Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Tuesday, May 12, 2026
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Vol. 49 N° 1
Étude des crédits budgétaires du ministère du Conseil exécutif, volet Affaires autochtones
Étude des crédits budgétaires du ministère du Conseil exécutif, volet Institutions démocratiques
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Lafrenière, Ian
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Morin, André Albert
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Zanetti, Sol
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Zanetti, Sol
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Lafrenière, Ian
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Bachand, André
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Massé, Manon
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Morin, André Albert
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Lafrenière, Ian
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Lafrenière, Ian
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Lecours, Isabelle
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Grondin, Agnès
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St-Louis, François
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Bachand, André
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Tanguay, Marc
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Roberge, Jean-François
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Roberge, Jean-François
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Tanguay, Marc
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Bachand, André
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Leduc, Alexandre
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Paradis, Pascal
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Sainte-Croix, Stéphane
9 h (version révisée)
(Neuf heures trente minutes)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît!
Bonjour, tout le monde. Content de vous retrouver. Alors, ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Affaires autochtones des crédits budgétaires du portefeuille
Conseil exécutif pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de deux heures
a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Haytayan (Laval-des-Rapides) est remplacée par M. Lamothe
(Ungava); M. Lemieux (Saint-Jean), par M. St-Louis (Joliette); Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Zanetti (Jean-Lesage); et
Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Paradis (Jean-Talon).
Affaires autochtones
Discussion générale
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Comme vous le savez, nous allons
procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit ce matin vers 11 h 30.
Alors, on débute maintenant avec le député
représentant l'opposition officielle, M. le député d'Acadie, pour 19 min 42 s.
M. le député, s'il vous plaît.
M. Morin : Alors, bonjour.
Merci, M. le Président. M. le ministre et vice-premier ministre, bonjour, et
bonjour également à tous les collègues de la banquette gouvernementale, des
oppositions et des personnes qui vous accompagnent.
Dans le premier bloc qui m'est offert, j'aurais
quelques questions pour vous, M. le ministre, relativement aux <négociations
pour le traité de...
>
9 h 30 (version révisée)
<19253
M.
Morin :
...M. le ministre, relativement aux >négociations
pour le traité de Petapan... ou Petapan. Parce que, vous vous rappellerez, c'était
une promesse du premier ministre de l'époque, qui est toujours député de l'Assomption,
et qui disait qu'il fallait que ce soit réglé le plus rapidement possible après
l'élection de la CAQ. Et ça, ça nous ramène en 2023.
Maintenant, ma compréhension, c'est que le
traité n'est toujours pas signé. Et, dans les documents que l'on a obtenus,
dans les renseignements particuliers, volet de l'opposition officielle, il y a
une réponse à l'effet... quant à l'échéancier des négociations, que les trois
parties font les efforts nécessaires pour convenir d'un projet de traité dans
les meilleurs délais. Trois parties, vous me corrigerez si je fais erreur, mais
ça devrait être les membres des Premières Nations... les nations, le
gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec. Dans les meilleurs délais,
c'était une promesse du premier ministre en 2020. On est en 2026. Alors, qu'est-ce
qui achoppe dans ces négociations-là?
Le Président (M. Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à mon collègue de l'opposition officielle.
Bienvenue aux collègues de l'opposition. Content de vous retrouver pour parler
de ce sujet hyperimportant, sensible. Collègues... Collègues, pardon, de la
banquette ministérielle, bon matin, content de vous voir. Et le député de l'Acadie
a souligné la présence de toutes les équipes. Ce que vous avez devant vous, c'est
le fruit du travail des équipes qui ont travaillé très fort pour nous amener à
cette période de crédits. Alors, je veux les remercier et je ne sous-estime pas
la tâche colossale qui est derrière eux.
Mon collègue nous parle du traité Petapan.
M. le Président, je ne veux pas refaire l'histoire, mais on parle d'un traité,
là, qui a 23 chapitres, 300 pages. L'année passée, j'ai dit «43 ans»,
on doit être rendus à 44 ans de négociations. Alors, c'est un traité qui
est négocié, M. le Président, depuis de nombreuses années.
On a eu une élection, du côté de Mashteuiatsh,
l'an passé, le 1er août 2025. Dès lors, on a senti qu'il n'y avait pas un
manque d'adhésion, à Petapan, mais on a eu un petit peu... en bon français, on
a un petit peu d'eau dans le gaz, M. le Président. Alors, on a continué d'avancer
dans nos négociations. Il y a des points sur lesquels on n'arrive pas à la même
lecture encore. Je parlais au chef, pas plus tard que la semaine passée, j'étais
à Mashteuiatsh, il y a de cela environ 10 jours, et, vous savez, on a
beaucoup avancé. Par exemple, je vais nous rappeler qu'on a fait l'EPOG en 2004,
on a fait de nombreuses rencontres, un blitz de négociations l'an passé, mais
présentement, M. le Président, il y a encore des points, puis je ne ferai pas
la négociation ici, il y a encore des points sur lesquels on a une petite
distance à parcourir.
Moi, M. le Président, je l'ai dit à
plusieurs reprises, là, ce traité-là, il était important. C'était le traité le
plus moderne que le Québec pouvait amener, j'y crois encore fermement. On
négocie, mais si mon collègue me demande est-ce qu'aujourd'hui on est prêts à
le signer, de part et d'autre, la réponse est non.
M. Morin : Alors, je vais
reprendre votre expression, M. le ministre. Vous avez dit : Il y a un peu
d'eau dans le gaz. Est-ce que l'eau dans le gaz provient du ministère de la
Justice?
M. Lafrenière : Dans le cas
présent, M. le Président, ce qui est arrivé... Puis, en passant, je veux
rassurer le collègue aussi, ça ne nous a pas empêchés de signer une entente de
développement... pas hydroélectricité, pardon, une entente d'électricité, développement
éolienne, qui s'appelle Chamouchouane. On a pu le faire avec la communauté de
Mashteuiatsh. Ça ne nous a pas empêchés de le faire.
Cependant, quand je parlais d'eau dans le
gaz, lorsque le nouveau chef est arrivé dans la communauté de Mashteuiatsh... On
sait que l'été passé ça a été chaud. On a eu des enjeux, entre autres, au
niveau de la foresterie, ça a brassé à l'intérieur de la communauté. Alors,
sans dire qu'il y avait un manque d'adhésion... je vais être prudent, là, ce n'est
pas qu'il y a un manque d'adhésion du côté de la communauté, mais il y avait un
petit froid, de leur côté. Ils se questionnaient sur la volonté ou non de
continuer dans Petapan.
Les chefs sont encore mobilisés, ils sont
encore là, mais je vous dirais, M. le Président, puis je comprends la question
de mon collègue, il n'y a pas un point précis que je pourrais vous dire : Regardez...
Si c'était un seul point, M. le Président et cher collègue de l'opposition
officielle, on se serait assis avec la première ministre puis on aurait trouvé
une solution. Et je l'ai même envisagé, on a regardé avec les chefs, mais on a
encore des points à régler qui ne se régleront pas dans quelques semaines, M.
le Président.
M. Morin : Quand on regarde
les objectifs qui sont poursuivis par le gouvernement du Québec, il y a, entre
autres, améliorer les relations avec les Premières Nations, consolider la paix
sociale. Ça va aussi contribuer au développement économique, encourager les
partenariats entre autochtones et non-autochtones. Mais par la suite, quand on
va toujours dans le même cahier de crédits et qu'on regarde la liste des
rencontres qui ont été faites avec les communautés autochtones par le ministre
et/ou son <cabinet en...
M. Morin :
...qui
ont été faites avec les communautés autochtones par le ministre et/ou son >cabinet
en 2025‑2026, on constate à la page 4.2 qu'en mai 2025 il y a eu un suivi
de la négociation de Petapan. Et, après ça, on va en octobre 2025, il y a eu
une discussion sur le suivi de la négociation, et je n'ai pas trouvé d'autre
rencontre. Est-ce que vous trouvez que ça négocie assez?
M. Lafrenière : Oui.
Merci, M. le Président. Et ce que mon collègue vient de mettre en exergue,
c'est exactement ce que je lui mentionnais. On a eu une élection, de la part de
la communauté... une des trois communautés, M. le Président, la communauté de Mashteuiatsh,
qui a vécu son élection. Alors, plus on s'est rapprochés de l'élection... Le
chef de l'époque nous a dit que, pour lui, il fallait attendre l'élection, de
voir qui serait mis à la barre de la communauté.
On a continué. La table fonctionne
toujours, il y a toujours des rencontres de négociation, mais clairement ce
n'est plus la même vitesse, M. le Président. Mais pendant la période, là,
préélectorale pour la communauté, c'est vrai qu'on a mis ça de côté. On s'était
donné un blitz avant qu'il quitte. J'avais même fait une communication publique
en disant : Est-ce qu'on va être capables de mettre un bâton dans le sol,
de venir dire : Regardez, on ne reculera pas, là, voici jusqu'où on est
capables d'aller? On n'y est pas arrivés. On n'y est pas arrivés ensemble, au
printemps dernier, en 2025.
Au retour du chef, on a eu des
discussions. Je comprends que, du côté de la communauté, il y avait des gens
qui remettaient en question Petapan. Puis après 44 ans, je peux comprendre
que la communauté se pose des questions en se disant : Écoutez, est-ce
qu'on va à la bonne place? Comme je disais aux collègues tout à l'heure, M. le
Président, ça ne nous a pas empêchés de faire Chamouchouane, ça ne nous a pas
empêchés de faire Nutinamu-Chauvin, ça ne nous a pas empêchés de faire
l'entente avec Nutashkuan. Alors, chacune de ces trois communautés-là...
M. Morin : Oui, mais là,
M. le Président, on parle de Petapan, pas de toutes les autres négociations qui
ont eu lieu, je vous le soumets.
M. Lafrenière : Mais les
trois communautés que je viens de vous nommer, M. le Président, ce sont les
trois communautés avec qui on négocie Petapan. Je comprends ce que mon collègue
dit, mais je dis... je peux dire le mot «Petapan 1, 2, 3», mais ça va être les
mêmes trois communautés, M. le Président.
Alors, pour terminer, pour faire ça bref, Mashteuiatsh,
Essipit et Nutashkuan sont les trois communautés qui sont impliquées dans la
négociation de Petapan, et on a fait des ententes avec les trois communautés
pareil. C'est ce que je voulais... Je voulais juste rassurer le collègue. Ça ne
nous a pas empêchés de faire d'autres ententes, M. le Président.
M. Morin : Moi, je vous
partage, M. le Président, ce que moi, j'entends sur le terrain, où des
communautés... C'est que... à chaque fois qu'il y a des éléments qui sont mis
de l'avant par le gouvernement, les communautés en discutent, reviennent au
gouvernement, et là il y aurait toujours des éléments supplémentaires qui
seraient rajoutés par le gouvernement. Évidemment, si vous négociez comme ça,
vous n'allez jamais y arriver. Pouvez-vous nous en dire davantage?
M. Lafrenière : M. le
Président, c'est clair que mon travail est de faire des relations avec les Premières
Nations et les Inuits puis c'est clair que mon travail est de trouver le juste
équilibre aussi, M. le Président. Alors, quand on fait un traité, il faut que
ce soit gagnant, gagnant, gagnant. Il faut que tout le monde puisse y gagner,
et c'est une partie de mon travail, M. le Président.
Alors, c'est vrai, si je reviens à ce que
mon collègue a dit, est-ce que Petapan a été signé, la réponse est non. Mais je
veux juste nous dire que collectivement, autour de cette table, il y a au moins
trois parties qui ont de la responsabilité dans cette entente-là. Ça fait
44 ans qu'on le négocie, alors oui, il y a des grands points, quand on
parle d'autodétermination, les points du territoire aussi. C'est vrai que c'est
important, mais il faut trouver le juste équilibre pour maintenir cette
cohabitation-là qui est harmonieuse.
Et en passant, M. le Président, je pense
que j'ai plus de demandes de la communauté civile, des communautés voisines,
des municipalités, des entreprises qui veulent le traité Petapan. Ils veulent
une stabilité dans la région. Ce n'est pas par manque de volonté. Il y a des
points sur lesquels on a encore une distance, et, en toute honnêteté, je ne
pourrai pas signer ce traité-là, si on n'arrive pas à trouver une solution. Ça,
ce n'est pas acceptable pour l'ensemble des Québécois.
• (9 h 40) •
M. Morin : Si vous me
permettez, M. le Président, sur une échelle de 1 à 10, 10 étant le plus
important, comment vous priorisez le dossier de Petapan?
M. Lafrenière : M. le
Président, ce dossier-là est extrêmement important, puis, à chaque fois que je
dis ça, je sais que ça me rajoute une pression, parce que ça fait 44 ans
qu'on le négocie. On a une rencontre de négociation avec la table Petapan cette
semaine, M. le Président, puis ce n'est pas parce qu'on venait en crédits, là,
c'était prévu comme ça. On va continuer de travailler avec eux, on a décidé de
ne pas lâcher.
Mais si mon collègue... Puis je vais me
permettre une question à la place de mon collègue. Si mon collègue me
dit : Est-ce que, M. le ministre, d'ici la mi-juin... est-ce que vous
pensez être capable de signer Petapan?, présentement, je le crains fort, M. le
Président, qu'on n'y arrivera pas. Est-ce qu'on va continuer de négocier?
Absolument, parce que, M. le Président, peu importe ce qui arrivera par la
suite, il faut être capables d'avancer le plus loin possible dans ce traité-là.
Et les Innus, les trois communautés que
j'ai nommées tantôt vont tous vous le dire à l'unisson, oui, ils peuvent être
déçus qu'on ne l'ait pas signé, mais tout le monde reconnaît qu'on a avancé
comme jamais. Alors, il reste certains petits points à régler, mais il faut le
faire, M. le Président. Ce n'est pas une question de volonté, est-ce que ça
paraît bien, au final. C'est un traité qui va nous engager pour les prochaines
générations, alors on veut bien faire les choses.
M. Morin : Oui, bien, en
fait, <j'écoute...
M. Morin :
Oui,
bien, en fait, >j'écoute le ministre, M. le Président, c'est sûr qu'un
traité, une fois qu'il est signé, va engager pour les prochaines générations.
On l'a vu, entre autres, avec la Convention de la Baie James. Ça, c'est clair. Mais
vous, là, personnellement, quelle est la priorité que vous accordez à ce
dossier-là? Parce que, je vous le rappelle, l'ancien premier ministre en avait
fait une promesse électorale puis il a dit que c'était une priorité des
priorités. On parlait de 2023. On est rendus en 2026, et ce n'est toujours pas
signé.
Alors, pour vous, est-ce que c'est un
dossier qui est prioritaire? Est-ce que vous y consacrez toute votre énergie?
Et quelle est la pierre d'achoppement? Parce que, vous l'avez dit dans votre
réponse, la société civile autour en a de besoin, parce que ça va permettre,
entre autres, un meilleur développement économique pour tout le monde. Donc, ce
n'est pas juste les nations qui le souhaitent. Alors, votre priorité, puis où
ça achoppe?
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis je comprends ce que le collègue cible. Alors, de façon
très claire, très transparente, ça fait partie de mes cinq grandes priorités,
présentement, Petapan. Et quand le premier ministre, en 2022, a dit qu'on était
pour régler ça au 31 mars 2023, M. le Président, j'en ai shaké. Je me
disais : Ça fait une quarantaine d'années qu'on négocie ça, de se donner
une courte plage comme ça pour le négocier, ça va être dur. Mais vous savez
quoi, M. le Président, ça a été la bonne chose. Ça a été la bonne chose, parce
qu'autant nous que l'équipe de négociation de Petapan, ça a donné un petit coup
de pied dans la... dans la canisse, en bon Québécois, ça a fait bouger les
choses, et on a avancé comme jamais.
Mais je nous rappellerais, M. le
Président, que pendant des années, le traité Petapan, il était à portée des
partis qui étaient là, puis ils ne l'ont pas signé. Pourquoi? Parce qu'il y
avait des points qui, pour les Québécois, étaient encore...
(Interruption)
M. Lafrenière : C'est moi qui vibre...
Voyez-vous, je pensais que c'était quelqu'un de l'équipe. Je m'excuse, ça
n'arrivera plus. Alors, M. le Président, pour moi...
M. Morin : Donc, le traité de
Petapan vous fait vibrer?
M. Lafrenière : Non, ce n'est
pas ça. Justement, c'est les chefs qui voulaient savoir... Non, ce n'est pas
vrai, mais, M. le Président, c'est une priorité. Oui, on avance. Qu'est-ce qui
accroche présentement? Il y a certaines... il y a certaines reconnaissances
qui... sur lesquelles on veut garder un équilibre. Et tantôt le collègue le
disait : Les gens, les municipalités, les entreprises le veulent
absolument. Le Québec le veut absolument, les communautés le veulent, puis il y
a certains points qui sont importants.
Puis, en passant, M. le Président, je veux
juste nous ramener quelque chose que parfois on oublie. À partir du moment où
on va s'entendre sur un projet de traité, de leur côté, ils vont devoir partir
en consultation pendant une période d'une année ou deux. Je veux juste... Pourquoi
je vous dis ça, M. le Président? C'est pour vous dire à quel point ce
traité-là, c'est majeur pour le futur, puis ils veulent se donner le temps de
l'évaluer.
Alors, moi, je vais continuer jusqu'au
dernier jour. Je vais mettre toute l'énergie nécessaire pour arriver à une
solution là-dedans, et, je le répète, ça fait encore partie de mes cinq grandes
priorités, M. le Président.
M. Morin : Il y a un élément
de ma question qui n'a pas été répondu par M. le ministre, M. le Président, c'est :
Qu'est-ce qui achoppe?
M. Lafrenière : Je ne l'ai
peut-être pas dit très clair, je m'excuse, M. le Président, au niveau de la reconnaissance
de certains droits, au niveau de l'opération du territoire, dans le passé,
j'avais déjà parlé aussi du droit des femmes, qui étaient des points sur
lesquels on devait travailler. On a réussi à avancer, M. le Président, depuis
l'an passé, où on avait cette discussion-là avec le collègue de l'opposition
officielle. J'avais dit qu'il y avait certains éléments en droit de la famille,
droit des femmes. On a réussi à avancer, mais on continue de travailler
là-dessus, M. le Président. Ça fait que je ne veux pas faire la négociation ici,
ce ne serait pas respectueux pour mes collègues. Cependant, je vous donne
certains exemples de ce sur quoi on travaille.
M. Morin : Quand vous avez eu
des rencontres, en mai 2025 et en octobre 2025... pouvez-vous nous en
dire davantage? Est-ce qu'il y a des éléments qui ont avancé? Est-ce qu'il y a
des points sur lesquels vous vous êtes entendus? Parce que ma compréhension,
c'est qu'au niveau du gouvernement fédéral ils seraient pas mal prêts à aller
de l'avant.
M. Lafrenière : Oui, bien, le
collègue a raison, puis ça a déjà été annoncé, M. le Président, il n'y a pas de
surprise, là. Ça fait que mon collègue a raison, le fédéral a déjà annoncé
qu'ils étaient au rendez-vous, que l'argent était disponible puis qu'ils
étaient là. Cependant, M. le Président, en tout respect pour mes collègues du
fédéral, ce n'est pas les mêmes impacts. Les impacts au quotidien vont être
vécus par les municipalités, par les communautés voisines. Alors, ce que je
veux dire par là, c'est que le fédéral a fait un très beau geste, puis je le
reconnais, puis on l'apprécie, mais moi, dans mon rôle, je reviens à ce que je
disais tantôt, c'est de représenter les Premières Nations, les Inuits, c'est
vrai, mais c'est aussi de s'assurer qu'autochtones, allochtones, on ait une une
capacité d'être ensemble et que les droits de chacun sont respectés. Alors,
c'est pour ça qu'il y a beaucoup plus de fardeau de notre côté, M. le
Président, à trouver des solutions pour ne pas que ça vienne créer un
débalancement ou un déséquilibre, puis c'est là-dessus qu'on travaille.
Alors, quand mon collègue me
demande : En mai, en octobre, de quoi vous avez jasé?, je ne parlerai pas
de la négo, mais je vais vous donner des <exemples...
M. Lafrenière : ...quoi vous
avez jasé?, je ne parlerai pas de la négo, mais je vais vous donner des >exemples.
En mai, on s'était donné... on s'était donné un sprint, là, juste avant de
partir pour l'élection du côté de Mashteuiatsh, on s'était donné un sprint où
on a essayé, on échange. Puis vous comprenez, M. le Président, la façon que ça
fonctionne, c'est qu'on s'échange des textes puis on cherche des solutions. On
n'est pas arrivés, on a arrêté tout ça. Le groupe Petapan nous a dit : OK,
on met ça sur la glace. Il y a eu une élection, on est revenus, on a retenté de
proposer des choses qui étaient pour être acceptables de part et d'autre, puis
c'est encore là-dessus qu'on est aujourd'hui. Mais on échange toujours des
textes, on cherche toujours des solutions pour que ce soit mutuellement
acceptable, pour que le Québec puisse se développer économiquement, que les
municipalités puissent se développer puis que les Premières Nations ne soient
plus des bénéficiaires, mais des partenaires, puis c'est ça qui nous guide dans
toutes nos négos. Et, un traité, on en veut un, M. le Président, là. Le dernier
grand traité remonte à 50 ans, c'est un traité pour lequel on a encore des
bénéfices, aujourd'hui, de part et d'autre. Il faut continuer comme ça.
Ça fait que je ne sais pas si j'ai réussi
à convaincre mon collègue, mais, pour moi, Petapan est une grande priorité.
Puis, à chaque fois que je dis ça, c'est difficile parce que, même pour les
communautés... Il y a des gens des communautés qui disent : Ça fait 44 ans
que c'est négocié. Il y en a qui commencent à douter qu'on va y arriver, puis
ça aussi, c'est dur de garder l'adhésion.
M. Morin : Pouvez-vous nous
rappeler quelle est la somme qui a été réservée par le fédéral quand le traité
va être signé?
M. Lafrenière : Je vérifie
avec mes collègues, parce qu'ils ne l'ont pas rendu publique, mais c'est
beaucoup de retombées, en tout respect, là, c'est beaucoup de retombées, ça
fait que, donc... plusieurs, plusieurs millions de dollars, mais ce sont des
grosses retombées qui seraient gagnantes autant pour les communautés
autochtones que les communautés allochtones voisines.
M. Morin : Puis là je
comprends que cette somme-là attend, éventuellement, d'être dépensée, puis,
tant que ce ne sera pas signé, ça va rester là.
M. Lafrenière : Pour
l'instant, c'est le cas. Et je discutais avec certains chefs des trois
communautés que je nommais tout à l'heure, en disant : Bien, en attendant,
il ne faut pas que vous soyez pénalisés, ça ne nous empêchera pas de faire des
ententes. Je l'ai mentionné tantôt avec Nutinamu-Chauvin, je l'ai mentionné
avec Ashuapmushuan, Nutashkuan on a fait une entente, récemment, pour la
formation, puis il y en a d'autres qui s'en viennent, M. le Président. Je ne
veux justement pas que ces communautés-là, parce qu'elles ont décidé d'adhérer
à la négociation de Petapan, soient pénalisées. On est en grande négociation
avec Essipit aussi, M. le Président.
M. Morin : Parfait. Merci.
J'aimerais aborder un autre sujet, et c'est toute la question de l'éducation
pour les Premières Nations. Il y a une table et qui, évidemment, traite de ces
questions-là, et quand on les a rencontrées, parce qu'ils nous avaient invités,
les partis d'opposition, on est allés. Mais, pendant la rencontre, où ils
parlaient, entre autres, de leurs défis, mais de ce qu'ils veulent aussi
accomplir dans le domaine de l'éducation, la table gouvernementale était vide.
• (9 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) : ...pas un tableau didactique.
M. Morin : Ce n'est pas un
tableau didactique?
Le Président (M.
Bachand) :Bien non.
M. Morin : D'accord, c'est
bon. Alors, on va le laisser juste là. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci, M. le député.
M. Lafrenière : ...
M. Morin : Vous avez vu l'image.
Ça vaut mille mots. Comment vous expliquez ça?
M. Lafrenière : D'une façon
super, supersimple, c'est que le gouvernement n'avait pas été invité.
M. Morin : Ah bon? D'accord.
M. Lafrenière : La réponse ne
peut pas être… Puis comme on ne peut pas référer à une image qu'on n'a pas vue,
ce que vous m'avez décrit, c'est une banquette vide de notre côté. Je veux être
très transparent, on n'avait pas été invités à ce moment-là, puis je sais que
les oppositions y étaient.
M. Morin : Parfait.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Merci beaucoup, M. le
député. On va tomber maintenant... pas tomber, on va aller au deuxième groupe
d'opposition, avec le député de Jean-Lesage. Mais aussi j'aurais besoin d'un
consentement pour permettre à la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques de
participer. Consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Consentement. M. le député de
Jean-Lesage, s'il vous plaît.
M. Zanetti : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre, tout le monde qui l'accompagne, Manon est
avec moi ici aujourd'hui, tout le monde des oppositions. Il y a beaucoup de
sujets à aborder, mais je vais commencer par la question de la crise de l'eau
au Nunavik.
Il y a beaucoup de problèmes dans beaucoup
de villages au nord du 55e parallèle, et la situation qui est là, elle n'a
juste pas de bon sens. Les conséquences sur les communautés, vous les
connaissez : les écoles qui ferment plusieurs fois par année par manque
d'eau; des écoles qui ferment un mois avant la fin de l'année scolaire parce
qu'il y a des problèmes d'eau; des hôpitaux où le monde ne peuvent pas se laver
les mains parce qu'il y a des problèmes d'eau, le gant brise, il faut qu'ils se
lavent les mains au Purell, selon les témoignages qu'on a. On dirait qu'on est
vraiment sur... dans une autre partie du monde. Jamais, je pense, le
gouvernement québécois ne tolérerait une situation pareille au sud. Qu'est-ce
qui se passe? Pourquoi que ça... pourquoi ça bloque? <Qu'est-ce qui fait
que...
M. Zanetti :
...qui
se passe? Pourquoi que ça... pourquoi ça bloque? >Qu'est-ce qui fait que
le gouvernement n'est pas en train de tout faire pour régler ce problème-là?
M. Lafrenière : Merci, M. le Président,
puis merci à mon collègue pour parler du Nord-du-Québec, parce qu'effectivement
c'est une réalité qui est peu connue. Puis je vais être obligé de dire à mon
collègue que je suis d'accord avec lui quand il dit : On dirait que c'est
une autre partie du monde. C'est une autre partie du monde.
Et, M. le Président, pour les gens qui
nous écoutent, il ne manque pas d'eau au Nunavik, contrairement à d'autres
endroits au Canada. Puis vous allez voir, je ne joue pas sur la sémantique,
vous allez voir où je m'en vais. D'autres endroits au Canada, on a des
problèmes de contamination d'eau ou d'accès à de l'eau potable. L'eau potable,
elle est présente. L'enjeu qu'on a, c'est pour acheminer l'eau à la communauté,
aux villages. Et vous allez dire que le changement climatique a le dos large, mais
le changement climatique a amené certains enjeux, enjeux d'entretien, de
maintenance des équipements.
Puis mon collègue fait référence à un
événement horrible qui est arrivé à Puvirnituq, Pov, l'an passé. J'ai commandé
un rapport externe, M. le Président, on voulait faire la lumière sur ce qui est
arrivé. Avec l'ARK, avec Makivik, on a demandé d'avoir un rapport externe pour
dire : Mais qu'est-ce qui est arrivé, mais surtout, surtout, qu'est-ce
qu'on peut faire pour éviter ça dans le futur? C'est un problème qui est
récurrent, qui revient dans plusieurs villages. Là, en date d'aujourd'hui, je
n'ai pas de nouveaux chiffres, mais ça arrive encore. Vous comprenez qu'il y a
encore de la neige.
Et on a vécu des enjeux, entre autres, à
Puvirnituq, où le chemin d'accès qui nous amenait jusqu'à la station de pompage
était impraticable parce qu'il était tombé une quantité de neige monstrueuse.
Le fil qui était... qui maintenait l'arrivée d'eau aurait brisé, puis là on
veut comprendre le pourquoi, ce qui a fait que la conduite a gelé. Donc, ce que
ça amène, par la suite, il faut pomper l'eau dans des camions, à partir de la
source d'eau, l'amener au village et la distribuer. Ça a été un impact qui
était majeur, et ce que mon collègue dit, il a raison.
Et moi, je vous dirais, M. le Président,
pendant un bout de temps, on appelait nos collègues, au Nunavik, qui nous
disaient que ça allait relativement bien parce... Il y a tellement de
résilience, puis malheureusement ils sont habitués, dans des moments qui ne
sont pas faciles, qu'au début la lecture qu'on avait, même, du terrain, c'était
que ce n'était pas si pire que ça. Il a fallu parler à des gens qui
travaillaient à Puvirnituq, des allochtones qui étaient là, pour qu'ils nous
disent : Non, non, ça ne va pas pantoute, là. Quand ils vous disent «ça va
se passer», c'est non. Alors, on a pris des mesures extraordinaires. On a pu
acheminer de l'eau par avion, on a envoyé des ressources sur place aussi.
Mais, M. le Président, le rapport qu'on va
recevoir dans les prochains jours, qu'on va regarder avec l'ARK, parce que
c'est une responsabilité régionale de l'ARK, une fois que ce rapport-là sera
déposé, on va voir comment éviter ça pour le futur, parce que, mon collègue l'a
dit, ça n'a pas d'allure. Mais je veux juste rassurer, puis je ne veux pas
jouer sur les mots, de l'eau... elle est là, mais le problème qu'on a, c'est
pour l'acheminement, à deux volets : un, les infras, pour l'entretien; et
deux, même au niveau des camions. On a travaillé beaucoup avec l'ARK pour que
ça change.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Oui, merci. On
comprend bien, c'est sûr, oui, l'eau... ce n'est pas un problème de quantité
d'eau, mais c'est l'acheminement, le fait... le traitement des eaux usées, le
fait que l'eau soit potable, qu'il y ait de l'eau courante dans les hôpitaux,
puis dans les écoles, puis dans les maisons. Puis je comprends très bien, là,
les difficultés techniques liées au climat puis même aux changements
climatiques. On ne peut pas avoir le même système d'eau que dans le sud, ça, on
comprend bien. Mais, je veux dire, l'humanité est allée sur la lune il y a des
décennies, il n'y a pas de solution technique, ici, qui peut échapper au génie
des ingénieurs, au Québec, de... tu sais, qui peuvent... qui trouvent des
solutions pour décontaminer l'eau dans des régions désertiques, en Afrique,
ailleurs, puis que là on a, comme, ici, au nord, des problèmes d'acheminement.
Alors, ça... Moi, ce que je veux savoir,
c'est : Dans le budget, là, qui a été déposé, il y a-tu quelque chose pour
régler ça rapidement puis des échéanciers? Parce que c'est une crise de santé
publique puis de dignité humaine majeure. Donc, est-ce que d'ici la fin, là, du
mandat, là, que vous avez... qu'est-ce qui va être fait? Parce que les
rapports, je comprends bien, là, les rapports qui ont été déposés, mais il me
semble que c'est long, là, tu sais, je veux dire... Mettons qu'il y avait une
situation... Je veux dire, c'est une situation d'urgence. Mettons que c'était
considéré à juste titre comme une situation de vraie urgence, des ingénieurs
seraient envoyés là rapidement, ou s'il y en a sur place, puis on dirait :
OK, c'est quoi, la solution?, puis on trouverait le truc maintenant, là. C'est
l'eau, tu sais, ce n'est pas comme un rapport, la commission Gallant, une étude
sur quelque chose qui va peut-être se faire une transition numérique plus tard.
C'est comme... le monde ne peuvent pas se laver les mains dans les hôpitaux.
Ça fait que, est-ce que d'ici à l'élection,
il y a quelque chose qui va se passer, de l'argent qui va arriver là puis des
solutions techniques durables qui vont être mises en place? Est-ce que le
problème, c'est technique ou le problème, c'est la volonté politique?
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Bien, plusieurs points dans ce qui a été apporté par mon collègue.
Il parlait de l'eau contaminée, je veux revenir encore là-dessus. L'eau, elle
est de bonne qualité, elle est bonne, on n'a pas cet enjeu-là au nord. Ça ne
veut pas dire qu'il n'y a pas de problème, mais ce n'est pas ça, un.
Deuxièmement, dans la forme de
gouvernance, tantôt, on parlait avec le collègue de l'Acadie de notre
négociation d'un traité, Petapan, avec le Nord-du-Québec. Vous savez qu'on
fonctionne sous traité et vous savez qu'on reconnaît une forme d'autonomie pour
les <Inuits. Alors...
M. Lafrenière : ...sous
traité et vous savez qu'on reconnaît une forme d'autonomie pour les >Inuits.
Alors, la chose qu'ils nous demandent, c'est de ne pas arriver avec nos
réponses toutes faites du sud. Alors, quand mon collègue disait : Est-ce
que c'est une volonté politique?, moi, ma volonté politique, c'est de respecter
leur autonomie, d'y aller en forme d'aide et d'accompagnement, puis c'est ce
qu'on fait. Le rapport, ce n'est pas un rapport qui va se rajouter par-dessus
d'autres apports puis qu'on va mettre ça de côté. Je veux rassurer mon
collègue, là. On veut que les gens aient accès à de l'eau.
Et, M. le Président, on est allé voir
d'autres endroits, on est allés voir à Iqaluit, comment ça fonctionnait. Iqaluit
fonctionne avec un système qui achemine l'eau dans les maisons, mais ce qu'ils
ont décidé, cependant, à Iqaluit, eux, c'est de bâtir, de densifier. Il faut
bien parler du Nord pour parler de densification, là, donc très peu de terrain
qui est couvert. De les relier avec un système d'eau et d'égout, ça a été fait,
mais ce n'est pas la majorité du village qui est reliée encore.
Ça fait que ce que je veux dire, M. le
Président, c'est... Qu'on ait des bonnes idées, dans le sud, c'est vrai...
Est-ce qu'on va les aider? Oui, au niveau des camions, au niveau des pièces,
même de l'entretien. Mais mon collègue me demandait : Est-ce qu'on a la
volonté politique? La réponse, c'est oui. Est-ce que je respecte leur
gouvernance, de l'ARK de Makivik? La réponse, c'est oui. Mais on le fait en
accompagnement, M. le Président.
M. Zanetti : Dernière question
sur ce sujet-là. Écoutez, c'est clair, là, il faut respecter la gouvernance
puis que les solutions viennent d'eux. Je pense que ce qu'ils demandent, c'est
des fonds, du soutien financier. Est-ce qu'il y a de l'argent dans le budget
pour ça cette année, dans une ligne quelque part...
M. Lafrenière : La réponse,
c'est...
M. Zanetti : ...qu'on n'aurait
peut-être pas vue?
M. Lafrenière : Oh!
excusez-moi, excusez-moi.
M. Zanetti : Allez-y, allez-y.
M. Lafrenière : Pardon, j'étais
lancé. La réponse, c'est oui. Dans une entente qui s'appelle ISURRUUTIIT, on
parle de 163 millions sur cinq ans, M. le Président. Puis on a rencontré
les autorités, au nord, l'ASPN a demandé aussi des études pour évaluer d'autres
solutions que ce qu'on a présentement, c'est-à-dire de pomper l'eau, la
traiter, la mettre dans des camions et la livrer. Il y a certaines... certains
essais qui ont été faits de la part de Makivik et l'ARK qui pensaient faire des
puits pour certains édifices, dont les écoles, pour avoir... parce que ça prend
une plus grande quantité d'eau.
Et je veux juste dire... je veux rajouter
un élément pour mon collègue. Tantôt, il parlait de traitement des eaux usées. On
n'a pas ça dans le nord présentement.
M. Zanetti : Je comprends. Bien,
il faut...
M. Lafrenière : On a des
enjeux très techniques et technologiques. Encore là, tantôt, mon collègue me
disait : C'est un autre monde. C'est un autre monde. C'est un système de
lagunes, pour l'instant, qu'ils ont mis en place. Mais oui, il va falloir
travailler, le collègue a raison, surtout avec une explosion démographique où
on voit bien que la moitié des Inuits ont moins de 30 ans.
Alors, oui, les villages vont prendre plus
de place, il va y avoir plus de besoins. Là, même, je rajoute un élément à ce
que mon collègue dit, en toute transparence, oui, c'est un enjeu, on y
travaille, on travaille avec les autorités locales. Et je veux le rassurer, le
rapport, on va aller le présenter sur place avec les gens de l'ARK puis on veut
trouver des solutions ensemble, parce que ce qui est arrivé, oui, on pourrait
parler, exemple, de défaillances techniques, et tout, mais va falloir trouver
des mesures pour ne plus que ça arrive, M. le Président.
• (10 heures) •
M. Zanetti : Je comprends.
Merci. Bon, petit commentaire avant de passer à mon autre question.
163 millions sur cinq ans, ça m'apparaît peu par rapport au chiffre de
2 milliards qui sont sortis dans les articles de journaux, comme
évaluation du manque à gagner en termes d'infrastructures nécessaires, très,
très peu.
Mais
je veux changer de sujet, parce qu'il faut qu'on parle aussi de la crise du
logement qui frappe beaucoup de communautés au Québec. Notamment, ça a été
dénoncé par Amnistie internationale, ce qui se passe à Manawan n'a aucun bon
sens. La communauté estime que, bon, évidemment, il y a des logements
insalubres, surpeuplés, souvent dangereux pour la santé. Il manque
200 logements supplémentaires. 200 logements, là, ce n'est quand même
pas tant que ça à l'échelle du budget du gouvernement du Québec. Qu'est-ce que
le gouvernement va mettre en place, financièrement, pour soutenir les projets
de construction de la communauté de Manawan?
M. Lafrenière : Comme la
question était remplie, je vais me permettre de répondre aux trois éléments de
la question de mon collègue, s'il vous plaît.
Quand il disait : Ça me semble bien
peu sur cinq ans, bien, c'était spécifiquement pour l'eau. Au Nunavik, on évalue
entre 800 millions à 1 milliard par année, quand on regarde toutes
les dépenses pour le nord, pour les 14 000 habitants. C'est ce qui
fait... On comprend très bien que c'est une réalité que coûte... tout coûte
beaucoup plus cher. Mais je veux rassurer le collègue au niveau de la somme. Numéro
un.
Numéro deux, pour ce qui est du logis,
c'est vrai qu'au Nunavik on a un enjeu aussi de logement, M. le Président. C'est
le fédéral qui bâtit et c'est nous qui ramassons la facture d'entretien. Vous
pourriez vous dire : C'est un bon deal. Pas totalement, M. le Président.
Avec les conditions nordiques, il faut mettre beaucoup plus de sous pour
l'entretien que pour bâtir. Et maintenant, avec le fédéral, on a changé la
donne. Quand ils bâtissent, on fait partie de cette discussion-là pour ne pas
se retrouver avec des surprises.
Je termine avec Manawan. Excusez-moi,
c'était plusieurs points, ça fait que je veux répondre à chacun. Manawan,
réalité complètement différente, c'est une communauté qui n'est pas sous traitée,
c'est une communauté... puis ma réponse, je veux la finir, par exemple. C'est une
communauté où la responsabilité du logement, elle est fédérale à 100 %.
Est-ce qu'il y a des besoins de logement dans les communautés? J'ai fait toutes
les communautés, M. le Président, plus qu'une fois, puis je sais que ma <collègue
est allée aussi, la réponse...
>
10 h (version révisée)
<17903
M.
Lafrenière :
...puis je sais que ma >collègue est allée
aussi, la réponse, c'est oui. Je vais vous donner un exemple, M. le Président, Lac-Simon,
100 naissances par année, ils ont du budget pour bâtir environ trois
maisons, pas besoin de faire des mathématiques bien, bien longtemps pour se
dire que ça ne marche pas.
Alors, une fois que j'ai dit ça, M. le
Président, ça ne nous empêche pas d'avancer. Ça ne nous empêche pas d'avancer comment?
En étant créatifs. Je vous donne un exemple. On a fait une entente avec la
communauté de Pessamit, une entente qui... La signature de l'entente leur a
donné 45 millions. Avec cette somme-là, ils ont décidé de bâtir des
maisons. Il y a plus de 60 maisons qui ont été bâties. Ça a été leur
priorisation, c'est eux qui ont décidé de le faire. Donc, avec un quartier qui a
été bâti, avec des gens qui ont accès à des maisons, c'est une des façons... Quand
mon collègue me demande: Le gouvernement du Québec, on fait quoi? Je ne m'assois
pas sur mes mains en disant : C'est fédéral. On cherche des solutions.
Donc, solution de Pessamit...
Puis tantôt je vais pouvoir revenir sur
tout ce qu'on a fait pour les milieux de vie étudiants. On est rendus à quatre
milieux de vie étudiants. Je sais que j'ai des collègues autour de la table qui
les ont vus, qui les ont visités. Alors, ça permet, là, aux membres des Premières
Nations et Inuits, pendant qu'ils sont à l'école, d'avoir accès à un logement
aussi.
M. Zanetti : Après presque
huit ans comme ministre des Relations avec les Premières Nations et Inuits, moi,
j'entends, tu sais, votre réponse puis je me dis : Ne faites-vous pas le
constat, comme moi, que le système colonial dans lequel on est, il bloque... il
bloque tellement le développement puis l'épanouissement des communautés
autochtones... Je veux dire, le fait que, là, on arrive avec ce problème-là, ah,
bien, ça, c'est fédéral, là, on pousse pour ceci, pour cela, puis là, bien là,
vous, vous êtes responsable de l'entretien, après ça vous êtes impliqué là-dedans...
Les communautés semblent dépossédées de l'autonomie
nécessaire, l'autodétermination nécessaire de prendre soin de leurs communautés
en fonction d'eux autres. Est-ce que vous ne partagez pas ce constat-là qu'il
faudrait changer, décoloniser le système politique dans lequel on est puis dans
lequel sont prises les communautés autochtones?
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Mon collègue me vieillit un peu, cinq ans et demi que je suis là.
M. Zanetti : Cinq ans et
demi? Désolé.
M. Lafrenière : Ce n'est pas
grave. Ce n'est pas grave, mais ça n'a pas pris des années pour arriver à un
constat. Ce que mon collègue dit comme réflexion, c'est correct de l'avoir, mais
les personnes qui vont devoir répondre à ça, ce sont les membres des Premières
Nations et des Inuits. Quand on parle de la Loi sur les Indiens ici, dans cette
salle, on peut tous dire que ça n'a pas d'allure, que ça devrait être refait, mais
ce n'est pas à nous autres à répondre à ça. Cette question-là a été posée. Il y
a des gens qui s'étaient posé la question, à savoir est-ce qu'on devrait revoir
le régime? Votre question... la question de mon collègue, pardon, elle est très
bonne, mais les gens qui vont devoir y répondre, ce sont les membres des
Premières Nations et des Inuits.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Il vous reste six
minutes pour votre groupe d'opposition, merci.
M. Zanetti : Oui, oui,
exactement. Je vais faire un dernier petit commentaire puis je vais passer la
parole à la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Effectivement, la réponse doit
venir des communautés, des nations autochtones, des Inuits. Je pense qu'il va
falloir aussi que nous, on ait envie ensemble de coconstruire un autre Québec, un
Québec libre et souverain pour tous les peuples du Québec. Mon petit
commentaire éditorial, je sais bien que, là-dessus, on ne s'entendra pas
aujourd'hui, ce n'est pas directement lié au budget. Mais, là-dessus, je passe
la parole à ma collègue députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
M. Lafrenière : ...puis, oui,
on va permettre à notre collègue, parce qu'on l'aime bien, on l'apprécie
énormément... J'aimerais juste répondre à ce que mon collègue a fait comme
éditorial en terminant. Il y a une solution aussi à ça, ce sont les traités. Au
Québec, on a plus de 51 % du territoire qui est couvert par traité, qui
vient sortir les membres des Premières Nations et les Inuits de la Loi sur les
Indiens. Donc, on peut penser aux communautés cries, naskapies, inuites, et, si
vous allez dans les communautés cries, vous allez voir que, justement, la façon
de vivre, pour elles, c'est bien mieux qu'ailleurs. Voilà mon commentaire
éditorial aussi.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
cinq minutes, questions, réponses.
Mme Massé : Merci, M. le
Président. Sachant que le Nunavik occupe la moitié du territoire au Québec, ce
n'est pas surprenant que les traités couvrent la moitié du territoire
québécois.
M. le Président, depuis un mois, les
camions ont recommencé à déverser de la terre jour et nuit avec des gros spots
de lumière qui dérangent tout le monde, de la musique à tue-tête, de l'alcool
qui coule à flots. Les coups de feu à toute heure du jour sont de retour. Les
courses en voiture sur la route se multiplient. Le lixiviat du dépotoir G&R
coule encore. Vous l'avez compris, je parle de Kanesatake. Le crime organisé a
pris le dessus, puis ils font la loi depuis des années. Les citoyens et
citoyennes vivent dans une zone de non-droit. Vous le savez, M. le ministre,
nous les avons rencontrés ensemble à plusieurs reprises l'an dernier.
Vous êtes désormais ministre responsable
des Relations avec les Premières Nations et les Inuits, ministre responsable de
la Sécurité publique, vice-premier ministre, et je sais fort pertinemment que
tout ce qui concerne la traite des personnes vous <préoccupe. Alors, je n'ai
qu'une question...
Mme Massé :
...traite
des personnes vous >préoccupe. Alors, je n'ai qu'une question : Où
est le plan d'action concret, solide que vous nous avez dit que vous alliez
mettre et que les citoyens et citoyennes de Kanesatake, mais pas seulement de
là, attendent avec impatience?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci. Merci,
M. le Président, puis merci à ma collègue, parce qu'elle sait à quel point
c'est un enjeu qui me turlupine, quand on parle de Kanesatake, quand on parle
des gens puis des citoyens, M. le Président, qui m'écrivent directement en
disant : Ça n'a plus d'allure, on entend des décharges d'armes à feu la
nuit, on n'est plus en sécurité. Je vais essayer d'y aller par blocs puis de
faire ça rapidement pour le temps qu'on a.
Premier bloc, pour la terre contaminée, ma
collègue connaît bien la situation, sait très bien que, parfois, le fédéral se
traîne les pieds, mais, dans ce cas-là, a offert jusqu'à 100 millions pour
décontaminer le territoire et tout. Et là ce qui a éclaté, c'est la gouvernance
de Kanesatake, qui a résulté par un changement. On a un nouveau groupe qui est
rendu aux commandes de la communauté. M. le Président, en tout respect pour
Kanesatake et la gouvernance mohawk, je dois vous dire que, présentement,
l'instabilité politique de la communauté contribue grandement aux activités qui
se passent là-bas. Ceci étant dit, M. le Président, j'avais dit à ma collègue
qu'avec le fédéral on travaillait pour un plan costaud pour agir contre le
crime organisé, puis ma collègue le sait, à quel point c'est une passion pour
moi, agir contre le crime organisé. Je lui dis que ça va être très, très, très
bientôt.
Autre volet qui change un peu, on réussit,
avec d'autres partenaires, puis je ne peux pas aller plus loin aujourd'hui, M.
le Président, à être capables d'essayer de proposer quelque chose de différent,
parce que ce qui ne marche pas, là, c'est le modèle actuel. Le modèle de
gouvernance m'empêche de faire quoi que ce soit, M. le Président. On essaie. On
a deux groupes, ma collègue connaît la réalité, là, deux groupes qui ne
s'apprécient pas du tout. J'ai relancé le fédéral. Moi, je veux vous rassurer
aujourd'hui, M. le Président, puis je ne parle pas dans des mois, dans des
semaines, on va être capables de faire un changement.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques, il reste 1 min 45 s.
Mme Massé : Merci, M. le
Président. M. le ministre, cette situation-là est connue, vous la connaissez de
a à z. Vous dites que des citoyens et citoyennes vous appellent directement, même
chose pour moi, ils n'en peuvent plus, et leurs enfants ne sont pas en
sécurité. Ils se font pointer le «gun» de même, s'ils disent des choses. On
va-tu attendre ce qui se passe au Mexique, où le crime organisé tire le monde à
bout de bras, juste parce qu'eux autres, ils font complètement ce qu'ils
veulent? Le plan, j'entends qu'il y a Ottawa, mais c'est Québec qui est responsable
parce que Kanesatake n'est pas une réserve.
M. Lafrenière : Effectivement,
c'est un territoire de réserve, M. le Président. C'est une approche qui est différente,
mais il y a une chose qui demeure, les gens qui sont sur place ont le droit de
vivre en sécurité. Et c'est vrai, ma collègue le sait, que j'ai fait des
approches avec les deux anciens grands chefs. De part et d'autre, on pensait
avancer, et là, au niveau politique, tout s'est écroulé, mais, je le redis
encore une fois à ce micro devant ma collègue, on a une nouvelle approche, une
nouvelle initiative qu'on va mettre de l'avant, parce que ce qui se passe
là-bas, ça n'a pas d'allure, M. le Président.
Et, pour ceux qui étaient autour de la
table pendant la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs,
vous savez à quel point c'est un enjeu qui est prioritaire pour moi, puis ce
qui se passe là-bas, ça n'a pas d'allure, M. le Président. Alors, on va agir.
On va agir très prochainement. Puis je ne veux pas corriger les chiffres de ma
collègue, mais je vais lui rappeler que le Nunavik, c'est 29 % du
territoire. Donc, il y a toute la communauté crie aussi quand on faisait le
50 %.
• (10 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
l'Acadie, pour 20 min 9 s, s'il vous plaît.
M. Morin : ...on va continuer
sur le sujet sur lequel nous nous sommes laissés. Évidemment, je ne peux pas
vous remontrer ma photo d'un tableau didactique, n'est-ce pas, mais je peux
quand même la décrire, M. le Président. Ça, je peux faire ça.
Alors, dans le cadre d'une rencontre avec
la Table nationale de la réussite éducative des élèves autochtones, la table,
les partis d'opposition avaient été invités, ainsi que les membres du
gouvernement, entre autres la ministre de l'Enseignement supérieur, la ministre
de l'Éducation. Or, après vérification, M. le ministre, j'ai bien entendu votre
réponse, si mon souvenir est bon, vous avez dit que vous n'étiez pas là parce
que le gouvernement n'avait pas été invité. Or, en janvier 2026, le
8 janvier, les ministres de l'Éducation ainsi que la ministre de
l'Enseignement supérieur ont été invités, et tous les membres de la table
étaient en CC. La rencontre a eu lieu le 6 février 2026, donc à peu près
un mois avant. Compte tenu de ces nouveaux éléments là, est-ce que vous voulez
modifier votre réponse, M. le ministre?
M. Lafrenière : Une chose que
je vais faire, M. le Président, je ne contredirai pas mon collègue sans
regarder les documents et je vais aller m'enquérir, mais je continuerais pareil...
la réponse qu'on avait tantôt, puis, pendant qu'on va se jaser, je vais faire
les vérifications de mon côté, M. le Président.
Au final, la situation est la même. C'est
quoi, la situation, M. le Président? On se retrouve devant un litige devant les
tribunaux, et, autant nous que le CEPN, ce qu'on veut, c'est réussir à
travailler ensemble, d'avoir une entente de confidentialité, parce que, M. le
Président, on l'a essayé. Moi et le responsable du CEPN, on a essayé de <continuer
de se parler, de travailler ensemble...
M. Lafrenière : ...on a
essayé de >continuer de se parler et de travailler ensemble. Ça s'est
retrouvé dans un affidavit, ça s'est retrouvé devant les tribunaux, puis on n'a
pas gagné ni un ni l'autre là-dedans.
Alors, on a écrit... Le 24 mars dernier,
M. le Président, moi et ma collègue de l'Éducation, on a écrit au CEPN en leur
proposant, rapidement, qu'on trouve une solution, c'est-à-dire qu'on trouve une
entente de confidentialité pour continuer de travailler ensemble, parce que, M.
le Président, même si, présentement, le CEPN est devant les tribunaux avec
nous, il ne faut pas que ça nous empêche de travailler avec eux pour la
réussite scolaire des enfants. Et j'ai très bien compris le point que mon
collègue a amené pour la lettre. Je suis en vérification, M. le Président,
parce que je veux... je ne le contredirai pas sans avoir lu le document de mon
côté, M. le Président.
M. Morin : Alors, M. le
Président, effectivement, il y a un litige. D'ailleurs, dans le cahier des
crédits qu'on nous a donné, c'est indiqué clairement à la page 21.1. Cependant...
et je comprends que ça peut être parfois délicat, s'il y a un litige devant les
tribunaux. Cependant, je rappelle à M. le ministre que la table, entre autres,
s'est dotée de trois grands objectifs, notamment la mise en place et le suivi
de formation sur les réalités autochtones par le personnel scolaire autant lors
des formations qualifiantes qu'en cours d'emploi, et il me semble... puis le
ministre a commencé à répondre à cette question-là, mais il me semble que ces
éléments-là pourraient quand même être discutés, tout en étant conscients qu'il
y a un litige, que ça peut poser des enjeux, mais que ça ne devrait pas figer
les travaux de la table, pour le bien des populations autochtones.
M. Lafrenière : Absolument, M.
le Président, puis c'est ce que je disais tantôt à mon collègue, j'ai joué dans
le film, M. le Président. J'ai tenu des rencontres avec M. Gros-Louis malgré ce
qui se passait, puis on s'est reparlé après, puis il n'était pas... il n'était
pas content de ça, ce n'est pas ce qu'il voulait, mais notre discussion s'est
retrouvée dans la contestation qu'on a ensemble. Ça fait que ça ne fonctionnait
pas. On ne peut pas aller, comme ça...
À l'inverse, de son côté à lui, il ne voulait
pas signer, puis je suis d'accord avec lui, il ne voulait pas signer une
entente qui couvrait à peu près tous les sujets. Il disait : Attends un
peu, il va falloir qu'on circonscrive ça. Je le répète à mon collègue, dans ce
cas-là, j'ai un duces tecum, j'ai un document pour le prouver, alors... pas
dans l'autre, mais j'ai une lettre qu'on a envoyée, ma collègue de l'Éducation
et moi-même, au CEPN, parce que nous, on veut que ça continue, et cette table
de la réussite éducative, mon collègue l'a bien dit, ça amenait des choses très
positives. On veut le faire, mais là on est dans un conflit devant les
tribunaux puis tout ce qu'on se dit ensemble peut se retrouver là. On veut
juste trouver une façon d'être à l'aise et... de part et d'autre, pour eux aussi.
M. Morin : Bien, j'aimerais
maintenant parler de l'Institut national d'excellence en éducation, l'INEE. On
nous a informés, M. le Président, que, le 1er avril dernier, la ministre
de l'Éducation a officialisé le lancement des activités de l'Institut national
d'excellence en éducation, dévoilant à cette occasion les 13 membres
appelés à siéger en son conseil d'administration.
Je cite ici une lettre qui m'a été envoyée
en mai 2026. Or, on dit : «Malgré les qualités des profils retenus, l'absence
de toute représentation des Premières Nations et des Inuits constitue une
omission majeure. Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'elle va à
l'encontre des constats répétés de la Commission de vérité et réconciliation du
Canada, de la commission Viens et du Vérificateur général du Québec, qui
appellent à une participation active des Premières Nations dans les instances
décisionnelles en éducation. Les premiers échanges entourant les travaux de
l'INEE démontrent déjà des lacunes quant à la compréhension des réalités
autochtones.»
Donc, comment est-ce que vous expliquez
ça, M. le ministre? Compte tenu des recommandations puis, entre autres, des
recommandations du Vérificateur général, quel est votre rôle là-dedans? Comment
vous travaillez avec vos collègues? Puis comment ça se fait qu'il n'y a aucun
membre, c'est ce qu'on nous dit, des Premières Nations et des Inuits qui ont
été invités à participer à cet institut-là, qui est, par ailleurs, très
important?
M. Lafrenière : Oui, merci. Merci,
M. le Président. Puis mon collègue souligne à juste titre ce qu'est mon
travail, c'est de travailler avec tous les différents ministères, tous mes
collègues, les différents ministres. Ce n'est pas rien, quand on se présente en
période de crédits, M. le Président, qu'on a... on a nos tables remplies de
documents, parce que je travaille avec tous les collègues de tous les
ministères.
Au niveau de l'éducation, M. le Président,
c'est une priorité. La preuve, même le Protecteur du citoyen l'a démontré, l'a
remarqué, qu'en matière d'éducation on avait fait des progrès, des progrès qui
étaient remarquables. Dans le dernier budget, M. le Président, j'ai... on a eu
une somme d'argent à mettre pour poursuivre les mesures qu'on <avait
mises dans...
M. Lafrenière :
...on
a eu une somme d'argent à mettre pour poursuivre les mesures qu'on >avait
mises dans le... dans J'ai espoir, c'est-à-dire pour répondre à la commission
Viens, et, dans nos priorités, l'éducation en fait partie, M. le Président.
Alors, une réponse longue à la question
courte de mon collègue. Oui, je vais faire le suivi avec ma collègue de
l'Éducation, mais, s'il me demande quel est mon travail, c'est de maintenir
cette relation-là à l'interne pour savoir quels sont les besoins, comment y
remédier. Puis là je n'ai pas le goût de lui resservir la même réponse avec le
CEPN, alors je vais lui revenir, M. le Président.
M. Morin : Êtes-vous d'accord,
M. le ministre, pour dire qu'à tout le moins c'est préoccupant? Et seriez-vous
prêt à proposer à votre collègue, quitte à élargir le nombre de membres... pour
qu'on inclue des membres des Premières Nations et des Inuits?
M. Lafrenière : M. le
Président, en tout respect, est-ce que je pourrais ravoir la fin de la
question? Parce que je cherchais le document en même temps.
M. Morin : Oui. Alors, ce
que... Je vais répéter, M. le Président. Alors, ce que je disais, c'est que, je
comprends, vous travaillez avec vos collègues. Maintenant que vous êtes au
courant de cette réalité-là, ce constat-là, êtes-vous prêt à aller voir votre
collègue puis qu'on ajoute des membres à la table pour inclure des membres des
Premières Nations et des Inuits compte tenu de la lacune que je vous décris?
M. Lafrenière : Pardon, merci
beaucoup, cher collègue, d'avoir répété, parce qu'on cherchait la réponse en
même temps. Oui, moi, je vais aller voir ma collègue de l'Éducation pour voir...
parce qu'encore là je veux comprendre ce qui s'est passé, mais, M. le
Président, j'aimerais, a contrario, nous rappeler que, depuis que nous sommes
arrivés en poste, on a nommé de nombreux membres des Premières Nations et des
Inuits dans des conseils d'administration importants au Québec, et ça, c'est
des changements majeurs. Je peux vous parler de Santé Québec, avec le Dr
Vollant qui est là. On a une liste impressionnante, importante.
Alors, je comprends... Puis mon collègue
amène un point précis que je vais vérifier avec ma collègue de l'Éducation,
mais je veux aussi le rassurer. Il y a plusieurs nominations de membres des
Premières Nations qui ont été faites sur les conseils d'administration, puis
ça, ça fait partie de ma job aussi, avec mes collègues, de m'assurer que cette
pluralité-là, cette réalité-là soit prise en... soit prise en compte lorsqu'on
compose des conseils d'administration.
M. Morin : Donc, compte tenu
de votre réponse, je suis convaincu que vous allez en discuter avec votre
collègue, n'est-ce pas...
M. Lafrenière : Compte tenu de
deux de mes réponses.
M. Morin : ...et que vous
pourrez continuer le travail que vous faites. Il n'y a pas... il n'y a pas de
souci. Je vous remercie.
M. Lafrenière : Mais mon
collègue, juste... je veux juste terminer ce point-là. Mon collègue m'a parlé
aussi de l'invitation qu'on aurait reçue. Alors, dans les deux cas, je vais
parler à ma collègue.
M. Morin : Merci. Excellent.
Maintenant, toujours dans le domaine de l'éducation, parmi les réponses qu'on a
eues à différentes questions, on avait, entre autres... et ça fait référence à
un reportage qui a été publié chez Radio-Canada en septembre 2025, quand il y a
eu toute la question des blocages forestiers. Il y a eu une période de tensions,
et on a constaté... entre autres, la directrice des centres Mamik du Saguenay—Lac-Saint-Jean
estimait que les blocages forestiers avaient contribué à faire grimper le
racisme à l'endroit des Premières Nations dans la région. Cependant, on
constate également qu'il y a des compressions budgétaires dans le système
scolaire qui nuisent à la prévention du racisme dans les écoles du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
D'ailleurs, quand on est allés... quand
les partis d'opposition sont allés rencontrer la Table nationale sur la
réussite éducative, dans le cadre d'un tour de table, plusieurs participants qui
étaient là, des spécialistes dans le monde de l'éducation, nous disaient que
plusieurs écoles étaient mal équipées et qu'il y avait du racisme à l'égard des
membres des Premières Nations. Ce que j'aimerais savoir de vous, M. le
ministre, c'est quels sont les gestes que vous posez et que vous allez poser
pour éviter, d'abord, les compressions budgétaires et s'assurer, par la suite,
que ces... malheureusement, ces situations-là de racisme ne se reproduisent
plus.
• (10 h 20) •
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis en passant, tantôt, je faisais les recherches en même
temps qu'il parlait, là, pour les conseils d'administration. On était à plus de
26, mais qu'il soit rassuré qu'il y a du... il y a du travail qui a été fait.
Au niveau de la foresterie, M. le
Président, c'est un enjeu qui est majeur, majeur parce que vous connaissez la
situation économique présentement, M. le Président. Vous savez qu'en plus
des blocus on a notre voisin, je ne dirais pas notre ami, je vais dire plutôt
notre voisin du Sud, qui nous mène la vie dure pour les tarifs. Alors, c'est
une industrie qui est dans une position qui n'est pas simple.
Puis là mon collègue va penser que je m'en
vais bien loin, mais ça s'en va exactement où est-ce qu'il... où il m'a demandé.
Moi, ce qui me préoccupe beaucoup, depuis l'an passé, depuis ces blocus-là,
c'est la hausse de tension que ça a amené. M. le Président, je veux juste qu'on
se rappelle quelque chose. Ce ne sont pas les communautés autochtones qui ont
bloqué le chemin, ce sont des individus qui se sont dit ne pas reconnaître
l'autorité compétente sur le territoire, qui ont décidé, avec un groupe
d'individus, de bloquer.
Pourquoi j'ai pris la peine de vous dire
ça, M. le Président, c'est que ça a amené énormément de tensions à l'intérieur
même des communautés autochtones. Et, par la suite, ce que mon <collègue
a dit...
M. Lafrenière :
...l'intérieur
même des communautés autochtones. Et, par la suite, ce que mon >collègue
a dit, avec justesse, ça a amené des difficultés du vivre-ensemble, oui, du
côté de Mashteuiatsh, Roberval, je peux vous dire de La Tuque aussi, où je
parlais au responsable du centre d'amitié autochtone, qui disait : Ian,
quand on envoie nos enfants à l'école, on n'aime pas ce qu'on entend. Ça a
monté la tension d'un cran extrême.
Alors, qu'est-ce qu'on a fait suite à ça?
On a fait une entente avec le Conseil de la nation atikamekw. On commence par
là parce que c'est là qu'on a eu les plus gros enjeux au niveau de la
foresterie. On est avec eux pour reprendre, si vous voulez, cette gestion-là,
ce leadership-là, pour enlever les noyaux durs qui décident par eux-mêmes,
d'une façon individuelle, de faire un blocus. Oui, ils sont devant les
tribunaux, mais je vous dirais que les gens des communautés, M. le Président,
qui vivent de la foresterie, qui vivent de l'industrie, ne sont vraiment pas
contents de voir leur gagne-pain qui a été coupé par une personne qui avait
décidé de tout bloquer. Premier volet.
Deuxième volet, c'est vrai que, dans le
plan J'ai espoir, on avait investi beaucoup en matière d'éducation, entre
autres à l'école, pour amener les réalités autochtones, de changer le plan
éducatif. Je peux vous dire que mes filles de 16, 18 ans, quand elles sont
passées à l'école, déjà, ce qu'on enseignait sur les réalités autochtones, ça a
bien changé, ne serait-ce, M. le Président, d'arrêter de passer des
autochtones... de parler des autochtones au passé, d'en parler au présent et au
futur. Ça, ça a été fait, M. le Président. Ce qu'on a fait aussi, on a fait une
série de capsules vidéo, qui a pu être visionnée à plusieurs milliers de...
millions de reprises, pardon, dans toutes les communautés, pour faire connaître
les réalités autochtones.
Alors, M. le Président, pourquoi je vous
parle de tout ça, c'est que le rapprochement, le vivre-ensemble, c'est quelque
chose de sensible. Quand il arrive des blocus comme on a vécu, ça vient brasser
cette relation-là de beaucoup. Cette année, ce qu'on a mis en place, c'est une
entente avec le Conseil de la nation atikamekw, c'est de trouver d'autres
stratégies avec ces individus-là qui décident, de leur propre gré, sur leur
pouvoir à eux, de bloquer, parce qu'on ne peut pas se permettre ça, parce que,
oui, ça vient jouer beaucoup sur la cohésion sociale, M. le Président.
M. Morin : Toujours dans le
domaine de l'éducation, récemment, avec ma collègue la députée de Mont-Royal—Outremont, nous avons rencontré l'École des
dirigeants des Premières Nations, qui est propulsée, entre autres, par l'École
des dirigeants et HEC Montréal. On a rencontré le professeur associé Ghislain
Picard, que nous connaissons bien, et également M. Jean-Marc Gauthier. Quelle
est la somme d'argent que vous investissez dans cette école pour permettre la
réussite des Premières Nations et des impacts positifs dans les communautés?
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. J'en suis fort heureux, ça s'est fait lors du cercle économique de
Montréal, le Grand Cercle économique, et j'avais dit aux gens sur place :
Je pense, c'est le 10 millions le plus rapide que j'ai pu obtenir, parce qu'il
y avait une adhésion de la part des collègues, de la part du premier ministre,
qui avaient rapidement demandé qu'on aille de l'avant dans ce projet-là. Donc,
10 millions sur six ans, et pourquoi j'en suis si fier, M. le Président? Parce
qu'on forme nos dirigeants de demain. On forme les gens qui dirigent nos
communautés. Je peux même vous dire qu'il y a eu des... il y a eu des...
voyons, un groupe complet... bref, il y a eu des...
Une voix : ...
M. Lafrenière : ...des
cohortes, merci, il y a eu des cohortes complètes de femmes aussi, femmes
dirigeantes, qui ont pu passer par l'EDPN. Alors, c'est un excellent
partenariat. Récemment, il y avait un petit enjeu budgétaire. On a permis de
transférer le budget d'une année à l'autre pour les aider, mais c'est 10
millions sur six ans. Alors, c'est un très bon financement. Est-ce qu'on y
croit? La réponse, c'est oui. Les derniers chiffres, on parlait de plus de
1 000 personnes qui ont passé par les... par l'École de dirigeants des
Premières Nations, et ce qu'il y a d'intéressant, M. le Président, il y a même
des directeurs généraux de municipalités qui ont pu avoir cette formation-là.
Alors, ce que mon collègue parlait tantôt, là, le vivre-ensemble, d'apprendre à
se connaître, c'est même un volet qui est fort intéressant avec l'EDPN.
M. Morin : En fait, pendant
la rencontre, on disait même que les... l'objectif de 1 000 leaders
autochtones formés en cinq ans a été atteint en trois ans. Maintenant, ils sont
inquiets du financement et de la participation du gouvernement du Québec.
Est-ce que vous pouvez les rassurer?
M. Lafrenière : Merci à mon
collègue de parler pour l'EDPN, parce que c'est vrai qu'ils sont importants. On
a reçu la demande tout récemment. Alors, je ne le négocierai pas ici, sur la
place publique, mais je vais répondre autrement. Si mon collègue me
demande : Est-ce que c'est une priorité?, la réponse, c'est oui. Est-ce
que je vais travailler fort pour eux? La réponse, c'est oui.
M. Morin : Est-ce que vous
pouvez être plus précis, M. le ministre?
M. Lafrenière : Si mon
collègue...
M. Morin : Parce que, tu
sais, tout à l'heure, je vous demandais : Est-ce une priorité, Petapan?
Vous avez répondu oui. C'est toutes des priorités, je suis d'accord, mais...
M. Lafrenière : Non, ce n'est
pas toutes des priorités.
M. Morin : Mais là il
faudrait juste savoir où vous allez véritablement mettre vos billes.
M. Lafrenière : M. le
Président, mon collègue me demande de faire un engagement budgétaire,
aujourd'hui, pour lequel je n'ai pas d'oxygène, là. On a déjà trouvé une
solution à court terme avec eux. Pour le futur, je vais y <travailler
aussi.
M. Lafrenière :
...pour
le futur, je vais y >travailler aussi. Alors, la demande qu'ils avaient
faite, à très court terme, on les a aidés, mais là, par la suite, pour le
renouvellement, oui, j'y travaille, puis oui, c'est important, mais je ne peux
pas aller plus loin que ça aujourd'hui, M. le Président.
M. Morin : Mais vous n'avez
pas d'oxygène?
M. Lafrenière : Ça se termine
l'an prochain, M. le Président, en 2027. Alors, c'est pour ça que j'y vais dans
une volonté en disant : Vous voulez... vous voyez, c'est important, puis
je vais travailler là-dessus, mais c'est 2027, l'entente qui se termine l'an
prochain. Ça fait que je ne peux pas vous dire, l'année prochaine, ce qu'il va
y avoir dans le budget, M. le Président, mais vous comprenez que, oui, c'est
important. Oui, je vais continuer de militer pour eux. Oui, on leur a permis,
parce qu'ils sont allés chercher des bailleurs de fonds privés, de transférer...
Tout ça, c'est oui, mais je ne peux pas me commettre pour le budget 2027,
M. le Président, puis mon collègue serait le premier à me dire : Qu'est-ce
que tu fais là?
M. Morin : D'accord. Je vous
remercie. Autre volet que j'aimerais aborder avec vous, et on en a beaucoup
parlé dans la session précédente, maintenant, la première ministre actuelle a
dit qu'elle irait peut-être de l'avant, si le ministre de la Justice se
trouvait un partenaire, avec son projet de Constitution. Il semblerait qu'il a
trouvé une partenaire. Ceci étant, ça n'a pas été glorieux, ça n'a pas bien été
pendant les consultations. En fait, ce que les Premières Nations nous ont dit,
c'est que les ponts étaient brûlés puis qu'il n'y avait pas eu de consultation.
Quel est votre rôle là-dedans? Quel rôle
vous jouez, M. le ministre? Parce que c'est un document qui est important,
c'est un document qui est fondamental, et là ma compréhension, c'est qu'avec
les Premières Nations ça ne va pas bien du tout.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis effectivement, c'est un dossier qui est supersensible.
Avant de parler de comment on l'a fait, je veux prendre un instant pour nous...
nous camper un peu sur la position puis de ce qui se passe présentement.
M. le Président, la Colombie-Britannique
s'est dotée d'une constitution. Il n'y a pas vraiment de volet autochtone,
alors que la Colombie-Britannique est très avant-gardiste. Donc, la Colombie-Britannique
a sa Constitution. Pendant que je vous parle, M. le Président, moi, je sais
qu'il y a deux communautés, puis il y en a peut-être d'autres... il y en a deux
qui m'ont avisé qu'ils travaillaient depuis un an et demi sur leur Constitution.
Je parle de Mashteuiatsh et Essipit, qui travaillent là-dessus, puis je suis
sûr que ça fait plus qu'un an et demi. Je vois ma collègue... Ça fait un bout
de temps qu'ils travaillent là-dessus, puis on ne le fait pas ensemble, puis je
comprends, puis ils font leurs travaux, puis ils veulent se définir, et tout, puis
c'est correct.
Pourquoi je vous parle de ça, M. le
Président? Parce qu'une constitution, c'est important, puis je pense que tout
le monde est d'accord là-dessus. Là, c'est dans le comment que vous voulez me
jaser aujourd'hui, puis, M. le Président, on a fait des rencontres. Il y a eu
des échanges, on a tenté des choses. Ce que mon collègue dit, je pense, c'est
la vérité de La Palice, et non pas de la police, là. On voit le résultat, ça
n'a pas... ça n'a pas donné le résultat escompté avec les Premières Nations et
les Inuits. Il y a des tentatives qui ont été faites, de rencontres, de
dialogue. Cependant, c'est un sujet qui est sensible, je le comprends très bien,
mais je comprends aussi que, d'avoir une constitution, c'est quelque chose d'important.
Et, quand on a entendu les gens se
présenter dans cette... je pense, c'était même dans cette salle, ici, venir
rencontrer les élus, d'avoir une position unique, c'est difficile, puis souvent
c'est une erreur qu'on fait aussi, M. le Président, de penser que les autochtones
ont une position. Ce n'est pas vrai. Ils sont comme nous, ils ont des... Des
fois, ils ont des partis politiques différents, ont des visions différentes.
Alors, certains disaient : Ne nous mentionnez pas du tout, du tout là-dedans,
on veut être exclus, puis ça va être correct. D'autres nous ont dit, au
contraire : Vous ne pouvez pas faire une constitution sans qu'on soit
impliqués là-dedans, entre autres les nations avec qui on a des traités, qui
demandent d'être reconnues.
• (10 h 30) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Merci beaucoup. M. le
député de Jean-Talon, pour 19 min 45 s, s'il vous plaît.
M. Paradis : Bonjour, M. le
ministre, à vous et à tous les membres de votre équipe. Pouvez-vous me dire où
se trouve la définition la plus récente et la plus complète de ce qu'est une
consultation préalable selon les meilleures pratiques reconnues par le
secrétariat que vous dirigez?
M. Lafrenière : M. le
Président, il faudrait qu'on se prenne une rencontre ensemble pour peut-être
une journée, puis ce n'est pas une blague. On a un guide sur les consultations
qui a été fait, M. le Président. Je peux vous dire une chose, pour répondre à
mon collègue, par exemple, sur ce que j'ai appris depuis que je suis là, depuis
cinq ans et demi, c'est l'élément le plus dur à définir, sur ce qu'est une
consultation. Je vais vous dire ce qu'on a... ce qu'on a défini que ce n'était
pas. Une consultation, ce n'est pas un droit de veto, puis ça, on l'établit
clairement avec les Premières Nations en disant : Ça ne peut pas être un
droit de veto, une extrémité de l'échelle, M. le Président. À l'autre extrémité
de l'échelle, ce que ça ne peut pas... c'est être un appel la veille en
disant : Je fais une annonce demain, tu es avisé. Ça ne peut pas être ça.
Pourquoi je vous dis ça, M. le Président,
puis je ne veux pas rendre ça caricatural, c'est que moi-même, dans plusieurs
projets, puis ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques pourra en témoigner, on
a essayé des choses. Exemple, elle et moi, on a essayé de travailler pour faire
reconnaître, respecter, défendre les langues autochtones. On a essayé chacun
notre tour, ça a été difficile, M. le Président, puis on pensait... Moi, dans
mon cas, j'avais fait des consultations, qui n'étaient pas des consultations,
qui étaient des dialogues. On a essayé de trouver la bonne façon. Ce que
j'essaie de dire à mon collègue, sa <question, elle est très
bonne, en sachant...
>
10 h 30 (version révisée)
<
17903
M. Lafrenière : ...on
a essayé de trouver la bonne façon. Ce que j'essaie de dire à mon collègue, sa >question,
elle est très bonne. En sachant est-ce qu'on a bien consulté, est-ce qu'on l'a
bien fait... parfois, on a fait des essais. Moi, je vous le dis, du côté de la
langue, on a fait un essai, ça n'a pas fonctionné comme on voulait. Mais c'est
très compliqué de venir dire : Voici comment on va consulter.
M. Paradis : Très bien. Alors,
M. le ministre, selon les documents que j'ai consultés, il y a une chose qui
ressort de vos propres documents, c'est qu'il faut que ce soit un processus
significatif qui vise à ce qu'on converge. Il faut qu'il y ait vraiment une
intention d'arriver à quelque chose ensemble. Je suis d'accord avec vous, ce
n'est pas un droit de veto, mais il faut que ce soit significatif.
Est-ce que vous considérez que, dans les
processus qui ont mené à la présentation du projet de loi n° 1
sur la Constitution du Québec, ces bonnes pratiques ont été suivies, sachant que
le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec de même que tous les
représentants des Premières Nations et des Inuits qui sont venus témoigner nous
ont dit : Essentiellement, on a eu une réunion, un appel téléphonique, et
ensuite il y a eu une lettre qui nous a été envoyée, que nous avons tous vue
ici, qui invitait les Premières Nations et les Inuits à transmettre leurs
commentaires à des membres de l'équipe du ministre de la Justice? Est-ce que
ça, selon vous, vous qui êtes le ministre responsable des des Relations avec
les Premières Nations et les Inuit... est-ce que vous considérez que les
meilleures pratiques que vous avez-vous-même énoncées dans vos politiques ont
été suivies?
M. Lafrenière : M. le
Président, j'avise déjà mon collègue que ma réponse va être longue. Ce qu'on a
fait dans ce dossier-là, M. le Président, mon collègue de la Justice a tenu des
rencontres qu'on a qualifiées d'exploratoires. On ne peut pas... On ne peut pas
appeler ça des consultations, pour toutes sortes de raisons qu'on connaît bien
tous les deux. Par la suite, quand il fait référence à la lettre, que j'ai vue
moi aussi, qu'il référait en disant : Écoutez, vous êtes 55 communautés,
si vous voulez avoir un lien direct et rapide dans ce dossier-là, vous pouvez
transmettre ça à quelqu'un de mon équipe, c'est vrai, M. le Président. Mais je
veux juste qu'on soit honnêtes, cependant, il y a quelque chose que je dois
rajouter à tout ça, c'est que, ces chefs-là, je suis en lien en continu avec.
Et la preuve, c'est que j'ai des chefs qui m'ont fait une demande, pour ne pas
nommer le grand chef de la nation crie, et j'ai organisé une rencontre avec le
ministre de la Justice, avec mon collègue.
Alors... puis en passant, là, je ne viens
pas vous dire que ça a été parfait, je ne veux juste pas que mes propos soient
déformés. Ce n'est pas ce que je dis aujourd'hui, mais entre ça puis dire qu'il
n'y a rien qui a été fait, ce n'est pas exact.
M. Paradis : Il n'y a
personne qui dit que rien n'a été fait...
M. Lafrenière : Non, mais je
tiens quand même à mettre les choses au clair.
Le Président (M.
Bachand) : Merci...
M. Paradis : Parce que là je
sais que vous avez... je vois que vous avez une liste, mais je veux juste...
Par exemple, est-ce que vous êtes capable de me confirmer... Bien, en fait, je
vous confirme que les Premières Nations et les Inuits, leurs représentants,
tout comme les membres des partis d'opposition d'ailleurs, personne n'a vu le
projet de constitution avant qu'il soit présenté. Est-ce que ça, ça constitue
une consultation suffisante des Premières Nations dans le contexte d'une
réconciliation, notamment la réconciliation législative qui est proposée par l'Assemblée
des Premières Nations du Québec et du Labrador? C'est important, parce que,
vous le savez...
M. Lafrenière : Oui, c'est
important.
M. Paradis : ...les Premières
Nations ont dit que ce projet de loi, il est irrecevable, irrécupérable et que,
s'il est adopté, non seulement ce ne sera pas une avancée dans le processus de
réconciliation, mais ça va être un pas en arrière qui risque de briser un
mouvement auquel plusieurs ont contribué pour qu'on soit sur le chemin de la
réconciliation. Alors, qu'est-ce que vous en pensez, de votre point de vue de
ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit?
M. Lafrenière : M. le
Président, si on me demande ce que j'en pense, de notre approche dans cette Assemblée,
je vais faire le parallèle avec le PL n° 32, et ma
collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques est avec nous, où on voulait faire la
sécurisation culturelle, parce que c'est un point important. Et quand on a
rencontré l'APNQL, on s'est rendu compte d'une chose. Parce que je leur ai
écrit, par la suite, en disant : Il faut se trouver d'autres solutions, ça
ne fonctionne pas, notre système parlementaire, avec vous, c'est-à-dire de vous
donner une période de temps très limitée avec un mémoire, comme on le fait dans
toutes les autres commissions. M. le Président, ça ne fonctionne pas avec les Premières
Nations et les Inuits.
On a lancé une table, en se disant :
On va trouver une solution ensemble pour faire ce qu'on appelait la
réconciliation législative. Mais, M. le Président, vous comprenez que, quand on
est pris d'un côté avec un privilège parlementaire... Puis moi, je l'ai vécu
dans trois de mes projets de loi, où je ne pouvais pas partager le projet de
loi en entier sans faire un outrage ou quoi que ce soit. On a été créatifs, on
a cherché des solutions. Bien, M. le Président, c'est vrai qu'on doit mettre ça
à jour, c'est vrai qu'on doit travailler différemment. Ma réponse à mon
collègue, c'est que c'est vrai qu'on doit faire différemment.
M. Paradis : Bon, il y a une
occasion de faire différemment qui est actuellement sous étude aussi en
commission parlementaire, c'est le projet de loi n° 5
visant l'accélération des projets, qui est présenté par votre collègue le
ministre des Finances. Là aussi, le chef de l'Assemblée des Premières Nations
du Québec et du Labrador est venu témoigner en commission parlementaire, tendre
la main, mais dire aussi qu'encore une fois il n'y a pas eu de consultation
préalable et que c'est un projet de loi qui est très important pour eux parce
qu'il vise des projets qui pourraient se développer sur des territoires des
Premières <Nations et les Inuits...
M. Paradis :
...
projets qui pourraient se développer sur des territoires des Premières >Nations
et les Inuits. Je suis en commission parlementaire, on a tenté plusieurs
amendements pour ouvrir la porte à une collaboration avec les Premières
Nations, pour répondre à cette main tendue, et à peu près toutes ces
propositions sont refusées. Donc, on se trouve encore avec les Premières
Nations et les Inuits qui disent : Non seulement ça ne contribue pas à la
réconciliation législative, mais ça va nuire, ça va nous faire reculer.
Qu'est-ce que vous en pensez, comme ministre responsable des Relations avec les
Premières Nations et les Inuit? Parce que le message que vous professez ici ne
semble pas être entendu par vos collègues.
M. Lafrenière : M. le
Président, tantôt, le collègue de l'Acadie me demandait c'était quoi, mon
travail avec les autres collègues, et ça, c'est un bel exemple, ce que mon
collègue me pose comme question, de la deuxième... de la troisième opposition,
pardon. Vous savez, M. le Président, d'amener un changement comme ça, c'est
exigeant. Et mon collègue des Finances a décidé de rencontrer les groupes avant
même de déposer son projet de loi. Il les a rencontrés, puis je ne viendrai pas
dire qu'il a fait une consultation, M. le Président, on va s'entendre
là-dessus. Mais attention, je veux juste qu'on prenne deux secondes pour se
dire les vraies choses. Il l'a fait pourquoi? Parce qu'on a amené ça en se
disant : On peut-tu essayer de faire les choses différemment? Et il l'a
fait, j'étais là. Est-ce que c'était parfait? Bien, je pense qu'il n'y a rien
de parfait, M. le Président. Mais quand mon collègue me dit c'est quoi, votre
travail avec vos collègues?, c'est d'influencer puis changer les choses dans le
cadre qu'on s'est donné ici, qui est l'Assemblée nationale.
Alors, de les rencontrer avant, ce n'était
pas fait par les collègues. On l'a fait, on l'a tenu. Alors, de dire :
Est-ce que c'était une consultation ou pas... On n'aurait pas pu tenir une
consultation sur un document qu'on ne pouvait pas leur donner. Là, je ne veux
pas jouer avec les mots, là, on arrive avec les limites de notre système. Mais,
M. le Président, je veux vous rassurer, quand j'ai des collègues, puis il y en
a plusieurs qui l'ont fait récemment, qui ont dit : Regardez, nous, là, on
va le faire, on va les rencontrer avant, on tient à leur parler avant, et tout,
je ne peux pas en vouloir à ces gens-là de tenter de changer les choses. Est-ce
que le résultat y est? Est-ce que les membres des Premières Nations se
disent : Écoutez, ça touche notre territoire grandement puis on... sans
consulter? Je pense que mon collègue a connu... a entendu la réponse, mais ce
n'est pas par manque de volonté ou par manque d'essai.
M. Paradis : Il n'empêche que
c'est un... des commentaires, c'est une analyse qui revient continuellement. Parce
que je pourrais vous parler aussi du projet de loi n° 69 réformant le
secteur de l'énergie, j'étais à cette commission parlementaire, ça a été la
même chose, très compliqué de tenir compte des considérations des Premières
Nations et des Inuits. Même chose sur le projet de loi n° 97 visant à la
réforme du régime forestier. Ça commence à faire beaucoup.
Alors, est-ce que vous pouvez nous dire
aujourd'hui que, pour le projet de loi n° 5, là on
est en fin de régime, on est en fin de mandat pour ce gouvernement, il va
retourner en commission parlementaire? C'est un projet de loi très important
pour les Premières Nations et les Inuits. Est-ce que votre gouvernement, est-ce
que votre collègue aux Finances va avoir de l'ouverture à ce qu'on considère
des réels amendements qui vont faire en sorte qu'on accepte la main tendue des
Premières Nations et des Inuits?
Parce que, malgré leur frustration, malgré
le fait qu'ils disent qu'encore une fois on n'a pas été consultés véritablement...
puis je comprends que c'est ce que je viens d'entendre, malgré le fait qu'on
est... on ne se retrouve pas, chez les Premières Nations et les Inuits, dans le
texte du projet de loi, il y a possibilité de faire en sorte qu'on limite les
dégâts et qu'on ne nuise pas à la réconciliation législative. Est-ce que vous
prenez cet engagement ici aujourd'hui devant nous?
• (10 h 40) •
M. Lafrenière : M. le
Président, je ne prendrai pas un engagement au nom de mon collègue ministre des
Finances, mais je suis persuadé qu'il va y avoir des amendements.
Ceci étant dit, mon collègue parlait
tantôt du dossier énergie, qui est un dossier hyperimportant... Et on a un
collègue de la banquette ministérielle, député de Joliette, qui était dans
cette fameuse tournée PGIRE, où on est allés sur le territoire, M. le
Président, quand on dit de faire les choses différemment, où on rencontrait les
gens des communautés et on se disait : On va se faire un espace spécifique,
pendant le moment du dîner, on va les inviter avec nous pour parler avec les
autochtones.
Pourquoi je vous dis ça, M. le Président?
Tantôt, mon collègue disait : Qu'est-ce que vous faites différemment? On
essaie, M. le Président, compte tenu de ce qu'on a, compte tenu de ce qu'on
peut faire, on essaie de faire différemment pour leur donner une plateforme
privilégiée, qu'ils puissent exprimer ce qu'ils veulent. Bon, le résultat, si
vous me demandez est-ce qu'il y a affluence, non, il y en a qui sont venus sur
place, mais ça nous a déçus, on aurait aimé avoir plus de gens. Ça fait que, M.
le Président, on essaie.
D'un autre côté, parce que mon collègue
faisait référence à la fin du régime, je dois lui rappeler que depuis qu'on est
ici il y a 23 ententes importantes qui ont été signées, et ça, ce n'est
pas rien. Oui, on peut s'améliorer sur bien des choses, puis il connaît mon
type, je suis assez ouvert à le dire, oui, il y a des choses qu'on peut faire
différemment. On a fait 23 ententes, ça fait que le verre, là, moi, je le
vois plus qu'à moitié plein.
M. Paradis : Très bien. Je
voudrais revenir, à la suite de mon collègue de l'Acadie, sur l'Institut
national d'excellence en éducation, parce que j'étais avec le collègue de
l'Acadie et le collègue de Jean-Lesage à cette journée très importante où on
parlait d'éducation. Et je pense qu'ici vous allez... je le sais, on en a déjà
parlé, vous allez convenir avec nous tous que la question de l'éducation est
centrale, fondamentale, cruciale pour l'avenir, la prospérité des Premières
Nations et des Inuits, comme pour la nation <québécoise...
M. Paradis :
...
l'avenir, la prospérité des Premières Nations et des Inuits, comme pour la
nation >québécoise, et le fait qu'il n'y ait personne pour représenter
les Premières Nations et les Inuits au sein de ce... de cet Institut national
d'excellence en éducation, alors que des propositions de candidature avaient
été faites et ont été rejetées, je pense que c'est un très mauvais signal.
Est-ce que vous convenez aujourd'hui avec
nous qu'il serait bon qu'il y ait, au sein de cet Institut national
d'excellence en éducation, une personne pour représenter les Premières Nations
et les Inuits et qu'il faut aussi s'assurer que, par la... par des mesures de
formation, il y ait cette capacité à tenir compte des considérations propres
aux Premières Nations et Inuits?
M. Lafrenière : Oui. M. le
Président, tantôt, je me suis engagé à rencontrer ma collègue de l'Éducation,
puis c'est... ça va se faire aujourd'hui, M. le Président. Avec ce que j'ai
entendu tantôt...
M. Paradis : ...
M. Lafrenière : Juste une
petite seconde, M. le Président.
M. Paradis : Mais, au-delà de
la rencontre, là...
M. Lafrenière : Je suis
d'accord que ça le prendrait...
M. Paradis : ...j'aimerais
savoir si vous, comme ministre, vous convenez qu'il faudrait cette
compétence-là au sein de l'Institut national d'excellence en éducation.
M. Lafrenière : Comme je
n'aime pas être le coach du lundi matin, je vais prendre le temps d'entendre le
pourquoi, pourquoi on en est là. Mais, oui, je suis d'accord avec mon collègue
que d'avoir une représentation, c'est vital. Mais vous comprenez la raison pour
laquelle je ne vous ai pas répondu avec un oui affirmatif. Je vais commencer
par aller entendre ce qui s'est passé. Puis je comprends qu'on est dans une
situation qui est compliquée, M. le Président, avec, présentement, un dossier
devant les tribunaux, ça nous met tous dans une mauvaise position. Mais nous
avons écrit, ma collègue et moi, au CEPN en disant : Soyons plus grands
que ça, trouvons une solution pour être capables d'être ensemble. C'est la
réussite scolaire, c'est important.
Puis, M. le Président, réussite scolaire,
mon collègue disait tantôt : Je suis sûr que le ministre est d'accord avec
moi. Tellement d'accord qu'on est les premiers au Canada à avoir fait quatre
milieux de vie étudiants, des endroits pour permettre aux étudiants autochtones
d'avoir la pleine réussite, d'aller au bout de leurs rêves. Est-ce qu'on y
croit? Oui. Tantôt, l'autre collègue m'a posé des questions sur l'EDPN, l'école
des Premières Nations, des dirigeants des Premières Nations. On a mis 10 millions
rapidement. Alors, M. le Président, il n'a pas besoin de me convaincre
là-dessus. Je pense qu'il le sait. Cependant, j'ai bien reçu son point puis je
vais parler à ma collègue, pour l'INEE et comment on peut faire aussi pour
changer, là, ce lien-là avec le CEPN. On a réécrit, je vais les relancer, il
faut qu'on trouve une solution, M. le Président, c'est trop important.
M. Paradis : Très bien. Je
vous amène sur un autre... On n'a pas beaucoup de temps, M. le ministre, mais
je vous amène sur un autre sujet, aux pages 67.1 et 67.2 des cahiers des
oppositions, des crédits, où on parle des cas de tuberculose dans les
communautés innues de la Côte-Nord et les communautés inuites du Nunavik. 755
cas pour 1 000... pour 100 000 habitants, alors que pour le
reste du Québec c'est six cas pour 100 000 personnes. Le
médecin-conseil en santé publique, Stanley Vollant, parle d'un taux de 18 fois
plus élevé chez les Premières Nations par rapport à la population générale et
rapporte notamment trois décès. C'est une situation absolument dramatique pour
le Québec, en 2026, et pour les Premières Nations et les Inuits.
J'aimerais savoir ce que vous comptez
faire pour remédier à cette situation qui est liée, on le sait par la revue de
presse et par les études, aux iniquités sociales, à la surpopulation des
résidences, aux problèmes de ventilation des logements et à la malnutrition.
Alors, qu'est-ce que le gouvernement compte faire pour s'attaquer à ce problème
dramatique?
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Parce que oui, ce n'est pas... ce n'est pas simple et c'est
multifactoriel. Puis mon collègue parlait d'iniquités, tout ça, je pense qu'on
doit commencer par le logement, un des enjeux de base au Nunavik. Quand on a du
surpeuplement, avec des cas de tuberculose, mon collègue va comprendre que
c'est une priorité numéro un. Alors, avec le fédéral, on y travaille. On a mis
des sommes importantes cette année, avec ma collègue de l'Habitation, pour,
entre autres, être capables de rénover et d'entretenir des bâtiments qui en ont
besoin. Donc, priorité numéro un.
Deuxièmement, l'autre chose qu'on s'est
rendu compte... parce que la régie... Vous savez qu'au Nord-du-Québec c'est une
régie. Lorsqu'on a parlé aux gens de la régie, ce qu'ils nous ont mentionné,
c'est qu'il y a encore des gens, M. le Président, en 2026, des Inuits, qui
craignent de se faire traiter à l'hôpital, qui ont cette crainte-là d'être
traités avec bienveillance. Et vous savez ce qu'on a mis en place avec la loi
sur la sécurisation culturelle. On veut les rajouter. Il y a une stratégie nationale
qui a été mise en place avec la régie puis le ministère de la Santé, Services
sociaux. Tout prochainement, on va pouvoir voir quel est le plan qui va être
développé avec les gens du Nord. C'est une réalité qui revient.
L'autre chose, cependant, M. le Président,
que je vais me permettre de vous dire, pendant quelques années, il y a eu une
baisse parce qu'on ne dépistait plus la tuberculose. On a dépisté beaucoup la
COVID, pour des raisons évidentes. On s'est remis à tester la tuberculose. Il y
a une hausse, présentement, des cas. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas vrai,
là. Je veux juste vous dire que, pendant des années, on a arrêté de tester la
tuberculose. Ça recommence, on suit ça de près. J'ai parlé aux gens de la régie
la semaine passée, et, oui, il y a un plan qui est en élaboration, M. le
Président.
M. Paradis : Bon, dans le
plan budgétaire, là, c'est la page D.19 du plan budgétaire du
gouvernement, c'est 20,9 millions sur trois ans pour le maintien du parc
de logements du Nunavik. Est-ce que c'est suffisant?
Deuxièmement, on apprend dans les cahiers
de crédits, page 27.1, qu'il n'y a eu aucune rencontre avec le ministère
de la Santé sur la question du maintien de la rénovation des hôpitaux et des
dispensaires en milieu <autochtone...
M. Paradis :
...
question du maintien de la rénovation des hôpitaux et des dispensaires en
milieu >autochtone. Est-ce que ça contribue de ne pas se parler?
Et troisièmement, il y a une des
recommandations qui a été faite, spécifiquement sur cette question-là, c'est
que les administrateurs de la santé publique du Nunavik soient autorisés à
utiliser les machines à rayons X dans les communautés, ce qui faciliterait
beaucoup l'accès aux services. Est-ce que vous comptez mettre en œuvre cette
recommandation?
M. Lafrenière : Beaucoup
d'éléments. Je vais essayer d'y aller rapidement.
M. Paradis : Trois,
rapidement, oui.
M. Lafrenière : CT scan,
puis je pense que c'est mon collègue de l'Acadie qui, voilà deux périodes de
crédits, il me semble, m'avait parlé de ça, du CT scan, au Nord, je vous
annonce que oui, pour l'achat... et oui, on travaille avec les communautés pour
l'accueil, parce qu'on comprendra, on ne peut pas juste le rentrer dans les
hôpitaux qui sont en place. Ça fait qu'on travaille avec la régie. Je leur en
parlais la semaine passée, c'est une excellente nouvelle pour eux. Pour les
gens qui nous écoutent à la maison, ça veut dire de ne plus prendre l'avion
pour aller dans le Sud pour avoir des scans. Ils vont pouvoir le faire sur
place dans les deux hôpitaux. Bonne nouvelle. Je pense qu'on s'est donné un
échéancier, c'était trois ans, jusqu'en 2029‑2030. Alors, ça, c'est un point
qui est extrêmement important.
Ensuite de ça, pour les budgets des
maisons, je veux juste m'assurer de répondre dans le bon ordre, budget des
maisons, la somme qui a été mise là, ce sont pour des entrepôts et des maisons
qui ont été vandalisées, brûlées. Ce n'est pas pour rebâtir. Je veux juste
mettre ça clair. Cette somme-là, c'est une somme qui est importante pour faire
les entrepôts, pour être capable de bâtir par la suite. On négocie. Il y a le
fédéral qui négocie le volet pour le nombre de maisons... de maisons qu'ils
veulent bâtir, et nous, avec l'ARK...
Des voix : ...
M. Lafrenière : ...OMHK,
pardon, l'ARK, OMHK et Makivik, on est à négocier ensemble une nouvelle entente
sur le financement pour bâtir des maisons, de le faire différemment, avec plus
d'autonomie.
M. Paradis : Très bien...
M. Lafrenière : Et ça,
d'ailleurs, M. le Président, pour répondre à une question de l'an passé, je
pense que c'était la collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques qui me parlait de...
pourquoi vous bâtissez des quatre et demi, des cinq et demi, pas des trois et demi,
bref, justement, on va avoir plus d'autonomie, qu'eux autres puissent décider
qu'est-ce qu'ils ont comme besoins dans leurs communautés, pas que, nous autres,
ce soit... on leur impose.
M. Paradis : Le troisième
point, là, mais... suggérer qu'il y ait plus de rencontres avec les gens du
ministère de la Santé sur la question des hôpitaux et des dispensaires.
Je voudrais terminer, là, il nous reste à
peu près une minute et demie, je pense, M. le Président, avec les budgets pour
les services sociaux des Premières Nations et des Inuits. L'initiative J'ai
espoir a pris fin en 2025. Le Plan gouvernemental pour le mieux-être social et
culturel des Premières Nations et des Inuits prend fin en 2027. Et vous avez le
Protecteur du citoyen, là, qui, dans son rapport de novembre 2025, parle
d'absence persistante de stratégie globale de mise en œuvre des appels à
l'action et le manque de leadership du gouvernement sur toute cette question-là
du suivi des recommandations du rapport Viens. Alors, beaucoup moins de
budgets, en réalité, là, dans votre budget 2026‑2027, huit fois moins que
l'enveloppe de 200 millions d'il y a cinq ans, huit fois moins pour les
services sociaux.
Est-ce qu'on va... Est-ce qu'on veut...
peut vraiment dire qu'on va dans la bonne direction quand on coupe par huit?
Le Président (M.
Bachand) : 30 secondes, M. le ministre.
M. Lafrenière : La réponse,
c'est non. Mais est-ce que... On n'a pas d'autre moment ensemble? Non. Puis ce
n'est pas vrai qu'il n'y a pas de plan. Il y a un plan J'ai espoir, avec
200 millions, il y a des crédits qui sont pris dans les autres ministères.
Il faudrait que je passe au travers tout ça, là. Il y a 50 millions qui a
été mis pour la sécurisation culturelle, 25 millions qui a été mis aussi,
que je veux prioriser, en éducation, en justice. Alors, la réponse, c'est oui,
dans nos cahiers à nous, mais il y a des sous qui viennent avec d'autres
ministères. Et, M. le Président, on va continuer d'avancer là-dedans, mais
c'est vrai qu'on a donné un grand coup avec le de 200 millions de J'ai
espoir. Ça a amené un changement. On veut se donner le temps de voir quel est
cet... ce changement-là, pour corriger notre prochaine stratégie.
• (10 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de l'Acadie, pour 19 min 45 s,
s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, je vais continuer, en lien avec une question que le collègue
député de Jean-Talon posait il y a quelques instants, relativement aux
appareils de tomodensitométrie. Je vous dirai, M. le ministre, que votre
collègue de l'Acadie a fait plus que vous poser des questions en crédits
là-dessus, il a fait adopter une motion à l'unanimité par l'Assemblée nationale
pour qu'il y ait effectivement un appareil de tomodensitométrie. C'est ce qu'on
demandait conjointement au gouvernement, avec la Régie régionale de la santé et
des services sociaux du Nunavik, de mettre en place les mesures nécessaires
afin que des services d'imagerie médicale soient disponibles au Nunavik en y
installant un tomodensitomètre, et ce, dans les meilleurs délais. Ça a été
adopté à l'unanimité.
D'où ma question. Dans le cahier de
crédits, on dit, entre autres, en réponse à une question de l'opposition
officielle sur l'état d'avancement de l'implantation et de la mise en œuvre de
deux appareils... on répond : «En février 2026, le ministère de la Santé
et des Services sociaux a confirmé à la Régie régionale de la santé et des
services sociaux du Nunavik l'octroi d'une allocation budgétaire de
1 million afin de réaliser les plans et devis préliminaires pour le
déploiement de deux appareils de tomodensitométrie pour desservir le <Centre
de santé...
M. Morin :
...
déploiement de deux appareils de tomodensitométrie pour desservir le >Centre
de santé d'Inuulitsiviket le Centre de santé de Tulattavik de l'Ungava.
Ce que j'aimerais savoir de vous, compte
tenu de la motion qui a été adoptée par l'Assemblée nationale... Oui, il y a
une allocation budgétaire, c'est très bien. Quel est l'échéancier, quelles sont
les prochaines étapes? Puis, dans votre liste de priorités, ça se situe où?
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, oui, présentement, c'est 1 million, et
la régie l'a appris en février 2026, M. le Président. Puis je m'excuse de ne
pas avoir souligné la motion que mon collègue a déposée, mais je m'en rappelais
qu'il avait travaillé là-dedans. Alors, c'est 1 million pour... réaliser,
pardon, les plans et devis préliminaires pour les deux endroits, M. le
Président. Et par la suite, quand je regarde l'échéancier qui nous a été
déposé, appel d'offres, 2026... 2027, pardon, pour être fonctionnel, 2030. M.
le Président... puis, oui, c'est d'une grande importance, mais je veux juste
expliquer aux gens qui connaissent peut-être moins le Nunavik que ces deux
hôpitaux-là ne peuvent pas accueillir ce type d'équipement là, c'est
impossible. Alors, il va falloir agrandir, il va falloir l'ajuster. Voilà
pourquoi ça prend un petit peu plus de temps.
Mais l'autre point qui est important, M.
le Président... je veux vous amener, qu'on n'a pas jasé aujourd'hui,
malheureusement, c'est l'ajout de la fibre optique au Nunavik. Pourquoi je vous
parle de ça? Parce qu'entre autres, du côté de Pov, ça permet de faire de la
télémédecine, entre autres, du côté de Pov, ça permet que des résultats
d'examens soient acheminés en temps réel, dans le Sud, pour être guidés,
supervisés par un médecin qui est là. Au lieu de prendre un patient, de
l'embarquer dans un avion puis l'envoyer à Montréal pour avoir des soins, on
est capables, avec la fibre optique, d'avoir accès à ces soins-là. Donc, c'est
un ajout extrêmement important, le CT scan, puis je veux remercier le collègue,
extrêmement important, on a avancé, ça va être dans les deux endroits. Puis là
dans le... dans ce que je vous dis, là, 2030, fonctionnel.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député d'Acadie.
M. Morin : Donc, si j'ai bien
compris, c'est en 2030, donc dans quatre ans. Il n'y a rien qui peut être fait
avant, étant entendu que vous vous souviendrez des questions que je vous posais
également en période de questions. Et, selon les statistiques, on a 43 fois
plus de chances de mourir d'un traumatisme crânien au Nunavik qu'à Québec.
Alors, quand j'ai lu la réponse, j'étais assez encouragé, mais là, quand
j'entends «quatre ans»... Je comprends que vous parlez de la télémédecine,
c'est important, je ne suis pas... évidemment, on est pour la télémédecine, on
est pour l'accès aux soins, mais ça m'apparaît être particulièrement long pour
que l'appareil soit... ou les appareils soient fonctionnels.
M. Lafrenière : M. le
Président... puis mon collègue le sait bien parce que ce n'est pas le premier
échange qu'on a sur la réalité nordique, on parle de plans et devis qui sont
réalisés présentement. On parle de début de travaux à partir de 2027, en se
rappelant qu'il y a deux bateaux par année qui peuvent apporter des matériaux,
avec une période de temps très courte pour bâtir. Et le collègue de la deuxième
opposition, tantôt, qui disait : C'est un autre monde, c'est une autre
réalité, c'est un autre monde... M. le Président, moi... puis mon collègue le
sait à quel point je peux être impatient, moi aussi, j'aurais aimé ça que ce
soit demain matin. Quand on parle à la régie, avec leurs capacités, avec ce que
je viens d'énumérer pour les livraisons, et tout, ce qu'ils nous disent comme
échéancier logique, pour eux, c'est : cette année, plans et devis; à
partir de l'an prochain, les travaux, pour qu'en 2030 ce soit fonctionnel.
M. Morin : Et je comprends
que les travaux avancent, donc éventuellement...
M. Lafrenière : Absolument. Absolument,
puis c'est une excellente nouvelle.
M. Morin : Vous pouvez nous
garantir qu'ils vont avoir les appareils?
M. Lafrenière : Absolument.
Il y a 1 million qui a été mis pour les plans et devis, et la somme qui a
été réservée au PQI, c'est entre 10 et 15 millions pour chaque CT scan.
M. Morin : Parfait. Merci.
Merci, M. le Président. Maintenant, dans les cahiers de crédits, je suis à la
page 52.1, il y a des questions qui ont été posées en lien avec les
recommandations d'une enquête nationale sur les femmes et les filles
autochtones disparues et assassinées. Et, quand on regarde les mesures avec les
différents ministères responsables... mais c'est... la question a été posée à
votre ministère, le secrétariat, donc, on a eu les réponses de vous, quand on parle
d'appels de projets pour les autochtones, langues autochtones, projets
culturels pour les jeunes d'âge scolaire et médias autochtones, on parlait
justement de l'enjeu avec les écoles, parfois même, malheureusement, la montée
du racisme, le montant pour 2025‑2026, il n'y en a pas. Est-ce que ça veut dire
qu'il n'y a rien qui va être fait?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis, excusez-moi, la question du collègue est à propos, mais elle
est précise, ça fait que je voulais <chercher comme...
M. Lafrenière :
...
question du collègue est à propos, mais elle est précise, ça fait que je
voulais >chercher comme il faut l'nformation. Puis en passant, M. le
Président, quand on parle de l'ENFFADA, on n'a pas besoin de vous convaincre
non plus, ça fait partie des documents qu'il y a devant moi quand je parle des
600 à 800 recommandations qu'on a à mettre en action. Le collègue a
raison. Puis ça, si ce n'est pas assez, je peux rajouter aussi que ma
vice-cheffe de cabinet était sur l'ENFFADA, alors elle connaît très bien le dossier
puis, si je l'oublie, elle me le rappelle à tous les jours, M. le Président, je
veux vous rassurer là-dessus.
Dans les sommes qui avaient été octroyées,
le collègue avait bien raison, c'est terminé avec le budget, on est en
réévaluation. Tantôt, je disais, pour une... pour l'ensemble de nos mesures, on
est à regarder les résultats que ça a donné, M. le Président, parce que, même
pour le 200 millions de J'ai espoir, qui s'est terminé, on regarde encore
aujourd'hui quels sont les changements que ça a amenés, où on s'en va pour le
futur. J'ai dit tantôt qu'il y avait des sommes, j'avais commencé à répondre à
la troisième opposition, rapidement, il y a des sommes qui ont été dégagées,
entre autres, pour la sécurisation culturelle, sur cinq ans, entre autres pour
l'éducation, pour la justice. Alors, je ne serai pas capable de revenir
aujourd'hui à mon collègue de façon précise, je peux m'engager avec lui, mais
ce qu'on a mis en place, cependant, pour l'ENFFADA, je puis vous donner
plusieurs exemples. Patrouille mixte... patrouille mixte, c'est important.
M. Morin : En lien avec la
question, et si vous avez des renseignements supplémentaires, vous pouvez sûrement
les faire parvenir à la commission, M. le Président, j'aimerais les avoir,
parce que, dans le... dans la même ligne de questions, et c'est peut-être dans
votre même document, service d'accompagnement psychosocial pour les femmes
autochtones victimes de violence conjugale, familiale et sexuelle, dans le
cadre de démarches judiciaires, le montant est de 260 000 $, mais ça
dit «mesure abandonnée». Et j'aimerais savoir pourquoi la mesure est abandonnée,
parce que, pour 2025‑2026, il y avait quand même un montant de
260 000 $ de prévu, et je n'ai pas d'indication à l'effet que... Malheureusement,
c'est un drame, c'est une tragédie. C'est que le nombre de cas diminue, donc la
somme devrait augmenter, puis la mesure devrait continuer, et on ne dit pas que
la mise en œuvre est terminée, on dit qu'elle est abandonnée.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. De façon bien précise, dans le dernier budget, j'ai eu la somme de
25 millions pour poursuivre des mesures importantes en éducation, en
justice. En santé, j'ai eu un 50 millions aussi. Et ces mesures-là, M. le
Président, au moment où je vous parle, on ne les a pas ciblées encore. Ça va se
faire dans les prochaines semaines. On est arrivés à la fin du budget qu'on
avait. J'ai reçu des sommes, on va regarder avec les différents collègues des
différents ministères qu'est-ce qu'on va prioriser, mais justice fait partie
des plans que je vais... des points que je vais prioriser, M. le Président.
Alors, cette décision-là n'est pas prise encore.
• (11 heures) •
M. Morin : OK. Sauf que la
réponse qu'on a obtenue, puis c'est ce qui m'inquiète, c'est qu'on dit... on ne
dit pas, par exemple, «en négociation», on ne dit pas «en cours de mise en
œuvre», on dit «mesure abandonnée». Donc, moi, quand je reçois cette
réponse-là, ça me donne l'impression que le ministère de la Justice, bien, ça
ne les intéresse pas beaucoup. Ça m'étonne, et je tenais à le rappeler
publiquement.
M. Lafrenière : Je le
comprends, M. le Président. Alors, moi, ce que je vais pouvoir répondre, sans
répondre au nom de mon collègue de la Justice, je peux vous dire qu'il y a des
mesures qui ont été mises en place. Certaines ont fonctionné, certaines moins.
Moi, ce que je peux dire, cependant, avec la somme que j'ai reçue, le
25 millions, avec mes collègues d'Éducation, Justice, Santé, je regarde ce
qu'on va prioriser dans les prochaines semaines, parce que, oui, il y a des
nouvelles mesures qui vont embarquer.
Mais, M. le Président, comme on parle de
l'importance des femmes, je pense que c'est important de se rappeler ce qu'on a
mis en place, cependant. Plus de 1 000 places dans les CPE, jamais
vu, on l'a fait. On en a fait... 5 000 au total, mais 1 000 nouvelles
places qu'on avait annoncées. Au total, c'est 5 800 places qu'on
finance. Les centres d'amitié autochtones, les milieux de vie... Bref, je
pourrais en faire longtemps, là, mais je ne veux pas...
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Acadie.
M. Morin : Parce que ma
question, elle est précise, et malheureusement, le nombre de cas de femmes
victimes de violence conjugale, familiale et sexuelle, c'est une tragédie dans
notre société, c'est une tragédie pour les femmes autochtones, et on parle ici
de service d'accompagnement psychosocial, ce qui est quand même hyperimportant.
Donc, je tenais absolument à attirer votre attention là-dessus.
Autre chose...
M. Lafrenière : Si je peux
répondre juste au point du distingué collègue...
M. Morin : Oui, oui,
rapidement.
Le Président (M.
Bachand) : Rapidement.
M. Lafrenière : Il a raison.
Et, M. le Président, quand on va déposer tout prochainement notre projet de loi
de Clare, qu'on veut déposer ensemble, je veux vous rassurer qu'il y a un volet
particulier qui va être travaillé pour les Premières Nations et les Inuits,
entre autres avec les centres d'amitié autochtones. Alors, je veux rassurer le
collègue là-dessus.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie. Toujours dans le même document : «Investir dans les solutions à
l'intention des personnes vulnérables à Montréal, dont les personnes
itinérantes, mises de l'avant par les milieux autochtones», c'est en cours de
mise en œuvre, sauf qu'il n'y a aucun montant d'argent qui est alloué.
Le Président (M. Bachand) :
...
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Même <réponse, dans ce cas-là...
>
11 h (version révisée)
<17903
M.
Lafrenière :
Oui, merci, M. le Président. Même >réponse
dans ce cas-là. Oui, on a fait beaucoup de choses avec, entre autres, PAQ, à
Montréal, pour toute la clientèle itinérante, et, oui, notre budget se
terminait. Alors, je vais ramener la même réponse que je viens de donner. J'ai
reçu des sommes récemment, que je suis à prioriser, et, pour ce qui est du
volet itinérance, au total, c'est 90 millions qui a été annoncé. Donc, la
déclinaison n'est pas encore faite, M. le Président. Ça va suivre.
M. Morin : Il y a un autre
volet que j'aimerais aborder maintenant, M. le Président, et c'est suite à des
informations que j'ai obtenues, entre autres, avec l'enjeu... et l'insécurité
de la nation de Longue-Pointe et de leur service de police. On apprend qu'ils
sont sans poste de police depuis près de 20 ans, que le corps policier
autochtone, en 2006, bon, a été dissous. Et ce que j'aimerais savoir du
ministre... et il y a eu aussi plusieurs articles qui ont été publiés dans les
médias à ce sujet-là. Est-ce que le ministre reconnaît qu'en 2026 il est
inacceptable qu'une communauté vive encore sans desserte policière adéquate?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Écoutez, c'est un dossier que je connais très bien. Je le pilote
avec l'actuel chef de Winneway, qui est un ancien
policier lui-même. Et mon collègue me demande : Est-ce que ça se peut qu'au
Québec... qu'il y ait une communauté qui n'a pas son propre service de police?
La réponse, c'est oui, puis il y en a plusieurs, M. le Président. On a 28 services
de police municipale, on a la Sûreté du Québec, puis on a 22 corps de
police autochtones, puis, à ma mémoire, on peut dépasser le millier de communautés.
Alors, ce n'est pas chaque communauté qui a son service.
M. le Président, quand on a fait le PL n° 13 ensemble, je nous ai donné un outil, qui s'appelle la
possibilité de régionaliser des services de police autochtones à leur demande.
Donc, les communautés de Pakuashipi, Unamen Shipuont demandé une régionalisation. La Loi de la police ne le
permettait pas. Maintenant, ils vont pouvoir le faire. Les communautés de
Winneway, Timiskaming First Nation et Kebaowek
voulaient une régionalisation. On leur a offert.
Là, M. le Président, ce qui s'est passé à
l'interne, et les deux chefs des deux autres communautés pourront le confirmer,
le chef de la communauté de Winneway a quitté la table. Nous, on continue d'avancer
avec les deux communautés qui sont toujours assises là, et moi, la porte est
ouverte. Je l'ai dit au chef de Winneway, à Steeve Mathias : Quand tu es
prêt, quand ta communauté veut, on sera là. En attendant, c'est la Sûreté du
Québec qui y va, M. le Président. Non seulement elle y va, mais, depuis
plusieurs mois, voire plus qu'une année, les communautés voisines y allaient
aussi pour patrouiller, et ce que ça a amené, M. le Président, il est arrivé
une femme qui a été poignardée à Kebaowek pendant que ces policiers donnaient
un coup de main à Winneway.
Alors, ce qui est arrivé récemment, c'est
sûr que ça allait amener beaucoup de tensions entre les trois communautés, en
disant : On vous donne un coup de main, là, il va falloir qu'on travaille
ensemble. Les trois communautés, une régie de police autochtone, c'est ce qu'elles
veulent. Moi, du côté de Winneway, je vais attendre qu'ils soient prêts à
embarquer dans cette aventure, mais on s'est donné l'outil législatif pour que
ça fonctionne. J'ai deux chefs de communautés, de Kebaowek, Timiskaming First
Nation, qui sont prêts, qui attendent puis qui disent : Là, on va avancer
quand même, et, quand Winneway sera prêt, ils avanceront avec nous.
M. Morin : Quelle est la
distance entre le poste de la Sûreté du Québec le plus proche et la communauté
de Winneway?
M. Lafrenière : Je pourrais
vous le sortir, M. le Président. C'est Ville-Marie.
M. Morin : Puis ça prend
combien de temps?
M. Lafrenière : Je ne veux
pas être plate, là. 1 h 30 min?
M. Morin : OK. Moi, d'après
les informations que j'ai, c'est au-delà d'une heure que ça prend.
M. Lafrenière : C'est ça, une
heure, 1 h 30 min.
M. Morin : S'il y a une
situation d'urgence, puis je ne remets pas, évidemment, en lien ou en cause l'efficacité
de la Sûreté du Québec, mais ça prend quand même bien 1 h 15 min pour
se rendre. Ça fait qu'est-ce qu'ils vont faire?
M. Lafrenière : Attendez, M.
le Président, juste qu'on mette les choses en contexte, les gens qui nous
écoutent à la maison, là, si vous habitez à Saint-Fortunat, je vous confirme
que ça va être Weedon à 2 h 15 min. Alors, la desserte par la Sûreté
du Québec à la grandeur du territoire, ça existe. Dans le cas de Winneway, on
est... on a fait le... on a fait le pas de plus en comprenant que c'est une
communauté autochtone qui avait des enjeux qui étaient différents. On a offert
que les deux communautés voisines puissent aller patrouiller là, qu'ils se sont
mis à découvert eux-mêmes pour aider, mais ça va des deux côtés, là.
M. Morin : Avec respect, M.
le ministre me donne un exemple qui est pire que l'exemple que je donne.
Écoutez, ce n'est pas ça, l'objectif, puis je trouve ça vraiment dommage que ça
prenne autant de temps, dans des communautés ailleurs qu'à Winneway, pour avoir
un service de police. Mon point, là, c'est : Essayons de s'améliorer. Ne
me donnez pas un exemple qui est pire.
Alors, qu'est-ce qui va arriver? Parce
que, là, ma compréhension, c'est qu'il n'y aura pas de services normaux de
sécurité <publique, puis vous êtes...
M. Morin :
...pas de
services normaux de sécurité >publique, puis vous êtes aussi le ministre
de la Sécurité publique, pour desservir cette population-là, et il y a eu
plusieurs articles dans les journaux qui ont été publiés à cet effet-là. Alors,
quel est le plan que vous allez mettre en place pour régler cette situation-là?
Parce que la communauté, d'après les informations que j'ai, voudrait bien avoir
un service de police et régler la situation.
M. Lafrenière : M. le
Président, l'exemple que je donnais tout à l'heure, j'essayais d'expliquer
qu'il y a 1 123 municipalités au Québec, et elles n'ont pas toutes
leur service de police dans leur municipalité, puis ça, on le comprend. Ceux
qui vivent en région le comprennent et le comprennent bien. Pour Winneway, ce
qu'on a offert, c'est une démarche qui est encore meilleure que ça. Mon
collègue me demande quel est le plan. On a passé, de façon législative, la
possibilité d'avoir une régie de police autochtone. Les deux communautés
voisines adhèrent, vont de l'avant.
Moi, je ne peux pas forcer Winneway, je ne
peux pas forcer le chef à faire l'autre pas. Ce sera à lui de se joindre à
nous, mais on est là, et, en attente, il y a les patrouilles de la Sûreté du
Québec qui y vont. Il y a même les deux communautés voisines qui acceptent de
se déshabiller, de se dégarnir pendant une période de temps pour envoyer des
policiers à Winneway malgré leur non-volonté d'embarquer dans cette régie-là
pour l'instant. Alors, il y a des choses à régler entre elles, entre les trois
communautés, mais nous, on est prêts, le fédéral est prêt. On est là. On a même
fait le changement législatif. On ne peut pas être plus près que ça, là.
M. Morin : Puis, dans vos
priorités, ça arrive où?
M. Lafrenière : S'ils veulent
demain matin... demain matin, on est assis ensemble. Les deux communautés
voisines attendent à ce qu'on est sur place pour le confirmer. Là, c'est leur
volonté à elles, je ne peux pas les forcer.
M.
Morin :Est-ce que vous parlez au chef de Winneway?
M. Lafrenière : Depuis qu'il a
quitté la table, on s'est moins parlé, M. le Président.
M. Morin : Puis quels sont
les liens que... les choses que vous avez mises en place pour le ramener à la
table? Parce que c'est vous, le ministre.
M. Lafrenière : Oui, j'ai un
facilitateur que c'est sa job à temps plein. Lui, il lui parle souvent, mais
moi, pour l'instant, quand j'ai un chef qui a quitté la table... Et ça a amené
une situation avec les deux communautés voisines, qui n'étaient vraiment pas
contentes parce qu'elles-mêmes se sont dégarnies à ma demande pour donner un
coup de main. Elles-mêmes ont travaillé très fort pour aider la communauté de
Winneway. De voir cette réaction-là, elles n'étaient pas contentes. Moi, je
suis non seulement très ouvert, nos équipes administratives sont en contact
avec Winneway. J'ai un facilitateur, qui est un ancien policier de la Sûreté du
Québec, qui est en lien en continu avec lui. Alors, on lui parle, M. le
Président.
Le Président (M. Bachand) :
M. le député de l'Acadie, pour une minute.
M. Morin : ...probablement
dernière question. On apprenait, en mars 2026, que les Services parajudiciaires
autochtones étaient menacés, faute de financement clair. Il y avait une date
butoir. L'organisme était vraiment inquiet pour son budget. Qu'est-ce qui a été
fait pour qu'on puisse s'assurer que les Services parajudiciaires autochtones
ne seront plus menacés et qu'il y aura un financement pour ces services-là?
Le Président (M. Bachand) :
30 secondes, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : ...M. le
Président, je vais servir à mon collègue la même réponse que je lui ai donnée
plus tôt. J'ai eu 25 millions dans les priorités, éducation, justice,
santé, entre autres. Alors, c'est ce que je suis en train de réévaluer avec les
mesures de SPAQ, qui est un organisme que je connais bien et que j'ai rencontré
à plusieurs reprises.
• (11 h 10) •
Le Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup, M. le député de l'Acadie. Je me tourne maintenant vers le
gouvernement. Mme la députée de Lotbinière-Frontenac, s'il vous plaît.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour aux équipes. Je salue
également les collègues des oppositions et de la banquette gouvernementale.
M. le ministre, vous avez souvent parlé de
la présence du crime organisé dans les communautés autochtones et des
problématiques causées. Donc, on sait que c'est un sujet qui vous tient à cœur.
Pouvez-vous nous en... nous dire ce que le gouvernement fait pour mieux
dissuader, prévenir ou lutter contre le crime organisé au sein des communautés
qui sont déjà vulnérables?
M. Lafrenière : Oui, merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Merci, chère collègue. Oui, c'est un sujet qui
me tient à cœur, et je revenais à la question de l'opposition officielle, de
mon collègue, sur Winneway, et je suis... de sortir les chiffres, de l'argent
qu'on a mis de l'avant pour être capables de négocier, de leur faire un plan,
parce qu'ils voulaient un plan, un plan de faisabilité, et tout.
Pourquoi je parle de ça avec la question
de ma collègue de Lotbinière-Frontenac, c'est que ça fait partie, pour moi, de
la lutte au crime organisé, et, quand on a une communauté où le service de
police n'est pas bien organisé, pour moi, ça laisse la porte ouverte à des gens
sans scrupules, et malheureusement, ça m'a donné raison. Dans les dernières
semaines, le chef, même, a été menacé de son côté.
Alors, on veut contrer tout ça. Je suis le
premier à l'offrir. Et, M. le Président, vous savez, la première tournée que
j'ai faite sur la Côte-Nord, je suis arrivé face à face avec trois motards
criminalisés à Sept-Îles et j'avais appelé les chefs des communautés en disant :
Ce n'est pas bon signe de les voir dans votre région. Et mon collègue, qui
était procureur, sait ce que ça veut dire, la prochaine étape, bien, c'était de
prendre des photos avec les femmes, avec les enfants, et, l'année d'après,
bien, c'est la drogue, qui était très présente, et le crime <organisé est
très présent dans les communautés...
M. Lafrenière : ...qui était
très présente, et le crime >organisé est très présent dans les
communautés, malheureusement.
Qu'est-ce qu'on a mis en place?
Premièrement, avec le projet de loi n° 13, qu'on a... qu'on a accepté
ensemble, on a mis une règle qui interdit à des groupes criminalisés de
s'afficher. Ça ne réglera pas tout, c'est clair.
Au niveau de la répression, qu'est-ce
qu'on a fait? On a mis une unité mixte en place à Sept-Îles. On a des policiers
autochtones, allochtones, la SPUM et la Sûreté du Québec. Bilan récent,
70 arrestations. Ils ont fait du bon boulot ensemble. M. le Président,
cette unité-là est même allée chercher des policiers et des policières d'un peu
partout au Québec. On a même une policière de la Sûreté du Québec de Gatineau
qui s'est rendue à Sept-Îles pour donner un coup de main dans cette escouade-là
et, à son retour, qui a été victime d'un accident tragique. C'est pour vous
dire qu'il y a des ressources de partout au Québec qui sont déployées pour
faire la lutte au crime organisé.
Dans les prochaines semaines, puis la
collègue de la deuxième opposition en parlait tantôt, je trépigne d'impatience
pour annoncer ce qu'on va mettre en place pour lutter au crime organisé avec
nos collègues du fédéral. Pourquoi? Parce que, lorsque les communautés
vulnérables ont un apport de crime organisé comme ça, ce que ça amène, c'est
une détérioration du tissu social. Ça a un impact sur l'éducation. Ça a un
impact sur tout.
Et, M. le Président, juste avant la
période des fêtes, on a fait une grosse rencontre à Uashat avec l'ensemble des
chefs innus, et les aînés sont venus nous voir en disant : Là, là, ça va
faire. Ça va faire parce que ce sont nos enfants. On voit un changement dans la
santé, dans l'éducation, dans tous les points importants de leur vie, et les
chefs, M. le Président, à l'unanimité, ont envoyé un message clair qu'ils
voulaient sortir à grands coups de pied dans le derrière les membres du crime
organisé qui étaient dans leurs communautés, qui pourrissent la vie de leurs
jeunes.
Alors, M. le Président, on est à la bonne
place. On s'est dotés d'outils. On a doté les policiers d'outils aussi pour
agir. Ça n'exclut pas l'exploitation sexuelle des mineurs. M. le Président, la
collègue en parlait tout à l'heure, c'est présent dans les communautés aussi.
On le sait, il y a un gros volet de prévention avec, entre autres, Les Survivantes,
puis il y a un livre qui a été sorti récemment, mais le volet répression doit
être présent pour ces gens-là qui sont sans scrupules.
Bien, M. le Président, si je vous dis tout
ça, et c'est le policier qui va vous dire ça, là, si on lutte contre le crime
organisé, si on sort les vendeurs, mais, si on ne met rien en place, le
lendemain, il y a un autre vendeur qui va prendre la place, parce qu'il y a un
mal de vivre, il y a des gens qui ont des problèmes de consommation, puis c'est
ce qu'on a discuté, M. le Président, avant Noël avec les organisations innues,
qui, eux autres, ont bien compris que tout le volet social, le volet santé, et
j'étais pour dire le volet culturel aussi, pour permettre à ces gens-là de
reconnecter avec leurs racines, devait être mis en place.
Vous comprenez, M. le Président, on parle
de la prévention, oui, la répression pour s'attaquer au crime organisé, mais,
si on ne met rien en place pour aider ces gens-là qui consomment ou qui ont des
problèmes quelconques, c'est une roue qui va continuer de tourner, M. le
Président. Alors, on en est conscients. On les a rencontrés. On a mis de
l'avant des plans, et, entre autres, ils parlaient beaucoup d'attachement au
territoire puis d'arriver avec des formules qui leur est chère, et non pas ce
que nous autres, on pouvait avoir en tête. Alors, on va avancer là-dessus, mais
oui, la lutte au crime organisé, c'est une passion.
Et, M. le Président, quand on a fait
ensemble le projet de loi n° 13, j'ai des collègues qui doutaient de la
mesure, de ce qu'on appelle la loi antipatch, puis c'est correct, en passant. Je
pense, c'est normal de se creuser la tête, mais, M. le Président, avec beaucoup
de plaisir... Je dois vous dire qu'à chaque année les motards criminalisés font
ce qu'ils appellent leur «first run», je le dis en anglais parce que c'est
comme ça qu'ils le disent, et normalement, c'est le 15 mai, et, M. le
Président, ils ont décidé de ne pas la faire au Québec cette année. Je ne sais
pas si ça a un lien avec le fait qu'on a mis une loi en place pour leur
interdire d'avoir leur patch criminalisée. Ils ont décidé de choisir une autre
province.
Alors, ça ne réglera pas tout, mais je
pense que, comme société, le message qu'on vient de s'envoyer, c'est là qu'il
faut ramener un équilibre. Ça n'a pas d'allure. Ma collègue, tantôt, parlait de
Kanesatake. C'est un des endroits où le crime organisé est présent. Ça n'a pas
d'allure. On doit frapper là-dedans, mais on doit aider aussi les communautés à
se reprendre en main, parce qu'exemple, à Kanesatake, M. le Président, où il y
a du crime organisé, on a des enjeux de gouvernance qui sont sérieux.
Alors, on va les aider, M. le Président, mais
oui, la lutte au crime organisé, c'est une grande priorité, puis on n'a pas
fini de faire des annonces, puis de bouger à ce niveau-là, puis on a des
policiers qui sont très mobilisés, autochtones, allochtones. J'étais avec
plusieurs policiers, puis ma collègue était avec moi, d'ailleurs, hier, à
Nicolet, où on reconnaissait le sacrifice ultime de plusieurs de nos collègues
policiers, 191. Il y avait des policiers autochtones, allochtones qui étaient
ensemble hier, et, plus que jamais, les gens travaillaient ensemble main dans
la main pour lutter au crime organisé. M. le Président.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci.
Le Président (M. Bachand) :
Merci. Mme la députée de... excuse-moi, Agnès, Argenteuil. Excuse-moi.
Mme Grondin : Merci, M. le
Président. Merci beaucoup. Donc, bonjour à tout le monde. Bonjour surtout aux
équipes qui accompagnent le ministre.
M. le ministre, on a vu, les dernières
années, mais ça fait quand même un petit bout, que le gouvernement du Québec et
Hydro-Québec signent plusieurs ententes énergétiques, hein, dont les Premières
Nations sont partenaires. On en connaît <plusieurs, Premières
Nations qui sont...
Mme Grondin : ...sont
partenaires. On en connaît >plusieurs, Premières Nations qui sont... les
dernières années, les Cris, les Innus, les Naskapis, etc. Moi, j'aimerais ça
que vous puissiez m'expliquer davantage qu'est-ce que ça veut dire, de quoi a
l'air ce type de partenariat là, parce qu'il y a encore un potentiel
extraordinaire qui peut venir les prochaines années aussi.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis, dans cette volonté-là, et c'est un ancien collègue du MEIE,
qui est ministre à l'Économie, qui avait sorti cette phrase-là que je trouvais
superintéressante, on ne veut plus que les membres des Premières Nations et des
Inuits soient des bénéficiaires, on veut qu'ils soient des partenaires.
Partenaires, ça veut dire... ce n'est pas juste avoir des retombées. Vous
savez, souvent, on a parlé du terme «retombées», «redevances», qui, en
passant, est très négatif, parce que ça vient dire : On va vous envoyer
des sous, puis vous serez contents par la suite.
Ce qui me permet de rebondir sur une des
premières questions qui m'ont été posées aujourd'hui, sur Petapan. Malgré la
grande somme d'argent qui est disponible à la fin du traité, les communautés ont...
ne sont pas encore prêtes à signer ça. Alors, ils ne signent pas pour l'argent.
Je veux mettre ça bien clair, il y a des droits qui sont fondamentaux, puis ça
ne répond pas à leurs demandes. Ils ne signeront pas même s'il y a beaucoup de
millions d'impliqués.
Alors, venons sur nos ententes avec
Hydro-Québec. Il y en a plusieurs, puis c'est des ententes qui sont différentes.
Une entente qui était différente, c'est, entre autres, pour la ligne de
transport avec la communauté de Kahnawake, les Kanien'kehà:ka, qui ont signé
cette entente qui permet d'être partenaires dans une ligne de transport.
C'était du jamais-vu, du jamais-vu, une nouvelle... un nouveau type d'entente
avec elles, ce qui leur assure, pour plusieurs années, des revenus.
Du côté de l'éolien, je peux vous faire la
liste, j'en ai trois pages, parce qu'il y a un grand intérêt des communautés
autochtones à le travailler. C'est sur leurs territoires, on l'a vu avec Apuiat,
Apuiat qui a donné un résultat qui est tangible. On les voit présentement, les
éoliennes, elles sont là. Ils ont décidé de partager ça avec l'ensemble des
communautés innues. Ce que je suis en train de vous dire, c'est que ce n'est
pas un mur-à-mur. Les communautés ont des réalités différentes, des volontés différentes.
J'ai les Wolastoqiyik, du côté de la Rive-Sud du Saint-Laurent, qui ont décidé
de faire partie de l'alliance de l'Est. Pour elle, c'est un montant entre
3 % et 5 % de partenariat, parce qu'il y a plusieurs communautés qui
sont dans cette alliance-là.
Ce qu'il y a de beau avec ces ententes-là,
c'est qu'on laisse beaucoup de place aux réalités locales. Ashuapmushuan,
écoutez, c'était la plus grosse annonce au niveau de l'éolienne, et
Nutinamu-Chauvin, ça avance, avec la communauté d'Essipit, partenariat,
souvent, avec la MRC, Hydro-Québec et les communautés autochtones. Et ça, M. le
Président, plus tôt, on me posait des questions sur le vivre-ensemble, sur les
tensions qui peuvent exister entre autochtones, allochtones, mais, quand on est
partenaires d'un projet puis on travaille ensemble, ça diminue de beaucoup,
justement, ces frictions-là parce que les gens ont la même volonté, le même but,
de développer.
• (11 h 20) •
Et là, M. le Président, ce qui se rajoute,
je suis en négociation avec une communauté qui est intéressée par le solaire. Ce
n'est pas quelque chose qu'on avait nécessairement dans nos cartons... puis qui
est intéressée par le solaire. Alors, c'est ça, la beauté de ne pas y aller
dans du mur-à-mur en disant : Voici comment ça fonctionne, puis vous
embarquez ou pas. Là, ce serait de l'imposer puis de ne pas être très, très
sensibles à leur réalité.
Et, M. le Président, un exemple qui me
rend très fier, quand on regarde au Nord-du-Québec, dans une communauté, la
communauté d'Inukjuak, où on a un barrage au fil de l'eau, au Nord-du-Québec,
qui fournit à 100 % la communauté avec cette hydroélectricité-là. Donc,
tout le système de turbines qu'ils avaient, le combustible fossile, c'est gardé
en plan B. Ma collègue faisait un signe par l'arrière : Oui, mais non... Il
est gardé en plan B au cas où, mais ça fait travailler des gens de la
communauté, et les revenus que ça amène, ils peuvent les investir à chaque
année, que ce soit dans le social, dans le communautaire, mais ça, c'est un
barrage qui fonctionne au Nord. C'est une première, une communauté qui est
rendue indépendante.
D'autres communautés... avec Tarquti, qui
est une... qui est un organisme inuit aussi, qui veut développer de l'énergie,
que ce soit de l'éolienne... On a même vu une idée assez osée, d'avoir un
réservoir pompé, ça, c'est-à-dire, pendant des... les périodes où il y a moins
de consommation, il y a une éolienne qui permettait de prendre de l'énergie
pour pomper l'eau dans un réservoir qui était en amont et, de jour, de faire
circuler l'eau dans un système hydroélectrique pour produire de l'énergie quand
il y a plus de consommation ou vice versa, vraiment intéressant, mais c'est
avec des entreprises inuites, avec du savoir-faire inuit, dans ce cas-là.
Alors, il y a beaucoup de beaux projets, M.
le Président. Quand on parle de réconciliation économique, bien, c'est de
travailler ensemble, de le développer, mais pas chacun de notre bord. Si on y
va chacun de notre bord, si on disait : Les Premières Nations vont faire
leurs projets toutes seules de leur côté, bien, ce n'est pas de la <réconciliation.
On va bâtir un autre silo...
M. Lafrenière :
...leur
côté, bien, ce n'est pas de la >réconciliation. On va bâtir un autre
silo. Alors, des ententes qui sont très différentes, mais où les gens
travaillent avec les communautés, avec les MRC, avec d'autres partenaires
économiques aussi, puis c'est vraiment un gage de réussite. Ça amène des beaux
résultats, et on les voit présentement, M. le Président. C'est du concret, là,
ce n'est pas juste des plans, là, c'est du concret. Apuiat fonctionne
présentement. Merci.
Mme Grondin : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Joliette.
M. St-Louis : Merci beaucoup,
M. le Président. Salutations aux collègues des oppositions, aux collègues de la
banquette gouvernementale, et salutations toutes spéciales à l'équipe
ministérielle.
M. le ministre, le 24 avril dernier,
vous avez déposé le cinquième rapport de la loi n° 79
à Mashteuiatsh. Cinq ans après l'adoption de cette loi-là, bien, on connaît l'importance
de la loi pour les familles des enfants décédés ou disparus. J'aimerais vous
entendre sur les résultats concrets, vos constats après cinq ans de l'adoption
de ce projet... bien, de cette loi-là.
M. Lafrenière : Bien, merci,
M. le Président, puis saluer, au passage, mon adjoint parlementaire, que
j'apprécie beaucoup, qui est disponible, qui se déplace sur le terrain, très
heureux.
Et, collègues des oppositions, quand on
parle du projet de loi n° 79, je ne peux pas faire autrement que de mettre
tout ça de côté, puis de prendre un instant, puis de se dire : On l'a
travaillé ensemble. Collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques, vous pouvez être
assurée que je le répète sur toutes les tribunes, que ce projet de loi là, on
l'a travaillé ensemble. Vous avez même réussi à me sauver quand j'avais voté
contre mon propre amendement. Et pourquoi? Parce qu'on l'a travaillé
différemment, M. le Président, et moi, c'est ma... une de mes plus grandes
fiertés, avec la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs,
de dire : Quand on veut, on peut travailler différemment, on peut y
arriver ensemble.
Et, cette année, on s'est déplacés à
Mashteuiatsh. Le collègue de l'Acadie était là, puis on a vécu, M. le
Président, un moment incroyable où on s'est rendus à ce qui était le dernier
pensionnat au Québec, à Pointe-Bleue, et où on a M. Niquay et l'ancien chef
Cliff Moar qui étaient sur place pour nous témoigner de ce qu'ils avaient vécu.
Je vous parle de ça, M. le Président, parce que ça aussi, ça fait partie de
diminuer le déficit de connaissance qu'on a avec les réalités autochtones. Puis
je ne veux parler au nom de mon collègue, mais je pense qu'on... juste à
l'évoquer aujourd'hui, on a tous des frissons, de comprendre, de connaître
cette réalité-là. Ça a été important.
Et, M. le Président, notre loi, quand on
l'a mise en place, puis la collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques était là, je
pense qu'il y a bien des choses qu'on s'imaginait un peu, mais on ne savait pas
comment c'était pour prendre forme, mais une des belles décisions qu'on a
prises, M. le Président, c'est d'avoir un comité de suivi qui était apolitique,
c'est-à-dire que c'étaient tous les groupes qui étaient pour être présents. On
s'est dit aussi qu'on le déposerait à chaque année, mais pas juste à
l'Assemblée nationale, parce que c'est une réalité qui est loin des leurs, c'est
de le déposer en communauté.
Puis le collègue de l'Acadie, ça fait plus...
ça fait plusieurs reprises qu'on se déplace ensemble sur le terrain, puis ce
qu'on entend, M. le Président, c'est qu'au-delà des chiffres à quel point ça
change la vie des gens. Ce qu'on voit, chers collègues, c'est qu'il y a
seulement 12 % des cas auxquels on aurait pu répondre sans notre projet de
loi. Ça fait que, sur les 129 familles, sur les 221 enfants... on est
rendus à 234, pardon, 140 familles, 234 enfants, il y a seulement
12 % de ces gens-là qui ont eu réponse à leur question qui est :
Qu'est-ce qui est arrivé à mon enfant?
Alors, cette loi-là, elle était
extrêmement importante, ça fait cinq ans... comité qui nous envoie des
recommandations aussi. Je vous annonce qu'au mois de juin, ensemble, on va
célébrer le cinq ans d'existence de cette loi-là, parce qu'il y a eu des exhumations,
des exhumations qui étaient demandées par les familles. Il y en a d'autres qui
s'en viennent. On a eu des réponses qui ont été transmises à des familles aussi.
Mais, vous savez, on peut être contents de l'avoir fait ensemble, mais, d'un
autre côté, ce que ça nous remet en plein visage, c'est ce côté sombre de notre
histoire, de savoir qu'encore aujourd'hui j'ai 140 familles qui cherchent
ce qui est arrivé à leurs enfants. Bien, comme Québécois, je pense, ça nous
frappe tous au visage.
Et, M. le Président, j'ai la Direction du
soutien aux familles qui est avec nous ici aujourd'hui, des femmes de cœur, des
femmes de cœur, qui aident ces familles-là au quotidien pour trouver la réponse,
avec l'organisation Awacak, qui est une organisation autochtone. C'est une
première fois, hein, que le gouvernement travaillait, avec une organisation
autochtone, ensemble, puis, je pense que le collègue a pu en témoigner, on a vu
comment ces gens-là travaillent, comment qu'ils travaillent pour la bonne cause.
Alors, la question, elle est pertinente :
Cinq ans après, on en est où? On a-tu encore du travail à faire? Oui. Est-ce
qu'on a la bonne formule avec Awacak, la Direction du soutien aux familles? La
réponse, c'est oui, mais il va falloir trouver une façon, M. le Président, puis
c'est un petit peu la question que je nous lance tous, comme parlementaires, comment
on va faire pour que, dans le futur, cette réalité-là, elle soit plus connue
par les gens, parce qu'encore aujourd'hui, quand on va en communauté, on fait
des reportages, puis les gens nous posent des questions, puis on est encore en
train de faire connaître une réalité que les Québécois connaissent peu.
Mme Anne Panasuk, la journaliste, quand
elle avait souligné tout ça, ça avait fait connaître une réalité très sombre de
notre histoire. Là, aujourd'hui, on tente de donner des réponses aux familles,
mais, je <pense, il faut prendre l'engagement ensemble...
M. Lafrenière :
...réponses
aux familles, mais, je >pense, il faut prendre l'engagement ensemble,
puis je sais que j'ai des collègues très engagés autour de la table, de
s'assurer de faire connaître cette réalité-là, qui est une réalité très sombre
de notre histoire, mais oui, on est à la bonne place, et les choses ont changé.
Quand on a commencé, on devait faire connaître la réalité de la loi. On devait
faire... on devait, un petit peu, convaincre certains archivistes, pardon, de
donner accès aux renseignements des communautés religieuses. Les choses ont
beaucoup changé vers le positif. Alors, les gens embarquent, puis grâce à des
gens de cœur, puis Françoise Ruperthouse, toute son équipe d'Awacak, qui nous
écoutent... bravo, c'est un travail extrêmement difficile pour ces
personnes-là, mais tellement important.
M. St-Louis : Merci, M. le
ministre.
Adoption des crédits
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Donc, le temps
alloué à l'étude du volet Affaires autochtones des crédits budgétaires étant
presque... du Conseil exécutif était presque écoulé, nous allons maintenant
procéder à la mise aux voix.
Est-ce que le programme 4, intitulé
Relations avec les Premières Nations et les Inuits, est adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Bachand) :
Adopté sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 11 h 45, où elle va entreprendre l'étude
du volet Lois professionnelles des crédits budgétaires du portefeuille Travail.
Merci. À tantôt.
(Suspension de la séance à 11 h 28)
18 h 30 (version révisée)
(Reprise à 18 h 55)
Le Président (M.
Bachand) :Bon début de soirée à tout le
monde. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Institutions démocratiques des crédits budgétaires du
portefeuille Conseil exécutif pour l'exercice financier 2026‑2027. Une
enveloppe de 30 minutes a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Morin (Acadie) est remplacé par M. Tanguay (LaFontaine);
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Paradis
(Jean-Talon).
Institutions démocratiques
Discussion générale
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Comme vous le savez,
nous allons procéder à une discussion d'ordre général, incluant les questions
et les réponses. Il me fait plaisir de céder la parole au député de LaFontaine
pour une période de 14 min 15 s. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Parfait. Merci
beaucoup, M. le Président, très heureux de vous retrouver, 14 min 15 s. Alors,
heureux de vous retrouver, M. le Président. Vous faites... je le dis, là,
de tout temps, vous faites une bonne job de président. Vous êtes un bon
président, puis c'est important de le mentionner que vous faites un bon travail.
Saluer le ministre, celles et ceux qui l'accompagnent, les collègues de la
banquette ministérielle et collègues du deuxième groupe d'opposition. S'arrêtent
là les salutations de ceux qui sont présents.
14 minutes, j'ai essentiellement
quatre sujets pour le ministre, puis le quatrième sujet, j'aimerais ça qu'on
passe quelques minutes sur le projet de loi n° 3. J'aimerais
ça qu'on prenne du temps bien investi pour qu'on dise c'est quoi, l'intention,
du pourquoi, du quoi, là, parce qu'il y a toutes sortes de choses qui se disent,
puis, à un moment donné, il faut respirer par le nez. Puis ça sert à quoi, une assemblée
nationale, d'élire 125 députés, si on ne peut pas parler de la Loi
électorale puis d'essayer de faire avancer le Québec? Alors, le quatrième bloc,
j'aurai des commentaires généraux, puis je suis certain que je vais vous
laisser du temps, M. le ministre, vous en aurez. Juste avant ça, j'ai trois
blocs, trois... trois blocs, trois aspects à toucher.
J'aimerais commencer par la loi sur le
lobbyisme et les commentaires du Commissaire au lobbyisme. Suite au dépôt du rapport
Gallant sur SAAQclic, le Commissaire au lobbyisme, Me Jean-François Routhier, est
sorti, le 16 février 2026, pour particulièrement souligner l'importance de
la recommandation 25 dans le rapport Gallant. Il ouvre les guillemets :
«Nécessité de procéder à une refonte en <profondeur de la...
M. Tanguay
:
...
nécessité de procéder à une refonte en >profondeur de la Loi
sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme.» Et, dans cela, parce
qu'on sait que la loi a été adoptée en 2002... Elle a été modifiée, j'étais là,
en 2019, par le projet de loi n° 6, qui transférait
au Commissaire au lobbyisme la responsabilité du Registre des lobbyistes, mais
là il dit : Regarde, rapport Gallant, recommandation 25, il faudrait
mettre à jour la loi.
Les principaux enjeux, il y en a
plusieurs, mais le principaux : La responsabilité ne sont pas partagées ni
assumées adéquatement. Il dit : «Les mandataires et les employeurs
n'assurent aucune responsabilité en regard de la loi. Les exigences de la loi
ne sont pas adaptées à la réalité aussi, en ce que le registre fait état des
intentions d'influencer et non des activités réellement accomplies. Autre
exemple, aussi, le régime pénal, trop exigeant et coûteux pour être efficace.»
Bref, ma question, M. le Président, au
ministre : Est-il en train, lui et son ministère, de plancher sur une
réforme, entre guillemets, là, de la loi sur le Commissaire au lobbyisme? Et
pense-t-il possible d'en déposer... même si ce n'était pas adapté, ça arrive,
des fois, en fin de mandat, de déposer un projet de loi. Quel est le niveau,
l'état des lieux, là, d'avancement des travaux?
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Roberge : Merci, M. le
Président. Encore une fois, moi aussi, je salue les collègues, les équipes qui
sont présentes avec nous, les députés qui sont présents avec nous aussi.
Bonne question sur la loi sur le
lobbyisme. Il faut voir qu'il y a eu des ajustements qui ont été apportés,
qu'on a maintenant le Registre des lobbyistes qui est en implantation depuis
2022. Ce n'est quand même pas si lointain, mais plusieurs personnes
interpellent le gouvernement pour ajuster la loi, le Commissaire au lobbyisme
lui-même, je pourrais dire, à la blague, qui fait son lobby pour qu'on
modernise la loi, à la blague, bien sûr, mais disons qu'il est intervenu à
quelques reprises pour faire valoir ce point de vue là, qui est partagé par
plusieurs personnes, pas par tous, là. Je vois, dans le livre blanc de juin
2025, l'Association québécoise des lobbyistes qui dit que le cadre actuel est
adéquat.
Donc, il faut voir, il y a des... il y a
des ajustements à apporter, parce que toute loi est perfectible, mais il y a quand
même l'Association québécoise des lobbyistes, qui est touchée au premier chef,
qui dit que, écoutez, ça fonctionne en ce moment. Moi, ce qui me guide
dans cette réflexion-là qui est amorcée, je ne vous cache rien, qui est
amorcée, c'est l'idée de trouver un équilibre entre l'objectif d'accroître la
transparence puis la nécessité de ne pas imposer un fardeau administratif qui
est trop important, qui serait excessif, à ceux qu'on appelle des lobbyistes ou
aux entreprises puis aux OBNL aussi. Il faut que tous ces... toutes ces
personnes-là, qui sont, d'une certaine manière, les parties prenantes, trouvent
qu'on pousse le bouchon assez loin dans l'intérêt public général.
Donc, est-ce qu'on travaille sur un projet
de loi? Oui, oui, oui, on travaille sur un projet de loi. On a donné suite à
des recommandations. Le projet de loi n'est pas dans ma petite poche d'en
arrière, là, approuvé «Conseil des ministres», prêt à déposer demain matin.
C'est quelque chose qui est en cours au moment où on se parle.
• (19 heures) •
M. Tanguay
: ...
M. Roberge : Je ne peux pas
l'exclure. Il n'y en aura pas demain puis il n'y en aura pas cette semaine, d'accord?
Je peux exclure que ce soit... que ce sera déposé cette semaine, en toute
honnêteté. Est-ce qu'un projet de loi pourrait être déposé d'ici la fin de la
session, comme le collègue le suggère? C'est encore possible.
M. Tanguay : C'est bon,
parfait. Merci. Deuxième point de quatre, M. le Président, juste rapidement,
là, une réflexion d'intention générale. Le code d'éthique et de déontologie, on
le sait, je pense, c'est en vertu de l'article 104, il y a des rapports de
mise en application, de mise en œuvre qui sont déposés année après année...
puis là je m'inclus là-dedans, puis j'inclus tous les collègues passés,
présents. Ma question est vers le futur. 2015, dépôt d'un rapport de mise en
œuvre, c'était Me Saint-Laurent à l'époque; 2019, rapport, je pense, c'était Me
Mignolet en 2019; Me Mignolet, deuxième rapport en 2024. Trois rapports, pas
de... pas d'amendement, pas de réflexion.
Je sais que c'est une réflexion qui est
collective, qui vise l'unanimité, mais, le code d'éthique, j'aimerais savoir si
le ministre a une réflexion là-dessus, s'il est d'accord avec le fait que ça,
c'est le genre de chose qu'on peut faire très bien en début de législature. Je
ne m'attends pas à ce qu'il me dise : Oui, oui, je vais déposer, d'ici le
12 juin, des amendements, auquel cas il nous le dira, mais j'aimerais
savoir s'il participe du vœu qu'il y a urgence dans l'univers et qu'à un moment
donné, peut-être, en <début de législature, les collègues,
ils devraient s'asseoir...
>
19 h (version révisée)
<11789
M. Tanguay
:
...que je lance dans l'univers, qu'à un moment donné, peut-être en >début
de législature, les collègues devraient s'asseoir, lire les trois rapports,
puis moderniser notre code d'éthique. Parce que quand il y a une crise d'éthique,
ce n'est pas le temps de modifier le code d'éthique, là. Alors, je voulais l'entendre
là-dessus de façon générale.
M. Roberge : On est
encore d'accord sur...
M. Tanguay
: Ça va
bien, à date.
M. Roberge : Ça adonne
bien. Ce soir, je pense qu'on va prendre pour la même équipe, en plus, ce soir.
Une voix : ...
M. Roberge : Pas Buffalo.
M. Tanguay
: C'est
sur mon temps, ça, M. le Président?
M. Roberge : La Victoire.
Ah! bien oui, on est en faveur de la Victoire. Donc, effectivement, ce n'est
pas une bonne idée de réviser le code en période de crise, parce qu'il y a
comme des intérêts d'un groupe ou de l'autre pour amoindrir une sanction ou
augmenter une sanction quand, vraiment, il y a une situation qui se présente.
Il y a eu des rapports, déposés par la Commissaire à l'éthique, qui nous font
des suggestions, ces rapports-là. Je pense que c'est quelque chose qui doit se
faire de manière transpartisane au départ. Je ne pense pas que la meilleure
idée, c'est de fonctionner comme, mettons, avec le dépôt d'un projet de loi, on
dépose puis on jase. Je pense qu'il devrait y avoir un travail en amont
semblable à ce qu'on fait quand on modifie, par exemple, la Loi électorale.
Donc, la démarche est aussi importante que le résultat là-dedans, parce qu'il doit
y avoir une forte adhésion des parlementaires.
M. Tanguay
: OK. Mais
il n'y a rien dans le... Il n'y a rien dans le pipeline pour l'instant, là.
M. Roberge : J'ai lu les
rapports comme tout le monde, mais comme je dis, je pense que, dès le départ,
vous seriez au courant parce qu'on aurait... on aurait un calendrier de
rencontre. Mais, à un moment donné, il va falloir que ça se fasse, là.
M. Tanguay
: Déjà
à mi-chemin, M. le Président, même dépassé la mi-chemin. Sans faire de bingo,
j'aimerais ça vous attirer à G.49, G.49, page 12 des Renseignements
généraux. C'est trois petites rafales, trois petites vites. Ça me... juste à la
blague, M. le Président, ça me fascine tout le temps quand je dis Cahier des
renseignements généraux, puis c'est comme si je venais de scier les deux
jambes de toute l'équipe ministérielle parce que... On a un cahier, là, puis...
G. OK, c'est bon. G.49, liste de tous les rapports, études, avis, analyses,
enquêtes, on nous répond : Non, ne pas répondre à cette question qui semble non
pertinente à l'exercice d'étude des crédits. La liste de tous les rapports,
études, avis, analyses et enquêtes, ça, c'est un classique, normalement.
M. Roberge : Parce que
tout à l'heure, vous rigoliez... M. le Président, mon collègue rigolait sur le
fait que, quand on sort une question très, très précise, on sort la fiche. Je
pense que je n'ai pas la bonne. Je pense qu'on ne m'a pas envoyé la bonne.
M. Tanguay
: La G.49.
M. Roberge : Exactement. Donc,
vous rigolez encore un peu, mais vous dites que... dans les réponses, c'est qu'il
y a eu un refus de transmettre des rapports. Lesquels?
M. Tanguay
: Oui...
de transmettre parce que dans les crédits... La demande, c'était pour «liste de
tous les rapports, études, avis, analyses, enquêtes». Enquêtes, on peut me
donner une réponse, mais rapports, analyses, études, on me dit : Ce n'est
pas pertinent aux crédits. Première fois je me fais dire ça.
Bien, vous pouvez la prendre en délibéré
parce que le temps court, là.
M. Roberge : Oui.
M. Tanguay
: Prenez-la
en délibéré. Liste des cartes de... M. le ministre, liste des cartes de crédit,
G.69, liste des cartes de crédit, pas pertinents aux crédits, puis il y a le
mot «crédit» dans «carte de crédit».
M. Roberge : Oui. Je
pense qu'il faut regarder quand même un peu plus loin que ça. Vous voulez la
liste?
M. Tanguay
: Bien,
on vit à crédit.
M. Roberge : Mais je veux
comprendre ce que vous voulez dire par la liste des cartes de... vous voulez
savoir les dépenses? Vous voulez savoir...
M. Tanguay
: La
liste des cartes de crédit... Veuillez nous fournir la liste des cartes de
crédit dans le ministère en indiquant le titulaire. Vous pouvez me dire : titulaire,
je ne vous le donne pas. Mais je peux-tu savoir il y a combien de cartes? Tu
sais, mon point, on fait la demande générale, liste... de fournir la liste des
cartes de crédit dans le ministère, le titulaire, pour chacune des cartes, nous
fournir le relevé puis ce qui... qu'en est-il. C'est de l'argent public.
M. Roberge : Je pense que
c'est simplement parce que les dépenses sont compilées par poste et pas par
relevé. Par exemple, si... je ne sais pas, s'il y a un achat qui a été fait,
bien, vous allez l'avoir dans les dépenses, mais...
M. Tanguay
: Mais
on me répond...
M. Roberge : ...vraiment
pertinent de savoir qui a engagé la dépense pour, après ça, se faire
rembourser.
M. Tanguay
: Mais
mon point, c'est que...
M. Roberge : Vous avez
les dépenses de l'État, les rapports ne sont pas détaillés au crédit.
M. Tanguay
: Bien,
mon point, là, moi, carte de crédit... Je vous réfère à novembre 2025, le
rapport de la Vérificatrice générale qui avait sorti les cartes de crédit, puis
elle a analysé ça, puis c'est correct. Le but, ce n'est pas de savoir si Jean
Jules, il a acheté pour 20... Le but, c'est d'avoir combien de cartes de crédit,
c'est quoi... qu'est-ce qui roule sur l'argent public des cartes de crédit.
Mais quand on nous dit : Ce n'est pas pertinent à l'étude des crédits...
Si on m'avait dit : Heille! Charlie Brown, c'est à l'autre... c'est à
l'autre crédit, c'est au Conseil exécutif... On me dit : Ce n'est pas
pertinent. Je fais <juste...
M. Tanguay
:
...c'est à l'autre... c'est à l'autre crédit, c'est au
Conseil exécutif...
On me dit : Ce n'est pas pertinent. Je fais >juste vous le soulever,
il me semble que je redonnerais un tour de roue là-dessus. Prenez-la en
délibéré. J'entends, là, qu'on ne fera pas de temps là-dessus, mais je ne sais
pas... Êtes-vous surpris? À prima facie, pour vous...
M. Roberge : Je ne suis
pas surpris, parce que si vous nous demandiez, par poste de dépenses, combien
vous avez mis pour des photocopies ou pour... je ne sais pas trop, les frais
d'avocat ou un consultant externe ou le souper de Noël, je dirais : Bien
là, ça, ça va être rendu public. Mais, quand on a acheté le souper de Noël ou
quand on a acheté le cadeau de départ de monsieur X, on l'a-tu payé par virement,
par chèque ou par carte de crédit? Moi, tant que la dépense n'est pas
excessive, qu'elle est raisonnable, le mode de paiement est moins important.
Est-ce qu'on a acheté sur Amazon ou dans une institution québécoise? Ça, ça
m'intéresse plus. Puis qu'est-ce qu'on a... Est-ce que le contribuable en a
pour son argent? Les frais de papeterie, les consultants externes, le site Web,
les campagnes de publicité, combien on en a mis, ça, ça...
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de LaFontaine,
1 min 30 s.
M. Tanguay
:
1 min 30 s. Je vous le soumets, j'aurais aimé ça voir... il y a
combien de cartes de crédit, au ministère, qui circulent.
M. Roberge : Je vais
poser la question.
M. Tanguay : OK. Puis on
peut-tu avoir, comme la VG a eu, parce qu'il y a eu des dépassements, avoir des
états de compte sur les cartes de crédit qui se dépensent sur l'argent public?
Parce que les exemples que vous m'avez soulevés, ils ne me rassurent pas, là. Si
c'était un pot de départ, puis un cadeau de départ, puis un souper au
restaurant... Donc, j'aimerais savoir, vous pourrez... j'aimerais savoir, puis
il ne me reste même pas une minute, prenez-là en délibéré, si vous pouvez me
répondre.
M. Roberge : ...
M. Tanguay
: Pardon?
M. Roberge : J'ai la
réponse. Il n'y a aucune carte de crédit. Le secrétariat, là...
M. Tanguay : Ah! bien,
qu'on ne nous dise pas que ce n'est pas pertinent.
M. Roberge : Bien là, je
vous le dis, là, il n'y en a aucune, carte de crédit au...
M. Tanguay : Ah! je me
serais évité cinq minutes.
M. Roberge : Bien, je
suis désolé.
M. Tanguay : Cinq
minutes qui nous a été... C'est le fun. C'est le fun que la réponse arrive
après cinq minutes qu'on ait jasé. C'est mon G.39 de tantôt, ça. Il me reste
combien de secondes, M. le Président?
Le Président (M.
Bachand) : 34.
M. Tanguay
: Qui
a été amputé. On aurait pu parler du projet de loi n° 3,
M. le ministre. On aurait pu parler du projet de loi n° 3
puis donner une swing. Juste pour vous dire... Ça finit à
14 min 15 s, hein? C'est 14 min 15 s que j'avais,
14 min 15 s. Juste pour vous dire, donc, projet de loi n° 3, je vais faire l'affirmation suivante : C'est important
que le législateur puisse moderniser la Loi électorale. En augmentant de 125 à
127, on protège les délimitations qui ont été faites par la CRÉ, le processus
indépendant, puis on s'inscrit dans un processus où c'est le genre de choses
qui se fait en début de législation, de façon transpartisane, puis je pense
qu'il faut aller de l'avant. Voilà, M. le Président.
• (19 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
pour 4 min 45 s, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Salutations à toutes les équipes qui accompagnent M. le ministre. Je
veux parler, sans grande surprise, le ministre, il va être habitué avec moi,
maintenant, depuis quelques années, du mode de scrutin, de la réforme du mode de
scrutin qui n'a malheureusement pas eu lieu, mais je veux vous parler d'un
exercice intéressant qui est fait par Qc125, le site Internet... a fait une
carte du Québec avec les différentes régions puis les projections électorales.
Bien sûr, ça peut encore changer, hein, c'est dans quelques mois, les
élections, mais on vit une situation assez inusitée, en ce moment, où est-ce
que les cinq partis principaux sont dans une fourchette de 10 % à
30 %, à peu près, là, à quelques points de pourcentage près, ce qui nous
donne des régions avec des monopoles, des monopoles de représentation.
Puis vous êtes peut-être un petit peu
loin, mais il y a plusieurs régions... il y en a 10, si on exclut, bien sûr, le
Nord-du-Québec, qui a une seule circonscription, là, mais il y a plusieurs
régions qui ont un seul parti représenté : l'Abitibi, les Laurentides, le
Saguenay, Lanaudière, la Mauricie, le Centre-du-Québec, le Bas-Saint-Laurent,
Gaspésie, la Côte-Nord. Donc, c'est des projections, mais ça fait, au total, 10 régions
québécoises qui ont un seul parti projeté au résultat du scrutin dans quelques
mois. Je ne peux pas croire qu'on pense que ça sert bien la démocratie d'avoir
autant de régions avec un seul parti représenté en projection électorale. Le
but de la réforme du mode de scrutin, bien sûr, c'était d'alléger les
distorsions, mais c'était aussi de faire de la pluralité régionale, parce que
ce n'est pas vrai que dans Lanaudière, ça a tout voté dans un seul parti. Puis
ce n'est pas vrai que dans le Centre-du-Québec, ça vote tout d'un seul parti.
La pluralité, elle doit s'exprimer aussi par régions.
Est-ce que vous, M. le ministre, vous
considérez que le système, actuellement, sert bien les régions, si ça produit,
en théorie, jusqu'à 10, 10 régions avec un monopole de représentation?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Roberge : Merci, M.
le Président. Effectivement, pas surpris que mon collègue ramène ce sujet-là,
mais, en même temps, c'est tout à fait correct, il a de la suite dans les
idées. Souvent, on dit... des fois, il dit : Ah! il y a une élection. Mais
il n'y a pas une élection qui s'en vient l'automne prochain, il y a 125,
peut-être même 127 élections qui auront lieu sur le territoire québécois. Après
ça, si, dans une région donnée, il y a 10 élections, hein, parce qu'il y a
10 circonscriptions, puis que dans chacune de ces 10 circonscriptions-là,
les citoyens <élisent...
M. Roberge : ...ces
10 circonscriptions-là, les citoyens >élisent un ou une députée
d'un parti x, y ou z, bien, c'est le choix de ces électeurs-là. Le système est
imparfait, comme, je pense, tous les systèmes électoraux. Il a ses avantages,
il a ses inconvénients. Certains proposent de le changer. Je pense
qu'évidemment, on changerait le mal de place, là, on aurait de nouveaux
avantages, de nouveaux inconvénients...
Le Président (M.
Bachand) : En terminant.
M. Roberge : ...mais,
pour faire ce type de changement là, je pense qu'il faut être vraiment
convaincus qu'il y a plus d'avantages que d'inconvénients, et je n'ai pas été
convaincu.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : L'autre chose
assez inusitée qu'on risque de vivre, potentiellement, dans les prochains mois,
c'est à quel point un seul parti avec... bien, un parti qui ait un aussi bas
pourcentage pourrait obtenir une majorité. Alors, on a un Parti québécois, ici,
dans les projections, bien sûr, qui a la... avec seulement 31 %, donc,
même pas un tiers des voix, pourrait se ramasser avec une majorité,
64 sièges. C'est quand même hallucinant, ça, M. le ministre.
La distorsion, elle a rarement été aussi
forte dans notre système électoral, avec 51 % des sièges, donc avec
seulement 31 % des votes. C'est une distorsion de plus 20. C'est le parti
qui obtient la plus haute distorsion. Après ça, tout le monde en a une
certaine, distorsion, dépendamment de son classement. Bien, savez-vous quoi?
L'autre partie qui a le plus haute... la plus haute distorsion, c'est le vôtre.
Avec 15 % des votes, vous auriez 0 % des sièges. Ce n'est pas normal.
Vous arriviez troisième dans les intentions de vote, avec zéro siège. Vous
pourriez être rayés de la carte du Québec, avec 15 % des suffrages
exprimés au Québec. C'est quelque chose d'assez hallucinant, ne pensez-vous pas?
À défaut d'avoir le temps de la faire, la réforme pour le prochain scrutin, ça
pourrait peut-être revenir dans votre plateforme électorale pour, peut-être, si
vous êtes pour disparaître en septembre prochain, vous donner une chance de
revenir quatre ans plus tard?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : M. le
Président, mon collègue aime bien faire de la... La dernière fois que j'ai
regardé Qc125, je pense que c'était en 2016. Ce n'est pas des blagues, tout le
monde m'en parle. Je ne prends pas mes décisions en fonction des sondages ou
des prospections d'agrégateur de sondages. Ce n'est pas un sujet d'intérêt pour
moi. Par contre, 50 %... 55 % des Québécois ont dit, lors d'un
sondage, que le mode de scrutin actuel offre une bonne représentation face à la
diversité des intérêts et des besoins des citoyens. Notre système est
imparfait...
Le Président (M.
Bachand) : En terminant.
M. Roberge : ...mais
celui que mon collègue propose, non plus.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de Jean-Talon, pour
4 min 45 s, s'il vous plaît.
M. Paradis : J'ai les
résultats... Bonjour, M. le ministre, et à vous, à toute votre équipe. J'ai ici
les réponses à une demande d'accès à l'information que nous avons faite
récemment sur les frais de déplacement de gardes du corps de la première
ministre et du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie pendant
la course à la direction de la CAQ, alors qu'ils n'étaient plus ministres, mais
qu'ils continuaient de bénéficier des privilèges généralement octroyés aux
ministres, voitures de fonction et gardes du corps. Alors, pour la voiture,
c'est autour de 9 000 $ chacun, et, pour les salaires des gardes du corps,
c'est au minimum 40 000 $ pour la première ministre et au minimum
37 000 $ pour la ministre... le ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie.
Est-ce que vous trouvez approprié que ce soient
les Québécois et les Québécoises, à même leurs taxes et impôts, qui aient payé
ces frais-là, plutôt que la Coalition avenir Québec avec ses propres fonds?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui, je
pense que c'était pertinent, parce que, bien, je pense qu'assurer la sécurité
des élus parlementaires qui sont menacés ou qui peuvent être menacés, ça relève
de l'État. Puis là on avait deux personnes qui aspiraient au poste de premier
ministre. Il était fort possible que, lors des prises de position de ces
gens-là, un des deux allait devenir premier ministre ou première ministre dans
quelques semaines, que des Québécois veuillent les prendre à partie pas mal
plus que n'importe quel quidam qui s'exprime sur les médias pour prendre la
même prise de position, la même déclaration, par quelqu'un qui sera peut-être premier
ministre dans deux semaines versus quelqu'un d'autre.
Je pense qu'il y avait un... une nécessité
de protéger. Et quand on ne... si on ne le fait pas et qu'il arrive quelque
chose, tout le monde dirait : Voyons, c'est une évidence. Mon collègue
appartient à la formation politique du Parti québécois, il est arrivé un drame,
un attentat auprès de Pauline Marois, on ne veut pas que ce genre de...
Le Président (M.
Bachand) : Merci, merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Ma question
n'est pas sur le principe de la protection, c'est sur qui doit la payer. Est-ce
que vous trouvez approprié que ce soient les Québécoises et les Québécois qui
aient payé pour des services qui sont octroyés aux ministres, mais là ce <n'étaient...
M. Paradis :
…pour des services qui sont octroyés aux ministres, mais là ce >n'étaient
plus des ministres, ils n'étaient plus dans leurs fonctions de ministres,
plutôt que la CAQ? Est-ce que la CAQ devrait offrir de payer, de rembourser ces
frais-là?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Roberge : Je pense
qu'il était pertinent, dans ce cas-là, que ce soit l'État, parce que c'étaient des
élus et, justement, des gens qui... un des deux allait devenir premier ministre,
donc c'est... je pense que ce n'était pas, comme, quelqu'un, un simple citoyen,
mais bien quelqu'un qui risquait d'être menacé, un aspirant premier ministre,
une aspirante première ministre qui risquaient d'être menacés. Peut-être
l'ont-ils été, puis on ne l'a même pas su. Il y a peut-être eu des
interventions puis on ne l'a même pas su. On sait que les gardes du corps et
leurs équipes, très, très souvent, agissent sans qu'on ne le voie, et je pense
que c'était pertinent dans ce cas-là. Je pense que les Québécois s'attendent à
ça dans une démocratie saine, oui.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député.
M. Paradis : Est-ce
qu'il y a des éléments, dans les lois du Québec, qui prévoient ça
spécifiquement, actuellement, ou c'est la décision discrétionnaire de votre gouvernement
d'avoir fait payer ces frais-là par l'État? Et, si c'est votre décision
discrétionnaire, est-ce que ça devrait s'étendre à toutes les courses à la
direction et pas seulement les courses à la direction gouvernementale?
Le Président (M. Bachand) :
M. le ministre.
M. Roberge : Ce n'est pas
une décision à laquelle j'ai été partie. Vous me demandez mon avis sur une
décision, je l'ai donnée. Cette décision-là a été prise, j'imagine, par le
cabinet du premier ministre passé, celui qui était en fonction. Honnêtement, je
ne m'avancerai pas sur cette prise de décision là. Je n'ai pas l'information,
donc, je préfère ne pas prendre position et ne pas divulguer une information
que je n'ai pas, évidemment.
Le Président (M.
Bachand) : 30 secondes, M. le député.
M. Paradis : Très bien.
Je n'ai pas l'ensemble des frais de déplacement, les frais de chambre, les
frais de nourriture, je n'ai pas les frais d'essence. Est-ce que vous pourriez
prendre un engagement à me transmettre cette information-là et à me dire,
justement, sur quelles bases ont été prises les décisions? Parce que je n'ai
pas non plus cette information-là.
M. Roberge : Bien, si on
est capable d'obtenir cette... l'information. Vous, vous avez sorti quelques
chiffres, tout à l'heure, mais dans le fond, lorsqu'il y a un garde du corps,
il y a des frais pour le garde du corps. Évidemment, cette personne-là ne paie
pas ses nuitées. Je vais faire le maximum, demander aux équipes de rendre
disponible tout ce qui peut l'être.
Le Président (M.
Bachand) : Et vous allez, bien sûr, faire parvenir ça à la
commission. Merci beaucoup. M. le député de Gaspé, pour
4 min 45 s.
• (19 h 20) •
M. Sainte-Croix : Merci,
M. le Président. M. le ministre, la nouvelle Loi modifiant la Loi électorale
principalement afin de préserver l'intégrité du processus électoral introduit,
pour la première fois, un régime de transparence sur les dépenses
préélectorales des partis. Pouvez-vous nous expliquer en quoi il s'agit d'une
avancée importante pour la qualité de la démocratie au Québec?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Roberge : M. le
Président, je pense que c'est important, parce que les Québécois doivent savoir
qui cherche à les influencer, puis c'est... ici, la notion d'implication
politique, la notion de s'impliquer pour influencer, prendre part au processus
démocratique, n'est pas péjorative du tout. L'enjeu, c'est la transparence.
L'enjeu, c'est que les Québécois, lorsqu'ils voient une publicité dans les
médias traditionnels ou s'ils sont exposés à des publicités sur les médias
sociaux, parce que quelqu'un aurait payé pour que quelque chose soit favorisé
dans les algorithmes et disponible, et vu, et revu, et revu... mais je pense
qu'on doit savoir qui cherche à nous influencer, qui cherche à nous exposer à
ce contenu-là. Et ça, c'est un élément de transparence qui, je pense, qui est
nécessaire pour que tout le monde ait confiance dans le système. C'est une
avancée.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Gaspé.
M. Sainte-Croix : Merci,
M. le Président. Le projet de loi n° 9 sur le
renforcement de la laïcité au Québec a été adopté après plusieurs mois de
travail, la livraison du rapport Pelchat-Rousseau, les consultations avec des
groupes divers, l'étude détaillée et j'en passe. Est-ce que les mesures
envisagées ont évolué à travers le processus, M. le ministre?
M. Roberge : Bien, oui,
absolument, les mesures ont évolué. Au départ, le premier ministre nous avait
confié le mandat, à moi-même et à l'ex-ministre de l'Éducation, d'analyser la
question de la laïcité au Québec puis à faire évoluer la laïcité. C'est un
mandat qui était assez large, puis on regardait la question de l'éducation. On
voyait ce qui se passait dans l'espace public, on appelle ça, des fois, les
prières de rue. On voyait ce qui se passait dans les cégeps, les universités,
les locaux de prière, mais il fallait documenter la chose.
Donc, avant de prendre une décision, des
fois, on a une intuition de qu'est-ce qui <accroche...
M. Roberge :
...prendre
une décision, des fois, on a une intuition de qu'est-ce qui >accroche,
mais comment régler les choses correctement, la solution au problème ou à
l'enjeu, ça évolue au fil des réflexions. Donc, c'est certain qu'au terme du
rapport Pelchat-Rousseau, on avait une certaine idée de ce qu'on devait faire,
mais ça ne s'est pas terminé là. Moi-même, j'ai participé à des rencontres,
aussi, avec des chefs, des... ou des représentants des grandes religions du
Québec, parce qu'eux allaient être impactés, puis après ça, on a discuté en
caucus, puis après ça, pendant la commission parlementaire, il y a des éléments
qui ont été soulevés qui nous ont amenés à déposer des amendements, notamment
sur la DPJ. Au départ, la DPJ n'était pas visée par aucune mesure, aucune
disposition, puis c'est dans le cadre des travaux que ça a été soulevé, idée
très, très pertinente.
Donc, je peux vous dire que oui, les
mesures du projet de loi n° 9 ont évolué à mesure
qu'on l'écrivait puis à mesure que les consultations ont eu lieu, pour avoir,
je pense, à terme, quelque chose d'à la fois ambitieux mais mesuré, en phase
avec les Québécois. Je l'ai dit souvent, en laïcité, ce n'est pas le plus loin
on va, le mieux c'est. Et quand je dépose un projet de loi puis que je suis
critiqué des deux côtés, là, ça veut dire, des gens qui trouvent qu'on va trop
loin, des gens qui trouvent qu'on ne va pas assez loin. Quand on est critiqué
des deux bords, paradoxalement, c'est parce qu'on est à bonne place.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Il reste 50 secondes, M. le
député.
M. Sainte-Croix : Certains
partis entretiennent le flou sur le rapport du Québec à la laïcité et sur la
protection de ses lois fondamentales. Craignez-vous pour nos lois sur la
laïcité avec le PLQ au pouvoir, M. le ministre?
Le Président (M.
Bachand) :En 35 secondes, M. le ministre.
M. Roberge : Absolument,
Mme la... M. le Président. Malheureusement, ils sont déterminés à ne pas
utiliser la mesure de souveraineté parlementaire, qu'on appelle la clause
dérogatoire, de manière préventive. Ils préfèrent la charcuter eux-mêmes avant
de la protéger. Mais alors, que resterait-il à protéger? Ou alors, c'est comme
s'il fallait demander la permission à un juge avant de prendre notre décision.
Je pense que le Québec est mûr pour prendre ses décisions puis que c'est à
l'Assemblée nationale de trancher, et pas aux juges.
Documents déposés
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Merci beaucoup. Cela
dit, je dépose les réponses aux demandes de renseignements de l'opposition.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mercredi 13 mai, à 11 h 30, où elle
va entreprendre l'étude du volet Accès à l'information des crédits budgétaires
du portefeuille Conseil exécutif. Merci, bon match.
(Fin de la séance à 19 h 25)