Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, May 3, 2023
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Vol. 47 N° 22
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Sécurité publique
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Maccarone, Jennifer
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Bachand, André
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Bonnardel, François
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Maccarone, Jennifer
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Fontecilla, Andrés
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Fontecilla, Andrés
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Bachand, André
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Bonnardel, François
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Maccarone, Jennifer
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Boivin Roy, Karine
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Maccarone, Jennifer
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Bonnardel, François
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Bachand, André
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Fontecilla, Andrés
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Bonnardel, François
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Maccarone, Jennifer
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Bachand, André
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Thouin, Louis-Charles
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Bachand, André
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Bonnardel, François
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Maccarone, Jennifer
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Fontecilla, Andrés
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Bonnardel, François
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Maccarone, Jennifer
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Bachand, André
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Fortin, André
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Boivin Roy, Karine
14 h 30 (version révisée)
(Quinze heures)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! Bon
après-midi à tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Sécurité publique pour l'exercice
financier 2023‑2024. Une enveloppe de trois heures a été allouée pour
l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. Thouin
(Rousseau); Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), par M. Reid (Beauharnois); M. Zanetti
(Jean-Lesage), par M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Sécurité publique
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Comme vous le
savez, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, donc vers 18 heures.
Discussion générale
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, s'il vous
plaît.
• (15 heures) •
Mme Maccarone : Oui, bonjour.
Merci, M. le Président. Bonjour à tout le monde. C'est rare qu'on voie... à une
commission où on a autant de gens qui assistent, surtout des gens qui
représentent le ministère de la Sécurité publique. Ça fait que merci. C'est
toujours intéressant.
Je vais débuter, en premier lieu, de faire
juste un petit mention que je pense qu'on est... nous sommes de tout coeur avec
les familles et des pompiers qui sont disparus à Baie-Saint-Paul. Alors, je
voulais juste d'emblée mentionner ceci. C'est un temps très difficile pour les
familles. C'est un temps très difficile pour les communautés affectées. Alors,
un <petit mention pour eux...
>
15 h (version révisée)
<17911
Mme
Maccarone :
Alors, un >petit mention pour eux.
M. le ministre, je souhaite débuter nos
échanges en parlant de l'état mental perturbé. Vous savez que c'est un enjeu
qui est d'une grande importance, que ce soit quand on parle de le malheureux
décès de la sergente Maureen Breau, ou même avant, c'était un enjeu depuis très
longtemps. Alors, juste pour faire la mise en scène, l'état mental perturbé, on
sait que c'est un enjeu d'importance. On sait que, dans 2019, l'ancienne
ministre de Santé, Mme McCann, elle avait rencontré, même, un policier qui
avait dit que c'est un enjeu dont nous faisions face, puis il faut l'attaquer
frontale, il faut faire quelque chose pour mettre fin à ceci.
Les fameuses portes tournantes... Alors,
pour les gens qui nous écoutent, on parle de quelqu'un qui souffre d'un
problème de santé mentale, qui est reconnu non coupable pour ses actes, qui est
relâché du système de santé, et retourne chez toi. Les policiers sont
appelés pour faire une intervention. Malheureusement, eux ne sont pas équipés
pour faire face à cette personne. C'était la réalité de... la triste réalité de
ce qui est arrivé avec la sergente Breau. Et souvent, cette personne...
Malheureusement, les policiers vont les ramener à l'hôpital, puis l'hôpital va
encore les relâcher, puis on recommence, on recommence, on recommence. C'est
des interventions qui sont très longues, qui sont très complexes.
Alors, le ministre, il sait que j'ai
déposé un mandat d'initiative. Je l'ai fait, ça fait un mois presque jour pour
jour. Je veux savoir si le ministre a l'intention d'accepter d'étudier le
mandat d'initiative pour parler de l'enjeu de l'état mental perturbé et de
trouver des solutions non seulement à l'intérieur de la Sécurité publique, mais
avec le ministère de Santé et Services sociaux, avec tous les autres ministères
concernés.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Salutations, Mme la députée, on va passer un beau trois heures
ensemble. Juste avant de débuter, je veux saluer mes collègues du gouvernement
qui sont avec moi cet après-midi, les gens du ministère qui m'accompagnent, les
gens de la Sûreté du Québec qui sont avec moi, qui sont avec nous, le Commissaire
à la lutte contre la corruption, le Bureau des enquêtes indépendantes, la Régie
des alcools, des courses et des jeux, Commission québécoise des libérations
conditionnelles, le Bureau du coroner... informatique. Donc, merci à tout le
monde d'être là cet après-midi.
Vous avez parlé d'un sujet qui est extrêmement
chaud, oui, qui peut être troublant, surtout dû au décès, encore une fois, de
la sergente Breau, et de multiples cas, de multiples cas que les policiers ont
à travailler quand ils sont appelés par les répartiteurs du 9-1-1 pour des
situations particulières. Puis, la santé mentale perturbée, malheureusement, on
doit s'y attaquer, oui, mais, quand je dis «malheureusement», c'est les
statistiques qui nous démontrent le nombre d'appels qui sont faits au 9-1-1 puis
c'est... Puis c'est le chef de police de la ville de Montréal qui me disait :
François, à Montréal, présentement, le trois quarts de nos appels, aujourd'hui,
sont des cas de santé mentale. Près de la moitié des appels au 9-1-1, partout sur
le territoire québécois, sont des cas de santé mentale.
Et les policiers... je fais un petit
détour par la formation. Les policiers, puis je l'ai souvent mentionné, peu
importe les états-majors à qui j'ai parlé dans les derniers mois, le travail d'un
policier qui, aujourd'hui, a 50 ans ou d'une policière, voilà 25 ans,
versus de son travail dans 25 ans, sera bien, bien différent. Et on leur
demande beaucoup, beaucoup, beaucoup, à ces policiers, de devenir un peu les
travailleurs sociaux dans une certaine mesure. Et c'est pour ça que je crois
bien humblement que, dans le futur... on l'a fait lors de l'annonce des
policiers pour la ville de Montréal, qu'on devra trouver un équilibre entre
prévention et répression. Oui, un certain nombre de policiers, mais, oui, des
travailleurs sociaux pour accompagner ces policiers.
Puis, de l'autre côté, pour répondre un
peu plus précisément à votre question, pour ce qui est de la sergente Breau
puis de la situation particulière de cet homme, il y a un comité
interministériel, je pense, je l'ai déjà dit publiquement, où trois sous-ministres
ont à travailler... ont travaillé déjà, depuis les dernières semaines, autant
du côté du MSP, de mon sous-ministre, que du ministère de la Justice, que du
ministère de la Santé et Services sociaux, pour la portion services sociaux, et
le DPCP, la Commission des services juridiques, pour identifier des mesures
concrètes. Puis le point est assez simple. Je pense qu'il est plus que
pertinent aujourd'hui que les policiers qui reçoivent un appel et qui doivent
se rendre chez une personne soient capables d'identifier... de bien identifier
le passé, le présent de cette personne et d'identifier les causes possibles et
les problèmes possibles que ces policiers pourraient avoir. Donc, on est en
discussion avec les trois sous-ministres, avec plusieurs acteurs aussi,
pour être capables d'évaluer puis de connaître l'information, comme je le
mentionnais, des gens qui sont issus, là, d'un jugement de la Commission d'examen
des troubles mentaux.
Donc, j'arrête ça. J'ai peut-être un peu pris
plus de temps que vous, là. Je vous <laisse...
M. Bonnardel :
...vous
>laisse continuer.
Mme Maccarone : Évidemment,
j'aurais voulu avoir un oui ou un non pour que ça soit clair. Je reconnais
qu'il y a du travail qui est fait. Ça fait que j'entends le ministre puis je
lui demande, d'abord, s'il peut déposer la liste des rencontres faites. Ça, ce
serait bien parce que... une mesure de transparence pour dire qu'il y a du
travail qui est en train de se faire. Est-ce qu'on peut déposer la liste de
rencontres qui sont faites, les procès-verbaux, toutes les rencontres, le nom
exact du comité? C'est quoi, la liste des ressources? Ça, ce serait bien. Ça
fait que c'est... d'une première lieu.
Puis, d'autre part, la raison que
j'insiste sur un mandat d'initiative pour accompagner tous les travaux que vous
êtes en train de faire, c'est parce que nous avons quand même des spécialistes,
des experts, les policiers eux-mêmes qui souhaitent s'exprimer. On a une
responsabilité d'entendre ces groupes aussi. Un mandat d'initiative, ce n'est
pas l'étude d'un projet de loi. Ça peut être très rapide, une journée,
deux journées pour entendre les groupes, parce qu'eux aussi, ils devront
faire partie des solutions puis nous partager leur point de vue pour mettre fin
aux portes tournantes. Ça fait qu'avec beaucoup de respect de ce qui se fait à
l'intérieur de vos comités interministériels, bien...
Ça fait que j'attends une réponse en ce
qui concerne le dépôt des documents mais aussi un oui ou un non pour le mandat
d'initiative.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Bonnardel : Bien,
premièrement, je ne peux pas vous répondre un oui ou un non pour un mandat
d'initiative. Vous comprendrez très bien que c'est le mandat de la
commission... de la commission comme telle et des membres de la commission qui
vont définir si, oui ou non, ils reçoivent positivement votre mandat... votre
demande de mandat d'initiative.
De leur côté, je peux vous donner
l'information pour les deux ou trois rencontres, si je ne me trompe pas,
qui ont eu lieu dans les dernières semaines. Je l'ai dit qu'il fallait agir le
plus rapidement possible pour que nous n'ayons plus de cas comme nous avons
vécu avec la sergente Breau, avec ce cas particulier de cette personne qui
était en libération. Et, dans ce cas-ci, je le répète, là, il y a plusieurs
partenaires, et on souhaite agir le plus rapidement possible autant pour
sécuriser tous ces hommes et ces femmes qui sont... qui nous protègent, jour
après jour, autant les membres de la Sûreté du Québec, que ce soit le SPVM, la
ville de... peu importe, les milliers de policiers au Québec qui ont à répondre
de cas spécifiques pour lequels ils n'ont soit pas été formés, mais où,
minimalement, ils devraient être informés de certains cas particuliers. Donc,
j'ose croire qu'on va être capables très rapidement de vous donner ces infos, madame...
Bien, premièrement, on peut vous donner les infos pour les dates des ces rencontres,
et, là-dessus, il n'y a pas... il n'y a pas de problème, là.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, vous allez faire parvenir
les informations à la commission, s'il vous plaît.
M. Bonnardel : Je vais vous
donner les trois dates, oui, oui. On vous le donnera à la fin de la...
Le Président (M.
Bachand) :Rapidement, merci. Mme la
députée, s'il vous plaît.
Mme Maccarone : OK, parfait.
Mais, encore une fois, avec beaucoup de respect, vous avez beaucoup de pouvoir
en ce qui concerne les travaux dans les commissions. C'est vous qui allez quand
même donner les intentions à votre leader du gouvernement de dire : Oui,
je souhaite étudier ce mandat d'initiative. C'est votre ministère. J'ai déjà
assisté à beaucoup de séances de travail où... qui sont faites à huis clos,
puis, à chaque fois que je dépose un mandat d'initiative, à date, c'est un non.
Cette fois-ci, j'ai de l'espoir qu'on va
faire face à un oui. C'est votre ministère qui va équiper tous les collègues,
tous les autres députés du gouvernement à qui ils vont faire face lors de la
séance de travail. Eux, ils vont lire un texte préparé par votre ministère qui
va dire pourquoi oui ou pourquoi non. Ça fait que moi... je souhaite savoir, c'est :
Est-ce que vous avez l'intention de demander à votre leader un «oui, je
souhaite étudier ce mandat d'initiative»?
• (15 h 10) •
M. Bonnardel : C'est mal
connaître le travail des députés, là, Mme la députée. Avec tout le respect, là,
j'ai déjà été dans l'opposition, l'indépendance des élus est importante. Ils
sont capables de bien, eux-mêmes, expliquer et définir s'il y a matière à
recevoir ou non positivement un mandat d'initiative. Donc, dans ces
circonstances, c'est légitime de vous dire que c'est la commission
parlementaire, les membres de la commission qui décideront si on doit recevoir
positivement ou négativement votre demande.
Maintenant, je ne suis pas... je ne suis
pas insensible, là. Je ne suis pas insensible, je vous le dis. Présentement, ce
qui urge, ce qui urge pour moi, puis je pense que, pour vous, là, puis pour
l'ensemble des policiers qui travaillent, présentement, c'est d'être capable de
bien les informer. Puis, là-dessus, je ne suis pas le genre de gars qui dit :
OK, on commence un travail, puis on va élaborer quelque chose, puis on va
penser à ci, puis on va sortir de quoi dans un an. J'ai demandé au
sous-ministre rapidement qu'on soit capables de se donner un échéancier rapide.
Rapide, ça veut dire quoi? Un, deux, trois mois pour être capable de
définir puis de statuer comment les policiers qui sont sur un appel vont
obtenir des informations cruciales, cruciales sur l'état de la personne. Je le
dis très respectueusement.
Donc, c'est dans ces circonstances
immensément tragiques du départ de la sergente Breau qu'on devait agir
rapidement, parce que, oui, il y aura d'autres cas, puis il y a des cas
présentement, là. Il y a des cas présentement, là, vous le savez très, très
bien. Donc, pour moi, c'est important qu'on soit capables de donner le plus
d'infos possible à ces policiers qui doivent protéger notre population.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le député.
Mme la députée, <oui...
Le Président (M.
Bachand) :
Mme la députée, >oui.
Mme Maccarone : On ne
souhaite pas son... Merci, M. le Président. On ne souhaite pas que sont
morts... un mort en vain. C'est ça qu'on veut éviter. Ça fait qu'encore une
fois je reviens à la charge, M. le ministre. Moi, je vous dis, de ce que j'ai
constaté depuis juste... Ça fait cinq ans depuis que je travaille ici, à
l'Assemblée nationale, pour porter la voix des citoyens. Ce que je partage de
mon expérience en commission parlementaire, c'est ce que j'ai vu, c'est mon
expérience, mais je ne suis pas la seule personne qui pense que nous devons
étudier le mandat d'initiative. Nous avons reçu des lettres, et, vous aussi,
vous avez reçu une copie des lettres de l'Association des policières et
policiers provinciaux du Québec, la Fédération des policiers et policières
municipaux du Québec, la Fraternité des policiers et policières de la ville de
Québec. Tout le monde appuie l'étude du mandat d'initiative et pour des très
bonnes raisons. En 2022, c'était au-dessus de 67 000 appels,
pour les portes tournantes, à cause de l'état mental perturbé.
Alors, j'insiste que nous devons au moins
dire un oui à un mandat d'initiative, une étude d'un ou deux jours en
commission parlementaire, en complémentaire de tous les travaux que le ministre
et le ministère sont en train de faire. Je ne sais pas si le ministre a pris le
temps de s'asseoir avec quelques policiers dernièrement. Moi, oui. Je reçois
des appels, des courriels, des messages des gens qui ont peur aussi de se faire
nommer, mais qui font face à ce fléau, parce que c'est ça, leur expérience. Ils
ont peur, ils ont peur. Ce n'est pas normal que les gens qui sont là pour nous
protéger ne sont pas capables de se protéger eux-mêmes. Ils comptent sur nous
de changer ceci, ils comptent sur nous de mettre la lumière sur cet enjeu.
Puis je veux aussi revenir que, lors de la
période de questions, M. le ministre va s'en souvenir, j'avais posé une
question en ce qui concerne le mandat d'initiative. Puis ils nous ont dit que,
oui, on... il y a quand même l'argent qui est mis de côté par son collègue le
ministre de Services sociaux puis il y a quand même 60 millions qui
viennent principalement du ministère de la Santé pour la Sécurité publique.
Mais ça reste qu'on ne sait pas si l'argent est déployé. On ne sait pas s'il y
a un comité interministériel en ce qui concerne juste ça, cet enjeu. On voit
que le plan de la MSSS, c'est quand même votre ministère qui est en charge
d'une mesure... mais il y a seulement 14 projets qui sont en place. 14 projets,
ça veut dire, c'est 14 équipes qui sont supposées d'alléger 67 367 appels
pour état mental perturbé en 2022. Ce n'est pas beaucoup, 14 équipes,
pour tous ces appels.
Que répond le ministre à ceci? Est-ce
qu'il va y avoir encore plus de budget? Est-ce que ça lui donne encore plus de
marge de manoeuvre, de dire à son leader que, oui, nous devons appeler le
mandat d'initiative?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Bonnardel : Bien, je le
mentionnais, là, tantôt, jusqu'à quel point je suis plus que sensible au
travail des policiers qui doivent faire face à des cas de santé mentale sans
cesse grandissants. Puis j'ai répondu à cette question en vous disant : On
est conscients pour le travail des policiers, on est conscients pour l'ensemble
de la population où on doit s'unir, là, pour un mieux-être collectif.
Dans ce cas-ci, le Plan d'action
interministériel en santé mentale, le point 2.4, dans les axes et actions, sur
un plan de 1,2 milliard ou à peu près, il y a 10 ministères et
organismes qui sont impliqués dans tout ça, Mme la députée. Puis je le
mentionnais, le point 2.4, c'est : «Mettre en oeuvre et consolider les
pratiques mixtes d'interventions psychosociales et policières de proximité.»
Je suis certain que vous avez peut-être
déjà rencontré les états-majors, qui vous ont dit : Bien, voici telle ou
telle personne, un travailleur social, une travailleuse sociale qui est sur le
terrain avec nous puis qui est capable en amont, en amont ou lors d'une
intervention, d'être présent ou présente avec les policiers pour prévenir et
être capable de répondre, répondre aux... à des besoins spécifiques de la
personne qui est interrogée, qui pourrait être arrêtée et, dans ce cas-ci,
accompagnée, donc, dans des équipes mixtes. Je pense que ce n'est pas... pas
«je pense», on m'a dit majoritairement, sinon à 100 %, que c'était très,
très, très bien reçu. Je pense que c'est un premier pas qui est très important.
Et mon défi comme ministre, c'est de
pérenniser ces ententes pour la suite, là. Tout ceux qui m'ont dit... à qui
j'ai parlé m'ont dit : François, c'est le fun, là, mais, dans un an,
il faut pérenniser ceci, les sommes vont être échues. Est-ce qu'on va être
capables de continuer ça? C'est mon premier devoir de continuer d'accompagner.
Puis je le disais d'entrée de jeu tantôt,
au-delà de la répression, il y a la prévention, puis l'équilibre est important
à trouver dans les prochaines années, à savoir qu'au-delà d'investir des sommes x
pour des nouveaux policiers, bien, le travail de prévention... puis on l'a fait
pour Montréal. On a parlé de 225 nouveaux policiers dans une entente de
250 millions. Là-dessus, il y a une cinquantaine de travailleurs sociaux,
hommes et femmes, qui vont accompagner ces policiers pour être capables de
travailler sur le terrain.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Mme la députée, s'il
vous plaît.
Mme Maccarone : Mais ça reste
que c'est la seule mesure, c'est la seule mesure pour Sécurité publique. Oui,
c'est vrai, je jase avec beaucoup de policiers, puis vous <savez...
Mme Maccarone :
...puis
vous >savez qu'est-ce qu'ils me disent, la... majoritairement, c'est que...
Je ne suis pas devenu policier pour être un travailleur social. Alors, encore
une fois, seulement 14 équipes, seulement 14 équipes, avec tout ce
budget. On ne sait pas pourquoi que ce n'est pas déployé. Il y a au-dessus de
67 000 appels pour l'état mental perturbé.
Alors, permettez-moi d'être préoccupée
parce que je partage leur préoccupation. Ce qu'ils souhaitent voir, c'est des
actions concrètes puis un accompagnement. Encore une fois, je vais renchérir,
je crois que le mandat d'initiative, ça va leur permettre de s'exprimer et de
parler de qu'est-ce qu'eux, ils ont besoin, parce que ça ne devrait pas être
seulement vous et moi qui parlent de ceci. On va participer dans une commission
là-dessus, mais on devrait entendre les gens sur le terrain pour nous équiper
pour prendre les décisions, comme avec la pétition qui était déposée, la
pétition de l'APPQ, la pétition qui a maintenant au-dessus de 21 000 signataires
maintenant.
Alors, moi, je veux savoir. Dans nos
échanges lors des auditions pour le projet de loi n° 14, M. le ministre,
vous avez dit publiquement que vous avez demandé à vos sous-ministres de jaser
de qu'est-ce que nous pouvons faire en ce qui concerne le partage
d'informations en lien avec ce qui est demandé dans la pétition pour mieux
équiper nos policiers quand ils vont faire des appels... lors d'un appel pour
l'état mental perturbé. Est-ce que les rencontres ont eu lieu? Est-ce qu'elles
ont porté fruit? C'est quoi, la suite de ceci? Est-ce que nous allons étudier
aussi, encore une fois, cette pétition lors d'une séance de travail? Est-ce que
le gouvernement va voter pour? Puis est-ce que nous pourrons poursuivre avec la
demande?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Bonnardel : ...la commission
parlementaire va étudier la pétition et elle définira si on doit aller plus
loin ou non.
Pour répondre à une question de tantôt,
là, j'ai la réponse pour les rencontres officielles des sous-ministres avec les
différents partenaires du ministère de la Justice, du MSP, du MSSS, DPCP, tribunal.
C'est le 5 avril, première rencontre. Deuxième rencontre a eu lieu le
20 avril. La prochaine est le 23 mai. Alors, on va être... on est en
travail en continu, vous comprendrez bien, entre ces rencontres, nécessairement.
Puis on va être capables, comme je le
mentionnais tantôt, de statuer rapidement sur des mesures qui vont être
importantes, qui vont être importantes pour répondre aux demandes, parce que
c'est une des demandes. Puis je l'ai dit à M. Painchaud, là, lorsqu'on était en
consultations particulières du projet de loi... du projet de loi n° 14,
que, rapidement, on était... on avait mandaté, puis le sous-ministre a appelé
ses collègues en leur disant : C'est urgent, c'est urgent qu'on soit
capables de mieux encadrer... mieux épauler, je devrais dire, mieux épauler le
travail des policiers, de mieux les informer.
Puis, dans ce cas-ci, je reste convaincu
que les mesures qu'on met en place présentement sont un pas important en avant
pour les accompagner. La formation, aussi du côté de l'École nationale de
police, pour la santé, se fait aussi, va se faire aussi et se fait déjà. Donc,
c'est un continuum de services, là, de plusieurs partenaires qui sont
importants là-dedans pour mieux former.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
Laurier-Dorion, pour un premier bloc d'échange de 12 min 20 s,
s'il vous plaît.
• (16 h 20) •
M. Fontecilla : ...M. le
ministre, je salue également toutes les personnes qui vous accompagnent.
Écoutez, j'aimerais aller du côté des changements climatiques, tenez... tenez-vous
donc. On parle depuis... Bien, on sait ce qui se passe en ce moment, là. Là, on
sait que la prochaine décennie sera cruciale pour l'adaptation aux changements
climatiques, là. Il y a quelques semaines seulement, il y a eu un verglas qui a
privé plus de 1 million de personnes d'électricité pendant plusieurs
jours. En ce moment, il y a des crues historiques dans Charlevoix, des
inondations monstres à Baie-Saint-Paul. Je crois que vous revenez... 1 000 foyers
isolés, beaucoup, beaucoup de tragédies.
Une question relativement simple. On sait
que le premier ministre a montré une sensibilité à la question de l'adaptation
aux changements climatiques. Là, moi, j'aimerais savoir si votre ministère a
effectué des recherches pour savoir combien de municipalités au Québec
pourraient avoir besoin, là, d'un soutien financier pour s'adapter aux
changements climatiques.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Bonnardel : Ça, c'est une
très bonne question, M. le député. L'adaptation aux changements climatiques,
c'est un partenariat avec plusieurs ministères. Il y a le ministère de l'Environnement,
nécessairement, puis c'est le ministère de l'Environnement qui serait plus
habile à définir ce nombre, mais je vais essayer quand même de vous donner une
réponse plus précise.
Il y a le ministère des Affaires
municipales qui travaille aussi présentement pour mettre en place des bureaux
de projets pour coordonner les travaux, les études, les analyses. Il y a
nécessairement le ministère des Transports, qui a une grande, grande part de
budget, pour être capable de sécuriser ces routes, protection des berges ou
autres. Et, de notre côté, on a le cadre de prévention de sinistres, le CPS
aussi, qui est disponible, pour être capable de supporter les <municipalités...
M. Bonnardel :
...supporter
les >municipalités.
On était, voilà quelques mois déjà, au
mois de mars dernier, le premier ministre et moi, à Notre-Dame-du-Portage, si je
ne me trompe pas, oui, pour annoncer 70 millions de dollars pour six
ou sept municipalités qui vont profiter de ces sommes, qui est payé en
majorité par le gouvernement, pour prévenir au lieu de guérir. Donc, les
ingénieurs ont défini des concepts, des concepts pour être capables de protéger
les berges lors de tempêtes importantes.
Donc, dans son ensemble, c'est des sommes,
présentement, qui sont évaluées à 1,2 milliard, qui sont disponibles pour
les différentes municipalités. Je sais que vous allez faire une petite
parenthèse en me disant : Oui, mais là les municipalités en demandent deux
sur... par année. Écoutez, c'est énormément de sous, là, énormément de sous, et
ça, c'est une première partie, là. Comme je vous l'ai mentionné, c'est 1,2 milliard
qui sont répartis dans le Plan pour une économie verte, et, de l'autre côté,
aussi dans les différents ministères, donc hors PEV. Et vous avez, de notre
côté, un 100 million qui avait été annoncé, là, donc, par le premier
ministre en campagne électorale. Et donc la première ébauche de cette annonce a
été faite à Notre-Dame-du-Portage, voilà quelques mois déjà.
Donc, on a à s'adapter, on a à prévenir au
lieu de guérir. Je l'ai mentionné hier en... quand j'étais à Baie-Saint-Paul.
On regarde la situation de 2017, 2019, avec les inondations que nous avons
vécues, et tempête Fiona. Les changements climatiques nous touchent, là, on ne
peut pas se fermer les yeux et se dire : Ce n'est pas vrai, ça n'existe
pas, ça touche le Québec. Puis, dans les circonstances, on met des sommes
adéquates, là, des... comme adéquates pour accompagner les municipalités dans
le futur. On va continuer de le faire.
Et, je termine en... pour vous laisser
d'autres questions, le ministère de l'Environnement, le ministre de
l'Environnement, dans les prochaines semaines, sera prêt aussi à annoncer des
sommes additionnelles pour donner encore plus d'outils financiers aux
municipalités.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député, s'il vous plaît.
M. Fontecilla : Donc, si je
comprends bien, vous avez parlé d'un investissement de 1,2 milliard. C'est
effectivement une quantité substantielle d'argent, là, sauf que les... comment
dire, réparer les dégâts, là, ça va coûter beaucoup plus cher, là, beaucoup
plus que ce qui est estimé par les municipalités, 2 milliards, vous l'avez
vous-même dit. Donc, vous avez dit, une première partie... Ce que je comprends,
c'est qu'il va y avoir d'autres annonces, qu'on pourrait éventuellement...
Est-ce qu'on... je dois comprendre de votre propos qu'on va s'approcher à la
demande des municipalités?
Et deuxième volet de ma question, il n'y a
un peu plus tard qu'il y a deux jours, lors de la période de questions,
vous avez annoncé des investissements, dont 30 millions de la Sécurité
publique, là, pour faire face aux changements climatiques en termes
d'adaptation. En quoi consistent ces 30 millions là?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Bonnardel : Bien, comme je
l'ai mentionné... comme je l'ai mentionné tantôt, les investissements qui sont
prévus, puis je vais être un petit peu plus précis, là, tantôt, j'étais à haut
niveau, là... Donc, dans le plan de mise en oeuvre du Plan pour une économie
verte, il y a un montant qui est alloué, de 647 millions de dollars,
si vous voulez prendre note. Du côté du MAMH, comme je l'ai mentionné, le
programme de résilience et d'adaptation qui est... face aux inondations, c'est
différents volets avec bureau de projets, études, analyses, contrats. C'est des
sommes qui vont être... qui sont évaluées à peu près à 85 millions de
dollars. Du côté du MSP, c'est des budgets en atténuation des risques, des
risques naturels, c'est 30 millions de dollars. Et, du côté du
ministère des Transports et de la Mobilité durable, donc, répartis dans
différentes régions, on parle d'à peu près 461. Donc, ça, c'est, grosso modo,
les sommes qui sont dédiées à l'adaptation, à prévenir au lieu de guérir.
Je disais donc, tantôt, dans le cadre
du... cadre de prévention pour les sinistres, les sommes qui ont été annoncées,
de 100 millions, il y a une partie de ces sommes, parce que... qui
viennent du ministère de l'Environnement, qui viennent donc du PEV pour
alimenter puis donner des outils financiers aux différentes municipalités. Et
c'est les municipalités, avec les différents ingénieurs, qui définissent, puis
là je n'ai pas les photos devant moi puis les termes, là... les termes en tête,
mais qui définissent de quelle façon on va protéger les berges, par des murets,
de l'enrochement ou autre. Donc, c'est ces ingénieurs, alors, qui vont... qui
définissent, avec les ingénieurs du ministère, de quelle façon on peut mieux
protéger puis de s'assurer... Bien, on dit souvent que des crues des eaux, là, c'est
une fois aux 20 ans, une fois aux 50 ans, une fois aux 100 ans.
Celle de Baie-Saint-Paul, hier, M. le député, là, c'est... c'était une fois
sur 50 ans, qui a frappé... qui a frappé, malheureusement, fortement, deux...
deux personnes disparues, dont un qui a été retrouvé.
Alors, c'est ça, c'est un peu ce travail
de prévention, là, qui est fait par les différents spécialistes. Puis on
travaille avec les municipalités là-dedans, on n'est...
Le Président (M.
Bachand) : Merci, M. le ministre.
M.
Bonnardel
:
...on ne leur impose pas en leur disant : Ça prend absolument...
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M.
Bonnardel
:
...voici le modèle, là, c'est ceci et cela. Ils ont quand même des effectifs
puis des informations que...
Le Président (M. Bachand) :M. le député, s'il vous plaît.
M. Fontecilla : Aujourd'hui,
c'est les inondations, un excès d'eau, disons. Demain... pendant cet été, ça va
être la sécheresse, et on sait ce que ça produit, des feux de forêt. On l'a
déjà vu en Colombie-Britannique, ailleurs en Amérique du Nord, en Europe, là,
des conséquences très importantes. Est-ce que vous prenez des mesures face à
ces <éventualités-là...
M. Fontecilla :
...ces
>éventualités-là?
M. Bonnardel : ...le MSP
est un partenaire, là, qui travaille avec le ministère de l'Environnement.
Votre question aurait pu être posée dans une autre étude de crédits aussi, mais,
comme je l'ai mentionné, pour nous, c'est un triumvirat, là, qui est le
ministère de l'Environnement, qui est le ministère de la Sécurité publique, qui
est le ministère des Transports, qui eux-mêmes... qui nous-mêmes, tous
ensemble... Puis c'est un peu la réponse... c'est un peu la réponse que le Commissaire
au développement durable, si je ne me trompe pas, a déposée voilà quelques
jours déjà, puis je le dis sans gêne, même si ça fait seulement six mois
que je suis là, mais j'étais quand même au MTQ avant, c'est d'arrimer, là,
d'arrimer le travail de ces trois partenaires, qui sera immensément
important dans le futur... oui, j'oubliais les municipalités, d'arrimer le
travail de ces différents partenaires pour être capables de répondre à ces
besoins.
Puis je le répète, là, c'est... On ne peut
pas se fermer les yeux, là, face à ce qui se passe devant nous, là. Je le vois,
vous l'avez vu puis on voit les tempêtes qui sont de plus en plus fortes. On
voit des épisodes d'inondations, là. Celle-ci est moins forte que 2019, mais,
quand même, c'est des inondations qui frappent le quotidien des gens et qui...
ce à quoi on doit répondre le plus rapidement possible.
Donc, ces différents partenaires sont au
travail, semaine après semaine, mois après mois, pour être capables de définir
les différents besoins que les municipalités ont. Puis je le dis, là, les
municipalités sont un... sont des partenaires immensément importants pour
définir les... comment on va protéger leurs berges puis s'assurer et puis d'assurer...
les résidents qui vivent le long de ses berges, le long du fleuve, ou autres,
d'assurer la pérennité de leur investissement premier, qui est leur maison ou
leur chalet pour les 25-30 ans.
M. Fontecilla : Je suis
plus précis, M. le ministre, si jamais il y a une période de sécheresse cet
été, est-ce que votre ministère est prêt à faire face à des feux de grande
ampleur au Québec? Est-ce que vous prenez des mesures pour augmenter le niveau
de sécurité, là? On a vu ce qui se passe à côté, là, à côté de chez nous, nos
voisins, là. Est-ce que le Québec est prêt pour y faire face?
M. Bonnardel : ...je
pense, bien humblement, les meilleures équipes à la SOPFEU, les meilleures
équipes au Canada. La SOPFEU est... sont des partenaires pour le ministère,
autant pour le MTQ que pour nous, avec lesquels on travaille. Ils sont même
appelés souvent en Californie. Ils sont appelés dans l'Ouest du pays pour être
capables de supporter. Vous connaissez les CL-215, 415, là, qui sont utilisés,
là, pour aller protéger nos forêts.
Donc, on est toujours en mode... pas «toujours»,
mais on... les gens qui travaillent au ministère, que ce soit à
l'Environnement, que ce soit chez nous, au MTQ, quand il y a des veilles, des
veilles de chaleur, sécheresse, niveau de feu très élevé dans les forêts, on
est prêts, là. On est prêts, là.
Donc, tout le monde est avisé. Que ça soit
aussi les parcs... les parcs nationaux, là, la SEPAQ. Du côté de la SEPAQ,
eux-mêmes sont avisés, là, des niveaux de sécheresse puis de l'avis de ne pas
faire feu, ou feu, ou non, là. Donc, c'est... Malheureusement, on a à se
préparer. On voit des... on voit les impacts de chaleur déjà majeurs en
Espagne, dans le Sud, avec des températures de 40 °C, 44 °C, là, en
plein mois... en plein mois d'avril, ce qui est un peu inusité, là, mais, oui,
ce sont des effets qui pourraient frapper le Québec, qui pourraient frapper le
Canada, l'Amérique.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député...
M.
Bonnardel
:
Donc, il faut se préparer, absolument.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
• (15 h 30) •
M. Fontecilla : Merci. Écoutez,
une autre possibilité, c'est des canicules extrêmes. Vous avez mentionné
l'Espagne, une sécheresse terrible. Est-ce que vous avez... On disait que, des
fois, on... les différents gouvernements, là, agissent en réaction, là. Mais
moi, j'aimerais savoir si vous avez une cellule qui réfléchit à ces
problématiques-là et qui met de l'avant des pistes de solution, là, qui exigent
nécessairement une amélioration de nos infrastructures, de nos outils, etc.
Est-ce que vous avez une cellule qui pense aux crises qui s'en viennent et qui
vont survenir?
M. Bonnardel : ...c'est
des cadres de référence qui sont étudiés, pilotés par le ministère de
l'Environnement. Et eux définissent... puis comme je le disais tantôt, là,
c'est un triumvirat, même avec les municipalités, pour être capable de prévenir
au lieu de guérir. Donc, le ministère est bien équipé, on est équipé aussi du
côté de la sécurité civile, là, on... bien, pas qu'on prévoit à 100 % des
crues d'eau ou des inondations, ou des feux, ou autres, mais on est... je pense,
je le dis humblement, on est des spécialistes. Malheureusement, les tempêtes
des dernières années nous rendent meilleurs à chaque fois, puis on fait un
compte-rendu, puis on fait un post-mortem de chaque événement.
Donc, le Québec n'a pas nécessairement
vécu de grande sécheresse dans les dernières années, mais cela pourrait
arriver. De grandes canicules? Oui, il y a des périodes, mais cela nous amène à
nous perfectionner, à prévenir, à aviser la population puis... C'est dans ce
contexte qu'on a une responsabilité comme gouvernement de préparer la
population et de se préparer nous-mêmes face à ces enjeux climatiques qui sont
plus <importants que jamais...
>
15 h 30 (version révisée)
<11
M.
Bonnardel :
...qui sont plus >importants que jamais.
M. Fontecilla : Vous avez dit
que vous avez investi une somme de 1,2 milliard et que c'était une
première partie, là. Dois-je comprendre que vous êtes ouverts à la possibilité
d'augmenter ces... le financement, les budgets destinés à l'adaptation aux
changements climatiques?
Le Président (M.
Bachand) :...M. le ministre, s'il vous
plaît, très rapidement.
M. Bonnardel : Bien oui,
rapidement. Oui, il y aura des sommes additionnelles, au-delà du 1,2 milliard,
qui seront annoncées par le ministre de l'Environnement dans les prochaines
semaines. Donc, c'est une autre bonification qui va être importante. Donc, on
invite les municipalités, là, qui sentent... puis qui ont des besoins pour
protéger leurs berges puis rassurer leur population. Puis je le dis, là, à
Notre-Dame, quand on était là, c'est... ils n'ont pas des recettes fiscales
très, très importantes pour être capables de supporter ça. Donc, on est
conscients qu'il faut mettre de l'avant des programmes qui vont répondre.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis, pour 18 min 24 s.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup. M. le ministre, je souhaite vous référer, dans nos cahiers de
renseignements particuliers, les questions de l'opposition officielle, la
question n° 119, pour parler de le manque d'effectifs dans la SQ. On avait
posé la question de savoir combien de postes étaient vacants, et la réponse qu'on
a eue au 28 février 2023 : Il y a 166 postes de policier qui
étaient disponibles. Alors, est-ce que c'est des postes qui sont donc à
combler?
M. Bonnardel : Si vous le
souhaitez, Mme la députée, je peux demander à Mme Beausoleil de répondre à la
question, si vous le souhaitez.
Mme Maccarone : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Alors, Mme Beausoleil,
peut-être vous avancer, s'il vous plaît. Tout le monde vous connaît, mais on
vous demande officiellement de vous présenter pareil. Merci.
Mme Beausoleil (Johanne) : ...alors,
Johanne Beausoleil, directrice générale de la Sûreté du Québec. Alors, oui, c'est
des postes qui sont disponibles et c'est un portrait que vous avez au 28 février.
Mme Maccarone : ...ça fait
que vous attendez de les combler?
Mme Beausoleil (Johanne) : Oui.
Mme Maccarone : Parfait. J'ai
une question très spécifique pour vous, Mme Beausoleil. On sait qu'il y a quand
même 250 millions de dollars qui ont été donnés à la ville de
Montréal pour augmenter les effectifs, qui est une très bonne mesure, une très
bonne nouvelle. Alors, je salue le gouvernement pour cet investissement.
Avez-vous fait la même demande auprès du gouvernement pour la SQ?
M. Bonnardel : ...je vais
répondre à la première, si vous permettez.
Mme Maccarone : Tout à fait.
M.
Bonnardel
: Oui,
il y a des demandes qui viennent de tous les corps de police, que ce soit la police
nationale, la Sûreté du Québec, les policiers municipaux, SPVM, ville de
Québec. La situation de la main-d'oeuvre, partout sur le territoire, que ce
soient les policiers, les infirmiers, il y a des... il y a des besoins
immensément importants, et on l'a... je l'ai constaté quand je suis... quand je
suis arrivé. Et, au-delà de l'annonce de 250 millions qui a été faite pour
annoncer 225 nouveaux policiers, on a augmenté... on va augmenter les
cohortes qui seront formées à l'École nationale de police maintenant. On
formait en moyenne 650 de ces policiers, on va en former maintenant 1 000.
Je vais maintenant lancer la question...
les réponses additionnelles à Mme Beausoleil. Donc, vous comprendrez que, sur
ce... 350 policiers additionnels, il y en a une grande partie qui vont
nécessairement aller puis qui vont permettre de réduire le déficit que nous
avons en termes d'effectifs. Je vais laisser Mme Beausoleil peaufiner la
réponse.
Mme Maccarone : ...juste, s'il
vous plaît, parce que la question est quand même très précise. Est-ce que vous
avez fait la même demande pour augmenter le nombre d'effectifs auprès de la SQ?
Mme Beausoleil (Johanne) : ...de
travailler est un peu différente compte tenu qu'on travaille à partir du
ministère de la Sécurité publique. On fait partie du ministère. Alors, nous, on
obtient des CT, qu'on appelle, et on a obtenu 51 postes qui a été octroyé,
et différents CT au cours des derniers mois, de la dernière année. On fait
toujours ça dans l'arrimage, là, budgétaire annuel qui existe. On a un plan
aussi pour le déploiement des ressources additionnelles. On avait des cohortes
de 24, on les a passées à 32, et là on va les passer vers à peu près 40. Puis
on va ajouter pour aller à peu près sur une embauche d'environ 400 au lieu de
300 personnes additionnelles.
Mme Maccarone : ...c'est qu'il
n'y avait pas eu une demande formelle, d'abord. Je comprends qu'on a des postes
à combler, mais il n'y a pas une lettre qui était envoyée pour rehausser. Puis
la raison que je fais la demande, c'est parce que moi, j'ai regardé tous les
vidéos qui ont été préparés par l'APPQ, puis ils font référence à une lettre qu'ils
vous ont envoyée où ils parlent beaucoup de... le problème d'effectifs, les
mesures d'urgence pour répondre à ces problèmes, formation, équipement. Puis
moi, je n'ai pas eu une copie de cette lettre.
Est-ce que vous seriez... est-ce que vous
accepteriez de déposer une copie de cette lettre pour que tous les membres de
la commission peuvent en prendre lecture?
Mme Beausoleil (Johanne) : ...c'est
la lettre de l'APPQ, vous faites référence?
Mme Maccarone : Oui, oui,
tout à fait.
Mme Beausoleil (Johanne) : Oui,
tout à fait, mais sachez qu'on a des comités de travail qui travaillent
là-dessus régulièrement, donc qui vont faire le point. Tu sais, je... si on
aurait eu un portrait en janvier, peut-être qu'on aurait été à 250. Ça varie
toujours, mais on a mis des moyens en place. Et, quand on dit : Avez-vous
fait la demande au gouvernement?, on la... on fait des échanges <réguliers...
Mme Beausoleil (Johanne) :
...on
fait des échanges >réguliers avec le ministère de la Sécurité publique. On
a obtenu beaucoup de postes additionnels, on a obtenu, comme je vous dis,
51 AEC aussi supplémentaires d'autorisés. Donc, on va à... est-ce qu'on va
arriver un jour à zéro? C'est quasi impossible, le temps de doter, et tout ça,
mais on se rapproche de l'effectif. À une certaine époque, on était à près de
500, et là on est rendus à moins de 200, là.
Le Président (M.
Bachand) :Je comprends que vous allez faire
parvenir la lettre à la commission pour partager avec les membres.
Mme Beausoleil (Johanne) : Oui,
tout à fait.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. J'apprécie. Mme la
députée, s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Merci. Je
souhaite faire référence aux renseignements généraux, encore, requis par
l'opposition officielle. C'est la page 115, où on a demandé la liste de
personnel hors structure par catégories d'emploi. Puis on a vu une réponse
qu'il y a 40 policiers qui sont non assignés, effectif au 28 février
2023. C'est quoi, un policier non assigné?
Mme Beausoleil (Johanne) : ...qui
n'est pas en mesure de... d'effectuer ses fonctions, donc il y a une absence
permanente qui peut être d'une durée illimitée, qui peut être absent depuis
aussi plusieurs années, selon certaines conditions.
Mme Maccarone : OK. Oui,
bien, ça, ça veut dire qu'ils ne sont plus dans la SQ, c'est ça?
Mme Beausoleil (Johanne) : Ils
demeurent sur notre... ils demeurent avec nous, mais ils ne sont pas en mesure
de travailler, là.
Mme Maccarone : OK. Aussi,
dans nos cahiers, il y avait la question n° 125, le nombre de postes à
combler pour les patrouilles autoroutières, puis il n'y avait pas de réponse. Vous
nous référez à la 117 qui ne parle pas des patrouilleurs. Alors, selon la
fiche 131, nous, on sait qu'il y a 3 792 policiers réguliers
affectés à la surveillance du territoire. Pourquoi... Il y a combien... il y a
combien qui en manque, dans le fond? Parce que ce n'est vraiment pas clair, dans
tous les cahiers, on n'a pas pu trouver une réponse.
Mme Beausoleil (Johanne) : Bien,
au niveau du manque, c'est ce qu'on a dit tantôt, au niveau des chiffres, mais
les gens n'ont pas... peuvent être affectés à différentes fonctions. Il y a
plus de 100 fonctions à la Sûreté du Québec, donc les gens... Tu sais,
votre question était précise, mais on a des gens qui vont en appui aux
autoroutes, et tout ça, qui sont disponibles.
Mme Maccarone : ...
Mme Beausoleil (Johanne) : Oui,
c'est pour l'ensemble des postes.
Mme Maccarone : OK. OK, c'est
clair. Merci. On a aussi dans les cahiers... Évidemment, on souhaite savoir
comment la planification fonctionne, ça fait que ça fait partie des questions
qu'on a posées, dans nos cahiers, puis on voulait savoir la planification pour
les départs pour la retraite. Puis, quand on a posé la question dans les
cahiers, malheureusement, vous avez dit qu'on n'a pas cette information. Ça fait
que... est-ce que nous, on... devons tirer en termes de planification, on n'a
aucune idée de combien de policiers vont bientôt prendre leur retraite. Alors, combien
de postes avons-nous à remplir, à combler dans les prochaines années? Dans les
autres organisations, habituellement, quand on fait une planification, bien, on
a une idée, un an, deux ans, cinq ans, on a des gens qui s'approchent à prendre
leur retraite, mais vous, dans la SQ, on ne fait pas cette comptabilisation.
Mme Beausoleil (Johanne) : On
fait une gestion de...
M. Bonnardel : ...
Mme Beausoleil (Johanne) : Oui.
On fait une gestion de planification de la main-d'oeuvre. Ce qui est difficile,
pour nous, c'est de vous dire... Un policier peut partir à compter de
25 ans, on en a qui font jusqu'à 40 ans, alors je ne peux pas faire
une planification. On a une planification de certaines choses qu'on sait, mais,
quand on arrive à la fin de l'année... Puis on a une moyenne aussi... pardon,
de départs à la retraite qui se ressemblent pas mal d'année en année, donc on
sait qu'on a, bon an mal an, environ un petit peu plus que 200, 250, là,
personnes qui quittent, mais c'est difficile de vous le dire, parce qu'à
25 ans ils peuvent quitter, mais il y en a plusieurs qui vont faire 30,
32, puis on en a jusqu'à 40, là, facilement. Dans le fond, ce qu'on est sûr,
c'est qu'à 65 ans un policier à la Sûreté ne peut plus travailler.
Mme Maccarone : OK. Puis ça,
on n'en a pas beaucoup d'avance. C'est ça que vous êtes en train de dire?
• (15 h 40) •
Mme Beausoleil (Johanne) : Non,
non.
Mme Maccarone : Voilà. OK. Bien,
la raison pour toutes ces questions, c'est que nous savons qu'on a quand même
des effectifs à combler, on fait face à du pénurie de personnel. Puis on sait
aussi, quand on parle des effectifs de la division des mesures d'urgence...
exemple, les policiers qui font les recherches des personnes disparues, par
exemple, on a une diminution de nombre de policiers affectés dans cette
division. Depuis 2019, on est passés de 96 policiers à 88 policiers.
Alors, est-ce que vous pouvez expliquer, peu importe c'est qui, bien, pourquoi
nous avons autant de postes vacants en ce qui concerne ce poste qui est
essentiel?
Mme Beausoleil (Johanne) : Au
niveau de la... Voulez-vous...
M. Bonnardel : ...
Mme Beausoleil (Johanne) : Au
niveau de la restructuration de la Direction des mesures d'urgence, une restructuration
qui a été faite il y a plusieurs années, et qui a été faite avec une
restructuration des tâches également... Donc, il n'y avait pas... Il y a des
tâches qui étaient affectées à cette équipe-là qui ont été <retirées...
Mme Beausoleil (Johanne) :
Il y a des tâches qui étaient affectées à cette équipe-là qui ont été >retirées
de cette équipe-là et qui ont été transmises à d'autres directions. On a aussi,
en parallèle, créé la direction des... parce que la Direction des mesures
d'urgence avait aussi tout ce qui était le récréotouristique et tout ce qui
était dans le déploiement local. Donc, on a enlevé ça pour créer la direction
qu'on appelle la DSRT, la direction du service du réseau routier et transports,
pour scinder, parce que les mesures d'urgence avaient peu de temps de s'occuper
de l'ensemble des autoroutes, par exemple, et tout ça.
Donc, il y a plusieurs actions comme ça
qui ont été faites, qui ont été retirées dans les tâches de nos policiers. Et
aujourd'hui, on se retrouve effectivement avec recherche, sauvetage...
principalement avec 88 personnes.
Mme Maccarone : D'abord, ce
n'est pas des postes à combler, c'est des coupures, c'est ça? Ça fait que, dans
le fond, c'est des coupures, parce qu'il y avait une décision qui a été prise
de transférer des effectifs. On aura moins de policiers qui vont s'occuper des
mesures d'urgence parce qu'on a plus de policiers qui vont faire des travaux
sur les autoroutes.
Permettez-moi de poser la question. Dans
l'affaire Carpentier, si on avait plus de policiers qui étaient en poste en ce
qui concerne les mesures d'urgence, et moins de policiers peut-être qui
s'occupaient de nos autoroutes, est-ce qu'on aurait eu la chance de sauver ces
deux petites filles?
Mme Beausoleil (Johanne) : Oui,
il y a une enquête...
M. Bonnardel : ...la parole à
Mme Beausoleil, Mme la députée, en tout respect pour cette question, il y a une
enquête qui est en cours. Vous le savez, vous le savez très, très bien. Chaque
parole, chaque mot que Mme Beausoleil ou moi-même pourrait évoquer sur...
pourrait être particulier. Donc, le défi reste toujours le même, d'avoir les
meilleures équipes possibles sur le terrain, les meilleures équipes possibles
sur le terrain pour entamer des recherches le plus rapidement possible.
Vous le savez, là, dans le projet de loi
n° 14, je fais un petit préambule, j'arrête au bout de 30 secondes,
les personnes disparues... d'être capables d'obtenir les informations et de
donner à ces policiers, ces hommes et ces femmes, tous les outils possibles
pour retrouver, ça, je pense qu'on est tous et toutes d'accord là-dessus. Mais,
au-delà de tout ça, les réponses et... que Mme Beausoleil pourrait vous donner
sur cette enquête en cours, il faut être quand même délicat sur ce qu'on va
dire.
Mme Maccarone : Je comprends
l'enjeu, mais, pour moi, évidemment, ça reste que c'est des coupures dans un
service qui est quand même essentiel face à...
M. Bonnardel : ...parler de
réaffectation, Mme la...
Mme Maccarone : Puis, si
dans... Si, mettons, quand le coroner, quand elle va terminer son enquête... et
ils disent que nous devons rehausser nos effectifs en ce qui concerne les
mesures d'urgence, est-ce que vous aurez l'intention de respecter les
recommandations de la coroner?
M. Bonnardel : Bien, il n'y a
aucune raison que, suite à ces recommandations d'un coroner... Majoritairement,
sinon à 100 % du temps, les mesures qui sont définies pour améliorer le
travail des policiers, bien, je pense qu'il faut répondre... il faut répondre
présents à chaque fois.
Mme Maccarone : Tout à fait,
mais...
M.
Bonnardel
: Alors,
se donner le temps, là... l'enquête va reprendre, va se terminer, je ne sais
pas trop quand. Encore une fois, on va prendre le temps d'analyser ces
documents quand ils seront déposés, puis on va travailler avec l'état-major de
la Sûreté du Québec. Comme je vous l'ai répété, pour moi, là, la sécurité des
personnes, retrouver les personnes, c'est archi, archi-important. Si on doit se
donner des outils...
Mme Maccarone : Et je partage
votre préoccupation, tout à fait.
M. Bonnardel : Tout le monde
est d'accord ici. Si c'étaient nos enfants, bien, on voudrait que tous les
outils possibles disponibles sur le terrain... des gars et des femmes bien
formés, qui sont capables de partir en recherche, en forêt, ou autres, c'est
primordial.
Mme Maccarone : Sauf que ça
reste qu'on coupe dans une mesure essentielle, quand on parle de faire de la recherche,
dans les mesures d'urgence. Ça fait qu'évidemment je pense que nous devons
revoir ces décisions. Quand on coupe dans ces mesures qui sont essentielles puis
qu'on peut parler aussi de... le temps supplémentaire, le temps supplémentaire
obligatoire, ce n'est pas seulement dans les hôpitaux. On sait qu'on voit... de
temps supplémentaire très important. Les policiers en font beaucoup.
Nous avons posé la question, dans les
renseignements particuliers, c'est la question n° 134 pour ceux qui nous
suit. Et ce qu'on a entendu, ce qu'on a lu, dans les réponses, c'est que la SQ
ne dispose pas de ces données, mais nous informe que l'APPQ a fait une activité
de sensibilisation entre le 20 septembre et le 4 mars et que, selon
ces données, il y a 1 323 policiers qui ont été contraints à faire du
temps supplémentaire obligatoire. 1 323 policiers sur 3 792 policiers,
c'est 35 % des policiers. Ça, ça représente une augmentation de temps
supplémentaire en comparaison avec l'année passée. Ça fait que, dans le fond,
en 2021‑2022, c'était 1 564 000 heures de temps <supplémentaire...
Mme Maccarone :
Ça
fait que, dans le fond, en
2021‑2022, c'était
1 564 000 heures de temps >supplémentaire; en 2022‑2023,
c'est 1 976 000, «and change», heures de temps supplémentaire. C'est
une augmentation de 352 000 heures en temps supplémentaire.
Qu'est-ce qui explique ceci? Puis c'est
quoi, le coût lié à ceci? Ça fait que le pourquoi puis ça coûte combien... parce
que, si on fait la comparaison avec Montréal, par exemple, juste l'an dernier,
61 millions a été dépensé en fonds publics pour le temps supplémentaire
obligatoire. Ça fait que c'est quoi, le chiffre pour la SQ avec 352 000 heures
supplémentaires? Une augmentation...
M. Bonnardel : ...de vous
faire un petit préambule, avant de laisser la parole à Mme Beausoleil. Il
faut comprendre là-dedans, puis Mme Beausoleil pourra vous l'expliquer,
là, les heures supplémentaires... Les policiers, aussi, qui vont au Nunavik
pour protéger et protéger ce territoire, à chaque trois semaines... on pourra
vous donner plus d'informations, mais, au-delà de tout ça, ce qui est important,
pour moi, puis je reviens sur l'annonce et les sommes qu'on a octroyées à
l'École nationale de police, c'est de former plus de policiers. Donc, plus de
policiers, nécessairement moins de pression, moins de pression sur l'ensemble
du corps de police, pour être capables de se dire : OK, on a des policiers
additionnels qui viennent nous épauler.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'heures
supplémentaires. Mme Beausoleil va vous le confirmer, oui, mais mon travail à
moi, là... Quand je regarde le constat global, je me dis : OK, on est
conscients qu'il y a des problématiques, on a des départs, oui, et là-dessus répondre
avec une... des cohortes additionnelles qui vont être disponibles pour,
majoritairement, la Sûreté du Québec. Bien, on va réussir avec cela à réduire,
dans les prochaines années, la pression sur le travail de ces hommes et ces
femmes.
Mme Maccarone : ...il y en a
un en termes de coûts. Moi, ce que je cherche précisément, c'est le temps
supplémentaire obligatoire, pas seulement le temps supplémentaire, parce que je
comprends que c'est deux choses différentes.
Mme Beausoleil (Johanne) : ...en
mesure de vous donner le temps supplémentaire obligatoire, parce que la
compilation est faite par des agents syndiqués, et présentement il y a des
moyens de sensibilisation, ce qui fait en sorte qu'on n'est pas capables
d'avoir cette compilation. Donc, je vous donnerais quelque chose qui n'est pas
exact.
Par contre, ce que je peux vous dire,
c'est que, oui, il y a eu du temps supplémentaire, oui, il y a eu... de façon
importante. On a eu des opérations très particulières. On a reçu le pape, on a
eu la... les opérations qu'on appelle spéciales, on a eu les élections, on a
également la COP15. On a plusieurs situations. Et, en parallèle, ce qui n'est
pas à négliger, c'est que, de par nos services, on se doit de supporter les
corps de police municipaux et autochtones lorsqu'ils en font la demande.
Présentement, on a... on a eu des grandes demandes, ça fait plus... c'est des
grandes demandes au niveau du Nunavik, des grandes demandes également au niveau
de l'équipe de Eeyou Eenou, la communauté Eeyou Eenou. Donc, nos policiers
partent là-bas pour trois semaines, et ce que ça occasionne, bien, ça
occasionne, évidemment, du surtemps sur le terrain. Donc, ça, ça a explosé en
termes de chiffres.
Mme Maccarone : Il me reste
très peu de temps. Je vous dirais qu'évidemment je souhaite que ce soit
comptabilisé, parce que c'est quand même du fonds public, c'est notre argent
qui est dépensé. Ça fait que ce serait bien... parce que la... si la SQ ne le
fait pas, bien, les syndicats ont toutes les raisons de le faire. Alors...
Mme Beausoleil (Johanne) : On
comptabilise, excusez-moi, le temps supplémentaire, mais quand vous faites la
distinction entre...
Mme Maccarone : Obligatoire,
obligatoire.
Mme Beausoleil (Johanne) :
...l'obligatoire, là, ce n'est pas comptabilisé.
• (15 h 50) •
Mme Maccarone : Oui, tout à
fait, merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
pour une période de 9 min 52 s, s'il vous plaît.
Mme Boivin Roy : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, bonjour, M. le ministre. Je vous remercie de prêter...
de vous prêter à l'exercice, aujourd'hui, des crédits budgétaires et
d'approfondir avec nous le dossier de la sécurité publique.
Alors, j'aimerais qu'on s'entretienne avec
vous de la cyberintimidation. Alors, la cyberintimidation est un phénomène qui
est de plus en plus préoccupant au Québec. On a pu le voir dans des événements
comme la pandémie ou encore durant la récente campagne électorale. Les
conséquences sont souvent dévastatrices pour les victimes. Les enjeux de la
lutte contre la cyberintimidation sont multiples et urgents.
Alors, tout d'abord, la cyberintimidation
peut causer des dommages émotionnels et psychologiques importants chez les
victimes, allant de la détresse mentale à l'anxiété, la dépression et même le
suicide. Elle peut également perturber les relations sociales, les études ou
les performances professionnelles des victimes. De plus, la cyberintimidation
est souvent perpétrée de manière anonyme, ce qui rend difficile
l'identification des auteurs. Les victimes peuvent ainsi avoir l'impression que
les intimidateurs sont intouchables et que la loi n'est pas en mesure de les
protéger adéquatement et efficacement.
Enfin, la cyberintimidation peut toucher
tous les groupes de personnes, mais elle touche particulièrement les <jeunes...
Mme Boivin Roy :
...touche
particulièrement les >jeunes, qui sont souvent les plus vulnérables,
également les personnes âgées, certaines d'entre elles. D'ailleurs, les
adolescents et les enfants peuvent être la cible de harcèlement en ligne, de
menaces ou d'humiliation, ce qui peut entraîner des conséquences dramatiques
sur leur santé mentale et leur bien-être.
Dans ce contexte, la lutte contre la
cyberintimidation est donc cruciale pour protéger les individus et préserver
leur intégrité physique et psychologique. Elle nécessite une collaboration
entre les pouvoirs publics, les organisations de la société civile, les écoles
et les familles afin de promouvoir des comportements en ligne qui sont jugés
sains et responsables et en vue de fournir des outils et des ressources pour
aider les victimes et prévenir la cyberintimidation.
Alors, M. le ministre, une première
question pour vous, à trois volets. Premier volet : Êtes-vous d'accord que
nous vivons présentement des enjeux de cyberintimidation? Deuxième volet :
Pensez-vous qu'on doit travailler sur un plan de lutte à la cyberintimidation?
Et troisième volet : Si oui, qu'avez-vous en tête?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Bonnardel : Il y a combien
de temps, M. le...
Le Président (M.
Bachand) :Il reste sept minutes au bloc
gouvernemental.
M. Bonnardel : C'est
tellement un sujet... c'est tellement un sujet important, l'enjeu de la
cyberintimidation, de la cyberviolence, qu'on soit élus, que ce soit madame,
monsieur, des jeunes qui reçoivent des menaces, jour après jour, par des amis,
ou autres. J'ai dit dès le début... et le sous-ministre était présent, j'ai...
dès le début de mon mandat, j'ai dit à mon équipe : Voici la demi-douzaine
d'enjeux archi-importants sur lesquels je veux m'attaquer, puis celui-là, c'est
un des premiers que j'ai donnés aux équipes. Il n'y a jamais personne, il n'y a
jamais personne, au Québec, qui s'est attaqué à ces façons de faire, ces
réseaux sociaux qui sont omniprésents jour après jour, jour après jour, sur nos
téléphones, où les gens s'écrivent, que ce soit... que ce soient les Facebook
de ce monde, les Instagram, les TikTok, ou autres, ou autres. Et
malheureusement, les effets pervers de cela touchent beaucoup de monde.
Là, je prends le petit bout «élus». Les
élus, que ce soit nous, que ce soient les élus municipaux, on voit, surtout du
côté municipal, un énorme désengagement, une énorme crainte à porter plainte, à
continuer leur travail, parce que les gens utilisent ces réseaux et se croient
tout permis derrière l'écran pour dire : Bien, je suis ceci et cela, vous
êtes ceci et cela. C'est extrêmement grave. C'est extrêmement grave, et j'ai
dit... je pense, je l'ai dit publiquement, pour moi, ce party, là, il va être
terminé. Il va être terminé, parce que j'ai dit aux équipes : Vous allez
regarder ce qui se fait de mieux dans le monde, en termes de législation, ailleurs,
comment certains pays ont... sont déjà plus avancés que nous pour protéger les
gens, protéger nos gens. Et c'est dans ce contexte que j'ai donné aux équipes
le mandat de préparer un projet de loi qui va définir notre portion à nous,
notre portion Québec.
Je sais que, de l'autre côté, le fédéral
aussi, là, est déjà au travail, est déjà au travail avec leur portion à eux.
Comment on va s'arrimer? Ce sera à... ce sera à définir, mais moi, j'ai la
saine conviction qu'on ne peut pas laisser passer ça, qu'on se doit de mettre
tous les efforts possibles avec les différents spécialistes. Puis ça doit être...
à la fin, quand j'aurai le portrait de ce que nous pourrons dévoiler... je
n'entends pas le faire seul. J'entends vous parler, j'entends leur parler et de
demander tous les spécialistes possibles du Québec de s'asseoir avec nous puis
d'en faire un débat qui va nous permettre d'avoir des mesures qui vont répondre...
qui vont répondre aux inquiétudes des gens, des élus, oui, mais surtout les
gens. Des élus, il y en a un certain nombre, au Québec, mais ils sont
importants puis ils représentent ces personnes, ces... Puis que ces personnes
utilisent aujourd'hui les réseaux sociaux, bien... bien, on n'empêchera pas, demain
matin, là, Facebook de continuer, Instagram de continuer, puis TikTok de
continuer, mais <cela fait des victimes...
M. Bonnardel :
...puis
TikTok de continuer, mais >cela fait des victimes, et on se doit, ces
victimes, de les soutenir aussi dans tout ça.
Alors, au-delà de statuer sur ce qui peut
se faire, ce qui ne peut pas se faire, c'est quoi, de la cyberviolence, c'est
quoi, de la cyberintimidation, puis de trouver l'équilibre, l'équilibre dans tout
ça, bien, pour moi, il sera... il serait immensément important, immensément
important de définir cette portion à nous, le Québec, de protéger nos gens puis
de dire aux... à ceux, là, qui se croient tout permis, là, que c'est terminé. C'est
terminé, ça, parce que, vous le savez, vous avez peut-être des enfants, il y a
peut-être des... il y a des ados qui sont victimes de violence, d'intimidation
de la part de leurs collègues, des gens au travail, peu importe, peu importe,
peu importe. On a tous, tous, tous des histoires, d'horreur ou non, d'intimidation
et de violence sur les réseaux sociaux. Certaines personnes, je l'ai répété, se
croient tout permis.
Puis, pour moi, bien, c'est, comme vous le
disiez à la fin, là, d'avoir un plan de match précis. Ce que j'ai en tête, je vous
l'expose. Les enjeux sont gros comme ça, gros comme ça, mais ce n'est pas parce
qu'ils sont gros comme ça qu'on ne peut pas statuer puis qu'on ne peut pas
répondre à une majorité de gens qui nous écoutent. Puis, je suis persuadé, on
leur dirait : Écrivez-moi, on recevrait des courriels, Mme la députée,
vous et moi, à l'instant même, de gens qui vivent des situations puis qui sont
un peu dépourvus. Alors, c'est un enjeu, un enjeu extrêmement important.
Puis là-dessus, la Sûreté du Québec va
être un partenaire aussi. Les cybercrimes, il y a des équipes d'enquête qui
sont des spécialistes du côté de la SQ. Donc, la SQ, là-dessus, pour moi, là, va
être un... Puis je leur ai déjà... je leur ai déjà mentionné cette volonté,
pour moi, de nous accompagner pour la suite des choses, puis de voir, eux
aussi, là, de quelle façon ils définissent leur carré à eux pour être capables
de protéger nos gens. Donc, voilà, c'est un peu... c'est un peu ce que j'ai en
tête.
Parce que je ne le ferai pas seul. Puis je
le dis bien, bien humblement, je ne le ferai pas seul, je vais faire... je vais
le faire avec vous. Je vais le faire avec les députés de l'opposition puis je
vais le faire avec la société civile, société civile qui... tout comme on l'a
fait pour l'aide médicale à mourir, je pense que c'est un débat qui mérite
d'être fait ensemble, ensemble, pour répondre à ces grandes inquiétudes puis
ces grands moments, dans une certaine mesure, noirs que nous vivons, là, sur
certains réseaux sociaux, que certaines personnes vivent. Puis il y a beaucoup
de victimes, beaucoup, beaucoup, beaucoup de victimes, là, qui sont peu... pas
mal démunies face à ça. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Merci beaucoup. Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis, s'il vous plaît.
• (16 heures) •
Mme Maccarone : Oui, merci,
M. le Président. M. le ministre, je souhaite parler avec vous par rapport à
la... les centres de gestion des appels, la pénurie de répartiteurs. Juste,
encore une fois, pour la mise en scène, pour les gens qui nous suivent, pour
qu'il comprend qu'il y a une différence entre un répartiteur et quelqu'un qui
va prendre un appel 9-1-1, par exemple, parce qu'on parle de quelque chose
qui est municipal puis quelque chose qui est plus dans la région...
Alors, aussi, pour sensibiliser, ça fait
plus qu'un an que la SQ a envoyé une demande, requalification du poste, qui a
été envoyée au Trésor en avril 2022. Et évidemment on sait que, présentement,
ce qu'ils sont en train de vivre, nos répartiteurs, c'est des conditions de
travail qui sont très difficiles. On sait qu'il y a une pénurie de personnel
qui engendre des fermetures, qu'il y a des appels qui ont été abandonnés.
Alors... Puis même, dans nos cahiers de crédits, nous avons fait la demande.
Puis là je vous fais référence dans les renseignements particuliers, le 165, on
a compris qu'il y a 22 560 appels qui sont abandonnés dans les
centres de gestion d'appels. Comment est-ce que le ministre explique ça? Parce
que nous savons qu'on a beaucoup de départs et on a beaucoup de postes qui ne
sont pas comblés.
M. Bonnardel : Bien, c'est un
sujet qui est extrêmement important, Mme la députée. Vous m'avez accompagné,
voilà quelques semaines déjà, avec quelqu'un de votre équipe, où on est allés
visiter des employés d'un centre de gestion des appels du 9-1-1 de la Sûreté du
Québec. Puis je sais que vous êtes de bonne foi là-dessus, là, mais... puis
vous faites attention à ce que vous dites.
Mme Maccarone : Je suis de
bonne foi sur tout, M. le Président.
M. Bonnardel : Oui, je le
sais, je le sais, je le sais.
Mme Maccarone : J'espère
qu'il n'est pas en train de me prêter des intentions.
M. Bonnardel : Non, non, je
le sais. Je suis respectueux, là. Désolé de l'avoir dit de cette façon, mais je
le sais que vous êtes de bonne foi. Quand vous parlez de ça, à savoir que...
puis je l'ai souvent dit, lors de vos questions... de vos questions en Chambre,
il ne faut pas laisser sous-entendre que certaines personnes qui font appel au
9-1-1... qu'il n'y a personne qui répond. Il y aura toujours, toujours,
toujours <quelqu'un qui va répondre...
>
16 h (version révisée)
<11
M.
Bonnardel :
Il y aura toujours, toujours, toujours >quelqu'un
qui va répondre lorsque vous faites le 9-1-1, c'est... il n'y aura jamais d'interruption.
Est-ce que, sincèrement, je vous dis qu'il n'y a pas, des fois, des appels qui
sont envoyés dans d'autres centres? Absolument, absolument.
Et vous savez très, très bien,
présentement, qu'il y a des négociations qui se font. Je ne suis pas... Je ne
suis pas au Conseil du trésor, je suis conscient des demandes que certains ont
là-dessus et je les mesure, je les comprends. On était ensemble quand on est
allés... quand on est allés les visiter.
Maintenant, je le répète, il n'y a pas de...
il n'y a pas de rupture de services dans ces centres de gestion des appels, et
c'est important de le mentionner à la population.
Mme Maccarone : Sauf que ce n'est
pas avec le Trésor que ces négociations se fait, c'est fait maintenant avec
votre collègue le ministre responsable de Finances, parce qu'à moins que je ne
m'abuse la ministre... la présidente de Conseil du trésor, elle a un conflit d'intérêts.
Mais je veux aussi juste corriger, mais
peut-être assurer qu'on a une compréhension commune, parce qu'on ne parle pas
de négociation. Les négos sont faites, là, on parle d'une requalification, parce
que ça reste qu'on a un roulement de... taux de roulement de 25 %. On sait...
comme, par exemple, au CGA de Sherbrooke, il y a eu 20 départs en un an, au CGA
de Québec, il y a eu 22 départs en un an, au CGA de Trois-Rivières, 27 départs
en un an. Sur les 127 départs l'an dernier, 78 sont des démissions, puis je
peux comprendre pourquoi. Écoute, la comparaison salariale, ils sont payés
entre 25 % et 35 % de moins que les personnes qui vont prendre les
appels de 9-1-1.
Ça fait que ce n'est pas une négo qui est
faite, c'est une demande de requalification qui a été faite par la SQ, ça fait
un an. Ça fait que... est-ce qu'on va dire oui ou non? Est-ce que le ministre a
l'intention de donner une indication favorable à son collègue le ministre des
Finances?
M. Bonnardel : Mme la
députée, vous savez très, très bien que je ne peux pas...
Mme Maccarone : ...
M. Bonnardel : Oui. Non, je
le sais, je le sais, je le sais, je vous connais assez, mais vous... tu sais, vous
êtes bien consciente, je ne peux pas commencer à élaborer, puis à négocier,
puis à dire à mon collègue : Bien, ceci et cela... On le fait en privé. Je
ne peux pas commencer à vous dire publiquement : Bien, ceci est bon, ceci
n'est pas bon.
Il y a des négociations qui se font avec
le ministère des Finances, et c'est entre les deux parties de négocier puis de
s'assurer... Puis c'est... je comprends que certains veulent ceci, certains
veulent cela, c'est... Il y a une différence entre les centres de gestion des
appels versus les 9-1-1 qui sont gérés par les municipalités. On est tous
conscients de ça. Chacun a son avantage vis-à-vis un et l'autre, mais, vous comprendrez,
pour moi, Mme la députée, là, c'est un peu particulier de me... d'essayer de me
faire dire : Bien, tu es-tu d'accord avec ceci, tu es-tu d'accord avec cela?
Bien, moi, je veux le bien-être... moi, je veux le bien-être de...
Mme Maccarone : ...ça fait
partie de mon rôle de faire ceci.
M. Bonnardel : ...je veux le
bien-être de tout le monde, mais je ne suis pas là pour... je ne suis pas là
pour négocier devant la caméra, là, puis de dire à mon collègue, bien... ou à
vous, ou aux autres, là, respectueusement, là, que ceci est bon, ceci n'est pas
bon. Donc, voilà.
Mme Maccarone : Oui, mais,
encore une fois, comme je dis, ce n'est pas une négociation, c'est une question
de requalification. Ça fait que je comprends qu'eux, ils font face à beaucoup
de difficultés. C'est pour ça que je voulais m'assurer d'amener la visibilité à
cette cause, parce que la pénurie de personnel, pour eux, c'est très important.
On a visité, oui, ensemble... on a entendu
aussi que c'est le club-école de la SQ aussi, ça fait qu'il y a un roulement de
personnel très important. Ça fait que, il me semble, il faut faire quelque
chose, parce que, malgré que je comprends que le ministre dit qu'on n'a manqué
aucun appel, il y a quand même 22 560 appels qui ont été abandonnés. On n'a
pas toute la ventilation de combien, le pourquoi. Ça fait que je comprends qu'il
y en a quelques-uns où ça fait partie d'un rappel, puis il y a peut-être quelqu'un
qui n'a pas été au bout de la ligne pour ces rappels, mais je comprends aussi
qu'il y en a quelques-uns où on a probablement manqué notre shot parce qu'on
a... on fait face à une pénurie de personnel, puis ce n'est pas la seule place.
On fait aussi face à beaucoup de
difficultés pour le 9-1-1. Il y a quand même eu des pannes importantes pour le
9-1-1. On a fait une demande à l'accès à l'information sur les répartiteurs, qu'on
a reçue le 22 décembre, qui nous apprend qu'il y a eu deux pannes majeures
au 9-1-1 l'an dernier, et une autre demande à l'accès a été faite le 22 décembre
pour avoir plus de détails sur ces pannes. Alors, on a eu... on n'a toujours
aucune... on a eu une réponse le 20 avril, ça a pris quatre <mois...
Mme Maccarone :
...ça
a pris quatre >mois. Alors, je voulais savoir pourquoi ce délai
important.
M. Bonnardel : ...il y a des
plans de contingence partout, premièrement. Deuxièmement, la pénurie de
main-d'œuvre, j'en conviens que c'est peut-être un peu plus important, mais les
pénuries de main-d'oeuvre frappent. Y a-tu des secteurs qui ne sont pas
affectés au Québec? On le voit... Bien, vous l'avez... vous avez posé la
question tantôt. Pour nous, les policiers, on va en former plus, parce qu'on en
veut plus. Bon, du côté de la... du centre de gestion, on a le même constat. Pour
les constables, on a les mêmes constats. Puis là je parle pour ma cour à moi.
Votre question est importante, là, je le
sais très, très bien. Puis vous pourriez avoir la même question l'année
prochaine, puis j'espère qu'on va être capables de régler, puis de s'entendre,
puis de donner des outils qui vont... qui vont permettre à ces personnes de
bien travailler puis de réduire, réduire puis... d'augmenter la rétention,
devrais-je dire, pour ces différents centres de gestion des appels.
Donc, encore une fois, il y a des plans,
il y a des plans pour répondre. Comme je vous l'ai... Comme je vous l'ai
mentionné, il n'y a jamais eu d'interruption, il n'y aura jamais
d'interruption. Puis là-dessus, c'est...
Mme Maccarone : ...de ces
deux pannes pour le 9-1-1?
M. Bonnardel : Bien, je n'ai
pas la réponse précise. Si vous la souhaitez, là, je vais aller... je vais
essayer de vous la trouver, là, mais je pourrais vous la donner soit ce soir
ou...
Mme Maccarone : Bien, pendant
que votre équipe sont en train de fouiller pour trouver la réponse, évidemment,
la raison pourquoi qu'on a eu une panne... qu'est-ce qui a causé cette panne, est-ce
qu'on a manqué des appels à cause de cette panne? Et est-ce qu'il y a des
travaux que vous ou votre ministère sont en train d'effectuer pour éviter des
pannes futures?
M. Bonnardel : Bien, si je
peux vous répondre rapidement, là... Bon, s'il y a une panne, comme je l'ai
mentionné tantôt, du 9-1-1, les appels sont basculés vers les autres centres. Ça,
je pense qu'on s'entend là-dessus. Bon, nécessairement, on reste préoccupés, je
vous l'ai dit aussi, là, pour les enjeux de sécurité. Les démarches qui sont
faites auprès du fédéral, qui réglemente le domaine pour les pannes, ça, c'est
de leur côté à eux. Si on a des pannes, bien, on fait un lien, nécessairement,
avec les différents fournisseurs. On a des mesures alternatives qui peuvent
être prises, soit patrouilles, lignes filaires ou autres, et voilà. Donc, c'est
un peu le portrait.
Là, précisément ce qui est arrivé, je n'ai
pas connaissance puis je n'ai pas la réponse précise, là, mais j'irai la
chercher, s'il y a quelqu'un qui est capable de me la donner... de me la donner
dans les prochaines... à la prochaine heure, là.
Mme Maccarone : ...en train
de faire la recherche, je veux maintenant aussi parler de la flotte de
véhicules de la SQ, parce qu'on parle, évidemment, de la sécurité de nos
employés. Puis, si on se réfère à l'article de Le Journal TVA qui a
sorti en 2022, on sait qu'il y a... l'état de flotte de véhicules des policiers
est quand même dans un état précaire.
Alors, nous, on avait demandé dans, encore
une fois, nos cahiers de crédits, les renseignements particuliers, la question
161, le nombre de voitures qui vont dépasser le kilométrage autorisé de 200 000
kilomètres aux sept ans, et apparemment la SQ ne détient pas de cette donnée. Pourquoi?
M. Bonnardel : ...je vais
répondre. Si Mme Beausoleil a la réponse, je la... je lui laisserai répondre, mais
si vous me permettez un petit deux, trois minutes, là...
Mme Maccarone : ...pas deux,
trois minutes. Une minute.
• (16 h 10) •
M. Bonnardel : Deux minutes,
deux minutes.
Mme Maccarone : J'ai
plusieurs autres questions à vous poser.
M. Bonnardel : OK. Bien, une
minute. C'est un problème canadien, nord-américain, les véhicules ne sont pas
disponibles. Tranquillement, on réussit à avoir des véhicules neufs, dû aux
problèmes de microprocesseurs, les fameuses... les fameuses puces. Oui, il y a
plusieurs véhicules qui dépassent le 200 000. L'École nationale de police
vit la même problématique, la police nationale vit la même problématique, les
services de police municipaux vivent la même problématique, et on doit
prolonger la durée de vie de ces véhicules, et on le fait. Écoutez, là, qu'on
soit à 200 000 ou à 225 000, bon, il n'y a pas énormément de
différence.
Puis qu'on soit bien clairs, là, pour les
policiers qui nous écoutent, on ne mettra pas un véhicule sur la route, si le
véhicule n'avance plus, là, puis s'il y a un problème de suspension, ou il y a
un problème de moteur, ou il y a quelque chose qui coule. Alors, là-dessus, la
prévention puis s'assurer de l'entretien général d'une auto, d'une voiture de
police, pour moi, c'est archi, archi-important, puis je pense que l'état-major,
Mme Beausoleil est à la même place que moi.
Alors, si elle a la réponse pour vous, pour
le nombre de véhicules... mais, je vous dis, dans l'ensemble, présentement, on
vit une pénurie assez importante de véhicules pour les remplacer.
Mme Maccarone : ...était
quand même précise, puis c'est pour ça que j'étais surprise, parce que, tu
sais, je peux m'utiliser comme un exemple. Moi, mon auto a présentement 110 000
kilomètres, et je suis en train de planifier pour combien de temps est-ce que
je vais pouvoir rouler avec cette auto. Je fais beaucoup d'allers-retours
Québec jusqu'à mon <domicile...
Mme Maccarone :
Je
fais beaucoup d'allers-retours Québec jusqu'à mon >domicile. Ça fait que
c'est pour ça que j'étais surprise de savoir qu'on n'a aucune planification, on
n'a pas comptabilisé le nombre d'autos, de voitures dans notre flotte... qui
sont des voitures, je dirais, évidemment, très importantes, c'est le milieu de
travail pour nos policiers, mais on n'a aucune idée combien vont bientôt avoir
sept ans, on n'a aucune idée combien vont bientôt avoir 200 000 kilomètres.
Puis, juste aussi pour préciser, à la
question 161, on a demandé le nombre de voitures qui ont actuellement plus
de 200 000. Ça, on a la réponse, puis c'est inquiétant parce qu'il y a 305
sur 3 226 voitures, ça représente 10 % de la flotte, qui sont dépassées
une norme. Alors, c'est inquiétant.
Ça fait que... est-ce que... tu sais, le
nombre de voitures que nous avons besoin pour remplacer, est-ce que ça, c'est
planifié, au moins? Qu'allons-nous faire pour faire suite? C'est une demande
aussi dans la lettre que Mme Beausoleil avait accepté de déposer. J'ai
compris que ça fait partie de cette lettre.
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme Beausoleil (Johanne) : Oui.
Alors, merci pour la question. Effectivement, la pandémie est venue chambouler
toute notre planification qu'on avait au niveau de la flotte de véhicules. Ce
que je suis en mesure de vous dire, c'est que, présentement, on... il nous
manque 166 véhicules pour combler la flotte.
Bon, premièrement, je dirais aussi que, le
200 000 kilomètres, on est le seul corps de police nord-américain qui a
cette entente-là avec le syndicat. Ce n'est pas une norme, tous les autres
corps de police dépassent le 200 000 kilomètres. Alors, c'est pour ça
qu'on ne pouvait pas retirer des véhicules, on en a besoin sur le territoire.
Donc, on en a commandé. On a reçu
plusieurs commandes qu'on avait, de 2020, qu'on vient de recevoir. Donc, on a
présentement, sur la ligne, en attente de montage, 356 véhicules. On en manque
166 dans la desserte, et j'en ai 43 qui sont présentement sur la ligne de
montage. Donc, on a un manque à gagner d'environ 123 véhicules à l'heure
actuelle et qu'on... on les a, parce qu'on les a reçus, les 356 véhicules. Donc
là, on est en train de les faire monter. On a trois firmes qui montent les
véhicules. Il faut savoir que ça prend entre sept... dépendant, là... sept et
10 jours environ pour monter les véhicules, dépendant des modèles. On a dû
aussi aller un petit peu moins vers le véhicule vert compte tenu que c'est
encore plus long, parce qu'on parle de 18 à 24 mois avant de faire les
livraisons. Mais nos commandes sont là, on en a reçues et on en a encore en
attente pour les recevoir.
Là, ce qu'on veut faire, c'est aller en
appel d'offres... on est allés en appel d'offres, à vrai dire, pour aller
chercher trois firmes supplémentaires qui pourraient monter les véhicules pour
nous aider à les sortir plus vite puis les transmettre. Donc, on avait un... on
a un plan et on a dû faire un peu comme des milliers de personnes, s'ajuster
compte tenu de...
L'autre chose importante à vous dire :
À tous les 5 000 kilomètres de tous les véhicules qui sont au-dessus du
220 000 kilomètres, on les examine, on fait des tests, photos à l'appui,
sur chacun des véhicules pour s'assurer que la sécurité ne soit pas brisée
nulle part.
Mme Maccarone : C'est une
bonne nouvelle parce que... pas pour, encore une fois, être en désaccord avec
le ministre, mais il y a quand même eu deux incidents qui sont survenus en
raison d'un bris mécanique. On a vu, dans l'article qui a sorti dans Le
Journal de Montréal au début de l'année, le 30 janvier, qu'il y a
quand même eu deux incidents cette année parce que la flotte de véhicules est
désuète, puis il y a des problèmes mécaniques parce que c'est des autos qui
dépassent le 200 000 kilomètres puis qui ont besoin de réparations. Alors,
en espérant que c'est quelque chose qui sera corrigé puis le plan sera mis en
place rapidement.
Autre question pour vous, M. le ministre,
c'est en lien avec les vestes pare-balles. Encore une fois, j'ai entendu dire,
en visionnant tous les vidéos puis en lisant aussi tous les documents qui sont
disponibles présentement, que les vestes pare-balles que les policiers
utilisent pour la SQ ne correspondent pas aux normes de l'industrie, mais
apparemment, pour Montréal, oui, c'est le cas. Alors, pourquoi le retard pour
la SQ? Est-ce que c'est parce qu'eux, ils font face à moins de violence, moins
de difficultés, moins de personnes dangereuses?
M. Bonnardel : ...votre
question, là, vous faites une différence entre les vestes pare-balles du SPVM
et de la police nationale?
Mme Maccarone : Pour les
vestes pare-balles pour que... ce qu'utilise la SQ présentement, ils ne
correspondent pas aux normes de l'industrie, mais on sait que, pour Montréal,
ce qu'eux utilisent comme équipement, oui, il correspond aux normes. Alors,
comment expliquez-vous pourquoi on a un corps <policier...
Mme Maccarone :
...il
correspond aux normes. Alors, comment expliquez-vous pourquoi on a un corps
>policier que, oui, ils ont de l'équipement qui respecte les normes de
l'industrie, l'autre, c'est non? Quand est-ce que la situation sera corrigée?
Parce qu'évidemment je pense qu'ils font face tous les deux, tous les corps de
policiers, à des difficultés.
M. Bonnardel : ...rapide, là.
Je serais très surpris que les vestes pare-balles de la Sûreté du Québec ne
correspondent pas aux normes de l'industrie. Je sais que ces vestes sont
testées. Donc, là-dessus, elles sont toutes inspectées. Je ne crois pas que les
policiers de la Sûreté du Québec portent des vestes qui ne sont pas adaptées,
qui ne sont pas inspectées et de... qu'on mettrait leur sécurité en jeu. Alors,
je laisserais Mme Beausoleil terminer, là.
Mme Maccarone : ...respectueusement,
ça fait partie des demandes, de ce que nous avons compris, de l'APPQ, parce
qu'eux, ils ont dit qu'il y a quand même des lacunes puis nous avons des
corrections à faire. Puis je crois que ça fait partie de la lettre que nous
allons voir, qui a été envoyée à Mme Beausoleil aussi.
Mme Beausoleil (Johanne) : ...d'entrée
de jeu, la lettre qu'on a, tout ça est parlé en comité paritaire, donc il n'y a
rien de nouveau.
Au niveau des panneaux balistiques, pour
revenir aux vestes pare-balles, comme M. le ministre dit, on ne mettrait jamais
la sécurité de nos membres en jeu. Il y a effectivement un plan de rattrapage
qui est en place. On en a distribué de façon intensive au cours du mois de
mars, au niveau des panneaux. On les a fait tester par des équipes
indépendantes, parce que les panneaux avaient plus de 10 ans pour
certains, quand même de façon importante, là. Il y avait... Il y a 4 960 panneaux
qui ont été... non, pardon, 5 348 panneaux qui ont atteint 10 ans de
vie. On a un plan pour les changer. On a redistribué une bonne partie de ce
qu'on avait en stock, et là on va s'asseoir, dans la... à la mi-mai, avec le
syndicat pour évaluer les nouveaux modèles sur le marché et voir qu'est-ce qui
serait le mieux, de façon paritaire.
Mme Maccarone : Parfait.
Le Président (M.
Bachand) :...M. le député de Laurier-Dorion,
s'il vous plaît.
• (16 h 20) •
M. Fontecilla : ...il y a à
peu près deux ans, il y avait un comité mis en place par le gouvernement du
Québec, composé de plusieurs députés de la majorité gouvernementale, de
quelques ministres, c'était le Groupe d'action contre le racisme, et la
recommandation n° 1 de ce rapport, c'était de rendre
obligatoire l'interdiction des interpellations policières aléatoires. Et on
arrive à aujourd'hui, et vous déposez le projet de loi n° 14,
où on ne trouve plus la trace de cette recommandation-phare de votre
gouvernement, émise il y a deux ans. Et, par contre, on parle seulement de... à
l'article... dans le projet de loi que vous avez déposé, à
l'article 307.1, que le ministre, c'est-à-dire vous-même, vous devez
établir une ligne directrice concernant les interpellations policières. Donc,
il n'y a plus de trace d'interdiction des interpellations policières, et on... c'est
remplacé par une ligne directrice.
Entre-temps, il y a eu un jugement très
important, le jugement Luamba, dans l'affaire Luamba, par le juge de la Cour supérieure Yergeau,
qui aussi... lui, il imposait, parce que c'était une décision juridique,
l'annulation de l'article 636 du Code de la sécurité routière, qui est la
porte d'entrée pour les interpellations aléatoires et du profilage racial. Mais
vous avez... votre gouvernement a décidé de contester cette décision-là.
Donc, on sent qu'il y a là comme une volte-face
par rapport à une décision d'un comité mis en place par votre gouvernement et
composé de vos propres députés et ministres. Et aujourd'hui, bien, on arrive à
quelque chose de très... un peu vague, là : une ligne directrice. On ne
sait pas c'est quoi, comment ça va prendre corps, cette ligne directrice, pour
éliminer le fléau du profilage racial au Québec. Qu'est-ce que vous avez à
dire?
M. Bonnardel : M. le député,
vous avez vu plusieurs corps de police, plusieurs policiers qui sont venus
témoigner, qui sont venus exposer leur travail, leur situation sur les
interpellations, les interceptions aléatoires sans motif discriminatoire. Ça
doit être fait sans motif discriminatoire. Puis, vous l'avez mentionné, on a
décidé d'aller en appel parce qu'il faut donner tous les outils possibles aux
corps de police pour assurer, oui, une prévention, une bonne répression. C'est
un équilibre qui n'est pas... qui n'est pas simple à trouver mais qu'on doit
retrouver. Puis on l'a trouvé dans le cadre du travail qui a été fait par le Comité
consultatif sur la réalité <policière...
M. Bonnardel :
...retrouver.
Puis on l'a trouvé dans le cadre du travail qui a été fait par le Comité
consultatif sur la réalité >policière, plus d'une centaine, si je ne me
trompe pas, de recommandations, vous l'avez mentionné, le Groupe d'action
contre le racisme.
Moi et mon collègue responsable de la Lutte
contre le racisme, on a rencontré plusieurs organismes après les fêtes, au mois
de janvier, plusieurs qui sont venus nous témoigner de cas d'interpellation, de
leur peu de confiance, je pense... je pense, je l'ai dit publiquement, j'ai... peu
de confiance que ces gens avaient face à la déontologie, mais, à la fin,
trouver cet équilibre, qui peut être précaire, est important pour que les
policiers puissent faire leur travail. Puis ça, vous l'avez vu avec les
témoignages que plusieurs policiers vous ont exposés, même un de nos collègues,
le député d'Ungava, là, qui est mon adjoint parlementaire, qui vous l'a exposé
aussi, là, que ces outils sont importants. Et je crois, bien humblement, que,
dans le projet de loi n° 14, on a été capables, puis
on va être capables... puis on va commencer, j'imagine, là, dans les prochaines
semaines, l'étude détaillée. On va être capables, par ces lignes directrices...
De toute façon, déjà, à Montréal, il
existe des corps de police, dont celui de Montréal, qui déterminent des façons
de faire pour contrer le profilage. Est-ce que je dis qu'il n'y a jamais eu de
profilage? Non. Est-ce qu'il y a eu des cas? Oui, oui, mais, dans ce cas-ci,
d'établir des lignes précises qui vont encadrer le travail des policiers, bien,
c'est, pour moi, important. Et la suite de tout ça, c'est que, pour une
première fois, avoir colligé ces informations, colligé le travail que ces
policiers font, de la SQ, du SPVM, ville de Québec, Laval, Longueuil, peu
importe... qu'ils font lorsqu'ils font ces interpellations, pour être capables
de, nous-mêmes, comme ministère, pour une première fois, établir... pas
établir, mais recevoir, recevoir ces données une fois par année. C'est le 1er avril
qu'on a... qu'on a défini, donc recevoir ces informations...
Puis je l'ai dit, là, certains nous ont
dit : Oui, c'est peut-être une forme de désengagement. On ne veut pas que
ça soit une forme de désengagement, on veut que ça soit un travail qui soit
rapide. Je ne veux pas que le policier, suite à une interpellation ou une
interception, se dise : Bon, je suis pris 10 minutes de temps dans
l'ordinateur du véhicule, ou son ordinateur à lui, pour remplir la paperasse. Il
faut que ça se fasse de façon rapide, vite fait, bien fait, mais, à quelque
part aussi, de permettre au ministère de connaître et, pour la première fois,
de colliger des informations.
Donc, je vous dirais, c'est un travail qui...
de longue haleine, de longue haleine qui s'est fait dans les dernières années
pour être capable d'établir cet équilibre important pour bien encadrer le
travail des policiers, d'établir des lignes directrices qui vont être
importantes pour la suite, leur permettre de faire le travail et de s'assurer
de protéger aussi, à la fin, la population.
M. Fontecilla : ...votre
volonté de colliger des données qui... ça va concerner l'ensemble des corps de
police du Québec, je crois bien, là, afin de connaître l'ampleur, parce que,
jusqu'à présent, là, c'est relativement difficile à mesurer, à part certains
corps de police, le SPVM, Repentigny, je crois bien, aussi, où y a eu des
recherches un peu plus... un peu plus approfondies, là.
Mais est-ce que vous... êtes-vous en
mesure de convenir qu'il y a comme un écart très important entre la recommandation
de votre... du comité de lutte contre le racisme, qui demande l'interdiction
des interpellations policières aléatoires, et vous, qui promettez seulement une
directive concernant les interpellations policières? Donc, on passe d'une
recommandation d'interdiction à des directives, là, et c'est... il y a un écart
important. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
M. Bonnardel : Il faut...
puis ce n'est pas pour rien... M. le député, vous l'avez mentionné dans votre préambule,
ce n'est pas pour rien qu'on est allés en appel. Je crois personnellement,
personnellement, que les policiers ont besoin de cet outil pour faire leur
travail.
Le Président
(M. Bachand) :...juste vous
rappeler, là, je vous écoute depuis tantôt, là, d'être... de continuer à être
très, très, très prudents, parce que le dossier est judiciarisé. Merci.
M. Bonnardel : Oui, pour
faire ce travail... Et c'est notre devoir, c'est mon devoir, comme ministre,
avec les équipes, de définir cet équilibre pour leur permettre de faire le
travail. Et la très, très, très grande majorité des policiers font un excellent
travail.
Puis vous ne pouvez pas.... Vous le savez,
vous avez de l'expérience aussi, vous voyez le travail de ces policiers, jour après
jour, qui évolue, qui change. Je l'ai souvent dit, le travail d'un policier,
voilà 20 ans versus aujourd'hui, dans 25 ans, est immensément
différent. Je pourrais vous parler de formation continue, je sais que ce n'est
pas le sujet, là, mais la formation devra évoluer aussi, puis la formation
évolue déjà du côté de l'École nationale de police, pour mieux former les
policiers et les amener... et les amener à comprendre aussi, là, puis à mesurer
c'est quoi, du profilage racial et <social...
M. Bonnardel :
...à
comprendre aussi, là, puis à mesurer c'est quoi, du profilage racial et >social,
les accompagner dans tout ça. Mais je le mentionne puis je le répète, je pense,
le mot le plus important dans tout ça, c'est le mot «équilibre». C'est le mot «équilibre»
qu'on a à trouver pour bien les accompagner dans leur travail.
Puis je pense que... Honnêtement, je vous disais
tantôt, là, j'ai été quand même troublé, troublé par les rencontres que j'ai
eues avec beaucoup de gens, beaucoup de gens racisés, qui m'ont expliqué puis
qui m'ont dit : Voici ce que j'ai vécu, voici ce que j'ai vécu. Puis tu
dis : Mon Dieu! Ça... OK. Oui, ceci et cela, c'est... Je prends acte, je
prends acte de vos... de ceci. Je comprends ce qui est arrivé, mais, je le dis,
la majorité, sinon une très grande majorité des policiers font un bon travail.
Il y a très, très, très peu de cas, mais, pour ces très peu de cas, on ne doit
pas juste se dire : Ah! ça n'existe pas, donc... L'Ontario, elle aussi,
là, a aussi choisi l'encadrement. Pour moi aussi, je pense que c'est un mot non
négligeable, et non l'abolition pour ce qui est de... pour ce qui est des
interpellations, et autres.
Donc, pour moi, il est important... Puis
je fais une autre petite parenthèse avant de vous relaisser la parole. La
déontologie est un... la prévention, la sensibilisation versus la commissaire,
mieux la faire connaître, l'accompagnement des plaignants, ce qui n'existait
pas, on le met dans... on a des gains. Pour moi, ce qui est important, c'est de
donner des gains importants à ceux et celles qui auraient pu vivre ou qui
vivent ces cas particuliers, ces cas particuliers qu'eux-mêmes définissent
comme inacceptables, puis je respecte... je respecte ça, là, puis leurs
plaintes vis-à-vis la déontologie. C'est pour ça qu'il existe des... l'exercice
comme la commissaire. Donc, voilà, c'est un peu... c'est un peu ma réflexion.
M. Fontecilla : Je suis tout
à fait d'accord avec vous, M. le ministre, que la très grande majorité ou la
totalité des policiers au Québec, là, sont d'un professionnalisme exemplaire.
D'ailleurs, le juge Yergeau l'avait lui-même dit dans son jugement, là : Il
n'y a rien de plus difficile, et impossible, à la limite, là, de prouver des
motivations discriminatoires dans une intervention aléatoire. À la limite, il
n'y en a pas, il y en a... Les policiers n'intervient pas jamais de façon
discriminatoire, mais il y a des biais, il y a des préjugés inconscients, il y
a toutes sortes de situations qui aboutissent à une situation de... certaines
communautés sont plus interpelées que d'autres.
Mais vous avez mentionné le comité sur la
réalité policière. Un des principes de ce comité-là, c'est la confiance que le
public a dans ses forces policières, qui est à la base même, là, de ce
travail-là. Dans ce sens-là, vous avez sans doute lu, il y a même une étude qui
a été rapportée par les médias, le journal Le Devoir, hier, là, qui
nous informe que 30 % des interpellations... dans 30 % des
interpellations, la personne croit que son identité ou son apparence est l'une
des raisons pour lesquelles elle a été interpelée. C'est assez marquant. Et
que... Est-ce que vous ne croyez pas que cette situation-là mine la confiance
de la population dans ses services policiers?
• (16 h 30) •
M. Bonnardel : Vous savez, M.
le député... Je vais essayer de reprendre les mots exacts du député d'Ungava,
qui vous disait : J'ai été policier pendant une trentaine d'années. Il y a
quelqu'un qui circule dans un stationnement avec un sac, ou autres, dans le
centre d'achats, 3 heures du matin, seul ou il se promène entre deux,
trois véhicules. Le policier, là, qui circule puis qui se dit : À 3 heures
du matin, la majorité des gens dorment. Qu'est-ce que je fais? Est-ce que je
regarde la couleur de sa peau? Non. Pour sécuriser un secteur, si on croit
qu'il y a des... qu'il pourrait y avoir des problématiques ou on recherche
peut-être quelqu'un, c'est là que le travail du policier doit se faire. C'est
là que le travail du policier doit se faire, que l'encadrement adéquat, que les
lignes directrices adéquates qui l'accompagnent doivent être bien définies,
bien définies pour lui permettre de faire son travail.
Puis je me mets, là... je vous le dis,
j'ai été... je me mets dans la peau de ces plaignants, de ces personnes qui sont
venues nous voir. J'ai été troublé, je vous le dis, là. Je vous le dis. J'ai entendu
des choses, je me dis : Ça ne se peut pas, mais, oui, dans une société, ça
peut arriver. Puis je me suis dit, quand on est sortis de là : On doit,
dans ce projet de loi, trouver et mettre en place des améliorations. Voilà, mais
je...
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Westmount—Saint-Louis.
Merci.
M. le ministre, je souhaite revenir dans
les cahiers de renseignements particuliers, encore une fois, c'est la
question 132, le nombre de constats d'infraction émis par les policiers de
la SQ. On a compris qu'en 2021 il y a eu 565 964 constats et, en 2022, 485 590.
C'est une diminution de 80 374 constats en un an. Pourquoi? Est-ce
que les policiers n'ont pas <assez d'effectifs...
>
16 h 30 (version révisée)
<17911
Mme
Maccarone :
...en un an. Pourquoi est-ce que les policiers n'ont
pas >assez d'effectifs pour faire leur travail de bonne foi?
M. Bonnardel : Bien, j'ai
constaté moi aussi qu'il y avait... qu'il y avait une baisse que je peux dire légère
ou moyenne, là, qu'il y avait une baisse du nombre de contraventions.
Mme Maccarone : ...pas
légère.
M. Bonnardel : Qu'est-ce qui
explique ces contraventions? Est-ce que les gens sont... font plus attention,
moins de vitesse sur les routes, respectent la signalisation? C'est sûrement
des facteurs non négligeables. On a un réseau... taux de mortalité avec les
véhicules qui est quand même assez stable, et même qui s'améliore légèrement,
année après année. Malgré le nombre de véhicules qui augmente sur le réseau...
sur le réseau québécois, aujourd'hui, on est pas mal plus en sécurité dans nos
voitures qu'on ne l'était voilà... à l'époque de nos grands-parents, voilà 50,
60 ans.
Alors, vous exposez un cas particulier.
Pourquoi il y en a 80 000? J'oserais croire que les gens sont...
respectent le code de façon plus, plus forte. Est-ce que Mme Beausoleil a des
réponses différentes de la mienne? Je vais la laisser vous répondre, mais j'ai
constaté moi aussi, là, une baisse, là, donc, de ces contraventions, là, entre
l'année passée puis aujourd'hui.
Mme Maccarone : De bonne foi,
mais je comprends que ça peut être lié à une population qui est plus obéissante,
mais ça reste que je pense qu'on peut présumer aussi... C'est en grande partie
en lien avec le manque d'effectifs. Alors, ça m'a surpris qu'on n'a pas plus d'information
pour ventiler pourquoi... Si le ministre, il dit... lui aussi, il l'avait
remarqué, est-ce que vous avez l'intention de comptabiliser le pourquoi pour
mieux comprendre le phénomène?
M. Bonnardel : Je veux juste,
avant de laisser la parole à Mme Beausoleil, là... Il ne faut pas
définir... je fais une bonne job comme policier parce que je donne 5 000
tickets dans mon année. Puis je sais que vous ne voulez pas, là... mais il ne
faut juste pas définir le travail d'un policier versus le nombre de
contraventions qu'il donne. Je vous l'ai dit, sûrement que les Québécois
respectent plus le code, mais, de l'autre côté, jamais je ne vais dire aux
policiers : Bien, vous devez donner x nombre de contraventions pour...
Mme Maccarone : ...de mon
intervention, M. le ministre.
M. Bonnardel : Je sais, je
sais, mais je voulais juste quand même vous exposer respectueusement qu'il ne
faut pas le voir, en tout cas, de cette façon... de cette façon.
Mme Maccarone : Oui, tout à
fait. Mon désir, c'est de vouloir comprendre pourquoi, pourquoi on a une baisse
importante. Puis est-ce qu'on a un portrait de le pourquoi? J'ai très peu de
temps. Ça fait que je ne sais pas si c'est un oui ou non. Est-ce qu'on a la
ventilation de pourquoi nous avons moins...
M. Bonnardel : Je vais
laisser Mme Beausoleil vous...
Le Président (M.
Bachand) :Mme Beausoleil, s'il vous plaît.
Mme Beausoleil (Johanne) : Merci.
On n'a pas la ventilation du pourquoi. On sait effectivement qu'il y a aussi
beaucoup plus de mesures de télétravail. Donc, il y a beaucoup plus de gens à
la maison. Je pense que c'est un ensemble de facteurs. On sait que nos
policiers sont en moyens de sensibilisation aussi. On n'a pas de quota. On n'impose
jamais de quota à nos policiers. Puis on a aussi la conduite. Aussi, il y a
beaucoup de prévention qui se fait. Il y a des radars également qui sont
maintenant présents. La surveillance aussi fait la différence dans plusieurs
cas. Donc, je pense, c'est un ensemble de facteurs.
Mme Maccarone : Encore une
fois, M. le ministre, dans les renseignements généraux, à la page 143, on avait
fait une demande. Il y avait eu un sondage sur la satisfaction citoyenne quant
aux services reçus de la SQ, qui a fait... qui a été fait pour une somme de 80 000 $.
Est-ce que le gouvernement pourrait déposer le résultat de ce sondage?
Mme Beausoleil (Johanne) : C'est
très beau.
Mme Maccarone : Surtout si c'est
très bien. C'est ça qu'on souhaite entendre, M. le Président.
M. Bonnardel : ...oui, madame...
Bien, je vous confirme que, oui, Mme Beausoleil va nous fournir ce...
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Merci. Ce sera à faire
parvenir à la commission. Merci. Mme la députée.
Mme Maccarone : Merci. M. le
ministre, en ce qui concerne la violence, on a déjà eu des échanges au salon
bleu. Je pense que c'était même la première question que j'ai posée, en cette
législature, au salon bleu. Moi, je souhaite savoir c'est quoi, la stratégie du
ministre en ce qui concerne la violence armée qu'on voit maintenant dans nos
écoles. Vous savez sans doute que, moi et ma collègue la députée de
Saint-Laurent, on avait déposé un mandat d'initiative pour mieux comprendre qu'est-ce
qui se passe en termes de violence à l'intérieur de nos écoles, autour de nos
écoles. Malheureusement, le gouvernement a voté contre l'étude de ce mandat d'initiative.
Ce que je souhaite savoir, c'est que
faites-vous, peut-être en une réponse... parce que je peux imaginer qu'il y a
plusieurs actions, mais est-ce que vous collaborez avec votre collègue le
ministre de l'Éducation en ce qui concerne cet enjeu qui, on voit, est de plus
en plus <médiatisé, qui me préoccupe...
Mme Maccarone :
...de
plus en plus >médiatisé, qui me préoccupe énormément?
M. Bonnardel : Bien, je vais
essayer de le faire en deux, trois minutes, là, pour respecter le temps de Mme
la députée, là, parce qu'il y a plusieurs... il y a plusieurs points là-dedans.
Oui, j'ai vu, comme vous, une certaine
recrudescence dans certaines écoles, dans certains endroits, et j'ai
interpelé... On s'est interpelés mutuellement, le collègue de l'Éducation et
moi-même, pour, première chose... de rétablir rapidement les plans de réponse
des établissements scolaires, les PRES, qui sont... qui ont été mis en place
par les corps de police pour s'assurer, lors de confinements ou de
problématiques...
On a vu, là, des cas, dans des cégeps, là,
malheureusement, dans la dernière année, puis, dû à la pandémie des deux
dernières années, là, il y a eu une énorme baisse, là, de ces plans de
préparation. Puis j'ai demandé, autant du côté de la Sûreté du Québec, qui
dessert 1 043 municipalités, qu'autant du côté des services de police
municipaux, de rétablir le contact avec leurs institutions scolaires, les
centres de services ou autres, pour remettre en marche ce... Puis, je vous
dirais, la totalité... puis je pense que 100 % m'ont dit : François,
on est là en prévention dans les écoles. Parce que c'était ma crainte, je l'ai
posée à l'état-major, je l'ai posée à tout le monde : Êtes-vous présents?
Habillés, pas habillés, peu importe, je m'en fous, vous devez être dans les
écoles. Vous devez être dans les écoles pour répondre... peu importent les
inquiétudes que les jeunes peuvent avoir, qu'on soit au primaire, qu'on soit au
secondaire ou qu'on soit rendus au cégep, vous devez être présents, et ils le
font à des niveaux x, mais ils le font tous et toutes.
Donc, je vous dirais que, pour la portion
école... Si vous peaufinez votre question, je reviendrai sur le reste de la
violence comme telle, mais, pour ce qui est des écoles, je reste... On est très
conscients... On est vigilants. On doit être vigilants face à cette recrudescence,
dans une certaine mesure, de certains endroits, certaines écoles qui voient des
jeunes, malheureusement... Puis je termine là-dessus, là, avec ça, quand... je
me souviens, le Service de police de Laval, on me disait : François, on
n'a jamais vu autant de jeunes avec le pistolet dans le manteau, puis pas des
jeunes de 18, 19, des jeunes de 14, 15, 16.
Bien là, je vous ramène à la prévention
puis comment on supporte aussi le travail de rue, les organismes communautaires
qui sont là en prévention, dans les maisons des jeunes ou autres, pour
sortir... puis, je le dis, chaque petit garçon ou chaque fille qu'on sort des
mains de cette petite criminalité, bien, c'est un succès. On pourrait en
nommer, mais j'arrête ça là et je vous laisse continuer votre...
Mme Maccarone : Merci. Bien,
tout à fait, évidemment, je pense qu'on doit se préoccuper puis on doit
travailler sur ça, parce que, même si on regarde... On a fait des demandes à
l'accès à l'information puis on a compris que le nombre d'armes saisies dans
nos écoles a passé de 47 en 2019‑2020 à 97 l'année suivante, ça fait que... 116,
deux ans plus tard. Ça fait que, vous, ce qui fait partie de vos
recommandations, c'est d'avoir nos policiers dans nos écoles. Ça fait partie
des interventions que vous recommandez à votre collègue le ministre de
l'Éducation. C'est ça que j'ai compris?
M. Bonnardel : Bien, ça, c'en
est une. Ça, c'en est une immensément importante. J'oubliais de vous
mentionner, là, que, voilà à peine un an déjà, là, on a mis en place une équipe
multidisciplinaire à la hauteur... à la hauteur de, bien, 4 millions, 4
millions de dollars sur trois ans, là, pour former une équipe
d'intervention dans les écoles. Donc, il y a ça, il y a les PRES, il y a
l'intervention semaine après semaine, puis j'inclurais même là-dedans les
travailleurs sociaux. Les travailleurs sociaux...
• (16 h 40) •
Mme Maccarone : ...avez fait
des études par rapport à l'impact d'avoir des policiers dans nos écoles? Vous le
savez sans doute, je suis une ancienne présidente d'une commission scolaire,
ancienne présidente d'une province pour plusieurs commissions scolaires, puis
ça fait longtemps... Depuis que c'est une discussion que nous avons au sein du
réseau scolaire, il y a des inquiétudes, ça fait que... Est-ce que vous basez
cette décision sur des études qui parlent de l'impact positif d'avoir des
policiers dans nos écoles? Parce que vous savez sans doute qu'il y a aussi
l'autre pensée qui dise : Bien, dans le fond, ce n'est pas de la
répression... ça va engendrer des élèves qui vont avoir du peur, qui vont avoir
un manque de confiance, qui vont se sentir visés. C'est des inquiétudes.
M. Bonnardel : Bien, vous
savez...
Mme Maccarone : Ça fait que,
vous, vous avez...
M. Bonnardel : Je n'ai pas
d'étude à vous sortir là...
Mme Maccarone : OK, pas
d'étude.
M. Bonnardel : ...mais je
pense que l'expérience terrain que plusieurs d'entre nous vivent semaine après
semaine, mois après mois, avec leur corps de police, les différentes écoles...
Ils sont là depuis des années, là. Ce n'est pas parce que je suis arrivé du
jour au lendemain que la Sûreté du Québec s'est dit : Tiens, on va en
faire plus. Ils le font déjà. Pour moi, c'était de m'assurer qu'ils ne
l'oublient pas puis qu'ils remettent en marche les programmes PRES, que les
équipes multidisciplinaires qu'on a formées l'année passée sont <parties
prenantes, mais...
M. Bonnardel :
...l'année
passée sont >parties prenantes, mais, vous savez, ils le savent, là.
C'est des gens expérimentés qui doivent faire un travail qui n'est pas
nécessairement simple, parce que parler à un tout-petit de six ans, parler à un
tout-petit de 11 ans versus celui de 14 ans, pas la même chose, mais,
de leur faire comprendre c'est quoi, de la violence, aussi niaiseux que de la
violence à la maison ou de la violence conjugale, il faut que les... vous le
savez, là, il faut faire comprendre à ces jeunes que ce n'est pas acceptable
qu'il y ait une bataille à la maison entre les parents. Bon, je ne vais pas
plus loin, mais c'est ça.
Mme Maccarone : Mon but,
c'est de mieux comprendre la base des décisions qui sont prises, de s'assurer
qu'elles sont vraiment basées sur de la recherche pour assurer... Je ne dis pas
que les décisions que vous prenez ne sont pas bonnes. Ce que je souhaite
savoir, c'est s'ils sont basés sur de la recherche puis, vraiment, des
statistiques pour mieux comprendre les décisions qui seront prises en ce qui
concerne... parce que, comme vous savez, encore, je vais répéter, on a fait une
demande d'avoir une étude, un mandat d'initiative pour mieux comprendre... pour
entendre les centres de services scolaires, les commissions scolaires, les
corps policiers, les comités de parents, les élèves eux-mêmes, pour trouver des
solutions ensemble, en partenariat, mais malheureusement ça a été refusé.
Ça fait que, si le gouvernement a l'intention
d'agir en ce qui concerne cette problématique qui est très grave, dont nous
sommes tous préoccupés... je souhaitais savoir c'est basé sur quoi, de
s'assurer qu'il y a quand même des recherches probantes avant de prendre une
décision. Ça fait que... parce que ce n'est pas la seule place où on voit très
courtement...
M. Bonnardel : 30 secondes...
Mme Maccarone : 30 secondes.
M.
Bonnardel
:
...pour vous dire qu'il y a un cadre de référence sur la présence policière qui
existe. On est en train de le mettre à jour avec, si vous voulez prendre note,
les différents partenaires : nous-mêmes, le MSP, le ministère de
l'Éducation, le ministre de la Justice, le ministère de la Santé et plusieurs
corps de police. Donc, on est en train de mettre à jour ce cadre de référence.
Donc, comme je vous le mentionnais, les policiers... pardon?
Mme Maccarone : Avec le
réseau scolaire?
M. Bonnardel : Bien, c'est un
partenaire. Oui, oui, c'est un partenaire qui est non négligeable là-dedans.
Mme Maccarone : Et les élèves,
et les parents, ça va être important.
M.
Bonnardel
:
Oui, c'est ça.
Mme Maccarone : OK. Pour
rester sur le sujet de violence, on a entendu Fady Dagher, qui nous a dit que
ça va être un été chaud à Montréal. Vous êtes sans doute préoccupé. Je suis
préoccupée. Mes enfants, ils circulent partout à Montréal, puis j'ai peur pour
eux. Ils ne prennent plus le métro, ça, c'est fini, parce que les inquiétudes
sont là, puis ce n'est pas parce que les gens ne font pas leur travail.
Je veux quand même parler en ce qui
concerne les imprimantes 3D qui impriment les fusils. On est rendus à
l'année 2023. On sait que c'est quelque chose qui arrive de plus en plus
fréquemment, et, dans les cahiers de crédits, on a fait une demande de savoir
s'il y avait des travaux, des études, des recherches au sujet des imprimantes
3D qui servent à imprimer des armes à feu. À Amazon, on peut acheter toutes
sortes d'affaires. Puis la réponse dans les cahiers, c'était aucun, aucun
travaux, aucune recherche, aucune étude en ce qui concerne ceci. Puis, quand on
est allés encore plus loin pour... parce qu'on souhaite, évidemment, éviter de
la violence liée aux armes imprimées avec le 3D, puis la réponse que nous avons
eue dans les cahiers, c'est : La question n'est pas pertinente à l'étude
des crédits. Pourquoi ce n'est pas un enjeu pour vous, à votre ministère?
M. Bonnardel : Bien, c'est un
enjeu. Ce sont... C'est un des sujets qui étaient importants lors de nos rencontres
fédérales-provinciales et territoires avec les différents partenaires de la
justice et de la sécurité publique. Ce sont des discussions qui ont eu lieu
avec le ministre Mendicino. On est au travail là-dessus. Maintenant, vous
comprendrez que... pas que c'est tout nouveau, mais l'approche 3D et création
d'armes avec ces imprimantes-là doit être bien... doit être bien étudiée. Nos
différents partenaires sont conscientisés, autant du côté de la GRC que... nécessairement,
Mme Beausoleil aura un commentaire à vous dire après moi.
Donc, on est conscientisés, là, du côté du
fédéral, de notre côté aussi. Bon, je ne vais pas élaborer sur l'ensemble des
mesures, vous les connaissez déjà. Puis je vous dirais que, la police de
Montréal, on est en constante communication avec eux pour s'assurer des
besoins. Je déposerai les outils, si vous me le permettez, tantôt... mais les
outils additionnels qu'on leur donne, et l'accompagnement qu'on donne à
Montréal, qu'on donne à Laval, à tous les autres corps de police, qui voient
des situations qui pourraient se dégrader en termes d'armes à feu.
Donc, j'arrête ça là. Je laisse
Mme Beausoleil...
Mme Maccarone : ...réponse
que nous avons eue dans les cahiers de crédits, que ce n'est pas pertinent, ce
n'est pas le cas. On va quand même travailler sur ceci. Est-ce que vous pouvez
me dire combien d'armes 3D ont été saisies l'année dernière? Est-ce qu'on a au
moins cette statistique?
M. Bonnardel : Je n'ai pas ce
chiffre, mais je peux laisser Mme Beausoleil <vous exposer...
M. Bonnardel :
...je
peux laisser Mme Beausoleil >vous exposer...
Mme Beausoleil (Johanne) : Oui,
merci. On n'isole effectivement pas les chiffres seulement du 3D. Par contre,
dans l'opération CENTAURE, on saisit énormément d'armes, mais ce que je peux
vous dire, c'est que, dans les sites qu'on a démantelés dans la dernière année,
on en a saisi 11. Ça fait que c'est quand même encore assez marginal, mais ce
n'est pas parce que c'est marginal qu'on ne s'en occupe pas.
Donc, on est en train de regarder plein de
mesures puis, comme M. le ministre le dit, on participe aux travaux aussi avec
nos collègues des corps de police municipaux, mais aussi beaucoup la GRC, parce
que CENTAURE, c'est aussi beaucoup pour l'importation de certaines pièces aussi
qui ne sont pas...
Mme Maccarone : Ça fait que
je suis contente de vous entendre là-dessus, parce que je comprends que,
peut-être, on peut constater qu'on n'en a pas autant que les autres armes à feu
ou des pistolets qu'on peut voir, qui sont plutôt typiques aujourd'hui, mais on
ne veut pas attendre que ça devient un problème, parce que c'est très
accessible, puis c'est ça, la problématique que je voulais soulever.
Alors, l'autre question que j'avais pour
M. le ministre : Est-ce qu'il y a une campagne de sensibilisation auprès
de la population pour qu'ils comprennent la situation en ce qui concerne les
armes à feu 3D, pour assurer que les gens comprennent que c'est illégal,
c'est dangereux, puis de s'assurer que ça ne devient pas un problème plus tard?
M. Bonnardel : Bien, il est
certain qu'on se doit d'attaquer cet aspect qui est non... qui est non
négligeable. On travaille avec le Laboratoire de sciences judiciaires là-dessus
aussi. Comme je l'ai mentionné, il y a plusieurs partenaires. C'est, pour moi,
un enjeu qui est probant, là, qui est probant et sur lequel on doit s'attaquer.
Il y a les armes 3D, il y a aussi...
Puis je fais un petit préambule de
30 secondes pour vous dire... Pour votre gouverne, je suis très fier qu'on
ait mis en place, au mois de janvier dernier, le centre de dépistage, de
traçabilité des armes que la Sûreté du Québec a mis en place. Donc, en date...
en l'espace d'à peine trois mois, c'est 383 armes à feu qui ont été
soumises au centre québécois de dépistage des armes à feu, puis c'est une
équipe qui est composée vraiment de plusieurs, plusieurs partenaires, là. On a
le SPVM là-dedans. On a l'Agence des services frontaliers du Canada. On a le bureau
de contrôle des armes à feu, explosifs. On a des membres de deux agences
américaines, le Bureau of Alcohol, Tobacco and Firearms, puis on a le Homeland
Security Investigations. Donc, voilà.
Mme Maccarone : Je vous
interromps, parce qu'il me reste du temps juste peut-être pour une question
très rapide à la fin de notre échange. On sait qu'il y a une augmentation
importante de violence dans la province. On sait que, probablement, c'est parce
que c'est de la violence non organisée qui arrive partout, n'importe où,
n'importe quand, et on sait aussi... Dans le budget, le gouvernement a annoncé
52 millions pour bonifier l'axe de prévention de la lutte contre les armes
à feu, mais, dans les crédits, les renseignements particuliers du ministère, on
apprend que les 2 millions prévus cette année n'ont pas été totalement
investis. Il reste quand même 300 000 $ à dépenser. Pourquoi?
M. Bonnardel : Excusez-moi, pouvez-vous
répéter la question? Sur quel aspect du programme qui n'est pas dépensé...
Mme Maccarone : L'axe de
prévention de lutte contre les armes à feu, il y a quand même un
2 millions qui était prévu, mais il y a un 300 000 $ qui n'a pas
été dépensé.
M. Bonnardel : Je vais aller
vous chercher la réponse pour ce 300 000 $.
Mme Maccarone : Bon,
j'attends la réponse à ça puis les... Parfait. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :...faire le suivi, M. le
ministre, avec la commission. Alors, le député de Rousseau, pour 10 min
36 s, s'il vous plaît.
M. Thouin : Merci, M. le
Président. D'abord, heureux de participer à cet important exercice d'étude de
crédits budgétaires avec le ministère de la Sécurité publique. Salutations aux
collègues de tous les partis présents, M. le ministre, ainsi que tous les gens
qui vous accompagnent aujourd'hui.
• (16 h 50) •
Moi, je veux parler du projet de loi
n° 14, le collègue en a parlé un petit peu tantôt, qui a été déposé par le
ministre de la Sécurité publique récemment. De nombreuses modifications
législatives concernent les services correctionnels. En fait, même, de ces
modifications, la quasi-totalité concerne la Commission québécoise des
libérations conditionnelles. On dit notamment que, dorénavant, les décisions
rendues par la commission seront de nature publique. Ça m'intéresse d'en savoir
davantage, évidemment.
Donc, si vous le voulez bien, M. le
ministre, ce que je vous propose, c'est une petite pause pour vous, et, avec le
consentement des collègues, moi, j'aimerais ça entendre le président de la commission
des libérations conditionnelles sur le projet de loi n° 14. En fait, j'aurais
des petites questions, si vous êtes d'accord.
M. Bonnardel : ...que M.
Sultan a hâte de vous expliquer ça, parce que, dans ce projet-là, pour moi, il
était... Il y a des éléments de transparence qui étaient importants à donner à cette
commission pour être capables de donner aux Québécois l'information sur les
décisions qui ne sont pas toujours... pas toujours simples, et, dans ce cas-ci,
on parle de gens qui demandent une libération pour x raisons, puis là-dessus,
bien, d'être capables d'être transparents puis donner l'information
additionnelle à la population, c'est un aspect, pour moi, qui était... qui est
important dans ce projet de loi. Donc, je vais laisser M. Sultan vous <énumérer
sûrement des points additionnels qu'il maîtrise...
M. Bonnardel :
...M.
Sultan vous >énumérer sûrement des points additionnels qu'il maîtrise.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y aurait
consentement? Consentement. Donc, je vous inviterais d'abord à vous présenter,
s'il vous plaît. Merci.
M. Sultan (David) : Oui, bonjour.
David Sultan, président de la Commission québécoise des libérations
conditionnelles.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Donc, M. le député de
Rousseau.
M. Thouin : ...bien, peut-être,
première question... bien, première et deuxième questions vont être ensemble,
en fait. En quoi les changements législatifs proposés vont augmenter
l'efficacité, d'abord, de la commission? Puis, par le fait même, bien,
qu'est-ce... comment ça va favoriser davantage la protection du public?
M. Sultan (David) : Je vous
remercie, M. le député, de la question. Je vous remercie, M. le ministre, de me
permettre de dire quelques mots sur le projet de loi n° 14, qui, à mon sens,
est un projet de loi important pour la Commission québécoise des libérations
conditionnelles.
En fait, c'est un projet de loi qui, au
premier chef, vient toucher la transparence décisionnelle, donc la confiance du
public envers le système de justice. Vous savez aussi bien que moi que toute
décision qui n'est pas rendue publique peut être interprétée, et donc
l'interprétation peut porter à d'autres interprétations qui font qu'une
décision est mal comprise, qu'un processus est mal compris.
Alors, je pense qu'on parle beaucoup de
publicité des décisions depuis des années. D'ailleurs, le rapport Corbo, en
2001, en parlait déjà, d'une meilleure transparence du processus décisionnel de
la commission. Pourquoi? Pour permettre au public de bien comprendre le sens
d'une décision que prend une instance décisionnelle comme la Commission
québécoise des libérations conditionnelles, qui fait d'ailleurs partie du
processus de justice pénale, et, tout le long du processus de justice pénale,
la justice est publique, sauf lorsqu'on arrive aux décisions qui sont rendues
par la commission des libérations conditionnelles, et là moins on en sait, eh
bien, plus on peut épiloguer et moins on peut avoir une opinion qui soit
documentée.
Alors, l'objectif, c'est de s'assurer que
le public puisse comprendre une décision avant de pouvoir être d'accord ou être
en désaccord. Et moi, j'ai toujours dit que ce qui m'importe, c'est que les
gens comprennent pourquoi la décision a été rendue, et, après ça, on peut être d'accord
ou en désaccord avec une décision. Et l'expérience montre que, lorsqu'on prend
connaissance d'une décision, on est en mesure de la comprendre, de la digérer
et de comprendre les raisons pour lesquelles la commission a refusé une mesure
de mise en liberté sous condition ou, à la limite, a octroyé une mesure de mise
en liberté sous condition, et c'est souvent dans les octrois qu'on fait face à
certaines objections ou à certaines réticences de la part du public.
Moi, je pense, un petit peu comme le
ministre, qu'il est important que le public puisse, sans avoir à traverser
différentes étapes, avoir accès sans problème à une décision de la commission,
se faire sa tête, lire l'ensemble d'une décision, et nos décisions font quatre,
cinq ou six pages, permettent au public de comprendre les critères qui ont
guidé la décision, permettent à la victime également, et particulièrement à la
victime, de pouvoir avoir accès à la décision qui a été rendue sans avoir à
traverser toutes les étapes, entre guillemets, bureaucratiques qui feraient
qu'elle devrait attendre un certain temps avant d'en avoir connaissance.
Alors, je pense que cette ouverture est
essentielle au niveau pédagogique, d'une part, mais particulièrement au niveau
de la compréhension du public, du fait qu'une décision qui émane de la commission
des libérations conditionnelles n'est pas à la tête du client, mais respecte
les critères qui sont établis par la loi, et qui sont bien explicités dans une
décision, et qui font que la conclusion de la décision est le résultat de
l'application des critères qui sont édictés par la loi.
La commission n'est pas le législateur. La
commission applique les critères qui sont demandés par la loi, et, au premier
chef, le facteur essentiel, c'est la protection du public d'abord et avant
tout. Quand on parle de public, on parle, bien sûr, de M. et Mme Tout-le-monde,
mais on parle également et beaucoup de la victime, et la victime a le droit, en
ce qui nous concerne, de pouvoir avoir accès à une décision qui la concerne,
puisque c'est son agresseur qui a commis le délit, et comprendre un petit peu
les raisons pour lesquelles la commission prend une décision de refus ou
d'octroi.
Alors, ça, c'est la mesure principale sur
laquelle, en ce qui nous concerne, le projet de loi n° 14 est essentiel. Il y
en a d'autres. Je pourrais, si vous le voulez, M. le ministre ou M. le député,
vous expliciter un petit peu les autres, mais celle-ci est une mesure qui, à
notre sens, est essentielle. Il y a d'autres mesures qui touchent la protection
de la société, entre autres. Alors, vous savez qu'une personne peut bénéficier
d'une permission de sortie préparatoire à la libération conditionnelle au
sixième de sa peine et, par la suite, va repasser en audience à peu près au
tiers de sa peine, je vous dirais, quelques jours avant, pour se voir octroyer
ou refuser une libération conditionnelle.
Alors, la mesure qui est <prévue par
le projet de loi n° 14, c'est...
M. Sultan (David) :
...la
mesure qui est >prévue par le projet de loi n° 14, c'est qu'une
personne qui se voit refuser une libération conditionnelle alors qu'elle est
déjà en permission de sortie préparatoire à la libération conditionnelle. Cette
mesure de permission de sortie sera automatiquement... prendra automatiquement
fin, alors que, par le passé, en fait, à l'heure actuelle, la personne,
légalement, pourrait bénéficier du reliquat de temps qui lui reste. Donc, elle
sait qu'elle a été refusée, mais elle est encore dehors, ce qui causerait possiblement
un danger potentiel. Je ne dis pas que c'est un danger à l'heure actuelle, mais
potentiellement, et l'objectif, c'est de prévenir les possibilités. Et donc
c'est également une autre mesure qui est prévue au projet de loi n° 14.
Est-ce que je vais plus loin? Vous
permettez?Il y a une question d'équité procédurale également qui se
pose au projet de loi n° 14, qui a été corrigée. En fait, la loi, qui date
de 2007, prévoyait qu'une personne ne pouvait faire une demande de permission
de sortie préparatoire à la libération conditionnelle si elle s'était fait déjà
refuser ou révoquer une telle demande, mais également qu'une mesure de
cessation avait été prononcée. La mesure de cessation, c'est une mesure qui ne
concerne pas, au premier chef, la personne contrevenante.
Je vous donne un exemple. Une personne est
en permission de sortie préparatoire à la libération conditionnelle au sixième
de sa peine. Elle a été envoyée en maison de transition. La maison de
transition connaît des problématiques et doit fermer ses portes pour une raison
quelconque. La personne contrevenante n'a pas brisé ses conditions, mais on la
réincarcère parce qu'il n'y a nulle part d'autre où aller, et généralement, la commission
procède à une cessation de la mesure pour ne pas l'hypothéquer, cette
personne-là, pour ne pas qu'elle fasse face à une révocation.
Alors, nous, ce qu'on dit, c'est que la
personne contrevenante pourrait... et le projet de loi le... le projet de loi
le prévoit, que la personne contrevenante pourrait faire une nouvelle demande
de permission de sortie préparatoire à la libération conditionnelle. Donc,
c'est une simple correction à la loi actuelle, qui vise d'abord et avant tout
l'équité procédurale.
M. Thouin : J'aurais
peut-être une petite question.
M. Sultan (David) : Allez-y,
allez-y.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Rousseau,
rapidement, oui.M. le député de Rousseau, oui.
M. Thouin : Donc, peut-être
juste pour revenir, tantôt, aux décisions, là, rendues... qui sont de nature
publique, maintenant, là, pratico-pratique, là, ça va... où ça va être affiché,
ça? Comment on va voir ça? Comment les victimes ou les personnes concernées ou
intéressées, en tout cas, là, pourront aller chercher cette information-là?
M. Sultan (David) : Merci de
la question. Si vous le permettez, juste un petit mot par rapport aux chiffres.
On a... l'année dernière, 2021‑2022, on a rendu 3 500 décisions,
et seulement 294 décisions ont été... je ne dirais pas publiées, ont été
accessibles à la suite d'une demande d'accès.
Alors, l'objectif, c'est de pouvoir, à
travers, pour le moment, notre site Internet, permettre aux personnes qui sont
intéressées d'aller consulter les décisions, et on va évoluer tranquillement,
parce que c'est quand même tout un changement, qui est lourd et important, qui
va nécessiter énormément de travail, mais on se dirigera tranquillement vers
peut-être d'autres canaux qui permettront de rendre encore plus accessibles ces
décisions-là.
• (17 heures) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis, s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. M. le ministre, je souhaite parler... la lutte contre les drogues du
viol. On a déjà entendu les échanges au salon bleu. On sait que c'est un fléau.
Vous avez catégorisé les personnes qui l'utilisent comme des lâches, 100 %
d'accord avec vous. C'est un fléau qui menace la sécurité de nos jeunes, surtout
avec l'été qui s'en vient. On sait qu'on va avoir de plus en plus de jeunes qui
vont sortir dans les bars. Les organismes, les médias, les gens, les jeunes
rapportent des difficultés d'accès au test de dépistage dans plusieurs cas de
suspicion d'intoxication involontaire aux drogues de viol. J'ai entendu des
histoires à glacer le sang dans mon bureau de comté, des jeunes qui sont venus
me parler puis... de leur histoire.
Je comprends que le ministre a annoncé son
projet pilote avec le SPVM et Éduc'alcool, Check ton verre, puis on a... de
distribuer à peu près 10 000 couvre-verres, que je salue, entre
autres. Je n'ai aucun problème avec l'initiative en question. Je dirais même
que c'est un bon départ, mais le questionnement que j'ai pour vous, c'est que
ce n'est pas assez loin. Ce qu'on comprend, c'est... la majorité des cas, ce
qu'on voit, c'est... la drogue est mise dans le verre de la personne en
question avant qu'elle reçoit... Ça fait qu'on a les beaux couvre-verres qui
sont excellents. C'est très, très bon. On ne dit rien contre ça. Ça, c'est ceux
qui sont d'Alco Prévention Canada. Mais, au lieu... Puis je comprends le... Tu
sais, quand on parle aussi de le symbolisme, Check ton verre, on a entendu «check
ton chum», moi, je dirais, est-ce qu'on peut dire... Est-ce qu'on peut <checker
comme il faut...
>
17 h (version révisée)
<17911
Mme
Maccarone :
Est-ce qu'on peut >checker comme il faut? C'est
plutôt l'angle que je souhaite aborder.
Je souhaite savoir, M. le ministre, si
vous avez l'intention d'investir dans les vrais tests, les tests pour le GHB,
comme ceci, le Drink Detective, aussi fourni par Alco Prevention Canada.
Pourquoi? Parce que c'est quelque chose de mettre ça par-dessus notre verre...
oui, ça se peut que ça va éviter quelqu'un à mettre quelque chose là-dedans.
Mais on a aussi entendu que des gens se promènent avec des seringues, ils vont
pouvoir le mettre quand même dans votre paille, dans le petit trou. Mais ça, c'est
facile, ça rentre dans une sacoche, ça rentre dans la poche de mes jeans. Je
prends mon verre, je fais un test, il y a de la drogue, il n'y a pas de drogue.
En France, ils ont distribué 900 000
partout. On a vérifié les coûts, c'est 0,80 $ pour ça. Vous pourriez
mettre du marketing. On peut demander aux jeunes de faire du «branding» pour
nous. Est-ce que le ministre s'engage à faire la distribution d'un vrai test
pour savoir s'il y a du GHB dans les verres de nos jeunes? Parce que j'ai aussi
déposé, il sait sans doute, une pétition au nom de tous les étudiants de McGill
parce qu'ils sont préoccupés par... pour cet enjeu.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Bonnardel : Bien, Mme la
députée, vous amenez tellement un bon... un bon sujet. Puis j'essaie de rester
poli quand je parle de certaines personnes, pour ne pas nommer les hommes, qui
mettent des substances x dans le verre des femmes pour les agresser, pour les
violer. Je l'ai dit, ce sont des lâches. Je le répète, je ne suis pas gêné de
le dire devant les caméras. Mais, au-delà de tout ça, je me réjouis de voir
que... Je l'ai dit, c'est un premier pas. C'est un premier pas qui est
important, cette campagne mise en place grâce au travail de deux jeunes, deux
universitaires, avec Éduc'alcool, avec le SPVM, avec l'association des bars à
Montréal. Vous l'avez dit, là, c'est 10 000 de ces couvercles qui seront
disponibles pour un certain nombre... un certain nombre de bars à Montréal.
Projet pilote cet été, je souhaite de tout cœur qu'on soit capable d'établir ce
projet pilote partout, partout, partout au Québec, dans les prochains mois.
Mme Maccarone : ...seulement
pour les couvre-verres? On n'aura pas, mettons, les tests, on n'aura pas des
bracelets, qui sont aussi très faciles... Parce que, comme je l'ai dit, mon
inquiétude, ce n'est pas parce que ce n'est pas bon, c'est juste, ce n'est
vraiment pas assez. Ce n'est pas comme ça qu'on va vraiment protéger nos gens.
M. Bonnardel : Je continue.
Quand je dis que ça, c'est un premier pas, c'est un vrai premier pas, mais ce n'est
pas l'ensemble de l'oeuvre. Ce n'est pas l'ensemble de ce que je souhaite mettre
à la disposition des femmes, des gens qui sont victimes de ces personnes.
Là-dessus, il y a un travail important à
faire, là, entre... oui, la fiabilité de ces tests. On travaille avec le
ministère de la Santé. Je peux vous donner une statistique, juste pour votre
gouverne, là. Le laboratoire médical a évalué, travaillé, reçu... bien, reçoit
annuellement 1 000 trousses médicolégales, là, les trousses, là, qui
sont disponibles, là, quand on va à l'hôpital. Malheureusement, 96 % de
ces infractions sont à caractère sexuel à l'égard de victimes de sexe féminin.
80 % des trousses médicolégales que le laboratoire étudie contenaient au
moins une substance, et même si le délai de prélèvement peut aller jusqu'à cinq
jours après l'événement. Donc, 50 % des trousses médicolégales qui sont
reçues au laboratoire concernent des victimes âgées de 13 à 24 ans.
J'arrête ça là en vous disant que, pour
moi, il y a des tests de fiabilité à faire avec ces outils. C'en est, des
outils qui sont importants, j'en conviens, mais, comme je l'ai mentionné, là,
pour moi, c'était un premier pas pour établir un plan plus... un plan de match
plus concret encore pour être capable d'accompagner 96 % de ces femmes
qui, malheureusement, dans un âge de 13 à 24 ans, là... on donne un portrait
assez juste, là, de ces femmes qui subissent des agressions suite à des
intoxications. Donc, donnez-nous... soyez encore un peu patients, patientes,
tout le monde. Je sais...
Mme Maccarone : Bien, ça ne
fait pas partie de mes vertus...
M. Bonnardel : Bien, moi non
plus. Moi non plus, mais...
Mme Maccarone : ...je suis
désolée, mais, je dirais, c'est urgent, évidemment, parce que, comme je l'ai
dit d'emblée, l'été s'en vient. Si on a un projet pilote pour les
couvre-verres, je souhaiterais voir un projet pilote aussi pour les tests. 10 000,
c'est un bon départ, mais 10 000 sur un projet pilote, c'est très peu. Ça
fait qu'en espérant qu'on va pouvoir poursuivre avec un vrai plan puis un
investissement, parce que, si on dit que, ça, ça coûte 0,80 $, puis si on
achète en masse, 1 million, mettons, peut-être, ça va coûter
500 000 $... bien, 500 000 $, ce n'est rien <pour
protéger...
Mme Maccarone :
...bien,
500 000 $, ce n'est rien >pour protéger la population de nos
jeunes, hein, puis il faut agir rapidement. Et la raison que je dis ça... parce
qu'on a parlé des statistiques, mais le nombre d'infractions sexuelles
enregistrées par les corps policiers, puis ça, ça fait partie des cahiers des
crédits, les questions que nous avons posées, la question 52 des
renseignements particuliers, on a vu une augmentation de 20 % du nombre
d'agressions sexuelles en un an, malgré tous les efforts suite à la commission
spéciale.
Ça fait que j'ai quand même des questions
en ce qui concerne l'été en plus, non seulement en ce qui concerne la façon que
nous allons protéger nos jeunes, mais comme, par exemple, avec Airbnb et
l'exploitation sexuelle. On sait qu'Airbnb, c'est une mine d'or pour les gangs.
Ce qu'ils font, c'est qu'ils vont déplacer leurs proies sexuelles d'une ville à
l'autre, que ce soit Montréal, Toronto, Vancouver, ils vont... pour briser ces
femmes. Ils vont les éloigner de leurs proches et leurs familles, souvent, à
bord des véhicules loués et luxueux, payés par le fruit de leur travail, de
leurs victimes. Puis là on parle de la traite des femmes, des filles, des
personnes de diverses identités de genre. Je ne sais pas si le ministre avait
entendu le balado Sugar baby par Marie-Eve Proulx. Pour les gens qui ne
l'ont pas entendu, allez écouter, c'est percutant, c'est fascinant, c'est
intéressant. Toutes les jeunes filles devront écouter ce balado pour comprendre
comment qu'elles sont toutes à risque.
Quelles mesures seront mises en place, en
ce qui concerne les Airbnb, pour protéger nos jeunes filles? Parce qu'on parle
de mineures, la grande partie du temps, en ce qui concerne Airbnb puis
l'exploitation sexuelle.
M. Bonnardel : C'est
peut-être difficile pour moi, là, de vous répondre spécifiquement pour Airbnb,
parce que vous comprenez que ce n'est pas ma cour à moi. Mais au delà de ne pas
être dans ma cour, je veux juste vous prendre deux minutes pour vous parler de
l'équipe intégrée de la lutte contre le proxénétisme, des hommes et des femmes
que j'ai rencontrés dans les dernières semaines, les derniers mois, qui m'ont
dit : François, on est... Premièrement, j'ai vu des gars et des filles,
des hommes et des femmes, des policières, des policiers tellement, tellement
engagés dans différents corps, qui ont... à qui on doit donner... puis
là-dessus, là-dessus, on n'arrêtera jamais, jamais de financer cette équipe.
J'ai vu des... Bien, on voit des résultats, et la situation avec les Airbnb,
ils le savent, ils le voient, ils le mesurent. Ils la connaissent, cette
situation avec les Airbnb.
Puis je veux juste vous dire, cette équipe
intégrée, là, des différents corps de police, là, travaille main dans la main
pour lutter contre le proxénétisme, s'assurer de mettre en dedans, ces...
majoritairement, ces hommes qui gâchent la vie de femmes.
• (17 h 10) •
Mme Maccarone : Évidemment,
je comprends, puis je comprends que c'est difficile de répondre, mais M. le
ministre me permettra de renchérir un peu là-dessus parce qu'on sait que c'est
quand même la place, l'enjeu... c'est très important, pendant que nous sommes
en train de penser à comment nous allons réformer, catégoriser, assurer que la
population soit mieux protégée en ce qui concerne les Airbnb. Moi, je m'attends,
comme citoyenne, comme mère, qu'on ait des mesures de protection pour assurer
que nos jeunes filles ne tomberont pas dans un trou dans les Airbnb, parce
qu'on n'a pas des mesures de surveillance, parce qu'on n'a pas de la
protection, parce que n'importe qui peut louer leur deuxième domicile à
n'importe qui. Fait qu'en espérant qu'il y aura des sauvegardes sur le site
Web, sur la façon que les personnes vont être autorisées pour offrir des
Airbnb, pour éviter tout ça puis qu'il y aura aussi des enquêtes... Je suis
inquiète.
Même chose pour la formule 1, M. le
ministre. Le Grand Prix, c'est demain, ça s'en vient. On sait que ça aussi,
l'industrie du tourisme, les grands événements sportifs, ça s'en vient, puis on
sait que c'est aussi une mine d'or pour les gangs de vendre les jeunes femmes.
Parce que c'est ça qu'ils font. Il y a de la publicité, vous pouvez commander
la fille que vous souhaitez. Encore une fois, l'exploitation sexuelle des
mineurs, des jeunes... Le gouvernement a réalisé une campagne nationale de
sensibilisation qui était diffusée l'année passée, le 28 février au
10 avril, mais en ce qui concerne, mettons, les affiches de manière
visible pour coordonner, pour rapporter un crime d'exploitation sexuelle des
mineurs... puis surtout, quand on parle de la formule 1 puis le Grand
Prix, bien, il n'y a rien qui a été imposé. Il n'y a aucune affiche dans les
endroits mentionnés, dans les... dans la recommandation 25 de le rapport
qui a été déposé <par la commission spéciale...
Mme Maccarone :
...dans
la recommandation 25 de le rapport qui a été déposé >par la
commission spéciale. Ça fait que, est-ce que la recommandation a été complétée?
Est-ce qu'on s'attend à avoir des affiches cette année pour que tous les
commerçants comprennent que c'est illégal, puis il y aura des sanctions, que ce
soit pénales ou criminelles?
M. Bonnardel : On a des
discussions avec le cabinet du ministère du Tourisme, Mme la députée. Si vous
me le permettez, je vais vous exposer un petit peu ce qui va se passer, le topo
pour répondre, juste à la F1, là.
Dans la semaine du 1er mai ou... au
16 juin, l'équipe intégrée de la lutte pour le proxénétisme, je vous l'ai
mentionné tantôt, est sur le terrain. Ils vont, elles vont rencontrer des
personnes vulnérables et les sensibiliser. Du 15 juin au 16 juin, il
y a des agents du SPVM qui vont effectuer des séances de sensibilisation auprès
des hôteliers de la région de Montréal, nécessairement en lien avec l'exploitation
sexuelle. Puis là, ça, ça fait partie aussi des mesures qu'on devait mettre en
place, 34 mesures sur les 37 qui sont déjà complétées et campagnes de
sensibilisation. Les sommes qu'on a mises sur la table, le 150 millions
sur ces mesures spécifiques... et, par la suite, donc, du 1er mai au
19 juin, le SPVM a été mandaté aussi afin de faire de la prévention dans
les aires d'attente des chauffeurs de taxi, certains hôtels, les messages clés
de détection.
Donc, on est conscients, les opérations,
et tout ça... et on est conscients, là, que, quand la F1 arrive, que ça peut
être beaucoup plus compliqué et difficile. Il y a des jeunes filles, jeunes
femmes, qui peuvent être très vulnérables face à l'arrivée de plusieurs,
plusieurs, plusieurs touristes du monde entier. On est conscientisés de ça. On
va mettre tous les efforts, puis, je vous le dis, cette équipe intégrée fait le
travail. Ils sont... Oui.
Mme Maccarone : Parce que
c'est demain, c'est le 15 et le 16 juin...
M. Bonnardel : Non, je le
sais, mais on est prêts. On est prêts, Mme la députée.
Mme Maccarone : ...ça fait
qu'en espérant que tout sera en place avant, incluant les affiches. C'est un
peu tard pour imprimer toutes les affiches. Alors, j'espère que tout est prévu
pour ceci.
C'est la même question, dans le fond, que
je vous poserais, mais en lien avec la recommandation 9 de le comité
spécial. Parce que la recommandation 9 que, dans les cahiers des crédits,
on a compris, est non réalisée, puis on a entendu que... à cause de COVID. Mais
là, COVID, là... it's a long time since COVID. Ça fait que comment ça se fait
que ça n'a pas été réalisé? Puis là on parle de toute la publicité, tout ce qui
devrait être affiché par le gouvernement fédéral, en concertation avec le
gouvernement provincial, dans nos aéroports, dans nos sorties, etc. Ça fait
que, est-ce que ça, ce sera bientôt réalisé aussi? Parce qu'on sait qu'encore
une fois, l'été, Tourisme Montréal... ça s'en vient, une mine d'or pour les
gangs.
M. Bonnardel : Je n'ai pas la
réponse exacte des différents partenaires pour répondre à votre question. Si
vous me le permettez, là, je vais aller chercher la réponse à cette
recommandation 9...
Mme Maccarone : ...pour vous,
pendant que vous faites votre recherche.
M. Bonnardel : ...mais c'est
ça, d'habitude, j'ai les réponses assez rapidement. Donc, je devrais être bon
pour vous donner ça d'ici la fin.
Mme Maccarone : Pendant que
votre équipe fait une recherche, je souhaite aussi savoir en ce qui en a...
pour les centres de jeunesse et l'exploitation sexuelle, la mixité des
clientèles. Ça faisait partie des recommandations du commission spéciale, mais
ça ne fait pas partie de les recommandations qui ont été gardées dans le plan
d'action. Puis je souhaite savoir pourquoi, parce que la commission, dans le
fond, ils ont recommandé... ils recommandaient... Ils ont été très fermes au
gouvernement d'interdire la mixité des clientèles aux centres pour protéger les
victimes d'exploitation et les jeunes vulnérables. Alors, pourquoi cette
recommandation n'a pas été retenue dans le plan d'action?
M. Bonnardel : ...numéro de
recommandation, ça, madame...
Mme Maccarone : De
recommandation, le numéro... Je n'ai pas le numéro de recommandation... Ah!
oui, c'est le 26.
M. Bonnardel : On va aller
chercher, là. Vous me dites, donc, la question, c'était...
Mme Maccarone : C'est le
centre jeunesse et l'exploitation sexuelle, la mixité des clientèles en centre
jeunesse. Ça faisait partie des recommandations de la commission, mais le
gouvernement n'a pas pris en compte la recommandation dans son plan d'action.
Puis ça, c'était pour garder quand même... d'éviter les mixités entre les
clientèles.
M. Bonnardel : De garder une
mixité... de ne pas garder la...
Mme Maccarone : D'éviter,
d'éviter.
M. Bonnardel : ...d'éviter la
mixité, pardon, donc, de ces clientèles. Je vais aller vous chercher cette
réponse aussi, Mme la députée, là. Je n'ai pas ça devant moi.
Mme Maccarone : OK. Ça fait que,
pour ces deux réponses, même si c'est après, M. le Président...
M. Bonnardel : Oui, oui, on
va vous les renvoyer... au président de la commission.
Mme Maccarone : ...je serais
prête à accepter une réponse écrite, si on n'a pas le temps, parce que je sais
qu'on a très peu de temps dans nos blocs. Je souhaite aussi savoir, M. le
ministre, en ce qui concerne les caméras portatives, où sommes-nous rendus à...
On a entendu tous les corps de policiers... Il a confondu son cours, il
souhaite poursuivre. Il y a le suivi du rapport qui était...
Est-ce qu'il y a un suivi du rapport qui a
été déposé <le 2 décembre...
Mme Maccarone :
Est-ce
qu'il y a un suivi du rapport qui a été déposé >le 2 décembre?
Est-ce qu'il y a un plan de déploiement? Est-ce que le matériel a été choisi?
Avez-vous les sommes nécessaires, mises de côté dans le budget, pour poursuivre
avec ceci? C'est la protection de la société civile, mais c'est aussi la
protection de nos corps policiers. En fait, est-ce qu'il y a quand même un
suivi? Ça fait... toutes ces questions, mais aussi de savoir, dans vos
réponses, parce que je pense qu'il me reste très peu de temps, est-ce qu'il y a
une valeur juridique? Est-ce que nous avons des préoccupations en ce qui
concerne ceci? C'est qui qui va écouter les bandes vidéo? Quel est le plan
d'action pour ceci?
M. Bonnardel : Bien, il y a
un travail qui a déjà été entamé par la Sûreté du Québec. Il y a des projets
pilotes dans quatre régions, que vous savez, j'imagine, déjà, qui ont été mis
en place. Il y a un rapport qui a été défini, déposé par la Sûreté. On continue
d'utiliser, si je ne me trompe pas, à Val-d'Or... ou il y a un endroit, je
pense, qu'on continue d'utiliser ces caméras. Mais au-delà de tout ça, il est
important, puis on a eu des discussions, puis le ministère a des discussions
avec les différents partenaires des corps de police pour définir les balises
comme telles, le cadre de référence, ou les outils technologiques que ces
policiers pourraient... pourront utiliser dans le futur.
Donc, on est à finaliser tout ça, pour
être capables de définir, de définir de quelle façon ce cadre sera... ce cadre
de référence sera écrit pour, par la suite, le mettre en application et
permettre aux différents corps de police de l'utiliser ou non, s'ils le
souhaitent.
Mme Maccarone : ...mois?
M. Bonnardel : Ça va être
fait dans les prochains mois.
Mme Maccarone : OK. Il me
reste combien de temps?
Le Président (M.
Bachand) :...secondes.
Mme Maccarone : Bien,
reconnaissance faciale et il y a biométrie... Est-ce qu'il y a une limite de la
façon que nous devons l'utiliser?
M. Bonnardel : Excusez-moi...
Mme Maccarone : La
reconnaissance faciale et la biométrie, on sait que c'est un outil. Est-ce
qu'il y a des limites de la façon que nous devons l'utiliser?
M. Bonnardel : Bien, écoutez,
c'est un sujet qui est important, on le voit, là, dans différents pays. Vous
parlez, j'imagine, pour les policiers?
Mme Maccarone : Oui.
M.
Bonnardel
: Là-dessus,
c'est à étudier en même temps que nous évaluerons la volonté ou non d'aller
plus loin, là, pour ce cadre de référence des caméras et autres, là.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
Laurier-Dorion, pour 12 min 13 s, s'il vous plaît.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. M. le ministre, on le sait, l'année passée, l'été dernier, il y a
eu, comment dire, une poussée assez marquée de la violence armée chez les
jeunes, en particulier à Montréal. Suite à cela, vous avez annoncé d'importants
investissements afin de faire... de lutter contre cette violence armée. Tout
d'abord, j'aimerais savoir, là, combien vous avez et quel budget vous avez
investi dans tout l'aspect répression de cette violence armée et dans... versus
l'argent investi dans le volet prévention de cette violence.
• (17 h 20) •
M. Bonnardel : Bien, c'est
une bonne question, M. le député. Je vous remercie. Ça a été... lors de ma
rencontre, ma première rencontre, avec le premier ministre, quand j'ai été
nommé, la première chose qu'il m'a dite : François, tu dois t'attaquer...
tu as donné tous les outils, travailler de concert avec le SPVM et tous les
corps de police qui en font la demande pour contrer cette violence armée.
Et le premier réflexe que j'ai à
répondre... que j'ai pour répondre à votre question, c'est ce fameux équilibre
aussi à trouver entre la prévention et la répression. Qu'est-ce qu'on a fait,
voilà à peine huit mois déjà, quand on a annoncé 250 millions de
dollars pour contrer la violence armée à Montréal? Il y en a 225 qui allaient
directement à la police pour 225 policiers additionnels, mais aussi un 25 millions
pour des travailleurs sociaux, des travailleurs sociaux qui sont... 25 millions
pour des travailleurs sociaux, donc, jusqu'à une cinquantaine de travailleurs
sociaux. Puis c'est ce que je vous disais tantôt, ça, c'est la portion ville de
Montréal. Il y a aussi du financement pour la santé mentale, donc, de
travailleurs qui sont payés par le ministère de la Santé et des Services
sociaux. Donc, c'est une portion pour Montréal qui est archi-importante. Je
l'ai mentionné d'entrée de jeu, la prévention, pour moi, est aussi importante
que la répression.
Puis je pense que M. Dagher, le chef, le
nouveau chef... le nouveau directeur de la ville de Montréal est au même
endroit que moi. Et là-dessus je pense que toute future annonce aussi doit...
on doit s'ajuster pour être capable de répondre, de répondre à ces deux besoins
essentiels. Dans le dernier budget, on avait une somme de 50 millions
additionnels qui nous a été octroyée par le ministre des Finances, qui seront
répartis, annoncés dans les prochaines semaines. Je peux juste vous dire une
chose, il y a une portion aussi qui va répondre de cette somme pour Laval,
parce que Laval vit aussi... vous connaissez, Laval vit aussi certains épisodes
de violence non négligeables, là, sur son territoire. Donc, il y a deux
secteurs, pour moi, là, qui sont... sur lesquels on a un visuel constant, là,
c'est Montréal et Laval, <depuis des mois...
M. Bonnardel :
...sur
lesquels on a un visuel constant, là, c'est Montréal et Laval, >depuis
des mois.
M. Fontecilla : Vous avez dit
225 millions pour l'aspect... pour le corps policier, je suppose, pour la
répression, différents types d'opération, dont CENTAURE, mais je n'ai pas
compris combien d'argent vous avez investi en prévention, là. Vous avez parlé
des TS, est-ce que ça fait partie des 225? Moi, je voudrais deux chiffres,
globalement : Combien d'argent en répression, combien d'argent en
prévention?
M. Bonnardel : Donc, c'est
225 millions qui vont pour la répression, pour les policiers, il y en a 25
qui vont en prévention. La ville de Montréal va mettre aussi... elle va
injecter un 25 millions additionnels pour avoir elle aussi... donc, pour
combiner, là, trouver une force de frappe, équipe mixte, si on peut... si je
peux le rappeler, le redire ainsi, donc. Et là-dessus, bien, il y a 72 policiers
additionnels qui ont été formés, qui ont gradué voilà à peine un mois et demi.
Donc, c'est une somme additionnelle de 3 millions de dollars qu'on a
octroyée à l'École nationale de police pour former 72 policiers de plus
pour la ville de Montréal. Je le disais d'entrée de jeu, l'École nationale de
police, c'est 1 000 policiers additionnels... 1 000 aspirants
policiers additionnels qu'on souhaite former. Présentement, c'est une moyenne
d'à peu près 650.
Les attestations d'études collégiales, on
passe de... de 140 à 230, de ces attestations qui seront majoritairement
disponibles aussi pour la ville de Montréal. Donc, on donne tous les outils à
Montréal pour être capable de répondre et de rassurer sa population.
M. Fontecilla : J'aimerais
vous entendre sur la stratégie, là, que vous mettez de l'avant sur le côté...
dans le volet, je vais l'appeler répressif, là, de la violence armée, là.
Est-ce que ça passe surtout par une présence policière accrue sur le terrain,
donc, plus des patrouilleurs, là, dans les rues de Montréal, ou ça passe par
d'autres types d'opérations, par exemple, la répression de la contrebande
d'armes, opération CENTAURE? J'aimerais savoir, il est où, votre axe
stratégique.
M. Bonnardel : Bien, il est
certain... il est certain qu'on donne des sommes importantes à la ville de
Montréal pour une seule chose : voir des policiers sur le terrain. C'est
indéniable. Qu'on soit dans l'Ouest de Montréal, qu'on soit à Montréal-Nord ou
qu'on soit... peu importe où sur le territoire de la ville, pour moi, c'est de
répondre à un besoin énorme de Montréal, qui a besoin de policiers
additionnels. M. Dagher, s'il était ici, il vous le confirmerait. Alors, pour
moi, former plus de policiers pour Montréal, c'est un aspect non négligeable.
Il y en a 72, comme je vous l'ai mentionné, qui ont été formés et qui ont
gradué déjà pour Montréal, voilà à peine un mois et demi. Il y en aura d'autres
qui vont être formés par l'École nationale de police à partir de septembre
prochain.
Donc, on est sur le terrain, on a une Stratégie
québécoise de lutte contre la violence armée qui est importante. On a un aspect
de prévention qui est équivalent à 104 millions de dollars,
présentement, 138 millions de dollars pour l'aspect répression, et un axe,
là, de développement des compétences et des connaissances. Donc, ça, c'est des
sommes immensément importantes qui sont disponibles pour accompagner le travail
des policiers, pour sécuriser nos rues. Et là-dessus, bien, je pense que c'est
un équilibre non négligeable d'avoir, encore une fois, cette prévention versus
cette répression pour...
M. Fontecilla : ...au cœur de
mon intervention, ne croyez-vous pas que davantage de policiers sur les rues,
là, ça va nécessairement augmenter le niveau d'interaction avec la jeunesse
racisée en particulier, là, et augmenter la relation conflictuelle entre la
jeunesse racisée et les corps policiers, là? Est-ce que c'est la bonne méthode
à... augmenter la surveillance de la jeunesse racisée dans certains quartiers
montréalais?
M. Bonnardel : Je pense qu'il
y a un énorme travail de sensibilisation sur le terrain. Oui, je pense qu'il
est important pour les Montréalais, pour tous les Québécois, de voir des
policiers sur le terrain, surtout dans des situations où il y a des moments
plus chauds, on va le dire de cette façon. Mais, quand je parle de prévention,
je parle aussi de prévenir la criminalité par le travail de rue aussi, par ces
intervenants qui sont sur le terrain. On a mis... On a annoncé, le 1er février
dernier, là, une somme de 5 millions de dollars pour prévenir,
justement, cette criminalité par le travail de rue et partager cette enveloppe,
donc, avec des partenaires communautaires, que vous connaissez sûrement, dans
votre circonscription.
Donc, pour moi, au-delà du travail
policier, bien, le travail communautaire est archi, archi-important, autant
pour l'exploitation sexuelle que pour le travail de rue de ces différents
organismes. Donc, c'est un aspect non négligeable. C'est une combinaison des
forces de tous ces gens qui va contrer la criminalité.
M. Fontecilla : Moi, je vais
être le premier à vous inciter à investir dans les organismes communautaires,
dans la prévention, là. Et je regarde le cahier que votre ministère a fourni,
là, <il y a plusieurs...
M. Fontecilla :
Et
je regarde le cahier que votre ministère a fourni, là, >il y a plusieurs
programmes, une multitude de programmes dans l'intervention, donc, les partages
de produits issus de la criminalité, programme financement supplémentaire en
prévention de la criminalité, des programmes aux municipalités, communautés
sécuritaires, etc., là. On a de la difficulté à voir la stratégie en termes de
prévention, là.
Et la question que je vous pose, c'est :
Est-ce que vous ne croyez... Est-ce que vous croyez qu'il y a une possibilité
de dispersion de votre stratégie, là, à travers toute cette multitude de
programmes finançant la prévention, là?
M. Bonnardel : Non, je pense
qu'il y a des... il faut tenir compte des particularités de chaque région, de
chaque ville. Puis comme je l'ai mentionné tantôt, là, le Programme de
financement des organismes communautaires de travail de rue, il y a peut-être
chez vous... qui a été supporté. Il y a le Programme de Prévention jeunesse
pour prévenir la criminalité chez les jeunes. Puis c'est un peu ce travail en
amont qui est archi-important aussi pour être capable de prévenir au lieu de
guérir puis d'accompagner ces jeunes qui pourraient malheureusement aller dans
la petite criminalité. Donc, je ne pense pas qu'on s'expose trop large. Je
pense qu'on touche des secteurs, des particularités qui sont différentes pour
chaque région, chaque secteur de ville.
Puis là-dessus, les organismes... bien,
les organismes communautaires que l'on finance, je pense que je peux parler en
leur nom, là, se réjouissent de voir qu'on met les sommes conséquentes pour
être capable de les accompagner... puis autant les municipalités là-dessus, là,
qui voient une part de financement qui vient de notre part pour accompagner les
travailleurs sociaux dans les services de police.
M. Fontecilla : ...et les
organismes et les municipalités, mais je veux entendre, de votre part, la
stratégie qui est mise de l'avant, là. Mais, écoutez, il me reste très peu de
temps, là. Je vois que, dans le Programme de financement issu du partage des
produits de la criminalité, il y a toute une série de financement, autour de
50 $ pièces de subventions, qui ne sont pas distribuées, mais difficiles à
déterminer d'ici le 31 mars 2023. Qu'est-ce qui se passe avec ce...
Pourquoi ce financement n'a-t-il pas été octroyé?
M. Bonnardel : Je vais aller,
M. le député, vous chercher la... parce que je sais qu'il y a peu de temps pour
vous, là.
M. Fontecilla : Très bien, monsieur.
J'entame une autre question. On sait que le phénomène de la violence, ça
concerne... c'est une culture, une culture surtout pour les jeunes hommes, là,
qui veulent se valoriser à travers l'exhibition d'armes, etc. Ça se passe
beaucoup sur les réseaux sociaux, là, non seulement la question de la culture
de la violence, mais la cybercriminalité, beaucoup de choses qui se passent sur
les réseaux sociaux. Est-ce que vous avez une stratégie d'intervention, là, sur
les réseaux sociaux pour contrer tout particulièrement la violence chez les
jeunes?
M. Bonnardel : Bien, la SQ a
une équipe de cybercriminalité qui est déjà en place depuis un certain nombre
d'années, qui travaille sur ces aspects particuliers. Je le disais d'entrée de
jeu, tantôt, à la question de la députée aussi, tout ce qui est cyberviolence,
cyberintimidation, c'est ce à quoi je souhaite qu'on s'attaque présentement
pour être capable de définir un cadre x avec lequel on va travailler, avec
les... mes collègues, mes collègues du gouvernement, et les collègues de
l'opposition, et la société civile pour répondre à ces problématiques.
Donc, il y a cet aspect qui nous
appartient présentement, qu'on va dévoiler dans les prochains mois, puis, de
l'autre côté, bien, il y a nécessairement l'aspect cybercriminalité, là, qui
est partie prenante du travail de la Sûreté du Québec, là, depuis des mois,
sinon des années, là.
• (17 h 30) •
M. Fontecilla : On sait que,
dans le cadre du PL n° 14 que vous avez présenté, là, vous permettez,
entre autres, des entrées... des entrées latérales, qu'on appelle, des
policiers, l'embauche de spécialistes qui deviennent des policiers. Et ça a été
souvent dit, c'est pour aller chercher de l'expertise, là, notamment en
cybercriminalité, dans les réseaux sociaux, etc.
Est-ce que c'est une façon de, comment
dire, de consolider, d'augmenter l'expertise et la capacité de nos corps
policiers d'intervenir dans ces domaines-là? C'est en quelque sorte un aveu
qu'on a une insuffisance, qu'il faut investir davantage dans ce domaine-là?
M. Bonnardel : ...puis ce
n'est peut-être pas le bon mot, mais il est important... Puis les policiers ont
été formés, ils deviennent enquêteurs un jour, mais il reste quand même que les
particularités que plusieurs vivent avec les réseaux sociaux, les spécialités...
puis cette entrée latérale pour les enquêteurs, aller chercher des spécialistes
en cyber x, y, là, criminalité, que ce soit...
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Merci beaucoup. Le temps
file. Alors... officielle pour un dernier premier bloc de
17 min 53 s. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, s'il vous
plaît.
Mme Maccarone : ...M. le
Président. Nous savons que beaucoup de choses ont changé à l'UPAC dans les
derniers mois, mais il demeure des traces de méthodes d'enquête qui ont fait
l'objet de jugement sévère à l'endroit de l'UPAC. Il en a été notamment
question dans la cause de l'ancien premier ministre. Le juge rappelle, dans son
jugement, les propos de l'honorable Jean-François Émond, qui traite des fuites
par l'UPAC, lors d'une autre enquête. Il est écrit, je le cite : «Nous ne
sommes pas en présence de fuites isolées, mais bien des fuites répétées, <systématiques
et organisées. Ces fuites seraient imputables...
>
17 h 30 (version révisée)
<17911
Mme
Maccarone :
Il est écrit, et je le cite : «Nous ne sommes
pas en présence de fuites isolées, mais bien des fuites répétées, >systématiques
et organisées. Ces fuites seraient imputables à au moins un policier qui agit
avec d'autres personnes, vraisemblablement d'autres policiers, et ce, dans le
but de nuire à l'appelant et à ses coaccusés qu'ils cherchent à faire condamner
sur la place publique en se servant des journalistes pour parvenir à leurs
fins.»
Que fait le ministre pour s'assurer que cette
technique ne soit plus une méthode d'enquête de l'UPAC?
M. Bonnardel : Si vous
permettez, Mme la députée... M. le Président, avec tout le respect, là, que je
vous dois, pour répondre à ceci, je laisserais M. Gaudreau, le commissaire
à la lutte à la corruption, répondre.
Mme Maccarone : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Consentement. Donc, je vous
invite, bien sûr, d'abord, à vous identifier, s'il vous plaît. Merci.
M. Gaudreau (Frédérick) : Bonjour,
M. le Président. Mon nom est Frédérick Gaudreau. Donc, je suis le Commissaire à
la lutte contre la corruption, entre autres, responsable de coordonner les
activités de l'UPAC. Donc, évidemment, par prudence, je ne commenterai pas le
jugement. Évidemment, il y a des démarches qui doivent se faire au niveau
juridique, donc il serait risqué, pour moi, de commenter là-dessus.
Cependant, ce que je peux vous dire, c'est
que, depuis les cinq dernières années, on a mis plusieurs mesures en place,
justement, pour prévenir ce genre de comportement là. On a adopté des
politiques de gestion qui nous permettent, notamment, de sécuriser l'information.
On a également créé des profils d'accès à nos répertoires. On a également
instauré, sur une récurrence de trois ans, des habilitations sécuritaires de l'ensemble
de nos employés. Et on fait régulièrement des campagnes de sensibilisation à l'interne
pour rappeler l'importance de la protection des renseignements personnels, mais
également d'un rappel du serment de discrétion, qui est essentiel dans notre
fonction, puisque ce sont des enquêtes extrêmement sensibles que nous
conduisons.
Donc, il faut le faire, évidemment, sous
le couvert de la confidentialité. Donc, je me fais un devoir, comme
commissaire, de rappeler ces mesures-là, puis c'est ça qu'on fait, nous au
quotidien, dans l'Unité permanente anticorruption.
Mme Maccarone : Mais ça reste
que la population a quand même un manque de crédibilité envers l'UPAC. Alors,
est-ce que vous avez aussi une campagne de s'assurer que la population peut
gagner la confiance dans ce que vous faites? Parce que, si on lit la revue de
presse, si on entend les jugements, on a quelque chose, donc, à être inquiets.
M. Gaudreau (Frédérick) : Je
vous remercie de m'interpeler là-dessus, parce que, pour moi, c'est fondamental
que les citoyens aient confiance envers leurs institutions, surtout une
institution qui a pour mandat particulier d'enquêter, notamment, sur des
comportements, des actes répréhensibles qui sont commis par des gens qui sont
titulaires d'une charge publique, donc une responsabilité supplémentaire qu'on
a comme organisation. Pour moi, j'ai un devoir d'expliquer c'est quoi, notre
mandat, où on se situe, si on veut, dans l'échiquier de la justice au Québec.
On est une unité d'enquête, si on parle de l'enquête, mais on fait également de
la prévention, on fait également de la vérification, en soutien à l'Autorité
des marchés publics, en ce qui concerne les gens qui veulent contracter avec l'État.
Donc, c'est essentiel que les gens comprennent notre mission.
Donc, depuis quelques années, on a mis de
l'avant certaines campagnes pour tenter de mieux comprendre le mandat de l'Unité
permanente anticorruption, pour permettre aux gens de mieux comprendre quelle
est notre portée. Donc, je tiens juste à rappeler ici, puis je pense que c'est
important, notre mandat, nous, c'est de faire la lumière sur une dénonciation
qui nous a été faite par quelqu'un qui a pris la peine de nous faire confiance,
de nous appeler, parce qu'il avait en fait, constaté un comportement qui était
répréhensible. Alors, l'idée là-dedans, c'est de dire : On va faire le
tour de la question, puis ultimement, si on peut, on va tenter, en fait, de
présenter le dossier à un procureur, qui relève du directeur des poursuites
pénales et criminelles, qui, lui, par la suite, prendra une décision. Mais en
ce qui nous concerne, nous, c'est de faire un travail de qualité, dans les
normes et les lois qui nous régissent, puis c'est fondamental pour regagner
cette confiance-là.
Mme Maccarone : Quand on
parle de la qualité, est-ce qu'on parle aussi de la protection des
renseignements personnels confidentiels? Est-ce qu'il va y avoir des mesures
pour corriger ceci? Parce que ce qu'on comprend, c'est... il y a quand même eu
des fuites importantes.
M. Gaudreau (Frédérick) : Évidemment,
on a des obligations comme organisme public. Évidemment, on est encadrés par la
commission d'accès, mais également par des lois, des règlements. Il est de
notre devoir de prendre des mesures. Nous avons des politiques de gestion à l'interne.
Nous avons également des directives qu'on passe à nos employés, et, pour moi, c'est
fondamental. D'ailleurs, je le répète, on a des campagnes de sensibilisation à
l'interne pour rappeler l'importance que ça a pour notre institution.
Mme Maccarone : Dans le
jugement que j'ai cité plus tôt, c'est aussi écrit que : «En juillet 2017,
l'enquête administrative débutée en avril révèle que la gestion des documents
par l'UPAC ne respecte pas les normes de la Sûreté du Québec et permet de
consulter, de copier et d'envoyer par courriel des documents confidentiels sans
que ne soient identifiés le [numérisateur] ou l'ordinateur utilisé ou la
personne à la source de la fuite...» Est-ce que c'est toujours comme ça ou
est-ce qu'il y a des rectifications qui ont été mises en <place...
Mme Maccarone :
Est-ce
que c'est toujours comme ça ou est-ce qu'il y a des rectifications qui ont été
mises en >place par la suite?
M. Gaudreau (Frédérick) : Donc,
évidemment, sans commenter le jugement en tant que tel, à l'heure actuelle, nos
systèmes informatiques sont administrés et gérés par le ministère de la
Sécurité publique, puisque nous sommes un organisme relevant du ministère.
Donc, c'est le ministère qui gère les données informatiques depuis 2020‑2021.
Auparavant, les données d'enquête étaient sur les serveurs de la Sûreté du
Québec, donc nous nous conformions, évidemment, aux règles de la Sûreté du
Québec. Mais, à l'heure actuelle, c'est au niveau du ministère de la Sécurité
publique que la sécurité informatique, elle est régie.
Mme Maccarone : Pour les
copieurs, pour tout?
M. Gaudreau (Frédérick) : Oui.
Le réseau informatique est entièrement sur la structure du ministère de la
Sécurité publique, donc, évidemment, on se conforme aux règles internes du
ministère.
Mme Maccarone : Ça fait que...
est-ce qu'il y a des règles à l'intérieur du ministère, qui vont évoluer, pour
s'assurer qu'on protège les renseignements personnels des gens?
M. Bonnardel : ...Mme la
députée, c'est... absolument, absolument, c'est... la sécurité de nos données
est primordiale. Puis quand on a des partenaires comme l'UPAC avec nous, sous
l'égide du MSP, il faut s'assurer de la probité des informations. C'est
indéniable, là.
Mme Maccarone : ...mesures
qui feront suite dans les prochains mois? On a déjà un plan d'action?
M. Bonnardel : Si vous le
souhaitez, je vais laisser le sous-ministre vous exposer, Mme la députée...
Le Président (M.
Bachand) :...consentement pour le
sous-ministre? Alors, comme vous le savez, d'abord, vous identifier, s'il vous
plaît.
M. Croteau (Marc) :Merci beaucoup, M. le Président. Marc Croteau, je suis le
sous-ministre au ministère de la Sécurité publique.
À la question qui est posée, on a déjà...
en train d'investir des sommes importantes pour assurer des standards les plus
élevés par rapport à la protection et l'accès aux différents outils
informatiques. Il y a des investissements majeurs qui ont été faits depuis
quelques mois, là, depuis deux, trois mois, et puis c'est un plan qui
s'échelonne sur quelques mois. Donc, on pense que, d'ici huit, neuf mois, tout
va être en place.
Mme Maccarone : Combien
d'argent? «Des sommes importantes», ça veut dire quoi?
M. Croteau (Marc) :Bien, depuis deux mois, environ 5 millions de
dollars ont été investis, là, à différents volets, depuis le début du mois de
mars, pour sécuriser les données et l'accès au site du ministère.
Mme Maccarone : OK. Puis,
M. Gaudreau, on s'est croisés dernièrement, malheureusement, aux
funérailles de la sergente Breau, puis j'avais fait référence... la fin de
l'année dernière, j'ai quand même envoyé deux lettres à cette commission pour
des mandats d'information en ce qui concerne une reddition de comptes de
l'UPAC, parce qu'on sait que ça fait très longtemps, dans le fond, c'est depuis...
le dernier exercice de reddition de comptes de votre organisme devant notre
commission, ici, outre de l'étude des crédits budgétaires, a été effectué en
novembre 2015. Est-ce que vous avez l'intention d'accepter de venir
présenter aux membres de la Commission des institutions une reddition de
comptes? On a le mandat d'information puis on a aussi le mandat de reddition de
comptes.
M. Bonnardel : ....
Mme Maccarone : Je peux
déposer... bien, ils sont... dans le fond, ils sont déjà sur le Greffier. C'est
des lettres que j'ai envoyées aux membres de la commission le 8 décembre.
Mandat de reddition de comptes, comme je dis, c'est depuis 2015. On n'a
toujours pas entendu... Il y a des gens qui souhaitent vous poser des questions
à l'extérieur des crédits. Ça vous donne l'occasion de présenter aussi votre
reddition de comptes. On parle beaucoup de mesures de transparence. Est-ce que
ce serait accepté? Parce que ça fait très longtemps depuis que... on n'a pas
entendu, en commission, l'UPAC.
• (17 h 40) •
M. Bonnardel : ...la même
réponse, Mme la députée, à ce que vous m'avez demandé au début, là. Ces mandats
d'information, qui sont des mandats d'initiative...
Mme Maccarone : ...ça ne me
plaît pas, ces réponses-là.
M. Bonnardel : ...c'est la
commission parlementaire qui va statuer si, oui ou non, on a a à recevoir... Vous
avez la chance d'avoir M. Gaudreau avec vous encore pour quelques minutes.
Mme Maccarone : ...toujours
le même. Le ministre a quand même du pouvoir d'influence sur son leader pour
s'assurer ce que ça... appeler. On ne peut pas imaginer que le ministre, qui
siège au sein du Conseil des ministres, ne peut pas dire : Moi, je
souhaite qu'on fasse ça, puis qu'on ne le fait pas en commission. Ce serait
tout à votre honneur, et aussi, ça donnerait l'occasion à M. Gaudreau de
s'exprimer un plus... un peu plus sur sa reddition de comptes. Comme, par
exemple, je souhaite savoir quel est le bilan de l'UPAC en termes de poursuites
fructueuses dans les affaires de corruption et de crime organisé. Est-ce qu'on
a vu une avancée? Est-ce qu'on a vu un déclin? Ça s'améliore ou non?
M. Gaudreau (Frédérick) : Bien,
évidemment, en ce qui concerne notre bilan, c'est public, on le diffuse, puis,
pour moi, c'est une mesure de confiance. C'est qu'on vient justement,
présenter, une fois par année, c'est prévu à notre loi, notre bilan, donc,
normalement, 15 jours après le dépôt de notre rapport annuel, qui est
déposé, normalement, à l'automne. Puis je me fais un devoir de pouvoir
expliquer puis dévoiler ces chiffres-là, qui sont publics, d'ailleurs, qui sont
uniques à notre organisation policière. Puis je pense que c'est une mesure de
transparence importante.
Donc, il y a une évolution des <stratagèmes...
M. Gaudreau
(Frédérick) :
Donc, il y a une
évolution des >stratagèmes. Puis évidemment, ce qu'on assiste
aujourd'hui, c'est qu'il y a une continuité parce qu'il y a encore au-dessus de
400 dénonciations par année qui rentrent sur notre ligne de signalements. Donc,
ça démontre qu'il y a encore beaucoup d'activités ou d'actes répréhensibles qui
sont signalés par les citoyens et les individus qui travaillent dans les
organisations publiques.
Mme Maccarone : Dans le
rapport annuel de gestion de l'UPAC, quand on parle de reddition de comptes,
sur les 56 recommandations formulées, à ce jour, par le Comité de
surveillance des activités de l'UPAC, 14 ont été réalisées, dont trois
partiellement, 29 sont en cours de réalisation, neuf sont non débutées, une a
été rejetée et trois ne relèvent pas du commissaire.
Est-ce que le commissaire peut déposer les
56 recommandations, avec les suivis pour chacune des recommandations,
surtout celles qui n'ont pas été réalisées, ou partiellement? Est-ce qu'on peut
avoir une copie de ce rapport?
M. Gaudreau (Frédérick) :Oui, tout à fait. Puis, à l'heure actuelle, si vous
permettez, on est rendus à 65 recommandations. Les chiffres ont évolué,
parce que le comité de surveillance a déposé, donc, un autre rapport l'année
dernière. De ces 65 là, il y en a 33 qui sont réalisés à l'heure actuelle, et
c'est tout à fait public, là. D'ailleurs, le comité de surveillance de l'UPAC
est une institution privilégiée pour observer nos activités, puisqu'ils ont
accès à tous nos livres. Et je pense que ce serait bien pertinent que ces
rapports-là soient consultés, parce qu'ils refoulent de détails très, très
importants sur notre pertinence, mais également sur notre efficacité. Donc, je
pourrai, évidemment, fournir à la commission un tableau qui résume le nombre de
recommandations répondues.
Mme Maccarone : Une dernière
question avant que je passe la parole à mon collègue. Mais 35 % des
employés de l'UPAC ont démissionné en un an. C'est quand même important. Plus
d'un employé sur trois a quitté l'UPAC au cours de la dernière année. C'est un
record, malgré les changements apportés pour assurer un peu de stabilité dans
le corps policier, plongé dans la tourmente dans ces dernières années. Comment
ça se passe depuis le 31 mars dernier? Est-ce qu'on a vu une amélioration?
Puis est-ce qu'il y a des... est-ce qu'il y a eu des mesures qui ont été mises
en place pour la rétention du personnel?
M. Gaudreau (Frédérick) :Merci de poser cette question-là. Cet... en fait, ce
taux-là concerne en grande partie des employés qui ont dû se relocaliser suite
à l'adoption du projet de loi n° 12, donc la loi n° 18
venant conférer des pouvoirs de vérification à l'Autorité des marchés publics.
Donc, pour nous, c'était... je veux dire, il y avait des gens qui, donc,
n'avaient plus de travail suite à l'adoption de cette loi-là, donc ils se sont
relocalisés ailleurs au gouvernement, pour la plupart. À l'heure actuelle, on
est à un taux d'à peu près 20 %, là, qui est... avec le contexte actuel de
la pénurie de main-d'oeuvre, qui m'apparaît très satisfaisant, si on compare
aux années précédentes. Mais je vous rassure, ce taux-là de 37 % était
directement relié à l'adoption d'un projet de loi qui demandait à des employés
de la fonction publique, donc, la plupart, des techniciens et des
professionnels, de se relocaliser ailleurs dans la fonction publique.
Mme Maccarone : On a su aussi
qu'il y avait un sondage réalisé par Marketing Léger, un 10 000 $ qui
était dépensé pour le suivi des cinq indicateurs clés sur la notoriété et
l'image de l'UPAC auprès de la population du Québec. Quand est-ce que le
contrat a été octroyé, puis est-ce qu'on peut avoir aussi une copie de ça?
Est-ce que ça pourrait être déposé? Ça, c'est, juste pour votre référence, ceux
qui accompagnent M. le ministre, c'est les questions 6 et 43 des Renseignements
généraux.
M. Gaudreau (Frédérick) :Oui, tout à fait, tout à fait, ça peut être déposé. C'était
pour mesurer, justement, notre taux de notoriété. Ça faisait partie de notre Planification
stratégique 2021‑2024, et c'était des mesures qu'on prenait à chaque année pour
évaluer notre notoriété comme institution.
Mme Maccarone : Ça fait qu'on
peut avoir une copie du rapport aussi?
M. Gaudreau (Frédérick) :Tout à fait, tout à fait.
Le Président (M.
Bachand) :...merci beaucoup. M. le député
de Pontiac, s'il vous plaît.
M. Fortin :Merci. Merci, M. le Président. Merci à ma collègue de me
prêter quelques minutes de son temps, là. Bonjour, M. le ministre, M. Croteau,
qui était maire d'une ville, à l'époque, importante de ma circonscription.
Là, ça fait trois commissions
parlementaires que je fais, là, où je vais voir différents ministres pour
essayer d'avoir réponse à la même question, puis j'espère que je suis à la
bonne place aujourd'hui. Le ministre de l'Agriculture n'avait aucune opinion
là-dessus, le ministre du Développement économique était incapable de nous dire
qu'il poussait pour des avancements à ce niveau-là. Pouvez-vous nous dire, en
tant que ministre responsable de la RACJ, pouvez-vous nous dire, pour les
microbrasseries, est-ce que ça fait du sens pour vous qu'il ne puisse pas y
avoir de livraison à domicile? Est-ce que ça fait du sens pour vous qu'ils ne
puissent pas vendre dans les marchés publics, quand les vignobles peuvent le
faire, quand les cidreries peuvent le faire, quand on peut livrer du cannabis à
domicile? Est-ce que c'est logique qu'un microbrasseur ne puisse pas avoir
cette possibilité-là?
M. Bonnardel : ...M. le
député, c'était dans un projet de loi d'allègement réglementaire qui était dans
l'ancienne législation. Je comprends qu'il y a des besoins. Écoutez, j'ai été
dans l'opposition et je sais que ces demandes faisaient <partie...
M. Bonnardel :
Écoutez,
j'ai été dans l'opposition et je sais que ces demandes faisaient >partie
des enjeux que certains exposaient au gouvernement de l'époque, où vous étiez vous-même
au gouvernement. C'est des discussions qu'on doit avoir autant avec mes
différents partenaires du MEI que de l'agriculture, pour être capables... Puis
la RACJ, c'est sous notre chapeau à nous, mais nécessairement, elle obtient...
elle a le droit d'agir selon la volonté du gouvernement, selon les règles,
selon les projets de loi qui sont définis, qui sont exposés.
M. Fortin :J'essaie de trouver la volonté du gouvernement.
M. Bonnardel : Alors,
l'analyse économique de tout ça se fait au... Je ne sais pas si vous avez été
au ministère de l'Économie. Sûrement, vous avez été poser la question à mon
collègue.
M. Fortin :Oui.
M. Bonnardel : Donc,
là-dessus, c'est un travail que les différents partenaires ministériels ont à
faire pour définir si, oui ou non, on souhaite aller plus loin pour alléger ou
améliorer, si on veut, l'aspect financier, bien, l'aspect modèle... l'aspect
modèle d'affaires que certaines micros veulent changer, veulent améliorer.
M. Fortin :Est-ce que ça fait du sens pour vous ou est-ce que vous
n'avez pas décidé, là, comme vous le dites, là?
M. Bonnardel : M. le député,
vous savez très bien que, pour moi, c'est un travail interministériel de
répondre à des demandes comme ceux des microbrasseries, qui veulent une sorte
d'allègement réglementaire. Donc, là-dessus, il y a du travail qui se fait. Je
sais que mon collègue au MEI est très sensible à ces enjeux. Il a rencontré
maintes et maintes fois les micros. Le ministre de l'Agriculture aussi est
sensibilisé à tout ça. Donc, laissez-nous faire le travail. La RACJ reste
indépendante de ses décisions futures et, elle, elle applique les règlements, à
la fin, là.
M. Fortin :Le problème, M. le ministre, c'est que je ne trouve pas de
champion, je ne trouve pas personne qui accepte de le pousser. Le ministre de
l'Agriculture me dit : Bien, moi, j'en ai un petit bout, là, qui
m'appartient, mais je n'ai pas vraiment d'opinion. Le ministre de l'Économie
nous dit : Moi, je suis pour ça, l'allègement réglementaire, je veux que
nos entreprises réussissent, mais il ne fait pas le bout qui manque. Là, vous
me dites qu'on n'a pas d'opinion particulière. Je trouve ça décevant. Mais
quand vous me dites : Ah! bien, vous auriez pu faire quelque chose, vous
autres aussi, là... Bien, justement, la question du timbrage pour les
microbrasseries, ça, c'était dans le projet de loi qui avait été adopté dans
la... pas la dernière législature, l'autre d'avant, mais votre gouvernement a
choisi de rajouter la réglementation pour que les microbrasseurs soient encore
obligés de timbrer leur bière, ce qui ne fait aucun sens. C'est de la
surréglementation. Pouvez-vous expliquer cette décision-là?
Le Président (M.
Bachand) :...je passe maintenant la parole
à la députée d'Anjou—Louis-Riel, s'il vous plaît.
• (17 h 50) •
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Vous reviendrez. Vous
reviendrez, M. le député de Pontiac. Il n'y a pas de problème, vous êtes le
bienvenu. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci, M. le Président. Alors, M. le ministre, nous
allons terminer ensemble cet exercice de l'étude des crédits budgétaires.
Alors, félicitations pour les presque trois heures. Je pense que ça a été un
exercice fastidieux. Merci également aux oppositions pour la rigueur de leurs
questions, incluant le député de Pontiac. Vous avez bien essayé, j'en ai été
témoin cet après-midi, on était ensemble dans une commission.
Alors, j'aimerais m'entretenir avec vous
sur les bracelets antirapprochement, qui sont des dispositifs électroniques
portés par des personnes ayant fait l'objet d'une ordonnance de protection, ou
encore, d'une mesure de contrôle judiciaire, dans le but de prévenir tout
contact ou tout rapprochement avec une personne victime de violence domestique
ou de harcèlement. Alors, l'implantation de ces bracelets soulève de nombreux
enjeux, comme vous le savez, tant du point de vue de l'efficacité du dispositif
que de la protection des droits et libertés des personnes qui sont concernées.
Alors, depuis 2020, il y a eu plus d'une
vingtaine de féminicides qui sont survenus en contexte conjugal. Et je dois
vous dire que, dans mon ancienne vie, qui n'est pas si loin que ça, quand même,
en tant que conseillère municipale à la ville de Montréal, j'étais porte-parole
de l'opposition relativement au dossier de la condition féminine, et on se
retournait, entre autres, vers le palier provincial pour faire des représentations.
On se souviendra qu'en début de pandémie, dans les mois qui ont suivi, les Nations
unies parlaient de la pandémie de l'ombre pour les femmes et les enfants.
Alors, ce qui se passait, là, derrière les portes closes, c'était grave, et
c'était plus grave que ce qu'on constatait avant la pandémie. Et d'ailleurs, en
2020, dès la moitié de l'année, il y avait eu plus de la moitié des
féminicides... En fait, dans une année complète de féminicides, il y en avait
eu déjà, en moitié d'année, comme l'année précédente. Alors, on avait, en
moyenne, une dizaine de féminicides au Québec par année et on était presque
rendus à demi-année. Alors, la pandémie de l'ombre pour les femmes et les
enfants, on la vivait également ici, au Québec.
Dans le rapport Rebâtir la confiance
du comité d'experts sur l'accompagnement des victimes d'agressions sexuelles et
de violence, et également, dans le plan spécifique pour prévenir les situations
de violence <conjugale...
Mme Boivin Roy :
...prévenir
les situations de violence >conjugale à haut risque de dangerosité et
pour accroître la sécurité des victimes 2020‑2025, on y recommandait d'étudier
le recours à la technologie du bracelet antirapprochement, qu'on appelle
communément le BAR, comme moyen de prévention des homicides conjugaux. Alors,
le rapport nous dit qu'il s'agit d'un outil efficace pour protéger les victimes
de violence conjugale et réduire les risques de récidive de la part des
agresseurs. Alors, les experts soutiennent que ces dispositifs peuvent
dissuader les agresseurs de violer une ordonnance de protection en les
informant, en temps réel, de leur proximité avec la victime et en alertant les
autorités en cas de violation de la mesure. Toutefois, il est essentiel de
considérer tous les enjeux dans la mise en place et l'utilisation des bracelets
antirapprochement dans le but de garantir que les dispositifs soient efficaces,
tout en respectant les droits et les libertés fondamentales de toutes les
personnes concernées.
Alors, il y a différents groupes, qui
représentent, entre autres, les femmes et les Premières Nations, qui se sont
montrés favorables à leur implantation, tout en soulevant des préoccupations
sur les thèmes suivants. On pense, entre autres, à la couverture des réseaux
cellulaires nécessaires au fonctionnement du dispositif, l'adaptation du
service aux réalités autochtones, le nombre de bracelets prévus au terme du
déploiement, de même que le délai d'implantation de la mesure. Alors, à cet
effet, on comprend que le ministère de la Sécurité publique s'est engagé à
consulter les Premières Nations, et ce, afin de mieux comprendre les enjeux qui
leur sont propres et ainsi être en mesure d'adapter le service
antirapprochement à leur réalité. Pour ce faire, la Direction générale à la sécurité
a embauché une chargée de projet ayant des connaissances approfondies de cette
clientèle.
Alors, une première question pour vous, M.
le ministre : Quelle est la suite des choses en termes de l'implantation
du BAR? On comprend que le Québec sera précurseur en Amérique du Nord. Il
conviendrait de le déployer à Montréal et sur la Côte-Nord, où,
particulièrement, on constate des enjeux de violence conjugale.
M. Bonnardel : Mme la
députée, vous amenez un sujet qui... pour moi, un des plus importants de mon...
du début de mon mandat, c'est ce fameux bracelet antirapprochement. On a fait
une entrevue, voilà quelques jours déjà, pour exposer à la population et leur
montrer l'efficacité de ce bracelet antirapprochement. Puis je veux remercier
les équipes du MSP qui pilotent ce projet. On a beaucoup, beaucoup d'idées
additionnelles pour ce bracelet, mais, au-delà de tout ça, le portrait,
présentement, c'est... le souhait que nous avons, c'est...
Premièrement, il y avait Montréal, là,
donc, qui pourra bénéficier de ces bracelets antirapprochement... qui peut
profiter, donc, dès maintenant, de ces bracelets antirapprochement. L'objectif,
dans les prochains... prochaines semaines, c'est qu'en mai 2023, donc de
cette année, Centre-du-Québec et l'Estrie les bracelets seront disponibles. Par
la suite, ce sera, d'ici juin, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, le Bas-Saint-Laurent.
Il va nous rester, par la suite, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, l'Abitibi et le
Nord-du-Québec, pour en arriver à avoir 500 bracelets, qui seront disponibles
d'ici la fin de cette année, d'ici l'automne 2023.
Donc, c'est un outil... c'est un outil qui
fonctionne. Vous l'avez dit, là, à la fin de votre exposé, on est la première
législation, la première législation en Amérique du Nord à mettre à profit ce
bracelet antirapprochement pour protéger, majoritairement, les femmes qui sont
victimes de... qui sont victimes de violence. Donc, c'est un outil qui est
efficace. Ce bracelet, bien, nécessairement, les personnes le portent à la
cheville. Les femmes, majoritairement, ont un téléphone en main qui est
spécifique à ce bracelet, donc qui va, nécessairement, sonner s'il y a une
première zone de préalerte ou d'alerte à savoir si la personne se rapproche
d'elle. Donc, c'est... je pense que c'est un outil non négligeable, non
négligeable pour ces victimes, ces victimes de violence, ou autres... et de
savoir qu'avec cet outil ils seront informés si cette personne se rapproche d'elles.
Donc, pour moi, c'est... l'objectif, c'est
d'en arriver, donc, à avoir, comme je le mentionnais, ces 500 bracelets
disponibles partout sur l'ensemble... Présentement, il y en a à peu près 62 qui
sont utilisés... bien, qui sont utilisés... qui sont portés par,
majoritairement, des hommes. Donc, la suite, comme je vous l'ai mentionné, là, sera
pour le Centre-du-Québec et l'Estrie, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, le Bas-Saint-Laurent,
la Gaspésie, l'Abitibi et le Nord-du-Québec. Donc, d'ici la fin de cette
année-ci, il y a 500 bracelets qui seront disponibles pour les juges, qui
jugent eux-mêmes de la portée de ce bracelet, à savoir combien de temps ces
personnes qui sont libérées auront à le <porter...
M. Bonnardel :
...libérées
auront à le >porter, pour, encore une fois, une seule chose, protéger le
plus possible, majoritairement, ces femmes.
Mme Boivin Roy : ...comité
d'experts, justement, sur le fait que ce sera un outil efficace pour protéger
les victimes. Est-ce que vous pensez, par ailleurs, que ça viendra rééquilibrer
le sentiment de vie normale des victimes par rapport aux agresseurs?
M. Bonnardel : Bien, c'est
indéniable qu'avant l'existence de ce bracelet... je me mets dans la peau de
ces victimes, majoritairement, des femmes, encore une fois... de savoir que
cette personne était libérée, pouvait se... venir s'établir dans la même ville,
même village qu'eux ou qu'elles et qu'ils pourraient voir cette personne autant
au centre d'achats qu'au dépanneur, qu'au restaurant du matin, bien, ce n'est
rien pour sécuriser ces personnes. Donc, avec ce bracelet, aujourd'hui, si le
juge définit que cette personne doit le porter, bien, je pense que c'est un
élément de sécurisation qui est non négligeable, non négligeable de savoir que,
oui, j'ai ce téléphone en main qui me confirme... qui va me confirmer si, oui
ou non, la personne se rapproche de moi. Il y a une zone de préalerte et
d'alerte.
Puis, là-dessus, je pense que c'est de
continuer de protéger ces personnes, c'est primordial, avec cet outil que... je
suis persuadé, dans les prochaines années, on fera des petits avec ces
bureaux... ces bracelets antirapprochement partout en Amérique du Nord. Quand
les gens auront compris le modus operandi, le fonctionnement, de la façon que
c'est utilisé, la protection qu'on donne à ces personnes, c'est indéniable que
ça va être un succès.
Adoption des crédits
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
Le temps alloué à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Sécurité
étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des
crédits.
Le programme 1, intitulé Direction et
administration, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Sur division. Le programme 2, intitulé
Services de la Sûreté du Québec, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Sur division. Le programme 3,
intitulé Gestion du système correctionnel, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Sur division. Le programme
Affaires policières est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Sur division. Le programme 5,
intitulé Expertise scientifique et médicolégale, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Sur division. Est-ce que le
programme 6, intitulé Encadrement et surveillance, est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Sur division. Est-ce que le
programme 7, intitulé Sécurité civile et sécurité incendie, est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Sur division.
Adoption de l'ensemble des crédits
Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Sécurité publique pour l'exercice
financier 2023-2024 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission,
ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Merci beaucoup, à
bientôt.
(Fin de la séance à 17 h 59)