(Onze heures treize minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens
ouverte.
La commission, je vous le rappelle, est réunie
afin de poursuivre les auditions publiques dans le cadre de la consultation
générale sur le cahier de consultation intitulée La planification de
l'immigration au Québec pour la période 2024-2027.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Gendron (Châteauguay) est remplacée par Mme Bogemans
(Iberville); Mme Garceau (Robert-Baldwin) est remplacée par M. Derraji
(Nelligan); Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey); et Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacée par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Auditions (suite)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, à nouveau, Mmes et MM. les élus, bienvenue à la commission. Alors, à l'ordre du
jour aujourd'hui, nous entendrons donc ce matin les groupes suivants :
l'Université du Québec, avec les représentants qui sont devant moi, et l'Université
de Montréal.
Je vous souhaite donc, messieurs, la bienvenue.
Vous allez avoir une période de 10 minutes pour votre exposé. Je vais
d'abord vous demander de vous présenter pour le bénéfice des élus. Alors, le
temps est à vous.
Université du Québec
(UQ)
M.
Cloutier (Alexandre) : Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente. Alors,
je m'appelle Alexandre Cloutier, je suis président de l'Université du
Québec. Je suis accompagné de ma collègue...
Mme Poncelin de Raucourt (Céline) : Céline
Poncelin de Raucourt, vice-présidence à l'enseignement et à la recherche.
M. Nadeau (Charles) : Charles Nadeau, vice-président à l'administration.
M. Colleret (Maxime) : Maxime
Colleret, conseiller aux relations gouvernementales.
M.
Cloutier (Alexandre) : Alors, Mme la Présidente, Mme la ministre, chers
députés, merci de nous recevoir dans
le cadre de cette commission parlementaire. C'est un moment qui est important
pour nous. C'est toujours un honneur de venir vous rencontrer.
Vous rappeler que l'Université du Québec, c'est
une université qui vous appartient, en quelque sorte, parce que c'est une
université qui a été fondée par une loi de l'Assemblée nationale, une loi
unanime de l'Assemblée nationale, il y a
plus, maintenant, de 50 ans. Un des objectifs de l'Université du Québec, c'était qu'il y ait des universités
partout sur le territoire québécois. Et une des raisons pour lesquelles le
gouvernement s'était... ou l'Assemblée nationale,
devrais-je dire, s'était dotée de l'Université du Québec, c'était pour combler
le retard historique des francophones quant à l'accès à l'université et
pour augmenter le taux de diplômés partout dans les régions du Québec.
Je dois vous avouer qu'on a fait des pas de
géant dans l'histoire du Québec. Au moment où on se parle, nous avons plus de 100 000 étudiants qui sont
inscrits. Environ le tiers des effectifs étudiants sont inscrits au sein du
réseau de l'Université du Québec, et on a un peu plus de
800 000 diplômes qui ont été émis depuis la fondation l'Université du
Québec, plus de 3 500 professeurs, 4 000 chargés de cours,
15 000 employés, le tiers de l'effectif étudiant, ce qui fait en sorte qu'on dit haut et fort que nous
sommes la plus importante université francophone des Amériques, et on en est
extrêmement fiers.
On a une mission aussi d'accessibilité. C'est
important que je vous la partage. Encore, au moment où on se parle, il y a plus d'un étudiant sur deux qui sont
des étudiants qu'on appelle des étudiants de première génération. Donc,
on brise le cycle, on donne accès à nos universités et ça permet donc, bien
sûr, de pouvoir obtenir un diplôme universitaire, et donc de casser, en quelque
sorte, le cycle d'un grand retard du Québec. Et il y a aussi, toujours au
moment où on se parle, une grande disparité en termes de taux de diplomation
entre les régions du Québec.
Ceci étant dit, dans le cadre de la commission
actuelle, il y a aussi une croissance importante des étudiants internationaux
étrangers. Ça a presque doublé, en fait, dans les six dernières années. Puis
récemment, bon, on a fait une petite
enquête, que je suis fier de vous partager aujourd'hui. Il y a environ le tiers
des effectifs étudiants internationaux qui nous
disent qu'ils souhaitent s'établir au Québec. Donc, on vient tout juste d'avoir
accès à ces résultats-là. On a fait une
étude auprès de nos étudiants, l'enquête ICOPE, là, où on nous a présenté les
résultats pas plus tard que la semaine dernière.
Alors, sur ce, Mme la Présidente, je vais céder
la parole à ma collègue, la vice-présidente aux études.
Mme
Poncelin de Raucourt (Céline) : Merci beaucoup. Donc, effectivement, dans ce
contexte-là, le Programme de
l'expérience québécoise est très
important pour l'Université du Québec
parce que c'est un levier d'attraction
et de rétention des étudiants internationaux. Et donc, dans notre mandat de
développement du Québec, vous avez compris que c'est un élément qui nous tient
à coeur.
La présence
d'étudiants internationaux dans nos établissements, c'est d'abord une façon
d'avoir un bouillonnement d'idées et également une diversité qui est très bénéfique
pour la mission d'enseignement, de recherche, mais aussi de service à la
collectivité de l'université. Les étudiants étrangers qui sont présents sont
aussi des stimulants pour les économies locales et ils participent de la
vitalité de nos établissements universitaires.
C'est aussi l'instrument par excellence pour
convertir les étudiants et les étudiants que nous accueillons de l'étranger en
travailleurs et en travailleuses pour le Québec. En 2002, ce sont
2 000 étudiants venant de l'étranger que nous avons diplômés sur le sol québécois... 2022, pardon. Et donc,
en modifiant le volet Diplômés du Programme
de l'expérience québécoise, le gouvernement nous aide justement à atteindre ces
objectifs-là. Rappelons que les objectifs de la modification, c'est d'éliminer
les conditions sur l'expérience de travail et sur le statut d'emploi et de
renforcer la maîtrise du français en mettant l'accent sur les programmes
francophones. Et nous sommes d'avis, à l'Université du Québec, que ces
modifications vont permettre effectivement de valoriser la langue française
dans les études universitaires et qu'elles
inciteront le développement d'un lien d'appartenance plus fort dans les
communautés. Ces modifications
devraient également permettre d'assurer une présence plus importante des
étudiants internationaux dans nos établissements, ce qui est bénéfique pour les
universités, mais également les collectivités d'accueil. On réagit donc très favorablement aux modifications qui sont
actuellement proposées au volet diplômé du Programme de l'expérience québécoise.
Cela dit,
afin d'avoir l'impact souhaité, les nouvelles orientations gouvernementales
vont devoir être accompagnées de certaines mesures concrètes pour favoriser
l'accueil et l'intégration des immigrants. Pour que la réforme du PEQ
soit une réussite, il faut donner aux universités, à l'Université du Québec,
les moyens de s'assurer de mieux soutenir les étudiants
étrangers qui s'inscrivent dans nos établissements, et donc d'avoir des
investissements dédiés pour l'Université
du Québec pour renforcer nos mesures d'intégration et d'accompagnement de nos
étudiants venant de l'étranger.
Il faut aussi s'assurer que la francisation des
étudiants étrangers puisse se faire directement à l'université. Dans ce sens, l'Université
du Québec est un partenaire idéal parce que, grâce à son identité résolument
francophone et sa présence partout au Québec, elle a à coeur l'intégration en
français des nouveaux arrivants, et des mesures spécifiques pourraient être
proposées pour que Francisation Québec puisse reconnaître et appuyer les
programmes de francisation qui se déroulent directement dans les universités à
l'heure actuelle.
• (11 h 20) •
Nous sommes bien conscients de l'importance de
contribuer à la régionalisation de l'immigration, de pallier la rareté de main-d'oeuvre grâce à la formation
universitaire et d'assurer la valorisation de la langue française, notamment
dans la métropole montréalaise. Et nous considérons être un partenaire
privilégié du gouvernement du Québec pour former
ces prochaines générations de jeunes professionnels qui nous arrivent de
partout dans le monde, qui s'installeront dans toutes les régions et qui
oeuvreront en français dans des secteurs stratégiques pour le Québec.
Il faut toutefois dire que le programme de
réforme du PEQ dépend de la collaboration du gouvernement du Québec avec
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour réduire de façon significative
les refus des permis d'études, notamment pour les personnes venant de l'Afrique
francophone, et les délais de traitement des demandes de résidence permanente.
Juste un
dernier chiffre. 72 % des demandes de permis d'études qui sont effectuées
au Québec par des étudiants africains ont été refusées par le gouvernement
fédéral en 2021. Quand on est en Ontario, ce taux tombe à 52 %.
La croissance
prévue du nombre d'étudiants étrangers dans nos établissements, pour terminer,
signifie également qu'il faut
trouver, vous en êtes bien conscients, des alternatives aux solutions
d'habitation, compte tenu des difficultés actuelles de logement.
Et je passerais la parole ici à mon collègue,
Charles Nadeau, qui pourra vous en parler plus précisément.
M. Nadeau (Charles) : Merci. Partout à travers le Québec, les difficultés d'accès
au logement se font sentir, ce qui affecte
également les étudiants internationaux, qui, bien souvent, éprouvent des
difficultés particulières pour se trouver
un logement dans un marché immobilier difficile pour les locataires. Or, le
logement est un facteur déterminant dans
la réussite des études universitaires. C'est 18 % des étudiants
internationaux qui se trouvent en résidence universitaire au cours de
leurs études dans les universités du réseau de l'Université du Québec.
Le Québec peut compter sur la Société
immobilière de l'Université du Québec, qui est chargée de l'acquisition, la
construction et de la gestion d'immeubles, particulièrement de résidences pour
étudiants. Nous pouvons aussi compter sur les multiples projets de nos
différents établissements. À ce jour, grâce à la Société immobilière de l'Université du Québec et... ou le
projet de nos différents établissements dans le réseau de l'UQ, il y a actuellement
3 765 chambres sur nos campus. Or, d'ici cinq ans, pour répondre aux
besoins de la demande, c'est 4 000 chambres supplémentaires qui nous
est nécessaire. Et, sur un horizon de 10 ans, on doit ajouter à ces
chiffres un 5 500 places en résidence.
En
ce moment même, sept projets de construction de résidences sont prêts à
démarrer s'ils obtiennent leur financement dans le réseau de l'Université du
Québec, ce qui totalise, à court terme, une capacité de
1 575 chambres. Ces unités permettront de répondre aux besoins de
notre population étudiante et des étudiants internationaux actuels et futurs de
l'Université du Québec. Elles permettront aussi de soulager le marché de
l'immobilier actuel, puisque les étudiants qui habitent en résidence n'occupent
pas de logement des autres citoyens de leur communauté. Investir dans les
résidences de l'Université du Québec, c'est donc réduire le stress sur le
marché immobilier, sans compter que le coût
d'une construction étudiante est moins important que celui d'un logement
traditionnel, faisant du logement étudiant un outil rentable pour
relever les enjeux liés à l'habitation.
En conclusion, Mme la
Présidente, l'Université du Québec se réjouit donc des modifications que le
gouvernement souhaite apporter au programme... au volet Diplômés du Programme
de l'expérience québécoise. Elle souhaite toutefois rappeler que les objectifs
visés par le gouvernement du Québec nécessitent également des enveloppes
dédiées pour des initiatives d'accompagnement et d'intégration au sein des
établissements universitaires, une collaboration étroite avec Immigration
Canada afin d'accélérer le temps de traitement des demandes de permis d'études
et de résidence permanente, une collaboration financière avec l'Université du
Québec afin de construire de nouvelles résidences pour étudiants et de soulager
le marché immobilier. L'UQ souhaite contribuer aux différents chantiers
nationaux en cours en matière de francisation, d'accessibilité au logement...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Vous avez terminé?
M.
Nadeau (Charles) : ...de régionalisation
de l'immigration et de main-d'oeuvre. J'arrive justement à : Mme la
Présidente, chers membres de la Commission des relations avec les citoyens,
nous vous remercions de votre écoute et sommes disposés à répondre à vos
questions.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : On était vraiment alignés. Merci beaucoup pour
cette présentation. Vous savez, c'est un
honneur pour nous aussi, hein, de vous recevoir, parce que vous éclairez nos
travaux. Alors, on va commencer, donc, la période d'échanges avec les
parlementaires. Je me tourne du côté de la banquette de la ministre, avec une
période totale de 16 min 30 s. La parole est à vous.
Mme
Fréchette : Merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci, M. le
Président. Merci à vous tous de prendre part à cette commission parlementaire,
à cette consultation, qui, manifestement, génère un grand intérêt. Nous en sommes très fiers, très contents. Alors,
merci de vous être prononcés à travers votre mémoire. Votre présentation
m'a suscité, là, plein de nouvelles questions.
Alors, bien, d'une
part, je voudrais vous féliciter, là, pour cet effort de démocratisation, à
l'université, qui a été réalisé. Je pense qu'on peut être fiers des résultats
atteints par le réseau UQ, avec les chiffres que vous nous donniez,
M. Cloutier. Vraiment, c'est fabuleux, poursuivons sur cette voie-là. Mais
franchement, quand on regarde le résultat, le travail déjà accompli, c'est
fantastique. Et d'entendre aussi le pourcentage fort important de gens pour qui
c'est la première génération qui accède à l'université, ça, très intéressant,
très impressionnant.
J'aimerais vous
entendre, dans un premier temps, sur, justement, la volonté des étudiants
étrangers de rester ou de ne pas rester.
Vous nous parlez d'un tiers des étudiants étrangers qui disent vouloir rester
au Québec. Déjà, est-ce que ça, c'est le fruit de votre travail? Dans le sens
que : Est-ce que vous les incitez à considérer cette opportunité-là de
rester? Si oui, comment le faites-vous? Et, si vous n'avez pas d'action
particulière en ce sens-là, est-ce que c'est quelque chose que vous envisagez
de développer comme initiative?
M. Cloutier
(Alexandre) : Je vais peut-être me permettre de mettre la table, puis
sans doute que mes collègues voudront compléter. Je vais mettre l'ancien
chapeau que j'avais, qui était celui de vice-recteur dans une organisation qui avait justement la responsabilité
d'aider à l'accueil des étudiants internationaux. Puis un des maillages
que j'ai toujours trouvé qui manquait, c'était le maillage entre le marché de
l'emploi puis la diplomation. Le rôle des universités, c'est de diplômer.
C'est, bien sûr, de les accueillir, mais de les mener à terme dans leur projet
d'études. Mais l'autre volet, qui est celui du maillage avec les besoins du
marché de l'emploi, bien, c'est peut-être moins... on pourrait assurément
travailler davantage sur cet élément-là pour s'assurer que, lorsque les
étudiants obtiennent leur diplôme, bien, ils puissent bien comprendre les
occasions qui s'offrent à eux.
Et vous n'êtes pas
sans savoir qu'il y a aussi, à travers ça, bien, l'espèce de dichotomie du
gouvernement fédéral, où on leur demande de retourner, bien sûr, dans leur
pays. Ça fait qu'il y a aussi cet enjeu-là.
Par contre, de
manière plus certaine, ce que je peux affirmer, c'est qu'il vient d'y avoir une
enquête, l'enquête ICOPE, auprès de nos étudiants, et on leur a posé la
question, de savoir quelles était leurs intentions. Et les résultats, là, qui ont été partagés récemment sont
à l'effet que le tiers d'entre eux manifestent d'emblée la volonté de vouloir
s'établir sur le territoire québécois.
Là où l'UQ peut avoir
un rôle peut-être un petit peu plus différent à jouer, c'est le fait qu'on est
partout, dans toutes les régions du Québec.
C'est ce qui est... c'est ce qui rend, je pense, notre partenariat, je dirais,
particulièrement intéressant, parce
que si on veut accueillir en français les étudiants internationaux, mais aussi
de poursuivre leur intégration au sein de la communauté québécoise,
bien, inévitablement, les programmes en région y contribuent assurément. Maintenant, est-ce qu'on pourrait travailler sur
un meilleur accompagnement vers le marché de l'emploi? Probablement que
la réponse, c'est oui, mais peut-être que mes collègues souhaitent compléter.
Mme
Poncelin de Raucourt (Céline) : J'allais justement compléter avec cet
élément-là, parce que votre question nous
amène à donner un exemple très concret. Quand on parle d'un meilleur soutien
pour l'accueil, l'intégration et l'accompagnement des étudiants qui viennent de
l'étranger, c'est précisément sur ce genre d'objet là que la ressource essentielle, c'est un accompagnement de proximité.
C'est des gens qui sont dans nos universités, qui sont proches des étudiants,
qui viennent de l'étranger, qui perçoivent leurs questions, qui sont à leur
écoute et qui les aident à s'orienter dans leur nouvelle communauté
d'accueil.
Donc, le type
d'accompagnement très concret dont ont besoin ces étudiants-là, bien, la
question de leur avenir puis de leur intégration sur le marché du travail au
Québec et dans leur milieu de vie, ça fait partie de cet accompagnement de
proximité qu'on doit offrir aux étudiants. Et c'est ça. Quand on dit : On
a besoin de ressources pour être à l'écoute et en dialogue avec ces
étudiants-là, c'est précisément le genre de sujet sur lequel ils ont besoin de
soutien.
Mme Fréchette :
Donc, quand on leur
demande : Qu'est-ce qui vous amènerait à considérer davantage de rester
au Québec?, ce serait l'accompagnement qui serait la réponse la plus commune?
Mme Poncelin de
Raucourt (Céline) : En fait, l'accompagnement, c'est un facteur qu'on
voit qui est décisif dans beaucoup de
décisions. Alors, ils ne vont pas nécessairement dire : J'ai besoin
d'accompagnement, ils ont besoin de
mieux comprendre le système dans lequel ils arrivent. Et, pour pouvoir mieux le
comprendre, c'est cet accompagnement-là. Mais, dès le moment de
l'admission, ce qui fait la différence, quand ils nous répondent, c'est :
Bien, si j'ai des réponses personnalisées à mes questions, c'est ça qui fait la
différence entre le fait que je vais m'inscrire à telle université versus à
telle autre. Donc, oui, c'est cet accompagnement-là dont ils ont besoin, même
s'ils ne le nomment pas, mais c'est ce qui leur permet d'avoir les réponses à
leurs questions.
Mme
Fréchette : Et est-ce qu'à votre avis la proposition qu'on met de
l'avant dans un des deux scénarios là, à savoir d'avoir un PEQ — Diplômés
en continu, est-ce que c'est de nature à rehausser leur intérêt par rapport à
la volonté de rester? Est-ce que, de ce côté-là, vous avez déjà des
informations dans ce sens-là ou c'est quelque chose qui reste à voir? D'une
part, est-ce que la volonté d'obtenir la résidence permanente fait partie de
leur réflexion et de leurs éléments décisionnels? Et est-ce que le PEQ diplômé,
à votre avis, permettrait de rehausser l'intérêt?
• (11 h 30) •
M. Cloutier
(Alexandre) : Bien, en tout cas, on pose l'hypothèse que oui,
assurément. Puisqu'on réduit les conditions au PEQ, on pense que, par défaut,
il y aura nécessairement un plus grand intérêt. Puis c'est aussi un argument, je pense, pour l'Université du Québec, de promotion lorsqu'on fait du recrutement à
l'international. Alors, ce sont assurément des bonnes mesures qui vont
contribuer au recrutement d'étudiants francophones à l'étranger.
Juste pour compléter
peut-être aussi la réponse de ma collègue. En lien avec l'accompagnement, on a
un enjeu aussi, au Québec, qui est celle du taux de diplomation de nos
étudiants étrangers au premier cycle. Ils font très, très, très bien aux
deuxième et troisième cycles, mais, au premier cycle, c'est un peu plus
complexe.
Il faut aussi être
conscient que, lorsqu'on accueille davantage d'étudiants internationaux au
premier cycle, bien, on a des enjeux d'accompagnement pour les mener à la
diplomation, non seulement les faire venir, mais qu'ils obtiennent leur diplôme
universitaire. Et là il y a un écart, quand même, entre les étudiants canadiens
versus les étudiants étrangers, puis on a
une responsabilité de s'assurer qu'ils ont tous les outils nécessaires pour
pouvoir arriver à la diplomation. Donc, c'est aussi... Il y a aussi des
enjeux de ressources qui sont liés à ça, et le rôle des universités dans cet
accompagnement-là... Alors, ce qu'on essaie de dire, finalement, c'est :
Oui, plus d'étudiants internationaux, on est
capables d'y contribuer, mais il faut comprendre que ça, ça amène un impact, ça
amène un impact sur le registrariat, ça amène un impact sur nos
professeurs, sur la dynamique dans les classes, etc. Donc, c'est important
qu'on ait une vue d'ensemble puis qu'on comprenne bien que, si on demande, par
exemple, à l'Université du Québec de jouer un rôle particulier, bien, ça devra
venir aussi avec des ressources pour bien accompagner ces élèves-là, pour les
mener à la diplomation, comme on le fait avec les autres étudiants.
Mme Fréchette :
Est-ce que la connaissance du
français fait partie des éléments qui expliqueraient que le taux de
réussite ne soit pas celui qui est souhaité?
M. Cloutier
(Alexandre) : Oui et non, oui et non. En fait, je pense qu'il y a
plusieurs facteurs. Dans le sondage qu'on vient de faire, 93 % de nos
étudiants sont de locution française. Donc, il y a déjà aussi des tests qui
sont faits, là, pour l'admission de nos étudiants. Alors, peut-être que, pour
certains, il peut y avoir un enjeu, mais on a
aussi des enjeux en lien avec la préparation de nos étudiants. Il y a une
diversité, hein, vous pouvez imaginer, il y en a qui arrivent de tous les pays,
en fait, francophones, dans le monde entier. Alors, par définition, même pour
nos écrits de programmes, lorsqu'on fait l'admission, très complexe,
hein, de poser le bon diagnostic sur le niveau de préparation. Alors, il y a
des enjeux comme ceux-là, par exemple.
Juste le... ça a
explosé. Vous avez vu les chiffres que je vous ai donnés, tantôt, de... ça a
presque doublé, la présence des étudiants internationaux, imaginez l'impact
pour nos registraires. C'est fou, le nombre d'étudiants... le nombre de demandes, maintenant, qu'on reçoit dans
chacun de nos établissements. Ça se compte en dizaines de milliers de
demandes, donc, puis ces demandes-là doivent être traitées, puis ensuite on
doit procéder à l'analyse de chacun des
dossiers, mais c'est très complexe, pour les programmes, de faire des analyses
comparées en fonction des pays. Donc, on essaie de se doter des outils,
mais assurément un bon filtre, hein, pour s'assurer que les étudiants aient
tout le bagage nécessaire pour venir réussir ici, au Québec, bien, il y a tout
un travail de fond, là, qui est lié à ça.
Mme Fréchette : Vous
avez parlé, bien, du taux de refus très élevé, là, pour les étudiants étrangers
en provenance d'Afrique francophone. Est-ce que vous avez vu une légère
amélioration, au cours de la dernière année, de la situation concernant ça?
Parce qu'on fait beaucoup de pression sur le fédéral pour que ça change, et
j'aimerais savoir, de votre côté, sur le terrain, qu'est-ce que vous observez.
M.
Cloutier (Alexandre) : C'est ce qu'on dit, mais... une légère
amélioration, mais, pour les chiffres comme tels, je ne sais pas si on
les a.
Mme Poncelin de Raucourt (Céline) : On
n'a pas de... C'est souvent des chiffres qui sont excessivement difficiles à avoir. On les obtient de haute lutte
ou grâce aux publications dans les journaux, mais... Sur le terrain, il y a certaines
personnes qui nous disent avoir constaté certaines améliorations, mais on n'a
pas encore le recul pour vraiment le mesurer, mais ça reste... On a encore
beaucoup trop de cas avec des refus qui sont invraisemblables, par rapport, justement, au fait qu'on n'a pas
confiance dans le fait que vous allez repartir dans votre pays ou alors on conteste
la... des agents des douanes qui contestent
le niveau de français de ces personnes-là, donc, qui viennent se prononcer sur
des éléments qui... pour lesquels ils ont assez peu d'outils, finalement, pour
mesurer la réalité des choses.
Mme Fréchette : Je vous amènerais
sur la régionalisation puis l'établissement durable en région. Combien est-ce
qu'il nous reste de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 6 min 29 s.
Mme Fréchette : Merci. Alors, bien,
nous, c'est une de nos priorités, de faire en sorte que l'immigration se
déroule de plus en plus en région. On a vu une belle augmentation ces dernières
années, et, bien sûr, ça concerne les étudiants
étrangers. Alors, on aimerait ça, même, idéalement, que les gens viennent
s'établir en région dès leur arrivée au
Québec et non pas après un passage dans la métropole, et je pense que les
universités peuvent faire l'aimant de départ, justement, pour un
établissement en région. Comment est-ce que vous voyez que le réseau UQ puisse
contribuer à cet objectif-là d'enraciner, dans le fond, nos étudiants étrangers
en région sur le moyen et le long terme?
M.
Cloutier (Alexandre) : C'est assurément une voie qui m'apparaît la voie
la plus naturelle pour l'établissement de
ces étudiants qui choisissent de venir étudier en région. Souvent, ils se font
des blondes, des chums, et ils apprivoisent la région, ils l'adoptent et
ils décident de s'y établir. Les exemples, là, sont extrêmement nombreux. Je
suis profondément convaincu que c'est une très bonne voie, pour l'intégration
en français dans nos régions, d'accueillir des étudiants de premier cycle, de
les mener à la diplomation et ensuite de s'assurer qu'on fasse le maillage,
comme je disais tout à l'heure, peut-être, qui manque un peu, avec les besoins
de l'emploi, mais, déjà, nos institutions en région jouent un rôle clé.
Je pense à l'Université du Québec à Chicoutimi.
Contrairement à ce qu'on peut penser... Des fois, on dit : Ah, mon Dieu! À Chicoutimi, il ne doit pas y avoir
un gros taux d'étudiants étrangers. Au contraire, ça frôle, ça avoisine le 30 % des étudiants qui sont des étudiants
étrangers. Il y a un haut taux aussi du côté de Trois-Rivières. À Rimouski,
ils sont en hausse de façon importante.
Je pense que, si on travaille en collaboration
avec les universités, qu'on réfléchit aussi à la façon dont on fait le
recrutement des étudiants étrangers, peut-être de façon un petit peu plus
harmonieuse ou... peut-être qu'on aurait avantage à travailler de façon un peu
plus uniformisée, peut-être, «uniformisée», ce n'est pas le bon mot, mais ne
pas multiplier... Je trouve qu'il y a beaucoup d'efforts variés. On va le dire
comme ça. Peut-être qu'on pourrait avoir une meilleure efficacité pour le
recrutement à l'international, mais c'est assurément une voie qui m'apparaît
très prometteuse pour le Québec — qui fonctionne déjà très bien, hein?
Par ailleurs, je vous en ai parlé tout à
l'heure, il y a une hausse constante des étudiants internationaux dans nos
universités, au moment où on se parle, particulièrement vraie pour les
établissements en région. Donc, avec les modifications du PEQ, on peut
appeler... on peut penser que ça va se poursuivre, mais, maintenant, comme je
le disais, l'accroissement des étudiants internationaux amène aussi son lot
d'enjeux au sein des établissements, puis on ne
peut pas juste faire une réflexion sur la croissance des étudiants, puis
l'accueil, sans qu'on réfléchisse à comment, à l'intérieur des universités, on
les mène à la diplomation, et ça, ça a des impacts pour tout le monde, pour le
registraire, pour les gens aux coms, pour les administrateurs, bref,
pour tout le monde, puis c'est pour ça que nous, on dit...
L'UQ, vous savez qu'on est un joueur... On veut
être un bon partenaire du gouvernement du Québec sur les enjeux de... sur les
enjeux de société, mais on a un sérieux enjeu de sous-financement. Je le sais,
que ce n'est pas l'objet de la commission, mais il n'en demeure pas moins que,
si on met plus de responsabilités ou si on s'attend à davantage de
collaboration, bien, il va falloir aussi régler les autres enjeux en lien avec
notre capacité portante de développement et
de répondre aux enjeux du gouvernement du Québec. Il y a eu d'autres collègues
qui réfléchissent à la formule de
financement. On a demandé un réinvestissement majeur pour vivre une deuxième
phase de développement de
l'Université du Québec. On a plein de projets de développement. On veut être un
bon joueur, mais encore faut-il qu'on ait la bonne capacité portante.
Mme
Fréchette : Vous parliez de maillage, tout à l'heure, avec des
entreprises. Je vois, dans le fond, un souhait commun entre vous et des
entreprises, particulièrement en région, pour du logement. Donc, je me
disais : Est-ce qu'il y a moyen, pour vous, de joindre vos forces avec des
secteurs d'activité économique dans les villes ou les régions où sont implantés vos établissements pour faire en sorte de
bâtir du logement qui servira à la fois pour des étudiants étrangers et des
futurs travailleurs, dans le fond, qui pourront être actifs dans la région,
dans les secteurs d'activité? Est-ce que c'est des formules, déjà, que vous
avez considérées?
M. Nadeau (Charles) : Pas de façon importante, mais, oui, il y a déjà eu des
discussions similaires à ça. J'ai un cas en tête, là, justement, dans la région
de Drummondville, par exemple, où il y a des besoins à la fois pour des
étudiants, à la fois pour des nouveaux... des travailleurs étrangers. Donc, on
a déjà eu des discussions pour avoir des modèles qui permettraient tout ça.
Donc, tout ça reste à voir, parce qu'il y a toujours le statut de résidence
étudiante qui demeure important, là, pour,
notamment, les congés de taxes, d'impôts fonciers, puis tout ça, là, qui ont un
impact important dans les frais d'exploitation des résidences, mais on a
déjà eu effectivement des discussions en ce sens-là. C'est des partenariats
intéressants, absolument, oui.
• (11 h 40) •
M. Cloutier (Alexandre) : Peut-être
juste ajouter que les universités font preuve de beaucoup, beaucoup d'imagination. Récemment, on a vu des hôtels se
convertir en résidences étudiantes dans certaines régions du Québec. Ce n'était
pas... On est loin du modèle traditionnel, là, parce que, justement, les
besoins sont tellement urgents. On l'a vu particulièrement dans la
région de Saguenay. Je pense qu'il y a des pourparlers aussi dans la région de
Rimouski.
On voit aussi qu'avec Ivanhoé Cambridge il y a
peut-être de l'intérêt des gens de la Caisse de dépôt de vouloir collaborer
dans des projets dans... avec les universités. Là, on a vu le projet qui émerge
du côté de Montréal. Peut-être qu'il pourrait y avoir d'autres projets qui
pourraient émerger du côté du Québec. Nous, ce qu'on sait, c'est qu'on en a
pour 700 millions d'investissements à faire. Maintenant, on est ouverts à
tout partenaire qui souhaiterait nous aider à construire un nouveau modèle
financier qui nous permet de répondre à nos besoins actuels.
Mme Fréchette : Bien oui, je pense
qu'il y a un continuum de services auxquels on peut penser avec des étudiants
étrangers, qui, après ça, deviennent des travailleurs et qui, le souhaite-t-on,
resteront dans la région. Donc, je vous invite... en fait, incite à promouvoir
les atouts du Québec et puis à promouvoir également les programmes renouvelés,
là, qu'on a présentés pour attirer les étudiants étrangers dans la durée.
Vous parlez de Francisation Québec également,
parce que c'est accessible aux étudiants étrangers qui ne maîtrisent pas pleinement le français. Donc, vous
me parliez, tout à l'heure, qu'il y a quand même à peu près 7 %, 8 %
des gens dont ce n'est pas la langue maternelle. Donc, Francisation Québec
fera... sera une solution intéressante pour eux.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, c'est ce qui met pratiquement fin à cette première
portion d'échange avec les parlementaires. Merci, Mme la ministre. Je me tourne
maintenant du côté de l'opposition officielle avec le député de Nelligan pour
une période de 9 min 54 s. La parole est à vous.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous quatre. Très heureux de vous revoir encore une fois
en commission parlementaire.
Juste pour le besoin de la suite des
consultations, même les consultations futures, est-ce qu'aujourd'hui... Parce
que, là, on répare une erreur, une erreur du PEQ. Je ne veux pas refaire toute
l'histoire, vous étiez là, les communiqués sont là toujours, mais est-ce que ça
a été une erreur de fermer le PEQ? Et c'était quoi, l'impact pour le réseau de
l'UQ et l'ensemble des universités en région?
M. Cloutier (Alexandre) : Vous aurez
compris que je ne vais pas répondre directement à votre question, mais je vais assurément vous dire qu'on se réjouit
de voir l'allègement des conditions qui sont posées par le gouvernement actuel et qu'on pense que cette levée des
conditions va nous permettre de faire un meilleur recrutement puis la promotion
à l'international.
M.
Derraji : Je comprends, entre les lignes, le collègue qui
regarde vers le futur. C'est excellent. Donc, j'espère, comme vous, qu'on ne va
pas revenir en arrière et recommencer à jouer dans un modèle qui marchait très
bien, qui fonctionnait très bien.
On va commencer à décortiquer le PEQ parce que
j'ai plein de questions sur le PEQ. Le problème des visas, ça n'a aucun bon
sens, surtout avec des missions en Afrique. Il y avait un intervenant, la
semaine dernière, président de l'observatoire, rattaché probablement à...
l'observatoire rattaché à l'université de Laval, qui disait qu'on doit focusser beaucoup nos efforts sur l'Afrique, la
jeunesse africaine. Je lui ai même posé des questions sur la géopolitique, la
présence de la France en Afrique, les gens qui cherchent un autre modèle, un
autre endroit où on parle français, et le Québec, il est bien
positionné.
Commençons avec le fédéral. Trouvez-vous que
c'est normal que les étudiants qui viennent doivent cocher toujours la case «puis
je dois m'engager à revenir chez moi»? Ça, ça n'a aucun bon sens parce que
c'est de l'hypocrisie, de pousser des gens à déclarer automatiquement aux
agents de douane qu'ils doivent retourner chez eux après la fin de leurs
études. Et, nous, aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait? On leur donne le droit, on
veut les garder.
M. Cloutier (Alexandre) : C'est tout
à fait juste. En fait, vous faites une lecture qui est pour le moins contradictoire. On demande effectivement de
s'engager à un retour, du côté d'Ottawa et du côté du Québec. Visiblement,
on souhaite une meilleure intégration aux
besoins de main-d'oeuvre, particulièrement, pas juste aux besoins de
main-d'oeuvre, mais à la contribution de l'ensemble des enjeux de la
société québécoise.
M.
Derraji : Oui, mais vous comprenez que c'est tellement difficile pour
des jeunes... Parce que, vous l'avez très bien dit au début, on comprend
comment ça marche à l'échelle internationale, le recrutement des étudiants,
c'est très important, avoir des leviers, et
le PEQ est un levier. Le problème, c'est que des gens honnêtes viennent au
Québec, et les agents de la douane leur posent la question :
Avez-vous l'intention de rester? Et on leur a vendu le rêve du Québec, d'étudier en français dans une région, et
qu'ils peuvent rester avec un PEQ — Diplômés,
et ils disent oui. Il y en a qui se
sont ramassés avec des enjeux. C'est quoi, votre suggestion? Est-ce qu'on doit
aller aussi mener la bataille pour que... avec les étudiants, d'enlever
cette case?
M. Cloutier (Alexandre) :
Bien, c'est une bataille qui se fait déjà, à ma connaissance, puis mon
collègue, le recteur de l'Université de Montréal, prendra la parole tout à
l'heure, mais je ne veux pas parler pour le BCI, puis peut-être qu'il le fera
s'il le souhaite, là, mais, de mémoire... Moi-même, je suis un nouveau
président dans l'organisation, mais je ne pense pas que je prends beaucoup de
risques en disant qu'il y a eu des représentations qui ont été faites pour
lever cette condition-là au niveau fédéral, et qu'on soit conscients du double
message qui est envoyé entre le gouvernement
du Québec et le gouvernement d'Ottawa, et qu'il y a eu des représentations en
ce sens qui ont été faites. Je pense que l'enjeu, c'est que je... Là, je
m'avance encore, mais, de mémoire, ça nécessitait un amendement législatif
pour lever cette condition. C'est ce qu'on s'est fait dire. Du moins, c'est ce
que j'ai compris. De toute façon, c'est de l'information, là, qui est à
vérifier.
Peut-être que mes
collègues, s'ils souhaitent compléter... Je ne sais pas si Céline...
Mme Poncelin de
Raucourt (Céline) : Bien, oui, je confirme qu'effectivement on
collabore beaucoup, en particulier avec le ministère de l'Enseignement
supérieur, pour collaborer avec les autres ministères québécois, faire des
démarches auprès du gouvernement fédéral. À chaque fois qu'on peut rapporter
des cas, des exemples, on les communique à nos ministères avec lesquels on
collabore pour qu'ils puissent continuer constamment à alimenter ce
discours-là, mais effectivement il y a, je pense, aussi un statut, pour les
agents de douane, qui doit être retravaillé, qui doit être corrigé, parce que c'est vraiment à cet endroit-là que
beaucoup de choses coincent et il y a beaucoup d'efforts qui sont faits.
M. Derraji :
Bien, vous avez notre appui par rapport à cela, parce que ça n'a aucun bon
sens, surtout pour des jeunes qui arrivent dans un pays, pour beaucoup, c'est
la... Parfois, c'est leur premier voyage à l'international, c'est un stress
énorme, avoir un échange avec un douanier, c'est pire qu'un chef de police dans
leur pays d'origine. Mettez ça dans le contexte. Pour nous, parler à un agent
de la douane, probablement, c'est normal, mais quelqu'un qui vient d'un autre
pays, c'est un agent d'autorité, c'est extrêmement difficile. J'en ai vu
moi-même, des cas où j'ai reçu des appels directement de l'aéroport.
Je veux aller au...
J'ai entendu votre présentation. J'ai bien compris qu'il n'y a pas ou peu de
problèmes de logement au niveau des résidences, à travers le Québec, du réseau
de l'UQ?
M. Cloutier (Alexandre) : Non,
en fait, on veut doubler nos besoins. En fait, on souhaite doubler nos résidences
actuelles. Mon collègue peut donner plus de détails.
M. Derraji :
OK. L'argent suit ou pas de la part du gouvernement? Vous êtes à l'aise par
rapport à ce qui est proposé de la part...
M. Cloutier
(Alexandre) : On vient tout juste de recueillir les besoins. On a un
projet... on a sept projets de résidences qui sont... qui sont prêts, en fait,
ou relativement prêts. Et donc on est à l'étape, maintenant, de travailler sur
le modèle financier puis le partenariat qu'on souhaite établir. Nous, ce qu'on
a voulu surtout faire, c'est dire : On est
un joueur clé. Parce que c'est bien beau, là, l'immigration, mais encore
faut-il les accueillir. Par définition, si on construit du logement
étudiant, on libère des logements. Et donc il y a des options sur la table pour
collaborer. Maintenant, on est rendus à l'étape des discussions puis de trouver
le bon modèle financier.
Je ne sais pas si,
Charles, tu souhaites compléter?
M. Nadeau (Charles) : Tout à fait juste. Donc, pour nos... pour les besoins, là, pour les cinq
prochaines années, 4 000 places
en résidence que l'on a de besoin dans nos établissements pour cette... c'est
700 millions d'investissement.
M. Derraji :
...d'investissement. J'imagine, le gouvernement du Québec doit être là,
doit répondre à l'appel?
M. Nadeau (Charles) : Bien, pour avoir des modèles financiers qui nous permettent d'avoir un
loyer abordable pour les étudiants, ça prend effectivement un montage
financier où est-ce qu'on a de l'argent, là, qui nous est... où est-ce qu'il y a certaines sommes qui sont
disponibles, peu importe la source, mais qui ne nécessitent pas un remboursement
par la suite.
M. Derraji :
OK, mais, si jamais il n'y aura pas... je ne le souhaite pas, là, je ne le
souhaite à personne... Le levier venant du gouvernement est très important pour
vous donner les outils nécessaires pour avoir ces étudiants en région. Je peux
faire ce constat? Je peux conclure ça?
M. Nadeau (Charles) : ...partenaire, que ce soit le gouvernement ou un autre partenaire
financier, mais, effectivement, il y a besoin d'avoir des partenaires
financiers.
M. Derraji :
Oui. Je veux revenir à un point important. Le pourcentage des étudiants...
des étudiants que vous ramenez, qui parlent français, la plupart, c'est des
francophones?
M. Cloutier
(Alexandre) : Oui, la quasi-totalité.
M. Derraji :
OK, parce que je vous ai entendu, tout à l'heure, parler de la
francisation. Moi, ce qui me vient à l'esprit, c'est plus l'intégration que la
francisation. Là, est-ce que je me trompe, mais quelqu'un qui étudie en
français à l'intérieur du réseau de l'UQ, aujourd'hui, ce que j'aimerais voir...
Moi-même, j'ai choisi de venir... Mon choix pour venir au Québec, c'est pour
faire mon MBA. J'aurais aimé avoir du support et de l'appui pour intégrer le
marché du travail, étudier en français, oui, peut-être, surtout comprendre
l'accent au début du premier cours, c'est difficile,
mais, écoutez, on s'améliore tous à l'intérieur... mais, pour une université
avec un réseau régional, avez-vous pensé
à des mesures d'intégration, au fait, permettre le rattachement et
l'enracinement dans la région avec des partenaires du milieu au lieu de
la francisation? Si c'est le cas, avez-vous des exemples?
• (11 h 50) •
M. Cloutier
(Alexandre) : Il y en a plein, d'exemples, puis... mais c'est... Moi,
je pense que c'est un élément sur lequel on peut toujours faire mieux, mais
c'est magnifique, en fait, ce qui se passe dans les régions. Puis, par exemple,
avec ville Saguenay, il y a un moment d'accueil des étudiants internationaux.
Il y a un barbecue qui est organisé, par
exemple, à l'UQAC, à chaque année, où toute la communauté est invitée à venir
accueillir... puis là il y a différents kiosques avec les... chacun y va
de... qui met en valeur, dans le fond, l'apport de sa culture. Donc, il y en a,
des... il y en a assurément, des exemples, mais donc... mais, comme je le
disais tout à l'heure, par définition, puisqu'il
y a une croissance importante des étudiants internationaux, la réalité des
universités, on doit en tenir compte. Pour organiser cet accueil-là,
bien, nécessairement, ça veut dire des ressources qui y sont dédiées.
M. Derraji :
Avez-vous des fonds, par rapport à l'intégration, du ministère?
M. Cloutier
(Alexandre) : Il y a eu, à l'époque, là, il y a à peu près cinq ans,
des sommes quand même importantes, qui doivent dater de l'ancien gouvernement, en
fait, là.
M. Derraji : Mais là je parle de...
Vous êtes l'homme du... Parlez-moi de maintenant et du futur. Est-ce que vous
avez des...
M.
Nadeau (Charles) : Il y a, à l'heure actuelle...
M. Cloutier
(Alexandre) : Je vais laisser parler mon financier.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Je dois vous arrêter. Le temps imparti à
l'opposition officielle est terminé.
M. Derraji : Merci
à vous quatre. Merci.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mais on va poursuivre avec le deuxième groupe
d'opposition et le député de Saint-Henri—Sainte-Anne pour une période de
3 min 18 s.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup pour votre
présentation. C'était très intéressant. Il y a beaucoup de beaux
chiffres là-dedans.
J'aime beaucoup
l'idée du tiers qui se destine ou se destinera à la résidence permanente. C'est
quelque chose qu'on ne savait pas puis c'est
quelque chose qu'on va devoir réfléchir puis analyser dans la logique de le
mettre hors seuil, parce qu'effectivement, si le tiers de tous les étudiants
étrangers, en ce moment, au Québec, vont être traités hors seuil,
finalement, on va avoir plusieurs dizaines de milliers de demandes,
possiblement, dans le PEQ, hors seuil, annuellement. Alors, je veux juste que
ça soit entendu. Si le gouvernement prend cet engagement-là, on ne pourra pas
nous dire, dans un an ou dans deux ans, qu'on ne savait pas à quoi on s'attend
parce que vous nous avez présenté des données qui sont, certes, préliminaires, pour
les UQ, mais qui sont quand même, potentiellement, un signe de ce qui s'en
vient.
Je voulais vous
laisser avec deux choses. Vous avez parlé d'inclure le DESS au PEQ. Ça, c'est
une très belle revendication. Je pense qu'on n'en a pas assez parlé. Et vous
avez parlé aussi, dans votre mémoire, de ne pas mettre le test de français
écrit obligatoire. C'est des gens que vous diplômez. C'est des gens qui ont
réussi un programme universitaire en français. Alors, je vous laisserais nous
répondre là-dessus, à l'effet pourquoi, à ce point-là, c'est inutile et
pourquoi on devrait ne pas mettre une exigence supplémentaire quand, j'imagine,
la preuve est déjà faite qu'ils sont francisés.
Mme
Poncelin de Raucourt (Céline) : Tout à fait. En fait, la réponse courte et simple,
c'est que, pour pouvoir être admis
dans un programme de baccalauréat, on fait passer des tests de français à ces
étudiants-là, ces candidats-là, et c'est... ce
sont des tests qui sont au moins équivalents au niveau 5 qui est déjà
exigé. Donc, on trouve que ça pourrait permettre d'alléger, finalement, la mise
en place de la réforme.
M. Cliche-Rivard : Jusqu'à
aujourd'hui, on ne le demandait pas. Dans le PEQ actuel, le diplôme est la
preuve du fait français, dans le PEQ — Diplômés, tel qu'on le
connaît aujourd'hui.
Mme Poncelin de Raucourt (Céline) : Pour
le diplôme de baccalauréat, c'est certain, oui, c'est ce qu'on... oui, oui.
M.
Cliche-Rivard : Pour le diplôme de maîtrise aussi, et il n'y a
jamais eu de problème, allégué ou démontré de quelconque façon, que ce
diplôme-là n'est pas... n'était pas une preuve suffisante du français.
Mme Poncelin de Raucourt (Céline) : Tout
à fait.
M. Cliche-Rivard : Donc, à votre
connaissance, il n'y a pas de démonstration, de nécessité d'exiger un test qui, au surplus, n'est pas fait ici, n'est pas
conçu ici, là, en plus d'un diplôme qui est émis par une université du Québec.
On est d'accord?
Mme Poncelin de Raucourt (Céline) : Exact,
dans les universités francophones, cette démonstration-là n'est plus à faire
parce qu'on l'intègre dans le parcours.
M. Cliche-Rivard : Test qui, au
surplus, coûterait quelques centaines, là, de dollars à la pièce, là, à chaque
fois qu'il faut faire le test ou à chaque fois qu'il faut le démontrer. Donc,
je pense que c'est un élément important. J'entends plusieurs critiques
d'étudiants étrangers sur le manque de flexibilité du MIFI sur le changement de
CAQ ou sur le changement de type de CAQ,
donc, premier cycle, deuxième cycle, etc. Est-ce que vous avez des revendications
pour ça sur... pour l'assouplissement du CAQ étudiant?
Mme Poncelin de Raucourt (Céline) : Au
niveau des difficultés que peuvent éprouver des étudiants étrangers dans les
démarches qu'ils peuvent avoir, effectivement, il y a des enjeux aussi de
cohérence entre les règles des différents ministères, et c'est un travail qu'on
est en train de faire. Justement, il y a une table permanente, pour les
étudiants internationaux, qui a été mise en place récemment et qui va permettre
d'avoir ces discussions-là pour bien faire le point sur les difficultés que
vivent nos étudiants et pour trouver ensemble ces solutions-là.
M. Cliche-Rivard : Parce qu'il y a
beaucoup de scénarios ou d'histoires où de gens, bon, sont admis à la maîtrise,
finalement, après une session, trouvent ça trop difficile, veulent descendre au
baccalauréat ou modifier leur programme, et c'est un refus au niveau du
ministère, et donc ils ont, malheureusement, échoué leur session, se retrouvent
sans statut, et ça cause de la précarité, et j'entends ça à tous les jours,
malheureusement.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : C'est terminé pour cette
partie d'échange avec les parlementaires. On va terminer la ronde avec
le député de Matane-Matapédia pour une période de 3 min 18 s.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Vous me permettrez, d'entrée de jeu, de saluer mon ancien collègue,
Me Cloutier, et ses collaborateurs, collaboratrices, d'être ici à nous
parler des universités. C'est important.
D'ailleurs, on a fait une motion, tout à
l'heure, à l'Assemblée nationale pour augmenter le financement des universités
en immobilisations, toutes vos revendications. Ça a malheureusement été refusé
par le gouvernement, mais ce n'est pas l'objet de mon propos.
Accueillir les étudiants internationaux. Je veux
vous parler du cas de Rimouski. L'Université du Québec à Rimouski, où j'ai
étudié, celle que je connais le mieux, écoutez, c'est 2 000 demandes,
on doit dire : Non, ce n'est pas
possible, on n'a pas d'hébergement. Je regardais la situation des résidences,
c'est épouvantable. Donc, il y a plusieurs facteurs pour accueillir... d'abord, accueillir les étudiants, avant
même qu'ils puissent envisager de rester après, d'étudier puis de
rester, c'est de les accueillir. Dans une ville comme Rimouski, c'est
dévastateur.
Alors,
quelqu'un doit prendre la responsabilité d'accélérer les dossiers si on veut
être capables d'accueillir une immigration au Québec, et encore, à plus
forte raison, dans une région. Donc, le portrait que vous avez, dans les
universités du réseau, quant aux capacités que vous n'avez pas, qui font en
sorte que vous refusez des étudiants internationaux, ça peut représenter
combien de personnes?
M. Cloutier (Alexandre) : Ça va être
difficile de chiffrer exactement le nombre de personnes. Par contre, on peut chiffrer très clairement les besoins en
termes de logement, et les besoins en termes de logement, c'est simple, il faut
les doubler. Alors, ça vous donne une idée du nombre de places qui est
nécessaire pour les gens, donc, qui ne trouvent pas preneurs en termes de logement étudiant, et le cas
de l'Université du Québec à Rimouski est assurément un cas patent.
M. Bérubé : Parce que je... Pour le
bénéfice des collègues, ce qu'on dit : «Près de 2 000 étudiants
étrangers doivent être contactés prochainement par l'établissement — là,
on parle de l'UQAR — notamment
pour s'assurer qu'ils ont trouvé un logement
pour la rentrée de septembre», celle-ci. «S'ils n'en ont pas, l'UQAR les
dissuadera de venir étudier chez eux.» Imaginez le
préjudice réputationnel pour la ville de Rimouski, pour l'UQAR. Ça, c'est
seulement à Rimouski.
Je
vous invite, un peu plus tard, hors commission, à nous trouver les autres
chiffres. Si on pouvait les cumuler, je
pense, c'est une statistique qui parlerait. Pour moi, c'est un frein. Dans le
réseau collégial, par exemple, on fait presque des miracles, là, dans les
petits cégeps, c'est le cas aussi dans votre région natale, mais, au plan
universitaire, ça se joue à haut niveau, et puis, là, on n'a pas ce
qu'il faut pour les accueillir.
Donc, je veux prendre
le temps que j'ai, essentiellement, pour m'attarder à ça, en disant : Les
résidences étudiantes, c'est un enjeu pour
vous puis c'est un enjeu pour l'immigration si on veut bien réussir en région,
et la force du réseau UQ, c'est
d'être présent en région. Alors, c'est pour ça qu'il a été créé en 1968 — c'est
bien ça? — et
que vous êtes toujours là avec la même vitalité. Alors, moi, je suis un
diplômé de l'UQAR, j'en suis très fier, mais j'aimerais que mon université
continue de grandir, notamment avec les cerveaux de partout dans le monde.
M. Cloutier (Alexandre) : Et on est prêts pour une
phase 2 de développement, messieurs, mesdames les députés.
M. Bérubé : J'ai
vu ça.
M. Cloutier
(Alexandre) : L'Université du Québec est mûre pour une deuxième phase
de croissance, et on est en train de faire
tomber les dernières barrières avec, récemment, une faculté de droit à l'Université du Québec en Outaouais, qui vient d'ouvrir.
M.
Bérubé :
De médecine aussi.
M. Cloutier
(Alexandre) : Puis on espère, un jour, avoir une faculté de médecine
pour former partout sur le territoire québécois des gens qui habitent les
régions, qui vivent en région et qui vont pratiquer en région. Alors, Mme la
Présidente, on a ouvert sur autre chose...
M.
Bérubé :
Combien de temps?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Alors, sur ces bonnes nouvelles, on va
terminer cette...
M.
Bérubé :
C'était une belle tribune.
M. Cloutier
(Alexandre) : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : ...cette ronde, cette audition. Merci beaucoup de
vous être présentés devant nous, d'avoir répondu à nos questions.
Alors, je suspends la
commission pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 58)
(Reprise à 12 h 02)
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) :
À l'ordre, s'il vous plaît!
La Commission des relations avec les citoyens reprend ses travaux.
Donc, nous recevons
en ce moment l'Université de Montréal. Bienvenue à vous trois. Alors, vous êtes
des habitués, vous savez que vous allez bénéficier d'une période de
10 minutes pour votre exposé. Mais d'abord vous allez... je vais vous inviter à vous présenter, pour le bénéfice des
parlementaires. On va ensuite poursuivre avec une période d'échange.
Alors, le temps commence maintenant.
Université de Montréal
M. Jutras
(Daniel) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je m'appelle Daniel
Jutras, je suis le recteur de l'Université de Montréal. Je suis accompagné de
deux collègues.
Mme Amiraux
(Valérie) : Bonjour, je suis Valérie Amiraux, je suis professeure de
sociologie et je suis vice-rectrice aux partenariats communautaires et internationaux.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : ...
Mme Meikle
(Victoria) : Ah! OK. Bonjour. Victoria Meikle, directrice des
relations gouvernementales et institutionnelles au cabinet du recteur.
M. Jutras (Daniel) : Alors, Mme
la Présidente, Mme la ministre, Mmes, MM. les députés, d'abord, je veux vous
remercier sincèrement de l'invitation qui nous a été faite.
L'Université de Montréal, comme vous
le savez, a une population étudiante très importante :
46 000 étudiants uniques à l'Université de Montréal. J'exclus de ce
compte HEC et Polytechnique qui sont des écoles affiliées. Parmi ces
46 000 étudiants, étudiantes uniques, il y a près de
8 000 étudiants internationaux, la majorité en provenance de pays
francophones, et ils se répartissent moitié-moitié entre les étudiants de
premier cycle et les étudiants aux cycles supérieurs.
Alors,
nous sommes donc très reconnaissants de pouvoir partager avec vous notre
perspective sur la planification de l'immigration au Québec, de répondre en particulier
à l'appel de mémoire que nous avons pu déposer, compte tenu de l'importance de cette cohorte, de ce groupe
d'étudiants et d'étudiantes pour le dynamisme de l'Université de Montréal.
Dans
notre mémoire, que vous avez reçu et que vous avez... dont vous avez eu
l'occasion de prendre connaissance, nous recommandons que le
gouvernement du Québec opte pour le scénario 1 de l'orientation 12
qui est proposé dans le cadre des consultations. Nous optons pour l'option...
Nous appuyons, plutôt, l'option A de l'orientation 12, plus précisément,
là, qui est recommandée par le ministère de l'Immigration, soit d'augmenter
graduellement les cibles totales pour atteindre 60 000 admissions en
2027 et d'admettre en continu les personnes qui déposent une demande de résidence permanente à la suite de l'obtention
d'un certificat de sélection du Programme
de l'expérience québécoise au volet Diplômés du Québec.
Je tiens à préciser
que nous avons exprimé cet avis en tenant compte de la manière dont les options
étaient proposées dans le document de consultation, mais, pour nous, le volet
essentiel qui doit être mis de l'avant est celui qui touche le programme du PEQ
et donc cette hypothèse que les étudiants internationaux soient admis en
continu et hors plafond, quel que soit, en
fait, le seuil qui sera établi par le gouvernement. Nous appuyons cette
recommandation sur un certain nombre d'éléments.
D'abord, il faut
reconnaître que les personnes dont on parle, ces personnes, donc, diplômées du
Québec ont déjà une connaissance du français issue de leur parcours étudiant.
Pour la plupart, ces personnes résident... la très, très grande majorité
résident sur le territoire du Québec, et il s'agit, à notre avis, d'un élément
qui est important dans le contexte de ce qui a été dit récemment à propos des
liens entre les étudiants issus de l'immigration, et les pressions sur les
services publics, et l'accès au logement dont on parlait un peu plus tôt ce
matin, là. Il ne s'agit pas d'individus qui
vont apparaître dans le réseau, c'est des gens qui, généralement, sont là
depuis quelques années et qui sont déjà intégrés, déjà logés et déjà des
utilisateurs de services publics.
Ces personnes sont
jeunes, elles ont un riche parcours de vie au moment de recevoir leurs
diplômes, mais nous croyons et nous avons plusieurs indices de ça, plusieurs
exemples, qu'elles vont contribuer, si elles décident de s'établir définitivement au Québec, au
développement social, culturel, économique et démographique de notre société.
Autre volet :
ces personnes ont terminé une formation postsecondaire, ce sont des personnes
qui vont être sélectionnées dans le Programme de l'expérience québécoise, qui
sont très fortement qualifiées pour intégrer le marché du travail. Il faut
savoir, donc, que leur formation au Québec va faciliter sans doute la
reconnaissance de leurs compétences par les employeurs potentiels d'ici, ce qui
est un avantage significatif. Et nous sommes optimistes sur la réduction des temps d'attente pour la résidence permanente, qui
découlerait de l'admission en continu. Ce serait un incitatif de plus pour encourager les diplômés à s'installer au
Québec et à y rester. On a parlé de ce volet-là, peut-être de l'effet,
en termes de recrutement, qui pourrait résulter de cette mesure qui est
recommandée et que l'on appuie.
En somme, nous
partageons le constat qui est fait par le premier ministre dans le document de
consultation sur la contribution des étudiants internationaux. Je le
cite : «Les étudiantes et étudiants étrangers diplômés de nos programmes
francophones nous apparaissent comme des candidats idéaux étant donné que ces
personnes possèdent un diplôme québécois,
qu'elles sont jeunes, qu'elles vivent déjà ici en français depuis plusieurs
années. Elles constituent un bassin exceptionnel où recruter de nouveaux
Québécois et de nouvelles Québécoises.»
En facilitant le
chemin à parcourir pour que les étudiants internationaux s'établissent de façon
permanente au Québec à la fin de leurs
études, nous croyons que le gouvernement enverrait un signal fort qui
contribuerait, selon nous, à l'attractivité
des établissements universitaires francophones. Et, lorsque nos universités
rayonnent, c'est tout le Québec qui en bénéficie.
À cet égard,
l'Université de Montréal joue un rôle déterminant dans la francisation au
Québec, et ce, depuis sa fondation il y a
bientôt 150 ans. La langue française est au coeur de ce qu'est notre
université. Et je dois mentionner notre école de français, qui est un
chef de file dans l'enseignement du français depuis plus de 60 ans, avec
une vaste gamme de cours de français,
d'ateliers et d'autres formations qui permettent aux étudiantes et aux
étudiantes de développer des compétences linguistiques et interculturelles qui
favorisent leur réussite académique et leur intégration au Québec. Nos
experts, d'ailleurs, en francisation collaborent étroitement avec le programme Francisation
Québec pour établir les standards et les contenus des cours depuis de
nombreuses années.
Aujourd'hui la plus
grande université francophone des Amériques, l'Université de Montréal a acquis
une réputation qui fait qu'elle bénéficie d'un rayonnement à l'international
qui est unique parmi les établissements francophones
québécois et canadiens. L'Université de Montréal représente le principal pôle
francophone en recherche au Canada avec 465 unités de recherche,
113 chaires de recherche du Canada, une chaire de recherche du
Canada 150, une chaire d'excellence en recherche du Canada, une
affiliation avec 28 centres de soins hospitaliers et services sociaux à
travers la région métropolitaine et au-delà, deux écoles affiliées,
Polytechnique Montréal et HEC Montréal.
Notre réputation et
notre attractivité contribuent aussi à l'embauche, année après année, de
nouveaux professeurs qui vont aussi s'intégrer à la communauté québécoise.
Environ 30 % de ces nouveaux professeurs que nous recrutons ne sont ni citoyens canadiens ni résidents permanents, et
notre établissement contribue à leur francisation, le cas échéant.
Alors, je vais peut-être privilégier la période
de questions parce que, comme vous allez entendre aujourd'hui beaucoup
d'universités et que vous allez, je pense, entendre à peu près la même chanson
de la part de la plupart des intervenants, je souhaite
que vous puissiez dialoguer avec nous sur les aspects qui vous intéressent le
plus. Et donc je vous remercie pour votre attention, et nous sommes prêts à
répondre à vos questions. Mes collègues, qui ont une expertise plus pointue sur
ces aspects-là, pourront certainement contribuer valablement à la conversation.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, merci beaucoup pour cette
présentation. Effectivement, on va entamer, donc, la période d'échange avec les
parlementaires. On commence par la banquette gouvernementale, avec la ministre,
pour une période totale de 16 min 30 s. Vous pouvez commencer.
• (12 h 10) •
Mme Fréchette :
Merci, Mme la Présidente. Alors, merci beaucoup, M. le recteur. Merci à
vous trois d'être des nôtres et de prendre
part à cet échange, à cet exercice démocratique fort important et qui sera
déterminant pour la suite.
Alors,
je veux vous ramener sur le thème de la rétention, en fait, des étudiants
étrangers. D'une part, j'aimerais ça, si vous avez l'information, que vous nous
parliez un peu de l'évolution du profil des étudiants étrangers qui vont
à l'Université de Montréal. Est-ce qu'il y a certaines tendances qui se
dégagent? Est-ce qu'il y a eu des changements? Et est-ce que vous amenez ces étudiants étrangers à considérer l'idée de
rester, après leur programme d'études, de rester au Québec, donc, et, si oui, comment est-ce que ça se traduit puis
qu'est-ce qui semble être des éléments déterminants pour eux dans leur
décision de rester ou non?
M. Jutras (Daniel) : Écoutez,
je vais me charger du premier volet, puis je vais demander à Mme Amiraux,
peut-être, de se charger ce deuxième volet.
D'abord, en termes de
tendances ou d'évolution, vous avez lu les journaux ce matin comme moi, ce sont
des chiffres que l'on connaît, il y a une
augmentation extrêmement significative de la présence d'étudiants
internationaux au Québec. Ce n'est pas un phénomène proprement
québécois, là, c'est un phénomène de massification de la mobilité étudiante à
travers le monde et, je pense, de démocratisation aussi de la mobilité
étudiante à travers le monde, là, issue de
pays qui autrefois n'auraient pas envisagé l'hypothèse de venir au Québec, dans
notre cas, ou de s'établir à l'étranger.
Il y a une volonté
aussi, je pense, de soutenir une internationalisation de la recherche, ce qui
fait en sorte qu'il y a une mobilité de chercheurs, d'étudiants et d'étudiantes
dans les cycles supérieurs. Ce que l'on voit, donc, chez nous, c'est une augmentation significative, on voit les chiffres
des dernières années, une augmentation significative qui nous amène
autour de 50 000 étudiants, à peu près, 50 000 étudiants
internationaux qui s'installent au Québec.
Chez nous, je dirais,
sur le plan démographique, je l'ai mentionné en ouverture, il s'agit surtout
d'étudiants francophones, moitié à peu près de nos étudiants sont issus de la
France et de pays... en fait, un peu plus de la moitié, si on inclut les autres
pays francophones. C'est la France qui est, évidemment, la cohorte la plus...
qui nous fournit la cohorte la plus importante. On a beaucoup d'étudiants qui
sont issus du Maghreb aussi, évidemment, pour des motifs qui tiennent à ce
facteur linguistique. Il y a une émergence des pays de l'Amérique latine, je
dirais, aux dernières... au cours des
dernières années. Donc, vous parliez, dans les consultations, de pays
francotropes, voilà un exemple de lien que l'on peut établir.
Donc,
la tendance, je pense, elle est soutenue et elle est bénéfique pour le réseau
universitaire québécois, pour l'Université de Montréal.
Mme Amiraux
(Valérie) : Donc, pour répondre à la deuxième partie de votre
question, qui concernait la façon dont nous les incitons, éventuellement, à
rester au Québec, s'ils n'en ont pas l'idée dès le départ, j'aimerais commencer
par dire qu'un des premiers facteurs, me semble-t-il, à rappeler, c'est que le
projet des étudiants internationaux est un projet qui démarre longtemps avant
d'arriver sur le sol québécois. Donc, le rôle des universités, la nôtre s'en
préoccupe énormément, c'est de les accompagner dès que cette idée germe dans
leur esprit, que ce soit un projet individuel ou un projet de fratrie. Donc, on
a toute une série de services qui sont maintenant actifs, depuis février 2023,
qui ont à charge d'accompagner les étudiants individuellement dans les
démarches qui précèdent leur arrivée au Québec.
Le deuxième ensemble
de mesures, c'est de travailler de manière beaucoup plus fine que nous le
faisions peut-être, précédemment, sur les mesures d'accompagnement, à peine
arrivé au Québec, à Montréal en particulier. Donc,
ça, c'est, évidemment, toutes les séries d'activités qui visent à les
accueillir de manière idoine sur les campus mais aussi à les accompagner dans
l'acculturation pédagogique qui va être la leur, puisque l'arrivée sur un
campus comme le celui de l'Université de Montréal, c'est souvent, pour eux,
découvrir des manières d'enseigner, découvrir des manières d'apprendre
dont ils ne sont pas... ils ou elles ne sont pas familiers, familières. Donc,
tout ça, c'est quelque chose sur lequel on s'est énormément investis, depuis
les dernières années, en personnel, en mobilisation des étudiants, aussi, ambassadeurs. On utilise beaucoup le système du
mentorat par les étudiants qui sont passés par ces mêmes trajectoires.
Et
puis, troisième volet que j'aimerais porter à votre connaissance, c'est tout ce
qui concerne le développement de ce qu'on appelle, chez nous, les
apprentissages expérientiels, c'est-à-dire, dès les premiers mois du premier
cycle, hein, on n'attend pas la maîtrise ou
le doctorat, d'inciter les étudiants à s'engager dans des parcours qui les
immergent dans des activités de type communautaire, de type recherche, au plus
près de ce que nous faisons ici, au Québec, de sorte que la question, lorsqu'elle se pose de savoir où commencer mon
expérience professionnelle, peut plus naturellement se tourner vers
Montréal, la grande région, et l'ensemble du Québec.
Mme Fréchette : Merci.
Et est-ce qu'à votre connaissance l'accès facilité à la résidence permanente
fait partie des éléments qu'ils considèrent avant de choisir de venir au
Québec, plus particulièrement à l'Université de Montréal?
Mme Amiraux
(Valérie) : Alors, il faut rappeler que certains des étudiants
internationaux arrivent, c'est une minorité,
mais arrivent avec le statut de résident permanent, hein, il ne faut pas
complètement l'enlever. Donc, certains ont déjà le projet et s'imaginent
vivre ici avant même de commencer leurs études. Il est certain que la
facilitation de la résidence permanente, c'est un levier énorme pour garder les
talents dont nous avons appris à les connaître en les formant.
J'ajoute aussi que ces questions
administratives, je ne vous apprends rien, sont extrêmement stressantes et
anxiogènes pour les étudiants. Et là encore il y a des difficultés qui nous
sont externes à nous, universités. Mais, sur les campus, nous développons une
dextérité dans l'accompagnement sur tous les angles, le CAQ, les changements de
programme, les difficultés qui ont été évoquées précédemment aux douanes. On a
du personnel qui est là 24 sur 24 et qui répond aux appels pour accompagner les
étudiants qui rencontrent des difficultés.
Je n'ai pas mentionné, tout à l'heure, le fait
que nous avons aussi un souci d'apprentissage du français dans sa globalité,
c'est-à-dire du français comme langue de travail, langue de communication, mais
aussi de tout l'appareil culturel qui accompagne l'apprentissage d'une langue.
Donc, on s'est dotés d'une école de français qui a pour mission, sous forme de
cours crédités, non crédités, de jumelage entre étudiants qui mobilisent... qui
sont compétents dans différentes langues pour aider au plus près les étudiants
à franchir cette première barrière dont on sait qu'elle est importante et
qu'elle nous permet ensuite d'avoir une forme de familiarité et de loyauté de
ces étudiants vis-à-vis de nous comme institution et vis-à-vis du Québec comme
pays.
Mme Fréchette : Par
rapport à la connaissance du français, j'aimerais apporter une précision, là,
qui a fait l'objet de discussions tout à l'heure, juste pour clarifier un
élément, à l'effet que, dans la réforme du PEQ — Diplômés qu'on a annoncée en mai dernier,
donc, les étudiants issus de programmes francophones n'auront pas... ou qui ont
trois ans d'études en français, au lycée, au
secondaire ou au collège, n'auront pas à prouver qu'ils connaissent le français,
à moins que survienne un doute de la part du ministère. Donc, c'est dans
l'éventualité où il y aurait un doute que, là, il pourrait y avoir une preuve additionnelle qui soit demandée. Mais,
sinon, le fait d'avoir le diplôme comme tel suffira.
Donc, Mme la Présidente, je voudrais céder la
parole à des collègues.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien entendu. Alors, je me tourne du côté de la députée de
Vimont. Il vous reste 9 min 18 s.
Mme Schmaltz : Parfait, merci,
Mme la Présidente. Merci à vous de votre présence, c'est toujours bien
apprécié. L'Université de Montréal s'est exprimée à plusieurs reprises en
faveur des étudiants internationaux et de leur importance. Ils seront soit les
chercheurs, travailleurs qualifiés de demain, au Québec, soit ils deviendront,
dans leur pays, les ambassadeurs pour les universités et le Québec. À votre
avis, est-ce que la nouvelle mouture du PEQ — Diplômés vous paraît
suffisante pour contribuer à l'installation définitive de ces étudiants au
Québec?
M. Jutras (Daniel) : Je sais
qu'il ne faut pas que je touche au micro. J'ai failli! Je pense que oui, en
fait, c'est l'essentiel de notre mémoire, je
pense que les orientations qui sont proposées sont extrêmement positives, de notre
point de vue. Je pense qu'il est important aussi de retenir que, dans les
populations dont on parle, il faut distinguer les étudiants à statut temporaire
des étudiants qui, éventuellement, seront partie du PEQ et solliciteront un
statut de résident permanent, là. Parce que les chiffres, parfois, sont
confondus. On parle de très gros chiffres pour les étudiants, là, 50 000 étudiants internationaux, en ce moment,
au Québec; ce ne sont pas tous ces étudiants-là qui voudront, éventuellement, accéder à un statut de résident
permanent au Québec. Difficile de mesurer la proportion. On l'évoquait
tantôt, nous, on n'a pas de sondages, là, sur l'intention de ces étudiants...
Mme Schmaltz : C'est justement
le tiers, là, vos prédécesseurs ont parlé du tiers des étudiants qui s'étaient
montrés favorables. Vous, est-ce que vous pouvez entériner ça ou c'est
difficile?
M. Jutras (Daniel) : Non. Je
pense qu'on est au niveau anecdotique, je dirais, aux données. La mesure la
plus adéquate que l'on peut imaginer, c'est ce que l'on connaissait au PEQ, par
exemple, avant les modifications, par rapport au nombre total d'étudiants
internationaux qu'on a sur place. Donc, si on imagine à peu près 50 % puis
qu'on retourne à des chiffres autour de 5 000, 7 000,
8 000 candidats au PEQ, bien, on peut imaginer que c'est à peu près
entre 20 % à 30 %, je dirais, d'étudiants internationaux qui décident
de rester au Québec, dans une proportion plus importante, plus proche de
30 %, probablement, dans des universités francophones comme la nôtre, que
ce ne serait le cas dans d'autres universités. Alors, oui, je dirais que ce
facteur-là va être un facteur important.
Mais il faut garder à l'esprit, comme l'évoquait
Mme Amiraux il y a un moment, que les projets sont vraiment très
diversifiés, sont à géométrie très variable. Il y a des gens qui arrivent ici
avec le statut de résident permanent. Il y a
des gens qui viennent ici seulement pour une période courte, parce qu'ils
souhaitent participer à la vie universitaire, à la recherche, et recevoir une
formation, puis repartir ensuite dans leur pays ou ailleurs pour contribuer
à ce qui est requis dans leurs espaces. Puis on est sensibles à cette
réalité-là aussi, à la fois, comme vous l'évoquiez dans votre question, parce
que ces gens-là deviennent des ambassadeurs du Québec, des ambassadeurs du
savoir québécois, mais aussi parce qu'on a la responsabilité de ne pas vider
ces pays-là des énergies vives, là, qui peuvent contribuer à l'essor de pays en
développement. Donc, il faut un équilibre entre ces éléments-là. Mais,
évidemment, nous, on les accueille très favorablement, quel que soit leur
projet.
• (12 h 20) •
Mme Amiraux
(Valérie) : Juste pour, peut-être, rajouter le fait que les deux
conditions, hein, qui ont été retirées, donc l'exigence d'avoir un emploi au
moment du dépôt de sa demande et puis celle de l'expérience de travail de
12 mois avant de pouvoir la présenter, sont clairement deux éléments qui
vont beaucoup alléger le fardeau du processus qui pèse sur les étudiants
internationaux et qui vont probablement les inciter à se projeter de manière
peut-être plus fluide et plus rapide.
Mme Schmaltz : C'est sûr que
qui dit étudiant dit aussi intégration, éventuellement, sur le marché du
travail. J'aimerais vous entendre, justement, sur les propositions et les
actions que nous proposons à ce sujet. Comment vous pouvez peut-être contribuer
d'une certaine façon?
Mme Amiraux (Valérie) : Alors,
sur la question, je mentionnais tout à l'heure les expériences, le fait de
faire goûter aux étudiants internationaux, au plus tôt de leur formation, à une
expérience en lien avec leur secteur disciplinaire, quel qu'il soit. Et là je
parle pour l'ensemble des 13 facultés qui composent l'Université de
Montréal, donc j'inclus aussi les secteurs de la santé, j'inclus les secteurs
des sciences naturelles, des sciences humaines et sociales, etc., du droit. Donc,
l'ensemble de ces initiatives qu'on a mises en place et qui sont massivement
suivies par nos unités de formation, elles ont vocation précisément à permettre
à des étudiants, étudiantes de se confronter à une expérience professionnelle, quand bien même cela ne se fait que sous
forme de quelques heures dans un laboratoire, sous la forme d'un
bénévolat dans un organisme communautaire. On le reconnaît et on les accompagne
aussi par toute une série d'initiatives dans plein de départements, sous forme
de mentorat. Le mentorat, il est exercé par des professionnels, des gens en
exercice, des gens peut-être comme vous, dans cette salle, qui ont pu être
sollicités par nos professeurs pour
développer ces activités de mentorat qui sont extrêmement demandées et de vrais
succès. Je pense à l'initiative du Département de science politique, qui
me vient en tête, qui est très... couronnée de succès.
Et puis on a aussi développé un projet qui
s'appelle Millénium, qui est un projet qu'on a pu développer grâce à des soutiens philanthropiques, qui nous permet
aussi de soutenir des étudiants, dont des étudiants internationaux, qui
peuvent se projeter comme acteurs et fondateurs d'entreprises. Donc, ce sont
des activités qui vont de la formation au b. a.-ba de l'entrepreneuriat et qui
ensuite les accompagnent pas à pas vers leur projet, que ce projet fonctionne
ou que ce projet ne fonctionne pas, puisqu'on a toujours tendance à parler de
choses qui se passent très, très bien, mais évidemment il y a parfois des
changements de trajectoire. Et la nouvelle mouture du PEQ me semble aussi très
généreuse sur ces changements de trajectoire, et c'est ça qui nous intéresse,
comme université, d'être capables aussi d'accompagner nos étudiants dans leur
changement d'orientation et dans leur changement de projet de vie, surtout
quand ils sont à des milliers de kilomètres de chez eux.
Mme Schmaltz : On parle... On
soulève des points importants, comme vous le mentionnez, mais par contre il y a aussi tout ce qui est mobilité, tout ce qui
est logement. Est-ce que vous êtes, j'imagine, confrontés, comme tout le
monde, aussi, à une certaine pénurie? Ou
encore est-ce qu'il y a des projets derrière ça? Est-ce que vous avez une
vision pour aider?
M. Jutras (Daniel) : Oui.
Écoutez, je ne vous apprendrai rien en vous disant que la situation est
variable à travers le Québec. Là, nous, on est en région métropolitaine, c'est
moins la disponibilité de logements, dans notre environnement, que le coût du
logement qui est un enjeu significatif. Ce n'est pas une idée absolument
géniale, vous avez certainement entendu cette préoccupation-là.
En termes de
disponibilité de logements, M. Cloutier a évoqué tout à l'heure, mon
collègue, le projet d'Ivanhoé Cambridge, pour lequel on est très
enthousiastes, je pense, et qui ajouterait, si tout va bien, à peu près
1 000 logements, 1 000 logements à configurations
différentes. Parce que ce dont on se rend compte, en ce moment, c'est que le concept de résidence dans sa forme
traditionnelle, là, une chambre avec des espaces sanitaires partagés au
même étage, ça ne convient pas pour la majorité des étudiants, maintenant, qui
ont des parcours différents. Plusieurs sont plus vieux que ce qu'on imagine.
Mme Schmaltz : ...quelque chose
de plus privé?
M. Jutras (Daniel) : Il faut
des appartements, je pense...
Mme Schmaltz : Des
appartements. OK.
M. Jutras (Daniel) : ...dans
plusieurs cas, puis des appartements de tailles différentes. Il y a des
étudiants internationaux, en particulier, qui arrivent avec des familles, avec
des enfants. Donc, il va falloir tenir compte de ça, d'une part, dans la
reconfiguration des espaces.
On a des enjeux de rénovation, parce que nos
résidences sont de vieilles résidences, elles datent des années 60, 70, et donc on a plusieurs
millions de dollars de rénovations à investir là-dedans. Mais je dirais que
l'enjeu principal pour nous, c'est de s'assurer que les programmes
d'accès à des logements abordables soient adaptés aux besoins des étudiants.
Chez nous, on
a, pour vous donner un ordre de grandeur, là, 1 100 résidences
étudiantes et qui sont pour le bénéfice non seulement de l'Université de
Montréal, mais de HEC et de Polytechnique aussi, donc
70 000 étudiants. Alors, bon an mal an, on parvient à répondre
à la demande, mais difficilement. Cette année, on a deux fois plus de personnes
sur la liste
d'attente, là. Il y a 2 000 personnes sur la liste d'attente,
actuellement, pour 1 000 logements qui sont déjà comblés.
Alors, ça roule, évidemment, c'est un parc immobilier qui roule un peu.
Mme Schmaltz : Qui gère ça?
C'est... Comment vous gérez ça?
M. Jutras (Daniel) : L'université
gère ce flot-là. Ce qu'on constate, et on en voit la démonstration depuis
quelque temps, c'est que les étudiants, normalement, qui quittaient les
résidences étudiantes, maintenant, s'installent à demeure dans les résidences
étudiantes. Nos résidences, elles sont 450 $, je pense, autour de ça, par
mois, là, c'est vraiment un tarif très avantageux. Évidemment, c'est la formule
traditionnelle, pour la plupart des résidences dont on parle, d'un logement
avec des installations sanitaires sur l'étage, donc ça ne convient pas à tout
le monde. Mais ça devient vraiment
extrêmement difficile pour nous d'utiliser cet espace-là de résidence
universitaire pour accommoder, en particulier, les étudiants
internationaux. Alors, je pense qu'il va falloir réfléchir aussi à des mesures
particulières, dans le contexte d'accès aux logements abordables, logements
sociaux, qui toucheraient les populations étudiantes.
Mme Schmaltz : J'imagine que
vous en avez déjà quelques-unes qui doivent commencer à émerger, ou non? Vous
êtes encore aux balbutiements?
M. Jutras
(Daniel) : Je vais prendre pendant une seconde mon chapeau de
président du Bureau de coopération interuniversitaire, là.
Mme Schmaltz : Allez-y.
M. Jutras (Daniel) : Ces
représentations-là sont faites depuis quelque temps déjà, puis on a, je pense,
des échos très favorables du côté du MES.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je dois vous arrêter. Je dois vous arrêter, la période
impartie au gouvernement est terminée. Mais on va poursuivre avec l'opposition
officielle pour une période de 9 min 54 s.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Je vais prendre quelques secondes pour vous remercier pour...
Écoutez, c'est presque un mois, j'ai eu l'immense honneur de recevoir mon
doctorat à l'université. Vous étiez là, une magnifique cérémonie. Ça va rester
toujours gravé...
M. Jutras (Daniel) : On vous en
félicite, M. le député.
M. Derraji : Merci beaucoup.
C'était... Ça va rester toujours gravé dans ma mémoire. Et je voulais vous
remercier pour les trois doctorats honoris causa. Ça a été trois profils, mes
enfants étaient là, de voir une artiste, un économiste et un pédiatre qui
collaborent avec notre université, je vous en félicite, parce que c'est ça,
l'appui qu'on peut donner à nos étudiants qui choisissent l'Université de
Montréal. Donc, bravo, encore une fois. C'est une petite note personnelle,
chers collègues, désolé. On va revenir au sujet de notre échange.
Je veux citer votre mémoire : «Par le biais
de ce programme...» On parle du PEQ : «Depuis, le nombre de personnes
diplômées admises à la résidence permanente par le biais de ce programme a
chuté de façon importante, souvent au bénéfice d'autres provinces, passant
d'une moyenne de 5 800, en 2020, juste avant la réforme, 2021, à
1 445, 2022.» Je ne veux pas faire un débat du passé, vous étiez là, vous
avez vu la question que j'ai posée. Et je ne veux pas vous ramener sur un
terrain politique, vous ne faites pas de la politique. Moi, j'ai choisi de
faire de la politique. Mais ce que je vois,
c'est au-delà de 4 400 étudiants que, presque, nous avons perdus. Et
ce qui me chicote, encore une fois,
c'est... J'ai eu des cas qu'ils ont choisi de partir à l'Université d'Ottawa,
d'autres au Nouveau-Brunswick, d'autres dans d'autres provinces
canadiennes.
Je ne veux
juste pas réécrire l'histoire, mais, pour ne pas qu'on tombe, encore une fois,
dans des réformes où on n'écoute pas
les acteurs du milieu, pensez-vous qu'aujourd'hui, avec la réforme actuelle,
vous avez les outils nécessaires pour garder les étudiants étrangers au
Québec?
M. Jutras (Daniel) : Encore une
fois, la réponse est oui, elle est affirmative, elle est positive. Je pense que
la levée des conditions qui étaient imposées
va avoir un effet sur les candidatures. Je reviens à ce que j'évoquais tantôt,
là, on ne parle pas de l'ensemble des étudiants internationaux qui aspirent à
venir au Québec et qui pourraient être motivés par le désir de s'installer à demeure au Québec. Il y en a beaucoup. On
n'a pas de chiffres convaincants ou, en tout cas, fondés sur des études scientifiques qui nous
donneraient confiance, mais on sait qu'il y a une proportion importante de
ces gens-là qui vont vouloir s'y installer.
Et il y a un
autre groupe d'étudiants qui viennent ici pour, je pense, profiter de
l'excellence de nos universités, que vous évoquez vous-même, là, avec votre
commentaire plus personnel sur votre propre statut. Nos universités, au
Québec, sont extrêmement attractives. Je parle de l'Université de Montréal,
mais je parle de l'ensemble du réseau. Le
niveau de qualité de formation est extrêmement élevé, on peut en être très,
très fiers, à l'échelle du réseau universitaire — là,
encore une fois, je porte un peu mon chapeau de président du BCI. Et je pense
que cette mesure de lever certaines des exigences qui étaient imposées dans la
formule du PEQ que l'on a connu ces dernières années va faire une différence.
Ceci dit, ce n'est pas facile de
trouver les éléments ou de préciser le lien causal entre les différentes
interventions. On a quand même été au milieu d'une pandémie. Je ne peux pas
mesurer quel est l'effet de la pandémie sur, par exemple, la décision de
ces personnes de solliciter le PEQ ou non. Il y a des facteurs comme celui-là
sur lesquels on n'a pas vraiment de données et qui ne permettent pas de tirer
des conclusions précises.
• (12 h 30) •
M. Derraji :
OK. Excellent. Je vais revenir aussi sur la question d'intégration. Merci
pour l'exposé de ce que l'université fait. Je tiens juste à seconder le
mentorat. L'école où j'ai gradué, l'École de santé publique, il y a un programme de mentorat, et on a beaucoup
d'étudiants internationaux, des médecins, qui viennent de l'Afrique, pas mal de
l'Amérique latine aussi, mais même de l'Europe. Et juste vous dire jusqu'à quel
point le mentorat est important, parce que l'Unité de santé
internationale, l'USI, à l'Université de Montréal, qui a des mandats un peu
partout dans le monde, bien, c'est grâce à ce mentorat que l'université rayonne
et les experts québécois rayonnent à l'international.
Et là ça me ramène à
vous poser une question. On parle beaucoup de mesures de francisation et
d'intégration. L'université contribue avec une main-d'oeuvre très qualifiée. Je
prends deux secteurs où l'État, maintenant, part à l'étranger pour faire des missions économiques pour ramener des
travailleurs, deux secteurs : santé et éducation. Pensez-vous que
c'est le moment que le gouvernement appuie les efforts de l'université? Parce
que, là, je pense que c'est vos fonds
propres, vous payez avec les fonds propres de l'université tous ces programmes
d'accompagnement de ces étudiants. Ou bien pensez-vous que le MIFI, dans
ses efforts d'intégration, peut aider ou doit aider l'université?
M. Jutras
(Daniel) : Bien, écoutez, le financement des universités vient, dans
sa très grande proportion, des enveloppes du Québec, hein? Les fonds de
fonctionnement viennent du Québec. À ma connaissance, il n'y a pas de fonds
désignés, à moins que... Ma collègue... Je pense, sous le contrôle de ma
collègue, il n'y a pas de fonds désignés qui
visent l'intégration. On arrive à les soutenir. Les programmes que l'on a mis
en place sont efficaces. Il y a toujours de la place pour amélioration.
Je pense qu'on peut faire... qu'on peut faire un peu plus.
Je signale, au
passage, que, dans la réflexion sur le financement des universités, l'ensemble
des universités québécoises ont déposé des mémoires ces dernières années qui
suggèrent qu'il y a encore un rattrapage à faire dans le financement global des universités. On a eu un soutien qui est très
apprécié du gouvernement du Québec ces dernières années. On a vu un accroissement de l'enveloppe puis on souhaite que ça
continue. Les représentations budgétaires vont aller dans la même
direction.
Et
ce que vous évoquez, cet effort de soutenir l'intégration, est significatif
parce qu'il contribue à la diplomation et à la persévérance des
étudiants, qui est un facteur central pour nous. C'est ça, notre mission, en
fait.
M. Derraji : Bien,
surtout qu'on vit une crise de main-d'oeuvre. Et on le voit, ça frappe les
services publics. Et vous l'avez très bien mentionné, ce n'est pas tous les
étudiants internationaux qui veulent rester au Québec, là. C'est utopique de
penser qu'on va atteindre du 30 %, du 40 %. Ça n'arrivera jamais,
presque, au moins à court terme. On l'espère, parce que c'est triste de laisser
partir des jeunes diplômés francophones qui ont étudié dans nos universités,
sachant la pénurie, que ce soit au niveau... vous dites à Montréal, mais aussi
à travers... à travers le Québec. Et c'est là où je vous envoie, encore une
fois, où je vous renvoie, encore une fois, la balle, et je sais que vous êtes
en négociation par rapport au financement. La mission de l'université, ce n'est
pas faire l'intégration. Ce que vous faites avec vos programmes de mentorat est
extrêmement pertinent. Mais pensez-vous que le ministère du MIFI, qui est
responsable, peut, via des programmes d'intégration, vous accompagner?
Mme Amiraux
(Valérie) : Bien, je reprendrais les mots du recteur en disant qu'il y
a toujours marge d'amélioration. On peut toujours mieux faire. Et le plus on
nous soutient financièrement, le mieux on fera.
Mais ce n'est pas la
seule partie de ma réponse, là. Je voulais quand même revenir sur le fait que
les étudiants internationaux, hein, c'est une catégorie, vous le savez, qui est
très, très complexe, faite de variété de profils,
d'origines, etc. Une fois qu'ils sont sur nos campus, on ne les traite pas
différemment. C'est-à-dire que l'objectif, c'est que l'étudiant
international devienne un étudiant et que lorsque des particularités, des
spécificités...
Je vais vous donner
un exemple, là. Il y a eu un séisme terrible au Maroc. On a eu, évidemment, un
message à destination des étudiants issus du Maroc. On a aussi veillé à ce
qu'il y ait une cellule de soutien qui puisse être mobilisée pour... Donc, je
dirais que la spécificité de l'étudiant international, elle est, une fois qu'il
est ici, très liée à son statut administratif, bien sûr, mais, sur le plan de
la réussite, sur le plan du soutien et de la participation à la vie du campus,
ce sont nos étudiants comme d'autres. Donc, j'aimerais qu'on ait ça en tête quand
on nous entend parler des étudiants internationaux. Le terme d'intégration est
peut-être un petit peu...
M. Derraji : Mais
je ne parle pas de l'intégration à l'intérieur de l'université, je parle de
l'intégration par la suite, parce qu'on veut aller avec le PEQ — Diplômés.
Si on veut aller dans ce sens, on veut les garder.
Mme Amiraux
(Valérie) : Absolument.
M. Derraji :
Mais on veut même les ramener en région. Et c'est là où je me dis :
Écoutez, on a une mine d'or de jeunes qui
ont étudié dans notre université francophone, mais on veut les garder. Pas
uniquement à l'intérieur de l'université
qui me préoccupe. J'en suis sûr et certain, que, je l'ai vécu moi-même, c'est
excellent, l'accompagnement. Il n'y a
aucune différence, peu importe le statut de l'étudiant. Mais je parle à
l'extérieur. Quand j'ai un marché de travail, surtout dans le secteur
public, qui souffre, c'est là où les gens ont besoin d'être accompagnés. Donc,
est-ce que, l'université, via le service de placement, d'accompagnement, vous
voyez l'opportunité?
Mme
Amiraux (Valérie) : Le service de placement, c'est quelque chose sur
lequel on travaille, on travaille depuis deux ans, parce que c'est clairement
un dossier sur lequel on peut... on peut s'améliorer de manière drastique.
J'ai parlé, tout à
l'heure, du projet Millénium, pour ceux qui se sentent une vocation
d'entrepreneuriat, quel que soit le secteur.
Il y a énormément de choses qu'on pourrait faire, évidemment, et qu'on pourrait
de nouveau améliorer avec des soutiens qui pourraient... pourraient
venir nous aider.
M. Derraji : Excellent.
Merci beaucoup. Revenons aux barrières. Vous avez entendu ma question tout à l'heure sur le visa de permis d'études, «je
m'engage à revenir chez moi». J'ai entendu le Bureau de coopération
interuniversitaire. C'était dans le passé. Est-ce que c'est quelque
chose que vous avez sur la table encore?
Mme Amiraux
(Valérie) : Alors, concrètement, je pense que les personnes qui sont
dans cette salle le savent très bien... Et j'en profite pour remercier la
ministre Fréchette de son aide dans l'accompagnement sur les discussions avec
les autres paliers de gouvernement qui est extrêmement précieux. Merci
beaucoup. Vous savez qu'on est confrontés à énormément de difficultés de tous
ordres. Vous mentionnez les critères, qui sont des critères inadéquats pour certaines personnes. On peut aussi
mentionner l'arbitraire, évidemment, de certains agents frontaliers, on
peut... mais ça, c'est quelque chose avec lesquels on travaille au quotidien.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) :
Merci beaucoup.
M. Derraji : Merci.
Mme Amiraux
(Valérie) : Je vous en prie.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Je suis la maîtresse du temps.
Mme Amiraux
(Valérie) : Oui. C'est terrible.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Alors,
je poursuis avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne pour une période de
3 min 18 s. Le micro est à vous.
M.
Cliche-Rivard : Merci beaucoup. Juste pour commencer, là, pour les
gens qui nous écoutent, parce que Mme la
ministre a dit quelque chose de très important, le projet de règlement pour le
nouveau PEQ ajoute une nouvelle obligation d'avoir une connaissance du
français écrit de niveau 5 dans le PEQ — Diplômés, ce qui, je
présumais, se démontrait par un test. Mais je comprends de votre commentaire
qu'un test va être uniquement demandé dans des conditions spécifiques si un
doute existe sur le niveau de français. Et donc, pour les gens qui écoutent, ce
ne sera pas nécessaire au dépôt du dossier.
Donc, c'est une clarification très importante. Merci de l'avoir apporté, c'est
très apprécié.
Je
reviens vers vous. Les universités du Québec, l'Université du Québec nous a
parlé d'inclure le DESS comme qualification au PEQ. Est-ce que vous êtes
d'accord?
M. Jutras
(Daniel) : Moi, je dirais : Pourquoi pas?
M.
Cliche-Rivard : Pourquoi pas?
M. Jutras
(Daniel) : Je pense que c'est une bonne idée, oui.
M.
Cliche-Rivard : On parle du temps d'attente aussi, hein, qui est un
facteur comparatif ou un élément comparatif
entre les provinces. La ministre nous parle d'admissions en continu. Bon,
finalement, ce que je comprends, moi, c'est plutôt une sélection en
continu, parce que les admissions vont relever du gouvernement fédéral, c'est
le gouvernement fédéral qui émet la résidence avec les cibles que fixe le
Québec. Ce que je comprends, par contre, c'est qu'une fois un CSQ émis, bien
qu'il est émis tout de suite, donc la sélection est faite, on se retrouve dans
un dossier complet ou dans toutes les
demandes de travailleurs qualifiés du Québec. Donc, les demandes de CSQ PEQ
vont aller rejoindre celles des CSQ
travailleurs et celles des CSQ travailleurs qualifiés dans le grand bassin
qu'est l'immigration économique du
Québec. Donc, comment on fait pour s'assurer, finalement... Parce que, là, nos
délais de traitement sont à 17 mois pour les travailleurs qualifiés
Québec... au Québec, cinq mois pour les autres provinces canadiennes. Donc, je comprends que la sélection va se faire
rapidement. Mais comment est-ce qu'on peut pousser et garder notre avantage comparatif
au niveau de l'admission?
Mme Amiraux
(Valérie) : C'est une question difficile parce que ce n'est pas une
question sur laquelle nous avons une marge
d'action quelconque. Ce qu'on peut aider, c'est éventuellement, nos étudiants,
à parfaitement préparer leurs dossiers. Mais vous avez... vous avez très
bien décrit la situation à laquelle on est confrontés, de toute façon, sur ces
questions-là. Le délai de traitement administratif, les universités ont peu de
marges de manoeuvre sur... sur cet enjeu.
M. Cliche-Rivard :
Donc, ce n'est pas parce qu'on sélectionne en continu dans le PEQ qu'on
vient ouvrir grande la porte de la fin de l'intérêt de l'Ontario ou des autres
provinces, parce que, les délais tel qu'affiché, malgré qu'on va donner un CSQ
plus vite, malheureusement, les gens ne seront pas admis résidents permanents
plus vite.
Mme Amiraux
(Valérie) : Nous ne sommes pas dans la tête de la personne qui fait
son projet. Et je vais me permettre d'être un peu personnelle, je viens de le
conclure moi-même, c'est extrêmement long. Mais les délais sont quand même de durée bien moindre qu'ils n'étaient
il y a encore deux, trois ans. On est revenus à la normale prépandémique
pour la plupart des catégories. Le fait de se projeter... Là, on rentre dans
des enjeux plus de sciences sociales, mais le fait
de se projet comme... projeter comme citoyen d'un pays qui n'est pas le sien,
c'est quelque chose qu'on souhaite faire quoiqu'il advienne. Donc, une
fois que le CSQ est accordé, je dirais, la première porte est franchie. Cette
première étape, elle est salutaire. Elle est
salutaire parce que ça signifie que l'endroit immédiat, l'endroit de votre vie
relationnelle, de votre vie affective vous a dit oui.
M. Cliche-Rivard : Je comprends,
mais est-ce qu'on devrait exiger que le PEQ soit traité tout de suite en
admission? Est-ce qu'on devrait le demander?
Mme
Amiraux (Valérie) : Je pense que ce n'est pas à nous de répondre sur
sur cette question-là. Ce qui importe, pour nous, c'est que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est terminé. C'est terminé. Votre réponse était claire.
Alors, on termine avec le député de Matane-Matapédia
pour une période, également, de 3 min 18 s. Le micro est à vous.
• (12 h 40) •
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue à l'Assemblée nationale. Tout à l'heure, je questionnais
le réseau UQ sur le nombre de places d'hébergement, en particulier pour l'Université
du Québec à Rimouski. J'ai cru comprendre
que vous avez le même enjeu à l'Université
de Montréal. À combien évaluez-vous
le nombre d'étudiants internationaux que vous devez refuser faute
d'hébergement?
M. Jutras
(Daniel) : Je dirais, d'entrée de jeu, que la nature du
problème, comme je l'évoquais tantôt, est différente à Rimouski, pour
prendre l'exemple que vous évoquez, et à Montréal. À Rimouski, c'est vraiment
la disponibilité des logements, où c'est le
taux d'occupation qui est extrêmement élevé, le taux d'inoccupation qui
souffre... À Montréal, je pense que
les logements sont disponibles, mais ils sont trop coûteux. Nous, je ne sais
pas si on peut chiffrer précisément le nombre de personnes que l'on doit
refuser. Je ne pense pas qu'on les refuse. On fait les efforts requis pour les loger. En général, on y arrive, on a des systèmes
d'appoint qui sont significatifs, un soutien aux étudiants dans la recherche
de logement, et on y arrive, mais c'est le coût qui est un enjeu extrêmement
important. Alors là, on entre dans des ramifications qui sortent du cadre de la
conversation ici pour entrer sur le terrain de l'aide financière aux
étudiants...
M. Bérubé : C'est voulu.
M. Jutras
(Daniel) : ...et je ne peux pas chiffrer cette dimension-là.
Je ne pense pas que des étudiants reportent leurs projets chez nous en
raison de l'absence de logements.
M. Bérubé : Très bien. Alors, si je
vous suggère que... davantage de résidences étudiantes? Je crois que vous avez
dit que vous en avez 1 100, à peu près?
M. Jutras (Daniel) : Oui.
M. Bérubé : Avez-vous un projet
présentement qui a été présenté au gouvernement du Québec?
M. Jutras (Daniel) : Pour construire
de nouvelles résidences?
M. Bérubé : Oui.
M. Jutras (Daniel) : On n'a pas de
terrain pour faire ça, hein? En région métropolitaine, la réserve foncière de l'Université
de Montréal, elle est consacrée au...
l'espace académique dont on a besoin. Donc, il n'y a pas de terrain sur
lequel on pourrait construire de nouvelles résidences. On a des résidences à
rénover, je l'évoquais dans mon propos tantôt, là. Les tours que vous
connaissez sur l'avenue Édouard-Montpetit, elles sont en très grand besoin de
rénovations. Mais on n'a pas de projet de construction.
M. Bérubé : Ça fait qu'il n'y a pas
de... Vous n'avez pas proposé le Royal Vic non plus à l'époque?
M. Jutras (Daniel) : On n'a pas
proposé le Royal Vic...
M. Bérubé : C'était déjà... C'était
déjà réservé.
M. Jutras (Daniel) : ...puis on a
tout récemment rencontré des gens chez Ivanhoé Cambridge pour appuyer leur
projet et les conseiller au mieux, parce qu'effectivement il va falloir tenir
compte de la nature des besoins précis des populations dont on parle.
M. Bérubé : Je
dis ça parce qu'on a eu le débat ici. Je comprends que ça avait été réservé à McGill,
quoique je pense que vous auriez pu faire une proposition.
Est-ce qu'il y a un élément que vous n'avez pas
pu aborder que vous aimeriez aborder, avec le peu de temps qu'il nous reste?
M. Jutras (Daniel) : Non.
M. Bérubé : Un enjeu plus pointu?
Une préoccupation qui n'a pas été abordée? Libre à vous.
Mme Amiraux (Valérie) : Ce n'est pas
un enjeu. Là, je me tourne... merci beaucoup de la question, de la possibilité
d'essayer de gagner un peu de temps, Mme la ministre, de vous inviter à
continuer à nous aider dans le parcours du
combattant auprès d'IRCC. Il y a actuellement toute une réflexion sur les
cadres de confiance et d'institutions de
confiance. On est à pied d'oeuvre à l'université, avec nos collègues des autres
universités, mais le soutien du palier québécois est essentiel pour la réussite
de nos étudiants internationaux et leur accès au territoire. Donc, merci de ne
pas nous oublier.
M. Jutras (Daniel) : Merci beaucoup
du temps que vous nous avez consacré.
M. Bérubé : Merci. Merci à vous.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Mesdames, messieurs,
merci beaucoup pour l'apport à nos travaux.
Sur ces bons mots, je suspends jusqu'à... les
travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 43)
(Reprise à 15 h 01)
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
des relations avec les citoyens reprend ses travaux, effectivement.
Alors, aujourd'hui, en après-midi, nous recevons
l'École de technologie supérieure. Alors, bonjour, mesdames, bonjour, monsieur. Je vais vous laisser vous
présenter. Vous allez ensuite bénéficier d'une période de 10 minutes pour exposer votre mémoire, les grandes lignes de votre
mémoire. Va suivre ensuite un débat... un débat, plutôt des discussions,
des périodes de questions avec les parlementaires. Alors, à vous la parole.
École de technologie
supérieure (ETS)
Mme
Bouthillette (Annie) : Bonjour, Mme le Ministre. Bonjour, membres de la
commission. Donc, nous sommes très heureux d'être ici pour représenter
l'École de technologie supérieure.
Donc, je me présente, Annie Bouthillette,
directrice exécutive des relations institutionnelles à la direction générale de
l'école. Je suis accompagnée de...
M.
D'Etcheverry (Jean-Alexandre) : Jean-Alexandre D'Etcheverry, directeur, Affaires
publiques et relations gouvernementales. Merci beaucoup de l'invitation.
Mme Thélusma (Fréda) : Et Fréda
Thélusma, directrice du service des relations internationales à l'école.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À vous.
Mme Bouthillette (Annie) : C'est à
nous?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, allez-y.
Mme
Bouthillette (Annie) : D'accord. Donc, je n'ai pas appris le texte par
coeur, donc je vais vous le lire, mais évidemment tout cela est très,
très senti.
Tout d'abord, bien, merci de nous donner
l'opportunité de partager notre point de vue et aussi nos humbles
recommandations dans le cadre de l'actuelle réflexion du gouvernement sur la
planification de l'immigration au Québec.
Nous en profiterons pour vous aiguiller sur certaines pistes structurantes et
surtout de démontrer la contribution significative de l'École de
technologie supérieure aux enjeux de main-d'oeuvre et de francisation, et ce, à
travers le prisme de notre mission, notre mission unique qui est le
développement économique et technologique du Québec.
Considérant le rôle central que jouent les
universités en matière d'accueil, d'intégration, de francisation, évidemment,
de formation des étudiantes et étudiants internationaux, nous considérons qu'il
est plus que temps de reconnaître et de définir le rôle primordial des
étudiantes et étudiants internationaux au sein de notre société. Aussi, à
l'instar des préoccupations de M. Legault, il est important d'évaluer,
voire de bonifier notre capacité non seulement d'attraction,
mais aussi d'accueil, d'intégration, de francisation et de rétention — et,
vous verrez, le modèle de l'ETS permet une rétention assez exceptionnelle des
étudiants vers le rôle de travailleur et travailleuse — les
universités étant, comme vous le savez, un vecteur incontournable en toutes ces
matières.
Les efforts de l'ETS
pour attirer et former des talents internationaux qualifiés et engagés
s'inscrivent dans une vision beaucoup plus large de contribution de l'école et
de ses étudiants à l'innovation technologique et au dynamisme économique du Québec. Les talents qui choisissent le Québec
puis, ensuite, l'ETS bénéficient d'une formation axée sur la pratique qui est
inspirée des réels besoins de l'industrie. Vous n'êtes pas sans savoir la
proximité que nous avons avec les industries, près de
5 000 entreprises au Québec. Et les stages en entreprise que nous
offrons dès la première année d'études font
en sorte qu'il y a un cadre académique et de recherche extrêmement dynamique
qui favorise l'innovation technologique et aussi l'entrepreneuriat via
le Centech, évidemment.
Qui sommes nous,
l'ETS? Pour ceux qui ne nous connaissent pas, je dis souvent que nous sommes un
secret bien gardé. Donc, nous avons été
créés par le gouvernement du Québec, donc nous sommes votre école de technologie
supérieure, il y a de cela bientôt
50 ans. L'année prochaine, nous aurons le bonheur de célébrer cet
anniversaire. Nous avons été créés, justement, dans l'optique de maximiser
l'accessibilité aux études des francophones et nous sommes une
institution phare du réseau de l'Université du Québec. Spécialisée en génie et
en ingénierie d'application, l'ETS forme
25 % des ingénieurs au Québec, et nous sommes la deuxième université
canadienne en matière de diplomation, tout de suite après Waterloo. Sur
une population totale de plus de 11 000 étudiants, 33 % de notre
effectif provient de l'international, et, aux cycles supérieurs, c'est
74 %. Donc, il n'est pas faux de dire que nous sommes une université
internationale.
J'aimerais
insister sur notre modèle coopératif... d'enseignement coopératif, pardon,
notre proximité reconnue, dont je
vous ai parlé, avec l'industrie, la formation par stages dès la première année,
qui contribue à créer une dynamique facilitant
la connexion rapide entre le marché du travail et ainsi que l'acquisition
d'assises solides pour un établissement à long terme. D'ailleurs,
j'aimerais prendre un moment pour vous parler de la rétention chez nous. Donc,
c'est 89 % des étudiants français qui demeurent chez nous suite à leurs
études et c'est 68 % qui vont le rester après un premier emploi. C'est, je
crois, un des meilleurs taux de rétention au Québec.
Tout d'abord, je vais
souligner un extrait de votre cahier de consultations puis ensuite détailler un
peu nos recommandations.
Donc, comme il y
était stipulé, les orientations du gouvernement en matière de planification de
l'immigration dans les limites de la
capacité d'accueil, dont nous parlions il y a quelques instants, la sélection
des étudiants étrangers est encouragée car elle contribue au rayonnement
et au développement des universités et des collèges québécois par
l'accroissement de contacts internationaux. Par ailleurs, il est relevé que
certains étudiants pourraient devenir des candidats
à l'immigration permanente et contribuer à la vie culturelle, sociale et
économique du Québec. Ils constituent de surcroît un bassin de
main-d'oeuvre inestimable.
Du
côté de l'ETS, évidemment, nous y voyons une opportunité commune, soit le
renforcement du recrutement international
de talents, avec l'aide du gouvernement. Nous sommes, effectivement, en accord
avec le fait qu'au Québec l'immigration constitue un apport économique, certes,
mais aussi un bassin de main-d'oeuvre qui nous permettra de combler des
besoins dans certains secteurs stratégiques et à long terme. En effet, quand on
regarde les projections, sur 10 ans,
des étudiantes et étudiants qui gradueront du collégial au Québec, force est de
constater que la démographie locale ne suffira pas aux besoins de
main-d'oeuvre actuels et encore moins futurs.
De
plus, puisqu'il s'agit d'un phénomène mondial, le Québec n'échappe pas à la
véritable course mondialisée aux
talents. L'attraction et la formation d'étudiants permettent donc d'augmenter
le bassin de travailleuses et de travailleurs qualifiés et engagés, mais
aussi de diversifier les compétences nécessaires et demandées par l'industrie,
en particulier en génie et en technologie, en constante évolution. Pour l'ETS,
le modèle proche de l'industrie place nos jeunes au sein même d'un rythme
effréné de développements technologiques et des besoins de nos entreprises.
Nous croyons donc
qu'il serait profitable que le gouvernement amplifie les efforts individuels
des universités en matière de recrutement de talents à l'international. En
bref, l'ETS recommande une politique proactive et un investissement récurrent
visant à renforcer sur la scène internationale et dans les marchés les plus
prometteurs le positionnement et l'attractivité du Québec et de son offre
d'éducation aux études supérieures.
Dans un deuxième
ordre d'idées, dans le cahier de consultation, les orientations
gouvernementales stipulent que, malgré le manque de main-d'oeuvre constaté dans
plusieurs domaines, une augmentation annuelle de niveau d'immigration ne doit
pas entrer en conflit avec notre capacité d'accueil et d'intégration en
français au Québec. Le passage des étudiants et étudiantes au statut de
résident permanent ne devrait donc pas engendrer de pression supplémentaire sur les services publics qui leur
sont offerts. Nous souhaitons donc encourager l'optimisation des voies
d'accès au Programme de l'expérience québécoise.
Dans cette
perspective, l'ETS soutient cette orientation gouvernementale et se réjouit
vraiment du fait que le gouvernement envisage... envisage, pardon, d'admettre
en continu les personnes qui déposent une demande de résidence suite à
l'obtention d'un CSQ du Programme de l'expérience québécoise, volet Diplômés du
Québec.
L'ETS recommande
toutefois au gouvernement de simplifier et d'accélérer les voies d'accès au
PEQ. Cette recommandation vise à résoudre des problèmes majeurs sur les délais
excessifs et la complexité du processus d'obtention de la résidence permanente,
qui affectent, malheureusement, l'attractivité du Québec comme destination d'études et l'employabilité des étudiantes et
étudiants internationaux. Ces délais ne favorisent pas la rétention à la
hauteur de ce qu'elle pourrait être, en particulier pour les diplômés de
l'ETS, dont le taux de placement de leur diplomation approche les 100 %.
L'ETS croit qu'un
comité de concertation réunissant les différentes parties prenantes, fédéral,
provincial et les universités, initiative qui a déjà existé par le passé,
devrait être mis en oeuvre sous le leadership du gouvernement du Québec. Ce comité
pourrait se pencher sur le parcours académique et d'immigration des étudiants,
véritable parcours du combattant, si je peux me permettre, afin
d'identifier les freins, les particularités et de proposer des solutions concrètes
dans la collaboration. Ce comité pourrait favoriser les liens et la
concertation entre les divers acteurs et permettre
vraiment une intégration beaucoup plus fluide des étudiants internationaux
ainsi que de prendre la parole des organismes communautaires qui sont un
rouage incontournable de l'intégration et de la francisation de nos étudiants.
• (15 h 10) •
Tel qu'énoncé dans le
cahier de consultation du ministère, le gouvernement souhaite un accroissement
de la connaissance du français chez les personnes immigrantes. Le gouvernement
mentionne également souhaiter tendre vers
une sélection de personnes connaissant le français dès l'admission. Nous y
voyons une opportunité, évidemment, de renforcement et de
diversification des programmes de francisation intégrés au cursus des
étudiantes et étudiants internationaux non francophones, idéalement offerts sur
leur campus universitaire.
Comprenez-moi bien,
l'ETS est une université francophone, c'est ce pour quoi nous avons été créés,
et notre mission initiale est, évidemment, de favoriser l'accessibilité aux
études en français au Québec. Or, nous parlions précédemment des difficultés de
recrutement à la fois pour le corps professoral comme pour les étudiants et de
la course mondialisée aux talents. L'ETS s'est alors dotée d'infrastructures et
de mesures existantes, maintenant, chez nous,
permettant de soutenir les non-francophones qui intègrent l'établissement non
seulement dans leur apprentissage du français, mais d'un français qui
est bonifié au requis du domaine d'études, en sciences et en technologie. Notre
taux de réussite est impressionnant puisque
nos professeurs non francophones sont en mesure d'enseigner en français dans
les six mois à un an suivant leur arrivée.
Et nos étudiantes et étudiants, dont la majorité suivent, évidemment, les cours
en français, obtiennent des résultats académiques similaires à leurs collègues
francophones.
L'ETS soutient
évidemment la mise en oeuvre de Francisation Québec et salue l'investissement
intensif dans le renforcement et la
diversification des programmes de francisation pour répondre aux défis auxquels
sont confrontés les étudiants
internationaux non francophones. Notre expérience nous a démontré qu'une
intégration de l'apprentissage à même le cursus ainsi et surtout offert
sur les lieux mêmes où l'étudiante et l'étudiant évoluent quotidiennement sont
des facteurs de succès primordiaux.
L'ETS, qui ne détient
malheureusement pas de faculté de langue, suggère donc un investissement
conséquent du gouvernement, indexé sur le
volume en augmentation constante d'étudiants et d'étudiantes ainsi que de
professeurs internationaux non
francophones pour soutenir ses efforts et infrastructures nécessaires en
matière d'enseignement du français, un français adapté aux spécificités
académiques des sciences et de la technologie.
Dernière
recommandation. Le gouvernement stipule dans son cahier de consultation qu'il
souhaite une coordination gouvernementale des services d'intégration des
personnes immigrantes pour notamment favoriser l'accueil, l'intégration
et la rétention des personnes immigrantes dans toutes les régions en misant sur
les services d'accueil et de soutien aux personnes
immigrantes. Nous voyons un besoin de renforcement du soutien aux
établissements d'enseignement supérieur pour l'accueil et l'intégration
des étudiantes et étudiants internationaux en constante augmentation.
Nous croyons
important de bonifier le support aux universités en la matière. En effet, les
universités disposent déjà de structures d'accueil, d'installations, de
soutien, que l'on pense notamment aux logements étudiants ou encore aux cours
d'intégration. Ceci étant dit, l'augmentation exponentielle des étudiants qui
intègrent ces murs fait en sorte que nous ne sommes pas en mesure de déployer
tous les efforts qui seraient requis. En parallèle, nous reconnaissons les
efforts du gouvernement en matière d'accueil et d'intégration en regard de la
mise en oeuvre de la réforme et de la
modernisation du système. Je pense notamment à Accompagnement Québec et au
PASI. Nous reconnaissons également la contribution du gouvernement afin
de soutenir les organismes communautaires qui font partie, vraiment, de
l'écosystème d'intégration des étudiants internationaux. Celle-ci est
essentielle à leur intégration saine et harmonieuse au sein de la société
québécoise.
Pour l'ETS, des
projets de construction d'appartements étudiants abordables, les projets de
développement de notre campus, je pense au
campus Dow notamment, sont des réponses concrètes pour soutenir les besoins
actuels et la croissance projetée, mais plusieurs défis se présentent. Il nous
faudra donc être plus créatifs et trouver des solutions pour réaliser les projets d'infrastructure dans
des délais raisonnables pour répondre aux besoins des nouveaux arrivants.
Nous recommandons
donc de consolider et de varier le soutien aux établissements d'enseignement
pour améliorer leur capacité d'accueil et
d'intégration des étudiants internationaux en mettant l'accent sur le
développement des infrastructures, y
compris le logement abordable, l'amélioration de l'expérience étudiante
numérique, la valorisation des
communautés immigrantes comme appui aux nouveaux arrivants et le maintien d'une
attention appropriée au soutien psychologique. Voilà. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci pour cette présentation. Alors, avant de
laisser la parole à la ministre et à l'aile gouvernementale, elle a pris sur
son temps parce que vous avez dépassé un petit peu.
Mme Bouthillette
(Annie) : Désolée.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Vous avez conclu, et c'est parfait. Je voulais
être la première à vous souhaiter bon 50 ans pour l'année prochaine.
Mme Bouthillette
(Annie) : Merci.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, on va donc se
tourner du côté de l'aile gouvernementale, avec un
13 min 30 s. La parole est à vous, Mme la ministre. Encore
merci.
Mme Fréchette : Merci,
Mme la Présidente. Merci, Mme Bouthillette. Merci à vous trois d'être
présents et de participer à cet exercice, à
cette consultation. Et effectivement bon anniversaire un peu à l'avance, et mes
félicitations aussi pour votre capacité d'attraction d'étudiants
étrangers. Parce que, vraiment, vous avez des chiffres mirobolants. Alors, vraiment, vous êtes, comme on dit, un
moteur, un moteur d'attraction pour ces étudiants étrangers. Félicitations! Parce
que Dieu sait que c'est un marché prisé, un marché très compétitif. Alors,
bravo pour vos efforts, parce que ça semble porter fruit.
Je vous amènerais maintenant dans le mémoire que
vous nous avez présenté et je commencerais par l'aspect, en fait, méthodes
d'enseignement. D'une part, vous mentionnez, à la page 10, que... vous
suggérez que les cours de français soient accessibles sur les campus
universitaires pour les étudiants. Donc, je vais simplement mentionner que, déjà, plusieurs campus offrent des
possibilités de francisation avec nous. Donc, l'Université de Montréal,
l'Université de Sherbrooke, Campus Longueuil, l'UQAM, l'Université
Laval, déjà, offrent des cours de français dans leurs locaux à titre de
mandataires de la francisation pour Francisation Québec. Puis on s'assure, bien
sûr, d'avoir une offre qui soit flexible, qui réponde aux besoins variés des
étudiants, notamment les étudiants internationaux. Donc, en ce sens-là, on est
en action, je vous dirais.
Mais vous mentionnez à la page 11, donc,
que... vous proposez qu'il y ait un investissement accru du gouvernement dans
la diversification des programmes de francisation afin que les méthodes soient
davantage adaptées à la clientèle étudiante. Et là j'aurais aimé vous entendre
sur cette formule d'adaptation que vous proposez, parce qu'on a essayé de ratisser très large dans ce qu'on a développé
jusqu'à maintenant, alors s'il y a d'autres formules qu'on doit
envisager, eh bien, on est tout ouïe.
Mme Bouthillette (Annie) : En fait,
nous, nous avons une entente au sein du réseau de l'UQ, avec l'UQAM,
évidemment, qui a une faculté de langue, pour, évidemment, former sur un
français de base. Ceci étant dit, à l'ETS, on a dû, en fait, développer aussi
des cours adaptés, en français, au langage technologique, au langage des
sciences, qui est un petit peu... en fait, qui est notre force, qui est notre
première compétence et qui n'était pas possible au niveau de l'UQAM. Et aussi
ça demandait aux étudiants d'être en dehors du campus. Donc, on les connaît,
ils ont besoin d'être dans un environnement
où ils se reconnaissent, donc de sortir de cet environnement-là, c'est un petit
peu plus complexe. Donc, je vous dirais que ça, c'est au niveau de
l'offre, donc, on est en mesure encore d'accompagner nos étudiants en matière
de français.
Je pense
qu'on aurait besoin... on aurait la volonté, en fait, de mettre en place des
cours... une plus grande offre de
cours avec une méthode... Je pense qu'on est allés vers le mot «méthode», mais,
en fait, je dirais vraiment une adaptation aussi à leur apprentissage. Parce qu'ils sont chez nous, mais ils sont
aussi, vous l'avez vu, avec des stages de quatre mois chaque année... ils sont
aussi à l'extérieur de l'ETS. Et donc on doit vraiment adapter nos méthodes d'enseignement
à cette réalité-là. Donc, ils sont chez nous, ils sont sur le campus, mais ils
sont amenés aussi à aller en entreprise.
Donc, on pense que c'est important d'adapter ces
méthodes-là. Est-ce que c'est le mode hybride? Donc, on est en évaluation de différentes capacités que l'on a d'offrir les cours
sous différentes méthodes. On ne pense pas avoir trouvé encore la formule idéale, mais on y travaille, l'objectif étant
toujours de favoriser la réussite de nos étudiants et, évidemment, que
nos professeurs soient capables d'enseigner rapidement dans la langue de
Molière.
Mme Fréchette : Tenez-nous au
courant des résultats, de vos conclusions suite à vos analyses et vos études ou
vos sondages, donc, on sera vraiment intéressés à prendre connaissance de ça.
Vous parlez de faire des stages. Est-ce qu'il y a une part significative de vos
étudiants qui font des stages en région?
Mme Bouthillette (Annie) : Au niveau
de notre pourcentage, on en a quand même plusieurs qui font des stages en
région. C'est certain qu'il y a, je dirais, une course, hein, il faut savoir
qu'il y a une course aux stagiaires. Chez
nous, on a à peu près cinq à six offres de stage par étudiant. Donc, on
travaille quand même avec 5 000 entreprises, donc, oui, il y a
des... évidemment, des étudiants qui vont en région. Souvent, ceux qui
proviennent de ces régions-là vont y retourner.
Il y a quand
même, je dirais, une capacité d'accueil, au niveau des logements abordables,
qui est plus complexe. Un stage de quatre mois, quand on est à Montréal,
aller louer un appartement quatre mois, ça représente quand même une difficulté
pour nos étudiants. Donc, on essaie, évidemment, de faire notre possible.
Ceci étant
dit, on a des bonnes nouvelles, c'est-à-dire qu'à peu près une vingtaine... de
20 % à 30 %, ça dépend des
années de diplomation, de nos étudiants vont aller travailler en région. Donc,
ceci étant dit, même s'ils ne font pas de stage au sein des entreprises
régionales, ils vont y retourner pour travailler dans différentes entreprises.
Mme Fréchette : OK. Merci. L'époque
a changé, hein, du temps où moi, je cherchais un stage...
Mme Bouthillette (Annie) : Ce n'est
pas la même dynamique en ce moment.
• (15 h 20) •
Mme Fréchette : Wow! Cinq à six
offres par étudiant, vraiment! Tant mieux pour eux.
Alors, je
vous parlerai maintenant de recrutement, parce que... Bien, nous, on a des
ententes avec trois organismes, particulièrement Montréal International, Québec
International, Société de développement économique de Drummondville,
pour aller recruter à l'étranger et... Bien, vous concernant, il y a Montréal
International qui s'occupe d'attirer non seulement des talents, mais également
des étudiants qui voudraient venir se former, donc, au Québec. Et vous, en
fait, vous proposez, là, d'être... d'amplifier nos efforts par rapport aux
actions de recrutement. Donc, j'aimerais vous entendre sur qu'est-ce que vous verriez qu'on
doive ajouter dans nos actions et de quelle manière vous, vous pourriez
assumer un rôle dans ces actions.
Mme Bouthillette (Annie) : En fait,
il y a une complexité de compréhension, vraiment, au niveau des étudiants internationaux par rapport à notre
propre système. Donc, il y a déjà des choses qu'il faut expliquer. Je pense
aux Français, notamment, évidemment, qui sont notre bassin naturel, notre
filière d'étudiants francophones le plus facilitant.
Donc, ils vont souvent venir, par exemple, au niveau de la maîtrise et du
doctorat, puisque, dès qu'ils terminent leur bac, ils ont un niveau,
souvent, maîtrise par la suite.
Ceci étant dit, on a le souhait, en fait,
d'amplifier au niveau du baccalauréat les étudiants internationaux. On n'a pas énormément d'étudiants internationaux dans
le baccalauréat. Évidemment, il faut revoir l'ensemble des cursus ou des
qualifications qui sont offertes à l'étranger. Par exemple, on est en train de
regarder, dans l'ensemble des lycées français, quelles sont les
compétences techniques qu'ils ont pour venir à l'ETS. Et on est en train aussi
de mettre en place un cursus de mise à niveau en sciences et en technologies
pour les aider à entrer au baccalauréat.
Donc, nous, on fait nos efforts aussi, de notre
côté, mais je pense que le gouvernement aurait avantage aussi à démystifier, à
vendre le Québec puis pas que Montréal, hein? Parce que, souvent, le réflexe
des étudiants à l'international, c'est de venir s'installer à Montréal. Je
pense qu'il faut aussi parler des autres régions. Moi-même, je viens de Québec, et donc je sais qu'on peut avoir
une carrière extrêmement stimulante comme ingénieur ici, au Québec et à Québec.
Donc, c'est un exemple que je vous donne. Il y en a probablement plein
d'autres. Donc, je pense que ce sera intéressant.
On pourra nous-mêmes nous faire les
porte-parole, puisqu'on ouvre un bureau en France à l'occasion de notre 50e, en
avril, un bureau de représentation. On pense que la carrière d'ingénieur doit
bénéficier, en fait, et le Québec doit
bénéficier d'aide sur place pour continuer à tisser ces liens- là et renforcer
notamment le Bureau du Québec à Paris, là, qui fait une job incroyable.
Mais on veut venir s'imbriquer dans cet écosystème-là pour continuer à vendre
nous-mêmes aussi les études chez nous, donc...
Mme Fréchette : Intéressant. Merci.
Qu'est-ce qui fait... Parce que vous avez des hauts scores, quand même, de
gens, des étudiants internationaux qui restent après leurs études. Est-ce que
vous les sondez sur les raisons qui les ont
amenés à décider de rester? Est-ce que vous savez, là, quels sont les deux,
trois ingrédients principaux? J'imagine que d'avoir un emploi, ça y
concourt, là, mais est-ce que c'est la seule chose? Est-ce qu'il y a d'autres
éléments?
Mme Bouthillette (Annie) : Je vous
dirais que le modèle ETS est un modèle quand même... on dit souvent que c'est
un modèle d'engagement, c'est-à-dire que l'étudiant ne va pas seulement venir
étudier au Québec, il va effectivement entrer rapidement sur le marché du
travail. Il va se lier d'amitié, il va comprendre les réalités des entreprises avec lesquelles il est amené, à...
dans lesquelles il va s'intégrer. On a aussi... on a les clubs technologiques,
chez nous, aussi, qui permettent aux jeunes de créer des liens. On a un vaste
campus en plein milieu du centre-ville, aussi, qui fait en sorte qu'il y a un attachement qui se développe,
notamment avec la ville de Montréal. Et on offre, évidemment, des
perspectives à travers le Québec.
Donc, je
pense que ce modèle d'enseignement coopératif là, le fait qu'on ait des stages
en entreprise... Souvent, on demande aux entrepreneurs : S'il vous
plaît, laissez-les terminer leur baccalauréat ou leurs études avant de les employer. Je vous dirais que, vous le savez, le
marché du travail est très agressif, en ce moment, donc nous, notre combat au
quotidien, c'est qu'ils terminent leurs études. Mais, quand c'est fait,
rapidement, ils ont plusieurs offres d'emploi, donc c'est vraiment, je
pense, ce qui fait en sorte qu'ils ont... rapidement, qu'ils vont intégrer la
communauté, là.
Mme Fréchette : Merci. Mme la
Présidente, je céderais le droit de parole à des collègues.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre.
Alors, je reconnais la députée d'Iberville, et il vous reste
4 min 8s.
Mme
Bogemans : ...mieux accompagner les étudiants. Pouvez-vous
étendre un petit peu sur le sujet, précisément, comment vous voulez les
accompagner, quel genre d'outils on pourrait mettre en place?
Mme Bouthillette (Annie) : Miroir.
Mme Thélusma (Fréda) : En fait,
c'est qu'on essaie de trouver des façons de faire en sorte que notre
accompagnement soit le plus efficace possible. Donc, évidemment, on se dit
qu'on privilégie d'abord les contacts humains avec les étudiants que l'on accompagne,
mais on essaie de voir, au niveau de nos opérations, au niveau des systèmes qui
existent, qu'est-ce qui pourrait faire en sorte que ce soit plus efficace.
Donc, dans cette perspective-là, en termes d'exemple, je pourrais penser, par
exemple, à des systèmes informatisés, où c'est possible, par exemple, d'avoir
un portfolio numérique où on est capables de suivre exactement le cheminement
et le suivi de l'étudiant, penser à des
outils qui nous permettent vraiment, à chacune des étapes de leur intégration,
d'avoir... pour nous, d'avoir un regard rapide et éclairé sur leur
situation.
Mme
Bogemans : Est-ce que ça permettrait... Parce qu'on parlait
d'accompagnement spécialisé ou individualisé de l'étudiant. Est-ce que
ce genre d'outil là pourrait diminuer la pression sur vos équipes, dans
l'accompagnement?
Mme
Thélusma (Fréda) : Bien, en fait, c'est exactement l'objectif, tout à
fait, c'est de faire en sorte que tous les étudiants puissent recevoir au
moment opportun le soutien dont ils ont besoin.
Mme Bogemans :
OK. Est-ce que la relation serait
à distance ou c'est plus, vraiment, d'être capable... de suivi puis de
voir venir, plutôt un outil de planification?
Mme Thélusma
(Fréda) : Je crois que ce serait vraiment un équilibre, parce qu'on
continue de croire que le contact avec les personnes, les étudiants
internationaux, est absolument important pour leur permettre, justement, de développer leur réseau, de connaître... de bien
comprendre et de connaître la culture. Par contre, étant donné le nombre
croissant d'étudiants, c'est important
d'avoir des outils qui nous permettent, justement, d'accompagner adéquatement.
Mme
Bogemans : Absolument.
M. D'Etcheverry (Jean-Alexandre) : Si
vous me permettez, ça fait partie des conditions d'accueil optimales dont
on parlait un petit peu plus tôt. C'est-à-dire que le stress que ces
étudiants-là peuvent vivre, là, tu sais, lorsqu'ils ne savent pas où est rendu
leur dossier, c'est en transit, ils sont à l'extérieur, ils ne sont pas chez
eux, quand ils nous arrivent, ils sont déjà dans un état tel que souvent, bien,
oui, ça peut être une charge pour le personnel. Alors, l'idée, c'est de mieux les accompagner. Et, quand on
parlait de l'expérience, on parlait un peu plus tôt, oui, d'avoir un travail,
à la fin, mais, pendant qu'ils sont reçus
ici, est-ce qu'on peut s'assurer d'avoir optimisé l'expérience qu'ils ont
vécue, pour sentir qu'ils ont leur place ici?
Mme Bogemans :
Absolument. Quand on sait à quoi
s'attendre, on sait comment se préparer aussi, puis ça diminue
l'anxiété.
M. D'Etcheverry
(Jean-Alexandre) : Tout à fait.
Mme Bouthillette
(Annie) : Si on numérise les opérations qui sont, pour moi, je dirais,
un peu plus de l'ordre des opérations normales, on garde l'humain pas pour des
choses qui ne sont pas importantes, mais on garde l'humain dans une tâche humaine, c'est-à-dire d'accompagner nos étudiants.
C'est 11 personnes, chez nous, qui accompagnent
3 500 étudiants chaque année, donc ce n'est pas beaucoup. Donc, il y
a vraiment, vraiment un travail exceptionnel qui se fait sur le terrain, là,
pour que tout le monde se sente bien intégré.
Mme
Bogemans : Absolument, félicitations. C'est la première fois qu'on
entend parler de... de suivi puis d'accompagnement
spécialisé, là, ça, c'est vraiment super. Est-ce que vous allez développer
vous-même la plateforme ou est-ce que c'est quelque chose qui est en
réflexion?
Mme Thélusma (Fréda) : Bien, en fait, on est en
train d'y réfléchir, en ce moment. On crée des tables, justement, de discussion à l'interne pour que... On parlait
du fait que c'est effectivement une équipe de 11 personnes qui soutient
l'ensemble des activités pour nos étudiants internationaux, mais de voir à ce
que ce soit un processus qui soit transférable à travers toute l'université,
donc quels sont les moyens qu'on a, quels sont les mécanismes qu'on peut mettre de l'avant, que ce soit au niveau
informatique ou bien au niveau de nos processus opérationnels, pour nous assurer
qu'on soit... que cet accueil soit optimal du début à la fin, finalement, du
processus.
Mme
Bogemans : C'est vraiment super. Vous parlez que votre mission, c'est
vraiment le développement économique et
technologique du Québec et, par le fait même, de l'accompagnement des étudiants
étrangers. Vous innovez en cette matière-là. Félicitations! C'est
complet.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. C'est terminé. Merci pour
cette première portion d'échanges. Je me
tourne du côté de l'opposition officielle avec la députée de Chomedey. Et vous
avez 12 min 23 s. La parole est à vous.
Mme Lakhoyan
Olivier : Bonjour. Je suis vraiment contente que vous soyez là, comme
nous tous. J'adore vous entendre, vous êtes
très, très motivés avec votre école. On parle ici de l'ETS, École de
technologie supérieure, pour les gens qui nous écoutent. Donc, vous,
c'est spécialisation dans le génie, ingénieurs.
Vous
parlez de rendre le Québec plus attrayant à l'international comme destination
d'études. Comment qualifieriez-vous la réputation du Québec à
l'international, suite à la dernière réforme du PEQ qui est le programme
expertise Québec?
Mme Bouthillette (Annie) : Il
y a comme... Est-ce que je comprends bien que vous souhaitez savoir un peu la perception
du Québec dans l'esprit des étudiants internationaux?
Mme Lakhoyan
Olivier : Exact.
• (15 h 30) •
Mme
Bouthillette (Annie) : D'accord. Bien, ce qu'on nous en dit, pour avoir
fait quelques missions à l'étranger, je vous dirais que la réputation du
Québec est excellente. On a évidemment un gros bassin d'étudiants qui
envisagent de venir
s'installer au Québec. Par la suite, bon, évidemment, il y a plusieurs défis
qui vont se présenter à ce niveau-là pour qu'ils puissent,
effectivement, venir chez nous. Mais notre réputation est excellente, et le
fait qu'on soit aussi une province francophone est extrêmement recherché. Je
pense à nos collègues, notamment, de la France.
Et il y a une belle
réceptivité à la réforme du PEQ. Les étudiants qu'on a chez nous en ce moment,
évidemment, le bouche à oreille a toujours son effet, aussi, donc ils parlent à
leurs amis, et tout ça, qui veulent venir s'installer.
Cette réforme-là est accueillie avec vraiment beaucoup d'enthousiasme. Et, en
fait, on pense... et ça les encourage, en fait, dans tout ce
processus-là qu'ils envisagent.
Rappelons-nous que,
oui, on a des étudiants qui ont 25, 30 ans, qui viennent étudier chez
nous, mais on a des jeunes de 18, 19, 20 ans aussi, là. Et donc ça peut
être un grand pas que de changer de continent, de venir étudier dans une université qu'ils ne connaissent pas.
Donc, ce genre de réforme là et ce genre de mesures là les encouragent.
Mme Lakhoyan
Olivier : Pouvez-vous élaborer sur les défis?
Mme Bouthillette
(Annie) : Je vais peut-être te laisser...
Mme Thélusma
(Fréda) : Les défis en lien avec le PEQ?
Mme Lakhoyan
Olivier : Oui.
Mme Thélusma
(Fréda) : Oui, tout à fait. En fait, auparavant, c'est sûr que le fait
que les étudiants, surtout dans un contexte où, à l'ETS, les étudiants sont
amenés à faire des stages, donc rapidement intégrés sur le marché du travail,
donc, le fait qu'auparavant ils devaient attendre un certain nombre de temps
avant de pouvoir bénéficier du programme, je dirais que c'était le défi majeur.
Donc, aujourd'hui, maintenant, suite à ces réformes-là, peut-être que les défis
que l'on constate ou les défis que les étudiants nous partagent sont vraiment
surtout liés à toute la lourdeur administrative. Si
j'avais à mettre le doigt sur un défi en particulier, ça serait sur cet
aspect-là, sur les délais de traitement de leurs dossiers, sur la difficulté
qu'ils peuvent avoir parfois à comprendre la machine administrative qui entoure
ces processus. Donc, si j'avais à identifier quelques défis, ce serait à ce
niveau-là particulièrement.
Mme Lakhoyan
Olivier : Qu'est-ce que vous aimeriez suggérer à la ministre,
aujourd'hui, concernant ce détail-là, afin d'améliorer...
Mme Bouthillette
(Annie) : En fait, on a tracé le parcours de l'étudiant, hein? Moi, je
viens de l'expérience client. Donc, on a utilisé cette méthodologie-là pour
tracer le parcours de l'étudiant pour identifier les différents irritants. Donc, il y a des défis au niveau de
l'institution, de l'ensemble des établissements — évidemment, on a tous nos façons de
procéder — et
des défis au niveau du fédéral, des défis au niveau du provincial, et ça crée
parfois un stress quand on n'a pas reçu tel
document dans les temps parce que, là, le temps avance. Il y en a qui ont des
enjeux de passeport.
Donc, il y a toutes
sortes de choses qui sont liées à eux aussi, et là, parfois, avant de prendre
l'avion, ils n'ont pas tous les papiers, et donc, là, il y a désinscription des
étudiants. Après 10 jours de... ils sont... ils se retrouvent en plein
milieu de leur année scolaire, parfois, où le PEQ ou le CAQ va être échu. Donc,
il y a différentes choses, durant le
parcours de l'étudiant, qui créent des moments de stress, et qui est
essentiellement administratif. Donc, je pense que les étudiants pourraient nous aider à comprendre
ce qu'ils vivent, et les universités, et que vous aussi... On pourrait
travailler ensemble à regarder ce parcours-là, à nommer les irritants et
à trouver des solutions concrètes.
Mme Lakhoyan
Olivier : Je comprends, c'est assez stressant, changer de pays, et
est-ce que je suis accepté, je ne suis pas accepté, je vais arriver, je ne vais
pas arriver, je vais manquer mon année, je vais arriver à moitié... Je comprends tellement ce stress-là. Ce serait bien
si on peut trouver une solution afin d'alléger ce stress-là de ces gens-là. On
le sait, nous vivons dans une pénurie de logements, on entend parler, et puis
au Québec, mais plus particulièrement à Montréal. Quels sont vos
principaux défis afin de pouvoir loger vos étudiants, chercheurs, professeurs?
Parce que vous amenez toutes sortes de beau
monde ici pour l'ETS. Donc, ces gens-là ont besoin d'un logement. Donc,
Montréal étant... On connaît le centre-ville et Montréal. Quels sont vos
défis là-dessus?
M. D'Etcheverry
(Jean-Alexandre) : On a été très heureux d'accueillir, dans le fond,
la possibilité, entre autres dans le
Programme d'habitation abordable du Québec, la possibilité que des nouveaux
appartements abordables pour étudiants puissent... puissent être réalisés dans
ce type de cadre et ce type de programme là, qui n'était pas, au départ,
nécessairement associé à ce besoin-là, mais le besoin était... en ce moment,
dans des circonstances... comme vous le
savez, là, au niveau de l'inflation, autant de la réalisation des... ou des
coûts de construction, mais, avant même ça, pouvoir trouver un terrain,
comme par exemple, pour nous, là, au centre-ville de Montréal, je vous dirais
que ça commence à être hors de portée d'une
institution comme la nôtre, alors qu'on a toujours, nous, réalisé nos propres
projets.
On offre
1 100 appartements abordables présentement aux étudiants, mais ce
n'est pas assez. On a quelque chose comme
500 noms sur une liste d'attente et on n'en prend pas plus que 500. Donc,
comme vous voyez, les besoins sont là. C'est une pression indue,
malheureusement, sur le parc locatif de la ville en soi puisque ces
étudiants-là, ne pouvant se loger dans des
résidences qu'on offrirait, bien, vont aller trouver quand même refuge
ailleurs. Donc, ils créent une pression sur le marché lui-même.
Alors, moi,
je dirais que c'est un volet qui... qu'on devra développer tous ensemble. Ce
sont malheureusement des obstacles,
je vous dirais, qui peuvent être assez difficiles à surmonter pour les
étudiants. Et nous, on souhaite réaliser de
nouveaux projets, mais, dans le cadre actuel et dans les difficultés
économiques que ça comporte, il faudra que toutes les parties soient à la table
pour trouver des voies de passage. Je parle de la ville de Montréal, je parle
du gouvernement du Québec et, incessamment, peut-être du fédéral. Alors, je
vous dirais qu'on attend. On entend et on attend peut-être de nouveaux
programmes qui seraient plus adaptés.
Mme Bouthillette
(Annie) : Je me permettrais peut-être d'ajouter... On a quand même
déposé un projet récent de 1 300... je pense, c'est 1
300 appartements qui a reçu un accueil favorable de votre part, au gouvernement,
et aussi de la ville de Montréal. Donc, on est quand même en action. On s'est
déjà exprimés, d'ailleurs, l'ETS, aussi, sur l'ETS en région. Donc, nous allons
déjà commencer à aller... voir comment on peut aller complémenter l'offre de formation en région, notamment avec nos
partenaires de l'UQ. Donc, c'est une offre complémentaire que l'on va faire,
mais, définitivement, on doit aussi, l'ETS, étant donné notre modèle, notre
popularité, et tout ça, aller en région. On annoncera bientôt un premier campus
en dehors de Montréal, et il y en aura probablement d'autres aussi. C'est la
volonté du gouvernement. C'est ce qu'on nous a demandé, et notre mission
d'accessibilité l'exige. Donc, nous irons aussi en région, et donc on espère
qu'il y aura moins, justement, de pression sur Montréal à ce niveau-là.
Mme Lakhoyan
Olivier : C'est bien, ça. Vous avez aussi parlé que vous accordiez
beaucoup d'importance à la francisation de vos étudiants, et des chercheurs,
aussi, et des professeurs. Est-ce que le nouveau programme de Francisation
Québec vient vous offrir une solution afin de faciliter la francisation de vos étudiants
ou... Est-ce que c'est fait par vous? Je sais, c'est en collaboration avec...
Oui?
Mme Bouthillette
(Annie) : Avec l'UQAM, donc, effectivement, mais, comme je le
mentionnais tout à l'heure mais que je trouve important de rappeler, c'est un
français différent qui est le nôtre. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup, beaucoup de particularités au niveau des
technologies, de l'ingénierie. Il y a des mots que je ne comprends même pas, moi-même, en français, quand les jeunes
s'expriment. Et donc il y a ce souhait-là, en fait, de... oui, la langue de
base, je pense que, par la
communauté, ils vont l'apprendre de toute façon, les cours sont donnés en
français. Donc, ça y va de leur réussite, mais ils doivent aussi
apprendre un langage qui est adapté, et donc c'est là où on pense que nous, on
peut faire la différence, parce qu'évidemment c'est un langage que l'on
maîtrise.
Mme Lakhoyan Olivier : Dans mon temps, les
livres étaient pas mal en anglais. Est-ce que c'est toujours le cas?
Mme Bouthillette
(Annie) : Oui.
Mme Lakhoyan
Olivier : Ah oui, hein?
Mme Bouthillette
(Annie) : Je vous dirais que notre communauté est bilingue. Ils n'ont
pas le choix. Si on pense aux chercheurs, aux postdoctorants ou aux doctorants,
ils écrivent dans des revues où 99 % des revues scientifiques de prestige
sont en anglais. Ceci étant dit, l'ETS fait un effort quand même de
francisation. Donc, nous traduisons la
majorité des études ou des articles qui sont déposés et qui se retrouvent sur
notre site Web, là, Substance, et donc
on fait cet effort-là aussi. On pense que la science ouverte se passe dans les
deux langues, et donc dans le français aussi. Donc, on a aussi cet
effort-là de notre côté.
Mme Lakhoyan
Olivier : Pourquoi pas? Ça les aide à la réussite. Oui, vraiment, il
est motivant de vous voir... votre passion pour l'intégration réussie de vos
étudiants. Or, dans votre mémoire, vous dites aussi que vous avez besoin de ressources supplémentaires afin de
vous aider à encore mieux y arriver. Quelles seraient les ressources
nécessaires que vous aimeriez que la ministre entende aujourd'hui de vous?
• (15 h 40) •
Mme Bouthillette
(Annie) : Vous parlez bien de l'intégration, et tout ça? En fait, on a
regardé nos chiffres. On a une augmentation, sur les 10 dernières années,
d'à peu près 15 % de nos étudiants internationaux, mais on a aussi une augmentation de nos étudiants en
général, qui ont aussi besoin... On pense à... Quelqu'un qui vient s'installer,
des régions, qui vient s'installer à Montréal a aussi besoin d'intégration.
Donc, il ne faut pas les exclure non plus.
Et
donc on a besoin... On l'a vu, on a quelques ressources terrain. Ils ont
besoin, comme le disait Fréda, vraiment d'un soutien humain sur place.
Imaginez quelqu'un qui arrive d'ailleurs, il ne sait pas c'est quoi, un Jean
Coutu, il ne sait pas que c'est une pharmacie. Donc, ça va dans tous les
détails, et donc ça, ça met quand même une pression au niveau des universités, parce qu'on a... au-delà de de l'apprentissage,
de la matière, de l'intégration dans une université, on a aussi leur
intégration au niveau social, culturel, la langue, on en parlait. Donc, ça fait
beaucoup. Ça fait une grosse bouchée. Donc, on pense qu'on pourrait mettre des
ressources en commun et on bénéficierait évidemment d'un investissement
supplémentaire pour augmenter nos ressources. On a aussi parfois des ressources
qui sont sur le terrain au niveau de la santé mentale, du soutien
psychologique. Ça prend quand même des gens solides pour venir s'installer au
Québec ou ailleurs. Et donc c'est tous ces efforts-là, je pense, qu'on aurait
besoin d'un coup de pouce. Même s'il y en a déjà, je tiens à le préciser, je
pense qu'on aurait avantage... Avec l'augmentation du nombre d'étudiants aussi,
les universités n'arriveront pas à suivre. Donc, on va avoir besoin d'un coup
de pouce.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...temps que nous avions.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci
beaucoup.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Pourtant, chez Jean
Coutu, on trouve de tout, même un ami. Je me tourne maintenant du côté du
deuxième groupe d'opposition. Pour une période de 4 min 8 s, le
micro est à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup.
Et c'est d'ailleurs une grande fierté d'avoir l'ETS ici aujourd'hui. Vous êtes dans ma circonscription, dans
Saint-Henri—Saint-Anne,
dans l'effervescent quartier de Griffintown. Donc, très content de vous
avoir ici aujourd'hui.
Je me demandais si vous avez étudié ou estimé
combien de vos étudiants étrangers se destinent au Québec pour la résidence
permanente. Est-ce que vous avez fait cette étude-là?
Mme Bouthillette (Annie) : ...je
parlais de taux de rétention à 89 %, tout à l'heure, 68 % après un
premier emploi, donc presque la majorité.
M. Cliche-Rivard : ...presque tous,
là, vous êtes à 90 %.
Mme Bouthillette (Annie) : Oui, tout
à fait.
M. Cliche-Rivard : Donc, ça, c'est
les étudiants étrangers, ce n'est pas toute votre clientèle?
Mme Bouthillette (Annie) : Non.
M. Cliche-Rivard : Les étudiants
étrangers, à 90 %, vont rester au Québec?
Mme Bouthillette (Annie) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Bon, ça, c'est
des très, très bonnes nouvelles. Félicitations, d'ailleurs. Et ça, est-ce que
c'est avec beaucoup d'efforts pour solidifier le fait que les gens restent au
Québec ou ça se fait naturellement?
Mme Bouthillette (Annie) : Je vous
dirais que c'est assez naturel, étant donné le modèle que j'exposais tout à
l'heure...
M. Cliche-Rivard : En stage.
Mme Bouthillette (Annie) :
...justement, en stage d'intégration, le fait qu'on est à Griffintown, vous le
disiez, l'effervescence de Griffintown, de Montréal, et tout ça, avec nos
efforts d'intégration. Donc, définitivement, ils trouvent une voie
intéressante, là, à rester au Québec et, comme je le disais tout à l'heure,
aussi en région. Donc, on a des stages en
région. On a peut-être entre 20 % et 30 %, là, dépendamment des
années, qui vont aller en région pour un premier emploi. Donc, ils ont
différents souhaits par rapport à leur vie. Rappelons-nous qu'il y a des gens
là-dedans qui ont des familles aussi.
Ce n'est pas que des étudiants de 20 ans, là. Donc, souvent, ils vont
souhaiter, pour toutes sortes de raisons, aussi aller s'installer en
dehors de Montréal.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous
pouvez, à votre façon, être un vecteur de régionalisation à partir du coeur de
Montréal. C'est quand même intéressant comme modèle.
Mme Bouthillette (Annie) : Je me
plais à le dire, oui, un vecteur de régionalisation francophone au Québec.
M.
Cliche-Rivard : Excellent. Bien, je pense que le plus
d'initiatives du genre, le mieux on se portera puis le mieux notre
immigration se portera.
Dans votre mémoire, vous parlez de simplifier le
PEQ. Est-ce que vous parlez de simplifier en termes de conditions d'accès ou
vous étiez... comme, tantôt, vous me parliez de la bureaucratie ou de la
lourdeur, parce que, là, on vient quand même beaucoup simplifier le PEQ en
enlevant le 12 mois de travail, j'ai de la misère à voir comment on pourrait
le simplifier davantage, considérant que, là, bref, c'est un diplôme qui est
qualifiant, là, au programme. Est-ce qu'il y a d'autres choses que vous voyez
ou...
Mme Bouthillette (Annie) : Bien, je
peux te laisser, ou... Il y a des exemples. Juste pour... Des fois, c'est bien
d'illustrer, mais, quand quelqu'un... un étudiant va terminer, va diplômer, je
vous disais tout à l'heure, on se fait offrir des jobs, là, donc, il y en a
deux, trois, mais, oups! il n'a pas nécessairement le bon document, ou tout ça,
donc, le délai de quelques mois, entre le
moment où il termine et le moment où il va pouvoir entrer dans le marché du
travail, fait en sorte que, parfois,
il va se décourager ou que l'entreprise va avoir trouvé un autre étudiant.
Donc, c'est un peu, je vous dirais, des fois, ce genre de chose là qui
se passe. Mais je vais te laisser, peut-être, compléter.
Mme Thélusma (Fréda) : En fait, pour
compléter dans le même sens, oui, effectivement, on parlait surtout davantage
de la lourdeur administrative. Donc, il y a certainement des éléments qui
peuvent toucher d'autres ordres d'enseignement par rapport au PEQ, mais, par
rapport à nous, ce qui serait le plus avantageux, c'est vraiment de réviser au
niveau des processus administratifs, principalement.
M.
Cliche-Rivard : ...vous me parliez, le document, et tout ça, bon, les
gens font une demande de permis postdiplôme,
c'est des choses qui viennent après un certain temps, les entreprises n'ont pas
de confirmation. Ça, ça touche davantage le fédéral, mais, avec le
Québec, quand même, vous... est-ce que vous avez un exemple particulier de
document ou vous jugez que quelque chose trop lourd dans ce processus
particulier du PEQ — Diplômés?
Mme Thélusma (Fréda) : En fait, c'est sûr que
nous, on parlait surtout de l'arrimage, l'arrimage global, hein...
M.
Cliche-Rivard : Je comprends, donc, l'ensemble, là, tout à fait.
Mme Thélusma (Fréda) : ...donc dans l'ensemble.
Donc, évidemment qu'on parle de compétences qui s'interrelient. Donc,
dans cette perspective-là qu'on a amené ce point.
M.
Cliche-Rivard : Vos gens restent à 90 %. Par contre, vous parlez
du problème des délais. Donc, bon, ce que je comprends, c'est que ce n'est donc
pas un vecteur de compétitivité avec l'Ontario, dans le sens où les gens ne partiront pas à cause des délais. Cela dit, vous
le sentez au niveau d'une anxiété, ou d'une détresse, ou d'une incertitude.
J'imagine, c'est là où ça vient faire mal à votre clientèle, d'attendre deux
ans...
Mme Thélusma
(Fréda) : ...parce que, dans le fond, aussi, le pourcentage qu'on
donnait tout à l'heure par rapport à la rétention, on a fait des études
spécifiquement par rapport à nos étudiants français. Donc, c'est sûr que, si on
élargissait par rapport à l'ensemble de nos étudiants, les chiffres seraient un
peu différents parce que la réalité n'est pas nécessairement la même. C'est
terminé? Ah! d'accord.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, mais, oui, oui, c'est terminé.
Merci pour ces échanges, ma foi, fort intéressants, pertinents, dans le cadre
des auditions que nous tenons. Je vous souhaite une bonne fin de journée.
Et je suspends les
travaux, le temps de recevoir le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à
15 h 46)
(Reprise à 15 h 49)
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations avec les citoyens
reprend ses travaux.
Alors,
nous recevons maintenant Polytechnique Montréal. Nous avons quatre
représentants. Alors, mesdames, monsieur, je vais vous demander de vous
présenter. Vous allez bénéficier ensuite de 10 minutes pour votre exposé,
et vont suivre également par la suite — c'est un pléonasme, ce que je
viens de faire là — les
discussions avec les parlementaires. Alors, la période commence maintenant.
École polytechnique de Montréal (EPM)
Mme Cohen
(Maud) : Merci. Bonjour à tous, Mme la Présidente, députés membres de
la commission parlementaire. Mon nom est
Maude Cohen. Je suis directrice générale de Polytechnique Montréal. Je suis accompagnée
de trois collègues experts aujourd'hui.
Pr Pierre Langlois, directeur des affaires académiques et de l'expérience
étudiante. Pierre pourrait...
M. Langlois
(Pierre) : Bonjour.
Mme Cohen (Maud) : Voilà. Amélie Ferland, conseillère aux étudiants,
immigration et interculturel, internationaux.
Mme Ferland
(Amélie) : Bonjour.
Mme Cohen
(Maud) : Ainsi qu'Émilie Brière, cheffe des relations
institutionnelles, gouvernementales et engagement avec les communautés.
Mme Brière
(Émilie) : Bonjour.
• (15 h 50) •
Mme Cohen
(Maud) : Alors, allons-y. Donc, un mot sur Polytechnique Montréal,
première université francophone de génie en Amérique du Nord, créée il y a
150 ans, anniversaire que nous célébrerons le 20 novembre de cette année. Notre université forme des
ingénieurs de très haut niveau et développe une recherche de pointe qui est
reconnue à l'international. Ça fait donc partie de l'identité et de notre
histoire de Polytechnique Montréal d'accueillir une communauté étudiante
et professorale issue de partout à travers le monde.
Par
ailleurs, il faut noter que tous les domaines d'études de Polytechnique sont
inclus dans les secteurs prioritaires identifiés dans le cadre de
l'Opération main-d'oeuvre. Nous sommes ainsi un partenaire de choix du Québec
pour soutenir sa croissance et sa prospérité et voulons d'ailleurs remercier la
commission, aujourd'hui, de nous inviter.
Nous avons basé notre
conviction sur deux faits, deux chiffres. D'abord, 47 %, c'est le
nombre... c'est, selon le rapport de l'Ordre des ingénieurs du Québec, la
croissance attendue en besoins de main-d'oeuvre d'ici à 2030. Cette donnée,
comme d'autres, nous conduit à constater que le Québec fait face à une rareté
de main-d'oeuvre qui se maintiendra encore dans la prochaine décennie, chose,
d'ailleurs, que nos partenaires industriels et employeurs institutionnels ne
cessent de nous rappeler. Bref, pour répondre aux nécessités urgentes de
l'économie québécoise et à sa croissance, le bassin de recrutement local est
trop limité. L'attraction d'étudiants et d'étudiantes internationaux
francophones dans des programmes de génie est donc essentielle pour répondre à
nos besoins.
Le second chiffre est lié à notre expérience.
Chaque année, nous accueillons plus de 10 000 étudiantes et étudiants en génie et en sciences, tous cycles
confondus, dont le tiers proviennent de l'international. Chaque jour, nous avons
la chance de constater l'impact positif de ces talents qui nous ont choisis
pour leurs études. Aujourd'hui, Polytechnique
Montréal est convaincue d'une chose : peu importe leur lieu de naissance,
ce sont des étudiants et des étudiantes formés dans les établissements
universitaires québécois qui contribuent à bâtir le Québec d'aujourd'hui et,
surtout, de demain.
À la rentrée de septembre 2023, nous avons
accueilli 867 nouveaux étudiants internationaux, qui viennent rejoindre
les 20... 2 032, pardon, déjà inscrits dans nos programmes. Nous
constatons chaque jour leur contribution à trouver des solutions porteuses
d'avenir pour nos communautés, à stimuler l'économie locale et le soutien de
plus de 4 000 emplois en
équivalent temps plein, comme l'a montré une étude de la chambre de commerce du
grand Montréal métropolitain, enfin
par leur présence à construire un avenir inclusif et collectif, que nous
souhaitons durable et inspirant, pour les générations futures.
Notons aussi qu'aujourd'hui, parmi nos 30 %
d'étudiants internationaux, un grand nombre sont inscrits à la maîtrise
professionnelle. Déjà détenteurs d'une formation universitaire en génie
reconnue par le Québec et par notre université, ils constituent, de fait, dès
leur arrivée, une plus-value pour notre pays. La plus grande majorité de...
Pour la grande majorité, cette formation
permet d'intégrer le marché du travail en 24 mois. Enfin, ce programme de
maîtrise professionnelle leur permet
d'avoir une première expérience professionnelle en effectuant un stage, et
30 % de nos stages se déroulent hors de Montréal. C'est une
contribution essentielle aux efforts de régionalisation de l'immigration.
En dépit de
leur importance, les étudiants étrangers du Québec font encore face à de
nombreux défis, notamment par des intentions de refus de certificats
d'acceptation du Québec, qui causent des retards de traitement, des délais
irréguliers de traitement de permis d'études par le gouvernement fédéral et des
taux de refus élevés pour les ressortissants de certains pays. Les démarches
aussi sont complexes pour obtenir la résidence permanente postétudes, et ce ne
sont que quelques exemples. Ces défis conduisent des étudiants internationaux
diplômés des universités québécoises francophones, bien intégrés et établis au
Québec, à rechercher des opportunités professionnelles hors du Québec pour
bénéficier des facilités d'accès à la résidence permanente offertes par
d'autres provinces canadiennes.
Dans ce contexte, toute intervention du
gouvernement pour faciliter l'attraction, l'accueil, la rétention et
l'insertion des étudiants internationaux au Québec est salutaire. À ce titre,
nous nous réjouissons donc de la plus récente refonte du Programme de
l'expérience québécoise, le PEQ, une réforme qui répare une iniquité
préjudiciable à l'attractivité du Québec vis-à-vis des autres provinces
canadiennes, qui n'imposent pas une période tampon d'une année sur le marché du
travail après l'obtention du diplôme afin d'amorcer des démarches de résidence
permanente.
Ainsi, en facilitant les demandes de résidence
permanente pour les finissants d'un programme académique en français d'une
université québécoise, cela permet au Québec de continuer de bénéficier de
l'apport de ces étudiants devenus diplômés.
En agissant ainsi, le gouvernement injecte directement de la compétitivité et
de l'attractivité dans ses établissements
académiques, dont Polytechnique Montréal fait partie. Le gouvernement renforce
aussi son engagement vis-à-vis de la protection du français, qui fait
partie évidemment intégrante de notre ADN.
Ces deux points nous conduisent à penser que ces
modifications réglementaires auront des retombées profitables à l'ensemble du milieu économique québécois. Notre
université est particulièrement bien placée pour constater combien l'expérience universitaire est un puissant
moteur d'intégration. À Polytechnique, nos étudiants internationaux suivent une
formation très majoritairement en français, effectuent des stages dans des
organisations et des organismes québécois,
participent activement à l'innovation québécoise et font rayonner le Québec par
leurs découvertes scientifiques en recherche, développent un réseau, une
vie locale et contribuent à l'économie québécoise.
En choisissant d'abord une université
québécoise, les étudiants internationaux choisissent bien souvent de vivre et
de travailler par la suite ici, au Québec. Selon une étude du BCEI, menée en
2021, 50 % de nos étudiants internationaux comptent demander la résidence
permanente à la suite de leurs études, et 38 % y réfléchissent. En sortant
de notre université, nos étudiants internationaux sont déjà courtisés par des
employeurs partout au Québec pour occuper des emplois hautement qualifiés dans
des secteurs névralgiques de notre économie. Ces candidats à la résidence permanente sont une richesse dont le
Québec peut difficilement se passer, surtout dans notre contexte de besoin
criant de main-d'oeuvre.
Dans la présente consultation, des questions
sont soulevées concernant le seuil annuel de 50 000 ou de
60 000 nouveaux arrivants. Comme la question concerne l'ensemble des
immigrants et non seulement les étudiants, nous nous abstenons aujourd'hui de
commenter cette question. Cela dit, notre recommandation serait, par contre,
d'admettre en continu et hors du plafond les personnes qui déposent une demande
de résidence permanente à la suite de
l'obtention du CSQ du PEQ, le volet Diplômés du Québec. L'inverse pourrait être
contre-productif à tous nos efforts de recrutement et de formation d'une
main-d'oeuvre hautement qualifiée dont l'intégration sur le sol québécois est
assurée par un parcours universitaire.
Pour conclure, nous
pensons que l'immigration doit, plus que jamais, être abordée dans l'optique
d'assurer la vitalité du Québec. Nous croyons que l'enseignement supérieur,
particulièrement celui francophone, constitue une mécanique puissante pour assurer l'intégration des
immigrants qui contribuent aujourd'hui à la prospérité du Québec.
L'option de ne pas comptabiliser les étudiants internationaux dans les seuils
d'immigration consoliderait les gains en attractivité et en rétention des
talents que la modification réglementaire du PEQ va certainement engendrer.
Nous sommes d'avis que les effets cumulés de ces deux mesures seraient une
action décisive du gouvernement pour assurer la prospérité du Québec.
En misant davantage
sur la sélection de personnes qui sont déjà présentes sur notre territoire, le
territoire québécois, en particulier les étudiantes et étudiants diplômés, le
gouvernement favorise une plus grande rétention des personnes diplômées de programmes
francophones. Depuis toujours, Polytechnique Montréal est l'alliée d'un Québec plus prospère, je dirais, depuis
150 ans, même. Avec la collaboration au coeur de nos valeurs, nous nous
engageons à répondre à toute opportunité d'enrichir les discussions avec
le gouvernement, les autres universités et le milieu des affaires pour trouver
des solutions porteuses d'avenir pour toutes et tous.
Chers députés, je
tiens à vous remercier de votre attention. Mme Brière, Mme Ferland,
M. Langlois et moi-même répondrons à toutes vos questions avec plaisir.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci
beaucoup, Mme Cohen. Tout d'abord, écoutez, 150 ans, vous ne le faites pas, là. Je vous le dis, je vous
regarde tous les quatre, vous ne le faites pas. Non, mais trêve de
plaisanterie...
Mme Cohen
(Maud) : Même pas cumulés.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Pardon?
Mme Cohen
(Maud) : Même pas cumulés.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Alors, trêve de plaisanterie. Merci beaucoup
pour cette présentation. On va commencer maintenant l'échange avec les
parlementaires. Je me tourne du côté de la banquette ministérielle avec une
période de 16 min 30 s. Le micro est à vous.
Mme
Fréchette : Merci, Mme la Présidente. Alors, merci, Mme la directrice
générale. Merci à vous tous de prendre part à cet échange, à cet exercice très
important et qui soulève beaucoup d'attention cette année. On en est très
contents, parce que l'immigration est particulièrement stratégique pour la suite
des choses pour le Québec. Donc, merci de
partager votre expertise, et, vraiment, c'est stimulant d'entendre vos
réalisations, vos ambitions. Je me disais : Ça me donne presque le
goût de retourner aux études un jour, sait-on jamais.
• (16 heures) •
Et bravo pour votre
contribution, je dirais, à la régionalisation aussi par le biais des stages. Je
n'étais pas consciente de cette facette de votre activité. Donc, c'est
intéressant de voir, dans le fond, les liens que vous avez avec l'ensemble des
régions et l'activité économique que vous devez instiller, là, dans ces régions
à travers les stages que vos étudiants font,
et je vois que vous avez, donc, beaucoup d'étudiants étrangers. Donc, c'est
intéressant de vous entendre là-dessus.
Dans votre mémoire, là,
vous dites vouloir contribuer à l'attraction et à la rétention d'étudiants
étrangers francophones au Québec. Alors, j'aimerais que vous nous parliez des
mesures additionnelles, des initiatives que vous aimeriez envisager prendre
pour, justement, nous rendre plus attrayants ou rendre votre institution, là...
lui permettre d'accueillir davantage d'étudiants étrangers.
Mme Cohen
(Maud) : Bien, je pourrai céder peut-être un peu la parole tout à
l'heure à Mme Ferland, mais je tiens à
préciser que, pour s'intégrer dans un pays d'accueil — mon
père est un immigrant, mon mari est un immigrant — le
réseau est vraiment fondamental et la capacité de s'intégrer assez facilement
au marché du travail l'est aussi. Donc, tout ce qui permet à un étudiant ou à
une étudiante de s'intégrer et de bâtir un réseau à travers des études, comme des études qu'ils peuvent avoir à
Polytechnique Montréal, vient favoriser ça, parce que le type d'études que l'on a, où le travail d'équipe est fortement,
fortement... pas juste encouragé, il est obligatoire dans plusieurs
de nos cours, il y a
des stages qui sont obligatoires, déjà, et il y a des projets que l'on appelle
des projets intégrateurs qui font qu'ils interagissent ensemble, mais, non
seulement ça, Polytechnique continue à stimuler sa vie étudiante, non seulement
les partys, comme je l'explique souvent, mais, par exemple, on encourage
énormément les sociétés techniques, qui sont vraiment des projets de formation
où les étudiants apprennent sur le tas, apprennent en faisant des expériences vraiment superstimulantes. Et, honnêtement, ce
sont des étudiants... et souvent des étudiants et étudiantes étrangers qui
réussissent par la suite, d'ailleurs, à se placer davantage sur le marché.
Il y a évidemment
d'autres mesures qui sont mises en place dans l'accompagnement des étudiants.
On en discutait juste avant la commission, tout à l'heure, avec
Mme Ferland, son équipe. Elle est vraiment dans l'accompagnement des
étudiants qui sont là. Évidemment, si on était en mesure d'avoir davantage de
ressources, c'est sûr que l'accompagnement
plus individualisé, peut-être pas passer notre temps en mentorat à côté d'un
étudiant, mais un accompagnement plus individualisé favoriserait
davantage vraiment la capacité de rapidement intégrer la personne sur le
marché.
Mais
je vais la laisser vous expliquer un peu ce que son service fait pour les
étudiantes et les étudiants étrangers qui permet de faciliter tout ça.
Mme
Ferland (Amélie) : Alors, bonjour. Je travaille depuis neuf ans au
sein du service aux étudiants de Polytechnique. Mon rôle est celui de
conseillère aux étudiants internationaux, donc je m'occupe beaucoup de tout ce
qui est accueil des étudiants avant l'arrivée, durant leur séjour aussi, donc
je m'assure que les étudiants ont des documents d'immigration qui sont valides.
Et vous allez comprendre que 2 800 étudiants internationaux, c'est
quand même... ça fait beaucoup de gens. Donc, on se doit de s'assurer que ces
étudiants-là puissent continuer leurs études. Et le maintien d'un statut légal,
c'est vraiment la condition de base. C'est tout au bas de la pyramide de Maslow
dans la vie d'un étudiant international. À
cela s'ajoutent des considérations particulières, comme s'assurer que ces
étudiants-là ont justement des assurances, qu'ils puissent... qu'ils puissent
finalement poursuivre un séjour dans de bonnes conditions.
Donc,
je ne suis pas seule à accompagner ces étudiants-là, bien entendu. Toute
l'équipe avec laquelle je travaille, que ce soit les psychologues, les
conseillers au soutien à la réussite interviennent aussi auprès de ces
étudiants. Mais je vous dirais que, oui,
effectivement, d'avoir un nombre plus important de conseillers aux étudiants
internationaux — et
je pense que ce n'est pas... ce n'est pas une réalité qui est unique à
Polytechnique, là, c'est un peu... c'est la même un peu partout dans le réseau universitaire ou des cégeps — ce
serait une bonne chose puisque, bien sûr, plus on augmente le taux
d'étudiants internationaux, plus les besoins augmentent, et, des fois, les
ressources ne suivent pas. Donc, je pense que, oui, effectivement, d'avoir des
bras supplémentaires, ça pourrait vraiment contribuer à aider.
Mme
Fréchette : Est-ce que...
Mme Cohen
(Maud) : Je vais peut-être...
Mme
Fréchette : Allez-y.
Mme Cohen
(Maud) : Pardon. Je vais peut-être juste rajouter aussi que les enjeux
de logement dont on entend récemment parler sont des enjeux qui se sont... qui
se sont surtout amplifiés depuis la fin de la pandémie. Ce sont des enjeux que nous, à Polytechnique
Montréal, ne connaissions pas autant que maintenant. L'enjeu, ici, à Montréal,
c'est le logement abordable. Il y a du
logement disponible, mais il n'est pas abordable pour les étudiants, et donc il
y a énormément d'efforts qui sont faits par l'équipe de Mme Ferland pour
accompagner l'étudiant dès le début puis l'aider à se trouver un
logement, surtout lorsqu'on est en réaction d'un étudiant qui arrive et puis
qui n'a pas de logement.
Par contre, je
veux... je veux aussi souligner qu'on l'accueille vraiment de façon très
favorable, le projet de résidence qui est
fait par l'équipe d'Ivanhoé Cambridge, et on va vraiment collaborer de façon
importante à ce projet-là pour pouvoir leur faciliter la tâche.
Mme
Fréchette : C'est sûr que c'est un élément que nous avons à l'oeil
également de notre côté.
Par
rapport à l'accès à la résidence permanente, j'aimerais vous entendre sur...
Est-ce que ça vous semble être un élément d'importance dans le choix
pour des étudiants étrangers de venir ou pas à Polytechnique que cet accès à la
résidence permanente après leurs études? Est-ce que ça vous semble un élément
important dans leur réflexion?
Mme Cohen
(Maud) : Je pense que ça... Bien, en fait, je n'ai pas de données.
Nous n'avons pas de données sur cet élément-là. Par contre, ce qui est certain,
c'est que ça sera un élément important sur le fait qu'ils restent ici. Et, honnêtement, comme je l'ai dit, 90 % ont
l'intention de s'établir lorsqu'ils arrivent chez nous, donc on irait peut-être
chercher 10 % additionnels. Tant mieux, là, si 100 % avaient
l'intention, mais, dans les faits, il y en a... à la fin de tout ça, il y en a peut-être 75 % qui restent
sur le sol québécois. Alors, si on est en mesure, avec le 25 %
additionnel, de gruger du terrain, éviter qu'ils se... qu'ils aillent, par
exemple, en Ontario ou dans d'autres provinces qui les accueillent avec
les bras ouverts, là, parce qu'ils ont été formés ici, une main-d'oeuvre
qualifiée que nous, on a formée, ça faciliterait
les choses. On le constate, nous, dans nos statistiques, qu'il y a vraiment un
mouvement... avec la difficulté de l'obtention de la résidence
permanente, il y a vraiment un mouvement vers les provinces canadiennes.
Mme
Fréchette : Parlant du Canada, on est très préoccupés et insistants
auprès du fédéral par rapport au haut taux de refus d'étudiants étrangers en provenance
d'Afrique francophone. J'aimerais que vous nous partagiez votre expérience sur
ce plan-là. Est-ce que vous avez vu une légère amélioration ou aucune
amélioration au cours des derniers mois? Parce que le fédéral tient un discours
plutôt optimiste, mais on n'en a pas vu encore la couleur sur le terrain, là.
Qu'en est-il, de votre côté?
Mme Cohen
(Maud) : Je vais laisser peut-être la parole à monsieur... à
Pr Langlois. Pierre.
M. Langlois (Pierre) : Oui. Merci beaucoup.
Bien, c'est difficile d'établir une observation, un lien immédiat. Vous savez, notre cycle de recrutement est quand
même assez long. Ce qui est plus inquiétant, je pense, c'est peut-être
le message que ça risque de transmettre si la situation ne s'améliore pas
rapidement. Parce que, là, on est en train de préparer le recrutement déjà pour
l'année de septembre 2024. Donc, si le message se passe que c'est difficile d'immigrer, c'est difficile d'avoir ses papiers à
temps, c'est difficile d'avoir son permis d'études, bien, ça met un frein
dans le recrutement, puis ça, ces choses-là ont des effets sur plusieurs années
ensuite.
Mme
Fréchette : Est-ce que vous faites des représentations sur ce sujet-là
auprès du fédéral?
Mme Cohen (Maud) :
Oui. Oui, oui. On travaille... on travaille avec le fédéral, mais on
travaille aussi avec Universités Canada pour faire ces représentations.
C'est... c'est répété. Et c'est sûr que ça semble se concrétiser surtout sur
certains pays d'Afrique, là, évidemment, donc c'est ce que l'on tente de
travailler avec eux, c'est d'éviter un peu la systématisation, peut-être, de
refus pour certains pays.
Cela dit, je peux quand même... sans dire que ça
a été parfait cette année, je peux quand même dire que c'est nettement mieux
que l'année dernière, parce que, l'année dernière, ça avait été une année
horrible. Et on l'a vu directement dans nos
effectifs étudiants. L'année dernière, on a expérimenté une croissance de la
population étudiante qui tournait autour de 1 %, et ce n'étaient pas des
étudiants étrangers, pour une des rares années qu'on a expérimentées,
alors que, cette année, on est de retour à des... des normes de croissance de
population qui sont plus raisonnables, dont une vaste majorité provient des
étudiants et étudiantes internationaux.
Mme
Fréchette : D'accord. Bien, on sera intéressés, en tout cas, à
connaître l'évolution des choses, là, de votre côté. Je vous invite à
nous tenir informés de ça dans les mois qui viennent.
Mme la Présidente, je vais...
Mme Cohen (Maud) : Mais les pays
sont les mêmes. Les pays sont toujours les mêmes.
Mme Fréchette : Alors, je vais céder
la parole à des collègues. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
Merci, Mme la ministre. Alors, je reconnais la
députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Il vous reste six minutes. La parole est à vous.
Mme Tardif : Merci. Malgré votre
jeune âge cumulatif, donc, je me permets de vous souhaiter un bon 150e.
150 ans, pour une institution, ce n'est pas rien.
• (16 h 10) •
Une voix : Effectivement.
Mme
Tardif : Mais d'autant plus que c'est 150 ans de
renommée, de renom, de renommée et de reconnaissance internationale,
donc chapeau! Vous êtes un très beau modèle d'université, et c'est pour ça
qu'il y a tant de gens, d'immigrants qui viennent chez vous.
Donc, on sait que les ingénieurs que vous formez
et que les enseignants, les chercheurs qui sont là ont un impact très positif
pour la société québécoise. Et je me dirige vers les régions, parce qu'en
région on a aussi besoin d'ingénieurs. Et,
vous voyez, moi, j'ai mal tourné, je suis rendue assise ici malgré mon jonc.
Donc là, je fais un peu la leçon en disant qu'on a besoin d'ingénieurs
sur le terrain, mais on en a besoin partout. Je fais des farces, là.
Mais, effectivement, en région... Et j'ai
entendu que vous aviez des stages qui permettent... Je m'excuse, je ne savais pas que vous aviez des stages à
l'université pour les étudiants. Je savais qu'à l'École de technologie
supérieure, à l'Université de Sherbrooke, par exemple, dans un baccalauréat, il y avait le
programme stages-études, et c'est très, très en demande pour les entreprises et
c'est très bénéfique pour les étudiants aussi. Parlez-moi un peu de votre
façon, là, et... Est-ce qu'on peut avoir davantage de collaboration? Et
comment collaborer avec vous en région?
Mme Cohen
(Maud) : Bien, moi, je vais commencer, mais après je pense
que Pierre a des statistiques. Tu levais la main. Préfères-tu commencer,
Pierre?
M. Langlois (Pierre) : Bien, je n'ai
pas tant de statistique, mais, tu sais, je peux un parler un petit peu très,
très brièvement des stages.
Mme Cohen (Maud) : OK. Vas-y.
M. Langlois (Pierre) : Donc, oui,
merci pour la question. Bien, vous savez, à Polytechnique Montréal, il y a un
stage obligatoire dans la formation d'ingénieur. Tous les étudiants, toutes les
étudiantes doivent faire au moins un stage pendant leur formation d'ingénieur.
La plupart en font deux, voire trois. On a aussi beaucoup de stages qui se font à la maîtrise professionnelle. Alors, encore
une fois, bien, pratiquement toutes les étudiantes ou tous les étudiants
à la maîtrise professionnelle vont faire au moins un stage, certains vont le
faire à l'intérieur de l'université, mais la majorité vont vouloir aller en
entreprise.
Maintenant, pour ce qui est de la région versus
Montréal, Mme Cohen en a parlé tantôt, et puis ce qui est la clé ici pour nous, c'est d'établir des partenariats
avec des entreprises à travers le Québec. Et, ça, Polytechnique a une longue
expérience d'en avoir établis, et nous continuons à les avoir. Nous sommes là
pour travailler avec les entreprises. Après tout, c'est notre raison
d'être, de former des gens qui seront prêts pour le marché du travail ensuite.
Mme Cohen
(Maud) : Je vais donner un exemple. Par exemple, dans le
secteur des mines, j'ai eu des discussions, à mon arrivée, avec un grand
dirigeant d'une... d'une entreprise minière québécoise qui était diplômé de
Polytechnique. Ce n'est pas à
Montréal que ces ingénieurs-là sont embauchés. Or, on a des ingénieurs en
mines, des ingénieurs en mécanique, des
ingénieurs en électrique, des ingénieurs en industriel qui vont aller
travailler dans leur entreprise. Et ils sont vraiment, vraiment
intéressés. Ils travaillent vraiment main dans la main avec nos organisations.
Je
peux donner d'autres exemples, là, avec, évidemment, tout le secteur
technologique qui est répandu à travers le
Québec, où on pourrait avoir des ingénieurs formés en génie informatique ou
logiciel qui vont travailler de façon très, très concrète. Même chose
pour les municipalités qui embauchent vraiment de façon importante nos
ingénieurs soit civils ou soit dans d'autres
domaines. Donc, comme Pierre le disait, on a des partenariats très forts au
niveau des stages mais aussi au niveau de la... du placement ensuite,
lorsque les...
Mme Tardif : Permettez-moi.
Mme Cohen
(Maud) : Oui, pardon.
Mme Tardif : Permettez-moi.
Je sais qu'il y a un stage, là, un stage qui est obligatoire pour graduer, mais
est-ce que vous entrevoyez d'inclure, d'incorporer les stages-études comme les
universités, comme l'Université de Sherbrooke, par exemple, fait, et qui fait que l'alternance,
là, après un an, ils ont un stage, et ils ont des stages, plus d'un
stage, ce qui fait qu'ils sont davantage aptes à aller sur le marché du travail
et plus rapidement disponibles pour les employeurs aussi?
M. Langlois
(Pierre) : Bien, vous savez, définitivement, on regarde toujours ce
qu'on peut faire de mieux. Puis l'option d'avoir un programme plus coopératif
avec davantage de stages obligatoires est toujours sur la table.
Ça étant dit, je
voulais juste rappeler que la plupart de nos étudiantes et étudiants vont faire
un stage après leur première année, ils vont faire le stage obligatoire après
la deuxième, et pratiquement tous et toutes vont faire un stage après la
troisième année aussi. Donc, cette alternance-là, naturelle, existe. Beaucoup
d'étudiantes, d'étudiants vont faire déjà un
stage de six mois qui va les décaler, donc ils vont être en stage à l'été puis
à l'automne et, ensuite, vont poursuivre leurs études à l'hiver et à
l'été suivant. Donc, cette réalité-là existe aujourd'hui à Polytechnique.
Mme Tardif : Excellent. Merci. Je vous sors un petit peu de
votre domaine de confort au niveau de l'éducation comme telle, mais est-ce qu'on a un portrait
statistique au niveau des immigrants qui non seulement demeurent au Québec,
mais qui s'installent en région comme ingénieurs?
Mme Cohen
(Maud) : Bien, en fait, nous, on a fait un portrait, là, on pourra
vous le partager, si les gens qui en font
partie... on a fait un portrait de profils d'étudiants qui ont été diplômés de
Polytechnique et qui se sont installés, mais on n'a pas la statistique
exacte, à moins que je me trompe, Émilie, sur le nombre de diplômés en génie
qui vont s'installer par la suite en région. Mais on a un nombre vraiment élevé
d'exemples, par contre. Par exemple, je peux vous donner l'exemple...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme Cohen.
Mme Cohen
(Maud) : Oui, parfait. C'est bon.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Le temps imparti au gouvernement est... est
terminé, en fait. Je vais vous inviter, si vous
avez des documents, par ailleurs, à les envoyer, à les acheminer par courriel
au secrétariat de la commission. Ça va être partagé aux parlementaires.
Merci beaucoup, mesdames.
Je me tourne
maintenant du côté de l'opposition officielle avec la députée de Chomedey pour
une période de 12 min 23 s. Le temps commence maintenant.
Mme Lakhoyan
Olivier : Bonjour. Merci d'être là.
Une voix :
Bonjour.
Mme Lakhoyan
Olivier : On entend beaucoup parler de l'École polytechnique. Ça fait
partie de l'histoire du Québec, comme vous mentionniez. 150 ans, ça se
comprend.
Vous
avez des défis comme les autres universités. Vous avez tous parlé de Programme
expérience québécoise, le PEQ. Donc, depuis le changement des règlements
concernant le PEQ, vous avez trouvé que vous avez manqué beaucoup d'étudiants. Donc, le nombre a chuté,
veux, veux pas. Et puis, là, qu'il y a des changements qui s'en viennent,
et vous êtes... vous semblez être contents de ces changements-là.
Pouvez-vous
nous expliquer comment, en gros, ça vous a affectés, le changement, mais avant
les... le nouveau changement qui s'en vient, là, la coupure, disons,
dans le PEQ, jusqu'à maintenant, là, jusqu'à dernièrement?
Mme Cohen
(Maud) : Écoutez, j'ai... ce que j'expliquais, c'est que ce qu'on a
constaté clairement, c'est que beaucoup de
nos diplômés, plutôt que de rester au Québec, s'installaient dans d'autres
provinces canadiennes parce qu'ils avaient leur résidence permanente
beaucoup plus rapidement. Donc, à ce titre, c'est ce qu'on souhaitait
souligner. C'est qu'avec ce changement qui évite la période tampon, ça fait en
sorte que l'étudiant qui diplôme au Québec peut, aussi rapidement qu'il le pourrait à l'extérieur du Québec, s'installer
ici, là où il a fait son stage, là où il a bâti son réseau déjà, ou là où elle a fait ses amis. Donc, c'est
beaucoup plus, beaucoup plus efficace pour une personne qui est ici, puis
efficace pour le Québec, là, parce que ce
sont nos établissements d'enseignement qui les forment et qui les accompagnent là-dedans.
En
même temps, on a des étudiants, nous, ici, au Québec, qui vont étudier à
l'international puis on veut qu'ils reviennent, là. Mais ce sont nos
établissements avec nos efforts qui les formons. Et puis, par la suite, on les
laissait partir dans d'autres provinces canadiennes parce qu'ils ne pouvaient
s'établir ici rapidement. Donc, c'est... c'est plutôt à ce titre, je vous
dirais, qu'il y a eu une baisse.
Ça va augmenter notre
attractivité, cela dit, c'est certain, pour le Québec, par rapport à d'autres
provinces canadiennes, d'être en mesure d'assurer à l'étudiant qui arrive de
l'international qu'il pourra, s'il obtient son diplôme et qu'il est francophone... qu'il étudiait dans un programme
francophone, qu'il pourra obtenir sa résidence permanente. Donc, c'est
davantage l'impact sur la diplomation, qu'ils ne s'installaient pas ici, au
Québec, et qu'ils partaient, je vous dirais, qui était significatif.
Mme Lakhoyan Olivier :
Donc, pour vous, c'est... c'est l'intégration aussi, dans la société
québécoise, des étudiants qui ont déjà passé des années ici, la facilité à
s'intégrer dans notre société.
Est-ce que j'ai bien
entendu? Tantôt, vous avez parlé... le fait que certains immigrants ont l'appui
de leur communauté, ils ont un appui. Est-ce
que j'ai mal compris? Leur communauté les appuie aussi pour les aider à
s'intégrer?
Mme Cohen
(Maud) : Mme Ferland pourra peut-être répondre à cette
question-là. C'est sûr que certaines communautés
ont des programmes de soutien, des programmes... Mais de formaliser, en
interaction avec Polytechnique, là, Mme Ferland pourra peut-être
répondre à la question.
• (16 h 20) •
Mme Ferland
(Amélie) : Bien, on a des étudiants qui proviennent de pays... par
exemple, je nommerais le Liban, où, au sein de... à Montréal, il y a une
diaspora qui est déjà établie depuis très longtemps et qui peut soutenir,
effectivement, les étudiants.
Maintenant, au sein
de notre école, on a aussi... on a aussi des associations étudiantes qui
proviennent de différents pays qui offrent certains services aux étudiants. On
a des comités étudiants qui ont un focus particulier vers les étudiants internationaux — donc, je peux les nommer, là, PolyExplore,
PolyInternational — dont
le but est de faire... de faire des activités, de faire découvrir le
Québec aux étudiants. Ça implique autant des étudiants québécois que des
étudiants internationaux. Donc, il y a cet... il y a cet écosystème-là qui
existe déjà pour soutenir les étudiants, en plus des services qu'on offre déjà
au sein de l'école.
Mme Lakhoyan Olivier : On nous a mentionné — d'autres
groupes — concernant
la lourdeur de la paperasse, les étudiants immigrants. Pouvez-vous élaborer
là-dessus?
Mme Cohen (Maud) :
Mme Ferland va répondre à la question.
Mme Ferland
(Amélie) : Oui. Bien, je pense que ça a été nommé par plusieurs
intervenants déjà. Je ne sais pas qu'est-ce
que je peux rajouter de plus, nécessairement. Tout ce que je peux nommer, c'est
que, bon, on avait eu, dans les
dernières années... on semblait avoir beaucoup d'intentions de refus au niveau
des premières demandes de CAQ. J'ai constaté une amélioration cette
année. Encore... Encore là, au niveau du permis d'études du fédéral, ça... ça
coince encore au niveau des délais de traitement, en particulier pour des
régions comme l'Afrique subsaharienne, l'Afrique du Nord. Quoique, là encore, on est sortis de la pandémie, et je pense
qu'il y a eu... ça a eu des effets. Donc, j'ai comme l'impression qu'IRCC a peut-être liquidé certains
de ses arriérés, et ça a eu un effet positif sur les délais de traitement.
Donc, grosso modo, une certaine amélioration
par rapport aux années passées, mais ça peut toujours s'améliorer, là, je
pense que... surtout du côté du fédéral.
Mme Lakhoyan Olivier : Je comprends le fait
qu'un étudiant a tellement à apprendre, surtout en technologie aussi. C'est une lourdeur, demander d'autres
choses à faire, comme les paperasses, et tout ça. Est-ce qu'il y a de l'aide, à
l'université, pour venir en aide aux étudiants?
Mme Ferland (Amélie) : Oui. Je peux peut-être y
répondre. En fait, c'est mon rôle. C'est de soutenir les étudiants qui ont des
difficultés avec leurs documents d'immigration. Donc, on essaie d'être le plus possible
dans la prévention. Mais malheureusement,
bon, on ne peut pas se démultiplier, là. Il y a juste deux postes de
conseillers aux étudiants internationaux, donc on est souvent dans le
curatif. On apporte souvent des solutions aux étudiants qui ont déjà des
problèmes. Mais c'est sûr qu'on travaille, on planche sur du contenu pour
essayer de vulgariser les démarches, qui ne sont pas nécessairement limpides au
départ, là, surtout que les étudiants doivent fonctionner avec deux paliers de gouvernement, comme vous le savez. Donc, ça
complexifie la chose. Il y a des règles aussi à respecter au niveau du travail.
Donc, c'est notre rôle. C'est vraiment d'essayer de démystifier tous ces
aspects-là puis d'accompagner au mieux les étudiants dans leur... dans leur
séjour pour que ça se passe légalement.
Mme Lakhoyan Olivier : Culturellement...
Culturellement parlant, est-ce que... est-ce
que vous rencontrez des défis
avec les étudiants immigrants? Est-ce que ça se passe bien?
Mme Cohen
(Maud) : Bien, je peux peut-être répondre en partie, puis
Mme Ferland pourra répondre. Ce qu'il
est important de comprendre, c'est que la majorité des étudiants qui viennent
ici, à tout le moins au baccalauréat, lorsqu'ils sont admis et qu'ils
sont étudiants internationaux, ils doivent faire une année qu'on appelle de
préparation. Donc, c'est une année où,
d'abord, on vise à mettre à niveau les connaissances en sciences physiques,
chimie, mathématiques,
mais c'est surtout une année où on vise à les intégrer dans le milieu, où on
vise à leur offrir des cours d'intégration à la culture québécoise. Et
par la suite il y a évidemment le service aux étudiants avec Mme Ferland, mais une plus grande équipe qui travaille avec
eux, donc il y a beaucoup d'efforts. Et, comme Mme Ferland le précisait,
il y a énormément, énormément d'activités
étudiantes autour de l'intégration des étudiants qui viennent de l'international
pour s'assurer que leur parcours se fait de façon la plus harmonieuse possible.
Est-ce que ça répond à la question ou est-ce que... Mme Ferland a
peut-être des choses à ajouter. Non?
Mme Lakhoyan Olivier : Ça répond à ma question.
Concernant le logement, puisqu'ils viennent de l'extérieur, comment vous
trouvez... Avez-vous un défi de logement et comment... comment vous travaillez
là-dessus?
Mme Cohen
(Maud) : Je vais laisser Mme Brière répondre à cette question.
Mme Brière
(Émilie) : Bonjour. Oui, effectivement, l'enjeu du logement est présent
également à Montréal, et pas uniquement en
région, mais c'est un enjeu qui se pose d'une façon particulière en région
métropolitaine, puisque c'est moins
la question de la disponibilité ou des logements vacants qui est l'indicateur
pertinent, mais plutôt l'accessibilité des logements disponibles. Donc,
c'est déjà des commentaires, je pense, que vous avez entendus aujourd'hui
venant de collègues d'autres universités,
mais on les partage. On partage cette lecture, tout à fait, que le défi est
vraiment celui de l'accessibilité. Et donc l'équipe de services aux
étudiants à Polytechnique accompagne, notamment Mme Ferland, accompagne
des étudiants pour qu'ils puissent se trouver des logements abordables.
Après, nous, à
Polytechnique, on a... on participe, on bénéficie de cette offre de logements
étudiants qui est celle du campus Université de Montréal, il y a Polytechnique
et HEC, et donc elle est effectivement dimensionnée pour accueillir une partie
des étudiants qui sont à la recherche d'un logement, mais pas pour accueillir
la totalité. Mais on est tout à fait... tout
à fait ouverts à travailler de concert avec l'ensemble des universités et des
établissements d'enseignement
supérieur de la région métropolitaine, puisque la question du logement étudiant
en région métropolitaine, à notre
sens, elle ne doit pas être traitée établissement par établissement, mais
plutôt dans une approche concertée, y compris avec des... y compris avec des
partenaires, que ce soit la CDPQ, Ivanhoé Cambridge pour les projets de cités
universitaires ou tout autre modèle qui nous permettrait d'envisager des
solutions qui répondent aux besoins de l'ensemble des établissements plutôt que
d'une communauté universitaire plutôt qu'une autre. Donc, notre approche est
vraiment plutôt celle d'une collaboration autour de cet enjeu.
Mme Lakhoyan
Olivier : Bien, j'apprécie vos suggestions. On va prendre note, c'est
sûr. J'avais tellement de questions. Oui.
Des voix :
...
Mme Lakhoyan
Olivier : Bien, si vous avez un dernier point à nous... à nous
soumettre et que vous n'avez pas écrit... Comment le gouvernement peut vous
aider? Est-ce qu'il y a un point que vous aimeriez mettre de l'avant?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : On ne vous entend pas.
Mme Cohen (Maud) :
Merci. J'ai essayé de ne pas faire de bruit pendant que ma collègue
parlait, mais... Je pense que je vais
réitérer le besoin, je pense, pour nos universités d'avoir davantage de
ressources, d'accompagnement, de mentorat pour les étudiants pour que
l'on soit plus dans le préventif, ça, c'est sûr, besoin qui a été émis.
C'est sûr que nous,
on n'a jamais eu vraiment d'enjeux d'attractivité comme institution, mais,
comme nos collègues des autres universités ont commencé à comprendre notre truc
pour attirer des bons étudiants, il est certain qu'on va mettre un peu plus d'emphase dans le futur sur notre capacité
de recrutement à l'international. Donc, on pense notamment à l'ouverture
d'un bureau en Europe, évidemment, chose qu'on n'a pas eu besoin de faire
auparavant, par exemple, pour avoir du
succès. Mais ça, ça nécessite effectivement des investissements quand même
assez significatifs pour une
université de notre taille, mais c'est des choses qui peuvent vraiment... dans
le contexte, ce sont des investissements très minimes pour le Québec
dans sa globalité quand on pense à la...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci.
Mme Cohen
(Maud) : Pardon.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mais oui, eh oui, la gardienne du temps vient
de parler.
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci beaucoup. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la députée. Mais, en fait, il nous
reste une dernière intervention aussi, alors vous pourrez poursuivre
dans votre lancée avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne pour une période de
4 min 8 s. Le micro est à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup.
Merci pour votre belle présentation. Je vous lisais et je me disais que vous ne faites pas seulement en génie, vous faites
aussi en diplomatie quand même, quand je vous lis, là : «Cette refonte répare une iniquité préjudiciable à l'attractivité du
Québec, et il s'agit du vent de dos dont le milieu universitaire avait grandement besoin». J'aurais voulu être plus
diplomatique moi-même, j'aurais eu de la misère. Donc, je vous en félicite.
Écoutez,
vous parlez de refus de CAQ, d'intentions de refus. J'aimerais ça, savoir pour
quel motif ça vous frappe ou ça frappe vos étudiants étrangers. Pourquoi
les CAQ sont refusés comme ça?
Mme Cohen
(Maud) : Mme Ferland, allez-y.
• (16 h 30) •
Mme Ferland
(Amélie) : Oui, c'est ça, je peux peut-être y répondre. Bien, il y a
différentes raisons. Il y a des questions de
capacité financière, ça peut être des documents qui sont manquants, parfois des
choses aussi triviales que l'utilisation d'une signature électronique
plutôt qu'une signature manuscrite, chose qui, selon moi, à moins que je me
trompe, n'est nulle part écrite sur le site du MIFI. Donc, il y a beaucoup de
raisons pour lesquelles les étudiants peuvent
se voir... bien, peuvent recevoir des intentions de refus, et malheureusement
les raisons qui sont énoncées ne sont pas
toujours très limpides. Parfois, les étudiants ont de la difficulté à s'y
retrouver et à formuler une réponse adéquate. Donc, c'est pour ça qu'on
est là. On intervient et on les accompagne. Mais ça pourrait être plus clair.
M. Cliche-Rivard : Et, si vous permettez,
est-ce qu'on... est-ce qu'on gagnerait à assouplir un petit peu souvent le
langage de certaines lettres, là, quand il manque un document ou une signature,
là, quelque chose comme «intention de refus»
quand on est un étudiant étranger versus «demande de documents additionnels» ou
«communication au dossier»? Je dis ça en plus où il y a souvent aussi
une mention ou une menace, là, sur fausse représentation, de voir son dossier
sanctionné pour cinq ans, si jamais vous n'êtes pas dans la capacité de prouver
quelque chose, alors que, finalement, il
manque, comme vous l'avez dit, une signature manuscrite ou une page d'un
passeport. Est-ce qu'envers nos étudiants étrangers il n'y aurait pas
nécessité auprès du MIFI d'assouplir le langage dans les communications?
Mme Ferland
(Amélie) : Bien, c'est sûr que, par expérience, l'appellation
«intention de refus» induit souvent un vent de panique chez les étudiants. Et,
quand on leur dit d'emblée que c'est essentiellement une chance que le gouvernement leur donne de redonner les documents
manquants, alors là, la tension baisse d'un cran tout de suite. Donc, oui, peut-être qu'il y aurait moyen de
renommer certaines choses et de clarifier encore une fois les raisons qui sont
données pour parfois... bien, à titre de motifs d'intention de refus.
M.
Cliche-Rivard : Parce qu'il est bien évident que le souhait du MIFI,
c'est que tout se passe bien, là, finalement.
On espère obtenir le document additionnel, ça, c'est clair, on espère que
l'étudiant étranger se destine... réussisse son immigration. On n'a
évidemment aucune intention ou aucune volonté de juste créer un vent de
panique, là, comme vous l'avez dit. Donc, au
contraire, avec une communication un petit peu plus claire, avec une ligne,
disons, plus sympathique, là, on gagnerait probablement ou, du moins, on
diminuerait beaucoup votre charge mentale de stress associé à la gestion de
certains dossiers.
Mme Ferland
(Amélie) : Probablement.
M.
Cliche-Rivard : Donc, j'espère que le message a été entendu. Est-ce
que la même chose s'applique du côté d'IRCC? Est-ce qu'on voit le même genre de
langage avec le fédéral ou c'est propre au Québec?
Mme Ferland
(Amélie) : Je vous dirais qu'on a une collaboration qui est beaucoup
plus directe avec le MIFI. Si jamais, de
notre côté, on voit qu'il y a des incongruités, par exemple, dans une intention
de refus, ça peut arriver, donc, au moins, on a une ligne de
communication avec le MIFI, ce qu'on n'a pas du côté fédéral. Alors... alors,
je vous dirais que... Et oui, parfois, bien, là, on le voit surtout avec les
étudiants qui sont en provenance de l'étranger, qui demandent un premier permis d'études. Ça, encore là, les raisons,
les motifs de refus pour les demandes de permis d'études sont souvent
assez vagues, ne permettent pas de se faire vraiment une tête correctement sur
les raisons pour lesquelles on a refusé la demande.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) :
Merci...
M.
Cliche-Rivard : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci
beaucoup. Alors, l'audition se termine ainsi. Puis je vais me permettre
de dire : Vos petits trucs, ils restent entre nous, et vous, et tous ceux
qui vont auditionner, là. Merci beaucoup pour l'apport à nos travaux, ce fut
fort agréable de vous avoir avec nous aujourd'hui.
Alors, je suspends la
commission pour quelques instants, le temps de recevoir le prochain groupe. Au
revoir.
(Suspension de la séance à
16 h 34)
(Reprise à 16 h 36)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La commission des
relations avec les citoyens reprend ses travaux.
Nous
recevons, donc, de l'Université McGill, le Pr Fabrice Labeau. Bonjour
docteur... — docteur! — Pr
Labeau. Alors, vous allez avoir 10 minutes pour présenter votre
exposé, et le temps commence maintenant.
Université McGill
M. Labeau
(Fabrice) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Distingués
membres de la commission, mesdames et messieurs, je suis ravi d'être
avec vous aujourd'hui au nom de l'Université McGill et d'avoir cette occasion d'échanger sur un sujet qui touche aux fondements
mêmes de la mission de notre institution et, ultimement, à sa capacité à
pleinement jouer son rôle au sein de la société québécoise.
Mon nom est Fabrice Labeau, je suis premier
vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante et aussi
professeur au Département de génie électrique et informatique de l'Université
McGill. Dans le cadre de mes fonctions, je
suis responsable de la mise en oeuvre des politiques, des mesures et des
décisions qui ont pour but d'améliorer la
qualité de vie étudiante et de l'enseignement à McGill dans une perspective de
développement et d'épanouissement des membres de notre communauté
universitaire.
Fondée il y a plus de deux siècles, l'Université
McGill a pour mission d'enrichir le savoir et d'en favoriser la création et la transmission en offrant la
meilleure formation possible, en effectuant de la recherche jugée excellente,
selon les normes internationales les
plus rigoureuses, et en étant au service de la société. Et d'ailleurs ce
troisième pilier de sa mission est ultimement son objectif fondamental.
McGill figure
au premier rang des universités canadiennes offrant des programmes de médecine
et de doctorat et se classe, année après année, parmi les meilleures
universités du monde.
Sur ses trois
campus, l'Université McGill propose 300 programmes d'études et déploie une
multitude d'initiatives en recherche. Son corps professoral de près de
1 800 membres provient des quatre coins du monde et sa population étudiante compte plus de
39 000 étudiants, incluant 12 000 étudiants internationaux
provenant de plus de 150 pays, dont la présence à Montréal enrichit
la société québécoise. Fait à rappeler, plus de la moitié des étudiants de
McGill sont québécois et 60 % de sa population étudiante parle français ou
l'a comme langue maternelle, de même que la grande majorité de ses dirigeants.
Chaque année,
l'université remet près de 9 700 diplômes à ses étudiants, répondant
ainsi aux besoins du marché du
travail québécois et formant les prochaines générations de leaders, de
bâtisseurs, de scientifiques, d'intellectuels ou d'artistes. En somme, McGill est profondément ancrée au Québec et elle
est consciente de ses responsabilités, notamment à l'égard de la
protection et de la promotion de la langue française. Si la principale langue
d'enseignement ici est l'anglais, le français occupe néanmoins une place
importante sur tous nos campus.
Comme nous l'avons détaillé dans notre mémoire,
McGill valorise et promeut la langue française par le biais de plusieurs
mesures, politiques et initiatives que je me permets d'énumérer brièvement de
façon non exhaustive, par exemple :
l'offre d'occasions d'apprentissage et d'interactions en français dans le cadre
de cours, de séminaires, d'ateliers et de conférences; la possibilité pour
tous nos étudiants et étudiantes de remettre leurs travaux, leurs examens,
leurs mémoires, leurs thèses en français; un programme d'immersion qui est
conçu avec l'appui de l'Office québécois de la
langue française et destiné aux
étudiants non francophones de l'université, y compris les étudiants
internationaux; et, durant l'été, un programme d'immersion en français,
de découverte de la culture québécoise qui est offert en collaboration avec nos
collègues de l'Université du Québec à Chicoutimi; on a aussi une offre de
formation de premier cycle en médecine
entièrement en français à notre campus Outaouais et qui est situé à Gatineau;
la collaboration, aussi, avec
l'Université du Québec en Outaouais, sur ce même campus de Gatineau, pour
l'année préparatoire en médecine.
Et bien sûr,
il ne s'agit que de quelques exemples des multiples dimensions dans lesquelles
l'Université McGill déploie
ressources et expertises dans la promotion de la langue française, de la
culture francophone et dans l'avancement, finalement, de la société
québécoise.
• (16 h 40) •
Comme nous l'avons indiqué dans notre mémoire,
nous souscrivons pleinement à l'objectif du gouvernement du Québec qui souhaite voir les universités
anglophones jouer un rôle plus important dans la francisation des professeurs
et des étudiants venant de l'étranger qui enseignent ou qui étudient dans leurs
établissements. Nous sommes déterminés à continuer à agir en ce sens.
Je réitère
également que McGill est d'accord avec les principes de la démarche actuelle du
gouvernement pour la promotion et la protection du français au Québec en égard
à l'immigration, mais nous sommes fortement préoccupés quant à ses probables conséquences négatives et
involontaires sur notre capacité à attirer et à retenir les meilleurs talents
du Québec.
Tout d'abord,
au niveau des étudiants internationaux, nous avons des inquiétudes quant aux
effets que pourrait avoir la
distinction faite entre les programmes francophones et les programmes
anglophones dans le cadre des modifications annoncées au Programme de
l'expérience québécoise, le PEQ. Nous craignons en effet qu'une part importante
de notre population étudiante provenant de l'étranger remette en question ses
projets de venir étudier à McGill par crainte
de ne pas pouvoir rester au Québec par la suite. Les étudiants internationaux
qui choisissent le Québec y apportent une précieuse diversité de points
de vue et d'expériences. Ils ne sont pas venus au Québec pour l'angliciser,
mais pour poursuivre un projet académique
avec ouverture et une certaine curiosité intellectuelle. Pour certains, il
s'agit aussi d'un projet de vie et
ils n'hésiteront pas à saisir les occasions de francisation et d'intégration à
la société québécoise qui leur seront offertes.
Dans l'optique de franciser et de retenir un
plus grand nombre d'étudiants étrangers après l'obtention du diplôme, ce qui est à la fois l'objectif de McGill
et du gouvernement, nous sommes d'avis que les orientations proposées par celui-ci s'avéreront
contre-productives. Nous croyons qu'il serait préférable d'évaluer chaque
candidat à l'immigration individuellement
plutôt qu'en défavorisant d'emblée ceux ayant suivi un programme anglophone.
Cela aura... aurait pour effet
d'exclure de nombreux excellents candidats à l'immigration non francophone,
comme certains francophones, aussi, qui auraient choisi de faire leurs
études secondaires en anglais.
À titre d'exemple, suite à l'annonce du projet
de réforme, j'ai moi-même été contacté, récemment, par un de nos étudiants,
originaire de Chine, qui a, en plus de ses cours universitaires à temps plein,
décidé de suivre des cours de français pour s'intégrer à la société québécoise.
Cet étudiant s'inquiète maintenant pour son projet de vie au Québec, qu'il a
patiemment construit au cours des dernières années.
En plus de ces impacts sur l'attraction et la
rétention des étudiants, nous redoutons aussi et anticipons que les
propositions du gouvernement auront des effets négatifs sur notre capacité à
mener à bien une autre partie importante de
notre mission, c'est-à-dire de mener des travaux de recherche d'envergure
internationale dans un esprit d'ouverture, de collaboration et toujours
portés par un profond sens de l'intérêt public.
Pour McGill et pour toutes les institutions
universitaires québécoises, la capacité d'attirer et de retenir les meilleurs
chercheurs en provenance de l'étranger est vitale afin de faire du Québec un
pôle international d'idées, de culture, de
savoir, de perspectives et de voies diverses et riches qui nous permettront de
faire des avancées cruciales en matière
de durabilité, de santé des populations, de justice et de sécurité afin de
répondre aux défis sociaux, économiques et environnementaux de notre époque. Nous avons l'intime conviction que
l'avancement du bien commun et la recherche de ces solutions passent par une
collaboration académique sans frontières, qu'elles soient géographiques ou
linguistiques, et par notre aptitude aussi à convaincre les chercheurs les plus
talentueux de se joindre à nos équipes de recherche et notre corps
professoral afin de constituer le fer de lance de nombreuses initiatives
d'avant-garde. C'est l'approche de McGill, et elle lui a permis de livrer la
marchandise. Par exemple, comme nous l'avons souligné dans notre mémoire non
sans fierté, d'ailleurs, pas moins de trois des 10 études citées dans
l'édition 2022 des découvertes de l'année de Québec Science étaient
liées à notre institution.
L'Université
McGill, forte de la diversité de talents qui la composent, contribue depuis
deux siècles au succès de la société québécoise. J'irais plus loin en
affirmant qu'elle est elle-même un succès québécois par son ouverture, sa
détermination, l'excellence et l'engagement de ses membres et son ancrage
profond dans la communauté.
Au-delà des palmarès, des classements, des
statistiques, toutes ces questions et les orientations qui seront ultimement
suivies par les autorités gouvernementales auront des conséquences bien réelles
sur les vies d'hommes et de femmes. Chacun d'entre eux est un futur concitoyen
confiant dans l'ouverture de la société québécoise, dans la perspective que le Québec devienne, pour eux,
l'endroit idéal pour poursuivre leur projet de vie ici plutôt qu'à Toronto,
Boston, Paris ou ailleurs.
Afin d'illustrer leurs parcours et tout en
rappelant que nous sommes une communauté de scientifiques pour qui les données probantes constituent le socle de
nos prises de décision, j'aimerais partager avec vous quelques anecdotes
relatées par les membres de notre communauté
en lien avec les défis et les aléas des parcours des gens venus d'ailleurs qui
viennent travailler ici.
Nous avons, par exemple, eu récemment deux cas
de professeurs aux potentiels prometteurs qui ont quitté McGill en raison des difficultés et des délais
liés au processus d'immigration. Notre université a également, récemment,
perdu une candidate convoitée par notre Faculté de génie, qui a finalement été
recrutée par une autre université canadienne
hors Québec, en raison des délais d'obtention d'un permis de travail. L'année
dernière, nous n'avons pas réussi à recruter une prestigieuse candidate de
nationalité indienne et domiciliée aux États-Unis pour une banale question de visa, afin qu'elle puisse venir à Montréal pour
une entrevue. Elle a finalement accepté l'offre d'une autre institution.
Ce ne sont là que quelques exemples des défis
associés aux processus de relocalisation et d'immigration, et nous sommes
d'avis que toutes les contraintes et restrictions supplémentaires qui
pourraient être ajoutées seraient contre-productives et contre l'intérêt de la
société québécoise. Cela dit, et comme nous l'avons souligné dans notre mémoire
à la commission, une fois ces talents universitaires établis à Montréal, McGill
est consciente de sa responsabilité sociale et résolue à contribuer pleinement à
leur francisation et leur intégration au sein de la société québécoise et à consacrer les ressources à cet
effet. Par exemple, McGill continue le développement et le déploiement du programme Mon français, qui s'adresse aux
membres du personnel enseignant ainsi que leurs conjoints et conjointes qui
sont en quête de résidence permanente.
Paradoxalement, les orientations proposées par
le gouvernement viendraient faire obstacle à notre capacité même de remplir des objectifs de la révision de la
Politique québécoise de financement des universités quant aux enjeux de
main-d'oeuvre dans les secteurs stratégiques et à notre capacité de contribuer
au développement économique par la recherche de pointe et l'innovation, comme
nous l'avons souligné dans notre mémoire.
En conclusion, je pense que les universités
québécoises sont des carrefours de connaissances et de culture, elles créent des ponts avec les chercheurs, les
scientifiques, les innovateurs de partout dans le monde. Et, depuis plus de
deux siècles, l'Université McGill a ouvert ses portes à un nombre incalculable
de personnes talentueuses, sans égard à
leurs nationalités, origines ethniques, conditions socioéconomiques,
convictions religieuses, idéologiques ou langues. Encore une fois, une fois que nous avons amené des
talents internationaux à s'établir au Québec, l'Université McGill souscrit
pleinement à l'idée de contribuer davantage à leur francisation, et nous sommes
prêts à y consacrer davantage de ressources, et nous y travaillons au
moment où on se parle.
Une petite dernière anecdote pour conclure. Le
29 mai 2023, à l'occasion de la cérémonie d'installation qui allait confirmer sa nomination à titre de
18e principal et vice-chancelier de notre université, le professeur Deep
Saini qui a longtemps enseigné la
biologie végétale en français à l'Université de Montréal, a exprimé le souhait
que soit interprétée la chanson Je reviendrai à Montréal de
Robert Charlebois. Ce choix symbolisait le fort attachement au Québec, à sa langue et à sa culture de
notre nouveau dirigeant, mais surtout que son retour à Montréal, après les
années passées dans une autre province, constituait bel et bien pour lui un
retour dans la plus grande société francophone d'Amérique.
Au-delà de la symbolique, la haute direction de
McGill a bien l'intention de poursuivre et de renforcer l'engagement de McGill
envers la promotion et la valorisation de la langue française, et des
initiatives majeures en ce sens sont en préparation et seront annoncées
prochainement. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pr Labeau, merci beaucoup pour cette présentation. Je
ne suis peut-être pas issue de l'immigration, et ce que je vais vous dire ne me
rajeunit pas parce que ça remonte à 33 ans au moins, mais, oui, j'ai fréquenté l'Université McGill dans un département
entièrement francophone, littérature française et québécoise. Alors, je
peux dire que ce que vous dites est tout à fait vrai.
Alors, je me
tourne maintenant du côté de la banquette gouvernementale pour une période d'un
petit peu moins de 16 minutes, 15 min 20 s.
Mme la ministre, le micro est à vous.
Mme Fréchette : Merci, Mme la
Présidente. Alors, merci, M. le vice-principal. Nous apprécions grandement que vous preniez part à cet exercice, à cette
discussion sur un thème de grande importance, à la fois pour notre devenir économique,
mais également pour la langue française.
Comme vous avez vu, la connaissance du français
devient un axe principal, un axe majeur de nos réformes en matière d'immigration
permanente, réforme que nous avons, donc, présentée au printemps dernier. Et
j'en profite d'ailleurs pour saluer les initiatives que l'Université McGill a
mises de l'avant. Vous en avez énoncé plusieurs que vous avez mises de l'avant, et je serais intéressée à poursuivre cette
discussion dans le cadre de nos échanges sur le rôle que pourra jouer
l'Université McGill en lien avec le français.
Je voudrais revenir dans un premier temps sur...
bien, en fait, sur quelques passages de votre mémoire, juste pour faire
quelques précisions, en fait, par rapport à la réforme qui a été proposée pour
le PEQ — Diplômés.
Donc, simplement pour mentionner que pour... les étudiants qui auront traversé
ou obtenu un diplôme d'un programme en anglais
auront tout de même la possibilité d'appliquer pour le PEQ — Diplômés
s'il advenait qu'ils aient fait trois ans d'études en français, soit au
niveau secondaire ou postsecondaire. Et advenant que ce ne soit pas le cas et
qu'ils souhaiteraient déposer une candidature pour la résidence permanente,
bien, il sera toujours possible pour eux de le faire après une année d'expérience sur le marché du travail, s'ils
maîtrisent le français au niveau qui est requis à travers le Programme
régulier des travailleurs qualifiés ou à partir de l'an prochain,
automne 2024, à travers le Programme de
sélection des travailleurs qualifiés.
Donc, il y a toujours cette voie de passage, cette possibilité qui demeure pour
les étudiants ayant gradué d'un programme en anglais.
• (16 h 50) •
Il est de notoriété publique que l'Université
McGill se classe parmi les meilleures universités au monde, et elle contribue grandement au rayonnement à la fois
de la métropole, du Québec, du Canada. Donc, moi, j'aimerais que vous
nous parliez un peu... Bien, je vous en félicite, d'une part, parce que c'est
un accomplissement qui mérite notre admiration
et j'aimerais que vous nous partagiez des chiffres sur le recrutement
international, vos chiffres de recrutement international qui, j'imagine,
sont très bons, là, suivant les grandes données que vous nous avez partagées.
Mais, au cours des dernières années, est-ce que ce fut le cas également? Est-ce
que vous êtes parvenus à recruter, sur le plan international, de très bons
talents?
M. Labeau (Fabrice) : Oui, bien sûr.
Donc... Bien, peut-être que je vais vous... Je vais peut-être revenir sur votre première remarque à propos de l'idée
qu'effectivement nos diplômés des réseaux universitaires anglophones auront
l'opportunité de passer par le chemin régulier. Je pense que c'est bien
important de conserver ça, mais je pense aussi, du point de vue de
l'attractivité de nos universités, l'idée que nos étudiants... et l'exemple que
je vous donnais, par exemple, de cet étudiant
chinois qui a travaillé fort pour apprendre le français et s'intégrer, leur
fermer la porte à ce que j'appellerais la voie rapide qu'on est en train
de déployer au travers du PEQ, c'est une difficulté.
Puis je ne sais pas si vous avez peut-être vu
dans La Presse, ce matin, il y avait un article sur les étudiants
internationaux, et ça m'a frappé qu'il y avait une étudiante qui avait été
interviewée par les journalistes de La Presse, qui avait un
profil très intéressant, c'était une étudiante de nationalité française qui
avait fait ses études secondaires, primaires aux États-Unis et qui était
arrivée à McGill pour faire ses études universitaires. Et typiquement c'est une
personne qui est complètement bilingue,
francophone et qui n'aurait pas accès au programme du PEQ. Donc, c'est un
exemple aussi de cas où on se dit : Bien, ce serait peut-être une bonne
idée de regarder ces gens-là individuellement et de leur permettre aussi de
présenter un dossier qui pourrait leur ouvrir les portes du PEQ.
Pour en
revenir à votre question plus au niveau du recrutement international,
peut-être, je vais vous demander de préciser. Vous parlez principalement
des étudiants internationaux ou bien du personnel?
Mme Fréchette : Oui, oui, des
étudiants internationaux.
M. Labeau (Fabrice) : Bien, au
niveau des étudiants internationaux, comme je le disais, on a à peu près
12 000 étudiants internationaux, à l'Université McGill, ce qui
constitue à peu près une trentaine de pour cent de notre effectif total. Puis c'est important de noter que
c'est... notre plan stratégique, en termes de recrutement, c'est qu'on veut avoir maximum 30 %. Donc, on oscille entre
25 % et 30 % d'étudiants internationaux, pour le simple fait
qu'effectivement ça fait partie du...
comme je le répète souvent, de l'ADN de notre institution d'avoir ce
multiculturalisme, ces nombreuses nationalités de 150 pays
différents sur notre campus. Ça apporte à la valeur de l'expérience de nos
étudiants. Mais on veut
aussi être clairement ancrés, comme université québécoise, et donc on veut
garder un équilibre entre la provenance de nos différents étudiants.
Donc, on est à peu près à 30 % puis on n'a pas du tout l'intention d'en
recruter plus.
Le recrutement se passe relativement bien. Je
vous dirais qu'il y a forcément eu un impact de la pandémie. Les effets de la pandémie, durant la pandémie,
forcément, ont été un petit peu complexes à gérer. On a eu des hausses du
nombre de demandes, comme toutes les universités, on a eu un nombre assez
fulgurant du nombre de demandes. On n'a pas
augmenté forcément notre nombre d'acceptations. Comme je le vous le disais, on
se limite à 30 % de notre effectif.
On a... Après la pandémie, je trouve qu'on a des
petites difficultés à s'adapter. Je pense qu'il y a certains facteurs géopolitiques
qui jouent aussi, qui font que l'attractivité des études en Amérique du Nord,
au Canada et au Québec en particulier, bien,
varie de temps à autre, dépendamment des pays. Au total, je pense qu'on s'en
sort bien. Je pense qu'on a quand même aussi, en même temps, un recrutement des
étudiants québécois qui est en train d'augmenter. Donc, on a une
proportion de plus en plus grande d'étudiants québécois aussi dans notre
université.
Mme
Fréchette : ...que vous avez eu de très bons chiffres, que
vous êtes parvenus à atteindre vos objectifs, ces dernières années, en matière
de recrutement d'étudiants étrangers, même si les critères d'accès au PEQ ont
été resserrés au cours des dernières
années. Donc, est-ce que j'ai raison de penser que l'accès plus resserré au PEQ
n'a pas vraiment joué du côté négatif pour votre capacité à recruter des
étudiants internationaux?
M. Labeau (Fabrice) : Ça a beaucoup
changé la dynamique, parce que, forcément, les restrictions qui ont été
rajoutées au niveau du PEQ ont rajouté des contraintes aux étudiants qui
avaient leur projet, justement, de venir à McGill
et d'ensuite pouvoir potentiellement s'installer au Québec. On a eu beaucoup plus
de demandes, en particulier pour tous
nos programmes de formation, nos programmes d'intégration, nos programmes de
français. Il y a eu beaucoup plus d'intérêt par rapport à ces
programmes-là, donc, ce qui est quand même une très bonne nouvelle, de notre
point de vue, aussi. La plupart de nos
étudiants internationaux qui ont un projet de vie de rester au Québec, et
forcément ce ne sont pas tous les étudiants internationaux qui ont ce
projet de vie de rester au Québec, se sont quand même mobilisés pour pouvoir
arriver à un niveau de français qui était suffisant pour pouvoir bénéficier du
programme.
Je pense
qu'on a des difficultés par rapport au temps d'expérience qui était requis.
Donc, les assouplissements par rapport à ça, je pense qu'ils sont
extrêmement bienvenus puis je pense que toutes les universités vous le diront,
c'est des assouplissements qui sont très bienvenus et qui nous facilitent quand
même la tâche dans notre travail de rétention, d'intégration de nos étudiants
internationaux.
Mme Fréchette : Dans le cadre de
votre présentation, vous avez fait référence aux talents internationaux, là, cette fois, à titre de membre du personnel ou des
collaborateurs. J'aimerais rappeler que, dans le cadre de la réforme du Programme
de sélection des travailleurs qualifiés, on a le volet 4 qui est présent,
qui concerne les talents d'exception. Donc, de quelle manière est-ce que vous
voyez comme possibilité, là, l'utilisation de ce volet 4 pour vos
professeurs, dont vous nous dites qu'ils
sont des professeurs de renommée? Je pense que ça peut être une voie de passage
pour une partie des gens que vous aviez en tête quand vous nous parliez
d'aller recruter et de continuer à travailler avec des chercheurs de calibre
international.
M. Labeau (Fabrice) : Bien, écoutez,
la façon, dont ça marche pour la plupart de nos professeurs, c'est qu'on les recrute dans des profils d'immigration
temporaire, et puis ils partent vers la résidence permanente après ça. Les
programmes qu'on utilise sont tous ceux qui sont à notre disposition,
dépendamment des circonstances des individus.
Puis je pense qu'on essaie de travailler fort
avec les talents qu'on recrute. Comme vous dites, c'est des gens qu'on va recruter à l'international parce qu'ils
ont des qualités exceptionnelles, parce que ce n'est pas forcément des gens qu'on
va retrouver sur un marché local. Et donc, dépendamment des années, on recrute
entre 60 et 90 professeurs chaque
année, environ deux tiers proviennent de l'international en général, donc ça
fait quand même pas mal de volume, et, dépendamment des individus, on va
essayer d'utiliser tous les programmes qui sont à notre disposition.
Moi, ce
que... ce qu'on a constaté, puis les exemples anecdotiques que je vous donnais,
c'est que, dans l'état actuel des
choses, au fur et à mesure de l'application des différents programmes qu'on a
vus dans les 5 à 10 dernières années, il y a eu de plus en plus de
complications par rapport à l'attraction de ces talents. Et je pense que le
message principal qu'on a, de notre point de vue, c'est une question
de est-ce qu'on demande la connaissance du français préalablement
ou est-ce qu'on travaille fort avec nos gens pour qu'ils apprennent le français
et qu'on travaille fort pour les intégrer au fur et à mesure qu'ils sont là.
Parce que, nous, de notre point de vue, c'est... dès qu'on demande, au
préalable, une connaissance du français, ça nous rend leur recrutement plus
difficile, en particulier quand on commence à avoir des demandes en termes de
maîtrise du français pour les conjoints, conjointes, par exemple.
Donc, c'est plus dans ce sens-là qu'on voulait
faire notre message ici, à la commission, par rapport à toutes les réformes
possibles, quel que soit le programme. Effectivement, comme je vous le dis, on
utilise les programmes qui sont les plus adéquats pour chacun des individus
qu'on recrute. On voudrait s'assurer qu'il y a suffisamment de souplesse pour
qu'on puisse, justement, faire cet effort ensemble de recruter les talents puis
les garder au travers de programmes d'intégration.
Mme
Fréchette : Et j'aimerais d'ailleurs souligner que, parmi les
anecdotes que vous avez mentionnées, il y en avait certaines qui étaient
liées à des permis de travail ou à des visas. Alors, j'aimerais simplement
rappeler que les permis de travail et les visas sont délivrés par le
gouvernement canadien. Donc, c'est à ce niveau-là davantage que ça se trouve, s'il y a un enjeu de ce côté. Parce que, comme
vous savez, c'est une compétence partagée entre Québec et Ottawa, donc...
• (17 heures) •
M. Labeau (Fabrice) : C'est clair
que, dans notre perspective, on gère comme tout le monde le fait
qu'effectivement c'est une compétence partagée. Ce qu'on voit parfois, aussi,
c'est qu'on a des individus qui se retrouvent à partir en Ontario parce que, finalement,
le processus est plus simple pour eux que par le Québec, vu qu'on a un processus à deux étapes, vu cette
compétence partagée. Je pense que ce que je dirais, de ce point de vue là, c'est
que... Et je pense que toutes les institutions qui emploient du personnel en le
recrutant à l'étranger vous diront que tout ce qui peut simplifier la
coordination entre les deux paliers, ça nous aide. Tout ce qui peut s'assurer
de la cohérence entre les programmes, des
deux côtés, ça nous aide aussi dans beaucoup de domaines, par exemple, au
niveau des étudiants internationaux, par exemple, au niveau du
recrutement.
On a parlé beaucoup des raisons pour lesquelles
les permis... les permis d'études se font refuser à Ottawa, qui est le fait
qu'Ottawa trouve que nous n'avons pas... nous avons de la difficulté à
démontrer, au travers des étudiants, qu'ils
ne vont pas rester au Canada après leurs études, alors que, de l'autre côté, on
parle beaucoup de rétention puis on essaie de les garder au Québec. Je pense
que cette cohérence entre les différents stades des processus d'immigration
temporaire qui peuvent mener à de l'immigration permanente, je pense qu'il faut
qu'on ait un travail là-dessus, et tout ce qui peut être fait dans la
coordination et la cohérence entre les deux paliers, ça nous aide énormément à
chaque fois.
Mme Fréchette : Parfait. Bien, nous,
on mettra l'accent, comme vous le savez, sur la rétention et la rétention avec
intégration dans la société, en français. Donc, on a mis plusieurs outils, dont
Francisation Québec, et d'ailleurs je vous invite à faire... à diffuser cette
information que c'est accessible à la fois pour les étudiants étrangers qui ne
maîtrisent pas le français et votre personnel également.
En conclusion, parce qu'il nous reste peu de
temps, vous mentionnez, à la page 5 de votre mémoire, qu'il n'existe
aucune donnée fiable sur le taux de rétention des étudiants étrangers après
l'obtention de leur diplôme et vous invitez, donc, le gouvernement à s'associer
avec le milieu universitaire afin de mettre en place des moyens pour mesurer ce taux. Alors, j'aimerais que vous nous
parliez, en fait, de votre perspective quant... quant à ce qui pourrait être
développé en partenariat pour avoir un meilleur suivi des étudiants étrangers.
M. Labeau
(Fabrice) : Oui, tout à fait. Bien, écoutez, c'est une
discussion qu'on a eue aussi avec le ministère de l'Enseignement
supérieur, en parlant de rétention, justement, des étudiants étrangers. On a
fait... on a essayé, à l'intérieur de l'université aussi, de faire notre propre
petite machine à trouver des données en essayant de regrouper des données sur
ce qu'on connaît de nos étudiants, ce qu'on connaît de nos anciens qui restent
en contact avec l'université, pour essayer d'avoir une idée de la rétention, et
c'est comme ça qu'on arrive tous à peu près, dans les universités, avec un
chiffre qui est de l'ordre de 20 % à 30 %, sans avoir beaucoup plus
de certitude, parce qu'on a des petits échantillons, on a des données qui ne
sont pas très fiables.
Et donc la conversation qu'on a avec le
ministère de l'Enseignement supérieur, c'est d'essayer de voir si on peut
mettre en place une vraie étude qui tiendrait compte des données qui sont
disponibles à différents niveaux du gouvernement, dans différentes bases de
données, que ce soient les bases de données de revenus, que ce soient les bases
de données, justement, du ministère de l'Enseignement, pour essayer de pouvoir
croiser des données entre les différents
niveaux, pour qu'on ait des données fiables qui puissent nous permettre de
savoir, finalement, après un an... après six mois, un an, cinq ans, qui
est toujours au Québec dans nos diplômés.
Mme Fréchette : Excellent. Bien, je
profite au passage pour souligner qu'on a annoncé un financement, une subvention, à hauteur de 5 millions de
dollars, pour une organisation chapeautée par le Scientifique en chef, Rémi
Quirion, sur les parcours migratoires. Alors, il pourrait être intéressant, si
vous souhaitez aller de l'avant avec une proposition comme celle que vous avancez, de peut-être soumettre
cette idée au fonds... c'est le... on essaie de chercher l'acronyme, un des
fonds que gère M. Quirion. Donc, on pourra vous retrouver l'acronyme exact
de ce fonds de recherche. Bien, merci beaucoup, M. le vice-principal.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) :
Merci beaucoup, Mme la
ministre, pour cet échange. Pr Labeau, je me tourne maintenant du côté de l'opposition officielle pour une
période de 12 min 23 s, et c'est le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour. Merci pour votre présence.
C'est très,
très intéressant, voir vos efforts par rapport à la francisation, mais aussi
Projet Expériences, projet Québec. Moi,
je vous invite à faire beaucoup, beaucoup de publicité par rapport... par rapport à ce genre de projet, très heureux de voir une université de
renommée internationale... Mme la ministre l'a mentionné tout à l'heure, je
pense que nous devons tous être fiers de voir une université de ce calibre chez
nous, au Québec, et surtout, avec vos efforts en collaboration avec l'Office
québécois de la langue française, c'est très louable.
Je vais
commencer par l'étude. Si ma mémoire, elle est bonne, et je ne sais pas si
l'équipe de Mme la ministre peut aussi vérifier, mais j'ai l'impression que Montréal International avait déjà fait quelque chose dans ce sens, sur
la rétention des étudiants étrangers.
Une voix : ...
M. Derraji : Oui,
il y a quelques années, pas récemment, vous avez raison, oui, 15... oui, vous avez
raison, mais ce serait très intéressant... Moi, je vous salue, si jamais vous
reteniez la proposition de Mme la ministre, surtout si les fonds existent, ça
va nous outiller... je dirais même, avec une bonne méthodologie, inclure la
régionalisation. Il y a plusieurs
universités aujourd'hui qui ont évoqué ce plan, l'ETS, j'ai entendu même, bien,
Polytechnique aussi, mais ce serait génial que McGill aussi puisse
contribuer avec votre savoir-faire. Désolé pour cette introduction longue, mais
je trouvais quand même très, très, très valorisant de votre part, venir
aujourd'hui et nous dire un peu vos efforts aussi à l'intérieur de
l'université. J'aimerais bien vous entendre sur les deux projets, Projet
Expériences et le projet Québec. Vous avez l'occasion de nous partager un peu
ce que vous faites à l'intérieur... ce beau parcours à l'intérieur de McGill.
M. Labeau (Fabrice) : Bien, écoutez,
il y a plusieurs projets différents qu'on fait. Il y a un projet qui... un projet, je pense, qui est relativement nouveau,
c'est le projet qu'on fait avec l'Université
du Québec à Chicoutimi, qui est
un programme d'immersion pendant l'été, où on envoie nos étudiants
internationaux qui ont envie justement de s'immiscer
dans la vie des Québécois, de s'immerger dans la vie des Québécois aussi. On
les envoie dans une famille d'accueil
pendant quatre semaines. La journée... Donc, ils vivent en français pendant
toute la durée de leur séjour. Ils ont des cours de français. Ils ont
des visites d'entreprises en français dans la région.
Et donc non seulement c'est un programme qui
nous permet de sensibiliser nos étudiants internationaux à la langue française,
mais aussi à la culture québécoise, et, en plus, ça se passe en région, puis,
ça, je pense que ça atteint plusieurs
objectifs qui sont vraiment importants, et puis c'est des objectifs qu'on
entend répétés souvent en ce moment, et qui sont clairement énoncés
aussi dans les notes du ministère, par rapport à cette consultation, c'est la
question de... Est-ce qu'on peut essayer de retenir nos talents? Est-ce qu'on
peut s'assurer que nos talents parlent français? Est-ce qu'on peut s'assurer
aussi que nos talents sont sensibilisés aux régions? Et je pense que c'est tout
ça qu'on essaie de faire au travers de ce programme-là.
On a un programme d'expérience francophone qui
est un programme local, où, par exemple, on prend nos étudiants puis on fait
des visites culturelles à Montréal en français pour leur expliquer un petit peu
c'est quoi, la culture québécoise, c'est quoi, la culture de Montréal. C'est
des visites culturelles. C'est des visites de... qui se font avec des pairs qui leur parlent juste français. On
a aussi un système de jumelage de langages. Donc, ça permet des échanges
virtuels de langues et tout ce genre d'activités là.
Tout ça se passe dans le cadre, je dirais, d'un
ensemble d'initiatives qu'on a créées au niveau de notre comité de la promotion
et de valorisation de la langue française à McGill. C'est un comité qui a été
très, très actif dans les dernières années, qui a d'ailleurs été finaliste aux
prix du mérite français, de l'OQLF, il y a quelques années. Donc, c'est
vraiment un travail qui a été aussi reconnu. Et, comme je le disais plus tôt,
on est vraiment au travail en ce moment pour fortifier tous ces programmes, s'assurer
que ces programmes ont plus de financement, plus d'intérêt puis plus d'options
aussi pour nos différents étudiants.
M. Derraji : Parce que c'est quand
même important d'entendre ça, et que l'ensemble des membres puissent
l'entendre, mais aussi que ça reste un peu dans les archives de l'Assemblée
nationale, surtout dans un passage dans une commission importante. On parle
d'immigration, mais, vous savez, on parle aussi d'une université anglophone, pas besoin de vous dire et de vous faire la genèse
de tout ce qu'on peut dire et tout ce qui se dit sur une université comme
la vôtre.
Je veux vous ramener à la page 3... non, la
page 2... oui, la page 2, avec ce que vous venez de me dire, Projet
Expériences, projet Québec, vous dites que «toutefois, nous exprimons notre
préoccupation quant à ses probables conséquences involontaires ainsi qu'à notre
capacité à attirer et à retenir les meilleurs talents au Québec tout en
encourageant leur francisation et leur intégration à la plus grande société
francophone d'Amérique». Est-ce que vous pensez que les nouvelles mesures,
surtout par rapport au PEQ, handicapent votre université?
• (17 h 10) •
M. Labeau
(Fabrice) : Bien, je pense que les nouvelles mesures qui sont
proposées pour le PEQ, en particulier l'idée que le PEQ serait... ne
serait pas accessible aux étudiants qui viennent d'universités anglophones à
moins d'avoir un passé d'enseignement en français, bien, ça nous handicape dans
ces efforts-là, ces efforts, justement, qui sont destinés à intégrer et
franciser nos étudiants internationaux, et, comme je le dis, c'est des efforts
qu'on déploie déjà maintenant, mais qu'on
veut encore déployer de manière encore plus ample dans les années qui viennent.
C'est clair que, si on ne peut pas
montrer cette espèce de lumière au bout du tunnel, pour nos étudiants, qui est
le PEQ, qui est le passage rapide, la voie rapide qui est accessible aux
étudiants des universités francophones, ça va être d'autant plus difficile de
les convaincre qu'on est là... on est tous là, comme société, comme nation,
pour les aider à s'intégrer à la nation québécoise.
Et donc leur fermer la porte du PEQ par défaut,
je pense que c'est ça qui va vraiment nous nuire dans ces efforts qu'on est en
train de faire. C'est clair que, d'un point de vue plus global, il sera
important pour nous, et je dis «pour nous» en tant qu'Université McGill, mais,
je pense, pour tout le réseau universitaire québécois, de réfléchir justement à
nos objectifs de rétention, combien des étudiants internationaux on veut
retenir au Québec, parce que c'est clair que
les étudiants internationaux qui restent au Québec et qui s'intègrent dans
notre société, bien, répondent à des besoins de main-d'oeuvre qui sont
criants en ce moment au Québec. Ça nous apporte une richesse, dans notre
société québécoise, qu'il est difficile d'ignorer, mais je pense qu'il faut
aussi penser... se rendre compte que les étudiants internationaux qui viennent
dans une université puis qui repartent après, ce n'est pas une perte en soi. Il
y a une valeur à leur séjour dans nos universités.
Et,
en particulier, et je pense que, ça, tous mes collègues du réseau universitaire
québécois se feraient l'écho de ceci, on a besoin de l'apport de nos
étudiants internationaux pour... dans les deuxième et troisième cycles, dans
les cycles supérieurs, pour maintenir l'écosystème de recherche québécois.
L'écosystème de recherche des universités québécoises
est un écosystème extrêmement performant. On a une présence et une force de
frappe énormes, au Québec, au niveau de notre écosystème de recherche,
mais il est clair que nous n'avons pas assez de gens au Québec pour remplir les
bancs de nos classes de deuxième et troisième cycles, et c'est ces gens-là qui
sont les rouages de notre écosystème de recherche.
Sans ces étudiants internationaux, on n'aurait
pas la visibilité qu'on a en recherche. On n'aurait pas des entreprises
internationales qui viennent s'installer au Québec à cause justement de
l'écosystème de recherche du Québec, de la
recherche de pointe qu'on fait, du fait qu'ils savent qu'il va y avoir ce
transfert de connaissances entre les universités et les entreprises.
Donc, les...
M. Derraji : C'est un point
important. Je vous ai laissé... parce que c'est tellement pertinent, ce que
vous étiez en train de dire, et, je vous
l'accorde, parce qu'il faut juste regarder un peu... La plupart des
laboratoires de recherche, peu importe l'université... On voit des
équipes de recherche de renommée internationale dans plusieurs domaines et on peut constater l'apport de ceux et celles qui
décident de venir au Québec, parce que la science, elle est là, la recherche,
elle est là. Nos chaires de recherche font
un travail exceptionnel de recrutement. Donc, j'entends, entre les lignes, une certaine
doléance, parce qu'au bout de la... au bout du compte, l'Université McGill
risque de sortir perdante de cet exercice de planification.
M. Labeau (Fabrice) : Moi, je pense
que je vais peut-être présenter ça d'une autre façon. Moi, je pense que c'est
nos étudiants qui risquent de sortir perdants de cet exercice.
Je reviens à l'exemple que je donnais, dans mon
discours d'ouverture, de cet étudiant chinois qui m'a contacté, qui travaille
fort pour apprendre le français, puis s'intégrer, puis qui a un projet de vie
québécois, qui s'est dit : Moi, je vais
aller à McGill, puis qui a été attiré au Québec par la réputation
internationale de McGill, je vais aller à McGill, dans une des
meilleures universités du monde, et je vais m'installer au Québec, et je vais
faire tous les efforts que je peux. Puis ce qu'on vient dire à cet étudiant-là,
c'est qu'il n'aura pas accès à la voie rapide, entre guillemets, du PEQ. Donc, je pense que c'est nos étudiants qui vont
finalement en souffrir, et puis, si nos étudiants en souffrent, ça veut
dire aussi qu'ils vont avoir moins tendance à rester, et le Québec lui-même va
en souffrir en termes de rétention de ses talents.
M. Derraji : Désolé, je pense que je
me suis mal exprimé. Vous avez raison, c'est les étudiants. Je parle au
grand-père des étudiants. Vous êtes là aujourd'hui en train de nous parler de
vos étudiants, et, je le vois toujours, les recteurs,
les vice-recteurs, vous occupez quand même un poste important à la tête...
premier vice-principal exécutif adjoint, c'est quand même un poste
important, et je vois le caractère possessif depuis le début. Vous étiez en
train de nous parler de cette étudiante, et
je me suis demandé comment nous, en tant que société québécoise, on peut garder
cette jeune. Quand même, c'est un rêve, quelqu'un qui choisit d'épouser
un autre pays, de se déraciner, de venir ici, vivre dans un hiver qui n'est pas
clément du tout. Pensez-vous qu'adoucir un peu les règles avec de
l'accompagnement surtout au niveau de la francisation, c'est quelque chose
qu'on doit envisager?
M. Labeau (Fabrice) : Bien, je pense
que oui, et puis, si on peut assouplir les règles, nous, on peut travailler
fort sur la francisation, mais, si les règles ne sont pas assouplies, je pense
qu'on ne va pas réussir à avoir le... à atteindre notre objectif commun dans ce
cas-là.
M. Derraji : Oui, et vous l'avez
mentionné dans votre rapport, même si ces gens parlent français, ils ne peuvent
pas appliquer, ils ne peuvent pas bénéficier... parce que vous êtes un
établissement anglophone.
M. Labeau (Fabrice) : Oui, puis je
vais reconnaître aussi que, comme la ministre le soulignait plus tôt, il y a
des moyens, mais les moyens, ce n'est pas la voie rapide. On est en train de
définir une voie rapide à l'immigration qui
est le PEQ, et ça a toujours été un très bon outil de voie rapide à
l'immigration pour le genre de talents qu'on veut. On veut recruter des jeunes. On veut recruter des
jeunes pour le marché du travail, et cette voie rapide, on va l'offrir à
certains étudiants et pas à d'autres, et je pense que c'est le fait qu'il y a
deux vitesses à ce système...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Merci beaucoup, Pr Labeau.
M. Derraji : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, ce n'est pas terminé. Il reste encore une
intervention. Donc, je me tourne du côté de la deuxième opposition avec une
période de 4 min 8 s, et, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, la parole est à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup.
Je vais continuer dans le même sujet. Votre mémoire... Vous parlez que McGill
offre des cours de français à tous ses étudiants. Vous l'avez dit. Je me
demandais est-ce qu'on sait dans quelles proportions les étudiants
internationaux s'y inscrivent, à ces cours-là.
M. Labeau
(Fabrice) : C'est assez variable, et je dois dire qu'il y a différents
types de cours aussi, je dois bien vous le
dire. On a à peu près 2 500 étudiants dans des cours de français dans
une année donnée, mais ces cours-là... Comme je vous le disais, on a des
cours de français crédités, donc, qui font partie du programme. On a des cours
de français non crédités, qui sont
ouverts... bien ouverts au grand public. On a des programmes spécifiques. Par
exemple, on a des cours de
français... de communication professionnelle en français qui sont gratuitement
offerts à nos étudiants au doctorat. Donc, il y a toutes sortes de
différentes versions de ceci qui...
M. Cliche-Rivard : Parfait. Vous
avez parlé... C'est parce que je n'ai pas beaucoup de temps. Vous avez parlé que certains cours sont crédités. Est-ce que
vous avez une ouverture au fait que la francisation fasse partie du cursus
de tous, donc que tous nos étudiants
étrangers temporaires entament leur francisation pendant leurs études? Est-ce
que vous avez une position là-dessus?
M. Labeau (Fabrice) : C'est des
discussions qu'on a en ce moment même au niveau de l'université, de savoir à
quel point... Bien, premièrement, on peut offrir des... Il y a deux façons de
voir ça. La première question, c'est : Est-ce qu'on peut offrir l'option
au moins à tous nos étudiants, dans le cadre des crédits de leur programme, d'avoir une option en français? Et la deuxième
question, c'est : Est-ce qu'on peut demander à chacun de nos étudiants
d'avoir une option en français dans leur... Ce n'est pas une... Il n'y a pas de
réponse simple en particulier qu'on... On a plusieurs programmes qui sont
extrêmement, extrêmement difficiles à changer. On a des programmes qui ont des agréments internationaux, des agréments nationaux
ou québécois, et, dès qu'on touche à un programme, si on veut rajouter
des cours de langue, parfois, il y a beaucoup de cours que ça ne marche pas,
mais...
M. Cliche-Rivard : Je comprends,
parce que ça fait partie de l'enjeu, là, le rôle d'anglicisation ou le fait anglais, à Montréal, de certains étudiants
internationaux qui ne se mêlent pas au français ou qui ne touchent pas au
français pendant leur cursus complet. Moi, j'ai l'impression que, si
vous optiez ou si vous avanciez dans cette proposition-là, on aurait brisé cet
argument-là, en ce sens où plus tôt vous serez un vecteur de francisation
envers les étudiants étrangers, qui seront
tous capables, dans la sphère publique, à commune ou à moyenne mesure, de
s'exprimer en français dans la vie de tous les jours, je pense qu'on y
gagnerait.
Vous avez été très clair sur votre position sur
la réforme du PEQ. Par contre, cette fois-ci, aussi, dans cette réforme-là,
projetée, il n'y a pas de mesure transitoire. La dernière fois, il y avait eu
des mesures transitoires pour les gens qui allaient obtenir un diplôme d'ici
une date x. Donc, à tout événement, là, si jamais les conditions, telles
qu'écrites, devaient être maintenues, est-ce que vous demanderiez au moins que
les gens qui sont présentement aux études ou, du moins, présentement en voie de
compléter leurs études soient protégés par une clause transitoire?
• (17 h 20) •
M. Labeau (Fabrice) : De toute
façon, oui, si c'est la meilleure chose qu'on peut obtenir, sans aucun doute,
on serait... on voudrait une clause transitoire autant que possible, mais je
veux peut-être revenir à ça de manière plus précise. Au fur et à mesure que
nous, nous développons de plus en plus de programmes d'intégration pour nos
étudiants, je pense que, même si le projet passait comme tel qu'il est, puis on
avait des mesures transitoires, on voudrait revenir en discuter dans pas très
longtemps, parce que je pense qu'il va falloir qu'on ouvre cette voie rapide à
nos étudiants, et en particulier ceux qui... On a cette espèce d'idée qu'on a
20 % de rétention. Ce 20 % là, on veut s'assurer qu'il reste, et on veut s'assurer qu'on leur ouvre la voie
rapide, et, si on veut garder 30 % au lieu de 20 %, on a 10 % en
plus à qui on veut ouvrir la voie rapide. Donc, je pense que ça va être
important qu'on ait des discussions plus avancées sur à quel moment on
peut ouvrir la voie rapide pour ces gens-là. Ça va être crucial pour nos efforts.
M. Cliche-Rivard : Bien, il me reste
quelques secondes seulement. Donc, j'en profite pour vous remercier pour votre
présentation aujourd'hui, et au plaisir. Merci beaucoup.
M. Labeau (Fabrice) : Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pr Labeau, merci beaucoup, encore une fois, pour cette
présentation. Merci d'avoir pris part à nos travaux. Il me reste à vous
souhaiter une bonne fin de journée.
Et, pour les membres de la commission, je
suspends les travaux quelques instants, le temps de recevoir le prochain
groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 21)
(Reprise à 17 h 25)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend officiellement ses travaux.
Alors, nous
en sommes rendus à l'audition du groupe Union étudiante du Québec. Bienvenue à
la Commission des relations avec les
citoyens. Donc, vous allez bénéficier d'une période de 10 minutes,
d'abord, pour vous présenter, ensuite pour présenter l'essentiel de votre
mémoire, le résumé, à tout le moins. Ensuite, nous allons procéder avec
l'échange avec les parlementaires. Alors, voilà, le temps commence maintenant.
Union
étudiante du Québec (UEQ)
Mme Bibeau-Lorrain (Catherine) :
Parfait. Donc, bonjour, tout le monde, Mme la Présidente, les membres de la
commission. Ça nous fait très plaisir d'être ici aujourd'hui. Je m'appelle
Catherine Bibeau-Lorrain. Je suis présidente de l'Union étudiante du Québec. Je
suis accompagnée d'Étienne Paré, qui est coordonnateur aux affaires
sociopolitiques à l'UEQ.
Donc, nous regroupons plus de
90 000 personnes étudiantes universitaires à travers tout le Québec.
Notre mission est de défendre les droits et intérêts de la communauté étudiante
universitaire, entre autres aux différentes instances gouvernementales.
Donc, notre objectif dans le cadre de cette
consultation aujourd'hui est de mettre de l'avant certaines demandes pour être sûrs que la nouvelle réforme du
Programme de l'expérience québécoise n'ait pas les mêmes effets néfastes que la dernière réforme, datant de 2020,
sur la communauté étudiante internationale. Lors de la présente consultation, l'UEQ souhaite mettre de l'avant,
d'une part, l'importance de ne pas inclure les personnes étudiantes issues du
PEQ dans les cibles que le gouvernement québécois souhaite se fixer en lien
avec l'immigration, et, d'autre part, nous allons nous pencher sur les
différents critères linguistiques envisagés dans la nouvelle réforme.
Tout d'abord, c'est important de mentionner que
les réformes du PEQ effectuées en 2020 par le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de
l'Intégration, Simon Jolin-Barrette, ont clairement dénaturé l'objectif du
programme d'attraction et de
rétention de la communauté étudiante internationale. Ces réformes ont eu des
impacts catastrophiques en ajoutant des impacts... bien, des obstacles
importants au dépôt de la demande du PEQ, et donc, au final, à l'obtention du
certificat de sélection québécois pour ces personnes étudiantes.
En effet, même avec un nombre croissant de
personnes étudiantes internationales dans nos établissements d'enseignement supérieur, il y a une chute
drastique de demandes, dans le cadre du PEQ, pour le volet Diplômés, qui a été
entraînée par les réformes de 2020. En effet, en 2020, le gouvernement
québécois a reçu 5 465 demandes, contre seulement 2 268 en 2022, ce qui représente une baisse d'environ
60 %, ce qui est plus qu'alarmant dans le contexte de pénurie de
main-d'oeuvre touchant le Québec actuellement.
Dans ce contexte, l'UEQ estime qu'il faut
travailler à favoriser l'accessibilité au PEQ pour les personnes étudiantes internationales, qui représentent un
bassin de main-d'oeuvre inestimable, surtout dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre actuelle, comme mentionné plus
tôt. Il faut aussi noter que ce sont des personnes qui ont des cercles et des réseaux déjà bien établis au Québec. Ce sont
des personnes qui ont choisi de venir étudier au Québec pour s'établir
par la suite afin de mettre l'épaule à la roue et de travailler pour notre
société québécoise.
Selon nous, il doit y avoir une priorisation du
scénario 1 émis dans l'orientation 12 du cahier de consultation publié par le ministère de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration. L'UEQ, on préconise ce scénario puisqu'une
admission en continu des personnes étudiantes au PEQ pour le volet diplômé
signifie que les personnes déposant une demande
dans le cadre de ce programme ne seront pas prises en compte dans la cible de
60 000 personnes immigrantes. Autrement, il y a un risque élevé que des personnes étudiantes répondant
pourtant aux critères posés par le gouvernement québécois se voient
refuser l'accès de la résidence permanente du fait d'une cible trop restreinte,
ce qui n'est pas souhaitable.
Je cède maintenant la parole à Étienne pour la
suite.
M. Paré
(Etienne) : Merci,
Catherine. Bonjour à tous et à toutes, là. Bien content d'être avec vous
aujourd'hui.
Moi, je souhaite continuer en parlant notamment
des critères de sélection du Programme de l'expérience québécoise puis en
émettant, là, quelques problématiques à l'égard de ces critères-là.
La réforme de mai 2020 introduit une contrainte
de 12 mois de travail suite à la diplomation ainsi que des contraintes
linguistiques. Alors, on souhaite saluer, là, le retrait de la contrainte de
12 mois de travail, là, qui était une
demande de l'Union étudiante du Québec depuis 2020. On a quand même... On
souhaite quand même mettre en lumière quelques enjeux concernant les
contraintes linguistiques qui demeurent.
La réforme présentement proposée demande à une
personne appliquant au volet Diplômés du PEQ d'avoir soit un diplôme québécois
francophone ou d'avoir fait trois ans d'études secondaires ou postsecondaires
en français. Dans les deux cas, il est
requis de faire la démonstration d'un niveau de connaissance du français écrit
d'au moins 5 sur l'échelle québécoise
des niveaux de compétence en français pour les personnes immigrantes adultes. À
l'Union étudiante du Québec, on est d'avis qu'une personne ayant étudié
dans un établissement francophone en français ne devrait pas fournir de preuve
supplémentaire de ses compétences en français écrit. En effet, il nous apparaît
inutile de demander à une personne diplômée d'aller passer un test de français
écrit dans un centre de francisation. Ce test engendre des coûts qui sont
évitables pour la personne diplômée, tout en contribuant à engorger les centres
de francisation, qui ont définitivement mieux à faire que de réévaluer le
français de diplômés universitaires. De plus, selon nos partenaires de Le Québec c'est nous aussi, il n'existe aucune
donnée permettant de déterminer qu'une personne ayant diplômé en français au Québec aurait un français écrit d'une
qualité inférieure au niveau 5 de l'échelle mentionnée plus tôt. C'est
pour ça qu'on recommande de retirer cette exigence de la présente réforme.
De plus, le présent règlement ne tient pas
vraiment compte de la réalité de nombreuses personnes étudiantes aux cycles supérieurs. Il existe de plus en plus
de programmes et d'universités qui offrent des programmes avec des cours en
anglais ou des cheminements bilingues, comme HEC Montréal, par exemple, afin
d'attirer davantage d'étudiants internationaux au Québec. Le bilinguisme est
souvent présenté à ces personnes étudiantes comme une plus-value dans leur cheminement scolaire, alors que ces
cours peuvent présentement les exclure de la voie rapide pour obtenir le certificat
de sélection du Québec.
À cette réalité s'ajoute celle de tous
les étudiants qui rédigent une partie de leur mémoire ou de leur thèse en
anglais. Comme vous le savez probablement tous, l'anglais demeure la
langue qui prédomine l'univers scientifique. Ce n'est donc pas rare d'avoir des
professeurs, qui sont de bonne foi, offrir à leur étudiant à la maîtrise ou au
doctorat d'écrire une partie de leur thèse ou de leur mémoire en anglais afin
d'en faciliter la publication et ainsi la reconnaissance par les pairs de
partout à travers le monde. Ces personnes étudiantes vont donc s'exclure du PEQ
probablement sans le savoir au préalable, sur une erreur de bonne foi.
• (17 h 30) •
C'est d'ailleurs le
cas d'une doctorante française à l'Université Laval qui s'est vu refuser son
admission au PEQ car elle avait écrit un
chapitre de sa thèse en anglais. Ça me paraît donc comme un non-sens de se
priver de personnes étudiantes francophones et bien intégrées dans leur
milieu en raison d'une condition aussi minime. Nous croyons que la rédaction de
leur thèse n'est pas le moment opportun pour imposer des restrictions
linguistiques. La publication scientifique
demeure l'un des meilleurs moyens de faire rayonner la science et la recherche
faite au Québec à l'international.
Il est important de
noter également que la publication scientifique facilite l'accès au
financement, notamment celui offert par les
Fonds de recherche du Québec. Ça crée donc une iniquité dans les possibilités
de financement de la recherche entre les étudiants québécois, les
étudiants internationaux qui veulent rester et les étudiants internationaux qui ne souhaitent pas rester, pour qui cette
restriction-là ne s'applique donc pas, et qui peuvent pourtant tous postuler au
même programme des Fonds de recherche du Québec.
Du
côté de la population étudiante anglophone, je tiens à noter qu'en 2020 c'était
41 % de la population étudiante internationale qui étudiait à
McGill et Concordia. Vous comprendrez que j'avais écrit ce texte-là avant de
voir les articles de ce matin dans La
Presse. Là, c'est un peu à la baisse, mais ça demeure quand même dans les
mêmes eaux. C'est les deux
principales universités anglophones au Québec. L'objectif du PEQ, c'est
d'offrir une voie rapide à la résidence permanente aux immigrants qui sont déjà intégrés à la société
québécoise. Il nous apparaît donc incohérent d'en exclure une aussi
grande partie de la population et du centre international, d'entrée de jeu. En
n'offrant aucune possibilité pour les
personnes ayant étudié en anglais de démontrer leurs connaissances en français
pour accéder au PEQ, on vient ici retirer l'un des principaux arguments
pour favoriser la francisation des personnes étudiantes anglophones.
Dans
une optique de mettre en valeur la francisation de ces personnes étudiantes,
nous recommandons de ne pas limiter
l'accès du PEQ à ceux ayant étudié en français et de mettre en place davantage
de programmes de francisation pour la population étudiante universitaire
au Québec. Je laisserais maintenant Catherine conclure.
Mme Bibeau-Lorrain (Catherine) : Oui.
Donc, finalement, la suppression des exigences relatives à l'expérience de travail pendant une période de 12 mois au
moment du dépôt de la demande est un pas vers une meilleure accessibilité
du PEQ. Pour nous, ce qui est le plus important, c'est de faciliter
l'intégration des personnes étudiantes au PEQ, et il faut continuer dans cette direction. Il est donc crucial pour la
communauté étudiante internationale dans son ensemble de revenir aux conditions du PEQ avant les réformes
de 2020, particulièrement pour une meilleure prise en considération des personnes étudiantes anglophones prêtes à se
franciser pour rester au Québec, mais aussi des personnes francophones
qui ont fait le choix d'étudier ou de produire un document dans une autre
langue que le français.
Les
personnes francophones avec un diplôme francophone sont aussi touchées par
cette obligation, et les faits qu'on vous a relatés pendant notre consultation
démontrent l'importance pour le gouvernement québécois de redonner à ce programme son essence : permettre aux
personnes étudiantes disposant d'un diplôme québécois d'obtenir rapidement
leur CSQ.
Merci beaucoup pour
votre écoute, et on va maintenant être prêt et prête à répondre à vos
questions.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) :
Bien, merci beaucoup pour la présentation
du résumé de votre mémoire, de vos
recommandations. Juste avant de laisser la parole, habituellement, dans
l'enceinte du parlement, on ne nomme pas les députés ou les ministres
par leur nom, seulement que par leur titre, si jamais ça revient au cours de...
au cours des discussions.
Alors, je me tourne
maintenant du côté de la banquette gouvernementale. Mme la ministre, vous
bénéficiez d'une période de 16 min 30 s.
Mme
Fréchette : Merci, Mme la Présidente. Alors, un grand merci à vous
deux. Il me fait grand plaisir de vous revoir et d'avoir pris connaissance de
vos propositions et de vos points de vue par rapport à cet enjeu-là, qui est
devenu un enjeu de grande importance sur le plan collectif.
J'aimerais, tout
d'abord, bien, vous informer qu'un de vos voeux est déjà exaucé, au sens où
vous nous suggérez de retirer une preuve de
connaissance du français écrit niveau 5, pour ceux qui auront gradué d'un
programme en français et... en fait, c'est déjà le cas. Donc, il n'y a
pas nécessité pour quelqu'un qui a diplômé d'un programme d'études en français
d'ajouter, comme preuve, le niveau de connaissance 5 en français. C'est
simplement en cas de doute que le ministère
se réserve cette possibilité-là. Lors de l'analyse du dossier, s'il surgit un
questionnement ou un doute, il y aura la possibilité d'aller un peu plus
loin et de demander, donc, une preuve de niveau... de connaissance du niveau du
français, niveau 5, mais, à la base, la présentation du diplôme fera foi
de cette connaissance-là. Donc, voilà. C'est
bien de le préciser puis de communiquer cette information-là à vos membres qui,
peut-être, certains d'entre eux, se questionnent sur cet élément-là. Donc, je
vous invite à rectifier l'information les concernant.
Et
je profite également de l'opportunité de m'adresser à vous pour dire également
que, pour le PEQ — Diplômés,
en ce qui a trait au programme d'études en anglais, bien, il y a une mesure
transitoire d'une durée d'une année avant que ce soit appliqué. Alors, c'est, là encore, important, peut-être, à faire
circuler comme information auprès de vos membres pour que les gens
comprennent bien la nature de notre démarche.
À
partir de là, vous parlez de francisation, dans le cadre de votre mémoire. Vous
soulignez, donc, l'importance des cours de francisation. Donc, bien sûr, Francisation Québec est un outil central à ce défi-là, qu'on a, collectivement, de
faire en sorte que le français soit mieux maîtrisé et utilisé. Et je me
demandais comment est-ce que vous verriez qu'on puisse rejoindre plus facilement
votre clientèle, en fait, vos membres, de quelle manière est-ce qu'on pourrait
procéder pour s'assurer que davantage d'étudiants qui souhaitent prendre des
cours de francisation soient conscients, sachent
que Francisation Québec, c'est pour eux que c'est gratuit, qu'il y a même
des formules d'allocation financière qui existent. Donc, j'aimerais vous
entendre là-dessus.
M. Paré (Etienne) : Bien, tout
d'abord, là, j'aimerais saluer, d'entrée de jeu, là, le fait que notre demande semble avoir déjà été répondue. Je pense que ça
démontre aussi la nécessité de bien communiquer ces informations-là
auprès de la population étudiante, surtout celle internationale, qui ne sait
pas nécessairement toujours vers qui se tourner. Nous, c'est des discussions
qu'on a avec des partenaires, des organisations qui travaillent notamment sur
ça qui nous avaient mentionné, qui nous avaient signalé cette inquiétude-là.
Donc, je pense que ça démontre très bien, là, la pertinence de faire davantage
de communication pour permettre à ces étudiants-là, justement, de bien
connaître leurs droits, et tout ça.
Pour ce qui est de la mesure transitoire, on la
salue également, mais nous, on ne se mentira pas que notre objectif, c'est de permettre à tous les étudiants
qui viennent étudier en anglais au Québec et qui décident de se franciser
d'avoir accès éventuellement au Programme de l'expérience québécoise.
D'ailleurs, par rapport à votre question concernant la francisation, bien,
nous, c'est certain que le meilleur moyen de rejoindre ces gens-là, c'est
directement sur les campus. On pense que les campus mériteraient d'avoir
davantage de support, davantage de ressources pour faciliter la transmission de la connaissance. Je pense que
l'interlocuteur précédent l'a démontré, quand même, qu'il y avait un
intérêt, qu'il y avait plusieurs projets qui pouvaient être mis en place. Donc,
pour nous, c'est certain que tu peux avoir un moyen avec Francisation Québec,
puisque, collaborer avec les campus universitaires, on pense que c'est le plus simple, notamment parce que c'est là que les
étudiants sont déjà, c'est là qu'ils passent la plupart de leur temps. Il y a des étudiants internationaux, souvent, ils vont
travailler sur le campus même parce que ça ne fait pas si longtemps que
ça qu'ils ont le droit de travailler à l'extérieur des campus. Et donc pourquoi
ne pas tout garder au même endroit, là, à ce niveau-là?
Mme Fréchette : Et, avec Francisation
Québec, bien, vous savez, on a des formules à temps plein, à temps partiel
d'apprentissage du français, en présentiel, en virtuel, également, même, en
amont, avant même que les gens n'arrivent au
Québec. Est-ce que vous trouvez qu'il y a des formules nouvelles ou
additionnelles qu'on devrait considérer pour faciliter l'accès aux
étudiants étrangers à ces mesures?
M. Paré (Etienne) : Bien, c'est
certain que, de notre côté, on pense que le plus de flexibilité qui peut être offerte possible, c'est le meilleur. Je pense que
de l'intégrer aussi dans le cursus universitaire, ça pourrait être une option
qui pourrait être intéressante. Comme les gens sont déjà sur le campus, c'est
une charge de travail qui peut des fois s'ajouter,
la francisation, quand on doit travailler pour payer nos études. Les frais de
scolarité de la population étudiante internationale sont quand même
relativement très élevés.
À ça s'ajoute un parcours temps plein, des fois
une vie de famille. On a beaucoup d'étudiants internationaux qui sont aux cycles supérieurs qui ont des
enfants, qui viennent ici avec toute leur famille et qui doivent en prendre soin.
Donc, pour nous, là, c'est d'offrir le plus de flexibilité possible. Je dirais
que c'est ça, le plus important.
Mme Fréchette : Merci. Mme la
Présidente, je vais céder le droit de parole à des collègues.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, Mme la
ministre. Alors, je reconnais la députée de Vimont. Et il vous reste
11 min 14 s. Le temps est à vous.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. Merci à vous d'être... de vous être déplacés. C'est toujours bien
apprécié de pouvoir échanger aussi en mode plus... en mode présentiel, disons.
Vous savez, on a plusieurs orientations, je
pense que vous le savez, dont l'orientation n° 9. Celle-ci favorise
l'intégration réussie, favorise un meilleur enracinement dans la société pour
toutes les personnes immigrantes. C'est sûr
que cette orientation va viser davantage les besoins qu'on a en région, les
besoins de main-d'oeuvre, notamment, et, en tant que représentants de la
communauté étudiante, c'est sûr que vous allez pouvoir nous amener un regard
plus éclairé, peut-être, sur cette question
parce que vous les côtoyez suffisamment. Qu'est-ce que vous pensez de cette
orientation?
M. Paré (Etienne) : Bien, nous,
c'est certain qu'un des objectifs puis... c'est de favoriser, évidemment, la
venue de ces étudiants internationaux là en région. Je pense que, dans une
perspective de contribuer à notre société, il y a un avantage certain à ce que
ces gens puissent aller étudier dans ces programmes-là en région, notamment
parce que, dans certaines universités en région, il y a des spécificités, il y
a des trucs qu'on ne retrouve pas ailleurs, que ce soit le génie des mines, par
exemple, en Abitibi, le génie marin à Rimouski. Il y a un certain avantage à ce
qu'on ait des étudiants internationaux qui aillent porter leur expertise dans
ces universités-là, que ce soit à travers la recherche ou tout simplement en
s'intégrant dans un milieu de la sorte. Donc, nous, c'est sûr, on va encourager
toute mesure qui va permettre, là, aux étudiants internationaux d'aller
s'intégrer davantage dans les universités de région.
• (17 h 40) •
Mme
Schmaltz : Est-ce que vous avez des suggestions, justement, pour la
rétention ou encore pour la promotion de ces... de ce que vous venez de... De
quelle façon vous envisageriez de promouvoir, justement, ces formations en
région?
M. Paré
(Etienne) : Oui. Bien, c'est certain qu'il y a une bonne partie de la
communication, de la... j'allais dire... la publicité qui est faite, c'est fait
en bonne partie par les universités également, les administrations universitaires, de leur côté, pour aller chercher
ces étudiants-là à l'international. Je sais qu'il y a plusieurs universités qui
le font quand même beaucoup.
Ceci étant dit, c'est
certain que de faciliter l'accès... que ce soit à travers des bourses, pour
éviter de payer les frais de scolarité au complet, qui pourraient être offertes
à tous les étudiants internationaux, et non pas une sélection d'étudiants, notamment pour favoriser leur volonté
d'aller ailleurs... Parce qu'on ne se mentira pas que la ville qui est reconnue au Québec, c'est Montréal. C'est certain
que c'est beaucoup plus facile d'attirer des étudiants internationaux à
Montréal.
Ceci
étant dit, il y a beaucoup d'universités de région qui ont beaucoup à
offrir, puis de leur offrir davantage de
visibilité d'offrir des incitatifs, peut-être financiers, aux étudiants
internationaux, ça pourrait être un moyen, là, de les attirer dans ces
programmes-là.
Mme
Schmaltz : Est-ce que vous recevez, justement, ce genre de
commentaires ou, encore, est-ce qu'il y a de la curiosité des étudiants
étrangers à savoir qu'est-ce qu'il y a en dehors de Montréal? Est-ce que... Ou
c'est vous qui faites cette promotion ou eux sont intéressés parce qu'ils en
ont entendu parler, peu importe, là, de quelle façon, maintenant, avec tout
l'univers des réseaux... des médias sociaux?
Mme Bibeau-Lorrain (Catherine) : Oui,
mais, c'est sûr, tu sais, nous, en plus, on représente des associations
de campus aussi qui sont en région. Ça fait que ce genre de curiosité là se
fait ressentir de nos associations puis des personnes étudiantes directement
sur les campus, c'est certain. Donc, oui.
Mme
Schmaltz : Donc, si je résume un petit peu, ça serait vraiment de
mettre des incitatifs pour les attirer. Puis
on parle de bourses, notamment. Est-ce qu'il y a d'autres... il y a
d'autres suggestions? Hormis l'argent... hormis la bourse, pardon, pas
l'argent, mais les bourses, est-ce qu'il y aurait quelque chose d'autre à
favoriser?
M. Paré (Etienne) : Bien, c'est certain que
toute mesure d'accompagnement qui peut être faite, c'est vraiment important.
Quand on parle, notamment, au niveau du logement, aider les étudiants
internationaux à se loger en région, ça peut vraiment être important,
les accompagner aussi pour qu'ils connaissent bien leurs droits. Considérant
que, comme ils ne viennent pas d'ici, des fois, ils ne sont pas familiers avec
nos méthodes, avec nos droits, avec nos lois, et tout ça, donc leur offrir
peut-être un peu plus d'encadrement à ce niveau-là, ça pourrait être vraiment
intéressant.
On
parlait tantôt de francisation. Bien, c'est certain qu'un étudiant
international qui ne parle pas français qui va s'installer à Rouyn-Noranda va
définitivement avoir besoin de beaucoup plus d'aide qu'un étudiant qui vient
s'installer à Montréal tout
simplement parce qu'il n'a pas le choix d'apprendre. Puis, des fois, bien,
c'est beaucoup plus difficile quand on est par soi-même, quand on est
seul.
C'est la même réalité
pour beaucoup de ces étudiants-là. Ils arrivent ici, ils n'ont pas de
ressources, ils n'ont pas leur famille, ils n'ont
pas leurs amis, nécessairement. Donc, de trouver une façon de les accompagner
davantage... Évidemment, bon, c'est sûr, ça peut être fait en
collaboration avec les administrations universitaires qui sont sur le terrain,
les associations étudiantes également. C'est eux les mieux placés, là, pour
aider ces populations-là. Ça fait que, des
fois, peut-être simplement offrir davantage de ressources à ce type
d'organisation là, ça pourrait également être une bonne stratégie de la
part du gouvernement.
Mme
Schmaltz : Par curiosité, est-ce que vous avez eu vent, justement,
peut-être, d'étudiants étrangers intéressés à aller au-delà de la région de
Montréal? Est-ce que vous avez des histoires ou peut-être des échos par rapport
à ça?
M. Paré
(Etienne) : Bien, on connaît plusieurs étudiants internationaux qui
viennent de région. Notamment, on a beaucoup
d'étudiants internationaux qui vont étudier en région qui s'impliquent
énormément dans leur communauté. Je
pense notamment à notre association étudiante de l'Abitibi, la plupart des
exécutants de cette association étudiante là sont des étudiants internationaux. Puis c'est vraiment intéressant parce
que, ces gens-là, comme ils n'ont pas nécessairement de famille, d'amis
ici, bien, ils sont vraiment intéressés à s'intégrer puis à s'impliquer dans
leur communauté de toutes les façons pas
possibles, que ce soit en faisant du bénévolat, ou tout ça, tout simplement
parce qu'ils ont le temps. Ils n'ont pas à voir leur famille,
nécessairement, le vendredi, donc ils ont beaucoup de temps à offrir. Puis
c'est des personnes, vraiment, avec une richesse à apporter à leur communauté.
Puis nous, bien, c'est certain que, quand on les entend nous vendre un peu leurs universités, puis leur réalité en
région, bien, on trouve ça vraiment inspirant, nous-mêmes étant des
étudiants de Montréal, là.
Mme
Schmaltz : Est-ce qu'ils ont un intérêt à vouloir rester?
Mme Bibeau-Lorrain (Catherine) : Oui,
c'est sûr. Puis, justement, quand on parlait de ces réformes du Programme de
l'expérience québécoise là, les personnes, justement, en région nous faisaient
part de leur intérêt à... de leurs inquiétudes par
rapport à ces nouvelles réformes là parce que c'est des personnes qui veulent
rester, qui veulent mettre l'épaule à la
roue, comme je disais précédemment, pour notre société québécoise puis qui
veulent rester après leurs études,
qui ont pris goût à rester dans leur région, que ce soit à Montréal mais aussi
dans des régions éloignées, en
Abitibi, à Sherbrooke, en Estrie, et tout. Donc, c'est certain que c'est des
personnes qui veulent s'enraciner même après. Il y a plusieurs personnes
de nos associations et membres de la communauté qui nous en ont fait part.
Mme
Schmaltz : ...l'intérêt, j'imagine, de se franciser avant tout.
Mme Bibeau-Lorrain
(Catherine) : Pardon?
Mme
Schmaltz : Avec l'intérêt de se franciser.
Mme Bibeau-Lorrain
(Catherine) : Oui, certainement.
Mme
Schmaltz : OK. Je vais... J'ai encore un peu de temps, hein? Pas mal?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...
Mme Schmaltz :
Parfait. Je vais vous ramener
dans votre mémoire en page 8. D'ailleurs, vous l'avez soulevé un
petit peu tantôt, vous mentionnez certains enjeux relatifs à la population
étudiante francophone inscrite à des programmes dispensés en anglais ou rendant
un mémoire de maîtrise ou une thèse de doctorat en anglais. C'est sûr que, je
comprends, c'est un enjeu plus large, là, de ce qu'on va discuter, qui ne
concerne pas non plus uniquement les étudiants étrangers, mais bien tous les
étudiants du deuxième, troisième cycle, naturellement, mais je ne sais pas ce
que vous pensez de... justement, des étudiants du deuxième, troisième cycle qui
doivent nécessairement, tantôt vous l'avez mentionné, remettre leur thèse ou...
en anglais. Est-ce que vous avez peut-être... Avez-vous des solutions,
peut-être, pour un peu renverser la vapeur, ou c'est vraiment, selon vous, une
chasse gardée, puis on ne touche pas à ça, ou il y a...
M. Paré
(Etienne) : Bien, c'est certain qu'on ne parle vraiment pas d'une
majorité d'étudiants, là. On est vraiment plus dans un cas par cas. La plupart
des étudiants aux cycles supérieurs, là, étudient encore en français au Québec,
puis je pense que la plupart des programmes qui sont offerts sont quand même
amplement suffisants.
Nous, le problème
qu'on voit davantage, c'est plutôt qu'on va présenter à ces étudiants-là une
plus-value à étudier dans les deux langues ou à étudier dans une université
francophone en anglais. Puis ça, c'est peut-être moins du ressort du
gouvernement, plus du ressort de l'administration universitaire en question,
mais c'est certain que nous, on continue de valoriser... notamment, pour tout
ce qui est la recherche en français, c'est important pour nous que ça se fasse
en français. On est au Québec, on reconnaît ça absolument, puis surtout qu'on
est la seule place en Amérique du Nord qui fait de la recherche en français.
Ceci étant dit, dans certains domaines de recherche, c'est vrai que ça se passe
principalement en anglais. Puis l'un n'empêche pas l'autre.
Mme
Schmaltz : ...les sciences, je pense, hein? C'est vraiment très niché,
là, comme... OK.
M. Paré
(Etienne) : Oui, absolument. Et l'un n'empêche pas l'autre. Une
personne étudiante peut faire toute sa recherche en français, faire ses cours
en français, travailler avec un professeur francophone, et tout ça, mais
décider d'écrire une partie de sa thèse en anglais pour en faciliter la
publication. Après ça, souvent, c'est que c'est une mesure qui va être proposée
de bonne foi. Tu sais, c'est le professeur qui dit : Tu vas être publié
plus facilement, faisons ça, puis là, bien, après ça, la personne est
comme : Bon, bien, je n'ai plus accès à l'expérience québécoise, tu sais, je ne le savais peut-être pas
nécessairement. Donc, peut-être que, premièrement, de mieux éclaircir, dès
l'arrivée, les personnes étudiantes : Si vous voulez demeurer, c'est
important que vous fassiez complètement en français. Mais après ça, nous, on... tu sais, on est quand même
dans du cas par cas, là. Ce n'est pas la majorité des étudiants qui vont
écrire leur thèse en anglais, là.
Mme
Schmaltz : Je comprends. Est-ce que le soutien est là pour ces
étudiants, justement? Est-ce que vous sentez
qu'ils ont un soutien au niveau de leurs études? S'ils ont des besoins de
publication, de lecture, peu importe, là, est-ce qu'ils ont tout le
soutien nécessaire?
M. Paré
(Etienne) : Bien là, on rentre dans des enjeux beaucoup plus larges,
comme vous le disiez tantôt, mais c'est
certain que, pour nous, augmenter le financement à la recherche, c'est vraiment
important, augmenter les montants des bourses, que ce soit au niveau des
fonds de recherche du Québec ou au niveau des organismes subventionnaires au
fédéral.
Mme Schmaltz :
...de les entendre. Je comprends
que... Mais c'est important quand même qu'on les entende.
M. Paré
(Etienne) : Oui, bien, 100 %.
Mme Schmaltz : Donc, allez-y, hein?
Sentez-vous bien à l'aise.
M.
Paré (Etienne) : Mais il y a toujours une possibilité d'en faire plus.
Il y a toujours une possibilité d'améliorer le financement, que ce soit au
niveau des étudiants mais également au niveau des chaires de recherche, qui, eux, auront à employer beaucoup d'étudiants
aux cycles supérieurs. C'est certain que la précarité financière aux cycles
supérieurs, c'est un des principaux enjeux.
D'augmenter les revenus qui sont disponibles à travers les différents
programmes de bourses, et autres, c'est une priorité pour l'Union
étudiante du Québec. On salue d'ailleurs, là, l'augmentation qui a été faite par Rémi Quirion, puis M. Girard,
et M. Fitzgibbon dans le cadre du dernier budget, mais ce n'est pas encore
suffisant. Il en faut plus.
On
parle également d'améliorer aussi les mesures au niveau de l'encadrement. C'est
beaucoup une population qui est isolée, aux cycles supérieurs, ce qui a des
enjeux et des impacts directs sur la santé psychologique de ces
personnes étudiantes là.
Mme
Schmaltz : Mais, vous savez, vous êtes des formidables ambassadeurs,
d'une certaine façon. Parce que je comprends les revendications, mais souvent,
quand on travaille main dans la main, on peut faire des grands pas ensemble.
Vous comprenez où je veux en venir, là? Dans le sens... je comprends, là,
parfaitement, puis c'est correct aussi de
les exprimer. Mais, si, de l'autre côté, on peut aussi compter sur votre
soutien, dans le sens, comme tantôt la ministre l'expliquait, de pouvoir
le verbaliser auprès de... auprès de la communauté étudiante, ce serait déjà
formidable, dans le sens que, bien, ça permettrait de... un, de mieux
comprendre... Puis, des fois, vous savez comment c'est, hein? Quand on entend toutes sortes de ragots, puis, à
un moment donné, bien, ce qui était à la base devient complètement faux. Alors,
c'est important. C'est un peu pour ça que je parlais de cet échange-là, que je
trouve vraiment très intéressant.
Est-ce que nous
avons...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : C'est malheureusement terminé.
Mme
Schmaltz : Mais, mon Dieu! j'ai bien fini, je trouve.
• (17 h 50) •
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Ça va vite, hein? Ça va vite. Mais on va
poursuivre nos échanges quand même avec
l'opposition officielle, pour une période de 12 min 23 s, et le
député de Nelligan. Le temps commence maintenant.
M. Derraji : Merci, Mme la Présidente. Premièrement, bienvenue,
bienvenue à l'Assemblée nationale. C'est votre... c'est la maison du
peuple, comme on dit.
Excellent rapport,
très bien détaillé, à l'image du professionnalisme de votre organisation, donc
je tiens à vous saluer. Ce n'est pas
toujours facile, écrire des mémoires. J'ai été, moi aussi, un certain moment,
intervenant dans des commissions. Je sais c'est quoi, le stress d'écrire un
mémoire documenté. Et je sais que vous avez travaillé avec une autre organisation, qui représente... qui
s'est mobilisée beaucoup à l'époque du PEQ, M. Camara, si ma mémoire, elle est
bonne. Donc, je tiens à vous saluer sur tout le travail que vous avez fait en
amont de cette consultation.
J'ai
deux blocs de questions. Premier bloc très rapide. Je sais qu'on ne doit jamais
regarder le passé, mais parfois le passé nous donne des bons indicateurs
par rapport au futur, surtout que maintenant... J'aimerais bien aussi vous
entendre sur la deuxième partie, mais je vais commencer avec la première.
Vous l'avez très bien
mentionné au début : les ratés de la réforme première. Aujourd'hui, si
nous sommes là, c'est pour corriger les
ratés de la première réforme. Et je le dis vraiment d'une manière très amicale
à Mme la ministre. Heureusement
qu'elle est venue avec un nouveau ton, heureusement qu'elle est là avec une
autre volonté gouvernementale.
Mais,
moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, surtout, j'ai en face de moi une... un
groupe qui s'est beaucoup mobilisé pendant la première réforme et je
tiens à vous saluer, j'étais là. Et j'étais là, au premier rang de ceux et
celles qui disaient que c'est une erreur grave et monumentale, la réforme du
PEQ. J'aimerais vous entendre, mais j'aimerais que les membres de la commission
puissent entendre les doléances des membres que vous représentez, mais gardez en tête, j'aimerais aussi vous entendre sur nos
étudiants qui, eux, ils ont choisi une université anglophone pour étudier.
Mme Bibeau-Lorrain
(Catherine) : Bien, c'est certain, comme vous l'avez mentionné,
l'Union étudiante du Québec et d'autres partenaires, là, se mobilisent depuis
longtemps dans ce dossier-là. Ça fait des années... bien, depuis la réforme de
2020, on s'était beaucoup mobilisés par rapport à ça.
La première des
choses, c'est certain que ce 12 mois d'expérience de travail qui étaient
demandés, ça, c'était une première des
choses sur laquelle on se mobilisait beaucoup puis qu'on trouvait que c'était
un non-sens de demander ça. Donc, là... Puis je l'avais dit un peu dans
l'allocution au départ, mais c'est quelque chose qu'on salue.
Puis, c'est sûr que,
par rapport aux restrictions de la langue, ça inquiète beaucoup les personnes
étudiantes, comme on le disait aussi, parce que les personnes étudiantes, que
ce soit des francophones qui étudient en anglais ou des personnes anglophones,
veulent rester au Québec, sont inquiètes de savoir qu'est-ce qu'ils vont
pouvoir faire après leurs études. Ça affecte beaucoup leur santé mentale, entre
autres pendant les études, de vouloir... de s'investir dans les études au
Québec, mais, après, de ne pas le savoir, s'ils vont pouvoir rester pour
s'établir dans la société québécoise. C'est quelque chose qui affecte beaucoup
leur santé mentale. Donc, c'est des choses que nos personnes étudiantes qui
viennent dans nos instances viennent nous en parler, de ça, donc...
M. Derraji : ...que
ça coûte cher, étudier au Québec. Je ne sais pas. Je ne vais pas vous coincer
parce que, probablement, vous n'avez pas d'idée par rapport aux frais, mais, de
mémoire, c'est entre trois à cinq fois ce qu'un étudiant québécois paie en tant
que frais.
Mme
Bibeau-Lorrain (Catherine) : En effet, ça, c'est un autre aspect qui pèse
beaucoup sur la santé mentale des personnes étudiantes. Ça met un
fardeau sur leurs épaules, ce stress financier là, de devoir payer des frais de
scolarité qui sont le double, triple de ce que paie la communauté étudiante
québécoise. Donc, oui, c'est un autre aspect
qui pèse lourd sur les épaules de la communauté étudiante internationale. Puis
c'est d'autres revendications que l'UEQ met de l'avant, c'est certain.
M. Derraji : Dans votre mémoire,
vous dites que vous voulez le retour du PEQ comme avant mai 2020.
Mme Bibeau-Lorrain (Catherine) : ...en
effet, que ce soit par rapport... bien là, l'exigence du 12 mois, ça, c'est
bien, mais, par rapport aux exigences linguistiques, donc de revenir aux
exigences avant, et donc de permettre à la
communauté étudiante qui étudient en anglais de pouvoir appliquer au Programme de l'expérience québécoise puis de leur permettre une voie d'accès
rapide pour... pour la résidence permanente.
M. Derraji : Mme la ministre vient
de vous dire quelques éléments de... que, probablement, vous n'avez pas vu
avant. Est-ce que c'est assez par rapport aux étudiants? Est-ce que ça répond à
l'ensemble de vos demandes à la communauté étudiante, le PEQ, le PEQ diplômé?
M. Paré (Etienne) : Bien, c'est
certain que, nous, ce qu'on souhaite, c'est de faciliter le plus possible le
processus, qui est un processus qui est quand même relativement stressant. Là,
on parlait de mesures transitoires tantôt.
C'est certain que, bon, pour ceux qui sont étudiants présentement, c'est une
bonne nouvelle, au moins, parce que ça leur donne un petit coussin,
mais, nous, c'est certain qu'à plus long terme on souhaite que toutes les
personnes étudiantes qui viennent au Québec,
peu importe dans la langue dans laquelle ils viennent étudier, puissent s'y
installer ensuite, pour toutes les
raisons qu'on a énumérées. Puis ce n'est pas parce qu'on vient étudier à
Concordia ou à McGill qu'on
n'apprendra pas le français puis qu'on ne tentera pas de s'intégrer. On a vu
hier passer en commission parlementaire, là, John et Esther, qui ont
démontré que c'était possible d'apprendre le français, de s'intégrer, de même
connaître la culture québécoise, là, à un certain niveau. Puis nous, pour nous,
c'est des témoignages qui sont très frappants, qui sont très touchants puis qui
démontrent l'importance de s'assurer que ces gens-là aient accès au Programme
de l'expérience québécoise.
M. Derraji : Est-ce que vous pensez
qu'encore une fois le gouvernement risque de créer deux classes d'étudiants? Je
me rappelle, à l'époque du PEQ, beaucoup d'organisations se sont mobilisées. On
le voit avec une certaine pression de
quelques groupes. Est-ce que le message envoyé aux universités anglophones et à
leurs étudiants, c'est comme... peu importe ce qu'ils vont en faire, peu
importent les efforts, l'accès rapide, ce n'est pas pour eux? Il faut utiliser
d'autres accès, qui sont beaucoup plus complexes, on s'entend.
M. Paré (Etienne) : Bien, je pense
que, jusqu'à un certain point, c'est un peu ça qui se passe. Puis, tu sais,
j'ai mentionné plus tôt au niveau du financement de la recherche, là, par
rapport à si une partie de la thèse va être écrite
en anglais ou non, j'irais même à dire que c'est jusqu'à trois classes qui sont
créées entre les personnes étudiantes québécoises,
les personnes étudiantes internationales qui souhaitent rester, puis les
personnes étudiantes internationales qui n'ont pas l'intention de rester
parce que, là, ils n'ont pas tous les mêmes... ils ont toutes les mêmes règles,
mais ils n'ont pas tous les mêmes cartes dans leur jeu pour déterminer comment
ils peuvent procéder à leurs études aux cycles
supérieurs. Donc, c'est certain que, pour nous, on trouve ça un peu dommage,
puis c'est une occasion manquée pour retenir des étudiants qui ont définitivement
l'intention de rester au Québec, surtout que, dans certains cas, comme
le cas de John hier, il n'avait pas le choix de prendre ce programme-là parce
que Concordia était la seule université à l'offrir
au Québec. Donc, pour nous, c'est un peu un non-sens, là, de ne pas offrir les
mêmes opportunités à tout le monde.
M. Derraji : Bien, on a vu le même
témoignage, vous et moi, et je trouve ça un peu inquiétant parce qu'on en a
besoin, d'ingénieurs, on a besoin de personnes compétentes mais surtout ceux et
celles qui veulent rester chez nous. La concurrence est mondiale. Vous l'avez vu,
pendant le PEQ, il y a des gens qui ont reçu des offres d'emploi à
200 kilomètres de la frontière, Ottawa, Ontario, des provinces, même, qui
se sont amusés à faire de la publicité pour attirer des jeunes francophones du
Québec. Et je ne pense pas que c'est ça qui est souhaitable.
Dans votre mémoire aussi, vous voulez... vous
avez fait la demande de créer un programme de francisation pour les universités
anglophones afin d'encourager la francisation. Vous étiez là, vous avez vu la
présentation des responsables de McGill. Il a deux programmes, mais ces
programmes que lui a mis en place, que l'université a mis en place, ça ne va
pas aider ces étudiants. Et, quand je lui ai posé la question : Est-ce que
ça affecte l'université?, bien, sa réponse fut que ça affecte plus les
étudiants qu'on veut retenir. Mais, avec cette nouvelle version du PEQ, on ne
les aidera pas.
Quand vous
êtes... vous voyez des programmes comme Francisation Québec, si on
lance des programmes comme Francisation
Québec, c'est pour franciser ces
gens. Donc, pensez-vous que, si on met un programme, Francisation Québec, que ce soit à McGill,
en collaboration avec McGill et à Concordia, et leur permettre d'utiliser le
PEQ comme les autres universités, est-ce que c'est une bonne chose?
M. Paré
(Etienne) : Bien, c'est certain que c'est une solution qu'on
prioriserait, considérant que c'est directement sur les campus, là où il
y a le besoin. On parle de McGill, Concordia depuis un moment, il y a également
Bishop's qu'on représente, là, dans nos membres, qui
serait directement touchée par ça. Puis, nous, ce qu'on souhaite, c'est qu'il y ait vraiment une concertation entre tous
les acteurs de ce milieu-là pour faciliter puis éviter aussi de mettre trop
le fardeau de la francisation sur la
personne étudiante qui vient faire ses études, qui vient s'intégrer, qui a déjà
beaucoup sur son assiette, là, au niveau de la gestion de son temps, de sa
santé mentale, et tout ça. Nous, on souhaite éviter que le fardeau soit
sur elle, plutôt sur l'administration universitaire, qui pourra offrir un
programme.
Puis
là, si ça va être le même programme pour les trois universités, ce sera le même
programme pour les trois universités. Puis, si c'est un programme
séparé, ce sera un programme séparé. Nous, on n'est pas là pour dire aux
universités exactement comment s'arranger, mais ce qu'on souhaite, c‘est qu'il
y ait de quoi directement sur les campus pour permettre à ces étudiants-là de
se franciser.
M. Derraji : Mais
ce qu'on doit retenir, aujourd'hui, de la part de l'Union étudiante du Québec,
c'est que... un PEQ pour tout le monde, pas de discrimination, que tu sois
étudiant anglophone ou francophone... désolé, étudiant dans une université
anglophone ou étudiant dans une université francophone, c'est les mêmes règles
pour tous. J'ajouterais que, pour un étudiant dans une université anglophone
qui parle français, lui permettre d'avoir accès rapide au PEQ, c'est ce que
vous voulez.
Mme Bibeau-Lorrain
(Catherine) : Exactement.
M. Derraji : En
cas de refus de la part du gouvernement, ce serait quoi, votre réaction?
• (18 heures) •
Mme Bibeau-Lorrain (Catherine) : Bien,
nous, c'est certain qu'on va mobiliser notre communauté étudiante, qui nous
relate déjà des inquiétudes, qui nous relate déjà ses positions par rapport à
ça. Donc, c'est sûr qu'on... c'est certain que notre mobilisation
étudiante va... va se faire ressentir à cet effet-là, c'est certain.
M. Derraji : Vous
voulez ajouter quelque chose?
Une voix :
...
M. Derraji :
Parlons de cas concrets. Les dernières années, avec la réforme du PEQ, vous
avez vu des cas de personnes qui quittaient le Québec. Avez-vous des exemples à
nous partager?
M. Paré
(Etienne) : Bien, dans le cadre de mes fonctions, là, on travaille
également avec notre partenaire de l'Alliance
canadienne des associations étudiantes, où on participe à leurs conférences qui
réunissent des assos étudiantes de partout au Canada, puis je n'ai pas
connu de personnes qui sont parties du Québec. Par contre, j'ai connu des gens
qui ont choisi d'autres provinces pour leurs études, des gens qui voulaient
initialement venir étudier dans les grandes universités au Québec puis qui se
sont dits : Avec l'incertitude par rapport au PEQ, les mesures qui étaient
en place à ce moment-là, plus l'incertitude de est-ce qu'il va y avoir
d'autres mesures qui vont être modifiées pendant mon parcours, je ne sais pas
trop ce qu'il va se passer pendant les trois ans que j'étudie au Québec, ont
fait le choix d'aller étudier en Ontario, en
Alberta ou en Colombie-Britannique. Puis ça, c'est des gens que j'ai eu la chance de
rencontrer dans le cadre de ces
conférences-là. Tu n'as aucune idée si, par la suite, tu serais resté ou non,
tu sais, c'est des scénarios qui sont hyperhypothétiques, mais c'est ce
qu'ils m'ont dit.
M. Derraji : Oui,
c'est un excellent point, mais gardons aussi en tête que c'est plus rapide,
avoir la résidence permanente à l'extérieur du Québec. Parce que le PEQ, même
avec le PEQ, il faut attendre encore plusieurs années avant d'obtenir la
résidence permanente. Donc, quand on dit «favoriser l'enracinement et garder
ces gens ici», même avec le PEQ, ce n'est pas la voie la plus rapide.
M. Paré (Etienne) : Je ne vous mentirai pas,
vous nous sortez un peu de notre zone d'expertise, là, les critères
d'immigration au Québec ou dans les autres provinces, mais, nous, ce qu'on
constate, c'est qu'il y a des étudiants qui ont décidé d'aller étudier
dans d'autres provinces pour avoir la résidence permanente plus rapidement.
Après ça, je ne mentirai pas, je ne connais pas nécessairement tous les
processus.
M. Derraji : Mais
je dois... je dois vous dire que vous êtes dans votre zone de confort, parce
que c'est exactement la réponse, parce que
c'est beaucoup plus rapide à l'extérieur. C'est ça qu'on doit comprendre en
tant que parlementaires, c'est que, quand on planifie une immigration,
peu importe, on doit retenir ces étudiants, l'importance de voir que, de l'autre côté, sans prendre de vol,
juste traverser le pont de Gatineau à Ottawa, les procédures sont beaucoup plus
rapides, et c'est là ce que les universités, elles ont décrié aujourd'hui.
D'ailleurs, vous êtes le dernier groupe, mais toutes les universités veulent
juste des éléments pour retenir ces étudiants et non pas les pousser à partir.
Bon, merci à vous deux.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) :
Alors, cette portion de temps est
terminée. On va donc finaliser le tout avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
du deuxième groupe d'opposition, pour une période de 4 min 8 s.
Le temps est à vous, M. le député.
M. Cliche-Rivard :
Merci beaucoup, merci beaucoup. J'en profite aussi pour remercier Mme la
ministre et son équipe ministérielle pour les précisions et les corrections,
tant mieux, sur le test et sur la disposition transitoire. Je suis content de l'apprendre et ça me fait
penser qu'on devrait peut-être se fixer une rencontre informelle de travail en
mode questions-réponses pour examiner les quelques petits éléments du
règlement, qui comporte une série d'articles assez... disons, une longue série
d'articles. Je pense que mon collègue aussi... Mes collègues de l'opposition
ont plusieurs questions aussi, mais
malheureusement le briefing technique, à l'époque, était pour les journalistes
et pas pour les députés. Donc, si on pouvait avoir une rencontre
informelle de questions-réponses, je pense que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...la présidente, merci.
M. Cliche-Rivard : Oui, Mme la
Présidente. Je pense que nous, à l'opposition, nous apprécierions. Donc, la
demande est lancée. J'espère qu'on aura la chance de faire ça.
Je reviens vers vous, petite question. D'autres
groupes nous ont parlé d'une volonté d'inclure les DESS dans l'admissibilité au
PEQ. Est-ce que vous avez une position sur ça?
Mme Bibeau-Lorrain (Catherine) : On
n'a pas de position exactement par rapport à ça, mais on représente des personnes qui sont au DESS. Donc, c'est
certain que, quand on parle de favoriser l'accessibilité pour tout le monde au
Programme de l'expérience québécoise, bien, ça représente aussi ces
personnes-là qui sont aux cycles supérieurs, donc, oui.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup.
Vous avez parlé de l'admission en continu, donc le scénario proposé de mettre le PEQ — Diplômés hors seuil. Moi, je me pose une question,
parce que, là, on n'aura pas, donc, d'engagement du nombre de CSQ ou
d'admissions annuelles dans ce programme-là. On dit : C'est en continu. Si
ça monte à, je ne sais pas, moi,
12 000, 14 000, 15 000, 20 000 CSQ diplômés par année, je
me demande si... et c'est une possibilité que le ministère va voir que c'est un
petit peu trop versus ce qui était prévu, et voudra peut-être mettre les
freins, peut-être, et rallonger les
délais, parce qu'il n'y a pas d'engagement de délai, là, et que ça va prendre
six mois, huit mois, neuf mois pour
obtenir son CSQ. C'est une question que je pose, ou bien si le programme ne
pourrait pas être fermé temporairement, comme on l'a connu une fois dans
les dernières années. Bref, je me demande : Est-ce que, hors seuil, c'est
vraiment notre solution ou s'il ne faudrait
pas plutôt prévoir un seuil raisonnable et élevé, et qu'on ait donc un
engagement, à savoir il y aura 12 000 CSQ, il y aura
14 000 CSQ? Je me pose la question face au fait qu'on ne le saura
pas, finalement.
Mme Bibeau-Lorrain (Catherine) : C'est
certain que c'est une crainte qui est là, puis, je me rappelle, on en avait discuté. Nous, on est là pour représenter
les personnes étudiantes, pour favoriser le plus possible les personnes...
Tu sais, on veut favoriser l'accessibilité des personnes étudiantes au PEQ. Notre
objectif, ce n'est pas de mettre en place des mesures pour limiter l'accès de
ces personnes-là au programme. Tu sais, on veut permettre à toutes les
personnes étudiantes qui veulent faire une demande de pouvoir le faire. C'est
ça, l'objectif. Après, nous, tous ces processus administratifs là, selon nous, ce n'est pas notre travail de réfléchir à
ça. Selon nous, s'il y a des engagements qui sont pris de ne pas mettre de limite, bien, il doit y avoir
des mesures qui sont mises en place pour respecter ces engagements-là.
Donc, c'est ce que répondrais.
M. Cliche-Rivard : Et je suis
certainement confiant que c'est ça, l'intention. C'est juste que c'est
difficile à prévoir comment il y aura
d'étudiants internationaux l'année prochaine, c'est difficile à savoir encore
plus pour 2027. Le PEQ, c'est autoqualifiant en ce sens où ton diplôme
te qualifie. Donc, finalement, on n'est pas nécessairement tributaires du
nombre de permis d'études que le fédéral émet, et là on pourrait se retrouver
dans une situation... Et c'est ça que j'essaie de voir. Là, tout le monde est
bien intéressé du hors seuil. Je trouve ça superintéressant, mais est-ce qu'il n'y a pas là un double tranchant ou
est-ce qu'il n'y a pas là un risque que, finalement, on soit surpris et que,
finalement, bien, indirectement, on vienne
élargir ou allonger le délai de traitement pour compenser? C'est une
inquiétude.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Écoutez, le temps est
écoulé. C'est ce qui met fin à cette audition. Madame, monsieur, merci
beaucoup pour votre apport aux travaux de la commission.
Alors, la commission ajourne ses travaux au
jeudi 21 septembre 2023, après les avis touchant les travaux des
commissions. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 07)