(Onze heures trente-neuf minutes)
Le Président (M. Bachand) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour, tout le monde. Bonne journée. Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude du volet Relations avec les Québécois
d'expression anglaise des crédits
budgétaires du portefeuille Relations internationales et Francophonie pour
l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de
1 h 45 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, on va débuter. Y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Morin (Acadie) est remplacé par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); et Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Boissonneault
(Arthabaska).
Relations avec les
Québécois d'expression anglaise
Discussion générale
Le Président (M.
Bachand) : Donc, il me fait plaisir de
céder la parole à la députée de D'Arcy-McGee pour un premier bloc de
17 min 15 s. Mme la députée, s'il vous plaît.
• (11 h 40) •
Mme Prass : Merci,
M. le Président. Donc, je voudrais... je ne veux pas prendre beaucoup de temps
pour mon préambule, parce qu'on n'a pas... déjà pas beaucoup de temps
pour passer à travers un dossier quand même assez important. Je voudrais
commencer par remercier les équipes, mais aussi faire mention du fait que la
communauté anglophone n'a jamais été aussi... n'a jamais parlé autant français
qu'ils parlent aujourd'hui. On reconnaît que la grande majorité, 95 %, des
écoles anglophones sont offerts en immersion français, et je pense qu'on est
pas mal tous d'accord que pour les gens
qui... qui n'ont pas quitté, qui sont restés au Québec suite aux référendums de
1980 et 1995, tout le monde a compris qu'on voulait faire partie de la
solution quand vient protéger la langue française et parler le français, parce
qu'on comprend que le Québec est unique dans cette façon-là. Et donc tout le
monde qui est resté, de la communauté
anglophone, veut être... veut faire partie de la solution plutôt qu'un
gouvernement qui les perçoit comme un problème.
Donc, le
premier enjeu dont je voudrais aborder, c'est la question du chômage de la
communauté anglophone. Donc, le ministre est bien familier avec la Table
ronde provinciale sur l'emploi qui, en mars dernier, a publié un nouveau
rapport. Et je voudrais juste amener le titre, parce que, it's called Need
to know, Want to know, but for the Minister
and for the Government, I would maybe put a question mark at «want to know»,
parce que ça fait plusieurs années que le gouvernement est au courant,
et même le ministre a pris acte du question du chômage pour la communauté
anglophone au Québec, mais peu d'actions ont suivi.
Donc, dans un
article qui est sorti après l'émission de la publication, on fait part qu'il y
a 1,5 milliard de dollars qui
sont perdus à chaque année, au Québec, parce qu'on ne met pas à profit la
communauté anglophone en termes d'emploi. On voit que le taux de
chômage, pour la communauté anglophone, est de 9 %, contre 5 % pour
la communauté francophone, et que la communauté anglophone, en moyenne, gagne
moins de 12 % que ceux de... que les membres de la communauté francophone,
même après avoir tenu compte de l'âge, du niveau d'éducation et lieu de
résidence. Les taux de pauvreté sont plus
élevés parmi la communauté anglophone. Le salaire médian est environ
5 600 $ de moins par année pour les membres de la communauté
anglophone. Au Québec, on dépend énormément de l'immigration, justement, pour
répondre aux enjeux de pénurie de main-d'oeuvre. Mais on a une population qui
est ici, que, si on les outillait, pourrait justement participer à cette
réalité-là.
Et je voudrais citer le ministre qui, en 2001, était
justement... excusez-moi, je vais trouver. Voilà, en 2001, le ministre était
présent, justement, à un des événements de la table ronde, et je voudrais le
citer : «Despite the current context of
widespread labour shortages, recent studies show the English-speaking
communities in Québec have higher unemployment
rates and often lower incomes than the provincial average. As we plan for the post-pandemic
economic recovery, I am confidentthat the
deployment of this employability strategy will allow thousands of
English-speaking Quebeckers to participate more fully in the growth of the
Québec economy, whether by developing their ability to speak and write French
or by having better access to various resources to enter the job market.»
Donc, ma première question au ministre, qui a
prononcé ces mots en 2021 : Qu'est-ce que votre gouvernement a fait
depuis pour soutenir la communauté anglophone en matière d'emploi? Parce que
nous, ce qu'on entend de la part de la table
et d'autres membres, c'est qu'il y a très peu d'attention qui est... très peu
d'attention et très peu de moyens, très peu d'outils qui sont à la
disposition de la communauté anglophone pour, justement, acquérir un niveau de français qui leur permettrait d'intégrer le réseau du
marché et d'avoir accès à un soutien qui répond à leur réalité. Donc, je pose la question au ministre : Depuis la citation
que j'ai lue, en 2021, qu'est-ce que son gouvernement a fait
concrètement pour faire avancer l'enjeu de l'emploi auprès de la communauté
anglophone?
M. Skeete : Bien,
permettez-moi à mon tour, M. le Président, de vous saluer, de saluer les
membres, qui nous entourent, de la commission. Merci, collègues, d'être
ici et, aussi, les gens qui nous écoutent pour un sujet qui est... bien, je
dirais, assez important, parce que le dossier des Québécois d'expression
anglaise est un dossier qui est complexe,
qui est important. Et puis, bien, la réalité, c'est qu'un Québécois
d'expression anglaise doit vivre pleinement son expérience citoyenne, et ça inclut avoir accès aux mêmes emplois que
n'importe quel Québécois pourrait s'attendre à recevoir.
Et d'ailleurs, tu sais, on parle de
sous-financement, on parle de pas d'argent, M. le Président, je suis obligé de rappeler
à la collègue du Parti libéral que, quand on a pris possession du dossier,
que... du secrétariat des Québécois d'expression anglaise, en 2018, lorsqu'on a
été élus, le budget était à 1,9 million et, depuis, le budget est rendu à
14,6 millions. Donc, c'est plus que fois 10, l'augmentation de
budget, justement, pour nous permettre d'agir sur les écarts qui peuvent exister dans la communauté anglaise. Des écarts, bien,
malheureusement, il faut le constater, il y en a. Il y a des problèmes
d'accès à la santé. C'est pour ça qu'on agit sur ces... sur ce champ-là. Il y a
des enjeux d'accès à l'emploi, et c'est pour ça qu'on agit sur ces enjeux-là.
Donc, pour répondre à
la collègue, qu'est-ce qu'on a fait, bien, on a continué à financer, entre
autres, PERT, le rapport qu'elle a produit... ici, comme preuve ou comme
démonstration des enjeux. Mais avant on ne les avait pas, ces données-là, parce
que le gouvernement du Québec ne finançait pas ces entités-là, et aujourd'hui
on les finance justement pour permettre
d'avoir un éclaircissage sur la manière dont les Québécois d'expression
anglaise se comportent dans l'économie en général.
Et la deuxième chose
qu'on a fait, bien, on travaille aussi sur la francisation, M. le Président.
Vous savez, à beaucoup d'égards... à
beaucoup d'égards, les Québécois d'expression anglaise ont des défis par
rapport à la maîtrise de la langue,
qui aussi les garde loin de l'emploi. Et on agit pour davantage les franciser,
davantage créer un environnement francophone, M. le Président, parce
que, vous l'oubliez, dans la loi n° 96, on a donné un
nouveau droit aux Québécois d'expression anglaise, le droit d'être enseigné en
français et aussi de recevoir des formations en français. Et ça, c'est
justement pour leur permettre d'avoir plus de succès à l'intérieur du Québec
puis de pouvoir travailler et bien gagner leur vie.
Alors, oui, il y a
une occasion devant nous, une pénurie d'emploi qui fait en sorte qu'il faut
agir justement pour essayer d'insérer les Québécois d'expression anglaise,
souvent loin de l'économie, à l'intérieur de l'écosystème économique du Québec.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la députée, s'il vous
plaît.
Mme Prass :
Merci. Merci, M. le Président. Justement, la stratégie à laquelle j'ai fait
référence, pour lequel vous avez eu votre citation, le financement a arrêté le
31 mars pour ce programme-là, de la part du secrétariat. Ça représente, si
je ne me trompe pas, 1,25 million. Mais vous parlez justement que des stratégies,
des moyens comme ça sont les bonnes pour aller de l'avant. Donc, pourquoi
est-ce que votre gouvernement a pris la décision, justement, de couper ce
programme qui, justement, aidait cette communauté à intégrer un emploi?
Vous
parlez également des cours de français. Premièrement, c'est mon collègue de Jacques-Cartier qui avait déposé un projet de loi, justement, pour qu'il y ait
des cours de français qui soient offerts gratuitement à la communauté
anglophone. Et ce qu'on entend sur le terrain, et on le lit, puis je suis sûr
que vous l'entendez également, que ce soit pour la communauté anglophone ou
allophone, ce n'est pas évident d'avoir accès à des cours de francisation.
M. Skeete :
Oui. Bien, écoutez, ce que je dirais, c'est premièrement, pour les allophones,
on n'a jamais autant formé des gens en français. La moyenne, il y a deux ans,
était à peu près 25 000 personnes qu'on formait. Là, c'est plus de
70 000. Et donc on peine à subvenir à la grande capacité de gens qui
souhaitent se faire former en français, d'ailleurs, à cause de l'immigration
massive que vous ne dénoncez pas, entre autres, puis ça nous limite dans notre
capacité de déployer des ressources pour la francisation.
Mais l'autre chose
que je veux rapporter, par exemple, c'est moi, quand je parle aux Québécois
d'expression anglaise, on dirait qu'il y a comme deux discours. Puis vous
l'avez évoqué dans votre entrée... dans l'entrée de jeu de votre témoignage et
vous avez dit : Mais jamais les Québécois d'expression anglaise ont été
aussi francophones, aussi bilingues, aussi capables puis... capables de s'insérer,
puis ils sont adaptés à la communauté... à la société québécoise, et donc...
Mais la réalité, c'est qu'à beaucoup d'égards les Québécois d'expression
anglaise ont certaines lacunes, notamment en
français, qui les barrent d'avoir accès exactement dans... pleinement dans
l'économie québécoise.
Et donc je pense
qu'on doit arrêter de porter ce discours-là, de dire que tout va bien avec la
francisation des Québécois d'expression anglaise, que le réseau scolaire
anglais les prépare à la vie au Québec, parce que, bien, j'en suis le premier
exemple, je suis issu de ce réseau scolaire là qui m'a préparé, oui, mais pas
pleinement pour participer en emploi au Québec. Et donc, là, je nous invite à
une réflexion collective, à savoir si, un, la francisation qui a lieu par et
pour la communauté d'expression anglaise prépare nos jeunes à bien vivre ici,
au Québec, puis je pense que c'est une discussion qu'on doit avoir. Je n'ai pas
la réponse à tous ces enjeux-là. Puis l'autre, ce serait de travailler sur les
vecteurs de... qui leur permettraient d'être insérés à l'intérieur de
l'économie québécoise.
Mais on ne peut pas porter
les deux discours. On ne peut pas dire, à la fois, tout va bien
linguistiquement puis les Québécois d'expression anglaise, ils sont
parfaitement bilingues, il n'y a pas d'enjeu, puis, après ça, dire : Il y
a un écart dans leur emploi à cause de la langue. Je pense qu'il faut adresser
la question de front et, la question de front, c'est qu'il y a certaines
lacunes en français.
Mme Prass : Juste pour revenir
à ce que vous dites, je pense que ce n'est pas deux discours différents. On
peut aller à l'école, puis avoir une connaissance du français sans être
bilingue à 100 %, et devoir, justement, avoir accès à des cours quand on
sort de l'école. Puis surtout, si on fait... on rentre dans un secteur qui est
technique, il y a certaines... il y a un certain vocabulaire qui vient avec ça.
Donc, on a besoin aussi d'avoir cette formation ou ces cours pour, justement,
comprendre le secteur dans lequel on veut travailler. Donc, je ne pense pas de
dire que quelqu'un n'est pas 100 % bilingue veut dire qu'il ne contribue
pas à ce que le Québec soit français. C'est un petit peu gênant parce que...
• (11 h 50) •
M. Skeete : Bien, en fait, ce
n'est pas ça que j'ai dit, M. le Président, pour être clair, là. On me porte
des intentions. Ce que j'ai dit, c'est que la collègue, elle évoque à voir plus
de formations en français pour avoir une pleine expérience économique dans le
Québec. Pourtant, le Parti libéral a voté contre le projet de loi n° 96,
qui introduisait des nouveaux cours au cégep puis à l'université pour aider les
Québécois d'expression anglaise à aller chercher ces acquis-là. Donc, c'est ça
que je veux dire, quand on dit qu'on parle des deux côtés de la bouche. C'est
que le Parti libéral, d'un bord, vient nous dire que les Québécois d'expression
anglaise sont un modèle de bilinguisme, et qu'ils sont super bien intégrés, et
tout va bien, puis, après ça, ils viennent nous dire qu'à cause de la langue il
y a des enjeux réels par rapport à l'emploi. Puis je suis d'accord avec elle,
il y a des enjeux réels par rapport à la communauté d'expression anglaise en
lien avec l'emploi, qui découlent de la maîtrise de la langue.
Puis comment on fait pour corriger ça, collègue?
Bien, on vit dans un milieu francophone, on construit un Québec qui est
pleinement francophone, on fait plus de cours en français à l'université et à
l'école, puis on travaille sur les acquis. Ce n'est pas toujours fait, ça, M.
le Président.
Mme Prass : OK. Le ministre n'a
pas répondu à ma question par rapport à la coupure du programme pour promouvoir
l'employabilité de la communauté anglophone, qui relevait du secrétariat. Donc,
je voudrais qu'il réponde à la question.
Et vous avez
mentionné que... la hausse que vous avez fait dans le budget du secrétariat
depuis que vous êtes arrivé. Nous, ce
qu'on se fait dire sur le terrain, c'est : Bien là, quand on va demander,
par exemple, du PSOC, du Programme de soutien aux organismes communautaires,
on nous dit : Non, non, allez au secrétariat, il y a de l'argent pour
vous, là. Les groupes de la communauté anglophone vont dans différents
ministères pour avoir accès à des programmes, et ce qu'on leur dit,
c'est : Le secrétariat est là, donc, nous, on ne va pas vous ouvrir la
porte à ce programme, allez au secrétariat. Donc, si vous avez dû augmenter le
budget, c'est parce qu'il y a plein d'autres portes qui leur est fermée pour
avoir accès à des programmes.
Et justement, en 2019, et je...
M. Skeete : ...
Mme Prass : Je
voudrais finir ma question. Et justement, en 2019... et je voudrais vous citer
lors des crédits quand vous étiez adjoint parlementaire du premier
ministre pour les relations avec la communauté anglophone. Je vous cite :
«Une autre chose qu'on fait qui est très utile à la communauté, c'est
justement, quand on parlait du PSOC et le financement dans ces projets-là,
bien, on a réalisé qu'il y a 1 milliard de dollars qui est donné à tous
les Québécois, puis on a réalisé que les
Québécois représentent 13 % — les
Québécois, j'imagine, vous voulez dire de la communauté anglophone — représentent
13 % de la population, puis ils ont accès à juste 3 %. Bien, il y a
un écart. Donc, augmenter la capacité veut dire nécessairement donner des sous
supplémentaires pour nous aider à accéder à ce 7 % de plus, parce que,
bien, on devrait aller chercher notre part puis de s'assurer qu'on est capables
de remplir les documents comme il faut. C'est ça, augmenter la capacité.»
Donc là, en 2019, vous reconnaissez, par
exemple, que dans... à l'intérieur du budget du PSOC, il y avait une partie
très petite, 3 %, qui était... qui était accordée aux groupes d'organismes
communautaires. Vous avez reconnu qu'il devrait y avoir une augmentation,
justement, pour répondre à la réalité démographique. Mais là, comme j'ai dit,
on se fait dire maintenant par les organismes que, quand on va lui demander du
PSOC, on se fait renvoyer au secrétariat. Donc, vous avez augmenté un budget,
mais vous avez fermé des portes de l'autre côté.
M. Skeete : Je veux juste
clarifier. Est-ce que la collègue est après dire qu'il y a de la
discrimination, à l'intérieur du gouvernement du Québec, par rapport aux
Québécois d'expression anglaise qui n'ont pas accès à d'autres ministères, à
part le secrétariat des Québécois d'expression anglaise?
Mme Prass : Je vous pose la
question.
M. Skeete : Bien, est-ce que
c'est... est-ce que vous dites ça? Parce que c'est une...
Mme Prass : Je vous pose la
question.
M. Skeete : Parce
que c'est quand même une accusation qui est très grave puis pas fondée, ça fait
que je voudrais juste être certain qu'on parle de la même chose. Est-ce que
vous dites en ce moment que les Québécois d'expression anglaise n'ont pas accès
à des services autres que les services disponibles au secrétariat des Québécois
d'expression anglaise?
Mme Prass : Je vous pose la
question, parce qu'il y a des organismes qui nous disent que, quand ils tapent
à la porte d'un ministère et qu'ils font une demande pour un programme, on les
renvoie plutôt au secrétariat pour se faire
financer. Donc, justement, je vous pose la question, parce que j'espère que ce
n'est pas le cas. On ne veut pas que ce soit le cas. Et vous dites que
c'est non fondé. Donc, pouvez-vous nous dire, par exemple, ou vous engager à
dire que, quand les organismes de la communauté anglophone se font dire :
Vous ne recevrez pas de PSOC, allez voir le secrétariat... Est-ce que je peux
vous contacter?
M. Skeete : Bon, là, la
collègue, elle confond deux situations. Puis, si vous me permettez un petit peu
de temps, je vais m'expliquer davantage.
Effectivement,
il y a une fâcheuse tendance, à l'intérieur du gouvernement, que je constate et
que... auquel je me bats à tous les
jours pour essayer de faire réaliser, tant aux Québécois d'expression anglaise
qu'aux ministères et différents organismes gouvernementals, qu'un
Québécois d'expression anglaise est d'abord et avant tout un Québécois et donc
devrait avoir accès à l'ensemble des services du bouquet de services du
gouvernement du Québec, ce qui n'est pas toujours le cas. La raison pour
laquelle le secrétariat existe et doit exister, c'est parce que, justement, on
constate des écarts dans la livraison de ce service-là qu'un citoyen doit
s'attendre à recevoir. Donc, on agit à l'intérieur des programmes pour
s'assurer de faire un pont entre ce qui est attendu et ce qui est reçu.
Donc, c'est impossible qu'on accepte qu'on se
fasse dire : Bien, tu n'es pas éligible pour un service en santé, parce que tu as le secrétariat, tu n'es pas
éligible pour un service en éducation, parce que tu as... parce qu'il y a le
secrétariat. Ce n'est pas acceptable.
Donc, s'il y a des exemples comme ça, je veux le savoir. Mais c'est un réflexe.
C'est un réflexe qu'on doit déconstruire, parce que les Québécois
d'expression anglaise ont eux-mêmes cette fâcheuse tendance là de contacter le
secrétariat pour tous leurs besoins gouvernementaux, comme s'ils ne réalisent
pas que c'est l'ensemble de la palette de services du gouvernement qui est
disponible à eux. Donc, oui, il y a des perceptions qui doivent être défaits.
Il y a des situations où est-ce que j'ai constaté ça par la marge, mais
c'est... ce n'est pas du tout répandu et ce n'est pas du tout acceptable.
Mme Prass : Je vais vous envoyer les organismes qui nous ont
informés de cette réalité-là, justement, et j'espère que ça se réglera. Je sais que j'ai très peu de
temps, mais je voudrais... Quand
vous avez été nommé ministre de ce dossier dernièrement
et vous avez fait une entrevue avec la Gazette... et je voudrais vous citer également : «Skeete said he came
away from his first briefing of the secretary deciding one of his priorities
has to be working to reduce the large gap in the unemployment rates between
anglophones and francophones, particularly in regions.»
Je vous demanderais...
et je veux aussi mentionner, vos collègues ministres de l'Emploi, que ce soit
présent ou dans le dernier... depuis le mandat, n'ont jamais rencontré PERT,
n'ont jamais accepté de rencontrer...
M. Skeete : Bien, moi, je les
ai rencontrés, là.
Mme
Prass : Vous les avez
rencontrés. Je parle du ministre ou ministre... ministre de l'Emploi, de qui il
y aurait normalement des programmes et des outils qui relèveraient,
justement, pour les aider.
M. Skeete : Bien, en fait, j'ai travaillé avec le ministre à
l'époque, puis il a débloqué des fonds pour le groupe. Donc, la
rencontre n'était plus nécessaire. Le PAGAC a rempli beaucoup de ces besoins-là
à l'époque.
Mme Prass : OK. Il y a eu
plusieurs demandes depuis qui n'ont pas été répondues également.
M. Skeete : J'en prends note.
Merci.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, M. le député d'Arthabaska, pour un bloc de 17 min 15 s, s'il vous plaît.
M. Boissonneault : Merci, M. le
Président. Salutations à tout le monde, M. le ministre. Merci. Salutations aux
équipes, aux collègues. Je poursuis un peu dans la même veine. Je veux juste
avoir une information. En date du 23 mai, la première ministre, la
nouvelle première ministre, Mme Fréchette, n'avait pas encore rencontré
les médias anglophones depuis son élection. Vous aviez affirmé, M. le ministre,
qu'elle n'ignorait pas la communauté et qu'elle allait les rencontrer. Est-ce
que cette rencontre-là a eu lieu jusqu'à présent?
M. Skeete : Bien, le podcast
auquel vous faites référence, il a eu lieu il y a comme quatre jours. Ça fait
que non, pas encore.
M. Boissonneault : OK. Je passe
maintenant un peu dans la foulée de ce que la collègue disait au... une discussion
que j'ai eue avec le Regional Development Network. Lorsqu'on parle de
financement, justement, les organismes qui représentent
la communauté anglophone, qui me parlaient d'une difficulté à obtenir du
financement du gouvernement fédéral parce
qu'il y a la Loi sur le ministère du Conseil exécutif — là,
corrigez-moi si les termes ne sont
pas exacts, bien, en tout cas, si les enjeux légaux ne sont pas... en tout cas,
vous pouvez préciser, là — selon
laquelle, donc, si un organisme reçoit un financement de Québec qui
dépasse de 50 % de son budget de fonctionnement, cet organisme-là ne peut
pas toucher de sommes d'Ottawa, sauf exception, et sur une demande qui peut
être fastidieuse. J'aurais aimé avoir votre perspective de cette situation-là.
M. Skeete : La perspective,
c'est que c'est effectivement un critère que le gouvernement du Québec utilise.
M. Boissonneault : Pourquoi?
M. Skeete : Pour s'assurer de
limiter l'empiétement fédéral dans les champs de compétence provinciale.
M. Boissonneault : Est-ce que vous avez pensé à une voie de passage
qui pourrait permettre aux communautés de ne pas se priver de sommes qui
pourraient être... qui pourraient être importantes pour elles? Parce que là...
M. Skeete : À tous les jours, M. le Président, on tente de
s'assurer que l'argent que le fédéral veut transférer au Québec est utilisé dans ses champs de compétence
avec une certaine rigueur pour être sûrs qu'on limite l'empiétement de
ce dernier. Et on est toujours prêts à recevoir de l'argent, mais pas à
n'importe quelle condition.
M. Boissonneault : Donc, pour un organisme qui reçoit moins de
50 % du financement de Québec, ils pourront toucher les sommes.
Est-ce que vous êtes d'accord avec moi pour dire qu'il y a une part
d'arbitraire là-dedans?
M. Skeete : Bien, en fait,
est-ce que le collègue du Parti québécois est en train de nous dire qu'on
devrait accepter aveuglément l'argent du fédéral?
M. Boissonneault : Ce n'est pas
ce que je dis, mais est-ce que...
M. Skeete : OK. Je veux juste
être sûr.
M. Boissonneault : Oui. En
fait, la question que je me pose, c'est que j'essaie de trouver... parce que
vous êtes le ministre après tout. J'essaie de voir de quel... Moi, on me
soulève cet enjeu-là sur le terrain. On dit que c'est un enjeu important, parce qu'on perd potentiellement un financement,
puis ça, c'est la même chose. Vous savez, moi, je suis indépendantiste, je sais
que vous, vous êtes corrects avec ça, Ottawa. On n'a pas tout à fait la même
perspective. C'est correct.
La question,
c'est de savoir... ces organismes-là qui ont besoin de financement nous disent
que les règles actuelles font en sorte qu'elles se privent de
financement, qu'il reste notre argent, hein, ça passe par Ottawa, mais c'est
notre argent, se privent d'un financement en raison d'une règle qui a, comme
ça, une part quand même d'arbitraire. Donc, est-ce que vous, comme ministre,
vous essayez de trouver une voie de passage pour permettre aux organismes
d'avoir tout le financement qu'elles pourraient... qu'ils pourraient avoir?
• (12 heures) •
M. Skeete : Oui. J'ai déjà répondu à la question. Oui,
lorsque c'est possible, on tente de faire atterrir l'argent de la part d'Ottawa. On est très soucieux et
conscients que cet argent-là ne doit pas être interprété comme un empiétement
sur nos champs de compétence et on ne
signera pas n'importe quelle entente qui va venir dans nos champs de
compétences sans avoir l'assurance qu'on peut le dépenser comme on veut.
M. Boissonneault : Quels sont
les critères pour déterminer qu'il ne s'agit pas d'un empiétement sur nos
champs de compétences et qui vous permettent de donner ce financement-là ou
pas?
M. Skeete : Il y a une analyse
qui est faite à l'intérieur du gouvernement. Le secrétariat des relations avec
le Québécois... avec les relations canadiennes a des critères très stricts,
veille à ça à tous les jours et s'assure que, dans toute entente, avec tous les
ministères, que les règles de l'art sont suivies. Et ça ne fait pas exception
dans le cas des dossiers des Québécois d'expression anglaise, notamment en ce
qui touche avec les dossiers d'emploi dont il y a des sommes, actuellement,
qu'on attendrait d'être résolues avec Ottawa, puis je pense que c'est de ça
dont vous parlait RDN avec raison.
M.
Boissonneault : Est-ce qu'il y a une liste de critères, un barème
auquel on pourrait avoir accès, ne serait-ce que pour pouvoir clarifier
le fait que cette part d'arbitraire là est la moins importante possible, là,
pour s'assurer que le processus soit fait en bonne et due forme.
M. Skeete : Il y a des critères
qui existent, mais on est dans les crédits du secrétariat pour les Québécois d'expression anglaise. Je n'ai pas les critères du
secrétariat des relations avec... relations canadiennes. Là, on peut vous
mettre en lien, si vous avez des questions, là, mais ça me ferait plaisir de
faire le lien. Mais je n'ai pas... Ici, il y a des critères. Normalement, c'est
des discussions qui se passent entre les fonctionnaires pour faire atterrir
l'argent, et. en ce moment, le ministre du Travail et des
Relations canadiennes travaille avec sa contrepartie fédérale pour débloquer
des sommes.
M. Boissonneault :
Et lorsqu'on demande une exemption ou une voie de passage comme ça, pour un
organisme xyz, quelles mesures sont
proposées pour s'assurer qu'il n'y ait pas un fardeau administratif trop
important pour l'organisme en
question? Qu'est-ce que ça représente... en fait, je pourrais même vous poser
la question : Qu'est-ce que ça représente comme fardeau
administratif pour l'organisme qui aimerait ça pouvoir avoir un financement
supplémentaire?
M. Skeete :
Bien, c'est sûr que l'autonomie du Québec requiert une certaine lourdeur
administrative. Les autres provinces n'ont pas à gérer ça. Les autres provinces
prennent l'argent du fédéral, acceptent l'empiétement et sont bien contentes de
le prendre. Nous, on a décidé d'être autonome, mais on a décidé de faire nos
propres affaires et de se battre pour nos
champs de compétences. Et donc j'admets volontiers que ça représente une charge
administrative supplémentaire pour tout le Québec en général, dans tous
les secteurs. Mais moi, je pense que les Québécois pensent que ça vaut la
peine, et on continue. On essaie, bien sûr, d'alléger ce processus-là le plus
possible. J'ai moi-même été responsable d'un allègement... de beaucoup
d'allègements réglementaires lorsque j'étais ministre de l'Économie. Donc, c'est quelque chose qui me tient à coeur,
que je garde un oeil dessus, mais c'est sûr que ça vient avec une certaine
lourdeur administrative.
M. Boissonneault :
Ce ne serait pas plus simple de faire ça nous-mêmes sans passer par Ottawa?
M. Skeete : Bien,
c'est sûr que le Parti québécois pense que la souveraineté règle tous les
problèmes sur Terre. Nous, on pense que la vie est plus nuancée.
M. Boissonneault :
Sur Terre? Sur Terre, OK.
M. Skeete :
Sur Terre, oui.
M. Boissonneault :
J'imagine, ça vaut pour toutes les nations indépendantes qui ont réglé les
problèmes sur Terre, jusqu'à présent?
M. Skeete :
Bien, ça règle plein de problèmes, mais ça ne règle pas tout comme le Parti
québécois le prétend.
M. Boissonneault :
Visiblement, parce qu'il y a 195 nations indépendantes sur la planète,
si je ne m'abuse.
M. Skeete : Puis
il y a combien de régions? Je pense que le Québec vient juste d'adhérer, M. le Président,
au comité des régions européennes.
Vous savez, il y a 715 régions à l'intérieur de l'Union européenne. Le Québec est maintenant un
partenaire observateur à l'intérieur ce comité-là. C'est beaucoup de régions,
ça. Ça fait que ça ne doit pas être si pire que ça.
M. Boissonneault :
Ce qu'on m'a dit aussi sur le terrain, puis là ça fait peut-être référence,
un peu, à ce que disait la collègue, c'est... souvent, les organismes qui
défendent les intérêts de la communauté d'expression anglaise deviennent des
points de chute pour un ensemble de demandes sur le terrain, un ensemble de
besoins, surtout dans les régions. Puis ce
qu'on me disait, c'est que, souvent, ils ne peuvent pas, en raison du
financement aux programmes, avoir le
financement nécessaire pour faire les références possibles pour... Puis vous en
parliez un peu, là, de la collaboration entre les ministères, mais c'est un gros problème pour ces
organismes-là, parce qu'on leur pose toutes sortes de questions sur
toutes sortes d'enjeux. Ça, je pense, entre autres, les centres... les CJE, là,
les centres d'emploi jeunesse, qui touchent à un tas de questions, bien, ils
n'ont pas le choix de travailler en silo puis ils n'ont pas le financement
qu'ils pourraient avoir pour pouvoir traiter l'ensemble des préoccupations de
leur communauté dans une région qui n'est pas une région urbaine, par exemple,
qui n'est pas Montréal ou Laval. Qu'est-ce que... qu'est-ce qui est possible de
faire, pour vous, pour ces organismes-là?
M. Skeete :
Vous soulevez le problème. Le plus gros problème qu'on a, surtout en
région, des communautés d'expression anglaise, c'est qu'ils sont obligés d'être
généralistes par le nombre si faible, sur le territoire, qu'ils représentent.
Et donc, un organisme, puis j'ai en tête, mettons, CASA, qui est dans... en
Gaspésie, bien, eux, ils font de l'emploi, ils font du référencement, ils font
de la santé mentale, ils font plein d'affaires, puis quand ils essaient
d'appliquer dans les programmes de santé mentale, d'emploi, ils se font
dire : Mais vous n'êtes pas spécialisés en emploi, donc vous n'avez pas d'argent. Ça, c'est un des écarts dans
lequel je vous parlais tantôt, et c'est la raison pour laquelle on a
augmenté les budgets du secrétariat, parce qu'on vise à combler
cet écart-là en offrant un financement à la mission à ces groupes-là pour
qu'ils puissent avoir un impact, mais on se bat à tous les jours pour essayer
de défaire ces silos-là et de faire comprendre à la machine gouvernementale,
qui n'est pas toujours facile, soit dit en passant, que ça se peut que les
communautés d'expression anglaise subissent un préjudice à cause de ça. Et
donc, on tente de défaire ces murs-là et on continue à tous les jours. C'est
ça, la mission du secrétariat.
M. Boissonneault :
Puis pour donner, peut-être, un horizon aux gens qui nous écoutent puis aux
organismes qui écoutent notre échange, est-ce que vous vous attendez à ce qu'il
y ait des résultats concrets, qu'on puisse abolir certains silos, certaines
frontières entre les ministères selon un plan de match que vous avez, là?
Concrètement, à quoi peut-on s'attendre?
M.
Skeete : Je vous dirais que
si c'était facile, ce serait déjà fait. C'est plus complexe. Il y a des normes
qui sont établies à l'intérieur des
programmes qui sont issus du Conseil
du trésor, qui sont très spécifiques
et qui sont bons pour la majorité des cas. Là, quand on vient dans les
exceptions, bien là, c'est plus difficile.
Un exemple,
on l'avait vécu durant la pandémie, collègue, il y avait... on voulait aider
les médias locaux, à l'intérieur de
la pandémie, parce qu'ils avaient moins d'argent, et on voulait injecter des
sommes, et, dans les critères, bien, on avait énuméré qu'il fallait être
un OBNL pour recevoir les fonds, mais la majorité des petits journaux de la
communauté d'expression anglaise sont
privés. Et donc, sans le vouloir, on veut aider puis, sans le vouloir, on a
exclu la communauté d'expression anglaise. C'est des affaires comme ça
qui arrivent, assez malheureusement et fâcheusement, trop souvent, qui fait en
sorte qu'il y a cet écart-là entre ce qu'un citoyen québécois d'expression
anglaise devrait recevoir comme service et ce qu'il reçoit. C'est la raison
pour quoi on a augmenté les budgets, pour justement
venir pallier à ces enjeux-là, qui sont fâcheux, pour permettre de faire un
pont entre l'écart et ce qui est attendu.
M.
Boissonneault : Est-ce que
vous diriez que c'est un des plus gros chantiers du secrétariat, à l'heure
actuelle?
M. Skeete : Oui, parce qu'il faut
travailler des deux bords. Il faut travailler du côté de la machine qui, elle,
généreusement, n'est pas toujours souple, et, de l'autre côté, les Québécois
d'expression anglaise eux-mêmes, qui pensent que le secrétariat est la réponse
à tous leurs enjeux. Ils viennent nous voir puis ils n'ont pas cette
habitude-là d'interagir avec l'État. Ils
n'ont pas, souvent, la maturité institutionnelle pour aller faire des
revendications auprès des autres ministères, ils ne savent pas toujours
quelle porte cogner. Et donc, on devient un peu l'entremetteur entre les deux pour essayer de construire, justement, cette
capacité-là de la communauté. Quand je pense, mettons, aux groupes
communautaires francophones, ils sont bons, là, tu sais, ils viennent cogner
aux bureaux de comté, ils ont accès à des associations, ils savent à qui
parler, ils connaissent les fonctionnaires par leurs noms. Ce n'est pas
toujours le cas pour les groupes de Québécois d'expression anglaise, surtout en
région, qui n'ont pas souvent accès comme les autres pourraient avoir accès. Et
donc, on essaie de construire cette capacité-là.
M. Boissonneault : J'aimerais ça, M.
le ministre, qu'on parle... puis on fait un peu de pouce sur ce dont on vient
de parler, là, qu'on parle plus précisément de la différence que vous faites
entre la réalité des communautés d'expression
anglaise dans des milieux urbains, dans la grande région métropolitaine,
Montréal et Laval, et ce qui se passe en région. Puis là j'inclus Québec
là-dedans, même si ce n'est pas... ce n'est pas tout à fait une région, là,
mais ce qu'on nous répète souvent, aussi, c'est qu'il y a des gens qui ont
l'impression qu'on ne fait pas cette différence-là. Être un anglophone à
Montréal, ce n'est pas du tout la même chose qu'être un anglophone à
Plessisville, dans ma circonscription, là.
Comment voyez-vous la différence puis de quelle
façon vous êtes en mesure de moduler les services qui sont offerts à la
communauté d'expression anglaise dans les régions, par rapport à ce qu'on voit
dans les grands centres, où, franchement, l'accès aux services n'est pas du
tout le même, là?
M.
Skeete : Bien, on se
concentre sur les écarts, premièrement. Deuxièmement, je dois vous dire, la
plus grande fierté que j'ai par
rapport à ce dossier-là, ça a été dans le premier mandat, lorsque, pour la
première fois, on a commencé à financer RDN. Le groupe que vous êtes
allé voir, ils sont basés à Québec. C'est un groupe qui se concentre avec des membres issus des régions, qui parle au nom des
régions et qui a cette réflexion et ce réflexe régional. Et la plus grande
fierté que j'ai, c'est qu'on a finalement
réussi à les... à avoir un programme où est-ce qu'ils pourront être financés
toutes les années pour continuer leur belle mission et, justement,
ramener cette différence-là que, souvent, on associait avec la région de
Montréal.
M.
Boissonneault : Un enjeu
qu'on nous soulevait, justement, pour les communautés des régions, c'est
l'accès au réseau scolaire
anglophone. Est-ce qu'il y a un travail qui a été fait, dans la dernière année,
pour améliorer cet accès-là? On
disait qu'il fallait qu'on se déplace, parfois, sur de longues distances. Quand
on se trouve à Saint-Adrien-d'Irlande, l'endroit
le plus proche pour aller étudier, disons, en anglais, ça peut être Québec ou
en Beauce. Donc, c'est... Est-ce que c'est un enjeu sur lequel vous avez
pu travailler dans la dernière année et qu'est-ce que vous avez fait?
• (12 h 10) •
M. Skeete : Bien, ce que je dirais, c'est que la communauté
anglaise a fait le choix de maintenir des élections scolaires. Ils ont
des commissaires qui sont élus. Je vous demanderais de poser la question à
leurs représentants.
M.
Boissonneault : C'est bon.
Autre sujet, vous avez parlé de la francisation, tout à l'heure, et de
l'importance de pouvoir franciser
aussi la communauté anglophone pour qu'elle puisse participer pleinement à la
société québécoise. Je pense que votre mission... votre message a été clair,
là-dessus.
Par contre, vous avez probablement eu l'occasion
de lire le rapport du Commissaire à la langue française, de l'automne. C'était
en novembre qu'il avait présenté un rapport sur l'intégration et l'adhésion à
la société québécoise. Il y a un certain nombre d'enjeux qui ont été soulevés
dans ce rapport-là, dont celui de l'image que la communauté anglophone... pas nécessairement la communauté
historique, là, entre guillemets, là, mais aussi des nouveaux arrivants qui font partie de la communauté anglophone,
l'image que les gens pouvaient avoir des Québécois francophones. Dans ce
rapport-là, on disait que, parfois, on avait décrit, selon certains
témoignages, les jeunes Québécois francophones d'ignorants, d'intolérants, d'hypocrites. On avait parlé de l'attrait
des institutions anglophones qu'on... essentiellement, on trouvait que
c'était plus prestigieux, qu'il y avait plus... c'était la langue dominante.
Donc, dans l'aspect de la francisation, qu'est-ce
que vous faites pour vous assurer qu'il y ait aussi une transmission d'attachement à la culture, de valeurs,
d'attachement à la communauté francophone, pour que la francisation ne soit pas
seulement une instrumentalisation de la langue, mais qu'à quelque part il y ait
une profondeur aussi, je vous dirais, du vivre-ensemble, du vécu québécois
francophone, donc, pour qu'il y ait un pont qui soit peut-être mieux arrimé
entre la communauté anglophone, notamment chez les nouveaux arrivants, puis les
Québécois francophones?
M. Skeete : Bien, premièrement, je
rappellerais au collègue qu'un immigrant n'est pas issu de la communauté
anglaise. Un immigrant, c'est quelqu'un
qu'on francise, et il peut bien venir de l'Australie, mais s'il vient au
Québec, il devient... l'objectif, c'est de le franciser. Nous, ici, le
secrétariat, on se concentre sur les Québécois d'expression anglaise
historique, là, dite historique, et donc notre... je pense, notre premier
devoir, c'est de leur faire sentir comme s'ils sont des membres à part entière
de la communauté québécoise. Je pense que quand on finance adéquatement un secrétariat en leur nom pour, justement, faire un
pont entre le service attendu et le service reçu, je pense, c'est comme ça qu'on leur montre l'importance de la présence.
Et n'oubliez pas, c'est la première fois, là, que le Québec s'intéresse
au financement direct aux Québécois d'expression anglaise. Et donc il y a des
groupes anglophones qui reçoivent de l'argent de Québec, pas juste d'Ottawa, de
Québec, pour leur vitalité communautaire. Je pense que c'est un grand signal,
et ça aide à construire, justement, le narratif dont vous faites part.
M.
Boissonneault : Est-ce qu'il y a, à l'intérieur des cours de
francisation qui sont offerts à la communauté historique,
anglophone historique, ou même pour les nouveaux arrivants, un volet
d'appréciation de la culture québécoise francophone?
M. Skeete : Bien,
le curriculum d'éducation est donné... émane du ministère de l'Éducation. Il
est transmis dans tout le réseau scolaire et doit être enseigné tel quel.
M. Boissonneault : Donc,
est-ce qu'il y a un volet d'apprentissage des... comment je dirais, pour donner
cette image positive là du Québécois
francophone ou du Québec francophone sur ce qu'on produit, sur le rayonnement
culturel, sur le fait, par exemple,
aussi, d'avoir cette information-là que le Québec demeure une société
francophone globalement?
M. Skeete : Bien, toutes les commissions scolaires, même les
commissions scolaires anglophones, ont l'obligation de suivre le
curriculum du ministère de l'Éducation, qui comporte, entre autres, la culture
et tous les aspects, là, de... qu'on s'attend de trouver à l'intérieur du
ministère de l'Éducation.
Le
Président (M. Bachand) : ...secondes, M.
le député d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Bien,
écoutez, en 35 secondes, je ne pense pas que je vais avoir le temps de
faire grand-chose, parce que je passais à un autre sujet. Merci beaucoup
pour votre temps.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, M. le député d'Arthabaska. Mme la députée de D'Arcy-McGee, pour 17 min 25 s, s'il vous plaît.
Mme Prass : Merci,
M. le Président. Je voudrais juste reprendre quelque chose que le ministre a
dit pour le financement de RDN. Vous étiez fier, vous devez l'être, mais RDN a
été fondé en 2019. Donc, quand vous avez dit, vous avez enfin pu les financer
de façon pérenne, ils existent uniquement depuis 2019, donc vous avez commencé
à les financer lors de leur existence, ce qu'on espère.
Je veux revenir aux
questions de mon collègue sur les M-30, parce que... Je vais vous donner un
exemple. Le Consortium des cégeps, collèges et universités d'expression
anglaise du Québec avait, et vous... On se comprend, ça prend du temps pour remplir des demandes, pour recevoir de l'argent du
fédéral, argent que toutes les autres provinces ont accès, mais des fois, nous, on n'a pas accès. Donc, le consortium a
reçu plus de 700 000 $ pour tenir des états généraux sur l'avenir
des établissements postsecondaires de langue anglaise du Québec, et le M-30, au
mois de février, a été refusé par Québec. Le Québec n'a pas autorisé le M-30.
Donc, vous parlez de... Bien, tu sais, justement, on a cette loi-là en place parce qu'on ne veut pas que le
fédéral rentre dans nos champs de compétences. On parle d'états généraux
sur l'avenir des établissements scolaires anglophones, et votre gouvernement a
bloqué ce M-30. Je voudrais savoir quelle est la justification.
M. Skeete : Bien,
collègue, je suis obligé de vous rappeler que l'éducation, c'est un champ de
compétences exclusif du gouvernement du Québec et une compétence provinciale.
La collègue a dit «Jesus Christ», mais si un élu de l'Assemblée nationale
n'a pas compris ça, ils ont raté une bonne game, M. le Président.
Mme Prass : OK. Qu'est-ce que le gouvernement... qu'est-ce que votre gouvernement
fait pour la vitalité de la communauté...
des commissions scolaires et des collèges anglophones? Quand vous faites des
hausses de frais de scolarité... puis, en passant,
les hausses de frais de scolarité que vous avez faits pour les universités
anglophones, dont un juge a dit que les données que vous avez soumises ne
retenaient... ne tenaient pas debout, et ils n'étaient... ne justifiaient pas la décision que vous avez faite,
c'est de cette façon que vous démontrez votre soutien pour nos institutions
d'éducation anglophones?
M. Skeete : Bien, en fait, M.
le Président, la collègue, dans son affirmation, elle oublie de dire que les Québécois
d'expression anglaise historique paient le même prix. C'est les personnes
anglophones, qui viennent soit du Canada ou des États-Unis, qui payent plus
cher. Donc, oui, on a haussé les frais de scolarité pour les étrangers qui
venaient au Québec étudier parce qu'on n'avait plus les moyens de les
subventionner. On était la seule province au Canada qui subventionnait les
étudiants des autres provinces, alors... Mais le prix est resté pareil, M. le
Président, pour les Québécois d'expression anglaise. Puis, en plus, dans le
projet de loi n° 96, on leur a donné la capacité de passer devant la ligne
pour avoir accès aux cégeps anglophones en priorité avant les francophones,
pour être certains qu'on réglait un problème à l'intérieur de l'accès, parce que
c'était rendu que les Québécois d'expression anglaise rentraient en compétition
avec les francophones en grand nombre pour avoir accès à leurs cégeps. Alors,
nous, on a introduit, à l'intérieur du projet de loi n° 96, le droit, un
privilège de couper la ligne, en tant qu'anglophone, pour être sûr qu'on
pourrait avoir accès à nos institutions.
Mme Prass : Je voudrais rappeler au
ministre que c'est seulement les universités anglophones qui ont... pour
lesquelles vous avez monté les frais de scolarité pas... côté anglophone, pas
côté... du côté francophone. Et parlant, justement, de la loi n° 96
en matière des cégeps... Donc là, nos jeunes ont... les jeunes historiques
anglophones ont besoin d'avoir leur certificat d'éligibilité pour pouvoir aller
au cégep en français... excusez-moi, en anglais. Comme vous devez le savoir, il
y a plusieurs centaines de jeunes... et comme on le sait, le certificat est
disponible jusqu'à la journée qu'on finit notre scolarisation au secondaire,
donc, quand on devient diplômé du secondaire, ce qui devient très difficile
pour plusieurs qui vont faire leur demande suite à cette date, pour avoir accès
au cégep en anglais.
Votre collègue, qui était ministre de
l'Enseignement supérieur le... en décembre 2022, et je cite : «Québec to
share educational records with English cegeps to avoid hunt for eligibility
certificates. Québec's minister for Higher Education has
informed English cegeps it would be providing the schools with access to
education records. In a letter to cegeps, minister Pascale Déry said her office
was working with the Education minister to give them access to the data before
March 1st 2023, the deadline for student applications. She said that students
who submit an application do not have to provide any certificate of
eligibility, and that's why you can count on the collaboration of the ministry
to support you in this process.»
On est rendus à 2026. Pas seulement que ça n'a pas été mis en place le
moindrement, mais là on a des jeunes qui se font refuser de recevoir
leur certificat d'éligibilité parce qu'on dit : Ah! bien, on n'a pas assez
de monde, puis là la date est passée. Je voudrais également
noter que the Québec English School Board Association met with minister
Drainville, when he was minister of Education, about this issue. He told
them that he wanted to solve it.
Il aurait dit
qu'il allait nommer un sous-ministre adjoint dans son ministère pour créer une
table de travail pour, justement, regarder cet enjeu. Et justement,
suite à cette rencontre-là, Québec English School Board Association a écrit à M. Drainville pour lui dire qu'ils
étaient satisfaits de son approche axée sur les solutions pour relever les
défis liés à l'admissibilité aux cégeps anglophones. «Nous comptons sur
votre engagement à trouver des solutions pratiques et efficaces.» Votre... la
nouvelle ministre de l'Éducation a refusé de rencontrer English Montreal School
Board and Québec English School Board Association.
• (12 h 20) •
Donc là, on parle de votre collègue qui est
allé, justement, s'assurer que le processus soit plus facile pour ces
jeunes-là, qu'ils n'aient pas à devoir faire des demandes et se faire refuser.
Le ministre, à l'époque, s'était engagé à, justement, trouver une solution. Et
là on est en 2026, et rien n'a changé, rien ne s'est amélioré. C'est toujours
un parcours très difficile pour que ces jeunes, une fois que la date du
secondaire est terminée, pour qu'ils puissent aller chercher ces certificats. Donc, vous parlez de... là, c'est... on a mis
un accès privilégié pour les anglophones historiques pour aller au cégep
en anglais, mais qu'est-ce que vous faites pour leur faciliter leur entrée
quand ils ont besoin de leur certificat d'éligibilité?
M. Skeete : Bien, s'il y a un enjeu
particulier avec quelqu'un qui a besoin d'avoir un accès, que la collègue
vienne me voir, ça va me faire plaisir de les accompagner.
Mme Prass : Je vais venir vous voir
avec quelques centaines de noms, parce qu'il y a des articles qui le disent,
qu'à chaque année, il y a entre 300 et 400 jeunes à qui ça arrive. Donc,
je vais vous arriver avec ces noms-là avec plaisir.
Là, je
voudrais vous parler du fait que votre collègue a récemment annoncé que votre
gouvernement va déposer un projet de loi pour l'application de la
loi 101 à l'éducation aux adultes et à la formation professionnelle.
Est-ce que vous pouvez nous indiquer si vous avez été formellement consulté en
tant que ministre responsable pour les relations avec les communautés
d'expression anglophone?
M. Skeete : J'ai appuyé la première
ministre dans la course à la chefferie sachant qu'elle allait faire ça.
Mme Prass : Mais est-ce que vous
avez été consulté?
M.
Skeete : Ça sous-entend que je suis impliqué dans le processus.
Mme Prass : Non, soutenir quelqu'un,
ça ne veut pas dire qu'elle est venue vous voir et vous poser des questions,
justement, pour s'assurer d'avoir tous les éléments pour bien avancer.
M. Skeete : Je
comprends. Bien, on ne s'est pas parlé de ce sujet-là précisément avant. Je
savais que c'était sa position.
Mme Prass : OK. Est-ce que vous savez
s'il y a eu des consultations auprès des commissions scolaires et des centres
de services scolaires?
M. Skeete : Bien,
il y a eu énormément de consultations sur la langue française. Mon collègue le
ministre de la Langue française a fait des tournées un peu partout en lien avec
la langue française, l'immigration. Il y a aussi le Commissaire de la langue
française qui nous parle de la chute du français. Tu sais, c'est sûr, collègue,
le Parti libéral ne veut pas protéger le
français. Ça fait que c'est sûr que quand on parle de la perte de momentum du
français au Québec, c'est difficile d'avoir une conversation où est-ce
qu'on peut s'entendre. Mais vous êtes contre tout renforcement de la langue française, vous êtes contre la
francisation des immigrants, vous êtes contre le travail en français, vous êtes
contre augmenter... de réduire le
nombre de personnes dans une entreprise pour faciliter le français et... et
l'introduction du français, puis, après ça, vous dites : Bien là,
les anglophones ont de la misère à se franciser. Tu sais, je trouve ça
particulier comme position, mais je ne sais pas quoi en faire, M. le Président.
Mme Prass : Bien,
je me reprends. Au Parti libéral du Québec, on est tout à fait pour la
protection du français, mais de ne pas le faire d'une façon qui impose et qui
nuit aux personnes. On veut le faire pour que les gens veuillent, justement,
avoir cette volonté d'apprendre le français et de s'intégrer dans la culture.
On veut que ça se fasse de façon... On ne veut pas que ça se fasse de... On
veut que ça se fasse de façon où les gens pensent qu'ils ont un rôle à jouer dans
ça. C'est leur vie. Eux, ils veulent s'impliquer dans leur communauté, dans
leur province, dans la langue. Ce que vous faites et ce que la loi 96,
elle fait, c'est imposer des gestes, et il y a peu qui protège la langue
française, dans la loi 96.
M. Skeete : Mais
je dirais, M. le Président, en...
Mme Prass : Je
voudrais également vous demander, à propos de l'application de la loi 101
pour les adultes à la formation
professionnelle... Votre gouvernement a parlé de 10 000 personnes que
ça affecterait. Là, dans les médias, on entend
27 000 personnes. Est-ce que vous avez le chiffre exact de combien de
personnes cette loi affecterait?
M. Skeete : Bon, vous savez, d'entrée
de jeu, M. le Président, la collègue, elle parlait du taux de chômage plus
élevé pour les Québécois d'expression anglaise, elle parlait du taux de chômage
qui est plus élevé pour les gens qui s'expriment en anglais. Et voici une
initiative de... pour essayer de faire en sorte que les gens qui viennent au
Québec peuvent apprendre le français et
profiter de l'opportunité qu'ils ont dans la formation professionnelle pour se
franciser.
Puis, encore une fois, il faut constater que le
Parti libéral, eux autres, ils sont contre ça. Au lieu de voir l'opportunité,
là, de faire une formation d'adultes, de voir l'opportunité d'être immersés
dans le français pendant une période, sans risque, avant le travail, pour
essayer de maîtriser le français, pour ensuite être capables de travailler en
français, alors que les données nous disent qu'une personne qui termine son
secondaire ou son postsecondaire dans la langue x va travailler dans la langue x, eux autres, ils sont contre ça, M. le
Président. Alors, moi, je trouve ça particulier qu'encore une fois le
Parti libéral dit être pour le français, mais, à toutes les fois qu'on parle du
déclin du français puis les mesures à prendre, bien, il trouve une façon d'être
contre.
Mme Prass : Vous n'avez pas répondu à
ma question sur combien de personnes cette loi affecterait. Et je vous
rappellerai... La raison pour laquelle je vous pose ces questions précises à ce
sujet, c'est parce que dans le passé, vous n'avez pas bien fait les choses. Par
exemple, encore une fois, quand vous avez imposé les taux de scolarisation qui
ont augmenté pour les universités anglophones, dans le jugement du juge, et je
cite : «Selon les motifs invoqués par le tribunal, bien que l'intention de
la ministre d'équilibrer les finances des universités ait été tout à fait
valide, elle ne disposait toutefois d'aucune donnée, sinon d'informations
fragiles, en évoquant la rétention et l'intégration des étudiants en provenance
de l'extérieur.»
La raison pour laquelle je vous pose ces
questions, c'est parce que, déjà, vous avez perdu en cour parce que vous
avez mis de l'avant une initiative qui n'avait pas de données pour justifier.
Alors, ce qu'on veut s'assurer, c'est que, là, ce que vous allez proposer...
est-ce que vous avez fait le travail en amont, justement, pour vous assurer que
c'est basé sur des données factuelles, c'est basé sur des consultations, que
vous avez fait le tour, vous avez parlé aux gens avant de prendre une telle
décision?
M. Skeete : Il va y avoir des consultations particulières, comme dans tout projet
de loi que le gouvernement dépose. Ce sera le moment pour tout le monde
de se prononcer, M. le Président. Donc, on vit dans une démocratie, on vit dans une société libre et ouverte. Il va y avoir des
consultations, la société civile va pouvoir dire ce qu'elle a à dire,
elle va pouvoir... on va pouvoir pouvoir
leur poser des questions, ajuster le projet de loi au besoin. Donc, M. le
Président, moi, je présume de la bonne foi et je présume aussi de
l'importance de protéger le français.
Mme
Prass : Dans tout projet de loi, il y a des consultations qui se font
préalablement, justement, pour que la rédaction soit faite. Donc, oui, il va y
avoir des consultations dans le cas...
M. Skeete :
Exactement.
Mme Prass : ...mais non, mais il n'y a pas eu de consultation au préalable quand la
rédaction... pour s'assurer de bien rédiger le projet de loi et pour
s'assurer qu'on a tous les faits et toutes les données pour bien comprendre la
situation et justifier les faits.
Je reviens au fait
que vous ne m'avez toujours pas répondu sur le nombre de personnes que ça va
toucher, que ce soit 10 000 ou
27 000. Et vous parlez des consultations qui auront lieu lors du dépôt du
projet de loi. Il nous restera à peine deux semaines en session
parlementaire, y compris les consultations, et demander aux groupes de produire
des mémoires, demander aux groupes de se déplacer dans très, très peu de
temps... Est-ce que vous êtes à l'aise avec le fait qu'en moins de deux
semaines, vous allez avoir un projet de loi d'une telle ampleur, qui va... qui
aura le temps de bien cheminer avec toutes les questions qui doivent être
posées?
M. Skeete :
Moi, je pense que les Québécois s'attendraient à ce qu'on fasse un travail
rigoureux et efficient. Moi, je pense que, si tout le monde se met en mode
constructif, ça devrait bien aller. Puis on a le temps de faire des bonnes
consultations. Ça fait que oui.
Mme Prass :
Vous pensez, dans deux semaines, vous avez le temps de faire des
consultations...
M. Skeete :
Absolument. On a la chance de faire...
Mme Prass :
...et passer tout à travers et avoir la chance de tout... OK.
M. Skeete :
Oui. Bien, il y a 24 heures dans une journée, collègue, 14 fois ça,
je pense qu'on est en... on est en mesure de rencontrer tout le monde qui a une
opinion sur le sujet.
Mme Prass : Pouvez-vous garantir aujourd'hui que la modification que vous proposez
n'aura pas d'effet de limiter les
options aux formations professionnelles pour les Québécois d'expression
anglaise, par manque d'effectif suffisant pour maintenir les cohortes?
M. Skeete : Là, la question pose... la collègue pose une question qui est très
importante, parce qu'effectivement ce qu'on garde à l'oeil, c'est pour
s'assurer que les Québécois d'expression anglaise, qui ont le droit de recevoir
la formation dans leur langue, ne soient pas
impactés par cette mesure-là. Et justement, c'est ce que le secrétariat
s'attarde à faire.
Mme
Prass : And do you... do you feel confident
that there are enough «cours de francisation» to prepare those non historical
Anglos to have enough French as a basis to then be able to go and take a
professional or adult... vocational or adult
education? Because we want to... we want to bring them over to the French side,
but we know that... and you mentioned it before, even for the
English-speaking community, there's not enough French courses to meet the demand. So, you want to direct these students towards
the French side, but does the Government have the capacity to give them French courses, to give them a basis
in French, to then be able to go into a technical vocational program?
M.
Skeete : And here we are at the crux of the
issue, Mr. Speaker, because what we have is the colleague saying that
English-speaking Quebeckers have trouble getting jobs. We've identified
language as one of the gaps. Here, a student who's coming to Québec has a
chance to take a course in French, to learn the lingo, to learn the language
and to also be immersed in French before they enter the workforce. But somehow,
for the Liberal Party, that's a problem. We don't see it that way.
•
(12 h 30) •
Mme
Prass : We're not saying it's a problem. We
want to make sure that there's enough of them. I have no idea where you're...
you're positing that we think it's a problem. I'm asking you if your Government
has the capacity to provide enough French... «cours de base de français» to non
historic anglophones, that will allow them to have the capacity to then, in
French, enter a vocational program.
So,
we are not at all against the... more French courses. We want to make sure that
there's enough of them, because, in what you're proposing, you... Is somebody
going to sit at home for a month or two months waiting to have access to a
French course? Which means that they're not going to take their vocational
class, which means that they're not contributing to the job market. We want to
make sure that, in what you're proposing... because it's not just taking
students and sending them to the French side. They would have to have some kind
of basis of French to begin with. Do you believe that you have... your Government has the capacity to provide
enough «cours de francisation
de base» to allow them to then integrate a vocational program in French?
Le
Président (M. Bachand) : ...M. le ministre, s'il vous plaît.
M.
Skeete : On va s'assurer que... le succès de ce qu'on essaie de faire,
M. le Président.
Le Président
(M. Bachand) : Alors, ça va pour l'instant?
Mme Prass :
Oui, c'est beau. Merci...
Le
Président (M. Bachand) : Alors, M. le député de Laurier-Dorion,
pour 17 min 15 s, s'il vous plaît.
M.
Fontecilla : Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre.
Je salue également vos collègues. J'aimerais commencer par l'actualité. Donc,
en fin de semaine, il y a eu... il y a eu la publication d'un rapport de
l'organisation Unies pour l'indépendance, le
OUI Québec, là, concernant les... concernant la relation entre le discours
porté par certains et le vivre-ensemble, là. Il y a eu un rapport qui fait état
d'une dégradation du vivre-ensemble, dans la dernière décennie, en particulier
dans les... certains discours d'ordre nationaliste.
La question est très simple. Est-ce que vous
considérez que le vivre-ensemble et les relations avec les Québécois
d'expression anglaise se sont dégradés depuis un certain nombre d'années?
M. Skeete : On attend toujours la réaction du Parti québécois, là, mais moi, ce que
je pourrais dire, c'est qu'on n'a jamais financé autant la communauté
d'expression anglaise. La collègue tantôt parlait de RDN, qui a effectivement
été fondé en 2019, parce qu'on avait promis qu'on allait les financer,
justement, pour avoir un groupe qui n'était pas toujours Montréal centrique
dans le débat. Ça, je pense que c'était une coconstruction avec la communauté
qui est très importante. On n'a jamais,
comme j'ai dit, financé autant. On essaie de régler des vrais problèmes,
l'accès à la santé, l'accès à l'emploi.
Et donc je dirais que, somme toute, c'est quand
même assez historique, qu'est-ce que notre gouvernement a fait par
rapport à non seulement le maintien du financement, mais l'augmentation du
financement pour s'assurer qu'on comble les écarts entre l'expérience vécue
que... des Québécois d'expression anglaise et ce qu'on souhaiterait.
M.
Fontecilla : Mais, de façon générale, au-delà des actions posées par
votre gouvernement, là, concernant les
Québécois d'expression anglaise, là, est-ce que vous considérez que les
relations avec les communautés anglophones historiques se sont
améliorées, se sont maintenues ou détériorées?
M. Skeete : Moi, j'ai des bonnes relations, M. le Président, avec la communauté
d'expression anglaise. Je ne suis pas sociologue, là, je n'ai pas les
données avec moi, je ne suis pas en mesure de répondre à la question du
collègue de manière philosophique. Moi, ce que je peux dire, c'est qu'on
entretient des bonnes relations avec les groupes de communautés d'expression
anglaise. On n'est pas toujours d'accord, mais on entretient des bonnes
relations.
M.
Fontecilla : Quels sont vos points de désaccord avec la communauté?
M.
Skeete : Bien, on les voit,
des fois... avec certains aspects de... les projets de langue. On le voit aussi
sur les commissions scolaires, il y
avait des différends à ce niveau-là. On le voit, manifestement, avec la
question de la collègue du Parti libéral sur... d'étendre la loi 96 et
la loi 101 à l'enseignement postsecondaire. Donc, il y a certains enjeux, des
fois, où est-ce que ça requiert plus de communication, mais c'est des enjeux
auxquels... même si on n'est pas en désaccord, je ne dirais pas que les relations
ne sont pas bonnes, je dirais qu'on tente de toujours trouver un chemin de
passage pour protéger les droits de notre communauté historique.
M. Fontecilla : On a constaté, M. le ministre, que plusieurs élus
de la CAQ utilisent l'indicateur de la langue parlée à la maison comme
indicateur de la vitalité ou du déclin du français. Est-ce que vous considérez
que les Québécois d'expression anglaise, qui évidemment parlent anglais à la
maison, sont nécessairement une menace pour la survie du français au Québec?
M. Skeete :
Ils ne sont pas une menace. La communauté d'expression anglaise est une
richesse. C'est notre patrimoine, c'est
notre histoire. Ils sont ici avec nous dans la construction du Québec moderne
depuis le début du Québec. Et donc, non, ils ne sont pas une menace. Par
contre, il faut réaliser que le Québec est quand même entouré d'un océan
anglophone. On est 9 millions dans une mer de presque 400 millions
d'anglophones, et donc le français sera toujours fragile. Et on doit agir sur
le français, on doit franciser nos immigrants et on doit s'assurer de respecter
les droits de notre communauté historique.
M. Fontecilla : Est-ce que vous considérez que l'utilisation...
faire le choix d'utiliser l'indicateur de la langue parlée à la maison
est le bon choix pour diagnostiquer l'état du français au Québec, là?
M. Skeete : Je suis d'accord avec ce que le ministère de la Langue française et
l'Institut de la statistique utilisent comme données.
M.
Fontecilla : C'est une donnée parmi d'autres...
M.
Skeete : Vous avez raison.
M.
Fontecilla : ...parce qu'il y a... sur ce terrain-là, il y a la langue
parlée à la maison, il y a la langue parlée dans le public. Mais ce qu'on
remarque, c'est que, dans les discours de plusieurs de vos collègues et
peut-être vous, ça, c'est à vous de nous le confirmer, vous utilisez l'indicateur
très spécifique de langue parlée... de la langue parlée à la maison comme
indicateur du déclin du français. Est-ce que vous êtes d'accord avec le fait
que la langue parlée à la maison est l'indicateur de la vitalité ou du déclin
du français au Québec?
M. Skeete :
Bien, je vais répondre comme le collègue, il y a plusieurs indicateurs qui
indiquent le déclin du français. Celui-là, il en est un, effectivement.
M. Fontecilla :
Est-ce que c'est le principal?
M. Skeete :
C'est un important indicateur.
M. Fontecilla :
C'en est un... Pour vous, qu'est-ce qui est important, est-ce que c'est...
c'est la langue parlée à la maison ou la langue parlée en public, là?
M. Skeete :
La langue parlée à la maison, la langue parlée en public, la dernière
langue d'enseignement sont tous des indicateurs de la vitalité du français, et
individuellement dressent un portrait, ensemble dressent un portrait.
M. Fontecilla :
Donc, pour vous, l'effet qu'il y ait beaucoup de familles qui parlent
anglais à la maison pourrait constituer une menace pour la vitalité du
français?
M. Skeete : C'est
un variable comme plusieurs autres. C'est une donnée statistique, froide, sans
nuance, qui doit être considérée dans l'ensemble du portrait, qui inclut
les autres variables que je vous ai données et plusieurs autres.
M. Fontecilla : Et
les données concernant la langue utilisée, la langue publique, là, dans le
travail, dans l'espace public, etc.,
là, est-ce que vous avez constaté qu'il y a une amélioration ou une
détérioration de la... sur cet indicateur-là?
M. Skeete : Ce
qu'on voit, c'est, dans le meilleur des cas, une stagnation puis peut-être une
légère amélioration, mais c'est difficile de voir une tendance, parce
que les données, elles varient à tous les jours, là. Mais, je dirais, mon... le mot le plus proche, ce serait une
stagnation puis une pression constante par rapport à l'influence de l'anglais,
notamment causée par les médias sociaux, les grandes plateformes numériques, et
tout ça, qui mettent une pression énorme sur le français.
M. Fontecilla :
Très bien. Je vais changer de sujet. On nous... on a fait des rencontres avec
des enseignants de réseaux d'éducation anglophone qui nous ont dit que l'écoute
envers le réseau anglophone, de la part de votre gouvernement, s'est beaucoup dégradée avec l'ancien ministre de
l'Éducation... de l'Éducation, le député de Lévis, donc manque de
consultations, apprendre les projets du gouvernement dans les médias, etc., là.
Est-ce que vous
avez... est-ce que vous avez... vous êtes au courant qu'il y a un sentiment de
dégradation des relations du gouvernement envers les commissions scolaires et
le milieu de l'enseignement anglophone? Est-ce que vous avez fait des
représentations auprès de la ministre actuelle pour améliorer ces relations-là?
M. Skeete :
Bien, la question sous-entend une détérioration. J'ai déjà évoqué au
collègue que je ne suis pas au courant de la détérioration particulière. S'il
veut me le dire, parfait, je suis à l'écoute. Comme j'ai dit, comme toute
interaction gouvernementale, des fois, des membres de la société civile sont
d'accord, des fois ils ne sont pas d'accord. Il fait le constat que ça s'est
dégradé, c'est son constat, M. le Président.
M. Fontecilla :
Tout particulièrement dans le monde de l'éducation, comment vous
assurez-vous que les besoins des Québécois d'expression anglaise... que les
besoins de ces communautés-là sont... soient pris en compte, là, par les
décisions que votre gouvernement prend par rapport spécifiquement au monde de
l'éducation?
M. Skeete :
Bien, comme je disais tantôt à la collègue du Parti libéral, je pense
que... quand on parle notamment d'étendre la loi 101 puis de s'assurer
qu'en région il n'y ait pas d'impact pour les cohortes qui peuvent avoir lieu
en région, où est-ce que, peut-être à cause de ce changement-là, il pourrait y
avoir un... une diminution du nombre de participants, qui ferait en sorte qu'il
n'y aurait pas de cohorte, bien, ça, ça causerait un problème dans la
communauté. Et donc je m'attarde à m'assurer... pour être sûr que les Québécois
d'expression anglaise continuent d'avoir accès à des cours de formation, pour
être sûr qu'on n'enlève rien à cette communauté-là. Donc, on est très à
l'écoute et à l'affût de qu'est-ce qu'il peut se passer dans le gouvernement
pour être sûrs qu'il n'y a pas des impacts invoulus sur cette communauté-là.
• (12 h 40) •
M. Fontecilla :
Concrètement, qu'est-ce que vous faites, là, quand vous dites : Je
m'attarde à considérer ces questions-là?
Bien, quel est le lien... Une fois que vous avez constaté une situation, est-ce
que vous communiquez avec vos collègues, là, pour manifester ces... vos
préoccupations?
M. Skeete :
Bien oui. La réponse, c'est oui.
M. Fontecilla : Est-ce qu'on peut dire
que la communauté anglophone... est-ce que vous, en tant que ministre,
dans cette thématique-là, vous êtes, comment dire, l'intermédiaire de la
communauté anglophone auprès de votre gouvernement et que vous effectuez les
rencontres et vous communiquez les doléances de la communauté envers les autres
membres du gouvernement?
M. Skeete :
Bien, pas tant les doléances que de soulever les enjeux que la communauté
nous exprime parfois. J'ai donné des exemples. J'allais évoquer l'absence d'un
collègue, M. le Président, je vais m'empêcher de le faire. Plus tôt, il y avait
un collègue ici qui avait une question, et j'ai parlé justement des écarts
qu'ils peuvent avoir et comment on agit pour réduire ces écarts-là. Donc, on
agit concrètement, souvent, tout le temps pour être sûrs que les décisions
gouvernementales, qui peuvent avoir plein leur sens dans 90 % des cas,
n'auront pas un impact sur des Québécois d'expression anglaise à cause de la
langue, puis on s'attarde à ça. Et donc c'est mon travail de suivre de près ces
décisions gouvernementales là pour être sûrs qu'on est au courant, qu'on les
voit venir et qu'on agit pour limiter les impacts.
M.
Fontecilla : Et les commissions scolaires anglophones ont souvent,
comment dire, ferraillé du point de vue juridique, là, avec le gouvernement,
là, concernant leur fonctionnement, leur nature même, là. Et d'ailleurs ils ont
gagné en cour, là, concernant leur existence, là, ce que... Mais, dans le
projet de Constitution 1, porté par votre collègue ministre de la Justice,
là, on considère que les commissions scolaires anglophones feraient partie des
groupes ne pouvant plus contester tout projet de loi du gouvernement, ce qui
suscite une opposition forte dans les commissions scolaires et, au-delà, dans
les communautés d'expression anglaise, là. Est-ce que vous avez fait part de
ces préoccupations au ministre de la Justice, là?
M. Skeete : Oui.
M.
Fontecilla : Oui. Est-ce que vous avez été entendu?
M. Skeete : Bien, vous avez vu, comme
tout le monde, le dépôt du projet de loi. On a discuté avec le ministre
de la Justice des enjeux. Il y a eu une bonification du point de vue de la
participation des Québécois d'expression anglaise dans les préambules pour
s'assurer qu'on n'ait pas d'impact à la communauté d'expression anglaise. Donc,
moi, j'ai reçu une grande écoute du ministre de la Justice à ce niveau-là.
Alors, oui.
M. Fontecilla : Mais est-ce que la
disposition, dans le projet de loi n° 1, concernant le fait que les commissions
scolaires ne pourront plus contester une loi édictée par le gouvernement,
est-ce que ça apparaît encore, non, dans le projet de loi n° 1? C'est
toujours... Est-ce que...
M. Skeete :
Bon...
M.
Fontecilla : Mais c'est fortement contesté. Est-ce que vous avez
essayé de convaincre le ministre de ne pas inclure les commissions scolaires
anglophones?
M. Skeete : Bien, les commissions
scolaires, M. le Président, comme on l'a dit plus tôt, sont élues. Ils ont le
droit d'avoir des opinions et de les faire valoir. S'ils veulent
utiliser l'argent qu'ils reçoivent des taxes des contribuables anglophones à
ces fins-là, pour contester les décisions du gouvernement du Québec, c'est leur
choix. Et donc il s'agit là d'un différend.
M. Fontecilla :
C'est leur choix, mais est-ce que, selon vous, ça devrait... est-ce que
c'est un droit qu'on devrait protéger?
M. Skeete : C'est
un droit qu'ils ont, le droit de contester. On a une opinion, nous, avec le
projet de loi qu'on a déposé, sur une loi constitutionnelle qui vient
chapeauter toutes les lois du Québec, et additionner, et donner des droits aux Québécois, entre autres des Québécois
d'expression anglaise, pour enchâsser le droit d'apprendre le français,
de vivre en français et aussi de permettre à la communauté d'expression
anglaise d'être reconnue expressément dans une constitution. Donc, il y a des
gains à l'intérieur du projet de Constitution, il y a aussi des différends qui
peuvent avoir lieu, mais c'est à la commission scolaire de justifier sa raison
pourquoi elle va en cour.
M. Fontecilla : Tout à fait, mais vous
enlevez concrètement un droit fondamental, celui de contester des décisions gouvernementales,
aux commissions scolaires anglophones. Est-ce que vous êtes d'accord que
vous... votre projet de loi retire ces droits-là aux commissions scolaires?
M. Skeete : Je ne suis pas d'avis
qu'on ne retire rien. Les commissions scolaires vont maintenir le droit de
pouvoir contester en cour, et c'est leur choix de le faire.
M. Fontecilla : Si le projet de loi n° 1 sur la Constitution est
adopté, les commissions anglophones n'auraient plus ce droit-là. Donc,
il n'y a pas de maintien, on leur retire un droit.
M. Skeete : Vous me parlez d'un
différend aujourd'hui ou vous me parlez d'un différend hypothétique?
M. Fontecilla : Le
projet de loi n° 1 prévoit que certains groupes, dont les
commissions scolaires anglophones, ne pourront plus contester une loi du
gouvernement du Québec. C'est un retrait objectif, là. Est-ce que...
M. Skeete : OK. Non, mais c'est
parce que... vous me parlez qu'ils n'ont pas le droit aujourd'hui ou vous me
parlez du droit qui s'en vient, là?
M. Fontecilla : ...la loi n'étant...
n'ayant pas été adoptée, ils ont encore le droit, mais, si la loi est... la loi
de la Constitution est adoptée, elles n'auraient plus le droit de contester.
Est-ce que vous êtes d'accord avec cette possibilité-là?
M. Skeete : Je fais partie du
gouvernement, je suis d'accord avec ce qui a été déposé.
M.
Fontecilla : Donc, vous êtes... vous, en tant que, comment
dire, chargé des relations avec les communautés d'expression anglaise,
là, vous êtes d'accord de retirer un droit de contester de la part des
commissions scolaires anglophones. C'est ce que je comprends.
M. Skeete : J'ai déjà répondu à la
question.
M. Fontecilla : Donc, vous êtes
d'accord.
M. Skeete : J'ai déjà répondu à la
question...
M. Fontecilla : Parfait. Et est-ce
que... La première ministre a soulevé la possibilité de présenter un projet de
loi étendant... qui étend les dispositions de la loi 101 à la formation
professionnelle, dont une partie substantielle se... qui sont constitués par
des adultes, là. Est-ce que vous avez évalué les impacts de cette mesure-là, si
jamais ce projet de loi va de l'avant, là,
auprès des communautés d'expression anglaise, là, comme sur la diplomation, la
requalification des adultes fréquentant les centres anglophones
d'éducation? Est-ce que vous avez fait des études ou vous entendez faire une étude
d'impact sur les communautés d'expression anglaise?
M.
Skeete : On s'attarde à ce qu'il n'y ait pas d'impact pour
la communauté d'expression anglaise. On voit ça comme une opportunité pour les
immigrants de se franciser davantage. Donc, pour nous, c'est une avancée
importante.
M. Fontecilla : Il y a les immigrants,
c'est une question, mais, si vous êtes... Est-ce que vous allez obliger les
adultes issus des communautés d'expression anglaise, là, qui suivent des cours
de formation professionnelle, de le faire en français?
M. Skeete : J'ai... je m'excuse, je
n'ai pas entendu la question.
M.
Fontecilla : Donc, est-ce que... si vous allez de l'avant, là,
avec l'obligation de... que la formation professionnelle soit donnée
uniquement en français, est-ce que vous allez... est-ce que ça va faire en
sorte d'empêcher des membres des communautés d'expression anglaise de suivre
des cours en français et non plus en anglais?
M. Skeete : Non. Pour être clair, la
communauté d'expression anglaise n'est pas sujette à ce changement-là. Donc, un
Québécois d'expression anglaise qui a le droit aujourd'hui de suivre une... un
cours en anglais va maintenir ce droit-là.
M. Fontecilla : Donc, les membres
des communautés d'expression anglaise ne sont pas... ne seraient pas touchés
par cette éventuelle loi?
M. Skeete : Non.
M. Fontecilla : C'est très bien.
Le Président (M.
Bachand) : ...de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : La question des
surplus des communautés... des commissions scolaires, vous imposez des
restrictions. Pourquoi ne pas leur donner la liberté d'utiliser les surplus des
commissions scolaires anglophones?
Le Président (M.
Bachand) : Très rapidement, M. le ministre.
M.
Skeete : Les surplus? Je ne suis pas sûr...
M.
Fontecilla : Les surplus de fonctionnement.
M. Skeete : Je
ne sais pas de quoi vous parlez. Je ne suis pas un spécialiste dans le domaine
de l'éducation. On est ici pour les Québécois d'expression anglaise. Je ne suis
pas sûr de comprendre la question. Peut-être, on peut le prendre en délibéré.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Merci
beaucoup.
M.
Fontecilla : S'il vous plaît.
M. Skeete :
Je ne le sais pas.
Le
Président (M. Bachand) : Afin de préserver
le temps de l'opposition officielle, j'aurais besoin d'un consentement pour
ajouter sept minutes à la séance. Consentement?
Des voix :
Consentement.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée de D'Arcy-McGee, pour
17 min 47 s, s'il vous plaît.
Mme Prass : Merci,
M. le Président. Vous avez dit que vous êtes tout à fait d'accord avec tout ce
qui est... tous les éléments qui sont dans la Constitution que votre collègue a
présentée. Deux choses. Il y a une mention de la communauté anglophone dans le
préambule uniquement. Et, tandis que la Constitution canadienne protège les
minorités francophones dans le reste du Canada, le projet de loi que vous avez
présenté... que votre gouvernement a déposé ne fait aucune... ne fait pas cette
réciprocité pour la communauté minoritaire anglophone du Québec. Même Daniel Turp, ancien ministre péquiste, a indiqué,
lors des consultations, qu'il faudrait enchâsser certains droits collectifs
individuels des anglophones. Donc, vous avez dit que vous êtes à l'aise avec
ça.
Est-ce que vous...
pour vous, est-ce que ça concorde avec le rôle que vous avez, en tant que
ministre pour les relations avec les communautés anglophones, de ne pas avoir...
ou peut-être vous l'avez fait, vous pourrez me le dire. Est-ce que votre
collègue est venu vous consulter pour... à savoir quel rôle la communauté
anglophone devrait avoir à l'intérieur de la Constitution et quelle protection?
M. Skeete : ...d'expression
anglaise sont des Québécois à part entière, et donc une constitution qui vise à
protéger les droits collectifs québécois les inclut. Donc, la mention dans le
préambule est suffisante, selon moi, pour accorder cette différenciation-là,
pour dire qu'on doit quelque chose à la communauté d'expression anglaise, qui
est minoritaire au Québec et qui fait partie
de notre histoire. Et donc, oui, ils vont avoir tous les avantages d'être
Québécois qu'un Québécois francophone.
• (12 h 50) •
Mme Prass : Alors,
pour vous, l'unique mention dans le préambule, pour vous, c'est une protection
qui est suffisante pour que la communauté sente qu'ils vont être protégés,
comme vous le dites?
M. Skeete : Bien, je vais poser la
question à la collègue : Que c'est qu'elle aurait fait, elle? Que c'est
qu'elle... que c'est qu'elle aurait
inclus de plus pour satisfaire la communauté d'expression anglaise, à part les
nommer nommément puis ensuite enchâsser des droits qui appartiennent à
tout le monde? Pour moi, c'est suffisant.
Mme Prass : J'ai
une question pour vous. On a une élection qui s'en vient, référendum possible
dans les prochaines années. Vous allez voter de quel bord?
M. Skeete : Bien,
la question est drôle, parce que, pour moi, le Parti libéral fait toujours ça.
En cas de doute, quand ça va plus ou moins bien ou en cas de problème, on
revient dans les vieilles chicanes, M. le Président. Oui, non; rouge, bleu;
diviser les Québécois. Puis moi, je ne vais pas jouer dans ce film-là. Je vous
le dis tout de suite, là, il n'y aura pas de
réponse de ma part à ce sujet-là, parce que les Québécois sont tannés d'en
parler, puis moi le premier, je suis tanné d'en parler.
Mme Prass : Bien, nous aussi, parce
que nous, on ne veut pas de référendum non plus. On veut gérer le Québec
et gouverner le Québec...
M. Skeete : Non,
non, mais vous voulez la bataille référendaire.
Mme Prass : Non,
on ne le veut pas.
M. Skeete : Vous,
vous voulez vivre dans un monde où est-ce que...
Mme Prass : Non,
ça ne nous intéresse pas. On veut gérer le Québec. On veut gérer le Québec puis
on veut gouverner le Québec pour tous les Québécois et les Québécoises. Ce
n'est pas question de retourner dans les vieilles chicanes. Nous, on est le
parti progressiste, puis on va de l'avant, puis on va pour le futur. Question
pour vous. Vous avez fait Corner Booth dernièrement et...
M. Skeete : Une expérience fort
agréable, en passant.
Mme
Prass : Oui, et justement je vous remercie, parce que vous
êtes le seul ministre du gouvernement de la CAQ qui accepte de faire des
entrevues auprès des médias anglophones. Et, quand vous étiez là, vous avez dit
vous-même que vous avez eu une discussion
avec l'équipe de communication, je pense, vous avez précisé de la première
ministre, parce que vous avez convenu qu'elle ne fait pas de médias
anglophones, elle ne s'adresse pas à la communauté anglophone. Et vous avez dit, je vous cite : «She needs to reach out to the
Anglo community, and that's what I told her staff. And there is a strategy or
rollout that's coming.»
Can you share with us what that
strategy is and can you share with us, when you say she needs to reach out to
the Anglo... English-speaking community, what would you be your advice to her
team on that?
M.
Skeete : Bien, pour être clair, M. le Président, on m'a
posé la question pourquoi la première ministre n'avait pas fait des
entrevues encore avec la communauté d'expression anglaise. Puis je lui ai
répondu très clairement que, dans la séquence aller aux États-Unis, aller à
Paris, nouvellement première ministre, avec toutes les entrevues qu'elle avait
et la séquence qu'on avait devant nous, ce n'était pas par manque d'intérêt ou
de désir de le faire, c'était une question d'essayer de trouver un moment pour
le faire. Et c'est ce que j'ai dit aux gens de Corner Booth. Alors, je n'ai pas
insinué que ça ne lui tentait pas puis je n'ai pas insinué qu'elle ne voulait
pas. C'est juste une question de temps avant que ça se fasse.
Mme Prass :
But when you say that she needs to
reach out to the English community, it's because she's not doing it. So, therefore you do...
M. Skeete :
Non, l'interprétation de la collègue,
elle est fausse.She needs to reach out to the community like I need to reach
out to the community, like everybody. Alors, tout le monde doit tendre
une main à la communauté d'expression
anglaise, parce qu'ils font partie intégrante du Québec. Alors, oui,
éventuellement, Mme la première ministre va avoir des entrevues en
anglais, c'est sûr.
Mme Prass : Mais c'est une
reconnaissance qu'elle n'a pas faite jusqu'à présent. Because,
if she needs to reach out, it's because she hasn't.
M. Skeete : Il va y avoir des rencontres
avec les médias anglophones prochainement.
Mme
Prass : Puis justement vous avez dit qu'il y avait un
«rollout» qui s'en venait. Pouvez-vous nous partager un petit peu
comment ça va se dérouler?
M. Skeete : Non, non.
Mme Prass : Non. OK. Excellent. Vous
avez également mentionné, lors de Corner Booth, que, pour la première fois, Montréal avait une majorité de... a
majority of English speakers, and you even said that it's a 60-40 ratio.
I would be very curious what you... what data you based that
on, because the last census number that I have do not match that at all. And to
say that not only are they a majority, but it's 60-40, when you're speaking as
Minister responsible for Relations with English community, and you put out
statistics like that, without... I mean, I don't have any factual evidence. I'd
like to see what factual evidence you have to prove that.
M. Skeete :
I'll make sure to get the data.
Mme Prass :
May I ask you where you got the data
from?
M.
Skeete : C'est des statistiques du gouvernement du Québec,
qui nous a... qui nous informent à ce niveau-là. C'est... puis je fais
mention honorable, c'est majoritaire, mais je ne suis pas certain exactement du
chiffre, donc je vais vous revenir.
Mme
Prass : Oui, mais, s'il vous plaît, je voudrais voir ces
chiffres-là, parce que je vous avoue que... très étonnant de voir ça.
Également, on a mentionné plus tôt... Là, je vous demande si vous êtes prêt à
vous engager auprès de vos collègues. Est-ce que vous êtes prêt à vous engager
auprès de votre collègue ministre de l'Emploi pour une rencontre avec PERT?
Le Président (M.
Bachand) : ...engager à donner des
chiffres, là, concernant la majorité, là? Peut-être faire parvenir ça à la
commission.
M.
Skeete : Oui, on va vous donner ça, M. le Président.
Le
Président (M. Bachand) : Merci.
M. Skeete : Il
a mon numéro de téléphone personnel, M. Salter. Il peut m'appeler.
Mme Prass : Mais
c'est le ministre de l'Emploi qui veut le rencontrer, parce que leur dossier
relève de... Vous avez dit tantôt : Les groupes anglophones viennent nous
voir, puis ils pensent qu'on est la réponse pour tout. Mais justement PERT
comprend qu'eux, leur enjeu, c'est l'emploi. Ce n'est pas en venant vous voir
que le rapport qu'ils ont produit va avancer ou qu'ils vont avoir des
programmes de soutien à l'emploi. Donc, je vous demande si vous êtes prêts à
vous engager à parler à votre collègue et lui demander de les rencontrer.
M. Skeete : Je
vais le faire, M. le Président.
Mme Prass : Parfait.
Et je vous demanderais la même chose auprès de votre collègue de l'Éducation
pour une rencontre avec les EMSB and QESBA.
Également, hier
soir... ce matin est sorti un article dans la Gazette qui nous
dit : Québec urged to scale back English on its websites, et que
justement le Commissaire de la langue française a demandé... il a dit qu'il y a
trop de français sur les sites Web du
gouvernement, y compris ceux en matière de santé, y compris ceux en matière
d'emploi, d'éducation, etc.
Est-ce que vous
pouvez confirmer que votre gouvernement ne va pas exiger des pièces d'identité
ou d'éligibilité aux Québécois? Parce que, normalement, selon vous, c'est les
anglophones historiques qui auraient accès à ces... cette information-là. Donc,
allez-vous mettre en place, justement, des exigences pour qu'une personne ait à
démontrer qu'ils sont anglophones historiques pour avoir accès aux pages Web en
français du... en anglais du gouvernement?
M. Skeete : Non.
Mme Prass : Non. Parfait. Est-ce que
vous pouvez confirmer si votre gouvernement prévoit réduire l'information
disponible en anglais sur les sites Internet, et, si oui, sur lesquels?
M. Skeete : On va continuer à suivre
la loi qui nous indique que le gouvernement du Québec doit être exemplaire.
Puis on n'a pas l'intention de ne demander
des preuves à personne et on va respecter le droit des Québécois d'expression
anglaise à obtenir des soins de santé.
Mme Prass : Alors,
par exemple, quand un membre de la communauté anglophone va aller sur le site
de Santé Québec ou leur CIUSSS local, OK, on va enlever Santé Québec, leur
CIUSSS local, les informations qui sont déjà disponibles en anglais vont toujours
être disponibles, parce que, là, on parle de santé et services sociaux.
M. Skeete : M. le Président, il y a
tellement de sites Web disponibles, je ne peux pas... je ne peux pas répondre
à cette question-là clairement. Si la collègue a une question précise par
rapport à quel site, quelle information, ça va me faire plaisir de
l'accompagner pour aller chercher la réponse. Mais je ne peux pas m'engager que
tout va rester pareil, ou changer, ou améliorer, ou dégrader. Je n'ai pas... je
ne peux pas. Si vous avez une question précise, on peut la regarder ensemble.
L'intention du gouvernement est, un, d'être exemplaire en matière de langue
française et, deux, protéger les droits et l'accès à la santé des Québécois
d'expression anglaise.
Mme Prass : C'est
surtout en matière de santé que ma question se pose. Là, vous avez passé... Si
je ne me trompe pas, le premier mandat, vous étiez l'adjoint parlementaire du
premier ministre en matière de la communauté anglophone, tout le mandat,
n'est-ce pas?
M. Skeete : ...2018
à 2022, j'étais l'adjoint parlementaire.
Mme Prass : Oui,
parfait. Et là ça fait depuis l'automne que vous avez...
M. Skeete : Depuis
septembre.
Mme Prass : Oui, depuis septembre que
vous avez le rôle de ministre. Et justement, pour vous, quel est le rôle
que doit jouer le ministre des Relations
avec les communautés d'expression anglophone à l'intérieur du gouvernement?
M. Skeete : De
porter les intérêts, la voix de la communauté d'expression anglaise, surtout
pour s'assurer, à l'intérieur des décisions gouvernementales, qu'il n'y ait pas
des angles morts qui pourraient affecter le traitement et l'expérience des
Québécois d'expression anglaise par rapport à l'expérience qu'ils méritent de
recevoir en tant que Québécois à part entière. Et donc c'est de m'assurer de ça
au quotidien.
Mme Prass : Donc, est-ce que vous
intervenez parfois auprès de vos collègues pour donner ce point de vue là?
M. Skeete : Bien
oui.
Mme Prass : Oui.
Est-ce que vous pouvez nous donner un exemple d'un programme ou une politique,
justement, pour lequel vous avez été consulté et qui a repris cette réalité-là
pour prendre en considération la réalité de la communauté d'expression
anglaise?
M. Skeete : Bien,
quand on a vu que le secrétariat a continué d'être financé assez généreusement,
c'est la preuve que le ministre des Finances
écoute. Quand on... quand je vous disais plus tôt aussi que, lors de
l'extension du projet de loi de la langue française aux cours
professionnels... de s'assurer que ça n'ait pas d'impact dans les cohortes
anglophones qui vont être maintenant peut-être minoritaires et donc peut-être
même annulées. Il faut s'assurer qu'il n'y ait pas d'impact pour la communauté
d'expression anglaise. C'est le genre de choses que je fais au quotidien dans
les projets de loi.
Mme Prass : Donc, vous vous engagez
qu'il n'y ait pas d'impact, justement, pour les cohortes, comme vous...
ce que... exactement ce que vous venez de vous... dire, vous engage à vous
assurer auprès de vos collègues?
M. Skeete : L'objectif
est de franciser les immigrants qui viennent au Québec.
Mme Prass : Donc,
vous vous engagez...
M. Skeete : Les
Québécois d'expression anglaise ont le droit de recevoir cette formation-là en
anglais.
• (13 heures) •
Mme Prass : Donc, vous vous engagez
que, du côté des cours de... pour l'éducation pour adultes et formation, qu'il n'y aura pas de diminution des cours ou des
différents programmes qui seront offerts aux membres de la communauté
anglophone historique et que, donc, les écoles n'auront pas à devoir fermer des
programmes parce qu'il y aurait un manque de présence... de participation,
plutôt?
M. Skeete : Oui. Peut-être, je
présume de la mauvaise foi de la collègue, ça fait que je vais... je vais le
dire dans mes mots au lieu de prendre les siens, l'intention du
gouvernement est de s'assurer qu'on francise les immigrants et de s'assurer que
les Québécois d'expression anglaise continuent d'avoir accès à des cours en
anglais.
Mme Prass : Quand vous aviez... quand vous étiez adjoint parlementaire du premier
ministre dans ce dossier, le gouvernement sortant à l'époque... En 2018,
la ministre qui avait le même... la même responsabilité que vous, c'était
Kathleen Weil, et elle, à cette époque-là, elle avait fait une tournée de la
province, justement, pour développer un plan
d'action pour la communauté anglophone. Je suis curieuse. Il me semble, puis
vous pouvez me le confirmer ou non...
est-ce que vous n'avez pas, quand vous étiez adjoint parlementaire, fait des
rencontres similaires, des consultations similaires, justement?
M. Skeete : En 2019, j'ai fait une tournée panquébécoise justement pour aller
chercher le pouls de la communauté d'expression anglaise, puis beaucoup
de nos recommandations ont été reprises par plusieurs d'autres ministères, et
donc c'est déjà fait, collègue.
Mme Prass :
Pouvez-vous me donner des exemples de recommandations qui ont été reprises dans
d'autres ministères?
M. Skeete :
Bien, elles sont toutes implantées, là. Donnez-moi une seconde. La bonification
du budget, le financement de RDN, entre autres, des mesures, dans le PAGAC, qui
allaient toucher l'emploi, et j'en laisse, là. Je peux vous donner la liste si
vous voulez, collègue, mais il y a eu énormément de retombées, suite à cette
tournée-là, et beaucoup d'engagement de la communauté.
Mme Prass : Parce que ce que j'entends beaucoup, c'est : On a pu obtenir plus
d'argent, le ministre des Finances... les budgets qui ont augmenté, qui
est important, mais j'entends moins des programmes dans lesquels...
M. Skeete :
Ah! bien là, si vous voulez des programmes, je peux vous en nommer, là.
Écoutez, ce n'est pas rien, M. le Président, là, hein, 1,9 million à
14 millions d'augmentation. Puis qu'est-ce qu'on a fait avec ça?
J'ai fait une annonce
récemment pour faire de l'accompagnement. On appelle ça le Patient Navigator.
Le Patient Navigator... On le sait que nos
communautés, surtout en région, sont vieillissantes. On le sait que les
populations... les jeunes sont partis en ville, puis là on reste avec
des personnes qui sont plus âgées, puis on le sait aussi que, quand c'est notre
deuxième langue, bien, on perd nos acquis au fil des années.
Et donc ce qu'on voyait, c'était un impact sur la
santé des Québécois d'expression anglaise, surtout vieillissants, en
région. Le Patient Navigator sert à accompagner ces personnes-là avec un...
avec quelqu'un qui va aller avec eux à l'hôpital poser les questions difficiles,
interpréter ce qu'on lui dit et aussi traduire, le cas échéant, à la personne
pour être sûr que, parce qu'on parle anglais en région, on n'a pas des
impacts sur notre santé qui sont néfastes.
Et donc, ça, c'est un
exemple où est-ce que, récemment, on a déployé, dans plusieurs régions, je
pense, c'est neuf régions, la Patient Navigator, puis c'est quelque chose qui
est très apprécié et qui a un impact direct encore une fois pour construire un
pont entre l'écart qui existe sur les services qu'on devrait s'attendre à
recevoir en tant que Québécois et les services qu'on reçoit à cause qu'on parle
anglais.
Ça, c'est un exemple. On travaille actuellement à
mettre en place un programme sur la santé mentale. Il y a des enjeux
particuliers de la santé mentale qui affectent les Québécois d'expression
anglaise, qui sont similaires aux Québécois francophones, mais un peu
différents dans leurs mesures et dans leurs impacts, et on tente d'agir sur ces
variables-là. Donc, ça, c'est deux programmes qui sont en cours actuellement et
qui vont être annoncés bientôt, là, et donc on travaille là-dessus aussi.
Mme Prass :
Bien, je trouve ça très intéressant puis très utile, mais aussi ça démontre
que, quand il y a une volonté de vouloir
consulter la communauté et comprendre leur réalité... que vous pouvez le faire,
mais, avec certaines lois, comme celle qui va être déposée, sur
l'application de la loi 101 pour l'éducation des adultes et la formation,
bien là, la question de consulter en amont est moins importante même si ça les
affecte directement.
TALQ, que vous
connaissez sûrement, anciennement QCGN, pour la première fois, cette année,
lors des consultations prébudgétaires, n'ont pas été consultés. Normalement,
quand c'était... Bien, dans toutes les années auparavant, ils ont fait partie
des consultations prébudgétaires, et, cette année, ça n'a pas été le cas. En
fait, ça a fait partie de leur communiqué suite au dépôt du budget de votre
collègue ministre des Finances.
Je voudrais savoir,
pour vous, est-ce que ça va être la façon de faire? Pourquoi est-ce que, cette
année, ils n'ont pas été consultés, comparé aux années précédentes?
M. Skeete :
Le ministre des Finances est une personne, c'est... On ne peut pas consulter
tout le monde. Par contre, on reçoit des mémoires qui sont, eux, lus par soit
M. Girard, soit son équipe, soit le ministère pour être sûrs que tous les
points de vue soient considérés, mais malheureusement il est impossible, pour
le ministre des Finances, de rencontrer tout le monde personnellement.
Mme Prass :
Mais je vous rappelle qu'il les a rencontrés dans les trois... cinq dernières
années, si je ne me trompe pas. Donc, ça fait partie de sa réalité.
M. Skeete :
C'est la preuve que ce n'est pas une fermeture, c'est juste... puis ça... ce
n'est pas possible de rencontrer tout le monde. Je pense que le fait qu'on les
a rencontrés aussi souvent témoigne de l'importance de leur point de vue. Ça ne
veut pas dire pour autant que leur mémoire n'a pas été consulté, interprété et
analysé, puis la preuve, c'est qu'on a continué à financer le secrétariat au
même niveau ou presque que les années précédentes parce que c'était important.
Mme Prass : Et, je suis curieuse,
pour vous, est-ce que c'est quelque chose que vous envisagerez, par exemple,
d'avoir ce... parce que... d'avoir ce
rôle-là? Est-ce que vous n'auriez pas dû justement faire... dû faire une petite
consultation auprès de RDN, en
région, de TALQ, etc., parce que, si votre collègue n'a pas le temps de les
rencontrer... pour au moins donner la
perspective des besoins budgétaires de la communauté d'expression... des
communautés d'expression anglophone?
Le
Président (M. Bachand) : ...secondes, M. le ministre, quelques
secondes.
M. Skeete : Bien,
la réalité, M. le Président, c'est qu'on les consulte tout le temps et en
continu. Donc, j'ai... beaucoup des enjeux qu'ils ont soulevés, je les connais.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Merci
beaucoup.
Documents déposés
Cela dit, je dépose
les réponses aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures, où elle va
entreprendre le volet Lutte contre le racisme des crédits budgétaires du
portefeuille Relations internationales et Francophonie. Merci.
(Suspension de la séance à
13 h 07)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M.
St-Louis) : Donc, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Lutte contre le racisme des crédits budgétaires du portefeuille Relations internationales et
Francophonie pour l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de
45 minutes a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Bachand (Richmond) est remplacé par M. St-Louis
(Joliette); Mme Garceau (Robert-Baldwin), par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé); Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); et Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Boissonneault
(Arthabaska).
Lutte contre le racisme
Discussion générale
Le Président (M.
St-Louis) : Merci. Nous allons donc procéder à une discussion d'ordre
général, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix des crédits
sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers
14 h 45. Donc, répartition du temps... Nous allons débuter avec la
banquette gouvernementale... non, pardon, l'opposition officielle, désolé. Vous
disposez de 21 min 37 s. La parole est à vous.
Mme Cadet :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, chers collègues.
M. le ministre, donc,
je commencerais avec des éléments qui ont capté notre attention dans
l'actualité récente. D'abord, un article d'hier après-midi, un article de La
Presse, indiquait que la tenue d'une prière musulmane dans un lieu privé à
Trois-Rivières a amené un déferlement de haine sur les réseaux sociaux,
malheureusement. On parle d'une fête qui s'était tenue dans un lieu privé,
donc, en toute légalité, et de quelques dizaines de Québécois de confession
musulmane réunis à l'occasion d'une fête importante.
La police avait confirmé que l'événement se
déroulait sans anicroche, mais, malgré ça, donc, nos concitoyens ont reçu ce type de propos, et je vous les nomme
et, déjà, je vous dis, ce sont des propos difficiles. On peut lire : «Il
faudrait un Bissonnette». On peut lire : «On ferme les barrières et
on met le feu», avec des bonhommes sourire. On peut aussi lire :
«Pourtant, on sait comment se débarrasser de coquerelles.» Vous aurez compris
que j'ai élagué certains des éléments de langage au nom de la décence et du
décorum, mais il y a pire.
Je vous laisse d'abord, M. le ministre, l'occasion
de pouvoir condamner ces propos, ce que... Je vous connais, donc, très,
très actif sur les réseaux sociaux, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de
vous voir réagir à cette situation-là à titre de ministre responsable de la
Lutte contre le racisme.
M. Skeete :
Oui, bien, salutations à la collègue. C'est sûr que c'est des gestes qui...
surtout sur les médias sociaux, malheureusement, qui ne sont pas rares. Vous
allez m'excuser, mais, si on était réduits à répondre à tous les propos
outrageux, racistes, sexistes, violents, on passerait nos journées à faire ça.
Donc, c'est sûr que je condamne sans équivoque des propos ainsi... Je pense que
c'est déplorable, déplorable.
Mme Cadet :
Le maire de Trois-Rivières, pour sa part, lui, il a lancé un appel au calme.
Donc, j'imagine que vous faites de même aujourd'hui.
M. Skeete :
C'est sûr que j'appuie le maire dans son désir d'avoir ses citoyens en
sécurité, et donc, s'il juge bien de faire un appel de calme, je le supporte à
100 %.
Mme Cadet : Évidemment, donc, c'est sûr que ça nous... Ça m'incite donc à poser la
question suivante, à savoir, donc, quelles actions, donc, ont été
entreprises par votre gouvernement pour lutter de façon efficace contre
l'islamophobie, ce que... Ici, je pense que les propos que je vous ai lus, et
bien pires, sont de cette teneur. Je pense qu'on
peut ainsi les nommer. Donc, comment est-ce que vous entrevoyez, donc, les
actions gouvernementales en la matière?
M. Skeete :
Vous savez, nous, le gouvernement, en 2020, on a créé le Groupe d'action contre
le racisme, et le Groupe d'action contre le racisme était une réponse à la mort
tragique de George Floyd à l'époque, et on s'est réunis, des élus
gouvernementaux, pour arriver avec certaines solutions qui feraient bouger
l'aiguille. On ne prétend pas, dans le rapport du Groupe d'action contre le
racisme, qu'on va régler le racisme. Et donc ce qu'on fait, on essaie de mettre
de l'avant le vivre-ensemble. On essaie de mettre de l'avant certains progrès
aussi où est-ce qu'il y a des écarts entre la pleine expérience des citoyens,
comme ils devraient l'entrevoir, que les personnes racisées, ou les personnes
de minorités religieuses, ou peu importe la discrimination qui peut avoir
lieu... On tente de minimiser ça pour favoriser le vivre-ensemble, mais
malheureusement, comme je vous ai dit, je ne prétends pas être le ministre de la fin du racisme. Malheureusement, c'est un poste
qui est nécessaire et qui va continuer de l'être même l'année prochaine.
Mme Cadet :
Malheureusement. Je vous amène maintenant, M. le ministre, donc, sur un autre
dossier qui a défrayé les manchettes cette semaine. Donc, on nous rapportait
que, le 15 mai dernier, le Tribunal administratif du travail a rendu une
décision dans un dossier qui, lui-même, donc, était dans l'actualité en 2022,
une patiente... Je ne sais pas si vous vous souvenez de ça, M. le ministre.
Donc, c'était en février... c'était rapporté dans les nouvelles en février
2022, c'était une patiente âgée, donc, qui avait fait vivre l'enfer, pendant
plus de quatre ans, à des infirmières en soins à domicile et qui leur lançait
des insultes qui sont qualifiées de racistes. On parle ici, donc, d'infirmières
qui relevaient du CLSC de Montréal-Nord, donc, dans ma circonscription.
Et j'ai, donc,
certains éléments du jugement où on comprend très bien, donc, la teneur des
propos. Les infirmières avaient fréquemment dénoncé la situation à l'employeur
à l'époque, et la preuve prépondérante, donc, dans le jugement qui a été publicisé cette
semaine, montrait que l'employeur n'a pas pris assez de mesures nécessaires
pour protéger la santé et assurer la sécurité et l'intégrité physique et
psychique des travailleurs, donc, en vertu de l'article 51 de la Loi sur
la santé et la sécurité au travail. Le tribunal a donc donné six mois à
l'employeur pour apporter des changements
structurels à ses mécanismes internes pour réduire les risques de danger et
mieux les évaluer.
Donc, je vous
ai mis la trame, M. le ministre. Donc, ici, donc, l'employeur, donc, devra
développer des nouvelles méthodes et techniques pour mieux contrôler
puis éliminer, donc, les risques, mais un cas comme celui-ci... Évidemment,
celui-ci s'est passé à l'intérieur du CLSC de Montréal-Nord, mais on comprend
bien que ça peut survenir un peu partout sur le territoire et au sein de
différents organismes publics où les employés de l'État sont en contact avec le
public. Est-ce que vous comptez, à la lumière de ce jugement, offrir des lignes
directrices aux employeurs du secteur public pour leur permettre de mieux
répondre à leurs obligations en matière de protection de l'intégrité psychique
de leurs travailleurs?
M.
Skeete : Bien sûr, les employés de l'État ont le droit de
travailler et d'exercer leur profession sans vivre de telles injures. Ce que je retiens surtout de cet
épisode-là et ce que... je suis vraiment dans ces dossiers-là, c'est :
Est-ce que les mécanismes qu'on a en place ont su relever le défi du
moment? Et ce que je constate, c'est qu'effectivement c'est le cas. Oui, il y a
eu des failles, mais, à l'intérieur des failles, le système a fonctionné.
Je vous donne l'exemple... Je vous approfondis
ma pensée. Il y a une situation intolérable, inacceptable, les employés
revendiquent une correction, correction qui n'est pas entendue, mais, après ça,
on pousse plus loin et on a justice. Pour moi, ça témoigne de la force de notre
système qu'on s'est donné et la capacité de nos... notre gouvernement, à
l'intérieur de la machine, là, je vous parle, de pouvoir arriver avec des issues
qui sont favorables et équitables pour tout le monde.
Et donc j'y vois, dans cette situation
dégueulasse, de la beauté, la beauté qu'on a un État moderne, un État qui est
capable de relever le défi et qui est capable de répondre présent pour enrayer
le racisme. Et donc moi, je m'attends à ce que les autorités locales prennent
acte du jugement et mettent en place les correctifs nécessaires, puis je ne
prétends pas que ça serait la même chose ailleurs. Il y a d'autres employeurs
dans d'autres secteurs qui auraient agi différemment, et certainement
correctement, et, dans ce cas-ci, on a une situation où est-ce que ce n'était
pas le cas, et les correctifs vont devoir suivre suite au jugement.
Mme Cadet : Évidemment, M. le
ministre, le risque zéro n'existe pas, j'en conviens, mais ici, donc, lorsque
vous parlez des mécanismes, on parle quand même, donc, d'une situation qui a
perduré à l'intérieur d'une institution pendant plus de quatre ans, et, par la
suite, donc, ça nous aura quand même pris un autre quatre ans, donc, avant
d'obtenir, donc, un jugement du Tribunal administratif du travail. Donc,
pendant ce temps-là, on a des employés de l'État qui subissent un stress
psychologique, qui se posent différentes questions, et je me dis : Ne
faudrait-il pas... ne serait-il pas opportun, donc, de leur permettre, donc,
d'aboutir, donc, à ce résultat-là un peu plus tôt? Donc, vous l'avez bien
nommé, ailleurs, ça aurait pu se passer différemment parce que l'employeur
aurait pu utiliser d'autres mécanismes internes pour répondre à ses obligations
en vertu de la loi sur la santé et la sécurité au travail.
• (14 h 10) •
M. Skeete : ...souhaité un résultat
plus rapide, hein, mais je suis satisfait que les mécanismes qu'on a en place
ont su répondre présents, et je vais vous donner un exemple, puis, on le sait,
les exemples, ce n'est souvent pas pertinent et mal... On ne peut pas faire de
symbiose ou de similitude entre les cas, là, mais, dans notre système et dans
notre société, on n'accepte pas, avec le contrat social, qu'on vole. On
n'accepte pas que le monde se tue. Ça ne veut pas dire que ça n'arrive pas. Ce
qui est important, c'est que la justice soit rendue, que les gens comprennent
que, s'ils agissent ainsi, qu'il y a des
conséquences, que les gens comprennent que la norme, dans notre société, c'est
qu'on ne fait pas ça.
Dans ce
cas-ci, je ne suis pas en mesure de garantir que ça ne se passe pas
actuellement dans le gouvernement à quelque part d'autre puis je ne peux
pas garantir que ça n'arrivera pas demain. Ce que je souhaite, et ce que je
regarde, et mon métrique, et mon critère, la valeur que je regarde, c'est de
m'assurer que les institutions qu'on s'est données répondent présentes pour
apporter la justice, et, malgré le délai qu'ils ont subi et le stress très réel
que je suis certain que ces employés ont subi, je pense que l'issue de la
justice, après ça, valide les sentiments et donne la pleine expérience
citoyenne à ces gens-là. Et donc je suis satisfait de l'issue de la situation.
Je trouve déplorable qu'on ait eu lieu de l'avoir, mais je ne suis pas en
mesure de garantir que ça n'arrivera plus.
Mme Cadet : Je ne vous demande pas
de garantie, M. le ministre, parce que, bien évidemment, c'est irréaliste,
hein? Donc, c'est impossible qu'on puisse en arriver, donc, à un lieu de
garantie ici, pour avoir lu le jugement au complet puis avoir vu qu'à plusieurs
égards il y avait certains mécanismes qui étaient défaillants. Puis, ici-même,
ce qu'on comprend, là, c'est que l'employeur n'était peut-être pas
nécessairement de mauvaise foi, donc, à toutes
les étapes du rôle qu'il a tenté de jouer, c'est que, là, bon, on a une situation
où on avait des... bon, de la violence psychologique et des situations,
donc, de racisme, donc, à l'égard, donc, des travailleuses, qui étaient
répétées, qui étaient soutenues. Donc, on comprend ici que l'employeur n'avait
pas nécessairement tous les outils pour pouvoir répondre adéquatement à la
situation.
Donc, quand
je pense... quand je prends ce pas de recul là et que moi, comme élue, je
prends acte du jugement, bien, je me dis... je pense qu'il pourrait être
opportun qu'on puisse envoyer un message à l'ensemble de nos différents organismes publics en disant : Voilà, on ne
pourra jamais empêcher toute situation, même lorsque vous êtes de bonne
foi, bien, voilà comment est-ce que ce type de situation là, lorsqu'elle
survient, de façon exceptionnelle, on l'espère... bien,
que vous ayez des balises pour pouvoir y répondre puis qu'à ce moment-ci on ne
se retrouve pas, donc, dans des procédures qui s'éternisent pendant quatre ans.
M. Skeete : Mais
je rappellerais à la collègue qu'on a déjà agi. Avant 2020, un ministre
responsable de la Lutte contre le racisme, ça n'existait pas. C'est
notre gouvernement qui a fait ça. Et on a aussi inclus, dans le rapport du
Groupe d'action contre le racisme, la formation pour l'ensemble de la fonction
publique. Et donc on a créé une formation que les gens peuvent accéder quand
ils veulent, et d'ailleurs j'encourage la fonction publique à mettre de l'avant
cette formation-là, et, en plus, on a lancé des campagnes nationales de
sensibilisation sur la lutte au racisme, des actions qui, avant 2020, étaient,
dans le meilleur des cas, disparates, et, dans le pire des cas, non existantes.
Et donc on a déjà agi pour essayer de faire cette sensibilité-là... cette
sensibilisation-là qui doit exister, puis, encore une fois, ça va continuer,
malheureusement, et l'important, pour moi, c'est qu'il y ait des conséquences
pour ces gens-là et qu'il y ait une issue quand il y a une injustice.
Mme Cadet : J'ai lu votre
rapport. J'ai lu également le bilan. Donc, j'ai donc pu constater, donc, le...
sur la formation. Est-ce que la formation comprend la relation avec les tiers?
Parce que la manière dont c'est indiqué, ça semble être une formation pour les
employés, disponible sur la plateforme Brio. Donc, tout ça est bien indiqué,
avec le montant qu'a coûté la formation, mais, de la manière dont c'est
indiqué, on comprend que ce sont les employés qui sont donc formés pour leurs
relations entre employés. Donc, est-ce que ça comprend la relation avec les
tiers? Parce que moi, ce que je vous... ce que je vous demande ici, là, ce sur
quoi je vous interpelle, c'est de s'assurer que des situations qui se
produisent avec des tiers, donc, qui ne sont pas eux-mêmes des salariés, qui
sont des usagers de nos services publics...
qu'ils puissent également, donc, avoir, donc, des mécanismes, donc, de
prévention pour ce type de situation là.
M. Skeete : Bien, il y avait la formation pour les employés,
bien sûr. Il y avait aussi la campagne de sensibilisation, comme j'ai
dit, mais on n'agit pas juste... Le bureau de la lutte contre le racisme n'est
pas une entité à elle seule. Elle coordonne l'action gouvernementale dans la
lutte contre le racisme, mais, dans ce cas-ci, ce qu'il est pertinent de
rappeler, c'est qu'on a aussi changé et modernisé la CCQ, la manière qu'on
enseigne le vivre-ensemble à nos jeunes, et puis nous, on pense qu'on a fait un
grand pas à l'intérieur de ça. C'était une des recommandations du groupe
d'action, justement, pour essayer de nourrir ce vivre-ensemble-là collectif.
Et donc, comme je vous dis, ce ne sera jamais
parfait. Le gouvernement pourrait toujours, j'imagine, en faire plus, mais je
pense qu'on s'est dotés d'une institution, dans le bureau de la lutte contre le
racisme, qui permet à faire avancer les choses pour les Québécois issus de tout
background culturel et... mais c'est sûr que je ne viens pas devant vous, M. le Président, en affirmant que... Tu
sais, on peut commenter des cas individuels, là, puis je peux avoir une opinion
sur chaque cas, là, mais en ce moment, là, pendant qu'on se parle là, là, il y
a quelqu'un, au Québec, qui subit du racisme, puis que ce soit un commentaire
désobligeant, que ce soit...
Mme Cadet : ...monsieur, je
vous entends. Parce que le temps file... Donc, je comprends que vous êtes en
défaveur de ma recommandation, mais, pendant que vous parlez de CCQ, j'avais
justement une question là-dessus, parce que, dans votre bilan, à la
page 39, on peut lire que le MEQ demeure mobilisé afin de promouvoir
l'éducation interculturelle, de favoriser des pratiques inclusives et de
valoriser le vivre-ensemble. Donc, c'est de ça dont vous me parlez, qui a été
implanté?
M. Skeete : Entre autres, mais
il y a aussi eu le cours, là, de culture québécoise qui a été modernisé.
Mme Cadet : Oui, bien sûr, ça,
je l'entends bien, mais je posais des questions là-dessus parce que j'ai vu ça
dans votre bilan, qui indique que 100 % des actions ont été réalisées,
mais, dans notre demande de renseignements particuliers, à la ligne «Poursuite
de la promotion de l'éducation interculturelle, des pratiques inclusives et de
la valorisation du vivre-ensemble», donc, ce que je viens de vous lire, l'état
d'avancement, c'est indiqué : Abandon de la mesure en 2025-2026. Pourquoi
la mesure a été abandonnée?
M. Skeete : Parce qu'il y a
certains... La liberté académique et la liberté d'enseignement des
professionnels fait en sorte qu'on n'est pas en mesure de contraindre les
professeurs à enseigner x, y, z. On peut donner des barèmes, on peut donner des
grandes lignes. C'est ce qu'on a fait et on a introduit, mais notre capacité
d'exiger, de forcer, de s'assurer était limitée, et donc ce n'était pas quelque
chose qu'on était capables de livrer à 100 %. On a fait le choix,
d'ailleurs, de miser sur le cours de culture québécoise et on a misé sur la
formation des employés et la campagne de publicité pour essayer de passer le
message autrement.
Mme Cadet : OK. Donc, dans le bilan,
quand ça dit que 100 % des actions ont été réalisées et que le MEQ demeure
mobilisé, sur cette ligne-ci, bien, ce n'est plus le cas. Donc, c'est une
erreur dans le bilan.
M. Skeete : ...non, parce qu'on a
quand même introduit la notion, à l'intérieur du ministère de l'Éducation du Québec, qu'il va l'analyser à l'intérieur de
l'institut pour essayer de faire en sorte que ça avance, mais... Ça fait qu'on a
agi dans le sens qu'on a bougé l'aiguille. On a fait avancer les travaux et on
s'est permis d'introduire la notion, mais, je
dois vous dire, ça a été très difficile d'aller chercher la garantie immédiate
que ça allait se faire. Donc, on a travaillé autrement.
On a introduit la question pour s'assurer qu'ils discutent entre eux, et j'ai
bonne espérance que ça va avancer, puis on a agi aussi sur le cours de CCQ pour
nous permettre justement... pas le... bien, le cours de culture québécoise,
pour nous permettre justement d'arriver l'autre bord. Tu sais, ça fait que ça a
été ça, la modification éducationnelle.
Mme Cadet : Merci. L'an dernier, M.
le ministre, vous avez pris connaissance du portrait des jeunes des communautés
noires du Québec, réalisé par l'Observatoire des communautés noires, donc, en
partenariat avec Léger. Donc, c'est dans l'espace public que vous en avez pris
connaissance.
M. Skeete : ...
Mme Cadet : Exactement, c'est ça.
M. Skeete : OK, c'est beau.
Mme Cadet : À titre de rappel, donc,
pas moins de 66 % des jeunes Noirs disent avoir été victimes d'un
traitement injuste dans leurs interactions avec les services publics, que ce
soit en santé, en éducation ou en justice. 83 % des jeunes, donc, sondés
dans ce rapport disaient avoir déjà subi de la discrimination liée à leur
identité. On parle ici de jeunes qui sont redirigés vers des parcours
académiques peut-être moins ambitieux, la minimisation des symptômes de douleur
dans l'accès aux soins de santé, donc, ce type d'exemple ci.
J'aimerais savoir... Donc, ça fait un peu plus
d'un an que vous avez ces données-là en main. Qu'est-ce que vous avez fait pour
y donner suite?
M. Skeete : Vous voulez dire les
données du rapport?
Mme Cadet : Oui.
M. Skeete : Bien, c'est sûr qu'on
continue à travailler pour s'assurer que les Québécois issus de la diversité se
sentent pleinement québécois, et donc c'est la raison pour laquelle on a misé,
dans le Groupe d'action contre le racisme, sur des actions concrètes. Je pense,
on a un écart entre le sentiment d'appartenance des gens issus de la diversité
et les non issus de la diversité par rapport à l'expérience québécoise, et une
partie de ça, c'est le sentiment d'appartenance, se sentir pleinement
québécois. Pourquoi qu'on ne se sent pas comme ça? Comme le rapport l'a dit, on
sent de la discrimination, on vit de la discrimination. Des fois, on se fait
carrément discriminer. Et donc tout ça vient miner le sentiment d'appartenance.
Donc, la
raison pour laquelle le Groupe d'action contre le racisme, pour moi, a été un
véhicule important, c'est qu'on n'était pas dans les paroles, ou les
bonnes idées, ou les bonnes intentions. On était dans les actions concrètes qui nous permettent de bouger l'aiguille, et nous,
on pense qu'en multipliant ces actions-là, de bouger l'aiguille... Le rapport,
c'est une étape. Il devrait y avoir d'autres étapes. Et donc en faisant... en
multipliant ça, on va éventuellement contribuer à construire ce sentiment-là
d'appartenance, mais on part de très loin parce qu'avant il n'y a personne qui
se souciait de ça.
Mme Cadet : On a des jeunes qui nous
disent que ce qui manque, selon eux, ce sont leurs propos, ce sont des systèmes
équitables, des institutions inclusives et des décisions politiques
courageuses. Donc, ce sont des propos qui sont plus récents que le... bien, des
propos, donc, de l'an dernier, alors que... donc, votre groupe d'action dont
vous parlez, donc, qui est en place depuis 2020. Qu'est-ce que vous répondez à
ces jeunes-là?
• (14 h 20) •
M. Skeete : Je dis que je suis
d'accord que la situation n'est pas parfaite, et c'est pour ça qu'on continue.
La bataille, elle est noble, est importante. On a lancé un appel de projets
récemment qui vise justement à tendre la main, d'avoir des projets qui vont
nous aider à coconstruire le Québec de demain ensemble, de donner un sentiment
d'appartenance en finançant ces groupes communautaires qui travaillent et
oeuvrent auprès de ces jeunes-là pour essayer de leur faire sentir que le
gouvernement du Québec se soucie de leur sort.
La multiplication d'actions comme ça, je pense,
va éventuellement nous amener à un rapprochement, mais, comme je vous dis, le groupe d'action a été mis en place en 2020. Je
pense, compte tenu qu'on est une terre d'accueil, que c'était tard pour introduire ces notions-là de
construction d'une citoyenneté conjointe et d'un sentiment d'appartenance
conjoint. Je suis tellement fier que notre
gouvernement l'a fait, mais c'est sûr que c'est le premier jalon. Il y a
d'autres jalons à faire, à poser.
Mme Cadet : Qu'est-ce que vous
répondez... parce que vous parlez des groupes communautaires. Qu'est-ce que
vous répondez aux groupes communautaires qui disent qu'en matière de lutte
contre le racisme, justement, ils trouvent qu'il y a un certain
sous-financement et puis que le financement est beaucoup trop ponctuel et ne
répond pas aux besoins sur le terrain?
M. Skeete : Bien, je dirais que le
gouvernement du Québec déploie énormément de ressources. Dans le rapport, vous
allez voir que c'est 88 millions... 188 millions qu'on a mis justement
pour mettre en place le groupe d'action, et puis, pour
moi, ça me semble un gros montant. Le bureau lui-même n'était pas financé pour
mettre en oeuvre ces travaux-là, mais on avait le rôle de coordination, parce
que ça n'appartient pas au bureau de lutte contre le racisme d'éliminer le
racisme au Québec. C'est quelque chose qui nous appartient à tous, ça
appartient au ministère de la Sécurité publique, ça appartient au ministère de
l'Habitation, et ces gens-là doivent faire des initiatives qui vont permettre
ce vivre-ensemble-là. Donc, on a déployé des sommes.
Mme Cadet : Oui, et j'en profite
pour dire que ça relève aussi du ministère, donc, du Travail, parce que je
parlais des mécanismes de prévention tantôt, et, avec le projet de loi n° 101,
donc, on a eu un certain recul en matière de prévention des risques
psychosociaux en santé et en éducation, comme dans le cas que j'ai évoqué plus
tôt.
Dernière question en terminant, M. le ministre.
On parlait, donc, de votre bilan, donc, d'un rapport qui était déposé le 14
décembre 2020. Évidemment, votre toute première action, c'était de rendre
obligatoire l'interdiction des interpellations
policières aléatoires. Bien évidemment, donc, on sait où nous en sommes, donc,
dans ce dossier aujourd'hui et quelle est votre position. Est-ce que
vous regrettez d'avoir émis cette recommandation-là à l'époque?
M. Skeete : Non, non, parce qu'on a
agi. On a rendu obligatoires les interpellations policières pour raison
discriminatoire, et donc, dorénavant, à partir d'aujourd'hui...
Mme
Cadet : ...je le vois bien dans les lignes directrices, je
les ai lues, mais ce n'était pas ça, le libellé initial.
M.
Skeete : Ce qui est important, c'est que, si, aujourd'hui,
contrairement à avant le rapport, on détermine que c'était pour un motif discriminatoire, ce qui est
l'intention de la recommandation, maintenant, un policier est sujet à sanction.
Ça, c'est une révolution. Je suis tellement fier de cette mesure-là.
Le
Président (M. St-Louis) : ...M. le ministre. Ceci conclut le premier bloc
d'échange. Donc, je suis maintenant prêt
à reconnaître la porte-parole du second groupe d'opposition. M. le député de
Laurier-Dorion, la parole est à vous. Vous disposez de
7 min 12 s.
M.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Rebonjour, M. le ministre.
D'emblée, est-ce que vous pensez qu'il y a un problème d'islamophobie au
Québec?
M. Skeete : Je pense que le Québec
vit de la discrimination comme partout ailleurs.
M. Fontecilla : Donc, il y aurait un
problème d'islamophobie?
M. Skeete : Donc, il y a du racisme
qui existe au Québec comme il existe ailleurs.
M. Fontecilla : Donc, est-ce que
vous êtes capable de dire le mot «islamophobie»?
M.
Skeete : Je suis capable de constater qu'il y a du racisme
au Québec comme il y en a ailleurs, et le racisme...
M. Fontecilla : Donc, je constate
que vous n'êtes pas capable de dire le mot «islamophobie».
M. Skeete : ...envers les personnes
musulmanes est définitivement quelque chose qui arrive. On l'a vu avec la
tuerie de la mosquée, qui a été scandaleux.
M. Fontecilla : Donc, il y aurait de
l'islamophobie au Québec.
M. Skeete : Il y a de la
discrimination au Québec, je l'ai dit plusieurs fois, collègue.
M. Skeete : OK, très bien, ça a
été... ça a été dit. Il y a eu une célébration de la... d'une importante fête
musulmane qui a eu lieu dans... qui a eu lieu dans un lieu privé à
Trois-Rivières, qui a amené un déferlement de haine sur les réseaux sociaux, et
je vous sors quelques exemples. J'aimerais ça le déposer en dépôt, M. le
Président, là. «Sortez le boyau d'arrosage,
il est grand temps de nettoyer la vermine.» On s'entend c'est qui, la vermine.
«Un... serait plus efficace.» «La belle charogne s'installe
tranquillement.» «Avez-vous oublié qu'ici c'est laïc? Ils ont de la difficulté
à comprendre.» «Prenez des grenades.» «Surtout quand on affirme que l'immigration
massive, surtout de ce pays islamiste, est une menace pour notre survie, en
voilà un bel exemple.» «Ils sont tous là, boum, boum, bang, boum!» «Il faudrait
un Bissonnette.» «Crissez-moi le feu là-dedans, câlisse.» «On ferme la barrière
et on met le feu.» «Sérieusement, on connaît ça, comment se débarrasser — j'évite
les mauvais mots, mais — les
insectes.»
Est-ce que vous pensez qu'il faudrait dénoncer
publiquement ces propos islamophobes?
M.
Skeete : Je pense qu'on doit toujours dénoncer. Que ce soit
moi, que ce soit vous, que ce soit la société civile, que ce soient les
individus dans notre collectivité, on a tous un rôle à jouer pour enrayer le
racisme, puis ce n'est pas vrai que le gouvernement peut le faire tout seul,
puis ce n'est pas vrai que les élus de l'Assemblée nationale... peut le faire,
là, tout seul. Donc, tout le monde a un rôle à jouer pour enrayer la
discrimination.
M. Fontecilla : Est-ce
que vous avez dénoncé ces propos-là, M. le ministre?
M. Skeete : Bien, non, pas
précisément. Je les dénonce.
M. Fontecilla : Aujourd'hui, vous
les dénoncez?
M. Skeete : Mais c'est sûr que je
les dénonce. Vous savez...
M. Fontecilla : Êtes-vous prêt à
le...
M. Skeete : Vous savez, si j'étais
obligé de dénoncer chaque geste outrageux qui se passe dans notre société, on
ne finirait plus, là, puis ce n'est pas parce que je n'ai pas fait une sortie
sur Twitter, ou sur les médias sociaux, ou que je n'ai pas répondu à une
question, parce que je n'ai pas eu la question, parce que je n'ai pas eu la
chance de le dire, que je ne le pense pas.
Ça fait qu'il ne faut pas prendre pour acquis que, parce que je n'ai pas fait
une publication sur une des milliers de choses qu'on me rapporte à tous
les jours... qu'en quelque part je trouve ça acceptable.
M. Fontecilla : Je vous crois à
100 %, mais est-ce que vous seriez prêt à dénoncer ce cas-là
d'islamophobie sur vos réseaux sociaux aujourd'hui, par exemple?
M. Skeete : Est-ce que vous avez
dénoncé la pendaison dans les rues de Montréal la semaine passée? Non, vous ne
l'avez pas fait. Ça fait que...
M. Fontecilla : Mais je vous pose la
question sur ce cas précis.
M. Skeete : Non, mais moi, je vous
pose la question.
M. Fontecilla : Non,
mais je vous pose la question sur ce cas précis. Est-ce que vous seriez prêt à
le dénoncer sur vos réseaux sociaux?
M.
Skeete : La réponse, c'est que vous n'avez pas dénoncé la
pendaison dans nos rues de Montréal la semaine passée.
M. Fontecilla : Donc, parce que je
n'ai pas dénoncé quelque chose, vous ne dénoncez pas quelque chose?
M. Skeete : Mais, en fait, ce que
j'essaie de dire, c'est que, si on passait notre temps à dénoncer, on ferait
juste ça.
M. Fontecilla : C'est votre logique.
On parle d'islamophobie, mais ce que j'entends, ce que vous n'êtes pas prêt à
dénoncer ce qui s'est passé à Trois-Rivières sur vos réseaux sociaux.
M. Skeete : J'ai déjà répondu à la
question, M. le Président.
M. Fontecilla : Très bien. Est-ce
que vous reconnaissez, M. le ministre, qu'il existe un racisme systémique
envers les Autochtones au Québec?
M. Skeete : Pardon?
M. Fontecilla : Est-ce qu'il existe
du racisme systémique envers les Autochtones au Québec?
M.
Skeete : Je pense, comme j'ai déjà répondu, qu'il existe du
racisme au Québec, et, dans toutes ses formes, ce n'est pas acceptable.
M. Fontecilla : Très bien.
Récemment, il y a eu une recherche d'une professeure universitaire qui mettait
la lumière sur... qui recensait, entre autres choses, 97 témoignages de
femmes innues et attikameks qui ont subi des violences dans le système de santé
québécois, de la stérilisation forcée, préjugés racistes, violence
psychologique, physique et sexuelle, avortements non consentis. Le dernier cas
couvert par cette enquête-là remonte à 2023, et donc c'est déplorable, là, mais
on ne sait pas s'il continue à en exister.
Est-ce que vous pouvez nous dire si des cas de
racisme de cet ordre-là continuent à exister dans le système de santé envers
les membres des nations autochtones?
M. Skeete : Premièrement, c'est
dégueulasse puis c'est criminel. Donc, s'il y a quelqu'un qui nous écoute
aujourd'hui, qui entend parler de ça, bien, qu'il dénonce, puis on va régler la
situation, puis ça adonne bien, le ministre
de la Sécurité intérieure est aussi le ministre responsable des Affaires
autochtones, puis je pense qu'on aurait un bon partenaire pour nous
aider à enrayer ça.
M. Fontecilla : Donc,
est-ce que vous croyez que, concernant plus particulièrement les Premières
Nations et les Inuits, il faudrait, dans la plupart des lois, faire une étude,
une analyse d'impact sur les membres des Premières Nations, là, conjointement
avec les Premières Nations?
M. Skeete : Je ne suis pas sûr de
comprendre la question. Vous demandez si je suis d'accord avec quoi?
M. Fontecilla : De faire une étude
d'impact réalisée avec les Premières Nations sur les impacts des lois du Québec
qui sont adoptées, là, sur les Premières Nations et les Inuits.
M. Skeete : Écoutez, je vais laisser
mon collègue responsable des Affaires autochtones et Inuit répondre à cette question-là parce qu'on a pris la peine,
dans notre gouvernement, d'avoir une personne dédiée à ces questions-là,
et je vais y laisser le soin de répondre du mieux qu'il peut pour savoir comment
mieux accompagner ces gens-là.
M.
Fontecilla : Très rapidement, parce qu'il me reste quelques
secondes... Ah! vous allez laisser votre collègue...
M. Skeete : Oui, oui.
M. Fontecilla : Très bien. M. le
ministre, je voudrais savoir... Là, vous avez adopté la loi n° 9, qui interdit, entre autres, les prières en public, là. Est-ce
que vous pensez que cette... l'adoption de cette prière... de cette loi-là a alimenté la confusion dans la tête de certaines
personnes au Québec, là, comme quoi toute prière, islamique en particulier,
là, doit être interdite?
M. Skeete : Moi, je pense que la
laïcité est le meilleur véhicule du vivre-ensemble qu'on a inventé et je
persiste et signe que c'est la meilleure chose à faire pour le Québec.
M. Fontecilla : La question était à
savoir si la loi n° 9
interdisant les prières en public, là, pourrait susciter des réactions contre
tout type de prière islamique au Québec.
Le Président (M. St-Louis) : En 10
secondes, s'il vous plaît.
M. Skeete : J'ai déjà répondu à la
question, M. le Président.
M. Fontecilla : C'est bien. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
ceci conclut ce bloc d'échange. Je suis maintenant prêt à reconnaître le député
d'Arthabaska. M. le député, la parole est à vous. Vous disposez de 7 min
12 s.
• (14 h 30) •
M. Boissonneault : Merci, M. le
Président. Bonjour, chers collègues. Rebonjour, M. le ministre.
Vous savez
qu'on a adopté, tout à l'heure, une motion au salon rouge pour condamner les
propos haineux dont notre candidate à l'investiture de Laval-des-Rapides,
candidate à l'investiture du Parti québécois, fait l'objet. Elle s'appelle
Fatima Aboubakr. Elle a reçu des menaces sur les réseaux sociaux, notamment,
mais des messages aussi qu'elle a reçus. Là, on parle de... vous donner des
exemples : On compte sur les gens de Laval pour écarter cette vermine, la
chaussure de Dieu est sur elle. On parle de trahison, on dit qu'elle sera jetée
aux oubliettes de l'histoire, elle nous dégoûte,
des propos qui sont assez épouvantables. Je voulais vous entendre là-dessus, ce
que vous en pensez.
M. Skeete : J'ai moi-même, dans ma
vie, reçu ce genre... de tels commentaires. C'est dégueulasse puis c'est la
raison pour laquelle on a condamné ça ensemble à l'Assemblée nationale plus
tôt.
M. Boissonneault : Donc, la question
que j'aimerais vous poser, c'est : Est-ce que l'intolérance religieuse
et/ou l'intolérance entre les communautés ethnoculturelles fait partie aussi de
vos préoccupations?
M. Skeete : Si on n'est pas
prudents, on peut s'éparpiller et ne pas adresser la question centrale. Moi, je
me concentre sur le racisme subi par des Québécois qui ne devraient pas avoir à
se sentir exclus, autres, ou faire... faire exclusion de notre population. En
matière de religion, c'est plus une question philosophique et académique, là,
mais la religion, ce n'est pas quelque chose avec lequel tu es né, et donc
c'est une autre sorte de discrimination. Ce n'est pas totalement pareil. Et
donc le choix qu'on a fait, nous, c'est de se concentrer sur le racisme
ethnique.
M. Boissonneault : C'est intéressant
comme discussion, parce qu'il y aurait plusieurs endroits où on pourrait aller.
Est-ce que vous pensez que ça pourrait être de mise d'avoir aussi cette
préoccupation-là, de l'intolérance religieuse, par exemple, au Québec? Parce
qu'évidemment la population québécoise change, il y a des communautés ethnoculturelles aussi qui cohabitent. On cherche
à favoriser le vivre-ensemble, vous l'avez dit vous-même. Est-ce que
vous notez, par exemple, entre ces communautés-là, parfois, des hantises, des
frustrations, de la discrimination qui peut avoir lieu aussi entre les
communautés ethnoculturelles? C'est un élément qu'on aborde peut-être moins
souvent. Je ne sais pas ce que vous en pensez.
M.
Skeete : Bien, je pense que, puis ça, je l'ai déjà dit publiquement,
je pense qu'il ne faut pas importer les problèmes de la Terre au Québec
lorsqu'on vient vivre au Québec, et je pense qu'on doit favoriser le
vivre-ensemble et construire une identité commune québécoise. C'est ma vision
des choses, Mais, encore une fois, je ne suis pas assez naïf pour penser que ça
va se faire. Je pense que c'est pour ça que c'est le rôle du gouvernement de
mettre des règles et des balises très claires. L'égalité hommes-femmes, la laïcité
de l'État, c'est des barèmes qu'on se donne pour essayer, justement, de
favoriser ce vivre-ensemble-là, qui nous permet de dire à une personne :
Sois toi-même, mais, en même temps, on s'attend à ce que tu deviennes
pleinement Québécois. Et je pense que, si on construit cette identité-là partagée, on règle en partie une
partie du problème, mais c'est des outils imparfaits pour un monde imparfait.
M.
Boissonneault : Est-ce que vous êtes d'accord avec moi pour dire qu'il
y a des gens au Québec qui sont Québécois, mais d'une origine différente, qui
viennent de certains endroits, qui subissent des préjugés, qui ne viennent pas
nécessairement de la... du groupe majoritaire, mais qui peuvent venir d'autres
communautés aussi? Moi, je sais que j'ai passé beaucoup de temps, par exemple,
à Toronto, et bon, là il y a des communautés qui vivent côte à côte puis sont parfois plus importantes, avec les changements
démographiques, il y a ça aussi qui arrive. Est-ce que vous notez ça?
Est-ce que vous avez cette... Est-ce que des gens ont déjà levé un drapeau par
rapport à ça?
M. Skeete : Bien,
c'est pour ça que l'intégration, c'est si important, parce qu'ultimement, si on
est plusieurs personnes de plusieurs pays, qu'est-ce qui nous unit? Bien, ce
qui nous unit, c'est le fait d'être Québécois, et ça, il faut le définir, c'est
quoi, être un Québécois. Puis ça veut dire, entre autres, accepter les valeurs
de la laïcité, ça veut dire d'accepter les valeurs d'égalité hommes-femmes,
croire en la démocratie, le fait français.
Ça fait que, si on
peut se rallier autour de ces traits communs là, je pense qu'on commence à être
en selle pour, justement, défaire le fait que certaines personnes pourraient
arriver de deux pays en guerre, mais qu'ils s'identifient, les deux, Québécois
et qu'ils peuvent construire le Québec de demain avec nous.
M.
Boissonneault : Est-ce qu'il vous arrive, M. le ministre, de vous
inquiéter pour le vivre-ensemble au Québec, justement, avec les changements
qu'on a connus, avec les réseaux sociaux? Il y a des préjugés qui viennent de
part et d'autre. Parfois, c'est de l'intolérance religieuse, parfois, c'est
entre les groupes ethnoculturels. Souvent, évidemment, aussi, ça vient de la...
du groupe majoritaire. Donc, quelle est la vision... quelle vision avez-vous
puis quelles inquiétudes avez-vous maintenant du... par rapport au
vivre-ensemble au Québec?
M. Skeete : Bien,
manifestement, on y pense, parce qu'on a passé la Loi sur l'intégration
nationale. On veut enchâsser ces principes-là de laïcité, égalité
hommes-femmes, dans la Constitution, pour nous donner cette citoyenneté-là
commune, qui construit, je pense, le Québec de demain. Donc, oui, on y pense,
puis je pense que les actions du ministre de la Justice, du ministre de la
Langue française et de l'Intégration, le ministre de l'Immigration et de
l'Intégration, je pense qu'ils sont sur la bonne voie avec ces projets de loi
là qui nous permettent justement d'arriver là. Mais est-ce qu'une fois qu'on
s'est doté de tous ces bons outils là, ça ne va pas être un problème? Bien, je
pense qu'il faut continuer à le travailler puis il faut aussi se
responsabiliser. Ce n'est pas ma job de faire ça, c'est notre job de faire ça.
Puis quand je dis «notre», je veux dire, même les personnes qui nous écoutent,
tout le monde a une responsabilité, parce qu'on a chacun d'entre nous des
préjugés qu'on apporte dans notre coeur, puis, à des moments donnés, on fait
vivre ça à quelqu'un d'autre, mais il faut se stopper nous-mêmes.
M. Boissonneault : Je ne peux pas m'empêcher de vous poser la
question pour faire un peu de millage sur ce que disait mon collègue.
Pourquoi hésitez-vous à utiliser certains termes qui sont associés par certains
au racisme ou... Bien là, on parlait
d'islamophobie, on a parlé de racisme systémique. Pourquoi ces termes-là sont
importants selon vous?
M. Skeete :
Je dirais que, quand on s'embourbe à sous-définir des problèmes qui sont
essentiellement du racisme, je pense qu'on perd non seulement l'adhésion, mais
on perd la direction où est-ce qu'on veut aller. Je dirais, presque 100 %
des Québécois veulent lutter contre le racisme. Mais ce n'est pas tout le monde
qui est d'accord sur l'islamophobie, ce n'est pas tout le monde qui est
d'accord sur le racisme systémique. Et, au lieu de parler du racisme et comment
on va l'enrayer, on est embourbé dans un débat philosophique et de sémantique.
Mais, quand on parle de discrimination, quand on le voit, on le constate, on
trouve ça inacceptable, la majorité des Québécois, la grande majorité des
Québécois.
Moi, je préfère être factuel, je préfère être
pointu et de me concentrer sur des actions qui vont améliorer la vie des
Québécois qui, je pense, méritent une pleine expérience citoyenne. Mais quand
on s'embourbe dans ces concepts académiques, sémantiques, je pense qu'on dilue
le débat et on s'égare.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Ceci vient
conclure ce bloc... ce deuxième bloc d'échange, pardon. M. le député de
Laurier-Dorion, nous avons bien reçu le document que vous avez déposé. La
commission comprend l'objectif poursuivi, mais le document, sous sa forme et
son contenu, ne peuvent être acceptés par la commission, ne serait-ce que parce
que c'est une série de propos non parlementaires qui ne sont pas mis en
contexte. Donc, si vous souhaitez le redéposer, je vous invite à le faire, mais
en contextualisant les propos qui sont rapportés sur, on ne sait pas où. Mais
donc...
M.
Fontecilla : ...je vous envoie une lettre en vous informant que ces
propos-là ont été glanés sur les réseaux sociaux...
Le
Président (M. St-Louis) : Si vous contextualisez, la commission va
réévaluer le document.
M.
Fontecilla : On va recontextualiser, monsieur.
Le Président (M. St-Louis) : Merci beaucoup, M. le député. Je suis maintenant
prêt à reconnaître le porte-parole de la banquette gouvernementale. M.
le député de Saint-Jean, la parole est à vous. Vous disposez de
7 min 12 s.
M. Lemieux :
Merci, M. le Président. M. le ministre, juste pour rebondir sur votre dernier
commentaire, je suis aussi d'avis, et j'étais content que vous l'expliquez
comme ça, que, quand on essaie de segmenter le racisme et l'expression du
racisme, on se complique la vie au lieu de régler le problème. Bon, une fois
que j'ai dit ça, j'ai plusieurs petits points à aborder avec vous, à commencer
par relever des mots que vous avez soulignés, que j'ai entendus, pour les
replacer dans le contexte où je veux aller. Le défi du moment, j'ai beaucoup
aimé ça, mais, en même temps, ça veut dire qu'on va de crise en crise à quelque
part. Il y a toujours un défi, il y en a qui sont plus gros que d'autres, ce
qui me fait penser et dire, sans vouloir excuser quoi que ce soit, que les
médias sociaux sont tellement des amplificateurs puissants en ce moment, que ce
qui s'est passé à Trois-Rivières, comme d'autres événements comme ça, puis ça
n'a même pas à voir avec le racisme, mais d'autres événements de la société, ça
explose sur les médias sociaux. C'est triste. Ça fait moins un encore pour les
médias sociaux en ce qui me concerne.
Là où je voulais
aller, c'est que vous avez dit : Ça appartient à tous. Moi, quand il est
question de racisme, j'ai toujours apprécié une posture qui dit que les
Québécois et le Québec ne sont pas racistes, mais qu'il y a du racisme au
Québec et qu'il y a des Québécois racistes. Une fois qu'on a dit ça, vous avez
dit : Ça fait déjà cinq ans qu'on a notre groupe d'action contre le
racisme. Aidez-moi un peu à voir autrement qu'en regardant le nombre de
coches... le nombre de cases qui sont cochées dans un rapport officiel et
formel, probablement en Excel, là. Mais, grosso modo, on avance-tu?
• (14 h 40) •
M. Skeete :
On avance-tu? Ça me permet de saluer la députée de Lotbinière-Frontenac, qui
était membre de le Groupe d'action contre le
racisme. Salutations, chère collègue. Est-ce qu'on avance? Je préfère être Noir
aujourd'hui qu'il y a 50 ans. Puis je pense que mes enfants vivent
moins de discrimination que moi à pareil âge. Donc,
sur un horizon de temps très long, oui. Mais on a-tu le luxe de faire perdre
des vies entières à vivre avec ça? Puis la réponse, c'est non. Et donc
qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui pour construire le Québec qu'on veut? Mais il
y a plein de choses qui se disent, comment enrayer ça.
Étant une personne
afrodescendante, très difficile de porter le titre ministre responsable de la
Lutte contre le racisme, parce que, si tu...
la pression est très haute, et c'est sûr que tu déçois et... Ça fait que, là,
je me dis : Comment tu fais pour lutter contre le racisme? Bon, je
me dis : Il faut que je laisse le Québec en meilleure posture que moi, je
l'ai héritée. Puis je pense au petit Christopher de sept ans, là, qui se
faisait traiter du mot en n, là, puis qui se faisait dire : Retourne dans
ton pays, là, puis tu es de quelle race, là, puis des commentaires ainsi. Je me
dis, moi, il faut au moins que je rende ça meilleur pour lui. Puis honnêtement,
c'est la seule façon de survivre ce poste-là, qui est très difficile, parce
qu'on te demande d'avoir une opinion sur toutes les injures qui peuvent
arriver, et puis tu ne peux pas possiblement bien le faire, puis tu ne peux
pas... puis tu le sais que tu ne réussiras pas. Tu sais, ce n'est pas comme si,
dans quatre ans, tu soumets le rapport, puis «all right», j'ai livré, puis tu
t'en vas te coucher, là.
M. Lemieux : ...il
faut que je vous soumette une impression que j'ai à chaque fois qu'il est
question de vivre ensemble, parce que c'est
transversal, vivre ensemble. Vous y avez fait allusion vite fait, là, mais
l'intégration nationale, l'intégration de la nation, la nation
québécoise, c'est basé là-dessus, la laïcité, ça l'est aussi. C'est un concept,
le vivre-ensemble, c'est un mot, c'est une intention.
Est-ce qu'on ne
devrait pas faire un 180 degrés puis au lieu d'avoir un... puis vous
faites un bon travail, mais, au lieu d'avoir un groupe d'action contre le
racisme, un groupe d'action pour le vivre-ensemble? Parce que je pense que tout
le monde, quand on regarde la machine, la société... la machine, j'entends le
gouvernement, la société aussi, tout le monde voudrait bien contribuer, mais
c'est là où on nous demande d'être contre quelque chose au lieu d'être pour
quelque chose.
M. Skeete : Bien,
en fait, non. C'est important, la question que vous amenez, parce que, malgré
votre bonne foi, qui est manifeste, il y a des problèmes, là, il y a de la
discrimination quand une personne afrodescendante arrive pour aller chercher un
appartement, là, puis elle se fait dire que, ah, tout à coup, il est loué, là.
Ça fait qu'une mère monoparentale, deux enfants... Oui, oui, l'appartement est
libre, viens le visiter, puis là, tout à coup, elle est Noire, puis elle se
fait discriminer, puis, tout à coup, il est loué, là. Puis pendant longtemps,
ici, au Québec, on avait des gens qu'on invitait à venir vivre au Québec, parce
qu'ils avaient des diplômes universitaires puis ils étaient des spécialistes
dans leurs domaines, pour ensuite ne pas reconnaître leurs diplômes. Le
résultat de ça, c'est qu'on brisait des
rêves à beaucoup de personnes. Puis il y a des gens qui se faisaient interpeler
puis il n'y avait pas de conséquences.
Là, maintenant, la
déontologie policière a l'autorité d'enclencher des enquêtes lorsqu'ils
constatent quelque chose. Ça, c'est toutes des choses qui ne règlent pas le
racisme mais qui vont donner confiance à la personne racisée que le système ne
travaille pas contre eux.
M. Lemieux :
...
M. Skeete : Et
voilà.
M. Lemieux : ...et pas juste de la
promotion de...
M. Skeete : Et c'est de dire :
Quand moi, je me sens pleinement Québécois, bien là, tout à coup, là je suis
dans le party, je suis dans le bateau, là j'ai le goût de ramer, là j'ai le
goût d'embarquer. Mais vous savez, collègue, moi, j'ai des personnes
afrodescendantes qui... J'ai eu... j'ai rencontré, avec l'ancien ministre de la
Sécurité publique, une jeune femme afrodescendante de 20 ans, elle
vient... Elle venait juste de finir son Barreau, une jeune avocate, née au
Québec, afrodescendante, puis on lui a demandé : Oui, mais le système...
tu dois croire au système judiciaire. Non, zéro confiance, à 20 ans. On
vient juste de passer 20 ans à lui enseigner notre système, lui donner
toutes les connaissances sociétales qu'on
peut avoir sur c'est quoi, le Québec, ses valeurs. On lui a injecté la
philosophie québécoise, puis son constat, c'est que c'est... ça ne
marche pas pour moi, imaginez.
Ça fait que le sentiment d'appartenance est
important. Et, si on veut que ces... les personnes racisées québécoises rament
avec la majorité, bien, on doit trouver des façons de les inclure et aussi
régler les injustices.
M. Lemieux : Mais je vais vous dire,
je vous écoute puis je pense qu'on avance. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Merci, M. le député.
Document déposé
Donc, en terminant, j'autorise le dépôt du
document transmis par le député de Laurier-Dorion.
Adoption des crédits
Le temps alloué à l'étude du volet Lutte contre
le racisme des crédits budgétaires du portefeuille Relations internationales et
Francophonie étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise
aux voix. Donc, le programme 3, intitulé Relations avec les Québécois
d'expression anglaise et Lutte contre le racisme, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté
sur division.
Documents déposés
Je dépose aussi les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 h 15, où elle entreprendra l'étude du
volet Relations internationales et Francophonie des crédits budgétaires du
portefeuille Relations internationales et Francophonie. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 46)
(Reprise à 15 h 15)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des institutions ouvertes. La commission est réunie afin de
procéder à l'étude du volet Relations internationales et Francophonie des
crédits budgétaires du portefeuille Relations internationales et Francophonie
pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de 1 h 15 min
a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bachand (Richmond) est remplacé par M. St-Louis
(Joliette); Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), par M. Lemay (Masson);
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
par Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce); Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); Mme Laforest
(Chicoutimi), par M. Paradis (Jean-Talon).
Relations
internationales et Francophonie
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général incluant les
questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la
fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers 16 h 30.
Discussion
générale
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, la parole est à vous. Vous
disposez de 18 min 7 s.
Mme McGraw : Merci, M. le Président.
Alors, bonjour, M. le ministre et les collègues autour de la table. On comprend
très bien qu'on est en pleine guerre commerciale et qu'au niveau
macroéconomique et géopolitique, il y a beaucoup d'incertitudes. On comprend
qu'il y a des choses qu'on ne contrôle pas.
Par contre,
il y a des choses qu'on contrôle, et j'aimerais commencer là-dessus, au niveau de
la diversification de nos marchés à l'international, qui relève de votre
ministère, entre autres, M. le ministre. Alors, dans ce contexte actuel, on
parle beaucoup de diversification. Pourtant, dans vos propres cahiers, M. le
ministre, lorsqu'on demande les sommes allouées à cette diversification des
marchés, ventilées par marché cible, votre ministère répond qu'il n'est pas possible de distinguer les sommes
exclusivement consacrées à la diversification. Alors, comment pouvons-nous
prétendre avoir une stratégie de diversification, si on n'est même pas capables
d'isoler les sommes qui y sont consacrées?
M. Skeete : Salutations à la
collègue. Salutations aux membres de la commission. Content de vous retrouver. La stratégie de diversification, elle s'étale sur
le virage... ou elle repose sur le virage qu'on a effectué, de la modernisation
du réseau, qui a eu lieu en 2019. En 2019, on a changé la Loi sur
Investissement Québec et on a donné une nouvelle mission, une nouvelle
impulsion au ministère des Relations internationales pour faire plus
d'économies. Et, depuis ce temps-là, on a recentré les efforts, ce qui nous a
mis en bonne posture pour la guerre tarifaire qu'a déclenchée les États-Unis,
et ça nous permet, d'ailleurs, de pouvoir répondre.
Donc, dans la stratégie, inclut des employés
d'Investissement Québec International, qui travaillent dans les bureaux du Québec, un peu partout dans le monde,
la présence ministérielle... J'ai fait plusieurs missions à l'international,
tant en tant que ministre de l'Économie que ministre des Relations
internationales, et aussi, la première ministre, elle a fait quelques missions
aussi pour essayer de positionner le Québec à l'intérieur de cette nouvelle
tendance, pour essayer de s'insérer dans les
nouvelles chaînes de valeur, européennes, notamment, mais aussi partout dans le
monde.
Mme McGraw : Donc, la
question : Quelles sommes ont été dédiées, consacrées pour la stratégie de
diversification? Je comprends qu'il y a plusieurs ministères, plusieurs entités
gouvernementales qui sont impliquées, mais on comprend que c'est une priorité.
Est-ce que... Par exemple, quels marchés sont priorisés en 2026‑2027, combien consacrés à l'Europe, à l'Asie, à
l'Afrique, l'Amérique latine et au marché pancanadien aussi? Bien, peut-être
qu'on va juste parler de l'international. Donc, concrètement... je comprends ce
qui est en place, mais concrètement, les livrables, les investissements et les
résultats...
M. Skeete : Bien, vous allez voir,
collègue, prochainement, on va déployer notre politique internationale, qui va
donner les orientations du gouvernement en ce sens, mais la réponse, c'est
qu'il faut diversifier l'économie du gouvernement du Québec. 73 % de nos
exportations vont vers les États-Unis. C'est trop. Il faut réduire cette
dépendance-là. Et donc on a fait des missions en Afrique, on a fait des
missions en Europe, on a fait des missions en Indo-Pacifique parce qu'on se
cherche des nouveaux partenaires. Et la bonne nouvelle, c'est que, lors de ces déplacements-là, bien, on reçoit beaucoup de
feedback positif, des entreprises qui se sentent soutenues et qui commencent
à revoir leur stratégie d'investissement pour, justement, favoriser ces
marchés-là.
Mme McGraw : Et je ne doute pas
qu'il y a des actes, il y a des gestes, il y a des missions, ça, on voit ça
très bien, mais quelles sont les cibles et quels sont les investissements et
les résultats?
• (15 h 20) •
M. Skeete : Oui, bien, il est trop
tôt pour les résultats, vous allez le convenir avec moi, Mme la députée, parce
qu'ultimement cette guerre tarifaire là, elle est un peu... elle est toute
nouvelle malgré le fait qu'on l'a un peu vu venir, et donc on tente encore de
se réorienter. Vous savez, lorsque la guerre tarifaire, elle a été déclenchée,
beaucoup de gens pensaient que ça serait éphémère, temporaire, et donc on ne
savait pas à quel bout vraiment prendre. Là, maintenant qu'on comprend que les
États-Unis cherchent à se découpler de leurs marchés traditionnels, et que
nous, on doit faire autrement, bien, c'est là, maintenant, qu'on déploie
davantage nos efforts.
Et donc, dans la politique internationale qui va
être déposée prochainement, vous allez avoir l'orientation généralisée de
qu'est-ce qu'on veut faire. Mais, pour le moment, je vous le dis, chère
collègue, on les prend une à la fois, une entreprise à la fois, un secteur à la
fois et une chaîne de valeur à la fois.
Mme McGraw : Mais, pour guider vos
actions... parce que là ça fait quand même un an et demi, hein? Ça fait un an
et demi, ce n'est pas d'hier que ça date, cette guerre tarifaire, ça fait un an
et demi. Alors, on aimerait savoir... On parle des États-Unis, évidemment.
Pouvez-vous identifier les trois marchés hors États-Unis qui ont généré les
retombées les plus importantes pour les entreprises québécoises au cours de la
dernière année?
M.
Skeete : Bien, je vous
dirais, l'Europe compte pour beaucoup. Il y a eu une belle augmentation, ce
n'est pas tout à fait ce qu'on souhaiterait, parce que ce n'est pas
assez, mais il y a eu une belle augmentation de les échanges commerciaux avec
l'Europe. Et donc ça, à ce niveau-là, ça va mieux. Puis aussi, dépendant du
positionnement qu'on va avoir avec le
contrat qui va avoir lieu avec les sous-marins, dans le secteur de la défense,
avec le Canada, ça pourrait être l'Europe, encore
une fois, qui serait le grand gagnant ou l'Indo-Pacifique, et, ça aussi, ça
jouerait sur les chiffres. Mais, dans les deux cas, on s'est assuré de négocier
avec les deux fournisseurs qui sont en lice pour aller s'assurer que, peu
importe le gagnant, que le Québec ait ses retombées économiques, et la bonne
nouvelle, c'est que, peu importe, on va avoir des retombées économiques.
Mme McGraw : Donc, juste pour être
claire, j'ai demandé les trois marchés hors les États-Unis, l'Europe, et j'ai
manqué...
M. Skeete : Bien, est-ce que vous
voulez des régions ou des pays, des continents?
Mme McGraw : Des marchés par région.
M. Skeete : Bon, ça fait que, je
dirais, en ordre, on n'a pas abandonné les États-Unis. Donc, malgré le fait
qu'on est en guerre tarifaire avec eux, je les inclus. Je les inclus...
Mme McGraw : Je comprends, mais hors
États-Unis, oui.
M. Skeete : ...et il y a l'Europe
et, je dirais, l'Indo-Pacifique qui sont vraiment dans la ligne de mire, mais
ne pas sous-estimer du tout le potentiel de l'Afrique, parce que l'Afrique,
c'est le continent le plus jeune au monde et aussi celui qui a, je pense, le
vent dans les voiles. Donc, on garde notre oeil sur l'Afrique et on développe
une stratégie aussi pour l'Afrique, qui s'en vient.
Mme
McGraw : Donc, on comprend,
évidemment... Vous avez évidemment les États-Unis, puis ça va prendre du temps à remplacer, effectivement, ou à en...
mettre en complément les... parce qu'il y a quand même la géographie, et
c'est une réalité. Est-ce que le gouvernement... Est-ce qu'au niveau des
secteurs exportateurs qui sont actuellement les
plus exposés au risque américain... quelles mesures spécifiques le gouvernement
a mis en place pour les accompagner, donc, les secteurs notamment?
M. Skeete : Bien... Puis je devrais
mentionner, puis j'ai l'ai oublié, mais le Canada aussi est un marché
intéressant à développer parce qu'historiquement on n'échange pas assez avec le
Canada.
Mme
McGraw : Et on vient d'avoir
une discussion avec votre collègue le ministre, il n'y avait pas de plan, pas
de cible. Ce n'est pas clair du tout, c'était... pas d'objectif chiffré. Est-ce
qu'on a des objectifs chiffrés au niveau de...
M. Skeete : Je suis obligé de vous
prendre sur parole. Je n'étais pas dans cette commission là, mais je peux vous
dire qu'on a fait... on a adopté un projet de loi qui, ma foi, était plus que
dû, et que ça va nous permettre de faire beaucoup
plus d'échanges avec le Canada. On a des bureaux dans le Canada. Et donc,
encore une fois, avec la refonte d'Investissement Québec, ça nous a
permis de favoriser, et d'investir davantage, et à avoir une présence. Il y
avait aussi la mission commerciale qui est arrivée, la semaine passée, avec
l'Inde et le Canada, auquel le bureau de Toronto
a participé pour introduire les entreprises québécoises dans l'écosystème...
même les échanges qui se passent en Ontario. Donc, ça va me faire
plaisir de vous débriefer sur nos actions dans le Canada à un autre moment.
Mme McGraw : ...vous avez parlé avec
votre collègue, parce qu'il n'avait pas l'air à avoir des réponses à
chiffrer... parce que je suis responsable du commerce interprovincial, en tant
que porte-parole, et international, compte tenu de l'urgence de la situation.
Mais en tout cas, peut-être, vous pouvez avoir une discussion avec votre
collègue. Il n'avait pas d'objectif chiffré du tout. Alors, c'était... On
espère qu'au niveau international, c'est chiffré, on a des objectifs chiffrés.
Le 50 % du PIB, quel pourcentage...
M. Skeete : Là, je comprends que
vous voulez des chiffres. Quand vous dites «chiffrés», vous voulez dire... vous
voulez les objectifs qu'on donne à nos délégations pour le commerce?
Mme McGraw : Pour l'ensemble du
Québec, on va parler d'exportation, là, il y a... au-delà des États-Unis,
qu'est-ce qu'on vise?
M. Skeete : Mais, si vous voulez,
puis je peux vous le donner à la une en lisant, là, mais, si vous voulez, on
peut vous le donner à la commission, à la présidence. Ça va me faire plaisir de
vous déposer les objectifs qu'on a donnés aux bureaux et délégations partout
dans le monde, là. Ils ont chacun leurs objectifs qu'on suit annuellement, et
la bonne nouvelle, c'est que, dans la majorité des cas, la grande majorité des
cas, on remplit les objectifs.
Le Président (M. St-Louis) :
...est-ce qu'on peut déposer les documents demandés par...
M. Skeete : Oui, je vais faire ça
avec plaisir.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Mme McGraw :
Oui, ça va nous intéresser, merci. Mais, de façon globale, est-ce que vous
pouvez nous rappeler quel est l'objectif...
pourcentage de PIB qui devrait... l'objectif d'exportation, mais d'exportation
hors Canada, donc, commerce international? Je comprends, pour les
bureaux... est-ce qu'on a un objectif global, pourcentage de notre PIB, hors
États-Unis, évidemment?
M. Skeete : Bien, ce serait la
somme des cibles.
Mme McGraw : Donc, ce serait
quoi? Est-ce qu'on a une somme, c'est quand même un chiffre global? Ce serait
quoi?
M. Skeete : J'ai dit que
j'allais le déposer. Est-ce que vous souhaitez qu'on fasse la discussion
maintenant?
Mme McGraw : Non, non, c'est ça
qu'on... Mais je me suis dit, peut-être, le ministre, il a la somme globale,
mais on va...
M. Skeete : Bien, il y a la... il y
a les cibles individuelles. La somme de ça, c'est le chiffre global.
Mme McGraw : Je comprends.
M. Skeete : Ça fait qu'on peut
avoir la discussion que vous voulez.
Mme McGraw : Oui, OK, mais, si
je comprends bien, on... ici, maintenant, on n'a pas la somme globale. On va
faire...
M. Skeete : Non, ce n'est pas
ça que je dis. J'ai la somme. Si vous voulez, on peut en parler...
Mme McGraw : Est-ce que vos
collègues...
M. Skeete : ...mais je suis
prêt à le déposer, comme ça, vous pouvez poser d'autres questions. C'est comme
vous voulez, c'est votre temps.
Mme McGraw : Parfait. On va
procéder à d'autres questions...
M. Skeete : Parfait.
Mme McGraw : ...on espère qu'on
va avoir la somme globale d'ici la fin de les discussions.
M. Skeete : Super.
Mme McGraw : Juste au niveau du plan de relance, en parlant
d'exportation, le plan de relance des exportations, la cible est de
50 %, si je comprends bien. La cible de 50 % du PIB, pour nous, ça
semble orpheline. Pourquoi? Parce que le gouvernement avait une cible
forte : porter la valeur des exportations à 50 % du PIB. Or, dans vos
cahiers, on apprend que le plan de relance des exportations, qui a pris fin
en... le 31 mars 2025, qu'il n'y a aucune action liée au... au plan n'a
été prévue en 2025-2026. Est-ce que la cible de 50 % du PIB est toujours
une cible gouvernementale ou est-ce qu'elle a été abandonnée?
M. Skeete : Notre objectif,
c'est diversifier l'économie. Vous savez, on est au ministère des Relations
internationales. Je pense que c'est plus une question à adresser au ministère
de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, mais il y a des vases
communicants. Donc, ça me fait plaisir d'aborder le sujet. Dans le fond, nous,
notre priorité, c'est de réduire la balance commerciale qu'on peut avoir avec
les autres pays. Donc, on se concentre beaucoup là-dessus, et l'idée, c'est de
réduire notre dépendance américaine pour favoriser les autres pays. Puis, tu
sais, je suis certain que la collègue connaît la balance commerciale, et donc
c'est pour ça qu'on travaille là-dessus.
Mme McGraw : Donc, si je...
Bien, moi, ça, c'était dans les cahiers de relations internationales, juste
pour clarifier, là, ces informations-là.
M. Skeete : Oui, mais vous
posez la question.
Mme McGraw : Mais parlons
justement... Le ministre a parlé effectivement du ministre à l'Économie, etc., donc, on comprend que le Québec dispose de
stratégies territoriales, d'un réseau de représentation à travers le Canada,
à l'étranger, des missions économiques et d'une concertation entre votre
ministère, le MEIE, et ensuite, aussi, l'Investissement Québec International.
Pourtant, les derniers chiffres montrent un recul marqué des exportations
québécoises, particulièrement vers les États-Unis. On comprend pourquoi,
évidemment. Après plusieurs années de stratégies
internationales, comment on explique que l'action internationale du Québec ne
se traduise pas encore en une diversification
commerciale assez forte pour protéger nos entreprises et compenser pour les
États-Unis? On va dans cette direction, mais...
M. Skeete : Bien, en fait, ce
n'est pas exact, là, ce que la collègue évoque, M. le Président. Oui, il y a un
recul américain, je ne pense pas que je suis obligé d'expliquer pourquoi. Puis,
au contraire, on voit une augmentation du volume, surtout vers l'Europe, entre
autres. Donc, ce n'est pas ce qu'on souhaite, ça ne remplace pas la perte
américaine, mais, sur les indicateurs de balance commerciale, on tente de
régler l'enjeu. Et, tu sais, comme j'ai dit, je suis certain que la collègue
connaît le chiffre de la balance commerciale. C'est quoi?
Mme McGraw : Pardon? J'ai
manqué la... Pardon?
M. Skeete : La cible de la
balance commerciale, est-ce que vous savez c'est quoi?
Mme McGraw : La cible? Bien là,
c'est 50 % du...
M. Skeete : Bien, pas la cible,
la balance commerciale qu'on a en général.
Mme McGraw : Bien, en général,
ça dépend avec les... Il y a un chiffre qui est interprovincial, où on a des
déficits puis des surplus, puis, à l'international...
M. Skeete : Oui, puis c'est
quoi, les surplus?
Mme McGraw : Bien, c'est quoi,
M. le ministre?
M. Skeete : Non, mais...
Mme McGraw : C'est moi qui pose
les questions. Allez-y, informez-nous.
M. Skeete : Oui, c'est ça. Ça
fait que je constate que la collègue, elle ne le sait pas. Mais, en 2025...
Mme McGraw : M. le ministre, en
tout respect, ce n'est pas apprécié. C'est moi qui est là pour poser les
questions. C'est mon rôle en tant qu'opposition officielle. Je n'accepte pas
ces propos-là, M. le ministre. Je pose une autre question...
M. Skeete : Puis c'est correct
de ne pas le savoir. Tout le monde est humain, madame.
Le Président (M. St-Louis) : Chers
collègues, je...
Mme McGraw : Non, non, mais ce n'est
pas... c'est arrogant, et je n'accepte...
M. Skeete : Non, mais il n'y a pas
de...
Le
Président (M. St-Louis) :
...je vais vous demander de vous adresser à la présidence, s'il vous plaît, M.
le ministre, Mme la députée.
• (15 h 30) •
Mme McGraw : Alors, on va revenir
aux États-Unis, justement. Donc, justement, on a une dépendance, on comprend
puis on est en train de diversifier nos marchés. Puis on comprend qu'il y a du
travail à faire, peu importe la balance, on a du travail à faire pour
diversifier puis compenser pour cette dépendance vers les États-Unis. Quelle est la stratégie précise du gouvernement pour
réduire la vulnérabilité du Québec au marché américain? À part... Est-ce que
c'est... Donc, vous avez parlé de trois régions, l'Europe, l'Afrique et un
potentiel... l'Indo-Pacifique. À part de ça, est-ce qu'il y a d'autres
stratégies, d'autres mesures qu'on prévoit? Et est-ce qu'on peut parler de
résultats? Ça fait quand même plusieurs missions qu'on fait. Comment est-ce
qu'on sait... comment on va mesurer le succès?
M. Skeete : Bien, déjà, le
virage économique porte ses fruits. Les exportations québécoises vers les
autres pays, les... des États-Unis, elles ont augmenté de 10,6 % l'année
dernière, une hausse de 1,5 milliard en Europe, une augmentation de 1,6
milliard en Indo-Pacifique et de 690 millions en Afrique et le Moyen-Orient.
Donc, les résultats sont au rendez-vous, mais c'est sûr, comme je disais à la
collègue, c'est un travail qui aurait dû se faire beaucoup avant. Et je dois dire qu'on est fiers des
résultats qu'on a eus à date. Mais effectivement, l'économie québécoise, avec
la balance commerciale marchandises de moins 15,2 milliards, en passant,
collègue, n'est pas acceptable pour nous.
Mme McGraw : ...on a du travail
à faire. Et au niveau de la concertation... parce qu'on comprend qu'il y a le ministère, mais aussi le ministère de l'Économie,
il y a Investissement Québec
International. On comprend que les
cahiers font état d'une concertation entre ces trois entités. On
comprend que c'est essentiel, justement, parce que l'action internationale du Québec doit être cohérente,
surtout en matière d'exportations, d'investissements et de développements
des marchés. Concrètement, c'est qui qui pilote la
stratégie économique internationale du Québec? Et comment mesurez-vous
l'efficacité de cette coordination?
M. Skeete : C'est un travail,
pour une fois, que je suis assez fier de dire qui n'est pas en silo. C'est un
travail qui est partagé tant par le ministre
des Relations canadiennes, qui chapeaute les bureaux dans le Canada, le
ministère de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie, Investissement
Québec et aussi le ministère des
Relations internationales. C'est un travail qui se fait de concert. On
travaille ensemble, et, dans les missions, il n'est pas anormal de voir les
entreprises québécoises qui ont été sélectionnées par IQI présents pour une de
mes missions qui est plus diplomatique. Et on attache des rencontres d'affaires
avec eux, et pour eux aussi, pour faire avancer la cause de leurs entreprises.
Donc, c'est un travail vraiment qui est de collaboration et qui est partagé
avec différents partenaires.
Mme McGraw : Merci. Peut-être
une dernière question, on verra. On espère avoir une couple de questions encore
sur ce... dans ce bloc.
Il y a des baisses observées en mars... qui
touchent des secteurs clés de l'économie québécoise, moteurs... en tout cas,
plusieurs : pharmaceutiques, machineries, etc. Ce sont des secteurs à
haute valeur ajoutée au coeur de notre stratégie économique. Comment on
explique qu'ils soient aussi fragilisés à l'exportation? Est-ce qu'il y a une
stratégie sectorielle qui est claire pour des industries clés pour le Québec en
termes d'exportation?
M. Skeete : Bien
oui. On est beaucoup en... de concert avec les entreprises aérospatiales, par
exemple. On est aussi très actifs avec le secteur aero, la filière
batterie, que le Parti libéral n'aime pas pour une raison que j'ignore, parce
que Bécancour est en feu.
Mme McGraw : Ça, ce n'est pas
vrai.
M. Skeete : Il y a plein de
secteurs importants qui sont dans notre stratégie. Puis, si vous voulez un
indice, normalement, une zone d'innovation, elle est prioritaire, et donc les
entreprises, dans ces zones-là, c'est les entreprises qu'on met de l'avant.
Puis je rajouterais aussi le travail qui se fait avec les firmes d'ingénierie
et aussi l'accompagnement dans le secteur des infrastructures et les investissements
pour la caisse. Donc, ce seraient les secteurs qu'on privilégie.
Mme McGraw : Est-ce qu'il y a une
stratégie territoriale qui est arrimée, justement, avec ces secteurs
exportateurs, qui sont précis... qui sont prioritaires, je devrais dire, avec
des cibles mesurables?
M. Skeete : Donc, les
différentes délégations ont des objectifs en lien avec ça, connaissant les
forces de leur réseau, où est-ce qu'ils sont établis, et c'est à eux de faire
le lien. Et, par la suite, les résultats sont chiffrables à toutes les années.
Mme McGraw : Et
finalement, je ne sais pas... pour revenir à la coordination, est-ce qu'il y a
des rencontres formelles? Est-ce qu'il y a des rapports qui sortent
entre les trois entités qui s'occupent du commerce interprovincial?
M. Skeete : Le commerce
interprovincial?
Mme McGraw : Bien, on va dire,
la...
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup. C'est malheureusement tout le temps que nous avions pour ce premier
bloc d'échange.
Donc, je suis maintenant prêt à reconnaître le
porte-parole de la deuxième opposition. M. le député, la parole est à vous.
Vous disposez de 12 min 5 s.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Rebonjour, M. le ministre. On se voit souvent aujourd'hui.
M. Skeete : Ce n'est jamais
trop, collègue.
M. Fontecilla : Tout à fait.
Écoutez, oui, évidemment, le commerce international est important, mais il n'y
a pas que le commerce international, il y a aussi les droits de la personne,
n'est-ce pas? Et je suppose que vous avez vu la vidéo troublante montrant les
mauvais traitements infligés aux civils, dont quatre Québécois, à bord d'une
flottille se dirigeant vers Gaza. Québec
solidaire a déposé une motion pour dénoncer cette... et condamner cette...
l'attaque et les mauvais traitements subis par les... de cette
flottille, dont quatre Québécois. Pourquoi votre gouvernement a refusé de
l'adopter?
M. Skeete : Vous avez proposé
une motion qui était assez consensuelle jusqu'au moment où est-ce que vous
exigez qu'on ferme le bureau d'Israël. Et ça a été... c'est pour moi une
occasion ratée que Québec solidaire a fait le choix de... d'avoir une motion
refusée au lieu de s'unir sur cette question-là. Alors, je ne comprends pas
pourquoi que vous n'avez pas permis ça. C'est vraiment dommage.
M. Fontecilla :
Donc, vous avez refusé de condamner les mauvais traitements subis par des
Québécois.
M. Skeete :
Non, j'ai, en fait, fait une condamnation sur les médias sociaux à ce
sujet, puis aussi...
M. Fontecilla :
Très bien.
M. Skeete :
...puis aussi, on était d'accord avec la motion que Québec solidaire avait
déposée, mais ils souhaitaient qu'on rajoute la fermeture de notre bureau en
Israël. Et donc...
M.
Fontecilla : On va y arriver. On va y arriver, au Bureau de... au
Bureau du Québec à Tel-Aviv, là.
M. Skeete :
...pour cette raison-là, on n'était pas contre... on était contre.
M. Fontecilla : Dites-moi,
pourquoi vous avez attendu aussi longtemps pour dénoncer les mauvais
traitements subis par des citoyens du
Québec, presque une semaine, là, plusieurs jours après qu'Ottawa ait dénoncé ce
propos-là? Est-ce que c'est parce qu'il y avait une motion de Québec
solidaire qui avait été présentée la veille?
M. Skeete :
On attend toujours la dénonciation de Québec solidaire sur la pendaison
simulée dans les rues de Montréal, alors que Québec solidaire s'occupe de la Palestine
et de la Terre entière...
M. Fontecilla :
On est en train de parler de la flottille, monsieur. Répondez à la
question... M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député, M. le ministre, je vais vous demander de vous adresser maintenant
à la présidence puis, s'il le faut, je vais gérer le trafic. Je privilégie
naturellement...
M. Fontecilla :
...
Le Président
(M. St-Louis) : M. le député, s'il vous plaît! Je vous cède la
parole. Je préfère des discussions fluides. On écoute les questions, on écoute
les réponses. Merci. La parole est à vous.
M. Fontecilla : Donc,
je lui pose la question : Pourquoi a-t-il attendu presque huit jours avant
d'avoir condamné cette... les mauvais traitements subis par des
Québécois et Québécoises?
M. Skeete :
Mais on est rendus à quatre jours, M. le Président, puis on attend toujours
la réaction de Québec solidaire sur des pendaisons simulées dans les rues de
Montréal, pas une flottille dans le Moyen-Orient.
M. Fontecilla :
M. le Président, point d'ordre.
Le Président
(M. St-Louis) : ...M. le ministre. Quel est votre point de
règlement, M. le député?
M. Fontecilla : Il
doit répondre par rapport à la question. Il ne doit pas se trouver des
échappatoires pour aller ailleurs.
Le Président
(M. St-Louis) : Il y a prérogative de réponse du ministre, M. le
député. Donc, M. le ministre, vous pouvez continuer.
M. Fontecilla : ...M.
le ministre... M. le Président, vous avez, malgré ce qu'il est arrivé aux
quatre citoyens du Québec, là, les mauvais traitements subis... Pourquoi
n'avez-vous pas nommé une seule fois le mot «Israël» dans votre déclaration?
M. Skeete :
Bien là, est-ce que j'ai condamné ou je n'ai pas condamné?
M. Fontecilla :
...
M. Skeete :
Est-ce que j'ai condamné ou je n'ai pas condamné?
M. Fontecilla :
Je vous pose une question très simple, M. le ministre. Est-ce que vous avez
nommé Israël?
M. Skeete :
Bien, écoutez, M. le Président, non seulement le collègue trouve que je ne
dénonce pas assez, puis je ne dénonce pas assez vite, puis je ne dénonce pas
assez souvent, mais là il faudrait que j'utilise ses mots. Bien non, je ne
travaille pas pour Québec solidaire. Je vais dénoncer dans mes mots...
M. Fontecilla :
Très bien.
M. Skeete :
...puis je pense que les mots de dénonciation étaient plus importants.
M. Fontecilla : Est-ce que je
peux poser une autre question, M. le Président?
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Fontecilla : Malgré
ce qu'il est arrivé à nos concitoyens sur la flottille, vous continuez à garder
le bureau ouvert du... le Bureau du
Québec à Tel-Aviv ouvert. Est-ce que vous êtes toujours à l'aise avec de
maintenir ce bureau ouvert?
M. Skeete : Je
poserais la question suivante au collègue, M. le Président : Est-ce qu'il
est toujours à l'aise de ne pas dénoncer l'antisémitisme sur les campus
universitaires? Tu sais, on attend encore des dénonciations, pour ça, de la
part de Québec solidaire.
M. Fontecilla : M.
le Président, est-ce que vous pouvez lui demander de répondre à la question par
oui ou un non?
Le
Président (M. St-Louis) : M. le député, ce n'est pas à la présidence de
juger de la pertinence ou du contenu des réponses du ministre, c'est sa
prérogative. Merci.
M. Fontecilla : Je
vous pose une autre question. M. le
ministre, il y a eu quatre
concitoyens, qui étaient Québécois et Québécoises, qui ont été... qui
ont subi des mauvais traitements. Est-ce que vous seriez prêt à les rencontrer?
M. Skeete : Est-ce
que vous seriez prêt à rencontrer les milliers d'étudiants juifs sur le campus
qui ne pouvaient pas accéder à leurs cours parce que vous refusiez
d'être solidaires?
M. Fontecilla : Tout à fait,
tout à fait. Est-ce que vous seriez prêt à rencontrer les quatre concitoyens,
vos concitoyens, qui ont subi des mauvais traitements?
M. Skeete : Bien, absolument. Absolument,
absolument.
M. Fontecilla : Oui? Donc, s'il
y a une demande de rencontre, vous allez accepter?
M. Skeete : Absolument.
M. Fontecilla : Très bien. M. le ministre, le premier ministre
israélien, M. Netanyahou, a ordonné aujourd'hui même à l'armée
israélienne d'ignorer le cessez-le-feu et de conquérir 70 % de la bande de
Gaza. Est-ce que, pour vous, c'est une ligne rouge à ne pas dépasser et, à la
suite de ça, fermer le Bureau du Québec à Tel-Aviv?
• (15 h 40) •
M. Skeete : Bien,
on demeure très inquiets de qu'est-ce qu'il se passe dans le Moyen-Orient. Ma
foi, la situation... et moi, j'invite les partis à suivre le droit
international. Je trouve que c'est important de respecter la vie humaine, le
droit humain et de limiter les gâchis. Puis je trouve ça profondément
préoccupant.
M. Fontecilla : Très bien. M.
le ministre, est-ce que vous avez établi une ligne rouge à ne pas traverser
avant de prendre une décision sur le Bureau du Québec à Tel-Aviv?
M. Skeete : Contrairement au collègue, moi, je pense que
c'est en favorisant le dialogue qu'on va pouvoir régler nos différends, pas en tournant le dos et faire la
morale de haut. Je pense que, si on peut entretenir des relations avec nos...
avec les différentes personnes sur Terre, je
pense qu'on favorise le vivre-ensemble, je pense qu'on favorise le règlement
de différends. Je ne suis pas d'avis que de fermer le bureau nous aide à avoir
des meilleures communications avec des gens... puis pour partager les valeurs
québécoises avec les gens d'Israël.
M. Fontecilla : M. Netanyahou, le premier ministre d'Israël,
a dit qu'il était prêt à aller... à occuper jusqu'à 100 % de la
bande de Gaza. Est-ce que, pour vous, dans ce contexte-là, il faut toujours
favoriser le dialogue et faire en sorte que le Bureau du Québec à Tel-Aviv
reste ouvert ou il faudrait prendre des actions diplomatiques de la part de
votre gouvernement?
M. Skeete : ...quelque chose, M. le Président, parce qu'ici
on a un parti qui se dit souverainiste, qui serait prêt à fermer des missions parce qu'ils ne sont pas
d'accord avec eux. Bien, ce n'est pas comme ça que ça marche, collègue.
Malheureusement, sur Terre, dans notre monde, on va faire affaire avec des gens
avec qui on n'est pas toujours d'accord et on aura le forum... un petit peu,
nos hésitations, nos craintes et surtout notre inquiétude par rapport au
traitement des Québécois et au traitement des autres. Et je pense que c'est en
favorisant le dialogue qu'on règle des différends, pas en se tournant le dos et
de prendre les gens de haut.
M. Fontecilla : Est-ce que vous
pensez, M. le ministre, que le respect des droits de la personne, le respect
des droits des Québécois et Québécoises, là, qui... passe après les intérêts
commerciaux du Québec à l'étranger?
M. Skeete : La question, c'est si les droits humains vont
au-delà de les relations économiques et tout? C'est ça, la question?
M. Fontecilla :
Par exemple.
M. Skeete :
Oui? Bien, bien sûr.
M. Fontecilla :
Est-ce que vous pensez qu'il y a des violations des droits de la personne qui
ont été faits sur des Québécois et Québécoises et que ça mérite la remise en
question de nos... du Bureau du Québec à Tel-Aviv?
M. Skeete :
Je pense, comme j'ai dit, M. le Président, à plusieurs reprises maintenant, que
c'est en favorisant le dialogue qu'on peut avoir le règlement de différends. Et
le fait qu'on a encore une relation avec l'État d'Israël ici, au Québec, le
fait qu'on a un consul ici, à Montréal, nous permet de discuter avec eux et
partager cette inquiétude-là. Si on faisait ça de la manière du député, M. le
Président, bien, on ne leur parlerait pas puis on n'aurait aucun forum pour
exprimer notre inquiétude et l'importance de suivre le droit international.
Moi, je pense qu'on est plus gagnants à interagir avec ceux avec qui on a un
différend que de ne pas leur parler du tout.
M. Fontecilla :
Très bien. Vous avez dit que ça vous prend des forums pour établir le dialogue.
Est-ce que la délégation du Québec en Israël a manifesté un quelconque
désaccord sur les mauvais traitements subis par des Québécois et Québécoises
aux autorités israéliennes?
M. Skeete :
Non, parce que la situation, elle est trop dangereuse, et donc il n'est pas sur
place en ce moment.
M. Fontecilla :
Il n'est pas sur place. Qui n'est pas sur place, excusez-moi?
M. Skeete :
Le délégué n'est pas sur place en ce moment.
M. Fontecilla : Donc, il reviendra. Est-ce que le gouvernement du
Québec... vous, en l'occurrence, en tant que ministre des Relations
internationales, est-ce que vous avez établi un contact officiel avec les
autorités israéliennes pour dénoncer les mauvais traitements subis par des
Québécois et Québécoises aux mains de l'armée israélienne?
M. Skeete :
On discute avec les consuls de différents pays tout le temps et on a eu des
discussions suite à ma réaction. J'ai eu des discussions avec des gens issus de
la communauté juive, et donc ils savent exactement ce que je pense de la
question, chose qui serait impossible, si j'écoutais le délégué... le député.
M. Fontecilla :
Est-ce que vous avez communiqué avec le consul israélien à Montréal sur cette
question-là?
M. Skeete :
Pas celle-là, précisément. Pas dernièrement, non.
M. Fontecilla : Et comment vous communiquez, par Twitter, avec le
gouvernement israélien pour manifester votre désaccord avec les mauvais
traitements subis par des Québécois?
M. Skeete : Bien, c'est ce que le collègue souhaiterait que
je fasse, que je réagisse sur Twitter, puis, après ça, il me critique quand je
ne le fais pas. Non, en fait, je favorise les relations directes et je favorise
les échanges directs. Et donc, normalement, lorsque j'ai des échanges avec des
consuls ou des ambassadeurs, ça se fait en personne, comme il se doit.
M. Fontecilla :
Donc, est-ce que vous allez rencontrer en personne le consul d'Israël au Québec
ou à Montréal pour lui communiquer votre désaccord... dont ont été traités des
Québécois et Québécoises?
M. Skeete :
...exclu, mais ce n'est pas prévu pour le moment.
M. Fontecilla :
Ce n'est pas exclu?
M. Skeete :
Je ne l'ai pas sur le calendrier en ce moment. Je ne l'exclus pas.
M. Fontecilla : Bien, pourquoi vous n'avez pas prévu de dénoncer,
de manifester votre désaccord dans la façon qu'ont été traités ces
Québécois et Québécoises, là? Qu'est-ce que ça vous prend pour faire acte de
présence auprès... physiquement auprès de ce consul-là?
M. Skeete :
Il sait ce que je pense sur la question. La prochaine fois que je suis dû pour
discuter avec lui, je vais le faire. Je ne vais pas éventer les... des
discussions privées avec un autre État ici.
M. Fontecilla :
Vous dites qu'il sait ce que vous pensez. Est-ce que vous avez pris la
certitude? Est-ce que des fonctionnaires de votre ministère ont contacté le
consulat pour savoir ce qu'il pense? Quels ont été les échanges officiels qui
ont été faits avec le consulat?
M. Skeete :
J'ai répondu à la question, M. le Président.
M. Fontecilla : Donc,
allez-vous, encore une fois, rencontrer le consul pour manifester votre
désaccord avec la façon dont des Québécois ont été traités?
M. Skeete : J'ai répondu à la
question, M. le Président.
M. Fontecilla : Donc, vous ne
dites ni oui ni non. Peut-être, peut-être un jour.
M. Skeete : J'ai déjà répondu à
la question, M. le Président.
M. Fontecilla : Est-ce que le
gouvernement du Québec, est-ce que le gouvernement de la CAQ se préoccupe des
droits de la personne des Québécois et Québécoises à l'étranger?
M. Skeete : Absolument.
M. Fontecilla : Et qu'est-ce
que vous faites pour les protéger, M. le ministre?
M. Skeete : Partout...
M. Fontecilla : À part des
déclarations sur Twitter?
M. Skeete : C'est juste drôle,
M. le Président, parce qu'il n'y a pas 30 secondes, il me demandait
pourquoi je n'avais pas réagi sur Twitter sur quelque chose, puis il trouvait
que j'étais tardif, alors que j'étais en rencontre avec des gens pour discuter de ça en personne. Mais lui préfère des
stratégies de com sur Twitter. Puis je trouve ça ironique, surtout
venant du député, qu'il n'est même pas capable de condamner des gestes
répréhensibles sur notre territoire. C'est vraiment dommage, M. le Président,
des gens comme ça.
M. Fontecilla : Très
bien, très bien. Je vais vous reposer la question. Comment faites-vous pour
protéger les droits fondamentaux des Québécois et Québécoises à
l'étranger?
M. Skeete : Ils ne sont même
pas capables de dénoncer, M. le Président, quand que les manifestants se
présentent sur les ministres pour faire peur à leurs familles. C'est
épouvantable, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : ...j'aime
entendre la question et la réponse pour le bénéfice des gens qui nous écoutent,
s'il vous plaît.
M. Fontecilla : ...là, c'est si
vous faites votre travail de ministre des Relations internationales et si vous
êtes capable de défendre des intérêts des Québécois et Québécoises qui
subissent des violations des droits fondamentaux à l'étranger, dans ce cas-ci,
dans les mains de... dans les mains d'Israël.
M. Skeete : J'ai déjà répondu à
la question, M. le Président.
M. Fontecilla : Très bien, M.
le Président. Est-ce que les relations internationales et du...
Le Président (M. St-Louis) : ...tout
le temps que nous avions pour ce bloc d'échange. Donc, je suis maintenant prêt
à reconnaître le député de Jean-Talon. M. le député, vous disposez de
12 min 5 s.
M. Paradis : Bonjour, M. le
ministre, à vous et à toute votre équipe. Il y a une association qui s'appelle
l'Association internationale des études québécoises qui, depuis plus de
30 ans, produit des résultats remarquables sur la scène internationale
pour faire rayonner nos grands auteurs, la littérature québécoise, la langue
française, le savoir sur le Québec, qui a contribué à faire inscrire le Québec
dans plusieurs programmes scolaires dans différents pays du monde, et cette
association, vous lui avez coupé les vivres dernièrement. Donc, c'est l'AIEQ.
Et plusieurs anciens ministres des Relations internationales, toutes formations
politiques confondues, ont dénoncé cette décision, l'ont même qualifiée de
décision de manque d'envergure et d'insensibilité.
Mais, pour vous poser ma première question, je
vais citer quelqu'un, je vous le cite entre guillemets, c'est un
verbatim : «Cette association assure un rôle et un soutien indispensables
aux chercheurs, auteurs, universitaires, réalisateurs de par le monde qui
s'intéressent au Québec. Ce dont l'association a besoin à ce moment-ci, c'est
d'être rassurée quant à son financement. La
subvention qu'elle reçoit constitue sans doute l'investissement avec le plus
haut rendement pour mieux faire connaître
le Québec à l'international. Le gouvernement peut-il saluer le travail
formidable qui est fait d'une seule façon, en confirmant dès à présent
son financement?» Je vous cite votre collègue, le député de Deux-Montagnes, actuel ministre des Transports, en Chambre, le
15 mars 2018. Ça fait quelques années. Qu'est-ce que vous lui répondez?
Qu'est-ce qui a changé?
M. Skeete :
Bien, on a creusé la question sur la grande rentabilité. Puis j'ai eu la
chance de rencontrer AIEQ en lien avec leur budget, et je leur ai posé des
questions, comme il se doit pour un ministre qui est rigoureux et qui veut savoir ce qu'on fait avec l'argent des
contribuables. Et, lorsque j'ai eu ces rencontres-là, malgré l'importance de la
promotion de la science à l'international, malgré l'importance de la recherche
et la liberté académique à l'international, quand j'ai posé la question,
ils n'étaient pas capables de répondre à la question : C'est quoi,
l'impact de leurs actions à l'international?
Alors, ils m'ont
sorti un document, parce que, là, je leur ai dit que ce n'était pas acceptable.
Ils m'ont sorti un document, puis dans le
document, ils ont évoqué des retombées importantes, comme vous le dites, qui ne
tiennent pas la route. Et, quand on
leur a demandé d'être plus précis, ils étaient incapables de le faire. Et donc,
ce qu'on a choisi de faire, c'est de
rapatrier ce montant-là, qu'on donnait à l'AIEQ, et on va le déployer à
l'intérieur de notre nouveau réseau, qui est plus mature qu'il ne
l'était il y a 30 ans, dans un monde qui a plus changé, je pense qu'on va
devoir en faire davantage... qui va
accompagner les universités dans leur mission à l'international, qui va faire
profiter des huit attachés culturels qu'on a dans les délégations, les
neuf diplomates scientifiques, et aussi les scientifiques en résidence qu'on a
un peu partout, pour faire profiter de cette mission-là.
• (15 h 50) •
M. Paradis :
Est-ce que vous avez fait... est-ce que vous avez un rapport d'évaluation de ce
que vous dites?
M. Skeete :
Bien, en fait, avec le rapport et leurs propres données...
M. Paradis : Est-ce que votre ministère... parce que la base de la coopération
internationale au Québec, c'est la reddition de comptes, et il y a des experts
au ministère, j'en sais quelque chose, hein, parce que j'ai collaboré avec le
ministère pendant plus de 20 ans... il y a des rapports qui sont faits.
Quand il y a des décisions comme ça, après 30 ans de partenariat, généralement,
vous devriez avoir un rapport qui vous indique des raisons de faire ça.
Avez-vous un tel rapport?
M. Skeete :
Bien, en fait, ce que j'ai eu, c'est un constat que ça fait 10 ans que les
politiciens manquent de courage pour les fermer. Ça fait que, oui, c'est un
constat d'échec.
M. Paradis :
Vous dites un... Mais est-ce que vous avez un rapport?
M. Skeete :
C'est un constat d'échec.
M. Paradis :
Avez-vous un rapport qui vous indique que c'est la marche à suivre, qu'il n'y a
pas les résultats que vous dites, ou c'est votre évaluation à vous?
M. Skeete : Comment on décrit le rapport, c'est... Il y a des
écrits qui disent que, la mission, elle peut être mieux fait autrement.
M. Paradis : Est-ce que vous, personnellement, vous avez une
longue feuille de route en évaluation de programmes de coopération
internationale?
M. Skeete :
Non, je ne suis pas un lobbyiste des organisations internationales comme vous.
M. Paradis : Alors, sur quelle base avez-vous pris votre
décision après 30 ans de financement de votre ministère de cette
organisation?
M. Skeete :
Bien, si vous me laissez y répondre...
M. Paradis :
Est-ce que vous avez un rapport?
M. Skeete :
Il y a des écrits que... Ils ne répondent pas aux objectifs. Et, quand ils ont
fait un rapport, eux autres, sur leurs activités, on a constaté des écarts de
rigueur inquiétants pour une organisation de professionnels intellectuels. Et
donc j'ai demandé des suivis, informations que je n'ai pas reçues. Et j'ai des
enjeux de gouvernance qui datent de Christine St-Pierre, qui disent que c'est
inquiétant. On a multiplié les couches d'encadrement pour s'assurer qu'on ait
des résultats, et, malgré ça, ils n'ont pas réussi à se prendre en main. Puis,
après avoir davantage demandé d'imputabilité, ils ont multiplié une gouvernance
pour faire en sorte qu'ils sont 32 dans le CA, puis 32 dans un CA, ce n'est pas
efficace puis ce n'est pas... ce n'est pas efficient. Alors...
M. Paradis :
C'est pourtant la même... c'est pourtant la même ancienne ministre, Christine
St-Pierre, qui est sur toutes les tribunes pour dénoncer votre décision et pour
saluer la contribution remarquable de cette organisation...
M. Skeete :
...de 150 000 $.
M. Paradis : ...dont actuellement... Puis je vous repose la question. Sur quelle
base avez-vous pris votre décision? Là,
vous me parlez d'écrits. Est-ce que vous avez un rapport avec les constatations
que vous venez de nous mentionner? Est-ce que vous avez un rapport qui a
justifié votre décision?
M. Skeete :
Les documents soumis par l'AIEQ étaient inadéquats, donc c'est leur rapport.
M. Paradis : Vous, est-ce que vous avez un rapport? Après
30 ans de partenariat, est-ce que vous avez un écrit quelconque,
une évaluation des gens qui sont des professionnels pour faire ça? Parce que
vous m'avez répondu que vous n'avez pas, vous, de feuille de route personnelle
en évaluation de programmes de coopération internationale. Si c'est le cas...
M. Skeete :
...
M. Paradis :
Bien, est-ce que vous en avez? Est-ce que vous avez de l'expérience
personnelle?
M. Skeete :
J'ai déjà été fonctionnaire dans un gouvernement. Je sais...
M. Paradis :
Est-ce que vous avez déjà fait de l'évaluation de programmes de coopération internationale?
M. Skeete : J'ai déjà fait des évaluations de programmes et j'ai déjà
construit des programmes gouvernementaux. Et donc vous n'avez pas le
monopole de l'expertise, cher collègue.
Le Président
(M. St-Louis) : Messieurs, j'aime entendre la question et la
réponse. Le temps est compté.
M. Paradis : Donc, est-ce que vous-même... parce que, là, je
veux savoir sur quelle base la décision a été prise, parce que c'est une
question de gouvernance des relations internationales du Québec. Et je le sais
d'expérience que tous les programmes de
coopération internationale sont rigoureusement évalués à l'aide de rapports.
Et, quand il y a des décisions comme celles-là qui se prennent, elles
sont... elles doivent être justifiées par un rapport.
Donc, soit vous-même,
vous avez une expérience personnelle d'évaluation de programmes de coopération
internationale, ou soit vous avez un rapport qui justifie votre décision.
Est-ce que vous avez l'un ou l'autre?
M. Skeete : J'ai répondu à la question, mais je veux vous
lire un peu qu'est-ce qu'ils font. Puis ça, ce n'est pas une critique
sur... M. le Président, ce n'est pas une critique sur la liberté académique.
Ces gens-là ont le droit de faire ça. Mais des colloques sur l'imaginaire des
sexes, des genres de sexualité, des productions littéraires, artistiques, médiatiques, de la culture du noir... du Nord
circumpolaire en Suède, je ne pense pas que ça répond à la mission du ministère
des Relations internationales et de la Francophonie. Des symposiums sur la
queerisation de l'espace nordique, je ne pense
pas que c'est prioritaire pour le ministère à ce moment-ci. Et donc c'est des
sujets qui sont totalement légitimes, mais la question se pose,
collègue : Est-ce que ça a à faire dans le ministère des Relations
internationales et de la Francophonie, dans un contexte où est-ce que le monde
est en grand bouleversement?
M. Paradis :
Donc, vous êtes en train de nous dire que vous avez pris une décision, parce
que vous n'aimez pas que, dans certaines
conférences, on ait abordé les enjeux de diversité sexuelle et de genre? Parce
que, vous savez... parce que, vous savez, l'AIEQ, là, c'est Dany
Laferrière, c'est Anne Hébert, c'est les grands auteurs québécois.
M. Skeete :
...ça que j'ai dit.
M. Paradis : Mais là vous nous avez cité comme exemple le fait
qu'il y a des oeuvres ou qu'il y a des conférences dont les thèmes ne
vous plaisent pas. Moi, je vous demande, dans votre appareil gouvernemental,
est-ce que vous avez des gens dont c'est la
profession de faire ça, qui vous ont fourni un rapport qui dit : Nous, on
veut couper, après 30 ans, l'aide à l'AIEQ parce qu'ils ne
répondent pas aux objectifs? Parce que vous aviez signé un contrat. Vous savez,
votre collègue le ministre de... je cherche son nouveau... le nom de son
nouveau ministère, mais il était, à l'époque, ministère de la Langue française,
a attribué, en 2025, une subvention de 39 000 $ à la même
organisation, puis vous, vous coupez pour des raisons qui ont l'air plutôt
personnelles.
L'AIEQ, actuellement,
repose sur un réseau de bénévoles et d'experts de plus de
1 000 personnes, dont 75 % des activités sont financées par des
universités, y compris des universités étrangères. Et vous, vous pensez, vous,
du gouvernement de la CAQ, qui dit qui veut simplifier puis se fier aux gens de
la société civile puis au secteur privé... vous
dites que vous allez faire mieux en envoyant cet argent-là dans l'appareil,
alors que depuis 30 ans, l'appareil vous dit que ça marche, l'AIEQ.
C'est ça, ma question. C'est une question de gouvernance.
M. Skeete : J'espère qu'on va me
laisser le temps de répondre avec la longueur de la question qu'il a eue, M.
le Président.
Le Président
(M. St-Louis) : Allez-y, M. le ministre.
M. Skeete : Premièrement,
ce n'est pas... il n'y a personne qui a dit que les sujets, ça a été la source
de la motivation derrière la décision. Ce que j'ai dit très clairement,
c'est que ce n'est pas prioritaire pour le ministère des Relations
internationales de financer ce qui est essentiellement des réflexions nichées,
plus académiques. Il y a une raison pourquoi que ces gens-là sont financés par
le ministère de l'Enseignement supérieur, il y a une raison aussi pourquoi
d'autres ministères voudraient peut-être les financer.
Mais la mission première des Relations internationales,
c'est de faire valoir les intérêts du Québec à l'international. Et donc, ce qu'on va faire comme virage,
c'est : on va prendre la même argent, 250 000 $, qui ne sera pas
en personnel, qui va être dédié directement pour accompagner les
chercheurs à l'international. On va accompagner nos universités, nombreuses
soient-ils, qui sont présents sur le territoire à l'international, et les
accompagner pour ouvrir des portes, parce que c'est eux, les spécialistes de la
liberté académique, et de la science, et de tous les enjeux universitaires
qu'ils peuvent avoir. Et on va les accompagner pour signer des MOU, des
ententes entre les différentes universités pour favoriser les intérêts du
Québec. C'est là que le MRIF peut apporter plus de valeur.
Je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on doive
financer des... un CA de 32 personnes. On doit encadrer ces gens-là
avec le Scientifique en chef, avec des ressources prêtées, avec un local payé,
avec des fonctionnaires aussi à la disposition de... pour ensuite se faire dire
qu'ils n'ont pas de rapport à nous donner sur leurs activités.
M. Paradis :
...donc, vous prenez le même argent avec un partenaire que vous avez depuis
30 ans, pas de rapport, pas d'évaluation de votre ministère que ça ne
fonctionne plus, ça a l'air d'être votre décision, mais surtout, vous prenez de l'argent alors que c'est dans
40 pays qu'ils sont actifs actuellement, notamment en comptant sur le
bénévole. Puis vous me parlez des acteurs du terrain. C'est eux, les
acteurs du terrain, au Québec et ailleurs dans le monde, qui sont les
animateurs de l'association. Puis vous, vous l'envoyez dans la machine, dans
19 délégations plutôt que 40.
Je voudrais vous
amener sur un sujet connexe. Je voudrais vous amener sur un sujet connexe qui
est celui des coupures aussi des organisations de coopération internationale.
Vous avez mis fin à des contrats qui étaient en cours. Je vous pose la même
question. Je le sais qu'il y a un rapportage continu de ces rapports-là. Est-ce
que vous avez des rapports, des professionnels qui évaluent ces projets-là,
vous disant que ces projets-là n'atteignent pas leurs résultats, qui justifient
votre décision de couper les contrats en cours d'exécution? Est-ce que vous
avez des rapports de vos professionnels du ministère qui vous disent que ça ne
marche pas, ces projets-là?
M. Skeete :
C'est vraiment spectaculaire qu'un parti qui se dit qu'il veut faire un
pays ne sait même pas le nombre de
délégations qu'on a à l'international, M. le Président. C'est époustouflant.
Ils veulent doubler, doubler quoi?
M. Paradis :
...
M. Skeete :
Oui, c'est ça. C'est le fun, quand on se le fait...
M. Paradis :
19 pays et non pas 19 délégations. 19 pays.
M. Skeete :
Oui, merci.
Le Président
(M. St-Louis) : Vous avez terminé?
M. Skeete :
Combien de temps qu'il reste, M. le Président?
Le Président
(M. St-Louis) : Quatre secondes.
M. Paradis :
Avez-vous des rapports, oui ou non?
Le Président
(M. St-Louis) : Merci. Ceci conclut ce bloc d'échange. Je suis
maintenant prêt à reconnaître la députée de Notre-Dame-de-Grâce. La parole est
à vous, et vous disposez de 18 min 12 s.
• (16 heures) •
Mme McGraw :
Merci, M. le Président. Donc, je vais poursuivre un peu la question de mon
collègue.
Effectivement, en matière de coopération
internationale, on comprend que les défis qu'on vit aujourd'hui sont
vraiment sans frontières, que ce soient les changements climatiques,
l'effritement de l'État en droit... de droit de... l'État de droit et de
démocratie, les conflits géopolitiques, économiques, et la réponse à ces défis
réside, entre autres, dans la collaboration et la coopération internationale.
Et l'OCDE démontre à quel point c'est important.
Donc, dans ce contexte-là, il y a un impact sur
la... notre sécurité, notre économie, notre prospérité. La coopération...
Est-ce que le ministre est d'accord pour dire que la coopération internationale
amplifie les valeurs québécoises et les intérêts québécois et offre des
opportunités de partenariat pour le Québec. Est-ce que le ministre s'engage à
préserver le financement? Premièrement, est-ce qu'il est d'accord que la
coopération internationale amplifie nos valeurs et nos intérêts? Et, dans un
deuxième temps, est-ce qu'il s'engage à préserver le financement à la
coopération internationale et à valoriser l'expertise québécoise dans sa future
politique internationale?
M. Skeete : La
solidarité internationale, c'est une des plus grandes valeurs québécoises, et
donc ce n'est pas du tout dans mon intention de couper là-dedans.
Mme McGraw : Mais
on comprend qu'il y a eu des coupures, par exemple, au programme de Québec sans
frontières. Justement, donc, si ce n'est pas dans les intentions, pourquoi ça
fait partie des actions antérieures du gouvernement, si ce n'est pas votre
intention?
M. Skeete : Le ministère des Relations internationales et de la
Francophonie a une obligation de faire sa part dans le cadre de l'atteinte de
l'équilibre budgétaire, et on n'avait pas le choix de faire certaines
restrictions à l'intérieur du programme Québec sans frontières. Mais on s'est
attardé pour être sûr qu'on a... on visait seulement les... ceux qui étaient
capables d'absorber la réduction de financement. On parle ici de gens qui ont
été impactés à la hauteur de 1 %, 2 % ou 3 % de leur budget
annuel. Et donc, malheureusement, on n'était pas en mesure de transférer les
fonds pour ça. On a confirmé cette année qu'on va être en mesure de répondre
présent pour leur financement.
Mme McGraw : Mais est-ce qu'on
comprend qu'il y a eu un impact important au moment même où le Québec tente de
conclure des ententes commerciales, économiques, que, si on... qu'on est en
train de briser... Si je comprends bien, il y a des ententes en cours
qui ont été coupées, qui ont été brisées. Il y a même des partenaires
québécois, des organismes québécois qui risquent de se faire poursuivre en cour
à cause de ces bris-là, et que ça donne l'impression que le Québec n'est pas un
partenaire fiable, dans les domaines même économiques, si on est capable de
briser des ententes en cour. C'est du jamais-vu.
M. Skeete : Ce que je dirais à la collègue, puis je pense que les Québécois vont
comprendre, il y a deux ans, on a signé
une entente avec des entités pour faire de l'aide à l'international, et
l'entente, elle est bonne pour un autre deux ans. Dans les deux
dernières années, le monde a drastiquement et radicalement changé, puis on ne
peut pas se permettre de ne pas se poser des sérieuses questions par rapport à
toute la programmation du ministère des Relations internationales pour
positionner notre action à l'international, pour répondre présent sur ces
grands enjeux là. Donc, le programme QSF doit changer, le programme QSF va
changer pour être sûr qu'il porte les valeurs du Québec, mais aussi faire en
sorte qu'on ait un vrai impact sur les pays qu'on veut aider.
Mme McGraw : Est-ce que le ministre dit qu'il se questionne
sur... Est-ce que le QSF, le programme Québec sans frontières, n'est pas
en ligne avec les valeurs québécoises et les intérêts québécois? Est-ce que
c'est ce qu'on est en train de dire, M. le ministre?
M. Skeete : Ce
que je dirais, c'est que les priorités d'il y a deux ans sont... elles ne
peuvent pas être les mêmes pour les deux prochaines années. On doit
s'ajuster et s'adapter au nouveau contexte mondial, et ça, ça veut dire la même
chose pour l'aide internationale. Donc, je ne renonce pas, aucunement, à
l'importance de la solidarité internationale. Je questionne les priorités qu'on
s'est données il y a deux ans, dans un contexte totalement différent, et je
veux amener le ministère vers une ambition plus grande et avec plus d'impact
dans le monde dans lequel on vit.
Mme McGraw : On
est tout à fait d'accord pour dire que le monde a changé et, justement, il y a
des choses qu'on ne contrôle pas. Il y a des choses qu'on contrôle et il y a
une réflexion qui dit : Il faut «double down», il faut faire plus avec les
partenaires de premier plan, avec ceux... avec les pays avec lesquels... les
partenaires avec lesquels on partage les
mêmes valeurs et les mêmes intérêts. Alors, par exemple, on verrait... avec ces
changements-là, ça irait dans quelle direction pour que le programme soit plus
en ligne avec ce nouveau contexte, par exemple, concrètement?
M. Skeete : Bien,
un exemple frappant, c'est le retrait des États-Unis du monde... de l'aide avec
les USA et donc l'absence totale de... les États-Unis dans cette sphère-là crée
des enjeux mondials et des impacts mondials. Alors, est-ce qu'on peut se
permettre de financer certains groupes en ce moment qui ne sont pas en lien
avec la santé ou la santé des femmes ou l'égalité des femmes dans le contexte
où est-ce que cette grande aide-là a été coupée?
On voit une crise en
ce moment en Afrique, qui est l'Ebola. Une des causes du fait qu'on n'arrive
pas à contrôler cette épidémie-là, c'est l'absence des USA, qui était là avant
et qui maintenant n'est plus là. Et donc je pense qu'on a une responsabilité de
réorienter l'aide internationale pour être sûr qu'elle répond présente dans des
moments opportuns, mais aussi qu'elle protège les Québécois en même temps, et
je pense qu'on doit changer le QSF. Mais, dans les faits, je pense que c'est
important, la solidarité internationale, puis j'y tiens profondément. Mais ce que je refuse puis ce que je... ce que vous
serez en... Vous auriez raison de me critiquer si je ne faisais rien, pour les
deux prochaines années, en matière de QSF. Si, dans deux ans, je vous
dis qu'on fait la même chose qu'il y a quatre ans, je me ferais crucifier
par vous, les premiers, collègues en crédits, parce que je n'ai pas... je ne me
suis pas adapté puis ajusté au monde qui
change. Alors, on change parce qu'on doit changer, parce que les temps,
aujourd'hui, nous forcent à changer.
Mme McGraw : Les
changements climatiques, ça fait partie vraiment d'un monde... ça, ça ne va
pas... ça va demeurer un enjeu majeur.
Est-ce que le gouvernement, et le ministre en particulier, s'engage à maintenir
l'enveloppe budgétaire et les financements flexibles du Programme de
coopération climatique internationale?
M. Skeete : On
va analyser tous les acteurs, à l'intérieur du QSF, qui reçoivent du
financement aujourd'hui. On a reconduit
l'enveloppe cette année, et donc il n'y a pas d'inquiétude à avoir cette année,
puis on va poser les questions qui se posent pour faire le virage qui
est nécessaire.
Mme McGraw : Est-ce
que le ministre est d'accord pour dire que, quand même, de la façon que ça a
été fait avec le programme Québec sans frontières, les partenaires de premier
plan, la façon que ça a été annoncé, ça a été fait vite, même, des ententes en
cours, que ça a été sous-optimal? Est-ce qu'il y a des leçons à apprendre de la
façon que ça a été fait?
M. Skeete : C'est sûr que j'aurais préféré donner plus de
prévisibilité, mais malheureusement, l'effort budgétaire était tel que
je n'avais pas le choix de faire des réductions rapides. C'est sûr que j'aurais
souhaité un atterrissage, dans le ministère des Relations internationales, avec
un peu plus de coussin, mais malheureusement, ce n'était pas le cas. Et on a
une responsabilité à faire notre part pour le retour à l'équilibre budgétaire.
Mme McGraw : Je tiens à souligner,
parce qu'on a rencontré ces groupes-là, qu'il y a un impact majeur sur, bien,
des ententes, leur budget, leurs opérations sur le terrain. Et je souligne le
fait que la réputation du Québec à l'international dépend de sa capacité de
respecter des engagements contractuels, que ce soit dans les domaines de
coopération internationale ou de l'économie. Tout ça, c'est relié. Notre
approche internationale, c'est intégré, c'est une approche transversale. Ce
n'est pas juste l'économie. On est d'accord que c'est une priorité, mais c'est
une approche qui est intégrée. Donc, si on coupe de façon... Il y a des
ententes avec des partenaires de premier plan, des partenariats qui se sont
créés au fil des années, même, des décennies. Ça a un impact sur notre
crédibilité. Est-ce qu'on est d'accord pour dire que ça a un impact sur notre
crédibilité et notre fiabilité à l'étranger?
M. Skeete : Ce que je dirais, c'est
qu'on s'est assuré de maintenir le financement pour les dépenses qui étaient
déjà encourues. Je rappellerais à la collègue que la vaste majorité, sinon tous
les groupes concernés ont signé des avenants, donc ils étaient d'accord avec la
réduction du budget. Et donc on va continuer à collaborer avec eux, parce que
le Québec sans frontières, le programme est quelque chose d'important, qui est
voué à changer, mais qui est tellement important pour faire rayonner le Québec
à l'étranger. Je ne suis pas en désaccord avec la collègue.
Mme McGraw : Donc, ça a quand même
créé une certaine incertitude, la façon que ça a été fait. C'est un programme
quand même structuré, avec des engagements déjà pris, des partenaires
internationaux qui étaient déjà mobilisés. Est-ce que vous reconnaissez que
cette incertitude, même si elle a été temporaire, a pu fragiliser des projets
en cours et les partenariats?
M. Skeete : Fragiliser, non. Je
viens juste de vous dire, collègue...
Mme McGraw : Bien, c'est ce qu'on
nous dit, mais...
M. Skeete : ...je viens juste de
vous dire que j'ai reconduit l'enveloppe cette année. Puis d'ailleurs la
nouvelle première ministre m'a attitré 5,7 millions de dollars, et
donc, cette année, on va avoir une augmentation de notre budget, justement, pour répondre présent sur les enjeux à
l'international. Donc, les groupes de QSF sont stabilisés pour cette
année, mais ça ne veut pas dire pour autant qu'on n'aura pas des grands changements
à faire dans l'aide à l'international. Il y a un virage qui doit s'entamer.
Mme McGraw : Est-ce que le ministre...
est-ce qu'il sait combien de partenaires internationaux ont été affectés par
cette situation-là?
M. Skeete : Il y a 27 groupes,
qui sont financés à l'intérieur de QSF, qui ont reçu... puis, dans ces 27 là,
je pense qu'ils étaient...
Des voix : ...
M. Skeete : C'était huit... C'est
neuf?
Une voix : ...
M. Skeete : C'est neuf qui ont subi
une coupure, puis, je rappelle à la collègue, sur les neuf, sept ont reçu une
coupure de 1 %, 2 % ou 3 %. Donc, on n'est pas dans les
scénarios catastrophiques qu'on tente de dépeindre là.
Mme
McGraw : J'ai posé la question sur est-ce qu'il y a des
leçons apprises, est-ce qu'il y a des mécanismes que le ministre... le
ministère, le ministre ont mis en place pour éviter que... Quand même, il y a
une incertitude qui a été créée, c'est ce qu'on nous... Quels mécanismes pour
éviter ce type de situation dans le futur?
• (16 h 10) •
M. Skeete : ...qu'on avait au
ministère des Relations internationales, c'était qu'on avait un risque de
devises, parce qu'on paie nos loyers en euros, on paie nos loyers en dollars
US. On était exposés à un risque de devises qu'on devait absorber à toutes les
années, peu importe ce qui arrivait. Une des mesures qu'on a prise en charge
cette année, c'était pour minimiser ce risque-là, et donc c'est le ministère
des Finances, avec ses experts financiers, qui gère ce risque-là pour nous. Et
donc, des surprises de dernière année, il ne devrait plus y en avoir.
Mme McGraw : On a parlé d'un peu
l'impact, on va... compte tenu de la situation géopolitique, macroéconomique
qui est imprévisible, qui est en changement, allons sur... de revenir sur la
diplomatie québécoise. On a une présence internationale importante. Je pense
que c'est toute une fierté pour le Québec, les délégations, les bureaux, etc.,
des stratégies territoriales, des événements, etc. La question fondamentale,
c'est : Où sont les résultats et comment le
gouvernement peut-il démontrer, comme avec la coopération internationale,
justement, qu'on demande une reddition de comptes, et, au niveau de l'économie,
la diversification des marchés, la diplomatie, que toute cette présence
internationale produit des retombées économiques, entre autres, tangibles pour
l'économie et la société québécoise?
M. Skeete : Bien, M. le Président,
je sens le grand intérêt de la collègue pour la question des relations
internationales. Ça me fait... Je dois vous dire, je suis un peu perplexe parce
que l'opposition officielle décide de combien de temps on va passer en crédits
dans chaque section puis ils ont demandé 30 % plus de temps pour les Québécois
d'expression anglaise que les relations internationales. Ça fait que je trouve
ça particulier qu'avec tout le grand intérêt que l'opposition officielle tente
de nous donner sur l'importance du rayonnement à l'international puis toute sa
vertu, qu'on a quand même choisi de faire 30 % plus de temps au crédit des
Québécois d'expression anglaise que l'important dossier des relations
internationales. Je trouve ça particulier, M. le Président.
Mme McGraw : Écoutez, je ne sais...
Évidemment, moi, je suis passionnée de relations internationales, j'ai fait ma
carrière là-dedans.
M. Skeete : Bien, votre parti ne
l'est pas, collègue.
Mme McGraw : Bien, écoutez, on n'est
pas là pour discuter du temps qui a été alloué et négocié entre...
M. Skeete : Oui, oui, on peut en
parler. Ça témoigne de l'importante... Moi, je pense que c'est pertinent. Les
Québécois... savoir que, pour le Parti libéral, c'est plus important de parler
des Québécois d'expression anglaise et les droits qu'ils pensent que le Québec
enlève aux Québécois d'expression anglaise au lieu de protéger le français que
de parler de relations internationales. Je trouve ça particulier.
Mme McGraw : Je repose ma question.
Et, pour moi, ces deux enjeux qui sont très, très importants, relations
internationales et aussi les relations avec les communautés ici, au Québec...
Et je pense qu'on est d'accord pour dire, M. le ministre, lorsqu'on a parlé de
conflits à l'international, je pense qu'on est d'accord pour dire que... et je
parle de façon générale des communautés ici, au Québec, pas nécessairement
anglophones, mais qu'il n'y a pas de place, au Québec, qu'il y a des
communautés qui soient visées pour des actions d'un gouvernement à l'étranger.
Je pense qu'on est d'accord pour le dire qu'il n'y a pas de place à la haine
ici, au Québec. Et je tiens à le souligner, puis je pense qu'on partage...
Justement, on ne peut pas cibler des Québécois, peu importe leur parcours, leur
background, à cause des actions d'un gouvernement à l'étranger. Là, ça, je le
tiens à souligner. Donc, il y a quand même des liens entre l'international et
ce qui se passe au Québec.
Mais je
reviens à ma question. Justement, est-ce que... je veux savoir c'est quoi...
Avec tous ces investissements qui font notre fierté au Québec, quels
sont les résultats et comment le gouvernement s'assure qu'ils ont une approche
pour bien pouvoir mesurer l'impact de tous ces investissements, ils sont quand
même considérables, le retour sur ses investissements, pour le Québec?
M. Skeete : 30 %,
M. le Président, 30 % plus de temps. Puis, tu sais, après ça, on me parle
que c'est important de ne pas nourrir la haine. Pendant ce temps-là, le
Parti libéral se promène pour dire que le Québec fait de la haine envers les
anglophones. Moi, je suis aussi le ministre responsable des Relations avec les
Québécois d'expression anglaise puis...
Mme McGraw : ...juste être claire.
Je suis vraiment désolé, M. le Président, je...
M. Skeete : ...
Mme
McGraw : Ce n'est pas... ce n'est pas du tout ce que je
viens de dire. Vraiment, je veux être claire là-dessus. Je voulais
enchaîner sur ce que... une discussion antérieure avec un collègue, qu'on est
d'accord pour dire que, dans ce contexte-là, je tenais à le souligner puis à
féliciter. Donc, si ça a été pris comme haine contre les anglophones, je... du
tout, ce n'est pas du tout ce que je disais, vraiment pas.
M. Skeete : ...parce qu'il y en a
certains dans votre parti, collègue, qui pensent qu'on fait de la haine envers
les anglophones quand on veut protéger la langue française.
Mme McGraw : Non. Non, non, je ne
pense pas que c'est vrai.
Le Président (M. St-Louis) : M. le
ministre, vous savez, vous êtes un parlementaire aguerri, on ne prête pas
d'intention. Donc, je vous rappelle à la prudence.
M.
Skeete : ...très simple, pour chaque dollar qu'on investit
en relations internationales au Québec, c'est 49 $ de retombées économiques. Puis, en termes de ventes
fermes, on est à 3,4 milliards de dollars, qu'on a eus l'année
passée, grâce aux actions et le virage économique qu'on a fait à
l'international.
Mme McGraw : Francophonie économique, je pense que c'est un
sujet qui va intéresser le ministre, il a parlé, entre autres, de l'Afrique et
du potentiel en Afrique... en Europe, en Afrique. La Francophonie économique
représente quand même un levier naturel pour le Québec. On a la langue,
les réseaux d'affaires, la diplomatie, la culture, mobilité, partenariats, etc. Pourtant, on voit encore des résultats
chiffrés permettant de mesurer... On voit peu de résultats qui sont
chiffrés, qui nous permettent de mesurer notre impact sur, entre autres, les exportations
québécoises. Quelle place réelle la Francophonie économique occupe-t-elle dans
la stratégie internationale du Québec?
M. Skeete : Bien, j'ai écouté avec
intérêt la sortie du chef libéral, qui se promène comme s'il a inventé le
bouton à quatre trous, là. Ce n'est pas le premier qui parle de Francophonie
économique. Puis la réalité, c'est que j'ai participé dans une entrevue, en
décembre dernier, où est-ce que, justement, je mettais de l'avant la priorité
que je souhaitais que l'OIF adopte en lien avec la Francophonie. La collègue,
elle a raison de le voir, il vaut mieux tard que jamais, que la Francophonie
représente un levier important pour le développement économique du Québec et
aussi le rayonnement du français. Quand on fait affaire en français, quand on
rédige des contrats en français, quand on a des rencontres en français, on
nourrit le français et on donne une puissance économique au français. Donc, je
suis d'accord avec moi-même, content que le chef du Parti libéral soit aussi d'accord.
Mme McGraw : ...je tiens à
souligner, M. le ministre, que la politique internationale, les gouvernements libéraux, le Parti libéral, doctrine Paul
Gérin-Lajoie, tout ça, ça relève des... On ne va pas se faire de leçon de la
CAQ sur la politique internationale. Ce n'est pas du nouveau pour notre
formation ni des gouvernements libéraux. Alors, juste, soyons clairs là-dessus.
M. Skeete : ...tu sais, ce n'est pas
crédible, ce que vous venez de dire, collègue, là.
Mme McGraw : Bien oui, c'est tout à
fait... La dernière fois qu'il y a eu une politique internationale, c'était
en 2017, sous un gouvernement libéral. La CAQ n'a pas réussi à sortir...
Le
Président (M. St-Louis) :
...désolé, Mme la députée. Ceci vient conclure ce cinquième bloc d'échange.
Donc, je suis maintenant prêt à
reconnaître le porte-parole de la banquette gouvernementale. M. le député de Masson,
la parole est à vous. Vous disposez de 12 minutes.
M.
Lemay : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre, ainsi que toute votre équipe. Très heureux
de prendre parole aujourd'hui lors des crédits. Alors, M. le ministre,
on sait où vous... On va commencer avec les États-Unis, on va se déplacer dans le monde après, mais
commençons avec les relations avec les États-Unis, avec... vous l'avez
mentionné tout à l'heure aussi, dans un contexte mondial qui est marqué
par l'instabilité tarifaire, les tensions géopolitiques, la montée des
nationalismes.
Le MRIF, on se positionne quand même pour
défendre les intérêts du Québec, plus que jamais, et on permet un rayonnement
international. Parce qu'on sait, M. le ministre, avec notre gouvernement, on a
clairement fait de la diversification des marchés une priorité stratégique,
puis je crois que c'est la bonne chose à faire. Cela dit, nos entreprises d'ici
continuent de faire affaire avec nos voisins du Sud, qui demeurent notre plus
grand partenaire commercial, il faut toujours le rappeler. Et les relations
Canada–États-Unis ont traversé des moments plus complexes au cours des derniers
mois, on l'a mentionné en entrée de jeu, avec les tarifications, la diplomatie
qui est de plus en plus exigeante. Et on remarque aussi que plusieurs de nos
délégations américaines sont venues ici, au Québec, récemment, et que nos représentations
aux États-Unis continuent d'appuyer activement nos entreprises.
Alors, moi, j'aurais une question pour vous, M.
le ministre, là, à savoir : Comment que le Québec a pu garder le cap puis
maintenir des liens solides avec tous nos paliers de gouvernement américain,
malgré ce contexte, là, puis cette instabilité?
M. Skeete : Bien, la question est
bonne, parce qu'il faut faire la différence entre l'administration exécutive
des États-Unis au fédéral puis les États et les Américains. Quand on parle à
des Américains, quand on parle aux États, le discours est très différent. Ils
réalisent le partenariat qu'ils ont avec le Québec, et ils dépendent de nous,
et ils savent que leurs entreprises locales dépendent de nous aussi. La preuve,
puis je vous... je me permets une fleur à mon adjoint parlementaire, le député
de Masson, qui, lui... vous avez contribué à faire atterrir des ententes de
partenariat avec 23 États et villes aux États-Unis. Ce n'est pas rien, de
dire à quel point ces États fédérés là peuvent avoir un impact sur la politique
locale, mais aussi lancer un signal qui met une certaine pression,
éventuellement, sur le fédéral, à quel point on désire travailler ensemble.
Donc, oui, les temps sont difficiles, ce n'est
pas facile, mais on multiplie la stratégie et... de multiplier les efforts au
niveau des États fédérés, où est-ce qu'on trouve beaucoup d'écoute et beaucoup
de symbiose.
• (16 h 20) •
M. Lemay : Merci, M. le ministre,
très apprécié aussi pour vos bons mots. Vous savez, les États-Unis, ça reste
notre principal partenaire commercial, mais il y a aussi de la diversification
qu'on veut faire. Ça fait partie de la stratégie. Et puis, si on regarde avec
les marchés en Europe maintenant, bien, vous avez été particulièrement actif,
vous-même, sur la scène européenne au cours des derniers mois, puis cette
proactivité-là, on peut... on la remarque par la conclusion de plusieurs
signatures, là. Vous avez fait plusieurs ententes, plusieurs partenariats. Puis
votre présence accrue en Europe, bien, ça démontre aussi clairement que... la
vision de notre gouvernement, qui n'est pas de mettre
tous les oeufs dans le même panier. Ça fait que, là, ça... on parle ici de
diversification. Ça fait qu'est-ce que vous pourriez nous en parler un peu plus,
des ententes, puis nous expliquer c'est quoi, les retombées concrètes pour les
entreprises, les citoyens du Québec, qu'on puisse entendre des dernières
ententes que vous êtes allé chercher?
M. Skeete :
Bien, il y en a tellement, mais j'en ai deux qui me viennent en tête. Le
premier, c'est l'entente qu'on a signée avec le UK sur les minéraux critiques.
C'est la première fois que... voyons, la Grande-Bretagne signe une entente avec
nous comme ça. Il y avait un ministre québécois, un ministre fédéral, puis on a
signé une entente de collaboration avec l'Angleterre. Puis, pour moi, ça
témoigne non seulement du fait que les temps ont changé, parce qu'avant c'était plus difficile d'avoir des
rencontres au niveau fédéral avec l'Angleterre... puis aussi l'intérêt qu'ils
ont pour les minéraux critiques du
Québec et comment on peut être partenaires pour nous aider à régler des
problèmes mutuels.
L'autre entente qu'on
a eue, bien, c'est une grande avancée, puis ça, je dois le crédit à ma
prédécesseure qui a fait le gros du chemin, mais c'est l'entente qu'on a signée
pour les partenaires... pour le comité des régions européen. On s'est joint à
plus de 700 régions et villes européennes. On est le premier État non européen
à avoir signé, pas un partenariat, mais on est comme membre associé. Et puis
maintenant, bien, désormais, on siège sur ce comité-là avec eux pour parler des
enjeux régionaux, pour parler des enjeux des villes, pour parler des enjeux
communs qu'on peut avoir comme région fédérée. Et ça, je pense que ça témoigne
non seulement de la présence et de la force du Québec à l'international, mais
la puissance de notre capacité aussi de faire atterrir des grandes ententes
pour les Québécois.
Puis
qu'est-ce que ça mange en hiver, là? Tu sais, parce que les gens vont se
dire : Bien oui, on s'en fout-tu, de vos ententes puis de vos
signatures, là. Mais ce que ça veut dire, c'est que, quand il y a un problème,
quand il y a un enjeu, on a un réseau de contacts qui peuvent nous aider. Puis
ces gens-là, ils font des liens avec nos entreprises puis nous permettent de
s'insérer dans les chaînes de valeur pour diversifier notre économie. Et donc
c'est en tissant ces liens-là qu'on permet de faire davantage d'affaires ensemble.
M. Lemay :
Mais c'est intéressant, ce que vous dites avec le comité des régions européen,
parce qu'effectivement, pour avoir suivi les travaux, je crois que ça nous
ouvre vraiment à des marchés plus grands. Puis vous avez fait le parallèle, tout
à l'heure, avec l'autre entente que vous êtes allé chercher sur les minéraux
critiques et stratégiques. Bien entendu, le Québec, on a notre part, qu'on peut
faire grandement, alors avoir la Grande-Bretagne avec nous de ce côté-là, bien,
c'est très intéressant. Merci pour nous avoir apporté ces propos.
Puis vous avez dit
qu'on est allés chercher ces ententes-là, puis ça nous place, le Québec... puis
on est vraiment habiles en paradiplomatie, mais on l'a vu aussi très récemment
dans l'histoire avec notre première ministre, Mme Fréchette, qui est allée
chercher des rencontres de haut niveau, autant au niveau des États-Unis, en
allant à Washington, qu'en se rendant la semaine dernière du côté de la France
avec Paris puis la délégation qu'on a du Québec à Paris. C'est
deux missions très importantes, de haut niveau, dans des délais
extrêmement serrés. Je trouve que c'est des résultats qui sont quand même
concrets pour le Québec puis ce n'est pas rien, parce que ce genre de mission là demande une préparation incroyable.
C'est beaucoup d'heures de travail pour arriver à avoir ces rencontres-là
de haut niveau à si court terme.
Donc... puis, bon,
vous représentez le ministère des Relations internationales, vous avez toute
une équipe en arrière de vous qui travaille de ce côté-là. Mais comment est-ce
qu'à l'intérieur du MRIF, ces missions-là, on est... comment qu'on réussit à
tirer notre épingle du jeu sur la scène internationale, tu sais, avec votre
équipe? Est-ce que vous voulez parler un peu du jeu de coulisses pour arriver à
ces rencontres de haut niveau?
M. Skeete :
...premièrement, je suis l'héritier d'un ministère qui est vraiment,
vraiment très bon. Je le dis souvent quand je parle à mon équipe de cabinet,
mais à des gens que je rencontre, il n'y a pas un jeune qui étudie en sciences
politiques, aujourd'hui, au Québec, qui ne rêve pas de travailler au ministère
des Relations internationales. Et donc je suis entouré des meilleurs cerveaux
que le Québec peut avoir. Je suis vraiment gâté. Ça fait que ça, c'est une des
façons qu'on fait atterrir une mission comme ça.
La deuxième, bien
sûr, c'est que... les gens l'oublient, mais on a rehaussé aussi le bureau de Washington
en délégation. Et ça, on l'a fait avant Donald Trump, parce qu'on voyait une
montée du protectionnisme américain. Et donc, en bonifiant ce bureau-là, on a
multiplié la capacité du délégué présent, qui nous a permis de tisser des liens
avec des personnes très influentes à l'intérieur du gouvernement américain,
notamment Jamieson Greer, qui... avec qui la première ministre a pu
s'entretenir sur les tarifs américains.
Puis, bien, bien sûr,
la force du Québec à Paris, elle est connue, puis vous avez raison, après avoir
été nommée première ministre, quelques semaines, nos amis français, tant le
premier ministre français que le président français, ont trouvé du temps dans
leur agenda assez rempli merci pour s'entretenir avec le Québec, mais aussi
pour parler comment le Québec peut travailler avec eux. Il y a une chose que le
premier ministre a évoquée, à l'époque, quand on était là-bas, puis il a
dit : Tu sais, si on a eu... si on avait eu cette conversation-là il y a
20 ans, je pense qu'on aurait parlé de différents sujets qu'on parle
aujourd'hui. Puis ça témoigne de l'ouverture des sujets sur lesquels on parle
maintenant : la défense, les minéraux critiques, la culture, la
découvrabilité, le fait français, tous des aspects qui font en sorte que le
Québec est un acteur positif à l'international.
M. Lemay : Ah!
c'est très bien que vous parlez du thème de la défense, là, en espérant que
Montréal puisse obtenir la Banque de la défense, là. Ça serait très apprécié.
Mais
la députée de Notre-Dame-de-Grâce nous a amenés sur le sujet vers sa dernière
question, avec le leadership que le Québec,
on exerce avec la Francophonie. Puis on entend souvent, avec fierté, que le
Québec, tu sais, on a vraiment un grand leadership avec la Francophonie
mondiale, puis ça, je trouve que c'est une affirmation qui est quand même assez forte. Mais, au-delà des beaux
discours, tu sais, qu'est-ce que ça veut dire concrètement? C'est quoi, les
actions, les présences, les investissements qu'on fait, nous, que le Québec...
on devient un acteur incontournable dans nos institutions, dans les réseaux
francophones à travers le monde? Puis plus précisément, M. le ministre, si vous
voulez nous parler, là, en termes des crédits 2026‑2027 du MRIF, là,
comment ça permet de renforcer notre influence du Québec dans les institutions
francophones, promouvoir notre langue et notre culture.
M. Skeete : La
question est grosse. Puis, M. le Président, combien de temps j'ai?
Le Président (M.
St-Louis) : Il vous reste un peu moins de deux minutes.
M. Skeete : Bon,
la question est grande, j'en ai pour plus que deux minutes, mais
rapidement, ce que ça veut dire, c'est que le Québec est... siège de plein
droit à l'OIF, et donc on agit souverain de tous les autres pays, et incluant
le Canada, dans cette institution-là, et ça nous permet de faire valoir nos
priorités. Les priorités du Québec, depuis que je suis là, et même avant, c'est
la découvrabilité des contenus numériques et l'économie francophone. Et donc,
en ce moment, l'OIF est à faire... est après décider qui va prendre la relève
de Mme Mushikiwabo. Et donc on regarde pour voir comment on peut positionner
ces priorités-là à l'intérieur de l'OIF.
Mais, juste pour vous dire la force du Québec à
l'international par le biais de l'OIF, quand la première ministre est
allée à Paris, on a fait une rencontre à l'UNESCO et on a fait un discours pour
célébrer un grand événement, le 20e anniversaire de la politique, et le
délégué Denis Simard a convoqué ses amis, ses partenaires, les gens de
l'UNESCO. Mais, vous savez, on est partenaires avec le Canada, on partage le
temps à l'UNESCO avec le Canada puis on a
réussi, à 48 heures de préavis, à aller chercher une trentaine de délégués
et des ambassadeurs pour venir écouter la première ministre parler du
Québec, parler de la découvrabilité, parler du fait français, mais aussi
l'importance de protéger le fait français dans la culture numérique. Puis ça,
je pense que c'est un exemple qui... anodin, hein, un premier ministre qui fait
un discours, c'est... oui, mais, à 30... à 48 heures de préavis,
30 ambassadeurs se sont libérés pour venir entendre le Québec. Puis ça, je
pense, ça n'arrive pas dans un vacuum, là, ça arrive parce qu'on est présents,
respectés et appréciés.
Le Président (M.
St-Louis) : Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Lemay :
Merci.
Le Président (M.
St-Louis) : Merci, M. le député.
Adoption des crédits
Donc, le temps alloué
à l'étude du volet Relations internationales et Francophonie des crédits
budgétaires du portefeuille Relations internationales et Francophonie étant
presque écoulé, nous allons maintenant procéder à leur mise aux voix.
Donc, le programme 1,
intitulé Direction et administration, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté sur division. Le programme 2,
intitulé Affaires internationales, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
Le Président (M.
St-Louis) : Adopté sur division.
Adoption de l'ensemble des crédits
Finalement,
l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Relations internationales et
Francophonie pour l'exercice financier 2026‑2027 est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
Le Président (M.
St-Louis) : Adopté sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Donc, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 16
h
29)