(Onze heures trente-sept minutes)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît!
Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 67, Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation du système
professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques professionnelles
dans le domaine de la santé et des services sociaux.
M. le
secrétaire, avant de débuter, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par M. Allaire (Maskinongé); Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides) est remplacée par Mme Jeannotte (Labelle); Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis) est remplacée par Mme Caron (La Pinière);
et M. Zanetti (Jean-Lesage)
est remplacé par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Je vous rappelle que
nous étudions le projet de loi n° 67 par sujets. De façon plus précise, lors de l'ajournement de nos
travaux, hier, nous allons... nous étions pour débuter l'étude du bloc 3 sur
l'exercice professionnel en santé. Donc, nous en sommes à l'article 3. Mme la
ministre, la parole est à vous pour la lecture, s'il vous plaît.
Mme
LeBel : Merci, M. le Président. Alors, je vais faire la
lecture de l'article 3 qui était dans le projet de loi, et, par la
suite, j'aurai un amendement également à déposer, si vous le permettez.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait.
Mme LeBel : Article 3.
L'article 37.1 de ce code est modifié :
1° par
le remplacement, dans le sous-paragraphe a du paragraphe 1.1.1°, de «ou par une
évaluation effectuée» par «établi»;
2° par
le remplacement, dans le sous-paragraphe a du paragraphe 1.1.2°, de «ou par une
évaluation effectuée» par «établi»;
3° dans le paragraphe 1.2° :
a) par le remplacement, dans le
sous-paragraphe a, de «ou par une évaluation effectuée» par «établi»;
b) par le remplacement, dans les
sous-paragraphes b et c, de «évaluer» par «diagnostiquer»;
4° dans le paragraphe 1.3° :
a) par le remplacement, dans le
sous-paragraphe a, de «ou par une évaluation effectuée» par «établi»;
b) par le remplacement, dans le
sous-paragraphe b, de «évaluer» par «diagnostiquer»;
c) par le remplacement du sous-paragraphe c
par le suivant :
«c) diagnostiquer la déficience
intellectuelle;»;
5° par le remplacement du sous-paragraphe d
du paragraphe 2° par les sous-paragraphes suivants :
«d) diagnostiquer les troubles de langage
et les troubles d'apprentissage en lien avec le langage dans le but de
déterminer le plan de traitement et d'intervention orthophoniques;
«d.1) évaluer
les troubles de la parole et de la voix dans le but de déterminer le plan de
traitement et d'intervention orthophoniques;»;
6° par le remplacement, dans le
sous-paragraphe f du paragraphe 4°, de «ou par une évaluation effectuée» par
«établi»;
7° par le remplacement, dans le
sous-paragraphe a du paragraphe 8°, de «ou par une évaluation effectuée» par
«établi»;
9° dans le paragraphe 10° :
a) par le remplacement, dans le
sous-paragraphe a, de «évaluer» par «diagnostiquer»;
b) par le remplacement, dans le
sous-paragraphe b, de «ou par une évaluation effectuée» par «établi».
• (11 h 40) •
Donc, les
modifications qui sont proposées permettent d'établir que les évaluations de
l'ensemble de certaines catégories de
troubles mentaux qui sont réservées aux professionnels suivants sont des
diagnostics, soit les psychologues, les conseillers ou conseillères en
orientation, les sexologues et les orthophonistes.
Ces modifications n'ont
ainsi pas pour but d'habiliter les professionnels visés à exercer une nouvelle
activité, mais plutôt de reconnaître que leurs évaluations de troubles mentaux
qui leur sont actuellement réservées et les conclusions cliniques qui en
résultent sont bel et bien des diagnostics.
Il est également proposé de remplacer le terme
«retard mental» par «déficience intellectuelle».
Amendement, article 3 : À l'article 3
du projet de loi :
1° remplacer le paragraphe 1° par le
suivant :
1° dans le paragraphe 1.1.1° :
a) par le remplacement, dans le
sous-paragraphe a, de «ou par une évaluation effectuée» par «établi»;
b) par
l'insertion, dans le sous-paragraphe f et après «majeur», de «, de la
représentation temporaire du majeur inapte»;
2° remplacer le paragraphe 5° par le
suivant :
5° dans le paragraphe 2° :
a) par le remplacement du sous-paragraphe a
par le suivant :
«a) évaluer les troubles de l'audition;»;
b) par le remplacement du sous-paragraphe d
par les suivants :
«d) diagnostiquer les troubles du langage
et les troubles d'apprentissage en lien avec le langage;
«d.1) évaluer les troubles de la parole et
de la voix;».
Commentaires.
Représentation temporaire de majeurs inaptes, c'est un nouveau sous-paragraphe
b du paragraphe 1°. Cet amendement en est un de concordance avec le Code
civil. Il donne suite à une demande que nous ont
faite la Curatrice publique et l'Ordre des travailleurs sociaux et des
thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, qui vise à introduire au Code
des professions la représentation temporaire de majeurs inaptes parmi les
mesures qui requièrent une évaluation psychosociale réservée aux travailleurs
sociaux, et ça découle de tout ce qu'on avait fait avec le Curateur public. Il
manquait un ajustement au Code civil. Donc, je vous dirais que c'est une
concordance qu'on accepte de faire là, compte tenu du dossier... du projet de
loi.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, je comprends qu'on
aurait besoin de peut-être une petite suspension pour étudier l'amendement?
Une voix : Oui.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, on va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 42)
(Reprise à 11 h 57)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Alors, nous sommes sur l'amendement à l'article
3. Alors, M. le député d'Acadie, s'il vous plaît... Oui?
Mme LeBel : ...rajouter la portion
de commentaire...
Le Président (M. Bachand) :
Parfait. Allez-y, Mme la ministre.
Mme LeBel : ...que j'ai, par
inadvertance, omise de lire, parce que, dans l'amendement que j'ai déposé à l'article 3, il y a deux parties. Donc, la partie
dont j'ai lu le commentaire, qui représente la question de la représentation temporaire
d'un majeur inapte, qui est une concordance avec ce qui est... pour le Code des
professions, avec ce qui a été fait, en 2022, par rapport au Curateur public.
Et l'autre partie est la suivante :
l'amendement donne suite à une demande de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec. Il a pour but de
supprimer la finalité associée aux activités réservées qui concernent le
diagnostic des troubles de langage et des troubles de l'apprentissage en
lien avec le langage ainsi que l'évaluation des troubles de la parole, de la
voix et de l'audition, afin de mieux refléter les divers objectifs qu'elles
peuvent viser. Alors, ça complète les commentaires, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, M. le député d'Acadie,
s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le Président.
Donc, alors, avec ma... la compréhension que j'ai de cet amendement-là, qui va donc venir modifier 37.1.2 pour l'ordre
professionnel des orthophonistes et audiologistes du Québec, a... donc, comme vous l'avez mentionné, vous enlevez «dans le
but de déterminer le plan de traitement et d'intervention audiologiques».
Il va rester, donc, «évaluer les troubles de l'audition». C'est bien ça?
Mme LeBel : Exact.
M. Morin : Parfait.
Mme LeBel : ...commentaires,
là, qu'on a eus lors des consultations.
M. Morin : De l'ordre, oui, très
bien. Après ça, à b, si ma lecture est bonne, il y a «ajuster une aide auditive
dans le cadre d'une intervention audiologique».
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : C, «procéder à
l'évaluation fonctionnelle d'une personne lorsque cette évaluation est requise
en application d'une loi»; d, «diagnostiquer
les troubles du langage et les troubles d'apprentissage en lien avec le
langage».
Mme LeBel : Donc, on enlève «dans le
but de».
M. Morin : C'est ça, «dans le but de
déterminer le plan de traitement et d'intervention orthophoniques». Auparavant,
dans la loi telle qu'elle est, le Code des professions, tel qu'il est
présentement, on avait le mot «évaluer» plutôt que «diagnostiquer», et d.1,
«évaluer les troubles de la parole et de la voix». Donc, «dans le but de
déterminer le plan de traitement et d'intervention orthophoniques»
disparaîtrait?
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Parfait, excellent.
Maintenant, ma question est la suivante. On a, en a, «évaluer»; on a, en b,
«ajuster»; on a, en c, «procéder»; on avait, en d, «évaluer», et là vous allez
l'amender pour «diagnostiquer», ce qui va
donner «les troubles du langage et les troubles d'apprentissage en lien avec le
langage.» Puis, en d.1, bien, ça, c'est un ajout, on a «évaluer les troubles de
la parole et de la voix».
Et ma
question est la suivante : Pourquoi, tant qu'à la modifier puis modifier
«évaluer» par «diagnostiquer» en d, pourquoi
vous ne changez pas «évaluer», en a, par «diagnostiquer», puis «évaluer», en
d.1, par «diagnostiquer»?
Mme
LeBel : Bien, je vais répéter le commentaire de notre
collègue de Québec solidaire : excellente question. Et c'est...
M. Morin : Merci.
• (12 heures) •
Mme LeBel : Et, par contre, les gens
de l'ordre vont comprendre... et ce qui a fait que j'ai peut-être même hésité à
accepter de venir biffer les mots «dans le but de», en me disant : On le
fera quand les travaux seront complétés.
Vous comprendrez que ce qu'on a fait, d'entrée de jeu, dans le projet de loi
n° 67, avec les ordres concernés et le Collège des médecins, c'est
de se mettre d'accord sur l'évaluation... les évaluations, pour les quatre
professions qu'on vous mentionne, en santé mentale. La question de d.1, c'est
une évaluation de l'ordre de la santé physique, et les travaux sur le diagnostic, entre guillemets, l'évaluation versus le
diagnostic en santé physique se poursuivent. Alors, ils feront, je l'espère, l'objet d'un autre projet de
loi subséquent, quand on aura trouvé la meilleure façon de s'entendre avec
tout le monde.
Mais compte tenu que... du fait qu'on a déjà
changé le mot «évaluer» pour «diagnostiquer» en santé mentale, et que «dans le
but de»... je vais le dire de cette façon-là, là, peu importe ce qu'on va faire
avec le Collège des médecins et mettons
qu'on n'arrive pas à s'entendre sur le diagnostic, «évaluer dans le but de»,
pour moi, n'est quand même pas pertinent. Donc, on est venu travailler
sur les aspects qui étaient, je dirais, de consensus immédiatement. Mais pour
savoir si, un jour, le terme «évaluer» sera changé par «diagnostiquer» dans la
question du diagnostic physique, les travaux
et les discussions sont présentement en cours et doivent se poursuivre avec le
Collège des médecins et les autres ordres professionnels concernés par
l'histoire. C'est la seule distinction qu'on fait.
M. Morin : D'accord.
Mme LeBel : Mais je pensais qu'il
n'était pas pertinent d'attendre l'ensemble de l'oeuvre pour venir enlever
quelque chose qui est considéré, au moment où on se parle, non nécessaire.
M. Morin : Qui fait l'objet d'un
consensus.
Mme LeBel : Oui. Le «dans le but
de», entre autres.
M. Morin : Oui. Bien, moi, je vous
invite à aller plus loin, vous le savez.
Mme LeBel : Les discussions sont en
cours.
M. Morin : Oui. Oui, bien,
justement, discutons-en. Écoutez, moi, je ne suis pas un orthophoniste, je ne
suis pas un audiologiste, là, clairement, mais j'aimerais qu'on m'explique,
parce qu'on va avoir «diagnostiquer les troubles du langage et les troubles
d'apprentissage en lien avec le langage», mais vous semblez avoir des
réticences à «diagnostiquer les troubles de la parole et de la voix». Puis vous
me dites : Il y en a un... si je vous ai bien compris, et
puis corrigez-moi si je fais erreur, vous me
dites : Il y en a un, c'est en lien avec des troubles de santé mentale,
mais l'autre, c'est des troubles de santé physique.
Mme LeBel : Je ne suis pas non plus,
on se comprendra, là, ni orthophoniste ni audiologiste et je ne suis pas non
plus médecin pour être capable de faire une distinction qui va être appréciée
de tous, mais je vais tenter, à haut niveau, de vous la faire.
Quand on
parle... il est de consensus que, quand on parle de trouble d'apprentissage, on
parle d'un trouble qui est de l'ordre de la santé plus mentale, je vais
le dire comme ça, dans la grande catégorie, naturellement. Mais quand on parle
de trouble de la parole, au sens de d.1, on est dans... on est dans un trouble,
je vais dire, mécanique, là, plus physique,
plus mécanique, donc ça fait partie du... c'est quand même de la compétence des
audiologistes et des orthophonistes, au minimum, je vais le dire comme
ça, je m'en excuse avec beaucoup de respect, de l'évaluer.
Mais la question est de voir si les médecins et
tous les autres professionnels concernés, parce qu'il y... avoir plus de
professionnels concernés par le diagnostic physique que simplement les
audiologistes, les orthophonistes... bien là, de savoir est-ce qu'on permet le
diagnostic physique à quelqu'un d'autre qu'un médecin, à qui, dans quelles
circonstances. Les travaux sont maintenant en cours avec des gens qui sont...
qui ont plus de compétence que moi, là, pour
le décider, et on va... Mais comme je pense qu'il est pertinent d'aller dans
cette direction-là quand on est capables de le faire, je peux vous
garantir que nous poussons sur ces discussions-là pour qu'elles se fassent, de
la même façon qu'on a poussé pour qu'on le fasse pour le diagnostic de la santé
mentale. Et on est arrivés à un consensus pour quatre des professions. Et je
reprends ce que j'ai déjà dit, je préférais faire ce qui était sûr maintenant
que d'attendre d'avoir réglé le diagnostic physique, à titre d'exemple, avant
de travailler sur le diagnostic en santé mentale, qui est, je dirais... qui
fait l'objet d'un consensus auprès des ordres professionnels concernés.
On pourrait se lancer dans une grande
explication pour voir pourquoi un... Bon, tu sais, là, on parlait d'autisme,
c'est ça? Quand on parle du trouble d'apprentissage, ça peut être relié à
l'autisme, à titre d'exemple, qui est un trouble plus de nature de santé
mentale et non pas de santé physique. Mais je... L'explication à très haut niveau est très simpliste, c'est que les troubles
de la parole, c'est plus un trouble physique, mécanique, je le dirais comme ça.
M. Morin : Mais je comprends que le
chantier est quand même ouvert. Il y a des...Il y a des discussions, activement, pour qu'en fait il y ait, espérons
toujours, un consensus. Ça va toujours mieux dans ce sens-là, mais, si jamais
il n'y a pas de consensus, des fois, il faut prendre des décisions aussi.
Mme LeBel : ...extrêmement délicates
pour la protection du public. Puis je ne me considère pas, moi, qualifiée pour
venir trancher s'il est de la... parce que c'est toujours de la question de la
protection du public et non pas de
l'avantage du membre ou du professionnel. Et je ne me sens pas, moi,
personnellement, dans une position où je peux dire... arbitrer entre le Collège
des médecins et un autre ordre professionnel, s'il est de... si ça protège le
public de le faire ou de ne pas le faire.
Donc, je
pense que dans ces cas-là, très délicats, je préfère que les ordres
professionnels en arrivent à une voie de passage qui... où tout le monde
est d'accord que le public est protégé par cette décision.
Le Président (M.
Bachand) : ...Sainte-Anne, s'il vous
plaît.
M. Morin : Bien sûr.
M.
Cliche-Rivard : ...Président. Mme la ministre, là, pendant qu'on
est sur la question, justement, des orthophonistes, avec votre
amendement, eux qui partagent l'ordre avec les audios, là... je faisais
référence à la recommandation 5 de la FADOQ qui demandait de permettre, en
plus des audioprothésistes, que les audiologistes puissent vendre des prothèses auditives afin d'élargir l'offre de
services, eux aussi. Je devine qu'on n'aura pas la réponse finale aujourd'hui, là,
mais, si vous pouviez commenter sur cette demande-là de la FADOQ, ça leur
donnerait peut-être un alignement, ce que vous pouvez dire aujourd'hui, là.
Mme LeBel : Ce que je peux dire
aujourd'hui, c'est qu'il y a des travaux qui se poursuivent dans ce sens-là,
puis ça fait partie de la grande question du diagnostic physique, là. On parle
de prothèses, on parle... et de voir... de la pertinence de leur donner ce type
de... mais c'est en analyse, là. Ce n'est pas écarté, mais ce n'est pas encore
conclu, disons-le.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Donc,
ils auront la réponse, puis on s'en parlait hors micro, là, pour que les gens
le sachent, sur la première modification, vous me disiez que la concordance,
là, c'était à 297.3 du Code civil. Donc, pour ceux qui cherchaient la référence
de votre première partie de l'amendement, ils l'auront.
Alors, pour
moi, sur l'amendement, M. le Président, je n'ai pas d'autre commentaire. J'irai
sur le fond par la suite.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci. M. le député de l'Acadie, s'il... Mme la députée de La Pinière, pardon, s'il vous plaît.
Mme
Caron : Merci, M. le Président. Alors, je pense que je
suis arrivée juste au moment où il était question... mon collègue avait
demandé pourquoi on ne parlait pas de diagnostic dans tous les points de
l'amendement, et que la réponse, si j'ai bien compris,
c'est parce qu'il s'agit, dans le cas où on n'a pas utilisé «diagnostic», de
santé physique et non pas de santé mentale, et le projet de loi est sur la
santé mentale.
Je voulais juste peut-être rajouter au débat que
l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec avait effectué eux-mêmes
des consultations auprès des ordres professionnels qui sont concernés par
toutes les activités partagées qui sont
citées dans les trois amendements, et ils avaient obtenu l'appui sans réserve
du Collège des médecins du
Québec, de l'Ordre des psychologues du Québec, de l'ordre des sexologues du
Québec, de l'Ordre des infirmiers et infirmières du Québec, de l'Ordre des
conseillers et conseillères d'orientation du Québec. Et puis qu'aussi, à la suite des consultations de l'Office des professions du Québec, des consultations supplémentaires le
25 septembre, encore une fois, tous ont appuyé sans réserve : l'ordre
des criminologues, l'Ordre des ergothérapeutes, l'Ordre des pharmaciens,
l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec, l'Ordre des
psychoéducatrices et psychoéducateurs du Québec, l'Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux
du Québec, l'Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec.
En fait, 12 ordres professionnels qui
représentent 177 000 professionnels de la santé mentale, et des
relations physiques, et de la santé physique étaient d'accord pour dire qu'il y
avait des risques de préjudices importants, si on laissait le libellé tel quel
de... parler d'évaluation de l'audition. Mais effectivement, il y avait un
ordre qui n'était pas d'accord. Mais devant
le nombre d'ordres qui étaient d'accord, autant ceux qui oeuvraient en santé
physique qu'en santé mentale, je pense que c'est quand même un poids
important à amener à la discussion, là, pour...
Mme LeBel : Je ne veux pas vous
corriger, mais les accords de tout le monde n'étaient pas sur la question
d'accorder un diagnostic physique à l'ordre ou aux ordres. C'était sur la
question de biffer le «dans le but de déterminer».
Parce que, vous voyez, vous avez des ordres qui sont uniquement en santé
mentale dans votre liste, donc qui n'ont pas de... je ne dirais pas
qu'ils n'ont pas de pertinence, mais que ce n'est pas avec eux qu'on doit
discuter du diagnostic physique. Il y a des ordres qui ont des actes tant en
santé mentale qu'en santé physique, donc il y a des ordres qui sont sur les
deux.
Mais le consensus auquel vous faites référence,
c'était sur le fait qu'il était désuet de laisser, dans le libellé de
l'article, le terme «dans le but de». Et d'ailleurs, si je ne me trompe pas, on
nous expliquait qu'ils étaient les seuls à avoir un tel libellé. Peut-être
qu'on pourra faire des fouilles historiques et comprendre historiquement
pourquoi c'était là au départ. Mais, forts de tous ces renseignements-là, c'est
pour ça qu'on est venus biffer «dans le but de», tant pour l'évaluation
mentale, qui est maintenant, avec la proposition du projet de loi, de l'ordre
d'un diagnostic, tant pour l'évaluation physique, qui était aussi limitée à
«dans le but de». Donc, le consensus faisait référence à ça.
• (12 h 10) •
Mme Caron : ...et on est d'accord,
évidemment, avec ce consensus-là et avec les amendements apportés.
Maintenant, est-ce que les questions... Vous
l'avez peut-être dit un petit peu plus tôt, là, j'étais... je peux dire que
j'étais moi-même prise ailleurs, alors je suis arrivée... je suis arrivée
durant la discussion. Mais est-ce que, pour l'élément de santé physique sur
lequel on n'utilise pas maintenant le mot «diagnostiquée», est-ce que ça va
faire l'objet d'un autre projet de loi?
Est-ce que c'est quelque chose qu'on peut espérer qui va arriver dans cette
législature ou... Où est-ce qu'on...
Où est-ce qu'on en est avec ça? Parce que vous parliez de consensus de tous les
ordres avant de mettre de l'avant quelque chose. Alors, est-ce que vous
pouvez nous éclairer un petit peu sur ça?
Mme LeBel : Bien, présentement, il y
a des travaux sur le diagnostic physique comme il y avait des travaux sur le
diagnostic en santé mentale. On a déposé le projet de loi n° 67 parce que
les travaux étaient complétés en diagnostic
mental... en santé mentale, à tout le moins pour les professionnels concernés
par le projet de loi. Mais il y a des travaux qui se poursuivent
présentement sur le diagnostic physique. Je ne veux pas présumer de
l'aboutissement de ces travaux-là, mais je peux vous dire que la volonté de...
est de le faire quand c'est possible de le faire, là, le plus largement
possible.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de l'Acadie, s'il
vous plaît.
M. Morin : ...donc, pour les
troubles du langage et les troubles d'apprentissage en lien avec le langage, on
aurait donc un diagnostic, ce qui veut dire que le professionnel, évidemment,
bien, est en mesure d'établir... et donc il
pourrait y avoir un plan de traitement, j'imagine, qui va s'ensuivre le plus
rapidement possible et qui va pouvoir être fait par l'orthophoniste
et/ou l'audiologiste. C'est exact?
Mme LeBel : Bien oui, puis c'est
surtout que la qualité de l'évaluation, qu'elle soit appelée «évaluation» ou
«diagnostic», ne changera pas. Les gens qui sont concernés avaient déjà toutes
les compétences pour faire... je vais dire,
au sens large, l'évaluation diagnostique de façon adéquate. Et, sur le terrain,
je pense que ça a été bien expliqué, leur travail ne changera pas.
La grande différence pour le citoyen, souvent,
pour avoir accès à des programmes ou pour avoir accès à des... aux assurances,
ou pour avoir accès à certains services, il était prescrit dans plusieurs
endroits que ça devait être un diagnostic. Donc, ça faisait en sorte que
souvent, le parent... je vais dire le parent d'un enfant évalué avec un trouble d'apprentissage, pour avoir des services
dans les écoles, devait passer par un médecin pour faire confirmer, là, une
évaluation qui n'est pas... n'était pas refaite, à toutes fins pratiques, par
le médecin.
Donc,
ça vient, je pense, reconnaître pleinement le travail de ces gens-là, mais,
au-delà de la reconnaissance pour le
professionnel, qui n'est pas... qui est non négligeable, bien, il y a un impact
pour... il y a un impact de gain de temps aussi pour le citoyen, là, parce que
le professionnel chargé de faire l'évaluation, là, ou le... maintenant
diagnostic, n'a... n'était pas
différent avant, là, donc. Puis beaucoup se demandaient : Bien, pourquoi
il faut que je fasse une étape supplémentaire d'aller voir un médecin, alors
que j'ai déjà eu une évaluation, diagnostic, là?
M. Morin : ...bien,
en fait, c'est aussi ma compréhension, sauf que, pour la parole et la voix, on
est dans l'évaluation, donc il n'y aura pas de diagnostic.
Mme LeBel : ...pour
l'instant, c'est une... Oui.
M. Morin : Oui. Oui, ça, j'ai bien compris, sauf qu'une fois
que l'évaluation est faite, parce que je pense aussi aux citoyens puis
aux citoyennes, là, la personne va devoir aller voir qui après? Un médecin?
Mme LeBel : Bien,
pour l'instant, cette question-là n'est pas réglée, donc ça demeure une
évaluation. Et, dans les cas où ça demande un diagnostic, effectivement, vous
avez raison, il y a encore une étape à faire. Il y a des fois où l'évaluation
suffit, entre guillemets, pour le parcours, le parcours médical. Ça ne veut pas
dire que le... Puis, encore là, je ne suis pas la professionnelle, là, je ne
peux pas vous donner toutes les... à quoi peuvent servir leur évaluation et à
quel genre de traitement ça ouvre, puis on n'ouvrira pas le débat là-dessus,
mais il y a... ça va... il y a quand même
des choses, là, qui peuvent être faites suite à une évaluation. Mais je
continue à dire qu'on parle du diagnostic physique et qu'on va en
traiter dans une autre phase.
M. Morin : Donc,
ces gens-là, qui ont une évaluation pour des troubles de la parole, vont devoir
aller voir un autre professionnel, probablement, peut-être un médecin?
Mme LeBel : Peut-être
pas systématiquement, mais certainement dans certains cas.
M. Morin : Peut-être
pas, mais, pour avoir un diagnostic puis pas nécessairement...
Mme LeBel : Dans
les cas où un diagnostic est requis. Mais, comme je le dis, les travaux se
poursuivent puis l'évaluation demeure pertinente, là.
M. Morin : D'accord.
Alors, espérons que les travaux vont se poursuivre rapidement.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
La Pinière, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci.
Alors, je pense que c'est le moment où je peux apporter aussi au débat des
positions qui avaient été prises par la
FADOQ dans le mémoire qu'ils ont déposé, même s'ils ne sont pas venus en
commission. Puis d'ailleurs, à la suite de ce mémoire-là, j'avais posé des
questions à l'Ordre des audiologistes et des orthophonistes du Québec,
qui était... durant leur présentation, à propos du monopole de
vente-distribution des prothèses auditives. Parce qu'actuellement les... seuls
les audioprothésistes, donc, qui sont dans un autre ordre, peuvent assurer la
vente et la distribution, alors que les audiologistes ont quand même une
maîtrise universitaire en science, ils sont capables de déterminer qu'une
personne a besoin d'un appareil. Ils peuvent ajuster l'appareil, ils font la
validation aussi après pour s'assurer que
l'appareil est correct, mais ils ne peuvent pas distribuer, ce qui fait qu'il y
a un nombre plus... il y a un nombre assez restreint de personnes, je
crois que c'est autour de 200 audioprothésistes, qui peuvent faire la
vente et la distribution, qui travaillent tous dans le privé, alors que si les
audiologistes, comme dans les autres provinces ou autres pays, pouvaient aussi assurer la distribution de ces appareils,
comme beaucoup d'entre eux sont dans le secteur public, il n'y aurait
pas une question de profit. Ils sont déjà salariés. Il n'y aurait pas
d'honoraires fixes pour tout ce qui concerne la distribution, ajustement, et
tout ça, des appareils auditifs.
Et, étant donné le
vieillissement de la population, étant donné que de plus en plus de personnes,
vu le vieillissement de la population, auront besoin d'appareils auditifs, ce
serait bien qu'il y ait plus de professionnels qui soient capables de les...
pas capables, qui puissent, parce qu'ils sont capables de le... ils seraient
capables de le faire... qui puissent distribuer, donc vendre ces appareils au
public, et puis ça augmenterait l'accès aux services. Et il y a des régions,
des régions éloignées, où il n'y en a pas d'audioprothésistes, ou bien il y en
a seulement qu'un... qui reçoivent leurs prothèses par la poste puis qui
doivent s'arranger avec. Alors, ce que les audiologistes qui sont dans la
région... pourraient tout à fait offrir le service complet. Et, dans les CHSLD
aussi, les audiologistes, s'ils avaient tous les... toute la gamme des actes pour
lesquels ils sont compétents, ça pourrait répondre aux besoins des personnes
aînées qui sont dans les CHSLD.
Alors, j'amène ça à
la discussion, parce que je sais qu'on a... c'est un constat, que les soins
sont... et les services publics en santé sont difficiles d'accès. Puis je sais
que l'objectif, c'est que ce soit plus accessible plus rapidement, alors j'amenais ça à la discussion pour voir si vous aviez,
Mme la ministre, une opinion à ce sujet-là ou si vous envisagez des
travaux dans ce cadre-là.
Mme LeBel : Bien, ça fait partie des
sujets dont les travaux sont en cours. On comprend la nécessité d'avoir plus d'accès. Pour nous, c'est important. Il y a
plusieurs questions, hein, dans la question de donner à des professionnels
la possibilité de vendre des choses ou de fournir des...
bon, la possibilité de prescrire versus vendre, le conflit d'intérêts potentiel. Il y a des travaux à faire dans ce
sens-là. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas rejeté du revers de la main, mais
pas du tout, mais ça va... Puis, en plus, ça relève du diagnostic
physique, comme je l'ai mentionné tantôt, précédemment, donc dans le cadre de toutes ces analyses-là, c'est-à-dire qui pourra
faire un diagnostic physique, par la suite, qui peut prescrire, et, quand
on a le pouvoir de prescrire, peut-on avoir aussi le pouvoir...
En tout cas, bref, il y a plusieurs questions à
se poser au niveau aussi éthique et déontologique. Mais je vais revenir à la
base. C'est une question qui nous a été soumise et à laquelle on a une
réflexion très sérieuse. Je ne présumerai pas de l'aboutissement des travaux
parce qu'elle se fait avec le CIQ, les ordres professionnels concernés et l'office, mais ça fait partie des analyses
qu'on a effectivement, parce que, l'objectif de tout le monde étant d'améliorer
l'accès, bien, c'est très certainement une situation qu'on doit évaluer.
Mme Caron : Donc, je pourrais
résumer, Mme la ministre, qu'il y a toujours de l'espoir pour que ça puisse
peut-être se faire, même si je comprends très bien que vous ne pouvez pas
présumer de la décision à ce stade-ci ou de la fin des travaux... des résultats
des travaux.
Mme LeBel : Voilà.
Mme Caron : Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y
a d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'amendement à l'article 3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Donc, on revient à
l'article 3 tel qu'amendé. Interventions? J'avais le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
• (12 h 20) •
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Donc, Mme la ministre, j'aurais quand même voulu qu'on fasse...
parce que c'est assez massif, là, quand même, comme modification. Puis vous
l'avez un petit peu établi, quand même, avec
respect, vite, vite, dans vos commentaires, mais j'aimerais quand même ça vous
donner l'opportunité de nous présenter ce que ça vient changer dans la
vie des citoyens et citoyennes.
Mme LeBel : Bien, on parle de... Je
parlais tantôt de quatre professionnels, là. Je les... à chaque fois, puis je
me dis, il faut que je les nomme, puis je ne veux... je ne veux pas en nommer
un qui n'est pas là puis qui... bon, et en oublier
un qui est là : psychologues, conseillers, conseillères en orientation,
les sexologues et les orthophonistes, quand on parle du diagnostic en
santé mentale, naturellement.
Ce qu'on vient faire... Puis je pense que les
ordres professionnels l'ont bien mentionné quand ils sont venus en consultations,
on ne vient pas changer le quotidien du professionnel, c'est-à-dire que
l'évaluation qui se fait aujourd'hui, parce que le projet de loi n'est pas
encore adopté, et le diagnostic qui va se faire, on l'espère, à l'adoption du
projet de loi, pour le professionnel et pour la personne qui est rencontrée par
le professionnel, l'action, l'acte est le
même. Donc, on ne vient pas demander plus de formation, etc. Ils ont déjà toute
la formation, la compétence pour le faire.
Dans plusieurs programmes gouvernementaux,
assurances, etc., il faut que ce soit un diagnostic pour être capable d'avoir accès à des soins. Souvent, la
prescription au sens large et non pas au sens clinique... mais l'obtention de
soins ou de traitements fait suite à un diagnostic. Et c'est pour ça que je dis
qu'on est dans le Code des
professions, on est dans la
profession médicale, santé, santé mentale, santé physique. Les termes ont...
Les termes ont une valeur très précise, et
on ne doit pas les évacuer. De dire que toutes les évaluations sont maintenant
des diagnostics, je ne pense pas que c'est la façon de faire.
Historiquement, pourquoi on a refusé que ce
soient des diagnostics? Probablement que, bon, il faudrait parler au Collège
des médecins, etc., mais on voit que
depuis 2018, moi, je vais dire 2018, parce je suis là depuis 2018, il y a
une très grande ouverture du Collège des médecins. Et on l'a eue en
santé physique aussi, c'est-à-dire qu'on a donné plus de capacités
diagnostiques à des IPS, à des infirmières, donc on... Les travaux progressent
sur le fait que le diagnostic n'appartient plus uniquement aux médecins, qui
était, je pense, l'apanage du médecin pendant de très nombreuses années, la
capacité de diagnostiquer. C'est la même chose pour la santé mentale, donc, dans
les travaux, l'évolution des mentalités et des travaux, et de la capacité de
chacun, et des professionnels aussi. Parce que la formation de ces professionnels-là a évolué aussi autour du... au fil du
temps, a amené leur évaluation au niveau considéré par tous les ordres
professionnels approprié pour être maintenant considérée comme un diagnostic.
Donc, je le disais, ça va donc donner ouverture
plus rapidement, parce que les gens y avaient ouverture, mais devaient faire
confirmer... l'évaluation puis la faire, je dirais, confirmer en diagnostic, je
vais le dire comme ça, pour avoir accès aux travaux, aux traitements ou aux
services appropriés. Donc, maintenant, ça va permettre à des parents, à titre
d'exemple, qui ont des enfants qui sont évalués maintenant, mais, dans le
futur, diagnostiqués comme avec un trouble sur le spectre de l'autisme, à titre
d'exemple, TDA, TDAH, douance... on l'a vu en neuropsychologie, entre autres, à
titre d'exemple, maintenant, qui donne accès à des programmes dans les écoles,
du soutien, plus de temps pour faire des examens, et j'en passe, là, ça...
dépendamment du plan clinique qui est fait, bien, il va donner à ces parents-là plus rapidement accès à ça plutôt que d'être
obligés de repasser par le bureau du médecin de famille, à titre d'exemple, ou
d'un autre spécialiste pour faire confirmer le diagnostic. Donc, ça a un double
avantage.
M. Cliche-Rivard :
Oui.
Mme LeBel :
Je m'explique à la prochaine...
M. Cliche-Rivard :
Ah! bien, allez-y. Allez-y.
Mme LeBel :
...à la prochaine partie. J'allais dire, ça a un double avantage.
M. Cliche-Rivard :
Ah! allez-y, allez-y.
Mme LeBel :
Ça a l'avantage pour le parent, mais là je parle du parent parce que j'ai
en tête, souvent, des enfants, là, mais c'est plus large que ça, on se
comprend, d'avoir plus accès... accès plus rapidement, mais ça dégage aussi des
plages horaires dans nos bureaux de médecin. Eh, mon Dieu! J'aime ça quand on
coche plusieurs cases.
M. Cliche-Rivard :
Mais c'est un bon point. Puis là on se posait la question en termes
d'harmonisation aussi, là, en termes de les autres pratiques. Il va falloir
qu'il y ait une communication. J'imagine que c'est prévu?
Mme LeBel :
Toujours.
M. Cliche-Rivard :
Parce que, là, il y a... il n'y a pas grand-chose non plus qui ferait en
sorte que, je vous... l'exemple, une
compagnie d'assurance vienne rajouter : Bien, moi, ce que je demande,
c'est un diagnostic par un médecin.
Mme LeBel :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que... comme là, oui, les professionnels que vous citez auront tout
d'un coup la capacité de diagnostic. Mais ça, ça n'empêche pas que d'un autre
côté, n'importe qui pourrait ajouter un corollaire en disant : Oui, oui,
c'est beau, mais moi, je modifie ma politique d'assurance puis ma police
d'assurance, ou autre, puis je dis :
Moi, je demande un diagnostic par un médecin. Ou il ne faudrait pas que toutes
les aides financières aux études... qu'il y ait des modifications.
Ça fait que, qu'est-ce
que vous avez prévu, en termes de stratégie gouvernementale ou à l'interne,
pour être sûr que, finalement, l'intention, qui est superbonne, ne soit pas
limitative à ce qui va s'appliquer? Puis je donne l'exemple avec «contrôler»,
puis je donne un exemple avec ce que vous avez fait ou étiez en train de faire,
là, je ne sais plus où est rendu le PL 68, mais où vous visiez à réduire
la charge administrative des médecins. Je pense que c'est adopté.
Mme LeBel :
...
M. Cliche-Rivard :
Dans cette logique-là, ça s'adressait aux médecins, mais là, «at large»,
là, globalement?
Mme LeBel :
...je ne m'engagerai pas pour tous ceux qui ont des responsabilités dans ce
dossier-là, parce que c'est vaste. Vous parlez entre autres des compagnies
d'assurance. Mais je dois dire qu'à la décharge de tout le monde, jusqu'à
présent, la seule personne capable de faire un diagnostic était un médecin.
Maintenant, je pense
que la façon de faire, ça va être de dire... d'exiger un diagnostic, ça n'aura
plus... ça n'aura plus d'impact, de dire : On exige un diagnostic. Je
dirais que biffer les mots «par un médecin» deviendrait approprié à ce
moment-là. Mais effectivement, vous savez, jusqu'à présent... bien, pas jusqu'à
présent, mais depuis longtemps, la seule personne qui avait l'autorité
professionnelle, je vais le dire comme ça, de poser un diagnostic, c'était... diagnostiquer, c'était un médecin. Dans
le fond, on aurait pu juste écrire «diagnostic», puis c'était sous-entendu «médecin»,
mais on disait «diagnostic par un médecin».
Donc, c'est sûr que
l'accessoire doit suivre le principal. Donc, partout où nous sommes concernés,
je sais que les collègues concernés font des
travaux pour que, je le dis toujours, que l'accessoire suive le principal.
C'est normal. Naturellement, on va sensibiliser les compagnies
d'assurance à cet effet-là, mais il va falloir qu'elles fassent leur bout de
chemin. Alors, considérez-vous comme sensibilisés aujourd'hui, mais on va
continuer à le faire. Je pense que ce n'est pas à une compagnie d'assurance de
décider si c'est le diagnostic d'un médecin, ou d'un orthophoniste, ou d'un sexologue, ou d'un conseiller en orientation
que ça prend, donc, mais jusqu'à présent, le seul diagnostic disponible
était celui d'un médecin.
M. Cliche-Rivard : Mais là où vous aurez le
contrôle direct, vous vous assurerez qu'en tant que gouvernement, la
stratégie soit unifiée puis que...
Mme LeBel :
C'est l'intention.
M. Cliche-Rivard :
Par exemple, ce qui touche l'aide financière aux études, par exemple, là,
le ministre ou la ministre a directement, je veux dire, capacité de dire :
Moi, je reconnais le diagnostic.
Mme LeBel :
C'est l'intention que tout soit harmonisé au fur et à mesure.
M. Cliche-Rivard :
CNESST, SAAQ, l'ensemble de ce que vous avez sous votre...
Mme LeBel :
Oui, oui, la RAMQ, etc., là.
M. Cliche-Rivard :
La RAMQ. Ça fait qu'à ce moment-là, dans ça, on devrait avoir des
ajustements puis une reconnaissance de la modification que vous venez apporter.
Puis là vous dites : Pour le privé... bien là, vous les sensibilisez, mais
on aimerait bien qu'ils suivent.
Mme LeBel :
Je le souhaite.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Je reviendrai...
Mme LeBel :
Dans les deux instances.
M. Cliche-Rivard :
Je reviendrai, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Autres interventions? Pas d'autre intervention. Donc, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
avez-vous d'autres interventions sur l'article 3 tel qu'amendé?
M. Cliche-Rivard :
Oui. Vous en glissiez un mot tout à l'heure, Mme la ministre, pour ce qui
est de la distinction santé mentale versus d'autres choses qui pourraient être
diagnostiquées. Mais quand même on a reçu des demandes des ergos et des chiros,
ça fait que, j'imagine, vous allez répéter le même message, mais je vais quand
même vous donner l'opportunité de le faire, puis on va quand même poser la
question. Sur la capacité de diagnostic versus évaluation, ce sont des travaux
qui sont en cours et éventuellement, là, de manière analogue à ce que vous
venez de dire tantôt, on pourra s'attendre à quelque chose?
Mme LeBel :
Oui. OK. Il y a deux aspects à votre question. Il y a la portion santé,
diagnostic physique. Donc, naturellement, je vous... je vais vous faire la même
réponse, parce que c'est la même logique, et on est dans les mêmes travaux.
Pour les... voyons, les ergothérapeutes et les psychoéducateurs, on est encore
aussi de travailler santé... le diagnostic
en santé mentale. Donc, je veux juste rassurer tout le monde, ce n'est pas
parce que ces quatre-là étaient prêts en santé mentale qu'on ne
travaille pas sur d'autres personnes qui pourraient avoir un diagnostic en
santé mentale. Mais on le fait au fur et à mesure où les gens, tout le monde
autour de la table qui sont concernés, sont prêts à aller de l'avant.
M.
Cliche-Rivard : Excellent. Ça fait que c'est ça. Ce n'est pas la fin
de l'histoire de la santé mentale.
Mme LeBel : Non.
M.
Cliche-Rivard : C'est une partie de l'histoire.
Mme LeBel : Bien,
ce n'est pas la fin des discussions.
M.
Cliche-Rivard : Ce n'est pas la fin des discussions.
Mme LeBel :
On verra quel sera le résultat des discussions, parce que c'est très difficile
pour moi de m'engager sur le résultat d'une discussion. Je peux asseoir tout le
monde autour de la table, je peux leur demander de s'entendre, je peux leur
demander de discuter, je peux leur donner des intentions et des objectifs de
pouvoir élargir l'accès pour les citoyens, tant en santé physique qu'en santé
mentale, mais au final, je le répète avec beaucoup d'humilité puis de respect
pour leur profession, c'est eux qui sont les gardiens de la protection du
public dans leur profession respective et qui doivent nous dire où est-ce qu'on
peut tirer la ligne de façon adéquate en s'assurant que la protection du
public, elle est protégée... bien, protection du public protégée... préservée,
préservée et assurée.
Puis c'est toujours
très délicat, hein, parce que... de s'assurer que la résistance est faite pour
les bonnes raisons. Je pense que je dois saluer l'ouverture de tous les
professionnels en santé physique, santé mentale, et même des autres professionnels. Depuis les
10 dernières années, et particulièrement depuis 2018 avec le Collège des
médecins, santé physique, il faut voir le progrès. Mais je pense que
c'est un peu normal qu'on prenne la peine de s'assurer que, quand on accorde un
acte réservé à quelqu'un d'autre, ou qu'on en partage un, ou qu'on en laisse
aller un, ou qu'on en met un autre de
l'avant, qu'il est fait pour la protection du public et non pas parce que rapidement,
comme ça, ça a l'air d'une bonne idée ou bien que... parce que, bien, comme
professionnel, ça ne me tente pas de laisser aller un de mes actes réservés. Mais je ne sens pas qu'il y a ça autour de la
table présentement. Je sens que les travaux sont sérieux, mais je ne présumerai
pas de l'aboutissement des travaux.
• (12 h 30) •
M.
Cliche-Rivard : Mais vous avez raison de le dire, là, l'équilibre
entre préserver la sécurité du public, qui, à cause d'une certaine pénurie, ne
reçoit pas de service... au final, il y a une question à se poser. Puis
l'équilibre est délicat quand...
Mme LeBel : Avec
la protection aussi.
M.
Cliche-Rivard : Avec la protection du public.
Mme LeBel : Voilà.
M.
Cliche-Rivard : Parce qu'évidemment d'assurer le service qui ne sera
pas de qualité puis qui ne sera pas le bon, bien, on n'est pas plus avancés.
Mme LeBel : Ce
n'est pas mieux.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que c'est effectivement un balancier qui n'est
pas toujours simple.
Un dernier élément
que j'avais, justement, vous parlez du Collège des médecins, là, qui parlait
quand même aussi d'immenses recommandations
à l'effet qu'il va falloir changer les règlements de pratique, il va falloir
harmoniser les règles en termes de tenue de dossier, d'ordonnance, de
déonto. Ça fait que j'imagine que ça, à l'intérieur, les ordres sont bien
sensibilisés, puis qu'on va pouvoir parler la même langue, là, finalement?
Mme LeBel : Oui,
absolument. Bien, c'est ce qu'on est en train de faire également, aussi, là.
M.
Cliche-Rivard : C'est ça. Ça fait que ça, il y aura donc...
Mme LeBel : Ça fait partie de la grande modernisation aussi,
là, qu'on est en train de faire du système professionnel.
M. Cliche-Rivard : Et donc, sans qu'on nous
les présente aujourd'hui, il y aura des modifications, probablement, réglementaires analogues à la pratique de
différents ordres. Puis ceux que vous nommez de surcroît, là, psychologues,
conseillers, conseillères en orientation, sexos, orthos, eux, dans votre liste
de règlements, hier, là, vous disiez : Il y a une liste de règlements à
approuver ou à regarder puis il y a des affaires qui ne sont pas dessus, mais
ça, ça doit pas mal être dessus. Ça s'en vient?
Mme LeBel : Il
va falloir faire ce qu'il faut faire pour donner suite à tout ça.
M.
Cliche-Rivard : Excellent. Merci, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
J'aurais le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui,
brièvement. Merci, M. le Président. Juste pour une précision, parce que vous
avez référé, Mme la ministre, aux médecins en termes de diagnostic, là, quand
on... je parlais, entre autres, de d.1, d'évaluer... les infirmières
praticiennes spécialisées peuvent aussi diagnostiquer maintenant. Donc...
Des
voix : ...
Mme LeBel : C'est
beau. Allez-y. Continuez.
M. Morin : Non,
non, ça va. Bien, je pourrais bénéficier... Oui.
Mme LeBel : Oui. Non, mais je vérifiais un élément pour...
dans le but de vous répondre, mais j'attends la fin de votre question.
M. Morin : OK.
Donc, dans le fond, elles pourraient aussi poser un diagnostic. Donc, dans un
cas comme ça, ce ne serait pas uniquement le médecin.
Mme LeBel : ...en
santé mentale, les IPS ont la capacité de diagnostiquer. C'est ce qu'on me
disait?
Une voix :
...
Mme LeBel : Oui, les IPS en santé
mentale, c'est ça. Et on est en train de travailler pour voir si on peut
l'élargir à toutes les IPS, mais elles ont aussi certaines capacités de
diagnostic physique. Oui.
M.
Morin : OK. Mais donc...
Mme LeBel : Là,
je ne pourrais pas vous dire lesquelles est quelle, là, parce qu'encore une
fois, là, je vais me faire... on va me dire
que je ne connais pas ça, mais vous comprenez qu'elles ont des capacités de
diagnostic en santé physique. Et les IPS, santé mentale, donc, qui ont une
formation différente, ont aussi une capacité de certains diagnostics en
santé mentale.
M. Morin : En
santé mentale puis... puisqu'évaluer des troubles de la parole et de la voix,
c'est quelque chose qui est associé plus à de la santé physique que santé
mentale, donc, dans ce domaine-là, les IPS pourraient jouer aussi un rôle.
Mme LeBel : Bien
non, ça dépend.
M. Morin : Non?
Mme LeBel : C'est
parce que c'est cette... Là, je ne m'avancerai pas, mais c'est un acte réservé
d'un autre ordre professionnel, donc...
M. Morin : L'évaluer,
mais c'est parce que...
Mme LeBel : Oui.
L'infirmière n'a pas le droit de faire du diagnostic dans tous les actes
réservés de tout le monde, là. Elle a ses actes à elle, comme... et, dans ses
actes à elle, présentement, il y a un secteur où elle peut faire... les IPS en
santé mentale, de diagnostic en santé mentale et il y a d'autres secteurs où
elle peut faire... et là je ne veux pas...
je ne veux pas m'en aller dans la nomenclature parce que je pourrais me
tromper, en santé physique. Mais quand on parle de, je ne sais pas moi,
de troubles de comportement sexuel qui... pour les sexologues
M. Morin : Non,
non, je ne parlais pas de ça.
Mme LeBel : Mais
non, vous comprenez...
M. Morin : Mais
je comprends ce que vous voulez dire, là.
Mme LeBel : Mais
je pense... je ne sais pas, je ne pense pas qu'elle a le trouble du langage
parce que c'est de la spécialité des orthophonistes. Moi, je ne veux pas me
tromper, là.
M. Morin : Non,
je parlais des troubles de la parole et de la voix parce que, là, tout ce qu'ils
peuvent faire, c'est évaluer.
Mme LeBel : Mais
ça serait de la...
M. Morin : Donc,
moi, j'essaie de trouver un moyen pour le monde, si jamais ils ont besoin d'un
diagnostic, d'en avoir un le plus vite
possible, et vous m'avez dit que c'étaient des médecins. Donc, moi, ce que je
vous demande : Est-ce que les IPS peuvent le faire également?
Mme LeBel : On
est en train de vérifier.
M. Morin : Merci
beaucoup.
Mme LeBel : On peut suspendre quelques minutes? Parce que je
pense que c'est plus complexe que d'essayer de vous répondre.
M. Morin :
Bien sûr.
Le
Président (M. Bachand) : On va suspendre
quelques instants. Merci beaucoup. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 35
)
(Reprise à 12 h 40)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Mme la
ministre.
Mme LeBel : Oui,
je vais essayer de résumer.
M. Morin : ...
Mme LeBel : Oui,
allez-y pour les fins d'enregistrement.
M. Morin : Je vous écoute. Alors,
écoutez, la question, juste avant qu'on suspende, c'était l'IPS, parce que
ma... Mais évidemment, vous aurez compris, il est évident que les ordres
professionnels, vous l'avez dit d'ailleurs, sont
là pour protéger le public, mais j'ai aussi une préoccupation d'accessibilité
ou d'accès à des professionnels par le public parce qu'on sait que c'est un
enjeu, donc, d'où ma question à propos des IPS qui pourraient poser un
diagnostic. Voilà.
Mme
LeBel : Bien, qui... L'IPS, comme le médecin, va se fier à
l'évaluation qui est faite par le professionnel compétent dans le
domaine, c'est-à-dire pour le trouble de la parole, l'IPS ne va pas... ne va
pas évaluer elle-même s'il y a un trouble de
la parole ou non, comme le médecin n'évalue pas s'il y a un trouble de la
parole ou non au moment où se parle. Mais, si je parle du point de vue des
actes professionnels, maintenant, tout dépend... on en a parlé
rapidement, tout dépend des programmes et comment c'est libellé dans les
programmes, là, mais, si on parle purement
au niveau du Code des professions, des lois, des professionnels et des actes
professionnels, l'IPS est en mesure de le faire présentement, peut
demander une évaluation pour troubles mentaux et peut, suite à l'évaluation et
ce qui lui est fourni comme renseignement, poser un diagnostic, mais ça va être
suite à l'évaluation, naturellement.
Donc, au moment où on se parle, si on parle
au... je vais essayer de le résumer correctement. Si on parle du point de vue unique
des actes professionnels, l'IPS peut le faire à l'instar du médecin, au moment
où se parle.
M. Morin : D'accord. Maintenant,
comme le soulignait mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne, il reste maintenant à
savoir si, pour des fins d'assurance...
Mme LeBel : Les libellés exigés.
M. Morin : Oui, c'est ça. Puis là je
comprends que, si on demande un diagnostic médical, ça n'inclurait pas
nécessairement une IPS même si...
Mme LeBel : Mais si on demande un...
je vais le dire peut-être plus précis, si on demande un diagnostic par un
médecin.
M. Morin : Ah! bien là, c'est sûr.
Ça, c'est certain.
Mme LeBel : C'est certain. Si on
demande un diagnostic médical, là, je ne sais pas si on pourrait argumenter que
l'IPS est de la nature d'un diagnostic médical, je n'entrerai pas là-dedans. Ça
s'argumente, je dirais. Là, c'est l'avocate
qui parle plus que la ministre, mais disons que c'est quand même... Mais si on
parle d'un diagnostic tout court, je pense qu'il n'y a pas d'enjeu à ce
moment-là. Mais là, rendu là, ça dépend de ce qui est exigé dans le programme en question, ou l'assurance, ou peu importe, là,
pour donner des accès. Mais si on parle du point de vue strict de l'acte
professionnel, l'IPS est en mesure de le faire au moment où on se parle.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 3, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci, Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : Article 36, M. le
Président, Loi sur les infirmières et les infirmiers.
36. L'article 36 de la Loi sur les
infirmières et les infirmiers (chapitre I-8) est modifié par le remplacement,
dans le paragraphe 16° du deuxième alinéa, de «évaluer les troubles mentaux, à
l'exception du retard mental» par «diagnostiquer les troubles mentaux, à
l'exception de la déficience intellectuelle».
La modification proposée a pour but d'établir
que les évaluations et les conclusions cliniques portant sur les troubles
mentaux, à l'exception de la déficience intellectuelle, qui sont effectuées par
les infirmières, les infirmiers ayant suivi
une formation et détenant une expérience clinique leur permettant d'exercer
cette activité sont des diagnostics.
Elle vise également à remplacer le terme «retard
mental», là, par «déficience intellectuelle». On l'a fait dans l'article
précédent, d'ailleurs, dans l'amendement, et c'est parce que c'est maintenant
le terme, là, qui est d'usage courant dans le système professionnel, là. Il
respecte les recommandations de l'Office québécois de langue française. Donc, ça, c'est vraiment un ajustement de langage,
mais on vient aussi porter la notion d'évaluer au niveau du diagnostic
pour ces personnes, ces professionnels.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
M. le député de l'Acadie.
M.
Morin : Oui. Alors, merci, M. le Président. Donc, au fond,
c'est la même logique que ce qu'on a fait, j'imagine, dans
l'autre article, donc leur permettre non plus d'évaluer, mais de poser un
diagnostic. On parle uniquement dans le domaine de la santé mentale, c'est ce
que vise l'amendement et, évidemment, compte tenu de la formation que la
personne pourrait avoir. Donc, tout à l'heure, quand vous avez fait référence à
des IPS qui étaient formées, donc ça pourrait aussi être des IPS, mais je
comprends que c'est ouvert à tous les infirmiers et infirmières qui ont un
niveau de formation et pas uniquement les IPS.
Mme LeBel : Non,
on fonctionne... Effectivement, ici, il y a des IPS en santé mentale. Elles ont
déjà cette capacité-là de diagnostiquer en santé mentale dans certains
domaines, là, mais, disons, de façon générale. Ici, c'est ouvert... c'est pour les infirmières cliniciennes
qui ont une formation supplémentaire. Donc, l'ordre va leur donner une attestation
de formation, et donc elles vont... donc, il va y avoir des... l'infirmière...
il peut y avoir deux infirmières cliniciennes, celle qui n'a pas fait la
formation supplémentaire, je vais le dire comme ça, pour être capable... et
celle qui a l'attestation de formation. Donc, dans le cas de celle qui a l'attestation
de formation, elle pourra maintenant diagnostiquer
certains troubles mentaux, et celle... l'infirmière clinicienne qui n'a pas
l'attestation de formation ne pourra pas, donc, diagnostiquer.
Donc, ce qui sépare
l'infirmière clinicienne de la capacité de diagnostiquer, c'est d'aller faire
de la formation et d'obtenir l'attestation de formation de son ordre
professionnel.
M. Morin : Donc,
il s'agit, en fait, d'une forme de spécialisation au sein de l'ordre, mais qui
n'est pas nécessairement équivalente, dans
tous les cas, à une formation qu'une infirmière ou un infirmier praticien
spécialisé a. Donc, c'est un créneau bien particulier.
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Et
cette formation-là, présentement, est-ce qu'elle existe?
Mme LeBel : Oui,
je pense que oui. Oui, oui.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui,
parce c'est déjà évalué, effectivement. Dans le fond, c'est la même chose, là,
qu'on vient de parler avec les autres professionnels dont on parlait tantôt.
Elles ont déjà la formation, elles ont déjà la capacité d'évaluer, donc, elles
ont déjà la formation.
Maintenant, cette
formation-là, on leur dit : Bien, on a conclu, avec tous les gens
concernés, que c'est un diagnostic, dans le fond, qu'elles font. Donc, elles
ont déjà cette attestation de formation là. L'infirmière clinicienne qui
n'avait pas l'attestation de formation ne faisait pas l'évaluation non plus.
OK? Donc, dans le quotidien de l'infirmière
clinicienne avec attestation, elle va poser la... va faire la même chose, sauf
qu'au lieu de signer une évaluation, elle va signer un diagnostic. Je ne
sais pas si ça résume.
M. Morin : Oui, oui, ça résume très
bien maintenant, à l'exception de la déficience intellectuelle, parce que...
Mme LeBel : Absolument,
oui.
M. Morin : ...parce
que, là, évidemment, il s'agit d'un autre type d'évaluation et de diagnostic.
Mme LeBel : Oui.
Donc... dont je ne peux pas vous parler avec beaucoup de détails, mais
effectivement...
M. Morin : Très
bien. Et je présume que le fait de leur permettre de poser un diagnostic pourra
permettre à des gens qui souffrent de ces troubles-là d'avoir accès,
probablement, plus rapidement à des soins appropriés.
Mme LeBel : Bien,
il y a des soins dont ils avaient déjà accès, que ce soit une évaluation ou
non, on va se parler franchement, là...
M. Morin : OK,
oui.
Mme LeBel : ...mais
c'est la même chose, ça dépend des programmes et d'autres types de choses qu'il
pourrait avoir lieu. Tu sais, je ne veux pas laisser prétendre que les gens qui
étaient évalués aujourd'hui étaient... on les
laissait tomber, là. Il y avait des choses qui pouvaient être faites sans
problème. Mais effectivement, ça va sûrement faciliter dans certaines
choses, dans certaines parties.
M. Morin : Parfait.
Je vous remercie.
Le
Président (M. Bachand) : Autres
interventions sur l'article 36? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 36 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Bachand) : Adopté.
Merci. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Oh!
Parfait. Merci. On est à 67. OK. On retombe dans le Code des professions, parce
que, là, on est dans la Loi sur les infirmières. Donc, Code des professions...
«67.
Est réputé être un professionnel habilité à établir un diagnostic tout
professionnel qui, le (indiquer ici la date qui précède celle de la sanction de
la présente loi), a satisfait aux obligations prévues par l'un des règlements
suivants, aux fins qui y sont prévues:
«1° le Règlement sur
une activité de formation des conseillers d'orientation pour l'évaluation des
troubles mentaux;
«2°
le Règlement sur une activité de formation des psychologues pour l'évaluation
des troubles neuropsychologiques;
«3° le Règlement sur
une activité de formation des sexologues pour l'évaluation des troubles
sexuels;
«4° le Règlement sur
la formation et l'expérience clinique requises des infirmières pour
l'évaluation des troubles mentaux.»
Ici, il s'agit ici
d'une modification de concordance qui assure simplement qu'une formation visant
une évaluation, suivie avant les changements effectués par le projet de loi et
désignée comme permettant une évaluation, soit considérée comme valide aux fins
de diagnostic.
Dans le fond, c'est
un peu l'exemple que je vous mettais tantôt. L'infirmière clinicienne
aujourd'hui, avant l'adoption du projet de
loi, a déjà une formation avec une attestation de formation qui lui permet de
faire une évaluation. On voulait s'assurer, dans son cas, comme dans le
cas des autres, que cette évaluation-là... cette formation-là qui permet
l'évaluation, c'est la même qui permet le diagnostic.
M. Morin : Parfait.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Oui. Donc, ces règlements-là, évidemment, ils
existent déjà. Est-ce qu'ils vont devoir être adaptés, modifiés pour...
Mme LeBel : Non.
M. Morin : Non.
Ça, donc, dès que...
Mme LeBel : On
reconnaît que les règlements qui spécifient la formation pour l'évaluation...
la formation est encore valide. Il n'y aura pas de modifications... de lourdes
modifications, quelques-unes, mais pas...
Des voix :
...
Mme LeBel :
Ah! ils sont déjà dans la loi. C'est pour ça qu'on va être correct. Les
modifications sont déjà dans la loi pour s'assurer de la concordance immédiate.
M. Morin : Parfait.
Donc, la loi va modifier ces règlements-là.
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Donc,
il n'y aura pas de... mais il va y avoir des modifications au règlement.
Mme LeBel : Oui,
mais à l'adoption du projet de loi, tout va être fait.
M. Morin : Tout
va être fait. OK, parfait. Puis... parce que les différents ordres
professionnels ont déjà des programmes de formation professionnelle ou que ces
professionnels-là peuvent déjà faire des évaluations, donc on peut dire qu'ils sont déjà formés et que, donc, le
fait de pouvoir poser un diagnostic ne devrait pas entraîner de la formation
supplémentaire ou...
Mme LeBel : Au
lendemain de l'adoption de la loi ou la minute suivant la sanction du projet de
loi, le professionnel qui faisait une évaluation va maintenant faire un
diagnostic, mais son quotidien ne sera pas changé.
M. Morin : Parfait.
Mme LeBel : ...dans
le sens de la formation, là.
M. Morin : Oui,
je comprends.
Mme LeBel : Il
n'aura pas besoin d'aller refaire une formation supplémentaire.
M. Morin : Et
puis évidemment, bien, dans la loi, on reprend les ordres professionnels dont
on a fait les modifications pour fins de concordance.
Mme LeBel : Exactement.
M. Morin : Très bien. Je vous
remercie.
• (12 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'article 67? S'il n'y a pas d'autre... M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Non, je pense, j'ai été mêlé tout à l'heure, parce
que là vous disiez : On est dans le Code des professions. Mais finalement, là, on n'est pas dans le Code
des professions, là, on est dans la loi que vous instituez aujourd'hui...
Mme LeBel : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...puis vous
ajoutez un... bien, vous n'ajoutez pas... vous mettez l'article...
Mme LeBel : Je voulais juste voir si
vous suiviez.
M. Cliche-Rivard : Bien oui, mais là
on était bien mêlés parce qu'on n'était pas... je regardais 67 du code. On
n'est pas là pantoute. Ça fait que vous instituez un nouveau 67.
Mme LeBel : Selon votre collègue,
vous étiez le seul des deux qui était mêlé, mais je voulais juste le dire pour
fins d'enregistrement.
M.
Cliche-Rivard : Ce n'était pas si clair que ça. Ça nous a... ça
lui a pris aussi une petite minute, démêler ça. Ça fait que...
Mme LeBel : Non, non. Bien, j'ai
induit en erreur. Ce que je voulais dire, c'est qu'on sortait de la Loi sur les
infirmières .
M. Cliche-Rivard : Bon. Parfait.
Pour revenir dans notre loi d'aujourd'hui...
Mme LeBel : Et voilà.
M.
Cliche-Rivard : ...le PL 67, et là, effectivement, à
l'intérieur de ça, vous avez des dispositions modificatives et
finales...
Mme LeBel : Et voilà.
M. Cliche-Rivard : ...qui vont
rester là, qui vont aller rien modifier du Code des professions.
Mme
LeBel : Non, mais qui vont s'assurer qu'il n'y a pas de
bris puis que ça va être la continuité pour ces gens-là.
M. Cliche-Rivard : Alors là, c'est
clair. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 67 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme
LeBel : Oui. L'article 47, s'il vous plaît, histoire
de continuer à mêler tout le monde. 47, ça ne sera pas long, désolée. Parfait. Et là, pour être sûre que tout
le monde est sur la même page, on est dans le Règlement sur une activité
de formation des conseillers d'orientation dans l'évaluation des troubles mentaux.
Le Règlement sur une activité de formation des
conseillers d'orientation pour l'évaluation des troubles mentaux est modifié
par le remplacement, partout où ceci se trouve, à l'exception du paragraphe 5°
du premier alinéa de la section «Objectifs de la formation» de l'annexe I et du
paragraphe 5° du premier alinéa de la sous-section «Formateurs» de l'annexe II, de «pour l'évaluation», de «à
l'évaluation», de «d'évaluation» et de «de l'évaluation» par,
respectivement, «pour le diagnostic», «au diagnostic», «de diagnostic» et «du
diagnostic».
Donc, la modification proposée en est une de
concordance avec l'article 3 du projet de loi. Elle remplace la notion
d'évaluation par celle de diagnostic dans le règlement en question.
Donc, on fait les modifications réglementaires
auxquelles on faisait référence tantôt.
Le Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. Donc, interventions pour l'article 47? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci. Alors, on va voir
si on... j'ai bien suivi, qu'on est tous en train d'arriver à la même place.
Donc, dans l'article 3 de la loi, vous avez modifié, évidemment, le Code
des professions. Ça va permettre à ces professionnels-là de poser
éventuellement des diagnostics. À 67, ce que vous avez fait, c'est... dans les
règlements qui sont mentionnés là, le professionnel qui est visé va pouvoir
établir un diagnostic. Et là ce que vous venez de faire... parce que, là, vous
les reprenez. Dans 67, on avait les quatre règlements d'un coup. Là, vous êtes
en train de les reprendre règlement par règlement, et donc c'est pour ça que,
là, on est dans le règlement sur les conseillers en orientation. Et donc ce que
vous venez de faire, c'est de modifier immédiatement le règlement par la loi.
C'est ce à quoi, je pense, monsieur faisait
référence tout à l'heure, quand j'ai demandé s'il allait y avoir des
modifications. Alors, oui, il va y en avoir, on est en train de les
regarder là.
Mme LeBel : Voilà. C'est...
M. Morin : OK. Oui?
Mme LeBel : Bien, j'allais
dire, c'est parce que ma compréhension, dès le départ, dans le dépôt du projet
de loi, c'est qu'au moment de la sanction du
projet de loi, tout allait être fait. Donc, c'est pour ça que, spontanément,
j'ai parlé de pas de modification, mais, dans les faits, c'est parce
qu'on les fait dans le projet de loi, là.Donc, il n'y aura pas de
brisure.
M. Morin : Donc, vous aviez une
excellente compréhension, et je me souviens de ce que vous...
Mme LeBel : Mais j'avais oublié
un détail.
M. Morin : ...ce que vous
disiez hier, que vous êtes axée sur le résultat.
Mme LeBel : L'objectif, voilà.
M. Morin : Donc, voilà. Mais
là, des fois, il y a un chemin qu'il faut prendre pour se rendre là.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, oui,
oui.
M. Morin : OK.
Donc, alors là, à ce moment-là, pour que ça soit conforme, il faut venir
modifier le règlement, et c'est la raison pour laquelle, dans le règlement,
vous allez modifier tout ce qui a d'évaluation par diagnostic.
Mme LeBel : Oui, mais à
l'exception d'un...
Une voix : ...
Mme LeBel : Ah! Il l'a vu.
M. Morin : Oui, c'est ça,
exact. Et donc... Et ça, ça rentre dans la section des objectifs de la formation.
Mme LeBel : C'est ça.
M. Morin : OK. Parfait. Je vous
remercie.
Le Président
(M. Bachand) : Merci. Interventions
sur 47? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 47 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Bachand) : Adopté. Merci. Mme la
ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : 48. Alors, on va y
aller dans une séquence qui est plus traditionnelle. Donc, nous abordons le
Règlement sur une activité de formation des psychologues pour l'évaluation des
troubles neuropsychologique.
48. Le
Règlement sur une activité de formation des psychologues pour l'évaluation des
troubles neuropsychologiques est modifié par le remplacement, partout où
ceci se trouve, de «l'évaluation», de «techniques d'évaluation» et de «l'activité d'évaluation» par, respectivement, «le
diagnostic», «techniques diagnostiques» et «l'activité de diagnostic».
Donc, encore
une fois, c'est de la concordance avec l'article 3 du projet de loi qui
remplace la notion d'évaluation par
celle de diagnostic dans la prescription de la formation que doivent suivre les
psychologues concernant les troubles neuropsychologiques, formation, on
l'a vu à 67, qui sera la même. Donc, il n'y aura pas de bris pour tout le
monde.
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions?S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Bachand) : Adopté. Merci. Mme la
ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : 49. Règlement sur
certaines activités professionnelles pouvant être exercées par des personnes
autres que des psychologues et par des psychologues.
L'article 5 du Règlement sur certaines
activités professionnelles pouvant être exercées par des personnes autres que des psychologues et par des
psychologues est modifié par le remplacement de «évaluer» et de «l'évaluation» par,
respectivement, «diagnostiquer» et «le diagnostic».
Alors, les commentaires sont, à toutes fins
pratiques, les mêmes, M. le Président, que pour les deux premiers règlements
qu'on vient de modifier à 47 et 48.
Le Président
(M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie. Allez-y, M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui, merci. Donc...
Sauf que, là, tout à l'heure, quand on a vu l'article 67, on parlait de la
formation des psychologues. Là, vous venez modifier un règlement pour des
activités professionnelles pouvant être exercées
par des personnes autres que des psychologues. Et donc, là, je comprends que ce
règlement-là qui vise les activités professionnelles pouvant être
exercées par des personnes autres, ces autres personnes là vont pouvoir
éventuellement poser un diagnostic. Donc, qui sont-elles?
Mme LeBel : Dans ce cas-ci, on
parle juste du psychologue. Le règlement est pour les personnes autres, mais on
ne vise que le psychologue. Donc, l'activité exercée par des... Si vous
regardez l'article 5, là, c'est marqué «le psychologue peut évaluer».
Maintenant, on va marquer «diagnostiquer», dans le cadre de la formation prévue
au règlement. C'est pendant la formation.
M. Morin : C'est pendant la
formation.
Mme LeBel : OK. Est-ce que
quelqu'un peut le faire de façon plus claire que par un membre intermédiaire?
Comme ça on va couper un filtre.
Une voix : ...
Mme LeBel : Non, mais on va
couper un filtre.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, parfait. On va
juste couper un filtre, ça va être plus facile, puis on va y aller directement,
si vous permettez, avec le consentement.
Le Président (M. Bachand) : Alors, est-ce qu'il y a consentement?
Une voix : Il y a consentement.
Le
Président (M. Bachand) :
...alors donc d'abord vous vous
identifiez, puis il reste très peu de temps. Allez-y.
Mme LaRochelle (Jeanne) : Merci.
Alors, Jeanne LaRochelle, avocate à l'Office des professions. Bonjour.
Donc, en fait, ici, à l'article 5 du
règlement, on réfère au fait que le psychologue peut évaluer, dans le cadre de la formation prévue au règlement, les troubles
neuropsychologiques sous la supervision d'une personne qui rencontre les
critères de reconnaissance à titre de superviseur prévus à l'annexe II du
règlement. Donc, c'est ce qui est visé en l'espèce.
M. Morin : OK. Mais c'est qui? Alors
donc... parce que, là...
Mme LeBel : Mais avant, le
psychologue ne pouvait qu'évaluer pendant sa formation, mais comme on change la capacité d'évaluer pour un diagnostic,
on fait une concordance en disant : Bien là, s'il pouvait évaluer pendant
sa formation, maintenant, il peut diagnostiquer pendant sa formation, toujours
sous supervision. Ce n'est pas tout à fait les mêmes règlements que tantôt,
mais c'est la même concordance avec ce qu'on a fait à l'article 3, par
contre, où on est venus porter l'évaluation au niveau d'un diagnostic.
M. Morin : C'est-à-dire, oui, mais
ça, je le... je comprends pour la concordance, pour les autres règlements, sauf
que, là, ici, on parle d'un psychologue qui est en formation.
Des
voix : ...
Le
Président (M. Bachand) : Ça va? Alors
donc, sur ce, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
14 heures... et restez à l'écoute, c'est intéressant, à 14 heures cet
après-midi. Merci. Merci beaucoup. À tantôt.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 14 heures)
Le
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! Bon après-midi à tout le monde. La Commission des institutions
reprend ses travaux.
On poursuit donc
l'étude détaillée du projet de loi n° 67, Loi modifiant le Code des professions
pour la modernisation du système
professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques professionnelles
dans le domaine de la santé et des services sociaux.
Lors
de la suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions à l'étude de
l'article 49, mais je comprends qu'on aurait peut-être besoin d'une
petite suspension.
Alors donc, on vient
d'ouvrir la séance, mais on va suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
14 h 01)
(Reprise à 14 h 02)
Le Président (M. Bachand) : Donc, merci beaucoup. À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend
ses travaux.
Alors, on était à
l'article... à l'étude de l'article 49. Y a-t-il d'autres interventions?
M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci,
M. le Président. Alors, bon après-midi. On reprend les travaux.
J'avais une question
pour Mme la ministre. D'ailleurs, on était en train de regarder le Règlement
sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par des
personnes autres que des psychologues et par des psychologues. Vous m'avez dit que c'était dans le cadre de formation
sous supervision. Et quand on a terminé, je vous disais : Oui, mais qu'en est-il... qu'en est-il des autres? Parce
qu'on a fait des modifications pour quatre ordres professionnels.
D'ailleurs, si vous
regardez l'article 61 du projet de loi, il y a également un règlement sur
certaines activités professionnelles pouvant être exercées par des personnes
autres que des sexologues et par des sexologues, mais ça ne semble pas être le cas pour les conseillers en
orientation et puis le règlement sur la formation et l'expérience clinique des
infirmières.
Donc, je me demandais
pourquoi. Et est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de corriger? Puis comment on
assure la protection du public dans ces cas-là. Voilà.
Mme LeBel :
Bon, les autres... aux deux règlements que vous venez mentionner, c'est des
gens en voie de devenir des psychologues, puis
ils sont dans la formation, qui ont le droit de faire certaines activités.
Donc, les personnes autres que des
psychologues, dans les faits, comprenez que c'est des étudiants, des stagiaires
qui vont devenir psychologues. Ce n'est pas un autre professionnel.
Donc, c'est des gens sur la voie de devenir des psychologues.
Mais ce règlement-là,
donc, vient dire qu'il y en a... certaines choses, que ces gens-là sur la voie
de devenir psychologues, peuvent exercer, même s'ils n'ont pas encore atteint
la pleine formation. Mais, dans ce cas-ci, on vient,
dans le règlement, dire que l'évaluation qui était faite par le psychologue
dans ce cadre-là peut devenir un diagnostic aussi, parce qu'on vient de
lui donner la capacité de diagnostiquer ailleurs, là. Mais les personnes
autres, ce n'est pas des professionnels
abandonnés, là, sur le bord du... sur le bord du processus. C'est vraiment des
gens en formation qui vont devenir un jour psychologues, on l'espère,
là. C'est ça qui est l'objectif.
M. Morin :
OK. Donc, au fond...
Mme LeBel :
Et c'est la même chose pour l'autre règlement auquel vous faisiez référence.
M. Morin :
Les sexologues.
Mme LeBel : Les personnes autres,
c'est des personnes en... les stagiaires, les étudiants, disons-le comme ça.
M. Morin :
Sauf que... est-ce que les...
Puis la question que je posais par la suite : Est-ce qu'il y a
l'équivalent pour les infirmières puis les conseillers d'orientation?
Mme LeBel : ...ne sont pas
faits de la même façon, j'imagine, là. C'est plutôt ça, là.
Une
voix : ...
Mme LeBel :
Oui, c'est ça. Disons que, là, c'est parce que le problème, c'est que les
règlements ne sont pas tous bâtis de la même
façon puis ils ne sont pas tous libellés de la même façon. Mais à chaque fois
qu'un professionnel se voit donner la capacité de diagnostiquer, on le fait,
l'ajustement dans les règlements afférents, là. Mais ils ne sont pas
tous rédigés de la même façon pour les 46 ordres professionnels, là.
M. Morin :
OK. En fait, je voulais juste m'assurer qu'on n'en oubliait pas...
Mme LeBel :
C'est ça.
M. Morin :
...puisqu'on fait de la concordance.
Mme LeBel :
Vous avez tout à fait raison.
M. Morin :
D'accord.
Mme LeBel : Mais je vous rassure, ce
n'est pas un professionnel qui n'obtiendra pas quelque chose, là. C'est le psychologue
en voie de formation.
Une voix : ...
Mme LeBel :
Oui, c'est ça. C'est bon. Ça confirme.
M. Morin :
Parfait. Excellent. Je vous remercie.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : C'est juste une
validation, là. C'est une bonne question, parce que, là, on le voit
effectivement pour les psys, mais la
candidate à la profession d'infirmière, elle, elle a les mêmes extensions de la
même façon que, là, on le prévoit.
Mme LeBel :
...bien, elle, c'est parce qu'elle obtient le permis. Le permis restreint,
c'est autre chose...
M. Cliche-Rivard :
Elle, elle obtient le permis. C'est ça.
Mme LeBel :
...elle l'obtient d'une autre façon. Tu sais, il y a des chemins... il y a
46 ordres professionnels, donc, des
fois, il y a 46 réalités, là. Mais vous avez raison, la candidate à la
profession, quand on parle de l'infirmière, n'oublions pas qu'elle est sur la base d'un permis qui fait qu'elle
devient membre de l'ordre. Donc, elle fait ce que les membres de l'ordre
peuvent faire, là.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que les modifications de diagnostic vont s'appliquer à elle pareil.
Mme LeBel :
Bien, par le fait qu'il...
M. Cliche-Rivard :
Par le truchement de la modification.
Mme LeBel :
Bien oui. Oui, oui, absolument, parce que le permis va lui donner cette
activité-là, là.
M. Cliche-Rivard :
Par ce chemin-là de l'infirmière. Le psy, on vient de le voir, c'est par la
modification réglementaire.
Mme LeBel :
Oui, oui.
M. Cliche-Rivard :
Le conseiller en orientation...
Mme LeBel :
Oui, puis il y a d'autres... Vous allez voir, il y a d'autres modifications
qui s'en viennent, qui vont répondre aux enjeux que vous soulevez au fur et à
mesure, là.
M. Cliche-Rivard :
C'est ça.
Mme LeBel :
Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait qu'on va le voir pour les quatre professions touchées : psy,
conseiller en orientation, sexologue, ortho.
Mme LeBel : Et
l'infirmière clinicienne, qui se voit la capacité de le faire, parce qu'on l'a
vu un petit peu plus tôt.
M. Cliche-Rivard :
Oui, à l'article 3.
Mme LeBel :
Oui, l'infirmière clinicienne, qui se voit maintenant la capacité de faire
un diagnostic en santé mentale quand elle a
l'attestation de formation, ne l'oublions pas. Alors que maintenant, avec
l'attestation de formation, c'est la capacité de faire une évaluation
qu'elle a dans certaines catégories de troubles mentaux.
M. Cliche-Rivard :
Avec la modification de 36.
Mme LeBel :
Exactement.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Merci.
Mme LeBel :
Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
La Pinière.
Mme Caron :
Merci, M. le Président. Alors, est-ce qu'il faut comprendre que les
autres... autres que des psychologues...
Dans le cas de l'article 49, vous avez dit que c'est des candidats à la
profession, donc ils n'ont pas encore leur plein permis. Est-ce qu'on...
Mme LeBel :
Bien, c'est soit des... C'est des gens qui sont dans la formation... qui
sont en formation.
Mme Caron :
Ils ont la formation initiale ou ils sont encore en train de la faire?
Mme LeBel :
Oui, ils sont en stage.
Mme Caron : Ils sont en stage,
donc... Alors, ça va mener au plein permis. Mais est-ce qu'on... est-ce que
c'est l'équivalent? Les personnes...
Mme LeBel :
Mais là ils sont même avant le permis, là. Ils sont dans la formation, là,
oui.
Mme Caron :
Ils sont dans la formation, alors ils ne sont pas encore rendus au niveau
de permis restrictif temporaire dont on parlait à l'article 4.
Mme LeBel :
Bien là, ça va dépendre... Ça va dépendre, là. On va voir ce que l'ordre
va... OK. J'essaie juste d'être... Ce n'est
pas vous, là, c'est moi, j'essaie de remettre les... parce qu'il y a
46 ordres professionnels et 46 réalités, c'est ça qui, bien...
Puis il y a 56, 54 professions?
Une voix : ...
Mme LeBel :
55. Donc, il faut juste être... Les chemins sont différents pour tout le
monde, et il y en a qui ont déjà les outils qu'on ajoute. Puis, comme je vous
parlais des candidates à la profession des infirmières, je vous disais que ça existe déjà pour... dans leur réalité, la
notion de permis restreint temporaire, qui n'existe pas nécessairement pour les
autres. Ça dépend de leur loi, ça dépend de leur règlement, etc., etc.
Dans ce cas-là, je
jase, si l'ordre des psychologues considère approprié, à cette étape-là, de
donner un permis restrictif temporaire, ils pourront le faire. Mais là je ne
sais pas si la formation le justifie. Je ne sais pas, je veux dire, je ne peux pas parler des psychologues de façon
particulière. Mais l'outil va exister, ce sera à l'ordre de décider si l'outil
est pertinent.
Mme Caron :
Merci.
Mme LeBel :
C'est difficile d'être plus précis que ça, parce que... Oui.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 49 est adopté? Allo! je pose une
question importante, là.
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci
beaucoup. Merci. Merci beaucoup. Mme la ministre.
Mme LeBel :
Je dirais que c'est la question que je préfère.
Une voix : ...
Mme LeBel :
Oui, c'est ça. Alors, Règlement sur une activité de formation des
sexologues pour l'évaluation des troubles
sexuels, l'article 50 : Le titre du Règlement sur une activité de
formation des sexologues pour l'évaluation des troubles sexuels est
modifié par le remplacement de «l'évaluation» par «le diagnostic».
Donc, vous voyez,
dans ce cas-ci, comme dans le... dans le titre du règlement, il y avait le mot
«évaluation», on le remplace par «diagnostic». D'autres règlements n'ont pas ce
mot-là dans le titre, donc on fait les adaptations nécessaires.
• (14 h 10) •
Le
Président (M. Bachand) : ...interventions?
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Puis, dans l'ensemble
d'un règlement qui portait ce nom-là, il n'y avait pas de modification
sur le mot?
Mme LeBel : À moins qu'on les fasse
plus tard, mais, s'il y a les... si on ne les fait pas, c'est parce qu'on n'avait
pas à les faire...
M. Cliche-Rivard :
Je comprends, mais c'est quand même, là, surprenant pour le nom du
règlement.
Mme LeBel :
...et si on... et ça se peut que ça s'en vienne dans un autre article.
M. Cliche-Rivard :
Oui, c'est ça.
Mme LeBel : Je vais vous le dire, je
ne l'ai pas tout par coeur, par coeur, là, mais je sais que toute la concordance
qu'on doit faire...
M. Cliche-Rivard :
Vous l'avez fait.
Mme LeBel :
...pour ajuster, dans le règlement, va être faite. Et c'est pour revenir à
ce qu'on disait ce matin, c'est-à-dire qu'on aurait pu le faire en deux étapes,
OK, qui était, quant à moi, contre-productif dans le cas présent, parce que
c'est un choix qu'on peut faire à chaque fois, de dire : On met la loi en
vigueur...
M. Cliche-Rivard :
On verra après.
Mme LeBel :
...puis ils feront les règlements par la suite. On a décidé de faire les
règlements dans le cadre de la loi. Et, à ma connaissance, tous les règlements,
tous les règlements qui sont concernés par la transformation de «l'évaluation»
en «diagnostic», tel qu'on vient de faire, on les voit, puis on le voit... Il y
en a encore à 51...
M. Cliche-Rivard :
Bien oui, la réponse est à 51.
Mme LeBel :
...50, 51, 52. C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Vous avez fonctionné
comme ça parce que ça référait à l'annexe et non pas au règlement...
Mme LeBel :
Voilà, voilà. Exact.
M. Cliche-Rivard : ...ça fait que, là, il y
a un autre article pour l'annexe. Bon, c'est ça, les juristes? C'est ça? Oui.
Mme LeBel :
C'est probablement une explication.
M. Cliche-Rivard : Bon, donc, dans le
règlement, sans l'annexe, il n'y a effectivement pas d'occurrence. Ça fait qu'allons
à l'annexe. Allons-y.
Mme LeBel :
On change de titre, après ça, on change l'article.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Allons à l'annexe.
Le Président (M. Bachand) : ...sur l'article 50? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 50 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Juste peut-être un petit
rappel que je vous faisais hier aussi, tout le monde adore le projet de loi,
mais juste donner le temps un petit peu pour entendre la réponse des gens et
prendre le temps d'écouter la question aussi. Alors, merci beaucoup. Mme la
ministre.
Mme LeBel : Nos auditeurs du
jeudi après-midi vont faire attention. Merci, M. le Président. C'est un rappel
pertinent.
Donc,
article 51 : L'annexe I de ce règlement est modifiée :
1°
par le remplacement de «principes d'évaluation», de «techniques d'évaluation»,
de «d'évaluation diagnostique et clinique», de «à l'évaluation» et de
«supervision en évaluation» par, respectivement, «principes de diagnostic»,
«techniques de diagnostic», «diagnostics», «au diagnostic» et «supervision en
diagnostic»;
2°
par l'insertion, dans le deuxième... dans le paragraphe 2° du deuxième alinéa
de la section «Formation pratique» et après «continue», de «du
diagnostic».
Donc, encore une
fois, c'est de la concordance avec l'article 3, là, comme toujours.
Le Président (M. Bachand) : ...sur l'article 51? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 51 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme LeBel :
Oui, 52. OK. L'annexe II de ce règlement est modifiée par le
remplacement, partout où ceci se trouve, de
«de l'évaluation», de «l'évaluation», de «d'évaluation» et de «évaluer» par,
respectivement, «du diagnostic», «le diagnostic», «diagnostiques» et
«diagnostiquer».
Donc,
toujours une concordance avec l'article 3, dans le même exercice qu'on a
entrepris depuis l'article 48 ou 49.
Une voix :
...
Mme LeBel :
48.
Le
Président (M. Bachand) : ...52? S'il n'y a
pas d'intervention, est-ce que l'article 52 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci.
Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : 53, M. le Président.
Règlement sur la formation et l'expérience clinique requises des infirmières
pour l'évaluation des troubles mentaux. Donc, 53 : Le titre du Règlement
sur la formation et l'expérience clinique requises
des infirmières pour l'évaluation des troubles mentaux est modifié par le
remplacement de «l'évaluation» par «le diagnostic».
Donc,
c'est proposé en concordance avec l'article 36 du projet de loi, qui est
relatif à l'évaluation des troubles mentaux, maintenant, par les
infirmières.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions sur 53? M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci. Donc, effectivement, à 36 de la loi, on parle de la loi sur les
infirmières, ici, on va venir modifier le
règlement. Il s'agit uniquement de changer le mot. Donc, je comprends que, pour
la protection du public, le règlement énonce déjà toute la formation qui
doit être suivie pour les infirmières afin d'être capable, finalement,
d'évaluer des troubles, des troubles mentaux. Donc, ça ne vient pas changer,
finalement, la formation, mais c'est juste une question de nomenclature, en
fait.
Et,
quand on parle du règlement sur la formation et l'expérience clinique requises
des infirmières pour l'évaluation des troubles mentaux, est-ce que c'est
un... ça s'adresse à l'ensemble des infirmières? Est-ce que les IPS suivent une
formation plus approfondie? Comment ça fonctionne exactement? Puis quelle est
la différence, la distinction entre les deux?
Mme LeBel :
Oui, c'est la formation qui vise les cliniciennes, mais c'est la formation
supplémentaire. Quand je vous disais qu'elles ont besoin d'une attestation de
formation pour être capables, maintenant, à l'adoption du projet de loi, de diagnostiquer... mais, au moment où on se parle,
d'évaluer les troubles mentaux, c'est le règlement qui régit la
formation supplémentaire qui va mener à une attestation de formation qui va
être attribuée par l'ordre, à la suite de ça, pour être capables, bon, à
l'adoption du projet de loi... si c'est le cas, va pouvoir diagnostiquer.
Mais elle n'est pas
changée, cette formation-là. La procédure n'est pas changée. Le contenu de la
formation n'est pas changé. Le fait d'avoir
une attestation n'est pas changé. C'est juste que, là, il faut adapter la
nomenclature de tous ces... de tous ces règlements-là pour qu'on
vienne... Parce que, là, si on le garde... on les gardait comme évaluation, les gens pourraient se dire :
Bien là, ça ne marche pas, c'est une formation pour évaluer, pas pour
diagnostiquer, alors que ce n'est pas
ça. Il pourrait y avoir un bris, là, et les attestations pourraient théoriquement
être non conformes.
M. Morin :
Parfait. Je vous remercie.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 53 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
ministre.
Mme LeBel : 54.
L'article 1 de ce règlement est modifié par le remplacement de
«l'évaluation des troubles mentaux, à l'exception du retard mental» par «le
diagnostic des troubles mentaux, à l'exception de la déficience
intellectuelle».
Donc, en concordance à ce qu'on a fait avec 36,
on ajuste le mot «évaluation» par «diagnostic». Et on a parlé tantôt du fait
que maintenant on ne parle plus de troubles mentaux, mais on parle de
déficience intellectuelle. Donc, ça aussi, c'est une concordance, là.
Une voix : ...
Mme LeBel : De retard, pardon.
Pas de retard, mais de déficience, désolée.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de l'Acadie,
oui?
M. Morin : Je comprends qu'on
ne parle plus de retard mental, mais de déficience.
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Parfait. Excellent.
Mme LeBel : Mais c'est un
ajustement, là, plus de sémantique, je dirais.
M. Morin : Parfait. Merci.
Le
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 54 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Mme la
ministre.
Mme LeBel : 55.
L'article 2 de ce règlement est modifié par le remplacement, dans ce qui
précède le paragraphe 1°, de «évaluer le trouble mental, à l'exception
du retard mental» par «diagnostiquer le trouble mental, à l'exception de la
déficience intellectuelle».
Je serais portée
à vous dire que ce sont les mêmes commentaires, parce qu'on voit le même type
d'ajustement, mais dans... à un autre article du règlement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions
sur 55? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 55 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Mme la
ministre.
Mme LeBel : 56.
L'article 4 de ce règlement est modifié par le remplacement de «évaluer,
au cours de la formation visée au
paragraphe 1 de l'article 2, les troubles mentaux, à l'exception du
retard mental, à condition d'être supervisée par un professionnel habilité à
évaluer» par «diagnostiquer, au cours de la formation visée au
paragraphe 1 de l'article 2, les troubles mentaux, à
l'exception de la déficience intellectuelle, à condition d'être supervisée par
un professionnel habilité à diagnostiquer».
Donc, je vous dirais que ce sont les mêmes
commentaires pour les mêmes raisons.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, interventions sur 56?
M. Morin : Non.
Le Président (M.
Bachand) : S'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article 56 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Mme la
ministre.
Mme LeBel : 57. Donc :
L'annexe I de ce règlement est modifiée :
1° par le
remplacement, dans le sous-paragraphe d du paragraphe 1° du premier alinéa, de
«à l'évaluation» par «au diagnostic»;
2°
par le remplacement, dans le sous-paragraphe a du paragraphe 2° du premier
alinéa, de «l'évaluation» par «le diagnostic»;
3°
par l'insertion, dans le sous-paragraphe b du paragraphe 2° du premier alinéa
et après «de santé et», de «au diagnostic»;
4° par le
remplacement, dans le dernier alinéa, de «évaluer» par «diagnostiquer».
Donc, c'est toujours
une proposition de concordance avec l'article 36 du projet de loi pour
remplacer, comme je le disais tantôt, les
notions d'«évaluation» par «diagnostic» et de «retard mental» par «déficience
intellectuelle».
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions?
Mme LeBel :
Je vais verser mes commentaires.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin :
...brièvement. En fait, je
comprends que, dans votre dernier alinéa, là, ce que vous venez modifier,
c'est la... la phrase, en fait, qui réfère au stage clinique qui est supervisé
par un professionnel habilité, là, c'est : «à évaluer les troubles
mentaux». Donc, ça va être : «À diagnostiquer les troubles mentaux».
Mme LeBel :
Oui.
M. Morin :
OK. Parfait. Et je comprends que cette formation-là, c'est une formation de
deuxième cycle à l'université.
Mme LeBel :
Oui.
M. Morin :
OK. Parfait. Je vous remercie.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 57 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci.
Mme la ministre.
Mme LeBel :
Adopté. 58. L'annexe III de ce règlement est modifiée :
1° par le
remplacement, dans le paragraphe 2°, de «d'évaluation» par «de diagnostic»;
2° par le
remplacement, dans le paragraphe 3°, de «évaluer» par «diagnostiquer».
Donc,
on est dans... toujours dans la même logique qui découle de la concordance,
compte tenu de l'article 36.
Le
Président (M. Bachand) : Donc,
interventions sur l'article 58? Alors, s'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article 58 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci.
Mme la ministre.
Mme LeBel :
60... 59.
Le
Président (M. Bachand) : Non, 61.
Mme LeBel :
On s'en va à 61.
Le
Président (M. Bachand) : 61.
Mme LeBel :
Bien, excusez-moi, là. C'est moi qui a un petit trouble. OK.
Règlement sur
certaines activités professionnelles pouvant être exercées par des personnes
autres que des sexologues et par des sexologues.
61. Le Règlement sur
certaines activités professionnelles pouvant être exercées par des personnes
autres que des sexologues et par des sexologues, approuvé par le décret n° 88-2024, est modifié par le remplacement, partout où
ceci se trouve, de «évalue», de «l'évaluation» et de «évaluer» par,
respectivement, «diagnostique», «le diagnostic» et «diagnostiquer».
Donc, on est toujours
dans une concordance, mais cette fois-ci avec les articles 3, 50 à 52 du
projet de loi. Donc, ça remplace la notion d'«évaluation» par celle de
«diagnostic».
• (14 h 20) •
Le Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. Interventions? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 61 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Mme la
ministre.
Mme LeBel : 39, que je trouve à
l'instant. On arrive maintenant dans le merveilleux monde de la Loi sur la
pharmacie.
Alors, article 39 : L'article 8
de la Loi sur la pharmacie est modifié par l'ajout, à la fin, de ce qui
suit :
«c) donne un avis au ministre de la Santé et des
Services sociaux ou à Santé Québec, selon le cas, de sa propre initiative ou
sur demande de l'un d'eux, sur la qualité des soins ou des services
pharmaceutiques fournis dans les centres
exploités par les établissements et sur les normes à suivre pour relever le
niveau de la qualité de ces soins ou services.
«Dans
l'exercice des fonctions qui lui sont attribuées au paragraphe c du premier
alinéa, le Conseil d'administration peut faire effectuer des enquêtes au sujet
de la qualité des soins ou des services pharmaceutiques fournis dans les
centres exploités par les établissements et former un comité d'enquête à cette
fin.»
En matière de contrôle de la qualité de
l'exercice, il est proposé d'ajouter, à l'article 8 de la Loi sur la
pharmacie, le pouvoir du conseil d'administration de donner des avis au
ministre de la Santé et des Services sociaux ou à Santé Québec. De tels avis
pourront porter sur la qualité des soins ou des services pharmaceutiques
fournis dans les centres exploités par les établissements ainsi que sur les
normes à suivre pour relever le niveau de la qualité de ces soins ou services.
Le deuxième alinéa prévoit que, pour un avis sur
la qualité des soins ou des services pharmaceutiques, le conseil
d'administration peut faire effectuer des enquêtes et former... des enquêtes et
former un comité d'enquête.
Le Collège des médecins du Québec, l'ordre des
infirmières, l'ordre des dentistes, l'ordre des optométristes jouissent déjà de
tels pouvoirs, donc on l'ajoute aux pharmaciens.
Il y a un amendement, c'est ça?
Le Président (M.
Bachand) : Oui.
Mme LeBel : Oui, merci. Amendement : Ajouter, après le
deuxième alinéa de l'article 8 de la Loi sur la pharmacie, proposé
par l'article 39 du projet de loi, les alinéas suivants :
«Il est interdit d'entraver de quelque façon que
ce soit un membre d'un comité d'enquête formé en vertu du deuxième alinéa dans
l'exercice de ses fonctions, de le tromper par des réticences ou par de fausses
déclarations ou de refuser de lui fournir un renseignement ou un document
relatif à une enquête qu'il tient en vertu de la présente loi.
«Toute personne qui contrevient au présent
article commet une infraction et est passible des peines prévues à
l'article 188 du Code des professions.»
Cet
amendement permet d'ajouter, à l'article 8 de la Loi sur la pharmacie
l'interdiction, d'entraver, de quelque façon
que ce soit, dans l'exercice de ses fonctions, un membre d'un comité d'enquête
et de prévoir naturellement, en cas... en cas d'entrave, pardon, une
peine qui en découle.
Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions sur l'amendement?
M. Morin : ...suspension, s'il
vous plaît...
Le
Président (M. Bachand) : Oui. On va suspendre
quelques instants pour prendre connaissance des amendements. Merci
beaucoup.
(Suspension de la séance à 14 h 24)
(Reprise à 14 h 32)
Le Président
(M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous
plaît! On reprend les travaux. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui. En fait, je
vous inviterais à permettre à la députée de La Pinière, qui a une
question...
Le Président
(M. Bachand) : Oh! excusez-moi.
M. Morin : Oh non! Je vous en
prie.
Le Président
(M. Bachand) : Mme la députée de La Pinière,
s'il vous plaît. Allez-y, oui.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, j'avais quelques questions pour ma compréhension dans les
paragraphes ajoutés. Quand on dit, au paragraphe c, «donne avis au ministre de
la Santé et des Services sociaux ou à Santé
Québec, selon le cas, de sa propre initiative ou sur demande de l'un d'eux, sur
la qualité des soins ou des services pharmaceutiques fournis dans les
centres exploités par les établissements et sur les normes à suivre», etc.,
alors, les centres
exploités par les établissements, est-ce qu'on parle des CHSLD publics, des
hôpitaux, des centres de réadaptation...
Le
Président (M. Bachand) : ...on est
sur l'article... Bien, on était sur l'amendement. Alors, ça va? Parfait.
Mme Caron :
Oui, oui.
Le
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y, Mme la ministre.
Mme LeBel :
...dont on parle, là? Je ne veux pas...
Mme Caron :
Bien, sur l'amendement, ce qui est...
Mme LeBel :
Bien, l'amendement vient introduire la notion d'entrave, ne pas entraver et
de la... et la peine qui en découle. Ce n'est pas parce que je veux... Je veux
juste qu'on soit sûr que, pour les commentaires, on est sur l'amendement et sur
la notion d'entrave et de peine qui en découle. Et, sur l'article principal,
comme vous le dites, effectivement, on ajoute la capacité de donner un avis au
ministère de la Santé et Santé Québec.
Mme Caron :
D'accord. Alors, effectivement, c'est sur l'article principal. Alors, je
pourrai revenir, à ce moment-là, avec les...
Mme LeBel :
Avec plaisir.
Le
Président (M. Bachand) : Sur
l'amendement, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Oui, merci. Mme la ministre, effectivement, vous incluez l'entrave, puis là
l'entrave existe du moment où le comité est formé,
là, finalement, par le CA. Mais le CA qui déciderait, là, de lui-même participer de quelconque façon, lui possède-tu,
comme, la même ressource pénale, le même recours pénal en vertu de 188, s'il
demande une information à son CHSLD ou à sa RPA sans nécessairement former le
comité d'enquête, là?
Mme LeBel :
Oh! un instant.
M.
Cliche-Rivard : Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Oui. Mme la
ministre.
Mme LeBel :
Oui. Je ne suis pas...
Le
Président (M. Bachand) : Allez-y.
Mme LeBel :
Oui, juste pour vraiment clarifier puis, peut-être, au pire, on suspendra pour
être capables de bien comprendre, mais je ne suis pas certaine de comprendre
votre question. Je veux dire, s'il y a une enquête à être formée, il va former un comité d'enquête, sinon,
le CA, je veux dire, il est dans une démarche plus administrative, là. Mais je
veux juste être sûre de bien comprendre votre question, là.
M. Cliche-Rivard : Bien non, mais c'est
potentiellement ça. Il peut faire effectuer une enquête, il peut former
un comité d'enquête, mais s'il décidait de se saisir de la question comme CA...
Mme LeBel :
Bien, à ce moment-là, il ne serait plus dans le contexte d'une enquête, là,
je veux dire.
M. Cliche-Rivard :
Puis il possède quand même des dispositions en vertu du code.
Mme LeBel : Bien, il peut quand même
poser des questions, j'imagine, mais là on est plus dans une démarche
administrative, j'aurais... je serais pensée à le penser. Ça fait que, là,
est-ce que c'est le pénal ou d'autres... d'autres conséquences administratives,
là, je vous dirais de façon spontanée, là.
Mais,
à partir du moment où on veut se situer dans le cadre d'une enquête et qu'on
veut entraver une enquête, il faut vraiment qu'on soit dans le contexte
d'une enquête, là.
M. Cliche-Rivard :
Il faut qu'on soit dans le contexte d'enquête.
Mme LeBel : Parce que, là, on vient
de passer dans le domaine pénal avec une conséquence pénale, ce qui ne veut
pas dire qu'un comité d'administration qui pose des questions, je vais dire
comme ça, n'a pas des leviers administratifs, là.
Mais je vous
dirais que, si le CA décide de faire une enquête sans former un comité
d'enquête, là, je ne comprends pas pourquoi il ne le fait pas, là.
M. Cliche-Rivard : Je
comprends, mais auquel cas ce n'est pas clair qui... lui, il aurait accès aux
dispositions d'entrave.
Mme LeBel :
Bien, je serais portée à vous dire que non parce...
M. Cliche-Rivard :
Qu'il se constitue en comité d'enquête ou qu'il en constitue un?
Mme LeBel :
Bien, qu'il se constitue, comme on disait, hein?
M. Cliche-Rivard :
C'est ça. Et lui-même pourrait se constituer en tant que comité d'enquête,
le CA, si ça lui tente.
Mme LeBel : De lui-même dire :
Moi, le CA, je suis maintenant comité d'enquête? Je ne le sais pas, il faudrait
que je relise, là, mais...
M. Cliche-Rivard :
Je vous laisserai le valider, mais ce sera...
Mme LeBel :
C'est un petit peu...
M. Cliche-Rivard :
Ce sera tout.
Mme LeBel :
On se comprend-tu?
M. Cliche-Rivard :
On se comprend.
Mme LeBel :
Qu'il forme un comité d'enquête, là, puis il y aura une enquête.
M. Cliche-Rivard :
Qu'il forme un comité d'enquête, auquel cas...
Mme LeBel :
Oui, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : Ledit comité se trouvait un petit peu sans
recours face à une entrave. Là, on vient corriger ça.
Mme LeBel :
Bien, c'est parce qu'effectivement...
M. Cliche-Rivard :
Parce qu'il n'y a rien quelque part qui dit que tout comité formé...
Mme LeBel :
Il n'y a pas de dispositions générales sur les comités d'enquête au Québec.
M. Cliche-Rivard :
C'est ça. Voilà.
Mme LeBel : Sur les commissions d'enquête,
oui, je peux vous en parler, mais pas sur les comités d'enquête.
M. Cliche-Rivard :
Je ne pense pas qu'on ait même assez... Je pense qu'il va manquer de temps,
si on va là.
Mme LeBel :
Il était une fois 2011.
Le
Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Oui. Merci, M. le Président.
Donc, je comprends que dans la Loi sur la pharmacie, en fait, vous allez
adopter à peu près le même libellé, sinon le même libellé qui existe dans la loi
sur les médecins à l'article 17.
Mme LeBel :
Par rapport à l'entrave?
M. Morin :
Par rapport au comité... Par
rapport à l'entrave d'un comité d'enquête qui est formé par le conseil
d'administration.
Mme LeBel : Oui, oui. Bien là, on est
sur l'entrave qui découle du comité d'enquête de l'article principal, mais
absolument, ce n'est pas... on n'a pas réinventé une roue, là.
M. Morin :
Donc, le législateur est cohérent avec ce qu'il fait. Il sait ce qu'il
fait. Donc, c'est parfait.
Mme LeBel :
Autant que faire se peut.
M. Morin : Autant que faire se
peut.
Mme LeBel :
Autant que faire se peut.
M. Morin :
Est-ce que ça existe dans toutes les lois?
Mme LeBel :
Je ne vous dirais pas dans toutes les lois, mais dans beaucoup de lois, là.
M. Morin :
Mais comme, par exemple, dans la Loi sur le Barreau ou la Loi sur le
notariat, ça existe-tu? Parce que je l'ai trouvé dans la loi sur les médecins.
Mme LeBel : Est-ce
qu'on peut suspendre quelques secondes, s'il vous plaît? Je m'excuse, là.
M. Morin :
Oui, oui, bien sûr.
Le
Président (M. Bachand) : On va
suspendre quelques instants, s'il vous plaît. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
14 h 38)
(Reprise à 14 h 42)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Merci, M. le Président. Alors, après avoir regardé
attentivement et pour répondre à mon collègue, ce type de disposition
là, que ce soit la possibilité de donner un avis, de former un comité d'enquête
ou d'avoir l'entrave qui va avec l'enquête, afférente à l'enquête, existe pour
tous ceux qui ont la possibilité de donner un avis au ministre de la Santé.
À titre d'exemple, la
loi sur les infirmières a des dispositions similaires, la Loi médicale a des
dispositions similaires, la Loi sur les dentistes, la loi sur les optométristes
ont des dispositions similaires, parce que ces lois-là... ces professionnels-là
ont la possibilité de donner un avis au ministre de la Santé dans le cadre de
ce qu'on parle aujourd'hui.
Comme
on ajoute, dans le cadre des travaux, et après discussion avec tout le monde,
et consensus, la possibilité aux
pharmaciens de faire un tel avis dans un tel cadre, bien, on ajoute ce qui va
avec et ce qui apparaît partout ailleurs.
M. Morin : Parfait.
Merci.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Comme Mme la ministre nous le
disait hors micro, là, c'est qu'essentiellement les autres formations avaient
déjà référence au pouvoir d'entrave. Là, c'était comme un genre de mission, là,
puis là on l'ajoute, on le complète.
On a effectivement
effectué la recherche, là, pour le Collège des médecins, là. Le pouvoir
d'entrave, c'était l'article 17; à l'ordre des infirmières, c'est 11 et
11.1; à l'ordre des dentistes, c'est 17 puis...
Une voix :
...
M. Cliche-Rivard : ...15; et aux optométristes, c'est 19. Ça fait que c'est effectivement
complet, là, ça fait un tour de roue.
Puis
on reviendra sur le fond, à savoir pourquoi seulement ces professions-là, mais
je vais laisser l'amendement être adopté en premier lieu. Merci.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci. J'avais la députée de La Pinière
sur l'article 39 tel qu'amendé. Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci,
M. le Président. Donc, la question, c'était de clarifier quand on dit que cet
avis peut être donné sur la qualité des
soins ou des services pharmaceutiques fournis dans les centres exploités par
les établissements, donc que les établissements, ce sont les CISSS et
les CIUSSS, et que les centres exploités par eux sont les CHSLD publics, les
centres de jour, les hôpitaux. Alors, je voulais vérifier si c'était bien de ça
dont on parlait.
Mme LeBel : Je
vais vous faire référer à l'article 79 de la LSSSS qui vient déterminer le
type d'établissement. Là, on parle d'un centre... bien, un CHSLD, à titre
d'exemple, là, si je ne me trompe pas là-dedans, oui.
On voit, à 79 de la
LSSSS, là, un centre local de services communautaires, un centre hospitalier,
un centre de protection de l'enfance et de la jeunesse, centre d'hébergement et
de soins de longue durée, et voilà, et un centre de réadaptation. Donc, on fait
référence à ces établissements-là.
Mme Caron : À
ceux-là.
Mme LeBel : À
ceux-là, oui.
Mme Caron : C'est
parfait.
Mme LeBel : Dans
ces centres-là, oui.
Mme Caron : Merci. Et puis, dans ces centres exploités, est-ce
que les pharmaciens font... prescrivent eux-mêmes ou est-ce que ce sont
les médecins qui prescrivent? Est-ce que ça influence les EPAP cet article de
loi là?
Mme LeBel : Non,
cet article de loi là n'est pas dans la catégorie des EPAP. Quand on va parler
du pouvoir de prescrire accru et de... pas de... prescrire et des pharmaciens,
là, accru, comme on a parlé, on pourra en parler à ce moment-là, mais ce n'est
pas dans... ce n'est pas du tout dans ce cadre-là, non, du tout. Ça, c'est la
capacité pour l'ordre de donner un avis, là.
Mme Caron : Puis est-ce que, par exemple, un sujet sur lequel
l'ordre pourrait donner un avis pourrait être la surmédication des
patients âgés dans les CHSLD, par exemple?
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron : Ça
permettrait de faire ça, ce qui n'est pas le cas actuellement?
Mme LeBel : Bien, ils peuvent toujours faire un avis,
présentement, mais il n'y a pas de processus officiel, là.
Mme Caron : D'accord.
Mme LeBel : Mais
la réponse dans la... le sujet lequel vous venez de mentionner, la réponse est
oui.
Mme Caron : D'accord.
Merci.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
Ça fait un peu écho à ça, Mme la ministre, puis j'en parlais tantôt, là,
le point 7.1 du Conseil interprofessionnel du Québec qui nous dit, et d'autres ordres professionnels
pertinents, je cite :
«Soulignons
que certains ordres professionnels du secteur de la santé et des relations
humaines qui ne disposent pas d'une loi particulière aimeraient également se
voir confier de telles fonctions. Le CIQ souligne la pertinence des
fonctions aussi confiées en matière de contrôle de qualité de l'exercice
professionnel. Dans cette perspective, il serait opportun que les autres ordres professionnels du secteur de la santé et
des relations humaines qui aimeraient également se voir confier de
telles fonctions puissent être inclus à la réflexion.» Ça fait que le message
est envoyé.
Mme LeBel : ...à
la réflexion.
M. Cliche-Rivard : Ils sont inclus dans la
réflexion, et, comme vous l'avez souligné, rien ne les empêche de le faire.
Mme LeBel : Non,
rien n'empêche un ordre professionnel d'émettre un avis quand c'est pour la...
M.
Cliche-Rivard : C'est ça. Puis se constituer un comité, c'est une
autre affaire, mais...
Mme LeBel : ...avant que M. le Président m'avise parce que
j'ai... Encore une fois, j'embarquais par-dessus vous. Je m'excuse.
Un ordre
professionnel a responsabilité quand même de la protection du public — on
voit le Barreau, hein, émettre des avis
régulièrement — mais
donc rien ne les empêche de formuler un avis, mais ce processus-là,
présentement, bien, on va voir pour la suite.
M.
Cliche-Rivard : Est-ce que vous l'avez réfléchi dans... ou est-ce que
la réflexion qui est en cours se limite à ce
qu'on dit là, ici, services sociaux et qualités humaines ou perspectives
humaines, ou si on s'ouvre à... et relations humaines, c'est ça le mot,
ou si on s'ouvre à l'ensemble des ordres qui, dans votre réflexion, pourraient
peut-être se voir donner un droit d'avis à son ministre concerné?
Mme
LeBel : Bien, écoutez, il faudrait... On demeure à
convaincre, là, aux endroits où c'est pertinent puis on... si c'est le
cas, on aura des discussions, là, je ne veux pas...
Je ne suis pas du genre à fermer une porte quand
on parle de discussions, mais je ne m'engage jamais. Je prends toujours
l'obligation de moyens. C'est celui du résultat sur lequel je ne m'engage pas.
M. Cliche-Rivard : Évidemment.
Mme LeBel : J'ai encore ma carte du
Barreau.
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est ça.
Parfait. Bien, de toute façon, c'est un permis qui n'expire pas, comme on a
appris. C'est tout, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions sur
l'article 39 tel qu'amendé? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 39, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : 41, oui, donnez-moi
30 secondes. Article 41. L'article 17 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement du premier alinéa par le
suivant :
«L'exercice de la pharmacie consiste à évaluer
l'état de santé, à prévenir et à traiter les maladies par l'usage et la gestion
appropriés des médicaments dans le but de maintenir la santé, de la rétablir ou
d'offrir le soulagement approprié des symptômes.»;
2° dans le deuxième alinéa :
a) par la suppression, dans le
paragraphe 1.1°, de «dans le but d'assurer l'usage approprié des
médicaments»;
b) par la suppression, dans le paragraphe 5°,
de «en introduisant un instrument dans le pharynx»;
c) par la suppression, dans le paragraphe 6°,
de «; la durée de prolongation d'une ordonnance ne peut excéder la durée de
validité de l'ordonnance initiale ou, si cette durée est supérieure à un an,
elle ne peut excéder un an»;
d) par le remplacement du paragraphe 8° par le
suivant :
«8° substituer au médicament prescrit un autre
médicament;»;
e) par le remplacement du paragraphe 9° par le
suivant :
«9° administrer un médicament dans les cas et
aux conditions prévues par règlement;»;
f) par la suppression, dans le paragraphe 10°,
de «, dans le but d'assurer l'usage approprié des médicaments»;
g) par l'ajout, à la fin, du paragraphe
suivant :
«11° prescrire un médicament.»;
3° par la suppression du troisième alinéa;
4° par l'insertion, dans le quatrième alinéa et
après «paragraphe o», de «du premier alinéa».
Commentaires. Quant au champ d'exercice, le
premier paragraphe de l'article 41 du projet de loi modifie le champ
d'exercice des pharmaciens.
Quant à
l'évaluation de la condition physique et mentale d'une personne, le
sous-paragraphe a du paragraphe 2° de l'article 41 du
projet de loi supprime, de l'activité d'évaluer la condition physique et
mentale d'une personne, la condition «dans le but d'assurer l'usage approprié
des médicaments».
Dans le cas d'effectuer un prélèvement, le
sous-paragraphe b du paragraphe 2° de l'article 41 du projet de
loi supprime, de l'activité d'effectuer un prélèvement, les cas, conditions,
modalités «en introduisant un instrument dans le larynx».
Quand on
parle de prolonger une ordonnance afin que le traitement prescrit à un patient
ne soit pas interrompu, le
sous-paragraphe c du paragraphe 2° de l'article 41 du projet de
loi supprime, de l'activité de prolonger une ordonnance afin que le
traitement prescrit à un patient ne soit pas interrompu, la condition liée à la
durée de prolongation d'une ordonnance.
Quand on
parle de substituer au médicament prescrit un autre médicament, le sous
paragraphe d du paragraphe 2° de l'article 41 du projet de loi
remplace le paragraphe 8° du deuxième alinéa de l'article 17 de la
Loi sur la pharmacie afin de supprimer, de l'activité, de substituer aux
médicaments prescrits un autre médicament, les cas suivants : le médicament prescrit est en rupture
d'approvisionnement au Québec; il présente un problème relatif à son
administration; il présente un risque pour la sécurité du patient; il
est officiellement retiré du marché canadien, dans ce cas, la substitution peut avoir lieu au plus tôt trois
mois avant la date de ce retrait; il n'est pas possible dans le cadre des
activités d'un établissement.
Dans le fond, on enlève les limitations à la
capacité de substituer un médicament.
• (14 h 50) •
Administrer un médicament. Le
sous-paragraphe e du paragraphe 2° de l'article 41 du projet de
loi remplace le paragraphe 9° du deuxième alinéa de l'article 17 de
la Loi sur la pharmacie et supprime, de l'activité d'administrer un médicament,
les voies d'administration suivantes : orale, topique, sous-cutanée,
intranasale, intrathermique ou intramusculaire
ou inhalation; les cas suivants : afin d'en démontrer l'usage
approprié; aux fins de la vaccination; lors d'une situation d'urgence.
Donc, par cette nouvelle
disposition, l'activité réservée se lit comme suit : «administrer un
médicament dans les cas et conditions prévues par règlement».
Prescrire et
interpréter des analyses de laboratoire ou d'autres. Le paragraphe f du
paragraphe 2° de l'article 41 du projet de loi supprime, de
l'activité de prescrire ou d'interpréter des analyses de laboratoire ou
d'autres, la condition «dans le but d'assurer l'usage approprié des
médicaments».
Dans le cas
de prescrire un médicament, le sous-paragraphe g du paragraphe 10° de
l'article 41 du projet de loi ajoute, aux activités réservées aux
pharmaciens, celle de prescrire un médicament.
Et, en
cohérence avec cette modification, le paragraphe 3° de l'article 41
du projet de loi supprime le troisième alinéa de l'article 17 de la
Loi sur la pharmacie.
Et, quand on parle de cohérence, c'est toujours
important, le paragraphe 4° de l'article 41 du projet de loi propose
une modification de concordance au quatrième alinéa de l'article 17 de la
Loi sur la pharmacie.
Est-ce que
j'avais un amendement? Oui, merci beaucoup. Amendement, article 41.
Remplacer les paragraphes 3° et 4° de l'article 41 du projet
de loi par le paragraphe suivant :
3° par la suppression des troisième et quatrième
alinéas.
Commentaires. L'amendement proposé permet
l'abrogation du paragraphe 4° qui prévoit une attestation de formation aux
fins de l'exercice de l'activité d'administrer un médicament visé au
paragraphe 9° du deuxième alinéa de l'article 17 de la Loi sur la
pharmacie. Cette attestation de l'ordre sera désormais prévue en vertu des
nouvelles dispositions du paragraphe h du premier alinéa de
l'article 10 de la Loi sur la pharmacie. C'est ça.
Le Président (M.
Bachand) : C'est beau? Donc,
interventions?
M. Morin : Je
vais vous demander une suspension, s'il vous plaît. On va regarder tout ça, on
va... Pour établir un bon diagnostic, là, on va...
Le Président (M.
Bachand) : Merci, M. le député de l'Acadie.
Oh! Wow! OK. On va suspendre quelques instants. Bravo!
(Suspension de la séance à 14 h 54)
(Reprise à 15 h 02)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux.
Alors, on est
à l'étude de l'amendement à l'article 41 présenté par la ministre. Donc,
interventions? M. le député de l'Acadie, oui, allez-y.
M. Morin : Sur l'amendement... bien,
en fait, sur l'amendement que vous venez de présenter, bien, au projet de loi,
finalement, là, qui va modifier la loi. D'accord.
Bon, alors, je disais, M. le Président, que
j'essayais de bien saisir l'impact de l'amendement. Et, alors que nous étions
hors ondes, si je peux m'exprimer ainsi, on a eu une discussion fructueuse. Et
ce que je comprends, et Mme la ministre
pourra le confirmer, c'est qu'à 17 dans la Loi sur la pharmacie, l'alinéa... en
fait, le quatrième paragraphe permettait à un pharmacien d'exercer des
activités professionnelles visées au paragraphe 9° du deuxième alinéa,
lorsqu'une attestation de formation lui est délivrée par l'ordre, et que ça, ça
va disparaître avec l'amendement qui vient d'être proposé.
Mme LeBel : Oui, mais on va venir de
nouveau, là, travailler sur cette situation-là dans l'article 40.
M. Morin : Oui, effectivement. C'est
ce que vous avez dit.
Mme LeBel : Mais, pour les fins de
l'article... de l'article 41, on l'enlève.
M. Morin : C'est ça. C'est ce que je
comprends.
Mme LeBel : Puis on pourra
rediscuter de ce qui va... de ce que ça va devenir plus tard.
M. Morin : Oui, parfait.
Mme LeBel : Bien, plus tard...
tantôt, avec 40.
M. Morin : Exact. Donc, tout à fait.
Merci.
Mme LeBel : C'est tout ce que
l'amendement fait, là.
M. Morin : Oui, c'est ça.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Est-ce qu'il y aurait d'autres interventions sur l'amendement à
l'article 41? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Bachand) :
Adopté. Donc, on revient à
l'article 41 tel qu'amendé. Interventions? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Donc, dans le projet de
loi, ça va modifier l'article 17. En fait, ce que je comprends, c'est que
ça va, au fond, enlever des limitations qui
sont dans la loi actuelle, par exemple, «évaluer la condition physique et
mentale d'une personne dans le but
d'assurer l'usage approprié des médicaments», «dans le but d'assurer l'usage
approprié des médicaments» va disparaître.
Mme LeBel : Oui. Et, par la suite,
on verra que les limitations auxquelles vous faites référence, on les transfère
dans un règlement. Dans le fond, c'est que, pour rendre la loi plus agile, on
établit les principes, ce qui ne veut pas...
Et donc, par la suite, quand on va travailler l'article 40, vous allez
voir que, par règlement, on va venir expliquer les modalités.
Je vous donne un exemple. La capacité de
prescrire, j'ai souvent dit, après le dépôt du projet de loi, que ce serait
dans le cas de maladies courantes. Ces maladies-là ne sont pas dans la loi,
parce que ça va être amené à évoluer au fil des maladies, là, ou des discussions.
Donc, vous savez... Donc, on veut quand même aussi, dans la modernisation de
nos lois professionnelles et du code, ne plus tout mettre dans les lois barrées
à quatre tours et de se donner l'occasion de dire : On va le faire par
règlement, comme ça, on va avoir plus d'agilité. Donc, les maladies courantes
ou la capacité de prescrire dans le cas de maladies courantes, bien, on donne
la capacité de prescrire puis on va venir
dire tantôt... Je pense que c'est dans le cadre de l'article 40, si je ne
me trompe pas? Merci. J'aime ça parce que je suis une bonne élève.
L'article 40, on va venir établir que tout ça va se faire par règlement
par la suite.
M. Morin : D'accord.
Mme LeBel : À 40.
M. Morin : À 40, en vertu de
l'article 40 du projet de loi.
Mme LeBel : Oui. Dans le fond, à 41,
on donne les capacités, les grands... les thèmes principaux dans lesquels les
pharmaciens pourront agir, en enlevant toutes les limitations qui s'y
trouvaient déjà. Et, à 40, on va venir revoir
comment on va circonscrire, et, je vous dirais, de façon générale, sous réserve
d'autres discussions, ça se fera par règlement, en général.
M. Morin : D'accord.
Mme
LeBel : Ce qui va être beaucoup plus agile pour suivre
l'évolution de la pratique médicale, suivre l'évolution des discussions
que de toujours attendre de changer la loi professionnelle d'un ordre, là.
M.
Morin : Oui et... mais j'ai toujours aussi en tête,
évidemment, la protection du public, mais l'accès aussi aux services de
santé.
Mme LeBel : Toujours.
M. Morin : Donc, quant à 5, on a
présentement, dans la loi, «effectuer un prélèvement en introduisant un
instrument dans le pharynx». Ça, «en introduisant un instrument dans le
pharynx», va disparaître. Je comprends que l'intention du gouvernement, par
ailleurs, ce sera, dans un règlement, de venir indiquer qu'est-ce qu'un
pharmacien pourrait effectuer...
Mme LeBel : Excusez-moi, c'est un
règlement de l'ordre, hein? Je veux juste le préciser, là, c'est l'Ordre des
pharmaciens qui va prendre le règlement.
M. Morin : Oui, de l'ordre. Oui,
oui. Oui, tout à fait.
Mme LeBel : Pas le gouvernement.
C'est pour ça que je voulais juste être précise, là.
M. Morin : Non, non, non. C'est...
Non. Dans le domaine professionnel, là, les ordres ont cette capacité à...
Mme LeBel : Bien, ils ont aussi
cette expertise.
M. Morin : Et cette expertise. Donc,
on ne veut pas...
Mme LeBel : Oui.
Je peux émettre une volonté, mais je vais leur laisser évaluer.
M. Morin : On ne veut pas... On ne
veut pas leur enlever ça.
Mme LeBel : Non.
M. Morin : Alors donc, ils pourront,
par ailleurs, déterminer quel type de prélèvement, mais je comprends que
l'idée, au fond, c'est de donner une souplesse, de permettre, dans le cadre de
l'exercice de la pharmacie, à un professionnel
de poser, finalement, plus d'actes. Donc, ça ne serait pas... En fait, ça
serait, disons, étonnant, on verra ce que l'ordre fera, mais que, par la
suite, ils viennent restreindre plus que ce qu'ils ont là.
Mme LeBel : ...
M. Morin : Non. C'est ça.
Mme LeBel : On s'entend
qu'aujourd'hui, là, au moment où on se parle, le seul type de prélèvement
qu'ils peuvent faire, c'est celui qui est là. Dans le cadre de la COVID, à
titre d'exemple, là, ils ne pouvaient même pas faire un prélèvement
nasopharyngé.
M. Morin : Ce n'était pas dans le
pharynx.
Mme LeBel : Parce que ce n'est pas
un instrument... «en introduisant un instrument dans le pharynx».
M. Morin : C'est ça.
Mme LeBel : C'est extrêmement
précis. Donc, c'est sûr que la volonté, et nécessairement le règlement, va leur
donner plus large que ce qui est déjà là, sauf qu'on ne vient pas le préciser
dans le cadre de la loi. On va le préciser... les types de prélèvements, on va
les préciser par règlement. Mais je peux vous garantir que ça va être plus de
types de prélèvement que le simple «introduisant un instrument dans le pharynx»,
ça, c'est clair, que tout ce qui est enlevé... tout ce qu'on fait là, ils vont
savoir avec...
Ça va être élargi, c'est clair, parce que sinon
on aurait pu juste le laisser dans la loi, puis ne pas y toucher, là. La
volonté d'élargir, mais la volonté aussi de ne pas le restreindre dans la loi
pour être capable d'avoir plus de souplesse dans le règlement pour... peut-être
qu'un... peut-être que quelque chose qui, aujourd'hui, n'est pas jugé approprié
le sera dans quelques années. Donc, on pourra adapter le règlement... l'ordre
pourra adapter son règlement pour la protection du public plutôt que de
demander une modification de sa loi. Et je sais que les ordres trouvent ça
pénible de passer par la modification de la loi.
M. Morin : D'accord.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. J'aurais le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Morin : Allons-y, oui.
Le Président (M.
Bachand) : Je vais revenir, oui.
M. Morin : Non, non. Ça va.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Mme la ministre nous dit, là, au... vous étiez en train de faire référence à 40 pour le pouvoir réglementaire,
mais, à 9°, vous décidez quand même d'ajouter «aux
conditions prévues par règlement». Ça
fait que, là, il y a comme une exception dans la construction de 9°. Pour
cette fois-là, c'était important de le mettre dans l'article.
Mme
LeBel : Oui. Bien, c'est parce que, là, on est dans les
champs d'exercice puis, dans le champ d'exercice, on donne quand même la possibilité d'administrer
un médicament. Mais là on veut quand même préciser, là. Je ne sais pas...
M. Cliche-Rivard : Parce que
quand...
Mme LeBel : Au niveau légistique,
là, sérieusement...
M. Cliche-Rivard : Parce que, quand
je comparais 9° et 11°, au niveau légistique, 11° qui va être «prescrire un
médicament», puis 9° qui est de «l'administrer», puis là il y en a un qu'on
prévoit par règlement, l'autre, on ne l'écrit pas, je...
Mme
LeBel : Si vous me permettez, je vais vérifier. Mais
l'idée, là, c'est qu'on va arriver au même chemin...
M.
Cliche-Rivard : On va à la même place?
Mme LeBel : Mais je veux juste voir pourquoi on a décidé que,
dans 9°, on pensait comme ça, puis dans 11°, non.
M.
Cliche-Rivard : C'est ma question.
Mme LeBel :
Si vous me permettez de suspendre...
M.
Cliche-Rivard : Bien sûr.
Mme LeBel :
...je vais aller faire la vérification...
Le
Président (M. Bachand) : Parfait. On va
suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
15 h 09)
(Reprise à 15 h 13)
Le Président (M. Bachand) : Mme la ministre, en réponse à la question du député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme LeBel : Oui.
Alors, il y a toujours une raison à tout, M. le Président. Il suffit de trouver
la réponse, c'est la raison.
Nous sommes ici dans
l'article de la Loi sur la pharmacie qui vient expliquer le champ d'exercice
des pharmaciens et les activités qui sont réservées aux pharmaciens. Et on
n'est pas... Donc, ici, il est important de dire que prescrire un médicament, à
titre d'exemple, c'est un champ d'exercice qui est, en soi, une activité
réservée pour les pharmaciens. En tout cas, ils peuvent le partager avec
d'autres professionnels, mais c'est un champ d'exercices complet. Administrer
un médicament, ce n'est pas le cas.
Les seuls cas où ils
sont une activité réservée aux pharmaciens, ça va être dans les cas qu'on va
mettre aux conditions prévues par règlement. On aurait pu, comme on l'a déjà
fait traditionnellement, puis je vais faire... je vais faire référence à... Effectuer un prélèvement, tantôt, on a enlevé une
limitation. On aurait pu le circonscrire dans la loi, mais, pour des
fins d'agilité et peut-être d'évolution du champ d'exercice, on va... on vient
préciser qu'un règlement, qui existe déjà d'ailleurs, sera modifié en
conséquence pour venir délimiter le champ d'exercice d'administrer un
médicament, qui va être une activité réservée, alors que prescrire, ce n'est
pas le cas. Mais prescrire, il y a d'autres conditions qui vont être dans
l'article 40. Donc, c'est juste pour deux raisons différentes. Donc, c'est
pour ça qu'on ne fait pas la même chose à 17 par rapport à un et l'autre.
M.
Cliche-Rivard : Mais, 11°, c'est ça, prescrire va avoir aussi son
règlement. Vous dites que vous faites référence à 40, on y fera référence plus
tard. Et vous dites, aux conditions prévues à 9°, conditions prévues par règlement... Là, on nous a expliqué qu'il y a déjà
un règlement qui sera adapté et modifié, qui lui va s'appliquer. Mais la
liste, là, puis les conditions, déjà, de l'administration de certains
médicaments existe, là. C'est quelque chose qui existe puis qu'on modifiera.
Là,
dans les différentes modifications que vous apportez, c'est sûr que, quand on a
vu le retrait, là, de la mention «dans
le but d'assurer l'usage approprié des médicaments», ça faisait poser une
certaine question, à savoir pourquoi... qu'est-ce qui justifiait, là,
qu'on enlève... Dans le sous-paragraphe a du paragraphe 2° de l'article 41,
là, dans vos commentaires, vous enlevez le «dans le but d'assurer l'usage
approprié des médicaments».
Mme LeBel : Bien, c'est parce que c'était une limitation à son
champ d'exercice. Il pouvait évaluer la condition physique et mentale
d'une personne uniquement dans le but d'assurer. Il va pouvoir encore le faire
«dans le but de», mais il ne le fera pas uniquement «dans le but de».
M.
Cliche-Rivard : Il pourrait le faire, puis là je posais... j'essayais
d'imaginer dans quel but.
Mme LeBel : Bien,
dans le but de prescrire.
M.
Cliche-Rivard : Dans le but de prescrire.
Mme LeBel : Pour la maladie... pour une maladie courante, à
titre d'exemple, qui va venir soulager des symptômes, là, comme ça a été
dit au paragraphe 1°.
Donc, encore une
fois, c'est juste d'enlever une limitation. Ça fait que, maintenant, il va
pouvoir évaluer la condition physique et mentale d'une personne dans le but de,
et ça pourrait être, théoriquement, prescrire. Et là je parle des maladies courantes. Et ça, cette capacité-là, va être par 40,
où on va venir introduire la notion du règlement qui va faire tout ça
pour nous dire quelle maladie courante, à titre d'exemple, serait une maladie
où il peut prescrire.
M.
Cliche-Rivard : Puis j'aurais voulu vous entendre quand même, parce
qu'il y a eu des... ce n'est pas certain que
tout le monde comprenait de la même façon, là, le pouvoir de prolonger une
ordonnance. Pouvez-vous nous faire
l'ABC, là, de ce qui était permis, ce qui va être permis, bref, comment ça
améliore quand même de manière importante?
Mme LeBel : Bien, présentement... Je vais le faire... Je vais
essayer de vous le faire le plus correctement possible, là. Bon, il y
a... Là, on n'est pas juste... Vous êtes dans la prolongation et non pas dans
la substitution.
M.
Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel :
Parfait.
M.
Cliche-Rivard : Dans 41, sous-paragraphe a du deuxième paragraphe de
41.
Mme LeBel : 6°,
prolonger une... Paragraphe 6°, c'est ça?
Une voix : Oui.
Mme LeBel : Bon,
au moment où on se parle, il peut prolonger une ordonnance avant la
modification, il peut prolonger une ordonnance afin que le traitement prescrit
à un patient ne soit pas interrompu, et c'est la durée de la prolongation d'une ordonnance. Il ne peut pas
excéder l'ordonnance initiale. Exemple, j'ai une ordonnance de trois mois.
Après évaluation, il dit : OK, je te la prolonge. Il ne peut pas faire
plus que trois mois.
M.
Cliche-Rivard : Exact, trois mois max.
Mme LeBel : Là, maintenant, il pourrait faire un an, s'il
veut. Puis, même là, si la durée de l'ordonnance était supérieure à un
an, il ne pouvait pas excéder un an. Si j'avais une ordonnance de 18 mois,
bien, il ne pouvait pas me la prolonger pour plus qu'un an.
Maintenant,
c'est l'évaluation clinique professionnelle, le jugement professionnel du
pharmacien qui va dire : OK,
dans ton cas, c'est trois mois, à l'origine, mais je te la redonne pour six
mois, mais, dans six mois... dans les six prochains mois, va voir ton
médecin, à titre d'exemple, là. Là, on verra...
M.
Cliche-Rivard : Puis ça, il décidera... son jugement...
Mme LeBel : Bien
là, il décidera. C'est son évaluation, exactement. Et il n'y a pas de limite de
séquence non plus, là, au moment où il peut le faire.
Donc,
on laisse le jugement professionnel du spécialiste des médicaments, on va le
dire comme ça, opérer ici. Il pourrait même décider de ne pas le faire.
On se comprend, que c'est toujours un «peut», là.
M. Cliche-Rivard : Puis, sur la prescription
du médicament, ça, vous nous aviez donné un exemple, on en a parlé en
commission, là, la personne qui arrive, elle dit : Je fais toujours des...
Mme LeBel : Des
infections urinaires, disons-le.
M.
Cliche-Rivard : ...des infections urinaires. Pouvez-vous l'expliquer,
ça?
Mme LeBel : Conjonctivites.
Oui, bien là, on va le voir beaucoup dans 40, mais la capacité de prescrire, il
ne l'a pas présentement, le pharmacien. Je
peux arriver à la pharmacie puis dire : Pharmacien, que je connais très
bien, je suis capable un peu de m'autoévaluer, là, je connais, je suis
certaine que je fais une conjonctivite ou mon enfant fait une conjonctivite. Au
moment où on se parle, le pharmacien pourrait dire : Bien oui, c'est bien
ça que tu fais ou ça a bien l'air de ça, là,
parce que... mais je ne peux pas te donner le médicament. Va voir ton médecin
de famille ou va voir... classiquement, les gens se rendent à l'urgence,
malheureusement, là, mais va voir, va chercher une prescription, reviens me
voir.
Maintenant, il va
avoir, à cause de 11°, la capacité de prescrire suite à cette évaluation-là,
de... et on parle de maladies courantes. On ne parle pas de maladies, là, qui
demandent une évaluation physique invasive ou quoi que ce soit, là. C'est
quelque chose que tu peux voir à la description de symptômes. Et c'est pour ça
qu'on parle de maladies courantes, infections urinaires chez la femme, à titre
d'exemple, ou otite, et ça, ces maladies-là vont être établies par règlement.
M.
Cliche-Rivard : C'est ça...
Mme LeBel : Donc, il va y avoir une liste de maladies qui va
être établie par règlement, on va le voir à 40, où le pharmacien pourra, suite
à son évaluation... il va parler avec le patient, qui va dire : Bien, moi,
c'est ça que je fais, là, puis, s'il te plaît...
M.
Cliche-Rivard : Parce que, dans la loi, là, on ne vient pas
restreindre ça aux maladies courantes. Ça, c'est le...
Mme
LeBel : Non, parce qu'elles peuvent évaluer les maladies qui sont
considérées comme courantes au fil du temps ou les maladies qui sont comme
considérées... capacité de prescrire suite à une simple évaluation, là, puis un
questionnaire avec le patient, là.
M.
Cliche-Rivard : Ce qui veut dire que, dans la modification légale
qu'on permet, on la permet sans limitation, là, aujourd'hui, là.
Mme LeBel : Bien,
on va la... Non, mais la limitation est à 40. On va le...
M.
Cliche-Rivard : Mais elle va être réglementaire.
Mme LeBel : Bien, on va dire qu'elle va suivre par règlement.
Donc, c'est clair qu'il va falloir aller lire ça par la suite avec le
règlement.
M.
Cliche-Rivard : Oui, mais le règlement pouvait être modifié...
Mme LeBel : Par
l'ordre, oui.
• (15 h 20) •
M. Cliche-Rivard : Ça fait que ce que je
dis, c'est qu'en termes de loi... là, aujourd'hui, en termes de loi, on ne
limite pas.
Mme LeBel : Non.
M.
Cliche-Rivard : C'est ça. C'est ça qui était le choix.
Mme LeBel : Mais
c'est le choix pour être capable de suivre l'évolution, mais c'est bien dit à
40 qu'il faut le lire en disant : Il y
a un règlement, là. Un instant, là. Ta capacité de prescrire est reliée à un
règlement. Va lire le règlement.
M. Cliche-Rivard : Mais ledit règlement
pourrait, demain matin, décider que ça ne se limite plus aux maladies
ordinaires ou courantes.
Mme LeBel : Bien,
en théorie, en théorie.
M.
Cliche-Rivard : Il n'y aurait rien...
Mme LeBel : Mais
il demeure la protection du public dans tout ça.
M.
Cliche-Rivard : Bien sûr, ça... l'ordre qui le tranchera.
Mme LeBel : Oui, oui, puis c'est regardé par l'office. Mais ce
que je vous dis, c'est qu'en théorie le règlement pourrait dire ça, mais
là, en pratique, il faudra que le règlement...
M.
Cliche-Rivard : Mais le pouvoir légal qu'on habilitera ici, il est
effectivement plus large.
Mme LeBel : Mais
il... Oui, bien, il évite que, suite à l'évolution... il évite qu'on revienne
modifier la loi. Mais il y a... Le
règlement, là, il va être... Tu sais, l'office va regarder ça. L'ordre a une...
doit protéger. Il y a d'autres... Il y a d'autres ordres professionnels
qui vont avoir un oeil dessus, là. On se comprend, là, qu'il ne manquera pas de
personnes pour regarder le règlement
évoluer, là. Mais, de la même façon qu'on ferait une modification législative,
là, il va y avoir une consultation,
il va y avoir des choses, mais l'idée, c'est de ne pas être obligé de revenir à
chaque fois, là.
M. Cliche-Rivard : N'empêche qu'une
modification réglementaire est... c'est justement, vous parliez d'agilité, elle
est pas mal plus agile...
Mme LeBel : Bien,
tout à fait. C'est la raison pour laquelle on le fait, oui.
M. Cliche-Rivard : ...pas mal plus agile
qu'à la commission. Ça fait que c'est ça, tu sais, à la base, je n'ai pas d'objection,
mais finalement, ce qu'on fait en termes législatifs va beaucoup plus loin de
l'intention réglementaire.
Mme LeBel : Ce règlement-là, pour la capacité de prescrire,
là, c'est un règlement qui va être approuvé par le gouvernement aussi.
M.
Cliche-Rivard : Par le gouvernement. Ça, ce n'est pas un règlement de
l'ordre.
Mme
LeBel : Non, sur recommandation de l'office. Bien,
l'ordre, oui... Il va émaner de l'ordre au départ, mais dans le...
M. Cliche-Rivard :
Mais il doit aller chercher l'approbation du gouvernement.
Mme LeBel : Du gouvernement, oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que si
vous, vous n'êtes pas rendus là, à dire : Eh! tu sais quoi? Je...
Mme LeBel : Bien, il va falloir
qu'ils justifient que la protection du...
M.
Cliche-Rivard : L'ordre dit : Moi, j'élargirais à telle
maladie. Je ne sais pas, je n'ai pas d'exemple, là. Vous dites :
Bien, sais-tu quoi? On n'est peut-être pas rendus là. Là, c'est le gouvernement
qui trancherait.
Mme
LeBel : Puis on va avoir d'autres personnes qui vont venir
nous le dire dans l'oreille, probablement, qu'on n'est pas rendus là,
mais l'idée, c'est que l'ordre devra démontrer que la protection du public,
elle est maintenue, là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. J'aurais la députée de La Pinière,
s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, M. le Président.
En fait, j'avais la même question que mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne
à propos du prolongement des ordonnances, mais juste une petite vérification.
En 1.1, on dit «évaluer la condition physique et mentale d'une personne»,
alors il n'est pas question de diagnostiquer ici, là, c'est vraiment évaluer.
Ce n'est pas quelque chose qui va changer, même si on ne parlait pas de...
Mme LeBel : Non. Bien, parce que le
pharmacien... puis c'est pour ça qu'il va rester dans les maladies dites
courantes, là, parce qu'on n'est pas dans... on n'est pas dans un examen
physique étendu où on fait, bon, des... Bien, on est vraiment dans : Je
t'écoute, puis tu as les symptômes qui correspondent à telle maladie, puis on
est... et c'est... et il a la capacité,
déjà, de prescrire, là, tu sais, de faire... de ce type d'évaluation là. Donc,
c'est pour ça qu'on n'est pas dans le diagnostic, mais on peut avoir
cette capacité-là parce qu'on est dans...
C'est pour ça
qu'on va rester, là. Tant qu'il n'y aura pas... Puis on ne donne pas une
capacité de diagnostiquer au pharmacien, justement, parce qu'on n'est
pas dans ce «range-là», de compétence professionnelle, mais on... Tu sais, on
connaît tous le pharmacien qu'on est allés voir un jour puis qui nous a
dit : Tu fais une infection urinaire. On va
voir le médecin puis c'est une infection urinaire, là, parce qu'on est dans...
et ça ne prend pas une évaluation physique. Tu sais, il n'a pas besoin
de nous faire rentrer dans son bureau. Il n'a pas besoin de nous... de se
servir d'instruments. Il n'a pas besoin de faire faire des analyses ou des
choses comme ça.
Donc, c'est sûr que, nécessairement, même si le
règlement évolue pour la capacité de prescrire, il va évoluer dans cette
zone-là où on est encore dans l'évaluation de symptômes.
Mme Caron : OK. Donc, sur la base de
ce qu'on dit au pharmacien, les questions qu'il nous pose, bien, le pharmacien
peut aussi faire faire des prélèvements et des tests diagnostics. Donc...
Mme LeBel : Oui.
Mme
Caron : Mais, dans ce
cas-là, on ne parle toujours pas de diagnostic. C'est vraiment évaluer la
condition.
Mme LeBel : Oui, mais on parle...
l'analyse d'urine, à titre d'exemple, là, des choses comme ça.
Mme Caron : Oui, d'accord. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Je ne sais pas
où, puis si c'est là le temps, là, mais vous devinez, là, il y avait l'énorme débat sur la pharmacothérapie avancée. On a eu
beaucoup, beaucoup de représentations sur cette question-là. Je devine bien que
ça ne fera pas l'objet, aujourd'hui, de la modification ou d'un amendement,
mais est-ce que vous voulez émettre des commentaires à ceux qui nous
écoutent?
Mme LeBel : Dans quelle direction on
va se rendre?
M.
Cliche-Rivard : Dans quelle direction, si vous êtes réceptive.
Bref, je vais vous laisser la parole sur ça, là.
Mme
LeBel : Absolument. J'ai toujours dit que j'étais
réceptive et qu'il y allait avoir une façon de reconnaître une capacité
accrue de prescrire aux gens qui ont la formation, dont on parlait, là. Je
n'ose jamais la nommer parce que je me
trompe, là, mais j'ai toujours dit ça. Il y a plusieurs chemins pour s'y
rendre, et je peux dire, d'entrée de jeu, que ce ne sera pas le chemin des spécialistes, alors je vais décevoir
beaucoup de personnes. Mais l'idée ici, ce n'est pas de créer des titres ou créer des choses, c'est de
donner des capacités de prescrire. Et je pense que d'autres professionnels, on
l'a vu, hein, les sexologues, on a vu tantôt les infirmières cliniciennes en
santé mentale, passent par des attestations de formation, là. Alors,
c'est le chemin qu'on va emprunter, mais ce n'est pas dans le cadre de cet
article-là.
M.
Cliche-Rivard : OK. Donc, quand même, là, la dernière fois, vous... ou
en consultation, vous parliez de...
Mme LeBel : De
partager un objectif.
M.
Cliche-Rivard : ...l'importance du résultat puis de l'objectif. Ça
fait qu'on va arriver à une place similaire, par un chemin qui ne sera pas,
puis c'est ce que vous avez annoncé, là, qui ne sera pas par la création d'un type de spécialiste, mais qui va être par la
réglementation, élargissement, attestation. Bref, vous verrez ça rendu là,
mais...
Mme LeBel : Je
partage tout à fait les commentaires sur le fait qu'il faut que ces
pharmaciens-là, qui ont une formation supplémentaire et spécifique, je vais le
dire, aient la capacité... officiellement la capacité accrue de prescrire. Je le partage. Mais on l'a vu, puis
même je pense que c'est l'Ordre des pharmaciens qui disait : Ce n'est pas
le chemin qui nous importe, c'est le résultat. Il y en a un qui a dit
ça, je ne me souviens pas si c'est l'ordre ou c'est le collège, peu importe, mais ça ne sera pas par la... ça va être par
l'attestation de formation, là, puis ça va être dans l'article 40, justement,
qu'on va en parler.
M.
Cliche-Rivard : Ah! vous allez en parler directement dans l'article,
qui passera ou pas... ils nous expliquaient les EPAP, là, puis l'entente qu'ils
ont avec les médecins...
Mme LeBel : Mais
ça, c'est autre chose, hein?
M.
Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme
LeBel : C'est administratif.
C'est sûr qu'il y a du travail à faire, là, puis je suis d'accord avec eux que
ça n'a pas de sens, là, que ce soit... Et là, je veux dire, le ministre
de la Santé pourrait décider qu'il fait une directive générale où tous ces
pharmaciens-là, qui ont la capacité accrue de prescrire...
Parce que, là, il ne
faut pas mêler deux choses, là. On est, nous, dans les actes réservés et ce que
le professionnel peut faire. Puis après ça, les discussions avec le ministre de
la Santé sur comment on les utilise, ces professionnels-là, pour moi, c'est une
autre question, fort pertinente, fort pertinente, mais qui ne se réglera pas
dans le cadre des activités professionnelles ou du Code des professions. Mais
elle est fort pertinente. C'est un peu comme la
discussion qu'on avait sur... il faut adapter tous les règlements, puis les
assurances, puis les rapports... fort pertinente, mais on comprend que
ce n'est pas avec le Code des professions qu'on le règle.
Moi, ce qui est
important pour moi, là, c'est qu'à l'adoption du projet de loi la capacité
accrue de prescrire, dans le cadre de cette formation-là, soit pleinement,
clairement reconnue pour ces pharmaciens qui ont une formation supplémentaire.
Et présentement, dans la plupart des ordres professionnels, ça se fait par
l'attestation de formation.
M.
Cliche-Rivard : Par l'attestation.
Mme LeBel : On l'a vu, on l'a avec les sexologues, qui est
venu dire : Bien, le sexologue qui n'a pas l'attestation de
formation ne peut pas diagnostiquer. Bien là, maintenant, c'est évolué, là. Il
ne peut pas et il n'y a pas de titre spécial entre le sexologue et... il a
juste une attestation de formation supplémentaire. On l'a vu avec les
infirmières cliniciennes. L'infirmière clinicienne qui a la capacité de... bien
là, maintenant, ça va être un diagnostic, là, en santé mentale, elle a une
attestation de formation en santé mentale qui, avec ça, est attachée à un acte
différent, réservé, de deuxième... C'est ça.
Le
Président (M. Bachand) : M. le député
d'Acadie.
M. Morin : Oui. Bien, en fait, puisqu'on aborde cette
question-là, moi, j'ai un amendement que je vais vouloir présenter
exactement là-dessus.
Une voix :
...
M. Morin :
Bien, en fait, ça va être 41.1. Donc, on s'en vient.
Maintenant, quand on
parle d'attestation de formation avec un pouvoir de prescription accrue, et, à
mon avis, ce qui est important, c'est de
reconnaître une spécialité aux pharmaciens, comment ça va se faire avec
une attestation de formation, bien là, je vais vous laisser nous
l'expliquer, Mme la ministre, parce qu'en fait un pharmacien va rester un
pharmacien. Donc, comment on va être capables de les distinguer, ça va être un
enjeu de taille.
Puis, en plus, vous
parlez d'une attestation, mais il existe déjà, et ça, on nous l'a parlé, on
nous l'a dit, une formation postdoctorale de
deuxième cycle pour une maîtrise en pharmacothérapie. Donc, c'est beaucoup plus
qu'une attestation.
Maintenant,
bien, je vais... Voilà ma question. Je vais attendre votre réponse, puis, par
la suite, j'imagine, M. le Président, que, pour les fins de
l'intendance, on va terminer 41, puis après ça, bien, je présenterai 41.1.
Le
Président (M. Bachand) : Ça va être au
bloc, votre amendement, oui.
M. Morin : Parfait. Excellent.
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de
Saint-Henri-Saint-Jacques... Saint-Henri—Sainte-Anne, pardon.
M.
Cliche-Rivard : C'est exact. Ça n'a pas changé.
Le
Président (M. Bachand) : Je ne m'étais pas
trompé encore, à date...
M.
Cliche-Rivard : Non, c'est vrai.
Le
Président (M. Bachand) : ...ça s'en vient.
M.
Cliche-Rivard : C'est vrai. Bon, ça s'en vient.
L'enjeu...
puis moi, ça ne me dérange pas si... on fera ce commentaire-là dans 40, mais il
y avait une discussion sur le temps aussi, là. Les pharmaciens nous ont
dit qu'il va falloir qu'ils adaptent un petit peu leurs cliniques. Il va
falloir que, bon, ils prévoient peut-être un cabinet, là, un cubicule ou, en
tout cas, des... surtout pour ce qui est des prélèvements. Qu'est-ce qu'il y
avait comme réflexion de votre côté à ce niveau-là?
• (15 h 30) •
Mme LeBel : Bien,
je sais qu'il y a des règles transitoires puis je suis en train de vérifier,
là, si ça correspond à la capacité d'adaptation d'un pharmacien, mais, à partir
du moment où tout ça est en «peut» et non pas en «doit», bien, le pharmacien
pourrait dire : Bien, pour l'instant, je ne suis pas en capacité de le
faire, donc je ne le fais pas, là.
M.
Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel :
Et je vais m'adapter. C'est que c'est toujours... Je pense que c'est sur la
capacité de prescrire qu'il va y avoir un temps, là, parce qu'il va falloir
aussi adopter la réglementation. Mais je pense que... Je veux dire, mettons que
je mets une... je dis : Ça entre en vigueur dans six mois, puis qu'il y a
des pharmaciens qui sont prêts dans trois, donc, l'idée, comme ce n'est pas un
«doit», mais c'est un «peut», bien, les pharmaciens pourront prendre le temps
de s'adapter et ils pourront l'exercer au moment où ils se sentiront, comme
professionnels, pleinement en capacité de le faire. Ils diront : Bien là,
maintenant, je peux le faire, donc je le ferai. Mais ça va être leur jugement professionnel, mais je trouve ça un peu... Tu
sais, de dire «dans un an»... mais, s'il y a des pharmaciens qui
disent : Bien, moi, je suis prêt maintenant, je pense qu'on ne peut
pas s'en priver, là.
M.
Cliche-Rivard : Ça va sûrement... certainement, si ce n'est pas déjà
le cas, être associé à un règlement de règles de pratique, là. Je veux dire, tu
sais, même... Je veux dire, comme avocat, si elle nous dit : La salle, il
faut qu'elle soit insonorisée, que... Je veux dire, c'est assez... tu sais, on
va tellement dans l'ABC que je ne peux pas croire qu'eux aussi il n'y aura pas
la preuve ou la démonstration de la confidentialité, etc. Je veux dire... Ça
fait qu'il va falloir...
Mme LeBel : Bien oui, exactement, mais il y en a qui sont déjà
probablement dans des formes physiques — je
parle de... les lieux, là — qui
sont en mesure de le faire. On en a, certaines cliniques, là, qui, pendant la
COVID, il y avait des consultations.
Puis moi, j'ai en mémoire une pharmacie, que je ne nommerai pas, où le
pharmacien avait accès à un local privé, là, pour le faire.
M.
Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : Et,
des fois, il y avait des infirmières, même, qui sont venues aider pour la
vaccination de la COVID dans certaines
pharmacies. Donc, il y en a qui vont être prêts plus rapidement que d'autres,
puis c'est correct, mais, comme, il
ne faut jamais oublier que c'est un «peut», hein? Et c'est le professionnel qui
décidera s'il est en mesure de l'exercer ou non. On ne peut jamais le
forcer à le faire.
Donc,
oui, ils auront l'occasion de s'adapter, et les gens... et les pharmaciens le
feront ou déploieront ce service-là au fur et à mesure...
M.
Cliche-Rivard : Quand ils seront prêts.
Mme LeBel : ...où ils se sentiront prêts de le faire. Mais je
ne voudrais... je ne pense pas que ça serait opportun de mettre deux
mois, six mois, quatre mois, un an, et qu'il y en a qui soient prêts avant,
puis qu'on prive les citoyens où... dans certains secteurs où les gens... où
les pharmaciens sont prêts, là.
M. Cliche-Rivard : Mais, pour l'ensemble de
ces nouveaux pouvoirs élargis là, de toute façon, il va arriver des
directives de l'ordre. Je veux dire, ça va être super encadré, tout ça, là, je
veux dire.
Mme LeBel : Et
voilà.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que ça ne pourra arriver demain matin, ça
non plus. Je comprends bien que l'ordre doit y travailler, là. Ce n'est
pas une surprise.
Mme LeBel : Non,
mais ça n'arrivera pas demain matin, mais le plus rapidement possible,
naturellement.
M. Cliche-Rivard : Le plus
rapidement possible.
Mme LeBel : C'est ça. Vous allez
voir, il y a...
M. Cliche-Rivard : Il va ajouter...
Mme LeBel : Parce que ce qu'elle me
disait, c'est qu'il y a des mesures transitoires qui fait que différents
secteurs vont entrer en vigueur à différentes époques. Mais, ceci étant dit, je
persiste dans mon commentaire, ça va toujours demeurer un «peut».
M. Cliche-Rivard : Un «peut».
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que le
pharmacien qui, lui, ne veut pas développer ce service-là, ou ne peut pas, ou
n'est pas prêt...
Mme LeBel : Il pourrait choisir de
ne pas l'exercer...
M. Cliche-Rivard : ...ou n'a pas
l'espace...
Mme LeBel : ...comme un avocat peut
choisir de ne pas exercer certains secteurs que son permis lui permet
d'exercer, là.
M. Cliche-Rivard : Exact. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions à l'article 41 tel qu'amendé? S'il n'y a pas
d'autres d'interventions, est-ce l'article 41, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le député
d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Alors, à ce stade-ci, M.
le Président, j'aimerais déposer un amendement à 41.1, qu'on... que j'ai
envoyé, et que vous devriez avoir sur Greffier, et qui pourrait être affiché.
Alors, je vais lire l'amendement.
Le Président (M.
Bachand) : S'il vous plaît, oui.
M. Morin : Dans le projet de loi
n° 67, Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation du
système professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques
professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux...
Article 41.1 : Ajouter à la loi sur la pharmacie (chapitre P-10) l'article
suivant :
«17.1. Le pharmacien spécialiste peut, lorsqu'il
y est habilité par un règlement pris en application du paragraphe f de l'article 10, selon les conditions et les modalités
prévues par ce règlement, prescrire un médicament.»
Donc, c'est le
texte qui est proposé : «Le pharmacien spécialiste peut, lorsqu'il est
habilité par un règlement en application du paragraphe f de
l'article 10, selon les conditions et les modalités prévues par ce
règlement, prescrire un [règlement].»
Alors, l'objectif qui est visé par cet
amendement-là, c'est suite aux recommandations qui nous ont été faites par l'Association des pharmaciens en établissement
de santé pour la reconnaissance d'une spécialité qui leur donnerait un
rôle accru, entre autres, de prescription, et qui reconnaîtrait leur savoir au
sein des établissements de santé. Et là je veux que ce soit bien clair, M. le
Président, on parle des pharmaciens dans des centres d'établissement de santé.
Je ne parle pas de l'exercice de la pharmacie en général, là, on parle des
établissements de santé.
Quand l'association est venue en commission
parlementaire lors des audiences et qu'on a entendu des groupes, on nous a clairement, en fait, démontré... en tout cas, moi, ça
m'a convaincu, que l'absence de reconnaissance d'une spécialisation associée à un droit de prescription autonome et
menant à une plus grande contribution du pharmacien d'établissement dans
le réseau de la santé soulève des enjeux. Et, comme on nous l'expliquait, ces
enjeux nuisent à l'accès aux soins et réduisent leur fluidité. Donc, dans le
cadre de leur mémoire, l'APES nous a expliqué les enjeux qu'ils rencontrent et évidemment l'atout que ça
pourrait représenter, notamment en ce qui a trait au soutien aux établissements
du réseau de la santé et au soutien aux médecins spécialistes.
Donc, les pharmaciens, souvent, comme les
médecins ou les pharmaciens de première ligne, ont souvent besoin de recourir aux services de pharmaciens qui
détiennent une expertise particulière, je cite leur mémoire à la page 15, «et
certaines installations, établissements de santé présentement manquent de
pharmaciens et même de pharmaciens titulaires d'une maîtrise en
pharmacothérapie». D'ailleurs, un peu plus tard, je vais faire référence à un
article qui vient
d'être publié et qui explique la situation dramatique dans le Bas-Saint-Laurent. Je pense que c'est important d'en parler.
Donc, les
modifications... et cette modification-là était suggérée par l'APES. C'était,
en fait, de reconnaître une spécialisation dans le domaine de la pharmacie et
de la pharmacothérapie. En fait, comme on le soulignait dans le mémoire, cette modification-là permettrait
également d'introduire des trajectoires bien claires, en matière de pharmacie,
et de faire une distinction entre les pharmaciens et ceux qui oeuvrent dans les
réseaux de la santé. Dans leur mémoire, l'APES faisait d'ailleurs une comparaison avec les IPS qui avaient
maintenant une spécialisation qui leur était reconnue.
Et moi, j'invite Mme
la ministre à faire un pas en avant avec son projet de loi 67. J'ai bien
compris ce qu'elle avait répondu à mon collègue le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
mais je pense que c'est important de faire le point cet après-midi, M. le
Président, puis d'inviter Mme la ministre à aller plus loin. On a un projet de
loi qui vise justement à améliorer l'accès
aux soins de santé, et la reconnaissance d'une spécialité dans le domaine de la
pharmacie, je pense, aiderait grandement à ce que ça puisse se réaliser.
On nous souligne
également que, depuis des années, le milieu de la pharmacie se mobilise afin
que soit instauré le pharmacien spécialiste.
Et je peux vous dire que, dans l'analyse, le travail, la préparation de ce
projet de loi, M. le Président, on a effectivement rencontré des membres
de l'APES qui nous ont expliqué les situations qu'ils vivaient dans le milieu de la santé et la mobilisation qu'ils mettent de
l'avant. Donc, ils recherchent une reconnaissance d'un titre de pharmacien spécialiste, donc, ce qui
est beaucoup plus, au fond, qu'une reconnaissance ou une attestation de
formation, ce dont on a parlé pour certains professionnels, mais... et puis je
vais vous expliquer pourquoi c'est plus dans
leur cas. Et donc ils veulent aller de l'avant pour rendre le système de santé
plus efficient et favoriser l'accès aux soins pour les patients. Ces
pharmaciens-là détiennent une maîtrise en pharmacothérapie avancée, diplôme que
détiennent une majorité déjà de pharmaciens d'hôpitaux et de CHSLD notamment.
On l'a vu, on en a
parlé, ma collègue la députée de La Pinière y a fait référence, on nous a
appris, pendant les consultations particulières, que souvent, pour qu'il y ait,
comment dirais-je, un pouvoir de prescription accru, bien, il faut qu'il
soit... il faut qu'ils négocient des étapes. Et ça, je comprends qu'il y a une
étape qui est négociée par centre de santé, centre d'établissement de santé.
Donc, c'est excessivement long et ce n'est pas efficace, d'autant plus que... d'autant plus que les pharmaciens travaillant à
l'hôpital jouent un rôle essentiel dans notre système de santé. Donc, ça, c'est
excessivement important. Il faut une reconnaissance par les étapes.
Ça éviterait,
évidemment, des délais d'attente et puis là, bien, ça permettrait d'instaurer,
au Québec, non seulement une reconnaissance de leur savoir, mais qu'il y ait
une cohérence dans ce qu'ils font dans l'ensemble des établissements de santé.
Ça permettrait, comme ils le soulignent, de dégager des médecins de famille,
des médecins spécialistes de certaines tâches. Ça leur permettrait également, à
ces médecins, de se consacrer davantage à de la prise en charge et ça permettrait une reconnaissance des pharmaciens,
pharmaciennes dans les établissements de santé de pouvoir avoir un rôle
qui est accru.
• (15 h 40) •
Je comprends
qu'enfin, avec ce qu'on écoutait de la réponse de Mme la ministre à
l'intervention de mon collègue qui... bon, qu'il n'y a peut-être pas beaucoup
d'ouverture, mais enfin, on ne sait jamais. On peut continuer d'en parler, on
ne sait jamais, des fois, ça peut arriver. On va continuer de plaider, là, pour
essayer de convaincre Mme la ministre, et je sais que vous m'écoutez. Alors,
comme je vous le disais, M. le Président, depuis le début de l'analyse, moi, j'aborde ce projet de loi de deux
façons, d'abord, la protection du public, c'est pour ça qu'on a des ordres
professionnels, mais aussi l'accès aux
soins. Et le fait de reconnaître un titre de spécialiste à des pharmaciens
d'établissement permettrait de leur donner une plus grande... en fait,
une plus grande gamme d'actes qu'ils pourraient poser, et donc ça permettrait
d'être un peu plus efficaces. Et comme je le soulignais précédemment, le
pharmacien en établissement de santé a une formation universitaire avec, comme
on nous le soulignait dans le cadre des audiences, une formation postdoctorale
de deuxième cycle qui s'ajoute à un doctorat professionnel en pharmacie de
premier cycle. Donc, la formation de base
pour les pharmaciens, c'est 164 crédits, 12 sessions en continu, une
durée de quatre ans. Les pharmaciens qui détiennent une maîtrise en
pharmacothérapie avancée, donc, ils ont un titre universitaire, mais ils n'ont
pas de reconnaissance au niveau de leur
ordre professionnel, mais c'est quand même 60 crédits, 16 mois
répartis en quatre mois de cours, suivis de 12 mois de résidence
dans différents établissements de la santé.
Donc, comme on nous
l'a expliqué, ces médecins, dans des établissements de santé, auraient... non
seulement on reconnaîtrait leur compétence, à leur juste titre, avec un diplôme
de deuxième cycle, mais également ça leur permettrait d'agir d'une façon qui
est plus efficace, puis ça permettrait aux patients d'avoir plus de soins plus rapidement. Il y a donc... ça donne plein de
retombées positives. Par exemple, un pharmacien spécialiste pourrait rédiger
une ordonnance de départ, coordonnerait l'ensemble des suivis requis auprès des
soignants de première ligne. Donc, ça assure
une bonne transition au congé de l'hôpital. Ça permettrait aussi un soutien aux
pharmaciens de première ligne, donc,
instauration d'un mécanisme de soutien et de consultation entre les pharmaciens
spécialistes et les pharmaciens de première ligne. Ce sont des gains
importants de temps.
Ça permettrait un
soutien aux médecins de famille qui pourraient être libérés et... évidemment,
des tâches liées à la pharmacothérapie, puis ça permettrait, donc, à ces
médecins-là de voir d'autres patients. Ça permettrait un soutien aux médecins spécialistes, plus large
déploiement de pratiques novatrices, si on reconnaît le rôle du pharmacien
spécialiste, amélioration de l'accès aux soins et augmentation de la fluidité
des soins dans le réseau de la santé et, finalement,
soutien aux établissements du réseau de la santé, parce que c'est de ça dont on
parle, M. le Président, fournir un statut de pharmacien spécialiste
contribuait à assurer un meilleur soutien aux installations ayant de la
difficulté de recrutement de pharmaciens, et
je vais vous en parler dans quelques minutes, améliorer la prise en charge des
médecins, surtout, des patients, partout au Québec, et distinguer
évidemment des pharmaciens qui ont suivi un diplôme de deuxième cycle des
autres pharmaciens parce qu'ils ont des tâches plus accrues.
Les pharmaciens en
établissement de santé, ce sont des pharmaciens spécialisés qui, notamment,
travaillent en oncologie, qui vont donc aider l'oncologue à avoir, finalement,
les bonnes doses pour de la chimiothérapie. Donc, c'est un travail qui est excessivement spécialisé et c'est un travail
qui mérite à être reconnu. Quand on nous expliquait qu'évidemment ça
assurerait un meilleur soutien aux difficultés de recrutement, bien, pas plus
tard qu'aujourd'hui, il y a un article qui a
été publié par Radio-Canada, qui traite du travail des médecins, mais surtout
des problèmes qu'ils ont de
recrutement et de leurs conditions de travail difficiles dans le Bas-Saint-Laurent. Permettez-moi d'y faire référence parce que je pense que c'est important. La modification que je propose,
ce n'est pas juste quelque chose qui ferait en sorte que certains
professionnels pourraient avoir plus. Il y a un problème de recrutement dans
les hôpitaux, et ça stagne dans le Bas-Saint-Laurent.
L'article de
la journaliste Lisa-Marie Bélanger rappelle aujourd'hui que le manque de
main-d'oeuvre continue de se faire sentir dans les pharmacies des
établissements de santé, alors que près du quart des postes de pharmacien sont vacants dans la région du Bas-Saint-Laurent. Puis
un hôpital sans un pharmacien spécialisé, ça ne peut pas fonctionner. Ce
n'est pas juste des gens qui distribuent des médicaments, c'est des gens qui
vont, comme je vous le disais tout à l'heure, travailler activement à préparer
de la chimiothérapie, gérer l'ensemble des médicaments pour l'hôpital, puis
évidemment des centres... dans les centres hospitaliers, bien sûr, il s'agit de
centres critiques. On dit que, dans les centres
intégrés de santé et de services sociaux, ils sont actuellement à la recherche
de 11 pharmaciennes pour combler une équipe qui devrait en comprendre plus
de 50. Il y a des absences, il y a des maternités... des congés de maternité
qui ne sont pas remplacés, et ça, c'est sans compter les postes à créer.
Je comprends
que c'est un enjeu provincial qui touche l'ensemble du Québec. Je comprends,
sauf que, là, on parle d'une région
où... puis, tu sais, le Québec des régions, c'est aussi fondamental. On parle
d'une région, le Bas-Saint-Laurent, où le recrutement est difficile.
Puis quand je vous disais tout à l'heure que ces pharmaciens-là, évidemment,
jouent un rôle très important, bien, on
parle, entre autres, de besoins en dialyse, en oncologie, en urgence, aux soins
intensifs. Et c'est très difficile, très difficile à inciter des
pharmaciens finissants à faire la maîtrise, puis ceux qui le font, bien, après ça, c'est difficile pour eux de rester dans
des centres hospitaliers. Puis on parle de centres hospitaliers, mais il y a aussi
des CHSLD où ils ont effectivement des pharmaciens en établissement de santé.
Donc, c'est un... c'est excessivement important.
Je vous dirais que, quand j'ai lu le mémoire et qu'on a écouté, en
consultation, les représentants de l'APES qui, évidemment, s'occupent des
pharmaciens spécialistes, moi, ça m'a particulièrement touché de voir les
ennuis qu'ils ont malgré, évidemment, les études qu'ils font et la difficulté
qu'ils ont à faire reconnaître leur titre professionnel et puis, évidemment,
qui leur permettrait de prescrire davantage, donc, de donner un meilleur accès
aux soins.
D'ailleurs, permettez-moi dans l'article de
citer le chef du département de pharmacie, donc, ça, c'en est un du CISSS du Bas-Saint-Laurent, M. François
Paradis : «C'est comme ça qu'éventuellement on va parvenir à réduire le
taux de pénurie qu'on a actuellement et qui rend les choses pas mal difficiles
au Québec, mais plus particulièrement au Bas-Saint-Laurent.» Donc, c'est
autant d'éléments importants, je pense, qu'on doit soulever, que moi, je me
dois de soulever, puis c'est la raison pour laquelle je propose cet amendement,
M. le Président, puis que je tends la main à la ministre. Ça m'apparaît
fondamental. Il y a des délais partout dans les hôpitaux et il ne faut pas
oublier que ces pharmaciens-là, s'ils étaient reconnus, comme d'ailleurs ils le
souhaitent, comme ils le demandent, et ce, depuis des années, ça permettrait
non seulement de maintenir... le maintien en poste de plusieurs employés, mais
ça permettrait aussi un développement puis ça leur permettrait d'être plus
efficaces.
Et quand on regarde l'article en question puis
qu'on parle du Bas-Saint-Laurent, on dit, par exemple : Dans le centre intégré de santé et des services
sociaux, ils n'ont pas, par exemple, suffisamment d'ensacheuses. Ils n'ont pas
d'appareils qui emballent les comprimés. Il n'y en a à peu près pas
partout. Donc, c'est des gens qui sont obligés de faire ça, c'est plus
compliqué, c'est plus long. Quand ils sont venus nous rencontrer, ils nous ont
fait part de... en fait, de leur état et de
la demande qu'ils nous ont présentée. Et c'est la raison pour laquelle, moi,
aujourd'hui, je me devais, M. le Président, de présenter cet amendement
en espérant qu'on puisse dialoguer, avec Mme la ministre, là-dessus et faire en
sorte qu'on puisse leur reconnaître, évidemment, une spécialité. Ils ont
d'ailleurs le programme à l'université et donc ils sont déjà diplômés quand ils
sortent.
Alors, c'est pour toutes ces raisons, M. le
Président, que je propose l'amendement et, écoutez, j'espère que Mme la
ministre va être réceptive à ma demande. Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le député
d'Acadie. Mme la ministre, s'il vous plaît.
• (15 h 50) •
Mme LeBel : Merci, M. le Président.
Écoutez, je vais d'entrée de jeu, là, réitérer que, dans tout ce que vous venez nous exposer, je suis d'accord avec
99,9 % de vos propos, mais je ne suis pas d'accord avec le moyen, la
solution. Alors, je suis convaincue
que, pour moi, donner plus d'accès... mais protection du public, et je fais
référence... je vais faire une différence entre l'Ordre des pharmaciens
et l'Association des pharmaciens.
C'est l'Association des pharmaciens ici qui
pousse beaucoup sur la notion de titre de spécialiste. L'Ordre des pharmaciens est venu nous parler beaucoup du
pouvoir accru de prescrire qui découle de la formation en pharmacologie
avancée — je
pense, c'est ça, le terme — est
bien venu nous dire... l'ordre qui est en charge de la protection du public est bien venu nous dire qu'on met de
l'avant le titre, mais que le moyen n'était pas important à partir du moment
où l'Ordre des pharmaciens... à partir du moment où ces pharmaciens-là avaient
cette capacité accrue de prescrire là.
Je pense que la notion d'accès et de protection
du public passe par la capacité accrue de prescrire des pharmaciens qui ont une telle formation. Vous faisiez référence à une
maîtrise, je pense, dans ce cas, si je ne me trompe pas, parce que, je
pense que c'est au début de votre texte, vous parliez de...
M. Morin : ...
Mme LeBel : ...postdoctorale,
pardon, excusez-moi, je ne voulais pas... je ne voulais pas diminuer la
formation, je voulais être sûre d'avoir le bon. Vous savez, les attestations de
formation, ce sont des... ce n'est pas le type de formation, c'est
l'attestation qui est donnée par l'ordre pour avoir une capacité... un acte
réservé, différent du reste des membres, je vais le dire comme ça.
Prenons les sexologues. Une sexologue... un
sexologue, une sexologue, présentement, qui n'a pas une formation
supplémentaire attestée comme telle par l'ordre, ne peut pas diagnostiquer. Là,
je vais parler de diagnostics, parce que le projet de loi est venu leur donner
la capacité de diagnostiquer, là, donc, je vais adapter mon langage. Donc, il y
a présentement, au Québec, deux types de sexologues : le ou la sexologue
qui a la formation de base, ceci n'est pas réducteur, je parle de la formation
prescrite pour accéder à l'ordre et être un sexologue, et qui n'a pas la
capacité de diagnostiquer; et il y a le sexologue qui a la capacité de
diagnostiquer suite à une formation supplémentaire qui est, dans ce cas-ci, une
maîtrise. Et cette capacité, donc, cet acte supplémentaire ou ce pouvoir accru
découle de l'attestation et non pas d'un titre particulier.
Je vais vous parler des conseillers en
orientation. C'est la même chose. La capacité de diagnostiquer un trouble
mental ou, en tout cas, ce qu'on vient de leur donner, là, qui était une
évaluation découle d'une maîtrise également. Les psychologues, les psychologues
qui ont la capacité de diagnostiquer un trouble mentaux, c'est suite à un
doctorat qui n'est pas... je parle... il y a toujours la formation pour devenir
psychologue, et, après ça, ils ont un doctorat qui lui permet, suite à une
attestation de formation de l'ordre, d'avoir une capacité accrue de
diagnostiquer dans ce cas-ci.
Ici, pour les
pharmaciens, c'est le même chemin qu'on va prendre. Et donc les pharmaciens, on
fait deux choses. On leur donne la capacité de prescrire qu'ils
n'avaient pas. Donc, tous les pharmaciens auront désormais la capacité de
prescrire, chose qu'ils n'avaient pas. Au moment où on se parle, ils ne l'ont
pas, personne. Et il faut faire la distinction entre ce qu'on fait dans le Code
des professions et l'organisation des soins, par la suite, dans le système de
santé, qui va faire l'objet, entre autres, de négociations. Et je vous rappelle
que vous mettez de l'avant la position de l'association et non pas de l'ordre.
Donc, ils ont... présentement, ils n'ont pas la capacité de prescrire. On donne
à tous les pharmaciens, puis on en a parlé tantôt, hein, sous réserve du
règlement qui viendra délimiter, là, la capacité de prescrire.
Et ce qu'on va venir introduire, par le biais de
l'article 40, parce que là votre amendement est à 41.1, je pense, mais,
par le biais de l'article 40, où on va venir parler plus précisément de
ça, on va venir aussi spécifier, on verra la façon dont c'est fait, là,
l'objectif de dire : Non seulement les pharmaciens ont la capacité de
prescrire, mais ceux qui auront la formation, là, en pharmacologie avancée, postdoctorale
que vous me dites...
M. Morin : ...
Mme LeBel : ...parfait, se verront,
par le biais de l'attestation, parce que c'est là qu'il va venir dire :
Bien oui, tu as cette formation-là... avoir
une capacité accrue de prescrire. Donc, on va avoir plus de capacité de
prescription pour venir, effectivement, donner plus d'accès.
Après ça, là, l'organisation des soins dans le
système de santé publique, je n'en fais pas fi, mais ce n'est pas relié à un
titre. C'est relié à la capacité de prescrire et la capacité autonome de
prescrire qu'ils n'ont pas présentement, personne. Ils vont l'obtenir par
l'attestation. Et beaucoup d'autres professionnels, qui n'ont pas de titre
spécialisé, ont quand même une distinction entre eux. Cette distinction-là, on
la voit où? On va la voir au tableau de l'ordre, au même titre qu'on la voit
pour les gens qui auront un permis limité ou un permis spécial. Ils n'auront
pas... Puis ça va être un avocat avec permis spécial de faire ça, et là on va
avoir un pharmacien avec capacité accrue de prescrire,
dans le domaine dont on parle, parce qu'il a l'attestation de formation. Alors,
les pharmacothérapies avancées, c'est une maîtrise, OK, parfait.
Donc, ceci étant dit, je partage entièrement vos
objectifs, je partage entièrement vos propos sur l'accès. Là où notre opinion
diffère, respectueusement soumis, c'est sur le moyen d'y parvenir. Et moi, je
vous dis que j'y parviens, nous y parvenons,
parce que ce n'est pas moi personnellement, là, nous y parvenons par la
proposition d'attestation de formation. Alors, je vais rester avec
beaucoup de respect sur ma position parce que je suis convaincue qu'on atteint
les mêmes objectifs.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui. Bien, écoutez,
d'ailleurs, je l'ai souligné dans mon intervention, je mentionnais bien que c'était l'APES qui a fait des représentations. Donc,
c'est l'association, ce n'est pas l'ordre, ça, j'en conviens. Maintenant,
quand l'APES est venue nous dire... Et je
regarde les notes que j'ai prises, parce qu'on leur a posé des questions, ils
ont l'appui de plusieurs partenaires, Collège des médecins, ordre des
infirmiers, Fédération des médecins spécialistes, pharmaciens propriétaires,
doyens de faculté de pharmacie.
Donc, je comprends ce que vous mettez de
l'avant, mais il me semble que, quand on a, dans une formation universitaire,
parce que c'est de ça dont on parle, des pharmaciens qui ont une formation de
base, parce que c'est comme ça qu'on la
décrit, qu'elle s'appelle, ce qui est quand même... ce qui est quand même
beaucoup parce que c'est un diplôme de premier cycle. Mais c'est quand même quatre
ans, et ça donne un doctorat professionnel, puis que ces pharmaciens-là,
par la suite, prennent le temps de faire une formation postdoctorale de
deuxième cycle, donc, une maîtrise en pharmacothérapie
avancée, 60 crédits, il me semble que le fait de reconnaître leur titre,
leur donner un statut qui correspond aux
études qu'ils ont faites, compte tenu de la complexité des dossiers qu'ils ont
à traiter également et des soins qu'ils ont à donner.
Ce qu'on nous a
expliqué, c'est qu'en matière... et je reprends l'exemple de tout à l'heure en
oncologie. L'oncologue va évidemment être capable d'identifier s'il y a un
cancer ou pas, le type de cancer, mais quand vient le temps, par exemple, de préparer les soins en chimiothérapie, ma
compréhension, c'est que ce n'est pas le médecin qui va le faire, c'est
le pharmacien d'établissement, et ils ont énormément de responsabilités. Puis
ça, c'est un domaine, dans l'oncologie, mais il y en a plein d'autres.
Compte
tenu... couplé à ça, et là ce n'est pas moi qui le dis, l'article est sorti
aujourd'hui, puis je prenais le temps de faire état de la situation dans
le Bas-Saint-Laurent, mais il y a d'autres régions au Québec où c'est particulièrement difficile, et qu'on nous suggère
que le fait, par exemple, puisqu'on a un projet de loi qui traite des ordres
professionnels, de faire un pas de
plus pour essayer de régler un problème. Bien, c'est dans ce sens-là que je
vous disais tout à l'heure, Mme la ministre, d'entrée de jeu :
Bien, moi, je vous invite à aller plus loin. Je comprends ce que vous dites...
Le
Président (M. Bachand) : M. le député,
30 secondes.
M. Morin : Alors,
sur ce, M. le Président, continuons d'avancer, puis moi, je vous donne un
chemin à suivre pour y arriver. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
ministre.
Mme LeBel : Bien,
nous faisons un pas de plus par rapport au projet de loi original, et il y aura
un amendement qui va être déposé à 40, c'est-à-dire qu'au départ je pouvais
comprendre... Puis je reviens, hein, le collège et l'ordre qui sont... l'ordre,
et non pas l'association, mais le collège et l'ordre sont venus dire qu'il
était important de reconnaître le pouvoir accru de prescription. Et je ne veux
pas dénigrer du tout... Quand on parle de formation de base, vous aviez
compris, collègue, que formation de base est la formation qui est nécessaire
pour obtenir un titre ou un statut de professionnel, mais cette formation de
base varie, là, d'un professionnel à l'autre. Donc, ce n'est pas... ce n'est
pas le fait qu'elle est minime, c'est le fait qu'elle est le prérequis pour
obtenir, là, donc... je dirais plutôt formation prérequise, disons-le comme ça.
Ce qu'ils sont venus nous dire, c'était l'importance de reconnaître la capacité accrue de prescrire de ces pharmaciens-là par
rapport à un autre pharmacien qui n'aurait pas suivi la formation
nécessaire en pharmacologie avancée.
On fait un pas de
plus, on vient dans... Puis je peux comprendre que, dans le libellé proposé au
départ, on ne venait peut-être pas faire cette distinction-là de façon
suffisante, et, là-dessus, j'en suis, mais... Et je réitère qu'autant l'ordre
que le collège ont dit : Nous, c'est l'objectif et pas le moyen utilisé. Parce
que j'ai même testé l'attestation de formation avec eux, et ils ont dit...
bien, à quelque part, ils se sont un peu prononcés en disant, je
paraphrase : Si ça fait le travail, pour nous, c'est l'objectif.
• (16 heures) •
Alors, on vient quand
même introduire un amendement où on vient dire qu'une attestation de formation
pourrait être donnée dans ces cas-là pour que ces pharmaciens-là, par rapport à
leurs collègues pharmaciens qui n'ont pas cette attestation-là, aient un pouvoir
accru. Bien que je respecte tous les professionnels et que je les respecte
beaucoup, ici, le projet de loi n'est pas dans la reconnaissance d'un statut et
dans la possibilité de faire quelque chose pour avoir de l'accès. Et là, quand
vous me parlez du domaine public, la reconnaissance par rapport à un autre, et
tout ça, j'en suis, mais, pour moi, ça fait partie de les négociations, ça fait
partie de l'organisation des soins, ça fait partie des titres ou de la façon...
dans la définition des postes. Et le système de santé choisira, et j'espère le
plus largement possible, d'utiliser ces professionnels-là qui sont... qui ont
un apport certain. Présentement, on décide de le faire par le biais de... APE
ou APP...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...EPAP,
je savais que... c'est les bonnes lettres, mais pas dans le bon ordre. Par
le biais d'EPAP, je vais faire un... que je
ne devrais peut-être pas faire, bien, on voit bien que ça ne fonctionne pas.
Mais je vous rappelle qu'aujourd'hui, au moment où on se parle, aucun
pharmacien n'a la capacité de prescrire, donc, l'EPAP était peut-être le seul
moyen de le faire. Maintenant, qu'on donne aux pharmaciens la capacité de
prescrire et, en plus, la capacité de... un
pouvoir accru de prescription aux pharmaciens qui auront cette formation-là,
bien, le système de santé suivra
sûrement dans son organisation, je l'espère. Ça, c'est un... qui n'engage que
moi, mais on comprend. Alors, je considère que nous atteignons
l'objectif, et on pourra continuer à en discuter.
Le
Président (M. Bachand) : 20 secondes,
M. le député d'Acadie.
M. Morin : 20 secondes.
Vous avez fait référence aux EPAP. Effectivement, quand on nous a expliqué ce
que c'était, là, moi, j'ai failli tomber en bas de ma chaise. S'il y a un mécanisme
qui n'est pas efficace, c'est celui-là. Ça
fait que, Mme la ministre, si on peut sortir de ça... puis moi, je vous propose
une solution. Bien, voilà, je vous invite à la suivre.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement du député d'Acadie?
S'il n'y a pas d'autres interventions, est-ce que l'amendement est adopté? Vote
par appel nominal. M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Caron
(La Pinière)?
Mme Caron : Pour.
Le Secrétaire : Mme LeBel
(Champlain)?
Mme LeBel : Contre
Le Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Contre.
Le Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire : Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
Le Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
Le Secrétaire : Et M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement
est rejeté. Donc, Mme la ministre, pour la suite des choses.
Mme LeBel : Bien, on devrait revenir
à 40...
Le Président (M.
Bachand) : Exactement.
Mme LeBel : ...dont on parle depuis
tantôt, dans le fond, puis on est encore dans le même... bien, je dirais le
même sujet, là, de façon plus large, et il va y avoir un amendement également à
40. J'y suis...
Des voix : ...
Mme LeBel : ...40, c'est ça, oui.
Parfait. OK.
L'article 10 de cette loi est
modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par la suppression, dans le
paragraphe a, de «et au troisième»;
b) par le remplacement, dans le
paragraphe g, de «et 10° du deuxième alinéa de l'article 17 et de
celle visée au troisième alinéa de cet article» par «, 10° et 11° du deuxième
alinéa de l'article 17»;
c) par le remplacement des paragraphes h et
i par le suivant :
«h) déterminer les conditions et les modalités
suivant lesquelles les activités visées aux paragraphes 5° à 11° du deuxième alinéa de l'article 17 sont
exercées et, s'il y a lieu [le cas échéant] dans lesquels ces
activités sont exercées».
2° par le remplacement, dans le troisième
alinéa, de «g à i» par «g et h».
Bon, commentaire. Les modifications proposées
par l'article 40 du projet de loi doivent être lues avec celles proposées par l'article 41 du projet de loi,
tel que mentionné précédemment à l'article 41. Les modifications proposées
par l'article 41 du projet de loi, qui modifie l'article 17 de la Loi
sur la pharmacie, relatif aux activités réservées aux pharmaciens, font en
sorte de supprimer certaines conditions et modalités applicables à l'exercice
de certaines de ces activités
ou encore certains cas dans lesquels elles peuvent être exercées. Ces cas, ces
conditions et modalités prévues directement dans la loi pourront
dorénavant, en vertu des modifications proposées par le présent article, l'être
par règlement de l'ordre, approuvées par le gouvernement.
À cette fin, le
paragraphe c de l'article 40 du projet de loi remplace les paragraphes h
et i de l'article 10 de la Loi sur la pharmacie par un nouveau paragraphe
h. Ce faisant, le pouvoir du conseil d'administration de déterminer les conditions, les modalités ou les cas liés à
certaines activités réservées sont inclus dans la même disposition. De plus,
en cohérence avec les modifications
proposées à l'article 41 du projet de loi, l'habilitation a été modifiée
eu égard aux activités réservées suivantes : effectuer un
prélèvement, paragraphe 5°; substituer un médicament prescrit à un autre
médicament, paragraphe 8°; administrer un médicament dans les cas et aux
conditions prévues par règlement, le paragraphe 9°;
prescrire un médicament, le paragraphe 11°. Cet article propose aussi des
modifications de concordance qui découlent des modifications prévues au
présent article 40 de même qu'à l'article 41 du projet de loi.
J'aurai un amendement
à proposer tel que je l'ai mentionné. Donc, article 40, remplacer le
sous-paragraphe c du paragraphe 1° de l'article 40 du projet de loi
par le sous-paragraphe suivant :
c) par le
remplacement des paragraphes h et i par le suivant :
«h) déterminer, pour
les activités visées aux paragraphes 5° à 11° du deuxième alinéa de
l'article 17 :
«i) les conditions et
modalités suivant lesquelles ces activités sont exercées;
«ii) les cas, s'il y
a lieu, dans lesquels ces activités sont exercées;
«iii) les cas pour
lesquels une attestation de formation délivrée par l'Ordre conformément à un
règlement pris en application du paragraphe o du premier alinéa de
l'article 94 du Code des professions est requise.»
L'amendement proposé vise à conserver sous une
autre forme l'habilitation réglementaire prévue au sous-paragraphe c du
paragraphe 1° de l'article 40 du projet de loi n° 67 et à y
ajouter celles permettant au conseil d'administration de l'Ordre des pharmaciens
du Québec de déterminer, pour certaines activités réservées, les cas pour
lesquels une attestation de formation délivrée par l'ordre est requise.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le...
Une voix : ...
Le
Président (M. Bachand) : Oui, on va
suspendre quelques instants. Merci beaucoup. Merci.
(Suspension de la séance à
16 h 07)
(Reprise à 16 h 14)
Le
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! La commission reprend ses travaux. M. le député de l'Acadie, s'il
vous plaît.
M. Morin : En
fait, je céderais la parole à ma collègue la députée de La Pinière.
Le
Président (M. Bachand) : Oh! pardon,
désolé.
M. Morin :
Je vous en prie.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le Président. Alors, j'écoutais avec
attention les échanges de mon collègue de l'Acadie et de Mme la ministre sur la
création ou non du titre de pharmacien spécialiste et j'ai... Je le dis en tout
respect, hier, dans nos débats, Mme
la ministre nous disait qu'elle n'était pas attachée au chemin d'y parvenir en
autant qu'on atteignait le résultat.
Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'elle est attachée au chemin pour parvenir au
résultat de ce que les pharmaciens qui ont cette maîtrise postdoctorale
en pharmacothérapie avancée peuvent faire ou pourront faire.
Dans ce que je lis à
l'article 40, d'«effectuer un prélèvement», «substituer au médicament prescrit
un autre médicament», donc changer de médicament, «administrer un médicament
dans les cas et aux conditions prévus», «prescrire
un médicament», je ne vois pas où le pharmacien qui a cette, entre guillemets,
spécialité-là, cette formation, cette connaissance fine et accrue des
médicaments peut modifier, ajuster une ordonnance faite par quelqu'un d'autre,
comme un médecin, par exemple, dans le cadre de son EPAP. Vous me corrigerez si
j'ai tort là-dessus.
Quand les pharmaciens
sont venus en consultations, j'avais noté que, si le titre de spécialiste
n'était pas créé... que l'ordre n'aurait rien à dire sur la formation de base
de ces... sur la formation des pharmaciens, disons, spécialistes, si cette maîtrise en pharmacothérapie avancée change,
parce que ça arrive que les programmes de formation peuvent changer en cours de route, qu'ils
n'auraient pas nécessairement... ne seraient pas nécessairement consultés sur cette
formation. Alors donc, c'est ce que je voulais amener au débat.
Aussi, je me... le cas qui m'avait été... qui
m'avait touchée durant les consultations, c'était en santé mentale, où les pharmaciens d'établissement qui peuvent,
dans le cadre d'une EPAP, prescrire des médicaments à une personne qui a
des troubles mentaux... si cette personne revient à l'urgence, quelques jours
plus tard, en situation de crise, il n'y a pas d'EPAP à l'urgence, le
pharmacien peut... ne peut rien faire, alors qu'on sait qu'on a...
Il y a beaucoup de cas,
une recrudescence des cas de difficultés en santé mentale où le fait que ce
pharmacien puisse ajuster, dans tous les
cas, la prescription, le dosage, la posologie du médicament, pourrait mettre
fin à la détresse de la personne qui souffre de... qui a des problèmes
de santé mentale, aussi à la détresse de ses proches autour, puis même... ça pourrait même éviter des gestes de violence
d'une personne qui est en crise en santé mentale. Et je ne vois pas comment l'amendement ou l'article même va
venir permettre à ces pharmaciens, qui ont toute cette connaissance fine
et avancée, de faire beaucoup plus que ce
qu'ils font déjà ou de le faire de manière autonome et aussi de modifier une
ordonnance qui a été faite par un médecin, par exemple. Alors, voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme LeBel : Oui, bien, ce n'est pas
parce qu'on n'est pas attachés au chemin qu'on ne peut pas choisir un chemin
éventuellement. Donc, il y a choix... été fait, mais je veux juste vous
rassurer, là, dans l'amendement qu'on propose, et vous avez raison, là, il y a
deux choses. Là où ce n'était pas clair pour tout le monde... et on l'a vu dans
les consultations, et là où je suis d'accord avec ce qui est venu... ce qui a
été dit, et pour ça qu'on fait un pas supplémentaire,
c'est que ce n'était pas clair que cette formation-là pourrait être reconnue et
qu'on pourrait y attacher un pouvoir accru de prescrire dans le projet
de loi d'origine, mais je réitère que, pour moi, ça ne passe pas par le titre,
ça passe par le pouvoir accru de prescrire. Et ce n'est pas le titre qui nous
amène là, pour moi, et ce qu'on fait dans l'amendement qu'on est venus déposer,
c'est un pas supplémentaire par rapport...
On ne se rend pas jusqu'à l'option de dire un
titre parce que je considère que ce n'est pas nécessaire dans les
circonstances, mais on y va par l'attestation de formation, et vous verrez
qu'on... dans l'amendement qu'on met à 40, on dit : Les cas pour lesquels
une attestation de formation délivrée par l'Ordre conformément à un règlement
pris en application... par le Code des professions. Donc, l'ordre pourra dire
que, dans les cas de cette formation-là, les pharmaciens qui la détiennent
auront l'attestation de formation, et à cette attestation-là sera rattachée le
pouvoir accru de prescrire, tel qu'il est décrit, là, dans tout ça. Première
chose.
Deuxième chose, vous parliez de la préoccupation
qu'ils avaient par rapport, je vais le dire dans mes mots, le contrôle, la
formation. On va venir... On a effectivement trouvé que c'était un commentaire
extrêmement pertinent. Donc, par l'article
21.1, l'amendement, on va venir sécuriser cette possibilité-là, parce que, vous
avez raison, ils doivent s'assurer que la formation... Tu sais, que ce soit...
que ce soit la formation de base, qu'on appelait la formation prérequise
ou la formation qui mène à une attestation, il faut quand même que l'ordre soit
en mesure d'avoir un certain... je ne dirais pas contrôle, c'est peut-être trop
fort, là, mais un regard, je vais le dire comme ça, un regard. Donc, on va
venir y répondre par 21.1.
Donc, pour moi, c'est pour ça que, depuis
tantôt, je dis et avoue à votre collègue que j'en suis, là, tous les
commentaires, j'en suis, mais que nous, il faut choisir, se positionner, et on
considère que c'est le chemin qu'on a à prendre. Il ne faut pas... il ne faut
pas oublier qu'aujourd'hui, au moment où on se parle, les pharmaciens ont quand
même un pouvoir extrêmement limité, là, de prescrire. Donc, on vient ouvrir
tout ça puis on vient reconnaître officiellement, par le biais de l'attestation
de formation, le fait qu'il pourrait même y avoir des pharmaciens qui ont un pouvoir accru de prescrire par rapport aux
autres... j'allais dire «les pharmaciens de base», mais ce n'est pas... vous
comprenez, là, les pharmaciens, et je le fais... c'est la même chose pour les
psychologues. Il y a des psychologues avec
attestation, des psychologues sans attestation, mais ce sont tous deux des
psychologues. Donc, pour moi... mais le point supplémentaire que vous
soulevez par rapport à la formation, on va y répondre par le biais de
l'amendement à 21.1.
• (16 h 20) •
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci. Mme la
ministre, on voit ici, là, que ces pouvoirs-là vont être possibles, en fait, le
pouvoir de contrôle de h, là, sur les conditions ou sur les activités, pour
1°... excuse, pour 5° à 11°, comme des actes réservés.
Est-ce qu'il y a un pouvoir qui existe pour les autres, le premier, le
deuxième, là, les autres actes réservés, ou si c'est vraiment limité à
ces...
Mme LeBel : Eu égard à 42 ou 41
qu'on a fait tantôt, attendez, là...
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est ça,
parce que, là, on fait directement référence à...
Mme LeBel : Oui, là, on parle de 7°
à 11°... de 5° à 11°.
M. Cliche-Rivard : 5° à 11°.
Mme LeBel : Bon, 5°, c'est effectuer
un prélèvement, prolonger une ordonnance, amorcer, ajuster, cesser la thérapie,
substituer un médicament, juste pour qu'on... administrer le médicament, là,
dans les cas circonscrits qu'on mentionne par règlement, et prescrire... et
prescrire, entre autres, là.
M. Cliche-Rivard : 1°, 2°, 3°, 4°,
eux autres...
Mme LeBel : Bien, non, émettre une
opinion pharmaceutique, il n'y a pas de condition reliée. Donc, c'est «at
large», si je peux le dire en bon français.
M.
Cliche-Rivard : OK, évaluer la condition physique et mentale...
Mme LeBel : Non,
c'est ça, c'est parce que les autres, 5° à 11°, on met le principe dans les
actes et dans le champ d'exercice en mentionnant que, par contre, il peut
être... il va être restreint par règlement, et là c'est dans le règlement qu'on
va comprendre la portée, vraiment, de ça.
M.
Cliche-Rivard : Pour ces nouveaux actes là, sauf 7°, qui n'est pas
modifié, mais inclus.
Mme LeBel : Oui.
Bien, ils ne sont pas tous nouveaux. Ils ne sont pas tous nouveaux, parce
qu'effectuer un prélèvement n'est pas
nouveau, mais on ne pouvait effectuer un prélèvement que dans le cas d'un...
bien, c'est ça, il était...
M.
Cliche-Rivard : Il est quand même assez nouveau.
Mme LeBel : Bien,
il n'était pas nouveau, mais il était extrêmement limité. On va le dire comme ça.
M.
Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : Maintenant,
il n'est plus autant limité, par principe, mais il va l'être par règlement,
mais il va nécessairement être plus large que celui qui est déjà là, là.
M.
Cliche-Rivard : Par règlement, OK, mais, dans tous ceux qu'on ne
touche pas, mettons, qui sont inclus dans ça, il reste 7°.
Mme LeBel : C'est
parce qu'ils ne sont pas limités.
M.
Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Je
vais vous donner un exemple, préparer des médicaments, on ne fera aucune
limitation par règlement là-dessus. Il va
toujours pouvoir préparer tout type de médicament. Il est déjà au plus large
possible, disons-le comme ça.
M.
Cliche-Rivard : Exact. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Je vais
céder la parole au député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : ...M.
le Président. Alors, Mme la ministre, parlons toujours de voie et de chemin.
Vous avez fait référence à une attestation, mais, compte tenu de la formation
que les pharmaciens en établissement ont, est-ce que vous seriez ouverte à
explorer la possibilité de leur donner un permis spécial ou un permis
supplémentaire?
Mme LeBel : Bien,
ce n'est pas... Je veux dire, là, on va venir superposer un autre type de
permis, alors que l'attestation de formation est éprouvée par d'autres
ordres... par d'autres ordres et fait le travail, à titre d'exemple, parce que... je veux dire, je vais faire quoi, je
vais leur donner le plein permis plus un permis spécial superposé à ça pour
un acte supplémentaire?
Je veux dire, l'idée,
c'est qu'avec l'attestation de formation, ça va comprendre que leur permis leur
permet un pouvoir accru, comme les psychologues, pareil comme les psychologues.
Les psychologues, présentement, je ne veux
pas taper sur les psychologues, mais c'est parce que c'est l'exemple qui est le
plus... et les sexologues, on l'a vu, et
même, il y en a un autre, là, les consultants en orientation... les
conseillers, pardon, en orientation, n'ont pas de permis différent. Ils
ont le permis, ils ont une attestation de formation supplémentaire, et, dans la
liste des actes réservés, on leur dit : Bien, tu as tous les actes de ton
permis plus celui de l'attestation. Ça fait que ce serait de créer un autre
permis par-dessus le permis, alors que l'attestation est déjà éprouvée dans le
système, existe déjà. Donc, on n'est pas venus réinventer la roue. On est venus
juste s'assurer que ce pouvoir accru là pouvait être reconnu, et seuls ceux qui
auront la formation, et donc l'attestation, pourront l'exercer, cet acte
supplémentaire ou cet acte élargi, disons-le comme ça, là.
M. Morin : Compte
tenu, en fait, de l'attestation dont... auquel vous faites référence...
Mme LeBel : Oui,
mais ça aurait pu être un chemin valide, là.
M. Morin : Ça
aurait pu.
Mme LeBel : Oui,
mais c'est parce que, là, on venait... Il y a tellement de types de permis,
là... puis il y en a déjà, vous vous
souviendrez, en consultations, qui sont venus dire : On y perd notre latin
en permis, permis spécial, permis restrictif,
permis permanent, permis... plein permis, permis limité. Là, on aurait dit
quoi, on aurait dit «permis supplémentaire ou permis permanent»? Je veux
dire, l'idée, là, c'est que l'attestation est déjà dans le système, comprise
par les professionnels et fait déjà le travail.
M.
Morin : Et, d'après vous, vous faites référence à une
attestation, est-ce que ça ferait en sorte que, sur le terrain, on
pourrait se dégager des étapes?
Mme LeBel : Oui, ça pourrait, mais
là ça va devenir une négociation avec le réseau public et les pharmaciens qui y
travaillent, mais on n'aurait plus besoin de ces ententes-là, je veux dire.
Mais là, à ce moment-là, comment le ministre de la Santé, ou Santé Québec, ou
le réseau va décider de faire son organisation des soins? Puis je vous
rappellerai que c'est poussé par l'association. Donc, il y aura une négociation
avec l'association en question pour voir, sur le terrain... mais ils auraient,
de base, cette capacité-là avec l'attestation, naturellement, mais il faut
faire attention, là, par rapport à la... C'est pour ça que je dis qu'il y a une
grande différence entre ce que le Code des professions donne droit à un
professionnel de faire...
Tu sais, je vais vous donner un exemple, là. Je
veux dire, je ne veux pas... mais, dans notre profession, on peut être
pleinement avocat, mais être engagé par un ministère pour être conseiller
juridique, et ne pas aller plaider, et avoir une section de procureurs qui
plaident, mais c'est tous des avocats qui ont la capacité de plaider. Je sais
que c'est un peu boiteux, là, parce qu'on ne parle pas de formation
supplémentaire, mais vous voulez... C'est parce qu'il faut faire une différence
entre ce que le professionnel a la capacité de faire et l'organisation du
milieu de travail dans lequel il est. Je veux juste faire la nuance.
M. Morin : Ça, j'en conviens, il y a
des ordres professionnels où il n'y a pas de spécialités qui sont reconnues. Le
Barreau en est un, c'est une chose, ça fonctionne comme ça. Les médecins ont un
autre système, bon, puis les optométristes
ont aussi des types de permis, permis particuliers, permis spéciaux, permis
supplémentaires. Donc, je veux dire... puis je comprends que la
proposition que je vous fais, ce n'est pas, juridiquement parlant, impossible. Je comprends que ce n'est pas le chemin que vous
prenez, mais moi, je dois vous dire honnêtement ce qui m'intéresse.
Puis je suis bien conscient, je l'ai dit,
l'APES, c'est une association, c'est vrai, mais, quand j'ai entendu des gens, en commission parlementaire, venir me parler
des EPAP, je vais vous dire, honnêtement, là, je suis tombé en bas de ma chaise de savoir qu'il faut négocier avec
des professionnels dans un établissement de santé pour qu'un pharmacien
puisse donner des soins ou prescrire avec tel, ou tel, ou tel médecin.
Puis on nous a dit que, dans certains
départements, en oncologie, ça fonctionnait, mais d'apprendre que le patient qui sort... Et on peut imaginer des gens
qui souffrent de cancer, chimiothérapie agressive, la personne retourne chez
elle, mais après il peut y avoir d'autres problèmes de santé. Ça peut avoir des
effets secondaires, la personne retourne à l'urgence, là, elle va voir un
urgentologue, mais, si le pharmacien... ma compréhension, si le pharmacien qui
a travaillé avec l'équipe et l'EPAP n'a pas un EPAP avec l'urgentologue, là, ça
ne marche pas, là.
Le pharmacien va pouvoir voir le patient. Ils ne
vont pas... ils ne vont pas l'empêcher d'aller le voir, ça, c'est évident, là,
mais, si le pharmacien, il dit : Non, non, écoutez, voilà ce qu'il faut
faire, c'est... bien, il ne peut pas tant que l'urgentologue n'aura pas
dit : Ah oui! c'est ça qu'il faut faire. Puis ça, là, je vous dirai, Mme
la ministre, là, pour moi, là, honnêtement,
comme citoyen québécois, ça ne fait aucun sens, aucun sens. Ça fait que vous
comprendrez que moi, quand j'ai entendu ça, là, comme député, je vais
faire n'importe quoi pour qu'on sorte de là, puis vite. Ça presse, parce que ça n'a pas d'allure. Puis là
vous avez un patient à l'urgence qui est malade, bien malade, là, puis là il ne
peut pas avoir des soins tout de suite, pas parce que l'urgentologue ne veut
pas. C'est parce que lui, il va être débordé,
alors que, et c'était ma proposition de tantôt, avec un système où ils
pourraient prescrire d'une façon accrue puis qu'ils pourraient
travailler dans un hôpital avec des gens qui ont déjà soigné, pas remplacer les
urgentologues, là, ce n'est pas de ça dont je parle, bien là, à ce moment-là,
vous pourriez avoir un patient qui a des soins tout de suite. Puis vous
comprendrez... J'ai fait une proposition, j'explore d'autres choses avec vous,
mais vous comprendrez que mon objectif, là... Moi, quand j'entends ça, là,
honnêtement, comme citoyen, ça vient me chercher. Ça n'a pas d'allure. Ça n'a
pas de bon sens.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Bien, quelques
secondes, oui.
Mme LeBel : ...partage votre
sentiment, et c'est pour ça que je vous dis que je pense... puis il faut
faire... il faut voir d'où on partait et où on s'en vient. Il va y avoir une
reconnaissance du pouvoir accru, et, après ça, bien, je pense qu'on devra
organiser le travail sur le terrain, au ministère de la Santé, en conséquence,
mais, pour l'instant, ce qui est important,
c'était de le reconnaître officiellement, ce pouvoir-là, qui n'était pas
reconnu au moment où on se parle.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Alors, aux élus,
bonne semaine en circonscription.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 16 h 30)