
l'ai dit en privé, puis là, maintenant, je le dis à micro ouvert, la volonté,
elle est là. Je suis consciente du dommage que ça peut faire à certaines
personnes, puis ça me touche. Je n'aime pas cette idée-là. Je n'aime pas ça.
Alors, ce que je vous dis, c'est qu'on avance.
On ne recule pas puis on ne stagne pas. C'est déjà quand même pas si mal.
Mme Massé : OK. Mais, Mme la
ministre, je vous invite... pas à parler à moi. Moi, j'ai un F sur ma... mon
permis de conduire, ma carte d'assurance maladie, puis ça représente exactement
ce que je veux qu'il soit là. Vous avez eu,
puis on a eu les chiffres, là, des dizaines de personnes qui sont en attente.
Vous me dites : Dans les prochaines semaines. C'est parce que ça fait déjà
un an ou deux. Alexe, là, qui nous écoute fort probablement, iel est en
train de mettre sa vie émotive, sa vie en danger, voire même, parce
qu'on... il y a... il y a des actions qui... Elle nous... elle me parle de ses pensées suicidaires. Je ne suis pas
capable de porter ça, moi. Vous me dites que, dans quelques semaines... Est-ce
que, minimalement, vous pourriez vous engager à nous dire quand et surtout de
dire à Alexe si on pourrait sortir de cette
rencontre-là avec quelque chose de temporaire? Chaque jour est une journée de
trop pour ces personnes-là, alors... de trop en n'ayant pas le bon
marqueur de genre.
Alors, est-ce qu'il y aurait... Puis c'est une
suggestion qu'iel nous fait, là. Est-ce qu'il serait possible d'avoir un
document temporaire qui permettrait que, quand on se présente, soit notre
permis de conduire, soit au CLSC, soit à l'hôpital, j'ai... j'ai un document
qui dit ce que je veux qu'il soit dit sur ce... C'est-tu possible de penser ça?
Mme Biron : Personnellement, là,
j'aimerais ça honorer votre... j'aurais aimé ça honorer votre demande hier, ou avant-hier, ou la semaine dernière, quand
on s'est rencontrées sur cette question-là, parce que je suis quand même
consciente des enjeux. Ce n'est pas pour
rien, qu'on a mis un comité en place, interministériel, parce que c'est compliqué.
Alors là, on essaie d'alléger les choses. Je me
répète, mais il y a des rencontres qui sont déjà prévues. On avance sur ce dossier-là. On ne recule pas. C'est
quand même... Bien, écoutez, c'est vrai que c'est une journée de trop
pour les gens qui le vivent, puis je le comprends, puis je le comprends
vraiment, mais je fais ce qu'on peut dans la mesure
de nos capacités. Puis je me répète, mais on avance, on ne recule pas puis on
ne stagne pas, parce qu'on sait que, des fois, on peut stagner longtemps.
Mais là la volonté, elle est là.
Mme Massé : Mme la ministre,
j'aimerais ça qu'Alexe vous entende dire pas juste qu'il y a un comité qui travaille, qu'on avance. Ça, c'est ce qu'on nous
disait, qu'on lui disait quand on était en processus d'adopter une loi qui,
enfin, allait reconnaître ses droits. Moi, je pense que ce qu'Alexe a... Alexe
et bien d'autres, là, parce que j'ai d'autres personnes qui m'ont écrit
qu'elles auraient besoin d'avoir une lumière d'espoir qui lui dit : Oui,
par exemple, on considère... Moi, la ministre responsable de la Lutte à
l'homophobie — parce
que c'est de ça qu'on parle ici — de la transphobie, je considère que
l'idée d'avoir un document transitoire, c'est une bonne idée et je vais aller
défendre ça auprès de la RAMQ et de la SAAQ pour laisser le comité
interministériel faire son travail, parce qu'un coup qu'il va avoir fait son
travail ça ne veut pas dire que la solution va être là. Est-ce que ces gens-là
peuvent compter sur vous, Mme la ministre?
Mme Biron : Je
pense que oui. Là, je fais plus que penser que oui. Ces gens-là peuvent compter
sur moi. Et ce comité est sur le point de prendre fin, alors on aura
certainement des nouvelles à donner aux gens qui vous écrivent et qui
m'écrivent.
Mme Massé : Vous
me dites : Dans les prochaines semaines, il y aura une rencontre
spécifique RAMQ-SAAQ? Est-ce que vous pouvez vous engager à, si ça
retarde une journée de plus, ce qui va arriver... ces gens-là vont pouvoir
avoir un document temporaire pour respecter notre, notre loi?
Mme Biron : Bien, écoutez...
Le Président (M. Bachand) : Rapidement,
Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Biron : Bien,
écoutez, c'est... le... c'est parce que la sous-ministre adjointe ici, au
secrétariat de la condition féminine, me fait... me mentionne que les
sous-ministres adjoints en charge de ce dossier des marqueurs de genre doivent
se rencontrer très bientôt. Alors, je me répète, on avance, on ne recule pas
puis on ne stagne pas.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, pour 18 min 27 s, s'il
vous plaît.
Mme
Maccarone : Oui, merci. Bien, je veux renchérir sur le dernier débat,
parce qu'en effet c'est très important.
Comme ma collègue, moi aussi, j'ai reçu énormément de commentaires des
personnes qui sont malheureusement victimes de fautes de justice, fautes
d'un système qui n'est pas là pour les supporter, malgré que nous avons fait un
débat qui... qui était très difficile, je dirais, dans la dernière législature.
Parce qu'on a vu, dans la première mouture de la loi n° 2, qui est
maintenant adoptée, il y avait quand même aussi des articles homophobes,
transphobes, que... Ça fait que le gouvernement avait fait fausse route. Là, on
a révisé le tout. Là, ça a été adopté, c'est en place, c'est presque un an
plus tard. Puis je ne peux pas que juste appuyer les commentaires de ma
collègue, parce qu'il y a des personnes, leurs vies sont à risque à cause de
ça.
La ministre, dans les
commentaires qu'elle vient de faire, puis je la cite, a dit : Je sens une
certaine volonté d'aller vers l'avant de mes
collègues. «Je sens une certaine volonté.» Pourquoi c'est une certaine volonté
puis ce n'est pas... C'est la loi.
Pourquoi vous n'avez pas dit que : Je le sais, que mes collègues sont en
train de travailler là-dessus? Ça me
préoccupe, comme réponse, parce que ça donne l'impression qu'on ne prend pas ça
au sérieux. La loi a été adoptée. Pourquoi on n'a pas commencé les
travaux tout de suite après l'adoption du projet de loi n° 2?
• (12 heures) •
Mme Biron : Si
vous aviez écouté ma phrase au complet, vous auriez constaté...
Mme
Maccarone : ...au complet.
Mme Biron : ...que
je me suis reprise et que j'ai dit : Il y a une volonté du gouvernement
d'aller de l'avant. Je pense que le fait que le gouvernement a mis en place un
comité... Je comprends que le système informatique, ça fait vaste, hein? Vous dites : Bien, écoutez, on peut le faire
autrement, pourquoi ne pas le faire ici? Mais il faut comprendre que les
systèmes informatiques, ils se parlent entre eux. Alors, il y a certainement
des gens qui ont besoin de chèques du gouvernement, et ça peut compliquer,
justement, la réception de ces informations ou de chèques qui... auxquels ils
auraient droit. Alors, je pense qu'il faut faire bien les choses, hein? On a vu
qu'il peut y avoir des ratés dans les systèmes informatiques, alors je pense
que de faire les choses correctement, c'est une bonne chose.
D'abord, les
sous-ministres adjoints vont se rencontrer sur l'enjeu des marqueurs de genre
prochainement, dans les prochaines semaines. Le Bureau de lutte contre la
transphobie et l'homophobie va rencontrer la SAAQ et la RAMQ dans les prochaines semaines. Le comité doit prendre... Les travaux
du comité doivent prendre fin prochainement, et on aura un élément de
réponse. Alors, je pense qu'on essaie de voir... pas «on essaie», nous tentons
de régler les irritants pour pouvoir permettre la reconnaissance des gens qui
souhaiteraient avoir leur genre autrement.
Mme
Maccarone : Permettez-moi d'être un peu préoccupée par la
réponse : On va travailler là-dessus. Je ne sais pas si ça va être le
ministre ou le ministère responsable de la Cybersécurité, mais, à date, le
bilan, ce n'est pas fort, fort. Ça fait qu'on a des inquiétudes par rapport à
ça. Ça fait qu'on a hâte à voir la suite de ça, parce que la communauté, ils
sont en attente, et on peut imaginer qu'ils font face à beaucoup de
discrimination, ils font face à beaucoup d'intimidation. Une personne trans qui
doit sortir sa carte d'assurance maladie ou son permis de conduire avec le marqueur de sexe qui ne reflète pas la
réalité, c'est une grave injustice, surtout que, maintenant, ça ne reflète pas
la loi que nous avons adoptée à l'unanimité ici, l'Assemblée nationale.
Mais ce n'est pas le
seul constat ou la seule épreuve qu'ils font face, la communauté des personnes
trans et non binaires, si on entend. Puis là
je veux donner un peu la plateforme à TransEstrie, parce qu'ils travaillent
fort, ils nous amènent beaucoup de statistiques. Ils essaient très fort
d'amener de la visibilité à la cause. Puis, selon les documents qu'ils nous ont
fournis, puis je sais qu'il les a fournis aussi au Bureau de lutte, 67 %
des personnes trans n'ayant pas accès à une
transition et un soutien à l'affirmation de genre ont tenté de se suicider
l'année précédente. Cette proportion descend à 4 % chez celles qui
ont accès, selon une même étude, à des... du réseau de santé, par exemple. Puis
seuls quatre médecins spécialisés acceptent
de prescrire l'homothérapie en Estrie. Le temps d'attente pour voir... pour avoir
accès à l'un de ces quatre médecins est entre six à huit mois.
Alors, je sais que la
communauté nous entend, ils sont à l'écoute. Qu'est-ce que la ministre va faire
pour assurer que tous les médecins de
famille soient formés sur l'accueil d'une patiente trans, non binaire et
d'assurer que tout refus aux soins quant au suivi d'un patient trans ou
non binaire arrête?
Mme Biron : Oui.
Je suis bien consciente que c'est un enjeu, que les médecins ne sont pas
toujours formés sur cet aspect-là. Et je
pense que la société en général devrait être formée. Vous m'avez parlé des
écoles. Je peux vous parler de la société civile. Je les entends, les groupes
LGBTQ, je leur ai parlé, et ils me font part de cette situation-là.
Vous
me parlez de TransEstrie, puis je suis assez contente, parce que... vous m'en
parliez... parce que, souvent, les trans ou même les homosexuels ont tendance à
se... à vivre en milieu urbain parce qu'ils ont peut-être l'impression
qu'ils ont plus de ressources et plus de facilité d'acceptation.
Mme
Maccarone : ...une réalité.
Mme Biron : Bien,
je pense qu'il faut que ça change, puis, pour que ça change, bien, il faut
qu'on travaille. TransEstrie a d'ailleurs... on les a financés, cette année,
pour un projet intéressant, on leur a octroyé près de... un peu plus de
38 000 $ pour, justement, mettre en place un guide de transition qui
va permettre de travailler sur l'état civil et les standards de soins. Alors,
justement, ils vont... ils sont appelés à sensibiliser d'abord le secteur de la
santé et à sensibiliser les gens avec qui ils travaillent, la société civile en
général. C'est important de le faire. Il faut... On est... On n'a pas le choix
de commencer par le début, on n'a pas le choix de faire un travail de
sensibilisation. Ce n'est pas tout le monde qui a cette ouverture, alors il
faut les amener à comprendre c'est quoi, le sentiment de genre. Alors, ça,
c'est notre travail à nous, c'est le travail du Bureau de lutte et c'est,
honnêtement, à mon avis, ce que nous devons faire dans les prochaines années.
Mme
Maccarone : ...j'entends, dans la réponse, qu'on donne des subventions
à TransEstrie, puis c'est une bonne affaire. Je vous dis d'avance que ce n'est
pas assez, tout de suite. Mais ça reste que ce n'est pas à TransEstrie de faire
toute la formation du réseau de santé. Puis, dans les cahiers de crédits
quand... les renseignements généraux, on a demandé pour le comité national sur
l'adaptation et l'accès aux services de santé pour les personnes de diversité sexuelle et de genre... dans le mandat, c'est dans
les lignes directrices ministérielles de faire des formations... puis combien
de rencontres est-ce qu'ils ont eu lieu pour s'assurer que le plan est mis à
l'oeuvre. Il n'y a aucune rencontre, aucune rencontre dans les cahiers qu'on a
été présentés.
Ça fait que comment
est-ce que la ministre va mettre à l'oeuvre le plan quand il n'y a aucune
rencontre de planifiée pour s'assurer que le réseau de santé va être bel et
bien informé, sensibilisé, équipé? Parce que je peux aussi imaginer... Ce n'est
pas une attaque envers toutes les personnes qui travaillent dans le réseau de
santé. Ça se peut qu'il y a du monde qui
souhaite oeuvrer, mais il n'y a aucune formation. Mais, s'il n'y a aucune
rencontre avec les organismes pour s'assurer que vous faites votre
travail, pour assurer que le réseau est sensibilisé, puis, encore une fois, ce n'est pas les organismes communautaires
qu'on peut leur demander de faire ce travaux colossal, comment vous répondez
à ça? C'est quoi, le plan pour corriger le tir? Parce qu'aucune rencontre,
c'est inacceptable.
Mme Biron : Il
y a du travail à faire pour corriger le tir. Ce sont des déclarations qui sont
relativement récentes, et le ministère de la
Santé et des Services sociaux n'a reçu aucune plainte à ce sujet-là.
J'inviterais d'ailleurs à ce que les
gens portent plainte. C'est sûr qu'il y a un travail à faire avec les
fédérations médicales sur cette question-là, et ça relève des ordres
professionnels, et c'est à elles que nous devons nous adresser pour qu'elles
envoient et qu'elles forment le personnel
médical. Et puis, bon, on parle des médecins, mais on peut parler aussi, au
sens beaucoup plus large, de l'ensemble des services de santé.
Il
y a des organismes communautaires qui se sont... Je vous rappelle du cas de
Kloé Guillemette, jeune fille trans de 15 ans à Alma. Il y a eu du travail
qui a été fait dans cette école-là pour essayer de sensibiliser les gens à la
situation de Kloé. Je pense que c'est la même chose qui doit se passer
en Estrie et dans toutes les régions du Québec pour que les personnes trans
puissent vivre simplement leur vie.
Mme
Maccarone : Sauf que moi, je parle de le réseau de santé, qui n'est
pas adapté pour répondre à leurs besoins, que ça soit en transition, que ça
soit un accompagnement, que ça soit la prescription des médicaments, accès aux services, accès aux chirurgies, si c'est ça,
leur souhait. La réalité, c'est : il y a un grand retard, puis c'est
depuis que je suis ici, à l'Assemblée nationale, que je parle de ça,
puis il n'y a rien qui a changé. Ça fait que je souhaite que ça va porter fruit
parce que, dans le réseau de santé, on a des lacunes puis on a des grands
retards.
Il
y a un autre élément où nous avons un grand retard, puis ça me préoccupe, la
ministre, elle sait, je le cite depuis le
début, début, c'était même dans mes remarques préliminaires de mon discours
d'ouverture ici, à l'Assemblée, on n'a plus de ministre responsable de
la Lutte contre l'homophobie et la transphobie.
Ça fait que, juste
pour se mettre la table, la chronologie, dans le passé, il y avait un ministre,
ce ministre était nommé... pour un bureau de lutte, mais c'était un ministre
qui était nommé, c'était sous la responsabilité du ministère de Justice. Là, on peut constater que... non
seulement que c'était un «downgrade», là, pour dire qu'on n'est plus sous la responsabilité
du ministère de Justice, pas parce que le ministère de la Condition féminine et
ministère responsable... les Relations internationales et la Francophonie, ce
n'est pas important, mais ça reste... quand on parle de protection des droits
de la communauté LGBT, on est préoccupés parce que c'est... ce n'est plus sous
l'angle de Justice. Ça fait que non seulement que ce n'est plus là, on n'a plus
de ministre du tout, du tout. Ça fait que, quand je me lève en Chambre ou quand ma collègue, elle se lève en
Chambre pour poser une question, ce n'est pas le ministre responsable de
la Lutte contre l'homophobie et la transphobie qui se lève, c'est la ministre
responsable de la Condition féminine. Ça fait qu'on a un bureau de lutte qui
est à la remorque d'un secrétariat.
Puis
je n'en doute pas, de le désir de vouloir travailler, mais c'est un recul
important. C'est vraiment la démonstration que la communauté, qui sont
inquiets, bien, ils vont continuer à être inquiets jusqu'à tant que le
ministère ou le ministre n'est pas renommé.
Puis on ne peut pas
utiliser ce titre-là... Parce que je vois ça dans les documents, je vois qu'on
ne corrige pas les gens quand ils
disent : Bien, la ministre responsable de le... la Lutte contre
l'homophobie et la transphobie. Vous n'êtes pas ministre responsable de ceci,
vous êtes la ministre responsable de deux autres très importants ministères,
mais... ou secrétariat et ministère, mais pas pour le Bureau de lutte.
Pourquoi le
recul? Pourquoi il n'y a plus de ministre responsable de la Lutte contre
l'homophobie et la transphobie?
Mme Biron : Vous
estimiez que vous étiez mieux servis par le ministre de la Justice?
Mme
Maccarone : Ce n'est pas moi, c'est les organismes eux-mêmes
qui sont inquiets. Pour eux, ils voient ça comme un recul.
Mme
Biron : Mais ma question, c'est : Est-ce que vous
estimez que les organismes LGBTQ, puisqu'ils vous ont...
• (12 h 10) •
Mme Maccarone : Moi, je vais laisser
les organismes eux-mêmes juger ceci. Moi, je porte leur parole pour vous partager, eux, leur point de vue. Mais je
souhaite savoir pourquoi qu'on n'a plus de ministre responsable de la Lutte contre
l'homophobie et la transphobie.
Mme Biron : ...vous
dire deux choses là-dessus. D'abord, quand les libéraux étaient au pouvoir, je
ne me rappelle pas qu'il y avait un ministre responsable de la...
Mme Maccarone : ...
Mme Biron : Ah oui?
Mme Maccarone : Bien oui!
Mme
Biron : Ah! bien, je n'ai pas vu ça dans aucun titre. Je
ne m'en souviens pas. Puis les marqueurs de genre n'ont pas vraiment
avancé, de toute façon, à cette époque-là.
Mme Maccarone : ...société évolue,
Mme la ministre. Là, on va parler de votre bilan. On parle de... ça fait... les cinq ans depuis que la CAQ est au pouvoir. Ça
fait que c'est vous qui a enlevé le ministre responsable, pas les libéraux. C'est
vous qui a aboli ce ministère. Moi, je souhaite savoir pourquoi puis si vous
avez l'intention de corriger le tir.
J'ai déposé une pétition
au nom du Conseil québécois LGBT. Il y a plus que 6 000 personnes qui
l'ont signée. Les gens de la communauté sont
inquiets. Est-ce que vous avez l'intention d'expliquer pourquoi on n'a plus de ministre
responsable? Puis est-ce que vous avez l'intention de corriger le tir, et
restaurer, et mettre en place, encore une fois, le ministère?
Mme Biron : Les communautés LGBTQ
ont un ministre en titre. Ma parole, à titre de ministre des Relations
internationales et de la Francophonie, a le même poids que celle du ministre de
la Justice.
Mme Maccarone : Ce n'est pas la même
chose. Avec beaucoup de respect, Mme la ministre, c'est une question de visibilité à la cause. C'est pour ça
que c'est un recul. Comme j'ai dit d'emblée, je ne doute pas de votre désir
de vouloir percer dans les dossiers puis bien faire. Je pense qu'il n'y a
personne ici des 125 députés qui sont élus à l'Assemblée nationale qui ne
souhaite pas bien faire et porter la voix de leurs communautés concernées,
100 %. Ça fait que je ne doute pas de votre volonté, mais il faut que vous
comprendrez que ce recul important a un impact sur la communauté, qui lève les
sourcils, qui fait friser les cheveux. Nous sommes inquiets. Pourquoi ce recul
important? Puis avez-vous l'intention de corriger le tir? C'est une question de
visibilité.
Quand on voit qu'est-ce qui arrive aux
États-Unis, surtout en Floride, vous pouvez imaginer comment la communauté a
besoin d'être sécurisée. Nous avons besoin d'entendre de la voix de la ministre
responsable de la Condition féminine qu'elle
a l'intention de remettre en place un ministre responsable de la Lutte contre
l'homophobie et la transphobie et d'expliquer pourquoi on n'a toujours
pas une explication pourquoi qu'on a aboli ce titre.
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme
Biron : Alors, vous allez m'expliquer, Mme la députée,
comment est-ce que c'est un recul dans la mesure où j'ai doublé le budget qui est... sera dédié à la lutte contre
l'homophobie et la transphobie. Vous allez m'expliquer ça.
Mme Maccarone : ...la ministre ne
veut pas répondre à la question?
Mme Biron : Bien, écoutez...
Mme Maccarone : Pourquoi la décision
pour abolir le titre de ministre responsable de l'Homophobie et la Transphobie?
C'est simple.
Mme Biron : ...
Mme
Maccarone : Le titre. Pourquoi qu'on n'a plus de ministre
responsable de la Lutte contre l'homophobie et la transphobie?
Mme Biron : Vous voudriez que ça
soit dans mon titre? Vous voudriez que je sois...
Mme
Maccarone : C'est... Ce n'est pas juste...
Mme Biron : Non,
non, mais je vous pose la question.
Mme
Maccarone : Bien oui. C'est vos crédits.
Le
Président (M. Bachand) : ...on aime...
Mme Biron : Oui,
vous voudriez? OK.
Le
Président (M. Bachand) : S'il vous plaît!
Mme Biron :
Bon, moi, je...
Le
Président (M. Bachand) : Juste vous
rappeler — Mme
la ministre — j'aime
vous entendre une personne à la fois. Alors, Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Biron : Mme
la députée, je suis ministre responsable de la Lutte contre l'homophobie et la
transphobie et j'ai bel et bien l'intention de m'en occuper. Je m'en occupe
déjà. J'ai plaidé auprès du ministre des Finances pour qu'on pérennise ce
bureau-là, qu'on en fasse un enjeu sérieux. J'ai doublé le budget qui est dédié
à la lutte contre l'homophobie et la transphobie. C'est beaucoup plus que tout
ce qui a été fait précédemment, incluant ce qui a été fait sous votre
gouvernement.
Mme
Maccarone : Avec encore beaucoup de respect, la réalité, c'est :
vous ne pouvez pas utiliser ce titre, vous ne... pas été assermentée à utiliser
ce titre. Pour changer le tir, il faut que vous mettre en place un décret, il
faut mettre en place un décret. Puis vous
avez eu cette conversation avec quelques organismes qui vous ont adressé la
question.
Alors,
je veux toujours savoir pourquoi le recul. Merci pour le rehaussement de
financement. Je suis persuadée que la
communauté va être ravie, mais ça reste que c'est une préoccupation parce que
la visibilité pour la communauté aussi
ici, à l'Assemblée nationale, est primordiale. Alors, est-ce que la ministre
peut expliquer pourquoi le recul? Puis est-ce que la ministre peut
confirmer qu'un décret sera déposé pour s'assurer que ce titre sera restauré?
Parce que vous ne pouvez pas l'utiliser, vous n'êtes pas ministre responsable
de la Lutte contre l'homophobie et la transphobie.
Mme Biron : Je
l'utilise quand même, là, mais je vais quand même vous expliquer la situation.
C'est vrai que j'ai eu une conversation avec le conseil LGBT sur cet enjeu-là
de mon titre. Et je leur ai dit... parce que c'est quand même complexe, là, de passer un décret, je leur ai dit :
Est-ce que vous voulez que j'en fasse une priorité, que... Est-ce que
vous voulez absolument que mon titre soit changé? Si c'est votre priorité, je
vais le faire. J'ai d'autres projets que de
changer mon titre, parce que, dans le fond, qu'est-ce qui est important, tu
sais, c'est... c'est avoir un titre un pied de long ou... pardon,
30 centimètres de long ou d'avoir des actions qui vont aider les
communautés LGBTQ?
Et, cocasse, je vous
raconte une anecdote totalement cocasse, je termine cette conversation-là, qui
a duré plus d'une heure, avec le conseil LGBT et je leur dis : Comment ça
que vous vous appelez LGBT? Vous ne vous occupez pas du Q puis du +? Et là on me dit : Oui,
mais, quand on a été créés,
c'était LGBT, mais là on voudrait changer, mais on a 60 organismes
qu'on représente, et ce n'est pas simple de changer notre titre, alors on
discute là-dessus puis on essaie d'avoir une façon de faire les choses.
Alors, à moins que
j'aie mal compris, puis peut-être que la députée, qui est très connaissante
dans les groupes LGBTQ+... Est-ce que vous
pensez que le conseil LGBT, qui regroupe 60 organismes, ne s'occupe pas
des Q et ne s'occupe pas du +?
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Il reste trois secondes.
Mme Maccarone :
Votre réponse n'est pas une réponse, je suis désolée.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Merci
beaucoup. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour
9 min 15 s, s'il vous plaît.
Mme Massé : Merci,
M. le Président. En fait, je pense qu'on va écrire au premier ministre puis on
va lui demander qu'il dépose un décret. Puis, hein, j'imagine qu'il a cette
capacité-là, lui, de déposer des décrets.
Mais j'aimerais
revenir sur la question du financement, parce que je vous ai bien entendue et
je pense que, maintenant, c'est connu correctement à travers le Québec que, un,
les groupes LGBTQI+2S sont sous-financés par rapport à l'ensemble des groupes
communautaires au Québec, particulièrement lorsqu'il est temps de financer à la
mission. La très vaste majorité des groupes LGBTQI+2S ne sont pas financés à la
mission. Donc, c'est des projets. Et une des sources pour aller chercher les
projets, année après année, de façon stressante, c'est le Bureau de lutte.
Moi,
Mme la ministre, la loi sur l'action communautaire autonome dit que ça relève de chacun
des ministères de s'assurer que les groupes communautaires aient un bon
financement à la mission. Moi, j'aimerais vous entendre.
Je vous donne un exemple, mais je pourrais en
prendre plein. Il y a un groupe qui travaille avec les personnes trans extrêmement vulnérables, je parle
d'ASTT(e)Q, que vous avez rencontré, extrêmement vulnérables, des personnes
qui sont dans la rue,
travailleuses du sexe, qui sont utilisatrices de drogues injectables, bref des
personnes trans qui sont déjà
discriminées parce qu'ils ne peuvent pas avoir sur leur carte d'assurance
maladie le bon genre, et, plus que ça, bien, ils se retrouvent sur le
terrain à vivre toutes sortes de situations.
Quel travail vous avez fait auprès... Puis là je
parle d'ASTT(e)Q, donc je vais parler du ministère de la Santé, parce qu'itinérance, parce que santé, mais, si je
parlais des familles homoparentales, je pourrais vous dire le ministère
de la Famille, je pourrais vous parler du ministère responsable des Jeunes,
hein, quand je pense à Astérisk, qui a de la
misère à arriver, puis etc. Quel travail vous faites auprès des autres pour
s'assurer que les autres ministères vont mettre l'argent nécessaire pour
assurer le financement à la mission des groupes?
• (12 h 20) •
Mme Biron : Je l'aime beaucoup,
cette question-là, parce que ça me permet de faire un certain ménage, là.
Évidemment, le Bureau de lutte existe depuis 2011. C'est... C'est un petit
bureau, c'est un bureau qui est jeune, et ce qui
est intéressant, c'est qu'il y a eu... il y a de plus en plus d'organisations.
Alors, c'est sûr qu'il y a un budget. Puis, bon, les organismes... vous
savez un peu comment ça fonctionne, les organismes, bien, on a une enveloppe
puis on doit distribuer cette enveloppe-là aux différentes... aux différents
organismes. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a plus d'organisations qui s'occupent des LGBTQ, puis ça, moi, je le salue, parce
qu'on voit qu'il y a... il y a... il y a de l'intérêt puis il y a un
travail qui se fait.
Maintenant, je les ai rencontrés, j'en ai
rencontré plusieurs, organismes, comme vous l'avez mentionné, et ils me parlent tous de la mission. C'est sûr qu'on travaille
beaucoup avec des projets et que la mission... il y a un enjeu avec la mission. La façon dont je me suis dit qu'on
était pour travailler là-dessus, c'est que je veux voir le... la stratégie, là,
le prochain plan de lutte, parce qu'on va cerner définitivement les
enjeux.
Puis vous avez raison aussi de dire... Puis
c'est la même chose pour la condition féminine. Bien sûr, les enjeux sont
distincts, mais c'est... je dis : On est toujours un peu en train de
solliciter les autres constamment, tu sais. Alors, vous avez raison qu'il faut
aller à la Santé, il faut aller à la Santé et Services sociaux, il faut aller à
la Famille, l'Éducation, etc., Sport, Loisir, tout ça pour essayer de faire un
tout. Mais c'est... c'est à partir de là qu'on va être capables de travailler,
c'est-à-dire de voir quel organisme, au niveau de la mission, peut plus
facilement entrer dans tel ou tel programme pour être capable d'être financé.
Mais c'est récurrent que j'entends parler de l'enjeu de la mission. Je vous
dirais que j'en entends aussi parler du côté des femmes. Mais, oui, il y aura
un travail à faire assez rapidement pour être capables de répondre à ces
enjeux-là.
Le Président (M.
Bachand) : ...Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Bien, en fait,
par définition, le financement à la mission, c'est supposé de reconnaître
clairement qu'un groupe fait le travail que sa mission lui dit de faire. Le
financement par projets, c'est des bouts qui viennent
bonifier, ajouter, expérimenter des nouveaux projets, etc. Là, l'enjeu, c'est
que nos groupes LGBT, malheureusement, n'ont pas ce financement à la
mission, là.
Je vous ai parlé d'ASTT(e)Q, là. ASTT(e)Q risque
de fermer ses portes parce qu'il n'a pas ce financement-là de façon stable.
TransEstrie, on en parlait tantôt, c'est le deux tiers de son financement que
c'est du financement à la mission... du financement, pardon, par projets. C'est
ça qu'il faut changer.
Alors, moi, je m'attends... pas juste moi, mais
d'avoir une ministre, puisqu'elle n'a pas... Vous avez juste la responsabilité,
d'une certaine façon, du bureau de lutte. Il faut que votre... vous endossiez
le bâton de pèlerine et allez voir les
différents ministres qui, eux autres, ont la responsabilité, par la loi sur l'action communautaire, de devoir mettre l'argent nécessaire pour assurer le
financement à la mission des groupes, et particulièrement, je vous dirais,
les groupes qui sont en souffrance présentement plus que plus que plus que
plus, c'est les groupes trans. Alors donc, je m'attends à cela.
Il me reste combien de temps, monsieur...
Le Président
(M. Bachand) : 2 min 50 s
Mme
Massé : Ah! tabouère!
Écoutez, Mme la ministre, on va changer de sujet. Je pense qu'avec ma collègue
de Westmount—Saint-Louis on a vraiment, là, fait ressortir cette idée que le financement à la
mission, c'est incontournable.
Mme Biron : ...j'ai une belle
liste ici de financement à la mission, là.
Mme Massé : Bien, écoutez, je
vous remercie. Je vais vous la prendre, puisqu'il me reste maintenant juste
deux minutes.
Je veux juste avoir un mot sur les thérapies de
conversion. Mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne a fait reconnaître au
ministre de la Justice qu'aucune amende, alors qu'on avait travaillé fort pour que
ces amendes-là soient dissuasives, qu'aucune
amende n'a été octroyée aux organisations délinquantes. Et là on a eu un
travail journalistique. Je pense que vous savez ce que ça veut dire dans
la vie. Une chance que ce travail-là a été fait.
Moi, je veux savoir qu'est-ce que notre ministre
responsable de la Lutte à l'homophobie et à la transphobie... qu'est-ce qu'elle
a fait, elle, pour s'assurer de l'application de la loi qu'on a adoptée l'année
passée aussi.
Mme Biron : Je vous supplie de
dénoncer. Dénoncez. C'est criminel. On a passé notre loi. Le fédéral a
embarqué, ils ont mis les thérapies de conversion dans le Code criminel. C'est
un crime, mais il n'y a personne qui dépose des plaintes. Il n'y en a pas, de plaintes.
Dé-non-cez. C'est cri-mi-nel. On n'en veut pas, de ça. C'est inutile, c'est
dangereux et c'est illégal. S'il vous plaît, dé-non-cez.
Mme Massé : Mme la ministre,
les journaux en sont pleins. C'est votre job, là, ce n'est pas la mienne.
Qu'est-ce que vous faites pour vous assurer que ces groupes-là soient
pénalisés? Parce que c'est ça que la loi dit, c'est criminel, mais, plus que
ça, il y a des amendes qui sont prévues, et salées.
Mme Biron : La personne
touchée, là, elle n'a pas besoin de porter plainte, mais les gens qui sont
autour peuvent porter plainte, pour cette personne-là, à la police. Alors, moi,
je ne veux pas me substituer, là, aux services judiciaires puis vous faire une
analyse de... juridique, là, de la situation. Moi, ce que je veux, c'est que
les gens qui sont touchés ou qui se frôlent
à ces thérapeutes de baboche barbares là... qu'il puisse y avoir des plaintes
et qu'ils soient traînés devant les tribunaux et condamnés. C'est ça,
mon souhait.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée, il vous reste une vingtaine
de secondes.
Mme Massé : Oui. Dernière
intervention pour dire qu'il y a une nécessité d'aller vers ces
organisations-là, on les connaît, ils ont été sortis par les médias, d'aller
vers ces organisations-là, de leur mettre la loi en dessous du nez puis de dire : Ça, là, ça ne se fait pas.
Le ministre s'était engagé à faire ça quand on a adopté la loi. Moi, je n'ai
rien qui me dit que ces organisations-là... a été contactées par nous
autres.
Mme Biron : Bien...
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis, s'il vous plaît, pour 18 min 32 s.
Mme
Maccarone : Oui. Mais on va pouvoir continuer sur le même
sujet, parce que c'est un sujet vraiment d'une grande importance, puis
c'est un fléau, puis il faut mettre fin à ça.
Comme la ministre a dit, le gouvernement fédéral
a adopté une loi qui dit que c'est criminel. Ça fait quelques années que nous avons adopté une loi, ici, avec
des sanctions pénales, pour dire que c'est illégal. Mais ça reste que, si on
regarde toujours les données recensées dans le cadre du projet de recherche
partenariale avec SAVIE-LGBT, qui est le plus important de son genre au Québec,
25 % des membres de communauté LGBT auraient subi des efforts de
conversion au cours de leur vie. Ça fait que ça reste qu'il n'y a aucun impact
depuis l'adoption de la loi.
Puis, juste pour renchérir, nous aussi, on avait
fait les demandes, puis c'était intéressant parce que, quand on regarde les
cahiers de crédits... puis on a demandé il y avait combien de sanctions, on a
demandé ça dans les cahiers de crédits ici,
pour le Bureau de lutte, puis ils nous réfèrent au ministère de Justice. Quand
on est au ministère de Justice, à ses crédits, il nous réfère ici. Ça
fait qu'on passe le puck à quelque part.
Mais c'est intéressant de savoir qu'il n'y a
aucune pénalité qui a été octroyée malgré que ma collègue a dit que c'était
médiatisé. Puis je comprends puis j'entends la ministre, elle dit un cri de
coeur qu'il faut que tout le monde dénonce, puis tout à fait, mais qu'est-ce
qu'attend la ministre d'investiguer? Parce que ce n'est pas l'inaction, toujours, des victimes. Est-ce que c'est
l'inaction du gouvernement? Pourquoi nous n'avons pas fait une investigation? C'est
clairement indiqué. Puis merci au Métro Média d'amener la lumière à
ceci, parce que, grâce à leur rapport investigatif, on sait que ça continue
avec Ta vie ton choix, on sait c'est qui, les personnes qui le poursuit. Est-ce
que la ministre va quand même investiguer puis commencer une enquête pour
mettre fin à ceci ou est-ce qu'on... il faut toujours se baser sur les victimes
à faire tous les travaux?
• (12 h 30) •
Mme Biron : Bien, à partir du moment
où on dépose des lois, où on fait des lois, où on criminalise, vous savez comme moi que c'est aux victimes à porter
plainte. On a fait une campagne, d'ailleurs, de sensibilisation à cet effet.
Je
voudrais aussi vous parler de l'enquête Savoirs sur l'inclusion et l'exclusion
des personnes lesbiennes, gaies,
bisexuelles, trans et queers de 2022 faite par l'Université du Québec à Montréal. Je veux juste préciser les chiffres. 4 % des répondants
ont été impliqués dans une thérapie de conversion, et 25 % ont subi des
efforts de conversion. C'est inacceptable.
C'est une pratique qui est absolument barbare. Ça ne fonctionne pas, on le
sait, ça ne fonctionne pas, c'est inutile et c'est illégal.
Alors, on a passé des lois pour empêcher les
thérapies de conversion, avec, quand même, des amendes assez salées, et le gouvernement fédéral a embarqué,
mais là il faut amener les gens qui sont touchés à témoigner pour qu'on puisse
les faire condamner. Si vous, vous faites... vous portez plainte, là, et que
vous n'avez pas de témoin, ça, ça demeure des allégations. Alors... Bien, vous
savez comment ça fonctionne devant les tribunaux, alors...
Mme Maccarone : Tout à fait. Sauf
que vous, vous êtes ministre, vous avez quand même des ressources, vous avez
une habilité de faire une enquête. Vous pourriez enquêter Ta vie, ton choix,
par exemple, puis faire suite à l'article qui est là, parce qu'on sait que,
souvent... on comprend que ce n'est pas toutes les victimes qui souhaitent dénoncer. Ils ont peur, ils sont gênés, ils sont
intimidés, ils ne sont pas bien, ils souffrent de problèmes de santé mentale,
ils ne sont pas accompagnés, ils sont intimidés. Alors, est-ce que la ministre
pourra... est-ce qu'elle peut confirmer qu'elle
va faire une enquête suite à l'article, qui est choquant, qu'ils disent que ça
continue? Puis cet organisme, dans le fond, il n'y a personne qui va
investiguer? Vous, vous pouvez faire une enquête.
Puis
je rajoute que ce n'est pas le seul organisme. On peut aussi parler de le Ministère
de la délivrance pour la gloire de
Jésus-Christ. Lors de le débat pour le projet de loi... bien, la loi n° 70 pour bannir les pratiques de conversion, on a soulevé qu'il y
a quand même plusieurs organismes qui sont bénéficiaires des crédits d'impôt.
Ça fait que non seulement qu'ils peuvent poursuivre avec leur mission... puis
ça se fait par l'entremise de la télémédecine, ça se fait aux États-Unis, c'est des gens qui font toutes
sortes de demandes, ça fait qu'ils font le tout pour aller au-delà de nos lois
qui sont en place. Est-ce que la ministre peut investiguer ceci? Puis est-ce
qu'elle va faire enquête?
Mme Biron : Est-ce que vous parlez
des crédits d'impôt pour les corporations religieuses?
Mme Maccarone : Oui. Ça, c'est au
niveau fédéral. Mais c'est juste pour dire que c'est encore pire. Parce que
j'avais posé la...
Mme Biron : Est-ce que... Est-ce que
vous souhaiteriez qu'on... qu'on enlève les crédits d'impôt pour les corporations
religieuses?
Mme Maccarone : Moi, ce que je
souhaite, c'est qu'on fait une enquête pour les... pour les églises, les
corporations religieuses qui pratiquent la thérapie de conversion, que, oui, on
fait une investigation. C'est illégal. Pourquoi qu'ils... ils recevront des
crédits d'impôt pour des actions qui sont illégales après une enquête? Puis ce n'est pas toutes les églises qui ne sont pas bons.
Il y en a qui sont excellents au niveau spiritualité. Un accompagnement,
surtout quand on fait face à beaucoup
d'enjeux de santé mentale, il y a une grande importance pour plusieurs personnes.
On ne nie pas ça. Mais, quand ils font des choses qui sont illégales, comme Ta
Vie Ton Choix, comme la Délivrance pour la
Gloire de Jésus-Christ, comme Parcours Canada, comme Église Nouvelle Vie,
est-ce qu'on peut faire une investigation puis mettre fin à leurs crédits d'impôt? Parce que c'est quand même
l'argent du public qui sont en train de subventionner des actions
illégales.
Mme Biron : Bien sûr, on... Vous
souhaiteriez que nous abolissions les crédits d'impôt pour les corporations religieuses. Je vous comprends. Alors, c'est... ça
relève du domaine judiciaire et ça relève également de mon collègue du
ministère des Finances. Mais je prends bonne note que vous souhaitez qu'on
retire les crédits d'impôt pour les corporations religieuses.
Mme Maccarone : Je souhaite une
investigation. C'est ça que je souhaite, une investigation pour s'assurer qu'il
y aura au moins une enquête. Ça fait que, si on trouve qu'il y a des églises
qui font des choses qui sont à l'encontre
des deux lois qui sont en vigueur, que, oui, il n'y aura pas des subventions
de... le fonds public pour continuer à avoir des actions qui vont à
l'encontre de la loi.
Mais je souhaite aussi que la ministre confirme
qu'il y aura une enquête en ce qui concerne les thérapies qui sont toujours
en... les thérapies de conversion, que, dans le fond... J'haïs ça, le mot
«thérapie», parce que ce n'est pas une thérapie, c'est une pratique. Ce n'est
aucunement une thérapie, quoi qu'il soit.
Mme Biron : C'est une pratique
barbare.
Mme Maccarone : Oui. Tout à fait. Ça
fait qu'il y aura une enquête. Vous, vous avez le pouvoir de faire une enquête
en ce qui concerne Ta vie Ta Choix.
Mme Biron : Je prends votre message
concernant les crédits d'impôt pour les corporations religieuses. Je vais en discuter avec le ministre de la Justice et
également voir au niveau judiciaire ce qu'il est possible de faire à la suite
de votre demande. C'est sûr que ça va
prendre l'aide du ministère des Finances pour s'attaquer aux crédits d'impôt des
corporations religieuses. Je vous remercie.
Mme Maccarone : Mais il faudra
commencer par une enquête en premier. Oui, c'est ça. Ce n'est pas une question
de tout abolir. C'est une question de faire une enquête. C'est ça. Il faut
commencer par une enquête. Vous n'avez pas dit que vous êtes prête à faire une
enquête. C'est ça qui... C'est ça qui est primordial, de s'assurer que l'argent va aux bons places. C'est ça que je veux
souhaiter. Ça fait que je ne veux pas qu'on... qu'on déforme les propos, quoi
qu'ils soient, pour dire qu'on souhaite enlever de financement qui est
nécessaire pour des organismes qui font des bonnes actions. Mais il y a des
organismes qui ne font pas des bonnes actions, puis c'est là-dessus que nous
devons mettre nos efforts.
En parlant de bonnes actions, on peut revenir
aussi sur la formation. Parce que, sur la formation, si on suit le plan de
lutte, qui est encore expiré puis renouvelé, extensionné, on parle beaucoup de
formation. Puis on a parlé puis on a touché un peu sur la formation dans le
réseau de santé et services sociaux. On a constaté qu'il y a quand même un
échec puis un retard parce qu'il n'y a pas grand-chose qui est changé. Puis ça
reste que, pour plusieurs personnes, ils font face à des difficultés à recevoir
des services, un accompagnement. Ça, ça arrive aussi, en passant, dans nos
pharmacies. Il y a des hommes qui vont demander à avoir accès au PrEP, qui peut
sauver leur vie, qui peut mettre fin au
sida, mais... puis ça, ça arrive dans les régions de l'ouest de l'île de
Montréal, puis ils se font dire : Non, non, non, ici, là, on ne
peut pas... on sait c'est quoi, mais on ne peut pas vous le servir, il faut que
vous allez au Village. Tu sais, il y a beaucoup... il y a beaucoup de formation
à faire puis un accompagnement pour ces personnes.
Mais
ce n'est pas la seule place. Parce que, si on parle à l'extérieur de Santé, on
a aussi le ministère de Travail, Emploi, Solidarité sociale. On cherche une
équité dans nos... dans toutes nos institutions, on cherche à assurer qu'on a
une visibilité de tous les sexes, de tous les genres, toutes les orientations
sexuelles, toute la diversité que nous avons ici. Puis, pour le faire, on sait
que, parmi les actions que... les mesures, la mesure 25, par exemple,
c'est d'offrir une formation sur les réalités des minorités sexuelles au
personnel du MTESS en contact avec les clientèles. Parce que, souvent, ce qui
arrive, c'est les personnes qui sont mal genrées.
Mais ça reste que, si
on regarde votre bilan, le plan d'action de 2020-2021 en ce qui concerne
l'application de le plan de lutte, il y a seulement 225 employés membres
du personnel qui ont été formés. Puis ça, c'est 3,5 % des employés. Ça
fait qu'encore une fois c'est un échec, mais c'est quand même quelque chose que
nous devons adresser. Ça fait qu'est-ce que
la ministre peut nous dire pourquoi, pourquoi on a seulement 225 employés
qui ont suivi cette formation qui est essentielle, qui est vraiment
primordiale? Puis est-ce qu'il y aura des actions qui seront prises pour
s'assurer qu'il y a une correction?
Mme Biron : Moi,
je ne parle pas d'échec. Je pense qu'on avance. C'est un jeune bureau, avec un
petit budget, un budget qu'on a doublé pour les cinq prochaines années. Je ne
parle pas d'échec. Je parle d'avancement. Et c'est
là où on est. Puis, quand moi, je parle avec les groupes, peut-être que vous,
vous entendez d'autres choses, mais, moi, quand ils me parlent à moi,
là, ils sont enthousiastes.
Et le plan de lutte,
c'est dynamique. C'est le troisième. Écoutez, le premier a duré un an. Le
deuxième, là, vous m'imputez le prolongement
jusqu'en 2022, je n'étais même pas élue. Alors, quand même, donnez-moi une
chance à ce niveau-là. Mais, écoutez, moi, je pense qu'il y a de réels
avancements concernant les droits LGBTQ. Puis on s'en va vraiment dans
la bonne direction, alors je suis assez enthousiaste par ce qui se passe.
Puis je vous
rappelle, juste comme ça, qu'on a quand même eu deux ans de pandémie
particulièrement difficiles. On émerge de
ça. Et là on veut avancer et évoluer pour être capables d'en faire plus puis continuer
la formation des employés du système de santé, former davantage aussi le
système juridique, être capables d'avoir un réel accompagnement. Et
puis, bon, écoutez, on a des tribunaux spécialisés aussi pour accompagner les
victimes, ça va servir aux gens des communautés LGBTQ. Moi, je pense qu'on
n'est pas en situation d'échec ici. On est en situation de développement,
d'avancement. Et ça se fait, je vous dirais, avec enthousiasme et rigueur.
Mme
Maccarone : La ministre et moi, nous n'avons pas la même définition de
succès.
Mme Biron : Définitivement.
Mme
Maccarone : Parce que 3,5 %, pour moi, ce n'est pas un succès.
C'est un plan qui est en place depuis plusieurs années, devant... avant la
pandémie, ça fait qu'on a pris du retard. Puis on ne peut pas tout blâmer sur
la pandémie, qu'est-ce qui a été fait par la
suite de la pandémie. Pendant la pandémie, on parle d'une formation qui aura pu se faire en ligne. Ça fait qu'il y a toutes
sortes de mesures qu'on aura pu mettre vers l'avant pour s'assurer que cette
formation essentielle sera mise en place. 3,5 %, quand on a presque
6 500 employés puis seulement 225 qui l'ont suivie, ce n'est pas... bien, c'est un échec, là. C'est
juste... ce n'est pas une réussite. Alors, en espérant qu'on aura des
formations qui vont suivre, puis qu'on va corriger le tir. Ça fait
partie des actions prioritaires qui sont nommées, qui font partie de le plan.
C'est pour ça qu'il y a un bilan. Ça fait que, dans le bilan, on ne peut pas
l'adresser comme un succès. Ce n'est pas une tendance vers le haut, là. C'est
ça qu'on souhaite voir.
Puis, pour la
formation, il y a beaucoup de difficultés aussi. Parce que, tu sais, on parle
de formation qui est quand même développée par la INSPQ. Ça fait que c'est une
formation qui est en place, ça fait cinq ans, c'est une formation accréditée qui est essentielle, très important. Mais ce n'est
pas les seules personnes qui offrent ce formation. Il y a aussi,
exemple, la coalition de la famille LGBT. Eux, ils forment... ils ont formé,
juste l'année passée ou cette année,
5 000 professionnels. Mais ça, ils ne sont pas financés pour faire
ça. Ça fait qu'est-ce que la ministre a l'intention de corriger ceci? Puis aussi de s'assurer, dans sa
réponse, si elle peut préciser, parce que le financement pour la formation
pour l'INSPQ, ça prend sa fin, on est rendu à son cinq ans, est-ce que ce sera
renouvelé.
• (12 h 40) •
Mme Biron : D'abord,
je veux juste corriger votre chiffre, parce qu'on me dit que, pour
l'année 2022-2023, dans le personnel de la santé, c'est au-dessus de
1 000 personnes qui ont été formées.
Mme
Maccarone : Moi, je parle du MTESS. C'est dans votre bilan.
Mme Biron : ...Ah
bon! D'accord. OK. D'accord. On ne peut pas tout savoir, là.
Mme
Maccarone : Je peux vous... Je peux vous... C'est sur la page 20
de votre bilan. C'est la mesure n° 25.
Mme Biron : Bon, il y a... Il y a un autre bilan, là, qui est
en préparation, alors les chiffres vont être actualisés.
Je persiste à dire
qu'on évolue. Je ne suis pas d'accord du tout, du tout avec vous quand vous
dites que c'est un échec, puis qu'on recule, puis que c'est donc épouvantable.
Au contraire, moi... Entre 2011 et 2014, pendant que vous étiez au pouvoir, là, vous aviez l'occasion, là, d'en faire, des
formations du MTESS, au sens large. Ce n'est pas arrivé. Alors, nous, on avance. Et puis on a doublé le
budget. Je peux vous montrer le graphique, là, vraiment, là, ça augmente. Alors,
on s'en occupe. Puis je... C'est important, pour moi, les communautés LGBTQ,
alors je travaille avec ces communautés-là. Puis je sais qu'il y a du travail à
faire, je sais, mais c'est un bureau qui est jeune, et il faut travailler.
Le
troisième plan va être important parce qu'on arrive à maturité. On arrive à un
moment, là, où on prend compte de l'ensemble
des organismes qui sont là, on commence à intervenir dans les régions, on
commence à reconnaître les personnes trans. Et c'est de plus en... On en
parle beaucoup. On a fait beaucoup de campagnes de sensibilisation et de
promotion, et ça commence à être beaucoup plus facile pour les personnes trans
dans la société.
On a énormément de
travail à faire, entendez-moi, mais on n'est pas dans le recul. Je refuse de
dire ça.
Mme
Maccarone : C'est votre gouvernement qui est au pouvoir depuis cinq
ans maintenant. C'est votre gouvernement qui ne rejoint pas les mesures qui
sont en place dans le bilan. C'est votre gouvernement qui... Il faut le
constater, c'est un échec, on ne rejoint pas nos objectifs. Mais je suis
contente de savoir que nous allons avancer puis qu'on a un désir de vouloir
améliorer. On ne peut pas être contre la vertu. C'est ça qu'on souhaite, c'est
sûr. Mais ça reste qu'on ne rejoint pas les attentes qui sont en place d'un
plan qui a expiré ça fait un an, que votre gouvernement est responsable pour depuis les cinq dernières années. Je comprends que
la ministre est nouvelle, mais ça reste que c'est votre gouvernement qui
a quand même fait un suivi, puis c'est votre gouvernement qui n'a pas
dit : Cette formation est important.
Puis, la formation,
pourquoi que c'est important? Parce que ça reste que c'est souvent les
communautés vulnérables, c'est les communautés marginalisées qui font face à
tous les défis. C'est pour ça qu'on demande à la majorité, c'est pour ça qu'on demande au gouvernement de faire preuve de
compréhension puis de s'assurer qu'il y aura un accompagnement sain. La
compassion, la formation, c'est essentiel pour protéger ces personnes qui font
face à beaucoup de discrimination quand ils font des appels. On a fait la
preuve de plusieurs lacunes présentement dans le système, que ce soit qu'on n'a
plus de ministre responsable, que ce soit que le plan de lutte n'est pas
renouvelé, que ça se fait, qu'on sait que la
régie de l'assurance médicale du Québec, eux, ils n'ont pas suivi la loi. C'est
la même chose pour la SAAQ, ils sont inquiets. Puis c'est pour ça qu'il
faut soulever... c'est pour ça qu'il faut l'adresser, c'est pour ça qu'on vous
pose ces questions-là : on souhaite voir un changement.
Ça fait qu'il me
reste du temps pour une dernière question, Mme la ministre, puis ça va être
aussi en lien avec vos responsabilités à l'international. Je suis sincèrement
vraiment inquiète de qu'est-ce que je vois à travers le monde en ce qui
concerne les droits de la communauté LGBT, si on regarde uniquement qu'est-ce
qui se passe en Floride avec les lois qu'ils
adoptent, avec leur communication de haine contre la communauté. Elle, c'est
quoi, les actions concrètes qu'elle est prête à prendre sur la place
publique pour dire que c'est inacceptable, puis nous, nous allons confronter
ceci puis nous allons dire : Non, c'est inacceptable, pour accompagner la
communauté? Parce qu'ils ont peur puis ils souhaitent entendre le gouvernement
s'assurer de dire... puis de dire, de confirmer que ce qu'on entend à travers
le monde, nous, là, c'est non. Un peu comme vous avez fait avec l'«abortion»...
l'avortement. On a besoin d'entendre la même chose en ce qui concerne ce fléau.
Mme Biron : OK.
Je vais... Votre question est un peu en deux temps, puis je veux répondre à la
première partie. D'abord, je trouve que
l'exercice est très utile parce que ça permet de mieux nous connaître, et puis
ça vous permet aussi de savoir un peu où je m'en vais et qu'est-ce que
je fais. Puis je comprends qu'il peut y avoir beaucoup de gens dans la communauté
LGBTQ qui sont inquiets.
Le
Président (M. Bachand) : Il reste très peu
de temps, Mme la ministre. Il reste une trentaine de secondes.
Mme Biron : Alors,
j'apprécie cette conversation puis je pense qu'idéalement on essaierait de continuer
d'avancer. On n'a pas tout à fait la même lecture. Moi, je pense qu'on avance.
Alors, j'aimerais ça continuer dans ce chemin-là parce que je pense qu'on est
dans la bonne voie.
Pour
ce qui est de la scène internationale, je suis très inquiète de ce qui se
passe, particulièrement aux États-Unis. On a eu un petit extrait, qu'on dit
souvent que les États-Unis, quand ils éternuent, nous autres, on pogne le
rhume. Je n'ai pas tellement aimé le débat sur Barbada dans lesdites
bibliothèques. Je trouve que c'est vraiment grossier et ça n'a pas sa place.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Mme Biron : Je
pense que le personnage avait sa...
Le Président (M. Bachand) : Merci, Mme la ministre. Je suis désolé. Je dois céder la parole à ministre...
à la députée de Laval-des-Rapides, s'il vous plaît.
Mme
Haytayan : Merci. Bonjour, M. le Président, Mme la secrétaire, Mme la
ministre, chers collègues de la banquette gouvernementale, membres de
l'opposition, membres du cabinet ministériel et du ministère.
Alors, pour débuter,
abordons l'intégration du Bureau de lutte contre l'homophobie et la
transphobie. Parmi vos fonctions, Mme la
ministre, on retrouve la lutte contre l'homophobie et la transphobie. Cette
fonction, depuis des années, relevait du ministre de la Justice.
C'est-à-dire que le Bureau de lutte contre l'homophobie et la transphobie était
attaché au ministère de la Justice. Maintenant, nous comprenons que le Bureau
de lutte contre l'homophobie et la transphobie
a dû être transféré sous la gouverne de votre ministère, Mme la ministre.
Comment est-ce que ce transfert se passe? Et de quelle façon est-ce que
le bureau de lutte s'intègre à vos nouvelles fonctions?
Le Président (M.
Bachand) : ...vous plaît.
Mme Biron : Merci
beaucoup. Je tiens à souligner que la députée de Laval-des-Rapides est
également mon adjointe gouvernementale au ministère des Relations
internationales et de la Francophonie. Elle s'intéresse beaucoup à l'ensemble
de mes fonctions, à la condition féminine et également à la lutte contre
l'homophobie et la transphobie. Je la remercie d'être ici aujourd'hui et de me
permettre de parler davantage de ce maillage du bureau de lutte au sein du
Secrétariat de la condition féminine.
Bien sûr, les
enjeux sont différents. Les femmes et les enjeux LGBTQ sont différents, mais il
y a une certaine... il y a certains points communs. D'abord, c'est le même
type... En fait, les violences qui concernent soit les femmes ou les
groupes LGBTQ sont... c'est... sont surreprésentées dans notre société. Alors,
il y a l'expertise d'un secrétariat de la condition
féminine qui existe depuis 1979. Nous devons être très fiers du travail
accompli par les groupes de femmes, par la Condition féminine et de
l'expérience que le Secrétariat à la condition féminine a acquis au fil du
temps. Et cette expérience-là pourra très
certainement bénéficier au Bureau de lutte contre l'homophobie et la
transphobie. Alors, ça, c'est la première chose.
L'autre chose que je dirais, c'est que le Bureau
de lutte contre l'homophobie et la transphobie est un peu dans la même
situation que le Secrétariat de la condition féminine dans ce sens qu'il doit
aller piger, il doit travailler avec les
différents ministères du gouvernement. Alors, c'est le même type de travail
d'influence à l'intérieur du gouvernement
que doit faire le Bureau de lutte contre la transphobie et l'homophobie. Alors,
ça, c'est plus compatible avec le Secrétariat à la condition féminine,
qui va pouvoir instruire le bureau de lutte sur les différentes façons de
fonctionner.
On l'a vu, et je pense que la députée de Westmount—Saint-Louis
l'a dit beaucoup, il y a... il y a énormément d'organismes qui existent et qui
représentent les communautés LGBTQ. Et, quand on a plusieurs organismes, bien,
on se partage finalement la même enveloppe. Encore une fois, le Secrétariat à
la condition féminine a une expertise, parce
que les femmes, c'est... il y a également plusieurs groupes de femmes, et cette
expertise-là va pouvoir bénéficier aux différents groupes. Alors, je
pense que c'est tout à fait compatible, mais tout en respectant le fait que
chaque groupe a une mission respective. Et, pour moi, ça va être plus facile
d'aller négocier un budget spécifique pour les communautés LGBTQ ainsi qu'un budget spécifique pour le Secrétariat à la
condition féminine. Et je tiens à vous dire que, depuis 2018, ce budget à la Condition féminine, et avec le groupe
LGBTQ, a plus que doublé, ainsi que les effectifs au sein de
l'organisation.
• (12 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Laval-des-Rapides,
s'il vous plaît.
Mme Haytayan : Merci. Poursuivons
maintenant avec les thérapies de conversion. Il y a quelques semaines, une enquête menée par le Journal Métro montrait que certaines
églises ici même, au Québec, à Montréal, pratiquent des thérapies de conversion. Des personnes qui se
questionnent sur leur genre ou sur leur orientation sexuelle se font proposer
toutes sortes de méthodes plus farfelues les unes que les autres pour nier qui
ils sont, pour réprimer leur identité. C'est là une forme d'homophobie
et de transphobie des plus répugnantes.
Trois
questions en rafale en lien avec ce volet : Comment réagissez-vous à de
tels articles? Êtes-vous préoccupée par de telles pratiques? Et
finalement qu'est-ce qui est concrètement fait pour les contrer?
Mme Biron : Merci pour cette
question-là. On en a discuté mais ça me permet quand même de placer certaines choses. D'abord... D'abord, j'ai lu avec
grand intérêt le travail journalistique. Et, moi-même étant une ancienne journaliste,
j'avoue que j'apprécie ce type de reportages parce que ce sont des reportages
qui sont incarnés. Ça veut dire que le journaliste va sur le terrain, qu'il
vérifie ses faits, qu'il observe. Ce sont... C'est un travail qui est très
difficile, de faire ça, parce que ces groupes ou ces organisations-là, qui sont
infiltrées, sont dans une situation où ils se
braquent. Alors, on apprécie un travail journalistique bien fait. Et je pense
que le Journal Métro nous a montré que certaines églises de Montréal
pratiquent des thérapies de conversion et que ces thérapies sont absolument,
j'allais dire «hallucinantes», mais ce n'est pas assez précis. C'est
barbare, c'est ridicule, ça ne se fait pas, c'est dangereux pour les gens qui
suivent ça, c'est inutile et surtout illégal. Personne ne devrait subir cette
question-là.
Nous avons
adopté une loi assez rapidement pour... sur cet enjeu-là pour s'assurer que la
question cesse. Et les amendes sont particulièrement salées à ce niveau-là, des
amendes, en fait, qui tournent autour de 5 000 $ à 50 000 $
pour une personne physique qui tente, qui décide de faire une thérapie
de conversion dans son sous-sol, ça peut aller de 15 000 $ à
150 000 $ dans d'autres cas. Et, pour différents organismes, là,
comme les églises, les amendes sont particulièrement salées.
Le
gouvernement fédéral a suivi et emboîté le pas en 2021 avec la loi qui modifie
le Code criminel concernant les thérapies de conversion, et le gouvernement
fédéral a criminalisé ces pratiques liées à la thérapie de conversion au
Canada. Et ce n'est pas nécessairement la personne touchée qui peut porter
plainte, mais un proche ou toute personne qui
essaie d'influencer une personne de subir une thérapie de conversion peut
elle-même être condamnée. Alors, il y a des... il y a possibilité de
porter plainte non seulement sur la personne qui donne la thérapie, mais une
personne qui aurait incité un individu à subir ce type de thérapie.
Je le répète,
c'est un crime, c'est criminel. J'aimerais que les gens qui subissent ça ou
leurs proches dénoncent. J'aimerais qu'ils appellent la police, qu'on en
finisse avec les thérapies de conversion. J'ose espérer qu'avec les différentes
campagnes de sensibilisation qu'on a pu faire, j'ose espérer qu'avec le soutien
de lignes comme le 8-1-1, comme Interligne,
j'ose espérer que les gens qui sont pris, ou qui se retrouvent dans cette
situation-là, ou qui subissent de la pression pour subir des thérapies
de conversion, j'ose espérer qu'on leur dit de porter plainte. J'ose espérer
qu'ils sont accompagnés. S'ils ne le sont pas, nous devons les accompagner.
Nous devons nous assurer que ça n'existe plus dans notre
société. Ça ne fait que du tort, ça ne fait que souffrir... faire souffrir les
personnes LGBTQ, qui ne méritent pas ce sort-là. Elles méritent, ces personnes,
d'être respectées, d'être comprises dans ce qu'elles vivent, dans ce qu'elles sentent, et qu'on sache leur
expliquer ce qui leur arrive. Peut-être que, des fois, les gens ne comprennent
pas ce qu'il leur arrive, mais on a un travail à faire pour sensibiliser
l'ensemble des personnes qui pourraient, à un moment
ou à un autre, être tentées par une thérapie de conversion ou être convaincues
par un tiers. Cette personne-là, il faut
comprendre, ce tiers qui tente de convaincre une personne de subir une thérapie
de conversion est aussi dans le tort. Elle commet un crime en essayant
de convaincre une personne de subir une thérapie de conversion. Alors, il faut
dénoncer et le dire, qu'il faut dénoncer, sur plusieurs plateformes.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée.
Mme Haytayan : Merci, M. le
Président. Pour terminer, abordons le volet LGBTQ+ et régions. On l'a dit, le Québec est une société ouverte et inclusive. Nous faisons
même partie des endroits dans le monde où les communautés LGBTQ+ sont
les mieux reconnues. Et, pour preuve, chaque année, le Défilé de la Fierté à
Montréal, dans la métropole du Québec, attire des milliers de personnes de
partout dans le monde. Cela dit, les défis demeurent nombreux pour les
personnes LGBTQ+ vivant en région. À l'extérieur des grands pôles urbains, on
peut penser qu'il est plus difficile de vivre librement son orientation
sexuelle ou son identité de genre. Que faites-vous pour soutenir les personnes
LGBTQ+ à l'extérieur des grands centres?
Mme Biron : Merci. On en a parlé un
peu avec mes collègues des partis d'opposition. Et c'est vrai, comme je le disais, que les personnes LGBTQ+ vivant en
région... est différente que celle des gens qui vivent dans les grands
centres. Peut-être qu'il y a plus de support dans les grands centres, mais il y
a aussi des barrières régionales qu'il faut abattre.
J'aimerais ça, en fait, personnellement, là, j'aimerais ça qu'avec notre
travail, avec le plan de lutte, qu'au Québec, à Gaspé, à Rouyn-Noranda,
en passant par Chicoutimi ou Saguenay, en fait, que les personnes LGBTQ
puissent se sentir soutenues, aimées, accueillies, comprises. Et je sais qu'il
y a un travail à faire à ce niveau-là. Moi, je vis dans un Québec ouvert et je
veux que le Québec continue à s'ouvrir davantage aux personnes LGBTQ.
Nous avons mis en place certaines... bien, déjà,
mais on va continuer de mettre en place des initiatives régionales et locales pour les personnes LGBTQ+, particulièrement en
région. On a parlé, en fait, de Divers-Gens, en Estrie, que nous avons appuyé.
C'est un projet... Le projet qu'on a... qu'on finance, il vise à créer et à
accompagner des groupes de discussion pour les personnes LGBTQ pour que
les jeunes au secondaire puis au collégial, mais aussi dans les universités, aient un endroit de rencontre
sécuritaire où ces personnes-là pourront s'outiller, s'entraider aussi. Parce
que souvent, quand on parle entre nous ou entre... entre eux, ils
peuvent s'organiser pour combattre les préjugés et la discrimination.
Moi-même, dans les prochaines semaines, parce
que ça ne m'arrive pas souvent parce que je suis ministre des Relations
internationales, mais j'ai affaire à Gatineau pour le congrès de l'UMQ où je
vais faire une présentation concernant la
condition féminine, mais aussi je vais évidemment parler des communautés LGBTQ.
Alors, j'ai contacté la députée de Hull et je lui ai dit : Je suis chez toi et
j'aimerais ça rencontrer des groupes LGBTQ+ spécifiquement dans ta
région pour entendre les préoccupations sur le terrain. Il n'y a rien comme le
terrain, et je parlais du reportage sur les thérapies de conversion, bien, je
le sais, parce que j'en ai fait longtemps, du terrain, comme journaliste, alors
je sais qu'il n'y a rien comme le terrain. Et, même à l'étranger, j'essaie
d'organiser des dîners...
Le Président (M.
Bachand) : En terminant.
Mme Biron : ...des lunchs avec des
groupes LGBTQ pour être capable de comprendre leur dynamique. Alors, je vais à
Gatineau dans les prochaines semaines...
Le Président (M.
Bachand) : Merci...
Mme Biron : ...mais je vais
également aller en Abitibi-Témiscamingue et j'ai contacté là aussi les députés
régionaux pour les rencontrer, pour mieux comprendre ce qui s'est passé.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Merci, Mme la
ministre.
Documents déposés
Cela dit, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Et, compte
tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, où
elle va entreprendre l'étude du volet Relations avec les Québécois
d'expression anglaise des crédits budgétaires du portefeuille Finances. Merci!
À tantôt.
(Fin de la séance à 12 h 59)