Journal des débats (Hansard) of the Committee on Citizen Relations
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
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Wednesday, April 17, 2024
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Vol. 47 N° 47
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration
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Intervenants par tranches d'heure
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Lecours, Lucie
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Morin, André Albert
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Fréchette, Christine
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Fréchette, Christine
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Morin, André Albert
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Lecours, Lucie
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Fréchette, Christine
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Lecours, Lucie
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Bérubé, Pascal
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Morin, André Albert
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Fréchette, Christine
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Bérubé, Pascal
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Lecours, Lucie
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Morin, André Albert
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Schmaltz, Valérie
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Schmaltz, Valérie
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Fréchette, Christine
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Lecours, Lucie
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Morin, André Albert
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Fréchette, Christine
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Lecours, Lucie
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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Fréchette, Christine
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Lecours, Lucie
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Bérubé, Pascal
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Morin, André Albert
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Fréchette, Christine
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Lecours, Lucie
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Schmaltz, Valérie
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Tardif, Marie-Louise
14 h 30 (version révisée)
(Quinze heures)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors à l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons donc
reprendre nos travaux. La commission, je vous le rappelle, est réunie cette
fois pour procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Immigration, Francisation et Intégration pour l'exercice financier 2024-2025.
Une enveloppe de 3 h 30 a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) est remplacée par Mme Bogemans
(Iberville); Mme Gendron (Châteauguay) par Mme D'Amours (Mirabel); Mme Prass
(D'Arcy-McGee) par M. Morin (Acadie).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, bienvenue à tous et à toutes. Nous
allons procéder donc par une discussion d'ordre général et ceci par blocs d'échange,
incluant les questions, réponses, aux alentours de 17 minutes pour chaque
bloc. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps alloué,
qui est, je vous le rappelle, de... aux alentours de 18 h 30.
Alors, je suis maintenant prête à reconnaître
une première intervention de l'opposition officielle pour un bloc d'échange. M.
le député d'Acadie, la parole est à vous.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bon après-midi. Bonjour, Mme la ministre. Salutations aux
collègues parlementaires et à l'équipe qui vous accompagne.
Alors, sans plus tarder, dans les cahiers
explicatifs des crédits qu'on a reçus, à la page 137, j'ai constaté que,
pendant une période d'à peu près neuf mois, vous avez eu trois directeurs de
cabinet. Alors, est-ce qu'il y a une raison particulière? Est-ce que vous avez
un problème de rétention de personnel?
Mme Fréchette : Alors,
bonjour, Mme la Présidente. Bonjour à tous les collègues et personnes
présentes. Merci de votre présence. Alors, bien, d'une part, j'aimerais
rectifier le compte, puisque j'ai eu deux chefs de cabinet depuis ma prise de
poste, en la personne de Pierre-Yves Boivin et ensuite Alex Perreault. Donc,
voilà, c'est un total de deux chefs de cabinet.
M. Morin : Et Alexandre
Lahaie, ce n'était pas un chef de cabinet?
Mme Fréchette : Non,
directeur de cabinet adjoint et directeur des communications.
M. Morin : Ah bon! Donc, ce
sont les informations que nous avons obtenues qui n'étaient pas exactes
totalement. Merci. Maintenant... Donc, pas de problème de rétention de
personnel?
Mme Fréchette : Absolument
pas. C'était déjà prévu d'ailleurs que le premier chef de cabinet serait là le
temps de mettre en place l'équipe. Donc, c'est ce qu'il a fait, même au-delà de
mes attentes, il est demeuré plus qu'une année. Alors, voilà, ça a été dans l'ordre
des choses qui avait été établi dès le départ.
M. Morin : Merci. Merci. J'aimerais
parler de réunification familiale. Et, dans votre plan d'immigration pour 2024,
on voit que les seuils pour le regroupement familial, c'est de 10 200 à 10 600 personnes.
Comment avez-vous fixé ce seuil et pourquoi ce seuil?
Mme Fréchette : Bien, en
fait, il y a... vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a... qu'il y a un
historique, hein, du côté de la fixation des seuils pour les différentes
catégories qui composent l'immigration permanente. Donc, en ce qui a trait au
regroupement familial, bien, en fait, nous, notre approche, c'est de faire en
sorte d'avoir une approche équilibrée, une approche qui rencontre à la fois nos
engagements sur le plan humanitaire, sur le plan également familial, tout comme
sur le plan économique.
Alors, pour l'établissement du seuil, dans
lequel on s'inscrit à l'heure actuelle et qui va prévaloir également pour l'année
prochaine, c'est le résultat de la consultation que l'on a tenue en septembre
dernier. Vous vous rappellerez qu'on a tenu une commission parlementaire d'une
durée de trois semaines, à laquelle il y a eu de nombreux participants d'ailleurs.
Et c'est au terme de cette consultation que l'on a adopté les seuils, qui ont
été déposés à l'Assemblée nationale et qui tournent, en ce qui a trait aux
regroupements familiaux, entre 10 200 et 10 600 admissions, pour ce
qui est des regroupements familiaux.
Or, si on regarde au cours des 10
dernières...
15 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...pour ce qui
est des regroupements familiaux. Or, si on regarde au cours des 10 dernières
années, ça a été très stable, ça a joué entre 9 500, je vous dirais, et 10 600 admissions
régulières au cours des 10 dernières années. Donc, même lorsque le Parti
libéral était au gouvernement, même lorsque le Parti québécois était au
gouvernement, on était dans ces orientations-là, autour de 10 000 admissions.
M. Morin : Oui, sauf... sauf que
si vous...
Mme Fréchette : Alors, on est
dans une stabilité.
M. Morin : ...si vous me
permettez, moi, je parlais de 2024, d'une part. D'autre part, là, vous avez un
arrérage, vous avez des dossiers en attente qui atteignent des sommets. Alors,
j'aimerais savoir, quand on regarde dans les cahiers explicatifs des crédits,
notamment à la page 228, on constate que le nombre de demandes d'immigration
reçues en 2023-2024, pour le regroupement familial, c'est 11 129 dossiers.
Ça, c'est les reçus. Je comprends qu'à la page 232, et ça, c'est en lien
avec les certificats de sélection du Québec, les CSQ délivrés, vous en avez
délivré 13 161, donc un petit peu plus.
Mais, quand on regarde le nombre de
dossiers que vous avez reçus, mais pas encore ouverts, dans le regroupement
familial, il y en a 2 273. Donc, à ce compte-là, je comprends que vous en
avez émis un peu plus, de CSQ, mais vous avez encore des milliers de dossiers
pas regardés et vous avez délivré des CSQ pour un montant d'à peu près 11 000 $,
vous... 11 000 cas. Donc, vous n'allez jamais y arriver.
Donc, votre délai à traiter l'ensemble de
ces dossiers devrait normalement s'alourdir, s'agrandir. Et on parle de gens
qui, évidemment, ont un conjoint, qui sont ici, qui ont une maison, qui ont un
travail. La plupart, souvent, parlent français. Donc, comment vous allez faire
pour éliminer la liste qui ne cesse de s'allonger? Et, quand on la compare aux
délais dans les autres provinces canadiennes, le Québec fait littéralement
bande à part.
Mme Fréchette : Alors, bien,
d'une part, je voudrais souligner qu'on... je suis très sensible à la réalité
des personnes qui sont en attente dans le cadre du processus de regroupement
familial. C'est des situations qui peuvent être difficiles, on en est conscients,
et on tente d'ailleurs de trouver des aménagements pour faire en sorte d'améliorer
la situation. Le nombre de demandes s'est accru au cours des dernières années,
ce qui a fait que le délai, en fait, s'est prolongé, d'une part, même si nos
seuils s'inscrivent en continuité avec ce qui prévalait au cours des 10 dernières
années.
On a constaté, par ailleurs, aussi, qu'au
niveau du fédéral, et ça, la Vérificatrice générale du Canada l'a souligné... c'est
que le principe du premier arrivé, premier servi n'a pas toujours été respecté.
Alors, ça, ça nous semble être une partie du problème. Donc, on a invité nos...
mon homologue fédéral à respecter ce principe du premier arrivé, premier servi.
Il est important que ceux qui s'inscrivent dans la file d'attente avant les
autres passent en premier. Donc, ça, c'est un élément pour lequel on demande au
fédéral d'agir.
De notre côté, on est en analyse d'aménagement
que l'on pourrait mis en... mettre en place pour faire en sorte d'améliorer la
situation dans le respect de nos seuils, parce qu'il est important de respecter
ce qui a été convenu suivant le programme... la feuille de route que l'on s'est
donnée au 1er novembre dernier avec nos seuils. Mais on est en
communication, notamment avec Québec réunifié, qui est très actif sur ce
dossier-là. Et voilà, on est à voir s'il y a des aménagements possibles que l'on
pourrait faire, à l'intérieur de nos seuils, qui nous permettraient d'améliorer
la situation pour les personnes qui sont en attente d'un regroupement familial.
M. Morin : Il y a... il y a quelque
temps, je vous ai fait une proposition, c'est-à-dire de vous doter d'un plan de
deux ans pour passer à travers des dossiers en attente. Parce que, comme on le
constate avec les chiffres que vous nous avez envoyés, vous avez des milliers
de demandes qui arrivent, vous n'avez même pas ouvert les dossiers. Donc, pour ne
pas que la liste s'augmente ou le délai augmente à trois ou quatre ans, en
fait, je vous invite à considérer la demande que je vous ai faite, c'est-à-dire
de vous doter d'un plan de deux ans pour passer à travers les dossiers en
attente. Ça permettrait d'éviter des situations particulièrement douloureuses.
Quand...
Mme Fréchette : Bien, sur ce
point, est-ce que je peux réagir?
M. Morin : Oui, bien sûr.
Mme Fréchette : Bien, d'une
part, notre plan de deux ans, c'est celui que l'on a déposé à l'Assemblée
nationale le 1er novembre dernier, pour ce qui est de l'immigration
permanente. Donc, il est là, notre plan. Comme je vous le disais, je pense qu'il
y a des choses qu'on pourrait peut-être faire à l'intérieur de ce plan, mais j'aimerais
souligner aussi que, l'an prochain, donc dès 2025, on aura à nouveau une
consultation qui nous permettra de définir à nouveau nos seuils, notamment, et
nos orientations pour les années subséquentes. Donc, il y aura un autre
exercice, là, de <commission...
Mme Fréchette :
...nos
orientations pour les années subséquentes. Donc, il y aura un autre exercice,
là, de >commission parlementaire dès l'an prochain.
Il y a beaucoup de choses qui sont
mouvantes, je vous dirais, en simultané, pendant l'année 2024 et 2025.
Donc, pour nous, c'était essentiel d'y aller d'une autre commission
parlementaire dès 2025, parce qu'on aura déjà plusieurs éléments qui auront
évolué en termes d'immigration, que ce soient les résidents non permanents, ou
encore le succès, par exemple de notre PEQ Diplômés, en continu, ou encore nos
nouveaux programmes avec exigence de connaissance du français, là, qui ont été
intégrés.
• (15 h 10) •
M. Morin : Mais, si... si on
revient à la... à la réunification familiale, j'espère que, dans les critères
que vous êtes en train d'étudier, parce que vous avez parlé que vous êtes en
train de faire des aménagements... que vous allez accorder une attention
particulière aux familles. Parce que, si, en plus, il y a des enfants... J'ai
en tête la déclaration des Nations unies sur les droits de l'enfant, qui nous
demande de réunir les familles le plus... le plus rapidement possible. Je pense
que c'est important. Puis, dans le regroupement familial, les chiffres qu'on a
obtenus dans les cahiers explicatifs des crédits, on voit, entre autres,
qu'Haïti arrive en tête de liste. Et donc, compte tenu... compte tenu de la
situation là-bas, compte tenu du nombre, est-ce que c'est un groupe, par
exemple, que vous pourriez privilégier?
Mme Fréchette : En fait, par
rapport à Haïti, bien, on est conscients qu'il y a une situation très
problématique là-bas, on espère que ça va pouvoir se résorber à courte
échéance. Pour l'instant, on n'a pas vu le fédéral s'avancer sur une mesure
particulière concernant Haïti. Si le gouvernement canadien le fait, on verra à
se... à se positionner. Mais, comme je vous dis, pour nous, c'est le principe
du premier arrivé, premier servi qui est... qui est primordial dans le contexte
dans lequel on se trouve en ce moment. Donc, c'est sur la base de ce
principe-là qu'on va souhaiter que les dossiers soient traités, par le fédéral,
notamment. Et, voilà, donc, c'est le principe qui nous guide pour le moment.
M. Morin : Sauf que... Est-ce
que j'ai raison de penser qu'une fois que vous avez émis un certificat de
sélection du Québec, les fameux CSQ, normalement, il devrait y avoir une
lumière verte, puis le dossier devrait cheminer rapidement? Parce que c'est
vous qui les émettez, les CSQ.
Mme Fréchette : Bien, en
fait, il n'en demeure pas moins qu'on a des seuils aussi à respecter pour
chacune des catégories. Donc, le CSQ, c'est une étape, mais ce n'est pas
l'ultime étape. Mais, comme je vous disais, on cherche à voir s'il y a des
aménagements possibles qu'on pourrait mettre en place, dans le respect de nos
seuils, pour faire en sorte d'améliorer la situation pour ceux qui sont en
processus d'attente.
M. Morin : Donc, est-ce que
je dois comprendre que, quand vous émettez un CSQ, vous ne tenez pas compte des
seuils?
Mme Fréchette : C'est un
processus qui se faisait de manière automatique, je vous dirais, sans égard aux
seuils. Donc, l'émission du CSQ, voilà, était automatisée, je vous dirais. Et
là j'invite le sous-ministre à me corriger, s'il y a... s'il y a lieu, mais
voilà. Donc là, le fédéral nous a transmis une communication à l'effet qu'il
souhaiterait qu'on émette nos CSQ en fonction aussi des seuils que l'on a
adoptés. Donc, c'est... c'est quelque chose auquel on a... on va... on va
répondre, et, voilà, ça va nous permettre de cheminer différemment pour la
suite des choses. Mais, jusqu'à maintenant, au cours des années passées,
c'était une procédure, voilà, qui se faisait de manière automatique.
M. Morin : Et normalement,
quand un CSQ est émis, il n'y a pas une priorisation, chez vous, pour que le
dossier avance rapidement puis que la personne arrive?
Mme Fréchette : Il y a une
priorisation, mais dans le respect également du nombre d'admissions que l'on a
convenu d'avoir pour cette catégorie. Donc, ce n'est pas tout d'avoir le CSQ,
il faut aussi être dans la file et faire en sorte d'être sélectionné pour venir
au Québec, lorsque le... les personnes arrivent à l'avant de la file. Donc, il
y a une priorisation suivant le principe premier arrivé, premier servi, et,
pour ceux qui ont... qui ont un CSQ, ce n'est donc pas un automatisme de s'en
venir.
M. Morin : Mais, quand vous
recevez un CSQ, vous êtes nécessairement dans la file, parce que c'est vous qui
émettez le certificat.
Mme Fréchette : Oui. Oui,
mais, en même temps, il y a des seuils, donc la file... le seuil ne couvre pas
la totalité de la file. C'est tout simplement ça, l'idée que j'essaie de vous
communiquer. Donc, la file est plus longue que le nombre d'admissions que l'on
a pour le regroupement familial, et, par conséquent, il y a une période
d'attente, même pour ceux qui ont un CSQ.
M. Morin : Et donc ça crée,
effectivement, des situations qui sont particulièrement difficiles. Je
comprends très bien ce que vous me dites. Parce que j'ai... j'ai un cas ici où
une personne, justement en lien avec... avec Haïti, a reçu des CSQ en 2022,
certificat de sélection du Québec émis en novembre 2022, et, depuis
novembre 2022, c'est le silence total qui persiste. Cette personne-là...
On connaît la situation en Haïti. Je vous parle de Mme Stéphania Desmornes,
qui, elle, est au Québec. Elle vit un stress énorme. Ses enfants ne vont plus à
l'école. Le quartier où habite sa famille a récemment été le théâtre d'un drame
<avec...
M. Morin :
...ses enfants
ne vont plus à l'école. Le quartier où habite sa famille a récemment été le
théâtre d'un drame >avec le meurtre d'une jeune fille. Elle est en...
elle est malade à cause de la situation.
Alors, qu'est-ce que vous répondez à Mme
Desmornes, qui a eu un CSQ en novembre 2022, qui... Et elle dit, en plus :
«L'attente m'a... m'a plongée dans une profonde dépression en 2023, m'empêchant
de travailler.» Et, selon elle, il y a un silence total. Donc, votre
organisation ne l'a même pas contactée.
Mme Fréchette : Alors, d'une
part, bien, je ne peux pas commenter de cas particulier, vous comprendrez. Je
peux vous parler des principes généraux qui guident notre action, mais pas de
cas particulier. Néanmoins, je fais preuve d'empathie par rapport au cas que
vous me présentez. Je peux comprendre qu'il y a un stress important qui est
vécu par cette personne-là. On sait que la situation en Haïti est très
problématique et désolante. Donc, j'espère que... d'une part, que la situation
en Haïti va se... va se résorber dans un proche, proche avenir.
Mais néanmoins, comme je vous disais, on
est à analyser des aménagements possibles qui pourraient faire en sorte
d'améliorer la situation pour des personnes qui sont dans la file d'attente.
Alors, peut-être que cette dame serait touchée, advenant qu'on ait la mise en
place de nouveaux aménagements. Je ne peux pas m'engager là-dessus, comme je
vous dis, parce que c'est un cas particulier que je ne peux commenter, mais,
voilà, je pense qu'elle peut garder espoir.
M. Morin : Mais... mais vous
êtes là, Mme la ministre, et les hauts dirigeants de votre ministère, ils sont
là avec vous, là. Moi, je vous parle, là, de Mme Desmornes, là. D'après ce
qu'elle me dit, là, c'est depuis novembre 2022 que le silence persiste. Alors,
est-ce que vous et vos fonctionnaires, vous vous engagez aujourd'hui à regarder
son dossier et à faire en sorte... si vous n'êtes pas capables de la prioriser
pour je ne sais quelle raison, vous seriez au moins capable de lui répondre,
peut-être, de lui dire quelque chose? Parce que je pense que, quand on lit ce
qu'elle nous dit, ça... ça diminuerait son stress. En tout cas, moi, je me mets
à sa place, ça diminuerait le mien. Puis elle prend la peine de nous écrire
pour nous dire qu'elle est en profonde dépression, que ça l'empêche de
travailler. Je pense que ce n'est pas banal.
Alors, je comprends, je comprends vos
explications, mais là on a un cas concret, réel, et je pense que ça... ça mérite
une attention. Quand vous nous dites que vous allez faire des aménagements,
est-ce que vous pouvez nous indiquer lesquels?
Mme Fréchette : Alors, oui,
tout à fait. Bien, je comprends la situation dans laquelle cette dame se
trouve, Mme Desmornes, là, vous me dites, alors on va...
M. Morin : Stéphania
Desmornes.
Mme Fréchette : ...je
m'engage à ce que l'on communique avec elle, et que l'on regarde à nouveau son
dossier, et que l'on communique avec le fédéral, également, parce qu'il faut
voir, bon, que le fédéral est engagé. Donc, oui, on va regarder ça. C'est sûr
qu'il y a des principes, comme je vous disais, là, premier arrivé, premier
servi, dans le cadre de nos seuils fixés lors de l'adoption de la planification
pluriannuelle. Donc, ce travail-là va se faire dans le respect d'à la fois la
feuille de route que l'on s'est donnée et les principes qui nous guident. Mais,
voilà, on va communiquer avec elle.
Je pense que le silence, parfois, peut
être un enjeu. Et j'ai d'ailleurs demandé au ministère de réviser, en fait, nos
communications par rapport aux personnes qui sont en processus d'attente...
M. Morin : Est-ce que...
Mme Fréchette : ...que ce soit
pour le regroupement familial ou d'autres types de processus.
M. Morin : ...à ce niveau-là,
est-ce que vous avez des normes de service au sein de votre organisation, qui
dit, bien, après tant de jours, il faut qu'on envoie une communication, il faut
qu'on regarde le dossier, ou si... Bien là, en tout cas, dans son cas, ça
semble être le noir total. Puis quels sont les éléments... parce que vous avez
parlé d'éléments que vous allez mettre en place, quels sont ces éléments que
vous allez mettre en place pour assurer que ces situations-là ne se
reproduisent plus?
Mme Fréchette : Bien, on n'a
pas statué encore sur ces éléments, on est en processus d'analyse, donc je ne
peux pas les mentionner, parce qu'à partir du moment où je les mentionne, ça va...
ça va être considéré comme des choses qui s'en viennent. On n'en est pas là, on
est en analyse. Mais, par rapport aux communications, moi, j'ai demandé à ce
qu'on révise justement l'ensemble des procédures de communications pour faire
en sorte que les gens ne soient pas dans un silence complet pendant de nombreux
mois.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci...
Mme Fréchette : Ça m'apparaît
important.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est ce qui met fin à ce premier bloc, mais on va
poursuivre. Vous avez chacun un bloc. Je poursuis maintenant avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
pour 17 min 7 s.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Merci aux équipes. Bonjour, Mme la ministre. Je vais aller
rapidement, je n'ai pas beaucoup de temps, mais je vais continuer sur ce
sujet-là. Cette année, les délais, afin que les Québécois puissent finaliser
leurs demandes de parrainage de conjoint, d'époux, d'enfant, dans le
regroupement familial, on a vu, a pu même dépasser les 40 mois, alors que,
pour le reste du pays, on parle de 12 mois.
Moi, je veux qu'on sorte de la machine,
là, puis que je vous pose une question bien personnelle et directe. Est-ce que
vous trouvez ça normal, au Québec, qu'on sépare des familles pendant jusqu'à 40 mois?
Mme Fréchette : Bien, je peux
comprendre que c'est long, que c'est très long, que c'est trop long, qu'il
faudrait travailler pour raccourcir.
M. Cliche-Rivard : Mais c'est
vous qui décidez, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, mais
c'est pour ça qu'on est en analyse, d'ailleurs, de différents aménagements,
dont je parlais avec votre collègue. Donc, je ne suis pas insensible à cette
réalité-là. Donc, on est à <regarder...
Mme Fréchette :
...avec
votre collègue. Donc, je ne suis pas insensible à cette réalité-là. Donc, on
est à >regarder qu'est-ce qui pourrait être fait pour améliorer la
situation...
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'on la... on y croit, à votre sensibilité.
Mme Fréchette : ...de ces
personnes en processus.
M. Cliche-Rivard : On y
croit. Je pense que vous le dites, là, vous êtes sensible, vous avez dit
«empathique», vous avez dit «je comprends». Ça fait... ça va faire un an
qu'on connaît cette crise-là, bientôt, là. Est-ce qu'on va attendre une autre
année avant ces engagements-là, ou ça s'en vient de manière imminente, vos
aménagements?
Mme Fréchette : Bien, je n'ai
pas de date pour vous, mais je vous dirais qu'on est avec une bonne erre
d'aller sur les analyses, donc.
M. Cliche-Rivard : Et donc on
pourrait dépasser le 10 600?
Mme Fréchette : Ah! non,
c'est dans le respect des...
M. Cliche-Rivard : Donc, on
ne dépassera pas.
Mme Fréchette : ...dans le
respect des seuils...
M. Cliche-Rivard : Donc,
fondamentalement, vos aménagements ne vont...
Mme Fréchette : ...qui ont
été établis que l'on compte...
M. Cliche-Rivard : ...vos
aménagements ne vont pas réduire les délais.
• (15 h 20) •
Mme Fréchette : C'est dans le
respect des seuils qui ont été établis que l'on compte œuvrer. Et donc...
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est ce que je vous demande avec transparence. On ne va pas modifier les
seuils. Vous êtes à discuter d'aménagements, mais les seuils ne changeront pas.
Mme Fréchette : Les seuils
pour...
M. Cliche-Rivard : Donc,
est-ce qu'on peut être transparents envers les citoyens qui attendent et leur
dire que ce ne sera pas plus rapide? Est-ce qu'on peut leur dire? Est-ce qu'on
peut être transparents?
Mme Fréchette : Ça dépend de
quoi on parle, mais ce que je vous dis, c'est que, pour 2024-2025, on a notre
feuille de route qui a été adoptée, mais que je considère qu'il y a des
aménagements qui peuvent être envisagés à l'intérieur de cette feuille de route
pour améliorer la situation. Donc, voilà. À partir de là, on est...
M. Cliche-Rivard : On a...
Merci.
Mme Fréchette : ...en
analyse.
M. Cliche-Rivard : On a une
belle stabilisation des demandes, quand même. On est à 11 129, selon les
cahiers de crédits, pour l'année en cours. Donc, on... on rejoint les
10 600 ou 10 000 qu'on avait historiquement, où là on n'avait
pas une énorme inéquation entre le nombre de demandes puis les places. Moi, je
vous soumets... puis je vous soumets que le plan de mon collègue est peut-être
utile. Puis je vais juste faire un commentaire et non pas une question, mais,
je pense, ce serait quelque chose à considérer que, notre arriéré, on le règle
puis qu'on continue sur notre erre d'aller avec notre 10 000 ou
11 000 annuel, considérant la régularisation du nombre de demandes
déposées. Je vous le soumets, là, ce n'est pas une question.
J'ai une autre question, qui est quand
même simple. Le total des personnes admises, planifié dans toutes les
catégories, là, le plan 2024, c'est combien au maximum?
Mme Fréchette : Alors, notre
feuille de route de... qu'on a adoptée le 1er novembre? Donc, vous avez 50 000 admissions
régulières. À cela s'ajoute le PEQ Diplômés en continu. Ça, ce n'est pas
associé à un chiffre comme tel, parce que ça fait en sorte, au fond, qu'on
recevra autant de candidats qu'il y aura de personnes qui vont déposer leur
candidature.
M. Cliche-Rivard : Puis vous
l'estimez à combien, ça, le PEQ en continu?
Mme Fréchette : Alors, ça a
été estimé à 6 500. Ça, c'est basé, je vous dirais, sur la moyenne des
dernières années.
M. Cliche-Rivard : Parce que,
dans le PEQ, avant la réforme de Jolin-Barrette, on était à 8 000
annuellement.
Mme Fréchette : Oui, puis
ensuite il y a eu...
M. Cliche-Rivard : Et vous,
vous revenez vers des critères similaires.
Mme Fréchette : Ensuite, il y
avait eu une diminution. Nous, on arrive avec une nouvelle formule, hein, ce
n'est pas exactement copié-collé de ce qui prévalait avant la réforme qui avait
été mise en place. Il faut voir que, maintenant, ce sont pour des gens qui ont
gradué d'un programme en français. Donc, ce n'était pas le cas auparavant, vous
savez, la priorisation du français que l'on... que l'on a mise de l'avant.
Alors, ça... ça caractérise notamment le PEQ Diplômés.
M. Cliche-Rivard : Puis vous
ajoutez les gens d'affaires, si je ne m'abuse.
Mme Fréchette : Et, voilà, il
y a les gens d'affaires aussi, au nombre de 5 400, donc.
M. Cliche-Rivard : Pour un
total?
Mme Fréchette : Bien, en
fait, ça dépend du PEQ Diplômés en continu.
M. Cliche-Rivard : OK, mais avec
ce que vous prévoyez?
Mme Fréchette : Donc, ça fait
55 400 admissions, plus le PEQ Diplômés en continu.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'on est autour de 65 000...
Mme Fréchette : Est-ce qu'il
y en aura 3 000? Est-ce qu'il y en aura 6 000?
M. Cliche-Rivard : ...64 000,
65 000 annuellement.
Mme Fréchette : Alors, ça va
dépendre du PEQ Diplômés.
M. Cliche-Rivard : Je vous
pose... je vous pose cette question-là...
Mme Fréchette : Entre
62 000 et 64 000.
M. Cliche-Rivard : ...évidemment,
je pouvais faire les mathématiques, là, mais je vous pose la question, parce
qu'encore hier, au salon bleu, le premier ministre a dit que la planification,
c'était 50 000.
Mme Fréchette : 50 000
admissions régulières.
M. Cliche-Rivard : Oui, mais
le chiffre, ce n'est pas ça. Et, à chaque semaine, le premier ministre a dit
50 000, puis ce n'est pas ça, votre plan. Puis, moi, ce que je vous
demande aujourd'hui, c'est : Est-ce que vous pourriez vous engager à ce
qu'au salon bleu le premier ministre dise le vrai chiffre de votre plan?
Mme Fréchette : Bien, c'est
parce que le chiffre, il est variable, vous comprenez?
M. Cliche-Rivard : Oui, mais
il n'est pas 50 000.
Mme Fréchette : On n'en a pas
un, chiffre exact.
M. Cliche-Rivard : Il n'est
pas de 50 000, Mme la ministre. Il ne l'est pas.
Mme Fréchette : On n'en a pas
un chiffre exact, et le 50 000 admissions régulières, ça, c'est ce
qui prévaut dans le cadre de notre plan, c'est 50 000 admissions
régulières...
M. Cliche-Rivard : Donc, les
PEQ...
Mme Fréchette : ...plus les
PEQ Diplômés en continu. Je peux comprendre qu'au détour d'une phrase...
M. Cliche-Rivard : Ce n'est
pas au détour d'une phrase, c'est dans toutes vos communications.
Mme Fréchette : ...c'est plus
rapide de dire 50 000 que d'expliquer toute la logique qui...
M. Cliche-Rivard : C'est dans
toutes les communications du premier ministre, ce n'est pas au détour d'une
phrase. C'est même certain, dans vos communiqués, vous revenez... vous réitérez
le 50 000. La seule chose qu'on vous demande, c'est de la transparence.
Finalement, on s'en va vers 65 000, puis peut-être 70 000 avec le
PEQ.
Mme Fréchette : Je dois vous
arrêter là-dessus, parce que le... en fait, le nombre de personnes, les
5 400 qui sont associées aux gens d'affaires, c'est simplement pour
l'année 2024.
M. Cliche-Rivard : Tout à
fait.
Mme Fréchette : Donc, en
2025, il n'y aura plus aucune...
M. Cliche-Rivard : Bien, je
vous ai demandé 2024.
Mme Fréchette : Pardon?
M. Cliche-Rivard : Je vous ai
demandé pour 2024, on est d'accord?
Mme Fréchette : Oui, mais
vous me dites que ce sera toujours comme ça...
M. Cliche-Rivard : Non, non,
non, pour 2024.
Mme Fréchette : ...donc je
vous dirais que non, ça va être pour 2024.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Juste... juste pour le bien... Ça va bien. Juste attendre
les réponses avant d'émettre les questions, s'il vous plaît...
M. Cliche-Rivard : Oui, merci.
Mme Fréchette : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...pas vous couper.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est d'ordre général, je vous laisse aller, mais je veux
juste qu'on entende bien les réponses aux questions, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. J'y vais sur un autre thème, mais je refais... je réitère ma
demande. J'aimerais ça qu'on entende de la part du premier ministre, puis
j'aimerais ça que vous... vous allez lui parler, vous lui parlez souvent... de
dire le vrai chiffre. Parce que c'est important, pour les Québécois et les
Québécoises puis pour les gens qui ont <participé...
M. Cliche-Rivard :
...parce
que c'est important, pour les Québécois et les Québécoises puis pour les gens
qui ont >participé à la planification, de ne pas constamment avoir le
chiffre 50 000 quand ce n'est pas ça, le chiffre. Mais bon.
On va aux crédits, notamment en RP-94...
que vous avez dépensé, votre ministère a dépensé quand même plusieurs millions
de dollars en missions de recrutement à l'international. Or, il ne se passe pas...
ou il ne passe pas une journée sans que vous, vos collègues ou le premier
ministre nous disent que la capacité d'accueil du Québec est depuis longtemps
dépassée. Moi, j'ai énormément de problèmes à comprendre la cohérence d'un
gouvernement qui accuse les autres oppositions, notamment, et qui, d'un autre
côté, continue à investir des millions en recrutement international,
10 missions internationales dans l'année passée, alors que vous estimez, dans
plusieurs déclarations quand même fracassantes, que la capacité d'accueil est
dépassée. J'aimerais ça vous entendre sur l'incohérence.
Mme Fréchette : En fait, c'est
qu'on ne parle pas des mêmes personnes. Quand on dit que la capacité d'accueil
est dépassée, on parle beaucoup des demandeurs d'asile, entre autres choses. On
sait que les demandeurs d'asile sont arrivés par dizaines de milliers, et la
plupart sont... se sont destinés au... à Montréal, au grand Montréal, à la
limite, mais, le plus souvent à Montréal comme tel. Donc, c'est sûr que ça a
créé une grande concentration de gens qui sont arrivés avec pas toujours des...
M. Cliche-Rivard : Donc, les
travailleurs, ce n'est pas dépassé, ça, la capacité?
Mme Fréchette : Attendez,
j'explique, là, la logique, parce que ça ne se tient pas en huit mots.
M. Cliche-Rivard : Vous avez
raison.
Mme Fréchette : Alors, si
vous me donnez un peu de temps, je vais pouvoir expliquer. Donc, voilà, les
demandeurs d'asile, ensuite, en plus, ce ne sont pas toujours des dossiers
simples, hein, c'est des gens qui arrivent avec un parcours de vie souvent
chargé. Donc, voilà, ça... de requiert, ça requiert beaucoup d'attention, de la
francisation, des classes d'accueil, parfois des soins de santé, la recherche
d'un logement abordable. Donc, tout ça fait en sorte de créer une pression très
importante sur le Québec, alors que ça devrait être l'ensemble du Canada qui...
qui soit responsable.
M. Cliche-Rivard : Là, je
vous parle d'étudiants étrangers puis de travailleurs, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Pour ce qui
est des travailleurs étrangers temporaires, puisque j'allais y venir, voilà,
leur nombre a augmenté grandement. Et on voit de plus en plus que la situation,
particulièrement au niveau du logement, s'est resserrée. Moi, j'ai fait deux
tournées du Québec, depuis un an et demi, et déjà, entre ma première tournée du
Québec et la deuxième, sur le plan de l'habitation, j'ai constaté qu'il y avait
un resserrement marqué.
M. Cliche-Rivard : Ma
question porte sur l'incohérence, Mme la ministre. Vous continuez d'investir
des millions en recrutement étranger, mais vous nous dites que la capacité
d'accueil est dépassée.
Mme Fréchette : Alors,
lorsqu'il s'agit d'aller faire des missions, d'une part, c'est pour répondre à
des besoins très précis rencontrés par des employeurs. Et on priorise. La
majorité des gens que l'on recrute à travers ces missions de recrutement, ce
sont des gens qui sont... qui oeuvrent dans les secteurs stratégiques,
critiques, comme la santé, par exemple, la construction, le génie. Donc, vous
avez, là, les six secteurs de l'Opération main-d'oeuvre. Alors, la majorité des
recrutements dans le cadre des missions de recrutement à l'international que le
ministère organise, c'est pour aller recruter des gens avec ce profil-là. Donc,
c'est sûr qu'ils répondent aussi à un besoin qu'a le Québec, que rencontre le
Québec pour livrer des services.
M. Cliche-Rivard : Et c'est
prévu de continuer pour 2024?
Mme Fréchette : Par ailleurs,
le nombre de personnes... le nombre de personnes qui sont recrutées varie entre
3 000 à 4 000 personnes par année. Donc, quand on dit qu'il y en
a 560 000, si on s'attarde aux 3 000, 4 000 qui répondent à des
besoins dans des secteurs stratégiques, c'est sûr qu'on parle de quelque chose
qui est à la marge.
M. Cliche-Rivard : Mais on
continue, là, en 2024, ça, on continue?
Mme Fréchette : ...mais qui
néanmoins est essentiel, parce que justement ils s'inscrivent dans des secteurs
stratégiques importants pour le Québec.
M. Cliche-Rivard : OK. Juste
oui ou non, ça continue en 2024?
Mme Fréchette : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Je vous ai déjà parlé du pouvoir de... ou la négociation du pouvoir d'exiger
l'arrêt de procédures de renvoi par le Québec, que Québec puisse revendiquer ce
pouvoir-là. Vous avez récemment vu le dossier de la dame du Nigeria, vous
l'avez commenté, notamment, la préposée aux bénéficiaires qui donnaient des
soins à domicile à des Québécois en grande situation de vulnérabilité. Fort
heureusement, elle a pu rester, mais je me pose la question : Pourquoi il
va toujours falloir attendre après le gouvernement fédéral quand le Québec est
absolument déterminé à ce qu'une personne qui donne des soins à domicile reste
ici? Est-ce que vous ne pourriez pas... est-ce que vous êtes ouverte à ça, à
négocier ce pouvoir-là avec le fédéral de pouvoir dire : Vous savez quoi,
dans l'intérêt public du Québec, cette personne-là, je vous demande de ne pas
l'expulser? Êtes-vous ouverte à ça?
Mme Fréchette : De quelle
manière vous verriez que ça se... que ça s'exerce?
M. Cliche-Rivard : Dans une
négociation, renégociation de l'accord Canada-Québec ou dans une discussion
bilatérale avec le fédéral, de dire : Vous savez quoi, homologue fédéral,
malheureusement, c'est comme ça que ça fonctionne pour l'instant, cette
personne-là ne sera pas expulsée du Québec, elle donne des soins requis pour
des dizaines de citoyens, pour lesquels je n'ai pas d'autre personne qui
pourrait donner ces services-là, je ne juge pas que l'intérêt public justifie
de la renvoyer, un peu comme cette femme-là. Est-ce que vous êtes ouverte à
l'idée?
Mme Fréchette : Bien, nous,
on fait des demandes, il arrive parfois... par rapport à des situations
particulières. Donc, on communique, comment dire, notre préoccupation.
Maintenant, on oeuvre avec les pouvoirs qui nous sont conférés par l'accord
Québec-Ottawa. Donc, il faut voir que le <fédéral...
Mme Fréchette :
...avec
les pouvoirs qui nous sont conférés par l'accord Québec-Ottawa. Donc, il faut
voir que le >fédéral a cet... a ce pouvoir-là de décider d'expulser ou
non une personne...
M. Cliche-Rivard : Mais
seriez-vous ouverte...
Mme Fréchette : ...et ce n'est
pas en s'improvisant détenteur de ce pouvoir-là, sans négociation...
M. Cliche-Rivard : Non, non,
je vous demande : Êtes-vous ouverte à négocier? Est-ce que ça vous
intéresse comme... comme pouvoir?
Mme Fréchette : Bien, nous,
on veut renégocier... En fait, on veut négocier l'obtention de nouveaux
pouvoirs, pas nécessairement en renégociant l'accord Québec-Ottawa...
M. Cliche-Rivard : Oui. Je
comprends.
• (15 h 30) •
Mme Fréchette : ...parce
qu'il a quand même des avantages certains pour le Québec. Donc, ça pourrait
être en... à travers une négociation en parallèle, d'une nouvelle entente, ça
pourrait être de cette nature-là. Mais c'est sûr qu'on veut... nous, on veut
rapatrier, là, davantage de pouvoirs du fédéral. C'est d'ailleurs dans
cette perspective-là que s'est tenue la rencontre des premiers ministres, début
mars, et seconde rencontre qui va se tenir, donc, en juin. Et c'est ce qui...
c'est ce qui nous habite et nous... guide notre... nos actions.
M. Cliche-Rivard : Mais vous
pourriez... vous pourriez le demander. Ça fait partie des... je vous le soumets,
là, ça... Vous êtes d'accord avec moi sur le principe, possiblement?
Mme Fréchette : Le plus grand
nombre de pouvoirs... nous obtiendrons, le mieux ce sera.
M. Cliche-Rivard : Donc, oui.
OK. C'est intéressant.
Mme Fréchette : Ensuite, on
cherche à prioriser, bien sûr, parce qu'on ne veut pas tout demander en même
temps, mais le plus de pouvoirs on aura, le mieux... le mieux ce sera.
M. Cliche-Rivard : Donc,
ouverte sur le principe, mais ce n'est pas la priorité. C'est ce que... c'est
ce que j'en déduis. Remboursement du fédéral. Dans un communiqué du
20 février 2024, conjointement avec certains de vos collègues, vous avez
indiqué que des sommes pour l'accueil des demandeurs d'asile de 2021 à 2023
s'élèveraient à plus de 1 million de dollars à ce jour. C'est énorme.
Mme Fréchette : 1 milliard.
M. Cliche-Rivard : 1 milliard,
pardon. Oui, tout à fait. Afin de bien nous aider, là, dans nos
représentations, nous aussi, avec le fédéral, vous le savez, je parle souvent à
mon collègue Miller, êtes-vous en mesure de nous fournir la ventilation par
poste de budget et par demandeur de ces montants?
Mme Fréchette : En fait, le
fédéral nous a demandé de détailler ce à quoi correspondait ce montant. Il faut
voir que, pour l'année 2021 et 2022, c'est 470 millions qui ont été
demandés. Il y a une part de ces... de ce montant qui nous a été compensé déjà,
ce qui couvrait l'hébergement temporaire, à hauteur de 69,6, je crois,
millions. Ensuite, pour l'année 2023, ça totalisait 576 millions, ce
qui a été cumulé comme dépenses. Et puis ça, c'est...
M. Cliche-Rivard : Mais ça,
c'est un total, là. Je vous parle de ventilation. Est-ce que c'est possible?
Mme Fréchette : Oui, la
ventilation, j'y viens, donc. Pourtant, d'habitude, j'ai l'esprit de synthèse,
mais là on dirait que ce n'est pas assez pour vous.
M. Cliche-Rivard : Ah oui, hein?
Pour 17 minutes, ce n'est pas assez.
Mme Fréchette : Mais bon, ce
que... ce à quoi ça consiste, donc, en termes d'éducation, pour
l'année 2023, ça s'élève à 139 millions. Et, quand on ventile, là, ce
n'est pas sur la base d'un grand nombre qui regroupe tous les demandeurs
d'asile qui seraient au Québec, et puis qu'on divise par...
M. Cliche-Rivard : En
comptant ceux qui quittent, évidemment, non, non, ce n'est pas comme ça.
Mme Fréchette : Ce n'est pas
du tout ça, c'est le cumul de dépenses rencontrées et assumées par l'ensemble
des ministères qui sont mises à contribution pour soutenir les demandeurs
d'asile. Donc, 139 millions pour l'année 2023. Je pense, je vais
mettre mes lunettes. Ensuite...
M. Cliche-Rivard : Mais, Mme
la ministre...
Mme Fréchette : ...369
millions pour Emploi et Solidarité sociale.
M. Cliche-Rivard : ...pourriez-vous
nous le divulguer, ça, pouvez-vous nous le communiquer?
Mme Fréchette : Quoi? C'est
ce que je suis en train de vous faire.
M. Cliche-Rivard : Oui, mais
en dehors... le déposer, est-ce que vous pourriez prendre cet engagement-là, de
le déposer à la commission?
Mme Fréchette : De déposer le
document avec les chiffres? Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Bien, dans ce cas-là, compte tenu de mon temps, je le prendrais puis je
l'analyserai par la suite, si vous... si vous me permettez.
Mme Fréchette : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, je comprends que vous allez déposer le document.
Mme Fréchette : ...ce
document pour les chiffres de dépenses de l'année 2023...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il faut qu'il soit envoyé à la... au secrétariat d'ici la
fin de la période.
Mme Fréchette : Pardon?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il faudrait qu'il soit envoyé au secrétariat de la
commission.
Mme Fréchette : OK.
M. Cliche-Rivard : Bien, je
vous remercie de cette transparence, c'est apprécié. Ça va nous permettre de
faire pression auprès de... nous aussi. Parce que le Québec a droit à son
milliard. En fait, tout ce que le Québec paie, il doit recevoir compensation.
Et on vous suit là-dedans puis on va vous appuyer là-dedans. Puis je veux que
ce soit très clair, c'est ça, l'objectif, et on va le faire.
Mme Fréchette : Merci de... merci
de joindre votre voix à la nôtre. Je pense, c'est important qu'on montre qu'il
y a une alliance qui soutient, en fait, cette demande-là qui est très
importante. Parce qu'il faut qu'on pose les bases de ce qui va caractériser
notre prise en charge des demandeurs d'asile pour les années à venir, hein?
C'est un phénomène qui va aller croissant...
M. Cliche-Rivard : J'en suis.
Mme Fréchette : ...donc il
faut que le Canada se structure et puis qu'il rembourse les États qui ont pris
le plus en charge les dépenses. Et, pour l'instant, c'est le Québec et
l'Ontario qui sont au-devant de la file.
M. Cliche-Rivard : Tout à
fait.
Mme Fréchette : Donc, merci
de joindre votre voix.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
On est avec vous. CPMT, permis de travail fermé, vous avez prolongé d'un mois,
ils vous ont demandé un délai. Est-ce que l'avis qu'on va recevoir, là, d'ici
quelques jours, là... est-ce que... bien, qui va être publié, est-ce que ça va
être publié, ça va être public, on va pouvoir y avoir accès?
Mme Fréchette : Ce n'est pas
prévu d'être public. On va prendre connaissance de l'avis. Je ne sais pas si...
C'est sur le point de nous être transmis, mais effectivement ils nous ont
demandé un mois additionnel, ça a été accordé. Je sais que c'est un dossier
d'importance, c'est un dossier crucial. Puis, pour nous, c'est intéressant de
mandater, en fait, la Commission des partenaires du marché du travail sur
l'analyse des permis de travail fermés, parce que ça regroupe les syndicats, le
patronat, des gens du domaine de l'employabilité, des universitaires. Donc,
vraiment, une agence tout indiquée pour tenir ce genre de débat, pas facile,
mais j'ai hâte de voir les recommandations.
M. Cliche-Rivard : Mais donc
ce n'est pas prévu de le rendre public, on ne pourra pas y avoir accès, nous,
oppositions?
Mme Fréchette : C'est... on
n'a pas statué sur le fait de rendre...
15 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : ...on n'a pas
statué sur le fait de rendre...
M. Cliche-Rivard : OK. C'est
une demande que je vous formule.
Mme Fréchette : D'accord.
M. Cliche-Rivard : Ce serait
très intéressant, de notre côté, de voir l'issue de ces discussions-là,
notamment le rôle qu'on a joué dans ces... dans ces thèmes-là. Dernière
question pour mon premier bloc. Les arriérés, par catégorie, actuellement, de
ceux qui sont dans toutes les catégories du plan, mais en vertu du fédéral, est-ce
qu'on les a par programme à ce jour, M. le sous-ministre? Est-ce que vous
pourriez les déposer? Parce qu'on va arriver au bout du temps.
Mme Fréchette : M. le
sous-ministre. J'invite le sous-ministre à répondre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...que le sous-ministre puisse répondre? Consentement?
M. Cliche-Rivard : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y. Ah! votre nom, évidemment, votre présentation.
M. Dagenais (Benoit) : Bonjour.
Benoit Dagenais, sous-ministre au ministère de l'Immigration, Francisation,
Intégration. Bonjour à tous les parlementaires.
Donc, oui, c'est des données que nous
avons, l'inventaire du fédéral par catégorie.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Vous
pouvez le déposer?
M. Dagenais (Benoit) : Je ne
suis juste pas certain si j'ai un document qui ne contient que des informations
diffusables, mais, si ce ne sera... si ce n'est pas aujourd'hui, ça va être... ça
va être remis.
M. Cliche-Rivard : J'accepterais
le délai, Mme la Présidente, mais ce serait important que ce soit déposé.
M. Dagenais (Benoit) : Ça le
sera.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, si c'est... si vous pouvez le déposer, ce sera
aujourd'hui. Sinon, vous vous engagez à ce que ça le fasse plus tard. C'est que
je comprends?
M. Dagenais (Benoit) : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
Dagenais. Merci.
(Interruption)
M. Cliche-Rivard : Mon Dieu!
C'était la fin de mon temps.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est ça, il restait 10 secondes. Je veux... je veux en
profiter juste pour vous rappeler... S'il vous plaît, je vous laisse vous
répondre un et l'autre, mais j'apprécierais qu'on attende la fin de la réponse
pour reposer une nouvelle question. Sinon, je vais vous demander de vous
adresser à moi, la présidente. Je poursuis maintenant le prochain bloc avec le
député de Matane-Matapédia pour une période de 17 min 17 s, de...
M.
Bérubé
:
Merci...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ah! je m'excuse, je m'excuse, par alternance, vous allez
venir après, c'est le député de l'Acadie, pardonnez-moi, monsieur. 17 min 17 s,
la parole est à vous.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, Mme la ministre, comme vous le savez, au Québec, on a l'entente
Canada-Québec relative à l'immigration, l'accord Gagné-Tremblay—McDougall, qui
positionne quand même le Québec d'une façon avantageuse vis-à-vis le fédéral.
Moi, ce que j'aimerais savoir... parce qu'on a fait une demande d'accès à l'information,
et les réponses qu'on a obtenues m'ont laissé un peu... un peu perplexe. Dans l'entente,
à l'article 33, on parle que «le Canada et le Québec peuvent, selon les
modalités convenues au comité mixte, se déléguer mutuellement l'exercice des
responsabilités énoncées dans la présente annexe». Alors, ce comité mixte,
est-ce qu'il se réunit, et à quelle échéance?
Mme Fréchette : Effectivement,
ce comité mixte se réunit. À quelle fréquence, je crois que c'est au moins une
fois par année, sinon deux. J'invite le sous-ministre à préciser la chose s'il
y a consentement.
M. Morin : Il y a
consentement, madame... madame...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...le consentement est donné. Vous pouvez y aller, oui.
Mme Fréchette : Ah oui! OK.
M. Dagenais (Benoit) : Donc,
le minimum de rencontres... de fréquence, c'est une fois à tous les deux ans, c'est
le minimum, parce que c'est à l'intérieur de ce comité mixte qu'il y a des discussions
pour redéterminer si l'offre de services du Québec est au moins égale à celle
qui est offerte à l'extérieur du Québec, dans le reste du Canada. Alors, c'est
une disposition de l'accord. Donc, la fréquence, c'est un minimum d'une fois
par deux ans.
M. Morin : Alors, compte tenu
de la situation actuelle, compte tenu des positions du gouvernement en matière
d'immigration, je ne répéterai pas tout ce que le premier ministre a dit, là,
mais vous ne pensez pas que l'accord et le comité mixte pourraient être un
outil important pour mieux gérer l'immigration puis s'entendre entre le Québec puis
le Canada?
Mme Fréchette : Bien, je dois
vous dire que les rencontres entre les premiers ministres sont le meilleur
outil qu'on ne pourrait pas imaginer pour ce qui est de négocier des
nouvelles... des nouvelles procédures, des nouvelles façons de faire, une
nouvelle entente entre le Québec et le Canada. Donc, pour moi, la tenue de la
rencontre des deux premiers ministres, début mars, c'était un moment fort parce
que l'immigration était au cœur des enjeux... à discussion, et donc ça, c'est
fort important d'impact. Également, le fait qu'ils se réunissent à nouveau en
juin prochain, à nouveau sur le thème de l'immigration, là aussi, ça nous met
dans une position idéale.
Alors, ce que l'on peut retirer de telles
rencontres est beaucoup plus fort, à mon sens, que des rencontres entre le
comité technique mixte, là. Je ne veux pas banaliser ce qui s'y... peut s'y
dérouler, mais il reste que les deux premiers ministres, lorsqu'ils se
rencontrent, ont toute la latitude que l'on peut imaginer pour prendre action.
Et, par ailleurs, moi aussi, j'ai des rencontres avec mon homologue. J'ai eu de
fréquentes rencontres avec mes homologues, Sean Fraser, tout d'abord, et puis
maintenant Marc Miller. Donc, on a eu de multiples rencontres, des coups de
téléphone, des échanges, donc, et tout ça, ça nous permet d'avancer, en plus du
comité mixte qui, lui aussi, s'active.
M. Morin : Et, si vous me
permettez, le comité d'application prévu à l'annexe A de l'accord, lui, il se <réunit
combien de fois par année...
M. Morin :
...l'annexe
A de l'accord, lui, il se >réunit combien de fois par année?
Mme Fréchette : M. le
sous-ministre.
M. Dagenais (Benoit) : Je
n'ai pas l'information. Je vais vérifier et vous revenir.
M. Morin : Est-ce qu'on peut
avoir un engagement que ces renseignements-là vont nous être fournis le plus
rapidement possible?
M. Dagenais (Benoit) : Absolument.
M. Morin : Parfait, parce que
ce qui est... ce qui est étonnant dans la demande d'accès à l'information qu'on
a faite, au point qui était souligné, on n'a pas voulu nous communiquer les
renseignements, entre autres, les dates de rencontre du comité d'application de
l'annexe A de l'accord, et j'ai un peu de difficulté à saisir comment les dates
de rencontre peuvent être confidentielles au point où on ne nous les a pas
communiquées.
• (15 h 40) •
M. Dagenais (Benoit) : Oui, je
ne pourrai pas répondre à cette question précise parce qu'évidemment c'est un
secteur particulier qui traite les demandes d'accès à l'information avec une
délégation. Donc, ça se fait de façon indépendante. Je sais qu'il existe une
disposition dans la loi, par ailleurs, qui permet de ne pas remettre de
l'information si ça peut nuire à des discussions avec le gouvernement fédéral.
Je ne sais pas si c'est sous cette égide que ça a été... ça n'a pas été
dévoilé, mais je vais faire la vérification pour répondre à la question, à
savoir quelle est la fréquence des rencontres, tel qu'il a... tel qu'il a été
demandé.
M. Morin : Merci. On voulait
avoir également des comptes rendus de ces rencontres, et ce qu'on nous a
répondu, c'est que ces documents-là n'existaient pas, le ministère n'en a pas.
Donc, vous tenez des rencontres. Vous tenez des rencontres, visiblement, parce
qu'il y a des dates, puis les dates, on ne veut pas nous les donner, mais,
quand vous tenez des rencontres, il y a aussi des ordres du jour qu'on ne veut
pas nous donner, mais il n'y a pas de compte rendu. Ça, c'est un peu
surprenant, permettez-moi de vous le dire.
Mme Fréchette : On va
creuser... creuser la chose et vous... on vous reviendra avec les précisions.
M. Morin : Parfait. C'est la
même chose pour les notes ou les avis produits. Semble-t-il qu'il n'y en aurait
pas. Maintenant, vous auriez des examens, des tendances en ce qui a trait au
nombre d'immigrants accueillis, mais ça, on ne veut pas nous le divulguer, puis
il me semble...
Mme Fréchette : Des examens
quant aux tendances...
M. Morin : Les examens des
tendances en ce qui a trait au nombre d'immigrants accueillis, puis ça, ça
pourrait aider tout le monde, mais ça, on ne veut pas nous le communiquer.
Mme Fréchette : Et ça, c'est
en lien avec le comité mixte?
M. Morin : C'est en lien avec
le comité d'application prévu à l'annexe A de l'accord.
Mme Fréchette : OK, bon,
bien...
M. Morin : Quant au comité
mixte, d'après la réponse qu'on a eue, les points non soulignés, le ministère
n'aurait pas de document. Donc, vous n'avez pas d'avis produit puis vous n'avez
pas de liste de membres. Ça fait que je ne sais pas comment vous faites pour
vous réunir ou qui vous invitez, c'est curieux, mais vous avez des rapports
annuels, par exemple, des services d'intégration qui seraient, je pense,
utiles, mais ça, vous ne voulez pas les communiquer.
Alors, j'attire votre attention là-dessus.
Je pense que ça... En fait, on a un engagement de M. le sous-ministre, qui
va... qui va regarder ça. Je pense que ça aiderait les travaux des
parlementaires et ça pourrait aider aussi tout le monde, la population en
général, faire preuve de transparence. Alors, voilà pour cette partie-là des
réponses qu'on a... qu'on a eues. On nous a répondu en mars, le 25 mars
2024.
Maintenant, dans l'accord, en ce qui a
trait, par exemple, à la responsabilité en matière d'accueil humanitaire, on
dit, à l'article 8, que le Québec s'engage à accueillir un pourcentage du
nombre total de réfugiés et de personnes en situation semblable accueillis par
le Canada au moins égal à son pourcentage de la population canadienne.
Donc, qu'est-ce que vous avez fait?
Quelles sont les démarches que vous avez faites quand vous vous êtes rendu
compte qu'il y avait un plus grand nombre de personnes qui arrivaient, de
réfugiés, notamment, et que ça dépassait le pourcentage de la... du Québec au
sein de la population canadienne? Parce qu'au sein de l'accord, là, il y a des
mécanismes de dialogue et... Alors, je voudrais savoir quelles sont les
mesures, les actions que vous avez entreprises.
Mme Fréchette : Les actions
que l'on a entreprises pour définir le...
M. Morin : Non, pour... quand
vous avez vu... parce qu'on nous dit tout le temps, là : Il y a... il y a
trop d'immigrants temporaires au Québec puis c'est à cause des réfugiés. En
tout cas, je ne voudrais pas être un réfugié puis me faire dire à toutes les
semaines : C'est à cause des réfugiés, là, mais, bon, ça, c'est autre
chose. Ça dit ici que le Québec s'engage à accueillir un pourcentage du nombre
total de réfugiés et de personnes en situation semblable accueillis par le
Canada au moins égal à son pourcentage de la population canadienne. On voit que
ce pourcentage-là qui a été accueilli dépasse le poids du Québec dans la
fédération canadienne. Quelles sont les étapes? Quelles sont les démarches?
Quelles sont les mesures que vous avez entreprises quand vous avez vu cet
état-là? Parce qu'en vertu de l'entente vous en avez, des canaux de
communication avec le gouvernement fédéral.
Mme Fréchette : Bien, ce
qu'on a vu, bien, c'est l'année passée, avec le chemin Roxham, qu'il y a
vraiment eu une... un dépassement très grand, très élevé de notre poids <démographique
en termes d'accueil des...
Mme Fréchette :
...vraiment
eu une... un dépassement très grand, très élevé de notre poids >démographique
en termes d'accueil des demandeurs d'asile. Vous vous souviendrez que, l'an
passé, au sommet de la crise entourant le chemin Roxham, le Québec recevait
99 % des demandeurs d'asile arrivant au Canada de manière irrégulière. On
forme 22,3 % de la population du Canada.
Alors, voilà, ça, ça a été notre «wake-up
call», permettez-moi l'expression, et, à partir de ce moment-là, bien, on a
fait des pressions, moi, de mon côté, auprès de mon homologue, qui était alors
M. Fraser. Le premier ministre en a parlé également au premier ministre
Trudeau. Vous vous souviendrez qu'il y a une lettre également, même une lettre
ouverte aussi... qui ont été publiées. Donc, différentes mesures comme ça ont
été mises en place pour faire en sorte d'alerter le gouvernement fédéral quant
à l'enjeu que ça générait pour le Québec et quant à la nécessité de répartir
les gens dans l'ensemble du Canada.
Ça a été fait l'année passée, au plus fort
de la crise de Roxham... chemin Roxham. En février dernier, donc, le Canada a
réparti les demandeurs d'asile dans d'autres provinces, ce qui nous a donné
quand même une bouffée d'oxygène, parce qu'on veut accueillir adéquatement ces
gens, on veut leur donner une qualité de services, mais, s'ils arrivent
simultanément par dizaines de milliers, bien, c'est sûr qu'on n'a pas la
capacité de rendre les services au niveau auquel ils sont en droit de
s'attendre.
Donc, ça, ça a été les... ce que l'on a
initié comme... comme démarches l'année passée, et puis, par rapport à la
situation actuelle, où il y a un rehaussement, encore là, des arrivées
maintenant par l'aéroport de manière régulière, bien, on a relancé, en quelque
sorte, les discussions avec le fédéral de mon côté, du côté du ministre des
Finances avec Mme Freeland pour ce qui est de la compensation, du côté du
premier ministre en mars dernier et même auparavant. Donc, voilà, on a relancé
des discussions plus soutenues, plus serrées, avec chiffres à l'appui, pour
faire en sorte d'encore là sensibiliser le fédéral quant à l'importance de
réduire le flot.
M. Morin : Et avez-vous... et
avez-vous reçu, jusqu'à maintenant, des sommes du gouvernement fédéral, et
quelles sont-elles?
Mme Fréchette : Oui, on a
reçu, effectivement, là, des sommes. En fait, ça, c'est particulier parce que,
de l'année 2017 à l'année 2020, j'ai une fiche là-dessus, d'ailleurs, on a
demandé au fédéral de nous rembourser les sommes qui étaient dépensées pour les
demandeurs d'asile. Alors, j'ai, à mon tour, un petit tableau. Alors, vous avez
ici, de 2017 à 2020, les sommes qui ont été demandées par le Québec, en bleu,
et les sommes qui ont été remboursées par le fédéral, en rouge.
Donc, le fédéral se situait, je vous
dirais... Suivant les années, entre 75 % et 85 % des dépenses nous étaient
remboursées, ce qui était, somme toute, bon, acceptable. À partir de 2021, les
sommes que l'on a demandées au fédéral ont explosé parce que le nombre de
demandeurs d'asile que l'on a accueillis a aussi explosé, et pourtant le
fédéral nous a tourné le dos, a décliné l'invitation à rembourser adéquatement
le Québec. Donc, maintenant, on est dans un niveau de remboursement par le
fédéral qui correspond, en fait, à l'hébergement temporaire. Donc, ça va entre,
je vous dirais, 15 % et 25 %, suivant les années, en termes de pourcentage
remboursé.
Maintenant, il y a une discussion qui est
en cours suite à la rencontre de début mars entre les deux premiers ministres,
et c'est maintenant le Conseil privé, avec le conseil du premier ministre,
qui... qui sont à négocier le remboursement qui sera offert au Québec. Donc, on
a beaucoup d'espoir par rapport à cette discussion-là qui se tient au niveau le
plus élevé qui soit et qui devrait nous permettre d'avoir avancé, là, lors de
la rencontre en juin.
M. Morin : Alors, je vous
remercie. Mme la Présidente, est-ce que Mme la ministre pourrait déposer son
tableau, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, il y a une demande de dépôt. Vous allez déposer le
tableau?
Mme Fréchette : Parfait, tout
à fait. Merci.
M. Morin : Merci. Et,
pendant... et pendant ces négociations, Mme la ministre, le premier ministre et
vous avez évoqué un référendum éventuel sur l'immigration, des demandes
particulières en matière d'immigration à Ottawa, avoir plus de pouvoirs du
fédéral. Vous avez fait ces demandes-là. Ça s'appuyait sur quoi? Est-ce que
vous avez des... est-ce que vous avez des études? Est-ce que vous avez des
rapports qui portent sur, par exemple, le rapatriement des pouvoirs? Est-ce que
c'est quelque chose que vous avez analysé, songé. Ça s'appuie sur quelque chose
ou c'est une idée qui a été lancée en l'air comme ça?
Mme Fréchette : Bien, ça s'appuie
sur une réalité, à savoir que, par exemple, les frais encourus, dépensés par le
Québec, sont ceux que je vous ai rapportés tout à l'heure, qui s'élèvent à
plusieurs centaines de millions, qui nous amènent à plus de 1 milliard pour ce
qui est des trois dernières années. Donc, ça, c'est du concret, c'est des frais
en termes de santé, en termes d'éducation, c'est des frais en <termes
d'hébergement temporaire...
Mme Fréchette :
...c'est
des frais en termes de santé, en termes d'éducation c'est des frais en >termes
d'hébergement temporaire. Par ailleurs, bien, on a différents leviers qui
existent pour faire en sorte d'intervenir en lien avec la présence des
travailleurs temporaires. Certains de ces leviers ont fait l'objet
d'assouplissements au cours des dernières années. Donc là, voyant que le nombre
a été grandissant dans une trop forte ampleur ces dernières années, bien, on
peut retravailler certains de ces leviers-là pour réduire le nombre de
travailleurs étrangers temporaires.
M. Morin : Mais, si vous me
permettez, ma question, c'était : Avant de lancer une idée d'un
référendum, ce n'est quand même pas banal, là, est-ce que vous avez fait une
analyse? Est-ce que vous avez des rapports ou des études qui vous permettent
d'avancer, par exemple, qu'un référendum sur l'immigration pourrait être
bénéfique, ou que les pouvoirs que vous voulez rapatrier pourraient être
bénéfiques, ou si vous n'avez rien?
• (15 h 50) •
Mme Fréchette : Écoutez, le
référendum, c'est une des options qui est à notre disposition. On ne l'exclut
pas. À courte échéance, on travaille sur les discussions...
M. Morin : Si vous permettez,
Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...la laisser terminer la réponse.
M. Morin : Oui, mais ma
question est simple, c'est : Avez-vous des rapports ou des études, avez-vous
de la documentation?
Mme Fréchette : Je n'ai pas
de rapport sur la tenue d'un référendum, mais on a la capacité de développer
des analyses en lien avec un référendum. Donc, ça, c'est des choses qui
pourront être réalisées, activées si on décide de s'engager dans cette voie-là.
Maintenant, à courte échéance, on travaille sur les avancées suite à la
rencontre des deux premiers ministres et en vue de la rencontre de juin
prochain. Donc, il faut faire en sorte d'avoir le plus grand nombre de gains
possibles, puis je pense qu'on est bien positionnés pour en obtenir. Donc,
c'est ce sur quoi on s'engage à travailler à très brève échéance, là, au cours
des prochaines semaines.
M. Morin : Si je vous dis... si
je vous dis... si je vous suggère que votre ministère n'a aucun rapport et
aucune étude sur le rapatriement des pouvoirs en immigration, est-ce que c'est
vrai?
Mme Fréchette : Bien là, vous
me parlez d'une autre chose, là. Là, vous parliez d'un référendum.
M. Morin : Non... oui, c'est
ça, parce que vous voulez avoir plus de pouvoirs. Vous voulez faire un
référendum, vous voulez plus de pouvoirs. Moi, je vous dis : Avant de
lancer une idée comme ça, est-ce que votre ministère a analysé la situation?
Est-ce que vous avez des études qui démontrent que c'est faisable puis que ça
va être bénéfique pour le Québec, c'est ça, ma question, ou si... ou si c'est
un bluff?
Mme Fréchette : Ce n'est pas
du tout un bluff. On est en train... À tous les jours, on vit les conséquences
des pouvoirs limités que l'on a en matière d'immigration. Quand on voit le PMI,
le programme mobilité internationale, qui a fait l'objet d'un accroissement du
nombre de travailleurs inconsidérés... Donc, tout ça, c'est une réalité avec
laquelle on doit travailler, et c'est en réaction à cette réalité-là que l'on
prend action.
Donc, les leviers, on en dispose d'un
certain nombre. On souhaite en avoir davantage. On a exprimé au fédéral la
nature des leviers additionnels qu'on souhaite obtenir pour faire en sorte
d'autoriser, par exemple, la venue de l'ensemble des travailleurs sur le
territoire québécois. Pour l'instant, on a la capacité d'autoriser ceux qui
viennent par le Programme des travailleurs étrangers temporaires, mais pas ceux
qui viennent via le Programme de mobilité internationale. Pour nous, ce serait
important d'avoir une autorisation à donner également pour ces travailleurs
parce qu'il y a des enjeux qui se posent du fait de la hausse considérable
qu'on a vécue ces dernières années. Il y a des enjeux qui se posent en termes
de capacité d'accueil, également en termes de francisation, hein? Il faut qu'on
offre des services à une grande part des travailleurs temporaires en termes de
francisation.
Donc, bref, notre responsabilité est mise
en cause par rapport à l'ensemble de ces travailleurs temporaires. Alors, pour
nous, c'est important que l'on puisse avoir notre mot à dire. C'est ce que l'on
a exprimé au premier ministre, et pas besoin d'avoir une étude en bonne et due
forme pour comprendre cette logique-là. La logique du Québec, dans laquelle on
s'inscrit depuis des décennies, c'est d'obtenir le plus grand nombre de
pouvoirs possible en matière d'immigration parce que ça a un impact sur la
dynamique de la société.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci pour ces réponses, Mme la ministre. On poursuit donc
cette fois-ci avec le député de Matane-Matapédia-Matapédia pour une période de
17 min 7 s. La parole est à vous.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, chers collègues, l'enjeu de l'immigration est
important pour nous, est important dans tous les domaines, pour l'éducation,
pour la santé, pour notre capacité de faire de ces aventures humaines des
réussites où les gens seront heureux chez nous et pourront contribuer à la
hauteur de leurs talents. La question de l'immigration temporaire, elle a
atteint un sommet historique sous le gouvernement de la CAQ. Leur nombre a
bondi de 46 % en un an pour l'ensemble des catégories, passant de
361 000 à 528 000 sur le territoire. Le premier ministre a indiqué à
plusieurs reprises qu'il trouvait que c'était trop, on est de cet avis aussi,
mais là, c'est sur les moyens. Alors, ma première question, en ce qui nous
concerne, le nombre d'immigrants temporaires doit être réduit. Est-ce que la
ministre, au nom de son <gouvernement, s'engage, dans...
M. Bérubé :
...d'immigrants
temporaires doit être réduit. Est-ce que la ministre, au nom de son >gouvernement,
s'engage, dans l'exercice actuel, à réduire ce chiffre?
Mme Fréchette : Alors,
on a exprimé bien clairement que l'on voulait réduire le nombre de résidents
non permanents, à commencer par les demandeurs d'asile. Je pense que c'est ce
qui caractérise notre discours depuis plusieurs mois déjà et puis je souhaite
que l'on bénéficie de votre soutien dans le cadre de ces demandes. Pour nous,
c'est important que le Québec ait un niveau d'accueil et d'accompagnement des
demandeurs d'asile qui soit à la hauteur de son poids démographique, donc,
autour de 22 %. Alors, nous, on veut réduire le nombre de résidents non
permanents. Vous, vous voulez le maintenir, en fait, parce que vous avez
demandé un gel. Nous, on ne demande pas un gel. On demande une réduction du
nombre de résidents non permanents. Alors, déjà là, on se distingue de vous.
M.
Bérubé
: Ah
oui! Ça, oui.
Mme Fréchette : Par rapport
aux moyens, on se distingue énormément, parce qu'un gel...
M. Bérubé : Ce n'est pas
ma question.
Mme Fréchette : ...ça veut
dire d'arrêter...
M.
Bérubé
: D'arrêter
cette intervention, oui.
Mme Fréchette : ...sans
préavis, la venue des travailleurs temporaires et...
M. Bérubé : ...avait été
bien répondue. Donc, ça va.
Mme Fréchette : Bien, vous
avez parlé des moyens, et je n'ai pas abordé la question des moyens dans ma
réponse.
M. Bérubé : J'ai demandé :
Oui ou non? J'ai demandé : Oui ou non?
Mme Fréchette : Non. Vous avez
abordé la question des moyens.
M. Bérubé : Non, non.
Est-ce que vous vous engagez, pour l'exercice actuel, à réduire — c'était
ça, ma question — oui ou non? Vous avez choisi d'ajouter des
éléments. Très bien. Alors, si vous voulez réduire, j'imagine que vous posez
des gestes, mais là les gestes qui sont posés, ça a été évoqué tout à l'heure,
les missions à l'étranger, à votre connaissance, est-ce qu'il y en a, des
missions, en 2024, qui sont déjà programmées? Si oui, lesquelles? On aimerait
avoir la liste.
Mme Fréchette : Oui. Nous,
les gestes pour... pour réduire, c'est pour faire en sorte de réduire les gens
dont le profil est moins critique, là, je vous dirais, pour le Québec. Donc,
par exemple, dans les missions de recrutement, on a des gens qui répondent à
des besoins dans des secteurs très stratégiques. Comme je le mentionnais tout à
l'heure, on pense à la santé, on pense à la construction, on pense au génie.
Donc, pour nous, les gestes pour réduire, c'est pour réduire le nombre de
travailleurs temporaires qui ne cadrent pas dans des secteurs qui sont
stratégiques pour le Québec...
M. Bérubé : D'accord.
Mme Fréchette : ...pas
au même titre que ceux qui font partie de l'Opération main-d'oeuvre, et idem
pour les demandeurs d'asile.
M. Bérubé : Très bien.
Mme Fréchette : Pour
nous, c'est important que les demandeurs d'asile soient répartis dans
l'ensemble du Canada parce que leur profil ne correspond pas nécessairement à
ce dont l'économie québécoise recherche.
M. Bérubé : Oui. Ce
n'est pas ma question, encore une fois, c'est comme l'an dernier, Mme la
Présidente.
Mme Fréchette : Oui, c'est
comme l'an dernier. Vous me... vous m'interpelez pendant que je réponds.
M. Bérubé : Oui. Vous
n'avez pas dit ça tout à l'heure. Vous le faites avec moi. C'est bien. Si je
vous suggère qu'il y a une mission... qu'il y a eu une mission, en février 2024,
avec le Maroc, quel était son objectif précisément?
Mme Fréchette : À quel moment,
février...
M. Bérubé : Février 2024,
avec le Maroc.
Mme Fréchette : Février
2024? Bien, c'était pour du recrutement dans les domaines que je viens de vous
nommer. En majorité, les gens que l'on recrute à travers les missions de
recrutement, c'est pour des secteurs de l'Opération main-d'œuvre. Donc, ça
s'inscrivait dans cette logique-là.
M. Bérubé : OK. Quels
secteurs? J'aimerais avoir la liste, l'ensemble des missions et les secteurs
depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement de la CAQ. Brésil et Mexique,
également, en mai 2024, c'est prévu, et puis Sénégal et Europe en juin 2024.
Ça, c'est les éléments que j'ai. Il m'en manque certainement. Je pose une
question qui relève moins des chiffres que de l'appréciation de votre
gouvernement. Est-ce qu'il y a des considérations éthiques quant au recrutement
de ressources, de gens qualifiés, de gens qui pourraient être drôlement utiles
pour leur pays d'origine versus le recrutement qu'on en fait?
Mme Fréchette : Tout à
fait, c'est un bon point que vous soulevez, un point qui est d'importance pour
nous. C'est important, pour nous, de respecter les indicateurs qui sont mis de
l'avant par l'organisation internationale des migrations, par l'Organisation
mondiale de la santé et par l'Organisation internationale du travail. Donc, ce
seront les trois organisations desquelles... à partir desquelles on travaille
pour faire en sorte de respecter les indicateurs qui nous sont proposés, et, à
chaque fois qu'on entreprend une discussion avec un pays que l'on a ciblé pour
tenir une mission, il faut qu'il y ait un accord du pays hôte.
Donc, pour nous, c'est important qu'il y
ait cette acceptation parce qu'on sait que ça pourrait faire en sorte de
fragiliser... Je pense notamment au secteur de la santé. Ça pourrait faire en
sorte de fragiliser des secteurs de la santé dans certains pays hôtes, et ce
n'est pas ce qu'on souhaite, et on veut que ce soit donnant-donnant. Je n'ai
pas complété tout à fait ma réponse. Donc, on veut aussi que non seulement
qu'il y ait une acceptation pour ce qui est de la réalisation d'une mission de
recrutement, mais également qu'il y ait un retour bénéfique pour le pays hôte.
Donc, ça peut se traduire, par exemple, par de la formation qui est octroyée à
des personnes oeuvrant, par exemple, dans le domaine de la santé, ça peut être
un autre domaine également, mais on veut, comme ça, qu'il y ait un retour
bénéfique, positif avec le pays hôte et les instances locales.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Bérubé : Sur les
missions, juste m'assurer que le document va être accessible, de l'ensemble des
missions et des secteurs...
Mme Fréchette : Les
missions sont déjà accessibles sur notre site Web parce qu'on les publicise,
parce qu'il faut faire connaître les secteurs pour lesquels il y a du
recrutement : aérospatial, santé.
M. Bérubé : Alors, de
nous... de le déposer à la commission, alors ce sera encore plus facile de le
faire, pour qu'on puisse en prendre connaissance, là. Il y a beaucoup
d'éléments sur le site, mais j'aimerais <pouvoir en prendre connaissance...
M. Bérubé :
...en
prendre connaissance, là. Il y a beaucoup d'éléments sur le site, mais
j'aimerais >pouvoir en prendre connaissance pour le bénéfice de
l'exercice.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que l'on peut déposer le document en question?
Mme Fréchette : Bon, je pense
qu'on peut rassembler un document qui va faire état des différents secteurs. On
ne l'a pas sous la main, mais on va monter un document qui reprend ce qui est
présent déjà sur le site Web du ministère pour...
M.
Bérubé
: OK, d'accord.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, il y a un engagement de déposer éventuellement le
document. Allez-y.
M. Bérubé : La ministre
évoquait tout à l'heure qu'on fait les choses différemment. Effectivement,
nous, on est indépendantistes. On pense que tous les pouvoirs nous
permettraient de prendre toutes les décisions. Il y a une différence là. Je
prends pour acquis que la ministre pense la même chose que le premier ministre
sur plusieurs déclarations quant à l'immigration. Je l'ai déjà évoqué,
j'imagine qu'elle est d'accord que, si on n'a pas tous les pouvoirs en
immigration, c'est la louisianisation qui nous guide. Je ne me souviens pas
l'avoir entendu répéter ça, mais je prends pour acquis qu'elle pense ça aussi,
et que, sur les moyens, celui du référendum, on l'a eu... à intervenir, est un
élément important. À partir du moment où le premier ministre l'évoque, ce n'est
pas une... c'est une question sérieuse.
Alors, je voulais vérifier. Dans les
moyens à la disposition, il y a celui-là. Est-ce que des communications ont été
amorcées avec Élections Québec pour préparer cela? C'est-à-dire que, notamment
pour le financement des camps, pour l'intégration des partis, des députés, il y
a un minimum de trois mois. La loi n'est pas à jour. Ça a été évoqué récemment.
Donc, quelles sont les communications qui ont été... qui ont été amorcées avec
Élections Québec et le ministère de l'Immigration pour prévoir cela, ou comme...
ou ça peut être le ministère Exécutif, là. Ça peut être un autre ministère
aussi.
• (16 heures) •
Mme Fréchette : Alors, ce
n'est pas parce qu'on n'exclut pas un référendum que ça veut dire qu'on le
prépare. On n'est pas dans l'organisation logistique de la tenue d'un référendum.
Ça n'a pas été évoqué du tout. Ce que l'on dit, c'est que c'est un moyen que
l'on n'exclut pas. Entre-temps, on travaille à collaborer avec le fédéral, à
obtenir des gains pour le Québec, parce qu'une des choses qui nous distingue,
c'est que nous, on travaille pour les priorités des Québécois au quotidien. Ça
veut donc dire aller chercher des gains concrets pour le Québec, notamment la
fermeture du chemin Roxham, mais on ne l'a pas obtenue via la proposition que
vous faisiez l'année passée, de distribuer des tracts aux demandeurs d'asile
leur disant qu'il n'y avait plus de place au Québec et qu'il fallait qu'ils
aillent ailleurs, ou encore d'enclaver le chemin Roxham avec la SQ.
M. Bérubé : Ce n'est pas du
tout dans ma question.
Mme Fréchette : C'est
néanmoins dans ma réponse. Alors...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va la laisser terminer. Vous allez avoir votre temps
après.
M. Bérubé : Vous la laissez
compléter là-dessus? Ce n'est pas du tout dans la question.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien, elle complète la réponse. Vous allez avoir votre...
Mme Fréchette : Alors, nous,
on travaille à obtenir des gains pour faire en sorte de faire avancer le
Québec. On a demandé notamment la réimposition des visas pour les Mexicains,
chose qui a été faite il y a quelques semaines.
M. Bérubé : Ce n'est pas du
tout dans ma question.
Mme Fréchette : Et,
également, on a demandé à accélérer la délivrance des permis de travail pour
les demandeurs d'asile. Donc, là aussi, il y a eu des gains. Alors, c'est ce
dans quoi on s'inscrit comme dynamique, c'est de travailler avec le fédéral
pour obtenir des gains pour les Québécois et refléter leurs préoccupations.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y. Merci, Mme la ministre.
M. Bérubé : Ce n'était pas du
tout le chemin Roxham, mais, si la ministre tient à en parler, je pourrais
rappeler... je pourrais rappeler qu'elle avait pris une décision et qu'elle a
été obligée de changer, moins d'une heure après, sa position. Je n'avais pas...
je n'avais pas ramené ça. Sur la...
Mme Fréchette : Pas du tout,
je réagissais... Le journaliste auquel je répondais me demandait de commenter
votre proposition à vous, et c'est ce pourquoi j'ai dit ce que j'avais dit.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK. Je vais vous arrêter 30 secondes. Vous allez vous
adresser à moi à partir de maintenant parce que les échanges sont un petit peu
chaotiques, s'il vous plaît. Vous allez vous adresser à moi.
M. Bérubé : ...j'ai posée,
c'est quand même quelque chose d'important. Si on veut le faire, si, le
30 juin, les gains que vous espérez ne sont pas là, puis le premier
ministre a pris cet engagement-là d'avoir des moyens sérieux, il faut le
préparer. Ça prend au moins trois mois. Au plan législatif, il faudrait
commencer. Vous avez tout notre concours là-dessus. On va collaborer avec vous
pour que ça fonctionne, mais ça prend une préparation pour montrer qu'on est
sérieux avec ce moyen, selon nous. Si c'est le cas, bien, ça se prépare, et le
leader parlementaire peut nous mettre à contribution, et on va prendre les
dispositions nécessaires, mais je comprends, jusqu'à maintenant, avec votre
intervention, avec celle du ministre des Institutions démocratiques, hier, qu'il
n'y a rien qui a été...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M.
Bérubé
: Tout
à l'heure, vous n'avez pas fait ça, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va continuer comme ça.
M. Bérubé : D'accord, si vous
voulez gouverner comme ça, on fera ça.
Je comprends qu'il faut le préparer. Donc,
si on ne le prépare pas, on télégraphie déjà que ce n'est pas une stratégie,
qui est la première qui est envisagée puis qui est si sérieuse, selon moi, pour
quelque chose de cette importance-là. Donc, je retiens, là, à la fois des deux
ministres qu'il n'y a pas de travaux d'amorcés ou de communications qui ont été
faites.
Sur la question de la capacité d'accueil, cette
question-là avait été posée, puis peut-être que ça a évolué chez la ministre.
Elle avait mentionné, à une question du chef du Parti québécois, qu'il n'y a
pas de seuil qui sera fixé sur l'immigration temporaire parce que ça voudrait
dire une économie planifiée. Bon, donc, il n'y a pas de limite, il n'y a pas de
capacité d'accueil clairement définie. Est-ce que la ministre trouve que ça
serait toujours une économie planifiée de fixer un seuil?
Mme Fréchette : Alors, nous,
on travaille à réduire les résidents non permanents, contrairement au Parti
québécois, qui veut un gel, et on veut...
16 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...alors,
nous, on travaille à réduire les résidents non permanents, contrairement au Parti
québécois qui veut un gel. Et on veut atteindre cet objectif-là en agissant de
manière responsable, donc, ce que ça veut dire, c'est tenant compte de la
réalité des différentes régions qui composent le Québec, et tenant compte,
également, des différents secteurs qui sont concernés par la présence de
travailleurs étrangers temporaires. Donc, c'est une approche très différente
que l'on adopte, contrairement à l'idée d'un gel, où, là, du jour au lendemain,
on se trouve à ne plus pouvoir accéder à des travailleurs étrangers
temporaires. On a vu ce que ça donnait, notamment à Matane, avec les
entreprises, qui étaient... qui n'étaient plus...
M. Bérubé : ...au risque
de quitter cette commission de façon définitive, dans les circonstances...
Mme Fréchette : Écoutez,
je réponds...
M. Bérubé : ...une
phrase... Une phrase, ma question, je veux dire, ça se répond par oui ou non,
et là, à chaque fois, c'est la même chose. Alors, je pense que je vais quitter
la commission, parce que ça ne permet pas de faire l'exercice comme il faut. Je
me conforme à tout ce que vous dites, mais mes questions sont très courtes, et
si c'est le choix que vous faites, je vais quitter.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je ne juge pas de la valeur ou de l'étendue de la question.
Il faut juste avoir le temps de lui... de lui laisser le temps de formuler la
réponse.
Mme Fréchette : Ah! Vous
voulez une réponse dans une phrase, c'est ça? OK. Mais c'est parce que c'est...
L'immigration, c'est complexe, alors ça requiert un peu de précisions quand on
explique les choses.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député.
M. Bérubé : Je repose ma
question : Lorsqu'elle dit que de fixer un seuil, ce serait de l'économie
planifiée, est-ce qu'elle maintient cette phrase?
Mme Fréchette : Alors,
notre objectif auquel on travaille, c'est la réduction des résidents non
permanents, et c'est ce à quoi on s'attelle, et on le fait d'une manière fort
distincte du Parti québécois, qui lui veut maintenir les résidents non
permanents. On a vu le fédéral s'avancer sur des cibles, par exemple, vouloir
faire passer, là, de 6 %... 6,5 % à 5 % la population. C'est une
des manières de procéder.
M. Bérubé : Pour la
troisième fois : Est-ce qu'elle maintient que de fixer un seuil, c'est de
l'économie planifiée? C'est la... de la même façon... la troisième fois que je vous
pose la question. Oui ou non?
Mme Fréchette : Est-ce
que c'est...
M. Bérubé : Oui ou non?
Mme Fréchette : Est-ce
que c'est un sujet qui est en lien avec l'étude des crédits?
M. Bérubé : Oui. C'est
vous qui l'avez dit.
Mme Fréchette : Oui?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : J'ai expliqué au tout début que c'était large, on est... on
est dans une discussion large. J'aimerais que ça se passe convenablement, s'il
vous plaît. C'est d'ordre général. Est-ce qu'il y a un appel au règlement?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député.
M. Bérubé : Les gens
jugeront. Je veux dire, c'est une question qui est relativement simple. C'est
une parole de la ministre, donc je ne l'ai pas inventée, j'ai cité ce qui en
est. Très bien, on va se comporter comme ça.
Dans les institutions créées par le
gouvernement de la CAQ, il y a le Commissaire à la langue française qui a
présenté un rapport en février 2024, le 14 février, sur l'immigration
temporaire, Choisir le français. Il y a un certain nombre de
recommandations qui ont été faites, intéressantes. C'est une question qui a été
creusée beaucoup par le commissaire. Dans les recommandations, on en a isolé un
certain nombre, mais je voulais savoir comment le ministère va se gouverner
avec ces recommandations. Est-ce qu'il a un comité de suivi? Est-ce qu'il a un
tableau où il a identifié celles qu'il considère comme étant réalistes, ou d'autres
qui nécessiteraient, par exemple, le concours de ministères... d'autres
ministères? Comment va être reçu... Comment va être fait le suivi de ce
rapport?
Mme Fréchette : Alors,
bien, le commissaire, en fait, a joint sa voix à celle du gouvernement,
notamment pour faire état que le très grand nombre de demandeurs d'asile
présents au Québec pouvait avoir un impact... pouvait avoir un impact sur la
réalité du français, l'évolution du français au Québec. Donc, nous, on s'est
assurés de faire en sorte d'agir en ce sens-là pour protéger le français, donc,
voulant réduire le nombre de demandeurs d'asile qui viennent au Québec, vu que
le poids de ces arrivées est trop important. On a révisé l'ensemble des
recommandations qui ont été déposées par le Commissaire à la langue française
et on va s'assurer de faire un suivi.
M. Bérubé : Je vais en
mettre une en évidence. Une de ces recommandations, c'est pour le
renouvellement du permis de travail. Le commissaire Dubreuil suggérait qu'un
travailleur étranger temporaire démontre qu'il maîtrise, à l'oral, ce qu'on
appelle le niveau 5, donc la capacité de comprendre l'essentiel des
conversations sur des sujets courants, de comprendre l'essentiel de la
description d'un poste à pourvoir dans l'entreprise où travaille un ami. Est-ce
qu'on peut définir le niveau 5? Je ne suis pas un expert. Je sais que c'est
des sujets complexes, Mme la ministre, mais je comprends assez bien, d'habitude.
Alors, est-ce que cette recommandation là, par exemple, a un écho favorable?
Est-ce que c'est réalisable à la hauteur de ce qui a été demandé?
Mme Fréchette : Alors,
de notre côté, on a annoncé, en novembre dernier, une mesure qui sera imposée
aux travailleurs étrangers temporaires en matière de <connaissance...
Mme Fréchette :
...mesure
qui sera imposée aux travailleurs étrangers temporaires en matière de >connaissance
du français. Après trois ans de présence au Québec, lors du renouvellement du
permis de travail, ce qui est demandé, c'est le niveau 4. Et j'aimerais
préciser, Mme la Présidente, que le niveau 4, c'est un niveau bien au-delà
de ce que le député de Matane-Matapédia laisse entendre en termes d'efforts à
déployer. Il a soutenu à maintes reprises, de même que son chef, que ça
équivalait à savoir se commander une bière sur une terrasse, «una cerveza, por
favor». Ça, c'était l'équivalent du niveau 4. Moi, sincèrement, je trouve
que c'est d'insulter à la fois les personnes immigrantes qui mettent des
efforts, des mois d'efforts pour apprendre le français, pour atteindre le
niveau 4, de même que les professeurs, dont des centaines sont à
l'embauche du ministère de l'Immigration pour enseigner à ces personnes
immigrantes. Celles qui apprennent à raison de six heures par semaine
peuvent mettre jusqu'à deux ans d'effort pour atteindre le niveau 4.
Celles qui s'y mettent à hauteur de six heures... neuf heures par
semaine vont mettre un an et demi d'efforts. Alors, j'ai trouvé déplorable que
le député de Matane-Matapédia banalise ces efforts.
• (16 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...fin de cette période. On va revenir. Je me tourne
maintenant du côté de l'opposition officielle. Vous avez une période de
17 min 7 s. Je vous rappelle que j'ai demandé à ce qu'on
s'adresse à la présidence. Merci.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bien, continuons justement avec Francisation... Francisation
Québec. Il y a eu plusieurs articles dans les journaux qui ont été publiés, Un
système surchargé, Face à un achalandage record, les délais chez
Francisation Québec explosent. Ce sont des articles qui ont été publiés
notamment dans le journal Le Devoir. Dans le cahier des crédits, en ce
qui a trait aux délais, je suis à la page 318, on note que, dans certaines
régions, notamment la Montérégie, Centre-du-Québec, il peut... il peut se
passer plus de 55 jours ouvrables, donc à peu près 11 semaines
d'attente, avant que quelqu'un puisse même commencer à suivre... à suivre des
cours. Or, ma compréhension, c'est que le gouvernement se met à communiquer
avec notamment les immigrants, ou ceux qui ne parlent pas français, se mettent
à communiquer en français après un délai de six mois. Donc, comment pensez-vous
qu'avec un tel délai, 11 semaines d'attente notamment, quelqu'un pourrait
apprendre le français convenablement dans la période qu'il lui reste?
Mme Fréchette : Dans la
période qu'il lui reste ou dans la période de 11 semaines?
M. Morin : Bien, c'est
parce que ça prend... ça prend 11 semaines dans certaines régions avant
que quelqu'un commence à suivre des cours. Puis je comprends qu'après six mois,
là, vous allez communiquer en français seulement avec quelqu'un. Donc, faites
le calcul, là, ça reste... ça ne laisse pas grand temps pour apprendre le
français. Donc, comment pensez-vous que ça puisse se faire?
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, nos efforts en matière de francisation ont été colossaux et les
résultats le sont tout autant. Vous savez qu'on est le premier gouvernement,
notamment, qui a donné accès à la francisation aux travailleurs temporaires, je
pense qu'il faut le saluer parce que c'est un pas en avant très, très
important. Aussi, on a mis sur pied Francisation Québec. Il faut se rappeler
que la Vérificatrice générale, en 2017, sous le gouvernement libéral, avait
qualifié de fiasco l'enseignement du français aux personnes immigrantes. Donc...
M. Morin : ...question
était... Là, le but, là, ce n'est pas de savoir ce que des gouvernements
précédemment, libéraux, péquistes ou autres ont fait, là, je veux juste savoir
comment la ministre pense qu'elle va être capable de réussir, en six mois,
alors qu'il y a autant de délais d'attente dans certaines régions.
Mme Fréchette : Alors,
je peux vous dire, que ce que... Mme la Présidente, ce que l'on a réussi, c'est
un rehaussement considérable de la francisation au Québec auprès des personnes
immigrantes. Vous avez ici la courbe qui démarre en 2013. Donc, c'était stable
pendant plusieurs années, jusqu'en 2019, où, là, ça a commencé à hausser. Bon,
là, il y a la pandémie, on s'entend que c'était particulier. Et ici, on a
l'année 2021... 2022, pardon, 2023, 2024. On a créé l'équivalent d'une
grande université en francisation. Du 1er avril dernier au 31 janvier
2024, on a 62 000 personnes qui ont été francisées via Francisation
Québec.
J'en conviens, il y a des délais d'attente
parce que la demande est au‑delà de ce qu'on avait même imaginé dans nos
scénarios optimistes. Alors, on est à la... on est à déployer les efforts les
plus importants possibles pour répondre à la demande, on met les bouchées
doubles et on fait en sorte de répondre le plus rapidement possible aux
nombreuses personnes qui ont répondu à l'appel. Et je pense qu'on peut en être
fiers, parce que, pour nous, la connaissance du français, c'est un vecteur
d'intégration, je pense que tout le monde partage cette... cette conviction-là,
et Francisation Québec, <manifestement...
Mme Fréchette :
...vecteur
d'intégration, je pense que tout le monde partage cette... cette conviction-là,
et Francisation Québec, >manifestement, nous fait faire un bond en avant
considérable en termes de francisation.
Maintenant, il faut voir que la réponse à
notre appel a été encore plus grande, donc on est en processus d'embauche en
continu, et il faut voir qu'au dernier budget, cette nécessité de déployer
encore plus largement les services offerts par Francisation Québec, partout au
Québec, sous différentes formules : on a du temps plein, du temps partiel,
du temps complet, du virtuel, du présentiel, de la francisation en amont, avant
même que les gens n'arrivent au Québec, et de la francisation en entreprise, un
des axes que l'on veut renforcer grandement au cours des prochains mois. Donc,
reconnaissant cette nécessité‑là, le ministre des Finances a ajouté, dans son
dernier budget, 320 millions de dollars sur cinq ans pour la
francisation. Donc, on va pouvoir être dotés de nouvelles ressources pour
répondre encore plus rapidement et mieux à la demande.
M. Morin : ...si vous
permettez, Mme la Présidente, j'aimerais que Mme la ministre dépose le tableau
qu'elle vient de nous montrer, d'une part. D'autre part, justement...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, vous allez... Je comprends que vous allez déposer le
tableau.
Mme Fréchette : Oui,
oui, tout à fait, là. Avec plaisir. Je pense que c'est un beau graphique qui...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Continuez.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, effectivement, Mme la ministre, 320 millions sur cinq
ans. Le Commissaire à la langue française, lui, parlait d'un montant de
10 milliards à investir pour que l'ensemble des immigrants puissent
apprendre le français. Et effectivement, ça demande des efforts et c'est
quelque chose qui est tout à fait louable. J'aimerais savoir ce que vous pensez
du chiffre de 10 milliards, comment vous allez y arriver? Parce qu'avec
320 millions sur cinq ans, il semble que l'écart financier est énorme.
Mme Fréchette : Bien, je
pense qu'on n'a pas travaillé à partir des mêmes prémisses. De notre côté, on
s'est engagé à contribuer à la francisation des travailleurs étrangers
temporaires après trois ans de présence au Québec, en vue de l'atteinte d'un
niveau 4 à l'oral, donc qui est la fin du bloc débutant. C'est quand même
un niveau qui permet d'être fonctionnel au quotidien pour évoluer dans la
société québécoise.
Le commissaire, de son côté, si je ne
m'abuse, sa prémisse de départ était à l'effet qu'il voulait franciser tous les
travailleurs temporaires, notamment, et ce, donc, dès leur arrivée. Ça fait
qu'on n'avait pas les mêmes prémisses, donc c'est pour ça qu'on n'a pas le même
cadre financier. De notre côté, on pense que c'est raisonnable de penser
qu'après trois ans de présence il faut qu'il y ait démonstration d'une
connaissance du français au niveau 4 lors du renouvellement du permis.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais savoir combien vous recevez annuellement du gouvernement
fédéral pour la francisation et l'intégration.
Mme Fréchette : Alors,
le dernier chiffre... Juste, laissez-moi vérifier... 775 millions et
100 000 $, c'est ce qu'a reçu le Québec au cours de la dernière année
suivant l'accord Québec-Ottawa en matière d'immigration.
M. Morin : Donc c'est...
En fait, trois quarts de 1 milliard. Comment... Comment cet argent-là est
ventilé, par la suite, et où allez-vous attribuer ces sommes-là pour faire
avancer le dossier?
Mme Fréchette : Alors,
d'une part, vous comprendrez que le MIFI a une part de ses ressources qu'il
déploie à travers tous les services d'accompagnement, et de francisation, et
d'intégration que l'on met de l'avant à l'échelle du Québec, parce qu'il faut
voir que l'on a déployé nos... notre réseau d'intervention à l'échelle du
Québec. On a maintenant 72 antennes partout sur le territoire, on a
réouvert tous les bureaux que le gouvernement antérieur avait fermés, on a
maintenant même plus de bureaux régionaux qu'il y en avait auparavant, on a
maintenant 10 bureaux régionaux, j'ai ouvert la dernière en Abitibi-Témiscamingue
et Nord-du-Québec en novembre dernier. Et il y a également une part des sommes
qui s'en va au ministère de l'Éducation, une autre part qui s'en va à
l'Enseignement supérieur, on a également Emploi et Solidarité sociale qui
récupère une partie des montants, de même que le ministère Santé et Services
sociaux. Donc, ce sont les quatre ministères qui, en sus du MIFI, oeuvrent, en
fait, à accompagner les personnes immigrantes.
M. Morin : Avec le
regroupement donc de Francisation Québec sous un même toit, combien avez-vous
embauché de nouveaux employés?
Mme Fréchette : En lien
avec de nouveaux employés?
M. Morin : Francisation
Québec, oui.
Mme Fréchette : En lien
avec la francisation. Ce ne sera pas long, on va vous trouver le chiffre. Et on
pourrait avoir des ressources additionnelles, comme je vous disais, du fait
de... du dernier budget du ministre des Finances, on en est très... très heureux
parce que les besoins sont grands.
M. Morin : Alors,
j'aimerais savoir combien de postes et ça représente quel montant?
Des voix : ...
M. Morin : On a vu avec
Francisation Québec que, bon, <malheureusement...
M. Morin :
...combien
de postes et ça représente quel montant?
Des voix : ...
M. Morin :
On
a vu avec Francisation Québec que, bon, >malheureusement, des étudiants
ont été envoyés au mauvais endroit. On a inscrit des étudiants dans des classes
ordinaires. Ils auraient pu commencer la francisation précédemment. On a vu
également que des personnes avaient souligné qu'ils ne pouvaient pas suivre des
cours en ligne. On leur a envoyé une invitation en ligne. Est-ce que vous avez
répertorié, au sein de vos ministères, plusieurs de ces cas? Est-ce...
Qu'est-ce que vous avez fait pour les corriger et est-ce qu'il y a encore des
défis que vous rencontrez à ce niveau-là?
• (16 h 20) •
Mme Fréchette : Oui,
bien, vous comprendrez, comme je disais tout à l'heure, que de mettre sur pied
en quelques mois l'équivalent d'une grande université en francisation, ça
comporte son lot de défis. Il peut y avoir effectivement des choses qui ne
tournent pas toujours de la manière qu'on aurait souhaitée. Je pense que le tir
a été corrigé rapidement pour ceux qui se sont retrouvés dans une mauvaise
situation.
Maintenant, avec les ressources
additionnelles dont on va pouvoir disposer, c'est sûr qu'on va se donner une
capacité d'impact encore accrue. C'est important pour nous d'être au
rendez-vous, mais, quand même, on a eu des services qui ont été déployés, de
multiples... sous de multiples formes, et on a engagé également beaucoup
d'acteurs partenaires dans notre mouvance de francisation. Je pense, par
exemple, à la Fédération des chambres de commerce du Québec, je pense à
l'Association des sociétés de développement commercial, également à la Chambre
de commerce du Montréal métropolitain, donc trois organisations qui, elles-mêmes,
oeuvrent en matière de francisation, avec des sommes qui ont été transmises par
le MIFI pour rejoindre des secteurs économiques qui sont plus difficiles à
faire s'engager en matière de francisation, et jusqu'à maintenant, ça a été un
beau succès.
Donc, voilà, on essaie de travailler avec
tout un écosystème et à détenir, de notre côté, des ressources en plus grand
nombre encore. Et c'est une question de temps, on est en processus d'embauche
continu, notamment en matière de professeurs.
M. Morin : Vous avez...
Mme Fréchette : Juste un
moment, monsieur...
Des voix : ...
Mme Fréchette : 267 nouvelles
ressources, nouvelles ressources, en 2023, pour la francisation. 267 ressources
nouvelles en 2023 pour la francisation.
M. Morin : D'accord.
Tout à l'heure, en réponse à une de mes questions, Mme la Présidente, Mme la
ministre disait que le montant qu'elle a reçu de l'accord Canada-Québec était
de 575 millions.
Mme Fréchette : ...700.
775, oui.
M. Morin : 700, pardon,
pardon, c'est mon erreur, 775 millions, vous avez raison. Donc, quand on
regarde la ventilation par ministères et organismes, on arrive à un total de
698 000... dollars, donc il y a un écart. Donc, qu'est-ce que vous avez fait
avec l'écart et où est-il allé?
Mme Fréchette : Alors,
ce qu'il faut... Ce qu'il faut considérer, au terme d'une année, c'est les
dépenses réelles qui ont été engagées, et non pas les dépenses prévues. Donc,
le chiffre que vous... que vous citez, c'est les dépenses prévues, mais il
faut, après ça, faire le bilan au terme de l'année en question pour sortir le
chiffre des dépenses réelles. Alors, c'est pour ça qu'il y a deux... deux
chiffres qui circulent, un qui correspond aux prévisions et l'autre à la réalité
de la chose.
M. Morin : D'accord,
mais je comprends donc que vous avez un montant d'argent qui vous reste en
surplus, que vous allez dépenser cette année. Parce que le fédéral vous l'a
versé, le montant, c'est ce que je comprends.
Mme Fréchette : Les
dépenses réelles, au terme d'une année donnée, sont toujours plus élevées que
ce qui est... ce qui est versé, là, donc. M. le sous-ministre, je pense, veut
intervenir en complément.
M. Dagenais (Benoit) : J'ai
peut-être une petite précision pour éclairer la commission. Donc, ce que vous
voyez, surtout pour les autres... Quand vous référez, je pense, à RP.75, quand
vous...
M. Morin : Oui, tout à
fait, vous avez raison.
M. Dagenais (Benoit) : Quand
vous voyez les budgets des autres ministères, ça passe par notre ministère,
donc c'est un transfert qui est fait aux autres ministères, mais à la fin de
l'année financière, ils nous font une reddition de comptes, et on n'est plus
dans notre RAG, dans notre rapport annuel de gestion, la dépense réelle. Parce
que les ministères reçoivent aussi des crédits en propre qui servent à la
francisation et à l'intégration et ils sont ajoutés à la reddition de comptes.
Donc, on devrait avoir l'information, là, quelque part... Là, je ne me souviens
plus de la date du RAG, là, mais en septembre, je pense, là, ou cet automne.
M. Morin : OK. Mais...
Mais à ce moment-là, tu sais, vous avez donné, par exemple, au MIFI, au
ministère de l'Éducation... ministère de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur, Emploi, Solidarité sociale, Santé et Services sociaux. Ce
montant-là, bon, est moins <élevé...
M. Morin :
...sociale,
Santé et Services sociaux. Ce montant-là, bon, est moins >élevé que ce
que vous avez reçu du fédéral. Donc, évidemment, à la fin... Puis je comprends
que ces ministères-là peuvent recevoir aussi des crédits pour la francisation.
Donc, à un moment donné, ils ont juste trop d'argent pour la francisation?
Qu'est-ce que vous faites avec le surplus?
M. Dagenais (Benoit) : Si
je peux me permettre.
M. Morin : Oui, bien
sûr.
M. Dagenais (Benoit) : Lorsqu'ils
nous font la reddition de comptes, ils nous font la reddition de comptes des
dépenses réelles qu'ils ont faites en francisation et en intégration, et c'est
ce qu'on intègre à notre rapport annuel de gestion, et non pas... et non pas
des budgets en surplus, là. Il n'y a pas de budget en surplus, je peux vous le
garantir, en francisation et en intégration présentement au gouvernement.
M. Morin : Parfait. Je
vous... Je vous remercie. Maintenant, on nous dit aussi qu'à cause du délai
pour commencer les cours de francisation, il y a des gens, ou bien, bon, qui se
découragent, ils trouvent un emploi, etc. Est-ce qu'il y a des montants qui
sont alloués pour une offre de cours dans le milieu de travail pour faciliter
la francisation des immigrants?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...dernière
portion de votre question. Désolée.
M. Morin : Oui. Alors,
je voulais savoir... À cause des délais, il y a des gens qui se trouvent un
emploi, ils commencent à travailler. Donc, est-ce qu'il y a de l'argent qui est
envoyé ou des programmes pour de la francisation au sein des entreprises et, si
oui, combien, comment, puis comment c'est ventilé?
Mme Fréchette : Oui.
Alors, bien, d'une part, pendant la période d'attente, puis ça rejoint une des
questions que vous aviez eues antérieurement, une des formules sur laquelle on
est en train de travailler, c'est l'apprentissage de manière asynchrone, donc
sur demande. Au moment où la personne immigrante est disponible, il sera
possible d'activer des cours de francisation pour pouvoir continuer l'apprentissage.
Donc, ça, c'est une formule qui va nous permettre d'être actifs même si la
personne est en période d'attente. Donc, ça va être une formule nouvelle,
additionnelle qui va s'ajouter à tout notre bouquet d'options.
Maintenant, en entreprise, on a effectivement
beaucoup de mesures. Pour nous, c'est un axe très fort sur lequel on veut miser
au cours des prochains mois, prochaines années. Donc, je vous mentionnais tout
à l'heure, là, les trois organisations patronales avec lesquelles on travaille,
notamment. On a aussi de très nombreuses entreprises qui nous ont fait part
d'une demande pour s'inscrire dans un processus de francisation, si je ne me
trompe pas, au-delà de 600... oui, au-delà de 600 entreprises qui nous ont
communiqué leur volonté de s'inscrire dans un processus de francisation. Donc,
on peut en être très contents, parce que ça montre qu'ils sont au rendez-vous. Et
partout où je vais, personnellement, les employeurs me disent qu'ils veulent
s'engager, veulent contribuer à la francisation de leurs employés qui ne sont
pas francophones. Donc, on est très contents de ça.
C'est un axe que l'on a rapatrié sous le
MIFI à partir de novembre dernier. Il faut voir que c'était Emploi et
Solidarité sociale qui gérait cette part de la francisation auparavant. Donc,
maintenant, dans le cadre de Francisation Québec, on regroupe tout. On est la
seule porte d'entrée pour les mesures de francisation, dont celle-là. Alors, on
est très contents.
M. Morin : Si... Si vous
me permettez, oui...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 30 secondes.
M. Morin : ...je
comprends. Oui, effectivement. Mais quelles sont les mesures que vous avez
mises en place pour vous assurer que vous allez pouvoir répondre aux besoins de
ces entreprises-là dans un temps qui est opportun? Parce que, là, on a vu les
ratés au début, donc il ne faudrait pas que ça arrive une deuxième fois.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il vous reste 10 secondes.
Mme Fréchette : 10 secondes.
Écoutez, bien, je cherche à vous communiquer les délais d'attente pour la
francisation en entreprise. On est sur d'autres types d'engagements de service
à la clientèle et de délais également qui sont rencontrés.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors ça sera au prochain bloc, parce que pour
l'heure, je me tourne du côté du gouvernement pour une période de
17 min 7 s, et, je pense, c'est la députée de Vimont. La parole
est à vous.
Mme Schmaltz : Parfait.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Mme la ministre, je vous salue, ainsi que
toute... toute son équipe. Je salue également les collègues, en espérant que la
prochaine partie, portion, là, de cette commission va se dérouler un petit peu
avec plus de... comment dirais‑je, là, de légèreté, disons. On va remettre en
place les bonnes manières.
Alors, si vous permettez, Mme la
Présidente, je vais...
M. Bérubé : ...Mme la
Présidente.
Mme Schmaltz : Non, non,
je n'ai pas... Non, non, je n'ai pas... ça va, là.
M. Bérubé : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous avez un appel au règlement ou...
Mme Schmaltz : Non, non,
on parle de bonnes manières.
M. Bérubé : ...entendu
ce qui a été dit?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous avez un rappel au règlement? Quel
règlement?
M. Bérubé : Prêter des
intentions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Juste faire attention.
Mme Schmaltz : Bon,
d'accord, non, je ne prêterai plus d'intentions.
On va parler, si vous le permettez, des
travailleurs temporaires. On sait que le nombre a explosé ces dernières années,
et puis, pour ceux qui visent désormais la résidence permanente au Québec,
doivent avoir un minimum de français. Donc, on exige désormais un minimum du
niveau de français. On sait que les horaires de travail pour les personnes
immigrantes, que ça soit le quotidien de la famille, tout ça pèse beaucoup, des
fois, sur leurs épaules. Alors, ma question... ma question que <j'adresse...
Mme Schmaltz :
...quotidien
de la famille, tout ça pèse beaucoup, des fois, sur leurs épaules. Alors, ma
question... ma question que >j'adresse à Mme la ministre est la suivante :
Est-ce que Francisation Québec permet d'avoir une certaine flexibilité
justement pour accommoder les travailleurs temporaires dans l'apprentissage du
français? C'est ma question. Je vous laisse répondre, Mme la ministre.
• (16 h 30) •
Mme Fréchette : Merci,
chère collègue. Donc, effectivement, pour les travailleurs temporaires, c'est
une part importante des gens que l'on veut franciser. Dieu sait qu'ils ont été
en nombre croissant ces dernières années, donc leur nombre est tel qu'ils ont
un impact aussi sur la vitalité du français et sur l'évolution du français.
Donc, pour nous, c'est important d'être au rendez‑vous. Comme je le mentionnais
tout à l'heure, on a été le premier gouvernement à rendre accessible la
francisation pour les travailleurs temporaires, et ils répondent à l'appel parce
qu'ils sont présents en très grand nombre. Ce qu'on constate, c'est qu'il y a
eu une hausse de la connaissance du français : on est à maintenant près de
60 % des travailleurs temporaires qui connaissent le français. Donc, c'est
encourageant, mais on veut continuer, bien sûr, à améliorer puis à tendre vers...
vers 100 %.
Alors, c'est dans cette perspective-là
qu'on a déposé puis adopté, donc, la norme voulant qu'après trois ans de
présence pour des raisons de travail au Québec, dorénavant, lors du
renouvellement du permis de travail, il sera nécessaire, donc, d'avoir un
niveau de connaissance 4 à l'oral pour les travailleurs temporaires. Et
donc, Francisation Québec sera là pour les accompagner dans ce processus et il
sera au rendez-vous, Francisation Québec, sur vraiment la plus grande variété
de formes d'apprentissage qui soient. Il y a des gens qui veulent apprendre à
temps plein, d'autres à temps partiel. Bien sûr, pour ce qui est des
temporaires, on les retrouve davantage dans la formule d'apprentissage à temps
partiel. Donc, c'est la formule pour laquelle on a eu le plus grand nombre de
demandes et on est donc au rendez‑vous pour ce qui est d'offrir ces
services-là.
Aussi, l'apprentissage en entreprise est
souvent perçu très positivement. Alors, nous, on va vouloir que les employeurs
s'engagent dans un chemin de francisation de leurs... de leurs employés. Je
vois que les gens sont preneurs pour cette... Les employeurs sont preneurs pour
cette orientation-là. Donc, ça, ça va être intéressant de consolider notre
action en matière de francisation en entreprise.
Il y a bien sûr des cours en virtuel qui
sont offerts. On est conscients que pour ce qui est des premiers niveaux
d'apprentissage niveau 1, 2, 3, il est souvent plus difficile de bien
saisir, là, toutes les nuances, les notions à capter quand il s'agit
d'apprendre le français. Donc, le virtuel s'y prête un peu moins bien, mais
néanmoins, on veut quand même déployer cette offre-là, et, bien sûr, ça permet,
quand on est dans le virtuel, de regrouper différents groupes qui parfois sont
dans des régions éloignées ou parfois ne sont qu'une seule personne ou deux
personnes au sein d'une même entreprise avec d'autres entreprises. Donc ça
permet de multiplier, bref, les personnes que l'on rejoint à travers nos cours.
Donc, cette formule-là, on est en train aussi de la déployer de manière plus
complète.
Et puis, on veut travailler la
francisation en amont davantage. On le fait déjà, mais à trop petite échelle,
donc on veut faire en sorte que davantage de personnes apprennent le français
avant même d'arriver au Québec et qu'ils puissent être un tant soit peu
fonctionnels, qu'ils aient un coussin de départ intéressant quand il s'agira
d'arriver au Québec et de communiquer en français. Donc, là-dessus aussi, on
veut mettre beaucoup d'efforts. Et puis, bien, on a des équipes aussi qui sont
déployées à l'international pour sensibiliser les gens à l'importance de
connaître le français. Mais c'est sûr que nos mesures qui ont été intégrées
dans la réforme de l'immigration permanente ont envoyé un signal très fort pour
faire... pour que les gens captent la notion qu'il est important de connaître
le français quand on veut immigrer au Québec, même à titre de temporaire,
dorénavant. Mais voilà. Donc, c'est un message qui a été capté, puis je pense
que tout le monde est en appui à cette... cette orientation-là, qui est un
vecteur d'intégration central.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Schmaltz : Merci,
Mme la ministre. Mme la Présidente, vous savez, les dernières semaines, j'ai eu
l'occasion de me promener dans les centres de francisation à Laval, où j'ai pu,
bien, constater, avec les différents dirigeants, disons, de ces... de ces écoles,
entre autres, que Francisation Québec fonctionne très bien. Ça a été un petit
peu, je vous dirais, le bilan, là, de ces rencontres, si je peux résumer, là,
si je pourrais l'exprimer comme ça, de cette façon-là. C'est sûr que
Francisation Québec va fêter prochainement ses un an, donc au début, il y a eu
un petit peu d'ajustements, ce qui est tout à fait normal. Je pense que
Francisation Québec a son erre d'aller désormais. Les rencontres ont été
constructives, dans le sens où, oui, il y a des petits ajustements, comme l'a
dit tantôt le collègue...
16 h 30 (version révisée)
Mme Schmaltz : ...les
rencontres ont été constructives dans le sens où, oui, il y a des petits
ajustements. Comme l'a dit tantôt le collègue, au début, quand on a commencé
avec Francisation Québec, il y a eu des petits ajustements de départ. Mais force
est de constater que, maintenant, Francisation Québec, là, semble être une
belle voie, justement, pour cet apprentissage du français. Et surtout ce qui m'a
été rapporté à plusieurs reprises, c'est que les gens connaissent Francisation
Québec. Donc, je pense que l'une des missions, qui était de faire connaître
Francisation Québec, a quand même très bien fonctionné jusqu'à maintenant. Je
tiens quand même à vous... à vous le mentionner.
Ces rencontres permettent, entre autres,
justement de prendre le pouls des gens qui sont sur le terrain, directement.
Donc, quoi de mieux, justement, que d'être en contact avec ces personnes-là
qui... Ces gens, en fait, peuvent nous donner un aperçu, peuvent nous donner...
nous pointer sur tous les enjeux qu'ils rencontrent, et, à ce moment-là, de
faire les petits ajustements s'il y a lieu.
Ma question est la suivante, elle s'adresse,
naturellement, à la ministre : J'aimerais connaître son point de vue, les
résultats qu'elle a observés de son côté, de Francisation Québec, donc, pour
cette première année, là, qui achève, là, au mois de juin... c'est ça, au mois
de juin, donc, d'avoir un peu sa vision des choses de Francisation Québec.
Mme Fréchette : Oui, bien,
écoutez, Francisation Québec, c'était un gros morceau, et d'ailleurs je veux
saluer les équipes du ministère, sous-ministre, sous-ministre associé et tous
ceux qui ont collaboré avec eux pour la mise sur pied de Francisation Québec,
parce que c'était... la pression était importante, et je pense qu'on a été au
rendez-vous. Certes, il y a eu des anicroches, là, comme on l'a évoqué tout à l'heure,
mais, somme toute, avec 61 000 apprenants, entre le 1er avril et
le 31 janvier, je pense que c'est le reflet d'un grand succès. On a réussi
à rejoindre énormément de gens, même au-delà de nos prévisions initiales. Donc,
il faut rappeler aussi que Francisation Québec, bien, en fait, ça a été mis sur
pied pour donner accès à l'apprentissage du français, qui est devenu un droit
avec la loi 96. Donc, on avait besoin, nécessité d'être au rendez-vous
pour préserver également la vitalité du français, assurer son devenir, et
Francisation Québec incarne tout à fait l'accès à ce droit.
Il faut voir que, non seulement l'ensemble
des services de Francisation Québec sont gratuits, mais il y a également des
allocations qui sont offertes aux personnes qui sont en processus d'apprentissage
du français. Et les allocations, quand même, il y a de très nombreuses
personnes qui s'en prévalent. Si on regarde, pour les allocations de
participation à temps complet, elles ont été rehaussées, d'ailleurs, en
2023-2024, de 205 à 230 $ par semaine. L'allocation de participation, pour
le temps partiel, a été rehaussée également, de 26 $ à 28 $ par jour,
et la proportion des élèves qui s'en prévalent, elle est de 73 %, pour ce
qui est des étudiants à temps complet, et elle est de 74 % pour ceux qui
étudient à temps partiel. Ceux qui étudient à temps partiel, ils sont 39 170 élèves.
Il y en a donc 28 000 qui bénéficient d'allocations pour suivre les cours
de français. Sur le temps complet, on a 19 600 élèves, et il y en a
donc 14 000 d'entre eux qui bénéficient des allocations.
Donc, c'est un pas en avant. On a voulu
faire en sorte d'assurer la persévérance dans les mesures d'apprentissage du
français, et ces allocations, ces rehaussements d'allocations font partie de la
stratégie qui a été adoptée pour faire en sorte que les gens ne soient pas
incités à retourner sur le marché du travail rapidement, après quelques cours,
et puis, finalement, interrompent leur processus d'apprentissage. Donc,
vraiment ça, on a été très contents de cette avancée-là puis de cette réponse,
surtout, que les gens ont eue à l'égard de Francisation Québec.
Alors, pour ce qui est du nombre de
personnes rejointes, donc, plus de 61 000 personnes ont suivi des
cours. Donc, ça, c'est un grand... une grande avancée, et, voilà. Il faut voir
qu'on a multiplié nos clientèles, hein, on ne s'adresse plus, grâce à
Francisation Québec, on ne s'adresse plus uniquement à des personnes
immigrantes, comme ministère, on a aussi des personnes qui sont nées au Canada
ou au Québec et qui sont anglophones. S'ils sont domiciliés au Québec et n'ont
pas eu d'éducation en français, ils sont admissibles, donc, des autochtones,
des allophones, des anglophones, des personnes immigrantes, bien sûr. Donc, il
y a toute une diversification des clientèles qui travaillent maintenant avec le
MIFI, du fait de Francisation Québec.
Donc, je pense qu'on peut être fiers du
travail réalisé, et on va maintenir, bien sûr, le rythme, d'autant qu'on a eu
ces financements accrus de la part du ministre des Finances, avec le plus
récent budget. Ça va nous permettre d'ajouter des ressources, à la fois des
ressources comme professeurs et des ressources pour des personnes <qui
viennent en soutien...
Mme Fréchette :
...des
Finances, avec le plus récent budget. Ça va nous permettre d'ajouter des
ressources, à la fois des ressources comme professeurs et des ressources pour
des personnes >qui viennent en soutien, parce que ça prend, bien sûr, un
côté administratif pour tout supporter ces cours qui sont donnés à très large
échelle et se déployer également sous différentes formules. Donc, en ce
sens-là, on a eu beaucoup d'avancées et on travaille pour améliorer et bonifier
les processus et réduire les délais le plus possible.
En ce qui a trait, d'ailleurs, aux délais,
là, je pourrais revenir sur la question du collègue de l'Acadie, par rapport
aux délais pour la francisation en entreprise. La déclaration de services, elle
est de 50 jours ouvrables maximum, pour 80 % des élèves qui
commencent un cours à temps complet. C'est bien cela, hein, c'est pour...
• (16 h 40) •
Une voix : ...
Mme Fréchette : Ah! c'est
pour les individus, pardon. Je pensais que c'était la réponse à la question.
Désolée. Alors, on y reviendra. Fausse alarme.
Donc, voilà. Grosso modo, on diversifie
les formules. Et puis la formule asynchrone, moi, je trouve que c'est vraiment
porteur, parce qu'à partir du moment où les gens peuvent activer le cours
lorsqu'ils sont disponibles... parfois, vous savez, on a 35 minutes de
libres, bien, on en profite pour faire un apprentissage ou répéter des notions
de connaissance du français. Ça peut... ça peut faire cheminer d'une manière
intéressante. On n'a pas besoin d'être dans un contexte formel où on est dans
une classe avec d'autres élèves. Donc, ça, ça permet de faire des pas en avant
plus rapidement, à son propre rythme. Et parfois, voilà, les rythmes ne
correspondent pas nécessairement aux heures auxquelles se donne le cours. Donc,
je pense qu'on va pouvoir comme ça aller chercher d'autres clientèles d'une
manière intéressante, là.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
ministre. Effectivement, pour avoir constaté ce que... le propos, justement, de
gens qui sont nés ici puis qui décident de se franciser, j'ai eu l'occasion
d'en rencontrer, puis effectivement c'était une personne qui vivait au Québec
depuis 20 ans, et puis qui a souhaité se franciser avec la venue,
justement, de Francisation Québec dans une école de francisation. C'était
vraiment... c'était vraiment étonnant, puis on a été... on est agréablement
surpris.
Mme Fréchette : Si je peux
compléter aussi, on a trois programmes qui nous permettent d'aller rejoindre
des gens qui sont dans des secteurs moins propices à l'apprentissage du
français. Je pense notamment à J'apprends le français de la Chambre de commerce
du Montréal métropolitain. Également, on a Dialogue FR de l'Association des
sociétés de développement commercial, qui s'adresse plus aux services de
proximité, et puis Développer des affaires en français de la Fédération des
chambres de commerce, qui se destine à des régions où on a observé un déclin du
français en milieu de travail. Donc, on a développé un projet avec ces trois
organismes-là et, jusqu'à maintenant, on a 167 entreprises qui sont
engagées dans une procédure de francisation à travers un de ces trois projets.
Puis on a aussi une nouvelle clientèle,
que je n'ai pas nommée tout à l'heure, mais qui est la petite enfance.
Mme Schmaltz : Je m'en
allais...
Mme Fréchette : Donc, ça,
c'est vraiment des formules très, très intéressantes, novatrices, que l'on a
mises sur pied. Une aide financière, là, de plus de 400 000 $ a été
octroyée au Conseil québécois des services de garde éducatifs à la petite
enfance pour rendre gratuite une application de communication entre les
parents. Ça s'appelle Komm, K-o-m-m, là, je vais leur faire un peu de
publicité. Grâce à notre soutien, l'application est maintenant gratuite. Et
c'est génial pour des parents, par exemple, qui ne parlent pas français et dont
l'enfant fréquente un centre de la petite enfance, bien, il sera possible maintenant
de communiquer avec les éducatrices, éducateurs, et pour l'enfant de
communiquer aussi avec les éducateurs pour faire état de leurs demandes, de
leurs besoins, faire état du bilan de la journée à travers des icônes qu'ils
vont pointer. Donc, ça, c'est une formule franchement sympathique.
Et puis il y a également Télé-Québec qui a
été mis à contribution pour rejoindre les tout-petits via un concept qui
intègre Passe-Partout, et c'est vraiment génial. J'étais tentée d'amener
ce matin le sac à dos de Télé-Québec, avec Passe-Partout et tous les
produits associés, mais, bon, j'avais trop de papiers déjà. Mais, voilà, il y a
plein de... C'est remis à l'aéroport et distribué également dans les centres de
la petite enfance. C'est des produits qui permettent à des tout jeunes
d'apprendre le français à leur rythme, suivant leur imagination. Donc, une
belle formule, en plus que ça permet de créer des repères communs, parce que
Dieu sait que les générations Passe-Partout, hein, c'est ce qui
caractérise beaucoup de générations au Québec.
Et, en utilisant Passe-Partout
comme moyen de transférer... transmettre, plutôt, des connaissances en
français, bien, on crée des repères culturels communs. Donc, pour les personnes
immigrantes aussi, c'est à travers Passe-Partout qu'ils vont pouvoir
apprendre le français. Puis, quand vient le temps de discuter avec des
Québécois, des natifs qui ont évolué, grandi avec Passe-Partout, eh bien
là, ça crée tout de suite une connexion. Donc, vraiment, l'idée est fabuleuse,
et ça se met en œuvre ces mois-ci. Donc, ils ont élaboré, là, un certain nombre
de produits, notamment une petite radio, là, qui est super, là, qui permet
d'inventer des histoires de son choix.
Et on a aussi un nouveau programme pour
améliorer l'accès aux cours de français pour des femmes immigrantes, en
partenariat avec le ministère de la Famille, qui permet de déployer des mesures
de halte-garderie là où s'offrent des mesures de francisation. On le sait, si
un couple immigrant est appelé à suivre des cours de francisation, mais qu'il
n'y a pas personne <pour s'occuper des enfants...
Mme Fréchette :
...qui
permet de déployer des mesures de halte-garderie là où s'offrent des mesures de
francisation. On le sait, si un couple immigrant est appelé à suivre des cours
de francisation, mais qu'il n'y a pas personne >pour s'occuper des
enfants, le plus souvent, c'est la femme qui va décider de rester à la maison
pour s'occuper des tout-petits. Donc, pour faire en sorte que les deux parents
puissent le plus souvent accéder aux mesures de francisation, on a déployé
aussi des haltes-garderies là où se trouvent des cours... là où sont donnés les
cours de francisation pour permettre d'éviter ce dilemme. Voilà.
Mme Schmaltz : C'était la
question, en fait, que je voulais...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 15 secondes.
Mme Schmaltz : Ah! bien,
voilà. Bien, voilà, c'était la question que je voulais poser à la ministre, c'était
l'axe familial justement qui... Mais vous avez répondu.
Mme Fréchette : Oui, un
nouvel axe très important qui fait partie de notre mandat aussi. Donc, on est
très contents de ces... ces actions.
Mme Schmaltz : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup pour ce bloc d'intervention. Alors, pour son
quatrième bloc d'intervention, je reconnais à nouveau le député de l'Acadie, 17 min 07s.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, deux choses. Tout à l'heure, quand je vous ai posé des
questions, Mme la ministre, sur le montant que vous receviez du fédéral et les
montants par après, qui étaient ventilés dans les ministères, je pense que M.
le sous-ministre m'a répondu qu'évidemment ça ne tenait pas compte du réel et,
éventuellement, vous allez avoir le réel. Est-ce que vous pouvez vous engager à
déposer le réel quand il sera connu? Ça m'aiderait dans mes travaux. Je vous
remercie. Et...
Mme Fréchette : ...
M. Morin : Merci, Mme la
ministre. Et...
Mme Fréchette : Et j'ai
maintenant la réponse, pour de vrai, à votre question de tout à l'heure sur les
délais de francisation en entreprise. Je peux vous les lire, là. Donc, le
traitement des dossiers pour la francisation en entreprise, il est de
12 jours pour la formation courte et de 42 jours pour la formation
qualifiante.
M. Morin : D'accord. Je vous
remercie. Merci, Mme la Présidente. Merci, Mme la ministre.
Maintenant, au niveau des travailleurs
temporaires, récemment, en fait, fin février, le gouvernement mexicain
regrettait la décision du gouvernement fédéral de réimposer des visas aux
travailleurs mexicains. M. le premier ministre et vous-même avez salué la
décision d'Ottawa. Le premier ministre disait, et je le cite, c'était rapporté
dans Le Devoir : «Le gouvernement fédéral pose un bon geste,
mais que fait-on avec les 528 000 immigrants temporaires, plus les
160 000 demandeurs d'asile qu'on a actuellement?» Cette semaine, le
premier ministre disait : On a 565 000 immigrants temporaires de
trop. Mais, peu de temps après l'annonce, on apprenait également, par la voie
des journaux, en termes d'immigration temporaire, notamment l'impact sur la
pêche au crabe, et là on nous disait : «Comme la saison de la pêche au
crabe débute le 24 mars et qu'un délai de huit semaines est requis pour
obtenir un visa, nous n'avons pu faire autrement que de tout canceller à la
dernière minute.».
Alors, ma question est la suivante :
Quand le gouvernement du Québec, quand le premier ministre et vous, vous faites
de telles demandes au gouvernement fédéral, est-ce que, dans un premier temps,
vous faites une évaluation de l'impact, puis est-ce que vous consultez les gens
sur le terrain pour voir quel va être le véritable impact de telle décision?
Mme Fréchette : Oui, merci de
votre question. Alors, il était effectivement très important, là, que le visa
pour les Mexicains soit réinstauré, parce que le quart des demandeurs d'asile
qui arrivaient au Québec étaient des Mexicains, et à peine 32 % d'entre
eux se qualifiaient suivant les critères de l'Organisation des Nations unies, à
titre de réfugié. Donc, voilà, il y avait importance, c'est important, bref,
d'adopter cette voie-là.
Maintenant, quand on a commencé à discuter
de ça avec le fédéral, il faut voir que c'est il y a plusieurs mois, et je
sentais qu'il y avait une ouverture du côté fédéral quant à cette
orientation-là, bien qu'elle s'avérait symboliquement difficile à porter pour
le gouvernement actuel au fédéral. Mais toujours est-il qu'on sentait qu'il y
avait une ouverture et que c'était peut-être en train d'être planifié. Ce que
l'on a constaté, une fois qu'ils ont eu... annoncé cette mesure-là, c'est que
la planification n'a pas été suffisante au fédéral, parce que, malheureusement,
ça a mis fin à des opérations d'entreprises qui avaient besoin d'accéder aux
travailleurs étrangers temporaires mexicains sans préavis. Donc, moi, je me
serais attendue à ce que le fédéral prépare mieux cette nouvelle mesure-là
qu'il voyait venir depuis des mois, puisque nous, on en discutait avec eux.
Et, comme je vous dis, je sentais une
certaine ouverture, bien qu'il n'y avait pas d'engagement, mais il y avait une
ouverture. Donc, je me disais : Bien, certainement qu'ils planifient la
chose de telle sorte que ça ne va pas empêcher les bonnes opérations des
entreprises qui ont besoin de ces travailleurs mexicains. Malheureusement, ça
n'a pas été le cas. Donc, nous, on a fait pression pour que, rapidement, soient
émis les permis de travail aux travailleurs attendus au Québec, que ce soit en
Gaspésie ou <sur la Côte-Nord...
Mme Fréchette :
...pas
été le cas. Donc, nous, on a fait pression pour que, rapidement, soient émis
les permis de travail aux travailleurs attendus au Québec, que ce soit en
Gaspésie ou >sur la Côte-Nord, aux Îles. Donc, bon, de ce côté-là, il y
a eu une défaillance en termes de planification, clairement. Nous, on se serait
attendus à une planification plus serrée et respectueuse des besoins que
rencontrent les entreprises qui embauchent ces travailleurs.
M. Morin : Alors, si je
comprends la réponse de Mme la ministre, Mme la Présidente, c'est que c'est, en
grande partie, la faute du fédéral. Mais... mais là, écoutez, Mme la ministre,
c'est souvent ce que vous nous répondez, c'est la faute de quelqu'un d'autre.
Mais, quand c'est... c'est vous qui avez demandé, là. En fait, moi, ce que je
comprends, là, c'est que M. le premier ministre voulait réduire le nombre de
travailleurs temporaires. Vous avez salué ce geste-là, mais on a une entente en
immigration avec le gouvernement fédéral. J'ai de la difficulté à concevoir
que, comme ministre ou comme premier ministre, quand vous faites une telle
demande, vous n'évaluez rien de ce qui va se passer sur le terrain.
• (16 h 50) •
Tu sais, on apprend, par la suite, que
l'UPA se ramasse dans une situation qui est difficile parce que l'UPA n'a
jamais été consultée. Alors, j'ai de la difficulté à saisir. C'est sûr que vous
pouvez répondre : C'est la faute du fédéral, oui, c'est clair, mais vous avez
quand même une responsabilité, Mme la ministre. Puis, quand vous demandez des
actions comme ça, il me semble que vous avez une grande proximité avec ce qui
se passe au Québec. Et donc de consulter les différentes associations, les
acteurs sur le terrain, ça m'apparaît essentiel pour être capable de ne pas
pénaliser après des entreprises québécoises. On apprend que l'UPA, visiblement,
n'a pas été consultée. Qu'est-ce que vous avez à répondre? Donc, vous dites, là :
Écoutez, c'est le fédéral, moi, je n'ai rien à faire là-dedans.
Donc, vous, vous ne consultez personne, avec
votre ministère, là, quand vous demandez des actions comme ça, vous ne regardez
pas ce qui va arriver pour le bien-être des travailleurs et des travailleuses
québécoises.
Mme Fréchette : Écoutez,
nous, ce que l'on disait au fédéral, c'est qu'il fallait faire en sorte de
limiter le nombre de demandeurs d'asile en provenance du Mexique. On n'a pas
ciblé du tout les travailleurs étrangers temporaires, non plus que les étudiants
mexicains. Ce que l'on ciblait, c'est les demandeurs d'asile, c'était ça, notre
demande au fédéral. Maintenant, le fédéral a répondu avec la mise en place d'un
visa obligatoire pour les Mexicains, incluant les travailleurs mexicains, de
même que les étudiants étrangers en provenance du Mexique. Alors, c'est là
qu'il y a l'erreur. Nous, ce n'était pas notre demande de... La cible réelle,
c'étaient les demandeurs d'asile puisqu'ils composaient le quart des personnes
qui demandaient l'asile quand ils arrivaient au Québec. Donc, c'était beaucoup
trop et non justifié suivant le taux d'acceptation des demandeurs d'asile en
provenance du Mexique.
Donc, nous, notre demande, c'était de
cibler les demandeurs d'asile et c'est ce qu'on continue à demander également
pour d'autres pays. Quand on dit qu'il faut que le fédéral resserre sa gestion
des visas, c'est notamment parce qu'on pense qu'il y a un tour de vis, pour
reprendre l'expression de M. Miller, additionnel qui peut être... qui peut être
fait. Donc, voilà, ce n'était pas la cible que nous, on avait et qu'on
demandait... pour laquelle on demandait une action de la part du fédéral. Mais
le fédéral a agi, tous types de catégories confondues, travailleurs, étudiants
et demandeurs d'asile potentiels, mais ce n'était pas notre souhait.
M. Morin : Et donc, quand
vous demandez l'émission, par exemple, de visas, vous n'évaluez pas ce que ça
va faire. Puis, à moins que je ne me trompe, mais quand le fédéral demande un
visa pour un pays, bien, ça vise l'ensemble des gens du pays, je veux dire, on
ne peut pas faire autrement, là. Alors donc, il n'y a pas eu... Je comprends
qu'il n'y a pas eu d'évaluation de faite avec les conséquences... les
conséquences qu'on a eues. Maintenant...
Mme Fréchette : Bien, je peux
préciser quand même que c'est un ministère qui est... un secteur, plutôt, qui
est cogéré, l'immigration. Donc, c'est sûr qu'il faut agir en tandem, mais dans
le respect de ce que chacun peut faire. Les données sur les visas, c'est le
fédéral qui les a, c'est le fédéral qui les gère. Alors, c'est à lui à mener sa
consultation. Nous, on mène des consultations en lien avec nos responsabilités.
Même, des fois, on déborde un peu, mais on ne peut pas le faire
systématiquement pour l'ensemble de ce qui relève du fédéral. Je veux dire,
c'est au fédéral de bien prévoir l'imposition, le changement de politique qu'il
décide de mettre en place en regard d'un pays donné ou une région donnée. Mais
le Québec ne peut pas se substituer systématiquement au fédéral pour ses
procédures de consultation. Je pense que c'était au fédéral de consulter les
secteurs économiques les plus directement touchés.
M. Morin : D'accord.
Maintenant, Mme la Présidente, notre premier ministre nous dit qu'il y a 560 000 immigrants
temporaires de trop.
Mme Fréchette : C'est trop, à
ma...
M. Morin : C'est ça, bon,
mais vous êtes...
Mme Fréchette : ...lorsque
vous citez, et non pas de trop, c'est une nuance...
M. Morin : ...oui, mais vous
émettez... vous émettez des CAQ, vous émettez des CSQ, à un moment donné, vous
ne faites pas un décompte de ce que vous émettez comme certification pour des
gens <qui vont venir ici..
M. Morin :
...des CAQ,
vous émettez des CSQ, à un moment donné, vous ne faites pas un décompte de ce
que vous émettez comme certification pour des gens >qui vont venir ici?
Parce que je comprends que, si vous n'avez pas de CAQ ou de CSQ, quelqu'un ne
pourra pas venir au Québec, puis ça, en vertu de l'entente, bien, c'est vous
qui les émettez. Je parle toujours de l'entente sur l'immigration. Donc, j'ai
un peu de difficultés à comprendre qu'à un moment donné on se ramasse
soudainement, puis là je ne vous parle pas des demandeurs d'asile, là je parle
des travailleurs, parce que le premier ministre parle des immigrants
temporaires de trop.
Alors, vous... il n'y a pas de
planification, il n'y a pas de... Vous ne regardez pas ce qui se passe, vous
émettez des certificats, puis, à un moment donné, le premier ministre dit :
Oh! il y en a trop. Ça m'apparaît surprenant.
Mme Fréchette : Là, vous
savez...
M. Morin : Comment vous
expliquez ça?
Mme Fréchette : ...on donne
notre avis sur le tiers des résidents non permanents présents au Québec, le tiers.
Les autres, le Québec n'est pas sollicité via le IMT, n'est pas... n'a pas à
autoriser. Par exemple, pour les programmes de mobilité internationale, on n'a
pas à donner notre autorisation. C'est d'ailleurs une de nos demandes, dans le
cadre de la rencontre qui s'est tenue entre les deux premiers ministres,
d'obtenir cette capacité d'autoriser les travailleurs qui viennent à travers le
programme fédéral du PMI, Programme de mobilité internationale.
Les demandeurs d'asile, c'est la même
chose, on n'autorise pas les demandeurs d'asile nous-mêmes, c'est le fédéral
qui admet les demandeurs d'asile. Il se trouve qu'ils sont arrivés
essentiellement au Québec lorsque le chemin Roxham était ouvert, et puis, par
la suite, essentiellement au Québec et en Ontario. Donc, on n'a pas à... On ne
nous demande pas notre avis, on n'a pas levé notre main pour dire : Heille!
on aimerait ça en avoir 160 000 au Québec, des demandeurs d'asile. On ne
nous a pas demandé ça.
M. Morin : Si vous permettez,
Mme la Présidente, je ne parle pas des demandeurs d'asile, demandeurs d'asile,
c'est une autre catégorie. Je comprends qu'avec toute la mouvance, les
problèmes qu'il y a dans le monde, oui, il y a... il va avoir des mouvements de
population puis il va en avoir de plus en plus, ça, ça m'apparaît... ça
m'apparaît bien clair. Puis je comprends aussi, puis j'en parlais au début de
notre entretien, au début des crédits, donc, en vertu de l'entente, je pense
qu'on est tous d'accord, le Québec en a reçu plus que son pourcentage. Puis on
l'a dit ouvertement, je pense que le gouvernement fédéral doit compenser le
Québec pour ça, ça, on le reconnaît, et là on parle des demandeurs d'asile.
Mais moi, ce n'est pas de ça dont je vous
parle, je vous parle des travailleurs, les travailleurs étrangers, je vous
parle de l'immigration. Et puis le premier ministre, lui, ne fait pas de
distinction quand il parle de ça, là, hein, ça, c'est... en tout cas, moi, je
n'ai pas entendu, hier puis avant-hier, de distinction d'aucune façon. Alors,
moi, ce que je voudrais savoir, c'est : S'il y en a trop, c'est lesquels
que vous allez renvoyer puis c'est dans quelle catégorie?
Mme Fréchette : Alors, nous,
quand on dit qu'il faut réduire le nombre, c'est à la fois des demandeurs
d'asile et à la fois des travailleurs temporaires. Donc, on est à analyser, en
fait, les secteurs pour lesquels il devrait y avoir un phénomène d'attrition.
Donc, c'est sûr que nos analyses doivent tenir compte de la réalité des différentes
régions du Québec, parce qu'on ne peut pas agir de la même manière en région
éloignée versus à Montréal par exemple, et également considérer les secteurs
économiques.
Quand je disais tout à l'heure qu'on œuvre
à recruter des gens dans des secteurs stratégiques comme le génie, la santé,
l'éducation, ça, ça fait partie des secteurs que l'on ne voudra pas affecter
trop directement par une réduction des résidents non permanents, et ce sont les
analyses qu'on est en train de réaliser.
M. Morin : Si vous permettez,
Mme la Présidente, en fait, ma question, c'est : Combien vous voulez en
mettre à la porte du Québec?
Mme Fréchette : On n'a pas...
On est en train de faire les analyses sur la procédure à suivre, sur la
méthode. Notre idée, ce n'est pas d'y aller d'un gel, là, sans avertissement,
sans crier gare et puis de provoquer des enjeux comme il y en a qui sont
survenus à Matane ou ailleurs sur la Côte-Nord. Ça fait partie des éléments à
ce qu'on nous dit, mais y aller d'une manière méthodique, d'une manière
responsable, qui va faire en sorte que l'on tienne compte de la réalité des
entreprises, que l'on tienne compte de la réalité des différentes régions en
cause.
M. Morin : Là-dessus, là-dessus,
Mme la Présidente, je peux vous suggérer, Mme la ministre, puis évidemment ce
n'est pas... ce n'est pas une analyse scientifique, là, c'est plus anecdotique.
Mais la semaine dernière, j'étais à Saint-Hyacinthe, d'ailleurs, mon collègue
le député de Matane-Matapédia était présent avec moi, il y avait je ne sais pas
combien de centaines d'agriculteurs, puis j'ai eu la chance de parler à
plusieurs agriculteurs. Puis ça a donné que les agriculteurs qui étaient là, il
y en a plusieurs qui avaient avec eux des travailleurs étrangers. Et, systématiquement,
en fait, je leur ai posé la question, sachant que les crédits s'en venaient,
d'accord, s'il y en a trop, parce que le premier ministre dit : Il y en a
de trop», donc il va en renvoyer. Lesquels? Et ils m'ont tous dit :
Écoutez, ce n'est pas compliqué, là, si je perds mes travailleurs étrangers,
moi, je ferme ma ferme.
Est-ce que c'est ça que le premier
ministre veut? Parce que, moi, je pense que l'agriculture, au Québec, là, c'est
fondamental. Puis moi, j'aime mieux manger des fraises québécoises que des
fraises de Californie, pas vous?
Mme Fréchette : Bon, d'une
part, notre ambition, ce n'est pas de mettre fin à des permis de travail de
gens qui sont déjà ici. Donc, ça, ce n'est pas l'objectif. On est respectueux
de ceux qui sont déjà engagés dans <un processus de recrutement...
Mme Fréchette :
...notre
ambition, ce n'est pas de mettre fin à des permis de travail de gens qui sont
déjà ici. Donc, ça, ce n'est pas l'objectif. On est respectueux de ceux qui
sont déjà engagés dans >un processus de recrutement ou qui ont déjà des
travailleurs étrangers temporaires chez eux. Donc, ils ont des permis, ils vont
pouvoir œuvrer. Maintenant, ce que l'on veut réduire, c'est, globalement, le
nombre de résidents non permanents. Alors, par quelles mesures ça passera?
Est-ce que c'est des mesures, par exemple, salariales? Est-ce que c'est des
mesures, par exemple, de nombre maximum de travailleurs temporaires au sein
d'une même entreprise? Il y a différentes formules qui existent.
• (17 heures) •
Vous savez, le fédéral a annoncé, début
mars, un certain nombre de mesures, d'ailleurs, dans laquelle il allait
s'engager, l'EIMT, par exemple. À partir du 1er mai, les EIMT ne seront
valides non pas 12 mois durant, mais pendant six mois. Alors, quel impact
ça aura, précisément, sur le marché du travail? Je pense que c'est à l'usage
qu'on verra ce que ça donne. Mais ça, c'est une des mesures, que, je vous
dirais... que je pourrais qualifier de ticket modérateur. Donc, est-ce qu'il y
a un certain nombre de tickets modérateurs que l'on pourra mettre en place pour
faire en sorte de réduire, globalement, le nombre? Je vous dirais que c'est une
orientation qui caractérise nos analyses que l'on mène en ce moment, et pour
lesquelles, je ne peux pas vous donner les réponses, parce que les analyses,
justement, sont en cours, mais elles font suite à la rencontre qu'il y a eu
entre les deux premiers ministres, et puis, voilà.
On veut s'assurer que nos secteurs
essentiels ne soient pas négativement affectés. L'agriculture, c'est sûr que
c'est à la base de notre sécurité alimentaire, donc, ça, c'est un élément
d'importance, pour nous, à prendre en considération. Le secteur de la santé,
c'est un secteur qui est crucial également, puisque, on le sait, on a des
services à livrer aux Québécois en matière de santé, et qu'il y a une pénurie
de main-d'œuvre qui sévit. Donc, ça aussi, c'est un des secteurs pour lequel on
va avoir une approche différenciée, parce que c'est stratégique. Donc, à chaque
fois qu'il y a des secteurs comme ça, stratégiques, eh bien, on va avoir une
approche adaptée à cette réalité-là. Pour nous, ça, c'est incontournable, quand
je vous dis qu'on veut être responsables dans notre approche, ça en est le
reflet.
M. Morin : Quand vous avez
évoqué, tout à l'heure, la possibilité d'avoir un impact sur le salaire, est-ce
que vous envisagez de payer moins des travailleurs étrangers?
Mme Fréchette : Payer moins?
Non.
M. Morin : Bien, c'est parce
que vous avez dit «le salaire»...
Mme Fréchette : Non, bien...
M. Morin :
...ça fait
que là j'essaie de comprendre ce que vous voulez faire avec le salaire de
travailleurs étrangers.
Mme Fréchette : Non, ce n'est
pas du tout dans notre orientation de payer moins les travailleurs étrangers
que les salaires actuels, non. Si...
M. Morin : J'espère, mais je
veux être sûr.
Mme Fréchette : Quand on
parle de resserrer le nombre, ce n'est pas en diminuant les salaires qu'on va
rendre... qu'on va diminuer le nombre de résidents non permanents. Ce ne serait
pas la... Ce ne serait pas dans le sens de la logique.
M. Morin : D'accord. Donc,
vous avez dit que vous allez évaluer certains secteurs. Vous venez de dire que
le secteur de l'agriculture, c'est prioritaire. Le secteur hospitalier, c'est
aussi prioritaire. Le secteur de l'éducation, c'est prioritaire?
Mme Fréchette : Oui, je vous
dirais que le secteur de l'éducation est aussi crucial, puis le secteur de la
construction, parce qu'on a mené, ces derniers temps, comme vous avez vu, une
démarche, une initiative très forte pour de la formation et du recrutement...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le temps est terminé pour ce bloc d'intervention. Je me
tourne maintenant du côté de la deuxième opposition. Député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
17 min 34 s pour votre dernier bloc.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. J'y vais rapidement, Mme la ministre. Vous étiez
sur le sujet de la construction. On vous a fait fournir une proposition, cette
semaine, de programmes pilotes. Est-ce que vous avez une position préliminaire
sur ce genre de position?
Mme Fréchette : Oui. Non
seulement on a une... on a une position préliminaire, on a même des actions.
Parce qu'en fait ce que l'on a présenté au 1er novembre dernier, ça répond
à cette demande-là que vous nous transmettez, à savoir que, pour les gens du
domaine de la construction, à partir du moment où le Programme de sélection des
travailleurs qualifiés sera en fonction, et on parle, donc, de fin novembre
2024, eh bien, les gens du domaine de la construction pourront avoir... accéder
à une passerelle qui les mènera vers la résidence permanente. Ce qui était très
difficile, pour eux, dans le système antérieur, parce qu'ils n'arrivaient pas à
cumuler, souvent, le nombre de points qui était requis pour accéder à la
résidence permanente. Avec le PSTQ, à partir de fin novembre, bien là, les
critères vont être différents, il faudra...
M. Cliche-Rivard : Vous vous
engagez à les inviter, à les prendre dans la bande d'intérêt.
Mme Fréchette : Oui. C'est
sûr que, comme c'est un secteur stratégique, comme je viens d'en faire mention,
bien, pour nous, les invitations, quand il s'agira de secteurs stratégiques,
bien, pourront être orientées vers ces secteurs-là. C'est un système qui va
nous permettre d'être beaucoup plus agiles, en lien avec les besoins du marché
et les besoins de, justement, répondre aux demandes des secteurs stratégiques.
Donc, la construction sera au nombre des secteurs qu'on va privilégier.
M. Cliche-Rivard : Je vous
invite quand même à aller le regarder. Je pense qu'il y a quelques éléments qui
ne sont pas exactement similaires à ce que vous prévoyez dans la phase III.
Donc, je vous envoie la...
Mme Fréchette : Bien,
notamment, la connaissance du français, parce que, justement, dans votre
proposition, vous mentionniez que le niveau 7, à l'oral...
M. Cliche-Rivard : Comme les
autres programmes pilotes.
Mme Fréchette : ...comme les
autres programmes pilotes pourraient être requis. Or, dans le PSTQ, on a modulé
le niveau de connaissances du français. Et, pour ceux qui oeuvreront dans le
domaine de la construction, pour une bonne part, ils auront à rencontrer...
17 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...pilote
serait... pourrait être requis. Or, dans le PSTQ, on a modulé le niveau de
connaissance du français, et, pour ceux qui œuvreront dans le domaine de la
construction, pour une bonne part, ils auront à rencontrer le niveau 5 en
termes de connaissances de français... du français à l'oral, et pas d'exigence
à l'écrit. Donc, ça rend encore plus accessible que dans votre proposition la
possibilité d'accéder à la résidence permanente.
M. Cliche-Rivard : Bien, c'est
bien, Mme la ministre. Vous ne pourrez pas dire qu'on ne se soucie pas du...
français ou du fait français, de notre côté.
Mme Fréchette : Bien, non. Je
salue, d'ailleurs, votre proactivité puis votre démarche constructive.
Vraiment, c'est intéressant.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Parfait.
Mme Fréchette : Maintenant, c'est
quelque chose qu'on avait déjà mis sur la table.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Capacité d'accueil. L'année dernière, aux crédits, on a discuté de ça, je vous
ai demandé si vous aviez des études en main sur la capacité d'accueil, vous m'avez
dit que non. Par contre, on a appris via Mme Sarah Champagne, dans Le Devoir,
le 2 avril, que vous aviez un prototype de tableau de bord en main depuis
deux ans, avec des versions en 2022 et en 2023, avec près de 30 indicateurs
qui ont été quantifiés de 2019 à 2022. J'aimerais ça savoir pourquoi on n'a pas
ces informations-là ou pourquoi on n'a pas ces indicateurs-là ou ces tableaux.
Est-ce que vous pouvez les publier ou les rendre publics?
Mme Fréchette : Bon, c'est un
tableau d'indicateurs qui a été utilisé pour les rencontres avec la Commission
des partenaires du marché du travail. Donc, il y a plusieurs instances, à la
fois syndicales, et patronales, et universitaires, qui oeuvrent en lien avec...
qui oeuvrent dans le cadre de la CPMT. Donc, voilà, c'est un tableau qui... qui
a été déjà diffusé, divulgué auprès des gens du... de la CPMT. Mais on a aussi
une autre action qu'on a mise en place depuis les crédits de l'année passée, c'est
qu'on a fait un appel à projets auprès du fonds de recherche... fonds de
recherche québécois, culture et société. Donc, en septembre dernier, il y a eu un
appel à projets pour documenter, faire des études sur la capacité d'accueil. Ça
s'est terminé en février dernier. Puis au mois d'avril, donc ces jours-ci, on
va savoir quels projets ont été retenus, donc quels professeurs et chaires, j'imagine,
vont être mis à contribution pour travailler sur cette notion de capacité d'accueil.
M. Cliche-Rivard : Mais ces
tableaux-là avec les 30 indicateurs, est-ce que vous... Vous l'avez
partagé à plusieurs gens. Est-ce que, nous, la société publique, la société
civile, les parlementaires... est-ce qu'on peut avoir accès à ça?
Mme Fréchette : Il n'a pas
été partagé au-delà de la CPMT. Donc...
M. Cliche-Rivard : OK. Mais
ce sont des fonds publics, avec égard, là.
Mme Fréchette : ...ce sont
ces acteurs-là qui ont...
M. Cliche-Rivard : Les
parlementaires pourraient y avoir accès.
Mme Fréchette : ...qui ont
oeuvré. Est-ce qu'il y a eu une démarche de mise à jour de ces tableaux?
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Il y a une
journaliste qui vous le demande, il y a un parlementaire aujourd'hui qui vous
le demande. Est-ce que vous pourriez les déposer dans les prochains jours, dans
les prochaines semaines?
Mme Fréchette : Moi, j'aimerais
ça attendre les projets qui seront retenus pour le fonds société et culture,
pour faire en sorte de divulguer, là, les notions qui sont développées par
rapport à cette...
M. Cliche-Rivard : J'entends,
Mme la ministre. Je vous rappelle quand même, c'est des fonds publics, là. En
tant que parlementaire, d'exiger ou de demander ces documents-là, je ne pense
pas que ce soit déraisonnable. Donc je vous envoie la demande. J'entends la
réponse.
Les arriérés, j'aimerais ça qu'on en
parle. Vous nous confirmez, donc, puis c'est Le Devoir qui le titrait,
là, que, dans la catégorie humanitaire, j'arrondis les sommes, mais il y avait
à peu près 12 000 personnes en attente. Mais on prévoit à peu près
450 admissions annuellement. Ce qui faisait faire une règle mathématique à
la journaliste qui faisait en sorte que ce serait 25 ans de délais de
traitement dans cette catégorie-là. Et je rappelle que, cette catégorie-là, on
parle aussi des Ukrainiens, dans le programme de réunification familiale
spécial, politique d'intérêt public du gouvernement fédéral. Est-ce que vous
nous confirmez vraiment que les gens qui appliquent, en ce moment, dans cette
catégorie-là, toutes choses étant égales par ailleurs, là, vont attendre 25 ans
avant de recevoir la résidence permanente au Québec? C'est exact?
Mme Fréchette : Comme je vous
dis, bien, les catégories de notre... nos différentes catégories d'immigration
convenues pour l'année 2024 et 2025 ont été déposées, là, au 1er novembre
dernier, et, pour la catégorie humanitaire, les délais sont vraiment très
longs.
M. Cliche-Rivard : Ils sont
de 25 ans.
Mme Fréchette : Alors, ça
fait en sorte que, bon, il y a une période d'attente vraiment considérable. L'année
prochaine, on va procéder à une nouvelle planification stratégique, on va
devoir définir à nouveau les orientations pour les années subséquentes. Donc, à
voir s'il y a des orientations différentes...
M. Cliche-Rivard : Vous
trouvez ça raisonnable?
Mme Fréchette : ...mais, pour
l'année 2024-2025, c'est le cadre dans lequel on oeuvre.
M. Cliche-Rivard : 25 ans,
Mme la ministre, pour un programme d'immigration du Québec, pour quelqu'un qui
se qualifie puis qui respectait la loi de l'immigration, là, vous trouvez ça
raisonnable? Vous trouvez ça efficace?
Mme Fréchette : C'est très
long. C'est très long.
M. Cliche-Rivard : 10 ans,
si je ne m'abuse, pour le refuge, actuellement. On avait 30 000 arriérés,
à peu près, pour 3 000 quelques places, là. J'arrondis, évidemment. Mais on
parle d'environ 10 ans aussi pour l'accès à la résidence permanente, dans
cette catégorie-là aussi. Vous le confirmez, ces... les chiffres fonctionnent,
c'est ça, la...
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : À peu
près, mais ça tournait autour de ça. C'était l'article du Devoir aussi
de cet été.
Mme Fréchette : On va <vous
revenir pour...
M. Cliche-Rivard :
...mais
ça tournait autour de ça. C'était l'article du Devoir aussi de cet été.
Mme Fréchette :
On
va >vous revenir pour la... l'indication.
M. Cliche-Rivard : Donc, des
programmes d'immigration. Puis là vous avez fait un rattrapage sur les gens
d'affaires, ce qui fait en sorte qu'on va diminuer ce délai-là aussi. Mais on
était dans des délais assez longs aussi dans cette catégorie-là.
Mme Fréchette : En matière
humanitaire, par ailleurs, on a accompagné des demandeurs d'asile. Si je
calcule depuis 2017, on a plus de 220 000 demandeurs d'asile qui sont
venus au Québec.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ça, c'est la catégorie de réfugiés. Mais sur...
Mme Fréchette : Ça, c'est
notre engagement en matière humanitaire, qui est quand même considérable.
M. Cliche-Rivard : J'entends,
j'entends. Mais ne serait-ce qu'il y a des gens qui respectent une convention
internationale, des réfugiés reconnus, au sens de nos règles internationales,
qui sont passés devant un commissaire à l'immigration, qui se sont qualifiés,
qui ont ensuite déposé une demande de résidence permanente, et qui ont obtenu
un certificat de sélection du Québec, et qui vont attendre 10 ans et, dans
la catégorie humanitaire, 25 ans... Moi, je vous soumets bien humblement
que ce ne sont pas des délais qui sont humains, attendre un quart de siècle,
attendre 25 ans pour recevoir une résidence permanente. Je pense que ça
mérite... et ça a matière à réflexion, je vous le soumets avec respect.
• (17 h 10) •
Mme Fréchette : Je vous
entends.
M. Cliche-Rivard : Hausse des
frais à IRCC, on s'est parlé de ça aussi l'année dernière. Les doubles frais,
on s'est parlé de ça aussi, à la consultation pluriannuelle, vous m'avez dit
que vous étiez sensible à cette question-là qu'on payait, surtout dans
l'immigration économique, assez cher, quand même, pour notre CSQ. C'est
correct, le Québec a le droit de le justifier. Mais après le fédéral se
retourne et a l'odieux, quand même, cette année, d'augmenter aussi ses frais,
encore une fois, à près de 1 525 $, beaucoup plus que ce que vous demandez
pour le CSQ, alors que l'ensemble du travail, pas tout le travail, mais la
grande majorité du travail pour l'évaluation économique, c'est vous qui l'a
fait. Est-ce qu'il y a des discussions sur ce volet-là, à savoir pourquoi le
Québec est doublement pénalisé? Parce qu'il n'y a aucune autre province où on a
des frais doubles comme ça entre le Québec et le fédéral. Moi, je ne suis pas en
train de dire que vos frais sont exagérés, je suis en train de dire que, le
fédéral, leurs frais doubles sont exagérés. Est-ce que vous en parlez avec
votre homologue Miller?
Mme Fréchette : Alors, bien
oui, vous m'aviez sensibilisée à ça l'année passée, puis là vous me
sensibilisez au fait qu'ils ont augmenté leurs frais. Je n'en étais pas
consciente, alors... Bien, il y a maintenant un nouveau ministre au fédéral,
donc je n'en ai pas reparlé avec lui depuis qu'il est en poste... En fait, oui,
avec le ministre antérieur...
M. Cliche-Rivard : Avec le
ministre Fraser, oui.
Mme Fréchette : ...mais avec M.
Miller je n'ai pas abordé la question. Mais je vais le faire, je vais le faire,
d'autant qu'il y a eu une augmentation des frais, comme vous soulignez. Alors,
je pense qu'il est important de réviser ces frais-là, considérant que nous
sommes deux gouvernements à traiter les demandes, et, par conséquent, qu'on se
partage le travail à réaliser, et qu'il serait normal que les frais soient
ajustés en conséquence.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'essentiellement parlant, puis vous le savez, là, pour l'Ontario, ce sont les
mêmes frais, alors que le Québec va faire tout le travail de sélection
économique. Je pense que c'est quelque chose à vérifier. Puis je vous le
soumets, dans nos temporaires également, c'est la même chose, il y a un double
frais. Donc, à étudier.
Je reste sur les temporaires. On a vu des
annonces du fédéral, vous en avez parlé, est-ce que vous, vous êtes ouverte à
prévoir une planification temporaire? Ça fait quelque temps qu'on en parle. Là,
le fédéral va nous arriver avec une planification pluriannuelle des
temporaires. Est-ce que vous avez l'intention de faire la même chose pour qu'on
se dote, nous aussi, de cibles à atteindre dans chacun des programmes?
Mme Fréchette : Nous, comme
vous savez, on s'engage, là, dans une réduction des travailleurs temporaires,
réduction également des résidents non permanents. Donc, on est tributaires,
pour une part, de ce que fera le fédéral par rapport aux demandeurs d'asile,
notamment, tributaires également de ce qu'ils feront par rapport au Programme
de mobilité internationale. Mais, de notre côté, avec nos leviers, on est à
analyser, effectivement, le plan d'action qu'on va adopter pour réduire le
nombre de résidents non permanents, comme je le disais tout à l'heure, tenant
compte aussi de la réalité des différentes régions et des différents secteurs.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'en amont...
Mme Fréchette : Et c'est...
Pour ce qui a trait aux demandeurs d'asile, bien, ce sera notamment l'occasion,
en mai prochain, d'aborder la question, lorsqu'il y aura le forum des ministres
de l'Immigration du Canada. Donc, j'ai accepté de participer à cette
rencontre-là, considérant que ce sujet-là sera abordé, et ce sera une occasion
de tenter de faire avancer la discussion.
M. Cliche-Rivard : Et on
espère que vous pourrez obtenir un accord de répartition humain, sensible, mais
en respect des capacités du Québec. On vous appuie là-dedans.
Mme Fréchette : Merci.
M. Cliche-Rivard : Par
contre, au préalable, en présélection, vous avez quand même beaucoup de pouvoir
au niveau du CAQ étudiant, CAQ PTPD... pardon, au niveau du PTET. Mais vous
avez quand même plusieurs éléments de levier...
Mme Fréchette : Oui,
exactement.
M. Cliche-Rivard : ...qui, je
pense, devraient être évalués. Et je ne vois pas pourquoi...
Mme Fréchette : Oui, ils le
sont, ils le sont.
M. Cliche-Rivard : ...on
laisse seulement le fédéral faire de la planification. Je pense, ça appartient
à vous aussi.
Mme Fréchette : Non, non,
non, ce n'est pas ce que je dis. On est tributaires aussi du fédéral, mais on a
nos leviers à nous. Et puis on est en analyse pour voir, justement, quel sera
l'impact des différentes possibilités d'actionner, d'activer ces leviers-là. Et
suite, donc, à cette analyse-là, combinée à des actions du fédéral aussi, que
je mentionnais tout à l'heure, M. Miller a annoncé un certain nombre de mesures
en lien avec les travailleurs temporaires. Donc, ces deux actions-là combinées
va nous donner le plan d'action global pour la suite des choses.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Vous avez répondu à mon collègue : 775 millions. Ça, c'est le
transfert de compensation ou l'entente envers... de l'accord Canada-Québec 2023-2024.
Le budget annuel du MIFI, lui, si je ne m'abuse, il est de 731 <millions,
c'est ça...
M. Cliche-Rivard :
...
2023-2024. Le budget annuel du MIFI, lui, si je ne m'abuse, il est de
731 >millions, c'est ça? C'est ce que j'avais à RG-33.
Mme Fréchette : Le nouveau
budget, là, 731 millions... bien, en fait, 736 millions...
M. Cliche-Rivard : 736.
Mme Fréchette : ...pour être
plus exact, là, pour l'année 2024-2025.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, si je comprends bien, au Trésor québécois, au Trésor québécois, là, le
MIFI, il ne coûte pas d'argent.
Mme Fréchette : Bien, c'est
qu'il n'y a pas que le MIFI qui contribue à ce qui est financé par l'accord, la
compensation de l'accord. Comme je le mentionnais tout à l'heure, il y a le
ministère de l'Éducation, le ministère de l'Enseignement supérieur, le
ministère de la Santé, également, Services sociaux. Donc, tous ces
ministères-là sont engagés dans les actions.
M. Cliche-Rivard : Mais c'est
inclus dans votre 731 millions, ça, vous le dites, ce qui comprend 230 millions
pour d'autres ministères.
Mme Fréchette : Oui. C'est
parce que vous me dites que le MIFI ne coûte rien. Mais c'est parce que
l'argent ne va pas à 100 % au MIFI. L'argent est réparti auprès de
quatre autres ministères.
M. Cliche-Rivard : C'est
exact, 240 millions sont effectivement répartis.
Mme Fréchette : Exact, exact.
M. Cliche-Rivard : Plus le
MIFI, égale 731 millions.
Mme Fréchette : Et ça, ce ne
sont pas les dépenses réelles, ce sont les dépenses prévues. Donc, c'est au
final qu'il faut vraiment regarder ce que ça donne.
M. Cliche-Rivard : Plus les
frais d'immigration que vous percevez, évidemment, là. C'est un fait, là, vous
ne dépensez pas... le Trésor québécois ne dépense pas, avec le MIFI.Outre
le milliard que le fédéral nous doit, absolument, là. Mais, pour le reste, on
ne perd pas d'argent avec l'immigration au Québec.
Mme Fréchette : On dépense ce
qui nous est versé, en termes de services aux personnes immigrantes, notamment
la francisation. On a vraiment des sommes considérables qui doivent être
dépensées.
M. Cliche-Rivard : Qui
viennent du fédéral.
Mme Fréchette : Bien, qui
sont dans la compensation, entre autres.
M. Cliche-Rivard : Ou s'il y
a de l'argent du Trésor? Il y a-tu de l'argent du Trésor du Québec qui vient en
francisation directement, sans passer par...
Mme Fréchette : Bien, comme
je vous dis, il y a des fonds qui s'en vont aussi au ministère de
l'Enseignement, ministère de l'Éducation, ministère des Services sociaux. Donc,
il faut tenir ça en considération quand on regarde l'enveloppe globale, et puis
le milliard qu'on a dépensé, en fait, tous ces ministères-là à l'oeuvre, et
qu'on espère en revoir la couleur entièrement.
M. Cliche-Rivard : Mais,
outre le milliard, c'est ça, pour des questions de demandeurs d'asile, que je
comprends, dont on espère la compensation, pour le reste, au Trésor québécois,
là, dans l'assiette fiscale du Québec, on ne dépense pas. On reçoit l'argent
pas mal égal, sinon un petit peu moins, sinon plus.
Mme Fréchette : Il faut voir
au réel. Il faut voir au réel ce que ça va donner au terme de l'année.
M. Cliche-Rivard : C'est ce
que vos chiffres nous disent.
Mme Fréchette : Parce que,
ça, c'est les chiffres, comme je vous dis, de prévision, ce qui est prévu. Mais,
au réel, ça donne autre chose. Les chiffres sont toujours plus élevés quand il
s'agit du réel.
M. Cliche-Rivard : Mais c'est
important de... Je trouve que c'est un point important à faire, quand même,
sans diminuer tout l'effort que vous y mettez. C'est quelque chose qui est à
rappeler.
Refus, on revient, puis je ne veux pas...
Particulièrement, on a parlé de ça, sur vos normes de services. On s'entend
qu'en 2024 refuser un certificat de sélection dans le PEQ ou ailleurs, parce
qu'un document est en noir et blanc... on s'entend qu'en 2024, ça ne fonctionne
pas, comme motif de refus. Est-ce qu'on est d'accord?
Mme Fréchette : Écoutez,
nous, on analyse les documents, on demande à ce qu'ils soient transmis dans le
format avec lequel ils ont été délivrés. Donc, s'ils sont délivrés en couleur,
bien, on souhaite le format couleur. S'ils sont délivrés en noir et blanc, eh
bien, on souhaite avoir la copie telle qu'elle a été délivrée.
M. Cliche-Rivard : Donc, si
le document est délivré de cette façon-là puis que la personne l'atteste, on
s'entend qu'il n'y aura pas de refus?
Mme Fréchette : Il n'y aura
pas de refus si c'est ça, l'élément qui est problématique. Mais ça ne peut
pas...
M. Cliche-Rivard : Je suis
d'accord.
Mme Fréchette : Ce n'est pas
systématiquement cet élément-là qui est problématique, et je pense vous en
avoir fait part.
M. Cliche-Rivard : Comme je
vous dis, je parle de manière générale. Même chose sur votre obligation de la
signature manuscrite sur les lettres d'emploi pour un document qui sera par la
suite numérisé et déposé sur un portail électronique. Est-ce que vous pensez
que c'est encore d'actualité, comme exigence?
Mme Fréchette : Bien,
souvent, la signature nous permet de formaliser, de confirmer la véracité du
document. Donc, il faut être rigoureux.
M. Cliche-Rivard : Bien, vous
n'avez pas de...
Mme Fréchette : Et puis ça
fait partie notamment des processus qui sont requis pour plusieurs des
documents.
M. Cliche-Rivard : Mais vous
n'avez pas de contre-document pour vérifier une signature manuscrite d'un
employeur qui se situe à des centaines de kilomètres de votre ministère, là. J'entends,
là...
Mme Fréchette : Bon, est-ce
que, de ce côté-là, c'est la multiplication des signatures qui fait foi de la
véracité, je...
M. Cliche-Rivard : Mais donc
ce que je vous soumets, c'est que ça n'a aucun élément de sécurité. Vous allez
ensuite le numériser puis le déposer. Moi, c'est ce que j'entends de plusieurs
personnes. Comme quoi... Puis je suis content, je pense que, de votre côté,
puis vous l'avez dit tout à l'heure, vous étiez à une révision des processus.
Je pense que ce genre d'exigences là, ce genre de demandes là, pour moi, sont
anachroniques et, pour moi, mériteraient d'être réévaluées, là. Quand on parle
de couleur de documents, quand on parle de signature manuscrite sur des trucs
qui vont être déposés sur un portail électronique, par la suite, je pense qu'au
Québec, pour des candidats, des candidates francophones qui sont en région puis
qui travaillent... je me demande si, à un moment donné, il ne faut pas qu'on
fasse la part des choses.
Puis là, encore une fois, je vous le parle
de manière globale, je ne vous parle pas d'un cas individuel. Mais je pense
qu'on a du travail à faire sur l'assainissement de nos processus puis je suis
heureux de savoir que vous allez vous y <occuper.
Mme Fréchette :
Oui...
M. Cliche-Rivard :
...l'assainissement
de nos processus puis je suis heureux de savoir que vous allez vous y >occuper.
Mme Fréchette : Oui. On a
déjà... En fait, j'ai déjà fait part de mon ambition de clarifier les
communications, de les rendre plus fluides et peut-être plus fréquentes aussi.
Parce que, quand les gens restent des mois durant sans communication, ça peut
créer un stress. Donc, parfois, juste pour dire : On sait que vous êtes
encore dans la file d'attente, ça peut être réconfortant.
Mais il reste qu'il faut être très
rigoureux. Il y a des gens qui, parfois, s'essaient pour traverser des
processus auxquels ils ne devraient pas pouvoir accéder et qui, utilisant des
documents falsifiés, puissent... peuvent... peuvent y parvenir. Donc, on veut
s'assurer... On veut se garder des portes de sortie, advenant qu'on ait un
doute. Vous savez, il y a des choses que l'on n'applique pas nécessairement
systématiquement, mais que, lorsque surgit un doute, on peut référer à
certaines demandes plus précises. Donc, c'est important qu'on puisse maintenir
un niveau de rigueur quand même élevé.
• (17 h 20) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Merci, M. le député. C'est
ce qui met fin à ce bloc. Je me tourne à nouveau vers le député de l'Acadie
pour une période de 17 min 7 s.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, Mme la ministre, j'aimerais qu'on continue notre dialogue
avec les travailleurs étrangers. Notre premier ministre semble trouver... il
dit ouvertement qu'il y a trop d'immigrants au Québec. Donc, très bien. Moi,
quand je parle à des entreprises, ils disent qu'ils ne pourraient pas
fonctionner sans les immigrants. Ça fait que, là, on a un problème. Tout à
l'heure, vous nous avez dit qu'il y en avait trop. Est-ce que vous voulez en
remettre dehors? En fait, comment vous allez faire pour diminuer le nombre?
Puis là je vous parle... je vous parle de travailleurs, je vous parle
d'immigrants temporaires. Qu'est-ce que vous allez mettre en place pour réduire
ce nombre-là? Parce qu'il y en a trop, hein, c'est ce que votre gouvernement
dit. Puis qu'est-ce que vous allez faire?
Mme Fréchette : ...est-ce
qu'on m'entend? Oui. Il y a différentes mesures qui sont envisageables. Comme
je vous dis, on est en train de procéder aux analyses, donc je ne vais pas vous
donner d'annonce cet après-midi parce que les... les analyses ne sont pas
complétées. Mais je vous invite à regarder, par exemple, ce qu'a énoncé le
ministre Miller au début de mars. Il a annoncé qu'il voulait réduire le nombre
de travailleurs temporaires. Donc, il a annoncé, par exemple, que les
évaluations d'impact sur le marché du travail allaient être d'une validité de
six mois et non pas 12 mois, comme c'était le cas jusqu'à récemment. Donc,
ça, c'est un des changements qui a été proposé. Il a indiqué également que le
pourcentage maximum de travailleurs étrangers au sein d'une même entreprise
allait être réduit. Pour certains secteurs, ça va passer de 30 % à
20 %. Donc, ça, c'est un autre exemple de mesure qui fait en sorte
d'atténuer... de réduire, plutôt, le nombre de travailleurs étrangers
temporaires qu'il y aura sur le territoire.
Ce que l'on veut éviter, c'est que... dans
le fond, que les travailleurs étrangers temporaires très faiblement salariés ne
soient pas en soi un modèle auquel recourent une grande multitude de secteurs
économiques. On veut faire en sorte que ce soit, comment dire, en complément,
qu'il y ait des travailleurs étrangers temporaires. On veut encourager
également le rehaussement de la productivité. On le sait, au Québec, en termes
de productivité, on est derrière le Canada, on est en peloton... en queue de
peloton. Et puis le Canada est derrière les États-Unis en termes de
productivité. Alors, on a beaucoup à faire, en termes de rattrapage, sur le
plan de la productivité. Et, parfois, peut-être qu'on pourrait recourir
davantage à des investissements dans les technologies, nouvelles façons de
faire, pour faire en sorte de se remettre à niveau, plutôt que de recourir à
des travailleurs étrangers. Donc, c'est des formules que l'on met de l'avant.
Et voilà, pour les différents leviers, les analyses sont en cours.
M. Morin : Si vous permettez,
le premier ministre Legault dit également qu'il y a une pénurie de
main-d'oeuvre en même temps. Donc, si vous diminuez ou si vous adoptez, par
hypothèse, des mesures qui sont semblables à celles que pourrait adopter le
gouvernement fédéral, vous allez accroître la pénurie, si vous réduisez le
nombre de travailleurs dans des usines. Donc, comment vous allez être capables
de composer, de conjuguer ça? Parce que, par ailleurs, on est en pénurie de
main-d'oeuvre.
Mme Fréchette : Bien, en
fait, il y a des... Tout dépend des secteurs qui seront concernés. Il y a des
secteurs pour lesquels on pense qu'un rehaussement de la productivité pourrait
être la vraie solution, plutôt que le recours à des travailleurs étrangers
temporaires. Donc, comme je vous dis, on va avoir une analyse différenciée
suivant les secteurs. Lorsqu'il sera question de secteurs stratégiques, on va
regarder ça différemment. Mais, pour les autres secteurs, on veut, voilà, faire
en sorte que la pénurie de main-d'oeuvre actuelle constitue une occasion pour
rehausser la productivité pour de nombreuses entreprises. Parce que, si ça ne
se passe pas là, quand est-ce que ça va survenir? Donc, on pense qu'il y a un
bond en avant qui peut être fait. Puis notre présence en queue de peloton au
sein du Canada <en matière...
Mme Fréchette :
...
avant qui peut être fait. Puis notre présence en queue de peloton au sein du
Canada >en matière de productivité est un reflet qu'on pourrait faire
autrement, aussi, pour de nombreuses entreprises.
M. Morin : Est-ce que
vous avez un plan pour accompagner les entreprises pendant cette transition-là?
Parce qu'il ne faudrait pas recréer ce qui s'est passé avec les pêcheurs de
crabe.
Mme Fréchette : Effectivement.
Bien, si vous regardez du côté d'Investissement Québec, il y a un parcours, là,
j'oublie le nom, là... mais un parcours productivité qui est mis en place pour,
justement, accompagner des entreprises sur le chemin du rehaussement de la
productivité. Alors, pour nous, c'est un partenaire important, Investissement
Québec. Il ne faut pas tout simplement laisser à elles-mêmes les entreprises. Il
faut leur faire valoir qu'il y a cette opportunité qui s'offre à elles puis de
les accompagner dans ce cheminement-là. Parce que ce n'est pas en un claquement
de doigts que l'on décide, du jour au lendemain, d'être plus productif. Il faut
avoir un plan de match, il faut être bien conseillé, il faut y aller par étape.
Et je pense qu'Investissement Québec peut être un partenaire de choix pour ça.
M. Morin : Est-ce que
vous pensez geler, par exemple, le nombre de CAQ, donc, certificats
d'acceptation au Québec que vous émettez?
Mme Fréchette : Comme je
vous dis, on n'en est pas aux mesures comme telles. Je n'ai pas de scoop pour
vous cet après-midi là-dessus. Alors, les analyses sont en cours quant à ce
qu'on pourrait faire, mais on veut y aller avec méthode, de manière
responsable. Donc, pour nous, l'idée d'un gel sur le nombre de travailleurs
temporaires, par exemple, ce n'est pas... ce n'est pas considéré, parce que ça
ne va pas répondre aux nuances qu'on doit adopter, avoir quand il s'agit de
réduire le nombre de résidents non permanents.
M. Morin : Puis est-ce
que vous avez une idée de l'échéancier où vous allez mettre ces mesures en
place?
Mme Fréchette : Bien, en
fait, ça va être à court terme. Puis ça peut se faire par étapes, hein, ça n'a
pas besoin d'être déployé en une seule et même phase. Il pourrait y en avoir
une partie au cours des trois prochains mois, une autre partie dans huit,
10 mois. Donc, on a... On a aussi à aiguiller nos mesures en fonction de
ce que l'on aura décidé dans un premier temps. Il faut voir comment le pudding
va réagir, parce qu'on va tester différentes mesures et puis, après ça, on
va... on va aiguiller nos mesures suivant ce que ça donnera sur le terrain.
Parce que, comme je vous dis, quand il s'agit, par exemple, d'adopter un ticket
modérateur, eh bien, dans quelle mesure ça va influencer un comportement d'une
entreprise, on ne le sait pas toujours à l'avance. Il y a des choses pour
lesquelles on pourrait y aller de manière chiffrée, de manière fixe, là; par
exemple, diminuer, comme l'a annoncé M. Miller, le pourcentage de
travailleurs étrangers temporaires dans une même entreprise de 30 % à
20 %. Bon, ça on pourra avoir une idée de qu'est-ce que ça va donner au
bout du compte. Mais, si on y va plutôt par une mesure incitative, bien là, les
résultats sont moins facilement chiffrables.
M. Morin : Et en termes
d'immigration, est-ce que vous en tenez compte, dans votre planification, par
exemple, du nombre de CSQ puis de CAQ que vous émettez? Parce que des fois j'ai
l'impression que vous en émettez puis vous avez des cibles, puis il n'y a pas
de corrélation entre les deux ou, en tout cas, c'est difficile d'en avoir. Vous
devez les...
Mme Fréchette : Bien, pour les
travailleurs temporaires, ces dernières années, du fait de la pénurie, on a
visé, en fait, à faciliter l'accès à des travailleurs temporaires. Maintenant,
du fait de leur grand nombre, du fait aussi du grand nombre de gens qui
viennent via des programmes fédéraux, le PMI, du fait aussi de l'arrivée des
demandeurs d'asile, tout ça, ça a créé un contexte où, là, il fallait
réorienter le tir. Et puis c'est pour ça qu'on est maintenant dans un processus
de réduction des résidents non permanents qui va rejoindre l'ensemble de ces
statuts-là. Donc, voilà.
M. Morin : Dans vos
statistiques, vous tenez compte de ceux qui arrivent via le PMI. Il en arrive
combien?
Mme Fréchette : Par le
PMI, en ce moment, il y en a... Je ne sais pas, je ne veux pas vous induire en
erreur. PMI...
Une voix : ...
Mme Fréchette : 31 décembre?
107 000, au 31 décembre, il y en avait.
M. Morin : Donc,
107 000. Et au niveau des CAQ, certificats d'acceptation au Québec, vous
en avez émis 164 000 au 31 janvier 2024, c'est exact, si je ne me
trompe pas...
Mme Fréchette : On va
vous revenir sur le nombre exact.
M. Morin : ...que vous avez
délivrés? C'est à la page 242 du cahier explicatif des crédits. Là-dessus,
il y en a 134 036 qui sont pour des étudiants étrangers...
Mme Fréchette : Des étudiants,
c'est ça.
M.
Morin :
...30 000 pour des étudiants temporaires...
Mme Fréchette : Pour des
travailleurs.
M. Morin : ...pour des
travailleurs temporaires, pardon.
Mme Fréchette : Des
travailleurs temporaires, voilà. C'est une combinaison de deux catégories.
M. Morin : Oui, c'est
ça. Est-ce que vous avez l'intention de réduire le nombre de CAQ que vous
émettez pour des étudiants étrangers?
Mme Fréchette : Bien, on
n'a pas statué là-dessus. On est à faire des analyses, différents scénarios
sont sur la table. On a besoin de voir aussi l'impact qu'auront les mesures du
fédéral, comment le fédéral aussi va se positionner <par rapport...
Mme Fréchette :
...
qu'auront les mesures du fédéral, comment le fédéral aussi va se positionner
>par rapport aux demandeurs d'asile. J'espère que le forum, en mai
prochain, va nous donner une indication à cet effet-là. Parce que, quand on
parle des résidents permanents, c'est un tout qui comprend vraiment une grande
diversité de profils. Donc, on n'a pas statué sur ce nombre-là.
M. Morin : Au niveau de
l'immigration temporaire, des immigrants temporaires, mon collègue le député de
Nelligan, alors qu'il était le porte-parole en immigration, a déposé un projet
de loi, le projet de loi n° 493, qui vise à,
évidemment, tenir compte des résidents temporaires aux fins de la planification
de l'immigration. Ce projet de loi a été déposé. Ça pourrait vous aider dans
votre planification. Je ne crois pas qu'il ait franchi beaucoup d'étapes.
Alors, est-ce que vous avez des discussions avec le leader du gouvernement pour
faire avancer ce projet de loi?
• (17 h 30) •
Mme Fréchette : Bien, je
vous dirais, en fait, qu'on peut agir sur l'immigration temporaire sans projet
de loi, là, on n'a pas besoin d'un cadre législatif donné. On a des leviers qui
sont à notre disposition, puis c'est avec ces leviers-là qu'on est en train
d'élaborer un plan d'action pour l'année, les mois à venir. Donc, c'est sur la
base des leviers dont on dispose, puis des évaluations, et de l'évolution de la
situation qu'on va définir ce plan d'action.
M. Morin : Sauf que vous
venez... vous venez de dire également que vous avez augmenté le nombre de
travailleurs étrangers temporaires qui sont rentrés. Il y a un grand nombre de
certificats d'acceptation, CAQ, qui sont émis. Par contre, pour vos immigrants
qui vont devenir des citoyens canadiens, le nombre est beaucoup plus restreint.
C'est comme si, dans votre planification, vous aviez un contrôle strict sur les
immigrants qui vont devenir des citoyens canadiens. Vous avez des cibles très
strictes en matière de regroupement familial. Mais c'est comme pour... si, les
temporaires étrangers, il n'y avait pas de critère ou c'était beaucoup moins
strict. Puis d'ailleurs vous venez de dire que vous en avez admis plus. En
fait, c'est comme si vous fermiez la porte principale de la résidence, mais
c'est comme si les portes secondaires ou la porte de garage étaient ouvertes.
Donc, c'est un peu curieux, votre planification.
Moi, je vous dis, le projet de loi
pourrait vous aider. Vous dites : On n'en a pas besoin. Donc, comment,
vous... vous organisez tout ça au sein de votre ministère? Parce que là, dans
notre conversation, on souligne que les travailleurs temporaires sont
essentiels pour le développement de l'économie québécoise, mais... Puis on a
des étudiants étrangers qui viennent quand même en grand nombre, qui font vivre
nos universités, entre autres, puis qui font vivre aussi la recherche, les
études, les études supérieures. Mais notre premier ministre n'arrête pas de
dire qu'on en a trop. Donc, ça m'apparaît, en fait, contradictoire comme
message que le gouvernement envoie. Comment allez-vous faire pour mieux,
éventuellement, gérer, parce que c'est ce que vous voulez faire, l'immigration
temporaire?
Mme Fréchette : Bien, d'une
part, je voudrais souligner quand même que d'accéder à la résidence permanente,
c'est un geste beaucoup plus conséquent que d'obtenir un permis de travail ou
un permis d'études pour une année, deux années, trois années. Donc, c'est important
d'avoir un contrôle serré sur ceux qui vont accéder à la résidence permanente.
Puis c'est sur cette catégorie aussi que le Québec a un pouvoir de sélection.
Donc, c'est important pour nous d'exercer ce pouvoir-là avec toute la rigueur
qui est requise. On gère la demande puis le nombre de CSQ, puis c'est prévu
dans notre... dans notre plan.
Maintenant, pour ce qui est de la
situation des dernières années, récentes années, c'est qu'il y a eu une hausse
considérable du nombre de travailleurs étrangers temporaires qui sont venus au
Québec et une hausse considérable aussi des demandeurs d'asile. Donc, c'est sûr
que le portrait dans lequel on a développé nos plans d'action puis nos... notre
planification stratégique a évolué très rapidement en très peu de temps. Et
donc c'est ce pourquoi on travaille sur un plan d'action en vue de réduire le
nombre de résidents non permanents. Mais pour ce qui est du chemin à prendre
pour accéder à la résidence permanente, bien ça, ça reste un domaine pour
lequel on a un pouvoir de sélection qui est central, qui est très important
puis qui nous permet de planifier des années à l'avance.
M. Morin : Bien.
Récemment, et à l'invitation de mon collègue le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
nous avons rencontré M. Tomoya Obokata, le rapporteur de l'ONU, qui est
venu nous parler puis nous faire part de ses études en ce qui a trait à la
précarité de certains travailleurs immigrants temporaires. Est-ce que vous
l'avez rencontré, M Obokata?
Mme Fréchette : Oui, tout à
fait, j'ai rencontré le rapporteur spécial de l'ONU en décembre...
17 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...rencontré M.
Obokata?
Mme Fréchette : Oui, tout à
fait, j'ai rencontré le rapporteur spécial de l'ONU en décembre dernier. Donc,
on a eu l'occasion d'échanger sur à la fois son mandat, sur la réalité qu'il a
vue sur le terrain, lui faire comprendre aussi le cadre législatif et les
actions qu'on a prises aussi pour faire en sorte que cessent les abus que
certains employeurs exercent sur leurs travailleurs étrangers temporaires. On a
notamment la CNESST qui a développé une escouade qui est maintenant devenue
permanente depuis l'année dernière et qui veille aussi à sensibiliser les
travailleurs étrangers temporaires quant à leurs droits. On les accueille aussi
à l'aéroport de Montréal avec des informations sur ces droits dont ils
disposent. On essaie de le faire aussi en amont, même avant même que les gens n'arrivent
au Québec.
Donc, bref, on a expliqué ça au rapporteur
spécial pour qu'il comprenne le cadre dans lequel on oeuvre puis ce que l'on a
mis en place pour éviter les abus. Donc, ça a été un échange très fructueux,
intéressant. Et voilà, je pense que, bien, j'ai hâte de voir son... son rapport
pour voir ce qu'il en conclura.
Mais j'ai surtout expliqué au rapporteur
spécial l'action que l'on a prise à l'endroit des permis de travail fermés. Parce
que, dans le cadre de la commission parlementaire, il avait été question
justement des impacts que vivent... certains travailleurs étrangers temporaires
du fait de leur permis de travail fermé et de la vulnérabilité dans laquelle
ils pouvaient se retrouver. Et donc, suivant ces témoignages-là, bien, on a
donné un mandat à la Commission des partenaires du marché du travail de
documenter la réalité entourant les permis de travail fermés et de voir s'il y
a des alternatives qui seraient à considérer, qui seraient à mettre en place. Et
je serais intéressée de voir le rapport final, donc, de la CPMT, parce que,
normalement, ils adoptent leurs résolutions par consensus. Donc, on aurait à la
fois le patronat, les syndicats, des gens du milieu de l'employabilité qui vont
être derrière le rapport. Alors, j'ai bien hâte de voir ce qu'ils vont nous
transmettre. Ça va être pris en considération pour la suite des choses.
M. Morin : Pourtant, le 21 mars
dernier, il y a un mandat d'initiative qui a été présenté pour se pencher sur
la question des conditions de travail des travailleurs immigrés et étrangers.
Votre gouvernement a refusé le mandat d'initiative. Est-ce que c'est parce que
ce n'est pas prioritaire pour vous?
Mme Fréchette : ...on a ce
mandat, en fait, qui a été octroyé à la CPMT l'automne dernier et qui est en
cours. Donc, voilà, ça, c'est l'action que notre gouvernement a prise et qui
devrait se conclure au cours des prochaines semaines, là, avec le dépôt du
rapport de la CPMT.
M. Morin : Et pouvez-vous me
rappeler le mandat que vous avez donné à la CPMT?
Mme Fréchette : Alors, il s'agit,
pour eux, de documenter la réalité des permis de travail fermés, voir, bien, le
profil des gens, qui est concerné par ça, est-ce que... quels sont les secteurs
qui sont concernés par les permis de travail fermés, est-ce qu'il y a des
enjeux qui se posent entourant les permis de travail fermés, est-ce que ce que
décrit le rapporteur spécial de l'ONU, c'est quelque chose de répandu ou c'est
plutôt à la marge, donc avoir une évaluation comme ça de l'ampleur des enjeux
en lien avec la vulnérabilité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Fréchette : Et puis
documenter des alternatives possibles.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Ce bloc est terminé. Alors, je me
tourne du côté du député de Matane-Matapédia pour son dernier bloc. 17 min 44
s.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Je vais poursuivre avec le rapport du Commissaire à la langue
française, Immigration temporaire : choisir le français, je le
montre à la caméra, février 2024. Tout à l'heure, j'avais mis en lumière une de
mes recommandations pour que la ministre puisse m'indiquer si elle avait envie
de... d'améliorer sa proposition. Donc, elle a parlé de sa proposition de
novembre, je crois. Cette proposition date de février, alors juste pour la...
réindiquer de quoi il s'agit, le commissaire Dubreuil suggère qu'un travailleur
étranger temporaire démontre qu'il maîtrise... à l'oral le niveau 5, c'est-à-dire
la capacité de comprendre l'essentiel de conversations portant sur des sujets
courants, de comprendre l'essentiel de la description d'un poste à pourvoir
dans l'entreprise où travaille un ami.
Est-ce que cette recommandation, puis si
le commissaire nous écoute, a des chances de pouvoir être prise en
considération?
Mme Fréchette : Bien, nous,
en fait, on a... on a expliqué l'orientation dans laquelle on s'engage le 1er novembre
dernier avec l'adoption d'une mesure faisant en sorte que les travailleurs
temporaires qui sont ici depuis trois ans pour une raison principale de travail
et qui veulent renouveler leur permis de travail devront donc démontrer une
connaissance du français de niveau 4, donc la fin du bloc débutant. Donc,
c'est un niveau qui nous apparaît acceptable pour les travailleurs temporaires.
Parce qu'il faut voir que, bien, pour nous, de franciser quelqu'un qui est ici
au Québec pour des raisons de travail que pour quelques mois, eh bien, ce
serait franchement une <pression...
Mme Fréchette :
...mois,
eh bien, ce serait franchement une >pression considérable pour nos fonds
publics et notre fonction publique aussi, qui oeuvre à la francisation.
M. Bérubé : D'accord. Donc,
le niveau 5 n'est pas considéré comme étant essentiel pour... pour l'arrivée,
pour la connaissance du français?
Mme Fréchette : Juste en
complément. Bien, c'est parce que quelqu'un qui s'engage déjà jusqu'au niveau 4,
on est... on a... on a le sentiment qu'il va vouloir s'engager aussi pour la
suite des choses. Autrement dit, l'important pour nous, c'est de faire en sorte
que la personne s'engage dans un processus puis qu'après ça elle le maintienne.
Puis c'est un peu la même logique aussi qui se pose pour le français en
entreprise, on veut faire en sorte que les gens se mettent en mouvement, bref,
et il y a de cette idée-là.
• (17 h 40) •
M. Bérubé : OK. Très bien. Je
vais en aborder une autre, qui est d'évaluer la possibilité de verser une aide
financière supplémentaire en vue de soutenir l'apprentissage intensif du
français avant l'arrivée au Québec. Est-ce que ça a été envisagé?
Mme Fréchette : D'évaluer?
Pardon. J'ai perdu la question.
M. Bérubé : Bien,
c'est-à-dire qu'une aide financière...
Mme Fréchette : Une aide
financière.
M. Bérubé : ...pour permettre
l'apprentissage intensif du français avant l'arrivée au Québec. Ça peut être
des cours qui sont donnés de différentes...
Mme Fréchette : Oui, oui,
oui. Bien, c'est déjà en vigueur. On a des personnes qui peuvent prendre des
cours en vue de leur séjour au Québec, qui peuvent se faire rembourser jusqu'à
hauteur de 1 800 $ leurs frais de francisation. Alors, c'est sûr que
ça s'adresse à un certain public, mais ça existe déjà. Donc, est-ce qu'il y a
lieu de l'élargir? Bien, vous comprendrez que nos ressources sont limitées. Et,
pour l'instant, du côté de Francisation Québec, on va mettre nos ressources
nouvelles sur l'offre de service que l'on déploie pour ceux qui sont déjà basés
au Québec. Mais ça existe déjà. Donc, voilà, c'est une mesure intéressante.
M. Bérubé : OK. Si vous avez
des tableaux là-dessus ou des indications, ça nous intéresse d'en savoir plus
sur le... la méthode, comment ça fonctionne.
Mme Fréchette : La méthode de
remboursement? De...
M. Bérubé : Oui, puis
qu'est-ce qui est éligible comme formation...
Mme Fréchette : À qui ça se
destine et...
M. Bérubé : Bien oui, puis
quel type de formation est accepté pour être remboursé, est-ce que c'est avec
un tuteur, c'est avec une formule, est-ce que c'est sur Internet, tout ça. Bon.
Il y a différentes formules. Pour...
Mme Fréchette : OK. OK.
Est-ce qu'on a...
M. Bérubé : Pour ma
compréhension. Mais on n'est pas obligés de l'avoir maintenant, mais ça peut
arriver plus tard.
Mme Fréchette : Oui, oui. On
a des informations. On va vous déposer ça.
M. Bérubé : OK. Parce que ça
prend différentes formes. Puis il y a des gens qui... qui aident d'autres
personnes aussi pour... favoriser l'apprentissage.
Parlant de ça, taux de réussite aux cours
de francisation, la donnée que j'ai est de 2017. Bon. Avant l'arrivée du
gouvernement actuel, la francisation des immigrants, bien, c'était un échec.
Puis ça, c'est ce que conclut la Vérificatrice générale. Donc, environ
90 % n'ont pas obtenu le seuil d'autonomie langagière. Depuis, ces
chiffres, on n'a pas réussi à les obtenir. Donc, je présume qu'avec toutes les
personnes qui accompagnent la ministre, on pourrait avoir les chiffres pour
2023-2024. C'est quoi, le taux de réussite aujourd'hui?
Mme Fréchette : Bon. Ici,
j'ai un petit tableau qui est marqué Proportion des élèves ayant commencé leur
francisation au stade débutant et qui ont atteint le stade intermédiaire, soit
à l'oral, soit à l'écrit. Alors, en 2019-2020, il était de 70 %, ce taux.
Ensuite, il est tombé à 61 %. Ensuite, il est remonté à 66 % en
2021-2022. Et il s'est établi à 64 %, pratiquement, en 2022-2023. On n'a
pas encore la donnée pour 2023-2024, mais la... Ah oui! On a 68 %,
68 % pour 2023-2024, au 31 janvier. Et la cible était légèrement plus
élevée.
M. Bérubé : Quel est... Quelle
est la cible du ministère?
Mme Fréchette : 71 %
pour 2023-2024.
M. Bérubé : OK. OK. Bon.
Puis, entre les deux, bien, j'imagine, on serait capables de voir si, entre
2017 et 2023, 2024, il y a une courbe ascendante, si on est sur la bonne voie.
Ça aussi, évidemment, ce serait intéressant. Donc, ce serait un indicateur qui
nous inquiète moins pour l'avenir.
Parlant d'indicateurs qui nous inquiètent
davantage, il y a des personnes très compétentes qui fouillent ces
questions-là. Je vais parler d'une personne qui a travaillé avec le
gouvernement de la CAQ, qui s'appelle Tania Longpré, qui a signé un texte le 25 août
2023, dans Le Devoir, intitulé Capharnaüm à Francisation Québec.
C'est ses mots, c'est le titre. Donc, elle... elle connaît ça parce que c'est
son travail. Elle a consulté le gouvernement de la CAQ là-dessus. Elle
s'inquiétait de... des délais, de la façon d'opérer, puis elle souhaitait que
la ministre puisse procéder à des améliorations. Je pense, la ministre l'avait
manifesté assez rapidement à la fin de l'été 2023, donc on en est où
là-dessus, pour améliorer le rendement? Puis est-ce qu'on a... Ça passe juste
par des ressources ou il y a des méthodes qui ont changé? C'est quoi, l'état de
situation?
Mme Fréchette : Oui. Bonne
question. Alors, c'est un peu de tout ça. C'est sûr qu'au mois d'août on était
dans les balbutiements, le déploiement initial de Francisation Québec, hein? Ça
a été mis sur pied en juin, donc c'est sûr que, bon, il y avait des ajustements
multidimensionnels à opérer, un gros navire à faire accoster... ou plutôt
quitter le port. Donc, voilà, au mois d'août, c'était quand même dans la
première phase, je vous dirais, du <déploiement...
Mme Fréchette :
...du
>déploiement.
Depuis ce temps-là, bien, je pense qu'il y
a des moyens qui se sont mieux structurés. Aussi, on a déployé une nouvelle
façon de faire en termes d'échange d'informations avec certains de nos
partenaires. Ça, ça a été testé au mois de mars dernier, une façon de faire
qui... qui sera appelée à réduire les délais, parce qu'il y aura moins d'allers-retours
en termes d'échange d'informations entre le ministère et... c'est les centres
de services scolaires avec qui on échange énormément d'informations. Et là il y
aura moins d'allers-retours, ce qui va faire en sorte de réduire les délais
d'attente. C'est... Ça a été testé depuis mars. Je pense que les résultats
semblent intéressants. Alors, c'est dans cette voie-là qu'on va s'inscrire pour
la suite des choses. Et on va faire en sorte de déployer plus largement cette
nouvelle façon de faire. Parce qu'on avait une sorte de projet pilote, on
voulait réduire les délais, ça semble avoir donné des résultats attendus.
M.
Bérubé
: Ça
s'améliore. OK.
Mme Fréchette : Alors, ça
va... ça va se déployer plus largement.
M. Bérubé : Très bien. Dans
les revendications, quant au gouvernement fédéral, peut-être la plus
spectaculaire, c'est lorsque cinq ministres se sont réunis, la date, c'était il
y a quelques semaines de ça : 1 milliard à la clé. C'est... C'est un
peu la demande du gouvernement du Québec. Moi, ce qui m'a marqué, c'est que
notamment le ministre de l'Éducation était capable d'indiquer le nombre de
classes nécessaires. Et la ministre... Ou je vais appeler ça...
Mme Fréchette : Le nombre de
classes en place. 1200.
M. Bérubé : De classes
supplémentaires pour être capables de scolariser tout le monde. Puis là il
avait calculé en termes d'écoles. Donc, ça, c'était pour l'Éducation. La
collègue, la ministre, je cherche le bon ministère, mais je vais appeler ça
Affaires communautaires, mais ce n'est pas tout à fait le titre...
Mme Fréchette : Solidarité
sociale.
M. Bérubé : ...Solidarité
sociale, était là, le ministre responsable de la Langue était là, la ministre
était là.
Mme Fréchette : Oui, pour les
prestations d'aide de dernier recours.
M. Bérubé : Donc, je présume
que vous avez envoyé un dossier au gouvernement du... au gouvernement fédéral
qui étaye, disons, les coûts importants engendrés par le gouvernement du
Québec. Est-ce qu'un tel document existe? Et, si oui, est-ce qu'on peut y avoir
accès?
Mme Fréchette : Bon. C'est
plus, comment dire, une description des différents coûts assumés par les
ministères qui sont partenaires, là, dans l'accompagnement et le soutien des
demandeurs d'asile. Par exemple, à l'aide de dernier recours, c'est maintenant
29 % des prestataires qui sont des demandeurs d'asile. Ça fait des sommes
énormes. Donc, on avait réussi à diminuer le nombre de prestataires de l'aide
de dernier recours ces dernières années, et là, du fait des demandeurs d'asile
qui sont en très grand nombre, c'est reparti à la hausse. Et on a maintenant,
donc, 29 % des prestataires. Donc, notre... notre document auprès du
fédéral, c'est plus un descriptif des différents ministères qui sont mis à
contribution et des sommes qui ont été déployées par ces ministères pour, en
fait, détailler le pourquoi on arrive à 1 milliard, même plus, là, sur les
trois dernières années. Donc, on est en discussion avec le fédéral. Et voilà,
donc, c'est une demande qui couvre les trois dernières années, et pour laquelle
il y a une partie des sommes qui a été remboursée, la partie hébergement
temporaire, comme on sait, 15 % à 20 %, dépendant des années, là.
M. Bérubé : Comme la ministre
évoque cette demande, qui... qui détaille un certain nombre des indicateurs que
j'ai... j'ai exposés, pour le bénéfice de la commission, pour les
parlementaires, est-ce possible de l'avoir?
Mme Fréchette : Eh bien,
on...
M. Bérubé : Ce qui a été
envoyé à M. Miller, je présume.
Mme Fréchette : Ça a été... Ça
a été discuté tout à l'heure. Donc, on a... on a convenu, là, de...
M. Bérubé : C'est le même
document?
Mme Fréchette : ...de vous
remettre les chiffres, là, de... qu'on a... dont on a discuté tout à l'heure
pour l'année 2023, là, la...
M. Bérubé : Mais c'est moins
les chiffres que de la façon que c'est envoyé. C'est-à-dire, ce que le ministre
a reçu, sa pagination, les éléments qu'on y retrouve, les exemples, c'est ça
que j'aimerais voir. Exactement... Puis la raison est la suivante. J'ai peine à
croire que la démonstration que vous avez faite ne touche pas un ministre qui
habite au Québec puis qui est bien conscient que les écoles dont on parle,
elles existent dans sa circonscription montréalaise, les coûts engendrés pour
les groupes communautaires, ça existe tout près de lui. Donc, je veux voir ce
qu'il a reçu comme document. Donc, c'est vraiment ce document-là que j'aimerais
recevoir.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, c'est parce que c'est en cours de négociation. Alors, on ne déploie
pas sur la scène publique... la place publique, plutôt, les documents qui sont
utilisés pour une négociation qui a cours en ce moment. On a ouvert sur l'idée
de vous transmettre les chiffres, donc, que l'on a transmis, mais voilà.
M. Bérubé : OK. Bon. Une
proposition qui... que je fais régulièrement, mais je vérifie son... son taux
d'intérêt avec le gouvernement. On est dans un document sur la langue qui date
de 2021. On a parlé de cérémonie québécoise d'accueil et de bienvenue, évidemment,
lorsque les nouveaux arrivants deviennent citoyens canadiens, il y a une
cérémonie qui existe, il y a le... il y a un décorum qui existe, mais on ne dit
pas tout.
Par exemple, je ne suis pas sûr qu'on
insiste tant que ça sur la primauté du français, notamment. Alors, ça existe de
façon informelle dans certaines régions du Québec, ce qu'on propose, ce n'est
pas très long, je vais le lire.
C'est qu'une intégration réussie est un
premier pas vers la francisation. Lors de l'obtention du certificat de
sélection du <Québec...
M. Bérubé :
...Lors
de l'obtention du certificat de sélection du >Québec, première étape de
l'immigration au Québec, nous proposons d'officialiser la démarche des
personnes immigrantes par le biais d'une cérémonie d'accueil et de bienvenue
organisée annuellement par le député de leur circonscription au cours de
laquelle l'importance d'une intégration réussie en français serait soulignée. Ça
peut prendre différentes formes, puis c'est volontaire pour les députés qui
veulent le faire. Ça nécessite une collaboration pour inviter les personnes.
Dans les circonscriptions, ça se fait bien. Moi, dans la mienne, ça se fait.
Comment la ministre...
Mme Fréchette : Vous la
faites à quelle fréquence?
• (17 h 50) •
M. Bérubé : Nous, on
reçoit... ma députée fédérale reçoit les noms des personnes trois à quatre fois
par année. Mais c'est des petits volumes dans ma circonscription, ce n'est pas
beaucoup, mais on a les noms. Elle, elle les reçoit, même avec les adresses.
Donc, moi, une fois par année, par exemple, j'aurais envie de faire ça. Ils
pourraient être associés... SANAM, d'ailleurs, une organisation que je vous
remercie d'avoir financée, qui serait associé à ça. L'idée, ce n'est pas de
dédoubler, c'est d'amener une spécificité québécoise avec un certain nombre
d'éléments propres au Québec.
Alors, moi, j'aurais envie de l'essayer
mensuellement. Puis on peut remettre un drapeau, puis il peut y avoir
différentes formules. Je soumets ça à la ministre. Je pense, ce serait bien
reçu dans plusieurs milieux. Et les députés deviennent des acteurs encore plus
impliqués dans l'accueil. Habituellement, c'est au fédéral, mais je pense que
les élus du Québec peuvent jouer ce rôle-là puis avoir des formules qui... Il y
a... Il y a un guide, là, puis il pourrait avoir une couleur particulière,
dépendamment des régions. C'est une proposition que je fais.
Mme Fréchette : Je vous
entends. Je vous entends. On va intégrer ça dans la réflexion. Mais déjà on a
des séances qui s'appellent Objectif intégration que l'on offre. Je crois que
c'est un 24 heures qui est offert en lien avec Objectif intégration et qui...
qui décrit le Québec, les valeurs du Québec, la façon qu'on a d'accompagner les
personnes immigrantes, la réalité des différentes régions. Donc, ça, c'est
quelque chose qu'on a déjà en place.
Et on a aussi, par ailleurs, près de
250 partenariats avec des acteurs terrain, que ce soient des villes, des
MRC, des OBNL, des entreprises.
M.
Bérubé
: Les
MRC.
Mme Fréchette : Donc, ça
aussi, ça nous permet d'être vraiment connectés à l'ensemble du Québec puis à
animer des écosystèmes. Parce qu'on le sait, ça prend un écosystème pour bien
accompagner une personne, un nouvel arrivant...
M. Bérubé : Tout à fait.
Mme Fréchette : ...et les
accompagner dans toutes les dimensions de la vie aussi. Ce ne sont pas que des
travailleurs, ce sont des personnes, ce sont des familles. Alors, on veut que
tous ces acteurs-là se mettent en action.
M. Bérubé : Absolument.
Absolument. Et d'autant plus que c'est effectivement, de notre perspective... c'est
des travailleurs, mais c'est des gens qui ont choisi de venir au Québec dans
toutes les dimensions, donc il faut qu'ils soient heureux.
Mme Fréchette : Ils ont mis
leur confiance dans le Québec pour se donner un avenir meilleur.
M.
Bérubé
: Il faut
qu'ils soient heureux. Puis on a une grande partie du contrat à atteindre.
Dans la dernière année, j'avais posé la
question sur l'immigration régionale. La ministre m'avait dit qu'on est à, de
souvenir... à 30, donc on était au-delà des objectifs qui étaient fixés.
J'aimerais voir s'il y a des nouvelles observations. Par exemple, est-ce qu'il
y a des régions qui se distinguent? Est-ce qu'on a... on est capables
d'analyser la dernière année puis de voir s'il y a des régions qui se sont
distinguées, par exemple, pour l'accueil, pour le nombre? Sans faire, là,
chacune des régions, les observations de la ministre là-dessus.
Je dis ça parce que dans un autre secteur,
qui est le déploiement des fonctionnaires en région, il y avait un objectif de
5 000. C'est plutôt difficile de savoir de qui il s'agit puis comment ça
fonctionne. Donc, si on est capables d'avoir une cible en immigration, moi,
j'aimerais ça savoir on réalise quoi, par exemple, est-ce que, par exemple,
Montréal est en diminution, par exemple, au taux d'immigrants qu'ils reçoivent.
Souvent, on dit que l'île, de façon générale, perd de la population, est-ce que
ça inclut des gens issus de l'immigration, est-ce qu'il y a une région qui est
plus gagnante qu'une autre dans les dernières années.
Mme Fréchette : ...que vous
me posiez la question, parce que, l'année passée, on avait déjà des bons
chiffres. Et puis, la régionalisation, c'est une de mes priorités, une de mes
trois priorités. Et puis franchement, on a reçu les chiffres il n'y a pas une
semaine encore, puis on a presque ouvert le champagne.
M. Bérubé : Ça va être... Alors,
ça va être facile de les rendre accessibles?
Mme Fréchette : Alors, je
vous les donne. Proportion des personnes admises au Québec et présentes en
janvier de l'année... l'année de référence, donc il y a deux ans, en 2022, on
était à 28 % pour ce qui était des personnes présentes hors de la région
métropolitaine de Montréal. Et, en 2023, on est à 31,5 %. Ça, c'est ce que
je vous avais divulgué comme chiffres l'année passée. Vous, vous visiez 25 %.
Je disais : Nous, on est déjà dépassés 25 %. Et, en 2024, on est
rendus à 36,2 %. Alors, vraiment, on a plus que le... plus du tiers de nos
personnes immigrantes qui s'établissent en dehors de la région métropolitaine
de Montréal. Si on regarde au niveau de la CMM, eh bien, là, on est à 29 %
en 2024 qui sont établis en dehors de la CMM deux ans après leur admission,
leur arrivée.
Donc, des chiffres très intéressants qui
montrent justement que nos partenariats, tous les acteurs avec lesquels on
travaille puis qu'on essaie d'animer pour créer <des...
Mme Fréchette :
...puis
qu'on essaie d'animer pour créer >des écosystèmes accueillants,
inclusifs, ils font une différence, ils font une différence. Puis aussi il faut
mentionner qu'on fait beaucoup de présentations de la diversité des régions au
Québec, en amont. Et j'ai assisté d'ailleurs à une de ces présentations au
Mexique en novembre, là. C'est la... là où j'ai vu comment ça s'opérait, puis
c'est les régions qui sont mises de l'avant. Alors, c'est très intéressant. Ça donne
des résultats.
M. Bérubé : Je pense qu'il
n'y a plus de temps.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Bérubé : Ah! on avait
moins que ça. Je vais faire un lien avec la culture parce que les crédits en
culture s'en viennent. Souvent, on apprend que la diversité... les membres de
la diversité trouvent qu'on ne les voit pas assez à l'écran. Est-ce que c'est
quelque chose qui traverse votre ministère, se rend à vous? Comment on peut
favoriser des initiatives qui font en sorte qu'on a une représentation plus
juste du Québec moderne à travers nos écrans, à travers des publicités
gouvernementales, à travers des initiatives? Je pense à ce que fait le gala
Galaxie, que vous supportez au ministère, notamment... Dynastie, Dynastie et
non Galaxie, qui travaille depuis des années dans ce sens-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je suis désolée. Votre question était un petit peu trop
longue. Alors, on va terminer avec l'opposition officielle pour une période de
17 min 7 s. On va terminer ces échanges, après ça, il va rester
le gouvernement. Allez-y.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, Mme la ministre, pour... pour continuer, dans le bloc
précédent, on avait commencé à parler du travail du rapporteur des Nations
unies, M. Obokata. Vous nous avez dit que vous avez donné un mandat à un
organisme. Maintenant, c'était en lien avec des permis de travail fermés.
Est-ce que ce mandat-là est... est restreint uniquement, le mandat, aux permis
de travail fermés? Ou si le comité a aussi pour mandat de regarder la façon
dont sont accueillis, la façon dont travaillent, la façon dont sont logés les
travailleurs temporaires étrangers qui viennent chez nous? Plusieurs vont dans
le milieu agricole, souvent sur des fermes plus isolées, alors pouvez-vous nous
donner plus d'informations là-dessus?
Mme Fréchette : Oui. Alors,
la CPMT, c'est... c'est une instance d'importance, hein? Je dirais que c'est...
c'est au-delà d'un organisme qu'on pourrait associer à un OBNL, par exemple.
Donc, quand on leur a demandé de documenter la réalité des permis de travail
fermés, pour moi, ça vient avec ce que vous évoquez, autrement dit, les
conditions de travail, le cadre de vie dans lesquels ces gens sont amenés à
évoluer, à oeuvrer. Donc, ça fait partie pour moi de ce qui doit être pris en
considération quand il s'agit de documenter la réalité des permis de travail
fermés.
L'autre axe, parce que je pense qu'on
avait à terminer la discussion tout à l'heure alors que j'expliquais l'autre
axe... l'autre axe sur lequel on les a mandatés, c'est celui, en fait, des
alternatives potentielles que l'on pourrait considérer, outre le permis de
travail fermé.
(Interruption)
Mme Fréchette : Merci, M. le
député. Au revoir.
Donc, des alternatives potentielles. Donc,
ça, j'ai hâte de voir quelles seront ces alternatives potentielles qui nous
seront soumises. Certains me parlent, quand je vais en tournée en région... certains
me parlent de l'intérêt qu'il pourrait y avoir à avoir des permis de travail
régionaux, par exemple, plus particulièrement en région éloignée parce que les
gens craignent que la personne quitte la région si elle... elle ne travaille
plus pour l'employeur pour lequel elle était initialement embauchée. D'autres
me parlent de... plutôt de l'intérêt de permis de travail sectoriels. Puis ça,
je peux comprendre que dans une région plus densément peuplée, bien, le fait
d'oeuvrer dans un secteur donné, ça peut être intéressant. Est-ce qu'il y aura
d'autres formules qui seront mises de l'avant, à voir. Moi, je vous fais écho,
en fait, de ce qu'on m'a dit plutôt en région. Mais voilà, ça, ça viendra avec
le rapport final.
M. Morin : Et puis
rappelez-moi l'échéancier pour le rapport final.
Mme Fréchette : Eh bien, là,
ils ont jusqu'à fin avril pour compléter leurs travaux. Initialement, on leur
avait donné jusqu'à fin mars, ils nous ont demandé un mois de délai
additionnel.
M. Morin : Et est-ce qu'il
est de votre intention de rendre ce rapport-là public?
Mme Fréchette : Le rapport,
bien, on en divulguera assurément les grandes lignes. Est-ce que le rapport,
comme tel, sera divulgué, on va voir sur la base de ce qui nous sera transféré,
là, et des...
M. Morin : Vous savez, comme
je vous le disais précédemment, avec mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne,
on a eu le privilège d'entendre le rapporteur de l'ONU. Ce dont il nous a parlé
beaucoup, des conditions dans plusieurs pays, il nous a dit que, bon, la
situation au Québec, c'était loin d'être la pire. Mais il y a toujours des
améliorations, d'où le mandat que vous avez donné au comité. Maintenant, compte
tenu de l'importance de la chose <puis...
M. Morin :
...Maintenant,
compte tenu de l'importance de la chose >puis compte tenu aussi, puis je
le mentionnais tout à l'heure... compte tenu du fait qu'on a présenté un mandat
d'initiative qui a été refusé par le gouvernement, il me semble que, si vous
avez pris la peine de mandater cet organisme-là, qui fonctionne d'une façon,
hein... vous l'avez dit vous-même, c'est plus qu'un OBNL... donc il me semble
que pour l'ensemble des parlementaires, puis des travailleurs, et des
employeurs québécois, ce serait bénéfique d'avoir accès au rapport. C'est... Je
ne vois... Je vois mal ce qui peut être tellement confidentiel dans le rapport
qui ferait en sorte que vous n'allez pas le rendre public. Donc, est-ce que
vous pouvez vous engager à rendre ce rapport-là public pour le bien commun de
tout le monde?
• (18 heures) •
Mme Fréchette : Bien, je vais
discuter de la question avec la CPMT. Donc, je m'engage à discuter de cette...
cette question-là et cette proposition-là, que... que vous amenez.
M. Morin : Bon. D'accord.
Bien, écoutez, si c'est votre réponse, moi, je vous en fais, Mme la Présidente,
une demande formelle. Sachez que... que moi, en tant que député, je vous
demande d'en discuter avec la CPM et, par la suite, de nous revenir. Parce que
j'aimerais bien connaître, si jamais ils ne veulent pas ou vous ne voulez pas,
quelles sont les raisons. Parce que j'ai du mal à comprendre. Quand on a
rencontré le rapporteur spécial, il nous a parlé ouvertement. Il a fait des
études, il n'a pas eu aucun problème à nous partager ce qu'il avait constaté, donc
je vois mal que le rapport particulier qui s'applique à la situation au Québec
ne le serait pas. Donc, c'est une demande que je vous fais. C'est une demande
formelle que je fais, Mme la Présidente. Et nous verrons... nous verrons
pour... pour la suite. Merci.
Mme Fréchette : D'accord. Je
la reçois.
M. Morin : Merci. Maintenant,
j'ai... j'ai des questions pour vous. Parce qu'on parle... on parle
d'intégration, on parle de francisation, c'est effectivement très important, mais...
mais on apprenait dans Le Devoir, fin mars 2024, que le programme
de recrutement étranger, ils ont accueilli en 2022 les étudiants en Gaspésie,
et que l'intégration a été plus que difficile. L'article, même, titrait C'est
un avion qu'on s'est construit en plein vol. J'imagine qu'on a porté cet
article-là à votre attention. Dans le cadre des programmes de recrutement...
Mme Fréchette : Pardon. Est-ce
que je peux juste demander une précision? Est-ce qu'il s'agit de cohortes pour
infirmiers, infirmières ou d'un autre...
M. Morin : C'est... C'est de
cohortes pour recruter 1 000 infirmières diplômées hors Canada.
Mme Fréchette : Oui. OK. OK.
M. Morin : Et c'était
l'accueil de la première cohorte, effectivement. Tout à fait. Tout à fait.
Mme Fréchette : Parfait. Je
vous suis.
M. Morin : Donc, dans un cas
comme ça, est-ce que... C'est les infirmières diplômées, donc quelle sorte de
certificat vous leur émettez? Un CSQ ou un permis de travail ou...
Mme Fréchette : Alors, le
certificat qui est émis, c'est le CAQ.
M. Morin : Le CAQ. Donc,
c'est un CAQ.
Mme Fréchette : Oui.
M. Morin : OK. Parfait.
Mme Fréchette : Pardon?
Une voix : ...
Mme Fréchette : ...la parole
au sous-ministre? Il a une précision à apporter.
M. Morin : Oui, je vais... je
vais consentir. Oui, allez-y, M. le sous-ministre. Oui.
M. Dagenais (Benoit) : Mais
c'est un peu technique et c'est... et c'est franchement intéressant. C'est que
c'est un CAQ d'études. Donc, tout le projet a été construit pour que les
personnes, les infirmières, je le mets au féminin parce que c'est
particulièrement des femmes, viennent avec un CAQ études pour finir leur
formation d'appoint. Donc, on a fait... on a fait des ententes avec différents
cégeps, en région particulièrement. On paie une allocation pendant cette
formation d'appoint, et celles qui veulent travailler également pendant ce
temps-là peuvent travailler comme préposées aux bénéficiaires. Donc, c'est un
CAQ études effectivement.
M. Morin : D'accord. Et donc,
ça rentre dans les... le nombre de CAQ que vous émettez pour les étudiants
étrangers?
Mme Fréchette : ...
M. Morin : Bon. Parfait.
Et... Et j'imagine que quand vous les émettez, parce qu'on dit qu'il y en a
plusieurs qui venaient, entre autres, du Maroc, d'autres du Cameroun, est-ce
que c'est suite à des voyages que vous faites à l'étranger pour les recruter?
Mme Fréchette : Oui. Quand...
Tout à l'heure, quand je disais que les missions de recrutement à l'étranger
ciblaient majoritairement des secteurs stratégiques, c'en est un. Donc, oui,
les missions de recrutement nous permettent notamment d'aller recruter des gens
qui vont former les cohortes d'infirmiers, infirmières, là, qui sont en
processus à la fois de formation d'appoint, formation durant laquelle
d'ailleurs ils peuvent travailler comme préposés aux bénéficiaires et, par la
suite, oeuvrer au sein du système de santé.
M. Morin : Oui. Maintenant,
une fois que ces missions-là sont faites, puis que vous émettez le CAQ, quel
est le suivi que vous faites par la suite pour s'assurer que, quand ces gens-là
arrivent, on va les accueillir convenablement? Parce que, visiblement, notre
premier ministre dit sur toutes les tribunes : On en prend moins pour en
prendre soin. Quand on regarde les chiffres, je pense qu'il s'est trompé dans
ses calculs. Puis, en plus, quand on essaie d'en prendre soin, c'est compliqué.
Alors, quels sont les suivis que vous faites pour vous assurer que vous n'êtes
pas en train de construire un avion....
18 h (version révisée)
M.
Morin :...assurer que vous n'êtes pas en train de construire un
avion en plein vol, comme le soulignait l'article du Devoir?
Mme Fréchette : Oui. Bien,
écoutez, c'étaient des mesures que l'on démarrait, hein, à ce moment-là, donc,
il y a plusieurs mois, quand ça a pris son envol. Donc, c'est sûr que ceux qui
testent la formule pour une première fois, bien, découvrent, en fait, des
choses qui n'ont pas nécessairement été planifiées correctement, mais on
travaille ça en étroite collaboration avec le ministère de la Famille, le
ministère de la Santé, des partenaires locaux aussi. J'ai eu l'occasion
notamment d'aller à Gaspé, où ils attendaient une cohorte d'infirmiers,
infirmières. Et d'ailleurs, le maire de Gaspé m'indiquait qu'il devait
recevoir, en avril de l'année passée, une cohorte de 20 infirmiers,
infirmières et il les avait appelés un mois avant le mois d'avril pour leur
indiquer qu'il n'avait toujours pas trouvé d'habitations pour ces 20 personnes
et qu'il leur demandait donc de reporter de quelques mois leur arrivée à Gaspé.
Alors, c'est vous dire, quand on dit que
la capacité d'accueil est serrée, ça, c'en est un exemple vraiment très clair.
Mais c'est tout un écosystème qui travaille pour faire en sorte d'accompagner
ces gens-là. Pendant plusieurs mois, ils sont en formation, j'en ai rencontré
quelques-unes, de ces cohortes, et ils sont accompagnés vraiment d'une manière
serrée et invités aussi à travailler, si c'est leur souhait, dans le régime...
dans le ministère de la Santé.
M.
Morin :Parfait. Maintenant, j'aimerais qu'on revienne
rapidement sur le regroupement familial. Dans le nombre que vous avez étudié
dans votre ministère, le nombre de CSQ qui a été délivré, c'est 13 161.
Quand on regarde les pays, puis je vous réfère à la page 232 du document
de crédits, vous en avez 1 323 à Haïti, 906 du Cameroun, 851 de l'Algérie,
727 du Maroc, 615 de la France. On peut déjà penser que la très grande majorité
de ces personnes-là vont parler français. Donc, au niveau de l'intégration, de
la francisation, c'est un allègement pour vous. Vous ne semblez pas vouloir ou
avoir de... si vous me permettez, d'intérêt ou de souhait de modifier vos
seuils que vous avez fixés, particulièrement à Haïti.
Quel serait l'enjeu si vous en accueillez
plus pour le Québec? Puisque ces gens-là parlent sûrement français, ils vont
être intégrés facilement parce qu'effectivement ils ont un conjoint qui est
ici. Le conjoint ne vit pas dans une tente, là, il vit dans une maison, dans un
appartement. Donc, il n'y aura pas d'enjeu de logement. Alors, pourquoi, compte
tenu de la situation, vous n'augmentez pas vos seuils pour favoriser une plus
grande arrivée de ces gens-là? Puis je pense particulièrement aux Haïtiens, avec
la situation qu'ils vivent présentement.
Mme Fréchette : Bien, en
matière de regroupement familial, la proportion des gens qui parlent français,
elle est de... en 2023, de 52 %. Donc, c'est la moitié, quand même, des
gens du regroupement familial qui requièrent des services de francisation. Je
comprends qu'au niveau de l'habitation, là ils ont déjà quelqu'un qui les
attend et qui possède un logis, mais tout le reste, ce n'est pas différent des
nouveaux arrivants, au sens où, par exemple, les soins... les soins de santé, l'éducation,
les CPE, la francisation pour la moitié d'entre eux, tout ça, c'est mis à
contribution pour accueillir, accompagner les personnes.
Donc, ça vient quand même impacter la
capacité d'accueil, même si l'aspect logis est atténué par le fait qu'ils ont
une personne ici déjà présente. Donc, ça n'en demeure pas moins que l'ensemble
des autres dimensions sont sollicitées.
M.
Morin :Parfait. Maintenant, j'attire votre attention sur la
page 133 du cahier explicatif des crédits, dans les renseignements
généraux, notamment en ce qui a trait aux baux pour les espaces occupés par...
Mme Fréchette : Les baux?
M.
Morin :Les baux, oui...
Mme Fréchette : Les baux, OK.
M.
Morin :...pour les espaces occupés. Je vois que vous signez
habituellement des baux pour une durée de cinq ans, parfois un peu moins,
parfois trois ans, parfois 10 ans, mais là vous avez un bail de 25 ans
pour 4,5 millions à Montréal. Alors, pourquoi la durée de 25 ans? Et,
également à Montréal, vous avez un bail d'une durée de cinq ans mais que vous
avez résilié... bien, j'imagine, parce que vous avez des coûts de 44 544 $
de résiliation. Alors, qu'est-ce qui se passe avec vos immeubles?
Mme Fréchette : Est-ce que
vous me permettez de donner la parole au sous-ministre?
M.
Morin :Oui.
M. Dagenais (Benoit) : C'est
un projet dont on est vraiment très fiers. On a réussi cette année à regrouper
l'ensemble des ressources du ministère à un seul endroit, au 1200, boulevard
Saint-Laurent, ce qui nous a permis plusieurs économies. Donc, les
résiliations, c'est des économies à long terme, parce que tous ces baux qui
sont à Montréal vont être résiliés quand on aura terminé le regroupement, et
ils vont tous au 1200 boulevard Saint-Laurent. On a optimisé de façon
importante <les espaces avec le télétravail...
M. Dagenais (Benoit) :
...ils
vont tous au 1200 boulevard Saint-Laurent. On a optimisé de façon importante >les
espaces avec le télétravail, c'est des espaces partagés. D'ailleurs, les
employés, le personnel, là, a été très ouvert, a bien accueilli, il y a une
belle gestion de changement, mais c'est vraiment un projet dont on est fier et
c'est pour ça qu'on veut être là longtemps. On veut amortir les coûts. Ça a été
fait pour nous. C'est dans... sur le boulevard Saint-Laurent, entre
Sainte-Catherine et et René-Lévesque, au coeur de Montréal. Donc, c'est ça qui
explique les différents choix qui ont été faits de façon immobilière.
• (18 h 10) •
M. Morin : Et, est-ce
que je comprends que vous allez résilier d'autres baux pour les amener au 1 200
et que vous risquez de payer aussi des coûts de résiliation ou pas? Ou c'est le
seul?
M. Dagenais (Benoit) :
Il faudrait vérifier avec mon directeur.
Une voix : ...
M. Dagenais (Benoit) : Oui.
Non, tout est terminé, il y a des baux qui se sont terminés naturellement, je
dirais. Je vois un coût de résiliation effectivement, mais c'était pour faire
une économie plus importante à long terme.
M. Morin : Et quelle
était l'économie plus importante?
M. Dagenais (Benoit) : Ah!
Mais ça, je peux vous la sortir, là. Je n'ai pas le dossier d'affaire devant
moi, mais...
M. Morin : Mais est-ce
que vous... est-ce que vous vous engagez à m'envoyer l'information?
M. Dagenais (Benoit) : Absolument.
L'économie générale du dossier du regroupement des effectifs, avec plaisir.
M.
Morin :Parfait. Je vous remercie, M. le sous-ministre. Autre
question. À la page 192 du cahier des crédits, dans la demande des
renseignements généraux, vous avez acquis des meubles, casiers, vestiaires,
bancs pour vestiaires, des tables pour 1 033 292 $. Est-ce que
vous pouvez me donner plus d'information sur cette dépense de plus de 1 million
en casiers et en vestiaires?
Une voix : ...
M. Dagenais (Benoit) : Excusez-moi...
Je ne sais pas si la question m'était adressée.
Mme Fréchette : Oui,
oui, tout à fait.
M. Dagenais (Benoit) : Ah!
Je pensais que vous parliez à la ministre. J'en suis désolé. Je cherchais votre
réponse à votre dernière question. J'en suis désolé.
M. Morin : Alors,
voulez-vous que je répète ma question?
M. Dagenais (Benoit) : S'il
vous plaît, je n'ai pas écouté un seul mot.
M.
Morin :Oui, d'accord. Très bien. Donc, à la page 192, en
termes d'acquisition, je suis dans le cahier des crédits, demande de
renseignements généraux. Vous avez dépensé pour plus de 1 million en
casiers, vestiaires, bancs et tables. C'était pour quel endroit?
M. Dagenais (Benoit) : C'est
dans le même projet. Et j'ai votre réponse. C'est amplement compensé par des
économies de 3,9 millions.
M. Morin : 3,9 millions.
Mme Fréchette : La
résiliation?
M. Dagenais (Benoit) : Non,
non, des économies du projet de regroupement qui nous amène des économies de
loyer de 3,9 millions. Et on a dû aménager. Parce que, compte tenu que ce
ne sont plus des espaces individualisés, il a fallu mettre des vestiaires, réaménager
certaines salles, mais le projet total nous amène des économies de
3,9 millions.
M. Morin : Parfait. Et
vous avez aussi acheté 10 tabourets de travail pour 7 230 $.
C'était des tabourets spéciaux?
M. Dagenais (Benoit) : Je
pourrai vérifier, M. le député. Je n'ai pas l'information devant moi.
M. Morin : Et vous allez
me transmettre l'information éventuellement?
M. Dagenais (Benoit) : Si
vous le demandez, avec plaisir.
M. Morin : C'est très
bien. Alors, je vous... je vous remercie, M. le sous-ministre. Pour moi, Mme la
Présidente, ça complète mes blocs et mes questions. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, on va terminer les échanges avec le
gouvernement pour une période de 17 min 7 s. La parole est à
vous, Mme la députée de Vimont? Vimont. On va terminer un petit peu plus tard
avec... Allez-y.
Mme Schmaltz : Parfait.
Merci, Mme la Présidente. Je voudrais juste que vous me rappeliez le règlement.
Est-ce que je dois m'adresser à vous? Je m'adresse à...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Là, ça va bien. Alors, on...
Mme Schmaltz : Ça va
bien, là, on peut...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On continue à favoriser l'échange.
Mme Schmaltz : Je peux
me tourner vers la ministre. OK, c'est bon. Parfait. Merci. Je vais vous
ramener sur la réouverture des bureaux régionaux que vous avez... qu'on a
réouvert, en fait, durant les dernières, les derniers mois. Et puis vous en
avez ouvert un dernier, tantôt vous l'avez mentionné, à Gaspé. C'est ça, hein,
tantôt, vous l'aviez mentionné?
Mme Fréchette : En
Abitibi-Témiscamingue.
Mme Schmaltz : Abitibi,
oui.
Mme Fréchette : À
Rouyn-Noranda.
Mme Schmaltz : Est-ce
que... Est-ce que vous pourriez nous expliquer c'est quoi exactement leur rôle?
Parce que ça a été salué par les organismes, les entreprises, mais c'est quoi
exactement leur rôle?
Mme Fréchette : Bon.
Bien, c'est important d'avoir des ancrages dans l'ensemble des régions du
Québec. Donc, c'est notre souhait, d'être présents partout. On l'est
franchement abondamment parce qu'on a maintenant 10 directions régionales,
dont la petite dernière, là, qui s'est ajoutée, Abitibi-Témiscamingue et
Nord-du-Québec, qui est basée à Rouyn-Noranda.
Une voix : ...
Mme Fréchette : La plus
belle, comme dit notre collègue. Alors, c'est important pour nous de se
redéployer dans l'ensemble des régions et à l'international aussi parce que, quand
je dis... quand je dis qu'on s'est redéployés, c'est non seulement au Québec,
mais aussi à l'international, on a redéployé les équipes. Et, dans les régions,
ce que ça nous permet, c'est d'être en contact avec les populations que l'on
accompagne, que l'on dessert, avoir, par exemple, des agents de proximité qui
sont présents sur les lieux, avoir des contacts fréquents avec l'ensemble des
personnes qui doivent être mises à contribution quand il s'agit d'accompagner
une personne immigrante. On pense aux entreprises, aux organismes, OBNL, là,
qui accompagnent les personnes, à la ville, aux MRC. Tous ces acteurs-là ont un
rôle à jouer, et d'être présents aussi pour les personnes immigrantes,
elles-mêmes, <qui arrivent en région...
Mme Fréchette :
...ont
un rôle à jouer, et d'être présents aussi pour les personnes immigrantes,
elles-mêmes, >qui arrivent en région. Donc, pour eux, ça leur fait un
point de contact important qui leur permet de faciliter leur processus
d'intégration. Donc, on a vraiment déployé le réseau d'une manière importante.
Là, je vais vous montrer des chiffres du
nombre de conseillers que l'on a en région. Ça s'est vraiment déployé d'une
manière intéressante. D'une part, vous dire qu'on a près de
30 personnes... mais en fait, je disais tantôt 36 personnes...
36 % des personnes qui s'établissent maintenant en dehors des régions.
Quand on veut atteindre cet objectif-là de régionalisation, je pense qu'il faut
nous-mêmes être présent dans ces régions pour incarner le souhait que l'on met
de l'avant, au-delà des promotions que l'on fait lors des missions de
recrutement puis des conversations que l'on peut avoir avec les personnes qui
sont intéressées à venir au Québec. Je pense que, si nous-mêmes, on est présent
en région, ça change complètement la donne puis ça facilite le processus
d'intégration. Donc, on a signé 203 ententes, notamment dans le cadre du
programme d'accompagnement des collectivités, pour un montant de
23 millions de dollars et qui couvre les 17 régions du Québec.
Donc, ça, c'est vraiment pour vous dire qu'au niveau des ententes de
partenariat on couvre l'ensemble du territoire. Alors, ça, c'est vraiment une
donnée intéressante.
Quant au nombre de personnes, de
ressources que l'on a en région, eh bien, on a 89 agents d'aide à
l'intégration. Ça, c'est des gens vraiment qui accompagnent les personnes qui
sont les nouveaux arrivants. On a 78 conseillers en immigration
régionale... pardon. Sur les 89, il y en a pratiquement 78 % qui sont en
région, sur les 89 agents d'accompagnement à l'intégration. Sur les
78 conseillers en immigration régionale, ce sont les responsables du suivi
des partenariats que l'on signe avec l'ensemble des acteurs partout au Québec,
responsables également de la concertation locale et régionale puis de
l'accompagnement des personnes. Donc, on a 78 conseillers présents en
région. On a six conseillers régionaux en reconnaissance des compétences. On
sait, ça, c'est un enjeu qui fait souvent obstacle à la facilité d'intégrer le
marché du travail à la hauteur des compétences des gens. Donc, on a six
conseillers régionaux qui facilitent les démarches, puis, là-dessus, on essaie
d'engager les gens le plus en amont possible dans leur processus de
reconnaissance des compétences, parce que, le plus tôt ça va s'activer, le plus
rapidement ils auront les reconnaissances souhaitées. Et puis on a
10 conseillers en immigration régionale spécialisés en francisation en
milieu de travail, donc un autre axe d'importance où je vous disais tout à
l'heure qu'on veut augmenter notre action en matière de francisation en milieu
de travail. Si on veut engager les employeurs dans cette mouvance-là, bien, le
mieux, c'est d'être présent et de les accompagner dans cette démarche-là.
Alors, voilà, on en est à vraiment... le
déploiement de 10 directions régionales et également 72 antennes.
Alors, ça, c'est important comme déploiement. Franchement, il n'y a plus
grandes régions au Québec, là, qui ont besoin de... davantage de représentants,
mais on continue à consolider notre réseau et à l'activer.
Mme Schmaltz : Ça m'amène à
vous poser... tantôt, vous avez mentionné : On a ouvert en région, mais on
a ouvert aussi des bureaux à l'international : Est-ce que ça rentre dans
les initiatives qu'on veut... qu'on a mis sur place justement pour faciliter
pas le recrutement, mais l'intégration dans le pays d'origine? Est-ce qu'on
vient rejoindre ça aussi?
Mme Fréchette : Oui, c'est...
Il faut voir que c'est un continuum, hein? C'est à partir du pays de provenance
que l'on se met en action à travers de la diffusion d'informations, également
la recherche de gens dont le profil correspond à ce qui est requis puis qui ont
le souhait d'immigrer au Québec. Donc, c'est un continuum d'activités qui se
déploie à partir de l'international et qui va jusque dans l'ensemble des
régions du Québec. Il faut voir que l'ensemble des équipes internationales
avait été fermé, mise à part Paris et Mexico. Nous, on a redéployé des équipes
à l'international pour faire en sorte d'avoir justement ce continuum de
services qui soient déployés et puis que l'on permette aux gens d'être
accompagnés tout au long du processus. Alors, ça, c'est vraiment des leviers
d'intervention importants.
Mme Schmaltz : Est-ce qu'on
connaît le nombre de pays? Est-ce qu'on sait à peu près dans combien de pays on
est représentés?
Mme Fréchette : Dans lesquels
on est déployés? Attendez, je vais consulter. Oui, on va vous revenir avec la
réponse.
Mme Schmaltz : Ah! on peut...
Mme Fréchette : Ce n'est pas
très long.
Des voix : ...
Mme Fréchette : On s'est
concentré davantage sur les pays de la francophonie puis les pays francotropes,
là, dans le déploiement de nos équipes. Donc, je vais inviter le sous-ministre
à vous les décliner.
M. Dagenais (Benoit) : Donc,
on a une direction en Amérique latine, là. Notre direction en services
d'immigration <en Amérique latine...
M. Dagenais (Benoit) :
...donc,
on a une direction en Amérique latine, là. Notre direction en services
d'immigration >en Amérique latine est à Mexico, on a des antennes à
Bogota et à São Paulo. Direction de services d'immigration en Europe, notre
siège social est à Paris, on a des antennes à Rome, à Bruxelles. En Afrique,
c'est à Rabat, avec une antenne à Dakar, et on traite les enjeux des États-Unis
et de l'Asie directement de Montréal. Donc, on est déployés vraiment dans des
régions où il y a beaucoup de ressortissants francophones et francotropes.
• (18 h 20) •
Mme Schmaltz : OK, parfait.
Merci. Je vais vous amener un petit peu, Mme la ministre, sur un sujet, je
pense, que vous allez aimer. Bien, vous aimez tout, là, de l'immigration, je ne
veux pas faire du favoritisme, là, mais...
Mme Fréchette : Tout
m'intéresse.
Mme Schmaltz : Oui, c'est ça.
On sait que l'immigration, c'est un processus qui est complexe, hein, dans ce
qui a trait à la main-d'oeuvre, surtout pour les entreprises, et puis je... un
des mandats, justement, du gouvernement de la CAQ, c'est de proposer des
allègements administratifs. Vous en avez parlé, je pense, quand on a fait des
tournées en région. C'est quelque chose qui vous tient à cœur, je pense que
vous en avez parlé à plusieurs reprises. Est-ce que vous pouvez nous en... dire
en quoi, justement, la transmission électronique des données et la possibilité
d'avoir des EIMT dénominalisées sont des avancées, à la fois pour les
entreprises, mais aussi pour l'économie?
Mme Fréchette : Oui. Bien, il
faut voir que c'était une demande portée de longue date par les entreprises,
hein, le fait de pouvoir déposer les demandes de manière électronique plutôt
que par la poste, hein? Certains fonctionnent avec les fax. Nous, on fonctionne
avec... on fonctionnait avec la poste. Alors, c'est sûr que ça générait des
délais, et ça, ça pouvait compliquer la donne.
Donc, le fait d'avoir modernisé notamment
le PRTQ et le Programme des travailleurs étrangers temporaires au niveau du
dépôt des demandes de manière électronique, ça a été un changement important, ça
s'est mis en place en décembre dernier. Puis je vous dirais que j'ai fait une
tournée des chambres de commerce dans plusieurs régions, et puis,
systématiquement, cette mesure-là fait l'objet d'applaudissements quand je
l'annonce parce que les gens sont heureux qu'enfin ils puissent procéder de
manière électronique.
Et ce que ça permet aussi, c'est que ça
leur permet de consulter leurs dossiers en temps réel. À partir, donc, de leurs
ordinateurs, ils peuvent voir où en est l'analyse de leurs demandes. Ils
peuvent payer les frais exigés en ligne, également, communiquer avec le
ministère. Donc, vraiment, ça ouvre plusieurs portes et ça réduit les délais.
Donc, quand on dit qu'on veut améliorer les processus, c'est notamment en
réduisant les délais d'attente, en réduisant les démarches.
Donc, c'est une façon de faire qui a été
vraiment saluée et c'est une façon de faire que l'on veut déployer encore dans
d'autres dimensions du ministère. On a encore d'autres dimensions pour
lesquelles la modernisation est requise. Donc, on est à l'oeuvre là-dessus.
C'est une tâche titanesque. Alors, on est à l'oeuvre, ça va mettre encore un
certain temps avant de se déployer complètement, mais, pour nous, c'est notre
engagement de moderniser, donc, l'ensemble des processus en immigration.
Mme Schmaltz : Donc, si je
comprends, si je comprends, on a passé de la paperasse du papier à
l'électronique, c'est ça?
Mme Fréchette : Exactement.
Mme Schmaltz : Donc, on a
éliminé toute cette partie-là.
Mme Fréchette : Éliminé des
quantités folles de papier. J'ai visité certaines des salles où on entreposait
les papiers, la documentation, et c'étaient des salles vraiment, tu sais, de
bonne taille, remplies de dossiers, comme on peut en imaginer dans d'autres
ministères. Et puis de voir que ces salles-là sont remplacées aujourd'hui par
un ordinateur et que les gens peuvent consulter en temps réel leurs dossiers,
ça change la donne pour tout le monde, à la fois pour la personne qui est
immigrante, pour l'employeur qui fait venir la personne ou les personnes qui
accompagnent. Donc, vraiment, ça, ça change la donne et ça améliore la
situation pour tout un chacun.
Mme Schmaltz : Depuis
décembre, c'est ça. C'est effectif depuis décembre.
Mme Fréchette : Depuis
décembre, voilà, c'est en vigueur. On a laissé un petit temps de... une période
de temporisation...
Une voix : ...
Mme Fréchette : De
transition, oui, merci, jusqu'à janvier pour nous communiquer les documents via
papier, mais, à partir de fin janvier, là, c'est devenu obligatoire de procéder
de manière électronique.
Une autre chose que ça permet, le dépôt
électronique, c'est les EIMT dénominalisées. Donc, les évaluations d'impact
pour le marché du travail peuvent maintenant être réalisées avant même de
connaître le nom de la personne qui sera embauchée. Donc, ça aussi, c'est un
gain de temps fort important. C'est un élément qui améliore notre compétitivité
parce que, justement, on réduit les temps d'attente, et, ça aussi, c'est salué
de toutes parts par les employeurs parce que ça nous donne plus... ça leur
donne plus de flexibilité. Et, pour nous, ça nous rend plus attrayants, plus compétitifs.
Alors, ça aussi, c'est une mesure qui accompagne la <démarche de dépôt
électronique...
Mme Fréchette :
...rend
plus attrayants, plus compétitifs. Alors, ça aussi, c'est une mesure qui
accompagne la >démarche de dépôt électronique.
Mme Schmaltz : Vous savez, je
suis votre adjointe francisation...
Mme Fréchette : À mon grand
plaisir. Adjointe gouvernementale.
Mme Schmaltz : Oui, c'est ça,
au niveau de la francisation. Donc, c'est sûr que Francisation Québec, quand on
en parle, hein, ça vient me chercher un petit peu. Dernièrement, on a mis... on
a haussé, disons, Francisation Québec pour les entreprises. Je pense que
c'était la deuxième étape, hein, dans son déploiement, tu sais, Francisation
Québec pour les entreprises. C'est quoi, le bilan, à peu près, aujourd'hui? On
est rendus où avec ça?
Mme Fréchette : Alors, je
vais juste vérifier l'endroit où j'ai les chiffres... 9. Alors, ça a été
franchement un beau succès, les entreprises ont répondu à l'appel en grand
nombre, puis on s'y est pris de différentes manières, parce qu'il y a les
entreprises qui, d'elles-mêmes, vont déposer une demande, entamer une démarche,
et puis il y a celles qu'il faut essayer de rejoindre à travers des voies
détournées, je vous dirais. Donc, quand je vous parlais de la FCCQ, de la Chambre
de commerce du Montréal métropolitain ou encore de l'Association des SDC, ça,
c'est des démarches que nous, on prend, parce qu'on se dit, bon, il y a des
secteurs économiques pour lesquels ça ne bouge pas assez vite en matière de
francisation. Ça fait que comment est-ce qu'on pourrait s'y prendre? Alors, on
passe par des groupes associatifs, qui, eux, nous permettent de rejoindre, là,
en l'occurrence, ces 167 entreprises qui ont participé au projet initié
par ces trois groupes.
Alors, c'est la première année. On va
faire un bilan, au terme de cette année-là, pour ces différents projets.
Certains existaient avant la pandémie, mais ils avaient été suspendus pendant
la pandémie. Donc, au bilan, on verra quelle suite on donne à ces projets-là, mais
je dirais que les chiffres initiaux nous envoient le message que ça répond bien
à l'appel puis que, justement, on peut joindre des entreprises qui ne seraient peut-être
pas susceptibles de s'inscrire d'elles-mêmes. Puis on mise sur l'idée que, un
peu comme pour d'autres dimensions, une fois qu'elles s'engagent dans un
processus de francisation, bien, il y a bien des chances qu'elles persévèrent
et qu'elles en fassent, je dirais, une marque de commerce ou un engagement de
moyen ou de long terme. Alors, de ce côté-là, on est très contents.
Et en termes de nombre d'entreprises qui
ont soumis des demandes, je crois que j'ai les chiffres ici...
Des voix : ...
Mme Fréchette : Ah! c'est
ici. Donc, Francisation Québec, conjointement, c'est ça, avec le ministère de
l'Emploi et de la Solidarité, ont financé un total de 632 ententes de
services pour des entreprises désirant soit des formations courtes de francisation...
et qui oeuvrent, en fait, dans 17 régions administratives différentes.
Donc, 632 ententes qui ont été financées par le ministère de l'Emploi et des
Services sociaux, et il y a 30 conventions d'aide qui, elles, sont
financées par Francisation Québec. Donc, vraiment, ça, c'est des résultats fort
importants.
Et puis également, il y a des formations
qualifiantes qui ont été déployées, développées pour les milieux de travail.
Donc, Francisation Québec a financé 44 conventions pour la mise en place
de formations qualifiantes en milieu de travail. Ça, c'est des formations
distinctes, là, qui permettent de mettre en place des services qui vont nous
permettre de mesurer la progression des participants en termes de connaissance
du français, développer leurs connaissances, qui vont contribuer au maintien
puis à la progression, aussi, en emploi, parce que le plus elles maîtrisent le
français, le plus elles seront aptes à avoir des avancées au niveau de leur
carrière. Donc, c'est un investissement, oui, pour le gouvernement, puis, oui,
pour l'entreprise également, puis pour la personne immigrante elle-même,
puisqu'elles pavent la voie à une profession couronnée de succès et
d'intégration pleine et entière dans la société.
Donc, voilà, on a développé des formations.
Traditionnellement, les formations étaient de 60 à 80 heures, et puis on a
ajouté à ça des formations plus complètes, associées à un secteur d'emploi
donné. Il y a des formations qui vont jusqu'à 300 heures de formation. Et,
voilà, donc, on a des formations de différents types pour s'adapter, justement,
à la réalité des entreprises. Et puis il y a une des formations que l'on
soutient, à travers les subventions que l'on a données, qui amène des personnes
qui vont enseigner le français sur les lieux mêmes du commerce de services.
Donc, ça fait en sorte que l'employeur ou le travailleur n'a pas à se déplacer,
mais la personne qui enseigne le français vient à lui et lui enseigne le
français en fonction du type de commerce dont il s'agit, donc ça permet
d'intégrer un vocabulaire pleinement adapté à la réalité de la personne.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il reste 30 secondes. La députée de...
Une voix : Bien, je vais
laisser la parole...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Allez-y.
Mme Tardif : Mme la ministre,
ainsi que votre équipe, permettez-moi, au nom de mes collègues, au nom de tout
le monde, de vous remercier, de vous remercier pour aujourd'hui. On le sait que
c'est un gros travail, l'étude des crédits, mais pour... de vous remercier
aussi et de <remercier tous les employés des autres ministères...
Mme Tardif :
...un
gros travail, l'étude des crédits, mais pour... de vous remercier aussi et de >remercier
tous les employés des autres ministères qui sont touchés par l'immigration,
parce que vous faites une grande différence partout à travers le Québec, mais
dans les régions particulièrement où on a besoin de ces immigrants-là et on a
besoin des organismes...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup...
Mme Tardif : ...qui
francisent nos nouveaux arrivants. Merci.
• (18 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Merci, Mme la ministre.
Alors, le temps alloué à l'étude des
crédits budgétaires du portefeuille Immigration, Francisation et Intégration
étant terminé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 1, intitulé Direction et
soutien aux activités du ministère, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division.
Le programme 2, intitulé Immigration,
francisation et intégration, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division.
Finalement, l'ensemble des crédits du
portefeuille Immigration, Francisation et Intégration pour l'exercice financier 2024-2025
est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division.
Donc, j'ai pris connaissance des documents
transmis par Mme la ministre et j'en autorise le dépôt. Et, en terminant, je
dépose également les réponses des demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au jeudi 18 avril à 15 h 30, où elle
entreprendra l'étude du volet Lutte contre le racisme des crédits budgétaires
du portefeuille Conseil exécutif. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 31)