Journal des débats (Hansard) of the Committee on Citizen Relations
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, April 23, 2024
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Vol. 47 N° 51
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Aînés
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Intervenants par tranches d'heure
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Lecours, Lucie
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Caron, Linda
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Bélanger, Sonia
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Bélanger, Sonia
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Caron, Linda
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Lecours, Lucie
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Labrie, Christine
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Labrie, Christine
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Bélanger, Sonia
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Lecours, Lucie
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Caron, Linda
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Arseneau, Joël
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Bélanger, Sonia
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Arseneau, Joël
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Lecours, Lucie
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Caron, Linda
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Caron, Linda
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Bélanger, Sonia
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Lecours, Lucie
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
16 h (version révisée)
(Seize heures vingt-neuf minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre les
travaux.
La commission est réunie cette fois afin
de procéder à l'étude du volet Aînés des crédits budgétaires du portefeuille Santé
et Services sociaux pour l'exercice financier 2024-2025. Une enveloppe de deux heures
a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, Mme
la Présidente. M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne) est remplacé par
Mme Labrie (Sherbrooke); et M. Bérubé (Matane-Matapédia) est remplacé
par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Bienvenue à la commission.
Alors, juste avant de commencer, je vais
déposer un document qui s'intitule Mesures du ministère de la Famille :
État de réalisation au 31 mars 2024. Il va être sur le site Internet.
Il a été déposé juste à la toute, toute fin de la dernière séance que nous
avons eue.
Alors, ceci étant dit, nous allons
procéder maintenant à une discussion d'ordre général par blocs, incluant les
questions et les réponses donc proportionnelles, s'il vous plaît. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit
aux alentours de 18 h 30.
Alors, je suis maintenant prête à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange de 19 min 30 s. Mme la députée de La Pinière,
la parole est à vous.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à tout le monde.
Alors, d'entrée de jeu, j'aimerais parler
de soutien à domicile, un sujet qui nous concerne tous. Alors, la Vérificatrice
générale reconnaissait déjà, faisait déjà le constat en 2022 qu'on ne répondait
pas aux besoins de toutes les personnes qui ont un besoin de soutien à
domicile. La commissaire à la santé a indiqué qu'on répondait à un peu moins de
11 % des besoins. La chaire HEC Jacques-Parizeau a fait une étude
prospective pour les besoins à venir. Ça nous montre clairement qu'on n'est pas
en mesure actuellement de répondre à tout le monde, et ça va être difficile de
le faire.
La commissaire soulignait un point. Depuis
l'adoption, en fait, de la politique pour maintenir les personnes aînées à
domicile en 2003, la question de l'universalité du soutien à domicile n'a
jamais été discutée publiquement. Alors, ma question, Mme la ministre : Est-ce
que vous comptez ouvrir le débat sur l'universalité ou non du soutien à
domicile?
Et, en question 135 des crédits, c'est
indiqué que le ministère va analyser les 16 recommandations du plan de...
et élaborer un plan de mise en oeuvre, les 16 recommandations du CSBE.
Alors, est-ce que vous vous engagez à rendre publics les recommandations que
vous allez retenir et le plan que vous allez mettre en oeuvre?
Mme Bélanger : Alors, Mme la Présidente,
d'abord, permettez-moi de saluer l'ensemble des collègues députés et l'équipe
ministérielle, qui sont présents ici.
Alors, concernant le rapport de la
commissaire santé et bien-être, j'ai eu l'occasion de le mentionner à quelques
reprises, là, notre gouvernement a mandaté cette... la commissaire pour qu'elle
puisse faire vraiment une analyse exhaustive des services de soutien à
domicile. Plusieurs recommandations...
16 h 30 (version révisée)
Mme Bélanger : ...exhaustive
des services de soutien à domicile. Plusieurs recommandations ont été faites.
On a eu l'occasion, là, de prendre connaissance de l'ensemble de ces travaux,
les différents rapports qui ont été déposés. Alors, dans les 16 recommandations,
je peux vous dire qu'il y a déjà quand même plusieurs mesures qui sont faites.
Je vais y aller avec celles qui sont déjà en cours, notamment le renforcement
de nos liens avec les OBNL, avec les organismes communautaires, la formation
des préposés en soutien à domicile, la diminution de la paperasse, de la
bureaucratie, la révision de nos façons de faire, de nos processus. Cependant,
il y a trois mesures que je considère plus importantes, plus structurantes, que
nous allons regarder de très près.
La première mesure est celle de vraiment
se doter au Québec d'une politique nationale sur les services de soutien à
domicile. Donc, j'aurai l'occasion, éventuellement, de revenir à ce sujet-là.
Mais c'est clair que, depuis la politique qui a été adoptée en 2003-2004, Chez
soi : le premier choix, c'est clair qu'avec le vieillissement de la
population, 20 ans plus tard, qu'on doit regarder la structure de nos
services de soutien à domicile au Québec et donc je m'engage à aller dans ce
sens-là.
Deuxième mesure extrêmement importante qui
a été faite... qui est ressortie dans ce rapport, c'est vraiment l'importance
de mieux se coordonner et d'identifier des portes... une porte d'entrée claire
pour les services de soutien à domicile. Donc, on le sait, je suis sur le
terrain régulièrement, les aînés nous disent que c'est difficile de comprendre
quels sont les services en soutien à domicile. Donc, on va regarder clairement,
d'ici 2025, pour s'assurer que les mécanismes d'accès en services de soutien à
domicile soient d'abord bien compris par les usagers, extrêmement important, et,
naturellement, il y aura une réorganisation à ce niveau-là.
Donc, ce sont des mesures importantes. Je
ne veux pas faire le tour des 16 mesures, mais nous allons bientôt... J'ai
eu l'occasion de m'entretenir avec Mme la commissaire santé, bien-être, et nous
allons bientôt revenir sur les mesures qui sont retenues, lesquelles seront...
qui seront concernées à court terme et à moyen terme.
Mme Caron : Elles seront
rendues publiques, celles que vous voulez... avec votre échéancier?
Mme Bélanger : Tout à fait.
Mme Caron : Merci. Vous avez
parlé de mieux se rapprocher des OBNL. Je pense, par exemple, au réseau des EÉSAD.
Alors, l'année dernière, à ce moment-ci, il y avait une demande des EESAD dont
je vous avais parlé, vous aviez trouvé que c'était une excellente idée, mais ce
n'est pas encore... ce n'est pas encore fait, c'est-à-dire en lien avec le
crédit de maintien à domicile, parce qu'actuellement ce sont surtout les gens
qui sont en RPA qui bénéficient du crédit de maintien à domicile, parce que la
RPA fait les... remplit les formulaires à leur place. Pour les autres
personnes, c'est parfois plus difficile de le faire, et les EESAD disaient :
Bien, nous, on a déjà la confiance du gouvernement, on pourrait demander l'application
du crédit au fur et à mesure de la facturation. Alors, où est-ce que vous en
êtes là-dessus?
Mme Bélanger : Alors,
excellente question, puis je pense que c'est vraiment important. Nos
entreprises d'économie sociale en soutien à domicile jouent un rôle extrêmement
important, que ce soit pour les aides domestiques, pour les menus travaux. Et
là où on veut aller plus loin avec nos entreprises d'économie sociale, j'ai eu
l'occasion de le mentionner, là, dans un forum dernièrement, c'est vraiment
tout le volet du soutien aux activités quotidiennes, donc le soutien à la
personne. Alors, ils ont... ils ont le potentiel, ils ont la volonté d'aller de
l'avant.
Vous savez, avec le vieillissement de la
population, les services de soutien à domicile ne peuvent pas reposer seulement
sur nos équipes CLSC, c'est illusoire de penser ça. Il faut donc créer un
écosystème du soutien à domicile, et les EESAD font partie de notre volonté. L'année
dernière, on a eu l'occasion de faire une annonce importante pour rehausser
leur budget. Ce budget-là est allé directement aux usagers. Cette année, notre
volonté est d'utiliser le financement pour aider les EESAD à avoir plus d'employés,
rémunérer leurs employés. Donc, on travaille sur deux plans, aider les usagers,
bien sûr, mais il faut aussi poser des gestes concrets pour s'assurer que nos EESAD
aient les ressources nécessaires pour aller de l'avant.
Mme Caron : ...mais pour l'accès
au crédit de maintien à domicile pour les aînés via les EESAD?
Mme Bélanger : Pour l'accès
au crédit d'impôt soutien à domicile, vous avez tout à fait raison. On s'est
aperçu que ce sont souvent les aînés qui vivent en RPA qui vont demander ce
crédit d'impôt, parce qu'ils sont dans un milieu extrêmement structurant. Les
aînés qui sont à domicile ne savaient pas exactement <comment...
Mme Bélanger :
...milieu
extrêmement structurant. Les aînés qui sont à domicile ne savaient pas
exactement >comment demander ce crédit d'impôt. Alors, on est en train
de travailler aussi pour mieux faire connaître ce crédit d'impôt, qui est
unique au Québec, en passant, je veux quand même le mentionner. Quand on
regarde nos investissements en soutien à domicile, il faut quand même
considérer près de 1 milliard de dollars, là, qui est affecté pour le
soutien à domicile. Notre souhait, c'est que les aînés au Québec puissent y
avoir accès. On va travailler aussi avec les EESAD pour le programme
d'exonération financière en soutien à domicile. Donc, ça, c'est un élément
extrêmement important.
Mme Caron : OK. Mais pour le
crédit d'impôt via les EESAD, ce n'est pas encore dans les plans?
Mme Bélanger : ...juste
mentionner, là... mon sous-ministre adjoint me dit qu'il y a tout un travail
qui est fait actuellement avec les différents partenaires, bien sûr, avec le
regroupement des EESAD. Donc, il y a des travaux qui sont faits, on s'en va
vers cette direction-là. Donc, on attendait que les crédits arrivent pour aller
de l'avant.
Mme Caron : OK, donc c'est à
venir. Vous avez dit vous-même qu'il y a beaucoup de personnes... avec le
vieillissement de la population, donc, beaucoup de personnes à servir, qu'on...
ce n'est pas le réseau seul qui peut le faire, et c'est... d'où l'importance
des EESAD. Il y a aussi des entreprises de soutien à domicile qui existent, et
là il y a un flou actuellement, parce que, l'été dernier, durant les vacances
de la construction, le 26 juillet, il y a un projet de règlement qui a été
publié dans la Gazette officielle pour mettre fin au recours des agences
de placement et à la main-d'œuvre indépendante. Le problème, c'est que les
entreprises de soutien à domicile ne sont ni l'un ni l'autre. Ce ne sont pas
des agences de placement, ce ne sont pas non plus de la main-d'œuvre
indépendante. Mais elles ne sont pas mentionnées dans le règlement qui a paru
dans la Gazette officielle, et là il y a un flou. Il y a certains CISSS
qui continuent de les utiliser, il y en a d'autres qui ne le font pas. Il y a
même, je dirais, presque, une histoire d'horreur, là, qui nous a été... qui
nous a été ramenée pour la Rive-Nord de Montréal.
Est-ce que vous pouvez nous dire
clairement si les entreprises de soutien à domicile, qui ne sont pas des
agences de placement ni de la main-d'œuvre indépendante... est-ce que les CISSS
peuvent continuer, oui ou non, à faire affaire avec elles?
Mme Bélanger : Alors, excellente
question, puis on y va progressivement. Puis il y a tout un historique à
regarder, là, par rapport à ces agences-là. Il y a certains... en fait, il y a
certains établissements qui font affaire avec ce qu'on peut considérer comme
des agences parce qu'ils n'ont pas ces catégories d'employés. Ils ont fait le
choix, au fil des dernières années, de faire affaire avec certaines agences.
Là, maintenant, on veut éliminer la main-d'œuvre indépendante dans nos
établissements. Cependant, chaque établissement est en train de faire son plan
d'action pour s'assurer d'atteindre cet objectif, qui est extrêmement
important, donc, vraiment de pouvoir être davantage autonome dans l'offre de
services publique. Il y a des discussions actuellement en lien avec la
main-d'œuvre indépendante, et mon sous-ministre adjoint, M. Richard
Deschamps, pourrait peut-être compléter sur les discussions qui sont en cours
actuellement.
Mme Caron : Mais je ne suis
pas intéressée à savoir pour les... pas dans le cadre de cette question-ci, la
main-d'œuvre indépendante et les agences, mais vraiment les entreprises qui
sont privées, mais qui sont des entreprises de soins à domicile qui sont... de
soutien à domicile qui ne sont pas des agences ni de la main-d'œuvre
indépendante, et qui ne sont pas mentionnées dans ce règlement... dans le
projet de règlement là. Alors, c'est vraiment pour ces... pour ces...
Parce que ça, ce n'est pas des gens qui
vont chercher des employés dans le réseau, là. C'est des gens... ce genre
d'entreprises peuvent avoir des... ça peut être des personnes qui sont de
jeunes retraités, ou des personnes qui veulent travailler uniquement à des
heures atypiques, et qui peuvent offrir les soins, le soutien et qui, dans certains
cas, là, sont... offrent une... depuis des années, la stabilité aux mêmes...
aux mêmes personnes, aux mêmes aînés qui ont besoin des services. Puis ils ne
sont pas de la main-d'œuvre indépendante ni des agences, et là les CISSS ne
savent plus quoi faire avec eux.
• (16 h 40) •
Mme Bélanger : Non, bien,
écoutez, je pense que les CISSS connaissent bien, quand même, leur écosystème.
Il y a deux choses. Il existe actuellement des entreprises d'économie sociale
en soutien à domicile, qu'on appelle EESAD.
Mme Caron : Ça, je les
connais.
Mme Bélanger : Les EESAD
engagent leur personnel, et ça correspond pas mal à ce que vous dites, c'est
souvent des gens qui sont retraités, qui sont dans une deuxième carrière, qui
vont offrir des heures selon leur disponibilité, qui sont payés, donc, à
salaire, donc, et ils vont offrir une offre de services très précise. Puis
c'est vrai que, très souvent, ils accompagnent les mêmes personnes, donc il y a
tout un lien de confiance qui se fait, et ça, c'est important.
Mais il y a aussi un autre phénomène où il
y a de plus en plus d'entreprises privées en soutien à domicile. Donc, ça
aussi, c'est une autre offre de services d'entreprises privées en soutien à
domicile. Au moment où on se parle, donc, si les personnes veulent s'acheter
des services au Québec, ils ont le libre choix de le faire. Mais dans les
programmes que je regarde actuellement, notre programme vise à <vraiment...
Mme Bélanger :
...Mais
dans les programmes que je regarde actuellement, notre programme vise à >vraiment
intensifier l'offre de services des entreprises d'économie sociale, EESAD, et
c'est là qu'on s'en va. C'est vraiment important. On veut donc mieux les
financer et surtout, surtout, mieux s'arrimer aux différents CLSC.
Il y a un mois, on était ici, à Québec, des
EESAD étaient présentes, de toutes les régions du Québec, et il y avait des
représentants de tous les CLSC du Québec qui étaient présents. Donc, c'était
vraiment le lancement d'une approche. On dit : Assoyez-vous ensemble,
regardez quels sont les besoins, puis réorganisez les processus pour s'assurer
que les personnes qui ont besoin de services de soutien à domicile soient
référées rapidement vers les EESAD. Ce ne sont pas de la main-d'oeuvre
indépendante, je suis d'accord avec vous.
Mme Caron : Ah! non, non.
Mais je ne parlais pas des EESAD. Je sais très bien ce que c'est, les EESAD,
puis c'est parfait de miser sur elles et... Mais je ne parle... quand... je
parlais des entreprises de soutien à domicile, comme vous avez dit, ces
entreprises privées de soutien à domicile qui ne sont pas des EESAD, qui ne
sont pas de la main-d'œuvre indépendante et qui ne sont pas des agences de
placement non plus.
Je vais passer à un autre sujet aussi avec
les EESAD. D'abord, à la question 21 dans notre cahier, pour les projets de
gériatrie sociale qui avaient été annoncés le 3 juin 2019, on nous
dit qu'ils se poursuivent jusqu'au 31 mars 2024 dans les régions
suivantes, on nous donne les régions. Alors, qu'est-ce qui se passe après le 31 mars 2024?
Est-ce que le financement est arrêté ou ça se poursuit? Et aussi, les EESAD,
justement, avaient demandé que les... la gériatrie sociale soit structurée,
fasse partie intégrante, finalement, de leur réseau. Alors, c'est sur ces
deux... ces deux points là sur la gériatrie sociale.
Mme Bélanger : Oui, en fait,
les projets de gériatrie sociale sont extrêmement importants au Québec. On a eu
des projets vitrines au fil des dernières années, il y en a eu dans le Bas-Saint-Laurent,
Capitale-Nationale, Laval, Estrie, Saguenay—Lac-Saint-Jean,
Nord-de-l'Île-de-Montréal. C'est 1,2 million qui avait été accordé. On
travaille avec la Fondation AGES, donc, notamment avec Dr Lemire, que vous
connaissez sans doute. Cette année, nous allons augmenter le nombre... le
nombre de projets de gériatrie sociale. Ultimement, ce qu'on souhaite, c'est
qu'il y ait des projets de gériatrie sociale dans toutes les régions du Québec.
Alors, au moment où on se parle, il y a six régions, là, qui ont des projets.
Ces projets ont fait une démonstration de l'efficacité, donc, et de
l'importance de bien repérer les aînés au sein d'un quartier, dans un milieu de
vie, de les mettre en contact avec les différents organismes et aussi, au
besoin, avec les équipes CLSC. C'est vraiment extrêmement important.
Il ne faut pas oublier qu'on a le
programme ITMAV aussi, donc les intervenants de milieu. C'est un programme qui
a été mis en place il y a déjà quelques années. Ce programme est complémentaire
au programme de gériatrie sociale. Alors, on va continuer les deux programmes,
accentuer la gériatrie sociale, mais continuer à ce que nos ITMAV soient bien
connectés à ces projets, c'est extrêmement important. On veut éviter les silos.
Mme Caron : ...qui sont prévues,
justement, pour faire plus de projets de gériatrie sociale? Parce que, là, je
comprends que ce ne sera plus des projets pilotes, puisque les projets pilotes
ont réussi. Donc, ça va être plus pérenne?
Mme Bélanger : En fait,
j'aurai l'occasion sous peu de faire une annonce en lien avec les budgets qui
nous ont été octroyés. Vous savez qu'on a eu pour le vieillissement de la
population, les services de soutien à domicile, 1,1 milliard. J'aurai donc
l'occasion d'annoncer bientôt le nombre de projets de gériatrie sociale qui
pourront être mis de l'avant à partir de cette enveloppe de développement, qui
est extrêmement importante. C'est une priorité pour le Secrétariat des aînés, c'est
une priorité pour le ministère de la Santé puis c'est une priorité pour la
ministre responsable des Aînés.
Mme Caron : Merci. Alors, à
la question 48, j'avais posé une question à propos des proches aidants âgés de
moins de 18 ans, parce qu'on sait que c'est un phénomène moins connu, les
personnes proches aidantes qui sont jeunes, et on a répondu que les données
n'étaient pas produites par le ministère. Par contre, je ne comprends pas cette
réponse-là que le ministère n'ait pas de données à fournir, parce que les
mesures 2 et 51 du plan d'action sont de réaliser un portrait des personnes
proches aidantes au Québec. Donc, ça devrait... dans la mesure 2, ça devrait
comprendre les jeunes, puis la mesure 51 du plan d'action gouvernemental pour
les personnes proches aidantes devrait avoir déposé un rapport final et diffusé
les résultats en mars 2024, ce que je n'ai pas vu, et ça devait documenter la
prévalence, les caractéristiques, les besoins des personnes proches aidantes,
jeunes et adultes, qui fréquentent un établissement des réseaux de <l'éducation...
Mme Caron :
...proches
aidantes, jeunes et adultes, qui fréquentent un établissement des réseaux de >l'éducation
ou de l'enseignement supérieur. Alors, est-ce que vous pouvez m'en dire un
petit peu plus long là-dessus?
Mme Bélanger : Bien,
effectivement, là, quand on regarde dans la dernière année, il y a certains
organismes, là, qui ont ressorti qu'au Québec là, il y avait plus de
1 million de personnes proches aidantes. Alors, bien, premièrement, il
faut être prudents avec ça. Aller voir sa maman et l'amener à l'épicerie une
fois par mois, on peut qualifier ça de proche aidant, mais je pense qu'on se
comprend là, il faut vraiment faire attention quand on regarde à répertorier
qui sont les proches aidants au Québec. Je suis très sensible au fait qu'il y a
des enfants qui sont proches aidants de leurs parents, je suis particulièrement
sensible à ça.
Je veux quand même mentionner que, bon,
vous le savez, la loi, en 2020, sur la proche aidance, la politique nationale,
un plan d'action national, avec 61 mesures... et, au moment où on se
parle, il y a... sur 61 mesures, il y en a plus d'une cinquantaine, dans
le plan d'action national sur la proche aidance, qui sont vraiment mises en
place. Alors, c'est une bonne nouvelle. Je pense qu'on progresse à ce
niveau-là.
Maintenant, de vous répondre aujourd'hui
sur le portrait précis de l'ensemble des proches aidants au Québec, je ne suis
pas en mesure de le faire aujourd'hui. Il y a plusieurs groupes qui sont
soutenus, dans nos... dans nos priorités, par rapport à la proche aidance. Je
veux quand même mentionner qu'il y a eu beaucoup de formations. Le répit fait
partie du volet de la proche aidance, le soutien psychosocial, le développement
de programmes de pair aidant, pour que les proches aidants puissent avoir, donc,
des personnes-ressources autour d'eux. Donc, il y a vraiment énormément de
mesures qui ont été mises en place.
De prendre le portrait précis des proches
aidants au Québec pourrait être une mesure structurante éventuellement. Il faut
qu'on regarde dans le plan d'action avec l'ensemble des mesures, s'assurer
qu'on avance dans ce plan d'action, qu'on a quand même mis sur la table, là.
C'est important qu'on aille de l'avant. Mais je suis sensible au fait qu'il
faut prendre vraiment davantage... et il faudrait voir si un centre de
recherche ou un institut en statistique pourrait faire un portrait. C'est très
important d'avoir un portrait qui est détaillé et précis, mais avec les bonnes
définitions aussi.
Mme Caron : Donc, je
comprends que la mesure 51, c'est une des mesures qui n'a pas... qui n'est
pas terminée, là, celle qui devait déposer un rapport en mars 2024?
Mme Bélanger : On est en train
de regarder l'ensemble des mesures, c'est en cours. On n'a pas aujourd'hui, au
moment où on se parle, l'information précise. Mais moi, je peux quand même vous
dire que je suis très contente du plan d'action 2021-2026.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Merci beaucoup, le temps est écoulé. Alors,
je vais reconnaître la prochaine intervenante, Mme la députée de Sherbrooke,
pour 19 min 30 s.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Je vais avoir plusieurs questions qui concernent la précarité
financière des aînés. J'ai essayé d'identifier des enjeux de la précarité
financière des aînés qui relèvent de votre ministère ou, en tout cas, du
ministère de la Santé, auquel vous êtes rattachée. Donc, je vais commencer avec
la question de la contribution à la RAMQ. Les personnes qui ont plus de
65 ans, qui sont à faible revenu, touchent le supplément de revenu garanti
au fédéral. Donc, ça, c'est des personnes qui gagnent moins de 21 624 $
par année. Ceux qui touchent plus que 94 % du supplément de revenu garanti
sont exemptés de la contribution de la RAMQ pour l'assurance médicaments. Par
contre, ceux qui touchent 93 % et moins du supplément de revenu garanti paient
quand même la totalité de la contribution à la RAMQ, donc ils paient 674 $
par année. Des fois, pour quelques dollars de revenus de différence, là, ils se
retrouvent à devoir payer presque 700 $.
• (16 h 50) •
Et puis j'ai parlé à plusieurs aînés, qui
sont assez en colère, là, de cette situation-là. Ils trouvent ça injuste d'être
considérés à faible revenu par l'État pour recevoir le supplément de revenu
garanti puis de devoir quand même payer cette contribution-là. Certains ont
même déploré que le chèque de la CAQ pour les aînés devait leur servir à payer
ça, finalement, donc ils ne comprennent pas pourquoi. Donc, j'aimerais savoir
ce que la ministre en pense, et puis si elle est ouverte à faire changer la
règle pour que les aînés qui sont assez à faible revenu pour toucher le
supplément de revenu garanti n'aient pas à payer cette contribution-là.
Mme Bélanger : Oui, bien,
c'est clair que, dans le contexte économique actuel, puis avec l'inflation,
puis l'augmentation des coûts de logement, d'épicerie, etc., et, en plus, donc,
la contribution à la RAMQ... c'est clair que les aînés qui sont à faible
revenu, bien, ils ont des enjeux de plus en plus importants. Je suis très
sensible à cette situation-là. Je ne sais pas si la question a été posée à mon
collègue au niveau du ministère du Revenu, mais je pense que c'est quelque
chose qu'on pourrait regarder. Et il faudrait regarder aussi ça fait combien de
temps que cette mesure est en place, est-ce qu'elle a été réexaminée dans le
contexte de l'évolution, là, puis des enjeux de notre société en termes de <coûts...
Mme Bélanger :
...réexaminée
dans le contexte de l'évolution, là, puis des enjeux de notre société en termes
de >coûts, et pas seulement sur les médicaments et sur la RAMQ, mais
tous les coûts associés. C'est important, puis on le sait que les aînés qui
sont à faible revenu, bien, c'est difficile pour eux actuellement. Alors, c'est
quelque chose qu'on pourrait regarder.
Mme Labrie : C'est une
demande qui est soutenue par la FADOQ depuis assez longtemps déjà, là, il y a
quand même pas mal de citoyens qui sont concernés. Donc, si je comprends bien,
jusqu'à maintenant, il n'y a pas de réflexion qui a été amorcée du côté du
gouvernement là-dessus?
Mme Bélanger : Bien, en fait,
c'est parce qu'il y a beaucoup de réflexions quand même, qui ont été amorcées
et qui sont mises en place, là, pour soutenir les aînés. Je voudrais quand même
rappeler que, pour les aînés de 70 ans et plus à faible revenu...
Mme Labrie : Non, mais je
veux parler spécifiquement de cette mesure-là, parce que je n'ai pas beaucoup
de temps, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui, je... OK,
d'accord. Mais on comprend, là, que cette mesure-là, on n'est pas... on n'a pas
avancé sur cette mesure-là. C'est quelque chose qu'on pourrait regarder. Mais
je veux quand même dire que notre gouvernement, vous le savez...
Mme Labrie : Oui, je le sais.
Mme Bélanger : ...a mis en
place plusieurs mesures pour soutenir les aînés. On est contents de ça. Au
Québec, il faut se réjouir. On a été très proactifs...
Mme Labrie : Exact, mais
c'est juste que moi, j'ai des...
Mme Bélanger : ...puis c'est
quand même 2 000 $ qui est donné pour les 70 ans et plus à faible
revenu. Est-ce que ce 2 000 $, en plus de payer... les aider à
contribuer à payer leurs factures d'épicerie, repas, etc., logement... est-ce
que ça peut servir aussi à payer ce qu'on leur demande pour la RAMQ? Il faut
qu'on examine ça dans le détail. Mais c'est quand même 2 000 $ par
personne.
Mme Labrie : Exact. Bien,
moi, je vous confirme que, pour plusieurs aînés, ce 2 000 $ là a
servi en partie à payer la contribution RAMQ, puis c'est ce qui cause de
l'insatisfaction, notamment, parce qu'on donne d'un côté, on reprend de l'autre.
Les gens ne comprennent pas pourquoi, s'ils sont considérés à faible revenu,
ils doivent quand même payer ça. Donc, moi, j'entends quand même une sensibilité.
Certains suggèrent que ce soit une contribution progressive, là, pas que ce
soit tout ou rien, mais que ce soit vraiment adapté en fonction du pourcentage
de... du supplément de revenu garanti qu'ils reçoivent. Donc, est-ce qu'on peut
avoir un engagement de votre part que vous allez demander une étude pour
réévaluer la pertinence de cette mesure-là?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
ce que je peux vous dire aujourd'hui, là, je suis très sensible à cette cause,
là, des aînés qui sont à faible revenu. C'est préoccupant. Je pense que tout le
monde écoute, là, ce que vous venez d'amener, qui est très approprié. On va
regarder, on va regarder.
Mme Labrie : Vous allez le
regarder?
Mme Bélanger : On va regarder
cet élément-là puis le prendre en considération avec l'ensemble des autres
mesures.
Mme Labrie : D'accord. Et qui
prend cette décision-là ultimement? Parce que moi, je m'adresse à vous, vous
êtes responsable des Aînés, vous êtes rattachée au ministère de la Santé. Je
pense que vous êtes la principale...
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
c'est clair que, comme ministre responsable des Aînés, là, j'ai cette
responsabilité d'examiner l'ensemble des éléments. Maintenant, je vais le travailler
avec les collègues concernés.
Mme Labrie : Donc, c'est
auprès de vous qu'on fait un suivi. Parfait.
J'ai une autre question, concernant les
prothèses auditives. En ce moment, la RAMQ couvre une seule prothèse auditive
pour les personnes de 65 ans et plus. C'est, de toute évidence, une
discrimination basée sur l'âge, là. Les personnes de 65 ans et plus ont
deux oreilles, comme les autres, en tout cas, la majorité d'entre elles.
Beaucoup d'acteurs sont d'avis que ça devrait changer, la FADOQ, l'Ordre des
orthophonistes, des audiologistes aussi. Donc, j'aimerais savoir si la
ministre... le ministère a déjà évalué combien ça coûterait de couvrir l'achat,
réparation, remplacement de deux prothèses pour les plus de 65 ans, comme
on le fait pour les autres, et pourquoi on ne procède pas.
Mme Bélanger : Bien, en fait,
je pense que, quand le gouvernement a décidé d'aller de l'avant pour financer
une prothèse, c'était une question aussi d'offrir un service en fonction des
ressources dont on dispose, hein? Ça, je pense que c'est comme ça que la
décision a été prise. Maintenant, je le sais qu'il y a des aînés, toujours ceux
qui sont à plus faible revenu... Là, je fais une différence, quand même. Les
aînés ne sont pas tous à la même place par rapport aux revenus, et les aînés à
faible revenu, je pense qu'il faut regarder alors, puis essayer de voir comment
on répond aux besoins.
Maintenant, c'est quand même un geste fort
qui a été fait, de la part du gouvernement, d'aller de l'avant avec le
financement, là, d'une prothèse auditive. Je comprends qu'on a deux oreilles, je
me l'ai fait dire, je le comprends très, très bien, alors on va regarder. Je
suis... Vous savez, là-dedans, je pense que ce qui est le plus important, c'est
de regarder pour les aînés à faible revenu. Puis on le voit tout de suite, là,
quand on a 22 000 $, 23 000 $ par année, de payer tout ça,
bon... Puis je pense qu'on le sait, d'avoir une santé auditive c'est
extrêmement important pour la suite des choses, pour sa propre sécurité, pour
sa qualité de vie, pour le vieillissement actif. On va regarder.
Mme Labrie : Exact. Bien, je
suis contente d'entendre la ministre exprimer ça, parce qu'effectivement ça a
des enjeux sur la... toute la qualité de vie de ces <personnes-là...
Mme Labrie :
...parce
qu'effectivement ça a des enjeux sur la... toute la qualité de vie de ces >personnes-là.
Il y a 32 % des personnes de 65 ans et plus qui ont une déficience
auditive assez importante pour nuire à leurs activités quotidiennes. Donc, ça,
c'est une personne sur trois. Mais il y en a seulement 20 % d'entre elles
qui utilisent des appareils auditifs, à cause des coûts, notamment, puis le
Québec, c'est l'endroit où c'est le plus dispendieux. Puis juste... parce que...
vous avez nommé la sécurité, là... d'avoir juste une seule prothèse auditive,
ça peut vraiment mettre en danger les gens, notamment parce que c'est plus
difficile d'évaluer la distance des bruits, par exemple, une voiture qui
arrive, quand on a une seule prothèse. Ça fait que ce n'est pas juste... c'est...
ce n'est pas du luxe, là, OK, on n'est pas dans le luxe, de vouloir deux
prothèses.
Mme Bélanger : Non, tout à
fait. Non, tout à fait. Puis on vient de m'informer, là, qu'il y avait des
travaux en cours avec la RAMQ à ce niveau-là. Donc, on va suivre ça de près.
Mme Labrie : Quel genre de
travaux? Peut-être, votre collègue peut s'exprimer?
Mme Bélanger : Oui. Est-ce
que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...consentement pour... C'est M. le sous-ministre.
Consentement? Merci. Vous vous nommez, s'il vous plaît.
M. Gagnon (Sylvain) : Oui.
Bonjour. Sylvain Gagnon, sous-ministre adjoint à la Direction générale des
aînés et des proches aidants. Effectivement, tel que le précisait la ministre,
il y a des travaux en cours qui se font avec la RAMQ. Le besoin d'une deuxième
prothèse est moins lié à l'âge qu'à la condition de la personne, le fait d'être
travailleur, ou étudiant, ou personne âgée, de sorte que l'ensemble des travaux
se font actuellement pour évaluer les conditions de bonification du programme
puis mesurer effectivement, le volet financier qui pourrait en découler
ultimement, oui.
Mme Labrie : OK, j'entends ce
que vous me répondez. Mais, si je peux me permettre, à mon avis, ce n'est pas
seulement les personnes de plus de 65 ans qui sont sur le marché du
travail, par exemple, qui devraient avoir accès à deux prothèses. Ce n'est pas
nécessairement ce que vous avez sous-entendu, mais disons qu'on comprend
qu'avec l'analyse que vous faites ça pourrait y mener. Je vous soumets qu'il y
a des enjeux de sécurité et d'inclusion sociale qui sont importants aussi, même
pour une personne qui n'est pas active sur le marché du travail. Donc,
assurément, on va demander un suivi de ces travaux-là. Puis je me permets de
soulever, par ailleurs, que c'est un problème que ce soit au Québec que ce soit
le plus cher de se procurer aussi des prothèses auditives, donc j'espère qu'il
y a des travaux qui sont faits de ce côté-là aussi.
Je vais y aller sur les soins dentaires.
Bon, en ce moment, beaucoup d'aînés essaient de se démêler sur l'accès aux
soins dentaires. Ils se font annoncer des choses par le gouvernement fédéral. Le
Québec ne veut pas prendre part à ce programme fédéral, mais ne dit pas non
plus ce qu'il veut faire lui-même. Donc, je me... je sais que vous avez appuyé
la motion qui demandait qu'il y ait un programme québécois mais on n'a aucune
nouvelle de ça, puis là il y a des aînés qui se demandent comment ils vont être
couverts. Est-ce que la ministre peut nous dire ce que son gouvernement va
faire pour que les aînés aient accès à des soins dentaires?
Mme Bélanger : Bien, là
aussi, en fait, tout ce qui est soins dentaires, c'est... c'est fondamental, c'est
important. On a vu que le gouvernement fédéral a sorti ce programme, un peu,
là, de façon rapide, on va dire ça comme ça. Maintenant, on est en train
d'examiner le contenu de ce programme. Il y a des discussions qui sont faites
avec les ordres professionnels au niveau des dentistes, parce que ça a créé un
certain nombre de confusions. Puis on a vu, là, c'est... ça peut être une
annonce qui est intéressante puis qui est bien perçue, bien sûr, pour les gens
qui en ont de besoin, sauf qu'il faut voir comment le réseau est capable
d'absorber... donc. Et donc les travaux sont en discussion actuellement, là. Et
si vous voulez plus de précisions, je sais que vous n'avez pas beaucoup de
temps, mais le sous-ministre Desharnais pourrait vous donner plus
d'informations.
Mme Labrie : Oui, j'aimerais
ça, oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ah! est-ce qu'il y a consentement?
Mme Labrie : Oui.
• (17 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Je vais vous demander de vous nommer au
micro, s'il vous plaît.
M. Desharnais (Daniel) : Oui.
Bonjour. Daniel Desharnais, sous-ministre associé à la coordination, réseau et ministériel,
et notamment responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes. En
lien avec l'annonce du gouvernement fédéral, on a eu, naturellement, des
discussions, et la demande officielle du gouvernement du Québec et du ministre
de la Santé, c'est un droit de retrait avec pleine compensation, demande qui a
été faite à plusieurs reprises. Deux réponses officielles, que je pourrais
qualifier de négatives, avec un droit de retrait avec pleine compensation. On
s'est plus retrouvés dans une optique de... d'une certaine ouverture tant qu'on
administre le programme selon les paramètres du gouvernement fédéral, qui ne
correspondent pas, naturellement, aux priorités qu'on a notamment au niveau de
la santé publique ou de la santé dentaire des aînés.
Mme Labrie : Est-ce que vous
pouvez me dire ce serait quoi, vous, vos priorités, comme gouvernement, pour
déployer un programme pour la santé dentaire des aînés?
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
je ne serais pas en mesure de vous détailler les priorités comme telles, parce
que c'est une autre direction générale qui s'occupe de ça, puis je ne veux
pas... je ne veux pas m'égarer sur des priorités... des priorités qu'auraient
des directions, notamment au niveau de la santé publique ou de la direction...
17 h (version révisée)
M. Desharnais (Daniel) : ...m'égarer
sur des priorités... des priorités qu'auraient des directions, notamment au
niveau de la santé publique ou de la direction des affaires... Oui?
Mme Labrie : Est-ce que
quelqu'un ici est la bonne personne pour répondre à ça ou...
Mme Bélanger : Est-ce que
peut-être Dr Luc Boileau... Dr Luc Boileau pourrait peut-être...
Mme Labrie : Parce qu'en
fait, ce qui... ce qui m'intéresse, moi... Je comprends la demande de retrait
avec pleine compensation, on est d'accord avec ça, tant et aussi longtemps que
des services sont déployés pour l'accès aux soins dentaires des personnes plus
vulnérables, dont les aînés. Donc, moi, je veux savoir quel est le plan de
match du gouvernement pour... du gouvernement de la CAQ pour offrir ces
services.
M. Desharnais (Daniel) : Mais,
dans la perspective où on a... on n'a pas les sommes du gouvernement fédéral
ou... Parce que, là, on ne les a pas actuellement, là. Le gouvernement
fédéral...
Mme Labrie : Que vous les
ayez...
M. Desharnais (Daniel) : Le
gouvernement fédéral déploie son propre programme actuellement, là.
Mme Labrie : Oui. Bien, moi,
je veux savoir comment vous comptez déployer des services auprès de la
population. Donc, peut-être, s'il y a un scénario, avec ou sans compensation,
vous pourrez nous donner ces scénarios-là. Mais il y a des gens qui ont besoin
des soins dentaires, actuellement, qui s'en privent. Ça a un impact, comme tout
le monde ici le sait, sur la capacité à s'alimenter, sur la santé physique. Je
n'ai pas besoin de faire cette démonstration-là.
Mme Bélanger : Oui. OK. Bien,
peut-être, en fait, là, on voit, tout le monde, là, que ça a été annoncé, ça
fait quand même quelques semaines, là. C'est quand même très récent. M. le
sous-ministre adjoint vous dit que, dès cette annonce-là, il y a eu un
positionnement du Québec pour avoir un droit de retrait. Et donc, ce qu'on
souhaite, c'est gérer ce programme-là.
Mme Labrie : Absolument.
Mme Bélanger : Ça fait que la
réponse que je peux vous dire aujourd'hui, c'est c'est ce qu'on souhaite.
On travaille avec les associations. Il y a une... Il y a une façon aussi, là,
importante de regarder comment on va organiser cette offre de service, comment
on va le déployer. Les discussions sont en cours.
Alors, ce n'est pas une question qui est
spécifique dans les programmes aînés. Je suis tout à fait à l'aise de recevoir
cette question. On va faire le suivi. Si vous voulez entendre parler un petit
peu plus de soins dentaires, Dr Boileau pourrait vous donner de l'information.
Mais je vous rappelle quand même, là, qu'on vient tout juste d'avoir cette
annonce fédérale, là, ça fait quelques semaines, là. C'est quand même assez
récent. Donc, il faut quand même que nos... nos équipes aient la capacité de
réagir à des annonces fédérales, mais notre volonté, c'est de récupérer ça, là.
C'est vraiment ça, notre volonté.
Mme Labrie : Bien, écoutez...
Oui. Moi, je comprends que vous n'ayez pas un programme tout ficelé en ce
moment, parce que je comprends que c'est récent, là. C'est juste qu'en ce
moment il y a des personnes aînées qui reportent des rendez-vous chez le
dentiste en espérant être couvertes d'une manière ou d'une autre. Donc, pour
ces personnes-là, c'est quand même criant d'actualité, là, c'est très urgent.
Donc, c'est pour ça que moi, je m'intéresse à savoir ce que vous comptez
déployer éventuellement. Est-ce que c'est du même ordre que ce que le fédéral
fait, mais vous voulez le faire vous-même? Est-ce que vous avez une vision
différente de ce que vous voudriez couvrir? C'est un peu ça que j'aimerais
savoir.
Mme Bélanger : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Desharnais (Daniel) : Je
ne peux pas vous donner de détails du déploiement, si on avait l'argent. C'est
sûr que les priorités seraient différentes en lien avec les impératifs qu'on...
qu'on veut atteindre au niveau de la santé publique, en lien avec les
évaluations de nos experts. Mais, pour ce qui est du programme fédéral
actuellement, le gouvernement fédéral a décidé d'y aller unilatéralement. Donc,
les groupes visés et annoncés par le gouvernement fédéral seront couverts selon
le programme fédéral, donc.
Mme Labrie : Jusqu'à ce que
vous ayez éventuellement une compensation?
M. Desharnais (Daniel) : Si
on a un droit de retrait avec pleine compensation, naturellement, bien, on va
développer les programmes selon les priorités qui seront... qui seront dictées
par nos experts.
Mme Labrie : Puis vous avez
parlé d'impératifs qui avaient été identifiés ici, au Québec. Donc, moi, j'aimerais
savoir, c'est... c'est quoi, que vous avez identifié ici, au Québec, comme
étant les impératifs à couvrir.
M. Desharnais (Daniel) : Bien,
je pourrais peut-être laisser Dr Boileau compléter, si vous le souhaitez,
là.
Mme Bélanger : Oui. En fait, c'est...
La question est très pertinente pour le volet des aînés, mais il reste que les
soins dentaires, un peu... c'est un peu comme les services médicaux, là. Donc,
je pense que nos sous-ministres sont bien placés, là, parce qu'ils couvrent les
différentes responsabilités comme ministres, mais il n'y a pas un programme
dentaire spécifique aîné, là. Je veux quand même juste le rappeler. Mais...
Mme Labrie : Je comprends ça.
Bien, je vous pose la question à vous, parce qu'en ce moment, c'est ça qui se
déploie au niveau fédéral, donc les personnes qui sont un peu entre deux
chaises, c'est ça, ce sont les aînés, là. Mais je vous écoute.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour entendre le Dr Boileau?
Mme Labrie : Oui.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Je vais vous demander de vous présenter, s'il
vous plaît.
M. Boileau (Luc) : Oui. Luc
Boileau. Je suis le directeur national de la santé publique, sous-ministre
adjoint pour la Santé publique. Vous me permettez de répondre à la question?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
M. Boileau (Luc) : Les choses
ont été bien dites, évidemment, il y a quelques instants. On n'a pas encore
défini tous les paramètres qui pourraient s'inscrire dans un tel programme si l'argent
était disponible. Toutefois, il existe deux, trois grands principes.
La première des choses, c'est qu'on a un
programme pour les personnes en CHSLD. C'est un... C'est un programme de 10 millions
qu'on nous a demandé de raffiner, puis qui est vraiment en route pour être bien
exploité. Les deux tiers de ces sommes-là, à peu près, vont pour les soins d'hygiène,
qui sont précieux à avoir en CHSLD. Souvent, les gens vont avoir l'impression :
Bien, voyons, ce n'est pas très nécessaire. Non, non, c'est important. Et il y
a aussi des réparations et des activités qui sont faites par des dentistes pour
à <peu...
M. Boileau (Luc) :
...qui
sont faites par des dentistes pour à >peu près le tiers de la somme de
10 millions. Et on recrute plus de dentistes, donc on est capables de
couvrir déjà beaucoup. Et c'est en route pour une solidification de ce côté-là
avec les accords de nos autorités, en tout cas des miennes, d'une part.
D'autre part, il reste le souci, puis je
pense que vous mettez le doigt dessus en... avec la question que vous posez,
des iniquités par rapport à l'accès aux soins dentaires pour les personnes plus
âgées. C'est un souci qui est constant. Et, si nous devions avoir des capacités
pour élargir l'accès, il serait, bien sûr, à convenir pour des paramètres de...
de correction des iniquités. En santé publique, de façon générale, on essaie de
corriger ces iniquités-là.
Mme Labrie : Donc, ce serait
plus en fonction du revenu que de l'âge?
M. Boileau (Luc) : Bien,
c'est l'âge, mais le revenu aussi. C'est beaucoup plus ça. Parce que l'âge est
un déterminant, oui, mais c'est le revenu. On sait que la santé dentaire aussi...
La progression de notre société fait en sorte qu'avec tous les programmes qu'il
y a eus et les accès qu'il y a, on a une santé dentaire qui est meilleure
d'année en année, globalement, là. Nonobstant le vieillissement, on voit ça. Ça
ne vous surprendra pas, il y a moins d'édentations, il y a... Mais il y a... il
y a toutes sortes de problèmes qui arrivent, périodontite, etc., sur lesquels
les dentistes et les ordres professionnels associés agissent beaucoup. Mais
nous n'avons pas, actuellement, un programme défini autour de ça. Toutefois, ça
fait partie des angles de priorisation des grands mouvements, comme la
politique qui est émergente de Vivre et vieillir en santé... ou plutôt Vieillir
et...
Mme Labrie : Donc, il y a un
chantier sérieux qui est en cours du côté de votre ministère pour définir un
éventuel programme?
M. Boileau (Luc) : Bien, la première
des choses, c'est que tout est toujours sérieux au ministère de la Santé et
Services sociaux. Ça, vous savez bien ça. Et encore plus... bien, là, ce n'est
pas fin pour mes collègues, mais...
Mme Labrie : Bien, mettons,
sérieux pour qu'on puisse en voir les effets dans la prochaine année?
M. Boileau (Luc) : Bien, dans
la prochaine année, je ne suis pas sûr qu'on va avoir des effets de ça.
Toutefois, si la question des parlementaires est de voir est-ce qu'on est
capables de... de se raffiner de ce côté-là, advenant des capacités financières
qui sont dans ce contexte d'une entente qui n'est pas encore conclue, on serait
en mesure de proposer des choses à Mme la ministre et de faire en sorte que
nous puissions aller de l'avant, parce qu'on a ces dispositions-là, d'une façon
générale, pour bien construire...
Mme Labrie : ...les
recommandations. Si on avait la compensation, donc on pourrait aller de l'avant
avec la mise sur pied d'un programme?
M. Boileau (Luc) : Oui. Mais
c'est... En fait, c'est avec nous, mais avec toute l'équipe aussi. Ce n'est pas
juste la Santé publique. Il y a des équipes de service aussi de ce côté-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...alors, ce bloc... ce bloc est terminé. Je retourne du
côté de la députée de La Pinière pour un second bloc de 19 min 30 s.
Mme Caron : ...alors, je vais
juste ajouter mon petit grain de sel sur la question de ma collègue de Sherbrooke
pour les prothèses auditives. Non seulement c'est la qualité de vie, mais c'est
aussi l'isolement, parce que les aînés sont gênés de ne pas pouvoir bien
comprendre, outre toutes les questions de sécurité. Et puis l'isolement social,
c'est le premier... le premier pas vers la perte d'autonomie. Alors, comme on a
des besoins immenses en soins à... soutien à domicile, pour freiner la perte
d'autonomie, je pense que c'est vraiment très, très important de se pencher sur
le fait de payer deux prothèses auditives. Ça peut être modulé, évidemment, en
fonction des revenus, là, des personnes, mais je pense que... En tout cas, je
voulais ajouter mon... mon grain de sel là-dessus.
• (17 h 10) •
J'ai posé plusieurs questions dans les... dans
les... à l'avance, là, sur la maltraitance. Et, d'après ce que... les réponses
obtenues, on voit que les plaintes en matière de maltraitance sont plus
prévalentes du côté des RPA. Sur 451 plaintes dans divers... divers types de
milieux de vie, on a les RPA qui en a 156. Donc, c'est un peu plus... un peu
plus du tiers. Il y a 653 RPA qui ont été inspectées au niveau de leur
certification. Certaines ont perdu leur certification, d'autres l'ont... il y a
eu un refus de renouvellement. Alors, je me demandais si c'était, pour
certaines d'entre elles, en lien avec la maltraitance.
Et je vois qu'il y a aussi une trentaine
d'enquêtes qui ont été déclenchées en RPA. À ce jour, il n'y a pas de sanctions
qui ont été imposées. Et je voulais savoir, donc, si ça fonctionnait, ce
mécanisme de sanction. Parce qu'hier j'ai assisté au dévoilement d'une étude
d'une chercheure de l'Université de Sherbrooke qui a fait une recherche sur la
maltraitance dans les RPA dans l'agglomération de Longueuil. Et elle a trouvé, outre
la maltraitance, ce qui était particulièrement préoccupant, c'étaient les
représailles, souvent, les représailles où on dit aux employés : Vous ne
parlez plus à cette personne-là, ou bien on ne lui... rend pas le <service...
Mme Caron :
...personne-là,
ou bien on ne lui... rend pas le >service qu'on est censé lui rendre, ou
on lui rend le mauvais service, comme ne pas lui donner les bons médicaments,
même qu'on refuse des chèques pour le paiement du loyer pour ensuite pouvoir
expulser la personne pour non-paiement. C'est vraiment très dérangeant, ce que
j'ai entendu là. Et je me demande dans quelle mesure la loi qu'on a, la façon
dont on est outillés, est-ce qu'on est capables d'intervenir dans des cas comme
ça, de résidences privées pour aînés.
Et j'insiste pour dire qu'il y a
d'excellentes RPA, là. Il ne faut pas tous les mettre dans le même panier. On
se... On se comprend. Mais, celles qui sont problématiques, est-ce qu'on a les
outils pour faire cesser cela?
Mme Bélanger : Oui. Oui. Bien,
écoutez, votre question est tout à fait pertinente. Puis j'ai naturellement
bien lu l'article, là, et on suit l'évolution des travaux de madame... la
chercheure, Mme Couture, qui est en fait la titulaire aussi de la chaire
de recherche pour contrer la maltraitance. Je veux quand même apporter un bémol
ici, là. Quand on regarde l'article qui est... qui est sorti ce matin, là, on
fait référence à des études qui ont été réalisées en 2011, en 2013, en 2017, en
2018. Mme Couture a aussi fait son rapport en fonction des
données 2020-2 022. Ça fait que, ça, je pense que c'est important, là, de
partir avec ça comme contexte. En 2022, on le sait, n'oublions pas, là, que la
loi a été bonifiée en 2022. Donc, Mme Couture a pris les données, je
comprends, c'est ce qu'elle avait, là, de disponible pour faire son... son
étude. Et c'est tout à fait important, elle lève des drapeaux importants. Les
RPA, c'est important, il y a 135 000 personnes qui vivent en RPA au
Québec. Alors, je pense, c'est important de considérer les éléments qu'elle
nous ressorte.
Actuellement, au Québec, il y a
5 700 plaintes de maltraitance. Donc, la grande majorité n'est pas en
RPA. Ça aussi, je veux quand même le mentionner. Cependant, pour ce qui est des
RPA, n'oublions pas, là, qu'il y a des mesures en lien avec la loi et le plan
d'action qui ont été mis en place. Et je pense que ces mesures-là ne sont
probablement pas suffisamment connues.
D'abord, je voudrais quand même parler des
centres d'accompagnement, donc, qui sont extrêmement importants, les CAAP, OK.
Donc, les CAAP...
Mme Caron : ...elles étaient
là hier au dévoilement de l'étude.
Mme Bélanger : Oui, tout à
fait. Puis je sais qu'ils sont très impliqués puis ils veulent continuer de
jouer un rôle important, là, à l'intérieur de leur mission. Donc, les CAAP, ce
sont vraiment des centres qui peuvent accompagner les personnes, notamment si
ça concerne le loyer, revenons aux RPA, pour aller vers le tribunal du
logement, mais si ça concerne les soins, ils peuvent aussi aider les personnes
qui vivent en RPA à écrire, à rédiger leur plainte, les accompagner dans...
dans ça.
L'autre élément important avec la loi en
2022, c'est qu'on a maintenant nos commissaires santé bien-être qui relèvent
des... commissaires aux... excusez, commissaires aux plaintes, un petit lapsus...
commissaires aux plaintes dans les CISSS et les CIUSSS, qui aussi ont la
responsabilité de recevoir les plaintes en lien avec les soins et les services.
Ça fait que, moi, là, je fais la différence. Je me dis : On a les CAAP qui
sont des bons véhicules pour capter toutes les plaintes, en particulier vers le
tribunal administratif pour la portion logement, puis on a nos commissaires
santé qui doivent être présents, elles ont un rôle. Nous avons rehaussé, dans
le cadre de nos budgets en 2022, suite au dépôt de cette loi, les équipes en
lien avec les commissaires à la qualité et aux plaintes des établissements.
Alors, c'est important. Et je pense que, là, il faut vraiment qu'on travaille
avec les CAAP.
L'autre élément important en lien avec la
loi, c'est la mise en place de comités de résidents. Et ça, j'ai eu l'occasion
de le constater en allant sur le terrain, là, il y a des RPA qui n'ont pas
facilité la mise en place de ces comités. C'est absolument essentiel. Ces
comités sont là, c'est des comités résidents, donc des comités, là, qui
permettent justement de pouvoir discuter en prévention de situations
conflictuelles, de situations de maltraitance. Mais c'est important. Je pense
que la chercheure lève un drapeau, au-delà, là, des données qu'elle a utilisées
parce que c'est ce qu'elle avait de disponible. Mais je pense qu'il faut qu'on
soit là. N'oublions pas que je... Oui?
Mme Caron : ...comités, je
m'excuse... ces comités sont seulement pour les résidences de 99 et plus, je
crois, hein? Et il y a beaucoup de résidences plus petites qui... qui sont en
cause aussi dans des... Alors, est-ce que vous envisagez de les rendre
obligatoires pour des plus petites <résidences?...
Mme Caron :
...rendre
obligatoires pour des plus petites >résidences?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
on va... En fait, là, on va regarder, là. Parce que, dans le fond, la loi
permet de mettre en place ces comités, mais ça ne veut pas dire qu'une
résidence qui est à 50 personnes, qu'il n'y a pas un comité, là, qui peut
se mettre en place. Donc, c'est un comité qui est obligatoire pour les plus
grandes ressources, mais pour les plus petites, on pourrait avoir des véhicules.
Mais moi, ce que j'entends, là, c'est que
les commissaires santé bien-être et leurs équipes doivent être très présentes
aussi pour faire connaître cette modalité-là...
Mme Caron : Effectivement,
mais encore faut-il qu'elles... qu'elles puissent entrer dans les RPA. Puis ça,
ce n'est pas... ce n'est pas garanti.
Mme Bélanger : Oui. Bien...
Mme Caron : Si vous voulez,
on va peut-être changer de sujet parce que le temps... le temps file. On
pourra... On aura peut-être d'autres occasions d'en discuter parce que c'est
fort important.
J'aimerais parler de l'allocation
personnalisée pour soutenir la perte d'autonomie en RPA. Premièrement, je veux
dire que je partage l'objectif de... qui est visé par cette allocation-là, mais
c'est dans la mécanique, là... c'est la mécanique qui semble entraîner des
effets pervers qui vont à l'encontre de ce qui est... de ce qui est recherché.
Par exemple, les témoignages que... les
quelques témoignages que j'ai eus nous disent que les RPA... mais en tout cas
certaines RPA, évidemment, dans... dans les cas qui m'ont été rapportés,
haussent le coût des services, il y a... ne sont pas obligées de respecter
le... un barème gouvernemental, peuvent demander plus, que les loyers sont
vraiment à la hausse parce que les services sont inclus dans le bail. Par
exemple, une dame qui a fait appel à moi, elle me disait que c'est rendu, ça
lui coûte 91 200 $ par année parce que le loyer est passé à
7 600 $. Il faut que les services soient inclus au bail, d'après ce
que je comprends, pour que la location... que le... qu'ils puissent participer
au programme. Mais la difficulté là-dedans, c'est qu'on peut comprendre que le
CISSS ne veuille pas payer à deux places, c'est-à-dire les services en
résidence et les services à l'hôpital, si la personne est hospitalisée pendant
plus de 72 heures. Mais alors, là, c'est le résident qui est obligé de
signer le bail, avec l'ensemble des services dedans, puis il ne peut pas
ensuite les enlever du bail. Alors, ça crée vraiment une grosse source de
stress. Puis les gens n'ont pas les moyens de payer ça, là. Alors, comment vous
envisagez peut-être réajuster le tir là-dessus?
Mme Bélanger : Bien, en fait,
c'est très important, là, de... qu'on puisse s'ajuster. On est en plein début,
là, du déploiement de cette mesure. Notre objectif, il ne faut quand même pas
oublier, c'est que ça visait dans un premier temps les RPA de 30 unités et
moins, profils 3 et 4, OK, parce que c'est justement ces personnes qui ont
besoin de soins... soins et services, là, sept jours sur sept, très souvent,
24 heures sur 24 puis... Donc, on comprend que ça peut monter la facture
de façon, là, vraiment extrêmement importante. Alors...
• (17 h 20) •
Mme Caron : ...des personnes,
excusez-moi de vous interrompre... mais ce sont des personnes qui devraient
être probablement en CHSLD ou maisons des aînés à ce moment-là.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
on a quand même, vous savez... Je pense qu'au Québec, là, on doit avoir une
offre de service diversifiée. Et, si, dans un petit village ou une région un
peu plus éloignée, les RPA font un bon travail puis elles sont accréditées pour
faire du niveau 3 avec des profils 10 et plus, on n'a pas avantage à
dire : Bien, vous ne ferez plus ces services-là, puis on va prendre la
personne puis on va l'envoyer dans un CHSLD qui peut être beaucoup plus loin.
Ça fait que je suis plutôt partie prenante de soutenir nos RPA, en autant que
la qualité des soins...
Mais je veux quand même juste revenir sur
votre question. Elle est très importante. On est en déploiement de cette mesure
et on va s'ajuster. Je le sais, là, qu'il y a eu un problème d'incompréhension
sur le terrain. On a eu des projets pilotes, ça s'est bien passé, mais je pense
que, là, on est dans le déploiement de d'autres choses. On a cette mesure-là,
elle est importante, elle vise à réduire la facture de l'usager. Donc, on a mis
beaucoup de mesures comme gouvernement pour aider les RPA, mais là, cette
mesure-là, elle vise l'usager. Ça fait qu'il ne faut pas que ça ait l'effet
contraire, de les inquiéter puis de créer une pression supplémentaire. Alors,
on est en train déjà de... On a... On travaille avec les regroupements des RPA.
On est sur le terrain. Les rectifications vont se faire.
Mais moi, ce que je veux vous dire
aujourd'hui, là, il y a deux choses, il y a deux choses. Dans une RPA, il y a
le bail avec certains services, le logement, le loyer, bien sûr, puis certains
services que les gens peuvent acheter à la carte, d'accord, repas, etc.,
loisirs, mais il y a les soins. Et la dimension des soins, au moment où on se
parle, pour les RPA de niveau 3, des personnes avec des profils 10 et
plus... Vous savez, on a fait une grille standardisée, il n'y a pas de raison
qu'on aille à l'extérieur de ça, là. C'est une grille standardisée qui a été faite
vraiment en collaboration entre le ministère <et...
Mme Bélanger :
...faite
vraiment en collaboration entre le ministère >et le regroupement des
RPA. Puis après ça, il y a une grille tarifaire. Alors donc, ça, on va regarder
ça parce que c'est ça qu'on propose. Donc, ce n'est pas de... Alors là, je
pense que ça, c'est vraiment important. Le message n'a pas été bien compris. Mais
une grille d'évaluation, une grille tarifaire, pour moi, c'est assez simple.
Maintenant, dans l'application, il faut que les RPA comprennent aussi. On va
les accompagner.
Mme Caron : Si les gens...
Oui. Bien, c'est ce qu'il faut voir, que les... que les gens... les RPA
respectent les grilles tarifaires. Vous m'avez dit, je suis d'accord avec vous,
que si la... les services peuvent être offerts en RPA dans un petit village
plutôt que d'en... de transférer les personnes en CHSLD, c'est bien, mais il ne
faut pas que ce soit sur les épaules des usagers de supporter la RPA. Parce que,
si la personne qui a tant besoin de soins, que ça... on lui monte son... son
loyer à 7 000 $, 8 000 $ par mois, en CHSLD, ça va lui
coûter 2 000 $ quelques. Alors, il faut... il faut que ce soit... ce
soit quand même équitable.
Et puis vous m'avez parlé de petites RPA,
mais est-ce que les grandes ne peuvent pas être fractionnées aussi pour être
des petites?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
c'est une mesure qu'on met. On a dit : On déploie. Puis on déployait dans
une perspective pour aider les petites RPA qui sont à risque de fermeture.
Donc, c'est pour ça qu'on a fait un inventaire de nos RPA au Québec. Il faut
voir que dans les grandes RPA, il y a de moins en moins d'unités de soins... dans
les très grandes RPA, je dirais... j'oserais dire, malheureusement,
malheureusement. On va rectifier ça éventuellement. Mais, pour le moment, les
RPA... les plus petites RPA, ce sont elles qui donnent les soins. Et c'est
celles... c'est... Vraiment, cette mesure-là est là pour aider les usagers à
rester dans leur RPA le plus longtemps possible. Puis...
Mme Caron : Parfait. Donc, il
n'y aura pas de fractionnement, là, dans... dans les grandes? On va prendre une
qui a 325 puis dire : On va... On va offrir le programme à 25, là, dans ça?
OK.
Mme Bélanger : Bien, en fait,
là, on y va par étapes, OK. Je pense, c'est ça qui est important. Puis on a dit :
Les RPA de niveau 3, 30 unités et moins puis profil 10 et plus.
Quand on aura fait le tour de tout ça, on regardera pour continuer d'ajuster
nos programmes pour aider les résidents, les usagers à demeurer dans leur
milieu en ayant des soins qui soient donc convenus dans cette grille tarifaire,
versés par le CISSS et le CIUSSS, hein? Je le répète que les CISSS et les
CIUSSS... Puis les versements sont commencés dans certains cas actuellement. Ça
fait qu'il y a des bonnes...
Mme Caron : Ça, il n'y a pas
de problème avec le fait que les CISSS et les CIUSSS fassent les versements. Le
problème, c'est que ce soit inscrit dans le bail, et que l'usager soit
responsable.
Mme Bélanger : On va faire la
différence, on va faire la différence. On va corriger ça. On va faire...
Mme Caron : Vous allez...
Vous allez faire la différence? Ça va...
Mme Bélanger : Un bail, c'est
un bail, puis des soins et services, c'est d'autres choses.
Mme Caron : Exact. Parce
qu'on ne peut pas ouvrir le bail quand on veut non plus.
Je vais vous poser une question maintenant.
Dans... Dans le cahier, c'est la question 104. En fait, dans les... dans
les CHSLD vétustes que vous êtes en train de reconstruire ou de rénover,
transformer en maisons des aînés... Je comprends qu'on a besoin de plus de
personnel dans une maison des aînés à cause de la configuration physique des
lieux en maisonnettes de 12. Est-ce que les CHSLD, qui comprenaient chacun x
nombres de personnes et x nombres de... de personnes résidentes et de
personnel, qui vont être reconfigurés en maisons des aînés, où il va y avoir...
on va avoir besoin d'un peu plus de personnel à cause de la configuration... Est-ce
que toutes les personnes qui sont en CHSLD vont avoir une place dans cette
nouvelle maison des aînés ou bien est-ce qu'au final on va... on va perdre des
places?
Mme Bélanger : Bon. Écoutez,
ce qui est actuellement, là, dans nos priorités, c'est 19 projets. Il y en
a 15 d'annoncés, mais c'est 19 qu'on vise dans cette étape-là. Donc, ce
sont les CHSLD les plus vétustes au Québec qui ne sont pas rénovables, OK.
Donc, c'est vraiment, on va les reconstruire. On les reconstruit en maisons des
aînés. Il y a déjà donc un montant, 2,9 milliards de dollars, qui est
consacré, là, à ça. C'est 2 000... Ça touche... C'est 19 CHSLD, 2 419 places.
Et on va en profiter pour ajouter des places, OK. Donc, on est en train
d'examiner en fonction des différents endroits où ces CHSLD se trouvent, en
fonction de... du vieillissement de la population. Mais, à terme, ce n'est pas
seulement le nombre de places qui va être... actuel reconstruit en maisons des
aînés, mais aussi un ajustement pouvant aller, on a différents scénarios
actuellement... mais pouvant aller jusqu'à quelques centaines de places
supplémentaires à même les projets qui seront reconstruits.
Mme Caron : Donc, on ne
devrait pas perdre de places, et même si on a besoin peut-être d'un peu plus de
personnel. Mais la... Je faisais référence tantôt à la question 104. Ce
qui me... Ce qui me dérangeait un petit peu de la réponse que j'avais obtenue,
parce que c'était sur l'effectif prévu de l'équipe de soins pour les CHSLD
convertis en maisons des aînés, <et...
Mme Caron :
...soins
pour les CHSLD convertis en maisons des aînés, >et ça répondait qu'il y
avait... qu'on ne détenait aucune information au ministère là-dessus. Est-ce
que ça se peut que le ministère ne sache pas?
Mme Bélanger : Non.
Mme Caron : C'est
quoi...
Mme Bélanger : Bien, en fait,
ça dépend comment la question a été comprise, là. J'aurais le goût de vous...
de vous répondre ça. Parce qu'honnêtement, maison des aînés, ça vient avec une
organisation de travail. Et puis, à partir du moment où on veut construire des
CHSLD, bien, on est cohérents avec l'organisation du travail. Donc, c'est
possible qu'ils n'avaient pas de chiffres à vous donner de façon précise, mais
c'est sûr que les ratios vont devoir de toute façon être complètement
réévalués. On arrive dans un autre... une autre organisation, là, vraiment.
Alors donc, c'est clair.
Puis je veux quand même vous dire que,
dans ces projets-là, ce n'est pas des coupures de places. On reconstruit et on
ajoute au besoin.
Mme Caron : Alors, je pourrai
reposer cette question-là de manière plus précise pour obtenir... pour obtenir
l'information.
Il nous reste peu de temps dans le bloc.
Vous avez parlé des ratios. Les CHSLD qui sont... qui ont été conventionnés
récemment demandent d'obtenir un minimum de quatre ou 4,2 heures de soins
par jour pour être... pour être de niveau. Est-ce que vous êtes... vous êtes en
train de regarder cette possibilité-là pour que, peu importe si une personne
soit... est dans un CHSLD public, ou privé conventionné, ou privé nouvellement
conventionné, qu'elle puisse avoir suffisamment de soins?
Mme Bélanger : Oui. Bien, en
fait, le dossier du conventionnement des CHSLD privés est quand même un dossier
qui est complexe. Il n'y a pas... Il y a... Il n'y a pas un seul cadre de
référence qu'on applique à l'ensemble des CHSLD privés. Chacun a une réalité
différente. Il y a trois composantes importantes qui sont évaluées. La
composante immobilière...
• (17 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Vous allez pouvoir... Le bloc est terminé,
mais il reste un autre bloc plus tard pour l'opposition.
Avant de céder la parole au député des Îles-de-la-Madeleine,
j'ai... je viens de prendre connaissance d'un autre document de Mme la ministre
de la Famille. Le document, je le dépose. C'est à l'époque... pas à l'époque, à
la... au moment de l'étude des crédits du volet de la Famille. Alors, je le
dépose officiellement au nom... nom de la ministre. Il va être disponible
sur... Il est disponible d'ores et déjà sur le site Internet.
Alors, nous allons poursuivre nos échanges
avec le député des Îles-de-la-Madeleine pour une période de 19 min 30 s.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Je salue également les membres de votre
équipe, les collègues députés.
Et je voudrais faire un suivi sur une
question que j'avais posée à votre collègue ministre de la Santé concernant son
tableau de bord. Il y a un indicateur qui vous concerne de plus près, c'est
celui des personnes en attente d'un premier service. Lorsque les tableaux de
bord ont été publiés, bien, je lui avais posé la question, puis il a dit :
Vous pouvez la ramener à Mme la ministre des Aînés. Alors, je vous fais le
message pour le ministre Dubé.
Plus sérieusement, quand les tableaux de
bord ont été lancés en mai 2022, on avait une liste d'attente, pour les
personnes en attente d'un premier service, de 17 570. Aujourd'hui, les
plus récentes données, c'est 17 478, donc ça n'a pas varié beaucoup depuis
deux ans. J'aimerais comprendre pourquoi ça n'évolue pas de façon plus
positive, alors que lorsqu'on... on pose des questions sur les sommes dévolues
aux soins à domicile, vous semblez nous dire que les réinvestissements sont
massifs et que le virage est véritablement en opération.
Mme Bélanger : ...en fait, on
est vraiment dans un virage en soutien à domicile, et c'est extrêmement
complexe. Je veux quand même mentionner, il y a trois indicateurs qu'on suit
dans le tableau de bord. Le premier indicateur, c'est le nombre de personnes
qui reçoivent des services de soutien à domicile. Cet élément-là, il est
important. Puis on travaille actuellement... Vous avez des résultats à la P.12.
Mais on a fait des projections pour la P.13, et on espère atteindre notre
résultat, OK. Les données ne sont pas encore disponibles, là. Les systèmes
d'information sont en processus d'amélioration continue.
Pour le nombre de personnes en attente
d'un premier service, bien, on est... on est dans le vert actuellement. L'année
dernière, notre mesure de départ était à 20 562 personnes qui étaient
en attente d'un premier service. Notre projection en... Les résultats. Je vais
aller avec les chiffres, là, à peu près, là, que vous nous avez dits pour être
sûre qu'on se comprenne, là. En P.12, pour le nombre de personnes en attente
d'un premier service, c'est...
17 h 30 (version révisée)
Mme Bélanger : ...nombre de
personnes en attente d'un premier service, c'est 18 895. Et, quand on
regarde, donc on a quand même diminué le nombre de personnes qui sont en
attente d'un premier service, l'indicateur est dans le vert. C'est bien indiqué,
même, dans le tableau de bord, là. Je pense, si vous avez notre tableau de
bord, vous le voyez.
M. Arseneau : Oui, oui. Absolument.
Mme Bélanger : Et notre
projection va être à 17 456. C'est encore beaucoup, c'est vrai, mais c'est
en lien avec l'objectif de départ. Donc, cet objectif, on est en mesure de l'atteindre.
L'autre élément, c'est le nombre d'heures
de service où on dépasse même les heures de service. Notre mesure de départ, l'année
passée, était à 32 millions. En P12, on est à 33 millions d'heures.
On va terminer avec 36 millions d'heures. Donc, on donne beaucoup plus d'heures
en soutien à domicile, mais il ne faut pas oublier que certaines personnes
reçoivent des services de soutien à domicile au Québec sept jours sur sept et,
dans certains cas, presque 24 heures sur 24. Alors, c'est clair que plus on va
aller dans... chez soi le premier choix absolu, bien, plus on va mettre du
monde en soutien à domicile. Alors, ça va... on va avoir l'occasion de le
discuter lors de la politique nationale.
M. Arseneau : Oui. On va
juste essayer d'équilibrer les temps de parole, si vous permettez.
Mais, moi, ce que je veux dire, c'est qu'en
deux ans... Vous parlez d'une variation périodique positive, mais, sur deux
ans, ça ne s'améliore pas en ce qui concerne le premier service. Et, si le
premier service n'est pas donné, est-ce qu'il n'y a pas un risque, justement,
de dégradation de l'état de santé et de l'autonomie qui nous ramène plus
proche, en fait, de l'institutionnalisation que si on peut favoriser le
maintien à domicile avec des services dès qu'on en a besoin?
Mme Bélanger : Écoutez, je
vais vous répondre vraiment directement avec la méthode. En mettant en place
les tableaux de bord en soutien à domicile... Je veux quand même mentionner que
les tableaux de bord soutien à domicile n'étaient pas interactifs, là. C'est
quand même assez nouveau qu'on a des tableaux de bord interactifs. Mais il faut
voir aussi qu'au cours de la pandémie, il y avait des équipes de services de
soutien à domicile qui allaient faire de la vaccination à domicile, et ça
rentrait comme un premier service. On ne fait plus ça maintenant, vous
comprenez? Ce n'est pas ça, l'esprit des services de soutien à domicile. Donc,
les équipes ont dû revenir à leur cadre de pratique en soutien à domicile.
Alors, ça explique, là, peut-être, je dirais, la différence au niveau des
usagers, mais on est vraiment au rendez-vous pour continuer d'augmenter. Et c'est
très important. Puis il faut exclure la période 2020-2021, 2021-2022 parce que,
je vous dis, il y avait des prélèvements sanguins en soutien à domicile, il y
avait de la vaccination.
M. Arseneau : Absolument.
Mme Bélanger : On ne fait plus
ça.
M. Arseneau : Mais là on n'est
pas du tout là. On parle de 2022, on parle du printemps 2022. Mais je veux
juste préciser. Dans le plan stratégique... Puis il faut que le plan
stratégique serve à quelque chose. Puis là on en est... l'étude de crédits pour
savoir quelle est la performance du réseau, notamment pour les soins aux aînés.
Et ce qu'on dit et ce qu'on voit, c'est : L'objectif, c'était d'arriver à,
grosso modo, là, 17 500 personnes en attente. On est à 18 000...
vous avez parlé de 18 937, c'est ça?
Mme Bélanger : Oui, oui.
M. Arseneau : Donc, on a
coupé de moitié, à peu près, par rapport... En fait, on atteint la moitié de l'objectif
pour cette année. Mais là, l'année prochaine, l'objectif est encore plus
ambitieux. En fait, si, à chaque année, sur une période de quatre ans, on n'atteint
pas notre objectif, évidemment, on a un problème lorsqu'on veut opérer un
virage aussi important que celui du virage à domicile. Si on n'a pas le premier
service, on peut s'imaginer que le deuxième puis troisième, il n'est pas plus
avantageux, non?
Mme Bélanger : Non, mais cet
indicateur-là, il est important, là, puis il est primordial, c'est clair, vous
avez tout à fait raison. Mais, je veux quand même vous dire, on atteint notre
objectif cette année. On l'atteint. La mesure de... La mesure de départ, là,
était à 20 562 personnes en attente. On va terminer l'année en P13, c'est
une projection, avec 17 456 personnes. Ça va être le résultat P13
projeté.
M. Arseneau : Mais vous
parlez de l'année...
Mme Bélanger : Je parle de l'année
qui termine en...
M. Arseneau : ...qui se
terminait au 31 mars.
Mme Bélanger : ...qui se
termine... qui se termine au 31 mars.
M. Arseneau : OK. Mais les
dernières données... Donc, vous avez des données plus récentes que celles
auxquelles on a accès, c'est ça?
Mme Bélanger : Bien, en fait,
j'ai les données P12. J'imagine que c'est ça que vous avez. Puis on travaille
avec une projection.
M. Arseneau : Nous, on a des
données qui indiquent sur le tableau, au 24 février, 18 937.
Mme Bélanger : Oui, 18 937.
M. Arseneau : Donc, le...
Mme Bélanger : Puis vous avez
comme cible 17 478.
M. Arseneau : Oui, exact.
Mme Bélanger : OK. On est à
peu près la même place. Puis je vous dis qu'en P13, les projections qu'on fait,
parce que...
M. Arseneau : Donc, dans la
dernière période, on va avoir réduit de 14 000... de 1 459 ou à peu
près.
Mme Bélanger : Oui, on devrait
se rendre, selon notre projection, là je le dis, à 17 456 personnes.
Puis pourquoi? Parce qu'on a mis en place le virage soutien à domicile cet
automne. Naturellement, les résultats paraissent plus en P11, P12, P13. On a eu
des améliorations plus notables, là, à partir de ces... des dernières périodes
de l'année, et la P13 devrait être significative.
M. Arseneau : D'accord. Je
vous remercie <pour...
Mme Bélanger :
...et
la P13 devrait être significative.
M. Arseneau :
D'accord.
Je vous remercie >pour cette information-là, qui sera positive lorsqu'on
pourra avoir... obtenu les chiffres.
J'aimerais vous... revenir brièvement, parce
que ça a déjà été abordé, sur le rapport de la Commissaire à la santé et au
bien-être. Ça fait trois mois que le rapport a été déposé. Nous avons été
sollicités, j'imagine, les autres députés également, pour une rencontre
explicative, et tout ça. On a eu l'occasion de s'entretenir avec la
commissaire, et je me surprenais de la réaction de la ministre, qui ne semblait
pas avoir obtenu de rencontre avec la commissaire. Vous nous avez dit, tout à
l'heure, que ça s'en vient, c'est ça? Parce que...
Mme Bélanger : Non, non.
M. Arseneau : Mais,
sincèrement, là, je ne dis pas ça pour vous narguer, c'est que le rapport est
fondamental et il suit de deux ans le rapport de la Vérificatrice générale, qui
nous dit : On planifie mal sur le plan budgétaire, on va frapper un mur.
La commissaire a un rapport en trois tomes qui nous dit : Le mur, là, il
s'en vient, c'est dramatique. Et, je me dis, la ministre, moi, il me semble que
ce serait la première à sauter sur le rapport à pieds joints pour dire, les 16
recommandations, comment on peut les mettre en œuvre. Quel est votre plan?
Mme Bélanger : Bien,
premièrement, j'ai eu l'occasion de rencontrer à quelques reprises, là, la
Commissaire santé, bien-être, là. Naturellement, je ne l'ai pas rencontrée avec
les députés de l'opposition, mais j'ai eu l'occasion de la rencontrer à
plusieurs, plusieurs reprises, notamment encore la semaine dernière, donc, puis
ainsi que des équipes ministérielles qui travaillent en étroite collaboration
avec les équipes de la commissaire. Donc, c'est vraiment important.
Je vous rappelle qu'on a mandaté la
commissaire, donc, le rapport, on va le considérer. Mais là je veux aussi quand
même vous mentionner : Le rapport a été produit le 27 ou 28 janvier.
Alors, bien, écoutez, il faut prendre le temps...
M. Arseneau : Déposé le 23
janvier, oui.
Mme Bélanger : Oui, oui,
d'accord, mais il faut prendre... quand même prendre le temps, là. Vous savez,
vous avez de l'expérience, là, quand un rapport est produit par une instance,
le plan d'action n'arrive pas deux semaines plus tard, trois semaines plus
tard. On est en train d'examiner ça. Les recommandations sont extrêmement
importantes. Je salue les travaux qu'elle a faits. Je vais revenir avec une
priorisation des actions qu'on va mettre en place.
Parce que, vous savez, comme ministre, je
reçois des rapports de différentes instances, de commissaires, de différents
experts. Mon rôle, comme ministre, c'est de choisir les éléments qui sont le
plus pertinent et de les mettre en action. Alors, ça, on ne peut pas faire ça
sur un coin de table.
Je salue les travaux de la commissaire. Je
pense qu'il y a un travail extrêmement important. Ça demeure des grandes
orientations. Mon rôle, c'est de traduire ça en action. Alors, c'est ce qu'on
est en train de faire. Traduire ça en action, ça veut dire aussi regarder les
ressources dont on va disposer, alors ressources financières, ressources
humaines, ça veut dire revoir les façons de faire. Ce n'est pas un travail, là,
qu'on peut faire... La Commissaire à la santé, bien-être a pris quand même
plusieurs mois pour faire ses rapports. Il faut qu'on se garde le temps, avec
nos équipes, de faire un plan d'action qui est cohérent, qu'on va être capables,
vraiment, d'amener à bon terme.
• (17 h 40) •
M. Arseneau : Mais vous reconnaîtrez,
Mme la ministre, qu'il y a urgence d'agir, dans la mesure où, oui, il faut un
plan d'action, puis je sais qu'il faut faire les choses dans l'ordre, mais
c'est que le rapport indique notamment que, dans les soins à domicile, par
exemple, c'est 84 % des usagers, mais qui ne bénéficient que de 38 %
des ressources dévolues aux personnes aînées. Puis évidemment c'est l'inverse
pour les gens qui sont institutionnalisés, là, les 16 % qui reçoivent
62 %, si j'ai bien noté, des investissements. Donc, il y a un virage, là,
qui doit être fait de façon extrêmement importante.
Et puis ça m'amène à poser la question sur
les places en hébergement, parce qu'on a encore besoin de places en
hébergement. On indique, à la réponse qu'on... à la question qu'on a posée sur
le nombre de places nouvellement créées au cours de la dernière année, 1 176
places en maison des aînés. Il y a encore 3 723 personnes en attente. Et
puis ma question, c'est : Est-ce qu'on a une planification pour s'assurer
qu'on puisse soit offrir des soins à domicile, soit offrir des places en
hébergement, par rapport au mur dont je parlais tout à l'heure, qui arrivent,
pour 2040, à hauteur de 42 000 places nécessaires si on ne change pas de
cap complètement?
Mme Bélanger : Alors,
écoutez, c'est clair qu'on est en train d'examiner tout ça. Donc, avec le
vieillissement de la population, on va avoir besoin d'hébergement, parce qu'il
y a des personnes qui sont malades, qui ont besoin d'avoir des soins de longue
durée. C'est important. C'est là pour rester. Les maisons des aînés vont
répondre à ça. Puis il y aura d'autres projets aussi à ce niveau-là.
Maintenant, il y a aussi <le...
Mme Bélanger :
...d'autres
projets aussi à ce niveau-là.
Maintenant, il y a aussi >le
soutien à domicile. Pour moi, ces deux priorités ne sont pas en compétition les
unes des autres. Je veux quand même aussi vous dire que la Commissaire santé,
bien-être a travaillé notamment avec HEC Montréal, en lien avec une
méthodologie justement pour...
M. Arseneau : Oui, oui, la Chaire
de recherche Jacques-Parizeau, exactement.
Mme Bélanger : Tout à fait.
M. Arseneau : Mais c'est les
chiffres que je citais justement, les 42 500 places.
Mme Bélanger : Oui. Bien, on
les a, ces chiffres-là, aussi. Puis on travaille là-dessus. Puis on va...
M. Arseneau : Mais vous savez
qu'au rythme où on crée des places, ça prendrait 36 ans pour les obtenir.
Alors, moi, ma question, c'est : Si
on ne se donne pas 36 ans pour arriver aux 42 500, combien de places
on pense créer, d'ici 2040, par rapport aux transferts en soins à domicile?
Est-ce qu'on a un plan pour éviter de devoir créer des places à cette
hauteur-là?
Mme Bélanger : Bien,
premièrement, on est en train de prendre le portrait du vieillissement de la
population, de la démographie puis d'examiner les projets. On va utiliser
plusieurs méthodes, notamment celle de HEC Montréal. Puis là, je voudrais quand
même vous dire, on ne peut pas faire une règle de trois en disant : Voici
ce qu'on regarde aujourd'hui, puis, en 2040, on va avoir besoin de 40 000
places de plus, puis on va en avoir besoin autant, puis là, bien, ça va être la
faillite totale, toute la société va s'effondrer. Alors, on n'est pas du tout
là-dedans, là.
On est en 2041. On s'enligne vers ça. On
va planifier les services. On a besoin d'hébergement. On a besoin de soutien à
domicile. On va utiliser... Puis on travaille déjà, là, avec les équipes de la
Commissaire santé et bien-être, qui font un travail extraordinaire, mais aussi
avec HEC Montréal, qui ont développé un modèle fort intéressant.
Mais je veux quand même dire qu'il n'y a
pas juste cette chaire de recherche qui a développé un modèle intéressant en
termes de planification de services, il y a d'autres experts. On va examiner
tout ça.
M. Arseneau : Parfait. Je
vais...
Mme Bélanger : Puis on ne
sera pas à 40 000 places d'hébergement en 2041.
M. Arseneau : D'accord.
Mme Bélanger : C'est illusoire
de penser ça.
M. Arseneau : Si vous voulez
bien... Il reste cinq minutes. Je vais poser des questions courtes, j'aimerais
des réponses courtes, si vous le voulez bien, Mme la ministre, parce que j'ai
plusieurs thèmes à aborder rapidement. On parle des niveaux de soins
alternatifs, là, qui sont en cause dans l'engorgement des urgences. On veut
baisser de 11,59 % l'occupation des lits d'hôpitaux à 8 %. Est-ce que
vous avez un rôle à jouer? Quel est votre plan de match à cet égard?
Mme Bélanger : Bien oui, tout
à fait. Le rôle que nous avons à jouer pour réduire les NSA est extrêmement
important. Premièrement, c'est un rôle proactif de vraiment repérer les
personnes âgées. Là, je vais parler des personnes âgées, là, parce que les NSA,
ce n'est pas seulement les personnes âgées. Puis ça, c'est important dans notre
discours, là : quand on parle de NSA, il y a des gens qui sont avec des
maladies... santé mentale...
M. Arseneau : C'est tout le
temps dont vous disposiez. Non, si vous voulez faire court, parce que,
vraiment, il faut équilibrer le temps, puis il nous reste quatre minutes.
Mme Bélanger : D'accord.
Mais... Je vais y aller. Mais, pour les NSA, on a un rôle important à jouer.
D'ailleurs, le soutien à domicile, ça reste ça.
M. Arseneau : Mais c'est dans
la création de places? C'est dans les soins à domicile? Parce que...
Mme Bélanger : Bien là,
voulez-vous que je vous réponde?
M. Arseneau : Oui.
Mme Bélanger : Alors, bien,
allez-y, allez-y. Je vais vous répondre tantôt.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais juste vous demander, s'il vous plaît, de ne pas
vous interrompre. On va... Elle va terminer la réponse, puis ce sera à vous
après. Je ne veux pas vous interrompre. Pour le verbatim, ce n'est pas bon.
M. Arseneau : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, je le fais, faites-vous-en pas.
Mme Bélanger : ...j'y vais?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
Mme Bélanger : Alors, bien,
écoutez, les NSA, on a un rôle extrêmement important. Il y a eu des millions de
dollars qui ont été investis pour augmenter les services de soutien à domicile.
C'est un rôle qui est extrêmement... qui est proactif. On a les projets
d'hôpital à domicile. C'est très important. Ça a un rôle pour réduire les NSA.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Bélanger : J'y reviendrai,
éventuellement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
M. Arseneau : ...pour les
places en RPA, dans les cahiers de réponses, on voit qu'il y en a 3 443, unités,
de moins cette année. Qu'est-ce qu'on fait pour soutenir ou créer des places?
Parce que celles qui sont disparues, elles sont quand même... elles étaient
utiles, non?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je pense que j'ai eu l'occasion de le mentionner à plusieurs reprises.
Qu'est-ce qu'on fait, comme gouvernement, pour soutenir les RPA au Québec?
Bien, je pense que, depuis 2016-2017 puis... et par la suite, programme de
gicleurs, programme d'assurances, programme de modernisation des
infrastructures, programme pour aider les RPA à payer leurs assurances,
programme pour payer leur salaire, les employés, qui a carrément augmenté, et,
la dernière mesure, sur l'allocation personnalisée, je pense que c'est
beaucoup, beaucoup de mesures.
Mais je vais vous dire qu'est-ce qu'on va
faire de plus, puis c'est écrit dans le budget. On va se rasseoir pour regarder
et examiner tous les investissements qui sont faits en lien avec les RPA et on
va regarder pour se donner des mesures structurantes. Mon collègue ministre des
Finances l'a annoncé. Et c'est extrêmement important.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Bélanger : Parce qu'on le
voit bien, qu'il y ait des mesures importantes qui sont mises en place.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Bélanger : Et les petites
RPA qui ont fermé, bien, naturellement, n'ont pas fermé nécessairement par
manque budgétaire.
M. Arseneau : OK. Donc, pour
ce qui est des CHSLD non conventionnés, j'aimerais poser une courte question
sur l'état de situation du CHSLD Plaisance, <aux...
M. Arseneau :
...non
conventionnés, j'aimerais poser une courte question sur l'état de situation du
CHSLD Plaisance, >aux Îles-de-la-Madeleine. Permettez-moi cette question
très précise. Ça fait quand même deux ans qu'on y travaille.
Mme Bélanger : Oui. C'est
compliqué. Très compliqué.
M. Arseneau : Et est-ce qu'on
va y arriver cette année?
Mme Bélanger : On devrait y arriver.
On devrait y arriver.
M. Arseneau : Avec un modèle
de prise en charge par le CHSLD?
Mme Bélanger : Oui.
M. Arseneau : Par le CISSS
des Îles, c'est-à-dire?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
il y a deux composantes. Vous connaissez bien, là, c'est dans votre...
naturellement, dans votre circonscription, l'endroit où vous vivez. Plaisance,
il y a un volet RAP, il y a un volet CHSLD. L'intention, c'est que le CISSS
prenne le volet CHSLD puis... donc on est en train de faire ces travaux-là. Il
y a eu différents éléments, je ne veux pas rentrer dans le détail ici, en lien
avec les conseils d'administration. Il y a des discussions qui sont en cours. Le
sous-ministre adjoint, et ses équipes, est en contact direct. On veut régler cette
situation-là.
M. Arseneau : 2024?
Mme Bélanger : Pardon?
M. Arseneau : En 2024?
Mme Bélanger : On veut régler
cette situation le plus rapidement possible.
Maintenant, il y a des enjeux financiers,
il y a des responsabilités aussi au niveau des administrateurs. Puis, ça, je
pense que c'est important aussi, que, de part et d'autre, bien, il puisse y
avoir... que les gens puissent assumer leurs responsabilités.
M. Arseneau : Les
établissements privés conventionnés nous ont fait valoir que les montants qui
leur sont dévolus pour les salaires, c'est calculé sur le salaire moyen, ça ne
prend pas en compte les salaires réels. Même chose pour les cadres, qui ne sont
pas payés à la même hauteur que les cadres au public, que le nombre d'heures
est inférieur au nombre d'heures dans un CHSLD public. Ils demandent de l'aide
pour qu'on puisse éviter qu'ils se retrouvent dans le rouge. Est-ce qu'il y a
des moyens qui vont être mis en place pour eux?
Mme Bélanger : ...des CHSLD
privés conventionnés actuels.
M. Arseneau : Conventionnés,
oui.
Mme Bélanger : Donc pas ceux
à venir.
M. Arseneau : Exact.
Mme Bélanger : Effectivement,
dans les CHSLD privés conventionnés, actuellement, là, ils ont fait plusieurs
interventions pour faire la démonstration. On est en train de regarder ce qu'on
va faire. Vous savez qu'on va vers le conventionnement. On ne voudrait pas que
ceux qui sont déjà conventionnés puissent être en deçà de ce qu'on va offrir
aux futurs privés conventionnés.
On a un cadre de référence. Tantôt, j'ai
eu l'occasion de le dire rapidement, il y a trois composantes : la
composante immobilière, qui est quand même importante, et la composante
administrative, le salaire des cadres fait partie de cet élément-là, puis,
naturellement, la composante clinique pour les heures soins. Alors, ces trois
éléments-là sont discutés avec chaque propriétaire.
Et, pour ce qui est des CHSLD déjà
conventionnés, je suis très au courant, là, qu'on doit regarder avec eux pour
soutenir le travail puis que ça soit, en fait, au bout de la ligne, une même et
seule...
• (17 h 50) •
M. Arseneau : Assurer la
pérennité aussi.
Mme Bélanger : La pérennité,
puis que ce soit la même chose pour l'ensemble.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui conclut ce bloc. Alors, je me
tourne du côté de l'opposition officielle pour son dernier bloc de 19 min
10 s.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, j'aimerais vous poser une question sur la gratuité du vaccin
contre le zona. Depuis l'an passé, c'est pour les 80 ans et plus, plus les
personnes de 18 ans et plus immunodéprimées. L'année dernière, vous m'aviez dit
que vous commenciez avec 80 ans et plus pour... parce qu'il faut que ce soit
mis en place, et s'assurer qu'on respecte la capacité, et que ce serait ensuite
ouvert, graduellement, comme on avait fait pour les vaccins COVID.
Alors, ce que je voudrais savoir, parce que...
à moins d'avoir manqué quelque chose dans le budget, je n'ai pas vu que la
gratuité du vaccin contre le zona allait être offerte, par exemple, aux 75 ans
et plus dès cette année. Est-ce que ça reste toujours à 80 ans? Et, si c'est le
cas, quand pensez-vous que vous allez pouvoir l'offrir aux 75 ans, 70, 65?
Mme Bélanger : ...effectivement,
l'année passée, on avait annoncé qu'on y allait avec cette tranche d'âge, les
80 ans et plus. La réponse a été excellente. On va bientôt annoncer une
nouvelle séquence. Alors, je vous informe que...
Mme Caron : Avant la fin de
l'exercice financier? D'accord.
Mme Bélanger : Bien,
l'exercice financier, attendez, là.
Mme Caron : Bien,
c'est-à-dire, dans ce budget-ci, avec les crédits de ça.
Mme Bélanger : Oui, oui, oui.
Tout à fait. Oui, oui. Oui, oui. Dans les prochains jours, on va annoncer.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Autre sujet. À ma question 90, sur la hausse des coûts de construction des
maisons des aînés, la hausse des coûts était justifiée par la surchauffe du
marché. Et la question que j'ai : Est-ce que vous ne pensez pas que cette
même surchauffe du marché affecte aussi les ressources intermédiaires qui...
Oui.
Mme Bélanger : Bien, oui. Oui,
effectivement, je pense que la surchauffe du marché de la construction a fait
que tous les bâtiments, tous les projets de construction au Québec... Je vais
quand même mentionner que le coût moyen par place des maisons des aînés est
davantage 800 000 $ qu'à 1 million, quand on regarde.
Naturellement, pour les régions plus éloignées, il y a un coût <d'éloignement...
Mme Bélanger :
...800 000 $
qu'à 1 million, quand on regarde. Naturellement, pour les régions plus
éloignées, il y a un coût >d'éloignement, là, qui est important puis sur
lequel c'est très difficile d'agir. Pour les ressources intermédiaires, il y a
des projets, là, qui ont... qui sont en construction actuellement. Il n'y en a
pas beaucoup, mais il y a quand même quelques projets. Puis on travaille avec
le ministère pour la composante immobilière.
Mme Caron : Parce que, c'est
ça, la semaine dernière, votre collègue des services sociaux me disait qu'il
n'avait pas l'intention d'ouvrir l'entente durant l'étude des crédits. Et ce
que je trouve complexe à ce niveau-là... parce que l'entente a été signée pour
2020-2025, et puis on n'est plus dans le même monde, là, on se comprend. C'est
le cas pour les maisons des aînés, c'est le cas pour les RI. Vous le
reconnaissez vous-même. Et, sur les... selon les chiffres qui m'ont été fournis
dans le cahier, sur les 2 658 personnes qui attendent... sur les 2 658 personnes
qui attendent une place en RI, il y en a 2 124 qui sont à domicile. Ça
veut dire que ces personnes-là ne sont pas dans un autre milieu de vie. Probablement
que c'est un proche aidant qui s'épuise ou du soutien à domicile comme ils
peuvent. Alors, ils sont vraiment... Il y a vraiment une grande demande.
Les... L'ARIHQ, au nom de ses membres, a
fait des demandes d'aide d'urgence prébudgétaire qu'elles n'ont pas reçue. Il y
a des RPA qui, au lieu de fermer, vous les convertissez en RI, si elles peuvent
le faire, mais je me demande quelles seront leur durée de vie puisqu'il y a
plusieurs RI qui sont... qui atteignent, cette année, presque le point de
rupture. Qu'est-ce qu'on va faire avec ces RI, avec ces personnes? Parce qu'on
ne veut pas perdre de places. C'est déjà... C'est déjà commencé ailleurs.
Alors, comment vous allez... vous allez travailler avec votre collègue pour
éviter des fermetures de RI et puis des ruptures de services?
Mme Bélanger : Oui. Bien,
écoutez, je pense que mon collègue vous l'a mentionné, là, il y a des travaux
qui sont faits conjointement actuellement entre les équipes, là, de mon
collègue et nos équipes, pour le volet aînés, bien sûr, et avec l'ARIHQ. Puis,
ça, je pense que c'est extrêmement important. Vous l'avez bien mentionné, là,
l'entente, prend fin en 2025. Il n'est pas question, au moment où on se parle,
de réouvrir l'entente.
Par contre, c'est... il y a deux éléments
sur lesquels on va travailler, puis c'est déjà, là, en train d'être analysé,
premièrement, le volet immobilier et, deuxièmement, le volet de l'allègement
administratif. Donc, il y a l'entente. Cette entente-là, elle a été négociée à
un certain moment donné. Elle a fait consensus. On ne réouvre pas l'entente, le
sous-ministre adjoint ici, M. Richard Deschamps qui est... qui est là
aussi, qui peut en témoigner. Mais, ces deux éléments-là, on a dit : Même
s'il y a une entente, il y a quand même une urgence d'agir pour le volet
immobilier et la composante administrative. C'est ce qu'on est en train de
regarder.
Mme Caron : Donc, dans le
volet immobilier sur lequel vous travaillez, est-ce que c'est quelque chose qui
va permettre de relancer le développement de places? Parce que, l'automne
dernier, il n'y avait pas ou très peu de réponses aux appels d'offres.
Mme Bélanger : Oui.
Mme Caron : Dans un avis
d'intention de votre ancien CIUSSS, où vous étiez PDG, il y a un appel, donc,
pour... du gré à gré pour construire des places en dehors de l'entente avec des
taux quotidiens qui... par... payés par jour et par résident qui sont plus
hauts que ce que les RI reçoivent. Les RI reçoivent en moyenne 140 $ par
jour par résident, et là, dans cet avis d'intention sur le SEAO, c'est 187 $,
179 $ ou même 220 $ par jour par résident qui est offert. Alors, il
me semble que ça coûte plus cher d'y aller comme ça que de s'assurer que les
ressources intermédiaires reçoivent un financement adéquat.
Mme Bélanger : Oui, bien, je
pense que c'est important, là. On l'a dit, la composante... On veut stabiliser,
là. Il y a quand même une situation qui est importante au niveau des ressources
intermédiaires. D'abord, stabiliser puis, après ça, rehausser et développer,
continuer de développer. On a besoin de nos ressources intermédiaires.
Je ne veux pas, là, vraiment commenter sur
l'appel d'offres que vous avez vu. Les montants me semblent assez élevés. Puis
vous savez qu'il y a des RI pour les personnes en santé mentale. Il y a des RI
jeunesse, il y a des RI aînés puis il y a des RI pour des personnes ayant
déficience intellectuelle, trouble du spectre de l'autisme et des troubles
graves de comportement. Puis, ces RI, très souvent, il faut ajuster les
ressources humaines. Alors, je ne sais pas de quelle... de quelle catégorie on
parle, mais c'est pour ça que, quand on regarde les RI, c'est vraiment
important. Les ressources jeunes, les ressources aînées, ce n'est pas les
mêmes... les mêmes organisations de travail, je vous dirais que c'est même dans
la composante immobilière. Il peut y avoir des très grandes différences <aussi...
Mme Bélanger :
...de
travail, je vous dirais que c'est même dans la composante immobilière. Il peut
y avoir des très grandes différences >aussi. Mais on le regarde de très
près.
Mme Caron : Et il y a
une autre difficulté que vivent les RI dans... Il y a plusieurs... Parce que
les municipalités peuvent exiger plus que ce que le gouvernement du Québec
exige, par exemple, dans la question de prévention, protection contre les
incendies. Et, même si les appels d'offres de construction de RI n'exigent pas
que ce soit giclé, il y en a une qui a été construite, qui existe depuis deux
ans, avec sept places seulement. Ce n'était pas dans l'appel d'offres de
gicler, ce n'était pas dans les... dans le code du bâtiment ni exigé par le
ministère, et là, oups! les prévisionnistes des municipalités arrivent et
exigent que ce soit fait. Alors là, bien, cette ressource-là a dit : Bien,
si on m'exige que ce soit fait, moi, je ferme. Ce n'est pas... Ce n'est pas une
bonne idée. Alors, est-ce qu'il y a quelque chose que vous pouvez... que vous
pouvez faire à cet égard-là?
Mme Bélanger : Oui.
Bien, la norme des gicleurs est une norme qui... qui est importante, mais on le
voit très bien, que, dans certaines situations, c'est extrêmement difficile
d'aller de l'avant. Ça devient une contrainte, même. Et on est en train de
regarder pour les plus petites RPA, donc, parce que, vous savez, donc, RPA,
elles ont l'obligation de gicler, on veut regarder pour les RPA de neuf et
moins. Donc, il y a tout un travail qui doit se faire avec la Régie du bâtiment.
Maintenant, il faut quand même mentionner,
il y a de la complexité là-dedans parce qu'il y a des compagnies d'assurance
qui exigent aussi. Ça fait qu'il y a... il y a les normes de bâtiments, il y a
les normes des municipalités, mais là il y a en plus les... Alors, il y a tout
un travail qu'on doit faire à ce niveau-là.
Au Québec, il y a quand même... Si je
regarde au niveau des RPA, il reste 300 RPA, grosso modo, là, à gicler,
mais, là-dedans, il y en a une grande majorité que ce sont des RPA de neuf et
moins, donc qui sont plutôt de type motel avec des sorties, donc sécuritaires.
On va regarder ce qu'on peut faire pour alléger ça. Puis ça va supposer la même
question pour les ressources intermédiaires.
Mme Caron : C'est ça.
Parce que les ressources intermédiaires...
Mme Bélanger : Exactement.
Mme Caron : ...les
ressources intermédiaires, elles, ne sont pas admissibles aux programmes d'aide
que les RPA... dont les RPA peuvent bénéficier, même si certaines...
Mme Bélanger : Oui. Oui.
Tout à fait.
Mme Caron : J'avais une
question aussi à propos de la contribution dans les CHSLD, la contribution de
l'usager. Alors, les critères... à la question 92, il y a la liste de
critères, et l'un d'entre eux, c'est le statut familial. Donc, si, par exemple,
une personne, un usager doit être en CHSLD, sa contribution va être évaluée en
fonction de son statut familial, du revenu, etc.
Dans le cas qui a été porté à mon
attention, d'un couple séparé depuis 20 ans mais pas divorcé, la
contribution est évaluée en fonction du revenu des deux, donc de l'usager,
disons, madame est usager et son ex... bien, c'est-à-dire, son mari, dont elle
est séparée depuis 20 ans, on va tenir compte de son revenu à lui pour
déterminer la contribution qu'elle va payer, même si elle a un autre conjoint
ou même si elle est célibataire. C'est sûr que cette autre personne, là, qui
était dans sa vie il y a 20 ans, même si elle n'est pas divorcée
légalement, ce n'est pas quelqu'un qui va... qui va aider à contribuer. Alors,
est-ce que ce n'est pas un critère qui est un petit peu dépassé puis qui
pourrait être modernisé?
• (18 heures) •
Mme Bélanger : Bien, si
vous permettez, je laisserai la parole au sous-ministre adjoint.
M. Gagnon (Sylvain) : Oui,
bonjour. Effectivement, on travaille à l'interne avec les collègues, là, de la
Direction des finances pour faire l'examen précis, là, de la capacité
financière, là, donc pour tenir compte des avoirs des couples, ces choses-là.
Donc, il y a tout un travail qui doit se faire pour mettre à jour. Parce que ça
fait déjà plusieurs années, là, que les barèmes sur lesquels on établit la
contribution de l'adulte hébergé doivent être revus, compte tenu du patrimoine
et autres, de sorte qu'on travaille là-dessus. C'est un travail de longue
envergure, mais on devrait être en mesure, au cours, là, des prochains mois,
d'avancer avec des... avec une proposition finale, oui.
Mme Caron : OK. Donc, non
seulement le patrimoine de la personne et de son conjoint, mais vraiment son conjoint
actuel, pas le conjoint dont elle n'est pas encore divorcée, par exemple, mais...
Est-ce que, ça, ce point-là, c'est...
M. Gagnon (Sylvain) : En
fait, j'éviterais, là, de rentrer dans les détails, là, parce que les travaux
sont complexes, là. Mais on tente de prendre la situation dans sa globalité,
compte tenu, effectivement, là, du cadre familial, puis ce qui entoure les
différents éléments, là, de la vie puis du patrimoine de la personne ou du
couple.
Mme Caron : OK. Mais
c'est ça. Le hic, c'est : si le couple n'est plus ensemble depuis
longtemps...
M. Gagnon (Sylvain) : Il
faut le regarder. Il faut le regarder.
Mme Caron : ...mais encore
légalement marié parce que... pas divorcé, c'est... mais est-ce que vous le...
sans... je comprends que...
18 h (version révisée)
Mme Caron : ...parce que...
pas divorcé, mais est-ce que vous le... sans... je comprends que vous ne voulez
pas entrer peut-être dans le détail, mais est-ce que vous le regardez, que ça
pourrait être modernisé, parce que c'est ça qui... qui fait... qui cause
problème pour certains...
M. Gagnon (Sylvain) : C'est
un objet d'analyse, effectivement.
Mme Caron : OK, parfait.
Merci. Est ce que Mme la ministre voulait...
Mme Bélanger : Ça va, ça va.
Mme Caron : OK, parfait. Tout
à l'heure, on a parlé... La collègue a posé des questions sur le programme de
soins dentaires du fédéral. Vous avez répondu, Mme la ministre, qu'il y a aussi
un programme de soins buccodentaires qui existe en CHSLD, et, évidemment, si le
programme fédéral... peu importe, là, quelle... quelle forme ça prendrait, avec
compensation, sans compensation ou quoi, si on offre plus de... plus de soins
qui sont gratuits, il y aura une demande qui va augmenter, et la question que
je me posais à cet égard-là : Est-ce qu'avec... Bien sûr, c'est avec la
présidente du Conseil du trésor, qui est responsable des ordres professionnels.
Est-ce que vous envisagez de voir s'il y
aura possibilité de reconnaître plus rapidement les dentistes qui sont formés à
l'étranger, comme par exemple l'Ordre des ingénieurs l'a fait? Maintenant, un
ingénieur formé à l'étranger, il a une période de six mois de formation ou d'adaptation
pour pratiquer au Québec, et ça va bien. Je pense que c'est... sauf erreur, c'est
le seul ordre professionnel qui... qui l'a fait. Est-ce que, dans le domaine de
la santé, pour les dentistes ou pour d'autres... est-ce que c'est... c'est
regardé?
Mme Bélanger : Bien, en fait,
votre question est pertinente, mais c'est vraiment ma collègue présidente du Conseil
du trésor... Donc, il y a tout le volet de l'harmonisation des ordres
professionnels, des travaux en lien avec les différents champs de pratique,
mais aussi comment, dans le contexte de la pénurie, là, on peut avoir de l'assouplissement.
Bien, naturellement, je suis en faveur qu'on puisse être le plus pragmatique
possible pour les soins d'hygiène. La question se pose pour les hygiénistes
dentaires aussi. Notamment, c'est très, très important en CHSLD. Alors, je
pense que c'est un élément qui est important.
Mme Caron : Merci. J'aurais
une petite question d'écriture, en fait, à la... ma question 130 à la page 236.
La réponse, c'est : «En 2020, 77 — espace — 1 000 contribuables
ont obtenu le crédit d'impôt pour personnes proches aidantes.» Alors, est-ce
que c'est soit 771 000, ou c'est 77 000, ou est-ce qu'il y a un zéro
de trop? Parce que le chiffre est écrit un petit peu bizarrement. Est-ce qu'il
y a quelqu'un qui peut répondre à ça?
Mme Bélanger : Est-ce que
vous pouvez, s'il vous plaît, répéter le numéro de la question?
Mme Caron : Oui, c'était ma
question 130 à la page 236 du cahier de réponses, la section CDE, la
réponse dit : «En 2020 — puis là il y a le chiffre qui est écrit
bizarrement — ...contribuables ont obtenu ce crédit d'impôt.» Je ne
sais pas si vous pouvez le...
Mme Bélanger : ...est en
train de vérifier, là, c'est qu'on me dit. Alors, je n'ai pas le chiffre exact
sous la main, mais on va regarder pour vous donner l'information, là, dès que
possible.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Je vais vous poser une question...
Mme Bélanger : ...qu'il y
aurait un zéro de trop. Donc, on serait plus à 77 100. Je n'ai pas le
document formel sous les yeux, là, mais...
Mme Caron : OK, 77 100 personnes
qui ont...
Mme Bélanger : C'est ce que
je... c'est que je vois dans les commentaires qui ont été transmis.
Mme Caron : OK. Plusieurs
personnes m'ont dit que le crédit d'impôt était... était... les critères d'accès
à ce crédit d'impôt pour personnes proches aidantes sont... sont très stricts.
La Commissaire à la santé et au bien-être l'a reconnu aussi dans son tome 4,
notamment le nombre de... le nombre de jours où il faut cohabiter, et puis ça,
c'est vraiment... c'est vraiment une difficulté, d'être obligé de cohabiter.
Tantôt, vous avez dit : Il faut faire attention, quelqu'un qui accompagne
un parent à des... ou qui va faire son épicerie, c'est une chose, mais ce n'est
pas quelqu'un qui est proche aidant de manière plus... plus suivie.
J'ai une résidente de mon comté qui me
disait : Moi je suis... je suis proche aidante pour mes deux parents qui
sont séparés, je ne peux pas vivre ni avec l'un ni avec l'autre. Là, elle a
réussi à avoir une place en CHSLD pour son père, mais tout ce temps-là où elle
accompagnait les personnes à leur rendez-vous, et tout ça, elle a été obligée
de travailler, mais jamais elle n'a eu droit au crédit d'impôt pour proches
aidants. Une autre dame, elle, sa mère qui a vécu chez elle pendant 30 ans, les
six derniers mois de sa vie, après des chutes, a dû être en CHSLD, parce
qu'elle <n'avait pas été chez...
Mme Caron :
...les
six derniers mois de sa vie, après des chutes, a dû être en CHSLD, parce
qu'elle >n'avait pas été chez elle pendant 30 jours, elle n'a pas
eu droit, la dernière année, au crédit d'impôt pour un proche aidant. Je sais
que la demande est grande, mais est-ce que vous regardez ce crédit-là?
Mme Bélanger : Oui, bien, en
fait, le crédit d'impôt n'est pas... pour les aidants n'est pas parfait, j'en
suis bien consciente. On veut réviser, hein, vous le savez, donc, plusieurs
crédits d'impôt au Québec pour les bonifier. L'objectif n'est pas d'ajouter des
critères pour que ce soit encore plus compliqué et de moins en moins utilisé.
Au contraire, l'objectif est de mieux faire connaître, d'une part, les crédits
d'impôt, mais aussi voir à la pertinence de certains critères, là, qui sont
énoncés.
Quand je vais sur le terrain, il y a
plusieurs situations qui sont rapportées, un peu comme vous venez de le
mentionner, puis effectivement je pense qu'il faut qu'on regarde, dans le fond,
pour que ce crédit d'impôt soit utilisé, là, à sa juste valeur puis qu'il soit
facilitant aussi. Alors, ça fait partie des travaux qui sont à faire, puis je
veux quand même aussi mentionner qu'avec l'arrivée de Santé Québec, avec le
ministère de la Santé et des Services sociaux 2.0, bien, certainement que
ces éléments-là vont faire partie des orientations à regarder. Pour moi, ça
fait partie du soutien à domicile.
Mme Caron : Et dernier point,
sur les... il nous reste quelques secondes, les proches aidants. On a des
politiques et des plans d'action pour qu'elles se reconnaissent elles-mêmes, et
tout ça, mais il semblerait qu'en tout cas, à certains endroits dans le réseau,
on ne reconnaît pas vraiment leur expertise. On refuse de leur parler. On veut
parler à la personne aidée, qui n'est pas toujours en mesure de dire ce qui...
ce qui ne va pas quand... quand elle arrive, par exemple, chez le médecin ou à
l'hôpital. Est-ce qu'il y a des actions pour mieux reconnaître... s'assurer que
le réseau reconnaît mieux ou a plus d'égard envers les personnes proches
aidantes?
Mme Bélanger : Je pense
que... Écoutez, il faut qu'on continue de faire nos grandes campagnes
nationales pour le rôle des proches aidants. Ça fait partie de la stratégie. On
va revenir avec des éléments d'information. C'est très important. Nos proches
aidants ont besoin d'être reconnus.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Alors, le bloc de l'opposition
officielle est terminé. Alors, je me tourne du côté du gouvernement avec la
députée de Soulanges pour une période de 19 min 25 s.
Mme Picard : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je tenais d'abord à saluer toutes les équipes qui sont ici.
Je crois que c'est vos derniers crédits santé si je ne me trompe pas. Donc, je
vous souhaite un beau repos ce soir. Je sais que c'est grandement mérité.
Donc, bien sûr, je vais profiter de cette
période de crédits pour parler principalement plus sur les personnes proches
aidantes, mais, d'abord, les parents des personnes proches aidantes, les
parents d'enfants handicapés. Comme vous le savez, avoir un enfant gravement malade
apporte un gros lot de défis. On a beaucoup, beaucoup de paperasse à démêler. On
a un stress immense. Surtout quand les premiers moments où on apprend que notre
enfant est handicapé, on a des formulaires à remplir, on est... Souvent,
l'enfant est hospitalisé, et on est dans un stress vraiment immense, puis je me
rappelle justement avoir été au chevet de ma petite cocotte à Sainte-Justine en
train de remplir des formulaires au lieu de me consacrer directement à ses
soins.
• (18 h 10) •
J'ai eu la chance tantôt de poser la
question à la ministre de la Famille concernant le programme... le supplément
pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels. En fait, comme vous
le savez, on l'a élargi pour les enfants de moins de deux ans. Donc,
maintenant, les petits... les petits cocos très malades vont pouvoir avoir
accès à ce 14 000 $ là par année. Donc, c'est vraiment majeur pour
plusieurs familles qui sont dans une détresse incroyable au moment où on se
parle. On a eu la chance aujourd'hui de faire une belle annonce avec
l'organisme L'Étoile de Pacho. On a créé un pont administratif entre deux
programmes. Donc, je vous donne la chance aujourd'hui de parler de l'allègement
de la bureaucratie pour les parents qui sont concernés.
Mme Bélanger : Bien, merci
pour la question, puis permettez-moi de saluer ma collègue députée de... je
peux nommer... députée de La Pinière. Je peux nommer, hein, oui...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Bélanger : Oui, non, mais
je veux... non, mais là je veux...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : La Pinière, bien sûr, oui, oui.
Mme Bélanger : Oui. En fait,
je retourne la balle de ce côté-là parce que je sais qu'il y a eu tout un
travail qui a été fait de sensibilisation, notamment avec L'Étoile de Pacho.
Alors, je pense que c'est un bel exemple d'un travail important, et puis, oui,
je suis très, très heureuse de cette annonce-là. Je pense que les parents qui
ont des enfants handicapés ont un travail important 24 heures sur 24, sept <jours
sur sept...
Mme Bélanger :
...les
parents qui ont des enfants handicapés ont un travail important 24 heures sur
24, sept >jours sur sept. C'est un mandat à vie, et on le voit, dans le
fond, comment c'est important d'essayer d'enlever toutes les tracasseries
administratives parce qu'ils ont déjà beaucoup de responsabilités. Et je pense
que l'annonce qui va sortir bientôt, peut-être que c'est encore... c'est dans
les médias au moment où on se parle, là, c'est une question de... mais je pense
que ça, c'est vraiment un pont administratif important qui va... qui vient concrètement,
là... puis c'est entre deux ministères, puis ça, c'est important, parce que ce
n'est pas facile non plus de faire des ponts administratifs. Ça fait que c'est
un bon exemple de ce qu'on peut faire, là, quand tout le monde s'y met.
Alors donc, c'est vraiment ce programme,
le programme SEHNSE, qui... Donc, on le voit, là, les enfants sont évalués à la
naissance par différents spécialistes, souvent dans des milieux spécialisés,
pas toujours, mais souvent, et ils doivent, donc, compléter une série
d'évaluations, puis, quand ils arrivent, donc, pour avoir des services de
soutien à domicile, ils devaient... les travailleurs sociaux des CLSC devaient
recommencer le travail au complet. Alors là, c'est un pont administratif.
D'ailleurs, les parents vont devoir y consentir, bien sûr, mais, à partir du
moment où un parent consent, il y aura transfert de l'information.
Donc, c'est vraiment important. C'est au
niveau du ministère du Revenu, donc, et c'est ma collègue ministre responsable
de la Famille, là, qui en a fait l'annonce. Donc, c'est vraiment... L'objectif,
c'est d'éviter de refaire des évaluations, de permettre à la travailleuse
sociale... parce que c'est sûr que la travailleuse sociale en soutien à
domicile, elle doit quand même évaluer l'enfant puis planifier l'offre de
services. C'est important, là, mais elle va avoir toute l'information. Donc,
c'est vraiment une très, très bonne... très, très bonne nouvelle. Je pense que
ça a été très bien accueilli. Merci à tous ceux qui ont contribué à ça.
Mme Picard : Merci énormément,
puis c'est rare pour... c'est rare qu'on voie deux ministères comme ça
travailler ensemble, puis rapidement en plus, là. Je ne sais pas si les gens
des équipes sont ici, mais ça a été vraiment un beau travail qui a été fait des
deux cabinets puis c'est vraiment apprécié.
J'avais une autre question par rapport à
un autre dossier chouchou pour moi, qui est à même votre cabinet, c'est le
MADA, les municipalités amies des aînés. En fait, on le sait que plus les
personnes sont vraiment bien dans leur milieu, plus elles sont impliquées
bénévolement, mais aussi au sein de leur communauté. Ils ont beaucoup de chance
de vieillir en santé.
Donc, le programme Municipalité amie des
aînés, qui a été fait en 2008... il y a eu beaucoup de travail qui a été fait.
Donc, je voulais savoir si... En fait, pour ceux et celles qui ne le
connaissent pas, c'est vraiment les municipalités qui peuvent former des
comités, puis les gens peuvent... peuvent, en comité, des citoyens de la
municipalité, choisir quelles infrastructures... Si on veut mettre un banc à
tel endroit, dans tel parc, donc c'est vraiment eux qui décident. Ils ont un
budget associé. Donc, je voulais savoir... Pouvez-vous m'en dire un peu plus sur
les investissements puis les municipalités concernées?
Mme Bélanger : Oui, bien,
j'aimerais peut-être commencer avec, bien, une bonne nouvelle puis une bonne
perception que des grandes instances mondiales du Québec ont du Québec. L'OMS a
mentionné à quelques reprises que le Québec est un modèle pour le volet
Municipalité amie des aînés, puis ça, je pense, c'est important. Je me retourne
vers Dr Boileau, qui est... qui est le directeur national de la Santé publique...
C'est vraiment fondamental, dans un contexte de vieillissement de la
population, que les municipalités soient présentes avec des plans d'action
concrets. Puis, actuellement, au Québec, là, c'est 1 000 municipalités, ce
n'est quand même pas rien, qui font partie de la démarche Municipalité, donc,
amie des aînés.
Il y a deux volets. Le volet un, c'est
vraiment que certaines municipalités vont nous faire une demande de subvention,
donc, c'est un programme conjoint avec ma collègue ministre des Affaires
municipales, pour qu'elles puissent aller de l'avant pour, premièrement,
rédiger une politique. Donc, le premier geste concret pour une municipalité,
c'est de se doter des ressources nécessaires pour se créer une politique, un
plan d'action. Et, par la suite, il y a un volet deux qui vise, vraiment, là, à
donner des ressources humaines pour qu'ils puissent avoir un coordonnateur.
Donc, c'est toute une mobilisation
citoyenne à partir des municipalités, avec les forces vives d'une communauté,
et ça fait une très, très grande différence. 1 000 municipalités. Bien, on vise
qu'éventuellement l'ensemble des municipalités puissent <être amies des
aînés...
Mme Bélanger :
...on
vise qu'éventuellement l'ensemble des
municipalités puissent >être
amies des aînés. Donc, ils vont se donner des actions en lien avec la sécurité
alimentaire, avec la bienveillance, avec le transport, avec les loisirs. Donc,
tous... tous les axes, je dirais, de notre société peuvent se retrouver à
l'intérieur de ce plan d'action, puis c'est vraiment très mobilisant pour
l'ensemble des partenaires. On veut continuer. On va de l'avant. C'est un
programme qui va se poursuivre, et on veut le renforcer aussi. Alors donc, on
souhaite vraiment que ces plans d'action puis cette nomenclature d'amie des
aînés prennent encore plus d'espace. Donc, alors, voilà, on va de l'avant pour
ça.
Mme Picard : Merci, Mme la
Présidente. J'avais une dernière question, pour ma part. Bien sûr, je ne peux
pas passer à côté du soutien à domicile, qui m'est cher. Le gouvernement a fait
vraiment beaucoup d'investissements dans les années passées. Ils en ont... il
en fait encore cette année. Je pense, entre autres, aux popotes roulantes, aux
soins directs donnés au chevet des patients à domicile. Récemment, aussi,
l'année passée, je ne sais pas si vous vous rappelez, mais on avait justement
le Programme d'adaptation de domicile des Affaires... du ministère des Affaires
municipales, qui passait l'adaptation de domicile de 16 000 $ à
50 000 $ pour un usager à la maison. Donc, ça a été vraiment très
apprécié de plusieurs personnes, pour rester à la maison. Donc, vous dites
souvent qu'il y a un virage majeur en soins à domicile. Donc, j'aimerais que
vous m'en dites plus sur ce virage majeur vers le soutien à domicile.
Mme Bélanger : Je pense,
c'est important. On a eu l'occasion d'en parler beaucoup, là, dans la séance de
travail actuelle, puis on le sait, que notre gouvernement fait beaucoup pour le
soutien à domicile. Le rapport de la commissaire santé et bien-être vient
amener des recommandations. Il y a des recommandations fortes, extrêmement
importantes, qui sont les assises de ce virage qu'on doit faire.
Donc la première, c'est vraiment de se
doter d'une politique nationale de soutien à domicile, puis là, bien, dans une
politique nationale, on va se poser les bonnes questions par rapport à
qu'est-ce qu'on veut faire avec les services de soutien à domicile, qui doit
être impliqué, quelles sont les ressources financières disponibles, quel est
l'écosystème du soutien à domicile. Donc, la politique nationale va être un
élément important du virage.
L'autre élément majeur que la commissaire santé
et bien-être nous a mentionné, et c'est... elle mentionne le fait d'avoir des
bureaux régionaux pour que les aînés sachent, quand ils ont besoin que ce soit
d'un appareil auditif, qu'on a parlé aujourd'hui, bon, éventuellement, les
soins dentaires, d'être en relation avec les organismes proches aidants, des
questions sur la maltraitance... qu'il y ait une espèce d'endroit, un hub, un
lieu où les aînés peuvent avoir l'information, puis ça, c'est très important.
La commissaire santé et bien-être parle de bureaux régionaux. Nous allons
examiner ça. On sait qu'on a des CLSC, au Québec, qui sont présents dans...
partout au Québec. Alors est-ce que les CLSC pourraient jouer ce rôle de bureau
régional?
Mais c'est vrai que les aînés... Aujourd'hui,
quand on se promène, là, il faut être lucide, les aînés nous disent :
C'est compliqué, on ne sait pas où aller quand vient le temps d'aller chercher
des services, à quelle porte on frappe exactement pour aller chercher
l'information. Alors, c'est important, c'est une des recommandations
extrêmement importantes de la commissaire santé et bien-être, donc, la
politique, les bureaux régionaux, puis on va regarder l'ensemble d'autres
éléments, des constats de la commissaire santé et bien-être, mais des constats
qui ont été faits aussi, il y a quelque temps, par d'autres instances en lien
avec les services de soutien à domicile, puis on va regarder les meilleures
pratiques aussi qui sont faites un peu partout dans le monde.
• (18 h 20) •
Mais je veux quand même rappeler qu'en
soutien à domicile, au Québec, il faut quand même être fiers de ce qu'on fait
actuellement. Alors, on travaille, là, à réviser le rôle des travailleurs
sociaux, mais ce n'est pas ça qui va transformer complètement les services de
soutien à domicile, j'en suis bien consciente. Donc, il y a tout le volet des
investissements. Il y a le volet de nos partenaires. Je veux y aller très
brièvement, là, mais les EESAD, donc, extrêmement important, mais tous les
centres d'action bénévole qui offrent la popote roulante, les services
d'accompagnement, les services pour briser l'isolement social. Ça fait que,
vous savez, nos centres d'action bénévole, pour moi, là, ça fait partie de
l'écosystème du soutien à domicile. C'est extrêmement important. Ils ont un
rôle majeur.
On a parlé du chèque emploi-service. On a
parlé du PEFSAD, bien sûr, mais je veux aussi quand même mentionner qu'il y a
tout le volet des soins palliatifs à domicile. On n'en a pas parlé aujourd'hui,
mais cet élément-là est extrêmement important au niveau des soins palliatifs à
domicile, puis on le voit, là, qu'il y a une augmentation, il y a un désir de <recevoir
les soins...
Mme Bélanger :
...puis
on le voit, là, qu'il y a une augmentation, il y a un désir de >recevoir
les soins palliatifs à domicile. Alors, on va être au rendez-vous par rapport à
ça, c'est clair, c'est important. On a nos maisons de soins pals, mais notre
soutien à domicile est très important.
Puis je termine avec le volet innovation,
technologie. J'ai déjà eu une question de votre côté, et c'est très important,
puis il y a des innovations. Actuellement, on travaille avec Medtech, avec les
projets envisAGE. Il y a Philippe Voyer, qui est le vice-doyen... vice-doyen de
la Faculté des sciences infirmières de l'Université Laval, qui est déjà en
projet pilote, actuellement, pour les objets connectés, les technologies de
l'information, dans six régions du Québec. Il y a des résultats. Donc, il est
en train d'évaluer ça. Donc, c'est important, les technologies. On ne peut pas
se lancer comme ça sans être sûrs de l'impact.
Alors, c'est important, mais on regarde
tout ça. Ça fait que tout ce qu'on a, là, actuellement, y compris les rapports
des différents experts, va nous aider à améliorer les services de soutien à
domicile au Québec. Puis je veux quand même mentionner qu'on est sur les trois
indicateurs, ces trois indicateurs... il pourrait y en avoir une panoplie, mais,
sur les trois que nous avons sélectionnés, il y en a quand même deux qui, selon
les projections que vous avez faites... on devrait être en mesure
d'atteindre... la P13 est terminée, là, mais on a toujours nos résultats un
petit peu plus tard, et on devrait même les dépasser. Ça fait que c'est sûr que
la barre va être plus haute pour la prochaine année.
Mme Picard : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à la
députée de Châteauguay, 5 min 5 s.
Mme Gendron : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Merci de vous prêter, tous, à l'exercice.
Je pense que c'est un exercice important parce que ça permet, de un, de
préciser et d'expliquer toutes les mises en œuvre de votre ministère. Donc,
merci beaucoup d'être... d'être avec nous aujourd'hui.
J'aimerais revenir sur les résidences pour
personnes âgées, les RPA. En fait, vous avez beaucoup parlé d'écosystème
dans... dans votre dernière réponse, puis j'aime ça. Je pense que les RPA font
aussi partie d'un écosystème d'habitation, en fait, un écosystème plutôt de
résidences pour aînés, donc, avec la maison des aînés, les soins à domicile,
les CHSLD également. Je pense aussi que, comme notre collègue la députée de La
Pinière a mentionné tantôt, il y a d'excellents RPA, puis je pense que c'est
important également de le souligner. J'aimerais aussi dire à quel point le bien
des aînés vous tient à cœur. On le sent, on le sait, c'est une priorité, puis
on le sent à travers toutes vos démarches.
Donc, j'aimerais... Je voulais mettre ça
en lumière, il y a d'excellents RPA, mais c'est sûr qu'ils font... font face à
certains grands défis, vous le savez bien. Le gouvernement a investi aussi
pour... pour éviter la fermeture et pour aider ces... à maintenir les RPA
ouverts, puis il y a également plusieurs discussions, là, qui se tiennent avec
des associations, là, par rapport aux RPA qui sont à but non lucratif. Fin
janvier, vous avez fait une belle annonce, entre autres, pour apporter du
soutien à des RPA OBNL, mais également à des RPA à but lucratif. Ça touchait
les 30 unités et moins. Puis là, tantôt, vous en avez rapidement parlé,
c'est des mesures importantes, mais vous avez été pressée dans votre réponse,
puis j'aimerais vous donner l'occasion de répondre, en fait, en lien avec les
mesures qui ont été mises en place par votre ministère en lien avec les RPA.
Mme Bélanger : Bien, oui, je
vais y aller rapidement parce que je vois que le temps file, mais j'ai eu
l'occasion de le répéter à quand même à plusieurs reprises. Depuis les cinq,
six dernières années, c'est beaucoup, beaucoup d'argent qui a été investi dans
les RPA, notamment, là, au niveau de l'immobilier. Alors, immobilier, on parle
des gicleurs. Alors, je n'ai pas besoin d'aller dans le détail de ça, vous le
savez, et le programme est encore reconduit au moment où on se parle.
On a aussi, puis ça, c'est très peu connu,
un programme pour la modernisation des infrastructures pour nos petites RPA.
Donc, ils peuvent avoir accès à des subventions pour moderniser leurs
infrastructures.
Troisième programme, le paiement
pour les primes d'assurance. On sait que les primes d'assurance ont explosé
depuis les dernières années. Certaines RPA ont vu doubler, tripler leurs primes
d'assurance. Alors, c'est majeur. Donc, le gouvernement a été au rendez-vous
pour soutenir l'augmentation faramineuse des coûts des primes d'assurance. Le
programme et toujours en vigueur.
Quatrième programme, l'augmentation de
salaire des employés de la fonction publique, notamment les préposés aux
bénéficiaires et certains autres professionnels de soins, au cours de la
pandémie, a eu un impact direct sur le salaire des employés en RPA, qui
voulaient aussi avoir quelque chose de comparable, donc, là, aussi, de l'argent
pour aider à payer le salaire des employés.
Alors, ça, là, c'est majeur. C'est majeur.
On en fait énormément. Je pense que, là, on <ajoute une mesure...
Mme Bélanger :
...ça,
là, c'est majeur. C'est majeur. On en fait énormément. Je pense que, là, on >ajoute
une mesure qui est urgente, qui est l'allocation à la personne. J'ai eu
l'occasion d'en parler tantôt. Elle est importante, cette mesure-là. Elle doit
aller directement à la personne ou au proche aidant qui soutient cette
personne-là. C'est de l'argent qui va arriver du CISSS et du CIUSSS, donc,
après avoir évalué, de façon standardisée... Les RPA, là, vont avoir un travail
à faire de cheminement à l'intérieur de ça. Il n'est pas question que ça soit
le bail et les soins entremêlés. On veut faire vraiment la distinction entre
ces deux éléments-là. Maintenant, on le commence avec les RPA plus de catégorie
3. Éventuellement, on regardera pour l'ensemble, 3 et 4, je dis «3» parce qu'on
a plus de RPA 3 que de RPA 4, mais, disons, pour les 30 unités et moins.
Ça fait qu'on s'en va là, mais, en même
temps, je pense que le ministre des Finances a été très clair lors du budget
qu'il veut aussi examiner et mettre en place un comité pour évaluer la
pérennité du modèle financier au niveau des RPA, parce qu'entre nous il y a
des... il y a quand même énormément de financement qui est mis en place pour
les RPA, puis, à un moment donné, il faut se poser la question sur la valeur
réelle, qu'est-ce que ça a donné, puis on le fait pour éviter que les RPA
ferment.
Je termine en disant que les RPA, il y en
a beaucoup qui ont fermé au Québec, et il y en a qui ont fermé, et ce n'était
pas seulement en lien avec les composantes financières. Certaines ont fermé
parce qu'il y avait des enjeux de qualité. Alors, je pense que ça, c'est
important de le mentionner. Certaines ont fermé parce que les propriétaires
atteignent un certain âge, n'ont plus la capacité, et d'autres parce qu'ils ne
retrouvent plus la relève. Alors donc, c'est important. On continue pour les
RPA.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre.
Alors, le temps alloué à l'étude du volet
Aînés des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux étant
presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Alors, le programme 5, intitulé Conditions
des aînés, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division. Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux pour l'exercice financier
2024-2025 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division.
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au jeudi 25 avril, à 14 heures, où elle entreprendra
l'étude du volet Condition féminine des crédits budgétaires du portefeuille
Relations internationales et Francophonie. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 30)