Journal des débats (Hansard) of the Committee on Citizen Relations
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, February 17, 2026
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Vol. 48 N° 21
Clause-by-clause consideration of Bill 9, An Act respecting the reinforcement of laicity in Québec
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9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-sept minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : S'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte. Donc, je vous
rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n° -, Loi sur le renforcement de la
laïcité au Québec.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, Mme
la Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par M. Thouin
(Rousseau); Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac); par M. Lévesque
(Chauveau); Mme Picard (Soulanges); par Mme Lachance (Bellechasse); Mme Prass
(D'Arcy-McGee); par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont); M. Tanguay
(LaFontaine); par Mme Cadet (Bourassa-Sauvé); et M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); par M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, merci beaucoup et bienvenue, chers collègues, à la
commission. Lors de l'ajournement de nos travaux jeudi dernier, nous en étions
à l'étude de l'article 4.3, que j'appelle le bloc, là, 4.3 de la Loi sur
la laïcité, introduit par l'article 3 du projet de loi. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur cet article? Alors, je pense qu'il y a un dépôt, le dépôt d'un
amendement avant de procéder à la l'adoption finale de cet article. M. le
ministre, je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Oui. Je vais
juste attendre qu'il apparaisse à l'écran une petite minute.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous l'avez dans Greffier aussi.
M. Roberge : OK. Bon, je peux
y aller. Alors, article 3 : Insérer, à la fin de l'article 4.3
de la Loi sur la laïcité de l'État (chapitre L-0.3), proposé par l'article 3s
du projet de loi, l'alinéa suivant :
«La laïcité de l'État exige également que
toute personne ait droit à des institutions parlementaires, gouvernementales et
judiciaires laïques ainsi qu'à des services publics laïques, dans la mesure
prévue par la loi.»
Donc, l'article modifie la Loi sur la
laïcité de l'État afin d'y prévoir le droit à des institutions parlementaires,
gouvernementales et judiciaires laïques ainsi qu'à des services publics
laïques.
Cet alinéa reprend le contenu du deuxième
alinéa de l'article 4 de la Loi sur la laïcité de l'État sous réserve de
deux ajustements. Premièrement, la référence à la Loi favorisant le respect de
la neutralité religieuse de l'État et visant notamment à encadrer les demandes
d'accommodement pour un motif religieux dans certains organismes est supprimée,
vu l'abrogation de cette loi par l'article 26 du projet de loi.
Deuxièmement, il est désormais prévu que ce droit existe dans la mesure prévue
par la loi, et non par une ou des lois énumérées, afin d'élargir sa portée et
de tenir compte de l'existence de normes en matière de laïcité dans d'autres
lois telles que la Loi sur l'instruction publique et la Loi sur l'enseignement
privé.
J'ajoute que c'est une demande qui a été
formulée par de nombreux groupes lors des auditions particulières, avant qu'on
commence l'étude article par article.
• (9 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des commentaires ou des questions? Oui, Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : ...bon mardi
matin. Donc, oui, effectivement, je me souviens très bien que, lors des
consultations particulières, donc, plusieurs groupes nous demandaient, donc, de
reprendre cet alinéa-ci, qui se trouvait, donc, dans la précédente mouture de
la Loi sur la laïcité de l'État. Peut-être juste reprendre la deuxième partie,
donc, du commentaire, pardon, parce que vous disiez : Donc, afin d'élargir
sa portée, de tenir compte des...
Mme Cadet : ...l'existence de
normes en matière de laïcité dans d'autres lois, telles que la Loi sur
l'instruction publique et la Loi sur l'enseignement privé.
Ça, c'est peut-être le bout qui nous avait
peut-être été moins mentionné en consultations particulières, sur lequel
j'aimerais avoir des précisions, s'il vous plaît.
M. Roberge : Bien, ce qu'on
précise, c'est qu'avant il y avait une référence à l'ancienne loi, laquelle est
abrogée.
Mme Cadet : Oui, ça, c'est
clair.
M. Roberge : Donc, évidemment,
ça ne fonctionne plus, mais depuis l'adoption de la Loi sur la laïcité, il y a
eu d'autres modifications législatives, notamment l'automne dernier, avec le
projet de loi.
Mme Cadet : N° 94.
M. Roberge : N° 94,
merci. Et donc on précise ici que tout ceci forme un seul et même cadre, on
n'est pas restrictif à une seule loi.
Mme Cadet : Bien, en fait,
quand vous dites : Dans la mesure prévue par la loi, normalement, donc...
en fait, je pensais que ça, ça faisait référence à la Loi sur la laïcité, quand
on dit : Dans la mesure prévue par la loi.
M. Roberge : Il est désormais
prévu que ce droit existe dans la mesure prévue par la loi, quand on dit «la
loi», c'est... ce n'est pas la présente loi actuelle, c'est le corpus
législatif, là, qui gouverne le Québec.
Mme Cadet : Ah! OK. Oui, OK.
Parce que je relis l'ancien texte, là, je pensais que c'est ça qui était
indiqué, mais, dans le fond, avant, c'était la mesure prévue par la présente
loi et la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse. Là, c'est
vraiment juste «par la loi», pas «par la présente loi». OK, c'est clair. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, c'est... on comprend que ça vient à la fin de
l'article 3, qui introduit dans la... qui modifie l'article 4.1.2.3. Alors,
est-ce que l'article 3 du présent projet de loi est adopté tel qu'amendé?
Adopté. Merci. On passe à l'article 4. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, chers collègues, on prépare en ce moment des amendements qui ne
sont pas aboutis, sinon, je pourrais vous les déposer comme celui que je viens
de vous déposer, concernant des éléments sur le visage découvert, donc, et
vraisemblablement je serais capable de les apporter demain, je le souhaite, on
est en... on est en travaux.
Donc, si vous permettez, on suspendrait 4,
5, 6, 7, 8, parce que toutes ces... tous, pardon, tous ces articles-là, 4, 5, 6
,7, 8, touchent d'une manière ou d'une autre le visage découvert, puis
j'aimerais ça, être capable de le traiter avec vous en bloc une fois
l'amendement prêt, pour une meilleure compréhension. Ça fait que, si vous êtes
d'accord, on irait à 9.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, consentement pour suspendre les articles 4, 5, 6, 7,
8? Consentement. On passe à l'article 9, M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien. Puis
merci, la collègue, aussi, pour faciliter le travail, ça va être plus facile
pour tout le monde.
«9. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 10, des chapitres suivants».
Et je fais tout de suite le
commentaire : L'article 9 du projet de loi introduit deux nouveaux
chapitres et leurs dispositions respectives dans la Loi sur la laïcité de
l'État, le premier portant sur la pratique religieuse dans certains lieux et le
deuxième portant sur les fonctions et pouvoirs du ministre. Au total,
l'article 9 de ce projet de loi prévoit l'introduction de neuf nouvelles
dispositions à la Loi sur la laïcité de l'État.
Afin d'en faciliter l'étude, nous proposons
de scinder l'étude de l'article 9 en examinant individuellement chacune des
dispositions introduites. Donc, on irait à un chapitre... on dirait, si vous
êtes d'accord, on poursuit. Donc...
Une voix : ...
M. Roberge : Oui, allez-y.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Exactement comme l'article 3, il y a ce que, moi, j'appelle
neuf blocs, pour ne pas qu'on se mélange entre les deux lois. Ça va? Parfait.
Consentement? On y va?
M. Roberge : Très bien.
Chapitre 3.2.«Pratiques religieuses dans certains lieux.
«10.1 Toute pratique religieuse est
interdite dans un lieu, tel un immeuble ou un local, sous l'autorité d'une
institution ou d'un organisme visé à l'article 3. L'interdiction prévue au
premier alinéa ne s'applique pas :
«1° à un centre exploité par un
établissement de Santé Québec ni à un organisme visé par l'un ou l'autre des
paragraphes 8 et 13 de l'annexe 1 dans la mesure où la pratique religieuse ne
compromet pas l'offre ni la qualité des soins, le bon fonctionnement du centre
ou de l'organisme ou le bien-être des usagers;
«2° à un centre de services scolaire visé
au paragraphe 7 de l'annexe 1 ni à un organisme visé au paragraphe 12 de cette
annexe;
«3° à un établissement de détention visé
par la Loi sur le système correctionnel du Québec (chapitre S-40.1);
4° à un lieu qui constitue une résidence
privée en ce qui concerne la pratique religieuse de ses occupants;
5° à une pratique culturelle des Premières
Nations et des Inuits réalisée dans un lieu sous l'autorité d'une institution
parlementaire ou d'un organisme énuméré à l'article 1...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Roberge : ...à «l'annexe»
1, merci bien. Quand j'enseignais, je disais : Ah! je vérifiais seulement
si vous suivez... Quand je faisais... Tous les profs font ça, mais là je
m'étais trompé, d'accord. Je suis rendu à;
6° dans tout autre lieu prévu par
règlement du gouvernement, selon les conditions qui y sont détaillées...
M. Roberge : ...est une
pratique religieuse au sens du présent article et de l'article 10.2 toute
action, à l'exception du port d'un signe religieux pouvant raisonnablement
constituer, en fait ou en apparence, la manifestation d'une conviction ou d'une
croyance religieuse. Le paragraphe 6 du deuxième alinéa ne s'applique pas
à un lieu sous l'autorité d'un organisme visé à l'un ou l'autre des
paragraphes 7 et 12.1 de l'annexe 1.
Commentaire explicatif :
L'article 10.1 proposé interdit à une institution parlementaire ou
judiciaire ou à un organisme public de permettre qu'un lieu, sous son autorité,
tel un immeuble ou un local, soit utilisé à des fins de pratique religieuse.
Cette interdiction s'applique tant aux membres du personnel de l'institution ou
de l'organisme qu'à toute personne, qu'elle reçoive ou non des services de
cette institution ou de cet organisme. Le deuxième alinéa prévoit diverses
exceptions à cette interdiction, tandis que le troisième alinéa vient définir
ce que constitue une pratique religieuse. Cet article vise à assurer la
cohérence du cadre législatif relatif à la laïcité de l'État, en évitant que
des lieux institutionnels soient utilisés à des fins de culte ou de
manifestation religieuse. Il permet de préserver la séparation entre les
espaces sous l'autorité de l'État et les religions, tout en maintenant des
exceptions ciblées lorsque des considérations liées aux soins, à l'incapacité
d'avoir accès à un lieu de culte, à la vie privée ou à la reconnaissance des
pratiques culturelles autochtones le justifient.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce qu'il y a des... des commentaires sur
l'article 10.1?
Mme Cadet : Oui, Mme la
Présidente, mais merci, M. le ministre, donc, pour cette lecture, je vous amène
au troisième alinéa qui définit ce qu'est une pratique religieuse. Donc, vous
dites : Toute action, à l'exception du port d'un signe religieux, parce
que ça, ce sera vu ailleurs dans le projet de loi, pouvant raisonnablement
constituer, en fait ou en apparence, la manifestation d'une conviction ou d'une
croyance religieuse. De mémoire, donc, certains groupes sont venus nous voir en
commission parlementaire puis sont venus nous dire... Ici, donc, la définition,
donc, semble assez englobante. Donc d'une part, j'aimerais peut-être obtenir, donc,
certains exemples, aussi voir un peu ce que vous répondez, donc, au groupe qui
vous demande, donc, de préciser la notion de pratique religieuse, parce que
c'est la première fois qu'on l'introduit dans notre corpus législatif.
M. Roberge : Mais là,
justement, on n'est pas dans le port de symboles religieux, on est dans une
manifestation de sa croyance, donc, ça pourrait être une prière manifeste que
l'on verrait, ça pourrait être une cérémonie religieuse, ça pourrait être une
messe, ça pourrait être plusieurs personnes qui prennent un chapelet toutes en
même temps, ça pourrait être des choses comme ça, où on voit manifestement
quelqu'un de juste, de raisonnable, qui circule, il dit : Bien, voici des
gens en train de manifester visiblement une conviction religieuse. Voilà.
Mme Cadet : OK, donc, c'est
un peu l'objectif. Puis, à quelle... après, à quelle problématique exactement
souhaitez-vous répondre avec l'article... 10.1?
M. Roberge : On est sur le
principe de la séparation de l'État, hein, il y a les quatre piliers de...
quatre valeurs ou quatre principes, et là, on se dit : Bien, dans la
mesure où il y a vraiment une séparation de l'État et des religions, bien, la
règle générale, il pourrait y avoir des exceptions plus loin, mais la règle
générale, c'est que, dans les lieux qui sont dans les immeubles, dans les
bâtisses de l'État, bien, il n'y a pas de pratique du culte. C'est ça le
principe. C'est... donc, comment ce principe sort-il des grands principes pour
s'incarner dans le réel? Bien, avec 10.1.
Mme Cadet : Et... donc, si...
donc, si on le décortique, l'article 10.1, donc là, on vient déterminer,
donc, ce qu'est une pratique religieuse, donc, on dit qu'il est interdit, dans
un immeuble ou un local, sous l'autorité d'une institution ou d'un organisme
visé à l'article 3, donc, on parle ici des institutions parlementaires et
gouvernementales et judiciaires. Là, on vient de modifier l'article 3, là,
mais je pense que ça... j'ai l'ancienne loi sur la laïcité sous les yeux, mais
c'est ce que... c'est... c'est ce qui était couvert.
M. Roberge : L'article 3
de la Loi sur la laïcité de l'État, donc l'article 3 original... on l'a
modifié depuis, par contre.
Mme Cadet : C'est ça, on
vient de le modifier.
M. Roberge : C'est
l'annexe 1, en réalité. C'est l'annexe 1, donc les... puis les
paragraphes 1 à 13 au complet.
Mme Cadet : Plus les
institutions parlementaires.
M. Roberge : Et de gestion et
judiciaires. Exact, exact.
Mme Cadet : OK.
Des voix : ...
• (10 heures) •
Mme Cadet : Donc, on vient
dire, donc, dans une institution parlementaire, par exemple, donc, à l'Agora de
l'Assemblée nationale, donc, il y a... s'il y a un élément symbolique hormis
des... des pratiques culturelles, donc, des Premières Nations et des Inuits,
donc, ces... ces éléments-là, donc seraient...
10 h (version non révisée)
Mme Cadet : ...proscrit, donc,
par exemple à l'Agora de l'Assemblée nationale aussi.
M. Roberge : À l'alinéa cinq,
on précise que ceci ne s'applique pas — je lis l'alinéa cinq — à
une pratique culturelle des Premières Nations et des Inuites réalisées dans un
lieu sous l'autorité d'une institution parlementaire ou d'un organisme énuméré
à l'annexe I. Donc, il pourrait y avoir... admettons, je pense à une entente
particulière, il y a eu la paix des braves, signée par, je pense, en 2001,
Bernard Landry, ça n'a pas... ça aurait pu être signé à l'Assemblée nationale,
il aurait pu y avoir une manifestation, là, culturelle des Premières Nations
puis il n'y aurait pas eu de contradiction avec la loi telle que rédigée.
Mme Cadet : OK. Parfait.
M. Roberge : On pourrait
signer une nouvelle paix des braves, avoir des Premières Nations et Inuit
présents ici qui font une certaine cérémonie liée à leur culture, et il n'y
aurait aucun enjeu avec le texte déposé actuel.
Mme Cadet : Avec cet
article... avec... Parfait. Merci. Et, donc, l'interdiction, donc, ne s'applique
pas, donc, on l'a dit, donc, des organismes, donc, de santé, qu'ils soient les
établissements de Santé Québec ou ceux privés conventionnés, là, je pense que le
paragraphe 13 de l'annexe un, c'est ce que ça vise, exactement, un centre de
services scolaire ou un établissement agréé aux fins de subventions, un
établissement de détention, une résidence privée, bien évidemment, une pratique
culturelle des Premières Nations, vous venez de le mentionner, et tout autre
lieu prévu par règlement du gouvernement, donc, là, est-ce que vous avez des
exemples en tête ici?
M. Roberge : Je n'en ai pas
pour l'instant, mais si jamais on voyait quelque chose qui a été oublié, on
pourrait le définir par règlement, mais je n'ai pas du tout l'intention, en ce
moment, là... je n'ai pas de lieu en tête, là, à ce moment-ci. On ne veut juste
pas être obligé d'ouvrir la loi si on se rend compte qu'il y a un petit oubli.
Mme Cadet : Bien sûr, bien
sûr. Et au sixième paragraphe vous dites : «le paragraphe sixième du
deuxième alinéa ne s'applique pas à un lieu sous l'autorité d'un organisme visé
à l'un ou l'autre des paragraphes sept et 12.1 de l'annexe un.» Parce que
le... Cela dit, c'est l'exception de l'exception ici, là.
M. Roberge : C'est ça, c'est qu'à
6 on dit qu'il pourrait y avoir une exception pour dire que ça ne s'applique
pas, mais après ça, on dit : Mais les centres de services scolaires et nos
écoles publiques ne pourraient pas être visés après par une exception. On ne pourrait
pas déposer, par règlement, dire : Ah! En passant, il peut y avoir des
manifestations religieuses, des messes, etc., etc., dans nos écoles publiques.
Donc, on vient baliser ici pour dire : le gouvernement actuel et les
autres gouvernements subséquents ne pourraient pas, par règlement, par la porte
en arrière, venir autoriser les manifestations religieuses dans les écoles publiques.
Mme Cadet : Ah! OK, je
comprends, parce que, dans le fond, la deuxième exception, c'est le centre de
services scolaires visés au paragraphe sept, mais là on vient dire, donc, on ne
pourrait pas... donc, le centre de services scolaire en tant que tel est visé
par l'exception, mais une école, elle, ne l'est pas.
M. Roberge : Exactement. Puis
on est à... ici, là, 7, à la fin du dernier, dernier paragraphe, quand on dit
les paragraphes 7 et 12.1, on parle des... c'est bien ça, des écoles
privées subventionnées...
Une voix : ...
M. Roberge : Et les
universités aussi.
Mme Cadet : C'est ça, c'est
que 12.1 n'est pas dans l'annexe un, on... j'imagine, on va... on va inclure 12.1
plus tard, là, parce qu'en ce moment, 12.1 n'existe pas dans la loi, là.
Une voix : ...
Mme Cadet : Non, on ne l'a
pas encore fait.
M. Roberge : On va y revenir
plus tard, merci.
Mme Cadet : OK, donc, 12.1,
ça, ça va...
M. Roberge : Merci... merci
de le souligner.
Mme Cadet : Donc, 12.1, ça,
c'est... c'est les...
Des voix : ...
M. Roberge : Juste savoir où
dans le projet de loi on amène 12.1, juste pour aider notre collègue.
Une voix : ...
M. Roberge : ...19. À 19, on
vient modifier à l'annexe I. Voilà.
Mme Cadet : Il faut se rendre
à 19...
M. Roberge : Moi, je suis à
la page 131 du cahier, mais je ne sais pas si c'est la même page que vous,
honnêtement, je ne sais pas si ça vous permet de...
Mme Cadet : Ah! Merci. Non, je
n'ai pas le même cahier. Non, on a moins de commentaires que vous, donc, en...
je n'ai pas le même cahier.
M. Roberge : Mais, bref, c'est
19 qui vient modifier à l'annexe I.
Mme Cadet : OK, 12.1, je le
vois, il...
Une voix : 79, la page 79.
M. Roberge : Pour votre cahier
à vous, c'est 79. Je vais me faire un petit billet, là. Voir article... 9 et 19
sont un peu interreliés, d'une certaine manière.
Mme Cadet : Mais ce n'est pas
les universités, 12.1, ça semble encore être les écoles privées subventionnées...
en vertu de la loi sur l'enseignement privé. C'est ce que ça dit au 12.1.
M. Roberge : Mais ça touche
aussi le collégial privé.
Mme Cadet : Ah! OK, je
comprends.
M. Roberge : ...collégiales, privées
subventionnées. De manière générale, dans le projet de loi, on suit... on est
dans...
M. Roberge : ...réseau
public ou dans le réseau privé qui est subventionné ou agréé.
Mme Cadet : OK, mais on
ne parle pas du tout des universités, parce que vous avez dit les universités
plus tôt.
M. Roberge : Pardon?
Mme Cadet : Vous avez dit
les universités plus tôt, mais on n'est pas du tout dans les universités ici.
M. Roberge : C'est dans
le 7°... OK, c'est ça, 7°... au dernier paragraphe, voilà. Au dernier, dernier
paragraphe de notre article que nous lisons en ce moment, on dit paragraphe 7°,
ce sont nos universités, puis 12.1, ce sont notre collégial privé subventionné.
Mme Cadet : OK, donc,
ça, c'était déjà au paragraphe 7°, OK. C'est que là, on vient diviser 12 et
12.1... OK, bien, je pense que de toute façon, quand on arrivera au paragraphe
19°... à l'article 19, on pourra bien décortiquer, donc, comment est-ce...
qu'est-ce qui rentre dans 12 puis qu'est-ce qui rentre dans 12.1, là... On
vient le remplacer, ce paragraphe-là, par les deux suivants. Puis là, ici, à
10.1, 12 est une exception, mais 12.1, dans le fond, ne pourrait pas en être
une. C'est pour ça que je veux bien... pertinent, donc, de voir un peu comment
est-ce qu'on scinde 12 et 12.1.
M. Roberge : La
nuance... effectivement, 12 et 12.1 sont différents.
Mme Cadet : C'est que,
dans le fond, 12, on parle des... bien, le nouveau 12, là, qu'on va voir
plus tard... :«ces établissements agréés aux fins de subventions en vertu
de la Loi sur l'enseignement privé qui fournissent un service éducatif visé aux
paragraphes 1° à 5° de l'article 1 de la loi.»
Puis, ensuite, 12.1 : «sur les
établissements agréés aux fins de subventions en vertu de la Loi sur
l'enseignement privé qui fournissent un service éducatif visé aux paragraphes
7° à 9° de l'article 1, et bon, ceux visés par une entente
internationale.»
Ça, c'était déjà dans l'ancien 12...
M. Roberge : En clair,
le 12, c'est le privé secondaire et primaire et préscolaire, OK? Mais c'est
toujours subventionné, là. Puis 12.1, c'est le collégial privé. On est en
enseignement supérieur.
Mme Cadet : OK. Et là,
donc, vous dites qu'il pourrait y avoir une exception pour ce qui est du
secondaire privé subventionné, mais pas du collégial privé subventionné?
M. Roberge : Exact.
Mme Cadet : Pourquoi?
M. Roberge : Parce que
le réseau des écoles privées subventionnées, de la manière que le projet de loi
actuel est rédigé, on dit qu'il ne peut pas y avoir d'activités religieuses
pendant les cours de régime pédagogique, pendant les heures de classe — français,
maths, etc. — mais on autorise en parascolaire facultatif des
activités religieuses, d'accord?
Mme Cadet : Je
comprends. OK.
M. Roberge : Tandis que,
dans nos cégeps et nos universités, on n'autorise pas les locaux de prière ou
les activités religieuses.
Mme Cadet : OK, OK.
Donc, pas de... pas de parascolaire, là, mais c'est-à-dire, mettons, s'il y a
une institution privée subventionnée qui offre à la fois des cours de niveau
secondaire et collégial dans la même bâtisse, il pourrait y avoir du
parascolaire, disons, donc, religieux, pour ce qui est des élèves de niveau
secondaire, mais les élèves, les étudiants, plutôt, de niveau collégial, eux,
ne pourraient pas... ne pourraient pas avoir accès à de tels... à de tels
espaces, c'est ce que vous dites, là, mais... Et dans la même bâtisse, comment
est-ce que ça, ça se gère?
M. Roberge : Bien, c'est
assez facile, là, à coordonner. De toute façon, ils ont déjà des profs
différents, il y en a un que c'est le primaire-secondaire, l'autre c'est le
collégial, c'est des cours qui sont différents, c'est souvent des enseignants
qui sont différents, c'est souvent des locaux qui sont différents. À part des
gyms, là, ils ne partagent pas... Il n'y en a pas beaucoup d'écoles qui ont du
secondaire et du collégial, mais il y en a. J'en ai déjà visitées.
Mme Cadet : ...Moi aussi
j'en ai... pas mal juste deux en tête, je ne sais pas s'il y en a d'autres, là,
mais...
• (10 h 10) •
M. Roberge : Oui, il n'y
en a pas beaucoup, mais il y en a. Puis on autorise dans la loi à ce que les
écoles privées subventionnées conservent un certain caractère religieux, mais
il ne doit pas y avoir de discrimination à l'embauche sur la religion. Il ne
doit pas y avoir de discrimination sur les élèves, sur la religion qu'ils
pratiquent. Puis les éléments religieux doivent être parascolaires et
facultatifs. On ne les interdit pas, dans la mesure où ils sont parascolaires
et facultatifs, parce qu'on sait qu'il y a des parents qui souhaitent que cette
transmission-là se fasse à l'école. Nous autres, on dit : Bien, d'accord,
mais il faut que ce soit parascolaire et facultatif, de manière à ce que des
élèves de plusieurs confessions se retrouvent dans le cours de maths ou dans le
parascolaire de théâtre ou dans le cours d'histoire. On n'a pas...
M. Roberge : …besoin de
séparer les élèves dans des écoles en fonction de leur religion. On peut
comprendre que des parents souhaitent qu'il y ait une forme d'animation
spirituelle facultative à l'extérieur des heures de classe. Au collégial, c'est
autre chose. On est avec des adultes…
Mme Cadet : OK. Donc, on
vient dire…
M. Roberge : …donc on fait la
différence, là, entre le préscolaire primaire, secondaire puis le réseau
collégial.
Mme Cadet : OK. Donc, je
saisis bien la nuance ici. Donc là, vous dites : Donc, s'il y a des… dans
le fond, s'il y a des jeunes qui veulent faire de l'animation spirituelle,
disons, rendus au collégial, donc, à ce moment-ci, donc, ils ne pourraient pas
le faire. Donc, à l'intérieur de l'établissement, il ne pourrait pas y avoir
d'exception en ce sens. C'est ce que vous nous dites.
M. Roberge : Non.
Mme Cadet : Puis est-ce qu'on
sai, s'il y en a dans les établissements collégiaux en ce moment? Est-ce que…
Tu sais, ce n'est pas un article qui a beaucoup fait l'objet de discussions
lors des consultations, donc on n'a pas de… d'exemples qui nous ont été nommés
à ce moment-ci. Mais vous, dans votre recherche, donc, en amont du dépôt du
projet de loi, est-ce que vous savez si ce sont des pratiques qui se font dans
certains cégeps privés?
M. Roberge : Il y a des
associations, des… des regroupements religieux dans des cégeps puis dans des
universités, puis souvent, justement, ils utilisent les locaux de prière. C'est
beaucoup lié.
Mme Cadet : Vous dites «à la
fois locaux de prière», donc ça, on en a abondamment discuté, ça va venir plus
tard, mais à la fois ceux-là puis le fait d'avoir certaines pratiques
d'animation spirituelle à ce moment-là, ils ne pourraient pas l'avoir au cégep.
M. Roberge : Là, on parle de
pratiques religieuses, là, on est à l'exception après l'alinéa 6°, là.
Mme Cadet : Oui, c'est ça.
M. Roberge : «Des pratiques
religieuses qui peuvent raisonnablement constituer, en fait ou en apparence, la
manifestation d'une conviction, d'une croyance religieuse». Des cérémonies
religieuses, on pense que ça devrait se faire dans des lieux de culte ou à la
maison, mais pas dans des cégeps, en tout cas pas dans des cégeps subventionnés.
Mme Cadet : Merci pour les
précisions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Il n'y a pas
d'autre intervention pour le 10.1 introduit par l'article 9. OK. Donc, on
passe au 10.2, introduit par l'article 9. M. le ministre.
M. Roberge : J'y arrive.
Pardon. 10.2. :
«10.2. Malgré l'article 10.1, la pratique
religieuse est permise dans un lieu, tel un immeuble ou un local, sous
l'autorité d'un organisme visé au paragraphe 5° de l'annexe I, de la
Société du Centre des congrès de Québec, de la Société du Palais des congrès de
Montréal ou de la Société de développement et de mise en valeur du Parc
olympique lorsque les conditions suivantes sont remplies :
«1° l'organisme ou la société ne finance
pas, directement ou indirectement, la pratique religieuse;
«2° l'organisme ou la société traite
équitablement toute personne physique et morale en ce qui concerne la location
et l'usage de l'immeuble ou du local;
«3° la pratique religieuse ne constitue
pas l'usage prédominant de l'immeuble.
«De même, la pratique religieuse est
permise dans une salle de spectacle, ou dans tout autre lieu loué selon les
conditions déterminées par règlement du gouvernement, sous l'autorité d'un
organisme visé à l'un ou l'autre des paragraphes 7° et 12.1° de
l'annexe I, à l'exception d'un centre de services scolaire, lorsque les
conditions des paragraphes 1° à 3° du premier alinéa sont remplies.
«Dans le cas d'un immeuble qui a été acquis
par tout organisme ou toute institution visé à l'article 3 alors qu'il
était utilisé de manière prédominante à des fins de pratique religieuse, la
pratique religieuse est permise si les conditions des paragraphes 1° à 3°
du premier alinéa sont remplies et si aucune contrainte n'est imposée par le
vendeur limitant l'usage que l'institution ou l'organisme peut faire de
l'immeuble.»
Commentaire explicatif :
l'article 10.2 proposé par la Loi sur la laïcité l'État… l'État prévoit
trois exceptions à l'interdiction de pratique religieuse prévue à l'article
10.1.
Le premier alinéa vise à permettre la
pratique religieuse au sein des immeubles destinés essentiellement à la
location, à des fins d'organisation d'événements.
Le deuxième alinéa prévoit une exception
applicable aux salles de spectacle sous l'autorité d'un établissement
d'enseignement supérieur, public ou privé subventionné.
Le gouvernement peut aussi autoriser, par
règlement, la pratique religieuse dans tout autre lieu loué par ces
établissements d'enseignement.
Le troisième alinéa vise principalement
les situations où des municipalités acquièrent des églises, la pratique
religieuse y est permise dans la mesure où aucune contrainte n'est imposée par
le vendeur, limitant l'usage que l'institution ou l'organisme peut faire de
l'immeuble.
Ces trois exceptions sont uniquement
applicables si les conditions suivantes sont respectées : l'organisme ne
finance pas directement ou indirectement la pratique religieuse, l'organisme
traite équitablement toute personne physique et morale en ce qui concerne la
location et l'usage de l'immeuble ou du local, la pratique religieuse ne
constitue pas l'usage prédominant de l'immeuble…
M. Roberge : ...ces exceptions
assurent que les espaces demeuraient accessibles à l'ensemble de la population,
tout en maintenant des balises strictes qui garantissent le respect de la
neutralité de l'État.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Cadet : Oui, merci. Donc,
ici, on a... on fait référence à beaucoup d'autres paragraphes. Donc, j'essaie
de lire de façon minutieuse, Mme la Présidente. Donc, si je comprends, donc,
essentiellement, ici, on vient dire... donc, on... en 10.1 vient imposer, donc,
quelles sont les interdictions de pratiques religieuses puis on couvre
l'ensemble de l'annexe I. Le 10.2 dit : Malgré, donc, 10.1, la pratique,
donc, est permise dans les immeubles, locaux, sous l'autorité des organismes
municipaux, des communautés métropolitaines, régies intermunicipales, etc.,
plus ces trois autres sociétés là qui ne sont pas prévues à l'annexe I de la
Loi sur la laïcité. Donc, le Centre de congrès de Québec, juste à côté ici, le
Palais des congrès à Montréal et le Parc olympique, dans le fond, c'est qu'ils
peuvent louer, donc, à différents groupes. Donc, s'il y a des... différents
groupes, donc, qui souhaitent, donc, louer ces espaces-ci pour des gros
congrès, bien, à ce moment-ci, donc, il n'y a pas de... l'article 10.2 ne
vient pas poser, donc, de limites à cet égard-là. C'est le principe ici. C'est
bien ça?
M. Roberge : Exactement, ça
pourrait être loué, mais il faut que ça soit dans des conditions normales. On
ne vous ferait pas un prix d'ami, admettons, là, quand on dit : On ne
finance pas directement ou indirectement. Puis la pratique religieuse n'est pas
l'usage prédominant de l'immeuble, bien, voilà, un organisme public peut louer
à un organisme religieux, mais il ne pourrait pas louer exclusivement, par
exemple, à un organisme religieux. Il ne faut pas que ça soit l'usage
prédominant de l'immeuble. C'est normal, dans un principe de neutralité de
l'État, ce n'est pas l'État qui opère et qui gère un parc immobilier avec plein
de lieux de culte, on s'entend. Tu sais, on est dans l'exception ici.
Mme Cadet : Oui, oui. Ça,
c'est assez clair. La salle de spectacle aussi, un autre lieu loué. Ça, ça va.
Sous l'autorité de l'organisme visé, à l'un ou l'autre des paragraphes, 7° et
12.1°. Donc, ça, c'est les écoles, comme on disait tantôt, centres de services
scolaires et les écoles privées subventionnées.
M. Roberge : Oui, c'est ça,
on parle des écoles primaires, secondaires, préscolaires, privées
subventionnées et le collégial privé subventionné, l'universitaire aussi.
Mme Cadet : Bien, c'est ça.
C'est parce que, là, c'est juste parce que tantôt, on venait dire : Donc,
7° et 12.1°, on ne pouvait pas avoir d'exception sur la pratique religieuse par
règlement, mais, dans le fond, il y a une exception sur la pratique religieuse
qui n'est pas prévue par règlement, mais qui est prévue à 10.2. C'est ça?
M. Roberge : Oui, exact, elle
est là.
Mme Cadet : Donc,
essentiellement, donc, vient dire, donc, au niveau... on ne pourrait pas, par
règlement, venir permettre la pratique religieuse de façon large, mais c'est
permis pour ces institutions-là de louer leurs locaux selon les pratiques
prévues à l'article 10.2. Donc, ils peuvent louer à un groupe tiers. C'est
qu'essentiellement la... on vient qu'essentiellement, la fin de semaine, s'il y
a des groupes qui veulent... qui veulent louer ces bâtiments-là, donc, ils
peuvent le faire.
M. Roberge : C'est ça, pour
une salle de spectacle. J'ai un exemple qu'on me sort ici. L'UQAM qui opère une
salle de spectacle, la salle Pierre Mercure, bien, ils le louent. Puis là je
vois un exemple, à un moment donné, ils font une soirée qui s'appelle Noël
gospel. Donc, il y a un groupe qui l'a loué, qui font des chants de Noël, qui
sont religieux, mais ce n'est pas l'usage principal. Ils auraient pu aussi
louer à toutes sortes d'autres pratiques culturelles...
Mme Cadet : C'est ça, ils
peuvent continuer de la louer, là.
M. Roberge : ...un spectacle
d'humour, une pièce de théâtre. Mais il y a aussi, à un moment donné, Noël
gospel. Ce n'est pas interdit. On permet cet usage-là de se poursuivre dans le
temps.
Mme Cadet : OK. Parfait. Le
dernier paragraphe : Dans le cas d'un immeuble qui a été acquis par tout
autre organisme ou toute institution visée à l'article 3... tout
organisme, on parle ici des organismes de l'annexe I, là, quand on dit tout
organisme.
• (10 h 20) •
M. Roberge : Bien, dans le
commentaire, là, l'explication à ce que vous cherchez est dans le quatrième
paragraphe, là. Ça dit : Le troisième alinéa vise principalement les
situations des municipalités qui acquièrent des églises. Ça se voit en ce
moment, là, des municipalités qui acquièrent des églises, bien, la pratique
religieuse y est permise dans la mesure où aucune contrainte n'est imposée par
le vendeur limitant l'usage, c'est-à-dire que, là, il ne pourra pas imposer que
ce soit juste, mettons, catholique, ou juste protestant, ou juste bouddhiste,
ou juste musulman, parce que ça devient la propriété de la municipalité puis la
municipalité ne pourrait pas dire : J'achète une église, je permets qu'il
y ait une messe de temps en temps, mais je l'utilise pour plein de choses, des
repas, des soirées de danse, toutes sortes de choses. Il peut y avoir des
cérémonies religieuses, mais il ne pourrait pas y avoir une condition pour
dire : Bien, ça va être juste telle religion, parce que, là, la...
M. Roberge : ...municipalité
ne respecterait plus son principe de neutralité. Elle aurait une salle dont
elle est propriétaire et que... et qu'elle... et elle ne la louerait que pour
telle religion et pas pour les autres. Ça n'aurait pas de sens, et c'est ce que
prévoit ici l'article. On ne peut pas avoir une condition comme ça, explicite,
là, qui dit : Tu loues à untel, tu ne loues pas à untel. Si une fabrique
de paroisse se départit d'un bien meuble, bien, elle ne peut pas imposer des
conditions qui sont contraires à l'esprit de la loi.
Mme Cadet : OK. Des
conditions qui sont contraires... (panne de son) ...une chose, mais je reviens
sur «aucune contrainte», parce que, de mémoire, quand monseigneur Lépine, donc,
était venu, donc, on nous avait expliqué que, de façon générale, lorsqu'il y a
une vente... que ça fait partie des pratiques actuelles que certaines conditions
soient émises, pas celles que vous venez de nommer, là, qui semblent, bien
évidemment... qui seraient contre l'esprit de la loi, puis je pense que ça,
tout le monde s'entend que ces... que ce que ce que vous énumérez est
raisonnable, mais il disait qu'habituellement, donc, le... il va y avoir une
condition que le lieu de culte ne soit pas utilisé, donc, à des fins, disons,
contraires à l'esprit, là, du lieu, là, disons, donc, des pratiques...
dégradantes ou profanes, tu sais, c'est un petit peu, là, les termes qui
étaient utilisés lorsqu'ils étaient venus en commission parlementaire. Je pense
qu'on s'entend qu'ici ce n'est pas l'objet, donc, d'une municipalité, donc,
elle-même, donc, lorsqu'elle acquiert ce type de lieu là, qu'elle en permette,
donc, des... qu'on... qu'on fasse, donc, de ces églises-là des lieux de culte
ou que ce soit une salle de spectacle, qu'on fasse des soirées bingo, etc., je
pense que, la municipalité, ça va être la pratique principale. Mais, dans les
faits, dans la façon dont les contrats sont rédigés, ce que je comprenais, de
mémoire, de ce qu'on nous a dit, c'est que, parfois, il y en avait, donc, des
conditions, pas ce que vous énumérez, encore une fois, je pense qu'ils ont bien
compris que c'était... c'était très raisonnable, que ce n'était pas ça, mais
que ce n'était pas eux qui rédigeaient, donc, les contrats puis que le libellé
actuel pouvait peut-être porter préjudice à la capacité de pouvoir vendre,
même, le lieu à la municipalité. Je ne sais pas si vous aviez réfléchi à cet
aspect-là de leur présentation.
M. Roberge : Oui, on y a
pensé, puis on sait qu'il y a des transactions qui ont eu lieu préalablement au
dépôt du projet de loi. Puis, à l'article 16, on va y venir plus tard, on
prévoit une clause de droit acquis pour ces ententes-là qui ont été signées de
bonne foi, c'est le cas de le dire, entre les municipalités et les
congrégations avant le dépôt, donc avant le 27 novembre 2025. L'article 16
vient dire ici : Bien, si vous aviez signé votre... vos choses avant, ça
va, mais, après le dépôt du projet de loi, les ententes pourraient être
différentes.
Mme Cadet : OK.
M. Roberge : Une espèce de
clause de droit acquis à l'article 16, on va y venir plus tard, mais on est
exactement là-dessus.
Mme Cadet : Oui. Puis est-ce
qu'on a vérifié comment est-ce que ça fonctionnait, là? Puis, évidemment, j'y
vais encore un peu... donc, je me base sur la présentation qu'on a eue ici. Ils
disaient, bien, tu sais, ce n'était pas nécessairement eux qui... que ça venait
un petit peu d'en haut, là, encore une fois, c'est le cas de le dire, qui...
le... qui... évidemment, donc, que le texte, donc, le libellé, donc, des
différents contrats... que ça ne dépendait pas nécessairement que d'eux, donc,
que ça pouvait être un facteur, donc, limitatif au transfert puis qu'en bout de
ligne, tu sais, leur contrat ne disait pas : Bien, il faut absolument que
le... que, lorsque vous vendez à une municipalité... que l'église soit juste
utilisée à des fins de messe catholique, là, c'est... ce n'est pas du tout ça
qu'on est venu nous dire, parce qu'encore une fois je pense que les critères
qui sont énoncés ici sont... sont très raisonnables et semblent être partagés
par le clergé, c'est ce que j'ai compris de leur présentation, mais ils
disaient : Bien, «aucune contrainte», est-ce que ce serait facile, donc,
de préciser aucune contrainte, disons, limitative ou est-ce que, tu sais, il y
a un libellé, là, qui pourrait... continuer de faciliter les transactions sans
que ce soit lourd sur le plan administratif, là? J'ai... J'ai compris qu'ils
cherchaient peut-être plus un allègement au libellé actuel que le fait de
déroger à l'esprit de qu'est-ce qui est écrit ici, à l'article 10.2, là. Moi,
c'est vraiment ce que j'ai saisi de leur présentation. Je ne sais pas si vous
aviez une interprétation différente de qu'est-ce qu'ils sont venus nous dire,
là.
M. Roberge : Bien, non, j'ai
compris, en tout cas, à peu près la même chose. Je pense que c'est pour ça
qu'on a l'article 16, le droit acquis pour les choses précédentes. Mais, en
même temps, lorsqu'une congrégation vend un immeuble, une église, bien,
d'imposer des contraintes à l'État, là, aux municipalités, c'est quelque chose
qui ne fonctionne plus après, avec l'esprit du projet de loi qu'on étudie en ce
moment. Donc, nous, on évolue, notre cadre législatif évolue, mais, du côté des
vendeurs aussi, il va falloir qu'eux aussi évoluent s'il y a des immeubles
qu'ils ne peuvent plus maintenir puis dont ils souhaitent se départir, il va
falloir qu'ils acceptent qu'une fois qu'ils s'en sont départi, ils ne peuvent
plus imposer des contraintes, là, sur un immeuble qui est... qui devient un
immeuble municipal. Je comprends pour les ententes préalables, c'est pour ça
qu'on a la clause de droit acquis à l'article 16...
M. Roberge : ...mais, pour la
suite, les municipalités n'auraient plus à se plier à ce genre de demande.
Mme Cadet : Je vois ici...
j'irais vraiment de mémoire, mais on... on m'a trouvé le... j'y allais de mémoire,
mais on m'a trouvé l'extrait du mémoire qui évoquait ce que j'avais bien
compris de la part de la présentation de l'Assemblée des évêques catholiques du
Québec. Et je pense que je les citais, donc, quand même bien, là, qui nous
disaient, donc, comme évêques, en plus du droit civil, donc, ils doivent, donc,
considérer le fait, donc, qu'on ne peut pas là, autoriser à réduire, là, une
église à un usage profane qui ne soit pas inconvenant, et donc c'est ce type de
libellé là qui est, habituellement, inclus. Donc, vous dites, donc, que ce
libellé devrait être exclu des ententes ultérieures. C'est un peu ce que
vous... c'est un peu ce que vous nous dites?
M. Roberge : Oui, parce que,
pour les ententes à venir, je pense qu'il faut faire confiance aux
municipalités là, qui sont gérées comme un gouvernement de proximité, par des
élus. Je ne pense pas qu'ils vont permettre dans leurs locaux municipaux...
Mme Cadet : Non, mais...
M. Roberge : ...je ne sais pas
quel... je ne sais pas de quoi on parle quand on dit «d'activités profanes»,
là. Mais, bref, là, on n'est plus au Moyen-Âge, là. Je pense que, quand la
municipalité loue un local à quelqu'un, on peut s'attendre à ce que ce soit
légal et correct, là...
Mme Cadet : Oui, exactement.
Je comprends que ça...
M. Roberge : ...puis on n'a
pas à avoir des contraintes écrites par... les congrégations religieuses, là.
Mme Cadet : Oui, c'est sûr.
On...
M. Roberge : Ce n'est plus le
genre de conditions qu'on peut avoir là.
Mme Cadet : Oui, c'est ça.
Donc, on se comprend que... je pense qu'il n'y a personne qui pense que, de
façon raisonnable, une municipalité va permettre des activités, disons,
illicites, là, dans... dans leurs lieux, là. Je pense que tout le monde
s'entend là-dessus. Puis, de ce que j'ai compris de la présentation, puis de ce
que je lis même en ce moment, donc, du mémoire, je pense que, sur le fond, tout
le monde est assez... je pense que tout le monde est à la même place, là, y
compris les évêques, là, je pense qu'ils ont bien compris. Ce n'est pas là du
tout que veulent s'en aller les municipalités.
Mais, dans le fond, vous dites, donc, que,
pour ce qui est des libellés à venir, pas pour ceux qui ont déjà été signés,
là, bien évidemment, ça... ça, c'est fait, donc... donc, il y a une clause de
droits acquis pour ça à l'article 16, mais pour les futures ententes, alors que
plusieurs lieux de culte catholique seront vendus à des organismes étatiques,
dont des municipalités. Bien, à ce moment-là, donc, le libellé du texte devra
être révisé, là, c'est... c'est vraiment votre propos.
M. Roberge : Oui.
Mme Cadet : Bon, je vais
continuer de lire les extraits du...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il n'y a pas de problème.
Mme Cadet : ...leurs propos.
(Consultation)
Mme Cadet : Est-ce qu'on peut
suspendre, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement?
On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 29)
10 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 10 h 40)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux.
Alors, Mme la... Nous en étions à l'article 10.2
introduit par l'article 9. Est-ce qu'il y a encore des commentaires?
Mme Cadet : Oui. Juste un
dernier commentaire, Mme la Présidente. Donc, merci... le temps, donc, de bien
saisir, donc, la portée du troisième alinéa, donc de... de 10.2 ici. Peut-être,
la seule question complémentaire que j'aurais pour le ministre, c'est au niveau,
justement, donc de... donc la protection, disons, plutôt patrimoniale, là, de
certaines bâtisses, là, parce qu'on sait à quel point, donc, certains de ces
lieux de culte là, donc des églises...
Mme Cadet : ...pour ne pas les
nommer, là, parfois, donc, elles sont là depuis très, très, très longtemps.
Elles ont besoin d'entretien. Puis, là, en bout de ligne, l'objectif, c'est de
faciliter le transfert. C'est des questions que j'avais, là, depuis... depuis
tantôt, là, c'était surtout de cet ordre-là, de s'assurer que les bâtisses
patrimoniales puissent être protégées puis que... La finalité, je pense que
tout le monde s'entend là-dessus. Moi, ce que... c'est ce que j'ai saisi de la
part du groupe qui était venu en consultations particulières, puis, tu sais, on
s'entend ici, là, je pense que les conditions qui sont énumérées par le
ministre, encore une fois, sont... sont très raisonnables, mais on pense
souvent, donc, aux contrecoups des effets contreproductifs auxquels on n'avait
peut-être pas pensé ou lors de la rédaction de certains articles. Donc, je veux
peut-être confirmer, tu sais, avec le ministre que, dans son esprit, il ne
devrait pas y avoir d'enjeu sur le plan patrimonial, ce... qu'il n'y ait pas de
transfert qui soit... qui soit compliqué, là, pour une technicalité ici, puis
qu'en bout de ligne on ait des bâtisses qui ne soient pas... qui ne sont pas en
mesure d'être entretenues ou restaurées, et que ça vienne compliquer ce type de
transaction là. C'est peut-être le seul élément de confirmation que j'aimerais
obtenir de votre part.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Bien, comme
la collègue, je pense que 10.2 est raisonnable. On précise qu'un immeuble
transféré d'une congrégation, d'une organisation religieuse à une municipalité
peut, à l'occasion, être utilisé pour des cérémonies religieuses. Ce n'est pas
interdit, mais il ne faut pas que ce soit de la nature prédominante de l'usage
du lieu. Donc, ça, je pense que c'est raisonnable aussi.
Plus loin, à 16, on vient protéger par une
clause de droits acquis les transactions qui ont eu lieu préalablement. Mais ce
qu'on dit, c'est que, pour la suite, le vendeur ne pourrait pas imposer des
contraintes sur l'usage que l'institution ou la municipalité peut faire de
l'immeuble. Je pense que c'est normal aussi. Puis évidemment, une fois que ce
projet de loi là adopté... sera adopté, bien, il y aura des ajustements de part
et d'autre pour les prochaines négociations, mais je pense que ça va être, dans
l'intérêt à la fois des Québécois en général, mais des municipalités puis des
congrégations, de trouver des terrains d'entente pour céder des immeubles qui
sont souvent les plus beaux immeubles de nos villages, là, les immeubles patrimoniaux.
Donc, je pense que les négociations vont être possibles puis qu'on est quand
même dans quelque chose qui est très, très raisonnable.
Mme Cadet : ...c'est
vraiment... comme vous avez compris, là, ma question était vraiment sous
l'angle patrimonial ici, là. C'est ce que je souhaitais obtenir, puis vous
dites... Les municipalités, de leur côté, est-ce que vous avez consulté sur la
rédaction de 10.2?
M. Roberge : Excusez-moi.
Mme Cadet : Oui, oui, pardon,
les municipalités, est-ce que vous avez... est-ce que vous les avez consultées
sur la rédaction de 10.2 ici? Donc, votre son de cloche, c'est... c'est...
était assez positif ou il y avait une certaine réceptivité de la part des
municipalités qui, elles-mêmes, donc, opèrent ce type de transaction là?
M. Roberge : Bien, il n'y a
pas eu de consultation spécifique là-dessus, à ce que je sache, mais lors...
lorsque les deux unions municipales sont venues en commission, aucune des deux
n'ont soulevé cet enjeu-là. Donc, je pense que, s'il y avait eu un enjeu, ils
l'auraient soulevé. Ils sont venus en commission pour... pour pointer des
choses. Ici, ça n'a pas été mentionné.
Mme Cadet : ...merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, on va passer à
10.3, introduit par l'article neuf. M. le ministre.
M. Roberge : 10.3 :
«Toute pratique religieuse, telle que les prières manifestes ou d'autres
pratiques... similaires, est interdite dans un lieu, tel un immeuble ou un
local, sous l'autorité d'un organisme visé au paragraphe 12 de l'annexe un
durant les heures consacrées aux services éducatifs prévus au régime
pédagogique. Est toutefois permise la pratique religieuse destinée aux élèves
fréquentant l'organisme et organisée par celui-ci, tenue dans le cadre
d'activités facultatives en dehors des heures consacrées aux services éducatifs
prévus au régime pédagogique. Malgré l'article six, le port d'un signe
religieux est permis lors de ces activités. Le présent article ne s'applique
pas à un lieu qui constitue une résidence privée en ce qui concerne la pratique
religieuse de ses occupants.»
Donc, commentaires explicatifs.
L'article 10.3 proposé interdit la pratique religieuse dans un lieu sous
l'autorité d'un établissement d'enseignement privé subventionné qui offre des
services éducatifs de niveau préscolaire, primaire, secondaire ou
professionnel. La pratique religieuse y est interdite durant les heures
consacrées aux services éducatifs prévus au régime pédagogique. Le deuxième
alinéa précise que la pratique religieuse est permise si elle est destinée aux
élèves fréquentant l'organisme et organisée par celui-ci, et qu'elle se tient
dans le cadre d'activités facultatives, en dehors des heures consacrées aux
services éducatifs prévus au régime pédagogique.
Cet article vise à assurer un équilibre
entre, d'une part, la neutralité religieuse attendue dans le cadre d'activités
éducatives obligatoires et, d'autre part, la possibilité pour les
établissements d'offrir, sur une base volontaire et en dehors des heures
consacrées aux services éducatifs, des activités répondant aux intérêts de
leurs élèves. Elle permet ainsi de préserver le caractère laïque des services
éducatifs, tout en reconnaissant la diversité des pratiques et des convictions
au sein de la communauté scolaire. Les...
M. Roberge : ...de services scolaires
ne sont pas visés, car ils sont soumis à une interdiction de pratique
religieuse en vertu de la Loi sur l'instruction publique telle que modifiée par
la Loi visant notamment à renforcer la laïcité dans le réseau de l'éducation et
modifiant diverses dispositions législatives.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 10.3?
Mme Cadet : Oui. D'abord,
donc, on vient donner, donc, des exemples, parce que, dans le fond, pratique
religieuse est définie à 10.1, mais là on vient donner, donc, des exemples
supplémentaires de ce que signifie une pratique religieuse. Comment est-ce que
vous interprétez la précision aussi qui est apportée à 10.3 par rapport au
texte de 10.1?
M. Roberge : Bien, on... on
pratique déjà, on a déjà une définition de pratique religieuse, on la conserve.
On donne un exemple, par exemple des prières manifestes, mais, bref, toute
pratique religieuse est visée ici aussi de toute manière. Donc, ça peut
arriver, je le précise, là, dans une école privée subventionnée. Les classes
commencent à 9 heures avec le cours de français, mais il pourrait avoir de
8 h 30 à 9 heures. Si c'est facultatif, il pourrait y avoir une
cérémonie quelconque, une prière, peu importe, mais les élèves sont libres d'y
participer ou pas, comme n'importe quelle autre activité parascolaire. Après
ça, bien, cours de français, cours de maths, cours de sciences, cours d'art.
Pendant l'heure du dîner, il pourrait y avoir, un peu à la manière d'une
activité parascolaire, il pourrait y avoir une activité liturgique ou
apprentissage du Coran ou de la Bible, ou peu importe.
Mme Cadet : Sur l'heure du
dîner.
M. Roberge : Sur l'heure du
dîner, par exemple, tant que c'est facultatif, puis que c'est au même niveau
que n'importe quelle autre activité parascolaire. Il ne pourrait pas y en avoir
juste une, puis elle est obligatoire. Puis, après ça, l'après-midi, les cours
reprennent. Pendant les cours, on respecte le caractère laïque. Puis, après
l'école, il pourrait y avoir des choses qui sont offertes, mais il faut que ça
soit toujours facultatif puis à l'extérieur des heures prévues au régime
pédagogique dont la transmission du programme québécois de l'école... programme
de formation de l'école québécoise. Voilà.
Mme Cadet : Pouvez-vous
définir services éducatifs? Parce que je me souviens, quand les représentants
de l'école l'Eau-Vive sont venus en commission parlementaire, je pense que vous
aviez expliqué essentiellement, donc, l'essence de 10.3, puis eux, ils me
disaient : Bien, il faudrait parler de services d'enseignement, parce
qu'au fond ce que vous nous dites, là, c'est vraiment, donc, pendant le cours
de math, de français, c'est à ce moment-là que c'est proscrit, ce qui va de
soi. Puis évidemment, avec le libellé actuel, quand ils étaient venus en
commission, ils nous disaient : On avait certaines craintes, là, je les...
ils disaient : Ah oui! On a certaines craintes que le caractère de de
l'école, que ce soit plus difficile, puis ils nous confirmaient, évidemment,
dans le cours... un cours de math, c'est un cours de math. Donc, ça, c'est ce
qu'on est venu nous dire en commission parlementaire.
Donc, pouvez-vous peut-être préciser
«service éducatif» ici, qu'est ce que vous voulez dire par là? Puis comment
est-ce qu'on l'a défini dans la Loi sur l'instruction... dans la Loi sur
l'enseignement privé?
M. Roberge : Bien, c'est le
même régime pédagogique dans l'enseignement privé subventionné ou non
subventionné, dans le réseau public, c'est le même régime pédagogique. C'est le
même programme de formation de l'école québécoise. Pendant les cours de
français, on pourrait être porté à dire : C'est bien, on va on va faire de
l'analyse grammaticale avec des des textes sacrés, admettons, mais là ça ne
passerait pas, ça ne passerait pas avec cet article-là. Est-ce qu'on
pourrait... Ça arrive qu'on fait ce qu'on appelle l'intégration des matières.
J'ai enseigné assez longtemps. Des fois, on passait le cours d'histoire, mais,
en même temps, on faisait de la lecture, hein, on lisait un texte historique
qui parlait de Samuel de Champlain, mais, en même temps qu'on lisait, on
travaillait les stratégies de lecture. Puis, après ça, j'amenais les élèves à
rédiger un résumé du texte. Ça fait qu'on faisait histoire, écriture, lecture,
après ça, mais tiens, on va aller faire un exposé oral sur ce qui nous a le
plus surpris. On faisait français exposé oral, donc on intégrait toutes les
matières avec une même notion, on passait plein d'éléments du régime
pédagogique, puis c'est correct.
Là, ce qu'on vient dire ici, c'est, est-ce
qu'on peut faire tout ça, mais on ne va pas essayer de glisser à l'intérieur du
régime pédagogique, la transmission de la foi ou les pratiques religieuses. Tu
sais, on ne va pas se mettre à faire de l'analyse grammaticale du Je vous
salue, Marie, là. On pourrait, on pourrait, dans une école privée privée, mais
si on veut être privé subventionné ou agréé, on va renoncer à l'analyse
grammaticale du Je vous salue, Marie. C'est ça que ça veut dire, en clair.
Mme Cadet : Je n'ai pas
l'impression que ça se fait très couramment.
• (10 h 50) •
M. Roberge : Ça pourrait se
faire, ça pourrait... bien, ça serait une stratégie, ça serait une stratégie
pédagogique qui se tient. Si on a la double intention d'enseigner la prière et
la grammaire, ça serait même habile d'un point de vue pédagogique. Peut-être
que ça se fait en ce moment, je ne le sais pas, mais, après la sanction de la
loi, trois ans après la sanction de la loi, parce que c'est ce que prévoit la
loi, on donne trois ans, ça ne pourrait plus se faire dans une école qui
souhaite...
M. Roberge : ...garder son
agrément, sa subvention.
Mme Cadet : Je comprends.
Mais justement, je pense que votre explication, donc, est assez claire sur ce
que ça couvre. Mais ça me pousse justement, donc, à vous... à demander, donc,
la précision, donc, sur le terme «services éducatifs» ici, qui est... qui est
mentionné. Parce que, quand je vous écoute, effectivement, donc, on a
l'impression qu'on parle beaucoup, donc, de «services d'enseignement». Donc, je
regarde comme ça un petit peu en filigrane, donc, la Loi sur l'enseignement
privé. Donc, on comprend qu'à l'article deux de la loi... article premier,
pardon, de la loi, donc, on dit que «la loi, donc, s'applique à tout
établissement d'enseignement privé qui dispense en tout ou en partie des services
éducatifs appartenant à plusieurs catégories.» Et là on parle des services
d'enseignement au primaire, des services d'enseignement en formation générale
au secondaire, des services d'enseignement en formation professionnelle. Puis
ensuite, donc, oui, services éducatifs pour les adultes en formation secondaire
générale. Donc, il semble y avoir une distinction entre «services éducatifs»
puis «services d'enseignement», quand on regarde rapidement les termes qui sont
utilisés dans la Loi sur l'enseignement privé.
Donc, c'est pour ça que je veux... que je
pense que c'est... L'intention du législateur, elle doit toujours être très
précise. Et là, donc, vous la précisez dans le Journal des débats, donc
c'est... Il me semble, ça semble très clair, ce que vous voulez dire par 10.3.
Mais il semble y avoir une inadéquation entre ce que vous nous dites ici puis
la définition que l'on retrouve en ce moment ou la façon dont on pourrait
interpréter les termes «services éducatifs» dans la Loi sur l'enseignement
privé.
M. Roberge : C'est qu'on a
«services éducatifs prévus au régime pédagogique». Il faut le prendre ensemble
comme vocable, «services éducatifs prévus au régime pédagogique», là, à la
troisième ligne du deuxième paragraphe. Les services éducatifs, bien, ce sont
les matières obligatoires plus les services complémentaires. Ça pourrait être,
par exemple, aller voir le psychologue, ça pourrait être, par exemple,
l'orthopédagogie, l'orthophoniste.
Mme Cadet : Ça, ce sont les
services éducatifs.
M. Roberge : Ça fait partie
de ça. Les services complémentaires. Quand on dit : «Les services
éducatifs prévus au régime pédagogique», là, il faut le prendre en un bloc.
Puis ça, ça inclut les matières obligatoires puis ce qu'on appelle les services
complémentaires, qui sont d'autres services connexes, mais qui ne sont pas des
éléments facultatifs auxquels un élève pourrait...
Mme Cadet : Avez-vous des...
M. Roberge : Bien, comme je
vous dis, là, ce qui est prévu, là, c'est les matières obligatoires. Puis je
vous ai donné l'exemple de l'orthophoniste, je vous ai donné l'exemple de
l'orthopédagogue.
Mme Cadet : Ça, ce seraient
les services complémentaires, ici?
M. Roberge : Oui. Et donc ça
fait partie des services éducatifs prévus au régime pédagogique. Il n'y a pas
de transmission de la foi quand tu vas voir ton orthophoniste ou ton
orthopédagogue.
Mme Cadet : OK. OK. ...ça,
vous ne l'avez pas mentionné par le passé. Donc, c'est pour ça que...
M. Roberge : Non, mais là...
Mais... Oui, mais c'est pour ça que je le précise avec vous ce matin. Donc, il
n'y a pas de prières manifestes ou de transmission de la foi. Tu vas voir ton
orthopédagogue parce que tu as une difficulté, je ne sais pas trop, moi, avec...
avec les mathématiques, une dyscalculie, une dyspraxie, une dyslexie, peu
importe, il n'y a pas de transmission de la foi là, là.
Mme Cadet : OK. OK. D'où le
fait, bon, là, je pense que ça se précise. Parce qu'effectivement, donc, je...
M. Roberge : Bien, je vais y
aller par la positive en disant... plutôt dire ce qui est interdit, là. Ce qui
est permis, je vais le répéter, là, ce qui est permis, là, c'est quand c'est
facultatif, puis à l'extérieur des cours de matières obligatoires, puis des
services complémentaires, comme ceux que j'ai donnés, qui sont des services
d'aide et de soutien. Quand c'est facultatif, un élève peut y participer ou
pas.
Mme Cadet : Donc, par
exemple, je ne sais pas, animation spirituelle, tant que c'est facultatif, à ce
moment-là, donc, là, c'est... c'est permis.
M. Roberge : C'est vraiment
au même titre que l'équipe de volleyball, la Ligue d'improvisation. Des fois,
Amnistie internationale, il y a ça, des fois, dans des écoles secondaires.
Parce que ce n'est pas juste sportif, là, il y a d'autres éléments. Il pourrait
y avoir...
Mme Cadet : Oui, oui. J'ai
fait ça, moi, Amnistie internationale au secondaire.
M. Roberge : Bien oui, c'est
intéressant, le genre de choses comme ça.
Mme Cadet : OK. Donc, ici,
«services complémentaires», vous parlez donc d'orthophonie. Juste d'autres
exemples de services complémentaires ici, que tout le monde puisse bien
comprendre ce que ça signifie, «services éducatifs prévus au régime pédagogique»?
M. Roberge : Psychoéducation,
orthophonie, psychoéducation, orthopédagogie, santé et services sociaux.
Mme Cadet : Et donc, vous
nous dites, donc, «services éducatifs prévus au régime pédagogique», il faut
vraiment le lire en un seul bloc. Est-ce que dans la Loi sur l'enseignement
privé, donc, il y a des endroits où est-ce que c'est... c'est indiqué «prévu en
un seul bloc», comme ça, «services éducatifs prévus au régime pédagogique»?
M. Roberge : Le régime pédagogique
est le même, privé ou... Réseau privé ou réseau public, c'est le même.
Mme Cadet : Oui, oui. Non, ce
que je veux dire...
M. Roberge : Il y a... Je
n'ai pas de besoin d'avoir une référence spécifique, là, «les services éducatifs
prévus au régime pédagogique».
Mme Cadet : Je comprends. Il
pourrait y avoir...
M. Roberge : ...C'est le même
régime pédagogique, que ce soit secteur public, privé subventionné ou privé
privé.
Mme Cadet : Je vous entends
là-dessus, M. le ministre. En fait, là, ma question, là, c'était... On a la Loi
sur l'instruction publique, on a la Loi sur l'enseignement privé. Parfois, il y
a des mesures qui sont un peu copier-coller, là, des articles qui se ressemblent
dans l'un comme dans l'autre. Là, je me concentre sur Loi sur l'enseignement
privé parce que c'est... On parle donc de... du Régime pédagogique ici. Le
10.3, là, ça ne s'applique pas au public, là, ça, c'est réglé ailleurs, ça
s'applique seulement, donc, aux écoles qui sont couvertes, régies par la Loi
sur l'enseignement privé. Donc, c'est pour ça que je pose des questions
là-dessus, là, c'est pour ça que je le formule ainsi. Mais je comprends
qu'effectivement un régime pédagogique privé public, c'est la même chose.
Deuxième étape ici. Ma question est donc
de savoir, dans la Loi sur l'enseignement privé, il pourrait l'avoir dans la
Loi sur l'instruction publique, là, mais dans la Loi sur l'enseignement privé,
est-ce que l'interprétation, là, que vous faites de services éducatifs prévus
au Régime pédagogique, est-ce que ça se lit ailleurs dans cette loi-là. Est-ce
qu'on voit «services éducatifs prévus au Régime pédagogique»? Parce que, dans
le fond, vous dites : Ça, c'est... ça veut dire services éducatifs,
services d'enseignement et services complémentaires. Est-ce que ça, c'est déjà
prévu ailleurs dans la loi?
M. Roberge : Ce qu'il faut
comprendre, c'est que le Régime pédagogique fait partie de la Loi sur
l'instruction publique, qui s'applique aussi au réseau privé. Donc, il n'y a
pas... il n'y a pas Régime pédagogique dans le réseau privé, carrément dans la
LIP, qu'on appelle la Loi sur l'instruction publique.
Mme Cadet : Oui, la LIP. Il
est dans la LIP, mais pas dans la LEP. C'est ce que vous me dites.
M. Roberge : Non, exactement,
mais il s'applique.
Mme Cadet : OK.
M. Roberge : C'est ça,
l'affaire. L'article 25 de la Loi sur l'enseignement privé fait référence
au Régime pédagogique. Et donc, comme je vous le dis, le régime pédagogique,
lui, est dans la Loi sur l'instruction publique, mais trouve application dans
le réseau privé à cause de l'article 25 de la Loi sur l'enseignement
privé. Mais c'est le même régime pédagogique, qu'on réfère toujours à la même
chose.
Mme Cadet : Merci. Là, le...
Peut-être que je ne me suis exprimée clairement, mais là ça répond à la
question que j'avais, là, ça...
M. Roberge : 25,
article 25 de la Loi sur l'enseignement privé : «Le régime
pédagogique applicable aux services éducatifs visés par la présente section est
le même que celui, édicté en application de la loi sur l'enseignement public,
applicable aux services éducatifs de même catégorie.» Donc, on voit que c'est
la même chose.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Interventions? Oui.
Mme Cadet : Je lis
l'article 25, excusez-moi, au complet parce que, M. le ministre, on a lu
qu'un extrait.
M. Roberge : ...préciser que,
dans le régime pédagogique, lors de dîner et la pause ne sont pas considérés
comme des services éducatifs.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK. Ici, on a ça à quel article?
M. Roberge : On a ça... ce
n'est pas écrit. C'est l'interprétation qu'on a et que je partage ici à micro
ouvert.
...excusez-moi, on m'a... j'ai une
petite... une petite erreur ici, là. Donc, si je vous lis un extrait du Régime
pédagogique, donc, pour le clarifier...
Mme Cadet : Oui.
M. Roberge : Donc là, je lis
un extrait : «Tous les élèves bénéficient quotidiennement d'un minimum de
50 minutes pour le repas du midi, en plus du temps prescrit pour les
services éducatifs.» Donc, on voit bien que le temps prescrit pour les services
éducatifs, c'est une chose puis que le temps du midi, c'est une autre chose, en
plus de. Donc, voilà.
Mme Cadet : Ça, c'est...
c'est à quel endroit que... Qu'est-ce que vous nous dites?
M. Roberge : Article... On en
parle à l'article 1 et 17 du régime pédagogique.
Une voix : ...
M. Roberge : Du règlement?
Mais ce n'est ça qui est ici.
Mme Cadet : Quel règlement?
Des voix : ...
M. Roberge : OK. Bien, du
Régime pédagogique. C'est... c'est correct, c'est du régime pédagogique. C'est
l'article 1 et 17, qu'on me dit.
Des voix : C'est quel
règlement? Tu sais, j'imagine, c'est un...
M. Roberge : Mais le
règlement s'appelle Régime pédagogique. Depuis tantôt, quand on parle du Régime
pédagogique, c'est le nom du règlement.
Mme Cadet : OK. Donc, il y a
un seul règlement qui découle de la Loi sur l'enseignement privé. C'est ce
que...
M. Roberge : Ah! je ne sais
pas s'il y en a un seul, mais je sais que c'est... il est là.
Mme Cadet : Ah! non, je le
vois, il y en a six. OK. Donc, c'est le règlement numéro...
Une voix : ...
• (11 heures) •
Mme Cadet : Ah! c'est de la
Loi sur l'instruction publique. OK, c'est pour ça que je ne le trouve pas.
Merci. Et là il y a 42 règlements. Donc, c'est lequel, r.8?
Une voix : ...
Mme Cadet : Ah! OK. Merci. Et
c'était l'article? Pardon.
M. Roberge : 17.
Mme Cadet : L'article 17
du r.8 de la LIP...
11 h (version non révisée)
M. Roberge : ...article 17,
pour l'élève de l'éducation préscolaire, c'est un exemple, là, la semaine
comprend un minimum de 23 h 30 consacrées aux services éducatifs. On
est dans le régime pédagogique, donc les services éducatifs du régime pédagogique,
c'est de ça dont on parle. Pour l'élève de l'enseignement primaire, la semaine
comprend un minimum de 25 heures consacrées à de tels services. Tous les
élèves bénéficient quotidiennement d'un minimum de 50 minutes pour le
repas du midi, en plus du temps prescrit pour les services éducatifs. L'élève
de l'enseignement primaire bénéficie également de deux périodes de détente d'un
minimum de 20 minutes, soit l'une le matin et l'autre l'après-midi, en plus du
temps prescrit.
Donc, on voit très bien ici que le temps
qui est... qui est prescrit, des régimes pédagogiques et, donc, du service
éducatif, c'est le nombre d'heures qui est consacré aux matières là,
académiques qui se retrouvent dans le bulletin, etc. Je souligne au passage que
les deux récréations de 20 minutes, c'est une modification que j'ai faite dans
le premier mandat et dont je suis très fier.
Mme Cadet : On les voit, effectivement,
donc... de la LIP ici.
M. Roberge : Parce qu'il n'y
avait pas... il y avait plein d'écoles primaires qui n'avaient pas de
récréation l'après-midi, puis je trouvais ça terrible.
Mme Cadet : Merci, M. le
ministre. Je pense que vous aurez constaté que j'aime la précision. Donc là, on
entre dans le terrain où est-ce que, là, j'arrive, donc, à bien saisir l'interprétation
qui est faite ici, là, pas que... pas que je doute du travail, donc, qui a été
faite en amont, mais pour qu'on puisse bien faire notre travail de législateurs,
je pense que c'est important qu'on ait une compréhension mutuelle des termes
qui sont utilisés et que la présente commission permette de les préciser pour
ceux qui nous écoutent.
Donc, je reviens, donc, si je prends un pas
de recul, ici, je pense que ça me conforte, donc, sur la terminologie qui est
employée. Donc, si je reviens, par exemple, donc, à l'école, donc, qui est venue
en commission parlementaire, qu'est-ce que vous lui répondez par rapport aux
préoccupations qui ont été soulevées?
M. Roberge : Bien, je pense
que ça peut être rassurant, parce qu'il peut y avoir des interprétations, alors
qu'on dépose un projet de loi, que des gens s'en saisissent. Les gens, parfois,
ont hâte, on a hâte de voir qu'est-ce que ça va leur apporter, puis d'autres
fois, ils ont des craintes, ils le lisent avec des lunettes... bien, en quoi ça
va nous impacter, en quoi ça pourrait nous nous déranger? Et il y avait des... peut-être
des inquiétudes. Puis je pense que les explications au micro ont tendance à
clarifier, puis, avec la référence claire de services pédagogiques... de
services éducatifs prévus au régime pédagogique, c'est assez clair, de quoi on
parle.
Donc, je ne peux pas présumer que tout le
monde est enchanté et d'accord avec ça, mais je pense que les précisions sont
de nature à rassurer la grande majorité des gens qui pouvaient s'inquiéter.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : D'autres interventions?
Mme Cadet : Non, ça va, merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : S'il n'y a pas d'autre intervention, on va poursuivre avec
l'article 10.4 introduit par l'article 9.
M. Roberge : Chapitre 3.3. «Fonctions
et pouvoirs du ministre 10.4.
«Le ministre veille au respect et à la
promotion des principes et des obligations énoncés à la présente loi. Le
ministre conseille, soutient et accompagne les institutions et les organismes
visés à l'article 3.»
Commentaires explicatifs : Le
chapitre 3.3 concerne les fonctions et pouvoirs du ministre responsable de la Laïcité
et contient à cet effet les articles proposés 10.4 à 10.9. L'article 10.4
proposé énonce la mission du ministre responsable de la Laïcité, qui consiste à
veiller au respect et à la promotion des principes et des obligations énoncés à
la Loi sur la laïcité de l'État.
Cette modification vise à clarifier le
rôle du ministre responsable de la Laïcité dans l'application cohérente de la Loi
sur la laïcité de l'État, à renforcer sa capacité d'offrir un appui structuré
aux acteurs concernés et à favoriser une compréhension commune des obligations
découlant de la laïcité de l'État.
Là, il y a d'autres articles qui vont
vraiment dans la même direction, qui expliquent, je pense, le... comment ça
pourrait se faire, cette idée de veiller au respect, à la la promotion des
principes et des obligations. Parce que pris isolément, le 10.4, il n'est peut-être
pas clair, mais le 10.5 puis le 10.6, je pense... puis même le 10.7...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Roberge : Oui, je sais,
mais juste le préciser, tu sais, si on dit : Mais qu'est-ce que ça peut
vouloir dire, le respect, les obligations?, on le voit dans les articles subséquents.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que ça va? Est-ce qu'on poursuit? Il y a-tu des questions
sur le 10.4?
Mme Cadet : ...oui. C'est
quoi, la distinction entre le respect et la promotion des principes et des
obligations énoncés à la présente loi puis le fait que le ministre soit
responsable de l'application de la loi?
M. Roberge : Quand on dit :
Un ministre est responsable de l'application d'une loi, ça veut dire que c'est
lui qui s'occupe... quand il y a des modifications législatives puis c'est lui
qui répond, à la période de questions, là-dessus. Mais, quand on veille au
respect, à la promotion, c'est autre chose. C'est-à-dire que, là, on accompagne
les... comme ministre, et son cabinet, et le ministère... veille à ce que ça
trouve application sur le terrain...
Mme Cadet : ...ça, c'est le
deuxième alinéa, là, l'accompagnement. Donc, ça, je... j'entends la
distinction. Il venait peut-être juste... Dans le fond, qu'est-ce que ça vient
apporter, ici, le premier alinéa de 10.4? Donc, est-ce que ça, c'est nouveau?
On n'avait pas ça dans le libellé précédent de la Loi sur la laïcité, le
respect la promotion des principes et des obligations énoncés à la présente
loi, ça, c'est un nouveau texte, c'est bien ça?
M. Roberge : Bien, c'est un
principe qui... qui montre que le gouvernement, par la voix du ministre
responsable de la Laïcité, s'assure du respect des principes et de la
compréhension, aussi, quand on dit le respect, la promotion des principes, ça
veut dire aussi la compréhension de ces principes-là pour que les gens
saisissent pourquoi il y a ces obligations ou ces interdictions.
Mme Cadet : Puis, quel est...
J'essaie de saisir votre démarche, ici, là, quel est l'objectif, ici, de
dire : OK, c'est important d'avoir... de clarifier les fonctions et
pouvoirs du ministre. Je vous entends, là, que sur le plan législatif, donc, on
a toujours, donc, à peu près le dernier article qui vient... qui indique quel
est le ministre qui est responsable de l'application de la loi, donc, ça, c'est
clair, ça, c'est standard, mais c'est rare qu'on indique, dans un projet de
loi, que le ministre est responsable du respect des principes, des obligations
de la loi, donc, ce texte supplémentaire là, c'est rare qu'on le voit, mais je
me dis qu'un ministre, de façon générale, tu sais, vous avez raison, qu'il a
l'obligation minimale, là, de répondre à la période de questions, de signer les
décrets relatifs, donc, à l'application de la loi. Donc, ça, je vous entends
sur ce bout-là, mais pourquoi est-ce qu'on se dit : OK, bien, dans ce
cadre-ci, il faut qu'on vienne préciser que le ministre a des obligations
légales qui sont supplémentaires par rapport à la Loi sur la laïcité?
M. Roberge : Bien, on a aussi
la promotion des principes dans cette... dans cette première section-là, c'est
très, très semblable à ce qu'on a dans la Charte de la langue française, pour
dire que, dans le fond, ce sont des principes, des valeurs qui sont
fondamentales à l'État, à la nation québécoise. Donc, on ne fait pas juste
appliquer la loi, on a un ministre qui assure le respect de ces principes et
qui fait la promotion de ces principes aussi.
Mme Cadet : OK, donc, cet
article...
M. Roberge : Ça se retrouve....
c'est presque copié-collé par rapport à ce qu'on a dans la Charte de la langue
française.
Mme Cadet : OK, cet article
s'inspire de la Charte de la langue française. À quel article de la Charte?
M. Roberge : Quel article?
155.
Mme Cadet : 155. Un instant.
Vous l'avez trouvé?
M. Roberge : 155. Le ministre
de la Langue française a pour mission de promouvoir, de valoriser et de
protéger la langue française et son statut, ainsi que de favoriser
l'établissement et le maintien de conditions porteuses d'avenir pour celle-ci,
il conseille le gouvernement sur toute question relative à sa mission, de même
qu'il doit le saisir de toute intervention qu'il juge nécessaire à
l'établissement ou au maintien de ces conditions. La première section, là, la
mission de promouvoir, valoriser et protéger la langue, là, ici, on a le
respect et la promotion des principes, des obligations. On a la notion de... de
promotion de la loi et de respect de ces principes, c'est le même... c'est la même
intention, sauf que là, ça se décline différemment, là, on a 10.4, 10.5, 10.6
jusqu'à 10.7 sur comment ça peut se faire, 10.8, 10.9.
• (11 h 10) •
Mme Cadet : Mais l'intention
est un peu moins forte, parce que quand on lit 155, on parle de la mission du
ministre de la Langue française. On dit : Le ministre de Langue française
a pour mission de promouvoir, de valoriser et de protéger la langue et son
statut. Mais ici, à 10.4 de la Loi sur la laïcité, on vient dire : Bien,
le ministre doit veiller au respect puis à la promotion des principes et des
obligations. Je comprends que... qu'on se dit : OK, c'est une coche de
plus que l'actuel article 35, là, le ministre désigné est responsable de
l'application de la présente loi. Donc, ça, c'est juste... ça, c'est standard.
On vient apposer, donc, une obligation supplémentaire au ministre en
disant : Bien, il doit venir promouvoir, donc, les principes et les
obligations qui sont énumérés, énoncées à la présente loi, alors que 155, tu sais,
je trouve qu'on est quand même dans un autre ordre, là, on dit : Le
ministre a pour mission de promouvoir, de valoriser, de protéger la langue, son
statut et de favoriser l'établissement et le maintien de conditions porteuses
d'avenir. Il conseille le gouvernement sur toute question relative à sa
mission, de même qu'il doit se saisir, qu'il doit le saisir, pardon, de toute
intervention qu'il juge nécessaire à l'établissement ou au maintien de ces
conditions. Donc, je comprends qu'on a un article, ici, de principe au chapitre
de la Charte de la langue française, qui désigne le ministre de la Langue
française et quelles sont ses obligations, mais ici, on est quand même...
Mme Cadet : ...on est dans un
autre ordre. On ne parle pas de la mission du ministre, mais on dit, donc, ce
qu'il doit faire, on parle un peu de ses obligations en vertu de la présente
loi. Vous, comment est-ce que vous interprétez 155 versus 10.4?
M. Roberge : Bien, je pense
que ça fait très bien le travail. Le ministre veille au respect et à la
promotion des principes et des obligations énoncés à la présente loi. Je pense
que... Je ne vois pas l'enjeu, honnêtement.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK, on passe donc à l'article 10.5.
M. Roberge : «10.5. Le
ministre peut émettre des directives à tout organisme énuméré à l'annexe I, à
l'exception du Conseil de la magistrature et du Comité de la rémunération des
juges, portant sur l'application des dispositions de la présente loi. Ces
directives peuvent viser un ou plusieurs organismes et contenir des éléments
différents selon l'organisme visé.
Ces directives doivent être soumises au
gouvernement pour approbation et publiées à la Gazette officielle du Québec.
Une fois approuvées, elles lient les organismes qui y sont visés.
Commentaire explicatif :
L'article 10.5 proposé habilite le ministre responsable de la Laïcité à
émettre des directives à tout organisme énuméré à l'annexe I de cette loi
portant sur l'application des dispositions de la Loi sur la laïcité de l'État.
Ce pouvoir de directive ne s'applique pas au Conseil de la magistrature et au
Comité de la rémunération des juges, compte tenu du principe de l'indépendance
judiciaire.
Cet article vise à assurer une application
cohérente de la loi et en faciliter la mise en œuvre, puisque les directives
constitueraient un outil clair pour orienter les organismes dans
l'interprétation et l'exercice de leurs obligations en matière de laïcité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur 10.5?
M. Roberge : Ça va dans le
sens de la recommandation 31 du rapport Pelchat-Rousseau, qui allait dans
ce sens-là, prévoir... permettre au ministre de préciser la portée de la loi
puis de voir à ce qu'elle soit bien appliquée. Merci.
(Consultation)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires?
Mme Cadet : Oui, merci. Donc,
ici, juste pour clarifier, donc les institutions... là, on est à 10.5 puis on
va se rendre jusqu'à 10.9, mais les institutions parlementaires ne sont pas
assujetties aux directives et au pouvoir de vérification du ministre, c'est
bien ça?
M. Roberge : Exact.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est beau?
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On passe donc à 10.6.
M. Roberge : «10.6. Le
ministre peut vérifier l'application de la présente loi dans tout organisme
énuméré à l'annexe I, à l'exception du Conseil de la magistrature et du Comité
de la rémunération des juges.
Pour ce faire, le ministre peut désigner
par écrit une personne chargée de cette vérification.
Dans le cas d'un organisme qui relève de
la responsabilité ou qui est du domaine de la compétence d'un autre ministre,
le ministre responsable de la Laïcité et cet autre ministre procèdent de
concert à la vérification de l'application de la présente loi et à la
désignation d'une personne chargée de cette vérification.
Commentaire explicatif :
L'article 10.6 proposé confère au ministre responsable de la laïcité le
pouvoir de vérifier l'application de la Loi sur la laïcité de l'État à l'égard
de tous les organismes énumérés à l'annexe I de cette loi, à l'exception...
compte tenu du principe de l'indépendance judiciaire du Conseil de la
magistrature et du Comité de la rémunération des juges. L'introduction de cet
article vise à renforcer la capacité d'assurer une application uniforme et
rigoureuse de la loi. Cette fois-ci, on est plus, je vous dirais, avec la
recommandation 32 du rapport Pelchat-Rousseau, on donne suite pour être
sûr que ça s'applique bel et bien avec un pouvoir de vérification, mais une
autre vérification qui se trouve à être conjointe, d'une certaine manière, avec
le ministre responsable, ce qui est tout à fait normal.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Questions, commentaires, 10.6?
Mme Cadet : Oui. Il n'y avait
pas de pouvoir de vérification par le passé?
M. Roberge : Pardon?
Mme Cadet : Il n'y avait pas
de pouvoir de vérification par le passé?
M. Roberge : Il y en avait
un, mais il était différent, attendez un peu, je vais vous le trouver. C'est
ça, c'était à la demande d'un autre ministre. Il fallait qu'un autre ministre
demande au ministre de la Laïcité d'agir, tandis que, là, c'est de concert.
Donc, le ministre de la Laïcité pourrait constater un enjeu, contacte le
ministre responsable puis il procède de concert à la vérification. Donc, ce
n'est pas une enquête, c'est une vérification.
Mme Cadet : Mais c'est l'un
ou l'autre des ministres, dans le fond, maintenant ou c'est juste le ministre
de la Laïcité, maintenant, qui a le pouvoir de faire ces vérifications?
Mettons, en éducation, donc, c'est à la... là, en ce moment, donc, dans le
cadre actuel...
Mme Cadet : ...c'est le
ministre de l'Éducation qui doit demander au ministre de la Laïcité.
M. Roberge : ...c'est les
deux qui doivent le faire, oui.
Mme Cadet : Là, c'est
vraiment les deux en même temps.
M. Roberge : Le ministre
responsable de la Laïcité et cet autre ministre procèdent de concert à la
vérification de l'application de la présente loi et à la désignation d'une
personne qui serait chargée de la vérification. Puis, pour la suite, on verra
que peuvent... que peut faire le... le vérificateur ou la vérificatrice.
Mme Cadet : C'est à quel
article l'ancien pouvoir de vérification?
M. Roberge : 12,
l'article 12 de la loi sur la laïcité de l'État. C'était : Un
ministre peut, de concert avec le ministre responsable de la présente loi.
Donc, c'était l'autre ministre qui pouvait, de concert avec le ministre de la
Laïcité, vérifier quelque chose.
Mme Cadet : Mais là, ici, on
vient d'enlever de... de concert.
M. Roberge : On dit que les
deux doivent le faire ensemble.
Mme Cadet : Excusez-moi, là,
pouvez-vous juste revalider la distinction entre l'ancien pouvoir puis le
nouveau pouvoir, là?
M. Roberge : Bien là, on
vient d'abord... c'est parce qu'il faut les lire un avec l'autre, là, on a à
10.5 que le ministre de la Laïcité, lui seul, là, peut émettre des
directives.
Mme Cadet : Oui.
M. Roberge : Mais après, à
10.6, on dit : S'il y a des vérifications à faire, le ministre de la
Laïcité et le ministre responsable de l'organisme peuvent, de concert, nommer un
vérificateur et donc procéder à des vérifications. Dans l'ancienne loi,
c'était...
Mme Cadet : OK. OK. Au
troisième alinéa de 10.6. OK.
M. Roberge : ...c'était
différent. Alors, voilà.
Mme Cadet : OK. Je comprends.
Merci.
M. Roberge : C'est bon?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est beau?On passe donc à 10.7. M. le ministre.
M. Roberge : 10.71. Un
vérificateur peut, dans l'exercice de ses fonctions :
1° pénétrer à toute heure raisonnable dans
tout lieu où la présente loi s'applique;
2° exiger tout renseignement relatif à
l'application de la présente loi ou de ses règlements, ainsi qu'à la
communication pour examen ou reproduction de tout document s'y rapportant;
3° prendre des photographies ou effectuer
des enregistrements. Commentaires explicatifs : L'article 10.7
proposé énonce les pouvoirs d'une personne désignée en tant que vérificatrice
dans l'exercice de ses fonctions de matière similaire à ce qui est prévu dans
d'autres lois.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...commentaires sur 10.7?
Mme Cadet : Non, ça va.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon?
Mme Cadet : Non, ça va. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça va? OK. Parfait. On passe donc à 10.8.
M. Roberge : 10.8. Un
vérificateur doit, sur demande, se nommer et exhiber un certificat attestant
son autorisation. Un vérificateur ne peut être poursuivi en justice pour un
acte accompli ou omis de bonne foi dans l'exercice de ses fonctions.
Commentaires explicatifs :
L'article 10.8 proposé prévoit que toute personne ayant été désignée en
tant que vérificatrice doit, sur demande, se nommer et exhiber un certificat attestant
son habilitation. Cet article précise aussi qu'un vérificateur dispose d'une
immunité de poursuite dans l'exercice de ses fonctions, dans la mesure où il
les a exercés de bonne foi, de manière similaire à ce qui est prévu dans
d'autres lois.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires?
Mme Cadet : Ici, donc le
vérificateur ne peut être poursuivi pour un acte accompli ou omis de bonne foi
dans l'exercice de ses fonctions. Mais je comprends que si... si d'aventure il
y aurait un acte, donc, de mauvaise foi qui est accompli, il... malgré, donc,
la... la clause dérogatoire, il pourrait y avoir poursuite.
M. Roberge : Oui, c'est... on
dit que la protection, c'est un acte qui est commis de bonne foi, et c'est le
même type de... de disposition qu'on a, par exemple, dans la Loi sur l'accès
aux documents des organismes publics, la protection... le Protecteur national
de l'élève, on a : Elle ne peut être poursuivie en justice en raison d'un
acte accompli de bonne foi. C'est une manière usuelle de désigner les pouvoirs
d'un vérificateur.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça va? On passe donc à l'article 10.9.
• (11 h 20) •
M. Roberge : 10.9. Au terme
d'une vérification, le ministre peut, par écrit, requérir que l'organisme ayant
fait une vérification apporte des... des mesures correctrices, effectue les
suivis adéquats et se soumette à toute autre mesure dans des mesures de
surveillance et d'accompagnement dans les délais qu'il indique. Lorsque
l'organisme concerné relève de la responsabilité ou est du domaine de la
compétence d'un autre ministre, les suivis et les mesures sont établis de
concert avec cet autre ministre.
Commentaires explicatifs :
L'article 10.9 proposé confère au ministre responsable de la Laïcité le
pouvoir de recourir... de requérir d'un organisme énuméré à l'annexe I de
la Loi sur la laïcité de l'État et ayant fait l'objet d'une vérification la
mise en œuvre de mesures correctrices, de suivi adéquat et de toutes autres
mesures de surveillance et d'accompagnement. Cet article complète le pouvoir de
vérification du ministre en lui donnant les moyens d'assurer la mise en
conformité des organismes assujettis.
On est encore...
M. Roberge : …cette fois-ci,
c'est la recommandation n° 32 du rapport Pelchat-Rousseau qui va dans
cette direction.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires?
Mme Cadet : C'était juste de
façon plutôt générale ici, là, puisque dans le fond, tantôt donc, vous m'avez
dirigée vers le seul article 12 de la loi. L'objectif ici, c'est
d'accorder donc un peu plus de pouvoir au ministre parce qu'à la fois vous
trouvez qu'auparavant, donc, le ministre n'avait pas… n'avait pas les mains
liées au niveau de la… de la vérification.
M. Roberge : On a décidé de…
de le refaire pour avoir un meilleur équilibre. On met… on rajoute la promotion
des principes de la laïcité, puis on y va davantage avec un travail d'équipe
entre le ministre responsable de la Laïcité puis le ministre responsable de
l'organisme qui peut faire objet d'une directive ou d'une vérification en
mettant tout le temps que ça se fait de concert. Je pense que c'est important
parce que le ministre qui est responsable de l'organisme visé connaît bien le
réseau, connaît les partenaires. Donc, pour que ça se passe bien, je pense que
c'est important que le ministre responsable soit vraiment impliqué à toutes les
étapes parce que l'objectif, c'est que ça fonctionne pour tous.
Mme Cadet : Bien… Bien, en
fait, je comprends que…
M. Roberge : Mais… Pardon.
Mme Cadet : Oui, allez-y,
allez-y, complétez.
M. Roberge : Mais le… Par
contre, c'est le ministre de Laïcité qui a l'initiative, au départ, peut être
de constater puis d'interpeller son ou sa collègue. Mais après ça, tout se fait
de concert parce qu'il y a les suivis ensuite, le ministre de la Laïcité, il ne
peut pas aller partout.
Mme Cadet : Donc, c'est plus
au niveau du pouvoir d'initiative. En fait, c'est ça qui change, parce que,
quand je lis l'article, l'actuel article 12, vous dites «un ministre»,
donc l'autre ministre, «peut, de concert avec le ministre de la Laïcité,
vérifier l'application des mesures prévues par la présente loi.» Donc, là, ce
qui… ce qui est fait ici, c'est d'accorder un pouvoir d'initiative, là. Disons,
je… je paraphrase, là.
M. Roberge : Il y a la notion
de pouvoir d'initiative, il y a la notion de travailler de concert, puis il y a
la notion de…
Mme Cadet : Travailler de
concert, c'était déjà là à l'article 12. C'est ça que… Je comprends que ça,
c'était déjà le «de concert». C'était plus ce qui vient… Ce qu'on modifie ici,
c'est vraiment la capacité, pour le ministre de la Laïcité, de prendre des
initiatives qui n'était pas là avant. Je comprends que c'est ça, la
modification. Non?
M. Roberge : Oui, mais juste
dans l'ordre, là…
Mme Cadet : Il y a plus
d'autres choses, oui.
M. Roberge : Dans la nouvelle
loi, c'est le ministre de la Laïcité qui peut agir de concert avec l'autre.
Mme Cadet : Oui.
M. Roberge : Dans la présente
loi, c'était l'autre ministre qui pouvait agir de concert avec le ministre donc
qui…
Mme Cadet : OK.
M. Roberge : …qui initie la
chose. Après ça, on ne part pas tout seul, mais qui initie la chose, ça… il y a
un petit changement ici, là.
Mme Cadet : OK, ça, c'est…
c'est ce que j'ai dit. Dans le fond, c'est le pouvoir d'initiative.
M. Roberge : Voilà. Oui, oui,
on s'entend.
Mme Cadet : OK. C'est
vraiment ça, l'objectif de 10.5 à 9, puis ensuite dans les… dans les détails.
En fait, comment ça se passait la vérification par le passé? Parce que, là, on
est venus préciser ce que le vérificateur peut faire, ce qu'on n'avait pas
avant, là. Mais comment ça se passait par le passé?
M. Roberge : Attendez un peu.
On avait tout à l'heure… On avait, dans la précédente loi «le ministre peut par
écrit, dans les délais qu'il indique requérir, dans l'organisme, que les
personnes apportent des mesures correctrices. On a quelque chose de semblable.
Mme Cadet : Oui.
M. Roberge : Après ça, la
question de la vérification était moins détaillée.
Mme Cadet : Oui, c'est ça.
M. Roberge : Il n'y avait pas
de… Ce n'était pas clair selon quelle balise un vérificateur pouvait agir. On
pouvait supposer que c'était à la manière des autres vérificateurs, mais ce
n'était pas explicite. Là, on est explicite. Puis on ajoute effectivement le
pouvoir à la fin, à 10.9, au terme de la vérification, «le ministre peut
requérir des mesures correctrices». La notion de «mesures correctrices» n'était
pas là dans la loi initiale. Donc, c'est bien beau de vérifier puis de
constater un enjeu, encore faut-il pouvoir corriger les problèmes quand on les
trouve.
Mme Cadet : OK. Puis, par
exemple, si on parle d'une demande d'agrément tout… ou de permis, là, tant dans
un milieu scolaire ou en enseignement supérieur, donc ça, qui aurait le pouvoir
final à 10.9?
M. Roberge : Attends un peu.
«10.9. Lorsque l'organisme concerné relève
la responsabilité ou du domaine de compétence d'un autre ministre, les suivis
des mesures sont établis de concert avec cet autre ministre». Donc, il faut
vraiment que ça se passe… ça se passe à deux. Et donc s'il y avait un enjeu,
par exemple, dans une garderie, admettons, bien ça serait le ministre de la
Laïcité qui travaillerait avec le ministre de la Famille, parce que les mesures — donc
les mesures correctrices, ici, quand on dit «les mesures», on en parle des
mesures correctrices — doivent être établies de concert avec l'autre
ministre. Je pense, c'est une bonne condition parce que c'est l'autre ministre
qui connaît bien son réseau.
Mme Cadet : OK. Mais c'est…
Mme Cadet : ...il y aurait une
révocation, là, de l'agrément, ce serait le ministre de l'Éducation, là, qui...
dont... les suivis, les mesures, donc, seraient établies de concert entre le
ministre de la Laïcité puis le ministre, disons, de l'Éducation, mais, mettons
qu'ils ne s'entendent pas c'est le ministre de l'Éducation qui a le dernier
mot, en application de la loi, on s'entend, là, mais...
M. Roberge : Bien, oui, ça ne
donne pas tous les pouvoirs du monde au ministre de la Laïcité, parce que,
justement, la question des... de l'agrément, puis tout ça... Là, il faudrait
voir dans la loi, là, je ne sais même pas si c'est une décision du ministre ou
même du gouvernement.
Une voix : ...
M. Roberge : ...ministre de...
pas de la Laïcité, mais de l'Éducation qui prend ce genre de décision là, sur
recommandation de la Commission de l'enseignement privé.
Mme Cadet : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que ça va pour l'article 10.9? Si ça va, on a
complété, donc, 10.1, 10.2, 10.3, 10.4, 10.5, 10.6 jusqu'à 10.9, introduits par
l'article 9. Donc, est-ce que le nouvel article 9 est adopté?
M. Roberge : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe maintenant à l'article 10. M. le ministre.
M. Roberge : Article
10 :
Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 11, du suivant :
«11.1. L'article 11 n'a pas pour effet de
restreindre l'application d'une disposition d'une autre loi, dans la mesure où
cette disposition prévoit des exigences de laïcité plus contraignantes que
celles prévues par la présente loi.»
Commentaires explicatifs. Cette nouvelle
disposition précise la portée de l'article 11, qui consacre le caractère
prépondérant de la Loi sur la laïcité de l'État. Cette modification a pour
effet de prévoir que la Loi sur la laïcité de l'État contient les exigences
minimales à respecter en matière de laïcité, lesquelles peuvent être complétées
par des normes plus strictes prévues dans des lois sectorielles. En clarifiant
cette hiérarchie normative, la modification assure la cohérence du cadre
législatif et préserve la capacité du législateur d'adapter ou de resserrer les
exigences de laïcité en fonction des besoins propres à certains secteurs.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article 10?
Mme Cadet : C'est assez
courant, là, comme... comme clause, ici, là?
M. Roberge : Oui.
Mme Cadet : Ça va.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...l'article 10 est adopté?
M. Roberge : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe à l'article 11.
M. Roberge : Article
11 :
L'article 12 de cette loi est abrogé.
Commentaires explicatifs. Cet article
abroge l'article 12 de la Loi sur la laïcité de l'État, qui confère un pouvoir
de surveillance et d'intervention aux différents ministres à l'égard des
organismes qui relèvent de leur responsabilité ou qui sont du domaine de leur
compétence. L'article 12 n'est plus nécessaire, puisque les artistes... les
articles 10.6 et 10.9, proposés par l'article 9 du projet de loi, attribuent
plutôt au ministre responsable de la Laïcité un pouvoir de surveillance et
d'intervention à l'égard des organismes publics soumis à la Loi sur la laïcité
de l'État. Bref, c'est ... c'est ce qu'on vient de faire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Y a-t-il des interventions sur l'article 11?
Mme Cadet : Rapidement, là,
c'est... je comprends que, puisqu'à 10.5 on est venu préciser le pouvoir du
ministre à l'égard de tout organisme énuméré à l'annexe I, que c'était l'autre
élément de l'article 12, là. Il y avait, oui, le pouvoir de vérification, de concert,
un peu comment ça se faisait de façon plutôt générale, puis, ensuite, on a
indiqué les articles qui sont du domaine de la compétence des ministres. Mais
là on est venu aussi étendre, avec 10.1 à 10.9, à l'ensemble des organismes
prévus à... des organismes prévus à l'annexe I, le pouvoir du ministre, ce qui
n'était pas le cas avant. Avant, le ministre n'avait pas un pouvoir de
vérification à l'égard de l'ensemble de ces organismes-là. C'est bien ça?
M. Roberge : Exactement. On
vise plus large, donc c'est sûr que le pouvoir de vérification est plus large
aussi. Tous les organismes qui sont visés par la loi peuvent faire l'objet de
l'attention du ministre.
• (11 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires... l'article 11?
Mme Cadet : Juste... je veux
juste m'assurer... parce que, dans le fond, on avait le libellé... Je sais que
j'ai posé la question tantôt, là, mais je veux juste m'assurer qu'on l'avait
bien mis. Donc, on disait : «Le présent article ne s'applique pas aux
institutions parlementaires et aux institutions judiciaires visées à l'un ou
l'autre des paragraphes 1° ou 3° du deuxième alinéa de l'article 3.» C'est ce
qu'on avait à l'article 12. Ici, on est venu dire : à l'exception du
Conseil de la magistrature et du Conseil de la rémunération des juges. Et, dans
le fond, le bout sur l'exemption des... des institutions parlementaires, le
ministre me l'a... a répondu à ma question, là, mais ça, on le voit, vu qu'on
abroge l'article 12? Oui?
M. Roberge : En fait, on vise
juste les... des organismes visés à l'annexe I, donc il n'y a pas les
institutions...
11 h 30 (version non révisée)
M. Roberge : ...de cette
manière-là, ça fait qu'on n'a pas besoin de les exclure.
Mme Cadet : Parfait... Puis le
Conseil de la magistreur... le Conseil de la magistrature et le Comité de la
rémunération des juges est prévu à quel endroit de l'annexe un, vu qu'on vient
de l'exclure?
M. Roberge : Attendez un petit
peu, je vais vous trouver ça. Attendez un peu, on va vous trouver ça.
Des voix : ...
M. Roberge : On est... C'est
le deuxième alinéa de l'annexe un. Quand on dit : Les organismes budgétaires,
les organismes autres budgétaires, les entreprises du gouvernement énumérées
aux annexes 1 à 3 de la Loi sur l'administration financière, là, c'est...
bien, quand on est des... les annexes 1 à 3 de la loi sur l'administration
financière, c'est là qu'ils sont visés.
Mme Cadet : Merci. Parce qu'effectivement
on n'a pas l'occasion, donc, de lire toutes les lois liées qui sont liées ici...
M. Roberge : Ce n'est pas
explicite.
Mme Cadet : ...et qui sont
énumérées ici, là. Donc, je comprenais bien que devait être... soit des
organismes budgétaires ou des organismes, disons, dans le personnel nommé est
selon... suivant la Loi sur la fonction publique, là, il y a des... de très
longues énumérations, mais je comprends que ce sont... qu'ils sont prévus ici à
l'article... au deuxième alinéa de l'article... de l'annexe un. Merci. C'est parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc... l'article 11 est adopté? Adopté. On passe à l'article 12.
M. Roberge : J'y arrive. 12 :
L'article 13 de cette loi est modifié par le remplacement du premier alinéa
par les suivants : «Il appartient à la personne qui exerce la plus haute
autorité administrative au sein d'une institution parlementaire ou d'un
organisme énuméré à l'annexe un, à l'exception d'un centre de services scolaire
visé au paragraphe sept de l'annexe un, de prendre les moyens nécessaires pour
assurer le respect des mesures qui sont prévues par la présente loi, d'approuver
toute demande d'accommodement pour un motif religieux découlant de l'application
du droit à l'égalité et de mettre en œuvre un processus de traitement des
plaintes relatives à l'application de la présente loi. Ses responsabilités
peuvent être déléguées à un membre du personnel de direction de l'institution ou
de l'organisme. Dans ce cas, l'institution ou l'organisme en avise le ministre.»
Commentaires explicatifs. Cet article
élargit la portée de l'article 13 afin d'octroyer à une personne qui exerce
la plus haute autorité administrative la responsabilité de prendre les moyens
nécessaires pour assurer le respect de l'ensemble des mesures prévues par la
loi sur la laïcité de l'État. Cette personne aura notamment comme
responsabilité d'approuver toute demande d'accommodement pour un motif
religieux et de mettre en œuvre un processus de traitement des plaintes
relatives à l'application de la Loi sur la laïcité de l'État.
Un organisme ou une institution pourra
utiliser un mécanisme de traitement des plaintes existant afin de traiter les
plaintes en matière de laïcité. Cet article maintient la possibilité, pour la
personne qui exerce la plus haute autorité administrative, de déléguer ses
responsabilités, mais uniquement à un membre du personnel de direction de l'institution
ou de l'organisme plutôt qu'à tout membre du personnel. Cette délégation devra faire
l'objet d'un avis au ministre responsable de la laïcité.
Cette modification vise à renforcer la
cohérence et la rigueur en l'application de la loi, en s'assurant que les
décisions y étant liées soient prises par des personnes détenant l'autorité
hiérarchique et la compréhension institutionnelle nécessaires pour effectuer
ces responsabilités. Le fait de confier cette responsabilité à une même personne
vise aussi à limiter les risques d'interprétations divergentes ou de décisions
incohérentes au sein d'un même organisme. Enfin, la mise en place d'un
processus de traitement des plaintes offrira aux citoyens un lieu clair et
accessible pour formuler leurs plaintes en matière de laïcité, tout en
soutenant les organismes assujettis dans leur responsabilité de veiller au
respect des mesures prévues par la loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...questions, commentaires sur l'article 12?
Mme Cadet : ...oui?
M. Roberge : ...cet article-là
donne suite aux recommandations 47, 48 des 49 du rapport Pelchat-Rousseau.
Ce que ça disait, c'est que parfois il y avait un manque de... d'uniformité
dans les compréhensions des principes et qu'il y avait des éléments de la loi
qui méritaient d'être renforcés, là... comme Pelchat-Rousseau propose plusieurs
endroits de renforcement de la loi, mais ils proposent aussi des mécanismes
pour assurer une bonne compréhension des mécanismes de la loi, parce que, des
fois, il ne s'agit pas seulement de renforcer la loi, il s'agit...
M. Roberge : ...les mettre en
œuvre et donc d'avoir quelqu'un imputable. Comme on fait en ce moment, c'est de
la bonne gouvernance, puis, comme je dis, ça donne suite aux
recommandations 47, 48 et 50 du rapport...
Mme Cadet : OK, donc, ça
répond personnellement à ma question au fait de savoir, donc, quelle
problématique actuelle vise à être réglée par l'article 12 ici. Donc, vous
dites, donc, qu'il y avait des... des défis d'application, on ne savait pas
toujours qui était imputable, donc, là, on vient clarifier un processus de
délégation de pouvoirs.
M. Roberge : Exact. Exact.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 12?
Mme Cadet : Un instant, Mme
la Présidente. Donc, là, ici, contrairement à ce qu'on vient de faire à
l'article précédent, donc, les institutions parlementaires sont assujetties à
l'article 12 du projet de loi.
M. Roberge : Vous êtes sûr de
répondre comme il faut à votre question. Oui, effectivement.
Mme Cadet : Là-dessus, ce que
je comprends, vous nous dites : au niveau des organismes, énumérés à
l'annexe I, ça va, mais au niveau des institutions parlementaires, donc, on
vient préciser comment ça se passe... autant pour l'institution que pour l'organisme,
il y a, donc, une obligation d'aviser le ministre lorsqu'il y a délégation de
pouvoir.
M. Roberge : Oui. Oui.
Pour...
Mme Cadet : Pourquoi, oui?
M. Roberge : Parce que...
Mme Cadet : Au niveau des
organismes, c'est clair, mais pourquoi au niveau des institutions
parlementaires?
M. Roberge : Parce que le
ministre doit veiller à l'application de la loi. Donc, s'il veut veiller à
l'application de la loi, il faut qu'il sache qui contacter. Si on veut faire la
promotion, si on veut vérifier l'application de la loi dans les articles qu'on
vient de voter, le ministre peut poser des questions, donc ça prend un
répondant, il faut qu'on sache, au ministère, à qui on doit s'adresser. Par
défaut, ce sera la plus haute autorité, mais si cette personne-là délègue,
bien, nous, on saura que ça a été délégué à M. X, Mme Y, puis on pourra
contacter cette personne-là directement.
Mme Cadet : Vous ne trouvez
pas... Je comprends maintenant, merci, d'abord, je pense que ça clarifie un
petit peu, donc, le libellé qui nous est présenté. C'est sûr que, bon, j'ai
quelques questionnements, donc, sur la nécessaire indépendance, là, qu'on doit
avoir, donc, entre le... à l'égard, donc, de l'exécutif. Je comprends au niveau
des organismes qu'ils soient énumérés à l'annexe un, donc, ça, c'est normal
qu'il y ait un avis qui soit fait au ministre. Mais le fait qu'une institution
parlementaire doive, elle aussi, aviser le ministre, parce que vous êtes, dans
le fond, si c'est juste pour savoir à qui parler, on peut tout simplement
appeler, prendre le téléphone, puis appeler la plus haute autorité, puis, s'il
y a eu délégation, bien, qu'à ce moment-là, qu'on poursuive le processus.
Pourquoi l'avis doit aussi être fait en amont pour ce qui est des institutions
parlementaires? Tu sais, je... je ne sais pas si vous saisissez ma question.
M. Roberge : Oui, mais c'est
juste de la bonne pratique, ça ne veut pas dire que le ministre peut agir de
manière coercitive. On l'a précisé tout à l'heure, là, que les institutions
parlementaires ont une indépendance plus grande que les autres, mais, en même
temps, ça ne dispense pas l'institution parlementaire de simplement aviser qui,
dans son organigramme, est responsable. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas une
contrainte, là, importante.
• (11 h 40) •
Mme Cadet : Parce
qu'effectivement, donc, à l'article précédent, on est venu dire que le pouvoir
d'émettre des directives et le pouvoir de vérification étaient, donc, des
pouvoirs desquels les institutions parlementaires étaient non-assujetties.
Donc, ça, c'était clair. Mais ici, vous nous dites, donc : aviser le
ministre, donc, c'est tout simplement ça, de... C'est sûr que, bon, il y a
certains groupes qui nous disent : Bien, on ne veut pas, tu sais, quand on
avise le ministre qu'il dise : Hein, mais, tu sais, ne déléguer pas à
telle ou telle personne, déléguer le à une autre. Donc, c'est sûr que, tu sais,
il y a ces craintes-là, donc de s'immiscer un petit peu, donc, dans cette
gestion. Vous dites, donc : ce n'est pas l'objet, là, de l'article, là. Tu
sais, de ne pas se... Il n'y a pas de pouvoir, même indirect, là, je comprends
que ce n'est pas de la vérification, ce n'est pas de... ce n'est pas une
directive. Donc, le ministre ne peut pas émettre une directive à une
institution parlementaire, ça, c'est clair, ça va de soi. Mais c'est à l'égard
de cette indépendance-là, tu sais, que vous, vous n'avez pas de questionnement
à cet égard. Puis, dans le fond, tu sais, moi, ce que je relaie ici...
Mme Cadet : ...c'est la
préoccupation d'Élections Québec, là. C'est vraiment, c'est Élections Québec
qui, dans sa lettre qui a été transmise le 13 février dernier, donc, il y
a quelques jours, vendredi, qui nous disait : Bien, le projet de loi
propose de modifier l'article 13 afin d'imposer une institution
parlementaire, l'obligation d'aviser le ministre lorsque certaines
responsabilités, notamment celles relatives au respect des mesures prévues à la
loi, à l'approbation des demandes d'accommodement pour un motif religieux et la
mise en œuvre d'un processus de traitement de plaintes sont délégués à un
membre de son personnel. Nous nous interrogeons sur les motifs justifiant
l'imposition d'une telle obligation aux institutions parlementaires. Donc,
c'est sûr que, bon, vous comprenez, donc, qu'Élections Québec, donc, il se dit :
Bien, nous, on a une nécessaire indépendance par rapport au ministre, étant
donné notre rôle et notre statut. J'aimerais peut-être... je pense qu'il
souhaiterait peut-être être plus rassuré, là, par rapport au pouvoir qui est
indiqué ici, parce qu'effectivement... ce n'est pas tout à fait clair que c'est
tout simplement : OK, on vous dit c'est monsieur un tel qui s'en occupe,
puis ça finit là puis il n'y a pas de... il n'y a pas de défi quant à la
nécessaire indépendance.
M. Roberge : Bon, je veux
rassurer, il n'y a pas de question d'ingérence d'aucune manière. On dit juste,
si c'est délégué, dans ce cas, l'institution en avise le ministre. On s'entend,
quand on dit le ministre, là, ce n'est pas moi, personnellement, c'est le
ministère, c'est les fonctionnaires qui en seraient avisés, tout simplement,
pour une question de prise de contact, d'information. Puis le terme de
promotion, il peut y avoir de la formation... c'est de savoir qui est le
répondant, tout simplement. Il n'y a pas d'enjeu avec l'indépendance des
institutions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : D'autres interventions sur l'article 12?
Mme Cadet : Un instant.
OK. Donc, ce que vous dites à Élections
Québec... : Nous, on est une personne désignée par l'Assemblée nationale,
le respect du principe d'indépendance des personnes désignées par l'Assemblée
nationale face au pouvoir exécutif, il est primordial. Ici, donc, on a certains
questionnements, donc, vous dites, donc, qu'Élections Québec devrait tout à fait
être rassuré, que, d'une part, oui, effectivement, ils sont assujettis à cet
article-ci, c'est clair, mais que c'est vraiment le seul cadre d'intervention
ici, là, c'est l'obligation de mentionner qui est le répondant puis, une fois
qu'ils mentionnent qui est le répondant, le ministre n'a pas d'autre... il ne
peut pas prendre le téléphone puis s'ingérer, là, différemment, dans le... le
nom de la personne qui a été nommée dans les processus internes.
M. Roberge : Non, je
vous rassure, là, ce n'est pas, ce n'est pas le rôle du ministre. Ce n'est pas
la même intention, mais de toute façon, les articles de loi ne permettraient
pas ce genre d'ingérence là.
Mme Cadet : Puis est-ce
qu'il y a d'autres... Juste une dernière question là-dessus, est-ce qu'il y a
d'autres situations pour lesquelles une institution parlementaire a une
obligation d'émettre un avis à un ministre?
M. Roberge : ...Par
exemple, ce n'est pas le ministère, mais, par exemple, la Commission de l'accès
à l'information demande aux organismes, dont des organismes indépendants,
d'envoyer leurs répondants. Donc, ils demandent un peu ce qui est demandé ici,
dire à qui je dois parler. Donc, les organismes doivent... c'est la plus haute
autorité, mais quand ils délèguent, il faut que cette personne-là trouve son
répondant, et aussi, dans la politique linguistique de l'État en matière de
langue française, le ministère de la Langue française... de toujours savoir,
c'est la plus haute autorité, mais c'est un peu la même chose quand c'est
délégué, on doit savoir qui est le répondant.
Mme Cadet : Auprès
d'institutions parlementaires, ma question, je ne la pose pas à l'égard des
organismes et de nuire à l'annexe un, ça, c'est très clair...
M. Roberge : Oui, je me
souviens, quand on a fait la politique de l'État, c'est tout récent, en 2023,
je pense. Puis il faut savoir toujours le répondant... le ministère...
Mme Cadet : ...Même
auprès des institutions parlementaires?
M. Roberge : Oui.
Mme Cadet : OK. Donc,
cette obligation-là, elle existe ailleurs. C'est ce que vous nous dites?
M. Roberge : Oui, oui.
Mme Cadet : OK. Parfait,
merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est beau? Alors, est-ce que l'article 12 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe à l'article 13.
M. Roberge : L'article 13.
L'article 17 de cette loi est modifié :
«1° par l'ajout, au début, de l'alinéa
suivant;
«Les articles 1 à 3 ont pour effet
d'interdire à une institution ou à un organisme visé à l'article 3 de
construire un immeuble ou d'installer un bien meuble qui orne un immeuble qui
peut être raisonnablement considéré comme mettant en valeur une conviction ou
une croyance religieuse ou faisant référence à une appartenance religieuse, à
moins que cette construction ou cette...
M. Roberge : ...ou cette
installation ne soit réalisée dans le cadre d'un projet de conservation ou de
restauration de l'immeuble ou du bien meuble. Cette interdiction ne s'applique
pas à un immeuble qui constitue une résidence privée.»;
2° dans le premier alinéa :
a) par le remplacement de «Les
articles 1 à 3» par «Ces articles»;
b) par le remplacement de «une institution
visée à l'article 3, qu'elle» par «d'une institution ou d'un organisme
visé à l'article 3 qu'il»;
c) par l'insertion, après «Toutefois, une
institution», de «ou un organisme»;
3° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «une institution visée à l'article 3 ou une dénomination que
celle-ci emploie» par «d'une institution ou d'un organisme visé à
l'article 3 ou une dénomination que celui-ci emploie».
Commentaire explicatif : Cet article
modifie l'article 17 de la Loi sur la laïcité de l'État afin de prévoir
qu'une institution ou un organisme public ne peut pas construire un immeuble ou
installer un bien meuble qui orne un immeuble qui met en valeur une conviction
ou une croyance religieuse ou qui fait référence à une appartenance religieuse.
Cette modification vient formaliser une interdiction qui pouvait être
considérée comme inhérente aux principes fondant la laïcité de l'État.
Deux exceptions sont prévues. La première
exclut les projets de conservation ou de restauration d'un bien meuble ou
immeuble. La seconde permet la construction ou une installation dans un lieu
qui constitue une résidence privée, par exemple sur la résidence d'un
responsable d'un service de garde éducatif en milieu familial subventionné.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article 13?
Mme Cadet : Oui. Donc, déjà,
donc, au niveau des commentaires, vous dites : «La seconde permet une
construction ou une installation dans un lieu qui constitue une résidence
privée, par exemple sur la résidence d'un responsable de service de garde
éducatif en milieu familial subventionné.» Donc, ici, donc, ça, ce n'est pas
touché, là.
M. Roberge : ...ce sont des
maisons privées.
Mme Cadet : OK, parfait. OK.
Ensuite, donc, si on y va à l'envers, au deuxième alinéa, donc : Ces
articles ne peuvent être interprétés comme ayant pour effet d'exiger d'une
institution ou d'un organisme visé à l'article 3 qu'il retire ou
modifie un immeuble ou un bien meuble qui orne un immeuble. Donc, en ce moment,
tout ce qui existe déjà, là, on n'est pas en train de dire, donc, des... Mettez
tout à terre puis rebaptisez, là, tout ce qui existe déjà, donc, dans notre
patrimoine bâti.
M. Roberge : Nous ne sommes
pas partisans de déboulonner les statues, disons-le comme ça. Donc, voilà.
C'est ça, et on peut donc restaurer un immeuble patrimonial. Puis, s'il y a...
peu importe le symbole religieux, on se comprend, dans une restauration, il
peut être retiré puis réinstallé ensuite. Puis, à ce moment-là, ce n'est pas
comme si on créait un nouveau symbole religieux. On est dans la préservation du
patrimoine bâti. Par contre, on ne construit pas un nouveau pavillon ou un
nouvel édifice avec un symbole religieux dans la brique ou dans la pierre.
Mme Cadet : OK. C'est ça que
ça vise, en fait, cet article-là.
M. Roberge : C'est ça que ça
veut dire.
Mme Cadet : On vient
dire : Bon, bien, on a... on a... Donc, dans nos cégeps, nos... cégeps et universités,
on certaines écoles qui ont une croix, là, sur leur édifice, puis on leur
dit : Bien, pour des raisons patrimoniales, vous pouvez préserver puis
restaurez ces symboles-là, mais vous ne pouvez pas continuer de... Si vous
ouvrez un nouveau pavillon ou... tout de même pour... En fait, ça s'applique
aussi aux écoles privées subventionnées ici, là, ou c'est l'ensemble des
organismes. Donc, si...
M. Roberge : Oui, ça
s'applique aussi aux écoles privées subventionnées. Mais, dans le fond, l'idée,
c'est l'équilibre entre la laïcité puis la préservation d'un héritage du
patrimoine bâti. Bon, on dit : Par contre, on n'érige pas de nouveaux
symboles dans des lieux publics ou dans des lieux qui sont subventionnés par
l'État. On fait une exception pour une maison privée parce que, là, c'est un
service de garde, une dame qui a une garderie dans son sous-sol ou... au
premier étage, peu importe, là, c'est sa maison privée. Là, on n'est pas dans
une institution. C'est différent.
• (11 h 50) •
Mme Cadet : Oui, c'est ça.
OK. Les articles sur la toponymie, en fait, étaient déjà présents à l'ancien...
à l'ancien article 17.
Des voix : ...
Mme Cadet : ...puis qu'est-ce
que vous répondez, juste rapidement, donc, il y a un groupe, là, qui est venu
nous dire... qui est venu nous dire qu'en fait, par exemple, dans leur cas,
donc, la subvention qui est octroyée, donc, ne couvre pas la bâtisse. Donc...
en théorie, donc, ce ne sont pas des fonds publics, là, qui couvrent la
construction, ou la restauration, ou la rénovation de ces bâtisses-là. Ça fait
que... qu'est-ce que vous leur répondez?
M. Roberge : Je réponds que
le principe, c'est la préservation du patrimoine. Donc, la préservation, c'est
ce qui est déjà là, donc. Dans un partenariat, s'il souhaite garder l'argent de
l'État, bien, l'État est laïque. L'idée, ce n'est pas d'ajouter du caractère
religieux dans un organisme qui est agréé ou qui est subventionné. Ce qui est
là est là, correct. Si on le restaure en le restaure, c'est correct, mais
l'agrément vient avec des conditions, qui est de ne pas ajouter des symboles
religieux, parce que... Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...pas d'autre intervention à l'article 13, est-ce que
l'article 13 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe à l'article 14.
M. Roberge : Mme la
Présidente...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...c'est ce que je comprends, cinq.
M. Roberge : Cinq quoi,
pardon? Bien c'est juste qu'un peu comme tout à l'heure, on a sauté un article.
Là, j'ai des amendements qui sont en rédaction, à 14, 15 et 16, et je ne les ai
pas. Si je les avais, je les déposerais tout de suite, mais ils sont en
révision, etc. Donc, si ma collègue est d'accord, on sauterait 14, 15 et 16
pour aller directement à 17.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a consentement pour suspendre les
articles 14, 15 et 16?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Alors, on passe immédiatement à l'article 17.
M. Roberge : Merci bien.
Merci. Donc : 17. L'article 33 de cette loi est modifié par le
remplacement de «ainsi que les modifications qu'elle apporte à la Loi
favorisant la neutralité religieuse de l'État et visant notamment à encadrer
les demandes d'accommodements pour un motif religieux dans certains organismes
s'appliquent» par «s'appliquent».
Donc, commentaires explicatifs : Cet
article modifie la disposition dérogatoire de la Charte des droits et libertés
de la personne afin de retirer la référence à la Loi favorisant le respect de
la neutralité religieuse de l'État et visant notamment à encadrer les demandes
d'accommodement religieux... non, pour motifs religieux dans certains
organismes. Il s'agit d'une modification de concordance avec l'article 26 du
projet de loi, qui propose d'abroger cette loi, parce que la fameuse loi, là,
qui a un titre très, très long, est abrogée plus loin. Donc, par concordance,
on retire la référence à une loi qui ne sera plus là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 17? Pas
d'intervention. Est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sur division. On passe à l'article 18.
M. Roberge : Donc, 18.
L'article 35 de cette loi est modifié par le remplacement de «désigné par le
gouvernement» par «responsable de la laïcité».
Commentaires explicatifs : Cet
article vient pérenniser la fonction de ministre responsable de la Laïcité dans
la Loi sur la laïcité de l'État. Ainsi, la loi référera désormais au ministre
responsable de la Laïcité plutôt qu'au ministre désigné par le gouvernement. Ça
vient consacrer l'importance du rôle.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 18? Pas
d'intervention. Est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe à l'article 19.
M. Roberge : 19. On y a fait
référence, tout à l'heure, justement. 19. L'annexe 1 de cette loi est
modifié;
1° par le remplacement, dans le paragraphe
11, de «et les garderies subventionnées» par «les garderies subventionnées
ainsi que les personnes reconnues à titre de responsable d'un service de garde
éducatif en milieu familial subventionné»;
2° par le remplacement du paragraphe 12
par les suivants :
12° les établissements agréés aux fins de
subventions en vertu de la Loi sur l'enseignement privé (chapitre E-9.1) qui
fournissent un service éducatif visé à l'un des paragraphes 1 à 5 de l'article
1 de cette loi;
12.1° les établissements agréés aux fins
de subventions en vertu de la Loi sur l'enseignement privé qui fournissent un
service éducatif visé à l'un des paragraphes 7 à 9 de l'article 1 de cette loi
et les institutions dont le régime d'enseignement est l'objet d'une entente
internationale au sein de la Loi sur le ministère des Relations internationales
(chapitre M-25.1.1);
3° par la suppression, dans le
paragraphe...
M. Roberge : ...de «ou par la
Loi sur les services de santé et les services sociaux pour les Inuit et les
Naskapis (chapitre S-4.2)».
Commentaire explicatif : Cet article
modifie l'annexe I de la Loi sur la laïcité de l'État, qui... énumère les
organismes qui sont assujettis aux principes de laïcité de l'État et à d'autres
exigences prévues par la Loi.
Le paragraphe 11° de cette annexe est
modifié afin d'y inclure les personnes reconnues à titre de responsables d'un
service de garde éducatif en milieu familial subventionné. Cette inclusion vise
à éviter une asymétrie entre les exigences en matière de laïcité dans le cadre
de la prestation de tout service de garde éducatif à l'enfance subventionné.
Le paragraphe 12°, qui vise actuellement
l'ensemble des écoles privées subventionnées, est subdivisé en deux paragraphes
afin de distinguer les écoles privées subventionnées de niveau préscolaire,
primaire, secondaire et professionnel et les établissements privés de niveau
collégial ou faisant l'objet d'une entente internationale.
Cette distinction reflète le fait que ces
deux catégories d'établissements sont assujetties à des exigences distinctes,
prévues notamment aux articles 9 et 20 de ce projet de loi.
Les établissements privés par le... Les
établissements visés par le paragraphe 12° sont assujettis aux mêmes normes que
celles applicables aux centres de services scolaires en vertu de la Loi visant
notamment à renforcer la laïcité dans le réseau de l'éducation et modifiant les
diverses dispositions législatives.
Les établissements visés par le paragraphe
12.1° sont assujettis aux normes applicables aux établissements publics
d'enseignement supérieur.
Le paragraphe 13° est modifié afin de ne
pas assujettir les établissements de santé privés visés par la Loi sur les
services de santé et les services sociaux pour les Inuits et les Naskapis.
Cette modification est cohérente avec l'intention de limiter l'effet des
exigences en matière de laïcité de l'État sur les pratiques et les institutions
des Premières Nations et des Inuits.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Commentaires, questions sur l'article 19?
Mme Cadet : ...d'abord et
avant tout, le remplacement, dans le paragraphe 11°, de «et les garderies
subventionnées» par «les garderies subventionnées ainsi que les personnes
reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en milieu
familial subventionné», ici, on parle de personnes morales?
M. Roberge : Non, on parle de
personnes physiques, on parle de...
Mme Cadet : C'est parce que
ça... j'essaie de bien saisir, parce que, dans le fond, le nom de l'annexe I,
c'est Organismes, et, de 1° à 13°, on ne vise que des organismes, des
établissements, des entités, donc, publiques, là, donc, des institutions, donc,
qui elles-mêmes sont... je ne veux pas dire corporatives, là, parce que ça,
c'est de nature privée, mais on ne parle pas de personnes physiques à l'annexe
I, parce que même «les organismes et les personnes dont le personnel est nommé
en... suivant la Loi sur la fonction publique», ici, moi, je saisis, là, qu'on
parle de personnes morales ou de personnes... disons, qu'on ne parle pas de
personnes physiques ici, là, parce que sinon on ne parlerait pas de «personnes
dont le personnel», là. Donc, je trouve ça particulier qu'on parle de
«personnes reconnues à titre de responsables de services de garde éducatifs en
milieu familial subventionné» à l'annexe I.
M. Roberge : C'est une
question pertinente et technique. Si vous permettez, je permettrais à mon
équipe de répondre, donner cette précision-là.
Mme Cadet : Oui. S'il vous
plaît.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je demande le consentement. Consentement. Je vais devoir
vous demander de vous identifier.
M. Lord (Jean-François) : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Jean-François Lord, secrétaire adjoint à la réforme
des institutions démocratiques, à l'accès à l'information et à la laïcité au
ministère du Conseil exécutif. Je vais prendre mon souffle.
Alors, on assimile... il s'agit de
personnes physiques. Donc, les responsables des services de garde en milieu
familial, généralement, ce sont des personnes physiques, mais on a gardé le
vocable d'organismes visés à l'annexe I parce qu'on assimile ces personnes-là à
des organismes un peu par une fiction juridique, mais c'est... elles sont
incluses... ils et elles sont incluses parmi l'ensemble des organismes visés
dans cette catégorie-là.
• (12 heures) •
Mme Cadet : ...bien, vous
comprenez un peu mon étonnement, là. Je comprends que, par souci d'efficacité,
on s'est dit qu'on n'allait pas créer une autre annexe pour pouvoir les
inclure, mais, si on regarde, donc, la nomenclature de l'annexe I, il y a
vraiment, donc, une volonté, donc, de parler, donc, d'organisations, là, qui
sont assujetties, donc, aux différentes obligations. Donc, ici, on vient
dire l'ensemble des obligations... parce qu'on est toujours venu dire,
donc, l'ensemble des organismes prévus à l'annexe I, là, ce qu'on n'avait pas
dans l'ancienne Loi sur la laïcité, où ce qu'on jouait un petit peu à Twister,
là, avec chacune des obligations, où ce qu'on excluait certains paragraphes ou
pas. Ici, dans la grande majorité des cas, les... les... l'ensemble des
organismes prévus à l'annexe I sont assujettis, donc, aux obligations de la Loi
sur la laïcité et des pouvoirs... du ministre...
12 h (version non révisée)
Mme Cadet : ...on vient dire,
donc, qu'il y aurait un pouvoir de vérification, par exemple, à l'égard de ces
personnes-là... de ces individus-là. C'est ce que vous nous confirmez? Oui,
vous pouvez y aller sans vous nommer la deuxième fois, oui.
M. Lord (Jean-François) : Oui.
Alors, effectivement, on les... on les inclut dans la grande catégorie.
Toutefois, il faut... il faut se rappeler tout de même que les obligations ne
sont pas les mêmes pour chacune... chacun des organismes. Parfois, on fait certaines
distinctions. Par exemple, pour les services de garde en milieu familial, ces
personnes-là sont assujetties au respect des quatre principes de l'article deux
de la loi. Mais il y a certaines... certaines obligations, certaines qui ont
été couvertes, d'autres qui seront... le seront plus tard, où est-ce qu'à ce
moment-là, les institutions qui sont des CPE ou des garderies subventionnées
seront assujettis à certaines obligations, mais ça ne s'étendra pas jusqu'aux
personnes en milieu familial. Donc, il y a... il y a encore malgré tout une
certaine découpe qui est faite, là, dans le... ce qui s'applique, parce qu'on a
évidemment tenu compte de ce qui est la réalité d'un milieu familial, qui n'est
pas tout à fait la même qu'un organisme ou qu'une institution qui a une
vocation commerciale un petit peu plus englobante ou qui est une institution un
peu plus au sens classique du terme. Donc...
Mme Cadet : Je comprends.
Puis est-ce qu'on a d'autres... d'autres textes législatifs dans notre corpus où
des personnes physiques, donc, sont assimilées à des organismes? Est-ce que c'est
la première fois qu'on fait ça?
M. Lord (Jean-François) : Je
risquerais une réponse en vous disant que je suis assez convaincu qu'il y a d'autres
précédents. Mais je n'aurais pas d'exemple à vous donner maintenant, mais on
peut en trouver, si vous le souhaitez.
Mme Cadet : Oui, s'il vous
plaît.
M. Lord (Jean-François) : D'accord.
Mme Cadet : Merci. Puis, dans
le fond, je reviens à vous, M. le ministre. Merci pour ces précisions, M. Lord.
Donc, l'objectif ici, donc, d'inclure ces personnes physiques ici, c'est à l'égard,
donc, des obligations, donc, qu'elles vont avoir dans... dans ce qui a été
sauté, là, dans les articles qu'on a sautés précédemment. Notamment, j'imagine,
là, quant au menu, là, c'est un... c'est l'objectif ici de les inclure dans cet
article-ci. On n'aurait pas pu le faire autrement?
M. Roberge : Bien, on...
Peut-être, mais je ne vois pas... On n'a pas besoin de faire autrement. On
va... On va y aller de cette manière-là. On y va avec la notion de visage
découvert... sur lequel on va revenir plus tard, la notion de menu pour offrir
un menu qui ne soit pas exclusivement religieux, mais on va y revenir plus tard
aussi, les principes de la laïcité qui vont... qui vont s'appliquer. Encore une
fois, le principe du projet de loi, c'est que, lorsque c'est une institution
publique ou privée qui est subventionnée, la subvention vient avec certaines
conditions relatives à la laïcité. Ce n'est pas identique. Le réseau public, le
réseau privé ont parfois... Il y a quand même certaines modalités, mais disons
que l'argent public vient avec des conditions liées à la laïcité, c'est pour ça
que c'est visé ici.
Mme Cadet : Merci. OK. C'est
clair. Pour ce qui est du reste, ça me semble assez... Dans le fond, vous
dites, dans le fond... Parce que, là, tantôt on a suspendu quand même, donc,
des grands pans du projet de loi. ...qu'on fait un peu les choses à... bien, à
l'envers. Puis je comprends ce que... les amendements ne sont pas prêts. Puis j'y
ai consenti puis je consens toujours. Mais je me demande est-ce qu'on est prêts
à adopter l'article 19, considérant qu'on ne sait pas quelles obligations
va leur être imposées à la suite du dépôt des amendements? On peut l'étudier,
mais est-ce qu'on est mieux de... de le suspendre pour faire les choses dans l'ordre?
M. Roberge : Si vous
souhaitez le suspendre, là, moi, je peux comprendre aussi. Parce que, c'est
vrai, puis on est bon joueur, il y a des... des fois, des des articles qui s'en
viennent, puis on les saute, puis on travaille en collégialité. Si vous n'êtes
pas à l'aise tout de suite, moi, je ne vois pas d'objection à ce qu'on le
suspende.
Mme Cadet : Oui, s'il vous
plaît. Je pense qu'on est de suspendre pour le moment.
M. Roberge : Puis on... On l'a
lu. Puis, quand on reviendra, on pourra... on pourra l'adopter ensuite. Comme
vous voulez.
Mme Cadet : Parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
...alors, la lecture est faite, on y reviendra. Mais vous consentez à ce
que ce soit suspendu? Donc, consentement. On passe à l'article 20.
M. Roberge : Et...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 20.
M. Roberge : Oui. Et, encore
une fois, l'article 20, justement serait suspendu parce qu'il y a des
amendements qui s'en viennent.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...l'article 20? Consentement. On passe à l'article 21.
M. Roberge : 21. La Loi sur l'enseignement
privé (chapitre E-9.1) est modifiée par l'insertion, après l'article 78,
du suivant :
«78.1. Aucun agrément ne peut être accordé
à un établissement dont la prestation de services éducatifs prévus au régime
pédagogique durant les heures d'activité qui...
M. Roberge : ...consacrés, où
la prestation de services de garde est fondée sur des normes ou des préceptes
religieux, sur la transmission de convictions ou de croyances religieuses ou
sur la pratique religieuse, ni à un établissement qui pratique la ségrégation,
notamment en raison de critères religieux dans la sélection des élèves ou des
membres du personnel. Un agrément peut être évoqué en application de
l'article 123 en cas de non-respect des conditions prévues au premier alinéa.
Commentaire explicatif : Cet article introduit à la Loi sur l'enseignement
privé une disposition prévoyant qu'un agrément ne peut être accordé à un
établissement d'enseignement privé dont la prestation de services éducatifs ou
de services de garde inclut une dimension religieuse ou dont les élèves ou les
membres de son personnel sont sélectionnés en fonction de critères religieux.
Ainsi, un établissement d'enseignement
privé ne pourrait se voir accorder un agrément s'il propose des activités à
caractère religieux pendant les heures de classe ou, dans le cas d'une école
primaire, pendant les heures consacrées au service de garde. Le deuxième alinéa
prévoit le pouvoir du ministre de l'Éducation ou de l'Enseignement supérieur,
selon le cas, de révoquer un agrément existant en cas de non-respect de
conditions mentionnées au premier alinéa. Cette modification vise à établir un
niveau minimal de laïcité que doivent respecter les établissements privés
bénéficiant d'un financement public, en s'assurant que les services éducatifs
qu'ils offrent demeurent exempts de toute norme, pratique ou transmission à
caractère religieux. Je vous dirais qu'ici, on est dans la
recommandation 10 du rapport Pelchat-Rousseau.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il des interventions à
l'article 21?
Mme Cadet : Oui, à la... la
fin de l'article 78.1, pourquoi est-ce qu'on indique «notamment»,
«notamment en raison de critères religieux»?
M. Roberge : Excusez moi, je
ne vois pas votre terme «notamment», vous êtes à quelle ligne, là?
Mme Cadet : Oui, donc, à la
fin de 78.1, donc, si on a le même cahier, donc, à l'avant-dernière ligne,
donc, on... évidemment, aucun agrément ne peut être accordé, donc, à un
établissement, etc., etc., notamment en raison de critères religieux.
M. Roberge : OK, je veux
juste relire... reprendre la phrase pour comprendre.
Mme Cadet : Oui, allez-y, oui.
M. Roberge : La phrase, c'est
tout le paragraphe. Aucun agrément ne peut... Je vais le relire, ce n'est pas
grave. Aucun agrément ne peut être accordé à un établissement dont la
prestation de services éducatifs prévue au régime pédagogique durant les heures
d'activités qui y sont consacrées — ça, on en a parlé tantôt — ou la prestation
de service de garde est fondée sur des normes ou des préceptes religieux, sur
la transmission de convictions et de croyances religieuses ou sur la pratique
religieuse, ni un établissement qui pratique la ségrégation, notamment en
raison de critères religieux dans la sélection. Bon, bien, ce que ça dit, c'est
qu'on ne peut pas pratiquer la ségrégation d'aucune manière, mais on précise
qu'on ne peut pas faire de la ségrégation sur un critère religieux, que ce soit
pour les élèves ou les membres du personnel. On n'en veut pas d'autres, types
de ségrégation, là, évidemment, là, mais on précise ici, puisqu'on est dans la
Loi sur la laïcité, la notion de ségrégation, de sélection des élèves en
fonction de leurs croyances, par exemple.
Mme Cadet : Merci. Prestation
de services de garde, parce qu'effectivement, donc, tantôt, on a parlé du
principe de prestation des services éducatifs prévus au régime pédagogique
durant les heures d'activités. Donc, on a répondu aux questions que j'avais
précédemment, là, quant à cette terminologie-ci, maintenant, prestation de
services de garde. Pouvez-vous nous préciser, j'imagine, dans la Loi sur
l'enseignement privé ou le corollaire, là, dans la LIP, ce que l'on signifie
par prestation de services de garde? Parce que ça, on ne l'a pas vu à l'article
précédent.
M. Roberge : Bien, les
services de garde s'appliquent au primaire, au préscolaire et au primaire,
c'est ce qui se passe là.
• (12 h 10) •
Mme Cadet : Oui, c'est juste
pour préciser ma question, là, c'est que dans le fond, tantôt, on est venus
préciser ce qui était prévu au régime pédagogique, on a dit que c'était le
règlement numéro 8 de la LIP, de la Loi sur l'instruction publique,
l'article 25 de la LEP, on avait... on avait la notion de services
éducatifs puis de régime pédagogique qui s'appuyaient, là, sur ce règlement-là.
Donc, on est... on est venus préciser ce que ça, ça signifiait dans le régime
pédagogique, c'est vous-même qui l'avez lu, M. le ministre, on comprenait que
les deux récréations, que vous-même vous avez ajoutées, donc, à la Loi sur
l'instruction publique, ou du moins à ce règlement-là, que la période du dîner
aussi, ça, c'était exclu du régime pédagogique, donc, on a essentiellement venu
dire que «services éducatifs prévus au régime pédagogique durant les heures
d'activités», bien, ça, ça signifiait essentiellement les services
d'enseignement, ce qui est prévu à l'article 1 de la Loi sur
l'enseignement privé, puis ce vous avez appelé services complémentaires, donc
orthopédagogie, orthophoniste, psychoéducation, par exemple. Mais vraiment, on
est dans la prestation de services pédagogiques, ici, donc, ça, c'est quand
même très clair...
Mme Cadet : ...parce que, par
la suite, c'est facultatif à l'extérieur de ces heures-là. Maintenant,
prestation de services de garde, ma question, c'est de savoir, donc, dans notre
corpus législatif, est-ce qu'on le définit? Est-ce qu'on est en... on n'est pas
en inadéquation avec ce que vous nous avez précisé précédemment quant à
l'obligation, là, qui est émise dorénavant aux établissements qui sont
assujettis à la Loi sur l'enseignement privé.
M. Roberge :
L'article 62.1 de la Loi sur l'enseignement privé nous dit : «Un
établissement ne peut fournir des services de garde en milieu scolaire qu'aux
enfants à qui il dispense déjà les services d'éducation préscolaire, des
services d'enseignement au primaire.» Après ça... oui, on m'a fait lire cet
article-là, mais ça ne définit pas vraiment quel est le service de garde, là.
Il n'y a pas de définition pour le service de garde, on est...
Mme Cadet : Ni par règlement.
M. Roberge : Je confirme que
ça existe, un règlement sur la prestation des services de garde. Ça, c'est sûr
que ça existe.
Mme Cadet : Oui, parce que si
on vient dire «aucun agrément ne peut être accordé à un établissement à l'égard
de la prestation de services de garde, il faut que prestation de services de
garde soit définie.
M. Roberge : C'est sûr qu'on
l'a, j'ai déjà vu ce règlement-là sur la prestation des services de garde. On a
carrément une loi sur les services de garde.
Une voix : Oui, c'est ça.
M. Roberge : Voilà. On a
carrément une loi sur les services de garde à l'enfance. Mais le principe,
c'est que les enfants, parce que là on est dans des enfants, là, ce n'est pas
des adultes, là, puis on a des ados, mais ça ne reste pas des adultes.
Lorsqu'ils vont à l'école... Puis les services de garde, ça concerne surtout le
préscolaire puis le primaire. Quand ils sont dans une école qui est privée
subventionnée, bien, on ne va pas les forcer à être exposés à du prosélytisme
ou des activités de transmission de la foi.
Mme Cadet : Oui, ça, on l'a vu
à l'article précédent.
M. Roberge : Oui, c'est ça,
mais c'est... Par contre, si je vais... si les cours commencent à
8 h 30, puis je vais conduire mon enfant aux services de garde à
7 h 30, bien, il ne faut pas que, pendant une heure, l'enfant, dans
une école qui est subventionnée par l'État, se fasse, je ne sais pas trop,
convertir à telle ou telle religion ou se fasse dire qu'on va apprendre telle
prière, on va apprendre tel chant religieux, on va faire des... on va préparer
aux sacrements ou quelque chose comme ça, parce que ça irait contre l'esprit de
la loi ici qu'on travaille, qui est de dire que, lorsque le réseau est privé,
mais subventionné, bien, on ne peut pas forcer les jeunes à être exposés à des
préceptes religieux ou des manifestations religieuses, etc.
Mme Cadet : Ça, c'est très...
M. Roberge : Puis le service
de garde, c'est ça, le principe, donc c'est ça qu'on écrit ici.
Mme Cadet : Je vous entends
sur le principe, M. le ministre, c'est juste que, tantôt, dans l'article
précédent puis que... nous rappeler le numéro d'article qu'on a étudié
précédemment à cet égard, on est venu parler exclusivement des services
éducatifs prévus au régime pédagogique. Donc, c'est la conversation qu'on a eue
puis on est venu dire : Le reste, ça ne s'applique pas, parce que, bon, il
faut que ce soit facultatif d'une part, puis que ça se fasse de façon
facultative, donc, dans, bien, justement, donc, la période de dîner ou la
récréation. Puis là ce que je... bien, ce qui était peut-être sous-entendu dans
la conversation précédente, parce qu'effectivement nous ne l'avons pas abordé,
c'est que, si, pendant les services de garde, ça se fait de façon facultative,
moi, je comprenais que c'était exclu, là, de l'interprétation de l'article
précédent. Ici, on ne parle pas d'aspects facultatifs à 78.1, là, ce n'est pas
dans le libellé, mais on vient dire qu'il ne pourrait pas y avoir d'agrément
qui puisse être accordé ou renouvelé si ça se fait de façon facultative pendant
le service de garde.
Et là il y a comme une... Il semble y
avoir donc une inadéquation entre ce qu'on a discuté, ce dont on a discuté,
donc, l'étude de l'article précédent puis le fait qu'on vient de préciser la
prestation de services de garde ici, alors que l'obligation qu'on a nommée
tantôt ne s'appliquait pas à la période de services de garde, parce que c'était
juste le service pédagogique. D'ailleurs, on nous a dit oui pour des écoles
dont c'est la mission, donc, elles peuvent être rassurées parce que c'est la
volonté des parents. Puis, bien évidemment, il n'y a pas de choix des élèves ou
des membres du personnel exclusivement, donc, sur la base, donc, de critères
religieux. Donc, tout ça. Donc, s'ils respectent ces éléments-ci, ça, ça
fonctionne, mais là la prestation de services de garde, ça, on ne l'a pas
abordé.
M. Roberge : J'aimerais
suspendre pour...
M. Roberge : ...être sûr de
comprendre les tenants et aboutissants de ça, puis en discuter avec l'équipe.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 16)
(Reprise à 12 h 28)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, je comprends qu'on est en train de travailler sur un amendement.
Donc, compte tenu de l'heure, je vais
suspendre pour l'heure du dîner.
(Suspension de la séance à 12 h 29)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 21)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux. Donc, nous poursuivons l'étude...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...l'étude détaillée du projet de loi numéro neuf... Loi,
pardon, sur le renforcement de la laïcité au Québec. Au moment de notre
suspension en avant-midi, nous en étions presque au dépôt d'un amendement par
la députée de Bourassa-Sauvé. Nous avons l'amendement devant nous. Alors, je
vais vous demander, Mme la... à l'article 21, bien entendu, d'en faire la
lecture.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bon après-midi. Donc, je dépose l'amendement suivant à
l'article 21 : Au premier alinéa de l'article 78.1 de la Loi sur
l'enseignement privé (Chapitre E-9.1), proposé par l'article 21 du
projet de loi u :
1° supprimer «, ou la prestation de
services de garde,»;
2° remplacer «ségrégation, notamment en
raison de critères religieux» par «ségrégation en raison de critères
religieux».
78.1, donc j'en fais la lecture, donc, se
lirait comme suit tel qu'amendé :
«Aucun agrément ne peut être accordé à un
établissement dont la prestation de services éducatifs prévus au régime
pédagogique durant les heures d'activités qui y sont consacrées est fondée sur
des normes ou des préceptes religieux, sur la transmission de convictions ou de
croyances religieuses ou sur la pratique religieuse ni à un établissement qui
pratique la ségrégation en raison de critères religieux dans la sélection des
élèves ou des membres du personnel.
«Un agrément peut être révoqué en
application de l'article 123 en cas de non-respect des conditions prévues
au premier alinéa.»
Donc, Mme la Présidente, commentaire.
Donc, nous nous souvenons, donc, des discussions que nous avions préalablement
à la suspension sur le vocable, là, la proposition ou la prestation de services
de garde. Donc, effectivement. Donc, comme je le mentionnais, donc, l'article
qui encadrait, donc, les pratiques dites interdites ne comprenait pas la
prestation de services de garde. Donc, c'est la raison principale pour laquelle
je dépose cet amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : La preuve que les travaux hors ondes sont fructueux. Alors,
est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En conséquence, est-ce que l'article 21, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à... On passe donc à
l'article 22. M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien. 22.
L'article 123 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Le ministre peut également, de son propre
chef, révoquer un agrément s'il estime que l'établissement ne se conforme pas
aux conditions prévues au premier alinéa de l'article 78.1.»
Commentaire explicatif : Cette modification
prévoit le pouvoir du ministre de l'Éducation ou de l'Enseignement supérieur,
selon le cas, de révoquer de son propre chef un agrément en cas de non-respect
de l'article 78.1, c'est-à-dire sans devoir consulter au préalable la
Commission consultative de l'enseignement privé.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Commentaires... ah, sur l'article 22? Mme la députée
de Mont-Royal Outremont.
Mme Setlakwe : Exactement.
Merci, Mme la Présidente. Oui. Bien, je reviens, là, en commission aujourd'hui.
Plaisir de vous retrouver. Ici, je comprends que c'est en lien avec l'article
qu'on vient d'examiner. C'est dans une situation exceptionnelle où le ministre
peut révoquer, de son propre chef, un agrément sans passer par la Commission
consultative de l'enseignement privé, dans un cas bien spécifique, c'est bien
ça?
M. Roberge : Oui, c'est ça.
C'est la suite logique de ce qu'on vient de faire à l'article 21. Sauf
que, dans le texte de loi, actuellement, si on n'adoptait pas 22, il faudrait
passer par la Commission de l'enseignement privé. Or, dans ce cas-ci, ça serait
un motif suffisant pour que le ministre ou la ministre puisse agir. Donc, c'est
pour ça qu'on rajoute un dernier paragraphe à l'article 123 de la Loi sur
l'enseignement privé.
Mme Setlakwe : Qu'est-ce qui
justifie, là, selon vous, le... ce régime distinct? Parce que le... On comprend
que la règle... la règle générale qui s'applique, c'est qu'on passe par la
Commission consultative de l'enseignement privé. Pourquoi, ici, on fait une
distinction?
M. Roberge : Bien, parce que,
là, on parle de motifs express prévus dans la loi qui touchent davantage à la
laïcité. Quand on regarde l'article 123 actuel, ça dit :
«Le ministre peut, après consultation de la
commission, modifier ou révoquer un agrément aux fins de subventions :
«1° lorsque l'agrément a été accordé sur
la foi de renseignements faux ou trompeurs;
«2° lorsque l'établissement ne se conforme
pas aux conditions, restrictions, interdictions qui lui sont applicables; ou
«3° s'il estime qu'un changement dans la
situation de l'établissement le rend nécessaire compte tenu des motifs sur
lesquels est fondé l'agrément.»
C'est des choses... c'est des motifs sur
lesquels se penche la commission. Tandis que, là, on est davantage sur la
question de la laïcité. Ce n'est pas la commission qui se pencherait sur cette
question-là de toute manière.
Mme Setlakwe : Très bien.
Est-ce que ce libellé se trouve ailleurs dans d'autres... d'autres textes de
loi?
M. Roberge : Je m'excuse, je
n'ai pas compris.
Mme Setlakwe : Est-ce que le
libellé en question se trouve ailleurs dans d'autres textes de loi...
M. Roberge : ...le libellé
disant : Le ministre peut également, de son propre chef, révoquer...
Mme Setlakwe : Oui.
M. Roberge : Bien, je ne
crois pas parce que c'est très spécifique à l'enseignement privé ici, là.
Mme Setlakwe : Non, c'est ça.
Donc, il n'y a pas de... Non, je comprends. C'est ça, ce n'est pas dans une
autre... une autre loi relative à l'éducation, on est en plein dans l'éducation
ici. OK, je comprends. Puis... Non, voilà, je n'ai pas autre chose, Mme la
Présidente. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pas d'autre intervention. Est-ce que l'article 22 est
adopté.
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe à l'article 23. M. le ministre.
M. Roberge : 23.
L'article 4 de la Loi sur l'exécutif (chapitre E-18) est modifié par
l'ajout, à la fin du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«41° un ministre responsable de la
Laïcité.»
Commentaire explicatif : Cet article
modifie la Loi sur l'exécutif afin de pérenniser le titre de ministre
responsable de la Laïcité. C'est en concordance avec un autre article qu'on a
adopté tout à l'heure, qui allait dans cette direction-là, l'article 18.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article 23?
Mme Setlakwe : Merci. Là, je
vois que c'est de la concordance.
M. Roberge : Oui.
Mme Setlakwe : Juste
peut-être expliquer, pour les fins des archives ici, là, quelle est la Loi sur
l'exécutif et pourquoi on fait ce changement, pourquoi on y ajoute un ministre
responsable de la Laïcité.
M. Roberge : Bien, la Loi sur
l'exécutif désigne toutes les responsabilités ministérielles qui doivent être
accordées à des personnes parce qu'il y a des titulaires de responsabilité.
Parfois, ce sont des ministres en titre, parfois ce sont des ministres
responsables de ça, dépendamment si c'est un ministère ou un secrétariat. Mais
chacune de ces fonctions-là doit être attribuée à quelqu'un. Une personne peut
cumuler plusieurs titres ou plusieurs fonctions. Et là on précise que, lors de
la formation d'un Conseil des ministres, on ne peut pas ne pas avoir un
ministre responsable de la laïcité. C'est tout à fait logique puisque la loi va
dans ce sens-là puis il faut bien qu'il y ait quelqu'un qui soit responsable de
cette loi-là, de la faire appliquer, etc. Je ne dirai pas que c'est de la
concordance, mais je dirais que c'est de la logique.
Mme Setlakwe : Merci. Vous me
permettrez, Mme la Présidente, juste une question dans le texte introductif. Je
sais que ce n'est pas une modification, mais moi, je n'avais jamais vu ces
mots-là dans le corpus. C'est usuel, ça se trouve ailleurs, ça, «durant bon
plaisir»?
M. Roberge : Pardon? Durant
quoi?
Mme Setlakwe : «Durant bon plaisir»,
dans le texte de loi, le texte introductif.
M. Roberge : OK.
Mme Setlakwe : Mais c'est
peut-être mon œil d'avocate qui trouve ça intéressant, là, mais est-ce qu'on
peut nous expliquer...
M. Roberge : Effectivement,
texte actuel, le lieutenant-gouverneur peut nommer, sous le grand sceau du
Québec...
Mme Setlakwe : Qu'est-ce que
ça veut dire?
M. Roberge : ...au nombre,
les fonctionnaires suivants qui restent en office durant bon plaisir. Ah,
durant... Bon, oui, je pense, c'est une formulation très ancienne. Ce que ça
veut dire, c'est jusqu'à ce qu'il y ait un nouveau remaniement, là. Mais bon,
je vous dirais que c'est peut-être un relent d'un vieux français.
Mme Setlakwe : C'est
probablement ça.
M. Roberge : C'est charmant,
je trouve.
Mme Setlakwe : On peut dire
que c'est charmant. Les légistes sont d'accord avec ça? C'est une expression
plutôt ancienne, c'est ça?
M. Roberge : Je ne sais pas
la loi, elle date de quand, mais, disons, elle ne pose pas de problème.
Des voix : ...
M. Roberge : Peu importe, là,
on ne changera pas la formulation. Ce n'est pas ça, l'objet du projet de loi
sur la laïcité.
Mme Setlakwe : Je sais.
M. Roberge : Non, mais je le
sais que vous le savez.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 23?
Mme Setlakwe : Merci. Non,
c'est correct.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Non. Alors, est-ce que l'article 23 est, de bon plaisir, adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, on passe à...
M. Roberge : Poursuivons sur
ce ton guilleret avec l'article 24. L'article 96.21.1 de la
Loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3), modifié par l'article 23
du chapitre 29 des lois de 2025, est de nouveau modifié par le
remplacement de «Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de
l'État et visant notamment à encadrer les demandes d'accommodements pour un
motif religieux dans certains organismes (chapitre R-26.2.01)» par «Loi
favorisant la neutralité religieuse notamment dans l'espace public (indiquer
ici l'année et le numéro de chapitre de la présente loi ainsi que le numéro de
l'article de cette loi qui édicte la Loi favorisant la neutralité religieuse
notamment dans l'espace public)».
• (15 h 30) •
Donc, commentaire explicatif : Cet
article apporte une modification de concordance à l'article 96.21. 1 de la
Loi sur l'instruction publique, édictée par la Loi visant notamment à renforcer
la laïcité dans le réseau de l'éducation et modifiant diverses dispositions
législatives.
Cette modification consiste à remplacer la
référence à la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l'État
et visant notamment à encadrer les demandes d'accommodement pour un motif
religieux dans certains organismes, abrogée par l'article 26 du présent
projet de loi par la Loi favorisant la neutralité religieuse, notamment dans
l'espace public, édictée par l'article 27 du présent projet de loi.
Ça fait que, bref, on remplace les...
15 h 30 (version non révisée)
M. Roberge : ...noms de loi l'un
par l'autre, tout simplement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends, là, ici, on est vraiment dans la... dans la concordance, mais par
rapport à une loi édictée dont on n'a pas encore fait l'étude détaillée, et ça
s'en vient.
M. Roberge : C'est vrai, elle
s'en vient. Vous avez raison.
Mme Setlakwe : Dans ce temps-là,
Mme la Présidente, est-ce que vous jugez qu'il faut le suspendre, étant donné
que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est votre... Est-ce que vous désirez suspendre l'article?
Mme Setlakwe : Bien, je
pense... Ce que je comprends... La loi édictée, l'étude détaillée de la
nouvelle loi édictée, on va y venir, et je pense qu'un des commentaires sera le
titre même de la loi. On a eu des commentaires à l'effet qu'à sa face même ou à
la lecture du titre, «favorise la neutralité religieuse, notamment dans l'espace
public», je pense qu'il va y avoir une discussion, même de fond, à savoir :
est-ce qu'on peut parler de neutralité religieuse dans l'espace public? En tout
cas, je pense qu'il y a une discussion à y avoir aussi dans le libellé du
titre. Il me semble que c'était un commentaire qu'on avait eu, là, que c'était
même peut-être une contradiction ou des mots qui ne sont pas opportuns, là, d'utiliser
ensemble. Donc, je ne sais pas si vous voulez adopter un article de concordance
quand le titre... peut-être qu'il ne va pas faire l'objet d'une discussion.
M. Roberge : Si... Moi, je n'ai
aucun problème, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il serait de bon aloi de suspendre.
M. Roberge : ...si ma collègue
veut le suspendre. D'ailleurs, sur l'article qui donne le titre du loi... de la
loi, tout à l'heure, on devra suspendre aussi parce que nous sommes en train de
rédiger un article, donc, tenant compte des propositions des membres lors des
auditions, exactement ce que vous dites. On est d'accord pour apporter une
modification au nom de cette loi-là.
Une voix : ...
M. Roberge : Je ne suis pas
encore prêt à déposer cet amendement-là, mais, si vous voulez qu'on suspende 24...
je n'ai pas d'enjeu si vous le souhaitez.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, consentement pour suspendre?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. M. le ministre, on passe donc à l'article 25.
M. Roberge : Très bien, merci.
«25. La Loi sur la liberté des cultes (chapitre L-2) est abrogée.»
Commentaires explicatifs : Cet
article abroge la Loi sur la liberté des cultes puisqu'il s'agit d'une loi
ancienne dont les dispositions sont désuètes, au bon plaisir, comme on a dit
tout à l'heure. Quand on la regarde, c'est assez particulier. Donc, cette loi
est abrogée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article 25?
Mme Setlakwe : ...oui, donc,
pas de... pas de commentaire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que l'article 25 est adopté? Adopté. On passe à l'article
26.
M. Roberge : «26. La Loi
favorisant le respect de la neutralité religieuse de l'État et visant notamment
à encadrer les demandes d'accommodements pour motif religieux dans certains
organismes est abrogée.»
En commentaires explicatifs : Cet
article abroge la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l'État
et visant notamment à encadrer les demandes d'accommodements pour un motif
religieux dans certains organismes. Les dispositions de cette loi, relative au
devoir de neutralité des membres du personnel, ont été intégrées à la Loi sur
la laïcité de l'État par l'article 3 du présent projet de loi. Les dispositions
relatives aux demandes d'accommodements pour motifs religieux ont été intégrées
à la Loi favorisant la neutralité religieuse notamment dans l'espace public,
édictée par l'article 27 du présent projet de loi.
Bon. On s'entend que, dans ce cas-là, le
titre pourrait changer, mais il reste que certains éléments ont été intégrés à
l'article 3 de la Loi sur laïcité de l'État. D'autres seront intégrés par la
nouvelle loi, qui pourrait changer de nom, mais peu importe, c'est une nouvelle
loi qui est édictée, on y arrive. Mais, de toute façon, c'est certain qu'on
abroge la loi au titre qui ne finit plus.
Mme Setlakwe : La loi de 2017.
M. Roberge : Oui, la loi de
2017.
Mme Setlakwe : L'avions-nous
baptisée ainsi?
M. Roberge : Merci, merci.
Vous aviez raison, la loi de 2017.
Mme Setlakwe : OK, donc, quoi
qu'il en soit, cette loi-là...
M. Roberge : Est abrogée.
Mme Setlakwe : ...son contenu
sera réparti ailleurs, ça fait qu'on n'a pas besoin de suspendre, madame...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon?
Mme Setlakwe : Non, je ne
pense pas que l'argument qui demandait de suspendre l'article précédent s'applique
ici, donc pas de commentaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le titre n'est pas dedans. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur l'article 26? S'il n'y a pas d'autre commentaire, l'article 26
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. L'article 27. M. le ministre.
M. Roberge : 27. La Loi
favorisant la neutralité religieuse notamment dans l'espace public, dont le
texte figure au présent chapitre, est édictée.
«Loi favorisant la neutralité religieuse notamment
dans l'espace public
«Chapitre I
«Objet
Donc, commentaire explicatif : L'article 27
du projet de loi édicte la Loi favorisant la neutralité religieuse notamment
dans l'espace public.
Cette loi prévoit un cadre normatif qui
favorise le vivre-ensemble et soutient le modèle d'intégration nationale.
Pour ce faire, elle établit notamment les
règles concernant les pratiques religieuses dans l'espace public, la...
M. Roberge : ...de culte et le
traitement des demandes d'accommodement pour un motif religieux. Au total,
cette loi contient 15 articles, afin d'en faciliter l'étude, nous proposons de
scinder cet article en examinant individuellement chacune des dispositions
proposées. Je propose qu'on puisse adopter cette partie-là parce qu'il y a un
autre endroit... C'est à quel endroit qu'on y va sur le nom? C'est-tu celui-là?
C'est...
Une voix : ...à la fin, à la
toute fin qu'on va modifier le nom partout dans le projet de loi.
M. Roberge : OK, donc on
pourrait... Ce que vous me dites... juste ce que... ce qu'on me dit, ce qu'on
me souffle à l'oreille, c'est qu'on peut avancer, puis à la toute fin, il y
aura un article qui va proposer un nouveau nom sur lequel on s'entendra, qui va
modifier, à la grandeur du projet de loi, le nom.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...de toute façon, c'est toujours à la fin, dans tous les
cas.
M. Roberge : C'est toujours à
la fin.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
M. Roberge : OK, ça fait qu'on
peut, on peut... on pourrait adopter ceci puis ça ne poserait pas d'enjeu.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Oui.
M. Roberge : OK. Parce que
dans le fond, après on va... ça, on bâtit l'architecture de cette loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est ça. Oui.
M. Roberge : On peut y aller.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
C'est ça.
M. Roberge : C'est bon?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce que...
Des voix : ...
17949
19285
Mme Setlakwe : Je
dirais que... moi, j'aurais pensé qu'on le suspendait, mais... mais plus tard,
on va arriver...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...articles, puis on va revenir. OK?
Mme Setlakwe : Je comprends.
OK, très bien.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, vous allez lire l'article 1. Allez-y.
M. Roberge : Article 1.
La présente loi a pour objet de favoriser et de promouvoir le vivre ensemble en
cohérence avec le modèle d'intégration nationale, dans le respect de la liberté
de conscience et de la liberté de religion de chacun. Elle a aussi pour objet
de prévoir les critères devant être pris en considération dans le traitement des
demandes d'accommodement pour un motif religieux découlant de l'application du
droit à l'égalité.
Commentaire explicatif :
L'article 1 proposé de la Loi favorisant la neutralité religieuse,
notamment dans l'espace public, expose les objectifs de cette loi. Le premier
objectif consiste à favoriser le vivre-ensemble en établissant des règles qui
garantissent le droit à la liberté de religion et le droit à la liberté de
conscience en aménageant les... et en aménage l'exercice, excusez-moi. Le
deuxième objectif consiste à prévoir les critères qui balisent le traitement de
toute demande d'accommodement pour un motif religieux. Il s'agit du même
objectif poursuivi par le chapitre 3 de la Loi favorisant la loi de 2017,
disons comme ça, à laquelle est abrogée par l'article 26 du projet de loi,
ce qu'on vient... ce qu'on vient de dire. Donc, là, on est en train de créer
une nouvelle loi, l'article un.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Question... question, commentaire sur l'article 1?
Mme Setlakwe : ...commencer
une discussion sur le fond, je comprends très bien que cet article ne fait
qu'énoncer les deux objectifs des... de cette nouvelle loi, dont les
dispositions viennent, évidemment, dans les articles qui suivent. Mais
j'aimerais tout de même vous entendre, M. le ministre, sur... Commençons par le
premier objectif qui est de favoriser et de promouvoir le vivre ensemble. Vous
vous souviendrez comme moi qu'on a eu, donc, des gens qui sont venus en
consultation qui remettent en question ou qui mettent de l'avant des
conséquences potentiellement négatives et qui sont même venus dire : Si
vous touchez... si vous édictez cette loi que vous proposez, si vous vous
mettez de l'avant ces dispositions, il pourrait y avoir l'effet inverse de ce
qui est souhaité, donc, ma première question, peut-être, pour commencer la
discussion, c'est : J'aimerais vous entendre sur quel est l'objectif que
vous recherchez par cette loi, et tel... puis c'est énoncé noir sur blanc, là,
dans le libellé : Notre objectif est de favoriser et de promouvoir le
vivre ensemble. Donc, comment estimez-vous que vous y arrivez avec... avec
ce... cette loi édictée?
M. Roberge : Je pense que le
vivre ensemble est favorisé lorsque le contrat social est clair puis repose sur
des principes, les principes qui sont connus de tous et qui sont rassembleurs.
Donc, un peu de la même manière qu'on a fonctionné quand on a adopté la Loi sur
le modèle d'intégration à la nation québécoise, on énonce des grands principes,
des grandes valeurs, puis après ça, on édicte un cadre qui... qui va permettre
de rassembler le plus grand nombre en misant sur ce qui nous rassemble. Donc,
je pense que c'est comme ça qu'on va favoriser le vivre-ensemble.
• (15 h 40) •
Mme Setlakwe : Qu'est ce que
vous répondez aux deux unions, aux deux associations qui représentent les
municipalités qui sont venues nous dire : On a peur que, justement, ça
crée des problématiques puis qu'on... on vienne fragiliser le vivre ensemble
qui fonctionne bien, nous, ils disent : Nous, ce qu'on constate sur... sur
nos territoires des municipalités, c'est que...
Mme Setlakwe : …premièrement,
les demandes se font rares, puis les demandes pour occuper l'espace public,
parce que c'est de… c'est de ça dont il s'agit ici, c'est... c'est le... c'est
l'espace public. Le cadre actuel nous permet de gérer les demandes qui sont…
qui émanent de la population. Et, si on vient changer les règles du jeu puis
qu'on force… qu'on… oui, qu'on oblige les municipalités à tenir ces discussions
ou à tenir le… oui, à tenir les discussions dans le cadre d'un conseil
municipal, ça pourrait venir fragiliser le vivre-ensemble. Vous l'avez entendu
comme moi, là, durant les consultations. Vous leur répondez quoi aux maires qui
sont venus s'exprimer au nom en fait de toutes les municipalités au Québec?
M. Roberge : Bien, en fait,
il y a eu l'Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des
municipalités, ils ne nous ont pas donné tous les deux le même son de cloche.
Les deux avaient des enjeux sur la manière dont était formulée la loi, et on va
y arriver un peu plus tard dans cette… à l'intérieur de cette nouvelle loi là,
là, qu'on rebaptisera, on va y arriver un peu plus tard, il y avait des enjeux
sur la manière dont c'était libellé, notamment qu'ils utilisaient le terme
«politiser». Le fait que chaque décision devait passer en conseil municipal,
c'est un enjeu pour eux. On a tenu compte de ça et ça fera partie des articles
qui devront être suspendus tantôt, quand on arrivera précisément sur la
question, exactement, là, des manifestations religieuses dans nos rues et nos
parcs, et j'ai un amendement que je pourrai déposer vraisemblablement
valablement demain, qui n'est pas encore à point, là. Donc, on va tenir compte
de leurs préoccupations et… et voilà. Ils ne nous ont pas tous… les deux
unions, là… La Fédération québécoise des municipalités puis l'Union des
municipalités ne nous ont pas dit exactement la même chose, certains — puis
il y avait plusieurs intervenants à chaque fois — certains disaient
qu'il n'y a aucun enjeu, on a tout ce qu'il faut, puis d'autres me disaient ça
prend des balises plus claires, mais on ne veut pas le politiser. Donc, on va
essayer de répondre à ça, à ces préoccupations-là exprimées dans le cadre des
amendements qu'on apportera au projet de loi. On était à l'écoute de ce que les
gens ont dit.
Mme Setlakwe : Je comprends.
D'ailleurs, j'ai le mémoire sous les yeux, puis effectivement il y avait des...
certains de leurs commentaires s'appliquent ou visent précisément des articles
qui ont été suspendus, notamment l'article 9. C'est ça?
M. Roberge : 9 de la loi
actuelle?
Mme Setlakwe : L'article 9
de la… oui, du projet de loi n° 9, on l'a... Il a été suspendu. C'est
ce que je comprends. Ce que je suis en train de dire, c'est que j'ai le mémoire
de l'UMQ sous les yeux puis…
M. Roberge : Non, il n'est
pas suspendu, le 9.
Mme Setlakwe : …il traite
de...
M. Roberge : 9… 9 n'a pas été
suspendu.
Mme Setlakwe : Non, OK, c'est
fait, c'est réglé.
M. Roberge : Mais peu
importe.
Mme Setlakwe : Ils sont dans…
OK. Donc, mon commentaire… OK, on va venir plus tard au débat. Mais ce que vous
dites, c'est que, dans 9, vous allez avoir des… des amendements.
M. Roberge : Ah! 9, excusez-moi.
Oui, 9 de…
Mme Setlakwe : Mais on est
dans la loi édictée.
M. Roberge : …9 de… oui, très
bien, 9 de la loi qu'on… qu'on travaille en ce moment.
Mme Setlakwe : Oui.
M. Roberge : On arrive, on
arrive. C'est quoi? C'est à quel article qu'on a un amendement?
Une voix : ...
M. Roberge : Pardon?
Une voix : ...
M. Roberge : Parce que c'est
à l'article 2 du chapitre… Là, on est à l'article 1, là. Mais, dans
le fond, vous me parlez plus précisément de l'article 2, le prochain…
Mme Setlakwe : Le prochain.
M. Roberge : …où on parle des
municipalités. Donc, c'est… c'est à l'amendement sur… à l'article suivant qui
sera suspendu, avec votre permission, le temps qu'on dépose un amendement.
Mais je veux juste dire qu'on a été
attentifs...
Mme Setlakwe : Je comprends.
M. Roberge : …à ce qui a été
exprimé, puis on arrivera… Des fois, on a un objectif puis on trouve un chemin différent
pour l'atteindre puis c'est à voir. Voilà ce que je peux vous dire à ce
moment-ci.
Mme Setlakwe : OK, je
comprends. Donc, ici, on est en train d'énoncer un objectif, puis là on en
parle, puis c'est important de… de comprendre l'intention du législateur de
façon générale, mais l'intention du législateur pour favoriser et promouvoir le
vivre ensemble va se décliner dans des articles à venir, à suivre, qui vont
faire l'objet de modifications. C'est ce que je comprends.
M. Roberge : Bien, dans
certains cas, je n'ai pas…
Mme Setlakwe : Dans certains
cas.
M. Roberge : … je n'ai pas
une liasse d'amendements.
Mme Setlakwe : Oui, oui, oui.
M. Roberge : Mais celui-là
précisément sur le comment la municipalité, oui, j'ai… j'ai un amendement à
proposer. Mais là, à l'article 1 que nous regardons, on est dans les
principes. Pourquoi on fait ça? Pour le vivre-ensemble, en cohérence avec le
modèle national, dans le respect de la liberté de conscience et de religion,
puis dans le but de… de baliser les demandes d'accommodement pour motif
religieux. Donc, voilà l'intention puis après ça, bien, on va discuter
ensemble, point par point, de comment on peut y arriver.
Mme Setlakwe : Merci. Mais ce
premier… ce premier alinéa, le libellé choisi, est-ce qu'il existe déjà? Je
pense que… Est-ce que vous vous êtes inspiré d'un libellé qui est prévu
ailleurs dans le… dans des lois en vigueur ou dans des lois qui sont abrogées…
Mme Setlakwe : ...ou c'est un nouveau...
c'est un tout nouveau libellé, ça, de dire spécifiquement qu'on veut favoriser
et promouvoir le vivre-ensemble.
M. Roberge : On pourrait
vérifier. Je sais qu'on parle... est-ce que c'est écrit comme ça? Làm je ne
peux pas vous le dire, mais dans notre loi sur... qui édicte notre modèle
d'intégration à la nation, on fait beaucoup référence à la promotion du
vivre-ensemble. Mais je ne peux pas vous dire si c'est phrasé exactement comme
ça, là, mais... et d'ailleurs c'est logique, là, on le promouvoit en cohérence
avec le modèle d'intégration nationale, le modèle d'intégration national visant
la promotion du vivre ensemble, donc l'un dans l'autre, là, c'est des lois qui
se parlent.
Mme Setlakwe : Qu'est-ce que
vous avez entendu dans vos consultations, dans vos discussions, dans vos...
dans vos réunions qui ont mené au dépôt de ce projet de loi neuf, qui édicte
une nouvelle loi, qui vous qui vous amène à légiférer davantage ou à proposer
des dispositions législatives supplémentaires? En quoi est-ce que ce vivre
ensemble actuellement, là, sans le projet de loi neuf, en quoi il est
potentiellement fragilisé?
M. Roberge : Bien, je pense
que quand il y a des sentiments d'injustice dans l'application des règles sur
les accommodements qu'on... qu'on qualifie des fois d'accommodements
raisonnables ou déraisonnables, je pense que ça peut compromettre le vivre
ensemble au sein d'organisations, d'entreprises, des gens qui comprennent mal
pourquoi telle ou telle personne peut avoir des accommodements ou des
privilèges sur des règles qui ne sont peut-être pas suffisamment claires.
C'est... le rapport Pelchat-Rousseau en parlait aussi, qu'il y avait peut-être
un manque de clarté dans la loi de 2017, disons le comme ça, que les gens ne
saisissaient pas bien tous de la même manière le sens des choses. Et après,
bien, si on dit : Bien, pourquoi cette personne-là? Pourquoi pas moi? Mon
ami dans une autre entreprise, situation semblable, décision différente. Je
pense que ça ne favorise pas le vivre-ensemble. Puis même chose pour ce qu'on
appelle les manifestations religieuses dans les espaces publics, les rues, les
parcs, qu'on appelle des fois les prières de rue. Encore une fois, des gens qui
circulent puis qui se disent, bien pourquoi je ne peux pas circuler? Comment ça
se fait? Pourquoi cette rue-là est transformée en lieu de culte? On n'est pas
habitué à ça, il me semble que ça ne respecte pas les droits et libertés des
uns et des autres. Ce n'est pas quelque chose qui favorise le vivre-ensemble.
Donc, je pense qu'il faut régler ces choses-là en clarifiant le contrat social.
L'objectif, je vous dirais, de cette loi qu'on édicte à l'intérieur de notre
grand projet de loi, c'est de clarifier les choses dans le respect des
principes.
Mme Setlakwe : J'ai retenu,
Mme la Présidente, deux choses. Donc, traiter de situations qui peuvent être
perçues comme injustes ou clarifier les règles pour éviter qu'il y ait un
sentiment d'injustice et, deuxièmement, j'ai entendu... bon, certaines
personnes se demandent : Ah! pourquoi je suis témoin de... vous avez bien
dit d'une rue ou d'une portion de rue qui est transformée en lieu de culte.
Qu'est-ce que vous avez entendu spécifiquement, là, qui ne peut pas être...
parce qu'on parle d'occupation du domaine public, on parle dans le fond d'ordre
public. Les villes et les services de police ont déjà des outils pour traiter
de l'ordre public, de l'occupation du domaine public. Donc juste préciser votre
pensée, là, quelle est la la problématique ou la problématique en devenir qui
vous a été rapportée et qui vous mène à légiférer sur sur l'occupation du
domaine public comme ça?
M. Roberge : Bien, on l'a vu.
C'est arrivé à plusieurs reprises à Montréal. On a vu des gens qui s'accaparent
soit les parcs, soit les... soit les rues, et ça a créé des malaises et les
Québécois ont réagi fortement. Puis il y a même des sondages, là, c'est
81 % des Québécois sont d'accord, soit pour interdire totalement ou
autoriser, en certaines circonstances, ce type de manifestation-là et le projet
de loi va dans cette direction-là. Il n'est pas dans l'interdiction pure, il
est dans l'interdiction, mais avec des autorisations à certaines circonstances.
Donc, on... 81 %, c'est énorme, là. C'est comme il y a une grande majorité
de Québécois qui souhaitent qu'on balise et qu'on clarifie. Essentiellement,
c'est une clarification du contrat social. Quand on dit : Bien, il
faudrait interdire ou mieux encadrer ou baliser, ce n'est pas parce que tout
est clair. Quand les Québécois disent, 81 % disent : Il faudrait
mieux encadrer, mieux baliser. C'est parce que manifestement, ce n'est pas très
clair, ça ne fonctionne pas très, très bien.
• (15 h 50) •
Mme Setlakwe : OK, mais là,
on...
Mme Setlakwe : ...très bien.
Pour le bénéfice, justement, des Québécois qui s'inquiètent, pouvez-vous
expliquer pourquoi il y a lieu de prévoir des dispositions législatives
additionnelles aujourd'hui? Et donc en quoi est-ce que les pouvoirs des
autorités... Parce que, là, si vous souhaitez légiférer, c'est que vous devez
constater que les outils, les... les mesures à la disposition des autorités
actuelles ne sont pas suffisantes. Donc, en quoi... Expliquez aux Québécois en
quoi elles ne sont pas adéquates, elles ne sont pas suffisantes pour gérer
l'occupation de l'espace public. Il y en a, des... Il y en a déjà, des
dispositions sur l'ordre public dans notre corpus législatif. Je ne me trompe
pas.
M. Roberge : Bien, c'est
quelle, c'est-tu la FQM ou l'AMQ, je pense, c'est la FQM qui est venue nous
dire qu'il fallait absolument des balises plus claires. C'est eux qui sont sur
le terrain et qui... C'est-tu la FQM ou l'AMQ? Attends, je vais le trouver. Au
lieu de... Je ne veux pas me tromper puis de me faire dire : Non, on n'a
pas dit ça. ...j'avais pris les notes, là. Oui. C'est la... la FQM qui ont
dit : On veut des balises plus claires, on ne veut pas être pris pour
gérer ça en conseil municipal semaine après semaine, il faudrait des balises.
Donc, ils sont allés dans cette direction-là. Et les Québécois veulent que ce
soit balisé. Les élus veulent qu'on les aide à baliser ça. Alors, il me semble
que ça tombe sous le sens que, lorsqu'on fait un projet de loi qui s'intéresse
exactement à ce sujet-là, on s'en occupe. Les Québécois s'attendent à ça.
Mme Setlakwe : Mais je ne
suis pas sûre d'avoir reçu une réponse à ma question, Mme la Présidente. Il
faudrait qu'on explique quand même aux Québécois qu'est-ce qui va... quelles
sont les lacunes des... avec... avec les mesures actuelles. En quoi la
législation actuelle ne permet pas aux autorités de régler des situations
d'occupation de l'espace public? En quoi est-ce que l'ordre public aujourd'hui
n'est pas suffisamment réglementé... En quoi... Qu'est-ce qui manque aux
autorités? Qu'est-ce qui leur manque?
M. Roberge : Bien, des
balises plus claires. Et les balises s'en viennent à l'article deux et à
l'article trois.
Mme Setlakwe : J'ai ici,
là... Moi, ce n'est pas du tout... OK. J'entends deux choses, là. Vous
souhaitez répondre à une préoccupation des Québécois, mais peut-être que ça
vaut la peine quand même de se demander est-ce que les outils actuels sont...
ont démontré leurs limites, ce qui, je ne pense pas, a été démontré, mais en
tout cas, vous ne me l'avez pas expliqué. Mais juste pour... Premièrement...
mais deuxième point, la FQM et l'UMQ parlaient d'une seule et même voix. Moi,
c'est ma compréhension. Ils ont dit : Nous avons déjà les outils pour
assurer qu'on puisse intervenir, là, lorsque la libre circulation des citoyens
est affectée. Pas besoin d'une loi pour leur dire, les outils juridiques sont
déjà en place.
Puis, si jamais ça dérapait? Puis
évidemment personne ne veut ça, là, que ces situations-là mène à des... à de la
violence ou à un discours haineux. Il me semble que, si ça arrive, on a des
lois qui s'appliquent puis que les policiers sont censés intervenir. Donc,
est-ce que vous voulez préciser davantage votre pensée? Pourquoi il faut
légiférer aujourd'hui? En quoi les outils actuels ne sont pas suffisants?
M. Roberge : Mais on le
voit... On le voit. Il y a des gens qui s'arrêtent et qui prennent possession
d'un parc ou d'une rue sans... sans permis, sans autorisation. Des fois, ça
peut même être un geste de provocation en allant le faire directement devant la
cathédrale, la basilique Notre-Dame à Montréal. D'autres fois, on bloque la
rue, on bloque la voie publique, pas de parcours, pas d'autorisation, pas de
sécurité, pas rien. Et on exclut les femmes de cette manifestation-là. Et soit
qu'elles ne peuvent pas participer ou sont en arrière. J'ai vu des images des
gens avec des mégaphones qui repoussaient les gens. Les gens ne peuvent pas
circuler normalement. Alors, si on me dit : Il y a toutes les règles pour
que ça n'arrive pas, bien, moi je vous dis que la preuve est faite, là. Je veux
dire, depuis, quoi, deux ans, à peu près, on a vu apparaître ce type de choses
qu'on n'avait pas. Et manifestement les mécanismes actuels ne nous prémunissent
pas contre ce genre de dérapage. Manifestement. On le voit. Ça arrive, donc...
Mme Setlakwe : Croyez-vous
que c'est un phénomène qui est grandissant?
M. Roberge : Bien...
M. Roberge : ...on n'en avait
pas et là on en a. Je ne veux pas dire, là, que ça augmente par 10 à chaque
mois, là, je n'ai pas... mais avant on n'en avait pas. Maintenant, on en a.
Donc, je pense qu'il est sage, à ce moment-ci, de voir que ce phénomène-là
arrive, de voir l'humeur des Québécois qui disent qu'il faudrait agir, et donc
d'agir.
Mme Setlakwe : Mais si
effectivement... si effectivement un groupe débarque dans un parc, prêtez-moi
l'expression, ou occupe, bloque une rue occupe l'espace public, pire encore,
comme vous le dites, là, ils commencent à repousser les femmes, il n'y a
personne actuellement qui a les pouvoirs, qui a une assise juridique, il n'y a
personne qui a les pouvoirs pour faire quelque chose au Québec aujourd'hui.
M. Roberge : Bien, je ne sais
pas si vous avez vu des gens intervenir quand c'est arrivé. Moi, je n'ai pas vu
de personne intervenir. J'imagine que les gens sentent que les balises ne sont
pas suffisamment claires. Comme il s'agit de phénomènes religieux, j'imagine
que les policiers se disent : Ah! attention, il y a des droits. Est-ce que
c'est clair? Est-ce que j'ai droit d'intervenir? Si c'était une manifestation,
je ne sais pas moi, on aime le lait au... lait au chocolat puis tu bloques la
rue, je pense qu'ils diraient : Attendez une minute, vous n'avez pas de
permis, vous n'avez pas de ci, pas de ça, ça va. Mais là, comme là, il y a le
droit de la pratique religieuse, il y a la charte des libertés. Est-ce que je
peux intervenir? Est-ce que je ne vais pas, moi, me mettre dans le trouble,
avoir des poursuites, alors que j'essaie juste de faire régner l'ordre public,
respecter les droits des uns et des autres? Je pense qu'il y a comme un
principe de woops! Je ne suis pas certain de ce que j'ai le droit de faire,
donc je m'abstiens, ce qui laisse libre cours à des dérapages.
Et voilà pourquoi on dit : Bien, il
faut des balises, il faut clarifier les choses, il ne faut pas interdire
mur-à-mur puis museler les personnes puis dire : Si c'est religieux, tu
n'as pas le droit de parler. Ce n'est pas ce qu'on dit, c'est... quand on va
voir les articles plus tard, je pense que c'est très, très équilibré ce qu'on
propose, mais la situation actuelle, manifestement, montre ce que les gens qui
pourraient agir n'agissent pas. Pourquoi? Parce que les balises ne sont pas
suffisamment claires dans une situation qui implique des manifestations
religieuses. C'est très sensible. Quand on touche à la religion, c'est quelque
chose de très, très sensible. Les droits sont là et je pense que les gens
s'abstiennent d'agir. Peut-être qu'ils devraient, ou peut-être qu'ils se sont fait
dire de ne pas agir, mais chose certaine, on gagne à clarifier les règles.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Non, j'apprécie l'échange. Je dirais peut-être... peut-être pour
clore ici l'échange, parce qu'on aura l'occasion de poursuivre les échanges
lors de l'étude des articles subséquents, mais permettez-moi quand même de...
juste de... si j'ai bien compris, juste de revenir sur certains propos du
ministre.
Il semble y avoir possiblement une
perception que, bon, peut-être, les pouvoirs, les... les outils sont là, mais
que les autorités sont mal à l'aise ou ça crée un malaise, ou ils sont devant
une situation malaisante et le... ne les mettent pas en application. Je pense
que c'est ce que j'ai compris, là, de la part du ministre. C'est possible. Mais
là est-ce que... en tout cas, je vais... je vais... je vais nous laissés
là-dessus, parce que le débat doit... le débat demeure. Est-ce qu'en tentant de
répondre à ce malaise perçu... Parce que, là, j'ai bien entendu de la part du
ministre que peut-être les autorités n'interviennent pas parce que ça crée un
malaise. C'est possible. Mais là, si on vient... Et donc nécessité d'avoir des
balises plus claires.
Mais je... je demeure quand même inquiète
qu'on puisse, avec ces balises, avec ces nouvelles règles dont on va... on va
discuter, là, le... on discutera du fin détail, qu'on crée une... une tout
autre problématique, parce que, là, on a... On a ici le législateur à Québec,
qui va dire à... aux municipalités comment se gouverner ou aux autorités
comment se gouverner. Mais là les... le palier municipal est venu nous
dire : On n'a pas été consultés en amont. Et ce que vous nous proposez,
bon, sujet à modification, ça va créer un chaos, ça va nous ajouter une charge
puis ça ne nous aidera pas. Ça fait qu'à suivre.
• (16 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que... allez-y.
M. Roberge : ...juste dire que
deux fédérations sont venues, l'Union des municipalités puis la Fédération
québécoise. Il y avait des fois plus qu'une personne par groupe. Ils ne
disaient pas tous la même chose lorsqu'on les questionnait. Puis moi, j'ai
clairement noté que, lorsque la Fédération québécoise des municipalités est
venue, clairement, on a dit...
16 h (version non révisée)
M. Roberge : ...qu'ils
veulent des balises plus claires, qu'ils ne voulaient pas gérer ça en conseil
municipal. Ils disaient : On ne veut pas politiser la question, mais on
veut des balises plus claires. Manifestement, même s'ils ne l'avaient pas dit,
on le voyait bien dans les faits puisqu'il arrive du désordre public et que
personne n'intervient. Donc, c'est évident que ça prend des balises plus
claires. Et, au-delà de l'évidence, moi, je l'ai entendu en audition aussi.
Et le comité Pelchat-Rousseau, dans le
cadre des travaux qui éclairent la commission aujourd'hui, a fait un sondage et
a discuté avec des municipalités aussi en amont. Donc, on comprend que les
consultations de Me Pelchat et Me Rousseau font partie des consultations qui
ont mené au projet de loi. Voilà.
Mme Setlakwe : Non, c'est
un... c'est un point effectivement valide. Merci de le préciser. Effectivement,
dans le cadre de la préparation du rapport, il y a eu des consultations,
évidemment on le reconnaît. Mais là j'entends de la part du ministre qu'on
revient sur la FQM. Moi, je vais... je vais relire leur mémoire. L'UMQ était
peut-être plus claire et limpide, mais rappelons-nous, là, FQM, donc, ils
représentent les petites municipalités, on a quand même entendu qu'il ne semble
pas y avoir de problématique sur le terrain, eux veulent des balises. Et j'entends
aussi... L'UMQ disait autre chose, mais c'est vraiment l'UMQ aussi, là, qui
représente les plus grandes villes où c'est... où semble être la problématique.
Donc, je demeure quand même relativement
confuse, là. Sur le terrain des petites villes... des petites villes et
villages, petites municipalités et villages, on ne voit rien sur le terrain,
mais on veut être encadré, possiblement. Je vais relire leur mémoire, UMQ, qui
inclut... même, je me souviens d'une question qui leur avait été adressée de ma
part disant : Est-ce que la ville de Montréal... Un autre son de cloche.
Est-ce qu'à Montréal ils souhaitent être balisés, encadrés? La réponse de l'UMQ
ne changeait pas, c'était : Non, non, laissez-nous gérer ça de la façon
dont on le gère actuellement. Donc, voilà, Mme la Présidente, on pourra en
reparler.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres questions ou commentaires
sur l'article 1 introduit par l'article 27?
Mme Setlakwe : Mais ça, c'était
l'alinéa 1 qui met de l'avant le premier objet de deux : «favoriser,
promouvoir le vivre-ensemble, en cohérence avec le modèle d'intégration
nationale.» Ça, c'était le projet de loi n° 84, n'est-ce pas? On comprend
que c'était un énoncé de l'objectif, ça fait que je pense qu'on peut passer,
mais le deuxième objectif, donc deuxième alinéa, c'est de «prévoir des critères
devant être pris en considération dans le traitement des demandes d'accommodement
pour un motif religieux découlant de l'application du droit à l'égalité».
Évidemment, les critères, on va en parler, ils vont être énoncés subséquemment,
mais quel est l'objectif ici, là? Puis, juste dans... en termes généraux, M. le
ministre, pouvez-vous décrire le nouveau régime que vous mettez de l'avant?
Parce que ce n'est pas... Il y a déjà des règles. Là, ce n'est pas... vous ne
partez pas de zéro au niveau des critères.
M. Roberge : Non, non, on
part...
Mme Setlakwe : Donc, juste...
peut-être juste reprendre de façon générale ce... qu'est-ce que ça veut dire,
là, qu'est-ce qu'on cherche à faire par le biais de ce deuxième objectif.
M. Roberge : Mais on ne part
pas de zéro, mais l'affaire, c'est qu'on a abrogé la loi de 2017. Il y avait
quand même des éléments qui étaient pertinents dans cette loi-là, donc il faut
les réinscrire. Il y a d'autres... il y a... on va y arriver article par
article, là, on annonce ce qui s'en vient. Il y a des éléments qu'on va
reprendre directement de la loi de 2017 puis il y a d'autres éléments qu'on va
préciser davantage.
Mme Setlakwe : Je comprends.
Donc, on pourra en discuter, des critères, on n'en discutera pas ici, là, je
comprends très bien. Mais est-ce que le libellé... Dans le traitement des
demandes d'accommodement pour un motif religieux découlant de l'application du
droit à l'égalité, est-ce que ça, c'est du... un libellé qui existe déjà dans
notre... dans notre corpus législatif?
M. Roberge : Je vais
vérifier. Je ne sais pas si on a exactement...
Des voix : ...
M. Roberge : ...alinéa de l'article 1
de la loi de 2017 ressemble considérablement à cet article.
Mme Setlakwe : Juste me
donner un petit instant, Mme la Présidente. Vous m'avez dit... Je suis désolée,
vous m'avez dit l'article 1? Ah oui! L'article 1, le deuxième alinéa.
M. Roberge : ...oui.
Mme Setlakwe : «Critères
devant être pris en considération dans le traitement des demandes
d'accommodement pour un motif religieux découlant de l'application de la Charte
des droits et libertés de la personne.» Pourquoi on a changé le libellé?
«Découlant de l'application de la charte», on a remplacé ça par «découlant de
l'application du droit à l'égalité».
M. Roberge : Parce qu'ici, en
fait, on peut toucher les deux chartes quand on parle du droit à l'égalité. En
fait, ce n'est pas juste la Charte des droits et libertés de la personne
québécoise, mais le droit à l'égalité est assuré par les deux chartes.
Mme Setlakwe : Absolument.
Mais ça semble quand même être un libellé plus restrictif. Pourquoi c'est
«découlant de l'application du droit à l'égalité», plusieurs droits et libertés
prévus dans les chartes?
M. Roberge : Mais l'objectif,
quand on gère les accommodements, quand on est dans les accommodements, on est
plus dans le droit à l'égalité.
Une voix : ...
M. Roberge : Si vous
permettez...
Mme Setlakwe : Oui,
j'aimerais.
M. Roberge : ...pour avoir un
éclairage?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Lord (Jean-François) : Est-ce
que vous voulez que je me présente à...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, ça a été fait ce matin. Ça a été fait ce matin.
M. Lord (Jean-François) : Ça
a été fait ce matin? C'est bon. Alors, Mme la Présidente, pour cette
question-là, en fait, c'est que le droit à l'égalité est... est global, et
donc, quand une personne fait une demande d'accommodement, quel que soit le motif,
c'est que la personne estime subir une discrimination sur un des motifs qui
sont prévus dans une des chartes et, pour son droit à l'égalité, demande, donc,
d'avoir un accommodement qui ramène une égalité réelle.
Donc, le droit à l'égalité est un concept
très large, qui couvre l'ensemble de ce qui peut être demandé, qui va... dans
les demandes, qu'ils vont invoquer un des motifs de discrimination qui sont
aussi énumérés là, dans... dans les chartes, donc les discriminations liées au
sexe, à la religion, à la couleur, ou dont... l'ensemble des motifs qui sont...
qui sont nommés, handicap, et autres... donc il peut y avoir... et sur les
libertés qui sont protégées, liberté d'expression, liberté de religion, etc.
Donc, à ce moment-là, il peut y avoir des motifs d'accommodement, mais c'est
toujours pour permettre à la personne, en protégeant son droit à l'égalité, de
lui ramener une égalité réelle, là, par rapport à... aux autres citoyens.
Mme Setlakwe : Merci beaucoup
pour cette précision. Si j'ai bien compris, ici, on ne tente pas de... sur le
fond, là, de... ce n'est pas un libellé qui est plus restrictif, là?
M. Lord (Jean-François) : Effectivement,
ce n'est pas plus restrictif. Même, c'est un peu plus large, parce que la loi
de 2017, si vous me permettez d'utiliser le même vocable, c'était... donc, on
avait les demandes d'accommodement présentées en vertu de la charte québécoise,
et là, cette fois-ci, on amène les demandes d'accommodement... on gère, en fait,
on vise les demandes d'accommodement, qu'ils viennent d'une charte ou de
l'autre, mais la référence au droit à l'égalité n'est pas du tout une manière
de restreindre la portée de... de cette disposition-là.
Mme Setlakwe : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 1, amené par l'article 27? Oui, allez-y.
Mme Cadet : Oui, merci, Mme
la Présidente. Rebonjour, chers... chers collègues. J'ai, bien évidemment,
donc, manqué un petit bout, donc, de l'échange que vous avez eu, donc, mille
excuses. Donc, si vous voulez répéter ici, là, mais peut-être juste au niveau
du droit à l'égalité. Donc, on parlait bien ici, donc, du droit à l'égalité
réelle, là? Si... quand je suis arrivée, là, c'est là que vous en étiez, donc
je vous laisserais peut-être reprendre cet élément-là d'explication, s'il vous
plaît.
M. Lord (Jean-François) : En
fait, oui, bien, c'est... c'est, effectivement, là, le concept qui est... qui
est derrière cette... ces termes-là. C'est, effectivement, donc, un droit à
l'égalité réelle, qui est... qui est... bon, comme on le sait, là, qui est un
peu... s'oppose à l'égalité stricte, là. Donc, on avait déjà parlé de l'image,
avec les trois boîtes et la clôture, là.
Mme Cadet : Oui. Exactement,
oui.
M. Lord (Jean-François) :
Donc, l'égalité réelle permet de tenir compte des circonstances ou des
caractéristiques propres de chaque personne pour la ramener dans une véritable
égalité, là. Donc, c'est ça, effectivement, c'est le même concept qui est
derrière ce droit à l'égalité.
• (16 h 10) •
Mme Cadet : OK, parfait, donc
celui auquel vous faites référence ici dans la loi édictée. Puis je comprends
qu'il y ait certains de ces éléments-là, donc des éléments de vocabulaire qui
découlent directement de la loi de 2017. Donc, c'est ce qu'on retrouvait comme
libellé un peu, dans la loi de 2017 qu'on reprend ici vu qu'on l'abroge, c'est
ça?
M. Lord (Jean-François) : Oui,
l'inspiration, en fait, de... du... de cette disposition-là vient de l'article
1 de la loi de 2017, le deuxième alinéa. Il y a... il y a un emprunt qui est
fait à une partie de phrase, mais on a modifié la fin.
Mme Cadet : D'accord, je
comprends. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Cadet : Non, ça va. Donc,
je vois... j'ai sous les yeux le deuxième alinéa de l'article 1 de la loi de
2017, et je... je comprends mieux, donc, ce que Me Lord est en train de nous...
de nous expliquer, et j'ai...
Mme Cadet : ...capté donc la
partie de la... de l'explication sur l'application de la Charte des droits et
libertés de la personne. Il n'y a pas d'autres questions sur ce point-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Alors, est-ce que l'article 1 amené par
l'article 27 est adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe à l'article 2 amené par
l'article 27.
M. Roberge : C'est... c'est
là où je suspendrais le 2 et le 3, parce que les 2 et le 3 sont vraiment
intimement liés. On est dans la... la gestion des municipalités, de ses balises
et dans la l'édiction de ces balises-là, dont on parle depuis tout à l'heure.
Puis, c'est là où j'ai un amendement en préparation que je pourrais
vraisemblablement déposer demain. Si vous êtes d'accord, je prendrais 2 et 3,
puis on irait à 4.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement pour... 4 aussi?
M. Roberge : Non, on irait à
4.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK. Consentement pour suspendre les articles 2 et 3?
M. Roberge : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. On passe à l'article 4.
M. Roberge : Chapitre III
Pratiques religieuses. 4. Nul ne peut interdire, limiter, entraver ou troubler
une pratique religieuse au sein d'un lieu de culte, ni entraver l'accès à ce
lieu.
Commentaires explicatifs :
L'article 4 proposé a pour objet de garantir la jouissance et le libre
exercice de la pratique religieuse au sein des lieux de culte et l'accès à ces
lieux. Cette disposition protège la pratique religieuse et l'accès aux lieux de
culte. Elle reconnaît ainsi l'importance de garantir le libre exercice de culte
au sein des lieux qui sont dédiés à cette pratique.
C'était important de remettre ces
éléments-là, parce qu'il y avait des choses qui allaient dans cette
direction-là sur la loi qu'on a abrogée précédemment, là, la Loi sur la liberté
de culte allait dans cette direction-là, mais avec des libellés... Ça parlait
de la vitesse à laquelle la carriole peut circuler, là, puis c'était très, très
folklorique, mais les principes sont les mêmes.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 4?
Mme Setlakwe : ...peut-être...
Oui, c'est bien compris. Donc, c'est un... c'est un principe qui est repris
ici. Est-ce que vous avez... dans le cadre de la préparation, là, qui a mené au
dépôt du projet de loi, est-ce que vous avez documenté, on vous a parlé de...
de situations récentes ou de... de cas concrets qui sont... qui sont survenus,
qui ont pu frustrer des... des communautés religieuses? Est-ce que c'est...
Vous souhaitez en faire part à... là la commission.
M. Roberge : Oui. Je sais
qu'il est arrivé des... des manifestations malheureuses près des synagogues. Je
sais que la communauté juive a été victime de ce type de harcèlement, du bruit,
du chahut, de l'intimidation, alors que des gens se rendaient à leur lieu de
culte. Ça a été mentionné par l'organisme le CIJA, je crois, hein? C'est ça.
Oui. Mais, de toute façon, en abrogeant la... la Loi sur la liberté de culte,
je pense qu'il fallait remettre quelque chose ici quand même pour protéger les
gens. Mais ça trouve écho dans le réel aussi, là.
Mme Setlakwe : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres questions?
Mme Cadet : ...donc, je
comprends que c'est l'article 1. C'est le principe un peu, là, de... de
l'article 1 qui... qui est repris même si... On s'entend que le libellé
est distinct, là, est fort distinct, mais c'est vraiment ce principe-là, ici,
qu'on souhaite préserver tout en abrogeant la Loi sur la liberté des cultes,
c'est ça?
M. Roberge : C'est comment
ils trouvent accès... comment ils trouvent...
Mme Cadet : Sur la jouissance
et le libre exercice du culte.
M. Roberge : C'est ça.
Comment ça se... comment ça se vit dans le réel, bien, c'est ça,
l'article 4.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : S'il n'y a pas d'autre question...
Mme Setlakwe : Rapidement,
Mme la Présidente, juste pour aussi faire le lien avec ce qu'on... ce qu'on
discutait précédemment. Évidemment, ici, il est important de reprendre le
principe, là, on ne met pas ça en doute, mais si c'est arrivé, ça, c'est
produit, c'est des choses qui peuvent arriver. Ça nous a été dit, notamment par
la communauté juive. Est-ce que, donc, il n'y aurait pas eu lieu de... de
mettre en application des règles, des outils qui existent déjà? C'est un
principe qui existe déjà. C'est important aussi que cette disposition-là soit
respectée. On peut encore se demander si... s'il y avait un réel trouble au
niveau de l'ordre public, au niveau de... de l'accès, il aurait fallu qu'on se
demande pourquoi les autorités ne sont pas intervenues.
M. Roberge : Là, le détail,
je ne l'ai pas. Peut-être, les autorités sont-elles intervenues aussi,
précisément, mais je pense que c'est important aussi, dans l'équilibre de la
loi, qu'on précise qu'il y a des choses... certaines manifestations religieuses
dans le... dans des lieux publics qui sont, je dirais, interdites, mais plutôt
encadrées, mais que la pratique religieuse dans les lieux de culte est... est
protégée par la loi. Et je pense que ça montre aussi l'équilibre dans la loi.
Je pense, c'est important de garder ce principe-là.
Mme Setlakwe : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres questions? S'il n'y a pas
d'autre question, est-ce que l'article 4 est adopté, introduit par
l'article 27? Adopté?...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Article 5.
M. Roberge : Chapitre IV.
Accommodements pour un motif religieux.
«5. Le présent chapitre s'applique à toute
demande d'accommodement pour un motif religieux découlant de l'application du
droit à l'égalité.»
Commentaire explicatif. L'article 5
proposé précise le champ d'application du chapitre 4 de la loi. Ce
chapitre s'applique à toute demande d'accommodement pour un motif religieux
découlant de l'application du droit à l'égalité. Contrairement au
chapitre 3 de la loi de 2017 qui s'applique aux organismes publics, le
chapitre 4 de la loi favorisant la neutralité religieuse, notamment dans
l'espace public, s'applique à toute demande d'accommodement, incluant celle
adressée à une entreprise privée ou à un organisme sans but lucratif. Cet
élargissement vise à établir un socle commun fondé sur les valeurs
fondamentales de la société québécoise, notamment l'égalité entre les femmes et
les hommes, afin d'assurer un traitement cohérent et prévisible des
accommodements pour un motif religieux, quel que soit le milieu dans lequel ils
sont accordés.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des questions, commentaires sur
l'article 5?
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, merci.
J'ai une question, donc, en lisant le commentaire ici, parce que ce n'est pas
quelque chose qui avait été soulevé lors des consultations, c'est
qu'essentiellement, donc, vous dites, donc, les demandes d'accommodement ici...
alors, je comprends qu'on va rechanger le titre de... du... de la loi, tel que
largement demandé lors des consultations. Mais essentiellement, ici, vous dites
que... de toute demande d'accommodement, incluant celle qui serait... une
entreprise privée ou un OBNL, donc, là, on s'écarte quand même des organismes
publics, donc, des organismes qui sont prévus à l'annexe... à l'annexe I de la
loi sur la laïcité. Donc, pouvez-vous, donc, nous indiquer comment est-ce que
le fait d'assujettir les entreprises privées, les OBNL, à ces dispositions,
comment est-ce que ça, ça se conjugue avec le principe de laïcité de l'État, étant
donné que plusieurs personnes sont venues nous dire : Ah! bien, justement,
donc, l'étendue de... du législateur, donc, serait, donc, d'encadrer et de
parler vraiment de laïcité et de l'État et non pas, bien évidemment, donc, de
l'espace public? Et, j'imagine, je ne veux pas mettre des mots dans la bouche
des intervenants qui sont venus ici, là, parce qu'on ne l'a pas du tout, du
tout abordé, mais là, donc, de se substituer aux entreprises privées, puis aux
OBNL, pour voir comment les demandes d'accommodement devaient être gérées... Je
veux peut-être juste vous entendre là-dessus parce qu'on a moins abordé cet
aspect-là.
M. Roberge : Oui, bien,
justement, on n'est pas dans la Loi sur la laïcité de l'État ici, hein? Notre
projet de loi global, c'est la loi qui renforce la laïcité au Québec, qui
modifie la Loi sur la laïcité de l'État, qui abroge certaines lois et qui crée
une nouvelle loi qui va traiter du vivre-ensemble et des accommodements.
D'accord? On va la rebaptiser, mais ça va être une loi qui va traiter
essentiellement du vivre-ensemble et des accommodements.
Donc, là, on est dans cette nouvelle loi,
et cette nouvelle loi n'est pas une loi sur la laïcité purement de l'État, mais
qui donne un cadre juridique global qui va s'appliquer, oui, à l'employeur qui
est l'État, mais aussi à tous les employeurs, en leur donnant des balises. On
ne va pas venir microgérer chacune des entreprises, mais on va venir préciser
dans quel cadre ils... avec quelles lunettes ils doivent regarder, analyser les
demandes d'accommodement qui leur sont fournies. Parce que plusieurs
entreprises puis entrepreneurs reçoivent ces demandes, ne savent pas trop par
quel bout les prendre. Est-ce que je dois dire oui à tout? Mais si je dis oui à
tout, est-ce que je pénalise mes autres employés qui, eux, n'en demandent pas,
d'accommodement pour motif religieux? Si je ne dis rien à tout, est-ce que ça
veut dire que je suis intolérant ou raciste? Comment ça se fait?
Donc, il y a ce flou à clarifier qui, je
pense, va favoriser encore une fois le vivre-ensemble lorsque le cadre est
clair, lorsque tout le monde peut s'y référer, je pense que ça amène un
meilleur sentiment de justice et d'équité.
• (16 h 20) •
Mme Cadet : Je vous
entends, puis j'ai bien saisi ici que nous n'étions dans... dans le cadre,
donc, de la Loi favorisant la neutralité religieuse notamment dans l'espace
public, et, encore une fois, donc, ça ici sera rebaptisé. Décidément, donc, les
termes religieux font vraiment partie de notre vocabulaire. Mais la question
que j'avais ici, c'est à l'égard, donc, des commentaires qu'on a eus lors des
consultations, justement, alors que l'on traitait, donc, de cette nouvelle
loi-ci, là, donc, la loi édictée, là, c'est comme ça qu'on l'appelle, c'est le
petit nom qu'on lui a donné ici, là, pour que ce soit plus clair. Donc, la loi
édictée, donc, qui arrive ici, à l'article 27. On est venu nous dire, en
consultation que, d'une part, donc, oui, donc, le...
Mme Cadet : ...était
problématique, là. Parce que, bon, on ne pouvait pas parler «neutralité de
l'espace public». Il fallait véritablement parler de «neutralité de l'État».
Mais, au-delà du titre, moi, ce que j'ai
saisi de l'essence des propos qui nous ont été communiqués, c'est qu'il y avait
donc un devoir. Et puis ça, ça a été partagé. Tout le monde est venu nous
dire : Oui, bien évidemment, donc, il faut que, donc... le gouvernement,
donc, a le loisir, et c'est même un des principes qui ont été adoptés au début
du projet de loi... est en mesure, donc, de pouvoir légiférer sur tout ce qui
concerne la laïcité de l'État, qu'il faut faire attention, donc, à parler de
neutralité religieuse de l'espace public, parce qu'ici, donc, on parle d'un
certain glissement. Donc, c'est ce qu'on est... c'est ce que j'ai saisi comme
commentaire, et que l'une des raisons pour lesquelles il y avait des points
d'interrogation face au contenu du projet de loi, notamment, donc, sur les
premiers aspects, là, qu'on a suspendus ici, c'est parce qu'on se disait :
Ah! bien, peut-être que ces aspects-là seraient en contradiction avec la Loi
sur la laïcité de l'État. Parce que, si on parle d'autre chose, à ce moment-là,
on n'est plus dans les principes tels qu'édictés à l'article deux de la Loi sur
la laïcité de l'État, qui a un caractère prépondérant, là. On parle ici, donc,
du... je ne veux pas parler de loi-cadre, là, mais le niveau avec lequel, donc,
on analyse... la lentille avec laquelle on analyse la Loi sur la laïcité. Et
les principes qui y sont édictés ne sont pas nécessairement les mêmes que les
critères ou la lentille qu'on utilise pour analyser, donc, d'autres textes
législatifs.
Donc, si vous me suivez, puis je vais
essayer de résumer mon propos ici, vous avez raison, et c'est ce que j'ai
mentionné dès le départ, je comprends très bien qu'on n'est pas ici dans la Loi
sur la laïcité de l'État, mais je comprends aussi que nos intervenants nous ont
dit : Bien, attention de ne pas contrevenir, même à l'esprit et au
principe de la laïcité de l'État dans tout autre texte législatif, y compris,
donc, dans la loi édictée. Donc, ici, est-ce qu'on entre un peu dans ce
territoire-là? C'est... C'est la question que je pose.
M. Roberge : Bien, je ne
pense pas. Je pense que c'est un sujet qui est connexe. Les accommodements pour
motifs religieux, c'est connexe à la laïcité de l'État, mais ce n'est pas
pareil. Dans une entreprise ou chez un employeur qui peut être l'État, il peut
y avoir une demande d'accommodement. Et cette demande peut être acceptée puis
analysée en fonction des critères qu'on va voir dans les articles qui suivent.
Mais une entreprise... une entreprise n'est pas nécessairement comme un État,
je veux dire, n'est pas comme un état. Elle n'a pas à... Elle n'a pas
nécessairement à voir les quatre principes, là, la séparation de l'entreprise
et de la religion, la neutralité religieuse de l'entreprise, etc. C'est
complètement distinct.
Maintenant, il peut y avoir des demandes
d'accommodement pour motifs religieux dans plein d'entreprises, et il n'y avait
pas ces balises-là. Quand on a déposé le projet de loi, il y a des
regroupements de gens d'affaires qui ont dit : Enfin, merci, voilà quelque
chose qui vient... clarifier le contrat social.
Mme Cadet : Pouvez-vous...
Pouvez-vous nous confirmer...
M. Roberge : Aller retrouver
c'est qui?
Mme Cadet : Oui, s'il vous
plaît, oui.
M. Roberge : Oui. C'est mon
collègue, le ministre de l'Emploi, qui me l'avait dit, qu'il avait des bons
échos. Ça fait que je vais... C'est par personne interposée.
Mme Cadet : Le ministre du
Travail, j'imagine? ...c'est une ministre de l'Emploi, vous savez.
M. Roberge : Oui. Je me
suis... Oui. Excusez-moi, là. Le ministre Jean Boulet qui m'a dit...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : L'ex-ministre du Travail.
M. Roberge : ...je me suis
trompé. Oui, qui m'a dit qu'il avait des bons échos, que... quand ça avait été
déposé, plusieurs... plusieurs intervenants avaient communiqué avec lui pour
dire que c'était bien reçu.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : L'ex-ministre de l'Emploi.
M. Roberge : Merci, merci,
Mme la Présidente.
Mme Cadet : Oui. C'est ça,
toujours ministre du Travail, qu'on salue d'ailleurs.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Exact.
M. Roberge : On le salue.
Mme Cadet : Il est en projet
de loi aussi.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Y a-t-il d'autres commentaires? Question : Est ce que
vous désirez qu'on suspende?
Une voix : Oui, s'il vous
plaît. Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : D'accord. Désolé (panne de son) c'est important les
réflexions. Alors je vais suspendre quelques instants pour laisser justement
les esprits bien réfléchir.
(Suspension de la séance à 16 h 26)
16 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 16 h 39)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, au moment de la suspension, nous en étions à l'article cinq
amené par l'article 27. Est-ce qu'il y a encore des commentaires ou des
questions?
Mme Cadet : Oui, peut-être, Mme
la Présidente, juste des précisions de la part du ministre des commentaires qu'il
a eus, donc, des milieux d'affaires, donc, face à l'article cinq, parce qu'avant
la suspension, donc, je posais la question sur le fait que cet article ou, en
fait, ce chapitre de la nouvelle loi édictée s'appliquerait non seulement aux
organismes publics, comme c'était le cas avant, lors de la loi de 2017, mais
également aux entreprises privées ou aux OBNL.
• (16 h 40) •
M. Roberge : ...à micro
ouvert, c'est ça...
Mme Cadet : À micro ouvert?
M. Roberge : Oui, oui. C'est
mon collègue ministre qui m'a raconté qu'après le dépôt du projet de loi, des
employeurs qui suivent ce genre des éléments-là, je ne me souviens plus si c'était
des regroupements d'employeurs, là, je ne veux pas mettre des mots dans sa
bouche, mais il m'a dit qu'il avait eu... reçu plusieurs témoignages positifs
parce que ça allait clarifier les choses, puis les gens accueillaient ça
favorablement.
Mme Cadet : OK. Puis l'autre
question que j'avais, là, c'était évidemment donc au niveau de la structure, ce
que... dans le fond, je vous disais, est ce que ce type de dispositions-là, donc,
celles qui concernent, donc, les relations employeur-employé, là, parce que je
comprends qu'ici les demandes d'accommodement, donc, celles qui seraient
relatives à des clients, là, pour les entreprises, donc, si un client, donc,
fait n'importe quelle, donc, demande d'accommodement...
Mme Cadet : ...à l'entreprise,
mais on vise aussi les... les relations, donc, employeur-employé. Donc,
pourquoi est-ce qu'on ne retrouverait pas nécessairement ces dispositions-là
plutôt dans la Loi sur les normes du travail?
M. Roberge : Bien, parce qu'on
a un cadre ici qui est équitable pour tout le monde, pour l'État, l'État
employeur, mais aussi pour les OSBL, pour les... pour les employeurs privés.
Puis on vient baliser quelque chose sous l'angle des motifs religieux.
Mme Cadet : Bien, donc, on
verra, donc, les... les précisions aux articles six et sept, c'est bien ça?
D'accord. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce que... s'il n'y a pas d'autre commentaire sur
l'article cinq, amendé par l'article 27, est-il adopté? Adopté. On passe
donc à l'article six.
M. Roberge : Donc, 6 : «Lors
du traitement d'une demande d'accommodement pour un motif religieux, toute
personne ou tout organisme s'assure :
«1 : que la demande est sérieuse;
«2 : que l'accommodement demandé
respecte le droit à l'égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que le
droit de toute personne d'être traitée sans discrimination.
«3 : Quel l'accommodement est
raisonnable, c'est-à-dire qu'il ne doit imposer aucune contrainte plus que
minimale, eu égard, entre autres, au respect des droits d'autrui, à la santé ou
à la sécurité des personnes, au bon fonctionnement de l'organisme ayant reçu la
demande ainsi qu'aux coûts qui s'y rattachent.
«Aucun accommodement ne peut être accordé
relativement de demande visant à ce qu'un service soit offert par une personne
en fonction du sexe ou de l'identité de l'expression de genre de cette
personne, à moins qu'il ne s'agisse d'un soin médical ou que la prestation de
ce service implique un contact physique avec la personne qui le reçoit.
«Un accommodement ne peut être accordé que
si le demandeur a collaboré à la recherche d'une solution qui satisfait au
caractère raisonnable.»
Commentaires explicatifs. L'article six
proposé prévoit les exigences générales à respecter lors du traitement de toute
demande d'accommodement pour un motif religieux. Cet article reprend le contenu
de l'article 11 de la loi de 2017 avec les adaptations suivantes.
Premièrement, l'article six ne prévoit pas l'exigence que l'accommodement
respecte le principe de neutralité religieuse de l'État, puisque ce principe ne
s'applique pas aux organisations privées. L'exigence de respecter les principes
de laïcité de l'État dans le cadre d'une demande d'accommodement est plutôt
intégrée à l'article 17.5 de la Loi sur la laïcité de l'État proposé par
l'article 14 du projet de loi.
Deuxièmement, le critère permettant de
déterminer le caractère raisonnable d'un accommodement, soit celui de la
contrainte excessive, est remplacé par celui de la contrainte plus que
minimale. Ce critère moins exigeant fait en sorte qu'une demande d'accommodement
pour un motif religieux qui poserait un risque de surcharge de travail pour un
autre membre du personnel ou qui impliquerait un coût modéré pour l'organisme,
par exemple, pourrait être refusée.
Troisièmement, un nouveau paragraphe est
ajouté afin de prévoir qu'un accommodement ne peut pas permettre à une personne
d'exiger qu'un service soit offert par une personne en fonction du sexe, de
l'identité ou de l'expression de genre de cette personne, sauf dans le cadre
d'un soin médical ou d'un service qui implique un contact physique. Combinée à
l'exigence de respecter le droit à l'égalité entre les femmes et les hommes,
cette disposition fait en sorte que toute demande d'accommodement religieux
jugée potentiellement discriminatoire à cet égard devra être rejetée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article six?
Mme Cadet : Oui, Mme la
Présidente, sur le critère de la contrainte plus que minimale. Donc, je pense
que ça, on en a abondamment parlé lors des consultations particulières. On...
vous l'expliquez bien, donc, dans les commentaires. Donc, l'objectif de faire
cette modification aussi quant aux demandes... quant aux demandes
d'accommodement pour motifs religieux. J'ai souvent posé la question aux consultations
sur l'application asymétrique des critères de contrainte, parce que, là, dans
le fond, pour les accommodements pour motif religieux, le critère de contrainte
plus que minimal serait appliqué, alors que, pour les autres types
d'accommodement, on aurait toujours le critère de la contrainte excessive qui
serait... qui serait appliqué. Donc, j'aimerais peut-être, donc, vous entendre
sur cet aspect-là.
Des voix : ...
M. Roberge : Donc, dans le cas
par exemple d'une personne qui souffrirait d'un handicap, donc, sa capacité à
obtenir un accommodement serait plus grande que pour un accommodement
religieux. Parce que, si je souffre d'un handicap, je peux demander quelque
chose, et, tant que la contrainte n'est pas excessive, on pourrait me l'accorder.
Tandis que, si je... je demande un accommodement au nom de ma foi x, y, z,
Dieu, bien, aussitôt... elle est plus que minimale, on pourrait me la refuser.
Je pense que tout le monde comprend qu'un handicap c'est différent que
l'appartenance à une religion ou à une foi, là. On ne peut pas se convertir à
un handicap plutôt qu'un autre, mais on peut se convertir...
M. Roberge : ...on peut faire
des compromis parfois par... sur une fête versus si je n'ai pas de mobilité, si
je me déplace en fauteuil roulant, je ne peux pas faire un compromis :
Aujourd'hui, je vais marcher parce qu'il y a un problème, je vais faire un
compromis, tandis que, si c'est une question de religion, je peux peut-être
faire un compromis sur l'heure, sur la date, etc. Donc, moi, je suis à l'aise à
ce qu'il y ait une asymétrie et qu'on opte pour la contrainte minimale ou plus
que minimale dans le cas des accommodements pour des motifs religieux.
Mme Cadet : Un des points que
j'avais aussi soulevés ou pour lequel j'avais questionné certains intervenants,
là, c'était sur, parfois, donc, les contrecoups, là, c'est-à-dire que, si une
demande d'accommodement, donc, est faite sur une pluralité de motifs, là,
évidemment, la question est assez théorique ici, là, mais est-ce que ce serait
possible, entre guillemets, d'esquiver, donc, ce que l'on présente ici comme
critères de contrainte? Je ne sais pas si vous me suivez quand je dis ça. C'est
qu'essentiellement, donc, s'il y a une demande qui est faite, qui est... est
présentée pour d'autres motifs, bien, à ce moment-là, donc, celle-ci, donc,
pourrait être acceptée, alors que, dans les faits, donc... donc, une personne
pourrait dire : OK, bien là, si je ne peux pas la faire sur des motifs
religieux, je vais la faire sur... sous d'autres motifs et là, bien, j'ai
trouvé une espèce de trou dans la loi pour... pour que ma demande
d'accommodement soit accueillie. Est-ce que, là, c'est plus clair comme
question?
M. Roberge : Oui, c'est
clair, là, mais c'est quand même un peu théorique, là. J'ai de la misère à
imaginer cette situation-là. Mais il pourra toujours y avoir des gens qui
mentent sur des formulaires, des demandes. Là, on ne peut pas empêcher des gens
de faire des choses sous de faux motifs, mais je pense qu'il faut être de bonne
foi puis présumer de la bonne foi des gens.
Mme Cadet : Ma collègue va
poursuivre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres questions? Oui, allez-y.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Bien, j'ai... j'ai quelques questions, mais je vais commencer par
une plus précise. Vous avez sûrement des exemples en tête, peut-être le cas de
la... d'une demande qui a été faite à la SAAQ puis qui a fait l'objet d'un
article de journal récemment. Est-ce que c'est... c'est précisément cette...
ces dispositions ici qui permettraient de résoudre un tel enjeu puis d'éviter
que... d'éviter qu'une... dans le fond, qu'une femme se voie... se voie
écartée, là, de la prestation d'un service parce qu'une personne demande de ne
pas être servie par une femme?
M. Roberge : Bien,
effectivement, il n'y a pas seulement l'exemple de la SAAQ qui nous amène à
légiférer ici, mais, dans le cas où la loi est adoptée avec l'article tel qu'il
est là, c'est certain que la situation change, parce qu'en ce moment le... on
voyait que le cadre normatif de la SAAQ, leur manière de gérer leurs demandes
d'accommodement pour motifs religieux leur amenait à, si vous voulez mon avis,
tolérer l'intolérable puis accepter l'inacceptable. Or, ici, avec la... le
deuxième alinéa de l'article 6, «que l'accommodement demandé respecte le droit
à l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que le droit de toute personne
d'être traitée sans discrimination», ça fait qu'ils ne peuvent plus faire ça.
Puis, après ça, plus loin : «Aucun accommodement ne peut être accordé
relativement à une demande visant à ce qu'un service soit offert par une... par
une personne en fonction du sexe ou de l'identité de l'expression de genre de
cette personne», bien là, clairement, on voit bien que la SAAQ devrait revoir
sa grille ou appliquer tout simplement cette grille-là. Et, à ce moment-là,
quelqu'un ne pourrait pas dire : Bien, moi, je veux passer mon test de
conduite et j'exige un homme ou j'exige une femme. On pourrait le demander
seulement, mais pas dans le cas de la SAAQ, si on est dans le cas d'un soin
médical ou qui implique un contact physique, ce qui n'est pas le cas à la SAAQ.
• (16 h 50) •
Mme Setlakwe : Merci. Merci
pour cette réponse. Mais, toutefois, je dois souligner, bien, une chose, après
ça je vais vous poser une question. Ici, on reprend un texte, un libellé qui
existe déjà dans la loi de 2017. Donc, on peut se demander pourquoi la SAAQ n'a
pas agi, parce que c'était quand même des critères similaires. Là, je comprends
qu'on fait une modification à 3. Bien, peut-être commenter là-dessus. Puis
aussi pourquoi ne pas avoir réglé cette situation-là en émettant une directive?
Ça aurait pu être une directive du ministère... du... oui, du ministère
concerné, le ministère des Transports, pour régler ça. Je suis obligée de me
demander : Pourquoi ne pas avoir réagi avant? De un, je pense que la loi
actuelle réglait ça. Puis, deux, pourquoi avoir toléré...
Mme Setlakwe : ...cette
situation-là, là, c'est... dans le fond, on l'apprend par un article de
journal. Puis c'est vrai que c'est choquant d'entendre ça. Mais pourquoi ne pas
l'avoir traité avant?
M. Roberge : Écoutez, là je
ne peux pas vous dire pourquoi ça n'a pas été traité avant précisément. Ce
n'est pas dans mon ministère ou dans une société qui relève de ma direction.
Depuis quand est-ce que c'est connu? Tu sais, il faut qu'on soit au courant
d'un enjeu pour le régler. Mais je pense que le deuxième paragraphe de
l'alinéa 3 vient régler, là, de manière très, très claire, cet enjeu-là.
Il n'y a plus de place à interprétation, là. Tu sais, aucun accommodement ne
peut être accordé relativement à une demande visant à ce qu'un service soit offert
par une femme en fonction du sexe ou de l'identité. J'ai dit... c'est ça, soit
offert par une personne en fonction du sexe ou de l'identité et l'expression de
genre de cette personne. Là, ici, c'est très, très clair.
Mme Setlakwe : C'est très
clair, effectivement.
M. Roberge : Voilà.
Mme Setlakwe : Mais pourquoi,
il y a... Êtes-vous d'accord qu'une directive aurait pu régler ça aussi
rapidement?
M. Roberge : Bien, je ne suis
pas certain parce que quelqu'un aurait pu contester cette directive-là en
disant : Oui, mais moi, au nom de ma religion, j'ai des droits que vous
n'avez pas, puis invoquer la charte canadienne puis dire : Au nom de ma
religion, moi, j'ai le droit d'être servi par un homme spécifiquement. Et ça se
peut, il aurait pu... cette personne-là aurait peut-être pu essayer d'invalider
une directive. Mais là la force de ceci, c'est qu'on va venir l'utiliser... le
baliser et l'utiliser avec la clause de souveraineté parlementaire. Donc,
quelqu'un ne pourra pas dire : Bien, au nom de la Charte canadienne, moi,
je dis que mon droit, ma liberté de religion dit que j'ai le droit de choisir
un homme, et donc d'exclure une femme, en invoquant ce droit-là, si j'ose dire.
On va dire : Non. Les parlementaires ont tranché c'est la souveraineté
parlementaire. Nous autres, on a dit qu'on n'acceptait pas la discrimination.
Tu ne viendras pas discriminer au nom de la charte canadienne. On ne tolérera
pas ça.
Mme Setlakwe : Merci. Juste
pour replacer un peu les choses, là. Évidemment, sur le fond, on n'a rien
contre cette précision ou venir dire qu'on ne peut pas discriminer comme ça
entre les hommes et les femmes, puis de venir avoir des critères plus précis.
Mais j'aimerais juste, en réponse à ce que le ministre vient de dire, là,
rappeler les propos notamment du Pr Lampron, qui est un expert en droit
constitutionnel, il est enseignant à l'Université Laval. Il a dit qu'une simple
directive aurait permis de clarifier la situation et empêcher que cet
accommodement... empêcher cet accommodement, donc, de refuser de se faire
servir par une femme. Je ne suis pas certaine... en tout cas, selon lui, que ce
n'était pas nécessaire de légiférer, que le droit n'est plus... parce que je
pense qu'on se fiait à une décision qui remonte à 2009. Or, la jurisprudence a
évolué. Pas sûr que la Commission des droits de la personne émettrait le même
avis aujourd'hui en 2026.
Bref, en tout cas, je ne veux pas vous
contredire, mais votre propre gouvernement l'a fait dans un autre... une autre
situation. C'est le ministre de l'Éducation, ancien ministre de l'Éducation qui
a émis une directive dans le dossier des locaux de prière.
M. Roberge : Effectivement,
mais une directive peut bien être édictée, mais résistera-t-elle au passage
devant les tribunaux, qui utilisent la charte canadienne parfois pour débouter
des lois québécoises? Donc, on peut bien faire des directives, ça a été le cas
pour les locaux de prières dans les écoles primaires, secondaires, publiques,
mais, rapidement, on savait qu'il fallait légiférer pour protéger. Donc, cette
directive-là a été intégrée dans la Loi sur l'instruction publique adoptée
l'automne dernier, avec la protection pour que ça passe. Parce que, sinon, on
est très vulnérables à faire débouter ce genre de loi parce que la charte
canadienne puis les tribunaux canadiens ont tendance à donner de la préséance
sur les droits religieux puis sur les droits individuels plutôt que sur les
droits collectifs, et il faut utiliser nos boucliers pour ça puis il faut légiférer
pour ça.
Mme Setlakwe : Merci.
J'ajouterais que... encore une fois, dans l'optique de ce qu'on... En tout cas,
nous, on pense, de façon générale, que ce projet de loi... on n'est pas
certains du tout dans l'ensemble de son utilité et que ce soit une réponse
nécessaire à une problématique réelle et répandue. J'aimerais simplement
ajouter que...
Mme Setlakwe : ...ça nous a
été dit par des experts, que l'état du droit... C'est-à-dire — je
recule — tu sais, il ne faut pas non plus laisser croire que ce
projet de loi est absolument nécessaire pour répondre à la problématique qui a
été mise de l'avant. Je sais que c'est un exemple, là, ce qui est arrivé à la
SAAQ, alors qu'un expert nous dit : l'État du droit a évolué, et ça aurait
pu être... ça aurait pu être géré avec l'état du droit actuel.
M. Roberge : ...on a entendu
de la part de certaines personnes, tu sais, il ne faudrait rien changer, sauf
qu'il y avait des garderies qui discriminait sur les enfants qui entraient dans
la garderie en fonction de l'appartenance ethnique ou de la religion, sauf
qu'il y a des locaux de prière qui sont occupés comme des lieux de non-droit
dans des cégeps, dans des universités, des jeunes filles qui se font intimider;
sauf qu'il y a des femmes qui ne peuvent pas travailler comme les autres à la
SAAQ; sauf que, quand on va dans des milieux, on se fait servir de la
nourriture avec des préceptes religieux, puis nous, on n'a pas le choix, on se
fait imposer le menu d'une minorité; sauf que les gens ne sont pas capables de
faire des travaux d'équipe avec des gens quand ils ne voient pas le visage
comme ça au cégep, puis des hommes qui demandent à des femmes qui ont un visage
complètement voilé se font dire : Bien, un, je ne veux pas l'enlever,
puis, deux, si je l'enlève, ce ne sera certainement pas devant un homme.
Donc, ça, c'est plein d'exemples réels, on
peut bien dire toutes les normes sont là, on n'a pas besoin de faire... de
bouger, mais dans le réel, bien, tout ce que je vous ai dit s'avère, et ce sont
dans chacun des cas des phénomènes qui sont en croissance. Donc est-ce qu'on
est d'accord avec ça? Moi, je pense que la plupart des Québécois ne sont pas
d'accord avec ça. Est-ce qu'on veut atténuer ça, éliminer ça? Ou le laisser
croître encore? Moi, je pense qu'on veut atténuer, baliser, encadrer pour avoir
un vivre-ensemble qui est plus paisible. Pour pas qu'on soit choqué les uns
contre les autres. Donc, je pense qu'il peut y avoir dans certains cas des
règles qui étaient... permettaient peut-être d'agir, mais que les gens
n'utilisaient pas parce qu'il n'y avait pas de message politique fort. Il n'y
avait pas un État qui dit : OK, ça, on peut le faire, ça, on ne peut pas
le faire. Comme ce message-là n'est pas envoyé, les gens ont peur de bouger,
ils ne veulent pas se faire traiter de moi innommable comme xénophobe, comme
raciste, comme sexiste, ça fait qu'il laisse passer des affaires qu'il ne
devrait pas laisser passer. Il tolère l'intolérable, il accepte l'inacceptable,
puis on se ramasse avec des affaires qui n'ont plus d'allure. Et le projet de
loi vise à clarifier ça pour apaiser le climat social.
Mme Setlakwe : Mais, je...
Merci, je respecte ce que vous venez d'affirmer. Je pense qu'on va pouvoir y
revenir de façon plus précise quand on va étudier les articles qui traitent
notamment de... bien, notamment du contexte de l'enseignement supérieur. On
pourrait revenir sur ce que... ce que le milieu a rapporté, le milieu
universitaire, les cégeps, etc. Parce que, eux, disent, en fait : Laissez-nous
gérer, puis il y a d'autres considérations dont il faut tenir compte. On y
viendra. Là, si vous me permettez, Mme la Présidente, j'ai peut-être encore
quelques questions sur le libellé de l'article qu'on étudiait. On se
rappelle qu'il reprend... essentiellement, reprend l'article, c'était 11, de la
loi de 2017, c'est ça? Oui, c'est ça, c'est 11, c'est dans le commentaire.
M. Roberge : Oui, exactement,
c'était écrit dans le commentaire.
Mme Setlakwe : Juste... on
utilise l'expression, donc, «toute personne ou tout organisme» pour
justement... ce que je comprends, c'est que son champ d'application est
maintenant large et ne s'applique pas juste, là, aux organismes publics, ça
s'applique à toute personne, tout organisme. Est-ce que... Si je comprends
bien, là, c'est les entreprises privées, c'est... c'est le souhait que ça
s'applique à l'ensemble de la société civile.
• (17 heures) •
M. Roberge : Exact, comme en
concordance avec l'article cinq. Donc le six trouve application à
l'article 5.
Mme Setlakwe : Donc, toute
personne, c'est toute personne. Exact. Puis organisme, ici, est-ce que ça
réfère à une définition ou à une liste en annexe ou c'est juste on le prend
dans son sens courant?
M. Roberge : C'est son sens
courant... donc, c'est très large, c'est tout organisme. Ce n'est pas
l'organisme d'une liste, c'est tout organisme.
Mme Setlakwe : C'est ma
compréhension. Merci. Demande sérieuse, c'était déjà là. Le deuxième
paragraphe...
M. Roberge : Pardon?
Mme Setlakwe : Non, le
deuxième paragraphe, c'était là aussi. Trois, on en a parlé, puis on s'entend
que trois, ici, vous l'avez expliqué...
17 h (version non révisée)
Mme Setlakwe : ...à ma
collègue de Bourassa-Sauvé, on est vraiment dans un contexte d'un motif
religieux, là. Donc, la contrainte, elle est maintenant... c'est plus que
minimale plutôt que contrainte excessive. Mais ça s'applique vraiment à un accommodement
pour un motif religieux. Vous avez bien fait la distinction tout à l'heure avec
un accommodement pour... pour un handicap, par exemple.
M. Roberge : Oui, parce que,
là, dans le six, en haut, on dit : «Lors du traitement d'une demande d'accommodement
pour un motif religieux, toute personne ou tout organisme s'assure», et là,
après ça, on a un, deux, trois. Donc, tout ça est dans la balise spécifique d'accommodements
pour motif religieux.
Mme Setlakwe : Le deuxième...
Le deuxième alinéa, qui commence par «aucun... accommodement», ça, c'est un
nouveau libellé complètement, n'est-ce pas?
M. Roberge : Oui, exactement.
Ça, c'est nouveau. ... (panne de son) ...de 2017, c'est une bonification.
Mme Setlakwe : Parfait. Puis
le troisième existait déjà?
M. Roberge : Exact.
Mme Setlakwe : OK. C'est
beau. Je n'ai pas d'autres questions, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que l'article
six amené par l'article 27 est adopté?
M. Roberge : Adopté.
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à l'article sept.
M. Roberge : «7. Lorsqu'une
demande d'accommodement pour un motif religieux par un membre du personnel
implique une absence du travail, doivent être plus spécifiquement considérés :
«1 la fréquence et la durée des absences
pour un tel motif;
«2 la taille de l'unité administrative à
laquelle appartient la personne qui fait la demande et la capacité d'adaptation
de cette unité, ainsi que l'interchangeabilité des effectifs de l'organisme;
«3 les conséquences des absences sur l'exécution
du travail de la personne faisant la demande et sur celles des autres membres
du personnel, de même que sur l'organisation des services;
«4 la contrepartie possible par la
personne qui fait la demande, notamment la modification de son horaire de
travail, l'accumulation ou l'utilisation de sa banque d'heures ou de jours de congé,
ou son engagement à reprendre les heures non travaillées;
«5 l'équité au regard des conditions de
travail des autres membres du personnel, notamment en ce qui a trait au nombre
de congés payés et à l'établissement des horaires de travail.»
Mon commentaire explicatif : L'article
sept proposé prévoit des critères supplémentaires qui doivent être pris en
considération lorsqu'une demande d'accommodement pour un motif religieux par un
membre du personnel implique une absence du travail. Cet article reprend
intégralement le contenu de l'article 13 de la loi de 2017.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a des questions, commentaires?
Mme Setlakwe : Bon.
Rapidement, j'ai... j'ai sous les yeux effectivement... On le reprend
intégralement. C'est vraiment... Il n'y a pas de... Il n'y a pas de
modification du tout, je pense.
M. Roberge : Non. Ici on
reprend tout simplement. C'était déjà bien libellé dans la loi de 2017, donc on
le... on le ramène dans la nouvelle loi, tout simplement.
Mme Setlakwe : Très bien. Et
ces dispositions additionnelles ou les considérations additionnelles qui
doivent être considérées quand la demande implique une absence de travail, là,
en le.... en transférant cette disposition dans la nouvelle loi édictée,
évidemment, c'est un complément du régime. Ça s'applique à toutes les
entreprises?
M. Roberge : Oui, tout à
fait. Ça s'applique à toutes les entreprises. Et ça... ceci, l'article sept, s'additionne
à l'article six, là. Vous comprenez que les deux vont ensemble.
Mme Setlakwe : Exactement. C'est
ce que je veux dire par : on fait un régime complet. C'est... C'est cet
ensemble, pas... ce n'est pas un nouveau libellé. Puis ça vient compléter six.
Et 6 et sept s'appliquent à...
M. Roberge : 6 et sept vont
ensemble. Ce n'est pas un ou l'autre, mais c'est un et l'autre.
Mme Setlakwe : Oui. Tout à
fait. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...d'autre question ou commentaire, est-ce que l'article
sept, amené par l'article 27, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Article huit.
M. Roberge : «8. Lorsqu'une
demande d'accommodement pour un motif religieux concerne un enfant qui
fréquente un centre de la petite enfance, une garderie subventionnée ou un
service de garde éducatif en milieu familial subventionné visé par la Loi sur
les services de garde éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1) ce dernier
doit tenir compte des objectifs poursuivis par cette loi afin de s'assurer qu'ils
ne sont pas compromis :
«1 la qualité des services de garde
éducatif;
«2 le programme éducatif;
«3 la santé, la sécurité et le bien-être
des enfants.»
Commentaires explicatifs. L'article 8
proposé prévoit les critères supplémentaires qui doivent être pris en
considération lorsqu'une demande d'accommodement pour un motif religieux
concerne un enfant qui fréquente un centre de la petite enfance, une garderie
subventionnée ou un service de garde éducatif en milieu familial subventionné.
Donc, à la fois la qualité des services éducatifs, le programme éducatif, ce
sont des choses qui sont définies dans la Loi sur les services de garde
éducatifs. On dit simplement que ça ne doit pas aller... ça ne doit pas...
M. Roberge : ...ça ne doit
pas compromettre ces éléments.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article huit?
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Bien, je réfléchis un peu, là. Ici, on est dans un contexte
spécifique, donc, de... une demande d'accommodement pour un motif religieux
dans un contexte précis où on est dans le... dans le milieu de la
petite-enfance. Ça, c'est tout à fait nouveau. J'essaie de voir quel... Oui.
M. Roberge : Ça fait l'objet
de...
Mme Setlakwe : Donc, il
pourrait... il pourrait y avoir des cas où quelqu'un demande un accommodement
pour un motif religieux. Et 8 s'ajoute, évidemment, à 6... bien, à 6 et 7, là,
ou c'est seulement... là, c'est seulement 6.
M. Roberge : Oui, mais pas...
pas pour sept parce que 7, c'est des absences au travail. Là, ici, on parle des
enfants, pour 8, là. 8 s'additionne plus à... pas à 7, mais à six.
Mme Setlakwe : J'essaie de
voir un exemple. Il y aurait une demande... Pourquoi il faut prévoir huit?
Donc, il y aurait potentiellement une demande qui rencontre les critères à six,
mais qui ne passe pas le test de 8 dans le sens qu'on... on vient affecter la
qualité des services, le programme ou la santé et sécurité, le bien-être des
enfants. J'aimerais ça avoir un exemple. Donc, vous devez avoir un exemple en
tête.
M. Roberge : Il pourrait
avoir des parents qui demandent, par exemple, à ce que leurs enfants ne soient
pas exposés à de la musique. Ils vont dire : Bien là...
Mme Setlakwe : Pour un motif
religieux?
M. Roberge : Ça se pourrait.
Oh que oui, ça se pourrait. J'ai enseigné dans le réseau scolaire, j'ai eu
toutes sortes de demandes, et, à l'époque, il fallait se débrouiller. Si on
disait non, il n'y avait pas de balise, là. C'était particulier. Oui, j'ai déjà
eu... je ne nommerai pas la confession religieuse, là, mais j'ai des... j'ai
des enfants dont les parents... parce que ce n'était pas les enfants qu'ils le
demandaient, croyez-moi, c'étaient les parents qui demandaient à ce que les
enfants ne soient... ne participent pas aux cours de musique. Ça, c'est une
chose. Déjà, ça contrevenait au régime pédagogique, mais, même en classe, si
par malheur on faisait des chansons, ou toutes sortes de choses, j'avais des
commentaires. Et c'étaient des demandes qui étaient formulées. Je n'ai pas reçu
ça 50 fois, mais je l'ai reçu de plusieurs familles différentes. Puis
c'est juste moi, là. Je suis un enseignant sur 100 000 au Québec, là. Donc, ça
arrive. C'est un... c'est un exemple, là.
Mme Setlakwe : Non, non, je
comprends.
M. Roberge : Je ne l'avais
pas préparé, vous me le dites, c'est... il vient de me monter à la tête...
plutôt, en tête. Mais, oui, on... il ne faut pas sous-estimer la créativité des
demandes, parfois, pour des choses qu'on ne soupçonne pas. Je n'aurais jamais
cru qu'on me demanderait ça.
Mme Setlakwe : OK. Donc, on
est dans le contexte de... Une demande d'accommodement pour un motif religieux,
évidemment, concerne un enfant qui est soit en CPE, une garderie subventionnée
ou un service de garde éducatif en milieu familial subventionné. Donc, est-ce
qu'une demande d'accommodement pour un motif religieux concerne un enfant...
«Ce dernier doit tenir compte»... Excusez-moi, là, c'est peut-être de la
fatigue, mais... Donc, la personne qui traite de la demande doit tenir compte
des objectifs poursuivis par cette loi afin de s'assurer que ne sont pas
compromis un, deux, trois. «Ce dernier», c'est le motif?
• (17 h 10) •
M. Roberge : Une demande...
une demande d'accommodement reçue par quelqu'un qui la traite dans un... dans
un CPE, admettons, bien, il doit s'assurer que les... cette personne... les
personnes responsables du CPE s'assurent qu'il continue de respecter la Loi sur
les services de garde à l'enfance pour être sûr que ne soient pas compromis la
qualité des services, le programme éducatif, la santé, la sécurité, le
bien-être des enfants, auquel cas, bien, on ne pourrait pas accepter.
Mme Setlakwe : Non, non, je
comprends. Honnêtement, je suis dans la structure de la phrase, là, quand on...
C'est : «Ce dernier doit tenir compte». C'est le motif? Non, c'est
l'organisme, c'est... Ça, ça ne marche pas, là. C'est moi qui le lis
peut-être... L'adresse, évidemment. Bon, OK, la demande est formulée au centre,
à la garderie...
M. Roberge : Exact.
Mme Setlakwe : ...au centre,
à la garderie ou au service de garde. Donc...
Mme Setlakwe : ...ce
dernier, donc, soit le CPE, la garderie ou le service...
M. Roberge : L'organisme
concerné...
Mme Setlakwe : ...Oui,
ce dernier doit tenir compte...
M. Roberge : Voilà.
Mme Setlakwe : ...en plus
de 6.
M. Roberge : Exact.
Mme Setlakwe : ...en
plus de ce qui est prévu à 6, les critères. Donc, c'est une lunette
additionnelle. On s'assure que les objectifs poursuivis par cette loi soient
rencontrés. Parfait. Merci. Je n'ai pas d'autre... je n'ai pas d'autre
question. J'aurais aimé ça avoir des exemples, là, autres que la musique,
mais... Il n'y en a pas d'autres à fournir?
M. Roberge : Bien, je ne
dis pas qu'il n'y en a pas d'autres, mais je n'en ai pas d'autres à vous
fournir là, spontanément.
Mme Setlakwe : Est-ce
que, ça, c'est une demande qui venait du milieu?
M. Roberge : Ça a fait
l'objet de discussions avec le ministère de la Famille qui était d'accord. Vous
savez, des fois, on dépose quelque chose puis il faut convaincre les collègues.
Spontanément, il y a eu l'accord du ministère et de la collègue à la Famille.
Donc, je pense que ça répondait à un besoin du milieu parce que ça a été
accueilli favorablement par la collègue. On travaille nos choses évidemment en
équipe avant de les apporter ici. Puis c'est de concert avec le ministère de la
Famille que ceci arrive là.
Mme Setlakwe : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires?
Mme Setlakwe : Non, ça
va, Mme la Présidente. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autres questions,
commentaires, est-ce que l'article 8 amené par l'article 27 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à l'article 9.
M. Roberge : «9.
Lorsqu'une demande d'accommodement pour un motif religieux concerne un élève
qui fréquente un établissement d'enseignement établi par un centre de services
scolaire, ce dernier doit s'assurer, dans toute autre situation que celles
visées aux articles 15 et 706 de la Loi sur l'instruction publique
(chapitre I-13.3), que ne sont pas compromis. L'obligation de
fréquentation scolaire, les régimes pédagogiques établis par le gouvernement,
le projet éducatif de l'école... Excusez-moi, je n'ai pas dit 1°, 2°, 3°, 4°,
je recommence :
«1° l'obligation de fréquentation
scolaire;
«2° les régimes pédagogiques établis par
le gouvernement;
«3° le projet éducatif de l'école;
«4° la mission de l'école qui est
d'instruire, de socialiser et de qualifier les élèves, dans le respect du
principe de l'égalité des chances, tout en les rendant aptes à entreprendre et
à réussir un parcours scolaire;
«5° la capacité de l'établissement de
fournir aux élèves les services éducatifs prévus par la loi.»
Le présent article s'applique également
aux établissements agréés aux fins de subventions en vertu de la Loi sur
l'enseignement privé (chapitre E-9.1), à l'exception de ceux qui
fournissent des services d'enseignement collégial, avec les adaptations
nécessaires.
Commentaire explicatif. L'article 9
proposé prévoit les critères, des critères supplémentaires qui doivent être
pris en considération lorsqu'une demande d'accommodement pour un motif
religieux concerne un élève qui fréquente un établissement d'enseignement
établi par un centre de services scolaires ou une école privée subventionnée de
niveau préscolaire, primaire, secondaire ou professionnelle. Cependant, ces
critères n'ont pas pour effet d'ouvrir la possibilité d'accorder un
accommodement pour un motif religieux dans les situations où la Loi sur
l'instruction publique, telle que modifiée par la loi visant notamment à
renforcer la laïcité dans le réseau de l'éducation, interdit déjà expressément
un tel accommodement. Par exemple, aucun accommodement pour un motif religieux
ne peut être accordé en ce qui a trait à l'obligation... fréquentation
scolaire. Les critères de l'article 9 s'appliquent donc uniquement dans
les situations résiduelles, c'est-à-dire celles où la Loi sur l'instruction
publique ne prévoit pas une interdiction d'accommodement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article 9?
Mme Setlakwe : Oui,
merci, Mme la Présidente. Donc, ici, on ajoute... Donc, encore une fois, on va
partir du début, là. Il y a 6, 7-8 ne s'appliquent pas, là c'est 9 qui s'ajoute
à 6, dans le cas des élèves... des élèves du primaire et du secondaire?
M. Roberge : ...vous avez
bien raison.
Mme Setlakwe : Bon. Puis
là, il y a tout une... il y a d'autres éléments qui doivent être pris en
considération par l'établissement... ou par, non, le centre de services
scolaires, qui reçoit la demande d'accommodement, et le centre de services
scolaire de s'assurer... C'est un peu le même modèle que l'article qu'on vient
de voir, je pense que... sauf certaines situations que ne sont pas compromis...
Là, évidemment, il fallait avoir un... je pense que c'est le pendant de 8, mais
dans un contexte scolaire, là, pour des enfants du primaire et du secondaire,
c'est un peu ça, de façon générale?
M. Roberge : On pourrait
dire ça, oui. Et c'est exactement le libellé de la loi de 2017, hein? C'est
copié-collé ici, on reprend l'article de la loi n° 14.
Non, merci. Ouais, c'est ça, c'est ça, l'article 14...
Une voix :...
M. Roberge : Merci, oui,
c'est ça, excusez, c'est ça. L'article 14, je l'ai devant moi, là, il y
a... je pense qu'il y a...
Mme Setlakwe : Ah! merci,
c'est juste ce n'était pas écrit dans... ce n'était pas écrit dans le
commentaire.
M. Roberge : OK... c'est vrai
qu'on aurait dû le préciser, mais ici, on reprend mot à...
M. Roberge : ...mot, là. Je
pense que... c'est ça, on dit «le présent article» ou «cet article», mais,
sinon, là, c'est... c'est l'état de droit actuel, là.
Mme Setlakwe : Je m'excuse,
je ne veux pas revenir... un débat sur le 8, là, mais 8 n'avait pas le... c'est
un nouveau libellé, là, le...
M. Roberge : 8 était un
nouveau libellé, vous avez raison...
Mme Setlakwe : Parfait. OK.
M. Roberge : ...tandis que 9,
puis là je le précise, reprend la...
Mme Setlakwe : 9 reprend 14,
il semble reprendre 14, que j'ai sous les yeux, presque textuellement,
l'obligation de fréquenter, oui, une école, les régimes pédagogiques, le projet
éducatif, la mission de l'école, instruire, socialiser, qualifier les élèves
dans le respect du principe de l'égalité des chances, bien sûr, tout en les rendant
aptes à entreprendre et à réussir un parcours scolaire. Donc, 1 à 5, ce sont
des considérations où... que doivent déjà tenir compte les centres de services
scolaires aujourd'hui. Mais... mais là pourquoi on exclut certaines situations
puis on dit que c'est couvert par la Loi sur l'instruction publique? Pourquoi
pas tout mettre le régime au même endroit?
M. Roberge : Il y a des
éléments qui... qui balisent le... Je vous dirais que la Loi sur l'instruction
publique est très, très, très complète, fait le tour de beaucoup d'éléments,
donc il y a des choses qui sont déjà couvertes dans la Loi sur l'instruction
publique, tout simplement. C'est ce que je vous dirais, il y a des choses qui
sont déjà couvertes. Et ce qu'on dit, c'est que les accommodements qu'on ne
peut pas accorder dans Loi sur l'instruction publique on ne peut... on ne peut
pas les accorder, on ne pourrait pas plus les accorder avec ceci. Dans le fond,
c'est deux régimes restrictifs qui se superposent.
Mme Setlakwe : C'est deux
régimes restrictifs qui se superposent, ou ce sont deux régimes qui
s'appliquent à deux contextes différents? Parce qu'on semble dire, à 9,
n'oubliez pas de tenir compte, là, dans votre analyse de la demande
d'accommodement, qu'il ne faut pas compromettre 1, 2, 3, 4, 5, mais on
impose... donc, on impose ça aux centres de services scolaires, cette analyse,
mais dans toute autre situation que celles visées à 15 et 706 de la Loi sur
l'instruction publique. Donc, c'est quoi, les situations qui sont prévues à 15
et à 706? Je pense que c'est un autre régime.
M. Roberge : On va aller le
chercher.
Mme Setlakwe : Ah! peut-être
que dans... ce sont des... des situations où un accommodement est expressément
interdit?
M. Roberge : Ou possible. À
15, là... Je suis à la Loi sur l'instruction publique. Par exemple, est
dispensé de l'obligation de fréquenter une école l'enfant qui en est exempté
par le centre de services scolaire en raison de sa maladie ou pour recevoir des
soins ou traitements médicaux. Donc, ici... c'est ça, donc c'est correct d'être
dispensé d'aller à l'école pour des soins médicaux.
Mme Setlakwe : Bien oui.
M. Roberge : C'est ça qu'on
dit. Mais on dit donc...Parce que là, on vient... on dit, nous, à l'article 9,
ici, là : Il ne faut pas compromettre l'obligation de fréquentation
scolaire. Mais là, ici, il ne faut pas donner cette exemption-là d'obligation
de fréquentation scolaire pour un motif religieux. Mais, évidemment, si
l'enfant est malade puis suit des traitements de chimio, bien là, c'est autre
chose, là.
Mme Setlakwe : 100 %.
Oui, OK.
M. Roberge : C'est pour ça
qu'on dit : Il ne faut... il ne faut pas mélanger les choses.
Mme Setlakwe : OK. On est...
on est dans un sous-contexte différent, que c'est déjà prévu à la Loi sur
l'instruction publique, je comprends. Ça fait que ça, c'était 15. Et 706, ça va
ensemble ou c'est une autre...
• (17 h 20) •
M. Roberge : Je vais y
arriver, à 706. Vous comprenez que c'est plus loin, là, 706, plus loin le
trouver. OK, j'y arrive. 706. 706, un article, 251, ne s'applique pas à un
membre du personnel qui exerce une fonction dans un centre de services
scolaire. Ah! ici, dans le fond, là, ça, ici, 706, c'est la clause de droits
acquis pour des personnes...
M. Roberge : ...qui porte...
il faut des symboles religieux. On dit... C'est bien ça? «706. Aucun
accommodement»... J'étais à. 706.1. «706. Aucun accommodement ni aucune autre
dérogation à l'annexion ne peut être accordé en ce qui a trait à l'application
des articles 16, 18»... Oui, mais là c'est parce que ça ne nous aide
pas...
Une voix : C'est visage
découvert et signes religieux.
M. Roberge : OK, c'est ça. Ce
que ça dit, essentiellement, là, c'est qu'il y a dans la loi sur l'instruction
publique des éléments sur le visage découvert, des éléments sur le port de
symboles religieux. Il y a la clause de droits acquis pour ceux qui le portent.
Ce qu'on dit, c'est que ce régime-là continue d'exister, on vient préciser ici
d'autres demandes d'accommodement religieux.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
moi, je comprends que ce sont des situations factuelles. Ce n'est pas deux
régimes qui s'ajoutent l'un à l'autre, c'est des situations factuelles
différentes.
M. Roberge : Qui sont
distinctes.
Mme Setlakwe : Il y en a qui
sont traitées par la Loi sur l'instruction publique et tout le reste, donc les
situations résiduelles sont traitées par neuf, qui était enseignement
anciennement le 14.
M. Roberge : Oui.
Mme Setlakwe : Est-ce que
c'est ça?
M. Roberge : Oui.
Mme Setlakwe : Oui. Puis on
dit aussi que, bon, ça s'applique aussi aux écoles privées, à l'exception de
ceux qui fournissent des services d'enseignement collégial.
M. Roberge : C'est ça parce
qu'on va y arriver après, c'est que l'affaire, c'est que...
Mme Setlakwe : Avec les
adaptations nécessaires, mais c'était déjà prévu. Qu'est-ce qu'on vise à faire
ici?
M. Roberge : On va y arriver à
l'article... l'affaire, c'est qu'ici, l'article neuf qu'on fait reprend
essentiellement le texte qu'on avait pour aller... non, attendez, je confonds
ici. C'est ça, on a un texte qui touche le préscolaire, on a un texte qui
couche... qui touche le scolaire, puis le prochain, le 10, va toucher les
cégeps et l'enseignement supérieur.
Mme Setlakwe : Merci. Merci.
Moi, je veux juste, un dernière question, là, parce qu'on a fait... je veux
dire, on a comme un peu décortiqué tout ça, à ma demande, là, mais on...
corrigez-moi, là, mais ici, à 9, ce n'est rien de nouveau. Ce n'est rien de
nouveau par rapport au régime actuel.
M. Roberge : On est d'accord.
Le neuf, c'est l'article de la loi de 2017 qu'on ramène ici. Exactement. On
avait, dans le fond... cette section-là était couverte par la loi de 2017. Ce
qu'on a à... donc, on le recopie pour le conserver. On a ajouté à 8 les
garderies, les CPE qui n'étaient pas couverts, et on va ajouter à 9
l'enseignent supérieur qui n'était pas couvert. Mais le neuf lui-même, c'est la
loi de 2017, reprise telle quelle.
Mme Setlakwe : OK, les cégeps
ne sont pas couverts à neuf.
M. Roberge : Non, on va y
arriver à 10.
Mme Setlakwe : OK. Parfait.
OK. Puis c'était la même chose avant. Je fais juste relire le commentaire. Une
école privée...
Je n'ai pas d'autres questions, Mme la
Présidente.
Mme Lecours (Les Plaines) : Alors,
s'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que... ou question, est-ce que
l'article neuf amené par l'article 27 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Donc,
on passe...
Une voix : ...une minute.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien sûr qu'on peut suspendre une minute. On va suspendre
une minute.
(Suspension de la séance à 14 h 25)
(Reprise à 17 h 29)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, à notre suspension, nous en étions à l'article 10. Y
a-t-il... Non. Neuf. Pardon. Neuf. Y a-t-il d'autres... Non. Il est adopté.
Moi, je le vois adopté. On est donc rendus à l'article 10. Oui,
effectivement. Donc, M. le ministre, vous devez nous en faire la lecture.
M. Roberge : ...j'arrive,
j'arrive. «10. Lorsqu'une demande d'accommodement pour un motif religieux
concerne un étudiant qui fréquente un collège d'enseignement général et
professionnel institué en vertu de la Loi sur les collèges d'enseignement
général et professionnel (chapitre C-29) un établissement d'enseignement
collégial agréé aux fins de subventions en vertu de la Loi sur l'enseignement
privé (chapitre E-9.1) ou un établissement d'enseignement de niveau
universitaire énuméré aux paragraphes 1 à 11 de l'article un de la Loi sur
les établissements d'enseignement de niveau universitaire
(chapitre E-14.1) ce collège ou cet établissement doit s'assurer que ne
sont pas compromises :
• (17 h 30) •
«1 la capacité du collège ou de
l'établissement de fournir des services aux étudiants;
«2 l'atteinte des objectifs et la
satisfaction des exigences du programme d'études;
«3 la liberté académique.»
Commentaire explicatif :
L'article 10 proposé prévoit des critères supplémentaires qui doivent être
pris en considération lorsqu'une demande d'accommodement pour un motif
religieux concerne un étudiant qui fréquente un établissement d'enseignement
supérieur. Donc, il faut s'assurer qu'on puisse fournir les services aux
étudiants, atteindre les exigences du programme puis protéger la liberté
académique. Il me semble que c'est... ça tombe sous le sens.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Setlakwe : Bien,
peut-être qu'une première... avec une première lecture, pour reprendre vos
termes, M. le ministre, ça tombe sous le sens. Mais là j'ai sous les yeux la
réaction...
17 h 30 (version non révisée)
Mme Setlakwe : ...du BCI, là,
le Bureau de coopération interuniversitaire. Bien, pour rappel, là, c'est... c'est
donc tout le réseau universitaire, les universités à charte et tout le réseau
de UQ, là, Université du Québec. Ils ont produit... On ne les a pas entendus en
commission, mais ils ont produit un mémoire. Ils ont plusieurs préoccupations
par rapport au projet de loi de neuf. On pourra y revenir, là. Il y a des... Il
y a différentes... Ils ont des préoccupations, notamment sur l'article six.
Peut-être qu'il y a des amendements à venir. Mais spécifiquement sur l'encadrement
des accommodements pour motifs religieux, ils ont des préoccupations.
Bien, je vais y aller de façon plus
spécifique, mais ils disent, puis là, je me réfère à la page quatre de leur
mémoire : «Le projet de loi introduit des critères limitant les
accommodements religieux aux situations où ils ne compromettent ni la
prestation des services éducatifs, ni les objectifs pédagogiques, ni la liberté
académique. Bien qu'elle conforme au principe de laïcité, ce cadre contraste
avec l'approche actuelle des universités, qui repose sur une évaluation
contextualisée et proportionnée, une approche qui a d'ailleurs fait ses
preuves. Selon nous, donc les recteurs, le milieu universitaire, un tel
resserrement pourrait nuire à la capacité des universités à concilier
diversité, droits fondamentaux et mission universitaire.» Vous répondez quoi, M.
le ministre?
M. Roberge : Bien, je réponds
que les balises qu'on soumet sont minimales. Je vois mal comment on pourrait
plaider qu'il faut donner des accommodements qui compromettent la capacité de l'établissement
de fournir des services aux étudiants.
Mme Setlakwe : Bien,
peut-être qu'il faut... Je ne voulais pas vous interrompre...
M. Roberge : Non. C'est ça.
Mme Setlakwe : Selon eux, «un
tel resserrement pourrait nuire à la capacité des universités à concilier
diversité, droits fondamentaux et mission universitaire.» Là, il faut... il
faut quand même, Mme la Présidente, se remettre en contexte, là. On est dans
un... le monde universitaire, donc c'est des... des jeunes adultes, et même, c'est
des adultes, on n'a pas besoin de dire «jeunes ou pas», mais c'est... ça inclut
donc des jeunes, des étudiants qui sont au premier cycle, baccalauréat et aussi
les cycles supérieurs. Il faut se remettre dans le contexte bien spécifique des
universités.
Puis je pense que... Là, je vous ai lu le
commentaire spécifique qui a trait à cet article qu'on étudie, mais, je pense,
ça vaut la peine qu'on reprenne, si vous me permettez, là... qu'on reprenne les
commentaires plus généraux qui sont... qui ont été mis de l'avant par le BCI,
là, par rapport au projet de loi neuf. Ils ont... Donc, ils mettent de l'avant
des impacts importants sur leurs communautés et sur leur gouvernance. Tout ça,
je pense, c'est dans... dans un esprit... Je vais le dire dans mes mots, puis
après ça, je vais me référer à leur... à leur mémoire. Il faut se rappeler le
contexte dans lequel évoluent donc ces étudiants, le contexte du monde
universitaire, l'importance de leur mission, l'importance de leur autonomie
institutionnelle et de se rappeler, là, on n'est pas, là, hein, la petite
enfance ou même les écoles primaires, secondaires, là. Rappeler que les
établissements universitaires sont des acteurs sociaux compétents,
responsables, proactifs.
Essentiellement, moi, en lisant leur
mémoire, je me disais : Oui, c'est vrai, eux, c'est des experts, ils ont
une expertise, ils le disent, ils ont une mission spécifique, ils ont de l'expérience,
ils cherchent toujours un équilibre, c'est un autre mot clé qui est... qui est
mis de l'avant dans leur mémoire. Et l'équilibre... En fait, quand je parle d'équilibre,
je veux dire que leur mission «repose sur un équilibre délicat et chèrement
protégé au fil des années, à travers la préservation de la diversité des points
de vue, de la laïcité et de la neutralité institutionnelle, dans le respect des
membres de la communauté universitaire au sein de ces milieux de vie et d'études.»
Et là, de façon plus précise, et je les cite, là : «Dans ce contexte, l'autonomie
institutionnelle, entendue comme la capacité à mettre en œuvre des politiques
et des règles internes conformément aux lois en vigueur et de les adapter aux
contextes pédagogiques et organisationnels ainsi qu'aux populations que nous
desservons, permet de protéger cet équilibre.» Essentiellement, ce qu'ils
disent, Mme la Présidente, c'est...
Mme Setlakwe : ...laissez-nous
notre autonomie, laissez-nous gérer tout ça. Ça fait que je reviens vers le
ministre : À la lumière de ce que... du fait que je suis en train de
porter la voix du milieu universitaire, est-ce que ça vous fait réagir? Est-ce
que... qu'est-ce que vous leur répondez?
M. Roberge : Bien, je ne suis
pas très surpris. Je connais quand même assez bien le réseau de l'enseignement
supérieur pour avoir été ministre de l'Enseignement supérieur pendant presque
deux ans, de 2018 à 2020. Le réflexe, souvent, des universités, c'est de
dire «on s'en occupe», et ils s'occupent de bien des choses, de manière
extraordinaire. Mais l'argent de l'État vient avec des conditions, puis c'est
normal qu'il y ait certaines normes, certaines balises, dans le respect de
l'autonomie universitaire là.
On ne vient pas leur dire, ici, comment
gérer le campus. On dit : Écoutez, il ne faut pas compromettre la capacité
des établissements de fournir un service aux étudiants. Je doute qu'ils
veuillent compromettre leur capacité de fournir des services aux étudiants. On
dit qu'il ne faut pas compromettre l'atteinte des objectifs et l'exigence des
programmes d'études. Je ne pense pas que... Si c'est des universités, on
s'entend, les exigences des programmes d'études, la réputation dans le monde
universitaire... Le mot «réputation» est sacro-saint. Puis la liberté
académique, bien, justement, c'est ce qu'ils défendent.
Donc, je pense que c'est une position de
principe qu'ils ont, qu'ils disent de manière générale : Ne nous donnez
pas trop de balises, on va s'en occuper. Puis je comprends. Mais le rôle de
l'État, c'est d'assurer qu'il y ait un minimum. Ce sont des critères, ici, qui
sont vraiment minimums, puis probablement qu'ils sont... eux, dans les
universités, ils sont peut-être plus stricts que ça, mais c'est une position de
principe, c'est : Donnez-nous pas des balises, on s'en occupe. Je le
comprends, mais avec des balises qui sont minimales comme ça, je pense qu'on
peut faire notre rôle de gouvernement, puis d'État, puis de parlementaires avec
des balises normales quand l'argent de l'État est impliqué, puis respecter
leur... leur autonomie.
Il y a un équilibre ici, là, on aurait pu
aller beaucoup plus dans le détail, mais on se garde d'aller dans le détail
pour respecter ceci. Mais je comprends qu'eux souhaiteraient qu'on n'y aille
pas du tout, mais, je vous dirais, c'est comme la posture de base quand on
touche le réseau universitaire, ils ont tendance à dire de ne pas s'en mêler.
Mme Setlakwe : Est-ce que je
dois comprendre... Dans le fond, est-ce que vous leur dites ou est-ce que
vous... Est-ce que, dans le fond, ce que vous dites c'est que c'est tellement
général que vous ne voyez pas de conflit avec leurs règles et leurs procédures
actuelles?
M. Roberge : Bien, je n'ai pas
analysé l'ensemble de leurs règles et de leurs procédures actuelles...
Mme Setlakwe : Non, non, mais
sans...
M. Roberge : ...ce que je dis,
c'est que je vois mal comment ils pourraient... Ils peuvent être contre le
principe, c'est-à-dire : Nous sommes contre le principe que vous nous
donniez des balises pour les accommodements de motifs religieux. Ça pourrait
être ça, leur posture, mais je vois mal comment ils seraient contre chacune des
trois mesures ici, c'est-à-dire de ne pas compromettre la capacité de
l'établissement de fournir un service aux étudiants. Je ne pense pas qu'un
recteur qui dirait qui... qu'il est contre ça, de ne pas compromettre
l'atteinte d'objectifs, la satisfaction des exigences de programmes d'études.
Je ne pense pas qu'il n'y a aucun recteur qui dit : Non, non, moi, je vais
donner des accommodements qui compromet la satisfaction des programmes
d'études... l'exigence des... Je ne pense pas qu'il y a recteur qui dirait ça
puis de ne pas donner d'accommodements qui compromettent la liberté académique.
J'ose croire, justement, la liberté académique, s'il y a un principe qui est
sacro-saint dans le réseau universitaire, c'est bien ça.
• (17 h 40) •
Donc, je pense qu'on a une position que je
respecte, qui est traditionnelle du réseau universitaire que je comprends très
bien. Mais je pense que, quand on a rédigé la loi, on a pris garde de ne pas
aller trop loin pour respecter leur... leur autonomie administrative
universitaire. Mais je pense qu'aller en bas de ça, ce serait aller trop bas,
puis on doit quand même s'assurer qu'il y ait des normes dans un État laïque.
Puis je répète le principe, lorsque l'argent de l'État arrive, il y a quand
même des conditions de laïcité puis les quatre piliers de la laïcité qui
doivent trouver application. Et donc, dans le réseau universitaire, je pense
qu'on doit avoir ces balises-là.
Mme Setlakwe : Juste pour...
là, je prends un pas de recul avec deux questions, juste, en fait, permet une
clarification facile. Là, pour 10, on se rappelle que 10, c'est le pendant de
le 8 et 9 qu'on a vu précédemment. Là, on est dans le milieu de l'enseignement
supérieur...
Mme Setlakwe : ...et 10
s'ajoute à six, n'est-ce pas, où les critères... on a les critères de six pour
toute demande d'accommodement raisonnable. Et, selon le contexte, on ajoute...
on ajoute aux décideurs, que ce soit un centre de services scolaire, ou un CPE,
ou, là, ici, cégep ou université, on ajoute des considérations additionnelles
et pour s'assurer aussi que les objectifs suivants, selon le cas, ne soient pas
compromis. Est-ce que ma compréhension est bonne?
M. Roberge : Oui, je pense
que oui.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
est-ce que ce régime, donc... est-ce que c'est... c'est tout à fait nouveau
pour les universités qu'on leur... qu'on leur impose un cadre normatif pour les
accommodements raisonnables? Est-ce que c'est... pour les universités, c'est
nouveau? 6 c'est 10 ensembles, c'est... jusqu'à aujourd'hui, il n'y
avait... il n'y avait rien qui s'appliquait aux universités?
M. Roberge : Je vais juste
faire une vérification pour être sûr de bien répondre.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...suspendre?
M. Roberge : ...pour donner
une réponse précise.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 42)
(Reprise à 17 h 45)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! On reprend nos travaux. M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Roberge : Oui. Merci pour
votre patience. Je voulais vérifier pour la bonne question de la collègue, à
savoir : Est-ce que les cégeps, les universités, particulièrement, étaient
visés pour les balises qui... sur les accommodements raisonnables de la loi de
2017? La réponse, c'est oui, pour l'équivalent de notre article en ce moment,
là, 6 et 7 qui reprennent pratiquement mot pour mot ce qu'on avait déjà. Elles
étaient déjà visées par la loi de 2017. Donc, qu'est-ce qui change, qu'est-ce
qui s'ajoute? Bien, c'est la notion de contrainte plus que minimale qui
s'applique à l'ensemble. Avant, c'était contrainte excessive, là, c'est rendu
contrainte plus que minimale. Ça, ça... c'est ce qui change, là, même dans le
cadre de la loi. Puis l'article 10 qu'on étudie en ce moment...
M. Roberge : ...lui, il est
nouveau. On vient préciser que, dans le cadre d'accommodements, mais on ne peut
pas compromettre la capacité de fournir des services aux étudiants, la
satisfaction des exigences des programmes d'études, la liberté académique, on
vient préciser ça. Mais il y avait déjà une bonne partie qui était dans 2017.
Mme Setlakwe : Merci, merci
pour la réponse.
M. Roberge : C'est une très
bonne question.
Mme Setlakwe : Donc, il y
avait déjà un cadre législatif qui s'appliquait aux universités. Dans la loi de
2017 qu'on vient changer avec 6, on change les critères, 10 est nouveau. Deux
questions, mais un commentaire, puis une question. Ma question, c'est :
Quel est le... Est-ce que... Quelle est la problématique? Est-ce qu'il y a des
situations qui ont été portées à votre attention? Oui, des situations qui ont
été portées à votre attention, qui vous ont amené à déposer cet article, parce
que vous avez dû... Évidemment, il y a une réflexion, là, qui... c'est le fruit
d'une réflexion, c'est le fruit de certains constats. Donc, juste nous... nous
informer quel était le... quel était le raisonnement, qu'est-ce qui vous a
conduit à souhaiter, à vouloir... ajouter ce... cette couche supplémentaire qui
est prévue à l'article 10.
M. Roberge : Mais l'intention,
c'est de s'assurer que, dans tout le parcours éducatif, il y ait cette même
vision par rapport aux accommodements pour motif religieux. On retrouve essentiellement
à 8, à 9, à 10, des dispositions semblables dans les trois cas, là. On parle de
la qualité des services et du respect des programmes qui sont offerts, que ce
soit en CPE, on va s'entendre, là, les programmes sont minimaux, mais ils sont
là, au niveau préscolaire, primaire, secondaire, puis dans les universités.
Donc, dans les trois cas, on dit : Bien, pour les accommodements
religieux, il faut avoir... il ne faut pas que ça affecte la qualité des
services et le respect des programmes, la mission même des établissements...
Mme Setlakwe : Non, non, je
comprends que...
M. Roberge : ...c'est normal
d'arriver avec cette... cette vision.
Mme Setlakwe : Je comprends
que le libellé ou le contexte est différent. Donc, on a créé un article pour
l'enseignement supérieur, mais je me demande toujours quel est le... quelle est
la problématique, là, auquel on tente de qu'on tente de résoudre ou à laquelle
on souhaite faire face.
M. Roberge : Il ne s'agit pas
toujours de régler un problème, parfois, il s'agit de bâtir quelque chose de
fort et de cohérent et de logique, de dire... de s'assurer qu'un réseau
s'acquitte de ses missions, même si les demandes qu'on lui fait pour déroger de
sa mission relèvent de motifs religieux, bien, même les motifs religieux, même
en invoquant des chartes, je ne sais trop, la mission reste la mission. On ne
veut pas compromettre la mission pour une demande d'accommodement, même si
c'est religieux. C'est ça, le principe, puis c'est la... l'échafaudage de la
loi, la cohérence législative qui dit : Bien, on doit traiter ces
choses-là toujours en gardant la mission de nos institutions en tête.
Mme Setlakwe : OK, mais donc
le milieu universitaire... mais, par opposition, vous avez... on a échangé dans
d'autres contextes, et vous sembliez dire, oui, le milieu, dans d'autres
contextes, le demande, demande d'être encadré, demande des balises, demande des
critères. Ici, je comprends peut-être qu'il n'y a pas une problématique bien
définie, bien réelle, mais, par cohérence législative, vous souhaitez
légiférer, vous ne souhaitez pas, c'est-à-dire exclure un ordre d'enseignement,
on dit, on va couvrir tous les ordres d'enseignement, c'est le bon terme. Mais
ma question précise, c'est : Est-ce qu'ici est-ce que le milieu
universitaire a demandé ces balises, a demandé l'article 10?
• (17 h 50) •
M. Roberge : Pas à ma
connaissance, mais il n'a pas non plus demandé à ce qu'on... à ce qu'on
l'interdise, le visage complètement couvert. Et pourtant on va y aller plus
loin dans d'autres articles, parce qu'il y a des manifestations de problème, de
malaise qui existent, donc. Mais ça ne vient pas du milieu, en tout cas, je
n'ai pas reçu une demande du BCI...
M. Roberge : ...pour mettre
l'article 10, mais ça ne veut pas dire que l'article 10 n'est pas
nécessaire pour autant.
Mme Setlakwe : Je comprends,
mais ils n'ont pas demandé. Est-ce que... Tu sais, tout à l'heure, on parlait
du... des entreprises privées, du fait qu'on élargissait ce régime pour qu'il
s'applique à toutes les entreprises, pas juste à des organismes publics. Et,
dans le cadre de nos échanges, vous nous avez dit... au micro, vous avez
dit : Le milieu le souhaite et on a un son de cloche positif de la part de
collègues au Conseil des ministres qui oeuvrent dans le domaine du travail.
Est-ce que... Dans ce cas-ci, est-ce que vous avez un son de cloche de votre
collègue qui oeuvre au ministère de l'Enseignement supérieur comme quoi, ah, le
milieu le reçoit bien, le demande?
M. Roberge : Les discussions
que j'ai eues avec ma collègue en Enseignement supérieur ont été à l'effet
qu'elle était bien d'accord avec les dispositions, mais là je ne sais pas la
nature des consultations qu'elle a menées. Comme ministre, quand on... quand un
projet de loi nous touche, on se revire vers nos partenaires, vers le
ministère, etc. Je ne peux... je peux pas vous dire, là, des témoignages
qu'elle a eus, mais je peux vous dire que le ministère de l'Enseignement
supérieur est en accord avec les mesures qui sont dans le projet de loi.
Mme Setlakwe : OK. Donc, la
ministre de l'Enseignement supérieur est d'accord et elle représente les
réseaux... collégiaux, oui, collégial et universitaire. Et eux, ils n'en
veulent pas, mais elle, elle est d'accord. C'est ce que je comprends?
M. Roberge : Ça peut arriver
que les milieux soient en désaccord pour baliser des choses. Lorsqu'on a
adopté, par exemple, la Charte de la langue française en 1977, qui venait
baliser l'affichage, les commerçants ne sautaient pas de joie, là, ils disaient
que ça allait donc être terrible, là, puis que, finalement, si on ne mettait
pas «sale» dans les vitrines, là, on ne serait plus capable de rien vendre,
puis finalement on a encore des commerces sur la rue Sainte-Catherine puis on
vit en français. Mais, si on avait écouté la Fédération des chambres de
commerce de l'époque, là, ou son représentant, on n'aurait rien changé dans
l'affichage commercial. Donc, il faut... il faut consulter, évidemment, mais
gouverner, c'est prévoir aussi, puis c'est aussi s'assurer d'une cohérence
législative.
Mme Setlakwe : Merci. Deux
choses. Oui, je sens le besoin, Mme la Présidente, de quand même réitérer ce
qui est nous... ce qui nous... les informations qui nous viennent du terrain.
Encore une fois, je suis dans le mémoire du BCI, à la page trois. Ils disent,
ils ont une sous-rubrique, là, Des résultats éprouvés : «Les
données disponibles indiquent que les mécanismes actuels mis en place dans nos
établissements ont démontré leur efficacité et permettent de répondre avec
nuance et équité aux enjeux liés à la diversité et à la laïcité sur les campus,
en cohérence avec leur mission d'enseignement, de recherche et services à la
collectivité.» Essentiellement, moi, ce que je lis ici, c'est qu'ils souhaitent
le statu quo.
Ils poursuivent en disant, je les
cite : «Selon les informations colligées auprès de nos membres, les
demandes d'accommodement pour motif religieux demeurent peu fréquentes et ils
sont généralement résolues de manière efficace. Les plaintes liées au
harcèlement religieux sont très rares et traitées à l'interne, sans qu'il soit
nécessaire de recourir à la Commission... Ces accommodements s'inscrivent par
ailleurs dans la même logique que ceux qui ont été accordés pour des motifs de
santé ou des besoins pédagogiques, pratiques déjà bien établies dans le milieu
universitaire.
«Deux rapports majeurs sur ces questions,
le rapport Bouchard-Taylor de 2008 et le rapport Pelchat-Rousseau (2025) — ce
sur quoi... qui était la base, j'imagine, ou le travail préalable qui a mené au
dépôt du projet de loi — ont tous deux souligné que les universités se trouvent
déjà en conformité avec les principes de laïcité et qu'elles faisaient preuve
de pratiques jugées exemplaires.»
Et permettez-moi un dernier point que j'ai
trouvé intéressant aussi à la lecture de leur mémoire. Ils tiennent à préciser,
«à mettre en garde contre la tentation de confondre»... Puis je ne dis pas que
c'est ça, ici, qui est... qui est fait, là, mais ils nous mettent quand même en
garde contre la tentation de confondre les enjeux de laïcité avec ceux qui
relèvent de tensions géopolitiques internationales susceptibles de se
manifester ponctuellement sur nos campus. «Il y a des conflits d'actualité
mondiale, dont certains comportent une dimension religieuse, qui peuvent
effectivement s'inviter dans l'espace universitaire en raison même de la
mission de nos établissements, qui sont des lieux d'échanges, des débats et de
mobilisation. Toutefois, nous tenons à rappeler que la gestion de ces
situations relève d'un cadre institutionnel...
Mme Setlakwe : ...laïc. Les
interventions s'appuient sur des principes d'impartialité, de neutralité et de
respect des droits fondamentaux. Les établissements disposent par ailleurs de
procédures claires de gestion de crise, de dispositifs de sécurité et de
protocoles d'intervention adaptés pour répondre à ces situations
exceptionnelles.»
Bref, je vais m'arrêter parce que, là, je
pense que c'est aussi... c'est aussi plus large que ce qu'on étudie
actuellement, mais je pense que le message est clair et il est très étoffé, et
leur mémoire est bien rédigé. Je pense que, quand on parle du monde
universitaire, il faut... il faut se questionner à savoir est-ce qu'on doit aller
aussi loin et est-ce qu'on doit leur imposer un cadre, sachant qu'ils sont...
qu'ils ont une mission particulière, qu'ils ont une expertise, qu'ils ont une
série de balises qui est... qui est évolutive. Mais, bon, je pense qu'on a eu
le débat, je pense qu'ils n'ont pas été consultés. Je pense que la collègue en
Enseignement supérieur est d'accord, mais je... mais je me permets de mettre en
doute l'appui... l'appui du milieu.
M. Roberge : Je pense...
dans...
Mme Setlakwe : Donc, voilà.
Je pense que j'ai... j'ai fait le tour. Mais, quand ils parlent du... ils
parlent de leur... Je m'excuse, je ne voulais pas vous interrompre. Allez-y.
M. Roberge : Non, mais ça va.
Mais je comprends que vous vous référez au mémoire, puis c'est pertinent, mais
je pense que, dans le mémoire, il y a comme une opposition de principe, comme
je l'ai dit tout à l'heure, en disant : Bien, on va gérer nos choses, et
on le fait bien, je comprends. Puis, dans la loi, on prend garde de ne pas
aller trop loin. Je pense qu'on met des balises qui sont vraiment de base,
nécessaires, minimales mais importantes. Comme je vous dis, je vous...
j'imagine mal un cas où on dirait : Non, non, non, il faut absolument
donner un accommodement qui empêche le collège de donner ou... de donner des
services aux étudiants ou etc. Je pense que les balises sont... sont tout à
fait acceptable mais qu'on a une opposition sur le principe en disant :
Nous voulons gérer nos choses par nous-mêmes, simplement. Je comprends ce
qu'ils expriment, mais je pense qu'eux aussi peuvent comprendre l'intention
gouvernementale. Et je ne pense pas qu'on débarque avec nos gros sabots puis
que là ils vont être obligés de revoir tous leurs protocoles parce que là on
vient d'arriver avec des mesures qui seraient déraisonnables. C'est la lecture
que j'ai.
Mme Setlakwe : Et peut-être
qu'effectivement les situations... on est peut-être en train d'avoir un débat
sur des situations hautement improbables, mais je pense que le message qui est
envoyé par le monde universitaire, dans ce contexte-ci, s'ajoute à des messages
qu'ils ont véhiculés dans les derniers mois, les dernières années aussi, tout
autre contexte, vous me direz, là, l'encadrement des étudiants internationaux,
mais, quand même, on... ça fait quelques fois qu'on vient toucher à leur
domaine d'expertise. Voilà, Mme la Présidente.
Je pense que le message est... le message
est passé. Si vous me permettez, peut-être, un dernier commentaire, le message
était au même effet, là, du... de la part de la Fédération des cégeps. Ils ont
aussi mis de l'avant dans leur... dans leur mémoire, là, je suis à la page six,
mais c'est ailleurs aussi, que les modifications qui sont proposées ne sont pas
nécessaires ni justifiées. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires sur
l'article 10? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, commentaire sur l'article
10 amené par l'article 29, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à l'article 11.
M. Roberge : Je pense que
l'article 11 devrait être suspendu, Mme la Présidente, puisqu'ici on est dans
des dispositions sur des dispositions pénales qui sont liées à des articles qui
sont suspendus. Donc, je pense, c'est attaché vraiment aux articles 2 et 3
qu'on a suspendus tout à l'heure.
• (18 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...l'article 11. Consentement pour suspendre l'article 11?
M. Roberge : Je propose de le
suspendre parce que je pense qu'on n'a pas le... je pense, ça doit être traité
ensemble.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement pour suspendre l'article 11?
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. L'article 12.
M. Roberge : «12. Le ministre
peut émettre des directives à tout organisme visé à l'annexe I de la Loi sur la
laïcité de l'État (chapitre L-0.3) portant sur l'application des dispositions
de la présente loi. Ces directives peuvent viser un ou plusieurs organismes et
contenir des éléments différents selon l'organisme visé.
«Ces directives doivent être soumises au
gouvernement pour approbation et publiées à la Gazette officielle du Québec.
Une fois approuvées, elles lient les organismes qui y sont visés.»
Commentaire explicatif : L'article 12 proposé
habilite le ministre responsable de la Laïcité à émettre des directives à tout
organisme visé à l'article 1 de la Loi sur la laïcité de l'État...
Une voix : ...
M. Roberge : Pardon?
Une voix : ...
M. Roberge : À l'annexe I,
excusez-moi...
18 h (version non révisée)
M. Roberge : ...à l'annexe I
de la Loi sur la laïcité de l'État portant sur l'application de la Loi
favorisant la neutralité religieuse notamment dans l'espace public.
Cet article vise à assurer une application
cohérente de la loi et à en faciliter la mise en oeuvre, puisque les directives
constituent un outil clair pour orienter les organisations dans l'interprétation
à l'exercice de leurs obligations en matière de laïcité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Y a-t-il des questions, commentaires sur l'article 12?
Mme Setlakwe : ...Mme la
Présidente. Quelle est l'intention ici, M. le ministre, là, avec cet article?
M. Roberge : Ce seraient
des... des clarifications, habituellement, qui peuvent venir des réseaux
eux-mêmes, qui veulent avoir des balises ou qui, sur le terrain, ont des
incompréhensions ou constatent des disparités d'interprétation. Donc,
habituellement, c'est de là que viennent les demandes puis c'est dans ce
temps-là, habituellement, que les directives arrivent.
Mme Setlakwe : Est-ce que c'est
habituel d'avoir ce texte dans un projet de loi? Avez-vous d'autres... des
exemples dans d'autres contextes où on prévoit un régime législatif, là,
évidemment, puis après ça on dit... bien, on peut émettre des directives.
Pourquoi il faut... il faut le... il faut le préciser comme ça, de façon... de
façon explicite?
M. Roberge : Ça prend une
habilitation dans la loi pour pouvoir le faire. Mais c'est usuel. On l'a pour
la Charte de la langue française. On l'a aussi dans la Loi sur l'instruction
publique, par exemple. On l'a aussi pour les collèges, les cégeps. Bien, c'est
trois exemples qui me viennent comme ça, c'est ça, puis sur la Loi sur la
laïcité de l'État précédemment, je pense, ce matin aussi. Ça fait que j'ai
comme quatre exemples qui me viennent comme ça, où le ministre peut avoir
adopté des directives. C'est assez usuel.
Mme Setlakwe : Mais c'est
très... très large comme pouvoir.
M. Roberge : Attention, une
directive n'est pas égale à... par exemple, à un règlement. Et ici ça doit être
approuvé par le gouvernement, donc ça doit passer en Conseil des ministres.
Donc, ce n'est pas un pouvoir discrétionnaire au ministre, c'est quelque chose
qui doit être soumis au gouvernement ensuite... d'abord, plutôt, pas ensuite,
mais d'abord, préalablement.
Mme Setlakwe : Oui, je ne
sais pas. Mme la Présidente, en fait, j'ai peut-être une... je suis en train de
penser peut-être que cet article devrait être suspendu étant donné qu'on n'a
pas vraiment eu le débat sur l'ensemble de la loi édictée. Donc, c'est comme si
les débats sont incomplets jusqu'à maintenant. J'essaie... C'est difficile d'évaluer
la portée de cet article-là. Je comprends que ça s'est vu dans d'autres contextes.
Bon, je vous le soumets. Est-ce que ça ne devrait pas être suspendu?
M. Roberge : Excusez. Vous
voulez suspendre cet...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il y a une proposition de... compte tenu que la loi édictée
n'est pas encore tout adoptée.
Mme Setlakwe : On n'a pas
eu... je ne sais pas, on n'a pas eu l'ensemble des débats.
M. Roberge : OK. Comme il y a
d'autres éléments dans la loi qu'on veut préciser puis les directives
pourraient porter sur des articles suspendus...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est ce que je comprends.
M. Roberge : Je peux
comprendre, je peux comprendre effectivement, parce qu'il y a des articles que
nous avons suspendus qui peuvent faire objet de cette directive. Si vous le
souhaitez, je pourrais accepter de suspendre aussi, si vous voulez.
Mme Setlakwe : Oui, je pense,
ce serait important.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, il y a consentement? Consentement pour suspendre l'article 12?
Consentement. On passe donc à l'article 13.
M. Roberge : Merci bien. «13.
La présente loi s'applique malgré les articles 1 à 38 de la Charte des
droits et libertés de la personne (Chapitre C-12).
Commentaires explicatifs : Cet
article prévoit la disposition de souveraineté parlementaire conforme à l'article 52
de la Charte des droits et libertés de la personne. Cette dérogation à la
Charte québécoise fait en sorte qu'une disposition de la loi, une fois
sanctionnée, ne pourra pas être invalidée sur la base d'un recours fondé sur
les articles 1 à 38 de cette charte.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...sur l'article 13?
Mme Setlakwe : Oui, Mme la
Présidente. Donc là, ici, on est dans la loi édictée. Est-ce que la clause...
la clause nonobstant, la clause dérogatoire, elle se trouve aussi... est-ce qu'elle
se trouve dans la loi édictée, ici, à l'article 13? Est-ce qu'elle se
trouve aussi dans la loi, ailleurs dans la loi, ou?
Des voix : ...
M. Roberge : ...on est sur la
nouvelle loi qui va vraisemblablement changer de nom, mais qui s'appelle la Loi
sur la neutralité de l'espace public en ce moment, là, mais la loi qui va toucher
le vivre-ensemble, les accommodements. Donc, on parle de cette loi ici.
Mme Setlakwe : C'est ma
compréhension, effectivement.
M. Roberge : OK, mais
excusez-moi, je pensais que c'était votre question...
Mme Setlakwe : Oui, mais je me
demandais si...
M. Roberge : ...ce n'était pas
ça, votre question.
Mme Setlakwe : ...c'est parce
que là je n'étais pas là pour toute l'étude détaillée, puis je sais qu'il y a
des articles qui ont été suspendus. Mais on change aussi la Loi sur la laïcité
de l'État, puis il y a des articles sont suspendus à ce niveau-là, et il va y
avoir... L'article de dérogation va s'appliquer aussi à ces nouvelles
dispositions. Non.
M. Roberge : Les... La Loi sur
la laïcité de l'État est déjà couverte par des mesures de souveraineté
parlementaire, et les changements qu'on fait à la Loi sur la laïcité se
trouvent à être couverts, eux aussi...
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends.
M. Roberge : ...par défaut. Là
on est dans une loi qui est nouvelle, qui... qui parle de la neutralité dans
l'espace public, mais qui va changer de nom. Cette loi n'est pas couverte par
aucune mesure de souveraineté parlementaire, à moins que nous n'adoptions 13 et
14, qui viennent protéger cette nouvelle loi, puisqu'on a abrogé la précédente
loi de 2017. Donc, on n'est pas en train de parler de la Loi sur la laïcité de
l'État, on est en train de parler de la nouvelle loi qui couvre le
vivre-ensemble et qui, pour les accommodements raisonnables, celle dont on
traite, je pense, depuis le début de l'après-midi, ensemble.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Articles 1 à 15.
Mme Setlakwe : Tout à fait.
M. Roberge : 1 à 15. Voilà.
Mme Setlakwe : Mais, je comprends,
est-ce que vous pensez qu'on devrait suspendre l'article 13?
M. Roberge : Je ne crois pas
qu'on devrait suspendre l'article 13.
Mme Setlakwe : Suspendre dans
le sens que... suspendre le débat sur l'article 13 à ce stade-ci, vous ne
pensez pas qu'on devrait le suspendre?
M. Roberge : Non, je pense
qu'ici on a une question de principe : Est-ce qu'on est d'accord ou pas
pour utiliser la clause de souveraineté parlementaire pour des mesures qui
touchent le vivre-ensemble puis les accommodements raisonnables dans... Est-ce
qu'on pense qu'on doit protéger ces principes-là, pour pas que la loi soit
éventuellement invalidée, alors que, nous, on veut assurer un meilleur
vivre-ensemble? Je ne pense pas qu'on doive... Je pense qu'on peut faire le
débat en ce moment.
Mme Setlakwe : Je comprends
que vous allez sans doute maintenir votre position à l'effet qu'il est
souhaitable, encore une fois, d'utiliser la clause de dérogation. Mais ma
question est plutôt : On ne connaît même pas... On n'a même pas eu les
débats sur l'ensemble de la loi édictée, juste nous rappeler, Mme la
Présidente, quels articles ont été suspendus de cette loi, nouvelle loi
édictée. Moi, je vois 2, je vois 3...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 2, 3, 11, 12.
Mme Setlakwe : OK. On a donc
suspendu le débat ou... suspendu, oui, les débats qui visent à adopter ces
articles-là. Mais pourtant on est prêts tout de suite à se dire : On ne
sait pas trop exactement, précisément, ce que va contenir la loi édictée, parce
qu'on n'a pas encore vu les amendements. Mais allons-y, c'est tellement banal.
Allons-y, adoptons l'article 13, dérogeons à nos lois... à nos chartes,
c'est ce que je comprends, c'est le souhait?
M. Roberge : Je n'utiliserais
pas le terme «banal».
Mme Setlakwe : Pardon?
• (18 h 10) •
M. Roberge : Je n'utiliserais
pas le terme «banal» que ma collègue utilise, mais, sur le principe, à savoir
que la loi, sur laquelle on travaille, est suffisamment fondamentale pour
qu'elle soit protégée sur le principe qu'on doive s'assurer de balises
importantes sur les accommodements raisonnables, sur les accommodements qu'on
souhaite raisonnables et puis sur les... les mesures de vivre-ensemble, bien,
en fait, le débat est déjà commencé en ce moment, donc, moi, je pense qu'on
peut... en fait, on le fait en ce moment, on est en train d'en débattre.
Mme Setlakwe : Mais je
reprends ma question, la loi édictée, la loi édictée a 15 articles, c'est
ça, puis plusieurs de ces articles-là reconduisent...
Mme Setlakwe : ...un régime
qui existe déjà, bon, avec des modifications aussi avec, on élargit le champ
d'application, mais le nœud, pas le nœud, mais l'objet central de la loi
édictée, ce n'est pas justement les dispositions dont l'étude est suspendue sur
l'espace public, la neutralité religieuse de l'espace public? Et là est-ce que
ce n'est pas ça, l'objet principal de la loi édictée?
M. Roberge : Bien, on l'a vu
tout à l'heure, on l'a adopté, l'objet principal de la loi édictée, là, c'est
l'article 1 : «La présente loi a pour objet de favoriser et de
promouvoir le vivre ensemble en cohérence avec le modèle d'intégration
nationale, dans le respect de la liberté de conscience, la liberté de religion
de chacun. Elle a aussi pour objet de prévoir les critères devant être pris en
considération dans le traitement de demandes d'accommodement pour motifs
religieux découlant de l'application du droit à l'égalité». Après ça, bien, il
y a plein d'articles qui montrent de quelle manière ça s'applique, mais je
comprends, Mme la Présidente, que ma collègue souhaite qu'on ne fasse pas le
débat là-dessus sur l'utilisation de la clause dérogatoire tant qu'on n'a pas
fait le débat sur les articles qui montrent l'application. C'est bien ça.
Est-ce à dire qu'elle pourrait changer d'idée?
Mme Setlakwe : Mon point est
le suivant.
M. Roberge : ...pour changer
d'idée, on peut faire le débat tout de suite.
Mme Setlakwe : Mais il va y
avoir un débat. Ce n'est pas juste moi, là, qui changerais d'idée ou qui ne
changerais pas d'idée, c'est... il y a... il y a un débat de fond à y avoir, ne
serait-ce que par respect pour cet ordre professionnel qui est le Barreau du
Québec et pour les inquiétudes qui ont été exprimées par le Barreau mais aussi
par plusieurs experts. Mais moi, ici, là, maintenant, je trouve ça... je trouve
que ce serait dans l'ordre des choses de se dire : Ayons... complétons les
débats sur l'ensemble de la loi édictée, on a suspendu les articles 2 et
3. Oui, j'entends l'autre côté dire que ça ne change rien. Mais... mais il y a
quand même... Vous direz peut-être que je... c'est peut-être mon chapeau
d'avocate, mais on est en train de... de dire à l'article 13 que la loi
édictée s'applique malgré des droits et libertés reconnus dans nos chartes, pas
juste la charte canadienne, la charte québécoise, mais on ne connaît pas
dans... dans son fin détail, toute la portée et... Finalement, on ne connaît
pas toutes les dispositions de la loi, parce qu'on a... on attend encore des
versions modifiées des articles 2 et 3. Il va y avoir des amendements. Ça
doit passer, j'imagine, au Conseil des ministres. Le gouvernement dit : On
écoute ce qu'on a entendu, on écoute ce qui a été mis de l'avant dans les
différents mémoires, on va faire des ajustements. Mais convenons tout de
suite... adoptons tout de suite l'article 13 qui dit que la loi, la
présente loi s'applique malgré ce que prévoient nos chartes. Alors, on peut
bien avoir le débat sur le fond maintenant, mais il me semble que ce serait
opportun et même, je ne sais pas, plus respectueux de... de l'ordre des choses
et du débat parlementaire que de dire : Soyons au moins conscients de ce
qu'on est en train d'écarter. On met le judiciaire hors-jeu, mais on met le
judiciaire hors-jeu sur quoi spécifiquement? Moi, en ce moment, là, je ne le
sais pas, parce qu'on a suspendu des articles, parce qu'on attend les
amendements.
M. Roberge : Bien, je... je
doute que la position de ma collègue changerait après l'étude des articles
suspendus, mais j'aime croire que c'est possible. Mais, ceci dit, Mme la
Présidente, moi, je pense que c'est une demande qui est raisonnable de la
collègue aussi, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Ce que j'entends, c'est qu'on... qu'il y a une demande de suspendre les
deux articles, là, c'est-à-dire le...le 13 et évidemment le 14 qui va venir
jusqu'à ce qu'on statue sur les articles 2, 3, 11 et 12. C'est ce que
j'entends. On doit avoir le débat sur 2, 3, 11 et 12 avant d'adopter 13 et 14.
Est-ce que c'est ce que je comprends?
M. Roberge : Oui, je suis
d'accord. En fait, je pense qu'on aurait pu faire le débat, mais je comprends
l'argument de la collègue aussi, là, qui... qui dit... dans le fond, elle veut
savoir l'ensemble de la portée des... des articles, là, qui sont visés. Donc,
si... On peut suspendre ces deux-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il y a consentement donc pour suspendre 13 et, j'imagine,
14?
M. Roberge : Oui, oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, on suspend 13 et 14. Consentement?
M. Roberge : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Article 15.
M. Roberge : 15. Le ministre
responsable de la Laïcité est responsable...
M. Roberge : ...de
l'application de la présente loi.»
Commentaire explicatif. Cet article
prévoit que l'application de la loi favorisant la neutralité religieuse
notamment dans l'espace public relève du ministre responsable de la laïcité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires?
Pas de questions, commentaires. Est-ce que
l'article 15 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Et là, on passe à l'article 28, qui sont les
dispositions finales, 28 et 29.
M. Roberge : 28 ferait
l'objet d'un amendement. Il serait suspendu, il ne resterait que le 29.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour suspendre
l'article 28?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Article 29.
M. Roberge : Donc, 29,
c'est la mise en œuvre. Donc :
«29. Les dispositions de la présente loi
entrent en vigueur le (indiquer ici la date de la sanction de la présente loi),
à l'exception :
«1° de celles de l'article 6, de
l'article 8 en ce qu'il édicte le deuxième alinéa de l'article 10 de la
Loi sur la laïcité de l'État (chapitre L-0.3) et de l'article 9 en ce
qu'il édicte les articles 10.1 à 10.3 de la Loi sur la laïcité de l'État,
qui entrent en vigueur le 1er septembre 2026;
«2° de celles de l'article 21 en ce qu'il
édicte le deuxième alinéa de l'article 78.1 de la Loi sur l'enseignement
privé (chapitre E-9.1) et de l'article 22, qui entrent en vigueur le
(indiquer ici la date qui suit de trois ans celle de la sanction de la présente
loi).»
Commentaire explicatif. Cet article porte
sur l'entrée en vigueur des dispositions du présent projet de loi. Il est prévu
que la majorité des dispositions entrent en vigueur le jour de sa sanction.
Toutefois, les dispositions qui étendent l'obligation d'avoir le visage
découvert, ainsi que celles qui interdisent la pratique religieuse dans les
lieux sur l'autorité d'un organisme public ou d'une institution parlementaire
ou judiciaire, entreront en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026. Cette entrée en
vigueur en septembre vise à éviter que ces nouvelles exigences, qui
s'appliquent notamment dans le secteur de l'éducation, entrent en vigueur au
milieu d'une année scolaire. Enfin, des dispositions qui permettent au ministre
de l'Éducation de révoquer un agrément en cas de non-respect des exigences de
la laïcité prévues à la loi sur l'enseignement privé entreront en vigueur trois
ans suivant la sanction.
Est-ce que les articles mentionnés ici ont
tous été traités ou bien certains ont-ils été suspendus? Parce que, dans la
logique de ma collègue, que je respecte très bien, s'il y a des articles qu'on
a suspendus, qui sont donc visés, on pourrait aussi...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 6 est suspendu.
M. Roberge : ...6 est
suspendu, puis on le mentionne dans le premier alinéa. Donc, comme, puisqu'on
discute de quel article est suspendu, mais que ceux-ci ne sont pas adoptés, je
pense que je vais moi-même proposer de le soumettre cette fois-ci, je pense,
par respect pour la collègue et pour les parlementaires qui travaillent avec
nous.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement pour suspendre l'article 29?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Alors, à moins qu'il y ait des nouveaux
amendements qui vont être déposés là, je vais, en vertu de l'article 165
du règlement, je fais motion pour que la commission ajourne ses travaux.
M. Roberge : Merci, Mme
la Présidente. Merci bien.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Hein?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, oui. Oui, oui, c'est ça. Alors, est-ce que cette
motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Merci. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 19)