(Onze
heures quarante-cinq minutes)
Le
Président (M. Bachand) : À l'ordre s'il
vous plaît! Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Lois professionnelles des crédits
budgétaires du portefeuille Travail pour l'exercice financier 2026‑2027. Une
enveloppe de 45 minutes a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) est remplacée par M. Provençal (Beauce-Nord); M. Lemieux
(Saint-Jean) est remplacé par M. Rivest (Côte-du-Sud); Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)
est remplacée par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve); et Mme Laflamme
(Chicoutimi) est remplacée par M. Paradis (Jean-Talon).
Lois professionnelles
Discussion générale
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Comme vous le savez, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par
blocs, incluant les questions et les réponses. Et ça me fait plaisir de céder
la parole au député de l'Acadie pour un bloc de 21 min 45 s. M.
le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Alors, M. le ministre, collègues de la banquette
gouvernementale et de la deuxième opposition... Je salue également, M. le
ministre, tous les gens qui vous accompagnent aujourd'hui en commission. Alors,
bonjour.
Donc, on va parler
d'ordres professionnels. Je vais commencer de cette façon-ci. On apprenait dans
les journaux, il y a quelques semaines, d'ailleurs, j'ai eu le privilège
de commenter cette annonce, que les ostéopathes, les kinésiologues, les
paramédics, les perfusionnistes auront leur ordre professionnel. Ça fait un
bout de temps que ces groupes-là attendaient. Maintenant, on a fait l'annonce
d'un coup pour l'ensemble de ces groupes. Ça fait plusieurs années qu'ils
attendent.
Est-ce que...
J'aimerais savoir, M. le ministre, quelle est l'évaluation du temps qui est
faite, l'échéancier pour que, compte tenu de l'annonce qui a été faite, on
puisse en arriver à un résultat concret.
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Boulet :
Oui. Merci, M. le Président. À mon tour de saluer les collègues
gouvernementaux, les collègues des partis d'opposition et, évidemment, les
personnes qui représentent l'Office des professions du Québec. C'est important
de rappeler qu'en ostéopathie il y a 3 000 praticiens, praticiennes,
au Québec, qui dispensent à peu près 2 millions de séances auprès de la
population. Et il y a 46 ordres professionnels.
Et donc, ici, on est
dans une perspective d'encadrement professionnel, et évidemment, l'objectif,
c'est de faire avancer les dossiers de la façon la plus diligente possible.
C'est des personnes qui jouent un rôle important dans notre système de santé.
Et donc il y a des travaux d'intégration qui vont se déployer par une analyse,
on va explorer la meilleure voie d'encadrement. On va faire un comité de
travail chargé de définir les dispositions d'intégration puis, après ça, on va
s'assurer d'intégrer les groupes, dont les ostéopathes, de la façon la plus
rigoureuse et efficace possible. Je ne suis pas capable de dire le délai
précis, mais si on prend un délai moyen d'encadrement d'une...
Une voix : ...
M. Boulet : Donc,
c'est au moins une bonne année. Donc, si ça répond à votre question de la façon
la plus claire et précise, une année, ça nous apparaît une expectative
raisonnable permettant l'encadrement, notamment, des ostéopathes.
M. Morin : Bien,
c'est beaucoup de travail. Est-ce que l'office possède les ressources
nécessaires pour mener à bien la création de ces quatre ordres-là,
principalement, en même temps?
M. Boulet : Oui,
oui, on aura les ressources.
M. Morin : OK.
Bien, parlons justement de l'office, parce que l'an dernier, pendant la période
des crédits, j'avais posé plusieurs questions sur l'état de santé des employés
à l'office. On se rappelle que la situation avait été particulièrement
difficile. Plusieurs critiques avaient été formulées à l'égard de la haute
direction, et il y a une nouvelle présidente qui a été nommée par la suite.
Donc, un an plus tard, quel est l'état de la
santé des employés à l'office? Et c'est important... c'est important pour moi.
Et j'aimerais que vous puissiez nous dire également, M. le ministre, est-ce
qu'il y a des actions particulières, spécifiques qui ont été posées, est-ce
qu'il y a des sondages qui ont été faits pour que vous soyez à même d'avoir une
bonne évaluation de la santé organisationnelle de l'office.
• (11 h 50) •
M. Boulet : Oui. Je vais débuter en
partageant avec vous comment c'est important d'avoir une bonne santé
organisationnelle. Et, à l'Office des professions du Québec, il y a eu
effectivement une période de temps, avant l'arrivée de Mme Hillinger, qui est
la nouvelle présidente-directrice générale... il y a eu un taux de départs à
peu près de 21 %.
L'office s'est engagé rapidement dans une
transformation de ses façons de faire, de son agilité, et l'organisation a été
revue. Cette crise de gouvernance, qui était majeure... et il y avait eu des
allégations de climat de travail toxique. Il y a eu une firme externe qui a été
mandatée, un, pour faire un diagnostic du climat, c'est la firme Alia, et,
après ça, il y a eu une autre firme qui a vu à déterminer comment mettre en
place un plan d'action.
Donc, c'est une situation qui nous a préoccupés.
Maintenant, on sait le rôle important que l'office joue dans le système
professionnel québécois. Moi, je vous dis, la présidente, qui est à ma gauche,
a toute ma confiance. Je pense qu'on a assumé le virage organisationnel de la façon
la plus humaine possible pour assurer la sécurité non seulement en termes de santé psychologique, mais à tous égards. Je vous
dirais que ça va beaucoup mieux que ça allait.
M. Morin : Merci. Effectivement, si
mon souvenir est bon, Me Hillinger était là l'an dernier. Vous arriviez en
poste à ce moment-là ou à peu près. Dans les réponses qu'on a eues à nos
questions dans le cadre de l'exercice des crédits, on parlait... on nous disait
qu'à l'office il y a un taux de départs volontaires d'environ de 21 %.
Est-ce que ce chiffre se compare aux années antérieures? Quelles sont les
raisons de ce pourcentage? Et quelles sont les mesures que vous avez mises en
place pour corriger la situation?
M. Boulet : OK. Bon, je pense que
j'ai répondu à cette question-là. Le taux de départs, il est important,
effectivement, 21 %. Je n'ai pas de chiffres comparatifs avec les années
précédentes, mais on sait que 21 %, c'est quand même extrêmement
préoccupant. Puis il y a eu, dans ces 21 % là de taux de départs, beaucoup
que c'était consécutif à des absences de longue durée. Je le répète, grand
virage organisationnel, diagnostic de climat organisationnel, après ça, veille
et orientation, parce qu'il faut demeurer constamment vigilants. Mais
l'organisation du travail m'apparaît tout à fait compatible avec les objectifs,
les orientations de l'Office des professions du Québec, et donc on s'en va dans
la bonne direction.
Maintenant, si vous me demandez de faire des
comparaisons avec les taux, les pourcentages de départs des années précédentes,
je n'ai pas cette donnée-là avec moi, mais l'année passée c'était 16,7 %.
Donc, c'est déjà... Il y a eu une augmentation importante, mais là c'est
redevenu stable.
M. Morin : Donc, il y a eu une
hausse, et là c'est redevenu stable.
M. Boulet : Oui.
M. Morin : Est-ce que vous avez
fait des sondages pour évaluer la santé organisationnelle de l'office?
M. Boulet : ...de sondage
spécifique. Il faut rappeler qu'il n'y a pas eu de cible de réduction demandée
par le Conseil du trésor du Québec, et l'effectif de l'OPQ, actuellement, c'est
78 employés à temps complet. Donc, la façon de faire, c'est de garder un
contact constant, de communiquer, d'observer et de s'assurer de recueillir des
commentaires sur des irritants potentiels et comment on peut mettre en place
les meilleures solutions, encore une fois, pour régler. Dès qu'il y a de quoi
qui apparaît, on s'y attarde, on trouve des solutions puis on règle le
problème.
M. Morin : Mais êtes-vous
d'accord avec moi, M. le ministre, que pour recueillir, justement, des
témoignages, puis je parle ici de santé organisationnelle, là, faire un
sondage, c'est une façon de mesurer? Parce qu'évidemment la santé des employés
de l'office me préoccupe. Alors, moi, j'aimerais savoir quelles sont les
mesures qui sont en place pour que vous puissiez mesurer, effectivement, une
amélioration de l'état de la situation. Parce qu'effectivement, et vous l'avez
évoqué, l'office a vécu une situation excessivement problématique, favoritisme
et autres, harcèlement.
Donc, qu'est-ce que vous avez mis en place pour
évaluer la santé organisationnelle? Et est-ce qu'il y a une amélioration pour
que vous soyez capables de le chiffrer ou d'avoir... de recueillir des
témoignages?
M. Boulet : Oui, oui. Alors, je
vais vous donner un peu plus de détails. Avec 78 personnes à temps
complet, je pense que la qualité de la relation entre les personnes est
prépondérante. Il y a des sondages qui se font, cependant. Dès qu'il y a une
activité, les gestionnaires s'assurent de recueillir les commentaires, puis,
dans la planification stratégique annuelle, il y a des sondages aussi qui sont
déployés pour s'assurer d'avoir des observations puis des commentaires qui
demeurent confidentiels. Parce que ce à quoi je vous référais, à votre première
question, c'est souvent dans le dialogue un à un ou en équipe que ça se fait,
mais les vrais problèmes ne sont pas soulevés tout le temps dans ces
rencontres-là. Donc, un sondage, dans la mesure où il permet à une personne de
s'exprimer en toute confidentialité, c'est, selon nous,
un juste reflet de la réalité organisationnelle et une façon tout à fait
efficace de recueillir les commentaires qui nous permettent de déterminer c'est
quoi, les problèmes et c'est quoi, les solutions.
M. Morin :
Est-ce que vous êtes en mesure de partager avec la commission les résultats
de ces sondages et combien est-ce qu'il y en a eu dans la dernière année?
M. Boulet :
Bien, des sondages, il y en a un annuellement, suivant la planification
stratégique. Mais des sondages hebdomadaires, des sondages quotidiens, des
sondages mensuels, il y en a fréquemment. Sonder, ce n'est pas nécessairement
une mécanique compliquée puis selon des façons scientifiques de faire.
Mais je voulais juste
vous redire que le bilan des réalisations de la dernière... de la dernière
année, c'est des grandes avancées, puis c'est un indicateur probant de l'état
de santé de l'office. Bon, on a eu l'entrée d'une nouvelle planification
stratégique pour les années 2026‑2030. Vous savez qu'on a adopté, on a
travaillé ensemble le PL n° 15, la publication
de quatre avis d'opportunité. Ça, ça démontre l'efficacité de l'OPQ, quatre
avis d'opportunité pour l'intégration au sein du système professionnel des
thérapeutes du sport, les kinésiologues, les perfusionnistes cliniques, les
techniciens ambulanciers paramédics. Il y a eu l'amorce de travaux, on en a
parlé un peu plus tôt, pour l'intégration des ostéopathes. Il y a une mise en
ligne de statistiques aussi concernant le système professionnel, le nombre de
membres selon les régions administratives. Il y a beaucoup d'indicateurs, là,
qui nous permettent d'être branchés continuellement puis régulièrement sur les
préoccupations des membres de l'OPQ.
M. Morin :
Merci. Mais est-ce que... Je reviens à ma question. Est-ce que vous pouvez
partager avec la commission les indicateurs et les résultats de ces
sondages-là? Et j'ai une autre question : Combien a coûté à l'État la
gestion de cette crise à l'office?
M. Boulet :
Mon Dieu! je vais vous dire, le... Il y a eu deux contrats avec la firme Alia
Conseil. L'un, c'était pour effectuer le diagnostic de climat organisationnel,
ça a coûté 13 810,80 $, puis il y en a eu un autre, plus
particulièrement l'une des directions de l'office, Veille et orientation, au
montant de 19 279,59 $.
M. Morin :
Parfait. Je vous remercie. Maintenant, j'aimerais aborder avec vous la question
de la création d'un ordre des biologistes. En novembre 2025, l'office étudiait
la possibilité de la création d'un ordre professionnel pour les biologistes. Et, en fait, il y a quelque
temps, en novembre, justement, il y a un article qui a été publié par
Radio-Canada, je crois, où on faisait état... Fossé ou ruisseau? Des
biologistes demandent la création d'un ordre professionnel. Et, quand on
lit l'article, on se rend compte que le ministère de l'Environnement a une
évaluation, il y a un débat d'experts, pour le même type de cours d'eau, bon,
il y en a qui parlent de cours d'eau, de ruisseau, de fossé, bref, etc., ça
semble être assez complexe. Donc, est-ce qu'il y a des travaux qui ont été
faits? Est-ce que vous faites des suivis avec l'Association des biologistes? Et
quel est votre échéancier pour qu'on puisse éventuellement avoir un ordre
professionnel pour les biologistes?
• (12 heures) •
M. Boulet :
Oui, c'est une bonne question, encore une fois. Simplement compléter ma réponse
précédente, on a un indicateur aussi sur le taux de satisfaction des employés
quant aux activités de développement offertes, comme je vous disais un peu plus
tôt, et il y a des cibles, là, de 70 % à 80 %, là, qui sont nos
objectifs pour les prochaines années.
Pour les biologistes
et les microbiologistes, il y a eu effectivement des rencontres en 2025. Il y a
une consultation qui est en cours de finalisation auprès d'organisations
intéressées. Après ça, on va faire l'analyse rigoureuse, et, après ça, il va y
avoir un avis d'opportunité pour le dossier tant des biologistes que celui des
microbiologistes. Et ça, comme je vous dirais, là, avant d'aboutir à l'avis
d'opportunité... après l'avis d'opportunité, c'est à peu près une année, mais
l'avis d'opportunité, d'ici la fin de cette année, collègue.
M. Morin :
Très bien. Je vous remercie. J'aimerais qu'on parle maintenant des thérapeutes
sportifs, parce que ma compréhension, c'est que ça fait très longtemps que les
discussions ont commencé et que les travaux ont débuté. On me rappelait
récemment que même l'office recommandait une intégration dans l'ordre des
physiothérapeutes, si je ne me trompe pas. Alors, est-ce que les travaux ont
commencé? Et vous en êtes rendus où avec la reconnaissance d'un ordre
professionnel pour la physiothérapie?
M. Boulet :
Bien, c'est ce que je vous ai mentionné un peu plus tôt, là, depuis le début de
l'année, il y a plusieurs dossiers d'encadrement professionnel qui cheminent
positivement, puis, outre les ostéopathes, les thérapeutes du sport, là,
physiothérapeutes en font partie. Et donc ça chemine, ça évolue, c'est
extrêmement positif. Et moi, je vois ça de manière intéressante aussi pour la
population, hein, parce que l'encadrement nous permet d'assurer des services
sécuritaires, c'est fondé aussi sur des compétences qui sont vérifiables et
vérifiées, et on s'assure aussi de pratiques conformes aux exigences du système
professionnel québécois. Donc, en deux mots, ça évolue.
M. Morin :
Donc, les thérapeutes sportifs ou thérapeutes du sport ne seront pas oubliés
dans l'avancement des travaux?
M. Boulet :
Je vous assure qu'ils ne seront pas oubliés.
M.
Morin : Parfait. Je vous remercie. Merci, M. le Président. Merci, M.
le ministre. Donc, autre élément, titre comptable, cette fois-ci. Récemment, il
y avait un reportage qui a été publié... en fait, il a été diffusé à Noovo, qui
traitait de différents enjeux avec des fraudes et certaines personnes qui se
décrivent comme comptables, et la diffusion de l'émission mettait, en fait, en
lumière le besoin d'encadrement du titre de comptable, qui, je crois, présentement,
n'est nullement encadré. Donc, quelle est la réflexion qui est faite?
Je comprends que
l'Ordre des CPA demande, depuis plusieurs années, de réserver le titre de
comptable, comme il y a d'autres titres qui sont réservés, avocats, médecins,
etc. Ça permettrait une meilleure protection du public. Parce que, dans le
reportage de Noovo, on tenait compte puis on décrivait quels étaient tous les
agissements frauduleux de la personne qui se décrivait comme comptable. Donc,
quelle est votre opinion là-dessus? Est-ce que vous avez mandaté l'office de
regarder cette question-là? Et qu'est-ce qu'on peut... quand peut-on espérer
qu'il y aura un encadrement du titre de comptable au Québec?
M. Boulet :
Bien, il y en a un, encadrement. Mais, souvenez-vous, il y a eu le projet de
loi n° 67 qui était la première phase de modernisation du système
professionnel québécois, et ça a élargi les champs de pratique, notamment, des
pharmaciens. Il y a eu le projet de loi n° 15 qu'on a adopté ce printemps
ici, à Québec, qui a été bénéfique pour l'élargissement des champs de pratique,
souvenez-vous, des infirmières, des diététistes, nutritionnistes, des
sages-femmes, de ceux qui font aussi de la thérapie en psychothérapie, par
exemple. Et il y a une troisième phase qui est anticipée, hein? Je pense qu'on
a du travail encore pour un certain nombre d'années.
Mais il ne faut pas
négliger le fait qu'il y a aussi une prérogative des ordres professionnels,
notamment, des CPA avec des syndics, et ça, ça va faire l'objet d'une attention
particulière pour une éventuelle troisième phase de la modernisation du système
professionnel québécois. Mais il y a des plaintes, hein, pour pratiques
frauduleuses ou pour... Oui?
M. Morin :
...si vous me permettez, M. le Président, c'est un des enjeux de l'Ordre des
comptables professionnels agréés du Québec. On me rapporte, par exemple, qu'il
y a des centaines de plaintes concernant des comptables qui ne sont pas des
CPA, et l'ordre des comptables ne peut pas agir, donc ils ne peuvent pas
protéger le public. Donc, j'aimerais savoir où en est votre réflexion là-dessus
pour qu'on soit capables, justement, de protéger le public.
M.
Boulet : Absolument. Bien,
je suis totalement d'accord, et, s'il y a des éléments à combler de cette
nature-là, oui, l'Office des professions mène des travaux sur ce
sujet-là. Parce que je pense que, les CPA, c'est la réservation du titre, hein,
ce à quoi ça fait référence, collègue, hein?
M. Morin :
Bien, c'est ça, en fait, vu que...
M. Boulet :
Que le titre est... n'est pas réservé.
M. Morin :
Effectivement, vu que le titre «comptable» n'est pas encadré présentement,
c'est ce qu'on nous dit, bien là, il y a plusieurs personnes qui peuvent se
prétendre comptables, et ça crée de la confusion chez les gens.
M. Boulet :
Bien oui. C'est le titre «comptable» qui n'est pas réservé parce que «comptable
professionnel accrédité», ça, c'est un titre qui l'est.
M. Morin :
Oui. D'où ma question : Est-ce que vous allez agir pour encadrer davantage
ce titre...
M. Boulet :
Oui, oui, puis j'y vois...
M. Morin :
...ou cette façon de se décrire?
M. Boulet :
Oui, puis je n'y vois pas une problématique qu'associée aux comptables. Il y a
d'autres types d'ordres professionnels qui sont confrontés aux mêmes enjeux, où
des personnes se présentent comme étant, je ne sais pas, des conseillers
juridiques ou des conseillers x, y et z. Mais ça, ça fait partie, comme je vous
ai mentionné, de travaux qui sont menés à l'Office des professions du Québec
pour anticiper une troisième phase de modernisation du système.
M. Morin :
Et est-ce que vous pouvez nous en dire davantage sur l'échéancier que vous
visez pour régler cette situation-là?
M. Boulet :
Bien... davantage? En fait, indépendamment des contraintes de calendrier, parce
qu'on connaît... on sait ce qui va se passer dans les prochains mois, à l'Office
des professions, on demeure actifs, on demeure intensifs et tout à fait
sensibilisés à la réalité que vous soulevez à l'égard des comptables, et ça va
suivre son cours avec le prochain Parlement.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Merci beaucoup, M. le député
d'Acadie. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, pour 7 min 15 s,
s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci,
M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à son équipe, tous les gens
qui l'accompagnent aujourd'hui. Toujours un plaisir d'être avec vous ici, en
commission.
Je veux revenir, M. le ministre, sur l'épisode
d'il y a quelques semaines concernant les honoraires des pharmaciens, vous vous
rappelez, un amendement que vous avez déposé. J'étais en faveur, j'ai voté
pour, mes collègues de l'opposition officielle également étaient en faveur, ont
voté pour. C'était la problématique des médicaments qui coûtent cher. Vous
savez qu'il n'y a pas de limitation à ce que peut charger un pharmacien pour la
distribution des médicaments, et ça... des primes importantes. Ça fait un enjeu
pour les régimes d'assurance collective.
En parallèle de ça, il y avait leurs
négociations avec la RAMQ. Bon, ça a soulevé beaucoup de passions, hein? Vous
avez sûrement eu, comme moi, beaucoup de gens qui vous ont écrit, beaucoup de
pharmaciens, pharmaciennes qui vous ont écrit à votre bureau. Vous avez annoncé
rapidement un comité tripartite, si j'ai bien compris, c'était entre vous, le
gouvernement, l'AQPP, l'association québécoise des pharmaciens et
pharmaciennes, et les assureurs, c'est bien ça, dans le but de trouver des
solutions pour les honoraires au coût des médicaments de spécialité. J'aimerais
savoir, ça fait déjà plusieurs semaines, cette annonce-là, combien il y a eu de
réunions du comité tripartite depuis l'annonce de sa constitution.
M. Boulet : Bien, je suis
content, d'abord, de rappeler que ce comité tripartite là a été une belle
mécanique nous permettant de dénouer une impasse potentielle, et ce comité-là
est formé. Maintenant, combien il y a eu de réunions, je ne suis pas en mesure
de répondre, mais je pourrais le vérifier puis vous donner une réponse plus
précise. Je ne sais pas si quelqu'un autour de moi...
Une voix : ...
M. Boulet : On n'est pas
vraiment impliqués. D'ailleurs, le gouvernement du Québec — bonjour! — est
représenté par le ministère de la Santé, ça fait que l'Office des professions
du Québec n'est pas impliqué dans les travaux de ce comité-là. Ça fait qu'il
faudrait le vérifier avec mes collègues à la Santé puis, éventuellement, vous
donner une réponse, mais je pourrais...
M. Leduc : ...d'abord, parce que
c'était le projet de loi que vous aviez piloté?
M. Boulet : Bien oui.
M. Leduc : Vu que c'était votre
amendement, ils vous ont dit : Réglez-nous ça, M. le ministre.
M. Boulet : Bien oui, bien oui.
Oui, oui. On ne refera pas l'historique. Oui.
M. Leduc : Puis vous êtes un
négociateur chevronné. C'est vous qui avez été envoyé pour ramasser...
M. Boulet : On a trouvé une
solution qui était... qui répondait aux intérêts de tous et toutes.
M. Leduc : Donc, ce n'est pas
vous...
M. Boulet : On a surtout
évité... Collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, vous connaissez les répercussions
potentielles que ça aurait pu provoquer, n'eût été de la formation de ce comité
tripartite là. Donc, je pense que, pour la population du Québec, c'était
l'avenue que nous devions emprunter.
• (12 h 10) •
M. Leduc : Je ne suis pas en
train dire que c'est une mauvaise solution, M. le ministre. Je veux bien
comprendre où ça s'en va, cette affaire-là, là. Je comprends que ce n'est pas
vous qui siégez dessus, c'est vos collègues du ministère de la Santé. Donc, si
on appelle au cabinet du ministère de la Santé, on aura plus de détails. Mais
vous avez, donc, négocié cette solution-là, vous avez donc, quand même, des choses
qu'on peut vous... que vous demandez à cet égard-là. Est-ce que, lorsque vous
avez négocié cette solution-là, vous avez mis en place un délai? C'est quoi, le
délai de ce comité pour qu'il rende une décision ou qu'il rende un... qu'il
achève ses travaux?
M. Boulet : Bon, puis là je
vous réponds de mémoire, dans le projet, on avait soumis le 31 décembre
cette année, 2026, pour proposer et faire des recommandations. C'est le
31 décembre, sous réserve, là, qui est dans... Si ce n'est pas ce
moment-là, je vous... je pourrai le corriger, là, mais... Je pourrai vous le
confirmer.
M. Leduc : Donc, on était quoi,
en mars, fin mars, quand ça a été négocié, cette affaire-là? C'est un peu moins
d'un an, dans le fond.
M. Boulet : Oui, exact.
M. Leduc : Mais là vous ne
savez toujours pas si ça a déjà commencé, les travaux?
M. Boulet : Bien, je présume
que oui...
M. Leduc :
OK, c'est ça, mais on va... ça va être vérifié.
M. Boulet : ...mais je ne vais
pas m'avancer au nom de mes collègues du ministère de la Santé. Mais je présume
que oui, parce que c'est un délai, comme vous le comprenez bien, qui est assez
serré.
M. Leduc : Vous, quand vous
avez déposé cet amendement-là en commission, notamment suite à une suggestion
que je vous avais transmis de la part d'une coalition d'assureurs et de
syndicats... J'imagine que les ministères ne fonctionnent pas en silo, que les
gens se parlent. Je sais que le gros point d'achoppement, c'était qu'il y avait
la négociation parallèle sur les frais de la RAMQ qui sont inchangés depuis
longtemps. Pouvez-vous me confirmer, les frais de la RAMQ, donc, pour les
pharmaciens, c'est négocié par le Conseil du trésor ou par le ministère de la
Santé?
M. Boulet : Bien, certainement
que les deux sont impliqués. Mais souvenez-vous, l'amendement, ce n'était pas
une modification dans les honoraires demandés par les pharmaciens pour les
médicaments de spécialité.
M. Leduc : C'était le pouvoir
habilitant.
M. Boulet : Ce n'était que de donner
un pouvoir...
M. Leduc : Je m'en souviens très
bien.
M. Boulet : ...d'habilitation
réglementaire à la ministre. Donc, ça aurait été fait, le cas échéant, si cet
amendement-là avait été adopté puis intégré dans le projet de loi, après des
consultations, une publication puis dans le respect du processus réglementaire.
Donc, ce n'était qu'un pouvoir réglementaire, et ça faisait référence aux
honoraires qui étaient chargés par certains pharmaciens pour des médicaments de
spécialité qui avaient des impacts sur les coûts des régimes d'assurance
collectifs.
M. Leduc : Dans le fond, ma
question, M. le ministre, c'est... Cette solution-là, l'amendement qui vous
avait été déposé en début de semaine, puis on l'avait adopté le jeudi, vous
avez eu le temps de l'étudier, ça va... vous avez eu le temps de le faire
valider autant par vos collègues de la Santé que du Conseil du trésor. Tout le
monde a donné son feu vert à cette affaire-là.
M. Boulet : Bien oui, c'était
consensuel, à ce moment-là, puis on a vu...
M. Leduc : À l'intérieur des
ministères de l'État. Je ne parle pas des partis d'opposition, là. Vos autres
collègues des autres ministères étaient d'accord avec cette solution.
M. Boulet : Oui, c'était consensuel
à ce moment-là.
M. Leduc : OK. Parfait. Là, on va
vérifier qui négocie la RAMQ, si c'est le Conseil du trésor ou la Santé. On
pourra peut-être nous revenir avec la réponse plus loin.
M. Boulet : Oui, bien sûr. Bien sûr.
M. Leduc : Peut-être avec le temps
qui reste, à peu près une minute, là, M. le Président... Vous avez ouvert
vous-même, donc, il y a quelques instants, l'idée d'une troisième phase de
discussions, de réforme de la loi sur les ordres. Pouvez-vous nous donner un
petit peu plus de matière sur qu'est-ce qui pourrait être encore à réformer
dans ce dossier-là?
M. Boulet : Heille! Moi, j'aurais
tellement d'ambition sur l'élargissement des champs de pratique...
Une voix : ...
M. Boulet : Oui, certainement,
l'encadrement des syndics, mais tout évolue tellement rapidement dans le
système professionnel. Et dans les ordres professionnels, il y a des ambitions
de faire plus d'activités. On connaît le phénomène de pénurie de main-d'oeuvre,
on connaît les compétences, et c'est la raison pour laquelle il faut continuer
d'analyser, faire des avis d'opportunités, encadrer des nouveaux groupes qui
rendent des services fondamentaux à la population du Québec.
Puis l'encadrement du travail des syndics, là,
c'est un des éléments qui est constamment soulevé mais qui fait l'objet d'une
attention particulière de la part de l'Office des professions du Québec. Mais
vous pouvez vous imaginer tout ce qui peut découler des demandes, de
l'évolution des pratiques professionnelles, faque il y a de l'espace.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Et je comprends, M. le ministre,
vous aller informer la commission, là, par rapport à qui, qui est en train de
négocier, Conseil du trésor, Santé. Vous envoyez ça au secrétariat de la commission, si vous n'avez pas la réponse
immédiatement. Je cède la parole au député de Jean-Talon pour
7 min 15 s.
M. Paradis :
Merci. Bonjour, M. le ministre, à vous et à tous les membres de votre équipe.
J'aimerais vous parler d'abord de l'Office des professions, qui a traversé une
période trouble, ces dernières années, des allégations de harcèlement, de
mauvaise gestion interne, il y a même eu enquête. L'office a échoué à soumettre
son rapport dans les délais l'an dernier. Pouvez-vous de nous dire quelles
évaluations vous faites de la situation, actuellement, à l'Office des
professions?
M. Boulet :
C'est une excellente question. D'abord, salutations, content de vous revoir,
avec votre collègue.
Oui, il y a eu une
crise de gouvernance qui a requis, de la part de l'office, d'être extrêmement
préoccupé par la situation. Il y a eu une planification stratégique, on a
redressé la barre. Et je sais qu'il y a eu une demande, là, pour le plan, là,
en vertu de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics, qui a été
refusé pour les motifs qui ont été exprimés à l'époque par ma collègue qui
était au Conseil du trésor. Mais l'organisation du travail a été revue, ça va
beaucoup mieux qu'à une époque où le taux de départs était à 21 %.
Maintenant, il y a des sondages, il y a beaucoup plus de communication, et on
s'assure de maintenir la santé organisationnelle à son maximum, mais c'est un
défi constant. Mais il y a eu une crise, ça, on ne le nie pas.
M. Paradis :
Défi constant. Est-ce que vous diriez que la barre a été redressée ou qu'on est
en redressement de la barre actuellement?
M. Boulet :
Bien, on a une nouvelle présidente-directrice générale, qui est Mélanie
Hillinger, que je peux nommer, qui est de même formation que nous deux, en qui
j'ai totalement confiance, et on s'en va dans la bonne direction. Il y a une
planification stratégique, je pense, jusqu'en 2028‑2029...
Une voix :
...
M. Boulet :
2030. Alors, oui, j'ai totalement confiance, je suis optimiste. En tout cas, on
a traversé la crise de gouvernance à laquelle vous référez, bon, puis c'est
malheureusement arrivé au sein de l'office.
M. Paradis : Très
bien. Mes salutations à Mme la présidente. Merci et bienvenue à l'Assemblée
nationale. On vous souhaite un bon mandat.
J'aimerais maintenant
vous parler des finances de l'office. Les revenus sont en hausse d'environ
4 %, entre 2023‑2024 et 2024‑2025, là, selon les renseignements qu'on a
dans les cahiers de crédits. Les dépenses sont en très légère diminution, là,
de 14 640 000 $ à 14 420 000 $, mais le résultat
annuel, c'est quand même un déficit. Il est réduit de moitié, j'en conviens,
mais il y a quand même un déficit qui s'ajoute, donc, aux déficits passés, pour
un déficit cumulé quand même assez important, là, si mes calculs sont bons, de
1,07 million de dollars au 31 mars 2025.
Pourriez-vous nous
parler, là, de votre évaluation, ou peut-être Mme la présidente, de la
situation financière de l'office et de ce qui est envisagé pour, évidemment,
régler ce problème de déficits cumulés?
M. Boulet : Je
peux le faire, mais avec votre permission, M. le Président, madame... Me Mélanie
Hillinger, si vous voulez...
Le
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
consentement?
Des voix :
Consentement.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la présidente, oui.
Mme Hillinger
(Mélanie) : Bonjour. Mélanie Hillinger, présidente de l'Office des
professions du Québec. Ça me fait plaisir. Merci pour la question.
Donc, peut-être, au
départ, vous mentionner que l'office est financé à 100 % par le système
professionnel, donc il n'est pas financé par les crédits budgétaires. Donc,
chaque année, il y a un calcul de la contribution des 400 quelques mille
membres du Québec, là, qui est calculée et qui nous permet, effectivement, de
financer nos opérations.
Il est vrai qu'au
cours des deux exercices précédents nous avons connu une situation financière
déficitaire en raison de dépenses qui n'avaient pu être envisagées. Pourquoi?
Parce que ça découlait, à titre d'exemple, de réajustements salariaux découlant
des ententes avec le personnel syndiqué de l'État, ou encore une hausse des
services professionnels qui n'était pas prévue, notamment en lien avec des
dépenses au niveau de la cybersécurité, à titre d'exemple, au niveau de
l'accompagnement des ordres dans des situations où on n'avait pas vu ça sur
notre écran radar.
Alors, dans le
contexte, ce qu'on a fait, c'est qu'on a revu à la hausse la contribution des
membres dans un contexte de rigueur. On est bien conscients que c'est l'argent
des membres du système professionnel...
Le Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup, madame... Ça va tellement vite, il reste 2 min 35 s
pour le député.
M. Paradis : Mais
c'est un peu là que je voulais vous amener, là, M. le ministre ou Mme la
présidente. Les cotisations ont déjà été augmentées, et le déficit perdure
malgré tout. Alors, qu'est-ce que vous envisagez? Est-ce qu'il y a des hausses
encore plus importantes des cotisations qui sont prévues, ou il y a des mesures
internes de diminution des dépenses, ou une combinaison des deux? Donc,
qu'est-ce que vous comptez faire pour réduire ce problème de déficits cumulés
et surtout que comptez-vous faire avec les cotisations, dans l'avenir?
• (12 h 20) •
Mme Hillinger
(Mélanie) : Cette année, encore une fois sous réserve des
vérificateurs générals, on va générer un excédent qui n'est malheureusement pas
à la hauteur du déficit cumulé des deux exercices précédents. Alors, oui, on va
augmenter la contribution des membres, mais, avec un contrôle rigoureux de nos
dépenses, on est assurés de pouvoir atteindre l'équilibre budgétaire ou en tout
cas, du moins, on est très confiants, dès l'an prochain.
M. Paradis : Pour
cet... Pour le présent exercice ou pour le prochain exercice?
Mme Hillinger
(Mélanie) : Pour l'exercice... Actuellement, on a un excédent envisagé
mais qui ne permettra pas d'éponger le déficit des dernières années. Mais, lors
de l'exercice 2026‑2027, nous sommes confiants d'atteindre l'équilibre
budgétaire par une hausse de la contribution des membres, de l'ordre de 2,60 $...
de 2,60 $ et un contrôle rigoureux de nos dépenses.
M. Paradis : La
dernière augmentation, c'est 2,99 % pour 2026‑2027, si mes calculs sont
bons. Donc, ensuite, vous envisagez quoi?
Mme Hillinger
(Mélanie) : En fait, c'était 4,50 $, l'an passé, et cette année
ce serait 2,60 $ de plus.
M. Paradis : En
dollars, là, vous parlez, c'est ça? Très bien.
Mme Hillinger
(Mélanie) : Oui, en dollars, ce qui amène la cotisation à 37,60 $,
plutôt que 35 $ en 2025‑2026.
M. Paradis : Très
bien. Merci.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Mme la députée d'Argenteuil, s'il vous plaît.
Mme Grondin :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, toujours un plaisir
d'échanger avec vous. Salutations à mes collègues députés. Une salutation
particulière aux équipes qui vous accompagnent. C'est toujours un moment assez
important, les études de crédits, et je sais que vous travaillez fort. M. le
ministre, j'ai plusieurs questions, je vais me restreindre à trois. On a peu de
temps, on a sept minutes.
Je veux d'abord vous
parler d'allégement réglementaire. Je sais que le système professionnel, c'est
un environnement qui est assez complexe et exigeant. En tout cas, je trouve que
c'est encore plus exigeant et complexe que l'environnement, donc... Oui, outre
le Code des professions, il y a des lois particulières, il y a une centaine de
règlements pour encadrer le système professionnel. Quand on parle d'allégement
réglementaire, je sais que c'est un processus... c'est un axe important du
projet de loi n° 15. Je sais aussi que ça fait
partie de la seconde phase de modernisation du système professionnel.
Pouvez-vous m'expliquer davantage ou un petit peu plus en détail qu'est-ce que
ça veut dire, de l'allégement réglementaire dans un système aussi complexe?
M. Boulet : C'est
une excellente question. Et je vous renvoie un commentaire réciproque puis
j'apprécie beaucoup les échanges que nous avons et la relation avec vous,
collègue d'Argenteuil.
Simplement pour dire
qu'il y a 440 000 professionnels qui sont répartis dans
46 ordres professionnels. Ça, je l'ai mentionné, mais il y a 25 lois
particulières puis 800 règlements. C'est extrêmement complexe, puis vous
avez totalement raison, je n'oserais pas comparer avec d'autres secteurs
d'activité, mais il faut simplifier. Ça passe notamment par plus d'autonomie
aux ordres professionnels, permettre aussi aux ordres de s'adapter plus...
conformément à l'évolution des pratiques professionnelles, puis ça prend une
stratégie collaborative.
Puis les quatre
principales mesures, je vais me... je vais me résumer à ça, il y a quatre types
de règlements qui ont une incidence limitée pour le public, qui n'auront plus
besoin d'être approuvés par l'Office des professions du Québec, c'est
majeur : un règlement sur la formation continue obligatoire, un règlement
sur l'inspection professionnelle, un règlement sur les stages et un règlement
sur l'organisation de l'ordre. Actuellement, ou avant le PL n° 15,
il fallait tout le temps que ce soit approuvé par l'Office des professions du
Québec. C'est des délais, de la complexité puis, des fois, de la confusion,
alors que là, dans une perspective de conférer plus d'autonomie aux ordres, ils
n'auront plus, pour ces quatre types de règlements là, besoin de faire
approuver par l'Office des professions.
Deuxièmement,
diminution du niveau d'approbation pour quatre autres règlements, c'est-à-dire
code de déontologie, autorisation d'actes, catégories de permis puis
indemnisation, ça va être fait au niveau de l'office plutôt que d'aller au
gouvernement. Imaginez, collègue d'Argenteuil, c'est l'office, puis, après ça,
c'est tout le processus d'approbation réglementaire, puis ça s'en venait au
Conseil des ministres. Ça fait que c'est du temps, c'est de la confusion puis
c'est de l'efficacité additionnelle.
Troisièmement, il y aura
des règlements uniques qui pourront être adoptés, des règlements uniques,
plutôt que d'avoir 30, 40, 46 règlements qui vont dans des directions
opposées. Il y a un conseil interprofessionnel, au Québec, qui est une forme de
représentant de l'ensemble des ordres professionnels quand ils ont des intérêts
communs. Ce conseil-là, qui est composé des DG puis des présidents de chaque
ordre, ils pourront faire des recommandations à l'Office des professions pour
adopter un règlement unique, plutôt que de laisser tout le monde partir,
j'allais dire, comme des... tu sais, dans des sens, des fois, diamétralement
opposés. Ça, c'est le troisième.
Et le
quatrième et dernier, c'est l'établissement de lignes directrices balisant les
règlements adoptés par les CA. Donc, il y aura des lignes directrices
donnant des paramètres pour guider les conseils d'administration des ordres
professionnels qui pourront faire des règlements sans... en collaboration avec
les ordres, bien sûr, mais le Conseil interprofessionnel du Québec. Donc,
beaucoup moins d'approbations, beaucoup plus de flexibilité puis beaucoup plus
de potentiel d'adaptation.
Donc, c'est majeur. Ça a été accueilli,
collègue, de façon extrêmement positive, là, par le système professionnel
québécois, puis sans parler de l'élargissement des champs de pratique, là, des
ordres professionnels, que je vous ai parlé, là. Mais, votre question, c'était
la simplification. C'est comme ça qu'on a agi.
Mme Grondin : Merci, M. le
Président. Là, il doit me rester à peu près...
Le Président (M.
Bachand) : 1 min 40 s. 1 min 40 s pour
questions et réponses.
Mme
Grondin : 1 min 40 s. Peut-être rapidement, vous l'avez
mentionné puis le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve aussi, l'élargissement des pratiques. Moi, je
voudrais, comme, qu'on se concentre sur les pratiques en santé. Le PL n° 15 prévoit diverses mesures, hein, pour faire évoluer les
pratiques professionnelles, mieux répondre aux enjeux. On en a vu, là...
l'élargissement de certaines... certains professionnels ou les actes pour...
chez certains professionnels. De quelle façon... Pouvez-vous me donner un
exemple rapide qui permet d'améliorer l'accessibilité aux services en santé?
M. Boulet : C'est une question
fondamentale.
Le Président (M.
Bachand) : ...minutes.
M. Boulet : Rapidement. Les
sages-femmes, droit de prescrire, administrer une contraception, de dépister,
prévenir, traiter les ITSS; les diététistes nutritionnistes, on retire la nécessité
d'avoir une ordonnance pour un plan de traitement nutritionnel; les thérapeutes
conjugaux familiaux, ils peuvent exercer la psychothérapie sans avoir le permis
de psychothérapeute; les inhalothérapeutes, droit d'initier des examens et des
tests; les optométristes, on actualise les normes de pratique pour la
prescription des médicaments; les podiatres, on actualise les normes de
pratique; les infirmiers, infirmières, le droit de prescrire et de dépister des
maladies.
C'est un droit élargi pour chacun de ces ordres
professionnels là. C'est une confiance que le Québec leur exprime. Évidemment,
le respect de leurs compétences, tout en maintenant un équilibre avec la
sécurité de la population... mais moi, ça me fascine d'élargir des champs de
pratique pour permettre à des personnes, qu'elles soient infirmières,
diététistes, thérapeutes ou sages-femmes, de faire des choses qu'elles ne
pouvaient pas faire.
Mme Grondin : Vous m'avez déjà
convaincue en commençant, avec les sages-femmes, M. le ministre, déjà d'emblée.
Merci beaucoup, j'apprécie, pour vos réponses.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci, tout le monde.
Merci.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 h 30, où elle va entreprendre l'étude
du volet Justice des crédits budgétaires du portefeuille Justice. Merci. À
bientôt.
(Fin de la séance à 12 h 29)