(Neuf
heures quarante-six minutes)
Le
Président (M. Bachand) : Bonjour, tout le
monde. J'espère que vous avez profiter du beau week-end. Alors, ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi
instaurant l'approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé
et des services sociaux.
Avant de débuter, M.
le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Étude détaillée (suite)
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Lors de l'ajournement de nos travaux, la semaine dernière, nous avons suspendu
l'étude de l'amendement et de l'article 2. Alors donc, si je comprends
bien, on retournerait à l'amendement à l'article 2. M. le ministre, s'il
vous plaît.
Est-ce qu'il y aurait
consentement d'abord pour réouvrir?
Des voix : Consentement.
Le
Président (M. Bachand) : Consentement.
Alors, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière :
Bien, écoutez... Merci beaucoup.
Merci, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bonjour à tous ceux qui
nous... qui sont avec nous aujourd'hui.
On reprend à
l'article 2, M. le Président. On avait une discussion sur l'amendement
avec les collègues. On se rappellera que c'est un projet de loi qui est
extrêmement important. On s'est donné le temps... on a pris le temps de
dialoguer la semaine passée, et je reprendrais les échanges avec les collègues
des oppositions quand on parlait de l'article 2, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Donc,
interventions sur l'amendement? M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Bonjour,
M. le Président. J'espère que vous allez bien, vous avez passé un bon week-end.
On a un sous-amendement à acheminer, compte tenu de l'amendement qui a été
déposé par M. le ministre. Ça devrait voyager vers le Greffier incessamment, et
je pourrai en faire la lecture quand vous l'aurez reçu.
Le
Président (M. Bachand) : Parfait. Alors,
on va suspendre quelques instants, le temps de recevoir le sous-amendement.
Merci beaucoup. Merci.
(Suspension de la séance à
9 h 47)
(Reprise à 9 h 50)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Alors, M.
le député d'Acadie pour le sous-amendement.
M. Morin : Tout
à fait. Merci, M. le Président. Alors, voilà, le sous-amendement se lit comme
suit :
L'amendement
remplaçant l'article 2 du projet de loi est modifié par :
1° par l'insertion
dans le 2e alinéa, après «annuellement», de «et publiquement»;
2° par
l'ajout à la fin du 3e alinéa de la phrase suivante : «Une commission désignée
par l'Assemblée nationale doit faire l'étude de ce rapport dans les 60
jours de son dépôt.»;
3° par l'ajout après
le 3e alinéa de l'alinéa suivant : «Le ministre doit, au plus tard le
(indiquer ici la date qui suit de cinq ans
celle de la sanction de la présente loi)faire rapport au gouvernement
sur la mise en oeuvre des dispositions concernant les pratiques
culturellement sécurisantes.»
Donc, le but du
sous-amendement est de s'assurer, compte tenu de l'importance de la
sécurisation culturelle, qu'au fond le public ait connaissance, que ce soit
bien connu, diffusé et que, par la suite, l'Assemblée nationale puisse regarder
ce qui a été fait.
Parce
que, on le sait, le gouvernement a créé Santé Québec. C'est un organisme, bon,
qui va travailler en... évidemment, le ministre de la Santé reste le ministre
responsable, mais c'est un organisme autre. Et moi, je veux juste m'assurer que ce qu'ils vont faire va être
connu du public pour qu'il y ait une facilité, pour que l'ensemble, d'abord, des
Premières Nations et des Inuits connaissent ce qui a été fait, puissent le...
en fait, le commenter et faire en sorte aussi
que les différentes associations — je
pense, entre autres, à Femmes autochtones du Québec — puissent
avoir accès rapidement au bilan des pratiques culturellement
sécurisantes. Parce qu'on sait, on l'a dit, je l'ai dit, c'est souvent, et ça, les statistiques le démontrent... c'est
beaucoup des femmes autochtones qui ont accès ou qui vont dans le service ou
le réseau de la santé.
Donc,
c'est important, je pense, pour l'ensemble de la population de savoir ce qui a
été fait, ce qui va être fait, ce qui est fait, et qu'on soit capables
d'évaluer, évidemment, les pratiques qui sont faites, l'avancement des travaux.
Et c'est la raison pour laquelle je propose
ce sous-amendement, pour s'assurer que tout sera bien connu du grand public.
Je vous remercie.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions sur le sous-amendement? M. le ministre.
M. Lafrenière :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Bien, merci pour le collègue. Merci
pour le collègue, parce que, quand on parle de «publiquement», effectivement,
je pense que le collègue comprend très bien que c'est notre intention, c'est d'être le plus... d'être transparents,
d'impliquer les Premières Nations de façon différente. Et c'est pour ça, M.
le Président, que le législateur, quand il a écrit cet article, ce qu'on a mis
comme information, on a dit que c'était pour
être déposé ici, à l'Assemblée nationale, que c'était pour être sur le site Web
aussi. Alors, pour nous, la partie
«publiquement», on y répond de cette façon-là. Puis c'est clair, M. le
Président, puis mon collègue va comprendre qu'on s'est inspirés
énormément du projet de loi n° 79 qu'on a développé ensemble, où on
s'est dit qu'on faisait les choses différemment.
Ça fait que je
reconnais ce qu'il demande, quand il dit «publiquement». Je suis totalement
d'accord avec lui. C'est pour ça qu'on le met, un, sur le site Web, deux, on le
dépose dans cette Assemblée. Alors, pour nous, c'est plus que public.
Pour ce qui est de
l'autre point, puis je vais peut-être y aller en rafale, puis on va pouvoir
continuer la discussion, là, quand on parlait de le déposer par la suite dans
une commission, M. le Président, en faisant différent, ce qu'on a décidé de faire dans 79, c'est justement d'avoir un comité.
Puis, encore une fois, on s'est largement inspirés de 79 en
disant : Au lieu que nous, parlementaires, on débatte sur ce dossier entre
nous, on veut le faire différemment avec les Premières Nations. Dans ce cas-là,
c'est avec un comité qui sera constitué, entre autres, de membres des Premières
Nations. Ça fait qu'on trouvait qu'on répondait différemment. On le faisait
avec un comité au lieu de venir en commission, nous, allochtones.
Et, pour ce qui est
du troisième point, lorsqu'on dit que le ministre devra le déposer au
gouvernement, là, je comprends que c'est une question d'imputabilité ou, au
moins, de transparence avec les collègues du Conseil des ministres. Si je
me rappelle bien, M. le Président, jeudi, quand on a terminé, puis ça remonte à
quelques jours, mais, quand on a terminé
notre échange, on parlait de l'imputabilité puis de l'importance, et mon
collègue, à juste part, soulignait la question en disant : Pourquoi
c'est le ministre de la Santé au lieu d'être le ministre responsable des
Relations avec les Premières Nations et les Inuits? Puis ce qu'on avait amené
comme contre argument, on disait : Bien, l'importance de travailler en équipe, c'est clair, puis
deuxièmement, le risque de désengagement, en disant : C'est un dossier de Premières Nations, donc on envoie ça à un
ministre responsable, ce n'est pas tout le gouvernement qui en est saisi.
Alors, je reprendrais
le même argument pour ce point-là, M. le Président, en disant : C'est tout
le gouvernement qui doit en être saisi. On va travailler en équipe. Puis je
veux continuer l'argument, puis j'entends bien le collègue, je veux continuer
ce discours-là. Et, pour moi, le «publiquement», je suis on ne peut plus
d'accord. C'est pour ça qu'on le fait devant
cette Assemblée puis sur le site Web, M. le Président, mais j'entends bien le
collègue.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Autres interventions sur le sous-amendement? M. le député d'Acadie, s'il vous
plaît.
M. Morin : ...brièvement.
Alors, je comprends que M. le ministre est d'accord avec mon sous-amendement?
Le
Président (M. Bachand) : Juste peut-être répéter, M. le député
d'Acadie.
M. Morin : Oui,
M. le... Oui, M. le Président. Donc, je comprends qu'après l'intervention de M.
le ministre, M. le ministre est d'accord avec mon sous-amendement et d'ajouter
le «publiquement»?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière :
M. le Président, ce que je disais, j'étais entièrement d'accord avec le but
visé. On veut le même. C'est sur le chemin
qu'on n'est pas à la même place. Puis je suis entièrement d'accord lorsqu'il
dit «publiquement». Et c'est pour ça qu'on le dépose ici, à l'Assemblée
nationale, et c'est pour ça aussi qu'on le met sur le site Web. Puis je suis
désolé si on repartait la discussion, parce que je regardais les points que
vous ameniez puis je voulais avoir des précisions sur d'autres éléments. Mais
je suis d'accord avec le but visé par le collègue. C'est juste qu'au niveau du
chemin, pour nous, c'est le dépôt ici, à l'Assemblée nationale, et le dépôt sur
le site Web. C'est pour ça que j'étais prêt à continuer cet échange.
Le Président (M. Bachand) : Autres interventions sur le sous-amendement? Mme
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, merci. Merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. J'espère que vous allez bien. On entame
cette nouvelle journée avec, dans le coeur, la volonté d'arriver à quelque
chose de satisfaisant et la meilleure loi possible pour les besoins et, en
fait, pour la réalité des Premiers Peuples.
De façon plus spécifique, sur l'amendement de
mon collègue de l'Acadie, en fait, je suis confortable avec, très
majoritairement, ce qui est inscrit dans le sous-amendement. J'ai cependant un
certain inconfort, puis mon collègue de l'Acadie va reconnaître... me
reconnaître là-dedans, j'ai un certain inconfort avec l'idée que le... son
deuxième picot évoque l'idée qu'une commission désignée par l'Assemblée
nationale fasse l'étude des rapports annuellement. C'est sûr que, pour moi,
c'est important, puis on va en prendre, comme parlementaires, la responsabilité
lorsque le rapport sera déposé à l'Assemblée nationale. Ça, ça fait partie de
notre job.
Ceci étant dit, moi, s'il y a une gang qu'il
faut qui regarde ce rapport-là et qui soit critique, vous comprendrez, M. le
Président, pour moi, ce sont les Premières Nations puis les Inuits. C'est eux
et seulement eux, on se l'est dit à plusieurs reprises depuis le début du
travail, qui peuvent évaluer adéquatement si, oui ou non, le travail qui a été
fait dans les différentes instances, le travail qui a été fait dans... à
travers le réseau santé et services sociaux du Québec, si ça avance
positivement, si ce qui a été mis en oeuvre s'en va dans le bon chemin, si,
effectivement, les gens des Premières Nations se sentent de plus en plus
respectés dans leurs droits fondamentaux, dont notamment le droit de recevoir des soins de santé comme... de
recevoir des soins de santé adéquats. Alors, moi, c'est l'inconfort que j'ai.
Mais, ceci étant dit, ça va de soi, j'ai entendu
le ministre, là, mais, pour moi, ça va de soi qu'on est clairs ici, puis c'est
bien, il l'a dit au micro, il faut le répéter, tout ça ne se fera pas derrière
des portes closes. C'est ça qui est important, à mon sens à moi. Et, dans ce
sens-là, j'aurai aussi, là, un sous-amendement à proposer pour nous assurer que
ça va dans le sens de l'intervention que je viens de faire.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
• (10 heures) •
M. Lafrenière : ...merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis je souligne l'intervention de ma collègue, parce qu'effectivement c'est ce qu'on a fait dans
79, quand on s'est dit : On va le déposer différemment, on va aller en communauté. Puis, en passant, je veux souligner
que mes deux collègues des oppositions sont avec nous, M. le Président,
quand on le dépose en communauté, puis c'est quelque chose qu'on n'avait jamais
fait. Là-dedans, ce qu'on envoie comme message clair, c'est que le comité va
conseiller sur la façon de transmettre le rapport, puis il y a une intention
claire, M. le Président. Il y a une intention claire, puis je veux dire à mes
collègues que ce rapport... et le comité pourra conseiller, pourra regarder,
mais il y a une intention claire d'aller le déposer en communauté, là où sont
les membres des Premières Nations et des Inuits.
Et pourquoi je vous dis ça, M. le Président?
Parce que, quand on avait consulté, dans notre projet de loi 79, ce qu'on
s'était fait dire par les membres des Premières Nations et des Inuits, c'est
que la réalité de l'Assemblée nationale était très loin de leur réalité. En
tout respect avec notre institution puis votre commission, M. le Président, ce
n'était pas souhaitable de leur part de le déposer dans une commission. Ils
voulaient plutôt qu'on se déplace, qu'on soit avec eux. Alors, c'est la même intention
qu'on a dans ce cas.
Puis, encore une fois, on va consulter. On ne
veut pas le faire tout seul. Mais cette intention-là est encore là, M. le
Président, d'aller avec eux, d'aller sur le territoire, de pouvoir entendre les
gens puis, comme ma collègue le mentionnait, d'avoir cette rétroaction-là,
d'avoir l'écho, à savoir est-ce que cela convient ou pas.
Mais je le répète encore une fois que je
comprends très bien l'intention de mon collègue de l'Acadie. On est d'accord
sur la destination, on a juste pris deux chemins différents.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions?
M. Morin : ...M. le Président,
l'objectif que je vise par ce sous-amendement-là, c'est justement de s'assurer
que, dans le cadre de nos débats, il va être très clair, pour l'ensemble de la
population qui nous écoute, que tout cet exercice-là va être fait publiquement,
donc que ça ne sera pas fait derrière des portes closes puis que des gens vont pouvoir y participer, tout le monde qui ont un
intérêt dans le cadre, évidemment, du travail qui va être fait éventuellement
dans le cadre de la sécurisation culturelle.
Donc, je comprends que le ministre fait
référence à un autre chemin. Le chemin que je propose, évidemment, c'est... pour que ça soit très, très clair,
surtout quand on parle de «publiquement» et qu'on veut rajouter «et
publiquement» dans le sous-amendement, et que ce soit clair que
l'intention du législateur, c'est que ce soit public. J'entends quand M. le
ministre parle du projet de loi 69 et du comité de suivi. Effectivement, comme
parlementaire, j'accompagne les gens, on
participe et on participe aussi à la remise, au dépôt du rapport annuel qui est
fait en communauté, mais je crois que le rapport est aussi déposé à
l'Assemblée nationale. Donc, il n'y a pas de... il n'y a pas de... En fait, mon
point, M. le Président, c'est qu'il n'y a
pas de contradiction entre la façon dont on fonctionne avec le PL 79 et ce que je propose ici. En fait, c'est cohérent.
Par la suite,
il n'y a absolument rien, puis en fait, même, je pense que c'est une
pratique qui doit être encouragée, d'aller voir, consulter, travailler,
échanger avec les Premières Nations et les Inuits sur le travail qui a été fait, mais
je trouvais qu'il était important de le souligner. Ça permet au gouvernement de
préciser sa pensée, et c'est la raison pour laquelle, moi, j'ai déposé ce
sous-amendement, M. le Président. Je vous remercie.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix du...
M. le ministre, oui, allez-y. Pardon.
M.
Lafrenière : Oui. Merci, M. le Président. Puis, comme je vous dis, ces
échanges-là sont toujours très importants, puis je vais me permettre de faire
deux commentaires importants. Premièrement, je vais relire la partie qui touche
le dépôt du rapport, parce que le collègue a amené un questionnement, puis je
veux qu'on soit tous la même longueur d'onde
ici : «Le ministre transmet le rapport de Santé Québec au président de
l'Assemblée nationale dans les
30 jours de sa réception.» Alors, M. le Président, le rapport va être
déposé ici, à l'Assemblée nationale, première chose.
Deuxième chose très
importante, M. le Présidente... M. le Président, pardon, ce rapport est publié
dans le site Internet du ministère, donc, encore une fois, publiquement. Et,
pour les besoins de compréhension, M. le Président, je veux juste nous
rappeler, quand il y a un rapport qui est déposé dans cette Assemblée, il est
déposé aussi au Conseil des ministres. Ça a
été mis à l'ordre du jour comme un point d'information. Donc, tous les
collègues ministres en prennent compte aussi, ils vont pouvoir le lire,
puis c'est ce qu'on fait annuellement avec le projet de loi n° 79.
Et, en terminant,
comme on disait, avec le comité national, on veut trouver avec eux la meilleure
façon de le déposer en communauté, en milieu urbain. Ça sera à déterminer avec
eux, mais on veut que les Premières Nations soient au coeur, au centre de cette
action. Alors, merci, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. D'autres interventions?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix du
sous-amendement du député d'Acadie...
M. Morin :
... M. le Président, je vais vous demander un vote par appel nominal, s'il vous
plaît.
Le
Président (M. Bachand) : Avec plaisir, vote par appel nominal.
M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention, M. Morin (Acadie)?
M. Morin :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Lafrenière (Vachon)?
M.
Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire :
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin :
Contre.
Le
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Contre.
Le
Secrétaire : M. Lemieux (Saint-Jean)?
M. Lemieux :
Contre.
Le
Secrétaire : Mme Haytayan (Laval-des-Rapides)?
Mme
Haytayan : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé :
Abstention.
Le
Secrétaire : M. Bachand (Richmond)?
Le
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, le sous-amendement
est rejeté. Alors, on continue. Je pense que Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
avait peut-être un autre sous-amendement. Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Massé :
Oui, bien, écoutez, avant d'aller vers le sous-amendement, là, on va...
j'aimerais... parce que je trouve que le député de l'Acadie avait quand même un
bon point, et on veut s'assurer, d'une certaine façon, que tout ça se fasse,
bien sûr, en transparence, de façon publique, en échanges avec les Premiers
Peuples. Et c'est sûr que dans la logique, on vient inscrire, à
l'article 2, quelque chose qu'on va continuer de discuter à
l'article 2.1... à l'amendement 2.1, qui est toute la question du
comité national, ou, à tout le moins, c'est comme ça qu'il s'appelle pour le
moment.
En
fin de semaine, j'ai continué à faire mes devoirs et j'ai continué à discuter,
j'imagine comme vous, M. le ministre,
avec les gens des Premiers Peuples et tout ça, pour essayer de faire en sorte
qu'on soit le plus possible, en tout cas, c'est ma préoccupation, qu'on
soit le plus possible près de ce qui pourrait être satisfaisant pour eux
autres, parce qu'on le sait, tout le monde, le ministre le sait aussi, c'est
difficile d'être satisfaisant lorsque d'entrée de jeu, le sentiment, c'est que
le processus n'a pas suivi un cours que nos frères et soeurs souhaitent voir
suivre, désormais, par le gouvernement du Québec, je dirais, l'Assemblée
nationale du Québec.
Mais, pour le moment, je ne veux pas revenir
là-dessus, je veux rester concentrée sur cette idée de la nécessité de rendre
publics les constats qui sont faits en cours de route dans une année pour voir
si la loi qu'on aura adoptée porte ses fruits. Puis en discutant avec nos
alliés, la première chose que je prenais conscience... Bien, disons, qu'ils me
faisaient remarquer, c'est comment ce langage légal n'est pas toujours facile à
s'enraciner, pour les gens des Premiers
Peuples. Bon, c'est nos façons de faire, c'est nos mots, c'est notre corpus
législatif. Puis dans ce sens-là, bien, j'ai envie de voir, avec le
ministre, avant de déposer complètement mon amendement, j'ai envie de voir
est-ce que... Tu sais, des fois, c'est une structure de pensée, puis c'est ça,
une culture.
Une culture, c'est aussi des langues, on le sait
fort pertinemment, puis, après ça, c'est une structure de pensée, puis on a
fait cet effort-là, dans le projet de loi n° 79, lorsqu'à l'époque, on a
essayé d'être collés le plus possible sur
les familles qui vivaient avec un enfant disparu dans le système de santé,
parce que ça date de loin, le racisme systémique à l'intérieur du
système de santé. Donc... et on a parfois été chercher des mots qui
n'appartenaient pas au corpus législatif québécois, mais qui faisaient
tellement de sens pour les Premières Nations. Et je pense, notamment, de
mémoire, là, on a intégré la dimension spirituelle, notamment, dans un des
énoncés, là, c'est... ça commence à dater,
là, mais bref, c'est-à-dire qu'on s'était dit, comme législateurs allochtones,
bien, on s'était dit : Ça, il y a quelque chose d'important
là-dedans qu'on veut pouvoir reconnaître, même s'ils ne participent pas du
corpus législatif.
Là, je ne suis pas à la même place. Dans mes
discussions, en fin de semaine, ce que je comprenais, c'est que dans l'article proposé, tel qu'amendé par le
gouvernement, il y a quelque chose d'un peu difficile à suivre, c'est-à-dire
qu'on commence par un article 2 qui vient instituer un rapport dans
lequel, dans l'article... dans l'amendement 2.1, on va venir dire qu'il y
a un comité qui a un rôle important à jouer. Tu sais, ce n'est pas facile, ça.
C'est...
• (10 h 10) •
Ceci étant dit, moi, je suis... Et c'est
peut-être là, avant de présenter mon sous-amendement... j'aimerais savoir,
premièrement, est-ce que ça pourrait tomber sous le sens... puis je pense que
c'est un peu ça qu'en partie essayait de faire mon collègue de l'Acadie, de
pouvoir mettre une date. Tu sais, par exemple, de se dire : OK, au 31 mars... parce qu'on sait comment ça
marche, ces affaires-là, là, au 31 mars de chaque année, c'est ça, la date
qui, au plus tard, le rapport devrait être déposé. Bien, tiens, je vais
commencer par ça, cette idée-là d'inscrire une date. J'aimerais entendre le
ministre là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M.
le Président. Encore une fois, beaucoup de bons points, surtout quand on fait
référence à 79 puis les nouvelles notions qui ont été introduites, M. le
Président. Et j'ai quelques exemples. Entre autres, la notion spirituelle, le
mot «spirituel» a été inclus dans 79, on le retrouve aujourd'hui dans 32.
Alors, on peut... on voit bien l'impact de
nos discussions qu'on avait eues à l'époque. Ça a amené un changement, M. le
Président.
On parle aussi de la création d'un comité
largement inspiré du comité de suivi qu'on a fait dans 79. Là, encore là, M. le
Président, je veux rassurer les collègues, on a créé ce changement-là. Et dans
79, un autre élément qu'on avait apporté, M. le Président, pour les besoins de
la cause, pour les gens qui nous écoutent à la maison, c'est la définition de famille. On avait élargi la
définition de famille parce que c'était extrêmement important dans ce cas-là.
Alors, oui, on fait des choses différemment, puis c'étaient des beaux exemples.
Puis j'étais heureux d'entendre ma collègue lorsqu'elle y faisait référence.
Maintenant, quand elle demandait : Est-ce
que 2, 2.1... qui aurait dû arriver en premier, honnêtement, M. le Président,
on s'est posé la même question. Mais, dans 2, on fait référence à un comité. On
trouvait ça bizarre que le comité... on se demandait de quelle façon on le
fait. Est-ce qu'on le fait avant, après? Honnêtement, quand on a regardé du
côté légal, on avait des pours et des contres dans les deux façons. Et je vous
dirais qu'on vous apporte un amendement qui s'appelle 2.1. Mais honnêtement,
là, la question se pose, la collègue a bien raison. L'important, c'est ce que
les gens vont retenir, ce qu'ils vont lire. Mais le comité, on y faisait
référence, n'existait pas encore. En tout cas, bref, on s'est posé les mêmes
questions, M. le Président.
Pour ce qui est de la date, ça aussi, on s'est
posé la question, le but étant de laisser la latitude aux institutions. Il faut
comprendre que contrairement à ce qu'on a fait ensemble dans 79, où c'est un rapport,
M. le Président, qu'on dépose, là, il y a tous les établissements de santé qui
y sont impliqués, on voulait laisser plus de latitude... plus de latitude,
aussi, du comité national qui va être créé. Alors, bien que la question soit
bonne, M. le Président, c'est la raison pour laquelle on ne l'a pas... on ne
l'a pas mis à ce moment-là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? Mme la
députée.
Mme Massé : Oui, merci, M. le
Président. En effet, je comprends, puis j'imagine que lorsque les lois sont
interprétées, après ça, elles sont interprétées dans leur ensemble. Ça fait que
ça vienne avant ou après, c'est juste comme une question, il faut... Il faut se
mettre la tête un peu comme ça pour se dire : Bien, tout dépendamment du rôle
qu'on veut y voir jouer, à ce comité-là, c'est... Et dans ce sens-là, vous avez
dit... puis c'est ça, je le sais qu'on va en parler plus
tard, mais il est quand même important, ce comité-là, vous en avez fait état,
qui a été largement inspiré de 79. Dans le cas de 79, ce qui était vraiment
particulier, c'est que durant tous les échanges qu'on a eus au micro, comme on
a aujourd'hui, le ministre était très clair sur le rôle de ce comité-là.
Alors, je vais mettre
ça en... juste en suspens parce que ce n'est pas le point de l'amendement
présent, mais je veux que le ministre retienne que la particularité... Si on
regarde au texte, ça dit que le ministre compose un comité de différentes
personnes ou représentants autochtones. Ça fait que ce n'est pas... ce n'est
pas le formulé de tout ça, mais c'est l'esprit dans lequel nous avons mis ce
comité-là. Et on avait encore une réunion de ce comité de suivi, là, on se
réunit quelques fois par année, et on est encore en réunion hier matin pour
continuer le travail de suivi de l'application de la loi... bien, du projet de
loi n° 119 qui est devenu la loi... j'oublie quel
numéro, mais concernant les enfants qui sont disparus dans le système de santé.
Ce pourquoi je le
nomme, c'est parce que ce comité-là avait officiellement des représentants des Premières
Nations. Il y avait les députés, hein, des oppositions qui faisaient partie de
ce... et il avait un mandat, c'est-à-dire d'assurer le suivi des... pas des
recommandations, mais de l'application de cette loi-là et de l'évolution, je
dirais, des gains qu'on a fait dans cette loi-là. Alors, je me demandais si le
ministre serait ouvert à cette idée que, puisqu'on s'inspire largement de 79,
qu'à son amendement 2, qu'on puisse voir apparaître le même esprit,
c'est-à-dire que le rapport annuel doit nous faire état de l'avancement du plan
d'action puis des différentes activités, là, tel que ça a été souscrit, mais
que c'est ça qu'on veut retrouver dans le rapport annuel, et que le comité,
même si on en discutera plus tard, sa responsabilité,
c'est aussi de contribuer à ce rapport-là, et pas seulement, tel qu'il est
stipulé présentement, et pas seulement le recevoir, mais qu'il puisse y
contribuer. Est-ce qu'il y a... est-ce qu'il y a une certaine ouverture à ce
niveau-là?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Merci, M. le Président. Puis tout
à l'heure, la collègue l'a évoqué, ça va être impossible de ne pas parler de
2.1 dans la réponse, mais c'est correct, ça va nous guider pour la suite de nos
discussions, M. le Président. Puis, juste à la fin de 2.1, M. le Président,
ce qu'on disait, c'est : Le règlement prévoit les règles de fonctionnement
du comité, les modalités d'administration de ses affaires ainsi que ses autres
fonctions de devoirs et pouvoirs.
Ce
qu'on a voulu faire, clairement, M. le Président, c'est donner beaucoup de
latitude, au lieu de se restreindre dans la loi, de se donner beaucoup
de latitude pour qu'en consultant des membres des Premières Nations et des
Inuits, on puisse ensemble décider comment ça va se faire, la forme du rapport.
Et c'est ce comité-là qui va guider le ministre de la Santé, à savoir qu'est-ce
qu'on devrait retrouver à l'intérieur. Et là où on a une proximité avec 79,
puis une distance, je vais me permettre de dire ça... 79 était très, très, très
ciblé dans ce qu'on regardait, puis le comité de suivi est très clair, hein? On
est avec Awacak, un groupe autochtone, c'est une première fois, en passant,
qu'on faisait ça, on a travaillé ensemble,
donc c'est normal d'avoir un suivi de cette... de l'implantation de la loi,
alors que là, M. le Président, c'est beaucoup plus large, on parle de
sécurisation culturelle dans la santé. On voulait se laisser cette chance-là, M. le Président, avec le comité
consultatif, de venir déterminer qu'est-ce qui est le plus approprié, qu'est-ce
qu'on doit retrouver dans le rapport. Est-ce que ça peut changer avec
les années? La réponse est oui, M. le Président. Alors, c'était la volonté.
Puis je ne veux pas
aller trop loin dans le 2.1, mais je trouve ça important de confirmer à la
collègue notre intention, cette volonté-là.
C'est vraiment que le comité consultatif puisse déterminer les orientations
avec le ministre. Le ministre détermine les orientations, mais la façon
de faire le rapport, on veut se laisser cette flexibilité-là, et de ne pas
revenir par voie de loi, mais plutôt par un règlement pour ça.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Bien,
ça m'éclaire, et, en même temps, on fera la discussion au 2.1. Sincèrement, je
pense que les gens... et vous me
comprendrez, les gens des Premiers Peuples sont aussi un peu, comment dire...
c'est quoi le bon mot? Ils ont un peu la chienne, tiens, je vais le dire
dans mes mots à moi.
Une voix : ...
Mme Massé : Craintifs,
voilà, bon, ils sont un peu craintifs lorsqu'il est question de déterminer par
règlement un comité, comment il va fonctionner, blablabla. Mais j'y reviendrai,
mais c'est ça, c'est la schizophrénie du
côté difficile de l'analyse d'un projet de loi, c'est qu'on travaille un peu
dans le débat sur les deux amendements amenés par le ministre, mais là
je dois me recentrer sur l'amendement qui est en cours et... et je pense que,
pour rendre ça plus clair, puis aussi parce
que... par respect pour les gens des Premières Nations qui m'ont inspirée en
fin de semaine, je pense que je vais
simplement déposer un sous-amendement, puis on discutera. Mais j'aurai besoin
d'une suspension de quelques minutes.
Le
Président (M. Bachand) : Aucun problème.
Alors, merci beaucoup. On va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 20
)
(Reprise à 10 h 42)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : M.
le Président, je présente donc le sous-amendement suivant, qui est à l'écran.
L'amendement à l'article 2 est modifié ainsi :
1° par l'ajout, après le premier alinéa, de
l'alinéa suivant :
«Le rapport annuel fait notamment état de
l'avancement de son plan d'action sur la sécurisation culturelle et des
activités mises en place en collaboration avec ses établissements et ceux des
Premières Nations et des Inuit»;
2° par l'ajout, dans... le troisième alinéa — je n'aime
pas beaucoup le mot «alinéa» — après le mot «reprise des travaux,» des
mots «au plus tard le 31 mars» et;
3° par le remplacement, dans le troisième
alinéa, du mot «transmis» par le mot «présenté».
Je lis le
reste de la note? Oui. Donc, ça se lirait ainsi : «Tout établissement du
réseau de la santé et des services sociaux
soumet annuellement à Santé Québec, [dans le rapport qu'elle détermine...] dans
la forme —pardon — qu'elle
détermine, un rapport portant sur les pratiques culturellement
sécurisantes qu'il a mises en oeuvre. Santé Québec doit faire annuellement un bilan des pratiques culturellement sécurisantes
mises en oeuvre par elle et par les établissements dans un rapport
qu'elle transmet au ministre.
«Le rapport annuel fait notamment état de
l'avancement de son plan d'action sur la sécurisation culturelle et des
activités mises en place en collaboration avec ses établissements et ceux des
Premières Nations et des Inuit.
«Santé Québec doit faire annuellement un bilan
des pratiques culturellement sécurisantes mises en oeuvre par elle et par les
établissements dans un rapport qu'elle transmet au ministre.» Je pense que je
me suis répétée ici, M. le Président, c'est juste une erreur de répétage.
«Le ministre transmet — ça,
c'est la vraie affaire — le
rapport de Santé Québec au président de l'Assemblée nationale dans les 30 jours
de sa réception ou, si elle ne siège pas, dans les 30 jours de la reprise des
travaux, au plus tard le 31 mars. Au même moment, ce rapport est publié
dans le site Internet du ministère de la Santé et des Services sociaux et
présenté au comité national sur la sécurisation culturelle prévu à
l'article 2.1 et aux Premières nations et aux Inuit. Les modalités de
transmission aux Premières nations et aux Inuit sont établies par le comité
national sur la sécurisation culturelle.»
Bon, en fait, c'est un peu ce que j'avais entamé
comme échange avec le ministre. J'essayais de voir s'il était possible, dans
son sous-amendement... je dirais, de trois choses, essentiellement.
Une première, c'est qu'on inscrive dans la
loi... J'ai bien entendu son argument autour du fait que, lorsqu'on étudiera l'article... l'amendement 2.1, on
verra apparaître que le comité se donnera... que, pardon, le ministre donnera
éventuellement, par voie de règlement, cet élément-là d'information. Mais, en
discutant avec des gens des Premières Nations cette fin de semaine, ce qui
semblait important, c'était de voir arriver dans la loi au moins un élément de
cadre général qui vient expliquer qu'est-ce qu'on trouverait dans ce
rapport-là. Et c'est pourquoi... puis il me semble que c'est assez général, là,
quand on dit que ce rapport annuel doit faire état de l'avancement du plan
d'action puis de la mise en... des activités
de mise en oeuvre. C'est comme un cadre assez général. On ne va pas dans le
grand détail. On dit de façon générale, bien... et on l'inscrit dans la
loi volontairement pour dire : Bien là, il faut que ça contienne au moins ça. J'ai compris avec Mme la légiste la
semaine dernière que, quand on disait «notamment», ça veut dire «au moins
ça», alors au moins l'avancement des travaux et tout ça.
Puis, M. le Président, je ne pars pas de nulle
part. Lorsqu'on a rédigé la loi... lorsqu'on travaillait le projet de
loi 79, j'entends que c'était quelque chose de spécifique, mais, dans le
cadre de la loi, on mentionnait que le rapport... et là on y est allé assez en
détail. Je ne demande pas ce niveau de détail là. Je comprends qu'il pourrait
être déterminé avec les premiers peuples en temps et lieu, mais dans le... on
disait dans cette loi-là, et là je suis dans la loi 79, que ce rapport fait notamment état du nombre de plaintes
formulées, des améliorations apportées aux pratiques, du nombre de
demandes reçues, du nombre d'enquêtes... Heille! on en énumère des affaires,
là.
Je comprends qu'on ne veut pas aller dans ce
détail-là, mais justement, dans mes discussions avec les premiers peuples en
fin de semaine, ce qu'on se disait, c'est : Ce serait le fun qu'il y ait
au moins un cadre général. Donc, c'est pourquoi je propose dans mon
sous-amendement d'indiquer que le rapport fera notamment état de l'avancement. La question de la date, ça ne peut
pas... on ne peut pas être plus clairs que ça. Ce que ça dit essentiellement,
c'est que, si le rapport est prêt en décembre, on le prendra à la fin janvier,
mais qu'au plus tard le 31 mars il devra être déposé.
Et l'autre élément, j'en discuterai... Oh! non,
je vais le mettre... Je vais en discuter tout de suite. Comme ça, ça permettra
au ministre de me donner l'ensemble de sa compréhension puis de son intérêt.
L'autre élément que j'amène, c'est... au
lieu de dire que le ministère de la Santé et des Services sociaux transmettra
au comité national... bon, qu'on verra s'il s'appelle plus tard comité
national, mais, en tout cas, on sait de quoi on parle, au lieu de dire juste «transmis»... parce que pour moi, M. le ministre,
je vous envoie une lettre, je vous transmets l'information. Mais en discutant avec,
encore là, les gens des premiers peuples, ce que... dans leur façon de faire
les choses, cette idée de «présenté», c'est-à-dire que ce n'est pas juste une
lettre qu'on envoie à la poste ou un rempart qu'on envoie par courriel ou quoi que ce soit. C'est qu'il est nommément présenté
aux gens du comité national, parce que ça fait deux choses à mon sens à
moi. Ça fait que, bien, on crée une interaction entre les gens du ministère qui
ont rédigé ce rapport-là, qui nous vient, si
on se rappelle bien, du travail terrain qui a été fait avec les premiers
peuples aussi dans les établissements, avec Santé Québec, mais c'est le
ministre qui en a la responsabilité. Donc, le ministère vient s'asseoir puis
vient jaser avec les gens des premiers peuples. Puis ça,
c'est une façon qu'eux autres, ils opèrent dans la vie. On prend le temps de
s'asseoir, de se parler.
Et donc c'est pour ça qu'en modifiant «transmis»
par «présenté», on vient, dans le cadre de cette loi-là, venir mettre une obligation, j'en suis consciente, que
le monde s'assoit ensemble puis qu'il se parle. Alors donc, c'est pourquoi
j'inclus, à la suggestion des gens des Premières Nations, le... changer le mot
«transmis» par «présenté».
• (10 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Et j'apprécie quand ma collègue dit qu'elle poursuit
ses consultations, les travaux avec les
membres des Premières Nations et des Inuits. On est dans l'article par article,
mais c'est justement avec... le travail des oppositions de nous
rapporter ce qu'ils entendent, parce que nous, on ne fait plus de consultation
à cette étape-là... cette étape-ci. Puis ça me permet d'avoir certaines
rétroactions, puis ça, ça nous est beaucoup amené, M. le Président.
Puis ça va me permettre de faire un lien avec ce
qui est demandé de la part de la collègue. On l'a entendu à plusieurs reprises,
les gens nous disent : Écoutez, souvent, on nous demande de collaborer,
mais la partie rétroaction, même si c'est
négatif, même de se faire dire : Écoutez, ce qu'on a demandé, ça ne
fonctionne pas, c'est quelque chose qui semble être manquant.
Puis ma collègue m'a servi ma propre médecine,
parce que je lui avais déjà fait l'analogie avec la lettre à la poste. Et je comprends très bien... je comprends
très bien ce qu'elle veut dire, puis on pourrait faire une analogie avec
une route à sens unique ou à double sens, en ce sens que ça permet d'avoir une
rétroaction. Ça fait que celle-là, M. le Président,
je vais y réfléchir. Je vais y réfléchir. Je comprends très bien ce que les
collègues nous proposent en face, et, comme je vous ai déjà dit, c'est
la vision, c'est ce qu'on veut faire. Ça fait que le but, c'est d'avoir le
meilleur projet de loi, alors là, ça, je l'ai bien entendu.
Pour ce qui est des deux autres points, parce
qu'il y a souvent un «mais», pour ce qui est des deux autres points, M. le Président, je pense que c'est
important de se rappeler d'où on arrive aussi. Puis je regardais ce qu'on avait
déposé comme texte au début et suite aux consultations, suite aux
travaux qu'on a faits ensemble à cette commission, ce qu'on propose
aujourd'hui, puis c'est beaucoup plus contraignant. Au début, on disait, hein,
de faire un genre de bilan... même pas un
bilan, de transmettre ce qu'il avait été mis en place, et ça manquait de
mordant. Puis ça, M. le Président, pourquoi on vous dépose un amendement
aujourd'hui, c'est parce qu'on a entendu les groupes, les groupes qui sont venus nous voir en commission. 14 points qui
ont été changés, hein, entre la première mouture puis la deuxième. Il y a
plusieurs points qui ont été changés. Alors, pour les deux autres propositions
de ma collègue, je vais y aller dans le désordre, un peu.
Pour la date, la date, M. le Président, avec la
loi 79, on vit un petit peu la même chose, c'est-à-dire qu'il y a une date
qui a été inscrite, qu'on se rend compte que c'est plus notre agenda à nous que
l'agenda des Premières Nations. Ça fait que
les arguments qu'elle a apportés en disant : Bien, au moins, on s'assure
qu'il y a une... c'est valable. Cependant, le côté un petit peu pervers
de cette mesure-là, c'est qu'on impose notre agenda. Après ça, on pourrait dire : Écoutez, est-ce que ça veut dire que
ça va être remis aux oubliettes? Non. On dit annuellement, ça va être déterminé
avec le comité, avec les gens locaux.
Puis je vais faire un lien, M. le Président,
puis ça va être un petit peu plus long, mais je pense que c'est important de se
rappeler comment ça va fonctionner, parce que c'est ce que les gens veulent
savoir, comment ça va fonctionner, tout ça. Puis ça commence par un travail
terrain, M. le Président. Puis ça, en somme, on a eu cette discussion-là la
semaine passée, à l'article 1, où on a dit qu'il fallait établir, avec des
Autochtones, des mesures terrain, donc propres à l'établissement. On a déjà
dit... puis je ne reprendrai plus l'exemple de Sherbrooke, parce que j'ai compris ce qu'on me disait, qu'il pouvait y
avoir quand même une présence autochtone, et c'est vrai, mais prenez
l'établissement où vous voulez au Québec. Est-ce que les réalités sont les
mêmes partout? La réponse, c'est non.
Alors, ce qu'on veut s'assurer, c'est que
localement, M. le Président, l'établissement puisse, avec les groupes qu'il
aura constitués... Puis ça ne sera pas juste à la constitution, ce n'est pas
une fois dans ta vie, tu t'assois avec les Autochtones, tu mets des mesures en
place puis, après ça, tu fais tes choses tout seul de ton côté. Ce besoin de
rétroaction va demeurer, parce qu'on dit de les bâtir ensemble, donc
l'établissement x, qui aura son... ses mesures, qui ont été établies selon sa réalité, va avoir ce devoir, M. le
Président, de continuer de travailler avec le groupe. Donc, il va y
avoir un effet de rétroaction qui est intéressant.
Deuxièmement, M. le Président, une fois que ça,
c'est fait, là, ça va être compilé dans un rapport, puis on parlait de la date,
là, mais ça va être compliqué dans un rapport parce qu'on veut avoir un état de
situation, on veut avoir un bilan. Ce rapport-là va être transmis au comité
national. Et là j'ai entendu le... la différence de «transmis» et «présenté»,
puis je vous le dis, M. le Président, ça fait son chemin. Le comité
national va conseiller le ministre en disant :
Voici ce qu'on entend pour la grandeur du Québec, c'est des grandes
orientations, mais le comité national ne viendra pas dire que, dans
l'établissement de Baie-Comeau, les mesures qui ont été mis en place sont
satisfaisantes ou pas. Vous comprenez ce que je veux dire, M. le
Président? Ça va être des grandes recommandations larges au niveau national...
mais qui est le mieux placé pour savoir... puis excusez si je prends l'exemple
de Baie-Comeau pour les gens à la maison,
là, je pourrais prendre n'importe quel... Qui est le mieux placé pour savoir
comment les mesures sont mis en place puis si ça répond réellement à
leurs besoins? C'est les utilisateurs de Baie-Comeau, qui feront partie de ce
comité-là dans l'établissement.
Ça fait qu'encore une
fois, puis je ne leur dis pas ça pour leur faire plaisir, parce que, quand je
ne suis pas d'accord, je leur dis, je
comprends très, très bien, un, ce qui a été présenté puis ce qui m'est
transmis. On veut la même chose. Nous, ce qu'on veut
s'assurer, puis ça, les Mohawks nous l'ont dit à plusieurs reprises, M. le
Président, ce n'est pas de mettre la même solution, la même recette à la
grandeur du Québec, c'est de comprendre les réalités locales. Il faut avoir une vision d'ensemble, puis j'en suis,
M. le Président. Il faut avoir un comité national qui reçoit tout ça, avoir
un bilan pour savoir d'où on arrive, où on s'en va. Ça, je suis d'accord, mais
ce qu'on veut s'assurer, ce n'est pas d'envoyer la même commande, si vous
voulez, à la grandeur du Québec en disant : Voici ce que ça doit être. Et,
encore moins, M. le Président, de venir dire annuellement : On trouve
que la mise en place, elle est correcte. Parce qu'encore là il y a un
établissement qui pourrait nous dire le contraire en disant : Localement,
nous autres, ça ne fonctionne pas.
Ça
fait que c'est là le dilemme dans lequel on était pris quand on a présenté
ces... les amendements, M. le Président. On voulait... On veut de l'imputabilité, vous l'avez compris. On veut
que ce soit le ministre qui soit imputable. Ça, on est totalement
d'accord. D'un autre côté, on veut laisser le plus de marge possible aux
établissements terrain, parce que c'est là que ça se décide. Puis je vous dis,
même si moi, je vous dis d'ici, de mon siège, M. le Président, que ça se passe
généralement bien au Québec... vous avez un cas précis, là, généralement, là,
ça ne s'applique pas à vous, qu'est-ce qu'il se passe dans ma région, dans mon
établissement. Puis c'est là-dessus qu'on était, M. le Président.
Alors, bien que je
comprenne les deux autres points, je suis en réflexion dans «transmis» et
«présenté», parce que c'est même moi qui
avais servi l'argument, là, de la lettre à la poste... ou l'analogie, pardon.
Je comprends comment ça peut être reçu, puis ce n'est pas ce qu'on veut.
Ça fait que c'est pour ça que, dans ce temps-là, il faut se dire : OK,
c'est beau, ce qu'on écrit, mais comment c'est reçu? Je le comprends bien.
Pour
ce qui est de la date, je vous ai amené l'effet pervers, M. le Président. On
était d'accord, quand on a fait 79, c'était notre volonté, on trouvait
ça important, mais ça amène un petit peu une obligation de nos... nos enjeux à
nous qu'on transmet aux Premières Nations par la suite. Ce n'est pas ce qu'on veut, puis je sais qu'il n'y a
personne dans cette salle qui veut ça. Et, pour l'état d'avancement, je viens
de vous dire que, nous autres, on veut vraiment qu'au niveau local ces
mesures-là soient mis en place, ce soit décidé ensemble, puis c'est comme ça
qu'on va avancer, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
...je suis contente, M. le ministre, que vous gardez en réflexion... Puis
je comprends, là, vous n'êtes pas le ministre de la Santé, ça fait que je
comprends que vous avez un collègue à convaincre, parce que je pense que vous
avez saisi l'esprit de cette idée de «présenté» au lieu de «transmettre». Et
loin de moi l'idée de vous servir la médecine... Je trouvais votre image
vraiment très parlante, et ça démontre que vous avez une compréhension de
comment opèrent les premiers peuples et comment ils souhaitent fonctionner
aussi avec nous, d'égal à égal, comme nation.
Ceci étant dit, je
comprends, pour la question de la date... je serai là pour m'assurer que le
«annuellement» se passe dans un bon rythme. Je comprends que c'est un long
processus qu'on va mettre en branle. Je le vis avec le 79, mais ça va être un
long processus, mais absolument nécessaire. Et, dans ce sens-là, je nous
rappelle collectivement que, la semaine dernière, le ministre m'avait aussi
laissé entendre qu'il réfléchissait très, très fort, et, j'imagine, en
discussion avec son collègue de... du ministre de la Santé et des Services
sociaux, lorsque, lors de l'article 1, à son premier point, j'avais
suggéré au ministre de changer...
L'article dit :
«Ainsi Santé Québec et tout établissement doivent développer avec les
représentants des Premières Nations.» J'avais... on avait un amendement à
l'effet d'élaborer conjointement, parce que, justement, ces différents comités locaux là, dans chacune des
régions, chacun des établissements ne doivent pas être des faire-valoir,
ils doivent être vraiment porteurs, parce que seuls... on ne le dira jamais
assez, seuls les gens des Premières Nations et les Inuits savent c'est quoi,
vraiment, qui va faire en sorte que notre système va être sécuritaire.
Alors, je vais
laisser le ministre... Peut-être que mon collègue veut aussi réagir, mais je
vais laisser le ministre travailler, puis s'il a besoin d'aide pour aller
convaincre le ministre de la Santé sur la nécessité de... que le rapport soit
présenté au comité national, bien, ça va me faire plaisir d'aller jaser avec
son collègue de la Santé.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Autres interventions sur le sous-amendement? M. le député de
l'Acadie.
M. Morin :
...clair, alors je vous remercie. Moi, je n'ai rien à rajouter.
Le
Président (M. Bachand) : OK. S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques est adopté?
Mme Massé :
Je veux juste... j'avais cru comprendre que vous alliez suspendre.
M. Lafrenière :
...
Mme Massé :
Oui. J'ai peut-être mal compris, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : On va suspendre la commission pour savoir si on suspend le
sous-amendement. Parfait.
Alors, on va
suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 heures
)
(Reprise à 11 h 17)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. M. le ministre, s'il vous plaît. M. le ministre, concernant le
sous-amendement.
M. Lafrenière : On s'apprête à
voter, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) :
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Appel nominal, si
possible.
Le Président (M.
Bachand) : Appel nominal. Merci. M. le secrétaire, s'il vous
plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre
abstention. Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin Roy
(Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, le sous-amendement est rejeté. Donc, on continue. M. le député
d'Acadie, s'il vous plaît.
M.
Morin : Oui, M. le
Président, il y a un autre sous-amendement, toujours à l'article 2, suite
à l'amendement qui a été déposé par
M. le ministre, qui a été envoyé, déposé chez le Greffier. Je peux, si vous le
voulez, procéder à la lecture du sous-amendement, donc, à
l'article 2.
L'amendement remplaçant l'article 2 du
projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin de l'article 2 du projet
de loi, des alinéas suivants:
«Le ministre doit mettre en oeuvre des
indicateurs de sécurité culturelle développés en corédaction avec les Premières
Nations et des Inuit.»
«Les membres des Premières Nations et des Inuit
doivent faire partie intégrante du processus d'évaluation des pratiques
culturellement sécurisantes.»
Alors, je propose ce sous-amendement, M. le
Président, afin de préciser, clarifier, à mon avis, l'amendement qui a été
déposé par M. le ministre, en lien, évidemment, avec le fameux rapport. Dans
l'amendement de l'article 2, on dit... on parle d'un rapport dans la forme
qu'elle détermine, et ma compréhension de la lecture de l'article... de
l'amendement, ce serait la forme, en fait, qui est déterminée par Santé Québec.
Donc, moi, ce que je veux m'assurer, M. le
Président, c'est qu'il va falloir que ça ne soit pas uniquement le ministre ou
Santé Québec qui décide de la forme, mais que ce soit fait en corédaction avec
les Premières Nations et les Inuits.
Pourquoi? Bien, parce que, si on veut avoir des indicateurs de sécurité
culturelle... D'abord, à mon avis, il en faut parce qu'il faut être
capable d'évaluer sur des points qui sont précis, mais ça doit refléter la
réalité des Premières Nations et des Inuits. Eux savent
très bien ce qu'ils visent, ce qu'ils vivent, ce qu'il faut faire pour être en
mesure d'avoir éventuellement un rapport qui va être pertinent et qui va, dans
sa forme finale, éventuellement, donner un sens
à l'exercice, aux modifications de la sécurisation culturelle. Et des exercices
de corédaction, ça existe, et là on parle évidemment, bien sûr, du
rapport et des indicateurs de sécurité culturelle, mais il me semble que c'est
essentiel puis que ça doit être fait avec eux.
Et le deuxième élément de mon sous-amendement,
c'est qu'il faut, à mon avis, que les Premières Nations et les Inuits fassent
partie intégrante du processus d'évaluation des pratiques culturellement
sécurisantes, si on veut que l'exercice ait un sens. Les services de santé,
c'est eux et elles qui vont les recevoir. Si on est en train de travailler sur
de la sécurisation culturelle, c'est parce qu'on veut opérer un changement
important, fondamental dans le réseau de la santé. On nous l'a dit dans le
cadre des consultations particulières. On nous l'a dit même pendant les travaux
de la commission, présentement, lors de l'étude article par article, parce
qu'évidemment, je consulte des membres des Premières Nations, des groupes, des
associations. Donc, puisqu'ils ou elles vont recevoir les soins, je pense que,
si on veut véritablement tendre la main,
rétablir un lien de confiance qui est très, très affecté, disons-le, bien, il
faut qu'on soit capable... le
législateur doit être capable de lancer un message, je pense, qui va être clair
et où les Premières Nations et les Inuits vont être partie intégrante
non seulement des indicateurs, mais de leur évaluation.
Je le souligne, pour moi, c'est un ajout
important dans la loi, et ça permet de venir préciser quelle sera la forme du
fameux rapport. Donc, je pense que c'est un ajout, ça permet de savoir
exactement où le législateur veut aller,
mais ça donne surtout le signal que ça ne peut pas être fait en silo, ça ne
peut pas être fait seul. Et donc l'exercice de corédaction avec les Premières
Nations et les Inuits, quant à moi, est essentiel. Et c'est la même chose pour,
évidemment, l'évaluation des pratiques culturellement sécurisantes.
C'est l'objet visé par mon sous-amendement. Je vous remercie, M. le Président.
• (11 h 20) •
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, M. le député de l'Acadie. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci beaucoup,
M. le Président. Alors, pour le premier point de mon collègue, quand on dit que
«le ministre doit mettre en oeuvre des indicateurs de sécurité culturelle
développés en corédaction avec les Premières
Nations et des Inuit», si on se rappelle, à l'article 1, M. le Président,
et c'était une suggestion des oppositions aussi... quand on regardait la fin du
deuxième paragraphe, on disait : «Ainsi, Santé Québec et tout établissement
doivent développer, avec des représentants des Premières Nations et des Inuit,
des mesures qui précisent des pratiques
culturellement sécurisantes qu'ils entendent mettre en oeuvre, les moyens à
prendre pour cette mise en oeuvre, l'échéancier
de celle-ci, l'impact souhaité par celle-ci et les mécanismes.» Puis ce qui
était écrit, c'était «les mécanismes de
mesure de cet impact», on disait... plutôt «mécanismes pour mesurer l'impact».
Moi, je pense, M. le Président, que, dans 1, de façon locale, on répond
au point du collègue, qui est à propos.
Pour le deuxième, quand on dit que «les membres
des Premières Nations et des Inuit doivent faire partie intégrante du processus
d'évaluation», bien, il y a deux points à ça, M. le Président. Je viens de vous
lire l'article 1, on y réfère souvent, puis mes collègues l'ont dit
tantôt, le 2 et 2.1 sont tellement proches, mais, dans le 2.1, on vient parler
du comité. On vient dire ce que le comité va faire puis ce qu'il ne fera pas.
Moi, je pense que c'est assez clair dans 2.1 aussi.
Alors, je comprends très bien le point que le
collègue apporte. Moi, je... respectueusement, je dis que, dans 1, avec ce qui
a été proposé par les collègues, quand on dit «des mécanismes pour mesurer
l'impact», je crois qu'on répond à son interrogation, qui est totalement
légitime.
Pour le deuxième, quand on vient définir le
comité national sur la sécurisation culturelle, bien, encore là, on a réponse à
ça dans le reste de la partie, mais on va en reparler tantôt, du 2.1, M. le
Président.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci. D'autres interventions sur
le sous-amendement? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...
Le
Président (M. Bachand) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur le sous-amendement? Mme la députée de Sainte-Marie—Sainte-Anne...
Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Mme Massé : En fait, ce que je
comprends par votre réponse, M. le ministre, c'est que vous considérez vraiment
cette idée, parce que la discussion que nous avons eue en 1, puis vous avez
raison de le ramener, là, on... mais la discussion qu'on a eue en 1,
considérant que vous êtes toujours en réflexion, on ne sait toujours pas si ça
va être élaboré conjointement. Ça fait que je comprends mon collègue de
l'Acadie de revenir puis de dire : Bien là, on peut-tu s'assurer que ça va
l'être? On a eu cette discussion-là. Vous avez raison qu'on a eu la discussion
sur... que les mécanismes de mesure deviennent pour mesurer cet impact, d'une certaine
façon, un peu plus sémantique, je l'avoue,
mais, sur le fond, le deuxième alinéa de cet article 1 là, c'est à la
suggestion... et vous avez dit que vous alliez y penser, c'est que tous
les établissements doivent élaborer, conjointement avec les Premières Nations,
avec les représentants des premiers peuples...
Je veux m'assurer que c'est de ça qu'on parle
parce que, pour moi, j'entends dans votre réponse que vous référez à mon
collègue en disant : Bien, inquiétez-vous pas, député de l'Acadie, à
l'article 1, on retrouve votre préoccupation.
À l'article 1, on avait commencé une discussion qu'on n'a pas terminée,
mais qu'on aimerait bien être rassurés, en tout cas, je suis certaine
que mon collègue de l'Acadie aussi voudrait être rassuré, à l'effet que ce soit
conjointement. Puis,
si le ministre nous rassure puis il nous enligne, bien, on ne fera pas
28 000 sous-amendements pour nous assurer que c'est sûr que
c'est sûr, mais voilà.
Ça fait que je veux
juste être certaine que le ministre, lorsqu'il nous ramène à l'article 1
qu'on avait commencé à discuter, il tienne toujours en compte que c'est
conjointement avec... élaboré conjointement avec les Premières Nations et
Inuits.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M.
Lafrenière : Merci, M. le Président, puis merci pour la collègue pour
sa question, parce qu'effectivement il y a deux points importants, hein, qu'on
a regardés dans 1. Et, dans «mécanismes de mesure de cet impact» versus
«mécanismes pour mesurer l'impact», je pense que c'était une question de
sémantique. On en avait parlé, mais, encore une fois, M. le Président,
l'important c'est que les gens le comprennent, surtout les gens qui nous
écoutent, les gens qui sont ici dans la salle comprennent l'intention du
législateur. Puis ça, on a eu cette discussion-là, puis j'ai dit que j'étais
très, très, très ouvert à cette réflexion. Ça fait que, là, j'ai pensé à grader
mon niveau d'ouverture.
Pour ce qui est du
deuxième point que la collègue a apporté, j'avais déjà dit que j'étais en
réflexion. C'est vrai. Je vais me permettre
de partager non pas le fruit de la réflexion parce ce n'est pas terminé, mais
un effet pervers qu'on a détecté au niveau législatif. M. le Président.
On peut s'obliger, nous... comme gouvernement, on peut se donner des
obligations, nous, mais je ne peux pas en donner aux groupes autochtones, aux
groupes... des membres des Premières Nations et des Inuits en disant :
Vous avez l'obligation de le développer avec nous. Je vous donne un exemple, M.
le Président, l'année X, puis la collègue... les collègues, pardon, ont souvent
fait référence à ce déficit de confiance, puis j'en suis, M. le Président. C'est
vrai, c'est à géométrie variable. Il y a des endroits que ça se passe bien,
d'autres, c'est plus difficile.
Alors,
M. le Président, un groupe pourrait décider, dans un établissement x, qu'à la
première année leur implication serait un peu là, mais peut-être qu'ils
laisseraient ça passer. Puis je vous donne... M. le Président, je ne veux
attribuer aucune, aucune pensée à ces groupes-là, mais ils pourraient... ou
aucune intention, pardon. Ils pourraient décider de s'impliquer différemment la
première année. Quand on regardait au niveau législatif, quand on parlait de «conjointement», un des enjeux, puis je vous le
dis, la réflexion se poursuit, c'est que, là, on venait obliger des groupes
autres que le gouvernement à faire quelque chose. Moi, je peux m'obliger, je
peux me donner cette obligation-là, je ne peux pas obliger les
partenaires, M. le Président.
Alors,
la réflexion se poursuit. Puis à chaque fois... quand on regarde quelque chose,
on trouve ça superintéressant, puis
on regarde les effets pervers. Mais, encore une fois, la raison pour laquelle
j'ai référé à ça, M. le Président, dans ma réponse au collègue de l'Acadie,
c'est qu'étant donné que les mesures doivent être faites ensemble...
parce qu'on dit que les mesures... pour voir ce qu'on a mis en place, si ça
répond, hein? Parce que la sécurisation culturelle, encore là, la personne qui
peut l'évaluer, c'est celle qui reçoit le soin ou qui ne l'a pas reçu. Alors,
on veut se rapprocher le plus possible de l'établissement. C'est pour ça qu'on
n'y va pas avec une mesure... qu'on n'y va pas plus largement.
Alors,
M. le Président, ce que j'ai amené tantôt, c'est qu'on met des mesures en
place. On veut que, localement, les
gens nous disent si ça répond ou pas à ce qui avait été entendu ou à ce qu'ils
s'attendaient. C'est pour ça qu'on y va de cette façon-là, M. le
Président.
• (11 h 30) •
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député de l'Acadie... Ah! Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, oui.Allez-y,
Mme la députée.
Mme Massé : Bien, bref, dans ce cas-là, je reviens et je
comprends, je comprends ce que vous me dites, M. le ministre. L'enjeu
pour moi, c'est que, de toutes sortes de façons... Puis on va se le dire, je le
sais, vous y référez souvent, les Premières Nations et les Inuits ne sont pas
un groupe homogène, comme nous-mêmes ici, on n'est pas un groupe homogène. On
s'entend là-dessus et loin de moi l'idée d'imposer cette vision-là.
Cependant, on est en
train... on est en train d'écrire une loi qui a pour objectif de permettre à
certains de nos concitoyens, qui sont victimes de discrimination et de racisme
systémique au quotidien dans notre système de santé, permettre à ces gens-là
d'avoir accès de façon équitable à des soins de santé. Et donc ces gens-là, à
travers le Principe de Joyce, à travers différentes façons, nous ont indiqué
qu'en matière de sécurisation culturelle l'État québécois a des
responsabilités, mais qu'il retourne des Premières Nations et des Inuits
d'autant définir, évaluer, etc., ce qu'il en est.
Alors, moi, je serais
très, très inquiète qu'on inscrive une loi sur la sécurisation culturelle dans
laquelle on ne donne pas à nos institutions, dans ce cas-là, Santé Québec, mais
aussi les établissements de santé et de services sociaux, on ne leur donne pas
une obligation de faire la démarche d'aller s'asseoir avec les Premiers
Peuples. Bien sûr, on peut-tu forcer? On ne peut pas forcer. Ils nous le
demandent. Ils veulent être partie prenante. Ils veulent être ceux et celles
qui ont le leadership par rapport à la question de la sécurisation culturelle,
la définition, l'application, etc. Ils veulent qu'on remplisse notre part de
responsabilité, «of course»... bien sûr, pardon, mais... Je me traduis
moi-même. Pour moi qui ne maîtrise pas l'anglais, c'est une vraie joke. Mais
les gens des Premiers Peuples, il me semble qu'on leur doit absolument ça, de
dire : Dans notre loi, on va prévoir qu'au plus bas niveau, les
institutions vont s'asseoir pour élaborer, conjointement avec les Premières
Nations et les Inuits, ce qui deviendra... Parce que, là, ce n'est pas rien, on
précise les pratiques, la mise en oeuvre, l'échéancier, l'impact.
Et j'ai quasiment envie de dire, M. le ministre,
si, par respect, à Baie-Comeau, puisque vous aimez bien l'exemple de
Baie-Comeau, les gens de... je ne sais pas moi, d'Ekuanitshit, des gens de
Maliotenam disent : Bien... ou même de Matimekush
disent : Nous, on ne veut pas, à cette étape-ci, s'asseoir avec vous, moi,
je ne voudrais pas qu'on commence à définir
tout seuls, c'est quoi... parce qu'à cette étape-là ne veulent pas, ne peuvent
pas s'asseoir avec nous, c'est quoi que, culturellement, il va se
passer, au niveau de la sécurisation culturelle, j'entends. Si, localement, ce
n'est pas possible, bien, on aura... puis, vous verrez, je vais revenir sur la
question du comité national, on aura tout de même un comité national sur lequel
nos établissements locals pourraient se retourner pour commencer le travail d'élaborer la mise en oeuvre, mais il ne faudrait
surtout pas... parce qu'ici, minimalement, Santé Québec est, tel que formulé
dans l'article 1... Je le sais, on fait du coq-à-l'âne, M. le ministre, mais
le... M. le Président, mais le sous-amendement de mon collègue m'oblige
de revenir sur cette idée que tout établissement doit élaborer avec... on
rajouterait «conjointement», avec des représentants... que, si le
«conjointement» n'est pas là au niveau local, bien, il y a d'autres ressources
au niveau national, dont notamment le comité qu'on parlera en 2.1. J'insiste
beaucoup parce que je trouverais ça désastreux, si nos instances de Santé
Québec et des établissements, eux, forcés par la loi, se mettraient à écrire
des plans d'action sans la collaboration des Premiers Peuples. Ça, je
trouverais ça pire.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M.
le Président. Pour les gens qui nous suivent à la maison, qui doivent se dire : Ils sont rendus à 2, ils reculent à 1,
c'est comme ça. C'est comme ça parce que ça nous aide dans la compréhension
générale de ce qu'on fait ici aujourd'hui. Ça fait que juste vous dire, M. le
Président, jamais je ne vais faire de protêt là-dessus parce que je sais qu'au
final on veut avancer puis on veut surtout comprendre où on s'en va.
J'aimerais amener une précision, M. le
Président, parce que ce que ma collègue a amené, il y a plusieurs bons points. Il y en a un, je pense, important, ce
qui est écrit présentement, c'est «développer avec». Donc, clairement...
puis on peut dire que ce n'est pas assez fort, j'entends tout ça, mais
clairement, ce n'est pas vrai que ce n'est rien. Ce n'est pas développer tout
seul de leur côté, absolument pas. M. le Président. On a des exemples aussi qui
ont bien fonctionné, puis je peux vous parler du guide de sécurisation
culturelle qui a été développé avec les membres des Premières Nations.
Là, puis je vais clore le débat, pas parce que
ce n'est pas intéressant, parce que, comme j'ai dit, j'étais déjà en réflexion.
J'ai amené des effets pervers. Tantôt, ce que je voulais dire, c'est
qu'exemple, dans une communauté x, s'il y a 12 groupes qui sont là, s'il y en a
10 sur 12 qui décident de le faire avec le gouvernement, les deux autres, pour toutes sortes de raisons... Puis en passant,
M. le Président, ça arrive, hein, que des groupes se désistent. Moi, ce matin,
j'avais un exemple où un groupe a décidé de se désister et je ne peux pas leur
en vouloir, M. le Président. Ça peut être pour plusieurs raisons. Ce même
processus... En tout respect avec votre commission, M. le Président, il y a des
groupes qui se sont désistés, qui ont décidé que, pendant une période de temps,
ils ne voulaient pas adhérer à cette façon de faire là. Ils sont revenus à la
fin. On doit comprendre ça pareil, M. le Président.
Alors, ce qu'on vient dire, puis on va continuer
la réflexion, j'ai bien entendu la collègue, pour nous, «conjointement»
voudrait dire que, si tout le monde n'est pas là, ça ne fonctionne pas. Nous,
on trouve qu'il y a un effet pervers, je le dis encore une fois. Cependant, il
y a une chose qui est claire, M. le Président, si l'installation x
développait ses mécanismes, sa façon de faire toute seule, comme le rapport
sera ultimement déposé à l'Assemblée nationale, je connais assez bien mes
collègues des oppositions pour savoir qu'ils ne se priveront pas du plaisir de
nous ramasser là-dessus, M. le Président.
Alors, quand on parle de mécanismes pour
s'assurer que ça se fait bien, transparence, déposé à l'Assemblée nationale, dans les... déposé sur Internet aussi,
les gens vont pouvoir le voir, puis ça, il ne faut pas négliger ça, M. le
Président, de voir comment les gens vont réagir.
Je vais vous donner le dernier exemple,
Joliette. Il n'y avait aucune loi qui obligeait la sécurisation culturelle, M.
le Président. Pourtant, ils ont décidé d'en faire plus. Ils l'ont fait avec les
Premières Nations, sinon ils n'auraient jamais été capables de présenter ça.
Alors, je comprends le point que la collègue apporte. Moi, je vous dis que,
dans les mécanismes pour s'assurer que ça se fait avec les membres, les
groupes, moi, je pense qu'il y a un effet qui est très solide là-dessus, mais
je continue de réfléchir à ce que ma collègue m'a proposé, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député d'Acadie,
s'il vous plaît.
M. Morin : ...M. le Président.
Alors, je vais juste reprendre, à la fin... à la fin de votre exposé, M. le
ministre, quand vous dites : Bien, si
jamais c'était fait tout seul, le rapport va être déposé à l'Assemblée
nationale, les oppositions vont vous le rappeler, oui, sûrement, c'est
notre devoir, mais moi, ce que je veux comme membre de l'opposition officielle
aujourd'hui, c'est ne pas me rendre là. Alors, moi, je vous tends la main pour
dire : Travaillons, travaillons en amont, pas en aval. C'est sûr que, si
c'est fait tout croche, on va le rappeler au gouvernement. Ça, croyez-moi, ça,
ça va être fait, mais ce n'est pas ça... Ce que je veux éviter, c'est que,
justement, on se rende là.
Et quand... Et je reprends, après ça,
l'argument, parce que vous avez parlé, M. le ministre, de vouloir éviter un
effet pervers. Vous référez à l'article 1, donc c'est vous qui y référez puis
vous dites : Il y a déjà «doivent développer»,
puis le gouvernement peut s'engager, mais on ne peut pas engager des Premières
Nations. Je comprends, mais vous avez
déjà un «doivent» à 1. Alors, vous allez faire quoi si... pour reprendre votre
argument, à 1, s'il n'y en a pas, des représentants des Premières
Nations qui veulent travailler puis développer le... Votre obligation, elle est
déjà là.
Alors, moi,
ce que je fais avec le sous-amendement que je vous précise, c'est, au fond, de
dire : Puisqu'il y a 1, mettons en place des éléments, allons plus
loin. Allons plus loin et assurons-nous que... parce que, là, on tombe dans des
éléments plus précis. On parle d'indicateurs parce qu'à un moment donné il faut
être capables de voir si on avance ou pas. Alors, ce que
je dis, c'est que, pour ces indicateurs-là, assurons-nous de le faire en
corédaction avec des Premières Nations et des Inuits. C'est vrai, je n'ai pas
consulté, je n'ai pas parlé à toutes les Premières Nations. J'ai quand même
parlé à des groupes puis à du monde. Il n'y a pas personne à date qui m'a
dit... puis je n'engage pas personne, là, mais ceux à qui j'ai parlé ne m'ont
pas dit : Ah! non, non, non, on ne veut surtout pas ça. Au contraire. Donc,
si le sous-amendement est proposé, c'est qu'il tire sa source de conversations
que moi, j'ai eues, excellentes conversations, de dire : Écoutez, ça
pourrait être un élément.
D'ailleurs, on en a
parlé dans le cadre des travaux de la commission, ça s'est déjà fait dans des
amendements qui ont été proposés à différents projets de loi au Québec. Et, par
la suite, je pense que, si on veut véritablement parler de sécurisation
culturelle, et de tendre la main, et de faire en sorte que ça ait un impact
positif, bien, il faut que les membres des Premières Nations et des Inuits
fassent partie du processus d'évaluation. Je vois mal comment moi, je pourrais
être véritablement précis, concis, pertinent. Je peux bien trouver des
éléments, mais ce n'est pas moi que ça vise,
donc d'où l'importance, je pense, de le préciser puis de le préciser dans la
loi. Je pense, M. le ministre, que ce serait lancer un signal clair,
fort au niveau de la sécurisation, et que c'est en lien... parce que vous y
avez fait référence avec l'article 1
où, de toute façon, Santé Québec va devoir développer. Alors, de deux choses
l'une, ou bien il faut travailler 1, et ça ne fonctionnera pas... Moi,
j'y vois une cohérence entre les deux dispositions.
Je vous remercie, M.
le Président.
• (11 h 40) •
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M.
Lafrenière : Oui, merci, M. le Président. Puis, en terminant, parce
que l'échange est intéressant, puis j'ai déjà
dit qu'on réfléchissait pour l'article 1, juste terminer ça... puis clairement,
là, quand on dit «doivent développer», on n'a jamais dit que c'était
facultatif. L'obligation, elle est à qui? Aux établissements puis à Santé
Québec. C'est à nous qu'on peut le... se donner une obligation. Ça fait que je
reviens à ce que j'ai dit tantôt. Quand on dit «Santé Québec et tout
établissement doivent», oui, c'est eux autres qui ont le devoir. Quand on
parlait de «conjointement», puis c'est là
qu'on a des visions différentes, pour nous, «conjointement» voudrait dire avec
l'ensemble des acteurs, puis on ne
peut pas les forcer. Alors, je comprends très bien ce que le collègue dit, puis
voici mon argumentation, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le sous-amendement du
député d'Acadie? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix.
M. Morin : ...un
vote par appel nominal.
Le
Président (M. Bachand) : Parfait, c'est
bon. M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le
Secrétaire : M. Lafrenière (Vachon)?
M.
Lafrenière : Contre.
Le
Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Contre.
Le
Secrétaire : M. Lemieux (Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Haytayan (Laval-des-Rapides)?
Mme
Haytayan : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
Le
Secrétaire : Et M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention.
Donc, le sous-amendement est rejeté. Donc, on revient à l'amendement à
l'article 2. Interventions? Oui, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. À ce moment-ci,
M. le Président, je vous demanderais de suspendre l'article 2 au lieu de voter
sur l'article 2.
Le Président (M.
Bachand) : On est sur l'amendement, M. le
ministre.
M. Lafrenière : Ah! l'amendement à
l'article 2, je suis désolé, M. le Président. On va y arriver.
Le Président (M.
Bachand) : OK, on est sur l'amendement.
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'amendement à l'article 2. Est-ce que... M. le ministre, oui?
M. Lafrenière : Je voulais qu'on
suspende le sous-amendement à l'article 2, ce que j'ai présenté.
Des voix : ...
M.
Lafrenière : L'amendement, pardon, l'amendement, on va finir
par y arriver, juste qu'on le suspende, M. le Président, et on va y revenir. Puis c'est comme ça qu'on fonctionne
depuis une semaine. On va y arriver entre amendements, sous-amendements,
et tout ça. J'ai compris les commentaires, mais mettons ça de côté. On le
suspendrait pour passer à 2.1, avec votre permission, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) :
On va y aller par étapes parce
qu'il faut aussi suspendre l'article 2. Alors donc, est-ce qu'il y a
consentement pour suspendre l'amendement à l'article 2?
M. Morin : Il y a consentement, M.
le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement
pour suspendre l'étude de l'article 2?
M. Morin : ...
Le Président (M.
Bachand) : Alors, M. le ministre, pour un
amendement, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, pour l'article 2.1 :
«Un comité national sur la sécurisation
culturelle, dont la formation est prévue par règlement du ministre, est chargé
de lui donner son avis sur les matières suivantes :
«1° la
prestation des services de santé et de services sociaux aux membres des
Premières Nations et aux Inuit;
«2° l'approche de sécurisation culturelle envers
les membres des Premières Nations et les Inuit, notamment :
«a) le déploiement des pratiques culturellement
sécurisantes;
«b) l'impact des pratiques culturellement
sécurisantes dans le réseau de la santé et des services sociaux;
«c) les
programmes de formation continue élaborés en vertu du paragraphe 4° du
troisième alinéa de l'article 1.
«Le règlement prévoit les règles de
fonctionnement du comité, les modalités d'administration de ses affaires ainsi
que ses autres fonctions, devoirs et pouvoirs.»
Comme commentaire, M. le Président, l'amendement
vise à prévoir la création d'un comité national sur la sécurisation culturelle chargé de conseiller le ministre relativement à
l'approche de sécurisation culturelle et aux pratiques sécurisantes.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, interventions sur
l'amendement? M. le député d'Acadie.
M.
Morin : Bien, sur l'amendement, moi, j'aurai un
sous-amendement à présenter, M. le Président, sur... Il y a... Écoutez,
je comprends, je comprends l'amendement que présente M. le ministre, et on va
probablement nous dire que la façon, règle
générale, de rédiger de la législation, c'est... Bon, on crée l'organisme, et
puis, après ça, bien, la formation est prévue par règlement, mais moi,
je trouve que cette formulation-là, compte tenu de l'objectif de la loi, n'est
pas suffisante. Alors, ça serait mon premier
commentaire, et, par la suite, je reviendrai avec un sous-amendement, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Est-ce qu'il y aurait
d'autres commentaires sur l'amendement avant de procéder à l'étude du
sous-amendement? Ça va? Mme la députée de Sainte-Marie...
Mme Massé : ...sous-amendement, mais
commençons par... commençons le travail par le sous-amendement du député de
l'Acadie.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Alors, M. le député,
on va suspendre quelques instants, le temps de le recevoir?
M.
Morin : Il a été envoyé.
Le
Président (M. Bachand) : Mais on va
suspendre quelques instants parce que le temps que la machine se mette en
branle, là...
Alors, on suspend
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 47
)
(Reprise à 11 h 48
)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. M. le
député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui,
merci. Merci, M. le Président. Alors, voilà, l'intention du gouvernement, c'est
de créer un comité national sur la
sécurisation culturelle. On y indique que la formation va être prévue par
règlement du ministre. Compte tenu de ce qu'on sait du projet de loi, ce
sera le ministre de la Santé. Ce comité national sur la sécurisation culturelle va être chargé de lui donner son avis
sur une liste de matières, et moi, ce que je vous propose, au gouvernement,
M. le Président, c'est qu'il soit indiqué clairement que le comité national va
être composé de membres des Premières Nations
et des Inuits. Ça laisse une marge de manoeuvre au gouvernement. On ne dit pas
combien, on ne dit pas qui, mais... parce que ça doit être fait,
évidemment, en consultation avec les Premières Nations et les Inuits, mais je pense
que, parce qu'on parle de sécurisation culturelle...
Le
Président (M. Bachand) : ...
M. Morin :
Vous le lire avant?
Le
Président (M. Bachand) : Oui, s'il vous
plaît. Merci beaucoup, M. le député d'Acadie.
M. Morin : Parfait,
parfait, parfait. Je vais vous le lire. Merci, M. le Président.
Donc, l'amendement
introduisant l'article 2.1 du projet de loi est modifié par l'insertion,
dans le premier alinéa, des mots «dont la
formation est prévue par règlement du ministre» par «composé de membres des
Premières Nations et des Inuit».
Alors,
il s'agit d'inviter le gouvernement, dans son projet de loi, à faire en sorte
qu'il soit indiqué clairement... parce qu'on parle de sécurisation
culturelle des Premières Nations, puis je reprends le titre du projet de loi.
Je pense que c'est important. Il faut se le rappeler, là, c'est une loi qui va
instaurer l'approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé
et des services sociaux, et, dans ce projet de loi, on veut créer un comité
national.
Bien, moi, je pense
que, si on veut créer un comité national qui va traiter de la sécurisation
culturelle, il faut être capable de dire
clairement de qui il va être composé, entre autres, et le fait de l'indiquer
dans la loi, ça n'empêchera pas, par la suite, le gouvernement d'adopter
des règlements pour son fonctionnement, mais au moins ça va envoyer un message
très clair, M. le Président, à l'effet que ce comité national là, là, il va y
avoir des membres des Premières Nations et des Inuits. Ils vont travailler et
ils sont les mieux placés pour donner des conseils au ministre, parce que ma
compréhension, c'est que ce comité-là est chargé de donner des avis sur les
matières suivantes...
Alors, pourquoi ne
pas l'indiquer clairement, spécifiquement, qu'il faut qu'il soit composé des
membres des Premières Nations et des Inuits? Moi, c'est la main que je tends au
gouvernement. Ça n'alourdit pas énormément, bien sûr, la rédaction du texte,
mais ça permet d'être beaucoup plus clair, puis je pense que ça envoie un
message très positif à l'ensemble des Premières Nations et des Inuits. Je vous
remercie, M. le Président.
• (11 h 50) •
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M.
Lafrenière : Oui, merci, M. le Président. Je trouve ça intéressant. Je
dois le dire, d'emblée de jeu, je trouve ça intéressant, parce que mon collègue
le sait, c'est l'intention, puis la réflexion que je vais amener, M. le
Président... puis je sais que je lui ai déjà servi le terme «effet pervers», ça
fait que je vais faire attention, mais je trouve ça intéressant, puis je
l'écoutais tout à l'heure, puis je me disais... Le mot «notamment» me revenait
en tête. Je vais vous dire pourquoi, M. le Président. C'est qu'il y a plusieurs
organismes, on peut penser à Makivik, FAQ, qui sont représentés par des
allochtones qui vont venir dans les comités, et ce sont des allochtones qui les
représentent, qui font un superbon travail.
Alors,
je me dis... Je comprends très bien où le collègue veut aller. Si on dit
«composé de membres», c'est-à-dire que c'est exclusivement, puis, encore
une fois, j'ai dit au collègue que j'avais cette réflexion. Je l'entends bien.
Moi, je pense intéressant d'avoir cette possibilité d'avoir des gens qui ne
sont pas nécessairement des membres des Premières Nations et des Inuits, mais
qui peuvent être désignés par eux. Bref, vous comprenez où je m'en vais. Je
trouve ça fort intéressant. Ma seule crainte serait justement d'exclure des
gens qui seraient des allochtones, qui pourraient travailler pour un groupe
comme Makivik, comme l'ARK, comme FAQ.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Je
vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions sur le
sous-amendement? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : C'est intéressant, les
arguments du ministre. J'ai un sous-amendement qui va peut-être venir suppléer
à cet enjeu-là. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que le
sous-amendement est adopté?
M. Morin : Je vais vous demander un
vote par appel nominal.
Le Président (M. Bachand) : Un appel nominal? Parfait. M. le secrétaire, s'il vous
plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin Roy
(Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan (Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Abstention.
Le Secrétaire : Et M. Bachand
(Richmond)?
Le
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, l'amendement...
le sous-amendement est rejeté. Alors, on continue. Une intervention, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques? Vous avez peut-être annoncé un
sous-amendement?
Mme Massé : Oui, oui. Bien, avant de
vous déposer mon sous-amendement, je veux simplement faire un rappel collectif.
On arrive, là, dans le fond, dans un des éléments... L'article 2.1 est un
article fondamental puisqu'avec l'amendement qui est proposé par le ministre on
vient... C'est-tu un amendement? Non, ce n'est pas un amendement dans ce
cas-là?
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme
Massé : Oui, c'est ça, hein? Ah! oui, oui, oui, c'est ça,
c'est ça, l'affaire. Merci. Donc, avec l'amendement... On se mélange. On se mélange, amendement... Attendez,
j'ai préparé un sous-sous-sous-amendement juste pour vous perdre, M. le
ministre. Non, ce n'est pas vrai, c'est une blague.
Cet
article-là, en fait, il est superimportant parce qu'il vient placer un comité
qui va avoir un rôle fondamental dans la suite des choses pour toutes
sortes de raisons.
Premièrement, on va travailler, avec cette
loi-là, avec une nouvelle instance qui s'appelle Santé Québec, qu'on n'a aucune
idée comment ça va marcher. Oui, on le sait sur papier, mais concrètement, là,
ouh, c'est «big», là. C'est une grosse, grosse affaire, le plus grand... le
plus grand employeur au Québec, peut-être même au Canada, c'est quelque chose,
là. On va travailler avec un outil qui est à côté du... de notre structure
qu'on a depuis des décennies avec le ministère de la
Santé et des Services sociaux. Quoique je reconnais bien que c'est le ministre
de la Santé et des Services sociaux qui est imputable, je ne dis pas que c'est
Santé Québec, mais voyez-vous qu'on rajoute un certain nombre de couches, qui
me fait croire que nous avons vraiment avantage à nous assurer, nous, comme législateurs, que, dans la nouvelle loi sur la
sécurisation culturelle... qu'on va donner une place centrale aux Premières
Nations et aux Inuits, à leurs représentants, parce que, même si le ministre en
est imputable, sur le terrain, le monde qui vont faire la job, c'est une
nouvelle bébelle qu'on ne sait pas qu'est-ce que ça donne.
Alors, vous
comprendrez que, puisque l'article 2.1... l'amendement de
l'article 2.1 proposé par le ministre joue un rôle fondamental, bien, vous
me permettrez, sur l'amendement du ministre, de faire quelques considérants, et
ensuite je vous déposerai volontiers mon sous-amendement longuement discuté
avec des représentants des Premiers Peuples durant la fin de semaine.
Vous allez m'excuser,
M. le Président, je n'ai pas le choix de faire un petit retour en arrière. Je
pense que, depuis le début de ce projet de loi là, j'ai essayé de toutes sortes
de façons d'exprimer que le projet de loi sur la sécurisation culturelle qui
nous est présenté est, bien sûr, un incontournable, considérant des tragiques
événements, du décès de Joyce Echaquan, mais, je vous dirais, de tragiques
événements qui arrivent constamment dans le système de santé et des services
sociaux et dans d'autres, d'ailleurs, systèmes de l'État québécois.
D'ailleurs, le
rapport Viens le dresse de a à z que, dans nos institutions québécoises, nos
relations, comme allochtones, avec les Premiers Peuples... il ne va pas bien.
Il ne va pas bien parce qu'il y a de la discrimination au quotidien. Il y a du
racisme systémique dans nos institutions. Il y a des gens qui, en fait, n'ont
pas fait le travail de se dire... de comprendre les impacts du colonialisme sur
les gens des Premiers Peuples, mais aussi sur notre vision de... notre
compréhension, comme allochtones, de notre rapport aux Premiers Peuples. Et, si
je passe encore parce que je l'ai fait... Je pense, j'ai très bien placé ça au
début. Je ne veux pas refaire... je ne veux pas faire du temps pour faire du
temps, mais, parce qu'on va, là, placer un des morceaux fondamentaux de cette
loi-là, je me dois de revenir sur quelques éléments.
Un des premiers
éléments, c'est que, comme tout peuple de la Terre, comme toute nation de la
Terre, les gens des Premières Nations et des Inuits ont un droit inhérent à
leur autodétermination. Qu'on soit d'accord ou non avec ça, ça ne nous regarde
pas. C'est un droit inhérent à leur autodétermination. Pourquoi je fais ce
rappel-là? Je ne suis même pas originale. La Constitution canadienne, on est
encore dedans, ça fait qu'on n'a pas le choix. La Constitution canadienne, dans l'article 35, le dit clairement. La
Cour suprême, d'ailleurs, s'est encore prononcée il y a quelques mois
sur l'autonomie gouvernementale des Premiers Peuples ici même, au Québec, et je
pense que les Premiers Peuples sont un petit peu tannés de nous attendre sur
celle-là. Quand je dis «nous attendent», c'est comme s'il y a une résistance à
reconnaître leur droit inhérent à l'autodétermination. Chez nous, à Québec
solidaire, on n'a aucun problème à reconnaître le droit inhérent à leur
autodétermination. Dès la publication de la déclaration des Nations unies pour
les droits des peuples autochtones... sur les droits des peuples autochtones,
Québec solidaire a rapidement inscrit, même dans nos propres déclarations, la
reconnaissance de cette déclaration-là.
• (12 heures) •
La
raison pour laquelle je retourne là, M. le Président, et, vous allez voir, je
vais atterrir sur mon sous-amendement, mais là je suis sur l'amendement
du ministre, c'est que la... cette déclaration-là des Nations unies, là, ça ne
concerne pas juste les peuples autochtones du territoire que... sur lequel nous
cohabitons avec les Premiers Peuples. Ça concerne
toutes les Premières Nations, tous les autochtones de l'ensemble de la planète,
puis c'est une discussion qui a duré 20 ans. Alors, moi, je trouve
que ce n'est pas pour rien que j'y reviens tout le temps puis que je m'y
appuie, parce que je n'ai pas le temps de recommencer ces discussions-là, même
si ici, au Québec, ça fait depuis 1985, sous M. René Lévesque, où on a ces
discussions-là. Donc, ça fait plus que 20 ans, mais je m'y arrête encore
une fois pour marquer l'importance de l'article... de
l'amendement 2.1 qu'on est en train de discuter.
Je veux vous lire
l'article 3, M. le Président, de la Déclaration des Nations unies sur les
droits des peuples autochtones, et d'ailleurs, avant de vous lire le 3, je veux
juste vous lire le 2, parce que je ne comprends pas qu'on soit obligés d'écrire
ça, mais, quand je vois le racisme systémique qui perdure dans nos
institutions, je comprends pourquoi les Nations unies ont, pour tous les
autochtones, c'est juste pour vous dire que ce n'est pas rien qu'au Québec, là, tous les autochtones de toute la
planète... L'article 2 dit : «Les autochtones, peuples et individus, sont
libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l'objet,
dans l'exercice de leurs droits, d'aucune forme de discrimination fondée en
particulier sur leur origine, leur identité autochtone.»
Moi, c'est sûr, quand
je lis ça, je me dis : Heille! C'est terrible. On a la déclaration... on
a... bon, que ça fait la déclaration des droits de l'homme, là, qui a été votée
dans les années 40, où on se dit : Bien là, tout être humain naît
égaux en droit et en dignité, mais là ce n'est tellement pas vrai pour une
partie de la population humaine de la planète,
les peuples autochtones, qu'il y a une déclaration que l'ONU a été obligée, en
2007, de revenir puis de dire : Heille! Là, on vous le dit, là, les autochtones,
comme peuples ou individus, ils sont égaux aux autres. On est obligés de l'écrire. Je n'en reviens pas. Puis là on rajoute,
bien, que... puis là, ça, ça nous concerne, là, dans cette loi-là qu'on est
en train de discuter, qu'ils ne doivent pas faire, dans l'exercice... le droit
à la santé en est un... aucune forme de discrimination fondée en particulier
sur leur origine ou leur identité.
Ça fait qu'on
reconnaît ça. On va y revenir, au préambule, parce qu'on l'a suspendu il y a
quelques jours, puis on va y revenir parce que ce droit-là est reconnu dans la
déclaration que, malheureusement, le Québec ne signe pas parce qu'on n'est pas
encore un pays, mais, et j'y reviendrai plus tard, que l'Assemblée nationale du
Québec a déjà reconnu dans ses principes.
Je veux vous lire l'article 3 parce que, là, il
est sur la coche, il est clair, net, et précis, et court. L'article 3 de la
déclaration dit ceci : «Les peuples autochtones ont le droit à
l'autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur
statut politique et assurent librement leur développement économique, social et
culturel.»
Alors
là, on est dans une situation particulière, M. le Président, parce que c'est
aux Premières Nations de déterminer librement, ce n'est pas tout à fait encore
le cas au Québec ni au Canada, leur statut politique et ainsi d'assurer leur
développement. Je ne le relirai pas, mais je pense que vous comprenez
l'importance de cet article-là.
Puis,
parce que c'est un travail de 20 ans, les gens qui travaillaient
là-dessus, dont, je vais le nommer, Romeo Saganash, qui a été un battant
de première et dernière heure pour faire adopter aux Nations unies cette
déclaration-là, on a rajouté
l'article 18 qui dit ceci : «Les peuples autochtones ont le droit de
participer à la prise de décision sur des questions qui peuvent
concerner leurs droits, par l'intermédiaire des représentants qu'ils ont
eux-mêmes choisis conformément à leurs propres procédures, ainsi que le droit
de conserver et de développer leurs propres institutions décisionnelles.»
Là, vous me voyez me
rapprocher, M. le Président, du sous-amendement que je vais vouloir déposer.
Parce qu'en plus, en plus — oui,
on dit ça, «en plus» — en
plus de reconnaître leur droit à l'autodétermination, la déclaration des Nations unies vient dire que c'est eux-mêmes
qui doivent choisir leurs représentants, selon leurs propres procédures.
Puis je pourrais
parler de l'article 19 aussi qui vient rajouter encore une petite couche.
Je te dis, c'est cohérent, ce document-là, là, ça n'a pas de bon sens.
L'article 19, il nous interpelle, il dit : «Les États se concertent
et coopèrent de bonne foi avec les peuples autochtones intéressés, par
l'intermédiaire de leurs propres institutions représentatives, afin d'adopter
et d'appliquer des mesures législatives et administratives susceptibles de
concerner les peuples autochtones — ce qui est le cas de la loi
qu'on est en train d'étudier — afin d'obtenir leur consentement
préalable, donné librement et en toute connaissance de cause.»
Alors, ça, là,
devrait être notre bible, ici même... «notre bible», que dis-je — où
c'est que je m'en vais avec mes skis? — notre document référence — je
suis vieille, moi, M. le Président — notre document référence lorsqu'on
rédige des lois ici même, à l'Assemblée nationale du Québec, puisque la
déclaration s'adresse aux dirigeants des différents États à travers le monde.
Donc, il ne s'adresse pas seulement au gouvernement, il... à tous les
dirigeants.
Et moi, c'est sûr que
ce n'est pas moi qui ai l'exécutif entre les mains, en tant que parti
d'opposition, mais j'ai quand même une responsabilité, là. D'ailleurs, je ne
suis pas la seule. À travers les années, le gouvernement du Québec, tantôt en assemblée nationale ou tantôt
comme gouvernement, a lui-même inscrit dans des motions, dans différents
documents qui font partie du corpus documentaire, si je peux dire, de
l'Assemblée nationale du Québec, a inscrit un certain nombre de documents.
Et donc...
Une voix :
...
Mme
Massé : Oui, mais je suis
sur le sous-amendement de M. le ministre, de façon générale... l'amendement
et non pas mon sous-amendement. Excusez-moi, on se répond comme ça. M. René
Lévesque, dans les années 80, qui a clairement dit que le droit...
attendez que je le retrouve, que le Québec reconnaît que les peuples aborigènes,
qu'on disait à l'époque — il
faut croire qu'on a cheminé, avec le temps — du Québec sont des nations
distinctes qui ont le droit à leurs
cultures, leurs langues, leurs coutumes et traditions ainsi que le droit
d'orienter elles-mêmes le développement de ces différents éléments là.
Ce pour quoi je le
nomme, c'est qu'on est en train d'écrire une loi sur la sécurisation culturelle
qui fait en sorte que ça les concerne pas
mal directement. Et ça, c'est en 1985, oui... Non, les 15 principes, c'est
en 1983. En 1985, le gouvernement aussi... pas juste le gouvernement,
l'Assemblée nationale du Québec, tout nous autres ensembles, on a adopté une
motion, hormis qu'on considère que les motions, ce n'est pas important...
adopté une motion pour faire en sorte que le Parlement convienne avec, bien
sûr, le gouvernement en poste, convienne de la nécessité d'établir un forum parlementaire pour permettre
aux Premières Nations, aux autochtones, de faire connaître leurs droits, leurs
aspirations et leurs besoins.
Alors, c'est une
longue pratique, une longue pratique qui s'est aussi concrétisée en 2019.
Voyez-vous comment je nous rapproche de nous?
Plusieurs des gens étaient ici, une motion que j'avais présentée, après
consultation des Premiers Peuples,
après le rapport Viens, qui dit : «Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec...»
• (12 h 10) •
Le
Président (M. Bachand) : ...qu'il vous reste deux minutes, et,
à l'intérieur de ce deux minutes-là, vous devez déposer votre sous-amendement,
sinon vous allez manquer de temps.
Mme Massé :
D'accord. À laquelle on disait qu'on reconnaissait le... qu'on reconnaissait — je
l'ai fait disparaître, mais ça reviendra... pas disparu, c'est dans le corpus
de l'État — reconnaissait
les principes et devait voir à la mise en
oeuvre de la Déclaration des Nations unies. Bien, si on veut mettre en oeuvre
les Nations unies, M. le Président, je
vais vous déposer un sous-amendement à l'instant même, que vous avez reçu. Mais
on va suspendre ne serait-ce que pour l'afficher.
Le Président (M. Bachand) : On va l'afficher immédiatement. Oui, vous pouvez
faire la lecture, s'il vous plaît.
Des voix :
...
Le
Président (M. Bachand) : On va suspendre quelques instants,
oui, désolé.
(Suspension de la séance à
12 h 12)
(Reprise à 12 h 14)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend
ses travaux. Donc, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, pour votre
sous-amendement.
Mme Massé : Bien sûr. Alors,
l'amendement à l'article 2.1 est modifié ainsi :
Par le remplacement de «Un comité national sur
la sécurisation culturelle, dont la formation est prévue par règlement du
ministre,» par les mots «Le ministre crée un comité en collaboration avec les
représentants des Premières Nations et des Inuit, ainsi que des partis
d'opposition, qui est», et le reste se poursuit.
Donc, on va lire comme suit : «Le ministre
crée un comité en collaboration avec les représentants des Premières Nations et
des Inuit, ainsi que des partis d'opposition, qui est chargé de lui donner son
avis sur les matières suivantes :».
Alors, M. le ministre, je vous l'ai dit, on a
fait déjà une discussion, la semaine dernière, sur toute la question de la
désignation. Et, si j'ai pris la peine de remonter à la Déclaration des Nations
unies, à remonter à la motion dont... nous avons adoptée unanimement ici, à
l'Assemblée nationale, le texte d'une motion qui reconnaissait que le
gouvernement devait s'attarder à reconnaître les principes... Là, je vais vous
la lire, le dernier paragraphe seulement :
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec de reconnaître les principes et de s'engager à négocier
la mise en oeuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des
peuples autochtones avec les Premières Nations et les Inuits.»
Ça, c'est
nous autres qui l'a adopté, ça fait que... Puis il faut se rappeler, là, on
sortait de la commission Viens, on avait envie, tout le monde, de... Le
premier ministre a fait des excuses en notre nom. On a ensuite enclenché, je
dirais, le processus pour faire en sorte que cette déclaration des Nations
unies devienne, pour les législateurs québécois, devienne un cadre général. On
parle des gens qui nous ont accueillis ici il y a 400 ans, là. Il me
semble que c'est la moindre des choses de reconnaître ce que les Nations unies
leur a reconnu.
Et c'est pourquoi je pense qu'au mois d'octobre
2019 cette Assemblée nationale avait reconnu ensemble... Donc, le gouvernement
était d'accord, ça a été un vote unanime, tout le monde était conjoint sur
cette motion-là. Le gouvernement était aussi... puis c'était le même
gouvernement qui est là, en face, aujourd'hui, était d'accord pour dire :
Bien, on reconnaît les principes, mais on va travailler à la mise en oeuvre.
Et pour moi, ici, dans le sous-amendement que je
propose, j'ai indiqué au ministre de la Santé, parce que c'est de lui qu'on
parle... on ne parle pas du ministre des Relations avec les Premières Nations
et des Inuits, on parle du ministre de la Santé, qui n'a pas nécessairement une
habitude de travailler avec les représentants des Premières Nations et des
Inuits. On dit : Ce comité-là, il ne sera pas créé par règlement,
éventuellement, on le veut... on veut qu'il soit créé effectivement ici,
maintenant, avec les représentants légitimes des Premières Nations et des
Inuits.
Puis ce pourquoi je vous ai lu l'article 18
et 19, c'est parce que ce n'est pas à nous de choisir qui ou non on veut avoir
dans ce comité-là. Ils ont des représentants et représentantes déterminés,
légitimes. On peut en ajouter d'autres, oh, sans aucun problème...
Une voix : ...
Mme Massé : ... — c'est
ça, mon problème — on
peut en ajouter d'autres. Mais l'enjeu, c'est qu'à la base il faut être capables de reconnaître que, comme le
dit l'article 18... que, ce qui concerne leurs droits, on s'assoit, nous,
comme État, avec comme intermédiaires les représentants qu'ils ont
eux-mêmes choisis, conformément à leurs procédures.
Alors, c'est ça, M. le ministre, que je viens
faire ici. On avait fait un début de discussion, la dernière fois, en parlant
de désignation, et là, bien, j'opte pour un pas de plus qui est celui de
clairement l'inscrire dans la loi que, minimalement,
il y aura les représentants des Premières Nations et des Inuits qui seront
assis autour de la table de ce comité.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci. Merci,
M. le Président puis merci à la collègue pour les notions qu'elle nous a
rappelées ici. Écoutez, c'était riche, alors ma réponse va l'être un peu plus
longue aussi, M. le Président. Déclaration des Nations unies, DNUDPA, comme on
dit dans ce beau jargon, j'en suis. Nous en sommes, comme gouvernement. Dans cette Assemblée, on a déjà voté à trois
reprises. Ce qu'on a dit, M. le Président, c'est : Au-delà de cette volonté,
comment on y donne vie? Comment ça s'applique au quotidien? M. le Président, la
décision qu'on a prise, de notre côté, c'est de le mettre dans des ententes,
ententes de nation à nation. Et de l'aveu même de plusieurs groupes autochtones
au Québec, nos ententes, comme l'entente avec les Cris, dépassent de beaucoup
la déclaration des Nations unies. Ceci étant dit, la collègue a bien fait de le
souligner, ça demeure un enjeu, comment on y donne vie, comment on le fait.
Deuxième point, M. le Président, quand on
parlait de représentants des Premières Nations et des Inuits, on a eu cette
discussion-là l'autre jour, M. le Président, puis ça nous a amenés ailleurs.
Puis je veux remercier les collègues, parce qu'ils nous ont fait grandir dans
tout ça. On s'est dit : Ça va prendre un grand chantier. Il va falloir
regarder ça veut dire qui. Pourquoi je dis ça, M. le Président? Si je me disais :
Bon, écoutez, on va y aller avec les gens qui sont élus, le danger, M. le
Président, je devrais aller avec la Loi sur les Indiens, qui reconnaît des
statuts. Et là on se priverait de groupes, puis je sais que, ma collègue, ce
sont des groupes qui sont importants pour elle aussi, comme Femmes Autochtones
Québec, et on veut avoir le plus de groupes autour de la table.
Ce que je viens vous dire,
M. le Président, c'est ce que les collègues me disent aujourd'hui, en
disant : Ça prend des représentants des Premières Nations et des Inuits.
J'en suis. Continuons cette réflexion en disant de quelle façon on les
reconnaît. Puis la collègue a dit : Ce n'est pas à nous de déterminer qui
le serait, qui ne le serait pas. Elle a
raison. Ce que je ne veux pas faire, c'est utiliser une loi que plusieurs
remettent en cause. Je veux m'assurer qu'il y ait le plus de
représentants possible. Alors, de façon assez brève, des représentants, c'est
quelque chose auquel je pense. J'explique le pourquoi, cependant, M. le
Président, puis c'est la façon qu'on a décidé qu'on travaille ensemble. On
élabore un petit peu notre pensée, ce qui nous permet de cheminer tout le monde
puis ce qui permet aux partenaires qui sont ici, ceux qui nous écoutent à la
maison, de comprendre notre réflexion. Ça, c'est le premier point.
• (12 h 20) •
L'autre point, pour les partis d'opposition, M.
le Président, le danger... bien, qu'on ait des gens des oppositions qui
travaillent pour le bien-être des Premières Nations et des Inuits, je n'ai
aucun, aucun doute... Il y a quand même un doute de politiser un petit peu
cette étape-là. Je le nomme, je le nomme que c'est un doute qui existe, M. le
Président. Puis j'aimerais nous rappeler que ce qu'on fait aujourd'hui, quand
on parle de constituer un comité, ça a été fait en 2015 par le ministre de la
Santé, à l'époque, M. Barrette, qui était là, qui a fait des comités pour la clientèle anglophone, pour la communauté
ethnoculturelle, mais à l'époque, les Premières Nations et les Inuits
avaient été oubliés.
Donc, oui, il
y a un besoin de cohérence, c'est vrai, mais on a dit qu'on pouvait faire les
choses différemment. Mais ça a été fait à l'époque, en 2015, mais ça a été
oublié, ça a été oublié pour les... ça a été oublié pour les clientèles
Premières Nations et Inuits. C'est ce qu'on vient faire aujourd'hui. On veut
bien faire les choses, et il faut impliquer les membres des Premières Nations
et des Inuits, je l'ai dit dès le départ, là, je suis en total accord avec ma
collègue. Ça fait que, cette partie-là, j'ai réfléchi extrêmement beaucoup.
C'est un nouveau qualificatif. On avance.
Cependant, les deux derniers points que je vous
partagerais, M. le Président, c'est le danger de politisation. Et, bien que je comprenne l'intention qui est
recherchée par les collègues, je rappellerais que notre intention était d'y
aller par forme réglementaire. Donc, il faut trouver un juste milieu
entre les deux, dans le message clair qu'on annonce par le législateur et la
flexibilité de travailler avec des groupes des Premières Nations et Inuits pour
déterminer ça ensemble. En tout respect avec notre institution, M. le
Président, on sait que ça amène certaines limites, certaines lacunes. On ne va
pas faire d'outrage au Parlement, on veut être capables de travailler et de le
développer ensemble. Ça fait que, dans ma
réflexion, voici deux points que je veux me garder en tête, M. le
Président : de garder un équilibre pour être sûrs qu'on a bien de
la flexibilité au niveau réglementaire, pour que les gens se sentent bien
là-dedans, et de ne pas politiser cette partie-là.
C'est mes éléments de réflexion, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) : J'aurais le député... M. le
député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : ...M. le Président,
j'aimerais que M. le ministre précise sa pensée quand il parle de politiser
quelque chose. Moi, je... écoutez, sincèrement, je ne le vois pas.
L'amendement
de ma collègue ou le sous-amendement de ma collègue députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques ressemble étrangement au
sous-amendement que j'ai moi-même proposé, qui a été battu. Parce que l'idée,
c'est... ici, en tout cas, je vais parler pour l'opposition officielle, ce
n'est pas de politiser quoi que ce soit, c'est de faire en sorte qu'on mette en
place des mécanismes qui vont permettre au ministre d'être le mieux outillé
avec les meilleures personnes pour être capable de véritablement traiter tous
les enjeux de sécurisation culturelle.
Ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques
faisait référence à la déclaration des droits des peuples autochtones, à la
motion qui a été adoptée par l'Assemblée nationale. Il me semble que, pour le
gouvernement, parce que c'est une motion qui a été adoptée à l'unanimité... il
me semble que, pour le gouvernement, ça doit vouloir dire quelque chose. Et
quand vient le temps de mettre en oeuvre des éléments qui y sont inclus ou qui
font référence à la motion et à la déclaration des Nations unies, bien, moi,
j'invite le gouvernement à saisir ces opportunités-là. Nous avons ici la chance
de pouvoir préciser, et c'est ce que tente de faire ma collègue avec son
sous-amendement, qui pourrait évidemment former ce comité pour être à même de
mieux conseiller le ministre.
Alors, je me répète, M. le Président, mais, pour
ma part, qu'on veuille créer un comité qui va être le plus efficace, le plus
pertinent, le plus connaissant, avec la meilleure expertise, pour faire en
sorte qu'on atteigne la sécurisation culturelle, je vois mal comment ça peut
être politiser un comité. En fait, il faudrait que M. le ministre soit un peu
plus précis. Je ne le vois pas. Mais j'espère, parce qu'évidemment tous les
débats qu'on fait, fort heureusement d'ailleurs, vont être, à un moment donné,
consignés par écrit quelque part, si jamais il y a des litiges, bien,
j'aimerais ça que le ministre nous précise que son intention et que l'intention
du gouvernement, c'est effectivement d'avoir un comité qui va être
représentatif et qui va inclure des membres des Premières Nations. À tout le
moins, s'il ne veut pas accepter des sous-amendements, on aura une intention de
ce que le législateur voulait faire avec cet article-là du projet de loi. Je
vous remercie, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président, puis merci au collègue pour sa question parce qu'elle est fort
pertinente. Mon interrogation... parce qu'aujourd'hui ce n'est pas le cas, on
fait... On travaille en matière de relations avec les Premières Nations et les
Inuits, avec des oppositions qui sont au rendez-vous, qui sont là de tout coeur
avec les Premières Nations et les Inuits, c'est vrai.
Mais je nous rappellerais
tous, puis je me le rappelle à tous les jours... parce que souvent, quand on
fait de la législation, on regarde ce qui se
passe aujourd'hui, puis sérieusement je pense qu'on n'a pas besoin d'écrire
grand-chose, on se comprend très bien. Il faut penser, dans le temps,
comment ça va évoluer. Et cette réflexion que j'ai aujourd'hui, en me
disant : Présentement, on a des collègues qui sont de tout coeur avec les
Premières Nations et les Inuits, est-ce que ce sera toujours le cas? Est-ce que
ce sera toujours les mêmes gens qui seront là? Est-ce que je dois imposer ça,
puis en tout respect, aux Premières Nations... aux membres des Premières
Nations et des Inuits? Est-ce que, par voie réglementaire, ça a donné cette
flexibilité-là de dialoguer avec eux, de voir ce qu'ils voulaient? C'est ce que
je voulais dire.
Puis ce n'était pas une fronde, du tout, à mes
collègues des oppositions. Ils me connaissent là-dessus. C'est vraiment une
réflexion pure et simple, en se disant : De les inclure, à la base, est-ce
que ça peut amener ça? Voilà ma réflexion, puis je suis très transparent quand
je le dis, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui. Bien, en fait, ce
que j'ai envie de vous dire, c'est... Je vous disais que j'ai pris la peine de m'asseoir avec les gens des premiers peuples, y
compris Femmes autochtones du Québec, y compris le Bureau de Joyce, y
compris différentes personnes. J'ai pris le téléphone, on s'est jasé. L'APNQL,
on s'est jasé. Puis cette idée des oppositions,
en fait, ce que moi, j'en comprends, M. le ministre, puis je le porte... je
comprends que vous voulez y réfléchir, là, mais je le porte à votre
attention, c'est quand on discute de nation à nation pour... comme pour vous,
vous dites : Je ne veux pas fermer la porte parce que je vais lancer un
grand chantier — je
vais vous en parler après, d'ailleurs, de ce chantier-là — mais
dans lequel, tu sais, qui... je ne veux pas me priver de Femmes autochtones du
Québec, je ne veux pas me priver de... Puis vous avez des regroupements, des
centres d'amitié, puis vous avez raison, là, tu sais, vous avez raison là-dessus. Bien, à même titre, les Premières Nations ne
veulent pas non plus se priver des oppositions. On est aussi des
représentants, représentantes du peuple.
Ça fait que moi, je pense, c'est pour ça qu'ils
m'ont demandé de défendre cette idée que, dans ce comité-là... Un peu comme
l'expérience du projet de loi 79, M. le Président, l'expérience qu'on vit
là, c'est vraiment une expérience riche, où les Premières Nations, à travers
différents types de représentants, représentantes, sont entourées, appuyées, sentent que le peuple québécois
reconnaît pleinement, par la représentation de l'ensemble des partis politiques
autour de la table... je veux dire, les partis politiques à l'Assemblée
nationale, sentent qu'on est tous là, dans le même bateau de ce projet de loi
là.
Ça fait que moi, c'est ça, niveau politisation,
je pense qu'on a déjà des belles expériences qui sont positives. Puis j'aurais envie de vous dire, M. le ministre,
tu sais, l'argument que vous me servez, de dire : On ne sait pas qui va être
là dans le futur, je vous le servirais aussi. On ne le sait pas qui va être de
l'autre bord dans le futur. Ça fait que c'est une maudite bonne idée d'inscrire
ça.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Alors, compte
tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'après les affaires
courantes. Merci beaucoup. À tantôt.
(Suspension de la séance à 12 h 29)
(Reprise à 15 h 40)
Le Président (M.
Bachand) : Bonjour, tout le monde. Bon
après-midi. La Commission des institutions reprend ses travaux.
On poursuit donc l'étude détaillée du projet de
loi n° 32, Loi instaurant l'approche de sécurisation culturelle au sein du
réseau de la santé et des services sociaux.
Lors de la
suspension de nos travaux cet avant-midi, nous en étions à l'étude du
sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Interventions? Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui. Bien,
simplement pour se remettre dans le bain, comme on dit, ce sous-amendement-là avait comme objectif de créer un comité en
collaboration avec les représentants des Premières Nations et des
Inuits ainsi que des partis d'opposition. Le ministre a fait son point.
Moi, je n'ai plus... je n'ai plus rien à rajouter là-dessus.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que le
sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques est adopté?
Des voix : Rejeté.
Le
Président (M. Bachand) :
Rejeté. Merci. Alors, on continue
sur l'amendement du ministre. Interventions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. M. le
Président, j'ai un autre sous-amendement et j'aimerais suspendre dès
maintenant, s'il vous plaît.
Le
Président (M. Bachand) : ...merci
beaucoup. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 41)
(Reprise à 16 h 01)
Le
Président (M. Bachand) :
À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Donc, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui. Alors, mon
sous-amendement se lit ainsi :
L'amendement à l'article 2.1 est modifié
ainsi :
1° par l'ajout dans le premier alinéa, après les
mots «dont la formation est prévue par règlement du ministre,» les mots «est
constitué après consultation des représentants des Premières Nations et des
Inuit et»;
2° par l'ajout après le premier alinéa de
l'alinéa suivant :
«Le comité
national sur la sécurisation culturelle doit minimalement compter parmi ses
membres les personnes suivantes :
«1° un représentant élu issu des Premières
Nations;
«2° un représentant élu issu des Inuit;
«3° une personne ayant une expérience pertinente
à la prestation de services de santé hors communauté; et
«4° une
personne ayant une expérience pertinente à [l'extérieur] propre aux femmes...
pardon — à
l'expérience propre aux femmes issues des Premières Nations et des
Inuit.»
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc nous
sommes sur le sous-amendement. Bravo!
Mme Massé : Ouf! J'ai presque
réussi. Écoutez, bien, alors, on poursuit la discussion, M. le ministre. Je
sens toujours votre ouverture puis je tiens à essayer de pousser un peu plus
loin. J'ai entendu vos arguments pour le rejet de mon sous-amendement de tantôt.
En fait, là, ce n'est pas compliqué, c'est lorsque... comme je vous disais, tu
sais, on souhaite, à l'intérieur même du projet de loi, de donner quelques
indications sur la question du comité et de sa composition, que tout ne passe
pas par les règlements.
Et ce que je vous propose ici, c'est de
minimalement nous entendre sur qui pourrait être assis autour de cette table-là
et donner toute la légitimité nécessaire à ce comité qui, somme toute, M. le
Président, va avoir un rôle vraiment
important, autant dans la détermination des orientations, dans le soutien et
l'encouragement de tout le monde, dans toute la machine, de faire... de
poser des gestes, des actions et des mesures de sécurisation culturelle dans le
plan d'action qui entoure ça, dans l'évaluation. Bref, ils ont un sacré rôle à
jouer. Et il y a, à quelque part, où, dans mes
discussions avec les Premières
Nations durant la fin de semaine, je
me rendais compte que de ne pas donner, comme législateurs, une idée de
comment devrait se former ce comité-là, et surtout de qui, entre autres,
c'était peut-être de manquer à notre devoir de législateurs, d'autant plus que,
grâce aux bons conseils de ma collègue, qui a fait des projets de loi que moi
je n'ai pas faits... je parle notamment du projet de loi n° 15, où, dans
cette grande, grande... grosse bébelle, grosse boîte, grosse Santé Québec, on
est venus déterminer, aussi, le type de... le «type», ce n'est pas le bon mot, là, mais qui devraient être les
représentants... qui devraient être minimalement représentés autour de la table
du conseil d'administration.
Alors, je me dis, bien, c'est de ça que je me
suis inspirée, M. le Président. La loi 15 a été adoptée. Là, on est devant
un projet de loi qui va avoir un impact spécifique au niveau du réseau de la santé
et des services sociaux. Donc, je me suis dit : Pourquoi ne pas s'inspirer
de ce qui a déjà été fait pour le projet de loi n° 15? Alors, c'est pour ça, M. le ministre, que j'aimerais entamer...
bien, poursuivre la discussion en disant : Bon... puis j'en ai aussi
discuté avec les gens, là, en
disant : Bien, peut-être qu'on pourrait aller là, je ne le sais pas. Bref,
j'aimerais ça vous entendre sur ma nouvelle proposition...
sous-amendement, pardon.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui. Merci beaucoup,
M. le Président, et je veux remercier la collègue qui s'est largement inspirée du projet de loi n° 15. Je ne sais
pas si ça peut être facilitant pour nous. Je vais y aller rapidement, M. le
Président.
Premièrement, pour nous, c'était implicite que
la constitution du comité se ferait après consultation, et tout, mais je comprends très bien la volonté de le
mettre plus précisément. Je l'entends, ça aussi. Je regarde cependant... parce
que tantôt on disait que lorsqu'on crée ce comité-là, national, c'est, dans le
fond, la troisième... le troisième pilier qu'il me manquait à l'époque, quand
le législateur, en 2015, a créé ces comités, comités pour les anglophones, les personnes qui étaient... qui provenaient de
groupes ethnoculturels. Il manquait un troisième pilier, M. le Président, c'était
le pilier Premières Nations et Inuits.
Et quand je
regarde... puis, encore là, c'est juste pour nous guider dans notre réflexion,
M. le Président. À 420, on disait : «Un comité national dont la
formation est prévue par règlement du ministre est chargé de donner son avis au
ministre...» Je ne lirai pas la fin de l'article. Je fais juste vous dire qu'on
s'est inspiré... Cependant, je ne suis pas fermé du tout à cette réflexion, M.
le Président, quand j'entends les arguments qui ont été présentés. Là où je
lève ce que j'appellerais un drapeau jaune, pour moi, c'est quand on parle de
la constitution de ce comité-là et qu'on parle de représentants
élus. Puis ça, ma collègue ne sera pas surprise du tout, j'ai encore le même
drapeau jaune en tête, où je me dis :
OK, ça veut dire quoi? Ça veut dire qui, surtout, M. le Président? Et j'ai déjà
annoncé à ce micro, M. le Président, que j'avais cette intention de
faire un grand chantier avec les représentants pour se dire : OK, quand on
parle de représentants, ça veut dire qui? Qui on inclut? On ne pourra pas le
faire avant notre projet de loi, M. le Président.
Alors, je veux dire à
la collègue que je trouve ça fort intéressant. Mon petit drapeau jaune est sur
le... les termes «élus». Mais, encore une
fois, M. le Président, comme on s'est donné comme façon de travailler depuis le
début, je ne reviens pas sur la sémantique, sur les points, les
virgules. J'entends beaucoup plus l'intention qu'il y a derrière tout ça et je veux dire que je suis en réflexion à
ce qui m'a été présenté, tout en soulignant que, pour moi, «élus», c'est
une des choses que je vais vouloir regarder. Puis nous rappeler aussi que ce
qu'on avait présenté, c'était vraiment en concordance avec ce qui existait déjà
dans deux autres comités, mais je ne suis pas fermé du tout à ce qui m'a été
présenté, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Alors, merci, M. le Président. Donc, évidemment,
je comprends bien ce que ma collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
veut apporter. Un peu plus tôt aujourd'hui, j'ai tenté, avec une mouture un peu
différente, de préciser la composition du
comité. Pour moi, c'est plus important que de l'avoir uniquement par règlement.
D'autant que si... et j'invite M. le ministre et ses légistes à regarder le
tout, s'il y a un élément comparable dans le projet de loi n° 15, bien, évidemment, pour être cohérent dans la
législation, ça pourrait être une idée de s'en inspirer.
Pourquoi c'est
important pour moi et que j'appuie le sous-amendement de la collègue? C'est que
ce qu'on essaie de faire, les oppositions,
c'est d'obtenir une précision sur comment va être composé ce fameux comité
national. Qui va être là? Là, on a une mouture qui est un peu plus
précise. Et pourquoi c'est important? Bien, c'est parce que quand on regarde la
Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et qu'on
lit attentivement l'article 23, on dit notamment, dans la déclaration, que
«les peuples autochtones ont le droit de définir et d'élaborer des priorités,
des stratégies en vue d'exercer leur droit au développement, en particulier
d'être activement associés à l'élaboration et à la définition des programmes de
santé». C'est de ça dont on parle.
• (16 h 10) •
Alors, je
disais : Pourquoi c'est important? Bien, c'est parce qu'on essaie
d'obtenir une précision sur ce fameux comité
national, d'autant plus que, quand on regarde la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones, l'article 23 souligne clairement que «les peuples autochtones
ont le droit de définir et d'élaborer des priorités, des stratégies en vue
d'exercer leur droit au développement. En particulier, ils ont le droit d'être
activement associés à l'élaboration et à la définition des programmes de
santé».
Quand je regarde le
projet de loi n° 32, quand je regarde l'idée qu'a le législateur de
vouloir mettre le gouvernement... en fait,
de vouloir mettre sur pied un comité national sur la sécurisation culturelle,
il me semble que ce comité-là, les
composantes, les personnes qui pourront y avoir accès et qui vont y siéger
devraient être énoncées clairement dans la loi et pas uniquement par règlement.
Parce que ça envoie un message clair, d'autant plus que M. le ministre
nous disait : Bon, le Québec, c'est le premier Parlement qui regarde ça,
qui met ça de l'avant, etc. Bien, écoutez, quand on regarde ce qui se fait dans d'autres provinces, notamment en Colombie-Britannique, on voit également que le gouvernement de la
Colombie-Britannique a des travaux qui sont en cours pour la mise en oeuvre de
la déclaration des Nations unies, alors...
puis évidemment pas juste... pas juste la reconnaître par une motion, mais
faire en sorte que des dispositions et des articles soient véritablement
mis en oeuvre dans la législation de la Colombie-Britannique. Donc, j'invite le
ministre à s'en inspirer. Et je pense que l'amendement de la collègue de
Sainte-Marie-Saint—Jacques
a justement ce mérite de vouloir préciser qui
va faire partie de ce comité-là et je pense qu'en termes de sécurisation
culturelle, M. le Président, pour moi, c'est un minimum. Je vous
remercie.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
ministre.
M.
Lafrenière : Oui, merci, M. le Président, puis merci au collègue quand
il nous parle de cohérence au niveau législatif, parce que je suis d'accord
avec lui. Et c'est pour cette raison-là qu'on est devant deux faits,
aujourd'hui, M. le Président. On a le comité des usagers, puis je vous ai lu
tantôt, la façon, là, qu'il avait été constitué,
puis je disais, à juste titre, que la collègue s'en est très bien inspirée. On
a aussi, dans le projet de loi n° 15... pardon. Ça, c'est pour le
projet de loi n° 15.
Pour ce qui est des
comités, comité ethnoculturel, communauté anglophone, le collègue a raison
qu'en 2015, lorsque ça a été fait, il y a un grand oubli qui a été fait. C'est
vrai que les Premières Nations et les Inuits avaient été oubliés complètement. Aujourd'hui, on va le
corriger, M. le Président, on ne refera pas la même erreur, ça, c'est clair.
Pour nous, ça va de soi, il faut les considérer, il faut travailler avec eux.
J'ai entendu les arguments qui m'ont été servis de part et d'autre.
Et quand on parle de
cohérence, je veux encore une fois vous rappeler, là, qu'on est devant deux
articles, si vous voulez, c'est-à-dire la constitution des comités, on a, de l'autre
côté, le comité consultatif, là, pour des usagers. Ça fait que j'ai tout pris ça en note. J'ai bien entendu les
commentaires, mais je vous rassure, aujourd'hui, M. le Président, on
vient corriger une erreur du passé.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme
Massé : Oui. Bien, je comprends que c'est... vous faites référence à
2015. Je comprends tout à fait. Je ne le
sais pas comment, dans la loi, notre projet de loi n° 15, ces comités-là
ont transigé vers Santé Québec. Pour moi, on joue dans un autre film. En
2015, on n'était pas dans le même film. Même si vous avez raison, le racisme
systémique existait déjà envers les Premières Nations. On est... mais là il y a
quelque chose de nouveau. Ça fait que c'est pour ça que moi, je suis allée
m'inspirer de 2015.
Mais ceci étant dit,
j'ai plutôt intérêt à vouloir vous interpeler sur votre drapeau jaune avec les
représentants élus des Premières Nations, le mot «élus». Je sais fort
pertinemment, M. le ministre, que depuis très longtemps, c'est... parce que ce
n'est pas le premier projet de loi qu'on fait ensemble ou ce n'est pas la
première période de questions qu'on fait ensemble. Je le sais que c'est quelque
chose qui gosse, mais, en même temps, je me dis, c'est parce qu'à un moment
donné, il va falloir péter cette balloune-là. Moi, ce pourquoi je vous fais mes
grandes tirades puis que je vous parle de la déclaration des Nations unies,
etc., c'est parce que, malgré le fait que la Loi sur les Indiens est
complètement discriminatoire, puis ça, là, on ne se refera pas l'histoire ici,
malgré ce fait-là, il n'en demeure pas moins que ce que la déclaration nous
dit, c'est que les Premières Nations sont en droit de déterminer qui les
représente. Je vous relis l'article... woups, 18, je m'étais mise à la mauvaise
place, qui dit que «les peuples autochtones ont le droit de participer à la
prise de décision sur les questions qui peuvent concerner leurs droits — on
est exactement là-dedans — par
l'intermédiaire de représentants qu'ils ont eux-mêmes choisis, conformément à
leurs propres procédures.» C'est clair que, si je leur donne l'opportunité de
revisiter la Loi sur les Indiens, et j'espère qu'un
jour... en fait, je le sais qu'un jour on va le faire, parce qu'on ne fera pas
l'indépendance du Québec sans relever ce défi-là, d'essayer de rattraper
400 ans d'histoire, on ne fera pas ça comme... de façon qui annihilerait
tout le travail qu'on fait depuis des décennies, et particulièrement à
Québec solidaire, je dirais, mais pour le moment, leur ordre de gouvernement,
celui qui est consulté lorsqu'il est question de mines, celui qui est consulté
lorsqu'il est question de donner un nom à un
barrage, celui qui est consulté, c'est le gouvernement des autochtones en
place, même si la Loi sur les Indiens, ce n'est pas l'idéal.
Alors, moi, ce que je
viens faire ici, M. le ministre, je viens essayer de trouver un compromis. Puis
là c'est moi... Je ne suis pas sûre que les Premières Nations seraient très
contentes de ça parce que ça ne va pas dans le sens de la déclaration, mais moi, j'essaie de trouver un compromis, parce que
je vous entends, puis vous avez raison, les centres d'amitié autochtones
font un travail extraordinaire, sur le terrain, en matière de sécurisation
culturelle avec leurs cliniques. Moi, j'ai plein d'amis, en fait, même ici, à
Québec, qui sont... comment dire, qui sentent enfin qu'ils ont le droit d'être
malade parce qu'il y a une clinique de proximité avec les centres d'amitié. Je
conviens, c'est d'ailleurs pourquoi je ne parle pas exclusivement des élus.
Femmes autochtones du Québec... Femmes autochtones du Québec, en fait, en matière de santé, puis elles l'ont
très bien délibéré lors de la présentation de leur mémoire... puis «anyway»,
tu sais, je regarde la pétition qu'on a déposée à leurs côtés, l'exigence du
Principe de Joyce, elles s'en font vraiment des
ardentes défenseures parce qu'elles le savent que c'est les femmes qui mangent
particulièrement la claque dans le système
de santé. Parce qu'elles... leurs propres soins, on l'a vu avec les
stérilisations forcées, on l'a vu avec, malheureusement, ce qui est arrivé à Joyce, mais aussi par rapport aux
gens qu'elles accompagnent, leurs enfants, leurs aînés. Bref, elles
mangent la claque.
Et moi, comme
féministe, inévitablement, quand un système de santé... quand un système,
principalement, dessert des femmes ou quand les femmes sont celles qui
principalement ont recours à ces services-là, bien, je me dis, allons-y. Allons-y. Puis elles ont beaucoup à nous
apprendre, et surtout, elles ont l'expérience, dans leur vie quotidienne,
du système de santé qui est non sécuritaire. Joyce en est morte. On s'entend
tout le monde ici qu'on n'en veut pas d'autres. Et pourtant, des situations, il
y en a, depuis ce temps-là, qui se passent. Mais ceci étant dit, pour moi, ce
que je vous propose, là, M. le ministre, c'est quelque chose que moi, je vous
propose pour dire : Bien, regardez, on fait chacun un pas là-dedans, là.
Moi, je fais mon bout en disant : OK, ce n'est pas rien que les élus, puis
on les laisse choisir entre eux autres qui devraient être membres de ce
comité-là. J'amène aussi les gens hors communauté, de par leur expérience, je
pense notamment aux centres d'amitié et, bien sûr, Femmes autochtones du
Québec.
Alors, voilà, c'est
pour ça que je tiens au mot «élu». Je veux que vous y pensiez très
sérieusement, parce que... bien, parce que ça m'apparaît être un compromis
acceptable.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le ministre.
• (16 h 20) •
M. Lafrenière :
Merci beaucoup, M. le Président,
puis merci pour la collègue pour cette discussion fort intéressante.
Puis je veux juste
clarifier ce que j'ai dit tout à l'heure. Je n'ai pas de malaise à avoir des
élus, aucunement. C'est juste que ma réflexion... parce qu'encore là, des fois,
on se l'est dit, hein, on veut bien faire puis on peut mettre le pied dans quelque
chose de pire que ce qu'on ne veut pas créer. Ma réflexion est vraiment là.
J'ai parlé du grand chantier, je veux
rassurer tout le monde, ce n'est pas conditionnel au grand chantier. On doit
avancer. Alors, le grand chantier aura lieu par la suite, puis ce que la
collègue disait quand elle parlait des soins de santé pour les femmes, j'en
suis... j'ai visité plusieurs cliniques, justement, en milieu urbain, cliniques
de type Minowé. On en a plusieurs, et ça, c'est apprécié. C'est une solution fort intéressante. Alors, elle a raison
quand elle dit : Ce n'est pas exclusivement avec des élus, elle a
raison.
Moi, je vais vous
amener sur le terrain de ce qui se passe aujourd'hui, M. le Président, entre
autres, quand on parle de foresterie, puis ma collègue connaît bien le dossier.
Oui, j'ai le Conseil de la nation, j'ai le Conseil de bande, mais j'ai les représentants
des familles aussi qui veulent être entendus. Je vais donner d'autres exemples.
Il y a les mères mohawks qu'on a dû entendre dans d'autres dossiers.
Alors, ma réponse n'est pas non, c'est oui,
bonne réflexion. Je veux juste, à grands traits, devant les gens qui sont ici,
de dire, la raison pour laquelle on y réfléchit, c'est qu'on veut faire les
choses différemment puis on va être sûrs que ce qu'on crée ne cause pas problème.
Voilà la seule réflexion que j'ai, M. le Président, et c'est fort intéressant.
Puis je veux être sûr qu'on n'oublie pas personne, puis que nous-mêmes, on ne
donne pas plus de pouvoir à une loi que plusieurs décrient sur le terrain.
Alors, je comprends très bien ce qui nous est offert puis je vais y réfléchir,
mais c'est fort intéressant, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui, merci. Merci, M. le
Président. Moi, je vais aborder ça d'une autre façon, parce que, bon, on essaie... avec des sous-amendements, les oppositions,
pour élaborer, préciser la composition du comité. Ça semble être difficile de la part du gouvernement. Il va y
avoir un règlement par le ministre. Alors, qui voyez-vous, M. le ministre,
siéger au comité national? Nous, on vous a
fait toutes sortes de suggestions puis... Bien, moi, j'ai déposé un
sous-amendement, ça a été rejeté.
Alors, comment vous voyez ça? Parce que ma compréhension de l'exercice
réglementaire, c'est qu'une fois la loi qui est adoptée, à un moment
donné, le gouvernement va publier un règlement dans la Gazette officielle.
On va avoir 30 jours pour commenter, puis ça va être fini, puis ça, ça va
traiter de la sécurisation culturelle.
Ça fait que
pouvez-vous nous éclairer sur ce que vous avez en tête pour la formation,
création puis des membres du comité national?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Merci au collègue. Juste corriger, quand il a
commencé son préambule en disant que c'est difficile pour nous, je pense que
c'est difficile pour tout le monde. Puis la
raison pour laquelle on ne veut pas l'imposer, c'est que, par voie
réglementaire, M. le Président, on voulait le constituer avec des
représentants. C'est sûr que c'est plus difficile, mais ça demande d'être à
l'écoute des gens, puis c'est ce qu'on
voulait faire, M. le Président. Ce serait facile de vous dire : Voici la
liste, il va y en avoir six, puis c'est comme ça qu'on va décider au
gouvernement. Ce n'est pas l'approche qu'on a préconisée.
Je vois très bien ce qui m'est proposé
aujourd'hui. Je vais le redire, encore une fois, je suis à l'aise. Il me
dit : Est-ce que les gens qui sont là,
vous les verriez? La réponse, c'est oui. Mais la raison pour laquelle... Je
l'ai dit tout à l'heure, je veux vraiment qu'on se donne le temps, un,
puis deuxièmement, quand on le faisait par voie réglementaire, on ne voulait pas l'imposer, on voulait le faire
ensemble. Est-ce qu'on va arriver au même résultat? C'est la réflexion qu'on va avoir, M. le Président. Mais je veux le
rassurer quand il dit : C'est difficile de la part du gouvernement. C'est
difficile quand on veut s'assurer,
justement, d'entendre tout le monde, de faire les bonnes choses de la bonne
façon. On pourrait aller beaucoup plus vite, mais je ne suis pas sûr
qu'on y arriverait de la bonne façon. Ça fait que c'est la seule mise en garde
que je veux servir, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci. Autres interventions? Mme
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme
Massé : ...je ne voulais pas couper personne. J'ai trop de
papiers ici même. Vous avez raison, M. le ministre, quand on parle d'élus, on ne parle pas... on parle
de gens qui, selon la Loi sur les Indiens, très critiquable, qui sont... qui
jouent une responsabilité face à leur communauté. C'est vrai qu'en matière de
mines, de forêts, de toutes sortes d'affaires,
on a une responsabilité partagée, d'ailleurs, qu'il me semble, je ne voudrais
pas dire des niaiseries, là, mais la Cour suprême a reconnu, notamment
dans l'arrêté de... qu'il y a différents ordres de gouvernement. Puis même nous, en fait, on l'a reconnu dans nos traités, il
me semble, là, en disant : Les familles existent, puis il faut prendre le
temps, sur les territoires, en dehors des réserves, de... Mais là on est
dans le domaine des services publics, on est dans le domaine de la santé. Et là c'est vrai qu'il y a, d'ailleurs, des savoirs
traditionnels qu'on a vus un petit peu plus tôt, mais en termes de
responsabilité et d'imputabilité, c'est les gens des Conseils de bande élus qui
ont cette responsabilité-là.
Alors, je voulais juste mettre ça... rajouter à
votre attention. Et j'aimerais juste, avant qu'on se laisse, parce que ça fait
plusieurs fois que vous en parlez, j'aimerais que vous élaboriez un petit peu
plus sur votre vision du grand chantier. Je l'ai entendu plusieurs fois. Tu
sais, moi, je... tantôt, j'ai parlé de comment, à partir de 1985, l'Assemblée
nationale du Québec avait reconnu... puis là on est avant la déclaration des
Nations unies, on est avant... on est juste après, pardon, le rapatriement de
la Constitution canadienne, que nous voulons changer, je tiens à le dire. Je ne
suis pas en train d'encenser la Constitution
canadienne, mais on le... le gouverneur... l'Assemblée nationale du Québec,
pardon, avait déjà reconnu que les Premiers Peuples, Premières Nations et Inuits avaient besoin d'avoir un forum
permanent pour discuter politiquement de ces choses-là, de tout ce qui
les concerne.
Et donc, quand vous me parlez du grand chantier,
moi, je veux essayer de voir, là, est-ce que, dans le fond, on est
tranquillement en train de s'en aller vers ce qui est reconnu dans la
déclaration des Nations unies, c'est-à-dire le droit des Premiers Peuples de
déterminer eux-mêmes leur mode de représentation, etc. Et parlez-moi un peu de votre vision. Je ne vous demande pas de savoir à
quelle heure et combien de temps on va discuter de chaque chose, mais comment
vous voyez ça, la place des Premiers Peuples dans cette réflexion-là? Bref, j'aimerais
ça vous entendre.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci, M. le
Président. Puis la collègue a raison, parce que c'est hyperimportant, puis je vais déjà défaire une chose, ça ne sera pas ma
vision, parce que c'est clair, suite aux rencontres qu'on a eues avec les
groupes, qu'il va falloir qu'on le travaille
ensemble, puis de l'imposer, ça va être la pire chose qui va arriver, M. le
Président. Ça fait que sans arrêter là
abruptement, parce que ça ne serait pas une très belle réponse, je vais
continuer, mais il faut juste qu'on
comprenne que la première des choses, c'est de ne pas arriver avec notre
agenda, notre façon de faire. Puis la collègue a amené de très bons points
quand elle parle, justement, de cette demande qu'on a eue, d'avoir une
commission, commission permanente et tout. Je ne veux pas embarquer dans nos
travaux à l'Assemblée nationale, je vais laisser ça à d'autres, mais je
l'entends.
D'un autre
côté, M. le Président, là où je vous dis : Quand c'est complexe... Puis le
collègue de l'Acadie disait : Ça a l'air compliqué. C'est compliqué
parce que j'ai ça comme demande, puis quand j'arrive, exemple, dans notre projet de loi ici, il y a des groupes qui ont dit :
Ça ne nous correspond pas, la commission, on ne veut pas y participer.
Ce n'est pas une fin en soi, c'est pour expliquer à quel point, des fois, nos
systèmes ne sont pas à la même place. C'est
la main tendue que j'ai faite aux représentants de l'APNQL, aux représentantes
de FAQ, en disant : D'après moi, il
y a deux grandes questions auxquelles il va falloir répondre, et je l'ai fait
par écrit, ça fait qu'il n'y a pas de cachette. J'ai dit : Il va falloir décider ou, en tout cas, au moins
dialoguer ensemble pour savoir qui... quand on dit «les représentants»,
ça va vouloir dire qui, M. le Président.
Pour nous, comme gouvernement, mais, je pense,
pour tout le monde, ça va être important d'avoir cette discussion-là, parce qu'on le sait, ça va amener des passions, ça va
amener des frictions, on le sait, mais c'est le grand chantier que
j'ai... pour lequel j'ai tendu la main.
La
deuxième question, ça va être le comment, aussi, et surtout dans les
consultations... Puis en passant, M. le Président, l'APNQL nous avait
tendu la main aussi pour les consultations. On devait commencer prochainement à
discuter de ça. Moi, je pense qu'on peut
tous le faire ensemble en disant : OK. Qui? Qui ça représente puis comment
on va le faire? Parce que tantôt, je donnais l'exemple pour la
foresterie, vous pouvez comprendre que, si on a un conseil de nation, un conseil de bande et des représentants familiaux
du territoire, ça peut devenir complexe. Alors, au lieu d'attendre une problématique, la main tendue, ça veut dire :
On prend-tu un temps d'arrêt, ensemble, puis on se pose cette question-là, puis
on va aller au fond des choses? On verra, c'est une main tendue et non pas une
obligation. Mais je pense qu'on comprend bien, puis on l'a vécu dans ce projet
de loi, on a pris quand même beaucoup plus de temps qu'on fait d'habitude, c'est-à-dire entre les consultations
et le retour, on a pris plus de temps, on a essayé de trouver des solutions.
Une chose qui est claire : notre façon de faire est très loin des façons
qui sont privilégiées par les Premières Nations. Il faut se questionner.
• (16 h 30) •
Il faut
sortir aussi, des fois, des contradictions entre la commission permanente puis
la non-volonté de s'impliquer ici en disant : Nous autres, on ne
veut pas être là-dedans. Mais quoi de mieux que de le faire en dehors d'une
période où on a à faire une législation puis
de se dire : Écoute, comment on fait ça? Je veux vous entendre puis,
encore une fois, je veux juste être très clair dans ce que j'ai dit tout
à l'heure, je n'ai pas de malaise à avoir des élus. Je trouve ça très bien. Je veux juste qu'on prenne le temps d'y
réfléchir pour être sûr que ça englobe tout le monde. Mais ce grand, grand chantier
là que j'ai offert ne viendra pas régler ce qu'on a présentement à l'écran. Ça
sera dans un deuxième temps, et je l'ai déjà
dit aux collègues des oppositions, parce qu'on a très bien travaillé ensemble,
je ne suis pas fermé du tout, puis la
raison pour laquelle je dis «pas fermé»... puis je ne dis pas que je les
invite. Je veux que les gens des Premières
Nations, c'est-à-dire, l'APNQL et le FAQ, que j'ai déjà approchés, nous le
disent si c'est de la façon qu'ils veulent travailler. Je veux vraiment non pas
dicter puis imposer, prendre le temps. Puis je suis persuadé qu'ils vont dire
oui, mais vous comprenez, dans le message,
je trouve ça important de dire : Regardez, commençons par décider ensemble
comment on le fait, on va déterminer qui puis on déterminera comment.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée.
Mme Massé : ...idée de quand
est-ce que, dans votre livre à vous, on pourrait assister à ce chantier-là?
Le Président (M.
Bachand) : ...ministre.
M. Lafrenière : La main tendue
était le plus rapidement, je suis... je suis disponible, tout en indiquant que
ça ne venait pas régler ce sur quoi on travaille présentement. Encore une fois,
je pense qu'il faut donner... il faut donner le temps. Puis, M. le Président,
quand on parlait de la déclaration des Nations unies, par exemple, j'ai déjà offert,
dans le passé, d'avoir une grande rencontre à ce sujet-là. Ce n'est pas ce qui
a été privilégié. Je pense qu'il faut laisser le temps. De notre côté, on est
ouverts, puis je sais que mes collègues des oppositions seront disponibles
aussi. La balle est dans leur camp, puis laissons le temps de voir comment ça
va être reçu.
Sur la forme, honnêtement, je suis très, très,
très ouvert à ça. Puis, dans la lettre, ce que j'ai écrit, c'est le plus tôt
possible, tout en considérant que pour le plus tôt possible, ce n'est pas pour
moi, c'est pour eux, puis ce qui est possible pour eux, ce qui convient à eux,
et non pas leur imposer mon agenda à moi.
Mme Massé : C'est sûr que, moi
aussi, je vous dis dès maintenant que je suis très intéressée, parce que pour
moi, tout ce qui va nous permettre à faire des pas de plus dans notre capacité
de mettre un baume sur le passé, pas seulement en paroles, mais que ça
s'enracine dans du concret, avec les défis qui sont... et je les connais aussi,
des ordres de gouvernance qui comportent
leurs défis, les gens hors communauté, en communauté, les hommes, les femmes,
bref, je connais bien... Mais si... En fait, je vais même travailler, j'en
prends l'engagement aujourd'hui, je vais même travailler à faire en sorte que
ça puisse se réaliser dans les plus brefs délais, mais dans le sens de ce qui
conviendra à tout le monde, mais de ne pas attendre trop longtemps, parce que
ça fait déjà trop longtemps qu'on attend.
Donc,
M. le ministre, je comprends que vous allez réfléchir en ayant un petit flag
jaune sur «élu», mais ce n'est pas une fin de non-recevoir pour le moment sur
ça. Bien.
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Absolument, M. le Président. Alors, j'ai levé un petit drapeau jaune qui
nous a amenés à une belle réflexion, une
belle discussion. Je pense que ça va être prometteur pour ce grand chantier.
Puis, en terminant, M. le Président, juste nous rappeler que pendant
cette commission, pour ce projet de loi, on a reçu 15 groupes, 21 mémoires.
Ça démontre quand même l'étendue des groupes, des gens à considérer, puis ça va
faire partie de notre réflexion dans le grand chantier aussi. Merci, M. le
Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Y a-t-il
d'autres interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Rejeté.
Le
Président (M. Bachand) : Rejeté. Merci.
Alors, on revient à l'amendement du ministre. Y a-t-il d'autres interventions
sur l'amendement introduisant le nouvel article 2.1? M. le ministre.
M. Lafrenière : M. le Président, comme on
a fait depuis le début de ces travaux, je suspendrais mon amendement.
Le
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
consentement à suspendre l'amendement?
Des voix :
Consentement.
Le
Président (M. Bachand) : Consentement. Donc, M. le ministre,
pour la suite des choses.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, M. le Président... Est-ce que je dépose un amendement? 2.2,
c'est un amendement? Pardon, juste pour être sûr, parce qu'on a des
amendements, des sous-amendements. Je ne sais
pas comment les gens nous suivent à la maison, puis même nos invités qui sont
ici, ils doivent trouver ça dur aussi.
Alors, M. le
Président, je veux déposer un amendement à l'article 2.2 : Dans le
but d'améliorer l'approche de sécurisation
culturelle et les pratiques culturellement sécurisantes, le ministre formule
[des priorités...] les priorités — pardon — les
objectifs et les orientations de Santé Québec et des établissements du réseau
de la santé et des services sociaux et veille à leur respect et à leur
application.
M.
le Président, comme commentaire, l'amendement vise à prévoir que le ministre
établit les priorités, les objectifs et les orientations de Santé Québec
et du réseau afin d'améliorer l'approche de sécurisation culturelle et les
pratiques sécurisantes. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, interventions sur l'amendement? M. le député de
l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin :
...M. le Président. Donc, je comprends que l'amendement proposé par M. le
ministre, ça va se faire, donc, avec le
comité national sur la sécurisation culturelle. C'est ça? Non, moi, je
trouve... moi, je trouve ça génial que le ministre propose ça.
M. Lafrenière :
...
M. Morin :
Non, bien, je le sais, c'est pour
ça, je trouve ça super, M. le ministre. «Go for it», n'arrêtez pas. Heille!
quand j'ai vu ça, j'ai dit : Wow! quelle bonne idée. Génial!
M. Lafrenière :
...
Le
Président (M. Bachand) : M. le député d'Acadie,
oui, la parole est à vous. Ça va?
M. Morin :
Ah! bien, oui. Bien, écoutez, ramenez-moi ça, M. le Président, s'il vous
plaît.
Des voix : ...
M. Morin :
C'est pour ça que, quand j'étais en train de lire, M. le Président, je
trouvais que c'était bien bon, comme idée.
M. Lafrenière :
...
M. Morin : Non,
pas le vôtre. Donc là, je comprends, M. le... Bon, alors, ça, c'est
l'amendement de M. le ministre? Parfait, excellent. Merci. Alors donc,
je comprends que ce que vous avez en tête, M. le ministre, c'est qu'au fond «le
ministre — puis
on sait que, pour les fins de la loi, ça va être le ministre de la Santé et des
Services sociaux — formule
les priorités, les objectifs, les orientations de Santé Québec.» Pourquoi vous
le formulez de cette façon-là? Qu'est-ce que vous avez en tête? Comment vous
voyez ça?
Bon, écoutez, je ne m'en cache pas, j'ai un
sous-amendement que je vais présenter parce qu'il me semble que ça pourrait
être précisé davantage, mais donc, je comprends, là, que vous, vous voulez que
le ministre formule ça, là. Puis théoriquement, quand je lis votre amendement,
il pourrait formuler ça tout seul, les priorités, les objectifs, les
orientations de Santé Québec, en ce qui a trait à l'approche de sécurisation
culturelle.
M. Lafrenière : ...M. le
Président, mon collègue me demande comment on le voit, puis je pense que c'est
important de voir... de communiquer où on s'en va avec tout ça. Il y a deux
choses, M. le Président. Un, il y a l'imputabilité du ministre qui passe ces
commandes-là, mais c'est clair, clair qu'il va le faire conseillé par le
comité, le comité qu'on a mis en place.
Puis, M. le Président, on en a parlé ce matin,
mais je pense qu'on ne le dira jamais assez, c'est important de se rappeler le fonctionnement, comment ça va
s'opérer sur le terrain, de façon concrète. Alors, sur le terrain, M. le Président,
il va y avoir des mesures qui vont être établies, puis on ne reviendra pas sur
les articles qu'on a déjà faits, des mesures qui vont être établies sur le
terrain. Ça va être compilé dans un rapport, ce rapport-là va être transmis au
comité national, qui va conseiller le ministre, et c'est suite à tout ce
chemin-là, M. le Président, que le ministre va pouvoir mettre ses enlignements,
la façon qu'il veut travailler. Parce qu'au final, M. le Président, puis on a
déjà eu cette discussion-là ici, c'est lui
qui sera imputable. C'est lui qui sera imputable et, oui, il va avoir... il va
être conseillé par son comité national, mais c'est clair que du... au
niveau de la santé, il va y avoir d'autres impératifs aussi qu'il va recevoir. Alors, c'est lui qui va le... qui va les
déposer, qui va les proposer, et, par la suite, les établissements vont devoir suivre
cette commande-là.
Je le réitère, on en a parlé aussi plus tôt
aujourd'hui, au final, ça va être communiqué puis ça va être de façon très transparente. On en a parlé de la façon que
le rapport serait transmise. On a dit aussi que c'était pour être déposé dans cette Assemblée, que les... J'ai entièrement
confiance aux oppositions pour regarder ce qu'il se fait. Puis mon collègue, ce
matin, disait : Je ne veux pas être non plus de façon réactive, soyons
proactifs. Je pense que c'est ce qu'on fait. Pour
la première fois, on met une loi au lieu d'attendre de voir si ça répond ou
pas. Et, on le sait, sur le terrain, d'un endroit à l'autre, ça va être
différent, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de
l'Acadie, seriez-vous prêt à déposer votre sous-amendement?
M. Morin : Oui. En fait, oui,
je serais prêt à le déposer, tout à fait, M. le Président. Donc...
Le Président (M.
Bachand) : On va le mettre à l'écran.
M. Morin : ...sous-amendement 2.2.
Il est déjà... Non, pas encore. Pas encore, ça s'en vient.
Des voix : ...
• (16 h 40) •
M. Morin : Oui, il va revenir.
Ah! woups! D'accord, oui. Donc, je veux juste m'assurer que c'est le bon. Donc, alors, l'article 2.2 :
L'amendement introduisant l'article 2.2 du projet de loi est modifié par
l'insertion, après les mots «le ministre» de «, avec le comité national
sur la sécurisation culturelle,».
Alors, je propose ce sous-amendement là, M. le
Président, parce que j'ai écouté... j'ai écouté M. le ministre, qui
disait : Bien, écoutez, c'est sûr, ce qu'on a en tête, c'est que ce soit
fait avec le comité national. Donc, si c'est clair comme ça, bien, disons-le,
ça va être encore beaucoup plus explicite. Tout le monde va pouvoir connaître,
lire l'intention du législateur. Et ça m'apparaît important, et c'est pour ça
que je tiens à déposer ce sous-amendement-là.
M. le ministre, tantôt, parlait de
l'imputabilité et de la responsabilité ministérielle. Ça, je le comprends,
mais, pour moi, c'est un autre concept. C'est ça, entre autres, pourquoi les
Patriotes se sont battus, les rouges, à l'époque, donc Baldwin, LaFontaine et
tous les autres, Papineau. Mais là ce n'est pas de ça dont on parle. Ce n'est
pas de ça dont je parle. Ce que je veux
m'assurer... parce qu'évidemment, tu sais, quand c'est dit clairement, ça aide.
Le ministre vient de nous le dire que c'est son intention. Moi, je
l'invite, je l'invite à l'insérer directement dans la loi, parce que, de toute
façon, la loi va faire en sorte qu'il va y avoir un comité national sur la
sécurisation culturelle. Donc, il me semble que ce serait un geste tout à fait
important, transparent, de dire que le ministre, là, il ne peut pas formuler ça
tout seul, ces priorités-là. Puis, quand on
le met dans le texte de loi, bien, c'est clair pour tout le monde. Pour moi, je
vous dirai bien humblement que ce n'est pas redondant, c'est une
précision.
Et vous savez, c'est... Il faut énoncer... il
faut énoncer clairement ce qu'on veut faire. À ce moment-là, ça permet d'avoir
une intention claire de la part du législateur. Et c'est d'autant plus
important, j'y faisais référence tout à l'heure, M. le Président, et je reviens
à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones,
l'article 24, et surtout l'article 23 qui dit clairement que «les
peuples autochtones ont le droit de définir et d'élaborer des priorités et des stratégies en vue d'exercer
leur droit au développement, en particulier en ce qui a trait à l'élaboration
et la définition des programmes de santé».
Alors, si la loi crée
un comité national sur la sécurisation culturelle, il me semble que le minimum,
ça devrait être que, lorsque le ministre décide de formuler des priorités, des
objectifs et des orientations de Santé Québec, bien, il
le fasse avec son comité. Si, pour moi, le comité a un rôle, entre autres,
important à jouer, c'est à ce moment-là, pour
développer, justement, des priorités. Et, quand vous regardez dans la loi, à
2.1, ce que le comité national va faire, entre autres donner son avis,
prestation de services, approche de sécurisation culturelle, déploiement des
pratiques, l'impact des pratiques, il me
semble que, dans ses priorités, il devrait être capable de conseiller le
ministre. Et en plus, comme ça, bien, il me semble que, pour le ministre, ça
devrait être aussi sécurisant, si vous me permettez l'expression, parce
qu'il aura donc l'avis, l'apport du comité national qui va être... il va être
chargé de travailler sur la sécurisation culturelle. Alors, il me semble que
c'est cohérent.
Et j'ai aussi une
question pour le ministre, parce que c'était... ce n'est pas clair pour moi, et
j'espère que le ministre pourra formuler ça
avec le comité national, une fois les priorités, les objectifs et les
orientations faites. Si ce n'est pas respecté, est-ce qu'il va y avoir
des sanctions?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière :
Oui, merci. Merci, M. le Président. Et je reviens sur ce qui a été proposé
par le collègue quand il disait : Vous avez déjà dit que le comité était
pour être impliqué. Absolument, puis, si on se rappelle, à 2.1 qu'on vient de
faire, c'est très clair, quel sera le travail du comité. Quand on me dit, entre
autres, M. le Président, qu'il va devoir...
on dit «est chargé de lui donner son avis en matières suivantes : en
prestation de services, sur l'approche de sécurisation culturelle, sur
le déploiement, sur l'impact, sur des programmes de formation». C'est très
clair, dans ce qu'on vient de faire, que le comité aura ce travail. Je
comprends quand le collègue dit... Dans un cas comme la sécurisation
culturelle, ce ne sera jamais trop clair.
L'autre élément, M.
le Président, qu'on regardait quand on a proposé cet article... cet amendement,
pardon, c'est que, oui, il va être conseillé par le comité, mais il n'y aura
pas que ça. Puis on en a beaucoup parlé ce matin, M. le Président, quand
on disait l'importance de l'information qui arrive du terrain, comment ça se
passe sur le terrain. Alors, oui, il va être conseillé par le comité. Il n'y
aura pas que ça, il va avoir ce qu'il va recevoir du terrain aussi. Quant à
l'imputabilité et les sanctions que le collègue évoque, à savoir est-ce qu'on y
va avec une approche du bâton, présentement, ce n'est pas ce qu'on présente
devant vous, M. le Président. C'est l'approche qui est une approche où on
mobilise les gens, en matière de sécurisation culturelle, pour avoir une grande
imputabilité.
Puis je vous
rappellerais qu'annuellement, étant donné que toute cette information-là va
être transmise, que, d'un établissement à l'autre, on va voir les différences
de ce qui a été réalisé de ce qui ne l'a pas été. C'est clair que les PDG vont
être imputables puis c'est clair que le ministre va faire son travail avec les
différents PDG à voir ce qui a été fait puis ce qui n'a pas été fait.
M. Bachand :
Merci. Est-ce que...
M. Morin :
Alors...
Le
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y, M. le député de
l'Acadie. Pardon.
M. Morin :
Oui, merci, M. le Président. Mais ils vont être... ils vont être imputables
comment les PDG? Là, le ministre, oui, lui, il est imputable. Il a la
responsabilité ministérielle, il va siéger en Chambre, on va lui poser des questions. PDG, il est imputable comment? Vous
allez mettre ça dans ses ententes de rendement? Il va être évalué là-dessus?
S'il ne rencontre pas... Est-ce qu'il va y avoir quelque chose? Parce que moi,
ma crainte, c'est... Qu'est-ce qu'il va arriver, s'il y a un centre de services
hospitaliers qui décide : Bien, non, nous, ce n'est pas notre priorité, on
ne fait pas ça cette année, on fait un, deux, pas trois, quatre, cinq? Il
arrive quoi après? On laisse ça comme ça?
Évidemment, on va
poser des questions au ministre, c'est sûr. Mais Santé Québec va avoir un rôle
à jouer, puis on ne sait pas trop ça va être
quoi, le rôle de Santé Québec. Ça non plus, ce n'est pas clair. Donc, vous
comprendrez que je suis inquiet, comme membre de l'opposition, quand on
voit ça. Il semble... Vous ne semblez pas être d'emblée d'accord avec mon
sous-amendement, mais j'aimerais ça que vous soyez plus clair sur la mécanique
puis qu'est-ce qu'il va arriver dans le concret, sur le terrain.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Lafrenière :
Oui, merci, M. le Président. Puis je comprends quand mon collègue me dit :
Bien, écoute, il ne se passera rien et tout. Je vais reprendre les paroles de
mon collègue, parce qu'on le dit depuis le début, ce projet de loi là, je le porte, M. le Président, pour mon
collègue ministre de la Santé. Et, à ce micro, il l'a déjà dit, les PDG qui
ne répondent pas aux attentes vont être congédiés. Pas des amendes, pas une
tape sur les doigts, pas un message pas gentil,
ils seront congédiés. Mon collègue fait allusion à des primes de rendement. On
parle de congédier, M. le Président.
Alors, c'est vrai que
dans le passé, il y a des choses qui n'ont pas été faites. Là, on vient le
corriger. C'est la première fois qu'on va
mettre ça explicitement, la sécurisation culturelle. Ce ne sera pas des
amendes. Puis je reprends les paroles de mon collègue ministre de la
Santé, qui a dit : S'ils ne répondent pas, ils seront congédiés. Je pense,
il ne peut pas avoir plus imputable et plus direct que ça, et je reprends ses
paroles, M. le Président.
M. Bachand :
Merci. Autres interventions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé :
Je trouve que l'amendement. de mon collègue de l'Acadie vient, bien, dire
quelque chose que le ministre lui-même a dit, pas dans les mêmes mots, mais que
le travail de formulation des priorités, des objectifs et des orientations va se faire en collaboration avec
le comité. Alors, je trouve qu'il y a là une formulation qui est plus que
louable. J'entends cependant que, tu sais,
mettons, là, qu'on... pour fins de l'exercice, le comité est composé de
10 personnes, chaque instance dans les établissements ont aussi
leur petit groupe avec lequel ils travaillent, composé d'autochtones et
d'allochtones, pour faire atterrir, je dirais, dans cet espace-là,
institution-là, des pratiques sécurisantes.
Mais, en même temps, on l'a dit tantôt, les gens
du comité national, du comité de suivi... du comité national, pardon, de la sécurisation culturelle, on lui a
donné en 2.1 des mandats quand même assez spécifiques, là. Tu sais, dans le
fond, donne son avis sur les matières suivantes : la prestation de services
de santé aux membres des Premières Nations — bon,
bien, ça, c'est dans les établissements — l'approche
de sécurisation culturelle envers les Premières Nations et les Inuits, notamment le déploiement des
pratiques, probablement dans les établissements, l'impact de ces pratiques-là dans
les établissements, alors bref, ils sont au courant de pas mal d'affaires. Puis
même le rapport... en tout cas, on a senti
l'ouverture du ministre que le rapport qui allait être rédigé par les
établissements, mais, après ça, par Santé
Québec, allait être présenté à ce
comité-là. Somme toute, ce comité-là aura pas mal une bonne vision en matière
de sécurisation culturelle.
• (16 h 50) •
J'entends, tu sais, entre... dire, le ministre
va tenir compte, bien sûr, des... bien, du comité, mais il va tenir compte
aussi d'autres choses. Bien sûr, je n'en doute pas. Mais, en matière de
sécurisation culturelle, je pense que c'est ce comité-là qui va avoir...
s'assurer d'avoir la vue d'ensemble. Ça fait que moi, c'est dans ce sens-là...
Ce n'est peut-être pas la formulation idéale. Je ne sais pas s'il... il manque
peut-être entre autres... mais ça ne peut pas... puis vous l'avez dit
vous-même, M. le ministre, ça ne peut pas se faire sans... parce que, là, on
parle de faire des priorités, des objectifs
puis des orientations, bien sûr, d'une boîte qui n'est pas une boîte qui
appartient aux Premières Nations, là. Santé Québec, c'est une boîte...
c'est une boîte d'allochtones, mais c'est quand même la sécurisation culturelle
dans cette boîte-là. Et moi, à mon sens
aussi, j'ai tendance à appuyer l'amendement de mon collègue de l'Acadie
puisque... bien, puisqu'elle ne fait
que rappeler que le ministre n'aura pas le choix. Il faut... on rajoute
peut-être un «notamment». Non, ce n'est peut-être pas une bonne idée,
mais, en tout cas, vous... je pense que vous comprenez mon point, mais je suis
plutôt en faveur de... du sous-amendement de mon collègue.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Lafrenière : Oui.
Merci beaucoup, M. le Président, puis merci pour l'échange qu'on a ensemble. Je
reviens à 2.1, puis les collègues ont raison, hein, ça ne pourra pas se
faire sans l'apport de tout ce qu'on a nommé. C'est très clair, quand on va dans 2.1 puis on regarde les
pouvoirs, les devoirs qui ont été donnés... puis même, à la fin, on dit :
«Le règlement prévoit que les règles
de fonctionnement du comité, les modalités d'administration de ses affaires
ainsi que ses autres fonctions, devoirs et pouvoirs...»
Je pense que
le noeud est là, en ce sens qu'on donne les pouvoirs à ce comité-là, qui vont
voir ce qu'il se passe sur le terrain, qui vont être capables de le
remonter et que le ministre puisse, par la suite, produire ses priorités, ses
objectifs, ses orientations.
Puis ça revient à une petite discussion qu'on a
eue en début de projet de loi, M. le Président. On s'est dit : Pour le chemin, je pense qu'il y a beaucoup
d'ouverture, puis on l'a démontré. On a entendu des points, on se creuse la tête
pour le chemin et on est très flexibles. Pour la destination finale, on s'est
mis un objectif à atteindre. Clairement, pour nous, c'est le ministre qui doit
être non seulement imputable, qui doit présenter ces objectifs-là de rendement
envers ces PDG. Je viens de dire à ce micro en plus, je répète ce que mon
collègue de la Santé a déjà dit, que les PDG
qui ne livreront pas, puis je ne parle pas juste ici, en général, on ne les
gardera pas dans le système. Je pense, c'est un message qui est fort, M. le Président.
Je pense qu'au niveau de l'imputabilité, c'est... on ne peut pas y aller plus
fort que ça.
Et, encore une fois, je nous rappelle qu'on va
là où on n'est jamais allés. On fait un pas, on avance. Mais, pour moi, c'est
clair, quand je regarde 2.1, c'est très, très clair, le travail, le mandat
qu'on donne à ce comité-là. Puis moi,
j'ai... moi, j'ai confiance aux gens terrain pour remonter ce qui va bien... ce
qu'il va moins bien. Et j'ai confiance aussi,
M. le Président, que ça va être à géométrie variable, ça va dépendre d'un
endroit à l'autre. Les gens vont s'impliquer, vont voir comment ça va,
puis je crois qu'avec l'usage il va y avoir de l'implication.
Je reviens
sur l'exemple de Joliette, où c'était l'endroit qui était... On se rappelle
tous ce qu'il est arrivé. Il y a des mesures qui ont été mis en place,
qui ne sont pas parfaites, mais ça a avancé énormément, parce que les gens
terrain ont pris leurs responsabilités. Moi, j'ai confiance en ça.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Autres
interventions sur le sous-amendement?
M. Morin : Non, non. Merci, M.
le Président.
Le Président (M.
Bachand) : S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
M. Morin : Oui. Je vais vous demander
un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Merci. M. le
secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour,
contre, abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin Roy
(Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
Le Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, le
sous-amendement est rejeté.
Donc, on revient... ministre, introduisant le
nouvel article 2.2. Interventions? M. le ministre.
M. Lafrenière : ...Président,
j'aimerais m'entretenir avec mes collègues.
Le Président (M.
Bachand) : Oui. Parfait. Alors, on va
suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 16 h 54)
(Reprise à 17 h 02)
Le Président (M.
Bachand) : La commission reprend ses
travaux. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à l'amendement introduisant le
nouvel article 2.2? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté? Donc, l'amendement
introduisant le nouvel article...
M. Morin : ...
Le Président (M.
Bachand) : Excusez-moi, M. le député
d'Acadie. Je m'excuse. Vote par appel nominal, M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lafrenière (Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
Le Secrétaire : Mme Boivin-Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Pour.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Pour.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin (Acadie)?
M.
Morin : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Une voix :
...
M. Morin : Le
sous-amendement du ministre.
Le
Président (M. Bachand) : L'amendement
introduisant le nouvel article 2.2...
M. Morin : C'est
ça, par le ministre, et pas mon sous-amendement, mais...
Le Président
(M. Bachand) : Non, exactement.
M. Morin : Parfait.
Alors, contre.
Le
Président (M. Bachand) : OK. Merci.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Contre.
Le Secrétaire :
Et M. Bachand (Richmond)?
Le
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc,
l'amendement introduisant le nouvel article 2.2 est adopté. Donc, le
nouvel article 2.2 est adopté. Merci beaucoup. Alors, M. le ministre, pour
la suite des choses.
M.
Lafrenière : Merci, M. le Président. Article 3 : Le Code des
professions (chapitre C-26) est modifié par l'insertion, après
l'article 39.9, du suivant :
«39.9.1. Dans le but
de favoriser l'accès des autochtones aux services professionnels dans le
domaine de la santé mentale et des relations humaines et, en particulier, de
favoriser le caractère culturellement sécurisant de ces services, le gouvernement peut, par règlement et après consultation des
communautés autochtones concernées, déterminer les conditions et les
modalités [suivantes...] suivant lesquelles — pardon — des
autochtones, qui ne satisfont pas aux conditions
de délivrance d'un permis de l'un des ordres professionnels, peuvent exercer,
sur un territoire déterminé, les activités professionnelles réservées
suivantes :
«1° évaluer une
personne dans le cadre d'une décision du directeur de la protection de la
jeunesse ou du tribunal en application de la Loi sur la protection de la
jeunesse (chapitre P-34.1);
«2° évaluer un
adolescent dans le cadre d'une décision du tribunal en application de la Loi
sur le système de justice pénale pour les adolescents (Lois du Canada, 2002,
chapitre 1);
«3° déterminer le
plan d'intervention pour une personne atteinte d'un trouble mental ou présentant
un risque suicidaire qui est hébergée dans
une installation d'un établissement qui exploite un centre de réadaptation pour
les jeunes en difficulté d'adaptation.»
Et, M. le Président,
j'ai un amendement à présenter.
Le
Président (M. Bachand) : Oui, pour la
lecture, M. le ministre, s'il vous plaît.
M.
Lafrenière : Merci, M. le Président. Article 3 : Remplacer,
dans ce qui précède le paragraphe 1° de l'article 39.9.1
du Code des professions proposé par l'article 3 du projet de loi, «l'accès
des autochtones» par «l'accès des membres des Premières Nations et des
Inuit», «communautés autochtones concernées» par «Premières Nations, des Inuit et des ordres professionnels concernés»,
«lesquelles des autochtones» par «lesquelles des membres des Premières Nations et des Inuit» et «sur un territoire
déterminé» par «dans une réserve indienne, dans un établissement où vit une
communauté autochtone ou sur les terres de
la catégorie I ou de la catégorie I-N au sens de la Loi sur le régime des
terres dans les territoires de la Baie-James et du Nouveau-Québec
(chapitre R-13.1)».
Commentaires.
L'amendement vise à référer aux membres des Premières Nations et aux Inuits. Il
vise également à obliger que les
ordres professionnels soient consultés dans l'élaboration du règlement visant à
déterminer les conditions et les modalités suivant lesquelles les
membres des Premières Nations et les Inuits pourraient exercer des activités
professionnelles visées. Il détermine les territoires dans lesquels ces activités
seraient exercées.
Le
Président (M. Bachand) : Donc,
interventions sur l'amendement du ministre? Mme la...
M. Morin : ...
Le
Président (M. Bachand) : Oui, M. le
député. Allez-y, M. le député de l'Acadie, oui.
M. Morin : Merci,
M. le Président. Donc, un sous-amendement, à l'article 3, tel qu'amendé
par M. le ministre.
Le
Président (M. Bachand) : Oui, on va le
mettre à l'écran.
M. Morin : Oui.
Le
Président (M. Bachand) :
...petit problème technique. On
va suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 07
)
(Reprise à 17 h 08
)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le Président.
Alors, le sous-amendement que je propose, à l'article 3, se lit de la
façon suivante : L'amendement modifiant l'article 3 du projet de loi
est modifié par :
1° l'insertion, après «l'accès des membres des
Premières Nations et des Inuit», des mots «santé mentale» par «santé physique,
mentale, émotionnelle et spirituelle»;
2° le remplacement de «communautés autochtones
concernées» par «Premières Nations, des Inuit et des ordres professionnels concernés» par les mots «peut, par règlement et
après consultation des Premières Nations, des Inuit et des ordres
professionnels concernés» par «doit, par règlement et en corédaction, notamment
avec des membres désignés par les Premières Nations, et les Inuit, et des
ordres professionnels,».
• (17 h 10) •
Voilà. Donc, cet amendement-là, je le propose
parce que, suite aux consultations que j'ai fait avec différents groupes, et
dont Femmes autochtones du Québec, on m'explique que, quand on parle de santé
ou de santé mentale, il serait préférable, pour avoir un concept qui correspond
à une réalité, chez les membres des Premières Nations et les Inuits, de parler de santé physique, mentale,
émotionnelle et spirituelle. Donc, ça engloberait tous ces aspects-là. Vu que
ce projet de loi là vise évidemment à
sécuriser culturellement le réseau de la santé, il me semble qu'il serait
important qu'effectivement les
Premières Nations et les Inuits puissent se reconnaître et être capables de
poser des gestes, parce qu'ici on veut modifier évidemment le Code des
professions, donc, pour permettre, dans des territoires désignés, à des membres
des Premières Nations de poser certains actes qui, par ailleurs, pourraient
être réservés par d'autres ordres
professionnels. Donc, ça vise à, encore une fois, rendre le texte plus... mieux
adapté à la réalité des Premières Nations et des Inuits.
Puis, bien, pour le deuxième sous-amendement,
bien, évidemment, c'est cohérent avec ce que je demande depuis qu'on a commencé à étudier le projet de loi, c'est-à-dire que le
processus d'élaboration soit conjoint, soit mené avec les Premières
Nations et les Inuits. D'ailleurs, c'était une des recommandations qui a été
faite par, et je cite, la Commission de la santé et des services sociaux des
Premières Nations du Québec et du Labrador. Et je fais référence à leur
mémoire, qui a été déposé à la commission, la page 16 plus
particulièrement, quand on dit, bon... ils suggèrent d'amender l'article 39.9.1, où nous sommes présentement, afin que
ce soit «suivant une entente conclue par un processus d'élaboration conjointe
mené avec les communautés et les organismes autochtones concernés. Il faudra
donc de nombreuses analyses — c'est ce qu'on nous mentionne — et
modifications additionnelles, compte tenu évidemment de l'ensemble de l'exercice des professions au Québec afin que ça
respecte le principe de sécurisation culturelle.» Donc, mon
sous-amendement vise à être plus inclusif.
Et j'ai également une question pour M. le
ministre, parce qu'évidemment, pour moi, ça doit se faire avec les membres des Premières Nations et des Inuits, mais
évidemment, et le texte le dit, il va y avoir une consultation avec les
ordres professionnels. Est-ce que ça voudrait dire que certains ordres
professionnels auraient, si vous me permettez l'expression,
M. le Président, comme un droit de veto, en invoquant, par exemple, la sécurité
du public pour faire en sorte que
certains membres, dans des communautés autochtones, ne pourraient pas poser
certains gestes? Alors, c'est une question que j'ai pour M. le
ministre, et voilà la raison pour laquelle je dépose ce sous-amendement. Je
vous...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le député
d'Acadie. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Pour un petit élément de contexte, je pense, qui est
important, aujourd'hui... se rappeler qu'en 2009 on avait le PL 21, qui
venait, justement, là, au niveau du Code des professions, amener certaines
choses, et on vient le corriger aujourd'hui. C'est à la demande de plusieurs
groupes, M. le Président.
Mais avant de continuer l'échange entre nous, je
sais que mon collègue adore les avocats, alors j'ai un légiste qui attend avec
impatience de prendre parole. Avec le consentement de mes collègues, on
pourrait entendre notre légiste, M. le Président.
M. Morin : ...pas causer aucune
discrimination, là, avocats et notaires, c'est très important.
Le Président (M.
Bachand) : En parlant de Code des
professions... Alors, est-ce qu'il y aurait... est-ce qu'il y aurait
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement. Donc, je vous
inviterais d'abord à vous présenter. Vous avez la parole après.
M. Chenier (Christof) : Christof
Chenier, avocat à l'Office des professions.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Chenier (Christof) : Donc,
notamment en ce qui a trait à la question de la santé mentale... Est-ce qu'on
m'entend bien?
Le Président (M.
Bachand) : Oui.
M. Chenier (Christof) : En ce qui a
trait à la question de la santé qu'on veut décrire, c'est certain que... je
comprends que c'est un terme qui est... les termes additionnels sont utilisés
dans une autre section du projet de loi. Or,
ici, on vient vraiment modifier le Code des professions. En l'espèce, dans le
Code des professions, le terme le «domaine de la santé mentale et des
relations humaines» fait référence directement au PL 21, qui a été évoqué,
et à certaines activités professionnelles réservées, notamment celles qu'on vient
autoriser via cette habilitation réglementaire là. Donc, ce serait inapproprié de changer cette expression-là parce que
c'est une expression qui est propre au droit professionnel.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci. Merci,
M. le Président. Puis effectivement, quand on regarde les trois cas d'espèce qu'on a devant nous, c'est vraiment des
cas reliés à la santé mentale. Et c'est vrai, hein, ce qui est proposé par le
collègue, ça fait vraiment référence à tout ce qu'on a discuté depuis le début
de ce projet de loi, il a totalement raison.
De façon très précise, à l'article 3, on vient changer le Code des
professions pour trois actes précis qui ont rapport avec la santé
mentale.
Ceci étant dit, je vais embarquer aussi sur le
deuxième volet de ce qui est présenté, M. le Président. Quand on dit «doit, par
règlement, en corédaction, notamment avec des membres désignés par les
Premières Nations, les Inuits et les ordres
professionnels», puis, je m'excuse, je vais utiliser le même terme, l'effet
pervers de tout ça, c'est qu'avec ce sous-amendement, les PNI feraient
partie de ce choix d'autorités réglementaires, de concert avec le gouvernement
et les ordres professionnels. Donc, on les rendrait conjointement... Ils
seraient conjoints dans l'obligation de le faire. Et cette obligation-là, au
PNI, de s'entendre avec le gouvernement, sans quoi ils ne respecteraient pas la
loi, on vient de les mettre un petit peu en porte-à-faux, M. le Président. Tout
ça, en comprenant le pourquoi, parce que, depuis le début, on parle de
travailler ensemble, de travailler... absolument, mais là, dans ce cas précis,
c'est l'effet négatif qui prévalait, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de l'Acadie...
M. Morin : ...commentaires, d'autres
interventions, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce que vous avez d'autres interventions sur le
sous-amendement? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Non, ça va aller.
Le
Président (M. Bachand) : OK. Merci. Donc, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Vote par appel nominal. Merci
beaucoup. M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme
Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire :
M. Lemieux (Saint-Jean)?
M. Lemieux :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme Haytayan (Laval-des-Rapides)?
Mme
Haytayan : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé :
Abstention.
Le Secrétaire :
Et M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, le sous-amendement est rejeté. Donc, on revient à
l'amendement du ministre à l'article 3. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons... Oui,
M. le ministre.
M.
Lafrenière : Je demanderais, un instant, d'ajourner juste un petit
instant, s'il vous plaît.
Le
Président (M. Bachand) : Avec plaisir.
Alors, on suspend quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
17 h 16)
(Reprise à 17 h 28)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! Merci beaucoup. La
commission reprend ses travaux. M. le ministre, s'il vous plaît.
M.
Lafrenière : Merci, M. le Président. Alors, une discussion... je veux
rappeler que, bien que, pour les gens qui nous écoutent à la maison, ça puisse
avoir l'air extrêmement technique, M. le Président, c'est extrêmement humain
dans les résultats qui sont demandés. On en parlait tout à l'heure à micro
fermé, je vais prendre une minute pour le rappeler, M. le Président. On donnait
plusieurs exemples au Nunavik, où, présentement, on a un jeune qui est suicidaire dans un établissement. Il n'y a
personne qui peut l'évaluer. On a besoin d'une personne rapidement qui est là.
On veut reconnaître ses compétences
culturelles, langagières. Ça fait que c'est pour ça qu'on y va avec ça
aujourd'hui. Puis je veux remercier l'ensemble des joueurs, des acteurs
qui sont là, des ordres aussi, M. le Président, parce qu'on innove, on fait
quelque chose de différent.
Ça fait longtemps que
c'est demandé, depuis 2009. Aujourd'hui, on y va puis le législateur envoie
tout un message en le mettant dans ce projet de loi sur la sécurisation
culturelle, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Autres interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix. Appel nominal? Non. OK. Alors donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement à l'article 3 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. On revient à
l'article 3 tel qu'amendé. Autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 3, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre, pour la
suite des choses.
• (17 h 30) •
M.
Lafrenière : Merci, M. le Président, puis merci aux collègues. On a
réussi à avancer rondement. On fait les changements qui sont importants. Et je
sais que mes collègues des oppositions aimeraient qu'on revienne à
l'article 0.1, qu'on a déjà suspendu, M. le Président, et, pour continuer
notre réflexion, j'aimerais bénéficier de cet éclairage,
de ce qu'ils veulent nous apporter aujourd'hui. Alors, M. le Président... qu'on
revienne à 0.1, s'il vous plaît.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Donc, on avait un amendement
à 0.1. Donc, est-ce que l'amendement...
Consentement pour réouvrir l'amendement?
Une voix : ...
Le
Président (M. Bachand) : Oui. Est-ce qu'il
y a consentement pour revenir à l'article 0.1?
Consentement. Alors, merci. Interventions
à ce moment-ci? M. le député d'Acadie.
M. Morin : Merci. Merci, M. le
Président. Ça, ça ne marche pas.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'on est sur
l'amendement? On est sur l'amendement?
M. Morin : C'est le sous-amendement
qui a été envoyé, mais qui n'est pas arrivé encore.
Le Président (M. Bachand) : OK.
On vient de le recevoir, on va le mettre... Si vous voulez commencer à le lire,
M. le député d'Acadie, on va le mettre au...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Oui, s'il vous plaît. Merci
beaucoup.
M. Morin : ...mais ce n'est pas
celui-là. Non, mais je peux commencer à le lire quand même, là.
Le Président (M.
Bachand) : S'il te plaît... S'il vous
plaît, oui.
M. Morin : Parce qu'en fait, je
comprends que dans nos... dans notre approche, dans notre travail depuis le début de l'étude article par article, M. le
Président, M. le ministre, bien, on est sortis évidemment du cadre plus formel.
On a eu bon nombre de discussions, et je comprends que, si on a suspendu
certains articles, c'est parce que M. le ministre, éventuellement, aura,
comment dirais-je, des gens à consulter et qu'on reviendra éventuellement.
Donc, pour aider M. le ministre dans sa
réflexion et dans les échanges qu'il pourra avoir avec certains de ses
collègues, c'est un élément que je veux soulever, parce qu'on a déjà discuté
amplement du Principe de Joyce, de la discrimination systémique, du racisme
systémique, concepts qui nous ont été soulevés en commission, concepts... état
de fait, état de la situation, pas uniquement un concept, mais l'état de la
situation qui a été reconnu par la commission Viens, et je comprends que...
parce que, M. le ministre nous le disait, les mots «racisme systémique»,
«discrimination systémique» font en sorte que certaines personnes appliquent
les freins quand on parle de ça.
Je l'ai dit, je le répète, la notion de racisme
systémique, ce n'est pas de reconnaître ou de dire que quelqu'un est raciste.
Ce n'est pas ça, mais c'est que, dans une institution, il peut y avoir des
politiques, des directives qui font en sorte
qu'il y a des résultats, il y a des décisions qui vont être prises, puis, dans
le cas des Premières Nations et des Inuit, ça a été des décisions au
niveau de la santé qui ont eu des effets dramatiques chez des femmes
autochtones, et c'est le fruit d'une institution. Alors, ça semble poser
problème.
Donc, je reviens à la charge, mais avec un autre
concept, et je veux le soumettre avant qu'évidemment M. le ministre continue sa
réflexion. Ce qu'on nous a souligné, ce qu'on nous a dit et ce qui a été
utilisé en Colombie-Britannique, plutôt que de «racisme systémique», c'est de
«racisme et discrimination spécifique à l'égard des Premières Nations et des Inuit». Ça a été évoqué par différents groupes
où... quand on a eu nos discussions. Donc, moi, avant de clore la
journée, c'est un élément que je voulais remettre sur la table pour permettre
et pour alimenter la réflexion de M. le
ministre, pour voir si ça ne pourrait pas être une voie de passage qui ferait
en sorte qu'on pourrait avancer. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Je ne me souviens pas...
Désolé, M. le député, est-ce que vous avez lu votre sous-amendement?
M. Morin : Oui, je l'ai lu, le
sous-amendement. Je peux le relire.
Le Président (M.
Bachand) : OK, juste pour le... être
certain, là. OK.
M. Morin : Oui, je peux... Tout à
fait, tout à fait. Alors :
L'amendement introduisant l'article 0.1 du
projet de loi est modifié par :
1° l'insertion dans le premier alinéa, après les
mots «équitable et sans», des mots «racisme et»;
2°
l'insertion dans le premier alinéa, après les mots «discrimination» des mots
«spécifique à l'égard des Premières Nations et des Inuit».
Et, si je ne l'avais pas lu, là, M. le
Président, c'est clair. Merci. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci beaucoup. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M.
Lafrenière : Merci. Merci, M. le Président. Puis le collègue en
a fait mention, c'est un terme qui est utilisé ailleurs au Canada, on l'a entendu. Ça a été mentionné entre autres par
le Dr Vollant. Et je comprends ce que mon collègue nous dit, puis je l'ai déjà annoncé, hein, ça fait
partie de la réflexion. Mais ce qu'il m'invite comme réflexion aujourd'hui, il
me dit : M. le ministre, on
l'a... on en a parlé dans le préambule. Moi, je propose de l'inclure à 0.1. C'est ce que j'entends
aujourd'hui, M. le Président. Alors, effectivement, ça m'aide dans ma
réflexion. Je pense que le collègue a bien compris la...
j'étais pour dire «le débat», mais ça n'a pas été un débat, la discussion qu'on
a eue sur le racisme systémique. Puis on a toujours dit qu'on n'était pas
fermés, hein, il faut être capable de s'en parler.
Alors,
je reçois ce que le collègue propose puis je comprends qu'ultimement il y a
deux possibilités aussi. Il y a le préambule ou il y a
l'article 0.1, puis je comprends aussi ce qui est proposé. Alors, tout ça
fait partie de la réflexion, puis je l'en remercie.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Autres
interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention... M.
le ministre, oui.
M. Lafrenière :
Je demanderais de suspendre un
instant, M. le Président. Juste un point technique que je veux vérifier
avec mes collègues.
Le
Président (M. Bachand) : Alors, on va
suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
17 h 36)
(Reprise à 17 h 47)
Le
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions
sous... le sous-amendement du député d'Acadie? S'il n'y a pas d'autres
interventions, nous allons procéder à sa mise aux voix.
Une voix :
...
Le Président (M. Bachand) : Parfait, merci. Oui, donc, vote par appel
nominal, M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Lafrenière (Vachon)?
M.
Lafrenière : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Contre.
Le Secrétaire :
M. Lemieux (Saint-Jean)?
M. Lemieux :
Contre.
Le
Secrétaire : Mme Haytayan (Laval-des-Rapides)?
Mme
Haytayan : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé :
Pour.
Le
Secrétaire : Et M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc le sous‑amendement est rejeté.
Donc, on revient à l'amendement du ministre. Y a-t-il d'autres
interventions? M. le ministre.
M. Lafrenière : M. le Président, comme il n'y a pas d'autre intervention, qu'on a eu
une bonne discussion qui amène à réflexion, je vous demanderais de
suspendre l'article 0.1 pour poursuivre ma réflexion, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement?
Consentement. Merci. Donc, est-ce qu'il y aurait consentement pour réouvrir le
préambule? Excusez, non...
M.
Lafrenière : Vous me devancez.
Le Président (M.
Bachand) : Je suis allé trop vite. Désolé, M. le ministre.
Allez-y, allez-y.
M. Lafrenière :
C'est parfait. On est comme ça, là, on fait les choses différemment, M. le
Président. Parce que oui, pour les gens qui
nous écoutent à la maison, quand on prend des pauses comme ça, on parle de ce
qui s'en vient, comment on fait nos travaux.
Alors, M. le
Président, j'aimerais, avec le consentement, revenir au préambule, parce que,
oui, les collègues ont manifesté leur volonté de nous parler du
préambule, et j'ai une envie incroyable de les entendre.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Donc, il y a consentement... Est-ce que je comprends qu'il y a
un consentement pour réouvrir le préambule tel qu'amendé?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Alors, interventions sur le
préambule? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
• (17 h 50) •
Mme Massé : C'est... vous lisez,
dans ma tête, M. le Président. M. le Président, bien, en fait, juste rappeler,
pour le bien des gens qui nous écoutent, que ce n'est pas toutes les lois au
Québec qu'il y a un préambule. Il n'y en a pas
une tonne, mais lorsque le gouvernement du Québec s'est mis à légiférer pour
les premières... pour parler de réalités qui concernent les Premières Nations, je pense notamment à la
loi 79 concernant la divulgation d'informations sur les enfants qui sont
disparus dans le système de santé ou qui sont décédés, on trouve ça important
de mettre un préambule. Puis je
remercie le ministre d'avoir, d'entrée de jeu, mis au jeu un préambule, bon,
qu'on cherche à bonifier. On a déjà commencé une première discussion la
dernière fois... la semaine dernière, pardon.
On continue de cheminer là-dedans, mais je
voulais comme rappeler à prime abord, aux gens qui nous écoutent, l'importance
du préambule. Parce que le préambule, au-delà de tous les échanges qu'on a eus
depuis une semaine, c'est vraiment l'esprit, c'est vraiment comme la vision qui
est en arrière et ce qui nous amène à définir la loi telle qu'on l'adoptera éventuellement.
Et donc c'est
pourquoi, M. le Président, je vais déposer, vous l'avez déjà reçu, un
amendement... un sous-amendement,
pardon, pour faciliter la discussion, là. J'ai tout mis dans le même texte, ne
sachant pas combien de temps j'aurais.
Alors, je vais le lire tranquillement, parce que, là, j'ai du temps, mais on
pourra après ça en discuter par bloc. Donc, oui, il est à l'écran, alors, je
vous lis ceci, je vous lis mon sous-amendement :
Le préambule, tel qu'amendé, est modifié
ainsi :
1° par l'ajout,
dans le deuxième alinéa, après les mots «repose sur» les mots «la
reconnaissance de la discrimination propre aux Premières Nations et
Inuits ainsi que du»
2° par l'ajout, après le troisième alinéa,
l'alinéa suivant :
«Considérant la Recommandation générale
no 39 de l'année (2022) sur les droits des femmes et des filles
autochtones du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des
femmes — de
l'acronyme — (CEDAW/C/GC/39) — une
instance de l'ONU pour vos informations;
3° pour... par
l'ajout, pardon, dans le quatrième alinéa, après les mots «cette approche»
les mots «dans l'amélioration de l'équité d'accès en santé»; et
4° par le remplacement, dans le
quatrième alinéa, des mots «parmi les revendication du Principe de Joyce»
par les mots «dans les pratiques fondées sur des preuves et par le Principe de
Joyce».
Je vais vous lire qu'est-ce que ça donnerait. Je
pense que ça va faire plus de sens que la façon de fonctionner avec les
amendements. Ça donnerait ceci :
«Considérant que, dans la prise en compte des
droits des usagers de recevoir des services de santé et des services sociaux
adéquats, les membres des Premières Nations et les Inuit doivent être
distingués des autres usagers puisqu'ils forment des nations ayant une histoire
et une culture distinctes;
«Considérant que l'approche de sécurisation
culturelle repose sur la reconnaissance de la discrimination propre aux
Premières Nations et aux Inuit ainsi que du principe de justice sociale et
qu'elle contribue à favoriser des liens de confiance avec les membres des
Premières Nations et les lnuit;
«Considérant que la Commission d'enquête sur les
relations entre les Autochtones et certains services publics recommande la mise
en oeuvre de l'approche de sécurisation culturelle par les établissements du
réseau de la santé et des services sociaux;
«Considérant la Recommandation générale
no 39 (2022) sur les droits des femmes et des filles autochtones du Comité
pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW/C/GC/39);
«Considérant l'importance de cette approche dans
l'amélioration de l'équité d'accès en santé pour les membres des Premières Nations et les Inuit, laquelle a notamment été
mise de l'avant dans les pratiques fondées sur des preuves et par le
Principe Joyce;».
Alors,
permettez-moi de prendre quelques instants pour décortiquer cet amendement-là,
et je commencerais... ce qui ferait suite à ce que mon collègue de l'Acadie
mettait au jeu plus tôt, c'est-à-dire que je pense que le ministre a été assez
clair dans la discussion, au tout début, qu'on ne retrouverait pas, dans ce
projet de loi là, une quelconque reconnaissance du racisme systémique, de la
discrimination systémique. Et le ministre parlait même de la nécessité de cheminer ensemble, et je pense que c'est ce
qu'on a fait, notamment avec nos très résilients alliés des Premières Nations, qui,
dans les faits, souhaitent voir une reconnaissance quelconque. C'est sûr que
leur 100 %... Puisqu'une multitude d'instances au Québec, à travers la
planète a déjà reconnu que les Premières Nations et les Inuits sont victimes de
discriminations vraiment spécifiques, juste
parce qu'ils sont des autochtones, juste parce que leur plaque
d'immatriculation de voiture est sur une
réserve... et là ce n'est pas dans le système de santé, mais c'est pour donner
un exemple encore de discrimination.
On a discuté, on a réfléchi, et je viens
aujourd'hui avec cette proposition où, dans le fond, je pense qu'il n'y a personne qui n'est pas capable de reconnaître que
les premiers peuples sur... dans nos services publics, et particulièrement
au niveau de la santé et des services
sociaux, vivent une discrimination qui est vraiment spécifique et propre à eux
autres.
Bon, mon collègue utilisait le mot «spécifique».
Ici, c'est le mot «propre». L'important, c'est que... En tout cas, moi, comme une des contributrices à
l'élaboration de cette loi-là, je ne peux pas finir ce processus-là sans qu'il
y ait, à quelque part, une reconnaissance. Puis je suis vraiment
reconnaissante envers les gens avec lesquels j'ai travaillé en fin de semaine, d'avoir essayé de sortir de la
boîte, puis dire : OK, comment on peut aller? Et mon collègue en faisait
état, et ça, c'est intéressant... Je veux dire, la Colombie-Britannique
a aussi sorti de la boîte en parlant de discrimination et de racisme spécifiques aux Premières Nations et
aux Inuits. Il y a aussi la Nouvelle-Écosse qui a rédigé une loi qui vise à, justement, éliminer le racisme systémique, et
surtout, un plan d'action qui vise à éliminer le racisme systémique envers les Premières Nations, les autochtones. Bref, le
Québec n'est pas tout à fait le premier, là. Ça, il faut être capable de le reconnaître
en toute humilité, il y en a qui sont allés de l'avant.
Parce que,
peut-être pas sur la sécurisation culturelle, mais puisque le premier pilier de
la sécurisation culturelle, c'est de reconnaître que les Premières
Nations et les Inuits vivent du racisme et de la discrimination systémique dans
nos systèmes, bien, je propose, peut-être,
là, encore une fois, dans mon premier... dans mon sous-amendement, pardon,
mon premier paragraphe, quelque chose que j'aimerais voir avec le ministre
si... bien, comment il réagit à ça. On cherche,
hein, c'est ça qu'on fait, là, on cherche pour essayer de voir comment on peut
avancer là-dedans. Donc, j'aimerais entendre le ministre sur,
spécifiquement, cette question-là. Je prendrai les autres considérants plus
tard, là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Juste vous dire
que c'est un amendement parce que... le préambule, l'amendement était déjà
adopté, donc c'était un article complet, donc... Mais c'est un petit détail, ce
n'est pas plus grave que ça. Alors, M. le ministre, sur l'amendement de la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
M. Lafrenière : Merci. Merci, M. le
Président. Puis je vais vous avouer que, pendant deux instants, j'étais perdu moi-même parce qu'on a tellement parlé de
cette définition-là, je pensais même que ça avait été déposé. Donc, ça
faisait partie de ma réflexion, déposée ou pas, c'est ce que je veux vous
rassurer, M. le Président. Ce qui se dit, quand on a des échanges, pour moi, ça
fait partie de la réflexion.
Je trouvais ça intéressant, à prime abord, parce
que c'est la première fois, je voyais... je voyais tout ça, puis honnêtement,
ça demande un peu de recul, ça demande une réflexion, mais, à prime abord, je
vous dis, quand je vois premièrement l'effort qui est fait, de dire... puis je
reconnais ce que M. Vollant a fait, dire : Regardez, ça a été utilisé
ailleurs, ça peut amener une piste. Je
trouve ça intéressant. Je ne peux pas me... je ne peux pas aller plus loin
là-dedans, M. le Président, outre le fait que je confirme aujourd'hui
que je réfléchis à cet élément-là.
• (18 heures) •
Je vais me permettre, même si ma collègue n'a
pas fait de commentaire sur son deuxième ajout, je vais quand même donner un
premier retour à ça en disant, la première des choses, M. le Président, c'est
qu'on va en prendre connaissance. Et mon
équipe est très, très heureuse de savoir qu'il y a un autre devoir qui va se
rajouter pour eux, ça va être de lire tout ça. On va le faire ensemble.
On veut comprendre ce qu'il y a dans tout ça, parce que c'est ça qui est
important, hein? Puis oui, dans un considérant, on peut faire les choses
différemment, on peut aller ailleurs, clairement, mais c'est sûr que je veux
m'assurer, de notre côté... Parce que je pense que c'est ce que ça nous invite,
M. le Président, ma collègue nous invite en
disant : Écoutez, il y a une recommandation qui a été faite, elle est
importante, prenez-en connaissance. Ça fait que c'est bien la première
chose qu'on va faire.
Puis, M. le Président, je vais laisser mes
collègues revenir sur les deux autres points, mais je veux juste revenir sur
quelque chose qui a été mentionné. Quand on dit des préambules, il n'y en a pas
dans toutes les lois, puis je l'avais déjà dit, mais je revenir, juste vous
donner un exemple, M. le Président, de ce qui a déjà été fait : la Loi sur
la laïcité de l'État, Loi sur l'Assemblée nationale, la Charte de la langue
française, la Charte des droits et libertés de la personne, Code de procédure
civile, Code civil du Québec et le projet de loi n° 79. Ce sont des
exemples, mais il n'y en a pas beaucoup d'autres que ça, des exemples marquants
où il y a un préambule.
Ce que je veux vous dire, ici, M. le Président,
on ne peut pas évaluer notre projet de loi aujourd'hui par le nombre
d'articles. Il change... il fait des changements profonds. Et en aucun moment
on n'était dans une course contre la montre pour dire : Nous serons les
premiers au Canada. Ma collègue a bien fait de le mentionner en disant :
Il y a d'autre chose qui a été faite ailleurs. Cependant, je continue de dire
aujourd'hui, M. le Président, qu'il y avait urgence
d'agir. On le sait, on se l'est fait demander par la commission Viens, on se
l'est fait demander par plusieurs groupes, avec raison. Je me rappelle très bien le Dr Vollant en commission qui
est venu me dire... quand je lui ai demandé est-ce qu'il était tard, il
a dit : Il n'est pas minuit moins cinq, il est minuit et cinq.
Alors, considérant tout ça, on est dans les
considérants, considérant tout ça, ça nous appelle à la vigilance et avancer.
Et je confirme que ce sont des points, là, qui sont dans ma réflexion après
avoir fait la lecture de cette recommandation générale, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie.
M.
Morin : ...merci. Merci, M. le Président. Alors, écoutez, depuis
le début que l'on travaille à ce projet de loi en étudiant les articles un
après les autres. On a essayé par différentes voies, souvent en sortant du
cadre, en invoquant différents arguments, que, si
on parle de sécurisation culturelle, ça passe par le Principe de Joyce, et puis
ça, ça passe par la reconnaissance du racisme systémique puis de la
discrimination systémique. Je l'ai dit un peu plus tôt, il n'y a pas... il n'y
a pas d'ouverture de la part du gouvernement pour ça. Donc, on essaie, avec ma
collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et moi-même, de trouver des voies de passage autres. J'ai tenté, avec
un sous-amendement à l'article 0.1, ça a été rejeté. La collègue
essaie maintenant dans le préambule.
Comme
je l'ai dit au départ, le préambule, ça ne fait pas, comme tel, partie de la
loi. Quand la loi va être adoptée éventuellement dans le corpus
législatif, le préambule ne sera plus là, mais ça donne quand même une très
bonne idée, dans tous les travaux qu'on a faits, dans tout ce qu'on a amené
comme arguments, ça donne une très bonne idée de ce qui devrait être
l'intention du législateur. Donc, j'appuie évidemment la démarche de ma
collègue la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour qu'il y ait au moins une reconnaissance. Et ça, ça nous a été
suggéré, et c'est une voie de passage qui nous a été... on a été invités
à l'utiliser, donc, la reconnaissance de la discrimination propre aux Premières
Nations et Inuits.
Et,
pour moi, c'est une évidence, parce que, d'abord, ce n'est pas anecdotique,
c'est documenté, il y a énormément eu de recherches, il y a la
commission Viens. D'ailleurs, si on parle aujourd'hui de l'importance d'un
projet de loi avec un préambule, ce qui est
assez rare dans le corpus législatif québécois, puis qu'on parle de
sécurisation culturelle, bien, c'est
sûrement parce qu'il y a un problème dans le système, sinon on ne serait pas là
à en discuter. Et on a consacré de
nombreuses heures à en parler, et, là-dessus, je remercie M. le ministre qui
nous a écoutés et qui nous a évidemment permis d'essayer de cheminer
puis de marquer des points dans ce domaine-là.
Pourquoi
c'est important de le reconnaître... donc, d'une reconnaissance ou d'une
discrimination propre? Bien, c'est
parce que, si on revient aux travaux puis si on revient au rapport de la
commission Viens, on nous le dit, et je cite notamment la page 390 : «Plusieurs témoins autochtones ont
affirmé que les approches des soins et des types d'intervention
préconisés dans le réseau de la santé et des services sociaux ne répondent pas
à leurs besoins.» Ils ont une relation difficile
avec le système. Ce n'est pas moi qui l'invente, on parle de plusieurs témoins.
Et, quand on regarde le rapport de la commission Viens, ça apparaît à
plusieurs reprises, que ce soient des mesures non adaptées, que ce soient des
traitements discriminatoires dont ont subi les membres des Premières Nations,
et en particulier souvent des femmes. Donc, il faut, je pense, qu'on soit
capables d'agir, de mettre un jalon.
Et le fait de vouloir
modifier le préambule pour qu'il y ait au moins cette reconnaissance-là... qui,
je pense, je vous dirais, M. le Président,
au Québec puis au Canada, là, c'est une évidence, je pense qu'on n'a plus à en
faire la preuve, donc. Et encore là, dans le rapport Viens, on le dit,
craintes des personnes autochtones, expériences malheureuses dans les centres
hospitaliers. Donc, il me semble que ce serait là... et j'invite M. le ministre
à regarder, réfléchir, en discuter, il me semble que ce serait là un jalon important,
puisqu'on parle de sécurisation culturelle, et qui camperait véritablement
l'enjeu pour qu'on soit capables après d'apporter des remèdes qui soient
efficaces. Et c'est la raison pour laquelle
j'appuie le... en fait, l'amendement qu'a déposé la collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui.
Bien, écoutez, M. le ministre, c'est sûr que, si vous n'aviez pas encore pris
connaissance de ces recommandations faites par le... un comité de l'ONU, hein,
qui concernent, de façon spécifique, les femmes autochtones, dans la
convention, pour l'élimination de la discrimination envers les femmes
autochtones, donc, c'est tout à votre
honneur de dire : Bien, je vais prendre le temps de le regarder pour mieux
comprendre. Mais, dans les faits, vous allez voir, c'est juste... ça
soutient globalement tout ce qu'on apporte depuis un certain temps à l'effet
que les femmes sont particulièrement victimes dans le système de santé. Et
c'est d'ailleurs pourquoi on revenait avec ça. Je sais, l'autre fois, j'étais arrivée avec des histoires, des articles, la
déclaration des Nations unies, et vous m'avez... bon, je reviens... je ne suis pas revenue avec ça
aujourd'hui, je reste centrée sur les discussions que j'ai eues avec les
Premières Nations.
Au niveau du
troisième et quatrième ajouts, j'aimerais vous expliquer plus l'esprit,
puisque, dans les faits, ce qui est important, dans le dernier considérant que
vous-même vous aviez amené, c'est d'essayer de mettre ce que les Premières Nations et les Inuits considèrent comme
étant des preuves irréfutables. Et ils ne sont pas les seuls, parce que
la coroner... coroner...
Des voix :
...
Mme Massé :
Kamel, Kamel, voilà. J'ai tout mis son nom ensemble, ça ne marche pas, désolée.
Mme Kamel nous disait et nous rappelait que les situations vécues par les...
que ce qui s'est vécu dans la situation de Joyce était une preuve comme quoi il y avait du racisme systémique dans nos
institutions et qu'il fallait s'y attaquer. Alors, je pense que, dans mon dernier... dans le dernier
paragraphe, où l'essence était déjà là, de ce que vous vouliez apporter, je
viens ajouter la question de l'amélioration de l'équité d'accès en
santé, parce que c'est ça, le grand objectif. En fait, c'est comme un objectif.
C'est ça, le grand objectif, c'est de permettre une meilleure équité en santé
pour les personnes autochtones, et particulièrement les femmes, comme on le
disait avant.
Et l'autre élément
que j'amène, qui se lit ainsi : «Laquelle a notamment été mise de l'avant
dans les pratiques fondées sur des
preuves»... parce que la sécurisation culturelle, ce n'est pas des pratiques
qui se fondent seulement sur des
théories. C'est aussi à partir du vrai vécu de vraies personnes, et donc, par
conséquent, de l'inclure comme en disant : Bien,
nous, comme allochtones, on prend acte, on reconnaît que, dans les faits, ce
que... le Principe de Joyce nous guide, vers où il nous guide, c'est parce que
ça s'appuie sur du vécu, sur du jour à jour, et etc.
• (18 h 10) •
Alors, c'est pourquoi on pensait, en ajoutant
ces deux éléments-là, celui de mettre l'objectif... c'est-à-dire d'améliorer
l'équité d'accès en santé, et de clarifier que les pratiques fondées sur des
preuves et aussi fondées sur le Principe de Joyce... sont des pratiques qui
vont nous permettre d'atteindre cet objectif-là. Alors, c'est pour ça que je
portais à votre attention ces éléments-là après en avoir discuté largement en
fin de semaine.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Autres interventions?
M. le ministre, s'il vous plaît.
M.
Lafrenière : Oui, merci. Merci, M. le Président. Et j'ai deux
petits commentaires rapides, M. le Président.
Quand on parlait de l'amélioration de l'équité
dans l'accès à... l'accès en santé, pardon, à l'article 0.1, qu'on a
suspendu, parce qu'on continue notre réflexion, on disait : «Aux fins de
la présente loi, la sécurisation culturelle est une approche qui consiste à
mettre en oeuvre un ensemble de pratiques qui visent à assurer, pour les
membres des Premières Nations et des Inuit,
un accès équitable et sans discrimination aux soins de santé et de services
sociaux.» C'est ma première réponse, mais, encore là, ça n'empêche pas
la réflexion, mais pas du tout. Je voulais quand même le partager au collègue.
Et, pour ce qui est du point deux, quand on
parlait des recommandations générales... bien entendu, on va regarder de façon spécifique le numéro 39,
mais quand on parle de ce rapport, c'est beaucoup plus large, M. le Président.
On parle d'«adopter des mesures efficaces pour reconnaître et protéger
juridiquement les terres, les territoires, les ressources naturelles, la propriété intellectuelle, les connaissances
scientifiques, techniques et autochtones, les informations génétiques et héritages culturels des peuples
autochtones». Alors, oui, ça va me demander une bonne lecture, mais, de
façon spécifique, je vais regarder la recommandation 39.
Alors, je vous remercie, je remercie les
collègues. Et, comme on a réussi à poursuivre cette réflexion-là de façon générale, M. le Président, j'aimerais
remercier les collègues, collègues des oppositions, collègues de la banquette
ministérielle, qui nous ont permis d'avoir
de bons échanges, de grandir dans tout ça, les équipes. Alors, merci, M. le
Président, et merci aux collègues pour ce qu'ils nous ont amené
aujourd'hui. Bien entendu, ça va faire partie de notre réflexion.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y
a d'autres interventions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Bien, tu prendras le mot
de la fin, André.
Le Président (M.
Bachand) : Ah! M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...
Mme Massé : Bien, en fait, oui, moi,
je tiens à remercier les équipes qui ont travaillé d'arrache-pied, qui ont
assisté à nos délibérations. Et, comme moi, je suis certaine que vous avez très
hâte de voir les réflexions du ministre, et
du ministre de la Santé, et du ministre des Relations avec les premiers
peuples. Parce que, et c'est un peu l'expérience que je vois, moi aussi,
je vais avoir à réfléchir sur comment je... avec un peu de recul, comment je
fais la synthèse ou le bilan de l'exercice on vient de faire.
Mais c'est sûr que je ne peux pas d'entrée de
jeu me faire une tête quand je ne verrai... tant et aussi longtemps que je ne verrai pas ce qui en
ressortira. Mais j'ai entendu, à plusieurs moments, je vous ai entendu, M. le
ministre, dire «là-dessus je vais y penser», «là-dessus je vous
entends». On a délibéré aussi à micro fermé pour essayer de faire en sorte
qu'on arrive... parce que, oui, il y a une urgence d'agir. Là-dessus, je pense
qu'on s'entend, il y a une urgence d'agir depuis très longtemps, et on va
regarder... Bref, on va attendre avec impatience. Mais prenez votre temps pour
que ça frappe juste là où on voulait que ça frappe, là, par exemple. Tu sais,
si vous avez besoin... besoin de deux, trois jours de plus, là, pour être sûr
qu'on va marquer nos points comme opposition, prenez votre temps. Mais, blague
à part, prenez-en pas trop, parce que je le sais que c'est la vie de personnes
qui sont en jeu, et ça, c'est important. Merci, M. le Président, aussi.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de
l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, merci, M. le
Président. À mon tour, bien, je voudrais remercier M. le ministre et toute son
équipe qui... et les collègues de la banquette gouvernementale qui ont répondu
à nos questions, on en a eu plusieurs, qui
ont fait preuve aussi d'ouverture dans ce qu'on leur a proposé. Merci à ma
collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques. On est... on a utilisé des
processus où on est sortis des sentiers battus. On a même eu des rencontres, je
vous dirais, très fructueuses, qui nous ont
permis, en tout cas, de cheminer dans nos réflexions. Merci aux collègues de la
recherche qui sont évidemment... font un travail exceptionnel.
Je voudrais
aussi remercier tous les membres, les groupes, les associations des Premières
Nations et des Inuits qui ont collaboré avec nous. Quand on a commencé
l'étude article par article, je me souviens, quelqu'un a dit, à un moment donné : Bien, c'est parce que, là, le
train, il est sur les rails, il est parti, il n'est plus... il n'est plus en
gare, il faut le rattraper. Et il y a eu beaucoup d'ouverture de la part
de plusieurs de ces groupes-là. Il y en a d'ailleurs plusieurs qui ont suivi nos travaux dans les tribunes et qui ont alimenté
nos réflexions. Puis je tiens à le souligner, parce que tout le monde a
travaillé fort pour essayer de faire en sorte que ce projet de loi là soit
amélioré le plus possible.
Je ne veux pas mettre de pression sur les
épaules de M. le ministre, mais quand même un gros travail de réflexion à
faire. Et j'espère que... on dit souvent : la nuit porte conseil... que
les jours qui vont venir vont faire en sorte
qu'il y aura non seulement une réflexion, mais qu'il continuera dans son
cheminement. Parce que, j'en conviens, ce projet de loi là est
important, et c'est rare qu'on a le privilège de travailler sur de tels projets
de loi, mais je ne voudrais pas qu'on rate, évidemment, cette possibilité qu'on
a aujourd'hui de faire avancer les choses et de le faire dans la bonne
direction.
Alors, merci
beaucoup, M. le Président. Comme toujours avec votre équipe, vous avez présidé
nos travaux jusqu'à maintenant d'une main de maître et vous le faites
avec beaucoup de brio. Et bonne réflexion, M. le ministre.
Le Président (M.
Bachand) : J'aurais la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
oui.
Mme
Massé : ...juste pour être certaine, M. le ministre, là, on
suspend, là, ce préambule-là, là, ce... mon sous-amendement, mon... Ah!
seigneur, mon amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Bien, j'arrivais... M. le
ministre, oui.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M.
le Président. Puis, en même temps, ça permet d'expliquer à l'écran ce qui a été fait depuis le début de nos travaux.
Alors, ce qui a été proposé, c'est qu'on va le soumettre au vote. Je ne sais
pas quel sera le résultat. Et, par la suite,
je vais le suspendre le temps de réfléchir. Et, comme on a fait pour tous les
autres, quand nous reviendrons, on verra, là, quel sera le fruit de la
réflexion.
Mais je veux que ce soit très, très clair, ça
n'empêche pas, au contraire, la réflexion, et voilà pourquoi je vais suspendre. Par la suite, on verra ce qui arrivera,
là, du résultat, mais on le suspendrait, parce que ce qu'on ne veut pas,
c'est le voter aujourd'hui, M. le Président. On a une réflexion à avoir.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, je comprends qu'on est
rendus maintenant à la mise aux voix de l'amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Alors, la mise aux voix par vote...
Mme Massé : ...
Le Président (M.
Bachand) : ...nominal, oui. M. le
secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin Roy
(Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : Et M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement
est rejeté. M. le ministre.
M.
Lafrenière : Merci, M. le Président. Alors, comme on a fait
pour l'ensemble de ces articles, je vous demanderais de suspendre le préalable... le préambule, pardon,
le temps de continuer la réflexion... je voulais dire, la réflexion qui sera
préalable à notre retour ici. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Donc, il y a consentement? Consentement. Merci. Autres interventions? S'il n'y
a pas d'autre intervention, je comprends qu'on peut évoquer l'article 165.
Donc, en vertu de l'article 165 du règlement, je fais motion pour que la
commission ajourne ses travaux. Est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté.
Et, compte
tenu de l'adoption de cette motion, la commission ajourne ses travaux au
mercredi 18 septembre 2024, à 11 h 15, où elle va
entreprendre un autre mandat. Merci. Bonne soirée.
(Fin de la séance à 18 h 18)