(Onze
heures vingt-cinq minutes)
Le
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 56,
Loi portant sur la réforme du droit de la famille et instituant le régime
d'union parentale.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est
remplacée par M. Bussière (Gatineau);
Mme Haytayan (Laval-des-Rapides) est
remplacée par Mme Picard
(Soulanges); et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé
par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Étude détaillée (suite)
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous en étions à l'étude de
l'article 36 du projet de loi. Donc, y a-t-il d'autres interventions sur
36?
M. Morin :
Non, il n'y a pas d'autre intervention, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 36 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : L'article 37, M. le
Président, alors : L'article 413 de ce code est modifié par
l'insertion, dans le premier alinéa et après «familial», de «ou d'union
parentale».
Commentaire :
Cet article ajoute le partage du patrimoine d'union parentale à
l'article 413 du Code de procédure
civile par la... par cohérence avec le mariage et l'union civile.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions sur l'article 37? M. le député d'Acadie.
M. Morin :
Oui, merci, M. le Président. Donc, je comprends, M. le ministre, qu'à 413
du Code de procédure civile, qui traite du
partage du patrimoine familial, donc, après «patrimoine familial», vous ajoutez
«ou d'union parentale», c'est exact?
M. Jolin-Barrette :
Exactement, oui.
M. Morin :
Pour faire en sorte que les
parties, dans les deux cas, soient en mesure... ou, en fait, doivent produire
un protocole d'instance, c'est ça?
M. Jolin-Barrette :
Exactement. Bien, dans le fond pour... dans le fond, si une demande
comporte une conclusion pour partager le
patrimoine familial ou d'union parentale, chaque partie doit joindre au
protocole de l'instance un état des biens. Donc, vu qu'il y a un partage
du patrimoine d'union parentale, il y a un patrimoine à partager, on devait
l'inclure.
M. Morin :
Parfait. Et ce qui suit concernant la pension alimentaire, ça pourrait
également s'appliquer? Parce que ma
compréhension, c'est que, pour les conjoints en union parentale, les enfants
pourraient aussi avoir... en fait, ils auraient une... Non?
M. Jolin-Barrette : Non, mais la... ce serait
pour elle-même, la pension alimentaire, donc le deuxième alinéa ne
s'applique pas au patrimoine d'union parentale.
M. Morin :
Ne s'applique pas, OK. Mais les enfants ont... peuvent avoir droit à une
pension alimentaire?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
Et donc ce serait en vertu de quelle disposition qu'on va le prévoir ou
qu'il pourrait y avoir une demande à cet effet-là? Parce que la pension
alimentaire, à 413, vous dites, c'est pour les conjoints.
M. Jolin-Barrette :
On les a vus, oui. Les autres articles, pour les enfants, on les a vus.
Pour les pensions alimentaires, c'est 411, 412.
M. Morin :
Parfait. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 37 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
38. L'article 415 de ce code est modifié par la suppression, dans le
deuxième alinéa, de «conjointe sur projet d'accord».
Commentaire :
Cet article modifie l'article 415 du Code de procédure civile en
concordance avec la modification proposée à l'article 303 du Code de
procédure civile en référant plus largement aux demandes pour lesquelles le
notaire a le droit d'agir. Oui.
Le
Président (M. Bachand) : Donc,
interventions? M. le député de...
M. Morin :
Brièvement, qu'est-ce que ça va changer, dans les faits?
M. Jolin-Barrette : Donc, on renvoie
simplement à la question de demande sur laquelle le notaire a le droit d'agir
au lieu que ce soit demande conjointe sur le projet d'accord, donc :
«Chaque fois qu'il statue sur une entente en matière familiale, le tribunal
s'assure que le consentement de chacune des parties a été donné sans contrainte
et que l'entente préserve suffisamment l'intérêt des parties et des enfants et
le respect de leurs droits. Il peut, à ces fins, convoquer et entendre les
parties, même séparément, en présence de leurs avocats ou, le cas échéant, du
notaire qui présente la demande», parce
qu'un notaire peut présenter autre chose que des demandes conjointes sur
projets d'accord.
M. Morin :
OK. Donc, en l'ajoutant, ce que vous suggérez...
M. Jolin-Barrette :
Donc, on va voir les modifications un petit peu plus tard dans les
articles, là.
M. Morin :
OK. Parfait. Je vous remercie.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 38 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Oui, 39, M. le Président : L'article 417 de ce code est modifié,
dans le premier alinéa :
1° par l'insertion,
après «familial», de «ou d'union parentale»;
2° par le
remplacement de «ou de l'union civile» par «, de l'union civile ou de l'union
parentale».
Commentaire :
Cet article ajoute l'union parentale à l'article 417 du Code de procédure
civile par cohérence avec le mariage et l'union civile. Ainsi, les conjoints en
union parentale seront également tenus de participer à une séance d'information
portant sur la parentalité et la médiation préalablement à l'instruction de
leur demande relative au patrimoine d'union parentale.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Donc, interventions sur 39?
M. Morin :
Oui. Donc...
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Donc,
dans le cours d'instance, s'il y a une médiation, je comprends que les
conjoints vont être obligés d'assister, en fait, à une séance d'information sur
la parentalité?
• (11 h 30) •
M. Jolin-Barrette :
Oui. C'est de la...
M. Morin : Puis, dans les
faits, ça correspond à quoi exactement?
M. Jolin-Barrette : C'est
de la concordance, là, en lien avec ça. Donc, lorsque, supposons, il y a un
différend sur la garde, tout ça, vous devez absolument passer en séance
d'information, là, sur la parentalité et la médiation avant de pouvoir aller au
tribunal.
M. Morin :
Et donc puisque, dans le cas des conjoints en union de fait, ce qui va
donner naissance, c'est l'enfant, donc, si
jamais il y a une séparation, ils vont se ramasser, finalement, dans la même
situation que les gens qui seraient mariés ou qui seraient en union
civile, c'est ça?
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Morin :
OK. Mais il y a une exemption à 417, et ça, c'est dans le cas, évidemment,
s'il y a une personne qui y a déjà participé ou qui a été victime de violence
conjugale?
M. Jolin-Barrette : Exactement. Il peut y
avoir une exemption, dans le fond, pour ne pas que, s'il y a violence
conjugale, dans le fond, les deux soient obligés d'aller faire de la médiation
ensemble, là.
M. Morin :
Et donc, ça, ça s'applique à tous
les cas, donc ça va aussi s'appliquer aux parents qui sont en union
parentale?
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Morin :
Parfait.
M. Jolin-Barrette :
Donc, l'objectif, c'est d'outiller les parents dans leur séparation pour diminuer
l'impact sur les enfants.
M. Morin :
OK. Puis est-ce que, présentement, dans les... toute la question des
séances d'information, est-ce qu'il y a des délais?
M. Jolin-Barrette :
Pour donner les séances d'information?
M. Morin :
Oui.
M. Jolin-Barrette : Bien, elles sont offertes
régulièrement, là. Il n'y a pas de délai. Il n'y a pas de délai. Il y a un
calendrier de séances d'information qui est donné, puis, dans le fond...
Une voix :
...
M. Jolin-Barrette :
Il y en a aujourd'hui. Si vous vous séparez aujourd'hui, vous pouvez y aller.
M. Morin :
OK. Et ça, c'est affiché sur le site du ministère?
M. Jolin-Barrette :
Avec le Centre de communication à la clientèle du ministère de la Justice,
vous pouvez vous inscrire déjà en ligne.
M. Morin :
OK. Parfait. Je vous remercie.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
Ah! excusez-moi, c'est par téléphone qu'on s'inscrit.
M. Morin :
D'accord.
M. Jolin-Barrette :
Voulez-vous qu'on donne le numéro ou...
M. Morin :
Non, non. Ça, il y a des ministres qui donnent ça pendant la période de
questions, les numéros de téléphone; ici, c'est... ça va. Mais pas en ligne,
donc c'est...
Une voix :
...
M. Jolin-Barrette :
Ah! la séance se donne en ligne, mais l'inscription se fait par téléphone.
M. Morin :
OK. Très bien.
M. Jolin-Barrette :
...
Le
Président (M. Bachand) : Juste un petit
élément technique, M. le ministre. Quand vous vous tournez comme ça, on perd un
bout de votre réponse, oui.
M. Morin : Oui, c'est...
M. Jolin-Barrette : Ce
que je voulais dire, M. le Président, c'est que, pour s'inscrire à la séance
d'information qui est donnée en ligne, vous devez appeler par téléphone.
Puis là il y a un calendrier sur le site du ministère de la Justice,
www.justice.gouv.qc.ca, puis là il y a deux barres obliques, couples et
familles, tout ça, là. Donc, il y a le calendrier des séances. Donc, lundi le
29 mai, à 18 heures, séance à distance de parentalité après la
rupture, même chose le mardi le 30,
1er juin, 2 juin également. Il n'y en a pas le vendredi. Donc, il y
en a la semaine du 6, il y en a la semaine du 13 juin également,
dans la semaine du 20 juin aussi.
M. Morin : Et
donc, après ça, il y a un registre qui permet de déterminer que les conjoints y
ont participé parce que c'est une obligation préalable.
M. Jolin-Barrette : C'est ça,
il y a une attestation qui est délivrée.
M. Morin : Qui
est délivrée, OK. Donc, suite à la formation en ligne, les personnes vont
recevoir une attestation?
M. Jolin-Barrette : Exactement,
puis là le dossier...
M. Morin : Puis,
pour la suite des choses, si jamais l'attestation leur est demandée, à ce
moment-là, ils pourront la produire. Maintenant, dans le cas des
exceptions, ils doivent demander l'exception au tribunal?
M. Jolin-Barrette : Non. Pour
le... En cas de violence conjugale, là...
M. Morin : Entre autres, oui.
Bien, il n'y a pas juste ça, mais, oui, il y a ça, effectivement.
M. Jolin-Barrette : Si c'est...
si ça a été... si vous avez un service d'aide reconnu ou qui confirme qu'elles
se sont présentées à un service d'aide aux personnes victimes reconnu par le
ministre de la Justice en invoquant être une personne victime de violence
conjugale. Exemple, vous allez au CAVAC, puis le CAVAC atteste de ça.
M. Morin : Que vous êtes, donc,
allée au CAVAC. Alors, à ce moment-là, vous avez votre exemption.
M. Jolin-Barrette : Oui,
exactement. Donc, le CAVAC, les installations, missions, CLSC, les R
trois... RSSS, maisons d'hébergement par région aussi.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. D'autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 39 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Article 40 :
L'article 519 de ce code est modifié :
1° par le remplacement de «ou en
dissolution d'une union civile ou en paiement d'une prestation compensatoire»
par «, en dissolution d'une union civile, en paiement d'une prestation
compensatoire ou en partage du patrimoine d'union parentale»;
2° par
l'insertion, après «matrimonial ou d'union civile», de «ou en cas de partage du
patrimoine d'union parentale».
Commentaire : Cet article ajoute l'instance
en partage du patrimoine de l'union parentale à l'article 519 du Code de procédure civile, qui permet la saisie
avant jugement, par cohérence avec les demandes équivalentes en mariage
ou en union civile. Donc, c'est une modification de concordance.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc,
interventions à l'article 40?
M. Morin : Non, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) : S'il n'y a pas d'intervention,
est-que l'article 40 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : 41,
M. le Président : L'article 696 de ce code est modifié par
l'insertion, dans le troisième alinéa et après «, familial», de «ou
d'union parentale».
Commentaire : Cet article ajoute dans
l'article 696 du Code de procédure civile l'exécution du partage du patrimoine d'union parentale, à l'exception de
l'insaisissabilité de certains biens, par cohérence avec l'exécution du partage
du patrimoine familial.
Donc, c'est également une mesure de concordance
pour permettre le même taux de saisie pour l'exécution du partage du patrimoine
de l'union parentale que celui pour le patrimoine familial.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Donc,
interventions à 41? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 41 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : 42,
M. le Président : L'article 698 de ce code est modifié par
l'insertion, dans le cinquième alinéa et après «familial», de «ou
d'union parentale».
Donc, commentaire : Cet article ajoute dans
l'article 698 du Code de procédure civile l'exécution du partage du
patrimoine d'union parentale à la saisie des revenus du débiteur au taux de
50 % au même titre que le partage du patrimoine familial.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Donc,
interventions à 42? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 42 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Donc, ça met fin au bloc A. M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors,
on va aller au bloc 2, M. le Président, à l'article 26.
Donc :
26. L'article 16 du Code de procédure civile (chapitre C-25.01) est
modifié par l'insertion, dans le troisième alinéa et après «adoption»,
de «ou de documents ayant trait à la protection de la jeunesse».
Commentaire : Cet article modifie
l'article 16 du Code de procédure civile afin d'améliorer la même
confidentialité... pardon, afin de prévoir la même confidentialité des
documents provenant d'un dossier en matière de protection de la jeunesse
lorsqu'ils sont déposés dans un dossier en matière familiale.
Donc, c'est
le corollaire de la modification proposée à l'article 43 du projet de loi
sur... la Loi sur la protection
de la jeunesse, vise à assurer la confidentialité de ce qui émane du dossier
jeunesse en... à même le dossier en matière familiale qui est à accès
restreint.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. D'autres
interventions à 26?
M. Morin : Donc, je comprends
qu'en matière familiale, à l'article 16, il y a une restriction pour les
accès aux dossiers. Quand on parle de matière familiale, ça inclut... en fait,
c'est une globalité. Donc, à ce moment-là, ça s'applique
dans les cas de divorce, de séparation de corps, de fin d'union civile quand il
y a des enfants, et là vous voulez inclure l'union parentale. Est-ce que
je comprends bien?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, ici, c'est pour faire en sorte que les documents qui ont trait à la
protection de la jeunesse, qui sont des
documents confidentiels en instance en jeunesse, mais, lorsqu'ils sont versés
dans le dossier en matière familiale,
puisqu'ils sont confidentiels dans le dossier en matière jeunesse, si jamais
ils se retrouvent à être versés dans le dossier familial, ils doivent
être confidentiels aussi.
M. Morin : OK. Et j'imagine que
ça se fait, présentement, en matière de divorce ou de séparation de corps.
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : OK. Alors,
oui, c'est tout ce qui est dans le livre de la famille, actuellement.
M. Morin : OK. Parfait.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 26 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui,
on passe à 27, M. le Président : Ce code est modifié par l'insertion,
après l'article 51, du suivant :
«51.1. En
matière familiale, le tribunal se prononce sur l'abus en tenant compte, entre
autres, de l'historique des procédures impliquant les parties, de
l'impact que la nature répétitive et litigieuse de celles-ci peut avoir sur
l'autre partie et, le cas échéant, sur
l'enfant et de l'équilibre des forces en présence, notamment en raison de
l'existence de violence familiale, y compris conjugale.»
Commentaire : Cet article introduit
l'article 51.1 du Code de procédure civile, qui prévoit les éléments que
le tribunal doit considérer lorsqu'il se prononce sur le caractère abusif d'une
demande en justice ou d'un autre acte de procédure en matière familiale.
Donc, ça, c'est les mesures, M. le Président, en
matière de violence judiciaire.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, je vous
remercie, M. le Président. Il y a déjà, M. le ministre, au Code de procédure,
la possibilité pour le tribunal de sanctionner un abus de procédure, c'est 51.
Évidemment, on parle de demande en justice ou un acte de procédure qui est
abusif, puis on explique, par la suite, les sources de l'abus, on parle de procédure mal fondée, frivole, dilatoire,
comportement vexatoire ou quérulent. Je comprends très bien l'ajout que vous voulez
faire. D'ailleurs, si on se souvient, la majorité des groupes qui sont venus en
commission nous ont tous dit que c'était une
bonne chose ou que ça allait aider. Vous ajoutez, entre autres... parce
qu'évidemment je comprends que 51 demeure. Donc, ce n'est pas... ça
reste dans le Code de procédure, donc vous, vous faites un ajout.
• (11 h 40) •
M. Jolin-Barrette : ...dans
le fond, l'assise, l'assise de l'abus est 51, mais on vient envoyer un message
clair aux tribunaux qu'en matière familiale on vient nommer le concept
de violence judiciaire en matière familiale puis on veut que les tribunaux
agissent. Donc, c'est un message au législateur par rapport aux tribunaux. Puis
on vient dire aussi, notamment, qu'est-ce
que vous devez considérer dans la déclaration d'abus de constatation de l'abus,
qu'est-ce qui... notamment, on donne des pistes, un guide par rapport
aux tribunaux. Puis surtout, on va le voir un petit peu plus loin, avant, le tribunal pouvait condamner la partie qui commet
l'abus au remboursement des honoraires extrajudiciaires, maintenant elle
va devoir le faire. Ça fait qu'on fait un tour de vis
M. Morin : Oui.
Et ça, c'est bien compris. Maintenant, et je comprends très bien l'importance
de la disposition, ma question... ce n'est pas uniquement en matière
familiale que ça existe...
M. Jolin-Barrette : L'abus de
procédure?
M. Morin : ...de la violence
judiciaire, puis de l'abus de procédure, il y en a dans plusieurs domaines.
Compte tenu qu'on est en train de regarder ces dispositions-là, ne serait-il
pas opportun de l'ouvrir à d'autres types de situations où le tribunal devrait
sanctionner un quérulent, quelqu'un qui utilise les tribunaux pour déposer des
requêtes à répétition? Je comprends qu'en matière familiale, et c'est bien
indiqué dans votre projet de loi, on parle, entre autres, d'équilibre des
forces en présence, on parle de l'impact sur l'enfant, la violence familiale,
ça, j'en suis, c'est important, sauf que, dans d'autres domaines, ce n'est pas
nécessairement un impact sur l'enfant, mais ça peut être un impact sur une
famille, des membres de la famille ou d'autres personnes. L'équilibre des
forces en présence ou le déséquilibre, on
peut le rencontrer dans d'autres domaines également, et on voit ça,
malheureusement. Donc, ma question,
c'est : Est-ce que, pour vous, il y a une ouverture à ce que ce soit plus
large qu'uniquement en matière familiale?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, là on est dans le cadre d'un projet de loi en matière de droit de la
famille, puis, dans le fond, cet enjeu-là a été soulevé principalement,
notamment, en raison de la violence conjugale qui peut perdurer à cause de la violence... bien, en fait, à cause du litige en
matière familiale, notamment pour la garde d'enfants, les pensions
alimentaires, les multiples requêtes à la cour, parce que c'est un domaine de
droit qui est extrêmement émotif et où c'est du très, très personnel.
Donc, dans les autres domaines de droit, comme
vous le dites, et effectivement il pourrait y avoir de l'abus de procédure, il y a des cas qu'ils pourraient
soulever, les tribunaux ont déjà des outils pour sanctionner les abus, on le voit à 51 ou à 54. Parfois, les tribunaux sont
réticents à déclarer l'abus. Nous, ce qu'on fait, c'est que, particulièrement
dans le cadre de la réforme du droit de la famille, on dit... on vient le
nommer, la violence judiciaire, et on vient dire :
On vous donne des outils pour l'identifier, on vous donne des pistes, et
surtout sur des critères sur lesquels le tribunal peut se fonder pour
déclarer l'abus, notamment en matière familiale.
Donc, il y a déjà... dans les cas que vous avez
évoqués sur, supposons, la quérulence, que la demande est mal fondée, frivole, dilatoire ou un comportement
vexatoire ou quérulent pour les autres domaines de droit, incluant le droit
familial, ça existe déjà. Mais nous, on a jugé nécessaire de faire un retour de
roue supplémentaire, particulièrement en matière familiale, à cause du
contrôle coercitif qui peut s'exercer sur l'autre partie à cause du fait que
les tribunaux, parfois, peuvent être le prolongement de la relation délétère
qui existait, donc, d'emprise sur l'autre partie. Puis on ne veut pas ça, on ne
veut pas que les tribunaux servent à... je vous dirais, à accroître la lourdeur
et le fardeau sur le conjoint qui est victime de cette violence-là.
Alors, c'est un message clair qu'on envoie aux
tribunaux pour dire : Vous avez des responsabilités, vous êtes désormais
outillés. Le législateur envoie un signal très clair. D'ailleurs, il y a déjà
eu un jugement cet automne où on a nommé la question de
la violence judiciaire pour la première fois. Puis nous croyons, comme
gouvernement, comme législateurs, que les tribunaux doivent être sensibilisés
et outillés pour ça. Alors, c'est un message clair sur ce domaine de droit là. Ça n'empêche pas, comme vous
le dites, de dire : Bien, tu sais, dans d'autres situations, il peut y
avoir de l'abus. Il y a déjà 51, mais, précisément, notre action est sur
le droit familial, actuellement.
M. Morin :
Évidemment, comme je vous le dis... puis je suis d'accord avec vous pour
les raisons que vous avez évoquées et je les partage, particulièrement en
matière familiale. Malheureusement, il y a... dans des litiges, et ça existe,
et c'est nommé, et c'est trop fréquent, il y a des parties qui utilisent le
tribunal pour avoir un impact sur l'autre partie ou sur les enfants. Maintenant,
mon point était : ça existe dans d'autres domaines du droit. On est en
train de regarder 51, 51.1 pour éviter, justement... parce qu'on sait que
l'accès aux tribunaux, ce n'est pas toujours évident,
pour éviter que des gens utilisent les tribunaux à de mauvais escients,
appelons-le comme ça. Est-ce que ce ne serait pas opportun de l'ouvrir à
un plus grand nombre de situations? Voilà.
M. Jolin-Barrette :
Bien, en fait, comme je vous disais, 51 est déjà là, donc la requête en
abus, mais, pour la question des relations familiales, il fallait ajouter un
article pour le faire.
M. Morin :
Parfait.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
Donc, c'est les mêmes dispositions qu'au début de 51 qui s'appliquent, là, dans le sens où ça va être sur
demande d'office. C'est de la même façon à 51.1, c'est : quand il tranche,
qu'il tient en compte de plus de ces critères-là dans le milieu familial.
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais, dans le fond, le tribunal... les tribunaux peuvent à tout
moment, sur demande et même d'office, déclarer qu'une demande en justice ou un
autre acte de procédure est abusif. Donc, le régime général de 51 s'applique, mais en plus on dit : Quand vous êtes en
matière familiale, le tribunal se prononce sur l'abus en tenant compte, entre
autres. Ça fait qu'on dit au tribunal : Tu sais, pour vous guider, là,
surtout en matière familiale, regardez bien le dossier, là, notamment,
là, on vous guide, là, de l'historique des procédures impliquant les parties,
de l'impact de la nature répétitive et litigieuse de celles-ci peuvent... peut
avoir sur l'autre partie et, le cas échéant, sur l'enfant. Ça, c'est
extrêmement important parce que, tu sais, la multiplication des recours à la
cour, l'enfant qui est mineur, lui, est souvent pris en ping-pong entre les
deux. Puis, vous savez, une nouvelle requête entre les parents, ça génère un
stress...
M. Cliche-Rivard :
Puis il n'y a rien qui empêche...
M. Jolin-Barrette :
Il ne faut pas que l'enfant soit pris en sandwich. L'équilibre des forces
en présence aussi, ça, c'est un élément qui est important et en raison de
l'existence de violences familiales et conjugales.
M.
Cliche-Rivard : Puis, comme le collègue de l'Acadie soulevait, là, il
n'y a rien qui empêche un tribunal — il
s'agit, ici, de 51 — dans
un contexte hors familial, d'utiliser ou de s'inspirer des critères de 51.1
pour trancher lui-même sur son avis de procédure à 51. Il peut s'en
inspirer.
M. Jolin-Barrette :
Bien, effectivement, il y a déjà de la jurisprudence sur 51, mais nous, on
envoie un signal clair qu'en matière
familiale on ne souhaite pas que les tribunaux soient instrumentalisés.
Eux-mêmes, les tribunaux, je ne crois pas qu'ils souhaitent être
instrumentalisés non plus. Mais le juge doit gérer aussi le dossier, puis,
quand il constate un élément comme ça, parce que ça nous a été rapporté, en
matière familiale, qu'on veut éviter ce genre de situation là, alors le juge a
tous les moyens, notamment avec les critères qu'on lui donne ici, de
dire : La partie est terminée, monsieur ou madame, je déclare que c'est un
acte abusif en prenant en compte ces différents critères là.
M. Cliche-Rivard : Vous avez vous-même
mentionné, dans vos explications, tout à l'heure, le contrôle coercitif.
Vous n'étiez pas prêt à l'écrire directement dans le libellé, ça...
M. Jolin-Barrette :
Bien, on est actuellement en train de travailler avec le gouvernement
fédéral en matière criminelle, notamment sur
qu'est-ce que constitue le contrôle coercitif. Donc, c'est un travail qui est
en évolution sur la...
M. Cliche-Rivard :
Donc, vous dites...
M. Jolin-Barrette :
...sur la notion même de concept aussi. Mais il faut bien le définir, puis,
à ce stade-ci, on n'est pas prêts à le définir légalement. Donc, c'est une
somme de comportements, tout ça, donc il va falloir réfléchir, mais le...
M. Cliche-Rivard :
OK. Mais il y a une ouverture, de votre côté, là-dessus.
M. Jolin-Barrette : Bien,
moi, je suis très ouvert, parce qu'en matière de violence conjugale, ce sont
des éléments qui ne sont pas nécessairement, actuellement, une
infraction criminelle.
M. Cliche-Rivard :
Exact.
M. Jolin-Barrette :
Puis c'est pour ça qu'on travaille avec le gouvernement fédéral, pour le
développer comme une infraction criminelle, parce qu'on peut se retrouver dans
des situations où le procureur n'accuse pas, sauf que les comportements sont
délétères.
M. Cliche-Rivard :
Exactement. Puis ça, ça cause beaucoup de problèmes encore à ce jour, là.
Vous... Les... Ça avance bien, ces discussions-là?
M. Jolin-Barrette :
Ça avance bien.
M. Cliche-Rivard :
Ça avance bien?
M. Jolin-Barrette :
Ça avance bien. Puis vous vous souviendrez qu'on avait voté une motion à
l'unanimité à l'Assemblée nationale sur ça, donc...
M. Cliche-Rivard :
Tout à fait. En espérant que, justement, il y ait une réponse positive de
la part de vos collègues des autres provinces, mais évidemment du ministre de
la Justice fédéral, pour qu'on puisse endiguer ce fléau qu'est le contrôle
coercitif. On se le souhaite.
M. Jolin-Barrette : Bien, vous avez vu, on
prend les actions. Ma collègue de la Condition féminine et moi-même, le 8 mars dernier, on a pour... on a
communiqué médiatiquement sur le choix du Québec, là-dessus. Donc, on souhaite
que le fédéral continue son cheminement.
• (11 h 50) •
M. Cliche-Rivard :
Dans la violence conjugale, à 51.1, on considère également la violence ou
les menaces qui peuvent être faites
post-relation conjugale. Dans les démarches qui mènent à la fin, la dissolution
de l'union, tout ça, c'est inclus implicitement ou si ce n'est pas
inclus?
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est... dans le
fond, quand vous êtes en litige en matière familiale, c'est de la violence
familiale, ultimement. Même si vous n'êtes plus un couple...
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Ça fait que c'est inclus.
M. Jolin-Barrette : ...la présence de violence conjugale qu'il y
avait, bien, ça fait partie du portrait du dossier.
M. Cliche-Rivard :
Parce que c'est toujours lié à la famille.
M. Jolin-Barrette :
Bien, c'est lié à la famille, mais ce que je veux dire, quand vous n'êtes
plus en couple avec monsieur ou madame mais
que vous étiez victime de violence conjugale, ça teinte le dossier, là, ça en
fait partie, là.
M. Cliche-Rivard :
Exact. Mais, par exemple, si vous n'étiez pas violence de... si vous
n'étiez pas victime de violence conjugale pendant la relation, et que ça se
passe très mal, la séparation, et que, là, à partir de là, vous êtes violence... vous êtes victime de violence
conjugale, ça va être considéré quand même, même si c'était postrelationnel,
complètement.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Merci.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie.
M. Morin :
En fait, juste pour être bien clair, quand vous utilisez «en matière
familiale», est-ce que je comprends que c'est tant que le tribunal est saisi
d'un dossier qui, par ailleurs, est en matière familiale? Donc, que ce soit... Évidemment, ça va être après... lors de la
séparation, mais, s'il arrive, par exemple, de la violence conjugale, tant que
le dossier n'est pas fermé, même si les gens ne sont plus ensemble, le tribunal
peut en tenir compte, là. Ça couvre tout ça, là.
M. Jolin-Barrette :
Effectivement.
M. Morin : Donc,
c'est... et c'est pour ça que vous utilisez «en matière familiale». Donc, tant
que le tribunal est saisi du dossier
et qu'il n'a pas rendu sa décision finale puis que le dossier n'est pas fermé,
bien, à ce moment-là, ça va s'appliquer, il n'y aura pas de souci.
Je
comprends que ça s'applique aussi à tous les tribunaux. Donc, s'il y a un appel
et que, pendant le cadre de l'appel, il y a
une des parties qui procède encore à de l'abus, là le tribunal d'appel pourrait
aussi utiliser ces dispositions-là pour, en fait, agir contre une des
parties qui commettraient l'abus?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
Parfait. Merci.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Juste préciser, là, M. le ministre, la conséquence de la détermination de
l'abus, c'est des dommages-intérêts, c'est ce qu'on va voir tantôt, ou si c'est
la fin de la requête... ou c'est le rejet de la requête?
M. Jolin-Barrette :
Bien, le tribunal peut rejeter la requête, peut condamner... en fait, doit
condamner.
M. Cliche-Rivard :
Doit condamner.
M. Jolin-Barrette :
Maintenant, c'est : doit condamner aux dommages-intérêts.
M. Cliche-Rivard :
Il peut faire l'un sans l'autre? Non, il ne peut pas. Il va devoir émettre
des DI?
M. Jolin-Barrette :
S'il statue sur l'abus, il donne droit à requête, il doit payer les frais
d'avocat.
M. Cliche-Rivard :
OK, mais il n'est pas... il ne rejette pas nécessairement la requête comme
une procédure abusive. Il peut l'entendre quand même ou il doit faire les deux
en même temps?
M. Jolin-Barrette :
Bien, généralement, si c'est une procédure abusive, il va la rejeter.
M. Cliche-Rivard :
Il va la rejeter, sommaire, là, sans l'étudier sur le fond?
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard :
Mais ce n'est pas automatique?
M. Jolin-Barrette :
Bien, ça peut être... En fait...
M. Cliche-Rivard : Je pose la question dans
le sens où elle pourrait être bien fondée en droit dans un contexte de
violence judiciaire.
M. Jolin-Barrette :
En fait, oui. En fait, oui, parce que c'est d'office ou sur demande. Ça
fait que le tribunal, à sa face même, d'office, peut dire : Bien, ça,
c'est une procédure abusive, je la rejette, puis, monsieur, vous avez fait une
procédure abusive, je vous condamne à payer les frais.
M. Cliche-Rivard :
OK. Mais en tout temps la détermination de procédure abusive amène le rejet
ou pas? C'est ma question.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard :
Ça dépend?
M. Jolin-Barrette : Pas dans tous les cas.
Mais il y a d'autres moyens. Il peut, supposons... pas la rejeter, mais
assujettir la... sa demande, la demande est abusive à une provision pour frais,
supposons.
M. Cliche-Rivard :
Oui, OK, parce qu'il pourrait comme radier une partie. Si lui estime qu'une
partie doit être radiée, l'autre est bien fondée, il va aller sur le fond du
bien-fondé, octroyer des DI sur le non-fondé, mais quand même aller étudier le
bien-fondé de...
M. Jolin-Barrette :
C'est ça. C'est ça.
M. Cliche-Rivard :
Tu sais, j'essaie juste de voir c'est quoi, les...
M. Jolin-Barrette :
Et, pour le reste, il pourrait dire : On... j'ordonne une provision
pour frais aussi.
M. Cliche-Rivard :
Pour le reste, pour ce qui est bien fondé.
M. Jolin-Barrette :
Oui, oui.
M. Cliche-Rivard :
Bien, à... en apparence, là.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Radier des conclusions.
M. Cliche-Rivard :
En disant ça : Je ne suis pas à l'aise de rejeter la requête complètement,
là, mais les allégués 67 à 80, je les radie. Le moyen demandé d'eux, je le
radie, je donne une... dommages-intérêts là-dessus parce que c'était clairement abusif de demander ça. Puis, madame, voici
votre provision pour frais pour le reste de votre recours que je juge
non abusif.
M. Jolin-Barrette :
Ça pourrait.
M. Cliche-Rivard :
Ça pourrait être le portrait.
M. Jolin-Barrette :
Ça pourrait.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait partie de l'éventail des possibilités.
M. Jolin-Barrette :
Ça pourrait.
M.
Cliche-Rivard : Parce que le bien-fondé est... tu sais, il n'est pas à
51.1, là, tu sais, le bien-fondé légal, la demande, il ne fait pas partie des
critères d'évaluation, ou s'il est implicite, dans la mesure où il ne sera pas
abusif de manière où... du moment où le
juge considère qu'il est bien fondé, il ne va pas implicitement le déclarer
abusif, là.
M. Jolin-Barrette :
Pas nécessairement, mais l'idée derrière ça, là, c'est vraiment de donner
des indications supplémentaires au tribunal pour dire... Puis, on s'entend,
règle générale, ce n'est pas la première procédure qui est abusive, mais c'est la multiplication des
procédures. Notamment, c'est pour ça qu'on indique dans 51.1, deuxième phrase,
«de l'historique des procédures impliquant
les parties, de l'impact de la nature répétitive et litigieuse de celles-ci»
qu'il peut y avoir sur l'autre, de l'équilibre des forces en présence
aussi.
M. Cliche-Rivard :
Puis là, dans l'historique des...
M. Jolin-Barrette :
Donc, c'est tous des éléments où est-ce que le juge... Tu sais, comme, la
requête prise... bien, la demande, il faut
dire, maintenant, là, prise, dans le vide absolu, pourrait ne peut-être pas
sembler abusive, mais, si ça fait deux ans que le litige est
commencé puis c'est la 48e requête, demande...
M. Cliche-Rivard :
Oui, oui, clairement.
M. Jolin-Barrette : ...peut-être qu'elle est
abusive, celle-là. Ça fait que c'est pour ça qu'on dit aux juges : Bien,
vous regardez la grande photo.
M. Cliche-Rivard :
Mais dans la mesure où la 48e, celle-là, là, puis les 45, 46, 47e ne
l'étaient pas, mais celle-là est bien fondée en droit... le juge va l'évaluer
si elle est bien fondée en droit, finalement. Je veux dire, ça...
M. Jolin-Barrette : Oui, mais ça ne veut pas
dire, parce qu'il y a une nouvelle procédure, qu'elle est nécessairement abusive.
M. Cliche-Rivard :
Exactement.
M. Jolin-Barrette :
Il la regarde en prenant en compte le contexte de l'ensemble de ces
mesures-là.
M. Cliche-Rivard :
Puis, quand on dit «de l'historique des procédures impliquant les parties»,
on parle de l'ensemble des procédures qui ne touchent pas nécessairement le
familial, ça peut être plein d'autres affaires.
M. Jolin-Barrette :
Non, mais là on est en matière familiale.
M. Cliche-Rivard :
Seulement.
M. Jolin-Barrette :
On est en matière familiale.
M. Cliche-Rivard : Ça fait qu'on cite... On
est en matière familiale, mais, dans l'historique, on est également
exclusivement dans l'historique familial des procédures.
M. Jolin-Barrette : On est par
rapport à ce litige-là.
M. Cliche-Rivard :
Par rapport à ce litige-là.
M. Jolin-Barrette :
En matière familiale, parce qu'un dossier en matière familiale n'est pas
fermé.
M. Cliche-Rivard :
OK.
M. Jolin-Barrette : Tu sais, le dossier est
ouvert, mais, exemple, les dossiers, supposons, de pension alimentaire,
le dossier reste ouvert.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça fait que, donc, il
n'y aura pas nécessairement un... je ne sais pas, moi, en parallèle, madame et
monsieur... Bien, madame a déposé une plainte au criminel, monsieur est
poursuivi pour violence. Lui, dans ce recours-là, voie de fait ou voie
de fait grave, là, monsieur multiplie les procédures dans son recours criminel.
Ça, ça ne sera pas évalué dans 51.1.
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais là, dans ce cas-là, la plaignante n'est pas partie au litige.
M. Cliche-Rivard : Exact,
elle n'est pas plaignante... elle n'est pas partie au dossier, mais elle subit
quand même une violence judiciaire, possiblement, là...
M. Jolin-Barrette :
Bien là, c'est...
M. Cliche-Rivard :
...même si c'est la Reine qui poursuit...
M. Jolin-Barrette :
C'est le droit à un accusé de se...
M. Cliche-Rivard : ...le Roi maintenant.
Oui, c'est vrai, on me rappelle, du côté du procureur, que c'est le roi
qui poursuit.
M. Jolin-Barrette : C'est ça, c'est le Roi
qui poursuit. Alors, quand le Roi décide de poursuivre, l'accusé a droit
à une défense pleine et entière.
M. Cliche-Rivard : Complètement. Je pose la question à savoir si l'historique
judiciaire en matière criminelle peut constituer ou peut ne pas... ne
peut pas constituer.
M. Jolin-Barrette :
Là, on est dans le cadre de l'historique en matière familiale.
M. Cliche-Rivard :
Exclusivement.
M. Jolin-Barrette : Puis là la différence
aussi, c'est que... l'abus de procédure générique, c'est que le tribunal
peut condamner aux dommages-intérêts. Quand vous allez être en matière
familiale, c'est : Il doit le faire.
M. Cliche-Rivard :
Exact. C'est ça, la distinction. Il n'y a plus de discrétion, là, il va
devoir.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Cliche-Rivard :
Même si ça le limite dans sa discrétion, il ordonne que c'est 5 $,
2 $...
M. Jolin-Barrette :
Il doit le faire.
M. Cliche-Rivard :
...ça, ça sera sa discrétion de le faire, mais il est obligé d'octroyer
quelque chose.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député d'Acadie.
M. Morin :
Brièvement, c'est dans le libellé de 51.1, je comprends très bien qu'il va
se prononcer sur l'abus, l'historique des procédures, la nature répétitive,
mais la nature litigieuse, est-ce que ça ajoute? Parce que n'importe quelle requête, en soi, c'est litigieux. Alors,
qu'est-ce que vous avez... Qu'est-ce que vous visez, particulièrement, par le
mot «litigieuse»?
M. Jolin-Barrette :
Là, vous voulez dire «de la nature répétitive et litigieuse»?
M. Morin : Oui,
parce que, quand on dépose des requêtes, c'est toujours litigieux, je veux
dire, c'est rare qu'on... tout le monde s'entend, là. Ça fait que qu'est-ce que
vous visez de plus?
M. Jolin-Barrette : Bien,
pas nécessairement... quand vous faites une demande à la cour, ce n'est pas nécessairement une demande qui est litigieuse.
Dans le fond, si la partie consent, elle... la demande n'est pas litigieuse.
Dans le fond, il... parfois, ça vous prend
des autorisations des tribunaux pour faire modifier le jugement. Mais ce n'est pas
parce que vous faites une demande... Supposons, là, vous faites
quatre changements de garde, quatre demandes en changement de garde,
mais que, les quatre fois, les deux parties sont d'accord, mais que
ça doit être avalisé par le tribunal, à ce moment-là, ce n'est pas litigieux.
Des fois, ça peut être des demandes d'homologation, puis tout ça.
M. Morin : Mais,
dans votre cas, par exemple, que vous donnez, votre exemple,
quatre demandes, il y en a qui consentent. Alors, le mot
«litigieux» va venir couvrir quel scénario?
• (12 heures) •
M. Jolin-Barrette : Non, mais
c'est que les parties ne s'entendent pas. Tu sais, dans le fond, le juge, quand
il regarde ça, là, ce n'est pas des... s'il y a eu 10 demandes de
changement de garde, de demandes en changement de garde, puis les 10 étaient
conjointes, bien, dans le fond, le tribunal, quand va arriver la
11e demande...
M. Morin : La 11e.
M. Jolin-Barrette : ...le juge
va regarder le dossier, il va dire : Bien oui, OK, c'est la 11e demande
que j'ai, mais les 10 premières étaient de consentement. Donc, c'est un
des critères qu'il regarde. Dans le fond, ce n'est pas à chaque fois que vous vous adressez au tribunal que
c'est nécessairement litigieux. Ça peut être des demandes qui ne sont pas
contestées.
M. Morin : OK.
M. Jolin-Barrette : Donc, tu
sais, c'est... Dans le fond, le juge, il faut qu'il regarde le dossier dans son
ensemble. Puis, dans le fond, les balises
qu'on met, c'est des éléments pour le guider, pour regarder. Tu sais, c'est sûr
que, si c'est des... toujours des demandes
au tribunal litigieuses pour, justement, favoriser le litige aussi, bien, le
tribunal doit en prendre compte. Donc, l'idée, c'est d'avoir un portrait
global de la situation.
M. Morin : OK,
global. Donc, si par exemple, dans une requête, il y a une série d'allégués qui
vont être contestés, mais qu'à la lecture même ça n'a pas de sens, c'est
à ce moment-là que, d'après vous, «litigieuse» va venir éclairer le tribunal?
M. Jolin-Barrette : Mais, si le
but, supposons, d'une demande est justement de provoquer un litige, tu sais, si
l'intention recherchée derrière ça, le tribunal peut en prendre compte pour...
dans son analyse à savoir si c'est un abus de procédure.
M. Morin : OK.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Puis, pour
clarifier ce que vous avez dit tout à l'heure, M. le ministre, pour formuler
une requête à 51.1, la victime alléguée pourrait demander une provision pour
frais?
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, le tribunal, lui, peut accorder.
M. Cliche-Rivard : Peut
l'accorder après en réparation. Mais elle, en amont, pour faire cette
requête-là?
M. Jolin-Barrette : Ça
dépend de la nature du dossier initial. Supposons qu'elle faisait, on l'a vu,
une demande alimentaire, elle peut faire une provision pour frais. Pour
la demande en prestation compensatoire, elle peut le faire aussi, une demande pour provision pour frais. Mais
le tribunal pourrait condamner pour une provision pour frais aussi.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, ça
dépend du principal, puisque vous l'avez liée, la provision pour frais, au
principal, qui est la prestation compensatoire et/ou la demande d'aliments.
M. Jolin-Barrette : C'est ça,
oui.
M. Cliche-Rivard : Dans le cas
où c'est seulement une requête en dissolution du patrimoine ou...
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Donc, c'est
ça, en conséquence de l'abus, il pourrait l'accorder par la suite.
M. Cliche-Rivard :
Après?
M. Jolin-Barrette :
Après.
M. Cliche-Rivard :
Mais en amont, non?
M. Jolin-Barrette :
En amont, non.
M. Cliche-Rivard :
Parce que, je veux dire, pour en avoir fait, là, des requêtes puis en avoir
déposé, là, je veux dire, il y a des
questions ou il y a des moments où l'avocat se pose la question à savoir s'il a
les moyens puis s'il est capable,
puis si la demanderesse est même capable de la déposer, puis de la soutenir,
là, puis de la soumettre, puisque c'est un enjeu d'accès à la justice,
quand même.
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais elle...
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que est-ce qu'il y a quelque chose qui est prévu? Est-ce qu'on
pourrait prévoir la provision pour frais à 51.1?
M. Jolin-Barrette :
La personne se retrouve déjà devant le tribunal. Puis, dans le fond...
M. Cliche-Rivard :
C'est ça. Mais là, pour une requête supplémentaire?
M. Jolin-Barrette :
Oui, nos... pas nécessairement, parce que le tribunal peut le reconnaître
d'office.
M. Cliche-Rivard :
D'office, s'il décide de le reconnaître.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Mais, s'il décide que ça lui prend un cahier de requête avec des allégués,
des preuves puis un contre-interrogatoire, c'est possible, là?
M. Jolin-Barrette :
Il y a une apparence d'abus, aussi.
M. Cliche-Rivard :
Dans... Bien, si le tribunal, il est... ce n'est pas clair pour lui, là, tu
sais, il est à 60-40 dans sa tête ou, tu sais, ce n'est pas un «clear case» que
ça, c'est de l'abus, là, il n'est pas sûr, mais il a des bonnes... il a des bons avis. Mais là madame, elle
dit : Je ne le déclarerai pas d'office, fais ta preuve, puis je vais
l'évaluer. Ça fait que, moi, la question que je vous pose, c'est :
Seriez-vous ouvert à ajouter la provision pour frais à 51.1?
M. Jolin-Barrette :
Bien...
Des voix :
...
M. Jolin-Barrette : C'est ça. L'article 53 du Code de procédure civile prévoit que l'apparence
d'abus permet d'aller chercher une provision pour frais.
M. Cliche-Rivard :
Dans n'importe quel...
M. Jolin-Barrette :
À 5°, regardez, là : «Le
tribunal peut, dans un cas d'abus, rejeter la demande en justice ou un autre acte de procédure, supprimer une
conclusion ou en exiger la modification, refuser un interrogatoire ou y mettre
fin ou encore annuler une citation à comparaître.
«Dans un tel cas ou
lorsqu'il paraît y avoir un abus, le tribunal peut, s'il l'estime
approprié :
«[...]5° ordonner à
la partie qui a introduit la demande en justice ou présenté l'acte de procédure
de verser à l'autre partie, sous peine de rejet de la demande ou de l'acte, une
provision pour les frais de l'instance...»
Ça fait que c'est
déjà là.
M. Cliche-Rivard :
Donc, il existe déjà, ce pouvoir-là à 53.5°.
M. Jolin-Barrette :
Oui, c'est ça, lorsqu'il y a une apparence.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que madame le formule ou monsieur le formule, la victime alléguée
le formule dans sa requête. Par exemple, elle, elle reçoit la procédure, elle
fait une requête en 51 ou 51.1 dans laquelle, dans ses moyens... ou s'il faut qu'elle fasse une requête préliminaire en avant
pour avoir la provision pour frais pour être capable de déposer la
requête?
M. Jolin-Barrette : Le
juge, même d'office, pourrait dire : Bien, écoutez, je constate que la
requête me semble abusive, donc j'ordonne, en vertu de 53.5°, provision
pour frais.
M. Cliche-Rivard :
Faites-moi la requête.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard :
Puis je vais la trancher.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Puis ça, est-ce qu'il peut faire ça d'office, le juge?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard : D'office. Puis, s'il ne le
fait pas d'office, la victime alléguée pourrait déposer une demande en amont avant de déposer sa requête en
abus à 51.1, elle pourrait faire cette demande-là, au sens de 53.5°, avant,
comme une espèce de moyen préliminaire, en disant : Accorde-moi x mille,
«whatever», je ne sais pas.
M. Jolin-Barrette :
Il y a une apparence d'abus de procédure.
M. Cliche-Rivard :
Il y a une apparence, je fais la preuve de l'apparence dans des allégués
quelconques, puis là le juge va statuer, un : Oui ou non, j'accorde une
provision pour frais au sens de 53; si c'est oui, madame peut déposer sa
requête au sens de 51.1; si c'est non, bien là, elle verra ses autres recours.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que c'est déjà
inclus. Ça, ce n'était pas déjà inclus via 53... non, 53.5° pour
la PC, pour la prestation compensatoire, vous l'avez ajouté, mais
c'était déjà... le même mécanisme s'applique.
M. Jolin-Barrette :
Non, mais la prestation compensatoire, c'est le fait que, pour obtenir la
prestation compensatoire, vous pouvez avoir une provision pour frais. Là, 53,
c'est dans le régime de l'abus, tandis que l'autre, c'est dans le régime de la
prestation compensatoire.
M. Cliche-Rivard :
L'autre, il n'y a pas nécessairement avoir de... de prouver d'abus, exact.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Autres
interventions? M. le député d'Acadie.
M. Morin :
Oui, brièvement. Suite à la question de mon collègue le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
quand vous avez répondu que le tribunal peut
le faire d'office à 53, à 51 le législateur prend la peine de dire : «Les
tribunaux peuvent à tout moment, sur demande et même d'office, déclarer
qu'une demande en justice est abusive.» Mais à 53, on n'a pas le libellé, c'est «le tribunal peut, dans un cas d'abus,
rejeter la demande». Ça semblerait dire qu'il ne pourrait pas le faire
d'office, ce n'est pas le même libellé. Alors, est-ce que c'est clair, qu'il
peut le faire d'office, à 53?
M. Jolin-Barrette : Non, mais... Il faut lire
les articles ensemble, là. La déclaration d'abus peut être faite d'office,
là, quand vous regardez 51, là, ensuite on
va voir les remèdes, qui sont à 53. Donc, à 51, là, vous retrouvez, là :
d'office, les tribunaux peuvent, à tout moment, sur demande et même
d'office, déclarer qu'une demande en justice ou un autre acte de procédure est abusif, puis là à 53, c'est
dans les pouvoirs du tribunal, dans un cas d'abus, rejeter la demande ou
un autre acte de procédure, supprimer une conclusion.
M. Morin :
OK. Donc, c'est clair qu'il peut le faire d'office. Parfait.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Mais, juste pour être 100 % sûr, il peut d'office, lui aussi, octroyer
la provision à 53.5°.
M. Jolin-Barrette :
Oui, parce que, dans le fond, lorsqu'il paraît avoir un abus, ça fait
partie de ses pouvoirs, du tribunal, s'il l'estime approprié.
M. Cliche-Rivard :
Parce que vous étiez vous-même à souligner, hier, qu'il y a des juges qui
s'arrogent des pouvoirs sans que la loi leur confère, ça fait que je trouve
utile qu'on le prouve et qu'on le détermine.
M. Jolin-Barrette : C'est
prévu dans le code. C'est bien important de respecter les lois, et les lois du
Québec, votées par le Parlement du Québec, s'appliquent à tout le monde,
sans exception. Ce n'est pas parce que ça ne fait pas notre affaire puis que ça change peut-être certaines modalités
d'application de notre travail qu'on peut se constituer en tant que juge
et partie et dire : Bien, moi, j'invalide une loi du Parlement du Québec,
de son propre chef.
Le
Président (M. Bachand) :
D'autres interventions sur
l'article 27? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
M. Cliche-Rivard : Non.
Le
Président (M. Bachand) :
Ça va? Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 27 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui, on est
rendus à 28? C'est ça :
L'article 52
de ce code est modifié par l'insertion, dans le cinquième alinéa et après
«procédure», de «en matière familiale ou sur celui d'un acte de
procédure».
Commentaire :
Cet article modifie l'article 52 du Code de procédure civile afin
qu'une demande faite au tribunal de
se prononcer sur le caractère abusif d'un acte de procédure en matière
familiale soit, en première instance, traitée en priorité au même titre qu'un acte de procédure ayant pour effet de
limiter la liberté d'expression dans le contexte d'un débat public.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député d'Acadie,
s'il vous plaît.
M. Morin : Merci,
M. le Président. Donc, vous insérez cette modification-là à cinq, en ce qui a
trait à une demande concernant la liberté d'expression?
• (12 h 10) •
M. Jolin-Barrette : En fait,
c'est sur le caractère de comment est entendu le dossier, tu sais :
«52. Si une
partie établit sommairement que la demande en justice ou l'acte de procédure
peut constituer un abus, il revient à
la partie qui l'introduit de démontrer que son geste n'est pas exercé de
manière excessive ou déraisonnable et se justifie en droit.
«La demande [est] faite avant l'instruction [et]
doit être notifiée aux autres parties et déposée au greffe au moins 10 jours avant la date de sa
présentation et est contestée oralement. Le tribunal peut toutefois, sur le vu
du dossier, la refuser en raison de l'absence de chance raisonnable de
succès ou de son caractère abusif.
«La demande faite pendant l'instruction est
présentée et contestée oralement.
«Lorsque la demande est contestée oralement, le
tribunal en décide sur le vu des actes de procédure et des pièces au dossier et, le cas échéant, de la
transcription des témoignages préalables à l'instruction. Aucune autre preuve
n'est présentée, à moins que le tribunal ne l'estime nécessaire.
«La demande faite au tribunal de se prononcer
sur le caractère abusif d'un acte de procédure en matière familiale ou sur celui d'un acte de procédure qui
a pour effet de limiter la liberté d'expression d'autrui dans le contexte
d'un débat public est, en première instance, traitée en priorité.»
Donc, ce n'est pas toutes les demandes d'abus
qui sont traitées en priorité. Antérieurement, c'étaient celles qui limitaient la liberté d'expression. Là, nous,
on vient dire : Bien, en matière familiale, vous allez le traiter, en
raison de la violence judiciaire en matière familiale, du contexte, en
priorité. Donc, vous le mettez sur le top de la pile.
M. Morin : Oui, sur le... oui,
c'est ça, sur le haut de la pile, mais... Puis je comprends l'importance de ça
en matière familiale, mais vous ne voulez pas, à ce stade-ci, parce qu'on est
dans l'article, l'étendre aux autres demandes d'abus? Parce que, que ce soit
n'importe quelle demande d'abus, si ça prend des ressources judiciaires puis ça fait perdre le temps... je comprends que
le tribunal a toujours une discrétion, pourrait d'office la traiter en priorité,
là. Là, vous lui donnez une indication...
M. Jolin-Barrette : ...au
tribunal, mais, nous, ce qu'on dit, c'est qu'en matière familiale on veut que
la question de l'abus soit traitée en
priorité parce qu'il y a beaucoup d'enjeux avec les enfants, au niveau de
l'intérêt de l'enfant, au niveau du litige entre les parents, au niveau
de l'environnement familial, tout ça, donc on veut que... on envoie un signal,
encore une fois, pour dire aux tribunaux : Ces dossiers-là, vous les
priorisez.
M. Morin : Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions? S'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 28 est adopté?
Des
voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : 29, M. le Président :
L'article 54 de ce code est modifié par l'insertion, après le premier
alinéa, du suivant :
«En matière
familiale, en outre de toute autre ordonnance qu'il peut rendre par application
du premier alinéa, le tribunal qui déclare qu'une demande ou qu'un autre acte
de procédure a un caractère abusif condamne la partie qui a introduit cette demande ou cet acte à payer des
dommages-intérêts pour compenser les honoraires et les débours que l'autre
partie a engagés.»
Commentaire :
Cet article modifie l'article 54 du Code de procédure civile afin
qu'en matière familiale le tribunal condamne automatiquement la partie
qui a introduit une demande ou un acte qu'il juge abusif à payer des
dommages-intérêts à l'autre partie.
Donc là, comme on
disait tantôt, c'est dans ce cas-ci que le tribunal n'a plus la discrétion,
c'est : à partir du moment où il y a abus en matière familiale, il doit
condamner à les payer, ce n'est plus «peut».
Le
Président (M. Bachand) : Interventions? M.
le député d'Acadie.
M. Morin :
Je comprends que, quand le tribunal en arrive à la conclusion qu'il y a eu
de l'abus, donc, à ce moment-là, il doit condamner à des dommages et intérêts.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Morin :
OK. Et les dommages-intérêts, c'est pour compenser les honoraires et les
débours uniquement.
M. Jolin-Barrette :
Exactement, oui.
M. Morin :
Donc, ça ne peut pas être des dommages-intérêts punitifs.
M. Jolin-Barrette :
Non, c'est pour payer les honoraires.
M. Morin :
OK. Puis vous ne vouliez pas inclure des dommages et intérêts punitifs?
M. Jolin-Barrette : Ah! bien, c'est déjà une
possibilité, mais ce n'est pas une obligation. Voyez-vous, au premier
alinéa...
M. Morin :
Bien, c'est-à-dire qu'à 54, oui, c'est déjà inscrit, mais...
M. Jolin-Barrette :
...à 54, premier alinéa, «si les circonstances le justifient, attribuer des
dommages-intérêts punitifs», donc il y a... le tribunal maintient toujours
cette discrétion-là. Mais, nous, ce qu'on dit, c'est qu'en partant, s'il y a déclaration d'abus, ils vont devoir payer
les frais d'avocat. Il peut rajouter le punitif par-dessus, mais ça, ça demeure
à la discrétion du tribunal.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard :
C'était la même question. Merci.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 29 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. M. le
ministre, pour 32, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Oui, article 32, M. le Président : L'article 342 de ce code est
modifié :
1° par l'insertion,
dans le premier alinéa et après «peut», de «d'office ou sur demande,»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«À
ces fins, en matière familiale, le tribunal tient compte de l'historique des
procédures impliquant les parties.»
Commentaire :
Cet article précise, à l'article 342 du Code de procédure civile, que le
tribunal peut sanctionner un abus de procédure sans que les parties ne le
soulèvent. Il y ajoute qu'en matière familiale, le tribunal doit considérer
l'historique des procédures impliquant les parties.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Interventions
sur 32?
M. Morin : ...qu'à
342, c'est plus large que les amendements qu'on vient d'adopter à 51, 52, 54.
Ça fait que, là, le tribunal regarde l'ensemble du dossier et il peut
ordonner à quelqu'un de compenser? Parce que, tout à l'heure, vous disiez : Il devra,
par exemple... il pourra... en fait, il va devoir condamner la partie qui
déposerait des requêtes abusives ou répétitives à payer, notamment, les
frais d'avocat; ici, on a le paiement des honoraires professionnels puis une...
Oui?
M. Jolin-Barrette : Là, on est dans le cadre
des frais de justice. Donc, lorsque «le tribunal [...] — maintenant,
on a rajouté "peut d'office ou sur demande", donc il pourrait le
faire de lui-même — après
avoir entendu les parties, sanctionner les manquements importants constatés
dans le déroulement de l'instance en ordonnant à l'une d'elles, à titre de
frais de justice, de verser à l'autre partie, selon ce qu'il estime juste et
raisonnable, une compensation pour le paiement des honoraires professionnels de
son avocat ou, si cette autre partie n'est pas représentée par avocat, une
compensation pour le temps consacré à l'affaire effectuée.
«À ces fins, en
matière familiale, le tribunal tient compte de l'historique des procédures
entre les parties.»
Donc, ça, ça signifie
qu'il n'a pas nécessairement... le juge n'a pas nécessairement déclaré un abus
de procédure, mais le juge, à la fin du dossier, il regarde comment ça s'est
déroulé, puis là on vient dire au juge : Bien, d'office, vous allez
pouvoir le faire en fonction des honoraires d'avocats sans qu'il y ait eu un
abus. Puis on lui dit : Écoutez, en matière familiale, là, même s'il n'y a
pas eu de déclaration d'abus dans le dossier, vous allez regarder le dossier
puis vous allez regarder l'historique des procédures pour voir.
Dans le fond, le
juge, supposons que ce n'est pas un abus, mais que, tu sais, il y a une des
parties qui est négligente ou qu'il y a...
comment je pourrais dire, il a été agressif plus que nécessaire dans le cadre
de la conduite des procédures
judiciaires, mais que ce n'était pas de l'abus, bien, le juge, à la lumière de
ça, va pouvoir, en tenant compte de l'historique des procédures,
d'office, puis après avoir entendu les parties, venir donner des paiements.
Exemple,
supposons, là, que, systématiquement, il y a une des parties qui demandait des
remises du dossier, ça engendrait des frais sans nécessairement de motif
de justification... Ça fait que, dans le fond, on vient aussi bonifier 342 sur
les frais de justice, aussi, pour envoyer un signal en matière familiale.
M. Morin :
OK. Et, dans le cas présent et dans ceux qu'on vient de regarder qui ont
été adoptés, parce qu'il peut arriver qu'une
des parties soit représentée par des mandats d'aide juridique ou des permanents
de l'aide juridique, à ce moment-là, si le juge en arrive à la
conclusion que c'est abusif, le montant d'argent, ça va être versé à qui?
M. Jolin-Barrette :
Est-ce que...
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette :
...à savoir si nous, on collecte...
M. Morin :
Bien, c'est parce qu'en fait, avec les dispositions qu'on vient d'adopter,
si c'est l'État qui représente la partie puis que le juge... tu sais, je ne
sais pas, moi, l'État ne reçoit pas l'argent, bien, ça vient diminuer, en fait,
l'efficacité du recours. Tu sais, si c'est l'autre partie qui... Je comprends
que, pour la personne, elle, si elle est représentée par l'aide juridique, elle
ne paiera pas, mais ça occupe du temps de cour, l'avocat de l'aide juridique ou
l'avocate, lui, il va devoir répondre à
toutes ces procédures-là. Donc, quel est son moyen, à ce moment-là? Est-ce que
c'est aussi efficace?
M. Jolin-Barrette :
On est en train de faire les vérifications.
M. Morin :
Parfait. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard :
Merci. La première partie de l'amendement, là, «d'office ou sur demande», ça,
c'est un ajout de pouvoir sur... «d'office
ou sur demande» ou c'est une clarification? Comme, actuellement, est-ce que le
pouvoir d'office existe déjà?
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est une
clarification, mais c'est un message aussi en disant : Vous pouvez le faire
d'office.
M. Cliche-Rivard :
OK. Donc, ce pouvoir-là existait déjà, auprès de la cour, de le faire
d'office.
M. Jolin-Barrette :
Bien, «le tribunal peut, après avoir entendu les parties, sanctionner les
manquements importants». Donc, c'est une clarification, virgule, message. Il
peut le faire d'office.
M. Cliche-Rivard :
OK. Mais c'était déjà un pouvoir.
M. Jolin-Barrette :
Oui, oui, 342 existait déjà.
M. Cliche-Rivard : Exact, il dit «peut»,
«peut le faire». Ça fait que, quand c'est écrit «peut», c'est implicite que c'est
d'office ou sur demande?
• (12 h 20) •
M. Jolin-Barrette :
On vient le dire, que c'est d'office.
M. Cliche-Rivard : On vient le
dire, là, mais il ne faut pas interpréter chaque disposition comme disant ça.
M. Jolin-Barrette : Non.
M. Cliche-Rivard : Donc,
a contrario, quand ce n'est pas là, ce n'est pas toujours un pouvoir direct du
tribunal.
M. Jolin-Barrette : Nous,
c'est un message qu'on envoie pour dire : N'oubliez pas que vous pouvez le
faire d'office.
M. Cliche-Rivard : OK. Vous
envoyez des beaux messages.
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, moi, je travaille à travers la communication du forum parlementaire
dans mon rôle et j'agis à l'intérieur de ma fonction législative, et chaque
acteur faisant partie du système démocratique devrait agir à l'intérieur des
paramètres qui lui sont confiés par la Constitution.
M. Cliche-Rivard : Deuxième
éditorial. On y va.
M. Jolin-Barrette : J'en ai
plein d'autres.
Le
Président (M. Bachand) :
Là, je ne sais pas, mais... si
vous avez la réponse pour le député d'Acadie, ou...
M. Jolin-Barrette : Non, pas
encore. On vous revient.
Le Président (M.
Bachand) : OK. M. le député d'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, je comprends que vous venez apporter cette modification-là à
342 parce que 342 vise, entre autres, des manquements importants, et vous ne
voulez pas l'inclure à 341 quand il y a des manquements des engagements. Est-ce
que... Parce que ça semble être deux choses différentes.
M. Jolin-Barrette : Oui,
bien, à 342, là, c'est vraiment quand il y a des situations qui sont plus hors
de l'ordinaire, là. À...
M. Morin : ...341, bien, le
tribunal pourrait aussi, si une partie, par exemple manquait à des engagements,
il n'a pas respecté les délais, il a indûment tardé à présenter un
désistement... Donc, c'est quand même assez fort aussi, mais vous visez
uniquement 342.
M. Jolin-Barrette : Oui,
c'est des situations... Dans le fond, c'est en dessous de l'abus, mais ce n'est
pas qu'un manquement, donc c'est un manquement important.
M. Morin : Donc, c'est en
dessous de l'abus, mais c'est... en dessous de l'abus, OK, mais indûment...
M. Jolin-Barrette : Puis on
n'oublie pas, là, qu'on est toujours dans les frais de justice, là.
M. Morin : Oui, toujours. On
est dans le titre II, toujours, mais 341 est dans le titre II aussi,
là.
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Morin : C'est ça, donc...
M. Jolin-Barrette : Puis,
généralement, en matière familiale, chaque partie paie ses frais.
M. Morin : OK.
Le
Président (M. Bachand) :
Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Est-ce qu'on est prêt à voter, en attendant la réponse
pour le député de l'Acadie? Est-ce que l'article 32 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui.
33. Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 409, du suivant :
«409.1. Le juge en chef privilégie la prise en
charge d'un dossier du tribunal par un seul et même juge.»
Commentaire : Cet article
introduit l'article 409.1 du Code de procédure civile afin que, lorsque
possible, un seul et même juge entende toutes les procédures en matière
familiale impliquant les mêmes parties.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, M. le ministre, vous voulez rajouter quelque chose
ou...
M. Jolin-Barrette :
Non, ça va.
Le
Président (M. Bachand) : Ça va? Alors, interventions?
M. le député de l'Acadie, oui.
M. Morin :
Est-ce que vous avez consulté les juges en chef avant d'insérer cette
disposition-là dans votre projet de loi?
M. Jolin-Barrette :
Manifestement, on a reçu un mémoire de la Cour supérieure et donc on a pris
acte des commentaires de la Cour supérieure, on a eu des échanges.
M. Morin :
Parfait.
M. Jolin-Barrette :
Et vous avez vu le mémoire de la Cour supérieure.
M. Morin :
OK. Bon.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Puis qu'est-ce qu'il... qu'est-ce que vous avez retiré de vos échanges, M.
le ministre?
M. Jolin-Barrette :
Bien, j'ai retiré de mes échanges que mon objectif, dans le système de
justice, c'est d'avoir un système de justice qui est humain, qui est efficace
puis qui est orienté sur les justiciables, vraiment sur les besoins des
justiciables. L'objectif de la disposition, c'est de dire : «Le juge en
chef privilégie la prise en charge d'un dossier du tribunal par un seul et même
juge.» Donc, ce n'est pas une obligation, c'est : on invite à favoriser la
prise en charge par un seul et même juge.
On est bien
conscients que, dans certaines circonstances... bien, en fait, de la façon que
la structure des assignations sont faites,
la cour ne pourra pas le réaliser. Cependant, il y a tout de même un message
aussi que... pour les familles puis l'ensemble des groupes qui sont
venus témoigner ici, même le Barreau du Québec l'a dit, l'association des
avocats en droit familial aussi, je pense Me Walsh l'a dit aussi, qu'il y
avait un intérêt pour les justiciables de ne pas toujours raconter l'histoire à
des juges différents. Puis, quand on n'a pas à raconter tout le temps
l'histoire à des juges différents, ça veut dire, il y a une économie de coûts
aussi pour le justiciable qui paie son avocat. Puis, bien entendu, quand le juge connaît déjà un peu le
dossier, a un historique, il s'est fait une tête aussi, bien, ça peut peut-être
être plus efficace, plus humain, puis il va comprendre la réalité. Là, sur la
question de l'applicabilité de la mesure... puis c'est pour ça qu'on n'a pas
dit «le juge en chef doit», donc, c'est «privilégie».
Alors, moi, je suis
sensible à ce qui a été déposé dans le mémoire de la Cour supérieure.
Cependant, je pense qu'on doit faire un pas
vers les citoyens dans l'organisation, puis, vous savez, ce n'est pas... dans
le respect des règles de chacun, ce
n'est pas le ministre de la Justice qui assigne les juges. C'est la responsabilité
du juge en chef d'assigner, de faire les assignations des juges et
d'attribuer les dossiers, puis ça, moi, je respecte ça puis je ne m'immisce pas
dans ça. Cependant, le législateur a tout de
même le droit et même le devoir d'indiquer dans le Code de procédure civile : Bien, écoutez, comment est-ce qu'on peut
avoir une justice qui est plus efficace, plus humaine, au bénéfice des
citoyens? Parce qu'il n'y a personne qui y gagne quand son dossier... surtout
en matière familiale où il y a plusieurs procédures dans le cours d'un
dossier, où, bien, vous vous retrouvez devant différents juges.
Alors, notre message
qu'on envoie, c'est de dire : Bien, écoutez, dans la mesure du possible,
lorsque c'est faisable, bien, tentez de le faire. Donc, c'est pour ça qu'on dit
«privilégie». Et le message qu'on envoie, ce n'est pas d'allonger les délais.
S'il n'y a pas de juge... le même juge qui est disponible, on ne souhaite pas
que ça soit reporté, le dossier. Mais, si
dans l'organisation des assignations, il y a des mesures qui peuvent être
faites ou que même le juge lui-même qui est saisi d'un dossier et qui
sait qu'il va revenir siéger à telle date dans le district ou que sa journée de
cour est déjà assignée, bien, pourquoi ne
pas faire en sorte que le juge ait cette sensibilité-là de suivre le dossier
aussi?
Alors, c'est un peu
le sens de la mesure. Ce n'est pas pour imposer quoi que ce soit à la cour. Ce
n'est pas pour faire en sorte de se mêler des assignations des juges ou
d'attaquer l'indépendance institutionnelle ou attaquer l'indépendance judiciaire des tribunaux. C'est plutôt une mesure d'accès
à la justice, de favoriser le justiciable et qu'on soit dans un souci
d'efficacité.
Mon autre commentaire
est à l'effet de... ce n'est pas parce que ça fonctionne d'une certaine façon
que ça doit toujours fonctionner toujours de
la même façon. On doit toujours être en optimisation continue. Puis je pense
que c'est tout à fait légitime que, dans le Code de procédure civile, le
législateur québécois, par ses députés de toutes les formations politiques, de
dire : Bien, écoutez, pour nous, c'est quand même important, puis pour les
Québécois, c'est important que le système de justice soit efficace, puis qu'on
puisse se faire entendre, puis que les dossiers puissent être réglés, puis que justice soit rendue dans un
délai qui est contemporain, efficace, efficient, et que les gens aient un
sentiment de confiance dans le système de justice aussi, puis qu'ils ne sont
pas ballottés. Alors, moi, je pense qu'on doit avoir cette sensibilité-là, puis
c'est le sens de l'article.
Le Président (M. Bachand) : ...
M. Cliche-Rivard :
Et quand, justement, M. le ministre, dans le mémoire, là, de la Cour
supérieure, on dit, là : Dès lors, la
juge en chef ne devrait d'aucune façon avoir à justifier le choix du juge qu'il
assigne... qu'elle assigne à une cause, vous êtes d'accord avec ça? Vous
n'allez pas, a posteriori, demander un bilan?
M. Jolin-Barrette :
Bien, je suis d'accord...
M. Cliche-Rivard :
C'est ça.
M. Jolin-Barrette : ...mais il n'y a aucun
pouvoir pour le ministre, ou pour le ministère, ou pour l'Assemblée nationale
de dire qui est assigné où, quand, comment. Ce qu'on envoie, c'est un signal
pour dire : Idéalement, essayez d'avoir le même juge. On comprend qu'il y
a des circonstances où vous ne pourrez pas avoir le même juge, mais ayez
cette sensibilité.
M. Cliche-Rivard :
La cour puis vos partenaires de la cour ont-ils été rassurés par vos
échanges?
M. Jolin-Barrette :
Bien, manifestement, la Cour supérieure a déposé un mémoire à cette
commission.
M. Cliche-Rivard :
Avant ou après vos échanges avec eux ou pendant?
M. Jolin-Barrette :
La cour a déposé un mémoire, je crois, avant les consultations
particulières, le lundi, le 29 avril, et il y avait eu des échanges
préalablement...
M. Cliche-Rivard :
...
M. Jolin-Barrette :
...préalablement au dépôt du mémoire.
M. Cliche-Rivard :
OK, donc... Puis c'est correct, là, je veux dire, votre rôle, c'est de
donner votre position, puis c'est très
possible que vous ne soyez pas d'accord, c'est... j'essaie juste de voir la
procédure ou l'historique des choses. Il y a le projet de loi, vous leur
parlez, malgré tout il y a un dépôt de mémoire. Donc, à la fin, ils
maintenaient leurs objections, là, ou leurs inquiétudes.
M. Jolin-Barrette :
Manifestement, le dépôt d'un mémoire de la part de la Cour supérieure fait
foi de la position. Et vous noterez que, dans le mémoire de la Cour supérieure,
la première demande est de retirer l'article. Donc,
la Cour supérieure du Québec demande que... dans le cadre du projet de loi
n° 56, l'article qui dit «le juge en chef privilégie la prise en charge d'un dossier du tribunal par un seul et
même juge», on demande au législateur québécois, à l'Assemblée
nationale, de retirer cet article-là.
Alors,
je vais expliquer pourquoi l'article, il est là. L'article, il est là de façon
à favoriser une saine administration de la justice, l'efficacité en
fonction des intérêts des justiciables. Alors, je comprends que c'est un
élément à prendre en considération, supplémentaire, lorsqu'il y a des
assignations. Mais, écoutez, de là, comme institution judiciaire, de demander à l'Assemblée nationale du Québec de ne
pas légiférer, c'est une position qui peut susciter, à tout le moins, des
interrogations sur le plan institutionnel.
• (12 h 30) •
M. Cliche-Rivard :
Moi, je suis... je partage votre avis, M. le ministre, là, que l'ajout à
409.1, comme vous l'avez décrit, c'est une indication, c'est une demande, c'est
une suggestion, c'est quelque chose qui vise à, sans lier les deux mains de la juge ou du juge en chef,
l'inciter dans cette direction-là. Je pense que cette discrétion-là va demeurer,
puis la cour va pouvoir se gérer comme elle doit ou veut se gérer. Cela dit,
que le législateur envoie une indication et une demande à l'effet que soit
considérée sérieusement la possibilité que ça soit le même juge dans le même
dossier, moi, je pense que c'est une bonne idée.
Donc, j'entends, là,
les commentaires, puis je les lis, je les ai vus, on les a vus. Le mémoire est
lui-même nuancé, là, de la Cour supérieure,
en disant qu'ils sont conscients eux-mêmes qu'ils préservent leur pouvoir
discrétionnaire. Moi, je n'y vois pas d'entrave à la liberté ou à
l'indépendance de l'institution judiciaire que d'envoyer un message non contraignant à l'effet que ça devrait être
privilégié, justement, pour utiliser les termes de 409.1, que ça soit un juge,
un dossier.
Le
Président (M. Bachand) : ...
M. Lemieux :
Oui. Je ne vais pas sauter dans le débat, mais m'inscrire dans ce débat,
tout avocat que je ne sois pas. Ceci dit, avec déférence par rapport à
l'indépendance judiciaire, que j'ai peut-être plus de mal que vous à mesurer et
à placer... mais je veux rajouter ma voix à la vôtre, parce qu'il me semble que
ce qu'on a entendu de tout... ou à peu près tout le monde qui est venu
témoigner en consultations, c'était que c'était souhaitable, mais qu'ils étaient eux-mêmes surpris de voir que c'était dans
le projet de loi, en disant : Bien, vous ne serez pas capables de le
faire.
Je pense que le législateur... et puis la
souveraineté parlementaire a probablement une place quand on parle
d'indépendance judiciaire, là. Je pense que c'est important qu'on le fasse et
je suis content qu'on l'ait fait et qu'on soit sur le point de l'adopter parce que c'est
le... c'est le b. a.-ba de la capacité pour certaines personnes de pouvoir
passer mieux au travers de tout le système judiciaire qu'on a en place,
d'être capables, dans la mesure du possible, de toujours s'adresser, là où c'est possible et quand c'est possible, au
même juge, et ne serait-ce que pourrait être capables de dire que c'est
ce qu'on espère qu'il va se passer. La cour se comportera selon son bon
vouloir, évidemment, par rapport aux assignations, mais, en ce qui a trait à la
demande du public, si nous, on ne peut pas faire ça, je ne vois pas qui va le
faire. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Puis,
en terminant, M. le Président, là, j'indique quand même, justement, vouloir
conférer ma confiance envers nos tribunaux puis nos institutions judiciaires.
Mon commentaire ne doit pas être interprété comme... d'aucune façon comme remettant en cause ou en question la
compétence de nos tribunaux de leur façon de se gérer, mais c'est
excessivement important qu'on envoie un message positif. Et je vous demanderais
un vote par appel nominal.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention... Mme la députée de
Vaudreuil, oui.
Mme Nichols : Bien, moi, je
vais juste me faire un peu l'avocate du diable, ici. Je suis d'accord avec les
propos, cependant je veux juste porter à votre attention qu'il y a quand même
des groupes parlementaires qui ont dit que, dans certains cas... il y a des
groupes, là, qui sont venus pendant les auditions, là, qui ont dit que, dans
certains cas, il y a des parties qui sont quand même contentes de changer de
juge. Ça fait que, quand... Je ne me souviens pas qui qui l'a dit tantôt, là,
mais il y a quelqu'un qui a dit que, bien, tu sais, tout le monde était
d'accord, tout le monde veut garder le même juge. Bien, je veux juste porter à
votre attention ce... à votre attention que ce n'est pas tout à fait ça, là, il
y a quand même des groupes qui sont venus dire que, dans certains cas... puis
je ne sais pas comment dire, mais je vais le
dire puis j'espère que ça ne sera pas mal interprété, là, mais, tu sais, ce
n'est pas tous les juges, non plus, qui
auront à coeur... en fait, que c'est leur dada, les dossiers en familial, là,
je vais le dire comme ça, là. Il y a certains juges que, tu sais, les
dossiers en familial, bien, ils aiment ça les passer à d'autres collègues ou
ils veulent les régler vite parce qu'ils veulent... ça fait que... Mais je le
dis, je ne veux pas que ça soit mal interprété, moi, j'adore les dossiers en
droit familial. Mais c'est deux petits points, là, que je voulais quand même
porter à l'attention, qui ont été soulignés aussi, là, tu sais, ça ne vient pas
de moi, là, ça a été souligné dans les différentes auditions.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, rapidement,
oui.
M. Jolin-Barrette : Oui, bien,
la députée de Vaudreuil amène un bon point, parce que, pour moi, comme ministre
de la Justice, c'est... j'ai été un peu interloqué, parfois, par certains
témoignages des gens qui sont venus nous voir et par, notamment, des avocats en
pratique qui sont venus nous le dire : Il est important et fondamental que... lorsque vous avez un dossier devant les
tribunaux, peu importe l'identité de la personne qui est sur le banc, il est
nécessaire que ça soit le même traitement pour tout le monde, peu importe
l'intérêt de la personne porté à la matière, puis ça, pour nous, c'est
l'égalité devant la loi, et le même traitement de la part des tribunaux doit
être fait. Comme gouvernement, comme État de
droit, chaque citoyen a droit au même traitement devant les tribunaux. Et je
vous dirais, M. le Président, et la
députée de Vaudreuil l'a entendu comme moi, j'ai été un peu inquiété des propos
que j'ai entendus ici, en
commission parlementaire, par les groupes. Donc, c'est une préoccupation.
Mme Nichols : Il n'y avait
pas... M. le Président, il n'y avait pas, même, un groupe qui avait parlé de
former une équipe volante de juges en droit
familial, là, qui pourraient traiter juste cet... Il me semble, là, je ne me
souviens pas lequel, groupe, là, mais il me semble même d'avoir
entendu... Ça fait que votre intervention est intéressante, là, M. le ministre,
là, et puis, justement, ça vient appuyer que, parfois, les dossiers en droit
familial...
M. Jolin-Barrette : Mais vous
comprendrez que, puisque je respecte l'indépendance judiciaire, je ne peux
moi-même faire cette démarche-là de constituer des équipes volantes, ça relève
de la prérogative de la cour.
Peut-être si on peut entendre le député de Jean-Talon
sur s'il est d'accord avec l'article 409.1.
M. Paradis : Merci, M. le ministre.
En fait, j'aurais des questions sur cet article-là. C'est une mesure qui, je pense, peut sembler intéressante à première vue,
mais je me demandais si vous aviez déjà des analyses sur l'efficacité
démontrée ou attendue de cette mesure-là, dans l'optique où ça change quand
même la pratique actuelle des choses. Puis là il y a déjà des collègues qui
disent : Bien, parfois, peut-être qu'on n'a pas nécessairement avantage à
avoir le même juge. Donc, qu'est-ce que vous avez, là, comme données, qui
démontrent... parce qu'on connaît votre intérêt pour l'efficacité de notre
système judiciaire. Est-ce que, vraiment, on pense que ça, ça va favoriser
l'efficacité au bénéfice des personnes concernées?
Puis la deuxième question, je vais vous dire
tout de suite où je m'en vais, c'est : Je note que c'est... que le juge en chef privilégie la prise en charge du
dossier... d'un dossier du tribunal par un seul et même juge. Est-ce que ça veut
dire qu'on laisse, donc, l'option que ça ne soit pas toujours ça, parce que, justement,
on veut tenir compte des circonstances et dire : Bien, des fois, ça peut
être ça, mais on veut permettre que ça ne soit pas toujours ça?
M. Jolin-Barrette : Effectivement.
Dans le fond, je l'ai dit tout à l'heure en réponse aux questions des
collègues, dans le fond, le juge en
chef maintient son entière autonomie. Dans le fond, lorsque les circonstances
sont possibles, on doit... le juge en chef doit privilégier un seul et
même juge qui suit le dossier, mais il va arriver certaines situations où la
cour ne pourra pas donner suite à cette indication. Ce que le législateur fait,
c'est d'envoyer un message pour dire : Idéalement, dans un monde idéal, ça
serait le même juge qui suivrait la famille. Pour plusieurs raisons, il
pourrait arriver que le juge en chef ne déciderait pas d'aller dans ce sens-là,
et ce n'est pas à nous à intervenir sur l'assignation des juges. Mais par
contre le législateur indique... et je crois que j'ai posé la question à
pratiquement tous les groupes, sauf un, et
ils ont tous dit que ça faciliterait les choses. Bien entendu, il y a eu
certains commentaires à l'effet de dire : Bien, peut-être que, dans
certaines circonstances, je voudrais avoir un autre juge. Mais globalement
cette mesure-là, elle est appuyée, soulignée et soutenue. Et d'ailleurs, je ne
sais pas si vous vous souvenez, je pense que
c'est Me Walsh qui disait : Depuis le temps, ça fait des dizaines et
dizaines d'années que le Barreau demande ça, donc, ceux qui sont sur les
comités en droit familial du Barreau qui demandent ça.
Donc, on se place dans une perspective
citoyenne. Tu sais, quand quelqu'un suit le dossier, tu sais, c'est un peu la même chose, ce qu'on a fait en matière de
violence sexuelle et violence conjugale avec le Directeur des poursuites criminelles
et pénales. Quand j'ai instauré le
tribunal spécialisé, notamment, on a fait en sorte de... pratiquement dans
tous les cas, sauf des exceptions, que la
poursuite verticale, elle est là, donc, autant en matière de violence sexuelle
ou violence conjugale. Puis, ça, c'était une critique de beaucoup de
victimes, qui disaient : Écoutez, moi, j'ai un dossier judiciarisé, j'ai
porté plainte, puis là, des fois, mon dossier ballotte, puis il change de
mains, de procureur, puis là je dois raconter mon histoire, puis c'était tout
le temps ça. Bien, tu sais, cette lourdeur-là que vous avez en matière
criminelle pour les victimes, bien, tu sais, en matière familiale aussi, c'est
des dossiers extrêmement émotifs. Vous retrouvez...
c'est la garde des enfants, la pension alimentaire. Vous vous retrouvez avec
quelqu'un avec qui vous avez partagé votre intimité devant la cour, vous
êtes en litige avec lui, puis là, à toutes les fois, bien, le dossier doit être
relu par une autre personne, où il ne
connaît pas nécessairement l'historique. Vous savez, quand un juge rend un
jugement interlocutoire ou provisoire
dans le dossier, bien, il y a une raison pour quoi il le fait. Puis, dans le
fond, le continuum... Ça fait qu'on n'oblige pas que ça soit le même juge qui
suive le dossier. Puis je comprends que, dans l'aspect pratique des
choses, la façon que la structure de la cour est organisée, ça va arriver que
ça ne soit pas le même juge. Mais ce que je
disais, c'est qu'il faut avoir la sensibilité. Si un juge est saisi du dossier,
peut-être que... lorsqu'il y a une remise à mettre ou tout ça, peut-être que le
mettre dans son calendrier, aussi... Mais on ne s'ingère pas dans cette
question-là, c'est la cour qui doit
le gérer, mais il y a un message du législateur envers la cour qui dit :
Bien, écoutez, la population demande que ça soit privilégié.
• (12 h 40) •
M. Paradis : Bien... puis
j'entends votre réponse, puis je vous en remercie, et je vous l'indique, je...
en tout cas, à première vue, ça me semble
une disposition qui est intéressante, surtout dans la mesure où vous laissez...
ce n'est pas une obligation stricte, vous laissez à la cour une marge de
manoeuvre pour gérer aussi selon les circonstances. Ça m'apparaît intéressant.
Puis c'est vrai qu'on l'a entendu puis qu'on l'a lu dans les mémoires, des gens
qui nous disent : C'est une mesure qui fait en sorte que tu n'es pas
toujours en train de recommencer à raconter ton histoire puis à essayer de faire comprendre le contexte
particulier d'une affaire. Si on le prend du point de vue citoyen, là, il y a
des raisons très pratico-pratiques aussi. Nous, on le voit, là, comme juristes,
là, dans la mécanique du tribunal, mais, quand on est le citoyen, on dit :
Bien là, tu sais, j'ai... il y a comme quelqu'un qui me suit. Vous avez utilisé
cette expression-là.
Par contre,
il faut qu'on s'assure, nous, comme législateurs, qu'on... puis je ne dis pas
que c'est le cas, là, mais qu'on n'est pas en train, tu sais, d'adopter
une fausse bonne idée, là. Puis j'avais des questions, par exemple : Qu'en
est-il si le juge assigné... qu'on dit, là : Il y a un unique juge pour
tous les différents aspects d'un dossier, mais que ce juge-là a une tendance, par exemple, à être surchargé, qu'il a beaucoup
d'audiences, puis là, bien là, on voit que notre dossier avance moins, est-ce que, là, c'est à l'avantage de la famille?
Est-ce que c'est à l'avantage des parties? Comment on gère, compte tenu — c'est un petit peu ce que je mentionnais
tout à l'heure — que,
actuellement, la pratique, ce n'est pas
celle-là, hein, la pratique est plutôt de l'autre côté, donc, comment on va
faire pour s'assurer que, vraiment, ça marche? Puis c'est là où j'arrivais : Est-ce que... tu sais, est-ce que
vous l'avez étudié, comment ça va fonctionner puis comment vous le voyez
entrer en vigueur puis s'installer de telle sorte que ça soit vraiment au
bénéfice des justiciables?
M. Jolin-Barrette : Le juge en
chef conserve son entière discrétion dans les assignations. Donc, comme ça se
fait actuellement, quand, supposons, un juge a des dossiers de plus longue
haleine, bien, souvent, il va être libéré pour d'autres types de dossiers ou
par rapport à ses assignations régulières aussi, en fonction de la grosseur du dossier, il peut être libéré pour certains
dossiers. Alors, nous, on ne vient pas gérer à la place du juge en chef. Ce que
l'on envoie, c'est un message pour dire : Écoutez, c'est ce que les
citoyens nous demandent, et les citoyens ont le droit d'avoir un système de
justice qui est efficace et performant, basé sur leurs besoins. Puis, tu sais,
qu'on soit autant en matière criminelle... puis là on est en matière familiale,
civile. Puis, vous savez, on l'a fait avec le projet de loi n° 8,
l'année passée, sur les petites créances. Si
on veut que les citoyens aient confiance dans nos institutions, aient confiance
dans les tribunaux, aient confiance dans le système de justice en général, il
faut adapter nos façons de faire. Le ministère de la Justice le fait, les
tribunaux le font aussi, mais, dans un cadre d'un dialogue interinstitutionnel,
le législateur a le droit, puis, à juste titre, le député de Saint-Jean le
disait, de porter la parole des gens, des citoyens qui font affaire avec les tribunaux, des justiciables pour leur dire :
Bien, c'est demandé, ça, alors pouvez-vous regarder ça? Et pouvez-vous le
privilégier, dans la mesure du possible, sans être une obligation qui est
contraignante? Parce que l'assignation, la répartition des dossiers, ça ne
relève pas de l'exécutif ni du législatif, ça relève du judiciaire.
M. Paradis :
Bon, alors, donc, je comprends, là, vous... je pense que vous insistez
beaucoup sur le fait qu'on lance le message, et je pense que c'est un message
intéressant. Est-ce que, donc, vous envisagez, après une période x, d'évaluer
l'impact que ça aura eu sur les délais, sur la satisfaction des personnes,
etc.? Donc, est-ce qu'on va le mesurer pour voir si ça fonctionne bien et voir
qu'est-ce qu'on veut en faire après, si on veut continuer dans cette voie-là,
si on doit rectifier, si on doit l'élargir?
M. Jolin-Barrette :
À chaque année, le ministère de la Justice a des sondages d'opinion pour
sonder la population, c'est diffusé sur le site Web du ministère. Vous
comprendrez qu'on n'est pas là à surveiller les dossiers, les assignations,
tout ça, ce n'est pas le rôle du ministère de la Justice. Donc, ça, on ne fera
pas ça. Mais, dans le fond, le rôle des tribunaux, c'est que la cour fonctionne
bien aussi. Et, à la fois la magistrature, à la fois le ministère de la Justice, tous les deux, on a des
responsabilités pour consacrer la confiance du public, alors je suis convaincu
que les partenaires vont le faire, tout comme nous.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député d'Acadie.
M. Morin :
Oui, brièvement. Merci, M. le
Président. Donc, je comprends qu'avec vos explications, M. le ministre,
c'est à titre indicatif seulement. Je comprends également que vous avez... vous
en avez discuté avec le juge en chef. Maintenant, le législateur va envoyer un
message clair, qu'est-ce qui arrive si ça n'arrive pas ou ça ne fonctionne pas dans certains dossiers? Est-ce que ça peut...
Est-ce que vous avez évalué l'impact? Est-ce que ça peut faire en sorte que
quelqu'un pourrait déposer une requête ou
exiger ou se plaindre à la juge en chef ou... Avez-vous pensé à cet aspect-là
de la question?
M. Jolin-Barrette :
Effectivement, et, non, la personne ne peut présenter une requête parce que
la juge en chef conserve son entière
autonomie sur l'assignation. C'est un principe, notamment, qui vient de la...
de Valente, sur l'indépendance
judiciaire, et conserve son autonomie, l'indépendance et son rôle d'assigner
les juges aux causes comme la cour souhaite le faire.
M. Morin :
Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder au vote par appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Jolin-Barrette
(Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Pour.
La
Secrétaire : Mme Schmaltz (Vimont)?
Mme Schmaltz :
Pour.
La
Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin :
Fièrement pour.
La
Secrétaire : M. Lemieux (Saint-Jean)?
M. Lemieux :
Pour.
La
Secrétaire : M. Morin (Acadie)?
M. Morin :
Pour.
La
Secrétaire : M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Nichols (Vaudreuil)?
Mme Nichols :
Pour.
La
Secrétaire : M. Bachand (Richmond)?
Le
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc,
l'article 33 est adopté. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Nous allons passer à l'article 43, M. le Président.
Donc, à 43 : La
Loi sur la protection de la jeunesse est modifiée par l'insertion, après
l'intitulé de la section I du chapitre V, de la sous-section suivante :
«0.1. Prise en charge
des dossiers du tribunal
«72.12. Le juge en
chef privilégie la prise en charge d'un dossier du tribunal par un seul et même
juge.»
Commentaire :
Cet article introduit l'article 72.12 de la Loi sur la protection de la
jeunesse afin que, lorsque possible, un seul et même juge entende toutes les
procédures d'un dossier impliquant un même enfant en matière de protection de
la jeunesse.
Donc,
c'est le pendant de ce qu'on vient de faire pour les matières familiales, mais
à la chambre de la jeunesse.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Interventions? M. le député d'Acadie.
M. Morin :
Oui. Oui, avant le dépôt du projet de loi, est-ce que vous en avez discuté
avec le juge en chef de la Cour du Québec?
M. Jolin-Barrette :
Non, ça n'a pas été discuté.
M. Morin :
Pourquoi?
M. Jolin-Barrette :
Le législateur développe ses projets de loi.
M. Morin :
Oui, ça, c'est évident, que le législateur développe ses projets de loi, M.
le ministre, là...
M. Jolin-Barrette : Et par ailleurs, et par
ailleurs, si ça peut vous rassurer, à la Cour du Québec, c'est déjà une
pratique qui est en place.
M. Morin :
OK. Ici, et on l'a vu dans un autre article, puis vous l'avez expliqué
vous-même, ce que vous essayez de faire,
c'est de vous mettre dans la position du justiciable puis essayer que ce soit
plus efficace, puis, comme l'autre disposition, c'est à titre indicatif.
Mais, dans votre rôle, vous devez avoir, à l'occasion, des discussions avec les
juges en chef au niveau administratif, là, je ne vous parle pas de
l'assignation des dossiers, là. Donc, comment fonctionne la cour, ça fait aussi
partie de vos responsabilités. Donc, quand vous...
M. Jolin-Barrette :
Notamment sur le... Vous, vous faites référence au nombre de jours siégés,
peut-être?
M. Morin :
Ça peut être le nombre de jours siégés, mais c'est en général, parce que...
puis ça peut-être les besoins de la cour en général, est-ce qu'ils ont besoin
de personnel administratif? C'est le ministère de la Justice, éventuellement, qui va embaucher ces gens-là, qui
va les payer. Donc, quand vous apportez une disposition comme ça, ne
serait-ce que par respect pour le juge en chef, est-ce que vous lui en glissez
un mot : Écoutez, on a ça en tête, qu'est-ce que vous en pensez? Ça
fonctionne-tu déjà comme ça chez vous? Est-ce que c'est des choses que vous
faites ou... Bien là, visiblement, vous ne l'avez pas fait.
• (12 h 50) •
M. Jolin-Barrette : Oui, mais c'est une
pratique qui est bien ancrée à la Cour du Québec déjà. Donc, la mesure
s'inspire de ce qui est déjà fait à la Cour du Québec.
M. Morin :
D'accord. Je vous remercie.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
On en profiterait, M. le ministre, là... Vous avez effleuré le sujet en
consultations particulières, mais que vous étiez en discussion ou en demande
pour un tribunal unifié, j'aimerais ça vous entendre sur la question.
M. Jolin-Barrette :
Bien, écoutez, ce n'est pas l'objet de l'article, mais moi, je trouve que
c'est une avenue très intéressante, protection de la jeunesse, droit familial,
tout ça. Donc, ça fait partie de mes réflexions. Bon, vous savez, la Loi sur le divorce est fédérale, donc
c'est traité par la Cour supérieure, le droit familial, alors je réfléchis, là, à la
structure conditionnelle de tout ça.
M. Cliche-Rivard : Ça fait qu'il...
d'emblée, là, il y a quand même une limitation constitutionnelle, actuellement,
là, c'est ce que vous me répondez.
M. Jolin-Barrette : C'est ce
que je constate, mais...
M. Cliche-Rivard :
Puis les discussions sont commencées avec votre homologue fédéral?
M. Jolin-Barrette : Oui,
je l'ai déjà sensibilisé; mon sous-ministre aussi, avec la sous-ministre à la
Justice du Canada.
M. Cliche-Rivard : Il y a de
l'ouverture?
M. Jolin-Barrette : Il y a des
discussions, des discussions.
M. Cliche-Rivard : Donc,
l'ouverture est mince pour l'instant.
M. Jolin-Barrette : Mais
il y a des discussions, il y a des discussions. Mais, voyez-vous, moi, je suis
heureux parce que je sens que je vais avoir l'appui de l'opposition
officielle, notamment par la question qui a été déposée par... qui a été déposée ce matin par la députée de Chomedey,
hein, qui disait que le fédéral se retirait du financement de nos
festivals. Alors, je sens que j'ai l'appui de l'ensemble de la députation pour
faire des gains pour le Québec.
M. Cliche-Rivard : Donc,
les festivals puis le tribunal unifié, là, je vais vous laisser faire le lien
vous-même, là, mais...
M. Jolin-Barrette : Bien, mon
message est que chaque élément est important pour le Québec, est important pour les citoyens du Québec, et on aurait intérêt
à avoir un tribunal unifié en droit de la famille. Bien, alors, c'est vision.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur 43? S'il n'y a pas d'autre intervention, 43 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : 44.
L'article 96 de cette loi est modifié par l'insertion, après le premier
alinéa, du suivant :
«Un juge de la Cour supérieure qui est saisi
d'une affaire en matière familiale et qui ordonne la production d'une
ordonnance, d'une demande, d'une entente ou d'une décision relative à la
protection de la jeunesse concernant l'enfant
visé par cette affaire, de même que le greffier de la cour, peut recevoir une
copie ou un exemplaire de ces documents et en prendre connaissance.»
Commentaire :
Cet article modifie l'article 96 de la Loi sur la protection de la
jeunesse afin de permettre à un juge de
la Cour supérieure saisi d'une affaire en matière familiale ainsi que le
greffier de cette cour de recevoir une copie du dossier du tribunal en
matière de protection de la jeunesse qui implique un enfant visé par cette
affaire.
Et ça, c'est une demande de la Cour supérieure
pour que, lorsque... et ça, quand on parle d'efficacité des tribunaux, là, pour
faire en sorte que... quand il y a une ordonnance qui est rendue en protection
de la jeunesse à la Cour du Québec, à la
chambre de la jeunesse, parfois il arrivait qu'en Cour supérieure, ils n'aient
pas l'ordonnance qui a été rendue. Ça
fait que, là, on vient faire en sorte que, quand le dossier est rendu en
matière familiale, qui, parfois, est en parallèle, là, à ce moment-là, la Cour supérieure puisse avoir les... le
juge de la Cour supérieure puisse avoir l'information, et surtout parce
que, vous savez, des fois, il y a des situations qui sont concomitantes, parce
que la Cour du Québec à une juridiction
accessoire pour statuer sur la garde dans certaines circonstances, mais la
pension alimentaire, c'est à la Cour supérieure, donc on vient faciliter
la communication des informations. Puis, dans le litige en matière familiale,
théoriquement, c'était aux parties à produire l'ordonnance de la Cour du Québec
en matière jeunesse, mais souvent ce qui
arrivait, puis ce qu'on m'a expliqué de la part des juges de la Cour
supérieure, c'est que les parties ne produisaient pas, dans les pièces
au dossier, l'ordonnance de la Cour du Québec dans le dossier de la Cour
supérieure en matière familiale, donc d'où la nécessité d'indiquer cela.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui,
merci, M. le Président. Ma lecture de l'article n'est peut-être pas bonne, vous
me corrigerez, mais c'est que ça permet, évidemment, aux juges de la
Cour supérieure de recevoir la copie ou... des documents. Évidemment, après ça,
il ou elle va en prendre connaissance. Mais, si ce que vous voulez faire, c'est
vous assurer que le juge de la Cour
supérieure... Parce qu'effectivement, dans certains dossiers, il peut y avoir
un dossier ouvert en protection de la jeunesse devant la Cour du Québec,
chambre de la jeunesse, puis un à la Cour supérieure, pourquoi, à ce moment-là, ne pas ordonner ou demander au
greffier à la chambre de la jeunesse, lorsqu'une ordonnance est rendue, de
la communiquer directement ou de la déposer dans le dossier de la Cour
supérieure? Parce que, là, vous allez... Parce que le juge de la Cour
supérieure, évidemment, il peut systématiquement le demander à toutes les
parties : Êtes-vous en protection de la
jeunesse? Avez-vous obtenu une ordonnance? N'oubliez pas de la produire. Mais,
s'il ne le fait pas, ce n'est pas évident qu'il va l'avoir quand même.
M. Jolin-Barrette : Parce
que l'enjeu, là... il fallait changer les règles de confidentialité, puis
souvent les pièces... en fait, les pièces vont être mises sous scellés.
M. Morin : Oui.
M. Jolin-Barrette : Mais,
parce que, dans le fond, le juge ne sait pas nécessairement... dans le fond, le
greffier ne sait pas nécessairement s'il y a un dossier ouvert en
matière familiale. Tu sais, dans le fond, ce n'est pas parce que vous avez un
dossier en DPJ, en protection de la jeunesse, que, nécessairement, il y avait
un dossier ouvert en Cour supérieure.
M. Morin : Oui.
Ça, vous avez raison. Mais, avec la mécanique que vous avez là, ça dit qu'il
peut en prendre connaissance.
M. Jolin-Barrette : Ça
fait que ça peut... Oui, à cause des règles de confidentialité antérieures,
parce que, si ce n'était pas produit par les parties, il ne pouvait pas
en prendre connaissance d'office.
M. Morin : OK. Puis là, avec
ça, il va pouvoir en prendre connaissance d'office?
M. Jolin-Barrette : Oui, il va
pouvoir le faire, parce que... regardez : «Un juge de la Cour supérieure
qui est saisi d'une affaire en matière
familiale et qui ordonne la production d'une ordonnance, d'une demande, d'une
entente ou d'une décision relative à la protection de la jeunesse
concernant l'enfant visé par cette affaire, de même que le greffier de la cour,
peut recevoir une copie ou un exemplaire de ces documents et en prendre
connaissance.» Ça fait que lui, il va
l'ordonner, il va dire : Moi, je veux avoir copie de l'ordonnance... copie
du jugement de la Cour supérieure.
M. Morin : De la cour... de la
chambre de la jeunesse...
M. Jolin-Barrette : La chambre
de la jeunesse, exactement.
M. Morin : ...de la Cour du
Québec.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Donc, on vient lui donner ce pouvoir-là.
M. Morin : OK. Mais à condition
que quelqu'un lui dise.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais
les parties, souvent, la lèguent. Oui, ça vient dans le dossier, mais ils ne
produisent pas. Puis il faut comprendre que parfois les parties qui se
retrouvent en protection de la jeunesse, lorsqu'ils se retrouvent en matière
familiale, leur dossier n'est pas toujours tout le temps complet, c'est ça,
tout le temps constitué. Et donc, dans le cadre de la gestion du dossier, le
juge va apprendre qu'il y a une ordonnance, donc, actuellement, il ne pouvait
pas aller chercher l'ordonnance de la chambre de la jeunesse. Ça fait que, là,
on vient lui donner le pouvoir de dire : Bien, moi, donnez-moi
l'ordonnance dans le dossier de la cour, directement de la Cour du Québec, puis il va pouvoir l'avoir, ce qu'il ne
pouvait pas avoir avant. Auparavant, il fallait que ce soient les parties qui
la produisent, puis là les parties, s'il n'y
avait pas le jugement, ils n'avaient pas l'ordonnance, ils ne la produisent pas,
tout ça. Ça fait que l'idée, c'est d'outiller les juges là-dessus, puis c'était
une demande des juges en matière familiale de la Cour supérieure.
M. Morin : Merci.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Oui, à 96,
au début, là, on parle du dossier du tribunal comme le dossier complet, puis
dans le libellé, là, on parle de... qu'il fait une demande de ces documents. Je
veux juste être sûr qu'on parle vraiment qu'il
va pouvoir avoir accès, le juge, au dossier complet également, ou s'il est
limité par ce qui est mentionné dans l'article.
M. Jolin-Barrette : C'est les
documents que les parties ont l'obligation de produire au dossier de la cour,
mais que les parties ne produisent pas nécessairement. Ça fait que ce n'est pas
le dossier en entièreté, de la Cour du Québec, en chambre de la jeunesse puis que c'est les
parties qui devaient produire. Donc, tu sais, actuellement, le juge de
la Cour supérieure avait un pouvoir d'ordonnance, mais il ne pouvait pas
ordonner d'avoir ces documents-là à cause de la Loi sur la protection de la
jeunesse puis de la confidentialité associée à ça.
M. Cliche-Rivard : Exact. Ça
fait qu'il n'a pas, le juge de la Cour supérieure, les mêmes pouvoirs que ceux
qui sont listés, là, de a à k. Ça, c'est un pouvoir différent, c'est pour ça
que vous le mettez dans un alinéa différent, parce que lui, il a les pouvoirs
seulement liés à ce que vous citez dans l'alinéa...
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
M. Cliche-Rivard :
...puis qu'il ne peut pas demander, lui, copie intégrale du dossier, des interrogatoires,
de la preuve.
M. Jolin-Barrette :
Non, non.
M. Cliche-Rivard :
Il est seulement limité à...
M. Jolin-Barrette :
À ce qu'on ajoute.
M. Cliche-Rivard :
...un exemplaire de ces documents.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Puis pourquoi vous ne
vouliez pas lui accorder la possibilité d'avoir l'ensemble du dossier?
M. Jolin-Barrette :
Parce que les règles en matière de confidentialité en matière de protection
de la jeunesse sont strictes.
M. Cliche-Rivard :
Mais on parle quand même d'un juge de la Cour supérieure, là.
M. Jolin-Barrette : La Loi sur la protection de la jeunesse s'applique, donc ce n'est pas tous les documents
en matière familiale qui sont pertinents.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Cela dit, la commission... compte tenu de l'heure, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures. À tantôt.
(Suspension de la séance à 13
heures
)
(Reprise à 14 h 04)
Le
Président (M. Bachand) : Bon après-midi,
tout le monde. À l'ordre, s'il vous plaît! La commission des institutions
reprend ses travaux.
On
poursuit, donc, l'étude détaillée du projet loi n° 56, Loi portant sur la réforme du droit de la famille
et instituant le régime d'union parentale.
Lors de la suspension
de nos travaux, nous étions à l'étude de l'article 44. Interventions sur
44? M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Bonjour,
bon après-midi. Bien, en fait, non, moi, j'avais posé ma question déjà à
M. le ministre, alors c'est bien comme ça. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur 44?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que 44 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors là, on va
retourner dans le Code de procédure
civile avec l'article 30 du
projet de loi. Et puis, M. le Président, on va avoir un amendement, à la
demande de la Cour supérieure, également.
Donc,
l'article 30 : L'article 72 de ce code est modifié par le
remplacement du deuxième alinéa par les suivants :
«En
matière de garde d'enfants ou d'obligations alimentaires, il peut homologuer
toute entente entre les parties portant règlement complet de ces
questions.
«En
matière d'union de fait, il peut homologuer toute entente entre les conjoints
qui porte sur les conséquences de la fin de leur union.
«Il
peut, pour apprécier l'entente ou le consentement des parties, les convoquer et
les entendre, même séparément, en
présence de leur avocat ou, selon le cas, du notaire qui présente la demande.
S'il estime que l'entente ne préserve pas suffisamment l'intérêt des enfants ou que le consentement a été donné
sous la contrainte, il défère le dossier à un juge ou au tribunal.»
Commentaire :
Cet article précise certains pouvoirs que... du greffier spécial quant à
l'homologation des ententes entre conjoints de fait, incluant ceux en
union parentale, portant sur les conséquences de leur rupture.
Et
l'amendement, M. le Président : À l'article 72 du Code de procédure
civile, proposé par l'article 30 du projet de loi :
1° remplacer, dans le
deuxième alinéa, «de garde d'enfants ou d'obligations alimentaires» par
«d'obligations alimentaires ou de l'exercice d'un attribut de l'autorité
parentale, dont la garde d'enfants»;
2° dans le troisième
alinéa :
a) insérer, après «peut», «, en outre,»;
b) remplacer
«conséquences de la fin de leur union» par «autres conséquences de la fin de
leur union, notamment quant aux droits patrimoniaux résultant de leur
vie commune».
Commentaire :
Cet amendement vise à clarifier les pouvoirs du greffier spécial d'homologuer
une entente portant sur l'exercice d'un attribut de l'autorité parentale
en plus de celle portant sur la garde ou l'obligation alimentaire.
Il vise également à clarifier qu'en plus des
autres matières pour lesquelles le greffier spécial peut homologuer une entente, il peut homologuer toute entente
entre conjoints de fait, ce qui inclut ceux en union parentale, qui porte sur
les autres conséquences de la fin de leur union, soit les aspects économiques
et financiers.
Donc, on est venu préciser le tout. C'est
lorsque le greffier spécial homologue une entente.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. D'autres interventions
sur...
M. Jolin-Barrette : Donc, c'est
quand ce n'est pas contesté, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, interventions sur
l'amendement? M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : En fait, votre
amendement... Qu'est-ce qu'il y avait d'incomplet dans l'article du projet de
loi?
M. Jolin-Barrette : Donc,
il y avait une précision à apporter. Donc, l'expression «qui porte sur les conséquences
de la fin de leur union» pouvait laisser entendre que le greffier ne pouvait
homologuer qu'un jugement final, donc...
M. Morin : Et donc, là? Oui.
M. Jolin-Barrette : Donc, s'il
y a un interlocutoire, puis les parties s'entendent, il fallait pouvoir
permettre au greffier spécial de pouvoir l'homologuer.
M. Morin : Et donc, dans la
majorité des cas, ça va être le greffier qui va pouvoir entendre les parties,
ou c'est le juge?
M. Jolin-Barrette : Là, vous me
parlez en général ou...
M. Morin : En général, oui.
M. Jolin-Barrette : Sur... en
général, en matière d'union parentale?
M. Morin : Oui. Bien, oui, oui.
Donc là, vous prévoyez un mécanisme.
M. Jolin-Barrette : Parce que
c'est... ce n'est pas juste en matière d'union parentale, là.
M. Morin : Je comprends. Là,
vous... Bien, en fait, 32 parle...
M. Jolin-Barrette : C'est en
toute matière, là. En matière... Prenez le troisième paragraphe, là.
M. Morin : Oui, c'est ça.
M. Jolin-Barrette : «En
matière d'obligations alimentaires ou de l'exercice d'un attribut de l'autorité
parentale, dont la garde d'enfants,
il peut homologuer toute entente entre les parties portant règlement complet de
ces questions.» Donc, s'il y a une entente entre les parties, pas besoin
d'aller devant le juge sur ces matières-là.
M. Morin : OK.
M. Jolin-Barrette : «En
matière d'union de fait, il peut, en outre — donc union de fait, donc l'union parentale est dans l'union de fait — homologuer
toute entente entre les conjoints qui porte sur les autres conséquences de la
fin de leur union, notamment quant aux droits patrimoniaux résultant de
leur vie commune.»
Donc, il peut homologuer l'entente sur le
partage, supposons, du patrimoine d'union parentale.
M. Morin : D'union parentale?
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Morin : Puis...
OK, parfait. Et, s'il y a... Puis, pour les conjoints en union de fait, s'il y
a un partage, il pourrait l'homologuer aussi?
M. Jolin-Barrette :
Là, vous me parlez, les conjoints en union parentale?
M. Morin :
De... Non, en union de fait. Ils sont exclus?
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais c'est l'union de fait.
M. Morin :
Oui.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Morin :
Donc, ça va s'appliquer à eux aussi?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
Parfait. Excellent.
Le Président (M. Bachand) : Merci. D'autres interventions sur l'amendement? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard :
Juste pour bien comprendre ce que vous venez de dire, M. le ministre, parce
que l'article dit «en matière d'union de fait», puis là vous disiez quand même
«en matière d'union parentale».
M. Jolin-Barrette : Dans le fond, c'est parce
que l'union de fait, dans ce dossier-là... dans cet article-là, à cet alinéa-là, inclut l'union parentale parce que
les gens qui sont en union parentale se retrouvent... sont de facto en union de
fait.
M. Cliche-Rivard :
Sont de facto en union de fait, qu'importe la durée de l'union parentale?
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, c'est parce que, pour... vous êtes, à la base, en union de
fait, puis vous devenez avec un... C'est un patrimoine qu'on crée en union
parentale, donc l'article s'applique parce que ce sont déjà des conjoints de
fait qui ont un partage de la fin de leur union puis qui ont une conséquence.
M. Cliche-Rivard : Puis il n'y a pas un
délai avant qu'ils deviennent en union de fait? Ce n'est pas après un an
de cohabitation?
M. Jolin-Barrette :
Non, pas quand vous êtes en union parentale.
M. Cliche-Rivard :
Pas en union parentale, mais là c'est l'union de fait qui pousse, en même
temps, l'union parentale. C'est ça que je ne suis pas sûr d'avoir compris, là.
Une voix :
...
M. Jolin-Barrette : C'est ça. Dans le fond,
pour pouvoir être en union parentale, vous devez être en union de fait, donc
faire vie commune, se présenter aux yeux des tiers comme étant en couple.
M. Cliche-Rivard :
C'est ça. Sans délai. Il n'y a pas de délai d'un an de cohabitation.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard :
L'union de fait, c'est du moment où vous faites vie commune puis vous vous
présentez comme un couple?
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est ça, parce
qu'il y a des présomptions, dans la Loi d'interprétation. Donc, si ça fait un
an, supposons, que vous êtes en couple, bien, ça donne une présomption que vous
êtes...
M. Cliche-Rivard :
Ah! c'est une présomption. Mais ce n'est pas le délai d'un an qui
matérialise le fait de l'union de fait?
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Cliche-Rivard :
OK. Donc, de facto, toute union parentale est union de fait?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard : Le contraire
n'est pas vrai, là, mais dans l'autre sens, c'est vrai.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard :
Excellent. Merci.
• (14 h 10) •
Le
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article 30 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Donc,
est-ce qu'il y a d'autres interventions sur 30 tel qu'amendé?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 30, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
31, M. le Président, donc : L'article 303 de ce code est modifié
par l'insertion, après le paragraphe 7° du premier alinéa, du paragraphe
suivant :
«7.1°
l'homologation d'une entente entre les conjoints de fait qui porte sur les
conséquences de la fin de leur union;».
Commentaire :
Cet article ajoute l'homologation d'une entente entre conjoints de fait portant
sur les conséquences de la fin de leur union aux matières traitées
suivant la procédure non contentieuse.
Donc,
303, c'est «sont traitées suivant la procédure non contentieuse les demandes
qui concernent», puis là on ajoute 7.1°, «l'homologation d'une entente
entre les conjoints de fait qui portent sur les conséquences de la fin de leur
union».
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions sur l'article 31?
M. Jolin-Barrette :
Et là...
Le
Président (M. Bachand) : Oui, M. le
ministre.
Des
voix : ...
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Non, bien, je m'interrogeais, mais je crois que, pour les procédures non
contentieuses, on est déjà avec Lexius, donc déjà informatisés. Mais on est en
train de vérifier, là, mais...
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie, oui.
M. Morin :
...en fait, donc, si Lexius fonctionne ou le permet, ça veut dire que c'est
automatisé.
M. Jolin-Barrette :
Ça veut dire que c'est tout numérisé, oui.
M. Morin :
Donc, à ce moment-là, les parties
pourraient envoyer directement via la plateforme informatique leurs documents.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça. Mais... Oui, mais je pense qu'on était rendus là, c'est ça.
M. Morin :
Et puis, à ce moment-là, le...
c'est le greffier, parce que c'est en... c'est une demande non contentieuse, donc
ce serait le greffier spécial qui recevrait le dossier numérique et qui
pourrait statuer sur la demande?
M. Jolin-Barrette :
Oui, il peut le recevoir. Puis, tu sais, c'est l'objectif de Lexius, que
tout soit informatisé, tout soit numérisé.
M. Morin :
Oui, exact. Tout à fait. Absolument. Maintenant, dans ce que vous proposez,
vous parlez... «l'homologation d'une entente
entre les conjoints de fait», mais à 303, l'union parentale n'est pas
mentionnée comme telle. Donc, c'est parce que les conjoints en union
parentale sont aussi conjoints de fait ou...
M. Jolin-Barrette : Effectivement, comme à
l'autre. Puis, à 7.1°, «l'homologation d'une entente entre les conjoints de
fait qui porte sur les conséquences de la fin de leur union», donc notamment le
partage du patrimoine.
M. Morin : Oui, donc... Puis
alors vous n'avez pas besoin de le spécifier ou de faire une catégorie pour les
conjoints en union parentale? C'est clair
pour vous qu'en mettant uniquement «conjoints de fait», «fin de leur union»,
ça va tout inclure?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions à l'article 31? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que 31 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Là, à ce moment-là, on reviendrait à l'article 24, sur la Loi favorisant
l'accès à la justice en instituant le Service administratif de
rajustement des pensions alimentaires pour enfants.
Donc :
24. L'article 1 de la Loi favorisant l'accès à la justice... en instituant
le Service administratif de rajustement des pensions alimentaires pour
enfants est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Il est également chargé d'offrir, suivant les
cas, les conditions et les modalités déterminés par règlement du gouvernement,
un service de calcul de la pension alimentaire destiné aux parents d'un enfant
qui souhaitent conclure une entente relativement à la fixation ou au
rajustement de leur obligation alimentaire à l'égard de ce dernier.»
Commentaire : Cet article modifie
l'article 1 de la Loi favorisant la Loi sur l'accès à la justice en
instituant le Service administratif de rajustement des pensions alimentaires
pour enfants afin de créer un service de calcul de la pension alimentaire
destiné aux parents d'un enfant qui souhaitent conclure une entente
relativement à la fixation ou au réajustement de leur obligation alimentaire à
l'égard de ce dernier.
Donc, le SARPA, c'est le Service administratif
de rajustement des pensions alimentaires pour enfants, désigné sous le nom de
SARPA. Et donc l'alinéa qu'on vient rajouter, c'est lorsqu'il y a des conjoints
de fait qui s'entendent pour faire fixer la
pension alimentaire, bien, ils vont pouvoir aller voir le SARPA, et le SARPA va
la calculer en fonction des revenus des parents, en fonction du temps de
garde, également, pour savoir les paiements qu'ils ont à payer. Donc, ça, c'est
quand c'est non contesté. C'est un service administratif où tous les parents
peuvent y aller, peu importe leur statut conjugal, quand ils ont un enfant.
M. Morin : ...le SARPA existe,
évidemment, présentement? Ça fonctionne?
M. Jolin-Barrette : Oui, parce
que, dans le fond, c'est le service de rajustement, dans le fond, quand il y a une décision de la cour, notamment. Il est
administré par la Commission des
services juridiques depuis le
1er avril 2014 et il permet aux parents d'obtenir un rajustement de
la pension alimentaire pour enfants obtenue dans un jugement en cas de variation dans les revenus des parents.
Donc, la proposition qu'on fait, là, vise à ajouter un service entièrement
administratif pour une fixation de la pension alors que les parents ne
souhaitent pas obtenir un jugement.
Donc, je vous
donne l'exemple, actuellement, le SARPA, ce à quoi il sert. Supposons que vous
et moi sommes conjoints, on a un enfant, on a un jugement de pension
alimentaire, puis, je ne sais pas, c'est vous qui avez la garde de l'enfant, et
là... puis, dans le fond, je vous verse une pension alimentaire pour l'enfant
en fonction de mes revenus. Et là arrivent les élections de 2026, et Québec
solidaire présente un candidat extraordinaire dans Borduas et remporte l'élection, et donc, là, moi, je me retrouve sans
emploi. Alors, pour faire réajuster le jugement, le SARPA peut le faire parce que j'ai une diminution de revenus, donc la
possibilité de faire en sorte d'assumer la pension que j'assumais, elle
diffère. Donc, ça, c'est en matière de jugement.
Ce qu'on veut
faire, là, avec l'article, c'est que, sur le point de vue administratif, sans
jugement, deux conjoints de fait,
supposons, qui se séparent, qui ne vont pas à la cour, vont pouvoir aller, en
fonction des tables, faire calculer quelle serait la pension à payer en
fonction du temps de garde, en fonction des tableaux, tout ça, en fonction des
T4, donc, que les parents sont d'accord, sont volontaires. Si jamais ils
ne sont pas... il y a contestation, tout ça, ils vont devoir aller à la cour. Mais c'est une procédure simplifiée,
d'éviter de judiciariser. Donc, c'est un système qui vise à faire en sorte de
permettre aux gens de savoir combien ils doivent payer de pension alimentaire
lorsqu'ils s'entendent.
M. Morin : Et ça...
M. Jolin-Barrette : Puis les
parents s'entendent sur la garde des enfants, là, là-dedans.
M. Morin : Oui.
Et donc, ça, ils prennent un rendez-vous avec un fonctionnaire, ou ça se fait
tout automatiquement, ou il y a déjà des tables, c'est connu, ils
rentrent le revenu, puis ça donne le montant, ou... Comment ça fonctionne?
M. Jolin-Barrette : C'est
un... Dans le fond, les tables sont connues, c'est un paramètre de calcul. Ils
font une demande sur Internet et puis...
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Non, dans le fond, ils font une demande par
Internet en personne, puis c'est un fonctionnaire qui va leur envoyer
l'information.
M. Morin :
OK. Et ça, ça, évidemment, c'est s'il n'y a pas de...
M. Jolin-Barrette : Alors, tout est
électronique, mais, si les parties ont des questions, ils peuvent appeler puis
être renseignés.
M. Morin :
OK. Et évidemment c'est dans le cas où il n'y a pas de contestation?
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Morin :
Donc, ils soumettent, finalement, leur entente, puis là ils obtiennent un
montant à payer?
M. Jolin-Barrette :
Oui, bien, dans le fond, ils disent : Moi, je gagne, supposons,
100 000 $, madame gagne 150 000 $, on a les enfants une
semaine/une semaine, de quelle façon est-ce que la pension doit être payée?
M. Morin :
Et présentement les tables et les règlements existent parce que le système
fonctionne déjà?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
Est-ce que... Parce que, dans votre disposition, vous parlez que «dans les
conditions et les modalités qui seront
déterminées par règlement du gouvernement». Est-ce que vous allez utiliser les
règlements qui sont déjà en vigueur ou si vous allez en créer d'autres?
M. Jolin-Barrette : Oui, oui. On ne touche
pas aux tables de pensions alimentaires, là, d'enfants, là, dans le fond...
M. Morin :
OK. Donc, c'est ceux qui sont déjà en vigueur?
M. Jolin-Barrette :
Oui. Puis, tu sais, ça coûte 54 $, ça fait que c'est très accessible.
Tu sais, dans le fond, c'est un service neutre, indépendant qui est là. C'est
sûr, les parties, il faut qu'ils soient volontaires. Tu sais, dès le moment où
il y a une contestation ou que la garde... les gens ne s'entendent pas sur la
garde, le SARPA ne peut pas s'en occuper.
Mais c'est un modèle administratif, justement, pour, lorsque les parties s'entendent,
qu'ils n'aient pas besoin d'aller au tribunal pour obtenir jugement.
M. Morin :
OK. Et... Oui?
M. Jolin-Barrette : Donc, le SARPA, il
applique le modèle québécois de fixation de pensions alimentaires sans
appréciation, là, donc il n'y a pas de discrétion judiciaire, là.
M. Morin :
Non, c'est ça. Je comprends que c'est des...
M. Jolin-Barrette : Donc, exemple, je ne sais
pas, là, vous voulez que l'enfant fasse des cours d'équitation, puis
que, là, ce soit à la charge d'un des deux parents, là, ce n'est pas dans la
table, là, ça fait que, là, ça, ça ne marchera pas, là. Ce n'est pas le SARPA qui va dire : Vous allez verser tant
ou tant, là, c'est quand il n'y a pas d'autre enjeu. Il n'y a pas de... dans le fond, il n'y a pas de
discrétion, c'est juste une méthode de... la méthode de calcul en fonction de
la table.
M. Morin :
Parfait. Je comprends que les demandes sont faites par voie électronique?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
Mais là, évidemment, vous l'étendez aux personnes qui sont en union parentale,
en fait.
M. Jolin-Barrette :
En fait, on l'offre à tous les conjoints de fait qui n'ont pas de
jugement...
• (14 h 20) •
M. Morin :
OK. Donc...
M. Jolin-Barrette :
...donc même les gens qui ne seraient pas visés par le régime d'union
parentale. Donc, exemple, là, supposons,
quelqu'un qui a des enfants de 10 puis 12 ans aujourd'hui, qui se sépare
l'année prochaine ou cette année, va
pouvoir s'adresser au SARPA avec sa conjointe pour dire : Bien, écoute,
nous, on s'entend, là, on veut juste savoir combien on paie, voici la
garde puis voici nos revenus, puis ils vont pouvoir le calculer.
M. Morin :
OK. Donc, ça va s'appliquer, finalement, à toutes les personnes?
M. Jolin-Barrette :
Puis même pour les gens mariés, s'ils ne sont pas dans le processus
judiciaire.
M. Morin : Oui, mais ça, les
gens mariés, présentement, qui ne sont pas dans le processus judiciaire,
peuvent l'utiliser, le SARPA, présentement?
M. Jolin-Barrette :
Non, mais c'est parce que le SARPA, actuellement, il fonctionne à partir du
moment où il y a eu un jugement. Là, ce
qu'on dit, c'est : Le SARPA va pouvoir offrir le... Dans le fond, le
service de réajustement, actuellement, c'est quand vous aviez déjà,
supposons, un montant de pension fixé par jugement, mais que les modalités des époux... des ex-époux, supposons,
changent. Supposons, il y en a un qui perd son emploi, plutôt que de
repasser à la cour, si les parties s'entendaient, bien, ils repassaient
directement au SARPA. Ça évitait de refaire tout le train de la cour. Et là, dans le fond, ce qu'on vient faire, c'est
que c'est même en l'absence de jugement, actuellement, les parties qui
veulent faire fixer la pension sans passer par un jugement, sans passer par la
cour.
M. Morin :
Donc, ça pourrait s'appliquer aux
couples mariés en instance de divorce avant qu'il y ait un jugement?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
Parce qu'en divorce ils vont éventuellement avoir un jugement. Ça, c'est... Ça
ne peut pas...
M. Jolin-Barrette :
Bien, pas nécessairement, pas... peut-être pas nécessairement un jugement
de divorce. Ils vont pouvoir rester mariés toute leur vie. Ils pourraient avoir
un jugement de séparation de corps.
M. Morin :
Aussi. Mais, s'ils veulent
divorcer, ça va finir par un jugement. Ça, ils ne peuvent pas faire autrement,
là. Mais, en attendant...
M. Jolin-Barrette :
Ou par une loi privée à Ottawa.
M. Morin :
Oui. C'est plus rare.
M. Jolin-Barrette :
Maintenant.
M. Morin :
C'est rare que le Sénat, maintenant, s'occupe de ça, là.
M. Jolin-Barrette :
Maintenant.
M. Morin :
Donc, vous... avez-vous évalué combien vous pensez avoir plus de demandes
pour le SARPA? Parce que je comprends que c'est... ça fonctionne de façon
informatique, mais, si les gens se mettaient à appeler pour avoir des
renseignements, ils vont avoir plus de demandes. Est-ce que c'est quelque chose
que vous avez évalué?
M. Jolin-Barrette :
Le nombre de demandes qu'on va avoir?
M. Morin :
Oui, parce qu'après ça il devrait y avoir le nombre de fonctionnaires qui
va aider à répondre.
M. Jolin-Barrette :
Donc, nous, on a estimé à 1 200 par année le nombre de demandes qui va
rentrer. Puis, dans le fond, dans le cadre
du projet de loi, on est allés chercher les sommes pour engager les personnes
supplémentaires pour le SARPA. Mais c'est difficile à évaluer, actuellement,
parce que le service n'existe pas.
M. Morin :
...je comprends, mais vous avez prévu combien de postes?
M. Jolin-Barrette :
Huit ETC, donc des équivalents temps complet, dédiés au service direct à la
population pour le nouveau service.
M. Morin :
Et puis ça, c'est un service qui
est centralisé pour tout le Québec ou si ça fonctionne régionalement?
M. Jolin-Barrette :
C'est centralisé.
M. Morin :
OK, parfait. Je vous remercie.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
M. le ministre, quand on s'y soumet, là, c'est contraignant, l'entente?
On ne peut pas décider, après, que ça ne fait pas notre affaire puis qu'on va
dans... devant le tribunal?
M. Jolin-Barrette :
...oui, vous pouvez.
M. Cliche-Rivard :
On peut?
M. Jolin-Barrette :
Vous pouvez, si jamais l'entente ne fonctionne plus.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que c'est indicatif. Tu reçois le... puis les deux parties ne sont
pas contentes, ils disent : Bien, regarde, finalement, on n'est pas
satisfaits, on va aller devant le tribunal, on va aller devant la cour. C'est
possible?
M. Jolin-Barrette :
Oui, les gens ont toujours le recours.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Ça leur prend combien de temps, en moyenne, obtenir une décision,
une réponse du SARPA, du moment où ils ont soumis les documents puis qu'ils...
M. Jolin-Barrette :
Bien, écoutez, on prévoit quelques semaines. Actuellement, le service de
réajustement, il est de quelques mois lorsqu'il y a un jugement, parce que,
quand c'est fait d'une façon où il y a une partie qui signifie que, dans le
fond, il y a un changement dans le cadre de son statut, là, le SARPA doit
contacter l'autre conjoint, doit trouver
l'autre conjoint, doit le contacter et fournir les documents, tout ça. Là, la
différence avec ce qu'on développe, c'est qu'il y a déjà une entente dès
le départ entre les parties.
M. Cliche-Rivard :
Oui, les deux veulent que ce soit réglé par SARPA.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Cliche-Rivard : Cela dit, dans le cas de
réajustements, si monsieur dit : Ah oui, moi je voudrais passer par
SARPA, puis madame dit non, bien, monsieur va aller...
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le fond, là,
il y a une entente Canada-Québec là-dessus. S'il y a contestation...
Quand il y a jugement puis il y a contestation, ils retournent à la cour?
Une voix :
...
M. Jolin-Barrette :
C'est ça, ils retournent à la cour.
M. Cliche-Rivard : OK, ils ne peuvent pas
décider... Parce que, juste pour bien comprendre ce que vous venez de
dire, il y a eu contestation...
M. Jolin-Barrette : Dans le fond, supposons,
là, que je perds mon emploi, OK? Il y avait déjà un jugement, je payais 100 $ par mois, supposons, puis là je
perds mon emploi, ça fait que, là, j'informe le SARPA. Mais si, supposons,
madame dit : Non, non, non, ce n'est
pas vrai que ta pension va diminuer parce que tu travailles au noir, supposons,
bien, à ce moment-là, c'est contesté, ça se retrouve devant la cour.
M. Cliche-Rivard :
Direct. Ça fait que pour modifier le jugement, il faut que... ou, en tout
cas, la pension alimentaire qui émane d'un jugement, il faut que les deux parties
soient d'accord?
M. Jolin-Barrette :
Il ne faut pas qu'il y ait de contestation.
M. Cliche-Rivard :
Il ne faut pas qu'il y ait de contestation. Ça fait que si madame dit :
Non, non...
Des
voix : ...
M. Jolin-Barrette : ...comme je disais, dans
le fond, avec le nouveau système qu'on crée, les deux personnes ont déjà
une entente, s'entendent pour aller au SARPA, ils vont fixer la pension
alimentaire.
Le SARPA actuel, il
fait suite à un jugement. Puis là il y a une des parties qui perd son emploi,
supposons, il informe le SARPA. Il n'a pas besoin déjà d'avoir informé son
ancien conjoint, c'est une démarche unilatérale, dans le fond. Moi, j'ai perdu mon emploi, j'avise le SARPA, je dis :
Heille! J'ai perdu mon emploi, je n'ai plus de revenus, et là c'est le SARPA
qui va faire la démarche vers l'autre conjoint pour dire : On a eu une
demande de modification de pension alimentaire, le contestez-vous? Si la
partie ne conteste pas, le SARPA va fixer la nouvelle pension alimentaire; si jamais
il y a contestation, bien là, ça se ramasse à la cour.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que ça crée un...
M. Jolin-Barrette :
Bien, c'est plus simple pour le citoyen.
M. Cliche-Rivard :
Ça crée une cassure aussi. Ça fait que c'est le SARPA qui contacte madame
et non pas monsieur qui...
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...dérange/harcèle
madame pour avoir son consentement, là.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait quand même... Puis je pense que ça, c'est assez important et
nécessaire. Madame dit : Non, non, non, ça ne fonctionnera pas comme ça,
on va aller devant le tribunal, bien là, ça, c'est son choix, dans le scénario
où on a vu, là.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça. Le SARAP, c'est l'intermédiaire.
M. Cliche-Rivard :
L'intermédiaire direct. Est-ce qu'il lui est empêché, à l'autre conjoint,
de contacter sa conjointe en amont pour valider si elle a son consentement à
l'arrêt, au réajustement? Ça ne lui est pas empêché?
M. Jolin-Barrette :
Non, non, les parties peuvent se parler, à moins qu'il y ait...
M. Cliche-Rivard :
C'est ça, à moins qu'il y ait une ordonnance de... à l'effet où ils ne
peuvent pas?
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Cliche-Rivard :
Est-ce qu'il peut y avoir une partie où ils disent... Mettons, ils sont en
procédure de partage, c'est contesté au
niveau de la dissolution du patrimoine d'union parentale, mais ce n'est pas
contesté au niveau de la pension alimentaire de l'enfant, est-ce qu'ils
peuvent scinder le tout puis, de manière administrative, s'entendre au SARPA
et, pour le reste du litige, aller en judiciaire avec le tribunal?
M. Jolin-Barrette :
Oui, oui, parce que le SARPA, c'est uniquement sur la pension alimentaire.
M. Cliche-Rivard :
Exact. Ça fait qu'ils peuvent... Même si le dossier est judiciarisé, si ce
point-là n'est pas en litige, ils peuvent le régler.
M. Jolin-Barrette :
Exactement, oui.
M. Cliche-Rivard :
Puis, le juge, ce ne sera pas une question qui est devant lui?
M. Jolin-Barrette :
Non.
M. Cliche-Rivard :
Lui va dire : Bien, écoutez, moi, je reconnais qu'il y a une entente
entre les parties?
M. Jolin-Barrette :
C'est ça. C'est juste la pension alimentaire pour enfants qui est là, par
exemple.
M. Cliche-Rivard : Exactement. Le SARPA ne
touche pas la pension alimentaire de madame suivant la séparation de
mariage?
M. Jolin-Barrette :
Non.
M. Cliche-Rivard :
Même dans le patrimoine familial?
M. Jolin-Barrette :
Non. C'est pour enfants.
M. Cliche-Rivard :
Juste pour enfants?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. C'est tout. Merci.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à l'article 24? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce l'article 24 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette :
25, M. le Président : L'article 16 de cette loi est modifié par
le remplacement, dans le premier alinéa, de
«Pour obtenir le rajustement d'une pension alimentaire, tout parent qui fait la
demande de rajustement est tenu» par «Tout parent est tenu, pour obtenir
un rajustement ou un calcul visé à l'article 1,».
Commentaire :
Cet article modifie l'article 16 de la Loi favorisant l'accès à la justice
en instituant le Service administratif de rajustement des pensions alimentaires
pour enfants en concordance avec la modification apportée à l'article 1 de
cette loi.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc, interventions sur
l'article 25? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard :
Donc, essentiellement, là, comme vous venez de dire, vu qu'il était
exclusivement offert au réajustement, l'article dit «rajustement». Là, comme
c'est à chaque fois, ils vont payer à chaque fois le 54 $, réajustement, payer 54 $, demande
introductive ou une nouvelle demande, 54 $. C'est toujours le même frais à
chaque fois?
• (14 h 30) •
M. Jolin-Barrette :
Oui, 54 $...
M. Cliche-Rivard :
Puis là il est ouvert à tout le monde en amont?
M. Jolin-Barrette :
54 $.
M. Cliche-Rivard :
54 $. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Oui, M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Dans le fond, si vous
avez un parent admissible à l'aide juridique, lui, il ne paie pas de frais,
puis l'autre partie va payer seulement sa partie, 27 $.
M. Cliche-Rivard :
OK, 54 $, c'est les deux, chacun 27 $ de son bord?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
OK.
M. Jolin-Barrette :
...
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Autres
interventions à l'article 25? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 25 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Alors, M. le Président, on serait à l'article 45 et dans les
dispositions transitoires et finales. On va
avoir un amendement à l'article, qu'on va insérer à l'article 45.1, qui
vous a été envoyé, et 45.2, sur ce que je vous expliquais plus tôt dans
la commission, sur le fait, pour les conjoints, de s'assujettir... les
conjoints de fait avec enfants qui ne sont
pas visés par l'union parentale, pour s'assujettir au régime pour bénéficier
des dispositions d'ordre public, il va falloir adopter deux amendements.
Donc, dispositions d'ordre public, exemple les mesures en matière de succession, les matières en mesure de résidence
familiale, protection de la résidence familiale et opposabilité aux tiers,
notamment. Donc, 45...
Une voix : ...
Le Président
(M. Bachand) : OK. À 45 ou à... 45.
Parfait. OK. Donc, lecture de l'article 45, M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui. Les dispositions du
titre premier.2 du Code civil, édicté par l'article 3 de la présente
loi, ne s'appliquent qu'aux personnes qui deviennent les père et mère ou les
parents d'un même enfant après le 29 juin 2025.
Commentaire :
Cet article prévoit que toutes les mesures visant les conjoints en union
parentale s'appliqueront uniquement aux personnes qui deviennent les
père et mère ou les parents d'un même enfant après le 29 juin 2025.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Donc, M.
le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin :
Oui, bien, écoutez, donc, on... je dépose mon amendement tout de suite
ou... L'avez-vous?
Le
Président (M. Bachand) : ...pas reçu
encore.
M. Morin :
Vous ne l'avez pas reçu encore?
Le Président (M. Bachand) : Alors, on va suspendre quelques instants, le temps de recevoir les
amendements.
M. Morin : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
(Suspension de la séance à 14
h 32)
(Reprise à 14 h 41)
Le
Président (M. Bachand) : À l'ordre,
s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Alors, je cède la parole au
député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin :
Oui, merci, M. le Président. Alors donc, voilà, proposition d'amendement à
l'article 45 du projet de loi, je vais procéder à la lecture.
Article 45.
L'article 45 du projet de loi tel... est modifié par :
1° le remplacement de
«ne s'appliquent qu'aux personnes qui deviennent les père et mère ou les
parents d'un même enfant après le 29 juin 2025» par «s'applique à tous les
conjoints de fait en union parentale ayant un enfant en date du (indiquer ici
la date de la sanction de la présente loi).»;
2° l'ajout, à la fin
de l'article, de l'alinéa suivant :
«Ces
conjoints peuvent, par acte notarié en minute, à peine de nullité absolue, se
retirer d'un commun accord de l'application de ce titre.»
Est-ce qu'il y a...
C'est tout? Parfait.
Donc,
la proposition fait suite, M. le Président, à plusieurs commentaires qu'on a
lus et qu'on a entendus dans les
différents mémoires des experts qui sont venus déposer et témoigner en
commission parlementaire. J'aimerais faire référence à certains d'entre
eux, entre autres... Pardon?
Une voix : ...
M. Morin :
Entre autres, dans le mémoire de la Pre Malacket, qui a alerté notre
attention sur la possibilité, peut-être,
d'une solution mitoyenne quant à la portée de non-rétroactivité de la loi. Elle
nous dit entre autres : Dans sa version originale, le projet de loi
n° 56 prévoit que ça va s'appliquer aux personnes qui deviennent les...
aux enfants et aux pères et mères ou les
parents d'un même enfant après le 29 juin 2025. C'est donc dire que les
mesures relatives à la protection des meubles du ménage, de la résidence
familiale et à leur attribution préférentielle au patrimoine d'union parentale et à la prestation compensatoire ne
seront applicables qu'aux conjoints de fait dont au moins un enfant commun naîtra
à partir du 30 juin 2025.
La Pre Malacket
demande : «Était-ce le meilleur choix qui s'offrait au législateur?». Et
elle répond : «Je n'en suis pas convaincue». Elle souligne qu'elle rejette
la prétention à l'effet que, compte tenu de la portée non rétroactive de la loi, le législateur serait en train de créer
des catégories d'enfants. D'ailleurs, elle a été explicite, très claire
là-dessus.
Cependant, il y a...
j'écoute... j'ai écouté le ministre pendant toute l'étude du projet de loi
article par article, même au début, avant les consultations particulières, puis
M. le ministre nous disait qu'il avait à coeur la situation des enfants, de la famille. Je le comprends, c'est
important, mais, si le projet de loi reste tel quel, qu'il est adopté tel quel,
comme c'est indiqué présentement, ça va
s'appliquer aux enfants de parents qui auront eu l'enfant après le 29 juin
2025, et ce que ça fait, c'est que ça va empêcher automatiquement les...
des enfants de bénéficier des dispositions du projet de loi, des enfants dont les parents sont présentement en union de fait,
particulièrement en ce qui a trait au patrimoine de l'union parentale.
Donc, la Pre Malacket disait qu'il serait préférable que «le principe
d'égalité des enfants, de non-discrimination, est ainsi plutôt fonction des
droits dont les enfants sont bénéficiaires par rapport à leurs parents et non
pas au statut conjugal, ou au statut économique, ou à la condition patrimoniale
de ces derniers».
Donc, elle
souligne : «En l'occurrence, c'est donc dire que tous les enfants doivent
avoir droit à la même autorité parentale, aux mêmes droits alimentaires et aux
mêmes droits de succession.» Elle reconnaît, évidemment, qu'il peut exister des disparités économiques au
sein d'une famille à l'autre dans notre société», mais elle dit : «Ainsi,
ce qui me semble davantage préoccupant dans le projet de loi n° 56 est que
des conjoints de fait avec enfant soient confrontés à des régimes juridiques
différents en fonction de la date de naissance de leur enfant.» Bon, elle
souligne que «ce n'est pas nécessairement
inédit, mais fixer l'entrée en vigueur d'une loi en fonction de la situation
personnelle de ceux qui pourraient en être les bénéficiaires est
possible. Il s'agit toutefois d'une question d'opportunité sur le plan social
et politique.»
Donc, évidemment, je
comprends que le ministre, et c'est ce qu'elle dit également, ne veut pas me
marier de force les Québécois, sauf que,
puisqu'on traite maintenant de la situation des conjoints en union de fait qui
auront des enfants, tel que c'est écrit dans le projet de loi actuel, et
donc qui deviendront une union parentale, bien, ça fait en sorte que ça va toucher uniquement les enfants qui
vont être nés après juin 2025, donc c'est problématique, et c'est ce que
soulevait la Pre Malacket.
Elle n'est pas la
seule, la Pre Morin de l'Université Laval, dans son mémoire, soulignait
également des problématiques quant à l'entrée en vigueur de la loi en 2025.
Elle mentionne, dans son mémoire : «Toutefois — et je suis à la page 8 — si
l'objectif du projet de loi n° 56 est de protéger tous les enfants quelles
que soient les circonstances de leur
naissance, il est difficile de comprendre qu'il ne s'applique pas à tous les
parents — elle,
elle souligne — d'enfants
mineurs au moment de l'entrée en vigueur de la loi. Si le législateur entend
favoriser l'égalité réelle de tous les enfants de manière à régler le problème,
donc, ça semble être de mise, et ça va offrir un filet de sécurité minimal.» Et
elle, elle spécifie «pour tous les enfants mineurs».
Me Schirm
avait aussi des commentaires au même effet, et je suis dans son mémoire aux
pages 3 et 4, elle dit :
«L'approche qui est choisie diffère de celle choisie par le législateur lors de
l'adoption du projet de loi, notamment, 146. Contrairement au projet de loi n° 146, le projet de loi
n° 56, malgré qu'il prévoie aux parents la possibilité de se retirer
de l'application des règles, exclut de ses dispositions protectrices à l'égard
des enfants déjà nés.» Puis elle souligne : «Nous comprenons ainsi qu'il
soit difficile pour la communauté juridique de comprendre la raison d'être de
la décision du législateur quant au contenu de l'article 45 du projet de
loi n° 56.» Me Schirm, elle, parle de catégories d'enfants. Me Malacket disait que ça ne
créait pas de catégories d'enfants, mais sauf qu'elle dit, évidemment, que ceux
qui vont être nés avant l'entrée en vigueur de la loi vont être traités
différemment. Alors, elle dit : «Si le législateur décidait de revoir
l'article 45 du projet de loi n° 56 devant la polémique existant au
sein du milieu juridique qui est d'y
assujettir également les unions existantes avec enfants déjà nés lors de
l'entrée en vigueur, elle dit,
nous croyons que les effets du projet de loi devront alors remonter
à la date de naissance de l'aîné des enfants communs déjà nés d'union de
conjoints de fait.»
Et
on voit que, dans... il y a plusieurs experts qui sont venus nous dire que la
date choisie par le législateur posait des
problèmes. Donc, c'est la raison pour laquelle, à la lecture des différents
mémoires des experts qu'on a entendus, on propose l'amendement suivant,
c'est-à-dire, donc, de s'assurer qu'elle va s'appliquer à tous les enfants et
non pas à ceux qui vont naître après le 30 juin 2025. Je vous remercie.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, M. le député de l'Acadie. D'autres interventions? M. le
ministre, s'il vous plaît.
M.
Jolin-Barrette : Oui, bien, je comprends que, de la part du député de
l'Acadie, on souhaite déposer un amendement pour que la loi s'applique dès
l'entrée en vigueur du projet de loi, donc, dès le moment de la sanction, ce qui ferait en sorte de ne pas laisser le temps
aux gens de savoir quel régime s'applique à eux. Donc, nous, on a mis le
30 juin 2025 pour que les gens puissent
savoir quel régime allait s'appliquer à eux, en termes de prévisibilité,
notamment. Donc, on pourrait se
retrouver dans une situation où une personne est... une femme est déjà
enceinte, actuellement, et là, avec la sanction de la loi, elle devient
assujettie au nouveau régime. Donc, je pense que c'est important, lorsqu'on
fait un changement aussi important, d'amener une certaine prévisibilité pour dire :
Bien, voici, à partir de telle date, c'est tel régime qui va s'appliquer.
Le Président (M. Bachand) : ...autres interventions sur l'amendement du député de l'Acadie? M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
On est à vous envoyer un sous-amendement à l'amendement du député de
l'Acadie. Vous l'aurez dans un instant.
Le Président (M. Bachand) : Parfait. Alors, on va suspendre quelques instants en attendant,
peut-être qu'il est à Drummondville, on ne sait pas, mais on va
l'attendre. Merci. On suspend quelques instants.
(Suspension de la séance à 14
h 50)
(Reprise à 15 h 09)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Alors, M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît, vous avez la parole.
Des voix :
...
Le
Président (M. Bachand) : S'il vous plaît!
M. Cliche-Rivard :
Merci, M. le Président.
Alors : Modifier
l'amendement proposé à l'article 45 — on devrait lire «au deuxième
paragraphe» au lieu du «troisième», là,
c'est au deuxième paragraphe du premier alinéa — afin
d'insérer, après «l'application de ce titre.», les mots suivants :
«dans les 12 mois suivant la date de sanction de la présente loi.»
Donc, on
partage... je partage l'opinion du collègue de l'Acadie et de son amendement.
Cela dit, on venait faire le lien avec ce qui a été fait ou ce que les groupes
nous ont parlés pour 89, là, dans le sens où, quand il y a eu le nouveau régime
de patrimoine familial, les couples ont eu un délai, à l'époque, si je ne
m'abuse, de 18 mois pour s'en...
déclarer de ne pas s'y inclure, donc pour s'en soustraire. Je pense que la
proposition du collègue est fort avisée, mais viendrait l'intérêt ou la
nécessité d'effectuer un délai ou de mettre un délai un peu comme on avait
connu à l'époque selon ce que plusieurs
groupes sont venus révéler dans le... dans leurs mémoires. Alors, voici la base
de ce qui est proposé.
• (15 h 10) •
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, interventions? M. le ministre, sur le
sous-amendement.
M. Jolin-Barrette : Bien,
en fait, on a eu la... on... préalablement, dans le cadre des travaux de la
commission, on souhaite laisser la liberté aux gens de se retirer du
régime, s'ils souhaitent le faire, dans le fond, dans un souci du respect de l'autonomie. Donc, c'est un régime
impératif qui vient s'imposer à partir de la naissance de l'enfant après le
30 juin à 2025, et, si les gens souhaitent se soustraire au régime,
ils pourront le faire.
Relativement aux biens du patrimoine d'union
parentale, ils ne peuvent pas se retirer des dispositions d'ordre public comme la protection associée à la résidence
familiale. Ça, ils ne peuvent pas le faire, mais ils peuvent se retirer du
partage du patrimoine d'union parentale, c'est-à-dire les véhicules servant à
l'usage de la famille, les résidences servant à l'usage de la famille et les
meubles qui ornent ou qui garnissent la résidence, donc, et ils peuvent aussi
bonifier ce qu'il y a dans le régime aussi. Alors, on ne veut pas donner une
période tampon précise pour se retirer. Puis j'ajouterais même que, aussi, si
jamais les gens décident de se retirer après plusieurs années, c'est
prospectif, c'est pour le futur, donc ce qui a été accumulé, à moins qu'il y
ait renonciation, c'est partageable.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
oui.
M.
Cliche-Rivard : Donc, vous dites qu'ils vont pouvoir... ils...
Dans l'application, sans l'amendement, là, puis sans la proposition,
l'état actuel des choses, ils peuvent s'en retirer de manière prospective en
tout temps si les deux sont consentants.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
M. Cliche-Rivard : Exact.
S'ils... ils peuvent le faire aussi de manière non seulement prospective, mais
pour ce qui est accumulé jusqu'à maintenant, encore une fois, de
consentement, sauf la protection de la résidence principale. Mais toute la constitution
du patrimoine de l'union parentale, ça, ils peuvent décider, de consentement
tous les deux, que ça n'a jamais eu d'effet?
M. Jolin-Barrette : Le
patrimoine?
M. Cliche-Rivard : Le
patrimoine.
M. Jolin-Barrette : Et la prestation
compensatoire aussi, vous ne pouvez pas y déroger, c'est d'ordre public aussi.
C'est ça?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Ça, c'est vrai aussi. Dans le fond, à partir du moment où... supposons que vous
vivez... vous avez votre enfant après le 30 juin 2025, vous vivez sous le
coup du régime pendant cinq ans, l'enfant a cinq ans, là vous dites :
Bien, écoute, nous, on ne veut plus être assujettis au régime d'union
parentale, on se soustrait au régime d'union parentale pour le futur. Les cinq
premières années, ce que vous avez accumulé dans le régime, vous ne pouvez pas
y renoncer au moment où vous faites votre disposition de retrait pour le futur,
vous pouvez seulement y renoncer au moment de la séparation. Donc, vous n'avez
pas de liquidation au moment où vous retirez, la liquidation du partage du
patrimoine de l'union parentale va se faire uniquement au moment de la
séparation.
M. Cliche-Rivard : Donc, on va
reconnaître qu'on avait effectivement été, de l'an 0 à l'an 5 de
l'enfant, en patrimoine d'union parentale,
mais que, par déclaration d'«opt out» notariée, les deux consentant... à partir
de l'an 5, on a effectivement signé un retrait, mais jamais on ne pourra
aller déroger au 0-5, même de consentement des deux parties.
M. Jolin-Barrette : Non,
ce n'est pas ça, c'est que votre premier 0-5 ans, sous lequel vous a été
sous le couvert du régime d'union parentale, quand vous allez chez le notaire à
l'an 5, vous ne pouvez pas... quand vous faites...
M. Cliche-Rivard : Vous ne
pouvez pas y renoncer.
M. Jolin-Barrette : Vous
ne pouvez pas y renoncer à ce moment-là, vous allez pouvoir y renoncer au
moment de la séparation.
M. Cliche-Rivard : Mais vous
allez quand même pouvoir y renoncer.
M. Jolin-Barrette : Un peu...
Vous allez... Oui, mais, comme le patrimoine familial en matière de mariage,
dans le fond, vous pouvez renoncer au partage du patrimoine familial uniquement
lors de la dissolution du mariage. Donc,
exemple, dans mon exemple, votre premier cinq ans, vous êtes patrimoine d'union
parentale, à cinq ans, vous dites : Bien, nous, on ne veut plus être assujettis au régime, on s'exclut, puis
vous faites un autre cinq ans avec votre conjointe, puis là vous vous séparez à ce moment-là, bien,
c'est à ce moment-là que vous et votre conjointe allez pouvoir renoncer au
patrimoine accumulé dans les cinq premières années de l'union.
M. Cliche-Rivard : Dans les
cinq premières années.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Alors qu'ils peuvent... on peut toujours le faire pour le prospectif, en tout
temps, de consentement?
M. Jolin-Barrette :
Exactement. Et vous avez...
M. Cliche-Rivard :
Parce que, dans le fond, on ne peut pas exiger en amont la dissolution du
patrimoine de l'union parentale si on reste en union parentale.
M. Jolin-Barrette : Bien, ce que l'on veut,
c'est que la renonciation se fasse à ce moment-là, mais le partage peut se
faire...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
C'est ça, mais vous ne pouvez pas y renoncer.
Des voix :
...
M.
Jolin-Barrette : Donc, après, supposons, là, quand vous avez fait
votre premier cinq ans, vous arrivez chez le notaire, vous dites : Nous,
les cinq... nous, on ne veut plus être assujettis. Dans le fond, la
liquidation... bien, en fait, le partage va être effectué à ce moment-là, mais
vous n'êtes pas obligés de vous payer à ce moment-là. Donc, exemple, à cause
qu'on a mis dans le projet de loi que la prescription ne court pas entre les
conjoints en union parentale, donc, ça signifie que vous dites : Bon,
bien, nous, là, on décide que, pour le futur, on n'est plus assujettis au
régime. Donc, on fait nos calculs, en date... après les cinq premières années,
je vous devais 100 000 $, OK, ça fait que, là, le
100 000 $, je ne suis pas obligé de vous le payer tout de suite. Si
vous ne me l'exigez pas, il va pouvoir être payable uniquement à la fin de
l'union, mais par contre on l'a calculé. Mais, vu que la prescription ne court
pas, c'est une créance qui continue, mais vous l'avez calculée, supposons. Le
partage, je l'ai fait, là, du bien, puis là, à la fin de l'union complètement, vous allez me collecter ou vous allez y
renoncer, mais c'est uniquement à ce moment-là que vous avez le droit de
renoncer. Vous ne pourriez pas, au moment de la disposition de retrait,
dire : Bien, OK, Simon me doit 100 000 $, je renonce au partage
du patrimoine. La créance...
M. Cliche-Rivard :
Vous ne pouvez pas y renoncer à ce moment-là.
M. Jolin-Barrette :
Vous ne pouvez pas le faire.
M. Cliche-Rivard :
Vous ne pouvez pas. Il faut attendre la dissolution de l'union parentale
pour exercer son droit de renoncer à une partie.
M. Jolin-Barrette :
Oui, exactement. C'est ça. Dans le fond... C'est ça, la créance, dans le
fond, perdure.
M. Cliche-Rivard :
Perdure, puis tu n'as pas le droit d'y renoncer avant la dissolution de
l'union parentale.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Cliche-Rivard :
Là, les enfants qui vont naître après juin 2025, eux vont entraîner, à ce
moment-là, la création du patrimoine d'union parentale. S'il y avait des
enfants en amont, ça ne change rien, en ce sens où c'est la naissance de l'enfant a posteriori qui ouvre le
régime. Cela dit, ces enfants-là sont de facto, donc, protégés de la protection
à la résidence familiale.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Après la naissance de l'enfant de juin 2025, mais pas avant. Ça fait que
les couples où il y aura eu un enfant...
M. Jolin-Barrette :
Par l'effet de la loi.
M. Cliche-Rivard : Par l'effet de la loi,
mais les couples pour lesquels... avant l'application de la loi, ils auraient
eu des enfants et qui n'ont pas décidé d'«opt in», eux, ils n'auront pas de
protection.
M. Jolin-Barrette :
Et qu'ils n'ont pas... et qu'il n'y a pas de nouvel enfant.
M. Cliche-Rivard :
Et qu'il n'y a pas de nouvel enfant post-juin 2025. Eux, il n'y a pas de
protection.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
M. Cliche-Rivard :
Et, eux, il n'y a pas d'ouverture à la prestation compensatoire.
M. Jolin-Barrette :
Non.
M. Cliche-Rivard :
Il va falloir aller en enrichissement injustifié.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
Le
Président (M. Bachand) : Député d'Acadie,
s'il vous plaît.
M. Morin :
Oui. Là, j'avais compris, M. le ministre — j'ai peut-être mal compris — que
vous avez dit que, s'il y avait un... on se
retirait du régime, un «opting out», il n'y avait pas de partage au moment de
l'«opting out» parce que les conjoints d'union de fait continuaient de
vivre ensemble. Il y a-tu un partage ou il n'y en a pas?
M. Jolin-Barrette :
Il y a un partage, mais il n'y a pas de paiement, nécessairement. Ils ne
sont pas obligés de se payer.
M. Morin :
OK. Parce que j'avais compris que
vous aviez dit qu'il n'y avait pas de partage, mais là il y en a un.
M. Jolin-Barrette :
Ils vont le calculer.
M. Morin :
OK. Donc, ils calculent, évidemment...
M. Jolin-Barrette :
Il ne peut pas y renoncer, puis il n'est pas obligé de se faire payer.
M. Morin :
C'est ça, la créance n'est pas exigible.
M. Jolin-Barrette :
Bien, elle l'est, exigible, mais elle n'est pas prescriptible.
M. Morin : OK, mais elle n'est pas... en fait, le parent ne
pourra pas... bien, il pourrait la demander sur-le-champ.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
Il pourrait aussi.
M. Jolin-Barrette : Il pourrait dire :
On règle nos affaires tout de suite, là, ça fait que donne-moi mon
100 000 $.
M. Morin :
Mais ils continuent à rester ensemble.
M. Jolin-Barrette :
Oui, oui.
M. Morin :
Donc, le patrimoine d'union parentale va continuer d'exister.
M. Jolin-Barrette :
Non.
M. Morin :
Ils l'auront dissous, ils vont «opter out».
M. Jolin-Barrette :
Non. Dans le fond, là, les cinq premières années, votre patrimoine d'union
parentale, il est constitué. Là, vous
arrivez cinq ans plus tard, puis là vous dites : Nous, on ne veut plus
être assujettis au patrimoine d'union
parentale. Donc, le patrimoine d'union parentale a été constitué dans la
période 0-5 ans. Et là, à ce moment-là, au moment où vous vous retirez du
régime, là vous calculez combien vous devez à madame ou combien elle vous doit.
M. Morin :
Oui, vous doit, oui,
• (15 h 20) •
M. Jolin-Barrette :
Vous pouvez décider de faire un chèque à ce moment-là, s'il y a partage à
faire, s'il y a des valeurs à faire, vous pouvez décider de payer à ce
moment-là ou... et vous... et on peut vous exiger de payer à ce moment-là ou
non. Ça peut être reporté, le paiement, au moment de la séparation. C'est
conventionnel entre les parties, la personne
a le droit au paiement à ce moment-là. Ce que vous ne pouvez pas faire, c'est
renoncer à votre droit de créance à ce moment-là.
M. Morin :
Oui, OK. Puis, dans le patrimoine
d'union parentale... il va se créer quand l'enfant vient au monde?
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Morin :
Bon. Présentement, dans votre projet de loi, c'est après juin 2025, mais
pour les enfants... si, mettons, le couple
en union de fait, ils ont eu des enfants avant, quand le patrimoine d'union
parentale va se constituer après juin 2025, il va s'appliquer à tous les
enfants.
M. Jolin-Barrette :
Bien, les mesures d'ordre public, oui, incluant le patrimoine aussi, parce
que vous ne pouvez pas déroger aux mesures d'ordre public comme la prestation
compensatoire, le... la protection associée à la résidence familiale, la
succession, les mesures en matière de succession.
M. Morin :
Donc, si les conjoints ont eu,
par exemple, des enfants avec un autre conjoint avant, est-ce que les
autres enfants vont pouvoir en bénéficier? Non?
M. Jolin-Barrette :
Non, l'union parentale fonctionne avec votre conjoint avec qui vous avez un
enfant. Quand... C'est comme le mariage,
dans le fond, votre nouvelle femme ne bénéficie pas des mesures de votre ancien
mariage, c'est... ce n'est qu'une seule union à la fois, là. Vous ne
pouvez pas vous marier deux fois, là.
M. Morin :
OK. D'accord.
Le
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur le sous-amendement?
M. Morin :
Oui, bien, j'aimerais juste savoir, sur le sous-amendement...
Le Président (M. Bachand) : Oui, oui, mais juste voir s'il y a d'autres interventions. Ça va? Alors,
M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Oui, très bien. Avec le sous-amendement, est-ce que mon collègue le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne
fait en sorte que l'«opting out» disparaîtrait?
M. Cliche-Rivard :
...
M. Morin :
Après 12 mois, donc il n'y en aurait plus. Donc, ça aurait pour effet
de venir enlever 521.33, parce qu'à 521.33 on dit : Dans le patrimoine
d'union parentale, les conjoints peuvent, au cours de l'union, par acte notarié, d'un commun accord, de l'application, se
retirer. Puis ça prend effet... 120 jours, là. Donc, vous, il n'y aurait
plus d'«opting out»?
M. Cliche-Rivard :
...dans les 12 mois de la sanction de la loi et non pas un «opting
out» de 12 mois continuels. Là, c'était pour le régime transitoire, pour
donner un délai d'un an suivant l'application de la loi, un peu comme on avait fait dans 89 pour les 18 mois,
mais a posteriori de cette disposition transitoire là du 12 mois, le
régime de 521.33 demeure. C'était seulement pour couvrir la période de
12 mois d'aujourd'hui, ou de la sanction dans les dispositions
transitoires, un peu comme le régime du patrimoine familial avait prévu un
18 mois d'«opt out».
M. Morin :
Mais sauf qu'après c'était impossible d'«opt out», dans le régime du
patrimoine familial.
M. Cliche-Rivard :
Sauf 521.33.
M. Morin :
Oui. Sauf que, donc, vous n'abolissez pas 521.33?
M. Cliche-Rivard :
Non.
M. Morin :
Il va rester.
M. Cliche-Rivard :
Seulement en transitoire pour un an.
M. Morin :
Mais seulement pour un an?
M. Cliche-Rivard :
Exact.
M. Morin :
Après ça, c'est fini?
M. Cliche-Rivard :
Un an de la sanction de cette loi-là.
M. Morin :
Oui, c'est ça. Puis après ça, c'est fini.
M. Cliche-Rivard :
Exact, comme 89.
M. Morin : OK. Parfait.
Le Président (M.
Bachand) : ...j'ai de la misère à vous suivre, ça fait que
des gens... pas de votre argumentaire, mais au niveau de votre voix, là,
alors on va faire attention.
M. Morin :
D'accord.
M. Cliche-Rivard :
Mais je pense qu'on s'est compris, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Oui, j'en suis
convaincu, c'est tant mieux.
Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le sous-amendement du député de Saint-Henri—Sainte-Anne? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à son... sa mise aux voix. Est-ce que le
sous-amendement est adopté?
M. Cliche-Rivard :
Appel nominal, M. le Président, s'il vous plaît.
Le
Président (M. Bachand) : Pardon?
M. Cliche-Rivard :
Un vote par appel nominal.
Le
Président (M. Bachand) : Avec plaisir. Mme
la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard :
Pour.
La
Secrétaire : M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Contre.
La
Secrétaire : Mme Schmaltz (Vimont)?
Mme Schmaltz :
Contre.
La
Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Mme Picard :
Contre.
La
Secrétaire : M. Morin (Acadie)?
M. Morin :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Nichols (Vaudreuil)?
Mme Nichols :
Contre.
La
Secrétaire : M. Bachand (Richmond)?
Le
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc,
le sous-amendement est rejeté.
Donc, on revient à
l'amendement du député de l'Acadie. Donc, interventions?
M. Morin :
...j'en ai discuté. En fait, je voulais simplement m'assurer qu'on allait
l'appliquer à l'ensemble des enfants.
Maintenant, M. le ministre nous a dit que ça pouvait s'appliquer, mais après,
évidemment, juin 2025. Donc, le but de l'amendement, c'est de garder
l'«opting out», mais de faire en sorte que la loi va pouvoir s'appliquer plus
rapidement à l'ensemble des enfants d'un couple en union de fait. Voilà.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui.
On m'a souligné aussi, par contre, dans votre amendement... puis je ne pense
pas que c'était l'intention, là, mais
de la façon que c'est libellé, à 45, avec votre amendement, «ces conjoints
peuvent, par acte notarié en minute, à peine de
nullité absolue, se retirer d'un commun accord de l'application de ce titre»,
mais ça, ça ferait en sorte qu'avec votre
proposition ils se retireraient aussi des protections associées aux... les
protections d'ordre public.
M. Morin :
En fait, je pense que ce serait mieux... on parlerait plutôt de...
M. Jolin-Barrette :
Donc, le patrimoine.
M. Morin :
Du... oui, c'est ça.
M. Jolin-Barrette :
Vous, ce que vous voulez, c'est le patrimoine.
M. Morin :
Exact, c'est ça.
M. Jolin-Barrette :
OK.
Le
Président (M. Bachand) : ...sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise
aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : ...
Le
Président (M. Bachand) : Rejeté. Merci.
Donc, on revient à
l'article 45. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 45? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 45 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Alors, 45.1, M. le
Président, un amendement : Insérer, après l'article 45 du projet de
loi, le suivant :
«45.1. Les personnes
qui, le 29 juin 2025, sont les père et mère ou les parents d'un même
enfant et qui respectent les autres conditions prévues à l'article 521.20
du Code civil peuvent[...], par acte notarié en minute ou par acte sous seing privé en présence de deux
témoins, s'assujettir [d'un commun accord] au régime de l'union parentale.
«L'union parentale se
forme à la signature de l'acte et, dès lors, les dispositions relatives à une
telle union s'appliquent aux conjoints.
Ceux-ci peuvent cependant prévoir à l'acte que les règles du patrimoine d'union
parentale ne leur sont pas applicables ou prévoir qu'un bien visé au
premier alinéa de l'article 521.30 ne fera pas partie de ce patrimoine.
«L'acte
énonce les noms et domicile des conjoints et le nom de leur enfant commun.
[L'acte] sous seing privé [indique de plus], la date à laquelle les
conjoints et les témoins le signent...»
Commentaire :
Cet amendement vise à permettre aux conjoints de fait ayant au moins un enfant
commun qui ne sont pas visés par
l'application des dispositions concernant l'union parentale de s'y assujettir
d'un commun accord, par un acte notarié ou par un écrit signé devant
deux témoins, tout en leur accordant la possibilité de ne pas être visés par
les règles spécifiques du patrimoine d'union parentale ou de prévoir que
certains biens n'en feront pas partie.
L'acte devra
identifier les conjoints, leur domicile et les noms de leurs enfants communs et
porter la date à laquelle il est signé. En plus de la signature des conjoints,
l'acte sous seing privé devra être signé par les témoins.
Donc,
essentiellement, on ajoute cet article-là parce que... si on veut faire en
sorte que les conjoints de fait qui ont déjà
des enfants bénéficient des protections du régime d'union parentale, c'était
nécessaire d'ajouter cet article-là pour qu'ils soient couverts par les
dispositions d'ordre public, c'est-à-dire la prestation compensatoire, la
protection associée à la résidence familiale et les règles associées en matière
de succession, le un tiers pour le conjoint.
Donc, l'article est
fait en trois volets. Donc, soit qu'ils vont chez le notaire pour s'y
assujettir ou soit qu'ils le font volontairement par acte sous seing privé
devant deux témoins. Donc, nous, on va avoir des formulaires sur le site
JuridiQC. Et donc les gens vont pouvoir dire : Je souscris au régime
d'union parentale en totalité, c'est-à-dire les protections d'ordre public, résidence familiale, succession et
prestation compensatoire, donc incluant aussi le patrimoine, les biens,
les maisons, les véhicules, les meubles garnissant et ornant, et ils vont avoir
l'option de soit s'assujettir au régime
d'union parentale, les dispositions d'ordre public, d'avoir la totalité des
biens du patrimoine ou d'avoir... ou de retirer certains biens du patrimoine. Donc, ils pourraient décider de
dire : Bien, moi, je m'assujettis au régime d'union parentale d'ordre public, et il y a uniquement la
maison, la résidence familiale, qui est dans le régime ou il y a uniquement
un véhicule qui est dans le régime. Donc, on va pouvoir prévoir les modalités.
Si les parties
veulent uniquement bénéficier de la protection associée au patrimoine d'union
parentale, on va avoir un autre formulaire aussi où est-ce qu'il va être
indiqué : Bien, je désire être protégé, être... avoir le patrimoine d'union parentale, et voici les biens qui rentrent
dans le patrimoine. Les parties pourraient décider de rajouter, comme c'est le
cas actuellement, par contrat de vie commune, des biens qui ne sont pas dans le
patrimoine d'union parentale. Exemple,
ils pourraient prendre tous les biens qui sont dans le régime du patrimoine
familial et même plus, ils peuvent ajouter ce qu'ils veulent, comme
c'est le cas actuellement, d'une façon conventionnelle.
Bien,
pourquoi on avait besoin de cet amendement-là? C'est pour faire bénéficier aux
couples qui décident de s'y assujettir des protections associées aux
protections d'ordre public, les prestations compensatoires, résidence familiale
puis les successions.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député de l'Acadie.
• (15 h 30) •
M. Morin :
Donc, dans ce cas-là, vous allez
permettre que ce soit fait par acte sous seing privé et pas uniquement
par acte notarié.
M. Jolin-Barrette :
Oui, parce que c'est une adhésion au régime.
M. Morin :
C'est ça. OK.
M. Jolin-Barrette :
Et puis, là, on va le voir à 45.2, si supposons qu'avec ma conjointe je
m'assujettis volontairement au régime d'union parentale, donc on dit :
Bien, écoutez, nous, on aime ça, on veut être couverts par ce régime-là, donc, tout le kit, on souscrit, on
dit «régime d'union parentale dans sa globalité». Puisque je vais m'y être assujetti,
au régime d'ordre public, bien, je ne pourrai pas m'y soustraire uniquement par
voie contractuelle, il va falloir... on ne pourra pas revenir en arrière sur
les dispositions d'ordre public, comme c'est le cas pour quelqu'un qui a un
enfant après le 30 juin 2025. Me suivez-vous?
M. Cliche-Rivard :
...
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
oui.
M. Cliche-Rivard : Juste pour clarifier avec
ce que vous venez de dire, pour ce qui est d'ordre public, non, mais pour
ce qui n'est pas d'ordre public, on pourra, encore une fois, sous seing privé
s'en retirer.
M. Jolin-Barrette :
On va devoir aller chez le notaire. On va devoir aller chez le notaire.
M. Cliche-Rivard :
Chez le notaire.
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, le fait de s'assujettir volontairement à l'entièreté du
régime pour venir s'en exclure par la suite, ça va être les mêmes règles que
si, de par l'effet de la loi, vous vous étiez assujettis, puis là vous ne
voulez plus vous assujettir au partage des biens. Là, à ce moment-là, vous passez
chez le notaire par acte notarié. Si, par
ailleurs, vous décidez volontairement, par un modèle de convention de vie
commune, de dire : Bien, écoutez, nous, on ne veut pas que s'appliquent
les protections d'ordre public de la résidence familiale, de la succession
et de la prestation compensatoire puis qu'on... on s'assujettit volontairement
uniquement au contenu du patrimoine d'union parentale, à ce moment-là, vous
allez pouvoir vous retirer uniquement par contrat aussi.
M. Cliche-Rivard :
Et donc on pourrait s'assujettir seulement au patrimoine d'union parental
en faisant fi des dispositions d'ordre public sous-jacentes du régime. On
pourrait faire ça, juste intégrer le régime de l'union... du patrimoine, et...
M. Jolin-Barrette :
Oui, comme c'est le cas actuellement. Comme, demain matin, avec ma
conjointe, je peux... on peut faire un
contrat de vie commune pour dire : Bien, écoutez, nous, on se fait un
contrat de vie commune puis on
dit : Bien, on se fait un patrimoine, puis ce qui est couvert, c'est les
résidences de la famille, les autos, les meubles. Puis, si...
M. Cliche-Rivard :
Ça fait qu'en amont, avant ça, c'est vraiment à la pièce, là, tu prends...
vous prenez ensemble ce que vous voulez prendre dans le régime qui est offert.
Vous cochez celui-là, celui-là, celui-là...
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Cliche-Rivard : ...puis il n'y a aucun
qui est lié ou liant. Ça peut être a, b, c, ou ça peut être a, ou ça peut
être... Je veux dire, qu'importe, là, la partie du régime, vous n'êtes
pas obligés de prendre la totale puis vous n'êtes pas obligés de prendre des obligations minimales. Vous pouvez juste
souscrire à... Bien, nous autres, on décide que c'est la maison, «that's
it», c'est la seule chose qui nous intéresse dans... on peut décider ça.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Merci.
Le
Président (M. Bachand) : ...M. le député
de l'Acadie.
M. Morin :
Évidemment, pour reprendre votre exemple, présentement, il n'y a rien,
donc, évidemment, il faut que les gens le fassent par contrat, puis là ils
peuvent mettre ce qu'ils veulent parce qu'il n'y a pas de régime. Mais, après juin 2025, il va y avoir un régime
pour quelqu'un qui aura un enfant après juin 2025 dans un couple, bon.
Là,
à ce moment-là, tout ce que vous avez décrit, je trouve ça super important,
mais je me mettais deux secondes, là, dans
la situation des gens qui sont en union de fait, présentement, là, j'espère que
votre plateforme de renseignements va être bonne et exhaustive parce
que, tu sais, contrat sous seing privé, notarié, «opting in», «opting out», les
gens, en tout cas, ils vont être mélangés pas à peu près ou ils ne vont pas
savoir dans quoi ils s'engagent. Donc, on en a parlé pendant l'analyse puis l'étude article par article, je pense que
ça va vraiment être essentiel, parce que, sinon, les gens, ils ne vont
pas comprendre puis ils vont se ramasser avec des surprises, tu sais, ça, c'est
clair, là.
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais, inquiétez-vous pas, on travaille avec la SOQUIJ pour JuridiQC
pour avoir des formulaires en langage clair avec des explications, puis tout
ça. On va faire des campagnes de publicité.
Mais le principe de
base, c'est qu'actuellement vous pouvez vous assujettir à tout ça, sous réserve
que ce n'est pas opposable au tiers, actuellement. Là, le régime qu'on fait,
c'est que ça va pouvoir être opposable au tiers du fait que vous allez pouvoir
bénéficier des dispositions d'ordre public.
M. Morin :
Exact.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis :
Si on prend un petit peu d'altitude, M. le ministre, là, puis on parle
d'intention du législateur, j'imagine qu'il y a une partie importante de
message dans ces nouvelles dispositions, dispositions, d'ailleurs, qui m'apparaissent importantes, c'est de dire que ce
qu'on aimerait, c'est que, dans l'avenir, de plus en plus de Québécois
aillent vers là. On respecte l'autonomie des
parties, mais on dit : Bien, au lieu de vous arranger quelque chose, vous
avez un régime qui est maintenant
établi par la loi, et il y a peut-être un espoir, donc, que de plus en plus de
Québécois y adhèrent pour pas qu'il y ait tant de régimes différents au
sein des différentes familles du Québec. Est-ce que j'interprète bien, ici, une
certaine intention ou un message qu'on lance par l'insertion de ces
articles-là?
M. Jolin-Barrette :
Bien, le législateur est venu intervenir par rapport au droit de la
famille, justement pour venir baliser le fait que, lorsqu'on a un enfant, il y
a des conséquences conjugales à avoir un enfant. Donc, tous les nouveaux
enfants, après le 30 juin 2025, vont être assujettis à ce régime-là. Les
parents, s'ils souhaitent ne pas constituer de patrimoine commun, vont pouvoir
aller chez le notaire se retirer de ça. Cependant, pour la résidence familiale, la succession et le... la prestation
compensatoire, c'est des règles impératives auxquelles on ne peut pas déroger.
Ça fait que tous les Québécois, maintenant, qui auront des enfants vont être
minimalement assujettis à cela.
Pour tous les
Québécois qui sont en union de fait, actuellement, qui n'ont pas de contrat de
vie commune, le législateur offre la possibilité d'avoir l'opportunité de s'y
assujettir, d'avoir des protections supplémentaires. Donc, le législateur ne
dit pas aux gens quoi faire, il leur laisse le choix, mais c'est une option.
Puis moi, je voulais aussi que ça soit simple pour les gens, puis c'est pour ça
qu'on le rajoute dans la loi pour dire : Bien, vous allez... vous pourrez aller chercher le formulaire sur JuridiQC,
et ça va être bien expliqué, ou vous pourrez aller chez votre notaire,
puis le notaire va faire la convention qui va permettre d'être assujetti au
régime.
Puis,
le fait que c'est une adhésion volontaire, on ne voulait pas obliger d'aller
chez le notaire nécessairement, parce que certaines personnes pourraient
se dire : Bien, si je vais chez le notaire, je vais avoir des frais, puis
ça va être... ça va m'empêcher d'y aller. Donc, on ne voulait pas amener une
barrière à souscrire au régime. Puis l'idée d'avoir
des modèles de convention disponibles pour les citoyens directement sur
Internet, mais c'est pour être sûr que ça soit fait de la bonne façon,
puis que ça va être simple à remplir, puis qu'il va avoir des éléments
prédéterminés en expliquant qu'est-ce qui est constitué, et aussi, si vous
voulez vous retirer de certains biens, mais ça va être indiqué de quoi est
constitué le patrimoine, quelles sont les options, quelles sont les
possibilités de le faire.
Donc, c'est sûr qu'à
terme, lorsqu'on se met dans une perspective de quelques années, bien, les gens
qui auront des enfants vont tous être couverts par un régime minimal, un filet
de sécurité. C'est sûr qu'il y a une période transitoire des gens qui ont déjà
des enfants, actuellement, qui décideraient de ne pas s'assujettir à aucune
mesure, mais ça, ça redevient à la liberté
contractuelle, à l'autonomie de la volonté des gens d'organiser leurs choses.
Ils ont fait le choix de ne pas se marier, de ne pas aller en union
civile, on leur donne encore la possibilité de s'assujettir ou non au régime d'union parentale. Mais, pour les
nouveaux, après le 30 juin 2025, il y a un régime minimal de base qui
s'applique.
M. Paradis :
Bon, parce que, c'est ça, on peut imaginer que, dans — si
mes calculs sont bons — à
peu près un peu moins de 20 ans, la plupart des familles, donc la plupart
des conjoints de fait qui ont des enfants, en fait, tous les conjoints qui
ont... de fait qui ont des enfants vont être dans ce nouveau régime là. Dans la
période en attendant, il y a quand même,
donc, ce message-là qui est lancé : Vous pouvez sauver des frais de... des
frais juridiques, vous pouvez déjà
réfléchir à l'adhésion à ce régime-là qui a été réfléchi pour vous par l'État.
Puis là j'imagine que ça va s'accompagner
aussi de belles campagnes d'information pour informer les conjoints de fait,
partout, à travers le Québec, du fait que ça existe et que c'est
possible, même s'il n'y a pas une obligation d'y adhérer.
M. Jolin-Barrette : Effectivement.
Puis ce à... ce à quoi on travaille avec JuridiQC puis la SOQUIJ, c'est que les
parties vont pouvoir répondre à des questions, et ça va les orienter en
fonction du modèle de convention, tu sais, ils ne seront pas laissés à eux-mêmes, tout
seuls. Puis à travers ça, bon, il y a les centres de justice de proximité qui
offrent des conseils juridiques, avec le projet de loi qu'on a adopté, qui vont
offrir des conseils. Alors, il y a la possibilité d'avoir des conseils
juridiques indépendants puis d'être renseigné. Et ce n'est pas différent que,
tu sais, supposons, de décider, à l'époque, d'adhérer à la société d'acquêts,
supposons.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement introduisant le nouvel article 45.1
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Donc, le nouvel
article 45.1 est adopté. M. le ministre, s'il vous plaît.
• (15 h 40) •
M. Jolin-Barrette :
Oui. 45.2, M. le Président : Insérer, après l'article 45.1 du
projet de loi, tel qu'amendé, le suivant :
«45.2.
La date de la formation de l'union parentale entre des personnes s'étant assujetties
au régime conformément à l'article 45.1
demeure celle de la signature de l'acte même si ces personnes deviennent les
père et mère ou les parents d'un même
enfant après le 29 juin 2025, dans la mesure où cette union n'a pas pris
fin avant la naissance ou l'adoption de l'enfant.
«Toutefois, le
retrait de l'application des règles du patrimoine d'union parentale ou
l'exclusion d'un bien convenu avant la naissance ou l'adoption de l'enfant
continue d'avoir effet uniquement si les conjoints le confirment par acte notarié en minute, conformément [aux
dispositions du titre Premier.2 du livre II] du Code civil[...], dans
les 90 jours suivant cette naissance ou cette adoption.»
Commentaire :
Cet amendement vise à clarifier que le fait de devenir parent d'un nouvel
enfant en commun après un assujettissement
volontaire à l'union parentale n'a pas d'effet sur la date de formation de
celle-ci. Cependant, le retrait de l'application des règles du
patrimoine d'union parentale ou l'exclusion d'un bien devra, pour continuer
d'avoir effet, être constaté par acte notarié en minute, dans les
90 jours. À défaut, le retrait ou l'exclusion cessera d'avoir effet.
Donc, ça, c'est un
régime pour prévoir lorsqu'on s'y assujettit puis lorsqu'on a plus qu'un
enfant. Je donne un exemple, un couple a un
enfant en 2024, avant l'entrée en vigueur de la loi. Il décide de s'assujettir
aux règles de l'union parentale pour bénéficier de la protection de la
résidence familiale, mais décide qu'ils n'incluront pas la maison dans leur
patrimoine d'union parentale. Ils ne vont pas chez le notaire, puisque ce n'est
pas obligatoire pour s'y assujettir, ils le
font par contrat de vie commune. Ils ont ensuite un deuxième enfant en décembre
2025, après l'entrée en vigueur de la
loi. La date de la formation de leur union parentale sera en 2024, soit la date
de signature de l'entente. S'ils veulent toujours conserver le retrait
de la maison du patrimoine, ils auront 90 jours à partir de la naissance
de l'enfant né en décembre 2025 pour aller devant le notaire et confirmer ce
retrait.
Donc,
supposons que je suis assujetti, j'ai mis «assujetti», j'avais dit, ça ne
s'applique pas puis, après ça, j'ai un bébé
après l'entrée en vigueur de la loi, il faut que je vienne reconfirmer le
retrait, que ce n'est pas la totalité du patrimoine qui s'applique.
Donc, le nouvel enfant amène la réouverture du régime complet.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Interventions, M. le député de l'Acadie?
M. Morin :
Oui. Bien, en fait... Puis vous
préférez 90 jours que 120, ou 60, ou... Dans d'autres dispositions, là,
vous parlez de 120, mais...
M. Jolin-Barrette :
Non, le 90 jours, on l'avait déjà sur le délai pour ne pas générer
de... Le 120 jours, c'était pour la résidence familiale. Le 90 jours,
il était pour que ça ne crée pas d'effet, tu sais, pour la possibilité de
souscrire sans que ça crée d'effet.
M. Morin :
Parfait.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Jolin-Barrette :
Donc, c'est le délai de grâce pour le retrait.
Le Président (M. Bachand) : Autres interventions sur l'amendement? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Donc, si en amont, pour
le premier... si vous aviez «opt in» partiellement, donc, vous aviez «opt in», je ne sais pas, moi, juste pour la
constitution du patrimoine de l'union parentale pour l'enfant né avant juin
2025. Là, vous avez un enfant qui
naît après, et que vous ne signez pas, au sens de 521.31, 521.33, puis que vous
n'aviez pas pris les dispositions d'ordre public, là elles vont
s'appliquer de facto, vous...
M. Jolin-Barrette :
C'est ça, ils vont s'appliquer de facto, vous ne pouvez pas vous
soustraire.
M. Cliche-Rivard : Tout le
temps. Puis, si vous ne faites rien puis vous ne reconfirmez pas votre
intention préalable de vous retirer d'une partie, ça va être l'application
directe et immédiate de toute façon.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Cliche-Rivard : Puis
ça va être constitué au jour de la naissance de l'enfant deux, pas de l'enfant
qui est né en amont.
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Cliche-Rivard : Et vous
pouvez... Puis là, juste me rappeler, à 521.31 et 521.33, les dispositions qui
sont d'ordre public à celles-là, vous ne pouvez pas y déroger?
M. Jolin-Barrette : Vous ne
pouvez pas y déroger.
M. Cliche-Rivard : Jamais.
M. Jolin-Barrette : Ça fait
qu'à partir du moment où vous avez un nouvel enfant, les dispositions d'ordre
public vont s'appliquer.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Ça fait que, même si vous n'y avez pas souscrit au sens d'«opt in» avant juin
2025, du moment que vous avez un enfant après juin 2025, vous y êtes
assujetti, peu importe votre décision ou votre choix d'«opt out» dans les 90
jours.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Ça,
vous êtes lié, et les couples seront liés, post-juin 2025, avec un enfant après
juin 2025.
M. Jolin-Barrette : Avec
un enfant qui naît après juin 2025, dans tous les cas, vous ne pouvez pas vous
retirer des règles impératives.
M.
Cliche-Rivard : Puis, s'ils
avaient pris seulement les règles impératives d'ordre public, par exemple
l'APC, l'union... la résidence principale, la protection, etc., avant
juin 2025, et qui n'ont pas... au sens de 521.31 ou 33, se constitue le
patrimoine d'union parentale au moment de la naissance de l'enfant 2,
l'enfant post-juin 2025.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Puis, si vous ne voulez pas qu'il s'applique, il faut aller chez le notaire pour
vous retirer.
M. Cliche-Rivard : Il faut
resigner...
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...dans les
90 jours de la naissance de l'enfant né après juin 2025.
M. Jolin-Barrette : Bien, pour
ne pas qu'il y ait d'effet.
M. Cliche-Rivard : Pour ne pas
qu'il y ait d'effet.
M. Jolin-Barrette : Mais
vous pourriez signer neuf mois après, mais là vous allez avoir neuf mois de
patrimoine.
M. Cliche-Rivard : Neuf mois
d'effet, parce que les 90 jours, c'est pour que ça a été réputé ne jamais
avoir été constitué.
M. Jolin-Barrette : C'est ça,
exactement.
M. Cliche-Rivard : Exact. Mais
vous pouvez en tout temps, de consentement, vous retirer de l'union... du
patrimoine de l'union parentale, c'est ça?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Le Président (M.
Bachand) : D'autres interventions sur
l'amendement?
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, là, juste une précision. Dans l'exemple que je vous ai donné, dans le
fond, l'enfant naît, supposons, en 2024,
vous allez pouvoir commencer volontairement à vous assujettir à partir de
l'entrée en vigueur de la loi en juin 2025.
M. Cliche-Rivard : OK. Vous ne
pouvez pas avant juin 2025.
M. Jolin-Barrette :
Bien, vous ne pouvez pas vous assujettir au régime d'ordre public avant
parce qu'il n'est pas encore en vigueur, mais vous allez... vous pouvez vous
assujettir par contrat de vie commune à un partage de biens. Vous pouvez
prendre...
M. Cliche-Rivard :
C'est ça, par contrat de vie commune.
M. Jolin-Barrette : ...par contrat de vie
commune, vous pouvez prendre les biens qui sont là puis vous y assujettir
cet après-midi.
M. Cliche-Rivard : Puis les... justement,
là, les formulaires que vous dites, tout ça, tout ça, ça va être en vigueur
à partir de juin 2025.
M. Jolin-Barrette : Bien, tout va être prêt
sur la plateforme à partir... bien, peut-être même avant, bien, pas pour
la disposition d'ordre public, mais pour les modèles de convention.
M. Cliche-Rivard :
Oui.
M. Jolin-Barrette : Mais, au 30 juin
2025, les modèles de convention, l'assujettissement au régime d'ordre public
va être disponible au 30 juin 2025.
M. Cliche-Rivard :
C'est à partir de juin 2025 qu'on va pouvoir «opt in»...
M. Jolin-Barrette :
Sur le régime d'ordre public.
M. Cliche-Rivard :
...sur le régime d'ordre public.
M. Jolin-Barrette :
Cependant, cet après-midi, vous pouvez...
M. Cliche-Rivard :
Bien, ça, vous pouvez le faire... la semaine passée aussi.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Cliche-Rivard :
C'est ça. Mais, dans le régime que vous... qu'on édicte au PL 56...
M. Jolin-Barrette :
À l'union parentale...
M. Cliche-Rivard :
...à l'union parentale...
M. Jolin-Barrette :
...c'est le 30 juin 2025 parce qu'il faut qu'il soit en vigueur.
M. Cliche-Rivard : Exact. Mais l'équivalent
pourrait être calqué par un notaire quelconque dans une convention de
vie commune quelconque, et on pourrait le signer demain matin, comme vous
dites...
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
M. Cliche-Rivard :
...ou on aurait pu le signer l'année passée.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça, mais l'enjeu, c'est qu'il n'y a pas d'opposabilité aux tiers.
M. Cliche-Rivard :
Exactement. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie.
M. Morin :
...j'avais la même question que
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
sa dernière, et vous venez d'y répondre. Alors, voilà, c'est réglé.
Le Président (M. Bachand) : S'il n'y a pas d'autre intervention est-ce que l'amendement créant
l'article 45.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Donc,
l'article... le nouvel article 45.2 est adopté. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
46, M. le Président : Les dispositions de la présente loi entrent en
vigueur le 30 juin 2025, à l'exception :
1° de celles des
articles 24 à 26 et 44, qui entrent en vigueur à la date ou aux dates
déterminées par le gouvernement;
2°
de celles des articles 27 à 29, 32, 33 et 43, qui entrent en vigueur le
(indiquer ici la date de la sanction de la présente loi).
Commentaire :
Cet article prévoit l'entrée en vigueur des dispositions de la loi au
30 juin 2025, à l'exception de celles
relatives au service de calcul de la pension alimentaire destiné aux parents
qui souhaitaient conclure une entente à ce sujet et de celles portant
sur la cohérence des décisions en matière familiale et de protection de la
jeunesse concernant un même enfant, qui entrent en vigueur à la date ou aux
dates déterminées par le gouvernement; celles relatives
à l'abus de procédure en matière familiale et aux principes d'un juge par
dossier, qui entreront en vigueur à la sanction de la loi.
Le
Président (M. Bachand) : Ça va, M. le
ministre?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette :
OK. C'est bon.
Le
Président (M. Bachand) : Ça va?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Le
Président (M. Bachand) : Donc,
interventions sur l'article 46? S'il n'y a pas... M. le député de
l'Acadie.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Donc, je
comprends qu'il y a certains articles, évidemment, qui peuvent rentrer
avant le 29 juin 2025, là, peuvent rentrer en vigueur avant, parce que ça
ne touche pas nécessairement le patrimoine d'union parentale.
M. Jolin-Barrette : Bien, ce qui est le
SARPA, ça rentre en vigueur à la date de la sanction de la loi. La violence
judiciaire entre en vigueur à la sanction de la loi.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette :
Oui, le juge unique, c'est à la sanction de la loi aussi. Les dossiers en
matière jeunesse et familiale, ça va être par décret... Ah! excusez-moi, puis
SARPA, ça rentre par décret aussi.
M. Morin :
Puis vos lignes directrices vont rentrer par décret...
M. Jolin-Barrette :
Par règlement.
M. Morin :
...par règlement. OK, parfait.
Donc, ça, ça peut rentrer avant... ça peut être entré en vigueur avant
le 21 juin 2025 parce que vous n'avez pas besoin d'attendre.
• (15 h 50) •
M. Jolin-Barrette :
Bien, non, on va les rentrer en vigueur à la même date que l'entrée en
vigueur de la loi. Tu sais, le règlement, dans le fond, on est assujetti à...
M. Morin :
Non, mais je vous parle de la
Cour supérieure, pour avoir accès aux dossiers de la protection de la
jeunesse.
M. Jolin-Barrette :
Oui, ça, c'est par décret?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est par décret. Il
y a des enjeux opérationnels dans les greffes à régler, mais ça, ça va
être par décret.
M. Morin :
Je comprends, mais ça peut être avant juin 2025.
M. Jolin-Barrette :
Oui, oui.
M. Morin :
OK. Parfait. Dernière question.
Quand on a parlé, justement, de ça, j'avais posé une question en ce qui
a trait aux gens qui sont représentés par l'aide juridique, je n'ai pas eu de
réponse.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Donc, ce qu'on m'a dit, c'est que l'article 8 de la Loi sur l'aide
juridique le permet, que le juge condamne au remboursement de frais d'avocat
d'une partie représentée par l'aide juridique. Cependant, avec les vérifications qu'on a faites, il n'y a jamais
le juge qui l'a fait. Donc, l'assise juridique est là, on pourrait rembourser
les frais de... à l'État d'aide juridique, mais ça n'a jamais été octroyé.
M. Morin : Mais ça n'a jamais
été fait.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
M. Morin : Sauf que, là, compte tenu des dispositions que
vous venez d'adopter, peut-être que ça va être fait.
M. Jolin-Barrette : Mais
peut-être ça va les inciter à.
M. Morin : Oui, à. D'accord.
Parfait. Je vous remercie.
Le Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Non, merci.
Ça va.
Le
Président (M. Bachand) :
Ça va? Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 46 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci beaucoup.
Donc, nous en
sommes rendus à la fin de l'étude article par article. Est-ce que titre du
projet de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Et je propose également que la
commission recommande la renumérotation du projet de loi amendé. Cette motion
est-elle adoptée.
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) :
Je vous propose que la commission
adopte une motion d'ajustement des références. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Remarques finales
Le Président (M.
Bachand) : Nous en sommes maintenant aux
remarques finales. Alors, je cède la parole au député de Jean-Talon. M. le
député de Jean-Talon, s'il vous plaît.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Merci beaucoup, M.
le Président. Nous l'avions toutes et tous, je pense, mentionné d'entrée de jeu, il était très important de moderniser le
droit civil québécois, compte tenu du nombre important de divorces, du fait que de plus en plus de ménages québécois vivent
en... sont des conjoints de fait, vivent en union libre. Et, de fait, je pense
qu'avec l'adoption... on verra s'il est adopté, ce projet de loi, mais donc,
avec le travail que nous avons effectué depuis un certain nombre de semaines,
se dessine un très grand changement. On en parlait avec quelques collègues tout
à l'heure, là, pendant une pause sur... pendant qu'on travaillait sur des
amendements, c'est quand même un très grand
changement qui s'opère, puisqu'il n'y avait pas de règles qui s'appliquaient
aux conjoints de fait. Et aujourd'hui, donc,
le fait d'avoir des enfants déclenche l'application d'un nouveau régime qui est
celui que nous avons travaillé ensemble.
Je tiens quand même à souligner, puis je suis
convaincu que les collègues vont le faire aussi, mais le travail que nous avons
effectué ensemble a permis d'apporter des modifications significatives au
projet de loi tel qu'il a été présenté, je tiens à le souligner. Donc, je tiens
à souligner le travail de tout le monde et l'ouverture du ministre, notamment
le fait que ce ne sera plus seulement la résidence principale, mais les
résidences familiales qui vont faire partie du patrimoine de l'union parentale,
c'est très important. Le fait qu'il y aura des lignes directrices qui vont permettre de mieux comprendre comment vont
s'établir, justement, et combien... comment vont s'appliquer les règles de l'union parentale, du patrimoine de l'union
parentale, c'est important. La possibilité qu'on vient de créer, d'adhérer au
nouveau régime de l'union parentale même si les enfants sont nés avant
l'application de la loi, je pense que c'est important,
on l'a mentionné ensemble, ça lance un message sur le fait que, comme société,
c'est vers là qu'on veut se diriger et qu'il y a toujours des
protections minimales qui s'appliquent quand il y a un enfant, donc, dans le
couple, et ça, c'est important. Le ministre nous l'a rappelé, ça a été rappelé
à plusieurs reprises pendant nos débats ici, c'était l'intérêt,
les droits des enfants issus des parents en union libre qui étaient le coeur de
l'affaire, et ça, je pense qu'on fait un pas important dans ce domaine-là.
Je ne veux pas
m'étendre très longuement sur l'ensemble des dispositions, parce qu'il y a
plusieurs dispositions puis il y a plusieurs mécanismes importants, mais je
dois quand même souligner, les débats, dans l'étude détaillée, ont été assez
courts, mais c'est quelque chose qui a été unanimement salué : apparaît en
droit le concept de violence judiciaire. Ça va être très intéressant de voir
comment il va s'appliquer, comment il va se développer et comment, éventuellement, il pourrait inspirer
d'autres domaines du droit, parce que ce n'est pas uniquement en matière
familiale qu'il peut y avoir ces problèmes de violence judiciaire, malheureusement,
on l'a vu, la quérulence et l'utilisation abusive des tribunaux à des fins qui
ne sont pas des fins légitimes, c'est malheureusement un phénomène qu'on voit
de plus en plus souvent. Et donc là, ici, on crée le droit, on avance en
disant : Particulièrement en matière familiale, ça devenait problématique,
et donc, ça, je pense qu'il faut le saluer.
Alors, je m'arrêterai
là, mais, bien sûr, je voudrais vous remercier, M. le Président, qui avez guidé
nos travaux avec beaucoup de flexibilité, mais qui nous ont permis d'avancer
avec ordre; Mme la secrétaire, l'ensemble du personnel de l'Assemblée nationale
qui nous appuient dans ce travail-là qu'on effectue. Je voudrais saluer tous
les collègues des banquettes gouvernementales, vous-même, bien sûr, M. le
ministre, toute l'équipe du ministère, qui ont préparé, qui ont travaillé à cette très importante réforme. C'est un... vous
l'avez dit d'entrée de jeu, M. le ministre, c'est un nouveau plan, c'est un nouveau bloc de ce
travail de révision de notre droit familial. Bien sûr, tous les collègues des
oppositions, le député de l'Acadie, qui a
été souvent accompagné par la collègue de Westmount—Saint-Louis, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, Mme la députée de Vaudreuil, merci beaucoup aussi pour vos contributions.
Puis on a eu des discussions très intéressantes tout au long de notre
travail, toutes les personnes qui sont venues témoigner et qui nous ont déposé
des mémoires extrêmement éclairants, extrêmement intéressants. Je sais que
certains vont dire qu'on aurait pu faire plus, on aurait pu faire autrement, je
pense quand même qu'on a fait un bon travail de chercher les plus grands
compromis sur les questions importantes.
Bien
sûr, j'aimerais terminer en soulignant le travail de Me Roy, qui était avec
nous tout au long de ce travail, qui a mis la table avec, vraiment, une étude
très détaillée qui contenait déjà beaucoup de pistes de solution, qui
nous éclairait sur des études, des analyses qui ont été faites avant. C'est
tellement important, quand on est à l'aube d'un changement de société comme celui qu'on fait, de savoir qu'on l'a fait
sur la base d'une étude à long terme, détaillée, sérieuse. Merci beaucoup de votre travail. Merci beaucoup de nous avoir
accompagnés. Et, bien sûr, mes remerciements et mes félicitations s'adressent à l'ensemble des membres du comité qui
ont travaillé de façon remarquable pour mettre la table à nos travaux.
Alors, merci beaucoup, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Mme la députée de Vaudreuil, s'il vous plaît.
Mme Marie-Claude Nichols
Mme Nichols :
Merci, M. le Président. Je vais commencer par mes remerciements. Bien, je
vous remercie, M. le Président, d'avoir bien
dirigé les travaux, vous et le personnel qui vous accompagne; évidemment, M. le
ministre, qui a fait preuve d'ouverture comme dans la plupart de ses
projets de loi... Ah! bien, moi, j'ai dit «comme dans la plupart de ses projets
de loi», je répète, mais évidemment toute votre équipe aussi, M. le ministre,
là, les juristes qui sont là, tant le personnel politique que le personnel du
ministère qui vous accompagnent, tu sais, c'est, pour nous aussi, disons-le comme ça, là, mais un bonus de
vous avoir parmi nous. Remerciements sincères à Me Roy. Je suis avocate
en droit familial, ça fait longtemps que je vous suis, ça fait longtemps que je
connais, tu sais, votre intérêt, là, pour le droit familial. Puis, même, je me
souviens, là, quand le ministre était dans l'opposition, là, vous étiez déjà un
bon acolyte de... du député de Borduas, je vais dire ça comme ça, mais
c'était... on connaît votre intérêt pour le droit familial, là. Ça fait longtemps qu'on en parle, qu'on dit qu'on est dus
pour une réforme en droit familial, donc ça a été un gros plus que vous
soyez là.
Merci
aux oppositions, les oppositions qui font... on l'oublie, là, mais, tu sais,
les oppositions... bien, on ne les oublie
pas, parce qu'ils se manifestent, là, mais ce que je veux dire, c'est qu'ils
ont un rôle à jouer dans les commissions parlementaires, puis on est ici
souvent pour apporter des commentaires, bonifier, prendre le pouls terrain,
bien que vous l'avez, mais des fois il y a une machine en arrière de vous
autres qui vous apporte des suggestions différentes. Donc, merci de faire
preuve d'ouverture aux propositions des différentes oppositions.
Je remercie,
évidemment, les groupes, les groupes qui viennent en commission parlementaire.
Je le dis à chaque fois, on... vous êtes restreints dans le temps, on vous
presse, vous faites des mémoires, vous venez ici, tu sais, un peu préparés
dernière minute, bien, ça aussi, c'est très enrichissant pour nous autres,
merci de nous éclairer. Nous sommes des législateurs, législatrices, on n'a pas
toujours... tu sais, on ne connaît pas toujours qu'est-ce qui se passe dans votre milieu, donc merci, sincèrement, pour
être en commission parlementaire, pour être aux auditions, mais aussi
sinon pour simplement envoyer vos mémoires, lesquels on prend en compte.
Est-ce que vous
vouliez intervenir, M. le Président?
• (16 heures) •
Le
Président (M. Bachand) : Non.
Mme Nichols :
Non? OK. Parfait. Je m'excuse.
Alors, le 9 mai
dernier, évidemment, on saluait le dépôt du projet de loi 56. On disait
qu'on était dus, tu sais, pour regarder, pour modifier, pour ajuster le droit
familial pour l'ensemble des Québécois, qui avait beaucoup de lacunes. Donc, on
est rendus le 23 mai, puis on a quand même passé une semaine en
circonscription, puis on adopte un projet de loi aussi
important, qui est le projet de loi 56, ça fait qu'on va dire que ça a
vraiment roulé rondement, très rondement.
Parce que c'est majeur, on le dit, c'est une réforme quand même assez majeure,
hein? On vient... Tu sais, à la limite, je vais dire, c'est historique,
là. On arrive, on vient créer un nouveau patrimoine, une union parentale, des
concepts qui n'existaient pas ou qui existaient parce qu'on se fie... on fait
beaucoup un parallèle aussi avec le patrimoine familial. Donc, ça fait qu'on ne
part quand même pas de rien, mais il faut quand même venir les préciser, puis
ce n'est pas évident, là. On le voit, là, des fois, on a eu du tricotage ou on
est à essayer de démêler certains principes. Vous, l'autre côté, ça fait
longtemps que vous le travaillez, bien, pour nous, c'était nouveau, puis des
fois, de lire article par article dans le 56, ce n'est pas toujours... tu sais,
ce n'est pas toujours clair. Donc, merci, merci pour ces précisions-là.
Je
suis certaine que ça va avoir un impact sur les citoyens, citoyennes du Québec.
Puis je veux le souligner, là, M. le
Président, là, tout le travail qui a été fait, c'est toujours, puis on l'a
rappelé à plusieurs reprises, l'intérêt de l'enfant. Donc, bien sûr, tu sais, il y a des... ce n'est
pas toujours facile pour les parents de comprendre cette notion-là ni pour tout
le monde, mais je pense qu'ici on a su le garder... on a su garder l'intérêt de
l'enfant en tête dans tout ce que... tous les débats qu'on a eus, tous les échanges qu'on a eus, tous
les amendements qui ont été déposés ou, en fait, dans les explications.
On
a bien fait aussi attention de ne pas marier les Québécois, hein? Ça, on l'a
dit souvent, que c'était un principe auquel il fallait... on marchait un
peu sur des oeufs, donc, je pense que ça a été respecté.
Puis, comme je vous
dis, M. le Président... bien, je veux laisser le temps aussi à mes collègues
d'intervenir, mais, comme je vous dis, M. le Président, je pense que c'est un
projet de loi important, historique. Moi, je suis fière d'y avoir participé, puis, bien, j'ai hâte de voir comment ça va être
appliqué. J'espère, ça ne va pas faire augmenter le taux de vasectomie
au Québec.
Des voix : ...
Mme Nichols :
Bien là, c'était pour voir si vous écoutiez, mais...
Une voix : Ou
un boom de naissances.
Mme Nichols :
Ou un boom des naissances peut-être aussi, peut-être un boom des
naissances. J'ai hâte de voir les effets, hein? Le gouvernement de la CAQ est
un gouvernement qui aime beaucoup les statistiques, donc on pourra avoir les
statistiques sur l'impact du projet de loi 56 dans la vie privée des... de
la population.
Je vais arrêter ça,
là, là. Mais, bon, voilà, M. le Président, bien contente d'avoir participé au
projet de loi 56 et de voir aussi les
effets, la jurisprudence, comment les juges vont... tu sais, comment les juges
vont prendre ça aussi. Évidemment, il y aura un temps d'adaptation. Je
pense qu'il est nécessaire aussi, ce temps d'adaptation là.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Mme Nichols :
Donc, bravo à tout le monde pour votre travail!
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
D'abord, merci au ministre et à son équipe. Merci, Me Roy également.
Merci aux collègues de l'opposition. Merci aux nombreux groupes qui sont venus
quand même en commission parlementaire. C'est bien d'avoir plusieurs groupes
comme ça qui nous expriment des positions puis des points de vue qui sont assez
variés. On va se le dire, on a quand même eu un bel éventail de positions.
Vraiment, c'est fort intéressant, puis ça nous aide beaucoup dans notre
travail. Merci à vous, évidemment. Merci aussi au personnel de l'Assemblée
nationale et merci à la technique, on les oublie souvent, mais merci beaucoup.
C'est un grand pas en
avant, évidemment, M. le ministre, j'en suis. Je l'ai dit en amont, au
principe, je pense que c'est une très bonne réforme. Je pense qu'on aurait
peut-être pu aller plus loin un petit peu sur certains éléments, mais, écoutez,
c'est là qu'on a atterri. On va reconnaître quand même, de grandes protections
qui manquaient dans le cadre du régime
actuel vont pouvoir s'appliquer à partir du... de juin 2025, donc, quand même
de très belles protections. Je pense
que plusieurs familles vont être davantage protégées, en premier chef les
enfants, qui sont au coeur de ce projet de loi, donc eux vont avoir des protections supplémentaires. Évidemment,
on pense aux protections de la résidence familiale, à la prestation
compensatoire, au patrimoine de l'union familiale. Ce sont quand même des
avancées qui auront d'énormes impacts sur les familles du Québec.
Alors, je vais rester
bref pour aujourd'hui, M. le Président, on a quand même des discours en Chambre
devant nous. Alors, en vous remerciant tous et toutes pour votre collaboration
dans ces dernières semaines.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Alors, M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. André Albert Morin
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, à mon tour de vous remercier, M. le Président. Ça fait
plusieurs projets de loi, mais vous présidez cette commission avec une main de
maître, alors c'est très apprécié. Et je tiens aussi à souligner l'importance des travaux, la
qualité du travail du personnel de l'Assemblée
nationale et des techniciens qui permettent de diffuser nos
travaux, donc, aux gens qui ne sont pas ici avec nous, de voir ce qu'on fait au
Parlement.
Merci à M. le ministre et à toute son équipe.
C'est toujours apprécié. D'ailleurs, on voit par le nombre de gens de votre cabinet puis du ministère qui sont
avec nous, c'est un projet qui a demandé de la réflexion. Puis on a posé
de très nombreuses questions, et les employés du ministère sont toujours là
pour nous répondre. Ils le font toujours avec célérité et professionnalisme, et
je pense que ça mérite d'être salué. Alors, je vous remercie beaucoup.
Merci à Me Roy. Évidemment, Me Roy,
votre réputation en droit de la famille n'est plus à faire, elle dépasse nos frontières. On est très heureux que vous ayez
été là avec nous. On a parlé beaucoup du droit des animaux, alors ne partez
pas, on verra jusqu'où se rendra l'ouverture du ministre, mais je ne pouvais
pas m'empêcher d'en parler.
Merci à mes collègues des oppositions qui...
nous avons, en fait, travaillé ensemble, député de Jean-Talon, député de Saint-Henri—Sainte-Anne, députée de Vaudreuil, députée de Westmount—Saint-Louis, ma collègue, qui a été avec moi. Merci à
M. Bourret, qui m'accompagne à toutes ces séances.
Je tiens à remercier aussi la Pre Malacket,
à qui j'ai eu la chance de parler et reparler pour aider dans, évidemment,
notre travail, mon travail dans le cadre des travaux de cette commission-là.
Il y a plusieurs amendements qui ont été
adoptés, donc je salue l'ouverture du ministre. Je pense que ça a eu pour effet
de bonifier le projet de loi pour l'ensemble de la population québécoise, mais
surtout des enfants. C'est... On vous a
écouté attentivement, M. le ministre, c'était la pierre angulaire de ce projet
de loi, donc je pense que c'est très important qu'ils soient bien, bien
protégés. C'est définitivement un projet de loi important.
J'ai hâte aussi de voir comment seront
interprétées les dispositions qui vont permettre aux magistrats de sanctionner
ceux qui utilisent les tribunaux à mauvais escient. Je pense qu'on aurait
peut-être pu l'étendre à d'autres domaines, mais commençons par celui de la
famille parce que, comme vous l'avez dit M. le ministre, ça a un impact
fondamental, important sur les parties et les enfants, et on ne veut surtout
pas ça.
Donc, voilà, alors, projet de loi important, pas
en avant, je le souligne. Et, encore une fois, un gros merci, et merci également aux collègues de la banquette
gouvernementale, qui ont fait des rotations, mais qui ont siégé pendant
les travaux de la commission. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci. M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Mario Asselin
M. Asselin : Oui, M. le
Président. J'ai demandé à faire un petit bout de remarques particulières à ce
stade-ci, d'une part, parce que j'avais un
certain nombre d'appréhensions avant de commencer. Siéger comme député, ça va,
la fonction, législateur, je suis
capable, je commence à la comprendre, j'adore ça, mais j'avoue que siéger avec
Me Morin, maître... en tout cas, je ne vous nommerai pas tous, mais une
série d'avocats, une série d'avocats, j'ai appris beaucoup. Je ne suis pas du domaine judiciaire, je ne suis pas du
domaine des avocats et puis j'ai appris des nouveaux mots, une nouvelle
expression, et puis j'ai trouvé que votre jargon était quand même accessible.
Donc, je conseille à tous ceux qui voudront s'initier au domaine législatif de
peut-être réécouter autant les domaines... les contextes des consultations
particulières et tous nos débats, avec le livre. Normalement, à la fin des
périodes de débats, je déchire le livre, mais
là je vais peut-être le garder parce que j'ai l'impression qu'on a
effectivement, comme vous disiez, Mme la députée de Vaudreuil, un pan
historique, un peu.
Alors, je suis content d'avoir participé à cette
opération et puis je vous remercie de votre attitude exemplaire, tout le monde,
à commencer par le président.
• (16 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Alors, M. le
ministre.
M. Simon
Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Bien,
merci, M. le Président. Écoutez, c'est un très beau moment, et puis je vous
dirais que c'est un peu pour ça qu'on fait de la politique, M. le Président,
pour améliorer des choses. Puis on peut se dire, collectivement, qu'aujourd'hui
on fait oeuvre utile, parce que, écoutez, le droit de la famille n'avait pas
été modifié substantiellement depuis 40 ans.
Puis, vous savez, là, c'est le troisième projet de loi qu'on dépose, alors le
2, le 12, le 56, alors, vous savez, je pense que tout ça a été généré,
notamment... Puis je tiens à remercier, dans un premier temps, Éric et Lola,
parce qu'on ne serait pas là sans eux aujourd'hui. Mais aussi vous me
permettrez de remercier M. le juge
St-Arnaud, donc Bertrand St-Arnaud, qui, à l'époque où il était ministre de la
Justice, bon, le jugement Éric contre Lola a été rendu, et il a eu la
clairvoyance, M. le Président, de mettre en place un comité consultatif
présidé par Me Roy, à l'époque, avec
plusieurs personnes qu'on a notamment entendues en commission parlementaire,
puis le sérieux du travail qui a été
fait par le comité consultatif, bien, écoutez, c'est la base de la réforme du
droit de la famille qu'on a faite.
Puis je tiens à remercier sincèrement et
chaleureusement Me Roy d'avoir accepté d'agir à titre de conseiller spécial au
ministère de la Justice ces dernières années. Puis, vous le disiez, c'est vrai
que le Pr Roy et moi-même, on a appris à se connaître au fil des années, à
développer une confiance mutuelle. Mais ce que j'apprécie beaucoup du Pr Roy, c'est sa grande intégrité, sa
compétence, ses connaissances. Puis, écoutez, la première fois que j'ai
rencontré le Pr Roy, j'étais dans l'opposition, j'ai été à
l'Université de Montréal avec son rapport, que j'avais lu, puis là, moi, ça m'intéressait beaucoup parce que j'avais suivi
tout ça, les débats, tout ça, puis c'est vrai qu'il y avait une incohérence dans notre droit par rapport à la situation des conjoints de
fait. Mais comment est-ce qu'on devait résoudre ça? Puis le comité consultatif a donné les pistes, la base
sur plusieurs volets du droit de la famille qui méritaient d'être modernisés.
Et notamment, là, on a fait les conjoints de fait, mais, dans les projets de
loi passés, vous vous souviendrez, les personnes
confiées à l'adoption, notamment, c'était une partie qui était couverte aussi.
Alors, je tiens à vous remercier sincèrement, Me Roy, merci, encore une
fois, d'avoir accepté sur ce volet-là aussi.
On n'a pas fait tout ce qui était dans le
Rapport du Comité consultatif sur le droit de la famille. Il y a des choix qui sont faits, il y a des choix collectifs,
puis même depuis que le rapport a été rendu, il y a des choses qui ont changé
aussi dans la société, qui ont évolué. Donc, je pense que c'est important de
garder la flexibilité pour le futur aussi, de ne
pas attendre autant d'années, comme depuis le patrimoine familial ou depuis
l'union civile, de M. Bégin, 2002. Donc, je pense qu'il faut être
plus actifs là-dessus.
Puis c'est vrai que c'est un dossier qui pouvait
être comme un panier de crabes. Mais je suis content que, collectivement, nous
l'ayons fait ensemble et dans le cadre de notre travail de législateurs, de
notre Assemblée et en tant qu'élus aussi, parce que, vous savez, oui, il y a eu
la décision de la Cour suprême qui a validé le régime, mais il revenait aux
députés, aux élus de la nation de faire ces choix-là de comment est-ce qu'on
établit nos rapports de droit privé entre
nous. Puis ça, c'est toujours important, je pense, de se rappeler ça, que c'est
notre travail de le faire puis que c'est au gouvernement ou aux députés,
par les initiatives législatives, en fonction de notre tradition civiliste, de
venir faire ce que l'on a fait dans le cadre de ce projet-là, parce qu'on est
distincts, on est différents, ce n'est pas comme dans le reste du Canada, puis on a notre propre modèle de société
distincte. Puis je pense que ce qu'on a fait dans le cadre du projet de
loi n° 56, bien, c'est une reconnaissance de notre caractère distinct, de
nos valeurs sociales distinctes aussi et du respect aussi des Québécois et des
Québécoises, de leurs propres choix, de leur identité, de leur histoire. Alors,
pour ça, je remercie l'ensemble des collègues d'avoir participé.
Et donc un
immense merci à Me Roy, un, d'avoir accepté de présider le comité
consultatif à titre bénévole — il
faut savoir que tous les gens qui ont fait ce rapport-là extrêmement
complet, c'était à titre bénévole — et par la suite d'avoir accepté de nous avoir partagé votre
savoir. Alors, c'est grandement apprécié. Et je comprends que les collègues
des oppositions nous ont donné une commande aussi pour continuer sur d'autres
éléments aussi, alors on aura l'été pour travailler là-dessus.
Bon, je vous
l'ai dit, de remercier le juge St-Arnaud, à l'époque. Vous me permettrez
également, M. le Président, de remercier tous les collègues qui ont
travaillé avec nous, donc, en premier titre, vous, M. le Président, M. le
député de Vanier-Les Rivières, M.
le député de Saint-Jean, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, Mme la députée de Vimont, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, Mme la députée de Laval-des-Rapides, Mme la
députée de Lotbinière-Frontenac, Mme la députée de Soulanges, les
collègues des oppositions, donc, M. le député de l'Acadie, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, Mme la députée de Saint-Henri... pardon,
de Mercier, M. le député de Jean-Talon et Mme la députée de Vaudreuil.
Honnêtement, ça a été agréable de travailler avec vous. Tu sais, c'est des
projets de loi qui sont concrets, qui ont un impact dans la vie des gens. J'ai senti une excellente collaboration, je tiens à
vous remercier. Vos questions étaient pertinentes, amenaient de la réflexion.
Puis il faut dire que ce projet de loi, ça
fait un certain temps qu'on le travaille, et donc il y a eu beaucoup de
questionnements. Les questions, souvent, que vous avez soulevées, c'est
des questions que nous avions eues.
Et je veux
vous dire que je... on est chanceux aussi de pouvoir compter sur une équipe, au
ministère de la Justice, aussi compétente et complète, dont vous en
voyez une partie qui sont avec nous, mais de l'ensemble des juristes de l'État
qui nous ont accompagnés là-dedans depuis les dernières années, depuis le
projet de loi 2, le 12, le 56. Alors, je souhaite les remercier
chaleureusement et leur dire que leur travail est inestimable. Ce sont des gens
qui sont dévoués, les légistes, les avocats, les notaires que nous avons, parce
qu'on a des notaires aussi dans l'équipe, n'est-ce pas? Alors, vous me permettrez de remercier Me Élise Labrecque, qui
est sous-ministre associée au ministère de la Justice, qui a chapeauté ça depuis le départ, merci
beaucoup, Me Labrecque, Me Sophie Joncas, Me Ann-Sophie B.
Lamontagne, Me Valérie Martel, Me Catherine d'Auteuil,
Me Jean-Philippe Lebrun, Me Martin Hébert, Me Annie Gauthier, Mme Marie-Hélène Filteau, Me Marie
Émilie Rochette, Me Sophie Lacroix, Me Gaston Pelletier,
Me Maude Morissette, Me Amélie
Pelletier Desrosiers, Me Christophe Achdjian, Me Isabelle Dupont,
Me Lydia Leclerc, Me Marie-Michelle Desrochers, maître...
bien, pour le ministère de la Justice.
Au cabinet du ministère de la Justice, donc,
Me Nicolas Proulx, merci beaucoup, Nicolas, pour tout ton travail,
l'implication, Anne-Sophie Robitaille, également, qui est avec nous, Élisabeth
Gosselin, Audrey Lepage. Vous le savez, pour
ce genre de projet de loi, les équipes ministérielles travaillent très fort,
mais également les cabinets, les collègues qui sont avec nous. Donc, on
ne pourrait pas réussir à livrer ça sans la collaboration de nos collègues.
Alors, merci beaucoup, Nicolas, merci beaucoup, Anne Sophie. Puis aussi, je
vais vous dire, il y a tellement un grand effort
de communication, vous m'en avait parlé à de nombreuses reprises sur
l'importance de la campagne publicitaire puis sur la façon dont on a
présenté le projet de loi, avec les explications aussi. Je tiens à remercier le
ministère de la Justice, mais également la directrice des communications,
Élisabeth Gosselin et Audrey Lepage, en tant qu'attachées de presse. Ça a été un travail considérable pour
le faire puis pour illustrer concrètement et pratiquement qu'est-ce que
le régime amenait, qu'est-ce que le régime changeait.
Vous me permettrez également, M. le Président,
de remercier le caucus gouvernemental aussi. Sans faire de partisanerie, le caucus gouvernemental m'a appuyé
dans la démarche dans laquelle j'ai amené la proposition législative,
qui aurait pu être périlleuse, mais j'ai senti un appui indéfectible de la part
du caucus gouvernemental et, à plus forte raison, du premier ministre. Et je
tiens à remercier le premier ministre parce que, sur l'ensemble des phases
subséquentes du droit de la famille, le premier ministre a été un atout... un
appui indéfectible relativement à cette modernisation-là du régime en matière
de droit de la famille. Son appui a été constant, l'appui du caucus aussi, puis ça, c'est extrêmement précieux pour réussir à faire ces
réformes-là qui touchent la vie, le quotidien des gens. Puis, vous savez, c'est des questions sensibles, des questions
économiques, des questions émotionnelles, des questions d'organisation
de la vie, alors je suis très reconnaissant de tout l'appui que j'ai eu du
ministère de la Justice, des collègues, de vous également, du premier ministre.
Écoutez, avancées majeures en matière de
succession, en matière de patrimoine, de protection associée aux résidences
familiales, de composition, en matière de violence judiciaire. Et l'ensemble de
la réforme du droit de la famille qu'on a faite, à la fois dans le projet de
loi 2, dans le 12 et dans le 56, c'était toujours de mettre l'enfant au coeur de nos priorités. Et je pense qu'on a
réussi, avec ce cadre législatif là adapté, à faire en sorte que, justement,
l'enfant, ce soit la première de nos considérations, avec les
différentes mesures.
Donc, merci à tous. Je remercie également le
secrétariat de la commission, à la sonorisation, la télévisuelle, la traduction. Et, comme on dit, on a fait un bon
bout. Peut-être qu'il nous en reste à faire encore un petit peu, mais on se
reverra. Alors, merci, tout le monde.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : La députée
de Vaudreuil nous dit : Pas d'ici deux semaines, pas d'ici la fin de la
session. Je prends note. Mais un grand
merci. Puis honnêtement on peut se dire qu'on a fait une avancée majeure, tous
ensemble. Alors, merci beaucoup pour votre collaboration.
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup, M. le
ministre.
Alors, la
commission, ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux au
vendredi 24 mai, à 10 heures, où elle va entreprendre un
nouveau mandat. Merci. À très bientôt.
(Fin de la séance à 16 h 19)