Journal des débats (Hansard) of the Committee on Citizen Relations
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, May 3, 2023
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Vol. 47 N° 15
Étude des crédits budgétaires du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, volet Condition féminine
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Lecours, Lucie
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Garceau, Brigitte B.
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Biron, Martine
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Lecours, Lucie
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Garceau, Brigitte B.
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Biron, Martine
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Ghazal, Ruba
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Biron, Martine
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Garceau, Brigitte B.
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Lecours, Lucie
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Ghazal, Ruba
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Biron, Martine
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Garceau, Brigitte B.
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Lecours, Lucie
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Schmaltz, Valérie
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Gendron, Marie-Belle
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Lecours, Lucie
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Garceau, Brigitte B.
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Garceau, Brigitte B.
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Biron, Martine
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Lecours, Lucie
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Ghazal, Ruba
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Biron, Martine
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Ghazal, Ruba
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Lecours, Lucie
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Garceau, Brigitte B.
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Gendron, Marie-Belle
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Schmaltz, Valérie
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-huit minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, bon matin à toutes et tous. À l'ordre s'il vous
plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Condition féminine des crédits budgétaires du portefeuille
Relations internationales et Francophonie pour l'exercice financier 2023-2024.
Une enveloppe de 2 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacée par Mme Ghazal
(Mercier).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, nous allons procéder à une
discussion d'ordre général, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit
cet après-midi, aux alentours de 16 heures.
Condition féminine
Discussion générale
Je suis maintenant prête à recevoir une
première intervention avec l'opposition officielle pour un bloc d'échange de 18 min 20 s.
Mme la députée de Robert-Baldwin, la parole est à vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Merci, Mme la ministre, d'être ici ce matin pour cette
période de crédits. Vous avez un rôle très important à jouer à titre de
ministre de la Condition féminine. Nous avons vu, surtout dans les dernières
années, suite aussi à la pandémie, une augmentation fulgurante, si je peux le
dire ainsi, de la violence conjugale, de la violence, je vais dire, dans toutes
ses formes. Il y a une responsabilité, au niveau de votre gouvernement, un
devoir, je dirais, d'avancer les droits des femmes et aussi la protection des
droits des femmes.
• (11 h 30) •
Et j'aimerais commencer avec un article
qui a apparu dans Le Soleil le 2 mars 2023. C'était une entrevue
avec Olivier Bossé, et on parlait du féminisme. Et, à quelques reprises, Mme la
ministre, vous avez clairement indiqué que, selon les questions du journaliste,
ce n'était pas votre vision du féminisme. Et donc j'aimerais vous entendre en
tant que ministre de la Condition féminine. Quelle est votre vision du
féminisme au Québec?
Mme Biron : Bien, d'abord,
merci beaucoup. Je veux juste faire quelques petites notes <préliminaires...
>
11 h 30 (version révisée)
<19297
Mme
Biron :
...bien, d'abord, merci beaucoup. Je veux juste faire
quelques petites notes >préliminaires, d'abord, remercier Mme la députée
de Robert-Baldwin pour cet échange-là, également la députée de Mercier, qui va
se joindre à nous un peu plus tard.
Et je tiens, en préambule, à remercier les
équipes, les fonctionnaires qui travaillent au Secrétariat de la condition
féminine mais également ceux qui ont travaillé au ministère des Relations
internationales et de la Francophonie. C'est un travail colossal. C'est la...
mes premiers... première période de crédits, et je réalise à quel point les
équipes derrière, cachées, qu'on ne voit pas souvent, travaillent énormément
pour préparer cette période-là. Je vous dirais que, malheureusement, ce qu'ils
préparent ne sert pas toujours. Alors, j'ai une pensée pour eux. Je trouve ça
dommage, quoique j'apprécie énormément ce type d'échange là, parce que ça nous
permet, justement, de discuter de nos visions et de jusqu'où on va. Alors, j'aimerais
que, tous ensemble, nous remerciions les fonctionnaires qui travaillent
extrêmement fort là-dessus.
D'abord, je voudrais qu'on parle... Vous
avez commencé votre intervention en me parlant de la violence et de la pandémie.
Et notre gouvernement a été happé par cette augmentation de la violence durant
la pandémie, si bien que nous avons mis en place des structures fortes pour
essayer de stopper cette montée de violence.
D'abord, nous travaillons avec la
stratégie intégrée en violence, qui s'appelle Rebâtir la confiance. Ça a été
adopté en 2022. Jusqu'à... En fait, ça a été présenté en 2022. C'est un plan
sur cinq ans. Bien sûr, vous allez me dire : Bien, 2022, c'était bien
après la pandémie. Mais ce qu'on a fait, c'est qu'on a utilisé deux plans complémentaires,
qui ont été déposés, justement, à la suite de cette augmentation de violence, et
ils ont aidé à nourrir Rebâtir. Alors, bien sûr qu'on avait ces deux plans-là
qui... où on a investi, dans le premier plan, 180 millions, dans le
deuxième, 222 millions. Ensuite, le gouvernement a décidé de former un
groupe d'experts pour qu'il nous... qu'il nous fasse des recommandations, et il
a abouti avec 190 recommandations. Et, de ce travail colossal qui a été
fait, nous avons tiré la stratégie intégrée en violence conjugale et en
violence sexuelle.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Mme la ministre.
Mme Garceau : ...vous
interrompre, mais on va y revenir, inquiétez-vous pas, au niveau des
stratégies, parce que c'est des stratégies, évidemment, très, très importantes,
et surtout la dernière concernant, là, la stratégie intégrée, parce qu'on
relit, là, les 190 recommandations liées au rapport Rebâtir la
confiance, très important.
Mais là j'aimerais vraiment vous entendre,
en tant que ministre de la Condition féminine, sur c'est quoi, votre vision du
féminisme.
Mme Biron : Bien, j'y arrive.
Honnêtement, je pense que c'est la question qui me touche le plus, parce qu'elle
me touche droit au cœur. Je pense que nous sommes dans une situation, dans le
monde... En fait, je suis allée à l'ONU, le 8 mars dernier, pour la Journée
internationale de la femme, et le secrétaire général de l'ONU a pris la parole,
et sa première phrase a été de dire : Les droits des femmes ont reculé,
dans la dernière année, dans le monde entier. Bien sûr, je peux vous parler
très longtemps des femmes en Iran ainsi que des femmes en Afghanistan, mais on
n'a qu'à regarder ce qui se passe chez nos voisins du Sud. Oui, les droits des
femmes ont reculé dans le monde, et il a aussi reculé sur notre continent.
Alors, moi, je pense que nous sommes à
une... dans une position, au Québec, où tous revendiquent une meilleure... une
meilleure condition féminine, et je la base sur deux socles.
Le premier touche la violence faite aux
femmes. Il faut, de toutes nos forces, contrer la violence faite aux femmes. Et,
pour cela, il faut se liguer et travailler ensemble pour contrer la violence
faite aux femmes. Il faut savoir qui fait quoi, bien le travailler, travailler
de concert, les partis d'opposition ainsi que les groupes de femmes, avec le
gouvernement pour faire avancer la situation et que les femmes ne soient pas
violentées.
Le deuxième socle de ma vision concerne la
représentation des femmes dans notre société. Nous sommes 50-50. Nous devrions
être 50-50 partout. Nous avons réussi un exploit, lors de l'élection du 3
octobre dernier, en faisant élire 46 % de femmes à l'Assemblée nationale.
C'est une avancée majeure. Notre gouvernement a adopté le projet de <loi n° 4 qui force les organismes publics à avoir des...
Mme Biron :
...adopté
le projet de >loi n° 4 qui force les
organismes publics à avoir des conseils d'administration paritaires, mais il y
a un travail énorme à faire au niveau privé. Et je pense que nous devons faire
des efforts pour que ça s'améliore dans les entreprises privées et, je dirais
même, au niveau gouvernemental et au niveau municipal.
Mme Garceau : Vous parlez que
les droits des femmes, suite à votre réunion à l'ONU au 8 mars... que les
droits des femmes, au niveau du monde, ont reculé. Est-ce que c'est les mêmes
constats au niveau du Québec concernant le recul? Est-ce que vous croyez qu'il
y a un recul au niveau des droits des femmes au Québec?
Mme Biron : C'est une lutte
de tout moment. Je suis heureuse d'avoir le poste que j'ai, les fonctions que
j'ai, parce que je me vois comme une gardienne du droit des femmes. Est-ce que
les droits des femmes reculent? Quand on met beaucoup d'énergie pour contrer la
violence et qu'il y a une vague de féminicides, on a l'impression de reculer de
cinq pas. Alors, il faut redoubler d'efforts pour essayer de contrer la
situation, mais il y a des choses qui sont plus difficiles. On a l'impression
que les femmes, par moments, on avance, mais, par d'autres moments, on recule,
et cela malgré les efforts, malgré l'argent qu'on peut investir, malgré tout ce
qu'on fait. Alors, c'est un travail de tout instant. Et ce n'est pas parce
qu'on a des gains maintenant qu'on n'aura pas des échecs plus tard. Alors, il
faut être là, il faut être vigilants et il faut travailler ensemble le plus
possible pour s'assurer que les droits des femmes soient protégés et qu'ils
progressent.
Mme Garceau : Je suis
entièrement d'accord avec vous. Vous êtes citée... Je retourne à l'article au
niveau du Soleil. Je vais vous citer quelques passages. Vous dites que
vous souhaitez élever au-dessus des courants de pensée féministes et que vous ne
voulez pas vous enfarger dans différents courants à droite, ou à gauche, ou au
centre. Vous voulez... «On doit ramer ensemble et en faire un débat positif où
tout le monde va vouloir agir.» Qu'est-ce que vous voulez dire par le débat
positif?
Mme Biron : Je respecte
l'ensemble des courants féministes qui existent dans le monde, et il en existe
plusieurs. Je pense que nous avons fait écho à différentes demandes des
différents groupes féministes au Québec de différentes façons, mais je pense
que nous devons utiliser ces outils-là, explorer ces différents outils pour
faire... pour améliorer la condition féminine au Québec, mais nous devons
surtout avoir le même objectif, c'est-à-dire atteindre l'égalité entre les
hommes et les femmes, et contrer avec toute notre énergie les violences faites
contre les femmes.
Mme Garceau : Comment, Mme la
ministre, allez-vous explorer? Vous mentionnez que vous voulez explorer. Donc,
est-ce que c'est par des discussions avec différents groupes? Est-ce qu'il va y
avoir un forum de discussion? Si je vous pose la question : Comment est-ce
que vous voulez explorer les courants...
• (11 h 40) •
Mme Biron : Écoutez, Rebâtir
la confiance est un... est une... j'allais dire une bible, mais je pense
que c'est un très, très mauvais mot. Je vais plutôt dire que c'est une belle
feuille de route, c'est un chemin. Il y a 58 actions et il y en a
plusieurs qui se déclinent, je peux vous donner les chiffres, en matière de
violence conjugale, en matière de violence sexuelle. Il y en a qui touchent la
question des problématiques... les autochtones ainsi que des actions qui vont
permettre au Secrétariat de la condition féminine une meilleure coordination.
Alors, nous allons explorer différentes méthodes.
Et, si vous lisez la... voyons, la
stratégie intégrée, vous allez le trouver... Je sais que vous faites... Vous me
parlez sans doute d'intersectionnalité. Je pense que c'est un peu ça que vous
voulez... Est-ce que... Non? Bon, alors, ce que je...
Mme Garceau : Moi, c'est...
Je me tiens à vos... à votre mot.
Mme Biron : Bon, c'est parce
que je me fie à l'actualité des derniers mois et je sais que ça a fait beaucoup
couler d'encre. Mais nous avons certaines actions en ce sens. Nous allons
donner suite à ces actions-là, mais nous sommes ouverts à différentes façons de
voir les choses. Nous avons investi, par exemple, dans les maisons
d'hébergement en première étape et en deuxième étape. Il faut aller plus loin.
On se rend compte que, peut-être, il n'y a pas assez de places au Québec. On
travaille sur les cellules de crise.
Mme Garceau : ...Mme la
ministre.
Mme Biron : Alors, ce que je <veux
dire, c'est que c'est une vision...
Mme Biron :
...alors,
ce que je >veux dire, c'est que c'est une vision assez large, où on a
fait notre feuille de route avec la stratégie intégrée en violence conjugale et
en violence sexuelle.
Mme Garceau : Donc, parlons,
pour un instant, au niveau de... Vous avez mentionné les différents courants,
mais j'aimerais parler, en particulier, de l'analyse différenciée selon les
sexes, qui a été instaurée par la ministre libérale Christine St-Pierre, l'ADS.
Et je voulais savoir, pour vous, votre compréhension d'ADS, c'est quoi.
Mme Biron : Chaque action que
le gouvernement prend, nous devons nous assurer qu'elle fait le poids pour les
femmes, qu'elle ne nuit pas aux femmes et qu'elle est en équilibre. En fait,
l'ADS, telle qu'on la connaît, en une phrase, c'est l'analyse des différences
entre les hommes et les femmes. Et le gouvernement fait des efforts et adhère à
cet équilibre-là, c'est-à-dire aller voir si chaque mesure qu'on prend, ou
chaque projet de loi qu'on présente, ou chaque règlement qu'on met de l'avant...
Est-ce qu'on est capables de faire le poids? Est-ce qu'on est en équilibre? Et
est-ce qu'on respecte l'égalité entre les hommes et les femmes? Ça peut être
sournois par moments.
Alors, je pense qu'on s'est donné des
outils pour le faire. Il y aura du travail supplémentaire qui va se faire, mais
actuellement c'est là où nous en sommes. Et le Secrétariat de la condition
féminine s'est équipé pour être capable de travailler avec l'ADS et les
différents ministères qui sont nos partenaires. Vous savez que le Secrétariat
de la condition féminine, c'est une instance transversale. Nous travaillons
avec plusieurs ministères. Bien, on s'assure que, partout, on comprend de quoi
on parle.
Mme Garceau : OK. Donc, si on
pourrait aller un petit peu plus en profondeur à ce sujet au niveau de... Comment,
dans le quotidien, comment vous faites le travail de vous assurer que, les
politiques, les projets de loi, il y a un arrimage avec l'ADS? Comment ça se
fait?
Mme Biron : D'abord, l'ADS
est en usage au gouvernement depuis 1997. Alors, ce n'est quand même pas une
nouvelle mesure. Et ce que nous... Et on commence... bien, on commence... on ne
commence pas, mais c'est-à-dire qu'on a évolué à travers le temps, et je vous
dirais qu'une équipe est dédiée à l'ADS au sein du Secrétariat de la condition
féminine, et c'est une première dans l'histoire du Secrétariat de la condition
féminine. Et c'est, en fait, sous notre gouvernement qu'on a formé cette
équipe-là.
Alors, il y a... On peut aller plus loin,
je le concède, mais il y a un travail, quand même, qui se fait dans les
différents... Mme la secrétaire à la condition féminine vient de me tendre une
note ici qui me dit la liste des ministères qui sont quand même impliqués et
qui ont... qui obtiennent des formations en ADS. Et elle s'allonge
tranquillement, je vous dirais, mais ça... Bon, on a commencé en 2021 avec les
ministères de l'Éducation, du Travail, de l'Économie et de l'Innovation, puis
je peux vous dire que, même dans les comités ministériels, des fois, les
ministres m'en parlent, de cette... de l'analyse différenciée selon les sexes.
Alors, je pense qu'il y a de plus en plus de ministres ainsi que d'équipes qui
sont conscients de la situation.
Mme Garceau : Oui. Je
pensais... On pensait la même chose, la députée de Mercier. Donc, Mme la
ministre, pourriez-vous déposer à la commission la liste des ministères, en ce
moment, qui adhèrent et qui mettent en vigueur la politique d'ADS?
J'aimerais...
Mme Biron : ...n'est-ce pas? OK.
Ce sont des formations que nous avons données. Mais je sais qu'il y en a, des
ministères qui le font déjà, parce que j'en entends parler. Alors, je ne sais
pas si je peux... Mais, enfin, c'est enregistré, alors...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, le document peut être envoyé au secrétariat de la
commission dès qu'il va être prêt. Merci.
Mme Biron : Merci, Mme la
Présidente.
Mme Garceau : Donc, depuis
votre nomination, Mme la ministre, en tant que ministre de la Condition
féminine, pour vous, combien de fois est-ce que vous-même, vous avez... vous
vous êtes assurée qu'une <politique...
Mme Garceau :
...est-ce
que vous-même, vous avez... vous vous êtes assurée qu'une >politique ou
un projet de loi inclut l'ADS ou une révision pour s'assurer qu'il y ait un
équilibre?
Mme Biron : Bien, écoutez,
c'est assez difficile pour moi de répondre à ça, là. À chaque fois qu'il y a un
projet de loi ou un règlement, ou qu'il y a une action qui est posée, je ne pose
pas nécessairement la question, mais j'en entends parler et je pense que c'est
dans les bonnes pratiques. Le Secrétariat de la condition féminine a le mandat
de faire le suivi là-dessus, et je peux, dans les... Bon, écoutez, j'ai été
nommée à la fin octobre. Ça ne fait pas loin de six mois que je suis nommée. Je
peux vous dire qu'on me... pour l'instant, on me dit que ça se passe assez
bien, là. Les ministères sont très collaborateurs avec le Secrétariat de la condition
féminine, et qu'on est...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Une minute au bloc.
Mme Biron : On est au courant
des pratiques, là. Ce n'est pas comme si... Il n'y a personne qui me demande
c'est quoi, ça, l'ADS. Alors, si quelqu'un me demandait ça, bien là, je me dirais
que le message a mal passé, mais je vous... Vous allez voir... Avec la liste,
là, des ministères qui ont eu des formations, vous allez voir que pas mal tous
les ministères ont été, à tout le moins, sensibilisés à la question de l'ADS.
Alors, ça devient... Ça s'intègre tranquillement. C'est des changements de
culture. Il faut être persistant.
Mme Garceau : Juste avant que
la... qu'on change, ça va être très, très vite, là, je regarde la Stratégie
gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes 2022-2027, à
la page 20, on indique, là, concernant... oui, il y a l'ADS, mais on veut
parler aussi des projets pilotes.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le bloc est terminé. Vous allez pouvoir poursuivre au
prochain bloc. Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, Mme la ministre, on va
poursuivre avec la députée de Mercier pour une période de 9 min 10 s. La
parole est à vous.
Mme Ghazal : Ah mon Dieu! Ce
n'est rien. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, mesdames, là, les
membres de la commission. Bonjour, Mme la ministre, et aussi à toute votre
équipe.
Écoutez, j'ai tellement peu de temps que
je n'ai pas le temps de parler de vous sur l'idéologie du féminisme, et tout
ça. Je vais y aller très, très, très bref. Je vais faire l'effort — moi-même,
je parle beaucoup, là — d'être brève dans mes questions. Donc,
j'espère... Pour ne pas me brimer dans mes droits... mon droit d'avoir des
réponses, je vous invite aussi à être aussi brève. Je veux vous...
Mme Biron : ...précise et
brève pour... Je sais que vous n'avez pas beaucoup de temps et je...
Mme Ghazal : Merci.
J'apprécie. Je vous ai envoyé...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Mme la députée, hein?
Mme Ghazal : Pardon?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous avez quand même deux blocs, là.
Mme Ghazal : Oui, mais j'ai à
peu près 10 sujets. Donc, voilà, je vais me limiter peut-être à cinq.
Donc, je vous ai envoyé une lettre le
3 mai dernier, une lettre concernant... en fait, l'objet, c'est le plan
pour assurer l'accès à l'avortement et à la contraception gratuite. C'est en
lien avec votre sortie où vous disiez que vous vouliez sacraliser le droit à
l'avortement. Est-ce que vous l'avez reçue? Vous pouvez juste dire oui ou non.
Mme Biron : Oui, hier, hier
soir. Je l'ai reçue.
Mme Ghazal : Parfait.
Excellent. Merci.
Mme Biron : Puis j'étais
contente. Franchement, là, j'ai apprécié.
Mme Ghazal : Merci. Je
voulais juste... Oui, je le sais, je sais que vous êtes contente. Donc, vous
êtes contente, parce que la question que je vous demande, Mme la ministre,
c'est de travailler avec votre collègue ministre de la Santé pour mettre en
place un plan pour assurer l'accès à l'avortement sur tout le territoire et la
contraception gratuite. C'est bien beau de sacraliser un droit sur papier, même
si ce n'est pas une demande des groupes féministes, mais je sais que vous êtes
en rencontre, et elles vont pouvoir vous en parler plus amplement.
Moi, je suis justement en contact avec,
entre autres, la fédération québécoise du planning familial et du planning des
naissances, et elles m'ont parlé du portrait de la situation concernant l'accès
à l'avortement. Elles font elles-mêmes, par leurs propres ressources, un bottin
des ressources en avortement au Québec, qu'elles essaient de mettre à jour.
Est-ce que le ministère, est-ce que le Secrétariat à la condition féminine,
vous, vous avez un portrait des services d'avortement accessibles sur tout le
territoire? Est-ce que vous avez un portrait quelque part, un document que vous
pouvez déposer ou que je peux avoir sur l'accès aux services, un portrait de la
situation?
• (11 h 50) •
Mme Biron : J'ai... Non,
bien, je n'ai pas le document, mais je peux vous dire ce que je sais.
Mme Ghazal : Mais est-ce
qu'il existe un document qui dit c'est quoi, le portrait de la situation? Comme
je vous dis, en ce moment, j'ai un bottin des ressources d'avortement.
Mme Biron : Ah! bien, c'est
ça, moi aussi, je l'ai, ce bottin-là.
Mme Ghazal : Mais ça,
c'est... ça, c'est fait par la Fédération du Québec pour le planning des
naissances. Ce qu'elles m'ont dit, c'est qu'elles vont chercher l'information
de la RAMQ. Avant, Statistique Québec faisait une sorte de portrait. Il y avait
aussi la secrétaire à la condition féminine, il y a très longtemps, qui le
faisait. Ça s'est arrêté. Est-ce qu'en ce moment vous avez un portrait de la
situation?
Mme Biron : Je vous réfère au
ministère de la Santé. Ils doivent avoir le portrait. Moi, je ne l'ai pas. Moi,
je sais... Je le sais, j'ai posé des questions. Alors, j'ai une idée. Je sais
que nous avons 49 points de service au Québec, et le plus proche au
Canada, c'est <l'Ontario, avec 26 points de service...
Mme Biron :
...le
plus proche au Canada, c'est >l'Ontario, avec 26 points de service.
Alors, déjà, nous sommes du simple au double. Alors, on a déjà... C'est au
Québec, en fait, qu'il y a le plus d'accès à l'avortement au pays.
Maintenant, si vous me dites que c'est
inégal, je vous dis : Oui, je suis d'accord avec vous. Je ne peux pas vous
déposer un document avec X, Y, qui fait quoi, mais, oui, vous avez raison, ce
n'est pas tout à fait égal.
C'est vrai que j'ouvre le débat sur la
question de l'avortement. Dans mon rôle de gardienne des droits de la femme,
j'estime que c'est le moment, au Québec, de prendre le contrôle de nos affaires
et d'insister pour s'assurer que le droit des femmes est protégé. Ce faisant,
il va y avoir des discussions, notamment, sur les produits d'avortement. Il y a
des outils qui sont méconnus. Je pense à la pilule abortive qui pourrait être
mieux connue.
Mme Ghazal : ...qu'elle soit
gratuite? Est-ce que vous êtes d'accord qu'elle devienne gratuite?
Mme Biron : Il va y avoir des
discussions là-dessus. Je ne veux pas me prononcer sur la...
Mme Ghazal : Mais vous êtes
ouverte.
Mme Biron : Bien, écoutez,
j'essaie de faire sortir des chiffres. Je veux savoir qu'est-ce que ça coûte.
Je veux savoir exactement ce qu'il en est, qui on peut aider. Est-ce qu'on doit
aider nécessairement tout le monde mur à mur? Je ne suis pas sûre. Je ne le
sais pas, peut-être. Mais je l'ouvre, la discussion, puis je compte sur vous,
parce que j'ai beaucoup aimé votre lettre. Puis je compte sur vous, je compte
sur les partis d'opposition pour embarquer, et qu'on ait une discussion saine
sur les points de service où on peut avoir un avortement mais aussi sur les
outils, comme la pilule du lendemain, la pilule abortive, les différents
chemins que les femmes peuvent emprunter, et essayer, dans... Et, je dirais,
accessoirement, là, puis ce c'est pas un accessoire, mais le projet de loi qu'a
déposé Christian Dubé, en une ligne, il se résume : Plus d'accès. Alors,
Christian Dubé, le ministre de la Santé, je lui ai parlé avant d'aller
présenter mon projet sur l'avortement, et il était d'accord exactement pour ces
raisons-là. Parce que je le sais, que le débat va s'ouvrir.
Mme Ghazal : ...pour augmenter
l'accès, d'accord pour...
Mme Biron : Bien, nécessairement,
le projet de loi de M. Dubé, en une phrase, se résume à avoir un meilleur
accès. Alors, on peut légitimement penser que la santé des femmes sera tenue en
compte.
Mme Ghazal : Par exemple, les
femmes qui sont en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine, qui doivent aller à un
endroit, qui doivent prendre congé, qui doivent faire la route... Vous dites
que vous avez aimé la lettre, et je vous faisais part de ça. Je comprends que
vous êtes d'accord avec cette situation-là, que toutes les femmes n'ont pas
autant d'accès. Vous êtes sensible. Vous êtes d'accord avec ça. Vous n'avez pas
le portrait juste de la situation ou vous me référez au ministre de la Santé.
Est-ce que... Dans ma demande, je vous demandais de... Est-ce que vous allez
travailler avec le ministre de la Santé pour ça? Je comprends, de votre réponse,
que la réponse est oui. Comme vous êtes en consultation avec beaucoup d'organisations
puis vous êtes...
Vous voulez que les oppositions, on
travaille ensemble, de façon transpartisane, cet enjeu très important. Est-ce
que vous allez rencontrer aussi les partis d'opposition pour vous faire part de
leurs propositions?
Mme Biron : Oui. C'est
important.
Mme Ghazal : Donc, je vais
recevoir une invitation.
Mme Biron : Oui, vous allez
recevoir...
Mme Ghazal : Très bien.
Mme Biron : D'ailleurs, je
suis étonnée que vous ne l'ayez pas déjà reçue. Mais, oui, vous allez en
recevoir une, Mme la députée de Robert-Baldwin aussi.
Mme Ghazal : Excellent,
excellent.
Mme Biron : Puis je pense
qu'on ne peut pas faire ça autrement qu'avec les partis d'opposition, même
chose pour mes collègues au caucus, même chose pour les intervenants de la
société civile. C'est un projet de société.
Mme Ghazal : Donc, pour le
portrait, juste pour être sûre, on n'est pas sûrs. Vous me référez au ministère
de la Santé pour savoir s'il existe. Ça, vous n'avez pas la réponse de ça.
Mme Biron : Bien, pour le...
Je ne peux pas vous répondre sur le portrait exact là-dessus.
Mme Ghazal : OK. Parfait.
Mme Biron : La seule chose que
je peux vous dire... C'est parce que, dans votre lettre, vous semblez dire :
Bien oui, mais telle personne doit faire telle route. Puis là vous me nommez
des gens qui sont à... du point a au point b.
Mme Ghazal : Il me reste deux
minutes.
Mme Biron : Je ne sais pas si
c'est ça, la solution. C'est ça qu'il faut regarder.
Mme Ghazal : OK. Ça fait qu'on
va regarder. On va en discuter.
Mme Biron : Est-ce qu'on peut
donner... rendre disponible la pilule abortive en région, puis ça peut apaiser
les angoisses...
Mme Ghazal : Bien, merci pour
votre ouverture. Il me reste deux minutes. Puis on va avoir le temps d'en
discuter plus amplement dans la rencontre qu'on va faire ensemble.
Mme Biron : Oui, d'accord.
Mme Ghazal : Par rapport au
ADS ou ADS+, là, combien est-ce que le Conseil du statut de la femme... Je vois
Mme Cordeau qui est ici. Je la salue. Combien d'ADS ont été produites dans la
dernière année?
Et j'ai une autre question aussi. Le
Conseil du statut de la femme peut produire des avis, parce que le féminisme,
c'est transversal, ce n'est pas juste votre responsabilité. Il a produit
combien d'avis en lien avec la condition féminine pour d'autres ministères au
courant de la dernière année?
Mme Biron : OK. Je n'en ai
aucune idée, mais je pense que la présidente du Conseil du statut de la femme
pourra répondre. Je vais lui laisser la parole.
Mme Ghazal : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...pour laisser la parole.
Des voix : ...
Mme Ghazal : Oui, consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Tout est beau? La parole est à vous. Juste vous présenter,
s'il vous plaît.
Mme Cordeau (Louise) :Bonjour. Louise Cordeau, présidente du Conseil du statut de
la femme.
Mme la députée, de par notre mandat, tous
les dossiers que l'on traite, on le fait de façon ADS, parce que ce sont les
enjeux d'égalité entre les hommes et les femmes dont on traite. Alors, à travers
l'ensemble des mandats qui sont confiés tant par la ministre, que des <mémoires
que l'on...
Mme Cordeau (Louise) :
...des mandats qui sont confiés tant par la ministre,
que des >mémoires que l'on dépose en commission parlementaire, que des
études que l'on peut nous-mêmes produire, la notion d'ADS y est toujours.
Quant à l'ADS+, il est évident qu'on prend
en compte les situations de femmes qui sont différentes. On en convient. Je
pense, par exemple, aux services de garde, où on a réfléchi à la situation des
femmes immigrantes en situation de précarité. Par rapport, par exemple, à notre
mémoire sur la Régie des rentes du Québec, sur la consultation récente qui a eu
lieu, on a regardé la situation des femmes, par exemple, qui étaient en
situation de pauvreté. Lorsqu'on a fait l'étude sur les produits menstruels, on
a regardé la situation des femmes qui étaient, par exemple, des femmes
itinérantes.
Donc, la notion d'ADS entre les hommes et
les femmes y est, et la notion d'ADS+ y est dans la mesure où on veut le faire
le plus exhaustif possible.
Mme Ghazal : ...spécifier
c'est quoi, ADS+. C'est l'aspect intersectionnalité. On tient compte de
différentes discriminations. Vous en avez fait combien dans l'année dernière?
Est-ce que vous êtes capable de chiffrer ça ou d'avoir le chiffre, même si vous
ne l'avez pas maintenant? Comme il y a un autre bloc, je pourrais avoir la
réponse plus tard.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le bloc vient de se terminer. Alors, vous pourrez répondre
dans le prochain bloc. Je me retourne du côté de la députée de Robert-Baldwin
pour un deuxième bloc de 18 min 20 s. La parole est à vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup.
On va continuer un petit peu là-dessus, au niveau du ADS+, parce que je vois,
dans la stratégie... Un instant. Au niveau de l'égalité entre les femmes et les
hommes, 2022, il y a un objectif en tant de regarder et de réviser des projets
pilotes sur l'ADS+, et je voulais savoir quel est l'état de la situation au
niveau de ces projets pilotes.
Mme Biron : Alors, oui,
effectivement, ADS+, on est plus... Bien, ADS, on est dans l'analyse des
différences entre les hommes et les femmes, ADS+, on est dans l'analyse des
différences entre les femmes entre elles. Alors, oui, dans la stratégie
Rebâtir, nous avons... nous avons sept actions qui touchent à l'enjeu d'ADS+. Et
actuellement nous avons deux projets pilotes en ADS+ qui viennent tout juste de
commencer.
Mme Garceau : ...lesquels,
qui viennent de commencer?
Mme Biron : Il y en a une qui
est au ministère de la Santé et des Services sociaux, et l'autre projet pilote
est au Curateur public. Alors, je... Les détails... Qu'est-ce que j'ai comme
détails ici? Bon, au Curateur public, c'est une question de développer et
d'améliorer les services du Curateur public en prenant compte des réalités, des
attentes et des besoins distinctifs des hommes et des femmes. Ça, c'est le
titre du projet pilote. Au ministère de la Santé et des Services sociaux, on
est dans mener des projets de recherche pour mieux comprendre l'impact de la
pandémie ainsi que certains types de maltraitance, notamment psychologique,
organisationnelle, et l'objectif, c'est de cerner les interventions les plus
efficaces pour, évidemment, en bout de ligne, les contrer. Alors...
Mme Garceau : ...Mme la
ministre, nous déposer les deux... ces deux projets, s'il vous plaît?
Mme Biron : Avec joie.
Mme Garceau : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...sur Greffier.
Mme Biron : Oui. À la pause,
je pense qu'on va tout donner ça. On va tout vous donner ça. Il n'y a pas de
problème.
• (12 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Biron : Ce que je veux
dire là-dessus, c'est qu'il y a sept actions dans Rebâtir la confiance,
et l'idée, c'est, justement, de faire des projets pilotes puis de voir ce qu'il
en est. C'est également de colliger des données et d'avoir un peu plus de formation
sur qui fait quoi, tu sais, puis comment ça se passe, les différences entre les
femmes. On va donner suite à nos actions. Rebâtir la confiance, c'est 58
actions, et nous allons le faire.
Maintenant, Rebâtir la confiance a
été adopté ou, en fait, a été lancé le 20 juin 2022, là. La législature était...
était fermée. C'était terminé. On s'en allait en campagne électorale. Alors,
j'arrive. J'en ai pris connaissance. On va le déployer. Moi, je n'ai pas
l'intention de renier ce qu'il y a dans Rebâtir la confiance.
Mme Garceau : On se comprend,
Mme la ministre, Rebâtir la confiance, le rapport a été déposé en
décembre 2020. Ce n'est pas...
Mme Biron : Oui, c'est le
rapport d'experts.
Mme Garceau : OK. C'est la
stratégie. C'est parce qu'il y a eu une stratégie initiale, et, suite à ça, bien
là, il y a eu une autre stratégie en 2022, qui a été déposée à la fin de la législature,
pour, <évidemment, avoir plus une...
>
12 h (version révisée)
<19271
Mme
Garceau :
...stratégie en 2022, qui a été déposée à la fin de
la législature, pour, >évidemment, avoir plus une... si je peux dire, un
impact interministériel, parce que je vois qu'il y a 18 ministères qui
sont impliqués. On parle toujours des 190 recommandations, mais on les
a... ma compréhension, on les a ciblées dans 58 actions. Et là votre
ministère, vous êtes vraiment, si je peux dire, la coordonnatrice de la mise en
œuvre de toutes les recommandations. Ça, est-ce que j'ai la bonne compréhension
de la stratégie concernant Rebâtir la confiance?
Mme Biron : Bien, on a eu des
plans, pendant la pandémie, pour contrer la violence, deux plans qui sont
encore actifs. C'est vrai que c'est un peu touffu, là, mais c'est parce qu'à un
moment donné... Quand est arrivée la pandémie, on s'est rendu compte de l'impact
négatif que ça avait pour les femmes. Alors, on a voulu rapidement faire des
efforts. Alors, il y a eu le plan d'action spécifique pour prévenir les
situations de violence conjugale puis il y a eu des actions prioritaires pour
contrer les violences conjugales et les féminicides. Alors, dans les deux cas,
il y a... Ça, c'était sur la table, justement, pendant la pandémie.
Après, bien, on a mis en place un
rapport... un comité d'experts pour regarder la situation au sens large. De là
est ressorti 190 recommandations. Et c'est là que nous, au gouvernement...
bien, je n'étais pas là, mais les équipes qui étaient là, au Secrétariat de la
condition féminine, ainsi que ma prédécesseure, ils ont pris en compte ces 190 recommandations,
et on a fait une stratégie intégrée qui intègre la violence conjugale ainsi que
les violences sexuelles. Alors, ça, c'est quand même 462 millions et demi
de dollars. C'est ça, notre feuille de route. C'est ça, notre guide de
référence pour avancer, pour contrer la violence.
Alors, c'est surtout sur ce document-là qu'il
faut voir comment on va travailler. Il y a une forme de ménage qu'il faut faire
dans les recommandations. On a identifié trois axes d'intervention : d'abord,
la prévention, deuxièmement, l'intervention, et, troisièmement, la formation et
le partage d'exercices.
Bien sûr, vous l'aviez bien dit, nous
sommes... au secrétariat, nous sommes... nous travaillons de façon transversale.
C'est 18 ministères et organismes qui sont impliqués. Il faut travailler
avec la Santé... avec la Sécurité publique, les bracelets antirapprochement. Il
faut travailler avec la Justice, les tribunaux spécialisés. Il faut travailler
avec la Santé et Services sociaux, santé mentale. Il faut travailler à
différents niveaux. Alors, c'est... c'est un tout.
Alors, on a développé... On a bien fait...
dégagé les différents axes et on a décidé... Bon, je vous parle de 462 millions,
mais je vous parlais de l'axe 1, qui est la prévention, c'est 86 millions.
L'intervention psychosociale, médicale, judiciaire, la police également, c'est
370 millions de dollars. Puis le développement des connaissances puis
la formation, le partage de l'expertise, c'est 5 millions de dollars.
Alors, je pense qu'on peut voir très clair
où on s'en va simplement avec le rapport, avec cette stratégie intégrée. Et
puis, bien, c'est plus facile aussi pour... comestible pour la... pour les
gens, en fait, pour que les gens puissent suivre le type d'actions qu'on fait
pour contrer la violence.
Mme Garceau : J'essaie de
trouver... Je le sais, que c'est ici, dans le document. Il y a un comité, je
dirais, une direction, un comité de lutte contre... un comité de travail de
lutte contre la violence conjugale, violence sexuelle. Ça, ce comité-là, est-ce
qu'il est en place? Est-ce qu'il fait partie de la stratégie intégrée?
Mme Biron : Écoutez, on n'a
pas le choix de faire beaucoup de comités, hein, quand on est au Secrétariat de
la condition féminine, parce qu'il faut que tout le monde... qu'on sache qui
fait quoi. Puis souvent, là, moi, je compte, dans mes budgets, sur les
différents ministères pour mettre de l'argent sur la table pour qu'on puisse
avancer. Les bracelets antirapprochement, c'est la Sécurité publique, là, qui a
déboursé pour ça. Alors, moi, quand je fais mon budget ou quand je fais mes
consultations prébudgétaires, je regarde ce qu'on fait en enseignement
supérieur, je regarde ce qu'on fait au ministère de l'Éducation, je regarde qu'est-ce
qu'on fait en justice puis je cogne à ces portes-là pour leur dire : Heille!
le budget pour aider les femmes, les tribunaux spécialisés, je ne veux pas que
tu coupes <là-dedans...
Mme Biron :
...puis
je cogne à ces portes-là pour leur dire : Hey! le budget, pour aider les
femmes, les tribunaux spécialisés, je ne veux pas que tu coupes >là-dedans.
Alors, moi, mon travail, c'est ça. C'est
un peu un chef d'orchestre. Puis j'essaie de m'assurer que tous les ministères
sont au rendez-vous. Alors, les comités interministériels, là, c'est constant,
là. Il faut constamment être avec ces gens-là, sinon... Écoutez, regardez la
situation avec l'inflation, là. On est obligés de chercher l'argent un peu
partout. Moi, il faut que je m'assure que l'argent pour la condition féminine
demeure.
Mme Garceau : Parce que
j'ai retrouvé la référence, là. C'est à la page 64 de la stratégie
intégrée. On parle, au niveau de... Évidemment, c'est un grand rôle, votre
mandat de coordination. Et on parle de la création de la direction de la lutte
à la violence sexuelle et à la violence conjugale au sein du ministère, et je
voulais voir... Il est en place. Comment ça fonctionne?
Mme Biron : ...c'est... Puis
on n'a pas vraiment le choix, parce que tout le monde est là. Tu sais, c'est
beaucoup plus de s'assurer que...
Mme Garceau : Qu'est-ce
que vous voulez dire par : Tout le monde est là?
Mme Biron : Bien, ça
touche 18 ministères et organismes. Alors, ça prend des représentants tout
autour de la table. Ce n'est pas moi, personnellement, qui assiste à ça. C'est
un comité administratif pour s'assurer que tout le monde fait son devoir pour
protéger les droits des femmes ou pour que la condition féminine avance. Mais
c'est certain que, si on n'a pas ce type de comité là, bien, on peut en
échapper au passage. Alors, le comité, il est en place et il fonctionne très
bien.
Mme Garceau : OK. Et le
comité, depuis... a été mis en place depuis quand?
Mme Biron : Bien,
écoutez, c'est un comité administratif. Je pense que je vais demander à la
secrétaire du Secrétariat de la condition féminine d'élaborer davantage, parce
qu'elle, c'est l'administration. Alors, je pense que c'est elle qui va être
capable de mieux répondre.
Mme Garceau : C'est
bien. Consentement.
Mme Biron : Mme Ferembach,
peut-être.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : La parole est à vous.
Mme Ferembach (Catherine) : Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je m'excuse. Je pensais que vous parliez de la secrétaire.
Est-ce qu'il y a consentement pour donner la parole? Merci beaucoup.
Consentement. Vous pouvez juste vous présenter avant de...
Mme Ferembach
(Catherine) :
Bonjour.
Catherine Ferembach, sous-ministre associée au Secrétariat à la
condition féminine.
Alors, oui, d'entrée de jeu, là, les
différentes... la différente direction et le comité sont en place. Peut-être,
si je peux me permettre, je dirais que le rapport Rebâtir la confiance,
c'est vraiment tout un changement de culture à l'intérieur du gouvernement du
Québec. Bien sûr, par le passé, on travaillait de concert avec les ministères
et organismes, mais le rapport Rebâtir la confiance est vraiment venu
nous donner une impulsion très différente et un rôle aussi, je dirais,
différent, dans le sens de consolidé, pour le Secrétariat à la condition
féminine. Ça fait presque huit ans, neuf ans que je suis au Secrétariat à la
condition féminine. Quand je suis arrivée au secrétariat, il y avait à peu près
une à deux personnes qui travaillaient sur le dossier de la violence sexuelle
et violence conjugale. Aujourd'hui, c'est une direction complète. Et c'est à
elle qu'on faisait référence dans la stratégie intégrée en violence sexuelle.
Il y a une direction complète qui travaille avec une directrice qui...
Mme Garceau : Il y a
combien de personnes?
Mme Ferembach (Catherine) : On
a une dizaine de personnes dans cette direction-là. On est à peu près 42 au
niveau du secrétariat. Alors, il y a une dizaine de personnes qui sont dans
cette direction-là. Ça vous donne une idée. Je dirais, en plus de toutes les
activités de communication qu'on peut avoir, les campagnes qui ont été faites
sont pilotées par le Secrétariat à la condition féminine. Ça fait que ça, ça
répond à une partie de votre question sur la direction, qui est en... Les
personnes sont là, travaillent.
Par rapport... Au niveau des comités
interministériels, on a, effectivement, un comité interministériel. Alors, il y
a plusieurs niveaux, hein? Il y a un comité interministériel composé de
sous-ministres associés. Il y a aussi un comité interministériel qui est plus
composé, je dirais, de directeurs. Et il y a aussi des échanges avec les
professionnels. Alors, c'est à plusieurs niveaux que ça se joue. Ça, c'est
comme les gros morceaux, mais, très honnêtement, notre pain quotidien, c'est le
lien avec les ministères et organismes et les organismes sur le terrain.
• (12 h 10) •
Je vous disais tantôt que Rebâtir la
confiance a amené une nouvelle façon de travailler. La pandémie aussi a
amené une nouvelle façon de travailler. Je vous donne un exemple concret. Au
début de la pandémie, rapidement, on s'est aperçu qu'il y avait des enjeux en
matière de violence conjugale, malheureusement, colossaux qui étaient en train
de se présenter, et il fallait qu'on établisse une communication soutenue avec
ceux qui travaillaient... celles qui travaillaient, devrais-je dire, sur le
terrain. Et on a mis sur pied, avec le ministère de la Santé et des Services
sociaux, un rendez-vous, qui avait lieu presque tous les jours mais au moins
une fois par semaine durant la pandémie, avec les regroupements de maisons
d'hébergement, SOS Violence conjugale et le ministère de la Santé et des
Services sociaux. Cette expérience-là a été tellement positive. Puis je vous
dirais que c'est un comité qui continue à se réunir. C'est ça, la bonne
nouvelle. Ça...
Mme Garceau : ...ces
réunions?
Mme Ferembach (Catherine) : Ces
réunions-là, depuis la... oserai-je dire, la fin de la pandémie... Je touche du
bois en disant ça, mais vous me comprenez <dans l'esprit...
Mme Ferembach (Catherine) :
...j'oserais
dire, la fin de la pandémie. Je touche du bois en disant ça, mais vous me
comprenez >dans l'esprit.
Mme Garceau : Ce n'est pas
évident de fixer la date au niveau du moment de la fin de la pandémie, mais...
Mme Ferembach (Catherine) : Alors,
durant la pandémie, c'était au moins une fois par semaine. Maintenant, c'est
une fois par mois qu'on les rencontre. Et je vous dirais que c'est des
discussions très ouvertes. Alors, on n'a pas d'ordre du jour établi, là. On
arrive en réunion puis on dit : Bon, c'est quoi, les points? On a une
discussion très ouverte avec la Santé. Parfois, il y a des questions qui sont
posées. On revient, la semaine... le mois suivant, avec les réponses. Et donc
c'est comme ça, je vous dirais, qu'on a établi des liens de collaboration et de
communication qui n'existaient pas avant Rebâtir et avant la pandémie.
Alors, pour répondre à votre question,
oui, il y a des comités... Et puis, là, je vous en ai nommé quelques-uns, là,
mais je pourrais vous parler de celui sur les tribunaux spécialisés, je
pourrais vous parler du comité de travail en violence conjugale. Il y en a un
certain nombre. Mais, comme je vous disais, ça, c'est au-delà des rencontres
bilatérales que l'on fait avec les ministères et organismes.
Mme Garceau : OK. Merci
beaucoup.
Mme Ferembach (Catherine) : Je
vous en prie.
Mme Garceau : Mme la
ministre, je voulais... Vous avez mentionné... À un moment donné, vous parliez
d'avoir des discussions avec le ministre de la Santé, et j'aimerais savoir si
vous avez eu des discussions avec lui concernant les femmes handicapées, les
femmes qui ont des déficiences physiques. Je le sais, qu'on a tous reçu... ou
toutes reçu un courriel du groupe Moelle épinière et motricité Québec. Il y
avait un bref vidéo. Je dois vous dire que j'ai été... C'était déchirant de voir
les problèmes de ces femmes. Il y a 600 000 femmes, au Québec, chaise
roulante, qui ont un handicap physique, et les soins de santé, les services et
les équipements ne sont pas adaptés aux femmes. Et donc, pour les
mammographies, les tables au niveau d'examens gynécologues... avec un
gynécologue, et tout, il y a une atteinte à leur dignité. Je ne sais pas... Est-ce
que vous avez pris connaissance du courriel? Est-ce que ça vous dit quelque
chose?
Mme Biron : Je suis obligée
de vous dire que je ne sais pas de quoi vous parlez. Je n'ai pas vu ça du tout.
Mme Garceau : OK. Le vidéo
s'appelle... Le lien... En tout cas, le titre, c'est Mes seins et mon utérus
comptent aussi! Je veux juste vous donner une description assez brève.
C'est un vidéo de sensibilisation au manque d'accès aux soins de santé
spécifiques aux femmes qui vivent en situation de handicap. Des femmes y
témoignent de manque d'équipements adaptés et des délais inacceptables pour des
mammographies, des examens de... gynécologiques, des échographies, des suivis
de grossesse et périnatals. Elles y dénoncent aussi la condescendance et
l'ignorance du corps médical à leur réalité. Ils ont des besoins particuliers.
Je vais vous transmettre le courriel et le
vidéo, et j'apprécierais beaucoup un suivi de votre part et aussi auprès du
ministre de la Santé, parce que je trouve vraiment ça complètement inacceptable
que, pour 600 000 femmes, elles n'ont pas accès à de l'équipement
médical et aux soins de services adaptés à leurs besoins.
Mme Biron : Bien, comme je
n'ai pas l'information, là, c'est assez difficile, alors je vais vous faire une
réponse à chaud. Ce que je vais vous dire, c'est que je vais sensibiliser le
ministre de la Santé à cette question-là. Et j'espère que lui, il est au
courant, ou, à tout le moins, ses équipes, et qu'il y a des avancées qui se
font de ce côté-là. J'ai peine à imaginer qu'on n'a pas... ce n'est pas
possible d'avoir ces services-là, que 600 000 femmes sont privées de
ce type de services au Québec.
Mme Garceau : Il y avait,
dans...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Garceau : Pardon?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 30 secondes à votre bloc.
Mme Garceau : Ah!
30 secondes. OK. Donc, non.... Juste pour vous mentionner que, dans la
stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes, vous
avez une section santé où vous abordez le sujet. Et là je présume qu'il n'y a
pas eu d'actions qui ont été faites de la Condition féminine à ce sujet.
Mme Biron : Mme Ferembach.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le bloc étant terminé, on va pouvoir poursuivre un petit
peu plus tard. Alors, je reconnais maintenant à nouveau la députée de Mercier
pour un bloc de 9 min 10 s. La parole est à vous.
Mme Ghazal : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. J'ai apprécié les échanges tantôt, c'était efficace, puis je
veux que ça continue de la même façon. Merci.
Donc, je vais... Si vous n'avez pas les
chiffres tout de suite, ce n'est pas <grave...
Mme Ghazal :
...de
la même façon. Merci. Donc, je vais... Si vous n'avez pas les chiffres tout de
suite, ce n'est pas >grave. Ça peut aller plus tard. Je discutais tantôt
avec Mme Cordeau sur le nombre d'ADS+ qui ont été faites dans la dernière
année. J'ai essayé de chercher ça sur les réseaux... dans les... sur Internet,
et aussi les avis qui ont été produits pour différents ministères, parce que
l'idée, ce n'est pas juste de produire des avis à l'intérieur du Secrétariat à
la condition féminine, mais pour d'autres. Donc, c'est quelque chose que je
peux avoir plus tard?
Une voix : ...
Mme Ghazal : Très bien.
Merci. Par rapport aux violences sexuelles, je le sais, là, dans le budget, il
y a des montants qui sont là, la ministre nous le répète souvent, que ce soit
la violence... agressions sexuelles ou la violence conjugale. Moi, j'aimerais
ça faire appel à la solidarité féminine qui pourrait exister aussi entre nous
de façon transpartisane, comme on l'a fait d'ailleurs pour l'Iran, j'ai
travaillé de façon transpartisane. Il y a beaucoup de dossiers, en matière de
condition féminine, qu'on peut travailler comme ça.
Moi, je suis certaine que la ministre a
apporté une attention particulière au projet de loi que j'ai déposé, sur lequel
j'ai interpelé le ministre de l'Éducation hier, pour contrer et prévenir les
agressions à caractère sexuel dans les écoles. Donc, j'ai déposé une loi... un
projet de loi. Le ministre Drainville a accepté ma demande de faire une
rencontre transpartisane, parce que j'ai fait la sortie avec les oppositions,
où on a parlé d'une seule voix avec les jeunes pour les protéger, de la même
façon qu'on le fait dans les cégeps et les universités. J'ai même ici, devant
moi, la loi qui vise à combattre les violences à caractère sexuel dans les
cégeps et dans l'enseignement supérieur qui existe. J'ai le rapport de mise en
œuvre. C'est extrêmement important, comme geste qui a été posé il y a quelques
années. Et, pour les écoles, c'est une grande demande.
Donc, je voulais savoir : Qu'en pense
la ministre, du projet de loi que j'ai déposé pour combattre... pour rendre nos
écoles sécuritaires face à tous les cas ignobles, là, qui sont sortis dans les
médias? Je ne veux pas qu'elle me dise qu'elle trouve ça horrible, je le sais,
juste qu'elle me dise, dans le peu de temps qu'on a, qu'est-ce qu'elle pense du
projet de loi que j'ai déposé et si elle va y porter attention. Même si ça
concerne Éducation, ça a quand même un impact, là, sur les jeunes femmes, les
jeunes garçons aussi. Mais je voulais l'entendre là-dessus.
Mme Biron : Ce projet de loi
là, si je ne me trompe pas, c'est un copier-coller du projet de loi que vous
aviez déposé en 2017.
Mme Ghazal : Exact. C'est la
deuxième fois qu'on le fait. Cette fois, on l'a fait avec aussi les partis d'opposition.
Il y a les comités de parents qui disent qu'ils attendent la même chose. Une
réalité, là, les jeunes... un jeune qui a 17 ans ou une jeune qui a
17 ans est plus protégée si elle va au cégep que dans les écoles
secondaires en ce moment, parce qu'il existe une telle loi dans l'enseignement
supérieur.
Mme Biron : Est-ce que je...
Est-ce que vous alliez... Je pense que vous avez une rencontre qui est prévue
avec le ministre de l'Éducation, hein, concernant ça.
Mme Ghazal : Oui. Bien, en
fait, comme je l'ai dit... Tout à l'heure, vous avez dit... En fait, ma
collègue la députée de Sherbrooke avait déposé la loi en 2022. Moi, je la redépose
maintenant. Ce n'était pas en 2017. En tout cas, j'ai... Et, oui, j'ai demandé
une rencontre, et le ministre l'a acceptée, mais maintenant je fais appel à la solidarité
féminine aussi de la part de la ministre. Je suis sûre qu'elle aussi, elle est interpelée,
comme ministre de la Condition féminine, face à cette situation-là, et je
voulais savoir si elle va se joindre à moi, au Parti québécois, au Parti
libéral du Québec pour convaincre le ministre à adopter la loi ou au moins à la
regarder de façon beaucoup plus attentive, disons.
Mme Biron : C'est sûr que je
me sens interpelée. Mais ce que je vais vous dire là-dessus, Mme la députée,
c'est que... Ayez votre rencontre avec le ministre de l'Éducation, parce que,
dans le fond, c'est lui qui va voir l'ensemble du dossier et déjà commencer à
travailler sur cet enjeu-là. Le protecteur de l'élève devrait jouer un rôle
important. Alors, je pense que, dans le bon cheminement des choses, c'est que
vous ayez la rencontre avec lui. Vous allez voir comment les cartes tombent. Puis,
après, je suis convaincue que vous allez nous faire part de votre opinion d'une
façon ou d'une autre. Puis, à partir de là, bien, on verra le travail qu'il y a
à faire. Mais je pense que le point de départ, c'est ça. Puis je pense que je
me mêlerais de ce qui ne me regarde pas en devançant les choses, alors que vous
avez déjà une rencontre de prévue.
• (12 h 20) •
Mme Ghazal : Je vais aller
plus haut que la question de mon projet de loi. Je veux dire, quelqu'un d'autre
pourrait déposer un autre projet de loi, puis on pourrait en discuter. Ça fait
que je vais aller plus haut. Je vais aller sur l'enjeu des agressions sexuelles
dans les écoles.
La ministre a vu comme moi, comme tous les
Québécois, toutes ces histoires-là qui sortent des années plus tard. Parce que,
les jeunes, ça prend tout un courage de dénoncer, puis souvent elles deviennent
adultes pour dénoncer. Et, en ce moment, il y a des cas qui sont rapportés dans
les médias quotidiennement où on a l'impression que les directions, ils n'ont
rien fait. Des fois, ils ne le font pas parce qu'ils n'ont pas le leadership. Des
fois, ils ne se sentent pas outillés. Moi, je me fais interpeler, des fois, par
des gens qui me disent : Bien, on n'est pas... j'ai l'impression que, dans
mon école, par exemple, on n'est pas outillés, on n'en <parle pas...
Mme Ghazal :
...j'ai
l'impression que, dans mon école, par exemple, on n'est pas outillés, on n'en >parle
pas, et tout ça. Donc, qu'est-ce que la ministre a l'intention de faire en lien
avec les agressions sexuelles qui ont lieu dans les écoles?
Mme Biron : Honnêtement, Mme
la députée, je n'en reviens pas, du nombre d'allégations d'agressions sexuelles
dans les écoles, et ça se multiplie. Et je pense que mon collègue de
l'Éducation aussi n'en revient pas. Et ce n'est pas pour rien qu'il a décidé de
faire une enquête à ce sujet-là. Je pense que c'est tout à fait pertinent. Il a
agi promptement parce qu'il était sans doute, lui aussi, comme moi, horrifié de
la situation. Alors, je pense qu'on va le laisser progresser, parce qu'il a la
situation bien en main, puis je sens qu'il a énormément de volonté d'agir.
Moi-même, comme vous... Je pense qu'on est exactement au même endroit, tout le
monde, et on est très inquiets de ce qui se passe dans nos écoles.
Mme Ghazal : Bien, tout à
l'heure, vous parliez de Rebâtir la confiance, tout ça. Ça, ça a été
fait parce qu'il y avait vraiment eu une volonté politique de tous les partis
de travailler de façon transpartisane sur cet enjeu, parce qu'il n'y a pas de
petite politique à faire sur les agressions sexuelles. Il y a eu des actions
qui ont été menées par votre gouvernement, notamment les tribunaux spécialisés,
il y a de l'argent, et tout ça. Après ça, on peut discuter des détails, mais on
a senti cette volonté-là. Moi, je pense que la même chose doit être faite pour
les agressions sexuelles sur des mineurs dans les écoles. Il y a un problème. C'est
reconnu.
Il ne faut pas laisser uniquement le
ministre de l'Éducation. Votre rôle, c'est de travailler de façon, aussi,
transversale, d'interpeler vos ministres, de ne pas dire : Bien, lui, il
va le faire puis il va me... on va en parler à un moment donné. Moi, j'invite
la ministre à s'engager aussi là-dedans parce que... Ce que je demande aussi...
le projet de loi, mais, encore une fois, on peut aller plus largement, c'est d'avoir
des ressources pour, oui, recueillir les plaintes à l'intérieur de l'école. Ça
ne peut pas être juste fait à l'extérieur, et je pense qu'il y a... Je vous
invite, en tout cas, fortement à travailler avec le ministre là-dessus.
Pour aller sur les violences conjugales,
il y a un mouvement qui se dessine en Ontario pour demander au... Donc, ça,
c'est provincial, c'est-à-dire que l'autre province, l'Ontario, demande au
gouvernement fédéral d'ajouter le terme «féminicide» au Code criminel. Eux ne
peuvent pas le faire. Nous, au Québec aussi, on ne peut pas le faire. On n'a
pas de Code criminel parce qu'on est encore dans une fédération. J'aimerais
savoir : Que pense le... Est-ce que la ministre est d'accord, elle aussi,
de demander au gouvernement fédéral d'ajouter le terme «féminicide» dans le Code
criminel? Parce qu'une fois qu'il est défini puis qu'il est écrit, bien, on ne
se pose pas 56 000 questions, puis ça devient une priorité, puis on
peut agir là-dessus. Parce qu'en ce moment il n'est pas dans le Code criminel.
Mme Biron : Bien, j'ai
tendance à vous dire que, tout à fait, je pense que c'est une bonne idée, mais
j'en ai pas mal plein les bras avec ma juridiction. Mais je vais les laisser
travailler. Mais je vous dirais d'emblée que, oui, je suis favorable à ce qu'on
indique «féminicide».
Mme Ghazal : Puis est-ce que
la ministre serait d'accord, par exemple, qu'on... d'interpeler le gouvernement
fédéral pour que cette notion-là, c'est-à-dire, sans le... parce que nous...
vous ne pouvez pas le faire, de toute façon, nous, on ne peut pas le faire, interpeler
le gouvernement fédéral pour ajouter «féminicide» dans le Code criminel? Est-ce
qu'elle serait prête à aller jusque-là?
Mme Biron : Je suis
régulièrement en contact avec la ministre responsable de la... Je ne me
souviens plus de son titre. Mme Ien, mais son titre, c'est...
Mme Ghazal : Mais est-ce que
vous vous engagez à lui demander d'ajouter «féminicide»?
Mme Biron : Je vais la voir à
la fin de l'été puis je vais lui en parler.
Mme Ghazal : D'ajouter
«féminicide».
Mme Biron : Oui.
Mme Ghazal : Donc, si... OK.
très bien. Il reste combien de temps?
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
22 secondes.
Mme Biron : Vous voyez, je
fais ça comme vous m'avez dit, là. Je suis rapide puis je vous dis oui à
presque tout.
Mme Ghazal : Oui, j'aime ça.
J'aime ça beaucoup, beaucoup. J'ai des réponses.
Équité salariale, là, en 22 secondes,
ma collègue la députée de Sherbrooke a interpelé la ministre du... la
présidente du Conseil du trésor sur le fait que, dans le secteur public, il y a
30 000... puis je pense que c'est juste dans le système de santé... de
plaintes...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Votre bloc est terminé.
Mme Ghazal : Donc, vous allez
pouvoir être prête plus tard. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, le bloc est terminé pour la deuxième opposition. Je reconnais
maintenant, pour un troisième et dernier bloc, la députée de Robert-Baldwin
pour une période de 18 min 10 s.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Mme la ministre, je suis très préoccupée, et des milliers de
femmes sont très préoccupées par le fait que les maisons d'hébergement au
Québec débordent. Il y a... On a une crise. Non seulement est-ce qu'on est en
crise en ce moment, mais elle est là depuis un certain moment. Et je tente de
voir quelles sont les mesures concrètes que vous, en tant que ministre, mais
que votre gouvernement met en place pour contrer la pénurie de maisons
d'hébergement, de places pour les <femmes...
Mme Garceau :
...pour
contrer la pénurie de maisons d'hébergement, de places pour les >femmes.
Et je dois vous dire que... Et je cite
l'article du journaliste Hugo Pilon-Larose, de La Presse, du
25 avril 2023, parce que qu'est-ce qui est préoccupant dans tout ça, c'est
les demandes. Juste SOS Violence conjugale... Et, dans un certain sens,
c'est... Je ne veux pas dire que c'est bon qu'il y ait tant de demandes, mais,
au moins, les campagnes de sensibilisation ont fait en sorte que les femmes,
des milliers de femmes trouvent le courage d'appeler pour sortir d'une situation
de violence. Mais là on a fait les campagnes de sensibilisation et là on fait
face à... pas 5 000, 10 000. C'est des demandes juste d'aide. SOS
Violence conjugale, on est dépassé à 125 % au niveau des demandes. On
regarde des demandes qui ont atteint, là, 58 303 en 2021-2022.
Probablement, cette année, ça va être 51 521 demandes.
Mais, moi, qu'est-ce qui me préoccupe,
c'est les demandes d'hébergement. Juste SOS Violence conjugale, on ne parle
même pas de toutes les demandes qui ont été faites auprès, là, de chaque maison
d'hébergement pour de l'hébergement par les femmes, là, juste SOS Violence
conjugale, on est, 2021-2022, à 10 020 demandes d'hébergement. Bien
là, Mme la ministre, on n'a pas 10 000 places au Québec. Je crois
qu'on a, d'après mes données, 1 590 places en maison d'urgence,
maison de première étape, et 400 environ en deuxième étape.
Qu'est-ce que le gouvernement fait au
niveau de la création de places? Parce que j'ai vu les budgets. Il y a des gros
montants. Mais, en ce moment, il y a une crise importante, et j'aimerais
comprendre quel est le plan d'action du gouvernement.
Mme Biron : Merci pour
cette question-là, parce que je sais que c'est un sujet qui vous tient à cœur.
D'ailleurs, je le sens, quand vous en parlez, que l'émotion monte.
Mme Garceau : Ancienne
présidente d'un refuge, donc, oui.
Mme Biron : Oui, bien,
je vous comprends. Puis d'ailleurs j'en ai visité, parce que... Je suis allée à
Montréal, il y a deux ou trois semaines, pour en visiter. Je trouve qu'il n'y a
rien comme le terrain, quand on se déplace, quand on va voir sur place. Puis là
je fais juste une petite parenthèse parce que j'ai été vraiment impressionnée,
d'abord, par le niveau de professionnalisme des femmes, qui connaissent leur
affaire puis qui savent exactement comment bouger et puis qui... qui
travaillent très bien. Puis, avec la nouvelle technologie... On a vu aussi des
nouvelles passer, là. Je fais un long préambule, mais c'est parce que j'ai été
bien impressionnée par cette question-là.
Alors, en une phrase, parce que, là, je
vais vous donner plus de détails, là, il n'y a aucune femme qui sera laissée
sur le carreau. Une femme qui veut dénoncer sera prise en charge. Si les
maisons d'hébergement ne sont pas capables de prendre la femme, nous... la
femme... la dame ainsi que ses enfants, nous avons installé un programme
d'urgence et nous nous occupons de son transport, de ses frais de subsistance,
de son hébergement. Je comprends que c'est froid à l'hôtel, que ce n'est pas
parfait, mais, à tout le moins, on fait quelque chose et on ne la renvoie pas
directement dans son milieu violent. Alors, nous allons la sortir, nous en
occuper, trouver un endroit qui peut convenir à ses besoins.
• (12 h 30) •
Vous allez me dire : Oui, mais il
faut qu'elle se déplace. Peut-être, mais on ne la laissera pas retourner. Les
maisons d'hébergement, c'est une chose. Puis je dirais même qu'on a rajouté de
l'argent dans le dernier budget, là. Déjà, il y a beaucoup d'argent. Même les
regroupements de... Puis, bon, si vous connaissez un peu le milieu, bon, il y a
le regroupement, l'alliance, les associations, puis personne ne se plaint,
parce que l'argent est là, est au rendez-vous.
Mais ce qui est la bonne nouvelle dans
cette dureté de la vie, c'est que les femmes dénoncent de plus en plus. Alors, ça,
déjà, on a quelque chose, parce que, moi, honnêtement, ça me préoccupe
beaucoup, les femmes qui ne dénoncent pas, qui restent dans leur milieu, puis
je ne sais pas quoi faire pour essayer de leur dire... Souvent, elles s'isolent.
Elles ne sont pas avec leur famille. Je ne sais pas quoi leur dire pour essayer
de les sauver ou de les aider, mais, quand elles dénoncent, bien, c'est déjà un
premier pas puis un pas <important...
>
12 h 30 (version révisée)
Mme Biron : ...là, mais, quand
elles dénoncent, bien, c'est déjà un premier pas puis un pas important. Alors,
on essaie... on... on rajoute des endroits. Il y a des... des... des places, il
y a jusqu'à 179 places qu'on devrait ajouter cette année, il y a des
places qui sont en construction.
Mais, je vous le dis, il n'y a aucune
femme qui sera laissée pour compte si elle veut dénoncer la violence qu'elle
vit dans son milieu personnel ainsi que pour ses enfants.
Mme Garceau : Malheureusement,
il y en a, Mme la ministre, parce qu'il y en a plusieurs qui retournent à leur
résidence, l'environnement toxique et de violence, parce qu'il n'y a pas de
place, et même SOS en parle, SOS Violence conjugale, Mme Claudine Thibaudeau
en parle, là, dans l'article de La Presse. Et toute cette question de fonds d'urgence,
c'est vraiment extrêmement temporaire, parce que, ma compréhension, c'est comme
sept jours, après ça, il faut avoir un lien avec une... une maison d'hébergement.
Donc, ce n'est pas... Elle n'est pas là, la... La solution est trop temporaire.
Là, c'est une question de... On a des
demandes importantes d'hébergement et à ma connaissance... puis je n'ai pas
encore les détails, j'aimerais beaucoup avoir les détails parce qu'on déborde
le 10 000. Parce que je suis en communication avec la fédération, l'alliance,
le regroupement, donc, et on l'a... les statistiques, on les a, les données, et
j'ai juste... La dernière année, là, c'était 10 025. Puis, le 10 025,
ça, c'est les femmes qui ont été refusées, l'hébergement, parce qu'il y avait
un manque de places. Donc, si je regarde juste le regroupement et la
fédération, les deux ensembles, là, l'année dernière, c'était 10 025 refus.
J'ai SOS Violence conjugale qui me dit... Eux autres aussi, c'est un autre 10 000.
À un moment donné, là, c'est des chiffres
hallucinants. Et il me semble qu'on n'a pas en ce moment, je ne le vois pas...
Et, on le sait très bien, tous les groupes nous demandent des places, on a
besoin d'ajouter des places. Et quel est le plan pour la création de places?
Mme Biron : D'abord, SOS
Violence conjugale, c'est un partenaire pas juste important mais essentiel. C'est
beaucoup par là que les demandes passent et c'est... c'est par là qu'on est
capables de déployer les... les mesures d'urgence si on a besoin de mesures d'urgence.
Bon.
Vous me demandez un bilan. Je vous dirais
que, pour les années 2022-2023, c'est 179 places en maison d'hébergement
d'urgence qui ont été créées dans la dernière année, mais on a continué. Dans
le cadre du budget 2023-2024, qui a été déposé au mois de mars, en ce qui
concerne les maisons de première étape, le financement annuel des maisons était
de 77... plus que 77 millions, et qui va... et ça va atteindre, d'ici
2026-2027, 139,5 millions. On parle d'une hausse de 81 %. Alors, il y
a un effort qui est fait, il y a un effort qui est fait également pour l'aide d'urgence.
Et on a aussi mis en place des cellules d'intervention
rapide, parce que, oui, il y a les maisons d'hébergement, mais, des fois, il y
a autre chose qui... qui permet de... de régler différentes situations. Dans la
cellule de crise, en fait, l'idée, c'est d'œuvrer en collaboration avec les
différents partenaires qui sont sur le terrain. On en a amplement parlé, là,
des 18 ministères et organismes avec qui on travaille. Alors, ce que ça
veut dire... on retrouve dans ces cellules-là des policiers, la DPJ, les
maisons d'hébergement, les organismes pour conjoints violents. Alors, ce qu'on
peut faire des fois, c'est... on peut référer directement à la police, on peut
travailler autrement avec la DPJ également pour protéger les enfants. Alors,
oui, les maisons d'hébergement, c'est une chose, mais il y a d'autres outils
qui sont en place.
Notre gouvernement, avec Rebâtir la
confiance, démontre, je pense, avec ses axes d'intervention bien définis et
ses 58 actions, à quel point il prend la situation au sérieux, et non
seulement il prend la situation au sérieux mais l'argent est là. Et nous, comme
rôle de coordonnateur qu'on a, on a parlé... Le secrétariat de la condition
féminine, depuis qu'on est arrivés au pouvoir, son budget d'opération est passé
de 17 millions... à... à plus de 29 millions de dollars par
année. Alors...
Mme Garceau : ...
Mme Biron : Bien, ce que je
veux dire, c'est qu'il y a du travail sur le terrain qui se fait, et on essaie
de trouver les outils nécessaires, notamment soit par la cellule de crise, soit
par les maisons <d'hébergement...
Mme Biron :
...à...
à plus de 29 millions de dollars par année. Alors...
Mme Garceau :
...
Mme Biron : Bien, ce que je
veux dire, c'est qu'il y a du travail sur le terrain qui se fait, et on essaie
de trouver les outils nécessaires, notamment soit par la cellule de crise, soit
par les maisons >d'hébergement, soit par l'aide d'urgence. On essaie de...
de régler les... les situations, mais, comme je vous dis, les femmes qui
dénoncent ne seront pas laissées pour compte.
Mme Garceau : Les millions de
dollars dont vous venez de mentionner, parce qu'il n'y a pas eu... Dans le
budget, là, du mois de mars, c'était... c'était 10 millions sur cinq ans
puis la plupart de l'argent est allé aux maisons de deuxième étape, ce n'était
pas pour la création de places. Moi, j'aimerais savoir, de tous les millions,
là, il y a 92 millions puis un autre 14... 22 millions, combien de
cet argent-là le financement va directement dans la création de nouvelles
places. Et j'aimerais aussi... les 179 places dont vous avez mentionné dans
la dernière année, j'aimerais que vous me fournissiez, s'il vous plaît, la
liste. Je présume que ça, ces 179 places-là, c'est des consolidations, qui
veut dire que c'est des places qui ont été ajoutées dans les maisons
d'hébergement existantes.
Mme Biron : C'est vrai qu'on...
qu'on a mis plus d'argent, je pense que c'est 30 millions pour les maisons
de deuxième étape puis il y en a... il y en a 30, justement, des maisons de
deuxième étape.
En première étape, je vous dirais que, des
maisons d'hébergement, on prévoit de nouvelles constructions, notamment en
Outaouais, à Montréal et en Abitibi-Témiscamingue, pour une... une quarantaine
de places supplémentaires.
Je pense que notre gouvernement montre
clairement, avec les 179 places qui étaient annoncées dans le dernier...
dans l'avant-dernier budget, qu'il y a vraiment un effort pour accueillir les
femmes. Et je me répète, les femmes qui... où il n'y a pas de place en maison
d'hébergement, nous ne les laissons pas seules à elles-mêmes, nous ne leur
disons pas «retournez chez vous», on trouve une mesure d'urgence et... et on...
on s'assure qu'elles n'ont rien à débourser. On les... on les nourrit, on les
loge et on s'assure qu'ils puissent être transportés.
• (12 h 40) •
Mme Garceau : ...je m'excuse,
mais...
Mme Biron : Alors, le travail
se fait, c'est... Je pense qu'on est très en action.
Mme Garceau : Je comprends,
mais... On parle... Le fonds d'urgence, là, c'est sept jours. Ça, ça ne peut
pas être la solution pour régler la pénurie de places en hébergement, parce que
même... Je vous écoute, je comprends que vous faites des efforts, je comprends
qu'il va y avoir 179 nouvelles places, peut-être un autre 40, mais on a
des appels, en ce moment, de 10 000 demandes, 10 000 demandes
de places en hébergement. C'est là où je ne comprends pas la vision du
gouvernement concernant ce... ce... ce dilemme, ce problème qui est monumental
et qui cause beaucoup d'anxiété au niveau des femmes. Parce que, même SOS nous
dit : Des fois, là, il faut qu'on demande aux femmes... ils nous appellent,
puis on leur dit «pouvez-vous nous rappeler plus tard?» parce qu'ils n'ont pas
de place. Ça fait qu'à un moment donné, et je vous le dis avec grand respect,
parce que j'ai fait 25 demandes d'accès à l'information, là, concernant le
nombre de refus, le nombre de places qui manquent, il n'y a pas un ministère,
il n'y a pas un CIUSSS, il n'y a pas un centre intégré, les données ne sont pas
disponibles.
Donc, comment est-ce qu'on peut élaborer
un plan d'action pour combler cette pénurie si on ne connaît pas, si on n'a pas
centralisé les données au niveau du nombre de refus et aussi le manque de
places, afin de pouvoir avancer, afin de pouvoir progresser? Parce qu'avec
grand respect, là, 179 puis 40, là, ça ne va pas aider, quoi, l'autre 900, 900 femmes
ou 800 femmes qui appellent puis qui n'ont pas d'hébergement, puis même
probablement plus, parce que SOS, c'est 10 000, puis le regroupement, puis
la fédération, c'est un autre 10 000. Il est... il est là, l'enjeu.
Mme Biron : Bien, comme je...
je vous ai dit, il y a... il y a plus d'une façon de régler la situation. Il y
a les cellules d'urgence, où on a mis en place plus d'une ressource pour venir
en aide aux femmes qui sont dans une situation difficile. Il y a actuellement
une trentaine de maisons de deuxième étape qui sont en construction. Nous
construisons également des maisons de première <étape...
Mme Biron :
...sont
dans une situation difficile. Il y a actuellement une trentaine de maisons de
deuxième étape qui sont en construction. Nous construisons également des
maisons de première >étape. Nous avons fait de la lutte contre les
violences une priorité et nous allons de l'avant.
Mais vous avez raison sur un point, c'est
vrai que les associations, alliances, regroupements de maisons d'hébergement
gagneraient à... Vous avez ouvert la porte à une plus grande reddition de
comptes. Ce serait effectivement une... une option, d'être capable de mieux
voir le portrait à même ce que pourraient nous donner les maisons
d'hébergement.
Mais je pense que le gouvernement remplit
son rôle et s'assure qu'aucune femme ne doive retourner chez elle si elle veut
quitter sa maison.
Mme Garceau : Mme la
ministre, les... les maisons d'hébergement, à chaque année, ils font un rapport
d'activité, ils doivent... au niveau de leur financement, le PSOC, et tout ça,
là, ils ont... ils font déjà la reddition de comptes. Moi, je parle du
gouvernement. Le gouvernement a une responsabilité et un devoir de cueillir, de
faire la collecte de cette information-là, parce que ce n'est pas les maisons
d'hébergement qui vont aller élaborer le plan d'action du gouvernement, c'est
le gouvernement. Eux, ils ont fait... elles ont fait leurs devoirs de compléter
les rapports. Puis, je vous dis, c'est un... c'est un... un travail colossal
qu'ils font ou qu'elles font pour chercher leur financement, pour maintenir le
financement qu'ils reçoivent du PSOC, et tout ça. Mais là je parle, moi, d'un
tout autre... un autre sujet, et ça, c'est votre responsabilité. Les données
sont là, les données sont là, mais il me semble qu'un ministère, votre
ministère, vous êtes, en vertu de Rebâtir la confiance, puis plusieurs
recommandations parlent de la création de maisons d'hébergement, donc en tant
que coordonnatrice de tout ça, les données au niveau de... des refus de femmes
annuellement, le manque de places annuellement doit être centralisé au
ministère afin que vous puissiez avoir un portrait réel de la situation.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Le temps imparti à votre
formation est terminé. Alors, je me tourne, pour un bloc de
14 min 35 s, du côté du gouvernement. Alors, j'ai une première
intervention, la députée de Vimont.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bonjour à toutes, parce que vu que nous sommes toutes des
femmes autour de la table, sauf monsieur là-bas, mais... Alors, je salue
monsieur aussi.
Alors, Mme la Présidente, le Québec prône
l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est une valeur qui est sûre, qui
est chère aux Québécoises et aux Québécois. Les... le Québec, d'ailleurs, a
fait des pas de géant à ce sujet-là, des pas qui ont été reconnus à
l'international et qui... et qui, encore aujourd'hui, sont cités, sont cités en
exemple, on a qu'à penser notamment à nos systèmes... notre système de services
de garde ou à encore au RQAP.
Ceci étant dit, malheureusement, l'égalité
de fait n'a pas été encore atteinte, et en bon indicateur, Mme la Présidente,
de ces inégalités est la question de la violence faite aux femmes. Encore
aujourd'hui, les femmes sont sur-surreprésentées parmi les victimes de
violences, de violence sexuelle ou encore conjugale. Le Québec a été secoué
d'ailleurs par la vague de féminicides en 2021. Je pense qu'on est... on se
rappelle tous de ce... de cette période pas très réjouissante. Et pas un
jour... il n'y a pas un jour encore qui se passe sans qu'un procès ne fasse les
manchettes, Mme la Présidente, en ce qui a trait à soit une agression ou encore
une... une violence sexuelle à l'endroit des femmes.
On le sait, ces formes de violence
laissent des traces importantes, des traumas, des... qui peuvent les suivre
malheureusement toute une vie, qui va nécessiter, bien souvent, du soutien
psychologique pour ces... pour ces femmes-là. Les enfants, les témoins,
souvent, ne sont pas en reste, parce que ce sont des gens qui malheureusement
sont témoins, mais doivent rester impassibles devant... devant ce qui arrive.
Alors, on comprend l'enjeu de... de tout ça. C'est ça, ils peuvent voir des
scènes, ils peuvent être marqués à jamais par des images peut-être qu'ils
n'auraient jamais dû voir. Bref.
Si vous permettez, Mme la présidente, je
vais avoir trois petites questions pour vous, Mme la ministre. Je voulais voir
comment vous voyez cet enjeu de violence, naturellement, qui est fait aux <femmes...
Mme Schmaltz :
...la
présidente, je vais avoir trois petites questions pour vous Mme la ministre. Je
voulais voir comment vous voyez cet enjeu de violence, naturellement, qui est
fait aux >femmes. Aussi, j'aimerais peut-être qu'on revienne aussi sur
ce qui a été fait, justement, pour contrer cette violence à la fois conjugale
et sexuelle. Et puis, en troisième... en troisième lieu, pardon, j'aimerais
savoir comment vous allez aborder ce phénomène.
• (12 h 50) •
Mme Biron : Merci beaucoup,
Mme la députée de Vimont. C'est très agréable de vous voir ainsi que toute
l'équipe de députées femmes qui m'accompagnent dans cette... j'allais dire «épreuve»,
mais, je pense, «conversation» serait plus appropriée. Non, mais c'est quand
même agréable parce qu'on peut vraiment échanger sur des sujets qui nous
tiennent à cœur, et... et je l'apprécie beaucoup, mais ça demande beaucoup de...
de lecture et de préparation, c'est en ce sens-là que je voulais dire ça.
Mais c'est certain que, quelles que soient
les victimes au Québec, je pense que de dénoncer, c'est la chose à faire. Les
organismes communautaires sont autonomes, ils organisent leur façon de faire,
ce sont des partenaires avec le gouvernement, et nous sommes là pour les aider.
Les ressources aussi sont là pour les... les accompagner.
D'abord, la stratégie intégrée en violence
conjugale et sexuelle, je pense que c'est la feuille de route nécessaire pour
savoir où le gouvernement s'en va. Les objectifs sont clairs. Il y a quatre
grands objectifs. On veut d'abord s'assurer que notre réponse, la réponse
gouvernementale, elle est claire. Ça consolide, en fait, toutes les actions qui
ont eu lieu auparavant, notamment les deux plans en violence conjugale
complémentaires, mais également la consultation générale avec les... les
experts qui nous ont soumis 190 actions. On a pu retirer, là, finalement,
une belle feuille de route avec 58 actions. Les... les... et ces
actions-là sont précises et bien déterminées sous trois axes, de prévention,
d'intervention, et de développement, et de formation de l'expertise. Puis,
quand je parle de formation, je pense notamment aux tribunaux spécialisés.
C'est le... c'est les mêmes règles de droit que... La loi ne change pas, mais...
mais, au moins, on fait un effort pour pouvoir accompagner les différentes
victimes de façon... pour les accompagner à travers le processus, pour ne pas
qu'elles aient l'impression de revivre à nouveau l'agression qu'elles ont
subie.
Quand je parle de formation, ça veut dire
formation des juges pour qu'ils comprennent davantage ce qui se passe avec les
personnes qui... qui sont dans une situation où elles doivent dénoncer
publiquement ce qui leur est arrivé. Et je vous dirais que ce qu'on a fait avec
les tribunaux spécialisés, moi, je le vois comme ministre des Relations
internationales. Quand je vais sur la scène internationale, on me pose beaucoup
de questions sur les tribunaux spécialisés. D'ailleurs, la... la France a
démontré son intérêt sur cette question-là. Notre ministre de la Justice s'est
même déplacé en... notamment en France, mais également en Grande-Bretagne, où cette...
cette façon de faire spécifique intéresse particulièrement sur la scène
internationale.
J'aimerais aussi parler un peu des
bracelets antirapprochements, des bracelets qui... qui sont avant-gardistes.
C'est inspiré de ce qui s'est fait en Espagne. Et on a vu le taux de
féminicides chuter à la suite des bracelets antirapprochement, parce que ça
protège directement les femmes qui sont victimes de violence. Mais, souvent,
les femmes retournent chez elles et elles craignent toujours que leur agresseur
revienne et... et les agresse à nouveau. Le bracelet antirapprochement est
un... est une avancée majeure.
Je vous dirais que notre gouvernement a
fait de la violence contre les femmes une priorité. Et c'est près de... depuis
2019, nous sommes arrivés au pouvoir en 2018, nous avons investi près de
1 milliard de dollars qui ont été annoncés pour contrer le phénomène.
Je pense aux sommes significatives qui ont été investies dans les maisons
d'hébergement de première et de deuxième étape. La première étape, j'en ai
visité une, maison, à Montréal, qui comptait des... de l'hébergement de
première ainsi que de deuxième étape. La deuxième étape nécessite un peu plus
de soins. C'est vraiment le moment où les femmes peuvent... entrent dans une
période de transition, elles ont encore besoin d'accompagnement. Quand la crise
est passée et que la femme est sortie de chez elle, il faut l'aider maintenant
à ce qu'elle reprenne son pouvoir, qu'elle reprenne sa vie, qu'elle reprenne le
contrôle de sa <famille...
Mme Biron :
...passée
et que la femme est sortie de chez elle, il faut l'aider maintenant à ce
qu'elle reprenne son pouvoir, qu'elle reprenne sa vie, qu'elle reprenne le
contrôle de sa >famille. Alors, nous avons décidé, dans le dernier
budget, d'investir substantiellement dans les maisons de deuxième étape. Le
gouvernement a ajouté aux 951 millions de dollars déjà annoncés
depuis 2019 un 30 millions supplémentaires, si bien que l'enveloppe
globale depuis 2019 s'élève à 981 millions de dollars. C'est
énormément d'argent. Pour ce qui est des maisons de première étape, le
financement était de 72... 77 millions de dollars en 2019-2020 et ça
atteindra 139,5 millions, presque 140 millions, en 2026-2027. C'est
donc une hausse de 81 %.
Alors, lorsque la vague de féminicides a
frappé en 2021, nous n'avons pas attendu, nous avons agi rapidement. Nous
avions nos plans. Nous avons mis en place des plans rapides, complémentaires,
qui sont aujourd'hui complémentaires, mais qui, à ce moment-là, c'est... voulaient
pallier à la situation d'urgence. En 2021-2026, c'est 222 millions qui a
été mis sur la table pour des actions prioritaires pour contrer la violence
conjugale et les féminicides à la suite des nombreuses... de la crise que nous
avons vécue au Québec et qui a fait suite à la pandémie.
Alors, je pense que nous allons continuer
dans cette direction-là. Je... je le disais, le budget du secrétariat de la condition
féminine est passé de 17 millions à un peu plus de 29 millions depuis
2018. Le nombre d'effectifs est passé de 28 à 42. C'est un signal que
l'organisme coordonnateur, celui qui fait le liant avec les 18 ministères
et organismes est à la table, et qu'on est là pour rester, et qu'on veut
continuer à lutter contre la violence conjugale et les violences sexuelles.
Mme Schmaltz : Peut-être...
J'ai noté quelque chose, quelque chose d'intéressant dans ce que vous dites.
Sur les 190 actions, vous en avez retenu 158, c'est ça?
Mme Biron : 58.
Mme Schmaltz : 58.
Pardon. Et si je comprends, elles se déclinent en plusieurs axes, dont la
prévention, entre autres. J'ai noté formation, expertise, accompagnement. Au
volet de l'accompagnement, qu'est-ce qui ressort de plus? Qu'est-ce que vous
avez remarqué, ce qui ressortait le plus? Je parle, naturellement, au niveau
des victimes. Est-ce que les femmes ont tendance peut-être à aller plus de
l'avant parce que l'accompagnement est meilleur?
Mme Biron : L'accompagnement,
c'est... c'est la clé parce que les femmes, quand elles dénoncent, elles sont
seules souvent et elles déstabilisent leur environnement. Souvent, des femmes
vont... vont demeurer à la maison pour... pour une question sécuritaire. Alors,
elles ont besoin d'un logement. Elles ne veulent pas quitter leur... leur
maison sans leurs enfants. Alors, il y a tout un... un écosystème qui doit se
mettre au service. Et c'est là que les cellules de crise prennent leur
importance, quand on parle de la DPJ, quand on parle des écoles aussi, ou on
parle des policiers, on parle des tribunaux, bien sûr, des procureurs qui
peuvent accompagner les femmes mais également des services spécialisés. Mon
collègue Lionel Carmant, le ministre de la Santé et des Services sociaux, met
énormément d'énergie de côté-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Juste vous rappeler qu'on ne... ne mentionne pas les gens,
les députés par leur titre, les ministres par leur titre, mais bien par leur
fonction.
Mme Biron : Alors, le
ministre de la Santé... Merci beaucoup, Mme la Présidente, pour cette
précision. J'en prends bonne note. C'est là qu'on voit que je suis toujours une
débutante dans mes fonctions. Je deviendrai un peu plus agile à mesure que le
temps avancera.
Alors, oui, le ministre de la Santé et des
Services sociaux a mis en place, a mis... a investi beaucoup d'argent en santé
mentale. On commence aussi à développer l'accompagnement à l'égard des hommes,
c'était dans nos priorités d'action à la fin du mandat, et on commence à y
réfléchir davantage.
Alors, on ne peut pas agir qu'avec les
organismes communautaires, par exemple, qui ont des maisons d'hébergement. Je
pense que c'est un... une clé importante, la maison de première étape, de
deuxième étape, mais il faut avoir un écosystème d'accompagnement beaucoup plus
large pour être capable de venir en aide aux femmes qui décident de dénoncer la
violence qu'elles subissent.
Mme Schmaltz : ...je
voulais céder la parole aussi à ma collègue qui avait une question pour vous.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...il reste 2 min 40 s
Mme Gendron : Oui, il ne
me reste que deux minutes. Donc, je vais... je vais me dépêcher également. En
fait, bonjour. Bonjour à votre équipe aussi. Nous venons d'aborder, là, par la
bande, la question de l'égalité entre hommes et femmes, que c'est une valeur
qui nous anime au Québec, particulièrement. C'est un...
Mme Gendron : ...sujet
important, et je pense que ça touche toutes les... les générations, et encore
plus aujourd'hui qu'il ne l'était dans le passé. On parle souvent de l'égalité
homme-femme comme un grand principe ou un idéal à avoir.
Vous l'avez mentionné plus tôt, tantôt,
lors de votre passage à l'ONU, il a été dit que les droits des femmes ont
reculé dans les... dans la dernière année, et ce, au niveau mondial, et que
d'assurer les droits des femmes et l'égalité entre les hommes et les femmes,
c'est un combat de tout instant. Comme je prends... Je mentionne, là, notre
présidente de l'Assemblée nationale, elle le dit si bien : «Les femmes ne
sont pas une minorité, mais elles sont bien la moitié de l'humanité». C'est ce
que je crois également.
On... Ce que j'aimerais savoir... Dans le
concret, dans le quotidien, on se demande ce qu'on peut faire comme société
pour tendre à l'amélioration de la situation. Comment on peut accompagner ces
acteurs-là partout au Québec pour faire en sorte de poser des gestes concrets
pour l'égalité entre hommes et femmes?
Mme Biron : Merci beaucoup,
Mme la députée de Châteauguay.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En 1 min 10 s.
Mme Biron : Je pense qu'on va
se revoir après-midi, si j'ai une chance, je vais répondre mieux, mais il y a
une chose que... que je vais vous dire, c'est que je trouve... c'est qu'en
matière de condition féminine, souvent, j'ai l'impression de jouer aux serpents
ou aux échelles, de bâtir beaucoup, de mettre énormément d'énergie pour avancer,
et, tout à coup, il y a quatre féminicides qui surviennent, et là on... on redescend,
du coup. Alors, c'est un effort soutenu qu'il faut garder.
Et surtout je pense que nous devons
envoyer le message aux femmes qu'il y a des services, s'assurer de tout faire
pour les donner et accompagner les femmes. C'est vrai qu'il y a des femmes qui
retournent dans leur... dans leur... dans leur domicile et que, par moments, on
aimerait qu'ils le quittent, mais il ne faut pas lâcher, il faut toujours être
là, les... les accompagner et les aider à... à pouvoir prendre le plein
contrôle sur leur vie et ainsi... et aider leur... leur propre famille.
En fait, l'égalité, ce n'est pas une
question de... de... ce n'est pas un luxe, c'est un droit. On a le droit. Nous
sommes 50-50, on a le droit. Et je pense que, comme ministre de la Condition
féminine, je suis la gardienne des droits des femmes au Québec.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Le temps est terminé.
Merci, Mme la députée. En fait, merci, mesdames pour ces échanges très
respectueux.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Bon dîner à toutes.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 heures)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Rebonjour, mesdames. Je
dis «mesdames» parce qu'on est juste des dames encore cet après-midi. Nous
allons donc reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude du volet Condition féminine des crédits
budgétaires du portefeuille Relations internationales et Francophonie pour l'exercice 2023-2024.
Nous en sommes donc, encore une fois, au
bloc d'intervention de la porte-parole de l'opposition. Mme la députée de Robert-Baldwin,
la parole est à vous et votre temps est de 17 min 49 s.
Mme Garceau : OK. Bon retour,
bon retour, tout le monde. Mme la ministre, j'aimerais revenir sur quelques
réponses que vous avez partagées avec nous concernant les nouvelles places en
maison d'hébergement première étape, deuxième étape juste pour clarifier la
situation actuelle et les réponses. Et j'avais également, là, revisé la stratégie
intégrée en fonction de la stratégie intégrée...
15 h (version révisée)
Mme Garceau : ...j'avais
également, là, révisé la stratégie intégrée, en fonction de la stratégie
intégrée. Donc, vous avez parlé de 179 nouvelles places. Là, ça, c'est lié
aux maisons d'hébergement d'urgence ou de première étape, c'est ça?
Mme Biron : Oui, c'est... c'est
ça. C'est dans l'année dernière. Je pense qu'on en a ajouté cette année. C'est
ça, en maisons première étape, 172 places en maisons d'hébergement d'urgence
ont été créées l'année dernière. En première étape, il y a de nouvelles maisons
qui vont ouvrir en Outaouais, à Montréal, en Abitibi-Témiscamingue, on parle d'une
quarantaine de places supplémentaires. Et il y a une trentaine de maisons de
deuxième étape qui sont en construction en ce moment.
Mme Garceau : OK. Est-ce que
je peux juste vous interrompre? Juste parce que j'aimerais aller bloc par bloc
pour...
Mme Biron : Oui. Bon,
allons-y.
Mme Garceau : OK. 172 places
créées l'année derrière... l'année... dernière, je m'excuse, donc on parle de
2022 à 2023. Et ça, est-ce qu'on parle de nouvelles places créées ou la
consolidation?
Mme Biron : ...soit créées ou
consolidées.
Mme Garceau : OK. Parce que
moi, j'ai eu l'opportunité d'être en crédits avec votre collègue le ministre de
la Santé et Services sociaux. On avait soumis des questions, et une des
réponses était à l'effet que, depuis avril 2022, il y a juste eu huit places
créées, huit places. C'est pour ça, là, que j'essaie de concilier le 172 et le
huit places. Peut-être, vous pourriez... Est-ce que vous avez... Est-ce qu'il y
a un document que vous pourriez déposer pour confirmer? Et aussi le 172 places
créées ou consolidées, c'est dans quelles maisons? Une ventilation...
Mme Biron : Bien, en fait,
sur... les chiffres que je vous soumets viennent de nos partenaires, c'est-à-dire
le ministère de la Santé, de notre... un de nos nombreux partenaires. Avril
2022, huit places, honnêtement, j'ai... j'ai un gros point d'interrogation, là,
mais, bon, écoutez, dans le temps, avril 2022... ça fait un an...
Mme Garceau : Bien, si vous
avez... si... Moi, qu'est-ce qui est important, en ce moment, c'est... c'est de
voir la confirmation du nombre, le 172, et la ventilation, c'est dans quelles
maisons, au niveau de la... consolidation. Et est-ce qu'il y a... S'il y a eu
de la création, ça veut dire qu'il y a eu de la construction de nouvelles
maisons de première étape?
Mme Biron : Bien, il y en a
qui sont en construction, là.
Mme Garceau : Oui, mais là le
172, c'est fait? Sur le terrain, il y a accès à 172 nouvelles places?
Donc, si c'est le cas, j'aimerais avoir un document déposé à la commission avec
la ventilation de... de 2022 à 2023, voici comment... la ventilation des 172 places,
les maisons d'hébergement, et tout ça, là, toute l'information...
Mme Biron : Bon, de la façon
que ça fonctionne, c'est que c'est les maisons d'hébergement qui font leur
compte et qui donnent les chiffres à la Santé, puis c'est la Santé qui nous
donne les chiffres à nous.
Mme Garceau : OK, bien, c'est
ça, mais vous, vous avez en votre possession...
Mme Biron : Comme vous avez
vos entrées avec les maisons d'hébergement.
Mme Garceau : C'est ça. Moi, tout
ce que je demande, c'est... vous avez... vous l'avez mentionné, vous l'avez en
votre possession, ce document-là, j'aimerais avoir une copie du document, qu'il
soit déposé. Je présume qu'il y a une ventilation, et sinon je vais vous écrire
un mot là-dessus.
Mme Biron : Je ne sais pas si
ce document-là existe...
Mme Garceau : OK. Donc,
comment se fait-il qu'on... vous arrivez aujourd'hui avec ce chiffre-là?
Mme Biron : C'est la Santé
qui nous donne cette information-là et ce sont les maisons d'hébergement qui donnent
cette information-là à la Santé, et...
Mme Garceau : Mais vous
avez... Mme la ministre, vous avez reçu un courriel, quelque chose du ministre
des Services sociaux.
Mme Biron : Je pense que la
meilleure façon, si vous voulez avoir la réponse de la bouche du cheval,
demandez donc au ministère de la... de la Santé.
Mme Garceau : Bien là, on est
en crédits, vous êtes la coordonnatrice...
Mme Biron : C'est une
expression, là, hein, on se comprend?
Mme Garceau : Oui, je
comprends.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais prendre deux petites secondes. Je comprends que le
document n'est pas en la possession du... de la ministre actuellement, c'est en
possession du ministre de la Santé. C'est ce que je <comprends...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
...le document n'est pas en la possession du... de
la ministre actuellement, c'est en possession du ministre de la Santé. C'est ce
que je >comprends. Donc, vous n'êtes pas en mesure de ne déposer rien.
Est-ce que je comprends?
Mme Garceau : OK. Bien, c'est
parce qu'avec respect, là, qu'est-ce que je comprends, c'est :
l'information a été transmise à la ministre et, je présume, parce que vous êtes
la coordonnatrice de toute cette stratégie intégrée, qui inclut également les
maisons, la création de places.
Mme Biron : Écoutez, on va le
demander pour vous à la Santé...
Mme Garceau : Merci.
Mme Biron : ...puis on vous
le transférera après. C'est beau?
Mme Garceau : Ce serait
apprécié. Merci beaucoup.
Mme Biron : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que je comprends qu'il y a un engagement de déposer...
lorsque ce sera disponible à la ministre, de le déposer...
Mme Biron : Bien, on va faire
une demande... Excusez-moi, Mme la Présidente, de vous interrompre...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je comprends que vous vous engagez à déposer lorsque ce
sera disponible pour vous. C'est ce que je comprends.
Mme Biron : Bien, ce que je
m'engage à faire, c'est de poser la question à la Santé via le Secrétariat à la
condition féminine. Et, quand l'information sera rentrée au Secrétariat à la
condition féminine, elle me transmettra... la sous-ministre associée me
transmettra l'information, et je transmettrai l'information à la députée de Robert-Baldwin.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Au secrétariat de la commission.
Mme Biron : Au secrétariat.
D'accord. À tout le monde, en fait, tout le monde l'aura.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre.
Mme Garceau : Parfait. Allons
maintenant au niveau... Là, je comprends, pour les maisons de deuxième étape,
c'est une trentaine, quarantaine. Je voulais juste vous entendre là-dessus.
Mme Biron : Une trentaine de
maisons, en deuxième étape, sont en construction en ce moment. Et, dans le
dernier budget, il y a eu des fonds supplémentaires qui ont été alloués
spécifiquement aux maisons de deuxième étape, autour de 30 millions de
dollars, si ma mémoire est bonne.
Mme Garceau : Oui, mais le
montant d'argent qui a été dans le budget mars 2023, ma compréhension... que ce
n'était pas de l'argent pour la création de places pour les maisons en deuxième
étape, c'est juste pour bonifier leurs services.
Mme Biron : Bien, moi, j'en
ai visité une, maison de première et de deuxième étape, puis c'était très
intéressant, la... ce qu'ils faisaient en deuxième étape. Et j'ai pu... comprendre
sur le terrain que la deuxième étape, c'était une... c'était en développement,
et qu'il y avait un réel besoin pour ce qui est des maisons de deuxième étape,
sans dire que la première étape, les maisons sont comblées, je pense qu'on...
que les... que tout est réglé et c'est derrière nous. Mais, deuxième étape, il
y avait un réel besoin, parce que, dans le fond, c'est une chose de sortir de
chez soi, mais c'en est une autre de réussir à se réapproprier son pouvoir,
reprendre le marché du travail, pouvoir s'occuper de ses enfants, reprendre
confiance en soi, et tout.
Alors, la deuxième étape, quand moi, je
suis allée dans la maison, il restait, en plus, de la place, mais il y a une
forte demande pour un appui en deuxième étape. Puis ce n'est pas juste les
maisons d'hébergement qui le font, il y a même des... dans ma circonscription,
j'ai ça, un organisme qui s'occupe des femmes qui... qui veulent revoir leur
vie un peu, qui sont dans des situations où elles ont un peu les... bien, un
peu, elles ont les mains liées, elles sont avec leurs enfants, elles veulent
quitter, elles veulent... orienter leur carrière. Alors, cet organisme-là les
aide. Puis, bon, c'est des femmes qui vivent toutes sortes de choses, il y en a
qui vivent la violence, mais il y en a d'autres qui vivent du harcèlement ou
qui ont... qui sont en difficulté, ou un problème de confiance, ou... etc. Et
elles ont aussi décidé d'ouvrir une maison de deuxième étape, parce qu'elles
accueillent ces femmes-là pour pouvoir leur permettre de faire une transition
et de reprendre leur vie en main.
Alors, j'ai... j'ai... j'ai été quand même
interpelée par ce qui se faisait dans les maisons de deuxième étape. Alors,
j'ai trouvé que c'était tout à fait approprié de réclamer ça au ministre des
Finances, surtout dans un contexte où, avec l'inflation, les besoins sont
énormes et que, bon, on a aussi des priorités en éducation, en santé, etc.
Alors, j'étais heureuse de voir que le ministre des Finances nous a entendus et
qu'il a alloué une somme supplémentaire de 30 millions de dollars
spécifiquement pour les maisons de deuxième étape.
• (15 h 10) •
Mme Garceau : Et donc le...
les 30 maisons représentent combien de places additionnelles?
Mme Biron : En deuxième
étape?
Mme Garceau : Oui.
Mme Biron : Bien, je pense,
c'est une trentaine. Est-ce que...
Une voix : ...
Mme Biron : Bien, peut-être...
peut-être que la sous-ministre associée pourrait répondre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Ferembach (Catherine) : Je
peux y aller?
Mme Garceau : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...on avait déjà le consentement lors de la première... le
premier bloc.
Mme Biron : ...vous avez plus
le menu détail sur les chiffres, quand la sous-ministre associée répond, alors
je vais la <laisser...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
...lors de la première... le premier bloc.
Mme Biron :
...vous
avez plus le menu détail sur les chiffres, quand la sous-ministre associée
répond, alors je vais la >laisser aller.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous pouvez y aller.
Mme Ferembach (Catherine) : Dans
le dernier budget 2023-2024, naturellement, je ne reviens pas sur les
autres montants qui ont été annoncés dans les plans d'action précédents ou les
budgets précédents, là, c'est un peu plus de 30 millions qui a été annoncé
pour encore venir consolider l'intervention en matière de violence conjugale,
dont 10 millions, effectivement, sur cinq ans pour les maisons
d'hébergement.
On le sait, là, les maisons d'hébergement
ont des enjeux un peu partout, comme partout au Québec, en termes de
main-d'œuvre, en termes de rétention de la main-d'œuvre. Donc, l'idée de ce
10 millions supplémentaire, qui s'ajoute à tous les autres millions, hein,
je tiens à le rappeler... je pense qu'à terme, en 2026-2027, on atteindra une
augmentation de près de 80 % pour les maisons d'hébergement. Je vous dis
ça de mémoire, là, moi aussi, les chiffres, parfois... là, mais bref, donc, c'est
10 millions de dollars sur cinq ans pour effectivement venir consolider
les maisons d'hébergement de deuxième étape au niveau des enjeux de
main-d'œuvre.
Maintenant, il ne faut pas oublier qu'il y
a quand même passablement de constructions qui sont en cours au niveau des
maisons de deuxième étape. Je pense que vous connaissez très bien le milieu,
vous savez l'enjeu, hein? En maison d'hébergement d'urgence, s'il n'y a pas de
maison de deuxième étape... Les maisons de deuxième étape accueillent à peu
près 8 % des... 8 % des femmes qui sont en maison de première étape,
mais, s'il n'y a pas de place en deuxième étape, les femmes restent en première
étape, ce qui bloque des places pour des femmes qui en auront besoin. Alors,
c'est un peu une... un fil conducteur. Si on est capables de construire des
maisons de deuxième étape, on vient aussi aider les maisons de première étape
qui accueillent les femmes qui ont... qui ont des urgences. Alors, au niveau de
la construction des maisons de deuxième étape, et vous... Avec mon explication,
on comprend que ça peut avoir un impact positif pour les maisons de première
étape. On parle de 200 nouvelles unités dans 30 projets de maisons de
deuxième étape qui... qui pourront s'ajouter aux 230 unités qui existaient
en 2020-2021. Alors, c'est sûr que les constructions, elles ne se font pas du
jour au lendemain, on s'entend là-dessus aussi, mais c'est quand même ça qui
s'en vient à moyen terme.
Mme Garceau : Et donc... donc
on parle de 200 places additionnelles liées à 30 nouvelles maisons en
deuxième étape. OK. Est-ce que vous avez un échéancier? Est-ce qu'il y a un
plan d'action au niveau... Est-ce qu'on les construit toutes en même temps?
Dans quelles régions? Est-ce qu'il y a un document qui confirme les régions et
les détails concernant ces 30 maisons de deuxième étape?
Mme Ferembach (Catherine) : Je
vais essayer de vous répondre clairement, puis je m'excuse si ce n'est pas
clair, ma réponse. On s'entend que, pour construire une maison d'hébergement,
c'est une décision qui vient souvent de la... pas souvent, qui vient de la
communauté. Alors, généralement un projet de maison d'hébergement de première
ou deuxième étape, ce sont souvent des maisons d'hébergement qui existent, qui
vont dire : J'ai besoin de construire une nouvelle maison pour m'agrandir.
Alors, chaque projet dans les régions diffère. C'est sûr qu'on a essayé de
créer, au cours des dernières années, une identification. Puis c'est pour ça
que dans la... on a identifié des régions où il y avait des plus grands
besoins. On met plus d'énergie pour construire des maisons, mais il ne faut pas
perdre de vue que les projets sont toujours initiés par la communauté, les
organismes du milieu, alors on est un petit peu dépendant aussi de
l'organisation du milieu.
D'ailleurs, je me permets de faire une
parenthèse. C'est quand même... on s'entend que les gens qui ont une expertise
en violence conjugale, dans les maisons d'hébergement, qui vont développer les
projets... Souvent, monter un projet de maison d'hébergement, les services, les
démarches pour aller chercher des fonds, ce n'est pas si évident que ça, c'est
quand même beaucoup.
Mme Garceau : ...
Mme Ferembach (Catherine) : Alors,
récemment, il y a eu un octroi de fonds qui a été fait aux trois regroupements
des maisons d'hébergement pour qu'elles puissent aller en... aller embaucher
des chargés de projet qui vont accompagner les régions pour développer les
projets. Parce que, comme je dis, ça prend une expertise particulière. Alors,
est-ce qu'on sait tous les endroits, où sont les régions? On doit avoir... la
SHQ ou la Santé doit avoir la cartographie, là, mais, comme je vous le disais,
là, ce n'est pas... ce n'est pas le gouvernement qui... qui décide
unilatéralement qu'il y a une maison qui va être construite dans une région. Ça
prend, avant toute chose, une volonté dans le milieu.
Mme Garceau : OK. Donc, d'où
vient le chiffre 30? Ça émane d'où, ce...
Mme Ferembach (Catherine) : ...c'est
des projets qu'on sait qu'il y a l'argent de disponible, et je pense que ce
sont des projets... Là, je veux juste vérifier avec mon équipe pour ne pas vous
induire en erreur, mais je pense que ce sont déjà des projets qui sont dans la...
dans les cartons à dessin.
Mme Garceau : OK. Donc,
est-ce qu'on pourrait avoir une liste de ces projets? Parce que je présume que
c'est dans différentes régions du Québec, pour nous donner une idée et de voir
la suite des choses. Parce que, je présume, comme vous avez dit, ce ne sera pas
construit demain matin, ces maisons-là. Donc, est-ce qu'on a une idée de
combien de temps ça va prendre pour la construction de ces 30 <projets...
Mme Garceau :
...maisons-là.
Donc, est-ce qu'on a une idée de combien de temps ça va prendre pour la
construction de ces 30 >projets là?
Mme Ferembach (Catherine) : Là
encore, je vais vous répondre un petit peu comme tantôt, là, ce sont des
données... Puis ça, c'est toujours un petit peu notre enjeu, au secrétariat,
là, parce qu'on travaille avec... avec d'autres ministères et d'autres
structures gouvernementales. Alors, bien sûr, les données que je suis en train
de vous... de vous fournir, ce ne sont pas des données directes du secrétariat.
Elles viennent soit de la SHQ, soit du ministère de la Santé et des Services
sociaux.
Alors, pour répondre clairement à la
question que vous venez de poser, j'aurais envie, si c'est possible de le
faire, de vous répondre de la même façon que la ministre vous a répondu tantôt,
à savoir qu'il va falloir qu'on fasse des démarches pour... pour vous répondre.
Mme Garceau : Donc, si on
pourrait... comme, à titre d'engagement, que vous pourriez faire les démarches
pour nous obtenir les détails concernant les 30... la construction de 30 nouveaux
projets de maisons en deuxième étape, évidemment, incluant, là, les régions,
dans quelles régions les maisons vont être construites.
Mme Biron : Mme la
Présidente, est-ce que j'ai le droit de poser une question?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y, Mme la députée... Mme la ministre.
Mme Biron : Parce que, pour
préparer l'étude des crédits, on... vous nous soumettez une série de questions
pour préparer ça, et nos fonctionnaires travaillent des heures et des heures
pour construire des cartables. J'en ai ça épais, parce que j'ai le ministère
des Relations internationales et de la Francophonie, bureau LGBTQ plus secrétariat
aux... à la condition féminine. Je suis étonnée que vous n'ayez pas indiqué ces
questions-là dans votre document, parce que ça aurait déjà été fait, et vous
auriez eu, dans vos gros cartables, déjà toute cette information-là. Est-ce
que... Comment est-ce que vous expliquez que ces questions-là n'étaient pas
déjà dans le document, puisque vous parlez du dernier budget et de l'avant-dernier
budget?
Mme Garceau : Bien là, je
suis en train, actuellement, de regarder la stratégie intégrée, parce que la...
dans la stratégie intégrée, il y a une référence à beaucoup plus que 30...
Bien, il y a le 30 maisons ici, ça fait que je pose des questions
là-dessus, sur le numéro... page 46, 16, je vois qu'il y a
30 nouveaux projets de maisons.
Mme Biron : C'est juste que
je trouve ça hallucinant, le travail que les fonctionnaires font pour préparer
les études de crédits. Je trouve que l'exercice de conversation est extrêmement
intéressant, mais là...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Je m'excuse. Écoutez, on va arrêter ici, on est dans l'étude des crédits de
la Condition féminine, d'accord? Je comprends... je comprends que la ministre
ne peut pas s'engager. Est-ce que vous vous engagez à fournir le document ou
vous...
Mme Biron : On va faire les
demandes au ministère de la Santé, puisque la première opposition estime que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bon, alors, l'engagement est à l'effet de faire les
demandes de ces documents-là. Et le temps, malheureusement, est écoulé pour ce
bloc-ci. Alors, je vais poursuivre avec la deuxième opposition pour votre bloc
de 11 min 52 s. Mme la députée de Mercier, la parole est à vous.
Mme Ghazal : ...merci. Je
n'ai pas de temps, mais je ne suis pas capable de m'empêcher de réagir au fait
qu'on pourrait juste poser des questions par écrit, les recevoir, les lire chez
nous, vous reposer des questions. Donc, c'est important ici qu'on puisse poser
les questions qu'on veut puis de ne pas nous reprocher, surtout qu'on les
reçoit à peine une journée à l'avance. Ça fait que je voulais juste...
Mme Biron : Non, non, non, ce
n'est pas vrai, ce n'est pas...
Mme Ghazal : Je ne voulais
pas partir un débat, mais c'est important de le dire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va arrêter ici, on va arrêter ici.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : S'il vous plaît! S'il vous plaît! On s'engage, l'ensemble
d'entre nous, à avoir des discussions respectueuses. On va y aller avec des
questions et des réponses. Merci.
Mme Ghazal : ...j'ai une question
par rapport à l'équité salariale. Ma collègue la députée de Sherbrooke avait
demandé au gouvernement de la CAQ, en décembre dernier, de poser un geste
féministe et de régler les cas... les plaintes d'équité salariale. Il faut
qu'il y ait une exemplarité de l'État. Je veux dire, tous les employeurs sont
obligés de se conformer à cette loi, qui est vieille de plus de 20 ans,
alors que, là, il y a des cas, 30 000 plaintes, personnes concernées qui
travaillent pour l'État. Et ces plaintes-là ne sont toujours pas réglées, et
des femmes de l'État, qui travaillent pour l'État, ne sont toujours pas payées
au salaire, là, qui respecte la Loi sur l'équité salariale. J'aimerais savoir
qu'est-ce que la ministre... qu'est-ce que la ministre fait là-dessus.
• (15 h 20) •
Mme Biron : D'abord, quand
vous recevez vos cartables, j'aimerais préciser, vous les recevez un bon deux
semaines d'avance, parce que ça fait deux semaines que je les ai...
Mme Ghazal : C'est faux...
excusez-moi, là, vous prenez mon temps pour dire des...
Mme Biron : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, non, je m'excuse, le terme «c'est faux» n'est pas
admis en commission parlementaire, s'il vous plaît. On poursuit.
Mme Biron : ...
Mme Ghazal : ...ne le reçoit
pas, une semaine à l'avant.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le «c'est faux» n'est pas admis.
Mme Biron : Vous avez reçu
ça...
Mme Ghazal : Ce n'est pas
grave. On continue. On continue.
Mme Biron : Bien, on a problème
si vous avez reçu ça hier.
Mme Ghazal : On va... oui, on
va parler avec les... les leaders.
Mme Biron : Parce que moi, je
les ai depuis deux semaines. Alors...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bon. Là, je vais vous demander de vous adresser à la
présidente, s'il vous plaît, pour poursuivre cette étape-ci. Mme la <députée...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
Bon. Là, je vais vous demander de vous adresser à la
présidente, s'il vous plaît, pour poursuivre cette étape-ci. Mme la >députée.
Mme Biron : ...cela dit...
(Panne de son) ...de l'équité salariale, vous avez raison. Là-dessus, on
s'entend.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais vous demander de vous adresser à la présidence.
Mme Biron : Oui, Mme la
Présidente. Alors, oui, il y a du chemin encore à faire, puis plus que ce que
j'aurais pensé. Puis je sais ce que c'est, l'iniquité salariale, je l'ai
moi-même vécue. Alors, la CNESST est saisie, effectivement, du respect de la
Loi sur l'équité salariale. Et il doit... et ils doivent porter suite... porter
suite. Selon les récentes études de la statistique du Québec, la rémunération
des femmes, en 1998, équivalait à 83 % de celle des hommes. En 2021, ce
ratio-là était rendu à 91 %. Alors, les femmes, en moyenne au Québec,
gagnent 27,39 $ de l'heure, alors que les hommes gagnent... 30,16 $
de l'heure. C'est inéquitable. Ce n'est pas l'équité. Alors... mais l'écart a
rétréci. Il y a du chemin à faire, je le reconnais, mais ça évolue, et on va
espérer pouvoir progresser dans les prochaines années et assez rapidement.
Mme Ghazal : ...de façon
globale pour le Québec. Pour ce qui est des 30 000 plaintes qui
traînent, depuis 2010, pour les employés de l'État, il y a des femmes... Il y a
quelqu'un, une intervenante, qui disait qu'on... les femmes qui sont employées
de l'État sont payées comme quand on travaillait dans le temps de la dactylo,
là. Donc, elles ne sont toujours pas payées à leur plein salaire. Donc, moi,
c'est les employées de l'État, les 30 000. Je ne veux pas le salaire
global.
Mme Biron : Bien, c'est...
Mme Ghazal : Il n'y a pas
eu... Il n'y a rien qui a avancé par rapport à ça. Il y a 30 000...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...vous adresser à moi, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui. Il y a
30 000 personnes qui sont touchées par des plaintes qui ne sont pas
traitées depuis 2010. Et ces gens-là travaillent, ces personnes-là travaillent
surtout dans les services de la santé.
Mme Biron : ...Mme la
Présidente, c'est la CNESST qui traite de ces plaintes-là. C'est sûr que moi,
je ne vois pas du tout ces plaintes passer, là, devant moi ni au Secrétariat de
la condition féminine. C'est la CNESST qui traite ces plaintes-là. Alors, c'est
à eux qu'il faut s'adresser.
Mme Ghazal : Donc, comme
ministre responsable de la Condition féminine, le fait qu'il y a des plaintes
qui traînent depuis 2010, de femmes qui disent : Nous ne sommes pas payées
de façon équitable par rapport à la Loi sur l'équité salariale, pour la
ministre de la Condition féminine, ça ne l'intéresse pas puisque ce n'est pas
dans sa cour.
Mme Biron : Ce n'est pas
ça que j'ai dit. J'ai dit que c'est la CNESST qui doit donner suite à cette
loi-là. Je ne sais pas, moi, le nombre de plaintes qu'il y a devant la CNESST
et je ne sais pas non plus la légitimité de ces plaintes-là. C'est à la CNESST
de passer à travers le processus et de déterminer les plaintes qu'elle retient
ou non.
Mme Ghazal : Puis est-ce
que, la ministre, ça l'intéresse quand même de poser un regard sur ce
dossier-là?
Mme Biron : Ça... ça m'interpelle.
Je... Ça me choque de savoir que les femmes ne gagnent pas le même salaire, le
même... qu'elles n'aient pas la même rémunération que les hommes. Oui, ça me
choque, mais je réalise toutefois qu'il y a des progrès qui se font, mais oui,
ça me choque.
Mme Ghazal : Moi,
j'inviterais la ministre de peut-être regarder d'un peu plus près les
30 000 plaintes, pourquoi elles traînent, et de poser des... la question
à la CNESST ou au ministre... je pense, c'est du Travail. Je l'invite juste à
travailler avec son collègue sur ça.
J'avais une autre question. Tout à
l'heure, on parlait de l'ADS+. Puis même la ministre et aussi la présidente du Conseil
du statut de la femme, Mme Cordeau, nous a dit que le... puis même la
ministre, j'ai aimé comment elle l'a dit, les... l'ADS, c'est pour voir s'il y
a l'égalité entre les femmes et les hommes, plus, c'est entre les femmes entre
elles. C'est un petit peu ça, l'intersectionnalité, c'est le plus parce qu'il y
a des discriminations intersectionnelles., et tout ça. Donc, c'est exactement
ça.
Moi, j'ai déposé une loi pour que le
budget, comme c'est le cas au fédéral, le budget puisse... qu'il y ait... qu'il
puisse y avoir une ADS+ qui soit faite par le budget... sur le budget du
gouvernement du Québec. Est-ce que la ministre a l'intention d'en discuter avec
ou d'en parler avec son collègue ministre des Finances pour qu'il y ait une
ADS+, puisqu'il y a toute une équipe qui travaille sur le sujet, sur le budget
du Québec.
Mme Biron : Curiosité,
combien avez-vous demandé de budget?
Mme Ghazal : Pardon?
Mme Biron : Par
curiosité, combien est ce que vous avez demandé de budget pour de l'ADS+?
Mme Ghazal : Nous, comme
députés... Bien, premièrement, c'est moi qui pose les questions, mais, ce n'est
pas grave, je vais aller au-delà de ce que la procédure parlementaire nous dit.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vous rappelle de vous adresser à la présidente, s'il
vous plaît.
Mme Ghazal : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est moi la présidente. Merci.
Mme Ghazal : Oui. Bien,
moi, en fait, comme députée de l'opposition, nos règles nous interdisent de
faire des projets de loi qui ont une incidence monétaire.
Mme Biron : Ah! OK. Écoutez,
la... D'abord, moi, je pense qu'il ne faut pas brûler d'étape. La stratégie
intégrée en violence, Rebâtir la <confiance...
Mme Ghazal :
...monétaire.
Mme Biron :
Ah! OK.
Écoutez, la... D'abord, moi, je pense qu'il ne faut pas brûler d'étape. La
stratégie intégrée en violence, Rebâtir la >
confiance, il
y a sept actions qui touchent à l'enjeu... bien, à l'enjeu, à la spécificité de
l'intersectionnalité comme telle. On s'est engagés à faire des projets pilotes,
on s'est engagés à faire de la cueillette de données, on s'est fait... on s'est
engagés à faire différentes consultations pour documenter cette idée-là, et je
pense que c'est la chose à faire. Alors, il y a deux projets pilotes qui sont
déjà engagés, je pense que c'est quand même de bon augure, ça envoie le signal
que notre gouvernement a l'intention de donner suite à ces... à ces actions
dans sa stratégie intégrée en violence.
Nous allons le faire, voyons voir
qu'est-ce que ça va donner, puis on verra pour les étapes subséquentes, si on
doit aller plus loin puis comment on doit... on doit procéder pour la suite des
choses, mais je pense que c'est engagé. Puis on travaille, on a déjà l'ADS qui
est en place, alors on... on consulte et on explore du côté de l'ADS+.
Mme Ghazal : Il me reste à
peu près quatre minutes, est-ce que... donc, juste par oui ou non, est-ce que
le fait qu'il y ait une ADS+... est-ce que la ministre est ouverte à en
discuter avec le ministre des Finances, qu'il y ait une ADS+ sur le budget du
gouvernement du Québec, comme c'est le cas actuellement dans le budget du
gouvernement fédéral? Juste, est-ce qu'elle est ouverte d'en discuter, oui ou
non? J'ai trois... trois minutes.
Mme Biron : Je ne veux pas...
je... bien, si c'est juste des questions en rafale, je ne ferais pas du vrai ou
faux, là, je veux dire, il faut quand même que... je vais le mettre dans le
contexte. On a ouvert une porte avec Rebâtir la confiance, on va faire
cette exploration-là puis on verra si l'étape suivante, c'est celle-là, ou
autres.
Mme Ghazal : Donc, la
ministre est ouverte, éventuellement, à en discuter avec le ministre des
Finances? C'est juste...
Mme Biron : J'ai répondu.
Mme Ghazal : OK. Alors,
l'autre point, Secrétariat à la condition féminine, est-ce que la ministre est
ouverte à l'idée que ça devienne un ministère de l'Égalité entre les femmes et
les hommes?
Mme Biron : Ça, c'est une
question que je me fais poser assez souvent, depuis que je suis en fonction,
puis honnêtement je ne le sais pas. Peut-être que c'est une bonne idée,
peut-être pas. J'arrive dans... dans ce siège-là.
On vient d'intégrer dans notre... dans le
Secrétariat à la condition féminine le Bureau de lutte contre la...
l'homophobie et la transphobie, et franchement j'en suis très fière, parce
qu'on commence à avoir quelque chose de solide puis à avoir des outils. Alors,
est-ce que c'est le chemin à faire? Est-ce qu'on devrait travailler plus dans
notre silo ou si ça nous sert bien de travailler de façon transversale? C'est
une bonne question, mais je pense qu'il va falloir que vous me donniez... vous
me laissiez prendre un peu plus d'expérience pour que je me fasse une tête plus
solide à ce sujet-là.
Mme Ghazal : Puis peut-être
aussi la ministre pourrait en discuter avec le leader du gouvernement, qui est
aussi actuel ministre de la Justice, parce qu'à l'époque il était aussi
ministre responsable de la Langue française, qui n'était pas un ministère en
soi. Et, avec le projet de loi n° 96, on a créé un ministère, et
aujourd'hui je pense qu'il est fier de ça, de dire que la langue française,
c'est tellement important qu'on a créé tout un ministère, qui est maintenant
porté par un autre ministre.
Donc, peut-être que la ministre pourrait
aussi être fière de dire : Bien, j'ai marqué l'histoire et j'ai créé un
ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes, pour ne pas que ça
devienne juste un sujet parmi d'autres, comme ça a été fait par son
gouvernement, et je l'en... je félicite le gouvernement de l'avoir fait pour la
langue française. Ça montre un signal important.
Mme Biron : Je dois... Oui, bien,
je dois dire que j'apprécie beaucoup le ministre de la Justice. C'est un
féministe, et j'ai eu des conversations, notamment sur le dossier de
l'avortement, et il est particulièrement collaborateur. Alors, j'utilise les
compétences qu'il a et que je n'ai pas, et je fais la même chose, je lui offre
mes compétences, qu'il n'a pas nécessairement, et je pense qu'on fait une très
bonne équipe.
• (15 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Ghazal : 1 min 20 s.
Bien, je... je voudrais parler de la parité, parce que, souvent, quand la
ministre répond à des questions en lien avec la condition féminine, elle... que
la violence, lutter contre la violence faite aux femmes et aussi la
représentation des femmes. Donc, ici, à l'Assemblée nationale, nous n'avons pas
atteint encore le plafond de verre, d'être au moins 50 %. On est dans la
zone paritaire. Souvent, on a l'impression que tout est réglé, mais on n'a
quand même jamais... ce n'est jamais arrivé qu'on a été 50 % et plus. Pour
ce qui est du Conseil des ministres, ça... c'est déjà arrivé, des fois, ça descend.
Moi, ma collègue la députée de... Sainte-Marie—Saint-Jacques
avait déjà déposé un projet de loi pour qu'il y ait... rendre obligatoire la
parité dans le Conseil des ministres. Est-ce que la ministre trouve ça
intéressant de rendre obligatoire le fait que le Conseil des ministres soit
paritaire?
Mme Biron : Moi, je pense
que... moi, j'aime bien la zone paritaire, puis ce n'est pas nécessairement
parce que les femmes... il va y avoir moins de femmes... parce qu'on veut moins
de femmes que d'hommes, là. Parce que je me rends compte, des fois, à regarder
les choses, que c'est bien possible qu'il y ait plus de femmes, alors, bon, tu
sais, que d'hommes...
Mme Ghazal : ...
Mme Biron : Alors, moi, je
pense que la zone paritaire, on est à... au bon endroit pour se donner des
tampons, d'un côté comme de l'autre, parce que, bon, les choses bougent...
Mme Ghazal : Mais de le
rendre...
15 h 30 (version révisée)
Mme Biron : ...bon, tu sais,
je... que d'hommes. Alors, moi, je pense que, la zone paritaire, on est au bon
endroit pour se donner des tampons d'un côté comme de l'autre, parce que, bon,
les choses bougent.
Mme Ghazal : Mais de le
rendre obligatoire, de le rendre... parce qu'il me reste 10 secondes, de
le rendre obligatoire pour ne pas que ça varie en fonction du leadership du
premier ministre.
Mme Biron : Bien, je pense
que les pressions sociales sont là. Puis je pense que la population demande ça,
et c'est ce qu'elle a, elle a la zone paritaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup.
Mme Biron : Mais c'est
fragile, les droits des femmes...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On vient de... on veint de terminer le bloc. Merci
beaucoup, mesdames. On reprend tranquillement, beaucoup de respect.
Alors, je me tourne du côté de l'opposition
officielle pour un bloc de 17 min 2 s. La parole est à vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup.
Donc, je reviens concernant les 30 maisons pour avoir un engagement, parce
que c'est lié également... c'est sous la responsabilité de la ministre, toute
la coordination, et je vise surtout, dans la stratégie intégrée, à la page 46,
le numéro 17, où on parle du «développement de nouvelles places». Et donc
j'aimerais avoir confirmation que la ministre s'engage pour nous transmettre
les documents qui vont faire une ventilation de tous les 30 projets, dans
quelles régions, et tous les détails liés à ces projets.
Mme Biron : ...en train de
faire une petite liste, et on va vous transférer tout ce qui est disponible. On
va...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, vous vous engagez...
Mme Biron : Bien, on va faire
la demande au ministère de la Santé, parce que c'est là où l'information est,
puis on va... on vous transférera ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, l'engagement est à l'effet de vérifier auprès du
ministère de la Santé. Lorsque ce sera disponible, vous allez le déposer au secrétariat.
Mme Biron : Si c'est
disponible, elle l'aura, ça, c'est sûr.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Si c'est disponible. Merci.
Mme Garceau : Je présume que
c'est disponible parce que vous confirmez qu'il y a 30 maisons, il y a 30 nouveaux
projets de maisons, c'est confirmé dans la stratégie intégrée, vous me l'avez
confirmé aujourd'hui. Et là il y a un comité interministériel qui se penche sur
les projets de développement, et vous êtes la responsable de ce comité. Donc,
je ne sais pas pourquoi on doit demander à d'autres ministères. Vous devriez
avoir l'information ou vous êtes en mesure de nous transmettre les documents.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : J'ai compris que l'engagement est à l'effet de vérifier la
disponibilité de ces documents-là, lorsque ça sera disponible, envoyé au
secrétariat de la condition féminine, ça va être transmis ici, au secrétariat
de la commission
Mme Garceau : Oui. Parce qu'on...
Je vais juste soulever le fait que, le 31 mars 2023, on avait fait une
demande d'accès à l'information, aux documents, et au ministère de la Sécurité
publique, et c'est confirmé que c'est le Secrétariat à la condition féminine
qui aurait l'information. Donc, c'est une des raisons pour laquelle on... je
vais... j'ai réitéré ma question.
Mme Biron : ...ce qui est au
budget, c'est... c'est 30 maisons. Est-ce que les maisons sont en
construction ou en projet de? C'est souvent les organismes qui les... qui dirigent
ces... cette planification-là. Alors, on travaille avec... avec ces
organismes-là qui travaillent également avec la Société d'habitation du Québec.
Mme Garceau : Oui, mais on se
comprend que c'est un processus... puis je ne veux pas entrer dans les détails
aujourd'hui parce que je suis dans mon dernier bloc, concernant le financement
et tout le processus du financement, ça, ça sera pour un autre... un autre
moment, un autre jour. Mais j'aimerais revenir. Votre prédécesseure, le 14 mai
2021, avait annoncé la construction de 236 nouvelles places en maison d'hébergement
de deuxième étape. Donc, est-ce qu'il y a un suivi concernant cette annonce qui
avait... ou l'engagement qui avait été pris en 2021?
Mme Biron : Engagement du 14 mai...
Je ne suis pas capable de vous répondre.
Mme Garceau : Est-ce qu'à
titre d'engagement vous pourriez nous fournir la réponse concernant le suivi de
cet engagement qui a été pris le 14 mai 2021?
Mme Biron : OK. Vous parlez
de quel prédécesseur? Parce que vous avez dit «votre prédécesseur». Mon
prédécesseur à la Condition féminine?
Mme Garceau : Oui, Condition
féminine, oui.
Mme Biron : OK. Ma
prédécesseure.
Mme Garceau : Oui.
Mme Biron : OK. Alors, on va
vérifier.
Mme Garceau : Donc, vous
allez vérifier. Si vous avez l'information, vous allez la transmettre à la <commission...
Mme Garceau :
...à
la >commission.
Mme Biron : Oui, oui. Oui,
certainement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, l'engagement est à vérifier si c'est disponible. Allez-y.
Mme Garceau : Et, si c'est
disponible, ça va être...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Transmis.
Mme Garceau : ...produit à la
commission. Je voulais voir la... le... un instant. Le comité de direction au
niveau de la lutte contre... c'est un comité interministériel, je voulais avoir
une liste des participants à ce comité qui est annoncé dans la stratégie
intégrée à la page 64. C'est la création de la Direction de la lutte à la
violence sexuelle et à la violence conjugale, c'est un... Il y a un... il y a
un comité qui est derrière ça?
Mme Biron : Comité de suivi,
c'est ça?
Mme Garceau : Attendez, je...
Bien, si vous pourriez répondre concernant ce que je vois au niveau de la
coordination.
Une voix : ...
Mme Garceau : À la page 64.
Mme Ferembach (Catherine) : ...à
la page 64 pour vous... Est-ce que j'ai le droit de répondre? Oui. Parce
que je pense que c'est... Il faut juste s'entendre, quand on parle d'une direction,
là, on parle vraiment au niveau administratif d'une... Le Secrétariat à la
condition féminine, on a trois directions. On a une direction qui est
vouée à l'ADS, et aux Affaires autochtones, et au développement régional, on a
une direction qui est vouée à l'égalité et aux affaires administratives et on a
une direction, celle dont je vous parlais ce matin, qui est composée d'une
dizaine de personnes, puis je tiens d'ailleurs à souligner que ce sont des
personnes qui travaillent très fort pour contrer la violence sexuelle et
violence conjugale, qui est pilotée par la directrice Mireille Pelchat. Et donc
c'est... c'est de cette direction-là. Donc, on parle vraiment d'une structure
administrative. Est-ce que je réponds à votre question?
Mme Garceau : OK. Donc, au
niveau... au niveau... je vois qu'il y a un comité de... pilote également, le
comité de travail... je pense, c'est celui dont vous parlez, le comité de
travail sur la violence conjugale, qui réunit les organismes et...
Mme Ferembach (Catherine) : Ça,
c'est autre... C'est pour ça, je vous disais...
Mme Garceau : Ça, c'est un
autre comité? Il y en a plusieurs.
• (15 h 40) •
Mme Ferembach (Catherine) : Bien,
c'est pour ça que j'ai... Effectivement, vous avez tout à fait raison, il y en
a plusieurs. Donc, je... On a une direction, donc c'est vraiment une équipe du Secrétariat
à la condition féminine qui travaille sur les dossiers de... en violence
sexuelle et violence conjugale. Cette équipe de travail là, par exemple, c'est
elle qui va travailler sur les campagnes. Vous savez, il y a eu... on a eu
plusieurs campagnes pour contrer la violence conjugale et violence sexuelle.
Alors, il faut du contenu pour ces campagnes-là, c'est cette direction-là qui
travaille là-dessus. Il y a un appel de projets qui a été fait récemment pour
inviter les organismes à déposer... déposer des projets en violence sexuelle et
violence conjugale. C'est aussi cette direction-là qui travaille là-dessus.
Il y a un comité de travail en matière de
violence conjugale qui, lui, réunit des membres de la direction en question, je
me demande d'ailleurs si le conseil, vous n'êtes pas dessus, le Conseil du
statut de la femme, réunit des organismes de la société civile, regroupements
de maisons d'hébergement, SOS Violence conjugale et des ministères aussi qui
travaillent en violence conjugale. Et, dans ces comités de travail là, on va
aborder des sujets, comme par exemple on va faire un état de situation de l'avancement
de travaux de certaines actions particulières. On a eu à un moment donné... je...
si je me... De mémoire, on a une présentation, par exemple, du ministère de la
Justice au comité de travail sur le programme des enfants témoins... C'est-tu
sur le programme... Je ne veux pas vous mélanger, là, mais, en tout cas, on a
fait... on présente différents dossiers en matière de violence conjugale puis
l'avancement des travaux du plan d'action. Ça répond-tu à votre question?
Mme Garceau : Merci beaucoup.
Il y a eu une annonce le 13 février 2023... je veux juste sortir mon
document, concernant le financement de 5,8 millions de 24 projets.
Mme Ferembach (Catherine) : C'est
en égalité.
Mme Garceau : En égalité,
c'est ça, au niveau de la stratégie, et je voulais juste voir avec vous, j'ai
vu la liste des 24 projets, et je voulais comprendre quel est l'état de la
situation au niveau de l'avancement. Est-ce que tous les projets ont été lancés?
C'est quoi vraiment, la... le statut, en ce moment, de ces 24 projets?
Des voix : ...
Mme Biron : Bien, je vais
demander à la sous-ministre associée de répondre, parce que je les ai vus
passer, les projets, on les a choisis ensemble, mais je pense que <c'est...
Mme Biron :
...je
pense que >c'est... c'est peut-être plus facile pour elle de répondre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y, Mme la sous-ministre.
Mme Ferembach (Catherine) : ...dernier,
il y a pour 5,8 millions de dollars qui ont été annoncés pour les
projets dont...
Mme Garceau : ...C'est parce
que, là, à chaque fois, il faut donner notre consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, non, le consentement a été donné dans le...
Mme Garceau : Bien, moi, ce
n'est pas ma compréhension. Moi, c'est à chaque fois. En tout cas, pour le
moment, je voulais vraiment entendre la ministre sur les... l'avancement de ces
projets pilotes. Si elle est au courant, si elle n'est pas au courant, elle me...
elle va le confirmer.
Mme Biron : ...passer, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y, Mme la ministre.
Mme Biron : Non, non, je les
ai vus passer, ces projets-là, parce qu'on a fait le choix, et on les a... on a
travaillé quand même avec assez de minutie, là, parce qu'il y en a qu'on a
retenu, il y en a qu'on a... On a conversé, d'ailleurs, pour dire... Bien,
écoutez, moi, ce que j'ai fait, là, j'ai dit : Moi, j'ai... j'ai... j'ai...
Ma politique de condition féminine repose sur deux socles. D'abord,
contrer de toutes nos forces la violence conjugale et la violence sexuelle et,
deuxièmement, s'assurer qu'on est représentées équitablement dans la société.
Alors, c'est l'équité salariale, c'est des projets pour faire avancer... pour
contrer la violence.
Alors, il y a différents projets qui nous
ont été présentés. C'est des projets qui sont quand même bien financés, à
5,8 millions de dollars. Il y a pas mal d'argent. C'est des projets
qui sont sur une période de deux ou trois ans. Il y a des projets qui
étaient carrément en phase avec nos priorités, d'autres moins. On a même dit au
secrétariat de la condition féminine : Écoutez, bien, ceux-là, on trouve
qu'ils ne sont pas tout à fait raccrochés à notre... à nos priorités. Alors, on
a retravaillé sur le choix des projets et ils ont été choisis pour répondre aux
grands objectifs de la Condition féminine ou des grands objectifs que notre
gouvernement a et qui sont largement exposés sur notre site ou... en fait, à
chaque fois que je parle, je parle exactement de ces objectifs-là.
Alors, ces projets-là ont été choisis de
cette façon-là et ils ont su... bon, en février, c'est quand même assez récent,
ils ont dû... ils ont reçu... moi, je les ai signés, je les ai autorisés. Mais
là, après, les différents organismes ou organisations qui ont fait... qui ont
soumis leurs projets reçoivent l'autorisation d'aller de l'avant. Et, comme je
vous dis, il y a des projets qui vont aller sur une période de deux, trois,
quatre ans. Alors, ça suit son cours. Mais, pour l'instant, je pense que
tout le monde est assez content, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...la députée.
Mme Garceau : Oui. Mme la
ministre, au niveau de Rebâtir la confiance et 190 recommandations,
là, je comprends, il y a cette... la stratégie intégrée, est-ce qu'il y a...
Parce que ça fait quand même deux ans maintenant. Est-ce que votre
ministère a un échéancier concernant la mise en oeuvre des 58, là, maintenant,
actions? Est-ce qu'il y a un échéancier?
Mme Biron : 2027. Écoutez,
vous me revenez avec 2020, mais 2020, c'était le comité d'experts qu'on a mis
en place pour qu'il nous donne des recommandations. On avait mis, pendant la
pandémie, deux plans en violence conjugale pour pallier aux difficultés
qui subvenaient pendant la pandémie, notamment la vague de féminicides qui nous
a tous affectés profondément. Alors, ces deux projets-là... ces deux plans-là,
quand même largement financés, étaient intéressants, mais nous, ce qu'on
voulait, c'est avoir une feuille de route générale. Alors, on a mis en place un
comité d'experts qui a travaillé sur cette question-là, qui nous a soumis
190 recommandations. On a fait le tri de tout ça et... en fait, c'est ma
prédécesseure qui l'a fait avec les équipes du secrétariat de la condition
féminine, et on a... on a... on est arrivés avec la stratégie intégrée en
violence conjugale et sexuelle. Elle s'appelle Contrer la violence sexuelle
et la violence conjugale et Rebâtir la confiance.
En fait, le comité d'experts s'appelait Rebâtir
la confiance, mais on a tout intégré ça, et les deux plans communs
complémentaires... en fait, le mot le dit, c'est complémentaire, sont en appui
à notre stratégie intégrée qui a été lancée en juin 2022 et qui s'étend
jusqu'en 2027, où on révisera ce plan-là. Il y a 58 actions, 18 en
matière de violence sexuelle, 24 en matière de violence conjugale. Il y en a 16
qui touchent d'autres problématiques et 11 qui touchent les femmes autochtones.
Alors, c'est un plan global et c'est notre chemin... c'est là le chemin qu'on
va suivre jusqu'en 2027. Et, en 2027, on aura sans doute une nouvelle...
un nouveau plan intégré. On fera l'état des lieux, on fera... on verra ce qui a
été fait. On pourra réfléchir à l'ADS+, on pourra réfléchir aux différents <projets...
Mme Biron :
...
différents >projets qu'on va avoir mis en place, voir qu'est-ce qui
fonctionne, qu'est-ce qui ne fonctionne pas, et, en collaboration avec les
partis d'opposition et tous ensemble, on se... on fera des consultations pour
savoir comment on va déployer le prochain plan à partir de 2027.
Mme Garceau : Mais, d'ici 2027,
afin de voir la progression, parce qu'il y a plusieurs recommandations,
c'est... aussi, il y a plusieurs ministères qui sont impliqués, donc, est-ce
qu'il y a un échéancier annuel au niveau des cibles par blocs? Est-ce qu'il y a
quelque chose qui est déjà préparé pour vous assurer que, oui, en 2027, le
tout va être... va être implanté?
Mme Biron : Bien, vous
allez avoir des bilans annuels, c'est bien évident, là. Écoutez, la stratégie a
été lancée en juin 2022. Moi, en juin 2022, j'étais en réflexion, là,
je ne savais pas si j'étais pour me présenter en politique. Finalement, quand
j'ai eu mes fonctions, en octobre 2022, bien, j'ai pris acte des outils
qu'on avait pour travailler. Et actuellement, ce que je fais, de concert avec
mon équipe au cabinet ainsi que le Secrétariat à la condition féminine, on
s'assure que les différentes actions sont mises en oeuvre. Alors, on travaille
notamment sur l'ADS+, on a commencé les projets pilotes, les maisons
d'hébergement, particulièrement de deuxième étape, on voyait qu'il y avait un
besoin important à ce moment-là. Je pense que la sous-ministre associée a bien
expliqué que l'idée aussi derrière la deuxième étape, c'est de dégager des
places en première étape, ça permet aux femmes de pouvoir... de pouvoir avoir
de la place plus rapidement dans leur secteur où elles vivent. Et nous
travaillons également avec les femmes autochtones, que j'ai rencontrées, et, là
aussi, on a mis en place différentes... différentes actions. Alors, l'idée,
c'est d'aller de l'avant et de passer... de mettre en place les 58 actions
qui sont actuellement dans la feuille de route qui nous guide.
Mme Garceau : ...Mme la
ministre, avec grand respect, les recommandations, les 190 recommandations
de Rebâtir la confiance ne datent pas depuis 2022. Donc, on dirait
que la mise en oeuvre, tout d'un coup, commence, a commencé en 2022 avec
la stratégie intégrée. J'ose croire que ça l'a commencé avant 2022.
Mme Biron : Bien sûr,
bien sûr, on a deux plans complémentaires, un qui s'appelle Plan
d'action spécifique pour prévenir les situations de violence conjugale à haut
risque de dangerosité et accroître la sécurité des victimes, qui date...
2020, qui s'étend jusqu'en 2025, c'est 180 millions de dollars qui a
été investi. En 2021, on est arrivé avec les Actions prioritaires pour
contrer la violence conjugale et les féminicides. Ça, c'est notre réponse
directe...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre.
Mme Biron : ...à la vague de
féminicides survenue pendant la pandémie.
• (15 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, le bloc imparti à l'opposition officielle étant
terminé, je me tourne du côté du gouvernement pour un dernier bloc d'une durée
de 9 min 10 s et je reconnais la députée de Châteauguay. La
parole est à vous.
Mme Gendron : Merci. Bon
après-midi, Mme la ministre. En matière de condition féminine, on ne peut
évacuer le fait qu'il y a une bonne représentation féminine qui est faite. Ça a
été prouvé, que la présence des femmes dans les lieux décisionnels a des
conséquences économiques positives pour l'ensemble de la société, donc, comme
notre collègue le mentionnait un peu plus tôt. C'est vrai pour les secteurs
privés mais aussi pour les secteurs publics. La preuve, c'est que les grandes
avancées qu'on a faites dans les dernières décennies au sein de notre
communauté mais également ici, au Parlement, là, en parlant de parité... Comme
vous avez parlé d'entrée de jeu, là, cet avant-midi, au Québec, on a fait des
grands pas en ce sens. Nous n'avons qu'à regarder, bon, les dernières
élections, comme vous l'avez mentionné, que ce soient les élections
provinciales ou municipales, où on a vu la forte présence de femmes. Donc,
juste des petites données, là. De 2008 à 2014, la représentation féminine était
autour de 30 % ici, au Parlement. Il a fallu attendre 2018 pour entrer
dans une zone paritaire. Et maintenant, bon, on le sait, on est à 46 %. Ma
question était... J'aimerais savoir quelle est votre vision de la
représentation des femmes. Pourquoi c'est important pour vous et pour la
société?
Mme Biron : ...grande
priorité. La violence contre les femmes, je pense qu'il faut travailler... il
faut la combattre de toutes nos forces avec toute notre énergie, puis je pense
que le gouvernement est là.
La représentation des femmes, ça, c'est...
c'est l'autre priorité. La semaine dernière, à l'Assemblée <nationale...
Mme Biron :
...à
l'Assemblée
>nationale, puis vous étiez là, je pense, Mme la députée de Châteauguay,
on a adopté à l'unanimité une motion pour souligner le 83e anniversaire de
l'obtention du droit de vote des femmes à l'Assemblée nationale.
Alors, il faut remonter à 1940 pour
obtenir le droit de vote, pour avoir le... pour que les femmes puissent voter à
l'Assemblée nationale. Alors, c'est quand même récent. Ça ne fait pas
100 ans, c'est récent, et les suffragettes ont travaillé fort. Il y a... il
y a des femmes qui n'ont jamais réussi à se faire élire, qui auraient dû se
faire élire, pour toutes sortes de raisons, et c'était un méga «boys' club»,
l'Assemblée nationale. Les femmes qui étaient là, c'était rare et c'était
excessivement difficile.
On a beaucoup fait... énormément de
chemin. La dernière législature, on était 32 %, 33 % de femmes. Là,
on est 46,6 %. Là, je ne sais pas comment, comment on fait pour avoir
1,6 femme, mais enfin. Alors, on est... on est un petit peu plus que
46 % à l'Assemblée nationale. C'est beau, mais qu'est-ce qui nous dit que
c'est acquis? Qu'est-ce qui nous dit qu'à la 44e législature on va avoir
50 %? Qu'est-ce qui nous dit qu'on ne reculera pas à la prochaine
législature? Alors, il faut avoir les yeux sur la balle, il faut suivre nos
affaires puis il faut défendre nos droits. Les femmes sont là, et on le
réalise, elles contribuent.
Elles contribuent quand elles sont sur les
conseils d'administration, quand elles sont dans l'entreprise privée. On a
salué aussi les nouvelles femmes dans le milieu municipal, mais c'est... c'est...
c'est faible, le nombre de femmes qui sont élues dans le milieu municipal,
c'est... c'est en bas de 30 %. Il y a un travail énorme à faire. Alors,
ça, je pense que nous devons mettre de l'énergie, puis ça, c'est tous nous
autres ici, ensemble, qui pouvons faire ça, en allant dans nos
circonscriptions, à Châteauguay, à Vimont, en Abitibi, dans le Centre-du-Québec,
dans... à Montréal. Enfin, c'est tous nous autres qui devons se présenter dans
nos circonscriptions, recruter des femmes, quel que soit le parti, pour
qu'elles s'impliquent en politique puis qu'elles donnent leurs voix, que leurs
voix soient entendues.
Plus il y a de femmes compétentes, plus
les femmes vont prendre de la place dans le milieu politique. Mais, le milieu
politique, déjà on fait des pas. Parce que c'est gênant. La pression populaire,
elle est énorme. C'est gênant pour un parti politique de ne pas avoir la parité
quand... dans ses candidats, candidates en élection. Maintenant, avec les
élections à date fixe, c'est un avantage pour les femmes, ça. Parce qu'avant
les partis politiques ils regardaient et ils savaient... surtout les partis
d'opposition, ils ne savaient pas quand les élections étaient déclenchées,
alors ils réservaient des circonscriptions gagnantes. Puis ils pensaient
tellement qu'à la dernière minute peut-être qu'ils pourraient se faire... faire
avoir à la dernière minute, se faire coiffer puis que les... que l'élection
soit dégagée, que... déclenchée, alors ils donnaient une circonscription sûre à
un homme pour être certain d'avoir attaché un homme, tandis que maintenant... pour
avoir un candidat dans sa circonscription. Tandis que maintenant, avec des élections
à date fixe, les partis politiques peuvent empiler les CV d'hommes — et,
croyez-moi, ils rentrent à la caisse de 30 — et là, maintenant,
convaincre des femmes petit à petit, à petit, à petit de se présenter. Alors,
ils peuvent garder sur la glace des circonscriptions gagnantes jusqu'à la
dernière minute, parce que, de toute façon, il y aura toujours un homme qui la
voudra, pour les réserver pour des femmes. Et ça, c'est une avancée qui va
permettre aux femmes d'avoir probablement plus leur voie en politique.
Sur la scène municipale, comme je vous
dis, il y a du travail à faire, et dans l'entreprise privée. Je pense que, sur
les conseils d'administration importants dans l'entreprise privée, c'est en bas
de 10 %, qu'il y a des femmes. C'est énorme. Mais, comme je vous dis,
c'est à nous à prendre le bâton du pèlerin dans nos circonscriptions, tordre un
bras, tordre une jambe et dire que ce n'est plus acceptable, que les femmes
soient absentes des conseils d'administration.
Alors, moi, je serai à l'UMQ vendredi pour
parler de la place des femmes sur la scène municipale. Alors, je vais commencer
là. Je vais leur parler de l'importance d'avoir les femmes en politique. Je
vais aussi leur parler de représentation régionale. Je vais leur parler aussi
de violence dans les régions parce qu'ils sont... les maires sont concernés. Je
vais aussi leur parler d'avortement parce que j'ai besoin du support de tout le
monde également sur cet enjeu-là.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, il reste encore 3 min 23 s. Est-ce
que j'ai d'autres interventions? Mme la députée de Vimont, 3 min
19 s.
Mme Schmaltz : Parfait.
Merci, Mme la Présidente. Alors, au mois d'octobre dernier, le premier ministre
vous a nommé, donc, ministre... ministre des Relations internationales et de la
Francophonie et également ministre responsable de la Condition féminine. Ce <sont...
Mme Schmaltz :
...
Ce >sont deux fonctions très importantes, deux chapeaux que
vous portez. Vous êtes à la fois l'image, la voix du Québec à l'étranger, mais
vous portez aussi les luttes, la lutte de toutes les femmes ici, au Québec.
Alors, ma question est la suivante, Mme la Présidente : Comment vous
faites, comment vous arrivez à porter ces deux chapeaux-là et, en même temps,
quels sont les avantages et les désavantages d'avoir justement ces deux fonctions?
Mme Biron : ...de désavantages
parce que c'est très compatible. Dans toutes les sociétés du monde, nous avons
34 représentations dans 19 pays dans le monde, et, partout où je
vais, je m'assure d'avoir une table avec des femmes de la région, j'ai
rencontré la ministre responsable de la Condition féminine de la France, j'ai
rencontré aussi la ministre responsable de la Condition féminine en Corée du
Sud, et j'essaie d'avoir un moment où je peux discuter avec des femmes, mais
même... mais même quand je discute d'affaires, parce que notre politique a une
dominante... politique internationale a une dominante économique, mais... cela
n'empêche pas de discuter de la condition des femmes et de la représentation
des femmes dans différentes sociétés, et, très franchement, il y a beaucoup
d'intérêt. Et on est extrêmement respectés à l'étranger pour ce qu'on fait pour
les femmes, ce qu'on... ce qu'on a fait sur... notre système de garderies pique
la curiosité, la Loi sur l'équité salariale, quoique, par moments, pas tout à
fait... on n'est pas tout à fait rendus, mais on a fait... on fait des progrès
à chaque année, ça intéresse les gens, le Régime québécois d'assurance
parentale, notre loi sur la parité sur les conseils d'administration. Ça
intéresse les gens de savoir qu'est-ce qu'on fait parce qu'on fait des choses.
Alors, moi, je trouve ça tout à fait
compatible, et puis je suis assez fière de porter ces deux chapeaux-là
parce que c'est vraiment compatible. Je vous parlais de l'ONU un peu plus tôt,
et, quand je suis allée à New York pour le 8 mars, quoique ça me désolait
de ne pas être ici, mais quand même, j'ai pu m'abreuver un peu de ce qui se
fait partout dans le monde, et je prends les trucs et les bonnes idées, et
c'est aussi pour moi une possibilité de parler du droit des femmes de choisir
l'avortement. Alors, ça, c'est un... le... une... un de mes projets personnels,
je me suis essentiellement présentée en politique pour cet enjeu-là parce que
je trouvais... j'arrivais des États-Unis, et je trouvais que les droits des
femmes reculaient, et je me disais : Bien, si nous, les femmes, on n'en...
on n'y va pas en politique comme vous toutes ici, qui va protéger les droits
des femmes? Alors, je... C'est le message que je porte, la condition féminine,
mais aussi les droits des LGBTQ. Dans plusieurs sociétés, ce n'est pas facile.
Mais, par contre, nous, on veut les protéger, et c'est sous ma responsabilité
aussi, également avec la condition féminine, et j'en parle partout où je vais.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, c'est tout le temps
que nous avions pour cette partie de votre portefeuille. Alors, merci pour ces
échanges, ma foi, forts importants. La condition féminine, ça nous... ça nous
tient à coeur à toutes et à tous, j'en conviens, j'en suis certaine.
Alors, le temps alloué à l'étude du volet Condition
féminine des crédits budgétaires du portefeuille Relations internationales et
Francophonie étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise
aux voix des crédits. Le programme 3, intitulé Condition féminine, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté à l'unanimité...
• (16 heures) •
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...à majorité, je m'excuse. Sur division, ça signifie ça.
Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Relations internationales et Francophonie pour
l'exercice financier 2023-2024 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté à majorité.
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 16 h 15, où elle entreprendra l'étude du
volet Aînés et Proches aidants des crédits budgétaires du portefeuille Santé et
Services sociaux. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 16 h 01)