Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, November 26, 2024
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Vol. 47 N° 97
Clause-by-clause consideration of Bill 32, an Act to establish the cultural safety approach within the health and social services network
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Lafrenière, Ian
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Massé, Manon
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St-Louis, François
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Boivin Roy, Karine
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Haytayan, Céline
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Lemieux, Louis
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Lafrenière, Ian
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Massé, Manon
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St-Louis, François
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Boivin Roy, Karine
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Haytayan, Céline
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Lemieux, Louis
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Lafrenière, Ian
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Massé, Manon
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Bachand, André
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Massé, Manon
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Lafrenière, Ian
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Morin, André Albert
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St-Louis, François
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Asselin, Mario
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Haytayan, Céline
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Lemieux, Louis
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Lafrenière, Ian
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Massé, Manon
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Bachand, André
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Lafrenière, Ian
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Morin, André Albert
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St-Louis, François
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Asselin, Mario
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Haytayan, Céline
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Lemieux, Louis
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Massé, Manon
16 h (version révisée)
(Seize heures cinq minutes)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! Bon
après-midi à tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi instaurant l'approche
de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services
sociaux.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par M. St-Louis
(Joliette), et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Lors de l'ajournement
de nos travaux, le 17 septembre dernier, nous avions plusieurs articles et
amendements suspendus. Pour les fins de nos travaux, je vous rappelle que les
articles 1 et 2 sont suspendus de même que le préambule du projet de loi.
Nous avons aussi sept amendements et sous-amendements de suspendus. M. le
ministre, à ce moment-ci, je vous cède la parole. Merci.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour, «hello», «kwe», «shé:kon», «wachiya»,
«ullaakkut». Content de vous retrouver, collègues des oppositions, collègues de
la banquette ministérielle... gouvernementale, pardon, content de vous revoir
aujourd'hui, nos équipes qui sont avec nous.
Puis, M. le Président, vous l'avez dit, on
avait fait notre étude du 10 au 12 septembre dernier. On avait travaillé
différemment, hein, on avait réussi à adopter des articles. Sur d'autres, on
avait dit : On suspend, on a du travail à faire. On avait rencontré des
groupes, on avait eu de très bonnes discussions. Alors, on se rappellera qu'il
y a quatre articles qui ont été... adoptés, pardon, vous l'avez dit, 2.2, 3, 4,
4.1. Pour la suite des choses, on en a parlé avec les oppositions, on va
pouvoir repartir avec nos articles, M. le Président. Et dans certains cas il y
avait des sous-amendements, des amendements. On a déjà fait suivre aux
oppositions, ce matin, les amendements qu'on déposait.
Depuis le jour 1, M. le Président, on
est rendus à 21 changements. Depuis les derniers travaux, du 10 au 12 septembre
dernier, c'est sept changements qu'on propose. Ça fait que ça fait juste
démontrer qu'ensemble, grâce au travail qu'on a fait avec les oppositions, il y
a des changements à notre projet de loi. On dit toujours : On veut déposer
le meilleur projet de loi, et c'est ce qu'on va faire aujourd'hui.
Alors, je veux remercier encore une fois
les collègues des oppositions, qui nous ont permis de faire les choses
différemment. Et commençons ce beau travail. C'est important. Je l'ai déjà dit
aux groupes qu'on a rencontrés en septembre, bien que ce soit imparfait, on
avance. Il y a un grand besoin d'avancer. On sera les premiers à le faire. Ça
envoie tout un message, c'est extrêmement important, on a ce devoir d'avancer
ensemble, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
M. Lafrenière : On commence!
Le Président (M.
Bachand) :On commence, effectivement.
M. Lafrenière : Alors, M. le
Président, ce que je propose à mes collègues des oppositions, avec leur
consentement, c'est qu'on passe article par article en commençant avec l'article 0.1.
Le Président (M.
Bachand) :Alors donc, vous allez
comprendre qu'il va y avoir beaucoup de consentements cet après-midi, et ce
soir, et peut-être dans les prochains jours...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Oui, mais ce que j'ai dit :
si jamais je suis mêlé, ce qui arrive, alors on va peut-être suspendre, des
fois. Alors donc, est-ce qu'il y a consentement pour réouvrir l'article 0.1?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement
pour réouvrir l'amendement du ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement
pour réouvrir le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Bachand) :Donc, nous sommes sur le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
qui était suspendu. M. le ministre.
M. Lafrenière : Moi, je n'avais
rien à ajouter. Je vais déposer mon amendement, M. le Président. Et ce que je
suggère aussi aux collègues, parce que tantôt on a fait l'exercice pour se
rappeler d'où on vient, où on s'en va, quand je vais déposer l'amendement, je
vais expliquer aussi ce qu'on a rajouté, qu'est-ce que ça corrige, qu'est-ce que
ça change puis, dans certains cas, là où on n'est pas allés. Ça fait qu'en
toute transparence on va le dire clairement, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :...et merci à ma secrétaire de
commission. Ça prendrait quand même un consentement pour retirer sous-amendement
et amendement pour pouvoir permettre, si je comprends l'entente, un amendement
du ministre. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Juste pour
qu'on se remette un peu dans le bain, là, j'aurais comme <besoin de
relire...
Mme Massé :
... Oui.
Juste pour qu'on se remette un peu dans le bain, là, j'aurais comme >besoin
de relire l'amendement, qu'est-ce qu'il venait modifier, pour que je sois
capable de m'assurer qu'on n'échappe pas trop de morceaux. Alors...
Une voix : ...
Mme Massé : Woups! Si on parle
du même. Je veux être juste sûre qu'on parle du même. C'est l'amendement qui
visait à... C'est le sous-amendement, pardon, qui visait l'insertion, après
«culturelles», de «, linguistiques». Est-ce que c'est bien celui-là? On
est à la même place?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : On est à la
même place.
Le Président (M.
Bachand) :Exactement.
Mme Massé : Alors, je vais
demander effectivement qu'on retire mon amendement, puisque, dans le texte, on
voit que c'est là.
Le Président (M.
Bachand) :OK. Donc, il y a consentement
pour retirer le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y aurait
consentement pour retirer l'amendement du ministre?
Des voix : Consentement.
M. Lafrenière : Le premier
amendement.
Mme Massé : Oui, oui, oui.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, parce que, écoutez, comme
je vous dis, il va y avoir beaucoup de consentements, c'est parce qu'on
fonctionne un peu... On aurait pu décider, par consentement, de nettoyer
l'ardoise, comme on dit, mais là on va y aller étape par étape. C'est une
discussion que vous avez eue préalablement avant la réunion. Donc il y a
consentement?
Des voix : Consentement.
• (16 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) :OK. Donc, M. le ministre, pour
un amendement.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Puis, pour les gens qui nous suivent à la maison,
vous allez voir, je vais vous lire l'amendement que je propose et je vais faire
la référence au changement aussi qui a été inclus suite aux discussions qu'on a
eues avec nos collègues.
Alors, à l'article 0.1, insérer,
avant l'article 1 du projet de loi, l'article suivant :
«0.1. Aux fins de la présente loi, la
sécurisation culturelle est une approche qui consiste à mettre en oeuvre un
ensemble de pratiques qui visent à assurer, pour les membres des Premières
Nations et pour les Inuit, un accès équitable et sans discrimination aux soins
de santé et aux services sociaux.
«Cette approche vise à permettre aux
membres des Premières Nations et aux Inuit de bénéficier du meilleur état
possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. Elle implique
de tenir compte de leurs réalités culturelles, linguistiques et historiques
dans l'organisation des soins et des services et dans toute interaction avec
eux. Elle implique aussi de considérer avec respect leurs pratiques ainsi que
leurs savoirs traditionnels et contemporains dans les domaines de la santé et
des services sociaux.»
L'amendement vise à préciser en quoi
consiste l'approche de sécurisation culturelle. Et M. le Président, comme je
disais tout à l'heure, on a rajouté le mot «linguistiques», qui avait été
suggéré par les oppositions.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
Interventions? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, M. le
Président. Bien, effectivement, je pense que c'était important de voir
apparaître la dimension linguistique, non pas que... On le sait bien que ça
fait partie de la culture, mais en soi, de le lire, je pense que ça... c'est ce
qui était nécessaire. Et, les discussions que j'ai eues avec les gens sur le
terrain, les personnes autochtones sur le terrain, je pense qu'il y a... l'idée
de la définition qui est donnée là ressemble, en fait, ce qu'ils auraient voulu
bien sûr coconstruire avec nous. Donc, je suis contente.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y aurait
d'autres interventions sur l'amendement proposé par le ministre? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Donc on revient à...
Oui, allez-y, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Un vote par appel
nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) :Oui. Un appel nominal. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lafrenière (Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Pour.
La Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Pour.
La Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
La Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) :Abstention. Donc, l'amendement
est adopté. Donc, on revient à l'article 0.1 tel qu'amendé. Y a-t-il
d'autres interventions?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Pardon?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Le nouvel article... du nouvel
article, oui. Bien, c'est ça. OK. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 0.1, introduisant le nouvel article 0.1, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, le nouvel
article 0.1, amendé, est adopté. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je suggère aux collègues des oppositions de
passer à l'article 1. Alors, je ne sais pas si on veut refaire le même
article... la même façon de faire, c'est-à-dire de retirer amendements,
sous-amendements, d'avoir cette discussion, et je pourrai présenter l'article 1
avec les ajouts.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Donc, est-ce
qu'il y a consentement pour réouvrir l'article 1?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Est -ce qu'il y a consentement
pour réouvrir l'amendement du ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement
pour réouvrir les sous-amendements de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.Oui.
Mme Massé : ...je veux juste
retrouver, toujours dans la même affaire... En fait, c'est surtout pour
permettre aux gens de suivre, parce que, comme vous le <savez, on est sur
le...
Mme Massé :
...
c'est surtout pour permettre aux gens de suivre, parce que, comme vous le >savez,
on est sur le terrain aussi avec les gens des Premières Nations. Et je ne veux
pas que le fait qu'on est dans notre jargon, que j'ai de la misère moi-même à
comprendre des fois... qu'on les perde en cours de route. Ça fait que, dans ce
sens-là, j'aimerais être assurée de quel sous-amendement vous parlez, puisque
j'en ai deux.
Le Président (M.
Bachand) :...selon mes informations, ce
seraient les deux sous-amendements qui seraient retirés.
Mme Massé : Ah! les deux.
Le Président (M.
Bachand) :Oui. D'une façon individuelle.
Mme Massé : Bon, bien,
écoutez, «bueno».
Le Président (M.
Bachand) :Pour après revenir, c'est que
je comprends, avec un amendement du ministre.
Mme Massé : Oui. Pouvez-vous
me donner juste deux instants?
Le Président (M.
Bachand) :...bien, c'est ça que je veux vous
dire, là, on peut... le temps de partir la machine. Ça fait qu'on va suspendre
quelques instants, le temps de se remettre à jour. Merci.
On suspend quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 15)
(Reprise à 16 h 17)
Le Président (M.
Bachand) :Donc, à l'ordre, s'il vous
plaît! La commission reprend ses travaux. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Merci, M. le
Président. En fait, mon sous-amendement, juste pour aider les gens à nous
suivre, était à l'effet qu'à l'article 1 on voit apparaître la notion
de... d'élaborer conjointement avec des représentants des Premières Nations.
En fait, vous le savez, on a souvent amené
cette idée, lors de nos premiers échanges, que, dans les faits, ce que les
Premières Nations s'attendent de nous, et les Inuits, certes, et ce que la <i>Déclaration
des Nations unies s'attend de nous, comme État du Québec, c'est que, ce qui
concerne les Premières Nations, on le définit et on l'élabore, comme
législateurs québécois, conjointement avec eux autres. Alors donc, c'est ce que
je visais avec ce premier sous-amendement là, c'est d'au lieu de juste
développer avec des représentants des Premières Nations, c'était d'élaborer
conjointement pour qu'on puisse s'assurer que tranquillement, pas après pas, on
réussisse, comme législateurs québécois, à travailler avec les premiers peuples
en amont pour être capables d'écrire ce qui les concerne.
Et honnêtement, en matière de sécurisation
culturelle, puisque c'est eux qui vivent le racisme systémique, ce n'est pas
moi, bien, ça m'apparaissait <tomber sous le sens de...
Mme Massé :
... le
racisme systémique, ce n'est pas moi, bien, ça m'apparaissait >tomber
sous le sens de nous assurer que, lorsqu'il est question de pratiques, donc les
moyens qu'on va se donner puis les pratiques qu'on va développer pour avoir des
pratiques culturellement sécurisantes, bien, qu'il faut qu'à la base les
Premières Nations soient conjointement avec nous, de par la loi, responsables
de définir ces choses-là.
Alors donc, ça, j'ai besoin que le
ministre me dise où il est par rapport à ça, parce que, sinon, je ne voudrai
pas retirer mon amendement.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis effectivement la collègue le disait à juste
part quand elle dit de faire les choses différemment. Je calculais tantôt, ça
fait entre 16 et 17 mois qu'on est sur ce projet de loi là.
Personnellement, c'est la première fois que je vis ça. Pourquoi? Parce qu'on a
fait les choses différemment. On s'est pris un peu de recul, on a rencontré des
groupes. Et ce n'est pas pour rien qu'on est de retour ici aujourd'hui, M. le
Président. On a pris la peine de décanter, d'analyser, de regarder ce qui avait
été proposé. Et je veux le dire, parce que, vous savez, M. le Président, il y a
ce qu'on écrit dans la loi puis il y a l'intention du législateur. Puis, je
veux le dire au micro ici, ce qu'on veut faire, c'est de développer avec les
Premières Nations. Puis on parle de sécurisation culturelle. Imaginez, si j'enfonçais
ça dans la gorge en disant : Voici ce que vous allez avoir, puis vous
allez aimer ça, vous allez être contents. Ça ne fonctionnera pas.
• (16 h 20) •
Au même titre, M. le Président, quand on
regardait cette proposition-là, là, où ça perdait de son sens, c'est que nous,
comme législateurs, on peut s'imposer, à la Santé, des obligations, mais je ne
peux pas l'imposer à des partenaires. Ce que je veux dire par là, puis on a eu
cette discussion-là souvent ensemble, quand on disait qu'on ne faisait pas de
mur-à-mur, il y a certaines communautés, il y a certains groupes qui vont
vouloir travailler avec nous, qui... la confiance sera là. Ça va être à
géométrie variable, il y en a qui vont nous demander du temps, il y en a qui
vont nous dire : Pour l'instant, on n'est pas prêts, pour toutes sortes de
raisons. Il faut le respecter. Alors, quand on l'a regardé, quand on l'a
analysé, de notre côté, on s'est dit : Écoutez, on peut se donner cette
obligation-là, à la Santé, certes, mais, à des partenaires, on ne peut pas le
faire. Un.
On peut dire, cependant, au micro... Puis
je veux vraiment que les gens qui nous écoutent comprennent très bien que notre
intention est clairement et fermement de développer ces actions-là avec les
milieux. C'est clair. Comme je vous dis, c'est pour leur bien-être, il faut le
faire avec eux et elles. Mais on ne peut pas, un, leur imposer. Et, deux, moi,
je pense qu'il va y avoir une phase d'acclimatation où les gens vont
dire : Est-ce que je fais confiance ou pas, est-ce que j'embarque dans le
processus ou pas, est-ce que je laisse ça aller quelque temps puis... Tout est
possible, M. le Président.
Alors, voici le fruit de notre réflexion.
Mais je vous le dis encore une fois, clairement, ce qu'on veut faire, c'est de
développer ensemble, puis ça, c'est très clair, pour les gens qui nous écoutent
aujourd'hui.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Et dans ce
sens-là, M. le ministre, mettons que j'entends ce que vous êtes en train de me
dire, ce que vous êtes en train de me dire, en fait, c'est que vous envoyez un
message à Santé Québec, à tous les établissements, qu'en matière de
sécurisation de pratiques... de sécurisation culturelle, pardon, ils doivent développer
ce qu'ils entendent mettre en œuvre avec les Premières Nations.
Qu'est-ce qui arrive, dans votre livre à
vous, si, chemin faisant, comme vous le dites, les gens des Premières Nations
disent : Moi, confiance zéro envers telle institution, tel hôpital, tel
CLSC, peu importe? Comment vous entrevoyez que Santé Québec ou les
établissements, finalement, sans trop y mettre d'efforts, disent : Ah!
bien là, ce n'est pas de notre faute, ils ne veulent pas, tu sais, ils ne
veulent pas? Ça, j'ai besoin de vous entendre là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis tout à l'heure... C'est dommage pour les gens qui nous
écoutent à la maison, parce que je vais faire des fois des liens avec d'autres
choses qui s'en viennent. Mais il y a un comité, et les gens sont redevables.
Puis, M. le Président, vous allez voir, on s'est beaucoup inspirés de la
loi 79. Ce qu'on veut, c'est de la transparence, c'est de l'imputabilité.
Puis vous savez, les PDG, les gens qui sont en charge d'un établissement vont
être redevables et, quand le rapport va sortir puis ils vont avoir zéro comme
dans rien, dans ce qu'ils ont réalisé, bien, ils vont être redevables de ça
aussi, M. le Président.
Alors, nous autres, notre intention est
très claire, c'est le message qu'on passe. Et je comprends très bien ce que ma
collègue dit, puis en aucun moment c'est le message que je veux envoyer. Au
contraire, moi, je veux qu'on en développe. Mais, un, je ne peux pas forcer
puis les rentrer de force, ces mesures-là, en disant : Voici ce que vous
allez aimer. J'utilise encore l'exemple, je ne peux pas dire ça à un milieu.
Mais il y a plus. Puis vous allez voir tantôt, dans la constitution de ce
comité de suivi, c'est assez large, on a rajouté des bons points suite à ce qui
a été recommandé par les oppositions, qui vont faire leur job de comité de suivi.
Et on s'est beaucoup inspirés de la loi 79, et jusqu'à présent je pense
que c'est une loi qui nous guide dans beaucoup de choses, M. le Président. On a
réussi à faire des choses différemment, et ça amène beaucoup plus de
transparence.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Ça va? M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : ...à
l'article 1, M. le Président, n'est-ce pas?
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Morin : Au <sous-amendement...
M. Morin :
... à l'article 1,
M. le Président, n'est-ce pas?
Le Président (M.
Bachand) :
...
M. Morin :
Au >sous-amendement?
Non, bien, je vais attendre à l'article 1 dans ce cas-là, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Bien, dans ce
moment... dans ce cas-là, je retire cet amendement-là... ce sous-amendement-là,
s'il y a consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement. Donc, le sous-amendement est retiré. Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques, pour l'autre sous-amendement.
Mme Massé : Oui, bien sûr.
Alors, toujours pour permettre à nos concitoyens de nous suivre, j'avais...
toujours dans... à l'article 1 — woups! celui-là, on vient de le
faire — l'article 1 qui, dans le fond, définit c'est quoi, une
pratique culturellement sécurisante. Et il y avait dans... comme on le voit,
là, il y avait, dans l'énumération... il y avait la dimension culturelle,
historique, mais il n'y avait pas la dimension socioéconomique et spirituelle.
La raison pour laquelle, pour moi,
c'est... Bien, «pour moi», pour les gens des Premières Nations. Parce que, le
ministre a raison, on n'a pas... on n'a pas fait comme d'habitude dans ce
projet de loi là. Puis, moi, s'il y a une chose que j'ai apprise avec les Premiers
Peuples, c'est que ça vaut la peine de prendre le temps quand les choses sont
solides. Et là il y avait quelque chose d'important. C'est-à-dire que,
lorsqu'on parle de sécurisation culturelle dans un milieu où tu es très
vulnérable, là, tu es à l'hôpital, tu es en... face à ton médecin, tu sais,
comme humain, là, tu es très vulnérable, bien, pour les Premiers Peuples, pour
les Premières Nations, les Inuits, la dimension culturelle vient toujours
s'accoter sur la dimension spirituelle. Et, dans ce sens-là, je savais que,
dans un autre projet de loi, il me semble que c'est le projet de loi n° 79,
dont vous parliez, on avait réussi à intégrer la dimension spirituelle. Bien,
justement, comme acte de reconnaître que, même si ça ne fait pas partie du
corpus, à l'époque — maintenant, ça fait partie — du corpus
législatif québécois, quand il est question des Premiers Peuples, eh bien, oui,
on reconnaît que d'avoir une pratique sécurisante doit inclure la dimension
spirituelle.
Alors, j'aimerais ça... Je sais que le
ministre l'a intégrée, on va le voir dans quelques instants, mais j'aimerais
qu'il m'explique pourquoi il n'a pas retenu la dimension socioéconomique. Parce
que, du point de vue de mes amis des Premières Nations, de reconnaître la
situation socioéconomique, déjà extrêmement précaire pour toutes sortes de
raisons, y compris les biais qui sont accumulés dans notre système de santé, au
niveau de la discrimination, la dimension socioéconomique, elle est
superfondamentale. Alors, pourquoi, à ce moment-là, parce que je le sais que,
quand vous regardez l'article, il ne sera pas intégré? J'aimerais ça le
comprendre.
Le Président (M. Bachand) :Merci. M. ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Puis effectivement, quand la collègue parlait de
précédents, de créer des précédents, on en fait beaucoup ensemble. On en a fait
dans la loi 79, on a regardé la définition élargie de «famille», M. le
Président, on l'a changée. Puis effectivement, quand on fait allusion à «spirituel»,
on l'avait fait dans 79 aussi, alors on l'a déjà mis dans le corpus et on va le
reprendre ici, M. le Président, parce que c'est important. Cependant, quand on
parle des valeurs, des réalités culturelles des Premières Nations, ça, on a
acquiescé, on était d'accord, mais pour les réalités socioéconomiques, quand on
a regardé cette définition-là, ce n'est pas spécifique aux Premières Nations. C'est
une réalité qui est problématique.
Quand on parle de culturel, culturel, les
valeurs, la langue, spirituel, pour nous, c'est très spécifique aux Premières
Nations, c'est vrai. Mais, quand on parlait de réalités socioéconomiques,
c'était moins propre aux Premières Nations. Alors, c'est pour ça que ça n'a pas
été retenu dans le... Là, je fais attention, parce que je vous le déposerai
tout à l'heure, mais je dois vous dire d'ores et déjà que «spirituel», on l'a
rajouté parce que, oui, on en avait parlé dans 79, on avait fait ce précédent.
Je sais que ça fait frissonner les avocats, quand je dis «précédent», mais oui,
on a fait ce précédent. Alors, on continue sur le précédent. Mais pour «socioéconomique»,
de l'inclure avec «valeurs», «réalités culturelles», étant donné que ce n'était
pas propre aux Premières Nations, on avait ce petit malaise.
Mme Massé : ...puis ce que je
comprends du... Ah! Excusez-moi, M. le Président. Je ne veux pas faire votre
job, je ne veux pas faire votre job.
Le Président (M.
Bachand) :J'ai besoin d'aide, de toute
façon, ça fait que ça va bien.
Mme Massé : Travail d'équipe.
Je comprends. Je comprends. Je comprends que ce n'est pas propre, on va dire,
aux Premières Nations, même si <globalement...
Mme Massé :
...
comprends que ce n'est pas propre, on va dire, aux Premières Nations, même si
>globalement la réalité socioéconomique des Premières Nations a quelque
chose d'un peu commun sur l'ensemble du territoire du Québec, sur l'ensemble du
territoire, point. Mais, ceci étant dit... Mais d'ailleurs, en passant, on me
rappelait que, dans le projet de loi n° 71, on vient de reconnaître aux
personnes assistées sociales le fait de vivre une situation socioéconomique
pareille, en tout cas, très défavorisée, sur l'ensemble des personnes assistées
sociales. Bien, ça a un effet dans la façon d'offrir, de dispenser des services
auprès de ces gens-là. Mais je comprends que ce n'est pas propre aux Premières
Nations et je vais donc, à cette étape-ci, si mon collègue ne ressent pas le
besoin d'intervenir... je vais retirer mes amendements, s'il y a consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, le sous-amendement est
retiré. Nous sommes maintenant à l'amendement du ministre, qui avait été...
• (16 h 30) •
M. Lafrenière : Donc, s'il y
a consentement, je retirerais cet amendement pour en déposer un nouveau.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a un
consentement? Consentement. Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Lafrenière : Mais vous
allez devoir m'écouter longtemps, par exemple, M. le Président. Article 1.
Remplacer l'article 1 du projet de loi par le suivant :
«1. Santé Québec et tout établissement
du réseau de la santé et des services sociaux doivent adopter une approche de
sécurisation culturelle envers les membres des Premières Nations et des Inuit...
et les Inuit — pardon.
«Ainsi, Santé Québec et tout établissement
doivent développer avec des représentants des Premières Nations et des Inuit,
des mesures qui précisent les pratiques culturellement sécurisantes qu'ils
entendent mettre en oeuvre, les moyens à prendre pour cette mise en oeuvre,
l'échéancier de celle-ci, l'impact souhaité par celle-ci et les mécanismes pour
mesurer cet impact.
«Les pratiques culturellement sécurisantes
doivent :
«1° prendre en compte les valeurs et
les réalités culturelles, spirituelles et historiques des membres des Premières
Nations et des Inuit;
«2° favoriser le partenariat avec les
membres des Premières Nations et les Inuit ainsi qu'une communication efficace
avec eux;
«3° être accueillantes et inclusives
à l'égard des membres des Premières Nations et des Inuit;
«4° prévoir l'élaboration de
programmes de formation continue, rendre celle-ci obligatoire pour les
professionnels et le personnel du réseau de la santé et des services sociaux et
prévoir un mécanisme de vérification des acquis;
«5° adapter l'offre des services de
santé et de services sociaux par des moyens comme :
«a) l'embauche de personnel membre
des Premières Nations et de personnel inuit;
«b) l'accès à des ressources
d'accompagnement pour les membres des Premières Nations et les Inuit y compris
dans le cadre de tout régime d'examen de plaintes;
«c) la prise en compte des réalités
spécifiques aux femmes et aux filles des Premières Nations ou aux femmes et aux
filles inuit ou spécifiques à leurs familles et à leurs enfants.
«La mise en oeuvre des pratiques
culturellement sécurisantes doit tenir compte des dispositions législatives et
réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement de Santé Québec
et des établissements ainsi que des ressources humaines, matérielles et
financières dont ces derniers disposent.
«Aux fins de l'application de la présente
loi, on entend par «établissement» tout établissement visé à l'annexe II
de la Loi sur la gouvernance du système de santé et de services sociaux
(chapitre G-1.021) et à la partie IV.1 de la Loi sur les services de
santé et les services sociaux pour les Inuit et les Naskapis (chapitre S-4.2).»
Commentaires : L'amendement visé à
référer aux membres des Premières Nations et les Inuits plutôt qu'aux membres
Premiers Peuples... des peuples autochtones, pardon.
Il vise également à obliger Santé Québec
et les établissements du réseau de la santé et des services sociaux à adopter
une approche de sécurisation culturelle et à développer, avec les Premières
Nations et les Inuits, des mesures qui précisent les pratiques culturellement
sécurisantes qu'ils entendent mettre en œuvre, et ce, compte tenu des
ressources humaines, matérielles et financières de Santé Québec et du réseau.
L'amendement vise ensuite à ce que les
pratiques sécurisantes prévoient l'élaboration de programmes de formation
continue et obligatoire pour les professionnels et le personnel de la santé.
En outre, parmi les moyens d'adaptation de
l'offre de services de santé et de services sociaux, l'amendement ajoute
l'obligation de prendre en compte les familles des femmes et des filles inuites
ou des Premières Nations.
Finalement, l'amendement assujettit la
Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik aux dispositions
du projet de loi.
Et, M. le Président, comme commentaire que
je vais rajouter... parce que je vais terminer en disant que le Nunavik sera
donc assujetti. C'est important, on l'a vérifié avec eux, c'était leur demande.
Dans les autres ajustements que je
présente, pour que les gens nous suivent à la maison, quand je disais, dans le
deuxième paragraphe, «l'impact souhaité par celle-ci et les mécanismes pour
mesurer cet impact», discussion qu'on avait eue avec les oppositions à ce
moment-là... Parce que ce n'est pas comme ça que c'était écrit. On disait...
c'était des mécanismes de mesures. Là, on veut dire «pour mesurer», on veut
mettre ça encore plus clair...
16 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...«mécanismes
de mesure». Là, on va dire «pour mesurer», on va mettre ça encore plus clair.
On rajoute «spirituel», M. le Président — on vient d'avoir cette
discussion à l'article 0.1 — et on rajoute «spécifique» à deux
moments, là, quand on parle des réalités «des femmes et des filles des
Premières Nations», «des femmes et des filles inuites», et c'est important pour
nous. Alors, voici ce qu'on propose aujourd'hui, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Merci, M. le ministre, pour votre amendement. Quand on lit «doivent
développer avec des représentants des Premières Nations et des Inuits des
mesures qui précisent les pratiques culturellement sécurisantes», pour vous,
«mesures», ça signifie, ça correspond à quoi? Qu'est ce que vous entendez par
«des mesures»?
Le Président (M.
Bachand) :Allez-y.
M. Lafrenière : M. le
Président, des actions concrètes. Ce qu'on... développer, c'est qu'est-ce qui
va être fait sur le terrain, quelles sont les actions concrètes pour amener la
sécurisation culturelle au sein de la santé? Et c'est pour ça qu'on dit que...
mécanismes pour mesurer cet impact. Puis, avec les mesures qui sont mises en
place, les gestes - allons-y avec un terme plus simple - des gestes, mais
concrets, M. le Président, puis c'est ce qu'on veut évaluer, qu'est-ce que ces
gestes-là amènent comme résultats.
M. Morin : O.K. Est-ce que ça
correspond en fait à des modalités d'évaluation, ou si vous voulez uniquement
mesurer, ou si c'est inclus dans «mesures»?
M. Lafrenière : Ce que je
comprends de la... la question du collègue, c'est de voir de quelle façon, et
je veux être sûr que je comprends bien, de quelle façon on va évaluer ces
mesures-là. Est ce qu'on y va avec une grille, une grille d'évaluation? Est-ce
qu'on y va avec des sondages? Est-ce que je comprends bien?
M. Morin : Oui. Bien, il y a
ça, mais est-ce que... est-ce que vous voulez en fait... est-ce que «mesures»,
pour vous, est synonyme de «modalités d'évaluation», et donc pas uniquement
mesurer, tu sais, dans le sens où on parle de chiffres, c'est-à-dire... Parce
que vous pourriez avoir des critères où vous allez regarder des nombres plutôt
que la façon dont certains services ou pratiques sécurisantes sont faites, et
évidemment adaptées, et mises en application sur le terrain.
M. Lafrenière : Le collègue
amène un très, très, très bon point. Je suis en total accord avec lui. Vous
savez, quand on parle... Puis tantôt c'est la collègue de la deuxième
opposition qui disait à quel point c'est important, hein, quand on parle de
santé, c'est majeur, c'est important. De venir dire à quelqu'un : Tu fais
partie du 40 %, ou du 10 %, du 20%, honnêtement, là, moi, ces chiffres-là,
ça ne résonne pas du tout en moi. Alors, je suis d'accord avec le collègue, si
on se fie juste à des chiffres, il y a un danger à ça, et c'est pour ça qu'on
veut l'établir... avec le comité, avec les partenaires, on va déterminer
comment on va l'évaluer.
Est-ce que c'est par sondages? Vous savez
que la transmission de l'information par la parole est très, très, très utile
du côté des Premières Nations. Est-ce que ça va être par des cercles de
partage? Honnêtement, on laisse toutes les possibilités à ces groupes-là pour
décider ensemble ce qu'ils veulent faire.
Mais, vous savez, ce n'est pas la première
chose qu'on fait, hein. On a des navigateurs qui sont déjà en place dans plusieurs
établissements, et ça permet de voir comment c'est reçu. Et ce qu'on veut, M.
le Président, on l'avait dit dès le départ, on veut s'assurer qu'une personne,
dans le système de santé, qui a un enjeu, quelque chose qui ne fonctionne pas
bien, ait plusieurs occasions de rapporter ça. Puis ça...
Je reprends la discussion qu'on avait eue
ensemble quand on avait parlé d'un ombudsman. On s'était dit : Est-ce que
ça serait une bonne idée d'avoir un ombudsman, un site Web, un numéro de
téléphone? Puis, quand on parlait aux gens sur le terrain, ils nous disaient :
Ce n'est pas bien, bien notre réalité, hein, d'aller porter plainte de cette
façon-là, pas totalement. On avait dit : On va rajouter du personnel qui
vient de la communauté, personnel qui connaît la langue, la culture. On va
rajouter les occasions, si vous voulez, qu'une personne puisse dire qu'il est
heureux ou qu'il n'est pas heureux dans ce qu'il vit comme système.
Puis c'est la même chose dans les mesures,
il ne faut pas y aller juste avec un chiffre. Ça, c'est l'engagement que je
prends au micro. Je suis totalement en accord avec mon collègue, parce qu'il y
a un danger, il y a un danger. Quand vous, vous êtes la famille qui est
impliquée dans un événement, qui trouve qu'elle n'a pas eu le bon service, de
lui dire qu'elle fait partie d'un pourcentage, c'est tout sauf humain, je suis
d'accord avec le collègue. Donc, il faut y aller de différentes façons. Nous,
on veut que localement les gens se donnent ces outils-là pour voir comment ils
vont l'évaluer.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député.
M. Morin : Donc... Je
comprends. Donc, vous utilisez le mot «mesures», mais au fond c'est un peu une
grille d'évaluation que vous voulez mettre en place. Est-ce que je comprends
bien, ou plus ou moins, ou...
M. Lafrenière : Ma réponse
serait «noui».
M. Morin : «Noui»? O.K.
M. Lafrenière : Parce que la
grille d'évaluation, le danger, on peut y aller juste avec les indicateurs puis
le milieu où on évaluait les choses comme ça aussi. Il y a un danger. Des fois,
on peut arriver parfaits dans une petite grille, puis les gens peuvent être
quand même pas heureux.
M. Morin :
O.K. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée de
Sainte-Marie-Saint-Jacques, s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui. M. le
Président, je vous demanderais peut-être de... oui, suspendre quelques
instants.
Le Président (M.
Bachand) :O.K. Alors, nous allons
suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 16 h 39)
(Reprise à 16 h 47)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui, merci, M. le
Président. En fait, j'étais... j'étais en réflexion sur l'avant-dernier
paragraphe de cette nouvelle version d'amendement que nous suggère le ministre
et qui fait état que «la mise en œuvre des pratiques culturellement
sécurisantes doivent tenir compte des dispositions législatives réglementaires
relatives à l'organisation et au fonctionnement de Santé Québec et des
établissements ainsi que des ressources humaines, matérielles et financières
dont ces dernières... ces derniers disposent.» Alors, M. le ministre, je... on
en avait un petit peu parlé la dernière fois, j'aurais pu m'attendre à ce que
cette dernière portion là soit retirée. Parce que, dans les faits, à ma
connaissance - puis on vient de le vivre dans l'adoption du projet de loi
n° 71 avec Mme Rouleau - on ne vient pas, d'entrée de jeu, dans une loi,
dire qu'on va mettre des limites en fonction des ressources humaines et
financières. Et je me disais donc, bien, c'est encore là... j'ai envie de
comprendre pourquoi.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis effectivement, on avait eu cette discussion-là
la dernière fois. On avait ce questionnement, en se disant : Est-ce que
c'est une échappatoire? Est-ce que ça amène une excuse? Et c'est... C'est par
cohérence avec le projet de loi n° 15. On est à la même place, la même
façon que ça a été phrasé, que ça a été écrit. Puis il faut comprendre aussi,
quand on parle de santé, est-ce qu'on a les mêmes services ou accès aux
mêmes... j'aurais le goût de dire mêmes examens partout à la grandeur du
Québec, la réponse, c'est non. Puis c'est là, je pense, qu'on a cette capacité
ou les équipements. Cependant, ce qu'on veut, c'est donner les meilleurs
services. Puis, dans certains cas, ça veut dire un corridor de services, ça
veut dire déplacer des gens. Mais clairement, ce qu'on a mis là, M. le
Président, c'est en cohérence avec ce qu'il y a dans le projet... bien, je dis
le «p.l. 15», on ne devrait plus dire ça. Ça fait tellement longtemps qu'on
travaille sur ce beau projet de loi là, maintenant, c'est... eux ont eu leur
loi, donc, cette loi-là qui a changé la...
M. Lafrenière : ...santé, on
est cohérents avec ce qui a été mis là-dedans.
Mme Massé : O.K. Bien, c'est
sûr que ma préoccupation, c'est... Puisqu'on parle de sécurisation culturelle,
on n'est pas dans la dispensation d'un soin, hein? Alors, je comprends que...
en fait, je comprends ou j'espère, je ne sais pas lequel des deux... que, dans
le fond, une personne qui est autochtone, soit des Premières Nations ou inuite,
se retrouvait dans le système de santé, et que la loi qu'on est en train
d'adopter, à cause de la phrase qui est écrite là, sur les ressources
humaines... la limite des ressources humaines et matérielles, ne pourrait pas
avoir accès, en fait, à des... à des éléments de sécurisation culturelle, parce
que, bien, il manque de ressources, puis il manque de...
Tu sais, moi, c'est un peu ça. Ce n'est
pas un soin. Je comprends que, dans le soin, avec le p.l. n° 15, on est
venu redire que le corridor de services allait être complet, mais, puisque...
bien, en fait, c'est peut-être ma question : Est-ce que la sécurisation
culturelle, c'est considéré à même titre comme un soin, et donc nous assurer
que, si c'est une concordance avec la... le p.l. n° 15, bien, qu'on fasse
aussi les corridors de services nécessaires?
• (16 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Avant de passer la... avec l'autorisation de mes
collègues, passer la parole à Me Dumas-Legendre, parce que, lors de nos
dernières consultations, je trouvais que je n'avais pas laissé beaucoup la
parole aux gens de mon équipe, ça fait que je veux absolument lui laisser la
parole aujourd'hui, elle le demandait et en redemandait encore, mais... C'est
une blague, M. le Président. Mais avant tout ça, juste se rappeler qu'on a
rajouté dans notre article, l'obligation d'identifier des moyens pour arriver à
la mise en œuvre de ces pratiques sécurisantes. Mais j'aimerais quand même,
avec le consentement des collègues, entendre Me Hélène Dumas-Legendre, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement
de la commission?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Consentement. Donc, bien sûr,
vous connaissez les règles. D'abord, vous identifier, et répondre à la
question. Merci beaucoup.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :...M. le Président. Hélène
Dumas-Legendre, je suis avocate légiste au ministère de la Justice. Donc, pour
répondre à la question de Mme la députée, effectivement, la sécurisation
culturelle ne constitue pas un soin comme tel. C'est plutôt une... une modalité
de l'offre des soins de services de santé et de services sociaux. Donc, c'est
la manière dont on va offrir ces services... ces soins-là. Et, comme la loi
sur... la nouvelle loi du projet de loi n° 15 prévoit déjà le droit de recevoir
les... les soins de santé et des services sociaux modulés en fonction...
exactement dans les mêmes termes, là, des... du respect des dispositions
législatives et réglementaires, bien, la modulation de l'offre de ces soins-là
suit, évidemment, l'offre des soins, donc ça se fait dans les mêmes conditions.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. J'aurais le député
d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui... M. le
Président. Donc, je comprends que cet alinéa là est... en fait, c'est une
espèce de concordance avec la loi qui a créé l'agence de Santé Québec. Est-ce
que c'est l'article 16 du p.l. n° 15?
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :Oui, oui, tout à fait.
M. Morin : Ah! c'est vous,
maître, qui avez répondu? C'est ça que je me demandais...
Le Président (M.
Bachand) :...répéter la réponse, s'il
vous plaît, maître.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :Oui, c'est l'article 16,
effectivement, du... de... de la loi sur la gouvernance.
M. Morin : Parfait. Je
reprends un peu ce que... ce que soulignait ma... ma collègue la députée de
Sainte-Marie–Saint-Jacques. Dans le projet de loi n° 15, bon, qui a
maintenant créé... qui était un projet de loi, là, qui a créé l'agence de Santé
Québec... puis on en parlait tout à l'heure, là, donc je me répète, maintenant
qu'on est... on est avec l'enregistrement... Je peux comprendre que la majorité
des hôpitaux du Québec, ils n'ont peut-être pas tous les équipements, les
services que certains hôpitaux universitaires ont. Et je comprends, mais corrigez-moi
si je fais erreur, parce que je n'ai pas... je n'ai pas eu le privilège de
siéger lors des commissions sur le projet de loi n° 15. Et donc le
gouvernement, l'État veut avoir un mécanisme qui lui permet de dire :
Écoutez, on n'a pas cet... ce service-là ou ce soin-là ici, mais on va vous
transférer ailleurs. Est-ce que je comprends bien l'objet de l'article 16
du projet de loi n° 15? Est-ce que c'est ça que ça visait.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :Notamment.
M. Morin : O.K. parce que la
différence que je vois ici, c'est que'on parle ici de... donc, de sécurisation
culturelle, de la possibilité pour les gens de bien comprendre ce qui leur
arrive. Donc, si, moi, j'ai un accident d'auto, puis je me ramasse dans un
hôpital en région, puis on m'explique : Écoutez, on n'a pas... c'est trop
grave, votre cas, on va vous transférer à Montréal, parce que ça ne peut pas
marcher ici. Ça fera...
M. Morin : ...ça fera... ça
ne va peut-être pas faire mon affaire, mais je vais comprendre ce qui m'arrive,
O.K.? Parce qu'ils vont parler ma langue puis je n'aurai pas nécessairement
peur d'aller à l'hôpital. Où je trouve que l'analogie ou la concordance avec le
projet de loi 15 est un peu mal adaptée, si vous me permettez l'expression,
c'est qu'ici on parle de pratiques qui vont faire en sorte que la personne
issue des Premières Nations va comprendre ce qui lui arrive, puis donc va être
rassurée, puis va savoir pourquoi elle est déplacée. Et donc ce n'est pas comme
tel le soin. D'ailleurs, vous l'avez dit, ce n'est pas un soin. Moi, ce qui
m'intéresse, pour les Premières Nations puis les Inuits, c'est qu'ils
comprennent et qu'ils se sentent en sécurité quand ils vont dans un centre
hospitalier. Qu'est-ce qu'on fait si on le laisse comme ça et qu'un
établissement dit : Mais, moi, là, la sécurisation culturelle, ces
pratiques-là, moi, je n'ai pas les ressources humaines, je n'ai pas l'argent
pour le faire, je n'en fais pas, je ne peux pas le faire, puis c'est en vertu
de la loi, c'est ce qu'on va adopter. Alors, vous avez une personne des
Premières Nations qui arrive dans un centre hospitalier, ne connaît pas ni le
français, ni l'anglais, n'aura pas un service dans sa langue, puis ils vont de
l'envoyer ailleurs. Ce n'est pas très sécurisant. Il est là, mon point, et
c'est ce que je crains avec l'alinéa tel qu'il est rédigé puis c'est ce que
j'aimerais éviter.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président, puis merci pour le collègue, parce qu'effectivement
ce n'est pas ça qu'on veut. Ce n'est pas ce qu'on veut. Et, quand on parle du
p.l... du projet de loi n° 32, notre projet de loi, ça s'adresse à
l'ensemble du réseau. Ça fait que reprenons l'exemple, parce que jusqu'à présent,
on a tout le temps bien travaillé quand on prenait des exemples.
Ce que vous avez dit, j'arrive à un
endroit x, on me dit qu'il n'y a pas nécessairement un navigateur qui parle ma
langue, une personne qui connaît ma culture ou quoi que ce soit. Nous, quand on
dit : Ça s'adresse à l'ensemble du réseau, M. le Président, pourquoi ne
pas faire appel à une clinique? Puis vous savez qu'avec le réseau des centres
d'amitié autochtones, on a développé des cliniques... Il y a d'autres
établissements qui peuvent venir en aide. Alors, ce n'est pas parce que
l'établissement X n'est pas capable de répondre à ce que mon collègue dit au
moment présent que l'excuse peut sortir en disant : Nous autres, on ne l'a
pas puis ça ne marchera pas comme ça. Ce n'est pas du tout ce qu'on envoie
comme message.
Parce que la preuve, M. le Président, au
deuxième paragraphe, quand on dit : «Ainsi Santé Québec et tout
établissement doivent développer avec des représentants des Premières Nations
et des Inuits, des mesures qui précisent les pratiques culturellement
sécurisantes qu'ils entendent mettre en œuvre, les moyens à prendre.» Alors,
déjà, à ce moment-là, M. le Président, il va falloir établir quels seront les
moyens, méthodes, qu'est-ce qu'ils veulent faire exactement. Est-ce que c'est
d'avoir un partenariat avec une clinique... justement, qui est à proximité du
centre? Dans certains endroits, ça se peut. Est-ce que c'est d'avoir des
navigateurs qui parlent la langue, la culture dans certains endroits? Oui.
Montréal, ça va être les 11... les 11 nations. Alors, est-ce qu'ils vont
faire des partenaires... des partenariats, ils vont avoir 11 navigateurs
qui connaissaient les 11 langues, les 11 cultures? Moi, je pense
qu'ils vont devoir développer des partenariats.
Mais, encore là, M. le Président, ce qui
me rassure dans ce qu'on dépose aujourd'hui, bien, c'est ce qu'on veut faire,
hein, on veut le meilleur projet de loi. C'est qu'on se met plusieurs étapes de
sécurité, donc de transparence. Les gens vont être jugés, hein? Les responsables
des établissements vont être jugés, puis on va en parler tantôt, au
31 mars de chaque année, sur ce qu'ils ont mis en place puis ce qu'ils
n'ont fait aussi. Puis ça, ça va créer une pression entre les établissements
pour dire : L'établissement X a très bien performé. Ça sort bien, il y a
des beaux commentaires. Y n'a pas fait grand chose, mais ça va être au vu et au
su de tout le monde. Puis c'est là que je pense qu'il y a une très bonne
transparence. Puis moi, je crois à ça. Dans 79, c'est comme ça qu'on est
arrivés avec des bons résultats, cette transparence-là a aidé beaucoup.
Alors, est-ce qu'on est à l'abri d'un
établissement X, Y, Z qui déciderait d'en faire moins? On n'est pas à l'abri.
Mais le fait de mettre cette transparence-là où tout le monde va voir qui a
fait quoi, ou des usagers vont pouvoir venir dire : Voici comment on est
traités, comme on se sent. Le collègue, tantôt, on avait une discussion, on
disait : Est-ce qu'on y va dans les mathématiques ou dans l'appréciation?
J'ai dit «les deux», mais c'est là que ça va être transparent. Les gens vont le
voir. Le comité va pouvoir dire : Établissement X a erré, puis ce qui est
donné sur place, ça ne convient pas. Vous pouvez être en partenariat avec
d'autres. Ils ne nous ont pas mis en confiance. Je pense que cette
transparence-là va répondre aux... je vais appeler ça des inquiétudes avec
raison, en se disant : Écoute, où on s'en va avec tout ça? Qu'est-ce qu'on
veut livrer aujourd'hui?
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Donc, avez-vous
une ouverture, par exemple, pour dire, à l'alinéa, la mise en œuvre des
pratiques culturellement sécurisantes doit tenir compte des dispositions
législatives et réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement
de Santé Québec et des établissements, point?
M. Lafrenière : Je peux vous
demander de le répéter? Ça va m'aider, excusez-moi.
M. Morin : Oui. La mise en
œuvre des pratiques culturellement sécurisantes doit tenir compte des dispositions
législatives et réglementaires, ce qui est... ce qui est aussi évident, là,
relatives à l'organisation et au fonctionnement de Santé Québec et des
établissements, point. Donc, ce que ça veut dire, c'est qu'il va être obligé de
tenir compte de la loi, bien sûr, des règlements, mais ils vont... ils vont
devoir, avec Québec, mettre en place...
M. Morin : ...des éléments
qui vont veiller à la sécurisation culturelle. Et ils ne pourront pas
dire : Ah bien, écoutez, on n'a pas de budget cette année. Et ça reprend
ce que vous disiez tout à l'heure, M. le ministre, quand vous dites qu'il y a
différents partenariats qui sont possibles, bien évidemment, ça va les forcer à
en développer, des partenariats.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Je pense qu'il y a deux éléments importants dans ce que le
collègue apporte. Puis ça, c'est la partie de la réponse qui est moins le fun,
là, concordance. Puis, quand on dit ça, on dit : Oui, mais vous avez
proposé d'autres choses. D'un autre côté... Puis on évaluait, à juste part, en
se disant : Est-ce qu'on ne pourrait pas mettre un établissement dans une
situation d'échec, en se disant que dans l'établissement X, Y, Z, il n'y a pas
la même réalité autochtone? Est-ce qu'on pourrait demander à tous les
établissements au Québec d'avoir la même approche? Pas nécessairement. On s'est
déjà dit qu'on ne voulait pas faire du mur-à-mur. Alors, tenir compte des
réalités, de ce qu'il y a sur place, de cette réalité-là, puis un... je pense
qu'il y a un élément de concordance qui est important puis il y a un élément
aussi de réalité locale qu'il faut tenir en compte. Puis je reviens avec mon
argument de tantôt, la partie transparence, le fait de rendre compte et que les
gens puissent voir ce qu'ils ont fait ou ce qu'ils n'ont pas fait, moi, ça
me... je me sens en sécurité là-dedans.
• (17 heures) •
M. Morin : Mais, si vous
permettez, à moins que je comprenne très mal l'alinéa, mais, quand on parle de
«ressources humaines, matérielles et financières dont ces derniers disposent»,
ça ne veut pas nécessairement dire qu'on veut faire du mur-à-mur. Ce que ça
veut dire ou ce que moi, je comprends, c'est qu'un établissement pourrait
dire : Moi, là, je n'ai pas les ressources matérielles et financières pour
le mettre en place, donc je ne le ferai pas.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. L'échange est vraiment intéressant. Je vous demanderais de suspendre
un instant, après ça on va revenir avec quelque chose.
Le Président (M.
Bachand) :O.K. on va suspendre qulques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 01)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 09)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui, merci, M. le
Président. Alors, pour les gens qui nous écoutent, on a eu, effectivement, une
discussion importante, intéressante en ce qui a trait à l'alinéa, mais toujours
le même, relativement à la mise en œuvre des pratiques culturellement
sécurisantes, qui doit tenir compte des dispositions législatives et
réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement de Santé Québec
et des établissements, ainsi que des ressources humaines, matérielles et
financières, donc ces dernières...
Donc, mon interrogation était à l'effet
suivant. J'invitais M. le ministre à réfléchir à ma proposition de mettre un
point après «à des établissements». Je comprends qu'il y a un élément de
concordance, puisque, dans le... ce qui était le projet de loi n° 15, qui
a créé Santé Québec, il y a une disposition similaire à l'article 16 de
cette loi. Cependant, dans la loi qui a créé Santé Québec, il s'agissait de la
façon, si j'ai bien compris, d'offrir ou de donner... en fait, c'est une
prestation de soins, alors qu'ici on est ailleurs. Alors, je me disais : Bien,
écoutez, ce serait quand même concordant si on mettait un point après «des
établissements».
• (17 h 10) •
Puis la différence que... la distinction
que moi, j'y faisais, c'est qu'ici on... il ne s'agit pas nécessairement d'offrir
un soin, mais d'expliquer aux gens qu'ils auront peut-être tel ou tel soin et
pas d'autres soins. Donc, ça m'apparaissait important d'enlever, finalement,
toute la question pour ces fins-là de ressources humaines, matérielles et
financières dont ces derniers disposent. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis effectivement, ma première réponse, tout à l'heure, était
dans la concordance. Puis, collègue, les collègues, à juste titre, ont parlé de
la différence entre les soins, puis quand on parle de sécurisation culturelle.
Mais, encore une fois, M. le Président, pour cette partie-là, j'aimerais que
notre légiste puisse nous éclairer.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, maître, allez-y.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :Alors, effectivement, on a
repris ici... par rapport à la sécurisation culturelle qui est la modalité, la
façon d'offrir les soins, on a repris exactement les mêmes conditions que l'offre
des soins et des services sociaux comme tels, donc vous l'avez bien souligné, à
l'article 16. On a repris exactement le même libellé pour éviter des
problèmes d'interprétation, donc pour assurer la concordance entre l'accessoire,
la modalité d'offrir les soins et le principal qui est dans la Loi sur la
gouvernance, l'offre, comme telle, des soins. Donc, c'est important qu'il y ait
une concordance juridique parfaite pour éviter qu'on interprète différemment le
contexte de l'accessoire par rapport au principal.
M. Morin : Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, bien,
toujours dans ce sujet-là, en fait, M. le ministre, ce que je comprends de la
logique du projet de loi, puis vous me direz si je me trompe ou... c'est que,
là, on ne va pas laisser les établissements puis Santé Québec aller tout seuls
sur leur bord, là. Puis ça, pour ça, c'est fondamental, puis on va le voir dans
les... pour les gens qui nous suivent, là, dans les prochains articles, c'est
que ça prend des filets de sécurité, ça prend des gens qui vont avoir les yeux
ouverts pour s'assurer qu'il n'y a pas d'établissements qui vont
systématiquement prioriser, dans leur restriction budgétaire, la question de la
sécurisation culturelle. Et ça, cet outil-là, c'est le comité de suivi dont
vous avez parlé tantôt, mais...
Alors, je veux juste que vous m'assuriez
que c'est le genre de... puis on va en parler tantôt, mais j'y reviendrai, c'est
exactement le genre de raison pour lequel vous avez... vous allez nous
proposer, en l'article 2, un comité qui va agir comme chien de garde par
rapport à l'application, si je peux dire, de la sécurisation culturelle.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Bien, deux points importants dans ce que la collègue a mentionné.
Effectivement, quand on parle du comité de.. le comité qui va être créé, oui,
on peut voir le volet chien de garde, mais aussi l'élément de transparence que
je faisais allusion tout à l'heure, c'est-à-dire que chacun des établissements
va rendre public ce qu'ils ont fait. Puis ça, je veux juste être bien clair, que
les gens à la maison comprennent, ce n'est pas juste le bâton, il y a la carotte
aussi. Ce que je veux dire par là, il y a des établissements qui vont faire des
choses qui vont être merveilleuses. Il ne faut pas prendre pour acquis que ce
ne sera pas bien, là, il y a des très belles choses qui se font sur le terrain.
Et, moi, j'ai espoir que ces belles choses là vont être partagées, ça va donner
le goût à d'autres établissements de le faire aussi. Alors, juste encore là,
parce que je pense, c'est important de redonner <aux gens sur le terrain...
M. Lafrenière :
...à
d'autres établissements de le faire aussi. Alors, juste encore là, parce que je
pense, c'est important de redonner >aux gens sur le terrain qui font de
très belles choses... je vous ai donné l'exemple de Joliette, puis il y en a
tellement d'autres... Et, une fois qu'on aura adopté ça ensemble, on pourra
regarder ce qui se fait puis se dire : Écoute, ça peut nous donner... nous
motiver à faire des choses différentes ailleurs, de s'inspirer des meilleures
pratiques. Moi, j'y crois beaucoup. Alors, effectivement, c'est ce qu'on veut,
on veut un comité qui va faire le suivi, qui va regarder comment ça se passe,
qui va aller au-delà des chiffres, mais on va aussi partager les bonnes
pratiques, que ça soit... que ce soit fait par d'autres.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée.
Mme Massé : Oui. Bien, en
fait, moi, j'étais exactement à la même place que mon collègue de l'Acadie,
parce que je me disais... puis je comprends ce que la légiste nous a expliqué,
là, la concordance, et tout ça, mais j'étais à la même place, de dire :
Mais pourquoi aller là? On le sait, on le sait, comment ça marche puis... mais...
et j'aimerais ça que vous me validiez ou un de vos légistes me valide ma
compréhension, que, même si je l'enlevais, là, même si je réussissais à vous...
on réussissait à vous convaincre de l'enlever, dans les faits, ça va quand même
s'appliquer parce que la loi n° 15 a, mot pour mot,
ces affaires-là à l'article 16, que vous me dites. Est-ce que cette
compréhension-là des choses est la bonne?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Écoutez, M.
le Président, pour une troisième fois aujourd'hui, je laisserai parler la
légiste. Je sais qu'on s'était mis un total de cinq possibles, là, on en est
rendus à trois.
Mme Massé : ...
M. Lafrenière : C'est vous
qui négociez son contrat, c'est gentil.
Mme Massé : Me Dumas-Legendre.
Alors, maître, la parole est à vous. Merci.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :Merci, M. le Président. Oui,
vous avez raison que, même si ce n'était pas là, étant donné que le principal
est assorti de cette obligation-là, vous avez raison. Mais j'ajouterais qu'il y
aurait un risque à en mettre juste la moitié, donc à couper la phrase en deux,
un risque d'interprétation parce que, là, le principal aurait ses conditions
et, tout à coup, le législateur aurait, pour l'accessoire, donné des
conditions, mais juste à moitié. Donc, on aurait vraiment un risque de
cohérence.
Mme Massé : M. le Président,
si vous permettez, mais ça ne compte pas pour quatre fois, mais j'aimerais...
j'ai une question, parce que je ne connais pas beaucoup ce monde-là, de... je
ne suis pas comme André, là... Mais, quand vous dites «de concordance»,
c'est-à-dire qu'on pourrait avoir, s'il y avait une situation qui allait en
cour, on pourrait avoir des interprétations différentes de ce qui est écrit
dans la loi n° 15 puis ce qui serait écrit ici parce
que c'est juste à moitié, et donc ça pourrait être défavorisant, entre
guillemets... bien, on ne le sait pas parce qu'il n'y a pas... il n'y a pas de...
Mais, bref, il pourrait y avoir une... c'est ça que vous dites par «interprétation».
Mme Dumas-Legendre (Hélène) :C'est tout à fait ça, c'est qu'il y aurait probablement,
possiblement un débat sur le fait que le législateur, n'ayant pas utilisé
exactement les mêmes termes, il a voulu dire autre chose, et on chercherait
qu'est-ce qu'il a voulu dire d'autre, et c'est de là que naîtrait une
incohérence.
Mme Massé : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Autres interventions sur
l'amendement? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Peut-être juste
une question pour maître, qui est légiste, avec votre permission, M. le
ministre. Mais qu'est-ce qui pourrait arriver d'autre comme interprétation?
Parce que ça, c'est l'accessoire qui suit le principal. Vous avez déjà un
principe général dans le principal. Puis là, bien, vous venez établir certaines
modalités qui ne sont pas en lien avec une prestation de soins. Ça fait que,
personnellement, j'ai de la difficulté à voir qu'un tribunal pourrait arriver à
une conclusion ou une interprétation qui serait totalement contradictoire avec
le principal.
Le Président (M.
Bachand) :Maître.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) :On pourrait penser qu'un
tribunal en arriverait à la conclusion que, même si le texte n'est pas tout à
fait pareil, l'intention du législateur est la même. Mais on ne souhaite pas
nécessairement que ça se rendre au tribunal, on souhaite que ce soit compris
correctement et conformément à l'intention au niveau de l'application, donc
bien avant qu'un débat juridique se rendre au tribunal. Donc, dans ce
contexte-là, pour les gens qui vont appliquer les deux lois, d'avoir un texte
complètement identique, ça reflète à 100 % que l'intention du législateur
était identique dans les deux cas. Avoir des différences, ça insécurise parce
qu'on cherche pourquoi, le législateur, dans deux lois assez contemporaines,
là, parce que le projet de loi n° 15, c'est quand même contemporain, donc
dans deux lois si proches, le législateur s'est écarté dans la façon de
s'exprimer.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Morin : ...
M. Lafrenière : Ah bien,
attendez, on va laisser aller le collègue.
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Morin : Mais êtes-vous
d'accord avec moi <que les deux dispositions...
M. Lafrenière :
Ah
bien, attendez, on va laisser aller le collègue.
Le Président (M.
Bachand) :
...
M. Morin :
Mais
êtes-vous d'accord avec moi >que les deux dispositions visent un objet
puis un objectif qui est différent? Si je comprends bien, la loi qui a créé
Santé Québec, on vise la prestation de soins. Ici, ce n'est pas ça qu'on vise.
On vise la façon dont on va expliquer à quelqu'un quel soin il va recevoir.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Puis,
écoutez, je ne veux pas prendre la place de la légiste, puis ce n'est pas vrai
qu'il y avait un maximum de cinq questions, là, mais je comprends ce que le
collègue dit. Je veux juste rajouter un point. Parce qu'il dit... parce qu'on
parle beaucoup de la langue, et tout, mais il n'y a pas juste ça dans la
sécurisation culturelle. Oui, il y a la langue, mais au niveau des soins, on a
mis d'autres choses.
Et l'autre point que j'aimerais rappeler,
puis ça, c'est beaucoup pour les gens qui nous écoutent à la maison, c'est que
la sécurisation culturelle est demandée par les gens du milieu. Je veux
rassurer tout le monde, là. Sur le terrain, il y en a plusieurs qui nous l'ont
dit : On a hâte de voir ça, ça va nous aider dans ce qu'on veut mettre en
place, parce qu'on a une communauté de pratiques, on a amené des bonnes idées,
mais ça va nous aider. Ça fait que je veux rassurer...
• (17 h 20) •
Puis le réflexe du collègue... j'ai le même
passé de l'autre côté de la clôture, mais on garde toujours nos canards boiteux
ou les gens qui ne suivent pas nécessairement la ligne, moi, je veux le
rassurer, avec ce qui s'en vient, de ce qu'on va parler tout à l'heure, le fait
que ce soit en ligne, le fait que ce soit transparent, ça va mettre une
pression sur ceux qui ne seraient pas nécessairement dans le rang pour toutes
sortes de raisons. Un.
Et deuxièmement, je sais très bien que ça
va être utilisé pour remonter le service qui va être donné, l'approche qui va
être culturellement sécurisante. Moi, j'ai espoir là-dedans. Mais ce n'est pas
aveugle. La preuve, c'est qu'on va vraiment les mettre, en bon français, «on
the spot».
Le Président (M.
Bachand) :Autres interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Donc, on revient à
l'article 1, tel qu'amendé. Interventions?
Mme Massé : ...est-ce que je
pourrais demander un vote par appel nominal?
Le Président (M.
Bachand) :Oui, oui, bien sûr.
Mme Massé : J'aimerais ça. Ça
nous permet de voter...
Le Président (M.
Bachand) :Bien oui. Mme la secrétaire,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : ...
Le Président (M.
Bachand) :Mme la secrétaire. Donc, si
vous êtes... tout le monde est d'accord, on va faire un vote par appel nominal
sur l'amendement proposé par le ministre. Merci. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lafrenière (Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Pour.
La Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
La Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Pour.
La Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Abstention.
La Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) :Abstention. Donc, l'amendement
est adopté. Donc, on revient à l'article 1, tel qu'amendé. Interventions?
Est-ce que... S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 1,
tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. Alors, M. le
ministre, on serait rendus à l'article deux.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Alors, même modus operandi qu'on a depuis le début. Je vous
laisserais aller avec les sous-amendements puis, par la suite, je pourrais
présenter mon amendement.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, est-ce qu'il y aurait
consentement pour réouvrir l'article 2?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y aurait
consentement pour réouvrir l'amendement, à l'article 2, du ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, M. le ministre, sur
l'amendement.
M. Lafrenière : Alors, nouvel
amendement que je présente.
Le Président (M.
Bachand) :Non. Il faudrait d'abord avoir
un consentement pour retirer.
M. Lafrenière : Je retirerais
mon amendement.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Consentement. Donc, M. le
ministre, pour le nouvel amendement, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Je reviens
avec mon nouvel amendement, M. le Président. Écoutez, ça va tellement bien puis
tellement vite. Alors, à l'article 2 :
Remplacer l'article 2 du projet de
loi par le suivant :
«2. Tout établissement du réseau de la
santé et des services sociaux soumet... annuellement, pardon, à Santé Québec,
dans la forme qu'elle détermine, un rapport portant sur les pratiques
culturellement sécurisantes qu'il a mises en oeuvre.
Santé Québec doit faire annuellement un
bilan des pratiques culturellement sécurisantes mises en oeuvre par elle et par
les établissements dans un rapport qu'elle transmet au ministre au plus tard le
31 mars.
Le ministre transmet le rapport de Santé
Québec au président de l'Assemblée nationale dans les 30 jours de sa
réception ou, si elle ne siège pas, dans les 30 jours de la reprise des
travaux. Ce rapport est publié dans le site Internet du ministère de la Santé
et des Services sociaux et présenté au comité national sur la sécurisation
culturelle prévu à l'article 2.1 et aux Premières Nations et aux Inuit.
Les modalités de la présentation aux Premières
Nations et aux Inuit sont établies par le comité national sur la sécurisation
culturelle.» Commentaires : L'amendement vise à obliger Santé Québec et
les établissements du réseau à soumettre un bilan des pratiques culturellement...
sécurisantes, pardon, mises en œuvre dans un rapport au ministre qui sera
ensuite transmis au président de l'Assemblée nationale, présenté au comité
national sur la sécurisation culturelle, aux Premières Nations et aux Inuit et
publié sur le site Internet du ministère.
M. le Président, comme commentaire
supplémentaire, ce que je voulais dire, c'est qu'on a rajouté la date du
31 mars, et ça, c'est en cohérence avec la loi n° 79
qu'on a faite ensemble. En se mettant une date, c'est important. L'autre
chose qu'on a changée, on a dit que le rapport doit être présenté, non pas
juste transmis. Et ça, on avait eu cet échange-là la dernière fois avec les
oppositions. On disait : Transmis, je peux le faire par courriel, je peux
l'envoyer. Ce n'est pas ça qu'on veut, on veut que ça soit présenté. Puis
«présenté», je disais l'analogie : Contrairement à la <rue
Sainte-Catherine à Montréal
M. Lafrenière :
...ce
n'est pas ça qu'on veut, on veut que ça soit présenté. Puis «présenté», je
disais l'analogie : Contrairement à la >rue Sainte-Catherine à
Montréal, «présenté», ça va dans les deux sens, c'est-à-dire qu'on vous donne
une information, je reçois votre rétroaction. On voulait aller avec une
présentation. Les modalités vont être établies par le comité national. Ça fait
qu'ils pourront établir ensemble de quelle façon ça se fait. Et là je veux
ouvrir la discussion là-dessus, M. le Président, en disant : Dans l'ordre
des choses, on le dépose, donc le ministre le reçoit, il le transmet à la
présidence de l'Assemblée nationale, et là... puis c'est un petit peu comme
dans 79, on fait, et là ils établiront ensemble quelles modalités, comment ça
va se faire, comment la rétroaction va se faire ensemble, mais c'est dans cet
ordre-là, M. le Président, qu'on veut le faire. Alors, voici l'article 2,
qui répond à plusieurs discussions qu'on a eues ensemble.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Interventions
sur l'amendement du ministre? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Brièvement, M. le
Président. Effectivement, on a eu des discussions sur «présenté» plutôt que
«déposé autrement», on a maintenant «présenté». Je comprends que vous vous
inspirez aussi du libellé qu'il y a dans le projet de loi n° 79, le comité
de suivi, pour question de concordance?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Absolument.
M. Morin : D'accord.
M. Lafrenière : La
concordance, on aime ça, M. le Président. Vous savez, dans ce temps-là, ça rend
les gens heureux. Puis mon collègue a déjà dit, c'est ce qu'il voulait dans la
vie, rendre les gens heureux.
M. Morin : Absolument. Merci.
M. Lafrenière : Mais c'est de
la concordance. Puis, trêve de plaisanterie, écoutez, on l'a fait dans 79.
Encore une fois, on a fait les choses différemment. On s'inspire de ça. Ça a
donné de bons résultats. Puis je l'ai dit tantôt abondamment quand on a parlé
de l'autre article, cette volonté de transparence et tout, moi, j'y crois, M.
le Président. Alors, de mettre ça sur les sites Internet, ça va être important.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. En fait,
j'avais une première question, juste pour que ce soit bien clarifié, parce que
vous l'avez, il me semble, dit en cours de route. Lorsqu'il est question que le
rapport de Santé Québec se retrouve sur l'Internet, là... Je cherche comment
vous l'avez formulé...
M. Lafrenière : ... ministère
de la Santé et des Services sociaux.
Mme Massé : Voilà. C'est
comme ça que vous l'avez formulé. Je veux m'assurer qu'on va retrouver aussi
l'ensemble des rapports des établissements et non pas seulement l'espèce de
grosse bébelle dans laquelle on pourrait voir disparaître, parce que vous avez
parlé à quelques reprises d'une des façons de faire pression sur ceux... les
établissements qui ne voudraient pas ou qui ne se soumettraient pas à la loi,
bien, c'est de... c'est public, et donc ça crée une pression sur ces groupes-là.
Alors, est-ce que je comprends bien que...
même si ce n'est pas exactement comme ça que c'est écrit, que, ce qu'on entend,
c'est que les différents rapports qui constitueront le rapport de Santé Québec
seront aussi accessibles à l'ensemble de la population?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Effectivement, c'est l'intention qui est visée,
c'est ce qu'on veut avoir, je vous l'ai dit tantôt, et c'est autant dans une
mesure pour démontrer ceux qui ne font peut-être pas nécessairement ce qui est
attendu, mais c'est aussi pour encourager les autres à adopter de bonnes... de
bonnes mesures. Ça fait que c'est ce qu'on veut aujourd'hui.
Mme Massé : Ce qui est intéressant,
puis je suis contente que vous confirmiez ma compréhension, parce que, vous
avez raison, ce n'est pas juste pour taper sur les doigts du monde, c'est que
plus on va, comme Québécois et Québécoises allochtones, saisir ce qu'on entend
par sécurisation culturelle, donc on va voir ça veut dire... qu'est-ce que ça
impose comme façon de faire, façon d'ajuster les approches, tout ça, je pense
que ça va contribuer grandement à, bien, premièrement, mieux comprendre ce que
vivent les Premières Nations puis les Inuits, et, deuxièmement, je dirais,
aider à déconstruire les biais, les préjugés qu'on accumule face aux Premières
Nations et aux Inuits.
Alors, si on voit des bons coups, on va le
prendre du bon côté, des bons coups qui sont faits dans différents
établissements, si on comprend mieux qu'est-ce que ça veut dire «sécurisation
culturelle» parce qu'on y a accès librement sur les Internet, bien, je pense
que ça peut même atteindre un autre objectif, qui est celui de briser les
composantes du racisme systémique qu'il y a dans nos institutions. Et, dans ce
sens-là, je trouve ça très intéressant. Puis vous me confirmez que c'est ça,
j'ai bien compris, tous les rapports vont se retrouver là. Et Santé Québec,
lui, dans sa posture, lui, il va ramasser tout ça, puis il fera son propre
rapport.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis il y a deux points que je veux ajouter à ce que ma collègue
a amené. Il y a un autre objectif aussi, qui est visé, <c'est de donner...
Mme Massé :
...posture,
lui, il va ramasser tout ça, puis il fera son propre rapport.
Le Président (M.
Bachand) :
M. le ministre.
M. Lafrenière :
Oui,
merci, M. le Président. Puis il y a deux points que je veux ajouter à ce que ma
collègue a amené. Il y a un autre objectif aussi, qui est visé, >c'est
de donner confiance dans les membres des Premières Nations et des Inuits, dans
le système, de démontrer qu'il y a des belles choses qui se réalisent, puis je
pense que c'est drôlement important ce que le collègue amène. Ce qu'on ne veut
pas, là... Je vais vous dire ce qu'on ne veut pas, M. le Président, c'est
d'arriver avec un rapport sur quatre lignes, qui viendrait dire : Vous
savez, dans 55 % des établissements, ça va bien. On ne veut pas ça. Ce
qu'on veut, c'est démontrer les démarches, ce qui a été fait.
Puis, je le répète, ce que j'ai dit tout à
l'heure, ce qu'on veut aussi comme objectif, c'est donner confiance aux membres
des Premières Nations et les Inuits, dans le système, en disant :
Regardez, il y a des belles choses qui se font, puis donner aussi toute la
visibilité aux belles actions qui ont été faites sur le terrain. Effectivement,
c'est ce qu'on veut.
• (17 h 30) •
Mme Massé : J'ai une autre
clarification que j'apprécierais, parce que là, on est dans, disons, la
dimension reddition de comptes, là, les établissements ont à rendre compte des
actions... pardon, et des pratiques qu'ils ont développées. Je voulais
m'assurer... Vous vous souvenez, quand on a adopté l'article 1, il était
écrit, dans le deuxième paragraphe, que «Santé Québec et tout établissement
doivent développer avec des représentants des Premières Nations et des Inuit des
mesures qui précisent les pratiques culturellement...», bon, etc.
Je veux juste m'assurer que, dans les
bilans dont il est question à l'article 2, c'est bien de cela qu'on va
voir apparaître dans les bilans qui vont être faits, c'est-à-dire les mesures
qui auront été codéveloppées, coconstruites avec les gens des Premières Nations
pour définir les pratiques culturellement...
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, absolument. C'est complètement cohérent, comme on a dit tantôt,
l'importance d'être cohérent. On fait référence à un article qu'on a réglé déjà
ensemble. Ce qu'on veut voir, puis tantôt, le collègue de l'opposition
officielle me demandait : Ça veut dire quoi?, bien, c'est des gestes, les
actions, les gestes qui sont faits sur le terrain. Ce qui aurait été amené pour
faire la sécurisation culturelle va se retrouver là. Et c'est ce qu'on veut
voir, on veut voir du concret, pas juste un chiffre, pas juste un pourcentage
d'appréciation, on ne veut pas ça.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
Mme Massé : Bien, je suis
contente, juste parce que je ne l'avais pas dit encore, de voir que vous avez
cheminé, M. le ministre, sur transmettre versus présenter. Je pense que c'est
beaucoup plus une posture de nation à nation, c'est de prendre les gens des
Premières Nations et des Inuits pour des réels... en fait, en égalité, en
vis-à-vis. Ça fait que je suis très heureuse de voir ça. Et, de mon côté, je
serais prête à voter sur l'article.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre... Oui, M. le
ministre.
M. Lafrenière : Si vous
permettez, parce que ma collègue me donne l'opportunité de réagir à ça, elle a
raison, puis ce n'est pas juste du français, là, juste qu'on se comprenne bien,
«transmis» et «présenté», c'est complètement différent. Alors, cette demande,
cette action-là, c'est ce qu'on veut faire. Je veux aussi rajouter un élément.
Quand je disais tantôt qu'on va parler des gestes, dans le rapport, on va aussi
parler des résultats qui seront obtenus. Alors, non seulement on pourra faire
la liste des gestes qui ont été faits dans un établissement, mais quels sont
les résultats qui ont été obtenus, ça aussi, on va le voir, M. le Président. Ça
fait que j'en rajoute une couche avant de passer au vote.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, on revient à l'article
Mme Massé : ...
Le Président (M.
Bachand) :Pardon?
Mme Massé : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Bon. OK. Merci. Pardon.
Donc, on revient à l'article 2 tel qu'amendé. Autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 2, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Donc, comme l'article 2 a été adopté, puis je laissais une
demi-pause à ma collègue qui, des fois, voulait avoir un vote nominal sur les
articles, mais celle-là, ça a bien passé, donc je comprends, M. le Président,
qu'on est rendus à l'article 2.1. Et, M. le Président, avec le
consentement, je pense qu'on pourrait parler du sous-amendement qui avait été
amené pour, peut-être, le retirer par la suite.
Le Président (M.
Bachand) :C'est un amendement, mais on va
y aller... Donc, est-ce qu'il y aurait consentement pour réouvrir 2.1?
Consentement. Est-ce qu'il y aurait consentement pour réouvrir l'amendement du
ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, M. le ministre, sur votre
amendement.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Bien, juste pour qu'on suive, tout le monde, donc je représente mon
nouvel amendement...
Le Président (M.
Bachand) :Il faut d'abord retirer...
M. Lafrenière : Je n'ai rien
d'autre à dire sur mon amendement, M. le Président, à part le retirer.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y aurait
consentement pour le retirer?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Retiré. Donc, M. le ministre,
pour un nouvel amendement.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. À l'article 2.1 : Insérer, après l'article 2
du projet de loi, le suivant :
«2.1. Un comité national sur la
sécurisation culturelle est chargé de donner au ministre son avis sur les
matières suivantes...
17 h 30 (version révisée)
M. Lafrenière : ...son avis
sur les matières suivantes :
«1° la présentation des services de santé
et de services sociaux aux membres des Premières Nations et aux Inuit;
«2° l'approche de sécurisation culturelle
envers les membres des Premières Nations et des Inuit, notamment :
«a) le déploiement des pratiques
culturellement sécurisantes;
«b) l'impact des pratiques culturellement
sécurisantes dans le réseau de la santé et des services sociaux;
«c) les programmes de formation continue
élaborés en vertu du paragraphe 4° et du troisième alinéa de l'article 1.
«Le comité est formé de membres nommés par
le ministre et se compose minimalement des personnes suivantes :
«1° une personne représentant les
Premières Nations et qui en est membre;
«2° une personne représentant la nation
inuit;
«3° une personne possédant une expérience
pertinente en matière de prestation, en milieu urbain, de services de santé et
de services sociaux auprès des membres des Premières Nations et des Inuit;
«4° une personne possédant une
connaissance pertinente des réalités spécifiques aux femmes et aux filles des
Premières Nations;
«5° une personne possédant une
connaissance pertinente des réalités spécifiques aux femmes et aux filles
inuit;
«Un règlement du ministre prévoit les
règles de fonctionnement du comité, les modalités d'administration de ses
affaires ainsi que ses autres fonctions, devoirs et pouvoirs.»
Comme commentaire, M. le Président, l'amendement
vise à instituer un comité national sur la sécurisation culturelle chargé de
conseiller le ministre relativement à l'approche de sécurisation culturelle, aux
pratiques sécurisantes.
M. le Président, avant de partir la
discussion sur cet article, je veux dire que ça fait référence aux discussions
qu'on a eues ensemble avec les oppositions. On y va vraiment avec la création...
j'étais pour dire la composition minimale de ce comité. Ça fait qu'on vient
rajouter ce point-là qui n'était pas là à ce moment. Et c'est ce qui est
important, M. le Président, on l'avait bien entendu, puis c'est le cheminement
qu'on a fait suite à notre dernière discussion, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Donc,
interventions? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Bien, d'abord, merci, M. le ministre. Effectivement, ma collègue la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques avait proposé des amendements dans ce
sens-là. Je pense que c'est une amélioration maintenant notable. Maintenant, j'aurais
quelques questions quant à la rédaction. On dit «une personne représentant les
Premières Nations et qui en est membre», donc, ce que vous voulez signifier par
ça, c'est que vous voulez que ce soit une personne qui représente les Premières
Nations, mais qui est membre des Premières Nations également. Donc, il faut les
deux qualificatifs. Est-ce que je vous comprends bien?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Absolument, M.
le Président, puis je vais devancer la prochaine question. En point 2, on
n'a pas rajouté cet élément-là. On parle d'une personne qui représente la
nation inuite, mais on n'a pas rajouté qu'il en est membre. Puis ça, c'est
suite aux consultations avec les Inuits.
M. Morin : Donc, je comprends
que, pour la nation inuite, ils veulent une personne qui les représente, mais
qui n'est pas nécessairement issue de la nation inuite.
M. Lafrenière : Ça ne serait
pas nécessairement un Inuk, M. le Président, effectivement. C'est ce qui a été
demandé parce que... ce que les Inuits nous ont transmis comme information, ça
peut fort bien être une personne qui est très impliquée, mais qui ne serait pas
un Inuk.
M. Morin : OK. D'accord. Et
donc vous n'avez pas eu les mêmes informations pour les Premières Nations, d'où
le libellé qui est différent.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Absolument, M.
le Président, c'est un autre bel exemple où on n'a pas fait du mur-à-mur, qu'on
a vraiment... on s'est vraiment ajusté à ce qu'on a entendu.
M. Morin : OK, Et, pour 4° et
5°, en fait, ça serait une personne qui a une connaissance pertinente, mais qui
n'est pas nécessairement issue ou membre des Premières Nations.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui,
absolument, M. le Président. Puis on a fait une liste, là, de gens qui sont
extrêmement compétents qui ne sont pas des membres des Premières Nations. Je
peux vous faire la liste. Écoutez, on a fait un recensement de plusieurs personnes
qui pourraient être... qui pourraient aider, qui ont cette connaissance,
compétence, parce qu'ils ont fait des recherches, exemple, et qu'ils ne sont
pas nécessairement des membres des Premières Nations. Alors, c'est pour ça qu'on
l'a écrit de cette façon-là, pour l'expertise. Vous comprenez que c'est
vraiment des gens qui ont une expertise très spécifique puis ils ne sont pas
nécessairement membres.
M. Morin : Oui, je comprends.
Tout à fait. Merci, M. le ministre.
Le Président (M.
Bachand) :Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, c'est sûr qu'entre
la première version qu'on a eue puis celle qu'on a là, il y a définitivement
des choses qui ont changé et c'est tout en l'honneur du travail de l'équipe du
ministre. Cependant, je ne peux pas ne pas soulever quelque chose que j'ai
largement discuté avec vous lors de la dernière... des dernières rencontres qu'on
a eues, c'est-à-dire que là on parle d'un comité national, ce n'est pas un
comité qu'il va y avoir dans chacun des établissements, ce n'est pas un comité
qu'il va y avoir dans les milieux urbains, qui a <déjà des pratiques...
Mme Massé :
...ce
n'est pas un comité qu'il va y avoir dans chacun des établissements, ce n'est
pas un comité qu'il va y avoir dans les milieux urbains, qui a >déjà des
pratiques. On parle vraiment d'un comité... bon, puis, des fois, on dit «un
comité de suivi», des fois, on dit «un comité national». Moi, dans ma tête, il
a la force, ce comité-là, qu'a, parce que vous en faites souvent référence,
qu'a le comité de suivi de la loi 79. Et l'intérêt du comité de suivi de
la loi 79, il y a... il y a différentes choses. Il y a :
premièrement, on s'est entendus avec les premiers peuples sur sa composition;
deuxièmement, il y a les gens de l'opposition. Mais ça, on a réglé ça la
dernière fois, il n'y aura pas de gens de l'opposition, pas grave.
• (17 h 40) •
Mais il y a une chose que les gens des
Premières Nations nous demandaient, c'est de nous assurer...puis ça, toutes les
discussions qu'on a faites, les allers-retours qu'on a faits, les mémoires
qu'on a lus, c'est de s'assurer qu'il y ait, au sein du comité de suivi, un
représentant des chefs, puisque c'est des premières... c'est de la gouvernance
des Premières Nations dont il est question, puisque, on l'a vu avec le Principe
de Joyce, bien sûr que le Principe de Joyce vit en soi, mais la communauté est
principalement représentée par son chef. Je veux dire, peut-être, ça ne fait
pas notre affaire à nous autres, ça, mais il y a une chose qui est sûre, c'est
que, du côté des Premières Nations, puis là on ne va pas s'étouffer, là, on
parlerait d'une personne donc qui est élue, et c'était ça, moi, mon combat, la
dernière fois, une personne qui est élue, donc, qui a reçu un mandat d'une
part, de sa communauté locale, puisqu'elle est chef de... cette personne-là est
chef de sa communauté locale, et qui recevrait même un mandat de l'association
de tous les chefs du Québec, qui s'appelle l'APNQL. Alors là, je...
Puis ce n'est pas parce que Manon Massé
veut ça, là, c'est parce que c'est ça qu'ils nous ont dit, les premiers
peuples, à même titre, et, je reconnais, M. le ministre a raison, à même titre
qu'on dit : OK. Les Inuits, eux autres, ils ne nous ont pas dit que
c'était important pour eux autres que les représentants soient nécessairement inuits,
ça nous convient s'ils ne le sont pas. Des fois ils le seront, des fois, ils ne
le seront pas. Parfait. Mais les gens des Premières Nations qu'on a rencontrés
à quelques reprises, quand même, ont dit clairement qu'ils veulent qu'à cet
endroit-là, spécifiquement, il y ait des gens qui représentent les élus des
Premières Nations.
Alors, moi, j'arrive à la fin de ce
processus-là, puis je ne comprends pas, puis j'ai besoin d'avoir des
explications.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis effectivement on a cheminé beaucoup, hein,
beaucoup de changements, et je veux juste prendre un instant, M. le Président,
de relire un passage, je pense, qui est important. Lorsqu'on dit : «Le
comité est formé de membres nommés par le ministre et se compose minimalement
des personnes suivantes», je pense que c'est important de garder... souligner
le mot «minimalement». Et je comprends très bien ce que la collègue nous dit
comme message, parce que tantôt elle disait : Bon, on ne s'étouffera pas,
on parle de cinq personnes, mais juste rappeler que c'est «minimalement».
L'autre point qui est important, M. le
Président, c'est que le comité, là, dans le fond, on disait que c'était pour
être réglé par règlement. Là, on vient le mettre dans la loi, on vient l'inscrire
dans la loi. Ça, c'est important pour nous. Une chose qui est claire, on ne
parle pas d'un comité qui est politique. Puis je comprends quand la collègue me
dit : Vous savez, l'APNQL nous a dit que ce serait important d'avoir un
chef, et tout. Là, je vais prendre un instant dans cette discussion-là, parce
qu'elle est importante. Premièrement, M. le Président, je veux que... rassurer
tout le monde, les chefs ont accès à des tables, sur lesquelles je siège, mon
collègue ministre de la Santé siège, ils ont accès aux ministres. Ce qu'on
vient dire... On ne vient pas dire que c'est impossible, on vient dire,
exemple, quand il va... quand le ministre va consulter les différents groupes,
puis c'est le... mon secrétariat qui va les aider dans toute cette
consultation-là, avec l'APNQL, l'APNQL, l'Assemblée des Premières Nations
Québec, Labrador pourrait dire : Vous savez quoi? Nous, on pense que la
personne qui devrait être sur ce comité-là qui n'est pas politique pourrait
être une représentante de la CSSSPNQL, la Commission de la santé et des
services sociaux des Premières Nations du Québec, du Labrador. Nous, ce qu'on
vient dire... On n'est pas limitatifs dans ce qu'on amène.
Ça fait qu'avec une consultation — puis
je m'excuse si je prends souvent des acronymes, mais ça va être très long de
vous dire l'APNQL à chaque fois — l'APNQL pourrait nous dire :
Vous savez quoi? On pense que, dans ce comité, ça pourrait être quelqu'un de la
CSSSPNQL qui serait la bonne personne. Donc, ce n'est pas limitatif, ça pourrait
être un chef. Mais, encore une fois, <ce qu'on vient dire...
M. Lafrenière :
...quelqu'un
de la CSSSPNQL qui serait la bonne personne. Donc, ce n'est pas limitatif, ça
pourrait être un chef. Mais, encore une fois, >ce qu'on vient dire :
Ce n'est pas un comité politique. On veut vraiment se donner la chance de
consulter.
Et je veux juste reprendre un point que la
collègue a amené, que je trouve vraiment important. Au point 2°, ce n'est
pas que les Inuits ne nous ont pas dit que c'était important d'avoir un Inuk,
c'est... au contraire, ils nous ont dit que, pour eux, c'est important de ne
pas le spécifier. Ils voulaient que ça ne soit pas limitatif. Donc, on pourrait...
on pourrait avoir quelqu'un de la régie de la santé et des services sociaux du
Nunavik qui pourrait être là-dessus. On pourrait avoir quelqu'un de NIP,
exemple, qu'on a rencontré récemment, et ça je n'irai pas sur l'acronyme en
inuktitut parce qu'honnêtement je ne suis pas capable, là, mais NIP, qui
s'occupe des... de la partie protection de la jeunesse au Nunavik.
Ça fait que, vous voyez, on n'est pas dans
le restrictif. Ça n'empêche pas d'avoir un élu, mais on ne se menotte pas en
disant que ça doit être un élu. Alors, dans notre conversation, dans nos
consultations avec l'APNQL, on va pouvoir le décider ensemble.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée.
Mme Massé : C'est-à-dire que,
tel que c'est écrit présentement, «le comité est formé des membres», puis c'est
vrai que c'est «minimalement», ça donne un petit... un petit «buffer». Mais ce
que ça dit au premier point, c'est : «Une personne représentant les
Premières Nations et qui en est membre». Moi, j'ai plein, plein d'amis qui sont
des Premières Nations qui pourraient être des très très bonnes... parce que
c'est surtout des femmes représentantes qui en sont membres. Alors, je pourrais
choisir cette personne-là, alors que l'esprit de ce que j'ai défendu lors de ce
point-là, c'était de dire : Il faut que la... l'instance qui regroupe les
gouvernements élus des Premières Nations, puis je sais avec tous les problèmes
que ça pose, là, mais ils sont capables de travailler sur plein de choses, que ces
gouvernements-là ont voix au chapitre pour venir dire : Bien, voilà la
personne qu'on veut qui nous représente. Parce que là c'est le ministre qui
nomme. Mettons, que c'est moi, la ministre, M. le Président, puis que je décide
de...Parce que je m'entends super bien avec cette personne-là, qui est une
bonne représentante des Premières Nations puisqu'en plus elle en est membre,
bien, c'est quoi, sa légitimité d'être sur ce comité-là?
Alors, c'est ça, moi qui est tout l'enjeu
de ne pas s'appuyer... Puis c'est sûr que l'APNQL, dans leur mode de
fonctionnement, pourra définir après ça que c'est Mme Sioui qui va venir
représenter, comme elle l'a fait au PL 79. Il n'y a pas... tu sais, après
ça, ils détermineront. Mais moi, c'est considérant que le ministre nomme, bien,
je pense qu'il faut qu'on dise aux Premières Nations : OK, mais nous, on
ne va pas juste nommer comme ça quelqu'un qui représente et qui est issu, on va
nommer quelqu'un qui a les deux mains dedans. Puis quand vous dites que ce
n'est pas politique, ce que je comprends, c'est que vous ne voulez pas dealer
de la politique, là. Bien, sacramouille! la sécurisation culturelle, c'est
crissement politique. C'est tout, tout... excusez-moi, c'est toute une — je
m'emporte tout le temps un peu — c'est tout... en fait, c'est
précisément le vivre-ensemble dont il est question, et ça, c'est hautement
politique à mon sens.
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Les oreilles ne m'ont... ne m'ont pas frisé. Ce que
je voulais dire, je veux juste que ça soit très clair, je veux dire que ce
n'est pas un placement politique. Ça ne veut pas dire qu'on ne parlera pas de
politique, puis que ce n'est pas important pour les gens. Mais nous, on ne veut
pas aller dire : Vous savez, la personne va être sur ce comité, va être
élue en vertu de la Loi sur les Indiens. Là, on va se dire les choses bien
plates puis bien claires, c'est là notre malaise. Mais de dire que, par voie
réglementaire, le ministre va déterminer, avec les Premières Nations, qui va
être sur le comité, ça va se faire par voie réglementaire, puis de déterminer — puis,
disons, les exemples concrets — avec l'APNQL qui va être là. Puis je
prends l'exemple de ma collègue. Imaginez un instant qu'on décide de prendre
quelqu'un avec qui on s'entend bien, là, puis ça paraît bien, je veux dire,
c'est voué à l'échec, là, on le sait. Alors, ce n'est pas ce qu'on veut faire.
Mais, à l'inverse, on veut donner la
chance à l'APNQL de nous dire : Vous savez quoi, bien qu'on ait plusieurs
chefs au Québec, des chefs qui sont très compétents, nous avons décidé que, sur
ce comité, tout comme 79... Puis ma collègue avait raison, dans la loi 79,
ce n'est pas un élu, mais c'est une élue. C'est une personne qui était
appointée par l'APNQL, puis ça fait très bien le travail, ça se passe bien. On
veut laisser cette chance-là, on ne veut pas limiter en disant : Ça doit
être absolument un élu, en vertu de la Loi sur les Indiens, qui soit placé là.
On veut mettre ça encore plus large. Et c'est... je reviens avec le terme
«minimalement», pour moi, il est important.
Puis c'est vraiment le ministre, par voie
réglementaire, qui va déterminer avec les Premières Nations, comment <on
va le faire...
M. Lafrenière :
...important.
Puis c'est vraiment le ministre, par
voie réglementaire, qui va déterminer avec les Premières Nations, comment >on
va le faire. Puis on va le conseiller, on va travailler avec lui, c'est clair.
Le Président (M. Bachand) :Oui, Mme la députée.
Mme Massé : C'est où que
vous voyez, dans votre loi, que c'est par voie réglementaire que le ministre va
développer avec les Premières Nations?
M. Lafrenière : Deux
choses...
Le Président (M. Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Ah!
Excusez. Là, on fait du ping-pong. Je m'excuse, M. le Président. Deux points.
La dernière, dernière phrase...
Mme Massé : Oui.
M. Lafrenière : ...on
dit : «Un règlement du ministre prévoit les règlements de fonctionnement
du comité et des modalités d'administration et ses affaires ainsi que ses
autres fonctions, devoirs et pouvoirs.» Et ce que je viens de confirmer au
micro, M. le Président, l'intention que nous avons, c'est de déterminer avec
les Premières Nations. J'en rajoute.
Mme Massé : Bien, oui, bien,
c'est ce que je voulais vous entendre, parce que, dans les faits,
l'article 1 vient dire qu'on va développer avec, mais c'est les mesures.
Et là vous venez de le confirmer, ce qu'on va développer avec, ce que vous
allez développer avec, par rapport à la question du règlement, vous allez le
développer avec les Premières Nations. Et là ce règlement concernera le mode de
fonctionnement du comité, les modalités d'administration, bref, le dernier
paragraphe de ça.
• (17 h 50) •
M. Lafrenière : M. le
Président, si on se rappelle à l'époque, quand on a fait la première étude en
septembre, même la constitution du comité devait se faire par voie réglementaire.
Là, on vient de mettre dans la loi. On laisse quand même une partie de
flexibilité par règlement.
Mme Massé : Et, M. le
ministre, encore là, peut-être que vous l'avez dit, je commence à être un petit
peu fatiguée, mais un règlement du ministre fait en collaboration avec les
Premières Nations et les Inuits, est-ce que c'est comme à l'article 1,
avec des représentants des Premières Nations et des Inuits? Toute la question
de la représentation, on le sait, là, c'est là-dessus qu'on joue au ping-pong
depuis des mois et des années. Mais est-ce qu'en ce sens, que ce règlement-là,
on peut s'entendre que vous ne tiendrez pas loin, et même, je dirais plus, que
vous allez inclure, pour la détermination de ce règlement-là, qui sont les
organes de collectivisation qu'ont les Premières Nations, c'est-à-dire l'APNQL?
Le Président (M. Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui.
Merci, M. le Président. Puis on va dire les choses clairement, là, on ne peut
pas le faire sans travailler avec l'APNQL. Alors, l'intention très claire,
c'est de le développer avec eux. Puis je veux juste être bien clair, la raison
pour laquelle on l'a écrit comme ça, ce n'est pas pour exclure l'APNQL, c'est
pour se laisser la chance que l'APNQL nous détermine quelqu'un qui ne serait
pas un élu. Mais je comprends très bien ce que la collègue voulait me faire
dire au micro, puis je le confirme, notre intention, c'est de travailler avec
l'APNQL. Et quand je dis que le ministre va travailler... va établir par voie
réglementaire la consultation, comment qu'on le bâtit ensemble, c'est très
clair que nous allons travailler avec les collègues de la santé pour le faire
ensemble. On veut que ça fonctionne.
Le Président (M. Bachand) :Merci.
Mme Massé : J'ai encore
une petite question sur...
Le Président (M. Bachand) :Oui. Allez-y, allez-y, oui.
Mme Massé : ... s'il n'y
a pas d'autre question. Voilà. C'est au niveau du 2.1, où on... vous parlez...
J'ai envie de vous entendre sur... Vous dites que «le comité national sur la
sécurisation est chargé de donner au ministre son avis sur les matières
suivantes», et là vous avez un déploiement. Comment vous voyez... parce que
c'est... C'est quoi que vous vous attendez que ce comité donne comme avis?
C'est quoi, un avis dans les souliers d'un ministre?
Le Président (M. Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui.
Merci, merci, M. le Président. C'est important, ce que la collègue amène comme
point, ça nous amène au cœur du sujet. Puis j'ai le goût de faire un parallèle
avec un comité consultatif, un comité de sages où le ministre va pouvoir
recevoir cette information-là. Puis, au lieu de juste y aller avec une... je
pense que c'est un petit peu ce que le collègue de l'opposition officielle nous
disait plus tôt, d'y aller juste dans une approche très mathématique de
chiffres et tout, d'avoir un comité consultatif qui vient dire : Regardez,
là, nous, on regarde tous ces chiffres-là, puis voici notre perception, ce
qu'on reçoit du terrain.
Et on parle souvent des réalités
autochtones, en disant : On ne peut pas y aller juste par une approche de
chiffres. Il faut entendre les gens, il faut leur donner... l'opportunité de
parler. Puis j'ai le goût de dire à la collègue de faire un parallèle avec 79.
C'est un peu comme ça que ça se passe dans le comité de suivi. On dit, au-delà
des chiffres, on a des gens qui connaissent cette réalité-là, qui sont en
contact avec beaucoup de monde des Premières Nations, ou un Inuk qui pourrait
venir dire : Écoutez, voici, là, au-delà de ce que vous avez dans vos
chiffres, voici ce qu'on vit. Puis de le remonter. Puis c'est important, je le
disais tantôt, de multiplier le nombre d'occasions où des membres des Premières
Nations, où un Inuk pourraient remonter dans la chaîne, c'est-à-dire au
ministre de la Santé, ce qu'ils vivent, <ce qu'ils ressentent...
M. Lafrenière :
...où
un Inuk pourraient remonter dans la chaîne, c'est-à-dire au ministre de la
Santé, ce qu'ils vivent, >ce qu'ils ressentent, mais là c'est une
occasion de plus d'avoir ces gens-là. Puis là on dit qu'il y en a cinq,
minimalement, je pense que ça multiplie les occasions de recevoir vraiment,
excusez l'anglicisme, un vrai feedback de comment ça se passe sur le terrain,
au-delà des chiffres, M. le Président.
Mme Massé : Justement, vous
avez nommé quelque chose puis j'aimerais vous entendre, parce que ce que je
comprends de votre vision de c'est quoi, un avis, c'est que, dans les faits, ce
comité-là va avoir l'opportunité de porter un regard critique sur les données,
les rapports, puis là il va pouvoir cogner à la porte du ministre puis dire :
M. le ministre — et j'imagine, ici, on entend bien ministre de la
Santé...
M. Lafrenière : ...
Mme Massé : ...hein, ce n'est
pas écrit, mais je le déduisais — M. le ministre de la Santé, voici
l'avis que j'ai à vous... qu'on a à vous donner concernant, disons, l'ensemble
des actions qui ont été faites en l'année 2024. Vous avez fait le lien
avec le 79, pourtant, le 79 a un pouvoir de recommandation. Ça fait qu'on ne
joue pas dans les mêmes... Est-ce qu'on joue dans les mêmes eaux? Je ne présumerai
pas de rien. Est-ce qu'on joue dans les mêmes eaux? Ce n'est pas juste de dire :
Je vais vous donner mon avis, puis vous ferez bien ce que vous voulez versus :
C'est assez sérieux, notre comité, qu'on va vous faire des recommandations,
puis ultimement, bien, idéalement, vous allez nous écouter.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Tantôt, on parlait de cohérence, puis, vous savez,
il y a deux autres comités qui existent déjà, qui ont été construits dans le
projet de loi n° 15, au niveau des anglophones et des
allophones, et c'est un comité aviseur. Alors, ce comité-là va faire non seulement
des recommandations, mais au niveau de la flexibilité, M. le Président, on ne
voulait même pas dire que c'était pour être écrit, c'était pour être verbal, ça
se fait à l'oral, on veut vraiment permettre aux gens de donner leur feedback,
leur rétroaction de ce qu'ils vivent, de ce qu'ils entendent. Puis, sur la
forme, on va être très flexibles. Ça fait que ça peut être des recommandations,
ça peut-être des commentaires, ça peut être écrit, ça peut être verbal. On veut
vraiment laisser beaucoup de flexibilité à ça.
Mme Massé : Est-ce que...
Le Président (M.
Bachand) :...
Mme Massé : On fait votre
job, M. le Président. On saute dans le bain puis... Est-ce que... Je
comprendrais, parce que, tu sais, c'est ça, la notion de... en tout cas, dans
mon livre à moi, là, je ne suis pas dans le législatif, mais, dans mon livre à
moi, quand on parle de donner un avis, bien, je vous donne mon avis, puis je
vais vous le dire comme je le pense, vous en faites ce que vous voulez. Je vous
ai donné mon avis. La loi me dit que ma job, c'est de vous donner un avis, puis
là, bien, c'est comme... on passe à une autre étape. Alors que, dans le projet
de loi 79, le pouvoir de recommandation, à mon sens à moi, il y a une
coche de plus, c'est-à-dire que la job de ce comité-là, dans le 79, ce n'est
pas juste de regarder la game aller puis de dire : M. le ministre, dans ce
cas-là, c'est le ministre des Relations avec les Premières Nations et Inuits, M.
le ministre, vous... Non, non, non, c'est qu'on a un pouvoir de recommander des
choses.
Alors, est-ce que le ministre s'engage
dans le développement du règlement, parce je comprends que ça pourrait être
traité par voie réglementaire, de prévoir des règles de fonctionnement? Parce
que vous dites, au dernier alinéa, «des règles de fonctionnement du comité, les
modalités d'administration de ses affaires ainsi que ses autres fonctions — donc,
la notion de comité aviseur — devoirs et pouvoirs». Alors, moi, j'ai
envie de vous entendre sur le pouvoir de ce comité-là d'influencer le... Santé
Québec ou le ministre, mais ultimement Santé Québec... Donc, est-ce que c'est
dans le règlement qu'on va voir ce pouvoir-là?
17859 Le Président
(M. Bachand) : Merci beaucoup. Le temps file, on est à veille
d'arriver à la suspension, mais je vais prendre, avec votre accord, quelques
instants pour souligner Carolyne, Carolyne Paquette, qui est avec nous depuis
longtemps, qui va quitter le secrétariat très, très bientôt. Alors, je tenais à
souligner tout son travail. J'ai eu la chance de travailler avec elle depuis le
début du premier mandat. Alors, lorsqu'on parle... il y a un mot à la mode qui
s'appelle «top gun», puis je dois vous dire, Carolyne, c'est une «top gun» du
secrétariat aux commissions. Alors, on va s'ennuyer de toi, Carolyne, puis le
mot de Cambronne pour la suite des choses. Mais je sais que le ministre voulait
rajouter aussi un petit mot.
17903 M. Lafrenière : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Écoutez, c'est particulier, parce que, Carolyne,
on a commencé ensemble sur la commission spéciale puis, aujourd'hui, on fait le
tour de roue puis on termine ensemble. Alors, je le prends un petit peu
personnel en disant : Tu t'en vas la journée que je suis ici, mais merci,
merci pour le travail. Et ma collègue...
17903 M. Lafrenière : ...dans
les prénoms. Ma collègue et moi, quand on a travaillé ici, à la commission
spéciale, avec votre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, on a travaillé beaucoup
avec Carolyne. Alors, merci. Bonne suite pour le reste. Je suis heureux pour
toi, mais j'ai beaucoup de peine pour nous. Mais bonne suite dans tout ça. Et
je crois que mon collègue voulait rajouter un point aussi.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie
M. Morin : Oui. Très
brièvement. Moi, je n'ai pas eu le privilège de travailler beaucoup avec vous,
mais je tiens à vous dire merci pour tout ce que vous avez fait puis à vous
souhaiter la meilleure des chances dans les nouveaux défis que vous avez
relevés. Merci pour tout.
Le Président (M.
Bachand) :Alors... Oui, Manon.
Mme Massé : Bien oui, tiens,
regarde... Merde! Non, non, non.
Des voix : ...
17859 Le Président
(M. Bachand) :Alors, Carolyne, merci
beaucoup. On va sûrement se recroiser à d'autres niveaux.
Et, cela dit, la commission suspend ses
travaux jusqu'à 19 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 18 heures)
19 h (version révisée)
(Reprise à 19 h 08)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! Bon
début de soirée à tout le monde. La Commission des institutions reprend ses
travaux.
On poursuit donc l'étude détaillée du projet
de loi n° 32, Loi instaurant l'approche de sécurisation culturelle au sein
du réseau de la santé et des services sociaux.
Lors de la suspension de nos travaux cet avant...
cet après-midi, on était à l'étude de l'amendement introduisant le nouvel
article... introduisant l'article 2.1. Donc, interventions sur l'amendement?
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, s'il vous plaît.
Mme Massé : Bien, juste pour
être certaine que notre estomac ne nous a pas fait échapper des bouts, juste
avant... Ce n'était pas possible, hein, ça, monsieur... non, pas possible, le
mien, le mien. Juste avant, je questionnais le ministre à savoir si... Lorsqu'il
est question de règlement à la fin de l'article 2.1, nous discutions de
cette notion de... que le comité national doit donner son avis. Je demandais au
ministre : Est-ce que, lorsqu'il écrira les règlements, il pourrait s'assurer
que, dans les autres fonctions, devoirs et pouvoirs, ce soit clair que ce qu'on
attend aussi de ce <comité-là, c'est de donner un avis, mais...
Mme Massé :
...que
ce qu'on attend aussi de ce >comité-là, c'est de donner un avis, mais
aussi, bien sûr, des recommandations, un regard critique? Bref, surtout le mot «recommandation»
qui m'intéresse.
Le Président
(M. Bachand) :Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis effectivement c'est la volonté des partenaires parce que,
depuis le début, on parle de travailler avec des partenaires puis de s'ajuster.
Bien entendu, on a la même volonté. Tantôt, je faisais un parallèle en essayant
de décrire ça comme un comité de sages, un comité qui va pouvoir nous amener de
l'information.
Et l'autre point qui est important, M. le
Président, je vais le mentionner puis je vais le dire en bon franglais, là, ce
qu'on ne veut pas, c'est que ce comité-là soit utilisé pour «rubber-stamper» ou
venir dire : Vous savez, le comité était d'accord. Vous savez, on a consulté
puis on a déjà joué dans ce film-là ensemble où on est très, très, très prudents.
On reçoit l'opinion des Premières Nations, mais on ne peut pas l'utiliser en
disant : Vous savez, ils nous on dit oui.
Ça fait qu'on peut continuer. Il faut être
superprudent là-dedans. Ça fait qu'on veut travailler avec eux, c'est la
volonté, puis, oui, ils peuvent passer leurs commentaires. Puis, quand je dis «Premières
Nations», c'est Premières Nations et Inuits. Ils peuvent passer leurs
commentaires, leurs recommandations puis ce qu'ils entendent sur le terrain
aussi. C'est ce qu'on veut de leur part.
• (19 h 10) •
Le Président
(M. Bachand) :Oui, Mme la députée.
Mme Massé : ...c'est la
notion d'aviseur, on va dire ça comme ça, donner son avis, mais est-ce que,
considérant que... En fait, considérant que les autochtones sont, en fait, ceux
et celles... là, c'est Premières Nations et Inuits, ceux et celles qui sont
capables de juger... là, le terme n'est peut-être pas adéquat, là, mais capables
de juger de la pertinence de ce qui est développé comme outil, comme approche,
comme pratique et que, donc, par conséquent, la notion d'avis... que ce soit
nommément clair puisque, par règlement, vous pourrez définir quels sont les
fonctions, devoirs et pouvoirs... que, par règlement, ce soit clair que ce qu'il
est attendu aussi de ce comité-là, c'est de faire des recommandations puisque
c'est eux autres qui sont les mieux placés pour juger de l'efficacité des
mesures.
Le Président
(M. Bachand) :M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. On l'a dit un petit peu plus tôt, mais je veux le rappeler,
même sous la forme... juste dire à quel point on est flexibles, sous la forme,
ça peut être des recommandations écrites, ça peut être verbal. On veut vraiment
que ce comité-là ait beaucoup, beaucoup de flexibilité. Alors, ce que la
collègue évoque, c'est ce qu'on veut... soit capable de faire des
recommandations, aussi de ramener, comme je le dis tout à l'heure, la lecture
du terrain, puis ça peut être des plaintes ou des choses qui vont bien. On veut
que ce comité-là soit un vrai coup de sonde, soit capable de dire comment c'est
perçu, comme c'est reçu et qu'il porte la voix, justement, des Premières
Nations et des Inuits.
Le Président
(M. Bachand) :Mme la députée.
Mme Massé : Bien, je
pense que j'ai bien entendu que le ministre souhaite que ce comité-là fasse des
recommandations. Je pense que, c'est ça, les gens pourront en déduire ce que
nous avons entendu.
Le Président
(M. Bachand) :Merci beaucoup. Autres
interventions? Oui, allez-y.
Mme Massé : ...un autre
sujet, toujours sur l'article 2.1. En fait, c'est un autre sujet, puis, en
même temps, on est encore dans cette idée de règlement, qui est le dernier
alinéa, là, de l'article 2.1, avant qu'on s'en aille au préambule. En
fait, un des exercices qu'on a réussi à faire, je pense, dans la... dans le
présent projet de loi, M. le Président, qu'on avait réussi un peu aussi avec, à
l'époque, le projet de loi n° 37 sur le <i>commissaire
à l'enfance, et c'est tout simplement d'essayer de... je vais dire, de briser
les cadres, là, mais ce n'est pas le bon mot encore, c'est cette volonté de
faire en sorte que le parlementarisme qui est le nôtre soit aussi respectueux
de la gouvernance ou des façons de faire de nos frères et soeurs autochtones, et
c'est ça qu'on fait avec le projet de sécurisation culturelle. On reconnaît,
hein, que, tant au niveau de la culture, la langue, l'histoire, même de la
spiritualité, il y a quelque chose de différent.
Et donc, par conséquent, pour assurer
qu'ils aient le même niveau de qualité de soins que le reste des Québécois et
Québécoises, bien, on a besoin de mettre en œuvre des choses spécifiquement, et
ça, c'est la commission Viens qui nous a éveillés collectivement à ça en
disant : Vous devez faire ça. Mais nous, comme législateurs, il nous reste
quelques outils que je pense qu'on peut <pousser plus loin...
Mme Massé :
...outils
que je pense qu'on peut >pousser plus loin.
Le ministre Carmant a, dans le projet de
loi n° 37, commencé à innover et de prendre d'autres pistes, d'autres chemins.
Le ministre, sur le projet de loi n° 32, a aussi
utilisé d'autres pistes, d'autres chemins qui nous amènent là où on est
aujourd'hui, où il y a une avancée claire entre ça puis là où on était au tout
début. Moi, j'ai envie de challenger un peu mon... le ministre, pas méchamment,
mais parce que, collectivement, on y gagnerait. Je ne lui demande pas
l'impossible, je crois. Il y a un règlement qui est défini ici, à l'article... qui
est encadré, qu'on va adopter, qui nous dit que le règlement va être prévu...
que le gouvernement... voyons, que le règlement va venir du ministre.
Alors, M. le ministre, pourriez-vous
considérer, dans notre travail qu'on fait, à cheminer ensemble pour prendre
acte de nos frères et sœurs autochtones et de leurs... de qui ils sont
culturellement, et tout ça... de dire : Ce règlement-là qui concerne eux
autres, hein, la sécurisation culturelle, ça concerne juste eux autres... que
ce règlement-là, vous allez le construire avec eux et, cette fois-là, en
partant d'une page blanche? Est-ce que vous pouvez considérer ça?
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, Mme la députée.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis je vous rappelle, pour les gens qui nous écoutent à la maison,
qu'on... Je porte ce dossier, puis mon collègue à la Santé. Ça fait que je
voulais être sûr que ce que je vous confirme aujourd'hui, c'est fidèle à la
volonté de mon collègue.
Et, quand ma collègue parlait de page
blanche, puis c'est pour ça que je vérifiais un petit peu où on s'en allait
avec ça, je comprends ce que vous voulez dire, qu'il faut le développer
ensemble, il faut consulter. Je veux le mettre clair, là, si on parle de la
sécurisation culturelle des membres des Premières Nations et des Inuits, on
doit le faire avec eux, ça, on se rejoint, de développer le règlement, de le
faire avec eux, en consultation avec eux, absolument. J'essaie de voir jusqu'à
quel point je peux garantir la page blanche, là, mais on va commencer dans un
processus quelconque, mais il faut travailler avec eux. Puis on l'a dit plus
tôt aujourd'hui dans un autre article, M. le Président, je me vois mal arriver
en disant : Voici ce que va être la sécurisation culturelle pour vous,
puis voici ce que ça va être, puis vous allez aimer ça, puis vous allez être
contents. Ça ne peut pas être ça.
Pour le règlement, de le faire avec eux,
ça va de soi. La raison pour laquelle... Je ne veux pas jouer sur les mots, au
niveau de la page blanche, j'imagine qu'on leur fait une proposition et on va la
travailler ensemble. Pour avoir tenté, dans le passé, de faire une autre
approche où on a dit : Partons de zéro, des fois, ça devient compliqué,
mais de le travailler avec eux et de le corriger... On a fait en 17 mois ce que,
normalement, on aurait fait en quelques mois. On s'est donné le temps de le
faire différemment. Je sais que mon collègue le ministre de la Santé, ce qu'il
veut, c'est amener un changement réel dans le réseau, envoyer un message fort
d'appuyer les gens qui font déjà un bon travail. Ça fait que ça va de soi de le
développer avec les Premières Nations et les Inuits.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée.
Mme Massé : Écoutez, M. le
ministre, j'entends votre ouverture puis je vais préciser. La page blanche,
bien, elle n'est pas si blanche que ça parce qu'il y a déjà un cadre législatif
qui est là, qu'on a essayé d'amener le plus proche possible de ce que les
Premières Nations et les Inuits souhaitent. Ça fait que, moi, la page, elle est
déjà un petit peu colorée, mais, moi, l'idée, c'est que... Tu sais, quand on
parle de coconstruction, là, ce qu'on veut dire, là, c'est qu'on arrive égal à
égal là-dedans. On arrive d'égal à égal, à discuter puis à voir comment on va
faire que cette loi-là va s'appliquer. Alors, c'est cette page semi-blanche
dont je vous parle, et que j'aimerais vraiment que vous nous permettiez de
vivre collectivement cette nouvelle étape là, puis, nous, à l'opposition,
faites-vous-en pas, quand le règlement va sortir, on aura des choses à dire,
j'en suis convaincue, mais, puisqu'il aura été coconstruit, peut-être qu'on
aura moins de choses à dire.
M. Lafrenière : Tellement
d'ouverture là-dedans. Merci de clarifier la page blanche. Vous comprenez mon
malaise. Je veux dire, on a déjà... on travaille sur un outil qui existe, qui
est présent. On a déjà mis ce qui était pour être validé et vérifié, mais, oui,
de le travailler avec les Premières Nations et les Inuits, c'est notre volonté,
pour le règlement.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie, s'il
vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. En fait, sur le... variation sur un même thème, celui qui a été
apporté par ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques, je n'utiliserai pas la
page blanche, mais je vais essayer de trouver, peut-être, ou de vous proposer
une voie de passage. Seriez-vous prêt à considérer une corédaction du règlement
avec les Premières Nations? Comme ça, bien, c'est sûr que vous allez devoir les
<consulter, puis ça serait quand même innovateur...
M. Morin :
...que
vous allez devoir les >consulter, puis ça serait quand même innovateur
comme façon de travailler avec les Premières Nations et les Inuits, et ça
permettrait sûrement, en tout cas, aux oppositions d'avoir éventuellement
beaucoup moins de questions si on sait que vous l'avez corédigé.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
• (19 h 20) •
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis, quand on retourne dans le temps dans nos travaux, on était
assis, je pense, c'était dans cette salle, puis il y a des groupes qui étaient
présents, puis j'avais demandé : Vous voulez dire quoi par corédaction?
Puis la question n'était pas méchante, honnêtement, on se le demande, des fois,
tu sais, par où on pogne ça, comment on commence, puis les réponses, pour
l'instant, même les gens se demandaient qu'est-ce que ça voulait dire, comment
on peut le faire. Ma prédécesseure l'avait tenté en réponse à Viens en
disant : Assoyons-nous tous ensemble puis corédigeons la réponse à Viens.
Et la raison pour laquelle... Puis ce
n'est pas par manque de volonté. C'est juste que je veux être... Vous le savez,
je suis bien honnête, transparent. Je ne vous dirai pas quelque chose qu'on ne
livrera pas. Moi, je pense que, de partir de ce qu'on a là, de dire aux groupes
avec qui on a travaillé et aux représentants : Regardez, on veut votre input
avant de commencer, on veut vous entendre, et tout... La raison pour laquelle
j'ai un... le petit malaise de dire «corédaction»... Il y a quand même des
choses qui sont là. Il y a quand même des choses qui sont faites. Je pense que
c'est un guide, mais de faire ce qu'on vient de faire ensemble dans 32, d'aller
le plus loin dans notre système qui existe déjà, c'est ce qu'on veut faire
aussi, puis d'arriver en disant : Voici le plan du règlement, êtes-vous
d'accord ou pas?, ce n'est pas ça qu'on veut.
J'aime bien dire ce qu'on ne veut pas. Des
fois, ça nous aide à comprendre où on s'en va, là, puis leur dire : Voici,
c'est... Ça, ce n'est pas... ce n'est pas travailler ensemble, ce n'est pas de
la consultation, c'est un appel la veille pour dire : Es-tu d'accord? Puis
ça, je pense qu'on a démontré qu'on faisait les choses différemment, mais, à
l'opposé, de s'asseoir devant une page blanche ou de s'asseoir devant un groupe
en disant : Écoutez, on commence par où?, ça amène certaines limitations,
certaines problématiques, de l'aveu même des groupes qu'on a rencontrés. Moi,
je pense qu'il faut partir avec ce qu'on a là, demander aux groupes, aux
représentants : Qu'est-ce que vous avez à nous soumettre comme... comme
idées?, puis de partir avec eux. Je ne veux pas jouer sur les mots. On est très
proches de ce que mon collègue a avancé, mais je veux être clair aussi.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y aurait
d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, ça va, est-ce que
l'amendement introduisant le nouvel article 2.1 est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Vote par appel nominal? M. le
secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lafrenière (Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
Le Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Contre.
Le Secrétaire : Et M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) :Abstention. Donc,
l'amendement... le nouvel article 2.1 est adopté. M. le ministre.
M. Lafrenière : Absolument,
M. le Président. Alors, pour la suite de nos travaux, on serait rendus au
préambule. Alors, bien oui...
Le Président (M.
Bachand) :Juste s'il y a consentement...
C'est parce que l'article 5, c'est la sanction. Alors donc, si vous êtes
d'accord, peut-être revenir plus au préambule, qui a plus de contenu, avant de
faire la date de sanction. Est-ce que ça va pour vous autres? Parfait. Donc, ça
me prendrait un consentement pour... Oui, ça va?
M. Morin : Comme ça, on va...
Le Président (M.
Bachand) :Donc, il y aurait consentement
pour rouvrir le préambule. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Et il y avait eu aussi un
amendement qui avait été adopté au préambule. Donc, ça prendrait un
consentement pour retirer l'amendement adopté au préambule.
M. Morin : ...de qui était
l'amendement au préambule?
Le Président (M.
Bachand) :C'était le ministre, si je me
souviens bien.
M. Morin : Le ministre?
M. Lafrenière : ...moi-même.
Le Président (M.
Bachand) :C'était le ministre.
M. Morin : ...demander
vous-même.
M. Lafrenière : Retirer
moi-même. Tu sais, j'ai déjà voté, moi-même, contre quelque chose que j'avais
présenté. Une collègue s'en rappelle. Dans le 79, elle m'avait sauvé cette
fois-là. Vous avez manqué ça, cher collègue, mais j'avais réussi à voter contre
moi.
M. Morin : Oui, j'ai raté...
j'ai raté ça.
Le Président (M.
Bachand) :Alors donc, je comprends qu'il
y a consentement pour retirer l'amendement qui avait été adopté. Donc, M. le
ministre, pour un nouvel amendement.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Alors, pour le préambule, voici le nouveau préambule que je propose
aujourd'hui. Remplacer le préambule du projet de loi par le suivant :
«Considérant que, dans la prise en compte
des droits des usagers de recevoir des services de santé et des services
sociaux adéquats, les membres des Premières Nations et les Inuit doivent être
distingués des autres usagers puisqu'ils forment des nations ayant une histoire
et une culture distinctes;
«Considérant que la Commission royale sur
les peuples autochtones, la Commission de vérité et de réconciliation du
Canada, l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues
et assassinées et la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones
et certains services publics ont reconnu que le racisme et la discrimination
vécus par les membres des Nations et les Inuit dans la société;
«Considérant que la Commission d'enquête
sur les relations entre les Autochtones et certains services publics recommande
la <mise en œuvre de l'approche de sécurisation...
M. Lafrenière :
...certains
services publics recommande la >mise en œuvre de l'approche de
sécurisation culturelle par les établissements du réseau de la santé et des
services sociaux;
«Considérant que l'implantation de
l'approche de sécurisation culturelle en santé contribue à l'amélioration
globale des conditions de vie des Premières Nations et des Inuit;
«Considérant que l'approche de
sécurisation culturelle repose sur le principe de justice sociale et qu'elle
contribue à favoriser des liens de confiance avec les Premières Nations et les
Inuit;
«Considérant l'importance de cette
approche pour les membres des Premières Nations et les Inuit, laquelle a
notamment été mise de l'avant parmi les revendications du Principe de Joyce;».
Et le commentaire : L'amendement vise
à référer aux membres des Premières Nations et aux Inuits. Il vise également à
référer aux travaux de la Commission royale sur les peuples autochtones, la <i>commission
de la vérité et de la réconciliation du Canada et de l'Enquête nationale sur
les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, lesquelles
constatent que les membres des Premières Nations et des Inuits vivent du
racisme et de la discrimination. Il vise finalement à préciser les... les effets,
pardon, de l'approche de sécurisation culturelle.
M. le Président, ce qu'on vous propose
aujourd'hui comme préambule, il y a beaucoup de changements, puis je pense que
mes collègues des oppositions les ont vus, et c'est suite à nos discussions que
nous avons eues qu'on fait référence au racisme et à la discrimination qui sont
vécus par les membres des Premières Nations et des Inuits. On parle aussi de
l'impact global sur la santé des membres des Premières Nations et des Inuits.
Alors, voici ce qu'on vous propose aujourd'hui.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député
d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, merci, M. le
Président. Alors, écoutez, on arrive un peu au cœur du sujet. Je dois vous dire
d'emblée, M. le Président, que j'apprécie les efforts de M. le ministre. On
a... on a discuté beaucoup, dans le cadre des travaux de la commission, puis
même lors de l'étude article par article, de toute la question du racisme
systémique. Je comprends que M. le ministre est retourné au Conseil des
ministres. Ils ont sûrement dû avoir des discussions là-dessus. On avait
proposé certaines choses.
Moi, j'ai dit, dans le passé, que j'aurais
préféré que ce soit dans la loi et non pas dans le préambule de la loi,
préambule, évidemment, qui aide à interpréter la loi, c'est sûr, mais qui...
qui n'est pas dans la loi comme telle. Il y a déjà trois alinéas qui étaient là.
Il y en a deux qui ont été rajoutés, dont la référence à la Commission royale
sur les peuples autochtones, la <i>commission de vérité et de
réconciliation du Canada, l'Enquête nationale sur les femmes et les filles
autochtones disparues et assassinées et la Commission d'enquête sur les
relations entre les autochtones et certains services publics.
Et donc, en fait, ce que le ministre nous
dit, c'est que ces organismes-là ont reconnu le racisme et la discrimination
vécus par les membres des Premières Nations et des Inuits, mais il n'y a aucun
engagement là-dedans du gouvernement qu'il reconnaît quelque chose. Je
comprends, on dit, bon : Considérant que la Commission royale sur les
peuples autochtones, le comité de vérité et de réconciliation l'a fait, l'enquête
nationale, la commission d'enquête ont reconnu... mais, moi, ce que j'aurais
souhaité, M. le Président, c'est une reconnaissance du gouvernement du Québec,
de l'État québécois.
Et, bon, puis, après, bien, il y a... il y
a un autre élément qui est rajouté : «Considérant que l'implantation de
l'approche de sécurisation culturelle en santé contribue à l'amélioration
globale des conditions de vie des Premières Nations et des Inuit.» C'est vrai,
mais, sur cette question-là, sur la question du racisme systémique, j'ai même,
à un moment donné, proposé une voie au... une voie de passage au ministre en
disant : Écoutez, vous pourriez peut-être regarder ce qui a été fait dans
d'autres provinces, vous pourriez regarder ce qui avait été recommandé par le Dr
Vollant, c'est-à-dire... Stanley Vollant, c'est-à-dire, il y a... il y a une
discrimination qui est propre aux Premières Nations et aux Inuits, qu'ils ont
vécue.
Si c'est le mot «systémique» qui... qui
fait peur, puis je comprenais que le ministre avait peut-être peur que ça
s'étende à d'autres groupes, donc on aurait pu le mettre encore plus ciblé, mais
la... À mon avis, et je le dis avec respect pour le ministre parce que je sais
qu'il a travaillé fort, mais la plus grande faiblesse de cet allégué-là dans le
préambule, c'est qu'il n'y a aucune reconnaissance de la part du gouvernement
du Québec. C'est comme si moi, je disais : Le comité untel a reconnu telle
affaire, la commission a reconnu telle affaire, un autre comité d'étude a
reconnu telle affaire, puis on met ça dans le préambule. Oui, je <comprends,
mais moi, je reconnais quoi, là...
M. Morin :
...dans
le préambule. Oui, je >comprends, mais moi, je reconnais quoi, là? Ce
n'est pas là.
Si on revient à ce qui a été suggéré, puis
là on revient parce que ça fait longtemps que le projet de loi roule, là,
devant le Parlement, ça fait plus d'un an, en fait, si on revient à ce que
plusieurs des groupes ont demandé, et je vais... je ne vais pas tous les nommer
parce qu'il y en a eu beaucoup, mais je rappelle, par exemple, ce qui a été
écrit par la Commission de la santé et des services sociaux des Premières
Nations du Québec et du Labrador, entre autres : «Que l'Assemblée
nationale et le gouvernement du Québec reconnaissent le racisme systémique, c'est
beaucoup plus une question de principe. Sans cette reconnaissance, l'état des
connaissances scientifiques démontre qu'il n'est pas possible de mettre en
place des politiques et des formations qui pourront réellement lutter contre
cette problématique et assurer une véritable sécurisation culturelle.» On
ajoute également à la page 10 de leur mémoire : «L'implantation d'une
véritable approche de sécurisation culturelle exige de reconnaître toute forme
de discrimination, y compris le racisme systémique, pour adopter des mesures
correctives efficaces.»
• (19 h 30) •
Et ce n'est pas tout, le Collège des
médecins en a parlé dans le mémoire qui a été présenté, l'APNQL en a parlé dans
les documents qui nous ont été partagés, évidemment, le principe... le Bureau
du Principe de Joyce en parle, forcément, mais je voudrais également attirer
l'attention de la commission, M. le Président, au rapport final de la
commission Viens, qui dit et qui réfère, dans le rapport final, et je suis à la
page 223 : «Des actions gouvernementales morcelées et non pérennes. Cette
observation m'amène à aborder un quatrième et — je cite — dernier
élément susceptible d'expliquer, selon moi, la discrimination systémique vécue
par les peuples autochtones au regard des services publics, à savoir l'absence
d'une action gouvernementale pérenne et représentative des réels besoins
exprimés par les peuples autochtones.»
Et évidemment, on disait et on le souligne,
plusieurs représentants des milieux autochtones insistent sur l'importance
d'agir, et donc d'être capables de reconnaître le problème pour être capables
après d'adopter des mesures efficaces pour évidemment être capables d'enrayer la...
tout l'enjeu... Et donc, dans le rapport de la commission Viens, on en parle
d'une façon spécifique, et puis, évidemment, bon, le Dr Vollant avait suggéré
une voie de passage, le Bureau du Principe de Joyce en parle également.
C'est bien, M. le Président, je comprends
les aléas. En fait, le travail que M. le ministre a fait, bien, pour moi, ce
n'est pas allé assez loin. Je pense que ça aurait été préférable de l'avoir
dans le projet de loi, dans la loi comme telle. Si on veut le laisser dans le
préambule, à la rigueur, à la rigueur, mais qu'on ne dise pas que c'est la
Commission royale sur les peuples autochtones qui le reconnaît. Il faudrait que
ce soit le gouvernement du Québec. Puis, si on a bien peur du mot «systémique»,
bien, à ce moment-là, qu'on parle de discrimination vécue par les membres des
Premières Nations et des Inuits. C'était une voie de passage que j'ai offerte
au ministre, mais là, comme c'est là, à moins que je comprenne mal, puis ça se
peut que je comprenne mal, mais il n'y a aucune reconnaissance de la part du gouvernement,
il n'y a aucune action du gouvernement qui dit : Oui, oui, oui, écoutez,
on reconnaît, là, c'est arrivé, puis là, bien, maintenant, on veut le corriger
puis c'est pour ça qu'on dépose le projet de loi n° 32. Et, pour moi, c'est un
élément qui est important, je l'ai dit, je l'ai redit et reredit.
Donc, je trouve ça malheureux, je trouve
ça navrant qu'on ne soit pas capables d'aller plus loin, mais je comprends
qu'après toute la suspension de la commission, les négociations du ministre et
probablement des discussions au Conseil des ministres on en arrive là, mais
vous comprendrez que, pour moi, c'est très peu. C'est comme si je vous citais
trois, quatre, cinq comités qui ont reconnu des affaires, mais moi, je ne les
fais pas miens. Alors, au fond, ça ne veut pas dire grand-chose. Alors, c'est
une déception, je vous le dis. J'aurais voulu aller plus loin et j'ai hâte... J'aimerais
ça que M. le ministre soit capable de nous parler. Évidemment, j'imagine qu'il
ne pourra pas nous révéler les discussions qu'il a eues au Conseil des
ministres, mais il devrait être capable au moins de nous informer comment ça se
fait qu'on en arrive là puis comment...
19 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...au Conseil des
ministres, mais il devrait être capable au moins de nous informer comment ça se
fait qu'on en arrive là puis comment ça se fait que le gouvernement du Québec n'est
pas capable de ne rien reconnaître. Ça ne s'est pas passé en Tanzanie, là, c'est
arrivé chez nous. Ce n'est pas une page glorieuse de l'histoire du Québec mais
c'est arrivé. On ne refera pas l'histoire. Moi, je regarde en avant, je veux qu'on
soit capables de comprendre puis de corriger pour ne plus que des gens vivent
ça.
Mais là j'aimerais ça que le ministre m'en
dise un peu plus, parce que j'avoue honnêtement que je reste sur ma faim.
Le Président (M.
Bachand) :...M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis, c'est vrai, le collègue a raison, qu'on arrive
dans le cœur de notre discussion. Puis vous allez me permettre d'être en total
désaccord, mais avec beaucoup d'explications.
Premièrement, dans le deuxième
considérant, moi, à l'opposé de ce que dit mon collègue, moi, je trouve ça
important de faire parler les commissions, M. le Président. Pourquoi? Parce que
les gens qui ont témoigné pendant ces commissions-là, ce sont des membres des Premières
Nations
et des Inuits, ce sont leurs voix. De venir dire
que nous autres, là, au gouvernement... Puis, je me rappelle, dans un échange
que j'ai eu avec ma collègue de la deuxième opposition, elle disait : Mon
Dieu! j'ai un réflexe très colonialiste, en disant : Ce n'est pas à moi à
reconnaître ce que les autochtones vivent, c'est à eux. On leur... Ce qu'on
fait aujourd'hui, M. le Président, c'est le contraire, on leur donne la parole.
Ce sont eux et elles qui sont venus témoigner dans ces commissions. Et des
recommandations, M. le Président, là, j'en ai pour plusieurs tables de chevet,
il y en a plusieurs. Il y a beaucoup de travail à faire. Premier point.
Deuxième point. Quand on dit de
reconnaître le racisme et la discrimination, je suis d'accord avec mon collègue
au niveau de la sémantique. Puis on a déjà eu cette discussion-là, puis j'ai
été très franc avec lui en lui disant : Pour le racisme systémique, on se
rend compte qu'à chaque fois qu'on utilise le mot, puis on l'a encore vu
récemment, ça part dans tous les sens. Puis moi, mon travail, c'est quoi? C'est
de rester focussé sur le travail pour combattre le racisme.
Mais là je veux rassurer le collègue, on
est quand même le premier gouvernement à avoir mis en place un ministre
responsable de la Lutte au racisme. On a fait le Groupe d'action contre le
racisme, avec 25 recommandations, dont 12 pour les Premières Nations et
les Inuits. En bon Québécois, M. le Président, si ce n'est pas ça de le
reconnaître, je ne sais pas ce que c'est. On le dit haut et fort, ça existe, on
veut faire la lutte.
Quand on fait référence à la commission
Viens, je veux juste nous rappeler... Parce que mon collègue disait : Ce n'est
pas arrivé en Tanzanie. Il a raison, c'est arrivé au Québec puis c'est arrivé
entre 2001 puis 2016. La commission Viens a étudié la façon que le gouvernement
a eu ses relations avec les Premières Nations et les Inuits pendant 15 ans,
15 ans de mandat, et c'était de 2001 à 2016. Ça fait que je veux juste se
rappeler qu'on a tous aujourd'hui dans notre sac à dos, là, cet héritage-là,
puis on ne refera pas l'histoire. Le collègue l'a bien dit, le collègue de l'Acadie,
c'est arrivé, c'est vrai. Puis aujourd'hui on est tous ensemble, là, mais on
vit avec cette réalité-là, c'est vrai.
Je veux rappeler aussi que dans cette même
commission, on a entendu le juge Viens qui nous avait suggéré à l'époque de
regarder la discrimination. Au lieu de parler de racisme, il avait dit, est-ce
que vous ne devriez pas regarder la discrimination systémique? M. le Président,
on a consulté certains groupes qui nous ont dit «ce n'est pas ça», puis
les collègues l'ont bien dit, ils voulaient la reconnaissance du racisme
systémique. C'était comme si on mettait des efforts pour aller dans la mauvaise
direction.
Ce qu'on vous présente aujourd'hui, M. le
Président... Nous, on dit que le racisme existe, la discrimination existe, l'intolérance,
le profilage, ça, on ne s'est jamais obstinés là-dessus. Cependant, dès qu'on
rajoute la connotation «systémique», on a vu, on a vu comment les gens réagissent.
Il y a même un groupe fédéral, l'an passé, qui est allé dire que de fêter Noël,
c'était du racisme systémique. Alors, moi, quand mon travail dans la population
est de faire en sorte que, tout le monde, on s'allie pour faire la lutte aux
racistes. Ce qu'il y a de plus... Au racisme, pardon. Ce qui est le plus
important pour moi, c'est de garder la mobilisation de tout le monde.
Aujourd'hui, dans notre préambule... Puis
j'ai entendu le collègue qui disait : Oui, c'est dans le préambule, M. le
ministre, ce n'est pas... ce n'est pas dans votre loi. J'ai sorti...
Premièrement, vous savez que c'est... on fait... c'est rarissime, hein, M. le
Président. Vous le savez vous-même comme président, on ne fait pas ça à toutes
les fois, dans tous les projets de loi, d'avoir un préambule. J'ai sorti des
exemples, puis c'est des lois qui sont marquantes : la Loi sur l'Assemblée
nationale, la Charte de la langue française, la Charte des droits et libertés
de la personne, notre projet de loi ensemble, la loi n° 79, où on a mis
des préambules. Pourquoi? Parce qu'on s'est dit : C'étaient des projets de
loi — des lois aujourd'hui — tellement marquants qu'on veut
avoir un préambule, un préambule qui est important.
Puis, a contrario de ce que dit mon
collègue, en tout respect, moi, je trouve ça important de marquer le pas dans
notre préambule, de venir dire que nous autres, ensemble, dans cette Assemblée,
la lutte au racisme, elle est importante. Puis on reconnaît ce que plusieurs
centaines de personnes sont venues dire dans des commissions, ce qu'ils
vivaient, eux et elles. Ce n'est pas à moi à dire ce qu'ils vivent, M. le
Président, ils l'ont bien dit devant des commissions qui ont mis beaucoup de
temps, beaucoup d'énergie pour nous le faire transpirer.
Alors, je veux rassurer le collègue, la
raison pour laquelle on fait parler les commissions, c'est parce qu'on trouve
que leur voix, leur parole a été importante. Puis aujourd'hui, on veut... on
veut le <marquer...
M. Lafrenière :
...leur
voix, leur parole a été importante. Puis aujourd'hui, on veut... on veut le >marquer
dans ce considérant. Pour nous, c'est important.
Pour le reste des considérants, M. le
Président, vous allez voir que l'ordre a été changé depuis la dernière fois
qu'on s'en est parlé. C'est vraiment une question d'adaptation de français, là,
il n'y a pas vraiment d'autres... d'autres raisons que ça. On trouve ça
important.
Puis, je vous le dis encore une fois,
notre gouvernement a fait quelque chose qui n'a jamais été fait, c'est-à-dire
un ministre responsable de la Lutte au racisme, un groupe d'action contre le
racisme, j'en ai fait partie, de ce groupe, avec des actions concrètes. Alors,
je pense qu'on le reconnaît clairement. Puis je le dis encore aujourd'hui, on
reconnaît qu'il du racisme, qu'il y a de l'intolérance, il y a de la
discrimination. On l'a toujours dit. On en fait une lutte au quotidien, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie.
• (19 h 40) •
M. Morin : Écoutez, j'ai
écouté M. le ministre avec attention, oui, il y a un ministre qui est
responsable de la Lutte contre le racisme, c'est bien, je ne remets pas en
question, mais ce n'est pas de ça dont on parle ce soir.
Je comprends ce que c'est qu'un préambule.
Parfois, le législateur veut exprimer d'une façon précise sa volonté, ses
intentions, donc il met un préambule. C'est correct, mais...
Puis j'ai aussi écouté M. le ministre
quand il nous dit que, bon, il est là pour tout le monde puis que le mot
«systémique», c'est compliqué. J'ai compris, M. le Président. C'est la raison
pour laquelle j'ai offert une voie de passage au ministre en disant :
Écoutez, si vous ne voulez pas parler de systémique parce que ça peut créer
d'autres enjeux, bien, parlons de racisme puis de discrimination propre aux Premières
Nations puis aux Inuits. Bien, je comprends que le ministre a retenu ça en
partie, là.
Mais mon point est le suivant, c'est que...
Puis je comprends ce que le ministre dit, les gens sont venus témoigner devant
la commission royale, oui, oui, puis c'est... c'est correct. Mais après ça la
commission royale nous demande de faire quelque chose, puis la commission Viens
nous demande de faire quelque chose, puis la commission des santés puis des
services sociaux des Premières Nations nous demande de faire quelque chose. Puis
là, bien, ce n'est pas ça qu'on fait, d'où mon malaise avec la façon dont le
préambule est rédigé.
Il me semble que, si on veut véritablement
tenir compte de ce qui a été dit, de ce qui a été écrit, de ce que les gens ont
témoigné, de ce qu'ils ont vécu, bien, ce serait possible de reconnaître... dans
le préambule justement, parce que je ne pense pas qu'on va être capables de le
placer ailleurs que dans le préambule. Par exemple, bon, «la Commission
d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services
publics», on pourrait ajouter «certains services publics du gouvernement du
Québec» ou encore «entre les Autochtones... les relations avec les autochtones»
ou encore «le gouvernement du Québec reconnaît qu'ils ont connu du racisme et
de la discrimination vécus», bien là je pense que ce serait clair et ça
répondrait... pas parfaitement, mais ça répondrait à tout ce que les groupes
sont venus nous dire, M. le Président. Mon point, il est là. Parce que les Premières
Nations et les Inuits, dans notre société, ont connu de la discrimination puis
du racisme, qui est documenté. Je veux dire, à moins que quelqu'un remette ça
en question, là, moi, ce que j'ai lu en tout cas, ça avait de l'air à être
bien, bien clair puis bien, bien clarifié, puis bien décrit, puis il y a
plusieurs sources.
Puis, écoutez, on travaille d'une façon
transpartisane avec le suivi du projet de loi n° 79 puis on entend encore
des gens qui ont vécu des horreurs. Puis, en tout cas, moi, je n'ai pas entendu
beaucoup de gens, à part les Premières Nations, qui avaient vécu ça dans le
système hospitalier notamment.
Alors, moi, j'invite le gouvernement à
aller plus loin. Puis là, bien, il y a une opportunité de le faire, puis c'est
ce que je souhaite que le ministre puisse faire. Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Très
brièvement, M. le Président. J'entends mon collègue puis je suis d'accord avec
la majorité des choses d'habitude, mais aujourd'hui, là où je ne suis pas
d'accord, c'est quand il dit son malaise, c'est qu'aujourd'hui on ne fait pas
ce qu'on doit faire.
Juste se rappeler deux petites choses. La
commission Viens, qui a étudié des relations du gouvernement avec les Premières
Nations et les Inuits pendant plusieurs années, nous appelle à l'action. On
agit enfin. On répond à trois recommandations de la commission Viens
aujourd'hui.
Je veux corriger un point. La commission
Viens ne parle pas de racisme systémique du tout. Il parlait de discrimination
systémique. Il a entendu comme moi les groupes qui sont venus ici, devant nous,
dire que, pour eux, c'était le racisme systémique, sinon c'était inacceptable.
Ça fait que c'est pour ça qu'aujourd'hui,
ce qu'on fait, M. le Président, on vous présente un considérant qui, pour nous,
est important. On fait témoigner les gens, parce qu'on reconnaît ce qu'ils ont
dit, on reconnaît ce qu'ils ont vécu.
Puis je veux rassurer le collègue, en
aucun moment on n'est venu dire qu'il n'y avait pas de racisme, qu'il n'y avait
pas de discrimination. Je veux le rassurer là-dessus. On agit aujourd'hui, M.
le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Donc,
interventions sur l'amendement? Mme la députée de <Sainte-Marie—Saint-Jacques...
Le Président (M.
Bachand) :
...sur l'amendement? Mme
la députée de >Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, quand même,
pour continuer un peu cette discussion-là. Bien, à prime abord, c'est sûr, pour
moi, entre le texte qu'on avait entre les mains initialement, même celui que
vous aviez modifié au moment de l'étude et celui qu'on voit aujourd'hui, c'est
clair qu'on voit qu'il y a un travail énorme qui a été fait. J'imagine, tout le
travail exigeant de l'équipe ministérielle puis des femmes qui vous
accompagnent a dû être pas facile.
Ceci étant dit, je suis aussi d'avis, avec
mon collègue, qu'il y avait une belle occasion, qu'il y a une belle occasion,
dans ce texte, de reconnaître... même si ça ne fait pas l'affaire de tout le
monde, de reconnaître qu'il y a une réalité qui existe, c'est-à-dire que les Premières
Nations, juste du fait qu'ils soient des Premières Nations et des Inuits, bien,
par ce seul fait là, sont plus discriminés, sont plus les cibles de biais, de
préjugés, de racisme, etc., et que ce n'est pas parce que les gens sont
racistes, nécessairement, bien sûr qu'il y en a, là, mais... mais c'est parce
que, bien, comme on le sait, là, je répète des choses qu'on a dites, mais j'en
profite pour le renommer parce que le député de l'Acadie a raison, puis je
pense que le Principe de Joyce a été fédérateur notamment pour cette raison-là,
c'est parce que les autochtones, les Premières Nations, les Inuits ont une
expérience commune et cette expérience-là, elle est une expérience de
discrimination dans les différents... dans les différents services publics.
Bien sûr, je pense que lorsque le ministre
dit «OK, mais Viens a étudié la période 2001-2015», bien, je peux
comprendre que là vous faites référence à «ce n'était pas vous au pouvoir à ce
moment-là». Oui, c'est très collectif. Mais vous avez raison. Puis moi,
j'aimerais ça que mon collègue député de l'Acadie, qui aujourd'hui est très
vindicatif sur la question du racisme systémique, reconnaisse que sa propre
formation ne voulait absolument pas à l'époque, parce que j'étais la seule qui
parlait de ça dans ce parlement à l'époque. J'aimerais ça juste comme... On
peut cheminer. Et, moi, c'est ça que je vous invite, M. le ministre.
Mon collègue de l'Acadie vient, de façon
très vindicative, de nous rappeler qu'il y a une réalité qu'on peut fermer les
yeux, ne pas voir, se dire «on a été le plus loin possible», mais, dans les
faits, ce n'est pas ça que demandent les Premières Nations.
Et, disons, étant l'exemple incarné qu'on
est possible d'évoluer puis de changer d'idée sur la question, alors, moi,
c'est sûr que je vois, là, le travail, tu sais, entre ça puis... j'essayais de le
retrouver... En fait, il n'en était même pas question dans l'autre préambule
que vous aviez mis. Ça fait que je vois la très grande marche qui a été prise,
qui a été faite, mais... mais, à quelque part, à quelque part, bien, je suis
juste capable de vous nommer ma déception que, collectivement, on ne soit pas
capables d'aller jusque-là pour, à mon sens, de très mauvaises raisons, puisque
c'est documenté, et tout, et tout. Mais je tiens vraiment, vraiment, vraiment à
dire, là, puis que vous l'entendiez, que je vois les pas de géants qui ont été
faits et que, dans ce sens-là, s'arrêter en si bon chemin est souvent triste.
Et ma tristesse, elle est là, à ce moment-là, et c'est pourquoi je suis
d'accord avec mon collègue de l'Acadie qu'il y avait des voies de passage pour
éviter les mots maudits, mais qui nous auraient permis d'avoir une certaine
voie de passage utilisée par d'autres provinces, suggérée par certaines
personnes autochtones, qui a été reprise par mon collègue.
Ça fait que voilà. Je ne sais pas quoi
d'autre vous dire, M. le ministre, que je suis déçue à cet effet-là, mais je ne
suis pas surprise, parce que, tout le long, vous avez été clair, vous avez été
net : Je ne peux pas aller là. Bon.
Ça fait que je trouve que vous êtes allé
plus loin pas mal que la première fois parce qu'il n'y avait rien. Ça fait que,
dans ce sens-là... Mais je ne sais pas si vous voulez réagir à ça. Oui? OK.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
Mme Massé : Puis, j'ai un
autre point après, M. le <Président...
Mme Massé :
...Mais
je ne sais pas si vous voulez réagir à ça. Oui? OK.
Le Président (M.
Bachand) :
M. le ministre.
Mme Massé : Puis, j'ai un
autre point après, M. le >Président.
• (19 h 50) •
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président, puis merci à ma collègue. Puis cet échange... Puis on a fait ça
tout le long de la commission, en passant, hein, je pense qu'il n'y a jamais eu
de sujet tabou, on a parlé de tout, puis c'est vrai qu'on grandit dans tout ça.
Puis je veux... Mon collègue de l'Acadie
sait à que point je le respecte. Mon but, ce n'était pas de lui relancer la
balle en disant : C'était ta gang qui était là au pouvoir à l'époque,
c'est de dire que, collectivement, on a une responsabilité. Puis ce que je ne
veux pas aujourd'hui, c'est me faire dire : Tu as fait un pas, puis on va
te déclarer coupable de faire un pas, tu aurais dû en faire 10, alors qu'on
n'en a pas fait à l'époque. Ce que je veux dire par là, c'est qu'aujourd'hui on
avance. Puis ma collègue a raison, on avance comme jamais. Il y a d'autres
juridictions au Canada qui ont fait d'autres choses, c'est vrai, mais on sera
les premiers, on sera... Puis je ne veux rien prendre pour acquis, M. le
Président, mais on serait les premiers à avancer en matière de sécurisation
culturelle. Ça veut dire que, dans le temps, on a avancé, on a changé, changé
les visions. Ma collègue, quand elle dit «c'est documenté», elle a tellement
raison puis c'est pour ça que dans le considérant... Ce n'est pas pour rien.
Puis, en passant, vous savez que ça n'a
pas été fait en une journée, là. On s'est creusé la tête en disant : Faire
parler les commissions puis ultimement c'est faire parler les gens qui ont
témoigné dans ces commissions. C'est notre vision, puis je n'essaie pas de vous
convaincre que c'était la meilleure, c'est notre vision. C'est ce qu'on partage
aujourd'hui, c'est le pas qu'on peut faire. Mais en aucun moment on ne s'est
privé d'une discussion sur le racisme, sur l'intolérance. Puis vous pouvez être
rassurés qu'il n'y a pas un événement où je vais, il n'y a pas personne qui
prend l'occasion pour me challenger puis me faire réfléchir sur le racisme
systémique, vous le savez.
Présentement, la société évolue, c'est
vrai que ça change. On l'a su encore récemment que quand on reprend cette
discussion-là, ça amène certaines tensions, mais ça ne nous empêche pas d'en
parler.
Puis aujourd'hui ce qu'on propose dans le
préambule, c'est un geste qui est fort selon nous, selon nous, de venir dire :
On reconnaît, on reconnaît ce que les gens ont vécu et ce qu'ils ont dit dans
les commissions. On veut les faire parler. Alors, moi, je trouve que c'est
important.
Je comprends très bien les commentaires
des collègues, mais tantôt... je veux être bien sûr que ce n'était pas une
fronde, là, c'est... Collectivement, je veux dire, c'est une réalité qui
appartient au Québec, puis ça fait partie de notre histoire, puis, à chaque
fois qu'on se présente devant les Premières Nations et les Inuits, on a ce
bagage négatif là, puis ce n'est pas le seul malheureusement. 79, on a fait la
même chose, hein, on est venu changer ce qui se passait avec un bagage très
négatif, je le comprends, mais j'ai tendance à voir le verre à moitié plein. Puis
aujourd'hui je le vois à moitié plein, parce que, c'est vrai, peut-être qu'on
aurait pu faire d'autres choses, mais, écoutez, on a avancé grandement.
Puis, lors de nos derniers échanges, j'avais
parlé d'être les premiers au Canada, puis certains le voyaient comme une course
contre la montre ou... Il n'y a pas personne qui va gagner une élection
là-dessus, juste mettre ça bien clair, là. On ne fait pas ça pour ça, là, on le
fait parce qu'il faut le faire. La commission Viens, dans trois de ses appels à
l'action, nous commande de le faire. On le fait, c'est un premier pas. Puis ce
qu'on veut envoyer comme message aux gens au niveau de la santé, c'est que
c'était important, c'est important pour nous, c'est important pour eux aussi.
Ça fait que c'est un message qui est fort.
Ce n'est pas anodin de mettre un préambule, on ne le fait pas toujours, dans ce
cas-là, on trouvait ça extrêmement important.
Le Président (M. Bachand) :Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Après ça,
j'aurais le député d'Acadie.
Mme Massé : Bien, si le
député de l'Acadie, c'est sur le même sujet, moi, c'est sur un autre sujet, ça
fait que je le laisserais passer.
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. M. le député d'Acadie,
oui.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Écoutez, M. le ministre, je vous le disais tantôt, là, je me
rappelle quand on a terminé la dernière séquence de l'analyse article par
article du projet de loi et qu'on avait plusieurs amendements, sous-amendements
déposés, d'ailleurs, qu'on a tous redéfaits ce soir, là, non, non, écoutez, je
m'attendais bien à ce que ce ne soit pas nécessairement facile pour vous, là,
ça, je le comprends. Puis je ne nie pas les efforts que vous avez faits, ce
n'est pas ça que je dis, mais je dis : Écoutez, avec ce qui était demandé,
on n'est pas loin... on n'était pas loin du but.
Mais j'ai une question pour vous,
cependant, parce que, ça, j'avoue que ça... ça a attiré mon attention, parce
que vous dites : «Considérant que la Commission royale sur les peuples
autochtones, la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, l'Enquête
nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et
la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones», alors ça,
c'est toutes des commissions qui se sont penchées sur le problème, qui ont
identifié, analysé, entendu des témoins, ils ont soumis des rapports, mais
après vous ajoutez «et certains services publics». C'est qui, les services
publics? C'est lesquels?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : M. le
Président, voyez-vous, quand on est rendus à appeler une commission par le nom
du juge qui la préside, on oublie le nom de la commission. C'était le nom au complet.
Mais... mais, attendez, je ne veux pas répondre bête parce que c'est super
important ce que vous venez de <dire...
M. Lafrenière :
...je
ne veux pas répondre bête parce que c'est super important ce que vous venez de >dire.
Honnêtement, on l'appelle tous la commission Viens, ça fait qu'honnêtement
quand on fait le titre au long on comprend pourquoi on l'appelle Viens,
beaucoup moins compliqué que ce qu'on voit là. Mais ce que la commission Viens
a étudié, c'est vraiment les rapports... les relations entre les autochtones et
certains services publics. C'est vraiment ça, le nom de la commission qu'on
appelle Viens.
M. Morin : C'est... c'est dommage,
j'y voyais une lueur d'espoir, n'est-ce pas? Je voulais... Vous avez tué mon
espoir. J'y voyais...
Une voix : ...
M. Morin : Oui, oui, oui,
exact. Tu sais, j'y voyais, là... Je me disais : On est allé plus loin, il
y a peut-être une chance, il y a peut-être quelque chose auquel je pouvais me
rattacher, mais non, on en est resté au titre. Vous voyez, je voulais aller
au-delà du titre, M. le ministre. Et là j'avais hâte de vous entendre. Tu sais,
il y a peut-être moyen de faire avancer des affaires. Mais non, mais non.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Il y a des
gens de mon équipe qui ont dit que ce n'était pas la première personne que je
décevais, mais...
M. Morin : ...par exemple.
M. Lafrenière : ...rester rattaché.
Puis je veux rassurer mon collègue, parce qu'on fait des blagues, mais c'est
hyper sérieux et important ce qu'il vient de dire là, je comprends, je
comprends sa déception puis je comprends la déception qui a été partagée, mais
il faut juste se remettre dans le contexte. Aujourd'hui, on va où personne
n'est allé avant. C'est un pas qui est important. J'ai toujours dit que bien
qu'imparfait c'est un pas qui était important. On a grandi de beaucoup avec les
travaux qu'on a faits ensemble. Mais je veux que mon collègue garde la foi,
qu'il garde espoir parce que c'était le nom du plan que j'avais mis en place, J'ai
espoir.
Moi, j'ai espoir qu'on va avancer
ensemble, puis c'est important ce qu'on dit là, les gens nous écoutent ce soir.
Puis je suis désolé d'avoir déçu mon collègue.
Le Président (M.
Bachand) :J'aurais la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : As-tu fini,
André? Oui. En fait, je voulais porter à votre attention, M. le ministre, je
pense que c'est juste un... un oubli, là, je pense qu'on va s'entendre assez
vite sur celle-là. Au quatrième considérant, qui n'est quand même pas rien, là,
c'est : «Considérant que l'implantation de l'approche de sécurisation
culturelle en santé contribue à l'amélioration globale des conditions de vie
des Premières Nations», c'est... tout d'un coup, il n'y a plus de services
sociaux, hein, c'est juste santé, et je suis convaincue que c'est un oubli
puisque dans le paragraphe au-dessus, on parle de santé et de services sociaux
et partout dans le projet de loi on parle de santé et de services sociaux.
Alors, moi, je ne veux pas faire des
amendements, puis tout ça, mais si c'est nécessaire, je vais le faire, parce
que, dans cette... dans ce considérant-là, on vient parler de l'implantation de
l'approche de sécurisation culturelle, et, pour moi, il faut être au clair et
au fait qu'on ne veut pas juste ça là ou dans... dans nos services de santé mais
aussi dans nos services sociaux.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : ...je me suis
reviré avec les gens qui m'accompagnent pour voir qui l'avait oublié, puis on
l'a tous oublié, c'est collectivement, puis c'est pour ça qu'on travaille
ensemble, puis Karoline avec un K nous l'a rappelé.
C'est important, puis on ne fait pas de
blague. Ce n'est pas futile ce qu'on fait ici, hein? Ce n'est pas une étape de
«rubber stamp», on passe au travers, on prend le temps. L'intention du
législateur était claire, et on va pouvoir l'écrire et le corriger.
Mme Massé : ...un amendement,
là.
M. Lafrenière : Un
sous-amendement.
Mme Massé : Mais je pense
qu'il y en a des plus spécialistes qui écrivent plus vite que nous autres.
M. Lafrenière : Voulez-vous
suspendre juste une seconde, s'il vous plaît?
Mme Massé : Oui, oui.
Le Président (M.
Bachand) :On va suspendre quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 19 h 58
)
20 h (version révisée)
(Reprise à 20 h 06)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Puis, écoutez, avec le consentement, je retirerais
mon amendement pour en représenter un nouveau, comme ça j'aurai le plaisir de
le relire au complet.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Alors, M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Lafrenière : Il y a
consentement?
Le Président (M. Bachand) :Consentement?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Oui? Merci.
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. Alors :
Remplacer le préambule du projet de loi
par le suivant:
«Considérant que, dans la prise en compte
des droits des usagers de recevoir des services de santé et des services
sociaux adéquats, les membres des Premières Nations et les Inuit doivent être
distingués des autres usagers puisqu'ils forment des nations ayant une histoire
et une culture distinctes;
«Considérant que la Commission royale sur
les peuples autochtones, la Commission de vérité et de la... de réconciliation
du Canada, pardon, l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones
disparues et assassinées et la Commission d'enquête sur les relations entre les
Autochtones et certains services publics ont reconnu le racisme et la
discrimination vécus par les membres des Premières Nations et les Inuit dans la
société;
«Considérant que la Commission d'enquête
sur les relations entre les
Autochtones et certains services publics
recommande la mise en oeuvre de l'approche de sécurisation culturelle par les
établissements du réseau de la santé et des services sociaux;
«Considérant que l'implantation de l'approche
de sécurisation culturelle en santé et en services sociaux contribue à l'amélioration
globale des conditions de vie des Premières Nations et des Inuit;
«Considérant que l'approche de
sécurisation culturelle repose sur le principe de justice sociale et qu'elle
contribue à favoriser des liens de confiance avec les membres des Premières
Nations et les Inuit;
«Considérant l'importance de cette
approche pour les membres des
Premières Nations et les Inuit, laquelle a
notamment été mise de l'avant parmi les revendications du Principe de Joyce;».
Je ne referai pas les commentaires, M. le
Président, mais, clairement, on vient d'ajuster notre texte avec ce qui avait
été souligné. Et, pour le bien de tous, parce qu'on a parlé à micro fermé, la
raison pour laquelle il y avait une différence dans ce considérant, c'est qu'on
l'a... ça a été largement inspiré de mémoires qu'on avait reçu, alors on
voulait que les gens voient bien qu'on s'était inspiré de leurs mémoires. Mais
l'ajustement de cohérence vient d'être fait, M. le Président, c'est ce qu'on
vous présente.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Donc, interventions sur
l'amendement? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Un seul
commentaire : Vive la cohérence.
Le Président (M. Bachand) :Merci. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Donc, on revient...
M. Morin : ...un vote
par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, bien sûr. M. le
Secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Par, contre,
attention. M. Lafrenière (Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
Le Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Abstention.
Le Secrétaire : Et M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) :Abstention. Donc, l'amendement
est adopté.
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît! Alors, on
revient au préambule tel qu'amendé. Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que le préambule, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté, merci. Maintenant...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :M. le député, ça va?
M.
Morin :
Je peux vous demander un vote par appel nominal?
Le Président
(M. Bachand) :Avec plaisir, bien
sûr. C'est le même prix. Alors, <M. le secrétaire, s'il vous plaît...
M. Morin :
...je
peux vous demander un vote par appel nominal?
Le Président
(M. Bachand) :
Avec plaisir,
bien sûr. C'est le même prix. Alors, >M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lafrenière (Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
Le Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Abstention.
Le Secrétaire : Et M. Bachand
(Richmond)?
Le Président
(M. Bachand) :Abstention. Donc, le
préambule tel qu'amendé est adopté. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, comme on a fait le préambule, si je ne me
trompe pas, ce qu'il nous reste, c'est l'article 5. C'est bien ça, M. le
Président?
Le Président
(M. Bachand) :Exactement.
M. Lafrenière : Ça ne
sera pas bien long, je vais me retrouver dans mes notes.
• (20 h 10) •
Le Président
(M. Bachand) :Juste pour vous dire
que, normalement, on aurait dû étudier le préambule à la fin, mais vu qu'il y a
eu un consentement et dans la logique des discussions de la commission, je
trouvais qu'il était préférable, avec le consentement, qu'on l'étudie en même
temps que les autres articles. Donc, M. le ministre.
M. Lafrenière : Et
surtout qu'il y avait de la cohérence, pour faire plaisir à mon collègue de
l'Acadie.
L'article 5 : La présente loi
entre en vigueur le (indiquer ici la date de la sanction de la présente loi).
Alors, je suis prêt à avoir un échange
avec mes collègues sur cet article.
Le Président
(M. Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y
a intervention à l'article 5?
Une voix : ...
Le Président
(M. Bachand) :S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Bachand) :Merci beaucoup. Cela
dit, nous sommes à la fin de l'étude détaillée. Est-ce que... le titre du
projet de loi est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Bachand) :Adopté.
Je propose à la commission... que la
commission recommande une renumérotation du projet de loi amendé. Cette motion
est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Bachand) :Je propose également
que la commission adopte une motion d'ajustement des références. Cette motion
est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Bachand) :Alors, nous sommes
rendus maintenant aux remarques finales. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui...
Pardon. Merci, M. le Président. Bien, dans un premier temps, j'aimerais
effectivement reconnaître que nous avons réussi, cette fois-là, à travailler un
peu autrement, grâce à votre ouverture, M. le Président, notamment, à celle du
ministre et des équipes ministérielles, celle de mon collègue de l'Acadie, travailler
autrement parce que c'est sûr que, dans mon monde idéal à moi, un jour, on va
vraiment écrire les lois du Québec avec la main sur la plume, sans mauvais jeu
de mots, des différentes Premières Nations du Québec puisqu'elles sont, comme
nous, de fières nations qui sont tout à fait légitimes de participer à la
démocratie qui les concerne. Et, dans le cas de la <i>Loi sur la
sécurisation culturelle, on avait à peu près... on avait, pardon, là, un peu
comme le projet de loi n° 79, une loi qui s'adresse
exclusivement à eux autres. Alors, sincèrement, je suis contente qu'on ait
réussi.
Tu sais, le projet de loi n° 37,
on avait déjà réussi à un peu modifier les façons de faire pour être capables
d'insérer une nouvelle étape de discussion et de consultation avec les
Premières Nations dans le processus comme tel, législatif, qui est assez normé,
hein? Juste à voir la danse d'amendements qu'il a fallu tasser pour être
capable de... Regarde, je les comprends, des fois, nos frères et sœurs des
Premières Nations de ne pas trop comprendre qu'est-ce qui se passe. Nous autres
aussi, on a aussi un peu de difficulté. Mais bref, dans le 37, on avait réussi
ça.
Cette fois-ci, on a aussi réussi à faire
un petit pas de plus, un petit pas de plus où, là, dès le début... Parce que
c'est un projet de loi qui touche exclusivement les gens des Premières Nations.
Même s'il s'adresse au réseau de la santé, qui est principalement allochtone,
hein, c'est-à-dire qui est principalement non autochtone, mais, je veux dire,
c'est pour eux autres qu'il faut avoir absolument adopté une loi comme celle-là
pour pouvoir leur assurer accès aux soins de santé et des services sociaux,
comme n'importe qui ici au Québec.
Ça fait qu'on a fait un petit pas de plus
avec le... le 37, un pas, le 32, on peut dire, on a fait deux pas. Là, j'ai
bien entendu le ministre sur le règlement, parce qu'il y a quand même une part
de réglementation à venir dans la loi. Et j'ai bien entendu le ministre qui
avait la volonté de s'asseoir avec les Premières Nations, pas quand tout est
canné, mais quand on travaille. Puis c'est ça, ça s'appelle travailler en
amont, travailler, <oui, la notion de page blanche...
Mme Massé :
...puis
c'est ça, ça s'appelle travailler en amont, travailler, >oui, la notion
de page blanche, mais une page blanche qui est déjà encadrée par le projet de
loi qu'on va adopter. Alors, moi, ça me donne de l'espoir pour la suite des
choses.
Et, là-dessus, M. le ministre, je vous
lève mon chapeau parce que... bien, parce que je pense que c'est ça, il faut
continuer dans ce sens-là, avec tous les défis que ça représente, et on en a
donc confronté quelques-uns, je dirais, durant l'étude de ce projet de loi là.
Bon, le premier défi, c'est que les Premières Nations n'étaient pas assises
autour de la table tout le long, quoiqu'on les a intégrées en cours de route,
ils n'étaient pas là en amont. Il y a des choses superimportantes, comme la
reconnaissance du racisme systémique, qui ne sont pas inscrites dans ce projet
de loi là. D'ailleurs, je pense qu'il y a effectivement des absents, mais, en
même temps, et ça, c'est tout à votre honneur, M. le ministre, je tiens à le
dire, vous et votre équipe... d'ailleurs, c'est que... Puis je le relisais, là,
parce que je n'en reviens pas, les pas qui ont été faits entre la première
version puis ce qu'on a vu. Ça fait que, oui, c'est vrai que ça a été long. Si
je n'avais pas vu beaucoup de changements, j'aurais dit : C'est long pour
pas grand-chose, mais je pense qu'au contraire, vous avez fait cheminer... à
travers les derniers mois, vous avez cheminé, vous avez probablement fait
cheminer aussi les gens autour de vous, puis je vous en remercie.
Et j'ai parlé de racisme systémique, mais
il y a d'autres choses importantes, hein, comme pas juste de leur envoyer par
la poste le rapport sans avoir de contact, mais bien de prendre la
responsabilité d'aller s'asseoir. Et d'ailleurs, ça me fera toujours plaisir
d'aller avec vous et vos équipes à la rencontre des Premiers Peuples parce que
je pense que c'est comme ça qu'on apprend à se connaître, qu'on se rend compte
aussi de tout ce qui peut nous habiter comme biais. Et, dans ce sens-là, bien,
si jamais vous faites des visites, pas à chaque fois, par exemple, je n'ai pas
la... je n'ai pas juste ce dossier-là, mais ça me fera vraiment plaisir. Donc,
de ne pas juste... mais de ne pas juste envoyer, mais bien de déposer... leur
déposer le projet de loi.
Et toute la question de l'inclusion du
spirituel, je pense que, là, on inscrit quelque chose d'important. Pourtant, on
est un État laïque, hein, ce n'est pas ça, l'enjeu, là. L'enjeu, c'est que,
pour les Premières Nations, leur spiritualité est partie prenante de leur
identité. Et, dans ce sens-là, pour moi, qu'on fasse juste reconnaître ça dans
nos lois, je trouve ça fort intéressant.
Alors, merci, merci à toutes les équipes.
En fait, merci, un merci tout particulier à Caroline, oeil de lynx, qui est une
femme de solutions, de compromis, qui a le coeur vraiment branché sur les Premiers
Peuples et qui nous a permis, je pense, de trouver des voies de passage. Et
souvent, on se le disait avec André tantôt, si ce n'était pas de nos
recherchistes, je ne sais pas où est-ce qu'on s'en irait. J'imagine, c'est vrai
pour vous aussi, M. le ministre.
Alors, merci à tout le monde. Merci, M. le
Président, aux gens de la commission, ça m'a fait plaisir de travailler avec
vous. Et vous retrouverez Sol Zanetti puisque c'est lui qui siège ici, à cette
commission.
Le Président (M.
Bachand) :Merci infiniment, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci. Merci, M.
le Président. Alors, je vous dirais que de travail, mais aussi que d'émotions.
Vous savez, le hasard fait parfois les choses comme ça. Moi, je suis un abonné
de la Commission des institutions. On a eu plein de projets de loi, plein de
projets de loi, tu sais, des fois, techniques, tu sais, on... ce qu'on va
modifier, la prescription, un alinéa du Code civil. Tu sais, c'est
superimportant, mais c'est plutôt cérébral. Dans le cadre du projet de loi
ici, moi, je vous dirais qu'on a vécu beaucoup d'émotions et des trucs aussi
inusités. C'est important. Tu sais, on a reçu des groupes en consultations,
puis, à un moment donné, il y en a, ils ont fermé les cartables puis ils sont
partis. Ça a quand même créé un petit soubresaut dans la commission. Après ça,
on est revenus à l'article par article, puis là, bien, on a... et puis c'est suite
à des suggestions de ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques, on a consulté
des gens, on a travaillé, <on a invité des gens...
M. Morin :
...de
Sainte-Marie—Saint-Jacques,
on a consulté des gens, on a travaillé, >on a invité des gens, donc ça a
été... on est sortis du cadre et on a eu de bonnes discussions. Et on a été
capables, en tout cas, pour ma part toujours, de parler bien ouvertement et
d'échanger ouvertement avec M. le ministre. Puis je vous remercie, M. le
Président, pour l'ouverture dont vous avez fait preuve, parce qu'effectivement
on a eu des moments, dans la commission, où ce n'était pas tout à fait la façon
de fonctionner d'une commission au Parlement, mais on est arrivés quand même à
bon port, c'était l'essentiel. Puis moi, j'aurais voulu qu'on aille plus loin,
mais je pense quand même qu'avec ce projet de loi là il y a un pas dans la
bonne direction qui a été fait.
• (20 h 20) •
Je voudrais remercier... je souhaite
remercier les groupes qui sont venus en commission parlementaire. Ces gens là,
souvent, le font... le font d'une façon bénévole, mais ils viennent, puis ils
essaient, puis ça a été... pour certains, ça a été... ça a été difficile, on le
sentait, mais ils sont quand même venus, puis je pense que c'est très apprécié.
En tout cas, moi, comme parlementaire, ça m'a permis de... ça m'a aidé dans mon
travail.
Je voudrais également vous remercier, M.
le ministre. Je sais que ça n'a pas dû être facile pour vous. Vous avez
sûrement dû parler à certains de vos collègues, peut-être certains plus
longtemps qu'à d'autres, mais vous avez été capable de faire cheminer ce projet
de loi et de nous revenir avec des modifications, et ça, je l'apprécie,
j'apprécie le travail que vous avez fait.
Je voudrais aussi remercier puis saluer
les gens qui travaillent avec vous, que ce soit au sein de votre cabinet, ils
sont toujours présents, mais aussi tous les membres de la fonction publique qui
travaillent avec vous. Maître, qui est légiste et qui a répondu à mes
questions, je vous remercie, c'est toujours... c'est toujours apprécié.
Et je voudrais également remercier les
collègues de la banquette gouvernementale, ma collègue... toujours là, avec sa
recherchiste, mon recherchiste, Marc Duperron, qui m'accompagne, qui
m'accompagne toujours. Je veux remercier aussi le personnel de l'Assemblée
nationale. On ne le dit pas assez souvent, grâce à eux, on est capables de
travailler, que ce soient le secrétaire de la commission, les membres de
l'Assemblée, puis aussi toute la technique. Sans vous, évidemment, on ne serait
pas capables de faire avancer nos travaux.
Et j'aurai également un merci tout spécial
pour vous, M. le Président. Ça n'arrive... ça n'arrive probablement pas
souvent, mais moi, c'est... j'ai le privilège... c'est la deuxième fois aujourd'hui
que je vous dis merci. Il y a eu un projet de loi ce matin, vous avez très bien
dirigé ça, puis là un autre cet après-midi et en début de soirée. Alors, M. le
Président, merci beaucoup pour tout ce que vous faites, j'apprécie énormément.
Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci infiniment, M. le député
d'Acadie. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je vais demander la patience de mes collègues
parce que j'ai des remerciements puis je veux nommer tout le monde.
Chers collègues, merci beaucoup. Je vais
commencer par le premier ministre, le premier ministre qui a fait en sorte que
ce projet de loi là arrive aujourd'hui, qui y a cru depuis le jour un. Parce
que, vous savez comment ça fonctionne, on a plusieurs projets de loi puis on
doit, chacun, faire notre place pour que ça avance. Puis on a un premier
ministre qui y a cru, qui a envoyé un message très fort. Là, je veux le
remercier, Christian Dubé, mon collègue ministre de la Santé, pour qui je porte
ce projet de loi aujourd'hui. Et, vous savez, je l'ai dit tout à l'heure, je
vais le répéter, avec tout ce qui se passe dans la santé, mon collègue aurait
pu dire : Ian, présentement, ce n'est peut-être pas la priorité numéro un,
mets ça de côté. Et jamais, jamais, jamais, j'ai toujours eu son appui. Alors,
je le remercie aussi.
Les gens qui m'accompagnent, et là je vais
vous nommer plusieurs personnes. Alors, Philip Vlahogiannis. Philip, merci
beaucoup d'être là. Thomas Pilon-Robitaille, qui a été avec nous pendant une
période de temps. Marie-Élaine Lemay. Et on l'a peut-être oublié... tantôt, je
vais en parler, du contenu du projet de loi, mais on a aussi l'article 3,
qui parlait des professions, de l'Office des professions. Alors, ma collègue
Sonia LeBel, sa conseillère Andréane Morneau. Du bureau du premier ministre,
Martin Plante, Claude Laflamme, Martin Koskinen. Les collègues de la banquette,
qui ont été avec nous tout le long, qui ont compris aussi qu'on faisait les
choses différemment, parce que, les collègues de l'opposition l'ont dit, on a fait
les choses différemment. Alors, le collègue de Vanier-Les Rivières, M. le
Président, collègue de Laval-des-Rapides, le collègue de Saint-Jean, qui, à un
certain moment donné, m'a dit : M. le ministre, il me semble que c'est
long, ça n'avance pas, parce qu'il avait cette soif qu'on arrive à un résultat,
mais il voulait avoir du tangible. Le député de Joliette, qui est aussi mon
adjoint gouvernemental, merci beaucoup d'être là aujourd'hui. La collègue d'Anjou—Louis-Riel.
Chers collègues des oppositions... Et je
veux prendre un instant pour vous remercier parce que, 17 mois, c'est
long, c'est long, c'est inhabituel, M. le Président, <mais je pense que
personne...
M. Lafrenière :
...instant
pour vous remercier parce que, 17 mois, c'est long, c'est long, c'est
inhabituel, M. le Président, >mais je pense que personne n'a perdu la
foi dans tout ça. On s'est dit : On va arriver à quelque chose, on s'est
fait confiance. Des fois, ça a été plus ébranlé, mais, au final, on arrive à
quelque chose. Puis moi, je suis ému aujourd'hui parce qu'on livre quelque
chose d'important. On change les choses. Mais je veux vous dire merci pour le
chemin qu'on a fait. Et ce n'est pas la première fois qu'on travaille ensemble
avec les oppositions. Je pense que dans le dossier autochtone, les gens qui
nous écoutent à la maison ne le savent peut-être pas, mais on travaille souvent
ensemble. Tantôt, ma collègue faisait référence aux visites sur le territoire,
on l'a fait dans la loi 79, on est présents, on est ensemble, puis on a
bien compris qu'on a avantage à travailler ensemble pour les Premières Nations
et les Inuits. Alors, merci, chapeau, parce que vous allez voir tantôt, je fais
la liste de ce qui a été changé, beaucoup de choses ont été changées grâce à ce
travail qu'on a fait ensemble.
Les gens qui sont avec nous aujourd'hui,
mais, avant ça, je veux dire merci aux groupes autochtones, le collègue l'a
bien mentionné, plusieurs groupes qui sont venus nous voir, des centres
d'amitié... en tout cas, plusieurs groupes, puis je ne vais pas les nommer
parce qu'il y en a plusieurs. Me Hélène Dumas-Legendre, qui a répondu
entre cinq et six fois, tantôt on va faire un débat là-dessus, mais merci
beaucoup. Du secrétariat, M. Patrick Lahaie, Patrick Brunelle, Lucien-Pierre
Bouchard, Dina Daher, François Ouellet-Castro. De mon cabinet, tout le monde,
Véronique, Maxime, Magalie, Mathieu, Alana, Claude, Cassandre, Étienne, Josée,
Catherine. Et là, j'ai nommé beaucoup de monde, puis les gens à la maison se
disent : Oui, c'est beaucoup de monde pour faire arriver tout ça, pour
faire les recherches, puis les collègues des oppositions le savent, puis je
vais saluer les gens qui sont à la recherche avec eux, Marc avec m et Karoline
avec un k, travail incroyable. Puis tantôt, notre collègue de la recherche nous
a amené un élément, une zone d'ombre. Ça fait que c'est vraiment le travail de
tout le monde ensemble. Bravo!
J'ai une pensée toute particulière pour
Carol Dubé, pour la famille qui doit suivre nos travaux, pour la communauté,
parce que la communauté... Tantôt, mon collègue de l'Acadie disait :
Pendant une période de temps, en commission, on a reçu des groupes, puis
c'était tendu. C'est très... beaucoup d'émotions rattachées à ce qu'on fait là.
C'est très humain, ce qu'on fait. Alors, c'est les remerciements que je voulais
faire, M. le Président.
Et là je veux vous dire qu'on marque
l'histoire aujourd'hui ensemble. Ensemble, on le marque, on change la vie des
gens. Tantôt, le collègue de l'Acadie le disait, on a souvent des projets de
loi, puis ils sont tous très importants, mais celle qu'on fait là aujourd'hui,
on sait qu'on va changer la vie du monde, clairement. On envoie un message
clair aux gens dans le milieu de la santé que, un, on s'attend à ce changement,
deux, on les supporte. Nous, comme élus, c'est ce qu'on veut. Alors, on va
changer la vie des gens.
J'ai fait une petite liste, M. le
Président, parce qu'en 17 mois, il s'en est passé, des choses. Qu'est-ce
qu'on a fait aujourd'hui? On a défini la sécurisation culturelle, on a demandé
aux établissements de santé de développer avec les Premières Nations et les
Inuits des mesures pour la sécurisation culturelle, on a créé un comité de
suivi, on a obligé les établissements à produire un rapport annuel, qui va être
déposé dans ou sur Internet, on verra comment ça va se terminer. On a aussi
remplacé le mot «autochtones» par «membres des Premières Nations et des Inuit»,
encore là, dans notre... dans notre étude, dans notre commission, il y a même
des termes qui ont changé avec le temps, ça fait que ça veut dire qu'on a
travaillé longtemps. Arrimage avec le PL 15, c'est important, la
définition de «sécurisation culturelle», important aussi, l'obligation de
développer avec les membres des Premières Nations et des Inuits des pratiques
sécurisantes, l'obligation d'identifier des moyens, un échéancier, l'impact
souhaité, les mécanismes de mesure de l'impact, l'ajout de l'obligation
d'élaborer des programmes de formation continue, de rendre obligatoire pour les
professionnels et les réseaux de la santé ces formations-là, des mécanismes de
vérification des acquis. On a enlevé le terme «lorsque possible» pour donner
beaucoup plus d'obligation, on a rajouté le terme «spécifique», on a ajouté
aussi le fait que cette loi s'applique aux Inuits, puis ça, c'est à leur
demande pendant les travaux, création d'un comité national sur la sécurisation
culturelle, obligation de rendre des comptes, puis ça, on en a reparlé beaucoup
aujourd'hui, on a la disposition pour le ministre de la Santé pour qu'il
formule des priorités et des objectifs.
Et là je prends la peine de le souligner,
parce qu'on a fait tellement d'autres choses qu'on a peut-être oublié, quand on
parlait de l'Office des professions, avec ce qu'on fait ensemble aujourd'hui,
quand je vous dis qu'on change la vie des gens, on permet... on a établi les
conditions et les modalités nécessaires à l'exercice par des personnes
autochtones non habilitées dans trois champs d'activité professionnelle. Ça,
c'était demandé depuis des années. Ça, ça va amener un changement sur le
terrain, entre autres au Nunavik. C'était attendu. Alors, dans notre projet de
loi, on fait ce changement-là. On va voir un changement à court terme. Et tout
ce qu'on a fait aujourd'hui comme changements, je veux nous dire bravo. Bravo
aux gens qui sont... qui sont autour de nous, qui y ont... qui y ont cru. On
répond à des appels à l'action de la commission Viens. C'était clair. Et je
refaisais l'historique dans le temps pour dire ça revenait à qui, ça revenait,
oui, au rapport de la commission Viens, oui, à l'électrochoc qu'on a eu suite à
<la tragédie de Joyce Echaquan...
M. Lafrenière :
...ça
revenait, oui, au rapport de la commission Viens, oui, à l'électrochoc qu'on a
eu suite à la tragédie de >Joyce Echaquan, où, avec mon collègue
ministre de la Santé, on avait fait l'annonce qu'on voulait inclure la
sécurisation culturelle dans la santé. Puis là, quelques années plus tard, on
est rendus là, c'est là qu'on a un accouchement après quatre ans. Ça a été...
ça a été long un peu, mais on a fait les choses différemment, puis moi, j'en
suis très fier, M. le Président.
Je veux vous remercier, vous, votre équipe,
M. le secrétaire. Je sais qu'on a... parfois, on est sorti un petit peu des
habitudes, on s'est permis toutes sortes de mots, on a sorti des façons de
faire habituelles, mais, au final, on l'a fait pour les gens, les membres des
Premières Nations et des Inuits. J'en suis très fier. Alors, merci. Merci à
tout le monde. Très ému.
On a même une chercheure qui est avec nous
aujourd'hui, qui suit nos travaux de très, très proche. Je ne la nommerai pas.
J'ai promis de ne pas la mettre sur le spot, mais elle nous suit. Puis, par un
pur hasard, elle était de passage aujourd'hui puis elle a vu qu'on était encore
là. Elle a dit : Mon Dieu, après 17 mois, je vais aller voir ce
qu'ils ont fait. Alors, elle voit l'aboutissement de tout ça aujourd'hui. Très
heureux de vous avoir avec nous. Merci. Et à la maison, merci de nous avoir
suivis. Alors, on marque l'histoire aujourd'hui. Bravo, tout le monde. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
Alors, pour moi, c'est toujours un privilège et un grand plaisir de travailler
avec vous. Vous faites une différence, et ça, j'en suis très fier.
Cela dit, la commission, ayant accompli
son mandat, ajourne ses travaux sine die. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 20 h 30)