(Onze heures cinquante et une
minutes)
Le Président (M. Provençal)
: À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte.Je vous souhaite la bienvenue et je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre les
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi
n° 15, Loi visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus
efficace.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Alors, M. Morin (Acadie) est
remplacé par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Nous entendrons ce
matin les témoins suivants : M. Vincent Dumez, directeur patient et
codirecteur scientifique au Centre d'excellence sur le partenariat avec les
patients et le public, et l'Association des conseils des médecins, dentistes et
pharmaciens du Québec.
Notre séance a commencé beaucoup plus tard que
prévu. Il a été convenu entre la partie gouvernementale et les oppositions
qu'on va prendre du temps sur la... question pour laisser le temps à nos deux
groupes de pouvoir faire leur présentation. Nos échanges vont simplement être
un petit peu plus courts. Alors, merci de votre collaboration.
Auditions (suite)
Je souhaite maintenant la bienvenue à
M. Dumez. Je vous rappelle que vous avez 10 minutes pour votre
exposé. Par la suite, nous procéderons à la période d'échange avec les membres.
Alors, je vous cède la parole.
MM. Vincent Dumez et
Antoine Groulx
M. Dumez
(Vincent) : Merci beaucoup. Bonjour à tous. C'est toujours un
honneur et un privilège d'échanger avec
les élus du peuple du Québec. Je me présente avant tout devant vous ce matin
comme un patient atteint de plusieurs maladies chroniques, qui évolue
activement dans les systèmes de santé depuis 52 ans maintenant, dont
bientôt 38 ans au Québec.
Je suis un survivant de l'affaire du sang
contaminé et j'ai dédié ma vie à l'amélioration du système de santé à titre
d'activiste sida dans les années 90 à Montréal et d'expert en partenariat
avec les patients et les citoyens depuis une
vingtaine d'années. Conseiller en stratégie de formation, j'ai cofondé, avec le
doyen Jean Rouleau, le programme patient partenaire à la Faculté de
médecine de l'Université de Montréal en 2010, qui s'inscrit aujourd'hui dans le
cadre des activités du Centre d'excellence sur le partenariat avec les patients
et le public.
Je suis accompagné de mon collègue le Dr Antoine
Groulx, médecin de famille engagé à la Clinique Maizerets à Québec, professeur
et chercheur à la Faculté de médecine de l'Université Laval, directeur
scientifique de l'unité de soutien au système de santé apprenant du Québec,
auquel aussi je suis rattaché. Notre duo est un symbole important car nous croyons à la vertu de la coconstruction entre
patients usagers et cliniciens, enseignants, chercheurs et à la vertu de
travailler en partenariat.
Pour commencer, ce projet de loi est nécessaire
à bien des égards, et, globalement, nous le soutenons. Il répartit de façon
plus moderne les forces de pouvoirs au sein de notre système de santé et des
services sociaux tout en proposant des mécanismes d'alignement incontournables
qui manquaient indéniablement à la dernière réforme et qui nous outillent mieux
pour les années à venir.
Bravo, notamment, pour la création du conseil
national des usagers, de la fonction de commissaire national aux plaintes et à
la qualité des services, du comité national de vigilance et qualité, du programme
national de qualité des services et du rôle
central de la mesure de l'expérience usager, pour ne citer qu'eux. Quelques
bémols, par contre, qui méritent d'être soulignés sur la place réservée
aux professionnels de la santé, médecins et autres professionnels dans les mécanismes de gouvernance proposés par le
projet de loi et sur la limitation hasardeuse de l'offre des médicaments
en contexte de nécessité médicale, mais je ne m'étendrai pas sur ces sujets.
Cependant, je vais m'étendre sur un sujet plus
en particulier car il y a effectivement quelques enjeux importants en matière
d'action patient et d'action usager dans la loi. Je tiens à souligner que je ne
crois pas que ces enjeux ont été créés intentionnellement. L'écosystème patient
usager au Québec est complexe, et les mécanismes de participation citoyenne
sont aujourd'hui multiples, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour la
société, mais les orchestrer de façon cohérente, dans le respect des
prérogatives et missions de chacun, n'est pas une chose simple.
Maintenant, sans vouloir vous donner un cours en
la matière, si je simplifie, il y a deux piliers. Le premier pilier est la défense de droits et les
recommandations d'améliorations issues de cette défense de droits. Il est
l'apanage exclusif
de mes collègues du conseil de la protection des malades, et du Regroupement
provincial des comités d'usagers, et de nombreuses associations de
patients spécialisés qu'il ne faut surtout pas oublier, comme la coalition
cancer Québec ou encore le Regroupement
québécois des maladies orphelines, pour ne citer qu'elles. Et je viens de la
maladie rare, donc c'est quelque chose qui me touche particulièrement.
Je ne vais pas m'étendre sur ce premier pilier,
mais, effectivement, dans le contexte du projet de loi, il risque d'être affaibli malgré la création du Comité
national des usagers, affaibli par la possibilité d'une diminution du nombre
des comités d'usagers, qui avaient déjà été touchés par la réforme Barrette,
affaibli par le fait que ces comités ne rêveront plus d'une instance aussi
solidement décisionnelle et indépendante qu'un conseil d'administration et
affaibli finalement parce qu'on ne parle pas, justement, des nombreuses
associations de patients, qui représentent un volume très important de
personnes malades et à qui il faut absolument faire une place, mais, encore une
fois, je vais laisser mes collègues représentants d'usagers et associatifs
détailler davantage ces enjeux.
Je veux plutôt me concentrer sur le deuxième
pilier, le pilier des patients partenaires, des usagers partenaires, celui qui vient juste après la défense de droits et
les recommandations qui en résultent. On parle ici de plus de
1 500 personnes atteintes de maladies sévères, grands utilisateurs de
notre système de santé québécois, donc experts de leur pathologie, mais aussi
de la navigation dans notre système, qui travaillent au quotidien et en
partenariat avec tous nos établissements de
santé, d'enseignement et de recherche à l'échelle de la province. Ils
participent à l'élaboration et à la mise en oeuvre de solutions d'accès,
à l'efficience clinique, au renouveau des curriculums d'enseignement, à
l'élargissement des protocoles de recherche, et j'en passe.
Il est essentiel de souligner que cette approche
a vu le jour en 2010 au Québec et qu'elle rayonne maintenant un peu partout dans le monde, offrant de nouvelles
perspectives à l'action citoyenne en santé. D'autres projets de lois, notamment
en Europe, l'ont d'ailleurs déjà intégrée ou sont en train de le faire.
L'impact systémique, favorable et heureux de leurs actions est souvent soutenu
aujourd'hui par de nombreuses applications... publications scientifiques,
excusez-moi, qui démontrent hors de tout doute qu'ils sont à la fois des agents
d'efficacité et d'humanisation des soins. Le problème, c'est qu'ils sont
totalement absents de ce projet de loi, mais je ne vais pas... je ne perdrai
pas de temps à me lamenter sur cette absence. Nous vous proposons plutôt des
modifications concrètes à trois niveaux pour rectifier cette situation.
Au niveau, d'abord, des droits relatifs aux
services, la nécessité d'affirmer clairement que tout usager, tout citoyen est
reconnu comme un partenaire de soins, c'est-à-dire un acteur de ses propres
soins, un soignant tout autant qu'un soigné, et que, de ce fait, il doit être
soutenu dans le développement de ses savoirs et de ses compétences d'autosoins
afin de renforcer son autonomie, à l'heure des maladies chroniques, une telle
précision nous semble incontournable, et il est démontré qu'un tel partenariat
est la seule façon de s'assurer de mettre le patient au coeur.
La nécessité aussi d'affirmer, dans la même
logique, que tout usager, tout citoyen est reconnu comme un partenaire de
transformation et peut ainsi participer légitimement aux orientations et à
l'élaboration des solutions d'amélioration
du système de santé et des services sociaux sous différentes formes... On
poserait ainsi deux fondements essentiels au partenariat avec les
patients usagers au Québec en les reconnaissant clairement comme des acteurs de
leurs propres soins et comme des acteurs de changement.
Au niveau aussi des mécanismes d'amélioration
continue prévus à ce projet de loi, qui sont très solides en passant, il serait
essentiel d'ancrer durablement l'action déjà réelle des patients usagers
partenaires en inscrivant officiellement leur rôle dans le cadre du programme
national sur la qualité des services et de mettre en place des mécanismes
pérennes de coordination nationale de leurs actions, ce qui maximiserait leurs
impacts et reconnaîtrait leur rôle majeur dans le système.
Aussi, par leur présence spécifique, et je dis
bien spécifique, ils n'ont pas besoin d'être partout sur des comités pertinents
comme le comité national, les comités locaux de vigilance et de la qualité
ainsi que les conseils interdisciplinaires d'évaluation des trajectoires et de
l'organisation, dont je salue d'ailleurs la création, également par leur
présence sur les comités directeurs des RUISSS, parce qu'ils sont souvent à la
croisée des dynamiques de soins, d'enseignement et de recherche. Ces comités et
conseils ont besoin des savoirs des patients usagers partenaires car ce sont
ces savoirs qui vont leur offrir une perspective systémique et clinique
indispensable à leur efficacité et en toute complémentarité avec les
représentants des usagers.
Finalement, si vous voulez encore être plus
audacieux, je me permets, ne créez pas seulement une fonction de commissaire aux plaintes et à la qualité des
services comme le commissaire national aux plaintes à la qualité des services,
ce qui est déjà très bien, en passant, mais
une fonction de commissaire aux plaintes... de commissaire national aux
plaintes, à la qualité des services et aux partenariats avec les
usagers, voire les citoyens. Vous allez intégrer ainsi, dans un tout cohérent, les grands mécanismes d'engagement
citoyen orientés sur l'amélioration de la qualité, ce qui serait un signal
clair que le système de santé est connecté sur sa population et une santé
durable.
Bref, s'il vous plaît, ne ratons pas cette
occasion unique d'ancrer minimalement cette grande innovation sociale québécoise dans ce projet de loi. Dans le
cas contraire, je crois que ce serait un véritable rendez-vous manqué.
Et je passe la parole à mon collègue. Merci.
• (12 heures) •
M. Groulx (Antoine) : Merci,
Vincent. Le partenariat patient dont parle Vincent occupe justement le coeur de
l'unité de soutien que j'ai l'honneur de diriger et dont l'objectif est de
soutenir l'amélioration continue de notre système
de santé. Alors, je joins ma voix à celle de mon collègue pour souligner la
valeur exceptionnelle du partenariat patient dans l'atteinte de nos
objectifs d'amélioration de la qualité.
À cet égard, je salue aussi l'ambitieuse...
l'ambition heureuse, dis-je, et nouvelle, du projet de loi n° 15 de
développer son propre programme national sur la qualité des services. Le projet
parle, en effet, avec enthousiasme de ces ambitions de mesures, de suivi, de tableaux de
bord permettant de comparer la performance à des standards transparents
et appuyés sur la science. L'occasion est belle de vulgariser toutes ces
analyses pour la population, comme pour les gestionnaires et le personnel
clinique, mais, plus important encore, avec tout un réseau des citoyens et des
citoyennes plus éclairés sur les véritables
enjeux et forces de son système de santé, l'agence disposera d'une capacité
sans précédent pour remettre le système de santé sur les rails et
l'aider à devenir apprenant. Exactement comme pour les partenaires patients,
qui seront avides de participer à l'élaboration et au déploiement des solutions
aux problèmes qu'ils identifient, nous croyons qu'il faut enrichir, dès sa
conception, ce programme qualité des outils qui permettront de passer de la
critique à une réelle amélioration. L'humain étant humain, se regarder dans le
miroir ne suffit souvent pas à entraîner une véritable démarche de changement.
On le sait, tout le monde le sait, d'ailleurs, il faut faire du sport, il faut
éviter de consommer, il faut bien manger, bien s'alimenter, alors pourquoi
est-ce qu'on constate encore autant
d'obésité, de maladies vasculaires, de toxicomanie? Montrer la voie ne suffit
pas, il faut accompagner le changement. Cette gestion du changement des humains par des humains est critique.
95 % des savoirs, aujourd'hui, et des innovations issues de la
recherche en santé et services sociaux dorment sur les tablettes parce que nous
avons été naïfs, assez naïfs pour croire que, puisque c'était bon, tout le
monde se battrait pour en profiter.
Chers parlementaires, au-delà des divisions
traditionnelles qui vous gouvernent, vous disposez, avec ce projet de loi
n° 15, d'une opportunité historique de restaurer notre précieux temple de
santé québécois. Ses portes sont ouvertes. Dans le texte qui est devant vous,
Vincent et moi, nous vous proposons d'y laisser entrer un peu plus d'humanisme et de bienveillance pour inspirer
davantage tous les partenaires, patients, patientes, intervenants,
intervenantes, chercheurs,
chercheuses et gestionnaires qui travailleront à en faire le fleuron auquel
nous aspirons tous. Merci beaucoup.
Le
Président (M. Provençal)
: ...pour votre exposé. Alors, M. le ministre, vous
avez la parole pour huit minutes.
M. Dubé : Pour huit minutes? OK,
donc, on est à peu près à la moitié de nos temps, là.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, c'est ça.
M.
Dubé : OK. Parfait. Alors, messieurs, merci beaucoup
pour, premièrement, ces... d'avoir été là aujourd'hui, étant donné le peu de
temps qu'on vous avait donné. Puis on reconnaît toute l'importance de votre
groupe.
Vu qu'on n'a
pas beaucoup de temps, je vous demanderais d'expliquer, en une ou deux minutes,
la complémentarité que vous cherchez entre les patients partenaires et
ce qu'on appelle plus les comités d'usagers. Parce que je ne suis pas certain
que c'est très bien compris par la population. Parce qu'après cette réponse-là
ce sera plus facile de vous dire... Puis je
pense qu'il y a des choses que vous suggérez, aujourd'hui, qu'on est assez à
l'aise de s'ajuster, je vous le dis tout de suite. Mais je voudrais que
vous expliquiez c'est quoi, la complémentarité dont vous parliez tout à l'heure
entre patient partenaire puis un usager.
M. Dumez (Vincent) : Bien, déjà, les
représentants d'usagers... Moi, j'ai été un défenseur de droits très actifs dans une certaine période. Vous n'auriez
pas aimé forcément m'avoir dans cette commission dans les années 90,
mais... comme celle-là. Mais donc la défense de droits et la recommandation
d'améliorations issues de la défense de droits, c'est une chose. Les
patients partenaires arrivent après, c'est-à-dire arrivent dans la construction
des solutions.
Donc, on sait... on a... on sait que c'est très
difficile de mélanger les deux chapeaux, d'être à la fois dans la défense de
droits, parce que la défense de droits demande une certaine indépendance, c'est
pour ça que les comités d'usagers doivent
être rattachés à des organisations indépendantes, comme les conseils d'établissement
ou des conseils d'administration. Et le pari des patients partenaires,
depuis le départ, et les usagers partenaires, c'est de construire de l'intérieur. Les patients partenaires construisent
avec les cliniciens, avec les chercheurs, avec les enseignants, à l'intérieur
du système de santé, et donc c'est une
totale complémentarité entre un groupe qui défend des droits et qui recommande
des améliorations de qualité et l'autre groupe qui coconstruit des solutions
avec le système.
M. Dubé : Très clair. Très clair.
Merci beaucoup. Dans votre demande de modifier l'article 9, là, c'est très
clair, ce que vous demandez, je ne veux pas
tout rentrer dans le détail de comment ça pourrait se définir légalement, là.
Mais c'est quoi, l'objectif que vous recherchez par la modification de
l'article 9?
M. Dumez (Vincent) : Donc, il y a
deux objectifs. Le premier objectif, c'est qu'il... On va souvent mettre les
personnes malades, les patients dans une posture de personnes qui reçoivent des
soins, mais 98 % des soins sont assumés par les patients et les familles
chez eux. Donc, c'est pour ça qu'il faut les reconnaître comme des acteurs de
soins, c'est-à-dire qu'il faut reconnaître que les soins, ce n'est pas
uniquement dans les centres hospitaliers, mais que les soins aussi sont assumés
par la population, déjà aujourd'hui, en grande partie chez eux et
particulièrement quand on parle des patients atteints de maladies chroniques.
Donc, si on veut asseoir, et je le sais, M. le ministre, que les questions d'autosoins sont particulièrement
importantes à vos yeux, il faut absolument, je pense, dans une déclaration
claire, dire qu'effectivement on reconnaît
que les patients sont aussi des acteurs de soins, autant que les professionnels
de la santé, et qu'à ce titre on doit les aider dans leurs actions.
M. Dubé : Bien, écoutez, là, c'est
tellement important, ce que vous dites, parce que notre projet de loi, c'est
justement de remettre le patient au coeur de nos préoccupations. Alors, c'est
pour ça que je vous demande le libellé qu'il
serait important d'avoir, puis je... Là, c'est parce qu'on manque un petit peu
de temps, là, mais j'en parlerai avec mes
collègues ici, là, mais de trouver... je vais l'appeler l'accommodement
raisonnable qu'on pourrait avoir pour que ce libellé-là vous convienne, mais
que l'on comprenne bien qu'il est complémentaire aux usagers. Puis ça, c'est
important, là, c'est pour ça que c'était ma première question...
M. Dumez (Vincent) : Bien sûr.
M. Dubé : Je ne sais pas comment
qu'il...
M. Dumez (Vincent) : Si je peux me
permettre, M. le ministre.
M. Dubé : Oui, allez-y.
M. Dumez
(Vincent) : Il y a un deuxième élément, c'est que tout usager,
aussi... on reconnaît que tout usager est partenaire de transformation avec le
système, c'est-à-dire qu'il est... on reconnaît que la population va... peut
contribuer à la transformation du système de santé et à son amélioration. Ça,
c'est aussi un élément important, alors qu'aujourd'hui on a beaucoup de
mouvements citoyens, comme les patients partenaires, comme les comités des usagers, qui sont très actifs dans la
transformation du système de santé. Donc, c'est un deuxième élément qu'on
proposait. Excusez-moi de vous avoir coupé.
M. Dubé : Non, non, il n'y a pas de
problème. Et à quel niveau, dans les comités des usagers, vous verriez votre
participation? Parce qu'en ce moment on n'a pas défini comment se ferait le
choix des usagers. Je pense juste aux
comités des usagers, où on a dit... ou, par exemple, je pense aux conseils
d'établissement, on a dit : Il y a cinq usagers. Vous voyez... vous
vous voyez comment dans cette proportion-là?
M. Dumez (Vincent) : Les patients
partenaires, il faut qu'ils soient dans des comités de gouvernance où c'est
nécessaire qu'ils soient, c'est-à-dire où ils amènent leur expertise. Donc, ils
ne sont pas... nécessaires d'être partout. C'est important que les
représentants des usagers, qui sont... qui sont légitimement représentants,
soient dans les comités de gouvernance. Je pense que les patients et usagers
partenaires doivent être dans des comités où ils sont... leur expérience et leur expertise a une utilité, comme les
comités, par exemple, on a parlé de vigilance et qualité, le fameux
conseil interdisciplinaire. Encore une fois, je salue cette création-là.
M. Dubé : Ah! OK. Là, je vous suis.
M. Dumez (Vincent) : Et par contre
il faut le faire en concertation avec les comités d'usagers, c'est-à-dire que c'est quelque chose sur lequel on doit
s'entendre avec les comités des usagers. Encore une fois, la défense de droits et
la coconstruction des solutions de soins, c'est deux choses complémentaires.
Donc, il faut vraiment qu'on soit dans une
logique de collaboration et qu'on regarde comment, effectivement... Mais les
patients partenaires n'ont pas besoin d'être partout.
M.
Dubé : Non, non, mais je vois très bien la différence. Je
vous dis : Si vous aviez un choix à faire beaucoup plus, par
exemple, au niveau du comité interdisciplinaire, qui est en haut avec les
médecins, les soins infirmiers, les travailleurs
sociaux. Parce que ça inclurait un peu la continuité du processus, plutôt que
d'être dans un comité d'usagers.
M. Dumez (Vincent) : Exactement.
M. Dubé : Ah! OK.Je
comprends très bien.
M. Dumez (Vincent) : Les RUISSS
aussi, c'est important, parce que les patients partenaires sont impliqués en
enseignement, en soins et en recherche aujourd'hui, donc les RUISSS traversent
ces trois missions-là. Donc, ce serait parfait. Puis vigilance et qualité parce
que les patients partenaires sont très impliqués dans l'amélioration de la
qualité dans tous nos établissements de santé.
M.
Dubé : Bien, c'est peut-être ma question pour monsieur
Groulx, là, parce que... Comment il me reste de temps, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Un peu moins de deux minutes.
M. Dubé : Le temps passe vite, là.
Parlez-moi des RUISSS un peu pour... Parce que, M. Groulx, vous êtes plus du
côté universitaire, de ce que je comprends, là, alors vous verriez quoi, la
participation aux RUISSS, par... aux partenaires patients?
M. Groulx (Antoine) : Bien, en fait,
un peu comme vous l'avez évoqué...
M. Dubé : En plus de ce que vous
faites, là.
M.
Groulx (Antoine) : Oui, en fait, c'est ça, nous, on essaie déjà
d'apporter le partenariat patient dans les RUISSS puis on le fait un peu dans
l'esprit de ce que vous avez évoqué. Oui, le patient est au coeur de votre
projet de loi, mais nous, on va encore plus loin que ça, le patient n'est plus
seulement au coeur ou au centre, le patient fait partie authentique de
l'ensemble des collaborateurs qui travaillent à l'amélioration des soins.
Alors, dans les RUISSS,
la place de ces patients dans l'élaboration des trajectoires, les RUISSS
suivent beaucoup... Le patient, par exemple, qui est à Gaspé et qui doit avoir
des soins tertiaires, bien, il va avoir tout un trajet qui va passer peut-être
par Rimouski puis qui va finir dans le CHU de Québec, Université Laval. Alors,
ces trajectoires-là, d'avoir des patients qui ont l'expérience de ce
parcours-là, est extrêmement important et très riche pour le groupe des RUISSS,
qui regroupent, en fait, effectivement, vous l'avez dit, des gens du monde
universitaire, mais aussi des gens du réseau de la santé et des services
sociaux. C'est ce qui fait sa force, d'ailleurs.
Alors, les patients,
à mon avis, et les patientes, ils ont leur place comme partenaires
authentiques, pas tant d'être au coeur des
réflexions et des échanges, mais d'être littéralement des membres, des
personnes qui vont élaborer l'amélioration de ces trajectoires.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci,
M. le ministre.
M. Dubé : Moi,
je pense que ça va très bien. Merci, merci beaucoup.
M. Groulx
(Antoine) : Merci, M. le ministre.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député de Pontiac, vous avez 5 min 2 s pour votre échange.
• (12 h 10) •
M.
Fortin : Oui. Merci, merci, M. le
Président, Bien, d'abord, d'abord, je m'excuse de mon absence — j'ai
le droit de dénoncer ma propre absence pour hier, M. le Président — je
m'excuse aux groupes qui étaient là. Mais je suis
content de vous avoir devant nous aujourd'hui puis de pouvoir échanger avec
vous. Peut-être que vous pouvez nous aider, là, juste sur le... je pense
que c'est un des derniers points que vous avez faits, là, en parlant que le
commissaire aux plaintes ne devrait pas juste être un commissaire aux plaintes,
il devrait y avoir un commissaire aux plaintes et aux... je pense que vous avez
appelé ça relations avec les citoyens.
Une voix : Au
partenariat.
M.
Fortin : Oui. Donc, pouvez-vous peut-être
élaborer là-dessus? Qu'est-ce que ça voudrait dire d'avoir ce double rôle là?
M. Dumez (Vincent) : Bien, ça voudrait dire...
ça voudrait dire, finalement, que le... si je... Je vais caricaturer, là, mais le commissaire aux plaintes ne serait pas
juste dans la gestion d'un processus de chialage, ou de revendication,
ou de défense, mais il serait aussi dans un processus de mobilisation d'un
certain nombre des citoyens pour trouver des solutions, que ce soient les
comités usagers, que ce soient les patients partenaires. Donc, il serait... ou
il aurait aussi des mécanismes, les mécanismes citoyens qui lui permettraient,
éventuellement, de pouvoir travailler sur des... sur l'élaboration de recommandations et de solutions de recommandations.
Donc, ça permettrait d'avoir un commissaire aux plaintes beaucoup plus
équilibré, qui serait à la fois dans le négatif, mais aussi dans le positif et
qui pourrait aussi avoir une perspective
d'ensemble sur la participation citoyenne. Puis sa posture dans la structure,
aussi, serait vraiment idéale pour ça. Je ne sais pas si je suis clair.
M.
Fortin : Vous avez fait référence à
certains... certaines autres juridictions où, effectivement, là, ça a déjà été
mis de l'avant, des participations plus pleines de partenaires... de
partenaires patients. Est-ce que vous pouvez nous dire à quel genre de
modification concrète ça a mené dans ces juridictions-là, à quel genre
d'amélioration on a vu assez rapidement dans le système et quel genre d'écoute
additionnelle on a eue?
M. Dumez
(Vincent) : Bien, par exemple, une des particularités des savoirs
patients, si je on parle de cela, c'est que c'est les seuls... les patients
sont les seules personnes à avoir une vue systémique du réseau. C'est les seuls
qui traversent les silos. Les patients sont des «busters» de silos, c'est ça
qu'ils font dans la vie. Donc, les premiers avantages qu'on a vus, quand on les
a impliqués à l'intérieur des démarches d'amélioration continue de la qualité
ou ailleurs, c'est qu'ils ont donné une vue de trajectoire de vie. Ils ont
dit : Bien oui, bien, il n'y a pas juste l'hôpital, mais il y a l'hôpital
puis ce qu'il y a avant l'hôpital, il y a la réadaptation, puis il y a ma
communauté, puis il y a... Et donc, d'un seul coup, on a amené la, par
exemple... la dimension de l'amélioration de la qualité à une démarche très,
très réduite, à une démarche beaucoup plus large. Et les patients ont aidé à
ouvrir des perspectives et à avoir une optimisation transversale beaucoup plus
importante. Ça, c'est vraiment les choses... les grands constats qu'on a vus.
C'est
comme... vous savez, les systèmes de santé se sont définis sans leurs clients
pendant des décennies, hein? Aujourd'hui, on est dans ce vaste moment où
on réouvre les systèmes de santé à la voix des citoyens, à la voix des patients, à la voix des usagers, puis ça amène de
nouvelles perspectives et de nouvelles solutions, surtout. La particularité
des solutions amenées par les patients partenaires, par exemple, ça a été très
documenté dans la littérature, c'est qu'ils apportent souvent des petites
solutions à fort impact et pas des grosses solutions sans impact, des petites
solutions à fort impact, parce que c'est des angles qu'on ne voyait pas avant
parce que, tout simplement, leur perspective n'était pas là. Je ne sais pas si
je suis clair.
M. Fortin : Bien, l'idée du «buster»
de silos, moi, j'avoue que j'aime ça, puis j'aime ça peut-être même un peu plus que le terme «top gun». Un «buster» de silos,
d'après moi, ça aurait une utilité encore plus intéressante, mais bon...
M. Dumez (Vincent) : Excusez-moi
l'anglicisme, en passant.
M. Fortin : Comment on peut le définir? Parce qu'il faut être capable
de trouver les bons partenaires, les bons patients, les bonnes personnes qui,
justement, sont capables de remplir le rôle que vous suggérez à travers les
différents comités, donc... Puis je comprends votre différence... la différence
que vous tentez de soumettre entre un usager qui participe à un comité des
usagers puis un partenaire patient qui peut avoir une perspective plus grande, plus élaborée au fil du temps aussi, parce qu'il
ou elle a vraiment vécu plusieurs parties du réseau, là. Alors, comment
on le définit dans la loi pour être... pour s'assurer qu'on identifie les
bonnes personnes puis qu'on met des gens qui ont les capacités pour faire ces
rôles-là?
M. Dumez (Vincent) : Antoine, tu
n'hésites pas à sauter dans l'arène, si tu as besoin. Mais moi, je pense qu'il
faut les présenter comme des experts de la vie avec la maladie ou avec des
conditions de santé. C'est ça que sont les usagers, et les patients
partenaires, ce sont des gens avec beaucoup d'expertise de la vie avec la
maladie. Et on met cette expertise et ces savoirs à la disposition de
l'amélioration du système de santé, donc je pense qu'encore une fois c'est à la
reconnaissance et c'est rattaché aussi à la fameuse modification de
l'article 9, reconnaître que des citoyens qui sont malades, qui sont en
difficulté, développent des savoirs, des savoirs de clinique, des savoirs de navigation et que ces savoirs-là ont une utilité
dans l'amélioration du système de santé, aussi simplement que ça. Moi, je pense qu'à partir du moment où, je ne sais pas,
Antoine, ce que tu en penses, mais qu'on a cette base-là, à partir de là, on
est capable d'ouvrir, de consolider beaucoup de choses par la suite.
M. Groulx
(Antoine) : Peut être ajouter un élément. Le législateur est
celui qui sait certainement mieux l'écrire dans la loi, comme vous
l'avez demandé, mais, clairement, il y a ici un potentiel aussi d'accompagner
les partenaires patients, de les former, de
les soutenir. C'est un peu ce que le centre d'expertise en partenariat
patient-public et l'unité de soutien
que je dirige offrent comme services, donc d'accompagner ces gens-là pour ne
pas les voir instrumentalisés, se retrouver sur des tables comme des
pantins, en prétendant simplement qu'ils y sont. Il faut qu'ils y soient et
qu'ils puissent mettre pleinement leur savoir, leur expérience à contribution.
Et ça, ça s'apprend, vous l'avez dit, hein, c'est vraiment quelque chose qui se
développe, qui s'apprend...
Le Président (M. Provençal)
: Merci...
M. Groulx (Antoine) : À force de
faire, on devient expert, on devient...
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup...
M. Groulx (Antoine) : ...des Vincent
Dumez.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, docteur, pour
votre... cette précision-là. M. le député de Rosemont, un deux minutes arrondi.
M. Marissal : Un deux minutes?
Merci. Bien, merci, messieurs, d'être là. M. Dumez, je vous l'ai dit l'autre
fois, mais je vous le redis, navré pour ce qui vous est arrivé dans les
années 90, mais surtout merci d'avoir continué à vous impliquer pour
l'amélioration du réseau de santé. C'est précieux pour nous et pour tout le
monde au Québec.
M. Dumez (Vincent) : Merci, M. le
député.
M. Marissal : Selon vous, là, la
présence des usagers et leur influence, surtout, parce qu'il s'agit surtout
d'une influence, ici, elle est plus grande, elle est neutre ou elle est plus
faible dans le projet de loi actuel?
M. Dumez (Vincent) : Bien, je pense
que l'intention était qu'elle soit plus importante, vraiment, je le crois,
mais... Bien, je pense qu'il manque... il manque une couche, en fait, il manque
une... pour qu'elle soit plus forte, en tout cas, qu'elle... je ne dirais pas
qu'elle soit plus forte, pour qu'elle soit plus forte, mais pour qu'on assume
qu'on est plus mature au Québec, on a beaucoup plus de maturité, au Québec,
pour aller plus loin que ça, pour rajouter une couche supplémentaire.
Au niveau des comités usagers, très honnêtement,
la chose sur laquelle il faudrait... il va falloir réfléchir, c'est que... Ce
qui faisait beaucoup la légitimité des comités d'usagers, par exemple, c'était
qu'ils étaient reliés à des conseils d'administration. Aujourd'hui, ils sont
reliés à des conseils d'établissement. Ça, c'est un élément sur lequel il va
falloir se pencher parce que, même en termes d'indépendance des comités
d'usagers, je pense que c'est une question de fond sur laquelle il faut... Ils
vont avoir leur place au conseil d'administration, j'imagine, de l'agence, mais
c'est quelque chose d'important.
Maintenant, pour cette autre voie que sont les
patients partenaires, je pense que, là, effectivement, il y a une pierre à
l'édifice qui manque et dont on vient de parler qu'il faut absolument qu'elle
soit là. Ce serait un rendez-vous raté et ce serait quand
même un peu ridicule qu'au Québec on n'ait rien dans ce domaine-là, alors que
c'est en train de se répandre, cette
troisième voie est en train de se répandre un peu partout, justement, pour les
vertus dont on a discuté.
M.
Marissal : Donc, vous n'êtes pas très loin de la position
défendue par le Conseil de protection des malades, là, sans
nécessairement épouser leurs recommandations dans le précis, là, dans le
détail, mais vous dites qu'on doit aller une couche plus loin pour nous assurer
de votre représentativité. Ça passe notamment par un CA?
M. Dumez (Vincent) : Oui, puis, en
fait, ce que je dirais, ce que je dirais, je répéterais, c'est qu'on est
beaucoup plus... on est encore plus... on est à maturité, au Québec, pour aller
plus loin. On est certainement un des endroits dans le monde où on a le plus de
maturité pour pousser les choses plus loin, aujourd'hui, en matière
d'engagement citoyen dans la santé, que ce soit par la défense de droits, que
ce soit par la coconstruction des patients partenaires. On a vraiment
l'occasion de créer quelque chose d'unique, parce que tout est déjà là :
on a déjà 1 500 patients partenaires au Québec, on a déjà des comités
d'usagers, on a déjà des regroupements, on a déjà des associations de patients
extrêmement actives. Le tissu est incroyable.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
M. Marissal : Je vous remercie.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on termine l'échange avec la députée
de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Merci, merci d'être aux consultations particulières. Dr Groulx,
compte tenu de votre expérience de
praticien, j'ai une petite question. Je me demande : Si tous les médecins
de famille appliquaient le principe
de l'accès adapté, en plus de leur AMP puis en plus de leur charge
hospitalière, est-ce qu'il y aurait assez de médecins de famille pour
prendre en charge l'ensemble des Québécois?
• (12 h 20) •
M. Groulx (Antoine) : C'est une
question récurrente à laquelle je serais bien prétentieux de vouloir répondre.
Une chose certaine, si tous les médecins appliquaient ce type de modèle de
pratique, l'accès des patients, qu'ils soient inscrits ou pas, serait
certainement meilleur et serait plus rapide, il serait plus opportun, il
correspondrait davantage à ce que les citoyennes et citoyens attendent.
Ça augmenterait certainement la capacité, aussi,
de voir des patients, puisque c'est un travail qui se fait en collaboration
interprofessionnelle, hein? L'accès adapté, ce n'est pas juste l'affaire d'un
docteur qui s'organise, c'est un docteur qui travaille en équipe, qui organise
son travail puis qui voit les bonnes personnes au bon moment et collabore avec
des partenaires, justement, qui l'aident à faire son travail.
Donc, une fois toute cette information-là en
place, oui, la capacité serait meilleure. Serait-elle suffisante pour dire
qu'il manque ou qu'il ne manque pas de médecins au Québec? Là, il manque un peu
d'information, là, sachant notamment que les médecins de famille ne font pas
que ce travail de clinique, ils font toutes sortes d'autres choses. J'en suis
la preuve aujourd'hui même devant vous.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Dr Groulx. Mme la
députée, le temps est écoulé. Je vous remercie à vous deux de votre présence et
de votre contribution à nos travaux.
Je vais
suspendre temporairement les travaux pour qu'on puisse accueillir le prochain
groupe. Merci beaucoup.
M. Dumez (Vincent) : Merci à vous.
Merci beaucoup.
M. Groulx (Antoine) : Merci. Au
plaisir!
(Suspension de la séance à 12 h 21)
(Reprise à 12 h 22)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous reprenons nos travaux.
Nous recevons maintenant le Dr Martin Arata, le
Dr Jean Beaubien et le Dr Martin De La Boissière, qui sont de l'Association des
conseils des médecins, dentistes et pharmaciens du Québec. Alors, je vous cède
la parole pour les 10 prochaines minutes, et, par la suite, on a notre
échange. À vous.
Association des
conseils des médecins, dentistes
et pharmaciens du Québec (ACMDPQ)
M. Arata (Martin) : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les
parlementaires, merci de nous permettre de partager ce mémoire avec vous
aujourd'hui et cette invitation transmise.
Aujourd'hui, l'Association des CMDP s'exprime au
nom de 33 CMDP, au Québec, donc soit plus de 17 000 médecins,
dentistes ou pharmaciens. L'ACMDP souscrit aux objectifs du ministre de la
Santé et des Services sociaux,
qui visent l'amélioration de la performance du réseau et la décentralisation de
ce dernier. Nous avons accueilli favorablement
les principes énoncés par le ministre avant la présentation du projet de loi
n° 15, soit la décentralisation, la dépolitisation, la gestion de
proximité et l'interdisciplinarité. Cependant, à la lecture du projet de loi,
nous sommes un peu perplexes. Nous ne sommes pas ici pour défendre le statu quo
ni pour défendre les médecins, dentistes et pharmaciens, mais bien pour
défendre l'accès à des soins de qualité pour nos patients au Québec.
Nous sommes aussi inquiets, car en aucun moment
dans le projet de loi il est proposé un allègement de la lourdeur
administrative qui submerge le travail des cliniciens. D'ailleurs, une étude
publiée tout récemment démontrait que les cliniciens pouvaient, jusqu'à
10 heures par semaine, faire des tâches cléricales, donc non dédiées aux patients. Le changement de culture souhaité au
lieu du changement de structure n'est pas décelé complètement dans ce
projet de loi.
La création de Santé Québec nous apparaît
centralisatrice et nous préoccupe puisque ce modèle semble reproduire une tendance déjà vécue lors de la
pandémie, à savoir des pratiques uniformes pour l'ensemble des milieux,
un style «one size fits all» qui, malheureusement, ne tient pas compte des
réalités locales. Il n'est pas souhaitable que l'application de ce projet de
loi fasse en sorte que la gestion du sommet vers la base, le fameux «top-down»,
pour utiliser un «top» —
ça semble être à la mode — donc,
de ce projet de loi fasse en sorte que la gestion du sommet s'accentue. Cette façon de faire ne rapporte que
peu de bénéfices, est souvent, malheureusement, démobilisatrice pour les cliniciens. Les modèles professionnels que
l'on retrouve de gestion sont habituellement de la base vers le sommet, considérant
que ces derniers sont les experts dans l'offre de soins aux patients.
À la lecture du projet de loi, le CMDP ne
devient responsable que de l'évaluation de la qualité a posteriori, donc une
fois qu'il est posé. Mais l'acte, c'est une entièreté, c'est global, alors ce
n'est pas seulement le geste une fois posé,
c'est tout ce qui tourne autour. Nous notons d'ailleurs que le CMDP,
contrairement aux autres conseils professionnels
dans le projet de loi, n'aura pas la possibilité d'émettre des recommandations
concernant la distribution appropriée des services. Cela nous apparaît
contraire au meilleur intérêt du patient. Nous croyons que l'organisation des
services est partie intégrante de la qualité. Écarter les CMDP de ces
discussions revient à affaiblir la place de l'expertise
clinique dans la prise de décision. C'est un modèle d'organisation qui,
malheureusement, éloigne la décision du patient et qui éloigne
l'expertise clinique de la décision.
En d'autres mots, la mission fondamentale de
soigner est subordonnée à l'administration. C'est comme si on voulait que la
tour de contrôle gère l'atterrissage d'un avion sans tenir compte du pilote et
ne pas laisser ce dernier gérer les réalités du terrain ou de la piste
d'atterrissage.
Il nous apparaît fondamental que le chef de
département, de plus, ainsi que le CMDP demeurent des acteurs faisant partie du
processus de nomination et de... excusez-moi, de renouvellement de statut afin
d'assurer une offre de soins adaptée à la
réalité de l'établissement et à sa population et, de plus, assurer une certaine
indépendance au niveau de ce processus qui nous apparaît fort pertinent.
Les
changements législatifs impliquent un éloignement des professionnels médicaux,
dentaires et pharmaceutiques des décisions prises concernant la qualité
et la pertinence des soins dans l'établissement, alors qu'ils sont les premiers
imputables de ceux-ci. Dans le contexte légal proposé, il sera très difficile
pour les médecins, dentistes et pharmaciens
d'exercer leur rôle de fiduciaire du patient, qu'il leur revient de jouer
déontologiquement. Il y a risque de conflit
déontologique versus d'une obligation de loyauté. Alors, ce sera difficile pour
les professionnels. La transformation qui sera engendrée par
l'application de ce projet de loi fera en sorte que le réseau sera une fois de
plus en adaptation, et ce, pour quelques
années, ce qui ne contribuera certes pas à l'amélioration de la qualité et,
indirectement, à son accès. On prend exemple, par exemple... à la
chirurgie.
Il faut aborder le conseil interdisciplinaire,
plusieurs personnes l'ont abordé jusqu'à maintenant. Le conseil
interdisciplinaire, dans la forme qui est présente, nous semble peu adapté à la
réalité de gestion clinique. Nous croyons
que chaque conseil professionnel prévu à la loi devrait pouvoir poursuivre ses
activités de façon indépendante et permettre que le PDG y siège. Par
contre, nous voyons une formule alternative un peu plus simple pour... sur
laquelle siégeraient présidents, ou vice-présidents, ou délégués de chacun des
conseils quelques fois par année afin de dégager des enjeux transversaux de
qualité ou d'organisation qui concernent chacun de ces conseils, donc favorise encore une interdisciplinarité, mais beaucoup plus
adaptée au niveau stratégique qu'au niveau opérationnel simple, donc
moins lourde.
J'ai eu l'opportunité de discuter aussi avec les
autres présidents, présidentes de conseils, d'association de conseils au
Québec, et eux aussi vont... et seraient à l'aise avec une formule beaucoup
plus simple de cette nature-là, qui ferait en sorte qu'il y aurait une
meilleure efficacité pour le fameux conseil interdisciplinaire.
Je poursuis
avec le projet de loi, qui, bien sûr, revoit la fameuse discipline. Alors, le
projet de loi n° 15 modifie de façon
significative le processus de traitement d'une plainte concernant un membre du
CMDP. Pour nous comme pour les autres professionnels, la discipline demeure une
mesure d'exception, alors elle n'a peu d'effet sur l'amélioration de la qualité, et c'est bien noté et bien démontré
dans les études. Donc, il nous apparaît important que ce processus soit juste
et indépendant.
Nous tenons à rappeler que le traitement d'une
plainte à l'égard d'un membre du CMDP avait été révisé récemment dans la loi et a fait l'objet de discussions et de réflexions
afin de rendre le processus rigoureux. D'ailleurs, le modèle que nous
avons au Québec a été présenté dans d'autres pays, dont le Brésil, pour qui on
sait qu'ils se sont inspirés de notre modèle
de traitement des plaintes au niveau professionnel. Donc, c'est quelque chose
qui est probablement intéressant dans la forme qu'il est.
Il nous semble inusité qu'on puisse prévoir
peut-être déjà, d'entrée de jeu, la sanction, parce qu'on a identifié des
personnes qui peuvent distribuer certaines sanctions. Enfin, nous nous
permettons de rappeler que le processus disciplinaire
associé aux ordres professionnels se réfère habituellement à une structure
similaire à celle qui existe présentement
dans le réseau, soit des comités constitués par les pairs, et, conséquemment et
dans un souci de cohésion, nous sommes
d'avis que ce mécanisme devrait s'appliquer également dans les établissements,
comme il l'était antérieurement. Du point de vue juridique, nous sommes
étonnés de constater qu'il peut y avoir plusieurs processus et possibilités de
sanctions pour une même plainte. Cela nous semble contraire au principe
d'équité procédurale.
Le volet médicaments, l'article 336, qui
modifie l'accès aux médicaments. Dans le projet de loi proposé, lorsqu'un
médicament n'aura pas reçu une valeur thérapeutique autorisée par l'INESSS, le
patient n'aurait pas accès à ce médicament,
selon le libellé de l'article. Vous comprenez que, présentement, si on
appliquait cet article, plusieurs patients n'auraient pas eu accès à des
traitements de chimiothérapie, des traitements pour les maladies orphelines en pédiatrie, et ce, parce que le comité de
convenance a l'autorité, avec le CMDP, de rendre disponibles ces médicaments-là
en fonction de la mise à jour de la littérature scientifique ou du besoin du
patient.
• (12 h 30) •
Bien sûr, le temps alloué nous limite, alors
nous voulons souligner quelques points en rafale, que nous avons mis... intégrés dans notre mémoire et qui sont tout
aussi importants. Donc, je me permets de rappeler que l'enseignement, la
recherche et l'innovation font partie des mandats du CMDP. À cet effet, la
mission universitaire est peu abordée ou la protection de la mission
universitaire est peu abordée dans le projet de loi.
Les tables territoriales, au niveau médecines
spécialisées et médecine familiale, l'obligation d'avoir un statut pour les
membres qui n'ont qu'une pratique exclusive à l'extérieur de l'établissement
nous questionne sur la capacité du CMDP à jouer son rôle, puisqu'ils auront des
statuts, ils seront donc membres du CMDP de par la loi.
Les comités d'évaluation de l'acte et la
discipline. Dans le projet de loi, les deux semblent être amalgamés. Différence
fort importante entre un comité d'évaluation de l'acte, qui est quelque chose
de positif pour faire améliorer la qualité, et la discipline. On semble
assimiler les deux à la même tâche dans le projet de loi. Important de
différencier les deux, parce qu'ils n'ont pas le même objectif.
Et, bien sûr, les ressources humaines. Alors, je
pense que tout le monde sait qu'il y a soit pénurie ou soit allocation des
ressources humaines à revoir. Est-ce que les bonnes personnes sont à la bonne
place? Est-ce qu'on utilise bien nos ressources? Est-ce qu'elles font vraiment
des soins aux patients si elles ont ces compétences? Alors, peut-être important
de revoir le tout.
Donc, en conclusion, la capacité du CMDP à
contribuer à la prise de décision clinique dans une organisation est
incontournable. De pouvoir compter sur sa force et sa préoccupation pour les
patients est un atout pour le Québec et les Québécois. L'ACMDP se veut la
fiduciaire des patients et croit à un système pertinent, sécuritaire, offrant
des soins de qualité et de proximité, et
c'est dans cette optique que nous vous avons présenté ce mémoire. Notre rôle de
vigie administrative assure une sécurité pour les patients, évitant ainsi une
dérive vers la simple productivité ou rentabilité. Nous offrons donc
notre collaboration car nous sommes depuis toujours et chaque jour auprès des
patients sur le terrain, nous permettant d'agir pour leur offrir l'excellence
des soins qu'ils méritent. Merci de votre attention.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup pour votre exposé. M.
le ministre, à vous la parole.
M. Dubé : Très bien. Combien de
temps? Huit minutes? Bon, vous avez fait ça vite. Je vais essayer de faire ça
encore plus vite.
Premièrement, j'apprécie vos commentaires encore
une fois. Je vais essayer de les passer rapidement parce que je vais faire ce
que je peux dans l'intérieur des cinq minutes qui me sont allouées.
Sur l'allègement des tâches, ça, je pense que
c'est en dehors du projet de loi. S'il y a quelque chose qu'on doit faire...
D'ailleurs, on est en train de discuter avec les compagnies d'assurance,
comment on peut alléger les formulaires, puis etc. Ça, je veux juste que les
Québécois comprennent qu'on travaille déjà là-dessus, puis ça n'a pas besoin
d'être dans un projet de loi. OK.
Sur Santé Québec, je pense qu'il faut faire
attention, puis je ne vous dis pas que vous n'avez pas raison de le dire, mais, quand vous parlez que c'est un
exercice de centralisation, permettez-moi d'être complètement en désaccord
avec vous, mais vous avez le droit de le dire. Alors, je veux juste le
mentionner.
Par contre,
lorsqu'on explique pourquoi il y a des changements importants pour vous... Puis
là c'est difficile, là, mais, quand on va faire l'article par article, je vais
présenter la gestion clinique comme elle se fait en ce moment versus la
gestion clinique, comment on veut la faire dans le projet de loi. C'est très
difficile de voir ça dans tous les articles, mais, lorsqu'on verra
l'organigramme, puis vous pourrez suivre, parce qu'aujourd'hui je voudrais
faire ça, mais, dans cinq minutes, je ne suis pas capable...
Et là c'est là que je pense qu'il faut faire
attention à certaines choses que vous avez dites. Vous avez dit : Bien,
nous, on veut continuer à s'occuper autant de la partie organisation de travail
puis de qualité, alors qu'on n'est pas là du tout, nous. Nous, on dit que les
médecins doivent continuer, entre autres, dans le rôle de CMDP, de s'occuper de
la partie qualité, mais on est plus du côté du directeur médical, de s'occuper
de l'organisation de travail. Il y a des endroits où ils doivent collaborer
ensemble, mais un de nos gros enjeux qu'on a lorsqu'on discute de fluidité dans
un hôpital, si c'est toute la même personne, puis que, des fois, le conflit
était un peu entre les deux, bien, il faut avoir un arbitre, parce que, sans
ça, on n'améliorera jamais notre fluidité, on n'améliorera jamais nos listes
d'urgence, nos listes d'attente. Vous me suivez? Alors, oui, on peut être en
désaccord, mais, quand vous parlez de centralisation, moi, je parle d'avoir les
rôles aux bons endroits avec les bons professionnels.
Alors, on aura la chance d'en reparler, mais je
voulais juste que les gens qui nous écoutent fassent attention à la
terminologie, de dire que c'est un exercice de décentralisation ou de
centralisation. Moi, je ne suis pas là, c'est le patient
qui est important, est-ce qu'on va donner au patient toute la qualité des
services, oui, avec vous, mais, en même temps, on a besoin de refaire
l'organisation du travail dans nos hôpitaux, et ça, je pense qu'il faut se
trouver les moyens, les leviers pour le faire, et c'est là que j'ai un petit
peu de misère avec votre proposition, entre autres. Vous en avez fait
plusieurs, là, puis... Combien il me reste de temps, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Quatre minutes.
M. Dubé : Il me reste quatre
minutes?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, mais vous parlez tout le temps,
M. le ministre.
M. Dubé : Ah! OK. Il me reste quatre
minutes ou j'ai...
Le Président (M. Provençal)
: 4 min 47 s, si je veux
être précis.
M. Dubé : OK. Sur la question, je
vais le dire comme ça, de l'organisation de travail, on a entendu, tout à
l'heure, quelqu'un qui est venu nous dire : Le patient, là, il pourrait
venir nous aider à améliorer le processus. Puis il nous dit : Moi, je devrais être dans le comité interdisciplinaire.
Puis, je vous le dis, là, j'accueille ça très favorablement. Puis là
vous me dites : Ce comité-là devrait se réunir juste deux fois par année.
J'ai un gros problème avec ça. Si on veut changer les choses... Puis je
voudrais vous entendre là-dessus, là, parce que moi, je me dis : Si on
veut vraiment changer les choses puis mettre le patient... bien, ce n'est pas
juste le médecin qui peut le dire. Il faut que tout le monde soit égal
là-dessus. Il faut que les infirmières soient là, que les travailleurs sociaux
soient là, que le patient soit là puis que
tout ce monde-là, sur une base régulière, soit capable de dire : Heille!
Moi, j'ai mon mot à dire là-dedans pour revoir les processus, pas pour
la qualité du service. La qualité du service, là, vous avez cette
responsabilité, votre code de... je le
respecte, mais, quand vous venez me dire que ce comité-là devrait seulement se
réunir deux fois par année, je vous le dis tout de suite, là, gros
problème avec ça. Ça fait que j'aimerais vous entendre là-dessus.
M. Arata (Martin) : Bien, écoutez,
ce n'est pas de faire en sorte qu'il n'y ait pas les autres professionnels,
parce qu'on dit que l'ensemble...
M. Dubé : ...avec le comité
interdisciplinaire, avec le principe?
M. Arata
(Martin) : Dans la forme qu'il est présentement, le comité
nous semble très lourd, et on s'explique.
M. Dubé : Mais lourd dans quoi?
M. Arata (Martin) : En termes de
quantité de professionnels autour de la table pour faire de l'opérationnel.
M.
Dubé : Bien oui, mais, docteur, excusez-moi, là, s'ils ne
sont pas là, comment qu'ils peuvent dire ce qu'ils pensent de façon
régulière?
M. Arata (Martin) : Il y a des
trajectoires. On parle d'interdisciplinarité. Les trajectoires
interdisciplinaires ne concernent pas l'ensemble des professionnels pour un
seul patient. Si on prend un patient aujourd'hui et on veut faire une approche
interdisciplinaire, vous comprendrez qu'on ne mettra pas l'ensemble des
professionnels autour du patient. On va mettre les professionnels pertinents.
Et là je ne porte pas de jugement sur aucune profession, loin de nous... D'ailleurs, l'association des CMDP a été
la première association à approcher les autres conseils de professionnels
pour faire des activités conjointes. On a toujours été là. On a fait la
promotion de l'interdisciplinarité.
M. Dubé : Donc, ce que vous me
dites, que vous n'êtes pas contre le comité interdisciplinaire?
M. Arata (Martin) : Dans la forme
qu'il est là, nous n'appuyons pas cette forme-là. Nous recommandons quelque
chose de beaucoup plus allégé pour permettre à chacun des comités qui existent
présentement et des conseils de faire un travail...
M. Dubé : Puis, dans vos
recommandations, là, vous allez suggérer de l'alléger comment? Moi, je n'ai
aucun problème avec l'allègement, mais est-ce qu'on va être capables de
respecter le principe, plusieurs fois par année, de revoir nos processus, incluant
le patient?
M. Arata (Martin) : Si le requis
pour le patient est de faire des rencontres supplémentaires à ce qui est prévu
dans notre proposition, ça pourra peut-être être regardé, mais on croit que ce
comité devrait être stratégique.
M. Dubé : OK, donc, il y a une
certaine... non, mais c'est important, parce que le CMDP, là, dans les choses
qu'on a à discuter dans les prochaines semaines, prochains mois, là, est
majeur. Si on veut être capables d'améliorer nos
listes d'attente, nos chirurgies, c'est majeur, puis, en ce moment, il y a un
blocage. Il y a un blocage entre la qualité puis l'organisation du travail, puis, si on n'est
pas capables de challenger ça avec les différentes personnes, on n'y arrivera
pas. Quand j'ai dit en Chambre, plusieurs fois, puis je veux être très clair,
là, très, très clair : Si on ne change pas nos façons de faire en ce moment, on ne sera pas capables d'atteindre... On
a atteint un minimum d'amélioration qu'on peut faire, puis là il faut
changer, puis moi, je veux savoir si vous êtes prêts à changer.
M. Arata (Martin) : On est toujours prêts à
s'améliorer. D'ailleurs, ce serait dommage que les parlementaires croient ou
aient la perception que le CMDP n'aide pas à l'amélioration de l'accès. Depuis
plusieurs années... D'ailleurs, pendant la pandémie, on a mobilisé les
troupes pour qu'ils fassent des travaux supplémentaires. Le CMDP a été là.
M. Dubé : Non,
non, mais, docteur, ce n'est pas ça que j'ai dit. Moi, ce que je veux juste
savoir, c'est que, quand vous mêlez le concept de centralisation avec des rôles
plus définis, une meilleure organisation de travail, je veux juste avoir une
réponse claire, êtes-vous prêt à collaborer dans un contexte interdisciplinaire
pour être capables d'améliorer la qualité des services, mais travailler avec
les autres qu'on a mis en place, comme le directeur médical, sur l'organisation
du travail? Êtes-vous d'accord avec ça?
M. Arata (Martin) : On est d'accord à
travailler en interdisciplinarité. On a toujours été d'accord. On a toujours
fait la promotion d'une collaboration avec les directeurs médicaux, les DSP.
M. Dubé : Mais
il faut que les bottines suivent les babines.
M. Arata
(Martin) : C'est ce qu'on a toujours... Et d'ailleurs le rôle de
l'association était de permettre aux CMDP de bien jouer leur rôle et de
s'assurer aussi que les directeurs médicaux étaient dans leur champ de
compétence lorsqu'ils exerçaient leur rôle dans leurs établissements, bien sûr.
M. Dubé :
OK.
M. Arata
(Martin) : Au plaisir.
• (12 h 40) •
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup. M. le député de Pontiac, vous avez la suite.
M.
Fortin : Ouf! J'en aurais long à dire, M.
le Président, mais d'abord je veux vous remercier parce que je pense que vous avez fait état de quelque chose qui
est assez simple, assez clair. On peut être en désaccord avec une partie... des
parties du projet de loi sans vouloir le statu quo, puis c'est ce que j'ai
entendu de votre bouche initialement, puis c'est ce que le ministre a de la
misère à saisir de la part de plusieurs des intervenants qui font des
interventions.
M. Dubé : ...
M.
Fortin : Bien, moi, honnêtement, là, M. le
ministre, quand vous parlez de blocage entre l'organisation du travail puis la
qualité puis vous remettez ça sur des gens qui viennent ici faire une
présentation, qui viennent nous partager leurs opinions, je trouve que vous
allez un peu loin, mais, bon...
M. Dubé :
...
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
ministre, je veux juste... je veux juste vous rappeler que, là, c'est un
échange entre le député de Pontiac et les représentants. M. le député de
Pontiac.
M. Fortin : Oui.
Il y a-tu équilibre, en quelque part, OK, entre ce que le ministre propose, qui
est de dire : Là, l'organisation du travail, là, on fait passer ça à
d'autres, on a un directeur médical qui va prendre ces décisions-là,
puis il va y avoir un comité interdisciplinaire, puis ce qu'il y a en ce
moment? Il y a-tu un média, un moyen qui est... qui serait plus acceptable?
Parce que l'interdisciplinarité, là, vous l'avez dit, vous y croyez. Je pense
que tout le monde croit à ça, à faire... à s'assurer que les infirmières, entre
autres, que les travailleurs sociaux, que d'autres professions ont plus leur
place dans les décisions de l'organisation du travail, mais il y a-tu une
espèce de lieu mitoyen sur lequel on pourrait travailler?
M. Arata
(Martin) : La proposition qu'on a faite quant à la constitution du
comité interdisciplinaire en est, à notre avis, un, intermédiaire entre ce qui
est proposé, qui est beaucoup plus large, comme on vous mentionnait, et les
professionnels pertinents.
D'ailleurs, on parle
d'interdisciplinarité comme si ça n'existait pas et qu'il y avait un frein à
travailler en équipe au niveau du terrain.
Moi, je vous avoue bien humblement que, dans la pratique, là, quotidienne, mes
collègues, on n'est pas en compétition avec les autres professionnels,
on est en collaboration. Oui, il va y avoir des situations d'exception comme il
arrive dans toute organisation. Alors, je ne pense pas qu'on doit en faire une
généralisation. Et puis la formation des professionnels, que ce soient les
médecins ou autres, présentement, au niveau universitaire, se fait en interdisciplinarité et en collaboration.
Et ça, ça ne se change pas avec une structure ou en changeant les structures,
l'approche interdisciplinaire, ça se change avec un changement de culture et
une compréhension de la plus-value de travailler ensemble.
Alors donc, pour ce
volet-là, la proposition qu'on fait est une proposition qui fait confiance aux
conseils professionnels et qui puisse se retrouver pour ce qui est important.
Et la gestion, si vous me permettez encore, entre un directeur médical qui
centralise l'ensemble de la gestion et le CMDP, antérieurement, cet
équilibre-là permettait aussi une synergie dans les endroits où cette
collaboration-là était des plus cohérente et donnait une approche plus
démocratique. Vous savez qu'un exécutif, ce n'est pas son président ou sa
présidente qui est fondé de pouvoir. Alors, les gens pouvaient amener des
réflexions élargies sur des problématiques, et, quand on avait un consensus,
c'était fort et ça faisait avancer les équipes médicales, dentaires et
pharmaceutiques. Une recommandation d'un CMDP, je peux vous dire que les gens
suivent et vont aller dans ce sens-là aussi.
M. Fortin : Si j'ai le temps, là, on reviendra à la question de
l'organisation du travail, du directeur médical, mais je veux vous entendre...
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Fortin : OK, une minute, je veux vous entendre rapidement, là. Vous
avez parlé du médicament, puis on a entendu
les intervenants précédents aussi parler de limitation hasardeuse de certains
médicaments. Là, je comprends de votre intervention qu'il y a des gens
qui pourraient perdre l'accès à certains médicaments qu'ils ont déjà à travers
certaines initiatives dans le projet de loi. Pouvez-vous spécifier puis nous
dire qu'est-ce qu'on a besoin de changer pour s'assurer que ces gens-là ont
encore accès aux médicaments qu'ils ont en ce moment?
M. Arata (Martin) : Je vais
permettre, si vous me permettez, à Dr Beaubien de répondre à cette question.
Le Président (M. Provençal)
: Il vous reste 40 secondes.
M. Beaubien (Jean) : 40 secondes?
Les pharmaciens n'aimeront pas la façon dont je vais résumer le circuit du
médicament dans l'établissement. Il y a des organismes nationaux qui approuvent
des médicaments pour des indications particulières. Ces médicaments-là sont
inscrits par le ministre sur la liste des médicaments, et ensuite les
prescripteurs de l'établissement peuvent les prescrire. Évidemment, les
organismes nationaux ont de l'inertie, n'ont pas l'agilité de s'adapter au jour
le jour à la littérature scientifique.
L'ancien projet de loi... Puis là les
modifications qui ont été faites, là, ce n'est pas un 392 qu'on nous fait. Ils
ont vraiment été modifiés, les articles. Le nouveau projet de loi modifie les
anciens articles en fonction de... Si le médicament donné a fait l'objet d'un refus
de valeur thérapeutique par un organisme national, par l'INESSS, il ne peut pas
être administré par un prescripteur dans l'établissement.
Auparavant, si le médicament n'était pas sur la
liste de l'établissement, puis le prescripteur avait des évidences
scientifiques, il les présentait à un comité de pharmacologie, qui dépendait du
CMDP, et le comité de pharmacologie, après l'analyse de l'état du patient, de
la littérature, donnait la permission ou non de donner le médicament. Il y
avait donc un comité de pairs qui examinait la demande. Ce n'était pas une
liberté totale. Dans le projet de loi, si le...
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Je suis obligé de vous
interrompre votre... J'ai dépassé de beaucoup le 40 minutes qui vous... le
40 secondes qui vous restait, mais... même si l'explication était très
intéressante.
M. Beaubien (Jean) : Très bien.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui, vous allez
pouvoir continuer sur mon temps maintenant.
M. Beaubien (Jean) : Merci,
M. Marissal, je vais aller vite. Maintenant, si le médicament a fait
l'objet d'un refus de la part d'un des organismes nationaux, il ne pourrait
même pas être soumis à un comité de pharmacologie ou à un comité du CMDP pour
être administré aux patients. On a environ 2 000 demandes par année à
ce comité de pharmacologie là. C'est des demandes en pédiatrie, en
hémato-oncologie, en neurologie. Il y a des médicaments qu'on ne pourra pas
administrer à un patient au vu de la littérature ou des données, basé sur des
données probantes, à cause de cette modification-là au projet de loi. L'APES va
vous en parler plus.
M. Marissal : Le Dr Arata a dit tout
à l'heure, là, qu'il y a des patients, en ce moment, qui ne les auraient pas. Tu sais, moi, dans mon rôle de parlementaire,
là, je pourrais essayer de faire peur au monde, là. Pouvez-vous, s'il vous
plaît, nous dire dans quel cas ça arriverait qu'un patient n'ait pas son
médicament?
M. Beaubien (Jean) : Juste à cause
du retard qu'on a eu en commission, j'ai eu une demande... parce qu'on
fonctionne des fois par courriel, j'ai eu une demande pour un patient qui avait
un lymphome, qui avait besoin d'un médicament. Il y avait eu une
recommandation, un refus thérapeutique de l'INESSS, en 2021, sur ce
médicament-là pour cette indication-là. Depuis ce temps-là, il y a de la
nouvelle littérature et il y a une indication ou une possibilité de le donner,
et on a acquiescé à la demande.
M. Arata
(Martin) : Si vous permettez, ça représente, pour les deux dernières
années, au-delà de 40 patients qui n'auraient pas reçu ces soins-là, là,
seulement dans le CHU de Québec, et c'est, comme on vous disait, des cas de cancers et des cas de maladies pédiatriques.
Alors, c'est quand même, là, des soins qui, pour les patients, là, seraient
requis.
M. Marissal : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci. Bonjour. Merci
de votre présentation. Étant donné qu'on a très peu de temps, je vais vous poser essentiellement une question en lien
avec ce que vous décrivez, là, sur la décentralisation à la page 6 de votre
mémoire. Vous dites que la réforme apparaît
centralisatrice, pourrait imposer des pratiques uniformes, le
«one-size-fits-all», une gestion du sommet vers la base, que vous croyez
plutôt à la gestion combinée de proximité régionale et que vous souhaitez vous
rapprocher de la population. En une minute, là, comment on fait ça?
M. Arata
(Martin) : Bien, on fait déjà ce qu'on a commencé un peu au
niveau des CMDP, donc décentraliser. Les
CMDP étaient régionaux dans la loi. On a proposé que les CMDP soient
décentralisés. Donc, on en retrouve dans chacun des secteurs, chacun des
anciens établissements, pour aider à la gestion médicodentaire et
pharmaceutique, donc se rapprocher du
terrain, faire l'évaluation sur le terrain, prendre le contexte dans lequel
s'offre le soin. Les directeurs de
proximité, qui semblent se pointer au portillon, pourraient s'adjoindre ces
équipes-là en autant qu'ils soient fondés de pouvoir et qu'ils soient en mesure de gérer leurs ressources et la
transformation localement. On est là, sur le terrain, à le faire.
M. Arseneau : Et,
justement, le lien pour se rapprocher à la... Quelle est la place de l'usager
ou du citoyen, là, dans ce que vous venez de décrire?
M. Arata (Martin) : Bien, les CMDP,
comme vous mentionnez, sont des fiduciaires de patients. Donc, on s'assure,
avec notre population, des besoins que ces derniers peuvent avoir puis on va
l'exprimer. Si on a la certitude que les
patients sont brimés dans une offre de soins de qualité, on va l'avancer.
Souvent, si vous regardez au niveau des médias sociaux ou au niveau des
médias, les sorties des CMDP ont souvent été en fonction d'un besoin de la
population pour un service de proximité ou l'arrivée d'un nouveau service.
Alors donc, c'est là qu'on peut agir et aider la population à avoir accès à
leurs services.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Je fais vite, j'ai encore moins de temps que les autres. Dr Arata,
vous vous souvenez sûrement de la loi n° 130, là, qui imposait, en quelque sorte, que... les AMP aux
spécialistes, puis est-ce que j'ai besoin de donner des exemples, comme
les consultations avant 17 heures, qui avaient évidemment un but précis,
là, de réduire le séjour... de réduire la DMS? Le ministre, est-ce qu'il a
raison de vouloir ramener des AMP ou d'autres mesures semblables dans son
projet de loi?
• (12 h 50) •
M. Arata (Martin) : Bien, écoutez,
les AMP sont, et, si on se fie au projet de loi... sont sous la juridiction des
tables territoriales, donc beaucoup moins du CMDP. Ce qu'on fait, si on regarde
pour les omnis, parce que les omnipraticiens ont des AMP, c'est qu'au niveau de
l'établissement on va identifier des zones de fragilité, qu'on appelle, donc,
par exemple, l'urgence, l'obstétrique, et puis, s'il y a des besoins de ce
côté-là, on va le signifier au DRMG, que,
lorsqu'un médecin va arriver sur le territoire... va avoir besoin de s'intégrer
dans ces activités médicales particulières. Est-ce qu'au niveau des
spécialistes ça pourra se décaler différemment ou autre? Je ne pourrai pas me
prononcer parce que c'est nouveau. Si requis, on sera là pour peut-être
identifier les besoins pour améliorer l'accès aux services aux patients si,
bien sûr, il nous est permis d'aider à l'organisation des services, là, dans
tout ça.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Merci surtout pour votre
contribution et de vous être déplacés.
Alors, on suspend les travaux jusqu'à
14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 51)
(Reprise à 14 h 03)
Le Président (M. Provençal)
: À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de la santé et des services sociaux reprend ses travaux. Je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
Nous poursuivons les consultations particulières
et auditions publiques sur le projet de loi n° 15, Loi visant à rendre le
système de santé et de services sociaux plus efficace. Cet après-midi, nous
entendrons les témoins suivants : le
Conseil de la protection des malades, le Regroupement provincial des comités
des usagers et le Regroupement des commissaires aux plaintes et à la
qualité des services.
Je
souhaite maintenant la bienvenue à maître Paul Brunet, M. Pierre Hurteau et à
Mme Ginette Desmarais, du Conseil de la
protection des malades. Vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Par
la suite, nous procéderons aux échanges. Je vous cède la parole.
Conseil pour la protection des malades (CPM)
M. Brunet (Paul
G.) : Bonjour, M. le Président, M. le ministre. Merci de nous inviter,
messieurs dames les membres de l'Assemblée nationale. Paul Brunet. Donc, je
suis accompagné de M. Hurteau et de Mme Desmarais. Le Conseil pour la
protection des malades fêtera ses 50 ans l'année prochaine. J'espère que
vous serez des nôtres.
Trois préoccupations,
puisque vous avez déjà notre mémoire. Nous sommes inquiets quant à la formation
du fameux comité national des usagers de l'article 69. Pourquoi avons-nous
besoin que ce comité surveille? Surveiller, ça
veut dire contrôler. Pourquoi avez-vous besoin de faire surveiller les comités?
Les comités à travers le Québec sont déjà
très, très diminués en termes d'autonomie. Vous voulez assurer que quelqu'un,
en haut, va les surveiller. Très inquiétant, M. le Président, M. le
ministre.
Deuxième
préoccupation. Le ministre est tellement fier ou confiant de sa réforme que,
malheureusement, il a mis la même limite au
droit à la santé, c'est-à-dire l'article 13 de la loi actuelle, qu'il
reproduit à l'article 14. Pourquoi, si on est si convaincus du
succès qu'on aura avec le projet de loi de la réforme, on met la même limite
que le ministre Côté avait mise, en 1991, quant à la limite sur l'offre de
soins et la garantie de soins? La question est posée.
Enfin, on est
inquiets, M. le ministre, sur les patients d'exception. Il y a des patients
avec des maladies rares qui pourraient se voir restreints dans l'accès à des
médicaments extrêmement importants pour des maladies rares, des maladies des
patients orphelins. Et j'attire votre attention sur l'article... les
articles 334 et suivants. Assurons-nous que les patients avec des maladies
rares, les patients d'exception, continueront à avoir accès à des médicaments
si importants pour leur survie. Et on craint que les articles qui sont
présentement dans le projet de loi ne les empêchent d'avoir accès
éventuellement, notamment parce que c'est l'INESSS qui va décider si ce que le
médecin recommande ou prescrit doit avoir cours. On ne pense pas que c'est une
bonne idée.
C'étaient
mes trois... non pas mes trois liens, mais mes trois préoccupations. Je vais
maintenant céder la parole à ma collègue Ginette Desmarais.
Mme Desmarais (Ginette) : Oui, bonjour, M. le
ministre, bonjour M. le Président. Alors, moi, je veux aborder
simplement ce qui est relatif à la voix des résidents en CHSLD en indiquant,
selon notre compréhension, les risques de rupture entre la voix des usagers en
CHSLD et les autres comités qui sont créés par le projet de loi n° 15.
Sinon, M. le ministre, vous n'aurez pas tous vos indicateurs.
Alors, le comité de
résidents, on s'entend, c'est le comité de base, c'est le comité qui est en
CHSLD, c'est le seul comité qui soit vraiment sur le terrain. Ça, il n'y a pas
de problème, ils sont élus par les résidents, tout ça.
On arrive au comité
des usagers, qui chapeaute normalement les comités de résidents. Alors, dans le
comité des usagers, vous avez cinq membres élus par tous les usagers de
l'établissement et aussi un représentant désigné par et parmi chacun des
comités de résidents qui font partie du comité des usagers. Moi, je comprends,
à la lecture du projet de loi n° 15,
qu'un représentant de comité de résidents fait partie du comité des usagers et,
à ce titre-là, je vous invite à comparer, par exemple, les
articles 212 et 212.1 de la loi actuelle, la LSSS, avec
l'article 149, qui énumère les fonctions des comités des usagers. Moi, je
comprends, à ce moment-là, comme je fais partie à titre de représentante d'un
comité de résidents, je comprends, à ce moment-là, que je peux exercer, par exemple,
la quatrième fonction du comité des usagers, sur l'accompagnement et
l'assistance à un résident qui demande à être accompagné lorsqu'il veut
formuler une plainte. Dans tous les cas, dans tous les cas, concernant cette
quatrième fonction du comité des usagers,
nous recommandons que ce soit reformulé pour qu'il y ait vraiment collaboration
entre le comité des résidents et
d'usagers quand il s'agit d'assister un résident en CHSLD pour formuler une
plainte. Je répondrai là-dessus éventuellement, après mon trois minutes,
là.
Quand on arrive au
conseil d'établissement, alors, sur le conseil d'établissement, vous avez cinq
usagers qui sont nommés par le CA de Santé Québec. Alors, moi, je m'interroge
sur la définition, vraiment, du mot «usager» ici, parce qu'on sait très bien
que les usagers en CHSLD, étant très hypothéqués, il est quand même difficile
de concevoir qu'un usager d'un CHSLD puisse être actif sur un conseil
d'établissement. Donc, je pense qu'il faut revoir la définition de l'usager. Il
faut inclure... Si on veut vraiment qu'il y ait un porte-parole sur le conseil
d'établissement pour les CHSLD, il faudrait quand même que ce soient des
représentants de ces usagers-là, donc qu'ils soient désignés par des comités
d'usagers ou de résidents déjà en place.
J'arrive au comité de
gestion des risques de l'établissement. Le comité de gestion des risques,
encore là, les membres sont nommés par le PDG de l'établissement, et il y a des
usagers qui sont prévus sur ce comité. Sur quels critères ces usagers-là vont être
nommés? Je ne le sais pas. Mais, encore là, c'est toujours le même
problème : La voix des usagers en CHSLD, est-ce qu'elle va être bien
représentée sur le comité de gestion des risques? Parce qu'on sait qu'en CHSLD les risques... on parle des
risques de chute, des risques d'étouffement, les risques sont... puis il y en a
beaucoup en CHSLD, il y en a beaucoup à chaque année dans les rapports
d'incidents. Et moi, je pense qu'un comité de gestion de risques relié à
l'établissement doit avoir, dans son comité, un usager ou un représentant
d'usagers en CHSLD. Il faut s'assurer que la voix des CHSLD soit aussi présente
dans ce comité-là.
Donc, pour appuyer
tout ça, je vous ramène à l'article 13, qui dit que «les droits reconnus à
toute personne par la présente loi peuvent être exercés par un représentant».
Il faut absolument que les usagers en CHSLD, qui sont parmi
les plus... qui n'ont plus de voix, pratiquement, soient vraiment représentés
mur à mur dans tous les comités créés par le projet de loi n° 15. Merci.
Alors, je passe la parole à M. Pierre Hurteau.
• (14 h 10) •
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Votre son.
M. Hurteau
(Pierre) : Excusez-moi. Alors, je salue tous les membres de la
commission. Bien sûr, on n'a pas beaucoup de
temps, donc il y a beaucoup d'aspects, dans le projet, avec lesquels on est
d'accord, on les a mentionnés dans le mémoire, mais je vais plutôt
m'attarder ici à vous exprimer un certain nombre d'inquiétudes que nous avons
concernant un volet qui est cher au ministre, le volet de l'expérience patient.
Alors, on note un
changement de vocabulaire important qui transforme radicalement la gouvernance
dans le réseau : on parle maintenant de «conseil d'établissement» en
remplacement de «conseil d'administration». Donc, il n'y a plus de rôle de
gouvernance, mais un rôle d'être conseiller auprès de la direction des
établissements.
Je
vous rappelle qu'avant la réforme Barrette les comités d'usagers avaient deux
représentants sur les conseils d'administration, donc deux usagers qui participaient
à la gouvernance de l'établissement, et, avec la réforme, on nous a réduits à
un. On a également éliminé les deux personnes qui étaient élues par la
population pour représenter la population sur les conseils d'administration. Ça
aussi, c'est disparu avec la réforme Barrette. Donc, bref, on assiste, avec
ces... ce projet, à une forme d'érosion de la participation citoyenne avec de
plus en plus des nominations, des désignations
qui sont faites par le haut, mais qui ne proviennent pas de la base, qui ne
proviennent pas des pairs. Alors, ça, ça nous inquiète au plus haut
point.
Alors, soyons clairs,
le ministre le mentionne, je crois, si c'est bien à l'article 1 du projet,
qu'il veut de l'efficacité, mais aussi il veut de la proximité des soins. Bien,
nous, on pense que, si on réduit énormément — parce que c'est ça qui va arriver avec les conseils d'établissement — le
nombre de comités d'usagers, il n'y en aura plus, des comités d'usagers
dans les CLSC, dans plusieurs hôpitaux. Bien là, c'est encore une fois la voix
citoyenne qui ne peut pas s'exprimer là où
se prennent les décisions dans les installations. C'est bien, comme dans le
projet, de mettre une direction dans chaque installation, mais aussi ça
doit se refléter dans le fait que les usagers ont une voix, là.
Et je reviens aussi,
pour terminer sur ce volet-là, avec les... ce que Mme Desmarais disait,
c'est qu'au fond on veut que ce soient les pairs qui sont élus et des membres
de comités qui soient sur les comités, que ce soient, par exemple, les comités
de vigilance, les comités de gestion de risques. Là, on parle... Les conseils
d'établissement. On parle d'usagers, mais
c'est qui, ça? Est-ce que c'est des gens qui siègent là à titre individuel?
Quel mandat ont-ils pour représenter l'ensemble des usagers?
Alors,
en conclusion, on... Nous, ce qu'on dit, finalement, c'est qu'on va considérer
que le projet de loi n° 15 est une
réussite quand on va voir, à court terme, les délais d'attente dans les
chirurgies pour avoir accès à un professionnel, avoir un lit dans un centre de longue durée, un rendez-vous rapide en
santé mentale, des... un accès facilité à des soins à domicile, tout ça,
lorsque ça va être fait rapidement, bien là on pourra dire que c'est une
réussite, la réforme.
Puis finalement...
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup
pour votre présentation, pour votre exposé. Alors, M. le ministre, je
vais vous céder la parole pour l'échange.
M. Dubé :
Très bien. Merci, M. le Président. Et à toute votre équipe, là, M.
Bruneau... M. Brunet, pardon, Mme Desmarais, M. Cotteau, merci
beaucoup.
Je vais y aller en
rafale avec quelques questions parce que je pense que c'est important. Mais,
avant de poser mes questions, je voudrais
dire que je souscris totalement à vos objectifs d'avoir la plus grande
participation possible des usagers. Vous savez, je vous ai rencontrés,
puis on en a déjà parlé.
Maintenant, faire le
lien avec ce qui est présentement dans le projet de loi, moi, ce que j'ai
compris, souvent... puis, s'il faut s'ajuster à ça, on va s'ajuster, mais ce
que j'ai compris, puis peut-être l'expliquer, là, vous êtes quand même quelques
organisations qui sont des représentants des usagers, là, vous êtes une des
importantes, là, mais, de ce que je comprends, c'est qu'il y a à peu près
600 comités d'usagers, je regarde dans l'ensemble du réseau de la santé. C'est beaucoup, hein? Et, moi, ce que
je comprenais, c'est que, des fois, c'était difficile de mobiliser ou d'avoir
des représentants sur tous ces comités-là.
C'est ce que j'entends. Et j'aimerais ça, que... échanger avec vous là-dessus.
Et une des choses qui
nous a guidés, ce n'est pas de les enlever, mais de leur donner une meilleure
voix. Et ça, pour moi, c'est important,
parce que, si, et là je vous donne l'exemple, si on a un comité d'usagers qui
est très fort par établissement au lieu d'un par installation, est-ce
qu'en faisant ça notre objectif... puis peut-être à tort, mais on est là pour en discuter, notre objectif, c'était
d'amener le niveau décisionnel très proche non seulement de l'installation,
mais de ceux qui vont pouvoir décider de, justement : Est-ce qu'on a les
bons services? Alors, si vous, vous me dites qu'en ce moment vous n'avez pas de
difficulté à mobiliser tous ces comités-là au niveau de l'installation, bien,
il y a des articles de loi qui disent qu'au besoin on le fera.
Mais je veux juste
vous entendre, parce que, moi, ce que j'ai entendu souvent, puis ça, c'est ma
première question, que, souvent, c'est difficile de trouver tous les usagers.
Puis là je ne fais pas le point avec les CHSLD, où, comme vous avez dit, Mme Desmarais,
là... puis c'est peut-être une exception pour les usagers de CHSLD, mais,
M. Brunet, je veux vous entendre là-dessus parce que l'objectif, en tout
cas, notre objectif, ce n'est pas d'enlever une voix, au contraire. Puis après
ça je vous expliquerai qu'on monte cette voix-là partout. Avant, elle était
limitée au comité des usagers, comme vous avez dit, puis les dernières réformes
l'ont enlevée. Puis moi, je veux la monter, je veux la monter jusqu'au conseil
d'administration de Santé Québec.
Alors, expliquez-moi
que vous n'avez pas de misère à combler les 600 quelques comités d'installation
qu'on a.
M. Brunet (Paul
G.) : Bien, M. le ministre, je peux vous dire que les 250 comités
qui sont affiliés chez nous sont généralement très actifs. Ils sont sous-financés.
Ça fait au moins 10 ans qu'il n'y a pas eu des ajustements. Ils sont
parfois épuisés, et, souvent, leur voix...
M. Dubé : Bien, ça, je vous ai
entendu dire ça. Excusez-moi. Je vous coupe. Mais, quand... quand vous dites qu'ils sont sous-financés ou qu'ils sont épuisés,
moi, c'est ça que j'entendais, que c'était difficile d'avoir... Parce que, si
c'est une question de financement, bien, on va comprendre qu'il faut peut-être
s'organiser autrement, mais... Allez-y.
M. Brunet
(Paul G.) : La voix... La voix des usagers, M. le ministre,
elle est la mieux entendue particulièrement dans les comités de
résidents. Les comités d'usagers sont très actifs, mais, particulièrement en
CHSLD, pour savoir ce qui se passe, il faut parler aux comités de résidents. Et
parfois, actuellement, la voix, les problématiques qui sont soulevées par les
comités de résidents, passe parfois vers les comités d'usagers, mais, après ça,
ça s'étire, et là ça devient flou, de sorte
que l'administration n'a pas toujours l'heure juste comme vous nous avez
proposé vous-même de vous la donner.
C'est pour ça que, tu sais, la mission d'un
réseau de la santé, c'est du monde sur le terrain.
M. Dubé : D'accord avec ça.
M. Brunet (Paul G.) : Si vous élevez
des structures en haut, vous ne saurez pas ce qui se passe sur le terrain.
Nous, on l'a vécu dans plusieurs des cas.
M. Dubé : Bien, c'est pour ça,
M. Brunet, puis à vos collègues, là, que je veux juste qu'on se comprenne
bien. Si... Supposons qu'on met les comités d'usagers comme ils sont en ce
moment, là, par installation, faisons cette hypothèse-là, puis qu'on trouve des
accommodements sur la question du financement, OK... Parce que c'est ça que
vous me dites. Parce que, des fois, il y en a, des enjeux de financement. Vous
me l'avez expliqué.
Mais mettons ça de côté parce que ça, on n'a pas
besoin de ça dans le projet de loi, parler du financement. Les autres améliorations qu'on fait, est-ce qu'en
général vous êtes d'accord? Parce que, comme je vous dis, moi, si on met de côté le comité d'usagers par installation,
mais que toutes les améliorations qu'on fait au niveau de l'établissement,
on s'entend, là, on va dire : Il va y avoir un comité d'usagers où vous
allez être, sur le conseil d'établissement, très présent, puis en plus il va y avoir des représentants au niveau du
conseil d'administration, c'est quand même deux grandes nouveautés, là. C'est
quand même... Et c'est pour ça que je veux vous entendre sur, OK, ce que
vous me dites qui va peut-être moins, mais qu'est-ce qui va mieux
selon... que le PL n° 15 améliore.
• (14 h 20) •
M. Brunet (Paul G.) : Bien, ce que
nous, on propose, puis je veux laisser mes collègues parler, mais ce qu'on...
ce qu'on... ce dont on veut s'assurer surtout, c'est qu'il y aura toujours
cette voie-là, où on prodigue des soins, et
surtout que, si vous faites monter ou nommer des gens sur des comités plus...
plus nationaux, si vous voulez, que ceux-ci proviennent de leurs pairs
et non pas que ce soient des nominations politiques. C'est ce qu'on... C'est ce
qu'on demande principalement.
M. Dubé : Ça, je comprends, puis ça,
c'est un très bon point, parce que... D'ailleurs, quand j'avais lu des éléments
de votre... de votre présentation, pardon, vous dites : Ça, ça devrait
être précisé, que, lorsqu'on parle, par exemple,
d'un représentant des usagers, ça ne peut pas être n'importe qui qui est
déconnecté de la réalité de... ça... Donc, ça, c'est un point important
que vous soulevez.
M. Brunet (Paul G.) : Oui.
M. Dubé : OK.
M. Hurteau (Pierre) : Est-ce que je
pourrais ajouter quelque chose?
M. Dubé : Bien, certainement. Vous
êtes là... Vous êtes... Vous êtes là pour ça.
M. Hurteau (Pierre) : Bien, moi, ce
que j'aimerais dire, c'est qu'au fond il n'y a personne de mieux placé pour
savoir ce qui se passe dans un établissement que la personne qui y est. Alors,
si on s'en remet à un comité qui chapeaute
un ensemble des établissements, bien, c'est possible qu'il ne soit pas trop au
courant de qu'est-ce qui se passe dans chacune des installations. En d'autres
mots, l'argument que j'essaie de vous amener, c'est un peu le même que
vous avez utilisé vous-même pour mettre des directeurs dans chacune des installations.
M. Dubé : Tout à fait. Non, je
comprends ça très bien.
M. Hurteau
(Pierre) : Parce qu'il n'y a
personne, là, de mieux placé que la personne qui se trouve sur les lieux.
M. Dubé : Je me permets de vous
amener ailleurs, si vous voulez, M. Brunet puis vos collègues, parce
que... Il me reste combien de temps, M. le Président?
Le
Président (M. Provençal)
: Il
vous reste 8 min 10 s.
M. Dubé : OK. Deux choses que j'aimerais vous demander.
Quand on vous parle de... On parle de la responsabilité populationnelle
des médecins. Moi, je veux vous entendre sur surtout lorsqu'on on parle, par
exemple, de leur présence dans les CHSLD, où on parle, par exemple, d'avoir une
présence accrue des médecins spécialistes pour être capables de diminuer les temps de consultation. Vous l'avez lu, le
projet de loi? Avez-vous eu le temps de commenter un peu là-dessus, M.
Brunet, ou vos collègues?
M. Brunet (Paul
G.) : Personnellement, M. le ministre, on est...
M. Dubé :
Parce que c'est vous... c'est à vous que les médecins s'adressent, là, quand on
parle de cette responsabilité populationnelle, là.
M. Brunet (Paul
G.) : M. le ministre, on a été été convoqués le 13 pour un projet de
loi de 1 000 pages pour une convocation aujourd'hui. Moi,
personnellement, je ne sais pas pour mes collègues, mais je ne pourrais pas
vous commenter la question que vous nous posez intelligemment puisque je n'ai
pas tout lu le projet de loi.
M. Dubé : OK. Est-ce que je pourrais vous demander...
peut-être que Mme Desmarais veut dire quelque chose, mais, si vous ne pouvez
pas le faire aujourd'hui, j'aimerais ça, vous entendre par la suite, parce que
ça, c'est un élément important, là.
Tu sais, quand je dis : Il y a à peu près quatre grands thèmes qu'on
demande, entre autres, avec les médecins, la responsabilité populationnelle, ce
n'est pas juste ceux qui viennent en consultation dans une clinique médicale.
Moi, je veux entendre parler de la
responsabilité populationnelle des gens qui sont en CHSLD, qui ne peuvent pas
se déplacer ou... Alors... Puis, si vous ne pouvez pas aujourd'hui...
Mais peut-être que,
Mme Desmarais, vous avez donné une partie de réponse à ça?
Mme Desmarais
(Ginette) : Oui. Bien, une partie de réponse, oui, parce que moi, je
suis essentiellement sur le terrain, là, parce que... depuis 2015 en CHSLD.
Moi, je peux vous dire que le médecin qui est affecté en Estrie, en tout cas, à notre CHSLD, et son bureau est dans
notre CHSLD, elle est noyée de paperasse, c'est épouvantable. Je veux
dire, il faut vraiment l'appeler si on constate chez un proche qui est hébergé,
par exemple, un problème de santé ou un symptôme qu'il n'avait pas avant, tout
ça. Ce n'est pas toujours automatique, tout ça. Mais on peut comprendre, parce qu'elle est... Ce n'est pas possible de...
Moi, je la vois souvent travailler tard le soir, là, quand je suis là moi-même
le soir. Et puis c'est effrayant, la paperasse qu'elle a à faire.
L'autre chose, c'est
que je n'ai pas lu tout le projet de loi non plus, mais l'autre chose qui nous
préoccupe, par exemple, dans les RPA, il y a
des unités de soins où il n'y a pas... il n'y a pas de médecins affectés dans
ces unités de soins là. Dès qu'il y a
un problème, on envoie la personne à l'urgence. Et ça, ça n'a pas de sens, là,
parce qu'elle est souvent seule, elle peut rester à l'urgence des
heures...
M. Dubé : Bon,
bien, ça, je suis content, parce que ça, on l'a noté depuis la fin de la
pandémie, qu'on a perdu beaucoup de médecins qui agissaient dans des RPA, entre
autres, sur une base, mettons, une journée semaine ou une journée... et qui ne sont plus là maintenant, qui sont retournés
et qu'on a perdus. Je suis content de vous entendre. Bien, c'est un
peu... c'est un peu là que je veux aller. Je veux vous entendre aussi...
M. Brunet (Paul
G.) : Avez-vous les...
M. Dubé :
Oui, allez-y, M. Brunet.
M. Brunet (Paul G.) : Avez-vous des articles, M. le ministre, qu'on
pourrait regarder suite à votre question, là, que vous nous posez?
M. Dubé : Oui,
je vais vous donner... Ce que je ferai, je vous enverrai un petit courriel sur
peut-être des articles à focusser sur la...
c'est ce qu'on appelle toute la gouvernance clinique, là. Il y a... C'est les
parties III, IV et V, là, du projet de loi. Mais je vous donnerai un peu
plus de détails.
M. Hurteau
(Pierre) : M. le ministre, si vous permettez...
M. Dubé :
Bien, allez-y.
M.
Hurteau (Pierre) : ...pour
répondre à votre question aussi, je vous dirais qu'à la page 2 de notre
mémoire, dans le bas, c'est
marqué : «Nous approuvons : certains aspects de décentralisation vers
des établissements sont souhaitables, notamment
avec la nomination d'un directeur d'établissement et d'un plus grand rôle joué
par les directions médicales régionales ou d'établissement.»
M. Dubé :
C'est ça.
M. Hurteau (Pierre) : Alors, oui, on est en faveur de ça et, oui, on
est en faveur de ce que les médecins spécialistes soient mis davantage à
contribution. Ça, oui, on l'a dit, là. On ne l'a peut-être pas exprimé de la
façon que...
M. Dubé : Non,
mais je l'apprécie, parce qu'on a eu une discussion tantôt avec les CMDP, puis
les CMDP, c'est un peu ce qu'on leur a
parlé, de faire la différence entre la qualité du travail, mais aussi de
s'assurer qu'en termes d'organisation
de travail il y a une plus grande présence médicale. Alors, je vais vous
envoyer les articles puis je pense qu'on se comprend.
J'en profite... Il me
reste?
Le Président (M.
Provençal)
: 3 min
30 s.
M. Dubé : Trois
minutes. Tantôt, vous m'avez bien dit... vous avez été clair sur ce qu'on
devrait améliorer sur le comité des usagers
local, je vais l'appeler comme ça, là, par installation. Parlez-moi du
commissaire national aux plaintes. Moi, ce que je veux, ce que je veux, c'est
être capable que les plaintes se rendent le plus rapidement possible jusqu'en
haut de la machine. Parce que, souvent, vous me l'avez dit, ça ne se rend pas,
hein? Des fois, ça arrête à l'installation, des fois, ça arrête à
l'établissement, mais c'est très rare que ça se rend jusqu'au ministre.
Alors, moi, mon
objectif du commissaire national aux plaintes, c'est d'être sûr qu'avec toutes
les... puis je n'irai pas dans toutes les étapes, là, que ça se fait. Est-ce
que vous avez quelque chose à dire là-dessus, dans nos objectifs d'un commissaire
national aux plaintes?
M. Brunet (Paul
G.) : M. le ministre, on a moins besoin d'un commissaire national que
d'accélérer le traitement des plaintes.
M. Dubé : Bon,
ça, c'est la deuxième question.
M. Brunet (Paul
G.) : D'ailleurs, on vous propose... on vous propose...
M. Dubé : Bon,
comment on fait ça? M. Brunet, comment on fait ça, oui, pour accélérer le
traitement?
M. Brunet (Paul
G.) : Bien, tout ce qui n'est pas clinique, l'hôtellerie, nommez-les,
les repas, 15 jours. Tout ce qui est clinique, on convient que ça peut
prendre plus de temps puis ça va prendre un médecin examinateur, mais pourquoi
on ne mettrait pas le délai pour traiter une plainte qui n'a pas rapport à
l'aspect clinique 15 jours?
M. Dubé : Ah! ça, j'aime ça, tout ce qui n'est pas clinique,
15 jours au lieu du 45 jours ou 60 jours qui est déjà dans
la LSSSS.
M. Brunet (Paul
G.) : Bien oui. Tu sais, on fait des plaintes sur les repas, ça prend
45 jours. C'est ridicule.
M. Dubé :
C'est intéressant, ça.
M. Brunet (Paul
G.) : Alors, ça, ça serait une belle amélioration.
M. Dubé : OK.
Je vous en pose...
M. Brunet (Paul
G.) : Présentement, c'est quelqu'un au ministère présentement qui
chapeaute, si vous voulez, les commissaires. C'est un des compromis qu'on avait
faits lors des récents amendements. Mais, qu'on ait un commissaire national, il
faut faire attention, parce que, dans chaque région, nous, on connaît les
commissaires, on a souvent traité avec eux,
avec elles, et souvent il y a des couleurs régionales dont il faut faire
attention. Ce n'est pas vrai que «one size fits all» va faire partout.
M. Dubé : Non,
non. On s'entend.
M. Brunet (Paul G.) : On s'entend? Alors, soyez
prudents, si vous me permettez, dans la nomination d'une tête nationale
qui, pour nous, serait beaucoup plus profitable si on accélérait le traitement
des plaintes.
L'autre chose que je
veux vous dire là-dessus, c'est qu'il y a des commissaires qui glissent, il y a
des commissaires qui glissent en disant : Bien là, votre plainte, dans le
fond, elle ne sert qu'à améliorer la qualité des soins. Non, c'est une plainte au sujet d'un droit que des gens
prétendent qu'il a été violé. Il faut rappeler aux commissaires la job
d'enquêter sur une plainte pour un droit qui n'est pas respecté. C'est ça...
M. Dubé : Une autre question, puis je ne veux pas prendre
des exemples, là, mais moi, je vois le genre de plaintes où j'ai un
malaise avec des événements des derniers mois, où quand quelqu'un a besoin d'un
traitement, là, je pense aux soins palliatifs, là, et qu'il ne peut pas
attendre, même 15 jours, pour se plaindre, comment vous voyez... Vous voyez ce que je veux dire, là. Quelqu'un, là, qui
dit : Moi, ce n'est pas normal que ma mère ait été traitée comme ça, puis
j'aurais voulu parler à quelqu'un à l'hôpital ou au CHSLD. Comment vous voyez
ça? C'est quoi, la rapidité de la plainte ou la procédure qu'on pourrait suivre?
M.
Brunet (Paul G.) : Bien, rappelons-nous, dans le cas qui nous concerne
puis qu'on ne nommera pas, la personne a attrapé la COVID, puis c'est pour ça
qu'elle a été empêchée d'atteindre l'unité de soins palliatifs. Mais elle a
attrapé la COVID à cause de l'hôpital. Alors, c'est à l'hôpital à s'assurer
qu'elle recevra les soins palliatifs, nonobstant le fait qu'elle ait la COVID,
puisqu'elle ne l'avait pas, la COVID...
M. Dubé : Est-ce
que ça serait une bonne idée...
M. Brunet (Paul G.) :
...quand elle est entrée à l'hôpital.
M. Dubé : Excusez-moi.
Est-ce que ça serait une bonne idée que, maintenant qu'on va avoir un
responsable dans toutes les installations, de s'assurer que ce responsable-là,
il est tout le temps disponible lorsqu'il y a une plainte de ce genre d'urgence
là?
• (14 h 30) •
M. Brunet (Paul
G.) : Absolument. Ça va déjà faire une bonne amélioration.
M. Dubé : Ça
fait que...
Le Président (M.
Provençal)
: Merci,
M. le ministre.
M. Dubé : OK.
Bien, excusez-moi.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
nous en sommes maintenant avec un échange avec la députée de Mont-Royal—Outremont. À vous la parole, madame.
Mme
Setlakwe : Bonjour à vous trois. Je vous avais entendus dans le cadre
des consultations sur le PL n° 3. Ça me fait plaisir
de vous revoir. Moi, j'arrive un peu à froid dans ce dossier-là, mais ça me
permet peut-être de poser des questions un peu plus en hauteur ou identifier
des éléments où j'interprète qu'il y a des choses à améliorer.
J'aimerais qu'on
parle... vous en avez parlé un peu au début de votre intervention, des maladies
rares, des médicaments d'exception. Mais peut-être, juste avant d'aller là, peut-être
pour clore ou... parce que je n'ai pas senti qu'il
y avait... je ne retiens pas de
conclusion au niveau de tous ces comités puis votre crainte que l'usager, il y
ait une érosion, là, au niveau de sa
voix puis de la participation citoyenne. Moi, j'entends, là, différentes...
différents termes, là, des conseils d'établissement, des comités de
gestion de risques, conseils d'administration, comités d'usagers et de résidents, tout ça. Est-ce qu'il y a... c'est un
genre de rebrassage où on est en train d'appeler les choses différemment,
mais que ça ne changera pas grand-chose. Est-ce que c'est un peu ça votre
crainte?
M. Brunet (Paul
G.) : Pierre, veux-tu y aller?
Mme
Setlakwe : Oui, allez-y.
M. Hurteau
(Pierre) : Bien, tout à fait, notre crainte, là, c'est que... Bon,
d'abord, on demande clairement que le nombre de comités soit maintenu parce que
c'est important qu'il y ait des comités là où les choses se passent. Donc, ça,
c'est essentiel. Et deuxièmement, là, j'ai perdu un peu le sens de votre
question.
Mme
Setlakwe : Bien, ma question, c'est que, finalement, après votre...
vous avez fait des interventions, vous avez mentionné des inquiétudes, là, il y
a eu un échange avec le ministre. Mais, à la fin, moi, je regarde ça un peu de loin puis j'ai l'impression que vous êtes
inquiets, puis on a comme rebrassé les affaires, qu'on fait des changements
au niveau de la structure, mais que ça
n'apportera pas grand-chose en termes de meilleure voix pour les citoyens et
une meilleure structure pour prendre le pouls de ce qui se passe sur le
terrain, dans les établissements.
M. Hurteau
(Pierre) : Bien, il y a des choses différentes, là, qui sont dans le
projet actuel. Actuellement, selon la loi,
les comités de vigilance, il y a quelqu'un du comité des usagers qui est là,
dans les conseils d'administration, il y a quelqu'un du comité des
usagers qui est là. Maintenant, dans le projet actuel, on parle plus souvent
d'usagers, comme l'a dit ma collègue, sans définir c'est qui, ce monde-là.
Nous, on veut s'assurer que dans tous ces comités-là il y ait des représentants des comités des usagers et des comités de
résidents, parce que ce sont des gens qui sont mandatés par leurs pairs
pour représenter et défendre leurs intérêts collectifs. Ce n'est pas des gens
qui sont là et qui siègent là à titre individuel parce qu'ils se font soigner à
l'hôpital ou parce qu'ils sont membres de... ils sont dans un centre de longue
durée. Je ne sais pas si vous me comprenez bien.
Mme
Setlakwe : Oui, oui, vous apportez une précision, puis c'est peut-être
quelque chose... j'ai... peut-être que, dans le fond, vous parlez le même
langage que le ministre, mais il y a une précision qui doit être apportée pour
rencontrer l'objectif.
M. Hurteau (Pierre) :
Absolument, absolument, c'est ce qu'on pense, là.
M.
Dubé : ...préciser, là, si c'est ça... excusez-moi, je ne suis pas
supposé...
Le Président (M.
Provençal)
: Non.
M. Dubé : ...pas
supposé d'intervenir, mais je me sentais interpelé, là, pardon.
Le Président (M.
Provençal)
: Mais
c'est important de laisser le temps de question.
Mme
Setlakwe : Ah! mais moi, ça me convenait, là, il n'y a pas de souci.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci,
madame.
Mme Setlakwe : Allons-y sur la question,
vous avez parlé des articles 334 et suivants, la question de s'assurer
que les bons médicaments soient fournis à
des patients qui souffrent de maladies rares, donc on parle des médicaments
d'exception. Là, j'en fais une lecture rapide, là, mais je vais vous laisser...
on veut vous entendre élaborer là-dessus : L'établissement ne pourra pas
fournir... ou pourra fournir que les médicaments qui ont reçu un avis de
conformité du gouvernement fédéral pour les
indications thérapeutiques reconnues par l'INESSS. On aimerait vous entendre.
Qu'est-ce qui vous préoccupe? Puis peut-être... j'ai aussi compris que votre
analyse n'est pas complétée, et vous allez peut-être revenir avec des
précisions, mais allez-y, là, on sentait que c'était quelque chose qui était
inquiétant pour vous.
M. Brunet (Paul G.) : Bien, ce qu'on lit sur
ces articles de loi là qui sont proposés dans le projet de loi n° 15, c'est
le concept de nécessité particulière dans les hôpitaux. Et là c'est comme... Et
je ne suis pas un expert en la matière, mais
ce dont je veux m'assurer, parce que c'est ça qui nous importe le plus, que les
patients avec des maladies rares qui
ont besoin d'un traitement particulier ne soient pas empêchés de le recevoir
parce qu'il y a un autre forum qui sera
décisionnel sur une prescription de médecin. On veut de moins en moins que le
médecin soit empêché de prescrire et d'offrir
le traitement pour une maladie rare quand il faudra, selon l'actuelle version
du projet de loi n° 15, que l'INESSS donne son aval. On a déjà une
approbation au fédéral, on a déjà des discussions et des approbations à la
RAMQ, je souhaite que l'INESSS ne soit pas
impliqué pour assurer que les patients d'exception... les patients avec des
maladies rares soient traités et reçoivent les meilleurs soins possible
malgré la rareté de leur maladie.
Mme Setlakwe :
Il me semble que ça va de soi
puis qu'on ne veut pas faire un... on ne veut pas qu'il y ait un recul à
ce niveau-là.
M. Brunet (Paul
G.) : Bien, écoutez, malheureusement, à moins que l'on comprenne mal
le projet de loi, c'est notre interprétation de ces articles-là.
Mme
Setlakwe : Qu'il y aurait un recul pour ces patients-là, où là vous
avez... vous avez levé un drapeau, là, il y a un point d'interrogation.
M. Brunet (Paul
G.) : Oui.
Mme Setlakwe :
Vous... (panne de son) ...que les choses bloquent puis qu'ultimement les patients n'obtiennent
pas les médicaments.
M. Brunet (Paul
G.) : C'est ma compréhension du projet de loi actuel, oui.
Mme
Setlakwe : On va s'assurer de revenir à la charge et de proposer...
Le Président (M.
Provençal)
: M. Brunet,
est-ce que vous pourriez répéter les articles, s'il vous plaît, là, que vous...
dont vous faites référence? Parce que j'ai oublié de les noter.
M. Brunet (Paul
G.) : ...et suivants.
Le Président (M.
Provençal)
: 334 et
suivants?
M. Brunet (Paul
G.) : Oui.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup. Je m'excuse. Alors, vous pouvez continuer.
Mme
Setlakwe : Oui, je peux...
Le Président (M. Provençal)
: J'avais arrêté le temps
pour être sûr de ne pas... que vous ayez tout votre temps.
Mme Setlakwe : Moi, il me reste
combien de temps, d'ailleurs? Moi, je ne vois pas ici, dans cette salle...
Le
Président (M. Provençal)
: Il
vous reste 1 min 45 s.
Mme
Setlakwe : 1 min 45 s. Ah! c'est rapide. De façon très
générale, puis je pense que tout le monde ici, dans la salle, là, c'est ce qu'on veut, on veut voir des améliorations,
une meilleure efficacité de notre système de santé. Je l'ai dit hier
d'entrée de jeu, là, les délais, l'accès à un médecin, à des professionnels,
vous en avez fait une liste tout à l'heure, évidemment, un accès rapide en
santé mentale, soins à domicile, les chirurgies, je pourrais continuer, là, je
pense, tout le monde comprend le sens de mon intervention. Et là vous avez
dit : On pourra dire que c'est un succès
quand on verra des améliorations sur ces volets-là, évidemment. Quel est votre
degré d'optimisme, là, vis-à-vis la
réforme, généralement? J'aimerais ça vous entendre, généralement, sur :
Voyez-vous quelque chose de bon et pensez-vous que ça va se traduire en
résultats positifs... un laps de temps raisonnable?
M. Brunet (Paul
G.) : Il faut être optimiste. On était là en 1991. On l'a été lors du
projet de loi de M. Barrette. Ce que j'essaie de dire ou ce que nous
essayons de dire, c'est que ce sera un succès quand on verra une amélioration
claire, nette d'ici deux ans. Si on continue à faire augmenter les listes,
malheureusement, et avec tout le respect qu'on doit au ministre, ce projet de
loi aura été un échec.
Mais méfions-nous de
la proposition de la formation d'un comité national des usagers. On ne peut pas
à la fois vouloir que les comités d'usagers et les comités de résidents aient
une voix, laquelle voix serait surveillée, c'est ce que l'article 69
dit : On va vous surveiller. On peut-tu enlever la fonction de
surveillance auprès des comités dont l'autonomie est déjà hypothéquée jusqu'à
un certain point dans le système actuel?
Mme
Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous sommes
maintenant rendus à l'échange avec le député de Rosemont.
M. Marissal :
Pardon. Oui, bonjour, M. Brunet, M. Hurteau, Mme Desmarais.
Rebonjour, je devrais dire, on se voit souvent ces temps-ci, pour mon plus
grand plaisir. J'ai bien lu vos commentaires, M. Brunet, récemment dans
des articles concernant, justement, la possible disparition de certains comités
d'usagers. Je m'en suis même inspiré, je vous en remercie, pour poser une
question au ministre hier au salon bleu. Le ministre m'a répondu, puis j'espère
bien le citer ici, là, qu'on aurait des
bonnes discussions aujourd'hui. Je crois comprendre qu'il souhaitait vous rassurer.
L'êtes-vous?
• (14 h 40) •
M. Brunet (Paul
G.) : Sur... Bien là, il a pris note qu'on pense que les comités sont
importants. C'est la voix citoyenne, mais il faut qu'elle ait une... il fallait
qu'elle... il faut qu'elle ait une portée, cette voix-là. Si elle est
surveillée par le grand comité national qui va décider que tel comité ne fait
pas sa job, parce que, dans le projet de loi actuel,
on peut surveiller son travail, bien là voulez-vous faire taire les comités ou
vous voulez qu'ils parlent? Si vous voulez qu'ils parlent, enlevez la
fonction de surveillance à ce grand comité là.
Mais,
encore là, questionnons-nous. Quel est le but de la création d'un comité
national? Qu'est-ce qu'il va savoir, lui, ce comité-là, par rapport aux gens
qui travaillent sur le terrain? Et c'est à cause des gens sur le terrain, à qui
on parle régulièrement, que l'on sait de quoi on parle. J'ai déjà dit
que, si vous cherchez un comité pour vous aviser sur ce qui se passe vraiment,
sans politique, bien, c'est au Conseil pour la protection des malades que vous
devriez confier le mandat.
M. Marissal :
Mais je n'ai pas entendu le ministre dire qu'il allait abolir le comité
national, là, ou, en tout cas, on n'a pas d'amendement à ce jour là-dessus, là,
évidemment, là, ça fait que je pense que votre problème reste entier, là. Et
j'ai entendu le ministre dire tout à l'heure : Je veux faire remonter les
plaintes le plus vite possible vers le haut.
Vers le haut, je présume, c'est le national. Moi, ça ne m'apparaît pas
pleinement efficace, là, dans... au maximum, mais je veux vous entendre
là-dessus.
M. Brunet (Paul
G.) : Bien non, il y a une plainte qui est logée sur une unité auprès
du commissaire aux plaintes, traitons-la là, maintenant, puis dans les rapports
qui sont faits par les commissaires et le regroupement des commissaires, éventuellement, on va les avoir sur
un plan national. Mais la plainte... (panne
de son) ...traitée maintenant,
dans les 15 jours, quand il ne s'agit
pas, comme on le propose, quand il ne s'agit pas d'actes cliniques qui sont en
cause, traitons-les maintenant. Si vous faites monter ça en haut,
pensez-vous vraiment que ça va être plus efficace?
M. Marissal :
...là, pour que ce soit dit, là, dans le jargon, là, une installation,
c'est l'hôpital, ou le CLSC, ou... Non,
juste pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, parce que le jargon n'est
pas clair, là. Un établissement, là, par
exemple, c'est un CIUSSS. Moi, chez nous, là, le CIUSSS de l'Est-de-Montréal,
je pense qu'il y a 34 installations dans un établissement. Je
voulais juste profiter de mes 20 dernières secondes pour préciser ça pour
les gens qui nous suivent, parce que ça peut être un peu mêlant, là. Pour moi,
une installation, ça peut être plutôt un gros truc. Enfin, bref, je voulais
juste préciser. Je n'ai plus de temps. Je vous remercie.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, monsieur. Alors,
député des Îles-de-la-Madeleine, vous prenez la suite.
M.
Arseneau : Oui. Bonjour, madame messieurs. On a beaucoup
parlé des plaintes, mais je suppose que votre préoccupation, comme la
mienne, c'est d'éviter qu'on en vienne à déposer des plaintes, que les services
répondent aux besoins et qu'on puisse, justement, avoir
un point de vue des usagers comme du reste de la communauté desservie par les
établissements et les installations. Et je sais que vous ne voulez pas vous
faire surveiller, mais hier il y a un
dénommé Me Michel Clair qui a proposé qu'on fasse un conseil de
surveillance et d'alliance communautaire qui serait essentiellement établi pour remplacer les conseils d'administration
qui disparaissent et qui pourrait justement être constitué à l'échelle territoriale pour apporter un point de vue et
exercer une influence sur les services auxquels les citoyens sont en
droit de s'attendre, avec plusieurs représentants.
Je ne sais pas si vous avez pris connaissance de
cette proposition-là, mais est-ce que c'est le genre d'instance qui nous manque
dans la réforme pour s'assurer qu'on entende véritablement le point de vue des
usagers et des citoyens desservis?
M. Brunet (Paul
G.) : Qu'on décide de surveiller l'administration qui
sera faite par Santé Québec, j'en suis, OK? Mais là on va surveiller des
comités de bénévoles qui roulent à peu près à 5 000 $,
6 000 $ par année de budget. «Come on!» Soyons un peu sérieux.
Mais la
meilleure garantie que le ministre pourrait nous donner sur son projet de loi,
c'est d'abroger l'article 14 pour qu'enfin ce ne soient plus des promesses
avec des limites, mais que, désormais, on ait des droits d'être soignés,
de recevoir des soins, comme le projet de loi et comme le ministre lui-même
souhaiterait qu'il en soit ainsi à l'avenir et non plus nous ramener la limite
de l'article... l'ancien article 13 de la loi actuelle.
M. Arseneau : Oui, on a bien compris
votre message. Mais est-ce que vous pensez qu'il devrait y avoir une instance locale pour pouvoir, justement, jaser
avec les gestionnaires du réseau, ce sont des gestionnaires de proximité,
qu'ils entendent le point de vue des gens de proximité, des gens qu'ils
desservent pour améliorer le service?
M. Brunet (Paul G.) : Les comités de
résidents sont les mieux placés, en CHSLD du moins. Ginette, vous vouliez dire
quelque chose, vous aussi.
Mme Desmarais (Ginette) : Oui. Je
reviens au comité national des usagers, là, si on parle de surveillance, est-ce
qu'on pourrait demander au ministre qu'il surveille le fait de garantir à
chaque comité de résidents, chaque comité
d'usagers sa complète autonomie et le libre exercice de son mandat? Ce serait
déjà une belle surveillance à faire, ça.
M. Arseneau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme
Nichols : Merci, M. le Président. Question bien simple, là,
juste pour être certaine de comprendre : Pour vous, le comité des usagers, c'est pour chaque
immeuble ou c'est pour qu'est-ce qui deviendra un CISSS dans le projet
de loi n° 15?
M. Brunet (Paul G.) : En fait, le
comité d'usagers, ce qu'on a compris, c'est qu'il y en aurait un pour chaque
établissement territorial, actuellement, des CISSS ou des CIUSSS. Ça, là, si
vous faites juste ça, vous coupez des dizaines, mon collègue disait peut-être
même des centaines de comités. Prenez juste ici, là, sur l'île de Montréal, on
a un comité d'usagers dans un CIUSSS ou un CISSS, ce comité-là peut s'occuper
de six, 10 installations. Si vous coupez
et ne rendez qu'un seul comité d'usagers par CIUSSS et que vous empêchez
d'autres établissements d'avoir des comités d'usagers, il va manquer de
personnes-ressources pour opérer et oeuvrer auprès des comités. Ces comités-là
sont déjà accablés par le travail qu'on leur impose. Si vous ajoutez des
établissements, des CLSC, d'autres hôpitaux spécialisés au travail des
personnes-ressources, il va manquer de personnes-ressources, ça va prendre plus
de personnes-ressources et beaucoup plus de budget. Si vous voulez la voix
citoyenne locale, M. le ministre, il faut s'assurer
que ces gens-là aient les outils pour le faire et que la voix porte et qu'elle
ne soit pas surveillée, s'il vous plaît.
M. Hurteau (Pierre) : Est-ce que
j'ai le temps d'ajouter quelque chose?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme Nichols : Quelques secondes.
M. Hurteau (Pierre) : Juste donner
un exemple. Avec le projet de loi, par exemple, le comité des usagers, qui fait
un excellent travail à l'institut de santé mentale de Montréal, va disparaître,
le comité des usagers de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont va disparaître,
le Jewish General va disparaître, l'Hôpital St. Mary's, tous les CLSC, les
centres jeunesse. C'est pour ça qu'on parle probablement de centaines et on
implore le ministre de préserver cet acquis-là au nom de la participation
citoyenne.
Mme Nichols : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup de votre
participation, de votre contribution et de votre disponibilité à nos travaux.
Sur ce, nous suspendons
quelques minutes les travaux pour pouvoir permettre au prochain groupe de
prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 47)
(Reprise à 14 h 50)
Le
Président (M. Provençal)
: Nos travaux se poursuivent. Nous recevons
maintenant Mme Sylvie Tremblay, directrice générale, et
M. Pierre Hamel, président pour le Regroupement provincial des
comités des usagers.
Alors, je vous donne 10 minutes pour votre
présentation, et, par la suite, on va initier les échanges avec les
parlementaires. À vous la parole.
Regroupement provincial
des comités des usagers (RPCU)
M. Hamel (Pierre) :
Alors, je vais laisser la parole à Mme Tremblay pour exposer notre
rapport.
Mme
Tremblay (Sylvie) : Bonjour,
M. le Président, messieurs dames. Fondé en 2004, le Regroupement provincial
des comités d'usagers du réseau de la santé et des services sociaux défend les
droits des usagers et représente plus de 540 comités d'usagers et de
résidents dans les établissements de santé et de services sociaux au Québec,
qu'ils soient publics, privés, conventionnés ou autofinancés.
Qu'est-ce qu'un usager? Les usagers, ce ne sont
pas que des personnes malades, ce sont toutes les personnes qui, à un moment de
leur vie, utilisent les services de l'ensemble du réseau de la santé et des
services sociaux, et le RPCU les représente.
Les fonctions légales des comités sont définies
par les articles 209, 210, 211 et 212 de la loi de la santé et des
services sociaux. Le mandat des comités d'usagers et de résidents est d'être le
gardien des droits des usagers.
Le RPCU vous
remercie de l'opportunité de représenter les comités d'usagers et de résidents
à la commission. Cette présentation
permettra de tenir compte d'abord et avant tout des personnes usagères, de
leurs besoins, au respect de leurs droits et en particulier ceux
reconnus par la loi. Est-ce que les usagers sont au coeur de ce virage? Rendre
efficace l'ensemble du réseau de la santé et des services sociaux veut dire
aussi se centrer sur les besoins des usagers en fonction de leur état de santé
dans le sens le plus large du terme.
Nous
présentons donc un document afin d'amener des suggestions, des réflexions pour
porter les préoccupations des usagers auprès des membres de la
commission. Nos propos se concentrent cependant au niveau des droits des
usagers, des comités résidents et des comités d'usagers, du régime de plaintes
et des modifications apportées plus largement en ces matières. L'usager est-il
servi ou desservi par ce projet de loi? Nous tenterons d'y répondre.
Un axe majeur de cette réforme est de permettre
à l'usager, qu'importe son lieu de résidence au Québec, d'avoir un accès aux
services et aux soins que requiert son état. L'accès aux services de santé et
de services sociaux est un droit, qu'importe le code postal ou la région.
Nous saluons cette prise de position à ce sujet,
mais nous sommes préoccupés et resterons vigilants face à la grande difficulté
des usagers d'avoir accès aux services, des listes d'attente abyssales pour
certains soins et services sociaux, l'apport grandissant des proches au
détriment de la prise en charge du réseau.
Il faut que la nouvelle structure ne répète pas
les erreurs du passé, mais qu'elle permette de déléguer au niveau local une
véritable prise de décision. Il faut donc que la première ligne puisse être
l'accès privilégié sur le territoire et localement.
La gestion de proximité, est-ce assez? Le projet
de loi est souvent décrit à ce sujet comme une avancée en ce qui a trait à l'ajout de gestionnaires dans
l'ensemble des installations dans la foulée de cette pratique dans les CHSLD,
et ce, depuis la pandémie. Cependant, nous disons : La gestion de
proximité n'est qu'un... n'est qu'un aspect, pardon, à la notion de proximité. Nous réitérons qu'il faut revenir aux soins et
aux services les plus décentralisés possible. Les services de maintien à domicile en particulier
devraient être une priorité absolue, et des investissements conséquents
ajoutés.
Au niveau des plaintes et de la qualité des
services, le RPCU ne peut que souscrire à la volonté du législateur d'assurer
une procédure d'examen de plaintes uniformisée pour tous les commissaires aux
plaintes et de qualité en favorisant ainsi le respect des droits des usagers,
l'harmonisation des pratiques dans l'ensemble des établissements. Trop souvent,
et ce, dans plusieurs établissements, les comités d'usagers et de résidents ne
sont pas reconnus comme partenaires à l'amélioration de qualité des services.
Dans certains établissements, même, on ne reconnaît pas que les membres de ces comités puissent accompagner,
assister l'usager lors de procédures de plaintes. Il faut cesser cette culture de
silos.
Nous ajoutons
que la vision... pour que la vision... pour que les commissaires aux
plaintes... d'une plus grande indépendance
et de leurs fonctions permettra, nous l'espérons, une prise en charge optimale
des plaintes et des insatisfactions dans
les établissements. Le régime de plaintes souffre. On nous dit souvent : À
quoi sert de porter plainte? Dans l'intérêt des usagers, il faut
renverser cette tendance.
Le RPCU considère que recadrer la vision...
suggère de recadrer la vision, dans projet de loi, du rôle et les fonctions des
comités. D'abord, au niveau du rôle d'évaluation du degré de satisfaction, nous
posons la question suivante : Pour les
clientèles vulnérables qui ont des lacunes importantes en littératie, par
exemple, comment vont-elles faire
valoir le droit de s'exprimer? Les sondages de satisfaction ne sont pas la
réponse unique à l'amélioration continue des
services. Le RPCU est prêt à travailler avec vous pour ajuster les mécanismes
de satisfaction pour que tous les usagers du
réseau puissent avoir une vraie opportunité de donner leur opinion, et ce, de
la clientèle jeunesse aux personnes de grand âge.
Les comités d'usagers
et de résidents doivent être maintenus pour l'ensemble de leur mission et pour
l'ensemble du territoire québécois pour tous les parents qui ont besoin d'être
accompagnés en jeunesse, pour tous les proches qui ont besoin d'être assistés
pour des services, pour un usager adulte qui a un handicap intellectuel, pour
les personnes âgées qui sont chez elles et qui n'ont pas accès à des services
en fonction de leurs besoins évolutifs, en fonction aussi des nouvelles
dispositions du projet de loi. En regard des RPA, RI et RTF, faut-il le
mentionner, aucune visite d'évaluation de
ces milieux de vie n'est faite au même titre que dans les CHSLD par le
ministère depuis des années.
Voici
donc l'ensemble des missions à reconnaître et maintenir au niveau des comités
d'usagers et de résidents, et je les
nomme : jeunesse, déficience physique, déficience intellectuelle et
spectre de l'autisme, santé mentale, dépendances,
hébergement, hôpitaux généraux, hôpitaux universitaires, services communautaires
locaux, nos anciens CLSC.
Nous voulons aussi
vous sensibiliser au fait qu'il y a une iniquité dans certaines régions du
Québec pour les comités d'usagers et de
résidents pour qu'ils puissent réellement exercer leurs fonctions et leurs
missions. Nous devons encore maintenant dire à certaines directions que
les comités d'usagers doivent avoir un local distinctif et facilement
accessible, pour d'autres, qu'on ne peut refuser qu'un comité d'usagers se
mette en place.
Au niveau de la
gouvernance, le RPCU vous offre son entière collaboration afin de vous proposer
à la fois une mécanique pour la représentation de ses membres et de permettre
les ajustements nécessaires afin que les CU et les CR puissent être le moteur
de la transformation par la défense des droits des usagers et l'amélioration
des soins et de services, et ce, partout au Québec.
Voici notre humble suggestion, nous vous suggérons
qu'au niveau de la gouvernance... que le comité national des usagers
devrait plutôt être directement lié au ministère de la Santé et des Services
sociaux afin de permettre aux regroupements liés par la loi... aux usagers de
pouvoir avoir une voix dans l'élaboration des politiques auprès du ministère,
des ministres, ainsi que l'allocation des budgets.
Le comité général des
usagers... Santé Québec. Notre humble suggestion serait donc une structure de
gouvernance mitoyenne avec une fonction opérationnelle, mais y ajoutant un lien
avec le commissaire national aux plaintes au niveau de ses fonctions de
plaintes et insatisfactions.
Et enfin, pour les
établissements, nous demandons qu'une table des usagers de l'établissement
regroupé, encore une humble suggestion, inclue l'ensemble des missions que je
vous ai nommées précédemment et soit mise en place... et qu'une préoccupation
constante et réelle de représentation pour que, dans chaque territoire, on
renforce le travail et la mission des comités.
• (15 heures) •
Nous espérons
grandement qu'un comité de transition sera mis en place afin de soutenir ce
changement en concertation avec tous les
acteurs clés, dont notre regroupement. Nous pourrons ainsi permettre de bien
communiquer, informer la stratégie de gestion de changement et des
impacts sur les usagers. Nous vous indiquons que ce comité ne peut être formé
que de seuls fonctionnaires. Ceci est une question de bon sens que d'y
participer.
Le
RPCU vous remercie de l'écoute, et nous réitérons que suite, aux échanges avec
nos membres, un mémoire plus étoffé sera remis à la commission avant la
fin des auditions. Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci beaucoup pour votre
présentation. Nous allons initier immédiatement l'échange avec M. le ministre.
M. Dubé :
Bonjour, Mme Tremblay et M. Hamel. Je vais profiter de votre présence
pour peut-être compléter des choses qui ont été commencées à l'autre
présentation, juste pour peut-être mettre les choses en place... pardon. Je
résume. Vous avez à peu près 540 comités, c'est ça que vous avez dit tout
à l'heure, là, qui se répartissent...
Une voix : ...
M. Dubé :
...bon, puis, tout à l'heure, le CPM, qui était avant vous, à peu près
250 comités, OK? Je ne pense pas que la
plupart se regroupent, là, mais vous représentez quand même l'essentiel, pour
reprendre l'expression du député de Rosemont, des installations au
Québec, que ce soient des CHSLD, des comités de résidents.
L'intention du projet
de loi n° 15 par rapport aux comités des usagers, puis je vais commencer
par ça, ce n'est pas d'éliminer des comités des usagers. Parce que je veux
juste parler de financement. Parce que tantôt j'ai posé la même question à M.
Brunet, j'ai dit : Des fois, on me dit que vous avez de la misère à avoir
des membres dans vos comités, puis, la façon dont se financent vos différents comités,
hein, vous recevez une subvention pour le RPCU, mais après ça vous recevez de
l'argent, on va dire 5 000 $ ou 6 000 $ par différents
comités. Alors, je veux juste rassurer la population, on n'est pas dans un
exercice ici pour enlever de l'argent aux comités. Je veux juste... je veux
juste être clair là-dessus.
Deuxièmement, dans le
projet de loi n° 15, on veut être très clair aussi, c'est que, s'il est
jugé à propos par le comité des usagers, au niveau de l'établissement, de faire
des sous-comités soit par missions soit par, disons, établissements ou par
installations, on va les faire. Et l'objectif, je le répète, si, à la fin, on a
encore 540 comités, qui s'appelleraient peut-être des sous-comités,
mais... et qu'on aurait 250 sous-comités avec le CPM, tout le monde va être heureux, là. Alors, je veux juste qu'on se
comprenne bien que l'objectif... Puis je voudrais vous entendre là-dessus parce
que je ne voudrais pas qu'il soit véhiculé qu'on est en train de vouloir
enlever un lien. Premièrement.
Puis,
deuxièmement, moi, ce qui me surprend un peu, puis c'est pour ça que je veux
vous entendre... Parce que ce que j'ai
compris, souvent, c'est que les plaintes, puis vous n'êtes pas là juste pour
faire des plaintes, mais c'est un de
vos objectifs, c'est que ces plaintes-là n'arrêtent pas à l'établissement, mais
se rendent jusqu'à la haute direction, parce que... Il s'est traité
combien de plaintes l'an dernier? 25 000 plaintes. Ce n'est quand
même pas rien, là. Puis, de ça, là, il y a à peu près 15 000 plaintes
qui ont eu des correctifs. Donc, moi, ce que je pense, c'est que, si on veut
s'assurer qu'on améliore notre réseau, ce n'est pas juste au niveau local qu'il
faut s'améliorer. Puis je ne dis pas qu'on
ne s'est pas amélioré au niveau local, mais il faut que ça monte pour être sûr
que les améliorations, elles sont faites.
Ça fait que je
voudrais vous entendre sur ces deux sujets-là. C'est de valeur, parce qu'on a
manqué de temps, tantôt, avec M. Brunet, là, puis je sais que vous travailliez
bien ensemble. Mais dites-moi une chose, est-ce que vous, selon vous, si les
budgets continuent d'être là... Puis l'intention, ce n'est pas de les enlever,
au contraire, je l'ai dit à M. Brunet, là,
on n'est pas dans un exercice pour couper des budgets, ce n'est pas ça, l'objectif
de PL n° 15. Vous, est-ce qu'à la lumière de ce que
vous voyez dans le projet de loi vous seriez à former des sous-comités pour
être sûr qu'on respecte le principe d'en
avoir un dans chacune des installations, soit par missions ou soit par installations?
C'est quoi, votre réponse à ça, Mme Tremblay?
Mme Tremblay
(Sylvie) : ...
M. Dubé : Votre
micro... Je ne vous entends pas, là.
Mme Tremblay (Sylvie) : Pourtant, il est... Je
vous répondrai très franchement. Est-ce que vous m'entendez mieux?
M. Dubé : On
vous entend, là, je pense.
Mme Tremblay
(Sylvie) : Alors, l'idée étant, à la lecture et aux discussions que
nous avons eues : il y a les comités de résidents qui resteraient intacts.
Donc, il y en a à peu près 300. Puis on reviendra sur les budgets, mais aussi
la vision...
M. Dubé : 300
des 540, là, pour qu'on se comprenne.
Mme Tremblay
(Sylvie) : Il y a 700... au Québec, il y a 700 comités d'usagers,
grosso modo, et résidents.
M. Dubé : 500
puis 200, là. OK, c'est beau.
Mme Tremblay
(Sylvie) : Alors, pas tout à fait.Alors, il y en a 700 en
tout.
M. Dubé : En
tout, c'est ça.
Mme Tremblay
(Sylvie) : Il y en a qui sont membres chez nous, autour de 540, il y
en a qui sont aux deux, qui sont avec le CPM et nous.
M. Dubé : Et
voilà.
Mme
Tremblay (Sylvie) : Et donc
ce qui fait qu'on est quand même 700, et, bon an mal an, il y en a aux deux.
Puis, bon, on ne fera pas de la sémantique,
mais nous, on a 540 membres, puis... Bon, alors, voilà, c'est un peu la
façon de faire.
Dans la structure, il
y a à peu près, bon an mal an, 300 comités de résidents partout au Québec
et qui ont eu du mal à continuer dans le contexte de la COVID, vous
comprendrez. Parce qu'à la COVID les gens... Dans certains comités, il y en a qui ont décédé, hein, vous
comprendrez ça, les proches aidants ne pouvaient pas y aller. Et donc il y a
du travail à... On va se questionner sur ça puis on veut être avec vous, puis
je vous expliquerai pourquoi après. Et, autour
de ça, il y a les missions, les missions plus élargies dont je vous parlais
tantôt, beaucoup de missions en service social et anciens CLSC.
Donc, dans votre
structure, on laisse les comités de résidents intacts dans la vision. Et là on
regarde un peu par installations, au niveau des autres clientèles sociales, à
diminuer un peu et faire des sous-comités. Ce qu'on vous dit, là, c'est qu'avec
la COVID il s'est passé bien, bien des choses au niveau des comités d'usagers
et de résidents, et nous, on voit au quotidien qu'il faut un peu revoir la
structure. Ce n'est pas d'en diminuer ou d'en augmenter, c'est de le regarder
ensemble pour que nous, on vous donne l'heure juste, ce sur quoi il faut
travailler.
Par exemple, dans les
comités de résidents, vous parlez de trois ou cinq personnes. Moi, je vous dis
qu'il y a des proches aidants qui aimeraient bien s'impliquer davantage, des
bénévoles, des bénévoles bienveillants qui pourraient
s'essayer à travailler. Donc, ce qu'on vous dit : On peut-tu prendre le
temps de regarder à la fois la représentation et à la fois la vision pour
qu'ensuite, ensemble, on dise : Ce n'est pas quatre, ce n'est pas 12, ce
n'est pas 50 comités, mais une vision d'ensemble sur la chose?
M. Dubé :
J'aime beaucoup ce que vous dites. Est ce que je peux vous interrompre
juste pour...
Mme Tremblay (Sylvie) : Bien
sûr.
M. Dubé :
Hier, lorsqu'on était avec la Commissaire à la santé, Mme Castonguay,
que vous connaissez, elle a... elle nous a demandé si ça faisait partie de nos
plans d'avoir un plan de transition, hein? Parce que supposons qu'on... peu importe quand est-ce qu'on va avoir
fini le projet de loi, on va avoir un plan de transition qu'on va préparer.
Est-ce que vous accepteriez d'être dans ce
plan de transition là? Parce que ce qu'on veut, c'est être capable, justement,
de bien planifier, puis si, à la fin, soit par règlement... ou c'est quatre ou
cinq membres par comité, moi j'ai vraiment beaucoup d'ouverture là-dessus. Mais
ce que j'entends que vous demandez aujourd'hui, c'est de vous assurer que vous
seriez sur le plan de transition, en tant que comité des usagers, parce
qu'effectivement, moi, c'est ça que j'ai entendu beaucoup, c'est que peut-être
que d'avoir 700 comités aujourd'hui, ce n'est peut-être pas optimal. Et
vous êtes d'accord avec ça, là?
Mme Tremblay
(Sylvie) : C'est à regarder ensemble.
M. Dubé :
Oups! Votre son a coupé encore, Mme Tremblay.
Mme Tremblay
(Sylvie) : Je suis désolée. Je pense qu'il faut le regarder ensemble.C'est important de le regarder ensemble, avec l'état de ce qu'on a
présentement.
M. Dubé :
OK. J'ai eu la chance, tantôt, de poser, puis excusez-moi si j'ai l'air de
reposer les mêmes questions, là, mais toute la question de la présence... Vous
représentez quand même 500 comités, là, donc j'en profite, là. Mais le commentaire que j'ai demandé, c'est la présence des
médecins dans nos RPA ou dans nos CHSLD. J'aimerais ça vous entendre
là-dessus, s'il vous plaît.
Mme Tremblay
(Sylvie) : Pierre?
M. Hamel
(Pierre) : Vas-y. Vas-y, Sylvie.
Mme Tremblay
(Sylvie) : M. le ministre, c'est essentiel, c'est essentiel... Est-ce
que vous m'entendez?
M. Dubé :
Oui, oui.
• (15 h 10) •
Mme Tremblay
(Sylvie) : D'accord. Alors, c'est essentiel que les médecins de
famille reprennent un peu de tâches au
niveau des RPA, des RI-RTF. Nous, on repart, là, les visites d'évaluation dans
les CHSLD. On avait demandé de pouvoir en faire, c'est ce qu'on vous dit
un peu dans notre présentation, de pouvoir aussi avoir de l'évaluation dans les
ressources intermédiaires et dans les RPA. Il y a des gens qui ont maintenant,
par achat de places... vont dans les RPA pour des milieux évolutifs. C'est
impératif que les médecins puissent... puissent y aller. Et puis c'est une
prise en charge de médecin de famille. On trouve ça très, très important, même
pour les médecins spécialistes, de pouvoir... de pouvoir avoir droit au
chapitre. Et, au-delà...
M. Dubé :
Mais comment ça peut s'appliquer? Parce que je pense qu'on peut revenir à
des formules qui étaient là, en place, au niveau des médecins de famille, il y
en a même qui avaient une présence, j'en ai parlé, je pense, c'est hier, là, soit quotidienne ou mensuelle. Mais qu'est-ce
qu'il en est des spécialistes? Je suis un peu surpris quand j'entends
ça. Mais c'est-tu par les rendez-vous? C'est quoi, le...
Mme Tremblay
(Sylvie) : Bien, à partir du moment où la personne... la personne est
en perte d'autonomie, qu'elle est en maintien à domicile, elle veut aller dans
un... elle va à l'hôpital, on l'évalue, et là elle attend, et là, quelque part,
elle voit un médecin, elle voit un médecin généraliste, elle voit aussi un
médecin spécialiste, et là elle retourne, pour toutes les raisons du monde,
soit en RPA en milieu évolutif ou dans un CHSLD, le lien qu'elle a eu avec les
médecins... il faut qu'elle les garde, là. Alors, c'est ça, l'idée.
M. Dubé : OK.
Ça va. Je suis toujours correct?
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M. Dubé :
OK. Puis peut-être que j'ai un ou une collègue, là, qui veut... Tantôt, quand
on parlait de missions, ce serait ma
dernière question ou sous-question, est-ce que vous avez des comités, en ce
moment, par missions, qui traitent des soins à domicile? Parce que, dans
le virage soins à domicile, est-ce qu'on devrait pousser ça un peu plus? Parce
que nos aînés veulent être traités à domicile, puis on parle souvent des
comités des usagers, à l'hôpital ou au CHSLD, mais parlez-moi un peu des soins
à domicile. Comment cette mission-là pourrait être mieux traitée?
Mme Tremblay
(Sylvie) : Dans le contexte des missions, les missions locales, donc
missions CLSC, sont les missions appropriées. Et, quand on a, nous, des
rencontres avec la mission CLSC — on l'appelle «mission locale» — il y
a des gens en maintien à domicile, et c'est là où on regroupe nos membres. Et
éventuellement, nous l'espérons, ce sera
cette mission-là qui pourra aussi faire un regard, ou travailler, ou avoir
aussi des comités de résidents et des
comités d'usagers dans les RPA et les RI. Alors, c'est par la mission locale
communautaire que les gens sont rejoints à ce moment-là.
M.
Dubé : Pouvez-vous juste expliquer, là... Puis c'est technique, parce
qu'on passe de comités de résidents à comités d'usagers. Les résidents, c'est
plus pour les RPA, puis ça, les usagers, c'est plus pour le... Mais juste
l'expliquer correctement, là, pour que les gens comprennent bien.
Mme Tremblay
(Sylvie) : Le comité de résidents, ça le dit, c'est dans une
résidence. Alors, pour les centres jeunesse,
il y a des gens hébergés, c'est des comités de résidents. Un CHSLD, c'est un
comité de résidents. Donc, c'est des comités où les gens résident, et il
y a un nombre de personnes. Les comités d'usagers, c'est ce qui chapeaute les
missions plus larges, donc universitaires, dépendances...
M. Dubé :
Parfait...
Mme Tremblay
(Sylvie) : ...santé mentale, donc c'est... Alors, les résidents et les
usagers, c'est plus large.
M. Dubé : Très
bien. Je vais laisser mes autres collègues poser des questions.
Le Président (M.
Provençal)
: ...Laporte.
Mme Poulet : Oui.
Bonjour à vous deux. Merci, M. le Président. J'ai une question concernant les
plaintes. Il a été mentionné qu'il y a
25 000 plaintes par année, 15 000 qu'il y a eu des
correctifs. Les autres participants, tantôt, la dame mentionnait que c'était très lourd au niveau de la bureaucratie,
beaucoup de paperasse. Ma question est : Comment on peut assurer un
meilleur traitement des plaintes et tout le processus pour s'assurer que ça
monte, là, jusqu'en haut et qu'on puisse descendre et apporter un correctif?
M.
Hamel (Pierre) : Je vais te laisser aller.
Mme Tremblay
(Sylvie) : On est assez contents de voir qu'il y aura un régime de
plaintes uniformisé et qu'on va évaluer la
satisfaction. Je pense que c'est une avancée, ça, parce que ce qu'on voit
au-delà de la bureaucratie d'abord, c'est que, des fois, parce que le
commissaire aux plaintes est lié à un conseil d'administration, il ne dira... on entend qu'il ne dira pas toutes les vraies
affaires. Alors, que ce soit uniformisé, je trouve que c'est une belle avancée
puis que le commissaire national puisse à la fois regarder les plaintes.
Mais, les plaintes,
je vous dirais aussi, il y a un axe qu'il faut développer, c'est l'axe macro.
Alors, les commissaires aux plaintes vont traiter une personne après l'autre
pour une plainte, mais il y a souvent 15, 20 plaintes pour la même chose.
Alors, d'avoir, par le commissaire national aux plaintes, une vision macro de
l'ensemble des plaintes pour qu'éventuellement les correctifs se fassent
directement dans les établissements... Par exemple, dans un centre de
réadaptation en déficience intellectuelle, s'il y a 25 parents ou
25 usagers qui disent : Bon, bien, on fait une plainte pour telle chose, puis qu'on répond
individuellement à chacun, mais que c'est la même problématique, là, il a une
vision macro, il a une vision plus large des insatisfactions. Et, au-delà, de
les regarder plus largement, ça va enlever de
la paperasse, mais aussi ça va être une piste de satisfaction puis
d'amélioration pour l'ensemble des missions. Donc, c'est comme ça qu'il
faut simplifier aussi, je crois.
M.
Hamel (Pierre) : Moi, je voudrais juste
ajouter quelque chose, si vous permettez. Au niveau des plaintes, on parle de
25 000 plaintes, dont 15 000 plaintes qui sont rendues...
mais il y a plusieurs plaintes qui ne se rendent pas là. Parce que les membres des comités d'usagers font un travail de
terrain qui fait que les personnes sont acheminées aux bons endroits,
aux bons moments et aux bonnes personnes, de sorte que le travail des comités
d'usagers, dans ce sens-là, est excessivement important. Et la démonstration de
ce que vous avez comme plaintes pourrait être beaucoup
plus grande si les comités d'usagers, les membres des comités d'usagers n'en
feraient pas un travail en amont.
Mme Poulet : OK.
Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup pour votre réponse. Alors, nous poursuivons cet échange avec Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Merci, M. le Président. Merci à vous deux pour votre
intervention. Je vous écoutais faire valoir vos besoins... plutôt, les besoins
des usagers que vous représentez, puis là, ensuite, il y a eu comme un échange avec M. le ministre. Je ne peux pas
m'empêcher de me demander : Est-ce que vous avez été consulté en amont?
Puis, tu sais, j'entends M. le ministre,
avec respect, dire : Je veux qu'on se comprenne bien, voici l'intention.
J'ai l'impression d'assister à un premier échange entre vous, alors que
le projet de loi a été déposé. Est-ce que vous avez fait partie de la
discussion?
Mme Tremblay
(Sylvie) : Je vous dirais que c'est un commentaire éditorial pour
l'ensemble des gens qui vont venir vous voir. C'est-à-dire qu'il y a un projet
de loi qui est très, très lourd, et puis de le regarder, c'est très volumineux,
et puis il faut voir un peu, à chacun, comment on peut le travailler puis
comment... on est... on a des intérêts à regarder.
On a été, je vous dirais, sollicités. Mais c'est
pour ça qu'on représente, là, cette proposition-là, là, parce que, comme
d'autres, je vous dirais ça, puis Pierre pourra compléter aussi, nous, les
usagers, on n'est pas dans une optique de négociation,
là. Nous, on ne fait pas de négo, on n'est pas un syndicat, on n'est pas des
associations de... et on représente les usagers en totalité, et leurs
problématiques, et leurs droits. Et ce qu'on dit, c'est : Pouvons-nous trouver ensemble, dans toute l'ouverture que ça
veut dire, une solution, une vision, pas derrière les portes, en négos, là?
On dit : Nous, notre monde, ils nous disent : Stabilisez nos
missions. On peut regarder ensemble, après la COVID, ce que ça a fait aux comités de résidents et on peut-tu trouver une
position ensemble pour que cette réforme-là soit les plus ouvertes et
les plus, comme dirait... efficaces possible pour les usagers. C'est tout ce
qu'on veut, c'est tout ce qu'on demande. Peut-être que Pierre pourrait ajouter.
• (15 h 20) •
M. Hamel (Pierre) : Bien, vous savez, quand on regarde les grandes théories de
changement, les personnes qui sont les plus
affectées, ce sont les... souvent les acteurs sont... qui sont oubliés et les
proches des décisions qui sont oubliés. Dans notre cadre, on a eu des
discussions, maintenant, pas assez grandes à mon goût, pour qu'on amène
vraiment notre grain de sel dans l'ensemble des décisions qui ont été prises.
Et ça, ce n'est pas, comment je pourrais dire...
c'est une constatation que je fais. On n'est pas comme... comme disait Mme
Tremblay, on n'est pas, nous, dans un
cadre de négociation, on est dans un cadre où on veut faire de la
coconstruction, où on veut être... où on veut s'assurer que l'usager,
qui est la personne à qui on tient le plus, ait des choses positives dans le
cadre de la loi qui est présentée aujourd'hui. Et c'est notre ultime, comment
je pourrais dire... notre ultime objectif.
Mme Setlakwe : Mais je pense que
tout ça était clair, là, puis vous faites bien de le réitérer. Mais je
comprends, ou vous me corrigerez, vous avez fait une étude sommaire, vous allez
déposer... vous avez... on a vu vos premières constatations, vos premiers
questionnements, vous allez donc soumettre un mémoire plus étoffé.Est-ce
que je comprends bien que la structure qui est proposée, bon, vous avez des
interrogations, puis il y aura des discussions à suivre, là, vous en avez parlé
avec le ministre c'est un pas dans la bonne direction, selon vous, pour... pour
bien représenter vos usagers? Il me semble... moi, je n'entends pas que vous
êtes contre la structure, vous semblez... Je vais vous laisser élaborer, c'est
à vous de répondre.
M. Hamel (Pierre) : C'est à dire que, si... Oui, est-ce que je peux prendre la
parole? On avait déposé, déjà, un... une
déclaration et au niveau de... au niveau de plusieurs associations qui étaient
ensemble. Et, dans cette déclaration-là, on demandait un comité national
au niveau... au niveau du ministère pour, exactement, les implications au
niveau politique. Donc, il y a des choses qu'on avait demandées qui ont été
acceptées.
Maintenant, ce n'est pas pour l'ensemble des
problématiques qui sont résolues par la loi, parce qu'au niveau des comités d'usagers on a beaucoup de
préoccupations. Hier, justement, on avait un webinaire sur le projet de loi
n° 15, on avait presque 100 personnes, là, qui étaient présentes et
qui posaient des questions, des personnes qui sont des membres au niveau des
comités d'usagers et qui nous posaient des questions sur comment, qu'est-ce qui
va se faire, comment...
Donc, quand on fait un changement, il y a
toujours des préoccupations. Ces préoccupations-là, on doit les adresser et on
doit s'assurer qu'elles sont bien traitées dans l'ensemble pour que le
changement se fasse de façon efficace et qu'il y ait les objectifs que ce
changement-là avait au début.
Mme Tremblay (Sylvie) : J'ajouterais
aussi pour... et, j'ajouterais, dans ce contexte-là, la COVID a fait beaucoup
émerger de problématiques au niveau des comités d'usagers. Et on vous
dit : Nous, on est sur le terrain, et, à la mouture de l'ancienne
structure et la mouture que l'on propose maintenant, ce serait en axe avec la
nouvelle organisation. Et on se dit :
Prenons le temps de le regarder ensemble. Ce n'est pas une notion de nombre de
représentants de... ni de sous-comités ou de sous-comités. Nous, on vous
dit : On va vous donner l'heure juste sur ce que les usagers nous disent et comment on peut organiser
le système en fonction de la défense, puis des insatisfactions, et des plaintes pour que cette réforme-là passe la
quinzaine d'années, que tous les usagers soient satisfaits de... de la formule
au niveau de l'accès et de la défense des droits. Le reste, bon, on vous l'a
dit, il faut être vigilants sur l'accès et d'autres... d'autres motifs.
Mais je pense qu'il y a de la place, là, pour qu'on puisse discuter ensemble,
là, de cette structure-là.
M. Hamel (Pierre) : Vous savez, on a... Est-ce que je peux intervenir? Oui ou
non ou... Allez-y...
Mme Setlakwe : Bien sûr.
M. Hamel (Pierre) : Vous savez, on a... on a ce qu'on appelle des tables de
missions. Table de missions, c'est un
processus de consultation qu'on fait avec l'ensemble de toutes les missions en
fonction de nos membres. Et on a eu,
l'année passée, une tournée complète, on a déposé, d'ailleurs, au gouvernement notre
rapport de ces consultations-là qu'on a eues, et on est encore en
consultation cette année, en fonction de toutes les missions. Et c'est de là
qu'on est très près du terrain et on est...
on est en mesure de vous dire s'il y a des insatisfactions, s'il y a des choses
qui vont bien. Et on est... on est
francs là-dedans : quand il y a des choses qui vont bien, on n'est pas
gênés de le dire; par contre, quand il y a des insatisfactions, bien,
c'est notre job aussi de vous le dire.
Mme Setlakwe : Merci. Justement, au
niveau de la création du comité national des usagers, on a entendu précédemment
que le libellé inquiétait, là. Est-ce que vous, vous avez... On comprend que
vous n'avez pas terminé votre étude, mais on
prévoit, à l'article 69, que le comité national des usagers va exercer les
fonctions suivantes, bon : «Favoriser
l'harmonisation des pratiques développées par les [différents] comités des
usagers dans l'exercice des fonctions [qui] leur [sont confiées par] la [...]
loi», et, deuxièmement, de «veiller à la surveillance de l'exercice des
fonctions de ces comités». Ça ne vous agace pas qu'on l'ait... que ça ait été
libellé de cette façon-là, que le comité national
qui va chapeauter va surveiller les actions des différents comités des usagers?
Vous ne voyez pas que ça devrait être plutôt un peu l'inverse, mais...
On s'assure que l'information se rende au sommet puis qu'il y ait des... des
gestes qui soient posés en conséquence et non pas nécessairement un rôle de
surveillance.
Le Président (M. Provençal)
: Une réponse rapide, s'il vous plaît,
parce que le temps est déjà écoulé, mais, compte
tenu que Mme la députée a posé une question, si vous êtes capables de lui
donner une réponse très rapidement, s'il vous plaît...
Mme
Tremblay (Sylvie) : Donc, ce qu'on... ce qu'on a dit dans notre
présentation, c'est qu'on veut travailler sur, à la fois, les rôles et
fonctions, la structure et la représentation. Que sera le rôle au niveau du
ministère, que sera le rôle du comité à
Santé Québec et comment travaillerons-nous dans les établissements, sur les
tables, rôles et fonctions, comment on va travailler l'expertise, la
défense, que ce soit au ministère, à Santé Québec et dans les établissements,
il faut le bâtir ensemble. C'est ce qu'on dit.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, nous allons
faire... nous procédons maintenant avec... (panne de son) ...d'échange et le
député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Bonjour, Mme Tremblay. Le témoin avant vous, là, M. Brunet, le
conseil de protection de malades, disait qu'avec les comités d'usagers le
problème n'est pas tant la mobilisation que le sous-financement. Est-ce que
vous partagez ce constat?
Mme Tremblay (Sylvie) : ...
M. Hamel (Pierre) : Oui. Écoutez, il y a effectivement un sous-financement et
une répartition des budgets qui sont déficientes, oui, effectivement. Et, de
cette façon, bien, la représentation des différents membres des comités
d'usagers sont aussi déficientes, parce que le cadre budgétaire a une
problématique, là, au niveau de l'ensemble des projets qu'on a.
M. Marissal : Bien oui, comme vous
semblez avoir l'oreille attentive du ministre, je vous ai fait une passe sur la palette, là, je suis sûr qu'il écoute
aussi, en ce moment, la question de financement. C'est par grandeur d'âme que
je vous ai posé la question, mais c'est parce que je sais aussi, pour vous
connaître, que vous êtes sous-financés, effectivement.
Dites-moi donc, Mme Tremblay, comment... parce
que votre idée est bonne, là, comment on ferait, pour les comités d'usagers et
de résidents, de faire participer les proches aidants et les bénévoles? J'ai
encore une question plus d'ordre légal avec les bénévoles, mais j'ai des
questions d'ordre juridique, là, qui me... qui surgissent en tête. Dites-moi
rapidement, parce que j'ai presque écoulé mon temps.
Mme Tremblay (Sylvie) : Alors...
M. Marissal : En ouvrant votre
micro, s'il vous plaît.
Mme Tremblay (Sylvie) : Je l'ai
ouvert, je ne comprends pas pourquoi je...
M. Marissal : Des fois, il faut
qu'il se réchauffe, votre micro. Quand vous commencez, c'est bas, puis plus
vous parlez, plus c'est... Allez-y, on vous écoute.
Mme Tremblay (Sylvie) : ...changement
d'ordinateur. Alors, ce que ça veut dire, c'est qu'avec la COVID et
l'observatoire de la proche aidance, entre autres, on voit émerger dans les
résidences toutes sortes d'alternatives qui seraient, je vous dirais, porteuses
pour l'avenir, pour les aînés que nous serons. Donc, au niveau juridique, dans
les comités de résidents, on dit : Il faut que ce soient des gens hébergés
et des proches aidants pour quelques années.
Nous, on vous dit, puis c'est ce qu'on veut
travailler... c'est que, dans les prochaines années, les gens qui sont en
hébergement sont de plus en plus fatigués et en évolution, plus difficilement
capables d'être en comité de résidents. Peut-on travailler localement ou plus
largement dans cette approche pour que les proches aidants puissent continuer,
si la personne décède, par exemple, ou des bénévoles bienveillants qui sont...
qui s'interrogent, et qui ont envie de travailler dans les résidences, et qui
auraient le droit au chapitre de supporter l'activité de défense pour permettre
l'ajustement, puis la défense, puis l'aide aux personnes âgées en résidence...
Nous, on dit : Pourquoi pas? C'est une nouvelle réforme, alors allons-y,
regardons ce qu'on peut faire régionalement, dans les territoires, au niveau
des résidences. Tout est ouvert pour le meilleur, c'est ce qu'on dit, et ne pas
y aller sur déjà un prérequis de trois,
quatre, cinq, 12, 25. Nous, on le sait, qu'est-ce qu'il faut pour certains
territoires et pour d'autres, et en particulier dans les résidences.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
M. Marissal : ...merci.
• (15 h 30) •
Le
Président (M. Provençal)
: Oui. Et assurément que M. le ministre a noté votre
commentaire. Alors, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Merci. Bonjour,
Mme Tremblay, M. Hamel. Est-ce que vous avez un point de vue sur la disparition
des conseils d'administration et la mise en place de conseils d'établissement?
M. Hamel (Pierre) : Je vais te laisser aller, Sylvie.
M. Arseneau : Réchauffez le micro
puis allez-y.
Mme Tremblay (Sylvie) : Bien, si
vous ne m'entendez pas... M'entendez-vous, d'abord?
M. Arseneau : Oui.
Mme Tremblay (Sylvie) : Oui. Bon, il
est réchauffé. Ça nous a questionnés, je vais le dire comme ça, et c'est une des questions que l'on pose, là, à nos
membres pour le mémoire, on est... Dans la dernière mouture, vous vous
souviendrez de la dernière réforme, les comités... la présence des comités
d'usagers avait beaucoup été restreinte, et ça nous avait beaucoup heurtés, là.
À cette étape-ci, ça nous a heurtés encore de voir que, là, il n'y aurait plus
de conseils d'administration. Mais on n'en est pas là. Alors, on est
dubitatifs, disons, puis on parle à nos membres là-dessus.
Ce qu'on vous dit, par ailleurs, c'est de ne pas
perdre de vue que les services de proximité et les services locaux sont
hyperimportants et que les délégations, dans toutes ces régions-là, doivent
être importantes aussi par territoire, par territoire de MRC, comment on va
travailler à améliorer à Parent, à Montréal, partout. Il faut avoir une vision de proximité, puis ça, comment on va
l'interpréter puis comment le législateur peut améliorer cette structure-là, bien,
on va être là, là.
M.
Arseneau : Oui, parce que ça m'amène à la page 6 de
votre mémoire, où vous dites : «La gestion de proximité n'est qu'un
aspect de la notion de proximité.» J'aimerais savoir ce que vous voulez dire
exactement, là.
M. Hamel (Pierre) : Bon, pour nous, la proximité, ce n'est pas juste de la gestion
au niveau d'ajouter des cadres pour qu'il y
ait une proximité au niveau de l'ensemble des différentes... des différentes
tâches qu'un gestionnaire a avec ses employés. La proximité, c'est le
terrain aussi, c'est de se rapprocher au niveau des missions, c'est de
comprendre les besoins que des gens handicapés ont, les besoins que des
personnes plus âgées ont. Et vous savez que les personnes âgées qui sont
présentement en CHSLD sont de plus en plus hypothéquées. Et c'est une des
raisons pour lesquelles on a eu des
difficultés dans les CR, je veux dire, il y a des personnes qui sont décédées.
Donc, il y a toute une reconstruction à faire au niveau des comités
d'usagers et au niveau des comités de résidents, suite à la pandémie, comme
vous avez une reconstruction à faire suite à la pandémie.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. On va terminer cet
échange avec la députée de Vaudreuil.
Mme
Nichols : Merci, M. le Président. Merci d'être aux
consultations particulières. Vous avez parlé un peu plus tôt des
missions plus élargies. Je sentais qu'il y avait un enjeu qui était soulevé,
là, principalement avec l'accès... l'accès
aux services. Vous avez parlé des services... service social, comme, entre
autres, là, la santé mentale, les soins à domicile. Le PL n° 15, il n'en parle pas. Est-ce que je comprenais, dans le
fond, que vous voudriez avoir une voix pour dire si ça marche ou si ça ne
marche pas? Est-ce que... est-ce que c'est ça que j'ai compris?
M. Hamel (Pierre) : Vas-y, je vais rajouter après. Vas-y, Sylvie.
Mme Tremblay (Sylvie) : Ce qu'on
dit, et ça, on le dit depuis, je vous dirais, que la pandémie a accentué les
iniquités, les inégalités et l'accès. Il y a toutes sortes de raisons. Il y a
des raisons systémiques, il y a des raisons aussi liées à la pénurie de main-d'oeuvre, ou d'autres, là, on comprend, là,
on est dans ce réseau-là comme... on comprend bien les choses. Mais ce
qu'on voit et ce qu'on sait, c'est que l'accès, particulièrement aux services
sociaux, est de plus en plus ténu. Et ça, ça
fait... ça ne fait... ça fait plus que nous inquiéter, ça fait partie de nos
grands, grands, grands dossiers au
regroupement. Et les insatisfactions que nous avons quotidiennement sont
beaucoup liées à la... aux problématiques service social.
M. Hamel (Pierre) : Je vous dirais que c'est le parent pauvre du système de santé
et que... et qu'un coup que tu es rentré
dans le système ça va bien, mais rentrer dans le système, madame, là, «good
luck», ça, je peux vous dire ça. Pour l'avoir vécu avec des personnes
très proches, des jeunes, des personnes moins jeunes, c'est l'enfer, de rentrer
dans le système, mais, un coup qu'on est
dedans, ça va quand même assez bien. Et ça, c'est... ça, c'est une problématique
de proximité puis d'accès.
Mme Nichols : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup pour votre
contribution, pour votre présence à nos travaux.
Sur ce, on va suspendre les travaux pour laisser
place à notre dernier groupe de la journée. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 15 h 36)
(Reprise à 15 h 39)
Le
Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. Nous recevons
maintenant M. Jean-Philippe Payment, président, et
M. Martin Manseau, membre du conseil d'administration, pour le
regroupement des commissariats aux plaintes et à la qualité du Québec... oui,
c'est ça, du Québec.
Alors, messieurs, vous avez 10 minutes pour
votre présentation, et par la suite nous avons l'échange avec les
parlementaires. Je vous cède la parole.
Regroupement des
commissaires aux plaintes et à la
qualité des services du Québec (RCPQS-Q)
M. Payment (Jean-Philippe) : Merci
beaucoup de nous recevoir. D'ailleurs, merci, M. le Président, merci à tous les
membres du comité. J'aimerais commencer par remercier le personnel du réseau de
la santé et le personnel du ministère qui nous regardent aujourd'hui et qui
regardent les discussions que les parlementaires ont sur l'avenir du réseau de
la santé.
• (15 h 40) •
J'aimerais revenir tout d'abord... Et je présume
que vous avez reçu de façon, «off the press», très chaude le document que j'ai
entre les mains. Dans le fond, le regroupement des commissariats aux plaintes
et à la qualité des services, qu'est-ce que c'est? C'est une initiative
ministérielle. Les budgets sont offerts par le ministère pour que les
commissaires à travers la province puissent d'abord se regrouper, se connaître
et aussi offrir des conseils au ministre, s'il le désire.
Notre conseil
d'administration est constitué de huit personnes, donc huit commissaires,
commissaires adjoints et délégués et conseillers aux plaintes. Le
regroupement regroupe 159 personnes qui traitent l'entièreté des plaintes,
des assistances, des interventions, des consultations et des dossiers de
maltraitance dans toute la province.
Six
priorités, en bref, comme vous pouvez voir à la page 3. Il y a des
éléments de clarification, et ici on restera énormément concentrés sur
la mission des commissariats et des commissaires, et on... a priori, c'est sur
ce... c'est ce sur quoi on a travaillé.
Donc, on va
commencer avec le processus délibératif, donc comment on a fait pour en arriver
ici. Il y a trois semaines, je crois, M. le ministre, quand vous avez
déposé le projet de loi, tout de suite, le regroupement s'est mis en place pour pouvoir avoir un avis sur la
question, puisque c'est quand même des changements importants qui sont apportés
à certaines des structures qui supportent les commissariats. Et, à travers ça,
on a eu des séances de travail, on a eu... on a reçu des commentaires d'à peu
près tous nos membres dans la province et on en est arrivés avec un sommet d'à
peu près six éléments qui sont des éléments vraiment de... je dirais, des éléments
techniques sur la loi et beaucoup moins des éléments délibératifs.
Comme vous verrez, à l'énoncé de position, le
regroupement et les membres du regroupement sont en faveur des changements qui
sont apportés à leur position et à leurs fonctions dans le projet de loi
n° 15. Avant tout, le nom des commissariats ou le nom des commissaires à
la qualité et aux services vise la qualité, donc, à la performance des
organisations, donc vise à l'amélioration de la qualité totale à travers les
plaintes, à travers la voix des usagers. Donc, on reconnaît aussi l'intérêt du
gouvernement à aller aussi dans cette direction.
Si vous voulez, on peut passer à un article par
article, articles 572 et 574. Et là, vous allez voir, ce n'est pas par ordre d'article mais plutôt par ordre de
priorité, c'est-à-dire ce sur quoi on a reçu le plus de commentaires. Et vous verrez
ici l'orientation des commissaires à leur intention à recevoir du législateur
des articles de loi qui sont clairs.
Donc, voyons 572, par ailleurs. Il y a la notion
de «toute personne» peut porter plainte. Je reconnaîtrai ici M. le
sous-ministre, avec qui il y a eu une discussion avec les commissaires et qui a
expliqué que la notion de «toute personne» incluait les usagers, les
prestataires, les résidents et aussi tous ceux qui ne sont pas dans des
missions, OK, qui ne sont pas dans des missions, donc qui ne peuvent pas être
qualifiés d'usagers, de prestataires, etc.
Il y a un souci, on vous fait une proposition
plutôt claire. Le problème avec «toute personne», c'est le problème que
beaucoup de commissaires ont. Quand quelqu'un vient nous voir et qu'il ne peut
pas porter plainte parce qu'il n'en a pas
l'autorité dans la loi, qu'est-ce qu'on fait? «Toute personne» laisse entendre,
dans le contexte actuel, que n'importe qui pourrait déposer plainte sur
n'importe quoi.
Donc, la proposition qui est faite, c'est de
solidifier ce qui a déjà été fait par l'équipe du ministère et l'équipe du
ministre pour pouvoir faire une bonification de 572 le plus... pour la rendre
la plus claire et la plus opérationnelle possible chez les commissaires.
La deuxième recommandation qu'on fait est sur
l'article 574, plutôt l'alinéa 3°. Je vous invite à lire 574.3° et à
essayer de déchiffrer, comme... comme professionnels que vous êtes de la
législation, de comprendre ce que veut dire
574.3°. Dans les circonstances, c'est plutôt complexe. C'est une double...
c'est une double... une double exception.
Premièrement, 574, c'est ce sur quoi je dois
faire des rejets sommaires, OK? Donc, 574.3° me dit sur... qui ne peut pas
porter plainte, et ensuite me dit : Sauf si c'est un héritier, si c'est un
légataire, etc.
Avant,
ces articles-là étaient séparés, hein, c'était plutôt facile à lire. Le but,
ici, de parler de ces articles-là, c'est de s'assurer que pas juste nous ici,
alentour de la table, et nous, les commissaires, les commissaires adjoints, les
délégués, puissions lire la loi, mais aussi
que les usagers puissent la lire et savoir à quoi s'attendre. «Toute personne»,
c'est très large quand on n'a pas l'article 13, notre ancien 12, mais
l'article 13 de la loi actuelle à côté de l'autre.
Et
574 donne aussi une autre liste d'exceptions. On ne peut pas s'opposer aux
exceptions que le ministère voudrait bien
nous imposer, simplement rendre la chose lisible où lister ferait quelque chose
de beaucoup plus simple, à notre avis.
La
recommandation 3 est... c'est pour la personne décédée. Vous savez, dans
l'ancienne loi, il y avait... il y
avait un article de loi qui permettait aux personnes en deuil et qui
pouvaient déposer plainte de pouvoir le faire à travers un article précis. Là,
il a été accolé à 574.3°, et il nous semble que la lecture n'est pas claire.
Donc, on propose simplement de le ressortir pour pouvoir le mettre dans le même
environnement que 572, 573, 574 et 575.
L'ajout du 4, je vous
dirais, c'est : Le commissaire doit procéder à toute plainte au sens de
13. Ramenons 13 pas loin, là. Dans certains... dans certains articles de la loi,
dans certaines portions de cette loi-là, il y a des références à d'autres articles, bien sûr, là, comme on le
voit un petit peu partout. Pourquoi ça, ce ne serait pas dedans, très, très
près? Comme ça, on a tout un menu, tout est clair, tout au même... tout
est au même endroit.
Une des
caractéristiques des fonctions du commissaire, c'est qu'on a des fonctions qui
sont un... qui sont une courtepointe, qui sont un patchwork à travers le temps
dans toutes sortes d'espèces de documents qui datent d'il y a 15 ans, 20 ans et qui sont plus
modernes. Ramenons tout ça au même endroit. Beaucoup plus simple à gérer,
beaucoup plus simple à lire, surtout pour le citoyen, surtout pour la
personne malade, pour l'usager qui a besoin d'avoir des services et qui a besoin
de faire valoir son droit n° 12, son droit de
plainte.
Donc, si vous voulez
bien, on va passer à l'autre, l'article 48. Dans les fonctions actuelles
du comité de vigilance et de qualité des institutions de santé telles qu'on les
connaît, les CIUSSS, les CISSS et les établissements simples, le comité de vigilance et de qualité local est responsable de
s'assurer que le commissariat ait un financement, je vous dirais, normal
pour pouvoir gérer ses opérations. À aucun des deux endroits où il est nommé,
le comité de vigilance et de qualité, soit le local, soit le national, n'est
inscrit... n'est inscrit ça précisément.
Donc,
la question s'est posée entre nous : D'où va provenir le financement et
comment va se séparer le gâteau minimal que le réseau de la santé gère
en ce moment en termes de budget pour les commissariats aux plaintes? Donc,
comme on n'avait pas de réponse, on suggère que ce soit une des missions du
comité de vigilance et de qualité national,
qui reçoit en son sein le commissaire national, qui soit responsable de ça. Et
on pourra parler peut-être, j'imagine, en question, du financement des
commissariats aux plaintes.
Troisième enjeu de
nos membres est un enjeu qui amène à l'indépendance des commissaires aux
plaintes, des commissaires... des commissariats
entiers et de leur personnel. On s'entendra ici que les commissaires ne
traitent pas toutes les plaintes, c'est-à-dire que le commissaire même,
moi-même, je ne traite pas les 3 000 dossiers qui passent dans mon
bureau à chaque année. J'ai du personnel. Ce personnel-là est constitué de nos
cadres, cadres supérieurs, et de personnel professionnel.
Les professionnels
sentent qu'ils n'ont pas l'indépendance requise auprès des directeurs et de la
direction. Il a été mentionné plus tard
pourquoi les plaintes ne montent pas beaucoup plus haut qu'ils le sont, on y
reviendra peut-être, ou certains professionnels dans nos bureaux ne
sentent pas qu'ils ont la légitimité ou se font dire qu'ils n'ont pas la
légitimité par les cadres du réseau pour pouvoir régler les plaintes des
usagers.
Donc,
ce qu'on propose, c'est que ces professionnels-là deviennent, en dispositions
transitoires, des conseillers cadres,
où là, tout d'un coup, il y aurait une responsabilité, où il y aurait une
responsabilisation d'abord et, par la suite, il y aurait aussi une plus
grande... une meilleure visibilité de ces gens-là au sein de nos bureaux.
• (15 h 50) •
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup. Votre temps est écoulé. On va maintenant procéder à l'échange avec M.
le ministre.
M. Dubé : Très bien. Alors, merci, M. le Président.
M. Payment, monsieur... bonjour. Merci beaucoup pour... Encore une fois,
je le dis à ceux qui sont passés en premier, vous avez eu moins de temps que
les autres. Alors, on l'apprécie beaucoup.
Moi, je n'irai pas,
peut-être, dans le détail parce que, je pense, c'est très clair, les
recommandations que vous faites, en tout cas, au moins les changements que vous
demandez, puis on aura le temps d'en prendre connaissance. Je n'irai pas,
justement, dans le texte législatif, mais j'aimerais profiter de votre présence
pour faire deux choses au moins. Juste
peut-être expliquer... Puis j'en profite pendant qu'on fait les... des fois
pour expliquer aux Québécois qui nous écoutent, là, un peu où on est rendus.
Parce que, tout à l'heure, on a expliqué, les deux associations qu'on a
vues, sont où, ils représentent combien de gens. Puis, je pense, ça va nous
aider, quand on va faire l'article par article, de revenir puis de dire :
Bien, rappelez-vous, on s'est fait dire ça ou...
Alors, avec vous, je
ferais la chose suivante, puis dites-moi si je le résume bien, je vais prendre
deux minutes pour le faire. Ma collègue, Mme Blais, il y a quelques
années, est arrivée avec la loi sur la maltraitance puis elle a décidé d'avoir un... on va l'appeler un
commissaire aux plaintes, hein, un commissaire aux plaintes, ce n'était pas le
nom exact, mais je pense qu'il était...
M. Payment
(Jean-Philippe) : Commissaire-conseil.
M. Dubé : ...commissaire-conseil.
Merci beaucoup. Alors, vous, en ce moment, avant que ce soit nommé, vous êtes
le regroupement des commissaires qui étaient dans chacun des établissements,
c'est ça, mais vous existez encore comme regroupement, bien qu'il y ait un commissaire
aux plaintes.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Conseil, exact, un commissaire-conseil.
M. Dubé : Conseil. OK. Bon.
M. Payment (Jean-Philippe) : Elle ne
traite pas de plaintes.
M. Dubé : Pardon?
M. Payment (Jean-Philippe) : Elle est
en soutien conseil aux commissaires. Elle ne traite pas de plaintes.
M.
Dubé : C'est ça, c'est un peu comme... je dirais, je vais
faire une comparaison, on peut rencontrer, ce matin, le CMDP qui... mais
il y a aussi la Fédération des médecins... des médecins spécialistes. Donc,
vous êtes un peu le regroupement des commissaires.
M. Payment (Jean-Philippe) : Tout à
fait.
M.
Dubé : OK. Parfait. Et là, dans le projet de loi, nous, on
dit : Non seulement ce ne sera plus le commissaire-conseil, on va
l'appeler... ça va être le commissaire national aux plaintes.
M. Payment (Jean-Philippe) : Oui.
M. Dubé : À part le changement de
nom, là, ce qui est important pour les Québécois, c'est de dire à qui ça va se
rapporter aussi, hein?
M. Payment (Jean-Philippe) : Il est
clair que ça va se rapporter au ministre.
M. Dubé : Bon.
M. Payment (Jean-Philippe) : Très
clairement.
M. Dubé : Et tout à l'heure... Puis
là, excusez-moi, ça a été une longue introduction, mais je fais le lien avec ce
qu'on entendait de nos deux associations de comités des usagers. Puis moi, j'ai
trois questions, parce que pendant qu'on fait cette... je reviens toujours sur
la transition, parce que Mme Castonguay nous l'a bien dit hier, ce n'est
pas tellement d'où on s'en va, mais d'où on part puis comment on va faire la
transition.
Moi, j'ai trois questions pour vous, là, que
j'ai entendues. M. Brunet, que je respecte beaucoup, nous a dit :
Vous n'avez pas besoin d'un commissaire national. Il a été très clair
là-dessus, il dit : Vous n'avez pas besoin de ça, vous êtes...
M. Payment (Jean-Philippe) : ...désaccord
avec eux. Je suis en complet désaccord avec eux, avec le CPM.
M. Dubé : Non, non, mais c'est
correct, on a le droit d'avoir des désaccords. Moi, ça m'arrive, moi aussi, là.
Mais ce que je veux juste dire, c'est...
laissez-moi juste finir ma question, puis après ça je vais... Ça fait que
j'aimerais ça vous entendre là-dessus,
là, j'ai déjà eu un bout de la réponse, mais parce que, justement, moi, je
pense qu'un commissaire qui regarde l'ensemble des établissements doit
avoir une vue de ce qui se passe dans le réseau, il me semble. Mais, en tout
cas, je voudrais vous entendre.
Deuxièmement,
il y a une chose qu'il a dit que je trouve qui est importante, il a dit :
45 jours ou 60 jours pour traiter une plainte, c'est trop
long. Non, mais... je vous vois déjà réagir.
M. Payment (Jean-Philippe) : J'ai
l'habitude de réagir aux visages aussi. Vous m'excuserez
M. Dubé : Non, non, mais, c'est ça,
c'est ça, je pense qu'on est rendu un jeudi après-midi...
Une voix : ...
M. Dubé : Oui, c'est ça. Et moi, je
vous demanderais, parce que je lui ai posé aussi la question : Est-ce
qu'il y a un genre de plainte à laquelle on devrait être encore plus rapide?
Puis il a donné deux réponses. Il a donné une réponse : Quand ce n'est pas
clinique, on devrait être plus rapide, il a parlé même de 15 jours. Et
moi, je vous dis... j'aimerais vous entendre, parce que vous en entendez toutes
sortes, de plaintes, là, hein, puis vous représentez vos commissaires. Est-ce
qu'on pourrait — puis
ça, ça m'inquiète beaucoup — trouver
une mécanique — puis
ce n'est pas sûr que ça a besoin d'être dans
le projet de loi, mais il faut avoir cette vision-là, comme législateur — où
est-ce que ça devrait aller, pour le genre de plainte, là, dont on
parlait tantôt, qu'on ne veut pas nommer, là, mais une dame qui pense que sa mère n'a pas été bien servie puis qui
voudrait le dire tout de suite, là, elle ne veut pas attendre ni 15 jours
ni 45 jours, mais elle me dit : Je veux parler à quelqu'un dans mon
hôpital pour dire : Heille! Le service que je reçois en ce moment, là, ce
n'est pas à ce que je m'attends?
Ça fait que c'est mes
trois questions, sachant que, premièrement, je vous demande qu'est-ce que vous
pensez d'un commissaire national aux plaintes puis, deux, comment on pourrait
améliorer les temps de réponse, si vous croyez qu'on devrait le faire.
M. Payment (Jean-Philippe) : Commissaire
national, au contraire des deux... des deux groupes qui ont posé la
question : À quoi sert un commissaire national et pourquoi porter
plainte?, je dirais que, pour travailler dans les plaintes depuis quelques
années, et mes collègues aussi, c'est-à-dire que c'est important, c'est-à-dire
qu'il faut qu'il y ait quelqu'un qui écoute l'usager, en quelque part. Donc, on
va commencer par ça peut-être, M. le ministre, puis vous me rappellerez à
l'ordre si je me perds.
Il faut
d'abord quelqu'un qui écoute l'usager. On est ceux qui écoutons l'usager. Quand
les gens nous trouvent, là, ils sont dans des conditions, je vous
dirais, mentales ou physiques qui sont souvent inacceptables en société. On
doit avoir des commissariats aux plaintes qui fonctionnent. On doit avoir des
délais justes aussi. Et on doit avoir quelqu'un qui s'assure qu'il y ait un
«oversight» sur les... ou, je vous dirais, un étage de gestion bienveillante
sur les commissariats pour s'assurer qu'ils
remplissent leurs obligations. Vous parliez du temps, du 45 jours. Ça,
c'est le truc qui fait le plus jaser entre nous. Tout le monde...
M.
Dubé : Le commissaire aux plaintes local, là, ceux que
vous représentez, se rapporte au conseil d'administration des
établissements.
M. Payment (Jean-Philippe) : D'administration,
en ce moment, pour... qu'est-ce que ça veut dire, là, je vous dirais, nommez-moi ce que ça veut dire, je
n'en sais trop rien, ça dépend de chaque région. Chaque région, chaque
conseil d'administration voit différemment son commissariat, voit différemment
son commissaire et gère de façon très différente son commissaire.
M. Dubé : C'est ce que j'ai compris,
moi.
M. Payment (Jean-Philippe) : J'ai
des commissaires qui ne voient jamais leur conseil d'administration, qui ne
parlent pas avec leur PDG. J'ai des commissaires qui parlent avec leur PDG
souvent. J'ai des commissaires riches, j'ai des commissaires pauvres, en termes
de personnel.
M. Dubé : Ça, c'est important, là,
vous ne sentez pas qu'il y a cette culture-là de travailler avec le conseil
d'administration, c'est à eux que vous vous rapportez, de la même façon pour
tout le monde.
M. Payment (Jean-Philippe) : Un
conseil d'administration, vous savez, un conseil d'administration est constitué entre 12 et 15 personnes. C'est
difficile de travailler avec un conseil d'administration totalement entièrement.
Et c'est pour ça qu'on accueille
favorablement le fait d'être mis sous un... sous un commissaire national qui,
premièrement, va être au centre de tout, hein, il va être à l'intérieur
de l'agence...
M.
Dubé : ...je vous coupe encore. Là, on passerait de se
rapporter à un conseil d'administration, que chacun des commissaires,
dans les établissements, se rapporterait au commissaire national.
M. Payment (Jean-Philippe) : Tout à
fait.
M. Dubé : OK.
M. Payment (Jean-Philippe) : Tout à
fait, oui.
M. Dubé : Puis c'est quoi,
l'avantage de passer d'un à l'autre, selon vous?
M. Payment (Jean-Philippe) : Je vous
dirais l'uniformité des pratiques, l'uniformité des pratiques. Il y a des critiques comme quoi tous les commissariats ne
gèrent pas les plaintes de la même façon ou ne traitent pas... ou n'a pas
un traitement administratif égal d'une région à une autre. Ça, on l'entend, on
l'a entendu et on va continuer de l'entendre tant et aussi longtemps qu'on va
avoir 38 règlements de plaintes, hein, tant que ça va être géré...
M. Dubé : Qu'est-ce que vous voulez
dire par...
M. Payment
(Jean-Philippe) : C'est-à-dire que chaque commissariat... en fait, chaque conseil d'administration
a son propre règlement de traitement des plaintes. Donc, naturellement, il y a
des variations, donc, il y a des variations. Vous posiez la question
tantôt : Comment est-ce qu'on peut faire pour traiter les plaintes plus
rapidement? Bien, ça existe déjà, ça. Le concept de l'assistance à porter
plainte... pardon, de l'assistance à recevoir un service, qu'est-ce que c'est,
ça, si ce n'est pas ça? Il ne faudrait pas non plus développer un système de
justice expéditive. J'entendais tantôt :
Réglons quelque chose directement sur le plancher. Je n'irai pas sur un
plancher dire à une infirmière comment interagir avec son patron,
interagir avec les usagers. Le processus est tel fait qu'il est fait pour être,
je vous dirais, naturellement consciencieux, naturellement consciencieux.
M.
Dubé : OK, mais supposons... parce qu'il va me manquer... Combien de
temps?
Le Président (M.
Provençal)
: Six minutes.
M. Dubé : OK,
il me reste encore un peu de temps. Faisons la différence, là, que... je vais
vous dire ce que j'entends, pour faire les choses correctement sur un acte
clinique qui est passé, etc., mettons 45 jours, c'est correct, mettons,
trouvez-vous que c'est suffisant?
• (16 heures) •
M. Payment
(Jean-Philippe) : Écoutez, je n'ai pas vraiment le mandat de parler de
ça, mais on peut... on peut peut-être ouvrir... je peux peut-être ouvrir un peu
la boîte de Pandore des... du délai de traitement. Le délai de traitement de 45 jours, là, vous savez que ce
n'est pas un délai de traitement de 45 jours ouvrables, là...
45 jours calendrier. Nos employés ne travaillent pas la fin de
semaine. Si on voulait avoir du traitement en 15 jours, triplez nos
effectifs, je veux dire...
M. Dubé : Non, mais le 15 jours dont il parlait,
M. Brunet, c'est plus pour des... ce n'est pas des cas cliniques
qu'on parle.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Mais, à ce moment-là, c'est parce qu'on se
retrouverait avec un régime d'examen des plaintes à paliers variables. Est-ce
que c'est ce qui est souhaité? Est-ce qu'on veut... est-ce qu'on veut, comme
citoyens, avoir plus de droits que l'autre, avoir une priorité de plus que
l'autre?
M. Dubé :
OK, ça fait que vous avez des commentaires là-dessus.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Donc, pour moi, c'est vraiment un... c'est là où
l'équité entre les usagers entre en jeu. On s'entend qu'il y a des dossiers qui
sont plus problématiques que d'autres.
M. Dubé : Puis quel genre de jugement vous faites dans la
priorité des plaintes, quand vous... Vous me dites, là, vous en recevez
pas mal.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Ça, ça va dépendre, ça, ça va dépendre de chaque
commissariat. Chaque commissariat, chaque commissaire va gérer, va avoir une
façon de prioriser différente. Il y a des exceptions à ça, bien sûr. Vas-y,
Martin.
M. Manseau
(Martin) : Bien, j'allais dire, si je peux me permettre, quand une
plainte... quand un usager dépose une plainte auprès du commissaire aux
plaintes, c'est sûr qu'on a un contact avec lui. Donc, on prend tout de suite,
sans délai, connaissance de la situation qu'il va porter à notre attention.
M. Dubé : Puis
elle est enregistrée dans un registre, puis tout ça, là.
M. Manseau
(Martin) : Absolument. Même, on leur parle souvent au téléphone, là,
directement, et donc il n'y a pas de délai. À ce moment-là, on a accès à toutes
les préoccupations des gens puis on est capables de faire un tri sur ce qui est plus pressant ou ce qui est
moins pressant. Donc, nous, on est d'avis que ce n'est pas nécessaire de le mettre
dans la loi. Puis, le 45 jours, c'est un délai maximal aussi. Donc, il faut
comprendre ça.
M. Dubé : Non,
je suis d'accord...
M. Manseau
(Martin) : Pour ce qui est des situations qui sont pressantes ou
urgentes...
M. Dubé : Urgentes.
M. Manseau
(Martin) : ...parce qu'il y en a, effectivement, mais elles sont
traitées sans délai aussi.
M. Dubé : Oui,
mais comment ça... comment ça... Puis je n'aime pas ça, prendre des cas
spécifiques, là, vous savez de quoi je
parle, mais je pense que ça a frappé l'imaginaire. Vous êtes avec votre mère à
l'hôpital, puis elle n'est pas traitée selon ce que vous pensez qui est
correct. À qui vous parlez dans ce temps-là? On ne peut pas dire que ça va
prendre 45 jours. Alors, on fait quoi avec ces cas-là, qui sont urgents, où
l'usager, le patient dit : Moi, là, ma mère n'est pas traitée
correctement? À qui on parle une fin de semaine, un soir? Est-ce qu'on peut
faire le lien avec, maintenant, notre représentant, notre gestionnaire de
proximité, notre responsable par installation? J'aimerais... Vous en recevez,
des plaintes.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Je vous dirais que tous les employés et tous les
gestionnaires ont la légitimité et la responsabilité de régler les
insatisfactions de la clientèle. On a tous cette obligation de faire là comme
travailleurs de la santé.
M. Dubé : Mon gestionnaire de
proximité, là.
M. Payment (Jean-Philippe) : Mais,
le gestionnaire de proximité, comme l'infirmière-chef, comme l'infirmière,
tout le monde a cette obligation-là de faire ça.
M. Dubé :
Oui, mais est-ce que, pour vous... que le patient sait qui aller voir? Parce
que, si tu sais...
M. Payment
(Jean-Philippe) : Ah! non, absolument pas.
M. Dubé :
Ils ne savent pas.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Non, non, non. Si vous voyiez le nombre de dossiers
qu'on traite où les gens ne savent pas où
aller. On fait parfois, et là je suis un peu... Moi, je suis dans la région de
Montréal, donc c'est peut-être un peu plus évident, le territoire de
centre-ouest — je
reconnaîtrai Mme la députée — le territoire de centre-ouest est un
fromage emmental, troué. C'est-à-dire que centre-ouest, il y a aussi un hôpital
qui appartient à l'Ouest-de-l'Île de Montréal, il y a un institut qui
appartient au centre-sud, il y a Sainte-Justine, il y a le CUSM, et, à travers
tout ça, on s'envoie la balle entre commissaires, hein? Le patient, là, ne sait
pas où il est. C'est-à-dire que le «branding» d'un CISSS et d'un CIUSSS, sur l'île
de Montréal, ou d'un établissement de
santé, ça ne veut rien dire, strictement rien dire. Ça, c'est sûr et
certain.
M. Dubé : Ça fait que la dame qui était prise à l'hôpital X,
pour ne pas la nommer, là, dit : C'est-tu à l'hôpital que je
devrais parler? C'est-tu au CISSS que je devrais me plaindre? Mais j'ai un
problème, là. Elle ne le sait pas, là. Ce n'est pas clair à qui elle doit
parler.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Bien, elle est dans l'établissement où elle est.
Donc, il devrait y avoir un gestionnaire sur place pour s'occuper de ce cas-là
dans l'immédiat.
M. Dubé : Oui,
mais c'est ce qu'elle essayait de trouver puis qu'elle ne trouvait pas, là. On
se comprend, là.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Ce n'est pas normal que ce soit arrivé comme ça, je
vous dirais, dans des circonstances comme ça.
Mais, M. le ministre,
on voit des dossiers d'à peu près toutes les sortes, là. Vous en nommez un
parce qu'il est médiatique, mais on voit des milliers de problèmes par année.
Et, comme je le disais en janvier, on a la pointe de l'iceberg. Le flocon par-dessus, c'est ce qu'on a, nous, c'est ce qu'on
voit. C'est les gens les plus... C'est les gens qui ont non seulement la
connaissance, qui sont alphabétisés...
M. Dubé : Puis
qu'est-ce qu'on fait pour améliorer ça?
M. Payment
(Jean-Philippe) : Il faut absolument faire la promotion de ce qu'on
fait, simplifier ce qu'on fait, qu'on nous donne des outils législatifs clairs
et que les établissements...
M. Dubé : Mais
donnez-moi un exemple d'un outil législatif qui n'est pas dans le PL n° 15 qui vous aiderait.
M. Payment
(Jean-Philippe) : La notion d'assistance à recevoir un service
n'existe pas. La notion de conciliation n'existe pas. Le ministère est très,
très concentré sur les plaintes, les plaintes plaintes, là, tu sais, ce dont on parlait, là, l'administration puis la
paperasse, la plainte, mais il y a d'autres outils. L'assistance à porter
plainte, c'en est un. Ça, c'est un outil qu'on a. Il est dans la loi.
L'intervention, c'est aussi dans la loi. C'est beaucoup plus simple.
M. Dubé : Oui,
mais il y en a-tu qui ne sont pas dans la loi ou que...
M. Payment
(Jean-Philippe) : L'assistance à recevoir un service, c'en est un, ça.
C'est-à-dire que c'est dans l'outil ministériel que nous utilisons tous. Et on
en fait, et on en fait, et on en refait encore, et pourtant ce n'est pas dans la loi. Et on en fait. Et il y a des gens qui
ne veulent pas porter plainte. On entendra les comités d'usagers, comme
on peut les entendre, où ils se disent : Pourquoi porter plainte? À quoi
ça sert? Très bien. Ils ont un intérêt. Nous, on vise le grand intérêt de la population au complet. Le grand intérêt de
la population au complet, c'est qu'on leur donne les services auxquels
ils ont droit et que, si, au moment où ils ont besoin de quelqu'un qui va faire
l'intermédiaire pour eux, qui va faire la
conciliation, qui va faire la médiation sans porter plainte en dur... qu'il y
ait quelqu'un pour le faire.
M. Dubé : On
se reparlera parce que...
M. Payment
(Jean-Philippe) : Avec grand plaisir.
M. Dubé : ...j'ai
encore beaucoup de questions. OK. C'est beau. C'est beau.
Le Président (M.
Provençal)
: Mais il
n'y a plus de temps.
M. Dubé : Mais je n'ai plus de
temps.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, c'est à vous de prendre le relais.
Mme
Setlakwe : Merci. Bien, j'ai comme envie de dire :
Poursuivons la discussion. Je vois vos collègues qui hochent de la tête. Votre présentation... Vous
êtes éloquent, là. C'est très intéressant de vous entendre puis c'est ce qu'on
veut, là. Ce n'est pas que les gens, que les
Québécois m'entendent, moi, c'est sûr. Mais je vois que — corrigez-moi — on
s'en va dans... potentiellement dans la bonne direction. Vous avez fait
un travail qui me semble exceptionnel. Vous avez identifié de façon très
précise des choses à améliorer.
Moi non plus, je ne veux pas qu'on aille dans un
exercice détaillé du libellé. J'aurais envie, encore une fois, de vous céder la
parole. Puis, peut-être juste pour vous orienter, donnez-nous donc, là, tu
sais, les points plus... plus importants, là, qui sont à corriger. Puis, ça
rejoint la question du ministre. Puis je trouve intéressant... intéressante
votre analogie avec le fromage emmental. Les trous, qu'est-ce qu'il faut faire
pour boucher les trous?
M. Payment (Jean-Philippe) : Ah!
bien, il y a consolider les territoires. Mais ça, je pense que c'est bien loin
dans la liste des priorités... dans la liste de priorités. Montréal est tel
fait que les choses ont existé à Montréal avant qu'elles existent ailleurs. Tu sais, il y a des CHU à Montréal en plus
grande quantité, il y a des instituts, etc. Ce à quoi il faut penser,
peut-être, sur l'île de Montréal, c'est éventuellement donner des missions à des
commissariats pour éviter que...
Par exemple, on va vous donner un exemple sur le
territoire sur lequel je suis. Pensez Côte-des-Neiges et pensez Westmount, pensez Outremont, pensez au code
postal le plus riche et le plus pauvre de tout le Canada au complet, pas
juste du Québec. Pensez que, sur ce territoire-là, on peut aller à l'urgence du
Montreal General, on peut venir à l'Hôpital général juif recevoir des soins et
on peut se retrouver dans un GMF qui est géré par, je n'en sais trop rien, le West... l'Ouest-de-l'Île de Montréal.
Et là arrive un problème de corridor de soins — parce qu'on aime ce terme-là, corridor
de soins — entre
les institutions, et là c'est qui, le commissaire qui est responsable? La
réponse, c'est : Tous, mais de leur côté. On analyse tous un petit
bout, et il n'y a personne qui a une vue complète et totale de l'enjeu sur le
territoire.
Le commissaire national peut facilement aider à
ça, mais on peut facilement nous donner des outils aussi que je crois qui
existent législativement dans le projet de loi actuel, mais qu'on n'a pas
analysés en profondeur, qui pourraient nous aider à avoir quelqu'un qui a, je
vous dirais, une majeure sur un sujet ou un enjeu.
Montréal, par exemple, est rempli de trous. Moi,
j'ai des responsabilités, parce que je suis Centre-Ouest, de 8-1-1, Info-Santé,
Info-Social. Ma collègue de l'autre côté, elle ne l'a pas; ma collègue de
l'est, elle ne l'a pas, mon collègue de
l'ouest ne l'a pas. Moi, j'ai la responsabilité du PRAIDA. Les RPA, c'est un
peu tout le monde, chacun son territoire.
Les ambulances, ce n'est pas nous, contrairement aux Laurentides, où les
ambulances... à Montréal, c'est un commissaire qui s'en occupe.
• (16 h 10) •
Donc, il y
a... il faut simplifier les choses pour nous. Donc, comme je vous disais, les
objets législatifs, il y en a qui n'existent pas, mais qu'on utilise déjà pour
pouvoir satisfaire la clientèle. L'important, c'est que la clientèle soit satisfaite
des services qu'elle reçoit non seulement du réseau, mais aussi des commissariats.
J'entends les
comités d'usagers, j'entends les groupes qui sont passés en avant de nous en
disant : Ce n'est pas... Ce n'est pas égal d'un commissaire à un autre, ce
n'est pas égal d'un commissariat à un autre. Mais ça a été créé comme ça.
Ce n'est pas égal. La vie n'est pas égale dans le Centre-Ouest et dans le sud
de l'île de Montréal. Le nombre de personnel qu'on a n'est pas égal par nombre
de dossiers. Si vous voulez, on peut s'en parler. Et ça, j'ai des critiques à
faire aller-retour sur la façon dont on est financés parce que personne n'est
égal.
Donc, il y a des territoires sur lesquels les
usagers n'ont pas... ne peuvent pas faire valoir efficacement le 12e droit
qui est dans la loi, qui est le droit de plainte. C'est facile d'avoir une proximité
dans un endroit où le territoire est très
contigu. Centre-Ouest, par exemple : 54 kilomètres carrés, à peu près
400 000 usagers, 182 établissements et autres sites, etc., que je dois couvrir avec
neuf personnes. Puis là on va passer en région un peu plus éloignée, on va passer
à la Côte-Nord, où ils ont tant de dizaines, tant de centaines
d'établissements, avec cinq, six, sept personnes. Je veux dire, il y a une
disparité claire. On peut accélérer les choses, on peut améliorer les choses du
côté des commissariats, mais les moyens sont inégaux et sont appliqués
inégalement d'une région à une autre. Je ne sais pas si je suis allé plus loin
que votre question. Probablement.
Mme Setlakwe : Mais tant mieux.
Puis, s'il y a d'autres éléments sur lesquels vous souhaitez élaborer, là...
Là, on a compris l'enjeu de la disparité puis des moyens inégaux.
M. Payment (Jean-Philippe) : Bien,
je parlais des... Je vous parlais de la notion de conciliation, OK? Les
médecins examinateurs ont cette obligation-là, de conciliation. Vous allez
probablement recevoir le Regroupement des médecins examinateurs bientôt. Vous
saluerez le Dr Marcel Boucher, qui viendra vous voir probablement au mois de
mai. Cette obligation-là, on ne l'a pas. Pourquoi on ne l'aurait pas? Pourquoi
cette conciliation-là, qui est à l'intérieur même de notre fonction, qui est
un... Il y a une fonction d'ombudsmanship, là. On s'entend, là? Puis là je ne
parle pas, ici, de la maltraitance. La maltraitance, on a tout à fait un autre
mandat qui n'est pas tout à fait le même. On a un mandat d'ombudsmanship. Notre
but est d'assister la clientèle. On n'est pas là pour leur nuire, là. On est là
pour les aider. On est là pour aider l'établissement à améliorer sa qualité de
service à travers les critiques, les insatisfactions de tous les usagers qui
viennent nous voir.
Maintenant,
il faut que les usagers viennent nous voir, bien sûr. On les sollicite de façon
tacite, de façon formelle. On peut passer dans les médias, même si c'est un peu
tabou dans notre milieu. Que je sois ici aujourd'hui, c'est un peu tabou dans notre milieu aussi parce qu'on relève des
conseils d'administration. Les conseils d'administration, on est leur
outil. On est l'outil de ces gens-là pour améliorer la qualité de service. On
est là pour déjudiciariser certains conflits aussi, il ne faut pas oublier ça.
Si les commissariats aux plaintes n'existaient pas, il y aurait plus de
poursuite contre le réseau, j'en suis 100 % sûr. On voit aux États-Unis.
On n'a pas un mandat de représentant de patients. Là aussi, il ne faut pas...
il ne faut pas oublier ça, hein? Il y a plusieurs concepts d'ombudsmanship dans
la... dans la réalité. Il y a la représentation de patients, comme, aux États-Unis,
on peut voir, il y a l'ombudsmanship à la britannique et il y a nos
commissaires aux plaintes ici.
Ici, on est dans un
entre-deux. On ne fait pas la représentation du patient, on s'assure que ses
droits soient respectés. Il y a des gens qui font la promotion des droits.
Nous, on s'assure que les droits soient respectés et que l'établissement soit
au courant que certains droits des usagers, à certains moments, que ce soit
individuellement ou collectivement, de façon macro... n'est pas respecté. Et
ensuite à l'établissement de faire le nécessaire pour que ces droits-là soient
remis... soient remis en ordre.
Et là il y a quelque
chose qu'énormément de gens, dans les communautés et qui sont près du réseau,
ne comprennent pas. Une recommandation comme on vient de vous le faire, là,
est-ce que c'est applicable telle quelle maintenant?
Vous allez dire oui à tout ça? Bien sûr que non. Vous allez l'analyser, vous
allez voir si ça s'applique. Une recommandation qu'on fait à un PDG, à
un DG, à un directeur est sujette à approbation du directeur en question. Il
faut bien que le directeur dise oui pour l'appliquer. Parce que sinon, ça ne
s'applique pas.
Le conseil
d'administration à 12, 15, là, un enjeu de peinture sur les murs qui écale, là,
on peut-tu être beaucoup plus loin d'un conseil d'administration que ça? On peut
être très loin. On gère des enjeux qui sont de quelqu'un qui peut tomber d'une
table d'opération à il faudrait nettoyer l'intérieur de la ventilation
puisqu'il y a des petites mousses qui descendent du plafond. On est aux
extrêmes de tout ça. On a été là dans les RPA, on est dans les RPA. On est dans
les RI-RTF. On est dans les organismes communautaires. On joue avec des
opérateurs.
En région, les
opérateurs ambulanciers, les organismes communautaires qu'on doit approcher à
la pièce, on ne peut pas approcher ça comme
des petites saucisses. Dans un CISSS, dans un CIUSSS, on connaît nos intervenants.
On leur envoie des courriels pro forma. On est capables... Après ça, là, ça
prend du temps, rejoindre le fameux DG : Régler le problème sur l'étage
maintenant, combien de centaines de personnes vous me donnez, juste pour moi?
Ça ne fait pas de sens, d'un point de vue réel.
Il faut aussi qu'il y
ait une responsabilisation de la gestion. Il faut une responsabilité... une
responsabilisation de la gestion locale sur les enjeux d'insatisfaction de la
clientèle puis il faut ensuite que, si ça déborde et le client n'est pas
satisfait de ce que la gestion locale a fait, que le réflexe normal soit
d'envoyer l'enjeu au commissariat aux plaintes pour qu'il soit évalué.
Mme Setlakwe :
Merci. On est où dans le temps, M. le Président?
Le Président
(M. Provençal)
: Une
minute, madame.
Une voix :
...
Mme Setlakwe :
J'en ai plein, des bonnes questions.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Vous m'excuserez, je parle énormément. Je vous...
Mme Setlakwe : Non, mais ne soyez pas
désolé, au contraire. Là, prêtez-moi l'expression «take away», là, juste
pour... puis après ça...
M. Payment (Jean-Philippe) : Oui,
«take away», simplifiez notre mandat. Vous pouvez même l'élargir, si vous
voulez. Il a été beaucoup... notion des proches aidants. Un des enjeux qu'on a,
c'est l'enjeu des personnes, je vous dirais,
inaptes ou sur le bord de l'inaptitude. Il y a tout le temps un petit quelque
chose là, là, dans les plaintes, là, tout le temps un petit quelque
chose là qui, tu sais...
Normalement,
quelqu'un d'inapte peut être représenté, OK? Quelqu'un qui est apte doit se
représenter elle-même. Elle ne peut pas être représentée au sens de 13
de la nouvelle loi. Les proches aidants ne sont pas, à ce que je sache, des
gens qui pourraient porter plainte. Ils peuvent porter plainte pour leurs
propres services, mais ils ne peuvent pas porter
plainte pour leur être cher. Est-ce qu'il y a quelque chose à élargir? Est-ce
que... Je vous laisse ça entre les mains. Vous êtes le législateur. Vous
décidez... Vous décidez de la mission qu'on va avoir, mais...
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Merci beaucoup.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Ça me fait bien plaisir.
Le Président (M. Provençal)
: Non, puis je pense que
tout le monde a beaucoup d'intérêt à entendre ce que vous avez dit.
Malheureusement, le temps nous joue des tours, et je vais céder la parole à M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M.
Arseneau : Merci beaucoup. Effectivement, c'est extrêmement
intéressant. Ça touche au coeur de la mission du réseau et, je pense, de ce que les gens souhaitent. Éviter d'avoir à
porter plainte, ça veut dire être satisfait du service, obtenir le service auquel on a droit. Et j'aimerais
savoir... Parce que ne serait-ce que... Lorsque vous parlez d'accompagnement,
pour avoir... ou d'assistance, c'est-à-dire, à recevoir un service, j'imagine
que ça, ça ne se retrouve pas, là, dans votre mémoire à l'heure actuelle. La
fonction dont on parlait tout à l'heure, qui pourrait vous être confiée,
d'assistance, elle n'est pas... elle n'est pas là actuellement, mais elle me
semble centrale. Si on veut justement éviter
de traiter des plaintes en 45 jours, c'est d'avoir le service et d'avoir
un accompagnement, non? Est-ce que vous pourriez faire une proposition
comme celle-là?
M. Payment (Jean-Philippe) : Je vous
dirais que ce qui est un peu étrange... ce qui est un peu étrange, c'est
qu'elle n'est pas reconnue dans la LSSSS actuelle. Elle n'est pas dans le
projet de loi, mais elle est dans le système ministériel de traitement des
plaintes, qu'on appelle affectueusement SIGPAQS. Vous allez en entendre parler,
de toutes sortes d'acronymes dans le réseau.
SIGPAQS, ça en est un, c'est système intégré de gestion des plaintes. Il
reconnaît cet attribut-là à notre... à nos commissariats. Donc, c'est quelque
chose qui se fait déjà, mais qui n'est pas codifié, je vous dirais, et
qui est important. C'est ce qu'on fait.
Parfois, on fait
un peu... sur l'île de Montréal des fois, on fait un peu le guide touristique
entre les établissements puis entre les commissariats. On se connaît
tous parce qu'on est tous interreliés.
M. Arseneau : Mais, si on regarde
l'objectif du projet de loi, rendre le système plus efficace, répondre aux
besoins de la population, est-ce que... en fait, vous ne nous proposez pas
vraiment de le faire, mais est-ce qu'au lieu d'avoir un commissaire aux
plaintes, est-ce qu'on ne devrait pas avoir un commissaire à l'accompagnement
et aux... des usagers?
M. Payment (Jean-Philippe) : Je vous
dirais que la majorité des commissaires aux plaintes aiment leur titre, aiment
leur titre de commissaire. Ce qu'on fait, c'est de l'ombudsmanship, OK? Il n'y
a pas vraiment de terme en français pour ça,
à ce que je sache, là, de l'ombudsmanship, l'ombudsman d'hôpital tel qu'on le
connaît. On est peut-être un protecteur de l'usager, et là je ne veux pas
entrer dans les talles du Protecteur
du citoyen, mais on est peut-être
plus un protecteur de l'usager que d'autre chose. Mais ce n'est pas un... Le
changement de titre, je vous dirais, n'est pas nécessaire dans les
circonstances.
• (16 h 20) •
M. Arseneau : Non, mais avec le changement
de titre viendraient des fonctions. Mais on pourra y revenir.
Il y a une autre préoccupation que j'avais. Vous
avez mentionné de façon très claire et affirmée que l'idée d'un commissaire
national, c'était une bonne idée.
M. Payment (Jean-Philippe) : Oui.
M.
Arseneau : Comment vous voyez l'interaction avec le terrain
puis s'assurer, justement, qu'on ne se déconnecte pas des besoins des
usagers sur le terrain?
M. Payment (Jean-Philippe) : Bien,
les commissaires vont demeurer terrain, tu sais. Même s'il y a certaines propositions à l'intérieur du projet de loi, par
exemple, pour pouvoir sortir les commissaires des établissements, pour les
rendre de facto indépendants ou avoir
l'image d'une plus grande indépendance, il reste qu'on est liés à nos
établissements. Moi, je suis lié à
l'Hôpital général juif. Je vais demeurer très près de la clientèle de l'Hôpital
général juif, par exemple, ou des CLSC.
M. Arseneau : Alors, c'est quoi, la
valeur ajoutée du national?
M. Payment (Jean-Philippe) : La
valeur ajoutée du national, je vous dirais, c'est de se sortir d'en dessous des
conseils d'administration, c'est d'avoir un lien direct avec Santé Québec et
avoir un lien avec quelqu'un qui va être à l'intérieur de la machine, qui va
pouvoir faire monter nos enjeux en haut. On a besoin que nos enjeux montent en
haut parce que, des fois, ça reste au niveau des directeurs, au niveau des PDG.
Ça ne monte pas au ministère, ça ne monte pas dans la structure. On a besoin
que ça monte. C'est notre désir de le faire aussi puis c'est ce qu'on veut.
Le Président (M. Provençal)
: Message reçu. On termine cette...
avec la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Merci pour vos commentaires. Vous en avez dit beaucoup, là, puis je
ne sais même pas... je ne sais même pas...
M. Payment
(Jean-Philippe) : Oui. Puis il n'a pas parlé énormément, mais il a
une voix aussi, hein, je vous promets.
Mme Nichols : Mais je ne sais même
pas sur quels points aller parce que j'ai comme été stimulée, j'ai plein de
questions un peu partout. Là, vous avez... En commençant, là, le Regroupement
des commissaires aux plaintes et à la qualité... et à la qualité du Québec, là,
vous avez dit : On est en faveur des changements apportés à nos fonctions.
M. Payment
(Jean-Philippe) : À nos fonctions. Tout à fait.
Mme Nichols : Quel est le changement
majeur pour lequel vous dites : Ça...
M. Payment (Jean-Philippe) : C'est
le changement... C'est le changement de structure, de nous sortir d'en dessous
des conseils d'établissement ou des conseils d'administration puis nous mettre
en dessous d'un endroit où il va y avoir une influence.
Le but d'être commissaire aux plaintes, c'est de
faire changer les choses. Le... Le... Si les conseils d'établissement n'ont plus le même rôle qu'ils avaient, qui était
véritablement un rôle de gestion, si j'ai bien compris, et là qu'il y a
un autre rôle qui est donné à ces conseils d'établissement là, on veut se
retrouver dans un endroit où on va pouvoir faire changer les choses pour les
usagers.
Mme Nichols : Puis ça, là, c'est ça,
ça, il y aura un lien direct avec les usagers. Les... Les usagers vont en
bénéficier directement?
M. Payment (Jean-Philippe) : À notre
avis, ils vont pouvoir en bénéficier parce qu'on va avoir les mains beaucoup
plus libres.
Savez-vous, dans... Je vais... Je vais vous
raconter une histoire. C'est personnel, mais ça ne l'est pas.
Mme Nichols : Mais une minute.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Et là ça
fait... je... Combien il y a eu de commissaires dans le centre-ouest dans
les six dernières années?
Mme Nichols : C'est vous qui avez la
réponse.
M. Payment
(Jean-Philippe) : Quatre. Quatre, puis ce n'est pas toutes des
retraites. Donc, je vous le dis, il y a une influence parfois délétère de la haute gestion sur les commissaires.
On le sait, ça. Je pense que tout le monde le sait. Puis ce n'est pas
une question d'être à tant de mètres du bureau du PDG puis à tant... puis à
tant de pieds de je ne sais pas quoi d'autre. Il y a une... Il y a une relation
qui existe, et cette relation-là, à mon avis, ne devrait pas exister. Si on est
véritablement indépendants de fonction, véritablement indépendants financièrement,
on ne devrait pas avoir de lien avec le PDG, point à la ligne.
Mme Nichols : C'est bon. C'est noté.
Le Président (M. Provençal)
: 40 secondes.
Mme Nichols : Hein? Heille! Je vous
le donne. Je vous le donne. Allez-y.
M. Payment (Jean-Philippe) : OK.
Donc... Bien, écoutez, premièrement, je vous remercie de nous avoir reçus à si
courte échéance. On est très heureux d'avoir été ici aujourd'hui. Les six
points sont vraiment des points techniques.
Merci de nous avoir amenés sur autre chose. Je suis sûr que je vais me faire
dire que j'avais tort et que j'avais raison des deux côtés. Je vous
remercie énormément et je vous souhaite une excellente fin de semaine.
Le
Président (M. Provençal)
: Bien, moi, écoutez, autant vous, M. Payment,
que votre collègue M. Manseau, là, ça a été très agréable comme échange.
Je tiens à vous remercier parce qu'il y a beaucoup de préparation, mais on voit
que vous connaissez très, très bien votre sujet. Je pense que les membres ici,
autour de la table, auraient pris encore du temps pour échanger avec vous.
Malheureusement, le temps fait en sorte qu'on doit se dire... se saluer. Je
vous remercie vraiment de votre collaboration, de votre contribution.
La commission
va ajourner ses travaux au mardi 25 avril 2023, à 9 h 45,
où elle entreprendra un autre mandat. Merci à tous. Soyez prudents pour
votre retour et bonne pause.
(Fin de la séance à 16 h 24)