Journal des débats (Hansard) of the Committee on Health and Social Services
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Tuesday, May 26, 2026
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Vol. 49 N° 4
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Santé
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Allaire, Simon
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Derraji, Monsef
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Bélanger, Sonia
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Bélanger, Sonia
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Derraji, Monsef
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Allaire, Simon
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Arseneau, Joël
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Allaire, Simon
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Bélanger, Sonia
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Arseneau, Joël
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Derraji, Monsef
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Allaire, Simon
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Bélanger, Sonia
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Derraji, Monsef
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Schmaltz, Valérie
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Allaire, Simon
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Derraji, Monsef
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Bélanger, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Bélanger, Sonia
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Allaire, Simon
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Arseneau, Joël
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Derraji, Monsef
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Bélanger, Sonia
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Derraji, Monsef
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Allaire, Simon
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Guillemette, Nancy
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Provençal, Luc
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Bélanger, Sonia
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Derraji, Monsef
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Bélanger, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Arseneau, Joël
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Derraji, Monsef
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Bélanger, Sonia
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Derraji, Monsef
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Provençal, Luc
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Chassin, Youri
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Bélanger, Sonia
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Provençal, Luc
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Derraji, Monsef
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Bélanger, Sonia
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Provençal, Luc
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Derraji, Monsef
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Bélanger, Sonia
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Derraji, Monsef
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Provençal, Luc
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Picard, Marilyne
9 h (version révisée)
(Neuf heures trente minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Merci, tout le
monde, de prendre quelques secondes pour éteindre la sonnerie de vos multiples
appareils électroniques, s'il vous plaît.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Santé des crédits budgétaires du portefeuille Santé et
Services sociaux pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de six
heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Guillemette
(Roberval) et M. Bussière (Gatineau) est remplacé par M. Allaire
(Maskinongé).
Santé
Discussion générale
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la secrétaire. Alors, si vous êtes déjà prêts, allons-y. Donc, comme vous
le savez, c'est à peu près des blocs de 20 minutes. Comme je suis le
gardien du temps, Mme la ministre, là, je vous regarde plus particulièrement,
pour équilibrer le temps des questions et des réponses, là, quand vous allez me
voir faire ce signe-là, là, je vais vous demander de conclure pour essayer d'équilibrer
le plus possible et pour assurer une efficacité.
Donc, M. le député de Nelligan, on commence
avec vous. Vous avez 22 min 30 s. La parole est à vous.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Premièrement, je vais saluer les collègues de la partie
gouvernementale, Mme la ministre, je vais aussi saluer l'ensemble des équipes
qui accompagnent Mme la ministre. Ce n'est pas un exercice facile, l'étude des
crédits, les réponses que nous avons reçues. Donc, merci pour tout le temps
consacré à répondre à nos questions.
Mme la ministre, vous avez vu comme moi l'article
d'aujourd'hui sur l'orchestrateur. Ma première question, c'est concernant les
chiffres dévoilés. Ce matin, est-ce que vous les confirmez?
Mme Bélanger : Oui. Alors
donc, bonjour à tous et à toutes. Alors, merci pour la question. En fait, on le
voit bien, là, que c'est assez complexe d'enclencher des virages numériques au
Québec et on l'a fait avec le DSN, et ça s'est très bien passé.
Concernant Votre Santé, je dois quand même
vous dire que ce projet-là est un projet qui est essentiel. On y retrouve le Carnet
santé, les prises de rendez-vous, le répertoire des ressources, la possibilité
de consulter différents renseignements, consulter son registre de vaccination.
Il y a deux projets pilotes actuellement, donc, et ça va bien.
Concernant les coûts, on va demander une
analyse fine de tout ça. Il faut faire la différence entre Votre Santé et l'orchestrateur,
qui est un autre sous-projet qui est extrêmement important et qui, celui-ci,
fait monter les coûts, bien sûr.
M. Derraji : Je vais juste
répéter ma question, Mme la ministre. Aujourd'hui, Thomas Gerbet, mais aussi il
y a un an, le 24 octobre 2025, Nicolas Lachance et Patrick Bellerose, ils
ont aussi parlé... Prise de rendez-vous médical sur Internet : Santé
Québec allongera 50 millions de dollars pour une solution transitoire...
qui sera jetée dans un an. Ça, c'est un <article de...
>
9 h 30 (version révisée)
<17923
M.
Derraji :
...pour une solution transitoire... qui sera jetée
dans un an. Ça, c'est un >article du mois d'octobre 2025. Là, aujourd'hui,
Thomas Gerbet, il confirme pas mal de montants, et je suis dans l'obligation de
vous reposer la question, Mme la ministre : Est-ce que vous confirmez les
montants qu'on retrouve aujourd'hui dans l'article de Thomas Gerbet, où on
parle de 600 % d'augmentation du coût?
Mme Bélanger : Alors donc, M.
le député, simplement vous mentionner, là, qu'on parle ici de deux projets. Ça
fait que, là, c'est sûr que, quand on fait l'amalgame de tout ça, on voit une
augmentation des coûts. Mais il y a le projet Votre Santé et il y a le projet
de l'orchestrateur.
J'aimerais quand même vous rappeler que l'AMP
a fait des recommandations, dans le contexte de la commission Gallant, en
demandant au gouvernement, justement, de s'approprier les systèmes et de
développer leurs solutions, puis c'est ce qui a été fait au Québec. Donc, on a
la solution Votre Santé, qui avait été, donc, enclenchée avec une firme, Petal,
et nous avons demandé, donc, de pouvoir poursuivre avec un orchestrateur qui
appartiendra au gouvernement.
Donc, il y a eu, oui, une augmentation des
coûts parce qu'en cours de route les projets et les commandes ont été modifiés
pour s'assurer d'acquérir la solution complète, et c'est ce qui sera fait à
terme.
M. Derraji : ...confirmer, Mme
la ministre, aujourd'hui, qu'en date d'aujourd'hui, on est rendus à 126 millions de
dollars pour un projet qui, initialement, était à 18 millions.
Mme Bélanger : Oui. Alors, si
vous le permettez, je pourrais laisser la parole à Santé Québec pour aller sur
le détail de votre question.
M. Derraji : Non, mais je
veux juste une confirmation. Probablement, avec Santé Québec, ça va aller un
peu plus tard. Mais vous confirmez aujourd'hui, le projet qui a été prévu à 18,
aujourd'hui... Et je comprends que vous n'étiez pas là. Je n'essaie pas de vous
dire que c'est vous, Mme la ministre. Je veux juste comprendre aujourd'hui par
rapport à ce projet. Et il a été initié à 18 millions de dollars.
Aujourd'hui, il est à 126 millions de dollars.
Mme Bélanger : Mais je vous
répète qu'on parle de deux choses. Le projet Votre Santé à 17 millions est
à l'intérieur du budget. Ça, c'est à l'intérieur du budget.
L'autre projet qui... qui est lié à Votre
Santé, qu'on appelle l'orchestrateur, qui est un projet qui est beaucoup plus
global et qui va permettre, à terme, d'avoir la solution au lieu d'être seulement
à la merci d'une entreprise privée, ce projet-là a connu des augmentations de
coûts parce qu'au fil des années il y a eu des demandes pour s'assurer que l'orchestrateur
soit complet. Alors donc... Et aujourd'hui je ne peux vous confirmer, là, les
montants de 100 millions ou les montants qui sont dans les médias. J'ai
demandé d'avoir des précisions à ce niveau-là.
Je veux répéter que Votre Santé est à l'intérieur
du budget qui avait été requis.
M. Derraji : ...
Mme Bélanger : Maintenant, pour
le reste, on va suivre l'évolution des coûts et l'évolution du projet...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Bélanger : ...une solution
qui appartiendra au gouvernement.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député, allez-y.
M. Derraji : Plus court, oui.
Je vais... Malheureusement, Mme la ministre, je vais répéter ma question :
Est-ce que vous remettez en doute les chiffres avancés par Thomas Gerbet
aujourd'hui?
Mme Bélanger : Je ne remets pas
en doute jamais les chiffres qui sont avancés par les différents journalistes.
Je ne remets pas en doute. Ce que j'ai dit, c'est que je ne considère pas
seulement les chiffres qu'on voit dans les médias. J'ai demandé à Santé Québec
de faire un suivi rigoureux de ce dossier-là, alors donc... Et je vous répète
que, pour le contrat Petal, bien, qui était... qui a débuté en 2020, on est à l'intérieur
des coûts. On parle de l'orchestrateur, puis là on mélange ces deux choses-là.
M. Derraji : Non, mais Petal,
c'est l'orchestrateur, Mme la ministre.
Mme Bélanger : En fait, Petal...
M. Derraji : Je pense que vous
mélangez les deux.
Mme Bélanger : Petal, c'est
le système de rendez-vous comme tel.
M. Derraji : Mais Petal, c'est
l'orchestrateur.
Mme Bélanger : Alors donc...
donc, vraiment, oui, il y avait une fonction d'orchestrateur, mais Petal, c'est
quand même le système qui nous permet de développer Votre Santé, les deux
projets pilotes qui se déroulent très bien, ceci étant dit.
M. Derraji : OK, OK. Mme la ministre,
Akinox, c'est Votre Santé. Petal, c'est l'orchestrateur. Est-ce qu'on dit la
même chose maintenant?
Mme Bélanger : En fait, je
vous répète qu'on a donné un mandat à Petal, qu'ils ont travaillé sur une
solution, c'est une entreprise privée, et qu'on travaille sur une autre
solution pour l'orchestrateur, pour obtenir les codes, et qu'on ait vraiment,
dans le fond, pleine autorité sur ce système d'information qui va être
extrêmement important. Et, si vous voulez plus de détails et que vous acceptez,
Santé Québec pourrait vous donner les détails par rapport aux firmes et aux
modalités.
M. Derraji : Oui. Oui, je
comprends que Santé Québec est là, mais, Mme la ministre, vous êtes, en date
d'aujourd'hui, la personne responsable de gérer l'argent des <contribuables...
M. Derraji :
...vous
êtes, en date d'aujourd'hui, la personne responsable de gérer l'argent des >contribuables.
Les gens, quand ils voient 600 % d'augmentation, ils ont le droit de se
poser la question : Est-ce que vous êtes en contrôle de la transformation
numérique ou pas? Les gens, c'est ça, les questions qu'ils se posent.
Et là, aujourd'hui, je vous repose la question.
Petal, c'est l'orchestrateur, Akinox, c'est Votre Santé. C'est ce que... Non? Ce
n'est pas vrai? Donc, ce n'est pas Akinox qui fait Votre Santé et ce n'est pas Petal
qui est l'orchestrateur?
Mme Bélanger : Petal a une
partie de l'orchestrateur. Akinox n'est pas Votre Santé. Je le répète, Akinox
n'est pas Votre Santé.
M. Derraji : OK. Qui fait
maintenant Votre Santé, Mme la ministre? Et quel est le montant du contrat?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je vous ai répondu tantôt. Je vous ai dit que le premier contrat initial en
lien avec Petal était de 18 millions initialement, et on est à l'intérieur
de ce budget-là pour le déploiement des deux projets. Alors, c'est la première...
la première réponse que je vous donne.
Pour ce qui est de l'augmentation des
coûts... Parce que le projet a évolué. Ce n'est pas seulement un projet de
système de rendez-vous, c'est un projet où le gouvernement est en train de
développer sa solution. Alors... Et, je répète, Akinox n'est pas Votre Santé.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Derraji : OK. Akinox ne
fait plus Votre Santé parce qu'il a perdu Votre Santé pour Accenture. Ça, vous
le savez, Mme la ministre?
Mme Bélanger : Mais je sais
très bien qu'Accenture est impliqué dans le dossier, M. le député.
M. Derraji : Oui. Donc,
est-ce qu'on peut dire aujourd'hui qu'Akinox paie le prix que votre
gouvernement a décidé d'aller avec Epic?
Mme Bélanger : Non. On ne
fera... Vous ne me ferez pas dire des choses comme ça. Vous ne me ferez pas
dire des choses comme ça. Je pense qu'on le travaille bien.
Et, puisque vous parlez d'Epic, ça me
permet de revenir sur le Dossier santé numérique. Alors...
M. Derraji : ...
Mme Bélanger : Je sais que ce
n'est pas votre question, mais vous faites référence à Epic, M. le député.
Le Président (M. Allaire) : ...vous
laisser répondre quelques secondes.
Mme Bélanger : Alors, Epic,
ça a bien été, le déploiement. Epic a bien été, le déploiement. On est capables
de faire un virage numérique au Québec. On a eu aussi des... certaines
difficultés de mise en œuvre puis on a été capables de passer à travers ça.
Maintenant, on arrive à une autre étape.
On arrive à Votre Santé. Votre Santé, c'est un projet qui a été octroyé en
2020, au moment de la pandémie, avec une firme qui s'appelle Petal, qui ont
fait un bon travail.
Maintenant, le projet a évolué. Il y a eu
la commission Gallant.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme Bélanger : Et on essaie
donc de respecter les orientations de la commission Gallant...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Bélanger : ...en essayant
de développer nos codes, madame... M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
• (9 h 40) •
M. Derraji :
Madame... madame... Mme la
ministre, aujourd'hui, vous parlez de Petal et Accenture, qui ont eu des
contrats sans appel d'offres. Sans appel d'offres. Vous avez changé, en cours
de route, le projet. Je pense que vous êtes au courant que la Loi sur la
gouvernance et la gestion des ressources informationnelles, la LGGRI, vous
impose un dossier d'affaires. Est-ce que vous avez redéposé un dossier
d'affaires?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
madame... M. le Président, là, la question est très personnalisée, là. Je n'ai
pas déposé de dossier d'affaires. Je n'étais pas ministre de la Santé à
l'époque. Je vous dis que le contrat avec Petal a été octroyé en 2020, que
l'enveloppe est respectée.
Par la suite, il y a eu un rapport de la
commission Galant. Vous en avez pris connaissance, vous tous, au niveau des
oppositions, bien sûr, comme on l'a fait. Il y a des recommandations, dans la
commission Gallant, qui demandent au gouvernement d'assurer... de s'assurer
d'avoir une autonomie par rapport aux différentes entreprises en technologie,
ce qui est une recommandation qui est extrêmement importante. Et, dans le
contexte de Votre Santé, donc, le contrat avec Petal a été respecté. On a
respecté ce contrat-là.
Maintenant, on a voulu aller plus loin
puis se doter d'un orchestrateur qui sera un système gouvernemental. Alors,
actuellement, on a... on est en plein développement de ce système-là pour justement
se libérer...
M. Derraji : Ce système... Ce
système...
Mme Bélanger : ...des
entreprises privées.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Derraji : Oui.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Derraji : Oui. Ce système,
il est développé par quelle compagnie et à quel coût, Mme la ministre?
Mme Bélanger : Alors, ce
système d'orchestrateur, il est développé. Puis il a été développé par phases — par
phases — dans les différentes années, en suivant l'évolution des
technologies, en suivant l'évolution des différentes références. Et donc on est...
on travaille avec Accenture.
Et là je vous demanderais peut-être de
poser votre question à Santé Québec si vous voulez avoir des détails du contrat.
C'est Santé Québec, maintenant, qui est notre société d'État, qui gère le
contrat.
M. Derraji : ...respect, en
tout respect, en tout respect...
Mme Bélanger : Alors, je ne
rentrerai pas dans les détails du contrat. Je ne rentrerai pas dans les détails
du contrat. J'ai répondu à vos questions. Alors, si vous voulez, Santé Québec <pourrait...
Mme Bélanger :
...pas
dans les détails du contrat. J'ai répondu à vos questions. Alors, si vous
voulez, Santé Québec >pourrait vous donner du détail. Vous aurez les
détails de la gestion du contrat. Ils sont les gestionnaires de ce contrat.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre.
M. Derraji : Mme la ministre,
vous... quand même, en tout respect, vous n'allez pas me dire quoi faire dans
l'exercice des crédits. J'ai beaucoup de respect pour Santé Québec.
Je vous pose la question, vous êtes la
responsable de ce portefeuille. Je vais reposer ma question : Quels sont
les coûts reliés à cet orchestrateur maintenant, en date d'aujourd'hui? Vous
semblez avoir... être au courant de tout ce qui se passe au niveau de ces
contrats. C'est un exercice de crédits, vous devez savoir le montant, Mme la
ministre. Vous ne pouvez pas venir aux crédits sans dévoiler ces chiffres.
C'est l'argent des contribuables. Ce n'est pas mon argent ni votre argent, c'est
l'argent des contribuables.
Mme Bélanger : Bien oui.
Alors, bien sûr que c'est l'argent des contribuables, et c'est pour... et c'est
pour ça qu'on met en place des processus de gestion rigoureux, qu'on a rétabli
les façons de faire.
Akinox n'a pas été retenu pour Votre Santé.
Vous revenez constamment, en tout respect, là, avec ça, mais Akinox n'a pas été
retenu à cause des coûts et à cause aussi de l'autonomie de l'État. Ce qu'on
souhaitait...
M. Derraji : ...
Mme Bélanger : Ce qu'on
souhaitait, c'était qu'une firme nous aide à développer notre propre système.
C'est la bonne chose à faire. Ça fait partie des bonnes pratiques. Alors,
Accenture a été retenu plutôt qu'Akinox. Et plutôt...
M. Derraji : Aucun appel
d'offres...
Mme Bélanger : Et plutôt...
et...
M. Derraji : ...d'offres, Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Écoutez,
Accenture a été retenu à l'époque, OK, donc, plutôt qu'Akinox, et Petal a
continué de faire le projet pour lequel il avait été mandaté. Alors...
M. Derraji : Est-ce qu'il y
avait un appel d'offres, Mme la ministre?
Mme Bélanger : Et ça sera
remplacé par un système qui permettra au gouvernement d'être pleinement
autonome. Et tout ça, ça fait partie, c'est lié, ça fait partie du virage
numérique, ça fait partie du Dossier santé numérique. Ce sont des parties du
dossier. Alors...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci.
Mme Bélanger : Donc, je suis
très à l'aise avec ce que Santé Québec a fait comme travail à ce niveau-là.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Derraji : Mme la ministre,
je vais reposer ma question : Est-ce que ça a été par appel d'offres? Et
quel est le lien que votre ministère a avec Accenture?
Mme Bélanger : Écoutez, il
n'y a pas eu d'appel d'offres, ça faisait partie du dossier DSN. Il y avait
deux dossiers, il y avait le dossier DSN avec Epic et il y avait le dossier
Petal pour Votre Santé. Alors, je vous ai dit, avec l'évolution, avec le
rapport Gallant, avec les recommandations qu'on a de différents experts, on
continue d'améliorer la façon dont on gère nos systèmes d'information au Québec.
Alors... Donc, c'est le choix qui a été fait à ce moment-là, donc, et Santé
Québec gère le contrat, le processus de mise en oeuvre. Puis je me réjouis de
voir ce qui se passe dans les deux régions où la population a accès à des
informations importantes, avec la possibilité de prendre des rendez-vous. Et,
au mois de juin...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme Bélanger : ...ce sera
déployé partout au Québec.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre.
M. Derraji : OK. Ma question,
Mme la ministre. Votre Santé, vous... vous venez de confirmer qu'il va être à
l'intérieur du budget du 17 millions de dollars? Vous le confirmez
aujourd'hui?
Mme Bélanger : Votre Santé,
en fait, pour l'enveloppe qui avait été octroyée, est à l'intérieur des coûts.
L'orchestrateur plus général, on va l'appeler comme ça, bien, ça, c'est un
autre projet, puis c'est un projet qu'il faut lire et qui est lié au Dossier
santé numérique parce que... Vous savez, à terme, tout ce qu'on a déployé dans
le Dossier santé numérique... je ne peux pas faire autrement qu'en parler,
parce que c'est lié. Le système de santé, là, il faut avoir une vision globale
de tout ça. On veut essayer d'arrêter de travailler en silo. Alors, Votre Santé
sera liée au DSN, et l'orchestrateur de rendez-vous, qui sera quelque chose
d'extraordinaire pour les Québécois, Québécoises, d'avoir la possibilité
d'avoir des rendez-vous, que ce soit avec leur médecin de famille, mais aussi
des rendez-vous au niveau d'autres professionnels de la santé, ça demande un
orchestrateur qui est beaucoup plus grand que le projet Votre Santé.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre.
M. Derraji : Mme la ministre,
je vais répéter ma question pour une énième fois : Votre Santé, est-ce
qu'il est à l'intérieur du budget du 17 millions de dollars? Et le
contrat avec... C'est ça, c'est le contrat avec Akinox. Vous avez refait le
contrat avec Accenture. Ce contrat, il est de l'ordre de combien avec
Accenture?
Si on veut démêler ce que les
journalistes, ils ont mis sur la place publique... En fait, démêlez-nous. Il y
a le Votre Santé avec Akinox, et là, maintenant, il y a un contrat avec
Accenture. Le contrat avec Accenture est de l'ordre de combien?
Mme Bélanger : Alors donc, je
reviens. Petal, on est... grosso modo, 18 millions, là. J'ai dit
17 millions, mais c'était 17 900 000... retenons 18 millions,
là. Et donc, par la suite, il y a eu une orientation d'aller de l'avant. Donc,
on a décidé, donc, d'aller <avec
Mme Bélanger : ...donc, par
la suite, il y a eu une orientation d'aller de l'avant. Donc, on a décidé,
donc, d'aller >avec... donc, avec une autre firme complètement et... Donc,
c'est important de dire qu'on reste, pour le projet de Petal, dans l'enveloppe
budgétaire qui avait été prévue. Puis, pour ce qui est de l'orchestrateur, qui
est un autre projet demandé par le gouvernement pour lier tous ces systèmes-là
ensemble puis s'assurer, là, d'avoir une meilleure coordination — on
parle de rendez-vous, ici, pour l'ensemble du Québec, là — alors donc,
le contrat a été donné à Accenture, effectivement. Et donc le contrat a été
donné initialement, donc, et Santé Québec pourra éventuellement vous répondre
sur les modalités de financement...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Bélanger : ...parce qu'en
cours de route il y a eu des ajouts à ce contrat-là...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
Mme Bélanger : ...parce que le
projet était évolutif.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la ministre. M. le député, allez-y.
M. Derraji : Oui. Bien, en
attendant, demandez à Santé Québec, parce que je... ce qui m'intéresse
aujourd'hui, c'est vous, si vous êtes en contrôle, Mme la ministre. Je
comprends que vous êtes... vous venez de devenir ministre de la Santé, je
comprends que ces contrats, ce n'est pas vous. Donc, en attendant, j'espère que
Santé Québec vont vous donner le montant de ce contrat d'Accenture.
Mais je vais revenir à l'article de Thomas
Gerbet de ce matin. De ce que je comprends, est-ce que... selon votre lecture
de cet article, est-ce qu'il y a amalgame d'écho de Votre Santé et de
l'orchestrateur? C'est... Je peux décoder ça de ce que vous venez de dire. Il
faut séparer les deux, que le journaliste, il était mêlé ou il n'a... il n'a
pas ventilé les deux.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je ne dis pas que le journaliste était mêlé, loin de là. En tout respect, là,
je pense qu'il a fait un bon état de la situation. Mais il faut se rappeler,
puis je le répète, Votre Santé, initialement, là, avec Petal, la compagnie
Petal, c'était 18 millions. Ça, les informations qu'on m'a transmises, on
est à l'intérieur de cette enveloppe-là.
Maintenant, si on accole ça au Dossier
santé numérique — qui, lui aussi, est à l'intérieur des budgets, on
va quand même en parler, là, on est à 402 millions — pour Epic,
on est à l'intérieur des budgets.
Maintenant arrive un autre système, qui
est un système, dans le fond, qui va être davantage gouvernemental. C'est cela,
là, ce matin, qui échoppe. Et ce système-là, qui est l'orchestrateur général,
coûte beaucoup plus cher que le 18 millions qui avait été octroyé à Petal.
On est dans d'autres choses. C'est un projet qui a complètement évolué, qui
s'est transformé. Alors, on est dans d'autres...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Bélanger : ...dans un
autre projet, complètement un autre...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la ministre. Merci. Trois minutes, M. le député.
• (9 h 50) •
M. Derraji : Oui. Mme la
ministre, est-ce que vous confirmez ce qui est écrit dans le document de Santé
Québec aujourd'hui, qu'il y a eu une perte de contrôle sur les coûts? C'est
toujours dans l'article de Thomas Gerbet.
Une voix : ...
Mme Bélanger : Oui, M. le
Président. Excusez. Alors donc, sur le contrat... sur le contrôle des coûts,
alors là vous sortez une citation, bien, moi, je m'attends que Santé Québec
contrôle les coûts de l'ensemble des projets qui sont sous leur gouverne. Et
ils l'ont très bien fait avec le DSN. Et donc c'est un projet, encore une fois,
qui est parti en 2020. Même, en 2017, là, si je ne me trompe pas, sous le
gouvernement libéral, il y avait eu, déjà là, des discussions pour avoir des
projets pilotes, des projets qui n'ont pas abouti. Alors, c'est un projet qui a
évolué...
Une voix : ...
Mme Bélanger : ...qui a été
donné en 2020, en plein moment de la pandémie. Le 18 millions est respecté.
Et donc, là, on arrive à d'autres choses avec un orchestrateur, qui est
beaucoup plus large. C'est un autre projet...
Une voix : ...
Mme Bélanger : Donc, c'est un
autre projet.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, Mme la ministre. M. le député, moi, je ne suis pas là pour
apprécier les réponses, je suis là pour équilibrer le temps le plus possible. Il
faut quand même laisser le temps de répondre. M. le député, la parole est à
vous.
M. Derraji : Oui, mais ça
m'arrive de répéter la question 3 000 fois, M. le Président.
Je vais répéter ma question. Aujourd'hui
dans l'article de Thomas Gerbet, dans le document de Santé Québec, il y a eu
une perte de contrôle sur les coûts. C'est écrit noir sur blanc. C'est dans le
document de Santé Québec. Vous voulez que je pose la question à Santé Québec? Je
peux la poser, si vous voulez. Vous pouvez les laisser répondre. Je n'ai pas de
problème.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
M. le député, moi, j'accepte vraiment que Santé Québec puisse répondre. Ils
sont les gestionnaires d'État. C'est notre société d'État. Ils ont la
responsabilité de gérer la mise en œuvre. Alors, Mme Biron, je vous laisserais
la question.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Avant de donner la parole à Mme Biron, j'ai besoin du
consentement. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Consentement. Parfait. Prenez le temps de vous présenter, et votre titre. La
parole est à vous.
Mme Biron (Geneviève) : Oui.
Bonjour, M. le Président. Geneviève Biron, présidente et cheffe de la direction
de Santé Québec. Bien, ça me fait plaisir de vous... de m'adresser à vous
aujourd'hui.
Peut-être, tout d'abord, juste faire une
petite distinction entre ce qu'on parle, du contrat de Petal, l'orchestrateur, là,
qui coordonne les rendez-vous qui sont disponibles dans les différentes
cliniques GMF et Votre Santé, qui est la porte d'entrée numérique pour tous les
citoyens, là, qui est en déploiement, <graduellement...
Mme Biron (Geneviève) :
...et
Votre Santé, qui est la porte d'entrée numérique pour tous les
citoyens, là, qui est en déploiement, >graduellement, dans différentes
régions du Québec. Alors, je pense que, si on regarde ces deux projets-là,
c'est des projets évidemment extrêmement importants pour le Québec.
Ceci étant dit, l'orchestrateur, c'est un
nouveau projet. On a... Vous ne m'entendez pas bien? C'est ça?
Le Président (M. Allaire) : Je
vous demande juste de conclure.
Mme Biron (Geneviève) : Ah
oui! D'accord. Alors...
M. Derraji : ...question, Mme
Biron. Ma question, c'est... dans l'article de Thomas Gerbet aujourd'hui, vous
parlez ou quelqu'un parle de perte de contrôle. Ça, ça vient de Santé Québec?
Vous le confirmez, qu'il y a une perte de contrôle par rapport aux coûts?
Mme Biron (Geneviève) : C'est
ce que l'article dit. Moi, je n'ai pas... je n'ai pas vu de document à cet
effet-là...
Le Président (M. Allaire) : ...merci,
Mme Biron. Désolé. Ça met fin à ce premier bloc d'échange. Donc, on poursuit
avec le député des Îles-de-la-Madeleine. Vous avez 14 min 45 s.
La parole est à vous.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, Mme la ministre. Je salue vos équipes, également les
équipes de Santé Québec. Sans surprise, je vais continuer sur la même
thématique que mon collègue de Nelligan, parce que j'espérais pouvoir avoir un
éclairage meilleur sur les différents dérapages informatiques et,
malheureusement, moi, personnellement, je suis plus confus que j'étais avant de
débuter la séance ce matin et je voudrais récapituler.
Hier, il y avait une première nouvelle qui
faisait état d'un contrat avec Akinox, qui aurait été octroyé en 2022, pour
16,6 millions de dollars. Il s'agit de développer le portail Votre
Santé. Ce que je comprends, c'est la porte d'entrée pour justement interagir et
obtenir des rendez-vous. Est-ce que, jusque-là, on s'entend, Mme la ministre,
16,6 millions, 2022, Akinox?
Mme Bélanger : Je ne peux valider
ce montant. Je n'ai pas ce montant. Le montant que j'ai, c'est celui que je
vous ai donné tantôt, 18 millions pour la firme Petal.
Pour ce qui est d'Akinox, j'aimerais
qu'éventuellement Santé Québec puisse vous donner le détail de l'augmentation
des contrats, au fil des dernières années, en fonction des recommandations
Gallant, je le répète, de nos obligations et en fonction de l'implantation du
DSN. Il y a quand même des éléments différents, là, qui se sont ajoutés dans
l'écosystème, alors... Mais je ne suis pas en mesure de confirmer le montant
que vous me donnez là.
M. Arseneau : Mais moi, j'ai...
d'une part, c'est de confirmer le montant, mais aussi les fonctions des
contrats que l'on attribue. C'est ce qu'on essaie de démêler. On comprend qu'en
2020 il y a un contrat qui a été accordé à la firme Petal pour quelque
18 millions de dollars, et on nous dit aujourd'hui que le contrat, il
a été respecté. Moi, je voudrais savoir pourquoi, en 2022, on a eu un deuxième
contrat à une autre firme pour développer Votre Santé, alors que la ministre
nous dit : Votre Santé, c'est Petal. Est-ce qu'on a donné deux contrats
pour la même fonction ou est-ce qu'il s'agit de deux fonctions complémentaires?
Tel que moi, je le comprenais, il y a la porte d'entrée, mais il y a aussi
l'orchestrateur pour des... établir des rendez-vous entre le citoyen et les
différentes... les différentes cliniques des différents établissements.
Mme Bélanger : Écoutez, je
comprends qu'il y a... qu'il peut y avoir de la confusion, là, effectivement.
Parce que, là, quand on part d'un article puis qu'on essaie de refaire
l'histoire avec pas toutes les données, pas tous les chiffres et l'évolution
sur certaines années, c'est sûr que ça devient difficile à suivre.
Je veux quand même dire que le
16,6 millions que... dont vous faites référence, c'est 16,6 millions
qui a été octroyé en 2022, effectivement, mais c'était pour le GAP, le GAP
numérique. Mais je ne veux pas vous rajouter une couche de complexité
aujourd'hui. Mais c'est pour ça que je vous dis... C'est parce que... Mais,
vous savez, aucun gouvernement n'a été capable de mettre en place des systèmes
d'information au Québec puis de faire un virage numérique. Aucun gouvernement.
On le fait avec le DSN, on le fait avec le portail Santé puis on le fait avec
un orchestrateur. Tout ça évolue à peu près en simultané, OK? Ça, c'est la
façon de comprendre l'évolution du dossier.
Le DSN, on en a parlé, 402 millions,
on est entrés à l'intérieur du budget. Ça, c'est une affaire. On avait Votre
Santé, qui est un portail qui est actuellement en expérimentation, et là on
parle de 18 millions à Petal. Ça, c'est quand même assez simple à suivre.
En cours de route, on a... En 2022, il y a
eu un autre contrat qui a été octroyé, cette fois-ci à Akinox, et c'était pour
le GAP. Et le GAP, qu'est-ce que c'est? C'est le Guichet d'accès. Parce que
tout ça, là, ce sont des processus. Avoir accès à ces données santé, c'est une
affaire, avoir accès à des rendez-vous avec les GMF, c'est une affaire, avoir
accès avec des rendez-vous au niveau des... d'autres professionnels de la
santé, c'est une autre affaire. <Ces...
Mme Bélanger :
...avoir
accès avec des rendez-vous au niveau des... d'autres professionnels de la
santé, c'est une autre affaire. >Ces choses-là se cumulent
éventuellement. Et on voulait donc se... Et il y a eu une reprise, en fait, de
ce dossier-là. Au lieu de travailler en silo, on a dit : On reprend le
tout. Et c'est là qu'on a dit : On va avoir notre propre système
gouvernemental.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme Bélanger : Puis c'est une
accumulation de coûts, mais tout ça n'est pas perdu, là.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. Monsieur...
Mme Bélanger : ...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, allez-y.
M. Arseneau : Bien, en fait,
on reviendra sur la question, à savoir si tout ça n'est pas perdu ou pas parce
que c'est exactement ce qu'on comprend. C'est qu'on aurait mis en place une
solution sur plusieurs années avec Petal pour ensuite la mettre de côté pour
signer un autre contrat avec CGI. On y reviendra. Si on dit que tout ça, ce
n'est pas perdu, on parle de 126 millions de dollars de fonds publics
dans une solution qui a été élaborée, selon ce qu'on comprend, étape par étape,
avec des addendas, à un contrat initial de 18 millions pour arriver avec
un total de 26 millions pour mieux expliquer ensuite à Petal qu'on
voudrait obtenir l'ensemble du contrôle, là, sur, comment on appelle ça, les
cartes maîtresses ou, en tout cas, sur le logiciel en tant que tel, ce à quoi Petal
s'est refusé, avec pour résultat qu'on s'est tournés vers un autre fournisseur,
CGI. Puis là on vient nous dire que le 126 millions, il n'est pas perdu. À
quoi sert une solution qu'on a décidé d'écarter?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
pendant des mois et des mois, tous les partis d'opposition nous ont demandé de
lâcher le DSN, OK, y compris vos chefs. Toutes les oppositions nous ont dit :
N'allez pas avec le DSN, lâchez ça, nous, on reculerait, on arrêterait tout.
Bien, nous, on ne recule pas. Le DSN a été fait.
Puis, vous savez, ça fait six ans, là,
qu'on travaille sur une vision des technologies de l'information avec un virage
numérique. Moi, je suis arrivée il y a sept mois. Je prends le train là où il
est rendu. Et il est à la bonne place, le train. Il est à la... Il n'est pas en
train de dérailler. Il est à la bonne place. On a une société d'État qui est
responsable maintenant de faire atterrir ces projets-là. Ils ont fait une
démonstration qu'ils étaient capables de le faire à l'intérieur d'une enveloppe
qui est majeure, 400 millions. Bon, alors, ça, c'est bon. Mais d'avoir
intégré ça, qui touche les hôpitaux, les CLSC, les CHSLD, le soutien à
domicile, ça va demander éventuellement certaines connexions, OK?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme Bélanger : Donc,
certaines connexions, notamment au Carnet santé. Et vous avez été les premiers
à dire : Telle solution, lâchez ça avec tel fournisseur. Là, c'est :
Bien, pourquoi vous ne continuez pas avec ce fournisseur-là? C'est...
M. Arseneau : M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre.
Mme Bélanger : ...
• (10 heures) •
Le Président (M. Allaire) : Ça
va. Merci. Mme la ministre, ça va, ça va pour la réponse.
M. Arseneau : M. le
Président, on nous dit : Le train, il est à la bonne place. Au train où
vont les dépenses du gouvernement, le déficit va continuer de se creuser parce
qu'on a des dépenses absolument hallucinantes dans un scandale après l'autre en
matière de transition numérique. Ça, c'est avéré. Les chiffres sont têtus.
Et, dans ce cas-ci, moi, j'aimerais
entendre la ministre à savoir si elle peut réaffirmer ce qu'elle a dit à mon
collègue, c'est-à-dire qu'un contrat de 18 millions de dollars conclu
avec une firme qui s'appelle Petal pour développer un orchestrateur s'est
finalisé en décembre 2025 à 126 millions de dollars. On a même un
graphique qui démontre à quel moment on a investi davantage d'argent. À ce que
je sache, on n'est pas allés en appel d'offres, il ne s'agit pas de contrats
différents, donc on a essentiellement ajouté des sommes par addenda en
demandant davantage de services ou d'options, ce qu'une source anonyme à Santé
Québec décrit comme... essentiellement faisant un parallèle avec le client qui
a une voiture à long terme, mais qui demande sans cesse de nouvelles options...
une location de voiture, donc un changement de peinture, l'ajout d'un aileron,
et ainsi de suite. Et puis, finalement, après 126 millions de
dollars, bien, on dit : On va changer de voiture, on va changer de modèle,
on va changer de formule et on va changer de fournisseur.
Est-ce que ces chiffres-là,
18 millions, 126 millions, 600 % d'augmentation, vous ne voulez
pas les valider? Vous ne pouvez pas les valider? Est-ce que cet argent-là a été
versé, oui ou non? Ça, c'est une... la question on ne peut plus claire. Est-ce
que cet argent-là, là, le 100 quelques millions supplémentaires, est-ce qu'il a
été versé à Petal, oui ou non?
Mme Bélanger : Oui. Alors, M.
le Président, je répète, avec Petal, le contrat initial était de 18 millions.
En cours de route, il y a eu des fonctionnalités qui ont été demandées en
fonction de l'évolution de notre système de santé, des différentes
recommandations. Le coût nous amène à un ordre de grandeur d'au-delà de 100 millions,
et Santé Québec pourra vous <donner...
>
10 h (version révisée)
<19281
Mme
Bélanger :
...nous amène à un ordre de grandeur d'au-delà de
100 millions, et Santé Québec pourra vous >donner le détail sur les
différentes étapes et différents processus.
Alors, moi, j'arrive. Je suis ce
dossier-là. Je prends connaissance des recommandations de la commission Gallant,
et mon intention est très claire, de respecter l'ensemble des commissions, puis
il y a une recommandation qui est très, très claire dans la commission Gallant,
c'est de s'assurer que le gouvernement puisse développer son autonomie, et ça,
c'est extrêmement important. Et donc c'est dans ce contexte-là qu'on a... donc,
qu'il a été décidé, du côté de Santé Québec, d'octroyer un dossier, donc, du
côté de CGI, pour aider à... que le gouvernement puisse avoir son propre
système.
Alors, il développe, puis après c'est à
nous, alors, au lieu d'être... au lieu d'être à la merci constante d'une firme
qui développe un produit avec nous et qui va aller le vendre après sur le reste
de la planète. C'est ça, l'orientation. Là, je comprends que ça, c'est
dérangeant, mais c'est la bonne pratique qu'on est en train de faire. C'est la
bonne pratique, et c'est Santé Québec qui, donc, travaille sur le dossier de
Votre Santé, avec le déploiement qui est en train de se faire actuellement avec
l'orchestrateur...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme Bélanger : Puis, avec l'entente
avec la FMOQ, il faut travailler sur le GAP. Alors, tout ça est ensemble.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Bélanger : De mettre ça
dans un paragraphe, ça devient difficile à...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la ministre, merci. M. le député, allez-y.
M. Arseneau : Alors, comment
réconcilier ce que vous venez de dire, à savoir que le contrat de 18 millions
a été respecté, si, en bout de ligne, on a dépassé 126 millions de
dollars avec la même firme?
Mme Bélanger : Bien, je vous
demande... Si vous voulez avoir plus de précisions, Santé Québec sont présents.
Ils sont avec nous, là, pour toute la période de crédits. Vous avez les acteurs
clés devant vous. Sinon, je vous réponds la même chose que je vous ai répondue.
Comme ministre de la Santé... comme ministre de la Santé, ce contrat a été
octroyé il y a quelques années. Il y a eu des avenants. Il y a eu des
augmentations dans un contexte où le système de santé était en train de se
transformer. Alors, je vous ai donné des éléments : l'arrivée du Dossier
santé numérique, qui vient transformer complètement le paysage du système de
santé, l'entente avec le FMOQ. On révise nos GAP. Alors, écoutez, on va de l'avant
puis on continue.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. Merci.
Mme Bélanger : Puis on va... on
va amener de la rigueur dans tout ça...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. J'essaie... n'oubliez pas, j'essaie d'équilibrer le temps. Ce
n'est pas toujours évident. M. le député, allez-y.
M. Arseneau : ...pour
laquelle on adresse les questions à la ministre, M. le Président, c'est parce
que toutes ces dépenses-là ont été faites, dans la très grande majorité, avant
la création de Santé Québec, sous l'égide du ministère de la Santé et des
Services sociaux, et même aujourd'hui le gouvernement doit être responsable de
l'octroi des fonds publics à Santé Québec. Je vous rappelle que le ministère
est toujours responsable des orientations du ministère et responsable des
budgets. C'est la raison pour laquelle on fait l'étude des crédits aujourd'hui
et qu'on pose des questions directement à la ministre.
Mon temps file rapidement. Je veux savoir,
et ça, je pense que c'est aussi une question qui s'adresse de façon très
précise à Mme la ministre, M. le Président, comment peut-on expliquer que ce
projet-là, dont on parle depuis le début, n'est pas inscrit au tableau de bord
des projets informationnels du gouvernement du Québec.
Mme Bélanger : Vous parlez de
quel projet, là?
M. Arseneau : Le projet d'orchestrateur
prévu à l'heure actuelle avec CGI, mais qui était auparavant avec Petal.
Mme Bélanger : Bien, il y a
des montants d'argent qui ont été autorisés. Donc, si les montants d'argent ont
été autorisés, c'est qu'ils ont été pris dans une enveloppe dédiée au niveau
des ressources informationnelles. Alors donc, tous les projets de cette
envergure-là, quand il y a une augmentation des coûts, doivent être
éventuellement autorisés. Alors donc...
M. Arseneau : Bien, je parle
ici... Juste pour qu'on se comprenne bien, là, le tableau de bord des projets a
été mis en place par votre prédécesseur pour faire preuve de la plus grande
transparence, pour s'assurer qu'on puisse suivre la transition numérique et l'évolution
des projets. On a des codes de couleurs, également, et des montants qui sont
associés à chacun des projets. Pourquoi celui-ci ne figure-t-il pas au rang des
projets informationnels d'importance pour le gouvernement?
Le Président (M. Allaire) : Une
minute, Mme la ministre.
Mme Bélanger : OK, oui, alors,
M. le Président, mon collègue pose une très bonne question. On parle d'un
tableau de bord de gestion. Alors, je retournerais la question sur les
gestionnaires de la société d'État. Ce sont leur tableau de bord. Alors, ce n'est
pas le tableau de bord du cabinet. C'est le tableau de bord de Santé Québec. C'est
la même chose que quand on pose des questions à Hydro-Québec. Alors donc, si
vous voulez plus d'information, vous avez ici les experts qui pourront vous donner
des réponses sur le <détail de la gestion des opérations...
Mme Bélanger :
...ici
les experts qui pourront vous donner des réponses sur le >détail de la
gestion des opérations.
M. Arseneau : Est-ce que vous
êtes d'accord avec moi que ce projet-là est d'importance, que des millions de
dollars sont en jeu, et qu'on pourrait et on devrait, comme contribuables,
pouvoir évoluer... évaluer l'évolution des dossiers?
Mme Bélanger : Absolument,
absolument, je suis à la même place que vous. On parle d'argent des
contribuables. On parle de défis technologiques. On parle de société du
numérique qui est en train de se transformer, et puis on a eu des commissions
au niveau du gouvernement...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Ça met fin à ce bloc d'échange. On poursuit avec la
deuxième opposition. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, vous avez 14 min
45 s. La parole est à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup,
M. le Président. D'abord, salutations aux équipes, salutations aux collègues
des deux côtés, salutations aussi... Bonjour, Mme la ministre. Vous allez bien?
Merci.
On va rester, sans surprise, sur le même
thème, quand même, Mme la ministre, puis je pense que c'est important, parce
qu'un petit peu plus tard aujourd'hui dans les autres blocs je vais vous parler
de service, de découverture de service, de choses qu'on n'est, puis vous allez
probablement me dire, pas capables de se payer. On va parler de pompes à
insuline. On va parler de plein d'autres choses.
Et, quand on met ça en corrélation avec,
malheureusement, les dépassements de coût, on dirait que, d'un côté, le budget,
là, je ne vais pas dire «est sans limite», mais on est capables de le dépasser
de manière substantielle, alors que, de l'autre, quand c'est d'assurer des
soins aux Québécois et aux Québécoises, quand c'est d'assurer des couvertures
RAMQ qui ont... qui ont du bon sens, bien là, souvent, on nous ramène la
question de l'argent. Souvent, on nous ramène la question que ceci coûte cher,
puis c'est vrai, mais ce serait important que ça, ça s'applique dans les deux
côtés, puis c'est important de ramener cette question-là.
Donc, peut-être en amont, là, avant de
rentrer sur les détails de SIFA puis des autres projets informatiques, là, ça
fait quelques jours, quelques semaines, Mme la ministre, que vous êtes
confrontée à des unes de scandales numériques, informatiques dans votre réseau,
là, mais vous nous dites : Le train est à la bonne place. Avec égards, là,
on est à des dizaines et, maintenant, des centaines de millions de dépassements
de coût sur certains projets.
Vous m'avez dit que vous arrivez. Là, ça
fait sept mois que vous êtes là, mais j'imagine que vous n'êtes pas particulièrement
heureuse, là, à chaque matin, en lisant la revue de presse puis en voyant les
scandales numériques qui se... qui se succèdent. J'imagine que ça déroute votre
plan de match, puis vous ne pouvez pas me dire qu'à matin vous étiez toute
souriante, avec vos équipes, à l'idée de lire un autre scandale informatique.
• (10 h 10) •
Mme Bélanger : M. le
Président, en tout respect, là, mon collègue, on dirait qu'il veut avoir des
scandales informatiques. Il n'y a pas de scandale informatique là-dedans.
M. Cliche-Rivard : ...s'il
vous plaît.
Le Président (M. Allaire) : Bien,
je veux juste... J'ai laissé aller, mais, en même temps, c'est un... c'est un
mot qui est dans le lexique, là. Je fais juste vous demander de faire
attention, là... Ça dépend comment qu'on l'amène, là, je comprends, là, mais,
Mme la députée... Mme la ministre, vous pouvez poursuivre. Merci.
Mme Bélanger : Alors, bien,
écoutez, il n'y a pas... Je vais reprendre le mot, si vous permettez, là, parce
que je reprends le mot qui m'a été... qui vient d'être mentionné, là. À trois
reprises, on a parlé de scandale, là. On n'est pas dans du scandale ici. On est
dans des projets de très haut niveau, de virage numérique essentiel dans le
système de santé. Alors donc, on n'est pas dans le scandale. On est dans le
suivi des bonnes pratiques, des recommandations, de faire évoluer nos dossiers
en fonction des différentes composantes qui sont dans le système de santé.
Alors, c'est extrêmement complexe, ce
qu'on est en train de faire, puis, je le répète, tout ça, là, ça part d'une
vision d'un dossier de santé numérique intégré. Si on n'avait pas fait ça, on
aurait fait tout le travail qui a été fait au préalable en silo, et ça n'aurait
pas donné la portée que ça a aujourd'hui. On a le DSN. Ça, ça va continuer de
se développer. On a une plateforme, Votre Santé, qui est extraordinaire, qui
est actuellement appréciée des usagers qui l'utilisent dans deux régions du
Québec. Alors, on continue à ce niveau-là, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Question
simple, question simple, Mme la ministre : Pourquoi on n'est pas capables
de faire ça à l'intérieur des coûts? Pourquoi on n'est pas capables de faire ça
à l'intérieur des estimations, de ce qui est projeté? Pourquoi, à chaque fois...
Je veux dire, la solution, c'est une chose, là, les coûts, les deniers publics
et les dépassements de coût, c'en est une autre, puis je pense que les
Québécois... puis vous aussi, là, vous vous attendez à ce que les projets, tels
que vous en faites la promotion, respectent les budgets qui sont impartis puis
qu'on arrête aussi d'avoir des scandales de hausses de dizaines de millions de
dollars par projet. Je veux dire, j'imagine que vous avez la même intention que
moi.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, là, je ne le répéterai pas à toutes les
fois, là, c'est un mot qui est au lexique. Là, je vous demande de retirer ce
mot-là, s'il vous plaît. Est-ce que vous le retirez?
M. Cliche-Rivard : Je le
retire.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Choisissez-en un différent, s'il vous plaît. Merci.
M. Cliche-Rivard : «Fiasco».
Je vous écoute.
Mme Bélanger : OK. Alors,
écoutez, honnêtement, je m'attends que, quand on met de l'argent public dans
des <programmes, que ce soient des programmes informatiques...
Mme Bélanger :
...met
de l'argent public dans des >programmes, que ce soient des programmes
informatiques, des programmes de soins, des programmes en lien avec les
services sociaux, des programmes avec les aînés, je m'attends qu'on rentre dans
les budgets. Ça, c'est extrêmement important. On a une société d'État qui a
réussi à faire un virage aussi au niveau budgétaire, à respecter puis à tendre
vers l'équilibre budgétaire. On est en train de rétablir les choses. On fait
des belles choses dans notre système de santé.
Sur le volet technologique, c'est un défi.
Il ne faut pas penser qu'il y a juste au Québec, là, que nous avons le défi,
comme système de santé, de faire ces virages technologiques, c'est partout sur
la planète. Pour avoir parlé avec mes vis-à-vis des autres provinces
canadiennes, avoir parlé avec d'autres ministres de la Santé, nous sommes tous,
dans le système de santé, confrontés au vieillissement de la population, à
l'augmentation des coûts et, troisième élément, l'introduction des technologies
d'information, et tout ça, c'est extrêmement complexe.
M. Cliche-Rivard : Mais tout
ça...
Mme Bélanger : Eh oui, je
m'attends... Pour aller dans le même sens que vous, je ne suis pas très
contente, le matin, quand je me lève puis que je vois des articles comme ça.
Bien sûr que je ne suis pas contente. Pensez-vous que ça me fait plaisir de
voir des articles comme ça? Bien non. Alors donc, ça ne me fait pas plaisir,
puis je ne m'habituerai jamais à ça.
Alors, mes attentes, comme ministre, c'est
que l'argent qu'on met... on puisse en avoir pour notre argent, et, au niveau
des TI, c'est ça qu'on est en train de faire, puis il y a eu un certain
repositionnement du dossier depuis 2020. Est-ce que c'est normal qu'on se soit
repositionnés? On n'était pas pour foncer tête baissée puis dire : On le
fait comme ça, puis «that's it», puis on... Non, ce n'est pas ça qu'on a fait. On
s'est repositionnés dans le bon sens...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Mme la
ministre, avec tout le respect qu'on... qu'on vous doit, là, ce que les
Québécois demandent, c'est que ça s'arrête, le gaspillage de fonds publics.
C'est ça qu'ils demandent. Les services, quand ils sont rendus, ils sont
contents, mais, quand ils lisent, comme moi... des dépassements de coût de
dizaines puis de centaines de millions, c'est dur à comprendre, aussi,
qu'est-ce qui va être fait puis qu'est-ce qui est fait pour que... pour que ça
s'arrête.
Puis je vais vous amener sur un sujet
particulier, précis, le dossier SIFA. On en a parlé souvent ici, puis votre
gouvernement avait en main un avis du MCN qui recommandait l'annulation dans
les meilleurs délais du projet SIFA, mais cet avis-là, Mme la ministre, il n'a
jamais été rendu public. Pourquoi est-ce que votre gouvernement refuse de
rendre public un avis qui a été obtenu sur les fonds publics, justement?
Le Président (M. Allaire) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
concernant SIFA, là, c'est un projet, là aussi, qui traite davantage des
finances et du volet approvisionnement. C'est un projet qui a débuté sous l'ère
libérale. Les libéraux avaient donné cette responsabilité-là au CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean
en 2017, si je ne me trompe pas, et puis, quand nous sommes arrivés, bien, le
dossier a été repositionné pour enlever, retirer... Notamment, du côté
ministère, on a retiré le volet RH, parce qu'au début c'était SIFARH — RH — et
c'était extrêmement... c'était extrêmement complexe.
Alors, les rapports en lien avec SIFA, ça
s'inscrit dans la transformation numérique et ça va venir transformer beaucoup
toute la saisie des factures, tout ce qui est fait manuellement actuellement,
les suivis financiers. Il y a des bénéfices importants puis il y a des
économies, parce qu'on va parler des économies, je termine avec ça, parce que
vous parlez des dépenses. Oui, il y a des dépenses pour arriver à faire des
économies, et, à terme, sur 18 ans, les économies sont évaluées à 1,1
milliard.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci.
M. Cliche-Rivard : On va
parler...
Mme Bélanger : C'est un
levier concret de...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre. M. le député, allez-y.
M. Cliche-Rivard : On peut...
on peut parler d'économies, Mme la ministre, là, pour l'instant, c'est un
projet qui est suspendu, qui coûte 723 000 $ en redevances annuelles...
mensuelles aux Québécois puis aux Québécoises. Ça fait que c'est difficile de
parler d'économies, là. On perd presque 1 million par mois sur un projet
suspendu, puis vous avez signé un contrat qui va nous faire perdre
175 millions de dollars en pénalités si jamais ça n'allait pas de
l'avant. Donc, on va se parler d'économies. On va s'en parler longtemps. Ma
question était précise. Pourquoi est-ce que vous retenez l'avis du MCN, qui
recommande l'annulation du projet? Pourquoi ne pas le rendre public? Pourquoi
vous refusez de rendre public l'avis?
Mme Bélanger : ...
Le Président (M. Allaire) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui, M. le
Président, désolée, j'ai commencé un petit peu trop rapidement ma réponse.
Alors, le rapport de l'AMP met en lumière,
là, différents éléments, puis on les prend très au sérieux, ces éléments-là, de
l'AMP. Le rapport a été livré au mois de mai. Alors, le rapport, là, il a été
livré, et on va suivre les recommandations. D'ailleurs, dès que l'AMP a déposé
son rapport, j'ai demandé à Santé Québec de produire un plan d'action complet
en réponse aux recommandations. On est en train de faire ça, là. Le rapport a
été déposé, corrigez-moi, là, mais ça a <été le 6 mai. Donc, ça fait
quelques...
Mme Bélanger : ...corrigez-moi,
là, mais ça a >été le 6 mai. Donc, ça fait quelques jours. Alors
donc, il y a des recommandations à ce niveau-là. Soyons clairs, là, ce
projet-là, il demeure stratégique pour moderniser tout notre système de gestion
financière. Vous parlez d'un avis. Moi, je vous parle du rapport.
M. Cliche-Rivard : Oui, je
vous parle d'un avis.
Mme Bélanger : Le rapport, il
est disponible, là. Vous l'avez lu.
M. Cliche-Rivard : Je vous parle
du rapport du MCN, de votre ministère, pas de l'AMP.
Mme Bélanger : Bien, écoutez...
M. Cliche-Rivard : Pour la
troisième fois, je vous pose la même question, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Bien, moi, je
n'ai...
M. Cliche-Rivard : Pourquoi
vous refusez de divulguer le rapport du MCN, point?
Mme Bélanger : Je n'ai jamais
refusé de diffuser un rapport d'un ministère. Alors, je ne...
M. Cliche-Rivard :
Dévoilez-le, déposez-le, s'il vous plaît.
Mme Bélanger : Je n'ai pas
refusé. Ce n'est pas passé par moi. Je ne refuse pas de déposer des rapports
des autres ministères. Là, vous parlez à la ministre de la Santé aujourd'hui.
Moi, je vous parle du rapport que je suis en train d'étudier, puis de m'assurer
que Santé Québec soit au rendez-vous, puis ils sont à la bonne place pour faire
ça.
M. Cliche-Rivard : Vous avez...
Mme Bélanger : On parle des
recommandations de l'AMP. Vous me parlez d'un avis du MCN. Moi, je ne... je ne
refuse pas, je n'ai pas ce...
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Ça va. Merci, Mme la ministre. M. le député, allez-y.
M. Cliche-Rivard : Vous avez...
vous avez reçu un rapport du MCN. Vous avez d'ailleurs un ex-collègue qui a
claqué la porte sur pas mal ce sujet précis là. Il y a un avis qui vous a été
transmis, que vous avez entre vos mains. Vous dites : Je ne refuse pas. La
conclusion logique, c'est que vous le déposiez ici, à l'étude de crédits. On
est à l'étude des fonds publics, ici, là, des Québécois et des Québécoises. Il
y a un avis du MCN qui vous demande l'annulation dans les meilleurs délais du
projet. Est-ce que vous vous engagez, oui ou non, à le déposer?
Mme Bélanger : ...MCN qui doit
autoriser. Alors, c'est le MCN qui a produit un rapport. Je suis la ministre de
la Santé. Je n'ai aucune objection à ce que le rapport soit déposé. Je suis
pour la transparence et je focusse sur les recommandations de l'AMP. C'est ça,
mon rôle comme ministre de la Santé.
M. Cliche-Rivard : Je vous
prends au mot. Êtes-vous alors d'accord pour demander à votre collègue de le
déposer, de le rendre public? C'est vous, la ministre de la Santé. C'est votre
ministère. À un moment donné, ce n'est pas... C'est une demande directe de
votre ministère. Est-ce que vous, vous acceptez de faire le pas de plus, et
qu'on aille ensemble, comme parlementaires, ici, je pense qu'on est unanimes,
là, demander la divulgation du rapport à votre collègue?
Mme Bélanger : Vous parlez
d'un rapport. Tantôt, vous parliez d'un avis.
M. Cliche-Rivard : D'un avis,
d'un rapport, là.
Mme Bélanger : Il faut juste
avoir la bonne terminologie puis savoir de quel document on parle, là, mais,
écoutez, je suis... je suis d'accord.
M. Cliche-Rivard : Non, mais
c'est un peu drôle...
Mme Bélanger : Non, mais je
vous... je m'excuse, je ne voulais pas vous reprendre, mais là c'est parce que,
vous savez, les avis, les rapports...
M. Cliche-Rivard : On parle
de la même chose.
Mme Bélanger : ...les recommandations,
là, ça finit que ça fait beaucoup de documents, puis ça peut être des documents
différents, mais je suis d'accord sur la transparence, puis on pourra voir
comment on pourra vous transmettre ça. Je ne suis pas contre. Je n'ai pas
demandé de ne pas diffuser des rapports. Je ne ferai pas ça, d'autant plus que
ça ne concerne pas mon ministère.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Cliche-Rivard : Oui. Votre
Santé, Mme la ministre, sur ce dossier-là, il y a une firme américaine qui a
tout recommencé sans appel d'offres. Le mandat a déjà été réalisé... avait déjà
été réalisé par une firme québécoise. L'AMP enquête là-dessus, notamment. On
l'a appris par les médias. Comment ça se fait que, d'un côté, là... Là, quand
on met en parallèle SIFA et l'AMP, d'un côté, c'est bon, on accepte la
recommandation, on tire la plug, on recommence, pour SIFA, par contre, il n'en
est pas question, on fonce sans égard à l'avis du MCN. Comment ça se fait qu'on
vit dans deux têtes parallèles, dans deux mondes complètement parallèles avec
deux conclusions puis deux chemins complètement différents, Votre Santé d'un
bord, SIFA de l'autre, deux réponses complètement opposées?
Le Président (M. Allaire) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Bien, parce que
c'est deux dossiers de nature différente. C'est vrai que c'est des dossiers
technologiques, mais SIFA, c'est un système administratif, système
d'information, finances et approvisionnement. Donc, c'est un système qui va
permettre des gains importants. Il y a eu des appels d'offres dans ce
contexte-là. C'est le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean qui a donc tout conduit
les travaux en lien avec ça, qui a octroyé le contrat à l'arrivée de Santé
Québec. Ce contrat-là a été transféré à Santé Québec. Alors, SIFA, on va de
l'avant, c'est important, donc, et on continue. Il y a eu des recommandations,
mais ils ne nous ont pas demandé d'arrêter le projet.
M. Cliche-Rivard : ...demandé
d'arrêter le projet.
Mme Bélanger : Puis donc on
fait affaire avec une firme. Ça a été donné par contrat. Là, tantôt, vous
faites le parallèle avec ce qu'on a parlé en début de séance. On est dans
d'autres choses. On est dans un dossier clinique... informatique clinique qui
tient compte de tous les paramètres de santé d'une personne. Alors, on a un
niveau de complexité qui est du jamais-vu.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, merci.
Mme Bélanger : Alors, on
travaille à la bonne place.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la ministre. 35 secondes.
M. Cliche-Rivard : ...précise,
c'est que, d'un bord et de l'autre, vous faites exactement le contraire. D'un
côté, vous avez un avis du MCN qui vous dit stop sur SIFA, vous dites non. De
l'autre côté, Santé Québec vous demande stop sur Votre Santé, vous <dites
oui. C'est ça...
M. Cliche-Rivard :
...l'autre
côté, Santé Québec vous demande stop sur Votre Santé, vous >dites oui. C'est
ça, la question. Puis vous recommencez à zéro. Comment ça se fait que c'est
possible de faire stop puis de recommencer à zéro pour Votre Santé, mais ce
n'est pas possible de le faire pour SIFA, malgré les recommandations de votre
propre ministère?
Le Président (M. Allaire) : En
10 secondes, Mme la ministre.
Mme Bélanger : OK. Alors,
oui, bien, d'abord, je veux quand même revenir, là... Sur SIFA, là, on n'a pas
de recommandation de l'AMP qui dit stop.
M. Cliche-Rivard : ...
Mme Bélanger : On n'a pas de
recommandation de l'AMP qui dit stop.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Ça met fin...
Mme Bélanger : On suit cela.
Alors...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à ce bloc d'échange, Mme la ministre, désolé. Donc, on poursuit.
On revient à l'opposition officielle, 21 min 59 s, la parole est à
vous.
M. Derraji : Merci. Je veux
saluer l'honnêteté de Mme la ministre par rapport aux avis du MCN et j'ai le
goût de lui formuler une demande officielle aujourd'hui. Demain, c'est votre
collègue qui sera aux crédits. Vous venez de dire publiquement... Vous n'avez
aucun problème de dévoiler les avis du MCN. Je salue votre courage et je vous
appuie. Je suis même prêt à signer une lettre avec vous aujourd'hui, avec mes
collègues, j'en suis sûr et certain, ils sont d'accord, du Parti québécois et
de Québec solidaire, à formuler une demande officielle, lors des crédits de
demain, que votre collègue dévoile les avis reçus par le ministère de la Santé
concernant l'ensemble des projets de transformation numérique. Êtes-vous
d'accord, Mme la ministre?
Le Président (M. Allaire) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Alors, M. le
député, j'apprécie, là, votre courtoisie, mais je veux...
M. Derraji : ...
Mme Bélanger : Oui, c'est
vrai, c'est vrai. Alors donc, je veux quand même mentionner que je suis pour la
transparence puis je ne veux pas parler au nom du gouvernement. Ce n'est pas mon
rôle. Moi, je parle comme ministre de la Santé et ministre responsable des
Aînés et des Proches aidants.
Alors, ce que je vous ai dit tantôt, c'est
que je n'ai jamais demandé que des avis ne soient pas publics à ce niveau-là.
Vous pourrez poser la question à ma collègue, mais bien sûr que je vais lui en
parler. On fait partie d'un gouvernement. C'est un travail d'équipe. Alors, on
va regarder ça de près. Je suis pour la transparence, mais surtout, surtout,
après, je suis pour l'action et non pas être paralysée dans des recommandations
qui font en sorte qu'on n'est plus capables d'avancer. Alors, il faut suivre
les recommandations. Dans le cas du MCN et de mon ex-collègue, bien, je ne veux
pas revenir sur cette épopée, mais disons que je suis ailleurs aujourd'hui et
je n'étais pas à la même place que lui au moment...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Merci. M. le député.
M. Derraji : Mais, Mme la...
Mme la ministre, je vous appuie et je ne vais pas parler au nom de mes
collègues, mais, si ça peut vous aider, moi, je suis prêt à ce qu'on envoie une
lettre signée par mes collègues, et, je vous l'annonce, on va envoyer une
lettre, mes collègues, si vous êtes d'accord, pour appuyer votre démarche de la
transparence. Moi, je vous salue, Mme la ministre, parce que je suis comme vous.
On veut voir ces avis. Pourquoi?
On parle de... beaucoup de transformation
numérique, et je vous... je vous comprends, parce que vous avez dit que c'est
nécessaire. Vous avez raison, mais vous savez que, rendus à ce qu'il y a une
revue de presse presque quotidienne où on parle de dépassements de coût,
mettez-vous à la place des gens qui n'ont même pas 50 $ pour payer leur
panier d'épicerie. D'ailleurs, votre gouvernement vient de lâcher un 50 $,
mais là on parle de millions de dollars, Mme la ministre. Donc, les Québécois
ont le droit de savoir où va leur argent, et là je salue que vous êtes d'accord.
Donc, on va formuler, M. le Président, la demande officielle et on va se baser
sur votre ouverture et grand cœur, que vous êtes d'accord à ce que les avis
soient dévoilés. Ça, c'est bon. Je pense, au moins, ça, c'est réglé.
Là, je veux revenir au DSN, Mme la
ministre, et malheureusement je vais me permettre de vous dire que je ne
partage pas votre affirmation que vous avez dite : «Le Dossier santé
numérique est resté dans les budgets.» J'ai cru que j'ai mal entendu, mais vous
avez le droit de me corriger. Vous confirmez aujourd'hui aux Québécois que le
Dossier santé numérique est resté dans les budgets octroyés au départ?
Le Président (M. Allaire) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui, oui, M.
le Président. Je veux quand même juste revenir, là, sur la lettre. Écoutez, je
salue le travail de collaboration que vous avez, mais vous comprenez que je ne
signerai pas cette lettre-là. Mon engagement va être davantage de parler à ma
collègue.
M. Derraji : Ah! faites-le
verbalement, ce n'est pas grave.
Mme Bélanger : Bon, alors
donc, bien, pour la transparence, je suis d'accord.
Concernant le DSN, bien oui, j'ai dit
qu'on était à 402 millions puis qu'on avait travaillé à l'intérieur du
budget. Donc, le budget n'avait pas été tout utilisé. Au moment même du
déploiement, le 9 mai, on était en deçà du budget. Ça a été confirmé par
Santé Québec, et je voulais quand même saluer ça. J'ai eu l'occasion de le dire
sur la place <publique aussi, qu'on travaillait à l'intérieur du budget...
Mme Bélanger :
...le
dire sur la place >publique aussi, qu'on travaillait à l'intérieur du
budget qui... qui a été octroyé, le budget final, là, qui a été octroyé pour le
DSN.
M. Derraji : ...Mme la
ministre, mais, encore une fois, ce que je trouve plate, c'est que vous n'étiez
pas là, et c'est pour cela que je vais rester quand même prudent avec mes
questions. Vous êtes... vous vous êtes ramassée avec une patate chaude, et
c'est là le problème et le défi, que vous êtes en train d'expliquer des
décisions passées. Je veux juste vous rappeler, Mme la ministre, en tout
respect, que votre gouvernement a ajouté 136 millions de dollars, c'est
presque 52 % de plus, et vous savez pourquoi, parce qu'on nous disait que
la formation avait été oubliée. Donc, quand vous recevez cette information que
la formation avait été oubliée et qu'il y a une augmentation de 52 % du
budget, vous maintenez votre conclusion que le DSN est resté dans les budgets?
Mme Bélanger : En fait, ma
conclusion, c'est que le DSN est resté à l'intérieur d'un budget de
402 millions pour la mise en œuvre, tous les mots sont importants, 402
millions pour la mise en œuvre. Alors, je maintiens cela. C'est avec ce
chiffre-là qu'on a travaillé, c'est ce chiffre-là que je suis. Alors donc,
voilà. Et effectivement il y avait eu, en cours de route, dans la planification
de ce projet, qui... qui était en planification depuis plusieurs années... il y
a eu le montant initial, puis il y a eu, par la suite, des ajustements, puis
notamment pour la formation, mais le 402 millions, c'était le budget final
pour la mise en œuvre, pour le budget d'implantation, quand même important,
approuvé par le Conseil des ministres et suivi.
M. Derraji : Oui, oui, mais
vous... mais vous êtes capable, aujourd'hui, de reconnaître qu'il y avait un
plus de 100 millions... il y a un 100 millions de plus, là.
Mme Bélanger : Bien, il y a
eu, en cours de route, des montants qui ont été ajustés, mais là je vous parle
d'une bonne nouvelle. On est dans l'équilibre budgétaire, mais, oui...
M. Derraji : Oui, oui, et ce
qui est définition de l'équilibre... on est très loin de l'équilibre, Mme la
ministre.
Là, je vais revenir à quelque chose que
vous avez mentionné tout à l'heure par rapport au rapport Gallant, OK? Vous
savez que, dans le fiasco, hein, on a le droit de le dire, le fiasco SAAQclic,
on a parlé des coûts d'exploitation et aux coûts de déploiement. Là,
maintenant, on est à deux projets vitrines, hein, deux projets vitrines.
Gallant a beaucoup insisté sur les frais d'exploitation. Ma question
aujourd'hui : Pour les deux projets vitrines, on est à
100 millions de dollars, quelle est votre prévision pour les autres
sites en termes de coûts d'exploitation et en coûts de déploiement? Et, s'il
vous plaît, faites l'addition, parce que les gens ne se retrouvent plus dans le
dossier DSN.
• (10 h 30) •
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
premièrement, je reviens avec le 402 millions pour le budget
d'implantation. Le 100 millions, c'est pour le budget d'exploitation.
Alors, c'était pour nos deux projets vitrines, qui sont des projets majeurs. Je
rappelle que ça couvre 30 000 employés, quand même. Ça couvre les
hôpitaux, les CHSLD, le soutien à domicile, les CLSC, les maisons des
naissances. C'est immense, là, on ne parle pas seulement de deux hôpitaux. On
parle de plusieurs hôpitaux, plusieurs établissements. C'est majeur. Donc,
Santé Québec va faire l'évaluation de ces deux projets vitrines, c'est déjà
enclenché, et ils vont revenir avec une proposition pour le déploiement pour le
reste du Québec.
Ce que j'ai dit comme ministre de la
Santé, parce que vous l'avez quand même mentionné tantôt, ma responsabilité,
avec la société d'État, c'est de travailler au niveau des grandes orientations,
puis l'orientation, c'est qu'on va de l'avant vers un virage numérique au
Québec. Ça, c'est très, très clair. Les deux projets se déroulent bien. Il faut
éviter de faire une règle de trois, là. Ce n'est pas parce que ça a coûté
402 millions pour deux établissements que ça va coûter, donc,
200 millions par... pour les 30 établissements restants.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Il y avait des
coûts de déploiement...
M. Derraji : Mme la ministre...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député, allez-y.
M. Derraji : Mme la ministre,
Mme la ministre, j'ai beaucoup de respect pour la PDG de Santé Québec. Vous
êtes la ministre, donc, je comprends, depuis le début, vous faites référence à
Santé Québec. Moi, vous êtes la personne responsable de gérer un budget que je
peux qualifier aujourd'hui de plus important de l'État québécois.
Je vais répéter ma question. Vous avez
deux projets vitrines. Les coûts d'exploitation, on était surpris de constater,
c'est 100 millions de dollars dans deux sites. J'ai une question très
simple que je risque de répéter toute la journée parce que c'est
hyperimportant, Mme la ministre, qu'on soit transparents avec les Québécois
aujourd'hui. Vous venez de dire que c'est 100 millions pour deux sites.
Quel est, dans votre plan ou votre planification, le coût d'exploitation pour
un déploiement à travers toute la province et quelle est la ventilation des
coûts exploitation et déploiement, s'il vous plaît?
Mme Bélanger : M. le député,
votre question, elle est... elle arrive trop tôt. Je vous <ai...
>
10 h 30 (version révisée)
<
17923
M. Derraji :
...s'il vous plaît.
Le Président (M. Allaire) :
Mme la ministre.
Mme Bélanger : M. le député,
votre question, elle est... elle arrive trop tôt. Je vous >ai expliqué
qu'on a mis le focus sur ce déploiement majeur, majeur, c'est du jamais-vu au
Québec. On l'a fait comme l'Ontario, comme l'Alberta et comme 16 autres
pays. Alors donc, ils vont prendre le temps d'évaluer, on parle de quelques
semaines, là, pour qu'on puisse se projeter puis se donner une planification pour
les deux, trois, quatre, cinq prochaines années, parce que ça va... On fait le
virage numérique, et ça, c'est important. On va les laisser travailler, c'est à
eux de faire cette évaluation. Ils vont me transmettre, bien sûr, l'évaluation,
les recommandations, et puis, à ce moment-là, on prendra les décisions pour s'assurer
d'avoir les budgets suffisants. Et ça, là, c'est souligné, là, trois lignes, parce
qu'à la lumière de ce qu'on aura vécu...
M. Derraji : Quel est, pour
vous... Quel est, pour vous, un budget suffisant, Mme la ministre? Soyons
clairs, là.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
on verra, on verra. Je ne lancerai pas des chiffres comme ça, ici, à
l'emporte-pièce.
M. Derraji : Donc, on navigue
dans le vide, on navigue dans le vide, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Non...
M. Derraji : Parce que vous
comprenez pourquoi je vous pose cette question. Il y a des doutes et,
confirmez-moi, il y a des informations qui circulent de plusieurs sources qu'il
n'y aura pas Epic dans les autres réseaux, qu'il n'y aura pas d'Epic partout au
Québec. Depuis le début, vous avez insisté, sur la place publique, sur l'interopérabilité.
Il y a des firmes qui nous contactent, qui nous ont confirmé la volonté de
votre ministère de ne pas aller avec Epic pour les autres sites. Donc, vous
confirmez aujourd'hui, coûte que coûte, c'est Epic qui va rester pour le DSN?
Mme Bélanger : Je ne confirme
rien de ça. Et ce n'est pas aux firmes de décider comment on va se comporter au
Québec dans le virage numérique en santé.
M. Derraji : C'est parfait.
Mme Bélanger : On travaille en
collaboration avec différents partenaires. Puis moi, comme ministre de la
Santé, je ne suis pas assujettie aux firmes. On a un projet, là, qui a été
évalué, qui est un des meilleurs systèmes. Santé Québec va nous dire, selon les
missions d'établissement, je le répète, quelle sera la meilleure technologie.
Bien sûr, le DSN, au premier jour, depuis l'implantation, on est satisfaits. Je
n'ai jamais mentionné qu'on allait aller coûte que coûte avec le DSN partout au
Québec et je n'ai jamais prétendu le contraire. J'attends Santé Québec. Santé
Québec est autonome, c'est une société d'État...
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
Mme Bélanger : ...ils vont me
faire les recommandations, et puis on aura des discussions en fonction des
meilleures pratiques dans ce domaine-là.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. 10 minutes, M. le député de Nelligan. La parole est à
vous.
M. Derraji : Bien, je vais
revenir à la suite du DSN, Mme la ministre. Est-ce qu'aujourd'hui vous pouvez
confirmer publiquement qu'Epic peut rester, peut être déployé dans les autres
sites ou non? Ou bien est-ce que vous pouvez confirmer que vous, votre
ministère ou Santé Québec, sont... sont en train de voir d'autres options avec
d'autres fournisseurs?
Mme Bélanger : Écoutez, je
suis très contente du déploiement du DSN. J'ai été sur le terrain à quelques
reprises, je suis contente de ce que j'ai vu. Ce n'est pas moi, comme ministre
de la Santé, qui va décider des applications puis des systèmes avec les
différents fournisseurs. J'apprécie ce que j'ai vu. Je pense qu'il y a une
solution qui est costaude, qui est solide. Maintenant, Santé Québec va évaluer
le menu détail de ça. Ce serait précipité, aujourd'hui, que je vous dise :
C'est ça que je veux absolument, moi, comme ministre de la Santé, puis on va
mettre ça partout au Québec. Je ne ferai jamais cela. Je vais attendre d'avoir
un rapport qui va m'être présenté, je vais l'évaluer et je suis ouverte à
différentes options.
Ce que je veux vous dire, c'est : le
meilleur système selon la mission d'établissement. Prenons l'exemple de l'Hôpital
général juif, que je pense que vous connaissez quand même très bien, qui est un
grand centre hospitalier. Ils ont, eux autres même, des systèmes d'information
qui ont été implantés il y a quelques années, qui fonctionnent très, très bien.
Alors, est-ce qu'on imposera qu'ils prennent le DSN? Vous voyez un petit peu où
je veux aller avec ça.
M. Derraji : Oui, j'adore…
Mme Bélanger : On verra...
M. Derraji : Oui. Mais
j'adore ce que j'entends...
Mme Bélanger : On verra en
temps et lieu, mais je ne veux pas qu'on gaspille l'argent qu'on a mis dans le
DSN, par contre.
M. Derraji : Oui. Mais j'adore
ce que j'entends, et vous avez raison, et c'est là où je veux en venir avec
vous. Et, encore une fois, je vous le dis depuis le début, ce que je trouve
triste, c'est qu'on vous juge aujourd'hui sur des choses que vous n'avez pas initiées.
Ça, je veux être clair par rapport à ça. Mais ce que j'entends maintenant, c'est
quand même un changement énorme. Ce que vous êtes en train de dire : si, dans
un hôpital, il y a une technologie qui fonctionne, il n'y aura pas d'Epic, on
ne va pas <imposer Epic...
M. Derraji :
...
hôpital, il y a une technologie qui fonctionne, il n'y aura pas d'Epic, on ne
va pas >imposer Epic. Si l'hôpital fonctionne avec ce qui est là, on le
laisse. Genre, l'Hôpital juif, ça marche avec la solution qu'ils ont, ils vont
continuer, il n'y aura pas d'Epic. Est-ce que j'ai bien compris votre réponse?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
ça fait du sens, mais, comme je vous dis, ce que je souhaite, c'est que Santé
Québec fasse cette évaluation-là. Il faut qu'on travaille dans le gros bon
sens. Puis un centre universitaire qui a des centres de recherche qui font de
la recherche à l'international, vous comprendrez qu'ils ont peut-être des
besoins différents qu'un centre régional qui a d'autres besoins. Prenons la
meilleure solution. Puis ce qui est important, c'est d'avoir un équilibre dans
tout ça.
Alors, je veux revenir sur la composante
du budget. Je ne sais pas si j'ai encore un petit peu de temps.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
Mme Bélanger : Parce que,
tantôt, vous avez dit : C'est 100 millions de dollars, là, qu'on met
pour, donc, l'exploitation. Mais n'oublions pas qu'actuellement, là, on a
des... on a des systèmes dans tous nos hôpitaux, au Québec, là, dans toutes nos
instances, ça nous coûte beaucoup d'argent, de frais d'exploitation, là. On a
des centaines et des centaines de fournisseurs différents. Un jour...
M. Derraji : Je vais revenir,
je vais revenir...
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
Mme Bélanger : ...on va se
départir de tout ça.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre.
M. Derraji : Non, vous avez
raison. Je vais revenir, Mme la ministre, à ce que vous venez de dire par
rapport à l'Hôpital juif, parce que c'est quand même un changement,
aujourd'hui, là, qu'on doit le saisir. Ce qu'on conclut, que, pour vous, Epic,
il est dans deux projets vitrines. Vous allez attendre l'évaluation de Santé
Québec. Si un hôpital a un système qui fonctionne, vous n'allez pas faire du
mur-à-mur, vous allez laisser avec le système. Ça, c'est bien, au moins, ça,
c'est clair.
Maintenant, ma sous-question. Depuis le
débat... le départ, on a beaucoup insisté sur l'interopérabilité. Est-ce
qu'aujourd'hui vous êtes en mesure de dire, si un hôpital va fonctionner avec
le système qui est là... vous êtes en mesure de garantir l'interopérabilité
entre les systèmes, en quelque sorte? Epic doit ouvrir son jeu. Ça veut dire
qu'Epic doit accepter de collaborer avec d'autres fournisseurs pour qu'on
puisse atteindre ce qu'on voulait atteindre dès le départ, à savoir qu'on est
capables qu'un patient au Saguenay, ou à Rivière-du-Loup, ou à Montréal, à l'Hôpital
juif... on puisse avoir accès à son dossier de santé. Est-ce que vous le
confirmez aujourd'hui?
• (10 h 40) •
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
l'objectif du Dossier santé numérique, c'est justement une meilleure
accessibilité de l'information, meilleure accessibilité pour le patient,
d'abord, mais après ça pour les professionnels, et puis que, oui, qu'on soit
n'importe où au Québec, qu'on soit resté quelques années à Montréal puis qu'on
retourne, par exemple, en Gaspésie, mais qu'on ait accès à nos données de façon
facile puis de façon, là... sous la main. C'est ça, l'avenir, là. Et donc on
doit s'assurer que ces systèmes s'interfacent, c'est extrêmement important.
Vous parlez d'interopérabilité, mais l'interfaçage est extrêmement important. Puis
il y a des systèmes qui ne permettent pas l'interface, des systèmes actuels,
là, qui ont été implantés il y a plusieurs... Et donc ça demande des travaux
d'infrastructure technologique qui sont importants.
Alors, c'est pour ça que là on a testé une
belle application avec le DSN. Ils vont en faire l'évaluation. Et puis il faut
garder les portes ouvertes pour regarder l'écosystème complet. Puis je veux
quand même le dire, pour moi, il y a une question de selon la mission. Puis une
mission universitaire, je sais très bien ce que c'est, ce que ça implique.
Maintenant, ces centres hospitaliers pourront faire la démonstration avec leurs
patrons et Santé Québec.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Bélanger : Et je vais
suivre la situation de près.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Derraji : Oui. Je vais
revenir, Mme la ministre, à cet aspect, parce que c'est quand même majeur. Et
corrigez-moi si je me trompe, la volonté de départ, c'était Epic partout au
Québec. Aujourd'hui, vous confirmez qu'il n'y aura pas d'Epic partout au
Québec?
Mme Bélanger : En fait, je ne
suis pas, M. le député, en mesure de confirmer quoi que ce soit. Ce serait
précipité pour moi de faire ça aujourd'hui.
M. Derraji : Mais vous venez
de me dire, l'Hôpital juif, s'il fonctionne avec une application...
Mme Bélanger : Non, non, mais
attendez...
M. Derraji : ...vous n'allez
pas imposer Epic.
Mme Bélanger : J'ai donné
l'exemple, j'ai dit qu'on ne doit pas imposer un modèle unique. Santé Québec va
faire sa démonstration, on verra quelles sont les meilleures solutions.
M. Derraji : Mme la ministre,
Mme la ministre...
Mme Bélanger : Alors,
écoutez, on verra, mais je ne peux pas vous dire ça, ce serait... Aujourd'hui, là,
je ne peux pas annoncer ça, là.
M. Derraji : Vous avez
tellement un bon argumentaire que je me suis emporté. Je vous ai saluée et
félicitée. Ne faites pas regretter de... je retire ce que j'ai dit au début.
Là, vous venez de dire qu'à l'Hôpital juif, si ça marche très bien, on ne va
pas imposer Epic. C'est ce que vous venez de le dire. C'est ça que j'ai salué. Parce
que ce n'est pas uniquement l'Hôpital juif. Il y a d'autres hôpitaux où ça
marche. Je peux vous parler de ce qui se passe ici, à Québec, et un peu vers le
nord. Je peux vous parler d'autres régions, vous les connaissez très bien. Je
pense, on parle aux mêmes personnes. Moi, ce que je veux savoir
aujourd'hui : Est-ce que d'Epic, c'est du mur-à-mur? Vous venez de le dire :
Non, on va prendre notre temps. Donc, ce qu'on peut conclure, <aujourd'hui,
Epic...
M. Derraji :
...
venez de le dire : Non, on va prendre notre temps. Donc, ce qu'on peut
conclure >aujourd'hui, Epic, c'est pour deux projets vitrines. On a eu
une leçon, on a appris que ça coûte cher. Là, on va voir d'autres façons pour
gérer le Dossier santé numérique. On est tous d'accord.
Mme Bélanger : M. le député,
je reconnais votre grande habileté, là, mais vous ne pouvez pas me faire dire
ce que je n'ai pas exactement dit. Je suis contente du déploiement de Santé
Québec en lien avec le DSN, c'est une bonne solution. Le DSN est interfaçable, ça,
on me l'a confirmé. Ça fait qu'on est... c'est déjà le cas pour les deux
projets vitrines. Maintenant, ce que je dis pour l'avenir, c'est de prendre...
de continuer à faire l'évaluation de ce projet-là.
Et puis, naturellement, on a beaucoup de
leçons apprises de ce système-là, et puis je souhaite qu'on puisse continuer de
trouver la meilleure solution possible. Mais on ne se remettra pas à faire des
grandes recherches qu'on a pris six ans à faire aussi, là, soyons concrets.
Alors, il y a un travail qui est fait là. Puis, pour les grands centres
hospitaliers ayant des missions universitaires ou les centres jeunesse, je vais
donner cet exemple-là, alors, qui ne sont pas inclus, il va falloir trouver une
solution aussi. Et c'est là qu'il faut ouvrir, et il faut avoir un équilibre
dans tout ça...
M. Derraji : Non, mais...
Le Président (M. Allaire) : 1 minute...
1 min 30 s. M. le député.
Mme Bélanger : Mais...
Le Président (M. Allaire) : Allez-y.
M. Derraji : Mais je ne
retire pas ce que j'ai dit. Vous avez raison, je vous dis, je vous salue, parce
que c'est la vision à avoir. Là où j'ai un enjeu, c'est que... déclarez-le
aujourd'hui. On ne peut plus dire aux Québécois que ça va être Epic partout au
Québec. Pour moi, de ce que je décode entre vous, Epic, c'est dans les deux
projets vitrines. Et ce que vous êtes en train de voir, vous êtes déjà rendus à
un plan B et à un plan C, de voir d'autres opérateurs, d'aller chercher
l'interopérabilité. Moi, je pense qu'avec ce qu'on a vécu tous avec Epic... Et
encore une fois je ne parle pas de la volonté d'aller avec un dossier santé
numérique, c'est une bonne chose, c'est nécessaire. Mais mettre certains
centres... lier leurs mains avec Epic, je ne pense pas que vous, je ne veux pas
vous faire dire n'importe quoi... que le niveau de satisfaction est très élevé.
C'est ça que je veux savoir aujourd'hui, que... Est-ce qu'on va s'attendre à un
plan de déploiement d'Epic à court terme ou bien la décision est prise, stop,
on ne va pas aller de l'avant, on va revoir les options qu'on a?
Le Président (M. Allaire) : ...
Mme Bélanger : Écoutez, dans
le fond, là, je vous ai, je pense, répondu, là, le plus que je pouvais en
disant que j'attendais le rapport du projet vitrine et la recommandation pour
la suite des choses.
Le Président (M. Allaire) : Merci...
Mme Bélanger : Et on travaillera,
à ce moment-là, avec les différents comités au niveau Santé Québec, avec leurs
conseils d'administration.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. Ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle.
On enchaîne avec la partie gouvernementale. Mme la députée de Vimont, vous avez
14 min 45 s.
Mme Schmaltz : Bon, merci. Merci,
M. le Président. Bonjour, Mme la ministre. Tantôt, je me suis... j'ai écouté un
peu les échanges, là, que vous aviez, puis, avec ChatGPT, pour ne pas le
nommer, je lui ai posé des questions du genre... J'essayais de trouver un
dicton, finalement, tu sais, j'essayais de trouver quelque chose de différent.
Puis, en fait, celle que j'ai trouvée la plus intéressante, c'était : Quand
une réponse survie à 100 questions, le problème n'est peut-être plus la
réponse. C'est comme... Tu sais, je trouvais ça «cute», tu sais. Je me suis dit...
C'est un petit dicton, là, tu sais. C'est «cute», hein, quand même, hein?
Une voix : ...
Mme Schmaltz : Ah! Ah! Ah!
Bon, ça y est! Ceci étant dit, c'est une petite... c'est un petit clin d'oeil,
là, c'était une petite blague, là, que je faisais.
On commence à voir plusieurs améliorations
dans le réseau de la santé, justement, depuis la création de Santé Québec.
Alors, j'aimerais bien, concrètement, que vous nous parliez de ce qui s'est
amélioré depuis... depuis les dernières semaines, les derniers mois, ce qui est
concret.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
il y a eu beaucoup de choses qui ont... qui ont été faites. Je peux peut-être
commencer par la chirurgie. Alors, vous le savez qu'avec l'arrivée de Santé
Québec on a augmenté le nombre de patients ayant eu une chirurgie. Ils ont
considérablement, donc, été productifs à ce niveau-là. C'est 2 400 chirurgies
de plus que la dernière année. Et c'est une baisse importante des listes
d'attente. On est passés, dans nos listes d'attente en chirurgie, de
22 000 personnes qui étaient... qui attendaient pour une chirurgie,
c'était vraiment beaucoup trop important, à 4 000. Alors, on améliore
beaucoup les listes d'attente en chirurgie, je veux quand même le mentionner,
et ça va continuer.
Au niveau des salles d'urgence, on en
parle beaucoup, des salles d'urgence, hein, il n'y a pas une semaine qu'on n'a
pas, donc, dans les médias, des situations dans nos salles d'urgence. Ils ont,
dans toutes les catégories, amélioré les délais d'attente de P1 à P5. Encore
beaucoup de travail à faire, mais c'est déjà, je pense... On doit saluer. C'est
une jeune société d'État, puis les <résultats sont là...
Mme Bélanger :
...
mais c'est déjà, je pense... On doit saluer. C'est une jeune société d'État,
puis les >résultats sont là. Je vous parle... Dans l'entente avec les
médecins de famille, j'aurai l'occasion d'y revenir, mais on va atteindre notre
objectif d'avoir accès à un médecin de famille ou à un GMF. C'est extrêmement
important. Les cliniques IPS qu'ils ont ouvertes dans les CLSC, on parle de
18 cliniques. Alors, c'est extrêmement important.
Je pourrais parler du soutien à domicile
aussi, où ça aussi, ça a été un virage difficile à faire. Mais aujourd'hui on a
quand même une augmentation du nombre de personnes qui reçoivent des services
de soutien à domicile, et les listes d'attente ont diminué aussi en soutien à
domicile. Ça fait que, bravo, on est à la bonne place, on continue.
Je ne peux pas faire autrement que de
parler de la main-d'œuvre indépendante. C'est 700 millions d'économies
pour la dernière année, 700 millions d'économies. On pourra le reprendre
tantôt. Et c'est quand même tout un travail qui a été fait pour se départir de
la main-d'œuvre indépendante, puis c'est presque atteint à 100 % un peu
partout.
Le temps supplémentaire obligatoire pour
les infirmières, bien, on était à des chiffres record, malheureusement, de
temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières dans le réseau. Puis
aujourd'hui, bien, on a diminué ça de 70 %. On continue, parce que le TSO,
ça devrait être zéro. Alors, on est... on est à la bonne place.
C'est des changements importants, autant
avec l'entente avec la FMOQ qui s'en vient, l'entente avec les médecins
spécialistes. Je vous dirais aussi tout le travail qui est fait avec nos
pharmaciens, les IPS. Alors, on est à la bonne place. Puis je veux saluer le
travail qui a été fait du côté de Santé Québec. Puis il reste encore beaucoup
de travail pour continuer de rendre des services accessibles et plus... plus
rapidement pour les Québécois. Alors, merci pour la question.
Mme Schmaltz : Je me permets
juste de souligner, en tant que députée à Laval, justement, on a été... En
fait, l'Hôpital Cité-de-la-santé à Laval a été, d'ailleurs, l'un des
premières... des premiers hôpitals à avoir un TSO qui frisait le zéro. On a eu...
Oui, dès le début, je pense que le fait d'avoir l'autorégulation, là, des
horaires, bref, en tout cas, c'est ce qui avait été mis en place, ça a vraiment
bien fonctionné, en tout cas, chez nous, à Laval. Alors, c'est quelque chose,
là, qu'on a eu de positif.
Vous parliez tantôt du nombre de... Vous
disiez, au niveau des chirurgies qu'on avait, qu'on était descendu à... ce que
vous aviez parlé, ce que vous aviez tantôt...
Mme Bélanger : ...peut-être
sur...
Mme Schmaltz : Oui, peut-être
juste sur ça, là.
• (10 h 50) •
Mme Bélanger : Oui, sur la
chirurgie. Pour vous donner un exemple, là, on est à
452 000 chirurgies. Donc, c'est une augmentation importante, là,
dépendamment si on se prend, par exemple, à partir de... après la... après
pandémie, hein, dans le fond, de voir où on en était après la pandémie. Bien,
on a réussi, avec Santé Québec, à augmenter le nombre de chirurgies. En
2022-2023, on était à 414 000 personnes qui avaient subi une
chirurgie; en 2024-2025, 452 000; puis, en 2025-2026, ainsi de suite. Ça
fait qu'ils ont constamment, entre autres depuis leur arrivée, continué de
garder le cap sur l'augmentation des chirurgies.
Je veux parler des chirurgies oncologiques
aussi. Les chirurgies oncologiques, là aussi une très grande amélioration. Parce
qu'on le sait que, lorsqu'on a un cancer, on veut être opéré le plus rapidement
possible. Puis, ici, là, on ne parle pas de délai d'un an. Bien sûr, les délais
devraient, selon le type de cancer, être à l'intérieur de 58 ou 59 jours.
Donc, c'est extrêmement important. Et là aussi il y a une amélioration du
nombre de chirurgies oncologiques réalisées, mais aussi de la diminution des
listes d'attente, donc, à ce niveau-là, et c'est extrêmement important.
Je veux parler des consultations avec les
médecins spécialistes. On n'en a pas parlé beaucoup, et ça, on va continuer de
l'améliorer. Mais, en 2022‑2023, là, c'était grosso modo
657 000 consultations qui a été fait. Puis, pour vous donner un
exemple, en 2024-2025, on est rendu à 100 000 consultations de plus,
754 000. Ça, c'est pour 2024-2025. Puis, en 2025-2024, ça a encore
augmenté. Ça fait qu'on est à la bonne place.
L'entente avec la FMSQ va nous aider, pour
répondre à votre question, là, à plusieurs niveaux, mais à trois niveaux. Plus
de... Plus de volume en chirurgie, meilleure accessibilité au niveau de la
chirurgie, ça fait que ça, c'est très important. L'amélioration et
l'augmentation des consultations en médecine spécialisée, donc, quand un
médecin de famille ou une IPS nous font une consultation, qu'on puisse avoir un
accès plus rapide à une spécialité. Ça fait que ça, c'est le <deuxième...
Mme Bélanger :
...
qu'on puisse avoir un accès plus rapide à une spécialité. Ça fait que ça, c'est
le >deuxième objectif de l'entente. Et le troisième objectif, c'est
l'amélioration du CRDS, qui est le Centre de répartition des demandes de
service. Alors, on est à la bonne place pour la chirurgie.
Vous savez qu'on a aussi des ententes avec
les cliniques médicales spécialisées, qui nous permet, quand le public n'est
pas capable de répondre dans les délais, selon les ententes qui sont convenues
entre établissements et CMS, de pouvoir demander au patient s'il accepte d'être
opéré pour des cliniques médicales spécialisées sur une base publique, donc
avec sa carte d'assurance maladie. Et ça, ça améliore aussi beaucoup, beaucoup
l'accès.
Mme Schmaltz : On a donné
aussi plus de pouvoir aux pharmaciens, entre autres. Puis je pense que ça se
mesure dans le quotidien de tout le monde, là, quand on va, des fois,
renouveler un médicament ou quand on a besoin d'un conseil, d'avoir ces
rencontres un peu privilégiées avec les pharmaciens et puis qui ont accès,
justement, à notre dossier au complet. Je pense que ça aussi, ça a été quelque
chose. Est-ce que ça se mesure? Est-ce qu'il y a des données là-dessus? Est-ce
qu'on peut... Est-ce qu'on voit l'impact?
Mme Bélanger : Bien, vous
savez que j'ai eu l'occasion de lancer la politique nationale sur la première
ligne. Et la première ligne, c'est, oui, tout ce qui se passe en GMF. Je
souhaite qu'il y ait plus d'IPS. Mais c'est aussi ce qui se passe avec les
pharmaciens.
Ça fait qu'il y a trois volets, là, pour
améliorer la première ligne : d'abord, nos GMF, les GAP, etc., nos IPS; plus
de cliniques spécialisées IPS, Santé Québec y travaille, c'est un engagement, à
partir de nos CLSC; puis le troisième volet, c'est avec nos pharmaciens, qui,
depuis la pandémie, ont démontré qu'ils étaient capables de contribuer à la
campagne de vaccination, donc, puis ils le font de façon extrêmement
importante. Nos pharmaciens, si je ne me trompe pas, cette année... toutes les
pharmacies communautaires ont fait plus de vaccination que dans nos centres de
vaccination publics. Alors, c'est quand même extrêmement important, là. Ils
sont au rendez-vous, les pharmaciens.
Donc, on le voit, là, toute l'évolution
des champs de pratique. Alors, il y a eu des révisions de la loi pour augmenter
leurs champs de pratique. Ils sont partants à ce niveau-là. J'ai eu des
rencontres avec l'Ordre des pharmaciens. Donc, ils peuvent contribuer à des
diagnostics, ils peuvent débuter des traitements, alors ce n'est pas rien, puis
ils peuvent référer aussi, alors, pour certaines conditions cliniques, bien
sûr. Ce ne sont pas des médecins, mais ce sont des professionnels qui sont
hautement formés, qui ont une expertise, et ils sont vraiment en train de
développer ça.
D'ailleurs, si vous le voyez, des
pharmacies, il y en a partout au Québec, elles sont ouvertes sept jours sur
sept. Alors c'est un plateau technique qu'on doit utiliser pour les services
première ligne. Plusieurs ont développé des services avec des infirmières, avec
d'autres catégories de professionnels, ça libère le système public, et puis les
gens sont extrêmement satisfaits.
Alors, on continue de travailler avec,
donc, l'Ordre des pharmaciens, bien sûr, mais aussi avec les associations de
pharmaciens, là. Ce sont des professionnels qui peuvent faire une très, très
grande différence, en particulier pour les P5 puis je vais dire P4, peut-être,
aussi — je regarde du côté du ministère. Mais ils peuvent faire une
différence pour des problèmes de santé qui ne nécessitent pas d'aller à
l'urgence, mais qui nécessitent une intervention, un médicament ou quelque
chose. Alors donc... Alors, on travaille beaucoup avec les pharmaciens.
Mme Schmaltz : Puis je pense
qu'ils l'apprécient aussi. Là, on l'a entendu souvent là-dessus. C'est quelque
chose qui, je pense... qui se faisait longtemps, là.
Je vais terminer avec une dernière petite
question. Je pense qu'on a eu une augmentation, hein, des inscriptions de
médecins, est-ce qu'on peut confirmer ça, des étudiants en médecine? Avons-nous
eu une augmentation, quand même? Je ne sais pas si vous...
Mme Bélanger : ...le temps
qu'on me donne la fiche, sur le nombre exact, que je vous donne le chiffre
exact. Mais, oui, effectivement, depuis... en fait, depuis 2020, notre
gouvernement a augmenté, donc, le nombre de médecins. On est passé d'environ...
de 800 à 1 200 inscriptions par année dans les quatre facultés de
médecine. Alors, c'est important. Vous savez qu'on a l'Université de Montréal, l'Université
McGill, l'université du côté de Sherbrooke et l'Université Laval à Québec, ces
quatre universités ont des facultés de médecine, et, depuis quelques années, on
a constamment augmenté le nombre d'inscriptions.
D'ailleurs, en 2027, on devrait voir les
résultats de ça, parce que là les médecins qui sont rentrés dans les
premières... les étudiants qui sont rentrés dans les premières cohortes vont
commencer, là, donc, à sortir. Alors, c'est extrêmement important. Donc, on
augmente le nombre. On fait deux choses : on a augmenté le nombre total,
mais on augmente aussi le nombre à l'intérieur de ça pour la médecine
familiale. Alors, ça, c'est important.
Il y a un rééquilibrage à faire à ce
niveau-là. Les médecins de famille, on en a <besoin...
Mme Bélanger :
...
un rééquilibrage à faire à ce niveau-là. Les médecins de famille, on en a >besoin
partout. Je dis souvent qu'ils sont le pilier de notre système de santé. Ils
sont présents dans la première ligne, ils sont présents dans les salles
d'urgence, dans les hospitalisations, dans les CHSLD, en soutien à domicile, en
soins palliatifs, en aide médicale à mourir, en réadaptation, ils sont présents
dans les centres jeunesse. Nos médecins de famille, là, donc, ils sont partout
dans le système de santé. Puis c'est important de rétablir ça.
On a besoin de nos médecins spécialistes
aussi. Donc, on travaille avec, donc, le ministère, avec... du côté de la RAMQ
et FMSQ aussi pour se projeter dans l'avenir. Parce que, là aussi, dans
certaines spécialités, il y a des risques de découverture éventuels, il y en a
existants puis il y en a d'autres éventuels, parce qu'il y a des médecins qui
vieillissent. Alors donc, on regarde tout ça. Mais c'est un rééquilibrage à ce
niveau-là. C'est une... C'est une bonne nouvelle pour les médecins. On en a
besoin.
Mais moi, je ne parle jamais des médecins
sans parler des autres professionnels. Et, vous le savez, je crois aux IPS.
Puis on a formé 2 000 IPS au Québec. Les IPS sont capables de faire
de la prise en charge pour les patients. C'est extrêmement important. Puis on
doit accélérer à ce niveau-là. Santé Québec s'est engagée, au cours de l'année,
à ouvrir six cliniques supplémentaires... six ou sept cliniques supplémentaires
aux 18 existantes. Alors, ils ont le budget pour faire ça, puis c'est
important. On ne peut pas miser seulement sur les médecins de famille, ça ne
fonctionnera pas. Il faut que les cliniques IPS soient au rendez-vous. Alors
donc, voilà.
Mme Schmaltz : Puis je
comprends, parce qu'on vous écoute, je vous écoute tantôt parler et répondre
aux questions et... Mais, vous savez, en circonscription quand on rencontre...
on rencontre tous, là, des gens, nos aînés principalement, puis, lorsqu'on les
questionne, justement, du... en lien, bon, avec leur santé, parce que c'est
souvent ça qui revient dans les premières discussions, on sent chez les aînés,
et je ne veux pas parler de tout le monde non plus, là, je... il y a des cas
quand même qui sont... qui restent à part, mais je pense que, quand on les
écoute, nos aînés, il y a tout de même des avancées. Parce qu'ils nous en parlent,
ils se sentent... ils se sentent en confiance quand ils vont... quand ils vont
appeler leur médecin. C'est sûr que, bon, des fois, il y a des attentes, il y a
des impondérables auxquels je pense qu'on ne peut pas toujours répondre à la
seconde près, mais, grosso modo, quand on les entend...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, Mme la députée de Vimont.
Mme Schmaltz : Voilà. Bon, c'est
fini.
• (11 heures) •
Le Président (M. Allaire) : Ça
met fin à ce bloc d'échange avec la partie gouvernementale. Alors, on enchaîne
avec l'opposition officielle. M. le député de Nelligan, vous avez 21 min 46 s.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, on va parler de l'entente bilatérale pour le
traitement des maladies rares. Selon l'analyse de l'accord Canada-Québec sur
les médicaments pour le traitement des maladies rares, il apparaît qu'aucune
balise spécifique n'encadre de manière détaillée l'utilisation des
305 millions de dollars versés au Québec sur trois ans. Il y a un
tableau qui est public des contributions fédérales prévues au Québec. Selon
l'accord 2024-2027, on parle de beaucoup de millions de dollars. Le
gouvernement a donc une grande discrétion quant à l'affectation de ces fonds,
tant que ceux qui appuient globalement le régime général d'assurance
médicaments et le plan québécois sur les maladies rares.
Première question : Comment, Mme la
ministre, vous justifiez le refus de transmettre la ventilation détaillée des
dépenses, alors que l'entente prévoit explicitement un engagement de
transparence?
Le Président (M. Allaire) : ...
Mme Bélanger : Oui. Alors
donc, écoutez, là, je veux juste quand même revenir, là, sur le volet des
maladies rares. Puis c'est un volet qui est extrêmement important puis qui est
très difficile à porter pour les personnes qui ont des maladies rares.
Alors, il y a eu une entente avec le
gouvernement fédéral en 2025, une entente sur trois ans, 300 millions sans
condition. Très important, sans condition. Ça nous permet d'investir dans nos
priorités au Québec. On le sait qu'au Québec on est chef de file en maladies
rares. Notamment, on s'est dotés d'une politique québécoise en lien avec les
maladies rares, on s'est dotés d'une stratégie pour les sciences de la vie,
hein? Puis il ne faut pas penser, au Québec, là, qu'on est les derniers de
classe dans ce niveau-là. On a, donc, des centres de recherche, des
professionnels, des cliniciens qui ont développé toute une expertise à ce
niveau-là. Alors, je le répète, l'entente, c'est une entente sans condition. Il
faut se réjouir de ça.
L'INESSS a mis en place, en
début 2026, un comité sur les maladies rares pour accompagner les aspects
scientifiques et stratégiques dans les pratiques d'évaluation. Parce qu'en <contexte...
>
11 h (version révisée)
<19281
Mme
Bélanger :
...accompagner les aspects scientifiques et
stratégiques dans les pratiques d'évaluation, parce qu'en >contexte de
maladies rares, bien sûr, c'est important de prendre des bonnes décisions puis
de faire les évaluations justes et pertinentes. Alors, c'est ce que l'INESSS
fait, là. Je veux quand même saluer Dre de Guise, qui est avec nous aussi
aujourd'hui. Dans un comité, ils ont mis une vingtaine de personnes, des
professionnels, mais aussi des citoyens, donc des citoyens, une éthicienne,
économiste en santé, et les citoyens, ce sont... qui siègent à ce comité-là, ce
sont des personnes proches aidantes, des représentants d'associations de
patients. Alors, on a une stratégie puis une politique pour les maladies rares
au Québec puis on va de l'avant.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. M. le député, allez-y.
M. Derraji : Mme la ministre,
je ne parle pas... Je comprends qu'il n'y a aucune balise précise imposée par
Ottawa, je comprends qu'on est maîtres chez nous, et on doit gérer ça comme on
veut. Mais moi, je me mets à la place des personnes qui, eux, se demandent
comment ça fonctionne, ce fonds. C'est que vous avez le droit de le gérer, ce
fonds, mais est-ce qu'on peut avoir une ventilation?
Dans l'accord Canada-Québec concernant le
financement fédéral visant les médicaments pour le traitement des maladies
rares, le Québec, le Québec, Mme la ministre... le Québec, Mme la ministre s'engage
explicitement, à la section 6, à assurer la transparence concernant les
objectifs de l'accord et à faire rapport à la population québécoise sur l'usage
de l'ensemble des fonds. Maintenant, ce que je vous demande aujourd'hui, Mme la
ministre, au nom de ces patients : Il est où, le rapport sur l'utilisation
de l'ensemble des fonds?
Mme Bélanger : Alors donc, M.
le député, vous le savez, tantôt, là, j'ai parlé du 300 millions sur trois
ans...
Une voix : ...
Mme Bélanger : J'ai parlé 300
millions sur trois ans, sans condition dans nos priorités, en lien avec la
stratégie et le plan d'action. Donc, il y a un budget, là, annuel qui est donc
octroyé, qui est donc en lien avec le ministère de la Santé, donc, pour
soutenir les médicaments qui sont associés aux maladies rares.
Et il faut aussi voir qu'on a un régime
général d'assurance médicaments, qui est un régime qui est très performant au
Québec quand on se compare à d'autres provinces. Ça fait que, donc, d'avoir juste
le volet du 300 millions, ce n'est pas suffisant, il faut aussi regarder
ce qui se passe du côté de la RAMQ puis des budgets en lien avec les
médicaments.
Alors, si vous le souhaitez, Dr Bergeron
pourrait vous donner plus d'informations, parce qu'on rentre dans un sujet qui
est extrêmement... ultraspécialisé, qui est extrêmement important pour les gens
qui ont les maladies rares. Alors, on travaille...
M. Derraji : Aucun problème.
Oui, aucun...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, allez-y.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Je veux juste répéter un point. Et aucun problème à ce que Dr
Bergeron réponde à cette question. On est interpelés, je pense, aussi, nos
collègues, nos collègues des autres formations. Dans... Dans l'accord avec le
fédéral, Mme la présidente, sur les maladies rares, parce que les patients nous
parlent beaucoup, votre gouvernement s'est engagé à assurer la transparence
concernant les objectifs de l'accord et à faire rapport, faire rapport — moi,
c'est ce rapport que je demande aujourd'hui — à la population
québécoise, qui nous regarde, sur l'usage de l'ensemble des fonds. Pourtant,
dans le cadre d'une demande d'accès à l'information visant à obtenir la
ventilation exhaustive des sommes dépensées et les récipiendaires des fonds, les
informations demandées n'ont pas été fournies. Donc, je suis content et heureux
aujourd'hui que vous me dites que Dr Bergeron peut nous dévoiler ça aujourd'hui.
Je n'ai aucun problème, M. le Président, à lui demander, à lui reposer cette
question. Il l'a entendue. Donc, avec votre accord, si Dr Bergeron peut nous
ventiler et nous déposer le rapport, j'accepte.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la ministre, ça va?
Mme Bélanger : Oui, ça va
pour moi.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Donc, j'ai besoin de votre consentement pour permettre à M. Bergeron de
répondre. Est-ce que j'ai votre consentement?
M. Derraji : Merci. Oui,
consentement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Donc, simplement prendre le temps de vous présenter, avec votre titre, s'il
vous plaît, et la parole est à vous.
M. Bergeron (Stéphane) : Bonjour,
M. le Président. Stéphane Bergeron, sous-ministre adjoint, ministère de la
Santé et des Services sociaux, donc sous-ministre adjoint à la santé physique
et aux pharmaceutiques.
Tout d'abord, je vais être clair, je n'ai
pas de rapport à déposer aujourd'hui sur l'utilisation des fonds et... à vous
transmettre aujourd'hui. Il faut comprendre ici que, de par sa couverture
unique, notamment dans les médicaments, avec un programme d'assurance
médicaments qui est... qui couvre la population dans son ensemble, ce qui n'est
pas le cas dans les autres provinces, et de par le type et la <vitesse à
laquelle...
M. Bergeron (Stéphane) :
...
ce qui n'est pas le cas dans les autres provinces, et de par le type et la >vitesse
à laquelle le Québec inscrit ses médicaments, le Québec rencontrait déjà les
exigences du fédéral pour ce programme-là, d'où la possibilité d'avoir un
accord dans lequel l'utilisation des fonds, ce serait déterminé par le Québec.
Donc, les fonds qui sont utilisés par
cela, en fait, on les retrouve sous différents types. On les retrouve dans
l'inscription de médicaments pour des maladies rares qui sont déjà couverts par
le régime général et tous ceux qui s'ajoutent suite à des avis de l'INESSS puis
à des négociations avec les compagnies pharmaceutiques. Ils se trouvent dans le
développement d'un réseau Navi-Nat pour coordonner les maladies rares et éviter
l'errance dans les maladies rares. Ils se retrouvent également dans le
développement d'un test... de tests génétiques pour le dépistage de maladies
rares. Donc, ce sont des sommes qui sont toutes attribuées à cela.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Derraji : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, vous êtes capables de faire de la ventilation. Vous venez
de me détailler beaucoup de choses. Pourquoi ne pas la rendre publique, Dr Bergeron?
M. Bergeron (Stéphane) : M.
le Président, donc, ce que j'ai... ce que j'ai répondu tout à l'heure, c'est
que je ne dispose pas d'un tel rapport présentement, mais que c'est...
M. Derraji : ...M. Bergeron,
je ne vous pose pas la question sur le rapport. Vous avez déjà répondu au
rapport. D'ailleurs, c'est marqué que, dans la section 6, le Québec
s'engage explicitement à rendre... à assurer la transparence concernant les
objectifs de l'accord et à faire rapport à la population québécoise sur l'usage
de l'ensemble des fonds. Ça, je le mets de côté. Vous venez... Vous venez de me
parler de plusieurs interventions. Vous êtes capable à déchiffrer les 305 millions de
dollars sur trois ans et à dire qu'on a investi tel, et tel, et tel dans telle
maladie et telle maladie. Vous venez de le dire d'une manière très fluide.
Pourquoi ne pas rendre ce qui a été dépensé dans le cadre de cette entente
public?
M. Bergeron (Stéphane) : M.
le Président, je ne peux pas aller plus loin que ce que j'ai dit tout à
l'heure. Donc, j'ai identifié les endroits où sont utilisés les fonds en lien
avec les maladies rares. Je n'ai pas la capacité, présentement, de vous dire
exactement... Ce que vous demandez, c'est une ventilation détaillée. Je ne
dispose pas de ventilation détaillée. Je vous indique dans les... dans les
créneaux associés aux maladies rares, là où le Québec a investi.
• (11 h 10) •
M. Derraji : Dr Bergeron, on
est dans une étude de crédits. L'étude de crédits, c'est justement aller dans
la ventilation des chiffres. On parle de maladies rares. Il y a des patients
qui nous contactent et qui contactent nos collègues, ils ont le droit de
savoir. Ce n'est pas une information privée, c'est une information publique, et
ça, c'est hyperimportant, parce que ce qu'on doit savoir aujourd'hui, comment
ont... combien ont effectivement été dépensés, quelle proportion des sommes a
servi à couvrir des dépenses déjà assumées par le RGAM plutôt qu'améliorer
concrètement l'accès à de nouveaux traitements, c'est un débat public.
Mettez-vous à la place des patients qui souffrent de maladies rares et que,
pour eux, la seule option qui reste, c'est d'avoir accès à ces fonds. C'est là
ma question.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Bélanger : ...M. le
député, je veux quand même juste revenir, là, que l'entente a été signée en
2025. Ça fait qu'on est en 2026, elle vient d'être signée, cette entente.
Alors, c'est une entente sur trois ans. Je vous ai dit tantôt que l'INESSS
avait mis en place un comité qui a débuté en... début 2026, alors on est dans
les premiers balbutiements de tout ça, un comité sur les maladies rares. Et,
bien sûr, on va avoir une reddition de comptes à faire, parce que ce qu'on a
signé avec le fédéral, puis il faut quand même se réjouir de ça, là, c'est
que... donc, c'est une entente qui nous permet de gérer en fonction de notre
propre stratégie, parce que nous avons une stratégie nationale et nous devrons
faire une reddition de comptes. Et puis je prends bonne note de cela, pour
s'assurer qu'on fasse une reddition de comptes de l'année 1. Mais il faut
tout de même que l'année 1 se termine, pour ça. Alors, lorsque l'année
sera terminée, on pourra faire la reddition de comptes...
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
Mme Bélanger : ...sur l'usage
des fonds pour la première année.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Derraji : M. le Président,
je veux juste être clair. La ministre nous a autorisés de parler avec Dr Bergeron.
Si Mme la ministre veut continuer à choisir les réponses qu'elle veut ou les
questions qu'elle veut, juste qu'on soit clairs, parce que j'étais en échange
avec le Dr Bergeron. Moi, je n'ai pas de problème, mais que vous arrêtez la
réponse... J'étais en train de lui poser la question. Mais ce n'est pas grave.
Si vous voulez répondre, Mme la ministre, je n'ai aucun problème.
Revenons, revenons, revenons à la
ventilation. Non, parce que j'ai... on était... on était engagés dans...
Le Président (M. Allaire) :
...à la ministre de décider si elle répond ou pas à la question.
M. Derraji :
<Comme
j'ai...
Le Président (M. Allaire) :
...
ministre de décider si elle répond ou pas à la question.
M. Derraji :
>Comme
j'ai...
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
M. Derraji : ...aussi le
droit de choisir si je veux interpeler un fonctionnaire ou pas.
Le Président (M. Allaire) : Oui.
Ça prend le consentement aussi, vous savez, de la commission. Et la...
M. Derraji : Oui. Mais ça, il
y a eu le consentement.
Le Président (M. Allaire) : Et
elle ne... peut ne pas donner son consentement si elle le souhaite. Vous pouvez
poursuivre, M. le député. Merci.
M. Derraji : Et on a obtenu
le consentement que Dr Bergeron réponde.
Le Président (M. Allaire) : ...enlever
à tout moment si elle le souhaite.
M. Derraji : Elle peut
l'enlever en le demandant. C'est... C'est... a choisi directement de répondre.
Le Président (M. Allaire) : Elle
a... Elle a demandé de reprendre la question, elle a demandé...
M. Derraji : C'est bon, revenons
à l'essentiel. Merci, M. le Président...
Le Président (M. Allaire) : Non,
non, moi, je n'ai pas terminé. Elle a demandé de répondre à la question. Vous n'avez
pas demandé de... une question subséquente à M. Bergeron... Dr Bergeron. Donc,
on poursuit, tout simplement. Alors, allez-y.
M. Derraji : OK. Je vais
revenir à la question des 300 millions. Il y a un tableau de synthèse des
contributions fédérales prévues au Québec, selon l'accord 2024-2027. Déjà,
dans 2024-2025, on parle d'un montant annuel de 100 millions de
dollars, versement unique et dans les 15 jours ouvrables, suivant la
signature de l'accord et confirmé dans l'accord. Mme la ministre, les gens qui
nous contactent et qui parlent veulent savoir l'utilisation de ces fonds. J'en
suis sûr et certain que vous savez où ça a été dépensé.
Mme Bélanger : M. le député,
je vous ai mentionné, il y a quelques instants, que c'est une entente qui a été
signée en 2025. Alors, l'entente a été signée en 2025 avec le fédéral. Un
comité s'est mis en place en début 2026. Alors, on est au
printemps 2026, alors on est dans notre année 1. On est en train,
donc, de mettre en place le comité, qui a... qui est déjà formé. On va utiliser
cet argent-là à bon escient dans notre besoin pour notre stratégie québécoise
en lien avec les maladies rares. Je répète qu'on est chefs de file dans ce
domaine-là, et c'est pour ça que ça a été plus facile de conclure une entente
avec le fédéral. Alors, quand notre année va être terminée, on fera une
reddition de comptes. C'est la façon qu'on fonctionne avec le ministère. Que ce
soit avec la RAMQ, avec l'INESSS, ils sont obligés de faire des rapports, là.
Ils vont faire le rapport, mais...
M. Derraji : Mme la ministre,
j'ai l'entente...
Mme Bélanger : ...laissons-les
partir le projet, là. Vous demandez un rapport alors que ça fait quatre, cinq
mois qu'on est en place.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Derraji : Oui. Mme la
ministre, j'ai le rapport, j'ai... j'ai le calendrier devant moi. L'entente se
termine l'année prochaine. L'entente se termine... le dernier versement, là,
c'est le 15 novembre 2026, 15 novembre 2026. Il y avait déjà un
versement de 100 millions pour 2024-2025. Il y a un autre 100 900 000 $,
2025-2026. On est dans le dernier versement. Un, vous l'avez déjà encaissé le
15 avril 2026. Ce qui reste, c'est un 50 millions le 15 novembre
2026. On arrive à la fin des versements, et vous n'êtes même pas capable
aujourd'hui de nous dire la ventilation des dépenses des autres versements.
Vous l'avez déjà reçu, là, l'argent, il était déjà encaissé.
Mme Bélanger : C'est de
l'argent sur trois ans. C'étaient 100 millions par année, grosso modo.
Alors, l'entente a été... C'est une entente de trois ans, mais qui a été signée
en 2025. Alors, il n'y a pas eu d'activité en 2024 là-dessus. L'entente a été
signée en 2025. Les travaux se mettent en place. Il y aura une reddition de
comptes.
Alors, on prend bien note de votre
commentaire, mais, au moment où on se parle, on n'était pas dans un processus
de reddition de comptes. On est dans un processus de bien utiliser ce
financement-là en lien avec nos priorités québécoises, en lien avec la
stratégie et la politique à ce niveau-là. Alors, on fera, ça fait partie des
bonnes pratiques, un rapport en bonne et due forme. Votre question est tout à
fait pertinente, mais vous ne pouvez pas me demander de faire un rapport
aujourd'hui, alors que ça fait quelques mois que la structure se met en place
au niveau de l'INESSS.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Derraji : Donc, ce que je
comprends, il y avait encaissement, mais vous n'êtes pas en mesure aujourd'hui
de dire si cet argent a été investi dans telle ou telle maladie rare.
Mme Bélanger : La reddition
de comptes aura lieu selon ce qui est habituel dans des processus d'entente
Québec-Canada. Alors, on ne fait pas des redditions de comptes au début du
processus. On attend que les activités soient enclenchées. Je me fie que
l'INESSS, que le ministère de la Santé et Services sociaux feront cette
reddition de comptes qui est très importante, ceci étant dit. Vous posez une excellente
question. Mais aujourd'hui on n'est pas là. Je vous ai donné les informations.
Donc, on continue. On apprécie d'avoir ce budget, qui est important puis qui
vient s'ajouter au financement que, par ailleurs, on met dans les maladies
rares au Québec, là. Parce qu'on finance beaucoup d'activités...
Le Président (M. Allaire) : Merci...
Mme Bélanger : ...en lien
avec les maladies rares, que ce soit avec les centres de recherche, que ce soit
avec la RAMQ, que ce soit avec des produits... des fournitures médicales via
nos grands centres universitaires. Alors, ça vient s'ajouter. Puis on fera une
reddition de comptes en temps et lieu.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député, 4 min 30 s.
M. Derraji : Oui. Je
comprends, Mme la ministre, mais ce que... les patients qui attendent, <qu'eux
ils nous...
M. Derraji :
... Je
comprends, Mme la ministre, mais ce que... les patients qui attendent, >qu'eux
ils nous disent, qu'ils ne voient pas cet argent. Vous répondez quoi à ces
patients? Je n'invente rien. Ces gens, ces patients demandent... Ils n'ont pas
vu cet argent sur le terrain. Donc, est-ce que vous confirmez aujourd'hui que
100 % des sommes que vous avez reçues pour les maladies rares, il est
investi dans les maladies rares? Cet argent est dédié à 100 % pour les
maladies rares, vous le confirmez aujourd'hui?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
cette argent-là, là, elle fait partie d'une entente fédérale et Québec. Alors,
cet argent-là, elle va pour les maladies rares. Maintenant, on a ici, au
Québec, des infrastructures qui sont nos propres infrastructures, qui nous
permettent de continuer à faire les travaux à ce niveau-là, que ce soit, je
l'ai répété tantôt, avec la RAMQ, avec le ministère, avec l'INESSS.
Écoutez, les actions, là, importantes qui
ont été mises en place, c'étaient de constituer un comité puis de constituer
les grandes actions. Ils sont en train de faire ça, là, à l'hiver 2026.
Vous me demandez, trois mois après, une reddition de comptes. Laissons-les
travailler, ils vont faire la reddition de comptes. Cet argent...
M. Derraji : Bien, ce n'est
pas trois mois...
Mme Bélanger : ...elle est
très apprécié, est appréciée, pour les Québécois, Québécoises qui ont des
maladies rares, et donc elle va retourner, selon le plan d'action et la
stratégie, selon les grandes orientations. Puis c'est important. Puis on a
toute une stratégie québécoise...
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
Mme Bélanger : ...avec les
sciences de la vie. On continue de regarder ça de façon importante.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Derraji : Mme la ministre,
aujourd'hui, en réponse à notre question, dans le cahier de crédits, vous...
c'est pour le programme CPAP, vous avez dit qu'aucune somme n'a été versée en
2025-2026 pour le remboursement des appareils CPAP, pourtant annoncé en grande
pompe, en 2023, avec un beau communiqué de presse, comme à l'habitude de votre
gouvernement. Pire encore, le ministère a admis lui-même que le financement de
1,8 million de dollars était insuffisant, simplement pour démarrer le
programme. Autrement dit, votre gouvernement a annoncé publiquement un programme
destiné à aider des patients souffrant d'apnée du sommeil sans même prévoir les
sommes nécessaires pour le rendre fonctionnel. Est-ce qu'on peut dire que c'est
une... l'annonce a été une annonce un peu à l'image de ce qu'on voit,
brouillonne?
• (11 h 20) •
Mme Bélanger : Bon, alors,
écoutez, M. le Président, je vais rester calme. Alors, on ne se donne pas de
qualificatifs habituellement ici, mais c'est correct.
Alors, bien, sur l'apnée du sommeil, c'est
un phénomène qui est extrêmement important, qui est en augmentation. Puis
malheureusement, bien, certaines personnes doivent absolument avoir ces
équipements, qui sont des appareils respiratoires, là, donc, qui sont couverts
en totalité pour les bénéficiaires de l'aide sociale. Et, pour les citoyens au
Québec, je veux quand même mentionner que, quand on regarde les données
médicoadministratives de l'INESSS, on estime que c'est... sur une population de
354 000 personnes sur cinq ans, il y a environ
92 000 personnes qui ont... qui requièrent cette... cette
intervention ou cette thérapie, là, si je peux m'exprimer ainsi.
C'est sûr qu'on veut travailler à
améliorer l'accessibilité, c'est extrêmement important. Mais il faut comprendre
qu'il y a eu un impact budgétaire de 11 millions à 171 millions.
Donc, c'est quand même...
M. Derraji : ...mais...
Mme Bélanger : Je m'excuse, je
veux juste continuer. Alors, sur un horizon de cinq... de cinq ans, ce qu'on
fait, c'est qu'on augmente constamment les budgets à ce niveau-là, mais pas juste
les budgets en lien avec les appareils respiratoires, mais tout le volet de
l'éducation et de la prévention.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci. 30 secondes.
M. Derraji : Mme la ministre,
votre collègue a déjà fait une annonce à 1,8 million. Dans le cas des
crédits, le cahier de crédits, votre réponse était : Aucune somme n'a été
versée en 2025-2026 pour le remboursement des appareils CPAP. Aucun patient n'a,
finalement, été aidé avec cette annonce. Votre gouvernement a fait une annonce
à 1,8 million, aucune somme n'a été engagée, aucun patient n'a reçu de
l'argent. Au moins, aujourd'hui, avouez que ça a été une erreur, faire cette
annonce...
Le Président (M. Allaire) : ...fin
à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle. On poursuit avec la deuxième
opposition. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, vous avez 14min 49
s.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Mme la ministre, je ne reviendrai pas sur l'ensemble des éléments
de l'automne passé, de la saga de la loi n° 2,
quand même, mais les constats, par contre, puis les bilans, ça, j'aimerais ça
qu'on en discute un petit peu.
Moi, j'ai accompagné un membre de la
famille, la semaine passée, dans un centre hospitalier, puis on ne voyait pas
le même médecin que d'habitude, puis j'ai posé la question à savoir où était le
médecin habituel, puis on m'a répondu : Ah! ça, c'est une loi n° 2. On m'a répondu ça en, comme, toute <normalité...
M. Cliche-Rivard :
...
m'a répondu : Ah! ça, c'est une loi
n° 2.
On m'a répondu ça en, comme, toute >normalité. C'est ce que le médecin
m'a dit, là, je vous cite textuellement. C'était moi qui ai entendu ça. On m'a
dit ça comme si c'était normal, comme si c'était... je ne dirais pas banal,
parce que c'est dramatique, là, mais c'était connu dans le jargon c'est quoi,
une loi n° 2. J'ai posé la question : Ça veut
dire quoi, ça, «une loi n° 2»? Et on m'a dit :
Ça, c'est quelqu'un qui est parti à la retraite de manière anticipée parce
qu'il n'avait pas du tout apprécié les commentaires, là... on ne reviendra pas
là-dessus, mais la posture de l'automne dernier.
Ça fait qu'évidemment, moi, cette
normalisation-là de ce qu'était une loi n° 2, ça m'a
évidemment choqué, là, mais je me demandais si vous l'aviez finalement calculé,
compté, combien de médecins le Québec a perdus dans cet épisode-là, si vous
l'aviez, la donnée.
Le Président (M. Allaire) :
...
Mme Bélanger : Oui. Bien,
écoutez, je n'ai pas la donnée sous les yeux, mais cette donnée-là, elle est
accessible, là. Alors, si les équipes du ministère me trouvent la donnée, je
pourrai vous la transmettre dans les prochaines minutes. Mais, vous savez, la
loi n° 2, c'est vrai que ça a été un automne
difficile, j'en conviens tout à fait puis je ne veux pas revenir sur le passé.
On a réécrit cette loi-là, et je l'ai fait... j'ai fait adopter une nouvelle
loi l'hiver dernier. Notamment, Dr Bergeron était aussi du côté ministériel,
m'accompagnait à ce niveau-là. Et la loi qu'on a adoptée reflète l'entente avec
la FMOQ, entente qui a été vraiment entérinée par tous les membres médecins de
la FMOQ, membres de la FMOQ, le 19 décembre dernier. Alors donc, cette entente,
elle est une bonne entente.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la ministre...
Mme Bélanger : Puis on renoue
la communication avec les médecins, puis je ne peux pas revenir sur le passé.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, Mme la ministre.
M. Cliche-Rivard : Est-ce
qu'on...
Le Président (M. Allaire) :
J'essaie toujours d'équilibrer le temps. M. le député, allez-y.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Est-ce qu'on a la donnée? Est-ce qu'elle est disponible? Sinon, on la prend en
suspend, vous me revenez avec ça tantôt?
Mme Bélanger : On pourrait
vous revenir, là, parce que j'ai un ordre de grandeur, mais je ne veux pas vous
donner un chiffre approximatif. Mais on a... on a les...
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Si on peut l'avoir ventilée, spécialistes, omnis, ce serait apprécié. Parfait.
Merci.
Mme Bélanger : ...on a, mais
la loi n° 2 visait davantage les médecins de famille,
qui se sentaient davantage visés, disons, par la loi n° 2,
on va dire ça comme ça.
M. Cliche-Rivard : On a des
départs des deux côtés, mais je vous reviendrai avec les...
Mme Bélanger : ...
M. Cliche-Rivard : Oui, mais
ce n'est pas ça, la question précise. J'aimerais ça qu'on prenne quelques
instants pour revenir sur, Mme la ministre, les prochaines étapes de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, là. Il y a eu une annonce. Là, on est toujours en attente
des dépôts et des publications des appels et... des appels d'offres en vue
d'avancer vers des plans et devis. Est-ce qu'on a une... Est-ce qu'on a une
date, là? Est-ce qu'on sait quand est-ce que tout ça va sortir puis qu'il y a
des gens qui vont pouvoir commencer à soumissionner?
Mme Bélanger : Oui. Bien,
alors, écoutez, vous savez qu'on a fait une bonne annonce, là, de 700 millions,
là, pour débuter les chantiers. Quand on a fait l'annonce, il y a quelques
semaines, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont devait rapidement compléter les devis
d'appel d'offres. Alors, on me confirmait que ça devait être au printemps.
Alors, c'est important. Ça vise essentiellement, ce 700 millions de
dollars là, l'achat de terrains, l'aménagement du site principal, la
construction d'un stationnement, là, semi-enfoui, un tunnel pour relier le
futur bâtiment aux bâtiments existants. Puis on leur donnait aussi une
autorisation, dans ce 700 millions, de continuer d'accélérer les travaux
de planification.
Alors donc, sur votre question par rapport
aux devis et à l'appel d'offres, si vous permettez, je laisserais Santé Québec,
là, parce qu'à partir du moment où on fait les annonces pour les
infrastructures, bien, c'est l'employeur, là, qui travaille sur le... les
appels d'offres, là. Comme ministre, je ne me mêle pas des appels d'offres, je
veux respecter, là, la Loi sur l'octroi des contrats. Mais ils devaient...
c'est ce qui avait été vraiment mentionné, c'est qu'ils devaient rapidement
procéder à leur appel d'offres pour débuter les travaux à la fin de l'été.
Donc, appel d'offres au printemps...
Le Président (M. Allaire) :
Parfait...
Mme Bélanger : ...puis appel
d'offres réalisé, puis début des travaux. C'était vraiment ça, la... l'ordre...
M. Cliche-Rivard : Bien, si on
peut avoir la réponse, je suis prêt à effectivement laisser Santé Québec. Mais
on parle d'une date, là, je m'attends à une réponse d'une date.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Est-ce que c'est Mme Biron qui va répondre?
M. Cliche-Rivard : S'il vous
plaît.
Le Président (M. Allaire) :
Mme Biron, la parole est à vous.
M. Cliche-Rivard :
Consentement.
Le Président (M. Allaire) : On
l'avait déjà. Parfait. Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Avec une
date.
Mme Biron (Geneviève) : Bien,
écoutez, il y a des actions à venir, là, spécifiquement pour HMR. Mais là
j'ai... je ne peux pas vous dire exactement pour... à quelle date que le... les
prochaines étapes vont être faites, mais c'est prochainement.
M. Cliche-Rivard : ...on
parle d'un mois, de six mois, de quatre mois?
Mme Biron (Geneviève) : Comme
vous savez, hein, le projet de HRM, c'est un projet extrêmement important,
important pour la population de l'est de Montréal, les équipes sont très affairées,
et on est dans les prochaines étapes, là, pour déposer ça sous peu.
M. Cliche-Rivard : Vous avez
raison, c'est important. C'est pour ça qu'on s'attend à une date approximative.
Mais êtes-vous <capable de me dire, au 31 juin...
M. Cliche-Rivard :
...
pour ça qu'on s'attend à une date approximative. Mais êtes-vous >capable
de me dire au 31 juin, 31 juillet?
Mme Biron (Geneviève) : Oui,
je pense qu'on pourrait vous revenir bientôt sur plus de précisions.
M. Cliche-Rivard : Ça aussi,
dans le deuxième bloc, vous allez pouvoir nous donner une date. Merci beaucoup.
Je note un deuxième engagement. C'est bon. Parfait. Merci beaucoup, Mme Biron. Merci.
Prochaine question. Mme la ministre, vous
avez été quand même interpelée, puis moi aussi, j'ai beaucoup interpelé sur la
question de la grève des ambulanciers paramédicaux. C'est quelque chose qui me
préoccupe beaucoup parce que moi, je les ai rencontrés puis j'ai senti quand
même beaucoup de détresse. Il y avait de la colère, là, mais il y avait
beaucoup de détresse. Et ce sont des gens qui se battent pour sauver des vies
au quotidien, là. Ce sont des gens qui vivent des conditions de travail qui ne
sont pas simples, qui sont souvent les premiers témoins de situations souvent
difficiles à gérer. Et là, vous le savez, ils sont sans convention collective
depuis 2023.
Récemment, vous avez été contactée par les
médias à ce sujet puis vous avez dit, là : Je n'ai pas l'intention de me
mêler des négociations. Sauf que, là, ça ne peut pas durer non plus
éternellement, là. J'imagine que vous avez quand même la possibilité de...
Parce que tout ça part de Québec, finalement, tout ça part de votre
gouvernement. C'est quoi, vos intentions là-dessus? Puis quand est-ce qu'on
arrive à des négociations fructueuses qui nous permettent d'accorder toute leur
dignité à ces employés-là extraordinaires?
Mme Bélanger : Bien, d'abord,
je veux quand même vous dire que je considère la situation très sérieuse, là.
Et naturellement je ne veux pas interférer dans la négociation qui est en
cours, là, ce n'est pas mon rôle. Puis j'ai même mentionné... Parce que moi
aussi, j'ai rencontré plusieurs paramédics. Quand je vais à différents
événements, quand ils sont présents, je vais à leur rencontre, alors, pour les
saluer. Ce n'est pas une question de négocier, c'est plus une question de
prendre contact avec eux. Et on a hâte que ce soit réglé, hein...
M. Cliche-Rivard : En... En
janvier dernier...
Mme Bélanger : ...alors, on
a... on veut que ça se règle le plus rapidement possible. Il y a toujours deux
côtés à une négociation. Parce que, tantôt, vous disiez : C'est votre
gouvernement. Mais il y a toujours deux côtés.Et on a besoin de tous
nos travailleurs de la santé dans le réseau de la santé, alors, y compris nos
paramédics, qui font un...
Le Président (M. Allaire) : Merci...
Merci, Mme la ministre. M. le député.
• (11 h 30) •
M. Cliche-Rivard : Quand c'étaient
les discussions avec la FMSQ puis avec la FMOQ, pourtant, votre ministère était
bien engagé. Votre prédécesseur était à la table de discussion. Comment ça se
fait que, pour les médecins, pour la FMOQ, pour la FMSQ, c'était possible, là,
d'être partie prenante en tant que ministre de la Santé à l'époque, mais que,
là, c'est... ce n'est pas possible? Là, vous dites : Ah! ça, c'est au
Trésor.
J'ai de la misère, moi, à comprendre la
question de leadership. Moi, je rencontre des gens qui vous voient, vous, comme
leur ministre et puis qui s'attendent à du leadership puis à une implication de
votre part. Radio-Canada, là, vous surnommait la pompière du réseau dans un
article au début de... à la fin de l'année dernière. Ce serait le... Ce serait
le temps, là, dans un conflit de travail qui perdure, de jouer votre rôle.
Mme Bélanger : Écoutez, je
vous le dis, c'est une situation qui me touche, qui me préoccupe. Je souhaite
qu'on puisse avoir un dénouement. Je pense que, là, je vous en dis déjà plus
que ce que je devrais peut-être vous dire. Mais je souhaite qu'on puisse régler
ça, bien sûr. Les conflits qui s'étirent, ce n'est jamais bon. Maintenant, je
vais laisser le comité de négos faire leur travail.
Je veux quand même faire un message, là,
pour nos paramédics. Depuis 2022, c'est quand même 238 millions de
dollars sur cinq ans qui ont été investis pour améliorer les services
préhospitaliers au Québec, soit par de l'ajout d'heures de service, pour des
ajouts de ressources ambulancières. Donc, pour améliorer les services
préhospitaliers au Québec, notre gouvernement a quand même investi
238 millions sur cinq ans. Alors, c'est important. On a eu des projets de
paramédecine communautaire que je veux saluer, des projets exemplaires. On veut
continuer de développer ça. Alors, maintenant, il y a une négo, je ne veux pas
rentrer dans les conditions de travail des paramédics, mais je suis consciente
que c'est...
M. Cliche-Rivard : Vous
m'avez dit...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Vous
m'avez dit, en citant exactement : Je souhaite un dénouement. Vous m'avez
dit : J'en dis plus que je devrais en dire. Je ne suis pas sûr de
comprendre comment juste me dire que souhaiter un dénouement, c'est en dire
plus que vous devriez en dire. Pouvez-vous juste préciser votre pensée?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
vous savez, comme ministres, ce n'est pas nous qui faisons les négociations,
alors je ne sais pas où ils en sont rendus dans les dernières heures. Alors, je
souhaite juste qu'il y ait un dénouement, je le répète. Puis je ne peux pas
aller plus loin que ça. Mais je souhaite qu'on puisse régler. C'est important.
On a besoin de tous nos travailleurs de la santé, qu'ils soient en forme,
énergiques, et qu'ils soient au rendez-vous. Puis on a plein de beaux projets
pour la paramédecine communautaire, notamment.
M. Cliche-Rivard :
...ardemment, évidemment, nous aussi, Mme la <ministre...
>
11 h 30 (version révisée)
<19281
Mme
Bélanger : ...pour la paramédecine communautaire, notamment.
M. Cliche-Rivard :
...ardemment,
évidemment, nous aussi, Mme la >ministre. J'espère vraiment parce que la
détresse, je l'ai entendue, je l'ai... je l'ai vécue. Je l'ai entendu aussi,
puis je vais... ça va être ma dernière question de ce bloc-là, Mme la ministre,
beaucoup de témoignages absolument bouleversants sur le dossier de la COVID
longue. Vous avez été interpelée, vous aussi, là-dessus. Moi, j'ai parlé à des
pères ou à des mères de famille, là, dont le conjoint, la conjointe sont alités
20 heures par semaine... 20 heures par jour, pardon, dans... 20 heures
sur 24 dans le noir, là, à avoir absolument une limitation d'énergie qu'ils n'ont
jamais vécue de leur vie. Ils ont à peu près 10 minutes de concentration.
Là, il y a un père qui me témoignait que la mère de famille descend en bas 10 minutes,
parler à ses enfants, par jour puis elle remonte parce qu'elle est épuisée du 10 minutes.
Il y a véritablement des drames humains
qui se déroulent à travers le Québec sur la question de la COVID longue. Puis
ces gens-là, ils nous écoutent, et je les sais particulièrement inquiets, là,
par les annonces de fin d'enveloppes. Il y avait des cliniques. Des cliniques
ferment un petit peu partout. Il y a des patients sur la liste d'attente qui n'ont
pas vraiment d'avenue pour eux autres. Je veux dire, là vous avez la chance de
parler directement à eux, là, ils vous écoutent, je sais qu'ils sont nombreux à
nous écouter. Je vous dirais même qu'il y a une mère de famille qui m'a
témoigné qu'elle a 35, 36 ans. Elle et son conjoint parlent de l'aide
médicale à mourir parce qu'elle n'en peut plus, là. Donc, vous avez
certainement un message d'espoir pour ces familles-là, Mme la ministre. Je ne
peux pas croire qu'on va les laisser comme ça.
Mme Bélanger : Oui, en fait,
on le sait, comment ça a été extrêmement difficile, là, la pandémie et... en
lien avec la COVID, puis notamment pour la COVID longue qui vient impacter, là,
la qualité de vie de façon importante, là, des gens.
Alors, je veux juste... Excusez-moi. OK. Alors,
on note tout un programme au Québec qu'on a mis ensemble, là, c'est en lien
avec la maladie de Lyme et la COVID-19. Alors... Puis on le sait, que... puis parce
que ce sont des symptômes souvent, là, que... dans le jargon médical, on va
parler de symptômes postinfectieux, donc avec toutes sortes de manifestations,
là, qui peuvent vraiment, donc, venir faire en sorte que les personnes, là,
perdent leur autonomie, leurs capacités. Ils peuvent être très, très, très
malades. Alors donc, il y a quand même tout un programme, je vais l'appeler
programme, là, en lien avec les maladies de Lyme et la COVID-19 pour des
personnes qui ont des symptômes variés, complexes et étendus postinfectieux. L'INSPQ
a fait des enquêtes à ce sujet-là, autant sur la maladie de Lyme, là, qui... ça
revient, là, parce que, là, on est en période estivale, que sur la COVID longue.
Alors, il y a de l'accompagnement qui est offert aux personnes qui ont ces
maladies.
Ça demande souvent des grandes équipes,
là, interdisciplinaires. C'est un budget de 5,9 millions qui a été
transféré à Santé Québec au 1er avril 2025, qui a été intégré, là, au
budget des établissements, donc, pour continuer puis mettre en place, là, des
suivis interdisciplinaires. Mais il faut voir que plus on... plus on s'étend
dans le temps...
Le Président (M. Allaire) : Merci...
Mme Bélanger : ...moins il y a
de situations...
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député, 40 secondes.
Mme Bélanger : ...ça fait que
c'est fort heureux pour ça. Mais il y a quand même un financement...
M. Cliche-Rivard : Ce que j'entends
puis ce que le terrain nous dit, au contraire, là, c'est qu'il y a des
cliniques qui ferment alors qu'il y a des patients sur la liste d'attente. Et
je cite un témoignage : «Il y avait des cliniques qui étaient ouvertes,
plusieurs d'entre elles ont fermé. Les infectiologues qui nous voyaient se
comptent sur les doigts d'une main, puis, des fois, ça prend des mois, voire
des années avant de pouvoir prendre un rendez-vous.»
Moi, j'ai des détresses extraordinaires de
familles qui ne savent plus quoi faire. Donc, je vous invite vraiment à vous
pencher de manière sérieuse, parce que des détresses, il y en a plus puis une
autre. Puis ce n'est pas vrai que c'est fini, cette affaire-là. Ça continue
grandement, puis les gens ont beaucoup, beaucoup de détresse à la maison.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Parfait. Merci. Ça met fin à ce bloc d'échange avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Alors, on poursuit avec le député des Îles-de-la-Madeleine, 14 min 43 s.
M. Arseneau : Merci beaucoup, M.
le Président. Je veux revenir sur certains éléments dont on a discuté dans le
premier bloc, pas pour l'entièreté du bloc, mais sur la question des projets
informatiques quand même. On a parlé du fait que le projet d'orchestrateur ne
figurait pas au tableau de bord des projets informationnels du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique. Lorsqu'on regarde sur ce... Je sais que ce n'est
pas le ministère de la Santé qui en est le responsable. Néanmoins,
actuellement, il y a trois projets : le DSN à 402 millions, le projet
d'informatisation des laboratoires à 72 millions puis un projet
d'infrastructure en visualisation de l'ordre de 48 millions. J'ai compris,
tout à l'heure, puis je veux juste être clair <là-dessus...
M. Arseneau :
...projet
d'infrastructure en visualisation de l'ordre de 48 millions. J'ai compris,
tout à l'heure, puis je veux juste être clair >là-dessus, là, qu'un
projet qui est rendu à 126 millions, là, il devrait figurer, selon vous,
au tableau si véritablement l'objectif, c'est de suivre l'ensemble des dossiers
de transition numérique du ministère ou du gouvernement, y compris celui du
ministère de la Santé. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
Mme Bélanger : Bien, en fait,
ce que j'ai dit tantôt, c'est que, si le projet a été financé, que... c'est que
ça a été pris dans une enveloppe au niveau des infrastructures. Là, je n'ai pas
clairement dit que ça devait se retrouver dans un tableau, là.
M. Arseneau : Mais est-ce que
vous êtes d'accord, pour des raisons de transparence, que ce le soit?
Mme Bélanger : Bien, en fait,
je pense qu'il nous faut de la bonne gestion dans tous nos dossiers
informatiques puis de suivre une évolution, via un tableau de bord, de
l'ensemble des grands dossiers. On parle des grands, grands dossiers, là,
cependant, parce qu'il y a quand même beaucoup de dossiers dans le réseau.
Mais, à un niveau tactique, c'est extrêmement important que, du côté de Santé
Québec, il y ait une évolution des grands dossiers informatiques, donc, au
niveau du système de santé, je suis tout à fait d'accord avec ça. Et ils
doivent être inscrits en bonne et due forme. Si on veut être capables de les
suivre, il faut que ce soit bien inscrit. Alors...
M. Arseneau : ...y compris la
population québécoise, qui, en bout de ligne, doit payer pour ces
transformations numériques là. On parle, sur la page du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique, des projets qui dépassent 500 000 $.
Évidemment, ces projets-là les passent.
Vous avez aussi mentionné tout à l'heure,
puis je pense que mes collègues l'ont relevé, mais je tenais quand même à le
mentionner... lorsque vous parlez de la mise en œuvre du DSN, vous dites :
Ça s'est fort bien passé, et tout ça. Vous dites : On a respecté les
coûts, à 402 millions de dollars. Vous n'êtes pas sans savoir que le
projet de départ était à 265 millions de dollars, qu'il a fallu
augmenter de façon considérable, c'est-à-dire de 50 % par rapport au
contrat initial, les sommes nécessaires pour procéder à la mise en œuvre.
Pourquoi dites-vous qu'on a respecté le budget, alors qu'historiquement il a
fallu augmenter de 50 % le budget?
• (11 h 40) •
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
pourquoi je dis qu'on l'a autorisé, c'est que ce projet-là, il a quand même
débuté, là, il y a plusieurs, plusieurs années, là. Alors donc... Et c'est
important d'ajuster les coûts. C'est un... C'est un dossier qui a été traité
par le ministère, qui a été transféré du côté de Santé Québec. Santé Québec est
arrivé, a donc pris ce dossier-là, l'a réanalysé, a réévalué, et donc il y a eu
des coûts, notamment en lien avec la formation, mais tout l'hébergement aussi
des serveurs, etc.
Donc, il y avait des coûts qui n'avaient
pas nécessairement été évalués à la base, donc on a autorisé. C'est pour ça que
je dis : On a... C'est dans le cadre d'un budget autorisé. Parce que, oui,
initialement, le budget était plus bas, mais, lorsque Santé Québec nous ont
fait des demandes, après évaluation, après discussion...
Puis, de leur côté, ils ont réduit les
coûts aussi, là. Je ne veux pas rentrer dans tous les détails, mais il y a eu
tout un travail qui a été fait. Puis finalement le budget qui a été autorisé,
bien, c'est le budget final. Et donc ils sont rentrés à l'intérieur des coûts
du budget final. Si vous me demandez s'ils sont rentrés dans les coûts du
budget initial d'il y a quatre ans, non, mais, parce qu'on a ajouté des
fonctionnalités, on a ajouté de la formation, on a ajouté des choses, c'était
tout à fait justifié.
M. Arseneau : ...vous
comprenez que c'est au cœur du questionnement des Québécoises et Québécois.
Lorsqu'ils regardent les coûts augmenter d'année en année, la question qu'ils
se posent, c'est : Pourquoi sous-évalue-t-on sciemment et systématiquement
les projets de transition numérique de sorte qu'on a toujours à injecter
davantage d'argent? Est-ce... Que l'argent ou les dépassements de coûts soient
autorisés ou pas, ils restent largement supérieurs à ce qu'on disait aux
Québécois, qu'ils allaient devoir payer pour un nouveau système informatique.
C'est...
Mme Bélanger : Vous avez
raison. Vous avez raison. L'évaluation, l'estimation des coûts, demeure un
enjeu extrêmement important quand on implante des systèmes d'information. Je
veux juste quand même vous dire, cher collègue député, que ce n'est pas
sciemment, hein, cependant. Ce n'est pas sciemment. Je veux dire, quand
l'évaluation d'un coût de système est faite... Puis c'est ça, les
recommandations, là, entre autres, du rapport Gallant. Et c'est pour ça aussi
que le MCN a des recommandations qu'ils vont mettre en place.
Parce que, tantôt, la question que vous me
posiez en lien avec le tableau de bord, bien, c'est le tableau de bord du MCN.
Moi, dans le fond, je vous dis : En plus, Santé Québec devrait avoir son
propre tableau de bord comme société d'État. Mais le MCN va devoir... Puis vous
pourrez... donc, j'imagine, vous allez rencontrer ma collègue bientôt, mais ça,
ça lui revient. Mais les grands projets d'État, puis ça fait partie des
recommandations, c'est vraiment de suivre l'évolution des projets. Puis, bon,
par exemple, des projets de 500 millions de dollars et plus, il faut qu'il
y ait une vigie, une bonne estimation des coûts, une bonne vigie de ça, <puis...
Mme Bélanger : ...millions
de dollars et plus, il faut qu'il y ait une vigie, une bonne estimation des
coûts, une bonne vigie de ça, >puis des comptes... des comptes à rendre.
Parce que, souvent, à partir du moment où on donne l'autorisation pour un
système comme ça, il peut se passer un an et demi, deux ans, deux ans et demi
avant le déploiement. Et... Et je ne dis pas que c'est normal qu'il y ait une
augmentation des coûts, mais, dans ce contexte-là, en plus, il y avait eu des
sous-estimations en lien avec la formation des professionnels. Alors... Puis
vous le savez comment, post-pandémie aussi, les coûts ont explosé à ce
niveau-là.
Alors, moi, je prends bien acte des
recommandations, puis on va suivre ça de près. Puis, Santé Québec, tout ce qui
est rapports de l'AMP, vont faire les suivis à ce niveau-là, puis c'est
là-dessus qu'on va travailler.
M. Arseneau : Maintenant,
j'aimerais que vous nous parliez du projet dans son entièreté, parce que je
vous ai posé la question à quelques reprises, vous m'avez dit : Sur le
déploiement d'une solution pour l'ensemble des établissements, on n'a aucune
idée de combien ça va nous coûter. Ce n'est pas rassurant lorsqu'on sait qu'on
est passés de 265 millions à 400 millions pour les projets vitrines
et que ce ne sont que deux établissements sur, disons, les 34 qu'on doit faire.
On en discutait tout à l'heure, à savoir quelle solution pourrait être retenue.
Je comprends qu'on n'en a pas la moindre idée, mais l'évaluation de départ, il
y a un document, là, qui date de 2021, là, parlait de 3 milliards de
dollars.
Est-ce qu'on a un ordre de grandeur
aujourd'hui? Est-ce qu'il s'agit toujours du 3 milliards? Est-ce qu'il
s'agit de 5 milliards? Est-ce qu'on est rendus à 10 milliards? Est-ce
que quelqu'un, quelque part au ministère, réfléchit à la facture totale, compte
tenu du fait que vous nous dites systématiquement, lorsqu'on pose une question
sur la transition numérique en santé, qu'il est urgent de la faire, qu'il faut
tourner le dos à la vieille technologie du fax? On l'a fait pour deux projets
vitrines, on est en transition, on est en adaptation. Il y en a 32 autres à
faire de façon urgente. On a... Est-ce que vous allez me répéter aujourd'hui
qu'on n'a aucune espèce d'idée quelle technologie, avec quelle entreprise et
combien ça va coûter?
Mme Bélanger : Bien, je ne
vous répondrai pas ça, ça ne fait pas partie de mon vocabulaire. Puis je ne
prends pas des décisions quand on n'a pas des idées claires là-dessus. Et
aujourd'hui ce serait vraiment précipité de vous dire c'est 2 milliards,
3 milliards, 4 milliards. Je ne ferai pas ça. Je vous ai dit qu'on a
déployé le DSN, on est à l'intérieur du budget. J'ai demandé à Santé Québec de
nous faire un rapport d'évaluation de l'implantation puis aussi un plan
d'action pour le virage numérique. C'est ça qu'ils vont faire. Alors, on fera
le suivi de ça en temps et lieu.
Puis il y aura aussi... je m'attendrais, à
ce moment-là, qu'il y ait une information publique à ce niveau-là, comme ils
l'ont fait en lien avec le DSN : ils l'ont très bien travaillé, ils ont pu
informer le public, la population à chaque jour, ils vont faire la même chose
avec ce dossier-là, qui est un dossier majeur pour la société.
Mais aujourd'hui je ne vous avancerai pas
de montant tant que je n'aurai pas le rapport de Santé Québec. Ça serait
vraiment... vraiment manquer de... je dirais, de conscience puis de rigueur de
vous lancer un chiffre comme ça. Je ne ferai pas ça. Mais bien sûr que ce sont
des projets à plusieurs centaines de millions de dollars, bien sûr. Le DSN a
été un bon projet, alors ils vont nous faire les recommandations nécessaires.
Et puis on est dans le bon... dans la
bonne optique de continuer le virage numérique au Québec. On n'arrêtera pas le
virage numérique. Ça, c'est ce que je peux vous dire de façon très affirmée. Le
virage numérique est là pour rester...
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
Mme Bélanger : ...puis on va...
Le Président (M. Allaire) : M.
le député, allez-y.
Mme Bélanger : ...on va aller
de...
M. Arseneau : Oui. Et, pour la
prochaine étape, quel est l'échéancier que vous avez fixé à Santé Québec pour
le dépôt de ce rapport sur l'implantation des deux projets vitrines et sur le
plan d'action pour la suite?
Mme Bélanger : Bien, ils se
sont dotés de toute une structure. Donc, du côté de Santé Québec, bien sûr, on
a la vice-présidente, technologies de l'information, Mme Bially, qui est avec
nous aujourd'hui. Ils se sont dotés d'un comité de vigie. Ils ont un conseil
d'administration avec un comité de technologies spécial...
M. Arseneau : Quel est
l'échéancier?
Mme Bélanger : ...on a la PDG.
Dans le courant de l'été, on devrait avoir les premières actions, les premiers
constats. Ils sont déjà en train de faire les premiers constats, là, c'est
clair. Mais moi, je m'attends, dans le courant de l'été — pas en
septembre, là, dans le courant de l'été — à avoir, donc, une
proposition sur quelles sont les prochaines étapes pour le virage numérique.
Donc, le bilan du DSN, quelles sont les prochaines étapes, puis on verra aussi
l'échéancier, on y va avec quels établissements. Donc, je veux qu'on rentre
dans des actions concrètes, là.
Mais le virage numérique, la consigne,
c'est le virage numérique, il est là pour rester, puis on va se garder du
financement au niveau de nos enveloppes d'infrastructures TI.
M. Arseneau : Vous <dites...
Mme Bélanger :
...au
niveau de nos enveloppes d'infrastructures TI.
M. Arseneau :
Vous
>dites «avec quels établissements». Vous... Est-ce que vous inférez
qu'on va y aller par étapes, deux ou trois projets à la fois? C'est ce qu'on
doit comprendre? Avec quels établissements?
Mme Bélanger : Écoutez,
c'est clair qu'on va aller par étapes, là, c'est clair, parce que ça demande
des ressources humaines, d'implanter des systèmes comme ça. On parle de près de
400 000 travailleurs, là, au Québec, on parle de... des dizaines de
milliers de médecins visés. C'est sûr qu'on ne fera pas ça du jour au
lendemain, on ferme la lumière puis, tout le monde, on y va. Quand on fait des
changements comme ça, la clé du succès, puis je pense qu'ils l'ont eue, c'est
l'accompagnement, c'est...
Tu sais, la clé du succès d'un système...
d'implantation d'un système numérique, ce n'est pas seulement le contrat, c'est
mettre autant d'énergie à accompagner le monde sur le terrain qu'on en a mis à
faire la planification. Puis c'est souvent ça, les ratés de système. On
planifie, on met beaucoup, beaucoup d'argent pour planifier, puis, quand on
arrive sur le terrain, on n'accompagne pas les gens comme il faut. On ne fera
pas ça, on ne l'a pas fait cette fois-ci avec le DSN, et tous les
établissements, peu importe la solution, vont devoir être accompagnés. C'est
pour ça... on appelle ça le coût de formation, notamment, mais il y a toutes
les infrastructures existantes. Parce que n'oublions pas, là...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre.
M. Arseneau : ...qu'on peut y
aller par étapes.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député, allez-y.
M. Arseneau : Mme la
ministre, je comprends qu'on doit y aller par étapes, mais, la première étape,
pour deux établissements sur 34, ça a pris trois ans. Ce n'est pas terminé
encore.
Là, vous dites : On va y aller par
étapes. On a 34 établissements à faire. Au départ, pour le
3 milliards de dollars, DSN avec Epic Systems, ça devait être étalé
sur six ans. Est-ce que l'objectif d'avoir un nouveau réseau, un dossier santé
numérique complet pour l'ensemble de la population québécoise, pour vous, c'est
encore réaliste sur six ans? Ajoutons six ans aux trois dernières années,
est-ce que vous pensez que c'est réaliste?
Mme Bélanger : Bien,
écoutez, ça va dépendre de l'évaluation. J'arrive en fonction comme ministre de
la Santé, je me donne le droit de regarder les recommandations de Santé Québec.
Il y a eu des choses qui ont été dites dans le passé. Ça va. Il n'y a pas de
problème avec ça. Moi, je vais regarder. Puis je vous dirais que mon objectif,
c'est le plus rapidement possible, le plus rapidement possible. C'est important.
On est capables, au Québec, de se doter d'un virage numérique. Il faut être
fiers de ça. Ils l'ont fait en Ontario, ils l'ont fait en Alberta. On est capables
d'y aller.
Puis c'est normal que les premiers
dossiers prennent du temps. C'est normal que les premiers dossiers prennent du
temps. Puis c'est pour ça qu'on n'a pas eu vraiment de ratés technologiques
dans ce déploiement-là...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Bélanger : ...puis on va...
on va aller vite.
Le Président (M. Allaire) :
1 min 30 s, M. le député.
• (11 h 50) •
M. Arseneau : On a mis
en place un projet de contingence, un plan de contingence pour l'implantation
des deux projets vitrines. Où en est-on? Est-ce qu'on est revenus à une
situation qu'on peut qualifier de normale, à un rythme habituel? Sinon quand?
Mme Bélanger : Oui,
bien, on est revenus à la normalité dans notre vigie. Si vous le permettez, la
vice-présidente TI, Mme Bially, pourrait vous expliquer où on en est, mais
on n'est plus dans le même rythme que l'implantation des deux premières
semaines. C'était prévu, là. Il y a toute une cascade. Je les laisserais, c'est
eux, les gestionnaires.
M. Arseneau : Oui, bien,
moi, je les laisserais, mais je voudrais aussi savoir... parce qu'on a ralenti
les opérations, je n'ai jamais entendu parler d'un plan de rattrapage.
Mme Bélanger : Bien,
voyons!
M. Arseneau : Est-ce que
vous pouvez nous en parler dans la minute?
Le Président (M. Allaire) :
Oui. J'ai besoin du consentement. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Oui.
Le Président (M. Allaire) : Consentement?
Ça va? Mme Bially, allez-y.
Mme Bially (Erika) :
Bonjour, Mme Erika Bially, vice-présidente TI de Santé Québec. Dans le
plan de déploiement de votre... du DSN... était prévu deux semaines avant la
mise en service et quatre semaines après la mise en prod, la mise en service.
Alors, on est dans cette période. Mais, pendant la migration, on a eu vraiment
pas une réduction comme on attendait. On répond pas mal dans le même niveau de
service, mais dans les prochaines semaines, dans les deux prochaines semaines,
on doit retourner à la normalité.
M. Arseneau : D'accord.
Est-ce qu'il y a un plan de rattrapage aussi sur ce qu'on a mis de côté ou il
n'y en a pas... on n'a pas besoin de ça?
Mme Bially (Erika) : En
réalité, on n'a pas de plan de rattrapage. OK?
M. Arseneau : D'accord.
Merci.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. 10 secondes.
M. Arseneau : ...
Le Président (M. Allaire) : 10 secondes.
Ça va?
M. Arseneau : 10? Bien,
merci beaucoup. On y reviendra au prochain bloc.
Le Président (M. Allaire) : Merci
au député des Îles-de-la-Madeleine. Alors, on y va avec l'avant-dernier bloc du
matin. Donc, M. le député de Nelligan, 22 minutes.
M. Derraji : Oui. Merci,
M. le Président. Mme la ministre, on va parler maintenant d'un autre sujet
hyperimportant, c'est les mammographies de dépistage et les délais d'obtention
d'un rendez-vous. Avant que je vous pose la question, quel est votre jugement
ou commentaire par rapport à ces délais, surtout en mammographie?
Mme Bélanger : Oui.
Bien, alors, écoutez, simplement vous mentionner, là, sur le... le programme
national de mammographie, il reste qu'on a un programme qui est très solide au
Québec pour les femmes, qui est un... un programme systématique, OK, donc pour
les femmes de 50 ans et plus qui reçoivent, là, à une fréquence établie,
des rappels pour aller passer leur mammographie. Ça fait qu'on appelle ça
vraiment un dépistage populationnel systémique. Bien sûr, pour les femmes qui
ont, donc, des anomalies, des <inquiétudes...
Mme Bélanger :
...un
dépistage populationnel systémique. Bien sûr, pour les femmes qui ont, donc,
des anomalies, des >inquiétudes, bien là, naturellement, elles peuvent
avoir des mammographies selon leur condition clinique, mais on a donc un
programme de dépistage qui est pour les 50 ans à 74 ans, qui sont
invitées à passer une mammographie de dépistage sans avoir d'ordonnance. Ça
fait que ça, c'est quand même extrêmement important. C'est très... Ça facilite
l'accès. C'est pour ça que ça a été fait. Ça fait que les femmes de 50 à
74 ans ont ça.
Une femme qui a eu tout un historique de
cancer du sein dans sa famille ou qui a d'autres... bien, elle, elle va avoir
des dépistages, peu importe l'âge, selon sa condition clinique.
Alors, il y a eu une recommandation de
devancer l'âge du dépistage, alors l'INESSS regarde ça de très près. Mais on a
quand même un programme de dépistage qui est très solide au Québec sur les
50-74 ans.
M. Derraji : Oui. Je ne sais
pas comment qualifier «programme très solide». Vous voulez que je vous partage
les délais, Mme la ministre? Les délais d'attente pour un programme solide :
de 19 à 20 semaines à l'Hôpital de Gatineau, un programme très solide quand
le délai d'attente à l'Hôpital de Rimouski... de Maniwaki, de 10 à
18 semaines, le Centre hospitalier du Pontiac, sept à huit semaines,
l'Hôpital de Hull, trois à quatre semaines, l'Hôpital de Papineau, plus de
30 semaines. Donc, je ne sais pas comment vous qualifiez aujourd'hui un
programme très solide, sachant que les délais sont énormes.
Et ce qui est un peu contradictoire, c'est
que l'accès au dépistage n'est pas le même partout au Québec. Plusieurs régions
souffrent, surtout les plus éloignées. Les services de mammographie sont moins
disponibles. Concrètement, ça veut dire que des femmes doivent parcourir de
longues distances pour passer un simple examen. Et c'est ça qui est
décourageant, et ça peut retarder le dépistage.
Donc, quand vous dites que c'est un
programme très solide, très solide par rapport à quoi? Très solide dans les
délais, ça, c'est vrai.
Le Président (M. Allaire) : ...
Mme Bélanger : Écoutez, M. le
député, vous avez certainement compris que je parlais du programme de dépistage
systématique, donc qui s'adresse aux femmes de 50 ans à 74 ans qui
n'ont pas nécessairement de problématique, mais qui reçoivent des rappels
réguliers pour aller, avec une lettre qui fait office de consultation. Ils
n'ont pas besoin de passer par le médecin de famille, c'est pour ça que je dis
que c'est solide, ils n'ont pas besoin de passer par un médecin spécialiste.
Les personnes de 50 ans à 74 ans reçoivent cette correspondance-là,
peuvent appeler dans un centre de dépistage du sein, qu'on appelle des CRID,
donc des centres de diagnostic, et ils ont un rendez-vous. Alors, ça, c'est
pour moi une avancée extrêmement importante.
M. Derraji : ...
Mme Bélanger : On parle pour
les 50 à 74 ans. Alors, à 50 ans, 55 ans, je reçois une lettre,
je prends mon rendez-vous. De l'avoir dans trois semaines, dans six semaines,
vous avez dit 10 semaines, c'est à mon avis tout à fait acceptable si je n'ai
pas de symptôme, si je n'ai pas de douleur, si je n'ai pas d'inquiétude. On
parle de systémique, un... et systématique, donc c'est vraiment préventif. On
est dans la prévention. C'est pour ça que je dis : C'est un programme qui
est solide...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Merci. M. le député.
Mme Bélanger : ...
Le Président (M. Allaire) : Juste
un instant, Mme la ministre. Juste un instant. J'essaie d'équilibrer le temps.
Encore une fois, M. le député, allez-y.
M. Derraji : Oui. Mme la
ministre, ce sont des délais sur le site de l'INSPQ. Ce que je trouve anormal,
c'est qu'aujourd'hui, pour vous, un délai de plus de 30 semaines à l'Hôpital
de Papineau, c'est normal.
Mme Bélanger : ...
M. Derraji : Mais vous... Je...
Mme Bélanger : Non.
M. Derraji : Bien, je vais...
je vais répéter, alors, ma question. Vous n'avez pas dit ça. Je vais répéter ma
question : Est-ce que vous trouvez normal les délais suivants — pour
être beaucoup plus précis : l'Hôpital de Papineau, plus de
30 semaines, l'Hôpital de Hull, trois, quatre semaines, l'Hôpital de
Maniwaki, 10 à 18 semaines, l'Hôpital de Gatineau, 19 à 20 semaines?
Trouvez-vous que ces délais sont des délais justifiés, normal...
Mme Bélanger : Je parle ici...
M. Derraji : ...pour la
mammographie?
Mme Bélanger : Je parle ici
des femmes qui n'ont pas d'anomalie, qui n'ont pas de problématiques
particulières et qui reçoivent une lettre pour aller passer une mammographie de
dépistage qui est dans un programme de prévention.
Est-ce que trois à quatre semaines,
c'est raisonnable quand on n'a pas de problème de santé pour aller dans un...
pour avoir un examen préventif? Oui, c'est raisonnable, trois à quatre semaines.
Est-ce que 30 semaines, c'est trop? C'est trop long. On en convient.
Mais maintenant, je veux quand même juste
vous dire, je fais une différence entre ce que je suis en train de vous dire,
qui est le programme qui est vraiment systématique pour les femmes de 50 à
74 ans...
M. Derraji : J'ai compris.
J'ai <compris...
Mme Bélanger : ...systématique
pour les femmes de 50 à 74 ans...
M. Derraji :
J'ai
compris. J'ai >compris.
Mme Bélanger : ...versus une
femme qui, elle, a des problèmes puis elle, elle devrait avoir...
M. Derraji : C'est bon. C'est
bon.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va. Merci.
M. Derraji : C'est bon, Mme
la ministre. C'est bon. Je sais que vous aimez bien élaborer, c'est très bien.
Parlons d'autre chose. Les dépistages pour
les femmes en fauteuil roulant pour une mammographie, La Presse, le
16 avril 2024, mammographie : Des refus pour les femmes en
fauteuil roulant. Est-ce que vous pouvez nous dire, aujourd'hui, si cette
situation est enfin réglée partout au Québec?
Mme Bélanger : Oui. J'ai
entendu... j'ai entendu cela concernant les problèmes d'accessibilité pour les
personnes en situation de handicap ou en fauteuil roulant, que certains
services de radiologie n'ont pas les équipements qu'ils peuvent mobiliser
facilement, là, pour s'adapter à la condition de la personne. J'ai entendu ça.
On est au courant de ça, du côté du ministère de la Santé et des Services
sociaux, puis il faut absolument donner accès.
Il y a des travaux qui sont faits avec l'office
de protection... l'OPHQ concernant l'accès aux femmes en mobilité réduite.
Puis, honnêtement, c'est préoccupant, et je suis tout à fait d'accord avec ça.
Puis les objectifs de ces travaux-là, avec l'OPHQ, là, c'est vraiment de
développer, dans certains secteurs, selon les régions, un accès privilégié pour
ces gens-là.
M. Derraji : Oui, mais je
compte sur vous. C'est un dossier qui est extrêmement difficile. Moi, je ne
sais pas si vous avez rencontré... Moi, sérieux, c'est une des rencontres qui
nous laisse toujours bouche bée. Qu'est-ce qu'on doit répondre? Je ne joue pas
mon rôle uniquement d'un député de l'opposition qui doit crier fort pour
ramener un sujet. Parfois, on est démunis, nous-mêmes. On n'est pas ministre.
Je n'avais pas de réponse.
Donc, c'est un dossier qui traîne. C'est
depuis... L'article date de 2024, mais, je me rappelle, même dans l'ancienne
législature, j'étais porte-parole de la santé, j'ai évoqué ce dossier. J'espère
et je compte sur vous, femme à la tête d'un ministère, je pense que vous êtes
aussi sensible à ce dossier. Il faut absolument tout faire pour le régler.
Un autre sujet, Mme la ministre. Je me
suis déplacée à Rimouski et en Gaspé. Avez-vous une idée sur les délais pour
rencontrer un dentiste à Rimouski?
Mme Bélanger : Je n'ai pas une
idée précise. Ce que je sais, c'est qu'il y a vraiment un grand problème
d'accès au niveau des dentistes puis des... puis les gens qui doivent se
déplacer de très loin.
• (12 heures) •
M. Derraji : C'est
extrêmement préoccupant. Et, je vous le dis, on vient d'essayer, je ne sais pas
si vous êtes ouverte à l'idée, moi, je... on vient d'essayer trois numéros. Au
moment où je vous parle, maintenant, trois cliniques dentaires à Rimouski, il
n'y a pas... il n'y a pas de rendez-vous. Vous répondez quoi aujourd'hui aux
gens de Rimouski qui nous écoutent, qui, pour eux, l'accès à un médecin
spécialiste, à un dentiste, ça devient un luxe? Il n'y a pas de rendez-vous
dans la région pour un dentiste. Vous répondez quoi aux gens de Rimouski qui
nous écoutent, Mme la ministre?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
c'est un... avoir accès à des soins dentaires, c'est absolument essentiel,
essentiel. C'est extrêmement important pour prévenir des maladies, même, autres.
Ça fait que l'accès aux soins buccodentaires est extrêmement important.
Il y a des programmes de bourses
actuellement. C'est parce que tout ça est lié à un manque de ressources, là. Ça
fait que je pense qu'il faut travailler sur des régions précises, avoir des
stratégies en lien avec les différents professionnels. Il y a des programmes de
bourses qui ont été, donc, octroyées pour les services buccodentaires,
dentisterie, mais hygiène dentaire, etc., aussi.
Je vous propose aussi, si vous le
souhaitez, que Dr Bergeron vous donne un peu plus d'informations sur la
dentisterie au Québec, mais c'est un... c'est très important, puis il faut
qu'on regarde ça de façon attentive.
M. Derraji : Vous avez raison.
En tout respect à Dr Bergeron, ce n'est pas que je ne veux pas lui parler, mais
c'est extrêmement... D'ailleurs, il le sait, je l'adore. On a eu pas mal
d'échanges dans un autre projet de loi. Mais c'est extrêmement préoccupant, Mme
la ministre. Quand j'ai entendu ça, que des gens, à Rimouski... Et là je vous
le dis, là, je n'ai pas envie de faire un test avec vous, M. le Président, et appeler
trois cliniques, je ne pense pas qu'on a le droit de le faire, mais je peux
faire l'essai avec vous, si vous voulez, c'est hallucinant, au Québec, un système
de santé qui nous coûte au-delà de... 57 milliards? 57 milliards,
qu'on répond aujourd'hui aux gens de Rimouski qu'ils n'ont pas accès à un
dentiste et que même les personnes qui doivent aller à Rivière-du-Loup, qui
doivent se déplacer, il y a des délais. Les trois cliniques qu'on vient
d'appeler aujourd'hui, il n'y a pas de liste <d'attente...
>
12 h (version révisée)
<17923
M.
Derraji :
...les trois cliniques qu'on vient d'appeler aujourd'hui,
il n'y a pas de liste >d'attente, des urgences, il n'y a aucune
possibilité. Donc, je comprends, si je parle avec le Dr Bergeron, il va me
parler du portrait général, mais les gens à Rimouski, aujourd'hui, vous
écoutent. Comment vous allez régler cette... cette problématique? C'est quoi,
votre plan de match? Ils paient déjà un frais. Ils paient déjà parce qu'ils doivent
se déplacer pour avoir accès à un dentiste.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je vous ai mentionné que, pour moi, c'est un service qui est essentiel, d'avoir
accès à des services de dentisterie puis qu'ils soient accessibles en fonction
des besoins de la personne. Quand on a des douleurs, on ne peut pas attendre
très longtemps, alors, et, après ça, il y a toutes les... toutes les autres
interventions qui peuvent être faites, là, au niveau des soins dentaires.
Alors, je vous ai dit tantôt qu'il y avait
des mesures qui étaient prises pour octroyer des bourses, alors, pour augmenter
notre nombre d'effectifs dentaires. On va regarder ça de près. Santé Québec est
là, là, entend aussi la discussion, qui est très pertinente, mais on va
regarder, notamment avec le président-directeur général, là, du CISSS de
Rimouski—Bas-Saint-Laurent, là... Donc, très important, on va regarder comme il
faut, mais il y a un problème de pénurie à la base dans ce secteur-là.
Alors, il faut voir quelles sont les
conditions qu'on peut offrir en attendant qu'on ait des étudiants qui se
rendent là, puis peut-être qu'il y aura lieu d'explorer des façons d'attirer
ces ressources-là, mais ça passe par un manque de ressources humaines, hein? Dans
ce contexte-ci, là, c'est vraiment de ça dont on parle.
M. Derraji : Oui, mais mettez-vous
à la place de ces gens, Mme la ministre. Vous êtes une professionnelle de la
santé. Vous savez très bien que les dents non traitées, l'hygiène, c'est très
préoccupant pour d'autres maladies. Donc, on ne peut pas faire abstraction que
c'est un luxe. C'est nécessaire, avoir accès à un dentiste, et surtout ne pas
répondre aux gens de Rimouski, qui nous écoutent, que c'est juste un manque de
ressources. Ce n'est pas, justement, un manque de ressources, Mme la présidente...
Mme la ministre. Vous le savez, qu'il y a un manque de ressources. Les gens de
Rimouski veulent des solutions.
Mme Bélanger : Bien, peut-être
juste vous mentionner... Écoutez, je le sais, vous venez de le mentionner, j'en
avais entendu parler. On va s'asseoir, du côté de Santé Québec, avec les
autorités de santé de ce secteur-là. Il y a des problèmes d'accès dans ce coin-là,
pas seulement en dentisterie. Je comprends que vous amenez ce point-là, puis il
est extrêmement important, mais il y a des choses à regarder du côté du PDG,
donc, du CISSS de Rimouski.
M. le Président, est-ce que je peux vous
demander à un deux minutes d'arrêt, s'il vous plaît?
Le Président (M. Allaire) : Oui.
Une courte suspension?
Mme Bélanger : Une courte
suspension, s'il vous plaît.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Nous allons suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 05)
(Reprise à 12 h 09)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Cette courte mais nécessaire suspension fait
en sorte que la partie gouvernementale a accepté d'amputer sur leur temps.
Donc, on peut poursuivre. La partie... la partie de l'opposition officielle
conserve son temps, 8 min 10 s.
M. Derraji : Oui, merci, M.
le Président. On va parler d'un autre sujet, Mme la ministre, c'est les
chirurgies oncologiques de 57 jours. Le nombre total de patients en
attente d'une chirurgie oncologique, et on le voit sur la période... si on
recule même jusqu'à 2021... jusqu'à 2026, on voit, quand même, qu'il y a quand
même un nombre important... avec les années précédentes et, en date du
31 mars 2026, on parle de 3 950 personnes en attente de
chirurgies oncologiques, et les patients en attente depuis 55 jours et
plus, au 31 mars 2026, 319. Quelle est votre interprétation à ces... à ces
délais en chirurgie oncologique, Mme la ministre?
• (12 h 10) •
Mme Bélanger : Oui, bien,
écoutez, je pense que, dans le cas des chirurgies oncologiques, on le sait, que
chaque cas compte, et les délais comptent. J'en suis tout à fait consciente. On
a fait énormément de progrès, au Québec, pour diminuer le nombre de cas hors
délai, puis hors délai, c'est 56 jours. Tantôt, je vous avais dit
58 jours, là, mais la norme qu'on s'est donnée au niveau ministériel,
c'est que... puis, dépendamment des cancers, là, parce que je ne veux pas
rentrer dans tous les détails, mais quelqu'un, au Québec, a un examen, donc,
avec un diagnostic, bien, la norme pour être opéré, c'est 56 jours.
Alors donc, on le voit, là, que c'est
assez, assez restreint. Donc, on est en diminution actuellement par rapport au
nombre de cas qui sont en attente de plus de 56 jours, et ça, le travail
qui est fait du côté de Santé Québec, avec tous les établissements, c'est qu'on
arrive à atteindre cet indicateur-là à 100 %, tu sais, de garantir aux
gens, au Québec, qu'ils vont être opérés à l'intérieur de 56 jours. Ça
fait partie, d'une certaine façon, de l'entente qu'on a avec la FMSQ, parce
qu'avec les médecins spécialistes on a dit : Il faut opérer plus, oui,
mais il faut opérer plus aussi ceux qui sont dans des situations que je vais
qualifier urgentes.
Alors, la dernière année, c'est quand même
44 000... 44 331 chirurgies... on peut avoir des nuances, là,
dépendamment des tableaux qu'on prend, mais c'est le même ordre de grandeur,
chirurgies oncologiques qui ont été réalisées. Tu sais, avec le vieillissement
de la population, bien, c'est normal qu'en vieillissant on peut avoir plus de
maladies, notamment plus de cancers. Alors, ça va être vraiment important qu'on
augmente notre nombre, qu'on continue d'augmenter l'accessibilité en chirurgie.
Je veux quand même saluer la qualité de
nos... de nos équipes interdisciplinaires en oncologie au Québec. On a des...
vraiment des équipes interdisciplinaires avec des médecins hémato-oncologues,
avec différents professionnels, avec des infirmières pivots. On a un programme
de cancérologie qui est fort au Québec.
Alors, est-ce qu'on a encore... il y a
encore place à amélioration? Bien sûr. Puis notre objectif, je veux être claire,
et je vous rejoins tout à fait dans votre question, on veut continuer de
réduire les délais puis augmenter le nombre de disponibilités. On s'en va à la
bonne place. Notre programme de cancérologie québécois s'inspire des meilleures
pratiques dans le monde. Alors, oui, il arrive des situations que je <déplore,
certaines situations, des fois, qu'on peut voir...
Mme Bélanger : ...oui, il
arrive des situations que je >déplore, certaines situations, des fois,
qu'on peut voir, je déplore ça tout à fait puis je regarde aussi l'ensemble,
mais il y a aussi des situations où les gens sont très satisfaits, puis il faut...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Bélanger : Il faut que
ceux qui ont de la misère apprennent des meilleurs.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Derraji : Mais je vous
entends et je vous remercie puisque moi aussi, je déplore ça et je déplore que
des patients qui attendent surtout pour une chirurgie oncologique... Je ne
pense pas que quelqu'un ici, autour de la table, va dire que c'est bon. C'est
pénible.
On revient aussi aux indicateurs, Mme la
ministre. En 2012, déjà, le MSSS s'est donné les cibles suivantes :
90 % des patients doivent être opérés en moins de 28 jours — ça,
vous le savez, vous étiez dans le réseau — et 100 % en moins de
57 jours. Regardez où on est aujourd'hui. On ne parle plus de 90 %, c'est
que c'est de la science-fiction. Si on recule dans le temps, on n'est plus là,
on n'est plus dans le 90 %. Aujourd'hui, dans le plan stratégique
2023-2027, on parle de 75 % des patients opérés en moins de 28, on ne parle
plus de 90 % et on va... et l'objectif de... en 28 jours, pour 2025,
avec un objectif de 80 % d'ici 2026-2027. Donc, il y a une volonté de dire :
On passe de 75 % à 80 %. On est encore loin de l'objectif de 2012.
La question : Est-ce que vous êtes
rassurée qu'on va atteindre les 80 % ou, à court terme, même les
75 %? Parce qu'on ne peut pas se permettre des hors délai en termes de
chirurgies oncologiques.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
vous posez vraiment une bonne question puis vous avez tout à fait raison, c'est
de travailler sur les délais. Le temps compte quand on a un diagnostic comme
ça, puis, dans certaines chirurgies, même, c'est être opéré le plus rapidement
possible.
Alors, je veux juste quand même vous dire,
là, que, du côté de l'Ontario, eux, dans les cibles qu'ils se donnent, c'est à
l'intérieur de 90 jours. Ça fait qu'on est même en bas de ça. Ça fait
qu'il y a un travail de priorisation clinique qui doit être fait puis qui doit
être vraiment important, qui est en place pour les cas urgents, parce que j'ai
beau vous dire 58 jours, mais il y a certains cancers que c'est dans les
prochains jours qu'il faut qu'ils soient opérés. Ça fait que la priorisation
clinique est importante.
On a renforcé nos équipes pas seulement
dans les blocs opératoires, mais au niveau de la cancérologie. Tantôt, je vous
ai parlé des cliniques médicales spécialisées. On a des ententes avec beaucoup
de cliniques médicales spécialisées, qui sont des cliniques privées, pour que
ces cliniques-là puissent avoir... faire de la chirurgie. Pour le patient, ça
ne coûte rien, c'est sa carte d'assurance maladie et ça va libérer des plateaux
techniques dans nos hôpitaux existants pour faire certaines interventions. Puis
là je fais le lien avec la cancérologie parce que, des fois, c'est des
chirurgies qui sont quand même complexes...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Derraji : Mais...
Mme Bélanger : ...
Le Président (M. Allaire) : Allez-y.
Attendez, Mme la ministre, il reste peu de temps. Allez-y.
M. Derraji : Vous avez raison.
Vous avez raison, Mme la ministre, par rapport à la chirurgie oncologique, mais
ce n'est pas uniquement la chirurgie oncologique où il y a un problème. Parlons
de la chirurgie cardiaque, P4, 85,14 % hors délai, hors délai, chirurgies
cardiaques, ce n'est pas... ce n'est pas... ce n'est pas joyeux, aujourd'hui,
là, venir parler... Et, encore une fois, je vous le dis, vous n'étiez pas
responsable, c'est votre gouvernement, mais je trouve ça anormal, aujourd'hui,
qu'on vient aux crédits, où on doit analyser les chirurgies oncologiques et les
chirurgies cardiaques et on doit dire aux Québécois : P4, 85,14 %
hors délai. Comment vous justifiez cela, Mme la ministre?
Mme Bélanger : Oui, peut-être...
Je veux juste quand même revenir sur la chirurgie oncologique, là. Notre
objectif vise encore que 90 % des patients soient opérés dans un délai
inférieur à 28 jours, c'est encore l'objectif, OK, c'est très important,
et que 100 % des patients soient opérés dans un délai inférieur à
56 jours. Ça fait que ça, je voulais juste quand même vous le dire.
Pour la chirurgie cardiaque, je reviens
avec votre question, là aussi, au niveau du rattrapage de la chirurgie, la
chirurgie cardiaque fait partie de ça, et on le sait que, quand on est en
attente d'une chirurgie cardiaque, bien, là aussi, le temps presse. Ça fait que
c'est extrêmement important. Il y a certains établissements qui font de la
chirurgie cardiaque au Québec. Ce n'est pas tous les hôpitaux, là, qui font la
chirurgie cardiaque. Donc, il faut s'assurer qu'ils aient le financement
nécessaire pour pouvoir réaliser leurs chirurgies.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la ministre. Ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition
officielle. Merci au député de Nelligan. Donc, on termine avec le dernier bloc.
Mme la députée de Roberval, la parole est à vous pour 12 min 9 s.
Mme Guillemette : Merci, M. le
Président. Donc, bien, d'emblée, je voudrais saluer les équipes, les remercier
d'être là. Je sais que c'est un exercice... C'est un exercice qui est important
pour nous, les parlementaires, mais je sais que c'est un <exercice qui...
Mme Guillemette :
...important pour nous, les parlementaires, mais je sais que c'est un >exercice
qui rajoute à votre tâche. Donc, toujours agréable... Puis moi, je trouve ça
vraiment impressionnant de voir les équipes, puis, en plus, on a la chance
d'avoir Santé Québec avec nous. Donc, je vais les saluer plus particulièrement.
On a fait plein de belles choses en santé. On n'a pas la chance d'entendre
beaucoup Santé Québec. Moi, je profiterais de la visite de Mme Biron pour
lui laisser la parole. Puis c'est quoi, nos bons coups qu'on a faits, là, puis
de quoi vous êtes fière jusqu'à maintenant, là, dans l'année, là, qui vient de
se terminer?
Le Président (M. Allaire) : Mme Biron.
Mme Biron (Geneviève) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Merci de la question.
Bien, écoutez, Santé Québec, hein, c'est
une jeune organisation, mais on est... on est très, très fiers de nos résultats,
et particulièrement au niveau de l'accès, on y a travaillé très fort et on peut
voir, à plusieurs égards, là, nos tableaux de bord vraiment s'améliorer puis
voir un plus grand accès.
Ceci étant dit, on a aussi fait des
transformations numériques avec succès. On a fait nos preuves. On a vu un beau
projet se réaliser dernièrement et on a été en mesure de le livrer, là, selon
les attentes et les budgets. Et, pour faire du pouce sur la question
budgétaire, bien, évidemment, on est aussi dans de la saine gestion des
dépenses publiques, des fonds qui nous sont alloués.
Alors, je vous dirais que c'est des
réalisations pour lesquelles nous sommes très fiers.
Mme Guillemette : Merci beaucoup.
Merci aux équipes. On le sait, que vous travaillez très fort avec les
orientations que Mme la ministre vous donne.
Mme la ministre, vous avez eu une grosse
année, un gros sept mois devant vous, puis moi, je suis... je suis
particulièrement fière de notre stratégie en prévention, la stratégie nationale
en prévention qu'on a mise en place. Moi, j'ai pris connaissance de ce
document-là puis j'ai vu qu'enfin il y avait de l'interministériel puis que,
là, ce n'est pas juste... la prévention, ce n'est pas juste une question de...
du ministère de la Santé, c'est une question du Travail, c'est une question de
l'Économie, c'est une question du MAMH, c'est...
Donc, moi, j'étais... j'ai été vraiment
surprise, agréablement surprise, puis, en mai dernier, là, le 11 mai, on a...
on annonçait 252 millions, là, via le plan d'action, sur la stratégie
nationale. Il y a plein de nouveautés dans ça, puis moi, j'aimerais profiter
encore du fait qu'on a avec nous les sous-ministres et leur équipe pour peut-être
entendre Dre Quach nous parler de la stratégie de prévention, qu'est-ce que ça
implique, qu'est-ce qu'il y a de nouveau, les tableaux de bord et... Et donc,
avec consentement de tous, j'aimerais céder la parole au Dr Quach.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Est-ce que j'ai votre consentement? Consentement. Ça va. Dre Quach, peut-être
vous présenter avec votre nom complet, votre titre, et la parole est à vous.
• (12 h 20) •
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Oui, merci, M. le Président. Caroline Quach, directrice nationale de santé
publique et sous-ministre adjointe au sous-ministériat à la Prévention et à la
Santé publique.
Merci, madame, pour votre question. En
fait, on est assez fiers de la stratégie nationale de prévention, qui a été
lancée au mois d'août dernier, et son plan d'action gouvernemental, qui a été
lancé tout récemment. Le but de cette stratégie-là est de diminuer de 10 %
la croissance des maladies chroniques évitables et de diminuer aussi de
10 % l'écart de mortalité prématurée liée aux inégalités en santé.
Donc, pour ce faire, il y a un plan
d'action gouvernemental, comme vous le disiez, qui a été mis en place, qui est
effectivement une approche intégrée, là, qui est axée sur la réduction des
maladies chroniques évitables pour maximiser les effets positifs sur la santé
et pour notre système de santé. Donc, il y a, en tout, 36 ministères et
organismes gouvernementaux qui sont responsables des mesures. Ce n'est pas une
première. Je suis désolée. On avait déjà fait ça aussi pour la PGPS en...
précédemment.
Donc, ce qu'on fait, c'est qu'on bâtit sur
les acquis qui avaient déjà été mis en place, mais donc le but, c'est de
déployer des mesures à partir des différents ministères et organismes, avec
comme orientation principale... la première étant de réduire le fardeau des
maladies évitables par l'alimentation, l'activité physique, le tabagisme, la
réduction... en fait, la réduction du tabagisme, la réduction de la
consommation d'alcool et les pratiques cliniques préventives.
Ensuite, on veut aussi s'engager pour des
générations en santé aujourd'hui et demain, en soutien aux parents,
développement des enfants et des jeunes, le bien-être pour tous et les
conditions de vie optimales.
La troisième orientation est de préserver
et bâtir des milieux de vie sains et durables, donc, avec un accès à la nature,
donc, et aux environnements favorables, le vivre-ensemble, les milieux de
travail et la diminution du risque associé aux <changements climatiques...
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
...les
milieux de travail et la diminution du risque associé aux >changements
climatiques.
Et le dernier, c'est de faire de la
prévention un projet de société, donc vraiment pour s'assurer que la littératie
en santé soit bien mise de l'avant, qu'il y ait une participation citoyenne.
Je pense que c'est quand même une
première, là, où, à la fois, on a eu une participation citoyenne dans le
développement de la stratégie, mais aussi dans le développement du plan
d'action gouvernemental pour s'assurer que ça donnait une valeur ajoutée et que
c'était... ça répondait aux besoins, une culture de collaboration, valorisation
des données.
Donc, vous parliez du tableau de bord qui
a été lancé hier par l'équipe du sous-ministériat à la Performance et qui va
permettre, en fait, aux Québécois de suivre leurs... les différents
indicateurs, entre autres, sur l'espérance de vie en santé, qui pourra être
suivi dans le déploiement de cette stratégie-là, et évidemment recherche et
innovation. Donc, tout ça est mis en place avec un budget de 50 point
quelques millions par année sur cinq ans. Voilà, merci.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci. Mme la députée de Roberval.
Mme Guillemette : Bien, merci
beaucoup, Dre Quach. Pour moi, c'est de la musique à mes oreilles, de la
prévention. J'ai encore quelques minutes, M. le Président?
Le Président (M. Allaire) :
Oui, 5 min 40 s.
Mme Guillemette : Cinq
minutes? Parfait. Mme la ministre, j'aimerais vous entendre sur notre politique
Vieillir en santé. Je pense que c'est quelque chose de bien. On a le
vieillissement de la population, puis, je vous dirais, chez moi, dans mon
comté, particulièrement dans la MRC Maria-Chapdelaine, le vieillissement de la
population est très, très avancé, là. Donc, j'aimerais vous entendre sur notre
belle politique de Vieillir en santé.
Mme Bélanger : Oui. Alors,
merci beaucoup pour la question. Bien, écoutez, vous savez qu'en mai 2024 on a
fait le lancement de la grande stratégie nationale Fierté de vieillir. Alors,
on a osé parler de fierté de vieillir au Québec pour changer le discours par
rapport au vieillissement de la population, puis Fierté de vieillir, bien,
c'est tout un changement démographique qui vient changer notre société. C'est
102 mesures, hein, qui sont portées par 35 ministères et organismes,
puis, tu sais, pour moi, comme ministre responsable des Aînés et des Proches
aidants, le vieillissement, ce n'est pas juste l'affaire du gouvernement, c'est
l'affaire de la population puis c'est l'affaire de tous, et donc très
important, puis ce n'est pas seulement le réseau de la santé qui est impliqué
là-dedans.
Alors, pour vous donner un exemple, il y a
des mesures qui viennent, dans Fierté de vieillir, bonifier le crédit d'impôt
pour les aînés, qui viennent revaloriser le rôle du soutien à domicile, des
initiatives en gériatrie sociale, du transport collectif, des municipalités
amies des aînés, du logement pour les aînés.
Alors donc, tout le volet de ce qu'on peut
faire en dehors du système de santé devient extrêmement important pour nos
aînés puis fait... vont faire une très, très grande différence. Le Régime des
rentes, qui a été modifié pour permettre, donc, le maintien d'emploi des aînés
de 65 ans à 69 ans, les crédits d'impôt aînés, j'en ai parlé, mais
aussi tout le rôle de l'Habitation, le ministère du Transport aussi. Vous allez
me dire : Qu'est-ce que ça vient faire là-dedans? Bien, le ministère du
Transport, très important pour s'assurer de développer, donc, et d'accroître la
mobilité, le transport collectif, notamment. Le développement des municipalités
avec un équilibre du logement pour les familles, mais aussi du logement pour
aînés, alors... et, naturellement, tout le volet de l'hébergement au Québec,
c'est important.
Les gens vieillissent au Québec. L'espérance
de vie en santé est la plus élevée parmi l'ensemble des provinces canadiennes.
Ce n'est pas rien, puis on a des mesures de prévention, là-dedans. Je veux...
je veux aussi saluer, donc, Dre Quach-Thanh, qui est notre directrice nationale
de santé publique, avec sa stratégie de prévention, puis moi, tu sais, j'arrive
avec Fierté de vieillir, et là on regarde ça, bien, de la prévention pour les
aînés, c'est aussi extrêmement important, et notre directrice nationale de
santé publique, là, est bien au fait de ça, ça fait que, oui, de la prévention
pour la population en général, mais pour les aînés.
Si vous êtes comme moi puis que vous allez
vous promener dans vos municipalités, bien, on voit de plus en plus d'aînés
dans les places publiques, dans les parcs. Vous avez vu des terrains de
pétanque, de pickleball, etc. Bien, ça, là, c'est Fierté de vieillir. C'est ça,
Fierté de vieillir, quand on le voit à l'oeil nu, puis il faut continuer de
faire ça. C'est tout un virage! Et on ne parle pas ici de CHSLD puis de maisons
des aînés. Oui, ça, c'est important, de s'occuper de nos aînés qui sont en
perte d'autonomie, mais vieillir au Québec, bien, on a tout ce qu'il faut pour
que, comme <société, on puisse faire ce virage-là...
Mme Bélanger :
...pour
que, comme >société, on puisse faire ce virage-là. Alors, très, très
contente, puis merci de m'avoir accompagnée dans ce projet-là, j'en profite parce
que notre députée de Roberval a été vraiment très présente dans les dossiers
aînés. C'est très apprécié.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça va?
Mme Guillemette : Oui. Encore...
Le Président (M. Allaire) : Bien,
il reste 1 min 30 s.
Mme Guillemette : 1 min 30 s?
Mme la ministre, je vous cède la parole... le mot de la fin. Est-ce qu'il y a
quelque chose que vous aimeriez nous partager, qu'on n'a pas abordé, un sujet
qu'on n'a pas abordé aujourd'hui?
Mme Bélanger : Je vais très certainement
mentionner que je suis très contente que Santé Québec soit là puis que nos
sous-ministres et les directeurs, là, du ministère, mais aussi Urgences-santé
qui est présent, l'INESSS, l'INSPQ... puis on a tout ce qu'il faut au Québec
pour avoir le meilleur système de santé au monde, puis j'y crois vraiment, là.
Ce n'est pas juste une idéologie. On a tout ce qu'il faut, puis je mise
beaucoup sur notre société d'État qui est... qui est nouvelle. Ça fait quoi, un
an et demi, là, je ne compte plus les mois, à peu près, là...
Ça fait que c'est quand même des résultats
remarquables, puis on a du travail à faire pour continuer d'améliorer le
système de santé, mais, moi, ce que j'entends quand je vais sur le terrain,
oui, on a des défis, mais j'entends aussi des gens qui me racontent des belles
histoires. Ça fait que c'est important de les garder en tête pas pour
s'empêcher de s'améliorer, mais des belles histoires, il en existe au Québec, et
puis, quand on... quand je rencontre mes vis-à-vis, bien, je suis très fière
des programmes qu'on a, puis il faut continuer, puis on va réussir, que ce soit
le virage numérique... Vous avez vu, là, ça a été le gros, gros sujet ce matin.
Je salue cela, c'est important, mais on continue de travailler sur tous nos
autres programmes. Ça fait que merci beaucoup, tout le monde.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. Merci à la partie gouvernementale pour ce dernier bloc de
l'avant-midi.
Donc, compte tenu de l'heure, la
commission suspend ses travaux, de retour après les affaires courantes. Bon
dîner, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 36)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, nous allons reprendre nos
travaux. Je vous rappelle que la commission de la... que... est réunie afin de
poursuivre l'étude du volet Santé des crédits budgétaires du portefeuille Santé
et Services sociaux pour l'exercice financier 2026-2027.
Je comprends qu'il est convenu que le
temps inutilisé sera soustrait de l'enveloppe globale du groupe parlementaire
formant le gouvernement afin de terminer les travaux à l'heure prévue. Ça va
pour tout le monde?
Mme la ministre, vous vouliez peut-être,
en introduction, donner des réponses qui avaient été posées par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
ce matin.
Mme Bélanger : Oui.
Alors, bonjour à tous. Bonne reprise des travaux. Alors, il y a deux questions
qu'on a eues ce matin, donc une qui concernait le centre hospitalier
Maisonneuve-Rosemont, puis la question était : À quel moment l'appel d'offres
sera donc publié puis à quel moment les travaux? Donc, on a la réponse. Alors, l'appel
d'offres pour les travaux en lien avec l'annonce qui a été faite, là, du 700 millions
pour l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont a été publié sur SEAO, qui est le système
gouvernemental, la semaine dernière, le 15 mai, et on vise les travaux au
début septembre. Donc là, actuellement, c'est l'appel d'offres qui est en cours.
Donc, ça, c'est pour le centre hospitalier Maisonneuve-Rosemont.
Le député m'a aussi posé une question sur le
nombre de médecins qui avaient quitté au cours de la dernière année. Alors,
peut-être un petit comparatif, là, en 2024-2025, 489 médecins de famille
ont quitté pour différentes raisons. Des fois c'est la retraite, des fois c'est
pour aller travailler dans d'autres provinces, dans d'autres pays. Donc, 2024-2025,
480 médecins de famille ont quitté, comparativement, pour l'année 2025-2026,
à 518. Donc, c'est donc 29 médecins de plus, des médecins de famille, qui
ont quitté. Alors, on ne peut, là, affirmer que tout ça est en lien avec la <loi
n° 2...
Mme Bélanger :
...lien
avec la >loi n° 2, bien sûr, même si je ne nie pas que cela peut
avoir été difficile sur le moral des médecins. Donc, voici l'information pour
les médecins de famille.
Pour les médecins spécialistes, je n'ai
pas le détail ici. Ce n'est pas le même genre de comptabilité, mais je pourrai
le rendre disponible au député dès que je l'aurai.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme la ministre. Ceci
étant dit, nous en sommes maintenant au premier bloc d'intervention avec M. le
député de Nelligan pour 21 min 49 s.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Bien, je me permets de remercier la ministre parce que c'est la
première fois, et je pense que mon collègue aussi, c'est la première fois que,
dans le cadre des crédits, vous n'êtes même pas obligée, vous nous revenez avec
des réponses. C'est tout à votre honneur, Mme la ministre. Bravo! Donc, notez
les autres questions, si vous jugez qu'il y a d'autres qui méritent des
réponses, on est bien ouverts, envoyez-nous des réponses.
On va parler, Mme la ministre, si vous le
permettez, des consultations auprès d'un médecin spécialiste. Je pense que
c'est quelque chose que vous suivez, que Santé Québec aussi suit de près. J'ai
déjà eu quelques échanges par rapport à cet... à cet aspect. Je vais aller au
tableau de bord pour vous faciliter la tâche, vous l'avez et vous le connaissez
très bien, de Santé Québec... nous permet de constater, au 13 décembre,
c'est ce que j'ai devant moi, 2025, il y avait 894 656 patients qui
étaient en attente d'une consultation avec un médecin spécialiste. De ce
nombre, il y avait à peu près 65,35 % des patients qui étaient hors délai.
On parle d'à peu près 584 000 patients.
À la lumière du tableau extrait du site en
février 2025 et celui de Santé Québec, décembre 2025, on constate une
légère diminution, il y a 9 072 pour la dernière année, mais ce qu'on
constate aussi, c'est une hausse significative des patients hors délais. Donc,
non seulement les délais pour la mise en place de programmes préventive sont
trop longs, les patients du Québec doivent patienter encore de longues périodes
d'attente avant d'avoir accès à un médecin... accès à leur médecin spécialiste.
Je comprends le contexte, il y avait des
enjeux la dernière année. Mais, en mars 2023, le ministère, avec la
collaboration des deux... des deux fédérations médicales, vous avez lancé
un nouveau chantier informatique visant à moderniser le Centre de répartition
des demandes de service, le fameux CRDS, avec une version 2.0. Avant de
vous poser ma première question, quelle est votre évaluation du CRDS 2.0
et pourquoi avoir pris deux ans avant de le concrétiser, donc, le fameux
chantier d'optimisation du CRDS 2.0?
• (15 h 40) •
Mme Bélanger : Alors, oui. Alors
donc, M. le Président, le CRDS, c'est un outil qui est central pour améliorer
l'accès aux services spécialisés et c'est un système qui n'était pas optimal à
100 %, qui, dès son entrée en fonction, a été peu utilisé par plusieurs
médecins spécialistes pour toutes sortes de raisons, parce qu'ils avaient leurs
propres habitudes de gérer les consultations qu'ils pouvaient recevoir des
médecins de famille. Donc, ça a pris un certain temps à créer, cette... je
dirais, à changer l'organisation du travail des médecins spécialistes et des
médecins de famille par rapport au CRDS. Donc, il y a eu des processus qui ont
été améliorés, mais il faut vraiment aller beaucoup plus loin que ça.
Alors, dans l'entente que nous avons eue
avec la FMSQ, la Fédération des médecins spécialistes, je le répétais ce matin,
qu'il y avait trois grands objectifs : améliorer les délais d'attente
dans les listes d'attente en chirurgie toutes chirurgies confondues, améliorer
et diminuer l'accès pour... l'accès à des consultations avec des médecins spécialistes
et — c'est aussi écrit noir sur blanc — améliorer le CRDS.
Donc, c'est le mandat que Santé Québec
aura, de revoir les processus. Parce que, oui, c'est un système d'information,
mais c'est aussi tous les processus, les façons de faire. Alors, il faut
continuer de l'améliorer, et c'est loin d'être parfait, j'ai eu l'occasion de
le mentionner à quelques reprises, mais c'est un outil, s'il est bien utilisé
puis s'il répond aux besoins des professionnels, donc, si des médecins de
famille, des médecins spécialistes... on devrait arriver à avoir des résultats,
mais c'est un incontournable, d'avoir une espèce de centralisation de nos
demandes de rendez-vous.
M. Derraji : Vous avez
raison, mais votre niveau de confiance par rapport à la modernisation du CRDS?
Parce qu'on s'entend, on est... on est à la même place, probablement, vous et
moi par rapport à l'objectif, mais l'état d'avancement, c'est quoi, le bilan
détaillé <que...
M. Derraji :
...détaillé
>que vous dressez aujourd'hui?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
en fait, le... j'ai eu l'occasion de le mentionner, il y a place à amélioration
sur le CRDS, il y a place à amélioration. Ça fait que le bilan n'est pas
pleinement satisfaisant. Il y a des bonnes choses qui ont été mises en place,
ça a permis de créer... de changer l'organisation du travail.
Vous savez, j'ai connu l'époque, puis ça
ne fait pas si longtemps que ça, là, où les médecins spécialistes géraient
leurs consultations dans leurs poches de sarrau, là. J'ai connu ça, là, ça ne
fait pas si longtemps que ça. Alors, de partir de : je garde toutes mes
consultations ou je les donne à ma secrétaire puis elle va gérer mes
consultations à un système où on envoie des requêtes dans un système
d'information que les médecins spécialistes ne gèrent pas eux-mêmes, on partait
de très loin. Ça fait qu'aujourd'hui mon appréciation est satisfaisante, mais
elle n'est pas parfaite.
Alors, pour aller de façon plus
intéressante, on va travailler avec la FMSQ. C'est un engagement qu'ils ont
pris, et, cette fois-ci, le CRDQ, il faut le travailler avec eux. C'est ça, mon
message principal. Puis on aura aussi l'occasion, certainement, de voir s'il y
aura lieu d'éventuellement se doter d'une politique nationale en lien avec les services
spécialisés. C'est une idée que je lance comme ça, mais ce n'est pas juste un
système qui va améliorer tout ça, mais le CRDS est à la base.
M. Derraji : Bien, ce que
vous venez de mentionner, votre idée d'améliorer... ah, mais je... juste au
niveau du temps, que vous, vous mettiez sur la table, que vous vouliez
travailler avec les médecins spécialistes pour améliorer le chantier 2.0
du CRDS... C'est ça, votre volonté. Votre volonté, c'est que vous travailliez
en collaboration avec les médecins spécialistes pour améliorer le CRDS 2.0.
Mme Bélanger : Bien oui. Écoutez,
c'est une entente qu'on a convenue de part et d'autre. Et puis je pense que
tout le monde reconnaissait qu'on a du travail à accomplir puis on a besoin de
l'expertise des médecins spécialistes dans ce dossier-là. Santé Québec va donc
travailler aussi puis se donner les modalités pour avoir, donc, des médecins
qui soient impliqués dans ce dossier-là. C'est extrêmement important.
M. Derraji : Oui, mais on
s'entend, Mme la ministre, que, quand on voit que le nombre de patients... Je
ne sais pas si vous avez les derniers chiffres, parce que, moi, ce que j'ai,
c'est... ça remonte au 13 décembre 2025. Je ne sais pas si on peut nous
partager les chiffres. Ce que j'ai, c'est 894 656 patients qui
étaient en attente d'une consultation avec un médecin spécialiste. Ça, c'est
les chiffres de 13... du 13 décembre 2025. Et, le hors délai, on parle
quand même de 584 000. C'est beaucoup. Donc, je comprends que la volonté,
c'est travailler avec les médecins spécialistes pour un CRDS 2.0., mais,
vous, votre objectif pour diminuer cette liste? Parce que c'est quand même...
dans le tableau de bord, on est... on est très loin d'atteindre les cibles.
Mme Bélanger : C'est-à-dire
qu'à chaque année on a augmenté le nombre de demandes en attente... on a
diminué le nombre de demandes en attente. Alors, on est à 858 708. Je ne
sais pas si on est sur le même tableau de bord, là, mais je regarde le tableau
de bord davantage du CRDS du côté de Santé Québec. C'est quand même une
amélioration par rapport à l'année passée. J'ai toute l'évolution sur les
différentes années. On voit qu'on a travaillé.
Parce qu'il y a... il y a une affaire
qu'il ne faut pas oublier, là, c'est qu'il y a de plus en plus de demandes de
consultations. Il y en a beaucoup. On est dans un contexte de vieillissement de
la population, c'est normal, il faut que ce soit pertinent, ceci étant dit, mais
là c'est qu'on voit qu'il y a une tendance d'augmentation des demandes de
consultation. Puis ce qui est intéressant, c'est que, malgré la forte demande,
bien, on réussit, du côté de Santé Québec, à diminuer la liste d'attente.
Alors, sans avoir révisé le CRDS, là, au cours de l'année... là, je vous parle
de l'année qui vient de terminer. Alors, il faut continuer. Pour le moment,
l'indicateur que je vois... c'est vrai que le chiffre est important, mais
l'indicateur est vert parce qu'il progresse vers une diminution.
M. Derraji : Ce qui me ramène
à vous ramener sur les chirurgies en attente. Et votre gouvernement s'était
fixé une cible claire : ramener les listes d'attente en chirurgie à leur
niveau prépandémique. C'est ce que nous avons entendu. Ça veut dire
110 000 patients. Il y avait, Mme la ministre... et, encore une fois,
je vous le dis, c'est là où j'ai le malaise, ce n'est pas vous, il y avait
trois plans de rattrapage qui ont été annoncés pour y arriver, avec des
ressources importantes. Là, on va parler des ressources un peu plus tard, parce
que j'aimerais bien une mise à jour de votre part. La cible n'a pas été
atteinte, et ce qu'on entend, corrigez-moi si je me trompe, les 100 promises...
là, on parle d'une enveloppe de 450 millions de dollars, n'a pas été
utilisée.
Là, on entend toutes sortes de choses sur
le terrain. Je peux vous parler de l'entente avec la fédération
interprofessionnelle des infirmières, que... l'entente 29 ou la lettre...
la lettre d'entente 29. On nous dit, sur le terrain, qu'ils n'ont pas vu...
malgré que les <infirmières...
M. Derraji :
...pas
vu... malgré que les >infirmières veulent, tu sais, elles veulent
participer à l'ouverture des blocs, vous savez de quoi je parle. Là,
aujourd'hui, j'aimerais bien, de votre part, un, l'état de situation des
450 millions de dollars, pourquoi ça n'a pas été utilisé et la lettre
d'entente 29. Pouvez-vous nous parler du portrait global? Surtout que je
peux vous mentionner que les infos que j'ai reçues, c'est un déploiement
partiel en Estrie et en Outaouais.
Mme Bélanger : ...revenons,
là, sur la cible. Au 31 mars de cette année, c'est
454 000 chirurgies qui ont été réalisées. L'objectif est d'aller de
l'avant avec 500 000 chirurgies. Grosso modo, là, c'est le chiffre,
là, général, là, qu'on... que je peux vous transmettre. Alors,
454 000 chirurgies au 31 mars, c'est quand même près de
2 500 de plus que l'année dernière.
En oncologie, c'est la même chose. On a
comme continué puis on a amélioré le nombre de chirurgies en oncologie, mais
aussi la durée d'attente sur la liste d'attente. Alors, c'est important.
Par rapport à la lettre d'entente et la
réalisation de cette lettre d'entente dans des investissements qui ont été
faits en chirurgie, c'est... bien, je n'ai pas d'information précise, là, au
moment où on se parle, sur la réalisation de l'entente. Le ministre... le
ministère de la Santé... excusez, le sous-ministre de la Santé pourrait vous en
parler, si vous le souhaitez.
M. Derraji : Oui, oui, je
n'ai pas de problème. C'est juste les sous-ministres ou les ministres, Mme la
ministre?
Mme Bélanger : Oui, oui, non,
c'est ça, je me suis trompée dans mon titre.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement?
M. Derraji : Je ne sais pas
si vous vous êtes en train de faire une annonce, mais bon.
Mme Bélanger : Non.
M. Derraji : On vous aime
bien pour rester.
Mme Bélanger : C'est gentil.
Le Président (M. Provençal)
: Je comprends que j'ai le consentement.
M. Derraji : Oui, oui,
consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, M. Paré.
M. Paré (Daniel) : Oui.
Daniel Paré, sous-ministre, ministère de la Santé et Services sociaux.
Les montants que vous mentionnez sont...
ont été intégrés à l'entente avec la Fédération des médecins spécialistes du
Québec. Dans l'entente, il y a des cibles, notamment au niveau du CRDS, il y a
des cibles au niveau des chirurgies, qui est une responsabilité des médecins,
mais il y a... Ce qui est un corollaire aussi de ça, c'est une entente
gouvernementale avec les sommes que vous mentionnez au niveau de la chirurgie.
• (15 h 50) •
M. Derraji : Quel chiffre,
s'il vous plaît? Parce qu'on dit «chiffre», précisez le montant. Est-ce qu'on
parle des 500 millions qui ont été ajoutés à l'entente ou on parle d'autre
chose? Parce qu'aux dernières nouvelles 1 million de dollars ont été
dépensés à ce jour pour le rattrape des interventions chirurgicales en date du
13 juin 2025. C'est un article de Radio-Can. Donc, on parle de quel
montant qui a été rajouté à l'entente?
M. Paré (Daniel) : Je ne
parle pas de la rémunération des médecins, mais je parle beaucoup plus des
engagements du gouvernement. Ce qu'il faut savoir, l'entente ou le plan de
rattrapage est en lien avec les budgets de l'IPAM, qui était l'Institut de
pertinence et qui est... avec l'entente avec les médecins spécialistes, était
aboli, mais les sommes ont été préservées pour ensuite faire des transferts,
notamment au niveau de Santé Québec. Et on parle, dans la chirurgie, de
100 millions par année pour les quatre prochaines années. CRDS, on
parle de 30 millions pour les quatre prochaines années aussi, pour
rajout de ressources, etc., toujours en lien avec la diminution et les
atteintes que vous mentionnez, et il y a aussi des sous au niveau des systèmes...
des systèmes informatiques pour venir bonifier, là, le volet... le CRDS.
M. Derraji : Ça, c'est avec
les médecins. Vous avez dit un 30 millions sur quatre ans et un 100 millions
par année pour quatre ans, ça veut dire 130 millions par année.
M. Paré (Daniel) : C'est ça,
100 millions pour les chirurgies et 30 millions pour le volet CRDS,
et il y a aussi un 40 millions qui va être plus en lien avec
l'informatique par rapport à certains outils.
M. Derraji : ...par année?
M. Paré (Daniel) : Par année.
M. Derraji : Sur quoi? Sur
quatre ans?
M. Paré (Daniel) : Sur quatre ans.
M. Derraji : Donc, on parle
d'un 170 millions par année, si je fais l'ensemble des trois.
M. Paré (Daniel) : C'est ça.
M. Derraji : Ça, c'est pour
les médecins spécialistes.
M. Paré (Daniel) : C'est pour
l'engagement gouvernemental, et la partie que vous vous mentionnez, notamment
au niveau de la lettre d'entente pour les soins infirmiers, va être incluse
dans le 100... dans le 100 millions de dollars pour faire des chirurgies.
M. Derraji : Je n'ai jamais
entendu parler de 100 millions, j'ai entendu parler de 60 millions.
Là, je parle de la lettre d'entente 29. M. le sous-ministre, est-ce que
c'est ça? Parce que, si vous ajoutez 40 millions aux infirmières, la FIQ
va nous envoyer un message : Merci. Ils vont être très contents. Ce que
j'ai, c'est 60 millions.
M. Paré (Daniel) : Merci
beaucoup, M. le Président, de me permettre de... J'aime beaucoup la FIQ, comme
vous savez, mais, en même temps...
M. Derraji : Oui, mais vous relancez
beaucoup de choses, hein?
M. Paré (Daniel) : Les
montants de cette entente-là étaient effectivement pour faire du temps
supplémentaire les fins de semaine, etc., et c'était lié au plan de rattrapage,
et c'est les mêmes sommes que je vous parle comme engagement gouvernemental
pour effectuer des chirurgies, pour faire le... pour... selon l'entente avec la
FMSQ.
M. Derraji : Quelles sommes?
Moi, je n'ai jamais entendu 100 millions par rapport à la FIQ.
M. Paré (Daniel) : Non, c'est
100 millions pour la chirurgie, mais, dans <ce...
M. Paré (Daniel) :
...dans
>ce 100 millions là, il y aura des... pour quatre ans, il y
aura les... les mêmes montants. Le 60 millions fait partie de ce
100 millions là.
M. Derraji : Excellent! Là,
maintenant, ma sous-question : Pourquoi il n'y a pas une bonne répartition
de l'utilisation de ces sommes? Parce que, sur le terrain, ce qu'on nous a dit,
les infirmières lèvent la main, ils veulent participer, mais, malheureusement,
il n'y a pas de possibilité d'aller faire des opérations. Et là je peux vous
ramener plein d'exemples. J'ai mentionné l'Estrie, l'Outaouais, la capacité
publique, elle est sous-utilisée, et on parle même... le recours au privé.
Donc, vous avez signé une entente. Il y a une réelle volonté gouvernementale
d'aller de l'avant, mais, sur le terrain, on voit que ça ne bouge pas.
M. Paré (Daniel) : Encore là,
M. le Président, vous comprenez qu'il m'est difficile de répondre à cette
question-là. On sait que ça a été quand même un défi avec la Fédération des
médecins spécialistes et chirurgiens au cours des derniers mois. Moi, je me...
Mon commentaire, là, c'est... avec la nouvelle entente, avec les engagements
gouvernementaux, avec les équipes notamment de Santé Québec, pour la cible,
pour la première année, c'est 20 000 chirurgies additionnelles, cette
année, avec les sous que je viens de vous mentionner, et ça devrait... Moi, je
pense que l'utilisation de ladite entente va aider les opérations à atteindre
leurs cibles.
M. Derraji : Donc, vous
confirmez aujourd'hui que, que ce soit pour les médecins spécialistes ou pour
les infirmières, les sommes allouées vont être décaissées pour la prochaine
année pour atteindre les 20 000 chirurgies de plus?
Mme Bélanger : Bien,
peut-être que je dois quand même mentionner, là, que ces montants... donc, il y
a des montants liés à la FMSQ qui sont d'autres choses. Puis, dans la FMSQ, il
y a des montants qui venaient de l'IPAM. On l'a dit, augmenter l'accès à la
chirurgie, mais aussi pour les infrastructures TI. Pour ce qui est du budget
pour les infirmières, ça ne vient pas de l'enveloppe de la FMSQ, là. Je pense
que c'est vraiment important de faire... C'est ça, c'est de... on parle de la
même chose, là, OK?
M. Derraji : Oui, oui, il a
bien... non, non, il a bien... exactement.
Mme Bélanger : Ça fait que
ça, c'est très important. Mais, dans les deux cas, c'est Santé Québec qui
a le financement. Il y aura une reddition de comptes. Vous savez qu'il y a un
comité, là, qui a été mis en place avec la FMOQ pour suivre l'évolution de
leurs objectifs, mais on va continuer de suivre l'évolution des indicateurs et
de cette entente-là de façon importante avec le ministère, avec la FMSQ, bon,
Santé Québec aussi a cette responsabilité-là parce que c'est eux qui doivent
faire l'organisation de services. Alors, cet argent va servir pour réouvrir des
salles d'opération, c'est ça qui est important, parce qu'il y a quand même
plusieurs salles d'opération qui sont fermées. Puis, comme je l'ai mentionné,
si on n'est pas capable d'ouvrir les salles d'opération, bien, il y a une autre...
une autre voie de passage, un autre outil qui est très important, qui sont les
ententes avec les CMS. Alors... Donc, l'objectif du 20 000 est important.
M. Derraji : Vous me devancez,
mais vous me... vous... on dirait que vous jouez aux échecs, Mme la ministre, c'était
ça, ma prochaine question. Si jamais... Parce que, là, vous avez dit, et M. le
sous-ministre l'a mentionné tout à l'heure, il y avait un enjeu de négociation
avec les médecins spécialistes, mais, au bout de la ligne, moi, je parle au nom
de ces patients qui sont en attente d'une chirurgie. Les infirmières lèvent la
main, ils veulent le faire, mais on ne peut pas ouvrir des blocs uniquement
avec la volonté des infirmières. Les CMS, à quel moment... je sais que ce n'est
pas vous, à quel moment Santé Québec, parce que c'est eux qui vont gérer les
opérations, vont dire : Là, c'est assez, là, il faut qu'on opère? Parce
que, si ça ne roule pas, est-ce qu'on va aller au CMS directement ou bien on va
se donner un délai de dire : On va essayer... on va essayer avec les
médecins spécialistes, on va essayer avec nos infirmières, on va essayer avec
la répartition régionale? À quel moment le go va se donner aux CMS?
Mme Bélanger : ...une
excellente question, puis là on rentre vraiment dans l'application puis dans le
détail des opérations. Si vous le permettez, j'enverrais la question du côté de
Santé Québec. Je comprends que la question est très concrète, c'est à quel
moment, puis peut-être parler des ententes, puis à quel moment on dit :
Bien, on augmente votre entente parce qu'on n'est pas capable, par exemple,
dans le public pour cette année, d'atteindre la cible. Alors, j'irais peut-être
avec madame...
Le Président (M. Provençal)
:Mme Biron ou... non, c'est...
Mme Bélanger : Donc, avec
Mme Poupart, si Mme Biron est d'accord.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement?
M. Derraji : Oui, oui,
consentement.
Mme Poupart (Maryse) : Alors,
bonjour. Je suis Maryse Poupart, je suis la vice-présidente aux opérations et à
la coordination du réseau.
Alors, bien, merci pour la question.
Alors, dans la dernière année, j'aimerais rappeler qu'on a quand même réussi à
faire 454 000 chirurgies. Alors, c'est un volume historique dans les
cinq dernières années. Je pars de là pour arriver à la destination avec la
nouvelle entente. Également, autour des dossiers de chirurgies hors délais,
alors, on a diminué en dessous des 4 000. <Donc...
Mme Poupart (Maryse) :
...4 000.
>Donc, la barre des 4 000, ça ne s'était pas vu. Le plus bas niveau
qu'on avait atteint, c'est en 2019-2020. Donc, je pense que, déjà dans la
dernière année, bien que ce soit imparfait, puis moi, je comprends totalement
que les gens à la maison qui attendent pour une chirurgie, bien, on veut
l'avoir dans les délais les plus rapides, au moment où est-ce qu'on se parle,
il y a 3 000... un petit peu plus, 3 900 personnes qui attendent
pour une chirurgie plus d'un an. Sinon, les chirurgies se font dans les
délais. Et, lorsqu'on regarde la liste d'attente complète en chirurgie, on est
maintenant autour de 137 000. Ça, ça veut dire que, dans une année,
évidemment, on rentre dans notre production chirurgicale plus de trois fois
notre liste d'attente. Une fois qu'on a dit ça... Je peux continuer, oui?
M. Derraji : ...non, non, je
vous écoute.
Mme Poupart (Maryse) : Une
fois qu'on a dit ça, au moment où est-ce qu'on se parle, aujourd'hui même, on
est en train de faire la tournée des établissements pour établir le plan.
Tantôt, un peu plus tôt, on a parlé de plan de rattrapage, donc comment on va
faire pour récupérer et faire en sorte de faire les 20 000 chirurgies
additionnelles qui sont prévues à l'entente et faire en sorte que, l'année
suivante, on puisse récupérer. Alors, c'est une conjoncture de plusieurs
actions qui se... qui se font. Donc, d'abord, toute la planification de nos
blocs opératoires, comment on travaille avec la capacité qu'on a au moment où
on se parle. Vous avez fait référence à nos salles d'opération, à nos salles en
CMS, donc c'est faire le maximum pour bien planifier, pas planifier sur une
façon historique, mais vraiment planifier en fonction des cas, en fonction des
urgences et faire en sorte qu'on utilise de façon optimale nos salles avec nos
cliniciens sur le terrain, nos chirurgiens.
Une fois qu'on a bien planifié, qu'on a
fait notre épuration, une fois qu'on est à l'intérieur des blocs opératoires,
bien, comment on fait pour optimiser cette capacité-là, et, en marge de tout
ça, bien, aller chercher un maximum de capacité avec les personnes à ramener au
travail, faire en sorte d'aller... Vous avez fait référence aux infirmières. Parce
que faire des opérations, hein, c'est un regroupement de chirurgiens
anesthésistes, infirmières...
M. Derraji : ...le président.
C'est le CMS, à quel moment vous allez passer au...
Mme Poupart (Maryse) : Bien,
c'est une offre complémentaire. On a déjà, avec les CMS, 44 ententes dans
26 CMS différentes. Donc, ce qu'on est en train de faire, je le disais
d'entrée de jeu, c'est faire la tournée de chaque établissement pour regarder
la volumétrie additionnelle qui pourra être faite dans la prochaine année,
s'assurer de voir une première, une deuxième et éventuellement une troisième
offre.
M. Derraji : Mais l'objectif,
c'est les 22 000. Ça, c'est pour la...
Mme Poupart (Maryse) : C'est
20 000 additionnels.
M. Derraji : Ça, c'est
l'objectif que Santé Québec, aujourd'hui...
Mme Poupart (Maryse) : Exactement.
M. Derraji : ...veut livrer
pour la prochaine année, mais on parle de 20 000 supplémentaires.
• (16 heures) •
Mme Poupart (Maryse) : Exact.
Donc, c'est 454 000 plus le 20 000 pour l'année en cours.
M. Derraji : Je ne sais pas
si je vais garder cette question pour l'année prochaine et vous la poser, mais
j'espère que vous allez avoir plus que 20 000, comme ça, on va baisser...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, je vais céder la parole maintenant au député de Saint-Henri—Sainte-Anne
M. Cliche-Rivard : Merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Rebonjour, Mme la ministre. Merci pour vos
réponses tout à l'heure. Écoutez, je... tantôt au salon rouge, là, j'ai déposé
une pétition, une pétition signée par 13 000 Québécois et Québécoises
réclamant l'élargissement du Programme d'accès aux pompes à insuline et à leurs
fournitures aux adultes vivant avec le diabète de type 1 ou le diabète
auto-immun latent de l'adulte. On en a parlé. Je porte d'ailleurs leur symbole,
le cercle bleu, là. J'en aurai un pour vous tout à l'heure. Ils m'en ont remis
quelques-uns. Et ils sont, beaucoup d'entre eux, là, de la coalition, derrière
vous, là. Ils se sont déplacés puis ils se sont présentés pour entendre vos
réponses. On les salue, d'ailleurs. C'est important d'avoir les gens de la
société civile qui portent ces causes-là avec nous.
Moi, dans ce dossier-là, Mme la ministre,
j'ai appris que le Québec était la seule province canadienne, en fait, à ne pas
rembourser les pompes à insuline à leurs fournitures... et leurs fournitures
pour les adultes. Ça m'a quand même choqué. Ça m'a quand même surpris
d'apprendre... parce que d'habitude on est précurseurs, d'habitude on est pas
mal chef de file. Vous en avez parlé, là, pour les maladies rares tout à
l'heure, mais là, pour ce dossier-là, on ne peut pas... on ne peut pas du tout
dire la même chose. L'INESSS avait pourtant émis une recommandation claire en
date du 6 mai, là, 2022 à l'effet qu'il fallait, là, élargir la couverture.
Et là, bon, vous le savez, là, si quelqu'un reçoit un diagnostic à l'âge adulte
ou après l'entrée en vigueur du programme qui était en 2011, bien, il
n'est pas admissible au programme.
Donc, je vous laisse, là, la parole.
Qu'est-ce que vous avez à répondre aux gens derrière nous qui déboursent des
milliers de dollars annuellement pour rester en santé, tout simplement?
Mme Bélanger : Oui. Bien,
d'abord, je tiens à vous remercier d'assister à cette commission. Désolée, je
vous tourne le dos, mais c'est... Je comprends très bien que, lorsqu'on a un
diagnostic de diabète et que... c'est important d'avoir les bonnes fournitures,
les bonnes... les bons traitements, les bonnes interventions pour s'assurer
d'avoir une bonne qualité de vie. Alors... Donc, au 31 mars 2026, donc
l'année financière qui vient de terminer, c'était 4 381 personnes qui
étaient inscrites au programme de pompes à <insuline...
>
16 h (version révisée)
<19281
Mme
Bélanger :
...terminé. C'étaient 4 381 personnes qui étaient
inscrites au programme des pompes à >insuline, une augmentation de
16 % comparativement au 31 mars 2025. Ça fait que c'est quand même
une augmentation, ce n'est peut-être pas 100 % des réponses, mais c'est
quand même une évolution au cours de la dernière année, 16 % de plus de
personnes.
Alors, les pompes sont couvertes pour...
donc, la population, les personnes jusqu'à l'âge de 18 ans. À partir de 18 ans,
bien là c'est d'autres régimes, là, qui entrent en cours de route, alors... Donc,
il faut comprendre aussi qu'à partir de 18 ans je comprends très bien que
l'impact, c'est probablement sur la vie entière. Je le comprends tout à fait.
Alors, c'est important qu'on puisse continuer de faire évoluer ce programme.
Les coûts totaux du programme, là, pour vous donner un exemple... parce que,
là, il y a les coûts de pompes, mais il y a aussi des coûts de fournitures. Ça
fait que c'est deux éléments extrêmement importants. Il faut continuer de faire
évoluer ça. Donc, pour vous donner un exemple, en 2023-2024, on était donc à 12 millions
total, j'arrondis, là...
Le Président (M. Provençal)
: Merci, Mme la ministre. M. le député.
Mme Bélanger : ...en 2024‑2025...
Excusez-moi?
Le Président (M. Provençal)
:M. le député voudrait... continuer
sa... ses questions.
M. Cliche-Rivard : C'est
important, ce que vous dites, Mme la ministre, là, mais moi, je vous rapporte
qu'on est la seule province canadienne... je veux dire, pas il y en a trois qui
l'ont fait, pas il y en a... On est la seule. Donc, j'entends ce que vous me
dites, j'entends les investissements. Moi, ça me choque de savoir qu'on est au
dernier rang pour la reconnaissance de quelque chose qui est essentiel à la
qualité de vie, au maintien d'une vie de qualité. J'entends les dépenses, là, puis
je vous avais dit, tantôt, que je vous ferais le parallèle avec le fait qu'on...
quand c'est question de dépassements de coûts, en santé, pour les dossiers
numériques, c'est moins important, là. Là, aujourd'hui, il y a des gens, ici,
dont leur vie dépende, puis ce n'est pas tout le monde qui a les 7 000 $
et plus d'argent par année à dépenser là-dessus, puis pourtant c'est leur vie
qui est en cause. Donc, comment ça se fait qu'on est derniers, au Québec, à
élargir ça?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
vous savez, il y a une question de choix financière qui s'est faite au fil des
années. Alors, ce n'est pas une décision de la dernière année. Ce que je suis
satisfaite, c'est de voir qu'il y a une augmentation de nombre... du nombre de
personnes qui y ont droit. On va regarder ça, il y a des recommandations de l'INESSS.
Il faut continuer de faire progresser, dans le fond, ce programme-là. Alors, on
va regarder ce qu'il faut, mais il y a quand même eu une augmentation
budgétaire constante. On est passé de 12 millions à presque 16 millions
en 2025-2026, ça continue pour la prochaine année, 2026-2027. Alors, on a du
travail à faire pour continuer d'améliorer ce programme-là, là, j'en suis tout
à fait consciente.
Alors, qu'on soit les derniers, on n'aime
pas ça, au Québec, être les derniers, on aime mieux être les premiers. Alors, c'est
une question d'équilibre par la suite. Alors, on va regarder ça de près, mais c'est
important, aussi, tout l'investissement qu'on fait dans les centres de
recherche en lien avec cette maladie qui est fort importante. Alors...
M. Cliche-Rivard : Donc, ce ne
sera pas pour cette fois, là, c'est ce que j'entends de votre réponse.
Mme Bélanger : ...dire que
nos budgets sont ajustés à chaque année. Donc, on va regarder dans le cadre du
budget, mais, si je vous donne les... Là, le budget n'a pas été... n'est pas
encore... on est en train de parler des crédits, mais, si je vous donne 2023-2024,
2024-2025, 2025-2026, c'est une augmentation, grosso modo, de plus de 1 million de
dollars à chaque année.
M. Cliche-Rivard : Avec tout
le respect que je vous dois, tantôt, on parlait d'une augmentation, dans un
projet de santé, qui dépassait ses budgets de 600 %, là, puis là ça, c'était
possible, là. Puis, quand on parle de transformation numérique, puis il faut
aller chercher un autre 150 millions, ça, c'est possible. Mais, avec tout
le respect que je vous dois, quand c'est la... c'est la vie des gens qui est en
cause, là, ce n'est pas possible, et on est derniers, malgré que l'INESSS l'a
recommandé. Je demeure quand même... Ce sont des choix, comme vous l'avez dit,
ce sont les vôtres, ceux de votre gouvernement. Je ne sais pas si je peux vous
laisser le mot de la fin là-dessus, là. Vous voulez réagir?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je suis sensible à la situation des personnes qui ont le diabète. Je vous dis
qu'on a quand même fait des choses au cours de la dernière année, des deux
dernières années, pour augmenter le nombre. Je comprends que ce n'est pas
100 %. Il faut aussi se rappeler que le Québec offre la plus large
couverture de médicaments pour le diabète dans tout le Canada, quand même important
de le mentionner aussi, et c'est une question de bien évaluer. Bien, il faut
bien évaluer. Alors, si on veut continuer d'aller vers les pompes à insuline,
qu'est-ce qu'on fait avec le volet des médicaments? Comment on interagit avec
ça? Il y a des discussions à compléter. Les recommandations de l'INESSS étaient
importantes, mais amenaient aussi, là, certains éléments. Il faut regarder tout
ça. Alors, on va suivre la situation de près, notamment avec l'INESSS, le
ministère, mais aussi, naturellement, avec Santé Québec pour bien <utiliser...
Mme Bélanger :
...l'INESSS, le ministère, mais aussi naturellement avec
Santé
Québec, pour bien >utiliser les montants qui sont attribués aux
personnes ayant une maladie chronique.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
On y reviendra, évidemment, Mme la Présidente. Conformément à ce que j'avais
dit au secrétariat, je vais reporter le reste de mon temps au dernier bloc.
Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Il va reste... c'est 5 min 50 s
qu'on va reporter, M. le député. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. J'aimerais revenir sur certaines des questions que j'avais posées
lors des crédits provisoires, concernant la mise en place de Santé Québec. On
se souvient que, lorsque l'organisation a été créée, lorsqu'on a travaillé sur
le projet de loi n° 15, on avait dit que ce serait une petite structure
légère, agile. Les derniers chiffres qu'on a... bien, qu'on avait avant la mise
en place de Santé Québec, c'étaient 1 700 employés au ministère de la
Santé et des Services sociaux. Il en resterait 1 000, et on en compterait
également 1 000 à Santé Québec, ce qui... ce qui fait une augmentation
nette, là, de 300 fonctionnaires. Est-ce que mes chiffres sont exacts, Mme
la ministre, ou est-ce que vous avez des chiffres à jour à nous donner sur le
nombre d'employés de Santé Québec au total et le nombre d'employés total au
ministère?
Mme Bélanger : OK. Juste une
petite minute, là, que je me retrouve dans les... dans les données. Alors, on a
demandé, effectivement, à Santé Québec d'ajuster sa structure pour avoir une
structure plus légère, mieux alignée sur leur mission. Alors, l'organisation a
réduit quand même de façon significative son nombre total de postes-cadres, ça,
c'est quand même important de le mentionner, alors... Et là je vous donne des
données en lien avec Santé Québec spécifiquement. Alors, on compte présentement
12 463 cadres au sein des 30 établissements de santé au Québec.
Je vous rappelle que c'est tout... c'est l'ensemble du système de santé, quand
on parle d'établissements, c'est très vaste. Donc, 12 463, donc... alors, comparativement
à 12 624 à la même période l'an dernier. C'est donc une diminution, grosso
modo, là, de 200 postes-cadres à l'échelle du réseau, dans une
organisation qui est en train de se mettre en place, avec, vous avez vu, là,
des améliorations significatives dans les secteurs cliniques. Donc, diminution
de 200 postes-cadres au cours de la dernière année, ce qui fait que ça a
contribué à réduire beaucoup les taux administratifs de Santé Québec.
Alors, cette année, au 31 octobre,
les taux d'administration, là, c'est le taux de postes d'encadrement sur les
autres ressources, étaient de 4,23 %, soit sous la cible. La cible pour
les ressources administratives, là, c'est une cible de 4,66 %. On demande
aux établissements de ne pas aller plus haut que ça, alors... Et Santé Québec
est à 4,23 % depuis le 31 octobre, donc ils sont en bas de la cible.
Maintenant, il y a une cible de réduction, mais il y a aussi toutes les autres
améliorations, là, que Santé Québec est en train d'amener.
• (16 h 10) •
M. Arseneau : Oui. Je pense
que vous avez compris ma question. Je ne parlais pas des établissements, je
parlais du siège social de Santé Québec, la créature de votre gouvernement. Ce
qu'on avait comme chiffres, c'est que l'objectif à atteindre, c'était moins 20 %
du nombre de cadres supérieurs à Santé Québec et qu'au contraire, on avait une
augmentation de 40 % depuis mars 2025, là, jusqu'à la fin de l'année 2025.
Là, on est en 2026, où en sommes-nous? On parlait de 357, c'est le dernier
chiffre qu'on a au 25 novembre dernier, 357. Est-ce qu'on est dans ces
chiffres-là ou on est... On a réduit ou on a augmenté?
Mme Bélanger : Bien,
regardez, je vous donne quelques données puis je ne veux pas qu'on soit en
porte-à-faux, mais je vous donne quand même les données que j'ai. Donc, au 31 mars
2026, sur les tableaux d'information que j'ai, on serait à 390 cadres
gestionnaires, donc, au 31 mars 2026. Alors, peut-être pour plus de précision,
si vous acceptez que Santé Québec ou le ministère puisse vous répondre, ça...
vous pourriez avoir le détail de cela.
M. Arseneau : Oui, je pense
que c'est pertinent, effectivement, parce que vous vous souviendrez de la
réaction d'étonnement généralisé de voir que, suite à la publication d'un
reportage dans le Le Journal de Montréal, votre prédécesseur, le
ministre Dubé, avait dit : Bien, il faut faire un effort, et on avait
parlé d'un objectif de réduction de 20 %. Finalement, les chiffres qui ont
été révélés parlaient plutôt de 40 %. Donc, on veut <savoir...
M. Arseneau :
...finalement,
les chiffres qui ont été révélés parlaient plutôt de 40 %. Donc, on veut >savoir
si l'effort a été fait, c'est ça, l'objectif. Et le 390 employés dont vous
parlez, j'aimerais... puis je veux entendre la réponse, est-ce qu'ils se
comparent aux 357 qui avaient été évoqués en novembre 2025 ou avec les 383, je
sais qu'il y a beaucoup de chiffres, qui incluaient les prêts de services?
Faisons le portrait complet, comme ça on saura de quoi on parle.
Mme Bélanger : Peut être, M.
le député, si vous vous permettez, la question serait peut-être plus efficace...
je m'excuse, mais du côté de Santé Québec, parce qu'on parle du siège social,
hein, alors...
M. Arseneau : Oui, bien, avec
le consentement, est-ce qu'on peut d'abord avoir le chiffre du nombre
d'employés qui demeurent au ministère d'abord puis, ensuite, on pourra passer à
Santé Québec?
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que... M. Paré.
M. Paré (Daniel) : Oui, M. le
Président. Daniel Paré, sous-ministre, ministère Santé et Services sociaux.
Présentement, c'est 932 employés qui est... qui est au ministère de la
Santé et Services sociaux. C'est 11 % de moins depuis... depuis la
création de Santé Québec et après le... on va dire quelque chose qu'on connaît,
après notre Grand Dérangement, nous, qu'on a... qu'on a eu, là, pour le
transfert des employés.
M. Arseneau : Vous savez que
le Grand Dérangement en Acadie, c'est la déportation, hein?
M. Paré (Daniel) : Oui, oui, bien,
c'est pour ça que je vous agaçais avec ça.
M. Arseneau : Exact. OK.
D'accord. Donc, je comprends que ce n'est pas tout à fait la même opération
pour ce qui est du transfert des employés vers Santé Québec. Est-ce que c'est
Mme Biron qui pourrait répondre à cette question-là, avec le consentement?
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Mme Biron, s'il vous plaît.
Mme Biron (Geneviève) : Oui.
Alors, bien, merci pour la question. Alors, vous savez, le personnel
d'encadrement, extrêmement important au sein de notre organisation. Je souhaite
quand même amener la précision qu'on travaille, maintenant, tout le réseau
ensemble, et c'est pour ça que c'est important de calculer l'ensemble de nos
gestionnaires. Il n'est pas rare, dans nos équipes, d'avoir, justement, aux
ressources humaines, une personne qui est aux Îles-de-la-Madeleine. Et donc, on
a des gens qui sont rattachés à divers établissements, alors on ne peut pas
calculer le siège social comme vous l'entendez, et c'est pour ça qu'on tient à
avoir le chiffre global de gestionnaires.
Ceci dit, on est très mobilisés pour
réduire les fonctions administratives et on a 24 différents projets qui
sont en cours pour tenter d'améliorer, en fait, toute la charge administrative,
malgré qu'on est quand même très satisfaits, là, en ce moment, nos pourcentages
sont sous les cibles qui nous sont données.
M. Arseneau : Je comprends,
là, que vous êtes revenue aux chiffres globaux avec les établissements, mais
que c'est difficile de comparer des pommes avec des oranges. Vous le savez que,
depuis le début, notre objectif, pour nous, c'est de voir si on est capables de
respecter l'engagement du gouvernement, qui disait : Je vais mettre en
place une structure à coût nul. Notre calcul, c'est que, quand tu as 300 employés
de plus, ce n'est pas à coût nul. Et c'est pour ça que je veux avoir les
chiffres aujourd'hui, sinon l'exercice des crédits ne sert pas à grand-chose.
Mais là vous, vous parlez... dans le réseau en général, on n'est plus capables
de voir si, effectivement, la superstructure Santé Québec, elle a... combien
elle a coûté.
Mme Bélanger : En fait, ce que
Mme la Présidente cheffe de direction nous dit, c'est que c'est 200 de moins.
C'est vraiment ça. Puis, tu sais, l'autre chose aussi que je veux quand même
mentionner au... il y a eu des efforts, là, de faits, en même temps qu'ils
mettaient en place une société d'État. Il y a le ministère de la Santé qui a
transféré des ressources en même temps qu'ils se positionnaient dans un
ministère 2.0. Dans un contexte où on fait beaucoup de transformation, il
faut y aller, aussi, adéquatement dans nos postes d'encadrement.
Cependant, cependant, je suis tout à fait
à la même place que vous, avec l'intention de... que je comprends de votre
question, c'est important de miser sur le personnel clinique administratif qui
est sur le terrain, le personnel de soutien. Alors, très important qu'on change
la façon de faire, qu'on soit plus en gestion en misant sur nos ressources puis
que les bonnes idées viennent de là. Alors, on a eu l'occasion
d'échanger, Mme Biron et moi, ainsi qu'avec la présidente du conseil
d'administration, sur la philosophie de gestion des ressources humaines. Il y a
encore du travail à faire, c'est normal, mais on parle d'un an et demi, mais il
reste qu'il y a eu, quand même eu un transfert important du ministère vers
Santé Québec, alors il faut que ce soit ajusté à leur structure, mais ils n'ont
pas hésité, quand même, à donner le ton par rapport à ça.
M. Arseneau : Oui. Vous allez
comprendre qu'aux yeux du public, en fait, l'idée c'est d'avoir davantage de
services, pas davantage de structures ou de fonctionnaires. Et c'est la
philosophie que nous a présentée votre prédécesseur, et c'est ce dont on veut
s'assurer aujourd'hui. Et vous n'êtes pas sans savoir non plus que les <transformations...
M. Arseneau :
...dont
on veut s'assurer aujourd'hui. Et vous n'êtes pas sans savoir non plus que les >transformations,
Santé Québec, sont scrutées à la loupe. Et, lorsqu'on dit, par exemple, qu'on a
investi un montant d'argent pour refaire le «branding», si vous me permettez
l'expression, l'image de marque du réseau de la santé, avec un nouveau logo, à
travers un appel d'offres puis l'emploi d'un graphiste, et ainsi de suite, ça
fait réagir les gens qui sont sur des listes d'attente en chirurgie, par
exemple. Et je ne me prononce pas à savoir si la chose était importante ou pas,
mais, au rang des priorités des Québécoises et des Québécois, définitivement,
ce n'est pas l'image de marque qui compte. Alors, c'est le sens des questions
que j'essaie de poser à ce moment-ci.
Je vais vous en poser une... puis je ne
veux pas rentrer dans le «branding», je ne veux pas qu'on fasse du populisme
là-dessus, mais il y a une question qui me préoccupe, moi, c'est de savoir
comment est-ce qu'on peut justifier que le ministère de la Santé et des
Services sociaux ait un plan stratégique 2023-2027, avec un certain nombre
d'objectifs à atteindre, avec des indicateurs, et que Santé Québec superpose
son propre plan stratégique... je ne sais pas sur quelles années, là,
2025-2028, avec ses propres objectifs, et, parfois, avec des indicateurs
similaires ou non, et, parfois, avec des objectifs qui ne sont pas les mêmes
que ceux qui ont été fixés par le ministère. Et je vous donne l'exemple suivant.
On a parlé abondamment des listes en
chirurgie. J'aimerais savoir comment il se fait que, dans le plan stratégique
du ministère, l'objectif, la cible à atteindre pour les chirurgies en attente
hors délai, là, de plus d'un an, la cible à atteindre en 2025-2026 était de
1 500 l'année suivante, donc l'année courante, 1 000. Et, lorsqu'on
regarde le plan stratégique de Santé Québec, bien, c'est plutôt 1 500,
l'objectif à atteindre d'ici l'année prochaine, c'est comme si on avait reporté
l'objectif d'un an. Et, sachant que le ministère devait conserver les orientations
et Santé Québec, voir aux opérations, comment se fait-il que Santé Québec
adopte des orientations qui sont contraires ou différentes, disons, du
ministère? Comment est-ce qu'on réconcilie ça?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
vous posez une très bonne question parce qu'effectivement c'est une immense
transformation. Puis je veux juste quand même rappeler que, pendant des
décennies, plusieurs experts, des gens très connaissants du système de santé,
recommandaient constamment aux différents gouvernements de séparer les
orientations et la gestion. Parce qu'il faut voir, là, qu'il y a deux ans,
c'était le ministère qui faisait les... qui faisait les grandes orientations,
les grandes politiques publiques, puis il faisait aussi la gestion. Alors, malgré
qu'on avait un bon ministère de la Santé et Services sociaux, ce n'était
peut-être pas idéal. À un moment donné, il faut concentrer les ressources selon
leurs missions respectives.
• (16 h 20) •
L'arrivée de Santé Québec, c'est vraiment
dans cette volonté de pouvoir séparer les orientations de la gestion. Et vous
avez aussi mentionné quelque chose d'important. Le ministère de la Santé et
Services sociaux, comme tous les ministères, se donne des plans stratégiques et
des cibles. Tous les ministères ont ces indicateurs-là. Le ministère de la
Santé s'est doté d'un plan stratégique 2023-2027. Donc, ça veut dire
qu'ils ont commencé à le travailler, probablement, en 2022. Quand on fait un
plan stratégique, ça prend un minimum d'un an avant de produire tout ça. Ils
ont fait ça avant leur plan stratégique, avant l'arrivée de Santé Québec, on
s'entend là-dessus. Il y avait des cibles, donc des orientations, puis c'est
avec ça qu'on travaillait, c'est ça qu'on faisait descendre dans une logique
d'entente de gestion avec les établissements dans le réseau. Le plan
stratégique du ministère s'en allait vers les établissements, alors il y avait
cette logique-là.
L'arrivée de Santé Québec, et c'est tout à
fait normal avec une nouvelle société d'État, bien, ils revoient les cibles en
fonction de leurs capacités, en fonction du contexte qu'ils évaluent. Ils se
sont donné, eux, un plan stratégique 2025-2028. Alors, c'est normal de ne
pas avoir tout à fait les mêmes chiffres, on ne travaille pas sur les...
exactement les mêmes années.
M. Arseneau : Non, mais on a
le même indicateur, le même... exactement le même contexte, mais, lundi, moi,
ça va être 1 000, l'autre va dire 1 500. Lequel croire?
Mme Bélanger : Alors je m'en
viens avec ça, parce que vous avez tout à fait raison. Et j'ai eu... on a eu
des rencontres, et j'ai demandé cet appariement pour qu'on s'y retrouve, OK? On
a maintenant une société d'État qui est en direct avec les établissements.
Tantôt, je vous expliquais qu'avec le plan stratégique du ministère en 2023 on
descendait ça dans les établissements. Maintenant, c'est le plan stratégique de
Santé Québec qui <doit...
Mme Bélanger :
...descendait ça dans les établissements. Maintenant, c'est
le plan stratégique de Santé Québec qui >doit primer. Je le dis ici,
très important...
M. Arseneau : Mais...
Le Président (M. Provençal)
: C'est terminé, M. le député.
Mme Bélanger : ...mais ce
plan-là doit être arrimé sur les orientations ministérielles, bien sûr. Tantôt,
on a parlé de cibles, de listes d'attente en chirurgie. Bien, je vous donne ce
meilleur exemple-là, au-delà de ce qui est écrit dans le plan stratégique du
ministère 2023, je vous rappelle, moi, ce que je m'attends, c'est que les
cibles soient, avec Santé Québec, en fonction des cibles des différents
programmes qui évoluent. Alors, c'est ça, il faut que ça reflète la réalité, et
le ministère va devoir ajuster son plan stratégique. J'ai eu des discussions
avec le sous-ministre, un plan stratégique, là, ça peut se modifier, hein?
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
Mme Bélanger : Ce n'est pas
parce qu'on en fait un sur quatre ans qu'on peut ne pas y toucher, et ça va
devoir être fait selon les capacités de Santé Québec et les grandes
orientations, les annonces que les ministres font.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme la ministre.
Alors, je vais céder maintenant la parole au député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Je veux revenir, Mme la ministre, à la première ligne. On va revenir
à la première ligne, et je vais commencer par la première question, concernant
le délai de prise en charge après triage. Et, souvenez-vous, l'ancienne
ministre de la Santé disait : On va prendre les moyens pour avoir des
résultats, et pas dans 15 ans, mais dans quatre ans. Ça, c'est l'ancienne
ministre de la Santé, candidate de la CAQ dans Sanguinet. Votre objectif était
de réduire l'attente à 90 minutes en moyenne avant de voir un médecin à
l'urgence. Malheureusement, si on prend tous les indicateurs, en fait, les
chiffres 2018‑2019, temps d'attente, 142; 2022‑2023, 165; 2023‑2024, 169; 2024‑2025,
178,62. On est très, très, très loin du 90 minutes, Mme la ministre.
Comment vous justifiez, aujourd'hui, que
vous avez promis 90 minutes pour voir un médecin à l'urgence, aujourd'hui,
on est rendus à presque trois heures? Comment expliquez-vous que la situation
soit non seulement pire qu'en 2018, mais en détérioration continue? Est-ce
qu'il y a quelque chose à faire?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
nos salles d'urgence sont devenues, au Québec au fil du temps, des portes
d'entrée pour la population, ce qui ne devrait pas être, et c'est pour ça qu'on
a annoncé, il y a quelques semaines, la politique nationale sur la première
ligne, pour renforcer nos CLSC, hein, que les CLSC redeviennent la porte
d'entrée pour la première ligne, que nos GMF redeviennent la porte d'entrée
pour la première ligne, que nos pharmacies communautaires... Et je reviens avec
les cliniques IPS, j'y tiens, c'est extrêmement important. On a investi dans
nos IPS, on a besoin d'avoir des cliniques IPS. Alors, c'est ça, c'est comme ça
qu'on va faire bouger nos données au niveau des salles d'urgence. Alors, très,
très important.
Et nos données se sont quand même
améliorées par rapport à l'année dernière. C'est parce que, là, vous me ramenez
avec des données... Je ne veux pas qu'on se perde, là, avec les données, mais
des données prépandémiques, c'est une chose, mais moi, j'ai les données, là,
sous la main...
M. Derraji : Bien, 2024, il
n'y a pas de pandémie, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Non, non, non,
je sais, mais...
M. Derraji : Il n'y a pas de
pandémie, 2024.
Mme Bélanger : Non, non, je
suis très au courant de la pandémie.
M. Derraji : Mais il n'y
avait pas de pandémie en 2024. Les chiffres...
Mme Bélanger : Non, non, non,
mais on... Tantôt, je pense que vous avez nommé... Ce n'est pas grave, là, mais
j'avais l'impression que vous nommiez des données prépandémiques, il me semble
que vous avez dit ce mot-là, mais ce n'est pas grave.
M. Derraji : Non, ça c'est la...
ça, c'est les chirurgies.
Mme Bélanger : OK, d'accord.
M. Derraji : Prenez un café, Mme
la ministre.
Mme Bélanger : On dit
beaucoup de choses ici, alors donc... mais je vous suis tout à fait. Puis ce
qu'il est important de mentionner, c'est qu'il y a quand même eu une
amélioration, là, cette année, dans la prise en charge au niveau des urgences,
les délais moyens de prise en charge. On n'a pas tout à fait les mêmes données,
ce n'est pas grave, là, ça finit par se rejoindre, mais les P1, on est à 11 minutes
et moins, les P2, à 1 h 13 min, et ainsi de suite. Ça, c'est les
délais moyens de prise en charge. Bien sûr que, quand on arrive dans les P4,
P5, les personnes qui n'ont pas nécessairement besoin d'être dans une salle
d'urgence mais qui y vont parce qu'elles n'ont pas d'autre place à aller, puis
je ne suis pas en train de culpabiliser les gens, à un moment donné, quand on a
des problèmes de santé, on a besoin d'avoir des services, bien, elles se
retrouvent à la salle d'urgence. Et ces gens-là, bien, naturellement, peuvent
attendre plus longtemps parce qu'ils ne devraient pas y être. Puis il y a un
projet de salles d'attente virtuelles, aussi, qui a été annoncé. Alors, on va
le mettre en place.
M. Derraji : Oui. Je reviens...
Mme la ministre, je reviens à ma question, et là j'ai besoin d'un éclairage.
Jusqu'à tout récemment, cet objectif était... Cet indicateur était dans le
tableau de bord, il est retiré. Donc, c'est votre décision? C'est la décision
de Santé Québec de retirer cet indicateur? Là, je parle de l'indicateur Délai
moyen de prise en charge médicale à l'urgence pour toute clientèle. Qui a pris
la <décision...
M. Derraji :
...charge
médicale à l'urgence pour toute clientèle. Qui a pris la >décision, de
votre gouvernement, de retirer cet indicateur?
Mme Bélanger : Bien, les
indicateurs, là, c'est des indicateurs qui existent sur les bonnes pratiques
reconnues dans ce domaine-là. Alors, les indicateurs, on ne les change pas, là,
c'est une norme, c'est un standard avec lequel on travaille. Alors donc,
peut-être au niveau méthodologique, regardez ça, mais un indicateur... en fait,
il n'y a aucune intention de modifier les indicateurs dans les salles
d'urgence, là, je veux juste quand même vous le dire et je veux être claire
là-dessus, là. Comme ministre de la Santé, je n'ai pas décidé que c'était mieux
10 minutes au lieu de 11 minutes, et ainsi de suite.
Alors, c'est vraiment... c'est vraiment
important. Quand on a un tableau de bord, habituellement, on a des cibles à
atteindre. Alors, les indicateurs, donc, sont importants, ils sont là pour
rester, ils ont été fixés, donc, à la lumière des pratiques reconnues dans le
système de santé, et ce sont des délais... des délais d'attente qui sont
considérés acceptables pour donner des services de sécurité... sécuritaires et
de qualité. Alors, de mon côté, moi, je n'ai fait aucune demande pour modifier,
là, les indicateurs, bien sûr, là. Très important que ça soit bien indiqué pour
qu'on sache quels sont les écarts, bien sûr.
M. Derraji : Oui. Je reviens
à ce que vous avez dit parce que vous avez dit que vous avez investi beaucoup
dans... avec la politique au niveau des CLSC. C'est ce que vous venez de me
répondre pour éviter la pression sur les urgences.
Mme Bélanger : En fait, c'est
très important, c'est la politique première ligne, bien sûr.
M. Derraji : Et c'est là où
je veux vous ramener, Mme la ministre. Comment expliquez-vous qu'au moment où
vous affirmez vouloir revaloriser la première ligne publique, en parallèle,
vous augmentez significativement le financement des GMF? Est-ce qu'il n'y a pas
une crainte d'affaiblir encore davantage les CLSC? De ce que j'ai entendu, il y
a un contexte de pénurie de main-d'œuvre, j'en suis sûr et certain que vous le
savez. Est-ce que vous reconnaissez que le renforcement des GMF contribue à
attirer des professionnels hors des CLSC, accentuant ainsi le déséquilibre dans
l'offre de services de proximité? Je vais reposer ma question autrement. Est-ce
que vous ne craignez pas qu'un financement accru, et je ne discute pas le
mandat des GMF, je vous sensibilise par rapport à l'enjeu, est-ce que le fait
d'avoir une volonté d'augmenter le financement du GMF risque de nuire aux CLSC?
Parce que, selon ce que je viens d'entendre, votre volonté, c'est utiliser les
CLSC comme porte d'entrée pour éviter la pression sur les urgences.
• (16 h 30) •
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
c'est très important, la question que vous apportez, puis c'est un éternel
débat qu'on a eu au Québec. Est-ce qu'on renforce les GMF? Est-ce qu'on
renforce les CLSC? Mais ce qui est certain, c'est que les CLSC ont perdu leurs
lettres de noblesse au fil des années. Ça, c'est clair. Je pense que tout le
monde fait un consensus là-dessus. Les CLSC, c'est une belle innovation qui a
été mise en place dans les années 70-80, et puis on souhaitait que ces
CLSC... il y en a partout, au Québec, ils sont dans nos réseaux locaux de
services, que ce soient des services de proximité. C'était ça, l'intention,
puis des services communautaires, puis les CLSC venaient de la population.
Au fil du temps, pour toutes sortes de
raisons, donc, on a décidé de renforcer... Il y a eu la création des GMF, et
donc l'arrivée des GMF a fait... Oui, ça a eu un impact sur les CLSC. J'étais
aux premières loges à ce moment-là, je peux vous dire que j'ai vécu ça moi-même,
comme directrice générale, où on avait des intervenants du CLSC qui étaient
relocalisés au sein des GMF, donc autour des groupes de médecins de famille.
Alors, ces modèles-là ne doivent pas être en opposition. C'est extrêmement
important. Aujourd'hui, en 2026, là, on a besoin de tout ça, on a besoin de
modèles GMF. C'est des modèles GMF qui sont basés sur la médecine familiale, il
ne faut pas oublier que c'est ça, c'est des...
M. Derraji : Mais, Mme la
ministre...
Mme Bélanger : ...les GMF
appartiennent aux médecins de famille.
M. Derraji : Mais, Mme la
ministre, je suis d'accord avec vous. Je connais très bien le modèle des GMF,
mais je pense qu'on s'entend sur la volonté d'avoir une première ligne
fonctionnelle. Ma question, que je répète : Quelle est l'assurance que
vous avez aujourd'hui qu'on ne va pas déshabiller un réseau pour habiller un
autre, un?
Deux, vous-même, vous avez augmenté le
financement aux GMF, et il y a une pression. Les professionnels de la santé,
vous les connaissez, vous aussi. Ils vont plus être attirés à aller aux GMF.
Là, le constat, il est fait, il y a un problème au niveau des ressources, au
niveau des CLSC, on a des délais interminables au niveau des urgences, et je
suis d'accord avec vous qu'il faut faire fonctionner et les CLSC et les <GMF...
>
16 h 30 (version révisée)
<17923
M.
Derraji :
...d'accord avec vous qu'il faut faire fonctionner et
les CLSC et les >GMF. La question qui tue : Comment, concrètement,
vous allez rassurer les Québécois qu'au-delà de la belle promesse que les CLSC
seront une porte d'entrée... comment, concrètement, vous allez mettre ça en
place?
Mme Bélanger : Concrètement, le
27 mars dernier, j'ai quand même annoncé une politique nationale sur la
première ligne, première politique nationale au niveau de la première ligne.
Alors, concrètement, c'est quand même, disons, une base solide qui reste, là,
en termes de vision, au niveau de la première ligne.
Avec cette politique, bien sûr, on a mis
en place des projets, des projets qu'on appelle projets portes d'entrée, qui
sont actifs dans neuf régions, qui sont en train de faire des démonstrations :
Capitale-Nationale, Estrie, Abitibi-Témiscamingue, Laval, Lanaudière, les Îles-de-la-Madeleine
aussi ont un projet. Alors, ce qu'on souhaite, c'est que ces projets-là, dans
le fond, dans une communauté donnée, puissent s'assurer de revoir leurs façons
de faire pour faire en sorte qu'un citoyen... Quand un citoyen a besoin de
services, concrètement, là, qu'est-ce qu'il va faire? Il peut aller sur le Web.
Il va aller, à ce moment-là, à Votre Santé, on en a parlé abondamment ce matin,
il peut appeler le 8-1-1, donc il aura accès à une infirmière ou à un
professionnel, mais ce qu'on souhaite, c'est qu'il puisse aller en personne au
CLSC et qu'il ne se fasse pas retourner de bord. Parce qu'il y a des gens qui n'iront
pas sur le Web, en particulier les personnes âgées...
M. Derraji : Mais, Mme la
ministre...
Mme Bélanger : ...et le 8-1-1,
ce n'est pas toujours optimal...
M. Derraji : Oui, mais, Mme
la ministre, c'est très beau, ce que vous êtes en train de dire. Sur la
réalité, ce n'est pas le cas, sinon... puis je vais vous dire pourquoi : Est-ce
normal que des P4 et P5 se ramassent en urgence? Sortez des chiffres, sortez
des chiffres, vous avez Santé Québec juste à côté, j'en suis sûr et certain, votre
chef de cabinet les a aussi. Combien de P4 et P5 se ramassent en urgence? C'est
le syndrome de la défaillance de l'accessibilité au niveau de la première ligne.
Ça, j'en suis sûr et certain, que vous êtes d'accord.
Moi, je ne veux pas qu'on fasse aujourd'hui
la chirurgie de ce qui se passe. Moi, ce que je veux, c'est ramener des mesures
pour corriger la situation, mais, quand je vous dis «corriger», je pense que
vous êtes sensible que la première ligne, avec les CLSC, c'est une bonne chose,
je vous l'accorde, mais comment, concrètement?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je pourrais peut-être juste continuer. Je vous ai parlé des GMF, je vous ai
parlé des CLSC, avec la politique nationale puis le plan d'action qui en
découlent, les cliniques IPS, très important.
M. le député... M. le Président, si vous
le souhaitez, Mme Poupart pourrait aussi vous revenir concrètement, parce qu'ils
ont une responsabilité de mettre en place cette politique première ligne que j'ai
annoncée en mars dernier. Alors, ils pourraient donc peut-être répondre à vos
questions, si vous le permettez.
M. Derraji : Oui, oui, oui.
Mme Bélanger : Tant qu'à être
ici, là, on peut se parler, alors allons-y.
M. Derraji : Oui. Il va y
avoir pas mal d'enregistrements pour Mme Poupart pour l'année prochaine. Allez-y,
première ligne. Après la chirurgie, je vais vous suivre au niveau de la
première ligne, Mme Poupart.
Mme Poupart (Maryse) : Alors,
M. le Président, je suis Maryse Poupart, VP opérations, coordination. Alors, d'abord,
peut-être tout de suite nommer qu'au niveau des P4, P5, dans la dernière année,
c'est un petit peu plus de 101 000 P4, P5 de moins dans nos salles d'urgence.
Donc, encore une fois, c'est imparfait, il y en a encore beaucoup trop. On
parle de 1,5 million de P4, P5 dans nos salles d'urgence. Donc, ça veut
dire qu'on peut faire mieux, mais ça veut quand même dire que, dans la dernière
année, il y a eu une amélioration significative par rapport à l'année
précédente.
Donc, une fois qu'on s'est dit ça, notre
ministre l'a bien dit, politique qui a été lancée, déjà, au niveau de l'équipe Santé
Québec, donc, le siège social, bien sûr, mais c'est une petite goutte dans l'océan.
Le plus important, ce sont les 30 établissements qui sont à pied d'oeuvre
au quotidien pour mettre en place tout ce qui est autour de la première ligne
et renforcer la première ligne. On a beaucoup parlé, dans les dernières minutes,
du CLSC. Moi, j'attirerais aussi notre attention sur l'écosystème du CLSC, donc
la porte d'entrée générale aux territoires de CLSC. Donc, ça inclut, bien sûr,
la contribution des GMF, les cliniques IPS, nos pharmacies. C'est plus de 2 000 pharmacies
communautaires qu'on a, à peu près dans toutes les villes, villages au Québec.
Et, avec les équipes sur le terrain, un
des éléments sur lesquels on travaille, c'est bien définir les besoins. Ça, c'est
un angle d'attaque précis qu'on a avec chaque établissement du Québec, d'aller
cibler quels sont les besoins pour avoir une porte d'entrée dans nos milieux.
M. Derraji : ...de le
mentionner, je suis d'accord avec vous. La question que j'ai posée à Mme la
ministre et que je vous pose concrètement... Vous êtes une femme d'opérations,
vous gérez les opérations, on en a déjà discuté, j'adore votre philosophie.
Maintenant, concrètement, est-ce qu'on ne va pas déshabiller les CLSC quand on
augmente le financement des <GMF...
M. Derraji :
...les
CLSC quand on augmente le financement des >GMF? Est-ce que vous ne
craignez pas qu'au-delà de la politique au niveau de la première ligne, concernant
les CLSC... Vous êtes en mesure de nous dire que, pour la prochaine année,
l'accès via les CLSC va s'améliorer et, quand je dis s'améliorer, qu'on va
baisser d'une manière significative les P4, P5, au niveau des urgences?
Mme Poupart (Maryse) : Bien,
ce que je peux vous dire, c'est que... de manière significative, c'est qu'on
travaille à la complémentarité de l'organisation des services sur un territoire
de CLSC. Ça, je peux vous dire ça avec affirmation, et ça inclut, bien sûr, le
CLSC, avec les ressources qu'on retrouve en CLSC, mais, dans les GMF, ce sont
aussi des ressources qui proviennent du réseau. Et donc c'est travailler...
c'est l'ensemble de la complémentarité, c'est l'ensemble de l'organisation du
travail. Puis je ne dis pas, cet après-midi, que c'est simple, arriver à ça, je
dis que c'est un chantier prioritaire pour nous, au niveau de Santé Québec,
avec l'ensemble des établissements, des PDG, des équipes, pour réorganiser le
travail et faire en sorte qu'on soit en mesure de bien diriger l'usager tantôt
vers sa pharmacie, tantôt vers le CLSC, mais tantôt vers son équipe de médecine
de famille.
M. Derraji : ...pour la
première année, par rapport aux P4, P5, qui ne vont plus aller en urgence et
qu'on va garder en amont, CLSC ou GMF?
Mme Poupart (Maryse) : Bien,
CLSC, GMF ou tout autre professionnel. Alors, l'engagement, c'est de poursuivre
la diminution qui est en cours, c'est faire le travail avec les équipes sur le
terrain, aligner les bonnes ressources au bon endroit et changer l'organisation
du travail. Ça, c'est l'engagement.
M. Derraji : Je n'ai pas
entendu de chiffre.
Mme Poupart (Maryse) : Effectivement,
vous n'avez pas entendu de chiffre, mais ce sur quoi on va travailler, c'est
réduire encore, je ne peux pas vous donner... on pourra le regarder, mais de
poursuivre la diminution des P4, P5. On a déjà réduit de 101 000 dans la
dernière année.
M. Derraji : Est-ce que votre
objectif, c'est réduire de 100 000 ou vous êtes beaucoup plus ambitieuse
et allez chercher un 200 000 ou 300 000? Parce que, clairement, ça ne
fonctionne pas quand la porte d'entrée, c'est les urgences. Moi, je pense
qu'autour de la table, on est tous d'accord.
Et c'est là où ça me ramène... Pourquoi...
je ne sais pas si c'est vous, Mme Biron, qui va répondre, si vous
permettez, Mme la ministre, je viens de le voir, dans le plan stratégique 2025‑2028
de Santé Québec, l'objectif de 90 minutes est disparu, il n'est plus là?
Est-ce que c'est une volonté, qu'on n'est plus là ou ça ne nous intéresse pas
de parler de 90 minutes, on l'enlève?
Des voix : ...
M. Derraji : Consentement, M.
le Président, pour aller vite.
• (16 h 40) •
Mme Biron (Geneviève) : En
fait... Oui, ça va? Là, je veux juste comprendre votre question plus
précisément. Vous dites que, dans le plan stratégique, il y a un objectif qui a
disparu. Du plan lui-même ou par rapport à quelque chose d'autre?
M. Derraji : Oui, bien, en
fait, la question, c'est : Pourquoi l'objectif de 90 minutes a-t-il
disparu du plan stratégique 2025‑2028 de Santé Québec? Est-ce que vous allez
nous annoncer que ce n'est plus 90 minutes, c'est 60 minutes, ou on
doit s'attendre à un autre objectif beaucoup plus ambitieux, ou bien on est
très loin du 90 minutes et on pense que ce n'est plus nécessaire de
l'avoir dans le plan stratégique?
Mme Biron (Geneviève) : Est-ce
que ça vous va si ma collègue répond?
M. Derraji : Ah bien,
sentez-vous bien à l'aise, écoute, j'adore parler avec les opérations, c'est
toujours intéressant. Allez-y, Mme Poupart.
Mme Poupart (Maryse) : Ah!
oui, c'est un beau métier, les opérations. Alors, ce qu'il faut savoir, là... Ce
qu'on souhaite, c'est que chaque priorité, que ce soient les P1, les P2, soit
prise dans les délais. Une P1, ça doit être pris de façon immédiate, puis ça,
on n'a pas d'enjeu dans le réseau. C'est pour ça que nos salles d'urgence sont
là, pour traiter les P1, les P2 et les P3. Donc, on parle d'immédiat,
15 minutes, 30 minutes. Puis ce qu'on veut, c'est faire en sorte de
justement sortir les P4, P5, qui ont des délais plus importants, à 60 et
120 minutes. Et c'est ça, l'enjeu qu'on doit adresser au Québec, c'est
regarder comment on va faire de la place pour les P1, P2, P3 dans nos salles
d'urgence. P4, P5, il est possible qu'on ait besoin d'en garder dans nos salles
d'urgence, mais la très grande majorité des P4, P5, on va tous être d'accord
que c'est à l'extérieur de nos salles d'attente et c'est là qu'il faut mettre
du focus, et on va atteindre, conséquemment, les délais souhaités.
M. Derraji : ...corrigez-moi,
Mme Poupart, parce que vous venez d'annoncer P1, P2, et j'avais... j'ai eu
un moment d'hésitation : ce n'est pas vrai qu'on respecte les délais.
Mme Poupart (Maryse) : Bien,
les P1, c'était prise en charge immédiate quand ils arrivent dans nos salles
d'attente.
M. Derraji : Bien, quand on
dit le délai entre triage et prise en charge en minutes, P1, P2, en 2018‑2019...
52, et on est à 70... 46 aujourd'hui.
Mme Poupart (Maryse) : Bien,
un P1 qui arrive dans une salle d'urgence, là, en arrêt respiratoire ou qui est
en ambulance, il est pris immédiatement, là.
M. Derraji : Oui, mais vous
confirmez qu'il n'y a pas de délai entre le triage et la prise en charge
médicale, dans tous les sites P1, P2... pour les P1, P2?
Mme Poupart (Maryse) : Bien,
ce que je dis, c'est que l'objectif est : immédiat, P2, 15 minutes,
P3, c'est 30 minutes. Et ce que je dis, c'est que c'est la priorité dans
nos salles d'urgence, c'est ce sur quoi nos cliniciens amènent aussi notre
focus, à faire en sorte qu'on libère les salles d'urgence des P4, P5 pour faire
en sorte qu'il y ait tout l'espace nécessaire. C'est ce que je dis. Est-ce que
je peux affirmer qu'il n'y a pas <d'exception...
Mme Poupart (Maryse) :
...peux
affirmer qu'il n'y a pas >d'exception puis qu'il n'y a pas de situations
qui sont à l'extérieur? Ça, c'est sûr que non, mais ce que je dis, c'est que
nos salles d'attente puis nos salles d'urgence sont là pour prendre en charge
les urgences P1, P2, P3 en priorité.
M. Derraji : Je reviens à la
question des urgences et le taux d'occupation des civières aux urgences. Ça
aussi, c'est un défi énorme. On oublie un instant P4, P5, parce que ça, je vous
souhaite du succès, hein, on va le suivre, et je nous souhaite tous du succès
par rapport aux P4, P5. Si on se dit qu'on va rester juste avec P1, P2 et du
P3, espérons que P4, P5 ne vont plus venir, on va les orienter ailleurs, taux
d'occupation des civières aux urgences, ça, c'est dramatique, ce qu'on voit. Je
ne pense pas que, pour un système à autant de milliards, 55, 56 milliards,
pour une population de 9 millions, que l'indicateur qu'on nous parle, de
l'extérieur du Québec, qu'il y a des gens qui passent, quoi, je peux dire
plusieurs heures sur une civière... Est-ce vraiment ça, le système de santé qu'on
espère donner et offrir aux Québécois?
Mme Poupart (Maryse) : Bien,
dans la dernière année, on s'est amélioré d'une heure. C'est bien peu, mais
c'est une amélioration, donc c'est la... on est sur la bonne voie. C'est
évident que, lorsqu'un usager est sur une civière à la salle d'urgence, ce
n'est pas ça... ce n'est pas ce qu'on souhaite, ce n'est pas ce qu'on veut. Ce
qu'on veut, c'est que l'usager qui a besoin d'être admis puisse être admis dans
son lit le plus rapidement possible pour différentes raisons cliniques. Donc,
ça, c'est évident que c'est l'objectif.
Moi, je dirais que, sur le plan factuel,
on est en... Vous l'avez dit un petit peu plus tôt, on est là pour faire de la
reddition de comptes. La reddition de comptes de cette année, ce que je peux
affirmer, c'est que l'amélioration, elle est d'une heure par rapport à l'année
précédente et que l'objectif...
M. Derraji : ...vous, Mme
Poupart, c'est sûr que je vais reposer la question l'année prochaine, mais je
vais revenir à Mme la ministre. Je ne peux pas ne pas parler de la première
ligne sans vous poser la question d'une manière très directe : Quel est
votre objectif par rapport aux IPS? Nous avons déjà échangé, vous avez accepté
notre amendement, Dr Bergeron s'en souvient, mais, concrètement, concrètement.
Vous-même, vous m'avez parlé de votre clinique, vous avez une IPS. Ce qu'on
nous dit, qu'il n'y a pas assez d'argent pour recruter des IPS, est-ce que
c'est faux?
Mme Bélanger : Bien, c'est
intéressant. Je ne sais pas qui vous dit ça, par exemple. Ça, ça
m'intéresserait. Vous pourriez me dire ça, peut-être, après la rencontre.
M. Derraji : Oui, après. Pas
de problème.
Mme Bélanger : Oui. Alors, je
ne sais pas qui dit ça, mais moi, je vais dire le contraire, puisque je ne sais
pas qui dit ça, mais les IPS, c'est une priorité, au Québec, on en a formé
2 000 et... plus de 2 000, là, on est à 2 100 et on n'arrivera
pas à améliorer nos services de première ligne si Santé Québec ne va pas de
l'avant pour ouvrir des cliniques IPS.
Ça fait que, pour répondre à votre
question de tantôt, on a une belle entente avec la FMOQ pour les GMF. Ça fait
qu'on est alignés là-dessus, on a des bonnes nouvelles. Si les GMF continuent
de s'améliorer, et ils sont en train de le faire, on va avoir plus de patients
qui vont être pris en charge par un médecin ou par un GMF, mais ce que je
souhaite, c'est que les IPS puissent prendre... faire de la prise en charge.
M. Derraji : ...demander,
hein?
Le Président (M. Provençal)
:M. le député, c'est terminé.
Mme Bélanger : Bien,
certainement, la demande...
Le Président (M. Provençal)
:M. le député, c'est terminé.
Mme Bélanger : ...est
indirecte, là, parce que je m'adresse à vous, mais oui, mais c'est un objectif,
et, honnêtement, il y a des IPS qui attendent actuellement...
Le Président (M. Provençal)
:M. le député, il est très habile pour
essayer de gagner du temps.
Mme Bélanger : Je sais, je
lui ai dit tantôt, qu'il était très habile, mais, ce matin, c'était un autre
président. Oui, mais je veux juste quand même dire : C'est une priorité...
Le Président (M. Provençal)
: Je vous laisse finir.
Mme Bélanger : ...vraiment,
là, les IPS, c'est l'avenir, là, et, vous savez, on a fait le projet de loi
ensemble. Alors, moi, je ne lâcherai pas là-dessus et je m'attends... je
m'attends qu'il y ait des cliniques d'ici la fin de l'année financière. Il y a
des IPS, alors je m'attends à ça, M. le député, et il y a de l'argent, il faut
qu'ils en fassent la démonstration et la demande.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député, je vous demande de vous
taire, maintenant.
Mme Bélanger : Alors, M. le
député, je vais suivre ça de très près...
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
Mme Bélanger : ...c'est une orientation.
Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, Mme la ministre. Je vais donner la parole au député
de Saint-Jérôme maintenant.
M. Chassin :Pour combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Huit minutes.
M. Chassin :
Parfait. Merveilleux! Bonjour. Huit minutes, ça passe vite, alors je vais vous
poser quelques questions, d'abord, qui sont relativement courtes, puis là
j'insiste, je prends quelques secondes pour dire : J'aimerais des réponses
courtes aussi, autant que faire se peut.
Pour les minis-hôpitaux, une promesse
phare du gouvernement, comment ça se passe? Est-ce qu'on est dans le dialogue
compétitif, deuxième phase? Est-ce que ça a été attribué? Comment ça... Où est-ce
qu'on en est?
Mme Bélanger : Bien, écoutez
les premiers hôpitaux... Merci pour la question, M. le député. Vous avez été
aux premières loges de ça. Il y avait, donc, une volonté d'aller de l'avant
pour mettre en place deux projets de minis-hôpitaux au Québec. En cours de
route, ça s'est transformé en projet minis-hôpitaux, mais à caractère davantage
gériatrique. Ces projets-là, dans le fond, en lien avec l'état des ressources
humaines dans notre réseau... On a décidé de ne pas aller de l'avant avec des
mini-hôpitaux et de <davantage...
Mme Bélanger :
...pas
aller de l'avant avec des minis-hôpitaux et de >davantage miser sur
l'organisation des services gériatriques, notamment avec nos instituts
d'excellence en gériatrie qui existent déjà. Les besoins d'infrastructures
physiques, vous le savez, sont très importants. Il y a plein de demandes pour
les hôpitaux. Alors, on va conserver nos ressources là-dessus et on va plutôt
faire le volet gériatrique autrement qu'en créant un mini ou deux minis-hôpitaux
qui coûtent très cher.
M. Chassin :Ah oui, hein? Qui coûtent très cher? Vous connaissez le Centre
UP, qui est, dans le fond, pédiatrique? Est-ce que ça coûte très cher?
Mme Bélanger : Le Centre UP,
on n'est pas du tout dans des mini-hôpitaux gériatriques. Quand on fait
référence à des minis-hôpitaux gériatriques... C'est différent.
M. Chassin :Oui, bien, je sais, en fait, que c'est différent, mais
est-ce que ça coûte très cher?
Mme Bélanger : Bien là, c'est
une autre question, que vous me posez. Non, on est plutôt... ou vraiment plus
dans des services de première ligne, à ce niveau-là.
M. Chassin :Oui, d'accord. Dans une perspective de s'évaluer... Puis on
en a parlé, là, on a une entente avec les fédérations de médecins, on a aussi
une entente qui permet de la mobilité, pour les infirmières, par exemple, avec
l'ancienneté, entre différentes régions, parce que, maintenant, il y a un
employeur. Et donc, par curiosité, est-ce qu'on a des données sur la mobilité
interrégionale, disons ça? Puis là, je ne sais pas, hein, peut-être qu'il y en
a, là.
Mme Bélanger : Bien, en toute
transparence, là, c'est très compliqué, la mobilité interrégionale. Alors,
peut-être une réponse très, très brève, du côté de Santé Québec, c'est eux qui
gèrent les ressources. Alors, il y a eu des bons coups sur les ressources
humaines, mais je laisserais, du côté de Mme Biron... cheminer avec qui
vous voulez, s'il y a consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Allez-y, madame.
Mme Poupart (Maryse) : Bien,
en fait, la mobilité, là, se fait encore de façon, je dirais, volontaire, là,
entre les régions. Donc, il y a un certain nombre de règles à formaliser avec
nos partenaires syndicaux. Donc, tout ça n'est pas...
M. Chassin :...n'est pas complètement défini encore.
Mme Poupart (Maryse) : Exactement,
en toute transparence, là. On ne fera pas comme si c'est facile, ce n'est pas
tout à fait facile, mais il y a quand même des belles réalisations qui se font
au Québec. On a vu, dans différentes régions, où est-ce qu'il y a eu des
volontaires qui sont allés prêter main-forte, que ce soit dans certaines
régions, Outaouais, Côte-Nord... on a vu des exemples comme ça.
• (16 h 50) •
M. Chassin :...prêter main-forte, mais moi, en fait, je pense, par
exemple, à quelqu'un qui... tu sais, une infirmière qui travaillait, je ne sais
pas, moi, au CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, puis qui va au CISSS des
Laurentides, puis qui garde son ancienneté.
Mme Poupart (Maryse) : Elle
va la garder. Elle va la récupérer. Bon, les règles, encore une fois, là... c'est
toute l'intégration en fonction de différentes règles syndicales. Donc, une
fois qu'elle est embauchée puis qu'elle a terminé sa probation, elle va
récupérer sa période de... son ancienneté.
M. Chassin :
C'est ça. Ah oui! OK, donc il y a quand même une période.
Mme Poupart (Maryse) : Oui. Ça
fait qu'on facilite les choses, par ailleurs, là, je vous dirais.
M. Chassin :Je comprends. Puis une dernière question assez rapide, mais
est-ce qu'on continue de compter l'utilisation ou... oui, l'utilisation des
blocs chirurgicaux sur 40 heures par semaine? Est-ce que les cibles sont
encore comptées sur plus ou moins cinq jours, huit heures par jour?
Mme Bélanger : Oui, si vous
permettez, M. le député, je demanderais à Santé Québec, là, parce qu'on est
vraiment dans une question d'opération, mais les blocs opératoires, c'est plus
étendu, là, il y a des heures de garde, il y a des chirurgies qui peuvent se
faire 24 heures sur 24, sept jours sur sept...
M. Chassin :
Ça peut être utilisé, c'est ça, plus largement, là.
Mme Bélanger : ...mais ça
peut être utilisé, oui, oui, tout à fait. Alors...
Mme Poupart (Maryse) : C'est
ça. Donc, les blocs opératoires sont ouverts, là, il y a les programmes
réguliers, mais il y a des programmes d'urgence. Donc, on a des blocs qui sont
ouverts de manière continue.
M. Chassin :...l'indicateur de l'utilisation régulière est encore sur
40 heures par semaine, mais il peut y avoir de l'activité 168 heures
par semaine.
Mme Poupart (Maryse) : Oui,
les plages vont être ouvertes, puis, si on a de la capacité, on va ouvrir nos
blocs opératoires.
M. Chassin :Est-ce qu'on a encore la cible de 85 % d'utilisation?
Mme Poupart (Maryse) : On est
un petit peu plus haut que ça. On pourrait vous confirmer le pourcentage.
M. Chassin :
La cible est plus élevée.
Mme Poupart (Maryse) : Oui,
un petit peu plus élevée.
M. Chassin :Est-ce que, puis là, dans le fond, je reviens à vous, Mme
la ministre, mais... On a payé cher pour une mobilité, on est en train de
définir le cadre. Il y a, dans les minis-hôpitaux, une évaluation de... bon, ça
coûtait cher. J'ai l'impression qu'on est encore dans : on cherche à
donner des soins aux Québécois, qui s'y attendent, mais, en même temps, on
avance un peu à tâtons parce qu'il y a une certaine évaluation des choses qui
demeure assez opaque. Puis ça, c'est mon impression, puis je vous demande, en
fait, simplement si vous la partagez.
Mme Bélanger : Bien, en fait,
il y a beaucoup de choses qui ont été faites pour améliorer le système de
santé, là, je veux quand même le mentionner.
M. Chassin :
Oui, bien sûr, mais l'évaluation...
Mme Bélanger : ...mais je ne
veux pas prendre trop de temps là-dessus. Mais vous revenez sur les minis-hôpitaux,
puis j'ai dit le mot «cher», puis, honnêtement, il y a tellement de besoins, en
termes d'infrastructures dans nos centres hospitaliers, qu'il faut, de façon
responsable, miser sur ce qu'on a dans nos centres <hospitaliers...
Mme Bélanger :
...responsable,
miser sur ce qu'on a dans nos centres >hospitaliers.
Pour ce qui est des minis-hôpitaux,
c'était comme une autre infrastructure qui se mettait en place mais qui
nécessitait quand même des plateaux techniques très chers parce qu'on parlait
d'hospitalisation court terme, mais c'était quand même des services, ce n'était
pas juste une clinique, là, les gens pouvaient être accueillis, évalués. Donc,
plateau technique, ils pouvaient passer...
M. Chassin :Mais ce n'est pas le gouvernement qui payait, c'est ça qui
est intéressant.
Mme Bélanger : Alors, on est
passé à autre chose par rapport à ça, mais ça ne veut pas dire qu'on abandonne
des programmes en gériatrie, là. On mise, d'ailleurs, sur notre politique
nationale en lien avec la maladie d'Alzheimer, à renforcer nos GMF pour qu'ils
aient des équipes spécialisées en gériatrie. Alors, c'est comme ça qu'on va y
arriver.
M. Chassin :...public, on se comprend.
Mme Bélanger : Oui, vraiment,
dans le secteur public.
M. Chassin :Puis est-ce que... est-ce que, par exemple, puis là je sais
que c'est un peu de l'infrastructure, là... M. le Président, il ne doit pas me
rester beaucoup de temps, mais je ne sais pas si vous avez déjà eu la chance de
visiter un chantier de maison des aînés, parce que, dans le fond, quand c'est
fini, on les voit, on... parce que le chantier, moi, j'ai trouvé ça fascinant.
Puis, à la limite, ce n'est peut-être pas
une question, là, c'est peut-être plus un commentaire : Il y a une
déconnexion entre les besoins connus puis, à la limite, l'expérience que... ce
que la clientèle va avoir besoin, de qu'est-ce qui est souhaitable. Par
exemple, pour les problèmes de mobilité, on a des rails au plafond, là, pour
les appareils, on va pouvoir suspendre, des trucs comme ça. Bien, c'est
formidable. Pourquoi on en a dans pratiquement toutes les chambres? Ça, c'est
un mystère. La salle des machines, dans une maison des aînés, c'est comme un
gymnase, c'est énorme. Dans n'importe quel CHSLD, dans le sous-sol, il y a une
salle bien propre, bien tenue, mais toute petite. Il y a une déconnexion avec
ce qui se fait normalement dans le privé, pour toutes sortes de raisons, puis
que... tout à coup, dans le public, là, on part dans des... on va réussir à
avoir, là, le nec plus ultra, avec du carrelage dans les douches des maisons
des aînés. Peut-être qu'un vinyle c'est plus performant, même. Moi, là-dessus,
il y a comme quelque chose qui m'épate dans le manque d'évaluation derrière
tout ça.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député, votre commentaire fait
en sorte que vous avez épuisé votre temps.
M. Chassin :Bien oui, j'imagine bien. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Merci beaucoup. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, j'aimerais aborder la question des services
d'obstétrique, qui, depuis 2022, sous la gouvernance de la CAQ, vivent des
découvertures de plus en plus fréquentes dans de plus en plus de régions. La
situation ne fait qu'empirer : Bas-Saint-Laurent, on est passé de 136 jours,
en 2023‑2024, à 193 jours de découverture; au Lac-Saint-Jean, Saguenay—Lac-Saint-Jean,
de 70 jours à 111 jours; même dans la Capitale-Nationale, on est
maintenant à 26 jours de découverture, mais c'est surtout les régions,
hein? En Gaspésie, 60 jours de découverture en 2023‑2024, 93 jours en
2024‑2025; à Sainte-Anne-des-Monts plus précisément, on en est à une huitième
découverture depuis le début de l'année; à Lac-Mégantic, il y a deux
manifestations qui se sont tenues récemment parce que le service est tout
simplement fermé depuis octobre dernier.
Quand j'ai abordé la question dans les
crédits provisoires plus tôt cette année, je disais : Bien, pourquoi est-ce
qu'il n'y a pas une réflexion globale, un comité national, une solution qui
peut... d'ensemble qui peut être mise en place, réfléchie? Puis c'est pour ça
qu'on avait créé cet employeur de choix, Santé Québec, pour qu'on puisse agir
là où il y a des découvertures puis il y a des failles dans le système, qui
doit être universel.
Pour moi, là, c'est la plus grande honte
au Québec en matière de santé, de ne pas pouvoir prendre en charge et prendre
soin des femmes enceintes, faire des suivis de grossesse, s'assurer que le
Québec puisse se développer partout en ayant des familles qui peuvent rêver
d'avoir des enfants et réaliser leur objectif chez eux.
Pourquoi est-ce qu'en 2026 on n'est pas
capables d'avoir un niveau de service qui est comparable à celui qu'on s'est
donné dans les années 60, 70 et 80 en développant le Québec tel qu'on le
connaît aujourd'hui? Moi, je trouve ça véritablement préoccupant. Est-ce que
l'objectif, c'est de fonctionner par attrition puis demander aux femmes
enceintes de déménager vers la ville si elles veulent avoir un... Les familles
doivent-elles avoir leur projet de vie autour de la vie urbaine? Est-ce que
c'est ça, l'objectif? Sinon, on fait quoi?
Mme Bélanger : Bien, alors,
vous posez une excellente question, et ce n'est pas l'objectif, certainement,
ce n'est pas l'objectif de faire déménager les gens pour qu'ils... Alors donc,
le défi, c'est d'organiser les services là où les gens sont, cependant, ça,
c'est vraiment un enjeu important. Vous avez parlé de Sainte-Anne-des-Monts. Ça
fait plusieurs, plusieurs années que Sainte-Anne-des-Monts vit des
découvertures, puis il y en a eu d'autres qui se sont ajoutées, qui sont assez <préoccupants...
Mme Bélanger :
...d'autres
qui se sont ajoutés, qui sont assez >préoccupants. Vous avez parlé de
Lac-Mégantic. Cependant, Lac-Mégantic va réouvrir dès l'automne, OK, donc, ça,
c'est important, mais plus près aussi, donc, de Montréal, Saint-Eustache, qui a
été fermé pendant plusieurs mois. Alors, c'est extrêmement préoccupant,
effectivement, et puis il faut renforcer nos services d'obstétrique au Québec.
Les services existants, alors, doivent
être renforcés. On n'a pas besoin d'ajouter de nouveaux services, c'est que les
services existants ont des difficultés à avoir des ressources, et c'est pour ça
qu'il y a des découvertures. Donc, quand un médecin part en vacances ou part en
congé de maladie, bien là, woups! on se retrouve avec des effectifs tellement
réduits qu'il y a donc rupture de services, ce qui est complètement
inadmissible. Ça crée beaucoup de stress. Malgré les plans de réaménagement qui
se font, puis l'entraide entre les établissements, ça ne peut pas être un
modèle qui tient la route, j'en suis tout à fait consciente.
Puis, pour revenir à ce qui est en train
de se faire, il y a quand même toute une action nationale qui est en train de
se mettre en place puis de se structurer pour avoir un véritable chantier
national pour revoir l'offre de services en obstétrique, excusez-moi. Donc, il
faut repositionner ces services-là, avoir un accès qui est plus stable. C'est
ça, le défi. Parce que, tu sais, si, à Sainte-Anne-des-Monts, ils étaient tout
le temps ouverts à 100 %, si au Lac-Mégantic, à Saint-Eustache et quelques
autres... bien, on n'aurait pas de problème. C'est sûr que, quand on demeure
plus loin d'un centre hospitalier... bien, c'est un choix, à un moment donné,
aussi personnel de vivre loin d'un secteur, mais les centres qui existent, on
doit les préserver. C'est ça, mon point.
M. Arseneau : Bien,
exactement, mais...
Mme Bélanger : Puis l'autre
chose, les maisons des naissances, aussi, n'oublions pas que c'est extrêmement important.
Puis, au Québec, on a aussi des sages-femmes. Le cours se donne ici, à l'Université
du Québec à Trois-Rivières, alors on a là des ressources intéressantes. Donc,
il faut miser sur un ensemble de professionnels.
M. Arseneau : Oui, bon, bien,
je comprends que vous nous annoncez un chantier national ou qu'il est déjà en
cours. On l'appelle de tous nos vœux depuis des années. Si vous pouvez le
confirmer par les médias à travers les actions de Santé Québec, je serai le
plus heureux des hommes. Mais je veux quand même mentionner que... Vous parlez
des sages-femmes, vous parlez des maisons de naissance. Pas plus tard qu'il y a
deux semaines, on annonce que, finalement, il n'y aurait ni maison de naissance
ni service de sages-femmes sur le territoire du CISSS de la Montérégie-Est. On
a également un service qui est absent complètement de la Côte-Nord, de Laval et
de ma région, des Îles-de-la-Madeleine. Pourtant, on a les effectifs pour
offrir le service, et une demande qui est avérée, et des pétitions qui ont été
signées depuis des années. On sait que, depuis 2015, on a une politique qui
prévoit le déploiement. En 2025, le gouvernement a publié un nouveau document
qui dit : Il faut aller dans les pratiques innovantes, évidemment, il faut
déployer tous les moyens. Qu'est-ce qui bloque?
• (17 heures) •
Mme Bélanger : Bien, en fait,
qu'est-ce qui bloque... Il faut que tout le monde, les bonnes personnes, soit
assis autour de la table, donc, c'est-à-dire les obstétriciens-gynécologues en
premier, les médecins de famille qui font aussi du suivi pour les femmes
enceintes et qui font aussi des accouchements, puis moi, je rajoute : Il
faut que les sages-femmes soient assises autour de la table aussi. Alors, ça, c'est
extrêmement important.
Puis, quand on dit qu'il y a une réflexion
nationale, un chantier qui doit se mettre en place, piloté par Santé Québec
puis, je dirais même, représentation de la FMSQ, là, j'avance jusque-là, c'est
extrêmement important. Il y a déjà des activités qui sont en cours, mais, si on
ne met pas tout le monde autour de la table, bien, on va peut-être amener des
améliorations, mais il faut réfléchir vraiment en dehors de la boîte.
Et, pour les sages-femmes, ce sont des
professionnelles qui sont formées, qui ont un grade universitaire. On a fait
des belles avancées au Québec pour avoir des maisons de sages-femmes... des
maisons de naissances, excusez, maisons de naissances, mais il y a aussi tout l'accouchement
à domicile, hein, les sages-femmes font aussi des accouchements à domicile,
selon, donc, la volonté des personnes et leur condition, là, de santé. Alors,
il faut miser là-dessus, c'en est une, solution qui est extrêmement importante,
mais il faut que les médecins... il faut que la solution vienne de la part de
nos médecins aussi, pour eux-mêmes, parce que... Je veux juste vous donner l'exemple
de Sainte-Anne-des-Monts. Il y a eu, quand même, avec Santé Québec, une
réduction de 20 jours de découverture dans le cours de la dernière année.
Mais c'est juste un diachylon.
M. Arseneau : Ce n'est pas
significatif, oui.
Mme Bélanger : On voudrait ne
pas avoir de découverture, jamais.
M. Arseneau : Bien, on manque
de temps, là, mais je pense qu'asseoir tous les gens autour de la même table, c'est
intéressant, sauf que les gens qui veulent des solutions, là, à court terme se
disent : OK, ça, ça va prendre du temps, là, on va mettre en place un
chantier puis, d'ici cinq ou 10 ans, on aura peut-être, à un moment donné...
Il y a-tu moyen, effectivement, de mettre en place un chantier puis de se fixer
un objectif de quelques <mois...
>
17 h (version révisée)
M. Arseneau : ...mettre en
place un chantier, puis se fixer un objectif de quelques mois, puis arriver à...
Parce que les solutions, à ce que je sache, existent, mais il y a des blocages,
ici et là, il y a des freins, il y a des obstacles qui sont portés par un
certain nombre de personnes ou de professions. Faire sauter les verrous, là, c'est
essentiel, puis je pense qu'il y a un leadership politique à prendre là-dessus.
C'est pour ça que je vous tends la main là-dessus, parce que je pense que,
collectivement, on peut signifier qu'il est inacceptable au Québec que, dans
nos régions, on procède à des fermetures de services lorsqu'il est question de
donner naissance à la génération de demain. C'est là où on est.
Mme Bélanger : M. le député,
je suis d'accord avec vous, et il y a moyen de faire des choses et que ça ne
prenne pas des années. Les infrastructures existent, là. On ne parle pas de
construire des hôpitaux, on parle de maintenir une offre de services qui est
complète et qui est vraiment planifiée dans les centres existants. Alors, ça,
ça peut se faire plus rapidement. Et puis il y a des grandes discussions à
avoir avec les représentants des médecins spécialistes, notamment, et médecins
de famille, mais j'ajoute dans la discussion les sages-femmes. Si on veut avoir
une solution, on ne refera pas la discussion trois fois...
M. Arseneau : ...aujourd'hui,
là, bien, on a ajouté SF...
Mme Bélanger : Exactement.
M. Arseneau : ...mais il faut
que ça ait une signification puis un sens, je vous entends là-dessus.
Mme Bélanger : Exactement.
M. Arseneau : On parle des
services de proximité, les services des régions, urgences Pohénégamook et
Trois-Pistoles. On a adopté collectivement, à l'unanimité, une motion, il n'y a
pas... il n'y a pas si longtemps. Est-ce qu'on a avancé dans le dossier? Est-ce
qu'on peut rassurer les gens de ces deux régions à l'effet que ces services
vont demeurer?
Mme Bélanger : ...rencontré,
là, il y a quelques semaines, des représentants, là, de citoyens de
Trois-Pistoles et Pohénégamook, qui étaient venus me rencontrer, là, à Rivière-du-Loup,
pour me faire part de tout leur... leur mécontentement, on va dire ça comme ça,
par rapport à des problèmes de communication, notamment entre l'établissement...
et donc le risque de fermer certains services, notamment les salles d'urgence.
Alors, très important, Santé Québec a fait
des interventions à ce niveau-là. Alors, si vous permettez, M. le député, peut-être
qu'idéalement ce serait de les entendre. Moi, j'ai entendu ces groupes-là, je
leur ai dit qu'il y aurait un travail de fait avec Santé Québec, en particulier
avec le PDG de l'établissement.
M. Arseneau : Mais le temps
est court. Si, en 30 secondes, vous pouviez nous répondre, ce serait
apprécié, oui, si les gens consentent.
Mme Poupart (Maryse) : ...s'assurer
de maintenir l'accès de proximité. Donc, je peux vous affirmer ça aujourd'hui.
M. Arseneau : ...que je
souhaitais obtenir et je suis certain que les gens des régions également.
Chirurgie au privé, vous vous souvenez qu'on
a adopté à la mi-décembre un règlement permettant à des patients d'avoir des
chirurgies au privé si l'attente dépassait un an, je crois. On en est où?
Est-ce qu'il y a déjà des patients qui ont été soignés au privé? Et quels sont
les coûts qui ont été investis dans ce type de traitement?
Mme Bélanger : Oui. Bien,
alors, ici, on parle vraiment du rattrapage en chirurgie. On le sait, là, que c'est
une priorité. Les résultats sont quand même là. On s'était engagés à faire en
sorte de pouvoir... Quand on n'est pas capables, dans le public, d'offrir une
chirurgie, l'objectif demeure le même, de faire affaire avec nos CMS. Il y en a
plus d'une quarantaine, nos cliniques médicales spécialisées, au Québec, qui
sont en entente avec des établissements. Tantôt, Santé Québec disait : On
doit... Ils sont en train de faire une tournée de ces cliniques médicales
spécialisées. On vous a dit qu'on voulait faire 20 000 chirurgies de
plus. Les CMS font aussi partie de... je dirais, là, des services qui doivent
être regardés pour répondre à la cible du 20 000. Tant qu'on ne sera pas
capables de réouvrir...
M. Arseneau : ...
Mme Bélanger : Bien, par
rapport au nombre de chirurgies en CMS, on pourrait vous les fournir. Je ne les
ai pas sous la main, mais oui, on a la provenance, là où nos chirurgies sont...
sont réalisées, on a...
M. Arseneau : ...les
chiffres, et les nombres, et les coûts.
Mme Bélanger : Oui, on
pourrait avoir le nombre.
M. Arseneau : J'aimerais
aborder brièvement la violence envers le personnel soignant. On sait que le
nombre de dossiers de lésions professionnelles liées à des actes de violence a
essentiellement doublé entre 2016 et 2025. On est passés de 1 273 à 2 686.
Et on ne parle pas ici, là, de situations mineures. On parle d'agression
sexuelle, d'objets lancés, des... les voies de fait, et ainsi de suite, qui
laissent des traces physiques et psychologiques, voire organisationnelles. Dans
les cahiers de crédits, on nous a dit : Voici les mesures qui ont été
mises en place par Santé Québec et par le ministère également. Qu'est-ce qu'on
entend faire pour enrayer ce fléau qui semble continuer de prendre de l'ampleur?
Mme Bélanger : Oui, c'est un...
c'est inacceptable ce qui se passe, là, dans certaines salles d'urgence. Puis
on le sait que c'est des environnements... tu sais, qui sont vraiment avec...
où on peut retrouver beaucoup de... d'insatisfaction puis <d'insécurité...
Mme Bélanger :
...sont
vraiment avec... où on peut retrouver beaucoup de... d'insatisfaction puis >d'insécurité.
Et les employés n'ont pas à subir, donc, des actions, là, que ce soit verbales
ou, encore pire, physiques, là, qui peuvent être assez dangereuses pour la
sécurité des travailleurs.
Alors, Santé Québec met tout en œuvre
actuellement, là, pour assurer un environnement de travail sécuritaire. Les
établissements prennent des initiatives, ils doivent avoir un plan, là, pour
assurer la sécurité de leurs employés, en particulier dans les salles d'urgence.
C'est pour ça qu'on a vu, donc, des salles d'urgence qui ont ajouté du
personnel de sécurité, qui ont ajouté différentes technologies pour pouvoir
appeler à l'aide lorsqu'ils sont en train de donner des soins. Il y a de la
formation qui est donnée aux professionnels. Alors, Santé Québec continue ce
travail-là.
Ce qui est important, c'est que les
comités, qui impliquent les gestionnaires, mais aussi les syndicats puis les
médecins aussi, parce que les médecins des salles d'urgence sont... sont au
cœur même de tout ça, bien, puissent aller de l'avant. Il y aura des constats
puis des recommandations éventuellement qui vont ressortir de certains
établissements, notamment de l'urgence de Rimouski.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, Mme la ministre. Puis je
voudrais vous demander que les informations que vous voulez transmettre à M. le
député soient transmises au secrétariat pour qu'on puisse les partager à
l'ensemble des membres de la commission.
Mme Bélanger : OK.
Peut-être juste vous dire, pour ce qui est de la question du député en lien
avec les chirurgies dans les CMS, Santé Québec sera capable de lui donner les...
tantôt les réponses.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
M. Arseneau : Oui. Si
j'ai du temps...
Le Président (M. Provençal)
: Alors...
M. Arseneau : Est-ce que
c'est terminé?
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Vous avez terminé.
M. Arseneau : OK. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Derraji : Hein?
Le Président (M. Provençal)
: Je vous mets un bâillon si vous dépassez le temps.
M. Derraji : Quoi?
Le Président (M. Provençal)
: C'est correct.
• (17 h 10) •
M. Derraji : Oui, oui. Mme
la ministre, on va parler d'un autre sujet qui touche les médicaments et les
traitements en établissement. J'ai... c'est... parce que c'est important, c'est
un dossier un peu... où j'aimerais bien vous entendre. Dans le
budget 2026-2027, il y avait un 663,5 millions annoncé afin de consolider
le financement des traitements dans les établissements de santé. Pourtant, dans
le cas des médicaments oncologiques onéreux administrés en établissement, le
gouvernement bénéficiait déjà d'importants mécanismes de réduction de coûts
grâce aux ententes d'inscription confidentielles négociées avec les fabricants
pharmaceutiques. Selon les documents du ministère, ces ententes ont généré
703 millions de dollars en rabais et en ristournes pour
l'exercice 2024-2025.
Je pense que vous êtes au courant de quoi
je parle, vous... vous comprenez le dossier. Le véritable enjeu semble, donc,
moins lié au manque de financement global qu'à la gouvernance. Je vous explique
la situation que nous avons eue quand on a commencé à parler de ce dossier. Je
ne pense pas que vous allez être contente quand vous allez entendre qu'on nous
parle «d'une iniquité d'accès», «qu'on magasine notre code postal et notre
hôpital» et «qu'on peut se permettre un médicament dans une région et non pas
dans une autre». Je ne pense pas que les bonnes règles d'administration des
médicaments et l'équité dans le réseau de la santé... on doit accepter
aujourd'hui, en tant que députés, qu'il y ait des chanceux et des gens moins
chanceux quand il s'agit de produits extrêmement onéreux et... et qu'on
instaure l'iniquité. On ne peut pas aujourd'hui cautionner l'iniquité dans le
réseau de la santé.
Mme Bélanger : Je veux
juste être sûre de bien comprendre, là, parce que, là, vous parlez d'accès aux
médicaments, c'est comme ça que vous aviez commencé votre propos. Parce que, je
veux juste être sûre de bien suivre, là, on parle d'accès aux médicaments puis
qu'il y aurait des différences d'une région à l'autre. Vous parlez de quand que
les gens sont à l'intérieur des services publics, par exemple...
M. Derraji : Oui. En
fait, je parle des budgets des établissements, d'accès aux médicaments
oncologiques.
Mme Bélanger : OK,
oncologiques en particulier.
M. Derraji : Oui. Et je
veux absolument qu'on clarifie l'enjeu aujourd'hui. Je ne pense pas, Mme la
ministre, que vous... vous accepterez d'être à la tête d'un ministère où on a
des régions, où on a des régions à qui on donne l'accès dans des hôpitaux et,
dans d'autres, non.
Mme Bélanger : OK. Bien,
écoutez, M. le député, je pense que c'est important, là. On n'a pas beaucoup de
temps, mais, si vous acceptez, je refilerais la question au Dr Bergeron, qui
est sous-ministre au niveau des affaires médicales. Parce qu'il y a des
circulaires qui existent pour vraiment réglementer tout ce qui est l'accès aux
médicaments. Alors, si on veut plus de détails, je pense, ce serait peut-être
important qu'on puisse aller là-dessus. Pour moi, c'est inadmissible qu'il y
ait des iniquités, c'est... Alors donc...
M. Derraji : C'est
parfait, mais, pour question de temps, je peux profiter d'un de vos blocs,
parce que si vous voulez qu'on règle ce problème... Et, sérieux, je veux qu'on
collabore par rapport à ça. Je vous partageais une situation, Mme la ministre.
Oui, ce n'est pas grave, on vous dit de ne pas me donner le temps, mais ce
n'est pas <grave...
M. Derraji :
...ce
n'est pas grave, on vous dit de ne pas me donner le temps, mais ce n'est pas
>grave...
Des voix : ...
M. Derraji : Pour ce bloc?
Trois minutes?
Des voix : ...
M. Derraji : Ah! Il vous
reste trois minutes, mais je vais les prendre, les trois minutes. Non, mais...
non, mais, Mme la ministre, je... je vous connais assez pour vous dire que je
ne pense pas que vous êtes une personne qui va accepter l'iniquité dans l'accès
aux soins. Je vous partage un cas concret. Si Dr Bergeron veut répondre, je
n'ai aucun problème.
Est-ce tolérable, aujourd'hui au Québec,
qu'on doit magasiner avec notre code postal l'accès à un médicament oncologique
parce que mon hôpital refuse de me le donner, mais, dans une autre région, on
le donne, j'ai l'accès? Donc, ça, aujourd'hui, j'aimerais bien qu'on le règle
une fois pour toutes. Si c'est une directive que vous donnez à votre monde, faites-le,
mais je ne veux pas que... quand on va revenir après les crédits, que des gens
vont nous contacter pour nous dire : Dans tel hôpital, j'arrive à avoir
cet accès et, dans l'autre, je ne l'ai pas parce qu'il y a plusieurs
interprétations.
Je peux vous partager tout ce que j'ai,
hein? On peut parler de la nécessité médicale particulière, on peut parler de
beaucoup de choses, mais je veux absolument qu'on clarifie ça aujourd'hui,
publiquement, qu'au ministère de la Santé, vous, en tant que ministre, nous, en
tant que législateurs, c'est tolérance zéro par rapport à ça. Soit on donne
l'accès à tout le monde, soit on ne le donne pas, mais on ne peut pas avoir
deux classes de privilégiés et instaurer l'iniquité par rapport à l'accès aux
médicaments.
Mme Bélanger : Alors,
écoutez, tout à fait. Je pense que l'équité en lien avec l'accès aux
médicaments, puis notamment, là, on parle de médicaments en oncologie, doit
être la même. Le seul bémol que j'amène, c'est que certains patients en
oncologie peuvent être associés à des protocoles de recherche parce qu'ils sont
dans des centres universitaires puis qu'il y a des... Bien, pas nécessairement,
les protocoles de recherche peuvent être faits aussi dans des hôpitaux
régionaux, mais là ça peut amener une différence, par exemple, on est
conscients de ça. Certains médecins sont... vont faire, donc, de la recherche,
et ça fait en sorte que certaines molécules sont disponibles parce que c'est
dans un projet de recherche bien concis. Mais sinon, pour l'accès aux
médicaments qui sont dans le cadre de la circulaire, c'est extrêmement
important que ce soit respecté partout au Québec. Il n'y a pas deux classes de
monde.
Alors, peut-être, Dr Bergeron, si vous
souhaitez, pourrait vous donner plus de détails sur la lettre circulaire.
M. Derraji : Bien non,
attendez juste un instant. Mme la ministre, c'est des médicaments qui ont été
déjà négociés, ils sont déjà négociés. Ce que je vous dis, c'est que je sais
que c'est impossible qu'on tolère ça. C'est des médicaments déjà négociés, mais
le problème, c'est qu'un hôpital A on peut y avoir accès, parce qu'on est
chanceux, ça marche, mais, dans un autre, on ne peut pas. Mais ce que les gens
nous ont dit : Est-ce que je dois changer mon code postal? Est-ce que je
dois déménager pour que je... je puisse avoir accès à ce médicament? Je ne
pense pas que vous allez tolérer ça aujourd'hui, là.
Mme Bélanger : Tout à fait.
Puis je vois que Santé Québec partage ça aussi, là. Alors, un... Mais Dr
Bergeron pourrait vous glisser un mot quand même sur la lettre circulaire et
comment ça fonctionne justement, là.
Le Président (M. Provençal)
:...qu'on donne la parole à...
M. Derraji : Oui, oui, oui.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, M. le sous-ministre Bergeron.
M. Bergeron (Stéphane) :
Merci, monsieur. Donc, là-dessus, M. le Président, on n'aura pas de difficulté
à s'entendre. Ce qui est décrit, là, qui était parvenu à nos oreilles sans
avoir de cas tangible, là, aussitôt qu'on a entendu ça, l'ex-ministre de la
Santé, en novembre, a rappelé la circulaire. Il y a une circulaire, il y a une
liste de médicaments pour tous les établissements, et tous les médicaments sur
cette liste-là doivent être fournis. Et ça... ce n'est aucunement dépendant du
code postal.
Lorsqu'on a entendu ça, on a essayé de
forer. On n'a pas trouvé de cas, mais on a agi quand même, parce qu'on trouvait
qu'il était intolérable qu'une chose comme ça puisse même être rapportée au
Québec. Là où on pourrait avoir des différences, c'est le jugement clinique.
Évidemment, le médicament est disponible, c'est le docteur qui va décider de le
prescrire et selon son jugement clinique. Puis ça, le jugement peut différer
d'une personne à l'autre, mais ce n'est pas l'accessibilité aux médicaments
prescrits dans les établissements. Puis tant Santé Québec que nous avons la
même vision là-dessus, là, c'est clair et net de par la loi et les règlements.
M. Derraji : ...Dr Bergeron.
J'ai le goût de vous poser une question. Est-ce que vous avez entendu, comme
moi, qu'il y a des établissements qui font une évaluation des médicaments déjà
approuvés au niveau provincial?
M. Bergeron (Stéphane) : Je
vais me permettre de répondre à nouveau. C'est une question qui serait plus de
l'ordre de Santé Québec. Nous...
M. Derraji : ...je ne veux
pas vous mettre dans l'embarras.
M. Bergeron (Stéphane) : Non,
mais, je réitère, les propos que vous mentionnez aujourd'hui étaient parvenus à
mes oreilles à l'automne passé. Nous avons essayé de chercher. Nous avons
contacté les chefs de département de pharmacie. Nous avons essayé de comprendre.
Personne n'a... n'a levé la main sur de telles pratiques, et, malgré tout, on a
demandé à ce qu'il y ait une lettre <officielle...
M. Bergeron (Stéphane) :
...levé
la main sur de telles pratiques, et, malgré tout, on a demandé à ce qu'il y ait
une lettre >officielle transmise pour un rappel des règles, parce que ce
ne serait pas quelque chose qui serait acceptable aujourd'hui.
M. Derraji : Oui, mais, si
Mme la ministre est d'accord, moi, je suis bien ouvert à... si j'ai ça, je vais
vous l'envoyer. Le but, c'est qu'aujourd'hui on s'entend tous que notre accès
doit être équitable. Et ce n'est pas parce qu'on est dans un mauvais code
postal que je ne vais pas mériter un médicament en conséquence. Moi, je pense
que ça, par rapport à ça, on est... on est tous à la même place.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
on est tous à la même place. Et je vois que Santé Québec, là, aussi est à la
même place, mais, si vous avez un cas précis, ça nous fera plaisir de recevoir,
là, pour bien valider tout ça. Alors, c'est important, donc, puis on comprend
qu'il y a eu un rappel aux chefs de département de pharmacie, dans les
différents établissements, ce qui n'est pas rien, mais maintenant on pourra
compléter, là, avec l'information que vous avez.
M. Derraji : Oui, mais ça me
ramène aussi à la standardisation. Et je comprends que je ne veux pas qu'on questionne
le jugement clinique, ça revient à des protocoles, ça revient aux médecins. Mais
on parle beaucoup de l'uniformité des critères appliqués par les établissements.
Est-ce qu'il n'y a pas matière d'avoir une standardisation? Je comprends que, parfois,
dans certains centres hospitaliers universitaires, il y a matière à faire de la
recherche, il y a matière à explorer certains nouveaux médicaments, certaines
nouvelles thérapies, mais l'uniformité des critères appliqués par les
établissements, est-ce que ce n'est pas questionnable?
• (17 h 20) •
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
il y a... on doit travailler sur la pertinence, hein, de l'ensemble des
services au niveau pharmaceutique. Cette question-là se pose aussi. Il y a des
pratiques, il y a des bonnes pratiques qui sont reconnues. Il y a l'INESSS,
aussi, qui produit des avis. Et donc on considère, bien sûr, parce que, quand
l'INESSS fait des travaux, bien, c'est une série d'experts, là, que... et des
fois aussi avec des patients partenaires, là, qui font ces travaux-là. Alors,
oui, pour répondre à votre question, la standardisation, l'uniformisation,
c'est important. Puis on peut avoir des gains d'efficience en faisant ça,
notamment. Alors, extrêmement important.
Et puis il y a des règles, là, quand même,
qui sont édictées. Il y a des bonnes pratiques qui sont édictées de la part des
différents centres de recherche, ou sociétés savantes, ou INESSS. Alors, il
faut suivre ça. En même temps, il faut... naturellement, il y a tout le
jugement clinique, vous l'avez mentionné, M. le député, là, le jugement
clinique des intervenants, mais les règles et les «guidelines» sont là pour
les... justement les guider dans les bonnes pratiques.
M. Derraji : Merci, Mme la ministre.
Si vous me permettez, avec votre accord, est-ce qu'on peut reposer la question
au Dr Bergeron?
Mme Bélanger : Certainement.
M. Derraji : Oui, et c'est
par rapport au... à la nécessité médicale particulière. Première question, est-ce
qu'il y a une documentation de la multiplication des demandes de nécessité
médicale particulière en oncologie au Québec?
M. Bergeron (Stéphane) : Dans
les.... M. le Président, donc, dans les médicaments de nécessité médicale
particulière, effectivement, il y a eu des changements avec la loi, qui fait en
sorte qu'on a voulu permettre de se doter d'une vision plus globale, via... via
l'INESSS, en récupérant les demandes de nécessité médicale particulière, pour
essayer... sans dire de standardiser, parce qu'ici on ne veut pas traiter la
médecine et les médecins comme étant des robots, là, le jugement clinique est
toujours très important, mais de comprendre ce qui se fait dans l'établissement
à côté, puis quelles décisions ils ont... ils ont prises dans des paramètres
qui peuvent se ressembler, pourrait amener une réflexion supplémentaire. Donc,
c'est ce qu'on est en train de mettre en place avec l'INESSS et les différents
départements de pharmacie, cette base de données supplémentaire là qui va
permettre d'avoir une meilleure homogénéité dans les pratiques au Québec.
M. Derraji : Le but de... le
but de documenter, pour vous, ça va aider en quoi? C'est quoi, votre but ultime
de cette documentation de la multiplication des demandes de NMP en oncologie?
M. Bergeron (Stéphane) : Bien,
le but de les documenter... Comme on le dit, chaque... chaque cas de nécessité
médicale particulière, là, qui sont des utilisations de produits non reconnus
pour des indications, nécessite un jugement au cas par cas par des cliniciens.
Donc, parfois, quand on est confrontés à quelque chose de moins rare, on ne
sait pas exactement qu'est-ce que le voisin a fait dans des circonstances qui
pourraient se rapprocher à cela. Puis ce que l'on veut, c'est augmenter la
connaissance commune pour que les décisions soient le plus éclairées et
homogènes possible, sans avoir une robotisation de la demande, simplement
donner de l'accès à l'information< pour...
M. Bergeron (Stéphane) :
...sans avoir une robotisation de la demande, simplement donner de l'accès
à l'information >pour mieux outiller nos cliniciens dans leurs décisions.
M. Derraji : Je suis
d'accord avec vous qu'on ne doit pas tomber dans la robotisation. J'imagine que
vous avez lu l'étude de l'Université de Montréal publiée en 2026, Exceptional
access to pharmaceuticals in Québec hospitals: insights from members of medical
necessity committees. Ça vous dit quelque chose, Dr Bergeron?
M. Bergeron (Stéphane) :
Non.
M. Derraji : OK. Je
pense qu'on peut la... l'envoyer, la rendre... vous l'envoyez, mais ça parle
sur les iniquités entre les établissements. Donc, c'est là où je veux en venir
aujourd'hui. La question que je ramène sur la table sur les iniquités, elle est
réelle. Vous venez de confirmer que vous avez entendu la même chose, et j'ai
entendu la même chose. Là, maintenant, on a le feu vert. Si on a d'autres
demandes, on va les envoyer à Mme la ministre. Mais l'étude, elle est là,
l'abstrait, il est là, la conclusion... ça parle de la... «real practices» au
niveau du management, du «NMP request» dans les établissements. Et il y a des
iniquités. Ce n'est pas moi qui le dis, là, c'est une étude scientifique de l'Université
de Montréal, publiée... février 2026, le 20 février 2026. Donc, quand on
gère ou quand on suit ce programme... Et on a cette étude. Je comprends, on ne
peut pas tout suivre, mais c'est quand même... ça touche l'accès aux
médicaments en oncologie partout au Québec au niveau des établissements.
Donc, je comprends, je... qu'est-ce que
vous dites, que par... que, pour vous, ce n'est pas quelque chose que vous
tolérez par rapport à l'iniquité, mais là j'ai une étude qui parle, qui parle
sur les iniquités entre les établissements. Mais qu'est-ce qu'on fait
maintenant?
Des voix : ...
M. Derraji : ...on va envoyer
l'étude, hein, je sais qu'il y a un problème de temps, mais je ne pense pas que
le but, c'est de me répondre aujourd'hui. Je veux juste qu'on vous... qu'on se
sensibilise tous par rapport à l'iniquité entre les établissements et qu'on passe
à autre chose, qu'on règle le problème.
M. Bergeron (Stéphane) : Mais,
M. le Président, j'aimerais mettre quelque chose au clair. Donc, les... l'indication
reconnue pour les médicaments, il y a une liste de médicaments dans les
établissements. Puis, jusqu'à maintenant, malgré ce qui est parvenu à mon... à mes
oreilles, et pour lequel on a... on a agi, nous n'avons pas de cas concret où
on a vu de l'iniquité entre les établissements de Santé Québec. La situation
auquel vous référez, ça touche les médicaments de nécessité particulière, dont
les médicaments qui sont utilisés hors indication reconnue, pour lesquels le
jugement clinique et l'étude au cas par cas est plus important.
Vous demandez : Qu'est-ce que l'on a
fait? Puis là, si on fait affaire à du jugement clinique, ce n'est pas Santé
Québec qui décide, ou pas vraiment, c'est le... c'est les cliniciens qui... qui
décident entre eux l'accès à ces médicaments. Ce qu'on a voulu faire ,pour
mieux outiller et avoir une meilleure homogénéité de pratiques, c'est se doter,
doter le Québec, via la loi n° 15, d'un mandat de
mettre en place un registre de décisions d'accès exceptionnel et centralisé à
l'INESSS. Donc, ça va permettre de voir ce que les établissements ont fait. Si
j'ai, moi, dans l'établissement A, un cas exceptionnel avec... je vais être
capable d'avoir le data de l'établissement B, savoir comment ils l'ont traité,
comment ils l'ont étudié, puis peut-être les contacter. Donc, ça va nous
permettre d'avoir une meilleure qualité, une meilleure homogénéité. C'est ça,
l'action qu'on a faite.
M. Derraji : Oui.
Parfait, je vous remercie, mais il n'y a aucune lecture autre que le jugement
clinique, il n'y a pas une lecture de coûts. Et c'est pour cela que certains
établissements choisissent de ne pas donner suite, vont confirmer qu'il n'y a
pas aucun enjeu de coût qui oriente le choix. C'est vraiment un jugement
clinique. Si la molécule est choisie par le professionnel de la santé ou les
médecins, on va aller de l'avant.
M. Bergeron (Stéphane) :
Monsieur... M. le Président, donc, je ne pourrai pas être aussi affirmatif que
ce que l'on voudrait que l'on soit. Dans une étude de médicament générale, par
exemple, lorsqu'on demande à l'INESSS d'étudier un médicament, il y a la valeur
thérapeutique, ensuite le coût du médicament eu égard à la valeur thérapeutique
et au bénéfice qu'il en... que ça reproduit. Donc, c'est... ce n'est pas deux
éléments, mais le premier élément, il est d'abord clinique avant d'être
économique.
M. Derraji : Merci, Dr
Bergeron. Mais, Mme la ministre, si jamais on peut avoir une mise à jour par
rapport à l'iniquité entre les établissements, qu'on clarifie le tout, que ce
soit de la part de Dr Bergeron ou bien des instances qui suivent l'INESSS, ou
autres, juste pour qu'on envoie un message qu'on ne peut pas tolérer qu'il y
ait une iniquité entre les établissements. L'étude — on vient de
l'envoyer — qui a été publiée, c'est une étude de Journal of
Pharmaceutical Health Services Research et ça a été... c'est des chercheurs
de l'Université de Montréal. Puis je compte sur vous de faire le <suivi...
M. Derraji :
...Research
et ça a été... c'est des chercheurs de
l'Université de Montréal.
Puis je compte sur vous de faire le >suivi par rapport à ça.
Mme Bélanger : Bien, d'accord.
Écoutez, on va regarder tout ça, c'est important, mais, je pense, Dr Bergeron a
mentionné qu'il y a... les iniquités, dans les interventions qu'ils ont faites,
ils n'en ont pas trouvé. Alors, on va regarder cette étude-là du côté du
ministère, mais je vous retourne aussi... aussi la question, si vous avez des
cas particuliers, bien là, à ce moment-là, ça permettra à Santé Québec
d'explorer vraiment puis d'aller voir au détail de cela.
M. Derraji : Oui. On le fera,
on le fera. Et merci pour l'ouverture et merci, Dr Bergeron. Je vais
revenir à un autre enjeu, c'est l'enjeu d'encadrement des dons de sperme. Le
ministère connaissait-il réellement l'ampleur du phénomène?
Mme Bélanger : OK. Alors, bien,
là aussi, je pense que je... Si vous acceptez, je demanderais à
Dr Bergeron, là, parce que, là, on rentre vraiment...
M. Derraji : Ça va devenir
une nécessité...
Mme Bélanger : Oui, bien, je
pense que c'est important. Peut-être, on a un médecin ici, là...
M. Derraji : ...oui, c'est
une nécessité médicale, une...
Mme Bélanger : ...qui est le
sous... qui est sous-ministre des Affaires médicales. Alors, on a une bonne
personne pour l'information.
M. Derraji : Donc, il devient...
il devient une nécessité médicale particulière, lui aussi, aujourd'hui.
Mme Bélanger : Oui, c'est ça.
Le Président (M. Provençal)
: Dr Bergeron, s'il vous plaît.
M. Bergeron (Stéphane) : M. le
Président, je vais demander à M. le député de préciser la question :
Est-ce qu'on était au courant? Nous avons... nous avons été informés via... via
les médias, effectivement, de l'ampleur de ce que... de la situation désolante
qui était relatée.
M. Derraji : Et est-ce qu'au
moment d'évaluer les risques liés aux donneurs prolifiques vous connaissez le
nombre réel d'enfants concernés, les profils biologiques complets ou l'ampleur
des impacts psychologiques vécus par les familles? Parce que... comme vous
aussi, où on l'a vu, dans les médias, mais il y a des gens qui nous contactent,
mais là j'ai besoin de savoir, au nom du ministère, les informations que vous
avez. Parce qu'il y a des suites par la suite, il y a des familles qui sont en
détresse, il y a des groupes de soutien en ligne. Il y avait beaucoup de choses
qui sont... que vous avez essayé de mettre en place, mais comment... Qu'est-ce
que vous avez fait réellement par rapport à ce dossier, au niveau des... au
niveau de l'encadrement des dons de sperme?
• (17 h 30) •
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Derraji : Il y a trois
minutes de Mme la ministre, qu'elle m'a données. Donc, vous pouvez l'ajouter,
monsieur...
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Derraji : Mais elle vient
de le dire... Soyez gentil, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: J'ai été gentil à venir à date.
M. Derraji : ...suspendez,
alors.
Le Président (M. Provençal)
: Mais il faut que vous lui laissiez répondre, s'il vous
plaît.
M. Derraji : Il cherche la
réponse, M. le Président.
M. Bergeron (Stéphane) : Oui.
Dans les actions, donc, on a... on a mandaté le comité central d'éthique
clinique en procréation médicale assistée pour nous... nous guider un peu sur
les réflexions. On a contacté également le gouvernement fédéral, parce qu'il y
a certaines parties du... de la juridiction qui touchent le gouvernement
fédéral, pour voir qu'est-ce que l'on peut faire pour encadrer les dons de
sperme dans de telles circonstances. On a mis des séances d'information. On a
fait des séances d'information à l'égard des personnes qui voulaient s'y
inscrire et sur les risques associés à la génétique ici pour avoir une bonne
compréhension du domaine dans lequel nous étions. Nous avons fait des feuillets
d'information, notamment sur le Web, et nous avons également demandé une
consigne... on a envoyé par écrit une consigne à l'ensemble des centres de
procréation assistée pour mettre en place... pour leur demander de mettre en
place les moyens pour s'assurer que chaque donneur de gamètes provenant du
Québec puisse contribuer au projet parental d'un maximum de 10 familles.
Le Président (M. Provençal)
:...alors, je vais donner maintenant
la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : ...beaucoup,
M. le Président. OK, Mme la ministre, je voulais vous... je voulais vous parler
de don d'organes, parce que... puis de tissus. Cette année, il n'y a pas si
longtemps, j'ai... j'ai rencontré Steve Lefebvre-Morasse puis avec sa conjointe
Anick Roy, ils ont... ils ont fait beaucoup le tour des médias, parce que,
bien, Anick avait besoin d'un foie, là, de manière urgente. Ils ont des enfants,
là. Et là la situation était devenue vraiment préoccupante. Les mois passaient,
les mois passaient, puis, de temps en temps, bien, on lui disait : Ça s'en
vient. Mais force est de constater que ça ne s'en venait pas tant que ça. Et,
fort heureusement, elle a eu sa nouvelle positive, là, les médias l'ont
rapportée, mais disons qu'elle est passée juste de ne pas avoir cette greffe-là.
Et les statistiques, là, nous disent qu'il
y a à peu près 1 000 personnes, en continu, là, au Québec, qui
attendent... qui attendent une greffe. Puis malheureusement, bien, il y en a
quelques dizaines, plusieurs dizaines par année qui vont... qui vont mourir
trop... trop vite, trop tôt...
17 h 30 (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...que de
dizaines, plusieurs dizaines par année, qui vont... qui vont mourir trop...
trop vite, trop tôt, là, sans avoir pu bénéficier de cette greffe-là. C'est
vraiment un enjeu où il faut sensibiliser le plus de monde possible.
Il y avait eu une commission, hein, ici,
une commission transpartisane, où, finalement, il y avait eu une décision avec
un rapport à l'effet qu'on n'était pas prêts, là, comme société, au
consentement présumé, mais qu'il fallait faire quand même des démarches pour y
arriver, là. Il y avait un consensus qu'on devait entamer une discussion
sociale pour nous permettre d'arriver, éventuellement, vers ça. Est-ce qu'il y
a des actions qui ont été prises de la part de votre ministère pour avancer
cette discussion puis ce consensus social vers, éventuellement, là, une
décision de consensus présumé?
Mme Bélanger : D'abord, je
veux quand même dire que, tu sais, toutes les personnes qui sont en attente d'un
don d'organe, bien, c'est des situations, au point de vue humain, qui sont
extrêmement importantes. Puis de faire le don d'organes, c'est aussi un geste,
une décision qui est profondément humaine, souvent de la part des proches puis
souvent dans des contextes de décès inattendus, en plus.
On a travaillé beaucoup avec Transplant
Québec, qui est, donc, l'organisme qui fait un travail quand même remarquable
au niveau du don d'organes. En 2025, c'est 491 personnes qui ont reçu une
transplantation, donc, et grâce à... dans le fond, à 196 donneurs, parce
qu'un donneur peut donner plus qu'un organe, ou même de leurs proches. On le
voit, il y a des situations comme ça à chaque année, notamment avec les greffes
de rein, où un proche va décider de donner un rein, donc, à une proche personne.
Alors, l'année passée, vous avez... on a les mêmes chiffres, là, c'est près de
900 personnes qui étaient en attente de greffe. Ça fait que c'est vrai que
c'est beaucoup. Puis c'est vrai que, quand on est inscrit sur la liste d'attente
pour une greffe, bien, le temps devient un élément extrêmement important.
Il y a malheureusement... 33 personnes qui
sont décédées en attendant un organe, donc, au cours de la dernière année.
Alors, il faut continuer d'améliorer nos programmes de don d'organes. Il faut
miser sur une meilleure identification, là, des donneurs potentiels, accompagner
les familles. C'est tous des éléments qui étaient sortis de la commission... c'était
une commission spéciale qui avait eu lieu, donc, puis il faut améliorer, donc,
la coordination clinique. Au Québec, les gens qui sont inscrits au programme de
don d'organes sont extrêmement satisfaits des résultats, extrêmement satisfaits.
Je pense qu'on a vraiment des bonnes pratiques, des bonnes équipes, mais il
reste qu'il faut continuer d'améliorer... d'améliorer cela. Alors, c'est
important.
Avec les cinq jours qu'il nous reste, on n'ira
pas avec un projet de loi, mais la question est toujours pertinente. Santé
Québec, par contre... excusez, Transplant Québec a quand même pris en
considération les différents éléments pour rehausser, là, la formation, l'accompagnement
aux proches aidants. Ça fait que, oui, il y a des choses qui se sont faites,
notamment avec le transport du don d'organes, où on sait que, maintenant, c'est
la Sûreté du Québec. Il y a eu une entente, là, qui a été faite avec la Sûreté
du Québec pour le transport des organes, parce que c'est tout un processus, là
aussi, donc, qui est fait par les services policiers. Ça fait qu'il y a eu
quand même beaucoup de choses de faites dans l'amélioration de tout ça.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député voudrait ajouter une
prochaine question, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Mais, c'est
important, ce que vous dites. Puis moi, quand je discutais avec Steve et Anick,
puis je vous ai... on s'en est parlé préalablement, là, il n'y a pas de scoop
là-dessus, je me suis moi-même posé la question, c'est des informations puis c'est
des décisions qui sont très personnelles... et, bien, moi, je... En fait, là,
on sait la donnée statistique, là, c'est qu'il y a 27 % de la population
québécoise qui n'a pas exprimé par écrit ses volontés. Donc, une personne sur
quatre, là, n'a pas signifié ses intentions de manière écrite. Et une des
façons les plus simples de faire ça, c'est en signant notre carte RAMQ, notre
carte de don d'organes. Puis moi, je m'étais rendu compte en même temps, et je
l'ai sortie, là, que je ne l'avais même pas signée, ma nouvelle carte de don d'organes,
ça fait qu'en finissant ma rencontre avec Steve puis Anik, on s'entend que c'est
ça que j'ai fait, de manière urgente.
Et je voulais prendre, puis c'est ce que j'ai
dit à Steve, un moment pour vous partager, là, l'idée de faire la même chose, puis,
si on pouvait prendre 30 secondes, à ceux qui sont à l'aise de le faire, c'est
une décision qui est personnelle, de vérifier. Si votre intention, c'est
évidemment de l'avoir fait, prenons ça, en ce moment, 30 secondes, là. Évidemment,
si ça ne vous tente pas, puis il n'y a pas d'obligation, puis tout ça est
personnel... mais si, aujourd'hui, on avait deux, trois, quatre signatures,
cinq signatures de plus, je sais que Steve et Anick, pour eux, ça ferait une
grosse différence. Et, évidemment, tout ça est personnel, si quelqu'un ne veut
pas partager ça, il n'y a pas d'enjeu, mais je pense que ça serait un <geste...
M. Cliche-Rivard :
...quelqu'un
ne veut pas partager ça, il n'y a pas d'enjeu, mais je pense que ça serait un
>geste positif qu'on pourrait faire envers cette famille.
Mme Bélanger : Bien, c'est
vraiment intéressant, puis c'est important, ce que vous dites. Je n'ai pas ma
carte d'assurance maladie dans le sac qui est avec moi par contre, mais, de
mémoire, je l'ai signée parce que j'ai toujours pris cette habitude. Mais mon
directeur de cabinet, là, j'ai la preuve, il l'a signé. Je ne sais pas pour le
sous-ministre, peut-être que ça pourrait être un bon exemple que vous...
Des voix : ...
Mme Bélanger : Ah! regardez,
le sous-ministre a signé.
M. Cliche-Rivard : Notre
président, le sous-ministre, parfait!
Mme Bélanger : OK. Alors, bien,
c'est une bonne idée que chacun puisse regarder puis peut-être faire ce
geste-là, si vous êtes convaincu de ça, je pense que c'est important. Puis ça
m'amène à penser que Santé Québec aussi, là, on pourrait transmettre
l'information qu'on a eu cette discussion-là au cours des crédits, puis c'est
vraiment important, ça fait toute une différence. Puis d'en parler aux proches,
hein, d'en parler à nos proches, on est sensibilisés, nous-mêmes, bien... parce
que, des fois, c'est juste un oubli quand on reçoit la carte, mais très
important de le faire.
M. Cliche-Rivard : Voilà.
Parfait.
Mme Bélanger : Merci.
M. Cliche-Rivard : Bien,
qu'on se mette chacun, ceux qui veulent, là... ceux qui ne l'ont pas avec eux,
là... mettez-vous un mémo de regarder ça, là, quand vous aurez votre
portefeuille avec vous, Mme la ministre. Tant mieux si on peut sauver... Là, on
ne souhaite de mal à personne, évidemment, mais, si on peut sauver davantage de
vies, au Québec, faisons-le.
Un autre dossier important, justement, en
termes de prévention puis de sauver des vies, c'est le dépistage colorectal.
Dossier important, quand même, 7 300 Québécois se verront
diagnostiqués d'un cancer colorectal cette année, et on sait qu'il y a
2 000, 2 500 d'entre eux qui vont... qui vont en décéder. Et c'est
des chiffres qui sont quand même assez accablants. Et les médias nous
rapportent que le Québec est la seule province qui n'a pas de programme de
dépistage organisé, là, formel. Pourtant, l'Assemblée nationale, il y a à peu
près trois ans, par motion unanime, là, s'en était engagée. Où est-ce qu'on
est, là, dans cette discussion-là de ne plus être, là aussi, une des seules...
en fait, la seule province canadienne sans programme de dépistage organisé?
• (17 h 40) •
Mme Bélanger : Oui. Alors
donc, écoutez, je pense que c'est quand même important de vous dire qu'on offre
quand même des tests de recherche de sang dans les selles, donc, de façon
systématique, parce que, là, on parle de colonoscopie pour le dépistage, mais
il reste qu'actuellement, dans le fond, c'est les personnes qui présentent un
risque plus élevé qui vont avoir... puis un historique familial, par exemple,
c'est ces gens-là, prioritaires, là, qui, donc, passent des colonoscopies. Puis
là aussi, il y a des ententes avec des services d'imagerie ou de radiologie,
là, dans les différents secteurs quand le public ne fournit pas. Alors... Donc,
c'est important de continuer.
Dans les notes que j'ai ici, je suis quand
même un petit peu surprise, là, je vais avoir besoin qu'on me confirme le tout...
mais que, depuis 2024, nous avons annoncé un nouveau dépistage du cancer
colorectal disponible en PSL une fois tous les deux ans. Alors, peut-être que
les médecins pourraient nous expliquer ce que c'est. Donc, sur le principe, des
personnes âgées entre 50 et 74 ans, les gens n'ont qu'à prendre un
rendez-vous sur Clic Santé. C'est un dépistage, là, qui se fait par groupe d'âge,
alors qui est très important puis qui, donc, permet, pour les 50-74 ans,
d'aller de l'avant avec un dépistage, là, sans avoir toutes les contraintes
d'avoir un médecin, puis une prescription, puis, etc. Alors, il y a aussi des
autotests pour la recherche de sang occulte. Ça aussi, je crois que c'est à
partir de 50 ans, et c'est très important. Ce système-là fonctionne aussi
très, très bien.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député veut poser une question...
M. Cliche-Rivard : Je vais la
prendre, la précision, Mme la ministre, parce que moi, j'ai sous les yeux un
article de LaPresse du 4 mars 2026, là, pas 2024, pas
2025, là, qui dit, 2026 : Québec demeure la seule province sans dépistage
organisé. Trois organismes pressent le gouvernement du Québec de mettre en
œuvre le programme de dépistage colorectal, la deuxième cause de décès par
cancer chez les hommes et les femmes au Québec. Le Québec est la seule province
canadienne sans programme. Donc, je suis preneur de la réponse médicale, là,
mais LaPresse est catégorique, là... Katrine Desautels, LaPresse
canadienne, 4 mars 2026.
Mme Bélanger : ...il y a
toujours de l'amélioration à faire dans nos programmes de dépistage, on l'a vu
tantôt, là, pour le cancer du sein, notamment, où on a diminué les groupes
d'âge... c'est-à-dire qu'on a augmenté constamment dans les différents groupes
d'âge pour du dépistage systématique, mais il ne faut quand même pas... Je ne
veux pas laisser sous-entendre qu'on ne fait absolument rien, au Québec, là, il
y a quand même la recherche de sang occulte. Puis je peux vous dire que les
colonoscopies, au Québec, il y en a beaucoup, ça fait partie des examens
diagnostiques, là, qui sont assez utilisés, je vais dire ça comme ça. Il faut
continuer le dépistage, bien sûr. Peut-être que si, du côté du
Dr Bergeron, on peut avoir des précisions sur le programme, là, de <dépistage...
Mme Bélanger :
...du
Dr Bergeron, on peut avoir des précisions sur le programme, là, de >dépistage
colorectal au Québec...
Le Président (M. Provençal)
: Très rapide, Dr Bergeron.
M. Bergeron (Stéphane) : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, bien que je vais prendre les informations de la
journaliste, j'ai des informations qui me sont différentes sur l'état des
choses dans les autres provinces, mais ça m'importe... sans dire que ça
m'importe peu, là, on va discuter de la situation du Québec.
Effectivement, c'est un dépistage qu'on
appelle opportuniste, dans le sens où vous ne recevez pas une lettre pour vous
dire de vous faire dépister. On a des centaines de milliers de tests qui sont
faits par année. Ce que l'on a fait dans la dernière année, à peu près, avec
l'INESSS, c'est l'ajout de dépistage pour ceux qui n'ont pas accès à un médecin
de famille, donc dans des points de services locaux avec un protocole médical
national, il y a des infirmières qui peuvent agir et faire le dépistage et
faire le suivi du dépistage.
Ce qu'on a vu, cependant, c'est une hausse
importante, parce que, quand le dépistage est positif, c'est-à-dire qu'il y a
du sang dans les selles, ça ne veut pas dire que vous avez un cancer, ça veut
dire que vous devez passer à l'étape deux, qui est la colonoscopie. Il y a une
hausse... comme Mme la ministre le disait, il y a une hausse importante du
nombre de colonoscopies dans les 12 derniers mois, et on en est très
heureux.
M. Cliche-Rivard : Je
vous entends, là, sur la différence entre systématique puis vous avez dit
opportuniste, là? C'est ça. Pour le cancer du sein, là, on a décidé de faire un
systématique, on a décidé d'envoyer la lettre. Là, ici, c'est ça qui était
l'engagement, là, il y a une motion unanime de l'Assemblée nationale de passer
à un programme de dépistage systématique. Ça ne fait plus partie des projets,
ou c'est quelque chose que vous remettez vers l'avenir, ou si, finalement, vous
adoptez l'approche opportuniste et non systématique? Y a-tu une décision qui
est prise?
M. Bergeron (Stéphane) : M.
le Président, donc pour être capables... être en mesure de passer d'un mode
opportuniste à un mode systématique, on a besoin d'un système d'information qui
soit là, donc des TI, et il faut... L'étape qu'il y a à franchir, donc, c'est
une étape de technologie de l'information : dossier d'affaires,
financement et réalisation.
M. Cliche-Rivard : Puis
ça, ce n'est pas commencé?
M. Bergeron (Stéphane) : Je...
M. le Président, je crois que l'étape du dossier d'affaires est réalisée du
côté de Santé Québec. Le dossier d'affaires est fait du... et il est du côté de
Santé Québec, à ma connaissance.
M. Cliche-Rivard : Je
prendrais peut-être la confirmation, mais surtout la réponse de la ministre, M.
le Président, à savoir est-ce qu'il y a toujours un engagement, du côté de Mme
la ministre, d'adopter un programme systématique.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la ministre.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je pense que c'est vraiment important, quand on regarde les conséquences du
cancer colorectal, c'est de continuer à faire évoluer nos programmes de
dépistage. On l'a fait pour le sein, il faut continuer de le faire pour le
colorectal. Je vais lire attentivement cet article de La Presse. Il faut
faire attention quand on dit qu'au Québec on ne fait rien, ce n'est pas tout à
fait exact, par contre... Non, non, mais je ne vous dis pas que c'est vous,
c'est l'interprétation que je fais de ce que j'ai entendu de la presse. On fait
quand même des choses, il faut continuer d'aller de l'avant. Alors donc, on
regardera avec Santé Québec où ils en sont par rapport à ça, mais c'est
important d'avoir un système d'information qui permet, là, si on veut aller
avec du systématique, vous avez vu, ça fonctionne avec le cancer du sein. C'est
très important, puis ça pourrait être une option intéressante. Il faut avoir la
capacité au niveau...
M. Cliche-Rivard : Mais
vous donnez... vous donnez les orientations. Ça fait toujours partie de vos
orientations, de basculer au systématique?
Mme Bélanger : Écoutez,
on... Bien, je pense qu'il faut regarder ça de façon très attentive. On est
dans un contexte de vieillissement de la population, on l'a dit. Avec ça, bien,
si on peut dépister les cancers plus rapidement, bien, ce sera juste mieux.
M. Cliche-Rivard : Je
veux juste faire la part des choses. C'est l'intention ou c'est ça, la
position? Parce que là, il y a une motion de trois ans de l'Assemblée qui va
vers ça. Vous avez engagé à le faire. C'est toujours ça, la direction, ou si,
finalement, on change de position?
Mme Bélanger : Non, il
n'y a pas un changement de position...
M. Cliche-Rivard :
Parfait.
Mme Bélanger : ...c'est
de regarder le dossier d'affaires, c'est plus de regarder ça puis de voir à
quel moment on peut aller de l'avant. Donc, le dossier d'affaires doit être
élaboré. Et ça, c'est du côté de Santé Québec. Puis il faut avoir les
ressources nécessaires aussi. Alors là, il y a une demande à faire, parce qu'il
faut être capables de recevoir toutes ces nouvelles demandes dans nos centres
de gastro-entérologie, là. Ça, c'est bien sûr. Ça fait qu'il y a tous ces
éléments-là, il faut considérer. Mais on va de l'avant pour mettre ce dossier
comme un dossier prioritaire à être monté.
M. Cliche-Rivard : Est-ce
qu'on a une idée si ça va prendre encore deux, trois, quatre, cinq ans?
Mme Bélanger : Bien,
écoutez, je ne peux...
M. Cliche-Rivard : Approximativement.
Mme Bélanger : Bien, je
ne peux pas vous donner ce... un horizon de temps. Je ne sais pas si Santé
Québec veut répondre à ça, mais on n'a pas... moi, je n'ai pas d'horizon de
temps. Ce que je vous dis, c'est que c'est préoccupant. Il faut le regarder.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Un papier intéressant, en fait, préoccupant, Mme la ministre, aujourd'hui, sur
les soins dentaires. Je pense que mon collègue de Nelligan vous en parlait un
petit peu plus tôt, mais sur un axe différent, là, ça se titre : Aller
chez le dentiste au Québec, un luxe que beaucoup ne s'offrent plus. Quand
même préoccupant, l'article de TVA Nouvelles, la semaine dernière, sur
la santé dentaire des <Québécois...
M. Cliche-Rivard :
...l'article
de
TVA Nouvelles
, la semaine dernière, sur la santé
dentaire des >Québécois et sur le fait que de plus en plus de personnes
au Québec sont juste incapables de se payer la facture chez le dentiste, et ils
ont décidé qu'ils n'y vont plus. On parle d'un Québécois sur trois qui n'a pas
vu de dentiste depuis plus d'un an, puis on sait que ça, ça peut avoir des
effets assez graves et particuliers pour des gens qui en ont véritablement
besoin. On le sait, il y a le programme fédéral, mais, malgré le programme
fédéral qui couvre à 100 % pour certaines personnes, TVA Nouvelles a
sorti de plusieurs témoignages de gens qui sortent de là avec des factures de
plusieurs centaines, voire de plus de 1 000 $, au point tel où il y a
des Québécois qui n'y vont plus, là, chez le dentiste.
Et nous, on sait que la science est assez
claire à l'effet qu'une mauvaise hygiène buccodentaire, bien ça augmente les
risques de diabète et de maladies cardiovasculaires. C'est une mobilisation qui
est repartie de plus belle, là, vous la connaissez comme moi, c'est dans ma
circonscription, par la clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, qui se
veut très mobilisée là-dessus.
Où est-ce qu'on en est là-dedans? Vous,
comme ministre de la Santé, vous apprenez qu'un Québécois sur trois ne voit pas
le dentiste, ça doit vous préoccuper quand même.
Mme Bélanger : Bien c'est
extrêmement préoccupant, effectivement. Puis, on le sait, là, au Québec, les
soins dentaires sont dispensés en grande majorité par des cliniques privées,
puis il y a plusieurs régimes. Donc, certains ont des régimes privés, mais
c'est loin d'être la grande majorité des régimes qui couvrent les soins
dentaires, j'en suis tout à fait consciente. Il y a le programme fédéral, là,
qui a été mis en place il y a un an et demi, deux ans, puis c'était par groupe
d'âge aussi. Alors donc, ça, ça vient certainement aider.
Il faut continuer de rendre ces
services-là disponibles. Les gens qui sont sous l'aide sociale ont accès aux
soins dentaires, certaines personnes qui ont des maladies chroniques, qui sont
dans des programmes de prévention. Il y a des soins dentaires qui sont donnés
en CHSLD public depuis... au moment de la pandémie, où on a mis en place la
politique d'hébergement, on a ajouté, dans les CHSLD, des hygiénistes
dentaires, donc, pour les soins d'hygiène notamment. Il y a des services de
dentisterie qui sont donnés en CHSLD par les dentistes, là, qui vont dans les
différents CHSLD.
Mais c'est vrai que, pour la population
générale, il y a... il n'y a pas de programme au moment où on se parle, des
programmes... un programme québécois, c'est vrai, il faut le dire, qui vient
couvrir les soins... les soins dentaires. Alors donc, c'est à regarder. Il y a
même différentes fondations qui se mobilisent aussi pour soutenir les gens qui
n'ont pas les moyens...
• (17 h 50) •
M. Cliche-Rivard : Surtout
chez les enfants, les mineurs, oui.
Mme Bélanger : Tout à fait.
Les ordres... en fait, l'Ordre des dentistes, qui ont une fondation qui donne
des services gratuits. Il y a des cliniques qui ont été mises en place pour les
populations en situation d'itinérance, notamment du côté de l'Hôpital
Notre-Dame, où il y avait un partenariat avec l'Université de Montréal, la
Faculté de dentisterie qui est présent, qui donne, pour les patients qui sont
référés par des médecins, qui sont à faibles revenus ou des personnes en
situation d'itinérance...
Ça fait qu'il y a différentes initiatives
comme ça pour venir en aide aux personnes vulnérables. Mais il n'y a pas de...
il n'y a pas un programme, là, qui vise l'ensemble du Québec pour les soins
dentaires.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on poursuit avec M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Combien de
minutes, s'il vous plaît?
Le Président (M. Provençal)
:...19.
M. Derraji : OK, merci. Je
vais revenir à... si vous le permettez, Mme la ministre, à questionner
Dr Bergeron sur la nécessité médicale particulière, si vous permettez.
OK. Je veux juste avoir une réponse
claire, Dr Bergeron, qu'il n'y a pas de directive de limiter l'accès à la NMP
et le contrôle des coûts. Et on ne parle pas de l'autonomie clinique, là. Je
veux juste une confirmation claire de votre part qu'il n'y a pas de directive
de limiter l'accès à la NMP. M. le Président.
M. Bergeron (Stéphane) : M. le
Président, je vais commencer par une boutade. Je ne sais pas si la question de «j'aimerais
ça avoir une réponse claire» est en réponse à mes réponses antérieures.
M. Derraji : Non, non, non,
aucun lien. Vous ne faites pas de la politique, Dr Bergeron, non.
M. Bergeron (Stéphane) : Donc,
je vais être clair : non, il n'y a pas de directive.
M. Derraji : OK. Excellent.
Merci. Et croyez-moi, là, quand je peux questionner la ministre et... Mais
vous, j'ai beaucoup de respect à tous ceux et celles qui ne font pas de la
politique. Ne vous inquiétez pas, Dr Bergeron. Merci pour la réponse.
Là, je reviens, Mme la ministre, là vous allez
voir que je vais demander d'être beaucoup plus clair. Mme la ministre, il y a
une demande spéciale d'un citoyen, et j'ai tout un document que je vais vous
laisser. C'est un patient et un survivant du cancer de la peau, et j'ai plein
de photos que je ne vais pas exposer, mais je lui ai promis que je vais vous
donner et je vais vous <interpeler.
M. Derraji :
...mais
je lui ai promis que je vais vous donner et je vais vous >interpeler.
En fait, il nous demande une
reconnaissance accrue des services en épithèse faciale et une prise en charge
digne des patients atteints de cancer défigurant. Il nous parle aussi, et c'est
M. Henri Delage qui nous parle qu'il a eu... c'est lui-même un patient
ayant traversé cinq récidives d'un cancer de la peau au visage, entre 2011 et
aujourd'hui. Son parcours a été jalonné de chirurgies, d'erreurs, de réussites,
de traitements lourds, de souffrances physiques, mais aussi de résilience et de
renaissance. Après plusieurs interventions, certaines réussies, d'autres avec
des séquelles irréversibles — paralysie faciale, paupières
affaissées, déformations du visage — il a pu bénéficier d'un service
encore trop méconnu, c'est le département d'épithésistes de l'Hôpital de
l'Enfant-Jésus à Québec. Ces professionnels de l'ombre sont de véritables
artisans de la reconstruction humaine. Grâce à eux, il a retrouvé non seulement
un visage, mais aussi une dignité, une vie sociale et un équilibre psychologique.
Ce qu'il nous demande aujourd'hui... c'est
pour cela que je vous interpele, pour que ces services soient reconnus comme
essentiels, pour que leur financement soit assuré à long terme, pour que leur
expertise soit transmise et renforcée, parce que c'est quand même... c'est des
experts reconnus au niveau mondial, mais surtout afin d'assurer la relève. Et
finalement, pour que les patients défigurés par la maladie ou un accident ne
soient plus jamais laissés sans solution.
C'est un cri de cœur, je... si vous voulez
le rencontrer, Mme la ministre, ça va faire un grand plaisir. Mais je vous dis,
je vous épargne de publier... de montrer les photos, mais je pense qu'on a de
l'expertise, c'est reconnu. Ce monsieur, maintenant, vit une vie normale, je l'ai
rencontré, et je pense qu'il y en a d'autres qui aimeraient bénéficier de cette
expertise. L'équipe de soins, elle est à Québec, je les ai rencontrés. Je ne
sais pas qu'est-ce que vous en pensez, Mme la ministre, avant de reconnaître la
constitution, reconnaître l'expertise de Québec en tant qu'épithésiste et aussi
travailler pour la relève.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
c'est très touchant puis, quand on pense au cancer de la peau, c'est aussi un
cancer qui est extrêmement préoccupant. Puis là, quand on parle d'un cancer en
lien avec le visage, puis je peux imaginer, on n'a pas besoin de voir les
photos, mais on peut imaginer comment cela doit être extrêmement difficile. Au
Québec, les soins d'épithésie ne sont pas couverts par la Régie d'assurance
maladie du Québec, effectivement.
Il y a d'autres programmes particuliers
qui couvrent, donc, les différentes situations. Par exemple, au niveau d'un
cancer du visage, c'est un programme spécial au niveau du ministère de la Santé
et des Services sociaux. Si c'est par un accident de travail, parce que ça peut
être une situation qui survienne, là, il y a la Commission des normes, etc.
Puis, si c'est un accident en lien avec le transport, bien, naturellement, c'est
la Société d'assurance automobile du Québec, puis il y a certaines autres
origines qui peuvent être admissibles à des assurances privées. Alors, c'est
préoccupant, effectivement.
Très contente de savoir qu'il y a une
équipe spécialisée du côté de l'Enfant-Jésus. Il y a des équipes spécialisées
aussi en plastie du visage et tout ça, là, pour différentes problématiques. On
a vu donc, du côté de Maisonneuve-Rosemont aussi, il y a un an et demi ou deux
ans, là, des greffes de visage, dans ce cas-là. Mais écoutez, la situation est
quand même importante.
Puis, moi, ce qui m'intéresse de voir,
c'est est-ce qu'il y a une offre de service qui peut être suprarégionale
éventuellement, parce qu'on ne se mettra pas à faire ça nécessairement dans
tous les hôpitaux, on comprend, c'est extrêmement spécialisé, ça fait qu'on
pourrait regarder du côté de l'Enfant-Jésus, effectivement, puis partir
peut-être une conversation, là, du côté de Santé Québec et du ministère avec ça.
Mais effectivement, là, c'est une situation qui est préoccupante.
M. Derraji : OK. Bien, je
compte sur vous, Mme la ministre. Mais surtout, avoir des épithésistes, je
pense que c'est une denrée rare, surtout qu'on a des experts au Québec.
L'autre sujet, selon Santé Canada, le
radon est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme. Chez les
non-fumeurs, le radon est la principale cause. Santé Canada estime que
16 % des décès par cancer du poumon au Canada sont attribuables au radon.
Ce chiffre représente environ 3 200 décès par année.
Est-ce qu'au ministère vous reconnaissez
que le radon est la principale cause du cancer du poumon chez les <non-fumeurs?...
M. Derraji :
... que
le radon est la principale cause du cancer du poumon chez les >non-fumeurs?
Si oui, pourquoi n'existe-t-il toujours aucun programme structuré de dépistage
du radon dans les résidences québécoises?
Là, je fais mention à un citoyen dans mon
comté, je ne sais pas s'il nous suit, aujourd'hui, à L'Île-Bizard, qui vient de
découvrir, via une information quelque part, qu'il doit faire un test de radon.
Et à sa grande surprise, il était choqué de voir que le taux du radon dépasse,
et de très, très, très loin, les recommandations.
Là, maintenant, je pense que vous aussi,
vous êtes sensible à cette question. Vous la connaissez très bien. Quelle est
votre lecture et aussi une solution par rapport à la présence du radon dans les
maisons?
Mme Bélanger : Écoutez,
premièrement, juste quand même mentionner, là, que, de 2008 à 2025, il y a eu
un travail qui a été fait avec l'Association pulmonaire du Québec afin de
supporter les activités de lien... en lien de sensibilisation avec le radon.
Entre 2008 et 2025, le ministère de la Santé et des Services sociaux a
travaillé avec l'Association pulmonaire du Québec, donc quand même important,
afin de supporter leurs activités de sensibilisation, bien sûr. Alors, il y a,
et c'est important...
M. Derraji : Il n'y a pas de
budget, Mme la ministre.
Mme Bélanger : On parle... on
parle, là, du code du bâtiment, vous m'amenez à ce niveau-là.
M. Derraji : Non, non, non.
Vous avez dit que le ministère travaille avec l'Association pulmonaire du
Québec. J'ai devant moi la réponse du ministère, et aucune somme n'a été versée
en 2024-2025 à l'Association pulmonaire du Québec pour la compilation de
données ou la cartographie du radon.
Mme Bélanger : OK. C'est
exact. C'est exact.
M. Derraji : Donc, comment le
ministère travaille si on ne donne rien pour la cartographie?
Mme Bélanger : Bien, en fait...
en fait, entre 2008 et 2025, le ministère a travaillé avec l'Association
pulmonaire du Québec, mais c'est vrai qu'effectivement pour... depuis 2025, il
n'y a pas eu de financement en particulier avec l'Association pulmonaire. Puis
l'objectif, c'était vraiment de cartographier, donc, et de se donner, là, de
l'information en lien avec le radon. Puis il y a toute la modification aussi du
Code de construction du Québec qui a quand même amélioré la protection, je veux
quand même le mentionner.
• (18 heures) •
On va regarder, là, qu'est-ce qui se passe
de ce côté-là, à quelle hauteur était le financement qui était octroyé à l'Association
pulmonaire, mais il reste que le radon est responsable du cancer dans environ
1 000 cas de cancer du poumon par année. Ça fait que, oui, pour
répondre à votre première question, il y a donc une évidence scientifique à ce
niveau-là, on le reconnaît, bien sûr. Maintenant...
M. Derraji : Est-ce que je
peux vous suggérer...
Mme Bélanger : Oui, allez-y.
M. Derraji : Faites une
campagne de prévention. Moi, la personne qui m'a contacté ne demande pas que le
gouvernement paie quelque chose pour lui. Lui, il était offusqué de ne pas
savoir l'information. C'est juste ça. C'est parce que, parfois, on pense que ça
va passer par le code du bâtiment. Vous avez raison, vous avez raison, mais
juste mener des campagnes de sensibilisation, il y a des patients... des
«patients»... des résidents qui... parce que l'intervention, elle est quand
même facile à faire et, si ma mémoire est bonne, elle ne coûte pas dans les
milliers de dollars, pour... une fois, on le détecte, il y a des choses à faire
et à mettre en place.
Mais là, si les gens ne savent même pas
que le radon, il est chez eux, ils ne savent même pas l'impact du radon sur le
cancer, bien là, je pense qu'en termes de santé publique, la première chose à
faire, c'est de mener des campagnes de prévention, sensibiliser la population.
Et, oui, attendre le code du bâtiment, vous avez raison, mais qu'est-ce qu'on
peut faire à court terme, là? Parce qu'il y a des gens qui... le stress
augmente. Je n'ai pas envie de leur... d'augmenter leur stress, là, mais une
campagne de sensibilisation, c'est quand même assez facile à mettre en place.
Mme Bélanger : ...effectivement.
Je veux dire, ça nous amène, la question que vous nous posez, à savoir, est-ce
que dans nos propres maisons... il y a des règles, là, par rapport à ça, là,
mais est-ce que, dans nos propres maisons, on est, donc, exposés à ce gaz, là,
parce que c'est un gaz, là, effectivement, le radon, alors est-ce qu'on est
exposés dans nos propres maisons? Ça fait qu'il y a peut-être besoin
d'information un peu plus au niveau de la population. Dre Caroline
Quach-Thanh est avec nous, ce serait peut-être quelque chose qu'on pourrait
regarder, là, dans une perspective d'information à la population, alors...
Mais je reviens aussi qu'une fois qu'on
fait le dépistage sur le radon, bien, il peut y avoir des travaux qui sont
faits au niveau des infrastructures, puis c'est là que le code des bâtiments,
en tout cas, pour les nouvelles constructions, doivent être bien, bien mis en
place aussi, là.
M. Derraji : Oui. Vous avez
raison, sur le code du bâtiment, mais, probablement, pour le grand public, je
pense, une campagne de sensibilisation de la part de la Santé publique, c'est
un «nice-to-know», pour les gens.
Une voix : ...
M. Derraji : Ah, vous l'avez
faite?
Mme Bélanger : Oui. Bon. Bien,
alors, si vous permettez, peut-être que Dre Caroline Quach-Thanh pourrait
nous parler de ça...
18 h (version révisée)
Mme Bélanger : ...peut-être
que Dre Caroline Quach-Thanh pourrait nous parler de ça.
M. Derraji : Oui, consentement,
oui.
Le Président (M. Provençal)
:...
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Merci. Caroline Quach-Thanh, directrice nationale de santé publique. En
fait, trois secondes, on fait une campagne à chaque année au mois de novembre
et on investit 8 500 $ pour promouvoir la mesure de radon dans les
domiciles au Québec. Puis, en plus, le ministère appuie Santé Québec et les directions
de santé publique parce que... pour encourager la participation des
municipalités, là, au défi des 100 trousses et auprès de détecteurs du
radon dans les bibliothèques. Donc, il y a quelque chose qui se fait. De toute
évidence, ça ne percole pas.
M. Derraji : ...
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Dans les bibliothèques.
M. Derraji : On parle
des maisons des citoyens.
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Comment? Oui, non, mais les bibliothèques prêtent les détecteurs pour que...
M. Derraji : Ah! elles prêtent
les détecteurs. OK, j'ai mal compris.
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Oui, pour que ce soit ensuite mesuré dans les maisons des citoyens. Et, à chaque
mois de novembre, parce que c'est le mois dans lequel il y a une campagne, il y
a de... il y a des campagnes de sensibilisation qui sont faites, mais j'entends
que ça ne percole peut-être pas.
M. Derraji : Oui, mais
est-ce qu'on peut juste recevoir ça... Parce que, un, merci, un. Deux, est-ce
que toutes les municipalités reçoivent ce kit?
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Je pense que c'est volontaire en matière de participation, je...
M. Derraji : En tout cas,
moi, je vais... je vais le promouvoir auprès de... de nos villes, parce que je
pense que c'est une excellente idée d'ailleurs, c'est une réponse. Déjà,
commençons par ça. Mais si... si c'est volontaire, on se comprend que, parfois,
je ne pense pas que tout le monde est sensible à la question du radon.
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Tout à fait.
M. Derraji : Et, encore
une fois, je ne suis pas là pour alarmer, je fais très attention, mais juste...
donnons l'information. Si vous me dites que ça va se faire au mois de novembre,
on fera le suivi et, moi, je m'engage à le promouvoir au niveau de nos villes.
Donc, merci beaucoup, Dre Quach.
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Merci.
M. Derraji : Il y a un autre
sujet... il y a un autre sujet, Mme la ministre, c'est la Maison des greffés,
Lina-Cyr, qui a accompli quelque chose d'exceptionnel. Ils offrent un toit, du
soutien et un milieu humain, des patients greffés parmi les plus vulnérables.
En 2025-2026, 1 149 patients y ont séjourné, pour un total de 4 090 journées
de présence. Si ces patients avaient dû rester hospitalisés, la facture pour le
réseau aurait pu dépasser 34,7 millions de dollars. Grâce à la maison,
ces mêmes services d'hébergement ont coûté environ 600 000 $, soit
plus de 34 millions de dollars d'économies pour l'État. Et pourtant,
malgré cet apport immense au réseau public, la Maison des greffés traverse
aujourd'hui une crise financière majeure. Je pense que vous êtes au courant, Mme
la ministre. Et cette crise financière majeure menace directement la poursuite
des activités. Pendant qu'il soutient des patients greffés et leurs familles à
bout de souffle, il doit aussi se battre pour assurer sa propre survie.
Pour le moment, les responsables de la Maison
des greffés ont réussi à amasser 1,4 million de dollars, mais près de
50 % du financement reste encore à trouver alors que les factures liées
aux travaux de construction continuent de s'accumuler. Alors, Mme la ministre,
est-ce que vous êtes au courant de la situation financière extrêmement
préoccupante que traverse actuellement la maison?
Mme Bélanger : Oui, je
suis au courant. La Maison des greffés, Lina-Cyr, là, est reconnue, là, comme
un organisme communautaire d'hébergement national, alors... et depuis 2000.
Alors donc, ça fait 26 ans, et c'est reconnu officiellement comme
organisme par le ministère de la Santé. Il y a une équipe, là, qui fait un
travail extraordinaire. Ils sont situés sur la rue Sherbrooke, si je ne me
trompe pas, donc... et le bâtiment, bien, il y a des... il y a de la désuétude
et ils ont... ils ont besoin d'un montant quand même significatif pour
entreprendre des travaux.
Il y a eu une aide financière du ministère
de la Santé et des Services sociaux pour des travaux urgents, qui a été accordée,
une aide de 500 000 $ qui a été accordée, donc, à l'organisation. Le
ministère accompagne aussi l'organisme, là, dans ses démarches pour assurer sa
pérennité. Ça fait qu'il y a comme deux volets. L'équipe ministérielle est
présente, accompagne cet organisme, mais... puis ils ont fait des levées de
fonds pour aller chercher, là, aussi du financement pour faire les travaux.
M. Derraji : ...c'est 34 millions de
dollars d'économies par l'État.
Mme Bélanger : Tout à
fait.
M. Derraji : Si demain,
la maison ferme, on est tous dans le... hein, pas besoin de continuer la phrase.
Je pense que c'est une urgence. Est-ce que c'est quelque chose que vous êtes en
train de nous dire aujourd'hui, que c'est une priorité afin d'assurer la
pérennité? On ne peut pas se permettre la fermeture.
Mme Bélanger : Bien...
oui. Alors, on reconnaît, là, la plus-value de cet organisme-là, ça, c'est
clair. C'est un organisme qui est reconnu par le ministère de la Santé. Ils
sont déjà présents pour les accompagner. Donc, il faut voir à trouver une façon
de les accompagner, donc, adéquatement, une aide concrète de 500 000 $,
mais il y a aussi peut-être d'autres enjeux, là, au niveau de la gestion de
leur équipe, la gestion des ressources humaines, etc. Le ministère sera présent.
Alors, c'est vraiment... vraiment très, très important. Et puis on interpelle aussi,
<là...
Mme Bélanger :
...sera
présent. Alors, c'est vraiment... vraiment très, très important. Et puis on
interpelle aussi, >là, différents collègues des cabinets pour pouvoir
contribuer à les aider. Je ne veux pas rentrer dans le détail, mais il y a
différents cabinets, au niveau de Montréal notamment.
M. Derraji : ...juste ça...
Mme Bélanger : Tout à
fait.
M. Derraji : ...je ne
pense pas qu'on va être... ni vous ni moi, on va être contents de la fermeture.
C'est juste ça que je...
Mme Bélanger : Tout à
fait, on ne souhaite pas ça, là. On ne souhaite pas ça.
M. Derraji : Oui... Non,
non, du tout, du tout, et je pense que c'est nécessaire.
Mme la ministre, je vais saisir de la
dernière minute qu'il me reste par rapport à un sujet qui est aussi très
préoccupant. En 2026, un adulte québécois avec une surdité bilatérale n'a
toujours droit qu'à un seul appareil auditif. Et je ne sais pas si vous avez
déjà eu l'occasion de rencontrer... Moi, je vous dis, c'est ce genre de dossier
où on est vraiment démunis. Je ne sais pas vous, là, en tant que collègues,
chers élus, quand vous avez quelqu'un en face de vous qui vous ramène cet
enjeu, moi, je n'ai pas de réponse. Je ne sais même pas comment répondre, je
dois l'avouer. Et, malgré les preuves claires que deux appareils sont
essentiels pour entendre adéquatement, travailler, communiquer et prévenir le
déclin cognitif, cette iniquité fondée essentiellement sur l'âge et le statut
du patient condamne des milliers de citoyens à vivre avec une correction
auditive incomplète, une perte auditive mal corrigée, je n'ai pas besoin de
vous faire toute le... la genèse, l'isolement social, le retrait des activités.
Est-ce que, Mme la ministre, vous
reconnaissez aujourd'hui qu'une perte auditive mal corrigée peut contribuer à
l'isolement social et au déclin cognitif? Un. Deuxième question : Comment
on peut résoudre cette problématique que nos jeunes Québécois adultes ne
peuvent avoir qu'un seul appareil auditif et non pas deux?
Le Président (M. Provençal)
:...
Mme Bélanger : Oui.
Alors, écoutez, oui, je reconnais que c'est tout à fait... extrêmement
important chez les personnes âgées, bien sûr, mais aussi pour toute la
population en général, hein? C'est une question de... de santé des personnes.
Alors, peut-être juste vous dire, ici, le gros défi, c'est le financement de ce
programme-là. Alors, je suis quand même obligée de vous dire que le coût total
du... il y a 97 000 personnes actuellement, là, qui bénéficient de ce
programme, qui n'est pas avec deux... deux appareils auditifs, mais un... bien,
c'est 97 000 personnes. Il nous a coûté, en 2021,
38 millions de dollars. En 2025-2026, c'est une augmentation de
25 %.
Alors donc, on ajuste les coûts, mais on
voit, là, que c'est un programme qui pourrait tripler, quadrupler en termes de
besoins. Il faut réestimer vraiment ces choses-là. Il y a du travail à faire
aussi avec les audioprothésistes. Il y a du travail à faire avec la façon dont
on travaille au Québec pour que les gens puissent... Il y a certaines personnes
qui veulent se procurer eux autres même les appareils auditifs. On sait que
maintenant tout est possible, on peut acheter des choses sur Internet, etc. Il
y a des... il y a des difficultés aussi à ce niveau-là, au niveau de l'ordre
professionnel.
Donc, je suis très consciente qu'il y a du
travail à faire avec l'ordre professionnel, mais il y a une question de
financement là-dessus. On a doublé notre programme et puis ça ne répond pas
encore à 100 %.
• (18 h 10) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Alors, il
faudra regarder ça, bien sûr. C'est un programme qui est géré par la RAMQ.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Soulanges, un
petit peu moins de trois minutes.
Mme Picard : Merci
beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, j'avais une question pour vous,
parce que vous avez récemment lancé la politique première ligne, et j'aimerais
que vous nous expliquiez plus concrètement comment ça va permettre d'améliorer
l'accès à tous les patients.
Mme Bélanger : Oui.
Bien, écoutez, la politique première ligne, c'est une politique nationale qui
est extrêmement importante et puis qui vient donc nous aider à améliorer nos
soins de santé primaires au Québec. La première ligne... ici, au Québec, on
parle de première ligne, mais, ailleurs dans le monde, on parle de soins de
santé primaires. C'est de ça qu'on parle quand on parle de première ligne. On
ne parle pas juste des P4, P5, mais on parle aussi de première ligne, services
sociaux, première ligne, organisation de services pour les aînés, première
ligne pour les jeunes, première ligne pour la santé mentale. Alors, c'est de ça
qu'on parle quand on dit qu'il faut continuer de faire évoluer nos CLSC.
Alors, cette politique-là, justement, nous
permet et nous permettra de remettre l'emphase sur nos CLSC. On a une
infrastructure qui est extraordinaire au Québec, qui s'appelle les CLSC, qu'on
ne retrouve pas dans les autres... dans les autres provinces. Et les centres
locaux de services communautaires se doivent d'être un rendez-vous... un lieu
physique pour accueillir les gens, les accompagner, les évaluer et les référer
vers des organismes communautaires au besoin. On ne peut pas demander aux
Québécois, Québécoises de connaître toute l'offre de services des organismes
communautaires dans une région, puis encore moins demander <ça...
Mme Bélanger :
...de connaître toute l'offre de services des organismes
communautaires dans une région, puis encore moins demander >ça aux
personnes âgées. Alors, les CLSC ont un rôle de navigateur à jouer, d'accueil,
d'évaluation, d'orientation et de navigateur. Et il faut renverser... Si on
veut avoir un système de santé qui fonctionne, il faut miser sur les soins de
santé primaires.
Alors, tout est dans tout. On a quand même
un budget de près de 60 milliards de dollars au niveau de la santé,
mais il y a des choix à faire. Alors, il y a la stratégie de prévention aussi,
que Dre Caroline Quach-Thanh a lancée, et j'étais... on était ensemble, il y a
deux semaines. Et c'est en misant sur la prévention, sur les soins de santé de
première ligne, puis sur les services de soutien à domicile qu'on va faire une
véritable différence. Les CLSC, pour moi... je reviens avec «porte d'entrée»,
on a dit tantôt qu'il y avait Votre Santé, il y a le 8-1-1, mais il faut aussi
une porte physique. Puis moi, je m'attends qu'il y ait des gens au CLSC, avec
quelqu'un qui est capable d'accueillir les personnes puis de les référer vers
les différents programmes. Alors, c'est important. Ça existe, il ne faut pas
dénaturer les CLSC. Ce n'est pas les centres hospitaliers qui peuvent faire...
prendre le relais à ce niveau-là. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, un
système de santé qui est accessible.
Alors donc, on ne fera pas d'autres
structures. Vous savez qu'il y avait eu un grand rapport sur la... avec la
Commissaire santé, bien-être, que je salue, là, qui fait un travail exemplaire,
puis elle avait recommandé de mettre en place des infrastructures régionales ou
locales pour mieux coordonner les services de première ligne. Et, bon, je
saluais cette recommandation-là, mais notre choix s'est arrêté de dire :
Bien, ça existe déjà, puis c'est les CLSC qui peuvent faire ça. Alors, il faut
qu'on soit convaincus de ça, moi, je le suis, puis j'en ai fait une politique
et je vais suivre ça de près, mais, je le répète, on est dans un système
hospitalocentriste puis il faut se sortir de cela, même si les hôpitaux sont
extrêmement importants. Il faut revenir à la base, puis la base, c'est des
soins de santé primaires. Alors, voilà.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme la ministre. Le
temps alloué à l'étude du volet Santé des crédits budgétaires du portefeuille
Santé et Services sociaux étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder
à la mise aux voix des crédits.
Le programme 1, intitulé Fonctions de
coordination, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
: Sur division. Le programme 2, intitulé Services
dispensés à la population, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
: Sur division. Le programme 3, intitulé Office des
personnes handicapées, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
: Sur division. Le programme 4, intitulé Régie de
l'assurance maladie du Québec, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
:Sur division. Adopté sur division. Le
programme 6, intitulé Régimes de retraite, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
: Sur division. Merci. En terminant, je dépose les réponses
aux demandes de renseignements de l'opposition. Compte tenu de l'heure, la
commission, ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux au mardi 2 juin
2026, à 10 heures, où elle poursuivra un autre mandat. Merci à tous et
bonne soirée.
(Fin de la séance à 18 h 16)