Journal des débats (Hansard) of the Committee on Health and Social Services
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Tuesday, May 12, 2026
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Vol. 49 N° 3
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Services sociaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Picard, Marilyne
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B.
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Arseneau, Joël
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Carmant, Lionel
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Arseneau, Joël
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Schmaltz, Valérie
15 h 30 (version révisée)
(Quinze heures trente-six minutes)
Le Président (M. Provençal)
:À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Services sociaux des crédits budgétaires du portefeuille
Santé et Services sociaux pour l'exercice financier 2026‑2027. Une
enveloppe de quatre heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme Garceau (Robert-Baldwin).
Services sociaux
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Nous allons procéder
à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant
des questions et les réponses. Je suis maintenant à reconnaître une première
intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. Alors, <je
cède la parole...
Le Président (M. Provençal)
:
...de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. Alors, >je cède la parole à Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Discussion générale
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, on va aller de l'avant tout de suite. Oh! désolée, je
cherchais le ministre en face, je le vois avec son équipe. Je salue le ministre
et toute son équipe qui est présente, là, aujourd'hui. Donc, on va rentrer dans
le vif parce qu'on n'a pas énormément de temps.
Donc, le premier sujet que je voudrais
aborder avec le ministre est l'itinérance, c'est un sujet évidemment de grande
importance, dont on... qui prend de l'ampleur, malheureusement, au Québec, et
dont on parle beaucoup dans les dernières années.
Donc, il y a un dénombrement qui a été
publié il y a quelques semaines. Premièrement, ce qu'on prend, c'est des
chiffres qui datent d'avril 2025, et nous sommes rendus en mai 2026. Et
également il reste le dénombrement complet qui reste à publier, qui, si je
comprends bien, va être émis à l'automne. Et je trouve... quand même, c'est
presque un an et demi que ça va avoir pris pour que tout le travail soit fait.
Je comprends que c'était un grand travail, mais, quand même, une fois qu'on
aura vraiment la ventilation, encore une fois, on sera un an et demi passé le
moment de ce portrait-là, donc pas des chiffres complètement à jour.
Dans le dénombrement, on a vu qu'il y a
plus de cinq régions au Québec qui ont eu des augmentations de plus de
50 % du taux d'itinérance en 2022 et 2025, y compris
l'Abitibi-Témiscamingue, avec une augmentation de 119 %. Donc, le ministre
va nous dire que le gouvernement n'a jamais dépensé autant pour l'itinérance; il
n'y a jamais eu autant de personnes itinérantes au Québec. Et, avec tout
l'argent qui a été dépensé, ma première question au ministre, c'est :
Comment se fait-il qu'on a vu une augmentation de 44 % en 2018 et 2022, et
là une augmentation de 20 % en 2022 et 2025? Donc, c'est ça, donc, ma
première question au ministre, c'est : Avec tout l'argent qui a été
investi, comment se fait-il qu'on ne voit... l'augmentation ne cesse? Et on
sait aussi que, dernièrement, le ministre a annoncé, avec la première ministre,
qu'il voudrait sortir, cette année 5 000 personnes de l'itinérance et
les mettre en logement.
Donc, je voudrais savoir plus à propos de
comment le ministre pense y arriver, parce que, quand même, c'est très
ambitieux, puis surtout qu'on a vu une augmentation dans les dernières années,
pas une diminution, pas de stabilité. Et également on parle de
4 000 personnes qui auraient été sorties de la rue en 2026. S'il peut
nous donner des détails de la ventilation de ces personnes-là et vraiment le
portrait régional également.
M. Carmant : D'accord. Juste
sortir le tableau de PSL.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre, vous pouvez y aller.
M. Carmant : Merci beaucoup,
M. le Président. Bien, moi aussi, je tiens à saluer toute l'équipe du ministère,
et de Santé Québec, et de mon cabinet qui sont avec moi et à mes côtés.
Évidemment, saluer mes collègues de la banquette gouvernementale, merci d'être
là, merci de venir m'appuyer et me soutenir. Et évidemment les oppositions. C'est
toujours un plaisir d'échanger avec vous pour parler des orientations
ministérielles dans les dossiers de services sociaux. Et évidemment vous, M. le
Président, qui êtes toujours notre étoile guidante dans ces débats.
• (15 h 40) •
Bien, je suis d'accord avec vous, là, que
l'augmentation de l'itinérance est significative et elle est demeurée, et on
s'y attendait quand même quand on regardait ce qui se passait, là, devant nous
en 2025 par rapport à la situation. Je pense qu'il faut regarder deux choses
d'un peu plus près, là. Je sais que les chiffres, quand on compare 2018 à 2022
puis 2022 à 2025, semblent montrer une augmentation qui est soutenue, mais je
pense qu'il faut concéder que le gros de l'augmentation de l'itinérance est
survenu après la pandémie. Donc, bien qu'il y ait une augmentation
significative, elle semble vouloir s'atténuer légèrement, là, parce que les
dénombrements ont été faits deux ans et demi après le début de la pandémie,
soit octobre 2022, et, deux ans et demi plus tard, on prenait une autre mesure
en avril 2025... oui, c'est ça, parce que les chiffres viennent de sortir.
Je pense que l'augmentation de
l'itinérance que l'on continue à voir est principalement due à ce qu'on appelle
une itinérance économique. Déjà, le dénombrement de 2022 semblait sonner
l'alarme sur le fait que de plus en plus de gens perdaient leur... qui étaient
dans la rue était due à une perte de loyer. Et je pense que, jusqu'à présent,
c'est la source d'itinérance qu'on a été le moins capable de capter et d'aider,
jusqu'à l'annonce de la semaine dernière. Puis ça a pris beaucoup de temps, là,
mais parce qu'il fallait impliquer le ministère de l'Habitation, il fallait
travailler avec d'autres partenaires pour être capable de garder en logement
les gens qui étaient à risque de perdre leur logement.
Puis je pense que c'est une très belle
annonce qu'on a faite l'an dernier... la semaine dernière de 1 000 PSL
prévention. Donc, avant que <les gens perdent leur loyer...
M. Carmant :
...de
1 000 PSL prévention. Donc, avant que >les gens perdent leur
loyer, ils vont pouvoir recevoir le supplément au loyer qui va faire qu'ils
vont payer seulement 25 % de leur loyer. On peut les capter au niveau du Tribunal
administratif du logement, donc dès qu'un propriétaire les menace d'éviction.
Puis même dans le premier site qu'on est en train d'appliquer le programme, à
Montréal, avec la Maison du Père, les propriétaires peuvent contacter
directement la Maison du Père avant d'aller au tribunal administratif du loyer.
Donc, moi, je pense que le programme s'applique d'abord et avant tout pour
nos... pour nos aînés, surtout les femmes qui perdent leur conjoint, qui ne
sont plus capables de perdre leur... qui ne sont plus capables de payer leur
logement, parce qu'on ne devrait plus voir d'itinérance chez cette
population-là.
Puis on a la CORPIQ qui est embarquée avec
nous. Puis, je le répète ici publiquement, le programme n'est pas obligatoire, là,
on ne peut pas les forcer à l'appliquer. Et aussi, comme je vous dis, ils
peuvent directement contacter l'organisme communautaire qui va appliquer cette
mesure-là. On l'a... on a débuté dans trois régions, Montréal, Gatineau et
Québec, parce que ces trois régions ont déjà tout le... toute la... excuse-moi,
toute la trajectoire disponible en itinérance, là, que ce soient les PRISM, la
trajectoire dépendance, la trajectoire jeunesse et, maintenant, la trajectoire
éviction. Mais cette partie-là, on va travailler avec Santé Québec pour la
déployer ailleurs au Québec assez facilement, là, ce n'est pas si compliqué que
ça. Donc, toutes les régions du Québec devraient pouvoir en profiter le plus
rapidement possible.
Mme Prass : Si je peux
me permettre, justement, vous parlez de... que toutes les régions pourraient y
avoir accès. Suite à votre annonce, le maire de Val-d'Or et le président du
conseil régional des préfets et maire de Rouyn-Noranda s'est dit très déçu
parce que votre annonce, justement, s'applique pour Montréal, pour la
Capitale-Nationale et pour l'Outaouais. Et, c'est en région qu'on voit surtout
ces augmentations, comme j'ai dit, 119 % en Abitibi-Témiscamingue,
74 % dans les Laurentides, 65 % dans la Côte-Nord. Donc, il y a une
certaine déception aussi que votre gouvernement a oublié le fait que, dans les
dernières années, l'itinérance n'est plus un problème des grands centres comme
ce l'était auparavant, c'est vraiment dans toutes les régions du Québec.
Donc, quand les maires eux-mêmes sortent
pour dire : Écoute, nous, on est... on est sévèrement touchés, on n'a pas
les moyens, là, on voit le gouvernement qui fait des annonces, mais qui fait
des annonces pour certaines régions mais pas pour certaines d'autres, donc il y
a une disparité qui existe, et donc une certaine déception du fait qu'on ne
reconnaît pas, encore une fois, que la face de l'itinérance a changé et que
c'est maintenant présent dans toutes les régions du Québec.
Alors, si vous pouvez répondre de façon
courte, ce que vous avez commencé, que ça va être disponible dans toutes les
régions, parce que ce n'est pas ce que vous avez annoncé dernièrement.
M. Carmant : Oui, absolument.
Puis, tu sais, je veux juste ajouter que je suis très fier de ce qu'on a fait
au niveau des mesures en itinérance, là, on a développé des mesures partout au
Québec. Je suis même allé ouvrir du 24/7 à Dolbeau, j'en ai ouvert en Abitibi
également. Mais, oui, la mesure de prévention sera disponible. J'ai parlé au
député d'Abitibi-Est aujourd'hui pour m'assurer qu'on va trouver un organisme
communautaire porteur, etc.
Mme Prass : Et donc je
vous ai demandé aussi, dans ma première question...
M. Carmant : C'est
Ouest.
Mme Prass : ...si vous
pouvez ventiler les supposés 4 000 personnes qui ont été sorties de
la rue en 2026 et quels sont les moyens que vous allez mettre de l'avant pour
le but que vous vous êtes donné de 5 000 personnes. Parce que, comme
vous l'avez mentionné, le premier facteur de l'itinérance présentement, c'est
les évictions, expulsions de logements, et il n'y a pas assez de logements
abordables et socials qui se construisent au Québec. Et on va... je vais
revenir plus tard avec des projets d'organismes qui ont de la difficulté à voir
le jour.
Donc, je voudrais savoir, premièrement,
ces 4 000 personnes et également les 5 000 dont vous vous donnez
le but de les sortir de l'itinérance, comment... quel est votre plan?
M. Carmant : Mais... on
va vous le partager, le tableau, là, mais c'est le tableau que le ministère
suit par rapport à... Parce qu'on envoie les données de Vers un chez-soi, le
programme fédéral, on envoie les données de mises en logement avec les
programmes de supplément au loyer. Donc, en 2023-2024, on a sorti
3 144 personnes de l'itinérance avec des PSL. Mais je tiens à...
Quand vous allez voir le tableau, vous allez voir que, pour Lanaudière et
Laurentides, il y a des inscriptions de «Zéro PSL ont été utilisés». Mais,
quand on parle au... à la HUTTE, qui gère la situation de l'itinérance dans ces
deux régions, que vous connaissez, M. Savoie, lui, il a sorti
700 personnes de l'itinérance par d'autres moyens que les PSL. Ça fait que
c'est écrit 3 144, mais <c'est probablement plus...
M. Carmant :
...l'itinérance
par d'autres moyens que les PSL. Ça fait que c'est écrit 3 144, mais >c'est
probablement plus. Même chose en 2024-2025, le chiffre officiel qu'on a, c'est
3 762 PSL qui ont permis de loger des personnes, mais, par exemple,
là, encore une fois, Lanaudière-Laurentides, on a seulement utilisé
26 PSL, mais on a sorti 900 personnes. Donc là, on est en train
d'avoir une... de mettre en place un système de suivi mensuel des PSL, comme ça
on sait comment ils sont utilisés année après année, et, en plus... parce qu'on
a... il nous reste à peu près un millier de PSL non utilisés en itinérance, là,
qui sont disponibles pour cette année, et, en plus, on va être en train... on
va travailler sur une mise... un moyen pour calculer les personnes qui sont
sorties de l'itinérance, mais par d'autres moyens. Tu sais, il y en a qui sont
sortis dans le privé, il y en a qui sont sortis par d'autres... par des
organismes communautaires. Donc, il y a plusieurs façons de sortir les gens de
l'itinérance. Tous les jours, il y a des gens qui sortent de l'itinérance.
Puis d'ailleurs, je parlais au RSIQ la
semaine dernière, puis eux, ils savent que les chiffres qu'on donne sont des
sous-estimations de leur travail. Puis je pense qu'il faut valoriser leur
travail puis donner les bons chiffres, puis on va se... on va faire ça dans la
prochaine année.
Mme Prass : Mais, avec ce que
vous avez dit, donc, disons... je lance un chiffre, en 2024-2025, vous avez
sorti... ou 2023-2024, l'un ou l'autre, vous avez sorti, par exemple,
2 500 personnes de l'itinérance. Ça veut dire que les chiffres qui
ont été révélés avec le dénombrement sont encore, en effet, plus hauts, parce
que vous êtes en train... il y a du monde que vous êtes en train de loger, mais
les chiffres continuent d'augmenter, et de façon importante, de 20 %.
Donc, les chiffres ne sont pas nécessairement un reflet de la situation parce
qu'il y a ce travail qui se fait en amont, mais là les gens... la
comptabilisation se fait du nombre de personnes qui sont identifiées. Mais là
vous dites qu'il y a un nombre... des milliers de personnes qui rentrent en
logement. Donc, c'est... en fait, c'est plus important que les chiffres nous le
révèlent.
M. Carmant : Mais là je suis
très heureux parce qu'enfin j'ai une main sur la... j'ai une main sur le
robinet avec les PSL prévention. C'est ça que je demandais depuis longtemps,
c'est d'être capable d'avoir un contrôle sur les sources d'itinérance. Ça fait qu'on
a mis un... on a mis un programme sur pied de prévention de l'itinérance après
sortie carcérale. Si vous regardez en détail les chiffres du dénombrement, en
2022, il y avait 959 sorties, il y avait 959 personnes en situation
d'itinérance en prison. C'est à... au dernier dénombrement, il n'y en a que 426.
Donc, je pense que ça commence à avoir un impact.
On sait le risque de l'itinérance à la
sortie de la DPJ. Chaque année, on a à peu près 2 000 personnes... chaque
année, on a à peu près 2000 personnes qui sortent de la DPJ, un quart
vivent un épisode d'itinérance à la sortie. On a mis sur pied 500 PSL pour
la cohorte qui sortait en 2025. On en a utilisé à peu près 290 sur les 500.
Donc, on a encore un peu de travail à faire puis on est en train de voir
comment ça se fait qu'on ne les ait pas tous captés. Et maintenant, c'est ça,
celui... le groupe qui me manquait, c'étaient vraiment ceux qui perdent leur
logement, puis là je pense qu'on a la main... on va pouvoir travailler en amont
sur ce groupe-là aussi.
• (15 h 50) •
Mme Prass : Puis vous avez
mentionné enfin... depuis longtemps que vous demandez ce changement au niveau
des PSL. Encore une fois, on aurait voulu qu'il y ait plus d'écoute à vos
demandes autour de la table du Conseil des ministres, parce que c'est vous qui
êtes responsable de l'itinérance. Donc, si vous mettez de l'avant des mesures,
justement, pour de la prévention, c'est à vos collègues de vous écouter. Donc,
d'entendre que vous l'avez demandé depuis longtemps, on est contents que ça se
réalise, mais ça aurait dû se réaliser auparavant.
Et vous avez... vous avez parlé justement
de l'itinérance féminine, et je voudrais en parler parce qu'il n'y a pas... on
a entendu, malheureusement, dans les dernières années, plusieurs histoires de
femmes en situation d'itinérance qui ne trouvent... qui sont... qui ne
retrouvent pas des ressources uniquement pour les femmes, des femmes qui
sillonnent la ville le soir par crainte de se faire agresser dans une
halte-chaleur, dans un refuge. Moi, j'ai visité les nouvelles installations de Chez
Doris, justement, vendredi à Montréal, 19 chambres pour des femmes en
situation d'itinérance. Aucun argent de la part du gouvernement provincial. De
l'argent de la ville, de l'argent du fédéral, de l'argent du privé, pas un sou
du provincial.
En plus, parmi les PSL qu'ils ont demandés
pour les 19 chambres, il y a cinq chambres qui ont été mises de côté pour
les jeunes qui sortent de la DPJ. Ils n'ont pas accès aux PSL parce qu'il faut
avoir son... il faut avoir fait ses impôts pour avoir la documentation pour
faire une demande pour les PSL. Et, vous l'avez mentionné vous-même, les jeunes
de la DPJ ont... sont 40 %... ont une chance de 40 % de se retrouver <dans
une situation d'itinérance...
Mme Prass :
...DPJ
ont... sont 40 %... ont une chance de 40 % de se retrouver >dans
une situation d'itinérance.
Donc, on parle des femmes qui sont
vulnérables, dont les chiffres ont énormément augmenté depuis 2018, dont il n'y
a pas assez de ressources uniquement pour elles. Et là on entend des projets,
justement, qui reçoivent du financement du fédéral, de la ville. Le provincial
n'est pas là. Et, en plus, ils ont des difficultés à obtenir des PSL pour des
jeunes femmes qui sortent de la DPJ. Donc, comment est-ce que vous expliquez ça
si, vraiment, on veut donner l'attention que mérite l'enjeu des femmes en
situation d'itinérance?
M. Carmant : OK. Là, on parle
du projet Chez Doris, sur la rue Guy, qui n'est pas ouvert?
Mme Prass : Non, pas sur la
rue Guy, sur la rue Saint-Hubert.
M. Carmant : Qui est déjà
ouvert?
Mme Prass : Qui va être
officiellement ouvert dans les prochains jours.
M. Carmant : C'est vrai? OK.
Bien, on va regarder vraiment ça, là.
Mme Prass : C'est des
logements de transition pour 19 femmes.
M. Carmant : En plus?
Mme Prass : Oui.
M. Carmant : OK. On va
regarder ça, là. Je ne suis pas au courant de cette situation, là, je dois
l'avouer, parce qu'à date on n'a refusé aucun programme... aucun projet au
féminin, là, en itinérance. Ça fait que je suis très surpris, là, qu'ils
n'aient pas eu leur soutien. Puis, pour les PSL, je ne comprends pas non plus,
là, l'enjeu, parce qu'on a des PSL spécifiques pour la sortie de la DPJ. Donc,
on va regarder ce qui se passe ici.
Mme Prass : Parce que je vous
rappelle que, l'an dernier, il y a eu plus de 41 000 demandes
d'hébergement de la part de femmes pour les instances uniquement pour les
femmes qui ont été refusées, 41 000 refus pour... de la part de
femmes qui sont allées dans des ressources pour les femmes. C'est énorme,
41 000.
Là, on apprend également qu'il n'y a pas
beaucoup de ressources pour recevoir les femmes en situation d'itinérance qui
ont des enfants. Et qu'est-ce qui arrive s'il n'y a pas de ressources pour ces
femmes-là? C'est la DPJ qui va venir enlever les enfants, parce qu'ils vont
dire : Vous n'avez pas de lieu sécuritaire, stable pour vous... pour
héberger les enfants. Vous ne trouvez pas que c'est malheureux? Et vous ne
trouvez pas que c'est très problématique que des femmes qui peuvent se
retrouver dans la rue pour des raisons de violence conjugale ou parce qu'elles
n'arrivent pas à payer le loyer perdent la garde de leurs enfants parce qu'il
n'y a pas de ressources uniquement pour les femmes pour les garder en sécurité?
M. Carmant : Mais absolument.
Mais, comme je vous dis, à part ce que vous mentionnez, là, Chez Doris, moi, je
ne suis au courant d'aucun projet pour femmes qui a été refusé par mon
ministère, sincèrement.
Mme Prass : Je vais vous
parler de Lévis.
M. Carmant : Et juste pour
dire que le projet de prévention, la Maison du père travaille avec Logifem,
mais on travaille... la Maison du Père travaille avec Logifem, justement, pour
loger ces femmes qui sont victimes de violence conjugale avec le PSL
prévention.
Mme Prass : Parce que, là, un
autre exemple qu'on a entendu dernièrement à Lévis, les premières chambres pour
aider les femmes en situation d'itinérance qui sont supposées ouvrir, les
chambres sont prêtes. Je sais qu'il y a une contribution de la part du
gouvernement, mais ils leur manquent 30 000 $ par année pour engager
un gardien de sécurité. Entre-temps, ces trois chambres restent vides, et des
dizaines de femmes restent dans la rue parce qu'il y a 30 000 $ qui
manquent pour qu'il y ait un gardien de sécurité. Justement, le gouvernement a
fait une partie de l'investissement. Est-ce que vous ne trouvez pas que ça
serait nécessaire, justement... Puis, on se comprend, 30 000 $, ce
n'est pas des millions de dollars et ça fait toute la différence pour ces
femmes-là. Est-ce que vous êtes prêts à leur tendre la main, justement, pour
voir ces trois chambres pouvoir ouvrir et héberger ces femmes?
M. Carmant : J'ai dit à mon
équipe de le régler le jour même. Je pense que, si vous les recontactez, c'est
fait.
Mme Prass : Mais il a fallu
que vous le fassiez. Donc, il y a d'autres programmes et d'autres projets où ce
n'est pas nécessaire, votre intervention est requise parce que ce n'est pas la
façon de faire, disons, tout le temps de la part des fonctionnaires de vouloir
accorder de l'argent, et je vais en revenir plus tard avec d'autres projets.
Mais on se comprend qu'il est primordial que les femmes puissent avoir plus de
ressources uniquement pour elles, pour se sentir en sécurité, elles et leurs
enfants, et ne jamais se faire séparer de ses enfants parce qu'il n'y a pas
d'hébergement disponible pour les femmes et leurs enfants.
Dernière question, je... bien, une
dernière question pour ce bloc, je vais aller assez vite. On a parlé de mesures
hivernales l'année passée. Vous vous êtes engagé à s'assurer que les organismes
reçoivent leur financement à temps. Ça n'a pas été le cas encore cette année.
Votre collègue, quand elle vous... elle était ministre des Services sociaux, a
annoncé un 5 millions de dollars additionnels le 17 décembre pour des
mesures hivernales. Et, moi, dans tout ça, bien, on ne voit pas, justement,
ce... cette communication, et prévisibilité, et stabilité qui est offert aux
organismes communautaires. Vous vous étiez engagé l'an dernier aux crédits,
qu'en dites-vous cette année?
M. Carmant : Mais ce que je
m'étais engagé l'an dernier, c'était de...
Le Président (M. Provençal)
:Je vous demanderais de conserver
votre réponse pour le prochain bloc, s'il vous plaît, parce que le temps est
terminé. <Je vais céder maintenant...
Le Président (M. Provençal)
:
...le prochain bloc, s'il vous plaît, parce que le
temps est terminé. >Je vais céder maintenant la parole au député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci, M. le ministre, de vous prêter à cet exercice fort
important. Je salue également les membres de votre équipe ici, et ceux de Santé
Québec, et également mes collègues de la partie gouvernementale et des partis
d'opposition.
Je vais également poser des questions en
ce qui concerne la crise sociale réelle liée à l'itinérance et j'aimerais
d'abord clarifier les chiffres. Vous avez parlé tout à l'heure, et c'est ce
qu'on avait pu lire dans certaines coupures de presse, qu'en 2024 on avait, pour
ainsi dire, sorti de la rue 3 144 personnes, puis, en 2025,
l'objectif qui a été... qui était signifié, c'est 5 000. Est-ce que, pour
2025, on a les chiffres à l'heure actuelle?
M. Carmant : Non, on ne les a
pas encore. C'est l'année en cours. Moi, j'ai l'année précédente.
M. Arseneau : D'accord.
J'essaie de réconcilier non seulement les chiffres, mais votre expression de
satisfaction ou de fierté. Vous venez de dire que vous étiez très fier des
mesures qui ont été mises en place, mais, pourtant...
M. Carmant : En région.
M. Arseneau : En région,
d'accord. Mais, pour l'ensemble du Québec, lorsqu'on regarde les chiffres
globaux, ce sur quoi on peut se fier, évidemment, c'est le dénombrement, en
fait, c'est les chiffres les plus fiables qu'on a. Comment se fait-il qu'on
peut, selon les chiffres ministériels, retirer 3 000 à 4 000 personnes
de la rue et voir une augmentation de 1 800 personnes pendant la même
période ou à peu près? Est-ce à dire, si ma compréhension est bonne, que, même
si on en retire, admettons, 4 000, si, au total, il y a une augmentation
de 20 %, c'est donc qu'il y en a plus de 4 000, peut-être 5 000
ou 5 500 qui s'y retrouvent?
M. Carmant : Bien, les
chiffres sont clairs, là, Patrick Simard, du Tribunal administratif du logement
à Montréal, gère 3 000 demandes d'éviction par année. Ça, c'est juste
à Montréal.
M. Arseneau : Donc, ce que
l'on comprend, c'est qu'avec les mesures en place, avec les résultats qu'on
obtient, on peut ralentir peut-être un peu le flot, mais, essentiellement,
renverser la tendance, on n'est pas rendus là encore. Le plan, actuellement, ne
fonctionne pas pour renverser la tendance.
M. Carmant : Avec la dernière
mesure de prévention qu'on vient de mettre sur pied, là, on a tout ce qu'il
faut pour renverser la tendance une fois pour toutes.
M. Arseneau : Mais, encore
une fois, l'annonce que vous avez faite la semaine dernière... Au début,
d'ailleurs, il y a eu une certaine confusion, on parlait de retirer 4 000 personnes.
Ensuite, un peu plus tard dans la journée, bien, on a corrigé le tir en disant
que c'était 5 000, le même objectif qui avait été signifié un peu plus
tôt, il y a quelques mois. Mais il ne s'agit pas, dans vos projections, d'un
gain net, d'un résultat net. C'est-à-dire que, si on dit : On va en
retirer 5 000, mais qu'il y en a 7 000 qui se retrouvent dans la rue,
évidemment, on aura un déficit, au net. Donc, pourquoi ne pas emprunter une
formule qui nous permettrait de voir une réelle progression, donc un résultat
net, plutôt qu'un objectif qui est contré par un phénomène qui, lui, continue
de s'accentuer?
• (16 heures) •
M. Carmant : Alors, parce
qu'actuellement on n'a pas de chiffre exact de combien de personnes deviennent
nouvellement en situation d'itinérance. Et, bien qu'on avait un moyen de
contrer l'itinérance post-incarcération, post-sortie de la DPJ, on n'avait pas
de moyen de contrer la situation d'itinérance post-éviction. Maintenant, on a
un moyen tangible d'éviter que ça arrive, et là on peut vraiment renverser la
tendance, puis là on peut vraiment voir les chiffres commencer à diminuer en
mettant ça sur pied.
M. Arseneau : Mais est-ce
que... est-ce que vous êtes d'accord avec moi pour dire que, si on a adopté un
plan qui fait partie de cette politique nationale de lutte... de lutte à
l'itinérance, qui a fait consensus, qui, je pense, est appuyé de toute part,
là, depuis qu'on l'a lancé, là, je parle évidemment du document Ensemble
pour éviter la rue et en sortir... donc, si le plan associé à cette
politique-là a été lancé en 2021 jusqu'en 2026 et qu'on n'a pas réussi à
renverser la tendance, est-ce que vous pensez comme moi qu'on peut conclure à
un échec du plan?
M. Carmant : Non, je ne pense
pas qu'on peut conclure à un échec du plan. On a quand même développé des
ressources en itinérance partout à travers la province. Avant, je tiens à vous
rappeler que l'itinérance, c'était géré seulement l'hiver, c'était géré
seulement dans les grands centres. Donc, on a vraiment déployé des services,
là, assez... de façon assez impressionnante. Là, maintenant, on rentre... avec
le prochain plan qui s'en vient, on rentre vraiment dans la place... dans une <phase
plus...
>
16 h (version révisée)
<17893
M.
Carmant : ...avec le prochain plan qui s'en vient, on rentre vraiment
dans la... dans une >phase plus où on va pouvoir intensifier la
prévention. Maintenant, les gens n'auront plus besoin de perdre leur logement.
Puis l'intervention qui se fait au Tribunal administratif du logement, je vais
tenter d'être court, là, il y a de l'aide ponctuelle pour ceux qui ne sont pas
capables de payer leur loyer ce mois-ci puis qui, déjà, se font... se font
mettre dehors. Il y a de l'aide également pour ceux qui, à long terme, auront
de la misère à payer, donc, ça, c'est les PSL-Prévention, puis il y a de l'aide
aussi pour ceux qui ont des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, et ça
aussi, c'est un soutien qui va leur permettre de rester en logement.
M. Arseneau : Mais, en tout
respect, M. le ministre, vous nous dites : Voici ce qui devrait se
produire suite à l'annonce qu'on a faite la semaine dernière. Moi, j'en suis
sur l'évaluation, le bilan du plan des cinq dernières années, qui s'est terminé
en mars dernier et qui a vu une augmentation de l'itinérance, dans un premier
temps, de 44 %, puis, ensuite, de 20 %. Puis vous me dites : On
a mis des mesures en place, et ça fonctionne. Alors que le titre du plan, c'est
Éviter la rue, on n'a pas évité la rue, on a plus de gens qui se sont retrouvés
dans la rue que des gens qu'on a réussi à en sortir. Le bilan, à mon point de
vue, est négatif. Mais, pire encore, le gouvernement annonce qu'il va prolonger
d'un an ce plan qui ne fonctionne pas plutôt que le réviser urgemment pour
pouvoir mettre en place des mesures qui fonctionnent. Pourquoi est-ce qu'on
attend la fin d'un plan qui ne fonctionne pas, qui est un échec, et qu'on le
prolonge d'un an plutôt que le réviser et mettre les moyens ambitieux dont on a
besoin pour faire face à cette crise humanitaire?
M. Carmant : Bien, pour créer
des nouvelles initiatives, ça prend un certain temps, et je pense que la
dernière initiative qu'on vient de déposer est celle qui va vraiment renverser
la tendance. Maintenant, on est en train de travailler sur le prochain plan,
qui sera non seulement interministériel, mais intersectoriel, et ça, il va y
avoir des mesures qui sont très robustes, puis on va pouvoir intensifier l'aspect
préventif.
M. Arseneau : Mais expliquez-moi
comment ça fonctionne, au sein du ministère, face à une crise comme celle-là,
avec des résultats comme ceux qu'on a. Pourquoi on attend la fin du plan pour
commencer à réfléchir à la nouvelle mouture du plan et au bilan, qui n'est pas
satisfaisant? Pourquoi est-ce qu'on fonctionne toujours avec un décalage d'un
an ou deux alors que la crise, elle, elle continue de s'amplifier?
M. Carmant : Bien, je peux
vous dire que ça fait plusieurs années qu'on travaille sur cette mesure de
prévention là, qui implique plusieurs ministères et qui n'est pas simple à
mettre sur pied. C'est pour ça que ça prend du temps.
M. Arseneau : Bien, je conviens
que ça prend du temps, mais j'imagine que, lorsqu'on est dans un ministère qui
gère une situation comme celle-là... On a vu les villes qui se sont levées à,
un moment donné dans une rencontre, à un grand forum, en réclamant des actions
et un partenariat, une plus grande concertation. On a eu les états généraux, et
tout ça. Tout le monde appelle à l'aide, et c'est comme si le ministère, bien,
dit : Bon, on va laisser le plan se terminer, se dérouler, puis, à
quelques mois de la prochaine échéance électorale, on annoncera une mesure. J'ai
de la difficulté à comprendre comment on peut fonctionner de cette façon-là. Si
on reconnaît que la crise, elle est réelle, pourquoi est-ce qu'on prolonge un
plan qui ne fonctionne pas?
M. Carmant : Mais c'était
juste le... On a prolongé le financement du plan en attendant l'écriture du
prochain. Je pense que tout le monde, la semaine dernière, a entendu le maire Marchand
féliciter la mesure, féliciter le fait que notre gouvernement s'est toujours
présenté pour discuter, gérer, améliorer, être sur le terrain pour aider les
situations les plus... les plus difficiles. On a toujours répondu présent.
M. Arseneau : On a annoncé une
nouvelle mesure, donc davantage de financement maintenant. Vous avez mentionné
tout à l'heure... Bien, moi, j'aurais souhaité que ça intervienne avant, mais
mieux vaut tard que jamais, mais on pourrait aussi dire que c'est trop peu,
trop tard, dans la mesure où ce qu'on annonce, c'est essentiellement des
projets pilotes. Et est-ce que vous ne pensez pas qu'après huit ans au pouvoir
le gouvernement pourrait faire davantage que des projets pilotes et vraiment
avoir une stratégie globale pour l'ensemble du Québec? Parce qu'on a sursauté
en région quand on a vu qu'on ne ciblait que trois centres urbains, alors que l'augmentation
au cours des deux dernières années, elle est exponentielle. On a parlé de l'Abitibi
tout à l'heure, on parle de 119 %. Les gens des régions, à juste titre, se
sont sentis laissés pour compte, alors que le phénomène, il est régionalisé.
Pourquoi des projets pilotes ciblés?
M. Carmant : Bien, le projet Prévention
va être rapidement diffusable ailleurs... ailleurs au Québec. Ça, ce n'est pas
un enjeu. La raison pourquoi on a ciblé ces trois régions-là, c'est que ces
trois régions ont toutes les... ont tous les services et toutes les catégories
de services. Alors, le projet pour les personnes toxicomanes nécessite un
soutien en psychiatrie, nécessite un centre de réadaptation en dépendance, avec
des lits de désintoxication et de sevrage. Donc, pour cette partie-là, ça va <être...
M. Carmant :
...des
lits de désintoxication et de sevrage. Donc, pour cette partie-là, ça va >être
plus... plus complexe, mais, pour la partie PSL-Prévention, ça va se déployer
rapidement, là, n'ayez... n'ayez crainte.
M. Arseneau : Mais, quand
vous dites «rapidement», pourquoi on ne l'a pas annoncé la semaine dernière,
là? Pourquoi on laisse un peu, là, les régions et les villes des régions dans
l'incertitude, à savoir si, vraiment, ils vont avoir le soutien dont ils ont
besoin et qu'ils réclament depuis déjà des années pour intervenir?
M. Carmant : Bien, comme je
vous dis, j'ai... on a développé des services en itinérance partout, là, pas
juste à Montréal, Québec, Trois-Rivières et Gatineau, et ça prend un certain
temps pour identifier les groupes communautaires qui vont être porteurs de ce
programme-là. Les groupes communautaires vont se présenter au Tribunal
administratif du logement, qui vont gérer les PSL-Prévention. Donc, il y a du
travail à faire de notre côté, mais ça va se faire dans les... dans un bref
délai.
M. Arseneau : Est-ce que je
comprends, à ce moment-ci, que l'annonce a été faite, mais qu'il reste encore
de nombreux fils à attacher pour aller identifier, par exemple, des groupes
communautaires? Donc, est-ce que... je ne veux pas mettre des mots dans... dans
votre bouche, mais est-ce qu'on a annoncé un plan et ensuite on va voir à la
logistique et à la mécanique de l'application du plan par la suite plutôt
qu'avoir réglé ça en amont?
M. Carmant : Bien, je pense
que c'était une... c'était une intervention qui était attendue, qu'il fallait
annoncer, puis je pense que le ministère et Santé Québec vont s'occuper de la
suite des choses.
M. Arseneau : Mais donc ce
plan-là, le temps qu'il soit déployé, ça va encore prendre... encore prendre un
certain temps si on n'a pas les organismes identifiés et les partenaires mis
dans le coup en amont. C'est donc dire que ce travail-là va devoir se faire en
aval dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois. C'est ça?
M. Carmant : Exactement.
M. Arseneau : Et alors, à
quand la mise en œuvre du plan que vous... ou de la nouvelle mesure que vous
avez annoncée la semaine dernière?
M. Carmant : Bien, le plus
rapidement possible. Je pense que le besoin est là.
M. Arseneau : Est-ce qu'on a
un échéancier?
M. Carmant : Ah! je ne vais
pas me prononcer sur l'échéancier.
M. Arseneau : Il n'y a pas
d'échéancier. Maintenant, vous avez mentionné, et ça m'a surpris un peu, que
cette mesure-là qui a été annoncée la semaine dernière, bien, elle est
intéressante dans la mesure où vous avez la collaboration d'un de vos
collègues, donc du ministère des Affaires municipales ou de l'Habitation.
M. Carmant : De l'Habitation.
M. Arseneau : De l'Habitation.
Si je ne m'abuse, le plan et la... le Plan interministériel en itinérance,
comme son nom l'indique, il est interministériel. Comment se fait-il qu'on ait
un plan interministériel et que ça prend toute la durée d'un plan et même la
prolongation d'une année pour avoir la collaboration du ministre... du
ministère de l'Habitation?
• (16 h 10) •
M. Carmant : Bien, parce
qu'on fait quelque chose que, pendant je ne sais pas combien de temps... ici,
ça ne s'est jamais fait. On fait des nouvelles choses, tu sais, on sort de la
boîte avec des nouvelles idées qui n'ont jamais été mises de l'avant. Tu sais,
ça ne peut pas se faire de façon instantanée. Tu sais, le PRISM, c'était
quelque chose qui existait depuis 20 ans, qui dormait dans un coin à
Montréal. On est en train de le déployer partout au Québec. La trajectoire
toxicomanie, personne n'avait jamais pensé faire ça avant, là, puis de
l'itinérance, il y en a toujours eu, là. Donc, on sort des choses innovantes,
on prend le temps de bien faire les choses puis on les déploie de façon
progressive. Moi, je pense qu'on fait bien les choses.
M. Arseneau : Mais comment, à
ce moment-là, est-ce que se déploie l'aspect interministériel du plan, au cours
des dernières années, là, si ça prend cinq ans avant que le ministère de
l'Habitation dise : Bien, moi aussi, je vais participer à la lutte à
l'itinérance avec des mesures novatrices?
M. Carmant : L'Habitation a
fait plein de changements à son PSL. C'est pour ça que je suis surpris de la
loi que... de ce que vous mentionnez sur : les jeunes ont besoin d'un
rapport, d'un pool. On a fait sauter plein de choses. Il y a des PSL pour les
femmes victimes de violence conjugale, il y a des PSL pour les jeunes, il y a
des PSL d'urgence, il y a toutes sortes de PSL, puis l'Habitation a vraiment
bien travaillé avec nous, là, dans... en faisant tomber un paquet de barrières
qui existaient déjà.
M. Arseneau : Une dernière
question là-dessus, sur l'aspect interministériel, ça m'intéresse, quand même. Est-ce
que, dans le déploiement du plan 2021-2026, vous pouvez nous dire combien de
rencontres, à quel rythme on a pu tenir ces rencontres-là, interministérielles,
pour véritablement, là, mettre en place des mesures et faire en sorte que ce
soit véritablement un plan qui implique plusieurs ministères?
M. Carmant : Ah! on se
rencontrait quatre à six fois par année, puis les ministres étaient autour de
la table. C'est moi-même qui callais les... qui demandais les... les rencontres.
M. Arseneau : Et les mesures...
et les PSL que vous avez annoncés vendredi dernier, vous n'y avez jamais pensé
avant, là, collectivement, dans ces rencontres-là?
M. Carmant : Absolument. Mais
c'est des choses qui sont... qui sont des façons différentes de faire les
choses. Il faut travailler tout le monde ensemble pour avoir un consensus, pour
savoir comment ça va se déployer. Si je pouvais... si j'avais une baguette
magique, là, ça irait <beaucoup...
M. Carmant :
...déployer.
Si je pouvais... si j'avais une baguette magique, là, ça irait >beaucoup
plus vite, mais la réalité, c'est qu'il faut changer les choses progressivement,
et on va au maximum de notre capacité.
M. Arseneau : M. le ministre,
je ne doute aucunement de votre... comment dire, de votre ambition et de votre
bonne foi, mais je dois quand même me permettre de soulever le fait que face à
une crise, face à l'urgence d'agir, vous nous répondez que le gouvernement est
impuissant à accélérer la cadence et que tout ça prend un temps absolument fou,
alors que la situation se dégrade sur le terrain.
M. Carmant : Bien non. Tu
sais, vous regardez la dernière mesure qu'on vient d'annoncer puis vous
demandez pourquoi ça a pris autant de temps, mais, avant ça, il fallait... il
fallait régler les problèmes de santé mentale. L'an dernier, c'est plus de
500 personnes avec des problèmes de santé mentale qui sont sorties de la
rue avec les PRISM. C'est immense, ça. Tu sais, il fallait trouver un moyen
pour ça, parce que tous les maires venaient nous voir pour des problèmes de
cohabitation. Puis là, maintenant, on vient d'annoncer la toxicomanie, qui est
une autre tranche, qui sera encore plus difficile de sortir de la rue. Ça fait
que, oui, si on prend à rebours, bien, c'est facile, mais les choses ont été
vraiment faites progressivement, dans l'ordre.
M. Arseneau : Alors, je vais
laisser quelques questions pour mon collègue ici, à ma droite, et je vais
passer à un autre sujet. Vous avez sûrement préparé la réponse, parce que je
pose la question à chaque année.
Je change de sujet complètement. Où en
est-on avec le nombre de psychologues dans le réseau public des services
sociaux au Québec? L'année dernière, vous m'avez dit qu'il y avait eu
156 nouveaux psychologues et 165 départs, donc qu'on avait un peu
diminué l'écart. Vous nous disiez : On va... on prévoit atteindre
l'équilibre pour 2026-2027. Où en est-on?
M. Carmant : On en a 936, là.
J'attends les chiffres.
Une voix : ...
M. Carmant : 937 départs,
arrivées. Mais je m'attendais à la question.
M. Arseneau : Et on attend
toujours votre réponse, M. le ministre. On...
M. Carmant : Je reviendrai
avec la réponse.
M. Arseneau : Oui, on pourra...
on pourra y revenir, si vous le... si vous le voulez bien. Donc, je vais... je
vais aborder rapidement, dans le temps qui est... qu'on a, les quelques minutes...
Plusieurs groupes ont dénoncé, et on l'avait fait, d'ailleurs, lors de l'étude
du projet de loi n° 15, le peu de place que prennent les services sociaux
au sein de Santé Québec. On a parlé, notamment dans le PL n° 15,
du fait qu'on... le gouvernement avait refusé absolument, là, d'inscrire les
services sociaux dans l'appellation de la société d'État. Mais, en mars
dernier, l'ordre professionnel des travailleurs sociaux a dit s'inquiéter de la
place faite aux services sociaux, évidemment, au sein de l'organisation. On dit
que les services sociaux sont invisibles dans cette immense structure. Il y a
beaucoup de groupes qui nous contactent en disant : On ne sait toujours
pas à qui s'adresser. C'est comme s'ils se sentent abandonnés, comme s'ils
n'existaient pas. 58 % des travailleurs sociaux québécois estiment que
l'accès aux services s'est détérioré depuis la création de Santé Québec, en
2024. 70 % anticipent une dégradation continue de l'accès aux services à
l'avenir.
Donc, est-ce que... quelle est votre
lecture de la situation? Est-ce que vous pouvez nous dire qu'il y a une
préoccupation réelle, à Santé Québec, pour les services sociaux et un accès
amélioré aux services sociaux?
M. Carmant : Bien, je ne sais
pas, M. le député, si vous avez entendu ou lu une déclaration de Santé Québec,
là, dans les dernières années, mais je pense qu'il n'y a pas une fois que Mme
Biron ou Mme Poupart sont sorties sans parler de santé mentale et de services
jeunesse, qui sont deux services qui continuent à montrer, là, une amélioration
significative dans l'accès aux soins puis dans les listes d'attente. Mais moi,
je suis très fier du travail que Santé Québec fait pour maintenir les services
sociaux comme priorité. Puis, bon, je comprends l'histoire de la nomination,
là, du... de la dénomination de Santé Québec, mais, pour nous, c'est clair que,
sans services sociaux, il n'y a pas de santé, point.
M. Arseneau : Mais comment se
fait-il que les professionnels de l'État se sentent un peu laissés pour compte
et que les partenaires du système de santé, les principaux partenaires, les
organismes communautaires, nous disent : Santé Québec est aux abonnés
absents lorsqu'il est question de pouvoir travailler ensemble puis être reconnus
pour pouvoir faire avancer les choses et jouer notre rôle en complémentarité?
Le Président (M. Provençal)
:Conservez la réponse, M. le ministre,
pour la prochaine intervention.
M. Carmant : Ah! merci.
Le Président (M. Provençal)
:Je vais maintenant céder la parole au
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre, bonjour. Bonjour aux équipes, bonjour
à ceux et celles présents. Question pour vous. Il y a eu un branle-bas de combat
assez important, là, au moment où le gouvernement fédéral a <abandonné...
M. Cliche-Rivard :
...combat assez important, là, au moment où le gouvernement
fédéral a >abandonné le PRCC, à la fin de l'année dernière, décision
absolument catastrophique, et on a mis beaucoup de pression avec votre
prédécesseure, là, la ministre de la Santé aujourd'hui, pour que votre
gouvernement fasse quelque chose. Tant mieux, il y a eu, effectivement, des
annonces, là, du 24 millions, mais là, sous pression, le fédéral est allé,
lui aussi, finalement, débloquer quelque chose, a annoncé le même... en tout
cas, l'équivalent, là, de 125 millions, la part du Québec là-dedans, donc
autour d'un 25, 30 millions aussi.
Donc là, on se retrouve à avoir les deux 24 millions.
Ceci dit, rien de ça n'est encore descendu, là, sur le terrain, et là on est
beaucoup de semaines passé le 31 mars, là, l'état financier, là... l'année
financière a déjà commencé depuis longtemps pour les groupes. Pouvez-vous nous
dire, là, comment ça va descendre, le 24 millions, l'an 1,
l'an 2? Est-ce que c'est les deux 24 millions la même année? Comment
ça va marcher? Les groupes s'inquiètent beaucoup sur le terrain.
M. Carmant : Oui, je pense
que le... la directive initiale avait été de regarder par rapport aux
15 régions du dernier dénombrement. Pour stabiliser les choses, incluant
dans mon comté, là, j'ai demandé que le 24,8, puis ça, je pense que les lettres
commencent à arriver, soit reconduit de façon intouchée par rapport à 2025-2026.
Comme ça, tous les projets qui sont financés dans le PRCC vont maintenir leur
financement tel quel. Donc, s'il y a des lits qui sont... qui ont été fermés,
on va pouvoir les réouvrir, etc., on va stabiliser les choses. Dans la demande
de cette année, il y avait des projets, également, qui étaient financés par
d'autres sources de financement, qui ont été inclus parce que jugés
prioritaires. Donc, on va pouvoir libérer du financement pour ça et financer
d'autres projets également. Nous, on...
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'il y a eu des coupes dans le VCS, là. Il y avait une...
M. Carmant : C'est ça,
exactement.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
M. Carmant : Donc, ça, ça va
être rétabli également.
M. Cliche-Rivard : Donc, il y
a Logifem, notamment, qui est sorti sur la place publique.
M. Carmant : Ah! je ne
connais pas les cas par cas.
M. Cliche-Rivard : Il y a,
évidemment, Le Chaînon qui est sorti public. Vous avez aussi entendu RAP
Jeunesse, avec le centre de jour, qui n'avait pas de de soutien financier pour
opérer le centre de jour. Ces gens-là vont avoir des nouvelles dans les
prochains jours?
M. Carmant : Bien là, on
vient de régler le PRCC. Là, aujourd'hui, on avait les crédits, je n'ai pas ma
rencontre statutaire avec Santé Québec. Ensuite, on va... on va s'attaquer à
VCS 2024-2026.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
tout ce qui n'a pas été financé VCS, qui a perdu son financement PRCC entre-temps,
là, va faire l'objet d'une discussion suivante, là?
M. Carmant : PRCC, c'est
réglé.
M. Cliche-Rivard : Mais,
entre-temps, vous avez financé, dans le VCS, des projets qui avaient été
abandonnés par le PRCC.
M. Carmant : Exactement.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
• (16 h 20) •
M. Carmant : Qui étaient
financés PRCC, qui ont été financés VCS.
M. Cliche-Rivard : Par le
VCS, exact.
M. Carmant : Exactement, oui.
Ça fait que, là, on va... on va rebrasser les cartes, là.
M. Cliche-Rivard : Et
l'argent résiduel qui restera dans le PRCC, c'est le 24 millions encore
cette année ou c'est 12-12? Qu'est-ce que vous allez faire?
M. Carmant : Non, c'est 24,8,
là. Donc, on veut s'assurer que personne ne perde leur argent.
M. Cliche-Rivard : Votre 24,8
va être investi...
M. Carmant : Non.
L'année 2.
M. Cliche-Rivard :
L'année 2?
M. Carmant : Oui. Il n'y aura
pas 50 millions en itinérance cette année, non.
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
la question, c'est ça. Donc l'année 1, cette année précise, c'est l'année
du PRCC, c'est le financement PRCC.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Et votre
24,8, ça va être l'année 2, l'année prochaine.
M. Carmant : Exactement.
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
et on le souhaite en continuité de ces enveloppes-là pour qu'il y ait une
stabilité le plus possible...
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : ...et pour
que les gens sachent au moins, sur deux ans, à quoi s'en tenir pour leur
financement. C'est vers ça qu'on s'en va?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Et des
informations, ou appels à projets, ou contacts pour la deuxième enveloppe de
l'an 2, VCS, ce ne sera pas à la dernière minute, là, ça va être au
courant de cette année, au moins, là? Parce que, là, l'année est déjà engagée,
là.
M. Carmant : Bien, je ne suis
pas rendu là, mais on va démêler tout ça, là. Revenez-moi dans quelques
semaines.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
On est monté, l'hiver... cet hiver, là, M. le ministre, à
3 000 places d'urgence à Montréal. Ça avait été une augmentation
significative, quand même, avec beaucoup de pression, là, du milieu. On
tournait autour de 2 300, là, l'année passée. Les 700 ou 800 places
additionnelles qui ont été financées, là, dans l'hiver qui vient de se
conclure, est-ce que ces sous-là sont déjà budgétés, prévus et confirmés pour
l'hiver qui s'en vient?
M. Carmant : Bien, ça, c'est
le 5 millions qui a été ajouté par ma collègue, un peu à la demande de la
nouvelle mairesse aussi, là, qui a... qui a contribué beaucoup. Je vais... je
vais vérifier qu'est-ce qui est... qu'est-ce qui est possible, mais je pense
qu'on va s'arranger pour que ce soit maintenu. Mais on veut développer
également. Je répète, là, moi, je... moi, je reprends l'intention, là, de
repartir les projets modulaires. Il y en a un qui est vraiment bien installé,
là, à Namur, il y a celui à Ahuntsic, à ce que j'ai entendu parler, qui a des
enjeux, là, qu'on va vérifier puis, bon, il y en avait... il y avait du
financement pour un troisième, qu'on va vérifier également avec la ville, où
est-ce qu'on va le localiser.
M. Cliche-Rivard : Je veux
juste noter, M. le Président, là, un consentement du ministre de nous revenir
avec une réponse sur le financement des 3 000, là. Vous nous avez dit que
vous allez nous revenir avec une <confirmation...
M. Cliche-Rivard :
...que
vous allez nous revenir avec une >confirmation. Donc, que ce soit noté,
là, que le ministre s'engage à revenir à la commission avec une réponse, à
savoir si les 3 000 places en urgence de 2025-2026 sont confirmées
pour 2026-2027. C'est bon?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, c'est noté.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup. Parce que, M. le ministre, vous n'êtes pas sans savoir qu'à ce moment
précis on sera en élections ou, en tout cas, sur le point «de» l'année
prochaine. Ce ne sera pas le temps de commencer à négocier...
M. Carmant : Des places.
M. Cliche-Rivard : ...l'ouverture
de places. Et on se l'est dit, vous et moi, à plusieurs... à plusieurs
reprises, on sait quand est-ce que l'hiver arrive au Québec, là, à peu près,
là, à quelques semaines de préavis, là, mais on sait qu'on ne négociera pas ces
enveloppes-là... on devrait arrêter, là, de commencer à négocier ça à la fin
novembre, là.
M. Carmant : Mais les places
2025-2026 ont été reconduites, là. Ça, cette année, ça, c'est fait.
M. Cliche-Rivard : Mais les
places additionnelles n'ont pas été prévues avant la fin de l'année, là.
M. Carmant : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : On aurait
dû initialement, en amont, plusieurs mois d'avance, prévoir ces places
d'urgence. C'est ce que je vous soumets.
M. Carmant : Mais, encore...
mais, encore là, je pense que la solution à la sortie de la crise de
l'itinérance, ça passe par les logements modulaires de transition, parce que,
là, non seulement on place quelqu'un en logement, mais on ouvre des places
ailleurs.
M. Cliche-Rivard : La journée
où on aura 3 000 places en modulaire, je serai d'accord avec vous,
là, mais, d'ici là, ce n'est pas ça, le nombre de places que vous avez en
modulaire, là. On ouvre des projets, puis j'applaudis, là, à 45, 50 places,
mais ça, ça va être très important pour la suite, parce qu'évidemment que c'est
mieux qu'une place dans une chaise Adirondack là, on est d'accord avec vous...
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : ...mais on
n'est pas rendus à 3 000 places. Puis l'approche qui va mettre du
monde en logement, je vais toujours la soutenir, mais l'urgence, ça sauve des
vies, là, en cas d'urgence, justement. Et moi, j'aimerais ça qu'on évite de se
retrouver, en novembre ou en octobre, avec 800 places qui étaient prévues
l'an passé, qui ne sont pas encore financées, puis on ne sait pas encore si on
va pouvoir, effectivement, avoir nos 3 000 places. Avec la hausse de
l'itinérance malheureuse qu'on vient de vivre ou connaître, dans le
dénombrement à 12 000, il n'y aurait pas de raison, là. L'offre n'a pas...
l'offre en logement modulaire n'a pas explosé de point tel...
M. Carmant : Non, absolument.
M. Cliche-Rivard : ...où on
ne peut plus se permettre... puis qu'on n'a pas... On a encore besoin de ces
3 000 places là. Ça fait que je vous demanderais et je vous implore qu'on
règle ça le plus vite possible pour que les organismes sachent à quoi
s'attendre pour l'hiver 2026-2027, là.
M. Carmant : On va regarder
d'où venait le 5 millions.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup. Mon collègue des Îles-de-la-Madeleine en parlait tantôt, mais force
est de constater qu'effectivement on a un 12 000 personnes dans la
rue, malgré les conclusions ou, en tout cas, les analyses, de votre côté, à
l'effet qu'on en sort 4 000. Donc, on en... il y a plus de personnes qui
sont... qui tombent en situation d'itinérance que de gens qu'on en réchappe là.
Et là vous l'avez nommé, vous aussi, une grosse partie de ça, c'est des
évictions de loyer puis c'est des augmentations de loyer qui deviennent
déraisonnables, là. Vous et moi, on a assisté ou... on a entendu parler des
regroupements logements, on a fait aussi des points de presse ici, avec des
gens qui ont des 15 %, 20 %, 30 %, 40 %, des fois,
100 % d'augmentation de logement. Vous avez parlé de prévention, là, sur
le PSL, en amont, on parle quand même de 1 000 places sur trois ans.
Tant mieux, j'ai applaudi cette solution-là, mais on est loin du 12 000,
là.
Donc, est-ce que vous avez des discussions
avec votre collègue à l'Habitation? Parce que le PSL-Prévention, ça marche, là,
tant mieux, la Banque d'aide au loyer, ça marche, mais, à un moment donné, il
va falloir aussi qu'on ait un cadre qui évite des 100 %, 150 % de
hausses de loyer dans notre parc privatif. Vous ne trouvez pas? Vous n'êtes pas
d'accord?
M. Carmant : Bien, écoutez,
ça, c'est... c'est sûr qu'il ne faut pas avoir des augmentations déraisonnables.
Je sais que ma collègue à l'Habitation puis... en fait, plus sa prédécesseure,
a mis des règles quand même assez strictes, là, pour essayer d'éviter ces
augmentations-là, puis il va falloir continuer à être en veille sur... pour
éviter ces situations.
M. Cliche-Rivard : Parce que,
de votre côté, là, puis du côté des services sociaux, on ne peut pas passer
notre temps à ramener du monde en logement qui n'auraient juste dû pas perdre
leur logement, ça n'a juste pas de bon sens. Puis du monde qui payaient
600 $, 650 $, qui, pour une raison ou une autre, perdent leur
logement puis que la seule alternative pour eux, c'est quelque chose à
1 500 $, 1 600 $, 1 700 $, alors qu'ils n'ont
peut-être pas du tous les moyens, bien, ils finissent dans votre cour à vous, M.
le ministre, hein, dans la cour des Services sociaux, où on ajoute du soutien
communautaire, puis la personne finit par coûter pas mal plus cher au système
que si on l'avait maintenue en loyer. Ça fait que, tant mieux, 1 000 PSL,
mais on est loin de 12 000, là. Puis je comprends que vous allez bouger à
la hauteur de ce que vous pouvez, mais, si, en amont, on arrêtait l'hémorragie
puis si ceux qui étaient en logement restaient en logement...
Moi, je vais vous dire bien humblement que
je ne pense pas que les mesures que vous nommez, de votre collègue
prédécesseure, sont suffisantes pour freiner la crise du logement. Puis je...
moi, j'aurais... ou j'espérerais que le ministre de la Lutte à l'itinérance
dise, à un moment donné, à sa collègue : Là, il va falloir arrêter aussi,
là. Parce que vous, votre chiffre, vous ne pouvez pas monter non plus, à un moment
donné, à 20 000 PSL, vous ne pouvez pas monter non plus, à chaque
année, à ressortir 10 000 personnes de la rue, là. Il faut tout
simplement arrêter l'hémorragie, et ça, ça passe par des contrôles stricts en
matière de hausse de loyer. Puis, pour l'instant, je vous dirais qu'avec égard là,
les chiffres ne nous démontrent pas que c'est suffisant. Donc, j'aimerais
peut-être... vous encourager, là, à avoir une discussion franche et <honnête...
M. Cliche-Rivard :
...vous
encourager, là, à avoir une discussion franche et >honnête avec votre
collègue pour qu'on arrête l'hémorragie, là.
M. Carmant : Par la nouvelle
ministre.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Je fais un saut en jeunesse, M. le ministre.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Oui. C'est
bon? Je... Un dossier qui m'a particulièrement titillé, pour être franc avec
vous, M. le ministre, c'est la question de la DPJ Mauricie—Centre-du-Québec,
tutelle, pas tutelle, là. Je vais être honnête avec vous, ça m'a causé, moi,
beaucoup de problématiques, beaucoup de tension sur le terrain, parce que vous
avez annoncé publiquement, suite à un rapport dévastateur, là, de la CDPDJ, qui
concerne 140 enfants, quand même, des mesures sévères, mais nécessaires,
qui ont, je vais parler pour moi, mais, je pense, aussi pour mes collègues, rassuré,
quand même, au niveau de la protection du public, qu'il y a des moyens où les
mesures étaient prises. Mais là, honnêtement, là, choc d'apprendre que,
finalement, tutelle, il n'en était rien et que, finalement, il y avait un
accompagnement. Moi, M. le ministre, là, je vais vous la poser clairement, là :
Y avait-il ou pas de tutelle imposée à la DPJ Centre-du-Québec?
M. Carmant : OK. Ça fait que comment
vous appelez ça quand je demande d'envoyer une DPJ sur place, de... qu'elle me
fasse rapport à chaque semaine et qu'après quelques semaines d'observation on
demande de remplacer la DPJ qui était existante avant? Ensuite, l'établissement
est allé dire que la tutelle, ce n'est bon que pour... on peut seulement mettre
sous tutelle tout l'établissement, pas juste un département. Mais, tu sais, il
faut appeler un poisson un poisson, là, c'est une tutelle.
M. Cliche-Rivard : ...il y avait
tutelle ou il n'y a pas tutelle?
M. Carmant : Bien oui.
M. Cliche-Rivard : Il y a
tutelle?
M. Carmant : Bien, comment...
comment vous appelez ça?
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est vous, le ministre, là, monsieur... On est en crédits.
M. Carmant : Bien, moi, je dis
qu'il y a tutelle.
M. Cliche-Rivard : Vous dites
qu'il y a tutelle?
M. Carmant : Il y a tutelle.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, là, il n'y a jamais eu de tutelle, nous dit la DPJ Mauricie—Centre-du-Québec.
C'est erroné, là?
M. Carmant : C'est leur
interprétation...
M. Cliche-Rivard : Vous,
votre...
M. Carmant : ...mais moi, je
vous dis que j'ai envoyé quelqu'un, on a... on a déplacé la DPJ précédente, et
elle me faisait rapport régulièrement sur la situation. Ça fait que, moi, dans
ma tête, c'est une tutelle.
M. Cliche-Rivard : Vous dites...
vous avez dit sur vos réseaux sociaux : Peu importe, finalement. Vous
dites : Qu'on parle de tutelle ou d'accompagnement, peu importe. Moi, je
pense que, pour le public, pour la protection du public, pour l'image que... Puis
la réponse que vous me donnez ici, vous, vous me dites qu'il y avait tutelle.
• (16 h 30) •
M. Carmant : J'étais
indépendant à l'époque, je ne voulais pas intervenir...
M. Cliche-Rivard :
Aujourd'hui, vous ne l'êtes plus.
M. Carmant : Je ne suis plus
indépendant.
M. Cliche-Rivard : Il y avait
tutelle?
M. Carmant : Il y avait
tutelle, il y avait tutelle.
M. Cliche-Rivard : Il y avait
tutelle, bon. Au-delà du terme, qu'est-ce qui est arrivé ou quelles mesures
concrètes ont été prises pour les 140 enfants? Est-ce qu'il y a des
décisions, suivant le rapport de la CDPDJ, qui ont été rouvertes? Est-ce qu'il
y a des parents qui ont été... qui ont entrepris des recours? Est-ce qu'il y a
des enfants qui ont été retournés à leurs parents?
M. Carmant : L'audit est en
cours. L'audit est un travail colossal, là, pour lequel la Mauricie—Centre-du-Québec
a demandé l'aide de l'Inspectrice nationale de Santé Québec. Ils ont fait les
140 premiers dossiers. La CDPDJ, à ce moment-là, a demandé de faire tous
les dossiers, également, après 2023, qui totalisent 1 500 nouveaux
dossiers. Donc, ils sont en train de négocier avec la CDPDJ, voir s'ils ont les
moyens de faire un audit un peu plus petit, parce qu'ils passent, en moyenne,
27 heures par dossier. Donc, avant de retourner et d'avoir des conclusions
claires, là, ils veulent terminer le travail et bien le faire, évidemment.
M. Cliche-Rivard : Donc, à ce
stade-ci, l'audit, est-ce qu'il amène à des conclusions précises pour un enfant
ou c'est encore un audit collectif?
M. Carmant : C'est encore un
audit collectif.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc
là, pour l'instant, il n'y a pas de parents qui sont contactés ou qui ont reçu
des informations à l'effet que...
M. Carmant : À ce qu'on
me dit, non.
M. Cliche-Rivard : ...leur
dossier précis était réévalué à ce stade-ci, là?
M. Carmant : Pas à ce que je
sache.
M. Cliche-Rivard : OK. Malgré
que ça fait quand même un moment, là, qu'on a reçu, de un, l'information
préliminaire de la CDPDJ là, on se souvient de l'article préliminaire, de deux,
la recommandation finale, là, à ce stade-ci, les enfants continuent d'évoluer
dans leur milieu d'accueil ou d'adoption, là.
M. Carmant : Exact. Puis, tu
sais, la tâche est... est titanesque, là.
M. Cliche-Rivard : Avez-vous
une idée de quand les familles pourraient commencer à recevoir des nouvelles de
la CDPDJ... de la DPJ?
M. Carmant : Non, je ne sais
pas. La CDPDJ, ça, je ne sais pas, là, mais la...
M. Cliche-Rivard : Mais de
l'audit, oui?
M. Carmant : Non. Mais c'est
quand le travail va être terminé.
M. Cliche-Rivard : Cette
année?
M. Carmant : Je ne peux pas
vous le préciser. C'est ça, comme je vous dis, ils sont toujours en train de
voir avec la CDPDJ si on peut faire un audit plus <restreint...
>
16 h 30 (version révisée)
<17893
M. Carmant :
...c'est ça, comme je vous dis, ils sont toujours en train de voir
avec la CDPDJ si on peut faire un audit plus >restreint que 1 500 dossiers
additionnels.
M. Cliche-Rivard : OK. Mais,
sur les 140 précis où il y avait des omissions ou des éléments faux, on ne
peut pas prioriser ces 140 dossiers là?
M. Carmant : Bien, ils
ont été faits, mais la CDPDJ demande que les autres soient faits également.
M. Cliche-Rivard : OK. Mais,
dans ces 140 là, il y a eu des contacts avec les parents?
M. Carmant : Non.
M. Cliche-Rivard : Non?
On attend, ça aussi?
M. Carmant : On attend
vraiment à la... la fin du travail.
M. Cliche-Rivard : Vous
ne pouvez pas avancer sur les 140 dossiers clairs où il y a eu des
admissions claires, où la CDPDJ conclut...
M. Carmant : Bien, ce
n'est pas si clair que ça, comme...
M. Cliche-Rivard : Avant
de vous laisser ou laisser un autre collègue, il y a un dossier qui nous a particulièrement
tous choqués cette année, c'est le retour, avec l'article de Marie-Christine
Bergeron de Noovo, du dossier de la secte Mission de l'Esprit-Saint à Crabtree,
à Joliette, là. On se rappelle qu'il y a des enfants de 14, 15, 16 ans,
des jeunes filles, là, qui sont mariées à des hommes beaucoup plus âgés. Ça a
quand même choqué, là, dans l'espace public, cette histoire-là. Puis elles se
sont mariées à des hommes très âgés dans le but de faire des enfants
rapidement, selon ce qui est rapporté par les médias, là. C'est des jeunes
filles qui sont sous-scolarisées via des écoles illégales depuis des années. Puis
on parle d'une information qui est connue du grand public depuis 30 ans,
là, à peu près, quand même. Puis on parle à chaque année de 200... 200, 300 enfants,
des milliers à travers les années. Donc, j'aimerais savoir, malgré que ces
informations-là sont connues du grand public depuis près de 30 ans, là, ça
a été quoi, le rôle et l'intervention de la DPJ ou du ministère des Services
sociaux dans ce dossier-là pour protéger ces jeunes filles là à ce jour.
M. Carmant : Bien,
clairement, on travaille avec le ministère de l'Éducation, mais, comme c'est
sous enquête, là, je ne pourrais pas vous en dire plus.
M. Cliche-Rivard : Là,
vous me parlez d'éducation, moi, je vous parle d'enfants de 14, 15 ans
mariés, là.
M. Carmant : Les
enfants...
M. Cliche-Rivard : Je vous
parle plus de DPJ, je vous parle plus de jeunesse, là.
M. Carmant : Bien, justement,
je ne peux juste pas commenter de façon additionnelle pour ne pas nuire...
M. Cliche-Rivard : Il y
a eu une enquête qui a été ouverte?
M. Carmant : ...pour ne
pas nuire à l'enquête.
M. Cliche-Rivard : Qui a
été ouverte par...
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Oui,
moi, je consens à...
M. Carmant : Par
consentement.
M. Cliche-Rivard : Consentement
à la DNPJ, oui.
M. Carmant : M. le
Président, est-ce qu'on pourrait laisser Mme la directrice nationale de la protection
de la jeunesse répondre? Vas-y.
Mme Hill (Lesley) : Merci.
Donc, oui, il y a eu enquête en Lanaudière particulièrement, et une vaste
opération a été, en fait, faite par le ministère de l'Éducation et la DPJ de
Lanaudière avec plusieurs dizaines de familles rencontrées, plusieurs enfants
aussi rencontrés. Et les éléments que vous nommez aujourd'hui n'ont pas été
découverts par les enquêteurs qui sont allés dans les maisons, mais chaque
enfant a été vu, tu sais, directement par des équipes de la protection de la
jeunesse, donc...
M. Cliche-Rivard : Juste
pour préciser, avec ce que vous me dites là, les informations rapportées depuis
30 ans par les médias, vous n'avez pas pu les confirmer?
Mme Hill (Lesley) : En
fait, on n'est pas en train d'intervenir sur 30 années de média, on est
vraiment allés... Nous, on intervient quand on a des signalements pour des
enfants, aujourd'hui, avec des noms puis des adresses. Donc, on a fait des
opérations assez vastes, cette année, avec le ministère de l'Éducation pour
tenter d'élucider certaines situations d'enfants. Donc, je ne peux pas aller
très loin dans l'ensemble des éléments qui ont été répertoriés, mais je peux
vous rassurer... en fait, je ne sais pas si ça nous rassure, mais on n'a pas constaté...
M. Cliche-Rivard : Aucun
manquement?
Mme Hill (Lesley) : ...les
allégations que vous apportez ou que vous nommez aujourd'hui.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait que, des jeunes filles de 14, 15 ans mariées avec des hommes âgés, vous
n'avez pas vu ça, vous n'avez pas constaté ça? Factuellement, ça n'existe pas?
Mme Hill (Lesley) : Je
ne dis pas que, factuellement, ça n'existe pas, je dis que ça n'est pas
ressorti dans l'enquête effectuée.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'il y a des témoignages quand même assez probants d'ex de la secte, là, qui
se confient puis qui témoignent de ce qui a encore lieu. Ce n'est pas des
histoires abracadabrantes, là, il y a des gens avec des noms, puis des
histoires, puis des vies.
Mme Hill (Lesley) : Oui.
Peut-être, ce que je peux ajouter comme information, c'est qu'on a travaillé
avec Info-Secte de façon extrêmement étroite, donc, avec une entente de
confidentialité, bien sûr, et avec des chercheurs émérites sur cette question-là
et sur ce groupe spécifique là. Donc, pour le moment, les signalements que nous
avons reçus, on n'a pas constaté ce que vous évoquez aujourd'hui.
M. Cliche-Rivard : Par
contre, en mars dernier, le chef spirituel de la Mission de l'Esprit-Saint de
Joliette a été <arrêté...
M. Cliche-Rivard :
... en mars dernier, le chef spirituel de la Mission de l'Esprit-Saint de
Joliette a été >arrêté pour... accusé d'agression sexuelle et
d'exploitation de mineurs en situation d'autorité. Donc, comment est-ce qu'on
concilie le fait que vos enquêtes à vous et du ministère de l'Éducation n'ont
relevé rien du tout?
Le Président (M. Provençal)
: ...revenir éventuellement. Alors, je vais maintenant céder
la parole à Mme la députée de...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme Garceau : Après tout
ce temps, M. le Président, je suis surprise.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Bonjour,
M. le ministre. Bonjour, Mme Hill et tout le monde en arrière du
ministère. On va parler de protection de la jeunesse aujourd'hui, M. le
ministre. Et évidemment c'est... Le 3 mai était... Le 3 mai dernier,
c'était le cinquième anniversaire du rapport de la commission Laurent, septième
anniversaire du drame tragique, le décès tragique de la petite fille de Granby.
On s'était dit : Plus jamais, M. le ministre, comme société. On a eu le
rapport de la coroner en septembre dernier, la coroner Kamel, qui a publié,
évidemment, son rapport concernant le drame et qui a dit que tout le monde l'a
échappée, cette petite fille.
C'était un rapport, on va se le dire,
crève-cœur, honnêtement, mais ça soulignait les défaillances systémiques
majeures dans le système de protection de la jeunesse. C'était pas mal... on
utilisait les mêmes mots, mêmes termes que la commission Laurent qui avait
conclu qu'il y avait bel et bien une culture organisationnelle, systémique, au
sein de la DPJ et que ce système nécessitait une réforme profonde, une réforme
majeure centrée sur la prévention, d'arrêter de travailler en silo, il fallait
travailler en partenariat avec les organismes communautaires, et aussi la
primauté des droits de l'enfant, il fallait mettre les droits des enfants au
cœur de toutes les décisions prises.
Et là, M. le ministre, on est cinq ans
plus tard, cinq ans plus tard, et on dirait que rien n'a changé. On a régressé.
On est dans une situation où, malheureusement, la réforme de la commission
Laurent, puis vous allez me corriger si j'ai tort, mais la réforme est loin
d'être achevée. Parce que, là, on voit le tableau de bord, le dernier, la mise
à jour, c'était printemps 2024, pas mal en même temps que le comité
indépendant est venu dire qu'à ce rythme c'était pour prendre 20 ans avant
que de... que le gouvernement mette en œuvre toutes les recommandations de la
commission Laurent. Et, les gens sur le terrain, j'ai rencontré des organismes,
des juristes, des experts, des parents, je reçois des courriels, je reçois des
appels, je fais des rencontres, et tout le monde me dit, puis je vais vous le
répéter : Il y a une violence institutionnelle. On a des femmes qui se
sentent revictimisées par le système, c'est l'enfer à l'intérieur des centres
de réadaptation.
Je ne sais pas pour vous, mais un milieu
carcéral pour de jeunes enfants, ça ne devrait pas exister au Québec. Ce n'est
pas des milieux de vie pour ces jeunes enfants là. On a encore, on l'a dit, les
jeunes, 18 ans, on est rendus à quel pourcentage maintenant, M. le
ministre, 35 %, 40 % qui se retrouvent dans des situations
d'itinérance. On n'est pas en train de les encadrer. On est supposé de le
faire, mais on ne le fait pas. On a même... Auberges du cœur, un enfant sur
deux se retrouve dans les auberges du cœur. Même, ils ont refusé presque 7 000 jeunes
l'année passée. 7 000 jeunes, M. le ministre.
• (16 h 40) •
Et on a encore, malheureusement, des
jeunes enfants, des bébés, on les retire de leur mère, on les place, à la
majorité, on fait des placements, on ne fait pas d'études approfondies, on ne
fait pas d'études en termes... en termes de la capacité parentale des parents, on
n'est pas en train d'outiller les parents, on n'est pas en train de leur donner
les ressources pour être des <parents...
Mme Garceau :
...
les parents, on n'est pas en train de leur donner les ressources pour être des
>parents, on est en train de porter des jugements très vite. Oui, parce
qu'on a aussi des intervenantes surchargées. Et on voit le résultat de la
culture organisationnelle, puis je vais y revenir, dans le rapport accablant de
la CDPDJ concernant la Mauricie—Centre-du-Québec.
Mais là, Mme Hill, je me souviens,
après quelques semaines, lorsqu'elle est venue en poste puis elle avait
dit : Il y a du nettoyage d'araignées. Les toiles d'araignée, Mme Hill,
c'est ça que vous aviez dit. Mais là, après tout ce temps, et après le rapport
accablant qu'on a lu de la CDPDJ, et après tout ce qu'on voit, les témoignages puis,
on va se le dire, l'utilisation encore abusive des mesures de contention,
d'isolement de jeunes enfants, on a encore des agressions sexuelles dans les
centres, on a encore des mères qui perdent la garde de leurs enfants, puis ça,
je vais y revenir, M. le... M. le ministre, des victimes de violence conjugale,
puis c'est elles qui deviennent victimisées par le système. On a des fouilles à
nu qui sont standards, ce n'est pas l'exception, dans des centres de
réadaptation, et j'en passe, là, parce que mon temps est limité.
Et là on se retrouve avec... au lieu de
s'attaquer à la culture, aux vrais enjeux, d'augmenter les ressources pour les
parents, d'augmenter les ressources pour les enfants, travailler avec les
organismes communautaires, les carrefours jeunesse-emploi, les organismes qui
ont les ressources pour les aider, on a Grandir en confiance. Et là, M. le
ministre, je dois vous dire, j'ai été un peu abasourdie quand j'ai lu ça, parce
que je me suis dit : Bien, on a pris les recommandations de la commission
Laurent, on a fait un recyclage. Parce que la prévention, de travailler avec
les organismes communautaires puis de mettre les droits des enfants au premier
plan, ce n'est pas une vision... ce n'est pas une nouvelle vision, c'était dans
le rapport Laurent. Puis même, vous l'avez mentionné, dans votre X, que la
prévention, c'était au coeur de vos actions. Ça fait longtemps qu'on est
là-dessus, là. Mais là, au lieu de s'attaquer aux vrais enjeux pour aider ces
enfants et ces familles, on vient de sortir une stratégie qui, d'une certaine
façon, ne dit pas grand-chose parce que c'est la même chose... qu'on a
reformulé les recommandations de Laurent, on en a écarté.
Mais qu'est-ce qui devient intéressant,
c'est... on a ajouté une... une autre couche administrative, on a ajouté Santé
Québec dans la... dans toute la question de la stratégie de la protection de la
jeunesse. Ça va être une stratégie conjointe. Et là on va prendre combien de
temps, M. le ministre, pour monter maintenant cette nouvelle structure? Combien
est-ce que ça va nous coûter? Est-ce que c'était vraiment nécessaire? On avait
la réforme, et là c'est la commission Laurent. Ils ont travaillé deux ans
là-dessus. Comment se fait-il qu'on est encore dans une nouvelle stratégie? On
n'est pas en train de faire la réforme qu'on aurait dû faire. Même, on serait,
quoi, à peine à deux ans de finir cette réforme?
M. Carmant : OK. Je peux
y aller?
Mme Garceau : Oui.
Allez-y, parce que...
M. Carmant : Merci. OK,
plusieurs points, là. Mais, premièrement, ce qu'il est bon à savoir, là, c'est
que le, 19 mai, Mme Hill et moi, on va sortir sur l'état d'avancement
du bilan de la commission Laurent, cinq ans, puis vous allez être surprise de
voir que la majorité des 65, là, recommandations sont au vert puis le... Il y a
eu beaucoup de gens qui m'ont contacté par rapport à leur inquiétude de la
disparition du comité de suivi, mais, en fait, l'équipe du comité de suivi, en
grande partie, s'est jointe aux équipes de Mme Hill pour, justement, nous
aider à avancer dans la bonne direction. Je pense, c'est... c'est ce qu'on
fait. En amont, il y a vraiment beaucoup d'interventions qui ont été faites,
là, dans les différents programmes jeunesse, pour éviter les signalements.
Mais, vous avez raison, là, on a encore une augmentation légère, là, du nombre de
signalements <cette année...
M. Carmant :
...
on a encore une augmentation légère, là, du nombre... de signalements >cette
année. Il faut en faire plus, puis on va continuer à travailler là-dessus. Le
changement de culture, ça aussi, je pense que c'est quelque chose qui prend du
temps à être... à effectuer...
Mais je vais juste vous lire, là,
rapidement, là, une liste de directives qu'on a envoyées dans la dernière année
pour, justement, casser ce changement de culture. Entente multisectorielle lors
de situations d'abus sexuels, vous vous souvenez, ça a été quelque chose qui a
été soulevé, ça. Matière de fouilles pour les jeunes hébergés dans le milieu de
réadaptation. Au contraire, maintenant, moi, j'ai des... moi, j'ai des lettres
ou des demandes des intervenants qui me disent : Ah! on trouve qu'on est
moins sévères qu'avant. Puis Mme Hill, elle l'a mis de l'avant, elle a
dit : Non, c'est la nouvelle vision, il faut que les droits des jeunes
soient mieux respectés, puis, nous, c'est vers là qu'on veut aller. Même chose
pour les... pour les fugues, pratiques d'intervention entourant la fugue, des
nouvelles mesures ont été déterminées. Les enfants avec un DI-TSA, qu'on ne
laisse plus rentrer dans les centres de réadaptation, qu'on demande qu'ils
soient orientés vers des services DI-TSA. Puis ça, ça commençait à arriver
après la réforme de 2015, là, on est en train de corriger les choses. Mesures
disciplinaires aussi, l'isolement, on est en train de changer ça. Au CRJDA de
Laval, on a eu des belles améliorations avec la spécialiste qui est allée
les... les accompagner, elles, dans ce cas-là. Donc, le changement de culture,
là, c'est long, Mme Laurent nous avait dit 10 ans, mais ça... c'est
en train d'arriver.
Mme Garceau : Mais là...
Mais là, avec cette nouvelle... en tout cas, cette stratégie, là, on vient
d'ajouter une autre couche, si je peux dire, un autre volet de gouvernance, là,
ça va être conjoint, entre le MSSS et Santé Québec. Qui va faire quoi dans
cette nouvelle stratégie et combien est-ce que ça va coûter?
M. Carmant : Bien, c'est
vraiment une... ce qui est dans Grandir, là, en confiance, c'est vraiment un
rehaussement de services qui sont déjà existants. Il n'y a pas vraiment de
nouvelles choses, là, qui sont ajoutées. Puis Santé Québec, c'est... c'est eux
qui font les opérations maintenant dans notre réseau de la santé, là. On a tous
voté ça ensemble. Et ce qu'il faut savoir, c'est que la directrice nationale de
protection de la jeunesse est tant au ministère de la Santé et des Services
sociaux qu'à Santé Québec, il y a vraiment un très beau partenariat entre les
deux. Il y a une table de gouvernance conjointe. Et je pense que, comme je vous
le disais tantôt, à la question, il n'y a pas un point de presse où Santé
Québec ne parle pas des services jeunesse. Vous allez être contents, là, c'est
eux qui ont un mandat pour déployer la formation, le plan... d'accueil,
orientation, intégration, c'est eux qui vont déployer le PEVC également. Puis
je vous jure que leurs membres, tant du conseil d'administration que de
l'équipe exécutive, sont très... prennent ça très à cœur.
• (16 h 50) •
Mme Garceau : Mais c'est
quoi, l'expertise à l'interne de Santé Québec en matière de protection de la
jeunesse? Parce que, là, je vois qu'il va y avoir des comités, des instances
nationales, des comités consultatifs avec Santé Québec. Mais qui a l'expertise
à l'interne en protection de la jeunesse?
M. Carmant : Bien, c'est
sûr qu'une partie des gens qu'ils ont recrutés ont cette expertise-là. Mais, M.
le Président, je passerais la parole à Mme la directrice nationale, là, je ne
connais pas vraiment le... les titres exacts, là.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, allez-y, madame. J'aimerais ça que vous vous nommiez
puis donniez votre fonction, parce qu'on ne l'a pas fait. C'est pour les
besoins de l'enregistrement.
Mme Hill (Lesley) : Oui,
bien sûr. Donc, Lesley Hill, directrice nationale de la protection de la
jeunesse et sous-ministre adjointe à la protection de la jeunesse.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup.
Mme Hill (Lesley) : Donc,
bien, l'expertise à Santé Québec, c'est les intervenants d'abord, les intervenants,
les gestionnaires, les équipes. Et, à Santé Québec, maison mère, il y a une
équipe qui a été mise en place pour la jeunesse, qui s'occupe de tout, de la
prévention jusqu'à la protection de la jeunesse. C'est une très belle vision
qu'il y a dans cette stratégie-là, justement, de placer la protection des
enfants comme étant beaucoup plus large qu'une loi. C'est tout ce qu'on fait en
amont, c'est tout ce qu'on fait avec les parents. Vous avez complètement
raison, et c'est vraiment une continuité avec la vision de la commission
Laurent, je peux vous l'assurer, parce que j'étais là sur la commission
Laurent.
Pour la gouvernance, on a décidé de le
faire intégrer parce qu'on ne peut pas dissocier les orientations, en
protection de la jeunesse, des opérations. Il faut <vraiment que la...
Mme Hill (Lesley) :
... orientations, en protection de la jeunesse, des opérations. Il faut >vraiment
que la vision qu'on met de l'avant se... tu sais, «trickle-down», là,
excusez-moi, en anglais, là, mais que ça percole sur le terrain. Donc, les
orientations que je suis en train de préparer ou que j'ai déjà envoyées, il
faut que mes partenaires de Santé Québec voient venir ça pour être capables de
planifier déjà la mise en œuvre, parce qu'on veut l'impact pour les enfants et
les familles, au bout du compte, donc c'est vraiment pour ça, l'approche
intégrée entre moi et Santé Québec.
Et on a aussi intégré à la gouvernance un
comité de la société civile avec les grands réseaux d'organismes
communautaires, les associations de jeunes, de parents et un comité dédié aux
jeunes aussi, les jeunes qui ont déjà passé par la protection de la jeunesse,
et, dernière chose, un comité recherche pour les deux instituts universitaires,
Boscoville, l'INESSS, les producteurs de connaissances, pour qu'ils informent
bien la gouvernance dans la mise en œuvre des bonnes pratiques au Québec en
protection de la jeunesse.
Mme Garceau : Donc,
est-ce que vous êtes... En tout cas, parce que, moi, le tableau que j'ai...
Évidemment, on aurait aimé avoir un tableau à jour en ce qui a trait, là, à la
mise en œuvre des recommandations du rapport Laurent. Donc, j'aimerais, je ne
sais pas... Le 19 mai, votre annonce, vous allez mentionner qu'il y a une
grande majorité qui ont été implantées, et tout, mais est-ce qu'on va pouvoir
recevoir un document qui va identifier toutes les recommandations, la mise en
œuvre de toutes les recommandations et s'il y en a, évidemment, d'autres qui
sont en cours? Ça, ça va être très apprécié si on pourrait avoir ça, M. le
ministre.
M. Carmant : Oui,
absolument. C'est en préparation, puis ce sera transmis.
Mme Garceau : OK. Et
donc... Parce que, là, je vois encore que... Le premier plan de mise en œuvre
de cette stratégie avec Santé Québec, ça va être déposé quand?
M. Carmant : Bien, ça a
été déposé.
Mme Garceau : Ça a été
déposé?
M. Carmant : Oui, par ma
collègue, là, à l'époque, là, et la directrice nationale, là.
Mme Garceau : OK. OK. Parce
que ça ne fait pas longtemps, là, qu'on a reçu le rapport.
M. Carmant : Exactement.
Mme Garceau : Là, je
parle...
M. Carmant : La
stratégie Grandir en confiance?
Mme Garceau : «...de
cette gouvernance et prévoir les moyens de la soutenir afin qu'elle puisse
jouer son rôle adéquatement.»
M. Carmant : Ça, ça a
été déposé.
Mme Garceau : Ça, ça a
été déposé? OK. Donc, les détails, en termes des mesures, des prochaines
mesures, ça, ça va être déposé quand? Parce que, là, je vois qu'il va y avoir
un plan de mise en œuvre triennal distinct, parce qu'on s'en va jusqu'à 2035.
Donc, la mise en œuvre des prochaines mesures, ça, ça va être déposé quand, ce
plan-là?
M. Carmant : Bien, je
crois que tout a été déposé, mais, peut-être, si vous avez des détails
particuliers... M. le Président, je passerais encore la parole. Je n'ai pas
tous les détails.
Mme Hill (Lesley) : Donc,
c'est en ligne déjà, ça a été publié en même temps que la stratégie Grandir en
confiance et le tableau synoptique. Si vous regardez le tableau synoptique, il
y a 40 initiatives, dans le premier plan de mise en œuvre, et c'est très
bien identifié, ceux qui sont portés par Santé Québec, ou le ministère, ou les
deux.
Mme Garceau : OK. Quand
vous avez mentionné qu'il y a des gens, des intervenantes, et tout ça, qui ont
une expertise en protection de la jeunesse chez Santé Québec, ça m'a surprise
un peu, parce que j'ai vu, pour l'audit concernant, là, les dossiers de la
Mauricie et Centre-du-Québec, Santé Québec a dû embaucher les services d'un
expert parce qu'il n'y avait pas d'expert à l'interne. Ils sont allés embaucher
M. Alain... je pense que c'est St-Pierre.
Des voix : ...
Mme Hill (Lesley) : Donc,
vous parlez du bureau de l'inspectrice nationale, qui est à Santé Québec, mais
qui est indépendante. Donc, elle a contracté avec M. St-Pierre, mais elle
a décidé de recruter plusieurs auditeurs pour faire les audits en Mauricie et Centre-du-Québec
à cause du nombre. Donc, c'est vraiment une démarche extrêmement rigoureuse que
l'inspectrice nationale a lancée.
Mme Garceau : OK. Donc,
ça, c'est en raison du BIN qu'ils ont décidé de faire, au lieu d'avoir les gens
qui sont déjà là à l'interne. Parce qu'évidemment ça aussi, ça a coûté... il y
a eu des dépenses à ça, là, j'ai pris connaissance des contrats, il y en a
plusieurs.
M. Carmant : Absolument,
mais je pense que c'était, un, la... Moi, j'ai parlé à l'inspectrice, c'est la
taille, le volume de <dossiers, qui...
M. Carmant : ... que
c'était, un, la... Moi, j'ai parlé à l'inspectrice, c'est la taille, le volume
de >dossiers qui est à réviser puis aussi la qualité du travail qui est
fait, et elle me dit que ça prend à peu près plus... 27 heures par dossier
à...
Une voix : ...
M. Carmant : ...17, à
réviser, plus la neutralité, là.
Mme Garceau : Merci. OK.
Le Président (M. Provençal)
: Je vais céder la parole maintenant à la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. M. le ministre, vous avez répondu, plus tôt, à une question
concernant le fait que le Plan d'action interministériel en itinérance ne sera
pas renouvelé pour 2026. Il va être renouvelé l'année prochaine.
M. Carmant : On travaille
sur le prochain.
Mme Prass : Exactement,
c'est ça. Donc, deux questions, parce que ce qu'on entend sur le terrain... Puis
il y a une certaine inquiétude, parce que les organismes qui oeuvrent en santé
mentale, en itinérance et en dépendance, se... sont en train de se faire
consulter en même temps, et il y a une crainte sur le terrain que... Et vous
avez mentionné, plus tôt dans une de vos réponses, que, justement, c'est... le
prochain plan d'action pourrait être intersectoriel. On comprend que, oui, il y
a certains enjeux qui se rejoignent, mais c'est quand même trois réalités
distinctes. Donc, est-ce que vous vous engagez aujourd'hui à ce que ce soient
trois plans d'action distincts qui vont être déposés, avec le temps, et pas qui
vont être... qui vont être combinés?
M. Carmant : Oui, le
PAID, premièrement, termine en 2028. Donc, ça, il n'y aura pas d'enjeu. Mais,
oui, santé... ils m'ont parlé des mêmes inquiétudes, donc, santé mentale et
itinérance seront des plans distincts. Mais j'espère que les deux seront
intersectoriels, mais chacun de façon indépendante.
Mme Prass : Mais c'est ça,
mais parce que l'un ne représente pas nécessairement l'autre.
M. Carmant : Exact.
Mme Prass : Et,
justement, en même temps, votre prédécesseur dans votre poste a reconduit les
mesures du plan d'action en itinérance pour... jusqu'à ce que le nouveau plan
soit déposé, mais, encore une fois, il y a une crainte sur le terrain. Est-ce
que vous pouvez nous dire que c'est toutes les mesures qui vont être
reconduites jusqu'au dépôt du nouveau plan ou est-ce qu'il y a certains mesures
et éléments qui ne seront pas reconduits?
M. Carmant : Je vais
juste vérifier pour vous dire la bonne réponse, là, mais...
Une voix : ...
M. Carmant : Je passerais
la parole, M. le Président, à ma sous-ministre.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour passer la parole à madame?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement. Puis nommez vous et votre fonction, s'il
vous plaît.
Mme Landry
(Geneviève) : Oui. Donc, Geneviève Landry, sous-ministre
adjointe, Services sociaux, au ministère Santé, Services sociaux. Donc, je vous
confirme que toutes les mesures sont reconduites, là, dans le Plan d'action
interministériel en itinérance, jusqu'au 31 mars de l'an prochain, en
fait, donc... Et ça représente un financement de 107 millions récurrent,
qui est reconduit également.
• (17 heures) •
Mme Prass : Excellent.
Donc, toutes les mesures et le financement qui vient avec vont être reconduits
jusqu'au 31 mars.
Mme Landry
(Geneviève) : Exact.
Mme Prass : Évidemment,
on espère que le nouveau plan sera déposé avant cette période-là.
Vous avez mentionné plus tôt... Puis
évidemment la clé pour sortir les gens d'itinérance, c'est le logement, mais ce
n'est pas tous les refuges ou haltes-chaleur qui offrent de l'accompagnement. Il
y en a certains qu'ils le font, certains qui ne le font pas.
Moi, j'ai deux exemples, un dans mon comté,
à D'Arcy-McGee, que vous connaissez, MultiCaf, qui est une banque alimentaire
qui fait un travail extraordinaire et qui cette année, suite à l'annonce de
votre prédécesseur, du 5 millions pour des services additionnels à
Montréal, pour en hiver... Ils ont été approchés pour ouvrir une halte-chaleur
cet hiver, qu'ils ont fait du mois de... peut-être mi-décembre, début janvier,
jusqu'au 31 mars. Ils ont fait une demande pour que le projet puisse
continuer l'année longue. Et ce qui est intéressant avec MultiCaf, c'est... ils
sont propriétaires de leurs lieux, donc il n'y a pas de loyer additionnel à
payer. Mais leur projet n'a pas été retenu. Et, encore une fois, eux, ils
offrent de l'accompagnement, tandis que l'autre... l'autre halte-chaleur refuge
dans le secteur de Côte-des-Neiges n'offre pas d'accompagnement. Donc, on a
choisi de pérenniser le projet qui n'offre pas d'accompagnement vers le
logement plutôt que celui qui offrirait de l'accompagnement vers le logement.
Donc je suis curieuse, quand les analyses
se font, est-ce qu'il n'y a pas... est-ce qu'on ne devrait pas favoriser,
justement, les services qui viennent avec de l'accompagnement pour s'assurer...
Parce que, sinon, on maintient la personne dans leur statut d'itinérance. On
vient dans une halte-chaleur, un refuge, on repart, mais sans que
l'accompagnement soit fait pour les amener vers le logement. C'est ça, on les
retient dans cette situation.
Donc, ne pensez-vous pas que les services
qui viennent à l'accompagnement devraient être favorisés ou, à tout le moins...
Vous avez dit que c'est plus juste des hivers... des mesures hivernales. Est-ce
que, justement, un projet comme celui de MultiCaf, qui a été approuvé, qui a eu
lieu, n'aurait pas dû recevoir un financement, justement, pour continuer
d'offrir ce service?
M. Carmant : Oui. Bien,
tu sais, je ne peux pas savoir exactement qu'est-ce qui s'est passé, mais
probablement, avec les enjeux budgétaires, là, du PRCC, là, ça n'a pas pu être
prolongé. Je vais faire un suivi pour vous, là, pour regarder, avec les sommes
qui vont se libérer, là, si on a moyen de les aider. Puis c'est important, ce
que vous <dites...
>
17 h (version révisée)
<17893
M. Carmant :
...libérer, là, si on est en moyen de les aider. Puis c'est important ce que
vous >dites, parce qu'au Canada on est le seul... on est la... on est le
seul endroit où les... c'est vraiment les services sociaux qui gèrent ça. Moi,
quand je parle à mes collègues, c'est tous des ministres de l'Habitation. Puis
le gouvernement fédéral apprécie beaucoup le fait que nous, on fait toujours de
l'accompagnement. Donc, oui, on veut mettre ça de l'avant.
Puis juste un petit point sur le... ce que
vient de dire Mme Landry, c'est... on se rappelle, quand on parlait de
bonification du plan d'action, initialement on avait 218 millions pour
quatre ans, puis là on est rendus à 107 millions par année, là. Donc, tu
sais, d'année en année, on n'a pas attendu le nouveau plan pour ajouter des
nouveaux programmes. Puis ça, je pense qu'il faut... il faut le reconnaître.
Mme Prass : Bien, comme
on a dit, avec l'augmentation aussi, c'était nécessaire que les fonds suivent
pour supporter ces personnes.
M. Carmant : Tout à fait.
Mme Prass : Autre
exemple, et mon collègue l'a mentionné rapidement, RAP Jeunesse, qui est situé
dans Montréal-Nord... excusez-moi, dans le coin de Saint-Laurent, donc le...
Une voix : ...
Mme Prass : Excuse-moi?
Une voix : ...
Mme Prass : Les deux.
Excusez-moi, les deux. Donc, eux, ils ont un projet qui a été retenu par le
gouvernement. Au mois de mars 2025, ils ont reçu un petit peu plus de 600... ils
ont reçu un financement pour l'aménagement de... du local et pour l'offre de
services.
M. Carmant : Centre de
jour.
Mme Prass : Pardon?
M. Carmant : Centre de
jour.
Mme Prass : Centre de
jour, exactement, avec accompagnement. Ils se sont rendu compte que le... les
montants qu'ils auraient à investir pour l'aménagement de... du local seraient
plus élevés qu'ils s'y attendaient. Ils sont retournés voir le CIUSSS. Le
CIUSSS leur a dit : OK, l'argent qu'on vous a accordé pour les services et
l'aménagement, vous pouvez en prendre 90 % et le mettre vers l'aménagement.
Parfait. Ils ont loué un local au mois... puis le seul centre de jour qui
serait disponible dans ce secteur-là. Et, au mois de novembre, ils ont loué un
local, ils ont signé le bail, ils ont eu la permission, comme j'ai dit, au mois
de novembre, du CIUSSS de dépenser l'argent pour l'aménagement. Au mois de
janvier, ils ont reçu l'accord du CIUSSS pour pouvoir commencer à former leur
monde. 26 février 2026, ils ont une lettre qui leur dit : «Ainsi,
suivant l'analyse du projet centre de jour Montréal-Nord, le service régional
vous informe qu'il n'a pas été retenu pour financer les services.» Donc... Excusez-moi.
Donc, on a financé l'aménagement, mais là on ne finance pas les services. Et
donc on a un local vide, depuis le mois de février, qui devrait desservir... si
je ne me trompe pas, c'est 35 personnes. Et là il y a un local vide. Le CIUSSS
leur a accordé l'argent pour l'aménagement. C'est sûr qu'ils allaient revenir
pour l'argent pour offrir les services pour les intervenants.
Comment se fait-il que c'est... d'un côté,
on donne l'argent pour l'aménagement, mais, de l'autre côté, on ne donne pas l'argent
pour qu'il puisse fonctionner? Est-ce que vous ne trouvez pas que c'est
problématique et ça a besoin d'être rectifié?
M. Carmant : Oui. Je n'ai
pas d'explication, mais je m'engage à regarder qu'est-ce qu'il s'est passé puis...
Mme Prass : Parce que...
M. Carmant : ...on va voir
comment on peut corriger la situation.
Mme Prass : Je vous
ajoute, pour RAP Jeunesse, à part ce projet-là, ils avaient un service de
navette pour les... les soirées qui a été... le budget a été coupé en moitié
cette année, tandis que ça devrait être tout à fait le contraire. Puis on l'a
dit à plusieurs reprises, les navettes mobiles, c'est un excellent soutien pour
la réalité des personnes itinérantes. Donc, plutôt que de maintenir ou
augmenter, on coupe de moitié.
Également, la mesure 2.1 de la Santé
publique, pour tout ce qui est VIH, ITSS, ils n'ont... ils n'ont toujours pas
reçu de réponse pour l'année 2026-2027 et ils ne reçoivent jamais de
réponse que ça va être de l'argent récurrent. Ça arrive toujours à la... vers
la fin de l'année... Évidemment, il faut qu'ils le dépensent avant le 31 mars.
Donc, est-ce que vous vous engagez,
justement, à ce que des programmes comme ça... Et, comme vous avez dit, il y a
une trajectoire, puis ça va de la prévention, refuges, haltes-chaleur, logements
de transition, etc., mais on dirait il n'y a pas de cohérence. Encore une fois,
on donne l'argent pour l'aménagement d'un centre de jour, mais pas pour qu'il
puisse fonctionner.
Donc, je comprends que vous vous engagez
de le regarder de nouveau, mais, je pense, peut-être, il y a des directives qui
doivent être faites de votre part pour bien comprendre, premièrement, quels
sont les critères qui sont favorisés par ceux qui prennent les décisions,
disons, dans les CIUSSS et de s'assurer qu'ils comprennent l'importance de la
cohérence de voir ces projets venir à la lumière.
M. Carmant : Mais, moi,
la directive est claire, c'est 12 mois par année, 24/7. Je sais que ça ne
s'applique pas toujours comme ça, mais la directive, elle, elle est claire.
Mais on va regarder ça.
Puis il y a quelque chose que vous avez
dit, là, qui m'a... qui m'a touché, là. C'est quoi, le deuxième service? Ah! la
navette.
Mme Prass : La navette,
la navette mobile.
M. Carmant : D'accord.
Ça aussi, je vais regarder ça. Je ne sais pas... Je n'étais pas au courant.
Mme Prass : Oui, pour en
soirée, qui a été coupée de moitié, oui, plutôt que d'en rajouter, ce dont on
aurait besoin.
Également, les collègues l'ont mentionné
plus tôt, quand on parle des jeunes qui sortent de la DPJ, à peu près
40 %, potentiellement, vont se retrouver en situation d'itinérance. <On...
Mme Prass :
...sortent
de la DPJ, à peu près 40 %, potentiellement, vont se retrouver en
situation d'itinérance. >On sait que, dans les dernières années, on a
beaucoup parlé d'accompagnement, puis ce n'est pas parce qu'on va avoir
18 ans dans une semaine que, tout d'un coup, on va venir te dire :
Dans une semaine, tu vas... tu vas te retrouver de façon autonome sans avoir
les outils nécessaires, justement, pour y réussir. Les Auberges du coeur font
grande partie de cette... de... de cette réalité-là. Et, comme ma collègue l'a
mentionné, dans la dernière année, ils ont dû faire 7 000 refus de
demandes d'hébergement, 1 000 de plus que l'année avant. Ils ont desservi
4 800 jeunes l'année passée puis 500... 300 de plus que l'année
d'avant. Quand on regarde leur financement, comparé à ceux, par exemple, des
centres pour les femmes victimes de violence conjugale, etc., on voit qu'il y a
une disparité dans le financement qui est accordé aux Auberges du coeur. Eux,
ils demandent, depuis longtemps, un rehaussement de 33 millions de
dollars pour répondre à la demande; comme j'ai dit, 7 000 refus l'an
dernier. Et, clairement, vous allez reconnaître qu'ils font partie de la
solution pour aider les jeunes qui sortent de la DPJ... d'éviter de se
retrouver dans la rue. Donc, est-ce que vous ne... Avec les annonces que vous
faites dernièrement, est-ce que vous ne pensez pas que Les Auberges du coeur
devraient également avoir un rehaussement pour répondre à la demande croissante
dans... d'année en année?
M. Carmant : Oui, c'est
difficile de faire un rehaussement spécifique. On l'a fait une fois, il y a
quelques années, là, de rehausser le financement des Auberges du coeur. Là, la
façon dont on voulait les aider, c'est vraiment en créant des tables régionales
par rapport à la sortie de la... des centres jeunesse. Puis, comme je vous ai
dit, c'est pour ça qu'en novembre 2024, à la mise à jour budgétaire, on a... on
a ajouté 500 PSL pour la sortie des centres jeunesse en disant que
25 % d'entre eux vont vivre un épisode d'itinérance dans la première année.
Sur ce 500, on a réussi à en placer 292. Puis ici, encore une fois, mes
collègues, on parlait d'interministériel tantôt, mais ma collègue aux Affaires
sociales, elle a permis que les jeunes qui sortent de la DPJ, le revenu de
leurs parents ne soit pas inclus pour ne pas les pénaliser. On a inclus
également que, seulement pour les jeunes, les PSL peuvent être... deux
personnes avec un PSL peuvent utiliser le même appartement. En fait, on
l'aurait fait à plus large échelle, mais on nous a dit que ça peut être plus
compliqué dans... pour les adultes itinérants, là, donc on l'a fait vraiment
chez les jeunes.
Donc, ça, c'est quand même un gain
significatif. Puis nous, on pense que, chaque année, les 500 devraient être
utilisés. Et ça, Les Auberges du coeur sont... font partie de ces
discussions-là à tous les jours. Donc, nous, on pense que, par ça, ils vont
avoir des revenus additionnels. Donc, s'ils veulent créer des nouvelles
Auberges du coeur, il faut passer par le même processus que tout le monde, là,
qui inclut le PHAQ, plus les demandes, là, pour la prévention de l'itinérance.
• (17 h 10) •
Mme Prass : Parce que,
la distinction, Auberges du coeur offrent de l'accompagnement à... également à
ces jeunes, tandis qu'un PSL, oui, on veut les mettre en appartement, mais ce
soutien n'est pas pareil.
M. Carmant : Non, non,
tous les PSL itinérance ou tous les PSL jeunesse incluent de l'accompagnement...
Mme Prass : Accompagnement.
OK.
M. Carmant : ...au même
titre que... C'est un ratio d'un pour 15, un intervenant par 15 jeunes.
Mme Prass : D'accord.
Par 15 jeunes. Nous parlions plus tôt de l'itinérance... de la situation
des femmes en situation d'itinérance, et vous avez dit que vous êtes ouverts à
tous les projets. Parce que, comme je l'ai dit, non seulement les femmes sont
en situation... c'est une question de sécurité, mais également les femmes en
situation d'itinérance qui se retrouvent avec leurs enfants... Et
malheureusement, dans les dernières années, on a entendu plusieurs cas, à
travers le Québec, de femmes itinérantes enceintes accoucher dans un boisé à Gatineau,
abribus à Longueuil, dans la rue à Trois-Rivières. Et le réseau reconnaît qu'il
y a à peu près trois... trois et 10, excusez-moi, grossesses par année.
Une demande d'accès à l'information a été
faite pour connaître quelle était la prise en charge, le protocole pour ces
femmes-là, et on a reçu la réponse qu'il n'y en avait pas, donc, dans plusieurs
CIUSSS, on... CIUSSS—Centre-Sud, qui est justement celui qui gère les services
pour les personnes itinérantes, celui du... centre Montréal-Ouest. Plusieurs
nous ont répondu qu'il n'y avait pas de protocole en place pour les femmes en
situation d'itinérance qui sont enceintes. Il y a très peu de ressources qui
leur sont disponibles par la suite. Donc, elles ne savent pas souvent où se
tourner et... comme on le sait, des cas malheureux.
Les maisons bleues, il y en a cinq à
travers Montréal qui sont justement là pour offrir un service aux femmes les
plus vulnérables, en situation de précarité, et faire un suivi de zéro à cinq ans
avec l'enfant de la personne. Donc, la situation des Auberges du... excusez-moi,
de... des maisons bleues. Au mois de septembre dernier, ils ont commencé le
processus parce qu'ils avaient... si je ne me trompe <pas...
Mme Prass :
...Au
mois de septembre dernier, ils ont commencé le processus parce qu'ils avaient...
si je ne me trompe >pas, ils avaient travaillé avec votre cabinet pour,
justement, déposer une nouvelle demande de financement, un rehaussement de
250 000 $, globalement, pour les cinq maisons qu'elles gèrent, qui,
honnêtement, n'est... 250 millions, je veux dire, dans les crédits, il y a
des coûts à Services Québec pour des... excusez-moi, à Santé Québec pour des...
pour des traiteurs qui vaut 60 000 $, 70 000 $. Alors
250 000 $, ce n'est pas la fin du monde quand on considère que ces
femmes-là, souvent, n'ont nulle part autre où aller. Alors, depuis le mois de
septembre, les maisons bleues ont commencé une conversation avec le
gouvernement. Ils ont rencontré le bureau du premier ministre,
10 conseillers différents, dans différents ministères, dans différentes
entités gouvernementales. Et, à chaque fois, on les renvoie à la Santé, la
Santé les renvoie à la Famille, etc. Entretemps, comme j'ai dit,
250 000 $ par année pour cinq maisons, ce n'est pas énorme.
Votre gouvernement les reconnaît dans votre
plan de mise en œuvre 2029 de la stratégie gouvernementale Grandir et en
confiance. Justement, à la page 18 du plan, on les mentionne et on
mentionne les 11 projets gouvernementaux existants en périnatalité dont
elles ont accompagné les organismes à y arriver. Vous allez me dire : Ça
ne relève pas de votre ministère, mais elles ne peuvent pas taper à
10 portes différentes pour qu'on les... on leur renvoie la balle à chaque
fois. Elles font partie de la... les maisons bleues font partie de la solution
pour ces femmes en situation d'itinérance qui sont enceintes, pour lesquelles
il n'y a pas de prise en charge de la part du gouvernement.
Alors, je vous pose la question
aujourd'hui. Premièrement, les maisons bleues voudraient avoir une rencontre
avec vous, parce qu'encore une fois elles l'ont demandé à votre prédécesseur,
qui n'a pas... qui n'a pas répondu de façon positive. Donc, je vous demande si
vous vous engagez à les rencontrer. Et qu'est-ce que vous leur dites avec cette
mission essentielle qu'elles font, qui est unique et qui est tellement
importante pour les femmes les plus vulnérables au Québec?
M. Carmant : Bien, moi,
je vais les rencontrer, c'est sûr, là. Je les... je les avais rencontrées dans
mon rôle précédent, là, de délégué à la Santé et Services sociaux quand on
avait lancé le plan santé mentale des nouveaux parents, là, les maisons bleues
jouaient un rôle essentiel là-dedans. Donc, j'apprécie beaucoup le travail
qu'elles y font. Puis je m'engage à, un, les rencontrer, puis ensuite, deux,
porter leur demande à ma collègue.
Mme Prass : Excellent.
Parlons d'hébergement encore une fois, mais là dans le cadre des situations de
personnes handicapées ou sur le spectre de l'autisme. Je ne sais pas si vous
êtes familier avec le projet de Toit d'Union, un projet pour les personnes en...
avec une déficience intellectuelle ou sur le spectre de l'autisme qui
représente 15 studios pour des adultes avec une déficience intellectuelle
ou sur le spectre de l'autisme. Encore une fois, Toit d'Union veut un projet
avec des partenaires pour construire ces logements-là. Le PHAQ, le nouveau
programme qui a remplacé AccèsLogis dans les dernières années, requiert qu'ils
aient une entente de service avec le CIUSSS pour pouvoir aller de l'avant et
recevoir ce financement-là. Le... leur CIUSSS leur a envoyé un lettre... une
lettre pour dire : Super projet, on adore ça, mais on n'a pas d'argent.
Donc, 15 personnes adultes avec des déficiences intellectuelles ou
troubles du spectre de l'autisme n'auront pas accès à un logement parce
qu'encore une fois le gouvernement n'est pas en mesure de s'engager à offrir
des services pour ces personnes-là. Qu'en dites-vous?
M. Carmant : Bien, je
suis d'accord, là. Puis ça, c'est quelque chose qui a commencé à apparaître,
là, cette année, là, mais je suis déjà en discussion avec ma nouvelle collègue
la ministre de l'Habitation pour régler la situation. Juste pour que vous
compreniez l'enjeu, c'est que les... la SHQ nous demande de devancer de
l'argent pour des projets qui vont ouvrir dans deux ans, alors que, nous, ce
qu'on a toujours fonctionné, c'est qu'on réserve l'argent pour les projets qui
vont ouvrir dans l'année. Donc, je suis en train de discuter avec ma collègue
pour qu'on trouve un mécanisme d'entente, là, pour que, quand on dit qu'un
projet soit prioritaire, qu'on s'attende à ce que les demandes budgétaires
soient faites puis que les projets puissent ouvrir.
Mme Prass : Parce que...
M. Carmant : On n'avait
pas eu de problème auparavant, là, j'ai...
Le Président (M. Provençal)
:...avec ce groupe un peu plus tard.
Je vais céder maintenant la parole à la députée de Soulanges.
Mme Picard : ...M. le
Président. Merci beaucoup, M. le ministre, de vous prêter au jeu de cet
exercice, et tout à vos équipes aussi qui sont derrière vous, qui ont travaillé
d'arrache-pied depuis plusieurs journées, plusieurs semaines probablement. Donc,
c'est un réel plaisir pour moi d'être ici, devant vous, dans mes nouvelles
fonctions d'adjointe parlementaire.
Les <dossiers...
Mme Picard :
...réel
plaisir pour moi d'être ici, devant vous, dans mes nouvelles fonctions
d'adjointe parlementaire.
Les >dossiers de la protection
de la jeunesse, des personnes handicapées me tiennent profondément à cœur, et
je sais que vous aussi. C'est une responsabilité que je prends avec beaucoup de
sérieux, car elle touche à l'essence même de notre contrat social. Nous ne
parlons pas ici de simples procédures administratives, mais de la trajectoire
de vie de nos citoyens les plus vulnérables. Chaque enfant, M. le Président,
peu importe les circonstances et les milieux de vie dans lesquels il naît et grandit,
doit pouvoir se développer pleinement. C'est un droit fondamental. Il doit
pouvoir apprendre à évoluer dans un environnement qui est non seulement
sécuritaire, mais aussi favorable et inclusif. On le sait, et les études le
démontrent sans l'ombre d'un doute, les vulnérabilités observées dans le
développement des enfants, et ce, dès le plus jeune âge, influencent la santé,
la réussite éducative et la trajectoire de toute une vie. Si nous échouons à
soutenir l'enfant, nous hypothéquons l'adulte qu'il deviendra.
M. le Président, on parle beaucoup de
chiffres, de budgets, de structures depuis le début de cette étude de crédits.
Les colonnes de chiffres sont nécessaires, elles sont le squelette de nos
actions. Mais, derrière chaque ligne budgétaire, derrière chaque virgule de ce
document, il y a des visages, il y a des regards. Aujourd'hui, je veux qu'on
s'arrête sur ceux de nos jeunes qui s'apprêtent à franchir le seuil de la vie
adulte sous la protection de la jeunesse. On le sait, pour n'importe quel
parent, voir son enfant quitter le nid à 18, 19 ou 20 ans est une source
d'angoisse naturelle. C'est un mélange de fierté et d'appréhension. On se
demande s'ils sont prêts pour le monde réel. Est-ce qu'ils sauront gérer un
budget serré? Est-ce qu'ils sauront se faire à manger sainement? Est-ce qu'ils
sauront vers qui se tourner en cas de coup dur? En tant que parents nous
restons souvent là, en arrière-plan, prêts à intervenir, prêts à les aider
s'ils trébuchent, prêts à leur offrir une chambre si les choses tournent mal.
Maintenant, je demande à tous les
collègues de faire un effort d'imagination. Imaginez ce stress, cette angoisse
multipliés par 10. Imaginez-vous à 18 ans, avec vos boîtes de carton, sur
le trottoir, sans ce filet de sécurité familial traditionnel. Pour certains
jeunes, le 18e anniversaire a longtemps été... pas été un synonyme de
célébration ou de liberté nouvelle, c'est une date butoir, une date qui tombait
comme un couperet. C'était une source d'angoisse immense tant chez nos jeunes
que chez les familles d'accueil qui les aimaient et qui craignaient de les voir
partir vers l'inconnu sans être outillés. Vous savez, c'est déjà difficile pour
un jeune qui a un parcours dit typique d'effectuer cette transition.
• (17 h 20) •
De nos jours, la réalité socioéconomique
fait en sorte que plusieurs quittent le nid familial tardivement, parfois dans
la mi... fin mi-vingtaine, pour assurer leur stabilité financière ou terminer
leurs études supérieures. C'est la norme actuelle. Pourtant, pour les jeunes en
situation de vulnérabilité, ceux que nous suivons par les services de la
protection de la jeunesse, la société a longtemps exigé l'impossible, qu'ils
deviennent totalement autonomes et productifs du jour au lendemain, à la minute
même où ils atteignent la majorité. La transition vers l'âge adulte, ce n'est
pas un interrupteur qu'on allume le matin de ses 18 ans, c'est un long
processus sinueux et complexe. Trop longtemps, notre système a fonctionné en
silos. On s'occupait de l'enfant avec diligence tant qu'il était mineur, mais,
à minuit le jour de sa majorité, le dossier se fermait. On lui remettait ses
papiers et on lui souhaitait bonne chance. C'était ce qu'on appelle tristement
les sorties sèches.
Les statistiques sur ces sorties sèches
sont craintes... sont criantes et elles nous obligent à l'action. Elles nous
empêchent de dormir. Sans un accompagnement structuré, ces jeunes sont
exponentiellement plus vulnérables que leurs pairs. Les chiffres nous hurlent
une réalité. Environ 33 % des jeunes qui ont été placés sous la DPJ ont
vécu un ou plusieurs épisodes d'itinérance tout au début de leur vie adulte.
33 %, c'est un tiers de ces jeunes qui, après avoir été protégés par
l'État, se retrouvent à un moment à la rue. C'est une statistique que notre
gouvernement refuse d'accepter comme une fatalité. C'est un échec collectif que
nous sommes en train de corriger.
M. le Président, notre gouvernement a pris
des engagements fermes pour que 18 ans ne rime plus avec isolement ou
précarité. Depuis 2019, nous avons déployé des actions concrètes, massives et
surtout graduelles. Nous avons compris <que...
Mme Picard :
...Depuis
2019, nous avons déployé des actions concrètes, massives et surtout graduelles.
Nous avons compris >que l'autonomie ne se décrète pas, elle se bâtit.
Dès 2020, nous avons procédé à un rehaussement significatif du financement du Programme
de qualification des jeunes, PQJ, mais nous n'avons pas seulement ajouté de
l'argent, nous avons changé les règles. Nous avons élargi ce programme jusqu'à
l'âge de 25 ans. C'est un changement de paradigme majeur dans l'histoire
de la protection de la jeunesse au Québec. Par ce geste, nous disons à ces
jeunes : Nous ne lâcherons pas votre main simplement parce que vous avez
soufflé vos 18 bougies, nous restons à vos côtés pendant que vous
construisez votre avenir.
En 2022, nous sommes allés encore plus
loin avec les changements historiques à la Loi sur la protection de la
jeunesse. Nous avons introduit une obligation légale de mettre en place des
plans de transition deux ans avant la majorité. Cela signifie qu'à 16 ans
on commence déjà à préparer le terrain. On n'attend pas d'être à la veille du
départ pour se demander où le jeune va habiter. On diffuse des opérations
ministérielles, des normes et des pratiques cliniques claires, on ne laisse
plus aucune place à l'improvisation ou au hasard. Pourquoi est-ce si
crucial? Parce que l'écart à combler est vertigineux. Actuellement, seulement
24,8 % de ces jeunes obtiennent leur diplôme d'études secondaires à 19 ans,
alors que, pour l'ensemble du Québec, ce chiffre dépasse 77 %. Cet écart
de réussite n'est pas dû à un manque de talent ou d'ambition de la part de ces
jeunes, il est dû à un manque de stabilité. Cet écart, c'est notre cheval de
bataille. En prolongeant le soutien, on leur donne enfin la chance de se
concentrer sur leurs études plutôt que sur leur survie immédiate.
M. le Président, on ne peut pas parler
d'autonomie sans parler de la fondation de tout projet de vie : avoir un
toit. Nous savons... nous avons compris que, pour un jeune qui sort de la DPJ,
le marché privé du logement est souvent un mur infranchissable. C'est pourquoi,
en 2024, notre gouvernement a posé un geste fort avec le rehaussement majeur
des programmes de supplément au loyer, le PSL jeunesse. Il faut donner à ces
jeunes non seulement un toit sécuritaire, mais des compétences réelles, ce
qu'on appelle les compétences de vie. Savoir signer un bail et comprendre... en
comprendre les clauses, comprendre comment lire une facture d'hydro et comment
la payer, apprendre à faire une épicerie avec un budget limité, savoir comment
s'inscrire à l'université, au cégep ou à un DEP. Mais, au-delà de la technique,
il faut qu'ils sachent qu'ils ont encore une... qu'ils sont encore... qu'ils
ont encore une figure significative, un intervenant pivot, une personne de
confiance à appeler quand ils se sentent dépassés. Le lien humain est plus...
est le plus puissant des filets de sécurité. Ces changements législatifs et
budgétaires facilitent l'identification précoce des besoins. Ils permettent
d'orienter le jeune vers les services diversifiés, qu'il s'agisse de soutien en
santé mentale, d'aide à l'emploi ou de mentorat.
Nous ne voulons plus de chute libre, nous
voulons bâtir des ponts solides, des structures permanentes qui mèneront vers
une citoyenneté pleine et entière. Je regarde le travail accompli dans les
dernières années et je vois une réelle transformation de la culture
organisationnelle. Ces investissements que nous discutons aujourd'hui dans
cette étude de crédits ne sont pas des lignes comptables ou des colonnes de
dépenses, ce sont des investissements sociaux stratégiques au sens le plus
noble du terme. Chaque jeune que nous aidons à se loger, chaque jeune que nous
aidons à obtenir son diplôme, chaque jeune que nous aidons à se qualifier,
c'est un citoyen qui contribue à la société, c'est un jeune de moins qui se
retrouvera tragiquement dans le réseau de l'itinérance, que nous tenterons
aussi de combattre avec acharnement, par ailleurs. En agissant en amont avec
des programmes comme le PQJ et un soutien prolongé, on s'attaque aux racines
mêmes de la précarité et de la grande pauvreté. C'est une vision globale,
cohérente et surtout profondément humaine qui place la dignité du jeune au
centre de toutes nos préoccupations. Nous devons offrir à ces jeunes une offre
de services centrée sur leurs besoins uniques et sur ceux de leur famille
élargie ou de leur famille de cœur dans une perspective de collaboration entre
tous les réseaux. La transition à la vie adulte ne doit pas être le combat
solitaire du jeune, mais un effort collectif de notre société. C'est ainsi
qu'on leur donne une chance égale de réussite pour leur vie adulte...
Le Président (M. Provençal)
:...députée, je vais céder maintenant
la parole à la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci.
Merci, M. le Président. Je veux revenir brièvement, M. le ministre, concernant
la tutelle. On va parler ici, là, dans ce bloc, de la Mauricie—Centre-du-Québec
et l'enquête systémique, parce que, le 9 octobre 2024, vous êtes sorti
publiquement : ça <va...
Mme Garceau :
...
Mauricie—Centre-du-Québec
et l'enquête systémique, parce que, le 9 octobre 2024, vous êtes sorti
publiquement, ça >va être une tutelle. Et c'était assez... je vous cite :
«On pose un geste fort et on met la DPJ Mauricie—Centre-du-Québec sous tutelle
le temps que ça prendra.»
Moi, j'aimerais comprendre la suite des
choses. Après le 9 octobre, qui... vous avez donné les directives à qui?
Parce que, là, on comprend plus tard que le MSSS dit : Il n'y a jamais eu
de tutelle, c'était un accompagnement. Il y a une différence, quand même, M. le
ministre, entre les deux. Donc, moi, j'aimerais juste comprendre qu'est-ce qu'il
s'est passé suite à l'annonce publique du 9 octobre.
M. Carmant : OK. Donc,
moi, je décide que la situation qui est rapportée est inacceptable. Je demande
à la directrice nationale de l'époque d'envoyer quelqu'un, une DPJ d'une autre
région, pour voir qu'est-ce qu'il se passe en... dans la région de Mauricie—Centre-du-Québec
et de faire le travail à la place de la DPJ qui était actuellement en Mauricie—Centre-du-Québec.
Après une période d'observation très courte, là, la DPJ de Mauricie—Centre-du-Québec
a été relevée de ses fonctions. Et, pendant toute la période... puis, je pense,
elle a même... pendant toute la période que la... que la directrice... la DPJ
de Laval, en fait, était là-bas, elle...
Mme Garceau : Mais on
parle de Mme Mailloux?
M. Carmant : Mailloux,
c'est ça.
Mme Garceau : OK, oui.
M. Carmant : Elle me
faisait des rapports hebdomadaires ou bimensuels, me disant comment ça se
passait là-bas, et...
Mme Garceau : Donc, les
rapports... Je ne voulais pas vous... Je veux juste comprendre le processus.
Donc là, pour une période — puis vous allez me dire combien de temps — c'était
Mme Mailloux qui vous transmettait, à vous, des rapports?
M. Carmant : Exact. À moi
et à la directrice nationale de l'époque.
Mme Garceau : OK.
Mme Lemay.
M. Carmant : Mme Lemay,
exactement.
Mme Garceau : OK. Et
donc ça, c'était pour la durée de... Ça, c'était pour combien de temps?
M. Carmant : Bien, en
fait, ça a été jusqu'à ce qu'on décide que Mme Scarlett, là, ne soit plus
la DPJ et que Mme Mailloux soit nommée par intérim.
Mme Garceau : OK. Donc,
à ce moment-là, on a mis comme un terme à la tutelle, c'est ça?
M. Carmant : Non. Bien,
encore là, on...
Mme Garceau : La tutelle
a continué.
M. Carmant : Elle était
encore là, exactement. Puis, en fait, ensuite on a vu une stabilisation de...
de la situation, puis il faut... il faut le nommer, il y a eu une prise en
charge, là, de la protection de la jeunesse en Mauricie et en Centre-du-Québec
qui ont fait que les listes d'attente ont disparu dans la région.
L'accompagnement a été... au niveau des équipes, s'est beaucoup amélioré. Et à
ce moment-là, on a laissé Mme Mailloux continuer le travail... Je pense
qu'elle est encore là, d'ailleurs, Mme Mailloux, comme directrice par
intérim.
• (17 h 30) •
Mme Garceau : Donc,
comment est-ce que vous...
M. Carmant : Ça fait que
j'ai les dates...
Mme Garceau : Oui.
Comment est-ce que vous expliquez, donc... Parce que ça a été... on a été tout
le monde sur le choc, là, quand on a lu l'article de Sophie Bernier, il y a
quelque temps, où votre ministère confirme : Non, ce n'était pas une
tutelle, c'était de l'accompagnement. Donc, il y a eu une erreur?
M. Carmant : C'est Mauricie—Centre-du-Québec
qui dit ça, puis les termes qui ont été utilisés, c'est parce que le terme
«tutelle» est réservé à tout l'établissement. Donc, soit on met tout l'établissement
sous tutelle, tu sais, de la PDG jusqu'à la personne qui passe le balai, là,
soit on dit qu'on ne peut pas mettre sous tutelle. Mais, tu sais, moi, le geste
que j'ai posé, pour moi, c'est une tutelle. Tu sais, il n'y a pas d'autre mot
pour définir ça, là.
Mme Garceau : Donc, votre
directrice nationale, à ce moment-là, en octobre, elle — c'était
Mme Lemay — les directives, c'étaient : On met Mauricie—Centre-du-Québec
sous tutelle. C'était ça que vous lui avez...
M. Carmant : Exactement.
Mme Garceau : OK.
M. Carmant : Une
nouvelle personne qui est là-bas, qui nous fait rapport de la situation et,
éventuellement, qui a remplacée la DPJ.
Mme Garceau : OK. Parce
que, nous, suite, évidemment, à l'article de Mme Bernier, on a fait une
demande d'accès à l'information, puis je ne sais pas si vous êtes au courant,
mais Mme Lemay, neuf jours après votre sortie publique, elle envoie une
lettre, le 18 octobre 2024, à Mme Mailloux et elle n'utilise pas le
terme «tutelle», elle utilise «accompagnatrice», que son mandat était pour
accompagner la DPJ, et un mandat très court qui... «Votre mandat débutera le
21 octobre 2024 et prendra fin le 19 décembre 2024.» Comment se
fait-il que Mme Lemay a envoyé ce genre de lettre à Mme Mailloux?
Est-ce que vous étiez au courant?
M. Carmant : Non, vous me
l'apprenez, <premièrement, puis...
>
17 h 30 (version révisée)
<19271
Mme
Garceau :
...a envoyé ce genre de lettre à Mme Mailloux. Est-ce
que vous étiez au courant?
M. Carmant :
Non. Ça,
vous me l'apprenez, >premièrement, puis Mme Lemay n'est plus là, là.
Mme Garceau : Non, mais vous
êtes quand même surpris, donc.
M. Carmant : Non, non, je ne
savais pas.
Mme Garceau : Donc là, en
termes d'est-ce que Mme Mailloux envoyait les rapports...
M. Carmant : Ah! c'étaient
des rencontres qu'on avait ensemble, oui.
Mme Garceau : C'étaient des
rencontres en personne entre vous et Mme Mailloux, ou c'était Mme Mailloux et Mme
Lemay, ou, là, c'était Mme Hill, qui l'a remplacée quelque temps après?
M. Carmant : Bien, moi, j'ai
parlé plusieurs fois à Mme Mailloux de la situation en Mauricie—Centre-du-Québec.
Mme Garceau : OK. Est-ce qu'il
y a eu un rapport, M. le ministre? Est-ce qu'il y a eu un rapport à un moment
donné?
M. Carmant : Écrit?
Mme Garceau : Écrit, oui, un
rapport écrit de...
M. Carmant : Non, je n'ai pas
vu de rapport écrit.
Mme Garceau : OK, parce que c'est
sûr qu'il y a eu l'embauchement... Là, Santé Québec est arrivée. Là, je
comprends que c'est le BIN qui a embauché des personnes pour faire les audits,
et tout ça. Est-ce qu'on a tenté d'obtenir une grille d'audit qui a été
utilisée, là, pour évaluer les 140 dossiers? Là, je comprends que c'est
157. Peut-être, on pourrait me le confirmer si c'est 157 dossiers qui ont
été sous audit.
M. Carmant : C'est 157, oui.
Mme Garceau : 157, OK. Est-ce
qu'on pourrait avoir, comme engagement, copie de la grille d'audit qui a été
utilisée par le BIN pour faire l'audit de ces 157 dossiers?
M. Carmant : Je n'ose pas m'avancer
là-dessus, là. On va... on va s'informer auprès de Santé Québec, là, puis de...
Mme Garceau : Oui, parce qu'on
a fait une demande d'accès. On ne nous a pas envoyé l'audit, la grille, mais
aussi il y a un rapport qui avait été transmis, puis là c'est un rapport parce
qu'évidemment, là, le MSSS est... à l'arrivée de... en tout cas, l'autre
ministre, votre prédécesseur, il y avait eu une demande qui avait été faite,
là, pour obtenir un rapport pour voir qu'est-ce qui se passait avec la tutelle
ou l'accompagnement, et, malheureusement, moi, ma copie est toute caviardée. Donc,
je ne sais pas... Je n'ai pas reçu le rapport puis j'aimerais bien avoir le
rapport que le MSSS a reçu le 30 janvier 2026 en ce qui a trait à la Mauricie—Centre-du-Québec.
M. Carmant : Nous, on a reçu
un plan d'action. Je vais m'informer, voir si c'est disponible.
Mme Garceau : OK. C'est un
plan d'action ou un rapport. Moi, on me réfère ici à un rapport, et ça, ça
vient de Jessica... Jessica Poiré. Donc, j'aimerais avoir copie... On me parle
ici d'un rapport qui a été transmis en ce qui a trait à l'accompagnement.
M. Carmant : Bien, on va... on
va regarder pour le plan d'action, là, ça, je peux vous le dire.
Mme Garceau : Et une
confirmation s'il y a un rapport qui a été envoyé, parce que j'aimerais savoir...
parce que semble-t-il qu'il y a trois pièces jointes au courriel, en réponse à Mme
Trahan, concernant un rapport.
M. Carmant : OK, on va s'informer.
Mme Garceau : Donc, j'aimerais...
bien, ce serait plus de s'informer, M. le ministre. J'aimerais avoir une copie
du rapport et qu'est-ce qui a été envoyé au ministère, parce que c'est lié à l'audit
qui a été fait.
M. Carmant : OK, mais je veux
juste m'assurer que c'est... qu'on puisse le faire. Je ne peux pas m'avancer à
ce moment-ci.
Mme Garceau : Moi, j'aimerais
savoir, M. le ministre, est-ce qu'il y a des gens qui ont été congédiés, est-ce
qu'il y a des intervenantes, des directrices de la Mauricie—Centre-du-Québec,
après ce rapport accablant...
M. Carmant : La réponse, c'est
oui, là, incluant Mme Scarlett, là.
Mme Garceau : Oui, mais il y
a eu combien... parce qu'en ce moment je comprends... puis on va y revenir, là,
je comprends que Mme Mailloux et une équipe d'intervenantes sont en train de
réviser les audits qui ont été complétés par le BIN, et là sont en train d'exécuter
les recommandations de l'audit. Donc, moi, je veux m'assurer qu'il n'y a
personne, dans cette équipe d'intervenantes qui sont en train de réviser ou de
mettre en exécution les directives du BIN, que... qui était l'auteur des
lésions de <droits. C'est ça que je veux...
Mme Garceau :
...qui
était l'auteur des lésions de >droits. C'est ça que je veux savoir.
Donc, l'équipe, je sais... je ne le sais pas, en termes de qui a été congédié. J'aimerais
avoir une liste des intervenantes, des directrices qui ont été congédiées...
M. Carmant : Mais Mme
Scarlett n'est plus là.
Mme Garceau : ...et aussi qui
fait partie de cette équipe clinique, M. le ministre, parce que moi, je ne
pouvais pas croire qu'après un an... On est au-delà d'un an, là. Là, on est en
train de nous dire que, dans les 157 dossiers que, là... ont été audités, qu'il
n'y a pas de parents, il y a... on a communiqué avec personne, parce que, là,
on parle d'adoptions injustifiées. On parle aussi... comme la famille Ratté, de
Trois-Rivières, avec trois enfants, ces enfants-là, là, sont en voie d'adoption,
ils font partie du 157 dossiers.
Donc, moi, je suis très préoccupée, puis
tout le monde devrait être très préoccupé, que, lorsqu'on a un rapport qui dit :
Lésion de droits, culture organisationnelle... On a inventé des faits pour
accélérer des adoptions, puis là on est... on est en mode... bien là, on attend
quoi pour communiquer avec ces parents, surtout ceux-là qui n'ont pas perdu
leurs enfants encore? Ils sont en voie d'adoption. Il y en a qui sont placés en
famille d'accueil. Mais je ne peux pas croire, M. le ministre, qu'après un
rapport accablant comme celui-ci... que les... surtout les familles où les
enfants... puis la famille Ratté, là... puis ils ont été assujettis à tous ces
comportements des intervenantes, des faussetés, des erreurs, des parjures, tout
ça... qu'on n'est pas en train de suspendre ces dossiers. Est-ce qu'on est en
train au moins de prioriser ceux-là, là? Il faut appeler les parents. Il faut
faire quelque chose. On ne peut pas attendre encore des mois et des mois parce
que ces enfants-là vont être adoptés.
M. Carmant : Bien, c'est pour
ça que le Bureau de l'inspectrice demande justement à la CDPDJ de... (panne de
son) ...travail additionnel qu'ils nous demandent de faire sur les 1 500
autres. C'est pour ça qu'on veut... Ils demandent de terminer le travail, puis
nous, on pousse pour que ça aille le plus rapidement possible.
• (17 h 40) •
Mme Garceau : Oui, mais là, M.
le ministre, je vais y arriver, aux 1 500, là, mais là je suis en train de
parler des 157. Là, les audits sont arrivés, mais là les audits... L'exécution
des recommandations, ce n'est pas le BIN qui est en train de faire... ce n'est
pas un comité indépendant qui est en train de faire... c'est la Mauricie, c'est
Mme Mailloux, avec une équipe d'intervenantes, qui sont en train de faire le
travail. Je ne comprends pas ça. Puis j'ai la lettre, 20 mars, de madame... Mme
Mailloux est en train d'écrire... elle a envoyé une lettre à Mme Gina St-Denis
de la CDPDJ pour lui expliquer le processus. Un, c'est très préoccupant, puis
moi, je veux m'assurer que... M. le ministre, les dossiers, en ce moment, les
157, ceux qui sont en voie d'adoption, là, il faut arrêter le processus, il
faut faire quelque chose. Ça, c'est de un. J'aimerais avoir un engagement que
vous allez intervenir, parce qu'on ne peut pas laisser ces dossiers-là puis le
temps aller, puis, tout d'un coup, ah! il va y avoir des décisions des
tribunaux.
M. Carmant : Bien, je vais me
remettre en contact avec la CDPDJ, puis on va voir comment on peut intervenir,
puis avec l'établissement également.
Mme Garceau : Oui, parce que...
parce que, là, ce que je vois, c'est un peu l'écart de la... La CDPDJ a pris un
peu de distance en ce moment, et là c'est entre un peu le BIN qui a fait les
audits et Mme Mailloux, et aussi, sur les 1 500, semble-t-il, d'après les
documents que j'ai reçus, que c'est Mme Mailloux, encore, et la même équipe
d'intervenantes qui ont décidé, de leur propre gré : On va prendre, sur le
1 500 dossiers, puis, encore une fois, là, c'est... on parle des deux
dernières années, des adoptions injustifiées, des enfants qui sont en voie
d'adoption, et tout, on va prendre... voici 150 dossiers, on va vous donner
10 % pour les fins <d'audit, puis là on est en train de négocier...
Mme Garceau :
...vous
donner 10 % pour les fins >d'audit, puis là on est en train de
négocier : Est-ce qu'on va en faire d'autres, peut-être qu'on va en... on
ne va pas faire les 1 500, on va faire peut-être un autre 200, un autre
500? Je ne comprends pas. Il y a eu des recommandations de la CDPDJ de réviser
tous les dossiers.
M. Carmant : Exact.
Mme Garceau : Si c'est
1 500 dossiers, bien, il faut réviser 1 500 dossiers. Ça ne
sera pas Mme Mailloux et l'équipe à Mauricie—Centre-du-Québec qui vont décider
le nombre de dossiers qu'on va réviser.
M. Carmant : C'est ça, mais
l'enjeu, c'est qu'ils ne veulent pas... la rétroaction va arriver après la
révision complète des dossiers, c'est pour ça que... à la demande de la CDPDJ.
Donc, c'est pour ça que... Ce qu'on me dit, c'est que chaque famille recevra
une communication, et les résultats seront documentés dans le dossier, mais,
jusqu'à présent, si on veut faire la révision complète de
1 500 dossiers de plus, que vous demandez, elle risque de ne jamais
arriver.
Mme Garceau : Mais ce n'est
pas moi qui le demande, c'est la CDPDJ qui l'a mis dans un rapport.
M. Carmant : Exact.
Mme Garceau : Mais là on ne
peut pas attendre, M. le ministre, à ce que tous les dossiers... on va attendre
1 500...
M. Carmant : Mais on dit la
même chose.
Mme Garceau : Mais il faut
parler à la CDPDJ, parce que, là, il y a un problème, parce que, là, il va y avoir
d'autres lésions de droits si on ne fait pas quelque chose.
M. Carmant : C'est ce qu'on va
faire.
Mme Garceau : Il faut
absolument le faire, et moi, je veux m'assurer, M. le ministre, que, sur les
157 puis même sur les 1 500... parce que ceux surtout qui sont en voie
d'adoption ont... vous le savez, lesquels qui sont en voie d'adoption, compte
tenu du rapport et des... et des conclusions de ce rapport-là, on parle de
lésions de droits. Il faut que tous les dossiers soient suspendus, parce que,
sinon, M. le ministre, on va créer d'autres lésions de droits. Les parents vont
perdre des... leurs enfants, qui n'auraient jamais dû être adoptés. On en a
déjà je ne sais pas combien, sur les 157... n'auraient jamais dû être adoptés.
M. Carmant : Bien, on va
bouger le plus rapidement possible. Vous pouvez... Je peux vous l'affirmer.
Mme Garceau : Oui, bien, si
vous pourriez... parce que, là, M. le ministre, le temps coule pour
aujourd'hui, mais aussi pour ces enfants et ces parents qui sont en plein droit
d'avoir... de maintenir leur famille intacte. Et donc est-ce que vous vous
engagez à produire un plan d'action en ce qui a trait aux 157 dossiers,
mais aussi aux 1 500 dossiers? Parce que le temps est très précieux
pour ces familles.
M. Carmant : Bien, je vais
voir avec la CDPDJ s'ils acceptent ça, puis on va... on va aller de l'avant si
on est capables.
Mme Garceau : Vous allez me
revenir, M. le ministre?
M. Carmant : Promis, rapidement.
Mme Garceau : Oui, rapidement,
mais là je veux aussi savoir... en termes de... très préoccupée que c'est la Mauricie—Centre-du-Québec
qui est en train de déterminer le nombre de dossiers sur les 1 500 qui
vont être évalués.
M. Carmant : Ils n'ont pas...
Mme Garceau : Ça, il faut que
ça change.
M. Carmant : Oui, oui. Ils
n'ont pas eu cet accord-là, mais, justement, c'est ça, le problème. Ils ne
veulent pas intervenir tant que tous les dossiers demandés ne seront pas
révisés, puis, jusqu'à présent, c'est 1 500 autres dossiers qui doivent
être révisés. Donc, tu sais, il faut comme séparer les deux groupes puis
arriver à avoir une entente.
Mme Garceau : Oui, mais... mais
c'étaient deux... mais c'étaient deux recommandations distinctes, numéro un,
c'étaient les 157 dossiers, puis, numéro deux, c'étaient les 1 500.
On ne va pas attendre un après l'autre, là. Il va falloir agir vite sur les 157,
mais là il va falloir trouver un mécanisme de révision vite...
M. Carmant : Un compromis.
Mme Garceau : ...mais surtout
de s'assurer qu'il n'y a pas d'autre adoption dans ces dossiers-là. Moi, c'est
ça qui me préoccupe aujourd'hui.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la députée. Je vais céder maintenant
la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. M. le ministre, je vais partir là où on terminait, là, avec la
DNPJ. Si vous permettez, là, sur les enfants, là, à la secte Mission de
l'Esprit-Saint, pour finir, il y a quand même eu une arrestation, là, récente
du chef spirituel, là, pour laquelle la police, elle a découvert des preuves
d'exploitation de mineurs. Comment ça se fait que la DPJ n'arrive à rien du
tout et que la police, elle est capable de procéder à des arrestations
importantes? Ces enfants-là n'ont pas été notifiés à la DPJ par la suite?
M. Carmant : M. le Président,
je passerais la <parole à la sous-ministre...
M. Carmant :
...M.
le Président, je passerais la >parole à la sous-ministre.
Le Président (M. Provençal)
:Madame.
Mme Hill (Lesley) : Donc, ce
que je peux vous dire, c'est : Chaque signalement qui est fait pour chaque
enfant du Québec, y compris les enfants qui appartiennent à la Mission de
l'Esprit-Saint, sont traités avec rigueur. Donc, je peux vous dire que, chaque
signalement qu'on a eu, les DPJ ont traité avec rigueur et doivent arriver à
des constats. Donc, c'est sûr qu'on est liés par la loi. On doit avoir un
signalement pour intervenir. On n'a pas une possibilité de commencer à faire
des enquêtes sans signalement, puis c'est vraiment les limites, peut-être, de
notre loi. Ce que j'ai envie de vous dire, c'est, et si la population écoute :
Il faut que les gens continuent de signaler des situations anormaux... anormales
ou des choses qui les préoccupent en ce qui concerne les enfants parce que
c'est la seule prise que nous, on a au niveau de la loi, c'est si la population
signale.
M. Cliche-Rivard : C'est la
CDPDJ qui a plus de pouvoirs que vous. Elle, elle peut entrer où elle veut,
elle peut faire enquête, elle peut ouvrir des dossiers, elle peut interroger
des témoins. Vous, vous n'avez pas ces pouvoirs-là?
Mme Hill (Lesley) : Moi, je
n'ai pas de pouvoir au niveau de la société. J'ai un pouvoir au niveau des DPJ.
Donc, c'est certain que, si je constate qu'une DPJ ne traite pas une situation
avec rigueur, s'il y a des enjeux systémiques, je peux intervenir en vertu des
articles 29 et suivants, mais je n'ai pas un pouvoir d'enquête dans la
société «at large», c'est clair.
M. Cliche-Rivard : Donc, il y
a une enquête qui avait été ouverte. Là, ça avait été confirmé par le ministère.
Pour l'instant, elle est fermée, là. Elle n'a pas donné de conclusion ou de
suite. Il n'y a pas eu de signalement qui a été relevé. Il n'y a pas de
procédure en cours. Pour l'instant, la DPJ n'a rien sur aucun de ces enfants-là.
Mme Hill (Lesley) : Je ne
peux pas vous donner des informations sur des enquêtes en cours, mais ce que je
peux vous confirmer, c'est que je suis ça religieusement et que les DPJ qui
sont concernées par ces situations-là se font appuyer et soutenir par des
experts qui travaillent au niveau des sectes.
M. Cliche-Rivard : Est-ce
qu'il y a des enquêtes en cours au niveau de la DPJ? Est-ce qu'il y en a?
Mme Hill (Lesley) : Des
signalements qu'on est en train de traiter, oui.
M. Cliche-Rivard : Des
signalements qui sont en train d'être traités, oui? OK. Ça fait que ce n'est
pas «case closed», là, ça continue. Vous confirmez?
Mme Hill (Lesley) : Il y a
des situations qu'on continue d'évaluer.
M. Cliche-Rivard : OK, parce
que nous, on sait, là, qu'il y a 150, à peu près, ex-membres de ça qui sont...
qui communiquent avec les journalistes, qui sont prêts à parler, qui sont
passés par des procédures. Je veux dire, il y a des enquêtes policières qui
mènent à des arrestations. Moi, je m'explique mal comment ça se fait qu'on
n'est pas capables de savoir qu'est-ce que la DPJ a fait. Là, je sais que vous
ne voulez pas remonter depuis 30 ans, mais la question mériterait d'être
posée. Comment ça se fait que ça fait 30 ans que la société civile est au
courant de ce qui se passe là-dedans, qu'il y a des jeunes filles de 14,
15 ans qui sont mariées à des vieillards, que c'est documenté, là,
qu'elles parlent par la suite? Moi, j'ai bien la misère à comprendre comment ça
se fait que ce n'est pas une priorité nationale, ça, des jeunes filles mariées
à des hommes âgés à 14, 15 ans, qui font des enfants qui sont
sous-scolarisés, ça...
• (17 h 50) •
M. Carmant : On s'est quand
même mobilisés rapidement, là, quand le rapport a été fait, tant moi... bien,
je ne suis pas... je ne suis pas sûr si c'était moi, mais la ministre de
l'Éducation... bien, je suis pas mal sûr que c'était moi au début également.
Donc, la réponse a été rapide. Maintenant, les résultats ont... sont les
résultats, là.
M. Cliche-Rivard : J'ai... On
a échangé, vous et moi, M. le ministre, dans le passé, sur la question des
fouilles à nu en centre jeunesse. On a eu malheureusement à échanger là-dessus.
Au meilleur de votre connaissance, là, combien il y a eu de fouilles à nu en
centre jeunesse l'année passée? J'aimerais ça que vous me disiez, tu sais,
selon vous, là...
M. Carmant : Aucune.
M. Cliche-Rivard : Aucune?
M. Carmant : La directive a
été envoyée en juillet 2025.
M. Cliche-Rivard : OK, puis
des fouilles à nu, c'est ce qu'on appelle officiellement, dans le jargon de
Santé Québec maintenant, des fouilles complètes. Là, on se comprend, c'est différent,
mais on demande à un enfant d'enlever ses vêtements, d'enlever ses
sous-vêtements. Il se place sous une serviette, là, et puis ensuite on lui
demande de lever ses bras, de se tourner. C'est de ça qu'on parle. Ça a
toujours été de ça qu'on parle.
Dans le cahier de crédits, ça dit qu'il y
en a eu 3 000, des fouilles comme ça, de jeunes mineurs en centre
jeunesse, près de 3 000 l'année passée, M. le ministre, ce qui est supposé
être une mesure exceptionnelle. 3 000, là, c'est huit enfants par jour, ça,
c'est huit mineurs à qui... puis huit mineurs placés dans la protection de
l'État, là, hein, des enfants qui ont peut-être subi, probablement, des
traumatismes, là, pas <tous, là, mais, en tout cas...
M. Cliche-Rivard :
...des
enfants qui ont peut-être subi, probablement, des traumatismes, là, pas >tous,
là, mais, en tout cas, une grande majorité, pour certains, liés à des
agressions. 3 000 fois, on a ordonné à des jeunes de 14 ans, de 13 ans de
retirer l'ensemble de leurs vêtements et de leurs sous-vêtements, là.
En 2023, la CDPDJ avait sonné l'alarme
devant ce qu'ils avaient évalué être un nombre effarant de fouilles qui devaient
être une mesure d'exception. Là, je vous connais de bon cœur, là, j'imagine que
ça vous choque autant que moi de savoir qu'il y a encore 3 000 enfants à
qui on a demandé de se dévêtir dans un centre jeunesse l'année dernière.
J'imagine que ça vous choque autant que moi.
M. Carmant : C'est sûr que
c'est une situation qui est difficile à expliquer, là, à justifier, mais...
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
vous justifiez ou pensez, vous, aujourd'hui, que 3 000, c'est une mesure
d'exception?
M. Carmant : Bien, encore une
fois, moi, je sais que la directive a été envoyée puis que le nombre de
fouilles en général est en diminution, même qu'on nous dit que les... plusieurs
des mesures sont beaucoup plus appropriées pour... en vertu des droits des
enfants. Donc, il va falloir que je vérifie...
M. Cliche-Rivard : Le cahier
de crédits, là.
M. Carmant : Ça, c'est quelle
année?
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
2025-2026, OK? On parle de 500 fouilles en Montérégie, 250 fouilles Montréal—Ouest-de-l'Île,
278 fouilles Montréal—Centre-Sud, 3 000 fouilles dans une année, là, M. le
ministre, quand même. Et puis, moi, ma question que j'avais avec ça, c'est :
Qu'est-ce qu'on a trouvé de ces 3 000 là? Deux vapoteuses une fois? Je
veux dire, qu'est-ce... qu'est-ce qu'on a trouvé? Parce que ce serait
intéressant de faire le bilan aussi des 3 000 fois où, comme société,
comme État, comme gardien des plus vulnérables, la DPJ a demandé ou un
intervenant a demandé à un jeune de se dévêtir, qu'est-ce qui a été retrouvé.
Est-ce qu'on a la réponse?
M. Carmant : Je passerais la
parole, M. le Président, si vous acceptez...
Mme Hill (Lesley) : Donc, je
suis aussi choquée que vous sur les fouilles. On essaie de les diminuer. Les
directives ont été envoyées dans le réseau, et il y a une vigie qui est
effectuée. Cependant, on a trouvé non seulement des vapoteuses, de la drogue,
on peut trouver des armes blanches.
Donc, ce que j'ai demandé, c'est d'être
capables de différencier LSJPA et protection de la jeunesse, parce qu'au niveau
des jeunes contrevenants on peut s'attendre probablement à voir un petit peu
plus de ce type d'intervention. En protection de la jeunesse, je suis d'accord
avec vous que ça peut être une approche qui retraumatise les enfants, donc qui
est à diminuer à tout prix quand on peut. Il y a parfois des fouilles qui sont
effectuées pour garder les jeunes en vie. On a des enfants qui mangent des
batteries, qui mangent des... tu sais, des objets de métal, le calfeutrage
autour des douches. On a vraiment des enfants, des jeunes qui ont des
comportements autodestructeurs.
Donc, je dirais que, sur le fond...
complètement d'accord avec vous. La vigie est en cours. On essaie de contrôler
ça et on essaie d'implanter les approches sensibles aux traumas le plus
rapidement possible.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
c'est possible de nous revenir, sur les 3 000 fouilles, à combien de
reprises il y a un objet illicite ou dangereux qui a été retrouvé, pour qu'on
ait une proportion? Moi, si, je veux dire, le travail est fait puis
qu'effectivement il y avait 3 000 ou, en tout cas, un chiffre
considérable, on peut jaser, mais, si c'est 0,01 %...
Mme Hill (Lesley) : J'ai 415
fouilles complètes, moi, avec 292 jeunes.
M. Cliche-Rivard : Bien, je
vous envoie à la réponse SQc-2RP-234. C'est la page 219-220.
Mme Hill (Lesley) : Je vais
devoir regarder ça après.
M. Cliche-Rivard : Fouille
complète, on est à 3 000. Ça fait que je vous demanderais peut-être un
engagement de nous revenir avec combien d'objets illicites ou dangereux ont été
retrouvés de ces 3 000 fouilles là, question qu'on soit capables de se
faire un bilan, là. C'est-tu possible?
M. Carmant : ...vérifier que
l'info est disponible, et, si oui, je m'engage à...
M. Cliche-Rivard : OK. Merci.
J'avance un peu, M. le ministre. Vous avez discuté avec ma collègue, tout à
l'heure, de la commission Laurent, des recommandations. Moi, j'ai une idée à
vous soumettre, là. J'ai une idée à vous soumettre, M. le ministre. Vous savez
que le Protecteur du citoyen, lui, fait rapport et <suivi du rapport
Viens. Ça lui appartient...
M. Cliche-Rivard :
...
M.
le ministre. Vous savez que le Protecteur du citoyen, lui, fait rapport et >suivi
du rapport Viens. Ça lui appartient, entité indépendante et autonome, de faire
le suivi de rapports. Est-ce que vous seriez ouvert à ce qu'on confie le suivi
du rapport Laurent, de la même façon, à la commissaire au bien-être et aux
droits de l'enfant, qui, elle, pourrait en faire un suivi autonome?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Donc, on
pourrait, conjointement, tous les parlementaires, lui écrire une lettre pour
lui dire qu'on souhaiterait que, de manière autonome, un peu comme le
Protecteur du citoyen, elle en fasse le suivi. Vous êtes ouvert à ça?
M. Carmant : Aucun problème,
absolument.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Merci beaucoup. J'aimerais ça vous parler rapidement du dossier qu'on porte, de
manière transpartisane, les élus, et vous y compris, votre gouvernement y
compris, sur la question des boissons énergisantes chez les... chez les
mineurs, là, les moins de 16 ans spécifiquement. Vous, comme ministre des
Services sociaux, j'imagine que vous appuyez qu'on bouge et qu'on légifère
rapidement pour protéger les jeunes. J'imagine que c'est une préoccupation que
vous partagez?
M. Carmant : Oui, je pense
que c'est un sujet que j'ai... La direction... directrice nationale de santé
publique a tout mon appui là-dessus puis... absolument.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous
allez... Vous collaborez à ce qu'on... avec le peu de temps qu'il nous reste,
quand même, dans ce Parlement-là, à ce qu'on mette le plus d'actions et de
mesures possibles pour avancer, là?
M. Carmant : Nous, tous, les
projets de loi qu'on peut passer d'ici la fin de la session, je suis en faveur,
incluant celui sur la P-38.
M. Cliche-Rivard : J'aimerais
ça... Merci. J'aimerais ça vous parler de l'adoption internationale aussi, ça a
refait les manchettes récemment sur le moratoire, là. Il y a beaucoup de
familles pour lesquelles les rêves sont suspendus depuis longtemps,
18 mois maintenant. On sait, par ailleurs, que l'Ontario, eux, malgré
tout, continuent et persistent avec certains... certains pays, là. Qu'est-ce
qu'on peut dire aux familles, là, aujourd'hui, ou quel message vous leur
envoyez, là? Est-ce que tout ça va être encore suspendu pendant trois ans ou il
y a des décisions, il y a des informations positives qui s'en viennent pour eux
autres?
M. Carmant : On croit que la
fin de l'étude va être fin de cette année, début de l'année prochaine, là. Il y
a plusieurs pays, d'ailleurs, qui, malheureusement, ont cessé les adoptions
internationales, des histoires vraiment traumatisantes, là, de vol d'enfant,
falsification d'identité, des choses qui sont vraiment traumatisantes, là, puis,
nous, c'est vraiment les... Ceux qui nous demandent le plus d'aller au bout du
travail, c'est les... c'est les enfants adoptés, là, qui... qui s'inquiètent
sur leur propre source d'adoption. Il y a certains dossiers qui ont également
été médiatisés dans ce contexte-là. Donc, on veut s'assurer de bien faire le
travail, et puis ensuite la décision sera prise.
• (18 heures) •
M. Cliche-Rivard : Début de
l'année prochaine?
M. Carmant : Oui, fin de
cette année, début de l'année prochaine.
M. Cliche-Rivard : OK. Et
donc, évidemment, un peu comme on l'a fait avec votre collègue de la Justice
sur les mères porteuses, ça pourrait désigner des pays qui... oui, pour
lesquels on a des accords puis d'autres pays pour lesquels on n'a pas d'accord.
M. Carmant : Exactement, des
choses qui pourraient changer par rapport à ce qui se faisait avant, mais les
dossiers qui étaient en cours, à moins que vous ayez entendu autre chose, se
poursuivent.
M. Cliche-Rivard : Et il y a
malgré tout, là, des pays comme la France, la Grande-Bretagne, tout ça, pour
lesquels vous maintenez la suspension?
M. Carmant : Oui, on va... on
veut vraiment tout faire, s'assurer que tout est correct.
M. Cliche-Rivard : On a eu la
chance, vous et moi, d'aller sur le terrain, dans ma circonscription, à
quelques reprises. Notamment, sur le dossier de La Maison Benoît Labre, on
avait pris... Vous aviez pris des engagements publics d'appuyer le financement
de la relocalisation du centre de consommation supervisée. On s'était reparlé à
l'automne
dernier.
Bon, vous avez, par la suite, démissionné puis réintégré votre caucus, mais,
pendant ce temps-là, la situation n'a pas changé, là, sur le terrain, là, puis
il reste, quoi, cinq mois à vos responsabilités avant... avant le jour du
scrutin. Est-ce qu'on peut s'attendre à des développements assez rapides sur ce
dossier-là? Parce que les parents de l'école, à juste titre, posent beaucoup de
questions.
M. Carmant : OK, deux choses
qui vont arriver suite à l'adoption du projet de loi que, malheureusement, je
ne peux plus porter jusqu'à la fin.
La Santé publique, dans toutes les régions
concernées, sont en train de développer leur plan d'action régional avec lequel
ils sont en partenariat avec tous les organismes qui sont sur le terrain et qui...
et qui vont travailler justement à cette... à cette relocalisation du centre de
consommation supervisée, puis je suis prêt de... à discuter avec la Direction
de santé publique de Montréal du sujet.
Puis l'autre chose aussi, qui a été une
mesure qu'on a apprise à la mise à jour budgétaire du dernier... de novembre
dernier et qui ne s'est pas encore actualisée, mais, depuis mon retour, on est
en train d'accélérer les choses, en fait, j'ai eu les dernières nouvelles, que,
d'ici le mois de juin, le CIUSSS et le SPVM vont ajouter des patrouilles
mixtes, dont une qui va vraiment s'occuper du district de Benoît Labre. Moi,
j'avais eu le même problème, là, dans mon comté voisin, là, avec Chez Lise, et
Fady Dagher, le directeur du SPVM à l'époque, était au SPAL, avait utilisé
cette mesure-là pour régler la <problématique, puis on pense...
>
18 h (version révisée)
<17893
M.
Carmant : ...le directeur du SPVM, à l'époque, était au SPAL, il avait
utilisé cette mesure-là pour régler la >problématique, puis on pense que
ça va donner un bon coup de main dans la gestion des environnements de Benoît Labre
et du Sud-Ouest, là.
M. Cliche-Rivard : Pour cette
cohabitation-là, j'en suis, là, mais, pour ce qui est de la relocalisation, est-ce
que vous vous engagez à mettre toute la pression puis tout l'appui politique
nécessaire pour qu'on règle la question une fois pour toutes, là?
M. Carmant : On va travailler
dessus le plus rapidement possible, là.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
les sommes sont disponibles pour 2025‑2026... ou 2026‑2027, en fait? Il y avait
des discussions de 7 millions à l'époque, là, c'est de l'argent qui est
disponible ou il va falloir attendre une autre... une autre mesure budgétaire?
M. Carmant : Il n'y a pas d'argent
dans le budget de cette année là-dessus, là, mais on va travailler avec la
Santé publique pour voir, parce que... est-ce qu'il y a moyen de louer un
espace, versus de se porter acquéreur d'un espace. Toutes les possibilités
peuvent être faites, là.
M. Cliche-Rivard : Ce qui ferait
en sorte qu'on pourrait avancer, on pourrait avancer plus rapidement, là, avec
une location.
M. Carmant : Je pense que oui.
M. Cliche-Rivard : J'ai
rencontré, il n'y a pas si longtemps, un jeune qui s'appelle Joey St-Jean, qui
vit en CHSLD à Montréal. Joey est en fauteuil roulant, là, il a une maladie dégénérative,
mais il est pétillant de vie, là, et d'énergie, et de fougue. En fait, ça m'a
beaucoup touché, de le voir complètement allumé sur un paquet d'affaires, puis
avec des projets, des rêves, mais Joey habite avec des gens qui ont en moyenne
50 ans de plus que lui, là, il n'est pas du tout épanoui par son milieu de
vie, puis il trouve ça franchement difficile, puis il a de la misère à voir la
suite, là, pour lui, dans cette société-là. Ma demande que j'aurais pour vous
aujourd'hui, c'est si vous accepteriez qu'on aille le rencontrer ensemble puis
que vous puissiez évaluer les options pour lui.
M. Carmant : Absolument. Absolument.
Je pense qu'il y a deux options, là : on peut regarder au niveau des
maisons des aînés... maisons alternatives, je veux dire, qui serait un bon
milieu, sinon, l'autre possibilité, c'est regarder aussi pour du soutien
intensif, là.
M. Cliche-Rivard : À domicile?
M. Carmant : À domicile. Donc,
moi, je... Oui, absolument. Très sensible à cette situation, là.
M. Cliche-Rivard : Bien, je
vais organiser...
M. Carmant : Il ne peut pas
passer 60 ans dans... ou 50...
M. Cliche-Rivard : Comment?
M. Carmant : Il ne peut pas
passer les 20 prochaines années de sa vie dans un CHSLD, là, je suis bien
d'accord.
M. Cliche-Rivard : Bien non,
ce n'est pas une vie, ça. Puis il n'est pas le seul dans sa situation. À mon
humble avis, une fois qu'on aura regardé, puis que vous aurez vu, puis on verra
le cas spécifique de Joey, je pense qu'ils sont plusieurs...
M. Carmant : Oui, on est en
train de travailler, d'ailleurs, sur une approche plus globale, là, qu'on va
annoncer, sur un nouveau cadre de référence, là, de l'hébergement, là, vous
allez trouver ça très intéressant. Mais, oui, on va aller le voir, ça fait
plaisir.
M. Cliche-Rivard : On a parlé...
Parfait, allons-y, puis je lui ai reparlé, mon équipe lui a reparlé ce matin,
avant que je vous formule l'invitation, puis il était très enthousiaste à l'idée
de pouvoir échanger, très revendicateur, comme on sait... puis tout à son droit
de l'être. J'ai hâte que vous puissiez le rencontrer.
Un autre dossier de revendication, puis il
me reste une minute, c'est celui des plateaux de travail. On a parlé de ça
beaucoup dans les dernières années aussi. Là, on est en attente d'une directive
d'application de Santé Québec. Est-ce qu'elle a été publiée puis est-ce que
vous pouvez la rendre publique et qu'on y ait accès?
M. Carmant : Moi, on m'a dit
que la directive est partie partout. Ça s'applique dans presque toutes les
régions, là, il y a une région qui est problématique mais qu'on est en train de
régler.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre, M. le
député. Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Je vais reprendre là où nous avions laissé, on parlait du projet de Toit
d'Union, projet pour les adultes avec une déficience intellectuelle, qui, quand
ils font leur demande au PHAQ, requiert qu'ils aient déjà une entente de
service avec un CIUSSS. Et vous avez commencé à répondre, mais le président
vous a coupé. Donc, on parlait du PHAQ et le fait qu'une entente de service est
nécessaire pour pouvoir y avoir accès, puis vous avez commencé à répondre à la
question, donc je voudrais vous... écouter votre réponse.
M. Carmant : Oui. Donc, c'est...
donc, on a vraiment le programme classique, là, c'est pour passer par le PHAQ et
avoir du soutien pour l'itinérance.
Mme Prass : On ne parle pas d'itinérance,
on parle de logement pour personnes avec déficience intellectuelle.
M. Carmant : Ah oui! C'est ça.
OK, je vous l'ai présenté. On a... l'an dernier, on a fait un investissement de
35 millions qui couvrait tous les types d'hébergements supervisés, et
plusieurs de ces projets ont été approuvés. Celui-ci, on va juste regarder
comment... qu'est ce qu'on peut faire pour les aider, mais, cette année, ils
ont mis une nouvelle barrière, là, nous disant que le financement doit être
disponible, mais c'est impossible pour nous de fonctionner de cette façon au
ministère de la Santé et des Services sociaux.
Donc, je suis en train de travailler avec
un partenariat avec la nouvelle <ministre...
M. Carmant :
...sociaux.
Donc, je suis en train de travailler avec un partenariat avec la nouvelle >ministre
de l'Habitation pour que, si les deux ministres priorisent le projet, qu'on
puisse aller de l'avant et leur donner le OK. Jusqu'à présent, à part ce que
vous m'avez dit aujourd'hui, Chez Doris, là, il n'y a rien qui a ouvert sans
soutien, puis ça va continuer à être comme ça.
Mme Prass : OK. Parce
que, justement, c'est une contradiction, que vous ne faites pas les ententes de
service avant mais que c'est requéri par le PHAQ. Donc, contente d'entendre que
vous parlez à votre collègue, et j'espère que ça va se rectifier, parce qu'il y
a des projets qui...
M. Carmant : Tu sais, il
faut que ça se rectifie.
Mme Prass : ...ne vont
pas de l'avant justement à cause de cet élément-là. Et, dans les cahiers de
crédits qui nous ont été fournis, justement, sur tout ce qui est la question du
nombre de lits en RI, par exemple, pour la clientèle avec une déficience
intellectuelle, on a vu des diminutions au Saguenay—Lac-Saint-Jean, Capitale-Nationale,
Mauricie—Centre-du-Québec, Montréal, Outaouais, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, Chaudière-Appalaches,
Laval, Lanaudière, Laurentides. On sait qu'on en a besoin davantage, pas moins.
Donc, deux questions. Premièrement,
pourquoi est-ce qu'on voit une diminution, justement, dans les RI qui sont...
qui fonctionnaient déjà pour une population en déficience intellectuelle? Et,
justement, des projets comme Toit d'Union, et je vais en mentionner un autre
dans quelques minutes, font en sorte qu'ils veulent pallier, justement, à ce
manque de places. Alors, première question : Pourquoi est-ce qu'on voit
une diminution plutôt qu'un maintien ou une augmentation? On voit une
diminution, c'est... excusez-moi, c'est 970 places reconnues de moins en
un an pour les personnes avec une déficience intellectuelle à travers le Québec.
M. Carmant : Oui, bien,
c'est sûr qu'il y a des enjeux avec les petites RI, là, qui sont actuellement
en négociation avec ma collègue au Trésor, et on travaille fort pour faire
avancer ce dossier-là. Nous... C'est sûr que, nous, le logement supervisé,
c'est un modèle qu'on a déployé partout puis qu'on soutient vraiment le plus
possible, parce qu'on pense qu'il faut permettre aux personnes avec un handicap
d'aller au bout de leur... de leur potentiel, puis je pense que c'est un modèle
qui, vraiment, est très porteur. Puis vous vous souvenez qu'on a même ouvert un
hébergement pour DI modérée, ce que même moi, j'avais un peu de doute au début,
quand madame... nous en a parlé, puis qui est un grand succès. Donc, nous, on
en veut plus, de ces modèles-là, mais il faut absolument... ça nous prend
absolument des RI, puis on travaille à faire débloquer les choses, là, au
niveau de la négociation.
• (18 h 10) •
Mme Prass : Parce que ce
qu'on entend aussi, c'est qu'il y a plusieurs appels d'offres pour des RI qui
sont faits par les CIUSSS, mais auxquels il n'y a personne qui répond parce que
les critères sont assez rigides. Vous... Là, comme vous avez mentionné, les RI
sont en renégociation de leur entente avec le Trésor, mais ça fait en sorte
qu'entretemps des appels d'offres qui vont... sans réponse. Ça ne vous concerne
pas, question de voir comment on peut réécrire ces appels d'offres ou élargir
les critères, justement, pour que plusieurs... pas plusieurs, mais que
quelqu'un puisse répondre oui? Parce que, pour l'instant, c'est des appels
d'offres qui ne vont... sans réponse.
M. Carmant : Bien, ce
qu'on a proposé, c'est de faire un projet pilote, là, sur la fameuse composante
immobilière, là, qui est la problématique dans les nouvelles constructions.
Puis, comme je vous dis, on essaie de mettre ça de l'avant puis on veut
travailler de l'avant, là, avec les négociations avec le Conseil du trésor. On
travaille aussi sur le cadre de référence pour les RI-RTF. Il y a plusieurs
ententes, là, parmi ces groupes-là, qui ont été signées, mais tant la FRIJQ que
l'ARIHQ, c'est un enjeu, là, sur lequel il faut continuer à travailler, tu sais.
Mme Prass : Et je vous
rappelle les Arches du Québec, dont nous avions discuté pendant les deux
dernières années. Alors, les Arches du Québec, qui ont toujours un enjeu de
financement. Il y a toujours une disparité entre différentes régions, comme on
l'avait mentionné. Donc, en moyenne, les Arches du Québec, c'est 80 $ par
jour, par personne, mais ça varie selon la région.
Deux choses. Premièrement, donc, leur
enjeu de financement n'est toujours pas réglé. Quand l'histoire de Mélissa et
Jérémie était sortie, il y a un an, deux adultes avec une déficience
intellectuelle en situation d'itinérance, les Arches du Québec ont contacté le
CIUSSS pour leur dire : On a de la place, on a justement des appartements
pour Mélissa et pour Jérémie. Les Arches du Québec n'ont jamais reçu un appel,
un retour d'appel de la part du CIUSSS.
Et là je vais vous demander... Parce que,
récemment, une des Arches du Québec à Montréal, ils ont rénové deux
appartements à leurs propres frais pour des adultes avec une déficience
intellectuelle, et, quand ils se sont tournés vers le CIUSSS pour les <financer...
Mme Prass :
...intellectuelle,
et, quand ils se sont tournés vers le CIUSSS pour les >financer, ils ont
dit : Bien, on n'a pas d'argent pour ça. Je vous rappelle, c'est 80 $
par jour, en moyenne, que les CIUSSS donnent aux Arches du Québec. Ces deux
appartements-là auraient pu aider Mélissa et Jérémie, plutôt, comme votre
prédécesseur l'a dit, qui ont fait le choix de rester dans la rue.
Première question. J'imagine que vous
n'êtes pas d'accord avec la position de votre collègue qu'une personne avec une
déficience intellectuelle qui a peine à s'organiser fait la décision qu'elle
veut vivre dans la rue. Et là on a deux appartements de vides pour des adultes
avec une déficience intellectuelle, qui ont été rénovés aux frais propres de
l'organisme, mais dont le CIUSSS ne veut pas les financer. Qu'est-ce que vous
dites à ça, quand on parle de places... de réduction de places, de presque
1 000 places pour les personnes avec une déficience intellectuelle au
Québec?
M. Carmant : Bien, moi, ce
n'est pas le terme que j'aurais utilisé, là, effectivement. L'enjeu, c'est que
ce couple est ancré dans l'est de Montréal. Moi, je pensais qu'ils auraient pu
être pris en charge par... puis ça, je pense que ce n'est pas assez connu, là, dans
le volet PRISM, qu'on a mis sur pied, la Mission Bon Accueil est porteure de
150 entrées rapides en logement, dont ils peuvent se servir pour les
personnes avec un DI-TSA, également, puis eux, ils auraient levé la main,
également, là, comme les Arches, mais ils n'ont pas été considérés.
J'ai parlé à l'avocate de ces jeunes-là. Dès
que je suis revenu, là, c'est un des dossiers que j'ai regardés. On est en
contact avec son intervenante, donc on va... on va définitivement la référer
vers les ressources que vous nous indiquez. Moi, sincèrement, je pensais que le
dossier du financement des Arches était réglé, là. Il y avait des enjeux de
risque de fermeture, mais ça, je pense que ce n'est plus le cas, mais je vais...
je vais me repencher dans ce... dans ce dossier-là.
Mme Prass : Puis juste... Il
y a quelque chose d'inquiétant, à savoir, que ce soient les Arches ou Mission
Bon Accueil, que le... quand le... le CIUSSS était au courant de la situation
de Mélissa et Jérémie, quand ils étaient dans la rue, ils n'ont pas fait le
tour pour voir, justement, qu'est-ce qui est disponible, que ce soit un PSL,
que ce soit un appartement dans les Arches du Québec. Donc, entre moi et entre
vous, là, vous avez mentionné une solution, j'ai mentionné une solution
potentielle, mais où était le travail?
M. Carmant : Bien, juste vous
mentionner, là, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais il y avait un
enjeu légal, là, qui vient d'être réglé, puis que, là, va nous permettre de
faciliter les démarches par rapport à un des deux...
Mme Prass : Oui, mais c'est
plus question de : le CIUSSS aurait dû savoir quelles étaient les
différentes alternatives pour les aider...
M. Carmant : Oui, ça, je vous
entends.
Mme Prass : ...que ce soient
les PSL ou répondre à l'appel que les Arches du Québec a fait.
M. Carmant : Ça, c'est un de
mes défis, que les gens dans le réseau connaissent toutes les ressources du
réseau, puis ça, je pense que c'est... Santé Québec y travaille, là, puis on a
confiance que ça va continuer à s'améliorer.
Mme Prass : Mais on se comprend
que c'est un cas assez particulier dans le sens qu'il n'y a pas 1 million
de réponses ou de solutions potentielles. Donc, on devrait quand même savoir
quelles sont les ressources auxquelles on peut se tourner dans de tels cas.
Mon collègue a mentionné la question de la
fin des plateaux de travail. Quand ça a été annoncé, on nous a dit qu'il y
avait 3 millions de... Parce que l'enjeu avec la fin des plateaux de
travail, c'est qu'il n'y a rien d'autre qui est arrivé. Donc, il y a plusieurs
personnes qui participaient aux plateaux de travail qui se sont retrouvées à la
maison, donc les parents ont dû s'absenter du travail pour rester avec eux à la
maison. Et il y a un 3 millions de dollars qui a été investi
pour les plateaux de travail, qui devait être réinvesti par Santé Québec. Pour
l'instant, on n'a pas entendu parler d'alternative, et, dans le même sens, la
coupure d'allocation pour la fréquentation, donc, 7 $ à 14 $ par jour,
que les gens recevaient pour aller participer soit dans un plateau de travail
ou des activités du centre de jour, quoi que ce soit, cet argent a été coupé,
et ça fait toute la différence pour ces personnes, qui, souvent, n'ont pas de
revenus ou un revenu faible.
Qu'est-ce que vous répondez à propos de la
fin des plateaux de travail, qui n'ont pas été remplacés avec quelque chose
d'autre, et les coupures aux allocations de fréquentation?
M. Carmant : Bien, que les
allocations de fréquentations ont été incluses dans l'aide sociale, qui...
Mme Prass : Mais c'est un
document qu'il faut remplir, maintenant, ce n'est pas compris nécessairement,
il y a un processus à suivre. Puis, on se comprend, pour une personne qui a une
déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l'autisme, c'était beaucoup
plus facile, la façon dont c'était fait avant.
M. Carmant : Oui, mais... je
comprends, mais la SQDI nous disait qu'on abusait des gens, en fait, c'est ce
qui est arrivé, tu sais. Puis j'avais dit que ce ne serait pas facile, la solution,
mais l'argent est disponible, tu sais. Puis je comprends que c'était plus
facile avant, mais, tu sais, c'était quand même... On a dû... on a dû se
retourner assez <rapidement...
M. Carmant :
...tu
sais, c'était quand même... On a dû... on a dû se retourner assez >rapidement
sur une critique qui était très sévère.
Mme Prass : Mais je vous
parle de l'allocation de fréquentation.
M. Carmant : C'est ça, le
6 $ par jour, là.
Mme Prass : Oui, mais ce
n'était pas uniquement pour les plateaux de travail. Moi, ce que je... moi, ce
que je comprends, c'est que c'était plus large que ça. Il y avait des gens qui ne
l'utilisaient pas nécessairement pour le plateau de travail, mais pour aller à
d'autres insertions en emploi, et là il n'y est plus.
M. Carmant : C'est ça, mais...
Mme Prass : Et, pour les
plateaux de travail, par quoi allez-vous le remplacer?
M. Carmant : C'est ça, puis
l'argent n'est pas venu au ministère de la Santé et des Services sociaux mais
est allé à l'Emploi. Donc, j'ai fait les vérifications, j'ai fait le pont entre
l'ancienne ministre de l'Emploi puis le nouveau, et les sommes sont dans le...
Si vous regardez la section de l'emploi, il y a une somme de 13 millions
sur deux ans qui va servir à transférer... à s'assurer que ceux qui demeuraient
longtemps sur les plateaux de travail puissent intégrer un emploi.
Mme Prass : Et vous vous attendez
à ce que ce soit mis en place...
M. Carmant : Rapidement.
Mme Prass : Rapidement?
M. Carmant : Oui.
Mme Prass : OK. Évidemment,
malheureusement, on est tous au courant des bris scolaires qui ont lieu dans
les écoles, donc, bris scolaires, des jeunes avec des besoins particuliers dont
les écoles n'ont pas les ressources pour les encadrer, pour bien leur offrir le
service éducatif, donc vont les renvoyer à la maison. Il y a 500 de plus cette
année, et, à chaque année, c'est entre une augmentation de 500 et de 1 000.
Et le portrait, le chiffre qu'on a représente vraiment un moment dans le temps,
parce que ça ne recueille pas les informations de l'année scolaire.
Ce que nous avons appris récemment de la
Fédération québécoise de l'autisme, c'est : il y a plusieurs jeunes qui
vont être victimes de bris scolaires, donc qui vont être à la maison avec leurs
parents, et la DPJ va débarquer et va dire : Vous ne remplissez pas votre
devoir d'éduquer votre enfant, et ils vont prendre les enfants, ils vont les
sortir de la maison parce qu'ils blâment le parent de ne pas remplir ce
devoir-là. C'est les écoles, et c'est dans la loi, que c'est les écoles qui
sont responsables d'éduquer nos jeunes. Premièrement, en tant que parents,
se faire dire : Ton enfant ne peut plus fréquenter l'école, organise-toi,
c'est très, très difficile. Ensuite, de se faire dire : Vous ne remplissez
pas votre devoir d'éduquer votre enfant, et la DPJ va venir et enlever un
enfant qui a des besoins particuliers... et là vous avez changé la directive
récemment, mais ce n'était pas le cas il y a quelques mois, qui pouvait se
retrouver dans un centre de jeunesse. Premièrement, étiez-vous au courant de
cette réalité-là? Et est-ce que vous l'acceptez ou est-ce que vous allez...
Est-ce que vous trouvez que c'est normal qu'une école qui n'a pas les
ressources pour s'occuper d'un enfant renvoie l'enfant à la maison, et la DPJ
vont les séparer de leurs parents?
• (18 h 20) •
M. Carmant : Bien, il y a des
travaux qui sont en cours au ministère de l'Éducation, mais, clairement, là,
un, on a mis une table sur pied pour, justement, la situation de l'autisme,
déficience intellectuelle, avec la DPJ, pour que... améliorer les connaissances,
là, au niveau des intervenantes quant à la réalité des personnes en situation
de handicap. On va travailler rapidement, là, sur une directive, là-dessus, là,
je...
Mme Prass : Étiez-vous au
courant?
M. Carmant : Je n'avais pas
entendu parler de cet enjeu-là.
Mme Prass : OK. Et j'espère
que c'est quelque chose que vous allez adresser, parce que c'est vraiment des
parents qui se font victimiser par le système de l'éducation et ensuite par le
réseau de la santé.
Et un autre élément que la Fédération
québécoise de l'autisme a partagé avec nous, c'est qu'il semblerait qu'à la
DPJ, si on soupçonne qu'un parent est sur le spectre de l'autisme, que la
directive, c'est : il faudrait les séparer de leurs enfants.
M. Carmant : Mais non, ça, c'est
justement la raison pour quoi je les ai assis ensemble. Moi, j'ai, comme...
même, comme médecin, j'avais déjà vécu cette situation. Donc, ça, c'était la
raison, justement, que j'avais mis cette table sur pied, pour s'assurer que ces
situations-là cessent.
Mme Prass : Et donc est-ce
que... On entend aussi, les enfants autistes ont tendance d'avoir une certaine
routine...
M. Carmant : Exact.
Mme Prass : ...manger la même
chose tous les jours, et il y avait des dénonciations qui se faisaient de la
part de professeurs pour dire : Bien, écoute, c'est un parent qui est
négligeant parce que le petit arrive avec le même dîner à tous les jours, mais
c'est la réalité de ce petit-là. Donc, ça fait partie de ce que vous avez
demandé lors de la mise en place de la table?
M. Carmant : Oui, puis c'est
pour ça qu'on veut aussi, tu sais... Il y a beaucoup des signalements. Autant
il y a des signalements qui sont importants puis clés, il y a beaucoup de
situations où il faut vraiment que la communauté travaille plus ensemble pour
éviter ces situations-là. Puis ça, c'en est une. Puis là vous parlez d'enfants
autistes, mais moi, j'ai même entendu des signalements pour des raisons
culturelles, là, par rapport à la nourriture. Donc, il y a... il y a comme un
réflexe, dans notre société, là, de signaler. Nous, on augmente les <services...
M. Carmant :
...il
y a... il y a comme un réflexe, dans notre société, là, de signaler. Nous, on
augmente les >services en amont pour trouver d'autres sources d'aide, là,
mais il faut vraiment asseoir tout le monde à table autour des enfants puis
prévenir ces signalements qui n'ont pas leur raison d'être.
Mme Prass : Tout à fait. Là,
on va revenir... et vous l'avez mentionné un petit peu plus tôt, on parlait du
P-38, dans le budget, le dernier budget, il y a un peu plus de 104 millions de
dollars qui a été mis de côté, justement, pour la réforme du P-38. Et vous avez
mentionné... vous avez fait une entrevue qui est sortie ce matin, si je ne me
trompe pas, où vous avez dit que partie de l'argent irait pour les services
directs. Donc, je voudrais savoir, du 104 millions qui sera... qui a été
mis de côté dans le budget, combien vont aller pour les soins de première ligne.
Il y a aussi une grande partie, j'imagine, qui va aller à la Justice parce
qu'il y a la création d'un nouveau TAQ, la question de l'aide juridique. Donc,
je voudrais avoir la ventilation de ce 104 millions de dollars là.
Parce qu'on se comprend que... et,
malheureusement, vous n'êtes pas dans la commission ou l'étude détaillée pour, justement,
entendre les différentes consultations, pour l'instant, mais on sait, bien
évidemment, que, si plus d'argent est mis pour les services de première ligne,
donc, on n'aurait pas besoin d'avoir recours au P-38 autant, parce que, si une
personne est évaluée et suivie de façon régulière, oui, il peut y avoir des
crises, mais on est déjà... il y a déjà un suivi qui se fait, donc, comme j'ai
dit, potentiellement moins recours au P-38. Donc, c'est ça, je vous demande la
ventilation de l'argent.
M. Carmant : C'est
moitié-moitié, je vous dirais, là, tu sais, ça varie avec les années, puisque
le budget est croissant, mais, dans la première année, comme les autres, la
moitié va à la Justice, puis la moitié va à l'amélioration des services. Puis,
oui, ça prend du personnel additionnel, mais ça prend aussi une autre façon de
voir les choses, tu sais. Le plus bel exemple que je peux dire, c'est qu'on a
ajouté beaucoup de patrouilles mixtes à travers le Québec, plus d'une
soixantaine d'équipes, mais les intervenantes qui sont sur les patrouilles
mixtes ne font pas l'évaluation de la dangerosité. Donc, ça, on veut qu'elles
soient capables de le faire, puis elles vont pouvoir le faire.
On veut également faciliter la
communication, parce que beaucoup d'individus sont amenés à l'hôpital parce que
les services policiers ou les intervenants n'ont pas cette information. Puis,
des fois, c'est des raisons comme : Ah! on n'est pas sur le territoire du
bon CIUSSS, là. Donc, avec Santé Québec, c'est un gain qu'on vient de faire,
mais on veut vraiment que l'information puisse se partager pour s'assurer qu'on
puisse éviter. Puis, vraiment, c'est le message.
Puis, comme vous dites, je ne participe
pas, mais je pense que Mme la ministre de la Santé tient le même discours que
moi : le but, c'est vraiment de diminuer le nombre de P-38, mais, quand
quelqu'un, et surtout une famille, appelle à l'aide, il faut qu'ils aient accès
à des services.
Mme Prass : Pouvez-vous
déposer la ventilation dont vous avez parlé pour le 104 millions ou...
Parce que vous parlez... 50 % va aller en matière de santé mentale, mais
on se comprend, est-ce que c'est...
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme la députée.
Mme Prass : On y reviendra.
Le Président (M. Provençal)
: Je vais maintenant céder la parole au député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. M. le ministre, j'avais posé la question sur les psychologues.
J'aimerais savoir si, effectivement, on a atteint l'objectif que vous aviez
fixé, à savoir remplir l'ensemble des postes à pourvoir, là. On parle de
2 461. En fait, c'est les chiffres qu'on avait l'année passée dans La
Presse, qui avaient été donnés par le ministère. Nous, ici, on avait
discuté d'un besoin de 2 340. Où en est-on? Quels sont les chiffres?
M. Carmant : Ah bien là, moi,
on m'a sorti les chiffres en santé mentale, là, on est passés de 1 267 à
1 285, donc il y a eu une augmentation cette année, donc plus d'entrées
que de départs.
M. Arseneau : 1 200?
M. Carmant : Oui.
M. Arseneau : Pourquoi on n'a
pas les mêmes chiffres que l'an dernier? Ce qu'on disait, c'était le nombre de
psychologues dans le réseau.
M. Carmant : Dans tout le
réseau.
M. Arseneau : Dans tout le
réseau. C'était... L'objectif à atteindre était de 2 340, mais on en avait
2 261, puis on se disait qu'on avait réussi à en recruter 156 de plus mais
qu'on en avait perdu 165, donc un petit déficit de neuf. Et vous m'aviez dit à
l'époque, il y a un an : On est confiants d'atteindre l'équilibre l'an
prochain et même être en surplus, et là...
M. Carmant : Je vais
retourner à la recherche, là, on m'a donné les données juste pour la santé
mentale. Donc, tu sais, il y a tous ceux de...
M. Arseneau : D'accord, bien,
ce serait important d'avoir les chiffres. Est-ce qu'on va pouvoir les avoir
avant la fin de l'échange?
M. Carmant : Oui. Désolé.
M. Arseneau : Merci beaucoup.
On a parlé tout à l'heure de Santé Québec, mais je voulais revenir de façon
plus pointue sur Santé Québec et la santé mentale. Là, j'ai parlé des services
sociaux en général, on... Quand on regarde le plan stratégique du ministère
pour 2025... en fait, 2023‑2027, je pense, pour l'année <2025‑2026...
M. Arseneau :
...plan
stratégique du ministère pour 2025... en fait,
2023‑2027, je pense, pour
l'année >2025‑2026, en ce qui concerne l'accès à des services en santé
mentale, on mesure la proportion des usagers qui ont reçu des soins dans les
délais prescrits. Si je ne me trompe pas, c'est des délais de 30 jours. Puis
je regrette d'ailleurs, puis je tiens à le mentionner, qu'on n'ait plus accès
aux données indiquant le nombre de personnes qui sont en attente. On a préféré
utiliser un pourcentage de gens qui obtiennent des services dans les temps
prescrits.
Mais je reviens sur le plan stratégique du
ministère. On visait 70 %, en 2025‑2026, et 75 % pour l'année
courante, 2026‑2027. Or, si on regarde le plan stratégique de Santé Québec, on
constate qu'il y a quand même une différence majeure, on utilise le même
indicateur, mais avec des cibles revues à la baisse. Pour Santé Québec,
l'objectif de l'année qui vient de se terminer, c'était 65 % et non pas
70 %, et l'objectif de l'année courante, 70 %, et non pas 75 %.
Autrement dit, Santé Québec a rabaissé les objectifs que le ministère s'était
fixés. Et pourtant, dans la réforme, on devait garder les orientations
ministérielles et les opérations à Santé Québec. Alors, qu'est-ce qui justifie
que Santé Québec se fixe des objectifs en deçà des objectifs du ministère?
M. Carmant : Je suis un peu
surpris, parce qu'actuellement on est... on frappe la cible, on est en haut de
70 %. Donc, je ne vois pas pourquoi les cibles ont été réduites.
M. Arseneau : On est en haut de
70 %, vous dites. Donc, l'objectif du ministère, de 2025‑2026, serait
atteint. Et donc, pour la prochaine année, j'imagine qu'on veut toujours
atteindre la cible du ministère, 75 %, mais... à réviser, là. Je ne
comprends pas pourquoi Santé Québec abaisse ses cibles ou les cibles du
ministère. Puis, évidemment, bien, si c'est le cas, sur quoi doit-on juger la
performance du réseau, là?
M. Carmant : Bien,
actuellement on me dit qu'on est à 74 %, donc on a dépassé le 70 %
puis on continue d'améliorer nos guichets d'accès en santé mentale.
M. Arseneau : D'accord. Ça,
c'est pour ceux qui reçoivent des services dans les 30 jours, à partir du
moment où on décide de recevoir la demande, mais, quand on regarde, là, les
précisions associées à l'indicateur, c'est écrit, et je cite : «Le délai
entre la date de réception de la demande de service et la date de décision de
la demande n'est pas pris en compte.» Pourquoi est-ce qu'on ne prend pas en
compte l'ensemble de la durée de l'attente, c'est-à-dire : je demande un
service, on prend un temps pour y réfléchir puis ensuite on dit : Je vais
mettre en œuvre la demande?
• (18 h 30) •
M. Carmant : Mais, avec le...
avec le mécanisme qu'on a mis sur place, c'est 24, 48 heures, là, tu sais.
Le guichet d'accès en santé mentale, c'est vraiment... Un, on les a intégrés
dans les activités CLSC, première ligne, puis de l'accueil au CLSC au guichet
d'accès, ça se fait quasi de façon immédiate, puis la décision au niveau du
guichet d'accès santé mentale se fait très rapidement également.
M. Arseneau : Donc, entre la
demande d'un service et la...
M. Carmant : Il n'y a pas des
mois d'attente, là.
M. Arseneau : D'accord. Et la
décision?
M. Carmant : C'est ça, c'est
très, très rapide.
M. Arseneau : Vous dites
entre 24 et 48 heures, c'est ça?
M. Carmant : Oui. Le guichet
d'accès en santé mentale, c'est...
M. Arseneau : D'accord. On va
ajouter au... Parfait. Est-ce que c'est la même situation lorsqu'il est
question des jeunes en difficulté? Parce qu'on a le même... le même enjeu, on
dit : Entre la réception de la demande puis la décision, ce délai-là, on
ne le compte pas dans les délais d'attente actuels.
M. Carmant : C'est également
des guichets uniques, là, unifiés le plus possible partout, là, donc c'est le
même mécanisme, là. Je n'ai peut-être pas fait le tour des guichets d'accès
jeunesse, là, mais ça devrait être la même chose.
M. Arseneau : D'accord. Parce
qu'il y a quand même des délais qui sont... qui sont importants aussi de façon
générale dans l'accès aux services de première ligne. On a fait quand même un
relevé, là, dans les cahiers de crédits. Les délais pour obtenir des services
en CLSC pour une nouvelle assignation à un centre d'activités ou un sous-centre
d'activités, c'est comme ça qu'on présente les chiffres, pour les services
généraux psychosociaux, c'est 32,38 jours; déficience physique, déficience
intellectuelle, trouble du spectre de l'autisme, on parle de 121 jours, un
peu plus de 121 jours; jeunes en difficulté, 43 jours; santé mentale,
33 jours; santé mentale ambulatoire plus de 18 ans, 34 jours;
santé mentale ambulatoire moins de 18 ans, 27 jours; orthophonie,
145 jours; Agir tôt, 108 jours; dépendances, 20 jours; Programme
québécois pour les troubles mentaux, des autosoins, de la psychothérapie, 30 jours.
Une fois qu'on regarde ça, c'est quand
même des délais, là, qui peuvent être très <variables...
>
18 h 30 (version révisée)
<17947
M.
Arseneau : ...même des délais, là, qui peuvent être très >variables,
entre un mois et trois, quatre mois. Sous l'angle de ce qu'on a annoncé en mars
dernier, à savoir qu'on voulait faire des CLSC la porte d'entrée pour les soins
et les services de première ligne, est-ce qu'il n'y a pas un risque,
essentiellement, que cette porte-là prenne pas mal de temps à s'ouvrir pour
obtenir des services ou est-ce que vous allez mettre des montants
supplémentaires pour... et des ressources supplémentaires pour que les services
soient offerts en temps voulu?
M. Carmant : Oui. Donc, ce qu'on
est en train de faire, on est en train de réouvrir les CLSC jusqu'à 20 heures
partout au Québec, là. Ils ne le sont pas tous, mais ils sont en train de se
faire. L'accueil, le fameux AAOR, là, ça, également, c'est... il y a des
services qui sont disponibles à la journée, de 8 heures à 20 heures. Donc,
le premier contact se fait rapidement. C'est sûr que des services plus
spécialisés comme DI-TSA, ça peut être plus long, même chose pour l'orthophonie.
Mais le premier contact se fait rapidement dans la plupart des enjeux, puis le
CLSC demeure la bonne porte d'entrée.
M. Arseneau : Mais, dans les
CLSC, ce qu'on nous dit, c'est qu'on manque souvent de ressources... de
ressources humaines, donc de professionnels. Est-ce qu'il y a un plan d'effectifs
pour pouvoir arriver à, justement, réduire les délais pour chacun, là, des
domaines qu'on vient de mentionner?
M. Carmant : Oui, puis ce qu'on
a fait avec... pour le volet jeunesse, un peu comme on a fait avec la santé
mentale où on a créé le psychiatre répondant, on est venu... on est venu créer
un poste de pédiatre répondant. Donc, les pédiatres, on les a sortis de l'hôpital,
puis on les assoit avec les équipes de CLSC pour orienter le plus rapidement
possible vers le bon professionnel, l'enfant.
M. Arseneau : Ça, c'est pour les
jeunes. Mais est-ce que... est-ce qu'il n'y a pas un conflit entre l'idée de
pourvoir aux postes nécessaires dans les CLSC et les GMF, à qui, dans le cadre
de la dernière entente, on va financer davantage les ressources qui sont...
enfin, qui sont voulues également... en fait, qu'on se dispute avec les CLSC?
M. Carmant : Mais, moi, tous
mes programmes, c'est des programmes CLSC.
M. Arseneau : D'accord.
M. Carmant : Tous mes
programmes.
M. Arseneau : D'accord.
M. Carmant : Moi, je pense que
le succès des services sociaux ces dernières années, là, c'est d'avoir sorti le
besoin de la consultation médicale, puis il ne faut pas retourner là-dedans.
M. Arseneau : D'accord. Agir
tôt, je sais que ce programme-là vous tient particulièrement à cœur. Dans l'étude...
dans les cahiers de crédits, on voit que... mais ça, c'est... oui, les cahiers
de crédits, c'est 10 000... 10 065 enfants qui ont eu un
dépistage complété sur la plateforme Agir tôt. Mais est-ce que... est-ce que
vous avez des chiffres à savoir quelles sont les suites au dépistage? Parce que,
longtemps, les gens et les parents ont dit : Bon, bravo pour le dépistage,
mais ce n'est pas Agir tôt, c'est dépister tôt, mais agir, c'est avoir accès à
un spécialiste. Est-ce que ça, on arrive à avoir, en temps voulu, des services?
Parce qu'à une certaine époque les délais étaient jugés inacceptables par les
parents, mais aussi par les professionnels du milieu.
M. Carmant : Oui, mais c'est
sûr qu'on a... Il y a deux ou trois ans, là, quand on a mis sur pied le
dépistage universel à 18 mois, là, on a entraîné une vague de demandes à Agir
tôt, puis ça, ça a été très... un moment plutôt difficile. Les choses s'améliorent.
Il y a encore beaucoup, quand même, de délais en orthophonie, là, je vais être
bien transparent. Mais le retard de langage, on parlait tantôt, là, de la
lecture, le retard de langage, c'est vraiment le problème qui prédomine dans
les... à 85 %, là, 80 %, 85 % des initiatives Agir tôt.
Ce qu'on a fait, c'est qu'on est venu
ajouter de la stimulation universelle, des groupes pour les parents, pour les
aider à gérer, pour donner une intervention de base, comme a été recommandé par
l'INESSS. Donc, l'intervention commence plus tôt. C'est sûr que, pour les
parents, le temps qu'ils n'ont pas vu l'orthophoniste, c'est comme s'ils n'avaient
pas eu de service, mais l'intervention débute plus tôt.
M. Arseneau : Mais est-ce que
ces chiffres-là... vous dites, là, vous avez un retard pour les orthophonistes,
est-ce que ces chiffres-là sont disponibles? Est-ce qu'on peut en avoir une
copie, justement, de la performance à cet égard-là? Peut-être déposer à la
commission, éventuellement, là, pour justement voir...
M. Carmant : Moi, je n'ai pas
d'enjeu avec ça, là, je vais... Je pense que ce n'est pas...
M. Arseneau : D'accord, d'accord.
Et puis est-ce qu'on a trouvé les chiffres pour les psychologues? Parce que le
temps file, puis j'aimerais entendre le ministre nous les révéler, si vous
voulez bien.
M. Carmant : Alors, 2024‑2025,
il y en avait 2 161. C'est le chiffre que vous aviez?
M. Arseneau : Répétez-moi ce
chiffre.
M. Carmant : Moi, j'ai 2 161,
effectif total.
M. Arseneau : Oui, c'était 2 261
que j'avais, c'est possible?
M. Carmant : Ah bien non,
c'était... mais là on a baissé à 2 023.
M. Arseneau : 2 023.
M. Carmant : Oui. Donc, on en
a...
M. Arseneau : Donc, on n'a pas
atteint l'objectif.
M. Carmant : Non.
M. Arseneau : Donc, on est en
déficit de combien de psychologues par rapport à l'objectif? Est-ce que
l'objectif est bien 2 461?
M. Carmant : C'est ça, <oui.
M. Arseneau :
...
est-ce que l'objectif est bien 2 461?
M. Carmant :
C'est
ça, >oui. Ça reste le même.
M. Arseneau : OK, mais...
parce qu'on avait dit, l'année passée, on était optimiste d'obtenir de bons
résultats. Puis il y avait notamment la question, là, de l'augmentation des
conditions de travail et salariales des psychologues sur lesquelles on misait.
On a quand même augmenté le salaire de façon importante. On avait aussi misé
sur des cohortes d'étudiants. Que s'est-il passé pour qu'on n'atteigne pas notre
objectif?
M. Carmant : Bien, sûrement
le départ dans les autres programmes que santé mentale ont été plus grands
qu'attendu. Nous, on travaille avec les psychologues pour leur donner...
valoriser leur rôle dans le réseau, en tant... un peu comme on a fait avec les
psychiatres puis les pédiatres, là, on a un psychiatre répondant, pédiatre
répondant. On veut que le psychologue joue un rôle plus proactif dans la
gestion des problèmes de santé mentale.
Actuellement, ils reçoivent les requêtes
un peu comme de façon... elles leur sont imposées. Nous, on veut qu'ils soient
assis autour de la table quand les décisions sont prises pour avoir une
meilleure participation à la prise de décisions et ainsi valoriser leur rôle.
M. Arseneau : Mais est-ce que
c'est encore... est-ce qu'on identifie encore un phénomène de départ des
psychologues de réseau public dans les cinq ans de pratique? Là on parlait à un
moment donné de 40 % des gens qui quittaient, probablement... en fait, ce
qu'on ce qu'on avait comme point de vue de leur part, c'était parce qu'ils se
jugeaient mal utilisés, parce que, justement, l'autonomie professionnelle était
limitée. Est-ce qu'on est encore là puis on n'a pas fait les progrès...
M. Carmant : Escomptés,
escomptés.
M. Arseneau : ...nécessaires
pour les retenir?
M. Carmant : Puis d'où
l'importance pourquoi je pousse pour le programme, là, de psychologues
répondants, justement pour améliorer leur autonomie, améliorer leur
participation aux décisions.
M. Arseneau : Mais,
entretemps, donc, vous reconnaissez... Non seulement on n'a pas atteint
l'objectif, mais ça veut dire que les services en souffrent, donc les usagers
du Québec n'ont pas accès à des services à la hauteur de ce qu'on souhaiterait,
puisque les postes ne sont pas pourvus. Ça fait qu'il y a quand même un
problème.
M. Carmant : Avec quand même
une diminution significative de nos listes d'attente et une amélioration de
l'accès en services en santé mentale.
M. Arseneau : Mais est-ce
qu'on peut avoir une amélioration des services avec moins de psychologues dans
le réseau?
M. Carmant : Oui, parce
qu'une des choses qu'on essaie de défaire, c'est que tous les services doivent
être offerts par des psychologues et des psychiatres.
Nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a
vraiment utilisé la palette de professionnels qui peuvent venir aider en santé
mentale, et ils le font. Maintenant, l'enjeu, c'est vraiment la psychothérapie,
et le plus précocement possible. Puis ça, oui, on a besoin des psychologues.
• (18 h 40) •
M. Arseneau : D'accord,
merci. J'ai deux, trois petites questions pour terminer, là, un peu à la
cantonade, là. Le programme d'adaptation à domicile, quand je vous ai posé la
question, l'année passée, vous avez dit : Bien, ce n'est pas vraiment mon
domaine, c'est peut-être davantage celui de la ministre de l'Habitation, mais,
quand même, j'aimerais vous entendre là-dessus, parce qu'on... ce sont des gens
qui ont recours à des services sociaux.
Puis on regarde les budgets, puis on n'en
revient pas parce qu'il y avait 38 millions de prévus l'année passée au
budget, on a ajouté 20 millions de dollars en cours d'année, là, à la
mise à jour économique. C'était uniquement pour traiter les demandes qui étaient
en attente, pas de nouvelles demandes pouvaient être déposées. Et cette année,
à notre grande surprise, on voit que le budget annoncé est de
22,5 millions puis, l'année prochaine, de 7,5 millions. Comment
est-ce qu'on peut arriver à dire qu'on va favoriser le maintien à domicile, y
compris des personnes avec des limitations fonctionnelles, si les budgets
disparaissent comme peau de chagrin?
M. Carmant : Bien, écoutez,
on va continuer à travailler sur ce dossier-là avec ma collègue à l'Habitation.
C'est sûr que les... l'aide sur une base individuelle a été rehaussée de façon
significative, là, de 16 000 à 50 000, mais on est bien conscients
qu'on va continuer à travailler avec elle pour améliorer la situation puis
garder nos gens à domicile.
M. Arseneau : Oui, mais, tu
sais, par exemple, tu sais, je vous donne le cas d'une personne de ma
circonscription, Mario, qui nous écoute peut-être. Il est tombé paraplégique il
y a deux ans. Il vit dans son salon depuis deux ans. Il veut adapter sa maison
et il ne peut même pas déposer de demande d'adaptation à domicile. Qu'est-ce
qu'on lui dit aujourd'hui?
M. Carmant : Bien, je pense
que, comme je vous dis, il faut porter le dossier avec ma collègue au niveau de
l'Habitation, puis on est bien conscient, là, qu'il faut continuer à en faire
plus.
M. Arseneau : Pour ce qui est
du cas que mon collègue a amené tout à l'heure, de Saint-Henri—Sainte-Anne, il
a parlé de Joey, la personne qui est justement en CHSLD, si j'ai bien compris.
Évidemment, ça me rappelle, moi, le cas de Jonathan Marchand, qui, lui aussi,
était en <CHSLD...
M. Arseneau : ...ça me
rappelle, moi, le cas de Jonathan Marchand qui, lui aussi, était en >CHSLD,
qui est maintenant sous un projet pilote et qui nous dit : J'ai une épée
de Damoclès au-dessus de la tête. Ce projet pilote là, on le renouvelle, mais
on semble toujours vouloir un peu lancer la serviette, là, les gens du réseau
avec qui il est en contact, dans l'établissement où il est.
J'ai déposé un projet de loi pour mettre
en place un programme d'assistance personnelle autodirigée. Vous nous parliez,
tout à l'heure, d'initiatives que vous alliez éventuellement présenter. Est-ce
que ça se rapproche de quelque chose comme cela, c'est-à-dire de permettre à
ceux qui ont la volonté de le faire, les personnes qui ont des limitations
fonctionnelles, les personnes handicapées, qu'elles puissent vivre pleinement
leur vie d'une façon totalement autonome avec un service d'assistance
autodirigée 24 heures sur 24? Est-ce que vous regardez ce projet-là?
M. Carmant : C'est justement
ce à quoi je pensais. Puis moi, je l'ai dit plusieurs fois, là, je pense que,
si on a des services intensifs en santé physique, on mérite d'avoir des
services intensifs en services sociaux, que ce soit en jeunesse ou en personne
en situation de handicap...
M. Arseneau : Et ce serait...
M. Carmant : ...et je ne vois
toujours pas pourquoi ce ne serait pas...
M. Arseneau : ...un
service 24/7 et... ça fait que, quand vous dites un service intensif, ce
serait pour vivre en situation autonome à l'extérieur des institutions.
M. Carmant : Oui. Comme il y a
des enfants qui ont des insuffisances respiratoires puis qui ont une
infirmière 24/7.
M. Arseneau : Excellente
nouvelle.
M. Carmant : Je pense que les
services sociaux ont pris toute leur place, puis il faut continuer qu'on garde
toute notre place dans le réseau de la santé et des services sociaux.
M. Arseneau : J'ai une
dernière question, M. le ministre. Vous avez commandé un rapport, il y a
quelques années, à l'Institut québécois de réforme du droit et de la justice
concernant la P-38. Votre collègue a pris la relève, a déposé un projet de loi,
il y a 104 millions qui sont réservés pour la mise en œuvre de la loi une
fois qu'elle sera adoptée avec ces nouvelles mesures. Vous savez qu'il y a un
projet en Montérégie-Est qui fonctionne et qui a permis d'éviter
l'hospitalisation forcée dans 80 % des cas, alors que, d'une façon
générale, on avait vu l'augmentation de 750 à 4 905, là, globalement, des
gardes provisoires. Est-ce que vous allez considérer la possibilité d'élargir
ce programme-là pour l'ensemble des régions du Québec et le plus rapidement
possible dans... avec les 104 millions?
M. Carmant : J'aime l'idée, M.
le député, et, oui, on va considérer ça.
M. Arseneau : Mais vous vous
réservez l'annonce pour plus tard, c'est ce que je dois comprendre? C'est de
bonne guerre, M. le ministre, merci pour la réponse.
M. Carmant : Mais vous ne
m'avez pas parlé du Phare des Îles.
M. Arseneau : Bien, vous êtes invité
à l'inauguration au début juin, alors... avec plaisir, on vous recevra. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, je vais passer la parole à la
députée de Robert-Baldwin, s'il vous plaît.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. On va parler, M. le ministre, des mères qui ont perdu la garde de
leurs enfants. Vous connaissez très bien le dossier et ce n'est pas seulement
ces mères-là. Je porte leur voix aujourd'hui, mais il y en a d'autres dans
d'autres régions. Malheureusement, leurs droits ont été brimés. Elles ont vécu
pas mal le même sort que les familles... les parents de la Mauricie—Centre-du-Québec
suite à des interventions, des évaluations, des intervenantes qui ont fait...
Puis je reprends vraiment les mêmes termes que la CDPDJ a mis concernant la Mauricie—Centre-du-Québec :
des rapports d'évaluation et d'orientation qui présentaient plusieurs lacunes
en ce qu'ils sont fréquemment incomplets, incohérents avec le contenu du
dossier et ils présentent des éléments dont la validité est douteuse, ainsi que
des informations qui sont entièrement fausses. Le contenu des rapports en lien
avec la décision de compromission est parfois incomplet ou erroné, mais cette
preuve est tout de même soumise aux tribunaux.
Et il est là le problème, parce qu'en
raison de... On a inventé des faits, il y a eu des faits complètement erronés,
il y a eu des omissions, des faits à la connaissance des intervenantes, parce
que les mères ont dit : Ce n'est pas vrai, qu'est ce qu'il y a dans le
rapport, est-ce que vous pouvez le corriger? Les intervenantes disent :
Non, c'est trop tard. Des droits de ces mères-là ont été brimés, et les enfants
aussi parce qu'ils restent encore avec des pères violents. Il y a des mères qui
ont perdu la garde, elles n'ont pas vu leurs enfants depuis des années. Il y a
une grande injustice qui a été commise.
Et, à ce stade-ci, on a une DPJ qui est en
train d'utiliser cette trajectoire, une grille <d'évaluation...
Mme Garceau :
...on
a une DPJ qui est en train d'utiliser cette trajectoire, une grille >d'évaluation
qui, aussitôt qu'une mère dénonce la violence conjugale, c'est une mère
aliénante. Il faut que ça cesse.
Je ne sais pas en termes de, pour vous,
une directive ministérielle, mais on a même les Nations unies... il y avait un
rapport, en 2023, qui disait qu'il faut cesser, dans les contextes de violence
conjugale, d'utiliser le terme «aliénation parentale». On est en train
d'abuser, c'est un terme qu'on abuse, et surtout à la DPJ, et il faut que ça
cesse, M. le ministre. Et donc, oui, une directive ministérielle en termes
de... il faut cesser d'utiliser le terme «aliénation parentale» contre les
mères qui sont victimes de violence conjugale. Ça, c'est fondamental.
On est déjà... au fédéral, on est en train
de modifier la Loi sur le divorce pour s'assurer exactement ça, qu'on n'est pas
en train d'outiller les pères qui sont violents pour utiliser cette défense,
cette justification pour enlever la garde aux mères. Donc, j'aimerais un
engagement, M. le ministre, à ce sujet-là aujourd'hui.
M. Carmant : Je suis tout à
fait d'accord avec vous, là, puis c'est d'où le fait que... tu sais, on parle
de falsifier, mais je pense que c'est plus des erreurs d'interprétation, là.
Mais c'est pour ça qu'on va de l'avant avec la formation PEVC, là, partout, qui
a commencée.
Puis, tu sais, je l'ai déjà dit,
l'intention du législateur, c'est que quelqu'un ne peut pas perdre son enfant à
un père violent, là, à cause de cette histoire d'aliénation parentale. Donc, on
va renforcer la...
Mme Garceau : Mais il faut
passer la directive, M. le... parce que ça continue. Moi, j'ai encore des
courriels, j'ai... Ça continue, malheureusement. Mais il y a la trajectoire. C'est
mère aliénante, on banalise la violence et on le met sous le chapeau ou le
terme d'un conflit sévère de séparation. Et je sais qu'il va y avoir de la
formation, et tout ça, mais, entretemps, il y a des mères qui ont subi
l'injustice de ces conclusions-là parce qu'elles étaient dans des rapports, les
intervenantes ont témoigné à ce sujet-là. Il y a des parjures dans ces
dossiers-là.
Donc, moi, je vous demande, M. le
ministre, un engagement aujourd'hui. Il faut trouver... retrouver la justice
dans ces dossiers-là, qu'on mette en place un mécanisme indépendant de révision
de ces dossiers-là, parce que ce n'est pas seulement les mères que vous avez
rencontrées, il y en a d'autres.
Mais à un moment donné, la DPJ, il y a une
question d'imputabilité ici. C'est des fautes graves, c'est des fautes qui ont
brimé les droits de ces mères-là et de ces enfants-là. La DPJ a une
responsabilité de corriger le tir, parce que c'est les mères et les enfants qui
subissent les conséquences du mauvais comportement des intervenantes.
Et je vous demande, M. le ministre,
aujourd'hui, qu'on travaille ensemble puis qu'on ait un mécanisme et... qu'on
mette en place un mécanisme indépendant de révision de ces dossiers-là, s'il
vous plaît.
• (18 h 50) •
M. Carmant : Qui remonte à
combien d'années?
Mme Garceau : Bien là, les
mères que vous avez rencontrées et qui va remonter quelques années, au moins
cinq ans, mais au moins les mères que vous avez rencontrées.
M. Carmant : Bien, écoutez,
je m'engage à en parler avec vous, à en discuter avec vous, là. Je pense que je
ne peux pas m'engager ici, là.
Mme Garceau : On pourra en
discuter en termes internes, mais, si j'ai votre engagement que vous allez
mettre en place un mécanisme indépendant de révision pour les dossiers, les
mères que vous avez rencontrées, il y en a d'autres, et là on pourra parler,
déterminer un terme ensemble, avec les mères que j'ai déjà rencontrées, puis je
continue à recevoir des courriels.
M. Carmant : Bien, je ne vais
pas m'engager jusque là aujourd'hui, mais je m'engage à vous rencontrer puis
discuter de la situation, là, qu'est-ce qu'on peut faire de plus, là.
Mme Garceau : Il faut mettre
en place un mécanisme de révision. C'est la seule chose qu'on va pouvoir faire,
parce qu'il y a des erreurs, dans des rapports, qui n'ont jamais été corrigées.
M. Carmant : Oui, mais...
oui, mais c'est des décisions juridiques, là, aussi, là, ce n'est pas simple,
là.
Mme Garceau : Bien, ce n'est
pas simple... Vous avez le pouvoir de le faire, M. le ministre. Vous avez
l'autorité de le faire, parce que c'est les <rapports...
Mme Garceau :
...de
le faire, M. le ministre. Vous avez l'autorité de le faire, parce que c'est les
>rapports dont je parle, je ne parle pas des jugements. Moi, je parle de
corriger les erreurs dans des rapports qui ont fait en sorte que les mères ont
perdu la garde de leurs enfants.
M. Carmant : OK, je suis très
sensible puis je vais... on va s'en parler plus, là, mais je ne peux pas
m'engager ici à faire une opération si complexe, là.
Mme Garceau : On va s'en
parler.
M. Carmant : Absolument.
Mme Garceau : OK. Je voulais
juste voir avec vous, en ce qui a trait à la décision de la Cour suprême qui a
été rendue en septembre 2025, en termes des délais... parce que la Cour
suprême avait déclaré qu'il y avait lésion de droits lorsqu'il y avait un délai
de 59 jours entre le signalement et la première intervention par la DPJ, et
je voulais savoir comment est-ce que la DPJ, en ce moment, se conforme à cette
décision-là, parce que... Et parce que j'ai vu dans les cahiers, là, en termes
de... C'est quand même des écarts assez considérables, mais là c'est les délais
qui sont liés entre le signalement et l'évaluation. Et là, je vois, il y a cinq
régions, là, on est au-delà, l'ouest de l'île, ça commence à 58,6 jours,
puis on va... Il y a un, deux, trois, quatre, cinq régions, on va jusqu'au-delà
de 80 jours.
Donc, je voulais voir avec vous qu'est-ce
que vous... Est-ce que vous avez mis quelque chose en place pour vous assurer
que, dans toutes les régions, il y a quand même des directives claires en
termes... du signalement à l'intervention?
M. Carmant : Absolument. Puis
on a une directive, là, que, dans les 30 jours, les services soient...
soient donnés, mais il y a encore des enjeux de ressources humaines,
principalement à l'ouest de l'île. On travaille très fort, là...
Mme Garceau : Dans mon bout.
Dans mon coin.
M. Carmant : Oui, avec le
service anglophone. Tu sais, je ne peux pas le cacher, ça. On travaille avec
les établissements d'enseignement pour nous aider, on travaille également avec
les ordres professionnels pour assouplir les règles, pour permettre à des gens
d'avoir droit de faire l'évaluation complète dans les populations anglophones.
Donc, ça, c'est clairement un enjeu.
On a maintenu l'équipe volante pour les
régions plus éloignées. Santé Québec continue à travailler là-dessus et
continue à recruter. J'ai vu les chiffres, là, on a à peu près une quarantaine
de professionnels dédiés à l'équipe volante et qui viennent en aide aux régions
éloignées où il y a plus de difficultés, comme la Côte-Nord.
Puis la bonne nouvelle, c'est qu'année par
rapport à année les listes d'attente sont de... ont diminué de 1 000 par
rapport à l'an dernier. On était à 3 000 quelques l'an dernier, on est à...
plus autour de 2 800. Et nous, on pense qu'à l'été 2026, si on
compare à l'an passé puis qu'on a toujours ce gain de 1 000, on va être en
bas de 1 000, d'enfants en attente, qui est vraiment la capacité du réseau
à prendre en charge les jeunes sur une base globale, là, la capacité d'assigner
des dossiers.
Puis le bout qui nous manque, là, c'est
vraiment de diminuer les signalements dont on parlait tantôt, puis on arrive
avec une mesure aussi qui va venir, je pense, faire une différence dans le
nombre de signalements.
Mme Garceau : Merci, M. le ministre.
Je cède la parole à ma collègue.
Le Président (M. Provençal)
:Je vais... On passe la parole à la
députée de D'Arcy-McGee.
Mme Garceau : ...je m'excuse,
M. le Président.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Je voudrais vous poser une question avec... en lien avec la question
du collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne plus tôt, le moratoire sur les adoptions
internationales. Je pose la question au nom de ma collègue de Notre-Dame-de-Grâce,
qui a une... qui a une famille, dans son comté, qui a passé les 10 dernières
années à tenter d'adopter un enfant d'un pays asiatique. Et ils voudraient, en
fait, qu'il y ait la possibilité de simplifier le processus d'adoption au
Québec pour que les familles qui ont déjà été évaluées en adoption
internationale et qui se dirigent vers un projet familial d'accueil banque
mixte... Est-ce que vous êtes ouvert à cette possibilité-là, compte tenu du
moratoire qui existe?
M. Carmant : Absolument. Puis
dans ce... On a plusieurs régions où ça a été permis, puis je... puis j'avais
rencontré cette famille avec votre collègue, d'ailleurs, pour leur en parler.
Mme Prass : OK. Parfait.
M. Carmant : Donc, nous, on
encourage les banques mixtes.
Mme Prass : Oui, bien,
justement, le travail qui a été fait ne devrait pas être perdu, et ils ne
devraient pas devoir attendre davantage. Donc, contente que vous ayez une
ouverture à cet égard.
Je voudrais revenir au P-38. Donc, quand
on s'en est parlé, dans les dernières minutes, vous avez <mentionné...
Mme Prass :
...quand
on s'en est parlé dans les dernières minutes, vous avez >mentionné que
le budget de 104 millions de dollars est à peu près réparti 50 %
à la justice, 50 % aux services sociaux.
Premièrement, le mémoire du Conseil des
ministres ne nous a pas été déposé, qui est très, très, très rare et on a
questionné la ministre à ce sujet, et la ministre n'avait pas de réponse.
Alors, je vous pose la question, compte tenu que c'est vous qui avez entrepris
la réforme, les travaux, il y a plus de deux ans, c'est vous qui êtes le
ministre responsable de la santé mentale. Votre collègue a mentionné que...
Puis on est tous d'accord que la réforme est due, qu'on voudrait le passer
avant la fin de la session, mais je vous avoue ne pas avoir le mémoire, ne pas
connaître la ventilation du budget...
Quand vous meniez le dossier, vous m'avez
rencontrée avec ma collègue de la Sécurité publique pour nous faire un
briefing. La ministre a dit vouloir collaborer. Je n'ai jamais eu une
conversation avec la ministre à ce sujet-là.
Donc, si le gouvernement veut qu'on soit
des bons partenaires et que le projet de loi passe d'ici la fin de la session,
je pense que... que ce soit le mémoire du Conseil des ministres, la ventilation
du budget, des éléments qu'on a demandés à la ministre, je pense qu'il faut
être de bonne foi, il faut faire preuve d'ouverture, justement, si on veut
travailler ensemble, qu'on ait les mêmes informations. Donc, je vous demande si
vous seriez en mesure de nous partager ces informations-là.
M. Carmant : Mais...
mais pas moi, mais je vais intervenir auprès de ma collègue, là, c'est...
Mme Prass : Mais, pour
la ventilation du budget, vous semblez avoir quelque chose devant vous, quand
même, qui vous a indiqué que c'était 50 % qui irait à la justice et
50 % en santé mentale. Pouvez-vous partager ce document avec nous?
Une voix : ...
M. Carmant : OK. On
m'avertit qu'il va y avoir un breffage technique.
Mme Prass : Oui, mais un
mémoire du Conseil des ministres, ce n'est pas le breffage technique, et une
ventilation du budget, ce n'est pas un briefing technique non plus.
M. Carmant :
...collègue.
Mme Prass : D'accord. Et
surtout, comme j'ai dit, le mémoire et la ventilation du budget. Parce que,
comme j'ai dit, vous avez mentionné, dans l'article qui est sorti ce matin,
qu'il y a de cet argent-là qui devrait aller pour la première ligne et les
services, mais on ne sait pas si c'est le cas parce qu'on n'a pas la
ventilation. On se pose la question si le 50 % qui va aller à la santé ne
sera pas, justement, pour qu'il y ait plus de... de disponibilités, par
exemple, de la part de psychiatres et d'autres professionnels en matière de
santé mentale pour pouvoir adresser les demandes de P-38.
Donc, s'il y a de l'argent qui va être
mis, vraiment, pour les services directs, avant qu'on arrive au P-38 ou bien
pour le suivi après, je pense que ce serait très intéressant qu'on soit informé
de cela.
• (19 heures) •
M. Carmant : OK. Mais je
vous dis qu'il y en a, mais je vais demander si vous pouvez avoir le détail.
Mme Prass : OK, merci.
Parce qu'aussi, normalement, ça a été inscrit dans le budget. Donc, tu sais, je
comprends... Je pense que la ventilation devrait nous être disponible pour
pouvoir, justement, bien comprendre le projet de loi qui est devant nous et
comment ces sommes-là vont être investies, parce que ça pourrait faire en sorte
qu'on ait des amendements à apporter ou des questions, justement. Donc, je
pense que c'est un élément essentiel pour bien faire ce travail-là.
Je voudrais vous demander également...
bien là, le....
Une voix : ...
Mme Prass : Oui. Tous les
chefs de partis, la vôtre, Mme la première ministre, le nôtre, je pense, le
Parti conservateur du Québec, tous les leaders de partis, à part le Parti
québécois, qui... leur leader n'avait pas le temps de rencontrer ce jeune... Je
ne sais pas si vous connaissez le nom de Steven Bilodeau. Oui, un jeune
vraiment inspirant...
M. Carmant : Oui, je le
connais, je l'ai déjà rencontré.
Mme Prass : ...qui reconnaît
l'importance... qui, lui-même, a vécu des enjeux de santé mentale et qui,
maintenant, porte ce dossier un petit peu au nom de la jeunesse du Québec, dont
je suis très fière de marrainer une pétition pour lui, qui demande à
l'Assemblée nationale de mettre en place une commission spéciale justement pour
enquêter sur l'enjeu de la... des enjeux de santé mentale de la jeunesse. C'était...
Justement, il y a deux ans, on a eu une
commission spéciale sur les effets d'écrans sur les jeunes. Un travail très
important qu'on a fait pendant plus d'un an, qui, malheureusement, sur les
58 recommandations que nous avons faites, il y en a seulement une qui a
été mise en œuvre. Puis ça fait... La semaine prochaine, ça va faire un an que
le rapport a été déposé. Donc, je vous avoue, grande déception de ce côté-là.
Surtout que, quand on parle de santé mentale des jeunes, c'est sûr que les
réseaux sociaux, les écrans ont un lien direct.
Donc, première question : Est-ce que
vous soutenez la demande de M. Bilodeau qu'on mettrait en place une
commission spéciale pour enquêter davantage sur l'enjeu de la santé mentale de
nos jeunes qui vivent une détresse dont on n'a jamais vue?
M. Carmant : Bien, je
pense qu'on risque de manquer de temps, là, pour une commission spéciale. Je ne
sais pas si...
Mme Prass : De façon... par
principe, disons que l'élection était dans <deux ans... Premièrement...
>
19 h (version révisée)
<
Mme Prass :
...de
façon... par principe, disons que l'élection était dans >deux ans, premièrement,
pensez-vous qu'il y a une nécessité? Et, en tant que ministre, si le temps nous...
si on avait eu le temps, est-ce que c'est quelque chose... quelque chose que
vous appuierez?
M. Carmant : Bien, je pense
qu'il faut faire la demande. Puis le bureau fera... pourra faire la décision. Moi,
je n'ai pas d'enjeu avec ça.
Mme Prass : Et vous voyez la
nécessité.
M. Carmant : Bien, c'est sûr
que plus on parle de santé mentale des jeunes, plus moi, je suis heureux.
Mme Prass : OK, parfait. Il
nous reste 2 min 30 s, donc je vais aller très vite. On parle...
on a parlé de santé mentale. Par contre, dans les derniers mois, on a vu
plusieurs postes qui soit ont été supprimés, qui n'ont pas été remplacés. Je
vous donne l'exemple. Plus de 200 travailleurs au CIUSSS du
Capitale-Nationale ont vu leurs postes supprimés au cours des... de la dernière
année. Au total, 260 postes de travailleurs sociaux, éducateurs,
psychologues, nutritionnistes, kinésiologistes et orthophonistes de la région
ont été abolis dans le cadre de la restructuration budgétaire du gouvernement.
C'est énorme. 200 juste dans la Capitale-Nationale.
Ensuite, il y a eu des demandes de la part
du CHUM. Le CHUM a demandé, au printemps dernier, l'ajout de trois postes de
psychiatre, une requête qui a été refusée. Ces demandes s'inscrivaient dans le
cadre du plan des effectifs médicaux 2026-2028 adopté par Québec. Et, dans
la plus récente version, seulement deux nouveaux postes ont été accordés en
psychiatrie adulte dans l'ensemble de la province. Et là je cite Santé Québec
qui affirme qu'il y a présentement plus de besoins que de psychiatres pour y
répondre. Comment est-ce que vous faites état de cette réalité-là?
M. Carmant : Bien, je pense
que, pour le CHUM, c'est possible, là, parce qu'ils ont... Vous savez que le
CHUM est... a une mission, là, de troisième ligne. Ils n'ont pas de lits d'hospitalisation
en psychiatrie, là, ils sont vraiment purement consultants. Mais je pense qu'au
Québec c'est impossible qu'il y ait juste deux psychiatres de... qui a été
ajouté au... au plan d'effectif médical, là. Il y a beaucoup de postes vacants
de psychiatres à travers le Québec puis... Donc, tu sais, je suis un peu
surpris de ces chiffres-là.
Moi, je pense que ce qui s'est passé au
niveau des postes, puis ça, il faut s'assurer, il y a beaucoup de postes
vacants qui ont été... qui ont été abolis. Puis, moi... moi, ça... je vais vous
dire, c'est une bonne chose, parce que... dans le sens qu'il y a beaucoup de...
Quand on voulait développer des programmes additionnels, par exemple, pour Aires
ouvertes ou d'autres choses, quand il y avait beaucoup de postes vacants, le ministère
des Finances nous disait : Bien, comblez les postes actuels, puis ensuite
on va faire des développements. Maintenant, quand tous les postes sont comblés,
c'est beaucoup plus facile pour moi d'aller expliquer à mes collègues...
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Carmant : ...qu'il faut
réinjecter de l'argent en santé mentale, et c'est ce qu'on va faire.
Le Président (M. Provençal)
:On... on va terminer cette période d'échange
avec Mme la députée de Vimont.
Mme Schmaltz : ...M. le
Président. Alors, je voulais faire juste une dernière vérification. Le Canadien
n'a pas scoré encore, ça fait que ça va. Le match n'a pas débuté, ça fait qu'on
est corrects encore. Alors, blague à part, alors, bien heureuse, moi, pour ma
part, de prendre la parole dans cette étude de crédits, qui, encore une fois,
hein, démontre toute l'importance, là, de cet exercice-là. Parce que, d'une
part, bien, ça nous permet de comprendre aussi le travail que vous faites, que
l'équipe fait avec vous, mais aussi tous les enjeux qui se rattachent,
comprendre l'argent qui est derrière tout ça, parce qu'on n'a pas tout le temps
de bonne idée, on ne sait pas tout le temps comment l'argent sort, comment l'argent
est investi, le roulement, bref, etc. C'est vraiment... c'est important puis c'est...
Puis merci de nous éclairer aussi avec... avec les réponses, avec les questions
de l'opposition. C'est important. Votre rôle, il est important aussi. On
apprend aussi à travers vous, il y a plein de choses aussi que j'ai pu
apprendre aujourd'hui. Alors, merci aussi pour ça.
Moi, je vais aborder un enjeu un peu
différent aujourd'hui, on va parler de l'itinérance et de l'importance de l'hébergement
de transition. Dans... on le sait que, dans toutes les régions du Québec, on a
des citoyens qui sont en situation d'itinérance. Puis, je pense, vous comme
moi, on est conscients de la réalité, on est... ils nous en... on en parle, on
les rencontre. C'est... c'est des réalités qui sont... qui sont difficiles, qui
sont très isolantes aussi, parce que c'est quelque chose dont le commun des
mortels, peut-être, ne connaît pas ou ne connaîtra peut-être jamais aussi. Et
la problématique, elle connaît, on le sait, une augmentation sans précédent.
C'est un phénomène aussi qui est complexe,
l'itinérance, je pense que vous l'avez souvent mentionné. C'est... c'est en
évolution constante. Ce n'est pas associé à un seul défi pour les personnes qui
y font face. On parle de... souvent de perte d'emploi, on parle d'instabilité
résidentielle. Il y a des enjeux de santé mentale, on en parle beaucoup, des
dépendances, des traumatismes ou encore de l'isolement, qui fait qu'un jour une
personne peut se trouver en situation <d'itinérance...
Mme Schmaltz :
...l'isolement,
qui fait qu'un jour une personne peut se trouver en situation >d'itinérance.
La lutte... justement, aujourd'hui, la lutte contre l'itinérance prend des nouveaux
visages. On parle de personnes qui travaillent encore, qui sont encore à
l'emploi, des femmes qui, malheureusement, sont âgées aussi. Au début, je
pense, de notre étude de crédits, vous l'avez mentionné que, souvent, ce sont
des femmes qui perdent leur mari, malheureusement, et qui se retrouvent dans
des situations où elles n'arrivent plus à payer leur loyer. Des familles
entières, des jeunes adultes qui ne trouvent pas de logement.
On est interpelés personnellement, je
pense, tous, par cet enjeu-là, parce que, dans nos circonscriptions, on en
rencontre, on en voit, on en côtoie, des fois de façon impromptue, hein, en
prenant un café, en sortant puis, bref, on voit ces gens-là qui sont en
situation d'itinérance. Ce n'est pas facile, c'est... puis, je pense, c'est
important de leur tendre la main, mais pas juste les regarder de loin, de
prendre un peu le temps de discuter avec eux, de voir pourquoi ils sont là,
est-ce qu'ils ont besoin d'aide, parce que, malheureusement, souvent, les gens
restent dans cet état-là jusqu'à tant que peut-être une personne vient lui
tendre la main. Bref... Alors, c'est sûr que c'est inquiétant pour les... pour
nos citoyens, mais pour tous les citoyens aussi du Québec, M. le Président.
Alors, face à cette réalité, l'État a un devoir clair, on le sait, c'est d'agir
avec rigueur, cohérence mais surtout aussi avec humanité.
Les refuges ne peuvent pas être l'unique
ressource, on l'a dit en début, ils sont importants, mais on doit s'engager
encore plus comme... comme gouvernement... l'hébergement, pardon, de transition
constitue à cet égard un maillon qui est essentiel à notre réponse collective à
l'itinérance. Chaque place en hébergement de transition ouverte, chaque
personne accompagnée vers un logement stable, chaque trajectoire de vie
réorientée afin de sortir de l'itinérance, c'est une démonstration concrète de
la portée de notre action collective.
L'hébergement de transition, ça se situe à
l'intersection d'une situation d'urgence et de stabilité, entre la rue et le
logement permanent. Il offre davantage... beaucoup plus d'avantages qu'un
simple toit. C'est un espace qui est structurant, de reconstruction et
d'accompagnement humain. Parce que ça aussi, je pense, c'est important
d'appuyer là-dessus, c'est que les gens bénéficient d'une aide à l'intérieur de
ses murs, d'une écoute attentive puis aussi, des fois, de bons conseils qui
leur sont offerts pour justement faire le pas, le petit pas qui... hein, que ça
prend pour retourner en logement, que ça leur donne... c'est... c'est une façon
aussi d'être écouté, d'être compris, d'être conseillé. Alors, c'est... c'est
important, je pense, de faire un... de... un petit peu aujourd'hui de s'arrêter...
de s'arrêter là-dessus.
• (19 h 10) •
Quand une personne, on le sait... quand
elle sait où dormir, quand elle... quand elle est accompagnée, c'est des
ressources qui vont aider cette personne à reprendre confiance en elle. Elles
vont pouvoir se... reconstruire, pardon, j'ai de la misère à un peu gérer les
verbes aujourd'hui, là, se... oui, peut-être un peu fatiguée, à se reconstruire
humainement, progressivement, reprendre confiance en soi puis surtout reprendre
confiance envers la société. Ça, c'est... c'est quelque chose qui est important.
Je ne veux pas... je veux juste m'assurer
aussi de faire ça un petit peu rapidement. Alors, j'aimerais quand même juste
prendre un petit deux minutes aussi pour saluer nos organismes, hein, tous les
gens qui sont là, qui sont présents, hein, pour venir en aide aux gens
vulnérables. On n'en parlera pas assez, mais je vois mon collègue, là, qui
hoche la tête aussi, parce que je pense qu'il faut vraiment, vraiment les
remercier pour tout ce qu'ils font. Parce que ce n'est pas facile, hein, c'est
des enjeux humains. Alors, merci infiniment. La... OK, la caméra est là. Je
suis en train de chercher la caméra. Je veux vraiment les remercier, là, pour
tout ce travail qu'ils font et leur exprimer naturellement toute ma
reconnaissance pour ce travail qui est exceptionnel.
C'est pour cette raison aussi, M. le
Président, que notre gouvernement doit aller encore plus loin, et nous sommes
en action aussi pour soutenir cette cause. La complexité des profils de
personnes qui sont en situation d'itinérance exige des réponses qui sont
adaptées. On a des jeunes qui sont sans famille, on a des femmes qui sont
victimes de violence, on a des personnes qui vivent avec des enjeux de santé
mentale, de dépendance, des aînés, les aînés en situation de précarité. Bref,
je pense qu'on a une brochette de gens avec une brochette de solutions. Il n'y
a pas une solution unique, il y en a plusieurs. Puis je pense que d'être là,
présents aujourd'hui pour veiller à répondre à tout ça, je pense qu'on est...
vous êtes tous ici, là, je vous regarde, là, vous êtes une méchante grosse gang
aussi, là, quand même, aujourd'hui, depuis 15 h 30, là, cet
après-midi. Alors, je pense que tous ensemble, on peut vraiment réfléchir à
quelque chose... à quelque chose de bien, d'intéressant et surtout quelque
chose à long terme, parce que c'est ce qu'on vise tous aujourd'hui.
Alors, notre question... notre responsabilité,
pardon, elle ne s'arrête pas à la gestion de l'urgence. Elle va s'étendre à la <prévention...
Mme Schmaltz : ...responsabilité,
pardon, elle ne s'arrête pas à la gestion de l'urgence. Elle va s'étendre à la
>prévention de l'itinérance. Alors, M. le Président, en consultant les
budgets, j'ai vu que le gouvernement a prévu des sommes dédiées en prévention,
justement, de l'itinérance afin de soutenir des locataires dans le besoin.
Alors, ma question pour le ministre est la
suivante : Est-ce que le ministre... Qu'est-ce que le ministre prévoit
comme actions concrètes afin de prévenir que des ménages à risque ne perdent
leur loyer? Vous avez deux minutes environ.
M. Carmant : Ah! oui? Tu
tiens le temps aussi? OK.
Des voix : ...
M. Carmant : Ah! OK. Bien, moi
aussi, je vais commencer par saluer les organismes communautaires puis surtout
que j'ai les gens du réseau derrière moi. Il faut se le dire, là, le... puis
ça, ça vient un petit peu à la question du député des Îles-de-la-Madeleine, la
quantité de solutions qu'on a mises sur pied depuis 2020 pour sortir les gens
de l'itinérance puis pour atténuer la crise que l'on vit, là, c'est quelque
chose d'exceptionnel. Tu sais, on a des... on a des psychiatres qui vont dans
les refuges soigner des gens, avec une infirmière puis une travailleuse
sociale, là. Si on m'avait dit, en 2018, que je mettrais ça sur pied, là, je ne
l'aurais pas cru, là. On a des... maintenant une trajectoire toxicomanie, même
chose. C'est des choses, là, qui sont vraiment impressionnantes puis qui se
font en très peu de temps. Même chose également pour les... On a parlé de
transition, on a des unités modulaires, là. Gatineau, il faut aller voir ça,
là, c'est 100 petits appartements modulaires gérés par un organisme
communautaire, là. Ça, c'est... c'est exceptionnel, là, ce qu'ils ont fait
là-bas, et...
Mais je pense que la clé, comme... comme
vous l'avez dit, c'est... c'est la... vraiment dans la prévention puis les...
Moi, je me souviens, quand j'étais allé au congrès de l'Union des municipalités
du Québec, ils avaient montré un graphique qui m'avait frappé où, quel que soit
l'argent que l'État injectait pour lutter contre la crise de l'itinérance, ça a
continué à monter jusqu'à ce qu'on touche la prévention. Puis on l'a... on l'a
touchée un peu, l'an dernier, avec la sortie carcérale puis la... puis la
protection de la jeunesse. Puis il faut vraiment se dire, là, que le jeune qui
sort avec son sac de poubelle, là, on est en train de fermer ce modèle-là, là.
C'est sûr qu'il y en a qui ne veulent pas de l'aide qu'on leur offre. C'est sûr
qu'ils veulent, après des années en centre jeunesse, tu sais, vivre leur pleine
autonomie, puis ça, je respecte ça, mais, pour 500 par année, il y a de l'aide
disponible, puis il y en a à peu près 400 qui sont en centre jeunesse, dans les
2 100 qui sortent cette année.
Puis... mais vraiment, là, la prévention
la plus importante, c'est celle qu'on vient d'annoncer la semaine dernière au niveau
de la perte de logement. La grande majorité des gens qui tombent... qui
deviennent en situation d'itinérance, c'est parce qu'ils ne peuvent pas payer
leur loyer, pour toutes sortes de raisons, une badluck. Moi, j'ai le... M.
Pinard, de Centraide, là... Je veux juste dire ça, là, superimportant, là, le
salaire auquel une malchance vous fait virer et perdre... incapable de payer
votre loyer, c'est 31 000 $ par année. Et on a beaucoup de citoyens
qui sont dans ce... proches de ce niveau-là, puis il faut agir en prévention
pour les aider, que ce soit pour un mois ou pour plusieurs mois. Puis c'est ça
qu'on vient de faire, puis j'en suis très heureux. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre. Merci
à vous tous.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 26 mai 2026, à 9 h 30, où
elle entreprendra l'étude du volet Santé des crédits budgétaires du
portefeuille Santé et Services sociaux. Merci à tous, et bon retour à la maison.
(Fin de la séance à 19 h 16)