Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, October 9, 2024
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Vol. 47 N° 86
Clause-by-clause consideration of Bill 67, An Act to amend the Professional Code for the modernization of the professional system and to broaden certain professional practices in the field of health and social services
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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LeBel, Sonia
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Cliche-Rivard, Guillaume
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LeBel, Sonia
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Caron, Linda
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Caron, Linda
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Cliche-Rivard, Guillaume
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Caron, Linda
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Bachand, André
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LeBel, Sonia
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Caron, Linda
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Bachand, André
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LeBel, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Caron, Linda
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Cliche-Rivard, Guillaume
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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Caron, Linda
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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Cliche-Rivard, Guillaume
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LeBel, Sonia
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Cliche-Rivard, Guillaume
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LeBel, Sonia
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Caron, Linda
11 h (version révisée)
(Onze heures quinze minutes)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! Bon
matin à tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 67, Loi
modifiant le Code des professions pour la modernisation du système
professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques professionnelles
dans le domaine de la santé et des services sociaux.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par M. Allaire
(Maskinongé); Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis) est remplacée par Mme Caron
(La Pinière); et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
17859 Le Président
(M. Bachand) :Merci beaucoup. Avant de
débuter les remarques préliminaires, je dépose les mémoires reçus depuis la fin
des auditions, soit du doyen de pharmacie de l'Université de Montréal, M. Simon
de Denus, et de la doyenne de la pharmacie de l'Université Laval, Mme Julie
Méthot, le... du Réseau Québécois des Pharmaciens en groupe de médecine
familiale... médecine de famille, pardon, de <i>médecins novateurs
Canada, de la <i>fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation,
de l'Ordre des chimistes du Québec, les résidents en pharmacie pour la
spécialisation en pharmacie, L'Union des producteurs agricoles, la Coalition
des psychologues du réseau public québécois et de même que l'Association des
chiropraticiens du Québec. Et donc, c'est un total de combien, M. le
secrétaire?
Le Secrétaire : ...
Le Président (M.
Bachand) :Donc, c'est un total de 62 mémoires
que la commission a reçus.
Donc, nous en sommes maintenant aux
remarques préliminaires. Mme la ministre, s'il vous plaît... Oh! Motions
préliminaires. Désolé.
Le Secrétaire : ...
Le Président (M.
Bachand) :Je suis dans le préliminaire,
excusez, de l'étude détaillée. Alors, je me mêle dans mes mots. Alors donc, on
va débuter par les remarques préliminaires. Mme la ministre, s'il vous plaît,
pour 20 minutes.
Mme LeBel : On est dans
la bonne... Merci, M. le Président. Je vais me permettre de saluer, là, les
gens qui m'accompagnent de ce côté-ci pour vous les présenter, naturellement. J'ai
Mme Dominique Derome, qui est la présidente de l'Office des
professions<i> et qui est accompagnée de toute son équipe, qui va être
capable de nous aider, nous éclairer, nous faire progresser dans nos
discussions au moment de l'étude détaillée.
Je suis très contente qu'on soit rendus à
l'étude détaillée. On a eu quand même de bonnes consultations. J'ai certains
amendements à proposer suite aux consultations. Il y a eu des choses à... qui
ont été soulevées, là, qui étaient de l'ordre de la forme, quelquefois, de l'ordre
du fond, dépendamment des dossiers. Donc, il y aura... Je peux vous dire que j'ai
déjà, avec les équipes, des amendements qui seront proposés au fur et à mesure.
Je veux... je veux remercier mes <collègues...
Mme LeBel :
...des
amendements qui seront proposés au fur et à mesure. Je veux... je veux
remercier mes >collègues, d'ailleurs, de la banquette, Simon Allaire de Maskinongé,
qui est particulièrement mon adjoint parlementaire dans ce dossier-là et qui
m'aide pour la modernisation et les consultations du système professionnel. Et
je veux remercier mes collègues de l'opposition pour leur participation aux
consultations, mais aussi d'avoir accepté qu'on... qu'on procède par blocs ce
matin. Je pense que, pour des questions de logique, de procéder par thèmes,
quant à moi, c'est toujours une bonne façon de faire, mais ça prend le
consentement de tout le monde. Alors, je souligne l'ouverture et le
consentement.
C'est un grand chantier qu'on a mis en
place en mai 2023 pour moderniser le système professionnel qui a plus de
50 ans. En même temps, on veut aussi élargir les professions, surtout dans
le domaine de la santé, pour pouvoir offrir de meilleurs services en première
ligne aux citoyens du Québec. Et c'est un premier pas qu'on fait avec les
pharmaciens et le diagnostic en santé mentale pour cinq des professions qu'on...
qu'on a nommées, là, au cours des consultations. C'est des changements qui sont
nécessaires. Je le répète, c'est un premier pas. On veut continuer à progresser
dans ce sens-là.
Il y a encore beaucoup de discussions à
avoir avec les ordres des différents groupes intéressés. Certains ont soulevé,
pendant... parmi... pendant les consultations, des enjeux de gouvernance, à
titre d'exemple, pour aller plus loin. Je veux juste rassurer mes collègues, ça
fait partie de... des dossiers avec lesquels on travaille avec l'office, le CIQ
et les ordres concernés. Et on continue à travailler sur la modernisation.
Donc, ce n'est pas terminé, mais ce n'est pas nécessairement l'objet du projet
de loi n° 67. Parce que, dans le projet de loi n° 67, vous voyez bien
qu'il y avait un consensus, et je dirais même presque unanimité sur les
mesures. Il y a quand même des choses à améliorer dans les principes qui sont
mis sur la table, et on... c'est avec plaisir qu'on va le faire aujourd'hui
avec mes collègues, et qu'on commence, M. le Président.
Donc, je veux remercier tout le monde pour
leur travail, pas... qui nous a amené jusqu'ici et le travail que nous allons
faire pour se rendre jusqu'à la fin de ce processus-là, qui est toujours
satisfaisant quand on le fait correctement. Et je sais que mes collègues de
l'opposition sont dans la même optique que moi. On va discuter, on va discuter
avec ouverture puis on va trouver des solutions. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, Mme la
ministre. M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
19253 M. Morin : Oui.
Bonjour, M. le Président. Très heureux de vous retrouver, n'est-ce pas, en
cette commission, on a... on a presque un abonnement. Alors, c'est toujours
agréable de travailler ici, à la Commission des institutions. Permettez-moi
d'abord de saluer Mme la ministre, Mme Derome, présidente de l'Office des
professions<i>, les collègues de la banquette gouvernementale, ma
collègue la députée de La Pinière, mon recherchiste, M. Bourret, qui
travaille avec nous dans l'aile parlementaire, et les collègues... en fait, le
collègue de l'opposition.
• (11 h 20) •
C'est... Je vous dirais, M. le Président,
dans mes remarques préliminaires, d'abord, premièrement, je n'ai pas... je n'ai
pas d'objection du tout à ce qu'on fonctionne par blocs. Il y a un projet qui
nous a été soumis par Mme la ministre, et... et ça me convient, on va... on va
commencer, on va travailler comme ça. Ce sera probablement plus utile pour la
conduite de nos... de nos travaux. Et, au fur et à mesure qu'on... qu'on
étudiera évidemment les... les articles de ce projet de loi important, on aura
évidemment, bien sûr, l'opportunité de poser des questions à Mme la ministre,
et, bien sûr, de lui suggérer des... des amendements.
J'ai écouté avec attention les remarques
préliminaires de Mme la ministre, qui parle... qui parle d'ouverture, de bonne
collaboration. Je suis... je suis heureux de l'entendre, parce qu'effectivement
c'est dans cette optique que j'aborde ce projet de loi et que ma collègue et
moi, la députée de La Pinière, l'avons... l'avons abordé. On l'a dit, le...
le projet de loi est un pas, un petit pas, mais un pas, je pense, dans la bonne
direction. Alors, ça va être important pour nous, de l'opposition officielle,
de pouvoir dialoguer avec la ministre pour voir justement quels sont les pas
que nous pouvons faire de plus pour améliorer davantage le projet de loi.
C'est un sujet qui... qui est important.
On parle du Code des professions, bien sûr, mais on parle de modernisation du
système professionnel visant l'élargissement de certaines pratiques
professionnelles dans le domaine de la santé des services sociaux. Et, M. le
Président, là je pense que tout le monde est... est pas mal au courant au
Québec, dans le domaine de la santé, il y a plein de gens qui ont de la
difficulté à avoir accès à des médecins de famille, des gens qui sont sur des
listes d'attente. D'ailleurs, mon collègue le... le député de Pontiac, qui est
le porte-parole de l'opposition officielle en matière <de...
M. Morin :
...le...
le député de
Pontiac, qui est le porte-parole de l'opposition officielle
en matière >de santé, a posé de très nombreuses questions au ministre de
la Santé sur la situation dans le réseau. Il y a des gens à qui on parle qui
voudraient, évidemment, avoir un médecin de famille dans le domaine public, et
ils attendent depuis des années. Certains ont été obligés de se tourner vers le
privé, parce qu'ils n'avaient pas le choix, parce qu'à un moment donné on a
besoin de soins.
Ça fait que vous comprendrez que la façon
dont on aborde le projet de loi 67, c'est, entre autres, pour s'assurer
que... puisque le Parlement est saisi d'un projet de loi qui touche au domaine
de la santé, on va être capables de faire des avancées pour faire en sorte qu'on
puisse le plus possible travailler à donner accès, à des Québécois et des
Québécoises, à des professionnels dans le domaine... dans le domaine de la
santé et des services sociaux... On a, je pense, une occasion de le faire. Puis,
moi, je... je tends la main à Mme la ministre, j'espère qu'elle sera réceptive
aux propositions qu'on va... qu'on va lui faire pour... pour essayer d'aller...
d'aller plus loin, ce qui m'apparaît tout à fait essentiel, puisqu'on a cette
opportunité-là, puisqu'il y a présentement un projet de loi pour lequel nous
allons consacrer du temps, et que nous allons étudier, avec différents
articles.
On a eu le privilège d'entendre plusieurs
groupes, et il y a même, vous l'avez souligné vous-même, M. le Président... il
y a même des groupes qui... qui ont... ou des personnes qui ont déposé des...
des mémoires — vous en avez fait la... la nomenclature tout à l'heure — qu'on
n'a pas eu la chance d'entendre en commission, mais qui tenaient quand même à
déposer des mémoires, des documents. C'est... c'est vous dire, au fond,
comment... comment ce... ce sujet-là a soulevé, je pense, un intérêt, un
intérêt sincère des représentants des ordres professionnels, pour pouvoir
améliorer la... la situation.
Cependant, tout n'est pas... tout n'est
pas parfait, et là, bien, on va voir comment... comment, évidemment, va... va s'enclencher
le dialogue avec... avec Mme la ministre. Parce qu'on apprenait, lors d'un...
d'un briefing technique, qui était d'ailleurs bien apprécié, hier... et je
remercie la ministre et son équipe, particulièrement sa conseillère, qui... ses
conseillères, en fait, qui nous ont... qui nous ont donné les grandes lignes,
les objectifs du projet de loi... mais on nous a dit aussi que Mme la ministre
va avoir des amendements à déposer, j'imagine, suite à ce que des groupes sont
venus dire, suite à une réflexion qui s'est faite à l'interne au niveau du
gouvernement.
Ces amendements-là, évidemment, là, on ne
les a pas encore, alors, il faudra... il faudra, je vous dirais, prendre le
temps de les étudier, parce que nous avons une véritable opportunité de faire
en sorte que, quand ce projet de loi sera terminé, quand on aura terminé l'étude
article par article, on aura fait avancer finalement la situation, dans le
domaine de la santé et des services sociaux, pour un grand nombre de Québécois
puis de Québécoises. On nous dit même qu'il y en a d'autres qui vont arriver
plus tard, alors vous comprendrez que ça a un peu piqué... piqué ma curiosité.
Et, en tout cas, j'ai hâte de lire les amendements qui seront... qui seront
déposés, pour voir si, évidemment, ça correspond à nos aspirations, à ce qu'on
pense qui est le mieux pour le domaine de la santé et des services sociaux
puis, aussi, pour le domaine des ordres professionnels.
Ça ne veut pas dire que tout est parfait,
et puis d'ailleurs, on va avoir le... on va avoir la chance d'en... d'en parler
pendant l'étude de ce projet de loi. Mais je voudrais attirer... attirer votre attention,
M. le Président, sur... sur certains éléments qui... qui ont été soulevés d'emblée,
des éléments qu'on ne... qu'on ne retrouve pas au... au projet de loi comme
tel, puis on verra jusqu'où la ministre est prête à aller, pour, évidemment, qu'on
puisse faire des pas en avant.
On a entendu en commission l'Association
des... des pharmaciens des établissements de santé du Québec. Ils... ils ont
produit un mémoire, ils sont venus nous parler. Je dois vous avouer, M. le
Président, que ça... moi, ça m'a touché, ce qu'ils nous ont dit. Je ne suis pas
pharmacien, je ne suis pas un spécialiste dans le domaine de la santé. Moi, j'ai
un doctorat, mais ce n'est pas un doctorat en médecine, alors, tu sais, je...
je laisse aux médecins et aux spécialistes... de faire leur travail. Mais,
quand je les ai entendus, la façon dont ils travaillent, l'apport qu'ils
apportent et parfois les conditions dans lesquelles ils <travaillent...
M. Morin :
...la
façon dont ils travaillent, l'apport qu'ils apportent et parfois les conditions
dans lesquelles ils >travaillent, j'avoue que ça m'a... ça m'a
vraiment... ça m'a vraiment surpris. Parce que ce que je comprends, c'est
qu'ils font un travail exceptionnel, ils ont une formation postdoctorale de
deuxième cycle qui est vraiment pointue, et malgré tout ça, je pense qu'ils
pourraient rendre des services exceptionnels à la population, directement. Mais
ça ne semble pas le cas. Et je regardais à nouveau le... le projet de loi et je
n'ai pas vu... je n'ai pas vu, de la part de l'équipe gouvernementale, où on
pourrait... on pourrait les insérer.
Alors, écoutez, moi, je vous le soumets
d'emblée, là, je suis très transparent, moi, c'est quelque chose que... que je
vais amener avec ma collègue la députée... la députée de La Pinière. Parce
que je pense que ça peut véritablement contribuer à améliorer le sort de
plusieurs Québécois et Québécoises et leur donner des accès rapides à des
services de santé, services de santé dont ils ont... dont ils ont besoin.
Alors, ça, c'est... c'est un élément sur lequel... sur lequel on va... on va
avoir à travailler.
L'autre élément, et là je vais voir aussi
quelle est l'ouverture de Mme la ministre... Dans le projet de loi comme tel,
dans les ordres professionnels, il n'y a pas de... il n'y a pas de référence
spécifique à la possibilité pour des... des membres des Premières Nations
d'utiliser leur savoir, leur pharmacopée dans des endroits restreints sur leur
territoire, dans leur communauté. Bon, vous me direz que j'ai eu l'opportunité
d'en parler longuement dans le cadre du projet de loi qui vise la sécurisation
culturelle dans le domaine de la santé. C'est un fait. Sauf qu'écoutez, comme
on disait... et là, Mme la ministre va peut-être sourire, comme on le disait il
y a bien des années, quand nous avions une autre vie, «trop fort, casse pas»,
alors... Hein? Oui, vous vous rappelez de ça? Bon, voilà, hein, c'est ça, un
sourire de Mme la ministre... Voilà. Et...
Mme LeBel : ...
M. Morin : Non, mais ce
n'est pas grave. On est quand même en pleine forme, ça va bien, nos affaires.
Ceci étant, ce que je vous dirais, c'est que, là, on ne sait pas ce qui va
arriver avec le projet de loi sur la sécurisation culturelle, mais il y a... il
y a... évidemment, ici, on parle de certaines pratiques dans le domaine de la
santé, donc on verra quelle... quelle est la place qu'on pourra peut-être
éventuellement laisser aux Premières Nations et... et évidemment les savoirs
qu'ils ont et qui sont en lien aussi avec la <i>déclaration des Nations unies
sur... sur les peuples autochtones. Donc, on pourra... on pourra en discuter
éventuellement, M. le Président, et voir jusqu'où on peut se rendre dans le cadre
du projet de loi numéro... n° 67.
Des voix : ...
M. Morin : Parfait.
Alors, il me reste quoi, environ cinq minutes?
Le Président (M.
Bachand) :...
• (11 h 30) •
M. Morin : Neuf minutes.
Parfait. On continue. C'est bien. Alors, je vous... je vous remercie. Donc, ça,
ce sont des éléments que... que je tenais... que je tenais à soulever et qui,
pour moi... pour moi, sont importants dans... dans le cadre de mon travail de...
de parlementaire.
Autre élément aussi que je... que je tiens
à rappeler d'emblée, c'est lorsque j'ai lu avec attention le mémoire présenté
par les travailleurs sociaux qui ont des craintes en ce qui a trait à certains
permis spéciaux ou permis restrictifs, et pour... évidemment, ils ont des actes
réservés qu'ils peuvent poser. Sauf qu'il y a quand même certains enjeux qu'il
va falloir... qu'il va falloir clarifier avec eux dans le cadre... dans le
cadre des travaux article par article de ce projet de loi. Ça m'apparaît aussi
important, parce qu'évidemment on veut bien que les gens aient un accès, on
veut bien que les différents ordres professionnels puissent travailler
efficacement, mais on ne veut pas qu'un ordre professionnel... en tout cas,
moi, c'est mon souhait... qu'un ordre professionnel en souffre par rapport à un
autre dans... dans, évidemment, les actes qui leur sont... qui leur sont
réservés.
Autre élément aussi... et là, j'ai... j'ai
hâte de voir si Mme la ministre va... va apporter des... des modifications. Pour
moi, encore à ce jour, mais ça me paraît un petit peu problématique... toute la
question, dans le projet de loi, des permis, permis spécial, donc il faudra, je
pense, clarifier le tout, d'autant plus que plusieurs ordres professionnels
nous ont dit...
11 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...donc, il faudra,
je pense, clarifier le tout, d'autant plus que plusieurs ordres professionnels
nous ont dit : Si c'est un permis qui s'ajoute pour certaines activités
professionnelles et qu'un membre d'un ordre professionnel a déjà un permis,
est-ce que ça s'ajoute au permis qu'il a déjà? Qu'est-ce qui arrive avec le
premier permis? Pour moi, ce n'est pas... ce n'est pas clair. Et je pense qu'on
aura là, évidemment, la possibilité ou l'opportunité, éventuellement, dans le
cadre d'un dialogue avec Mme la ministre, de clarifier, de clarifier le tout.
Autre élément que je veux souligner, puis
j'attire l'attention de Mme la ministre là-dessus, c'est toute la question de
la situation d'urgence à l'article 6 du projet de loi. Quand je regarde l'étude
par blocs, qui est suggérée par Mme la ministre, ça arrive dans le bloc numéro 2,
accès à l'exercice de la profession, on verra si, effectivement, il y aura des
amendements, mais ce n'est pas très clair à quoi peut correspondre une
situation d'urgence. Et plusieurs ordres professionnels qui sont venus en
commission parlementaire, M. le Président, nous ont dit que, pour eux... bon,
il faut toujours s'en remettre à la compétence des professionnels et que ça
pouvait difficilement ou ça ne pouvait pas être utilisé, par exemple, pour
combler une pénurie de main-d'oeuvre dans des champs particuliers. Or, quand on
regarde le document qui nous a été donné, mémoire au Conseil des ministres, la
partie, évidemment, qui est accessible au public, la ministre, à la page 9
du document, souligne que ça pourrait permettre de pallier des besoins de
main-d'oeuvre lorsqu'une forte demande pour l'exercice d'activités
professionnelles réservé aux membres d'un ordre professionnel résulte d'une
situation d'urgence.
Donc, écoutez, moi, en tout cas, j'ai
perçu comme parlementaire qu'il y avait... qu'il y avait une distinction, une
différence importante entre la volonté du gouvernement en ce qui a trait à la
possibilité de délivrer une autorisation spéciale dans le cadre d'une situation
d'urgence puis les... je pense, les... en fait, les inquiétudes que plusieurs
ordres professionnels pouvaient avoir, compte tenu évidemment de leur mission
qui est de protéger le public. Et, à ce moment-là, je pense qu'il faudra... il
faudra voir comment on peut obtenir certaines garanties ou certaines
spécificités de la part du gouvernement pour qu'on soit capables de bien cerner
toute cette notion de situation d'urgence, la durée, qu'est-ce que ça va être,
des autorisations spéciales pour exercer des activités professionnelles,
comment ça va s'organiser avec le permis spécial, en fait, autant de questions,
autant de questions dont on aura évidemment la chance, la chance d'en débattre
au cours des prochaines heures, voire des prochaines journées.
Donc, je vous dirais que c'est un projet
de loi important. Je reconnais l'effort du gouvernement de vouloir rendre
accessibles des services pour la population. Je reconnais l'effort de
clarification parce que ça, on nous l'a dit à plusieurs reprises, dans le
projet de loi, un professionnel ne pourra plus uniquement faire une évaluation,
mais bien poser un diagnostic. Je pense que ça, pour plusieurs personnes, ça va
être un avantage. Cependant, il faudra voir si on ne peut pas éventuellement
aller plus loin pour que, dans certaines circonstances, les gens aient accès
plus facilement à des services, sans nécessairement pour autant avoir accès,
par exemple, à un médecin dans certaines circonstances.
Puis un autre élément aussi qui n'est pas
directement dans le projet de loi, mais dont les groupes... dont les groupes
ont parlé, et on nous a dit que, finalement, la réforme n'irait pas nulle part
s'il n'y avait pas un allègement au niveau de tous les critères administratifs
et de... en fait, appelons-les les formulaires, là, qu'il faut remplir, ainsi
que le partage de l'information au sein de l'appareil étatique. Et ça, je
comprends que ça dépasse comme tel le cadre spécifique de ce projet de loi,
mais je tiens à le mentionner dans mes remarques préliminaires, M. le Président,
parce que je veux attirer l'attention de Mme la ministre sur cette réalité-là,
et, si ça ne fonctionne pas, <bien, malheureusement...
M. Morin :
...l'attention
de Mme la ministre sur cette réalité-là, et, si ça ne fonctionne pas, >bien,
malheureusement, le travail qu'on va faire ici pourrait ne pas porter les
fruits qui sont escomptés, ce qui serait particulièrement, particulièrement
dommage.
Alors, ceci complète mes remarques
préliminaires. Très hâte, très hâte d'en discuter et de dialoguer avec Mme la
ministre sur les différents articles du projet de loi et voir, évidemment,
jusqu'où on pourra se rendre. Comme je vous le disais d'entrée de jeu, c'est...
je pense, c'est un projet de loi qui va dans la bonne direction, mais voyons
voir si on est capables de faire plus de pas et aller plus loin. Alors, ceci
complète mes remarques. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le député
d'Acadie. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, salutations à Mme la ministre, à son
équipe, merci à la banquette gouvernementale d'être là aussi, merci à mes
collègues de l'opposition, vous aussi, évidemment, M. le Président, et nos
recherchistes, qu'on ne remercie pas assez pour tout le travail de soutien et
d'appui qu'ils font envers nous. Merci d'être présents, présentes.
Évidemment, on a une grande ouverture sur
ce projet de loi là, M. le Président. On entrevoit positivement les mesures qui
seront mises de l'avant, puis on va étudier ça avec sérieux dans l'étude
détaillée. Je vais être court, là, pour qu'on puisse rapidement se lancer au
boulot, mais les éléments qui vont porter notre attention, évidemment, vont
être tout ce qui est ayant trait à... aux questions de diagnostic en santé
mentale. Tout élargissement du rôle des pharmaciens, évidemment, on va regarder
ça. La question des permis restrictifs temporaires, la question des
superpositions des permis vont nous intéresser, l'autorisation spéciale,
évidemment, la possibilité de pratiquer en OSBL et la question des honoraires
modiques, là, qui a retenu beaucoup d'attention dans les consultations
particulières, évidemment les projets pilotes aussi, en remerciant justement
tous les groupes qui ont déposé des mémoires.
Mme la ministre, vous parliez tout à
l'heure d'amendements, là, on va quand même vouloir avoir le temps de les
évaluer. Ça fait que, ce que je soumettrais, c'est que le plus vite qu'on
pourra les avoir, le plus vite ça nous permettra de faire le travail en amont,
donc... Puis, évidemment aussi, Mme la ministre, il y a beaucoup de choses hors
PL. Elles sont rendues déjà sur Greffier? Parfait. Ils étaient...
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Ah! une
portion, parfait. Parce qu'ils n'y étaient pas il y a quelques minutes. Mais
tant mieux, tant mieux, on ira voir ça à l'instant.
Il y a beaucoup de choses hors PL qui nous
ont été dites, comme vous le savez, dans les consultations ou dans les
mémoires. Donc, je sais qu'on ne pourra pas toutes les traiter, mais ça serait
peut-être utile de trouver un espace pour répondre ce à quoi vous pouvez
répondre, parce qu'on reçoit beaucoup, beaucoup de communications, puis je me
doute bien que vous ne ferez pas le travail du deuxième puis du troisième PL
avant d'avoir fini le premier.
Cela dit, on est talonnés, là, puis vous
l'êtes aussi par des gens qui veulent des réponses. Ça fait que les réponses
qui pourront être données puis qui pourront permettre de peut-être calmer le
jeu pour l'instant, peut-être, pourraient être utiles pour tout le monde.
Alors ce sont mes messages. Lançons-nous
au travail, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Alors,
effectivement, il y a des amendements qui sont sur Greffier. Merci beaucoup. M.
le... Mme la députée de La Pinière, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, M. le Président.
Alors, bonjour à tout le monde, Mme la ministre, votre équipe, les collègues de
la banquette gouvernementale et de l'opposition, de même que M. le technicien,
les... toute l'équipe du secrétariat et les personnes des équipes du ministère,
les personnes présentes aussi qui suivent les travaux.
De toute évidence, il y a un grand intérêt
pour ce projet de loi. Comme mon collègue l'a dit, c'est un projet de loi qui
va dans le bon sens parce qu'on veut élargir certaines pratiques dans le
domaine de la santé. C'est nécessaire, les besoins sont criants dans le système
de santé. Personnellement, je pense que, si tous les professionnels, toutes les
professionnelles qui ont des compétences... si on peut les mettre à profit pour
être capables de servir le plus grand nombre de personnes possible, ce sera un
plus pour les services publics, pour l'accès aux services publics en matière de
santé.
• (11 h 40) •
Donc, le fait qu'on reconnaisse dans ce
projet de loi là... en fait, qu'on modifie que les... la terminologie des
évaluations, qui deviennent des diagnostics, et donc les médecins n'auront pas
besoin de passer derrière les professionnels qui ont la compétence pour établir
ces diagnostics, c'est une très bonne nouvelle.
Il y a plusieurs... plusieurs choses
intéressantes. J'aime toujours les consultations particulières, M. le
Président, parce que ça nous éduque sur beaucoup de choses. En tout cas, moi,
je trouve que c'est très instructif, et je remercie les groupes qui sont venus,
qui ont été entendus, mais aussi ceux qui ont déposé des mémoires, même s'ils
ne venaient pas en commission, et je pense particulièrement à la FADOQ. Puisque
je suis porte-parole de l'opposition officielle pour les aînés, les proches
aidants et les soins à domicile, je suis toujours attentive à ce que les
groupes comme la FADOQ ou d'autres qui ont à cœur de représenter les personnes
aînées... parce qu'on sait qu'il y a quand même des besoins importants de ce
côté-là. Alors, c'est toujours intéressant de lire ce qu'ils ont à dire et
d'approfondir un peu. Puis donc <dans ce projet de loi...
Mme Caron :
...alors,
c'est toujours intéressant de lire ce qu'ils ont à dire et d'approfondir un
peu. Puis donc >dans ce projet de loi, il y aurait... il y aurait place
à faire des choses pour améliorer l'accès à certains services, notamment les
appareils auditifs, les médicaments, et tout ça, pour les personnes aînées. Et
je dis toujours que les accommodements qu'on fait pour les personnes aînées,
bien, c'est bon pour la société en général aussi. Alors, je comprends qu'il
y a un objectif pour le... à ce projet de loi là, qu'il y a des éléments que
peut-être, Mme la ministre, ne voudra pas regarder dans le cadre de celui-ci,
mais je l'invite quand même à avoir de l'ouverture, parce que, si on peut faire
un plus grand pas que le déjà bon petit pas qui est prévu au projet de loi,
bien, on aura avancé davantage pour nos concitoyens et nos concitoyennes.
Je retiens aussi les enjeux qui ont été
soulignés par les différents groupes. Donc, pour la question des permis
spéciaux, d'éviter le cumul des permis. La question aussi de la pratique
dans... au sein d'une personne morale sans but lucratif, j'ai été très
intéressée par ce que... sont venus nous dire l'association des coopératives et
de la mutualité. Pour moi, ils ont ouvert un angle intéressant auquel,
honnêtement, je n'avais pas pensé, quand ils ont dit : Bien, si on
utilisait le terme, par exemple, d'entreprise d'économie sociale, ça couvrirait
tout et ça n'empêcherait pas la pratique de certains médecins dans des... ou
d'autres professionnels de la santé au sein de coopératives. Donc, je pense que
c'est très important de regarder ça.
Je suis bien consciente, M. le Président,
que, parmi les choses que j'avance, peut-être que ça va déjà être réglé, parce
que peut-être que Mme la ministre les a inclus déjà dans ses... dans ses
amendements. Malheureusement, là, il y a une portion des amendements qui
viennent d'être déposés, à l'instant où on se parle. Alors, pour faire un
travail... un travail sérieux, du côté de l'opposition, puisqu'on n'a pas vu
ces amendements-là, bien entendu, il faudra prendre le temps de... il faudra
nous donner le temps de les lire quand on va arriver aux blocs où il y a des
amendements. Il faudra prendre le temps de lire chacun des articles du projet
de loi et les amendements qui sont proposés pour en discuter en toute
connaissance de cause, parce que ça va parfois vite, dans les projets de loi,
mais c'est important de bien comprendre ce dont on parle. Et puis je pense que,
pour les personnes qui suivent nos travaux à distance, à la télévision, s'ils
le font, c'est parce qu'ils ont un intérêt, ils veulent comprendre eux aussi.
Alors, il ne s'agit pas de ralentir le rythme, il s'agit de bien faire le
travail, de bien comprendre ce qu'on fait, que les... nos concitoyens,
concitoyennes le comprennent aussi.
Alors, ce que j'invite... finalement, ce
que je nous invite à faire, c'est de saisir l'occasion qui nous est offerte par
ce projet de loi pour faire le maximum de pas en avant, pour faciliter l'accès
aux différents... aux différents services des professionnels qui nous entourent
et de miser sur les compétences au maximum de chacun et chacune pour avoir un
plus grand accès, que ce soit en santé mentale, que ce soit en matière
d'audition, que ce soit pour les médicaments, que vraiment on saisisse
l'opportunité de ce projet de loi pour le faire. On sait qu'il y aura d'autres
projets de loi, mais on ne sait pas quand, on ne sait pas exactement sur quoi
ils vont porter. Alors, puisqu'on est là, bien, travaillons pour aller le plus
loin possible. Alors, je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Nous sommes
maintenant aux motions préliminaires. Y a-t-il des motions préliminaires? Je
comprends qu'il n'y a pas de motion préliminaire. Donc, la commission est
maintenant prête à procéder à l'étude détaillée du projet de loi. Je comprends
qu'il y a consentement pour étudier le projet de loi par sujets. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement. Donc, merci beaucoup. Mme la ministre,
je vous invite à faire la lecture de l'article 17, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Oui. Si vous me
permettez peut-être juste une petite précision sur les amendements qu'on aura
fait acheminer sur Greffier, ils concernent le bloc 2. Donc, on va commencer
naturellement par le bloc 1. Les amendements concernent le bloc 2. Il
y en aura d'autres pour la suite, mais on doit encore faire certaines...
certains ajustements avant de pouvoir les transmettre. Mais dès qu'ils seront
prêts et prêts à être transmis, ils le seront, mais ce que vous avez obtenu,
c'est pour le bloc 2, d'accord? Simplement pour qu'on soit sur la même...
la même longueur d'onde. Merci.
Alors, le bloc... comme vous l'avez
mentionné, M. le Président, donc on commence par l'article 17.
Article 17 : L'article 108.8 de ce code est modifié... on parle
de la Loi modifiant le Code des professions, donc l'article 108.8 de ce
code est modifié par :
1° par l'insertion, après le premier
alinéa, du suivant:
«Toutefois, les renseignements visés au
premier alinéa n'ont pas un caractère public dans la mesure où la communication
de cette information doit être refusée en vertu du paragraphe 3° ou du
paragraphe 4° de l'article 108.4.»;
Commentaires : Cette disposition vise
à protéger...
2°... pardon, excusez-moi, alinéa 2° par
la suppression, dans le dernier alinéa, de <«Toutefois,»...
Mme LeBel :
...2° par
la suppression, dans le dernier alinéa, de >«Toutefois,».
Commentaires : Cette disposition vise
à protéger certains renseignements concernant un membre d'un ordre en prévoyant
des exceptions à l'accès à l'information lorsque leur divulgation est
susceptible de mettre en péril la sécurité d'une personne ou de lui causer un
préjudice.
Il y a eu des préoccupations, M. le
Président, qui ont été soulevées, là, par certains ordres professionnels, de
leurs membres, lorsque ces renseignements publics risquent de mettre en péril,
là, leur sécurité, d'une personne, ou de lui causer un préjudice. Par exemple,
on peut penser aux coordonnées d'un professionnel, là, qui exerce auprès d'un...
victimes... d'un centre de victimes d'actes criminels ou un autre organisme
ayant une adresse confidentielle, les professionnels qui habitent... qui
exercent aussi à la maison. Souvent, c'est leur bureau et leur adresse
personnelle, donc il peut y avoir des... Ce ne serait pas une règle
automatique, mais je pense qu'il faut se permettre malheureusement, en 2024, d'avoir
ce genre de mécanisme quand c'est justifié de le faire. Alors, c'est ce qu'on
met de l'avant, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Interventions? M. le
député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, je comprends, Mme la ministre, qu'à l'article 17 du
projet de loi, vous modifiez l'article 108.8 qui, lui, est notamment... qu'il
y a une référence aussi à 108.4 du Code des professions. Donc, 108.8 traite
des... certains renseignements qui ont un caractère public, c'est bien ça? Et
là on a... on a une série de renseignements. La référence à 108.4, 108.4 est
une exception à la diffusion ou la publication, parce que ça dit : «Un
ordre professionnel doit refuser de confirmer l'existence ou de donner communication...».
Là, il y a une série d'informations. Donc, au fond, ce que vous voulez faire, c'est
que certains renseignements, à 108.8, n'auraient pas un caractère public, et
donc ne seraient pas publiés ou divulgables selon 108.4. Est-ce que je comprends
bien?
Mme LeBel : Dans le fond, c'est
ce qu'on fait... ce qu'on... Oui, oui, mais, dans le fond, ce qu'on fait à
108.8, en venant ajouter que les renseignements qui sont visés au premier
alinéa... Ce sont lesquels? Ce sont, bon, on fait... bon, naturellement, comme
tout bon code et toute bonne loi, fait référence à d'autres articles, mais on
parle des renseignements qui sont visés aux articles 46.1, 46.2. Mais ce
qu'on fait référence à 108.4, c'est les critères, dans le fond, ou les raisons
pour refuser de les rendre publiques. Parce que vous avez raison, le caractère
public est la règle. Refuser de rendre publiques ces informations-là devient l'exception.
Et ce qu'on fait référence, aux paragraphes 3° et 4° de 108.4, c'est de mettre
en péril la sécurité d'une personne ou de causer un préjudice à la personne qui
est l'auteur du renseignement ou qui en est l'objet.
Donc, c'est le critère sur lequel on peut
se baser, en vertu de 108.8, pour refuser des renseignements du premier alinéa,
qui sont les renseignements visés à 46.1 et 46.2. On pourrait aller les revoir...
on pourrait aller les voir ensemble pour traduire, de façon factuelle, qu'est-ce
que ça veut dire. Excusez-moi, je suis en train de revenir en arrière. Ce sont
tous les renseignements qui sont au tableau de l'ordre, là, le nom de la
personne, la mention de son sexe, naturellement, bon, le nom de son bureau, le
nom de son employeur, l'adresse, son numéro de téléphone. Donc, tous ces
renseignements-là qu'on retrouve, comme professionnel, de l'inscription au
tableau de l'ordre, en général, qui sont, comme je le disais tantôt, des
renseignements de nature à identifier ou retracer la personne.
• (11 h 50) •
Je vous dirais que, dans la grande
majorité des cas, c'est certainement l'adresse physique qui va être
probablement la première chose visée. Ce qui ne veut pas dire que tous ces
renseignements-là seraient, en vertu de 108.8, non publics, mais il faudrait
voir, en vertu de la protection et la sécurité de la personne, lesquels ne le
seront pas, mais on se donne la possibilité de le faire, en vertu de 108.8, par
rapport aux critères de 108.4 qui sont déjà une limitation de diffusion, je
vais dire, de certains renseignements.
M. Morin : Donc... Je
comprends, mais merci pour vos explications. Donc, je comprends que, par
exemple, pour certains professionnels ou certains officiers de justice, ça
permettrait de ne pas publier ou divulguer leur adresse personnelle. Parce qu'évidemment,
vous avez mentionné... Effectivement, il y a des... il y a des spécialistes qui
pratiquent de leur domicile. Donc là, évidemment, on peut penser à différents
professionnels, psychologues, par exemple, qui vont suivre des victimes d'actes
criminels, des professionnels qui interviennent dans des dossiers de violence
conjugale. Mais il y a aussi certains officiers de justice. Je pense, entre
autres... dans certains cas, ça peut être, tout dépendant des circonstances,
des procureurs de l'État <ou parfois même...
M. Morin :
...dans
certains cas, ça peut être, tout dépendant des circonstances, des procureurs de
l'État >ou parfois même des avocats de la défense. Donc, je comprends
que ça pourrait permettre à ces professionnels-là également de ne pas publier...
ou, en fait, que l'ordre professionnel ne publie pas ou ne rende pas disponible
leur adresse résidentielle personnelle. Bon, évidemment, dans leur lieu de
travail, c'est... si c'est dans un palais de justice, bien là, évidemment, il y
a déjà des mesures de sécurité en place.
Maintenant, est-ce que c'est le
professionnel qui devrait en faire la demande ou est-ce que l'ordre... c'est
l'ordre qui va le traiter? Est-ce que c'est automatique ou... Comment ça va
fonctionner en pratique?
Mme LeBel : Bien, vous avez
raison dans tout ce que vous avez dit, effectivement, donc en autant qu'on
respecte les critères mentionnés aux paragraphes 3 et 4° de 108.4, donc à
l'effet où on est dans le péril pour la sécurité de la personne ou de causer un
préjudice à la personne, mais on est dans la sécurité, là, au sens large. Vous
avez fort raison puis c'est du cas par cas. Donc, en venant préciser cette
notion-là au niveau du Code des professions, tout professionnel qui est visé
par le Code des professions et dont il a... et dont les renseignements sont
inscrits dans un tableau de leur ordre respectif pourra bénéficier de ces
mesures-là, mais ça va devenir, naturellement, du cas par cas. Généralement,
c'est le professionnel qui devra en faire la demande et la démonstration. Il
connaît sa situation. Il y a peut-être un cas particulier qui va faire que ça
peut être... pour une période X, on ne sait pas, ça peut être... bon, je veux
dire, c'est difficile d'imaginer. On peut imaginer des cas de figure, mais il y
en a... il pourrait y en avoir tout plein, mais c'est l'ordre, en vertu de
108.4, c'est l'ordre qui devra refuser de donner... de confirmer l'existence du
renseignement.
Donc, le professionnel, à partir du moment
où il se sent, pour une raison... je pourrais vous parler de mon ancienne vie
où c'est déjà arrivé, là, mais c'est le professionnel qui connaît le moment
déclencheur où il pense que ce serait peut-être une bonne idée que son adresse
de bureau, pour x raisons, ne soit pas inscrite à l'ordre... au tableau de
l'ordre, pardon. L'ordre va toujours détenir le renseignement. Ça fait que, que
le renseignement ne soit pas public ou divulgué... bien, devra en informer
naturellement. Parce qu'il est difficile pour l'ordre de juger de cette
situation-là sans avoir eu un renseignement du professionnel. Mais, au final,
c'est l'ordre qui va refuser de donner le renseignement auprès de la personne
qui le réclame ou de le retirer du tableau.
M. Morin : Et de... oui, et
c'est ce que j'allais dire, et/ou de le retirer du tableau, parce
qu'évidemment, tu sais, on peut avoir accès à une foule de renseignements, là,
sans...
Mme LeBel : Oui, mais, une
fois qu'il est retiré du tableau, il pourrait également refuser, suite à une
demande, de le divulguer, donc... parce que...
M. Morin : Oui, je...
Le Président (M.
Bachand) :...M. député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Non, mais
on peut poursuivre, là, justement, cette conversation-là, Mme la ministre. Ça
fait que, si je comprends bien le mécanisme, l'individu en question... là, on
va prendre exemple d'une dame, là, peut-être qui est traquée où...
malheureusement, c'est un peu ce qui se passe puis c'est comme ça que ça nous a
été révélé, puis là elle, elle est avocate, là, par exemple, là, son adresse...
elle n'est pas sur le tableau de l'ordre. Nos adresses personnelles ne sont pas
sur le tableau, mais notre adresse professionnelle l'est. Ça fait que, là, elle
ferait une demande, soit son renouvellement d'inscription ou soit au moment
opportun, là, au moment déclencheur, comme vous utilisiez tout à l'heure. Elle,
elle dit : Je demande à l'ordre de retirer des informations publiques, mon
adresse. Évidemment, l'ordre le conserve dans les documents, puis là, à partir
de là, l'ordre va trancher selon les critères, si je comprends bien, du
paragraphe 3, du paragraphe 4, sécurité, etc., auquel cas, là, ce
n'est plus publié, mais la... parce que l'adresse n'est jamais là. Ça fait que,
là, on parle vraiment, finalement, de... Ou il y a-tu des professions où leur
adresse personnelle est là? Ça me surprendrait.
Mme LeBel : Bien, il y a des
professionnels qui ont leur bureau professionnel dans leur adresse personnelle,
ça arrive.
M. Cliche-Rivard : Dans leur
adresse, exact.
Mme LeBel : Et on peut
penser... on peut penser... Il y a des avocats qui pratiquent et qui ont leur
cabinet ou leur pratique...
M. Cliche-Rivard : Dans leur
sous-sol.
Mme LeBel : ...dans leur
maison, surtout, dans plusieurs régions, il y a... mais on peut penser à
l'ensemble des professionnels. Et ça peut découler d'une situation
professionnelle, ça peut découler d'une situation personnelle, vous avez fort
raison. D'entrée de jeu, c'est l'adresse professionnelle qui se retrouve sur le
tableau de l'ordre, mais il y a... il y a des situations où ça peut... il peut
y avoir convergence des deux et puis il y a des situations où le bureau
lui-même devient problématique pour... Donc, il y a plusieurs cas de figure,
là.
M. Cliche-Rivard : OK. Et là
un... quelqu'un X, là, qui n'est pas la personne... qui n'est pas la personne
nécessairement visée par la raison pour laquelle on a retiré l'information,
lui, il cherche à contacter son ancien avocat pour une plainte ou pour un
service, ou, etc., lui, il va se dire : Bon, je vais appeler au tableau,
je vais appeler à l'ordre parce que l'information n'est pas publique pour cette
personne-là pour une raison que j'ignore, puis là l'ordre va évaluer au cas par
cas : Est-ce que, lui ou elle, je lui divulgue finalement l'information ou
si là c'est...
Mme LeBel : Non.
M. Cliche-Rivard : C'est
fini, là.
Mme LeBel : À partir du
moment où que <le renseignement particulier est visé...
M. Cliche-Rivard :
...ou
si là c'est...
Mme LeBel :
Non.
M. Cliche-Rivard :
C'est
fini, là.
Mme LeBel :
À
partir du moment où que >le renseignement particulier est visé par une
interdiction, je vais le dire comme ça, là, c'est très fort, là, mais que...
est visé par le critère de 4, de 108.4, à 3° ou 4°, l'ordre ne... va refuser de
divulguer parce qu'il... on ne peut pas demander à l'ordre de dire : Lui,
c'est un ami, lui, ce n'est pas un ami, lui, ça va bien, lui, ça ne va pas
bien.
Mais là vous parlez de contacter le
professionnel. Un numéro de cellulaire va probablement être encore disponible
au tableau de l'ordre. Si le numéro de cellulaire ne permet pas... Tu sais,
c'est des renseignements qui permettent de retracer le professionnel. Donc, une
façon de contacter le professionnel, je vais vous parler très simplement d'un
numéro de cellulaire.
Bien, mettons, moi, que je me sens, pour
diverses raisons, en danger ou que je travaille pour un centre de victimes
d'actes criminels et que je ne veux pas que mon adresse soit connue parce que
je veux... pour protéger les victimes et que tout le monde sait que je
travaille dans un centre de victimes ou dans une maison d'hébergement, bien là,
mon adresse professionnelle va être connue de l'ordre, mais je ne vois pas
d'enjeu à donner un numéro de téléphone pour me rejoindre, par contre.
Donc, ce n'est pas l'entièreté des
renseignements qui vont nécessairement être... j'ai employé le mot «caviardés»,
là, mais on... vous comprenez que je veux dire «non accessibles», là, qui vont
être caviardés, ce sont les renseignements... un peu comme on le faisait dans
notre ancienne vie, c'est-à-dire les renseignements susceptibles d'identifier
ou de retracer.
Donc, en général, je serais... je serais
portée à penser qu'on parle plus fréquemment de l'adresse que d'un numéro de
téléphone, parce qu'avec les cellulaires aujourd'hui on peut être rejoint sans
nécessairement être identifié physiquement.
M. Cliche-Rivard : Vous
donnez...
Mme LeBel : Ça peut être une
adresse courriel. C'est sûr qu'il devra, l'ordre... Comme la... je dirais la
règle est que le plus de renseignements possible soient publics, bien, l'ordre
va refuser de divulguer ce qui est problématique, je vais le dire comme ça,
uniquement, et pas l'ensemble des renseignements qui se retrouvent au tableau
de l'ordre, une adresse courriel, un numéro de téléphone.
M. Cliche-Rivard : Puis là vous
l'avez quand même bien mentionné, on parle autant de dossiers ou de
possibilités spécifiques d'un individu ou d'une personne que le caractère
peut-être précis ou identifié de la fonction ou de ce qu'elle fait, là. Tu sais,
je ne sais pas, moi, je vous donne l'exemple, je ne sais pas, une clinique où
il y a... tu sais, il y a des services d'avortement, puis là il y a... il commence
à y avoir une grande mobilisation dans une région contre, puis là la sécurité
de ces femmes-là est mise en cause. Ça pourrait faire partie... sans qu'on ait
à identifier l'individu ou l'agresseur potentiel, elle va juger... je demande à
l'ordre de retirer l'info pour telle raison de sécurité.
Mme LeBel : Absolument. Puis
on parle aussi de mettre... à l'article 3 de 108.4, on parle de mettre en
péril la sécurité d'une personne, ce n'est pas nécessairement la personne visée
par le renseignement. Donc, quand on parle de mettre en péril... Bon, à 4°, on
parle de causer un préjudice à la personne qui est, bon, l'auteur du
renseignement. Donc, il y a une notion plus personnelle ou professionnelle,
mais il y a aussi une notion de l'entourage du professionnel...
M. Cliche-Rivard : Du
service.
Mme LeBel : ...et du service.
Et l'enjeu auquel vous faites référence, peut-être qu'on va penser qu'il est...
qu'il n'est pas de bon aloi d'identifier le lieu physique d'un bureau où personne
n'a à se rendre nécessairement pour... ou une clinique où on donne l'adresse
avec parcimonie, je vais le dire comme ça, puis de faire en sorte que... de
protéger à la fois les gens qui s'y rendent et les professionnels qui y
travaillent. Donc, on peut le voir comme ça.
Je vais vous parler... moi, dans... comme
procureure de la Couronne, à une certaine époque, je veux dire, d'avoir mon
adresse dans le palais de justice, bien, je veux dire, c'est moins
problématique parce que c'est un lieu où, si on veut me retracer, on risque
de... on risquait de me rencontrer...
• (12 heures) •
M. Cliche-Rivard : Il y a de
la sécurité aussi.
Mme LeBel : ...sur une base
quotidienne et qu'il y a quand même des mesures de sécurité, mais je faisais partie
du bureau... au crime organisé. D'avoir le bureau physique où j'étudie mes
dossiers, où on ne reçoit aucune personne, ce n'était peut-être pas une... ce
n'était peut être pas nécessaire que ça soit inscrit au tableau de l'ordre. À
l'époque, ça l'était, là, mais... Il y a plusieurs cas de figure, mais il ne
faut pas penser... je pense qu'il faut élargir l'éventail à pas juste la
sécurité du professionnel, mais aussi autour. Et là on pourrait... pendant des
heures, on pourrait mettre de l'avant des cas de figure, mais ce qui est
important, c'est que... c'est mettre en péril la sécurité d'une personne et non
pas de la personne concernée.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Puis là on fait référence surtout à l'adresse, mais, finalement, là, ce n'est
pas écrit comme ça.
Mme LeBel : Non.
M. Cliche-Rivard : C'est
écrit vraiment sur l'ensemble des critères.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Je donne
l'exemple. Quelqu'un qui s'identifierait non-binaire puis que, là, elle ne voudrait
pas que ça soit affiché nécessairement au tableau....
Mme LeBel : Bien, si, ça met
en péril sa sécurité.
M. Cliche-Rivard : ...parce
qu'elle pourrait le présumer ou elle pourrait l'alléguer, je pense, c'est
possible, là, ça fait que ça pourrait être un exemple.
Mme LeBel : Bien, c'est
l'ensemble des renseignements qui sont prévus à l'article 46.1, qui sont
visés. 46.1, je vais résumer en disant : C'est l'ensemble des
renseignements...
M. Cliche-Rivard : Du
tableau.
Mme LeBel : ...qui sont
susceptibles à se retrouver au tableau de l'ordre.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Donc, souvent,
c'est : nom, adresse, sexe... bon, numéro de téléphone, adresse courriel,
etc., là, je pourrais vous faire la lecture de 46.1, mais, vous avez raison,
spontanément on pense...
12 h (version révisée)
Mme LeBel : ...de 46.1. Mais
vous avez raison, spontanément, on pense à l'adresse physique, l'adresse où on
peut retrouver physiquement une personne. On peut penser qu'une adresse
courriel n'est pas problématique pour des enjeux de sécurité, mais on pourrait
penser qu'une adresse courriel l'est pour d'autres raisons. Ça fait que je ne
veux pas dire que ce sera juste l'adresse physique, mais chaque renseignement
sera évalué en fonction de deux principes. Le principe, c'est que ça doit être
public, donc c'est l'exception, et, à partir du moment où c'est l'exception,
est-ce qu'en fonction du cas de figure qui est présenté tel renseignement est
problématique ou non. Donc... Et on devra, naturellement, laisser des façons de
rejoindre le professionnel, parce que, je veux dire, un professionnel qui est
professionnel puis est inscrit au tableau de l'ordre va être rejoint, là, à un
moment donné.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui. Bien, il
aimerait bien ça, continuer de travailler. Donc, j'imagine qu'un téléphone
cellulaire, dans plusieurs cas de figure, va demeurer. Ça peut être un service
téléphonique pour le rejoindre. Je veux dire, on peut penser à des... à mise en
place de mécanismes, que le professionnel pourrait dire : Bien, moi, même
être rejoint directement, c'est un problème, mais j'ai un service téléphonique,
le tableau de l'ordre donne le service téléphonique. Je ne le sais pas. Je veux
juste qu'on comprenne que, la façon dont c'est libellé, il y a peut-être des cas
de figure auxquels on ne pense même pas aujourd'hui qui pourraient se retrouver
à travers ça. On l'a voulu le plus largement possible. J'étais passionnée.
Le Président (M.
Bachand) :...La Pinière. M. le député de
l'Acadie, vous auriez quelque chose? Oui.
M. Morin : Oui. J'aurais une
demande à vous faire, M. le Président, pour qu'on puisse étudier les
dispositions du projet de loi paragraphe par paragraphe, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Donc, l'article 245.
Parfait. C'est noté.
M. Morin : L'article 245.
Tout à fait. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée de La Pinière, s'il
vous plaît.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, on a bien couvert que le... ça peut être pour protéger le
professionnel lui-même ou elle-même, ça peut être, hein, pour protéger la
clientèle qu'il dessert ou les gens dans, par exemple, une maison d'hébergement,
etc. Mais est-ce que «la sécurité de la personne» s'entend aussi du
professionnel ou de la professionnelle qui, dans sa vie personnelle, est... est
à risque? Bon, malheureusement, on voit beaucoup de conjoints violents ou d'ex-conjoints
violents, ou ça peut être pas nécessairement dans un cadre conjugal, mais, bon,
je ne sais pas, moi, des personnes, dans sa vie personnelle, qui lui en veulent
et qui pourraient la traquer. Alors, est-ce que cet élargissement de la loi
dans le sens de ne pas publier des renseignements qui permettent de retrouver
cette personne-là... Est-ce que le motif de sécurité de la personne, pour une
raison personnelle, va aussi être accepté par l'ordre, pour ne pas publier, par
exemple, son adresse ou quelque autre renseignement qui, normalement, serait
publié?
Mme LeBel : Compte tenu que
les critères sur lesquels doivent se baser les ordres professionnels qui feront
l'étude des cas de figure, les situations, qui prendront la décision, qui se
retrouvent à 108.4, et les deux critères mentionnés, c'est paragraphes 3° et 4°,
sont les suivants : mettre en péril la sécurité d'une personne... Il n'est
pas mentionné que ce soit dans le cadre professionnel ou personnel. Et «une
personne» est plus large, inclut la personne visée par le renseignement et d'autres
personnes. Donc, ce n'est pas limité au professionnel, ça peut être quelqu'un
de son entourage, à travers le professionnel. Et le critère ne limite pas à une
situation professionnelle. Donc, je vous dirais que, le critère étant «mettre
en péril la sécurité d'une personne», bien, on va laisser le cas par cas s'établir,
mais je... Il n'y a pas de telles exclusions, ce n'est pas dit dans le cadre
professionnel. Puis on marque : «Causer un préjudice à la personne qui est
l'auteur du renseignement ou qui en est l'objet». Donc, je pense que les
critères qui étaient déjà à 108.4 couvrent largement plusieurs situations pour
nous permettre de bien protéger les gens au sens large.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Alors, ça... Je ne veux pas faire une litanie de cas de figure, comme vous avez
dit tantôt, Mme la ministre, on pourrait en faire longtemps. Mais ce que je
comprends de votre réponse, c'est que, par exemple, une femme qui travaille
quelque part, bon, qui est dans une situation potentiellement... pas, elle, de
violence, mais dont l'enfant pourrait être à risque, à ce moment-là, ça
pourrait tout à fait être un critère que l'ordre accepterait pour ne pas
publier les renseignements personnels parce que c'est la sécurité d'une
personne, et dans son entourage aussi.
Mme LeBel : Bien, il faudra
toujours voir le lien entre l'adresse ou le renseignement à l'ordre et la
sécurité de la personne qui est invoquée comme étant la personne qui pourrait
subir le préjudice, naturellement... C'est pour ça qu'on ne peut pas en faire
des automatismes, mais on... Si la personne, le professionnel, parce que c'est
toujours le professionnel qui va faire la demande, naturellement, c'est son
tableau et c'est son renseignement... si le professionnel démontre à l'ordre qu'il
y a un lien entre la personne qui est... dont la sécurité est à risque et le
renseignement qui le concerne, bien, il n'y en a pas, de limitation, il n'y a
pas de telles limitations parce qu'on <parle...
Mme LeBel :
...
concerne, bien, il n'y en a pas, de limitation, il n'y a pas de telles
limitations parce qu'on >parle de la sécurité d'une personne et non pas
du professionnel.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. J'aurais voulu, à 108.4, qu'on s'étende peut-être... Il y a 3° et
4°, hein? Il y a le... «de mettre en péril la sécurité d'une personne», c'est
clair. Lui «causer un préjudice», c'est peut-être là où j'aurais voulu vous
entendre, là, tu sais, c'est-tu défini par la jurisprudence ou il y a-tu un
élément contextuel? Puisque, là, on parle préjudice, là. Tu sais, la sécurité
de la personne, j'en suis, là.
Mme LeBel : Bien, c'est
certainement plus... Il faudrait que je... Il faudrait qu'on revoie, à l'époque...
de 108.4, qui est déjà dans le Code de professions depuis longtemps, qu'est-ce
que... Mais qu'est-ce que... quels étaient les cas de figure qui ont été
évoqués, là, dans les travaux à l'époque. Mais naturellement, quand on met en
péril la sécurité, c'est très limitatif à des enjeux de sécurité. Donc, quand
on parle de préjudices, je pense qu'on peut présumer que c'est beaucoup plus
large. Mais est-ce qu'il y a des cas de figure par rapport à l'interprétation
du vol... du vol... ça pourrait... — du vol! — du code, je
ne pourrais pas dire. Mais, tu sais, je pense... je pense...
Et, «se fait vandaliser à répétition»...
Vous avez parlé tantôt de certaines cliniques. Bien, peut-être que ce n'est pas
la... Bien, peut-être qu'y a un enjeu de sécurité. Des fois, il y a un enjeu de
sécurité avec un autre enjeu. Mais disons qu'on évacue l'enjeu de sécurité pour
diverses raisons, mais qu'à répétition le professionnel est victime de
harcèlement, fait... vandaliser son bureau. Bon, c'est sûr que vous allez me
dire que le harcèlement à répétition et le vandalisme à répétition va finir par
devenir un enjeu de sécurité, mais disons qu'on n'en est pas là, qu'on est aux
premiers balbutiements de quelque chose qu'on aimerait freiner avant que ça dégénère,
là. On peut penser à ça, là, on peut penser... Un préjudice peut être beaucoup
plus large que la sécurité physique de la personne.
Habituellement, quand on parle de la
sécurité d'une personne, on parle de la sécurité physique d'une personne. Je vous
dirais que c'est beaucoup plus large, la notion de préjudice. Encore une fois,
je ne voudrais pas, par mes propos, limiter la notion... limiter la notion de
préjudice, mais, pour moi, c'est beaucoup plus large. Donc, on pourrait penser
à des cas de figure où la sécurité physique ou la sécurité de la personne n'est
pas en danger, parce qu'il y a d'autres moyens. Parce qu'il faut toujours
revenir à la base, le renseignement est public. Donc, il faut que ce soit le
seul moyen ou un des seuls moyens pour dire qu'on enlève le renseignement. Parce
que les gens ont le droit à ce renseignement-là. Mettons qu'il y a d'autres
moyens pour entourer la sécurité, mais la personne nous dit : Bien, malgré
que j'aie d'autres moyens puis que ma sécurité n'est plus menacée parce que les
autres moyens me protègent, il y a d'autres préjudices. Il faut laisser... Il
faut laisser, je pense... Moi, je vous dirais que c'est juste pour être plus
large que la sécurité.
M. Cliche-Rivard : OK. Je ne
suis pas pas fermé du tout à ce que 4° soit là, mais je me pose... Tu sais,
vous l'avez dit, là, ce qu'on vise, là, c'est à mettre une exception au
caractère public qui est à la base.
Mme LeBel : Oui, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que je voudrais... non plus... sans vouloir dire que... Puis vous, vous le
dites bien, là, vous ne voulez pas être limitative. Mais on ne veut pas non
plus envoyer l'autre image que, finalement, quelconque préjudice allégué, ça
permettra d'invoquer 108.4, 4°, là.
Mme LeBel : Ça doit toujours
être lu en corrélation avec 108.8, qui dit que les renseignements ont un
caractère public. Donc, à partir du moment que les renseignements ont un
caractère public, 108.4 est une mesure d'exception. Et...
Une voix : ...
• (12 h 10) •
Mme LeBel : Oui, et c'est les
mêmes exceptions que la <i>loi sur l'accès. Donc, il y a sûrement une
jurisprudence sur le caractère de préjudice qui... Et je ne pense pas qu'il y a
eu dans... en tout cas, à ma connaissance. Je n'ai pas connaissance de la
jurisprudence dans son entièreté, surtout depuis quelques années, encore moins.
Je dirais que je ne pense pas qu'il y a des abus en matière de notion de
préjudice. Mais c'est toujours lu avec la notion que le caractère est public...
le renseignement est public et que c'est une exception.
M. Cliche-Rivard : Oui. Et
c'est l'ordre qui va évaluer la demande. L'ordre va avoir quand même une
discrétion assez élargie, là, on... Il l'a déjà.
Mme LeBel : Elle l'a déjà,
là, on ne lui ajoute pas, là.
M. Cliche-Rivard : De ne pas
divulguer.
Mme LeBel : Elle a déjà 108.4
M. Cliche-Rivard : Elle a
déjà 108.4.
Mme LeBel : Mais ce qu'on
rajoute, c'est qu'on prend les critères de 108.4 pour venir le rajouter au...
M. Cliche-Rivard : Au tableau,
au tableau.
Mme LeBel : ...au tableau.Oui, mais elle avait déjà des notions...
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
parce que 108.4, c'est n'importe quelle demande.
Mme LeBel : Oui, mais à 108.4
elle pouvait déjà refuser de communiquer certains renseignements, là. Mais on
vient renforcir une notion qui existait déjà, qui existait déjà, parce que
c'était peut-être... compte tenu de 108... de 46.1 puis de 108.8, c'était
peut-être moins clair pour les ordres s'ils pouvaient retirer du tableau de
l'ordre. Disons-le comme ça.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis
là on clarifie pour le tableau.
Mme LeBel : Oui, exact.
M. Cliche-Rivard : Puis c'est
une décision finale de l'ordre, il n'y a pas de révision.
Mme LeBel : Bien, comme
c'était le cas jusqu'à présent. Puis il n'y en a pas... il n'y a pas d'enjeu
qui ont été soulevés ni par les membres ni par les ordres concernant 108.4, qui
existait déjà. Mais on fait référence à 108.4 pour reprendre les mêmes critères
à 3° et 4°.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député d'Acadie,
s'il vous plaît.
M. Morin : Merci. Merci, M.
le Président. Je <comprends qu'à 108.4...
Le Président (M.
Bachand) : ...d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin :
Merci.
Merci, M. le Président. Je >comprends qu'à 108.4, la façon dont c'est
libellé, l'ordre professionnel doit, donc il y a... la discrétion est...
Mme LeBel : Bien, elle est
limitée, là.
M. Morin : ...est très, très
limitée, là. Donc, si on lui apporte, à l'ordre, des arguments, bien
évidemment, ce n'est pas un «peut», c'est un «doit», donc il ne publiera pas.
Mme LeBel : Absolument,
absolument.
M. Morin : D'accord. On le
met dans le Code des professions, donc comme ça, ça va pouvoir s'appliquer à
l'ensemble des ordres professionnels, plutôt que d'y aller ordre, par ordre,
par ordre.
Mme LeBel : Et loi par loi.
M. Morin : Et loi par loi. D'accord,
on... Parfait. Maintenant, je reviens... je reviens un peu aux procureurs de
l'État, parce que je me souviens qu'à une certaine époque ça avait soulevé de
vifs débats où des associations de procureurs demandaient à ce que leurs noms
soient retirés des listes. Alors, je comprends que la mécanique juridique va
exister, mais c'est chaque professionnel qui va devoir faire la demande. Donc,
ce n'est pas relié au fait qu'il soit assigné, par exemple, à une équipe
particulière. Mais, une fois dans l'équipe particulière, si un professionnel
craint ou pense que ça peut mettre en péril sa sécurité, donc, ils devront tous
faire des demandes pour que leurs adresses personnelles soient retirées du
tableau de l'ordre.
Mme LeBel : Bien, ça ne peut
pas être un automatisme, je pense. Parce que, quand on regarde la notion que le
caractère... caractère public du renseignement, d'abord et avant tout, je ne
pense pas qu'on peut associer l'appartenance à une équipe particulière comme
étant un automatisme. On a parlé tantôt des palais de justice qui ont déjà des
niveaux de sécurité. Donc, il faut quand même que le professionnel dise :
Bien, malgré les niveaux de sécurité...
Mettons que je suis dans une équipe
particulière qui a des niveaux de sécurité ou des mesures de sécurité, ce qui
existe dans certaines... certaines équipes, certaines professions, je peux vous
le dire pour l'avoir vécu, bien, il faut se rendre jusqu'au renseignement
personnel. Là, si le renseignement personnel... pas personnel, pardon, le
renseignement au tableau de l'ordre, pardon, parce que ce n'est pas le
renseignement personnel, là, c'est le renseignement professionnel... et que
l'adresse est donnée comme étant le palais de justice, bien, il va falloir que
je justifie que... de savoir que je travaille au palais de justice de Montréal,
alors que je suis déjà procureure au district de Montréal et que mes dossiers
sont assignés au... que le fait que ce soit publié au tableau de l'ordre ajoute
un élément pour ma sécurité, pour un préjudice, nonobstant les autres mesures
de sécurité.
Donc, ce ne sera... je ne dis pas que ça
ne se peut pas, je dis juste que ça... on n'en fera pas un automatisme, parce
qu'on l'a dit tantôt, il peut y avoir d'autres mesures qui entourent la
sécurité du professionnel, compte tenu, là, du travail particulier qu'il fait.
Il faut qu'on se rende jusqu'au moment où on dit : Bien, malgré tout ce
qui est là ou pas là, dépendamment, bien, le fait brut de mon adresse, mon
numéro de téléphone ou de connaître mon genre, mon nom, je ne sais pas, je ne
veux juste pas éliminer aucun... aucun renseignement, bien, met en péril ma
sécurité ou cause... ou peut me causer un préjudice. Bien, ce sera au
professionnel de l'alléguer. Mais je ne pense pas qu'on peut en faire un
automatisme.
M. Morin : Non. Et
effectivement je suis d'accord avec vous dans le cas de professionnels qui
travailleraient, par exemple, dans un palais de justice. Bien, dans le palais
de justice comme tel, il y a déjà plusieurs mesures de sécurité. Il faudrait
vraiment qu'il y ait quelque chose d'assez exceptionnel pour que l'adresse du
bureau... Je ne dis pas que c'est impossible.
Mme LeBel : Ou une situation
particulière au professionnel, oui.
M. Morin : Très particulière,
exactement. Je pensais plus à l'adresse personnelle parce que l'adresse...
Mme LeBel : Mais elle n'est
pas au tableau de l'ordre, en principe.
M. Morin : Elle n'est pas au
tableau, en principe.
Mme LeBel : Non, à moins que
son bureau... Bien là, là, je vais vous dire, les personnes auxquelles on fait
référence, vous et moi, là, qui sont des équipes de procureurs de la couronne,
en général, au fédéral ou au provincial, bien, leurs adresses au tableau de
l'ordre... Ils n'ont pas leur cabinet dans leurs maisons.
M. Morin : Non. OK. Parfait.
Je vous remercie.
Mme LeBel : En général.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Je voulais juste revenir, là, parce que tout à l'heure vous avez
dit : Oui, ils l'adaptent... ils l'adoptent ou ils l'interprètent, la
notion de préjudice. Mais je voulais revenir sur <i>l'ordre des physios
qui nous a mis, en recommandation 5, que ce serait important de clarifier
la notion de préjudice. Ça fait qu'il y a quand même ça dans les revendications
de certains groupes. Ça fait que je voulais vous le soumettre à réfléchir, là.
Je n'ai pas de proposition qui est... précise, mais ça vient quand même de ce
qu'on nous a dit, là, «clarifier la notion de préjudice pour permettre aux ordres
de l'appliquer de manière objective», la recommandation 5 des physios. Ça
fait que, si vous avez un commentaire à faire, bien, moi, je...
Mme LeBel : Bien, le seul
commentaire que je vais vous faire, c'est que c'est là, dans le Code des
professions, depuis 2006, c'est les mêmes notions que ceux qui sont dans la <i>loi
de l'accès à l'information. Et j'ai... on n'a aucun cas de figure qui nous a
été présenté par un professionnel ou par un ordre professionnel, où ils n'ont
pas été capables d'appliquer la notion de préjudice. Je veux dire...
M. Cliche-Rivard : Bien là,
vous avez un ordre qui vous dit que... Bien...
Mme LeBel : Oui, bien, un sur
46. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on a quand même... c'est une notion qui
existe, et on ne peut <pas la... tu sais...
Mme LeBel :
... veux
dire, c'est qu'on a quand même... c'est une notion qui existe, et on ne peut >pas
la... tu sais ,on ne peut pas circonscrire cette notion-là. Elle est très large,
présentement, et je pense qu'elle doit rester le plus large possible. Et je
vous dirais que...
M. Cliche-Rivard : Ils auront
vos commentaires.
Mme LeBel : ...avec beaucoup
de respect, je pense qu'elle est... elle est... c'est une notion qui, par les
tribunaux ou par... Parce qu'il y a toujours moyen de... Mais, jusqu'à présent,
là, il y a... en tout cas, à moins que je me trompe, à l'office ou au CIQ, il
n'y a pas de professionnels qui ont dit : J'avais un préjudice, et l'ordre
a refusé de ne pas rendre public un renseignement, là. Et c'est là depuis 2006.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Bien, ils auront les commentaires de la ministre. Nous autres, notre job...
Mme LeBel : Bien oui. Le tout
respectueusement soumis, naturellement, toujours.
M. Cliche-Rivard : Bien oui,
évidemment. Notre job, notamment, c'est de soumettre leurs inquiétudes...
Mme LeBel : Absolument.
M. Cliche-Rivard : ...et
celle des groupes jusqu'à la banquette ministérielle. Donc, ils auront leur
réponse pour aujourd'hui.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Interventions? M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : Oui, brièvement. Merci.
Merci, M. le Président. Si mon souvenir est bon, dans le mémoire de <i>l'Ordre
des ingénieurs, à la page 8, il y avait une mention à l'effet qu'il
pouvait être opportun de prévoir explicitement, à 108.8, le caractère public
des activités professionnelles pouvant être exercées par un membre. On faisait
référence aussi à des titulaires de permis restrictifs temporaires et de permis
spéciaux. L'Ordre des ingénieurs soulevait que cette notion-là pouvait être
ambiguë. Et je voulais juste attirer votre attention là-dessus parce que c'est
un élément qui nous a été mentionné en commission parlementaire. C'est à la
page... 8 de leur mémoire, et c'était une de leurs recommandations. Donc,
je voulais attirer votre attention, Mme la ministre, là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui, bien, je ne
sais pas... Aviez-vous terminé, monsieur... cher collègue?
M. Morin : Oui, moi, j'ai... oui,
oui, j'ai...
Mme LeBel : Je m'excuse...
M. Morin : Non, j'ai terminé.
Mme LeBel : ...j'étais pendue
à vos lèvres, j'attendais la suite. Bien, écoutez, je ne vous surprendrai pas
que... d'ailleurs, j'ai eu l'occasion de le mentionner en consultations, je
suis tout à fait d'accord avec ce qui est écrit là. C'est juste que ça va venir
dans un article subséquent.
M. Morin : Subséquent.
Mme LeBel : C'est parmi...
C'est par rapport... Dans le fond, ce qu'ils nous disaient, c'est que,
présentement, il n'y a pas... on n'a pas besoin de spécifier ce qu'un
professionnel peut établir, parce que, quand on est inscrit au tableau de
l'ordre, on est inscrit sur le... je vais dire, le permis complet, sur
l'ensemble de l'oeuvre. À partir du moment où on va mettre des permis spéciaux
ou des permis restrictifs, ce qu'ils nous disaient, c'est que ce serait
opportun... Je vais prendre... Je m'excuse à tous les ingénieurs qui
m'écoutent, et je ne veux pas dénaturer votre profession, mais mettons qu'on
parle d'un ingénieur en train d'atterrissage, je pense que ça a été donné comme
exemple, par rapport à un ingénieur en aéronautique. Maintenant, quand tu es
ingénieur en aéronautique, encore une fois, je m'excuse si je me trompe, bien,
on prend pour acquis que tu peux tout faire. Donc, si ce n'est pas... tu sais,
c'est marqué «ingénieur», tu as le permis complet. Si on met un permis
restrictif permanent pour un ingénieur qui n'est autorisé qu'à travailler sur
des trains d'atterrissage, bien, je pense que c'est de bon aloi de l'indiquer
que son permis lui permet de... Mais ça va venir, là, dans... quand on va
parler des permis... Je cherchais quel article exactement, mais ça va être dans
le...
M. Morin : Donc,
éventuellement, 109...
Une voix : ...
Mme LeBel : L'article 5
du bloc II. Puis comme vous voulez voir, il y a même un petit amendement
qui vous a été soumis.
M. Morin : Oui, c'est ça.
Exact.
Mme LeBel : Ça se peut que
vous vous l'aimiez...
M. Morin : Bon, bien, c'est
bien. Ddonc...
Mme LeBel : ...compte tenu de
votre remarque.
M. Morin : Donc, à ce
moment-là, on pourra atterrir à cet article-là. Très bien.
Mme LeBel : Absolument, en
espérant que le train sorte.
M. Morin : Ah! ça, on le
souhaite, on le souhaite. Excellent, parfait. Donc.... Donc, je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :...17? Ça va?
M. Morin : Oui, pour 17, ça
va.
Le Président (M.
Bachand) :OK. Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention sur l'article 17, est-ce que l'article 17 est
adopté?
Mme LeBel : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. Mme la ministre,
pour la suite des choses.
• (12 h 20) •
Mme LeBel : Je pense qu'on va
à l'article 2, si je suis le plan de match, M. le Président. Donnez-moi
juste le temps de revenir en arrière dans mon cahier. Parfait. On parle
toujours du Code des professions. Donc, ce code est modifié par l'insertion,
après l'article 16.10.2, du suivant :
«16.10.3. Le commissaire et une
personne qu'il désigne en vertu de l'article 16.10.2 ne peuvent être
contraints de faire une déposition ayant trait à un renseignement obtenu dans
l'exercice de leurs fonctions ou de produire un document contenant un tel
renseignement.»
Le commentaire : Le commissaire et
les personnes qu'il a désignées pour exercer une de ses fonctions pourraient
actuellement être contraints à faire une déposition ayant trait à un renseignement
ou à un document obtenu dans l'exercice de leurs fonctions. La modification qui
est proposée, d'ailleurs, qui est demandée par le commissaire, vise donc à
remédier à cette situation en conférant au commissaire et aux personnes qu'il
désigne une protection à cet égard. Cette protection est déjà conférée à
d'autres instances similaires. Je vous dirais que c'est un manque, quant à
nous, là, dans... dans les protections qui sont prévues par ailleurs au Code
des professions pour les fonctions que le commissaire doit exercer. Et c'est souvent
lorsque le commissaire effectue une enquête, là, il est investi des pouvoirs de
l'immunité qui est accordée au commissaire qui est <nommé...
Mme LeBel :
... là,
il est investi des pouvoirs de l'immunité qui est accordée au commissaire qui est
>nommé en vertu de la Loi sur les commissions d'enquête. Donc, comme
toute enquête, ce sont des renseignements qui ne devraient pas être divulgués
pendant l'enquête, là.
Donc, je serais porté à le dire dans mes
propres mots, là, mais il y avait... il y avait quelque chose ici à colmater,
disons-le comme ça, compte tenu des pouvoirs que le commissaire peut exercer.
On peut penser aux déclarations ou aux réponses qui sont faites par une
personne dans le cadre de l'examen d'une plainte. Donc, tant que la plainte est
en examen, il n'y a pas de conclusion. Je pense que, comme pour une enquête, on
le connaît dans nos professions antérieures, c'est la protection de l'enquête
en cours, si on veut. Donc, le commissaire pourrait... ne devrait pas être
contraint et encore moins des personnes qui exercent les mêmes pouvoirs, suite
à la désignation qu'il fait. Je pense que ça va... On le voit dans d'autres...
dans d'autres types de personnes ou d'entités qui ont de tels pouvoirs
d'enquête, ils ont cette protection-là que le commissaire n'avait pas.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, merci, Mme la ministre. J'attire cependant votre attention
sur un commentaire qui nous a été envoyé par le Protecteur du citoyen et qui
visait justement l'article 2. Dans la lettre que le Protecteur du citoyen
a envoyée au président de la commission, il souligne : «Exercice des
pouvoirs d'enquête du Protecteur du citoyen sur le Commissaire à l'admission
aux professions.» Et permettez-moi de référer à la lettre du Protecteur du
citoyen: «Bien que l'ensemble des modifications apportées par le projet de loi n° 67 m'apparaissent positifs, il m'importe de clarifier
l'interprétation de certaines dispositions qui y sont contenues, et ce, afin
d'éviter toute confusion dans l'exercice des pouvoirs du Protecteur du citoyen.
«L'article 16.10.2 du Code des
professions prévoit que le Commissaire à l'admission aux professions — le
commissaire, dont vous venez de parler — peut désigner une ou
plusieurs personnes relevant de son autorité pour exercer une fonction
essentielle à l'accomplissement de l'une ou de l'autre de ses responsabilités.
«L'article 2 du projet de loi prévoit
de modifier le Code des professions et d'insérer, après l'article 16.10.2 :
«"16.10.3. Le commissaire et une
personne qu'il désigne en vertu de l'article 16.10.2 ne peuvent être
contraints de faire une déposition ayant trait à un renseignement obtenu dans
l'exercice de leurs fonctions ou de produire un document contenant un tel
renseignement."
«En vertu de la LPC, le Protecteur du
citoyen a compétence pour intervenir à l'égard du commissaire — et il
y a une note à cet effet-là. À cette fin, il détient des pouvoirs d'enquête
étendus lui permettant d'obtenir tout document ou de l'information qu'il juge
nécessaire à son enquête.»
Et là le commissaire... le Protecteur du
citoyen nous dit : «Je considère que le nouvel article 16.10.3 du Code des
professions n'aura pas d'impact sur la compétence du protecteur à l'égard du
commissaire. Cependant, il pourrait créer une confusion liée aux pouvoirs
d'enquête du Protecteur du citoyen. Ainsi, afin d'éviter toute interprétation
limitative et d'assurer pleinement l'exercice des pouvoirs du Protecteur du
citoyen, je suis d'avis que l'article 16.10.3 devrait être modifié afin
d'y préciser qu'il n'a pas pour effet de restreindre la communication de
renseignements exigés par le Protecteur du citoyen.»
Et le Protecteur du citoyen recommandait
que l'article 2 du projet de loi 67 soit modifié afin d'ajouter un
nouvel article 16.10.3 qui se lirait ainsi :
«Le présent article n'a pas pour effet de
restreindre la communication d'un renseignement s'il est exigé par le
Protecteur du citoyen.»
Et je voulais en faire la remarque, parce
que, bien, évidemment, il ne faudrait pas que ça entraîne une confusion et il
ne faudrait pas, en fait, d'aucune façon, que ça puisse... il puisse y avoir
une interférence avec ce qui pourrait être exigé par le Protecteur du citoyen
dans le cadre d'une de ses enquêtes. Alors, je tenais à le soulever, parce
qu'on est à l'article, justement, à l'étude d'un article qui a soulevé ce
questionnement de la part de Protecteur du citoyen.
Mme LeBel : Bien, avec... J'ai
beaucoup de respect pour le Protecteur du citoyen, là. On a travaillé,
d'ailleurs, avec lui sur le projet de loi sur les lanceurs d'alerte, je vais le
dire comme ça. Mais je pense qu'il n'y a pas de confusion possible, parce que
les renseignements auxquels on fait référence, c'est des renseignements que le
commissaire obtient dans le cadre de ses pouvoirs à lui et non pas... non pas
les renseignements sur le commissaire, dans le cadre de ce que le Protecteur du
citoyen fait comme... Donc, je ne vois pas en quoi le Protecteur du citoyen
pourrait exiger du commissaire de lui donner des renseignements sur une plainte
d'une personne relative à l'admission de la profession.
Le Protecteur du citoyen, si je comprends
bien, là, est chargé de vérifier le commissaire, je vais le dire comme... Ce
n'est pas le bon terme, là, on se comprend, là. Mais on ne parle pas de... Là,
on parle de renseignements que le commissaire obtient dans l'exercice de ses
pouvoirs à lui, qui n'appartiennent pas au Protecteur du citoyen puis qui n'ont
pas rapport, et non pas les renseignements qui concernent le commissaire dans
l'exercice des pouvoirs du Protecteur du citoyen. Et on ne fait pas référence
au Protecteur du citoyen, dans le Code des professions, puis il y en a d'autres
qui pourraient dire : Bien, à ce moment-là, précisez que ça vient...
Je suis d'avis que ça ne <vient
pas...
Mme LeBel :
...
Bien, à ce moment-là, précisez que ça vient...
Je suis d'avis que ça ne >vient
pas... ça n'entre pas en conflit. Je suis d'avis que le Protecteur du citoyen
va être quand même, malgré l'article, là, qu'on vient d'introduire, capable
d'obtenir les renseignements et que le commissaire et les gens qu'il désigne
devront fournir les renseignements dans le cadre de... dans le cadre des
pouvoirs du Protecteur du Citoyen. Mais on ne parle pas du tout de la même
chose, quant à moi, ici. On parle du commissaire. Et, à un moment donné,
dans... il y a plusieurs entités qui sont en interaction, et on ne vient pas à
chaque fois, dans une loi, dire : Bien, ça, ça ne vient pas en
contravention des pouvoirs d'Untel, puis d'Untel, puis d'Untel. Moi, je
considère qu'on n'est pas dans le même pouvoir, champ d'action, et ce ne sont
pas les mêmes renseignements qui sont... qui sont... qui sont visés. Mon Dieu! Je
m'excuse. C'est un mot simple, «visés».
M. Morin : Pas de souci.
Mme LeBel : ...lui, qu'il
considère que le nouvel article n'a pas d'impact sur ses activités. Donc, je
pense qu'il aimerait une clarification. Donc, je la clarifie, l'intention du
législateur n'est pas que les relations entre le Protecteur du citoyen et le
commissaire, quel qu'il soit, ce soit perturbé. Donc, pour moi, je n'ai pas
besoin de clarifier, parce que, pour moi, ça ne vient pas atteindre les
pouvoirs du Protecteur du citoyen dans l'exercice de ses fonctions.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Autres interventions à
l'article 2? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Bien, j'entends Mme la ministre, là, et malgré tout, il en fait
quand même la demande spécifique, puis c'est sa première. Ça fait que, dans le
sens... Je comprends ce que vous voulez dire, en ce sens où il souhaite une
clarification, mais je pense que c'est quand même énoncé. Puis, d'autant plus, vous
le dites, là, l'intention du législateur, vous la formulez, mais l'intention du
législateur porte... «disposition à intérêt interprétative», alors que, la loi
telle qu'elle est, elle, si vous accédez à sa demande en r-1, on règle la
question pour de bon. Ça fait que je vous le soumets.
Deuzio, moi, je vois le... Je ne sais pas...
puis moi aussi, je ne veux pas m'avancer sur ce terrain-là que je ne connais
pas parfaitement. Mais, par exemple, si le Protecteur du citoyen venait à faire
une enquête, je ne sais pas, moi, sur la... sur une nature systémique de
l'admission à un ordre puis que lui décide d'évaluer, là, puis de demander à un
commissaire de lui fournir l'ensemble de ses évaluations pour l'admission à
l'ordre d'une quinzaine de personnes, je ne sais pas, moi, issues de
l'immigration, par exemple. Il y a une allégation à l'effet que, dans
l'admission d'un tel ordre, il y a possiblement des inquiétudes. Là, s'appliquerait
directement la demande, où ça aurait été un document obtenu dans l'exercice des
fonctions du commissaire.
Ça fait que je vous la soumets, là, comme un
exemple. Le Protecteur du citoyen enquête sur un commissaire pour lequel il y a
une allégation qu'il y a des problèmes, puis il veut obtenir ses dossiers
d'enquête ou ses rapports d'admission ou non à un ordre, par exemple. Je vous
le soumets parce que lui le soumet, là, tu sais?
Mme LeBel : Oui. Bien, ce
qu'il soumet, là, le Protecteur du citoyen, c'est que, pour lui, ça... ce qu'on
fait présentement dans le Code des professions, ça ne vient pas en conflit avec
ses pouvoirs, mais il aimerait ça que ce soit clarifié. Bien là, je le
clarifie, ça ne rentre pas en conflit avec ses pouvoirs.
Ceci étant dit, le Protecteur du citoyen
lui-même, dans son... dans sa loi, à l'article 34, la loi... le Protecteur
national de l'élève, le <i>commissaire de la Charte de la langue
française, la <i>Loi sur la transparence et l'éthique ont toutes cette...
tous ces commissaires-là ont ce qu'on ajoute aujourd'hui au Commissaire aux
professions — c'est ça, son titre?, je ne veux pas le dénaturer — et
aucun, aucun n'a une spécification que ça ne rentre pas en conflit avec des
gens qui sont chargés, peut être... Et le Protecteur du citoyen, là, pourra,
là, pour... je ne sais pas, moi, pour le... bon, le commissaire... Code
d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale, mais qui a la
même protection de dire qu'il ne peut pas être contraint de divulguer des
renseignements dans le cadre de son enquête.
• (12 h 30) •
Donc, il n'y a aucune loi où cette... où
cette spécification-là existe. Puis on... je ne dirais pas que c'est de la
concordance, parce que j'étire le mot «concordance», mais c'est un peu de la
concordance avec les pouvoirs du commissaire et ce qui se fait par d'autres
commissaires. Il n'y a aucune loi où on dit : Ça ne vient pas en conflit
avec la personne qui pourrait le vérifier. Donc, je le dis, là, je le clarifie.
Mais, si je me mets à le faire ici pour le Protecteur du citoyen, est-ce que le
législateur, qui ne parle pas pour ne rien dire, veut dire que, dans les autres
lois, ça rentre en conflit? La réponse est non. Ça ne rentre pas en conflit. Parce
que, pour moi, c'est deux choses différentes. Et on ne peut pas empêcher le
Protecteur du citoyen d'exercer ses pouvoirs. Mais, même là, le Protecteur du
citoyen, lui, il va prendre ce renseignement-là puis il ne sera pas plus
contraint de le divulguer. Ça fait qu'à un moment donné il va y avoir une
certaine protection de ce renseignement-là aussi, là, tu sais?
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...
Le Président (M.
Bachand) :Ça va. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions à l'article 2? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : Ce serait
l'article 29. On va se garder alertes, M. le Président. Oui. C'est moi qui
dis ça, alors que... Parfait. Merci. L'article 29, toujours le Code des
professions :
29. L'article 193 de ce code est
modifié par l'ajout, à la fin, des paragraphes suivants...
12 h 30 (version révisée)
Mme LeBel : ... toujours le
Code des professions. L'article 193 de ce code est modifié par l'ajout, à
la fin, des paragraphes suivants : «le Commissaire à l'admission aux
professions, les employés qu'il dirige et une personne qu'il désigne en vertu
de l'article 16.10.2;
«12° un conseil d'arbitrage ou l'un de ses
membres».
Donc, précédemment, c'était : «11° le
Commissaire à l'admission aux professions, les employés qu'il dirige et une
personne qu'il désigne en vertu de 16.10.2;
«12° un conseil d'arbitrage ou l'un de ses
membres».
Commentaire. Donc, le code prévoit une
immunité dans les poursuites pour de nombreux acteurs du système professionnel — c'est
un peu la suite de ce qu'on vient de faire. Le Commissaire à l'admission, ses
employés, les personnes qu'il désigne pour exercer une de ses fonctions, ne
sont toutefois pas visés.
Donc, on est dans la suite de ce qu'on
vient de dire. Et là cette disposition-là en est une, là, pour corriger, encore
une fois, cette situation et assurer une cohérence. Donc, on est dans le même
bloc que l'article 2, c'est la suite de 2.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Interventions? M. le
député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, merci, merci,
M. le Président. Donc, en fait, c'est un... c'est un ajout à l'article 193
qui prévoit une... bien, en fait, une immunité, parce que ces gens-là ne
doivent pas être poursuivis en justice en raison d'actes accomplis, bien sûr,
de bonne foi, dans l'exercice de leurs fonctions. À un moment donné, il me
semble qu'on m'a... on a soulevé que ce serait peut-être intéressant de revoir
la liste puis peut-être d'y inclure des personnes qui assistent, par exemple, à
un comité d'inspection professionnelle ou un comité de révision, ou un conseil
de discipline dans l'exercice de leurs fonctions. C'est une note que j'ai prise
pendant les consultations.
Je voulais juste vous entendre, Mme la
ministre, là-dessus, puisque là on va ajouter le commissaire... en fait, le Commissaire
à l'admission aux professions. Est-ce que c'est quelque chose à lequel vous
avez songé? Est-ce que ça pourrait être utile, efficace? Donc, c'est une
question que j'avais pour vous.
Mme LeBel : Bien, écoutez, je
pense, à l'instar de beaucoup de commentaires qui ont été faits, là, dans la
consultation du projet de loi 67, je pense qu'il y a des réflexions à
continuer, là, ce qui ne veut pas dire que, parce qu'on fait ça aujourd'hui
dans le projet de loi 67, qu'on ne pourra pas continuer sur les
réflexions. On a parlé... tu sais, vous savez, on a même parlé des syndics, hein,
on a parlé... ce n'est pas le commissaire, mais on a parlé de beaucoup de
choses, puis on a des travaux qui se font en matière de gouvernance.
Donc, je ne dis pas que j'adhère à ce
commentaire-là de... sans autre forme de procès, mais je pense qu'il faut
continuer la réflexion sur ces commentaires-là. Mais je pense qu'à ce stade-ci,
il y a encore beaucoup de discussions à y avoir sur la pertinence ou non, là. Je
ne dis ni oui ni non, mais bien au contraire, là.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Juste pour
compléter, ça nous vient, Mme la ministre, pour fins de référence, là, recommandation 7
du <i>Conseil interprofessionnel, page 13, ça fait que, pour que ce
soit clair pour vous, dans votre évaluation qui suivra, là. Je comprends que ce
n'est pas aujourd'hui qu'on donnera droit nécessairement à la demande, mais c'est
là où il parle... conseil... comité d'inspection professionnelle, comité de révision,
conseil de discipline dans l'exercice de leurs fonctions. Ça fait que...
Mme LeBel : Oui. Puis on est
déjà en travaux avec le CIQ, là, sur la suite des choses, puis je dois vous
dire que ça fait... On le sait qu'ils ont réitéré toutes leurs recommandations,
et c'est... et c'est, je dirais, de bonne guerre, là, avec beaucoup de respect,
il faut le faire, mais ça fait partie de ce qu'on continue dans les travaux. Puis
je veux juste le réitérer, je sais que je l'ai déjà dit, mais c'est important
pour nous de mettre de l'avant ce qui était clair pour tout le monde et de ne
pas attendre qu'on ait réglé toutes les questions de gouvernance et de... avant
de mettre de l'avant ce que les gens acceptaient présentement, et c'est ce qu'on
a fait dans le projet de loi 67. Mais ça ne ferme pas la porte à la suite
des discussions sur un tas de sujets qui sont extrêmement pertinents dans la
modernisation du Code des professions, et de revoir, là, la gouvernance, et
tout ce qui va avec, là, effectivement, on est très sensibles à ça.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. En fait, ce que je comprends de... du point qui a été amené par mon
collègue, c'est qu'ici, à l'article 29, on vient dire que les employés qui
sont dirigés par le Commissaire à l'admission aux professions, puis une
personne qu'il désigne en vertu de l'article 16.10.2, donc, ces
personnes-là vont... sont aussi visées par... par l'ajout. Et, finalement, ce
que le CIQ demande, dans la compréhension que j'en ai, c'est que, bien, on
fasse la même chose pour le comité d'inspection professionnelle, le comité de
révision, le conseil de discipline, que les gens qui assistent... qui les
assistent soient aussi visés par cet ajout.
Donc, c'est un peu de faire le parallèle
de ce qu'on vient faire ici pour le Commissaire à l'admission, le conseil
d'arbitrage, qu'on le fasse aussi pour le comité d'inspection professionnelle,
comité de révision, <conseil de discipline...
Mme Caron :
...le
conseil d'arbitrage, qu'on le fasse aussi pour le comité d'inspection
professionnelle, comité de révision, >conseil de discipline.
Mme LeBel : Bien oui, il va
falloir continuer, avec le CIQ, la discussion sur ce sujet-là, parce que, quand
on lit l'article 193, ce qu'on vient de faire avec 29, c'est d'ajouter les
alinéas 11° et 12°, hein, à tous ceux qui ne peuvent pas être poursuivis. Mais
quand vous regardez le 1°, le comité d'inspection professionnelle est déjà là,
le comité de décision en matière d'assurance, le comité de révision est déjà
là. Donc, je pense que ça va demander, pour la suite des travaux, de voir, avec
le CIQ, qu'est-ce qui fait que, dans ces points-là...
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est ça, mais il
y a plusieurs choses, là. Ça fait que je ne dis pas que la porte est fermée, je
dis juste qu'on va continuer les discussions avec le CIQ sur ce point-là avant
de faire une modification, où, en apparence, à tout le moins, à mon niveau, au
moment où on se parle, leur préoccupation semble couverte. Maintenant, si elle
ne l'est pas, on va continuer à discuter avec eux pour s'assurer, dans le
futur, de voir comment on peut y remédier.
Mme Caron : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Autres interventions sur
l'article 29? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 29
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme LeBel : Adopté. Merci.
Article 20, alors quelques petits pas en arrière, article 20 : L'article 115.3
de ce code est modifié par l'insertion, après «avocat», de «ou un notaire».
Donc, la modification qui est proposée
permet la nomination d'un membre de la Chambre des notaires du Québec comme
président de conseil de discipline des ordres professionnels. Les conditions
demeurent inchangées, soit avoir au moins 10 ans de pratique et faire
preuve d'une expérience pertinente.
Puis ça, ça découle des travaux qui ont
été faits par mon collègue en justice, là, où on est... où, maintenant, on ne
limite pas ce genre de fonction là aux juristes qui sont des avocats, mais on
inclut aussi les notaires dans ce genre de fonction là. Donc, on change... on
vient faire un ajustement en fonction de ce qui a été fait par mon collègue en justice
par rapport à l'inclusion des notaires dans... comme juges, à titre d'exemple,
là.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui, oui, merci,
M. le Président. Oui, alors, effectivement, Mme la ministre a raison, je peux
en témoigner. J'étais...
Mme LeBel : Vous étiez sur l'autre
projet?
M. Morin : ...j'étais sur ces
projets-là, et on a eu, effectivement, des questions intéressantes pour le
ministre de la Justice, notamment quant à la possibilité, pour des notaires, d'être
nommés juges de paix magistrats. Oups! je...
Mme LeBel : Moi, je suis
convaincue qu'il y a eu des beaux débats. C'est juste ça que...
M. Morin : Ah! il y a eu de
très beaux... il y a eu de très beaux débats.
Mme LeBel : Ne lisez que ça
dans ma... dans mon visage.
M. Morin : D'accord, je ne
lis que ça. Mais, effectivement, pour... pour être nommé juge à la Cour du
Québec, maintenant, un notaire qui... qui a 10 années de pratique
pourrait, éventuellement, se présenter à un concours pour... pour l'admission.
Alors, dans ce cas-ci, il me semble que, s'ils peuvent être nommés juges à la Cour
du Québec, et puis, éventuellement, ça va sûrement arriver, ils devraient
sûrement être capables de présider un conseil de discipline, à l'article 115.3.
Alors, écoutez, je pense que c'est une question... je ne sais pas si on peut
utiliser le mot «concordance», mais, enfin, bref...
• (12 h 40) •
Mme LeBel : Oui, au sens
large.
M. Morin : ...au sens très
large, effectivement. M. le Président. Je vous remercie. Je n'ai pas d'autre
commentaire.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Autres interventions sur
l'article 20? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 20
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : L'article 21,
s'il vous plaît, M. le Président. Article 21 : L'article 162 de
ce code est modifié :
1° par la suppression de «qui le remplace en
cas d'absence ou d'empêchement»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«En cas d'absence ou d'empêchement du
président, celui-ci est remplacé par le vice-président. En cas d'absence d'un
autre juge du tribunal, le juge en chef de la Cour du Québec peut désigner un
juge de cette Cour pour le remplacer. Le remplacement dure jusqu'à ce que le
président ou le juge reprenne l'exercice de ses fonctions ou soit remplacé. Un
juge saisi d'un dossier dont l'audition a commencé peut terminer ce dossier malgré
la fin de son mandat de remplacement.»
Commentaire. La modification proposée vise
à permettre de remplacer tout juge du Tribunal des professions qui est absent
de façon temporaire, ce qui n'est pas prévu, actuellement, que pour le
président du tribunal. Donc, le remplacement sera décidé par le juge en chef de
la Cour du Québec d'où sont issus les juges du Tribunal des professions. À des
fins d'efficacité de la justice, on permettra à un juge remplaçant de terminer ses
dossiers même si le juge qu'il remplaçait est de retour.
Donc, c'est une question de pouvoir faire
les aménagements qui ne pouvaient pas se faire, puis je dois vous dire, à mon
grand... à ma grande surprise, quand j'ai vu qu'il fallait l'ajouter.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui, en fait, M.
le Président, je vous... je vous demanderais une suspension, parce que j'aurais
un amendement à proposer...
Le Président (M.
Bachand) :Parfait.
M. Morin : ...et, donc, on
pourra préparer l'amendement, puis je pourrais en discuter avec Mme la
ministre.
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Alors, on suspend
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 42)
(Reprise à 12 h 56)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, c'est...
Merci, merci, M. le Président. Alors, d'abord, merci d'avoir... d'avoir
suspendu, pour les gens, en fait, qui nous... qui nous écoutent, pour faire un
énoncé finalement de nos discussions, ce... Parce que j'ai souligné... j'ai
demandé un ajournement. Je réfléchissais à la position de... la possibilité de
déposer un amendement. Et l'amendement, en fait, aurait été le suivant, et ça
touche plus particulièrement 108.7 du Code des professions. Donc, un amendement
qui aurait été inséré ou bien entre 16 et 17 du projet de loi actuel, parce
qu'il y a... Quand on regarde 108 et ce qui peut être divulgué, il y a, au moins,
un ordre professionnel qui nous ont informés, qui nous ont demandé si c'était
possible d'explorer la possibilité de <donner certains renseignements...
M. Morin :
...il y a,
au moins, un ordre professionnel qui nous ont informés, qui nous ont demandé si
c'était possible d'explorer la possibilité de >donner certains
renseignements, si, par exemple, une plainte avait été déposée contre un
professionnel ou si une enquête était entamée. Et la raison est la suivante,
évidemment, pour la protection du public, je comprends qu'une fois qu'une
plainte est déposée, le comité n'a pas statué, mais quand même.
Et on nous disait entre autres que, dans
certains cas, il y a une marge de manœuvre qui est très, très mince sur ce que
l'ordre professionnel peut dire ou ne pas dire. Et évidemment mon but, mon
intention, c'est toujours de garder à l'esprit la protection du public et de
voir ce qui pourrait, par ailleurs, être dit, toujours en gardant un équilibre
entre les droits de la personne qui est visée, mais aussi la possibilité
d'informer le public. Alors, c'était l'objet finalement de la discussion que je
tenais à résumer.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Mme la
ministre.
Mme LeBel : Oui. Je vais, de
mon côté, dire, merci, M. le Président, et merci à tous les membres de la
commission. Quand on suspend, ce n'est pas parce qu'on fait autre chose, c'est
parce qu'on a besoin d'avoir, des fois, un échange qui est plus... qui est plus
large, là, que ce qu'on fait. Puis je pense que c'est important de bien
comprendre l'intention derrière ça et qu'est-ce qu'on vise comme cas de figure.
Et je peux rassurer mon collègue, comme je l'ai fait hors micro, que, pour
nous, c'est une situation qui est extrêmement sérieuse. On prend au sérieux le
commentaire. Je pense que c'est le Barreau, vous m'aviez dit, effectivement, si
mon souvenir est bon, c'est le Barreau qui a fait ce commentaire-là. D'autres
l'ont déjà fait dans le passé, dans le cadre de nos travaux, soit avec
l'office, le CIQ ou d'autres ordres professionnels. Mais vous l'avez mentionné,
il y a la question de trouver la façon correcte de le faire pour garder un
équilibre entre les droits individuels et la protection du public au sens
large.
Je veux juste rassurer tout le monde que
c'est quelque chose qu'on prend très au sérieux dans le cadre des travaux que
l'on fait. Et de réitérer, encore une fois, que le projet 67, pour moi, ce
n'est pas la fin de l'histoire et ce n'est pas le dernier projet de loi qu'on
va proposer. Et il y a beaucoup d'enjeux extrêmement sérieux, dont celui-là,
celui de la gouvernance. On a entendu parler des syndics, pour lesquels on va
continuer de travailler avec le Barreau et avec les ordres professionnels
concernés. Donc, ce n'est pas... je ne rejette pas du revers de la main, je
vous dis juste à la prochaine.
Le Président (M.
Bachand) :Le temps file rapidement.
Est-ce qu'il va y avoir d'autres interventions sur l'article 21?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Sur 21?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Oui, exactement.
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Alors, est-ce que... parce que
le temps file. Je voudrais savoir s'il y a des interventions, on reviendra
après la suspension. Mais, s'il n'y a pas d'autre intervention...
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :...donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 21 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci beaucoup.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ces travaux jusqu'à 15 heures. Merci. À tantôt.
(Suspension de la séance à 13
heures
)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 heures)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! Bon
après-midi à tout le monde. La Commission des institutions reprend ses travaux.
On poursuit donc l'étude détaillée du projet
de loi n° 67, Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation
du système professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques
professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux. Lors de
la suspension de nos travaux cet avant-midi, nous en étions à l'étude de la...
nous en étions à la lecture de l'article 7... 4. Pardon. Excusez-moi.
Mais, avant d'aller plus loin, il y a un nouveau plan de travail qui vous a été
distribué, alors j'aimerais savoir s'il y a consentement pour prendre ce
nouveau plan de travail.
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Consentement. Parfait. Alors, Mme
la ministre, pour la lecture de l'article 4, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Merci, M. le
Président. Article 4 : L'article 42.1 de ce code est
modifié :
1° par l'insertion, dans le paragraphe 2°
du premier alinéa et après l'article... et après «l'article 42 ou», de «du
premier alinéa»;
2° par l'ajout, à la fin du premier... alinéa — pardon — du
paragraphe suivant :
«3° il doit acquérir une formation, effectuer
un stage ou réussir un examen prévus dans un règlement pris en application du
paragraphe i du premier alinéa de l'article 94, dans une loi constituant
un ordre ou dans un règlement pris en vertu de cette loi en vue de la
délivrance d'un permis ou d'un certificat de spécialiste.»;
3° par l'insertion, dans le deuxième
alinéa et après «permis», de «, pour lesquelles il possède les compétences ou
qui sont requises aux fins de compléter une formation ou un stage imposé dans
le cadre d'un processus visant la délivrance d'un permis ou d'un certificat de
spécialiste,».
Commentaire. Les modifications visent à
permettre que le permis restrictif temporaire puisse également être délivré à
un candidat à l'exercice de la profession qui a terminé sa formation initiale,
c'est-à-dire qui détient un... un diplôme qui donne ouverture au permis d'un
ordre, ou encore qu'il s'est vu reconnaître une équivalence de ce diplôme, mais
qui doit satisfaire à une condition supplémentaire à la délivrance du permis. À
titre d'exemple, on peut parler... on peut penser à une formation, à un stage,
à un examen, grâce à la modification proposée, une personne candidate à l'exercice
de la profession de médecine vétérinaire formée à l'étranger, qui est en
attente de compléter l'examen pratique du bureau national des examineurs de l'Association
canadienne des médecins vétérinaires, pourrait obtenir un permis restrictif
temporaire, ce qui lui permet de prêter main-forte aux professionnels, de
travailler, de maintenir et de bonifier ses connaissances pendant son parcours
d'admission.
Je pense que c'est la... c'est important
de noter à ce stade-ci la très grande différence entre le permis temporaire et
le permis spécial. C'est que le... le permis temporaire, de nature, se veut un
permis sur le parcours de l'obtention du... du permis...
15 h (version révisée)
Mme LeBel : ...sur le parcours
de l'obtention du permis... j'allais dire complet, là, mais...
Une voix : ...
Mme LeBel : Plein permis.
Bon, c'est ça. Je vais chercher le terme, parce qu'on est dans... on a beaucoup
de permis. Donc...
Des voix : ...
Mme LeBel : Certains,
certaines... Je peux donner un exemple. Certains ordres professionnels, dans
leur loi constitutive, ont déjà la possibilité de faire ça. Je vais parler des
infirmières. Quand on parle des CEPI, les candidates à la profession, qui
travaillent déjà dans le système de santé, sur l'obtention de leur plein
permis... Et souvent c'est le passage dans le système de santé, le stage, ou
peu importe comment on l'appelle, la formation sur le terrain, qui permet l'acquisition
du plein permis, mais, dans la loi constitutive, dans... c'est-à-dire, dans
la... pas dans la loi constitutive, dans <i>la loi sur l'ordre des
infirmières, cette possibilité existe déjà. Ce qu'on fait, c'est qu'on ramène
la possibilité qui existe déjà dans certaines lois des ordres au niveau du Code
des professions. Donc, il y a souvent des endroits où on ne réinvente pas la
roue, mais on fait... tout ce qu'on fait, c'est... Bien, tout ce qu'on fait, c'est
majeur parce que ça donne l'occasion aux 46 ordres d'en profiter, mais ce
qu'on fait, c'est qu'on ramène, au niveau des codes de profession, des
principes qui, dans certaines lois, existent déjà, lois d'ordre professionnel.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Interventions?
M. le député d'Acadie, oui.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Donc, je comprends que le fait de permettre ou de l'inclure dans le Code
des professions, ça va faire en sorte que, dorénavant, tous les ordres professionnels
pourront se... en fait, utiliser un tel permis.
Mme LeBel : Excusez-moi, j'étais
en train de faire une vérification. La fin de votre phrase?
M. Morin : Oui. Bien, en
fait, donc, le fait d'ajouter ça dans le Code des professions, ça va permettre
à l'ensemble des ordres professionnels de pouvoir utiliser un tel permis.
Mme LeBel : Et voilà.
Effectivement. Ça existe dans certaines professions. Comme je vous disais, les
infirmières...
M.
Morin :
Oui, les infirmières.
Mme LeBel : ...c'est celles qu'on
connaît le plus, là, quand on parlait des... les fameuses CEPI, là, les
candidates à la profession.
M. Morin : Oui. Parfait. Bon,
maintenant... parce que, dans la loi, pour être sûr que je comprenne bien, on
parle de permis spécial, on a différentes formes de permis. Là, ici, on ne
parle pas d'un permis spécial, mais d'un permis restrictif temporaire. Est-ce
que j'ai bien compris?
Mme LeBel : Voilà, oui,
qui... alors que le permis spécial, si je peux reprendre un autre langage,
serait un permis restrictif permanent, qui est... qui arrive à un autre moment
et par un autre chemin, mais qui, au final...
Ici, dans ce cas-ci, le permis restrictif
temporaire permet d'exercer dans l'attente du plein permis mais, souvent, va
permettre d'exercer l'ensemble de sa compétence. Je prends toujours les
infirmières. Elles ne sont pas limitées par le... Puis ce n'est pas dans les
lois, qu'on me disait, c'était dans les règlements, là, mais... mais c'est ça.
Mais dites-vous que c'est déjà prévu, pour certaines professions, dans certains
véhicules, mais ce que ça permet ici, c'est de faire contribuer certains... les
professionnels en attendant qu'ils obtiennent leur plein permis. Et souvent c'est
après que la formation... oui, c'est par règlement, c'est ça, la formation soit
complétée, mais pas la formation universitaire. Là, on parle quand il y a une
formation supplémentaire, là. Une formation supplémentaire... Je vais parler du
barreau à notre niveau et du stage. Je sais que je fais des exemples très
simplistes, mais, je me souviens, quand j'ai fait mon stage, je pouvais... bon,
c'est peut-être par un autre mécanisme, mais ça se veut une finalité similaire,
bien, j'ai pu plaider devant les tribunaux comme stagiaire, même si je n'avais
pas encore mon plein permis d'exercice, donc.
Mais là ça... je sais que c'est des
mécanismes différents, c'est par des lois ou des règles, peu importe, l'idée, c'est
d'être capable d'utiliser les compétences de nos professionnels dans l'attente
du plein de permis. Mais là on passe par le chemin différent que le permis
spécial. Donc, c'est des gens qui ont complété la formation ici, qui ont la
pleine formation ou une équivalence reconnue et qui leur reste quelques étapes
à faire avant l'obtention. Ça peut être un examen, ça peut être un stage, ça
peut être une formation supplémentaire, comme l'école... je parle des écoles,
mais qui permet d'exercer.
Peut-être permettre, si vous permettez, M.
le Président, ou que les oppositions le permettent, que...
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y aurait
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Alors, bien sûr, d'abord,
vous...
Mme LeBel : Parce que, là,
elle va rentrer dans des détails plus techniques que moi.
Le Président (M.
Bachand) :OK. D'abord, vous...
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :...d'abord vous présenter, s'il
vous plaît. Merci.
Mme Derome (Dominique) : Oui.
Bonjour. Dominique Derome, présidente de l'Office des professions<i>.
Alors, présentement, lorsqu'on veut permettre des stages ou des choses comme
ça, l'ordre doit faire un règlement, donc chaque ordre doit passer par un
règlement. Tandis qu'ici on vient habileter tous les ordres à pouvoir émettre
un permis restrictif temporaire pour justement permettre à des candidats à la
profession de pouvoir participer, travailler dans leur champ d'études pour
l'obtention de leur plein permis après le stage ou l'examen, etc. Donc, on
vient éviter, <de...
Mme Derome
(Dominique) :
...champ d'études pour l'obtention de leur plein
permis après le stage ou l'examen, etc. Donc, on vient éviter, >de cette
façon-là, de faire 84... pas 84, c'est 94o, là, le règlement.
Une voix : 46.
Mme Derome (Dominique) : Bien,
46, règlement, là.
M. Morin : Je vous remercie.
Maintenant, ce permis-là, restrictif temporaire, pourrait être décerné
uniquement aux personnes qui sont en attente d'un permis dans un ordre
particulier pour, au fond, poser des actes réservés, en attente du permis
permanent. Donc, quand vous me donnez l'exemple d'une infirmière, bien,
c'est... c'est une infirmière ou un infirmier qui a fini sa formation, mais qui
veut... qui va éventuellement appartenir ou être membre de l'ordre. Est-ce que
ça pourrait s'appliquer à des personnes d'autres ordres ou d'ordres connexes
qui pourraient obtenir ou demander un tel permis, poser une foule d'actes en
attendant? Je pense, entre autres... tu sais, on a parlé récemment des futurs
adjoints aux médecins. Est-ce que ça pourrait s'appliquer dans ce cas-là?
Mme LeBel : Bien, je vais
répondre. Bien, il faudrait que, comme tout le monde, leur équivalence de
formation soit reconnue par l'ordre concerné, qui détient les actes en
question, et qu'ils soient sur le chemin de l'obtention du plein permis, donc
compléter le stage ou l'examen. Et là, si la formation qu'ils ont suivie... ou
l'équivalence, parce que ça peut être par un autre... est reconnue par l'Ordre
des infirmières, à titre d'exemple, bien là ils pourraient... ils deviendraient
des candidats à la profession comme les autres. Donc, il faudrait, à la base,
que la formation qu'ils ont suivie soit reconnue par l'ordre comme étant une
formation... la même ou équivalente. Donc, il faut vraiment... La base de ça,
c'est la reconnaissance de la formation qui a été suivie ou la formation qui a
été suivie au départ.
Donc, je prends un exemple de ce que vous
mentionnez, un autre professionnel d'un autre ordre, s'il n'a pas la formation
requise pour l'Ordre des infirmières ou cet ordre-là, la réponse est non.
M. Morin : OK. J'ai en
tête... parce que je me souviens, bien, de leur mémoire, tout ça, mais les
travailleurs sociaux avaient certaines craintes, avec les permis spéciaux ou
autres, que certains membres d'autres ordres professionnels puissent demander
un permis spécial ou restreint pour être capables de poser certains actes
réservés, qui par ailleurs sont dans la liste des actes réservés des
travailleurs sociaux qui ont une formation plus généralisée. Est-ce que le
permis restrictif temporaire pourrait être utilisé à ces fins-là?
• (15 h 10) •
Mme LeBel : Non. Ce que
l'ordre soulevait, si je me trompe bien, c'était sur le permis spécial des gens
qui arrivent de l'étranger. Ils avaient peur, là, que l'élargissement des
permis spéciaux aux personnes qui sont formées au Québec... avaient peur qu'on
l'élargisse aux personnes formées au Québec. Mais l'ordre va toujours demeurer
la personne... pas «la personne», mais la personne morale, là, l'entité
responsable d'émettre le permis. Donc, si la personne qui demande le permis
spécial, au niveau de la formation et des compétences, remplit la formation et
les compétences, ce sera à l'ordre de l'évaluer. Donc, je veux dire, si l'ordre...
<i>l'ordre des travailleurs sociaux dit : Bien, moi, je crains,
bien, au final, c'est l'ordre des travailleurs sociaux qui est maître d'oeuvre.
On ne peut pas forcer un ordre professionnel à émettre un permis. On peut
soumettre, demander, mais, à ce moment-là, l'ordre va faire le travail qu'il
fait, comme pour tout le monde, puis dire : Bien, OK, cette personne-là
est formée au Québec, peut-être, mais est-ce que cette formation correspond à
mes standards ou à une équivalence?
Donc, on revient toujours à la formation
et à l'équivalence, mais cette formation, cette équivalence-là est reconnue par
l'ordre, à la base. Donc, elle garde plein contrôle sur l'émission des permis
et sur les actes, et qui est... et qui a... qui ultimement aura le privilège
d'agir dans l'espace qui leur est réservé ou avec un titre réservé ou avec des
actes réservés, là. Mais l'ordre demeure responsable de ça. Donc, on ne vient
qu'introduire un outil duquel les ordres peuvent se servir et non pas un outil
que les ordres sont obligés d'accorder aux gens. C'est bien différent, là, pour
moi.
M. Morin : Ça pourrait
cependant permettre à un professionnel qui vient de l'étranger...
Mme LeBel : ...pas celui dont
on parle.
M. Morin : Donc, ça ne peut
pas s'appliquer non plus?
Mme LeBel : Pas celui dont on
parle.
M. Morin : Pas celui-là. OK.
Mme LeBel : C'est l'autre
permis dont on va parler. C'est le permis spécial que je pourrais nommer
affectueusement le permis restrictif permanent, mais pas le permis temporaire.
Le permis restrictif temporaire, c'est vraiment pour quelqu'un qui est dans le
parcours... Parce qu'il y a une limite, <là...
Mme LeBel :
...permis
restrictif temporaire, c'est vraiment pour quelqu'un qui est dans le
parcours... Parce qu'il y a une limite, >là. Il est vraiment limité dans
le temps aussi. C'est le parcours, là. Il faut vraiment que ce soit quelqu'un
qui soit en train de vouloir obtenir le permis permanent, là.
Donc, ce qu'on a... ce qu'on s'est dit,
parce que ça existait dans certains règlements, je vais me corriger moi-même,
dans certains règlements, c'est : Pourquoi se priver de professionnels qui
ont la formation, toujours sous la supervision des ordres, là, et de dire :
Bien, les étudiants au Barreau, à titre d'exemple... là je... c'est par
d'autres mécanismes qu'on y arrive, mais peuvent-ils, sous la supervision ou
non, peuvent-ils contribuer en attendant que, qu'ils obtiennent leur plein
permis? À la base, ils ont le bac, ils ont peut-être le Barreau, mais là il
reste le stage à faire.
Parce que, sur le parcours des ordres
professionnels, chaque ordre a un parcours différent pour obtenir le plein
permis. Il y en a que c'est, bon, la formation, là je vais parler de la formation
de base, et après c'est un examen. Des fois, c'est un stage, des fois, c'est
une école comme <i>l'École du Barreau, des fois, c'est une école avec un
stage, des fois, c'est...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, oui, des
fois, c'est une formation supplémentaire avec un examen. Donc, chacun a son
type de mécanisme pour superviser et décider que le plein permis va être
acquis, mais, entre la formation de base, qui est souvent universitaire, là,
dans certains cas, et le parcours supplémentaire de l'ordre, et la personne qui
est en train de le faire, bien, ce sera l'ordre qui décidera, là, qu'elle peut
émettre un permis restrictif temporaire en disant : OK, ça... je suis
confortable que cette personne-là, en attendant X, Y, Z, peut... peut
participer et contribuer. Elle a toujours en tête la protection du public,
naturellement. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas au service des membres, c'est
au service du public.
M. Morin : C'est son mandat.
Mme LeBel : Voilà.
M. Morin : Exact. Sauf que je
reprends mon exemple de tantôt : Si vous avez un professionnel étranger où
il a soumis son dossier, il y a eu une évaluation qui a été faite, on lui a
reconnu des équivalences, mais il lui manque certaines... certains cours, une
partie de la formation, qu'il le suit, cette formation-là, puis là il arrive
vers la fin. Donc, je comprends que, dans son cas, est-ce qu'il pourrait
obtenir un permis restrictif temporaire?
Mme LeBel : Oui, mais il faut
qu'il soit sur le parcours de finir, le permis. Voilà. Oui, tout à fait.
M. Morin : Mais donc ce
serait... ce serait ouvert et ça permettrait à certains professionnels...
Mme LeBel : ...de travailler
en attendant.
M. Morin : ...de l'étranger
de travailler, parce que c'est souvent ce qu'on entend, en tout cas, bien, moi,
dans mon autre chapeau de porte-parole de l'opposition officielle en matière
d'immigration, francisation et d'intégration, que, pour des professionnels,
c'est très difficile.
Mme LeBel : Oui, et c'est
surtout... Mais le mot clé, là, c'est que, peu importe la provenance de la
personne, il faut que sa formation soit reconnue, soit par la formation,
exactement celle qui est faite ici, donc qu'il l'a faite ici, soit qu'une
équivalence soit reconnue pour être sur ce parcours-là, mais il faut avoir...
Et ce qui va distinguer, c'est l'intention
finale. Ici, on est sur le parcours de compléter le plein permis. Dans l'autre
cas, on ne l'est pas nécessairement, dans le permis spécial. Mais, à la base,
c'est toujours... la porte d'entrée, ce n'est pas d'où tu viens dans la vie,
c'est : Est-ce que ta formation est reconnue?
M. Morin : OK. Parfait. Je
vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Juste pour bien comprendre, parce que ça, c'est important, ce que vous venez de
dire, là, au 3, on parle quand même de cette loi en vue de la délivrance d'un
permis. Et là c'est là où ma question... puis là, tantôt, on parle... depuis
tantôt, on parle de plein permis versus le permis spécial. Là, 3 exclut le
permis spécial. Tu ne peux pas aller chercher ton restrictif temporaire en
attente du permis spécial.
Mme LeBel : Non, parce que,
ton permis spécial, tu l'as ou tu ne l'as pas. Au moment où on ne te le reconnaît
pas...
M. Cliche-Rivard : Tu l'as ou
tu ne l'as pas.
Mme LeBel : Oui, on te le
reconnaît, on ne te le reconnaît pas. Ça veut dire qu'on va... qu'on va avoir
théoriquement reconnu une équivalence sur un aspect, mais pas... vous avez
raison.
M. Cliche-Rivard : ...en vue
d'une délivrance d'un permis spécial ou bien...
Mme LeBel : Ce chemin-là mène
à un plein permis.
M. Cliche-Rivard : Exact. Ça
fait qu'il faut lire 3 comme si c'était écrit, puis c'est implicite, vous me
direz, d'un plein permis.
Mme LeBel : Bien, le mot «permis»
qui se retrouve dans le code, c'est le plein permis partout.
M. Cliche-Rivard : C'est
toujours le plein permis.
Mme LeBel : Sinon, ça va être
«permis restrictif» ou «permis spécial», oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Deuxième point, dans ce que vous ajoutez au premier... au premier paragraphe,
là, de 42.1 : par l'insertion du premier alinéa de 42.2, c'était juste
pour bien comprendre, parce que nous, on voit qu'à 42.2, il n'y a seulement
qu'un article, en fait... qu'un paragraphe.
Mme LeBel : Attends un peu.
Pouvez-vous me ramener à où est-ce que vous êtes?
M. Cliche-Rivard : Un seul
alinéa, pardon. Dans le fond, le... quand vous introduisez le paragraphe 4°,
premier alinéa : par l'insertion...
Mme LeBel : Dans le
paragraphe 2° du premier alinéa.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Vous ajoutez : du premier alinéa de l'article 42.2. Mais 42.2, c'est
juste un seul...
Mme LeBel : Non. Il y a 1,
1.1 puis 2.
M. Cliche-Rivard : Là, on est
dans le Code des professions ou on est ailleurs?
Une voix : ...
Mme LeBel : Oh! Donnez-moi
30 secondes, OK? Je vais...
M. Cliche-Rivard : Bien <oui...
Mme LeBel :
...Oh!
Donnez-moi 30 secondes, OK? Je vais...
M. Cliche-Rivard :
Bien
>oui.
Mme LeBel : Je vais juste... Parce
que, là, on se promène dans le code.
Est-ce que vous voulez suspendre quelques
minutes?
Le Président (M.
Bachand) :On va suspendre...
Mme LeBel : ...
Le Président (M.
Bachand) :Oui. On va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 15 h 17)
(Reprise à 15 h 19)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît!
Donc, Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Oui, mais merci.
Donc, effectivement, c'est parce qu'à l'article 5 on va venir ajouter des
alinéas à 42.1. Donc, ça va devenir, nécessairement, le premier alinéa du...
dans le paragraphe 2°, là, comme c'est marqué. Mais vous aviez bien noté.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Je continue. Là, il y a beaucoup de gens qui nous ont parlé de superposition de
permis. Là, on comprend de sa nature même que l'acquisition du plein permis va
mettre fin au permis restrictif temporaire.
Mme LeBel : Le problème n'est
pas dans... L'enjeu qui a été soulevé n'était pas là, c'est plus tard, oui. L'enjeu...
M. Cliche-Rivard : Je le
sais, mais tant qu'à le réfléchir, tant qu'à le réfléchir.
• (15 h 20) •
Mme LeBel : Tout à fait, je
le confirme. Confirmé. L'enjeu était plutôt dans la personne qui a le plein
permis qui n'est jamais annulé dans la vie. Bon, naturellement, je vais vous...
je vais faire un aveu, je n'avais pas... Moi, je pensais que, quand on était...
qu'on n'était pas inscrits au tableau de l'ordre, que mon permis... Mais le
permis qu'on obtient comme professionnel est valide pour la vie. Ce qui nous
permet de pratiquer comme professionnel, c'est naturellement le paiement de la
cotisation, mais l'inscription au tableau de l'ordre ou non. Donc, à chaque
fois, il... Ce n'est pas un nouveau permis à chaque fois.
Donc, l'enjeu qu'on va voir dans les
permis spéciaux, ce n'était pas pour les gens qui arrivaient de l'extérieur,
mais c'est pour les gens d'ici qui ont déjà eu un permis... un plein permis,
qui, pour une raison X, ne sont plus actifs, mais veulent revenir et demandent,
à ce moment-là, un permis spécial parce qu'ils disent : Je ne veux faire
que des trains d'atterrissage maintenant, à titre d'exemple. Et là on se
rendait compte... Moi, je n'avais pas allumé là-dessus parce que... j'ai appris
des choses, puis je me disais : Bien, voyons, ce n'est pas... on émet un
nouveau permis, donc c'est le dernier permis. Mais non. Dans le fait, c'est
qu'il faut... Là, on avait deux... on avait une superposition de deux permis.
On va avoir des amendements qui vont venir régler cet enjeu-là, qui était plus
technique que volontaire, je le dirais comme ça, mais pas dans ce cas-là.
M. Cliche-Rivard : Mais là,
donc, dans le cas de l'article 4, là, qu'on vient d'introduire, c'est
automatique parce que, là, on...
Mme LeBel : ...est
temporaire. Quand le plein permis entre en action, celui-là n'existe plus.
M. Cliche-Rivard : ...donc,
n'est pas éternel comme le plein permis.
Mme LeBel : Non, il est
temporaire.
M. Cliche-Rivard : Lui est
effectivement temporaire, ça fait que ça règle la question. Puis l'acquisition
du plein permis met fin au permis restrictif temporaire.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Et là,
pour ces gens-là, est-ce qu'il y a un répertoire, ou un tableau, ou une...
Mme LeBel : On va y arriver,
oui.
M. Cliche-Rivard : On y
arrive. Parfait. Merci beaucoup.
Mme LeBel : Oui, oui, parce
qu'effectivement la population...
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est ça.
Mme LeBel : Du point de vue
de la protection du public...
M. Cliche-Rivard : Du public.
Mme LeBel : ...c'est important
qu'on le sache. Et ça faisait partie des commentaires. On devrait avoir fait
les ajustements nécessaires, oui.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
On attendra de voir ça.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, après tous ces débats, on a compris que le permis restrictif
temporaire est... peut être détenu par une personne qui fait complètement sa
formation initiale ici, qui est sur le chemin du plein permis, qu'il lui manque
l'examen, ou le stage, ou... bon, la dernière étape, disons. C'est aussi ouvert
aux personnes qui sont formées à l'étranger, qui ont eu une équivalence, qui
sont aussi sur le parcours d'obtenir le plein permis, donc, ça, c'est clair, et
que ce permis-là, restrictif temporaire, prend fin quand la personne arrive au
plein permis. La question que j'ai : Est-ce qu'il y a une limite de temps
à ce permis restrictif temporaire qui est envisagée?
Mme LeBel : Non, il n'y a pas
de limite de temps, mais il y a... sa vocation n'est pas de ne pas être...
n'est pas illimitée, là. Tu sais, je veux dire, un ordre professionnel pourrait,
à un moment donné, dire : Bien là, tu vas le faire quand, ton examen, là?
Tu sais, je veux <dire...
Mme LeBel :
...à un
moment donné, dire : Bien là, tu vas le faire quand, ton examen, là? Tu
sais, je veux >dire, c'est l'ordre professionnel qui est... qui est
responsable de ça... pourra dire : Je comprends que, dans ce cas-là, ça
prend un an, dans d'autres cas, ça peut peut-être en prendre deux, mais c'est
l'ordre professionnel qui, à un moment donné, va faire... Parce qu'il faut
toujours comprendre que c'est sur l'obtention et le parcours de l'obtention du
plein permis. Donc, chaque ordre professionnel... Il n'est pas limité dans le Code
des professions, mais chaque ordre professionnel pourrait décider qu'il a un
temps, là, adapté à sa réalité d'ordre professionnel ou de parcours
professionnel. Mais on ne le fera pas dans le code, non.
Mme Caron : D'accord. Et
autre question : Le... Si... Par exemple, cette dernière étape de stage ou
d'examen, s'il y a un échec, si la personne a un échec, à ce moment-là, est-ce
que le permis restrictif temporaire tombe ou bien ça va revenir à l'ordre de
déterminer il a droit à combien d'échecs ou il y a... Tu sais, est-ce... Parce
qu'il y a toute la question de protection du public, là, évidemment, qui...
Mme LeBel : ...ça va venir
avec l'ordre. Parce que, là, il n'y a pas de limite de temps, mais il y en a...
Il y en a une, oui puis non, là. Je vais... Je vais revenir. Il est... Il
est... Il est un an, mais renouvelable indéfiniment, donc il est illimité. Mais
l'ordre pourrait dire : À la fin de l'année, je ne te le renouvelle pas,
ou : OK, c'est correct, continue ton parcours. Donc, ça appartient à
l'ordre. Je reprécise de tantôt. Je reviens. Ça va être à l'ordre de décider.
Je ne le sais pas. Il y a des ordres professionnels qui, après trois échecs,
décident que c'est terminé. Donc, si c'est le premier échec, bien, peut-être
que l'ordre professionnel va dire : Bien, tu as un premier échec, tu peux
le reprendre, je te renouvelle ton permis restrictif temporaire un an, mais il
faut que tu reprennes ton examen dans l'année. Je veux dire, rendu là, c'est
l'ordre qui va décider si elle renouvelle le permis temporaire restrictif ou
non. Et ça va dépendre des modalités d'accès à la profession que l'ordre a
mises en place, là, qui sont connues des candidats à l'avance, là.
Mme Caron : D'accord. Puis
vous avez parlé d'un an renouvelable. Est-ce que c'était à titre d'exemple ou
est-ce que c'est... c'est...
Mme LeBel : Non, non,
c'est... c'est écrit. C'est pour ça que j'avais un an en tête tantôt, mais je
me disais : Voyons, c'est... un an, ce n'est pas restrictif. C'est des
shots d'un an ou des séquences d'un an parce que... Mais après un an, c'est
écrit à la fin de l'article, mais après un an, l'ordre peut le retrouver. Donc,
dans ce cas-là, dans cette optique-là, il est illimité en théorie, mais il a
une vocation temporaire.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. C'est-tu prévu ou il y a le pouvoir de l'ordre de révoquer ce
permis-là? C'est-tu écrit, ça?
Mme LeBel : Bien, elle peut
ne pas le renouveler.
M. Cliche-Rivard : Ne peut
pas le renouveler. Mais peut-il le retirer?
Mme LeBel : En cours d'année?
M. Cliche-Rivard : Parce que,
là, de la façon que c'est écrit, tu le possèdes, là, tu l'as pour un an.
Mme LeBel : Bien, je pense
qu'elle pourrait vous désinscrire ou...
Des voix : ...
Mme LeBel : ...la même chose,
déontologique qu'un permis normal ou plein permis. Et là elle pourrait décider
de suspendre les droits d'exécution comme nous, dans notre permis temporaire...
permanent, qui est bon à vie, en principe. Donc, les mécanismes, là, de...
M. Cliche-Rivard : ...
Mme LeBel : Oui, oui, les mécanismes
s'appliquent, là, effectivement.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ça fait que l'ordre, je ne sais pas, moi, quelqu'un, justement, va
complètement... bien là il ne sera pas lié directement par le code de
déontologie nécessairement? Oui, nécessairement oui, parce qu'il est en vue de
l'octroi... l'obtention du plein permis?
Mme LeBel : Oui, oui, oui.
Puis il a un permis émis par l'ordre, donc il devient...
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que... Oui, il est visé par l'ordre.
Le Président (M.
Bachand) :...je vous sens tout
enthousiastes par rapport au projet de loi.
Mme LeBel : On a du plaisir.
Le Président (M.
Bachand) :Mais juste vous dire qu'il y a
peut-être des gens qui nous écoutent, alors donc de vous donner un petit peu de
temps entre la question et la réponse, s'il vous plaît. OK? On continue.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Bon, vous dites : Nécessairement, comme il est en voie
d'aller chercher son plein permis, elle est en voie d'aller chercher son plein
permis, elle est nécessairement liée par son code de déontologie, donc, de la
même façon, s'exerceront toutes les compétences de l'ordre de pouvoir révoquer
ledit permis selon un bris de discipline ou autre.
Mme LeBel : Absolument. Parce
qu'un détenteur de permis, que ce soit un permis spécial, ou un permis
restrictif temporaire, ou un plein permis, est de facto membre de l'ordre.
Donc, comme membre de l'ordre, les mécanismes s'appliquent.
M. Cliche-Rivard : OK. Et là
on avait le débat sur membre inscrit au tableau ou pas inscrit au tableau. Ça,
on y reviendra, là, mais...
Mme LeBel : Sur qu'est-ce qui
va apparaître comme information.
M. Cliche-Rivard : Sur la
publicité puis qu'est-ce qui va apparaître. Parfait. Merci, Mme la ministre.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Autres interventions à
l'article 4?
S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : 5. Article 5. L'article 42.2
de ce code est modifié par l'ajout, à la fin, des alinéas suivants :
«Le Conseil d'administration peut également
délivrer un permis spécial pour l'exercice de certaines activités professionnelles
à une personne qui se trouve dans l'une des situations visées aux paragraphes 1°
à 2° du premier alinéa de l'article 42.1 ou au paragraphe 2° du troisième alinéa
de l'article 45.3 et qui renonce, pour un motif que l'ordre juge valable, à rencontrer
l'une ou l'autre des conditions qui y sont visées. Le cas échéant, le Conseil d'administration
détermine, parmi les activités professionnelles que peuvent exercer les membres
de l'ordre, celles que peut exercer le titulaire du permis, ainsi que les
conditions suivant lesquelles il peut les exercer. <Le...
Mme LeBel :
...titulaire
du permis, ainsi que les conditions suivant lesquelles il peut les exercer. >Le
Conseil d'administration peut notamment déterminer le titre, l'abréviation et
les initiales que peut utiliser le titulaire du permis.
«Le titulaire du permis spécial pour
l'exercice de certaines activités professionnelles prévu au deuxième alinéa
qui, après l'obtention de ce permis, a complété une formation ou a acquis une
compétence relative aux activités professionnelles que peuvent exercer les
membres de l'ordre, peut demander au Conseil d'administration de modifier les
activités professionnelles qui lui sont autorisées ou les conditions suivant lesquelles
elles peuvent être exercées.»
Donc, cet article propose l'ajout d'un...
Cet article propose l'ajout d'un nouveau type de permis spécial, soit un permis
permanent de type restrictif individualisable que les ordres professionnels
pourront délivrer aux conditions qu'ils déterminent. Ce permis spécial pourra
être délivré à un candidat à l'exercice de la profession ayant les compétences
professionnelles requises pour exercer certaines des activités professionnelles
qu'exercent les membres de l'ordre, mais qui ne satisfait pas et qui ne renonce
à satisfaire à une ou des conditions requises pour obtenir la délivrance du
permis d'exercice de la profession, donc permis dit régulier, ou complet, ou
plein, là, depuis tantôt, d'un permis spécial prévu au premier alinéa de
l'article 42.2 ou d'un certificat de spécialiste.
J'aurais un amendement, M. le Président, à
ce stade-ci.
Article 5, amendement... article 42.2
du Code des professions :
Remplacer, dans le deuxième alinéa de
l'article 42.2 du Code des professions proposé par l'article 5 du
projet de loi, «paragraphe 2° du troisième» par «premier».
Donc, cet amendement donne suite à une
demande du CIQ et de certains ordres professionnels afin que le permis spécial
pour l'exercice de certaines activités professionnelles proposé à
l'article 5 du projet de loi ne puisse pas être délivré à des personnes
déjà titulaires d'un permis d'exercice mais qui ne sont pas inscrites au
tableau de l'ordre depuis un nombre d'années supérieur à celui prévu par règlement
de l'ordre pris en vertu du paragraphe j... au paragraphe j du premier alinéa
de l'article 95... 94, soit les personnes visées par le deuxième alinéa de
l'article 45.3.
Le Président (M.
Bachand) :Ça va, Mme la ministre?
Mme LeBel : Oui, ça va. Je
m'excuse, oui.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, nous sommes sur
l'amendement. Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : ...demander une
suspension quelques minutes pour prendre le temps de...
Le Président (M.
Bachand) :Aucun problème. Alors, on va
suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 30)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 39)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Donc, Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. Alors, pour
tenter de répondre à la question de mon collègue, qui se demandait... l'amendement
qu'on vient de déposer pour l'article 5, bien, il vise à répondre à l'objectif
que vous aviez soulevé précédemment sur l'article 4, c'est-à-dire... et
qui avait été soulevé par le CIQ, je pense, c'est certain, qu'est-ce qu'on fait
avec le permis permanent, qu'est-ce qu'on fait avec les détenteurs de permis
permanents qui voudraient avoir un permis spécial. Donc, comment la règle-t-on?
C'est-à-dire que les gens qui n'ont pas de permis permanent vont se voir
attribuer un permis spécial, qui est un permis restrictif permanent, c'est-à-dire
un permis qui permet d'exercer certains aspects de la profession, je vais le
dire comme ça, et les détenteurs de permis permanent, eux, vont se voir... ils
vont se voir attribuer un permis limité. Deux chemins différents pour arriver
au même résultat, c'est-à-dire qu'au bout du compte, que ce soit le permis
spécial ou limité, ce seront des gens qui auront un permis qui leur permet d'exercer
certains aspects de la profession. Je vais le dire comme ça.
Le permis limité, c'est quoi? C'est qu'on
va prendre le permis permanent du professionnel et venir simplement limiter ce
qu'il lui donne le droit de faire ou exercer. C'est la même chose, mais ça
vient répondre à la... à la... Et on va le faire aussi par le biais de l'article 7.
Il va y avoir un autre amendement pour venir répondre à cet enjeu de
superposition des permis, je vais le dire comme ça, qui était effectivement
problématique, quand on pense que le permis permanent est à vie.
Dans le cas... Vous avez fait référence,
je vais me lancer, aux paragraphe 1° et paragraphe 2° de 45.3, puis
pourquoi on enlève dans l'amendement... on renvoie, là, la... on enlève le «paragraphe 2°
du troisième» par «premier». C'est parce que dans le 45.3, le premier
paragraphe fait... fait référence aux gens qui n'ont pas de permis, le deuxième
paragraphe fait référence aux gens qui ont déjà un permis permanent. Donc,
comme le permis spécial ne s'applique plus parce que ce n'est pas le chemin, l'objectif
demeure le même, mais ce n'est plus le chemin pour... pour obtenir une
restriction, je vais le dire comme ça, permanente, bien, on n'a plus besoin de
faire référence au paragraphe 2°. Donc, on a fait référence... Donc, le
permis spécial est renvoyé au paragraphe 1°, parce que c'est les gens sans
permis. Et plus tard, dans... à l'article 7, avec l'amendement, on va
renvoyer au paragraphe 2° pour venir régler le cas des gens qui ont déjà
un permis. Ça va-tu pour les juristes qui nous écoutent?
M. Cliche-Rivard : Je pense
qu'ils seront satisfaits. En tout cas je leur souhaite.
Vous dites... Là, le chemin, là, le permis
spécial, la personne a son permis d'exercice, son plein permis, mais elle
décide qu'elle ne veut pas aller chercher ce qu'il lui faut pour le réactiver
complètement dans une inscription au tableau de l'ordre régulière.
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Il y a eu
un éloignement?
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Parce que dans
5, là, qu'on incorpore, il y a un volet de... il doit renoncer, là. Dans le
sens, il... Ça dit : «Renonce, pour un motif, à rencontrer l'une ou l'autre
des conditions.»
Mme LeBel : ...le <chemin...
Mme LeBel :
...le >chemin.
M. Cliche-Rivard : Dans le
chemin?
Mme LeBel : En principe,
quand tu reviens puis que tu avais déjà un plein permis, il faut que tu
reprennes tes pleines compétences. Donc, comme on va venir limiter ton plein
permis, il faut que tu énonces ton désir de ne pas avoir un plein permis. Donc,
tu renonces à des aspects, c'est sûr.
M. Cliche-Rivard : ...à des
aspects de ton plein permis. Là, si je comprends bien, du deuxième alinéa,
c'est que ça, ça va pouvoir changer. C'est que deux, trois ans, quatre ans,
cinq ans après, puis là, expliquez-le-moi si ce n'est pas ça... mais il va
pouvoir demander une modification de ces compétences que peuvent exercer...
Mme LeBel : Il pourrait, oui,
mais il devra aller les mettre à jour, ses compétences.
M. Cliche-Rivard : Les mettre
à jour?
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, là, il... il va pouvoir dire...
Mme LeBel : Je reveux mon
plein permis.
M. Cliche-Rivard : Je reveux
mon plein permis ou je veux d'autres pouvoirs à l'intérieur de mon permis
restrictif.
Mme LeBel : Oui... Oui. Parce
que, là, ça dépend si ça se module à l'infini. Mais théoriquement, oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
c'est...
Mme LeBel : Mais devra
acquérir les compétences ou la formation. Et c'est l'ordre qui décidera si la
personne qui le demande, soit de... Je vais... Là, je vais faire quelque chose,
encore une fois, je sais que c'est... Mettons, là, j'ai 25 % du permis,
là, je vais le dire comme ça, puis que, là, je reviens puis je dis : Ah!
je serais intéressée à faire 50 % de ce que je peux faire, là, on se
comprend que c'est des actes, là, ce n'est pas comme... ce n'est pas en
pourcentage, tout le monde le comprend, là, et on... c'est pour illustrer,
bien, ce sera à l'ordre de décider si le 25 %... supplémentaire ou le 75 %
supplémentaire dont... que je réclame ou que je veux avoir, j'ai la compétence
ou la formation et est-ce que je devrai aller la chercher ou non, là. Mais la
possibilité existe.
M. Cliche-Rivard : ...une
renonciation permanente. C'est ça?
Mme LeBel : À vie? Non.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Puis là on va pouvoir dire, à un moment donné : Mon ami, tu es rendu à
75 % du permis, tu ne peux pas faire indirectement ce que tu peux faire
directement, va chercher ta... va chercher ton «full patch». Là, on pourrait...
Mme LeBel : Pas
nécessairement.
M. Cliche-Rivard : Et là on
peut le décider, ça?
Mme LeBel : Non. Bien, pas
nécessairement, parce que... parce que, je veux dire, là, je dis 75 %, ce
n'est pas bon comme... comme analogie.
M. Cliche-Rivard : Mais on le
sait, là, qu'on parle de...
Mme LeBel : Mais mettons que
j'ai quatre actes réservés puis j'en ai un que je veux faire seulement, ou
deux, bien, je veux dire... ou trois, bien, l'ordre... je veux dire, si j'ai la
compétence pour trois, je ne vois pas pourquoi l'ordre me dirait : «By the
way», tant qu'à être à trois, va à... va à quatre, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que l'ordre décidera bien.
Mme LeBel : L'ordre doit...
évaluer si ce pour quoi je demande... Donc, par le fait, je... je renonce à
autre chose. Mais ce pour quoi j'applique... Le pouvoir de l'ordre, c'est
d'évaluer si j'ai la compétence requise pour le faire ou non, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça, c'est
dans le cas de figure de la personne qui a... qui s'est éloignée de l'ordre,
mais qui avait un plein permis. Dans le cas de figure de la reconnaissance des
acquis à l'étranger, ça, c'est la même chose, mais il faut que lui ou elle
aussi renonce à aller chercher son plein permis.
Mme LeBel : Bien, ne renonce
pas nécessairement, parce que, là, on n'est plus dans une renonciation. On est
dans l'acquisition d'un permis. On est au jour 1 de l'acquisition d'un
permis. La différence entre les deux, c'est que moi, quand je vais voir l'ordre...
Moi, là, qui est membre déjà du Barreau<i>, je prends ma retraite, bon,
peu importe, je reviens puis je dis... Je le sais, ça ne fonctionne pas, je ne
veux que... Je veux juste exercer en droit criminel, mettons, OK, parce que
j'ai fait ça toute ma vie, bien, j'ai... je dois renoncer à quelque chose,
parce que présentement, mon plein permis me donne le droit d'exercer dans
toutes les sphères du droit.
• (15 h 40) •
Mais, si j'arrive de l'étranger, puis que
là-bas, ils n'ont pas le droit civil, mais c'est une formation de common law, à
titre d'exemple... étranger, pas très loin non plus, hein, dans ce... dans ce
cas-là, mais j'arrive de l'étranger et que j'ai une formation en common law,
bien, j'arrive ici, je ne renonce à rien. Je dis juste : L'ordre va juste
dire, le Barreau va juste dire : Bien, ta formation, si tu veux le plein
permis, il faut que tu ailles chercher le droit civil québécois. J'illustre
pour fins... Je sais que je simplifie à... à outrance, mais j'illustre. Donc,
je ne renonce à rien. Par contre, l'ordre va dire : Tu n'as pas
l'équivalence nécessaire pour avoir le permis complet, mais tu as une
équivalence pour une partie de l'exercice de la profession d'avocat. Je sais
que ce n'est pas tout à fait comme ça, là.
M. Cliche-Rivard : Mais cette
personne-là, en attendant, elle peut se dire : Moi, je vais aller chercher
celui-là aujourd'hui puis je fais quand même tout le boulot nécessaire.
Mme LeBel : ...ah oui!
M. Cliche-Rivard : Je
m'inscris au bac en droit puis, dans un an, je vais l'avoir, mon Barreau. Elle
peut.
Mme LeBel : La possibilité
d'aller chercher un plein permis, peu importe le chemin qu'on prend, n'est
jamais une... n'est jamais exclue.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mais là, dans ce scénario-là, on va pouvoir superposer un permis spécial d'un
permis restrictif de stagiaire... d'un permis restrictif temporaire. Dans ce
scénario-là, la personne pourrait cumuler les deux permis.
Mme LeBel : ...temporaire?
M. Cliche-Rivard : Lui, il se
destine...
Mme LeBel : Bien, pas
nécessairement. Pas nécessairement, parce que, là, encore une fois, ça va
dépendre de la formation de départ puis ça va dépendre de l'équivalence qu'on
lui reconnaît. Dans la formation du permis restrictif temporaire, la formation
de départ, elle est pleinement équivalente à la formation ici.
M. Cliche-Rivard : Pleinement
équivalente?
Mme LeBel : OK. Ce qui va lui
manquer, c'est quelques étapes de l'obtention, alors que dans l'autre scénario,
elle est peut-être équivalente sur certains aspects. Donc... Mais, tu sais, au
final, là, tout le monde peut... peut aspirer avoir le plein permis.
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est...
Mme LeBel : Il va juste
falloir qu'il fasse la formation, puis que l'ordre le reconnaisse. Là, on va...
on va résumer ça à sa plus... simple expression. On n'est pas venus ici limiter
l'accès des <gens...
Mme LeBel :
...On
n'est pas venus ici limiter l'accès des >gens à la profession. Au
contraire.
M. Cliche-Rivard : Au
contraire.
Mme LeBel : On est venus ici
permettre que d'autres gens contribuent, et qu'on n'attende pas que le plein
parcours soit terminé, dans un cas comme dans l'autre. Ça a l'air très
technique et très compliqué, c'est parce qu'on parle de permis puis on parle de
la base, mais au final, là, tous ceux qui veulent faire la formation complète,
là, puis suivent le parcours complet sont les bienvenus dans... dans le système
professionnel. Maintenant, comme le système professionnel, son objectif, ce
n'est pas la protection des membres, mais la protection du public, la
protection du public peut passer aussi par le plus d'accès possible, tout en...
tout en s'assurant de la compétence, on s'entend, là, parce que... Donc, c'est...
L'idée, c'est d'ouvrir les façons de faire contribuer des gens qui ont des
compétences professionnelles reconnues.
M. Cliche-Rivard : Mais c'est
possible. Ce n'est pas exclu que quelqu'un pourra posséder en même temps le
permis spécial puis le permis restrictif temporaire. Selon les parcours, ça se
pourrait?
Mme LeBel : Qu'il ait les
deux?
M. Cliche-Rivard : Ça se
pourrait ou ça ne se pourrait pas?
Mme LeBel : Non, le permis
restrictif temporaire ne peut pas mener vers le permis spécial.
M. Cliche-Rivard : Mais pas
mener vers, mais dans des parcours différents. Monsieur arrive ici, là... L'infirmière
arrive ici, elle fait valider des compétences à l'étranger, on lui accorde un
permis spécial d'exercice sur la base de ses... préqualifications ou de son
expérience à l'étranger puis on lui réserve...
(Consultation)
Mme LeBel : ...parce que je
veux être sûre, là.
M. Cliche-Rivard : La
personne de l'étranger, là, elle, on lui reconnaît le droit de faire certains
actes par le permis spécial?
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que je vous donne l'exemple. Toi, tu peux vacciner au Québec, tu l'as déjà
fait depuis 30 ans. Elle dit : Super! J'ai obtenu mon permis spécial.
Mais moi, ça me tente d'être infirmière quand même, ça fait que je m'inscris à
la formation régulière. Puis, en candidate à la profession d'infirmière, elle
obtient son permis restrictif temporaire. Tout ce que je fais dire, c'est que
ça se peut, de superposer 4 et 5.
Mme LeBel : Oui, c'est
possible, mais là, je ne suis pas sûre que...
M. Cliche-Rivard : Ce n'est
pas grave, là, je fais juste... Parce qu'on a parlé de ça, la superposition, je
fais juste dire : Ça se peut.
Mme LeBel : Oui, mais là, le
permis... le permis spécial, il n'est pas permanent, lui, dans sa définition.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : Ça fait qu'il va
être... il va être supplanté par l'autre permis. Mais je serais... En tout cas,
je ne dis pas que c'est impossible, là, parce que, «toujours» et «jamais»,
c'est des choses qu'il faut éviter, là.
M. Cliche-Rivard : Non, non,
mais ça me semble un parcours qui va... va arriver, là, dans... pour les
infirmières, là. En tout cas, peut-être, peut-être pas, mais ce n'est pas grave,
dans le sens, l'important, comme vous dites, c'est que...
Mme LeBel : L'idée, c'est de
plus d'accès possible.
M. Cliche-Rivard : Il va y avoir
plus d'accès, puis tant mieux. Je fais juste dire : Ne disons pas qu'on a
pour... en tout cas, à moins qu'on le verra... mais que tout... tout à fait
régler la question qu'il n'y aura jamais deux permis. Ça se peut.
Mme LeBel : Bien là, le
permis restrictif... le permis restrictif, là, temporaire, théoriquement, donne
plus que le permis... spécial.
M. Cliche-Rivard : Bien oui,
bien oui.
Mme LeBel : Parce que le
permis restrictif temporaire, techniquement, donne la pleine compétence. C'est
juste que ce permis-là n'est pas permanent. Mais il n'est pas... il n'est pas
limitatif. Donc, théoriquement, on peut évoluer du permis spécial au permis
restrictif temporaire, au plein permis, mais... parce que... parce que le
permis spécial... Mais là, tu sais, on rentre, là, dans... dans le tordage de
patente, mais...
M. Cliche-Rivard : C'est une étude...
une étude détaillée.
Mme LeBel : Oui, je sais, mais
vous comprenez.
Le Président (M. Bachand) :...j'aurais la députée de La Pinière, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, je comprends que le permis spécial restrictif dont on a parlé
tout à l'heure donne et... accès au... au plein permis. Ici, on prend quelqu'un
qui a son plein permis... qui a eu son plein permis, qui a peut-être... qui a...
qui a pratiqué sa profession, qui a délaissé pendant un certain... un nombre
d'années, a décidé d'en... de faire une autre carrière, admettons, arrive à la
retraite, veut pratiquer moins, alors là, pourrait demander un permis spécial
pour ne pratiquer que certains... certains actes ou certaines activités?
• (15 h 50) •
Mme LeBel : ...permis
limitatif, mais c'est la même chose, là.
Mme Caron : Limitatif. C'est
ça.
Mme LeBel : C'est la même
chose. C'est juste qu'on passe par un chemin différent, parce que cette...
cette personne-là, dans votre exemple, avait déjà un permis. Donc, on va venir,
à la demande de la personne et sous réserve que la compétence qu'elle veut
maintenir est reconnue... on pourrait lui donner un permis limitatif,
c'est-à-dire limité à quelques actes, disons, là.
Mme Caron : Est-ce que ce
permis limitatif, c'est toujours à la demande, à l'initiative du professionnel?
Mme LeBel : Bien, au départ,
oui, je veux dire, à moins que les ordres aillent en recrutement massif de
permis limitatifs, là. Mais, je veux dire, on peut lancer des appels, là, mais
dans les faits, c'est individuel et un par un, là. Je veux dire, il faut que la
personne le demande, le veuille, parce qu'au final la personne doit renoncer à
son permis... plein permis, sur certains aspects.
Mme Caron : Mais, à
l'inverse, est-ce qu'un ordre pourrait imposer un permis limitatif à un
professionnel qui n'a pas pratiqué pendant quelques années?
Mme LeBel : Non, je ne vois
pas de cas de... Non. Bien, l'ordre va dire... Si la personne revient et
demande son plein permis ou réactiver son plein permis, l'ordre pourrait dire :
Bien, d'accord, mais va compléter ta formation. Puis, elle va lui donner un
ordre de marche, là, c'est-à-dire : Voici ce que tu as besoin pour
l'obtenir. Et là la personne pourrait dire : Bien, ah, à ce moment-là, je
peux-tu avoir un limitatif? Donc, elle ne peut pas l'imposer. Elle pourrait... Mais
elle va lui imposer de la formation pour obtenir un <plein...
Mme LeBel :
...imposer
de la formation pour obtenir un >plein permis.
Mme Caron : OK. Mais, si je
prends l'exemple, là, mettons, d'une femme qui a décidé d'arrêter de travailler
pendant quelques années, puis elle a eu deux enfants, puis elle retourne sur le
marché du travail cinq ans plus tard, à ce moment-là, est-ce qu'elle va être
assujettie au permis? Non?
Mme LeBel : ...c'est que la
personne va revoir... va retourner vers l'ordre et va demander quelque chose à
l'ordre. Donc, ça va être la... Ce qui va initier le processus, c'est la
demande du professionnel ou de l'ex-professionnel, peu importe, là, qui
revient. Et là, par contre, l'ordre, lui, va dire : Ce que tu me demandes,
c'est possible à condition que ou ce n'est pas... ou... Bien, ça va toujours
être : C'est possible à condition que. La condition que, ça peut être refais
30 heures de formation dans tel domaine, ça peut être refais ton... tu as
été éloigné de la profession trop longtemps. Là, c'est... Là, c'est l'ordre qui
va décider. Mais l'ordre ne pourrait pas dire : Non, moi, ça ne me tente
pas de te donner ton permis permanent, ça fait que je ne te donnerai même pas
des formations que tu peux faire, je te le... Non, non, pas du tout. Ça va
dépendre. Et... Mais là, la personne pourrait dire : OK, ça me... je n'ai
pas envie ou je ne... je ne vise pas, finalement, tout le permis, bien, si je
veux juste avoir un permis limitatif, est-ce que je peux ou ça m'implique
d'autres formations? Ça, ça va être une discussion avec l'ordre. Mais l'ordre
ne peut pas imposer un permis. Et, à l'inverse, une personne ne peut pas exiger
de se faire émettre un permis. Donc, ça devient un dialogue à deux,
c'est-à-dire ça va dépendre de ce que la personne demande, et ça va appartenir
à l'ordre de reconnaître si la personne se qualifie pour ladite demande.
Mme Caron : Puis, si une
personne a... a un permis spécial, à ce moment-là, est-ce qu'elle a les mêmes
obligations en fait de paiement de cotisations, en fait de formation continue,
d'inspection professionnelle, mêmes critères et...
Mme LeBel : Oui, tout à fait.
C'est un membre de l'ordre, donc il est assujetti au même titre. Mais
probablement que je pourrais penser que les exigences de formation, ou quoi que
ce soit, vont être... vont être modulées par l'ordre en fonction de son permis,
mais ça, ça va appartenir à l'ordre parce que c'est l'ordre qui a... qui a la
responsabilité de s'assurer que les membres de l'ordre sont formés et
maintiennent leur formation adéquate. Donc, ça va être l'ordre qui va décider
des modalités. Mais elle est assujettie, cette personne-là, comme tout membre
de l'ordre, aux exigences de l'ordre.
Mme Caron : OK. Puis, si je
reprends l'exemple que vous avez donné tout à l'heure, vous avez dit :
C'est un exemple, disons, simple, là, par exemple, avec les pourcentages, là...
Mme LeBel : Oui, c'est... (panne
de son) ...simpliste, selon certaines personnes.
Mme Caron : C'est ça, c'est
ça. Donc, admettons qu'on... je reprends le même... le même type d'exemple,
qu'un avocat est... est comme avocat à 50 %, il peut avoir... Il pratique
50 % des activités. Est-ce qu'il porterait quand même le titre d'avocat ou
est-ce que son titre serait changé?
Mme LeBel : ...on introduit
quelque chose où l'ordre pourrait choisir le titre, le titre différent, le...
Tu sais, on donne à l'ordre... Dépendamment, parce qu'il y a des fois où ça
pourrait être... ça pourrait être correct, là. Mais...
Mme Caron : Donc, ça va être
plus...
Mme LeBel : Mais on parlait
aussi du fait d'inscrire au tableau de l'ordre, tu sais, le titre d'avocat,
mais avec... avec un acte seulement, tu sais. Le... Ce qui est important, c'est
que le renseignement soit clair pour le public. Et on devrait le faire par le
biais du tableau de l'ordre aussi. Mais je pense qu'on a dit tantôt... Je me
souviens d'avoir lu que «le conseil d'administration peut notamment... déterminer
le titre, l'abréviation, les initiales que peut utiliser le... le titulaire du
permis spécial», donc ce sera l'ordre qui devra se moduler en conséquence.
Mme Caron : D'accord. Puis il
y avait une préoccupation qui avait été apportée par des groupes sur la
publicité, justement, des actes que peut... ou des activités que peut pratiquer
une personne qui est titulaire d'un permis spécial. Ça, est-ce qu'on le... on
va le voir?
Mme LeBel : ...des renseignements
publiés au tableau de l'ordre.
Mme Caron : OK. Parfait. Et
puis est-ce qu'on a prévu un temps dans l'entrée en vigueur, par exemple, de
cette... soit du projet de loi... de la loi, une fois adoptée, ou pour... pour
particulièrement ce permis spécial? Parce que ça va effectivement obliger les
ordres à faire des changements dans... dans leur façon d'admission, dans
l'émission des permis, et tout ça. Est-ce qu'il va y avoir un temps prévu pour
permettre aux ordres de s'ajuster à ça?
Mme LeBel : C'est... C'est applicable
à la sanction. Mais, de toute façon, comme c'est l'ordre qui le délivre, ils
vont s'ajuster. Puis c'est... c'est vraiment des choses qui étaient mises de
l'avant par les ordres professionnels lors des consultations, donc, et je
dirais qu'ils ont déjà, pour beaucoup, la mécanique du permis restreint
temporaire. Donc, ils vont faire les adaptations nécessaires, j'en suis
convaincue. Mais ça va être à la sanction, donc c'est le plus tôt possible. Puis,
après ça, ce sera en fonction de l'ordre, qui se... qui prépare. Et, comme
c'est l'ordre qui émet, bien, c'est ça.
Mme Caron : Donc, les 46
ordres pourront s'ajuster...
Mme LeBel : Oui, mais
l'idée...
Mme Caron : ...le faire dans...
dans les temps qu'il faut?
Mme LeBel : Nécessaire. Et
voilà.
Mme Caron : Oui. D'accord.
Merci.
Mme LeBel : Je...
Le Président (M.
Bachand) :...de Saint-Henri... Oui. Mme
la ministre.
Mme LeBel : Ah! je ne sais
pas s'il y avait autre chose.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, allez-y, oui.
Mme LeBel : Non, mais
j'allais dire, si on a... J'allais peut-être demander une suspension, mais
après cet article-là, donc.
Le Président (M.
Bachand) :Après l'amendement, vous voulez
dire, ou après l'article?
Mme LeBel : Après
l'amendement.
Le Président (M.
Bachand) :OK. M. le député de <Saint-Henri—Sainte-Anne...
Le Président (M.
Bachand) :
...M. le député de >Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Non, mais,
M. le Président, je... On pourrait aller sur le principal. Ça fait que, si on
adopte l'amendement, moi, mes commentaires pourraient être sur le principal
article.
Mme LeBel : Parfait. Ça fait
que...
Le Président (M.
Bachand) :OK. Donc, est-ce qu'il y a
d'autres commentaires, interventions sur l'amendement à l'article 5? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article 5 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Donc, on revient à
l'article 5 tel qu'amendé.
Mme LeBel : Est-ce que je
pourrais avoir une brève suspension? J'ai quelques petites vérifications à
faire.
Le Président (M. Bachand) :Oui. Parfait. Alors, on va suspendre quelques instants.
Merci!
(Suspension de la séance à 15 h 58)
(Reprise à 16 h 01)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît!
Donc, on revient à l'article 5 tel qu'amendé. Interventions? M. le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Mme la ministre, il y a le Barreau<i>, là, qui nous parlait,
le permis... là, c'est moi qui... qui reformule, là... le permis spécial ne
devrait pas être élargi pour permettre à ceux formés au Québec d'aller chercher
le permis spécial. Ça fait que, là, on avait vraiment une trajectoire à
l'étranger, quelqu'un arrive, va chercher son permis spécial. Est-ce que...
Avez-vous un commentaire face à ce que le...
Mme LeBel : ...restreint...
limité. Puis, si le Barreau ne veut pas limiter les permis, parce qu'il pense
que ce n'est pas adéquat, parce que c'est peut-être qu'on n'est pas capables de
se séparer... je ne sais pas, il y a peut-être des professions où on peut
penser qu'il y a des... c'est plus difficile de faire un permis limitatif ou un
permis spécial, bien, c'est au... c'est au Barreau de décider si c'est adéquat
de l'émettre ou non.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, là, il y a des expériences de travail au Québec qui pourraient ou qui
permettent d'aller chercher son chemin dans le permis spécial...
16 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...d'aller
chercher son chemin dans le permis spécial, pas seulement des gens issus de l'étranger.
C'est ça?
Mme LeBel : Oui, ceux...
Oui. Mais... Ah non! mais pas un permis spécial, il va passer par le permis
limitatif, mais c'est... Au final, c'est un permis qui ne permet que de faire
certains aspects de l'acte. Mais comme on explique...
M. Cliche-Rivard : ...il
faut être passé par le complet.
Mme LeBel : Oui, mais c'est
parce qu'il a déjà un complet, mais il n'aura pas de permis...
M. Cliche-Rivard : Oui,
mais là quelqu'un qui n'avait pas le complet, là... On efface le tableau. Puis
là je reviens à ce que l'ordre... <i>l'ordre des technologues nous a dit
aussi, là, dans leur mémoire. Eux, ils disent : «Notre profession voit un
nombre très limité de diplômés annuellement.» Là, l'Ordre des technologues en
prothèses et appareils dentaires du Québec... Et eux, ils se demandent si les
permis spéciaux pourraient être également octroyés à ceux qui acquièrent des
compétences en milieu de travail au Québec pour aller chercher le permis
spécial.
Mme LeBel : Bien, il
faudrait que l'ordre décide que c'est une équivalence à la formation.
M. Cliche-Rivard : Et
ils pourraient aller chercher...
Mme LeBel : Mais l'ordre
est maître de ça. Je veux juste comprendre qu'on n'est pas en train de dire aux
ordres professionnels : Vous êtes obligés d'émettre des permis de n'importe
quel type que ce soit.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait que ledit ordre des technologues et prothèses, eux, pourrait convenir qu'avec
x bagages... Parce que, là, ils nous parlent de... eux autres, ils ont un
nombre limité de... de diplômes, annuellement, là, ils disent en moyenne 20,
puis ils forment beaucoup de monde sur place. Puis là, comme ils ne sont pas
passés par la formation, bien, c'est difficile pour eux d'aller recruter quelqu'un
qui a un plein permis. Mais eux pourraient décider d'ouvrir à la... à l'obtention
d'un permis spécial certains gestes ou certains actes réservés sur la base de
compétences acquises en milieu de travail. Eux autres pourraient décider de le
faire.
Mme LeBel : Je ne veux
pas leur donner mon... mon assentiment là-dessus. Je dis que c'est à l'ordre de
décider si la personne qualifie pour un permis spécial ou un permis restrictif
temporaire, et ce sera sur la base de la formation ou de l'acquisition de la
compétence. Mais ce sera à l'ordre de décider que c'est une équivalence qui me
donne cette... cette possibilité-là. Donc, je ne veux pas dire : Ah oui!
ils vont pouvoir le faire. Non. L'ordre décidera du... du résultat, mais au
départ, c'est à l'ordre de décider si la personne remplit les conditions qui
vont être établies dans le code. Parce que, là, tu sais, Mme LeBel a dit
que c'était correct, là...
M. Cliche-Rivard : Bien...
Hein?
Mme LeBel : Mme LeBel
a dit que c'était correct... Non.
M. Cliche-Rivard : Non,
non, non, mais, en même temps, vous dites : C'est à vous de décider, là. Vous
dites...
Mme LeBel : Bien, c'est
à eux de décider.
M. Cliche-Rivard : Puis
là les pouvoirs sont là, ça fait qu'eux autres vont pouvoir les mettre en place
puis...
Mme LeBel : Bien, dans l'optique
de la protection du public...
M. Cliche-Rivard : Oui,
ça...
Mme LeBel : ...toujours
et de s'assurer que les gens qui vont devenir des professionnels ont la pleine
compétence pour l'être, parce que ce n'est pas les membres qui sont protégés
par l'ordre, c'est le public.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Puis le <i>regroupement des laboratoires dentaires, si je ne m'abuse,
faisait une demande similaire, là, ça fait qu'il n'y avait pas que cet
ordre-là. Ça fait que ça semblait faire l'objet de quelques questions de la
part de... de certains groupes.
Mme LeBel : ...en
conséquence.
M. Cliche-Rivard : Oui,
évidemment. Là, auquel cas ils décideraient d'octroyer le permis spécial, mais
le candidat, la candidate décidait quand même d'aller chercher son... son
permis complet, son plein permis par une formation, la formation typique, là on
verrait... Tu sais, essentiellement, je reviens à... tantôt, on pourrait
cumuler les deux permis. Est-ce qu'on ne devrait pas dire que l'obtention du
plein met fin au permis spécial?
Mme LeBel : Bien non,
parce que les... tous ces permis-là, spécial ou restrictif ou... ne sont pas
des permis permanents. Donc, nécessairement, quand vous obtenez un permis
permanent, c'est celui-là qui supplante les autres. L'enjeu, c'est que, quand
on le prend à l'inverse et que quelqu'un avait un permis permanent, et qu'on...
on ne disait rien, bien, tu sais, ils se trouvent à être superposés. Puis là on
se dit : OK, tu as un permis spécial ou... ou limitatif, là... Bien là,
non, plus maintenant, parce que, là, avec le permis limitatif, on vient... Mais
avant, dans la première mouture, tu as un permis spécial, OK, mais qu'est-ce qu'on
fait avec ton permis permanent? Puis tu es inscrit au tableau de l'ordre avec
ton permis spécial. Ça fait que, là, ton permis permanent, là, tu es-tu à
cheval entre deux permis? Parce que le permis permanent n'est théoriquement
jamais annulé, est théoriquement réactivé par le paiement de ta cotisation ou l'inscription
au tableau.
M. Cliche-Rivard : Mais
là jamais ce ne sera écrit. Moi, je suis passé par un permis spécial, par
exemple en premier, puis j'obtiens mon plein permis, tout ce qui va être écrit
au tableau de l'ordre, c'est mon plein permis.
Mme LeBel : Bien, c'est
le permis le plus généreux, disons-le.
M. Cliche-Rivard : Le
plus généreux?
Mme LeBel : Bien oui.
M. Cliche-Rivard : Puis
l'autre, il s'en va, puis on n'en parle plus?
Mme LeBel : Bien non.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait qu'un... L'obtention du plein permis écrase, annule, met fin au permis
spécial. Puis, ça, c'est implicite du mécanisme, mais ce n'est pas écrit «per se»...
Mme LeBel : Non, ce n'est
pas écrit, mais c'est implicite.
M. Cliche-Rivard : C'est
implicite? Donc...
Mme LeBel : Oui. Puis c'est
pour ça qu'avant dans le projet de loi précédent, comme tout le monde le sait,
mais c'est quelque chose qu'on oublie facilement, que notre permis permanent
est à vie, là, bien, l'idée, c'était que le permis spécial, le nouveau permis
annule le précédent, là. Mais comme le permis permanent...
M. Cliche-Rivard : ...
Mme LeBel :
<Voilà...
Mme LeBel :
...le
précédent, là. Mais comme le permis permanent...
M. Cliche-Rivard :
...
Mme LeBel : >
Voilà.
Il peut être limité, mais il ne peut pas être annulé.
M. Cliche-Rivard : Mais — puis
là je vais faire confiance à toute l'équipe de... légale, là — vous
jugez que c'est implicite puis que c'est suffisant? Vous ne jugez pas...
Mme LeBel : On le juge.
Bien, en tout cas, ils le jugent.
M. Cliche-Rivard : Vous
ne jugez pas qu'il faut...
Mme LeBel : Oui. C'est
confirmé.
M. Cliche-Rivard : Vous
ne jugez pas qu'il faut préciser que l'intention...
Mme LeBel : Non.
M. Cliche-Rivard : Bon.
Si vous jugez ça, tant mieux. Puis c'est clair. Puis il y aura interprétation
ici.
Mme LeBel : Oui. Et
le... C'est l'intention du législateur.
M. Cliche-Rivard : Là,
tout ça, ça va être encadré. Puis, dans le fond, quand les ordres vont le
mettre en place, eux vont avoir prévu leurs propres règlements d'application.
Ça fait qu'ils vont y aller à leur rythme puis à leur volonté. Puis quand, dans
le fond, eux autres vont avoir établi les règlements d'application pour l'accès
au permis spécial, puis quel acte réservé, puis comment, puis quel formulaire,
eux autres vont le mettre en place, puis... Ça fait qu'ils ne seront pas... ils
ne seront pas pressés par un délai...
Mme LeBel : ...de la
mise en œuvre.
M. Cliche-Rivard : Parce
que, ça, c'est des... certains ordres, là, depuis une dizaine de jours, nous
ont contactés en disant : Là, on n'est... on a peur d'être pognés à la
gorge puis de devoir valider des trucs rapidement. Mais finalement, ils vont y
aller dans... dans le «time frame», là, pardonnez l'expression, mais dans...
dans le «time frame» qu'ils voudront.
Mme LeBel : Bien, je
veux dire, dans les 50 dernières années, il n'y a pas personne qui a forcé
un ordre à valider quoi que ce soit. Ça va être la même chose pour la suite des
choses, là. Je veux dire, qu'ils se gouvernent en conséquence. Je m'excuse, là,
ils sont responsables de l'émission des permis. Et c'est écrit nulle part
qu'ils sont obligés de délivrer le permis à la demande de quelqu'un dans un temps
limité. Donc, appel à tous : gouvernez-vous en conséquence.
M. Cliche-Rivard : Je
pense que le message ne peut pas être plus limpide. Je finirai sur... Vous me
dites : On va le voir tantôt, mais les permis spéciaux vont figurer au
tableau de l'ordre, ça va être clair, puis c'est l'amendement à l'article 7.
Ou, en tout cas, tantôt, là, mais...
Mme LeBel : Bien, entre
autres, dans le futur du projet de loi, on va... on va parler de l'inscription
au tableau et des informations inscrites.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait qu'on va être limpides là aussi au niveau de la protection du public?
Mme LeBel : C'est
l'idée.
M. Cliche-Rivard : Moi,
j'ai un... Moi, j'ai un plein permis restreint, moi, j'ai un permis spécial,
moi, j'ai un permis restrictif temporaire. Ça va être écrit par catégorie de
permis.
Mme LeBel : Oui. Avec
l'idée... c'est de... que peut-être... Je ne sais pas si l'idée, honnêtement,
c'est d'inscrire le type de permis. L'idée, c'est d'inscrire le type... le type
d'action. Il faut que, quand on consulte, on sache que notre professionnel peut
faire ce que je veux qu'il fasse pour moi. Donc, c'est ça qui va être
l'information. Mais ça va être au niveau de l'article 61, là, qu'on va
être... qu'on va parler de ça, là. Dans ce bout-là.
M. Cliche-Rivard : 61.
Puis on y reviendra?
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Mais
peut-être ce serait important... Bien, en tout cas, on y reviendra...
Mme LeBel : On pourrait
le préciser rendus là.
M. Cliche-Rivard : C'est
ça. Bien, préciser le type de permis, parce que je sais, on a ça aussi, là, par
gradation, avocat avec le conseiller, ou il y a deux, trois affaires.
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est ça. Puis là on ne sait pas exactement finalement, lui, il peux-tu faire
ça, il ne peut pas faire ça, c'est quoi son titre exactement.
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Il ne
peut pas faire grand-chose, mais, des fois, il s'en permet. Puis on voudrait
leur taper sur les doigts en leur disant : Attention, je pense que tu
dépasses ton carré de sable. Mais on ne peut pas le savoir, parce qu'on ne sait
pas, à moins d'appeler le Barreau<i>, sur quel permis ils sont. Ça fait
que, bref, on y reviendra. Mais j'ai... j'ai eu... j'ai eu deux ou trois
situations qui ressemblaient à ça au courant d'une précédente carrière. Ça fait
qu'on y reviendra.
Mme LeBel : Mais l'idée,
c'est qu'on va... on va parler de la situation de l'information du public par
rapport au... au permis que le professionnel détient et les actes qu'il peut...
qu'il peut exercer. Exactement.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée de La Pinière,
s'il vous plaît.
• (16 h 10) •
Mme Caron : ...M. le
Président. Alors, pour le... ce permis spécial, on a le cheminement de celui
qui passe du plein... du professionnel qui passe du plein permis à un permis
spécial dans les cas dont on a parlé. Mais il y a aussi la possibilité de
personnes qui sont formées à l'étranger qui pourraient demander un permis
spécial sans nécessairement jamais aller vers le plein permis, là, selon leur
choix. Est-ce que... Parce qu'il y avait... C'était une préoccupation notamment
de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux
du Québec, qui se demandait : Est-ce que ça va... ça risque de créer
des... des... ce qu'ils appelaient des permis à rabais? Parce que... Et... en
fin de compte, ils veulent s'assurer que les personnes... les ordres pourront
décerner ces permis spéciaux à des personnes qui ont effectivement les
compétences nécessaires pour... pour faire les actes. Alors, est-ce que... est-ce
qu'on peut les rassurer là-dessus, ou est-ce que...
Mme LeBel : ...mes
commentaires que je viens de faire avec notre collègue précédent. Il appartient
aux ordres d'évaluer la compétence d'une personne en fonction du permis qui est
demandé et de décider si elle le délivre ou non.
Mme Caron : D'accord.
Mme LeBel : Donc, je ne
peux pas dire grand-chose de plus que ça, là. Je veux dire, c'est à l'ordre de
se... de se gérer, là, puis de dire : Bien, moi, je pense que cette
personne-là a la compétence nécessaire, ou je pense qu'elle ne l'a pas, et de
donner à la personne qui veut accéder à un permis ou à un autre, un plan... un
plan d'acquisition, ce n'est pas le bon terme, là, mais un plan de formation ou
un plan pour se rendre au permis que la personne veut avoir. Tu sais, c'est...
c'est déjà le cas, là, c'est déjà le cas. Les gens qui arrivent de l'étranger,
c'est à l'ordre de décider si la formation est équivalente, puis, si elle n'est
pas équivalente, de lui dire, à la personne : Voici ce que ça te prend
pour avoir ta... ton permis ici. Donc, c'est la même chose. Les ordres vont
avoir le même travail à faire. C'est juste que la finalité ne sera pas la même
dans le <type...
Mme LeBel :
...Les ordres vont avoir le même travail à faire. C'est juste
que la finalité ne sera pas la même dans le >type de permis, puis ça
va être à eux de décider si la formation ou... puis si des permis spéciaux
s'appliquent aussi, là, je veux dire, parce qu'il y a peut-être des... Tu sais,
un ordre qui a une seule activité réservée, ça va peut-être être plus complexe
de mettre un permis restreint sur une seule activité réservée, là. Mais l'idée,
c'est qu'on a amené ça au niveau du Code des professions, et là... mais ça
devient toujours un outil utilisable par les ordres et modulable en fonction de
leur réalité. Et ça appartient aux ordres de décider ça. Donc : mutatis
mutandis.
Mme Caron : Merci bien.
Mme LeBel : Hein? C'est
bon, hein?
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie, s'il
vous plaît.
Des voix : ...
M. Morin : ...Merci, M.
le Président. Bon, désolé d'avoir raté une partie de cette importante
conversation et dialogue, mais... et si vous avez répondu, Mme la ministre, je
m'en excuse. Mais à l'article 5, quand on parle d'un permis spécial, dans
le... le mémoire du Barreau du Québec à la page 7, on soulignait que cette
appellation-là pouvait apporter de la confusion, et le Barreau<i>
recommandait... en fait, c'est leur façon de... de l'écrire : «Afin
d'éviter d'induire le public en erreur, nous proposons que ce permis soit
renommé et qu'il soit clair qu'il s'agit d'un permis restrictif pouvant être
assujetti à différentes conditions et exigences, selon les cas particuliers
soumis à l'ordre professionnel.»
Le Barreau<i> citait dans le
règlement trois permis créés : permis spécial de conseiller juridique
canadien, permis spécial de conseiller juridique d'entreprise, le permis
spécial de conseiller juridique étranger. Je pense qu'au Barreau<i> il y
a aussi une catégorie de conseillers en lois qui peuvent rendre des opinions
juridiques, mais qui ne peuvent pas plaider, ou, enfin, un truc comme ça,
différentes catégories. Donc, est-ce que... est-ce que vous seriez ouverte à
peut-être le renommer, comme le suggère le Barreau<i>, ou si ce n'est...
ce n'est pas nécessaire, selon vous?
Mme LeBel : Bien, je
pense que ce n'est pas nécessaire, parce que ça demeure des permis spéciaux, ce
que le Barreau<i> émet déjà, donc on vient... Et ce que je mentionnais
d'entrée de jeu, je ne sais pas si c'était plus tôt ce matin ou tantôt, c'est
que... c'est que... Mon Dieu! Je ne me souviens pas ce que je mentionnais
d'entrée de jeu. Ce sont des permis spéciaux de toute façon et... Ah oui! C'est
ça. Il y a déjà, comme on l'a mentionné tantôt, des ordres professionnels, par
règlement ou autre mécanisme, qui sont déjà capables de faire des permis
restrictifs temporaires. Ils sont déjà capables. Donc, l'idée, c'est qu'on
vient ramener au niveau du Code des professions un tel outil. Mais ce que vous
me mentionnez à toutes fins pratiques, ce sont des permis spéciaux aussi, là.
Et là le permis spécial, ce qui va être important, c'est qu'il soit bien...
soit bien... le public soit bien informé de ce que ledit permis spécial donne
le droit de faire. Et ça, on va en parler quand on va... on va arriver à
l'article 61.
Une voix :...
Mme LeBel : Oui,
exactement. Moi, je ne pense pas que ce soit nécessaire.
M. Morin : Évidemment,
c'est une préoccupation.
Mme LeBel : Ils ont émis
une préoccupation. On la comprend, mais je pense que ça va devenir... La clé de
tout ça va devenir sur l'inscription au tableau de l'ordre et sur les actions
que la personne peut... peut exécuter en fonction d'un permis spécial, d'une
nature ou d'une autre, mais ça demeure des permis spéciaux, là.
M. Morin : OK. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il a d'autres
interventions à l'article 5 tel qu'amendé? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 5, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : Oui. On
irait à l'article 7, M. le Président. Parfait. Et je vais lire l'article
principal. J'aurai également un amendement à déposer.
Donc, article 7 : L'article 45.3
de ce code est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Malgré le troisième alinéa, le Conseil
d'administration peut lui délivrer un permis spécial en application du deuxième
alinéa de l'article 42.2.»
Cet ajout s'inscrit en concordance avec
les modifications proposées à l'article 42.2 du code afin de permettre aux
ordres professionnels de délivrer un permis spécial de type restrictif
permanent et individualisable à une personne qui, en vertu de l'article 45.3
du code, souhaite un retour à l'exercice de certaines activités de la
profession, c'est-à-dire une personne détentrice d'un permis et non inscrite au
tableau de l'ordre depuis un nombre d'années supérieur à celui prévu au
règlement de l'ordre, ou une personne dont la compétence (par exemple :
diplôme) remonte à un nombre d'années supérieur à celui prévu au règlement de
l'ordre.
Par contre, pour faire une concordance...
pour faire la suite des discussions avec l'article 5, l'amendement,
j'aurais un amendement à l'article 7. Donc : Remplacer l'article 7
du projet de loi par le suivant :
7. L'article 45.3 de ce code est
modifié par l'ajout, à la fin, des alinéas suivants :
«Malgré le troisième alinéa, le Conseil d'administration
peut délivrer un permis spécial en application du deuxième alinéa de l'article 42.2
à une personne qui demande la délivrance d'un permis en vertu du premier
alinéa.
«Suivant les résultats de l'évaluation des
<compétences...
Mme LeBel :
...d'un
permis en vertu du premier alinéa.
«Suivant les résultats de l'évaluation
des >compétences d'une personne qui demande l'inscription au tableau de
l'ordre en vertu du deuxième alinéa et de sa renonciation à compléter les
exigences prévues au paragraphe 2 du troisième alinéa, le Conseil d'administration
peut, si la personne y consent, limiter son droit d'activités des... son droit d'exercer
des activités professionnelles.»
Donc, c'est ce qu'on disait tantôt par
rapport au premier paragraphe et au deuxième. Ceux qui n'avaient pas de permis,
à la base, et ceux qui ont un permis, à la base, l'aboutissement est un permis
spécial, si on veut, mais, dans un cas, c'est un nouveau permis, donc c'est un
permis spécial, et, dans l'autre cas, c'est qu'on va venir limiter son
permis... son permis permanent, parce que... pour éviter la superposition de
deux permis, comme ça a été... pas dénoncé, mais mentionné comme étant une
préoccupation.
Donc, ça donne suite à la demande, là, du
CIQ, là, puis il y avait certains ordres qui l'ont mentionné, je pense, même l'<i>ordre
des ingénieurs, si je ne me trompe pas... mais entre autres pour qu'on puisse
après l'évaluation des compétences, là, délivrer le permis spécial pour l'exercice
de certaines activités professionnelles proposées à l'article 5 au projet
de loi, à une personne qui demande un permis qui n'en avait pas, à la base, je
vais le dire comme ça, et qui satisfait aux exigences, c'est toujours
implicite, qui satisfait aux exigences.
Et, dans l'autre cas, c'est, plutôt que
de... d'émettre un nouveau permis spécial, on va prendre le permis permanent et
on va venir le limiter aux activités qui auront été convenues entre l'ordre et
le membre. Et, quand je dis «convenues», c'est-à-dire que l'ordre reconnaît la...
que... que la formation est adéquate ou, peu importe, et que le membre est d'accord
pour qu'on vienne limiter son permis permanent, mais... comme c'est à la...
Souvent, c'est à la demande du membre.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Interventions? J'aurais
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Bien,
M. le Président, là, comme on n'a vraiment pas eu beaucoup de temps, je
prendrais un petit... je vous demanderais un petit cinq minutes pour évaluer ça
avant mes questions. Je pense que mes collègues ont...
Le Président (M.
Bachand) :Avec plaisir.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Alors, on va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 16 h 19)
(Reprise à 16 h 31)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Donc, nous sommes à l'amendement présenté par
la... ministre, pardon, à l'article 7. Donc, interventions sur l'amendement?
M. le député d'Acadie.
M. Morin : ...Président.
Alors, si je comprends bien, Mme la ministre, votre amendement à 45.3, bon :
«Le Conseil d'administration peut évaluer la compétence d'une personne qui
demande la délivrance d'un permis visé à 42...» Le permis visé à 42, c'est un
permis ou un certificat de spécialiste. OK. Et là ça dit : «Il peut
également évaluer la compétence... Sur la base des résultats de l'évaluation,
le Conseil peut refuser la délivrance du permis ou inscrire la personne au
tableau mais limiter ou suspendre son droit d'exercer des activités.» Puis
évidemment, «la décision prise en vertu de ce troisième alinéa est signifiée.»
Bon, OK. Mais est-ce que ça voudrait dire qu'avec votre amendement, «malgré le
troisième alinéa», donc si je comprends bien...
16 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...ça voudrait dire
qu'avec votre amendement, malgré le troisième alinéa, donc, si je comprends
bien, si le conseil d'administration refuse la délivrance, ou limite, ou
suspend son droit d'exercer, le conseil pourrait quand même lui délivrer un
permis spécial? C'est-tu ça que je comprends?
Mme LeBel : On reprend.
M. Morin : Oui.
Mme LeBel : On reprend. La
première... le... Je vais... je vais... je vais reprendre sur moi où j'en suis,
puis après ça on verra où on peut bâtir là-dessus, OK? Tantôt, quand on a parlé
de l'article 5, l'article 7, on a... je vais reprendre une petite
affaire plus loin pour revenir. Il y avait la question de la superposition des
permis, hein, qui était... qui était une question qui a été soulevée en
consultations.
Donc, ce qu'on a... ce qu'on fait
présentement, c'est que, dans le cas d'une personne qui n'a pas déjà un permis,
on va passer par le permis spécial. Là, je ne parle pas du permis restrictif
temporaire, là, je parle de la personne qui a déjà un permis permanent. On
passe par un permis limitatif, limité. Le permis limité existe déjà aujourd'hui
dans le code, il n'est pas... mais il est limité pour d'autres raisons, c'est-à-dire,
parce que quelqu'un, pour des raisons x, ne peut pas exercer dans un
certain domaine, auprès d'enfants, à titre d'exemple, par... pour
x choses.
La notion de permis limité existe déjà
dans le code. Ce qu'on est venus faire, c'est qu'on est venus la récupérer pour
la mettre aussi dans la notion de personne qui veut avoir un permis limité, donc
c'est volontaire. Ce n'est pas toujours... Présentement, elle n'est pas
nécessairement volontaire, la notion de permis limité. L'ordre, pour une raison
x, y, z, décide de limiter le permis, et là... Donc, on en est là.
Ce qui est... 45.3, premier alinéa, ça...
c'est... c'est les... c'est les gens qui n'ont pas de permis à qui on pourrait
émettre un permis, donc le permis... entre autres, le permis spécial, mais c'est
la situation des gens qui n'ont pas déjà un permis permanent. Puis le deuxième
alinéa, c'est la situation des gens qui ont un permis permanent.
Maintenant, à partir de là, quelle est
votre question?
M. Morin : Bon. Voilà. Alors,
ma question, elle est...
Mme LeBel : ...
M. Morin : Oui, oui. Non,
non. Ma question est la suivante. D'ailleurs, à 42, on parle d'un permis de
spécialiste. Donc, ça, c'est votre permis spécial?
Mme LeBel : Non.
M. Morin : Non?
Mme LeBel : Non, c'est un
autre permis, ça. C'est un permis de spécialiste. Oui.
M. Morin : C'est un autre
permis. Bon, OK.
Mme LeBel : C'est un permis
qui existe déjà. Le permis spécial n'existe pas au moment où on se parle dans
le code. On l'ajoute.
M. Morin : Vous l'ajoutez. OK.
Parfait. Donc, à trois, on dit... bon, alors... puis là on parle de la
délivrance du permis, bon, visé à 42, à trois : «Le Conseil... peut, après
lui avoir permis de présenter ses observations : refuser la délivrance du
permis ou l'inscription au tableau... ou inscrire la personne au tableau mais
limiter ou suspendre son droit d'exercer des activités professionnelles». Bon.
Alors, ça, c'est... Ma compréhension, c'est que ça, c'est trois, donc le
conseil peut faire ça. Mais là, à 7, à trois, malgré trois, donc, le conseil d'administration
pourrait lui délivrer quand même un permis spécial. C'est ce que je comprends?
Mme LeBel : Oui. Il y a-tu
peut-être... Parce que, là, on est vraiment dans le technique, là. Je veux être
sûre parce que, là, je ne veux pas... je ne peux pas...
M. Morin : Oui, mais moi
aussi, je veux être sûr de comprendre ce qu'on est en train de faire, là.
Mme LeBel : Oui. Ça fait que,
là, je vais... Me Adam? Je vais demander à Me Adam... Là, on est
vraiment dans le...
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement. Me Adam, d'abord vous identifier et prendre la
parole.
Mme Adam (Julie) : Me Julie
Adam, avocate l'Office des professions du Québec. Bonjour.
Alors, juste pour bien répondre à cette
question-là, dans l'article 45.3 actuel du code, je pense qu'on partait de
là, le cas de figure qui est prévu au troisième alinéa, paragraphe 2°, c'est
d'inscrire la personne qui détient déjà un permis mais qui demande une
réinscription au tableau, depuis un certain nombre d'années qu'elle n'a pas été
inscrite. Et là l'ordre, dans ce cas de figure là, présentement, va évaluer la
situation de la personne et dire : D'accord, j'accepte de te réinscrire au
tableau, je te limite ta pratique professionnelle ou je peux tout à fait te
suspendre le temps que tu complètes les exigences pour obtenir ton plein droit
de pratique sur la base de ton plein permis. Ça, c'est la seule chose que l'ordre
peut faire en ce moment. Donc...
M. Morin : ...Bien, en fait,
c'est ce que je lis, là, à 2°.
Mme Adam (Julie) : Oui, c'est
ça. Donc, l'amendement qu'on vient proposer pour les personnes qui sont
toujours dans le cas de retour à la pratique...
M. Morin : À la profession.
Mme Adam (Julie) : ...donc, qui
détiennent un permis, eux, là, l'alinéa qu'on vient ajouter, c'est de permettre
à l'ordre de leur permettre d'exercer avec limitation. Donc, ils vont exercer,
sur la base de leur plein permis, avec une limitation sans devoir compléter des
exigences supplémentaires, toujours quand les <compétences...
Mme Adam (Julie) :
...sans
devoir compléter des exigences supplémentaires, toujours quand les >compétences
sont là, bien entendu, la protection du public, là. Ça, on se comprend?
M. Morin : Oui.
Mme Adam (Julie) : Et là,
dans ce cas de figure là, il n'est pas du tout question de permis spécial.
Mme LeBel : ...
M. Morin : Attendez un peu...
Mme Adam (Julie) : Oui,
exactement. C'est que, pour éviter la superposition de permis, là ce qu'on a
fait pour ces candidats-là qui détiennent déjà un permis régulier mais qui sont
inactifs au tableau depuis quelques années, on vient dire : On peut vous
réinscrire au tableau mais limiter votre droit de pratique. Si vous, de votre
choix, vous convenez avec l'ordre puis que vous avez les compétences, l'ordre
peut dire : D'accord, vous allez pouvoir, par exemple, juste faire du
train d'atterrissage, un exemple.
M. Morin : OK. Donc...
Mme LeBel : ...essayer de le paraphraser
pour voir si je comprends, au moment actuel, l'ingénieur, à titre d'exemple,
qui revient à la profession ne peut pas demander un permis limitatif, il doit
faire une demande de plein permis, donc réactiver son plein permis. Et l'ordre
pourrait dire : En attendant que tu complètes ta formation, tu ne pourras
faire que des trains d'atterrissage, alors que... Donc, il y a quand même une
exigence de continuer à compléter pour obtenir le plein permis.
Ça a l'air d'être une nuance, mais c'est
une grande nuance. C'est-à-dire que je n'ai pas de choix de permis limitatif,
je dois me diriger vers un plein permis ou réactiver mon plein permis, mais
l'ordre va dire : Compte tenu de ta situation, je considère que je ne peux
pas te réactiver ton plein permis, tu devras faire a, b, c, d, e pour
l'obtenir, mais je constate que les trains d'atterrissage, ça va, ça fait
qu'en... mais tu as l'obligation de finir ta formation, puis tu es en train de
faire une formation, pour obtenir le plein permis, alors qu'avec ce qu'on vient
d'ajouter, qui... puis vous me corrigerez, hein, qui...
Une voix : ...
Mme LeBel : ... — merci — qui
supplée au permis spécial, parce que là, c'est pour éviter la superposition, là,
on va être dans un résultat qui se ressemble, mais dans une réalité différente
pour le professionnel. Il va quand même avoir un permis limité aux trains
d'atterrissage, mais il n'aura pas d'obligation de faire une autre formation
parce que, là, l'ordre peut dire : Bien, je te fais juste un permis
limitatif, mais pour ça, bien, renonce au reste, parce que, si tu renonces au
reste, bien, en même temps, tu n'es pas obligé de faire la formation. Ça fait
que c'est juste le résultat final.
• (16 h 40) •
Donc, finalement, je pourrais dire à la...
Aujourd'hui, je ne peux pas, comme ingénieur, dire à <i>l'Ordre des
ingénieurs : Donne-moi un permis limitatif, puis je vais faire juste des
trains d'atterrissage, ça n'existe pas. Je peux dire à l'Ordre des ingénieurs :
Je veux mon plein permis, puis l'Ordre des ingénieurs va dire : Tu ne peux
pas l'avoir, il te manque a, b, c, d d'équivalence, ou va refaire des cours
dans a, b, c, d, mais en attendant, je te mets un permis limitatif. Mais, à un
moment donné, là, il faut que je continue ma formation pour le plein permis,
aujourd'hui, là, dans la situation actuelle. Puis l'ordre pourrait dire :
Là, ça ne marche pas, là, tu ne fais pas ta formation, tu sais. Donc, il est
temporaire, ce permis limitatif là, si je peux le dire comme ça, par rapport à
l'autre qu'on inscrit, qui pourrait être permanent dans les faits, là.
M. Morin : L'autre pourrait
être permanent. En fait...
Mme LeBel : Celui qui...
le... Oui.
M. Morin : Bien, l'ajout de
l'article 7, là.
Mme LeBel : Oui. Bien, c'est
un permis spécial, dans le fond, mais, comme tu avais...
M. Morin : Non, c'est...
Mme Adam (Julie) : ...
Mme LeBel : Oui, mais c'est...
Mme Adam (Julie) : ...de
l'exercice sur la base du permis que la personne détient déjà.
M. Morin : Déjà.
Mme LeBel : Oui, mais c'est
la... c'est le même objectif que le permis spécial mais qui passe par un autre
chemin parce que, dans ce cas-là, on avait une superposition de permis
problématique. Donc, je vais l'appeler permis spécial dans le sens où
l'objectif est le même que le permis spécial, mais on doit passer par la
limitation du permis... du plein permis parce que la personne détenait un plein
permis. Mais aujourd'hui, là, on ne peut pas le faire, ça, ça... parce que l'ingénieur
qui ne voudrait revenir ou ne faire que des trains d'atterrissage, il ne peut
pas le faire parce qu'il... il peut le faire, mais il faut qu'il fasse des
cours pour aller vers le plein permis. Puis là il peut dire : Moi, je ne
suis pas intéressé, là, à faire des cours...
Mme Adam (Julie) : ...
Mme LeBel : C'est ça. Puis
c'est souvent des gens de l'étranger, là, ou des gens qui reviennent de...
Mme Adam (Julie) : ...
Mme LeBel : ...oui, qui
étaient à la retraite, qui reviennent puis qui disent : Regardez, moi,
dans les 15 dernières années de ma pratique, là, je n'ai fait que des
trains d'atterrissage, et là, je suis éloigné de la profession, là, je remplis
les critères, je reviens, bien, je pense que ma compétence est à jour dans les
trains d'atterrissage, mais pas dans le reste. Ça fait que c'est... c'est une
nuance, mais c'est une nuance importante dans le quotidien de la personne.
M. Morin : Oui, je comprends.
Puis, dans l'exemple que vous citez pour les ingénieurs puis le train
d'atterrissage, c'est clair, parce qu'évidemment un train d'atterrissage, c'est
une partie d'un avion qui est bien identifié et identifiable, mais pour
d'autres ordres professionnels, c'est... je comprends, là, que vous allez
probablement me dire que ça va être à l'ordre professionnel d'évaluer, là,
bon...
Mme LeBel :
...
M.
Morin :
Hein? Bien, en tout cas, je vous écoute attentivement, là, ça
va bien. Mais ça va être assez difficile d'application, là, pour la protection
du <public...
M. Morin :
...pour
la protection du >public.
Mme LeBel : ...prendre les
infirmières. C'est sûr qu'il y a des professions où ça se compartimente mieux.
M. Morin : ...
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Oui.
Mme LeBel : Les infirmières, à
titre d'exemple, une infirmière qui ne fait que de la vaccination. Quand je dis
ça, ce n'est pas... ce n'est pas réducteur, là, qu'elle a fait de la
vaccination dans ses... On l'a fait dans... pendant la pandémie, mais on l'a
fait par le biais de l'urgence sanitaire et on l'a... et c'était plutôt une
situation d'urgence, là, mais bref, avec les ordres, on a travaillé là-dessus,
parce qu'il y avait une situation d'urgence sanitaire. Mais le résultat était
le même, c'est-à-dire, avec les ordres, on a permis à des infirmières qui
étaient à la retraite de revenir dans les centres de vaccination, de revenir
que pour les fins de vacciner.
Une infirmière qui a travaillé, dans les
dernières années de sa profession, dans un centre de vaccination puis
qu'elle... bon, elle prend sa retraite, elle a quand même maintenu sa formation,
elle a maintenu son plein permis, mais dans les faits pratico-pratiques, elle a
exercé dans un champ plus restreint, je vais le dire comme ça, quitte, s'est
éloignée de la profession au sens du code, revient. Aujourd'hui, avant la...
avant le projet de loi n° 67, elle ne peut pas avoir un permis lui
permettant que de ne faire de la vaccination, il faudrait qu'elle réactive son
plein permis. Elle pourrait avoir un permis limité en attendant qui lui permet
de faire la vaccination, mais elle va avoir l'obligation de faire de la
formation pour être capable d'aller vers le plein permis, alors que, peut-être,
cette personne-là va nous dire aujourd'hui : Moi, sortir de ma retraite,
là, pour retourner faire des cours, ça ne me tente pas, je veux juste revenir
vacciner, parce que c'est ça que je faisais. Puis elle veut encore contribuer.
Et là peut-être qu'elle... Là, l'ordre pourrait dire : Parfait. Ça
fonctionne. Je reconnais que tu as la compétence. Assurément, je tiens pour
acquis dans mon commentaire qu'elle a la compétence quand elle revient, là. Et
l'ordre pourrait dire : Bien, tu avais déjà un permis, un plein permis,
bien, dis-moi ici que tout ce que tu veux, c'est un permis limité, renonce au
reste. Donc, en renonçant au reste, je n'exigerai pas que tu ailles faire de la
formation et je vais te donner un permis limitatif.
Vous avez raison que, dans les
46 ordres, ce ne sera pas aussi simple. Mais, si un ordre pense que ça ne
peut pas émettre un permis limitatif ou un permis spécial, elle ne le fera pas
parce que... Mais il y a sûrement des cas très limités. Je vais parler d'un
ordre qui n'a... un ordre qui a peu d'actes réservés ou un seul acte réservé.
C'est peut-être plus difficile, pour cet ordre-là, de limiter. Mais là, l'idée,
c'est qu'on le ramène au niveau du code pour le permettre à plus de gens
possible. Et là les ordres devront, selon leur réalité... mais elles ont... Les
ordres ont déjà le permis limitatif. Il y a des gens qui l'utilisent. Il y a
des gens qui ne l'utilisent pas parce que c'est... c'est moins...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...il y en a que
c'est volontaire, mais c'est moins pertinent. Mais il existe déjà, le permis
limitatif, dans le code. Mais, comme je vous dis, il est... il ne peut pas
être... il ne peut pas être... il ne peut pas être... il vient avec
l'obligation de faire de la formation pour atteindre le permis permanent. Je ne
sais pas si je m'explique correctement, là.
M. Morin : Exact, c'est... Oui,
oui. En fait, c'est... c'est qu'il faut prendre le chemin vers le permis
permanent, alors que là... là, ce que vous dites, c'est que ça peut rester dans
un... en fait, un endroit qui est restreint et bien délimité.
Mme LeBel : Oui, sans
obligation de prendre le chemin vers un permis permanent, mais avec toujours la
possibilité de recommencer ce chemin-là. Si la personne dit... je prends
l'infirmière à la retraite, à titre d'exemple, qui revient, puis elle fait un an,
deux ans dans son permis limitatif, puis elle dit : Là, heille, ça me
tente finalement, il y a... elle n'est pas... elle n'est pas bloquée pour
revenir vers le permis permanent, mais là il faudra qu'elle fasse la formation
prescrite par l'ordre pour y... pour l'atteindre.
Le Président (M.
Bachand) :...député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : ...le
troisième alinéa...
Des voix : ...
Mme LeBel : Il faut que je
dise... plutôt que «permis permanent». Donc, veuillez ajuster la transcription
en conséquence.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
«Plein permis», OK. Le troisième alinéa, là, on voit les cas d'espèce avec les
deux paragraphes, soit refusé soit inscrit au tableau. Puis là, ce qu'on
vient ajouter, c'est... Est-ce que c'est, dans le fond, l'équivalent de un
trois et un quatre sur deux... deux autres conclusions que peuvent amener
l'évaluation prévue au premier alinéa ou au deuxième ou si c'est...
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Oui. Ça
fait que, mettons, on a notre feuille, 45.3, là, vous voyez : «Sur la base
des résultats de l'évaluation prévue», ça, c'est le troisième paragraphe, le CA
peut faire soit 1° soit 2°.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Oui?
Mme LeBel : Puis là on va y
ajouter une possibilité.
M. Cliche-Rivard : Puis là,
dans le fond, on y ajoute sept et huit. on y ajoute : Malgré trois, tu
peux aussi faire un permis spécial puis tu peux aussi faire un plein permis
limitatif.
Mme LeBel : Limité,
exactement.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que c'est comme si on venait y ajouter deux autres pouvoirs, là, au troisième.
Mme LeBel : Deux autres
possibilités.
M. Cliche-Rivard : Deux
autres possibilités, mais si tout ça, c'est dans le même type de demande
initiale, de la demande de 45.3.
Mme LeBel : Je pourrais le
résumer comme ça? Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Puis là...
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Oui? Ce
n'est pas exactement ça?
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Ah! c'est
ça.
Des voix : ...
Mme Adam (Julie) : ...entre
les deux alinéas qu'on ajoute, il y en a un, c'est qu'il n'a jamais eu de
permis, ça va être le... le «malgré le troisième alinéa» qui va s'appliquer, puis
l'autre, ça va être...
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est
ça. Mais, selon le chemin puis la trajectoire qui s'appliquent à lui ou à <elle...
M. Cliche-Rivard :
...Oui,
c'est ça. Mais, selon le chemin puis la trajectoire qui s'appliquent à lui ou à
>elle, ça va être 1°, 2°, puis là on pourrait entendre 3° et 4°, qui
sont finalement la fin de l'alinéa. On aurait pu les mettre là, mais
qu'importe, c'est un choix légal tout à fait pertinent.
Là où j'ai la question, c'est que... Par
contre, là, c'est seulement que 1° et 2° qui restent là, qui sont susceptibles
d'obligation procédurale, disons, là, d'être signifiés conformément au <i>code
des procédures civiles, puis la personne peut faire appel au Tribunal des
professions, on a préservé quand même des droits qui sont quand même importants,
et où... l'autre à six, là : Une nouvelle demande ne peut être présentée
au CA que s'il y a des faits nouveaux, finalement. Ça, on ne les a pas, ces
deux droits procéduraux là, à ma compréhension, là, on ne les a pas inclus
à... aux deux nouvelles dispositions, là.
Mme LeBel : ...parce que...
Je vais me lancer, là. C'est parce que, dans ce cas-là, c'est une limitation
non volontaire du membre, et dans l'autre cas, c'est une limitation volontaire.
Ici, là, le permis est limité, puis ce n'est parce que le membre est...
M. Cliche-Rivard : OK. Je
comprends.
Mme LeBel : ...il n'est pas
heureux nécessairement.
M. Cliche-Rivard : Là, il a
renoncé, il a accepté de renoncer à huit.
Mme LeBel : Alors que, dans l'autre,
il a... C'est pour ça qu'on le fait renoncer à son plein permis... pleins
permis.
M. Cliche-Rivard : Je
comprends. Ça fait qu'il y en a un qui est de plein... de pleine renonciation.
Lui, il n'aura rien à appeler, là.
Mme LeBel : Bien non, je veux
dire, à moins qu'il veuille appeler de sa propre renonciation, mais... c'est
ça.
Une voix : ...
Mme LeBel : Hein? Oui?
M. Cliche-Rivard : Ce que mon
collègue dit, c'est que si, mettons, lui, il demandait a, b, c comme droits
réservés puis on lui répond : Non, non, tu auras juste a.
Mme LeBel : Bien là, ce n'est
pas pareil, il n'a pas renoncé.
M. Cliche-Rivard : Il... mais
il... Il n'a pas renoncé, mais le... mais lui, il est...
Mme LeBel : Bien, il faut
qu'il ait la compétence.
M. Cliche-Rivard : Mais là il
n'a pas de moyens, lui, procéduraux.
Mme LeBel : Bien, là, son
moyen... C'est parce qu'il faudrait qu'il dise... il faudrait qu'il conteste
l'ordre sur le fait que sa compétence est valide et que l'ordre dit que non.
M. Cliche-Rivard : Puis ça,
est-ce qu'il peut le faire ou...
Mme LeBel : Bien, oui. Oui,
oui, il peut le faire. Je veux dire, moi, je peux...
M. Cliche-Rivard : Je veux...
je veux juste être sûr que les droits procéduraux sont les mêmes.
Mme LeBel : Oui, oui, tout à
fait. Dans le cas actuel, là, l'ordre... l'ordre... l'ordre juge de la
compétence et de la formation, mais quelqu'un est capable de dire : Bien,
je trouve que j'ai la formation, puis... Peut-être que je suis dans le champ, là,
mais en tout cas, moi, je pense qu'il a... On va revérifier, là, mais...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, oui,
actuellement. Mais, dans ce que je vous mentionnais, là, sur les ajouts qu'on
faits, les permis spécial, les permis limitatifs, dans ces deux cas... de
ce qu'on ajoute aujourd'hui, il faut partir que ça vient de la demande et de la
volonté de la personne. Donc, il n'y a pas de droits procéduraux quand ça part
de sa volonté, là, soit la volonté d'avoir un permis spécial, soit la volonté
d'avoir un permis limité, c'est-à-dire de faire limiter mon propre plein
permis, là.
M. Cliche-Rivard : Dans
l'exemple que vous donniez tantôt, là...
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Je vais
laisser le temps...
Mme LeBel : ...donnez-moi une
suspension de deux minutes, parce que, là, il faut vraiment que
j'éclaircisse...
Le Président (M.
Bachand) :On va suspendre quelques
instants, oui, effectivement. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 50)
(Reprise à 16 h 52)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. J'étais à former l'exemple, là, puis encore une fois, Mme la
ministre l'a dit à quelques reprises, on ne fait pas nécessairement les
exemples types, mais on fait les exemples qui vont nous aider à mieux
comprendre, Mme la ministre, là, quelqu'un qui est sur... qui a son plein
permis puis qui veut réobtenir le droit de pratique, mettons, comme avocat, là.
Lui, il fait la demande, il dit : Moi, je pense que je suis encore
compétent en civil, en criminel puis en administratif, là, je ne sais pas. Puis
là le... on... l'ordre évalue ça, puis dit : Non, non, je te reconnais ta
compétence en criminelle, là, mais c'est tout. Ça fait que je vais
effectivement te donner un permis... un plein permis restrictif, mais je te le
donne...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : ...un
permis limitatif au... pour le droit criminel, mais je ne te le donne pas en
civil, admin. Est-ce que lui, il va avoir les mêmes droits procéduraux de
contester en appel?
Mme LeBel : ...Non, mais
l'ordre, à ce moment-là, va l'accompagner d'un plan de formation pour obtenir
son permis par contre. Donc, tu sais, il faut... il faut comprendre, là, ce
n'est pas un... Il n'y a personne qui a le droit au permis dans la vie, là.
Mais, dans ce cas-là, l'ordre ne pourra pas dire : Je te donne juste le
droit criminel, puis c'est terminé, là. Si je ne veux pas renoncer à la suite,
bien, il faut que l'ordre me donne un plan pour l'atteindre, alors...
M. Cliche-Rivard : Parce que
dans...
Mme LeBel : ...mais là il va
falloir que je fasse mes propres devoirs comme professionnels, c'est-à-dire,
pour l'atteindre, de la même façon qu'il faut que je fasse ma formation, la
même façon que...
M. Cliche-Rivard : C'est... bien,
c'est ça. Parce que le refus de la délivrance du permis, ça, c'est susceptible
d'appel. C'est ce que... c'est ce qu'on écrit là.
Mme LeBel : Oui. Bien, c'est
ça, ça, c'est ce qu'il y a actuellement, là.
M. Cliche-Rivard : Puis... c'est
ça. Puis l'inscription au tableau de l'ordre mais limitative, elle, elle est
susceptible d'appel.
Mme LeBel : Hum-hum.
M. Cliche-Rivard : Mais le
scénario où, mettons, moi, je voudrais contester l'ordre qui me dit : Oui,
il faut que tu fasses tel chemin pour aller chercher ta compétence en droit
civil, celui-là, il n'est pas susceptible d'appel?
Mme LeBel : Non, parce que
c'est : L'ordre peut le faire, délivrer ce permis-là. Puis je pense que
c'est la responsabilité de l'ordre de s'assurer de ta compétence, là, mais, à
ce moment-là, il faut...
M. Cliche-Rivard : OK, je
comprends.
Mme LeBel : ...il faut que je
fasse le chemin, là. Elle va me fournir un... j'allais dire un plan
d'obtention, là.
M. Cliche-Rivard : L'ordre va
me fournir mon chemin, là?
Mme LeBel : Bien oui.
M. Cliche-Rivard : Oui.
L'ordre ne me laissera pas en disant : Oui, c'est beau, tu es correct en
criminel, reste.
Mme LeBel : Pas si ma demande
est le plein permis... le plein... le plein permis. Par contre, si c'est le
cas, si c'est le cas, c'est parce que j'aurai, comme professionnel, renoncé à
la suite.
M. Cliche-Rivard : OK. Je me...
je me... je me questionne, là, à savoir s'il y en a qui ont plus de droits
que...
Mme LeBel : Parce qu'on
revient à la base, c'est la protection du public et non pas la protection du
membre.
M. Cliche-Rivard : Évidemment.
Mme LeBel : Le rôle de
l'ordre, c'est la protection du public et non pas la protection du membre.
Donc, le rôle de l'ordre, c'est de s'assurer que le membre est compétent.
M. Cliche-Rivard : ...ça que
je remettais en question, tant que... il me semble y avoir une catégorie qui a
un petit peu plus de droits que l'autre, mais ça, je vous le soumets, là.
Mme LeBel : Oui, mais il y en
a une, catégorie, qui part du plein permis.
M. Cliche-Rivard : Exact,
mais elle est désavantagée parce qu'elle passe du plein permis.
Mme LeBel : Non, elle a
obtenu une... Non, mais là elle a fait autre chose, ses responsabilités sont
autres.
M. Cliche-Rivard : Elles sont
autres avant...
Mme LeBel : Elle a déjà été
membre de l'ordre, elle a déjà... elle a déjà atteint un certain...
M. Cliche-Rivard : Je soulevais...
Ça reste... Ça demeure une petite inquiétude, mais je le comprends.
Le Président (M.
Bachand) :Autres interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention à l'amendement à
l'article 7, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Donc, on revient à
l'article 7 tel qu'amendé. Interventions? Il n'y a pas d'autres
interventions? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 7,
tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci.
Mme LeBel : ...61.1... C'est
un amendement que j'ajoute?
Une voix : ...
Mme LeBel : Et c'est un
amendement. Donc, on va aller dans le bout de 61.
Des voix : ...
Mme LeBel : Naturellement, il
n'est pas dans le cahier. C'est un amendement que je vais déposer à 61.1. Vous
l'avez en principe. Merci. Donc, article 61.1 : Insérer, après
l'article 61 du projet de loi, ce qui suit :
«Règlement sur le tableau des ordres
professionnels.
«61.1. L'article 2 du Règlement sur
le tableau des ordres professionnels (chapitre C-26, r.9) est modifié par
l'ajout, à la fin du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«3° la mention des activités
professionnelles que son permis spécial délivré en application du deuxième et
du troisième alinéa de l'article 42.2 du Code des professions lui permet d'exercer,
ainsi que des conditions suivant lesquelles il peut les exercer et, s'il y a
lieu, le titre, l'abréviation et les initiales qu'il peut utiliser.»
Cet amendement permet donc d'assurer une
meilleure lisibilité pour le public en ajoutant que le tableau de l'ordre
contient la mention quant aux activités professionnelles que peut exercer le
titulaire du permis spécial pour l'exercice de certaines activités
professionnelles prévu au deuxième alinéa de l'article 42.2 du code, ainsi
que les conditions suivant lesquelles il peut les exercer, et s'il y a lieu, le
titre, l'abréviation et les initiales qu'il peut utiliser.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de <Saint-Henri—Sainte-Anne...
Le Président (M.
Bachand) :
... M. le député de >Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. J'imagine qu'on va avoir la même notion corollaire pour la
restriction du plein permis?
Mme LeBel : Ils sont déjà
dans le code.
M. Cliche-Rivard : Ils y sont
déjà. Ça fait que ça...
Mme LeBel : Comme le permis
limité existait déjà...
M. Cliche-Rivard : On a déjà
ce qu'il faut.
Mme LeBel : ...on a déjà ce
qu'il faut dans le code, puis on l'a déjà pour le PRT aussi, qui est le permis
restrictif temporaire. Donc, il manquait la notion de permis spécial.
M. Cliche-Rivard : De permis
spécial, qui lui va soudainement... bien, assurément, donc, être au tableau de
l'ordre. Il est ou elle est inscrite au tableau de l'ordre. Puis là ça va être
écrit bien clairement, là, par les mécanismes des ordres, au bout de son nom, à
gauche, «whatever», à quelque part dans...
Mme LeBel : Permis spécial
permettant de... bon, on verra, là.
M. Cliche-Rivard : De faire
ci, ça, ça, ça.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Puis ce permis spécial là... je reviens un peu, mais est-ce qu'on a établi
qu'il avait une durée dans le temps ou il est... Une fois qu'il est accordé, il
est accordé, tant que tu respectes les autres obligations professionnelles
associées à ton titre puis à l'inscription de l'ordre.
Mme LeBel : Et à ce
permis-là.
M. Cliche-Rivard : Et à ce
permis-là.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que... Puis un... Puis ce permis spécial là, a contrario du plein permis, il
n'est pas permanent?
Mme LeBel : Non.
M. Cliche-Rivard : Du moment
où là je ne respecte plus les conditions, ce n'est plus une question de
réactiver ou de ne pas réactiver l'inscription au tableau de l'ordre?
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Mais il
est permanent au même sens que le plein permis, c'est juste que l'inscription
au tableau de l'ordre est différente.
Mme LeBel : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Mais il
est permanent pareil.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Je vais
être toujours... le reste... On... Vous faisiez l'exemple puis vous nous
appreniez, là, moi, je m'en... je ne savais pas qu'on détenait notre titre...
notre permis d'avocat toute notre vie même s'il n'était... on n'était pas
inscrit au tableau de l'ordre. Là, c'est le même exemple. Les détenteurs du
permis spécial veulent l'avoir pour tout le temps, mais il ne sera pas inscrit
au tableau de l'ordre s'il n'a pas respecté ses obligations puis s'il n'a pas
fait l'inscription.
Mme LeBel : Bien, permis
spécial, je ne le sais pas. Le permis limité, je pense que oui, mais permis
spécial... Oui, il est permanent. Oui, il est permanent.
M. Cliche-Rivard : Il est
permanent.
Mme LeBel : Il est permanent.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'ils sont permanents.
Mme LeBel : Oui. C'est un
PRP, là, qu'on l'appelait, nous, avant, là. C'est un permanent.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Puis la grosse question finale, c'est : Tu es-tu inscrit, dûment inscrit
au tableau de l'ordre ou tu ne l'es pas?
Mme LeBel : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis, si
oui, avec quelles conditions?
Mme LeBel : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis tes
conditions vont figurer au tableau, puis la protection du public est assurée.
M., Mme Tout-le-monde peut aller voir...
Mme LeBel : C'est la
transparence.
M. Cliche-Rivard : ...si son
professionnel est capable ou pas de faire la job qu'il est supposé faire.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie, s'il
vous plaît.
M. Morin : ...merci, M. le
Président. Donc, avec le permis spécial, j'imagine qu'il va y avoir aussi une
obligation, bien évidemment, probablement restreinte, mais de formation
continue également?
Mme LeBel : Associée au
permis.
• (17 heures) •
M. Morin : Associée au permis
pour les actes qui peuvent être posés en vertu du permis. OK. Et est-ce qu'il
va y avoir, à la fin... je ne sais pas si c'est prévu dans le projet de loi,
là, je ne l'ai pas vu, mais une obligation pour ou bien l'Office des
professions<i> ou les ordres professionnels de... d'informer le public
pour la... Parce que ce n'est pas évident, là, tu sais. C'est rare que, quand
on parle aux gens, tu sais, ils nous disent : Ah oui! je suis allé voir le
tableau de l'ordre récemment, puis, tu sais, vous êtes... étiez là, là. C'est
plutôt... c'est...
Alors, évidemment, quand quelqu'un a...
peut tout faire en vertu de son ordre professionnel, bien, il n'y a pas... il
n'y a pas vraiment de souci, là. Mais, si c'est limité, s'il a un permis
spécial, est-ce qu'on va informer le public de ces catégories-là, puis
peut-être aviser des gens, obliger le professionnel à indiquer ce qu'il peut
faire, puis informer le public d'aller voir?
Mme LeBel : Bien, c'est...
l'information du public, présentement, pour un professionnel inscrit ou non à
l'ordre des professions, c'est le tableau. Ça va demeurer le tableau, l'outil
privilégié.
Maintenant, il y a la responsabilité du
professionnel de ne pas exercer à l'extérieur du cadre de son permis, et le
code de déontologie va s'appliquer. De la même façon qu'aujourd'hui je suis
convaincue qu'il y a des gens... Bien, moi, j'ai fait... j'ai fait partie du Comité
des infractions du Barreau de Montréal pendant des années, et c'étaient des
gens qui exerçaient la profession d'avocat sans être inscrits, là, ou même sans
avoir eu de permis, ou de quoi que ce soit. Bien, il y a, naturellement, une...
il y a comme... Bon, peut-être qu'on peut informer le public qu'il serait mieux
de se renseigner, mais, tu sais, dans les faits, ces gens-là vont faire un
exercice illégal de la profession s'ils sont en dehors de leur permis. Donc, ça
retombe sur le professionnel de bien s'assurer qu'il existe... comme
aujourd'hui, ça retombe sur le professionnel de s'assurer que son permis est
valide, que son inscription au tableau de l'ordre est bien remplie, qu'il a
payé sa cotisation, etc., là.
Donc, tu sais, dans le cas actuel, il y a
des inscriptions ou informations sur le site des ordres des gens qui sont
limités ou qui sont... bien, il y a... la publicité se limite à ça, et ça va
être la même chose, là. Mais naturellement, si un professionnel qui a un permis
spécial ou un permis limité exerce à l'extérieur du cadre de son permis, bien,
il... ça va être soit un exercice illégal de la profession, soit le code de
déontologie, vu qu'il est déjà membre de l'ordre, donc... Puis, même encore,
l'ordre a encore plus de... de... voyons, j'allais dire de dents, mais encore
plus de...
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est ça, merci, heille,
je suis là, je me... de prise sur la personne parce qu'il est membre de
l'ordre, contrairement à une personne qui n'est pas membre de l'ordre, où là
c'est le Comité des infractions puis là c'est... vous savez, c'est une
infraction pénale, puis on poursuit, là.
M. Morin : Exactement, tout à
fait. OK.
Mme LeBel : Et pourrait peut-être
même se... se voir même... je ne sais pas, moi, à ce que le syndic ou la
déontologie...
17 h (version révisée)
Mme LeBel : ...peut-être même
se voir même... je ne sais pas, moi, ce que le syndic ou la déontologie
pourrait dire à une personne qui a un permis spécial et qui existe en dehors.
Est-ce que ça pourrait être la suspension de son permis spécial? On pourrait
penser à plusieurs gradations, mais ça va être la déontologie qui va s'appliquer
parce que la personne est membre de l'ordre.
M. Morin : OK. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement créant le nouvel article 6.1... 61.1? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que le nouvel article 61.1 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, le nouvel article 61.1
est adopté. Mme la ministre.
Mme LeBel : Article 6, M.
le Président, et il y aura un amendement également. Ça ne sera pas long.
Article 6 : Ce code — le Code des professions — ce
code est modifié par l'insertion, après l'article 42.4 du suivant :
«42.5. En situation d'urgence et sur
recommandation d'un ministre concerné, le ministre peut, pour la durée de la
situation d'urgence, autoriser un ordre professionnel à délivrer des
autorisations spéciales d'exercer des activités professionnelles réservées aux
membres de l'ordre.
«Une telle autorisation peut être délivrée
aux catégories de personnes et selon les conditions et modalités que détermine
l'arrêté du ministre.
«Un arrêté pris en application du présent
article entre en vigueur à la date qu'il détermine et il n'est pas soumis à l'obligation
de publication prévue à l'article 8 de la Loi sur les règlements ni au
délai d'entrée en vigueur prévu à l'article 17 de cette loi.»
Commentaire, avant le dépôt de l'amendement.
L'ajout du... de l'article 42.5 au Code des professions permet au ministre
responsable de l'application des lois professionnelles, lors de situations d'urgence
et sur recommandation d'un ministre concerné, d'autoriser, par arrêté
ministériel des ordres professionnels, à délivrer des autorisations spéciales d'exercer
des activités professionnelles réservées aux membres de l'ordre. Cette
autorisation spéciale pourra être délivrée aux catégories de personnes visées
par l'arrêté ministériel, selon les conditions et modalités déterminées par cet
arrêté, bon, etc., donc, je reprends ce qui a été dit.
Dépôt de l'amendement. Article 6,
concernant l'article 42.5 du Code des professions : Ajouter, à la fin
de l'article 42.5 du Code des professions, proposé par l'article 6 du
projet de loi... l'alinéa, pardon, suivant :
«Aux fins du présent article, constitue
une situation d'urgence un événement objectivement grave, réel ou imminent
auquel il n'est pas possible de répondre adéquatement dans le cadre des normes
de fonctionnement habituelles et qui nécessite le recours à une mesure
exceptionnelle pour contrer ou prévenir des préjudices aux personnes, aux biens
ou à l'environnement.»
Ça vise à circonscrire, suite à plusieurs
commentaires qui étaient fort légitimes, ça vise à circonscrire, sans faire une
liste de limitations, là, mais ça vise à circonscrire la notion d'urgence qui
permet au ministre responsable de l'application des lois professionnelles d'autoriser
les ordres professionnels et de... je dis bien «autoriser», non pas «d'ordonner»
aux ordres professionnels, mais d'autoriser les ordres professionnels, la
nuance est quand même... est quand même assez importante, à délivrer des
autorisations spéciales d'exercer des activités professionnelles, donc, qui
sont réservées aux membres de l'ordre.
Donc, il y a deux, je pense, mécanismes
pour s'assurer que... C'est ça, bon, le premier c'est... ce n'est pas le
ministre sectoriel qui peut déclencher la situation d'urgence. Il peut faire
part au ministre responsable des ordres professionnels d'une situation qui
lui... qui est assez préoccupante et qu'il pense que ça... de la nature d'une
situation d'urgence, et c'est le ministre des ordres professionnels qui peut le
faire par arrêté. La situation d'urgence était... bon, je pense qu'elle
découlait d'une... d'une interprétation ordinaire d'une situation d'urgence,
mais forte des commentaires des gens. Et, comme c'est vraiment une situation
qui doit être circonscrite, je pense qu'avec la définition qu'on vient ajouter
dans l'amendement, où on vient baliser... on parle là d'objectivement grave,
réel, imminent, et je pense qui va rassurer beaucoup de monde, auquel il n'est
pas possible de répondre adéquatement dans le cadre des normes de
fonctionnement habituelles.
Donc, on ne parle pas de devenir pallier à
un défaut de gestion, là, on se comprend, là, on parle d'une situation d'urgence,
grave, réelle, imminente, et qui nécessite le recours à une mesure
exceptionnelle pour contrer ou prévenir des préjudices. Puis on se comprend qu'une
situation d'urgence est circonscrite aussi, là, quand... quand ce danger grave,
objectivement grave et imminent, etc., disparaît, la situation d'urgence
disparaît, mais... Et ce sera circonscrit, je pense que c'est l'objectif de l'amendement.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Interventions?
M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui, merci, M. le
Président. Alors, effectivement, vous avez raison, Mme la ministre, il y a à
peu près tous les... tous les ordres et groupes qu'on a entendus en
consultation, qui ont demandé à ce qu'il y ait une définition de situation d'urgence,
ce à quoi vous tentez de répondre, entre autres, le <i>Conseil
interprofessionnel l'avait... l'avait demandé, le Barreau. Maintenant, je
comprends que vous ne limitez pas <la situation d'urgence...
M. Morin :
...ce à
quoi vous tentez de répondre, entre autres, le Conseil interprofessionnel
l'avait... l'avait demandé, le Barreau. Maintenant, je comprends que vous ne
limitez pas >la situation d'urgence à une crise sanitaire, donc ça
pourrait être plus large que ça.
Mme LeBel : Bien, il faut...
il ne faut pas le limiter à une situation de crise sanitaire, parce que ça
s'applique aux 46 ordres professionnels. Ils ne sont pas tous dans le
domaine de la santé. On peut penser à une situation de sécurité publique. Mais
on a déjà des mécanismes dans les deux cas, dans la <i>loi sur la
sécurité publique puis dans la Loi sur...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...la santé
publique, c'est ça, exactement, j'étais là, la santé, mais il me manquait le
«publique», qui peut nous permettre d'avoir une crise sanitaire. Mais on peut
penser à des situations, là je ne l'ai pas nécessairement là, mais on peut
penser à des feux de forêt, on peut penser à, bon, je ne sais pas, les
inondations, on a besoin de certains professionnels. On peut penser à autre
chose, là, et que ce n'est pas nécessairement une urgence à la grandeur du
Québec non plus, là, elle peut être limitée à un secteur particulier. Mais je
pense que, quand on parle de situations d'urgence, il faut être suffisamment
précis pour comprendre de quoi on parle, mais suffisamment large pour répondre
aux situations d'urgence, là.
M. Morin : OK. Dans le
mémoire, au...
Mme LeBel : Mais je pense
que...
M. Morin : Oui, oui.
Mme LeBel : ...c'est
important de dire que — pas «je», là, je dis «je», parce que,
présentement, c'est moi qui est dans la chaise, mais éventuellement ce sera
forcément quelqu'un d'autre — on autorise les ordres à délivrer, là...
M. Morin : Oui, ça, je le
comprends très bien.
Mme LeBel : ...on ne force
pas les ordres à délivrer.
M. Morin : Non, non. Ça, je
comprends bien.
Mme LeBel : Mais je veux
qu'on le comprenne, là, c'est important.
M. Morin : Oui. D'ailleurs...
d'ailleurs, dans le document que vous nous avez donné, le mémoire au Conseil
des ministres, c'est indiqué : «Les ordres pourraient éprouver des
difficultés. Ils pourraient aussi refuser de délivrer les autorisations malgré
l'arrêté ministériel.»
Mme LeBel : Voilà, voilà.
M. Morin : Ça, je le
comprends, je le comprends très bien. Maintenant, on indique également que «ça
permettrait de pallier au besoin de main-d'oeuvre lorsqu'une forte demande pour
l'exercice d'activité professionnelle réservée résulte de la situation
d'urgence». Et ça...
Mme LeBel : Oui, doit
découler d'une situation d'urgence telle que définie là. Parce que c'est
nécessairement pour pallier au besoin de main-d'œuvre, parce que pourquoi
j'irais chercher des professionnels qui ne le sont pas dans une situation
d'urgence, si j'avais suffisamment de professionnels pour... Je vais prendre la
vaccination à titre d'exemple, c'est parce que là on vient de la vivre. Je suis
allée chercher des vétérinaires pour leur permettre de vacciner des êtres
humains à l'époque. Mais pourquoi je l'aurais fait si j'avais eu suffisamment
de vaccinateurs classiques, là? Je sais que ce n'est pas le bon terme, là, mais
vous me comprenez. Ça va nécessairement découler d'un manque de main-d'oeuvre,
mais je ne pense pas que la pénurie de main-d'oeuvre devient une situation
d'urgence. C'est bien difficile. C'est bien... c'est bien... Il faut bien le
comprendre.
• (17 h 10) •
Et, mettons, là, mettons, là, on jase, là,
que je dérape puis je fais un arrêté ministériel pour de la pénurie de
main-d'œuvre, il n'y a aucun ordre professionnel qui est obligé d'émettre une
autorisation s'il juge que ça ne convient pas. Parce que je sais que <i>l'Ordre
des infirmières a émis... a émis le... bien, l'Ordre des infirmières dira :
Bien non, moi, je n'en émets pas parce que je pense que... Elle est autorisée à
le faire, elle n'est pas obligée de le faire. Donc, il faut quand même...
M. Morin : ...
Mme LeBel : Oui. Il y a trois
paliers. Il y a «je», c'est-à-dire la personne qui est en charge des ordres
professionnels ne peut pas le faire d'elle-même ou de lui-même. Le ministre
sectoriel, je vais dire, de la Santé, en l'occurrence, ne pourrait pas le faire
lui-même. Et là, après ça, on autorise, et ça doit quand même répondre à une
situation d'urgence, un événement qui n'est pas... auquel il n'est pas possible
de répondre adéquatement dans le cadre des normes de fonctionnement habituelles.
Et ça, c'est important, là. Je pense que ça vient répondre à ça. Mais je ne
peux pas dire... Mais c'est nécessairement pour pallier à un besoin de
main-d'œuvre, mais le besoin de main-d'œuvre doit découler de la situation
d'urgence.
Parce que si je n'ai pas de besoin de
main-d'œuvre puis que mes professionnels qui font partie de l'ordre sont
suffisants, je n'ai pas besoin de ça, je vais dire : Bien, j'ai une
situation... j'ai une situation, mais... voyons, le bassin, le bassin actuel
peut y répondre. Je n'ai pas besoin de déclencher une situation d'urgence en
fonction du Code des professions. La situation va être quand même là, mais le
bassin va permettre d'y répondre. C'est quand le bassin... le bassin ne peut
pas lui permettre de répondre à une situation d'urgence. Je pense que...
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme LeBel : ...oui, puis
grave, imminent, objectivement grave.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Ça prend
un, comme vous l'avez dit, un événement, là. La pénurie de main-d'œuvre en tant
que telle n'est pas un événement.
Mme LeBel : Et souvent c'est
quelque chose auquel on peut répondre adéquatement dans le cadre des normes de
fonctionnement habituelles, là.
M. Cliche-Rivard : C'est ça...
Mme LeBel : Puis on voit
venir une pénurie.
M. Cliche-Rivard : ...on va
faire un programme spécial, on va faire l'équipe volante. Je donne l'exemple,
s'il y a d'autres moyens alternatifs.
Mme LeBel : Et là on
négociera avec les gens concernés.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : ...oui, le
collègue disait du temps supplémentaire obligatoire, <on pourrait...
M. Cliche-Rivard :
...s'il
y a d'autres moyens alternatifs.
Mme LeBel :
Et là
on négociera avec les gens concernés.
Une voix :
...
M. Cliche-Rivard : .
..oui,
le collègue disait du temps supplémentaire obligatoire, >on pourrait... Puis
il y a d'autres... non, mais il y a d'autres moyens, qu'importe. Elle était
bonne quand même. Je vais lui donner. Là, on voit ça. Là, j'imagine que ces
informations-là, puis là, ça, c'est un autre élément qui était soulevé, vont
être inscrites à quelque part au secrétariat de l'ordre, ou, en tout cas, un
tableau quelconque, ou... Dans le sens, ceux qui vont avoir un permis, là, ceux
qui vont avoir une — là, j'oublie le titre — une
autorisation spéciale, il y a quelque chose, j'imagine...
Mme LeBel : Oui, c'est à
l'amendement 8.1.
M. Cliche-Rivard : Oh! OK,
Bon, bien, je garderai les commentaires un petit peu plus loin. Mais là, a
contrario, là, puis c'est ce que les collègues disaient, vous avez prévu que ça
va aller plus loin que les crises ou les problèmes avec la loi de la santé
publique puis la sécurité publique.
Mme LeBel : Mais on se donne
l'opportunité, mais là on verra au cas de figure si...
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : ...si je ne le
sais pas, moi. J'ai le ministre en Agriculture qui me dit qu'il y a une situation
d'urgence puis que peut-être, là, ça va être le contraire, c'est peut-être des
infirmières qui vont aller vacciner des animaux — là, je dis
n'importe quoi, mais on se comprend — je veux dire, ce n'est pas...
santé publique ne peut pas couvrir ça, puis sécurité publique ne peut pas
nécessairement couvrir ça. Je le ne sais pas, là, je...
Une voix : ...
Mme LeBel : Hein?
Une voix : ...
Mme LeBel : La grippe aviaire
à titre d'exemple. Tu sais, je ne veux pas donner des exemples farfelus, mais
ce que je veux dire, c'est que là, présentement, les seules situations
d'urgence qui existent dans d'autres lois, c'est santé publique, sécurité
publique. Puis ça ne nous permet pas nécessairement de faire ça, là. On l'a
fait avec les ordres professionnels parce qu'on a eu une belle collaboration
pendant la pandémie. Mais ça, ça va devenir un outil aussi accessoire à la
santé publique, à la sécurité publique. Parce que nécessairement, si le
ministre de la Santé publique... la ministre de la Santé puis le Conseil des
ministres déclenchent une situation de santé publique, ça ne sera pas difficile
pour moi de signer un arrêté, on se comprend, là, probablement que je vais être
plus légitimée. Là, je dis «moi», là, je sais que...
M. Cliche-Rivard : Oui, oui,
oui.
Mme LeBel : ...on se
comprend, la personne dans le siège que j'occupe. Et là les ordres seront
autorisés à le faire. Ce n'était pas tout à fait aussi clair que ça pendant la
pandémie. On a travaillé avec les ordres, ils ont bien participé, mais je ne
peux pas dire que le mécanisme de pouvoir autoriser des professionnels qui n'en
sont pas, au sens de... au sens de leur profession, à faire des actes... ce
n'était pas clair, clair dans le code nécessairement. Ça fait que ça va
permettre aussi de le faire. Mais ça peut être beaucoup plus large que ces deux
situations-là, santé publique et sécurité publique.
Une voix : ...
Mme LeBel : Et, oui, et
c'était même une recommandation de l'OMS, imaginez. Mais c'est vrai, mais du
commissaire...
M. Cliche-Rivard : On suit
l'OMS.
Mme LeBel : ...mais c'est...
Là, ça vient clairement mettre, dans le Code des professions, la possibilité,
quand il y a une situation d'urgence, de faire... de faire participer des
non-professionnels et de leur faire faire des actes professionnels. Bon,
naturellement, l'ordre va toujours demeurer tributaire de vérifier que la
personne peut le faire pour la protection du public. C'est pour ça qu'on ne
force pas l'ordre à le faire, on autorise l'ordre à le faire...
M. Cliche-Rivard : Ça, les
ordres en sont rassurés.
Mme LeBel : ...et ça vient
clarifier une situation. Et, non, ce n'est pas limité à la santé publique, à la
sécurité publique, parce qu'on pourrait penser... penser à la grippe aviaire,
là, qui n'est pas... qui n'est pas dans les deux cas.
M. Cliche-Rivard : Il y a eu
réflexion aussi sur un délai, que le délai... que le décret dise : Il est
en vigueur pour six mois ou il est en vigueur pour un an, un petit peu comme le
renouvellement de l'urgence sanitaire. Là, il y a la question de : On le
donne «at large», là, tu sais, du moment où l'autorisation est émise, il n'y a
pas de fin. Ça nous semblait... de le circonscrire en temps, du moins, là...
Mme LeBel : Oui, on pourrait
regarder quelque chose. Mais c'est marqué «pour la durée de la situation
d'urgence». Donc, à partir du moment où la durée... la situation d'urgence qui
est décrite dans l'arrêté n'existe plus, l'arrêté n'a plus de valeur en
principe.
M. Cliche-Rivard : Mais ça,
après, tu sais, comme vous le décrivez, il n'y a pas de situation d'urgence
décrétée telle quelle, à part si vous l'avez fait avec les pouvoirs de
situation d'urgence que vous avez, là. Mais, du moment où ce n'est pas santé
publique ou sécurité publique, quand est-ce qu'elle se termine... l'événement
d'urgence ou la situation d'urgence?
Mme LeBel : C'est très
légitime comme question. Moi, je considérais qu'à partir du moment où on
marquait «pour la durée de la situation d'urgence»... Parce que la situation
d'urgence devra être décrite dans l'arrêté, parce que je vais autoriser des
ordres professionnels d'un certain secteur en principe, donc, je pourrai...
L'arrêté ne dira pas : Il y a situation d'urgence, donc, tout le monde est
autorisé, il y a... elle va être décrite. Mais on peut suspendre, puis je
vais...
M. Cliche-Rivard : Oui, votre
exemple...
Mme LeBel : ...je vais
regarder si on peut trouver quelque chose qui pourrait à la fois satisfaire une
certaine agilité, mais, comme on est dans le cadre d'un arrêté, on a déjà une
certaine agilité. Donc, si vous permettez, on peut regarder les choses.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
J'apprécie... j'apprécie l'ouverture. Parce que, dans votre exemple de... on
vaccine pour la grippe aviaire, pour moi... ou pour une grippe quelconque, puis
là les infirmières y vont. Ce n'est pas si clair que ça, pour moi, peut-être,
dans ma tête, quand est-ce que la... ça se finit.
Mme LeBel : ...quand les
poules arrêtent de tousser.
M. Cliche-Rivard : Bien, tu
sais, ou que la situation de... que vous la jugez... qu'elle est jugée moins
urgente, c'est comme... Tu sais, il y a des façons que c'est bien clair, là, il
y a...
Mme LeBel : Non, non, c'est
bon.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ça fait que...
Mme LeBel : Mais, si vous me
permettez, on va suspendre, puis je vais essayer de voir si je suis capable de
proposer quelque chose qui satisfera à la fois...
M. Cliche-Rivard : Bien
apprécié.
Mme LeBel : ...la volonté
d'avoir le plus d'agilité possible, mais...
Le Président (M.
Bachand) :Si je comprends, Mme la
ministre, vous auriez la volonté de suspendre ou de suspendre l'amendement... <l'étude
de l'amendement et de l'article...
Mme LeBel :
...le
plus d'agilité possible, mais...
Le Président (M.
Bachand) :
Si je comprends, Mme la
ministre, vous auriez la volonté de suspendre ou de suspendre l'amendement... >l'étude
de l'amendement et de l'article, de suspendre...
Mme LeBel : De suspendre... de
suspendre...
Le Président (M.
Bachand) :...temporel?
Mme LeBel : Oui, suspendre,
s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) :OK. Alors, on va suspendre
quelques instants.
Mme LeBel : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 18)
(Reprise à 17 h 31)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Oui. Alors, suite
à nos discussions sur la durée de la validité de la... de l'autorisation,
j'aurai un amendement à proposer à mes collègues. On a eu l'occasion d'en
discuter un peu, mais on doit quand même continuer les discussions, si vous
permettez, M. le Président, sur l'amendement qui est présent, qui vient, quant
à lui, dans l'article 42.5 qu'on a déposé, là, le 6 vient circonscrire ou
donner une définition à la situation d'urgence, et le second amendement qu'on
déposera viendra parler de la durée de la validité.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Donc, interventions sur
l'amendement?
M. Morin : Oui, oui, tout à
fait, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, allez-y.
M. Morin : Alors, je comprends
que vous voulez, avec votre définition, que ce soit plus large comme, par
exemple, traiter d'une crise sanitaire ou reliée à la sécurité publique en
général. Sauf que, tu sais, je vous ai écoutée attentivement, puis au fond, tu
sais, les exemples que vous donnez... puis même vous citez l'OMF... l'OMS, mais
c'est tout relié au domaine de la santé, alors... Puis votre définition est
hyperlarge, c'est quand même un pouvoir extraordinaire. Donc, je regardais la
série des ordres professionnels, puis, dans le domaine de la santé, je le vois
très bien, mais, si on regarde ensemble des ordres, tu sais, comme l'Ordre des
évaluateurs agréés du Québec, il pourrait y avoir... puis c'est important, ce
qu'ils font, là, ce n'est pas ça que je dis, là, mais ils pourraient avoir
besoin d'une telle disposition?
Mme LeBel : Bien, j'ai du
mal, pour les fins de notre discussion, à imaginer une situation où le ministre
responsable des ordres professionnels viendrait citer un arrêté qui concerne
cet ordre. Mais je pense qu'il... je pense qu'on peut facilement imaginer des situations
qui dépassent le domaine de la santé. C'est sûr que, spontanément...
17 h 30 (version révisée)
Mme LeBel : ...un arrêté qui
concerne cet ordre, mais je pense qu'il est... je pense qu'on peut facilement
imaginer des situations qui dépassent le domaine de la santé. C'est sûr que,
spontanément, on pense à la santé, mais on peut penser à la sécurité publique
aussi. On peut penser à la santé dans le domaine des animaux, qui n'est pas...
Et parce que, là, on n'est pas dans une... la situation d'urgence n'est pas
objective grave pour la santé, la sécurité des gens, là, c'est vraiment
objectivement grave, réel et imminent qui demande... qui demande un apport. Mais
on me dit, puis je les crois, que, les évaluateurs, ça pourrait être utile s'il
y a une... il y a une catastrophe naturelle... naturelle qui demande des
évaluateurs, pour accélérer les réclamations d'assurance, à titre d'exemple, je
ne sais pas, mais, encore une fois, j'autorise les ordres à le faire, je ne les
oblige pas à délivrer une telle chose. C'est important.
M. Morin : Ça, je le
comprends, là. Ça, je le comprends.
Mme LeBel : Mais je pense qu'il
fallait... Puis je reprends mon explication d'il y a quelques instants, avant
la suspension, ça vient aussi faciliter la tâche de la mécanique, même dans le
cas d'une urgence sanitaire ou d'une urgence de sécurité publique. Parce que
je... On l'a fait, pendant la pandémie, avec la collaboration des ordres, mais
il n'y avait pas vraiment de mécanique de situation d'urgence de prévue dans le
code. Donc, ça va venir soutenir aussi les situations d'urgence traditionnelles,
je le vais dire comme ça, là... bien, traditionnelles, c'est un peu fort, hein,
classiques, peut-être plus, en sécurité publique puis en santé publique. Mais
je pense qu'on ne peut pas se limiter à ces situations d'urgence là. Puis l'apport
des professionnels peut être nombreux, là. En environnement, une crise
environnementale aussi pourrait être pensée, qui n'est pas couverte ni par la
santé publique ni par la sécurité publique...
M. Morin : ...corrigez-moi si
je fais erreur, mais il y a...
Mme LeBel : ...un
déversement, je ne sais pas, j'essaie de penser.
M. Morin : ...il y a
présentement un projet de loi qui est étudié dans le domaine de l'agriculture
puis qui vise à donner des pouvoirs importants pour contrer justement des
problèmes de pandémie dans le domaine animal. Comment ça, ça va s'arrimer avec
le projet de loi qui est présentement devant le Parlement?
Mme LeBel : Bien, je vais
vous dire, en toute transparence, je n'en sais rien. À ma connaissance, ça ne
touche pas aux ordres professionnels et aux professionnels. Je ne... Ça fait
que, donc, je vais vous répondre que je ne... Il faudrait vérifier. Puis, si
vous me permettez, on pourra peut-être revenir à une prochaine séance, mais à
ma connaissance le... ledit projet vient... vient aider, là, pour des
situations, mais ne vient pas toucher aux ordres professionnels, là, ou aux
actes qui sont exercés par les professionnels, parce que tout ça ici... et dans
le cas où les besoins, disons-le, ne peuvent être rencontrés que par des
professionnels membres d'ordres professionnels. Parce qu'on parle d'actes
réservés, à titre d'exemple, et que, là, on se dit, dans cette situation d'urgence
là, pour une durée dont on parlera, x, bien, c'est... c'est important d'élargir
l'apport des gens qui pourront venir prêter main-forte, toujours sous
autorisation de l'ordre professionnel concerné. Mais il y a des cas où il n'y a
pas de professionnels d'impliqués, alors ce n'est pas ça qui vient répondre.
M. Morin : S'il n'y a pas de professionnels,
ça ne s'applique pas, là, ça, c'est clair, là. D'accord. Eh bien, on pourra en
reparler plus tard, parce qu'il y avait d'autres intervenants aussi qui s'interrogeaient
sur le fait que l'arrêté n'est pas soumis à l'obligation de publication. Ça, on
pourra en... Parce que, présentement, à 6, ça dit : «Un arrêté pris en
application du présent article entre en vigueur à la date qu'il détermine et il
n'est pas soumis à l'obligation de publication prévue à l'article 8 de la
Loi sur les règlements ni au délai d'entrée en vigueur prévu à l'article 17
de cette loi.» Ça, c'est à l'article 6. Donc là, ça, j'ai une difficulté,
ça fait que j'aurai des... j'aurai des questions éventuellement pour ça
également.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le député de
l'Acadie. Est-ce qu'il y aurait d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article 6 est...
Oui?
M. Cliche-Rivard : Une petite
affaire, une petite affaire.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, oui.
M. Cliche-Rivard : Merci. On
va, Mme la ministre... Je vais laisser la...
Des voix : ...
Mme LeBel : ...avec votre
question pour l'article 8, mais je pense que les arrêtés ministériels sont
publics, là, je veux dire... Mais donc... et ça, je pense que ça ne concerne
pas nécessairement, c'est plutôt...
Une voix : ...
Mme LeBel : Ce serait le
projet d'arrêté?
Une voix : ...
Mme LeBel : Pour la
consultation, OK. Parce qu'il va y avoir une consultation, là, entre les deux
ministres, en fait. Mais je vais vous revenir, là. Mais un arrêté ministériel
est public, là.
M. Morin : ...ça, c'est
clair, mais c'est... mais quand vous dites...
Mme LeBel : Ça fait que j'essaie
de comprendre leurs préoccupations, là, je veux dire, il n'y aura pas d'arrêté
ministériel sous scellé, là, c'est public. Mais je vais... je vais éclaircir ce
qui est écrit là pour vous revenir, si vous permettez...
M. Morin : Parfait. Merci.
Oui.
Mme LeBel : ...parce que je
suis convaincue que leur préoccupation est légitime, mais elle n'est pas <fondée...
Mme LeBel :
...je
suis convaincue que leur préoccupation est légitime, mais elle n'est pas >fondée,
je vais le dire comme ça. Mais on va essayer de l'éclaircir pour s'assurer
qu'elle n'est pas fondée dans... dans les faits.
M. Morin : Vous pourrez nous
en dire davantage sur leur préoccupation, comme ça on pourrait avoir une
discussion là-dessus.
Mme LeBel : Oui, désolée,
parce que ça me...
Le Président (M.
Bachand) :Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci. Je
relisais, là, avant qu'on passe à autre chose. On est vraiment dans un cadre,
on dirait, préventif, là, aussi, à la fin de la définition, pour contrer ou
prévenir des préjudices, et non pas nécessairement dans un caractère curatif ou
pour réparer, hein? Mais je devine que vous allez vouloir peut-être faire ça
aussi. Ça a-tu été réfléchi? Parce que là on dirait qu'on est en amont d'un
préjudice.
Mme LeBel : Bien, contrer
vient aussi un peu dire ça, quant à moi. C'est sûr que vos... on préfère
prévenir les préjudices, là...
M. Cliche-Rivard : Oui, mais
là il a eu lieu.
Mme LeBel : ...mais, je veux
dire, ça va faire partie de ça aussi, s'il y a des préjudices en cours, pour
les limiter, je veux dire, il y a... mitiger, mais il y a malheureusement un
préjudice qui a déjà eu lieu. Des fois, il est déjà présent, on veut le limiter
ou éviter qu'il y en ait plus. Mais je pense que l'objectif est de faire en
sorte qu'il y ait de... moins de préjudices possible aux personnes, aux biens,
à l'environnement. Sinon, on ne ferait pas intervenir la situation d'urgence
puis on laisserait aller, là, mais vous avez raison.
M. Cliche-Rivard : ...c'est
ce que je pense aussi, mais c'est pour ça que l'usage de contrer ou prévenir...
Mme LeBel : Bien, contrer, je
pense que c'est pour...
M. Cliche-Rivard : Contrer,
OK.
Mme LeBel : ...contrer le
préjudice. Il est là, le préjudice, puis on veut, là, bon, bien, je dirais, le
limiter le plus possible, parce qu'à un moment donné une personne peut aussi
dire : Bien, j'en ai quand même subi un, mais... par le temps que la
situation d'urgence arrive, qu'elle est déclarée, qu'elle est constatée, bien, il
y a... il va y avoir un... probablement un bout de...
M. Cliche-Rivard : ...puis l'après,
là.
Mme LeBel : Je dirais, oui,
je le résumerais comme ça.
M. Cliche-Rivard : Parfait,
tant que c'est clair. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Autres interventions?
S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement à l'article 7... à
l'article 6 est adopté? Adopté. Mme la ministre.
Mme LeBel : OK. On va avoir
un petit ajustement à l'amendement numéro 2, qui va parler de la durée.
Peut-être, vous me permettez... Peut-être, on peut suspendre.
Le Président (M.
Bachand) :De toute façon, l'amendement
n'a pas été lu.
Mme LeBel : ...ce qu'on
pourrait faire, c'est suspendre, le temps qu'on vous l'envoie à Greffier. Puis
ça va me permettre d'éclaircir la question de mon collègue sur la publication
de l'arrêté. Comme ça, quand on reviendra, je pourrai... à même d'y répondre.
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Alors, on va suspendre
quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 40)
(Reprise à 17 h 46)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Merci. Mme la ministre, la parole est à vous
pour un amendement.
Mme LeBel : Oui, absolument.
Je ne sais pas si on va l'afficher, M. le Président, parce que je n'ai pas la
copie devant moi. Ça va me permettre de le lire à l'écran. Merci, M. le
Président. Merci à la commission.
Donc, article 6, l'article 42.5
du Code des professions : Insérer, à la fin de la... il faudrait juste
arrêter de le bouger, s'il vous plaît. Merci. Insérer, à la fin du deuxième
alinéa de l'article 42.5 du Code des professions, proposé par l'article 6
du projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit : «, notamment la durée de la
validité de cette autorisation».
Bon, c'est ce que je vous avais dit en
substance. Ça veut dire que l'autorisation, l'arrêté ministériel devra
comprendre les conditions et modalités qu'il détermine, donc la nature de
l'urgence, et potentiellement les ordres professionnels visés par cette... par
cette urgence-là, et la durée de la validité de l'autorisation. Donc, cette
autorisation est valide pour x.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député...
Mme LeBel : Ça demande... ça
demande une meilleure évaluation de la situation d'urgence, à ce moment-là, par
les ministres concernés.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Puis on en discutait hors micro, là, je vais vous laisser quand même répondre.
On vise donc une période déterminée, là, ça va être...
Mme LeBel : On vise une
période déterminée.
M. Cliche-Rivard : Et non
pas...
Mme LeBel : Pour moi, ma compréhension,
la durée de la validité ne me permettrait pas de dire pour une durée
indéterminée. De toute façon, pendant... de par sa nature, si on le lit avec le
premier paragraphe, pour la durée de la situation d'urgence, je veux dire, si
ce n'est plus une... si c'est une situation d'urgence à vie, ce n'est plus une
situation d'urgence. C'est cela.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
C'est tout sur l'amendement. Et merci de l'ouverture. Je pense que ça répond à
certaines préoccupations.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Autres interventions?
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement à
l'article 6, tel qu'amendé, est adopté? Adopté. Merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : Donc, sur
l'article <principal...
Le Président (M.
Bachand) :
...adopté. Merci. Mme la
ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel :
Donc,
sur l'article >principal, tel qu'amendé par les deux amendements
précédents, je n'ai pas d'autre commentaire, pour ma part, mais sûrement que
vous en avez.
Le Président (M.
Bachand) :Oui. M. le député, allez-y,
oui.
M. Morin : Merci. Oui,
alors... Bien, en fait, on... on en discutait tout à l'heure, mais juste pour
bien, bien préciser, parce qu'on a eu aussi des commentaires dans différents
mémoires quand... à la dernière partie de l'article 6 qui dit : «Un
arrêté pris en application du présent article entre en vigueur à la date qu'il
détermine et il n'est pas soumis à l'obligation de publication prévue à
l'article 8 de la Loi sur les règlements ni au délai d'entrée en vigueur
prévu à l'article 17 de cette loi.»
Je... je porte à votre attention que la
FIQ, dans son mémoire, soulignait... et puis ça va être intéressant, Mme la
ministre, de vous entendre là-dessus, ils suggéraient de retirer le passage «il
n'est pas soumis à l'obligation de publication prévue à l'article 8 du
règlement», parce qu'on dit, entre autres... Et on rajoute également :
«L'article 6 du projet de loi n° 67 ne mentionne aucune condition de
formation. Si des personnes autorisées à exercer des activités professionnelles
en situation d'urgence ne sont pas suffisamment formées pour le faire, cela
risque d'aggraver la situation d'urgence. Il vaudrait mieux donner des
autorisations spéciales uniquement à des professionnels de domaines connexes.
Par exemple, advenant une pandémie de virus cardiorespiratoire, verriez-vous
une personne non encadrée par des obligations professionnelles exercer des
activités réservées à l'inhalothérapeute, ou la verriez-vous réaliser des
activités professionnelles d'inhalothérapeute telles qu'une évaluation complète
de la condition cardiorespiratoire et un ajustement de la médication?
«En raison de leur formation initiale
obligatoire, les professionnels de domaines connexes aux activités autorisées
possèdent une attitude générale à poser des actes et à traiter des problèmes
relatifs à ces activités. Donc, la FIQ est préoccupée par le fait qu'une
autorisation spéciale sans formation adéquate puisse placer des membres en
contravention avec des obligations déontologiques d'agir avec compétence en
tenant compte de leurs habiletés.»
Bon, par la suite, évidemment, ils
parlaient de la situation d'urgence, ça, on en a... on en a parlé, et voilà.
Donc, en fait, la FIQ était... en fait, exprimait une inquiétude quant au fait
que le texte de loi souligne que l'arrêté en question ne sera pas soumis à
l'obligation de publication prévue à l'article 8 de la Loi sur les
règlements. Voilà.
• (17 h 50) •
Mme LeBel : Bon. Pour
répondre à cette préoccupation-là, cette première préoccupation là, il suffit
d'aller lire l'article 8 de la Loi sur les règlements pour comprendre, et
l'article 17, qu'on parle ici d'un projet de règlement, donc de la
prépublication. Un arrêté ministériel peut être... peut être assimilé à un
projet de règlement pour les fins de la discussion. La prépublication qui est
prévue à l'article 8, c'est 45 jours, et la mise en vigueur, à
l'article 17, c'est 15 jours plus tard. Là, on est dans une situation
d'urgence, ça veut dire 45 plus 15.
Donc, ce qu'on dit ici, c'est que, dans un
cas d'une situation d'urgence, on a... même s'il pourrait être assimilé à un...
à un règlement, on le dispense de la prépublication du 45 jours ou du 15 jours.
Toutefois, un arrêté ministériel, après tout ça, est toujours... Il y a
plusieurs degrés de publication, il y a la prépublication puis il y a la
publication finale. Bien, il est toujours soumis à la publication finale dans
la Gazette officielle. Donc, l'arrêté va être publié, là. Donc, dès
qu'on lit l'article 8 puis l'article 17, on comprend que, dans le
fond, ce qu'on dit ici, c'est que, compte tenu qu'il s'agit d'une situation
d'urgence, on... 15... 45 plus 15, c'est 60, là on ne va pas prendre 60 jours
de délai avant de mettre en vigueur un arrêté. La situation d'urgence risque...
même potentiellement d'être passée, là, en tout cas, on espère.
M. Morin : Oui, bien
effectivement, compte tenu de votre description d'une situation d'urgence,
évidemment. Le mémoire du Barreau<i> suggérait la tenue d'un registre
public des autorisations spéciales. Ça, vous n'en... vous n'en parlez pas, et
je pense que ça aiderait effectivement, parce qu'on parle toujours de la
protection du public, donc, des gens en général. S'il y avait un registre qui
était tenu, évidemment, de ces autorisations-là qui sont accordées, quel est
votre point de vue là-dessus?
Mme LeBel : Je vais vous
répondre par l'amendement 8.1.
M. Morin : C'est bien. Alors,
on va... on va regarder ça en temps et lieu. C'était une préoccupation que
j'avais également.
Mme LeBel : Je... vous avez
parlé tantôt avec la FIQ de... Vous avez fait... là, vous avez lu un passage et
vous avez mis l'accent sur d'autres préoccupations, là, par rapport à autoriser
des professionnels dans un domaine connexe, là. Je vais juste quand même me
permettre d'écarter cette préoccupation-là, parce que ce n'est pas... Si la...
c'était marqué qu'en situation <d'urgence...
Mme LeBel :
...d'écarter
cette préoccupation-là, parce que ce n'est pas... Si la... c'était marqué qu'en
situation >d'urgence le ministre peut... peut délivrer des
autorisations, je serais peut-être un peu plus... plus de l'avis de la FIQ,
mais on parle bien d'autoriser un ordre professionnel à délivrer, là. Donc, l'ordre
professionnel dont c'est la responsabilité devra s'assurer de la formation
adéquate de la personne, là. Donc, je ne pense pas qu'il soit opportun de
limiter, dans le... dans ce cadre-là, à un domaine connexe. C'est probablement
le cas le plus fréquent d'autorisation spéciale d'urgence probablement et le
cas le plus simple pour un ordre professionnel pour... de juger de la... de la
compétence. Mais je pense que ce sera encore une fois et avec beaucoup de
respect pour la FIQ, à <i>l'Ordre des infirmières, à titre d'exemple, à
juger si le... la personne en question peut... peut exercer sous le... sous l'autorisation
d'urgence. Mais encore une fois, je reviens à la base, c'est toujours l'ordre
professionnel qui est responsable et qui n'a pas l'obligation, mais l'autorisation
plutôt de le faire.
M. Morin : Et je comprends
que compte tenu de la définition que... que vous avez proposée, évidemment, l'ordre
professionnel, ce serait... bien, ce ne serait pas très pratique s'il voulait
donner des permis à des gens qui vont avoir besoin de suivre une formation qui
est longue, parce que, là, parce que ça... on... le but ne sera... l'objectif
ne sera pas atteint, là, tu sais.
Mme LeBel : Bien, en
français, bien, voilà.
M. Morin : Ça, c'est clair.
Donc, il faut que ce soient évidemment des professionnels qui... si jamais ils
ont besoin d'un peu de formation, ce soit quand même relativement rapide et
simple.
Mme LeBel : Rapide, oui.
M. Morin : Donc, probablement
des gens qui, de toute façon, pourraient être dans des domaines relativement connexes
ou proches.
Mme LeBel : C'est pour... c'est
pour ça que je vous réponds que, de la nature même de la situation à laquelle
on fait référence, c'est-à-dire, situation d'urgence et autorisation
spéciale... autorisation d'urgence, je pense qu'on va... on peut penser que les
cas de figure les plus probants, ce seront des domaines connexes. Mais, encore
une fois, on ne peut pas le limiter dans le cadre de l'article, parce que peut-être
qu'une formation d'appoint rapide dans un cas particulier pourrait permettre,
pour l'autorisation spéciale, de faire... de faire l'affaire, là, tu sais. Mais
je pense qu'il faut revenir à la base, ça demeure de la responsabilité des ordres
professionnels de juger si l'autorisation spéciale peut être délivrée ou non à
une personne X, là.
M. Morin : Parfait. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, les ordres vont être aussi capables
de restreindre géographiquement la portée d'une autorisation.
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ça fait que comme ça, ça, ça va être aussi... puisqu'on l'a limité en temps, où
on a dit : Ça pourrait être disponible pour un nombre x de temps, mais ça
va être... ça peut être aussi circonscrit géographiquement.
Mme LeBel : Oui, oui, ça fait
partie des... des modalités et conditions auxquelles on fait référence, oui.
M. Cliche-Rivard : Des
modalités, parfait. Puis là vous référiez à 8.1 avec mon collègue. C'est vrai,
8.1 parle quand même de conservation postautorisation, ça fait qu'une fois que
l'autorisation est échue. Mais qu'en est-il de la publication sur le tableau?
Est-ce qu'il y a une publication sur le tableau pendant que l'autorisation...
Mme LeBel : Est-ce que... Je
ne veux pas... Est-ce que vous permettez qu'on en parle quand on sera rendus à
8.1 pour voir si on doit l'ajuster ou non?
M. Cliche-Rivard : OK.
Mme LeBel : Parce que, là, vous
êtes en avant d'un amendement qui n'a même pas été déposé encore.
M. Cliche-Rivard : Mais l'amendement
concerne quand même juste un élément spécifique, ça fait que je veux comme qu'on...
Mme LeBel : Oui, mais à ce...
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Mme LeBel : ...si vous
permettez, on pourrait peut-être en parler dans le cadre de l'amendement.
M. Cliche-Rivard : Correct.
Mme LeBel : Ça va me
permettre de premièrement le déposer aussi.
M. Cliche-Rivard : Pour ce
volet-là, je n'ai pas d'objection. Je vous la pose quand même un petit peu
différemment, parce que je pense que c'est là que ça va. Ils ne deviennent
quand même pas membres ou inscrits au tableau de l'ordre, ces gens-là?
Mme LeBel : Non, non.
M. Cliche-Rivard : Il n'y a
pas de suivi de code de déontologie ou il n'y a pas de mesures
professionnelles, il n'y a pas de suspension, syndic, discipline.
Mme LeBel : Bien là, on est
dans un cas très spécial, très circonscrit, très spécifique, là.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : Donc, non.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que non?
Mme LeBel : Ils n'ont pas d'obligation
de formation continue non plus.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que vous me répondrez sur le tableau plus tard.
Mme LeBel : Oui, mais... mais
l'arrêté... l'arrêté ministériel pourrait en mettre, certaines conditions... L'ordre
professionnel pourrait mettre des modalités dans l'autorisation spéciale aussi.
Mais tu sais, l'idée, là, c'est vraiment une situation très précise, très
circonscrite. Puis je vais revenir aux vétérinaires qui ont eu l'autorisation
de vacciner sur des êtres humains, là.
M. Cliche-Rivard : Sauf que,
là, par exemple...
Mme LeBel : Ça peut être mis
dans l'arrêté, oui.
M. Cliche-Rivard : ...ils
vont faire des actes réservés. Puis, mettons, nous autres, on le fait, ça, avec
une assurance professionnelle, les professionnels le font avec une assurance
professionnelle. Est-ce qu'eux vont recevoir... ou est-ce que ça prévoit un
genre d'immunité, ou, tu sais, du moment où il y a une autorisation spéciale,
est-ce qu'eux, ils sont encadrés par une assurance professionnelle?
Mme LeBel : Bien, en général,
ils vont être sous supervision, là. Donc, c'est sûr qu'on parle d'une
situation... Il faut reprendre, on... on l'a fait pendant la pandémie, là. On
parle d'une situation très limitée.
M. Cliche-Rivard : ...une
vaccination qui vire mal, la personne est-tu... tu sais, elle peut-tu être
poursuivie?
Mme LeBel : Bien, ça pourrait
être exigé par l'ordre dans l'autorisation spéciale.
M. Cliche-Rivard : OK.
Mme LeBel : Puis on peut
penser aussi que, quand on parle de domaines connexes, ce sont d'autres
professionnels qui vont venir à avoir cette autorisation spéciale là. Donc, ils
ont quand même... il y a quand même une certaine protection par le fait qu'ils <sont...
Mme LeBel :
...donc,
ils ont quand même... il y a quand même une certaine protection par le fait
qu'ils >sont professionnels aussi, là, mais...
M. Cliche-Rivard : Pas
s'ils dépassent leur...
Mme LeBel : ...mais
c'est parce que, là, si on met toute une mécanique d'assurance, de contrôle, de
syndic, de formation, je veux dire, on est aussi bien de... d'oublier...
M. Cliche-Rivard : Bien,
moi, je veux être sûr qu'il y a quelqu'un qui lève la main puis qui dit «moi,
je vais y aller, ne soit pas susceptible après ça de poursuite, ou qu'elle soit
protégée, du moins, cette personne-là, tu sais.C'est ça, mon
inquiétude. Puis, si vous me dites, bien, l'ordre pourrait déterminer que...
Mme LeBel : L'ordre pourrait
déterminer que, oui.
M. Cliche-Rivard : Puis,
je dirais, devrait, là, par protection de ces gens-là. Du moment où eux autres
se sont fait donner une autorisation, l'ordre devrait dire...
Mme LeBel : Bien, tout
dépend de l'acte, là, que... dont on parle...
M. Cliche-Rivard : Tout
dépend de l'acte.
Mme LeBel : ...parce que, là,
on fait référence à des actions qui sont très ciblées sur la santé, mais ça
pourrait être... Je parlais tantôt... On parlait tantôt des évaluateurs. Là,
peut-être qu'on est à un autre niveau, mais... mais l'ordre pourrait dire :
Dans ce cas particulier, pour cette situation-là, voici ce que... l'exigence.
Mais il faut encore une fois que ça permette de répondre à la situation
d'urgence, là.
M. Cliche-Rivard : Évidemment.
Évidemment, mais ça, je ne pense pas que... En tout cas, les ordres décideront,
là, mais je ne pense pas que de... d'aller souscrire à une assurance
professionnelle de manière assez rapide... je veux dire, ça doit être possible,
là, mais les ordres décideront bien, mais il ne faut pas...
Mme LeBel : À partir du
moment où on met ce système-là en place, il y a sûrement des mécanismes qui
vont se mettre en place aussi pour...
M. Cliche-Rivard : Qui
vont se mettre en place eux aussi.
Mme LeBel : Oui, pas le
choix.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : ...
c'est ça, il faut qu'elle ait les mêmes recours aussi face à la protection,
parce qu'elle a un recours face à l'infirmière de par la protection du public
qu'a son ordre. Il faut qu'elle ait... elle puisse avoir le même recours de
poursuite ou de faute.
Mme LeBel : Bien,
peut-être pas le même, mais il faut qu'elle ait quelque chose qui la protège.
Mais il va sûrement y avoir des mécanismes qui vont se mettre en place. Mais là
dans le... ce n'est pas nécessairement prévu dans le Code des professions, là.
M. Cliche-Rivard : Et on
devine bien qu'autant qu'ils peuvent l'émettre, l'autorisation, autant l'ordre
peut la retirer à quelqu'un qui ne mériterait pas de la garder, là.
Mme LeBel : Ou autant
l'ordre peut refuser à la base même de l'émettre.
M. Cliche-Rivard : Clair.
Mais là il dit : Ah! Oui, lui, il a l'air d'être quelqu'un qui est disposé
à le faire. Puis après deux, trois plaintes, il dit : Oupelaïe! Je pense
que je lui retire.
Mme LeBel : Elle peut le
retirer.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait que ça, ça va faire partie aussi de ces modalités de...
Mme LeBel : D'une façon.
Oui. Oui, voilà.
M. Cliche-Rivard : ...des
conditions d'émission dudit permis.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci.
Le Président
(M. Bachand) :M. le député de
l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Ça va. Je
vous remercie, M. le Président. La question que je voulais poser, c'est la
question que vient de poser mon collègue. Alors, voilà, donc.
Le Président
(M. Bachand) :Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 6, tel qu'amendé, est adopté?Adopté. Merci. Mme la
ministre, s'il vous plaît.
• (18 heures) •
Mme LeBel : À 1? 1. Article
1, M. le Président. Alors, on parle toujours du Code des professions,
naturellement : L'article 16.10 du Code des professions est modifié
par le remplacement du sous-paragraphe d du paragraphe 1° du deuxième alinéa
par le sous-paragraphe suivant :
«d) la délivrance de toute autorisation
spéciale;».
Donc, il s'agit d'une modification pour
des fins de cohérence afin que les fonctions du Commissaire à l'admission aux
professions englobent la délivrance de toute autorisation spéciale, soit
l'autorisation spéciale délivrée en situation d'urgence proposée à
l'article 6 du présent projet de loi, ainsi que l'autorisation spéciale
déjà prévue à l'article 42.4 du Code des professions.
Ça fait que c'est une modification en...
en cohérence avec les fonctions du commissaire à l'admission, là, pour qu'il
puisse, là, tout comme il peut déjà le faire avec les autorisations spéciales
qui sont délivrées par les ordres en vertu de 42.4 du code, exercer un regard
sur le fonctionnement du processus de délivrance par les ordres des
autorisations spéciales en situation d'urgence. Donc, c'est aussi un mécanisme
où on... les ordres seront... je ne dirai pas «seront suivis», et il y aura un
regard pour voir qu'est-ce qu'ils ont mis en place sur le mécanisme
d'autorisation des situations d'urgence. Par exemple, ils pourraient revoir et
examiner toute plainte, ou vérifier si les ordres éprouvent des difficultés à
délivrer des autorisations spéciales, ou si un ordre refuse de livrer des
autorisations malgré l'arrêté ministériel les autorisant à le faire, et sans...
j'imagine, sans motif justificatif, là, on se comprend.
Le Président
(M. Bachand) :Interventions?
Une voix : ...
Le Président
(M. Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Là,
c'est véritablement et uniquement l'autorisation spéciale qu'on vient de
prévoir à 6, là. C'est ça qui...
Mme LeBel : Bien, on
vient de l'inclure...
M. Cliche-Rivard : C'est
ça.
Mme LeBel : ...parce qu'elle
ne faisait pas partie de ce que le commissaire... ce sur quoi le commissaire
avait un regard, disons-le comme ça.
M. Cliche-Rivard : OK.
Ce n'est pas...
Mme LeBel : Ça fait
qu'on ajuste. C'est de la concordance pour le rôle du commissaire, dans le sens
que, là, on lui donne aussi le regard sur ça, qui n'existait pas avant.
Des voix : ...
Mme LeBel : Juste pour
compléter, avait déjà compétence sur les autres types de permis, il... ce
n'était pas... l'autorisation spéciale n'était pas prévue. Donc, il faut la
prévoir.
M. Cliche-Rivard : ...mon
collègue dit que dans le...
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Dans
le «wording» de d, il semble manquer une virgule au... qu'il semble manquer un
connecteur ou un point-virgule, je vous soumets ça.
Mme LeBel : Où ça?
M. Cliche-Rivard : Justement
le bout qu'on ajoute...
18 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...je vous
soumets ça.
Mme LeBel : Où ça?
M. Cliche-Rivard : Justement,
le bout qu'on ajoute.
Mme LeBel : Oui, on remplace
tout le texte. Donc, j'essaie de voir.
M. Cliche-Rivard : «L'habilitation,
par autorisation spéciale, d'une personne légalement autorisée à exercer...» En
fait, non, c'est parce qu'on enlève tout ça. On fait juste laisser la
délivrance. On efface toute la patente, c'est ça.
Mme LeBel : Oui, puis on fait
juste écrire la délivrance de l'autorisation spéciale.
M. Cliche-Rivard : Parfait. C'est
bon.
Mme LeBel : Ça fait qu'on
balaie puis on remet.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a d'autres
interventions à l'article 1? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : L'article 8.1...
et j'aurai un amendement en plus? Non, c'est un amendement. OK, il y a déjà un
article 8.1. Je vais embarquer, là. J'ai déjà un article...
Des voix : ...
Mme LeBel : L'article 8.1 :
Insérer, après l'article 8 du projet de loi, le suivant :
«8.1. L'article 46.2 de ce code est
modifié par la suppression, dans le deuxième alinéa, de «en application de l'article 42.4».
L'amendement répond à un commentaire du
CIQ, il prévoit que le secrétaire de l'ordre doit conserver, sans les indiquer
au tableau et au répertoire, les renseignements concernant une personne qui
a... à qui une autorisation spéciale est délivrée, qu'il s'agisse d'une
autorisation spéciale en situation d'urgence, une autorisation spéciale prévue
à l'article 42.4.
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Ça va, Mme la ministre?
Mme LeBel : Oui, c'est beau
pour la lecture. Oui.
Le Président (M.
Bachand) :Merci...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Oui, on va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 05)
(Reprise à 18 h 11)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors donc, 8.1. Donc, l'article, ce que ça va faire, si j'ai bien
compris, 46.2, qui parle du secrétaire de l'ordre qui conserve dans un
répertoire les renseignements concernant toute personne qui n'est plus inscrite
au tableau de l'ordre, lorsque celle-ci est radiée. On parle même jusqu'à son
décès ou au 100ᵉ anniversaire
de naissance. Et ça, ça va venir modifier ou être en application de 42.4. Mais
42.4 on a : «le Conseil d'administration peut, par autorisation spéciale,
habiliter une personne légalement autorisée à exercer la profession hors du
Québec...» Donc, ce n'est pas ça. «Cette autorisation n'est valable que pour
les activités ou le titre qui y sont indiqués.» Et : «Le Conseil
d'administration peut déléguer au président de l'ordre le pouvoir d'accorder ou
de renouveler une autorisation spéciale selon les conditions qu'il détermine.»
Donc, qu'est-ce que vous venez améliorer
avec 8.1, si je comprends bien?
Mme LeBel : Excellente
question.
M. Morin : Merci.
Mme LeBel : La notion
d'autorisation spéciale existe déjà à 42.4 et à 46.2 on vient expliquer que, <quand...
Mme LeBel :
...notion
d'autorisation spéciale existe déjà à 42.4 et à 46.2 on vient expliquer que,
>quand il y a une... comment on garde les renseignements d'une
autorisation spéciale, mais on dit : «En application de
l'article 42.4.» On vient introduire dans le code un autre titre
d'autorisation spéciale, donc on vient juste rayer le fait que c'est en
application de l'article 42.4. Donc, tout type d'autorisation spéciale va
être traité sur le même pied d'égalité.
On ne réinvente pas la roue, on disait
déjà que ça devait être conservé dans le registre, mais en rayant «application
de l'article 42.4», ça vient juste dire que, conserve les déclarations...
voyons, au registre, là, tout ce qui est autorisation spéciale. On en a
maintenant deux types, d'autorisations spéciales. Donc, au lieu de dire «en
application de l'article 42.4 et de l'article machin truc», on fait juste
rayer 42.4 pour dire : Toute autorisation spéciale, bien, c'est ça...
c'est ça, la façon de conserver les renseignements.
M. Morin : OK, et... Oui, alors
là, là, on se ramasse avec une nouvelle autorisation spéciale suite à un décret
qui pourrait être approuvé d'urgence.
Mme LeBel : D'urgence. La
situation d'urgence, oui.
M. Morin : Donc... Et on ne
veut pas les nommer ou la nommer d'une façon spéciale, l'autorisation spéciale,
ce n'est pas une autorisation spéciale d'urgence, c'est... elle va être comme l'autre
autorisation spéciale. Puis, dans les deux cas, bien, ils vont conserver ces
autorisations d'urgence là.
Mme LeBel : Bien, pour les
fins de 46.2, ce sont deux autorisations spéciales... deux... deux
autorisations... c'est ça, c'est «spéciale»? Oui. Deux autorisations spéciales
qui... dont les renseignements doivent être colligés de la même façon.
M. Morin : Parfait.
Mme LeBel : Mais elles
procèdent de deux articles différents, donc de deux... de deux origines
différentes, là. Ils ne sont pas délivrés avec le même chemin, disons, là.
M. Morin : Non, c'est ça.
C'est deux chemins... c'est deux chemins totalement différents. Parce qu'il y
en a une qui est rattachée au décret que le ou la...
Mme LeBel : À l'arrêté
ministériel d'urgence.
M. Morin : C'est ça.
Exactement. Mais l'autre, ce n'est pas ça.
Mme LeBel : L'autre, c'est le
conseil d'administration, dans des conditions particulières, qui peut décider
de le faire pour une personne qui... qui est déjà... qui peut l'exercer hors
Québec, mais venir l'exercer ici, mettons.
M. Morin : Ici. Sauf que dans
les deux cas...
Mme LeBel : Un chercheur.
M. Morin : OK, oui. Ça
pourrait être un chercheur ou...
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :...oui.
Mme Derome (Dominique) : Ça
peut être un médecin qui va arriver pour une situation très, très, très
spécifique. Donc on va lui donner une autorisation spéciale à ce moment-là.
M. Morin : Puis ça pourrait
être un avocat qui vient plaider une cause au Québec puis qui vient d'une autre
province, là. Ça...
Mme Derome (Dominique) : Oui.
Mme LeBel : Qui est donc
habilité à le faire dans sa province mais que, pour un dossier particulier, il
va être... va être habilité à le faire ici. Oui. Mais ça ne découle pas d'une
situation d'urgence à ce moment-là.
M. Morin : Non, c'est ça,
mais c'est une autorisation spéciale quand même. Très bien.
Maintenant, à ce titre-là, le Barreau<i>
avait une recommandation de concordance. Et je ne sais pas si vous avez...
C'est à la page huit et neuf de leur mémoire.
Mme LeBel : On l'a quelque
part. Oui.
M. Morin : Oui. En tout cas.
Il soulignait : «Actuellement, le deuxième alinéa de l'article 46.2
du Code des professions prévoit que le secrétaire de l'ordre conserve, sans les
indiquer au tableau et au répertoire, les renseignements concernant une
personne à qui une autorisation spéciale est délivrée en application de
l'article 42.4, même après que l'autorisation cesse d'avoir effet.»
Puis, à la page neuf, ils écrivent :
«Toutefois, une modification de concordance n'a pas été proposée par le projet
de loi pour les autorisations spéciales délivrées en application du nouvel
article 42.5 du Code des professions. De fait, des renseignements
afférents à celles-ci n'ont pas été conservés par l'ordre professionnel qui les
délivre. Pour les fins de protection du public, le Barreau du Québec recommande
de prévoir, au deuxième alinéa de 46.2, l'obligation pour l'ordre professionnel
de conserver des renseignements concernant une personne à qui une autorisation
spéciale est délivrée en application de ce nouvel article, à l'instar de ce qui
est prévu pour les autorisations spéciales déjà existantes. Dans un même ordre
d'idée, le caractère public de certaines informations concernant le nouveau
permis spécial prévu à l'article 42.2 du Code des professions, comme
proposé, pourrait faire l'objet de modifications de concordance à 46.1 du Code
des professions qui prévoit le contenu du tableau des ordres.»
Donc...
Mme LeBel : Donc c'était vrai
avant que je dépose 8.1. 8.1 répond à ça.
M. Morin : Parfait.
Excellent. Très bien. C'est bon. Je voulais m'assurer qu'on le règle.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Je vous reviens, Mme la ministre, à ma question que vous m'avez
demandé de poser à 8.1 tantôt, là. Ça fait que, dans le fond...
Mme LeBel : ...là on est à
8.1.
M. Cliche-Rivard : ...là, ça,
c'est conservation des données après?
Mme LeBel : Pendant.
M. Cliche-Rivard : Pendant
aussi?
Mme LeBel : Et après.
M. Cliche-Rivard : Pendant et
après?
Mme LeBel : Bien, au moment,
pendant et après.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que ça dit «Le secrétaire conserve, sans les indiquer au tableau...»
Mme LeBel : Oui, parce que ce
n'est pas des membres, donc on ne les indiquera... on ne les indiquera pas.
M. Cliche-Rivard : OK. Mais
le grand public, là, il...
Mme LeBel : Ils vont y avoir
accès. Mais il faut comprendre que quand on parle d'une <autorisation...
Mme LeBel :
...Ils
vont y avoir accès. Mais il faut comprendre que quand on parle d'une >autorisation
spéciale, souvent, c'est circonscrit, surtout en situation d'urgence. Il va y
avoir de la supervision, c'est dans un cadre limité, mais on ne peut pas créer
un tableau de l'ordre pour les autorisations spéciales. On parle d'une
situation d'urgence, là. L'important, c'est que le renseignement existe et
quelqu'un va y avoir accès avant, pendant et après.
M. Cliche-Rivard : Il va
exister...
Mme LeBel : Bien, au
secrétaire de l'ordre.
M. Cliche-Rivard : Au
secrétaire de l'ordre. Là, moi, je m'en vais...
Mme LeBel : Et ce n'est pas
un... Excusez-moi.
M. Cliche-Rivard : ...je m'en
vais me faire vacciner, là, puis j'ai une situation d'urgence, puis là je veux
être sûr que la personne a l'autorisation spéciale...
Mme LeBel : Bien, en général,
elle va être dans un environnement où l'employeur... où... va avoir vérifié
qu'elle a l'autorisation spéciale, là. Mais disons que, je ne sais pas, moi,
vous êtes... vous avez un doute, puis vous revirez de bord, puis vous... bien,
vous allez appeler le secrétaire de l'ordre, puis il va vous dire : Mme
Machin truc ou monsieur... a l'autorisation spéciale.
M. Cliche-Rivard : Il va me
le dire.
Mme LeBel : Oui, ça ne fait
pas partie des renseignements qui sont prévus à 108.8 comme étant de ne pas... Ils
sont publics, ces renseignements. Ils sont publics, mais pas nécessairement
inscrits au tableau de l'ordre, parce que ce n'est pas des membres, donc...
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Non, ils ne sont pas membres, ils ne se sont jamais inscrits, ils ne sont pas
suivis en déonto...
Mme LeBel : Non, mais, en
général, la personne auquel vous faites référence va être dans un environnement
de vaccination mis en place par, probablement, le ministère de la Santé, là. Et
donc il y a des gens qui vont être sur le... il va être sûrement supervisé.
M. Cliche-Rivard : Puis
j'imagine que la personne aura une... tu sais, elle devrait l'avoir, là.
Mme LeBel : Oui, oui, elle devrait
avoir l'autorisation spéciale sur elle, oui, oui.
M. Cliche-Rivard : En disant :
Si tu me la demandes : Oui, oui, la voici.
Mme LeBel : De la même façon
que vous avez votre carte du Barreau en tout temps, j'en suis sûre.
M. Cliche-Rivard : Bien sûr. OK.
Ça fait que, dans ce cas-là, le public, c'est comme ça qu'il le saura.
Mme LeBel : Oui, c'est un
caractère public, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : Puis
ladite autorisation va mentionner les conditions... tu sais, parce que ça peut
dire : Sous supervision de machin truc, tu sais, je veux dire...
Mme LeBel : Bien, les
modalités dont on parlait, là.
M. Cliche-Rivard : Les
modalités sont là, puis, j'imagine, feront partie de l'autorisation.
Mme LeBel : Oui. Ça, là, c'est...
le renseignement qui est conservé là, c'est celui qui va découler de ce qu'on
va avoir fait à l'article précédent, c'est-à-dire les modalités de l'arrêté,
les modalités de l'autorisation délivrée par, bien, ces renseignements-là vont
faire partie des renseignements concernés.
M. Cliche-Rivard : Puis
c'était tel quel pour l'autre autorisation d'urgence dont vous parliez tantôt
de toute façon...
Mme LeBel : Voilà.
M. Cliche-Rivard : ...qui
n'est pas... qui est la situation d'urgence qui ne découle pas... En fait,
l'autorisation spéciale qui, elle, ne découle pas d'une autorisation d'urgence.
Celle-là avait déjà... Le secrétaire de l'ordre était déjà habitué de faire ça,
en tout cas, pour les rares cas, mais, j'imagine, il n'y a pas un
100 000 cas, hein, puis là, auquel cas, il aura aussi sa petite
banque de demande... d'autorisations qui avaient été émises en 2022, blablabla,
etc.
• (18 h 20) •
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Mme LeBel : Et il doit les
conserver après aussi, justement pour voir si, après coup, mettons qu'il se
passe quelque chose... il faut voir si la personne avait vraiment une
autorisation.
M. Cliche-Rivard : Elle
l'avait effectivement de telle date à telle date, il fallait qu'elle fasse...
telle affaire et non pas qu'ils disent : Ah! bien là, on ne sait plus
c'est quoi, les conditions, on l'a perdue ou on l'a jetée. Tu sais, évidemment,
on connaît les ordres, ça m'aurait bien surpris qu'ils décident de mettre à la
porte... à poubelle une caisse qui te dit que telle madame avait l'autorisation
de... ça me surprendrait bien gros, mais bon, regarde, au moins là vous l'avez
clarifié.
Mme LeBel : Oui. Puis, en
plus, ça fait en sorte qu'on est capable de dire... Parce qu'en dehors de
l'autorisation spéciale, la personne peut être en... est en exercice illégal,
en fin de compte.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Elle, elle se protège d'exercice illégal de la profession ou de l'acte
réservé...
Mme LeBel : Et, en même
temps, on protège le public, parce que, si elle est en dehors de l'autorisation
spéciale, on est capable de dire : Elle finissait à telle date,
l'autorisation spéciale. Donc, après ça, elle n'est plus...
M. Cliche-Rivard : Bien oui :
Attends, minute, là, ton permis est... ton autorisation spéciale est échue.
Exact. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée de La Pinière,
s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, je voulais juste souligner à l'attention de la ministre, en
fait, dans le premier paragraphe, où on dit que les «renseignements demeurent
au répertoire jusqu'à la réinscription au tableau de cette personne, le cas
échéant, ou jusqu'à son décès ou au 100ième anniversaire de sa
naissance», sur le 100e anniversaire de la naissance.
En 2022, il y avait
3 600 centenaires au Québec, mais, d'ici 12 ans, il va y en
avoir presque le double, 6 092, et, en 2066, il va y en avoir 27 793.
Alors, c'est quand même... L'espérance de vie augmente, on le sait, et il va y
avoir de plus en plus de centenaires. Alors, je me demandais : Est-ce que
c'est quelque chose qui peut faire en sorte qu'on viendrait changer ici? Parce
que, là, on dit... quand on dit «jusqu'à son décès ou au 100e anniversaire»,
j'imagine, c'est parce qu'on se... on se dit : Rendu... Tu sais, peu de
personnes se rendent jusqu'à l'âge de 100 ans. Donc, décès ou jusqu'à
100 ans...
Mme LeBel : ...peu de
personnes après 100 ans feront probablement de l'exercice illégal, là,
donc... J'espère me rendre jusqu'à 100 ans, mais je ne suis pas sûre de
faire de l'exercice illégal rendu là. Mais je pense que c'est parce qu'à un
moment donné, il faut quand même avoir une limite à la conservation des
renseignements.
Je ne le sais pas, de façon... honnêtement,
je vais dire folklorique, pourquoi on a choisi de l'écrire comme ça, mais il y
aura juste plus de renseignements de conservés, j'imagine, là, mais comme...
Mais je ne pense pas qu'il soit opportun ici de monter à 105 ou à 110 ans,
là, mais l'idée... l'idée, c'est, je pense, de dire : À un moment donné,
il y a une limite où on... Mais je serais très intéressée à aller relire les
débats sur le 100e anniversaire de naissance à l'époque. Parce que ça
existait avant, cet article-là, là, on ne l'a pas...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron :
<Exactement...
Mme LeBel :
...l'époque.
Parce que ça existait avant, cet article-là, là, on ne l'a pas...
Une voix :
...
Mme LeBel :
Oui.
Mme Caron : >
Exactement.
C'est ça, parce que ça... tu sais, ça a attiré mon attention. Pourquoi,
jusqu'au 100e anniversaire, on le précise? Et ça m'a fait penser que,
bien, justement, l'espérance de vie a augmenté...
Mme LeBel : Oui, vous avez
raison.
Mme Caron : ...il y a de plus
en plus de centenaires. Alors, est-ce que...
Mme LeBel : Probablement que
ça...
Mme Caron : Bon, il n'y aura
peut-être pas d'incidence jamais, mais peut-être que...
Mme LeBel : L'incidence
risque d'être que l'ordre garde des renseignements de plus de personnes plus
longtemps, probablement, j'imagine.
Mme Caron : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui, brièvement. Alors,
en fait, quand vous disiez, Mme la ministre, que le secrétaire va conserver,
sans les mettre au tableau ou au répertoire, c'est ce que prévoit 2.
Maintenant, suite à une question de mon collègue le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
qui disait : Bien, probablement qu'ils vont toujours les conserver, il y a
quand même un alinéa qui dit : «Ces renseignements ne peuvent être
détruits à moins qu'un règlement de l'Office pris en vertu de 12 ne le
permette.» Donc, est-ce qu'il y a des ordres qui ont ce règlement-là qui
pourrait détruire le répertoire des renseignements?
Mme LeBel : Il n'y en a pas.
M. Morin : Il n'y en a pas.
Mme LeBel : Puis, à l'époque,
il devait y avoir une raison, parce qu'à un moment donné on ne peut pas
demander non plus de conserver, là... il devait avoir une raison pour ça. Mais,
au moment où on se parle, on n'en connaît pas, de règlement qui donne...
Des voix : ...
Mme LeBel : C'est un
règlement de l'office, là, ce n'est pas le règlement des ordres. Ça fait que...
M. Morin : Puis il n'y en a
pas?
Mme LeBel : Non.
M. Morin : OK. Parfait.
Merci. Puis pas dans vos cartons d'en prendre un non plus?
Mme LeBel : Il y a d'autres
règlements à prendre avant en priorité.
M. Morin : Avant. D'accord,
excellent.
Mme LeBel : Ça, je peux vous
le dire.
M. Morin : Merci.
Mme LeBel : Dans la liste des
règlements potentiels à prendre, celui-là est... il n'est même pas sur la
liste.
M. Morin : Il n'est pas... ce
n'est pas le numéro un, d'accord.
Mme LeBel : Non.
M. Morin : C'est bon.
Mme LeBel : Il n'a pas de
numéro. Ça vous donne...
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
introduisant le nouvel article 8.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, le nouvel
article 8.1 est adopté. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Une voix : ...
Mme LeBel : L'article 3?
OK, on va à l'article 3.
Des voix : ...
Mme LeBel : Je ne sais pas.
Je vais parler avec mes collègues. Je sais qu'il nous reste cinq minutes, mais
on commencerait un autre bloc complètement : le diagnostic. Est-ce que
vous voulez qu'on lise l'article puis, après ça, on voit ou on commence l'autre
bloc, frais et dispos, demain? Je sais que ce n'est pas habituel, le leader va
probablement me taper sur les doigts, mais je me lance.
Le Président (M.
Bachand) :...en tout cas, c'est une
proposition qui est intéressante.
Mme LeBel : Compte tenu
que... de l'heure... parce qu'on commence complètement un autre bloc et on
entrerait dans le diagnostic.
Le Président (M.
Bachand) :Ça fait que, si tout le monde
est d'accord, la commission ajourne ses travaux sine die. Merci beaucoup. Belle
soirée. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 25)