(Onze
heures vingt-sept minutes)
Le Président (M. Bachand) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Conseil exécutif des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil exécutif
pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de quatre heures est allouée pour
l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par Mme Lachance (Bellechasse);
M. Morin (Acadie), par M. Fortin
(Pontiac); Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par Mme Ghazal (Mercier); et Mme Laflamme
(Chicoutimi), par M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin).
Conseil exécutif
Discussion générale
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Comme vous savez, nous
allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet
après-midi vers 17 h 15.
Alors, il me fait
plaisir de céder la parole au député de Pontiac, représentant l'opposition
officielle, pour 16 min 57 s. M. le député, s'il vous plaît.
M. Fortin : Très bien. Merci. Merci, M. le Président.
Bonjour, Mme la première ministre, chers collègues. Merci. Merci d'être
là et de vous prêter à l'exercice.
Je vais commencer avec une question toute simple,
et je n'ai aucun doute que la première ministre l'a vue venir quelque
part lors de l'étude de crédits, mais le ministre du Travail nous a dit qu'il
se rangeait dans le camp du Non, le ministre
de la Culture nous a dit qu'il se rangerait dans le camp du Oui. Advenant un
référendum sur la souveraineté, la première ministre se rangerait dans
quel camp?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre, s'il vous plaît.
Mme
Fréchette : Merci. Merci, M. le Président. Alors, bonjour à tous.
Merci de votre présence et de votre contribution.
Alors... Bien, en
fait, le collègue du Parti libéral connaît très bien la réponse. Nous, on est
dans le camp des Québécois. Les Québécois n'en veulent pas, de référendum, et
c'est ce... Le parti qu'on a choisi, c'est le camp des Québécois. Alors, on va
travailler pour que les autobus référendaires que veulent utiliser les partis
d'opposition traditionnels restent en gare.
M.
Fortin : ...avec elle. Nous aussi, on aimerait bien qu'ils
restent en gare. On va travailler là-dessus. Cependant, on ne peut pas se
mettre la tête dans le sable, là. Quand la première ministre dit : Les
Québécois... On va travailler pour ce que les Québécois veulent, elle voit les
sondages comme nous, elle sait qu'il y a une réelle possibilité. Encore là, on
va travailler pour ne pas que ça arrive, mais il y a une possibilité que le
Parti québécois soit élu aux prochaines élections, et ils ont leur projet
principal bien sur la table. Alors, ce que la première ministre nous dit
aujourd'hui, c'est que, si le Parti québécois est élu et qu'elle est députée de
Sanguinet, elle va rester sur les lignes de côté?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première ministre, oui.
Mme
Fréchette : Alors, je répète que notre parti, on travaille pour qu'il
n'y ait pas de démarche référendaire. Les Québécois ne sont pas là, les
Québécois ont évolué, et c'est en phase avec les Québécois qu'on avance. On
travaille notamment sur le coût de la vie, parce que le coût de la vie est...
a... en fait, le poids du coût de la vie a été augmenté ces derniers mois, ces
dernières années, même, on pourrait dire. Depuis la pandémie que ça se fait
sentir. Alors, c'est ce sur quoi on travaille. Puis ça, ça correspond avec les
priorités des Québécois.
• (11 h 30) •
M.
Fortin : Les Québécois ont évolué, mais est-ce qu'elle a
évolué? Parce qu'en 1995 elle a voté pour le Oui. Alors, est-ce qu'elle a
évolué depuis?
Mme Fréchette :
J'ai évolué, je suis dans le camp des Québécois...
M. Fortin : Et
vous ne l'étiez pas à l'époque?
Mme Fréchette : ...et les Québécois
n'en veulent pas, de référendum. Notre organisation, notre formation politique
est exactement dans cette orientation-là.
M. Fortin : OK.
Je comprends donc qu'il n'y a pas eu d'évolution sur le fond, c'est-à-dire
qu'elle voterait de la même façon. C'est ce que j'en comprends. Il y a une
évolution pour se coller sur le fait que les Québécois ne veulent pas de référendum, mais, s'il y en avait
un, je n'ai pas entendu qu'il y avait un changement de position. Est-ce que
je me trompe?
Mme Fréchette : On travaille pour
qu'il n'y en ait pas. C'est notre orientation.
M. Fortin :
D'accord. Vous passerez le message au ministre de la Culture.
OK. J'ai une question bien simple, là, puis
qui... Depuis votre annonce, là, de cette semaine sur le coût de la vie...
hein, vous êtes allée dans une épicerie à Sherbrooke et vous avez dit : Il
y a certains produits qui ne seront plus taxés, où il n'y aura plus de TVQ, et
là il y a... il y a toutes sortes de gens qui font toutes sortes de calculs à
savoir qu'est-ce que ça veut dire, là, combien... combien va rester dans les
poches des Québécois. Moi, j'ai entendu le chiffre... pour cette mesure-là bien
précise de la taxe de vente québécoise sur certains produits vendus à
l'épicerie, j'ai entendu le chiffre de 0,96 $ par semaine, j'ai entendu le
chiffre de 1 $ par semaine, j'ai entendu le chiffre de 1,25 $ par
semaine. C'est quoi, le bon chiffre?
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, donc, c'est important de rappeler que c'est un ensemble de mesures
qu'on a mis de l'avant, parce que, comme je le disais encore tout à l'heure à
la période des questions, ce n'est pas une seule mesure, un seul coup de baguette
magique qui va permettre de solutionner l'ensemble de la problématique. En
fait, les Québécois, ils ont à payer davantage pour l'épicerie, pour la
pharmacie, pour des services, pour l'essence à la pompe, donc c'est vraiment
un... pour le loyer, tous des postes d'importance dans les budgets familiaux.
Alors, nous, on a... on est intervenus puis on va continuer à travailler pour
alléger le poids subi par les Québécois. On est intervenus de différentes
manières.
Donc, c'est environ 50 $ par année, mais il
faut voir que c'est l'ensemble des mesures qui vont avoir un impact sur le
portefeuille des Québécois. Donc, c'est à la fois l'aide qu'on offre pour
l'essence, à travers la plaque d'immatriculation, et c'est aussi le crédit
d'impôt pour ceux qui ont un revenu plus modeste.
M. Fortin :
Bien, l'ensemble des mesures, c'est une chose, là. Moi, je veux qu'on parle
d'une mesure bien précise, c'est-à-dire la TVQ sur les produits vendus à
l'épicerie. Combien, par semaine, est-ce qu'un ménage québécois va épargner?
Mme Fréchette : Bien, comme je vous
ai dit, c'est 50 $ par année, alors vous pouvez déduire, mais ça varie
d'une personne à l'autre. Ça, c'est une moyenne.
M. Fortin :
Oui, oui, c'est une moyenne.
Mme Fréchette : Il y a des gens pour
qui, bien sûr, la consommation des produits qui sont détaxés... puis je pense
notamment à des étudiants puis à des aînés, à des personnes vulnérables, mais
surtout des étudiants puis des aînés. Ces personnes-là, souvent, elles habitent
seules et elles ne vont pas acheter, par exemple, des produits, je pense à des
muffins, par paquets de six ou plus. C'est des gens qui vont consommer des
produits davantage à l'unité. Et ça, ces produits-là, ils étaient taxés. Là,
maintenant, on vient corriger une erreur, parce que ça n'avait... ça n'avait
pas de logique d'avoir des produits qui, lorsque vendus par paquets de six ou
plus, n'étaient pas taxés mais à l'unité, en bas de six, étaient taxés. Donc,
on enlève cet illogisme-là, on vient corriger. Puis ça, ça va bénéficier
d'abord et avant tout à des personnes qui vivent seules, puis je pense
notamment à des personnes aînées puis à des étudiants.
M. Fortin :
Alors, 50 $ par semaine, on fait le calcul rapide, la première ministre nous confirme que c'est 0,96 $... 50 $ par année,
c'est 0,96 $ par semaine, c'est bien ça?
Mme Fréchette : Ça, c'est une
moyenne. Comme je vous dis...
M. Fortin : Une
moyenne.
Mme Fréchette : ...les personnes
qu'on cherche à rejoindre, je pense qu'ils vont être plus aptes à bénéficier des
mesures qu'on a mises de l'avant parce que ce sont des personnes qui vivent
seules et, par conséquent, les produits à l'unité sont détaxés, ils vont
davantage en bénéficier. Et voilà. Donc, ça varie beaucoup d'une famille à
l'autre, parce que le statut a un impact sur le montant qui sera épargné. Mais,
pour des personnes qui vivent seules, pour des aînés, pour des étudiants, le
gain sera, en moyenne, plus important.
M.
Fortin : C'est intéressant, c'est intéressant ce qu'elle a dit,
là. Elle nous dit essentiellement : C'est une moyenne. Donc, il y a des
gens qui, si j'interprète son propos, vont sauver moins de 0,96 $ par
semaine. D'accord. Sur le... pour revenir à son ensemble de
mesures, là, parce que, si elle veut qu'on le regarde dans l'ensemble, là, on
peut très bien le faire. Le premier ministre précédent, et le ministre des
Finances, qui est encore ministre des Finances aujourd'hui, avaient mis de côté
250 millions de dollars pour ses... pour les promesses électorales
de... le gagnant de la chefferie de la CAQ. Est-ce que vous aviez pris part à
ces discussions-là pour établir le montant de 250 millions de
dollars?
Mme Fréchette : Si j'ai pris part
aux discussions...
M. Fortin :
Aux discussions pour établir la cagnotte de 250 millions de dollars
qui était réservée aux gagnants de la chefferie caquiste.
Mme
Fréchette : Non. Aux
réflexions qui ont mené au choix d'un 250 millions de dollars, c'est
ça, votre question?
M. Fortin :
Oui. La réponse, c'est non?
Mme Fréchette : Non.
M. Fortin : Sur
le montant, sur l'idée de vous... de laisser un montant de côté, est-ce que
vous avez pris part aux discussions? Est-ce qu'on vous en avait informé?
Mme Fréchette : Moi, je l'ai
appris... C'était déjà une idée qui était formulée puis qui était établie à
250 millions de dollars quand je l'ai appris.
M. Fortin :
Vous l'avez appris avant le budget, donc avant que le budget soit déposé.
Mme Fréchette : Peut-être quelques
jours avant, mais je ne suis même pas certaine.
M. Fortin :
Est-ce que vous avez milité pour en avoir plus?
Mme Fréchette : Non.
M. Fortin :
OK. Alors là, aujourd'hui, vous avez des dépenses qui sont supérieures aux
250 millions de dollars. Est-ce que vous avez une estimation
précise de c'est quoi, le montant dépensé au-delà du 250 millions de
dollars cette année?
Mme Fréchette : Bien, on a
mentionné, là, les montants qui sont associés aux mesures qu'on a présentées
lundi. Puis ce qu'on a annoncé... énoncé aussi, c'est le fait qu'on ait
davantage de revenus, parce qu'il y a eu des transferts
du fédéral, et également les rentrées d'argent sont meilleures parce que, bon,
économiquement, le momentum est quand
même... quand même intéressant. Donc, c'est 36... 336 millions de
dollars qui sont récurrents. Et puis il y a des montants qui, eux, sont
pour l'année à venir seulement.
M. Fortin : OK.
Là, vous avez des gens de chiffres, là, autour de vous, là, on les voit, on les
connaît, là. Là, vous nous dites que c'est 336 millions de dollars.
J'aimerais ça que vous nous expliquiez quelque chose, et dites-moi si j'ai
tort, arrêtez-moi, là, si je me trompe, là. La taxe de bienvenue, c'est
140 millions, OK, la taxe carbone ou l'aide aux agriculteurs, disons,
c'est 40 millions, les soins à domicile, c'est 22 millions, la loi
Gabie Renaud, c'est 5 millions, la taxe de vente, ce dont on discute
tantôt, là, 100 millions et la déduction pour des petites entreprises,
nous, on l'a à 130 millions. Tout ça ensemble, ça donne 437 millions.
Ou est-ce que je me trompe?
Mme
Fréchette : ...des
agriculteurs. C'est le FECC qui permet de financer la mesure associée au
remboursement de la taxe carbone pour les agriculteurs.
M. Fortin : Le
quoi?
Mme Fréchette : Pardon?
M. Fortin : Le?
C'est le? Quel programme qui permet de rembourser...
Mme Fréchette : FEEC, F-E-E-C.
Une voix : F-E-C-C.
Mme Fréchette : F-E-C-C.
M. Fortin : Alors, vous ne le comptez pas
dans vos dépenses. Parfait. Alors, ça, c'est 40 millions...
Mme
Fréchette : C'est une décision... c'est une décision autofinancée.
M.
Fortin : Mais, si j'enlève le 40 millions, il reste
397 millions quand même.
(Consultation)
Mme
Fréchette : Oui, c'est vrai, pour les PME, le ministre des Finances,
d'ailleurs, l'expliquait en entrevue ce matin, c'est... les PME, c'est
30 millions, l'impact, parce qu'il y a un ajustement sur les dividendes,
les ponctions qui sont prises à même les dividendes.
M.
Fortin : OK. Sauf que, quand je... quand je regarde le site,
là, votre site, ça, c'est sur le site du ministère des Finances aujourd'hui,
là, concrètement, le taux d'imposition des PME du Québec sera réduit dès
maintenant de 3,2 % à 2,2 %. Il s'agit d'un allègement fiscal
significatif représentant près de 630 millions sur cinq ans. Ça, c'est ce
que le ministère des Finances dit aujourd'hui, là. 130 millions sur cinq
ans, c'est 130 millions par année.
Mme
Fréchette : Ça, c'est pour l'entreprise, ça, donc, c'est le bénéfice
pour les entreprises, pour les PME. Mais l'impact sur le gouvernement n'est pas
le même parce qu'il y a un impact aussi sur la question des ponctions au niveau
des dividendes, et ça vient limiter le montant, réduire le montant pour le
gouvernement.
M.
Fortin : Alors là, ce que vous nous dites,
c'est que c'est juste 30 millions?
Mme
Fréchette : Pour notre... Oui, au net, pour notre... notre gouverne à
nous. Pour le gouvernement, oui, 30 millions au net.
M. Fortin : Et
ce montant-là, là, le 336 millions, là, est-ce que ça équivaut aux entrées
d'argent additionnelles que vous avez
eues? Donc, vous avez, à ce jour, là, si je comprends bien, 86 millions
d'entrées additionnelles d'argent.
Mme
Fréchette : En fait, ça... c'est couvert par à la fois les transferts
du fédéral et puis les entrées aussi d'argent qui sont liées à l'inflation.
Parce que l'inflation, ça permet au gouvernement d'aller capter davantage de
revenus. Donc, oui, c'est couvert par ça. Et il faut dire qu'il y a des
discussions aussi qui sont en cours avec le fédéral. On poursuit nos
discussions puis ça avance bien.
M.
Fortin : Oui, mais, à date, là, vous avez
eu 86 millions d'entrées additionnelles d'argent.
Mme
Fréchette : C'est couvert.
M.
Fortin : Donc, vous avez... vous avez fait
un équilibre, là, si je comprends bien, là, entre ce qui est rentré de revenus
additionnels puis ce que vous dépensez au-delà de l'argent qui était prévu.
Mme
Fréchette : Écoutez, c'est mouvant, là, parce qu'à chaque semaine ça
continue d'évoluer, là. Mais jusqu'à maintenant on était en phase avec les
rentrées additionnelles.
M.
Fortin : OK. Alors, ce que vous nous
dites...
Mme
Fréchette : On respecte le cadre financier. Donc, le cadre financier pour
l'année 2026-2027 n'est pas altéré du fait de ces annonces-là. On est dans
le respect du cadre financier.
• (11 h 40) •
M.
Fortin : Donc, vous avez fini de faire des
annonces, si je comprends bien?
Mme
Fréchette : Bien, écoutez, des annonces avec... Il y en a de toutes
sortes, hein? Il y en a, des annonces, qui
ont de l'impact sur le plan budgétaire, il y en a d'autres qui n'en ont pas.
Des annonces, on va continuer d'en faire.
M.
Fortin : OK. Mais des annonces qui ont un
impact au plan budgétaire, vous avez terminé? Outre ce qui est déjà dans le
budget, là, il n'y en a plus?
Mme
Fréchette : Pour l'instant, on est là.
M.
Fortin : Pour l'instant?
Mme
Fréchette : Pour l'instant, il n'y a pas de... il n'y a pas de
prédiction... il n'y a pas de prévision, plutôt, de dépenses additionnelles
avec un coût budgétaire.
M. Fortin : OK. Moi,
j'ai une question pour vous. Le... Là, vous nous dites, là... Tantôt, on a eu
un échange, puis vous nous avez dit : Ah! oui, mais, vous savez, on
commence au mois de septembre, là, entre autres pour le remboursement de... ou
la diminution des frais d'immatriculation, on commence au mois de septembre, il
y a des mesures, entre autres celle de la TVQ, qui commencent plus tôt que ça,
qui ont effet plus tôt que ça. Alors là, d'un côté, là, avant l'élection, il y
a des sommes qui vont être distribuées aux Québécois, puis, après l'élection,
là, la taxe... la taxe sur les produits d'assurance, elle va augmenter. Donc,
vous allez venir piger dans les poches des Québécois à ce moment-là, dès le
1er janvier?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre.
Mme Fréchette : Je voudrais préciser une
chose. C'est qu'avant l'élection il va y avoir un rapport préélectoral
qui va faire état de toutes les mesures avec un impact. Ça, ça va être rendu
disponible, c'est au mois d'août. Donc, déjà là, on aura le portrait complet au
niveau... au niveau financier. Et ça va être transparent, accessible, public.
Donc, ça, ça va être un état de situation qui va être important, qui va venir
au mois d'août.
M.
Fortin : Ce n'est pas ça, ma question. Ma
question, c'est : Est-ce que le 1er janvier, votre gouvernement, à
travers les mesures caquistes qui ont été présentées, allez augmenter la taxe
sur les produits d'assurance? Est-ce que les Québécois vont avoir une facture d'assurance
plus élevée?
(Consultation)
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre, s'il vous plaît.
Mme
Fréchette : Ce à quoi vous faites référence, ce n'est pas une nouvelle
mesure, là. C'est quelque chose qui avait été prévu dans un budget antérieur.
M.
Fortin : Oui, mais qui commence le
1er janvier.
Mme
Fréchette : ...donc il faudrait voir à laquelle exactement on fait
référence, là.
M.
Fortin : Je vous demande très précisément,
là. Il y a une taxe sur les produits d'assurance qui va faire en sorte que,
quand on achète une assurance auto, une assurance habitation, on va payer plus
cher parce que vous augmentez le taux de taxation. Vous n'étiez pas au courant
de ça?
Mme
Fréchette : En fait, il y a plusieurs mesures. Ce dont je vous parle,
c'est qu'il y a plusieurs mesures. Et on... Est-ce que je pourrais céder la
parole au secrétaire général, qui pourrait nous rappeler, en fait...
M.
Fortin : Bien, je veux juste... je veux
juste, avant de céder la parole, pour avoir des détails, là... Est-ce que vous
saviez que le 1er janvier, votre gouvernement augmentait la taxe sur les
produits d'assurance? Parce que, là, vous arrivez avec des mesures pour
dire : On va en redonner aux Québécois, mais, le 1er janvier, vous
arrivez avec des mesures qui vont aller repiger dans les poches des Québécois,
après l'élection, comme par hasard.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
première ministre.
M.
Fortin : Mais, la question, c'est :
Est-ce qu'elle le savait?
Mme
Fréchette : Écoutez, ce n'était pas dans mon territoire à moi au
moment où ça a été annoncé. J'étais à l'Économie, à l'Innovation, à l'Énergie,
donc je n'étais pas nécessairement au fait du détail de cette augmentation-là,
qui est prévue pour l'hiver prochain.
M. Fortin : OK.
Mais, quand vous avez dit, là... dans les dernières semaines, là, quand vous
avez dit : Je veux des mesures pour, comme vous le dites, là,
alléger le fardeau des Québécois, est-ce que vous saviez qu'il y avait des
mesures pour augmenter le fardeau des Québécois qui s'en venaient?
Mme
Fréchette : Écoutez, je n'entendais pas de retourner à des décisions
qui ont été prises dans des budgets antérieurs, présentations budgétaires
antérieures.
M.
Fortin : OK. Mais peut-être que le...
Mme Fréchette :
On agit sur l'avenir, on agit sur
le futur, on agit sur le contexte actuel, puis, le contexte actuel, il nous
amène à oeuvrer pour les Québécois, pour réduire la facture d'électricité, pour
réduire la facture des logements.
M.
Fortin : Bien, Mme la première ministre,
on agit sur le futur. Le futur, c'est que, le 1er janvier, les gens vont
recevoir cette facture-là, là, et elle va être augmentée, les assurances vont
coûter plus cher. Vous ne pouvez pas me dire le contraire aujourd'hui, là.
Mme
Fréchette : Non, mais c'est un budget antérieur, comme je vous dis.
M.
Fortin : Un budget antérieur caquiste, si
je ne me trompe pas, par le même ministre des Finances.
Mme Fréchette : On agit de sorte qu'on
puisse réduire le poids financier sur le portefeuille des Québécois, le plus
largement possible.
M. Fortin : Mais
vous étiez autour de la table du Conseil des ministres, là, ça, ça n'a pas
changé, là. Vous étiez autour de la table du Conseil des ministres quand ce
budget-là a été déposé. Vous n'avez jamais entendu parler de ça?
Le
Président (M. Bachand) : ...10 secondes.
Mme
Fréchette : Oui. Bien, j'ai déjà répondu à la question du député, M.
le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Merci
beaucoup. Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition, pour
16 min 57 s, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Très
bien. Merci beaucoup, M. le Président. Salutations à la première ministre, à
mes chers collègues du Parti libéral et du Parti québécois, et salutations
aussi à toutes les équipes et aussi de la CAQ, de l'équipe du gouvernement.
Je veux commencer par
parler de la création de la richesse avec la première ministre. Je sais que
c'est un sujet qui est important pour elle. Et la meilleure façon de créer de
la richesse au Québec, c'est par l'éducation. C'est notre système d'éducation
publique, instauré dans les années 60, qui a permis aux Québécois
d'améliorer leur sort et qui a permis aussi de créer ce qu'on appelle
aujourd'hui le Québec inc., hein, des entrepreneurs qui ont passé par le
système d'éducation québécois. Je veux savoir si elle est d'accord avec ça.
Mme
Fréchette : D'accord avec le Québec inc.?
Mme Ghazal : Que
c'est l'éducation qui crée de la richesse.
Mme
Fréchette : Ah! bien oui, c'est l'éducation, c'est sûr, qui est à la
base. Puis on a eu, d'ailleurs, une augmentation fort importante de nos
investissements en éducation. J'ai ici un tableau qui montre ce qu'il en est,
là. C'est assez épatant de voir ça.
Alors, ça, c'est
l'historique des investissements prévus sur 10 ans au Plan québécois des
infrastructures pour l'éducation. Alors, on a ici... ça, c'est au moment où
les... les libéraux étaient au pouvoir, donc jusqu'en 2018-2019, on était soit entre 8,1 milliards à
9 milliards au niveau des investissements en éducation. La CAQ arrive au
pouvoir, on est passé de
13,9 milliards, qui était notre première année, donc, déjà, dès la
première année, on sentait le rehaussement. On en est à
23,5 milliards. Ça, c'est trois fois plus que quand les libéraux...
Le
Président (M. Bachand) : ...première
ministre. Mme la cheffe du deuxième groupe, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui,
c'est ça, comme j'ai peu de temps, je vais demander au président de s'assurer
de faire respecter la règle d'équivalence. Donc, vous êtes d'accord que la
richesse au Québec, elle est créée par l'éducation en investissant en
éducation. C'est une bonne nouvelle.
Mme
Fréchette : Et l'économie, bien sûr, là.
Mme Ghazal : La majorité des Québécois
aussi veulent que tous les élèves aient la même qualité d'éducation, peu
importe leur milieu familial, celui dans lequel ils sont nés. Est-ce que la
première ministre est aussi d'accord avec ça?
Mme Fréchette :
Bien, nous, notre approche, c'est sûr qu'on investit beaucoup dans
l'éducation, je viens de vous le... de montrer la preuve, hein? Puis les gestes
parlent encore plus que les paroles. Nos actions ont été pour une augmentation
de 62 % du budget de l'éducation. Et, pour nous, c'est central d'investir
dans le réseau public.
Mme Ghazal : Merci
beaucoup. Est-ce que... En ce moment, malheureusement, dans notre système
d'éducation tel qu'il est aujourd'hui, pas tel qu'il avait été pensé quand il a
été instauré dans les années 60, la loterie de la sélection scolaire
exclut beaucoup d'élèves. Bon, quand j'étais responsable en matière
d'éducation, j'ai fait beaucoup de tournées. La première ministre dit qu'elle
fait beaucoup la tournée du Québec. Je suis allée rencontrer beaucoup... je
suis allée à la rencontre d'élèves, de personnel scolaire dans beaucoup
d'écoles à travers le Québec. Et moi, je ne vous parle pas de ce que je lis
dans les journaux, mais ce que moi, les témoignages j'ai reçu de certains
élèves. Il y en a qui me disaient qu'ils ne se sentaient dans rien et aussi
qu'ils se sentaient dans une classe inférieure. Il y a des élèves du régulier,
ça, c'est des élèves du régulier, qui me disaient qu'ils regardaient les
enfants, les élèves dans les sports éduc et études, ils avaient accès à des
infrastructures sportives, à des gymnases auxquels les élèves du régulier
n'avaient pas accès.
Moi, je veux entendre la
première ministre, comment elle se sent quand elle entend que des élèves disent
qu'ils ne se sentent en rien ou qu'ils se sentent comme une classe inférieure
par rapport aux autres élèves. Comment qu'elle se sent?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme
Fréchette : M. le Président, merci. Donc, en fait, on est,
comme vous dites... Comme je vous l'ai rappelé, on a priorisé
l'investissement dans l'éducation. Ça a été un poste pour lequel il y a eu
62 % d'augmentation au cours des dernières années. Donc, on a voulu aussi
faciliter, favoriser l'accès, l'accès des jeunes aux programmes spécialisés à l'intérieur des écoles publiques.
Donc, il y a un paiement de 300 $ qui est disponible pour les parents qui
veulent inscrire leurs jeunes dans un programme particulier, dans une école
publique. Donc, ça, c'est une manière, je dirais, de rendre plus accessible.
On a aussi amélioré la qualité de l'enseignement
parce qu'on a embauché des aides à la classe, hein, pour le primaire. Il y a
jusqu'à 4 000 aides à la classe qui ont été embauchées, 4 000,
c'est considérable. Et puis ça, c'est pour améliorer la qualité de
l'encadrement dans nos écoles publiques.
Mme Ghazal : Bien, j'aimerais ça
qu'on ait une discussion, parce que les crédits, c'est aussi un dialogue et une
discussion, et ma question, ce n'est pas : C'est quoi, le bilan de la CAQ
en matière d'éducation?, c'est comment qu'elle se sent, elle, quand elle entend
des élèves, des élèves dans nos écoles publiques au Québec, qui sont dans le
régulier et qui disent qu'ils ne se sentent en rien... qu'ils ne sont en rien,
qu'ils se sentent dans une classe inférieure? Moi, c'est une jeune élève que je
me rappelle, ici, dans une école à Québec, qui me l'a dit. C'est brise-coeur.
Moi, ça me brise le coeur.
Elle, comment est-ce qu'elle voit ça, que ça
existe au Québec? Et ce n'est pas une exception, c'est quelque chose de très
documenté. Il y a beaucoup de témoignages d'élèves et de parents d'élèves du
régulier qui se sentent comme ça. Comment elle, elle se sent par rapport à ça,
comme première ministre du Québec?
Mme Fréchette : Bien, moi, je veux
justement améliorer le cadre dans lequel les jeunes évoluent au niveau du
secteur public. D'ailleurs, mon fils a été à l'école publique et au primaire et
au secondaire. Moi-même, j'ai été aussi au public et au primaire et au
secondaire, et c'est un milieu de vie, hein, c'est un milieu, oui, où l'on
apprend, mais on se crée tout un réseau aussi. Puis c'est important pour moi
qu'on améliore ce cadre de vie.
C'est pour ça qu'on fait les investissements
qu'on a faits, que ce soit au niveau du tutorat, que ce soit au niveau de
l'accès plus grand pour des programmes à parcours particuliers. On offre plus
d'activités parascolaires, également. C'est important de bonifier l'expérience
des jeunes qui sont dans le parcours... dans les institutions publiques, et
puis il faut rappeler aussi qu'on a sorti les cellulaires des écoles. Ça, ça
fait partie des mesures qu'on a mises de l'avant pour améliorer le cadre
d'apprentissage des jeunes dans les écoles publiques.
• (11 h 50) •
Mme Ghazal : Bon. J'ai entendu un
petit peu de fierté d'avoir été à l'école publique, pour elle... pour vous, Mme
la première ministre, et aussi pour votre fils, mais, malheureusement, dans
l'état de l'école actuelle, moi, ça me brise
le coeur. Je n'ai pas beaucoup entendu de comment qu'elle se sent par rapport à
l'existence de ces trois vitesses.
Je vais aller
sur le taux de décrochage. Dans le réseau public régulier, le taux de
décrochage au Québec est de 23,8 %. Dans le public sélectif, donc,
sports-études, art-études, etc., il est de 6,1 %. Dans le privé, le taux
de décrochage est de 7,5 %. L'écart entre le public sélectif et le privé
et le régulier est immense, d'une vingtaine de pour cent. C'est immense. Est-ce
que... La première ministre, comment elle trouve cet écart-là? Qu'est-ce
qu'elle dit? Je veux qu'elle qualifie cet écart-là. Est-ce qu'elle le trouve
juste, elle le trouve acceptable ou elle le trouve inacceptable?
Mme Fréchette : Bien, c'est sûr que
tout écart important peut être préoccupant, puis il faut améliorer la
performance de nos élèves, les garçons comme les filles, parfois même on voit
un écart plus important chez les garçons. Alors, moi, je veux intervenir pour
améliorer le cadre dans lequel évoluent nos jeunes, dans le public, particulièrement.
C'est là qu'on met l'essentiel de nos efforts, bien sûr, on veut travailler à
améliorer le réseau public, et puis, ce que... les mesures que je nommais tout
à l'heure, les aides à la classe, ça, ça fait partie des mesures qu'on a mises
en place pour améliorer la performance des jeunes. C'est important que nos
jeunes évoluent avec un niveau de performance rehaussé.
Je sais que la pandémie a été dure, hein, pour
plusieurs jeunes, là, au niveau de l'isolement, au niveau de la santé mentale
aussi, ça peut avoir eu des impacts, et on a vu que ça en a eu sur la
performance de nos jeunes, sur le taux de scolarisation.
Mme Ghazal : Comme première
ministre, mais aussi comme mère d'un enfant qui a été un élève, ça ne vous
indigne pas de voir cet écart-là? Est-ce que ça vous indigne?
Mme Fréchette : Bien, pour moi,
c'est un levier d'action, dans le sens qu'il faut agir pour améliorer la
situation. Il faut l'améliorer sur tous les plans possibles. Puis c'est sûr
qu'au niveau du secteur public, c'est un secteur central, c'est là les
priorités qu'on met au niveau de nos investissements, mais, en même temps,
chaque milieu est différent, puis on fait confiance aussi aux gestionnaires de
nos écoles.
Et c'est d'ailleurs ce
pour quoi j'ai mis de l'avant l'idée de décentraliser les décisions en matière
d'abandon scolaire, en matière de performance des élèves. On veut que ce soient
les gens des milieux locaux, régionaux qui décident des meilleures mesures qui
devraient être mises en place pour améliorer la performance des jeunes.
Mme Ghazal : Je veux juste m'assurer
que la première ministre que cet écart-là, oui, il existe sous la CAQ, mais
c'est un écart qui existe... entre les trois vitesses, où l'écart s'est creusé
à travers les décisions qui ont été prises, pas uniquement par la CAQ, mais
aussi par les gouvernements précédents. Donc, j'ai juste envie de l'entendre,
ce n'est pas le bilan de la CAQ. Est-ce que ça l'indigne de voir ces
différences entre les trois vitesses, oui ou non?
Mme Fréchette : C'est sûr que la
différentielle, ce n'est pas une bonne nouvelle. Il faut essayer de réduire ça le plus possible, cette différence en termes de
taux de diplomation. Mais ce qu'on voit, c'est que le taux de diplomation
au secondaire, là, après sept ans, il est de 82,7 %. Donc, on peut faire
mieux, on devra faire mieux, il faut poursuivre nos investissements puis c'est
ce qu'on a fait. Puis je vous ai montré les chiffres, tout à l'heure, de
rehaussement des investissements qui sont considérables, justement pour
atteindre cet objectif-là.
Mme Ghazal : Là, il me reste peu de
temps, ça fait que je vais demander au président d'être un peu plus à cheval
sur l'équivalence.
Le Président (M.
Bachand) : Il est pas mal à cheval, là, je vous le dis.
Mme
Ghazal : Parfait. Merci.
Est-ce que la première ministre sait combien nous coûte le décrochage scolaire
par année au Québec?
Mme Fréchette : Je n'ai pas de
chiffre à vous donner particulièrement, là, mais... Combien coûte, le...
Mme Ghazal : Le taux de décrochage
est une catastrophe économique, une catastrophe pour les élèves, pour notre société, et la première ministre du Québec
ne connaît pas c'est quoi, le coût du décrochage, elle a tout l'appareil
ici autour d'elle...
Mme Fréchette : Bien, je n'ai pas
besoin de connaître le coût du décrochage pour savoir que c'est d'impact. Pour moi, c'est clair que des jeunes qui
décrochent, bien, c'est sûr que c'est une perte pour la société et il faut
travailler à raccrocher les jeunes puis à les accompagner tout au long
de leur parcours.
Mme Ghazal : Est-ce que la première
ministre est curieuse de connaître c'est quoi, le coût économique du décrochage
scolaire?
Mme Fréchette : Quel est votre...
oui, le chiffre que vous voulez me partager.
Mme Ghazal : Bien, il y a une étude
de l'économiste Frédéric Laurin, qui a fait cette étude-là en 2024, et il a
calculé récemment que le décrochage scolaire nous coûte
14 milliards de dollars par année au Québec.
Mme Fréchette : C'est trop. C'est
énorme. Il faut réduire ça. C'est ce pourquoi...
Mme Ghazal : À combien?
Mme Fréchette : C'est ce pour quoi
on investit dans les écoles. C'est ce pour quoi on a eu ce rehaussement d'investissement considérable. C'est ce pour quoi
on a pris des mesures aussi pour mieux accompagner les professeurs,
mieux accompagner les jeunes, avoir davantage accès aux activités
parascolaires, aux programmes particuliers, avoir des aides à la classe,
retirer les cellulaires des écoles. Ça, ce sont toutes des mesures pour
améliorer le cadre de vie dans les écoles et permettre à nos jeunes de mieux
évoluer.
Mme
Ghazal : La vérité, Mme la
première ministre, c'est que ça nous coûte extrêmement cher, le décrochage
scolaire, économiquement, ça fait mal à des enfants. Moi, personnellement, ça
m'indigne de voir ça, dans le Québec de 2026, que ça existe. Moi, quand j'étais
jeune puis j'étais à l'école, il n'y avait pas autant de différence entre les
trois vitesses. Il y a des élèves qui sont chanceux, parce que leurs parents
ont de l'argent pour payer pour les programmes sélectifs ou les envoyer dans
les meilleures écoles privées, puis il y en a d'autres qui ne le sont pas. C'est notre responsabilité de les aider et, depuis
huit ans que le gouvernement de la CAQ est présent, l'écart n'a fait que se
creuser alors que c'était supposé être la priorité de votre prédécesseur. Je ne
sais pas si c'est votre priorité à vous.
Mme Fréchette : Écoutez, on a
construit plus de 100 écoles. Quand on est arrivé là, ça faisait neuf ans
qu'il n'y avait plus de construction d'école. Neuf ans. Les libéraux, là, ils
n'en avaient pas construit aucunement, le PQ non plus. Donc, nous, on a mis fin
à ça, on a recommencé à construire des nouvelles écoles. Depuis 2018, on en a
construit plus de 100 et puis on en a 200 qui sont aussi des agrandissements
qui ont été livrés déjà. Donc, c'est majeur,
ce qu'on a mis de l'avant pour rénover et remettre sur pied nos infrastructures
dans le domaine de l'éducation. Puis ça, c'est
plus de gymnases, c'est plus de belles écoles. Je ne sais pas si vous avez eu
la chance de visiter les nouvelles écoles qu'on a mises en place, c'est
fabuleux la lumière qu'il y a là-dedans, les espaces communs, c'est un milieu
de vie super attractif pour les jeunes. Donc, c'est une façon aussi de
reconnaître l'importance...
Mme Ghazal :
Justement, je suis allée dans beaucoup, beaucoup de places, partout au Québec,
je ne suis pas restée dans mon comté, et je suis allée dans des comtés
caquistes pour voir les belles écoles. Et je veux ici faire référence à
l'enquête de mon collègue le député de Gouin, qui nous montre quelque chose
d'extrêmement troublant, parlant de construction d'écoles. On a ici un
graphique qui nous montre l'investissement par élève moyen par année en
fonction des différents comtés, les comtés caquistes, les comtés libéraux, les comtés
péquistes, les comtés de Québec solidaire. Et on regarde ici la vétusté des
écoles, on voit que la vétusté des écoles ne suit pas le nombre
d'investissements par élève. Donc, encore une fois, grâce à la CAQ, il y a des
élèves qui sont chanceux parce qu'ils habitent dans des comtés du gouvernement
ou même aussi du gouvernement libéral, puisque, selon cette enquête, on a des
doutes sur le fait que c'est une tendance, de favoriser... que les
gouvernements, que ce soit de la CAQ ou du Parti libéral, quand ils sont au
gouvernement, de favoriser leur comté pour construire des belles écoles. Il y a
des recommandations très claires qui ont été mises en place, et moi, j'ai fait
appel à la Vérificatrice générale pour le faire, je veux savoir si la première
ministre est d'accord avec ça, c'est de rendre transparents, transparents, les
critères de décision de construire des écoles et aussi d'avoir des critères qui
soient les plus objectifs possibles en les rendant publics. Puis, quand il y a
une décision qui est prise de construire une école ou pas, de rendre publique
la justification, parce que ça, c'est une boîte noire, on n'a pas de réponse à
ça.
Moi, j'aimerais ça
que la première ministre, quand elle répond, qu'elle ne s'adresse pas à moi,
mais qu'elle s'adresse aux parents et aux élèves qui sont dans des comtés moins
chanceux où les chiffres démontrent que, s'ils ne sont pas dans un comté du
gouvernement de la CAQ, bien, les décisions ne sont pas claires si... pour
quelle raison des écoles ont été construites ou pas, si elle s'engage face à
ces parents-là, de rendre publiques ces informations-là et non pas seulement de
nous dire de la croire sur parole.
Le
Président (M. Bachand) : On doit prendre
la parole de l'élu, là. Alors donc, Mme la première ministre.
Mme
Fréchette : Merci. Merci, M. le Président. Donc, je ne sais pas si
l'élu de Québec solidaire inclut dans ses
données le rehaussement du salaire des professeurs. Ça, ça a été une manière
importante qu'on a eue de valoriser...
Mme Ghazal : ...sur
l'investissement. Moi, j'invite... j'invite fortement la première ministre à la
lire. Je vais la déposer.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la cheffe du deuxième groupe, vous
avez posé une question. Laissez Mme la première ministre répondre, s'il vous
plaît. Merci.
Mme
Fréchette : Donc, quand on dit qu'on investit, on rehausse de
20 % le salaire des enseignants, je pense que c'est au bénéfice de l'encadrement des élèves parce qu'on peut
attirer puis retenir davantage de professeurs. Et ça, c'est important
comme mesure qu'on a mise de l'avant.
Par ailleurs, au
niveau des critères de choix, on n'est pas... on n'est pas dans le favoritisme,
là, ça, c'était sous l'ère libérale, là. Nous, on a des critères qui sont
publics, et d'ailleurs on les a rendus publics suite à une demande de Québec
solidaire il y a un certain temps. Et je peux vous les nommer, là, les critères
qui sont publics pour évoluer... pour choisir les endroits où il y aura des
écoles. On suit les besoins, on suit les besoins.
• (12 heures) •
Donc, c'est l'évolution de l'effectif scolaire
pour les cinq prochaines années. Ça, c'est un des critères qui est pris en considération. Le besoin d'espace dans cinq ans
avec un taux d'adhésion de la maternelle quatre ans à 40 %, pondération du
besoin des espaces en nombre de classes par rapport à l'effectif scolaire, le
nombre de locaux manquants...
Le
Président (M. Bachand) : ...il reste une
minute à la cheffe du deuxième groupe.
Mme Ghazal :
Mais est-ce qu'elle accepte de rendre aussi publiques les décisions de
construire, oui ou non... c'est-à-dire les justifications des décisions de
construire, oui ou non, une école? Des fois, la décision, elle est prise, mais
on n'a pas les raisons pour lesquelles le projet a été accepté ou refusé.
Est-ce qu'elle s'engage aussi à rendre public ça?
Mme
Fréchette : Alors, je vais compléter la liste qu'on avait rendue
publique par la... suite à la demande de Québec solidaire. Donc, le nombre de
locaux manquants pour le territoire dans les cinq ans, en utilisant le taux de
fréquentation des jeunes, aussi la première année où le territoire est en
déficit, ça aussi, ça fait partie des critères pour lesquels on choisit
l'endroit où il y aura les nouvelles écoles. Le développement immobilier dans
le territoire, ça, c'est important parce qu'on voit venir le rehaussement de la
demande, et le financement dans la mesure de location d'immeubles. Donc, on a
des critères rigoureux...
Le
Président (M. Bachand) : En terminant.
Mme Fréchette :
...ils sont connus et qui sont en phase avec les besoins du milieu.
Mme
Ghazal : Donc, pas d'engagement... Donc, pas d'engagement à
rendre publique l'application des critères.
Le Président (M. Bachand) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup. M. Député Camille Laurin, pour
16 min 57 s, s'il vous plaît.
M. St-Pierre Plamondon : Merci. Mme
la première ministre, vous avez annoncé que vous avez ouvert une enquête pour
identifier la source de la fuite du courriel du ministre des Finances, dans le
cadre duquel il vous rappelait à l'ordre. Je cite une partie de ce courriel du
ministre : «Je me dois de souligner que je suis inquiet du nombre d'annonces considérées par notre
gouvernement depuis votre élection. Les Québécois connaissent l'état des
finances publiques et souhaitent une première ministre responsable qui
ne dépense pas à tout vent comme son prédécesseur était perçu.» Je ferme les
guillemets.
Vous avez répondu hier qu'une enquête était en
cours pour savoir qui a coulé le courriel dans les médias. Ça dénote que ce
gouvernement est plus préoccupé à trouver un coupable qu'à se pencher sur le
fond de ce courriel-là, à savoir les dépenses à tout vent. Mais ça, c'est un
autre débat.
Ma question... Vous avez dit en Chambre ici que
c'est une simple enquête administrative. Ma question, c'est : Qui mène
l'enquête? Et l'enquête a été déclenchée à la demande de qui?
Mme Fréchette : Oui. Bien, c'est
intéressant que vous posiez la question parce que vous avez répondu à votre...
à votre question d'entrée de jeu en disant que j'avais demandé une enquête. Or,
ce n'est pas le cas, je n'ai pas demandé d'enquête. Mais vous avez statué que
j'avais demandé une enquête en finissant l'intervention, en disant : Mais
qui a demandé l'enquête? Alors, c'est intéressant comme logique. Donc, voilà,
je n'ai pas demandé d'enquête. C'est une démarche administrative qui a été
initiée.
M. St-Pierre Plamondon : Vous ne
répondez pas à la question. La question est claire : Qui a déclenché et
demandé cette enquête-là?
Mme Fréchette : Bien, écoutez, je ne
le sais pas.
M. St-Pierre Plamondon : Vous ne le
savez pas?
Mme Fréchette : Je ne sais pas, mais
ce n'est pas moi, parce que c'est dans une démarche administrative.
M. St-Pierre Plamondon : Ce n'est
pas vous. Donc, votre gouvernement... vous êtes la première ministre et vous
êtes en train de me dire que votre gouvernement a déclenché une enquête, qui
porte notamment sur le ministre et le fait
que le courriel a coulé, et que vous ne savez pas qui a déclenché l'enquête.
Personne dans toutes les personnes autour de vous ici, là, il n'y a
personne qui a cru bon de vous dire qui puis si c'est une bonne idée de
déclencher une enquête sur votre ministre?
Mme Fréchette : Ultimement, c'est le
secrétaire général parce que c'est le patron de... des fonctionnaires.
M. St-Pierre Plamondon : Vous pensez
que c'est le secrétaire général ou vous n'êtes pas sûre, vous ne le savez pas?
Mme Fréchette : M. le secrétaire
général, avez-vous démarré l'enquête? Alors, voilà, il me confirme qu'il a
démarré une enquête administrative.
M. St-Pierre Plamondon : Donc, vous
me confirmez que c'est à la demande et à l'initiative du secrétaire général et
que vous n'aviez pas d'information en ce sens-là. Vous, vous n'étiez pas au
courant.
Mme Fréchette : M. le secrétaire
général m'indique que c'est systématique, aussitôt qu'il y a une fuite il y a
un déclenchement d'enquête administrative.
M. St-Pierre Plamondon : Et,
puisqu'on a une discussion fructueuse entre vous deux, est-ce qu'on peut savoir
si le ministre des Finances fait partie des gens qui sont sous enquête?
Mme Fréchette : ...céder la parole
puisque c'est lui qui est, dans le fond, au coeur de vos questions?
M. St-Pierre Plamondon : ...est-ce
que le ministre des Finances est sous enquête dans le cadre...
Le Président (M.
Bachand) : J'aurais besoin du
consentement. Est-ce qu'il y a consentement pour que le secrétaire général
prenne la parole? M. le secrétaire général, s'il vous plaît, en vous
identifiant officiellement, s'il vous plaît. Merci.
M.
Bahan (David) : Bonjour. David Bahan, secrétaire général du
gouvernement.
Je ne peux pas vous
confirmer exactement les noms des personnes qui sont sous enquête, mais, dans
le fond, c'est une pratique qui est standard. On fait un suivi de tous les
documents potentiellement qui ont pu... qui ont pu fuir du ministère, donc,
mais je ne peux pas vous confirmer les noms, malheureusement.
M. St-Pierre
Plamondon : OK. Donc, on a une enquête pour laquelle la première
ministre n'était pas au courant et on ne peut pas infirmer ni confirmer qui est
sous enquête.
Le 12 mai
dernier, lors des crédits, je questionnais le ministre des Finances, justement,
sur la dilapidation des fonds publics et une caisse électorale de
250 millions de dollars qui a été laissée pour le ou la future chef
de la CAQ au terme de la chefferie. Il m'a
répondu qu'il n'y avait aucun dépassement et que c'est moi qui ne comprenais
pas le sujet. Il a dit pourtant
exactement l'inverse par écrit dans un courriel qu'il vous a envoyé, qu'il vous
a envoyé, Mme la première ministre. Donc, est-ce que, a, le ministre des
Finances a menti lors de ses crédits...
Le
Président (M. Bachand) : ...attention à
vos choix de mots.
M. St-Pierre Plamondon : Je
retire. Est-ce que, première possibilité, le ministre des Finances a fait des
affirmations inexactes lors des crédits lorsque je le questionnais, ou
est-ce que, b, il a échoué à vous empêcher de dépenser sans compter au-delà du
budget de 250 millions qu'il vous avait fixé?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le Président.
Donc, le courriel, d'une part, comprenait davantage d'informations que ce
qu'on a vu, rendu public, et, par ailleurs, c'est une photo à un moment précis,
et puis il y a eu plusieurs séances de travail, plusieurs discussions souvent
en... en rencontres, en présentiel, parfois par courriel. C'est un processus
qui s'est étalé dans le temps, qui a été mené pour le choix des mesures qu'on a
mises de l'avant, qu'on a présentées aux Québécois pour répondre à leurs
préoccupations. Donc, voilà, c'était partiel.
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
puisque c'est un processus évolutif pour lequel on essaie de découvrir le
chiffre et puisqu'on sait que ça excède 250 millions maintenant,
puisque lundi, en une seule journée, vous avez dépensé l'équivalent... une
valeur de 682 millions en annonce, pouvez-vous me dire, en date
d'aujourd'hui, à combien se chiffre le budget réservé à vos annonces liées à
votre course à la chefferie... Est-ce qu'on a un chiffre en date d'aujourd'hui?
Mme
Fréchette : Alors, le rapport préélectoral, et je le mentionnais à
votre collègue, fera état de l'ensemble des dépenses, il sera dévoilé en août.
En ce moment, on est à 336 millions récurrents, comme je l'ai expliqué
avec le collègue du Parti libéral. Donc, c'est 336 millions. Puis, je le
rappelle, il y a des fonds additionnels qui sont rentrés, parce que le fédéral
nous a fait des transferts plus importants que ce qui avait été initialement
prévu avec le budget de mars dernier, et par ailleurs, bien, l'inflation se
fait sentir plus longtemps, notamment sur le prix de l'essence avec le détroit
d'Ormuz qui est... qui est encore bloqué, alors qu'on pensait que ce serait de
courte durée, et ça, ça génère des entrées additionnelles. Nous, on répond avec
des mesures qui cadrent avec les préoccupations des Québécois.
M. St-Pierre Plamondon : Sur
la filière batterie, filière batterie qui est un sujet de prédilection lorsque
vous étiez ministre de l'Économie, un dossier que vous avez mené avec
beaucoup d'entrain aux côtés de Pierre Fitzgibbon, je vous cite : «Quand
on ne soutient pas des entreprises pour qu'ils créent des emplois, quand on
n'attire pas des investissements étrangers, c'est sûr qu'il n'y a pas de
risque. Alors, nous, on prend des risques, ils sont calculés. On a protégé
l'argent des Québécois d'une manière innovante. On fait en sorte d'octroyer du
financement à Northvolt au fur et à mesure que le projet se développera. Alors,
on est dans cette logique-là parce qu'on préserve et on protège le capital des
Québécois qui a été investi dans un ensemble de secteurs, dont le secteur de la
filière batterie.»
Je ferme les guillemets. C'est une citation de
novembre 2024, là, donc ça ne fait pas cinq ans, ça fait quelques mois.
Ma question : Est-ce que vous maintenez toujours aujourd'hui que le projet
Northvolt était une bonne décision?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le Président. Il
faut regarder l'oeuvre dans son ensemble, là. Ce qu'on a mis sur pied,
c'est carrément une nouvelle filière économique, qui est stratégique pour le
Québec. Certes, la transition énergétique va être moins rapide que ce qui avait
été prévu initialement, pour les raisons qu'on connaît, mais il n'en demeure
pas moins que la transition énergétique, on y fait face. On a pris action, on a
mis en place des entreprises qui vont nous permettre de nous positionner à
l'international, puis ça, c'est créateur d'emplois.
Donc, quand on regarde ce qui se passe au parc
industriel de Bécancour, je ne sais pas si le député de Camille-Laurin s'y est rendu, mais ça vaut
le détour, parce qu'il y a en ce moment autour de 1 000 travailleurs
qui sont en train de construire les usines qu'on a mises en place dans le
contexte de la filière batterie.
Il y a des projets
qui ont moins bien été, il y en a d'autres qui vont bien, et on va continuer de
se positionner dans ce secteur-là parce qu'on a tout ce qu'il faut pour avoir
du succès.
M.
St-Pierre Plamondon : Donc, je comprends, de votre réponse, qu'il y a
710 millions de pertes dans Northvolt, mais, pour toutes ces dépenses dans
le secteur de la filière batterie, si c'était à refaire, vous referiez les
mêmes décisions.
Mme
Fréchette : Pour tout projet qui n'a pas eu les suites qu'on avait
escomptées au départ, on aimerait ça pouvoir revenir en arrière, mais le fait
est que, dans le développement industriel, dans le développement de...
économique, dans toute politique de cette nature-là, il y a une part de risque.
Et les risques, est-ce qu'ils en valaient le coup? Eh bien, oui, quand je
regarde ce qu'on a mis en place au niveau de la filière batterie. Et il y a
12 projets majeurs qui sont en développement dans la filière batterie,
12 projets majeurs. Alors, ça, c'est... c'est important, c'est colossal,
puis c'est des bases essentielles pour la suite des choses, parce que, le
Québec, on doit s'inscrire dans la transition énergétique. La question, ce
n'est pas si on doit le faire, c'est quand on le fait et à quelle vitesse on le
fait. Et on a pris action pour s'assurer que, justement, on soit positionnés.
• (12 h 10) •
M. St-Pierre
Plamondon : C'est intéressant que, dans toutes ces questions, il n'y
ait pas la question : À quel prix on le fait?
Mme
Fréchette : À quel quoi?
M. St-Pierre Plamondon : Vous posez un certain nombre de questions, il
faut le faire, la filière batterie, il faut se poser la question quand,
de quelle manière. Vous ne posez pas la question : À quel prix?, ce qui
m'amène à vous parler de Nemaska Lithium, qui est la soeur sosie de Northvolt.
Dans ce dossier-là, nous avons investi 1,2 milliard de dollars dans
un projet et, juste sous votre gouverne, Mme la première ministre, alors que
vous étiez ministre de l'Économie, ce sont 675 millions de dollars
que vous avez dépensés dans ce projet.
Nemaska Lithium, c'est sept opérations de sauvetage sous la CAQ, sept, donc c'est
typique d'une dépense sans compter, au pif, d'un gouvernement qui a des
considérations politiques, et ça a été fait contre plusieurs avis formels,
contre l'avis même de son propre ministère des Ressources naturelles, de la
Forêt. En 2023, les fonctionnaires du MRNF ont soulevé des risques importants,
susceptibles d'avoir des impacts considérables, notamment sur les coûts et les
échéanciers du projet. Le ministère de l'Économie a fait des pressions directes
sur ce ministère pour qu'il retire les avis défavorables, là j'ouvre les
guillemets : «Des considérations liées, par exemple, à la volonté de
développer la filière batterie ont influencé la modification de la
recommandation dans l'avis sectoriel», pouvait-on lire.
Lorsqu'on vous a posé la question personnellement,
vous avez refusé de dire si vous étiez au courant de ce rapport et de
cet avis défavorable. Le lendemain, le ministre actuel de l'Économie a laissé
entendre que c'était le cas, vous étiez au
courant. Pourquoi avez-vous refusé de dire si vous étiez au courant du rapport
lorsqu'on vous a posé la question?
Mme
Fréchette : Oui, merci, M. le Président. Bien, je pense que le chef du
Parti québécois confond, là, un investissement dans un projet avec une
opération de sauvetage. Dans Nemaska Lithium, là, on est partenaires,
partenaires à 50 %, donc, quand on injecte de l'argent, ce n'est pas une
opération de sauvetage, comme vous le laissez entendre, c'est un investissement
parce que le projet avance dans sa réalisation. Alors, c'est important qu'on
injecte quand on est partenaires parce que, sinon, on se fait... on se fait
diluer, puis il arrive... il peut arriver des moments
où on souhaite ça. Mais, au départ, c'est un projet qu'on a mené de pair avec
le secteur privé. Et maintenant, notre partenaire, c'est Rio Tinto Alcan,
un partenaire de premier ordre à l'international, qui a toute l'expertise
souhaitée et qui a acheté, en fait, la compagnie qui gérait, en partenariat
avec nous, ce projet-là, parce qu'il a vu un potentiel important.
Des fois, le
potentiel ne s'avère pas, puis je pense au projet... la centrale... l'usine
McInnis, là, dans lequel le Parti québécois avait investi, qui a généré
375 millions de pertes. Est-ce que le Parti québécois regrette d'avoir
investi dans ce projet-là il y a quelques années? Ça nous génère des pertes
aujourd'hui.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Mme
Fréchette : Chaque projet peut avoir une part de risque, c'est normal.
Dans le cas de Rio Tinto... dans le cas de Nemaska Lithium, on est avec Rio
Tinto, on a le partenaire idéal pour...
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Le député de Camille-Laurin,
s'il vous plaît.
M. St-Pierre Plamondon : La
première ministre dit que je confonds les choses. Je ne confonds rien, elle a
reçu un avis défavorable du ministère
des Ressources naturelles en disant : Ne faites pas ça, c'est trop risqué.
Il y a quelqu'un au gouvernement qui a fait changer l'avis. Puis c'est
passé par son ministère, c'est le ministère de l'Économie qui a fait changer
l'avis. Quand on lui a posé la question : Êtes-vous au courant de l'avis
défavorable? Elle n'a... elle n'a pas dit... elle a dit des choses inexactes.
Donc, ma question, là, elle est claire, puis
entendez-moi, là, j'ai une seule question ici, là : Pourquoi avez-vous
refusé de dire si vous étiez au courant du rapport avec l'avis défavorable
lorsqu'on vous a posé la question?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le Président. C'est important de rappeler
les faits parce qu'il y a des inexactitudes. Alors, appelons-les les
faits. Le ministère des Ressources naturelles et de la Forêt avait soulevé des
éléments de risque dans un avis sectoriel, des éléments de risque dans un avis
sectoriel. Ensuite, le ministère de l'Économie a travaillé avec l'autre ministère,
le MRNF, pour réduire ces risques-là et pour nous exposer dans une moindre
mesure. Par exemple, le procédé technologique qui a été utilisé a été modifié
pour réduire la part de risque. Puis on s'attend à ce genre de collaboration là
puis d'avis là de la part des ministères quand on va de l'avant avec un projet
d'investissement, puis c'est ce qui a été
fait, puis il y a... le tir a été ajusté à différentes... dans différentes
façons parce que le... il y avait possibilité de réduire le risque.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : La première
ministre ne répond toujours pas à la question qui porte sur elle et sa
connaissance de l'avis défavorable. Donc, je vais reprendre tout à zéro, on va
faire semblant qu'on n'a jamais eu cette discussion-là en l'enceinte de
l'Assemblée nationale. Pouvez-vous simplement nous confirmer si vous étiez au courant de ce rapport et de cet avis défavorable,
et si vous... dans les circonstances et en toute connaissance, vous avez
quand même décidé, là, d'aller de l'avant
avec ce nouvel investissement, pour un total de 675 millions
d'investissements, dans Nemaska Lithium?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme
Fréchette : Oui, je répète que, bien, l'avis, en fait,
identifiait des risques qui pouvaient être réduits et ces risques ont
été réduits grâce à l'avis sectoriel qui avait été soumis. Puis c'est important
de prendre en considération ce qu'il y a dans ces avis-là. C'est ce qui a été
fait, on a ajusté le tir, on a réduit la part de risques associée au projet.
M.
St-Pierre Plamondon : Je répète, pour une quatrième fois, ma
question : Aviez-vous connaissance du rapport et de l'avis
défavorable, oui ou non?
Mme Fréchette : Je répète ma
réponse : L'avis sectoriel identifiait un certain nombre de risques, et on
a tenu compte de ces risques-là. Il y a des actions qui ont été modifiées pour
réduire la part de risque.
Et par ailleurs c'est un projet qui continue
d'aller de l'avant. Il n'y a pas eu de dépréciation au livre associée à ce
projet. Parfois, quand on écoute le chef du Parti québécois, on a l'impression
que c'est un projet qui est mort, alors qu'aucunement, c'est un projet pour
lequel il n'y a pas de dépréciation enregistrée au livre et qui suit son cours.
M.
St-Pierre Plamondon : Donc, je note au dossier qu'on a reposé la
question quatre fois sur la connaissance, quatre fois on n'aura pas eu
la réponse, et on doit malheureusement en déduire qu'il y a bel et bien une
connaissance, puis qu'on a agi en toute connaissance de cause. Simplement, on
ne veut pas le dire.
Charles Emond, lui, a dit que le risque était
beaucoup trop élevé dans Nemaska Lithium. Lui, il gère le bas de laine des
Québécois, il gère leurs fonds de pension. Et je pose à nouveau une question
pour essayer de comprendre comment on a pris ce risque calculé, là, qui était
l'expression dans Northvolt : Est-ce que la première ministre considère que 1,2 milliard dans Nemaska,
c'est un risque calculé? Est-ce que, comme dans Northvolt, elle affirme que
c'est la chose à faire et que c'est bon, comme risque, pour les payeurs de
taxes, alors que la Caisse de dépôt elle-même nous dit que c'était
beaucoup trop risqué?
Le Président (M. Bachand) :
Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Oui, bien, la Caisse
de dépôt travaille avec, je dirais, des critères qui sont différents de ceux
d'un gouvernement. La caisse n'a pas l'habitude d'investir dans le secteur
minier, par exemple, parce que c'est un secteur pour lequel il y a des cycles
importants et la caisse préfère ne pas s'engager dans ce type de secteur parce
que, justement, elle a une approche beaucoup plus pondérée en regard du risque.
Le Président (M.
Bachand) : Une minute, M. le député de Camille-Laurin.
M.
St-Pierre Plamondon : Donc,
à nouveau, Nemaska, c'est 1,2 milliard de dollars. Je vais
le renverser de manière plus spécifique pour avoir l'opinion du
gouvernement, là. Ça revient à 2,4 millions de dollars de fonds publics
par emploi, Nemaska, 2,4 millions de dollars par emploi. La première
ministre vient de nous dire que, pour la caisse, suivant ses critères, c'était
normal qu'elle trouve ça trop cher, 2,4 millions par emploi. Moi, je veux
savoir, de la part de la première ministre,
qui était ministre de l'Économie : Est-ce que, pour elle, et ce
gouvernement, 2,4 millions de dollars par emploi, ça a du
sens? Est-ce que c'est normal?
Le Président (M.
Bachand) : 30 secondes.
Mme Fréchette : Alors, pour notre
gouvernement, c'est important de créer 500 emplois dans le secteur de la
transformation des minéraux critiques et stratégiques. Probablement que le
Parti québécois s'intéresse plus à extraire les
minéraux critiques puis les exporter tout de suite sans les transformer, nous,
ce n'est pas notre approche. Notre approche, c'est
de valoriser, de développer des emplois qui vont créer de la valeur au niveau
des minéraux critiques et stratégiques, et c'est ce qu'on fait avec Nemaska
Lithium.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le chef de
l'opposition officielle, pour 17 min 4 s, s'il vous plaît.
M. Fortin :
Oui. Merci. Juste pour continuer, là, pendant que... pendant qu'on est sur cet
enjeu-là, là : Est-ce que la première ministre considère
l'investissement dans Nemaska Lithium élevé?
Mme Fréchette : Bien, c'est un
investissement qui a été important. Puis, d'ailleurs, moi, j'ai indiqué qu'on
allait maintenant passer notre tour pour quelques rondes de financement, parce
qu'on veut que ce soit Rio Tinto qui devienne majoritaire, et c'est ce qui a
été fait, puis ça tombe bien parce que c'était aussi le souhait de Rio Tinto.
Donc, on n'a pas réinvesti lors de la dernière ronde de financement, et ça
reste que c'est...
M. Fortin : Oui, mais ça, c'est... Là, ce que vous me dites, là, c'est
que l'investissement est important. On le sait, qu'il est important, c'est
1,2 milliard, là. Est-ce que le niveau de risque est élevé?
Mme Fréchette : Bien, le niveau de
risque, il existe, là, c'est clair, dans le domaine minier. Des projets dans le
domaine minier sans risque, je n'en connais pas.
Maintenant, c'est un secteur qui est important,
dans lequel le Québec doit se positionner. On le voit, là, l'Europe, ils
veulent réduire leur dépendance à l'égard de la Chine, réduire leur dépendance
à l'égard de la Russie, ils nous voient comme étant... faisant partie de la
solution. Puis je pense que, pour le Québec, c'est intéressant d'avoir la
transformation des minéraux critiques et stratégiques, dans un contexte où tout
le monde en cherche, avec des partenaires stables et des partenaires fiables.
On a cette possibilité-là, au Québec, de se positionner, puis c'est ce qu'on
fait.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
• (12 h 20) •
M. Fortin : La réalité, là, c'est que tout le monde le sait qu'il y a
un risque, là, il y a un risque. Et ça... Donc, la première ministre, là, elle
nous dit des évidences. Il y a un investissement important, c'est
1,2 milliard, il y a un risque, bien oui, il y a un risque, c'est dans le
secteur minier.
Ma question, ce n'est pas ça, c'est de
savoir : Est-ce que le risque, il est élevé? Parce que son ministre des
Finances, il dit que le risque, dans ce projet-là, il est extrêmement élevé, il
qualifie le projet d'extrêmement risqué. Est-ce qu'elle est d'accord avec ça?
Mme Fréchette : Bien, moi, je vous
dirais que c'est un projet risqué parce que, dans le secteur minier, des
projets sans risque, ça n'existe pas vraiment. Alors, c'est un projet avec une
part de risque, c'est sûr, dans le secteur minier, ça fait partie de la donne,
ça fait partie de l'équation.
Maintenant, on en a, des ressources minières,
alors on ne va pas s'abstenir d'agir puis d'intervenir dans le secteur minier
parce qu'il y a une part de risque. C'est un secteur qui est en grande
croissance aussi dans un contexte de transition énergétique.
M. Fortin : Est-ce que votre ministre des Finances, il est alarmiste,
dans ce cas-là? Lui, il dit que c'est extrêmement risqué, cet investissement-là.
Mme
Fréchette : Bien, ça dépend
à quoi on le compare, hein? Puis on est en partenariat avec Rio Tinto Alcan, qui est un des trois joueurs à l'international dans ce
secteur-là. Donc, pour ce qui est de réduire le risque, on a le bon partenaire,
parce qu'ils connaissent ce secteur-là de fond en comble et ils sont un des...
en fait, en tête de file.
M. Fortin : OK. Tantôt, la première ministre, là, a essayé de... je ne
veux pas dire faire la leçon, là, je ne veux pas dire ça, mais, admettons,
éduquer les parlementaires sur le fonctionnement des investissements, et elle
nous a dit : Bien, on investit parce que ça avance, hein, on est
partenaires dans ces projets-là, ce n'est pas juste de l'argent qu'on rajoute, c'est... on est partenaires puis on
veut investir. Alors là, dans ce projet-là, là, vous êtes partenaires, mais
vous avez dit : Assez, c'est assez.
Pourquoi vous dites ça maintenant et que vous n'avez pas dit ça après
l'investissement en 2023, en 2024, en 2025 ou en février 2026? Pourquoi
c'est aujourd'hui que vous dites «assez, c'est assez», alors que vous avez eu
plusieurs opportunités de le faire auparavant?
Mme Fréchette : Alors, oui, je
rappelais certains éléments de fondement, parce que le chef du Parti québécois
laissait entendre que la ronde de financement, c'était l'équivalent d'un plan
de sauvetage, or, ce n'était pas du tout un plan de sauvetage, c'était une
ronde de financement pour un projet qui prend forme, à la fois pour extraire
des minéraux critiques et stratégiques et pour les transformer, en créant des
emplois bien rémunérés puis en créant une valeur importante sur le territoire
québécois.
Maintenant,
on est avec un partenaire qui souhaite... qui souhaitait, en fait, devenir
majoritaire. Alors, moi, j'ai vu comme étant... cette volonté-là comme
une occasion pour redéfinir le niveau de partenariat. Donc, on s'est... on est
devenus minoritaires à l'intérieur de ce projet-là, qui continue de prendre
forme avec un partenaire de premier ordre.
M. Fortin : Oui, mais,
tantôt, vous avez dit : On investit parce que ça avance. Là, selon ce
qu'on comprend de vous, ça continue d'avancer, alors...
Mme
Fréchette : Oui.
M.
Fortin : ...mais là vous avez fini d'investir.
Mme
Fréchette : Oui, mais le projet...
M. Fortin : Alors, c'est... Pourquoi, aujourd'hui, vous nous
dites : Assez, c'est assez?
Mme
Fréchette : Le projet continue de...
M.
Fortin : C'est quoi, la différence avec aujourd'hui puis 2025?
Mme
Fréchette : Le projet se poursuit, là. Ce n'est pas parce qu'on a
passé notre tour lors d'une ronde de financement que le projet ne se poursuit
pas. Il va de l'avant encore, Rio Tinto y travaille. Et voilà, ça, c'est un
projet qui se poursuit.
M.
Fortin : Mais ce n'est pas ça, la
question. Là, vous avez dit : Assez, c'est assez. Pourquoi vous n'avez pas
dit «assez, c'est assez» à la dernière ronde? Qu'est-ce qui vous fait dire
aujourd'hui : Là, on ne le fait pas, mais, avant, c'était toujours correct,
avant, on le faisait? Qu'est-ce qui vous inquiète aujourd'hui?
Mme
Fréchette : Pour moi, l'arrivée de Rio Tinto, c'est un élément
important, parce que c'est un joueur justement avec une grande expertise. Et il
y avait la volonté de leur part de devenir majoritaire. Et, pour nous, ça
faisait notre affaire de revoir cette façon d'être présent dans le projet,
parce que ça permettait d'accéder à, je dirais, des éléments nouveaux à
l'intérieur de Rio Tinto pour ce projet-là, il était plus intégré dans la
structure de Rio Tinto à partir du moment où ils deviendraient majoritaires.
Alors, bref, c'étaient des éléments d'information qui étaient importants.
M.
Fortin : Mais ce n'est pas parce que le ministre des Finances
vous a dit que c'était extrêmement risqué, il ne vous a pas écrit de courriel
là-dessus.
Mme
Fréchette : Il n'y a pas... il n'y a pas d'investissement dans le
domaine minier qui ne soit pas risqué. C'en est un de ceux dans lesquels on est
engagés avec un partenaire de premier ordre.
M.
Fortin : OK. Là, je me dois de dire, là, que la première
ministre a tout fait pour ne pas répondre à la question du chef du Parti
québécois. Et la question, elle était pourtant simple. Il y avait un avis
sectoriel du ministère des Ressources naturelles qui soulevait des risques
importants, et tant au niveau du dépassement de coûts que sur les échéanciers
du projet, et que, sur la base de ces risques, le ministère des Ressources
naturelles ne recommandait pas de s'investir, d'investir 250 millions de
dollars.
La question du chef
du Parti québécois est la question qu'on pose, moi-même, je l'ai posée à
plusieurs reprises à la première ministre dans les dernières semaines, elle est
toute simple : Est-ce qu'elle avait connaissance de cet avis-là au moment
de l'investissement?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme
Fréchette : M. le Président, j'aimerais rappeler que les seuls ici,
là, qui ont perdu de l'argent avec Nemaska Lithium, c'est le Parti libéral,
hein? Ce serait important de le rappeler, parce qu'ils ont fait faillite, hein,
et c'étaient des pertes de 71 millions de dollars, OK? Nous on a
repris ce projet-là, on l'a refaçonné, puis on l'a mis sur les rails, puis là,
maintenant, il est en train d'avancer.
Maintenant, l'avis
sectoriel qui m'a été transmis du ministère, là, de la part du ministère pour
ce projet-là, il était positif, l'avis.
M.
Fortin : Alors, l'avis sectoriel...
Mme
Fréchette : L'avis sectoriel.
M.
Fortin : ...négatif, vous ne l'avez jamais vu?
Mme
Fréchette : L'avis du MRNF était positif. Il y a eu plus, en fait, de
10 avis positifs depuis 2019.
M.
Fortin : Mais le premier avis sectoriel, là...
Mme Fréchette :
Bien, écoutez, il y en a eu 10.
M. Fortin :
...celui que MRNF a écrit, celui que la Commissaire au développement durable a
souligné dans son rapport, vous ne l'avez jamais vu?
Mme Fréchette : Il y a eu plus de
10 avis qui ont été...
M. Fortin :
Mais pourquoi vous refusez de répondre à la question?
Mme Fréchette : Bien, parce qu'il y
en a 10, des avis. Donc, il n'y en a pas qu'un seul. Pourquoi est-ce qu'on doit
s'arrêter à un seul s'il y en a 10 qui sont...
M. Fortin :
Est-ce que vous avez vu tous les 10 autres?
Mme Fréchette : Moi, je n'ai pas...
Écoutez, je pense que ça a démarré bien avant mon arrivée, là, la publication
d'avis, là.
M. Fortin : OK.
Bien, parfait, là. Il y a eu plusieurs avis positifs. Je vous prends sur
parole. Il n'y a pas de problème. Il y a un avis négatif du MRN, est-ce que
vous l'avez vu?
Mme Fréchette : Moi, je prends en
considération l'avis final, OK? Alors, je ne vois pas chacun des avis parce que
là sinon on n'en sort pas, là. Je vois l'avis final.
M. Fortin :
Bien, on n'en sortira pas, de la discussion, ici non plus, là. On veut juste
savoir si vous l'avez vu.
Mme Fréchette : Moi, je vous dis que
l'avis que j'ai vu, il était positif.
M. Fortin :
Donc, vous n'avez pas vu l'avis négatif.
Mme Fréchette : Je n'ai pas vu
l'avis négatif parce que je ne les vois pas tous.
M. Fortin :
D'accord.
Mme Fréchette : S'il y en a 10, je
ne vois pas les 10 avis. Je vois l'avis final, et, l'avis final, il était
positif.
M. Fortin : OK.
Donc, vous, là, à partir du moment où il y a un avis négatif, vous ne l'avez
pas vu. Donc, la demande du ministère de l'Économie au ministère des Ressources
naturelles de modifier son avis, vous n'avez pas eu connaissance de ça non
plus.
Mme Fréchette : C'était un avis
préliminaire. Et, sur la base de cet avis préliminaire, on a travaillé avec
l'autre ministère à amener des modifications au projet pour réduire les
risques.
M. Fortin :
Mais vous ne pouvez pas dire «on».
Mme Fréchette : Comme je le
mentionnais tout à l'heure, il y a eu des changements de choix de procédés, par
exemple, procédés technologiques, qui ont été faits, parce que l'avis
préliminaire nous indiquait qu'il y avait une part de risque associé à ça. Les
changements ont été faits.
M. Fortin :
Mais vous ne pouvez pas dire «on» en disant que vous n'avez jamais vu cet
avis-là, là. Vous ne pouvez pas dire «on a fait des changements» si vous
n'aviez pas vu l'avis préliminaire. Alors, ma question pour vous...
Mme Fréchette : Le ministère en a
fait avec l'autre ministère.
M. Fortin :
Oui, mais je veux savoir ce que vous saviez. C'est ça qu'on veut savoir
aujourd'hui, là. Vous étiez ministre de l'Économie, c'est un dossier... vous
l'avez dit tantôt, c'est un investissement important. Alors, la fameuse demande
du ministère de l'Économie au ministère des Ressources naturelles, c'est vous
qui étiez ministre, de changer son avis, vous n'avez pas eu connaissance de ça.
Mme Fréchette : Il y a eu des
discussions et du travail entre les deux ministères suite à l'avis préliminaire
pour apporter des changements. Puis là les avis qui ont suivi ont tenu compte
des changements qui avaient été apportés et ça a mené à un avis final positif.
La ministre, là, elle ne s'occupe pas de chaque avis préliminaire et de chaque
discussion qu'il y a entre les deux ministères, je veux dire, ça monte une fois
que c'est avancé comme projet, puis ça, bien, ça requiert un certain nombre
d'avis préliminaires. Mais les ministères se parlent, ils travaillent en
fonction de ce qui ressort des avis.
Et puis, au final, l'avis
était positif. Alors, moi, comme ministre, j'ai regardé l'avis, il est positif,
alors, on a donné le go.
M. Fortin : Comme ministre et comme gouvernement qui a investi
énormément là-dedans, là, est-ce que vous saviez que la Caisse de dépôt avait
choisi de ne pas investir là-dedans?
Mme Fréchette : J'ai déjà parlé avec
le dirigeant de la Caisse de dépôt, de l'intérêt de la caisse à investir dans
le secteur minier, et puis on m'a expliqué que c'est un secteur pour lequel il
n'avait pas d'appétit à la caisse. Donc, ça a inclus ce projet-là, ça inclut d'autres
projets.
M. Fortin : Mais vous n'avez pas eu de discussion spécifique sur le
projet de Nemaska?
Mme Fréchette : C'était sur le
secteur minier en général, parce que c'est un secteur dans lequel on veut se positionner, hein? Le Québec, on a tout intérêt à
se positionner là-dedans pour faire de la transformation et pour avoir une plus-value importante, créer des bons emplois
par centaines, par milliers peut-être. Donc, c'est un secteur pour lequel nous,
on veut s'engager puis positionner le Québec. Et, juste pour ce projet-là,
c'est 400... 450 emplois indirects.
M. Fortin : OK. Je veux revenir sur l'enquête administrative, que vous
n'avez pas demandé, là, qui est venue du secrétaire général. Puis effectivement
je partage la préoccupation du Parti québécois à savoir... là on a l'air plus
intéressé à savoir qui a coulé que savoir pourquoi le ministre des Finances a
tenu à émettre cet avertissement à la première ministre. Mais, juste pour bien
comprendre ce qui est en train de se passer, là, moi, je... si j'ai bien
compris, vous avez mentionné qu'il y avait eu un cas dans le passé où il y a un
employé qui a été congédié suite à une enquête administrative comme celle-là.
Si on détermine que c'est le ministre des Finances qui a coulé ça, est-ce qu'il
va être congédié?
Mme Fréchette : Je n'ai aucun doute
que ce n'est pas le ministre des Finances qui a coulé ça, aucun doute.
M. Fortin : Si c'est quelqu'un dans votre équipe?
• (12 h 30) •
Mme Fréchette : Bien, écoutez, ce
sera à déterminer, mais moi, je n'ai pas eu à déclencher quoi que ce soit. On
m'a avisé qu'il y avait une enquête administrative qui avait été déclenchée
parce que c'est la règle.
M. Fortin : Puis l'enquête administrative, là, est-ce qu'elle... est-ce
qu'elle a des pouvoirs? Est-ce qu'elle peut aller voir les courriels des gens
dans votre cabinet? Est-ce qu'elle peut voir le courriel du ministre des
Finances? Quel genre de pouvoir elle a, cette enquête administrative là?
Mme Fréchette : Écoutez, est-ce
qu'on pourrait faire intervenir le secrétaire général puisque c'est lui qui...
M. Fortin : Bien sûr.
Mme Fréchette : ...qui mène cette
démarche?
Le Président (M.
Bachand) : M. le secrétaire général, s'il
vous plaît.
M. Bahan (David) : Mais... pardon,
malheureusement, je ne peux pas divulguer les méthodes parce que ça viendrait
nuire aux enquêtes. Mais, de façon générale, on a accès aux courriels, puis ça
prend des autorisations pour certaines personnes, mais, de façon générale, on a
accès au système informatique.
M. Fortin : Est-ce que vous avez l'autorisation du ministre des
Finances?
M. Bahan (David) : Je peux... Comme
je vous ai dit, je ne peux pas dire qui est visé présentement, là, par
l'enquête.
M. Fortin :
Mais il n'y a pas tant de monde que ça qui l'avait, ce courriel-là, si j'ai
bien compris, là, il y avait les gens
de votre cabinet, Mme la première ministre, le ministre des Finances lui-même,
il l'a écrit, peut-être quelques personnes dans l'appareil
administratif, j'imagine, mais la liste ne devait pas être bien, bien plus
longue que ça.
M. Bahan (David) : Comme je vous ai
dit, je ne peux pas rien divulguer par rapport à ça.
Mme Fréchette : ...sur les équipes
dans les cabinets, aucun doute là-dessus. Après ça, dans quelle mesure ça a été
transféré au sein de l'administration, il faut que l'enquête puisse se dérouler
pour qu'on le sache.
M. Fortin : OK. Est-ce que... Juste une chose. Dans le courriel de
votre ministre des Finances, il dit que votre prédécesseur dépensait à tout
vent, est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
Mme Fréchette : Ce
n'est pas l'expression que j'aurais utilisée.
M. Fortin : C'est laquelle que vous auriez utilisée?
Mme Fréchette : Bien, je n'ai pas...
je n'ai pas d'expression pour qualifier ça, là, c'est... Je n'ai pas...
M. Fortin : Bien, vous ne savez pas s'il dépensait beaucoup, un peu,
moins que la moyenne, à tout vent.
Mme Fréchette : C'est une question
vaste et complexe.
M. Fortin : Est-ce qu'il dépensait trop?
Mme
Fréchette : Non, parce qu'on a amélioré la situation. Comme je
disais tout à l'heure, on est 4 % moins endettés que lorsque vous
avez quitté le pouvoir. On a amélioré la situation sur le plan des finances
publiques, malgré la guerre tarifaire, malgré la pandémie, malgré le conflit en
Iran, malgré la guerre en Ukraine, qui a généré beaucoup d'inflation. Malgré
tout ça, on est 4 % moins endettés qu'en 2010.
M. Fortin : C'est quoi, la dette nette au Québec?
Mme Fréchette : Pardon?
M. Fortin : C'est quoi, la dette nette au Québec aujourd'hui?
Mme Fréchette : La dette nette
aujourd'hui?
M. Fortin : Est-ce que... Vous n'avez pas l'idée du chiffre, Mme la
première ministre?
Mme Fréchette : Mais je voudrais
vous donner le bon chiffre.
M. Fortin :
Environ. Je vous donne... je vous
donne du jeu, là. Il n'y a pas de... Vous avez droit à la marge d'erreur.
Mme Fréchette : Alors, 38,8.
M. Fortin : 38...
Mme Fréchette : 38,8.
M. Fortin : C'est quoi? 38,8 quoi?
Des voix : ...
Mme Fréchette : Alors, si vous le
voulez en pourcentage, c'est 36,9 % du PIB.
M. Fortin : En
fait, non, je veux la dette nette en chiffres, en dollars. Est-ce que vous
savez c'est quoi? J'en conclus, Mme la première ministre, que vous ne savez pas
c'est quoi, le chiffre de la dette au Québec.
Mme Fréchette : Je vous reviens.
M. Fortin : Bien, ça me semble assez clair, M. le Président. Mais c'est
correct. Je vais... Je vais vous le dire. C'est 259 milliards. Puis la
dette nette, à votre arrivée au pouvoir, c'était 184 milliards. Alors,
vous pouvez dire aujourd'hui, là : On est 4 % moins endettés, mais
la... le résultat, c'est qu'il y a une différence de 75 milliards dans
l'endettement des Québécois. Ça, vous ne pouvez pas dire le contraire.
Mme Fréchette : Le poids de la
dette... Le poids de la dette a baissé pendant notre... Je comprends, là, que
vous voulez montrer que le montant a augmenté, mais le PIB aussi a augmenté
considérablement. On a eu du développement économique considérable. On a
réduit, d'ailleurs, notre écart de richesse aussi avec l'Ontario. Le pouvoir
d'achat des Québécois s'est amélioré. C'est ça qui compte vraiment au final.
Et, le montant en dollars, je comprends qu'il a évolué, mais le PIB aussi,
hein? Il faut toujours regarder ça, la dette, dans son contexte. Et puis, au
niveau du pourcentage du PIB qui est représenté par la dette, on a réduit
cette... ce pourcentage-là au fil des années.
M. Fortin :
Oui. La réalité, là, quand même,
c'est qu'à l'arrivée du gouvernement de la CAQ, la dette, c'était 184 milliards. Aujourd'hui, la dette, c'est
259 milliards, chiffre que la première ministre ne savait pas. Et, M. le
Président, ça veut dire qu'il y a 75 milliards de plus sur la
dette. Et donc, moi, ma lecture de la chose, M. le Président, c'est qu'en huit
ans la CAQ est responsable pour 30 % de la dette nette du Québec, en huit
ans seulement, là.
Alors, quand j'entends la première ministre
dire... imaginer un autre quatre ans du gouvernement de la CAQ...
Imaginez, M. le Président, c'est... c'est dur pour beaucoup de Québécois, qui
se disent aujourd'hui qu'on ne peut pas se payer quatre années supplémentaires
de la Coalition avenir Québec, qu'on n'a pas les moyens, au Québec, de se payer
quatre années supplémentaires. Cette diminution-là des services publics, liée
avec une augmentation de la dette, c'est un petit miracle que très peu de
gouvernements sont capables de faire, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Je cède maintenant la parole au député de Saint-Jérôme pour
5 min 20 s, s'il vous plaît.
M.
Chassin : Merci, M. le Président. C'est
beaucoup plus court que pour les autres, alors, évidemment, je vais essayer
d'être efficace, et je vous demande la même chose.
On a la chance, en fait, quand on a ce poste de
première ministre, d'avoir une vue d'ensemble du gouvernement, pour
pouvoir améliorer les choses, évidemment. Puis je pense qu'on a un gros
gouvernement. Vous ne serez pas surprise, vous me connaissez un peu. On parle
quand même, ultimement... Pardon. Vous avez dit : Ultimement, le secrétaire général étant le patron de tous les fonctionnaires,
hein... Ultimement, bien, il y a, au gouvernement du Québec,
168 sous-ministres, sous-ministres adjoints, sous-ministres associés et
147 dirigeants d'organismes. C'est beaucoup de gens, c'est beaucoup de monde qui sont là pour gérer l'appareil
d'État. Puis là c'est un peu philosophique, peut-être, comme question,
mais... ou de la gestion, mais, pour moi, si on veut s'améliorer, il faut
s'évaluer, puis, si on veut s'évaluer, bien, il faut se mesurer.
L'évaluation, il me
semble que c'est quelque chose qui devrait être continu, que ce soit pour
innover, que ce soit pour changer les choses qui fonctionnent moins bien. J'ai
passé quand même pas mal de temps à essayer de demander, par exemple, qu'on
ait, dans les projets de loi, un moment où on se... on se permet de revenir
sur, par exemple, la création d'un nouvel organisme, qu'on parle de Santé
Québec ou de Mobilité Infra Québec.
Est-ce que cette
philosophie-là, ça vous rejoint comme première ministre? Est-ce que d'avoir une
espèce de moment de... puis, à la limite, là, je veux le préciser, mais
publiquement aussi, qu'on puisse engager les Québécois dans cette
discussion-là, pour évaluer les choix qui sont faits quand on ajoute, encore et
toujours, des fonctions, des organismes au gouvernement, est-ce que c'est
quelque chose qui vous parle?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre, s'il vous plaît.
Mme Fréchette : Oui. Bien, tout à fait.
On est dans la mouvance où il faut réduire la taille de l'État. Puis on sait
que ça a... ça a augmenté, la taille de
l'État, particulièrement dans le contexte de la pandémie, hein, les besoins
étaient... étaient plus importants. Mais, depuis, on a agi pour réduire
la taille de l'État. Puis, si je regarde, là, au cours de la dernière année, là, on a réduit de plus de
3 000 le nombre d'employés dans la fonction publique depuis l'année
dernière. Et ça, c'est plus que la cible qui avait été fixée pour
l'année... l'année passée, qui était de 2 500. Donc,
on a été jusqu'à 3 000. Et on va réduire de 5 000 employés supplémentaires
d'ici le 31 mars prochain. Donc, on est dans cette mouvance-là, pas juste
au niveau conceptuel, mais dans l'action aussi.
Le
Président (M. Bachand) : ...
M. Chassin : Oui. Puis est-ce que cette réduction-là, c'est parce qu'il
y a des missions qui sont considérées comme moins pertinentes, par exemple, ou
est-ce que c'est de l'efficience?
Mme Fréchette : Bien,
c'est de l'efficience. Parfois, c'est du regroupement d'organismes. D'ailleurs,
la présidente du Conseil du trésor a développé... a déposé un projet de
loi pour abolir ou pour fusionner certains organismes dont les missions
pouvaient être complémentaires ou apparentées. Donc, on a revu les missions des
organismes aussi. Ça, c'est tous des... toutes des formules qui sont
intéressantes puis qu'on a voulu mettre en place.
M. Chassin : ...surtout de l'efficience, évidemment. Moi, je parle
peut-être un peu plus de pertinence. Puis la secrétaire...
la présidente du Conseil du trésor a aussi demandé à ses collègues d'évaluer la
pertinence pour se recentrer sur les missions essentielles de l'État.
Moi, je trouve que c'est très... c'est très positif. C'est vraiment un bon
message. Ça permet des fois de réduire, effectivement, le nombre d'employés,
mais surtout de s'occuper de ce qui est
important. Puis on en a parlé dans toutes sortes de secteurs, mais, en santé,
il y a énormément de gens qui sont là pour gérer l'attente. Il y a des
gens qui sont là pour gérer des trucs qui sont, en fait, très accessoires à la
santé, par ailleurs.
On parle aussi, par
exemple, dans les infrastructures, d'une augmentation des coûts considérable,
quand on regarde le PQI qui a augmenté de 67 %, mais le coût de la
construction a augmenté considérablement aussi. Alors là, il y a des... il y a
des écarts entre ce que l'Association des économistes a évalué et ce que
M. Girard, le ministre des Finances, a évalué, plutôt à 43 %
d'augmentation. Mais c'est quand même des augmentations considérables.
On se dit : OK,
est-ce qu'on est capables de s'évaluer? Est-ce qu'on est capables de se
recentrer sur ce qui est important? Est-ce qu'on est capables aussi de savoir
que, bien, des fois, ce n'est peut-être pas le gouvernement qui est bon là-dedans?
Je pense aux maisons des aînés.
• (12 h 40) •
Le
Président (M. Bachand) : 30 secondes,
Mme la première ministre. Merci.
Mme Fréchette : Oui.
Bien, écoutez, ça, c'est des constats que j'ai mis de l'avant dans le cadre de
la course puis qu'on va mettre en place aussi dans le cadre de la
gouvernance. Je pense, par exemple, à la construction d'écoles. Donc, j'ai
proposé qu'on travaille avec le privé dorénavant pour la construction des
écoles, maisons des aînés aussi. Je pense qu'on y gagne, à travailler avec des
gens dont c'est l'expertise, et il faut travailler de telle sorte qu'on puisse partager les risques avec le privé, partager les
bénéfices aussi s'il y a des économies, hein, par rapport aux budgets initiaux.
Le
Président (M. Bachand) : ...merci.
Mme Fréchette :
Ça, c'est des modes de fonctionnement pertinents pour tout le monde.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Avant de céder la parole au chef
de l'opposition officielle, je veux juste vous dire qu'il a été convenu
de couper le bloc d'échange du groupe parlementaire formant le gouvernement afin de terminer les travaux à l'heure prévue.
Donc, M. le chef de l'opposition officielle, pour 17 min 19 s,
s'il vous plaît.
M. Fortin : Merci. Merci, M. le Président. Je veux juste revenir sur
une chose que la première ministre a dite tantôt, là, et peut-être qu'elle peut
soit le répéter ou le clarifier. Elle a dit qu'à l'arrivée au pouvoir de la Coalition
avenir Québec il n'y avait pas une école qui avait été construite au Québec en
neuf ans, tant sous des gouvernements libéraux que péquistes. Est-ce que je
l'ai bien comprise?
Le
Président (M. Bachand) : ...
Mme Fréchette :
Il n'y avait pas d'école secondaire qui avait été construite au Québec
depuis l'an... l'année 2009.
M. Fortin : OK. Ce n'est pas ça qu'elle a dit tantôt, par exemple.
Mme Fréchette :
Je n'ai pas dit «secondaire», c'est ça?
M. Fortin : Bien, moi, j'ai entendu qu'il n'y avait pas d'école qui
avait été construite au Québec en neuf ans, honnêtement.
Mme Fréchette :
Bien, depuis l'année 2009. Puis on est arrivés en... au pouvoir en
2018. Ça fait neuf ans.
M. Fortin : Et vous considérez que les projets qui sont amorcés, ce ne
sont pas des projets qui sont liés au précédent gouvernement, ça?
Mme Fréchette :
Bien, il n'y en a pas qui ont été construites. Il n'y a pas eu de livraison
d'école pendant neuf ans, d'école secondaire pendant neuf ans.
M. Fortin :
D'accord. Je trouve que ça change... ça change rapidement. Enfin.
OK. Là, le collègue a amorcé une discussion
intéressante, là, sur la taille de l'État. Je veux juste... Je veux juste
bien comprendre, là. Il y a... Depuis le début des efforts, parce que, disons
que, pendant plusieurs années, il n'y en a pas eu, d'effort, au contraire, la
taille de l'État, elle a augmenté rapidement, combien... de combien de
fonctionnaires est-ce que la taille de l'État a été réduite? Et là on ne parle
pas des gens qui donnent des services directs, là, dans nos hôpitaux, dans les
écoles. De combien de fonctionnaires, là, est-ce que la taille de l'État a été
réduite?
Des
voix : ...
Mme Fréchette :
...a été réduit?
M. Fortin : Oui, depuis le début des efforts, là.
Mme Fréchette :
OK. Bien, 3 100.
M. Fortin : Je comprends que vous en avez ajouté beaucoup, beaucoup,
beaucoup pendant plusieurs années, puis, à
un moment donné, le premier ministre précédent a dit : OK, bien là, on va
commencer à réduire la taille de l'État. À partir de ce moment-là,
combien de réduction?
Mme Fréchette :
On a... On a réduit de 3 100.
M.
Fortin : 3 100.
Mme
Fréchette : Puis on a l'objectif de réduire encore davantage, de
5 000 de plus...
M. Fortin : 5 000 de plus d'ici
l'élection?
Mme
Fréchette : ...d'ici mars, d'ici mars prochain.
M. Fortin : D'ici mars prochain. OK. C'est quoi, votre objectif d'ici octobre? Pour
qu'on puisse, à l'élection, se mesurer, là. Honnêtement, c'est un peu ça, c'est
un exercice où les Québécois peuvent mesurer votre performance, alors...
Des
voix : ...
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre.
Mme
Fréchette : ...2 000 et 2 500 d'ici... d'ici octobre, si
je...
M.
Fortin : Un autre 2 500?
Mme
Fréchette : ...si j'y vais proportionnellement, là, parce que c'est
5 000 d'ici mars. Donc, si on se place en octobre, on devrait être autour
de 2 000, 2 500, là, j'y vais à vue.
M.
Fortin : OK. On peut s'entendre, votre objectif pour octobre,
c'est 2 500?
Mme
Fréchette : Bien, j'y vais à vue, là, 2 000, 2 500.
M.
Fortin : OK, parfait. Alors, dans ce cas-là, là, est-ce que
vous pouvez me confirmer qu'il va y avoir plus de fonctionnaires à l'emploi du
gouvernement du Québec en octobre 2026 qu'en octobre 2018?
Mme
Fréchette : Ça reste à voir, parce qu'on a dépassé nos objectifs.
Hein, au terme de la présente année, là, on avait un objectif de 2 500
puis on a terminé à 3 000, 3 100.
Alors, fonction
publique, il va y avoir plus de fonctionnaires qu'en 2018.
M.
Fortin : Même à la fin de votre exercice, là, si, par une
malchance quelconque, là, la CAQ est reportée au pouvoir. Votre objectif, c'est mars l'année prochaine, là. Donc, même au
terme de cet exercice-là, il va encore y avoir plus de fonctionnaires
que lorsque la CAQ est arrivée au pouvoir.
Mme
Fréchette : Bien, ce que je peux vous dire, c'est que les gens qui
sont à l'emploi du gouvernement sont des gens qui travaillent avec... aux... à
des services directs à la population. Donc, il y a plus de services pour livrer
les projets qu'on a mis... qu'on a mis de l'avant.
M.
Fortin : Bien, un instant, là. Il y a des gens qui travaillent
à des services directs puis il y a des gens qui ne travaillent pas à des services
directs dans la fonction publique, là. Moi, c'est... Ce que... Ce que je
veux... Ce dont on discute, là, ce n'est pas des profs, ce n'est pas des TES,
ce n'est pas des infirmières, ce n'est pas des préposés aux bénéficiaires, ce
sont des fonctionnaires. Puis, encore là, il y en a qui donnent des services
directs puis il y en a qui ne donnent pas de services directs.
Mme
Fréchette : Oui, mais on a plus de gens qui donnent des services
directs aujourd'hui, parce que les gens qui... composent, en fait, la fonction
publique aujourd'hui sont des gens... ceux qui ont été embauchés en plus sont
des gens qui donnent des services directs. Puis je pense, par exemple, à des
ingénieurs, c'est des gens qui contribuent à
des projets, des policiers. L'effectif de policiers a été élargi pour, bien
sûr, lutter contre le crime organisé, les gangs de rue, l'exploitation
sexuelle.
M.
Fortin : Est-ce que vous considérez les policiers dans vos
chiffres de fonctionnaires?
Mme
Fréchette : Oui.
M.
Fortin : OK. Alors là, moi, ce que je veux savoir, là, c'est...
Vous aviez promis, en 2018, une réduction de 5 000 fonctionnaires. Vous en
avez ajouté. Au lieu d'en réduire 5 000, vous en avez ajouté 12 000.
Est-ce que je comprends bien? Est-ce que mes chiffres sont bons?
Mme
Fréchette : 12 000, c'est bon, oui. Puis je n'ai pas terminé la
liste de ceux qui donnent des services, là, parce qu'on a aussi des ressources
pour contrer la violence conjugale. On sait que, malheureusement, les besoins
ont été grandissants de ce côté-là, donc il y a plus de gens actifs avec les
bracelets antirapprochements, les tribunaux spécialisés. Également, le
personnel en immigration. L'immigration a subi une hausse considérable au cours
des dernières années, donc il y a davantage de gens qui travaillent pour
franciser les immigrants, donner les services également. Puis des intervenants
en protection de la jeunesse aussi. Ça, ça fait partie des gens qui se sont
ajoutés.
M. Fortin : Oui. OK. Bien, en ce moment,
là... bien, «en ce moment»... Moi, je suis, depuis quelques années, député de
Pontiac, puis, dans ma circonscription, vous savez ce qu'il n'y a plus? Il n'y
a plus d'inspecteur en faune, il n'y a même plus de bureau. Donc, vous pouvez
faire la liste comme ça, mais, moi, ce que je vous dis, là, c'est que la taille
de l'État, elle a augmenté, puis ce n'est pas toujours pour donner des services
à la population.
Mais il y a une... il
y a une affaire, par exemple, que votre gouvernement, même si vous appelez ça,
là, l'ancien gouvernement, là, votre gouvernement quand même, a promise, c'est
que votre gouvernement a dit, avec une
grosse annonce, là, la grosse fanfare, on se déplace en région : Il va y
avoir 5 000 emplois délocalisés. Là, vous allez me dire que c'est
fait. Je le sais, c'est ça, la ligne du gouvernement. Vous allez me dire :
Il y a 5 000 emplois, ils ont été
déplacés en région. Mais il n'y a pas personne ici qui croit ça. Alors, moi,
j'aimerais ça savoir, pour vrai, combien de gens des 5 000 sont
rendus en région.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre.
Mme
Fréchette : Combien d'emplois? Bien, c'est plus que 5 000, on a
dépassé la cible.
M.
Fortin : D'accord.
Mme
Fréchette : Oui, on a dépassé la cible. Il y a plus de 5 000
emplois qui ont été régionalisés, plus de 5 000 ETC, là, si on veut, qui
ont été régionalisés, donc...
M.
Fortin : Ils sont où, ces gens-là? Parce que... Non, mais, bien
honnêtement, vous aviez... à l'époque de cette promesse-là, là, il était
supposé d'y avoir 15... si je ne me trompe pas, 15 bureaux mis en place
dans des régions différentes pour que les fonctionnaires puissent se rendre
travailler. Hein, je me souviens de la belle annonce, là, à Maniwaki, dans le
nord de l'Outaouais. Il y en a combien, de ces bureaux-là, qui ont été mis en
place?
Mme
Fréchette : Bon, là, moi, j'ai, pour l'instant, le nombre global, là.
On parle de 5 600 ETC qui ont été régionalisés. Maintenant, le bureau
auquel vous faites référence... Parce que ces gens-là sont répartis, là, dans
différents secteurs, différents types de services à la population...
Des voix :
...
M.
Fortin : Oui, mais la promesse de dire : On va mettre
15 bureaux en place?
Mme
Fréchette : On va la déposer... On va pouvoir vous déposer, en fait,
le portrait de la répartition de ces 5 600 personnes... ETC, en fait.
Le
Président (M. Bachand) : Donc, vous allez faire parvenir à la
commission, s'il vous plaît?
Mme
Fréchette : Pardon?
M.
Fortin : Oui. Par la commission, oui.
Le
Président (M. Bachand) : ...l'information, oui?
Mme
Fréchette : Oui.
M.
Fortin : La promesse, là, c'était d'avoir 15 bureaux mis
en place. Il y en a deux qui ont été mis en place, Mme la première ministre, il
y en a deux qui ont été mis en place. Alors là, ce que... quand...
Mme
Fréchette : Moi, je pourrais vous parler des bureaux que le Parti
libéral a fermés, hein...
M.
Fortin : ...quand vous dites...
Mme
Fréchette : ...en immigration, notamment, là, tous les bureaux que
vous avez fermés, que nous, on a dû réouvrir.
M.
Fortin : ...quand vous dites... Bien, voulez-vous qu'on parle
encore du bureau de la Faune dans ma circonscription? Il n'y a pas de problème,
là. Mais, quand vous dites que 5 000 emplois ont été délocalisés... (panne
de son) ...moi, je veux savoir, s'ils ne travaillent pas dans un bureau du
gouvernement, ils travaillent où, ces gens-là. Parce que moi, je peux me
promener à Maniwaki, là... et d'autres collègues pourront vous dire la même
affaire, là, je peux marcher sur la rue principale à Maniwaki, là, je n'en
verrai pas un, de ces fonctionnaires-là, je n'en verrai pas un. Vous parlerez à
la préfète de la MRC, là, elle va vous dire : Ils n'existent pas, ce sont
des fantômes. Ils ne sont pas là, ces gens-là.
Alors,
les 5 600 qui sont sur les chiffres du gouvernement, ils sont où? Parce
que, s'ils font du télétravail à partir de Québec, ce n'est bon à rien pour les
régions.
• (12 h 50) •
Mme Fréchette : Alors, M. le Président, bien, il y en a 11 %
qui sont en Outaouais. Si je regarde, au Bas-Saint-Laurent, c'est
9 %; Saguenay—Lac-Saint-Jean,
15 %; Capitale-Nationale, bon, c'est... ça ne compte pas; Mauricie,
16 %; Estrie, 14 %; Outaouais... Outaouais, 11 %, comme je
disais tout à l'heure. Donc, c'est partout au Québec, là. Toutes les régions
sont concernées, c'est sûr, à des niveaux variables, mais, en Outaouais, c'est
11 %.
M.
Fortin : Combien sont en télétravail, de ces gens-là?
Mme
Fréchette : 599 ETC.
M.
Fortin : Combien?
Mme
Fréchette : 599 personnes. Sur les 5 600, il y en a 599.
M. Fortin : Sur les 5 600, il y en a 599 qui sont en
télétravail. Donc, il y en a 10 %, là, disons, là, un petit peu
plus que 10 % qui sont en télétravail. Les autres, là, vous êtes en train
de me dire qu'ils sont dans les endroits que vous aviez ciblés en région. Je
vais appeler la... Je vais appeler le maire de Maniwaki, je vais appeler la
préfète de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau, parce qu'ils ne les ont jamais
vus, ces gens-là. Moi, je... Tantôt, il y a la...
Mme
Fréchette : Bien, écoutez, je ne vous dis pas qu'il y en a dans
chacune des municipalités puis des localités au Québec, là, j'y vais par
région. Dans la région de l'Outaouais : 599 ETC.
M.
Fortin : Moi, j'imagine qu'après nos crédits, là, vous allez
voir la FQM un peu plus tard, là, je vous conseille d'aller parler avec les
gens des régions. Pour eux, en ce moment, là, cette annonce-là, elle vaut zéro,
parce qu'ils ne les voient pas, ces fonctionnaires-là. Ils ne voient pas les
retombées, dans des secteurs... Et c'était ça, la promesse, là, ce n'était pas
de les mettre dans l'Outaouais, ce n'était pas de dire : On va les envoyer
à Gatineau, ou on va les envoyer à Trois-Rivières, ou on va les envoyer dans
les... à Drummondville, là, c'était de dire : Ces gens-là doivent être
dans des milieux où, économiquement, ça va moins bien, comme le nord de
l'Outaouais, entre autres, comme le nord de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau.
Ce n'est pas ça qu'il est en train de se passer.
Mme
Fréchette : En tout cas, moi, si je peux vous parler de bureaux, là,
que... auxquels vous faisiez référence, on ne construit pas des bureaux
nécessairement, là, quand il s'agit d'accueillir des gens qui vont travailler
en région, on prend aussi des espaces qui sont existants. Puis, des bureaux,
par exemple, dans le domaine de l'immigration, le Parti libéral les avait
100 % fermés, on les a tous réouverts, même on a consolidé notre réseau en
région. Même chose pour Investissement Québec, les bureaux avaient été fermés,
on les a réouverts, parce qu'il faut avoir de ses représentants dans les
régions.
M.
Fortin : Si vos actions en région se limitent à des villes
comme Gatineau puis Trois-Rivières, ce n'est pas ça qui avait été promis.
Enfin...
Mme Fréchette :
...
M.
Fortin : Mais je vous conseille d'avoir une bonne discussion
avec les gens de la Fédération québécoise des
municipalités, là, parce qu'eux,
encore aujourd'hui, là, ils considèrent que cette promesse-là, elle n'a pas été
remplie.
Mme
Fréchette : On a quatre
bureaux, là, qui ont... qui ont été ouverts : un à New Richmond, l'autre à
Lac-Mégantic, un autre à
Victoriaville et l'autre à Shawinigan. Donc, il y a quatre bureaux qui ont été
ouverts.
M.
Fortin : OK. Mais je vous conseille quand même la discussion.
Je pense que ce serait un bon... un bon retour sur terre.
La question des
infrastructures, là, pouvez-vous juste nous dire... Hier, le ministre des
Finances, il a dit que le déficit de maintien des infrastructures était de
25 milliards. Pourquoi il a dit ça, alors qu'il savait très bien que
c'était 31 milliards?
Mme
Fréchette : Il a très bien expliqué, ce matin, dans plusieurs
entrevues, que les chiffres avec lesquels il travaille, c'est 25 milliards.
Maintenant, s'il y a d'autres chiffres qui circulent,
il dit : Moi, ce n'est pas les chiffres avec lesquels je travaille, ce
n'est pas ceux qu'on m'a fournis. Ceux qui ont été validés, ceux qui ont été...
ceux qui lui ont été fournis, c'est 25 milliards.
M.
Fortin : Donc, personne, personne au
gouvernement ne sait ça, qu'il y a 31 milliards de dollars de déficit de
maintien d'actifs?
Mme Fréchette : Écoutez, c'est une
situation qui évolue d'année en année. Est-ce que c'est le portrait à mi-année?
Mais je peux vous dire que, chaque année, c'est sûr qu'il y a de nouvelles
infrastructures qui deviennent vétustes parce que c'est des infrastructures qui
ont toutes été construites à peu près en même temps, dans les années 60, 70,
alors elles arrivent toutes en fin de vie, malheureusement, à peu près en même
temps.
Puis nous, on s'est
fait léguer un déficit d'entretien gigantesque, donc là on essaie de mettre les
bouchées doubles pour résorber ce déficit-là. Maintenant, il y a des limites à
ce qu'on peut faire, bien sûr, on doit respecter la capacité de payer des
Québécois. Mais le déficit d'entretien, il évolue au fil des mois.
M.
Fortin : C'est une chose ou c'est l'autre,
soit vous vous êtes fait léguer un déficit d'entretien des infrastructures
majeur ou encore elles arrivent en fin de vie aujourd'hui, là, ce n'est pas les
deux.
Mme
Fréchette : Bien, c'est les deux.
M.
Fortin : Alors, moi, ce que... ce que je veux savoir,
c'est : Est-ce qu'il y a quelqu'un autour de la table du Conseil des ministres qui avait en main ces chiffres-là, à savoir qu'il
y a 31 milliards de dollars de déficit de maintien des actifs?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre.
Mme
Fréchette : Comme je vous dis, là, on a toujours procédé de la même
façon pour l'évaluation, là, des infrastructures, c'est-à-dire, c'est les
derniers chiffres qui sont validés qui sont rendus publics avec le Plan
québécois d'infrastructures.
Puis ça, c'est la
réalité des dernières années, là. Quand le Parti libéral était au pouvoir, on
était entre 88 et 100 milliards au PQI.
Et là nous, on a fait monter ça à 167 milliards. Ça, c'est du concret, ça,
c'est des investissements qui sont en cours, à venir, pour mettre à
niveau nos infrastructures. Puis on a mis une plus grande attention sur le
maintien des infrastructures, parce que, comme je le disais, les
infrastructures ont été à peu près toutes construites au même moment. Et je
pense qu'à titre de ministre... ex-ministre des Transports vous êtes conscient
de cette réalité-là.
M.
Fortin : On va y revenir, à vos chiffres
sur le PQI, tantôt, là, mais, juste sur le 31 milliards de dollars, là,
nous, ce qu'on a lu dans le journal ce matin, c'est qu'il y avait une
stratégie, au gouvernement, pour ne pas que ces chiffres-là soient rendus
publics avant l'élection. Est-ce qu'il y a un ministre autour de la table de
votre Conseil des ministres qui savait que le déficit de maintien d'actifs des
infrastructures, c'était 31 milliards de dollars?
Mme
Fréchette : Il n'y a aucune stratégie en ce sens-là. Et je rappelle
que le ministre des Finances a mentionné ce matin que c'était avec le chiffre
de 25 milliards qu'il travaillait. Et on suit toujours le même procédé
pour ce qui est de la divulgation de ces montants-là, c'est rendu public au
moment où on dévoile le PQI.
Donc, heureusement,
nous, on a investi, hein, dans les infrastructures d'une manière considérable,
parce que, si le Parti libéral était resté
au pouvoir, je ne voudrais pas voir la situation catastrophique dans laquelle
on se trouverait, parce qu'il n'y avait pas d'intérêt, au niveau du
parti, d'investir de manière croissante dans les infrastructures, pour réparer
nos infrastructures puis assurer le maintien d'actifs. Nous, on en a fait une
priorité.
Maintenant, le
déficit est immense. Alors, c'est du grand rattrapage qu'on doit faire, d'année
en année, tout en respectant la capacité de payer des Québécois.
M.
Fortin : Moi, je trouve ça particulier, M.
le Président, parce que c'est... c'est un peu toujours la même affaire, au
gouvernement de la CAQ, et ça, c'est vrai avec la première ministre
aujourd'hui, c'était vrai avec l'ancien premier ministre, on fait... on fait
des grandes promesses, puis, après ça, on ne livre pas sur ces promesses-là,
mais on dit : Regardez les chiffres qu'on dépense. Heille! Il y a des
gros, gros chiffres qu'on dépense. Il y a combien? 167 milliards dans le
PQI. Regardez ça, c'est fantastique. Mais les citoyens, là, ils ne la voient
pas. Ce qu'ils savent, c'est que vous avez promis une troisième voie sur la...
sur la 30. C'est ça qu'ils savent. Ils ont... Vous avez promis ça en 2018, puis
cette voie-là, elle n'existe pas aujourd'hui.
Vous savez... Vous
voulez savoir ce qui est inscrit au PQI sur le projet de la 30? Ça, c'est le
site Web, là : «Note importante concernant le statut de ce projet :
Ce projet demeure prioritaire pour le gouvernement. Cependant, aucun budget n'est disponible à court terme pour
poursuivre sa préparation. Lorsque le contexte budgétaire le permettra,
les activités pourront reprendre.»
Alors, vous avez beau
nous dire aujourd'hui qu'il y a 167 milliards dans le PQI, il y a des
projets qui sont parqués là, il ne se passe rien, vous n'avez pas d'argent pour
les faire avancer, même si vous les avez promis, pas à la dernière élection, à
l'autre d'avant.
Il se passe quoi avec
la 30, là?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première
ministre.
Mme
Fréchette : Alors, bien, j'aimerais rappeler qu'on a construit une
centaine d'écoles, hein? Le Parti libéral avait mis ça de côté. Ce n'était pas
dans ses actions, ce n'était pas dans son plan, de construire des écoles. Bien, nous, on l'a fait. On a le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine
qui est en cours. Là, si les Montréalais puis les gens de la métropole ne le
voient pas, c'est...
M.
Fortin : ...dire que ce n'était pas dans
le plan, le Parti libéral a commencé ça.
Mme
Fréchette : C'est un projet qu'on met en place. Ensuite, il y a
également le Parc olympique, le pont de l'Île-aux-Tourtes. Il y en a plein, des
projets qui sont en cours. On est en train de réparer les infrastructures
québécoises, parce qu'on avait un immense rattrapage à faire. Toutes les écoles
secondaires, là, ça, c'est du concret.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Mme
Fréchette : Ça répond aux besoins des Québécois.
M.
Fortin : ...incapable de répondre sur la
30. Ce n'était pas si compliqué, la question portait sur la 30, sur rien
d'autre.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
Mme
Fréchette : Ah! bien, vous avez touché à peu près 15 thèmes dans
votre question.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Et, compte tenu de
l'heure, je vous donne rendez-vous... on va suspendre jusqu'à 15 heures,
où je vous donne rendez-vous. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 59)
(Reprise à 15 heures)
Le Président (M. Bachand) : Bon après-midi, tout le monde. À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons
reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet Conseil exécutif
des crédits budgétaires du portefeuille Conseil exécutif pour l'exercice
financier 2026‑2027.
Donc, il me fait plaisir de céder la parole au chef
de l'opposition officielle, pour un bloc de 21 min 57 s. M.
le chef, s'il vous plaît.
M.
Fortin : Très bien, merci. Merci, M. le
Président. Bon après-midi, tout le monde. Je ne veux pas revenir... Je veux
continuer sur le bloc d'infrastructures, là, qu'on a amorcé, ou les échanges
sur l'infrastructure qu'on a amorcés tout à l'heure, mais je ne veux pas
revenir sur le 25 au 31 milliards, là, je pense que les gens pourront
juger eux-mêmes de la façon dont le gouvernement de la CAQ divulgue
l'information, rend publique l'information, mais ce qui est clair pour nous, M. le Président, c'est qu'il y a des gens au
gouvernement qui savaient que c'était 31 milliards de déficit de
maintien d'actifs et que le ministre des Finances s'est présenté hier en
commission parlementaire pour nous dire : Non, non, c'est juste
25 milliards.
Le dernier sujet sur
lequel on s'est laissés tout à l'heure, c'est l'autoroute 30. On peut-tu savoir
ce qui se passe avec ce projet-là?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme
Fréchette : Alors, bien, juste pour faire écho à ce que disait le
député en début d'intervention, en fait, on
est... on est dans la transparence, là, pour ce qui est de la divulgation des
informations sur les infrastructures. On a un processus qui est habituel, puis qui est poursuivi, puis qui est
respecté, comme ça l'est habituellement, alors il n'y a pas de
changement de ce côté-là.
Au niveau des transports, au niveau de l'autoroute
30, qu'est-ce que... quelle est la question, plus particulièrement, du
député?
M.
Fortin : En fait, bien, la première
ministre est une députée de la Rive-Sud de Montréal, donc, j'imagine qu'elle
connaît bien le dossier de l'autoroute 30. Son vice-premier ministre, en 2018,
lorsqu'il s'est présenté aux électeurs, il a dit, essentiellement, et il était
accompagné du premier ministre, qu'un gouvernement de la CAQ réalisera
l'élargissement de l'autoroute 30 à trois voies dans un premier mandat. Ce
n'est toujours pas fait, ce n'est toujours pas amorcé. Et, aux dernières
nouvelles, dans le PQI : «Le projet demeure prioritaire pour le
gouvernement. Cependant, aucun budget n'est disponible à court terme pour
poursuivre sa préparation.»
La première ministre étant députée de la
Rive-Sud, là, comprend l'importance de ce projet-là pour les gens de la région,
et donc je mets de l'avant qu'il y a probablement certains de ses collègues qui
ont été élus sur cette promesse-là, à tel point elle est
importante pour les gens de la Rive-Sud. Alors, qu'est-ce qui se passe avec le
projet de la 30? Pourquoi il n'y a rien qui a bougé pendant huit ans?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, le projet en question, là, auquel fait référence le député, ça
vise à améliorer, là, l'efficacité, bien sûr, de cette portion de l'autoroute
30, entre les autoroutes 10 puis... à Brossard, et puis 20, à Boucherville, par
l'ajout, effectivement, d'une voie réservée à chaque... dans chaque direction.
Alors, là où ça en est, donc, le projet prévoit
l'ajout d'une troisième voie par direction pour le transport collectif puis le
covoiturage, de même que pour la construction d'un accès vers la station
Brossard du REM, du Réseau express
métropolitain. Il y a des
réaménagements aussi, des bretelles, des échangeurs, et l'ajout de voies
auxiliaires, là, qui sont prévues pour améliorer les conditions de
circulation dans le secteur. Ça fait que les besoins, en matière du réseau existant, le contexte économique, on le sait, là,
il y a des contraintes budgétaires qui se font sentir. Ça oblige le ministère des Transports à effectuer des choix
puis à se concentrer... à concentrer ses investissements majoritairement
sur les travaux d'entretien. On l'a dit, il faut maintenir le cap davantage sur
l'entretien, dans le contexte actuel, parce qu'il y a un rattrapage important à
faire au niveau de l'entretien des infrastructures.
M. Fortin : Mais ça, c'est un... ça,
c'est un projet qu'elle a annoncé en 2018, là. Dans son discours d'ouverture,
la première ministre a parlé de rajouter des voies, là, elle a parlé de
l'autoroute 20, à Lévis, sur la Rive-Sud, ici, mais elle n'a pas repris
cette promesse-là, cet engagement-là, qui date de 2018. Alors, elle ne peut pas
me dire : Ah! bien, nous, on priorise le maintien d'infrastructures, le
maintien des actifs quand on met des nouveaux projets sur la table, mais qu'on
ne mentionne pas celui-là. Alors, est-ce qu'il va avancer ou pas, ce projet-là?
Mme Fréchette : Il demeure
important, mais les disponibilités budgétaires, à court terme, ne sont pas au rendez-vous. Donc, les travaux vont pouvoir
reprendre, mais, en fonction de l'évolution des disponibilités budgétaires,
on va pouvoir...
M. Fortin : Bien, c'est ça,
M. le Président, là, c'est ça qu'on dit. À chaque fois que la CAQ nous
dit : Ah! bien, oui, ce projet-là, il est au PQI, il est important,
bien, il y est, au PQI, mais il n'y a rien qui bouge, il n'y a rien qui bouge,
il n'y a aucune somme qui est associée à un projet comme celui-là. Puis ça, ce
n'est pas le seul, là, il y en a, des projets, là, qui sont inscrits dans le
PQI mais pour lesquels il n'y a aucun engagement à court terme de la part du
gouvernement.
Je lui en donne un autre qu'elle va bien
connaître : en 2018, sa prédécesseure, Mme McCann, a promis le
réaménagement de la 132 en boulevard urbain à Delson, Sainte-Catherine et
Saint-Constant, dans son comté. Et là, aujourd'hui, la ville trouve tellement
que ça n'avance pas qu'ils font des offensives médiatiques pour vous rappeler
l'engagement du gouvernement. Pourquoi ça n'avance pas, ce dossier-là?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui,
M. le Président. Donc, c'est un dossier qui avance, en fait, ce n'est pas parce
qu'il n'y a pas de camions sur la route ou de pépines, comme on dit, que
ce n'est pas, néanmoins, en travail et en planification. Alors, c'est un projet
pour lequel il y a du travail qui a été fait de manière très régulière au cours
des derniers mois, un projet d'importance et
sur lequel on va pouvoir bouger, je vous dirais, très prochainement. Alors,
restez à l'écoute, comme on dit.
M. Fortin : Bien, c'est intéressant, ce que la première ministre dit,
parce qu'encore une fois le ministère des Transports répond à la ville de
Delson exactement les mêmes mots que pour le projet de
l'autoroute 30 : «À court terme, aucun budget n'est disponible pour poursuivre
la préparation. Lorsque le contexte budgétaire le permettra, les activités
pourront reprendre.»
Mme Fréchette : Il y a beaucoup
de discussions.
M. Fortin :
Alors, est-ce que vous avez trouvé des sommes dans le PQI? Et, si oui, si la
première ministre nous dit : On a trouvé des sommes pour ça, ils les ont
pris où, ils les ont enlevées à quel projet?
Mme Fréchette : Il y a
différentes dimensions, en fait, qui sont associées à ce projet-là. Il y a, à
la fois, des discussions à y avoir avec les villes, des discussions à y avoir
aussi avec les communautés autochtones concernées, des discussions sur le plan
budgétaire. Donc, c'est un ensemble de... je dirais, d'actions qui sont en
cours. Et, comme je disais, c'est un dossier qui est important, c'est un
dossier sur lequel on va avancer. Et j'invite le député à être patient,
comme... dans les... je dirais, à brève échéance, il y aura des... il y aura
des développements.
M. Fortin : OK, mais le problème,
c'est qu'il n'y a aucune somme identifiée dans le PQI de cette année pour ce
projet-là. Alors, si elle en a identifiées,
des sommes, elle les a pris dans un autre projet, parce que le PQI, là, il n'y
a pas changé, là, depuis le dernier budget. Alors, quel projet va
souffrir du fait qu'elle va prioriser le projet à Delson?
Le Président (M. Bachand) : Mme la
première ministre.
Mme Fréchette :
Alors, M. le Président, bien, j'aimerais rappeler que, cette année, il y a
9,3 millions de dollars qui sont prévus pour ce projet-là. Donc, ce
n'est pas zéro, c'est 9,3 millions de dollars.
Et c'est quand même
étonnant, tout à l'heure, que le député nous reprochait, là, d'avoir une dette
trop importante et là il s'inquiète de voir qu'on n'a pas davantage de projets
au PQI, il voudrait qu'on allonge la liste. Alors, c'est sûr qu'il y a des
choix à faire, hein, parfois, on ne peut pas tenir un discours à l'effet qu'il
faut réduire la dette et puis, en même temps, augmenter la liste des
investissements. Nous, on y va avec des investissements qui sont... qui visent
d'abord et avant tout l'entretien des actifs. Puis c'est sûr qu'on va respecter
nos engagements en matière de développement, mais, voilà, il faut rester à
l'écoute.
M. Fortin : M.
le Président, ce n'est pas moi qui les a fait, ces promesses-là, c'est le
gouvernement de la CAQ. C'est le
gouvernement de la CAQ qui a regardé les citoyens, qui a dit : J'aimerais
ça avoir votre confiance, j'aimerais ça avoir votre vote, puis nous, on
va faire ces projets-là. Puis là, ça fait huit ans, et ils n'ont toujours pas
bougé.
D'ailleurs, M. le
Président...
Mme Fréchette :
Je rappelle que ce n'est pas parce que ce n'est pas visible par les
citoyens ou sur la route même que ça ne
bouge pas. Il y a beaucoup de choses qui sont à faire en coulisses, avant même
qu'on ait des équipements, de la machinerie sur les routes.
M. Fortin :
Très bien. Vous direz ça en campagne électorale : On vous promet quelque
chose puis, dans les prochains huit ans, bien, on va faire du travail dans les
officines du ministère, mais il ne se passera rien sur vos routes. Il n'y a pas
de problème, c'est... Si c'est ça, la réalisation d'une promesse de 2018, je
pense qu'il y a des gens qui vont se poser des questions quand il va y avoir
des promesses électorales qui sont faites de la part de la CAQ.
Parlant
d'infrastructures, là, le projet de loi n° 66, je suis certain que la première
ministre se souvient de ça, là, c'était le projet de loi que la CAQ a fait
adopter pour accélérer les projets en infrastructures, et ça, c'était au sortir
de la pandémie, là, le gouvernement disait : On a besoin de relancer la...
relancer l'économie, on a besoin de gens qui travaillent, et c'était le
festival de l'engouement, au gouvernement de la CAQ, le ministre des Transports
actuel disait : Il faut que ces
projets-là puissent se réaliser, on a besoin du projet de loi. La ministre des
Affaires municipales disait : Les citoyens ont besoin de certains
projets dans leurs régions, ça passe par la relance économique et ce projet de
loi là. L'actuel ministre de la Métropole disait : On ne peut pas se
permettre d'attendre encore des années avec des blocages administratifs pour
ces projets, et ainsi de suite, là, j'en passe, là, mais la liste était longue.
Dans le fond, là, le gouvernement de la CAQ
disait : Ça presse, il faut adopter le projet de loi, on a
181 projets, puis il faut qu'ils avancent.
Il y en a encore le
tiers, de ces projets-là, six ans plus tard, là, qui n'ont pas avancé du tout,
c'est-à-dire, soit les projets ont été
abandonnés ou ils traînent dans les bureaux gouvernementaux. Alors là, c'est le
tiers des projets, là. Tu sais, ça, je veux bien être généreux, là, mais
c'est à peine la note de passage. Est-ce que la première ministre est
confortable avec ce bilan-là qu'il y a encore le tiers des projets qui étaient
des projets pressants qui n'ont absolument pas bougé?
• (15 h 10) •
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette :
Écoutez, jamais il n'y a eu un gouvernement avec autant de projets, hein,
inscrits au Plan québécois des infrastructures, au PQI, puis on avance aussi
vite que l'on peut.
Et, en ce qui a trait
au PL 66, donc, je rappelle, en fait, c'est un projet sur... la Loi sur
l'accélération de certains projets en infrastructures. Donc, il y a
actuellement 171 projets qui sont suivis dans le cadre de cette loi-là.
Puis, depuis l'adoption, en décembre 2020, il y a 79 projets qui ont
été... qui ont utilisé 116 mesures d'accélération. Certaines de ces
mesures-là sont liées au ministère de la Santé, d'autres au ministère de
l'Éducation, au ministère des Transports puis la SQI également. Et, en fait,
les principaux avantages, hein, de cette... de cette mesure-là, c'est
l'amélioration de la collaboration avec les villes et avec les partenaires des
projets, puis aussi une réduction de la durée des traitements administratifs
qui est liée aux autorisations environnementales, tout comme aux
expropriations. Donc, les redditions de comptes sont publiées deux fois par
année, en mai puis en novembre, sur le site Internet du Conseil du trésor, puis
on peut suivre l'évolution des projets à partir de cette source-là. Mais, cette
année, c'est 19,4 milliards d'investissements qui ont été faits.
M. Fortin :
OK. Moi, j'ai une question, 19,4 milliards cette année, là... Juste pour
une école secondaire... tantôt, on a échangé sur les écoles secondaires, là,
une école secondaire...
Mme Fréchette :
19 milliards pour une école secondaire?
M. Fortin :
Non, non, 19 milliards, c'est ce que vous avez dit, là, le budget est
19 milliards, mais, pour une école
secondaire, à Châteauguay, le gouvernement du Québec a payé 468 millions de
dollars. Comment on arrive à ça, Mme la première ministre? C'est
absolument... C'est un dépassement de coûts sans aucune... sans aucune logique,
là, 468 milliards de dollars pour une école secondaire.
Mme Fréchette :
C'est justement pour réduire les coûts puis accélérer les délais que moi, je
souhaite qu'on travaille davantage avec le
secteur privé, donc, qu'on aille chercher l'expertise, et puis les atouts du
secteur privé lorsqu'il s'agit de construction d'école, parce qu'on va
pouvoir réduire les temps de construction et, par conséquent, réduire aussi les
montants qu'on a à investir.
M. Fortin :
Mais ça, vous étiez ministre de l'Économie, là, vous avez eu l'occasion de dire
ça, j'imagine, autour de la table du caucus, la table du Conseil des ministres.
Il n'y a personne qui vous écoutait? Ce n'était pas... ce n'était pas
souhaitable pour le gouvernement de la CAQ? Parce que je comprends, là, que
vous arrivez en fonction comme première ministre, mais vous portez le bilan de
huit ans de la CAQ puis vous étiez autour de la table. Alors là, c'est un
projet sur la Rive-Sud, pas très loin de chez vous, qui a coûté
468 millions pour une école secondaire. Ça n'a aucun bon sens.
Mme Fréchette : On a demandé,
déjà, bien, c'est mon collègue, en fait, M. Charette, qui avait demandé
une optimisation sur les projets quand il était aux infrastructures, une
optimisation de 15 % pour, justement, réduire les coûts, réduire la charge
pour le gouvernement au niveau des dépenses, mais moi, je pense que le privé
doit être mis à contribution, et c'est dans le cadre de la course à la
chefferie, donc récemment, que je me suis avancée sur cette perspective-là.
M. Fortin : Mais vous n'êtes pas capable de nous dire comment on est
arrivé à une facture de 468 millions pour une école secondaire.
Mme Fréchette : Écoutez,
je n'ai pas le détail, là, de cette facture en particulier, d'une école qui a
été construite, d'autant que j'étais à l'Économie et à l'Énergie.
M. Fortin : OK. Dans le cadre de nos travaux depuis le...
Mme Fréchette : Alors, on me
dit... pardon, on me dit que cette école-là, elle était le double de la taille
de l'école moyenne. Donc, ça peut expliquer une grande partie du coût plus
important. Si c'est le double au niveau de la taille, on peut s'attendre à ce
que la facture soit gonflée.
M. Fortin : Oui, mais, si j'y vais par élève, là, c'est hors norme, et
de loin quand même, là. Il y a une école secondaire
à Québec qui est à peu près la moitié de la taille, pour
1 421 places, qui est en construction pour 117 millions. C'est la moitié du prix, là. Donc, l'école
secondaire à Châteauguay, là, par élève, comparativement à l'école secondaire
à Québec, c'est le double. Je ne peux pas croire qu'il n'y a pas d'explication
de ça à quelque part au gouvernement, là, c'est... Ça n'a aucune commune
mesure, 468 millions.
Mme Fréchette : Il fallait tout
de même aller de l'avant. Donc, entre ne pas construire d'école...
M. Fortin :
Ah! je ne suis pas en désaccord avec le fondement, là, le besoin, d'accord,
mais on ne peut pas dépenser 468 millions pour des écoles secondaires au
Québec.
Mme Fréchette : Bien, votre
parti n'a pas construit d'école pendant neuf ans, c'est sûr qu'il y a un grand
rattrapage à faire dans ce contexte-là, et ça nous oblige à procéder, voilà,
rapidement puis avec les bouchées doubles.
M. Fortin : OK. Là, depuis tantôt, là, je pense que vous avez utilisé
le mot «transparence» à plusieurs reprises, notamment sur la question des
infrastructures, là. Moi, je vais vous demander une action bien simple, au
niveau de la transparence : Il peut-tu y avoir une consigne sur les cartes
de crédit gouvernementales pour qu'on puisse avoir à notre disposition combien
on a payé en intérêts sur les cartes de crédit du gouvernement?
Ça, c'est la
base, là. Moi, c'est la première chose que ma mère m'a dit quand j'ai eu une
carte de crédit, c'est : Paie
l'intérêt, puis là il y a un paquet de monde... ou : Arrange-toi pour
qu'il n'y en ait pas, et, s'il y en a, paie-le au PC, mais là il y a un
paquet de monde, au gouvernement, qui utilisent les cartes de crédit
gouvernementales et qui accumulent des intérêts. Est-ce que c'est possible de
savoir combien, en intérêts, le gouvernement du Québec a payé sur ses cartes de
crédit l'année passée?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Je vais m'informer si on a l'information, mais
c'est sûr que l'ensemble... tous les ministères, en fait, doivent payer
leurs cartes de crédit à temps. Ça, c'est la règle de base, là. Ça, c'est bien
important. On a fait cette... on a rementionné cette directive-là.
En ce qui
concerne le MCE, donc, le ministère, là, qui est ici représenté, pour l'année 2025‑2026,
ce sont 46 $ de frais d'intérêts qui ont été payés dans le courant
de l'année, 46 $. Donc, ça peut arriver que le paiement, là, soit
légèrement en retard. Dans ce cas-ci, on parle de quelques dizaines de dollars,
donc c'est, somme toute, marginal...
M. Fortin :
Bien, je suis content que la...
Mme Fréchette :
...mais ce qui est clair, c'est que l'ensemble des dépenses qui sont réalisées
avec des cartes ou autres modes de paiement sont toutes accessibles, et la
directive qu'on a fait connaître au ministère, c'est que c'était incontournable
de payer la totalité des comptes à tous les mois.
M. Fortin : OK, mais ça, c'est votre ministère, là, mais
vous, vous êtes la première ministre, donc, en théorie, là, vous êtes en
charge de tout ce qui se passe au gouvernement. La présidente du Conseil du
trésor, elle a émis une directive de ne pas répondre à cette question-là. Donc,
à chaque fois que mes collègues ont posé la question, là, dans d'autres
commissions, dans d'autres études de crédits, bien, la grande majorité du
temps, ils n'ont pas eu le montant que vous venez de nommer, ils ont eu :
On ne répond pas à cette question-là. Est-ce que vous pouvez passer la
directive à vos équipes de donner le montant pour toutes les cartes de crédit
gouvernementales?
Mme Fréchette : La
chose qu'on ne peut pas faire, c'est de publiciser... en fait, de publier,
rendre disponibles les relevés de cartes de crédit, parce que ça, il y a
de l'information confidentielle, là.
M. Fortin : Non,
je ne veux pas... je ne veux pas savoir pour chacune des cartes, mais on veut
savoir combien le gouvernement a payé.
Mme Fréchette :
Concernant les cartes impayées, bien, c'est sûr que c'est la base, hein,
c'est la base de la bonne gestion, bonne gestion financière, de payer la
totalité des cartes de crédit. C'est pour ça qu'on a émis cette directive-là à nouveau. C'était déjà connu,
c'était déjà notre directive. On l'a réitérée, on l'a soulignée. Puis je
rappelle que tout est disponible sur Internet, en termes de dépenses, et
tous les dirigeants aussi, ministères et organismes, ont été interpelés pour
régler cette situation-là des cartes impayées.
M. Fortin : Les Québécois, là, ils savent qu'il faut payer leurs cartes
de crédit le plus possible, là, quand ils sont dans les moyens de le faire, là,
avant de payer des intérêts. L'autre chose qu'ils savent aussi, c'est de ne pas
dépasser leur forfait cellulaire. De combien... En fait, combien le
contribuable devra payer parce que le ministère du Conseil exécutif a dépassé
ses forfaits cellulaires cette année?
Mme Fréchette :
...si on a cette donnée-là.
M. Fortin :
Bien, je vais vous le dire, je vais...
Mme Fréchette :
Je pourrais donner la parole au secrétariat général, si vous permettez.
M. Fortin : Bien,
il n'a pas l'air à avoir la réponse immédiatement, non plus, là, mais il y a
peut-être quelqu'un dans l'équipe qui l'a, mais, juste pour que ça
avance, je vais vous le dire, Mme la première ministre : c'est
19 000 $, c'est 19 000 $ que le contribuable va avoir à
payer parce que les équipes du ministère ont dépassé leurs forfaits cellulaires
cette année. Ça fait-tu du sens, ça?
Mme Fréchette :
Je ne saurais vous dire. J'aimerais céder la parole au secrétaire général.
M. Fortin : Non, non, mais ça, c'est une... c'est une discussion
politique, là. Est-ce que c'est logique...
Mme Fréchette :
Le montant du compte est une discussion politique?
M. Fortin : Est-ce
que c'est logique que le ministère du Conseil exécutif paie 19 000 $
en dépassements de coûts sur ses forfaits cellulaires?
Mme Fréchette :
Bien, pour moi, c'est une donnée, ce n'est pas un fait politique, c'est une
donnée, que j'aimerais que le secrétariat général nous communique.
M. Fortin : Oui, mais l'analyse, elle est politique. Nous, on trouve
que c'est du gaspillage de fonds publics. Vous n'êtes pas d'accord avec ça?
Mme Fréchette :
C'est sûr qu'il faut tendre vers le moindre coût possible quand il s'agit
de dépassement des frais cellulaires. Il faut comparer avec des forfaits de
différentes formes, est-ce que c'est plus avantageux de garder les forfaits
qu'on a là ou d'opter pour d'autres forfaits? Ça, il faudrait faire l'analyse.
On va questionner le secrétariat général, là, sur ces alternatives-là, quelles
sont les alternatives et en quoi ce serait plus avantageux.
• (15 h 20) •
M. Fortin : OK. Parlant d'exemples de gaspillage, je vais vous en
donner un autre, là. Jeudi dernier, on a appris que les frais assumés par
l'État pour la défense de Pierre Fitzgibbon dans une poursuite contre Sylvie
Lalande, qui était une administratrice de Québecor, là, ça a coûté aux
contribuables québécois 221 000 $. Ça, là, c'est juste... c'est
uniquement parce que Pierre Fitzgibbon avait refusé de s'excuser sur la place
publique. Ça aurait pu être réglé il y a longtemps. M. Fitzgibbon a refusé de s'excuser sur la place
publique, ça a traîné, ça a été en cour, et on apprend, la semaine dernière, que ça a coûté
221 000 $ aux contribuables québécois en frais d'avocats. Est-ce que
c'est de quoi être fier pour votre gouvernement, ça?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : J'aimerais ça qu'on m'indique si le montant avancé par le
député de Pontiac est vraiment lié à ce qu'il énonce, là. J'aurais besoin de
cette information. On va faire la recherche.
M. Fortin : Je vais... le bloc se
termine à l'instant, je vais donner le temps à vos équipes, pendant que ma
collègue vous pose des questions, mais, au retour, je m'attends à ce
qu'on ait des réponses. C'est un montant qui a été dévoilé publiquement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc, Mme la
cheffe du deuxième groupe, pour 21 min 59 s, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, rebonjour, tout le monde. Rebonjour, Mme la
première ministre. Je parle beaucoup de coût de la vie. Ça fait longtemps. Je
n'ai pas attendu qu'on soit à l'approche des élections pour en parler, des gens
qui ont de la difficulté à payer leur loyer, leur logement, leur épicerie,
toutes les factures pour... même s'ils travaillent à temps plein.
Et récemment j'ai parlé à la première ministre
du cas de Kevin Houde. Je ne sais pas si elle s'en rappelle. M. Kevin
Houde vit à Joliette, il vit énormément d'anxiété financière. Il habite à
Joliette, dans un logement qui lui coûte 2 150 $ par mois, lui, et sa
conjointe, et quatre enfants. Donc, il a quatre enfants, ils sont six à habiter
dans ce logement-là, et, le 1er juillet, il va avoir une augmentation de
loyer de 175 $ par mois. Donc, l'aide que la première ministre a proposée
cette semaine ne va pas vraiment l'aider.
Je vais rafraîchir la mémoire à la première
ministre, quand je lui ai demandé ce que vous alliez faire pour Kevin et tous
les locataires qui vivent ce stress financier comme lui, qu'est-ce que vous
allez faire pour lui, qu'est-ce que vous lui
proposez... puis vous m'aviez répondu, et je vous cite : «Ma première
intervention, ça a été d'aider l'accès à la propriété, ça a été d'aider
à la construction plus rapide des logements, alors ça... des logements qui
pourraient bénéficier à Kevin, tout comme à
l'ensemble des personnes qui sont en situation plus difficile sur le plan
économique.»
Donc, vous m'avez parlé de l'accès à la
propriété, le fait de rembourser la taxe de bienvenue, et qu'un jour, là... ça
fait huit ans que la CAQ est au pouvoir, on a eu à peine quelques logements qui
ont été construits, et, un jour, il va y avoir des logements, mais, en ce
moment, il vit un stress financier. Il mange une fois par jour pour permettre à
sa famille de manger. Il travaille à temps plein. Il dit : Je n'ai jamais
fait autant d'argent, mais je n'ai jamais été aussi pauvre. Kevin Houde, Mme la
première ministre, est assis ici devant nous. Il m'a interpelée pour me
remercier de lui avoir posé la question et il était très fâché du fait que vous
lui parliez de devenir propriétaire, il ne comprenait pas.
Alors, je vous donne une chance aujourd'hui, Mme
la première ministre, pour répondre à Kevin. Qu'est-ce qu'il fait, dans sa
situation, 2 150 $ par mois, lui et sa famille? Des logements, à
Joliette, il me dit, il n'y en a pas. Il stresse. Tout ce qui existe, c'est
pour des familles avec deux parents, deux enfants. Il ne sait pas où aller et
il va avoir une augmentation de 175 $ au 1er juillet. Je vous donne
la chance de vous reprendre.
Mme Fréchette : Bien,
merci, Mme la députée. D'une part, bien, je voudrais saluer Kevin Houde dans
les galeries. Merci de sa présence. Et je compatis avec sa situation — bonjour — je
compatis avec sa situation. Puis la situation de M. Houde, elle n'est pas
différente de bien des Québécois, puis c'est pour ça qu'on s'est occupé du coût
de la vie depuis des années, hein, non pas parce qu'il y a une élection qui
s'en vient, comme la députée le mentionne depuis ce matin, mais c'est bien
parce qu'on s'en est occupé, du coût de la vie, au fil des dernières années.
Puis je vous... je vous nomme quelques-unes des mesures
qu'on a adoptées, là, depuis 2018. Ça représente, au total, 7 milliards de
plus dans les poches des Québécois, 7 milliards de dollars. On a agi
pour les baisses d'impôts, on a réduit les impôts à payer. On a haussé le
soutien des aînés, on a haussé les allocations familiales, on a baissé les
taxes scolaires. Vous vous souvenez qu'on a uniformisé à la baisse les taxes
scolaires. On a annulé la taxe familiale, la
taxe famille qui avait été mise de l'avant par le Parti libéral, on a haussé
les crédits d'impôt pour frais de garde d'enfants à hauteur de
222 millions de dollars, baissé les tarifs pour... en fait, on a
plafonné les tarifs à 3 % pour l'ensemble des services publics, on a
développé le crédit d'impôt pour les proches aidants, également pour le
maintien à domicile, également, l'achat de lunettes pour les enfants, l'achat
de lentilles pour les enfants, on a mis 41 millions de dollars dans
cette mesure-là, également, on a agi pour hausser l'exemption des pensions
alimentaires.
Je ne connais pas toute la situation familiale de
M. Houde, mais c'est pour vous dire qu'on a agi sur énormément de dimensions puis on continue de le faire. Et
c'est pour ça que, lundi, j'ai présenté un certain nombre de mesures pour
baisser la pression sur le portefeuille des Québécois.
Mme Ghazal : Kevin,
ce qu'il a envie d'entendre, c'est des solutions à sa situation. Il est
locataire, il paie 2 150 $. Il est le seul à travailler, parce
qu'avoir quatre enfants, c'est une job à temps plein pour lui et sa conjointe.
Il ne veut pas avoir les mêmes réponses et ce qui a été fait avant, parce que,
si ça avait marché puis ça avait permis à Kevin de s'en sortir... et, comme
vous avez dit, Mme la première ministre, comme beaucoup de Québécois qui vivent
dans cette situation-là, vous n'auriez pas amené d'autres mesures pour aider
les Québécois, leur situation serait réglée.
Où
sont les mesures que vous mettez en place pour des gens comme lui qui vont
avoir une augmentation de 175 $ par mois, des mesures structurantes qui vont
avoir un impact à long terme? Qu'est-ce que vous proposez?
Mme Fréchette :
Alors, on a développé...
Mme Ghazal :
J'aimerais... j'aimerais juste que vous parliez... Puisqu'il est là puis il
a fait l'effort de venir de Joliette à ici, ça lui a coûté cher en essence,
donc, j'aimerais que vous lui... vous lui répondiez, à lui, et non pas juste ce
qui a été fait dans le passé puis le bilan de la CAQ.
Mme Fréchette : Alors, d'une
part, il y a quelques jours seulement, bien, on a annoncé qu'on convertirait
5 000 places de garderie non subventionnées en places subventionnées.
Et moi, quand j'avais mon enfant qui fréquentait le service de garde, il
n'était pas subventionné, ce service de garde là, puis je me souviens du poids
que ça représentait dans mon budget. Alors là, on va transférer
5 000 places de garderie non subventionnées en places de garderie
subventionnées, ce qui va alléger considérablement la facture pour des parents.
Là, je ne connais pas l'âge des enfants de
M. Houde. On a annoncé, par ailleurs, il y a quelques jours,
300 millions de dollars pour des thermopompes dans des
logements, de telle sorte que l'on pourra baisser la facture d'électricité des
locataires parce que les propriétaires auront eu un incitatif pour installer
des thermopompes. Donc, ça, ça va être du concret.
On a accéléré
aussi puis facilité la construction de logements abordables. Vous vous
souviendrez qu'on donne des pouvoirs particuliers aux villes. On l'avait
donné de manière transitoire, temporaire, ce pouvoir-là, aux villes, pour
accélérer le projet de développement... de construction immobilière, là, on l'a
rendu permanent, ce pouvoir-là. Je l'ai
annoncé il y a quelques jours. C'est 33 000 logements abordables qui ont
été construits depuis 2018‑2019, ou qui sont en construction. Et, avec ce
superpouvoir aux villes, on va accélérer la construction de logements
abordables. Donc, il y en a quelques-uns, des exemples de ce qu'on a mis en place.
Mme Ghazal : Son augmentation
de loyer, là... Lui, s'il perd son logement, il n'y en a pas d'autres, là, qui
vont... dans lesquels il va pouvoir vivre. Tantôt, je lui parlais, il en
tremblait. Il dit : Je ne sais pas où est-ce que je vais aller, je vais
être dans la rue, puis je n'ai pas le droit aux aides, parce que son salaire
est un peu plus élevé. Il fait partie de la classe moyenne, ça fait qu'il n'y a
aucune mesure qui est capable de l'aider.
Nous, à
Québec solidaire, on a des mesures qui permettent aux gens de souffler pour
vrai, parce qu'il va y avoir une augmentation, cette année, de
2 100 $ par année... Par exemple, de plafonner les hausses de loyer à
l'inflation. Normalement, selon le TAL, c'est supposé être 3,1 %, là, ou
dans ce genre-là, lui, c'est 8 %, puis il y a des locataires qui reçoivent
encore plus d'augmentation, 8 %, 10 %. Moi, il y a eu, dans mon
bureau, des 20 %. Qu'est-ce que la première ministre va faire pour qu'il y
ait des loyers, pas demain matin, pas dans 10 ans, quand ça va être construit,
aujourd'hui, pour que les gens aient des loyers qu'ils soient capables de
payer? Il n'y a pas d'appartement à Joliette qui existe pour une famille de
six.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors, bien,
globalement parlant, j'aimerais rappeler, quand même, qu'il y a eu une hausse
importante, là, du revenu disponible au Québec. Donc, bon, je ne peux pas me
prononcer, bien sûr, sur la situation de M. Houde,
mais globalement parlant, on a quand même eu un rehaussement, en 2024,
intéressant au niveau du revenu disponible.
Alors, on va continuer d'agir pour améliorer la
situation et on va continuer de travailler pour réduire la pression, notamment en construisant davantage de
logements abordables. Je vous l'ai dit, on en avait construit... ou sont
en planification 33 000 logements abordables. Et on veut persévérer
dans cette voie-là. parce qu'il y a eu un déficit pendant des années de
construction, on le sait, les différents paliers de gouvernement, des années
durant, n'ont pas investi dans la
construction de logements, dans les écoles, mais aussi dans la construction de
logements, particulièrement le logement abordable.
Alors là, on est en mode rattrapage de ce
côté-là aussi et on a quand même des chiffres intéressants de construction accélérée, puis on donne des pouvoirs
aux villes également pour qu'elles puissent participer à cet effort-là,
parce que c'est par le rééquilibrage entre l'offre et la demande au niveau des
logements abordables qu'on va pouvoir rétablir la situation. L'inflation se
fait sentir un peu partout, mais, au niveau immobilier, elle se fait sentir
notamment parce qu'il y a un déséquilibre
entre le nombre de personnes qui veulent avoir des logements abordables et la
construction de ces logements-là.
• (15 h 30) •
Mme Ghazal : Oui, il y a un
déséquilibre, et ce déséquilibre, il n'est pas apparu comme ça, tout seul,
c'est parce qu'il y a eu des décisions où est-ce que l'État s'est désinvesti,
que ce soit au fédéral ou ici, au gouvernement du Québec, dans la construction
de logements hors marché. Et là on se retrouve dans cette situation-là, où
est-ce qu'on a une famille, hein... on veut avoir des gens qui aient des
familles, qui élèvent leurs familles au Québec, avec quatre enfants, et il ne
sait pas où aller. Sa question, c'est : Il va aller où alors qu'il n'y a
pas de logement?
Moi, j'aimerais ça, entendre la première
ministre avec des propositions qui vont régler les problèmes des gens pour de
bon, aujourd'hui, urgentes. Qu'est-ce qu'elle pense de l'idée de geler les
loyers à l'inflation pour permettre à Kevin
et à des gens comme lui de souffler puis ne pas se retrouver avec une
augmentation de 175 $ par mois?
Mme Fréchette : Alors,
c'est vraiment par la construction de logements abordables qu'on va réussir à
régler cet enjeu-là au fil des ans. Et puis il faut voir qu'on a largement
contribué à rétablir cet équilibre-là, parce que, depuis 2021, on a plus
de 158 000 logements locatifs qui ont été mis en chantier, soit une
moyenne de 31 000 logements locatifs par année. Et avant, là, entre
2016 puis 2020, c'était 21 000 par année. Donc là, on est passé de
21 000 à 31 000, annuellement,
donc une hausse considérable.
Et puis, pour ce qui
est du gel des loyers, bien, si une mesure de la sorte était mise en place, ça
n'inciterait absolument plus les
propriétaires de loyers à investir dans le maintien de ces actifs-là,
immobiliers, parce qu'il n'y aurait plus d'intérêt à dépenser, si les
loyers étaient gelés systématiquement. Ça a été essayé, d'ailleurs, dans
quelques provinces, et, bon, en Ontario, notamment, ça a été essayé puis ça a
été retiré.
Donc, on travaille
aussi avec des partenaires, ça, il faut le rappeler. On travaille notamment
avec le Fonds de solidarité de la FTQ, on travaille avec Fondaction, on
travaille avec Desjardins à la construction de loyers pour rendre ça plus
abordable.
Mme Ghazal : ...c'est
de geler les loyers à l'inflation, donc de limiter les hausses au niveau de
l'inflation pour que ce soit à un niveau raisonnable, ça a été fait par le
gouvernement pour d'autres frais, et non pas... pour ne pas que Kevin, comme...
il a reçu 8 %, mais il y en a d'autres qui ont reçu 10 %, il y en a
d'autres qui ont reçu 20 %, 30 %. C'est ce qu'on voit en ce moment,
alors qu'il n'y a pas de logement.
La première ministre
me parle de moyenne, des chiffres, des statistiques, mais la vérité, c'est que
les gens ont de la difficulté à avoir des logements qu'ils sont capables de se
payer, même quand ils travaillent à temps plein puis qu'ils font tout correctement. Et Kevin ne sait pas où il va aller,
parce qu'il n'y en a pas, de logement pour lui, il n'y en a pas, de
solution, pour lui, même s'il travaille puis qu'il fait tout comme il faut.
Je veux parler à la première ministre d'un autre
cas, parce que, comme je parle beaucoup de cette question-là, de la crise du logement, des propositions qu'on
met de l'avant de façon... des mesures structurantes, quelques pansements.
Il y a beaucoup de
gens qui m'écrivent. Il y a le cas de Maëlle Langlois, qui est une étudiante.
Elle a 20 ans. Elle gagne 20 $ de l'heure, mais, avec l'école, elle
arrive à peine à faire 800 $ par mois. Cet argent part en voiture, en assurances,
en médicaments. Il ne reste rien. Elle ne peut pas envisager l'université parce
qu'elle n'a pas assez d'aide financière. Elle étudie au cégep. Elle ne peut pas
se payer des lunettes adaptées à sa vue, aller chez le dentiste pour un
nettoyage, tout ça, c'est impossible. À 20 ans, elle vit encore chez ses
parents, pas par confort, ses parents non plus, ils ne peuvent pas l'aider pour
lui donner, comme on dit, un «cash down» pour s'acheter une maison, là, ça, ce
n'est pas possible. Mais, parce qu'elle n'a pas les moyens de partir, puis elle
m'a dit quelque chose qui m'a vraiment brisé le coeur, elle m'a écrit :
«On est en train de créer une génération qui travaille, qui étudie, qui fait
tout comme il faut, mais qui reste pauvre quand même.» Maëlle, aussi, elle est
ici avec son ami, puis je lui ai parlé tout à l'heure, puis elle m'a dit :
Je ne suis pas capable de trouver de logement, j'aimerais ça même pouvoir
bénéficier de l'aide de la première ministre pour la taxe de bienvenue, mais je
ne peux pas, si je pouvais habiter dans un logement, je pourrais au moins,
après ça, penser à devenir propriétaire.
Moi, j'aimerais entendre la première ministre.
Qu'est-ce que ça vous fait d'entendre le cri du coeur de Maëlle?
Qu'est-ce que ça vous fait, vous?
Mme Fréchette : Bien, c'est clair que je
suis très sensible à la situation de Maëlle et je compatis pour... Je la salue si
elle est là.
Mme Ghazal :
Elle habite à Repentigny.
Mme Fréchette :
Pardon?
Mme Ghazal :
Elle habite à Repentigny.
Mme Fréchette :
Repentigny?D'accord. Alors, mes salutations, Maëlle, puis je
comprends... je comprends la situation dans laquelle elle se trouve. Ce n'est
pas une situation facile. Puis moi, je viens d'une génération aussi où ça n'a
pas été facile à ces âges-là où on avait à se trouver un emploi, à faire sa
place, à se trouver un logement. Je sais qu'il y a beaucoup des gens de ma
jeune génération pour qui ça a été... ma génération, plutôt, pour qui ça a été
très difficile, puis je le sais, que ce l'est actuellement pour beaucoup de
jeunes.
On est dans une
situation, avec l'inflation qui complique la donne pour tous ceux qui ont un
budget le moindrement serré, puis la jeune génération, puis les étudiants, c'en
sont, de ces gens. C'est pour ça aussi que j'avais fait de ma première prise de
position, dans le cadre de la campagne, une prise de position sur le logement,
sur l'immobilier, puis, oui, il y avait la question de la taxe de bienvenue,
mais il y avait aussi la question de donner des pouvoirs spéciaux aux villes et de les rendre permanents, ces
pouvoirs-là, puis d'accélérer la construction de logements abordables.
Donc, c'était
vraiment l'ensemble de ces mesures-là que j'avais mises de l'avant parce que la
situation que vit les jeunes me préoccupe, puis, au niveau de l'emploi aussi,
c'est plus difficile que ce l'était, de trouver un emploi. Donc, c'est pour ça aussi que, lundi, on a mis de
l'avant différentes mesures au niveau du coût de l'épicerie, au niveau
également du versement spécial pour le crédit d'impôt à la solidarité. Donc,
c'est sûr que c'est ma grande priorité, ça va être, en matière d'immobilier,
agir sur l'offre, parce que c'est en rehaussant la construction immobilière
qu'on va rétablir l'équilibre, et on va
essayer de trouver des mesures adéquates puis additionnelles pour aider, au
niveau financier, la jeune génération.
Mme Ghazal : Tu
sais, elle a parlé de 50 $ sur l'immatriculation puis elle dit : Ça,
c'est à peine un changement d'huile puis, après ça, c'est terminé. Ça ne peut pas
l'aider comme ça, puis c'est des... Toutes les réponses que j'ai de la première
ministre, c'est des choses pour rattraper de la construction puis faire des
choses à long terme, alors que ça fait huit ans que ce gouvernement est là, et
ce qu'il faut construire, c'est des logements hors marché que les gens sont capables de se payer, pas des logements... je
ne parle pas seulement des HLM, mais des OBNL, des coopératives d'habitation, au lieu de pénaliser, notamment, les gens
qui habitent dans les coopératives d'habitation. Il y a plus d'un
étudiant sur trois, au Québec, qui dépend des banques alimentaires. Est-ce que
la première ministre trouve ça acceptable?
Mme Fréchette : En fait, en
matière de mesures concrètes, là, je ne sais pas si Maëlle est admissible à ça,
mais il y a notamment le crédit d'impôt pour
la solidarité qui va offrir un montant, dépendant de la situation des
personnes, entre 100 $ et 200 $, qui va être versé le
4 juin prochain, et le fédéral également va rehausser son versement au cours
du même mois. Donc, ça, ça pourrait faire une bouffée d'air, une bouffée
d'oxygène pour des personnes comme... comme Maëlle, si elle est admissible à ce
crédit d'impôt là.
Donc, ça, c'est de l'argent dans les poches,
c'est du concret, c'est du court terme. Et bien sûr que, si on veut rétablir
l'équilibre au niveau immobilier, il faut s'y prendre sur le moyen puis le long
terme, puis on l'a fait depuis plusieurs années. Les chiffres que je vous
donnais tout à l'heure, là, c'est des chiffres qui montrent qu'on a rehaussé considérablement la construction de logements
abordables. Donc, ça, ça va bénéficier, c'est sûr, au niveau des jeunes.
Et, sur
l'aide alimentaire, depuis 2022, on a investi 266 millions pour aider les
organismes qui interviennent sur le plan alimentaire, là, que ce soit La
Cantine pour tous et... de l'aide directe qui permette aussi à
1 300 organismes de s'approvisionner en denrées nécessaires. Donc, je
ne sais pas si c'est un service qui... auquel Maëlle fait recours, mais ça
aussi, c'est une forme d'aide.
Mme Ghazal : Pour les crédits
d'impôt, je ne suis pas certaine qu'elle pourrait y avoir accès. Elle habite
chez ses parents. Et, aussi, Kevin, pour les garderies subventionnées, il n'y a
pas accès. Écoutez, est-ce que vous acceptez de les rencontrer après?
Mme Fréchette : Oui, mon
horaire me le permet, quelques minutes.
Mme Ghazal : Très bien, très
bien. Ça fait qu'ils vont pouvoir exposer... Je pense qu'ils sont contents,
parce qu'ils ne sont pas très satisfaits, je ne les voyais pas très de bonne
humeur en écoutant les questions, mais le fait que vous vouliez les rencontrer
pourrait peut-être aider.
J'ai parlé beaucoup de logement. Une des causes
de la crise du logement, c'est évidemment l'inaction du gouvernement, des
gouvernements précédents et aussi du gouvernement actuel, cette logique de
laisser le tout au libre marché, mais ça a
une conséquence extrêmement importante sur l'itinérance. La crise de
l'itinérance, ça continue d'être une priorité pour tout le monde, pour
les citoyens. Il y a eu une demande qui a été faite par une coalition de
personnes sous l'impulsion de Mme Pauline Marois. Françoise David y a
participé, et d'autres personnes, des acteurs importants en matière
d'itinérance, qui ont signé une lettre, des maires et mairesses aussi, qui
demandent un sommet sur l'itinérance.
C'est d'ailleurs une demande que Québec
solidaire a faite il y a maintenant deux ans, d'avoir un sommet sur l'itinérance pour arriver pas juste avec des idées
d'actions, mais avec de l'action et du financement surtout, puisque les
organismes sur le terrain demandent maintenant, c'est comme je le dis, de
l'action. Ils demandent de l'argent, un financement
stable. On a vu, en pleine crise de l'itinérance, des organismes être obligés
de mettre à la porte des travailleurs essentiels parce qu'ils n'avaient
pas de financement pour mettre en place des mesures structurantes et permettre
aux gens de sortir de l'itinérance de manière durable.
Combien d'argent la première ministre s'engage-t-elle
à mettre dans le plan de lutte à l'itinérance? J'ai une autre question. Est-ce
qu'elle est d'accord, est-ce qu'elle s'engage à ce qu'il y ait un sommet si
jamais elle forme le gouvernement, ce que Québec solidaire s'engage à faire,
pour commencer?
• (15 h 40) •
Mme Fréchette : ...d'une part,
j'aimerais saluer la démarche de Mme Marois puis de l'ensemble des
cosignataires également de cette-là, c'est sûr que... cette lettre-là. C'est
sûr que l'itinérance, c'est un phénomène qui a
été croissant ces dernières années, puis je l'ai vu croître, ce phénomène-là,
partout au Québec, hein? Autrefois, c'était Montréal, Laval, la
métropole à la limite, mais là c'est devenu vraiment répandu à l'échelle du
Québec, et c'est donc nécessaire d'intervenir sur cette question-là, puis c'est
nécessaire d'intervenir de manière aussi coordonnée avec les villes, les municipalités puis le fédéral. Moi,
j'ai priorisé cet enjeu-là. J'ai d'ailleurs intégré le titre de ministre
responsable de l'Itinérance dans le titre du Dr Lionel Carmant. Et on a
agi aussi sur le plan financier. Donc, on vient d'annoncer une nouvelle
enveloppe de 28 millions pour continuer d'agir sur différents fronts en
lien avec l'itinérance. Pardon?
Mme Ghazal : ...que le plan de lutte à l'itinérance, puis il
me reste très peu de temps, c'est combien d'argent que la première ministre
s'engage à mettre dans ce plan-là, parce que le plan, il est en train d'être
renouvelé. Combien d'argent?
Mme Fréchette : Bien là, je
viens de vous parler d'une annonce qu'on vient de faire, là, de
28 millions, donc 21 millions pour
financer un projet pilote, là, de 1 000 unités de logement, dans le
cadre du Programme de supplément
au loyer, en prévention, puis 7 millions aussi pour, bon, une situation qui est
moins directement liée, bien, en fait, c'est
7 millions pour accompagner les personnes en situation d'itinérance qui
vivent avec des enjeux de santé mentale ou des troubles de dépendance. Donc, en
tout, en fait, on a mis 600 millions depuis 2018 puis on va évaluer aussi
pour la suite, mais il faut que le fédéral soit au rendez-vous.
Mme Ghazal : C'était ma
prochaine question. Quand est-ce que... quand est-ce... Est-ce que vous vous
engagez à vous assurer que l'argent arrive? Est-ce que vous êtes en
communication avec Ottawa pour que l'argent des Québécois revienne ici, au
Québec?
Mme Fréchette : Effectivement.
Mme Ghazal : C'est quand?
Mme Fréchette : On est en
négociation avec le fédéral pour des transferts fédéraux sur différents...
différents enjeux, mais c'est sûr que la question du logement puis de
l'itinérance, ça fait partie des discussions que l'on a actuellement.
Mme Ghazal : Oui, mais le
résultat? Parce que, là, ça fait des négociations, il y a des discussions, et
ça tarde à arriver. Est-ce que la première ministre est confiante?
Mme Fréchette : Oui, je suis
confiante. Je dirais que ça va bien, ça évolue bien, et on a, en tout,
3 300 logements pour itinérants ou des gens à risque qui ont été
réalisés aussi depuis 2018.
Mme Ghazal : Est-ce qu'avec
l'argent d'Ottawa ce n'est pas si... Elle est confiante que ça va arriver
dans... quoi, dans...
Mme Fréchette : Je n'ai pas de
date à vous donner.
Mme Ghazal : Avant... avant la
fin de la session, disons?
Mme Fréchette : Je n'ai pas de
date à vous donner, mais je dirais que ça avance bien.
Mme Ghazal : Tout à l'heure,
j'ai écouté la conversation sur la construction d'écoles et les dépassements de
coûts, et la première ministre a parlé de son engagement qu'elle avait fait
pendant la course à la chefferie. Est-ce que vous
avez déjà entamé des démarches concrètes pour réparer et construire des écoles
en formule partenariat public-privé? Est-ce qu'il y a déjà des démarches
concrètes qui ont été entamées?
Le
Président (M. Bachand) : Il
n'y a plus de temps, mais je vous donne peut-être quelques secondes, Mme la première ministre. Il n'y a plus de
temps.
Mme Fréchette : On est en train
de... on est en train de travailler sur un appel d'intérêt qui va s'inscrire
dans la perspective que j'ai annoncée.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de
Rimouski, pour 5 min 16 s, s'il vous plaît.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Je salue Kevin Houle et Maëlle, qui sont dans la salle avec nous. Et j'ai une
question pour vous, Mme la première ministre. On a appris cette semaine...
déficit d'infrastructures de 31 milliards de dollars. Vous l'avez
dit, tout le monde l'a dit ici, les loyers explosent, l'inflation met beaucoup
de pression sur plusieurs personnes. On a besoin de construire. On a besoin de
rénover nos infrastructures. Puis, pendant ce temps-là, bien, on apprend aussi
que le nouveau code du bâtiment qui a été adopté, proposé par le gouvernement
en même temps, va hausser les coûts de construction jusqu'à 8 %. Ça, ça
veut dire plus d'inflation, plus de hausses de loyer. Est-ce que vous pouvez
dire à Maëlle et Kevin, qui sont ici, que vous allez mettre un moratoire au
moins pour le code du bâtiment pour au moins ne pas accentuer le problème?
Parce qu'en ce moment, ils vous l'ont dit, ce n'est pas juste des mesurettes
pour des taxes réduites à l'épicerie qu'il faut faire, c'est un coup de barre
pour éviter que l'inflation puis les loyers continuent d'augmenter.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Donc, c'est sûr que je suis très sensible, là, à la réalité sur
le terrain puis aux changements qu'apporte le code du bâtiment, et puis c'est
important pour moi qu'on soit en cohérence
avec l'idée qu'on réduise la pression sur le portefeuille des Québécois. Alors,
moi, je vais être en discussion avec le ministre pour qu'on regarde ce
qu'on peut modifier à l'intérieur du code du bâtiment parce que, tel quel,
c'est sûr que ça créerait une pression importante sur les coûts, et je veux
éviter qu'on en vienne à cette situation-là parce que, là, on serait plus
cohérents avec notre volonté de réduire la pression sur le portefeuille des
Québécois. Donc, je suis très sensible...
Mme Blanchette
Vézina : Je pense que le temps presse, Mme la Présidente. Tu
sais, je ne veux pas... Mme la première ministre, pardon. M. le
Président, je veux juste m'assurer que je comprends bien. Donc, vous voulez
revoir le code à très brève échéance, considérant que le mandat se termine dans
quelques semaines?
Mme Fréchette : Bien,
j'entends... j'entends les inquiétudes du milieu. Je veux vérifier si ces
inquiétudes-là sont bel et bien fondées et, si c'est le cas, bien, discuter
avec le ministre pour revoir l'approche, parce qu'il va falloir assurer, dans le fond, que ça ne pèse pas trop
lourdement sur le portefeuille des Québécois. C'est notre objectif
comme gouvernement.
Mme Blanchette Vézina : Moi, je
pense que les normes du bâtiment, c'est ça qui pèse lourd sur leur
portefeuille, c'est la hausse de 8 % qui est nommée par les gens qui
faisaient cette sortie cette semaine et qui nomment... qui ont calculé,
notamment les villes, que ça augmenterait de plus de 8 % les coûts de
construction.
Dans un autre ordre d'idées, j'ai entendu votre
ministre, ce matin, ministre de l'Environnement, dire qu'il n'y aurait pas de
réouverture du débat sur l'exploitation des gaz... du gaz naturel au Québec. Ça
signifie donc que, de votre côté, vous fermez la porte, alors que vous l'aviez
ouverte il y a à peine un mois, pour revoir le débat?
Mme Fréchette : Alors,
en matière d'énergie, on le sait, qu'on est dans un contexte complètement
transformé, hein, au niveau énergétique. La discussion est maintenant à
l'échelle internationale, et, pour moi, c'est un contexte qui est pertinent
pour relancer une discussion sur cette question-là, et on va avoir une
première... une première idée de la perception des Québécois sur cette
question-là notamment avec le plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques. Il y a une consultation qui est faite dans le contexte de ce
plan, et on va avoir les résultats au cours des prochaines semaines. Donc, ça
va nous donner un premier indicateur quant à...
Mme Blanchette Vézina : Donc,
vous contredisez votre ministre, qui dit qu'elle ne rouvrira pas la loi, là,
d'ici la fin du mandat.
Mme Fréchette : Bien, tenir des
discussions, une réflexion, réviser la réflexion, ouvrir une discussion, ça ne
veut pas dire modifier la loi. Tu sais, il y a des étapes, là, à...
Mme Blanchette Vézina : Est-ce
que vous avez vu qu'Ottawa et la Colombie-Britannique ont annoncé qu'ils
s'apprêtaient à avoir un contrat important, 12 millions de tonnes de GNL
exporté vers l'Allemagne? On parle de la Colombie-Britannique. C'est un
gouvernement du NPD. On n'est pas dans un gouvernement de droite ici, là, et
ils sont ouverts à faire ce contrat parce qu'économiquement c'est intéressant,
d'un point de vue de souveraineté économique également.
Est-ce qu'on a les moyens, au Québec, de se
passer de notre gaz naturel? Est-ce qu'on a les moyens aussi, environnement...
en parlant... environnementalement parlant, pardon, de prendre le gaz... de le
prendre de la Colombie-Britannique et de l'envoyer vers l'Allemagne, alors que,
le Québec, on avait des projets très concrets qui auraient pu et qui pourraient
encore se réaliser? Moi, je pense que poser la question, c'est y répondre.
Regardez ce qui se passe dans le reste du Canada, regardez la
Colombie-Britannique, qui est, encore une fois, une juridiction, je pense, plus
à gauche que nous encore. Pourquoi, le Québec, on ne saisirait pas cette
occasion, surtout dans un contexte où on n'a pas les moyens de ne pas exploiter
nos ressources?
Le Président (M.
Bachand) : 30 secondes, Mme la première
ministre.
Mme Fréchette : Pardon?
Le Président (M.
Bachand) : 30 secondes.
Mme Fréchette : Ah! 30 secondes. Bien, je pense que les
Québécois sont sensibles à la question de l'autonomie énergétique, particulièrement dans le contexte
actuel. On a cette ressource-là. Est-ce qu'on doit l'exploiter? Est-ce que
les Québécois sont là? C'est sûr que cette réflexion doit se tenir avec, comme,
certaines balises, en fait, avec l'idée qu'on doit respecter nos normes
environnementales, l'idée qu'il y a de l'acceptabilité sociale également par
rapport à cette orientation puis l'idée
qu'il y a des retombées pour le Québec. Donc, ça, ce seraient différentes
conditions à respecter, advenant qu'on décide d'aller de l'avant, mais,
dans un premier temps, il faut voir où logent les Québécois.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le chef de l'opposition officielle, pour
22 min 40 s, s'il vous plaît.
M. Fortin :
Très bien. Merci. Merci, M. le Président. J'avais promis de revenir à ma
question. Je reviens à ma question. J'espère
que les vérifications ont été faites et je vous la... je vous la répète pour le
bénéfice de tout le monde, là.
En 2019, Pierre Fitzgibbon avait remis
publiquement en cause l'indépendance d'une administratrice de Québecor.
Quelques jours plus tard, il a appris qu'il n'y avait pas du tout de conflit
d'intérêts, que Mme Lalande n'avait jamais été impliquée, directement ou
indirectement, dans ce dossier-là, et ça aurait pu s'arrêter là. Ça aurait dû
s'arrêter là. Le ministre aurait pu s'excuser, tout le monde serait passé à
d'autres choses, mais il a refusé de faire ça. Il s'est entêté. Il a refusé de
reconnaître son erreur. Il a été poursuivi et, six ans plus tard, après
221 000 $ de frais d'avocats remboursés par
l'État québécois, bien, il a été obligé de s'excuser pareil. Est-ce que
221 000 $ de frais d'avocats pour défendre Pierre Fitzgibbon, alors qu'il
savait déjà qu'il était dans le tort, qu'il avait juste à s'excuser... est-ce
que c'est de la bonne utilisation de l'argent public des Québécois?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
• (15 h 50) •
Mme Fréchette :
M. le Président, donc, c'est sûr que c'est un montant qui est très important.
Ça, on en convient tous, là, c'est un montant qui est élevé. Maintenant, le
ministère de la Justice protège toujours les ministres qui sont en fonction. Il
assume toujours, en fait, le coût des actions, sur le plan juridique, qui sont
posées dans le cadre des fonctions des ministres, dans ce cas-ci, là, afin
d'éviter des coûts supplémentaires à la charge de l'État puis des honoraires
d'avocats aussi. Il faut voir que l'ex-ministre a aussi fait un don, un don
d'un certain montant à une organisation choisie par Mme Lalande, là, qui
promeut d'ailleurs une plus grande participation des femmes à la vie politique, mais, à la base, on s'entend que c'est
un coût qui est très important, mais c'est dans les règles, les façons de procéder
habituelles que le ministère de la Justice du Québec protège les ministres dans
le cadre de leurs fonctions.
M. Fortin :
Est-ce qu'il aurait juste dû s'excuser, puis on aurait dû passer à d'autre chose
collectivement? Parce que 221 000 $, là, ça prend du temps au
contribuable moyen pour offrir ça à l'État. C'est long, payer des taxes puis
des impôts pour arriver à 221 000 $ pour un Québécois moyen, alors
c'est beaucoup d'années de travail. Est-ce qu'il aurait dû juste s'excuser?
Mme Fréchette :
Bien, c'était une poursuite en diffamation, hein? Ce n'étaient pas que des
excuses qui étaient requises. C'était une poursuite en diffamation de 240 000 $.
M. Fortin :
221 000 $ de frais d'avocats pour la vanité d'un ministre de la CAQ.
OK, puisque ma
collègue... puisque ma collègue parlait d'habitation, je vais reprendre... je
vais reprendre le thème. La ministre ou la première ministre, pardon, a fait
une grande annonce sur... disons, qui touche le monde de l'habitation, hein,
pas une annonce qui va favoriser la construction, pas une annonce qui va venir
jouer sur l'offre, mais elle a dit : Pour les premiers acheteurs, jusqu'à
un certain montant, on va rembourser la taxe de bienvenue.
Dans le fond, là, ce
qu'elle dit, là, c'est que, pour certaines personnes qui sont prêtes à acheter
des maisons, on va payer la taxe de bienvenue. Est-ce qu'il n'y a pas un risque
associé à ça qu'on monte les offres qui sont faites... qu'on monte le montant
des offres qui sont faites sur des nouvelles maisons? Parce que, si les
premiers acheteurs, ils se disent
tous : Ah bien! la taxe de bienvenue est payée, j'ai maintenant
5 000 $ de plus à mettre sur ma maison, on n'est pas plus
avancés. Est-ce que ce que la première ministre propose, ça risque de faire
augmenter le prix des maisons?
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme Fréchette :
Merci, M. le Président. Bien, d'une part, je n'ai pas fait que cette
annonce-là, hein? Ma première annonce qui concernait l'habitation était, oui,
en lien avec la taxe de bienvenue, mais pas seulement ça. J'ai aussi annoncé qu'on allait bonifier les programmes
pour la construction de logements abordables et qu'on allait rendre
permanents des pouvoirs aux villes pour accélérer la construction. J'ai
également indiqué qu'on s'approvisionnerait davantage auprès d'entreprises
québécoises pour la construction immobilière. Et j'aimerais mentionner que mon
collègue Samuel Poulin, le ministre responsable des Affaires municipales, a
aussi indiqué qu'il allait développer des quartiers de maisons préfabriquées à
coût très raisonnable, et ça, ça va se faire en collaboration avec les villes,
les municipalités. Donc, c'est une autre moyen... un autre moyen d'accélérer...
en fait, de faciliter l'accès à la propriété pour des gens qui ne sont pas en
mesure de se payer le coût actuel des maisons. Au niveau du moyen concret, ce
que vous me demandiez, c'était...
M. Fortin :
Est-ce que ça risque de faire augmenter le prix des maisons, la taxe de
bienvenue?
Mme Fréchette :
Ah oui! Augmenter le coût, bien, la taxe de bienvenue, non, parce que,
justement, ça ne cible pas un type de maison en particulier. Si la mesure était
de rembourser la taxe de bienvenue pour ceux qui achètent une maison neuve, ça,
ça influencerait le coût des maisons neuves parce qu'on saurait exactement
quelle maison serait touchée par le remboursement de la taxe de bienvenue. Avec
ma mesure, on ne sait pas quels types d'habitations vont faire l'objet d'un
remboursement de la taxe de bienvenue. Ça pourrait être une nouvelle maison,
mais ça pourrait être aussi une maison qui a 40 ans. Donc, ce n'est pas
possible de savoir si celui qui achètera la maison va bénéficier du
remboursement de la taxe de bienvenue. Par conséquent, l'effet inflationniste
ne peut pas être déclenché. Et ça ne
concerne que 12 % à 15 % du public acheteur. Alors, encore là, c'est un
segment étroit, niché de tous les acheteurs et, par conséquent, il n'y a
pas d'effet inflationniste.
M. Fortin :
OK, mais vous savez que votre ministre des Finances n'est pas d'accord avec
vous.
Mme Fréchette :
Le ministre des Finances est tout à fait d'accord avec la mesure.
M. Fortin :
Votre ministre des Finances a dit par le passé que cette mesure-là, tout ce
qu'elle ferait, c'est augmenter la demande et augmenter les prix.
Mme Fréchette :
Si les propriétés étaient facilement identifiables, ce serait le cas. Ce serait
le cas si c'était, par exemple, des maisons neuves sur le marché immobilier.
Ça, on saurait automatiquement que ça bénéficierait d'un remboursement, ça fait
que le prix irait probablement à la hausse de 4 000 $, 5 000 $,
6 000 $.
M. Fortin :
Hier, hier, la ministre responsable du Logement... vu que vous avez amené la
question du logement abordable, hier, la ministre responsable du Logement a dit
qu'un logement à 1 648 $ par mois, c'était un logement abordable.
Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
Mme Fréchette :
Pardon, j'ai manqué la...
M. Fortin : Hier, la ministre de l'Habitation a dit qu'un
logement à... un appartement à deux chambres à 1 648 $, ça
pouvait être considéré du logement abordable. Est-ce que vous êtes d'accord
avec votre ministre?
Mme Fréchette : Le tarif varie, hein, je crois, d'une région à
l'autre pour ce qui est de la définition de l'abordabilité.
M. Fortin :
On parlait d'un...
Mme Fréchette : C'est sûr qu'à 1 600 $, là, ça ne me semble
pas très abordable. Là, on est dans les prix moyens, à Montréal, pour un quatre et demie, de
1 250 $, 1 300 $, Québec, ce n'est pas très loin non plus,
1 250 $, 1 200 $. Donc, c'est sûr que, ça, on est
au-dessus de ce que je qualifierais d'abordable.
M. Fortin :
Mais, si on construit du logement abordable, puis que ça coûte
1 648 $ au monde, puis ça... ça a du bon sens ou non? Est-ce que ça a
du bon sens ou non?
Mme Fréchette :
Ça a du bon sens... bien, il faut viser le créneau abordable. Si on construit
de l'abordable, il faut que le prix reflète cette notion... notion-là
d'abordabilité.
M. Fortin :
Donc, les gens ne devraient pas payer 1 600 $ pour du logement
abordable, contrairement à ce que dit votre ministre?
Mme Fréchette :
Ça m'apparaît... ça m'apparaît élevé comme coût, comme prix. Maintenant, il
doit y avoir des fourchettes. Donc, ce n'est
pas juste un prix fixe, là, bien sûr, l'abordabilité, c'est sûr que c'est
souvent une fourchette, la fourchette inférieure, fourchette supérieure.
Comment ça se qualifie? Ça va dépendre des régions. Donc, pour ce qui est de...
M. Fortin :
OK.
Mme Fréchette :
Mais je reviendrais, en fait, sur votre notion aussi de créer de l'inflation.
Tu sais, ce qui a été proposé par votre parti, par Charles Milliard en
particulier, ça, c'est un exemple de ce qui créerait de l'inflation parce qu'il
cible les maisons nouvelles, les maisons neuves. Alors, on sait exactement
quelles sont les constructions qui vont bénéficier d'un remboursement. Ça,
c'est l'erreur à ne pas faire. À partir du moment où on sait exactement
lesquelles des maisons vont bénéficier d'un remboursement pour l'acheteur,
bien, ça permet de rehausser le prix puis d'empocher, à titre de propriétaire,
la valeur du remboursement.
M. Fortin :
La première ministre omet de dire que les premiers acheteurs, ils visent
souvent le même type de résidence également. OK.
Mme Fréchette :
Les premiers acheteurs, je ne pense pas qu'ils visent des maisons neuves
nécessairement. Ce n'est pas... D'ailleurs, les maisons neuves, il y a une taxe
à payer.
M. Fortin :
Ce n'est pas ce que j'ai dit, mais c'est le même type de résidence. Ils ne
visent pas les maisons à 1 million de dollars habituellement.
Mme Fréchette :
Non, mais il n'y a pas que ça.
M. Fortin : OK. Moi, j'ai regardé votre dernier budget, là,
et, dans le dernier budget du gouvernement de la CAQ, en matière d'habitation, on se
disait : Ah bien! des nouvelles constructions, il va y en avoir... il y en
a à peu près 60 000 cette année, il va y en avoir 55 000 l'an
prochain, il va y en avoir 49 000 l'année d'après, jusqu'en 2030, où il va
y en avoir à peu près 33 000. Là, vous avez, entre autres, mis de l'avant
un plan pour des nouveaux parcs de maisons mobiles. Est-ce que vous avez un
chiffre, à savoir...
Mme Fréchette :
Vous voulez dire des maisons préfabriquées quand vous dites maisons mobiles,
là?
M. Fortin : Oui.
Est-ce que vous avez un chiffre, à savoir combien de nouvelles mises en
chantier il va y avoir ou de nouveaux logements il va y avoir avec ce
plan-là?
Mme Fréchette :
Je voudrais, avant de répondre, on va regarder pour la donnée, dire que les
maisons préfabriquées, je pense, c'est un modèle intéressant pour rendre plus
accessible la propriété parce qu'on est vraiment dans des coûts inférieurs. Et,
par ailleurs, on a plusieurs entreprises au Québec qui se spécialisent
là-dedans. Donc, c'est une belle... une belle façon aussi de créer du
développement économique, créer des emplois, des retombées pour le Québec, et, moi, c'est sûr que l'ensemble
des initiatives qu'on prendra en lien avec la construction de logements, je
veux que ça favorise des entreprises québécoises, puis qu'on puisse
s'approvisionner auprès de ces entreprises.
M. Fortin : Est-ce que vous avez un chiffre
ou pas? Est-ce que... En fait, voici ma question. Aujourd'hui, il y a
60 000 nouveaux logements de créés, de bâtis à chaque année environ. La
prévision du gouvernement de la CAQ, c'est
qu'il va y en avoir 30 000 dans cinq ans. Est-ce qu'avec les mesures que
vous avancez on va au moins maintenir le niveau de logements ou s'il va
y avoir moins de nouvelles constructions année après année?
Mme Fréchette :
Excusez-moi, j'ai perdu la fin de votre question.
M. Fortin : Le gouvernement de la CAQ dit qu'aujourd'hui, là, il y a
environ 60 000 mises en chantier par année et que, dans cinq ans, il va y
en avoir 30 000. Ça, c'est dans les derniers documents budgétaires. Là,
vous nous dites : Ah! on va arriver
avec des nouvelles maisons, des nouveaux parcs de maisons mobiles ou maisons
préfabriquées. Est-ce qu'il va encore
y avoir une diminution du nombre de chantiers au Québec? Est-ce que c'est
encore votre prévision?
Mme Fréchette :
...rehaussement du nombre de mises en chantier. Juste avec les maisons
préfabriquées, on parle de développer, là, une trentaine de quartiers. Donc,
ça, ça va être un ajout par rapport à la situation antérieure.
• (16 heures) •
M. Fortin :
Sur plusieurs années?
Mme Fréchette :
Oui, sur quelques années, bien sûr.
M. Fortin : Mais
en fait il y a... c'est parce que la diminution est tellement grande, là. Il y
a 30 000 logements. On va... En fait, on va diminuer de moitié,
selon le budget, le nombre de nouvelles mises en chantier. Avec ce que vous proposez, là, est-ce qu'on va au moins rester
à 60 000? Parce que, là, on s'enligne pour diminuer jusqu'à 30 000.
Mme Fréchette :
Est-ce que je peux voir, en fait...
M. Fortin : Ça, ce n'est pas bon pour le prix des loyers. Ce n'est pas
bon pour le prix des maisons. Ce n'est pas bon pour les travailleurs de la
construction. Ce n'est pas bon pour personne.
Mme Fréchette :
En tout cas, nos actions antérieures ont généré une diminution du taux
d'inoccupation... une augmentation plutôt du
taux d'inoccupation des logements, là. Ça, on l'a vu partout au Québec, là. Il
y a deux ans, quand j'étais... deux
ans et demi, trois ans, quand j'étais à l'Immigration, on voyait que les taux
d'inoccupation des logements étaient
souvent à 1 %, des fois même en bas du 1 %, partout au Québec, là, à
Rimouski, en Abitibi-Témiscamingue, tout ça, et là ce qu'on voit, c'est
un rehaussement de ce pourcentage-là. C'est donc qu'il y a eu une croissance,
une augmentation de l'offre de logements par rapport à la demande. Maintenant,
est-ce qu'on a le chiffre exactement, là, de ce qui va être construit?
Attendez...
M. Fortin : Ce que j'entends, malheureusement, à travers les propos de
la première ministre, c'est que, bah! il n'y a plus vraiment de problème, et
ça...
Mme Fréchette :
Non, non... (panne de son) ...problème, absolument pas, là, mais je dis que
nos actions ont déjà commencé à porter fruit parce qu'on voit un changement.
Alors que c'était impossible de trouver des logements dans une grande partie des régions du Québec, ce n'est maintenant plus
le cas. Il y a eu une légère amélioration. Est-ce que c'est suffisant?
Non. On va continuer à bonifier...
M. Fortin : OK,
ça va. Je n'ai pas besoin de chiffre. On va le trouver, le chiffre. Je suis
certain qu'il est assez... Bon, OK, Santé Québec. Santé Québec dit
qu'ils veulent... En fait, non, je vais prendre une autre façon d'approcher
l'enjeu, là. Est-ce qu'on a payé trop cher pour les maisons des aînés?
Mme Fréchette : Bien, moi, je pense qu'il
y avait de la place pour de l'amélioration, puis c'est ce qu'on a fait,
hein? On a revu le modèle. Je pense qu'il y avait des éléments qui pouvaient
être diminués en termes d'espace, par exemple,
en termes de type de matériaux, etc., qui pouvaient être utilisés. On a revu un
peu le modèle pour réduire le coût.
M. Fortin : Là, Santé Québec nous disent... nous dit qu'ils veulent
payer 40 % moins cher, 40 %. Donc, en disant ça, Santé Québec est
essentiellement en train de dire qu'on a payé 40 % trop cher pendant les
sept dernières années, quand on a construit
des maisons des aînés. Est-ce que vous êtes d'accord avec eux qu'on a payé
40 % trop cher?
Mme Fréchette :
Bien, le 40 %, j'entends que c'est une ambition de Santé Québec. C'est un
souhait de Santé Québec. Est-ce qu'on y parviendra? Je nous le souhaite. Ce
serait important de réduire au maximum puis d'optimiser
au maximum les coûts. C'est sûr qu'il y a un enjeu au niveau des coûts auquel
il faut s'attarder puis dans lequel il faut s'investir. Donc, on a construit,
c'est sûr, des maisons des aînés, là, aussi vite que possible, puis la plupart
des mises en chantier ont débuté, là, à la fin de l'année 2020. On était en
pleine pandémie à ce moment-là. Six ans plus tard, bon, d'une part, on a livré
quand même la majorité des produits, mais on a réussi à réduire le coût... le
coût par porte, qu'on a optimisé, mais il faut continuer à faire ce travail-là
puis il faut continuer aussi à rehausser l'approvisionnement en provenance du
Québec. Ça, pour moi, c'est un incontournable. Ça, c'est un exemple parfait de
chantier pour lequel il faut que nos entreprises, notre talent soient mis à
contribution. Alors, ça, je veux m'assurer qu'on travaille à améliorer ça.
M. Fortin : Parce qu'on ne l'a pas fait les dernières années?
Mme Fréchette : Bien, pas assez.
Moi, je pense qu'il y a encore de la place à l'amélioration.
M. Fortin : OK. Là, le... on a payé... en payant, là, selon Santé
Québec, là, 40 % trop cher pour nos maisons des aînés, ça veut
essentiellement dire qu'on aurait dû être capables d'en construire 40 % de
plus, là. Ça veut dire que, si on avait pris le même argent puis qu'on l'avait
dépensé de façon optimale, on aurait 40 % de résidences dans les maisons
des aînés ou de portes dans les maisons des aînés de plus. Depuis 2020, là,
depuis le début de la construction des maisons des aînés, le nombre de gens en
attente pour une place en CHSLD, il a augmenté. Alors, est-ce que, parce qu'on
a investi ou parce qu'on a trop dépensé dans les maisons des aînés, on se
retrouve avec une liste d'attente qui a augmenté?
Mme Fréchette : Bien là, la
population aussi qui est en besoin de ce type de logement là augmente, hein? On
le sait, il y a 70 000 personnes par année qui prennent leur
retraite. Donc, ce n'est pas un indicateur parfait, là, pour ce qui est des
besoins en maison des aînés, mais, tout de même, c'est un précurseur, on pourrait
vous dire, un annonciateur. Et puis c'est sûr que ça va aller en croissance,
donc il faut que l'offre soit rehaussée, parce que les besoins sont très
grands.
On a déjà
réussi à réduire quand même de manière assez importante, là, les coûts par
porte, là, c'était 850 000 $ au départ, c'est maintenant
570 000 $. Donc, on a eu déjà une amélioration considérable. Alors,
la phase III des... du projet des maisons des aînés, là, il propose de
réaliser environ 5 000 à 7 000 nouvelles places. Est-ce que ce
sera suffisant pour combler tous les besoins? Je le souhaite, mais je n'en suis
pas convaincue. Il va y avoir assurément d'autres types de logis qui seront
requis.
M. Fortin :
Mais dans quel monde le
gouvernement de la CAQ s'est dit : 800 000 $ par porte, là, ça
tient la route?
Mme Fréchette : Bien, c'est pour ça
qu'on a révisé ça à la baisse, c'est qu'une fois... une fois mis en place...
M. Fortin :
Oui, mais vous l'avez dépensé, le
800 000 $. Il a été dépensé, là, il y a des gens qui ont approuvé ça,
là.
Mme Fréchette : Oui. Puis ça, c'est
pour... ce pour quoi je veux qu'on travaille davantage avec le privé, c'est
parce qu'il faut aller de l'avant avec des modèles qui soient plus efficaces,
qui nous permettent de réduire au maximum le coût pour les citoyens puis
d'augmenter l'impact.
M. Fortin : Oui. Le résultat des courses, là, c'est qu'on a dépensé
800 000 $ par porte longtemps, 40 % trop cher selon Santé
Québec, et là on se retrouve avec des gens...
Mme Fréchette : ...on est à
570 000 $.
M. Fortin :
...plus de gens sur la liste d'attente qu'au moment où on a lancé le projet de
maisons des aînés. OK.
Vous avez fait référence à quelques reprises, au
cours de l'étude des crédits, dans différentes questions de différents collègues, à votre annonce, là, disons,
ou celle... celle, en fait, du premier ministre précédent, là, qu'il y aurait 5 000 places
de services de garde pas subventionnées qui vont être subventionnées. Et là il
y a un appel d'offres, là, si... de projets, là, si je ne me trompe pas, qui, à
la fin de la semaine, va se terminer en ce sens-là.
Vous, à la
dernière campagne, est-ce que... est-ce que vous avez fait du porte-à-porte
dans votre circonscription sur cet enjeu-là? Est-ce que vous en avez
parlé, de cette promesse-là du gouvernement de convertir des places non
subventionnées en places subventionnées?
Mme Fréchette : Vous voulez dire
dans le cadre de la campagne à la course à la chefferie?
M. Fortin : En 2022. Non, en 2022.
Mme Fréchette : En 2022, est-ce que
j'ai parlé de ça? Je n'ai pas souvenir que j'ai parlé de ça.
M. Fortin : Parce que le gouvernement en parlait. Puis l'engagement du
gouvernement de la CAQ, en 2022, des candidats dans chacune des
circonscriptions, sûrement vous, M. le Président, pas pour vous mettre sur le
spot comme ça... mais
l'engagement des candidats de la Coalition avenir Québec, c'était de
dire : Il n'y en aura plus, d'iniquité, tout le monde, tout le
monde va avoir une place subventionnée.
Alors là, pouvez-vous me dire pourquoi
aujourd'hui, alors qu'il y a encore beaucoup de parents qui s'attendaient à
ce que la CAQ remplisse cet engagement-là,
pourquoi il y a seulement 5 000 places que vous êtes en train de
réaliser?
Mme
Fréchette : Bien, écoutez, c'est un bilan, dans le fond, qui est
incomplet, là, si on parle de ces 5 000 places-là. En fait, depuis le
lancement, là, du grand chantier, il y a 48 000 nouvelles places
subventionnées qui ont été créées, 48 000. Donc, ça, c'est du jamais-vu,
hein, en 25 ans. Ça fait longtemps que ça existe, là, les places
subventionnées. 27 000 ont été créées en installations, c'est-à-dire dans
des CPE puis des garderies subventionnées, puis elles ont été... il y en a
10 000 qui ont été créées en milieu familial, 11 000 qui ont été
converties de garderies privées en places subventionnées. Puis là on parle de
5 000 places additionnelles à celles que je viens de vous énoncer qui
vont être converties pour cette année, c'est-à-dire en 2026 puis 2027. Ça,
c'est du jamais-vu par rapport aux années antérieures. Et puis, dès 2018,
aussi, on a aboli, là, la taxe... la taxe famille libérale, là, qui a ramené
aussi... et là on a ramené des tarifs de places subventionnées.
M.
Fortin : Oui, mais... OK, mais ce que...
ce que vous avez dit aux... ce que la CAQ a dit aux parents du Québec, là,
c'est que c'est inéquitable, qu'il y a des gens qui ont accès à une place
subventionnée puis qu'il y a des gens qui ont accès à une place non
subventionnée. Vous l'avez dit tantôt, là, vous êtes passée par le système non subventionné quand vos enfants étaient jeunes,
j'ai fait la même chose. Mais ce que le gouvernement de la CAQ a dit,
c'est : C'est inéquitable, et on va régler ça.
Il y avait, à ce
moment-là, là, 56 000 places visées par la conversion, il y en a eu
10 000 au cours du mandat, il y en a un autre 5 000, puis le
résultat, là, qui est en cours de conversion, mais le résultat des courses,
c'est que, si je regarde le tableau fourni par la direction de la performance
du ministère de la Famille, la direction de la performance nous dit qu'il y a
encore 56 000 places non subventionnées au Québec. L'enjeu de l'iniquité,
là, il n'est pas réglé pantoute. Au début du mandat, il y avait 56 000
places non subventionnées; à la fin du mandat, il y a 56 000 places non
subventionnées.
• (16 h 10) •
Mme
Fréchette : Bien, vous le savez comme moi qu'il y a eu un
rehaussement, là, de la population, hein, assez marquée, notamment en lien avec
l'immigration. Donc, ça, ça a créé aussi une demande accrue.
M. Fortin : Mais
votre promesse, c'était zéro, c'est qu'il n'y en ait plus, c'était... c'était
qu'il n'y ait pas d'iniquité.
Mme
Fréchette : C'est 48 000 nouvelles places qui ont été créées, je
rappelle. C'est quand même costaud. Puis, les libéraux, là, vous aviez apporté,
là, la modulation des tarifs, là, on a corrigé cette erreur-là. On a rétabli,
donc, des tarifs uniques pour les parents puis des tarifs avantageux, là, sur
le plan financier. Donc, on a avancé, mais vraiment d'une manière considérable,
comme jamais auparavant, en lien avec la création de places pour...
M.
Fortin : Mais est-ce que vous avez oublié
qu'il y aurait une croissance de la population quand vous avez pris cet
engagement-là? Parce que, là, là, vous me dites aujourd'hui : Bien, ce
n'est pas de notre faute, il y avait eu une...
il y a eu une croissance de la population. Mais vous ne le saviez pas, qu'il y
avait une croissance de la population entre 2022 et 2026? J'ai de la
misère, M. le Président, à croire ça.
Mme
Fréchette : S'il y a une chose que... dont on n'était pas au courant,
c'était le nombre de demandeurs d'asile, le nombre de personnes immigrantes
temporaires qui allaient venir au Québec en si peu de temps.
M.
Fortin : Ah! d'accord.
Mme
Fréchette : Je veux dire, 200 000, ne serait-ce que pour les
demandeurs d'asile. Non, on n'était pas au courant puis on n'a pas levé la main
non plus pour en recevoir autant.
M.
Fortin : Le bon vieux truc caquiste, c'est
à cause de l'immigration. Ah!
Mme
Fréchette : Bien, ça y a contribué, c'est clair. C'est des gens, en
plus, qui vont chercher des tarifs réduits, parce que les moyens dont ils
disposent souvent sont moindres, même chose pour les logements abordables.
C'est sûr que ça a crû... ça a crû... ça a augmenté l'impact.
M.
Fortin : C'est vrai que le gouvernement ne
pouvait pas prévoir qu'il n'allait pas respecter sa propre cible en matière
d'immigration.
Mme
Fréchette : C'est vrai que, le chemin Roxham, on ne l'avait pas prévu.
65 000 entrées en une année seulement, cumulées de 2017 à 2022-2023, non,
on ne l'avait pas prévu.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de Camille-Laurin, pour 21 min 59 s, s'il vous plaît.
M. St-Pierre
Plamondon : Merci beaucoup. J'ai effleuré, un peu plus tôt cet
après-midi, le bilan assez catastrophique de la CAQ, et de la ministre
elle-même, en matière de subventions et de pertes de fonds publics dans des
projets qui ne tenaient pas la route. Cet après-midi, je vais toucher à un
autre sujet qui est le bilan de la première ministre, un sujet qui va peut-être
intéresser M. Kevin Houle, qui est parmi nous, à savoir celui du dérèglement du
logement et des prix du logement depuis que la CAQ est au pouvoir.
C'est-à-dire, comment est-ce qu'on a pu se retrouver à ce qu'un logement coûte
2 500 $ à Joliette, alors que, quand la CAQ est arrivée au pouvoir en
2018, le même logement coûtait à peu près 1 500 $, à peu près, même
pas?
Donc, ce sera un sujet qui est d'intérêt, parce
que ça fait suite à ce que la première ministre a dit elle-même, les changements démographiques alors qu'elle était
elle-même ministre de l'Immigration, mais avant je vais commencer par deux questions très simples, juste pour se
réchauffer. La première, toute simple, pour la première ministre : Est-ce que
vous étiez d'accord, Mme la première ministre, avec l'augmentation du salaire
des députés votée par la CAQ, une augmentation de 30 %, qui a fait passer
le salaire de base annuel de 101 000 $ à 146 000 $ aujourd'hui? Est-ce que... alors qu'elle était
ministre, est-ce que la première ministre était d'accord avec cette mesure-là?
Mme Fréchette : Bien, il y a un
rapport indépendant, là, qui avait été déposé, puis la mesure a visé à donner
suite au rapport, à la recommandation du rapport.
M. St-Pierre Plamondon : Ça ne
répond aucunement à ma question. La question, c'est : Est-ce qu'elle était
d'accord? Est-ce qu'elle avait une opinion, ou est-ce que je comprends qu'elle
n'avait pas d'opinion, comme un peu elle n'avait pas de discussion avec sa
secrétaire... son secrétaire général sur une enquête interne? Était-elle
d'accord?
Mme
Fréchette : Moi, j'étais d'accord avec la mise en place... en
fait, la mise en place des recommandations du rapport indépendant.
M. St-Pierre Plamondon : Était-elle
d'accord avec l'augmentation de...
Mme Fréchette : J'étais d'accord
avec la mise en oeuvre des recommandations du rapport indépendant.
M. St-Pierre Plamondon : Oui, ce
n'est pas ça, la question.
Mme Fréchette : Je ne sais pas c'est
quoi, la...
M.
St-Pierre Plamondon : Je répète la question. Comme gouvernement, vous
avez voté une hausse du salaire par
30 %. Vous faites partie de ce gouvernement-là et vous êtes maintenant à
la tête de ce gouvernement-là. Étiez-vous d'accord avec l'augmentation
de salaire votée par votre propre gouvernement?
Mme Fréchette : J'étais
solidaire de la décision qui a été prise, qui était en lien avec les
recommandations du rapport indépendant.
M. St-Pierre Plamondon : Et,
juste pour faire le suivi, est-ce que vous, vous avez empoché cette hausse-là
ou est-ce que vous avez pris une partie de la hausse à d'autres fins? Comment
est-ce que vous avez traité cette hausse-là sur le plan individuel?
Mme Fréchette : Pouvez-vous
répéter la question? Comment on a traité la hausse?
M. St-Pierre Plamondon : Est-ce
que, l'entièreté de la hausse, vous l'avez utilisée à vos fins personnelles, ou
est-ce que, comme d'autres ici élus... parce qu'il y en a eu plusieurs qui ont
décidé de remettre ça à des oeuvres de charité.
Mme Fréchette : Bien là, on ne
rentrera pas dans mes finances personnelles, là. Désolée, M. le Président, mais
je trouve qu'on est très loin des crédits, là.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
je pose la question, je veux dire... Je comprends que la réponse, c'est non.
Donc, vous étiez d'accord...
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme Fréchette : Monsieur fait
des déductions, là.
M. St-Pierre Plamondon : Je ne
fais pas des déductions.
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Ça va. M. le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre
Plamondon : Non, c'est vraiment... c'est le bilan d'un gouvernement
qui s'est voté une hausse de salaire...
Une voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : Et là,
M. le Président, si... c'est ça, là, je veux dire, si...
Le Président (M.
Bachand) : S'il vous plaît! Mme la députée de Bellechasse, s'il
vous plaît. M. le député de Camille-Laurin, vous avez la parole, allez-y.
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
c'est le bilan du gouvernement, c'est une décision du gouvernement pour
laquelle je veux savoir si la première ministre est d'accord et savoir quel
geste elle a posé après cette décision-là. C'est parfaitement légitime.
Deuxième question très simple, lorsqu'on agit
comme député, puis j'écoutais des questions sur votre campagne électorale de
2022, d'habitude, on se resoumet aux mêmes électeurs pour savoir s'ils ont été
satisfaits de notre travail comme député.
Est-ce que la première ministre s'engage à se représenter dans la
circonscription de Sanguinet?
Mme Fréchette : Bien,
tout à fait. Contre M. Alain Therrien, notamment, que je connais bien et que
j'apprécie grandement.
M. St-Pierre Plamondon : Très
bien. Bien, on va suivre ça avec intérêt. Pour revenir à la question de l'offre
et la demande dans le logement, la première...
Mme Fréchette : On est encore
loin des crédits, hein, de savoir si je vais me représenter dans mon comté.
C'est drôle, la notion que vous avez de l'étude des crédits.
M. St-Pierre
Plamondon : Tant que vous répondez aux questions, Mme la
première ministre, je pense qu'on peut continuer.
Mme Fréchette : Oui, c'est ça,
qui n'ont rien à voir...
M. St-Pierre
Plamondon : Donc, je ne sais
pas si c'est trop... si c'est hors sujet de vous parler de votre passage à
l'Immigration comme ministre. Ça, est-ce que ça vous convient comme sujet?
Mme Fréchette : Oui.
M. St-Pierre Plamondon :
Parfait.
Mme Fréchette : On s'approche,
on s'approche.
M. St-Pierre
Plamondon : Donc, on a
rarement vu un dérèglement de... du logement comme sous votre gouverne.
Explosion des... du prix des loyers, explosion du prix de l'hypothèque. Et,
quand vous dites que la classe moyenne se porte mieux après huit ans de
caquisme, la réalité de Kevin Houle, qui me regarde en ce moment en hochant de
la tête, c'est que c'est désastreux, parce que le revenu disponible des gens
passe dans des loyers puis des hypothèques qui ont explosé, de sorte qu'il n'y
a pas de revenu pour les autres postes de coûts.
Qu'est-ce qui s'est passé durant cette
période-là? Il y a eu une explosion du nombre de temporaires. Et moi, je me... je vais me souvenir toute ma vie, la
question qu'on vous a posée alors que vous étiez ministre de l'Immigration, on
vous a dit : Quand allez-vous faire une planification de l'immigration
temporaire, placer des seuils sur l'immigration temporaire? Parce que le
nombre augmente tellement vite, et ça aura des conséquences importantes sur
plusieurs aspects de la société québécoise.
Vous nous avez répondu que la planification de
l'immigration temporaire n'était pas possible, parce que, de toute façon, ça
reviendrait à une économie planifiée, pour vulgariser, là, en d'autres mots, ce
serait une forme de communisme ou de socialisme trop lourd que de faire une
planification de l'immigration temporaire. On est passés de 100 000 temporaires
à 600 000 durant le caquisme. Première question. Sous votre règne, comme
ministre de l'Immigration, considérez-vous que le Québec a accueilli trop de
nouveaux arrivants, juste assez ou pas assez?
Mme Fréchette : Bien, trop. Je
ne sais plus combien de fois, de dizaines et de dizaines de fois, je l'ai dit,
là, je l'ai répété. Et les demandeurs d'asile, c'était notamment un des... un
des groupes pour lesquels on avait vraiment reçu trop de gens. Puis ce n'était
pas en distribuant des tracts, tel que vous le proposiez, pour leur dire, «il
n'y a plus de place au Québec, veuillez aller ailleurs, s'il vous plaît», que
ça allait régler l'enjeu. On sait très bien que c'est un enjeu d'entente qu'il
y avait... dans laquelle il y avait une faille et qu'il fallait renégocier avec
les États-Unis d'Amérique. Et c'est ce qu'on a fait. On a profité de la mission
du président Biden pour faire pression sur le fédéral, pour que cette entente
soit renégociée et pour mettre fin à cette faille-là. Donc, ça, ça a été une de
mes actions puis un des gains que j'ai eus avec le fédéral en termes
d'immigration.
Mais clairement il y avait
trop de personnes immigrantes qui venaient en un court laps de temps. On avait
excédé notre capacité d'accueil. Je ne sais plus combien de fois je l'ai dit et
redit. Et c'est sûr que ça a eu un impact sur le logement, parce que ce sont
des gens, particulièrement les demandeurs d'asile, qui vont chercher d'abord et
avant tout des logements abordables. Or, des logements abordables, bien, on en
a un nombre limité. Et, si la demande est trop importante, eh bien, on n'est
pas en mesure de les accommoder.
M.
St-Pierre Plamondon : Mais
dans quel cas, s'il y a eu environ 200 000 demandeurs d'asile qui
sont arrivés sur le territoire, mais
si on a également accueilli environ 180 000 travailleurs temporaires,
sous l'égide du programme fédéral PMI, et si la première ministre, alors
ministre de l'Immigration, a elle-même fait du recrutement activement, de sorte
que les travailleurs temporaires, sous l'égide du gouvernement du Québec, a
également augmenté, pour un grand total de 600 000... Je lui pose la
question très simplement, est-ce que vous regrettez d'avoir refusé de planifier
l'immigration temporaire lorsqu'il était temps? Durant de nombreuses années,
vous l'avez refusé en prétextant qu'on ne pouvait pas faire de seuil ni mettre
de limite, parce que ce serait une économie planifiée.
Mme
Fréchette : Écoutez, les programmes d'immigration temporaire
ne sont pas entièrement sous notre contrôle. Alors, c'est sûr qu'on n'a
pas... Comment se fixer des limites quand on n'a pas le contrôle sur ce qui
alimente le bassin de personnes? C'est sûr, c'est difficile. Il faut
s'adjoindre l'engagement de ceux qui contrôlent les leviers. Et puis,
manifestement, en termes de demandeurs d'asile, on ne contrôle pas les leviers.
Tout ce qu'on contrôlait, c'est la nature de
l'entente qui prévalait avec les États-Unis, puis c'est ce sur quoi on a agi.
Donc, ça, ça a amélioré la situation.
On est un État qui va accueillir puis
accompagner les personnes qui arrivent au Québec puis qui ont besoin de
services puis on a assumé notre part de responsabilité, mais on nous en a trop
demandé en un court laps de temps puis on n'a pas été en mesure de juguler cette
augmentation-là. Et heureusement, bon, la situation s'est quelque peu
améliorée, mais ça reste que ça a laissé des traces, là.
• (16 h 20) •
M. St-Pierre Plamondon : M. le
Président, la première ministre prétend qu'elle n'avait pas le... les leviers puis que ça s'est passé... c'était en dehors de
son contrôle. La réalité, c'est qu'une partie de l'immigration temporaire,
une partie substantielle, était sous son
contrôle. Et, lorsqu'elle était ministre de l'Immigration, les seuils de
travailleurs temporaires ont augmenté par 151 %. Donc, je lui pose à
nouveau la question, est-ce qu'elle regrette d'avoir prôné pendant
plusieurs années qu'on ne pouvait pas planifier ni mettre de seuil sur
l'immigration temporaire?
Mme
Fréchette : ...alors, il faut voir qu'en région il y a des
besoins importants. Alors, c'est très difficile d'évaluer le nombre de
personnes au global qui sont requises, d'une part, parce qu'on ne contrôle pas
les programmes d'immigration temporaire en totalité. Donc, ça, ça crée un
premier enjeu. On ne contrôle pas l'arrivée de demandeurs d'asile. Alors, c'est
sûr que de définir à l'avance combien de personnes seront requises, ça
complique les choses, là. Ce qui est permis, ce qui est facilitant, c'est que
c'est une fourchette. Donc, ce n'est pas un nombre fixe, parce qu'un nombre
fixe ça peut être très difficile dans la mesure où on ne contrôle pas les
leviers d'arrivées, d'entrées. Donc, c'est des objectifs qu'on peut se donner.
Maintenant, il faut tenir compte des besoins en
région, particulièrement pour les PME en région. Parce que j'ai fait le tour du
Québec plusieurs fois auprès des acteurs économiques en région, et puis il y a
des besoins importants. La croissance démographique n'est pas toujours au
rendez-vous. Et souvent ce sont les travailleurs étrangers qui peuvent répondre
à ces besoins-là. Mais il faut protéger le français. Il faut respecter la
capacité.
M. St-Pierre Plamondon : Donc, je
comprends, M. le Président, juste pour revenir à ma question, que, lorsque
c'étaient des seuils d'immigration sous son égide, alors qu'elle était
ministre, ça, c'est correct d'augmenter de 151 %. Et, lorsque c'est
l'immigration en provenance du fédéral, ça, ce n'était pas correct. Donc, ce
qui m'amène à la question logique à ce moment-là. Son prédécesseur croyait que
d'avoir les pleins pouvoirs en immigration, c'est absolument une question de
survie de la nation afin d'éviter la louisianisation du Québec. Est-ce qu'elle
est d'accord avec cette affirmation?
Mme Fréchette : Eh bien, sachez, M.
le député, qu'on a agi pour le fait français. Et ça, ça change la donne. Parce
que c'est sûr que, si les immigrants ne parlent pas français... Puis, alors que
le Parti québécois était au pouvoir, il n'y en a pas eu...
M. St-Pierre Plamondon : Mais ça,
ça... je m'excuse...
Mme Fréchette : Ça répond à la
question, si vous me laissez poursuivre.
M. St-Pierre Plamondon : Je ne pense
pas que vous répondez à la question, non.
Mme Fréchette : Alors, on a intégré,
dans les programmes d'immigration, des exigences en matière de connaissance du
français. Donc, tant qu'il n'y avait pas ces exigences-là... Puis le Parti
québécois n'a jamais cherché à intégrer des exigences...
M. St-Pierre Plamondon : M. le
Président. M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : En
terminant, en terminant.
Mme
Fréchette : ...dans les programmes d'immigration, nous, on l'a fait.
Donc, ça vient gonfler les rangs des personnes qui parlent français.
M. St-Pierre
Plamondon : M. le Président, la question, entendez-moi, là, parce
qu'il n'y a aucun rapport avec la réponse, la question, c'est son prédécesseur,
le député de L'Assomption... a affirmé que l'immigration est une question de
survie de la nation afin d'éviter la louisianisation du Québec. Je lui
demande : Est-elle d'accord avec cette affirmation-là? Est-ce qu'elle peut
répondre à la question, s'il vous plaît?
Le
Président (M. Bachand) : ...première ministre.
Mme
Fréchette : La réponse est en lien avec la présence du français dans
une société, hein? Donc, moi, j'ai pris action pour assurer la connaissance du
français. Et là je sais que le député de Camille-Laurin ridiculise, là,
certaines de nos mesures pour que les immigrants connaissent le français, il
dit que ça se résume à savoir commander une bière en français...
M. St-Pierre
Plamondon : C'est vrai que vos exigences ne sont pas élevées, là,
mais...
Mme
Fréchette : ...or, ça prend
deux ans et demi atteindre les niveaux que l'on a établis pour la connaissance
du français, deux ans et demi. J'espère que ce chef de parti politique qui
prône l'apprentissage puis la présence du français dans notre société va
respecter ceux qui se destinent à apprendre le français, tout comme leurs
professeurs qui s'y consacrent.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
M. St-Pierre
Plamondon : M. le Président, non seulement la première ministre ne
répond pas à ma question, mais elle nous fait un exposé sur le français. Ce
gouvernement est responsable du pire déclin de l'histoire du Québec en matière
de français. Jamais, dans le siècle dernier, on a vu un tel déclin de la langue
française que sous la CAQ. Donc, je note qu'elle refuse de se prononcer sur la
question, à savoir si c'est une question de survie de la nation, de la... une
question de louisianisation. Elle parle du français, alors que c'est le pire
bilan qu'on peut imaginer pendant un siècle.
Et ça m'amène à une
question, parce qu'elle s'est engagée ici, en Chambre, à faire la demande à
Ottawa, parce que ça fait des années que la CAQ réclame les pleins pouvoirs en
immigration. Elle nous a dit, en Chambre, ensuite,
à l'une de mes questions, que, oui, elle allait faire la demande. Donc, je veux
savoir si, en date d'aujourd'hui, elle a fait une demande à Ottawa pour
obtenir les pleins pouvoirs en immigration et, si oui, quelle était la réponse.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la première ministre.
Mme
Fréchette : Oui. Bien, j'aimerais rappeler, en fait, que l'immigration
en région, par rapport au fait français, bien, ça se déroule en mode accéléré,
parce qu'on a besoin de personnes immigrantes en région pour la vitalité
économique. Souvent, la croissance démographique n'est pas au rendez-vous. Et,
quand on est en région, eh bien, tout se passe en français, hein, le plus
souvent. Alors, le processus d'intégration des personnes immigrantes vient
élargir les rangs des francophones. Et ça, c'est important, que notre société
continue à grossir les rangs, élargir les rangs des gens qui parlent français.
Puis j'ai d'ailleurs eu un engagement récemment pour que la loi 101 puisse s'appliquer
à l'éducation aux adultes, de même qu'à la formation professionnelle. Ça, c'est
10 000 diplômés de plus en français au Québec, en plus des exigences de
connaissance du français pour les personnes immigrantes. Ça, c'est la première
fois que le Québec se dotait de telles règles, et c'est transformationnel,
parce que ça va permettre de grossir les rangs des francophones.
M. St-Pierre
Plamondon : Je constate à nouveau qu'il n'y a pas de réponse à ma
question. Et je dois dire, M. le Président, qu'au moins le prédécesseur de la
première ministre, député de l'Assomption... il avait des défauts, mais au
moins il avait fait la demande au fédéral. On comprend que la première ministre
n'a pas fait la demande, elle ne le fera pas. Elle n'est pas capable de dire
que le contrôle des pleins pouvoirs en immigration est une question vitale. Et
je vais donc être obligé de clore ça en disant que l'exposé sur les mesures du
français, qui ne répond pas à mes questions, sont dans le contexte du pire
déclin du français qu'on a connu au Québec depuis un siècle.
Mme
Fréchette : L'immigration était le premier sujet que j'ai abordé avec
le premier ministre Carney.
M. St-Pierre
Plamondon : Avez-vous fait la demande pour les pleins pouvoirs en
immigration, oui ou non?
Mme
Fréchette : Alors, j'ai fait valoir qu'il était important d'aider le
Québec à rester une nation francophone, que l'immigration devait être un des
leviers utilisés pour ça et que nous étions volontaires pour assumer une plus grande part des pouvoirs en
immigration. Et j'ai parlé aussi de la nécessité de revoir la façon de gérer
les demandeurs d'asile.
M.
St-Pierre Plamondon : J'ai mal compris, M. le Président.
Mme Fréchette : Les demandeurs d'asile, c'est important qu'on ait
une mécanique de répartition des demandeurs d'asile.
M. St-Pierre
Plamondon : J'ai...
Mme
Fréchette : Parce que, pour l'instant, c'est le Québec et l'Ontario
qui assument cette responsabilité-là au nom du Canada. J'ai également fait
mention qu'on avait eu des gains...
M. St-Pierre
Plamondon : J'ai mal compris, parce que ma question porte sur les
demandes pour les pleins pouvoirs. J'ai entendu la première ministre dire
qu'elle était volontaire pour obtenir des pouvoirs. Donc, est-ce que je
comprends que la discussion avec le premier ministre du Canada... On a eu une
première ministre du Québec qui a dit qu'elle était volontaire pour obtenir
certains pouvoirs en immigration. Est-ce que c'est vraiment les paroles qui ont
été utilisées?
Mme
Fréchette : On souhaite assumer davantage de pouvoirs en immigration
et qu'on tient à ce qu'il y ait des règles
plus claires pour la gestion des demandeurs d'asile. Parce que, pour l'instant,
c'est le Québec et l'Ontario...
M. St-Pierre
Plamondon : Et, dans quel cas, quelle était la réponse...
Mme
Fréchette : ...qui assument cette responsabilité-là d'accueillir les
demandeurs d'asile, pour une très grande part au nom...
M. St-Pierre
Plamondon : Et, dans quel cas, quelle était la réponse du premier
ministre?
Mme
Fréchette : ...au nom du Canada. Et ce n'est pas...
Le
Président (M. Bachand) : S'il vous plaît! S'il vous plaît! OK,
Mme la première ministre, terminez, s'il vous plaît, terminez. M. le député,
s'il vous plaît. Allez, terminez.
Mme
Fréchette : Alors, ce que je disais, c'est que ce n'est pas normal que
ça aille de la sorte, parce que ça crée une
pression importante sur nos services publics, sur nos ressources également. Je
pense aux gens qui travaillent dans les secteurs de la santé, le secteur
de l'éducation, de la francisation. C'est un poids considérable, et j'ai
demandé au premier ministre Carney de fonctionner différemment pour la suite
des choses.
Le Président
(M. Bachand) : Merci... Merci beaucoup. M. le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre
Plamondon : Je... On va clore là-dessus. Je comprends que la réponse
n'était pas positive, puisqu'on n'a pas eu d'annonce en ce sens-là, ou quoi que
ce soit, mais je réitère l'importance de réclamer les... (Panne de son) ...il s'agit du programme de la
CAQ, et programme qui n'est toujours pas réalisé, et qu'il y a eu, de l'aveu
même de la première ministre, des enjeux, des impacts importants sur le
logement, notamment, mais sur plusieurs autres aspects de notre société.
Sur l'entente Churchill Falls, ce qui s'est passé
la semaine dernière avec Terre-Neuve est très grave. Au mépris de sa
signature, la province souhaite revoir les conditions de l'entente Churchill
Falls qui a été conclue en 2024. Je rappelle que la CAQ est arrivée dans cette
négociation-là en position de faiblesse, parce qu'elle disait notamment que le
Québec avait une dette morale, qu'on devait quelque chose à Terre-Neuve, ce qui
était complètement faux, mais surtout une posture très faible sur le plan de
la... du départ de la négociation. On a aussi omis de mentionner que le
gouvernement du Québec n'a jamais reconnu la dépossession du Labrador, et ça,
c'était un manquement par rapport à une longue tradition au Québec. Donc, on
est partis avec une entente qui était déjà faible, car on donnait quand même
beaucoup au nom d'une dette qu'à mon avis on n'a pas, mais là Terre-Neuve veut
qu'on en donne encore plus.
Donc, après que
Terre-Neuve a signalé vouloir rouvrir l'entente et en vouloir plus, la première
réaction de la première ministre a été d'accepter de réouvrir les négociations,
ce qui place le Québec en position de faiblesse à nouveau. Terre-Neuve arrive
avec des demandes importantes. Ils en veulent plus sur les tarifs, la quantité
d'électricité qui est réservée, la durée, l'accès aux lignes. Donc, j'aimerais
savoir ce que la première ministre est prête à consentir, puisqu'elle accepte
de retourner à la table de négociation, alors qu'elle était elle-même ministre
au moment de la négociation de cette entente-là. Quelles nouvelles concessions
est-elle prête à faire dans le cadre de cette nouvelle négociation sur une
entente qui est déjà réglée et signée depuis un bail?
Le
Président (M. Bachand) : ...
• (16 h 30) •
Mme
Fréchette : M. le Président. Donc, bien, je l'ai... je l'ai mentionné
à plusieurs occasions, c'est important que l'équilibre qui a été établi dans le
cadre de l'entente qui a été signée en décembre, il y a un an, un an et demi,
puisse être respecté puis maintenu. Donc, s'il y a des discussions à y avoir
avec Terre-Neuve, eh bien, ce sera donnant-donnant. Et
ça, j'en ai fait part au premier ministre Wakeham dès novembre dernier, lors de
ma première rencontre avec lui, à savoir que, si eux souhaitaient modifier des
éléments de cette entente-là, qui est bénéfique pour le Québec, contrairement à
ce qu'en dit le Parti québécois, parce que ça vient assurer une sécurité
énergétique à fort prix... à prix fort compétitif pour... jusqu'en 2075, c'est
important, donc, que cet équilibre-là soit maintenu advenant que Terre-Neuve
veuille faire des demandes de modification.
M. St-Pierre Plamondon : Est-ce que
la première ministre peut clairement ici dire que le fédéral ne doit pas
intervenir dans la négociation avec Terre-Neuve?
Mme Fréchette : Bien, je l'ai
clairement dit déjà que c'est une entente qui a été signée entre Terre-Neuve et
puis le Québec et que ce soit... que ce sont ces deux mêmes acteurs-là qui
doivent modifier l'entente, si modification il
y a à y avoir, et que, si le fédéral veut avoir un rôle, eh bien, que ce serait
en périphérie, je dirais, de cette entente-là.
M. St-Pierre Plamondon : Donc, la
première ministre est d'accord avec une participation du fédéral dans ces
négociations-là?
Mme Fréchette : Non, pas dans les
négociations, non, je... comme je dis, en périphérie. En périphérie, ça ne veut pas dire autour de la table, ça ne veut pas
dire au coeur des négociations, ça veut dire quelque chose en aparté, à côté.
M. St-Pierre Plamondon : Alors,
juste pour les fins de ma compréhension, que signifie une implication, dans une
négociation, en périphérie?
Mme Fréchette : Bien, ce n'est pas
une implication dans les négociations. Soyons clairs.
M. St-Pierre Plamondon : Donc, ça
consiste à faire quoi à ce moment-là?
Mme Fréchette : Bien, ça consiste à
peut-être faire une offre de... comment dire, d'initiatives additionnelles,
mais qui sont en dehors de l'entente.
M. St-Pierre Plamondon : Je repose ma
question : Comment est-ce que... Si je vous demande, est-ce que le fédéral
doit être exclu de ces négociations-là ou inclus, comment pouvez-vous me
répondre que vous voulez...
Mme Fréchette : Le fédéral ne
négocie pas...
M.
St-Pierre Plamondon :
...vous voulez les inclure en périphérie? Quand on est inclus dans une
négociation en périphérie, on fait quoi? Juste, j'essaie de comprendre.
Mme Fréchette : J'ai... je l'ai...
j'aimerais ça que vous écoutiez. J'ai dit qu'ils ne seront pas inclus dans la
négociation, point.
M. St-Pierre Plamondon : OK. Donc,
avez-vous demandé au fédéral de ne pas se mêler de cette négociation-là?
Mme Fréchette : Bien, j'ai indiqué
au fédéral qu'on ne voulait pas qu'il soit à la table de négociation.
M. St-Pierre Plamondon : Et quelle
était leur réponse?
Mme Fréchette : Bien, ils n'ont
pas... ils n'ont pas tenté de me convaincre du contraire.
M. St-Pierre Plamondon : Hein? Ils
vous ont dit...
Mme Fréchette : Ils n'ont pas tenté
de s'inviter, ils n'ont pas tenté de s'immiscer dans la négociation.
M. St-Pierre Plamondon : Non, mais
est-ce qu'ils... ils se sont engagés à ne pas...
Mme Fréchette : Ils ont accepté ma
demande.
M. St-Pierre Plamondon : De ne pas
s'immiscer.
Mme Fréchette : Oui.
M. St-Pierre Plamondon : Ils ont...
ils ont accepté de ne pas s'impliquer dans cette négociation-là.
Mme Fréchette : Voilà.
M. St-Pierre Plamondon : Voilà. Sur le Fonds de développement économique,
hier, lors de la période de questions, vous avez parlé de la position
sur l'interventionnisme économique du Parti québécois. Vous avez dit qu'on ne
voulait pas prendre de risque pour créer des emplois. Permettez-moi de vous
citer : «Ça, il nous l'a annoncé de longue
date, en fait, qu'il fallait abolir le Fonds de développement économique, hein,
le... un outil essentiel pour développer notre économie, pour être
autonomes davantage sur le plan économique, souverains, même, on pourrait
dire.» Je ferme les guillemets. Donc, au
total, votre gouvernement a perdu 6,4 milliards de fonds publics, d'argent
des contribuables qui sont partis en fumée dans des projets de... mal
ficelés. On parle de pertes de presque 1 milliard de dollars par année,
sous la CAQ, avec ce fonds de développement, tout de l'argent dépensé au pif,
au pif de... du député de Terrebonne, à l'époque, au pif de la première
ministre lorsqu'elle était ministre de l'Économie.
Question trop simple,
pour commencer, est-ce que vous considérez que c'est le rôle du gouvernement de
choisir les grands gagnants du marché et de distribuer, de choisir à qui on
distribue des sommes colossales, en ne sachant pas si cet argent-là va
s'envoler en fumée?
Le
Président (M. Bachand) : Le bloc est maintenant terminé. Je
dois céder la parole au chef de l'opposition officielle pour
22 min 25 s, s'il vous plaît.
M.
Fortin : Merci. Merci, M. le Président. Bon, revenons sur
Churchill Falls. La première ministre nous dit, là : Bien, on avait une
entente qui était gagnant-gagnant. Alors, moi, je veux savoir...
M. Wakeham, il a été élu en octobre 2025 à titre de premier ministre, et,
pendant des mois auparavant, là, il trouvait discutables plusieurs pans de l'entente, remettait en question l'avantage pour
Terre-Neuve. Il avait pris l'engagement de resoumettre cette entente-là
à sa population. Donc, il avait des gros doutes, et il était très public à
propos de cet enjeu-là. Donc, quand il a été élu en octobre 2025, la première
ministre, elle était ministre de l'Énergie et donc elle a eu plusieurs
opportunités, là, de contacter
M. Wakeham, de lui parler, de lui faire part des avantages de cette
entente-là, d'en faire part à son gouvernement, au nouveau ministre
responsable des Ressources naturelles de Terre-Neuve. Moi, j'aimerais ça savoir
combien de conversations est-ce que la première ministre a eues avec le premier
ministre de Terre-Neuve, entre son élection en octobre 2025 et le dépôt du
rapport récemment.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci.
Bien, d'une part, j'ai été la première personne du gouvernement du Québec à
rencontrer M. Wakeham, parce qu'il s'est tenu à Terre-Neuve une
rencontre des gouverneurs du nord-est des États-Unis puis des premiers ministres de l'est du Canada en
novembre, et donc, à la mi-novembre, j'ai été en mission à Terre-Neuve,
et c'est là que j'ai passé, je vous dirais, deux jours avec M. Wakeham.
Donc, ça a été une rencontre consistante, je vous dirais, significative, et on
a notamment abordé la question de l'entente sur le plan énergétique. Et c'est
là que j'ai informé M. Wakeham, il me l'a rappelé, d'ailleurs, plusieurs
mois plus tard, quand on s'est reparlé, qu'il était conscient de ça, je lui ai
dit : S'il advenait que Terre-Neuve demande des modifications à l'entente,
c'est sûr que nous aussi, on a une liste de demandes de modifications qu'on va
mettre sur la table. Alors, est-ce que c'est quelque chose qu'il souhaitera
activer comme proposition, c'est... c'est ce qu'on attend de savoir.
M. Fortin : Bien, il le sait, là.
Mme Fréchette :
Il le sait, il le sait, effectivement.
M. Fortin : Il le sait. M. Wakeham, là, et le gouvernement de
Terre-Neuve a accueilli le rapport. Ils ont compris que Terre-Neuve n'en avait
peut-être pas pour son argent, selon eux, selon eux. Nous, on est ici pour
défendre le Québec. Lui est là pour défendre Terre-Neuve, ça lui appartient.
Mais, de toute évidence, il trouve que ce n'est
pas une entente qui est gagnante pour Terre-Neuve. Et là il y a trois
recommandations qui émanent de Terre-Neuve en ce moment, là. Moi,
j'aimerais savoir si la première ministre, elle est... elle considère ces
recommandations-là. La première recommandation, c'est de revoir la quantité
d'énergie que Terre-Neuve exporterait au Québec pour qu'ils puissent en garder
une partie plus importante. Alors, quand la première ministre nous dit : Bien,
si eux, ils veulent des concessions, il faut qu'ils nous en donnent, est-ce
qu'on est prêts à accepter cette concession-là?
Mme Fréchette :
Bien non, ce n'est pas... ce n'est pas comme ça qu'on va gérer ça, là.
C'est la globalité de la proposition qui va être analysée. Et là ce qu'on veut
savoir, c'est quelles sont les demandes de Terre-Neuve précisément, parce que
ça... Tu sais, revoir la quantité de mégawatts qui revient à Terre-Neuve, c'est
un... c'est une grande orientation, mais c'est combien de mégawatts dont on
parle? 1 000? 2 000? Davantage? On n'a pas le détail des demandes.
Donc, on veut avoir la précision sur ce que demande Terre-Neuve de modifier,
puis là, une fois qu'on aura ça, là, on verra à soumettre nos demandes à nous.
M. Fortin : OK. Mais il y a... il y en a trois, grandes demandes, là,
émises par le rapport : de revoir la quantité d'énergie que Terre-Neuve
garde, de faire passer son électricité par le réseau du Québec pour conclure
des contrats d'exportation directement et
toute la question de Gull Island, là, aussi, là. Est-ce qu'il y a... Est-ce
qu'il y a un de ces trois éléments-là
qui, pour le gouvernement du Québec, pour la première ministre... c'est une fin
de non-recevoir?
Mme Fréchette :
Bien, je vous dirais que de servir le marché américain, tu sais, sans
passer par le système... le réseau québécois, ça, pour moi, c'est une fin de
non-recevoir. Maintenant, le rapport, il énonce ses propositions, il énonce ses
recommandations. Est-ce qu'elles vont être portées à 100 % par
M. Wakeham, par le gouvernement de Terre-Neuve? Ça, ça reste à voir. Donc,
c'est au cours des prochains jours qu'on saura quelles sont exactement les
demandes portées par le gouvernement sur la base de ce qu'ils auront lu dans le
rapport.
M. Fortin : OK, mais la troisième, la troisième demande, là, c'est que
possiblement qu'Hydro-Québec ne soit même plus coactionnaire dans Gull Island.
Alors, ça, est-ce que c'est une fin de non-recevoir, ça aussi?
Mme Fréchette : Bien, ça, je ne
pense pas qu'il y ait d'avenir pour un retrait complet.
M. Fortin : OK. Alors, il y a deux des trois demandes formulées qui
semblent avoir une fin de non-recevoir. Très bien. Bien, moi, je veux vous
donner une opportunité aujourd'hui. Le gouvernement de Terre-Neuve doit savoir
que le Québec a un rapport de force en quelque part. Alors, moi, j'aimerais
savoir c'est quoi, notre plan B. C'est quoi, le plan B, si jamais on n'est pas
capables de s'entendre avec Terre-Neuve-et-Labrador, là? S'il y a un plan B
très clair qui est sur la table, ça envoie un signal à Terre-Neuve qu'ils ont
intérêt à négocier comme du monde.
Mme Fréchette : Bien, on le
sait, qu'on veut... pardon, développer les interconnexions. On a le fédéral qui
s'est avancé, là, il y a quelques jours, pour dire qu'il faudrait davantage
d'interconnexions est-ouest. À partir du moment où il y a de plus en plus
d'interconnexions, eh bien, c'est sûr que ça ouvre des possibilités pour le
Québec d'alimenter que ce soit l'Ontario ou les provinces maritimes. Et
nous-mêmes aussi pouvons nous approvisionner davantage de ces voisins-là avec
davantage d'interconnexions. Ça, c'est tous des plans alternatifs potentiels.
M. Fortin : Oui, mais les plans alternatifs, ce n'est pas pour vendre
notre énergie, c'est pour, entre autres, s'approvisionner, là...
Mme Fréchette : Ça, c'est pour
en acheter aussi. Interconnexion, c'est à la fois pour vendre ou pour acheter.
M. Fortin : Alors, s'approvisionner, entre autres, de l'Ontario et
d'autres provinces?
Mme Fréchette : Ça pourrait
être des alternatives.
• (16 h 40) •
M. Fortin : Est-ce qu'ils ont de la capacité suffisante pour pallier à
ce qu'on perdrait avec Terre-Neuve?
Mme Fréchette : À
voir, à voir, parce qu'ils ont des plans de développement également. Donc, à
voir où est-ce que ça va, vers où ça va évoluer, là.
M. Fortin : OK. Mais, quand vous avez dit en décembre que vous aviez un
plan B et même un plan C, mais que ça pourrait coûter plus cher, c'est ça, le
plan B?
Mme Fréchette : Bien, écoutez,
je ne vais pas négocier, là, sur la place publique l'ensemble de ce qu'on va
mettre sur la table, mais sachez...
M. Fortin : Non, mais je pense que c'est positif de vous donner cette
opportunité-là de dire à Terre-Neuve : Bien, on a un plan alternatif.
Mme Fréchette : Oui, mais c'est
ce que je vous dis, s'il y a plus d'interconnexions, on a davantage de
possibilités d'ouverture de marché avec nos voisins.
M. Fortin : Je me pose la question à savoir si c'est assez pour dire à
Terre-Neuve qu'il y a un plan B sérieux, mais je l'espère que c'est plus
développé que ce que la première ministre nous met de l'avant aujourd'hui.
Je veux lui parler de... Je veux lui parler du Conseil
des régions, qu'elle a créé lorsqu'elle a... lorsqu'elle a nommé son Conseil
des ministres. Là, déjà, là, au sein de la CAQ, il y avait les caucus... le
caucus, il y avait les caucus régionaux, il y a le Conseil des ministres, il y
avait des ministres responsables des régions, il y a des comités ministériels,
il y a des ministres, des députés qui émanent de certaines régions et qui
rapportent la réalité. La question que je me pose, c'est : Avec la
création d'un nouveau conseil des régions, là, combien de comités avec le même
monde est-ce qu'on a besoin pour faire valoir les besoins des régions?
Mme Fréchette : Bien, c'est des
nouvelles personnes qu'on mobilise, je veux dire, à 100 %, les gens qui
composent le Conseil des ministres... le Conseil des régions, pardon. Ce qui
est intéressant, c'est qu'ils ne sont pas nécessairement des ministres. Donc,
on vient associer un rôle à des députés pour porter des dossiers d'une région,
et ils le font avec l'assurance qu'il y ait un écho aussi au Conseil des
ministres. Certains d'entre eux sont membres du Conseil des ministres, mais pas
tous. Et moi, je trouve ça intéressant de mobiliser des députés pour la
responsabilité d'une région en particulier,
parce que ce sont des gens qui vont pouvoir s'investir à 100 %. Quand
c'est une responsabilité additionnelle, en plus de
leurs ministères, c'est sûr que ça limite le temps qui peut être investi dans
les dossiers régions, entre guillemets, alors que, quand ce sont des députés,
bien, pour moi, il y a plus de marge de manoeuvre et de temps qui puissent être
investis. Puis ça, c'est le bénéfice des régions.
M. Fortin : Mais moi, je vous soumets, M. le Président, vous êtes un
député en région comme moi, je vous soumets
que c'est déjà le travail des députés de région non seulement de ramener la
perspective de leurs circonscriptions, mais de ramener la perspective de
leurs régions. Alors, ça fait déjà partie de leur travail.
Mais là, ce que je veux savoir, par exemple,
c'est... Quand on a questionné le ministre délégué responsable des régions, là,
on a compris qu'il n'y avait pas de mandat écrit de votre part, il n'y avait
pas de portefeuille budgétaire, il n'y a pas de secrétariat, il n'y a pas de
procès-verbaux de ces rencontres-là, il n'y a pas d'encadrement du processus
décisionnel, il n'y a pas d'obligation de résultat, que les ministres
responsables des dossiers ne sont pas obligés
d'écouter ce que leur amène le Conseil des régions, dans le fond, qu'ils vont
envoyer une piste de suggestions au ministre. Alors, je vous avoue que
ça commence à ressembler à une opération de communication plus que d'autre
chose, là.
Mme Fréchette : Premièrement,
il y a des thèmes qui sont abordés, il y a des ordres du jour, il y a des
responsables régionaux qui soutiennent les élus qui composent le Conseil des
régions. Et maintenant, de manière statutaire, il y a, à chaque Conseil des
ministres, une discussion sur ce qui est ressorti des discussions du Conseil
des régions. Donc, il y a un canal de communication direct entre le Conseil des
ministres puis le Conseil des régions. Et voilà, donc, c'est quelque chose qui
est est en train de prendre forme, hein? Ça fait à peine un mois que ça existe,
mais déjà il y a un bel erre d'aller, là. Bien contente qu'on ait... qu'on ait
mis ça sur pied et qu'on puisse avoir l'écho des régions aussi.
M. Fortin :
OK. Mais, quand vous prenez des décisions, là, quand... Par exemple, là, une
des premières décisions que vous avez prises, c'était Maisonneuve-Rosemont,
hein, si je ne me trompe pas, vous avez rehaussé le budget disponible cette
année pour Maisonneuve-Rosemont. Je ne me trompe pas, c'était bien ça, vous
avez rehaussé le budget pour HMR. Alors, est-ce que vous avez consulté le
Conseil des régions à ce moment-là?
Mme Fréchette : Écoutez, c'est
dans les premiers jours, là. Je ne suis même pas sûre que le Conseil des
régions s'était déjà réuni au moment où on a fait l'annonce, là. Ça s'est mis
en place, comme je vous dis, au cours des derniers jours, donc ce n'est pas...
ce n'est pas assuré que HMR était consulté. Mais ce que je sais, c'est que
l'ensemble des gens du coin souhaitaient qu'il y ait un engagement de la part
du gouvernement, en lien, puis je pense notamment aux deux députés ministres de
l'est de Montréal... souhaitaient qu'il y ait un engagement de la part du
gouvernement en lien avec HMR. Mais il y a des discussions pour lesquelles on
prend soin de faire discuter le point au Conseil des régions avant d'en
discuter au Conseil des ministres. Et il y a un point, aujourd'hui même, qui
suivait cette séquence-là. Donc, c'est quelque chose qui nous permet d'avoir
l'écho du Conseil des régions puis des députés avant de se prononcer en Conseil
des ministres.
M. Fortin :
OK. Je vais prendre... pendant qu'on est sur HMR, là. Vous l'avez dit, là,
c'était une de vos premières décisions, et
corrigez-moi si j'ai tort sur les chiffres, là, mais il y avait déjà
400 millions d'accordés à HRM cette année dans le Plan québécois des
infrastructures, et vous avez choisi de faire passer ça à 700 millions.
Est-ce que je me trompe?
Mme Fréchette : Je ne suis pas
sûr qu'il y ait 400, je pense qu'il y avait 300.
M. Fortin :
Ah! C'est 300, et vous avez rajouté 400, pour un total de 700.
Mme Fréchette : On l'a relevé à
700.
M. Fortin :
J'ai inversé les chiffres, ça va. Mais il y avait 300 millions, vous avez
rajouté 400 millions pour arriver à
700 millions total cette année. C'est ça? OK. Le 400 millions, là,
cette année, vu que le budget au PQI, il n'a pas changé, là, il est venu
de quels projets?
Des voix : ...
Mme Fréchette : C'étaient des
mesures déjà prévues au PQI, le 400 millions additionnels. Donc, on a
fait... on a rassemblé l'ensemble des mesures qui étaient prévues en lien avec
HMR, et ça a totalisé 700 millions.
M. Fortin :
OK, mais le 400 millions additionnel...
Mme Fréchette : ...
M. Fortin :
Ce n'était pas énoncé. Donc, il y avait un 400 millions qui flottait, là, qui
pouvait être utilisé pour toutes sortes d'autres projets, mais qui était prévu
à l'intérieur du PQI?
Des voix : ...
Mme Fréchette : OK. C'est que
le 400 additionnel devait être annoncé sous peu. Donc, il a été finalement
annoncé en même temps que le 300 millions qui était déjà prévu.
M. Fortin :
Mais il y avait... OK. Dans le Plan québécois des infrastructures, il y avait
300 millions, là, d'inscrits, là, Hôpital Maisonneuve-Rosemont,
cette année. Là, ce que vous me dites, c'est qu'il y avait un 400 millions,
là...
Mme Fréchette : Qui s'en
venait.
M. Fortin :
...qui n'était pas inscrit pour aucun projet, là, qui était juste... faisait
partie du budget global du PQI, mais qui n'était pas inscrit pour HMR?
Mme Fréchette : On va vérifier,
là, s'il était dans l'enveloppe centrale.
M. Fortin :
C'était dans l'enveloppe centrale?
Mme Fréchette : On va vérifier.
On va vérifier de quelle manière c'était inscrit. Ce que je peux vous dire,
c'est que des investissements dans les infrastructures hospitalières, là, c'est
demandé de toute part. Et puis c'est important d'agir, puis on en a fait une
priorité, d'ailleurs, lors du dernier budget, là, non... notamment, bien, non
seulement dans HMR, mais également dans plusieurs projets de rénovation puis
d'agrandissement de centres hospitaliers. Et on va continuer de le faire au
cours des prochaines semaines parce que les besoins sont importants.
M. Fortin :
OK. Mais il y a combien d'argent, dans cette... dans ce budget-là, là, non
alloué à un projet ou un autre dans le PQI?
Des voix : ...
Mme Fréchette : OK. Donc, le 400 millions en question, il
était en provisionnement. Puis là, au fur et à mesure qu'on avance dans
le projet de réalisation, eh bien, là, on peut intégrer ces montants-là.
M. Fortin :
OK. C'était de l'argent qui était déjà prévu HMR?
Mme Fréchette : Provisionné.
M. Fortin :
Il était... Il y avait le 300 millions déjà annoncé, là, disons, là...
Mme Fréchette : Oui, c'est ça,
puis il y avait un 400 provisionné.
M. Fortin :
...puis il y avait 400 millions qui était déjà tagué ou qui était déjà
provisionné HMR.
Mme Fréchette : Oui.
M. Fortin :
OK. Mais ce n'est pas vraiment du nouvel argent, là, c'est de l'argent qui
était déjà là, qui était déjà dans le PQI puis qui était déjà prévu pour
Maisonneuve-Rosemont.
Mme Fréchette : Mais pour
lequel il n'y avait pas eu d'annonce, il n'y avait pas eu d'officialisation.
M. Fortin :
Non, je comprends, mais... OK.
Mme Fréchette : Donc là ça a
été officialisé avec l'annonce.
M. Fortin :
OK. Mais M. Legault, il vous avait laissé 700 millions pour HMR, là,
ce n'est pas vous, comme nouvelle première ministre, qui a dit : Je vais
mettre 700 millions dans HMR, j'ai une priorité, est de Montréal. Cet
argent-là, il était déjà tout prévu pour Maisonneuve-Rosemont par le précédent
premier ministre.
Mme Fréchette : ...pour
une série de projets. Puis là il y a des étapes à franchir avant qu'on puisse
les dégager, puis ces étapes-là avaient été franchies, donc on pouvait
aller de l'avant.
M. Fortin : OK. Bien, dans le fond,
vous avez juste annoncé de l'argent qui était déjà provisionné, vous êtes...
Ce n'est pas une... Ce n'est pas un choix que vous avez fait de dire : Je
vais prendre l'argent qui était déjà ailleurs puis je vais le mettre sur
Maisonneuve-Rosemont. C'est de l'argent qui été déjà provisionné pour...
Mme Fréchette : On a annoncé...
On a annoncé qu'on rendait disponible cet argent-là pour le HMR.
M. Fortin : OK. Mais dans le fond, là, il y avait... il y avait déjà, là, au moment
du départ de votre prédécesseur... il y avait déjà 700 millions
d'identifiés pour Maisonneuve-Rosemont. Vous en... Vous avez pu en faire
l'annonce publique...
Mme Fréchette :
Oui, puis on a accéléré la cadence, là, ce faisant, là. C'est sûr qu'on a
été rapides.
M. Fortin : C'est vrai, vous auriez pu faire l'annonce au mois de juin,
mais, d'accord, vous l'avez fait initialement. Mais, si je comprends bien, là,
vous ne pouvez pas dire aux Québécois, là : Il y avait 300 millions
pour Maisonneuve-Rosemont, il y en a maintenant 700 millions. Il y en
avait déjà 700 millions de provisionnés pour Maisonneuve-Rosemont.
Mme Fréchette :
Bien, il n'était pas possible de l'utiliser tant qu'on n'avait pas passé la
demande au Conseil des ministres, et là ça a été endossé, accepté par le
Conseil des ministres de dégager ce 400 millions là pour HMR.
M. Fortin : Mais il ne pouvait pas être utilisé, il était...
Mme Fréchette :
Il fallait que le Conseil des ministres autorise l'utilisation de ce
montant-là. Et c'est ce qu'on a fait, on l'a passé au Conseil des ministres et
donc on a pu faire l'annonce.
M. Fortin : OK. Il y avait la dernière étape, là, administrative, le
dernier point de décision, OK, mais c'était de l'argent qui était déjà à
Maisonneuve-Rosemont. D'accord.
Je veux juste voir,
avez-vous... avez-vous eu une réponse sur le 19 000 $ de forfait
cellulaire du ministère du Conseil exécutif? Parce qu'on a fait la...
honnêtement, là, on a fait la comparaison avec les autres ministères...
Mme Fréchette :
...le chiffre.
• (16 h 50) •
M. Fortin : OK. Mais qu'est-ce qui s'est passé? Parce qu'on a regardé
dans d'autres ministères. Le ministère de
l'Éducation, c'est zéro. Le ministère de l'Enseignement supérieur, c'est zéro.
L'OQLF, c'est 6,72 $ de dépassement. L'Environnement, c'est
611 $. Le ministère des Transports, 500 $. Vous êtes à
19 000 $. Et tantôt vous nous avez dit : Bien, il faut que ça
tende vers une réduction. C'est le contraire qui se passe, là, chez vous, là.
Alors, qu'est-ce qui s'est passé?
Mme Fréchette :
Est-ce que je pourrais passer la parole au secrétaire général?
Le
Président (M. Bachand) : ...s'il vous
plaît. Oui.
M. Bahan
(David) : Bien, c'est difficile de vous donner exactement qu'est-ce
qui s'est passé, mais le forfait, c'est un montant de base pour tout le monde,
puis en fonction des activités des différentes personnes, ça peut arriver qu'il
y ait des besoins de donner... pour le travail. Donc, c'est vraiment dans le
cadre du... dans le cadre du travail, là, que
ça s'est... ça s'est dépensé. Donc, c'est difficile de vous dire quelle
personne, pourquoi ils l'ont utilisé, exactement, mais c'est dans le
cadre normal des activités du ministère.
M. Fortin : Mais l'an passé, là, vous avez dépassé votre budget de
6 000 $, en termes d'excédents, là, de forfaits cellulaires, c'était
6 000 $. Cette année, c'est 19 000 $. Mme la première
ministre, quand vous nous dites : Il faut tendre vers zéro, on ne s'en va
pas dans la bonne direction.
Mme Fréchette :
Oui, il y a quelque chose à analyser là parce que, franchement, la hausse
m'apparaît trop importante. Donc, on va regarder les alternatives, parce que
19 000 $, c'est un chiffre trop élevé.
M. Fortin : Non, non, puis c'est en... ça n'a aucune commune mesure
avec ce qui se passe dans les autres ministères, là, alors il y a du ménage...
il y a du ménage à faire là-dedans, Mme la première ministre.
Mme Fréchette :
Oui, je suis bien d'accord.
M. Fortin : OK. Là, il nous reste quoi, trois, quatre minutes? Quatre
minutes. OK. Je pense qu'on a... Au fil de la journée, là, M. le Président, on
a établi qu'il se passe quelque chose qui est plutôt... qui est plutôt malsain,
disons, en termes de gestion des finances publiques, là. À chaque fois que moi
ou à chaque fois que mes collègues ont soulevé un enjeu, il semblait toujours y
avoir, en trame de fond, que ce soient des coûts absolument hors normes, que ce
soient des dépassements de coûts, que ce soient des montants qui ne font
simplement pas de bon sens en termes de dépenses publiques. Moi, je m'adresse à
vous, Mme la première ministre, là, est-ce que vous êtes satisfaite de la
gestion des finances publiques du gouvernement? Parce qu'enjeu, après enjeu,
après enjeu, c'était toujours la même chose, là, c'étaient dépassements de
coûts, c'étaient gaspillages. Est-ce que vous êtes satisfaite de la gestion des
finances publiques?
Mme Fréchette :
Bien, je vous dirais que, quand j'ai... je suis intervenue, en fait, sur
cette question-là ce matin-là, dans le cadre de la période des questions... Et
on est passés quand même à travers des épisodes pas faciles, si je repense à la
pandémie, à la guerre tarifaire dans laquelle on est plongés, également la
guerre en Ukraine, la guerre en Iran qui a un impact sur des produits qu'on
consomme quotidiennement. Et que, malgré tout, on ait réussi à réduire de
4 % l'endettement du Québec, ça, pour moi, quand même, c'est un signe très
positif. Parce que ça aurait pu mal tourner, au niveau de l'endettement. La
pandémie, particulièrement, là, ça a créé des besoins énormes, et Dieu sait
qu'on a ouvert les dépenses parce qu'il fallait répondre à l'urgence. Et ce qui
a suivi, ce n'étaient pas des épisodes faciles non plus. Et que, néanmoins, on
réussisse à réduire de 4 % l'endettement des Québécois, qu'on réussisse à
augmenter le pouvoir d'achat des Québécois aussi, je pense que, comme
gouvernement, on peut en être... en être fiers. Alors, ça, pour moi... ça, ça
me...
M. Fortin :
Je pense qu'on...
Le Président (M.
Bachand) : ...1 min 40 s, s'il vous plaît.
M. Fortin :
1 min 40 s. J'aimerais ça... J'aimerais ça l'utiliser pour tant
m'adresser à vous, m'adresser aux gens du gouvernement, mais m'adresser
aux contribuables aussi, là. Aujourd'hui, on a entendu
468 millions de dollars pour une seule école secondaire. On a entendu
que ça a coûté 800 000 $ la porte pour des maisons des aînés, alors
que Santé Québec nous dit que ça aurait dû être 40 % de moins. On a
entendu parler d'investissements dans des entreprises, mal avisés, un
par-dessus l'autre. On vient de terminer une discussion sur 19 000 $
de frais excédentaires aux forfaits cellulaires. On a entendu parler de frais d'avocats
de 220 000 $ pour défendre Pierre Fitzgibbon parce qu'il refusait de
s'excuser. On a parlé de réductions d'impôt mal ciblées. On a parlé d'une suite
d'enjeux comme c'est là... comme ceux-là, avec une première ministre qui, en
tout respect, était incapable de dire le montant de la dette du Québec. Pas mal
tous les ménages au Québec, j'espère, connaissent le montant de leur dette
familiale personnelle. Mais, quand on additionne des dossiers comme ça, là, des
dépenses hors de contrôle, des gaspillages, bien, c'est comme ça qu'on
construit une dette hors de contrôle, c'est comme ça que ça mène à une décote.
Alors, moi, je vous soumets, M. le Président, en
terminant, que la CAQ, elle a perdu le sens de la valeur de l'argent, et ça,
les Québécois ne l'oublieront pas.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée d'Iberville, la parole est
à vous pour un bloc de 18 min 18 s.
Mme Bogemans : Merci beaucoup,
M. le Président. Je voulais commencer, en préambule, en parlant de ce qu'on
fait à tous les jours, vous et moi, comme députés, M. le Président, parce que
l'essentiel de ce qu'on fait, c'est d'aller à la rencontre des gens de chez
nous, les gens qui sont sur le terrain, pour être témoins de leurs réalités,
comprendre leurs enjeux, puis être capables de saisir c'est quoi, la vraie
priorité, puis après ça revenir ici, à l'Assemblée nationale, puis arrimer ces
besoins-là avec les projets de loi, les projets de règlement qui sont en
développement, puis être capables aussi de rêver à l'avenir de nos enfants puis
à l'avenir de ces mêmes citoyens là.
Puis ça, c'est comme ça, en fait... en fait,
pour moi, c'est pour ça que j'ai été élue, puis c'est comme ça qu'on est
capables de poser les actions qui sont vraiment attendues par les gens de chez nous,
les coups qui portent, comme je disais dans mon ancien métier, des gestes qui
sont en ligne avec les vrais besoins des gens de chez nous. Puis, dans mon cas,
bien, c'est du monde d'Iberville.
Puis, avec tout ce qui se passe en ce moment
dans l'actualité mondiale, on doit faire plus pour soulager les Québécois qui
sont frappés par la hausse des coûts, par exemple, en épicerie, puis les
producteurs agricoles n'ont rien à voir avec ça, des coûts de l'essence, les
coûts du logement. Le coût de la vie, c'est la première préoccupation des gens sur le terrain. Quand on sort dans les
regroupements, quand on va voir près des CPE, les conseils d'établissement, d'écoles,
la cantine, les diverses réunions sociales qu'on a, c'est ce qui en ressort.
Puis on y répond activement, puis particulièrement depuis les 40 derniers
jours, avec des mesures, entre autres, comme le remboursement d'une partie de
la taxe de bienvenue pour les acheteurs.
Moi, il y a un Charles-Antoine qui est venu me
voir au bureau de comté puis qui m'expliquait qu'il est resté, lui aussi, un an
plus longtemps chez ses parents pour être capable d'amasser le capital des
frais afférents à un achat de condo, par exemple, puis qu'un remboursement de
la taxe de bienvenue, c'était colossal dans sa décision de poser un achat puis
d'aller de l'avant cette année, maintenant. Ce n'est pas déconnecté de la
réalité, parce que, dans ma circonscription, 72 % de la population est
propriétaire. Puis la mesure, on parle de premier acheteur, c'est tout de même
38 000 Québécois à la grandeur du Québec.
L'accélération de la conversion des places en
garderie, on parle de 500 nouvelles places converties à contribution
réduite, dont 500 nouvelles places en CPE, bien, c'est des chiffres qui
s'ajoutent aux grands efforts déployés par notre gouvernement. C'est une
croissance, de 2016 à 2026, approximativement de 25 % des nouvelles places
en CPE. 25 % de nouvelles places en CPE pour des nouveaux parents, ça fait
une grande différence puis ça fait aussi la différence entre désirer un
deuxième, un troisième enfant ou attendre plus tard.
D'un bout à
l'autre de ma circonscription, c'est au-dessus de 400 places, je pourrais
dire facilement 450 places qui ont été ouvertes ou converties.
Puis, quand je parle avec les parents ou les comités de parents qui sont
représentés par les groupes de garderies ou de CPE, bien, c'est clair que ça a
un impact sur le budget familial à la fin du mois. C'est clair que ça a un
impact, quand ils ont ces places-là, sur leur budget à la fin de l'année. Puis,
pour moi, une progression de 25 %, ce n'est pas rien, en 10 ans.
Ensuite, on a la
détaxation des nouveaux produits de consommation alimentaires, d'hygiène de
base. On vient, entre autres, valoriser une saine alimentation accessible, par
exemple, pour les fruits et légumes prêts à servir, parce qu'on veut... on sait
que les gens sont pressés, puis ils puissent manger plus sainement.
Il y a le remboursement du coût carbone pour les
agriculteurs. J'étais présente lorsque Mme la première ministre a fait l'annonce,
puis c'était clair que c'était une réponse qui était attendue de la part du
secteur pour être capable d'être plus compétitif dans le marché nord-américain
dans lequel les producteurs évoluent en ce moment.
Puis, le remboursement des frais SPEDE, qu'on
dit, dans le milieu — SPEDE
est une abréviation pour le Système de plafonnement et d'échange de droits
d'émission de GES — ce
qu'on s'engage à faire, c'est que, pour tous les producteurs qui sont inscrits
aux AGRI puis qu'on voit qu'au bout de l'année leurs dépenses associées à ce
poste-là est de plus de 100 $ par année financière, ils vont avoir un
remboursement automatique sans faire de demande, de paperasse. Non seulement on
a entendu leurs demandes pour la reconnaissance du remboursement du coût du
carbone, mais en plus on reconnaît que la paperasse est élevée puis on pose un
geste dans leur sens pour ne pas augmenter la tâche pour aller vers ce
remboursement-là.
• (17 heures) •
La réduction des droits d'immatriculation, c'est
50 $ appliqué automatiquement pour... 4,9 millions de véhicules,
pardon, qui va être applicable au 1er septembre 2026 pour tous les
renouvellements d'immatriculation pour les véhicules à essence, hybrides,
hybrides rechargeables, diesels.
Ensuite, on a le versement spécial pour
l'énergie puis l'épicerie aux personnes qui bénéficient du crédit d'impôt pour
la solidarité. Puis c'est encore un système équivalent, sans paperasse, parce
que ça cible les personnes puis les familles qui sont déjà touchées puis déjà
rejointes par le crédit d'impôt pour la solidarité, automatiquement, jusqu'à
une valeur de 200 $, dès le 4 juin. On parle de 3,5 millions à
des personnes, dont 295 familles avec enfants.
Ça, ça
s'ajoute au crédit d'impôt qui soutient les aînés, qui est passé de 200 $
à 2 000 $ dernièrement. Puis en plus, pour les 70 ans et
plus... Bien, en fait, ça, c'est pour les 70 ans et plus à revenus
modestes. Et en plus on accompagne 500 000 aînés de plus de
65 ans et plus qui travaillent puis qui font le choix ou qui peuvent faire
le choix de ne plus contribuer au RRQ, donc,
au Régime des rentes du Québec, pour qu'il en reste plus dans leurs poches à la
fin de la journée.
Dans le contexte actuel, la flambée des prix de
l'essence puis tout ce que je viens de parler, c'est plus important que jamais
que nous, comme gouvernement, on soit capables d'aider les Québécois. 93 %
des citoyens d'Iberville utilisent encore l'auto pour aller travailler à tous
les jours, puis l'impact de la hausse du baril du pétrole, actuellement, bien,
il est direct sur le budget des familles. Ça fait que, si on fait
l'accumulation de toutes les mesures dont je viens de parler, je pense que ça
fait vraiment une différence pour le monde de chez nous, M. le Président.
L'opposition, elle critique, mais ultimement ils
vont devoir dire aux Québécois quelles des mesures présentées... en fait, ils
ne nous rejoignent pas ou avec lesquelles ils sont en désaccord, quelles
mesures d'aide aux Québécois ils veulent abolir. Quand un travailleur est
incertain face à la stabilité de son revenu, malgré un taux de chômage local,
en Montérégie, de moins de 5,9 %, quand les familles, les aînés serrent la
ceinture, est-ce que c'est vraiment le temps de dire au gouvernement qu'il faut
en faire moins pour les Québécois? Aider les Québécois à boucler la fin du
mois, est-ce que c'est vraiment considéré comme trop dépenser au Québec?
Si on avait écouté les oppositions, on n'en
aurait pas remis une cenne, de l'argent dans la poche des Québécois. Puis la
CAQ, c'est le seul parti qui a fait du coût de la vie sa première priorité, les
seuls qui ont veillé aussi à équilibrer le budget sans austérité puis qui a
réussi, du même coup, à augmenter le revenu disponible par habitant de
10 %, par rapport à 6 % ou 6,6 % dans les autres provinces.
Puis, en plus, bien, on reconnaît les besoins régionaux.
Puis, quand on dit que c'est déjà le travail des
députés de représenter ce qui se passe dans les régions, bien, quand on met sur
pied un conseil des régions puis qu'on ouvre des nouvelles voies de
communication, des nouvelles façons de travailler ensemble, d'échanger sur nos
réalités, puis d'être capables de faire cheminer nos dossiers pus nos réalités
de façon différente et originale, puis on déploie des nouvelles manières de
fonctionnement, moi, je vois en ça une croissance de l'efficacité de la
représentation qu'on a envers les gens chez nous.
Donc, notre choix est clair comme gouvernement,
c'est d'aider les Québécois, les familles, les aînés, qui sont particulièrement
touchés, les travailleurs, qu'ils soient de métier ou de professionnels, puis
nos jeunes, qui bâtissent leur avenir, mais aussi notre avenir.
M. le Président, combien est-ce qu'il reste de
temps?
Le Président (M.
Bachand) : 9 min 50 s.
Mme Bogemans : Merci. Par ailleurs,
on salue l'intérêt de QS envers la hausse du coût de la vie parce qu'ils ont
fait des propositions pour réduire le fardeau des familles. Puis je pense que
c'est bienvenu. Puis, quand il s'agit d'aider les Québécois, on est toujours au
rendez-vous. Mais notre priorité, ce n'est pas d'augmenter les impôts des Québécois pour être capables de le faire. Notre
priorité, c'est d'alléger le fardeau de la classe moyenne puis d'augmenter
leur pouvoir d'achat. Je rappelle que QS s'est opposé aux baisses d'impôt de la
classe moyenne, à baisser les taxes scolaires, à la hausse des allocations
familiales, aux 2 000 $, que j'ai parlé précédemment, aux aînés,
ainsi de suite. Rappelons aussi que QS, c'est le parti qui, en 2022, voulait
créer des impôts sur les actifs personnels, les actifs, entre autres, les
revenus agricoles qui étaient personnels puis les héritages de la classe moyenne.
Nous, au gouvernement, on n'ira jamais là.
Par ailleurs, on se préoccupe du coût de la vie
depuis longtemps. Depuis 2018, on a multiplié les mesures pour remettre de
l'argent dans les poches. Cette année seulement, on parle de 7 milliards
de plus dans les poches des gens de chez nous, entre
autres par les baisses d'impôt qui représentent 1,8 milliard, la hausse du
soutien aux aînés de 1,76 milliard, la hausse des allocations familiales
de 821 millions, la baisse de taxe scolaire de 1,15 milliard, l'annulation
de la taxe famille libérale de 210 millions, la hausse du crédit d'impôt
pour les frais de garde d'enfants de
222 millions, la baisse des tarifs de stationnement dans les hôpitaux et
les CHSLD de 160 millions — puis
ça, M. le Président, je m'en fais parler sur le terrain, parce que,
quand on a un proche qui est à l'hôpital ou qui est en besoin, d'être capables
d'aller le voir sans avoir une pression sur notre portefeuille, c'est la
moindre des choses — la
hausse du crédit d'impôt pour les proches aidants de 119 millions, qui est
un combat d'ailleurs de notre députée en Montérégie, hausse du crédit d'impôt
pour le maintien à domicile des aînés de 172 millions, remboursement de l'achat de lunettes ou de lentilles pour les
enfants, de 41 millions, pour qu'ils puissent bien réussir entre autres à
l'école, la hausse du soutien aux enfants handicapés, 156 millions,
la hausse de l'exemption des pensions alimentaires pour les enfants, de
43 millions, l'aide financière aux études, de 280 millions. Puis
j'ajouterais à ça une cause qui me tient à coeur, un soutien accentué aux clubs
des petits déjeuners, qui ont été capables d'ouvrir des nouvelles succursales
dans deux établissements scolaires primaires défavorisés dans ma
circonscription. Ça fait des centaines d'enfants de plus qui sont capables de déjeuner, toutes catégories confondues, pour
être capables de mieux apprendre, à Saint-Sébastien et à Henryville, entre
autres.
Pour que les Québécois aient plus dans leurs
poches, on doit créer de la richesse, M. le Président. Les Québécois ont
bénéficié de la plus forte hausse de pouvoir d'achat, revenu disponible réel
par habitant, là, j'entends par là. Parmi les provinces canadiennes, de 2018 à
2025, je l'ai dit tantôt, on parle de 10,1 % au Québec contre 6,6 % dans le reste du Canada. Il y a très peu de
gouvernements qui ont réussi à faire ça dans l'histoire du Québec, M. le
Président.
Donc, M. le Président, ma question pour la
première ministre est la suivante : Pour vous, pourquoi est-ce que notre
gouvernement considère que le coût de la vie doit demeurer la priorité
économique au Québec?
Puis je vous inviterais également, Mme la
première ministre, à expliquer aux aînés, aux familles, aux travailleurs, aux
PME, aux agriculteurs comment les mesures présentées ont été réfléchies à la
base, puis pourquoi donner plus de prévisibilité puis plus de confiance en
l'avenir pour notre population, dans le contexte d'incertitude qu'on traverse,
est particulièrement important.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la première ministre, s'il vous plaît.
Mme Fréchette : Au niveau du temps,
ça ressemble à quoi?
Le Président (M.
Bachand) : Six minutes.
Mme Fréchette : Six minutes.
J'aimerais partager ce temps avec la députée d'Iberville, mais je pourrais vous
dire que ces actions-là, ces initiatives-là ont été réfléchies en collaboration
avec les députés, d'une part, puis également avec les groupes concernés par nos
initiatives.
Puis j'aimerais reprendre, en fait, une
initiative que la députée d'Iberville a organisée avec les agriculteurs de la
Montérégie. Ça a été très éclairant pour moi. Parce qu'on s'est rencontrés, et
j'ai vraiment capté le pouls des demandes, le pouls de la situation pour les
agriculteurs de la Montérégie, qui ne l'ont pas facile, on le sait, d'une part
à cause des changements climatiques, qui amènent toutes sortes de changements
et de pressions aussi sur les agriculteurs. Parce qu'il y a des phénomènes
météorologiques très soudains qui peuvent survenir puis saccager des récoltes
en quelques minutes. Je l'ai vu dans mon comté, d'ailleurs. En l'espace de cinq
minutes, parfois, le travail de plusieurs mois disparaît. Et donc, ça, les
changements climatiques, ça amène une grande pression au niveau des agriculteurs. Puis ce qu'on sait, c'est que, bien,
ce qu'on appelle communément la taxe carbone, le SPEDE, ça vient... ça venait
créer une inégalité. Donc, la compétitivité des agriculteurs québécois n'était
pas assumée... assurée parce que les
autres provinces n'avaient pas cette ponction-là au niveau de leurs frais de
fonctionnement. Donc, en remboursant la taxe carbone, et de manière
permanente, on vient niveler, on vient rehausser la compétitivité des
agriculteurs. Et ça, ça me... ça me rend très fière parce qu'on va pouvoir
avoir davantage d'autonomie alimentaire au Québec.
Mais ce n'est
pas juste avec cette mesure-là qu'on va pouvoir... on va pouvoir l'atteindre,
cet objectif-là. Il va devoir... On
va devoir aussi, avec nos institutions, les hôpitaux, les écoles, le gouvernement,
ce qui relève du gouvernement... on
va rehausser l'approvisionnement auprès des agriculteurs québécois. Et, là
encore, je vais travailler en collaboration avec la députée d'Iberville
pour s'assurer qu'on atteigne cet objectif-là.
Au niveau des
contrats d'approvisionnement, au gouvernement du Québec, on était à 47 %
en approvisionnement auprès d'entreprises québécoises. Moi, je veux que
dans le cadre d'un prochain mandat, on rehausse ça à 60 %. Puis c'est sûr
que les agriculteurs doivent être mis à contribution, parce que non seulement
ça va permettre de développer l'économie du Québec, mais également faire
découvrir le terroir québécois, les produits québécois. Bien souvent, on
sous-estime le potentiel puis l'intérêt que suscitent ces produits-là. Alors,
ça va être tout un renouveau qui va s'opérer dans les écoles, dans les
hôpitaux. Puis je pense que ça va être des denrées saines, alors ça va
contribuer à la bonne santé des Québécois. On est moins dans les produits
transformés, hein, quand on travaille avec les agriculteurs eux-mêmes. Donc,
c'est du vrai, on goûte du vrai, et ça, ça va être un plus pour les Québécois.
• (17 h 10) •
Donc, je voudrais remercier la députée pour son
travail, son engagement, parce que c'est très, comment dire, productif, mais,
en même temps, c'est très valorisant de travailler avec elle parce qu'elle nous
contacte... elle nous met en contact, elle nous connecte, en fait, sur le
réseau des agriculteurs, et ils ont beaucoup à offrir. Et merci d'être comme ça, l'intermédiaire. Elle est agricultrice
elle-même, hein, il ne faut pas l'oublier, donc elle sait très bien ce dont il est question. Et cette connexion-là avec les
agriculteurs, je pense, c'est un grand plus. Et j'ai vu à quel point ça avait
été bien reçu, nos mesures.
Et on va continuer à cheminer pour être en
convergence puis aller capter tout ce qu'on peut capter du milieu agricole et
des produits puis du terroir québécois. Donc, beaucoup à offrir encore et à
développer, je dirais, de ce côté-là. Puis j'aimerais d'ailleurs qu'on mette
une attention particulière sur le tourisme... agrotourisme, parce que de ce
côté-là encore, on a... je pense qu'il y a des initiatives qui devraient être
mises en place pour qu'on rehausse ce qu'on peut tirer comme bénéfices, à la
fois comme touristes... Tout comme pour le milieu agricole, en agrotourisme, je
pense qu'il y a un beau potentiel. Ce n'est pas un créneau qu'on avait eu
l'habitude de, je dirais... d'utiliser ou, en tout cas, de mettre en valeur, et
je pense qu'il y a beaucoup à développer de ce côté-là. Puis on voit les
Québécois, les Canadiens qui veulent de plus en plus voyager au Québec et
rester au Canada, particulièrement dans le cadre de la guerre tarifaire, donc,
ça, c'est une forme de tourisme qui mérite d'être développée. Et j'aimerais ça
qu'on réfléchisse à ça, moi et la députée d'Iberville, pour la suite des
choses. Donc, j'aimerais ça qu'elle me... qu'elle me partage son... en fait, sa
lecture... Bien, je ne sais pas combien de temps il nous reste, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Pas grand-chose.
Mme Fréchette : Pas grand-chose. Ah!
désolée. Donc, bien, merci à nouveau à tous les députés. Merci aux équipes qui
ont contribué à cette étude des crédits. Merci au député de Pontiac également et
à ses... aux équipes également du Parti libéral. Merci de votre présence. Merci
au président pour avoir mené nos échanges. Très apprécié. C'est un travail de
longue haleine, l'étude des crédits, alors c'est l'aboutissement de plusieurs
mois et semaines d'efforts, donc un immense merci à vous tous.
Adoption des crédits
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Cela dit, le temps alloué à l'étude
du volet Conseil exécutif des crédits budgétaires du portefeuille Conseil
exécutif étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à leur mise aux
voix.
Le programme 1, intitulé Cabinet du
lieutenant-gouverneur, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : ...sur division.
Le
programme 2, intitulé Services de soutien auprès du premier ministre, de
la première ministre et du Conseil exécutif, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté sur division.
Et finalement l'ensemble des crédits budgétaires
du portefeuille Conseil exécutif pour l'exercice financier 2026-2027
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au jeudi 28 mai 2026, à 11 h 15, où
elle va entreprendre l'étude du volet
Relations avec les Québécois d'expression anglaise des crédits budgétaires du
portefeuille Relations internationales et Francophonie. Merci beaucoup.
Et bon match!
(Fin de la séance 17 h 14)