(Onze
heures trente-huit minutes)
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la santé et des services sociaux ouverte.Je vous souhaite la
bienvenue. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi
sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est
remplacée par Mme Gendron (Châteauguay); Mme Lachance (Bellechasse)
est remplacée par Mme Picard (Soulanges); Mme Caron (La Pinière)
est remplacée par Mme Prass (D'Arcy-McGee); M. Morin (Acadie) est remplacé par
Mme Garceau (Robert-Baldwin); et M. Marissal (Rosemont) est
remplacé par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Étude détaillée (suite)
Le Président
(M. Provençal)
: Merci
beaucoup. Lors de notre ajournement, nous venions d'adopter un amendement à
l'article 11. Je vais demander votre consentement pour suspendre
temporairement l'article 11, parce que le député des Îles-de-la-Madeleine
m'avait signifié qu'il voulait déposer un amendement à l'article 11.
Alors, par respect pour le député des Îles-de-la-Madeleine, je vais... je vous
demanderais votre consentement, ce qui nous permettrait d'aller à 11.1, 11.2,
et 11.3, pour la suite. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Très
apprécié. Alors, à ce moment-ci, M. le ministre, je vais vous demander
de nous faire lecture de l'article 11.1.
Des voix : ...
M. Carmant : Non,
c'est bon, c'est bon. Les TOC, là, ce n'est pas facile à gérer, là. D'accord,
j'y vais. L'article 11.1. Insérer, après l'article 11 du projet de
loi tel qu'amendé, l'article suivant :
«11.1. Le commissaire
peut, dans le cadre de l'exercice de ses fonctions visées aux
paragraphes 3° et 6° du deuxième alinéa de l'article 5, faire
toute recommandation à un organisme public et requérir d'être informé des
mesures qui auront été prises pour y donner suite.»
• (11 h 40) •
Cet amendement a pour
objet d'introduire un mécanisme de suivi des recommandations faites par le
commissaire dans le cadre de l'exercice de ses fonctions d'analyse des impacts
des politiques gouvernementales sur le bien-être des enfants et d'évaluation de
la mise en oeuvre des programmes et de la prestation des services qui sont
destinés aux enfants. Le commissaire peut ainsi faire toute recommandation à un
organisme public et requérir d'être informé des mesures qui auront été prises
pour y donner suite. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci,
M. le ministre. Y a-t-il des interventions sur ce nouvel article 11.1?
Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : D'abord, c'est un amendement qu'on accueille très
positivement, là, c'est... Ça vient donner quand même... puis ça vient répondre
à plusieurs choses qui avaient été soumises, notamment pour ce qui a trait du
pouvoir, là, de... d'aller de l'avant, là, tu sais, de recommander. Et on
verra, avec 11.2, 11.3 aussi, qu'on donne un
petit peu plus de mordant à l'évolution de ces recommandations-là, quand même,
c'est intéressant. M. le ministre, on l'a fait un petit peu, l'exercice,
la dernière fois, là, avec les autres points, 5 qu'on exclut ou qu'on tasse de
là, notamment le point 2°, «analyser
l'état du bien-être des enfants au Québec et réaliser annuellement un portrait
de cet état».
Ma question,
c'est : Est-ce qu'on a enlevé le point 2°, parce que c'est implicite
que, dans le portrait annuel, il y aura déjà ces éléments-là et qu'il y aura
déjà des recommandations au sens de 11.1, 11.2, 11.3? C'est-tu ça, la logique
d'avoir exclu 2° de ça?
M. Carmant : Oui.
Je pense que, tu sais, quand tu reçois le... excusez-moi, quand il reçoit le...
ce rapport-là, je pense qu'il doit l'analyser, et c'est implicite qu'il doit
faire des recommandations.
M. Cliche-Rivard : OK.
Donc, dans le rapport, en fait, il réalise annuellement un portrait de l'état
du bien-être des enfants, là, à 11.2.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Pardon, à 5.2.2.
M. Carmant : Oui.
M.
Cliche-Rivard : Dans ça, il y aura des recommandations?
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Au même sens que là on vient ajouter ce pouvoir-là, de
recommandation, à 11.1?
M. Carmant : C'est
ça, pour 3°... 3° et 6°.
M.
Cliche-Rivard : Et l'évolution possible, à 11.2, 11.3, va être
également possible à 5.2.2? Puis je peux peut-être poser la question à l'équipe
légale aussi, là : Pourquoi vous avez décidé de ne pas inclure le deuxième
paragraphe de 5 dans le 11.1? Juste pour qu'on se comprenne bien, là, sur
c'était quoi, l'intention. Parce que moi, je verrais quand même la possibilité
de faire des recommandations de, si ces recommandations-là ne sont pas suivies,
de notifier l'Assemblée nationale. Bref, le mécanisme que vous prévoyez à 11.2,
11.3. Ça fait qu'il doit y avoir une raison, là?
Des voix : ...
M. Carmant : Mais
moi, c'était implicite, dans mon esprit.
M.
Cliche-Rivard : ...pour 11.1, je pense que oui, là.
M. Carmant : Mais
même dans 11.2 aussi.
M.
Cliche-Rivard : OK, bien, dans ce cas-là...
M. Carmant : Si c'est un enjeu du bien-être des enfants, je
pense, c'est le travail même du commissaire de nous faire des
recommandations.
M.
Cliche-Rivard : Puis, à 11.2, de nous dire : Ça ne marche pas,
mes recommandations ne sont pas suivies.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Puis, à 11.3, d'en faire rapport à l'Assemblée
nationale.
M. Carmant : À
l'Assemblée, exact.
M.
Cliche-Rivard : Est-ce que c'est... vous avez la même lecture du côté
légal?
Une voix : ...
M. Carmant : Je disais que c'était implicite, au deuxième... au
point 2° de 5, qu'il y a des recommandations et qu'il faut les
suivre.
Une voix : Oui,
bien... Puis peut-être juste pour compléter le...
Le Président (M.
Provençal)
: Consentement
pour permettre à Me Bérubé?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Excusez.
M. Bérubé
(Mathieu) : C'est parfait. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Non,
non, mais c'est juste par procédure.
M.
Bérubé (Mathieu) : Oui, tout à fait.
Une voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
c'est correct.
M. Bérubé
(Mathieu) : Juste pour compléter les propos du ministre,
effectivement, on peut considérer que c'est implicite, mais il faut voir le
paragraphe 2° aussi comme étant... C'est une fonction qui est peut-être un
peu plus, comment je pourrais dire,
statique, là, où, tu sais, on va avoir un portrait de l'état du bien-être.
Mais, à la lumière de ce portrait-là, le
commissaire aurait toujours l'opportunité d'émettre des recommandations ou de
formuler des avis en vertu de sa fonction prévue au paragraphe 9° de l'article 5.
Or, ce qui est prévu à 11.1 et suivants, c'est vraiment un mécanisme de
reddition de comptes plutôt lié à ses fonctions où est-ce qu'il aura soit à
analyser ou à évaluer la prestation de services ou l'impact de politiques, mais
qui peuvent concerner des organismes du gouvernement. Parce qu'à 11.1 et
suivants, on vise évidemment de faire des recommandations à un organisme
public... pardon, j'ai dit «du gouvernement», là, mais un organisme public.
Donc, c'était ça, la logique de le lier à 3° et 6°, là.
M.
Cliche-Rivard : J'entends. Je ne suis pas tout à fait convaincu, là,
pour être franc. Je pense que, dans la réalisation annuelle de son portrait du
bien-être, M. le ministre l'a souligné, il va formuler des recommandations. Et
moi, je voudrais m'assurer que... Parce que là, en droit, si on l'explicite, ou
si on le retire explicitement, ou on dit que c'est seulement de 3° à 6°, c'est
parce que le législateur est venu volontairement enlever 2°, il y a un geste
clair dans l'interprétation juridique. Donc, moi, ma lecture actuelle de 11.1,
c'est que vous ne permettez pas.
Une voix :
...
M.
Cliche-Rivard : Bien, c'est ce que ça veut dire, sinon, qu'on mette 2°
là, puis on n'en parle plus, si c'est votre intention, moi... On dit
«paragraphes de 2° à 6°», puis on a fini, ma question est terminée, puis on
n'aura pas d'enjeu. Qu'est-ce qui limiterait de mettre 2° là?
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, je
vais juste attendre la réponse, puis, après ça, je vous cède... la réponse.
Maître.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. À 2°, c'est ça,
juste remettre en contexte, là, c'est très général, ça ne vise pas
spécifiquement les organismes publics. Or, au paragraphe 3°, on parle de
l'analyse d'impact gouvernementale. Donc, forcément, quelque part derrière ces
politiques-là, il y aura des organismes publics visés par notre définition qui appliquent
ces politiques-là. Même chose pour 6° dans l'évaluation de la mise en oeuvre
des programmes puis de la prestation des services. On parle bien de programmes
et de services qui sont destinés aux enfants et qui relèvent des organismes
publics. D'où l'idée ici de prévoir à 11.1, dans le fond, l'ajout, c'est le
fait de requérir d'être informé des mesures qui auront été prises.
Mais rien n'empêche,
même à la lumière d'un portrait, comme je le disais tout à l'heure, qui aurait
été réalisé pour une année, d'émettre des avis ou des recommandations
spécifiques en vertu du paragraphe 9° de l'article 5. Le commissaire
pourrait le faire.
M.
Cliche-Rivard : J'entends... Ma collègue a quand même sollicité le
droit de répondre, là, je vais juste peut-être préciser, tu sais, si on
regarde... Moi, je vois... je ne vois pas, là. J'entends, là, vis-à-vis la
prestation de services publics, là, je
comprends, là, puis l'objet. Mais M. le ministre a quand même clairement dit
que son intention, c'était qu'il puisse y avoir des recommandations au
deuxième paragraphe aussi.
Mme Garceau :
M. le Président...
M.
Cliche-Rivard : Oui, je laisserais ma collègue.
Mme Garceau :
...juste... je suis d'accord avec mon collègue. Et j'ajouterais aussi...
parce qu'il a mentionné 2° à 6°, il me semble, 2° à 6°, ça serait logique,
compte tenu du mandat du commissaire, évidemment, une grosse partie de son mandat va être l'analyse de l'état
de bien-être des enfants. Mais aussi en ce qui a trait au paragraphe 5°,
on veut soutenir les enfants dans l'exercice de leurs droits en les
dirigeant vers les ressources appropriées. Ça va être intéressant, parce qu'on
le sait, sur le terrain, il y en a un, manque de ressources, manque de
personnel, et tout. Donc, je pense que ça va être intéressant d'avoir des
recommandations du commissaire à ce sujet-là pour voir est-ce qu'on a besoin
d'augmenter un personnel à tel endroit ou tel endroit, qui pourrait inclure,
là, les services juridiques, et tout.
Donc, pour moi, il me
semble que, compte tenu dans l'exercice de ses fonctions... et une grande
partie du mandat de ce commissaire va être
de faire des recommandations au gouvernement pour améliorer la situation sur le
terrain. Donc, moi, j'aurais proposé, en tout cas, de revoir ce
paragraphe ou juste de mettre de 2° à 6°.
Le
Président (M. Provençal)
: Moi,
je pense que c'est le moment... Alors, je vais suspendre les travaux pour
permettre aux députés d'aller... d'aller faire une intervention au salon bleu.
Et, en même temps, bien, ça va vous permettre de réfléchir aux questions qui
ont été posées. Alors, vous pouvez... Vous pouvez y aller, M. le député.
On suspend, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à
11 h 49)
(Reprise à 12 h 09)
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
nous reprenons nos travaux. Je vous rappelle que, lorsqu'on a suspendu, nous...
nos discussions portaient sur l'amendement qui introduit l'article 11.1.
Alors, on va poursuivre les discussions
autour de cet amendement-là. Je pense que le député de Saint-Henri—Sainte-Anne avait fait une demande
spécifique, selon ma mémoire, d'ajouter le 2°. Oui, M. le ministre?
M. Carmant : Non,
bien, vous étiez en train de parler. Allez-y. J'allais... j'allais répondre.
Mme Garceau :
...de mon collègue et j'ai décidé de... évidemment, j'étais d'accord avec
lui, mais peut-être aussi d'élargir, donc, de 2° à 6°. On était rendus à 2° à
6°.
M. Carmant : Oui,
bien, c'est ça. Moi, je suis à l'aise avec 2°, mais 5° est plutôt dans 6°,
parce que «soutenir les enfants dans
l'exercice de leurs droits en les dirigeant vers les ressources appropriées»,
c'est difficilement... c'est le travail du commissaire et c'est
difficilement évaluable. Je vous entends, par exemple, dans la... dans la
capacité que le... que les services soient présents quand on les... quand on
les demande, puis ça, c'est vraiment la prestation de services. Ça fait que je
pense que l'information que vous désirez va être dans... au point 6°, là.
• (12 h 10) •
Mme Garceau :
Moi, ma... bien, l'idée ici, évidemment, c'est d'améliorer l'accès aux
services, d'améliorer, évidemment, dans l'exercice des droits de l'enfant...
Donc, pour moi, s'il y a des lacunes liées aux ressources, dont le commissaire, parce que ça va faire partie
évidemment de ses fonctions, c'est d'accompagner l'enfant au service XYZ, s'il
fait des constats que, d'après lui, les choses devraient... il devrait y avoir
des modifications, il me semble que ça serait pertinent de le savoir.
Donc, c'est pour ça que j'avais inclus le numéro 5°
au niveau des recommandations.
M. Carmant : OK,
mais 5°, c'est son acte à lui, de soutenir et accompagner les enfants, mais
l'acte d'avoir accès aux services, c'est le point 6°, la prestation des
services. Donc, je pense qu'on dit la même chose.
Mme Garceau :
Bien, M. le ministre, c'est parce que, là, il y a deux paragraphes qui sont
distincts puis ce n'est pas la même chose, parce qu'entre les ressources
appropriées et les prestations de services liés aux organismes publics ce n'est
pas la même affaire. Il pourrait y avoir du chevauchement, là, il pourrait y
avoir... entre organismes publics et ressources appropriées, mais peut-être
pas.
M. Carmant : Bien,
tu sais, ça, je comprends ce que vous voulez dire, mais moi, je pense qu'il
fera... tu sais, il ne fera pas de recommandation sur la manière dont lui
soutient les enfants. Est-ce qu'on s'entend là-dessus? J'espère qu'elles
seraient appropriées.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Garceau :
Bien...
Le Président (M.
Provençal)
: Ah! excusez, bien,
poursuivez, Mme la députée.
Mme Garceau :
Moi, c'est... l'idée, ici, c'est dans le soutien des enfants dans
l'exercice de ses droits. Donc, est-ce que
ça veut dire qu'il s'en va consulter un avocat à l'aide juridique? Est-ce qu'à
un moment donné il accompagne plusieurs enfants, peut-être, au même
centre d'aide juridique, et ça prend du temps pour voir l'enfant? Et donc, à un
moment donné, il me semble qu'il a un rôle à jouer. Si ça fait... compte tenu
que ça fait partie de ses fonctions d'accompagner l'enfant, ça fait que, si, au
bout du compte, là, il en accompagne plusieurs et il voit qu'il y a un manque
de personnel parce qu'un enfant attend trois ou quatre mois pour voir un
avocat, il me semble que c'est pertinent de le savoir, puis ça fait partie
aussi... parce que ça veut dire qu'il y a des lacunes qu'il faudrait aller
combler, une augmentation de personnel, mais il me semble qu'il a un rôle à
jouer là-dedans.
M. Carmant : Bien,
je suis tout à fait d'accord, mais la lacune est dans la prestation des
services publics. Je ne sais pas si quelqu'un peut m'aider. La lacune n'est pas
dans l'accompagnement du commissaire.
Mme Garceau :
Non, c'est parce qu'il s'en va les diriger vers des ressources... des
ressources appropriées.
M.
Carmant : Exact.
Mme Garceau :
Pour moi, ça ne veut pas dire nécessairement, en termes de ressources, que
c'est un organisme public. Il pourrait y avoir d'autres sources qui ne sont pas
publiques.
M. Carmant : Comme
par exemple...
Mme Garceau :
C'est ça que j'essaie de...
M. Carmant : Comme
par exemple...
Mme Garceau :
Ça peut être au niveau de voir des psychologues, des thérapeutes, ce genre
de choses là.
M. Carmant : Mais
on espère que c'est public, ça va être dans le réseau public.
Mme Garceau :
La plupart, oui.
M. Carmant : Bien,
si vous voulez présenter un amendement, on pourra en débattre, là, mais je ne
sais pas si... je ne sais pas si le député de...
Le Président (M.
Provençal)
: Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Carmant : ...Saint-Henri—Sainte-Anne
voulait déposer un amendement pour le point 2°.
M.
Cliche-Rivard : Oui, ou je ne sais pas si ça vous dérangeait, aux
équipes légales, de l'ajouter. Vous aviez déjà
l'amendement tel que vous l'aviez... Donc, juste changer 2°, je ne sais pas si
ça vous dérange, là. Je vous demande...
M. Carmant : Non,
non, il n'y a pas d'enjeu.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Ça me ferait plaisir si vous le... vu que
vous aviez déjà le...
Une voix :
...
M.
Cliche-Rivard : 2°, 3° et 6°.
Le Président (M.
Provençal)
: Et ça,
ça va devenir un sous-amendement.
M. Cliche-Rivard :
Ils vont retirer, oui...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
vous allez le retirer simplement? Parfait. Donc, on va attendre qu'il soit
libellé puis on fera le retrait et le dépôt.
M.
Cliche-Rivard : Et j'entends ma collègue, là. Je comprends ce qu'elle
veut dire. Je m'imagine aussi... Je suis en réflexion, là, avec vous, là. Je
pense, quand même, le ministre soulève le point. Ce qui, moi, me rassure, c'est
qu'effectivement la prestation de services
est dans 6°. Là, vous disiez : Oui, je l'entends, mais qu'en est-il de ce
qui n'est pas organisme public? Puis là je ne suis pas fermé à ça, mais je ne
le vois pas, là. Donc, je pense qu'en ajoutant... Sous toute réserve d'un changement ou d'un autre
argument, là, en incluant 2°, on comprendrait. 1°, il n'y a pas matière
vraiment à le mettre parce que c'est mettre en place des moyens pour recueillir
les préoccupations, puis je pense que ça va.
5°, vous l'avez évalué ensemble. 7°, c'est la vigie, il fait ses recommandations,
de toute façon, à la suite de ce que lui
va enquêter, ses investigations. 8°, c'est le comité et c'est lui-même. 9°, il
fait déjà rapport à l'Assemblée. Donc, je trouve qu'en ajoutant 2° on
complète, mais je ne suis pas fermé à vous écouter, collègue, au contraire.
M. Carmant : Je
n'ai rien à ajouter.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
M. Carmant : Oui.
Le Président (M.
Provençal)
: Donc, au
niveau de...
M. Carmant : Est-ce
qu'on suspend pour l'amendement ou...
Le Président (M.
Provençal)
: On va
suspendre pour recevoir l'amendement. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 17)
(Reprise à 12 h 19)
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, on reprend nos travaux. Suite aux
discussions, j'ai compris que, M. le ministre, vous allez retirer le premier
amendement que vous aviez déposé. Alors, consentement pour retirer ce dernier? Et
on en redépose un nouveau qui est... qui est
maintenant projeté à l'écran. Alors, je vais vous demander d'en faire la
lecture, s'il vous plaît.
M.
Carmant : Avec plaisir, M. le Président. Insérer, après
l'article 11 du projet de loi tel qu'amendé, l'article
suivant :
«Le commissaire peut, dans le cadre de
l'exercice de ses fonctions visées aux paragraphes 2°, 3° et 6° du deuxième alinéa de l'article 5, faire toute
recommandation à un organisme public et requérir d'être informé des mesures
qui auront été prises pour y donner suite.» Merci, M. le Président.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Interventions sur l'amendement
qui vient d'être déposé pour le 11.1? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Bien, ça faisait
effectivement... demande de notre côté. Alors, je vous remercie ainsi que
l'équipe légiste de l'avoir préparé. Je serais prêt à le voter de mon côté.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Alors, merci beaucoup. S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 11.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, le nouvel
article 11.1 est donc adopté. 11.2, M. le ministre, s'il vous plaît.
M.
Carmant : Oui, merci, M. le Président. L'article 11.2
se lit comme suit : Insérer, après l'article 11.1 du projet de
loi tel qu'amendé, l'article suivant :
«Lorsque,
après avoir fait une recommandation à un organisme public, le commissaire juge
qu'aucune mesure satisfaisante n'a
été prise dans un délai raisonnable pour y donner suite, il peut en aviser, par
écrit, le gouvernement et, s'il l'estime nécessaire, exposer la
situation dans un rapport visé au paragraphe 5° de l'article 8.»
Cet
amendement vise à permettre au commissaire d'aviser par écrit le gouvernement
ou d'exposer la situation dans un
rapport déposé à l'Assemblée nationale lorsqu'il juge qu'un organisme public
n'a pris aucune mesure satisfaisante dans un délai raisonnable pour
donner suite à une recommandation. Merci.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre. Alors, j'attends vos
interventions sur l'article 11.2. Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
ou...
M. Cliche-Rivard : ...
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci. Merci, M. le
Président. Je salue vraiment M. le ministre, et ses amendements, là, sont très bons. Ça va faire en sorte que le
commissaire va pouvoir, évidemment, surtout suite à des recommandations... qu'il
va pouvoir suivre l'évolution des recommandations.
Je voulais juste voir avec vous... parce que je
comprends du paragraphe 11.2... en ce qui a trait aux avis, aux avis au
gouvernement, il a l'opportunité de faire un avis par écrit et, s'il l'estime
nécessaire, exposer la situation dans un rapport visé au paragraphe 5° de
l'article 8, et au paragraphe... là, je vais sauter un peu, peut-être,
légistes, je ne le sais pas...
paragraphe 12° et, dans... au paragraphe 12°, l'amendement...
l'article 12, je m'excuse, l'article... Qu'est-ce que j'ai dit?
Une voix : ...
Mme Garceau : Paragraphe? OK,
l'article 12, on mentionne, là, et c'est l'amendement, ça fait partie d'un
amendement : «Il y fait aussi état, le cas échéant, des difficultés
rencontrées dans ses enquêtes, des recommandations qu'il a faites en vertu de
l'article 11.1 ou des avis qu'il a donnés en vertu [de
l'article] 11.2 [...]..» Donc, si je reviens à l'article 11.2, pour
moi, j'enlèverais «il peut». Je veux dire, il faudrait que ça soit dans le
rapport. Il faudrait le mettre dans... ici,
dans l'article, une obligation, parce que, pour moi... parce que, pour moi,
qu'est-ce qui est important, c'est... s'il donne un avis au
gouvernement, ça devrait être un avis écrit, et, si c'est un avis écrit, il
faudrait le retrouver dans le rapport.
M. Carmant : M. le Président, je
passerais la parole au juriste.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Donc, pour faire compréhension ici, ce que prévoit l'amendement qui sera prochainement étudié,
là, à l'article 12, c'est d'obliger le commissaire à prévoir, dans son
rapport annuel, donc, dans la production de son rapport annuel, les
recommandations qu'il aurait faites en vertu de 11.1, donc les recommandations sur
l'article qu'on vient d'adopter, et les avis qu'il aurait donnés au
gouvernement, évidemment, en vertu de 11.2.
Donc, dans le cas où est-ce qu'il aurait fait des avis en vertu de 11.2, il
doit en faire mention dans son rapport annuel.
Donc, ça, c'est un
peu l'obligation minimale. Ce qui est prévu à la toute fin du texte de 11.2,
c'est-à-dire lorsqu'il estime nécessaire d'exposer la situation dans un rapport
visé au paragraphe 5° de l'article 8, c'est également un rapport,
mais ce n'est pas son rapport annuel. Autrement dit, s'il juge que la situation
mérite d'être adressée dans un rapport et de ne pas attendre la fin de l'année
financière, par exemple, il pourrait le faire tout de suite, et ce rapport-là
va être déposé à l'Assemblée nationale de la même façon que le rapport annuel.
Mme Garceau :
OK, OK, je comprends. Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Mme Garceau :
Oui.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Là, pour qu'on comprenne bien la séquence, à 11.1, il
émet des recommandations à l'organisme
public, c'est entre deux, ils se parlent, il lui envoie une lettre, il appelle,
il fait une communication. Ça, à 11.1, ça s'arrête là, ce n'est pas de
nature publique, M. le commissaire envoie un avis à la commission. Est-ce que
c'est public, ça?
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien, dans la mesure où il doit en faire part dans son...
dans son rapport annuel.
M.
Cliche-Rivard : OK. Ça fait que sur-le-champ, non, mais, dans le
rapport annuel, à 12 modifié, là, ou qu'on
modifiera, tout... tout avis qu'il aura communiqué, on va le savoir. On n'aura
peut-être pas in extenso l'avis, là, mais on va savoir... Moi, j'ai
trouvé ça problématique, je donne un exemple, à la DNPJ, par exemple, quel
exemple, mais... et, voici, je lui ai dit ça approximativement, puis c'est
resté là, il va dire : Je suis satisfait de comment ça s'est réglé. Puis nous, on comprendra qu'il n'y a pas eu
d'évolution à 11.2 dans le cas... Si jamais ça ne répond pas comme il voudrait, là, il en notifie le gouvernement pour,
j'imagine, une prise d'action, auquel cas, encore une fois, sur-le-champ, ce
n'est pas public. Tout ça, on va l'apprendre dans le rapport annuel.
M. Bérubé
(Mathieu) : Ou dans un rapport qui serait déposé avant la fin de
l'année.
M.
Cliche-Rivard : Si lui décide d'utiliser son pouvoir à 8.5° pour faire
un rapport.
M. Bérubé
(Mathieu) : Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Bon, sur ce volet-là,
considérant qu'il est entité de l'Assemblée nationale, j'ai quand même un enjeu, puis j'aimerais ça vous entendre, M. le
ministre, à savoir pourquoi est-ce qu'il n'en informe pas l'Assemblée nationale.
Pourquoi est-ce qu'il en informe l'exécutif, considérant qu'on a été très
clairs sur la séparation, comme le Protecteur du citoyen ou comme les autres,
que...
M. Carmant : Bien,
je pense qu'il doit... C'est important d'aviser le gouvernement et que le
gouvernement réagisse, quand même.
Une voix : ...
M. Carmant : Oui,
c'est ça, comme vous avez dit, s'il n'est pas satisfait de la réponse du
gouvernement, il peut aviser l'Assemblée nationale par la suite.
M. Cliche-Rivard : Parce que, là, on a un...
J'entends, là, qu'il doit aviser le gouvernement, un gouvernement... Vous êtes
tous députés de l'Assemblée nationale, là, donc vous serez avisés de facto. De
facto, aussi, ou, en tout cas, intrinsèquement, le commissaire, il fait un
travail de suivi et de contrôle aussi sur vos actions gouvernementales quand même. Donc là, je trouve ça curieux que,
dans sa fonction de juge, d'évaluateur de la fonction gouvernementale,
où il est absolument neutre, et indépendant, et non relié à vous, il vous
soumette à vous votre bulletin, et non pas à l'ensemble des 125 élus de
l'Assemblée nationale, alors qu'il est acteur indépendant. Moi, j'aurais voulu
qu'à 11.2 il en informe l'Assemblée nationale.
M. Carmant : Ce
qui sera fait.
M. Cliche-Rivard : À la fin de
l'année seulement.
M. Carmant : Ce
qui sera fait.
M. Cliche-Rivard : Alors, pourquoi?
C'est la question que je vous pose dans l'autre sens. Alors, pourquoi n'en
informe-t-il pas l'Assnat?
M. Carmant : Bien, je pense que...
qu'il informe le gouvernement est quand même important, puis je pense que
c'est... Moi, je suis à l'aise avec la trajectoire qui est décrite ici.
M. Cliche-Rivard : Ce que je trouve
dommage, c'est que son rapport, on va l'avoir après le 31 mars. Là, j'ai un exemple, je ne sais pas ça va être quand...
C'est à la fin de l'année, son rapport, là, mais... puis là il se passe de quoi
deux semaines après. Il va falloir, nous autres, qu'on fasse le tour de
la boucle jusqu'à l'année suivante pour savoir qu'il vous a envoyé un avis à
11.2.
M. Carmant : Sauf s'il juge
nécessaire de le déposer.
M. Cliche-Rivard : Sauf s'il le juge
nécessaire, mais ce que je vous dis, M. le ministre, avec égards, c'est qu'on
va le savoir «anyway», sauf que, là, la distinction de 11.2, c'est que ça vous
donne 365 jours moins un, non, mais
c'est ça pareil, pour réagir, pour ajuster, alors qu'il est un acteur autonome
et indépendant de l'exécutif. J'ai quand même, là... Je trouve ça
spécial, je vous le soumets, puis je trouve ça spécial qu'on ne le saura pas
avant 364 jours.
M. Carmant : D'accord, mais je lui
laisse... Tu sais, il a quand même l'autonomie de... Si nécessaire, il peut le
déposer ad hoc également.
Des voix : ...
• (12 h 30) •
M.
Carmant : M. le Président, je passerais la parole au
juriste. Il a une explication. Ça ne changera pas ma réponse.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, Me Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Merci, M. le Président. Donc, en complément des
précédents propos, l'idée étant d'aviser rapidement dans la... dans la mesure où le commissaire ne se juge pas
satisfait, là, des réponses... d'aviser rapidement le gouvernement, qui,
comme organe exécutif, a généralement des leviers, là, à l'égard des organismes
publics. Donc, c'était ça, l'idée, là, évidemment, à 11.2, le fait d'informer
l'Assemblée nationale. Le commissaire aurait toujours la discrétion,
évidemment, de l'exposer dans un rapport et de ne pas attendre la fin de
l'année.
Autre élément, ce mécanisme-là de reddition de
comptes qui est présenté par amendement est calqué de qu'est-ce qui est prévu
pour le Protecteur du citoyen, qui agit, en fait, exactement de la même façon.
C'est-à-dire, à l'égard des organismes publics pour lesquels il a compétence,
il informe... il avise plutôt par écrit le gouvernement, dans un premier temps,
et ensuite il peut en faire rapport advenant le cas, s'il le juge nécessaire,
là, ou utile.
M. Cliche-Rivard : Je l'entends,
puis merci, Me Bérubé, de l'explication, là. Mon point de vue, ce n'est pas de
faire en sorte que le gouvernement ne le sache pas, là. Tant mieux que vous
l'appreniez rapidement puis que vous preniez
mesures. Nous, on est responsables de vérifier l'action gouvernementale. Donc,
c'est d'autant plus intéressant ou important qu'on sache que vous faites
action sur le rapport de M. le commissaire, surtout considérant qu'il n'est pas partie de l'exécutif, puis qu'on a bien établi
à 5° à quel point la distinction puis le mur, il est clair, là, puis que tout
ce qui rendra ça public, puis, à chaque fois, on l'aura, puis...
Moi, je vais
trouver ça étrange, voire problématique, si, six, 10, 11 mois plus tard,
seulement dans son rapport annuel, on apprend que vous aviez été avisé
il y a neuf mois, que je ne le savais pas, puis qu'il n'y a pas eu d'action. Je vais trouver ça particulièrement bizarre,
troublant que vous aviez en main un avis, vous avez dit : Libre au
commissaire de publier son avis dans 8.5°. OK, c'est vrai, mais, si on
est pour le savoir de toute façon, je trouve ça bizarre qu'on en soit restreints ou qu'on ne le sache pas, et
que vous, vous le sachiez, que vous avez en main un avis du commissaire
qui date de mars, puis on est rendus en septembre ou en octobre, puis moi, je
vous pose encore des questions au salon bleu.
Vous, vous le savez très bien, là, je ne veux
pas présumer de mauvaise foi, ce n'est pas ça pantoute ce que je fais, mais
vous le savez très bien, en arrière, que vous l'avez, vous, l'avis. Ça me
dérange sur le principe de la séparation puis l'autonomie de ce commissaire-là
qui vous avise, vous, puis on ne voit pas ça ailleurs. À moins que je me trompe, là, dans le projet de loi, on ne
voit pas ça ailleurs, que vous ayez une relation privilégiée, directe avec lui ou
elle. Puis, avec égards pour Me Bérubé, ce n'est pas parce que ça existe dans
le protecteur, ce n'est pas parce que ça n'a pas été soulevé là, que l'argument
est caduc.
Donc, je... puis, bref, ça fait que c'est tout
ça, puis je trouve qu'on viendrait peut-être miner l'indépendance puis la
confiance qu'on pourrait lui donner. C'est ça, mon inquiétude aussi, là. Est-il
100 %, 400 % autonome et indépendant ou a-t-il, dans sa petite poche,
à 11.2, des méthodes pour vous informer en amont sans que le reste des élus ne
soit au courant? C'est ça qui m'inquiète, quand même.
Mme Garceau : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
allez-y.
Mme Garceau : ...de mon collègue,
surtout lorsqu'on lit le... le commentaire lié au... à
l'article 11.2 : Cet amendement vise à permettre au commissaire
d'aviser par écrit le gouvernement ou d'exposer la situation dans un rapport déposé à l'Assemblée nationale. C'est le
«ou» qui est problématique. Comment se fait-il qu'il pourrait le faire? Ça devrait être «et», il devrait le faire aux
deux, au gouvernement et à l'Assemblée nationale. Donc, de cette façon-là,
tout le monde est avisé en même temps. Moi, ça va être ma suggestion.
M.
Carmant : D'accord. Je n'ai rien à répondre, je suis... je
suis à l'aise avec l'article tel qu'il est écrit actuellement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Oui, M. le député.
M.
Cliche-Rivard : Je vais le soumettre par amendement, M. le
Président, je vais vous demander une suspension.
Le Président (M. Provençal)
: On va suspendre.
(Suspension de la séance à 12 h 35)
(Reprise à 12 h 51)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on reprend nos travaux. Alors,
j'invite le député de Saint-Henri—Sainte-Anne à nous lire son sous-amendement à
l'article 11.2.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. L'amendement 11.2 est remplacé entièrement par le
suivant :
«Lorsque, après avoir fait une recommandation à
un organisme public, le commissaire juge qu'aucune mesure satisfaisante n'a été prise dans un délai raisonnable pour y
donner suite, il en avise le gouvernement et en expose la situation dans
un rapport visé au paragraphe 5° de l'article 8.»
Ça fait suite aux discussions préalables qu'on
avait eues, à l'effet où il y a une inquiétude de mon côté eu égard à la séparation, quand même, des pouvoirs
puis des instances, puis le fait que le commissaire va être absolument
indépendant, et tout ce qu'il va produire sera de connaissance publique.
Dans ma formulation actuelle, le gouvernement en
est avisé. Donc, cette inquiétude-là du côté ministériel est répondue, mais il y a aussi un rapport public qui
fait en sorte que, nous, parlementaires, l'Assemblée nationale, le grand public
est conscient de l'avis qu'a formulé le commissaire, qui est quand même une
accentuation de la situation après 11.1, là. Comme, il s'est passé quelque
chose à 11.1, ça n'a pas marché, à 11.2 j'en informe le ministre, le
gouvernement et l'Assemblée, les élus et le grand public.
Pour moi, il est d'une importance considérable
que le commissaire préserve cette séparation-là entre les pouvoirs puis ce
qu'il produit dans sa neutralité soit directement transmis à l'ensemble des
parlementaires et non pas seulement à la banquette gouvernementale. Je pense
qu'il y a là un risque qu'on... qu'on effrite l'indépendance qui lui serait
imputée si on ne modifie pas 11.2, en ce sens où, dans tout le reste du projet
de loi puis dans tout le reste de sa
compétence, c'est le public... c'est l'Assemblée, c'est public, et que, là... à
11.2, tel que rédigé, du côté ministériel, je trouve que, là, on fait une
exception qui n'est pas jugée pertinente, à mon humble avis, et qui risque de
potentiellement miner cette séparation-là.
Donc, c'est
pour ça que je soumets l'amendement, qui fait en sorte qu'autant le ministre
que nous, les oppositions, on serait au courant de ces rapports-là à
11.2. Le ministre a précisé qu'on le saura de toute façon à la fin de l'année,
raison de plus, à mon humble avis, pour qu'on le sache illico, qu'on puisse
agir illico, que je puisse questionner, moi, le ministre, illico, sur les
moyens qu'il entend mettre en oeuvre, suite au rapport, et que je n'aie pas à
attendre huit, 10, 12 mois pour
apprendre que, finalement, il y avait eu un rapport et que le rapport n'a pas
eu de suite ou pas encore de suite.
Je trouve que, là, on aurait une situation délicate où le commissaire aurait
fait état d'une situation au gouvernement et que, les élus, on ne le
saurait pas avant plusieurs mois. Je ne comprends pas pourquoi on voudrait
maintenir ça dans sa forme actuelle.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Bien, je... c'est ça,
on en a discuté tout à l'heure, mais je pense que c'est un système qui
actuellement fonctionne bien avec le Protecteur du citoyen. L'autonomie de...
du commissaire est celui de soit aviser le gouvernement ou, s'il le juge
nécessaire, comme c'est écrit dans le... s'il l'estime nécessaire, exposer la
situation à l'Assemblée nationale dans un rapport ad hoc. Donc, moi, je... tu
sais, je n'adhère pas à ce... à cet amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Je devine, là...
Bien, M. le ministre a été très limpide sur sa position. Donc, je... je ferai
ce commentaire-là pour la postérité et pour le travail du commissaire. Je
l'invite fortement à ce qu'il publie à chaque fois un rapport à 8.5° pour
lui-même préserver toute apparence sur son indépendance. Je m'explique mal
pourquoi il va falloir qu'on attende ou pourquoi il
faudrait qu'on attende 10, 11, 12 mois avant d'avoir connaissance de ça.
Alors, je me l'explique mal et je l'inviterai, lui ou elle, évidemment, dans
l'autonomie de son travail, à saisir cette inquiétude-là des oppositions et à
toujours rendre public un rapport à chaque fois qu'il ou elle aura à informer
le gouvernement à 11.2. Je pense que de la pérennité, et de la stabilité, et de
l'intégrité de la fonction le méritera.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Oui, Mme la députée.
Mme Garceau : ...je partage
l'opinion de mon collègue à ce sujet et la façon qu'il justifie la nécessité.
Puis je comprends mal le pourquoi, M. le ministre. Ça ne cause aucun préjudice
d'avoir les deux. Pourquoi est-ce qu'on va... on donne la priorité au
gouvernement et non pas aux élus à l'Assemblée? C'est là où, là, je ne
comprends pas la justification pour prioriser le gouvernement pour peut-être
des... des enjeux qui... très importants, peut-être même urgents, et donc d'où
vient la nécessité qu'on soit tous avisés d'une situation, ne sachant pas
quelle sera la situation, mais ça peut être une situation urgente. Et donc
c'est là où je ne comprends pas pourquoi est-ce qu'on est en train de donner... on impose même de prioriser le
gouvernement et non pas l'Assemblée nationale. Même, moi, j'aurais dit : On
dépose premièrement à l'Assemblée nationale et par la suite au gouvernement.
M. Carmant : Mais je pense qu'on
donne la même indépendance de faire cette action-là qu'on donne au Protecteur
du citoyen. Et je pense que, s'il a... s'il juge que le gouvernement doit être
avisé d'une problématique spécifique, bien, ce... ce sera ça. Si... si c'est
urgent, comme vous dites, on s'attend, moi aussi, je m'attends, à ce qu'il en
avise, dans... par l'article 8, l'Assemblée nationale. Donc, il a le
choix.
Mme Garceau : Oui, mais...
M. Carmant : Le choix est là.
Mme Garceau : Oui, mais pourquoi
est-ce que les élus ne sont pas avisés en même temps si c'est urgent?
M. Carmant : Mais ce le sera.
Mme Garceau : Et je reviens, je
rejoins... je suis complètement d'accord avec mon collègue au niveau de... du
Protecteur du citoyen, là, on ne sait pas quel... même si ça a été débattu, ce
point-là. Donc, moi, je ne vais pas me fier à ce que... que c'est ça qui est
prévu dans la loi au niveau du Protecteur du citoyen, donc on doit appliquer la
même chose ici. Nous autres, on a soulevé notre préoccupation à ce sujet-là. Et
donc je crois qu'il est très légitime, compte tenu de... oui, séparation entre
exécutif, législatif, et tout, et surtout compte tenu du mandat du commissaire.
Donc, je reviens, je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas les deux en même
temps. Il n'y a aucun préjudice d'aucune façon que ce soit libellé de cette
façon.
M. Carmant : ...mais on a fait un
grand pas avec l'amendement qu'on avait déposé. Puis moi, je... je suis
satisfait de ce qu'on avait déposé. Je n'irai pas avec l'amendement que... qui
est devant moi.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
rapidement.
M. Cliche-Rivard : Oui. En terminant
sur ce point-là, M. le Président, là, j'invite, le... tu sais, moi, j'ai
confiance dans le ministre aujourd'hui, mais il ne sera pas toujours ministre
des Services sociaux, là. Il va arriver la démocratie, là, c'est évident. Puis
il va se retrouver, à un moment donné, où le parti gouvernemental ne sera pas
le parti gouvernemental. Et vous ne pourrez pas savoir, pensez à ça, vous ne
pourrez pas le savoir si le gouvernement en place, qui... peut-être, je ne le
souhaite pas, mais sera négligeant sur cette question-là, vous ne le saurez
pas. Puis je vous invite sur la pause du dîner à réfléchir à ça.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci de votre collaboration. Compte tenu de l'heure,
je suspends les travaux jusqu'à 15 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 13 heures)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, rebonjour à tous. La
Commission de la santé et des services sociaux reprend ses travaux. Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le
Commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
Lors de la suspension de nos travaux, nous
étions à... nous avions fait la lecture du sous-amendement déposé par le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
On va le projeter à l'écran. C'était un sous-amendement à l'article 11.2.
Il y avait déjà eu des bribes d'échange, et je vais céder la... je céderai la
parole à M. le ministre aussitôt qu'on pourra le projeter. Vous pouvez prendre la
parole, M. le ministre.
M. Carmant : D'accord.
Bien, moi, j'avais... j'étais prêt à voter sur l'amendement. J'ai réfléchi
pendant l'heure du dîner, là, je suis prêt à voter.
Des voix : ...
M. Carmant : Quand même.
Le Président (M. Provençal)
: Court chemin entre deux points sur la
ligne droite. Y a-t-il des interventions sur le sous-amendement? Oui,
monsieur...
M. Cliche-Rivard : Le ministre
veut-il nous faire part de sa réflexion, M. le Président? Parce que
semble-t-il qu'il a réfléchi.
Le
Président (M. Provençal)
: Il me semblait, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, que vous demanderiez une précision.
M. Carmant : Bien, je suis au même
point qu'avant la pause.
M. Cliche-Rivard : D'accord.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres interventions?
M. Cliche-Rivard : Non.
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix du sous-amendement déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. On va y aller par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
Le Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
Le Secrétaire : Mme Poulet (Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
Le Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
Le Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M.
Arseneau : Pour.
Le
Secrétaire : Et M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, le
sous-amendement déposé par M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne est rejeté. Nous revenons donc à
l'article 11.2. Y a-t-il des interventions sur l'article 11.2? S'il
n'y a pas... Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Comme je l'ai mentionné plus
tôt, j'accueille favorablement l'amendement du ministre. Cela dit, vous ne
serez pas surpris que je suis déçu du dernier vote. Donc, je vais... parce
qu'on ne peut pas s'expliquer après, là, je vais m'abstenir, parce que je ne
peux pas avaliser cette disposition-là, mais,
en même temps, sur le fond, je suis quand même content qu'il y ait un pouvoir
supplémentaire. Donc, je voulais quand même que ce soit précisé,
l'explication de mon vote.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
s'il n'y a pas d'autre commentaire ou intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'amendement qui introduit l'article 11.2. Par appel
nominal, s'il vous plaît.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Dorismond (Marie-Victorin)?
Mme
Dorismond : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Poulet (Laporte)?
Mme Poulet :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Mme Picard :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Gendron (Châteauguay)?
Mme
Gendron :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau :
Abstention.
Le
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Abstention.
Le Secrétaire :
M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M.
Cliche-Rivard : Abstention.
Le
Secrétaire : M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Abstention.
Le
Secrétaire : Et M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président (M.
Provençal)
: Abstention.
Alors, l'article 11.2 est adopté, alors le nouvel... l'article 11.2
est adopté. Article 11.3. M. le ministre, vous en faites la lecture, s'il
vous plaît.
M. Carmant : ...des
enjeux vidéo. Est-ce que je peux y aller quand même, tout le monde l'a en main?
Des voix : ...
M.
Carmant : Oui, d'accord.
Le Président (M.
Provençal)
: ...papier,
je vous invite à en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Carmant : Merci,
M. le Président. Donc : Insérer, après l'article 11.2 du projet de
loi tel qu'amendé, l'article suivant :
«En vue de remédier à
des situations constatées dans le cadre de l'exercice de ses fonctions visées
aux paragraphes 3° et 6° du deuxième alinéa
de l'article 5, pour éviter leur répétition ou pour parer des situations
analogues, le commissaire peut donner
son avis à un organisme public ou au gouvernement sur les réformes
législatives, réglementaires ou administratives qu'il juge conformes à
l'intérêt de l'enfant.
«S'il l'estime nécessaire,
il peut exposer les situations dans un rapport visé au paragraphe 5° de
l'article 8.»
Cet amendement vise à
permettre au commissaire de donner son avis à un organisme public ou au
gouvernement sur les réformes législatives, réglementaires ou administratives
qu'il juge conformes à l'intérêt de l'enfant, en vue de remédier à des
situations constatées dans le cadre de l'exercice des mêmes fonctions que
celles visées par l'article 11.1., pour éviter la répétition ou pour parer
des situations analogues.
Il
peut également exposer les situations dans un rapport déposé à l'Assemblée
nationale. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Interventions? Oui, Mme la députée.
Mme Garceau :
Oui. Merci, M. le Président. Juste en tant... à titre de... pour être
cohérents, comme on dit, avec l'amendement à
l'article 11.1, où on a ajouté le paragraphe 2°, donc, je vais proposer
qu'à l'article 11.3 on ajoute le paragraphe 2°. Donc, ce serait
«2°, 3° et 6°».
M. Carmant : Oui,
je suis tout à fait d'accord avec vous.
Le Président (M.
Provençal)
: ...une
légère... une suspension juste pour le remodifier.
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: On va le retirer.
Alors, on va
suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension
de la séance à 15 h 10)
(Reprise à 15 h 11)
Le Président (M.
Provençal)
: OK. Nous
reprenons nos travaux. Avec votre consentement, on va revenir à
l'article 11, qui avait été suspendu, article 11 qui avait eu un
amendement déposé par M. le ministre. Cependant, le député des...
Îles-de-la-Madeleine, excusez-moi, voulait intervenir sur l'article 11 tel
qu'il a été amendé.
M. Arseneau :
Oui. Bien, écoutez, l'amendement consistait à ajouter, après «tout organisme
public»... C'était, en fait, le volet communautaire qui a été ramené sous une
autre forme, mais qui correspond essentiellement à l'esprit de ce qu'on voulait
proposer, alors on est prêts à retirer notre amendement.
Le Président (M. Provençal)
: OK. Alors, ça... Puis ça
veut dire que ce qui a été déposé comme amendement vous convient.
M. Arseneau :
Oui, tout à fait.
Une voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Il n'avait pas été déposé ni
lu, ça fait qu'ils n'ont pas besoin de le déposer, mais c'est parce que je
voulais vraiment vous donner l'opportunité de vous prononcer, M. le député.
M. Arseneau :
Oui, mais non, ça va, on a fait ça en parallèle. Donc, on est prêts à
accepter la proposition du ministre, qui correspond à ce qu'on souhaitait.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Étant donné que l'amendement a été adopté, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 11 amendé? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 11 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Maintenant, au niveau des légistes,
est-ce qu'on a eu le temps de faire la correction? C'est transmis?
Des
voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Donc, on va revenir à
11.3. Alors, M. le ministre, je comprends que le... ce que vous aviez
déposé, vous consentez à le retirer.
M. Carmant : Oui,
je vais le retirer.
Le Président (M.
Provençal)
: Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup. Et on va projeter à l'écran, maintenant, la nouvelle version.
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
M. le ministre, je vous... même s'il n'est pas à l'écran, je vous invite à le
lire, s'il vous plaît.
M. Carmant : Donc,
il se lit comme suit : «En vue de remédier à des situations constatées
dans le cadre de l'exercice de ses fonctions
visées aux paragraphes 2°, 3° et 6° du deuxième alinéa de l'article 5,
pour éviter leur répétition ou pour
parer des situations analogues, le commissaire peut donner son avis à un
organisme public ou au gouvernement sur les réformes législatives,
réglementaires ou administratives qu'il juge conformes à l'intérêt de l'enfant.
«S'il l'estime
nécessaire, il peut exposer les situations dans un rapport visé au paragraphe
5° de l'article 8.»
Par souci de
concordance, tel que soulevé par la députée de Robert-Baldwin.
Le Président (M. Provençal)
: Par Mme la députée de
Robert-Baldwin. Alors, y a-t-il des interventions? Ça va? Alors, s'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 11.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
Donc, le nouvel article 11.3 est donc adopté. Ce qui veut dire que nous
allons maintenant à l'article 12.
M.
Cliche-Rivard : Mes excuses, M. le Président. Moi, j'ai des questions
sur le fond de 11.3. Là, je viens de comprendre
que, finalement, il avait été retiré pour mettre un nouveau et non pas un
sous-amendement. Mon erreur, là.
Le Président (M.
Provençal)
: Non.
C'est ça.
M. Cliche-Rivard : C'est ça, mais je pense
que ma collègue aussi a des questions sur 11.3. Je pense que c'est...
Mme Garceau :
...la partie amendée.
Le Président (M.
Provençal)
: Non,
parce qu'en fait le 11.3 est un...
M.
Cliche-Rivard : Oui, vous avez raison, mais on va devoir reculer, là.
Le Président (M.
Provençal)
: ...est
un amendement en soi, mais qui introduit cet article-là. Donc, on a fait le
correctif qui a été demandé par Mme la députée de Robert-Baldwin. J'ai
demandé s'il y avait des interventions, on m'a dit non, mais là, je comprends
qu'il y a peut-être eu une confusion.
M.
Cliche-Rivard : Du fait qu'on ne le voie pas aussi...
Le Président (M.
Provençal)
: Qu'on ne
l'avait pas vu.
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Consentement.
M.
Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: On va
simplement revenir à l'article 11.3, que vous venez d'adopter, qui est à
l'écran. Alors, j'attends vos interventions.
M. Cliche-Rivard : Moi, je... c'est
peut-être à cette heure-ci, là, ou qu'il manque de café, là, mais je veux... je
veux quand même bien comprendre où est-ce que 11.3 se place. Puis peut-être
qu'une petite explication de votre part, là, ce serait
utile. Je vois... je vois 11.1, 11.2. Là, je vois 11.3 aussi, comparativement à
5, 2, 9, là, qui donnent essentiellement des mandats similaires. Ça fait que je
veux comme bien comprendre le régime complet puis la distinction avec 9, mais
aussi la distinction avec 11.1, qui permet quand même aussi de faire des
demandes quand il y a des correctifs à
faire. Ça fait que, bref, j'aimerais ça que vous nous expliquiez exactement ce
que 11.3 vient changer dans la construction ou dans sa place, dans son
contexte, là, avec 5, 2, 9 puis avec 11.1. Je ne suis pas sûr que je l'ai bien
saisi, là.
M. Carmant : OK. Bien, nous, on voyait une gradation, mais je
vais laisser le juriste mieux l'expliquer que moi.
Le Président (M.
Provençal)
: Me
Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Merci, M. le Président. Donc, pour revenir à 11.1, donc,
l'idée d'apporter des... en fait, de faire des recommandations pour,
ultimement, avoir des mesures mises en place, c'est dans les situations où
est-ce que le commissaire... puis là je n'ai plus le texte de 11.1 sous les
yeux, ne bougez pas, comment que ça a été précisé...
donc, «dans le cadre de l'exercice de ses fonctions, aux paragraphes 2°, 3° et
6°», de «faire toute recommandation», donc «requérir d'être informé des
mesures». Donc, autrement dit, c'est de faire des recommandations, si, dans le cadre de ses fonctions, il constate une situation
x qui pourrait être corrigée par une mesure qui ne serait pas législative, qui
n'aurait pas de nature réglementaire, qui ne nécessiterait pas nécessairement
une action soit de l'Assemblée nationale ou
du gouvernement pour, disons, corriger la situation. À ce moment-là, la
recommandation peut forcément être faite en vertu de 11.1.
Vous avez... vous
avez raison de dire que ce ne serait pas impossible de faire la recommandation
à 11.3 en vertu de 11.1, mais les deux étant un peu complémentaires... puis,
ici, on vient vraiment préciser plutôt l'idée de réformes législatives,
réglementaires ou administratives qui seraient conformes à l'intérêt de
l'enfant. Donc, c'est comme une petite coche de plus pour dire : Voici,
là, toujours en lien avec les mêmes fonctions, dans les cas... dans le cas de situations... encore une fois, de
situations, par contre, là, où est-ce qu'il y a un... bien, comment je pourrais
dire, pas un souhait, nécessairement,
là, mais où est-ce que le commissaire, il juge que... bien, évitons leur
répétition ou que des situations
analogues se répètent potentiellement, qu'une modification législative serait
adéquate, donc je vous en fais la recommandation par le véhicule de
11.3.
M.
Cliche-Rivard : Qui n'est pas impossible à 11.1.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, si on veut, mais,
encore une fois, tu sais, c'est un calque de qu'est-ce qui est prévu...
M.
Cliche-Rivard : Je comprends.
M. Bérubé
(Mathieu) : ...au mécanisme du Protecteur du citoyen puis ça suit,
dans le fond, la même logique, là, essentiellement.
M.
Cliche-Rivard : Ça suit la même logique. OK. Donc, ça ne vient pas
ajouter quelque chose de plus, nécessairement, comme, ce n'est pas une
gradation comme on le prévoyait là, mais c'est une précision ou, en tout cas,
un... ceinture et bretelles à 11.1.
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien oui, effectivement, mais on peut quand même le voir
comme étant quand même... tu sais, il y a une pertinence, là, si on vient le
prévoir, forcément. Puis je pense que l'idée de gradation, elle n'est pas...
elle n'est pas mauvaise en soi, de le concevoir de cette façon-là, dans le sens
où est-ce qu'à 11.1, comme je disais, c'est peut-être plus des mesures...
disons, des mesures rapides ou, tu sais, qui pourraient être faites de façon peut-être plus efficace, mais qui ne nécessitent
pas, justement, une réforme législative, réglementaire ou administrative
plus en profondeur. Je pense que, quand on est rendu à 11.3, on est vraiment
comme... on fait face, potentiellement, à une situation qui est plus grande que
les simples mesures qu'un organisme x pourrait faire pour la corriger, donc on
va adresser la situation autrement.
M.
Cliche-Rivard : OK. Puis, si je vous la pose par rapport à 5, 2,
9 : Lorsqu'il le juge nécessaire ou sur demande de l'Assnat, du
gouvernement ou du ministre, leur fournir les avis ou les recommandations qu'il
estime appropriés sur toute question concernant une matière relevant de ses
fonctions?
• (15 h 20) •
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien, en fait, le paragraphe 9° est plus englobant, au
final, je veux dire, il pourrait faire des avis, des recommandations sur toute
question qui concerne ses fonctions, donc, ce qui pourrait déborder le cadre de
2°, 3° et 6°, puis ce qui pourrait aussi déborder des avis ou des
recommandations en matière législative, réglementaire ou administrative, là.
Donc, un ne limite pas l'autre, autrement dit, là.
M.
Cliche-Rivard : 9... 5, 2, 9 étant sa fonction de le faire, 9 étant
son moyen, son pouvoir... pas 9, pardon, mais 11.3 étant son pouvoir de le
faire. Est-ce que, donc, 9, je pose la question, devrait faire partie de 11.3?
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, à mon
avis, non. En fait, au niveau des fonctions, de la façon où est-ce qu'il est
actuellement, le commissaire aura à fournir des avis, des recommandations, soit
à la demande de l'Assemblée nationale ou de sa propre initiative, il pourrait lui en faire part par
lui-même, sans que ce soit nécessairement en lien avec les fonctions
spécifiques de 2°, 3° ou 6°, puisqu'encore une fois... 9 étant plus large, «sur
toute question concernant une matière
relevant de ses fonctions». Donc, c'est plus englobant, mais 11.3, il est
vraiment spécifique à ces trois fonctions-là, puis en matière de réforme
législative, réglementaire ou administrative.
M. Cliche-Rivard :
Ce qui englobe 9.
M. Bérubé
(Mathieu) : Ce qui est plus précis que 9.
M.
Cliche-Rivard : Bien, 9 est englobé, vous êtes d'accord?
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, je pense qu'on
pourrait effectivement le concevoir comme étant englobant, oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Je pose la question
comme tout à l'heure, là, sur, spécifiquement, ce qu'on exclut dans une
disposition, là, puis là, spécifiquement, vous ne mettez pas 9. Je ne voudrais
pas que ce soit interprété comme une restriction du pouvoir du commissaire de
faire ça, à 9, alors que c'est sa fonction.
M. Bérubé
(Mathieu) : Non, effectivement.
M.
Cliche-Rivard : Mais vous, vous êtes clair et limpide que son mandat à
5, 2, 9 n'est pas limité par le fait qu'on exclut, à 11.3, le neuvième
paragraphe.
M. Bérubé
(Mathieu) : Effectivement.
M.
Cliche-Rivard : Parce que c'est explicite à 5, 2, 9 que c'est son
mandat de le faire.
M. Bérubé
(Mathieu) : Tout à fait.
M.
Cliche-Rivard : OK. Si on prenait un... tu sais, on fournit un
exemple, là, on disait tout à l'heure la vétusté, là, par exemple. Là, il y
a... à 11.1, le commissaire a fait son enquête à 9, là, ou fait son enquête
dans son pouvoir puis décide qu'il émet un
rapport et fournit des recommandations au sens de 11.1. Il fournit des
recommandations à l'organisme public, à la DNPJ, en disant : Ça ne
fonctionne pas, voici mes recommandations. On s'entend?
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui.
M.
Cliche-Rivard : 11.2, il n'y a pas d'action qui est prise, ou pas
suffisante à son humble avis.
M. Bérubé
(Mathieu) : Insatisfaisante, oui.
M.
Cliche-Rivard : Insatisfaisante, selon le libellé exact, il envoie
copie ou... il envoie la communication ou il envoie quelque chose au ministère
et, s'il le veut...
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui, effectivement... bien, en fait, au gouvernement, là.
M.
Cliche-Rivard : Au gouvernement, au gouvernement, et, s'il le veut, il
écrit un rapport au sens de 8.5°.
M. Bérubé
(Mathieu) : De la même façon que, l'avis, c'est s'il le veut, c'est un
pouvoir, ce n'est pas une obligation.
M.
Cliche-Rivard : S'il le veut.
M. Bérubé
(Mathieu) : Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Là, il y a encore... Par
exemple, il n'y a rien qui se passe. Là, c'est où, la gradation de 11.3? Dans
le sens où, là, finalement, par-dessus ça, il émet une demande de
modification... C'est là où j'ai de la misère à comprendre, où se situe 11.3
dans la gradation.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, peut-être qu'en
fait, dans les différentes... les différentes interactions qu'il y aurait eu
entre l'organisme, le commissaire, ultimement, l'avis au gouvernement,
peut-être que, finalement, la réelle solution, ce n'était pas tant la recommandation initiale, mais
plus qu'une réforme législative. Peut-être que l'enjeu était, justement,
législatif, au final, ou réglementaire quelconque, là, bref, mais... c'est ça.
M.
Cliche-Rivard : Par exemple... il se fait répondre par la DNPJ que ça
dépasse sa juridiction, par exemple.
M. Bérubé (Mathieu) : Exact.
M. Cliche-Rivard :
Et que lui ou elle, le commissaire a peut-être mal formulé, de l'avis d'un
partenaire ou de la commission.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, mais...
Oui. Oui, bien, un peu de la même façon aussi que le fait actuellement le
Protecteur du citoyen. Quand il émet des avis ou des recommandations dans le
cadre de ses fonctions, c'est assez fréquent
qu'il va recommander des modifications législatives ou réglementaires qui
seraient requises pour atteindre les résultats souhaités. Donc, c'est un
petit peu de la même façon qu'est vu ce mécanisme-là pour le commissaire.
M. Cliche-Rivard : OK. Là où... Je
recule un peu, là, puis c'est juste vraiment pour bien comprendre. La
distinction de l'avis à l'organisme public, 11.3, parce qu'il y a un avis à
l'organisme public aussi, là, et l'avis ou la recommandation à 11.1 à
l'organisme public, c'est quoi la différence?
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, on peut
le concevoir comme étant une gradation, mais, je veux dire, le commissaire
pourrait aussi passer directement à 11.3, là. Si, d'emblée, ce qu'il constate,
c'est que c'est une réforme législative ou
réglementaire qui pourrait être du ressort de cet organisme public là, dans la
mesure où il aurait l'autorité habilitante pour le faire, de dire : Bien,
moi, ce que je vous suggère, c'est une réforme réglementaire, revoyez
votre cadre réglementaire pour arriver à ces résultats-là que moi, je juge
pertinents afin d'éviter les situations que je vous soulève.
M. Cliche-Rivard : Pour le
gouvernement, je vous entends, là, moi, c'est plutôt pour la première partie,
«donner son avis à un organisme public ». Ce n'est pas l'organisme public
qui va faire une modification législative.
M. Bérubé (Mathieu) : Législative,
non, mais, des fois, réglementaire. On a certains organismes qui ont... qui
peuvent avoir des habilitations réglementaires
M. Cliche-Rivard : Qui ont des
propres habilitations réglementaires?
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, tout à
fait, ou il y a aussi les réformes administratives...
M. Cliche-Rivard : Administratives.
M. Bérubé (Mathieu) : Voilà.
M. Cliche-Rivard : En disant :
Là, moi, je vous invite à revoir x règles, x processus. OK. Puis ça, ce n'était
pas possible... C'était possible à 11.1, mais vous le clarifiez à 11.3.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui. Bien, en
fait, il est plus précis, puis c'est... il faut aussi toujours le recentrer,
là, pour éviter la répétition de situations qu'il a constatées dans le cadre de
ces fonctions-là et pour parer des situations analogues.
M. Cliche-Rivard : Mais ça, c'est
aussi vrai à 11.1, parce que c'est dans ses fonctions d'éviter les répétitions
de violation de droit, là. Qu'importe qu'il y ait 11.3 ou 11.1, c'est dans ses
fonctions du bien-être des enfants.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien oui,
effectivement, c'est ça. Bien, c'est comme un éventail d'outils, là, en fait,
là, qui est offert au commissaire, là, qui est vraiment calqué sur qu'est-ce
que prévoit la loi sur le protecteur.
M. Cliche-Rivard : OK, non, mais je
ne vous obstine pas sur l'éventail d'outils, là, je ne suis juste pas
convaincu, dans la structure, là, de ce qu'on fournit là, qu'il n'était pas
déjà inclus à 11.1, conjointement avec 5, 2, 9, mais, je veux dire, d'aller spécifier ça... C'est peut-être quand on l'a
présenté comme une gradation que je comprenais moins, là, mais je comprends que c'est un outil qui peut effectivement
être vu... Je ne veux pas contredire M. le ministre, là, ce n'est pas
faux non plus, là, mais vous l'avez dit, que ça peut monter direct à 11.3.
Je vais laisser ma collègue de Robert-Baldwin,
je pense qu'elle a des points à ajouter.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci beaucoup,
M. le Président. Peut-être juste pour clarifier, peut-être, avec... Je vais
attendre. Je pense que c'est Me Bernier qui va peut-être répondre à cette
question. En termes de... en tout cas, la façon que moi, je le vois, à 11.1, si
le commissaire a une recommandation à faire à un organisme public, ça ne veut
pas dire que cette recommandation-là est de nature législative, réglementaire,
et tout ça, ça peut être tout autre. Ça, c'est ma compréhension.
Donc, moi, je... 11.3, ici, là, je regarde juste
entre 11.1 et 11.2, donc, recommandation, je remets à l'organisme public, et
là, évidemment, après un certain délai, si l'organisme public ne répond pas à
l'appel, bien là, il va avoir la possibilité, le commissaire, là, c'est 11.2,
d'informer le gouvernement par écrit. Il peut. Ça fait qu'il n'y a jamais des
«doit», ce n'est pas des obligations, ici, on laisse le tout à la discrétion,
hein, du commissaire, d'agir, de dire : Est-ce que
je vais donner un avis ici? Est-ce que je vais le transmettre au gouvernement
ou pas? Il n'y a pas d'obligation, mais c'est sûr que 11.2 découle du
manquement, si je peux dire, du respect des recommandations concernant le 11.1.
Et, après ça, là, on
tombe dans une autre catégorie, je trouve, avec le 11.3. Donc, c'est... Il n'a
pas fait de recommandation, rien, mais là il va peut-être dans un établissement,
puis, tout de suite, il constate que, non, il faut vraiment faire... d'après
moi, pour éviter, là, cette situation, je vais donner un avis à l'organisme
public, en termes de, moi, commissaire,
qu'est-ce que je vais recommander. C'est quand même des recommandations, mais
sous une autre forme, de réforme législative,
réglementaire ou administrative. Et donc là, moi, ma question,
là-dessus, surtout compte tenu qu'on parle, là, de quelque chose, les
réformes législatives... Et là le commissaire va avoir la discrétion, il peut donner l'avis à l'organisme public ou au
gouvernement et il peut aussi le mettre ou pas dans son rapport, il a beaucoup
de latitude. Qui est bien, mais, à un moment donné, surtout si on est dans le
11.3 et il croit que ou elle croit que c'est vraiment important de donner cet
avis concernant des réformes législatives, réglementaires ou administratives,
il me semble que ça devrait être l'organisme public, oui, et gouvernement, puis
là on tombe dans le «et l'Assemblée nationale», mais je comprends qu'on ne va
pas aller loin avec ça.
Mais je voulais juste
vous entendre. En termes de... pour ce genre de... si je peux dire, de
recommandations qui impliquent une réforme
législative, réglementaire ou autre, comment se fait-il que ce serait juste
peut-être l'organisme public, et non pas le gouvernement aussi, là?
Pourquoi il y a...
• (15 h 30) •
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien là, actuellement, le texte, par contre, il vise de
donner son avis à un organisme public ou au
gouvernement, mais ça pourrait être les deux aussi, là, rien n'empêche, là,
l'avis pourrait viser les deux, là. Puis, effectivement, il y a une
discrétion, c'est un pouvoir ici qui est conféré, qui serait accordé au
commissaire, puis il faut le voir comme étant complémentaire à 11.1, dans la
mesure où il vient préciser l'idée de la réforme législative, réglementaire ou
administrative, là.
Mme Garceau :
Bien, moi, je... bien, moi, j'aurais... Si c'est ça, l'intention... Parce
que, moi, je lis le libellé, puis c'est «ou», c'est un ou l'autre, ce n'est pas
«et/ou». Parce que c'est un petit peu ça, l'intention, c'est «et/ou».
M. Bérubé
(Mathieu) : Non, mais le «ou» est inclusif, là. Autrement dit, ça peut
être un «ou» et un «et», là, c'est à un
organisme public ou au gouvernement. Rien n'empêcherait le commissaire
d'envoyer son avis à un organisme et au gouvernement, vous comprenez?
Mme Garceau :
OK. Donc, on ne veut pas le
mentionner, on ne veut pas l'écrire ou le rédiger de cette façon-là pour
que ce soit plus clair?
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien, si on met un «et», là, on l'oblige à l'envoyer aux
deux, quand des fois l'avis pourrait ne s'adresser qu'à un seul.
Mme Garceau :
«Et/ou»?
M. Bérubé
(Mathieu) : Ça, c'est... Non, on ne l'écrit pas dans le corpus comme
ça, non.
Mme Garceau :
Moi, j'aime ça, le «et/ou».
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Mais
est-ce qu'il n'est pas logique, s'il y a un enjeu, un avis qui est envoyé à un
organisme public, que le ministre responsable devrait être au courant,
justement, la raison pour laquelle ça devrait être «et» plutôt que «ou», parce
qu'on veut aussi s'assurer que, oui, le commissaire s'est rendu compte qu'il y
a un enjeu? Le ministre responsable devrait également être au courant, parce
que, si le commissaire envoie uniquement l'avis à l'organisme, bien, vous
n'avez pas de regard à savoir si les corrections vont être faites.
Donc, d'après moi, ça
ne devrait pas être «ou», pour impliquer qu'il y ait la possibilité de, ça
devrait être «et», parce que le ministre responsable a une... devrait être au
courant, pour s'assurer justement que l'organisme va prendre les mesures ou
essaiera de prendre les mesures pour rectifier la situation. Donc, je pense
qu'il y a une responsabilité de la part du ministre ou de la ministre qui est
responsable du dossier, pour être avisé, être au courant que le commissaire a
remarqué qu'il y a un enjeu. Donc, moi, je proposerais que ça soit «et» plutôt que
«ou».
M. Carmant : Mais
là, on viendrait limiter son autonomie et son indépendance. Donc, tu sais,
nous, on copie ça sur le Protecteur du citoyen, puis moi, c'est avec ça que je
suis confortable.
Mme Prass : Donc,
vous êtes à l'aise, si jamais le commissaire envoie un avis à un organisme
public, d'apprendre quelques mois plus tard que l'avis a été envoyé, rien n'a
été fait, et maintenant vous allez vous faire questionner en Chambre?
M. Carmant : Si c'était son
intention, moi, c'est comme ça que ça doit être fait pour qu'il ait une
certaine autonomie et qu'il ne soit pas nécessairement lié au gouvernement.
Mme
Prass : Donc, vous l'apprendrez dans le rapport annuel... bien, dans
le rapport qu'il déposerait?
M. Carmant : J'espère
que non, mais ça peut arriver.
Mme Prass : OK.
Et vous êtes à l'aise en tant... OK. Je comprends qu'on ne veut pas de
l'ingérence, mais, en même temps, si c'est un organisme qui est sous la
responsabilité d'un ministre, au moins, que vous soyez au courant que quelque
chose a été soulevé, parce que, comme vous dites, vous l'apprendrez peut-être
dans le rapport par la suite, mais il peut y avoir des mois qui vont s'écouler
entre ces... l'envoi de l'avis et le dépôt du rapport.
M. Carmant : C'est
pour ça qu'il faut choisir la bonne personne.
Mme Prass : OK.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, Mme
la députée.
Mme Garceau :
Oui. Donc, en cas de... parce qu'on avait prévu, au niveau de la
recommandation... ou les recommandations selon l'article 11.1, là on a la
disposition suite à ça, si jamais on ne respecte pas la mise en oeuvre des recommandations. Qu'est-ce qui se passe si on
ne respecte pas... suite à l'avis, on ne fait pas les réformes législatives
demandées? Donc, c'est quoi, la prochaine étape concernant le commissaire, il
s'en va où après?
M. Carmant : Bien,
s'il faut... en théorie, il faut les faire, là, je veux dire, c'est une
recommandation du commissaire. Sinon, vous allez... vous allez vous lever en
Chambre puis me demander comment ça se fait que ça n'a pas été fait, là, ou à
la personne qui sera à cet... à cet endroit-là.
Mme Garceau :
Donc, qui... qui vient...
M. Carmant : C'est
comme le Protecteur du citoyen.
Mme Garceau :
Oui, mais donc ça vient un petit peu justifier, n'est-ce pas, M. le
ministre, le point de ma collègue
concernant... Le gouvernement devrait être informé en même temps que
l'organisme, parce que, s'il y a quelque chose à faire, vous ne voulez
pas non plus être questionnés là-dessus six mois plus tard parce que
l'organisme ne met pas en place les
réformes, ou ne fait rien, ou ne répond pas au commissaire, ou autres. À un
moment donné, il y a aussi question... On parle de l'intérêt de l'enfant
aussi, là, donc ça peut être des situations quand même importantes. Donc, c'est
pour que...
M. Carmant : Mais,
d'un autre... mais d'un autre côté, je dois respecter l'autonomie et
l'indépendance du commissaire, puisque ses choix seront les bons, là.
Mme Garceau :
Mais vous respectez l'autonomie, il n'y a rien... ce n'est pas une question
ici d'ingérence, c'est d'être avisé. C'est au commissaire qui va faire le travail
de s'assurer que les recommandations... ou, selon l'article 11.3, s'il y a
des réformes législatives ou réglementaires, qui va s'assurer que l'organisme
public le fait. Mais, si l'organisme public ne le fait pas, je présume, dans un
délai raisonnable, le gouvernement va intervenir à ce moment-là. Moi, c'est...
juste être informé, ça ne veut pas dire que vous allez intervenir. Vous recevez
l'avis : Ah! bon, je vois tel organisme a reçu du commissaire... Ah! OK.
On va regarder ça de près, on va voir qu'est-ce qui va se passer. Donc, on n'enlève rien au travail que le
commissaire va faire. On ne s'ingère pas non plus, mais, à un moment
donné, le commissaire, quand il va cogner puis vous allez recevoir un écrit,
là, vous allez comprendre que, ah! bon, bien, il va falloir faire telle, telle
chose, au lieu de l'apprendre comme ça par surprise. Il me semble pour... en
termes d'efficacité aussi puis dans l'intérêt de... des enfants, vous devriez
être au courant.
M. Carmant : Bien,
écoutez...
Mme Garceau :
On ne parle pas d'ingérence, là.
M. Carmant : Non,
non, non, mais, tu sais, le processus fonctionne très bien avec le Protecteur
du citoyen. Moi, je suis à l'aise avec ça. Je n'ai pas d'inquiétude.
Le Président (M. Provençal)
: Mais je vous rappelle
qu'on... L'article a été voté, adopté. On a permis qu'il y ait une
discussion pour clarifier les interrogations que vous pouviez avoir, mais je
voulais quand même rappeler qu'il a été voté.
Mme Garceau :
Merci, M. le Président, c'est... ça clarifie, ça clarifie.
Le Président (M.
Provençal)
: Non,
non, mais, si vous avez encore d'autres questions à faire, allez-y, là.
Mme
Garceau : Ça... ça clarifie. Moi, ça me préoccupe, je dois vous dire,
parce que je... j'en ai lu, là, les rapports
du Protecteur du citoyen. Puis on l'a vu, là, en termes de qu'est-ce qui se
passe avec la protection de la jeunesse puis le manque d'information, le
manque de formation des intervenantes, des intervenants, l'exode, là, du personnel,
et tout ça. Puis il avait fait des recommandations également. Donc, est-ce que
ça veut dire... Tu sais, c'est... de l'apprendre de six mois, huit mois plus
tard, il me semble, ce n'est pas dans l'intérêt de personne. Parce qu'il y a un
problème qu'on doit rectifier. Donc, il me semble que c'est important que le
gouvernement soit au courant, que le ministre soit au courant. Puis, si le
ministère doit faire quelque chose, d'avoir aussi cet échange avec le
commissaire. Ce n'est pas une ingérence,
c'est une... c'est une collaboration, moi, je le vois de cette façon-là, dans
l'intérêt des enfants.
M. Carmant : Je
n'ai rien à ajouter, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
M. le député des Îles.
M. Arseneau :
C'est beau.
Le Président (M.
Provençal)
: Pas de
commentaire. Mme la députée de D'Arcy-McGee.
• (15 h 40) •
Mme Prass : Bien,
encore une fois, je comprends que vous vouliez garder l'indépendance du
commissaire, mais, comme ma... ma collègue
vient de le... de le mentionner, juste parce que vous êtes informés d'une
situation ne va pas faire en sorte que vous allez nécessairement vous
ingérer, c'est que vous soyez au courant. Et, encore une fois, si jamais, par
exemple, ça se révèle dans les médias, encore une fois, et qu'on vous... on
vous questionne là-dessus durant la période des questions, à tout le moins que
vous soyez...
Et aussi je ne vois
pas le mal, dans le sens que, si le commissaire donne un avis à un organisme
parce qu'il voit qu'il y a un enjeu, mais il... en vous informant de cela, ça
ne fait pas en sorte que vous allez vous ingérer, que ça met... ça met
l'organisme dans une position où... ou, autre exemple, peut-être, si le
gouvernement est informé, ça va davantage convaincre l'organisme de faire ces
changements-là, parce qu'ils savent que le ministre est au courant. Ils savent que le gouvernement est au courant et qu'il
y a une certaine attente qu'il va y avoir des changements qui vont être amenés.
Plutôt que si c'est le commissaire qui le fait directement à l'organisme, sans
en informer le gouvernement, bien,
peut-être que l'organisme ne se... tardera à faire ces changements-là. Donc,
c'est question de vous garder informés, pas de vous demander d'agir.
Et... et, je pense,
pour l'intérêt de... du public, que cet organisme va traiter, je pense qu'il y
a une importance que vous soyez au courant. Parce qu'on a vu, justement,
dernièrement, il y a eu plusieurs enjeux où il y a des choses qui sont sorties
dans les médias dont vous n'étiez pas nécessairement au courant. Et je suis
désolée, mais, au regard du public, on se pose des questions, justement.
Pourquoi est-ce que le ministre n'était pas au courant de ça? Si c'est le
ministre, c'est des organismes sous sa gouverne. Donc, je... je donne le même
argument dans cette situation-là.
C'est une question de
vous informer, pas de vous demander d'ingérer, parce que vous avez un devoir
aussi à savoir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, justement pour
pouvoir s'assurer qu'éventuellement soit ils vont suivre les recommandations du
commissaire, soit il y aurait un moment donné où le gouvernement, le ministre
devra s'ingérer si on voit qu'après un certain temps il n'y a aucun changement.
Donc, tout ça est dans, encore une fois, l'intérêt du public et dans votre
intérêt en tant que ministre pour que vous ayez vraiment le portrait de la
situation des organismes qui sont sous votre responsabilité.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Pas de commentaire, monsieur... OK. Alors, sur ce, on va... 11.3, on a eu les
clarifications. Et je vais suspendre les travaux pour permettre au député de Saint-Henri—Sainte-Anne
de pouvoir revenir pour traiter l'article 12 et suivants.
Suspension, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 43)
(Reprise à 15 h 59)
Le Président (M.
Provençal)
: On
reprend nos travaux. Alors, nous allons à l'article 12. Je rappelle que
l'amendement à l'article 12 a été lu, et l'article 12 aussi a été lu.
Donc, je vais demander si on a des interventions sur l'amendement. Alors, Mme
la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Merci, M. le Président. Oui, sur l'amendement, on commence avec
l'amendement, parce que j'ai un autre commentaire après.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Non, non...
Mme Garceau : OK. C'est beau. Donc,
il appert, d'après l'article 12, il y a comme une distinction à faire
entre qu'est-ce qui est à la discrétion du commissaire de mettre dans son
rapport, si je peux dire, là, «il signale, dans ce rapport, tout sujet ou tout cas qui, à son avis,
mérite d'être porté à l'attention». Donc, ça, c'est une chose,
discrétion.
Après, on tombe dans
il... un peu dans il doit mettre dans son rapport, les difficultés rencontrées
dans ses enquêtes, des recommandations qu'il a faites en vertu de l'article 11.1,
donc ça, c'est les recommandations aux organismes publics, ou des avis qu'il a
donnés en vertu de l'article 11.2. Donc, quand ça va mal, on ne respecte
pas les recommandations, donc on veut faire état de ça. Et donc ma question,
pour le ministre, c'est : Pourquoi est-ce qu'on n'a pas ajouté également
l'article 11.3 dans l'amendement?
• (16 heures) •
M. Carmant : Oui, je... moi, je n'ai
pas de... je passerais la parole, là, parce que je... elle est très bonne, la
question.
Mme Garceau :
...consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Me Bérubé.
Mme Garceau :
Me Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Il y a... En fait, il n'y a pas de raison spécifique, là.
Encore une fois, on s'est inspiré du cadre légal, là, qui était prévu pour le
Protecteur du citoyen. D'ailleurs, en lisant les dispositions de cette loi-là,
on constate que le protecteur a la possibilité de l'inclure dans son rapport
annuel, c'est-à-dire les recommandations qu'il aurait faites, là, en vertu de
son article équivalent à 11.3, donc, en matière de réformes législatives, et
autres. Sur le plan... sur le plan légal, là, je n'ai pas... je n'ai pas plus
d'explication à vous donner, là. Autrement dit, 11.3 pourrait être ajouté, là,
il n'y a pas d'enjeu, là.
Le Président (M.
Provençal)
: En
d'autres termes, ça ne bonifierait pas l'article.
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien...
Des voix : ...
Mme Garceau :
Bien, il me semble qu'on devrait... Oui, on devrait l'ajouter.
M. Carmant : J'appuie.
Mme Garceau :
Merveilleux.
M. Carmant : ...est-ce qu'on vous demande... est-ce que... À
moins... à moins qu'il y ait d'autres commentaires...
Mme Garceau :
Est-ce que je continue... ou juste l'amendement...
M. Carmant : Oui,
c'est ça. Oui. Non, continuez, continuez.
Mme Garceau :
Bien là, je ne sais pas si mon collègue a un commentaire, mais moi, j'ai un
commentaire, dernier, dernier alinéa. On a
ciblé... et là c'est quand même important, parce que, là, c'est son rapport de
ses activités, le rapport annuel. Donc, à... on s'attend, quand même,
là, oui, à un sommaire de ses activités, mais il me semble qu'on a misé
beaucoup sur la... le paragraphe 2°. Là, on retourne à l'article 5,
paragraphe 2°, en termes de ses fonctions. Donc, il doit nécessairement inclure
dans son rapport l'état du...
M. Carmant :
Ça, c'est...
Mme Garceau :
...de bien-être des enfants. Parfait. Mais comment se fait-il qu'on n'a pas
inclus, comme, le paragraphe 1°, 3°, 6°, 8°? Pourquoi est-ce qu'on a juste
ciblé 2°?
M. Carmant : C'est...
Je peux y aller? Ça, c'est parce que, typiquement, ça pourrait être fait par la
Santé publique, mais j'insistais pour que ça fasse partie du rapport annuel,
cet aspect d'état du bien-être des enfants, qui... qui sera séparé de celui qui
peut être soumis par la Santé publique, qui est plus général. Donc, tu sais,
c'est juste pour ne pas l'oublier, pour ne
pas dire : Bien, ça va... c'est la santé publique, puis c'est la santé
publique qui va s'en occuper.
Mme Garceau :
OK. Oui, c'est... c'est parce que ça peut porter à confusion, dans le sens
qu'on cible, là, le paragraphe 2°, quand il y a... lorsqu'on regarde toutes ses
fonctions, et qu'est-ce qui... qu'est-ce qui fait partie de son mandat, surtout
l'évaluation de la mise en oeuvre des programmes et la prestation de services.
Je regarde aussi, là, «analyser les impacts des politiques gouvernementales sur
le bien-être des enfants», même, de recueillir, là, les préoccupations, les
opinions, les avis des enfants en ce qui a trait aux enjeux de société. Est-ce
qu'on ne devrait pas référer également à ces
paragraphes-là à l'article 12? Parce qu'il me semble que c'est quand même
important dans leur rapport annuel, à moins que vous alliez me dire que,
bien, c'est un rapport de ses activités. Est-ce qu'on peut dire «un rapport de
ses activités liées à toutes ses fonctions, telles que décrites à
l'article 5»? C'est... c'est...
Une
voix : ...
Mme Garceau :
Il me semble qu'on a besoin d'un petit peu plus de précisions.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
ministre.
M. Carmant : ...c'est
parce que c'est un portrait annuel qu'on voulait le lier mais ça peut être...
Tu sais, soit on les met tous, soit on peut l'enlever aussi, mais ça, c'était
comme la volonté que... d'être sûrs que ce soit inclus dans le rapport, là.
Parce que les autres, ça fait partie de son travail, donc ça va faire partie
absolument... Comme je vous dis, l'état du
bien-être, ça, c'est un... c'est un rôle de santé publique un peu plus, mais on
voulait qu'il soit inclus également dans le rapport.
Mme Garceau :
Mais vous ne savez pas...
M. Carmant : Est-ce que le... est-ce que c'est le mot
«également» qui n'est pas... qui n'est pas bon? Je ne sais pas, mais...
Mme Garceau :
Non, c'est juste parce que, dans
le cadre de cet article, on vise uniquement le paragraphe 2°, là, lié à son obligation de reporter, là, les
informations dans le rapport. Moi, j'aurais suggéré, en tant que commandement,
là, «le rapport de ses activités liées à ses fonctions, telles que décrites à
l'article 5».
M. Carmant : Si...
si c'est un enjeu pour tout le monde, là, je suis souple avec ça, là, c'est...
Le Président (M.
Provençal)
: ...ministre,
voulez-vous prendre une pause pour en parler avec vos gens?
M. Carmant : Pas besoin de... pas besoin de prendre de pause.
C'est... Tu sais, c'est... c'était quand même une envie d'insister là-dessus,
là, mais, si ne vous voyez pas de bénéfice... Mais, quand même... c'est quand
même important. Sinon, ça peut... Tu sais, sinon, le rapport de la santé
publique, il est général. Tu sais, là, il y aurait un apport, vraiment,
du... Ça fait que, s'il y a un peu une autre façon peut-être de le phraser, là,
qui vous irait...
Mme Garceau :
On est ouverts, oui, on est ouverts. On peut suspendre puis discuter.
Le Président (M.
Provençal)
: On va
suspendre les travaux, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
16 h 07)
(Reprise à 16 h 18)
Le Président
(M. Provençal)
: Nous
pouvons reprendre nos travaux. Alors, M. le ministre, dans un premier temps,
est-ce que vous acceptez de retirer l'amendement que vous aviez déposé?
M. Carmant :
Oui, M. le Président, j'accepte.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
consentement pour le retrait de l'amendement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, je vais
vous inviter maintenant à nous lire un nouvel amendement à
l'article 12, s'il vous plaît.
M. Carmant :
Oui, merci, M. le Président. Donc, ça se lit maintenant comme :
«Le commissaire
produit annuellement, dans les quatre mois de la fin de l'année financière, un
rapport de ses activités liées à l'exercice de ses fonctions visées à
l'article 5.
«Il
signale, dans ce rapport, tout sujet ou tout cas qui, à son avis, mérite d'être
porté à l'attention de l'Assemblée nationale. Il y fait aussi état, le
cas échéant, des difficultés rencontrées dans ses enquêtes, des recommandations
qu'il a faites en vertu de l'article 11.1 ou des avis qu'il a donnés en
vertu des articles 11.2 ou 11.3.
«Le commissaire
intègre également dans ce rapport le portrait de l'état de bien-être des
enfants au Québec prévu au paragraphe 2° du deuxième alinéa de
l'article 5.» Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci,
M. le ministre. Interventions?
Mme Garceau :
Oui. Merci beaucoup pour cette précision, c'est très clair.
Le Président (M. Provençal)
: Je pense que ça reproduit...
Mme Garceau :
Les échanges, exactement.
Le Président (M. Provençal)
: ...les échanges que vous avez faits.
S'il n'y a pas d'intervention, je vais procéder à la mise aux voix de
l'amendement à l'article 12. Est-ce que l'amendement à l'article 12
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci. Maintenant, nous revenons à
l'article 12 amendé. Y a-t-il des interventions? Ça va? Alors, s'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 12, amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
• (16 h 20) •
Le Président (M. Provençal)
: Adopté, merci. Maintenant, j'ai
besoin de votre consentement pour revenir à l'article 5. Donc,
l'article 5 avait été amendé. Donc, ouvrir et l'amendement et l'article,
ça va? Consentement?
Des voix : Consentement.
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, je nous rappelle qu'à la demande du député
de Saint-Henri—Sainte-Anne on avait suspendu cet
article-là parce qu'on voulait voir l'ensemble des autres points en lien avec
les fonctions, ce qui a été fait.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Pouvoirs et fonctions. Alors, M.
le... Allez-y, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : M. le Président, on va vous soumettre un
amendement, il part à l'instant. Ça fait que, si vous voulez suspendre,
on va pouvoir être dans l'amendement de l'article 5.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Suspension.
(Suspension de la séance à 16 h 21
)
(Reprise à 16 h 23
)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux, et je vais inviter le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne
à nous présenter son amendement.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Donc : Ajouter, à la fin de l'article 5, l'alinéa
suivant :
«Pour les fins de la présente loi, le
commissaire est présumé détenir l'ensemble des pouvoirs nécessaires à
l'exercice de ses fonctions.»
Donc, ce que je veux faire, là, M. le Président,
puis je crois comprendre par l'équipe légale que c'est déjà le cas, mais on
s'est dit, en tant que collègues, qu'on ne perdait rien à prendre deux minutes pour
le vérifier, c'est que chacun des pouvoirs qu'on est venu conférer au
commissaire soit bien lié à son travail, à ses fonctions, et qu'on n'ait pas... Parce que, bon, l'article 5 a été
écrit avant que certains amendements à 11.1, 11.2, 11.3 aient été écrits.
Alors, on a, d'une certaine façon, élargi, en cours de route... puis
c'est peut-être ce qu'on va faire à 9, on verra les modifications, mais on a quand même élargi sa portée. Et moi, mon
souhait, c'est simplement que de vérifier que chacun des points et des pouvoirs
sont liés aux fonctions. L'équipe légale me confirme que oui, alors on va juste
faire l'exercice rapidement.
Donc, on a le
premier pouvoir, à 8, donc c'est assez clair pour moi, à 8, parce que ça
dit : «Pour l'accomplissement de ses fonctions, le commissaire
peut». Donc, c'est assez limpide à 8, on est d'accord. À 9 amendé : «Un
organisme public doit, sur demande, permettre au commissaire de prendre
communication et d'en tirer copie», et là ça explicite très clairement que le
commissaire le fait dans son rôle à 3, 6... 3, 6 et 7? C'est ce que j'ai.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : 9 est suspendu,
pardon, ça fait qu'on va sauter 9. Mais vous alliez ajouter...
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, en fait,
bien, la version présentée, je crois qu'elle mentionne 2, 3 et 6 avant
l'amendement.
M. Cliche-Rivard : 2, 3, exact,
exact. Ça fait qu'attendons voir. Bon, «le commissaire peut d'office faire
toute enquête qu'il juge utile à l'exercice de ses fonctions». Donc, c'est
clairement rattaché à sa fonction, ça dit... paragraphes 6°, 2e, 5. Donc,
collègue, vous êtes à l'aise aussi? Parfait.
11,
là, à 11, c'est la coopération avec les autres entités, là. Bon, moi, je ne
vois pas spécifiquement d'article, mais je devine que c'est lié à 5, 2, 5, dans
la prestation de services et...
M. Bérubé
(Mathieu) : Effectivement, le... disons, l'idée principale, ça
pourrait être dans ce cadre-là, là, dans les fonctions de soutien, de
coordonner, d'harmoniser leurs interventions pour être sûrs qu'il y ait une
bonne coopération entre les organisations.
Mais il pourrait... ça pourrait être le cas aussi en vertu d'autres fonctions,
là, mais, principalement, 5, disons, qui...
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que c'est relié à une de ses jobs à 5, 2, 5.
M. Bérubé
(Mathieu) : Tout à fait, tout à fait.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que, même si elle n'est pas expressément mentionnée, là, on
comprend que c'est dans son travail...
M. Bérubé
(Mathieu) : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...de développer des mécanismes qui vont lui permettre notamment de
soutenir les enfants dans l'exercice...
M. Bérubé
(Mathieu) : Tout à fait.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Ça fait qu'on l'a à 5, 2, 5. Collègue, ça va?
Une voix : ...
M.
Cliche-Rivard : Non, non, mais on veut faire les choses comme il faut.
11.1, dans l'exercice de ses fonctions
visées à 6° et... à 3° et 6°, deuxième alinéa de 5, «faire toute recommandation
à un organisme public et requérir d'être
informé sur des mesures qui auront été prises pour y donner suite». Ça fait
que, là, je vous la pose, celle-là. Je pense qu'on a inclus 2° à ça, je
me trompe-tu?
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : C'est ça, oui, parfait.
Ça fait que le fait de faire des recommandations à un organisme public,
ça, ça fait partie de ses fonctions?
M. Bérubé
(Mathieu) : Ça, c'est un pouvoir, de faire des recommandations.
M.
Cliche-Rivard : C'est un pouvoir, mais ce n'est pas sa job.
M. Bérubé (Mathieu) : Ses fonctions sont à 2°,
3° et 6° du deuxième alinéa, notamment, de l'article 5. Et, dans
l'exercice de ces fonctions-là, il peut faire toute recommandation à un
organisme public.
M.
Cliche-Rivard : Mais ce n'est pas son travail. C'est là où j'apporte
une nuance importante, parce qu'à 6° il évalue la mise en oeuvre, mais il n'a
pas un travail de recommandation à 6°.
M. Bérubé
(Mathieu) : Mais il a le pouvoir d'émettre des recommandations.
M.
Cliche-Rivard : Mais il a le pouvoir de le faire.
M. Bérubé
(Mathieu) : Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Mais je vous pose la
question bien ouvertement, légalement, là. Vous, vous êtes à l'aise que ce
n'est pas ça, son travail, mais il peut le faire?
M. Bérubé
(Mathieu) : Ses fonctions sont à 5, les pouvoirs, ici... Ça, c'est un
pouvoir, tout à fait, c'est une possibilité.
M. Cliche-Rivard : C'est un pouvoir, mais ce
ne sera pas le rôle du commissaire de faire des recommandations. Ce
n'est pas son rôle, là, ce n'est pas sa fonction de faire des recommandations à
un organisme public.
M. Bérubé
(Mathieu) : C'est dans le cadre de... c'est dans le cadre de ses
pouvoirs. Je...
M. Cliche-Rivard : Mais
sémantiquement puis dans le cadre, c'est immensément différent. Puis c'est la question que je vous soumets, puis c'est pour ça
que je veux faire l'exercice. C'est immensément différent, «avoir une fonction de» et «être capable de». Veut-on que ce soit sa
job ou veut-on qu'il puisse le faire? C'est la question que je pose, qui n'est
pas vraiment philosophique, finalement, elle est très concrète, là.
M. Bérubé
(Mathieu) : Écoutez, si on voit ses fonctions jumelées à ses pouvoirs
comme étant son rôle de façon générale, je pense qu'on atteint le... une
définition de son travail ou de son rôle.
M.
Cliche-Rivard : J'apprécie l'interprétation plus libérale, peut-être,
de... que vous faites de... du chapitre, mais là le chapitre est subdivisé
entre pouvoirs et fonctions. Ça fait que ce n'est pas faux, ce que vous dites,
mais le législateur peut clairement interpréter que ce n'est pas ça, sa
fonction, parce que c'est dans pouvoirs.
M. Bérubé
(Mathieu) : Mais ici, c'est un pouvoir parce que ça se peut qu'il
n'ait pas de recommandation à émettre dans le cadre de l'exercice de ses
fonctions. Donc, s'il n'a pas de recommandation à faire, il ne faut pas
l'obliger à en faire.
M.
Cliche-Rivard : J'ai une inquiétude dans ce qu'on veut qu'il fasse ce
commissaire-là. On veut qu'il fasse, quand
il le juge nécessaire, pas tout le temps, là, mais on veut que ça fasse partie
de sa job, et non pas seulement de son pouvoir. C'est quand même
fondamental quand on détermine un nouvel organisme, comme on le fait en ce
moment, que de lui dire c'est quoi qui est attendu de lui, et que, si, dans ses
fonctions, on ne lui dit pas qu'il est attendu
de lui de faire ces recommandations-là dans ses fonctions. Puis je vous pose la
même question à 11.2 puis à 11.3. Je ne pense pas que ça change
grand-chose dans ce que vous avez l'intention de faire déjà, M. le ministre,
là, tu sais, je ne pense pas qu'on vient
révolutionner le chapitre, mais c'est une inquiétude que j'ai, à savoir qu'on
lui a effectivement, après, puis je
vous remercie, ajouté des jobs à 11.2, 11.3, mais on ne lui a pas donné cette
job-là. Ce n'est pas sa job...
M. Carmant : ...bien,
que c'est implicite.
M.
Cliche-Rivard : ...puis des recommandations... Bien, alors
explicitons-le. Tu sais, c'est juste ça que je demande, d'être sûr que ça fasse
partie... le cas échéant, pas obligé d'être tout le temps, mais, le cas
échéant, que ce soit sa job.
• (16 h 30) •
M. Carmant : Et
s'il juge que ce n'est pas nécessaire?
M.
Cliche-Rivard : «Le cas échéant» vient répondre à ça, ou «s'il le juge
nécessaire». Mais le fait qu'on... le fait qu'on crée un pouvoir qui n'a... qui
n'est pas lié à sa job, à son travail, à sa fonction m'inquiète. Donc, je vous
laisse peut-être discuter.
M. Carmant : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires avant qu'on réfléchisse?
Le Président (M.
Provençal)
: ...Mme
la députée.
Mme Garceau :
Oui. Je suis entièrement d'accord avec mon collègue, qui soulève quand même
un point important, surtout compte tenu des amendements. C'est vraiment compte
tenu des amendements, qui, évidemment, ont été faits après, là, la rédaction du
projet de loi. Et donc, que ce soit l'article 5 ou 8, on ne prévoit pas,
d'aucune façon, fonctions, pouvoirs, d'émettre des recommandations. Et même, il
faut aller plus loin que ça, là. Donc, il faut que ce soit libellé probablement
dans ses fonctions, parce que si l'organisme public, à l'article 11.1, ne
respecte pas la mise en oeuvre des recommandations, là, il peut aller plus
loin. Donc, il faut... Donc, ça fait partie de son mandat.
M. Carmant : ...répond
à ça?
Des voix : ...
M. Carmant : Le
paragraphe 9°, excuse-moi. 5, 2, 9°.
Mme Garceau :
Non, non, on... Non, parce que ça, c'est juste que le commissaire...
l'organisme... là, c'est plus l'obligation sur l'organisme, qui doit, sur
demande du commissaire... Là, c'est...
M. Carmant : OK.
Donc, c'est le rapport à l'organisme.
Mme Garceau :
OK. C'est plus là-dessus, là, c'est... c'est l'organisme qui a l'obligation
de remettre au commissaire. Là, on est vraiment dans fonctions, pouvoirs du
commissaire de dire à l'organisme public : Vous devez... voici mes
recommandations, puis vous devez les mettre en oeuvre parce que, si vous ne le
faites pas, là, moi, je continue, je vais pouvoir informer le gouvernement, je
vais pouvoir informer l'Assemblée nationale. Donc, c'est quand même... c'est
quand même fondamental, là, à prévoir, dans le cadre de ses fonctions, qu'il
peut émettre des recommandations. Fonctions.
M.
Cliche-Rivard : Que ce soit sa job.
M. Carmant : ...
Le Président (M. Provençal)
: Suspendre?
M. Carmant : Je comprends le point,
là, on va voir...
M. Cliche-Rivard : Juste que ce soit
sa job.
Mme Garceau : Bien oui.
Le Président (M. Provençal)
: On va suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 33)
(Reprise à 16 h 36)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous revenons en ondes. Alors,
M. le ministre, vous êtes en mesure d'apporter une réponse.
M. Carmant : Oui.
On a discuté avec l'équipe des juristes. Je laisserai la parole à
Me Bérubé, qui va clairement expliquer. Puis c'est le même avis que
j'avais, là...
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Carmant : ...mais qui va
plus clairement l'exprimer.
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M.
le Président. Donc, les fonctions du commissaire de formuler des avis ou des
recommandations, que ce soit au gouvernement, à l'Assemblée nationale ou à tout
ministre, sont prévues au paragraphe 9° du deuxième alinéa de
l'article 5. L'intention, ou l'objectif, ou la finalité souhaitée de 11.1
et 11.2, notamment, c'est plutôt d'obtenir
une reddition de comptes à l'égard d'un organisme pour lequel le commissaire
ferait une recommandation plus spécifique en lien avec les fonctions qui
sont rattachées à ces articles-là, c'est-à-dire 2°, 3° et 6°, de mémoire, là.
M. Cliche-Rivard : C'est vrai,
mais vous... vous ne prévoyez pas au commissaire de mandat, de fonction de
faire ces recommandations-là, cette reddition de comptes à 2°, 3° et 6°. Vous
ne le prévoyez pas, alors que vous le prévoyez à 9°, faire des avis. 11.3 a son
analogue à 9°, mais 11.1 et 11.2 n'ont pas leur analogue dans le libellé de
5.2°, 5.3° et 5.6°.
M. Bérubé (Mathieu) : Non,
parce...
M. Cliche-Rivard : Je
m'exprime, juste pour compléter.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : Évaluer
la... «[5.2.6°] évaluer la mise en oeuvre des programmes et la prestation des
services qui sont destinés aux enfants et qui relèvent des organismes...», y
formuler des recommandations, et en faire le suivi lorsque nécessaire. Et là on
a une fonction qui est liée à un pouvoir, parce que c'est sa job. Là, 5.2.6°,
de faire des recommandations et de faire un suivi de ces recommandations ne
fait pas partie de son travail à 5.2.6°. C'est ça que je vous soumets.
M. Carmant : 9 n'englobe pas
cette mesure-là?
M. Cliche-Rivard : Non.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, en
fait... en fait, c'est que 9, c'est sa fonction générale, d'émettre des avis et
des recommandations sur toute question portant sur ses fonctions. Le pouvoir
prévu à 11.1 et suivants, c'est de faire des
recommandations spécifiquement à un organisme public en lien avec l'exercice de
certaines de ses fonctions. Donc, forcément, c'est rattaché avec son
travail, mais ça demeure une possibilité dans la mesure où il estime nécessaire
d'émettre une recommandation et d'exiger une reddition de comptes.
M. Cliche-Rivard : Sauf qu'à 9
on parle de l'Assemblée nationale, du gouvernement ou d'un ministre.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui, mais dans toute matière relevant de ses fonctions,
l'avis ou la recommandation qui serait faite à une de ces entités-là pourrait
porter sur un groupe d'organismes, là, ou un réseau quelconque, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Pour
l'avis, vous me dites que 9 inclut les organismes publics. C'est ça?
M. Bérubé (Mathieu) : La
matière, le sujet de l'avis ou de la recommandation serait faite soit à
l'Assemblée nationale, au gouvernement ou à un ministre.
M. Cliche-Rivard : Non, mais à
11.1, ce n'est pas... ce n'est pas ça.
M. Bérubé (Mathieu) : Mais le
contenu... le contenu de l'avis ou de la recommandation pourrait porter sur un
réseau quelconque.
M. Cliche-Rivard : Mais, à
11.1, l'avis, il le fait à l'organisme public.
M. Bérubé (Mathieu) : Directement à
l'organisme public, parce qu'ici, l'idée de 11.1, c'est d'ajouter une exigence de reddition de comptes auprès de l'organisme
public.
• (16 h 40) •
M. Cliche-Rivard : On est d'accord.
Mais je reviens au point... puis vous ne me convainquez pas, là, avec respect,
là, que c'est ça, son travail dans ses fonctions versus le libellé que je vous
proposais ou que je soumets, qui peut être complètement modifié, mais que ça
fasse partie de son travail. C'est mon inquiétude, là. Le commissaire va se dire : C'est intéressant, j'ai ce
pouvoir-là, mais ce n'est pas mon travail. Moi, quand je lis mes fonctions puis
je fais mon rapport annuel, je suis 1°, 2°, 3°, 4°, 5°, 6°, mais ce
n'est pas mon travail d'aller faire des recommandations, des redditions de
comptes puis des suivis. Puis peut-être que je n'ai pas les budgets pour ça
parce que ce n'est pas dans mes fonctions. Ça fait que c'est la seule chose que
je pense qui est importante quand même. C'est pour ça que je le fais à
l'envers, c'est : C'est-tu sa job? Je pense que vous êtes convaincu que
c'est sa job, vous l'avez mis à 11.1, puis à
11.2, puis à 11.3. Assurons-nous que dans le chapitre des fonctions... Puis ce
n'est pas vraiment compliqué, là, il s'agit d'y ajouter une fonction de
recommandation et de suivi et, le cas échéant, de rapport lorsque nécessaire.
Parce que là, tel qu'écrit, ce n'est pas son travail de faire 11.1, 11.2 et
11.3, ce n'est pas sa job.
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, allez-y.
Mme Garceau : Moi, je vais même
suggérer d'aller un petit peu plus loin, là, parce que, pour moi, ce n'est pas
dans 9, carrément, on a besoin d'ajouter un 10.
M. Cliche-Rivard : Bien,
probablement.
Mme Garceau : Il faudrait ajouter un
10.
M. Cliche-Rivard : Puis si vous ne
voulez pas juste nous expliquer pourquoi? Tu sais, je suis ouvert, là, à discuter,
là, mais je ne comprends pas pourquoi il y aurait...
M. Bérubé
(Mathieu) : ...raison. C'est que là, si on l'ajoute comme
étant une fonction, donc, on vient comme l'obliger à remplir ça. Mais
c'est un pouvoir, en fait, qui est accordé au commissaire de le faire, mais en
lien avec certaines de ses fonctions. Puis, autrement dit... Bien, écoutez,
avec respect, là... bien, je veux dire, je considère que ça fait partie... je
considère que ça fait partie de son travail dans la mesure où il a le pouvoir.
Ça lui prend des pouvoirs pour atteindre...
pour réaliser ses fonctions. Donc, ses pouvoirs font partie de son travail.
C'est inhérent, là, un va avec l'autre, là.
M.
Cliche-Rivard : ...tu sais, avec égard, là, je pense que... puis
c'est plus que... Je dirais que je suis probablement beaucoup pas
d'accord, là, dans le sens, pas juste... je ne pense pas que c'est juste une
question d'interprétation. Puis j'entends votre nuance quand ce n'est pas
nécessaire puis quand ce n'est pas applicable, je ne veux pas le forcer moi non plus. Ça fait que si l'entre-deux, c'est de
dire «lorsqu'applicable» ou «lorsque nécessaire», mais je veux que ça fasse
partie... pas seulement de ses outils, je veux que ça fasse partie de son
travail de veiller à ça, que c'est son rôle de faire des recommandations à un
organisme pour lequel le bien-être des enfants est lésé. Pas il peut le faire,
c'est son rôle, c'est une obligation
positive lorsque nécessaire. Puis si ce n'est pas nécessaire, puis il n'en fait
pas, il n'en fait pas.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 42)
(Reprise à 16 h 55)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous reprenons nos
travaux. Alors, je cède la parole, au départ, au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Alors, merci, M. le Président. Bon, il a été discuté,
quand même, une voie de passage, donc, avec consentement des membres, je vais
retirer l'amendement pour que M. le ministre puisse déposer le sien et qu'on
ait une voie conjointe vers le futur.
Le Président (M. Provençal)
: Excellent. Alors,
consentement pour retirer l'amendement qui avait été déposé par le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Maintenant, M. le
ministre, je vais vous inviter à lire l'amendement que vous nous
présentez.
M. Carmant : Merci,
M. le Président. Donc, l'amendement se lit comme suit : Insérer, à la fin
du deuxième alinéa de l'article 5 du
projet de loi tel qu'amendé, le paragraphe suivant — comme
suggéré par la députée de Robert Baldwin :
«10° lorsqu'il le
juge nécessaire, fournir à un organisme public les avis et les recommandations
qu'il estime appropriés sur toute question concernant une matière relevant de
ses fonctions.»
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Commentaires? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Donc, oui, là on vient,
effectivement, donner une fonction au commissaire au sens de 11.1, dans ses
pouvoirs, là. Alors là, il a vraiment une fonction aussi et non pas seulement
un pouvoir, mais une fonction de fournir à l'organisme public des avis,
recommandations, ce qu'on n'avait pas à 5.2.9°, on a... À 5.2.9°, on a...
M. Carmant : Avis,
recommandations.
M.
Cliche-Rivard : Exactement, avis, recommandations. Là, je...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Bon, je laisserai la
parole à ma collègue qui semble avoir quelque chose à dire. Moi, j'étais
initialement convaincu, mais je sens que peut-être que mon opinion pourrait
changer.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Merci, M. le Président. Là, on est section «fonctions». On ajoute une
fonction, la fonction, c'est : «Lorsqu'il le juge nécessaire, fournir à un
organisme public [des] avis et [des] recommandations qu'il estime appropriés
sur toute — c'est
la dernière partie — question
concernant une matière relevant de ses fonctions», mais... Non, parce que c'est
redondant, ça ne marche pas, là, parce que c'est une nouvelle fonction. La
fonction, ça ne peut pas être «toute question concernant une matière relevant
de ses fonctions», la nouvelle fonction, c'est de fournir des avis et des recommandations. Vois-tu ce que je
veux dire? Ça ne marche pas, la dernière partie, là, parce que là on vient
d'ajouter une fonction, la fonction...
M. Carmant : Donc,
vous retireriez la fin?
Mme Garceau :
C'est ça, il faudrait retirer. «Qu'il estime appropriés», peut-être, point.
Des voix :
...
M.
Cliche-Rivard : 5.2.9° dit ça?
Des voix : ...
M.
Cliche-Rivard : 5.2.9.10°.
Mme Garceau :
Ça marche... Bien, en tout cas, je ne comprends pas, parce qu'en soi, c'est
une fonction. Qu'est-ce qui est la fonction? C'est de «fournir les avis et les
recommandations qu'il estime appropriés», ça, c'est la fonction?
M. Carmant : Puis toutes ses
fonctions au-dessus.
Des
voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: On veut être sûrs de ne
pas oublier toutes les autres fonctions auxquelles il est...
Des voix : ...
M. Carmant : C'est
pour ça que je pensais, au début, que 9° était inclusif.
Le Président (M.
Provençal)
: C'est
correct.
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: C'est
ça, c'est ça. La formulation est correcte.
Des voix : ...
Mme Garceau :
OK, on le laisse.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Mme Garceau :
OK, correct.
M. Carmant : Merci.
• (17 heures) •
Le Président (M.
Provençal)
: Autres
interventions?
M.
Cliche-Rivard : Oui.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Donc, ça, ça répond bien, M. le Président.
Puis les collègues juristes me l'ont expliqué hors d'ondes, mais j'aimerais ça
quand même qu'ils nous le disent en ondes, là. Ça, ça répond bien à 11.1, en ce sens où là, le commissaire a également une
fonction de recommandation à l'organisme public. Là, le deuxième volet, c'est requérir d'être informé des mesures qui
auront été prises pour y donner suite. Bon, on comprend que c'est implicite,
même si on ne fournit pas nécessairement le
mandat que... que ça soit dans son mandat de requérir des informations, là. Me
Bérubé, vous êtes... vous, vous lisez que c'est implicite que, du moment où il
fournit ces avis-là, il en a aussi le mandat d'en faire le suivi?
Le Président (M.
Provençal)
: Maître.
M. Bérubé
(Mathieu) : C'est possible de répéter la question?
M.
Cliche-Rivard : Oui, c'est correct, il n'y a pas de problème. Je
vais... Je veux juste qu'on soit clairs, là. Là,
vous complétez ou vous donnez un mandat, à 11.1, «faire toute recommandation à
un organisme public». Ça fait que ça, on le retrouve maintenant à 10,
là, «des avis et des recommandations à l'organisme public». Le deuxième... la
deuxième partie de 11.1, c'est «requérir d'être informé des mesures qui ont été
prises pour y donner suite», donc, une espèce de mandat continu de s'assurer du
respect ou du suivi des recommandations de 10?
M. Bérubé
(Mathieu) : Lorsqu'il l'estime nécessaire, toujours.
M.
Cliche-Rivard : Lorsqu'il l'estime nécessaire.
M. Bérubé
(Mathieu) : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Son mandat de faire ça, le suivi de ses
recommandations, où le trouve-t-on dans ses fonctions?
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien, je pense qu'on pourrait effectivement le considérer
comme étant inclus à 10. En fait, là, ici, à
10, là, on fait face à une fonction qui est discrétionnaire, toujours, hein,
parce que c'est lorsqu'il le juge nécessaire. Donc, voilà.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, pour vous,
c'est limpide, à 10, que non seulement il a le mandat de recommander, mais il a le mandat de suivi de ses
recommandations. On ne devrait pas ajouter «et d'en faire le suivi».
M. Bérubé (Mathieu) : Je crois... Je
ne crois pas que c'est nécessaire, non.
M. Cliche-Rivard : OK.
Je ne suis pas 100 % non plus convaincu. C'est quand même une zone que je
trouve, disons, floue, là, que j'aurais probablement colmatée. Mais
est-ce que je ne suis pas d'accord avec vous que c'est implicite, je ne suis pas certain. Mais vous comprenez ce que je veux
dire, M. le ministre, là on est venus quand même colmater une brèche importante. C'est une autre chose, tu sais, c'est
une chose de faire des recommandations, je vous fais mon rapport de recommandations, pour moi, c'en est une autre, là,
de faire le suivi puis de demander à l'organisme public d'être informé
de ce qui se passe sur mes recommandations. Puis c'est... puis là vous allez me
répondre aussi à 11.2, c'est peut-être une autre chose aussi, que de... pas
satisfait des recommandations, écrire au ministre et de faire un rapport, à 8.5°, comme quoi je ne suis pas
satisfait du suivi des recommandations. Si vous me dites que, pour vous,
c'est clair, je ne suis pas sûr que je suis
d'accord, mais je suis prêt à vous suivre, mais si vous êtes vraiment certain,
là.
M. Carmant : Bien,
pour moi, c'est clair et attendu.
M.
Cliche-Rivard : OK. Et attendu. Collègue.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Merci, M. le Président. Je comprends le point de mon collègue. Je comprends
aussi qu'à l'article 11.1 on mentionne
évidemment qu'on veut que l'organisme fasse le... qu'il y donne suite, là.
Donc, j'ai moins de problèmes avec cet aspect-là. Moi, c'est plus à
l'égard... compte tenu des articles 11.2 et 11.3, parce que là on parle
juste de fournir à un organisme public les avis et les recommandations. Mais
11.2 et 11.3, on dit également «ou au
gouvernement». Et donc est-ce qu'on devrait prévoir à l'article, maintenant 10° :
«lorsqu'il le juge nécessaire, fournir à un organisme public ou au
gouvernement les avis et les recommandations»?
M. Carmant :
Bien, dans notre discussion, on avait dit que c'était présent à 5, deux,
9°, les avis et recommandations au gouvernement.
Des voix : ...
M. Carmant :
Est-ce que ça va?
Mme Garceau :
Merci. Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres
interventions? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Bien, moi, je pense qu'on a bientôt fait le tour. Donc, le pouvoir
de suivi, il est implicite, la fonction de suivi est implicite au
nouveau 10°. À 11.2, là, on réfère directement au pouvoir qui existe... à
la fonction, pardon, qui existe à 9°. Puis à 11.3, c'est les deux, c'est 8° et
c'est 9°.
Donc, on aurait fait
le tour, effectivement, à mon humble avis, où on est venu s'assurer qu'on a...
toutes les fonctions sont liées aux pouvoirs et tous les pouvoirs sont liés aux
fonctions.
Le Président
(M. Provençal)
: S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article 5
déposé par M. le ministre est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
que l'article 5, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Maintenant, nous allons à l'article neuf.
M. le ministre, vous aviez des validations à faire, est-ce que vous avez obtenu
vos réponses?
M. Carmant :
Je ne sais pas si on peut... Non, on n'est pas prêts, monsieur...
Le Président
(M. Provençal)
: Non?
OK, alors...
Des voix : ...
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
ça veut dire, M. le ministre, qu'on débuterait la section Commissaire associé
dédié au bien-être et aux droits des enfants autochtones, le chapitre III,
article 14. Alors, au niveau de l'article 14...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, M. le ministre, je vais vous
inviter à faire la lecture de l'article.
M. Carmant :
On me demande de suspendre, monsieur... Est-ce que...
Le Président (M. Provençal)
: À l'article... hein? Qui a demandé...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Pas obligé de t'en donner une, mais oui, bien oui, on
suspend, on suspend.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Non, non, on suspend. Je taquine.
(Suspension de la séance à 17 h 08)
(Reprise à 17 h 10)
Le Président (M. Provençal)
: Donc, nous sommes à
l'article 14. L'article 14 est libellé d'une certaine façon,
présentement, dans le projet de loi. Par contre, M. le ministre, vous voulez...
vous allez vouloir... vous aller déposer un amendement. Alors, dans un premier
temps, M. le ministre, on va lire le 14, tel quel, et, par la suite, on ira
avec votre amendement, puis j'expliquerai ce que ça va avoir...
M. Carmant : Ce qui a mené à
l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, qu'est-ce qui va être lié à
l'amendement.
M. Carmant : Parfait. Merci, M. le
Président. Donc, l'article 14 original se lisait :
«Le gouvernement nomme un commissaire associé
dédié au bien-être et aux droits des enfants autochtones parmi les personnes
recommandées par le commissaire après consultation des communautés autochtones.
«Le commissaire associé doit avoir une
expérience de travail auprès d'une communauté autochtone. Il doit également posséder une connaissance approfondie en
matière de promotion du bien-être et du respect des droits des enfants
autochtones.»
Le présent article du projet de loi en introduit
le chapitre III, lequel porte sur le commissaire associé dédié au
bien-être et aux droits des enfants autochtones.
Le premier alinéa de l'article confère au
gouvernement la tâche de nommer ce commissaire associé. Pour ce faire, le gouvernement doit choisir parmi les
personnes recommandées par le Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants. Avant de recommander des personnes au
gouvernement, le commissaire doit avoir consulté les communautés
autochtones du Québec.
Le deuxième alinéa de l'article prévoit
certaines des qualités que doit posséder le commissaire associé.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, votre amendement, M. le
ministre.
M. Carmant : Oui. Alors, M. le
Président, on propose, puis j'expliquerai peut-être la démarche après, là, mais
de remplacer le chapitre III du projet de loi comprenant les
articles 14 à 18 par le chapitre suivant :
«14. Le commissaire peut, conformément à la Loi
sur le ministère du Conseil exécutif, conclure une entente de collaboration portant sur toute matière
relevant de ses fonctions avec les Premières Nations ou les Inuit représentés
par l'ensemble des conseils de bande ou des conseils des villages nordiques des
communautés qui les constituent, avec la
Société Makivik, avec le Gouvernement de la nation crie, avec une communauté
des Premières Nations ou des Inuit
représentée par son conseil de bande ou par le conseil du village nordique,
avec un regroupement de communautés ainsi représentées ou avec tout
autre regroupement des Premières Nations ou des Inuit. Cette entente peut
également porter sur un mécanisme de concertation visant à assurer
l'harmonisation de leurs interventions à l'égard des enfants et des jeunes
adultes des Premières Nations ou des Inuit.
«Le commissaire transmet une entente conclue en
vertu du présent article au président de l'Assemblée nationale qui la dépose à
l'Assemblée nationale dans les 30 jours de sa réception ou, si elle ne
siège pas, dans les 30 jours de l'ouverture de la session suivante ou de
la reprise de ses travaux.»
L'amendement vise à retirer du projet de loi les
dispositions qui concernent la nomination d'un commissaire associé dédié au
bien-être et aux droits des enfants autochtones. Il vise également à prévoir la
possibilité pour le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants de
conclure une entente de collaboration portant sur toute matière relevant de ses
fonctions avec les Premières Nations ou les Inuits.
À titre d'exemple, une telle entente de
collaboration pourrait porter sur les moyens permettant de recueillir les préoccupations et les opinions des membres des
Premières Nations et des Inuits, notamment en ce qui concerne les facteurs
historiques, sociaux et culturels qui leur sont propres, l'analyse de l'état de
bien-être des enfants des Premières Nations
et des Inuits, notamment par la réalisation du portrait de cet état, les moyens
d'information au sujet du bien-être et
des droits des enfants des Premières Nations et des Inuits, la veille des décès
des enfants des Premières
Nations et des Inuits, l'accompagnement des enfants des Premières Nations et
des Inuits vers les ressources appropriées.
Juste pour expliquer
le contexte, là...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
allez-y, puis, après ça, je vais faire une mise au point.
M. Carmant : ...permettez-moi
de relire la... permettez-moi de relire la... je suis fatigué, moi aussi,
permettez-moi de relire la recommandation de Mme Laurent : «Toutefois,
nous estimons qu'il est essentiel que le Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants soit
compétent pour veiller sur les droits de tous les enfants du Québec,
incluant les enfants autochtones, et ce, jusqu'à ce que les communautés qui le
souhaitent puissent se prévaloir d'un commissaire autonome.»
Donc, M. le
Président, j'ai pris la liberté ou le mandat de discuter avec la Société
Makivik, qui sont venus nous voir, l'APNQL,
qui sont venus voir, les centres d'amitié autochtones, et je leur ai dit que,
dans le contexte de C-92, on leur donnait le... bien pas «on leur
donnait», là, c'était à eux de nommer leur propre commissaire et de créer une entente avec le commissaire de la nation
québécoise. Et, s'ils avaient besoin d'un accompagnement, ou d'une entente,
ou d'un suivi, ou de soutien, bien, on serait là pour les accompagner sur la
base d'une entente qui serait signée entre notre
commissaire et leur commissaire. Donc, on leur donne toute l'autonomie qu'ils
désirent pour la surveillance de leurs enfants.
Puis, je le rappelle,
dans le projet de loi initial, comme la modification, on avait dit que les
Premières Nations et les Inuits sont le mieux placés pour prendre soin de leur
enfant. Et j'ai reparlé à la Société Makivik, j'ai reparlé au chef Picard hier
soir et... hier matin, puis il semble très heureux des modifications qu'on
apporte. C'est ce que j'avais à dire, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup. Alors là, je vais faire un rappel de nos règles pour être sûr qu'il
n'y a pas... Puis moi, je veux m'assurer que votre temps de parole est respecté
de façon intégrale. Alors, étant donné que l'amendement au chapitre III
modifie l'article 14, 15, 16, 17 et 18 et qu'un tel amendement pourrait
faire l'objet de plusieurs amendements distincts, donc il y aurait un temps
pour chacun de ces amendements-là, est-ce qu'il
y a consentement, dans le cadre de l'amendement au chapitre III, d'étudier
simultanément les articles 14 à 18, et, par conséquent, c'est une enveloppe de 120 minutes qui sera allouée et
prévue pour l'étude de l'amendement du chapitre trois?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Est-ce que c'est clair, mon explication est claire? Parce que, sinon, c'est 20,
20, 20.
M.
Cliche-Rivard : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Pardon?
M.
Cliche-Rivard : C'est comme s'il y avait quatre articles.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui...
Six, c'est comme s'il y en avait six.
M.
Cliche-Rivard : Six, six articles.
Le Président (M.
Provençal)
: Les cinq
plus l'amendement et la notion du titre. Ça va?
M.
Cliche-Rivard : Oui. OK.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
je comprends qu'il y a consentement.
Mme Garceau :
Oui.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
s'il y a consentement, on débute les échanges.
M. Cliche-Rivard : Bon. Bien, peut-être, M.
le ministre, avant que, puis, tu sais, vous nous avez présenté ça... on
avait suspendu en février, si je ne m'abuse.
Une voix : Oui.
M.
Cliche-Rivard : Et on a suspendu quand même deux mois... un mois et
demi?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard :
Deux mois. Peut-être nous expliquer, dans ce que vous pouvez nous
expliquer, qu'est-ce qui s'est passé pendant ces deux mois là de votre côté,
là.
M. Carmant : Bien, vous vous
souvenez, la décision finale de C-92 est tombée.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M. Carmant : Et on a fait un premier
contact avec les trois... les trois organismes que je vous ai nommés, là,
Makivik, APNQL et le centre amitié autochtone. On a eu une première discussion,
on leur a envoyé une proposition, on a
attendu qu'ils nous reviennent et, ensuite, on a... on a travaillé sur
l'amendement suite à leur première réaction et on a confirmé avec eux la
suite des choses par la suite, et en s'entendant qu'on allait continuer à
travailler ensemble, mais sur une base
administrative, et que nous, on ne jugeait pas que c'était approprié d'inclure
le commissaire qu'eux vont choisir dans notre loi à nous.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Cliche-Rivard : Nous aussi, on a
eu des discussions avec... en fait, avec l'APNQL, là, puis je ne peux pas...
puis là, loin de moi l'idée de parler pour eux, là, ce n'est pas du tout ça,
l'exercice, mais il n'y avait pas d'enthousiasme, là. Dans la discussion que
moi, j'ai eue, et je l'ai eue lundi, pas hier matin, lundi, et moi, quand je
leur ai parlé, on a eu une discussion à savoir où est-ce qu'ils en étaient, là,
parce qu'ils avaient eu vos propositions, en effet, pas... il y a... pas
longtemps avant... C'était lundi? Oui, c'est ça.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Vendredi, pardon.
Excusez-moi, c'est vendredi. Et eux nous ont soumis leur intérêt à venir nous
présenter leur position, qu'on vienne les écouter dans le contexte où ce qui
était prévu à 14 et 18 et ce qui est prévu là, c'est... ce n'est pas du tout la
même chose, là, tu sais, puis vous l'avez dit. Puis là, moi, je n'ai pas été
capable, pour être dans une totale honnêteté, de faire ces liens-là avec
Makivik, pour une question de temps, avec les centres d'amitié autochtones, je
les ai faits avec l'APNQL seulement, ça fait que je ne peux pas présumer de
l'intérêt des deux autres groupes de venir nous parler, mais il y avait
clairement un intérêt de chef Picard de venir nous expliquer, que ça soit «on
record» ou «off record», là, quel qu'il en soit, dans une séance de travail ou
dans une séance de consultation, où est-ce qu'ils ont sont avec vos
propositions. Ce que je trouve être une position légitime, là, dans la mesure
où on les a entendus en amont, là il y a eu des modifications assez
substantielles, ça aurait été intéressant, au bénéfice des membres de la
commission, qu'on sache où est-ce qu'ils en sont.
Je ne sais pas où est-ce que vous en êtes, je
vous ai fourni une lettre à cet effet, là, à l'ensemble des groupes
parlementaires ce matin. Ça pourrait se faire, de ce qu'ils m'ont expliqué,
assez rapidement. Ils ont un intérêt, là, puis là je parle seulement pour
l'APNQL. Est-ce que vous, vous y voyez un bénéfice ou une possibilité qu'on ait
le bénéfice de les entendre en commission à nouveau?
• (17 h 20) •
M. Carmant : Non, moi, je ne veux
pas répéter le processus puis ça va être... parce que ça va être un long
processus arriver à une entente administrative sur comment ça va fonctionner.
Ça risque de dépendre d'une nation à l'autre. Par exemple, une des choses
qu'ils m'ont demandées c'est : Qu'est-ce que c'est qu'un regroupement de
nations? Mais ça peut être très variable. Est-ce que les Innus entre eux vont
décider qu'il y a un commissaire innu qui va couvrir toutes les nations innues
des différentes régions? Est-ce que les Attikameks vont avoir un modèle
différent? Est-ce que c'est l'APNQL? Donc, tu sais, ça peut être très long
comme processus.
Moi, je pense que, tu sais, de votre côté, vous,
c'est sûr que vous pouvez vous informer de comment les choses évoluent, mais de les ramener ici, je ne pense pas que ce serait
un gain à... J'ai... Je n'ai pas d'intérêt pour ça, là.
M. Cliche-Rivard : Parce qu'avec
égards, dans le processus démocratique, c'est sûr que si on fournit une
première version sur laquelle il y a des consultations particulières, puis que
là, bien, cette version-là devient caduque de par des modifications
subséquentes, la position, il me semble qu'il faudrait leur donner la chance
d'être entendus de la même façon sur la... sur les modifications. Puis je ne
vous soumets pas que ce serait un processus si long et complexe, je vous dis
qu'on pourrait prendre une heure pour entendre... On l'a fait avec la CDPDJ
dans ce dossier. Il y a eu une discussion, on s'est... on a discuté avec la
CDPDJ assez rapidement dans ce dossier-là. Ce serait le genre de discussion
qu'on pourrait avoir avec eux, qui nous permettraient tous et toutes d'être sur
la même longueur d'onde sur ce qu'ils nous demandent. Et ça n'a pas besoin de
s'étendre pendant des semaines, là.
Je sais que, de toute façon, vous devez nous
revenir sur des amendements après le Conseil des ministres, si je ne m'abuse,
de la semaine... de la semaine suivante. Une séance de travail me semble une
idée à considérer dans un principe de co-construction auquel vous tenez.
M. Carmant : Bien, écoutez, je pense
que les... Des fois, ce n'est pas évident de les rejoindre, donc ça peut être
un processus assez long. On peut regarder si ça peut être fait rapidement. Mais
c'est sûr que, le but, c'est de leur donner toute la latitude possible. Tu
sais, c'est... c'est franchement transparent, là, puis c'est ça que je leur ai
expliqué, là. C'est à eux de nommer leur commissaire, ça ne peut pas être autre
chose que ça.
M.
Cliche-Rivard : Bien, j'apprécie votre ouverture, je... Puis j'en suis
avec vous, là, il ne faudrait pas que... nécessairement que ça prenne beaucoup
de temps. Puis je pense que, moi, c'est des... dans la discussion qu'on a eue
avec chef Picard, c'était compris ça. Puis je... loin de moi... puis jamais je
ne me substituerais à ce qu'il veut nous dire, là, mais quand on discutait,
dans son cas, ça aurait pu être aussi rapide que le lendemain, là, quand on
discutait de la possibilité de faire une séance de travail. Est-ce que ça sera
le cas pour chacun des...
M. Carmant : Mais
ça ne serait pas ici.
M.
Cliche-Rivard : Ça ne sera pas ici. Ça peut être en visio. Ça peut
être dans la semaine de circonscription qui s'en vient ou on se connecte, les
parlementaires qui le voudront puis on prévoit le temps nécessaire.
Puis je veux dire,
moi, si comme vous l'avez dit dans... ou comme vous l'aviez soumis le
19 avril, si vous avez obtenu le feu
vert, on va y aller avec vous, je ne demande que ça. C'est peut-être ça qu'il
va nous dire, chef Picard. Peut-être que le vert va être pâle, mais s'il
est vert, il est vert, mais s'il est jaune, il faudrait qu'on se rende à ça
aussi. Puis si le feu, il est rouge, puis ce n'est pas... c'est à lui de nous
le dire, là, je pense...
M. Carmant : Mais
on est d'accord avec le concept que c'est aux Premières Nations de choisir
leur...
M.
Cliche-Rivard : Bien sûr.
M. Carmant : Donc...
C'est ce qu'on vient dire ici.
M.
Cliche-Rivard : Mais il y a plusieurs teintes là-dedans quand même,
là.
M. Carmant : C'est-à-dire?
M.
Cliche-Rivard : Bien... Puis là, c'est justement dans le respect de la
co-construction où je ne veux pas m'immiscer à dire pour eux ce qu'ils veulent
dire puis j'y vais avec une diplomatie, s'ils veulent le dire, et ce n'est pas
à moi à me substituer de leur positionnement politique non plus, mais je...
moi, il y a beaucoup de choses qui m'ont été partagées qui ne m'appartient pas
de révéler dans la logique de co-construction. Et ce n'est pas moi qui va faire
cette décision politique là non plus par respect pour la co-construction, mais
moi, on m'a soumis une volonté claire d'être entendue par la commission.
Ça fait que c'est la
liberté, entre guillemets, c'est le mandat que je peux porter à cette
commission-là, mais je ne peux pas porter, moi, par respect de co-construction,
les différents éléments qu'eux voudraient apporter à l'article 14. Ce qui
nous met quand même dans une position délicate où on les a entendus en amont,
ils ont produit un mémoire en amont sur un libellé, mais là, on ne les entendra
pas.
M. Carmant : Mais
vous vous souvenez qu'ils nous ont demandé de retirer le commissaire associé.
Ça a été, ça, leur demande, quand même.
M.
Cliche-Rivard : Mais pas pour arriver...
M. Carmant : Quand
même.
M.
Cliche-Rivard : Mais pas pour arriver avec...
M. Carmant : Avec?
Avec leur propre commissaire? C'est quand même particulier.
M.
Cliche-Rivard : Bien... Puis, genre... Tu sais, puis je veux... Vous
n'avez pas tort sur le fond, mais c'est à plusieurs nuances de subtilité, puis
c'est ce qui appartient aux Premières Nations, là, je... C'est un exercice de
main tendue qu'on leur ferait puis de respect d'égal à égal que de les
rencontrer.
Puis, pour moi, ce
n'est pas tout ou rien. Puis il y avait quand même des demandes dans le
mémoire, puis dans leurs revendications,
puis dans ce qu'ils m'ont partagé qui dépassent ce qui est écrit là, dans 14.
Il y avait... pour moi, ce que j'ai entendu, puis ça va être à eux de se
prononcer, il y avait des déceptions aussi dans 14.
Puis je vais laisser
le micro à ma collègue de Robert-Baldwin qui voulait ajouter quelque chose.
Mme Garceau :
Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée.
Mme Garceau :
Merci, M. le Président. Je crois qu'on doit reculer un peu. Il faut
retourner à la commission Laurent, à la...
aux recommandations au chapitre IX du rapport de la commission Laurent
concernant la nomination d'un commissaire qui était vraiment dédié
exclusivement aux enfants autochtones. Et il y avait d'autres recommandations
qui respectaient, à ce moment-là... Et n'oublions pas, là, on retourne au mois
de mai 2021. Donc, c'est sûr que c'est quelques années avant la décision rendue
par la Cour suprême concernant la constitutionnalité de C-92 rendue le
9 décembre... le 9 février de cette année.
Donc,
moi, ma préoccupation à ce stade-ci, c'est qu'on est en mode de co-construction
et de réconciliation. Et on a ressenti, évidemment, c'était dans leur rapport
également, mais surtout lorsqu'ils sont venus en commission parlementaire,
beaucoup de frustrations, que ce soit du chef Picard ou de la Société Makivik.
Pourquoi? Parce que le projet de loi 37 nous... Le gouvernement n'avait
pas respecté les recommandations du rapport Laurent au sujet... Vous ne l'aviez pas respecté, et qu'est-ce qui
était important pour eux, et je le comprends très bien, c'était tout l'aspect
de respecter leur autonomie,
l'autodétermination, de, oui, veiller au, comme le chef Picard a dit, le
mieux-être de leurs enfants.
Et
donc les mémoires qui ont été soumis, il y avait la frustration que vous
n'aviez pas repris les recommandations, qui faisait en sorte qu'on
avait... on laissait l'opportunité... on avait un commissaire qui était dédié,
qui était pour aider les communautés autochtones, Premières Nations, Inuits et
autres, dans la création de leur propre système de protection de la jeunesse,
de leurs enfants. C'était ça, l'idée. C'était ça, l'esprit de la commission
Laurent.
• (17 h 30) •
M. Carmant : ...l'esprit.
Voulez-vous que je le relise?
Mme Garceau :
Non, non, mais laissez-moi... si vous me permettez de terminer. C'était ça,
l'esprit des recommandations, que... et ce n'est certainement pas reflété dans
les articles 14 à 18. Et c'est pour ça, je me souviens très bien du témoignage du chef Picard, avec
l'acharnement du gouvernement de ne pas respecter nos droits inhérents,
et tout, là, on l'a entendu.
Et donc, là, il y a
eu une suspension, un petit peu plus que deux mois, vous aviez même parlé, en
session de crédits, de la co-construction avec, et c'est pour ça qu'on
attendait, on attendait, parce qu'on se disait : On va avoir une présentation des amendements qui sont à
100 % appuyés par les Premières Nations et les Inuits. Moi, je m'attendais
à ça. Je ne m'attendais pas à un courriel
que, suite aux discussions — et
ça, c'est lundi — avec
le ministre, les amendements apportés — ils ont vu les amendements
apportés — ne
répondent pas à nos attentes, qui sont directement en lien avec ce qui a été présenté en commission parlementaire.
Donc, c'est là où... Vous les avez rencontrés avant de déposer le projet
de loi et le chef Picard avait dit que vous n'aviez pas écouté à leurs
demandes, avec respect, et j'espère que ce n'est pas ce qui s'est reproduit ici
où vous avez eu des rencontres, il y a eu des échanges, des discussions, il y a
eu peut-être des demandes d'amendements, et ces amendements-là n'ont pas été
respectés.
Et dans le plus grand
respect, dans leurs droits et leurs intérêts, à ce stade-ci, quand, moi, j'ai
confirmation que ça ne répond pas du tout à
leurs attentes, au moins, M. le ministre, à ce stade-ci, je crois que ça serait
important d'avoir l'heure juste, là,
là-dessus. Est-ce que ça répond oui ou non? Est-ce qu'on est dans... Parce que
c'est sûr et certain que...
Puis j'ai rencontré
les élus des différentes communautés autochtones, les femmes, il y a quelques
semaines, et il y a deux choses, il y a deux
enjeux fondamentals, en ce moment, qui les préoccupent et qu'ils n'ont pas les
moyens, ils n'ont pas le financement, ils n'ont pas les ressources, et
ça, c'est : protection de leurs enfants et des maisons d'hébergement, question de violence conjugale. On
n'est pas dans ce dossier-là, mais là, en ce qui a trait à la création, à les
aider à créer leur propre système de protection de leurs enfants, de leur
jeunesse, le Québec a un rôle à jouer, un rôle très, très important. Ce n'est pas juste le financement, il faut mettre
en vigueur la loi C-92. Travaillons ensemble pour assurer qu'on respecte les droits des autochtones,
des communautés des Premières Nations, des Inuits, les Cris et autres.
Il me semble qu'une
session c'est... c'est le minimum que l'on... qu'on leur doit pour nous assurer
que ce projet de loi, une fois qu'il va être adopté, pour eux, c'est un pas de
réconciliation. On est en train de les aider. Il y a un élément ici, une preuve
de... d'une coconstruction réelle.
M. Carmant :
...je... je relis le... le rapport Laurent, là, textuellement, là :
«Toutefois, nous estimons qu'il est essentiel que le Commissaire au bien-être
et aux droits des enfants soit compétent pour veiller sur les droits de tous
les enfants du Québec, incluant les enfants autochtones, et ce, jusqu'à ce que
les communautés qui le souhaitent puissent se prévaloir d'un commissaire
autonome.» Ça, ça ne peut pas être plus clair que ça. Et ce qu'on leur dit,
c'est : Ceux qui veulent un commissaire autonome, qu'ils le nomment. Et
ceux qui veulent un soutien de... du commissaire que l'on va nommer ici,
qu'ils... qu'ils fassent une entente. Et... et on l'a fait déjà avec la
communauté d'Obedjiwan qui ont... qui ont appliqué C-92, les deux DPJ
environnantes les... les soutiennent. Les deux DPJ environnantes les
soutiennent.
Mme Garceau :
...moi, à ma lecture et compte tenu des mémoires qu'APNQL a déposés et
Makivik, oui, ils étaient pour la nomination d'un commissaire, qu'ils étaient
pour choisir eux-mêmes, mais prévu dans le cadre de notre loi, afin d'avoir quelqu'un qui va être là pour les aider dans la
création de leur propre système. C'était ça, l'idée.
M. Carmant :
...la table, exactement ce que vous dites.
Mme Garceau :
Bien, avec... Moi, je ne le vois pas de cette façon-là. On n'a pas un
commissaire... un commissaire qu'ils vont choisir eux-mêmes.
M. Carmant :
Ça... Moi, je leur ai dit ça clairement. Ça, il n'y a aucun doute.
Mme Garceau :
Mais ce n'est pas... C'est pour ça que c'est important d'avoir cette
discussion avec eux, parce que vous avez une réponse...
M. Carmant : Mais je pense
qu'il faut se fier à la parole des parlementaires, là.
Mme Garceau :
...et nous on a une autre réponse.
M. Carmant :
Je pense qu'il faut se fier à la parole des parlementaires, là. C'est le
fondement même de ce qu'on fait ici, là. Tu sais, puis c'est important pour
moi, là, de... de vous le dire. C'est vraiment ça qu'il a été dit. Et moi, je
pense qu'il a même dit dans... le chef Picard, dans l'article qui a été publié,
là... comment il dit ça... a salué la décision du ministre mardi :
«Essentiellement, ce que je lis dans le revirement du gouvernement, c'est qu'il
y a reconnaissance, finalement, que les communautés ont le droit à
l'autodétermination, ont le droit de se doter de leur propre commissaire.» S'il
veut, je peux déposer le document, là, mais, tu sais...
Le Président
(M. Provençal)
: Allez-y,
M. le député.
M. Cliche-Rivard :
Sur le fond, là, je trouve ça très juste, ce que vous dites. Moi, par
contre, je vous transmets une demande de... du chef Picard, qu'on a discutée
ensemble, c'est d'être entendu par la commission. Et je présume absolument de
votre bonne foi, M. le ministre. Je ne remettrai pas ça en question... puis de
votre parole. Il n'y a pas d'enjeu
là-dessus. Moi, on m'a dit qu'il avait des choses à dire à la commission, à
partager à la commission, suivant la lecture des amendements, aux
parlementaires. Et moi, je conçois que ça ne m'appartient pas d'être le
véhicule de ces messages-là. Ce n'est pas mes messages, mais je formule cette
demande puis je vous la partage. Vous
sembliez avoir une ouverture. On n'aura pas fini ce PL-là la semaine prochaine,
on est en circonscription. Puis on... Au bénéfice de tous, on fait cette
rencontre-là, ils nous disent : Tout va bien, et on avance, ou ils nous
font des petites mises en garde ou des grandes mises en garde et on voit
qu'est-ce qu'on fait avec ça.
Moi, j'ai un enjeu
démocratique quand le PL tel que présenté, que ce soit dans le bon sens ou dans
le mauvais sens, soit substantiellement modifié après qu'on ait entendu les
groupes, et ce... et que ces groupes-là ne... ne puissent plus s'exprimer sur
la modification, alors qu'on leur a donné en amont ce droit-là, démocratique,
puis une chance de s'exprimer sur le premier
texte, de surcroît, dans un contexte de coconstruction puis dans une volonté...
la collègue l'a bien dit, de réconciliation, où là on peut faire un geste
positif qui, probablement, va vous rassurer puis va vous décharger de toute
cette charge qui existe, là, de... sur ce PL-là de... On l'a entendu en
commission, c'était chargé, là, c'était
émotif quand même, c'était lourd, c'était pesant. Et que si lui vienne vous
donner, ou qu'eux viennent vous dire : Très bien, très bien, très bien,
allons-y, on remballe, puis on vote 14, puis fin de l'histoire. Mais eux m'ont signalé,
nous ont signalé une volonté d'être entendus. Jamais je ne croirai qu'on va
leur refuser.
• (17 h 40) •
M. Carmant :
...ai entendus.
M. Cliche-Rivard :
Mais eux, ils nous ont formulés vouloir nous parler. C'est quand même...
M. Carmant :
C'est là... c'est là que j'ai un problème, c'est-à-dire... De vouloir nous
parler dans quel sens?
M. Cliche-Rivard :
On l'a fait avec la CDPDJ, M. le ministre. Ils voulaient nous parler, on
les a écoutés. Puis on a pu poser nos questions, puis on a pu avancer dans le
PL. Ce qui est bon pour la CDPDJ doit être bon pour l'APNQL, doit être bon pour
Makivik, doit être bon pour le... les amitiés autochtones.
M. Carmant :
...
M. Cliche-Rivard :
Genre, exactement. Puis je... Moi, là, dans la plus grande bonne foi, M. le
ministre, chef Picard ou son représentant ou
quelqu'un nous dit : Oui, on avance avec ça, on avance avec ça. Makivik
nous dit : Oui, on avance avec
ça, on avance avec ça. Mais là c'est ça, la demande que j'aie, moi, sur le
terrain, puis que je vous véhicule.
M. Carmant :
M. le Président...
Le Président
(M. Provençal)
: Oui?
M. Carmant :
...est-ce qu'on peut suspendre alors l'article?
Le Président
(M. Provençal)
: Oui.
M. Carmant :
Je... je vais réfléchir, là. Ce n'est pas définitif, là, mais je vais
réfléchir.
M. Cliche-Rivard :
OK.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui. Alors...
M. Cliche-Rivard :
Et...
Le Président
(M. Provençal)
: ...Excusez.
M. Cliche-Rivard : ...je veux
remercier le...
Le
Président (M. Provençal)
: Là,
je veux savoir, on... on suspend l'article 14...
M. Carmant :
Oui.
Le Président
(M. Provençal)
: ...l'amendement...
M. Carmant :
Bien, l'amendement de l'article, oui.
Le Président (M. Provençal)
: L'amendement. Ça va.
M. Cliche-Rivard :
Et je voudrais juste remercier, M. le Président, le ministre de... de son
écoute puis de sa réflexion. Je pense qu'on... on va peut-être, pour une des
rares fois, être capables de faire quelque chose d'assez extraordinaire dans
l'histoire du Québec pour les... pour les PNI. Puis on a cette opportunité-là
devant nous, puis, si ça prend un... un petit décalage de quelques jours puis
qu'on arrive à de quoi d'historique, bien, je vous remercie de l'étudier puis
de le considérer, M. le ministre.
M. Carmant :
OK.
Le Président
(M. Provençal)
: Ce
qui veut dire que, si on suspend... en suspendant, ça veut dire qu'on... on
suspend automatiquement 15, 16, 17 et 18. Ça nous amènerait à l'article 25.
L'article 9...
Des voix :
...
Le Président (M. Provençal)
: À 19? Attendez une
minute. Moi, 19, j'avais... il y a eu des amendements du député de Saint-Henri—Sainte-Anne qui a été adopté. Il y avait un amendement de la députée de D'Arcy-McGee qui avait été rejeté, mais
j'avais noté que l'article 19 était adopté. C'est parce que vous voulez
modifier des choses à l'article 19, monsieur...
Des voix :
...
Le Président
(M. Provençal)
: Je
ne l'ai pas eu, moi.
Des voix : ...
Le Président
(M. Provençal)
: OK. C'est beau.
Alors, consentement pour réouvrir l'article 19?
M. Carmant :
...
Le Président
(M. Provençal)
: Non.
Des voix : ...
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le ministre.
M. Carmant :
C'est ça. Non, pas 19. Moi, je ne suis pas prêt à réouvrir 19.
Le Président
(M. Provençal)
: Pas
19, hein? Bien, c'est ça, parce que... On n'a pas traité les autres avant. On
ne peut pas y arriver.
M. Carmant :
Exact. Non, on continue.
Le Président
(M. Provençal)
: Donc
c'est pour ça que je vous... je suggérais que nous allions à
l'article 25... le chapitre V, Immunités, qui nous...
M. Carmant :
...
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
suspension des travaux.
(Suspension de la séance à
17 h 45)
(Reprise à 17 h 52)
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
nous allons reprendre nos travaux et, en reprenant nos travaux, compte tenu
qu'il y a des articles qui sont en... en validation, nous allons à
l'article 27. Alors, M. le ministre, vous nous faites l'article 27.
Et j'annonce qu'après l'article 27, nous allons traiter l'article 29.
Des
voix : ...
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
27, M. le ministre, quand vous serez prêt.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. L'article 27 se lit comme suit : «Aucune
action civile ne peut être intentée en raison de la publication d'un avis,
d'une recommandation ou d'un rapport du commissaire ou de la publication, faite de bonne foi, d'un extrait ou
d'un résumé d'un tel avis, d'une telle recommandation ou d'un tel rapport.»
Cet article du projet
de loi prévoit une immunité de poursuite en responsabilité civile pour la
publication d'un avis, d'une recommandation ou d'un rapport du Commissaire au
bien-être et aux droits des enfants ou la publication, faite de bonne foi, d'un
extrait ou d'un résumé d'un tel avis, d'une telle recommandation ou d'un tel
rapport. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
Alors, y a-t-il des interventions sur l'article 27? Non? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 27 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Provençal)
: Adopté.
Merci. Nous allons maintenant à l'article 29, article 29 pour lequel
il y avait un amendement qui a été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin.
Alors, on va le projeter à l'écran. C'est beau. Merci.
Donc, je vais... je
vais y aller. L'article 29... on est... chapitre VI, Disposition
modificative, et l'article 29 est en lien avec la Loi sur les coroners.
Alors, je vous invite à nous lire, Mme la députée, votre amendement.
Mme Garceau : Là, M. le Président, je
vais juste noter que nous avons reçu un amendement du gouvernement.
Le Président
(M. Provençal)
: Non.
Mme Garceau :
Non? Au niveau de l'article 29...
Le Président
(M. Provençal)
: À
l'article 29...
Mme Garceau :
Qui vient rejoindre notre amendement, là... Donc, vous voulez qu'on
aille... Oui? OK.
Le Président
(M. Provençal)
: C'est
le vôtre...
Mme Garceau :
Bien...
Le Président
(M. Provençal)
: Bien là, moi, je...
Mme Garceau :
On a reçu...
Le Président
(M. Provençal)
: Moi, j'en ai vu
juste un. Alors, c'était le vôtre, Mme la députée.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: ...Premièrement, est-ce
que ce qui est projeté à l'écran correspond à l'amendement qui a été
rédigé par la députée de Robert-Baldwin?
Mme Garceau :
Oui.
Une voix :
...
Le Président (M. Provençal)
: Moi, on me signifie qu'on va traiter
cet amendement-là.
Mme Garceau : C'est bien. Donc, je vais
lire l'amendement. Remplacer l'article 29 du projet de loi par le
suivant :
L'article 99 de
la Loi sur les coroners (chapitre C-68.01) est modifié par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Le coroner ou le
coroner en chef transmet au commissaire au bien-être et aux droits des enfants
une telle copie de tout rapport d'investigation concernant le décès d'une
personne âgée de 25 ans ou moins.»
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
Alors, interventions sur l'article 29? M. le ministre.
M. Carmant :
Oui. Merci, M. le Président. Bien, l'amendement semble conséquent avec ce
qu'on a modifié auparavant. Donc, moi, j'appuie l'amendement tel quel.
Le Président (M. Provençal)
: Interventions? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : En
effet, là, je le vérifie... si je ne m'abuse, c'est 5, deux, 7°, c'est
ça, où, là, on est venus élargir le pouvoir de vigie par
amendement : «Effectuer une veille de tous les décès d'enfants ainsi que
de tous les décès de personnes âgées d'au moins 18 ans et d'au plus
25 ans pour lesquels une investigation ou une enquête a été effectuée» par
le coroner. C'est ça, on est dans le... le libellé analogue, donc on est
conséquents.
Moi, j'avais
une question aussi. Là, il transmet un rapport d'investigation, mais le
commissaire peut demander, de par les pouvoirs qu'on a vus, là, à... son
pouvoir d'enquête, ou autres, là, à 9°, peut demander tout document au... au
coroner, ou est-ce qu'il est limité dans ce qu'il peut demander au coroner?
M. Carmant : Est-ce qu'il est
limité par...
M. Cliche-Rivard : Ma
question... c'était parce que là, spécifiquement ici, on est venus... puis on
en a parlé de ça un peu en consultations particulières. Spécifiquement, là, il
peut recevoir une copie du rapport d'investigation, s'il en fait la demande. Puis il y a des pouvoirs pour ça, là, à 9 : «Un
organisme public doit, sur demande, permettre au commissaire de prendre
[toute] communication et de tirer copie des registres, des rapports, des documents — etc.»
pour faire sa job. Mais là je vois que c'est ses fonctions visées à 2°, 3° et 6°,
donc on exclut 7°.
Donc, ma
question est la suivante : Si le commissaire veut d'autres choses que le
rapport d'investigation... Je... je veux entendre la...
M. Carmant : Excusez-moi, M. le
Président, je passerais la parole à...
M. Cliche-Rivard : Oui, à Me
Bérubé.
M. Carmant : Me Bérubé.
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Merci, M. le Président. En fait, c'est ça, il n'a
pas été traité encore à ma connaissance, là, mais il y aura... En fait, il y a
un amendement à l'article 9, là, qui vise à ajouter le paragraphe 7°, qui
réfère à la veille des décès. Donc, ça pourrait compléter. Donc, évidemment,
dans la mesure du possible, ce que le coroner peut communiquer, il pourra le
communiquer sur demande. Ici, on vient créer, là, une obligation, par contre
systémique, là, d'envoyer les rapports au commissaire plutôt que d'attendre
qu'il lui en fasse la demande. C'est tout.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
le... directement, automatiquement, systématiquement, le commissaire envoie...
le coroner ou le Coroner en chef envoie les rapports, puis le commissaire avec
les pouvoirs que vous allez modifier... ou, en tout cas, vous allez inclure 7°
dans 9.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Bien, on l'a
effectivement, l'amendement qu'on n'a pas traité, mais il est là. Donc...
pourra lui faire toute demande subséquente dans son rôle de 7° également. Parfait.
Ça répond à ma question.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va, M. le député?
M. Cliche-Rivard : Oui.
Le
Président (M. Provençal)
:
Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention sur l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin,
est-ce que cet amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
:
Adopté. Maintenant, est-ce qu'il
y a des interventions sur l'article 29 amendé?
M. Cliche-Rivard : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
• (18 heures) •
M. Cliche-Rivard : Votre
compréhension, c'est qu'il fait ça au moment où il émet son... son rapport, il
l'envoie au commissaire. Votre compréhension, ce n'est pas qu'une fois par
année il transmet un paquet de...
M. Carmant : ...c'est... c'est
en séquence.
M. Cliche-Rivard : C'est
ça. Il émet son rapport, la personne a moins de 25 ans, on l'envoie au
commissaire.
M. Carmant : C'est ça. Il y
a... il y a une partie... oui.
M. Cliche-Rivard :
Puis, après ça, ça appartiendra au commissaire de...
M. Carmant : Une collaboration
active.
M. Cliche-Rivard : De...
Automatique, genre. Systématique.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
C'est bon, M. le Président. Merci.
Le
Président (M. Provençal)
:
Ça va. Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 29 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Maintenant,
l'article...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Dans des dispositions diverses, on ne peut pas rien faire.
L'article 30...
M. Carmant : Moi, je l'ai
adopté, 30.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: L'article 30 était amendé.
M. Carmant : Oui, oui. À votre
grand bonheur.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, il est amendé et adopté, 31
aussi. 32, on ne peut pas le traiter.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Bien, moi, ce que j'ai...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, 31 est adopté.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: En fait, on vient d'adopter 29 et,
présentement, ça signifie que nous aurons à revoir
l'article 9 quand vous aurez des réponses. Et moi, je vous suggère, pour
la demi-heure qui reste, qu'on revienne à l'article 14... à
l'amendement de l'article 14 pour... si vous avez des clarifications à
demander. Consentement pour revenir à l'amendement de l'article 14?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement. Merci.
M. Cliche-Rivard : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Je prendrais
une très courte suspension, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 18 h 02)
(Reprise à 18 h 06)
Le
Président (M. Provençal)
: ...(Panne de son) ...à
l'article... à l'amendement de l'article 14. Consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, je suis prêt à recevoir les interventions.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Là, il y a... il y a eu quand même une évolution importante. On
avait à la base un projet de loi avec des articles 14 et suivants, quand
même, là, je suis sur...
Le Président (M. Provençal)
:
...
M. Cliche-Rivard : 14 à 18, vous
faites bien de me le dire, où, là, à 14, on avait un commissaire associé, qui
était dédié aux enfants autochtones. Puis notamment votre vocabulaire change
aussi, là, je voulais le souligner, on voit
que vous passez à Premières Nations et Inuits, ce qui... Là, ma compréhension
était comme, pour l'instant, poussée vers l'avenir dans un futur PL de
sécurisation culturelle, mais où là, finalement, on semble avoir enfin fait ce
pas-là, puis je le salue. C'est quelque chose qu'on avait demandé, ça avait été
discuté aussi dans le PL 15, où on s'était fait dire : On n'est pas prêts, on n'est pas prêts. Donc, j'entends,
puis vous allez me corriger, peut-être, M. le ministre, mais c'est la
première fois que, là, dans un nouveau texte législatif, on vient faire cette
modification-là de «communautés autochtones» par PNI, là, Premières Nations et
Inuits.
Pouvez-vous nous dire comment ça s'est passé
puis qu'est-ce qui a mené à, enfin, je vais le dire, là, ce libellé-là conforme
à... aux demandes? Parce que j'ai le mémoire, là, de l'APNQL, puis c'était,
genre, la deuxième recommandation, en fait,
vous y donnez suite, «que le projet de loi emploie la terminologie
"Premières Nations et Inuits" ou "Inuits et Premières
Nations" au lieu d'"autochtones"».
M. Carmant : Absolument.
M.
Cliche-Rivard : Donc, beau geste, mais expliquez-nous comment ça
se fait qu'on... enfin on est rendus là. Qu'est-ce qui s'est passé?
M. Carmant : Bien, écoutez, je pense
qu'encore une fois, tu sais, il faut prendre... Bien, si on peut reculer un peu,
le commissaire associé devait être dans le projet... projet de loi initial,
parce qu'on était en attente du jugement de C-92, on s'entend bien là-dessus.
Donc, il fallait que nos... le projet qu'on dépose respecte nos lois. Et, pour
nous, c'était la façon d'accompagner les Premières Nations vers... vers leur...
le commissaire. Donc, c'était vraiment un positionnement qui, en attente de
C-92, là, était approprié, selon moi.
Maintenant, une fois qu'on a pris acte de la
décision de C-92, on... premièrement, une des demandes qu'on a faites au comité
de législation, ça a été effectivement d'utiliser la terminologie Premières
Nations, Inuits, ce qui a été approuvé, là,
j'en suis très content. Il y a quand même certaines balises qu'ici nous
permettaient, à propos des Métis, là, si j'ai... je n'ai pas très, très
bien compris la subtilité, mais c'est une des choses... Le fait que nous, ici,
on avait vraiment des nations autochtones, donc des nations distinctes, c'était
plus facile d'utiliser le terme PNI.
M. Cliche-Rivard : Dans ce
contexte-là précis.
• (18 h 10) •
M. Carmant : Dans ce contexte-là,
ici, de ce projet de loi là. Et, encore une fois, dans le contexte où on se dit que la bonne chose à faire, c'est de leur
permettre de choisir leur propre... leur... dans leur propre loi, ceux qui vont
décider de prendre leur propre loi, de nommer les fonctions de leur
commissaire. Donc, pour moi, c'était important non seulement de retirer
le commissaire associé, mais également de dire que ce sera... que chaque
Première Nation et Inuits — bonjour,
Mme la Présidente — vont...
vont nommer... vont pouvoir avoir cette latitude.
Et, pour ceux
qui ne... décideront de ne pas aller avec leur propre loi, soit parce qu'ils ne
sont pas prêts — mais
on a quand même plusieurs nations qui ont déjà levé la main — ceux
qui décident de ne pas aller avec leur propre loi, bien, nous, ça nous fera... je pense que c'est important
qu'on puisse les accompagner avec notre propre commissaire également. Donc,
je pense que c'est comme ça qu'on arrive à la proposition qui est faite et, je
pense, qui répond aux inquiétudes de tout le monde.
M. Cliche-Rivard : Vous me le
mentionnez, là, je posais la question, à votre... à votre connaissance, juste
pour finir sur le terme PNI, là, c'est... c'est la première fois que,
législativement, finalement, on va adopter un texte légal avec Premières
Nations et Inuits?
M. Carmant : Je ne suis pas sûr que
c'est la première fois, mais c'est... c'est une des premières fois.
M. Cliche-Rivard : Une des premières
fois.
M. Carmant : OK. Commissaire à la
langue française aussi.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : La charte, OK.
M. Carmant :
La Charte de la langue française.
M. Cliche-Rivard : Donc, dans la
Charte de la langue française, on a aussi utilisé cette terminologie-là. Et ça, c'était à la dernière législature? Parce que
je vous pose la question dans le contexte où comment se fait-il qu'on ne l'avait pas en amont, là. Comment se fait-il que,
là, il faut le faire ou le corriger par amendement? Donc, essentiellement,
comment se fait-il que, la version 1 du PL n° 37,
on ne l'avait pas fait, ça, ce travail-là?
M. Carmant : Non, c'est... la
demande était là, même qu'au niveau législatif, on avait...
M.
Cliche-Rivard : Mais votre première version, vous ne vouliez pas
le faire. Dans la première version, c'était «peuples autochtones», je
pense.
M.
Carmant : C'est cohérence gouvernementale. Donc, c'était
le... l'enjeu qui était là à ce moment-là. C-92 est venu changer la
donne.
M. Cliche-Rivard : OK, donc, C-92 a
un lien avec la terminologie de Premières Nations et Inuits. OK.
M. Carmant : Oui, dans le... dans la
connaissance que, pour les Métis, il y a peut-être... il y a un enjeu à
utiliser cette terminologie-là. Je... je ne me souviens plus du commentaire,
là, mais ça m'avait frappé, là, qu'il y avait cet
enjeu-là qui était présent, alors que, dans notre projet de loi, on n'a pas cet
enjeu. Donc, le comité de législation nous a permis de l'utiliser.
M. Cliche-Rivard : Donc, on... on
comprend que, dans la mesure où... dans les projets de loi subséquents, quand
il n'y aura pas d'enjeu lié avec les Métis, là, on pourrait s'attendre à avoir
des projets de loi où, finalement, on la
fait directement, cette modification-là, puis on n'attend pas un éventuel PL
sur la sécurisation culturelle, qui reviendra un jour ou pas, là, selon
la décision du gouvernement.
M. Carmant : Je ne suis pas sûr que
je peux m'engager à ça, mais je pense que vous auriez un exemple qui
pourrait... qui pourrait être nommé.
M. Cliche-Rivard : OK, clair. Votre
démarche, là, M. le ministre, vous l'avez... vous la qualifiez vous-même dans... ou vous êtes prêt à le dire ou... que
c'est en co-construction, ce que... ce que vous nous présentez, ou vous
n'êtes pas... vous allez le laisser juger, ou vous, vous dites : Ça, c'est
de la coconstruction?
M. Carmant : Moi, je pense que de
donner la latitude aux Premières Nations de nommer leur commissaire, c'est...
c'est absolument de la coconstruction. En fait, pour... et l'entente n'est même
pas obligatoire.
M. Cliche-Rivard : Exact.
M. Carmant : Si eux décident que
leur commissaire peut faire les liens avec les enfants de cette... de cette nation, de ce regroupement de nations ou... de
cette version-là, il n'y a même pas d'entente obligatoire, mais c'est pour
ceux qui soit ne... décideront de ne pas avoir de loi ou ceux qui ont besoin
d'un accompagnement, là, on va... là, on va
demander une entente. Et donc je pense que c'est vraiment gagnant-gagnant, puis
c'est... c'est ce qui nous a été demandé par Laurent et par les
Premières Nations.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Robert-Badwin.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. J'aimerais qu'on retourne, M. le ministre, avant le dépôt du projet
de loi n° 37, avec les articles 14 et 18. Et je comprends qu'il y a eu
des rencontres, des discussions avec la Société Makivik et également avec
APNQL. C'était quoi, leurs demandes à ce moment-là, avant le dépôt du p.l. 37?
C'était quoi, les discussions au niveau de leurs demandes concernant, là...
leurs attentes concernant le p.l. 37?
M. Carmant : Bien, les réunions, à
ce moment-là, avaient été surtout administratives. Puis vous vous souviendrez
que, quand ils étaient venus nous rencontrer, les deux, ils avaient demandé
qu'il y ait des réunions plus politiques avant, avant de... pour prendre des
grandes orientations, avant d'aller vers les aspects plus administratifs. Si... si vous voulez avoir plus de détails sur le
comité puis le rôle des... des Premières Nations dans le comité conjoint,
je passerais la parole, M. le Président, à la directrice nationale de la
protection de la jeunesse.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme
Garceau : Oui. C'est parce que je trouve que, de voir où
nous étions et où on s'en va, là, c'est quand même assez important.
M. Carmant : Parce qu'il y a un
comité.
Mme Garceau : Et
lié aux demandes, les demandes initiales surtout de ces deux groupes avant le
dépôt du projet.
M. Carmant : Oui.
M. le Président, avec votre permission, je passerais la parole.
Le Président (M.
Provençal)
: Consentement?
Des voix :
Consentement. Des voix :Consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors, Mme la sous-ministre.
Mme Lemay
(Catherine) : Alors, Catherine Lemay, directrice nationale de la protection
de la jeunesse et sous-ministre associée aux services sociaux.
Alors, dans le fond,
dans le cadre du processus de mise en oeuvre du projet de loi commissaire, on a
rencontré, là, plusieurs groupes distincts à
plusieurs reprises pour travailler avec eux, dans le fond, le modèle de commissaire
adjoint ou associé, là, ça... ça a pris
plusieurs formes. Je peux vous... je peux vous nommer, là, les différentes
instances qui ont été consultées. Il y en a quand même plusieurs.
C'est sûr que, dans
ces rencontres-là, on est en aller-retour avec eux, puis dans le contexte, là,
des travaux avec les... les Premières Nations, Inuits. C'était le cas également
quand on a construit le projet de loi qui révisait la loi de la protection de
la jeunesse. On va un peu plus loin qu'avec les autres groupes, c'est-à-dire
qu'on dépose des amendements puis qu'on leur demande leur position là-dessus.
Il faut comprendre
que chacune des nations n'a pas nécessairement le même positionnement sur les
mêmes amendements. Donc, on essaie toujours de voir qu'est-ce qui regroupe, ou
fait consensus, ou fait le plus de sens au moment
où on le fait. Donc, quand on est dans une recherche de consensus, on est
rarement dans l'unanimité de tous les groupes, puis ça fait partie de...
ça fait partie aussi de la... de la démocratie, je pense.
Donc, je ne sais pas
si vous voulez que je vous nomme les groupes qui ont...
Mme Garceau :
Bien, je... oui, j'aimerais, parce que je présume qu'il y avait la Société
Makivik et il y avait aussi APNQL.
Mme Lemay
(Catherine) : Oui, oui...
Mme Garceau :
Et les autres?
Mme Lemay
(Catherine) : Donc, non seulement APNQL, mais CSSSPNQL également, le Conseil
de la nation atikamekw, le conseil cri, le Conseil en éducation des Premières
Nations, l'institut... Oh! Là, je ne veux pas débaptiser. Comment ça se dit?
Pouvez-vous m'aider?
Une voix :
...
Mme Lemay
(Catherine) : ...Tshakapesh, pardon, oui, si je ne le dis pas de la
bonne façon, la Société Makivik,
effectivement, la régie régionale des services sociaux du Nunavik, je vais
aller avec l'expression plus... NIP, qui est un projet de regroupement de
première ligne au Nunavik, Kativik. Ensuite, le regroupement des centres
d'amitié autochtones, le réseau de la communauté autochtone de Montréal,
le CIUSSS Centre-Sud via leurs directions généraux des partenariats urbains,
parce qu'il y a quand même une concentration, là, de... de nations sur l'île de
Montréal dont il faut tenir compte. Puis là j'ai la série de dates aussi, là,
pour lesquels on les a rencontrés, là. On les a rencontrés, là, tous ces
groupes-là, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, 10, 11, il y
a 11 rencontres entre le 15 juin et le 22 septembre. Est-ce que
vous avez d'autres questions?
Mme Garceau :
Et donc... Oui. Et donc on va continuer. Et donc, suite à ces... à ces
rencontres, il y a eu un consensus, ou c'est...
Mme Lemay (Catherine) :
Consensus... Je ne peux pas dire qu'il y a eu consensus.
Mme Garceau :
Oui, c'est ça, là. OK.
• (18 h 20) •
Mme Lemay (Catherine) : On a fait de la recherche
de ce qui faisait le plus consensus par rapport aux groupes, mais c'est sûr
que, quand on construit quelque chose avec des morceaux et des fois des
positions qui ne sont pas nécessairement dans le même sens, bien, quand on
prend la position d'une proposition d'un groupe, l'autre groupe qui n'avait pas
proposé n'est pas nécessairement... voyons, je m'excuse, j'ai un cheveu...
n'est pas nécessairement à l'aise avec la proposition faite. C'est pour ça que,
dans le fond, dans le modèle proposé puis dans les différents amendements législatifs, bien, probablement qu'il y a eu de la
rétroaction de plus satisfait, moins satisfait, dépendamment des articles de
loi.
Mme Garceau :
Oui, j'étais pour vous demander,
parce qu'à la lecture des articles 14 à 18... Quels groupes que vous
avez rencontrés, pour eux, ça reflète leur demande? Est-ce qu'il y a un groupe
ou des groupes que, les articles, tels que libellés, 14 à 18, ça représentait
leurs recommandations ou leurs souhaits, leurs désirs?
Mme Lemay
(Catherine) : Bien là, je ne veux pas mettre des mots dans la bouche
de groupes. Je peux dire qu'il y avait des groupes qui étaient plus
confortables avec l'ensemble des recommandations, d'autres moins, dépendamment
des parties d'articles qui ont été présentées, là. Mais je ne peux pas vous
donner ces détails-là, là, à moins de retourner dans les... dans les notes de
rencontres, là. Comme je vous le dis, c'est 11 rencontres avec tous les
groupes que je vous ai donnés là, quelques-uns... des fois, quelques
rencontres, plusieurs groupes en même temps. Ça fait que, là, c'est une question
extrêmement détaillée pour laquelle, là, il faudrait que je retourne aux notes
de rencontre pour pouvoir vous répondre de façon précise.
Mme Garceau : OK. Je peux
comprendre. Et donc, parce que j'ai... j'ai... Là, je vais revenir avec c'était
quoi, les recommandations. Est-ce que, 14 à 18, les articles représentent les
recommandations qui ont été soumises aux groupes? Voici le projet de loi, voici
les articles 14 à 18. Puis je ne le sais pas, là, parce que je... je ne me
souviens pas, je dois vous dire, quand est-ce que vous avez déposé le projet de
loi, la date, mais quand est-ce que les groupes est-ce qu'ils ont pris
connaissance de ces articles tels quels, tels que formulés au projet de loi
n° 37 avant le dépôt du projet de loi?
Mme Lemay (Catherine) : Ils
ont eu l'idée... Au départ, on arrive avec une proposition, il y a des
allers-retours, il y a eu 11 rencontres, là, que... Donc, vous
pouvez vous imaginer qu'il y en a eu, des allers-retours. Je ne peux pas vous
dire que le libellé exact, chacun des mots, des virgules, mais le sens de
chacun des articles était là quand même. Ils n'ont pas eu de grandes surprises,
dans le sens qu'ils savaient, là, l'orientation qui était... qu'on avait donnée
au départ, les rétroactions qu'on avait eues. Ça fait que je ne peux pas dire
qu'ils ont tout paraphé en disant : Oui, je... je suis 100 %
confortable avec tout ce qui est là puis je... j'adhère que j'ai écrit avec eux
toutes les... la moindre subtilité des recommandations... pas des recommandations,
des articles, mais les idées générales de chacun des articles étaient là quand
même, chacune des articles... chacun des articles, oui, je m'excuse, il est
tard.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de... Oh! allez-y.
Mme Garceau : Oui, bien, allez-y.
Le Président (M. Provençal)
: Député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Étiez vous quand
même surprise de la réaction quand même assez frontale de, par exemple, l'APNQL en... en consultations particulières,
notamment considérant ces 11 rencontres desquelles, j'imagine... je
suis certain qu'ils faisaient partie, vous l'avez nommé, là. Étiez vous quand
même surprise?
Mme Lemay (Catherine) : Écoutez,
moi, je travaille dans les paramètres qui étaient là à ce moment-là. On avait
toujours une attente du retour de la décision par rapport à C-92, qui... Quand
même, on avait des orientations au niveau du ministère qui disaient :
Bien, il y a une... un respect de... du processus législatif avant qu'on ait la
décision. Et il y a des marges de manoeuvre
qui n'étaient pas là à l'époque. Donc, est-ce que je suis surprise? Pas
nécessairement, parce qu'on a fait, au moment où on avait, avec les
informations qu'on avait puis la marge de manoeuvre qu'on avait à ce moment-là. Puis ça fait partie du
développement puis de l'évolution de discussions d'avoir des groupes qui
sont... qui ont des positions
différentes, voire même opposées. Puis, pour moi, bien, des idées qui vont dans
des sens différents, bien, souvent, ça fait avancer les choses, ça fait
que c'est comme ça que je vois les choses, honnêtement.
M.
Cliche-Rivard : Mais la version que vous amenez, là, à 14 amendé,
puis ça, je vous pose la question, M. le ministre, à quel point elle est
la suite de C-92 ou à quel point elle est la suite d'une vraie volonté, là, de
votre part de coconstruction qui aurait été mise de l'avant sans égard à C-92?
M. Carmant : Bien, moi, je pense que
la volonté était là, comme je vous dis, dans le préambule de la modification
qu'on avait faite au projet de loi sur la LPJ initialement. On avait... J'avais
inscrit que les Premières Nations et les
Inuits sont les mieux placés pour prendre soin de leurs enfants. Puis, par
exemple, certains des programmes qu'on a... qu'on met sur pied en amont
de la DPJ ou en amont des placements, comme Ma famille, ma communauté, c'est des... c'est des programmes qui sont un peu
basés sur certaines approches qui sont utilisées dans les communautés.
Donc, tu sais, il y a vraiment des choses à apprendre.
Et, vraiment, ce qui nous... ce qui est venu
faciliter les choses, ça a été la décision de C-92, évidemment, mais, avant que le jugement soit posé, on ne
pouvait pas en présumer l'orientation définitive. Donc, c'est pour ça que,
maintenant, je suis à l'aise, là, de leur proposer de créer leur propre
commissaire et de se... de se regrouper selon ce qu'ils jugent de plus naturel
comme... comme regroupement, s'ils en jugent le besoin. Et, encore une fois,
s'il y en a qui ne veulent pas nécessairement aller de l'avant avec leur propre
loi, parce que ça existe, et même dans les travaux préalables, il y en a qui
étaient en faveur du commissaire associé, nous, on sera... on sera là pour
travailler avec eux et les appuyer pour s'assurer... comme, que notre but,
c'est que... de protéger tous les enfants, et d'écouter tous les enfants, et de
porter la voix de tous les enfants au Québec.
M. Cliche-Rivard : Là, si une
communauté décide de ne pas se doter d'un mécanisme, est-ce que le commissaire
a juridiction? Tu sais, c'est le commissaire de tous les enfants, vous l'avez
dit...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...sous réserve
de s'il y a une collaboration avec... ou s'il y a une entente signée au sens de
14 avec un groupe, là, c'est ce commissaire-là de la communauté qui a
juridiction principale.
M. Carmant : Ou ils peuvent avoir
une entente avec le commissaire, s'ils décident que c'est le commissaire
québécois. Donc, il peut y avoir entente là aussi.
M. Cliche-Rivard : Il faut qu'il y
ait une décision positive d'entente pour que ça, ça ait lieu, ou si, de facto,
à défaut d'entente... À défaut d'entente, est-ce que c'est... il y a
juridiction complète sur... C'est une question que...
M. Carmant : J'aurais tendance à
croire que oui.
M. Cliche-Rivard : Oui?
Mme Lemay (Catherine) : Bien, ça
dépend dans quelle communauté on est. Exemple, dans la communauté qui ont
déjà... Obedjiwan, qui ont déjà leur propre loi, il pourrait y avoir une
disposition différente par rapport à ça. On
a une communauté qui pourrait dire : Moi, je vais me prévaloir des
possibilités qu'il y a dans la loi de la protection de la jeunesse
actuelle d'avoir mes propres ententes, mais pourrait dire : Pour ce qui
est du commissaire, je... on va construire puis on va collaborer. Il peut y
avoir autant de modèles, je vous dirais, qu'il y a de communautés, mais, en
tout cas, c'est ma façon de voir les choses.
Puis là on
est aux premiers pas de... des ententes tripartites, à la fois pour
éventuellement mettre en oeuvre C-92 ou d'autres formes de collaboration
ou de réponse aux besoins des jeunes de... en protection de la jeunesse des
communautés autochtones. Donc, quand un commissaire sera voté, il pourra la...
14 à 18, tel que déposé, donne la marge de manoeuvre pour être en phase avec
les besoins de chacune des communautés et l'autonomie.
Le Président (M. Provençal)
: D'accord. Merci pour la réponse.
Compte tenu de l'heure, je vais suspendre les
travaux sine die. Merci beaucoup de votre collaboration. On se revoit demain
pour la suite de nos travaux. Merci.
(Fin de la séance à 18 h 30)