Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
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Tuesday, April 25, 2023
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Vol. 47 N° 7
Étude des crédits budgétaires du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, volet Faune et des Parcs
Étude des crédits budgétaires du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, volet Transition énergétique
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Intervenants par tranches d'heure
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Jacques, François
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McGraw, Désirée
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Charette, Benoit
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Charette, Benoit
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McGraw, Désirée
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Jacques, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Charette, Benoit
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McGraw, Désirée
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Jacques, François
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Grondin, Agnès
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Jacques, François
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Kelley, Gregory
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Charette, Benoit
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Zaga Mendez, Alejandra
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Charette, Benoit
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Zaga Mendez, Alejandra
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Jacques, François
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Kelley, Gregory
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Lemay, Mathieu
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures cinquante-deux minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Faune et Parcs des crédits budgétaires du portefeuille
Environnement et Lutte contre les changements climatiques, Faune et Parcs pour
l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe d'une heure a été allouée
pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par Mme Zaga Mendez
(Verdun).
Faune et Parcs
Discussion générale
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général, incluant les questions
et les réponses.
Puisque nous avons débuté nos travaux à 9 h 53
et qu'une période d'une heure doit être consacrée à l'étude de ces crédits cet
après-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de l'heure
prévue, soit jusqu'à 10 h 53? Consentement.
En commençant par l'opposition officielle,
je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. Je vous rappelle que la longueur des
réponses doit être généralement proportionnelle à la longueur des questions. Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce, la parole est à vous pour 18 minutes.
Mme McGraw : Alors, merci, M.
le Président. Bonjour, chers collègues. Je suis très contente de me retrouver
ce matin, M. le ministre, les députés de la banque ministérielle, les députés
des autres formations en opposition ainsi que la fonction publique et des
groupes non... qui ne font pas partie... non gouvernementaux. Alors, bon matin
à tout le monde.
Je vais commencer tout de suite. On sait
très bien, M. le ministre, que le dossier des faunes et parcs vient d'être
ajouté au ministère de l'Environnement et de la Lutte aux... contre les
changements climatiques. Il y a certains trouvent... qui trouvent que c'est un
bel ajout au sein du ministère, car on sait que la faune est touchée de très
près par l'environnement. Par contre, donc, c'est un ajout qui veut aussi dire que
la... il y a une scission de la... du ministère de la Forêt, de la Faune et des
Parcs, et certains ont critiqué cette décision-là. Donc, c'est applaudi et
critiqué en même temps. Mais c'est une décision qui n'a pas dû être prise à la
légère tout de même. Alors, est-ce que vous pouvez peut-être nous en parler
davantage, de cette décision?
M. Charette : Avec plaisir.
Et merci pour la question. Peut-être, juste prendre quelques petites secondes
aussi pour remercier les collègues qui sont avec nous ce matin. C'est un
exercice important, celui des crédits. Donc, merci, là, de vous prêter à l'exercice.
Mais également, vous le constaterez, on est choyés, comme parlementaires, de
compter sur une fonction publique aussi expérimentée. Et on a beaucoup de gens
du ministère, là, qui m'accompagnent, des gens qui méritent nos remerciements
aussi. Et, à tous celles et ceux qui contribueront au succès de cette période
de crédits, un beau merci.
Question importante, oui, et qui était... Au
fil des temps... du temps, si on remonte, là, même dans... dans les
gouvernements précédents, le volet Parcs, le volet Faune s'est promené un petit
peu d'un ministère à l'autre, et je pense qu'on a enfin trouvé le bel
équilibre. Et c'est vrai que le lien peut être fait avec l'environnement, comme
on le concevait avec la lutte aux changements climatiques. Sur les instances
internationales, la cohésion, elle est maintenant consommée entre, par exemple,
la réduction des GES et la protection de la biodiversité. Donc, le fait d'avoir
ces différents chapeaux là réunis, ça va nous aider à une plus grande cohésion
au niveau de l'action.
Et on va peut-être, au cours des
prochaines minutes, prochaines heures, parler du caribou, par exemple. Et, même
dans le dossier du caribou, au niveau de la commission, dans le rapport, on
évoquait ce souhait de rapatrier du côté de l'environnement le volet Faune et <Parcs...
M. Charette :
...du
caribou, au niveau de la commission, dans le rapport, on évoquait ce souhait de
rapatrier du côté de l'environnement le volet Faune et >Parcs.
Donc, oui, ça va aider au niveau de la
cohésion, et, oui, déjà, on voit, là, certains bienfaits, là, de ce
rapatriement-là.
Mme McGraw : Merci. Alors,
une question par rapport... On vient de... Depuis l'ajout des dossiers parcs et
faune, faune et parcs, au ministère, le site du ministère n'a toujours pas été
rapatrié, si je comprends bien, au site du ministère de l'Environnement. Et, si
c'est bien le cas, quand pourrons-nous accéder au site directement?
M. Charette : Bien, il faut
savoir que la loi constitutive, même... Un petit exemple bien, bien anodin, au
cabinet de Montréal, lorsque les gens nous visitent, c'est l'ancienne
appellation, qui date de quelques années, qui accueille les visiteurs. Donc, on
peut changer la répartition des ministères sans changer la loi constitutive,
qui détermine le nom des ministères. Donc, ça, ça peut être un élément de
réponse.
Mais sinon, au niveau des sites Internet
eux-mêmes, on a des sites encore dédiés. Il n'est pas dit que tout se
retrouvera en un seul lieu, là, du jour au lendemain. L'important, c'est que la...
l'information se retrouve facilement pour celles et ceux qui la sollicitent, et
il y a beaucoup d'efforts qui ont été faits, au cours des dernières années, là,
pour améliorer, en quelque sorte, ce qu'on peut appeler l'arborescence ou sinon
la fréquentation des sites Internet.
Mme McGraw : Si je comprends
bien, il y a un engagement qui a été pris pour rapatrier le site, mais je me...
Je ne m'attarderai plus là-dessus. On va passer plus au contenu.
Malheureusement, on n'a pas encore
d'indicateur de performance du ministère avec l'inclusion des nouveaux dossiers.
Nous n'avons pas non plus les chiffres pour l'année 2022-2023. Mais, si on
se base sur les dernières données disponibles, selon le bilan, le ministère est
classé à 73 %. C'est en dessous de la moyenne des autres ministères, qui
est de 79 %. On peut aussi constater que le ministère a eu une note de
65 % dans le volet 2 relatif à la gestion des ressources de l'État.
Alors, comment on justifie l'ajout des dossiers à un ministère qui a un bilan
plutôt jaune?
M. Charette : C'est un autre
élément important et intéressant que soulève la... soulève la collègue. C'est
des exercices qui, annuellement, permettent au ministère de s'améliorer. On
l'évoquait à la question précédente, le fait, maintenant, d'avoir intégré ces
missions-là, ça va nous aider au niveau de la cohésion. Ça va nous aider aussi
au niveau des résultats. Mais il faut savoir que le ministère, aussi, va
présenter sous peu sa nouvelle planification stratégique, et c'est en vertu de
cette planification stratégique qu'éventuellement le ministère pourra recevoir
cette évaluation annuelle. Et c'est un exercice, là, de bonification année
après année.
Et, quand je lisais ce rapport-là, qui a
été publié, là, par le Conseil du trésor il y a, quoi... il y a peut-être un
mois maintenant, je reconnaissais des éléments qu'il fallait améliorer. Et on
sait que certains sont déjà en processus d'amélioration. Donc, j'ai bon espoir,
là, que, dès l'année prochaine, on puisse avoir... on puisse avoir une note,
là, qui soit à la hauteur de nos... de nos ambitions.
Mme McGraw : Merci. Et donc
quels éléments, M. le ministre, vous... vous envisagez? Sur lesquels vous
voulez agir, vous prévoyez agir, parmi ces éléments?
• (10 heures) •
M. Charette : Oui. On
pourrait en discuter pendant un petit moment, mais il y a... il y a certains de
ces éléments-là qui sont proprement techniques, ne serait-ce qu'au niveau informatique.
On en parlait tout à l'heure. Donc, c'est des éléments qui viennent plomber une
note globale sans que ce soit en lien direct avec la mission du ministère, mais
c'est des éléments qu'il faut quand même améliorer.
Donc, au niveau du ministère de
l'Environnement, au cours des dernières années, il y a eu des améliorations
sensibles de... d'effectuées au niveau de notre système informatique, mais
c'est un travail qui doit se poursuivre. C'est un travail qui doit se compléter
également, là, du côté Faune et Parcs.
Le Président (M. Jacques) : ...toujours
à la présidence et non pas au ministre directement. Merci.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Alors, je vais m'adresser à vous. Si vous me permettez, je vais
parler d'un enjeu local dans ma circonscription, à Notre-Dame-de-Grâce. Alors,
c'est le projet dalle-parc. Et, peut-être, ça relève... Je sais que ça relève
du ministère des Transports, donc je vais me permettre de donner un peu de
contexte avant de poser la question au ministre pour qu'il ait un peu le
contexte.
Alors, le projet de dalle-parc consiste à
créer un pont vert cyclable et piétonnier qui relierait le quartier de Notre-Dame-de-Grâce
et la ville de Montréal-Ouest, les deux sont dans ma circonscription, avec l'arrondissement
du Sud-Ouest au... en surplombant l'autoroute 20.
Ce projet apporte <davantage...
>
10 h (version révisée)
<19283
Mme
McGraw :
...et la ville de Montréal-Ouest, les deux sont dans
ma circonscription, avec l'arrondissement du Sud-Ouest au... en surplombant l'autoroute 20.
Ce projet apporte >davantage de
connecter des quartiers isolés les uns des autres par le projet de l'échangeur
Turcot. D'ailleurs, selon le Conseil régional de l'environnement de Montréal,
ce projet de dalle-parc formerait éventuellement une partie clé d'un corridor
vert reliant les berges du fleuve et parc Angrignon au boulevard Cavendish. De
nombreux élus, citoyens, experts et organismes appuient aussi la réalisation de
ce lien vert, qui nous permettrait, au sud du Québec, d'atteindre davantage nos
objectifs en matière de biodiversité, protection de la biodiversité. Et, à la
suite de deux études de faisabilité financées par le gouvernement du Québec et
la ville de Montréal, menées en 2019 et 2020, nous ne disposons pas d'information
additionnelle sur la concrétisation et le financement de ce projet vert et
essentiel qui favorise le transport actif et qui améliorera la qualité de vie
des citoyens des quartiers environnants.
Alors, la question pour le ministre, est-ce
que... via M. le président : Est-ce que le ministre va parler à sa
collègue la ministre des Transports pour concrétiser ce projet de longue date
tant au niveau des engagements financiers et l'échéancier?
M. Charette : Merci à la
collègue. Au président, je dirai ceci : C'est effectivement un dossier qui
ne relève pas directement... en fait, qui ne relève pas du tout du ministère de
l'Environnement, pas davantage de la Faune et des Parcs, mais je suis quand
même un sujet de cette nature-là avec un intérêt tout personnel. Sans avoir
insisté sur cet élément-là, la collègue a parlé de mobilité active. C'est aussi
ça, le projet de dalle-parc.
Donc, dans les prochaines semaines, je ne
peux pas dévoiler de date ni de montant à ce moment-ci, mais on va signifier
notre... notre appui à l'importance de favoriser le transport, la mobilité active
à travers différents projets, mais je ne me risquerai pas à en nommer aujourd'hui.
Mais je veux rassurer la collègue. Les questions de mobilité active sont aussi
au coeur de notre... de notre stratégie.
Mais juste rappeler qu'on ne parlerait
pas, par exemple, d'un parc national ou d'une infrastructure de cette nature-là.
Donc, ça ne relèvera jamais du ministère lui-même. Mais on est sensibles aux
questions de mobilité active et on pourra les supporter, certaines de ces
initiatives, à travers, notamment, le plan de mise en oeuvre 3, qui sera
dévoilé, là, dans les prochaines semaines.
Mme McGraw : Donc, merci au
ministre. On compte sur le ministre, parce qu'il y a des engagements assez...
Le Québec a pris des engagements importants vis-à-vis la biodiversité, Plan
nature, et on sait qu'on doit avoir plus d'espaces verts en... dans les
milieux... milieux urbains, dans le sud du Québec et pas juste au Nord. Donc,
selon nous, c'est un projet très prometteur. Depuis longue date, on en discute.
On espère vraiment que la dalle-parc liée à la falaise Saint-Jacques va faire
partie de ces plans. C'est attendu depuis très longtemps.
M. Charette : ...élément de
réponse, si la collègue le permet, au niveau du verdissement, il y a déjà
plusieurs initiatives qui sont disponibles aux milieux municipaux. Notamment, on
a lancé, il y a... l'année dernière, en fait, il y a un certain nombre de mois,
le projet Oasis... le programme Oasis. C'est plus de 110 millions de
dollars, là, qui sont disponibles. Donc, pour le volet mobilité active, on aura
des engagements, en fait, des belles annonces à faire dans les prochaines
semaines, mais, au niveau du verdissement, il faut savoir et rappeler, là, qu'il
y a encore de belles sommes qui sont disponibles pour les municipalités pour
réaliser leurs projets.
Mme McGraw : Merci. Est-ce qu'il
y aurait d'autres projets, juste très, très court, d'autres projets similaires,
associés à dalle-parc, que le gouvernement envisagerait?
M. Charette : Au niveau de la
mobilité active, c'est des milieux locaux qui les mettent de l'avant. Donc, à
travers les sommes qu'on rendra disponibles, les municipalités pourront faire
valoir leurs projets, mais ce n'est pas le gouvernement du Québec qui va
imposer un projet de mobilité active dans un secteur en particulier. Donc, là
encore, c'est une collaboration avec le milieu municipal, là, qui va... qui va
s'exercer. Et on a des villes, on le voit, hein, on le voit régulièrement à
travers les informations, on a des municipalités qui veulent jouer un rôle
toujours plus important au niveau de la protection de leur environnement, au
niveau de la protection de la biodiversité. Donc, lorsque des initiatives nous
sont <soumises et qu'elles cadrent...
M. Charette :
...initiatives
nous sont >soumises et qu'elles cadrent avec des programmes que l'on met
sur pied, c'est toujours un plaisir, là, de collaborer avec les différentes
municipalités.
Mme McGraw : Excellent. Et je
souligne que la ville de Montréal et l'arrondissement de Notre-Dame-de-Grâce—Côte-des-Neiges,
depuis longtemps, soulignent ce projet, et on espère vraiment qu'il va y avoir
une dalle-parc pour toutes les raisons déjà soulignées.
Je vais passer à d'autres questions, M. le
Président. Alors, pendant la COP15, le gouvernement a annoncé qu'il allait
dévoiler le Plan nature 2030, protection de la biodiversité, etc. Alors, on
voulait... Il y a plusieurs questions là-dessus. Quelles autres espèces
fauniques comptez-vous ajouter au répertoire des espèces menacées ou
vulnérables en termes de l'inventaire?
M. Charette : C'est une autre
belle question. D'ailleurs, il y a des éléments de réponse qui ont été donnés
pas plus tard que samedi dernier dans le cadre du Jour de la Terre, notamment.
Si on remonte à la COP15... D'ailleurs, petite parenthèse, j'étais très, très
fier de l'image que le Québec projetait, un gouvernement... en fait, pas un
gouvernement, des élus québécois qui parlaient d'une seule et même voix, élus d'une...
de l'ensemble des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale.
Donc, je pense qu'on a envoyé un beau message lors de cet événement important.
Ce qu'on avait pris comme engagements, on en
a, en partie, réalisé, là, certains d'entre eux. On a mis à jour la liste, mise
à jour qui n'avait pas été faite depuis plusieurs années maintenant. On s'était
engagés également à relancer un comité de la première importance qui, pourtant,
n'avait pas été réuni depuis quelques années également. Mais, pour relancer ce
comité-là, il fallait combler les postes qui étaient vacants, et on a procédé à
ces nominations-là. On les a officialisés samedi dernier, trois spécialistes
renommés sur ces enjeux, qui sont reconnus par leurs pairs. Donc, non seulement
on a mis à jour une liste, on a mis sur pied un comité qui est maintenant
fonctionnel.
Maintenant, c'est un travail qui lui
revient, à ce comité, de nous soumettre d'autres... d'autres noms d'espèces qui
seraient intégrées à notre liste, mais c'est un travail, là, qui va se faire,
on peut le penser, au cours des prochains mois par le comité. Et je vais
accueillir ces propositions-là avec le même sérieux qu'on l'a fait, là, pour la
dernière mise à jour. Mais il fallait procéder par étapes, puis on est venus
combler un vide, là, qui, malheureusement, subsistait depuis un petit moment
déjà.
Mme McGraw : Et je suis
d'accord avec le ministre que le Québec a fait un front commun. Et ça a été
vraiment un privilège de recevoir la COP15, justement, parce que Montréal,
c'est le secrétariat de la Convention sur la biodiversité. Et j'ai eu la chance,
moi-même, de faire partie de la délégation, en 1995, qui a fait compétition
pour recevoir le secrétariat, et je suis cette convention depuis ce traité,
depuis Rio.
Par contre, on sait que ça nous rapporte
beaucoup d'avoir cette convention basée à Montréal et on se pose la question :
Pourquoi Montréal et le Québec ne s'est pas présenté comme candidat pour avoir
l'agence canadienne sur l'eau? On ne s'est pas présentés du tout. On n'a même
pas soumis notre candidature. On sait très bien que ça aurait rapporté des...
En tout cas, je vous pose la question, M. le ministre.
• (10 h 10) •
M. Charette : C'est des
discussions qui peuvent avoir lieu, là. En fait, le dialogue avec le
gouvernement fédéral sur ces questions-là est très bon. On priorise,
naturellement, certains dossiers. On a ce siège-là, auquel fait référence le
collègue, qui nous donne une belle crédibilité sur la scène internationale, mais
c'est des discussions, souvent, là, qui ont lieu avec le gouvernement fédéral
pour déterminer un petit peu quelles sont nos priorités, voir comment
positionner le Québec. Mais il n'y a pas... Il n'y avait pas d'a priori, là, au
départ, là, sur une candidature, une nouvelle candidature pour une autre...
pour une autre instance.
La collègue fait très bien de souligner le
siège sur la biodiversité, qui est à Montréal. Et le Québec est en constante
communication avec cette instance-là. Et, oui, ça rejaillit sur le Québec, et
le Québec devient un exemple qui est... qui est donné sur la scène
internationale. On parlait des objectifs de la COP15. Il y a eu les objectifs
précédents pour protéger le territoire à hauteur, là, de 17 %. À ce jour encore,
on est un des rares États dans le monde à l'avoir atteint avec ce degré de
qualité là, parce qu'on peut associer des chiffres, on peut avoir des stats qui
nous disent tel, tel ou tel portrait, mais, lorsqu'on regarde la qualité des
aires protégées que l'on a inscrites au dossier, c'est là où le Québec fait
preuve, littéralement, là, de <leadership, puis on peut en...
M. Charette :
...littéralement,
là, de >leadership, puis on peut en être fiers. Et le bureau qui est à
Montréal, en fait, le secrétariat qui est à Montréal reconnaît ces efforts-là
et surtout permet de les communiquer à d'autres États dans le monde en guise
d'exemple.
Mme McGraw : Et ça... Je
pense qu'on est d'accord pour dire que le fait d'avoir le secrétariat mondial
sur la biodiversité à Montréal, qui n'a pas été évident au début, il y avait
compétition avec d'autres pays, dont la Suisse, ça nous rapporte... bon, il y a
des retombées économiques...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Nous allons poursuivre dans un autre
bloc avec votre question. Je cède maintenant la parole à la porte-parole du
deuxième groupe d'opposition, Mme la députée de Verdun, pour un bloc de 12
minutes. Merci.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je veux saluer rapidement les collègues. Et, comme je n'ai pas
beaucoup de temps, je vais aller directement à mes questions.
M. le ministre, tout à l'heure, nous
disait qu'il avait hâte de parler du caribou. Bien, moi aussi, j'ai hâte de
parler du caribou. Donc, ma première question... On attend depuis 15 ans une
stratégie pour protéger le caribou. Elle a été annoncée en 2019. Elle va
arriver dans quelques semaines, parce que le mois de juin est dans quelques
semaines. Le ministre avait annoncé qu'il va y avoir des consultations sur ce
plan-là, et on a des organismes environnementaux et autochtones qui attendent
toujours. Donc, ma question, c'est : Quand est-ce que ces consultations
vont avoir lieu?
M. Charette : C'est une autre
importante question. Et les pays et nations ont souvent des espèces
emblématiques. On peut associer aisément le kangourou à l'Australie. On peut
associer d'autres espèces à différents territoires bien précis. Au Québec,
c'est notamment le cabinet... le caribou. On peut le voir sur certaines de nos
pièces de monnaie, notamment. Donc, c'est un emblème. C'est un emblème, le
caribou. On veut apporter une solution concrète. On le fera dans les prochaines
semaines. On s'y est engagés, d'ailleurs.
Cependant, petite confidence, là, ça fait
quelques années que j'occupe le poste, et c'est sans doute le dossier le plus
complexe que j'ai eu à traiter. Pourquoi? Lorsqu'il est question d'aire
protégée, c'est un territoire qui est déterminé. Lorsqu'il est question de
protéger l'habitat d'une espèce, c'est un territoire aussi qui est bien ciblé.
Mais, dans le cas de la plupart des espèces sur lesquelles on s'est penchés au
cours des dernières années, c'est un territoire immensément petit. On peut
penser à la rainette faux-grillon. Donc, c'est plus facile d'identifier des
mesures précises sur un territoire qui est plus petit. Le caribou, on parle de
quelques dizaines de milliers de kilomètres carrés. Donc, ça nécessite beaucoup
d'efforts de consultation. Et on les a amorcés, ces travaux-là. Encore hier,
j'étais avec nos amis anichinabés du côté de... pour le dossier du caribou. On
a rencontré déjà différentes communautés innues.
Donc, c'est un travail de consultation, de
préconsultation, je vais l'appeler comme ça, c'est un travail de préconsultation
qui est amorcé, mais, à partir du moment où on va avoir un canevas de
propositions, stratégies, c'est là où la consultation va débuter
officiellement. On s'est donné minimum deux mois. Dans certains cas, là, c'est
des délais légaux, là, qui ont été reconnus par le passé. On va probablement
aller au-delà du deux mois pour être bien certains que les communautés
autochtones, notamment, se retrouvent dans cet espace de dialogue là.
Mais, dès la présentation du canevas, dans
les prochaines semaines, il y aura non seulement des territoires identifiés, il
y aura des argents confirmés. Il y aura des mesures qui seront, dès le départ,
mises en place, et les autres se mettront en place graduellement, là, au gré de
l'implantation de la stratégie. Mais on aura des moyens importants, là, pour
l'occasion.
Mme Zaga Mendez : Je veux
juste relancer la question, parce que, là, vous dites qu'on va aller au-delà de
deux mois. Juin, c'est dans deux mois. Est-ce que j'entends que le ministre va
repousser la date de la stratégie de protection?
M. Charette : Pas du tout.
Nous, l'engagement est très ferme pour juin. Juin, c'est la présentation de la
stratégie qui est mise au jeu, mais il faut donner aux communautés la
possibilité d'y répondre. C'est là où ils auront vraisemblablement deux à trois
mois, là, pour y donner leurs commentaires plus officiellement. Mais on est
déjà en communication avec ces communautés-là. On sait déjà les doléances ou
les espoirs que ces communautés peuvent avoir. Donc, il y a un certain nombre
de ces éléments qui sont revendiqués qui, vraisemblablement, vont se retrouver
dès la balle qui sera mise au jeu.
Mais ce qu'il faut savoir, c'est que, dès
juin, il y a des mesures qui vont s'appliquer. Et ça, c'est important. Si on
désigne des territoires, ça veut dire que, dès juin, il y aura une
signification, là, d'intérêt sur ces territoires-là, et on ne pourra plus
procéder à un certain nombre de pratiques ou d'interventions sur ces
territoires-là.
Le Président (M. Jacques) : Je
vais vous inviter à, question courte, réponse courte, prendre le <temps
donné à chacun...
Le Président (M. Jacques) :
...réponse courte, prendre le >temps donné à chacun. Merci.
Mme Zaga Mendez : Je sais que
la question est passionnante. Et là le ministre nous disait qu'il veut des
mesures précises pour protéger le caribou. Le rapport des experts, en 2022, il
y a un an, nous disait qu'il faut qu'on adopte un seuil de perturbation maximal
de 35 % dans les zones. Est-ce que ce seuil-là va se retrouver dans cette
stratégie?
M. Charette : Le rapport de la
commission est, pour nous, un outil de référence très précieux. Donc, on se
reconnaît dans plusieurs des recommandations. Je ne commencerai pas à y aller à
la pièce, mais, oui, cet élément-là, 35 %, c'est dans les considérations,
là, qui habitent nos travaux. Et c'est un outil, pour nous, qui est un outil de
référence. Et la beauté de la chose, c'est que toutes les parties prenantes ou
à peu près ont contribué aux travaux de cette commission-là. Donc, c'est un
travail qui n'est pas à refaire, là. C'est notre base de travail,
littéralement, pour présenter la stratégie en juin prochain.
Mme Zaga Mendez : Merci. J'ai
une autre question concernant le plan de protection. On le sait très bien,
qu'il faut encadrer l'entreprise forestière. Je voulais vous entendre...
entendre le ministre un peu plus là-dessus pour savoir est-ce que le plan va
comporter ou pas des compensations aux compagnies forestières, qui ont, en
grande partie, contribué aux perturbations de l'habitat du caribou.
M. Charette : C'est une bonne
question. Pour ce qui est du volet accompagnement de l'industrie, c'est
davantage ma collègue, là, au MRNF qui pourrait répondre à cette... à cette
question-là, mais les entreprises forestières, dans bien des cas, ont aussi été
rencontrées au cours des dernières semaines, au cours des derniers mois. On
essaie, là, de rencontrer toutes les parties prenantes intéressées. Et ça
complexifie le dossier. Je vous le disais tout à l'heure, c'est assez complexe.
Autant on veut protéger le caribou, autant on a besoin de la foresterie, ne serait-ce
que d'un point de vue environnemental aussi. On a besoin de ce bois pour
remplacer, notamment, le ciment, le béton. Donc, c'est l'équilibre, là, qu'on
est en train d'établir au gré de plusieurs dizaines de rencontres. Mais on
avance bien. Et très confiant, là, de pouvoir présenter quelque chose de
tangible, là, dans les prochaines semaines.
Mme Zaga Mendez : ...question
là-dessus. On sait qu'on va devoir avoir des aires protégées pour être capables
d'arriver aux objectifs de conservation puis aux objectifs que je pense que le
ministre considère, et tant mieux, d'une perturbation maximale de 35 %. Il
y a un projet d'aire protégée qui est proposé par la communauté innue de
Pessamit. On parle du projet Pipmuakan. Je voulais savoir si le ministre
s'engage à créer cette zone protégée pour répondre aux besoins des communautés
et de la protection du caribou.
M. Charette : Il y aura des
aires protégées de confirmées, effectivement, dans les prochaines semaines. Je
ne commencerai pas à les nommer, au risque d'en oublier. Puis il reste encore des
travails à... du travail à compléter de notre côté. Mais il y aura aussi des
mesures de protection sur le côté du Pipmuakan. Ça, c'est un incontournable.
Donc là, à ce moment-ci, je ne peux pas vous parler de tracé ou de superficie
exactement, mais, oui, il y aura de la protection également sur ce
territoire-là. Et c'est des intentions, là, qui seront confirmées dès le dépôt
du plan de stratégie, là, en juin... en juin prochain.
Mme Zaga Mendez : Merci. Hier,
moi, j'ai eu la chance, M. le ministre... M. le Président, de parler avec des
communautés, en Gaspésie, qui me disaient qu'on voit une augmentation de claims
miniers là où est-ce qu'on devrait protéger le caribou. Puis je voulais juste
entendre un peu le ministre aujourd'hui sur qu'est-ce qui doit avoir préséance
dans cet habitat-là, la préservation du caribou ou l'exploration minière.
• (10 h 20) •
M. Charette : L'approche qui
a été celle du gouvernement depuis quatre ans, c'est celle de l'équilibre. On a
réussi à faire des avancées majeures au niveau de la protection du territoire.
Je ne répéterai pas ce que j'ai mentionné tout à l'heure, mais tout ça s'est
fait en concertation avec les ministères concernés. Le ministère de l'Environnement
n'aurait pas pu protéger ces dizaines de milliers de kilomètres carrés là sans,
à l'époque, une collaboration avec le MFFP, sans, à l'époque — c'est
des ministères qui ont changé de nom depuis, là — avec le MERN. Donc,
c'est l'approche qu'on continue d'avoir et qui a donné les résultats les plus
probants.
Notre 30 %, on va l'atteindre, et on
va aussi l'atteindre avec la collaboration des ministères qui peuvent être
impactés. Ils ont une mission à respecter. On la reconnaît. De notre côté, nous
avons une mission à faire respecter. Ils la reconnaissent de leur côté. Donc,
c'est en travaillant ensemble, les différents ministères, là, qu'on produit ces
résultats, là, qui, encore une fois, peuvent impressionner plusieurs.
Mme Zaga Mendez : Merci. Puis
est-ce que... Je veux juste peut-être aller... demander la question, parce que
ce que j'entends, c'est qu'on doit arriver au 30 % de la protection du
territoire : Est-ce que le ministre pense qu'on va y arriver avec le <régime
minier actuel...
Mme Zaga Mendez :
...qu'on
va y arriver avec le >régime minier actuel, oui ou non?
M. Charette : On pense
clairement qu'on a de très bons outils pour y parvenir. Naturellement, c'est
d'ici 2030. Moi, je vous dis, là, de façon non officielle et non spécifiquement
arrêtée, on a un mandat qui débute tout juste, là, qui en est à six mois,
essentiellement, mais il faut déjà penser à des étapes intérimaires. La
prochaine étape pourrait être 2026. Moi, pour qu'on soit crédibles dans cette
démarche-là, aux... en 2026, là, j'aimerais ça qu'on... j'aimerais qu'on soit
aux alentours de 23 %, 24 %, pour, ensuite, pour les dernières
années, faire le 5 %, 6 % qu'il nous resterait à faire. Et, ma foi,
on a de bonnes idées pour y parvenir. Et convaincu que, même d'ici la fin de
l'année, là, on aura amorcé une marche très concrète vers l'atteinte de
l'objectif. Ce n'est pas... ce n'est pas quelque chose qui m'inquiète à ce
moment-ci.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
vais vous poser une question concernant l'état des effectifs des agents de
protection de la faune. On sait que, pour arriver aux objectifs de
conservation, il nous faut du monde sur le terrain qui sont capables de... qui
font le travail avec des effectifs suffisants. Il y a des lieux, au Québec, où
est-ce qu'on a... On a des territoires, en fait, qui n'ont aucune protection,
comme l'île d'Anticosti, réservoir Gouin, Nord-du-Québec, la Gaspésie. J'ai
parlé avec des agents de la faune qui me disaient que 50 % de leur temps
se passe dans des tâches de bureau plutôt que d'être sur le terrain. Ça fait
que ma question est simple : Est-ce que le ministre peut s'engager à
corriger le manque d'effectifs des agents de la faune?
M. Charette : Oui. Et, là
aussi, il y a des données qui sont encourageantes. Ce qui ne nous a pas aidés
au cours des dernières années... Puis ce n'est pas parce qu'on veut tout
ramener à la pandémie, mais, pendant la pandémie, la formation a été
interrompue. On n'a pas eu les cohortes qu'on avait l'habitude d'avoir. C'est
maintenant reparti. Je pense même que j'assiste, dans les prochaines semaines,
à une collation de grades à ce niveau-là.
Donc, le retard qu'on a pu prendre par
l'absence d'arrivée de nouveaux et de nouvelles agents, agentes, on pourra le
combler. Et il y a des affichages, là. Je vois des données, là. Dès avril, donc,
dès les prochaines journées, il y a 24 postes réguliers qui seront en affichage
pour ajouter à la cohorte. Il y a, naturellement, le recrutement qui se poursuit.
Il y a la formation qui a repris. Donc, très, très confiant qu'on pourra
combler ce manque-là, parce que c'est une ressource absolument indispensable si
on veut, justement, bien s'acquitter de notre mission. Mais, oui, la
pandémie... Même la... même la pandémie a eu un impact...
Le Président (M. Jacques) : En
terminant, M. le ministre. Il reste quelques secondes.
M. Charette : ...sur la
disponibilité de ces ressources-là.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Quelques
secondes. Bien, je voulais avoir des réponses beaucoup plus concrètes pour
qu'il s'engage à... bien, entre autres, la fermeture des points de service... à
maintenir, en fait, les points de service de protection de la faune.
Le Président (M. Jacques) : ...Mme
la députée. J'invite maintenant la députée de Notre-Dame-de-Grâce à prendre son
deuxième temps de parole de 18 minutes.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. D'ailleurs, nous aussi, on a des questions là-dessus. On sait très
bien que, pour protéger notre faune au Québec, dont le très précieux caribou
forestier, ça nous prend des agents de protection. Ce sont des agents de la
paix. Alors, lorsqu'on parle, dans le Plan nature 2030, de 30 %, pour
avoir confiance dans nos engagements, il faut y prendre... il faut s'y prendre...
il faut prendre les moyens concrets. Alors là, on va... on veut poser les
questions sur les moyens concrets, dont les agents de la protection de la
nature.
Alors, M. le Président, la question pour
le ministre, c'est : Depuis le transfert des dossiers à votre ministre, y
a-t-il des changements dans le mandat confié aux agents de la paix? Et quelles
sont les priorités? Et voilà les deux premières questions en termes de fonction
et mandat des agents de la protection de la nature.
M. Charette : Le mandat des
agents et des agentes eux-mêmes demeure le même. Cependant, on les souhaite en
plus grand nombre. C'est un petit peu ce que je mentionnais à la collègue
précédemment. Et, même, si je reviens à une question précédente, là, par
rapport à nos souhaits pour la prochaine évaluation du Conseil du trésor, c'est
aussi au niveau des heures travaillées. On veut une augmentation à ce
niveau-là. Donc, c'est probablement ce qui risque d'avoir un impact le plus
direct, le plus concret sur le respect de la mission, là, qu'ils contribuent à
assurer. Mais le mandat lui-même reste le même.
Mme McGraw : Merci. Alors, on
comprend très bien que la pénurie de main-d'oeuvre frappe aussi le secteur
faunique et on voudrait savoir... Là, je pense, si je comprends bien, le
ministre a confirmé qu'on <compte aussi le...
Mme McGraw :
...le
ministre a confirmé qu'on >compte aussi le nombre d'agents de la faune
sur le territoire. Alors, je veux juste reconfirmer aussi quels sont les
objectifs précis en termes d'augmentation d'employés permanents au cours de
l'année, les prochains 12 mois, et au cours du mandat.
M. Charette : Peut-être juste
une information complémentaire, là, qui vient de m'être confirmée. Il y a une
cohorte supplémentaire aussi, là, qui sera en affichage incessamment. Donc,
c'est tous des éléments, là, de... qui vont contribuer au succès de l'opération.
Et, pour moi, là, c'est bien encourageant.
Puis je reviens, j'essaie de compléter les
réponses, là, qui, parfois, sont trop courtes compte tenu des besoins
d'explication, mais le mandat reste le même, mais il y a une collaboration qui
est facilitée avec l'intégration du ministère Faune, Parcs à celui de
l'Environnement, avec la direction de contrôle, notamment. Donc, quand je vous
disais, là, qu'il y avait plusieurs arrimages qui facilitaient la cohésion,
c'est aussi au niveau du travail, là, des agents, avec, justement, un support
de notre... de notre direction, là, du contrôle, donc, d'application de notre
réglementation.
Mme McGraw : Alors, est-ce
qu'on peut avoir un chiffre précis en termes d'augmentation, un chiffre... On
parle d'affichage, mais affichage, ce n'est pas la même chose. Ça, c'est un
élément. Alors, quel est le but et quel est l'objectif précis?
M. Charette : Bien, en fait,
je vais ouvertement poser des questions à mes collègues pour qu'ils me donnent
un élément de réponse, le nombre d'étudiants pour la prochaine cohorte, si vous
pouvez me donner la... On travaille en équipe, hein? Ce n'est pas toutes les
données que j'ai...
Une voix : ...
M. Charette : 24. Donc, c'est
une nouvelle cohorte. La réponse est venue rapidement. Ce serait une nouvelle
cohorte de 24 nouveaux étudiants, qui sera à confirmer.
Mme McGraw : Si je comprends
bien, par contre, l'idéal, ce serait de former deux cohortes. Si je comprends
bien, une cohorte, c'est environnement... environnement, on parle
d'environnement, mais environ 24 à 28 nouveaux, mais, si je comprends bien,
selon les experts et selon nos objectifs ambitieux, ce seraient deux cohortes
par année.
M. Charette : Bien, je ne
serais pas... je ne serais pas prêt à confirmer qu'il nous faudrait deux
cohortes spécifiquement. On en a une nouvelle qui s'ajoute aux autres offres de
formation qui... qui sont en cours. Ça fait que je ne serais pas prêt à dire
qu'il nous en faudrait deux plutôt qu'une, là. On en ajoute une, ce qui est
déjà drôlement intéressant par rapport à ce qui se faisait par le passé, mais
je ne suis pas prêt à dire qu'il nous manquerait une cohorte supplémentaire.
Mme McGraw : Si je comprends
bien, en 2022-2023, il y a eu 23 départs. Parce que, là, on parle
d'ajouts, mais il faut faire le calcul ajouts et départs aussi. Il y a eu 23
départs, mais les nouvelles formations... Donc, est-ce que... Le plan de former,
de recruter et de former des nouveaux agents, est-ce que ça prend en
considération tous les départs? Parce que net... On parle nettement, de l'effet
net.
• (10 h 30) •
M. Charette : Oui. Bien, en
fait, la collègue fait bien de nous rappeler cette réalité-là qui touche tous
les employeurs, tous les corps d'emploi. Il faut effectivement tenir compte des
arrivées mais également des départs. L'augmentation va se situer au niveau du
nombre d'heures travaillées. Avec ces nouveaux ajouts là, on aura un plus grand
nombre d'heures travaillées au final, et c'est ce qui est... c'est ce qui est recherché.
Donc, non seulement on a une cohorte supplémentaire, mais on veut augmenter le
nombre d'heures travaillées. Ça fait partie des éléments d'évaluation, là, dont
on parlait tout à l'heure.
Et, ultimement... J'essaie de voir
quelques chiffres ici. Pour la période 2020, on était à... J'essaie de voir. Ici,
on est... En 2019, je ne veux pas vous induire en erreur, là, on était à 457,
2020, à davantage 395, et là on viserait 496. Ça, c'est pour ceux qui assistent
les agents, pour les assistants, parce que c'est aussi... pour les agents de
conservation. Donc, il ne faut pas oublier le rôle des assistants. Donc, il y a
les assistants. Il y a les agents eux-mêmes, mais il y a également les
assistants, là, dont le nombre progresse, et qui continuera à augmenter aussi.
Donc, ce n'est pas une question de...
comment dirais-je, de budget insuffisant. C'est une question de défi de
recrutement. Puis on se donne les moyens pour y parvenir, avec des outils supplémentaires,
là, qui sont <intéressants...
>
10 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...Puis on se
donne les moyens pour y parvenir, avec des outils supplémentaires, là, qui sont
intéressants.
Mme McGraw : On peut
remarquer que... dans la réponse à notre question particulière, 138.b, que le
nombre d'agents de protection de la nature est à 11, à 11 seulement pour l'année 2022-2023.
Cependant, vous nous dites qu'à cause de la pandémie... Est-ce... est-ce que ce
n'est donc pas, plutôt, en date de juin 2019? Juste pour clarifier ces dates
et ces chiffres, si possible.
M. Charette : Je n'ai pas la
question auquel... la question à... la collègue fait référence, mais si,
pour... étant donné que le temps est précieux, si vous souhaitez, peut-être y
aller d'une question...
Mme McGraw : OK. On va... on
va poursuivre, oui.
M. Charette : ...puis on vous
trouvera la réponse entre-temps. Je ne voudrais pas que vous soyez pénalisée,
là, au niveau du temps.
Mme McGraw : Oui, merci.
Donc, dans... Merci, M. le Président. Dans les années 90, devenir un agent
de protection de la nature était presque... était presque difficile, tant le
programme était contingenté. Comment planifiez... à part de l'affichage,
comment planifiez-vous encourager l'inscription de ces formations... à ces
formations et soutenir une vraie attraction vers la profession pour combler les
postes? Si on comprend bien, on a besoin de plus de ces gens-là bien formés,
justement, pour atteindre nos objectifs ambitieux en matériel... en matière de
biodiversité.
M. Charette : Oui. Bien, c'est
un petit peu ce que je mentionnais tout à l'heure. On a une offre plus grande
que par le passé, donc il y a davantage d'étudiants, d'étudiantes qui pourront
choisir cette formation-là, notamment avec cette nouvelle cohorte qui est
offerte. Mais le type ou la nature du travail a changé aussi, au niveau du
nombre d'heures travaillées. À une certaine époque, c'était très, très
concentré sur certaines périodes de l'année, l'été notamment. Maintenant, on
étend leur travail, qui est, dans les faits, essentiel, à l'année longue. Donc,
il y a eu une évolution, qui continue de se faire, avec davantage d'agents.
Et, oui, il faut faire la promotion auprès
des étudiants, là, qui pourraient être intéressés par ce type de carrière là,
et, là aussi, il y a des efforts de promotion. Donc, c'est... c'est réellement,
là, je pense, un élément qui va dans la bonne direction. Si je serais inquiet,
je vous le dirais, très, très honnêtement, mais on progresse de façon concrète.
Et je suis convaincu, là, d'une part, de la beauté de cette carrière-là, c'est
une superbe, belle carrière, maintenant il faut la faire connaître, pour
combler les places, là, qui sont disponibles pour les étudiants.
Mme McGraw : Alors, si je
comprends bien, le ministre ne s'inquiète pas à cet... face à cet enjeu-là de
recrutement, de former les agents pour la protection de la nature. Ils sont
aussi des experts de la... On sait très bien qu'ils sont des experts de la
forêt et de la faune. Ce sont aussi les seuls agents de la paix, avec les
agents de contrôle routier, qui ne relèvent pas de la Sécurité publique, si je
comprends bien. Cependant, la collaboration entre les ministères est
primordiale pour le bon déroulement de plusieurs dossiers multidisciplinaires,
et, grâce à leur grande connaissance du territoire et leur expérience terrain,
ils ont démontré leur savoir-faire dans les recherches de personnes perdues ou
disparues, comme dans l'affaire Carpentier. Aviez-vous... Avez-vous effectué
des changements pour que les agents de la paix soient sollicités plus
rapidement dans des situations où la vie de personnes est en danger?
M. Charette : La collègue
décrit bien...
Mme McGraw : Faune, pardon. Les
agents de la faune, désolée.
M. Charette : Exact. La
collègue décrit bien la variété d'interventions possibles de la part de nos
agents. C'est réellement un beau métier, c'est une belle carrière, là, qui s'offre
aux jeunes. Mais les corps policiers, notre direction, au niveau du contrôle,
savent fort bien les partenariats qui peuvent être établis, et, souvent, c'est
multidisciplinaire. Il peut y avoir une intervention des agents qui va
impliquer des policiers et qui va... qui va impliquer le contrôle de notre
côté. Donc, c'est des gens qui collaborent déjà ensemble, qui... sur... selon
la situation. Vous parlez, malheureusement, d'une triste histoire, là, de
disparition de deux fillettes, et leur décès, de surcroît, leur meurtre,
de surcroît, tragique. Mais, oui, c'est... ça permet des espaces de
collaboration, là, selon les expertises de chacun.
Mme McGraw : Donc, on
comprend que le ministre, en principe, il est d'accord, mais ce n'est pas
clair, selon ses réponses, à date. Moi, je n'ai... Bien, moi, je n'ai pas
compris quels changements on envisage, justement, pour appuyer les agents de la
faune dans ces fonctions de sécurité publique.
M. Charette : Bien, en fait,
je vous dirais, il faut surtout se référer à leur mission <première...
M. Charette :
...à
leur mission >première. Ce n'est pas leur mission première dans le type
d'exemple, là, qui est donné par la collègue, mais, si les gens pour qui c'est
la mission première déterminent que leur expertise est nécessaire, c'est là que
la collaboration se met... se met en place. Lorsqu'il est question de
disparition d'enfant, il y a d'abord et avant tout un corps policier qui est
appelé à intervenir, et ce corps policier là peut très bien déterminer quel
type d'appui ou d'assistance il a besoin. Et, si ça devait faire intervenir les
agents de conservation, là, c'est une collaboration, là, qui va se faire de
façon... de façon naturelle, dans le respect des missions premières, là, de
chacune de ces catégories d'emploi.
Mme McGraw : Mais c'est sûr
qu'on comprend que ce n'est pas leur responsabilité première, on comprend tout
à fait, mais, si nous, on comprend bien, ils ne sont pas sollicités assez
rapidement dans les situations de vie ou de... En tout cas, je prends le temps
de le souligner parce que c'est un enjeu important, et c'est vraiment les mieux
placés, parce qu'ils connaissent tellement bien, bien, tout ce qui est forêt et
faune.
Un autre sujet qui a été abordé lors de
l'étude des crédits l'an passé, c'est les vestes pare-balles. L'appel d'offres
a été fait avec la demande de panneaux balistiques en avant et en arrière,
mais, lors des tests, si je comprends bien, des agents ont remarqué qu'il y
avait seulement un seul côté qui arborait une plaque protectrice. Alors... On
parle de sécurité aussi de la personne. Est-ce que le ministre garantit des
vestes pare-balles qui protègent des deux côtés?
M. Charette : C'est une
question très, très spécifique. Je dois vous avouer, là, je ne connais pas du
tout le détail de cet enjeu-là. La réponse ou un élément de réponse à me
faire... va me parvenir. Mais, si, dans l'intervalle, la collègue a d'autres
questions, qu'elle n'hésite pas. Et je m'assure que la réponse lui soit
transmise, là, par la suite.
Mme McGraw : Parfait. Merci.
Alors, on va revenir sur la question des locaux. Ma collègue a déjà posé une
question. Combien d'argent a été dépensé pour la location de locaux dans les
dernières années, alors que la construction d'un pavillon de formation est
assez récente au centre de perfectionnement de Duchesnay?
M. Charette : Autre question
très spécifique. On pourra lui...
Mme McGraw : OK. On va...
M. Charette : ...lui répondre
dans les prochains instants.
Mme McGraw : Parfait. Donc,
je vais donc revenir sur la question des caribous qui a été embauchée. Une des
réponses qui nous a beaucoup surpris, M. le Président, c'est que, si on
comprend bien, dans les récents renseignements particuliers, on nous confirme
qu'aucune somme n'a été dépensée en 2022-2023 dans le Plan de rétablissement du
caribou forestier, et c'est un plan de 2013 à 2023. Alors, si je comprends
bien, dans la dernière année de cette... cette année critique pour le
rétablissement, il n'y a eu aucune somme dépensée. Est-ce que c'est bien le
cas?
M. Charette : Effet sonore
intéressant. Je ne sais pas si c'était volontaire, mais c'est...
Mme McGraw : Ça fait
dramatique.
• (10 h 40) •
M. Charette : ...pour
dramatiser la situation. Dans les faits, il y a des sommes qui ont été engagées
au cours de la... de la dernière année. Puis je vais vous parler uniquement...
deux projets en particulier, mais il y en a... il y en a d'autres.
Lorsqu'on parle de mise en enclos, il y a
des budgets pour ça. Il y a des équipes qui sont dédiées à ces... à ces
individus qui se retrouvent en enclos. Et vous avez peut-être vu à travers
certains reportages, dans les derniers jours, sur le côté de la Gaspésie, il y
a même eu capture de certains caribous pour, justement, assurer leur
protection. Donc, il y a des actions qui sont posées. On n'attend pas juin
avant de mettre en place des actions. Il y a des actions qui sont posées, dans
certains cas, il y a quelques jours tout juste, et, à chacune des fois, ce sont
des actions qui sont financées. Donc, c'est faux de dire qu'il n'y a pas...
qu'il n'y a pas d'argent, là, d'investi au niveau de la protection du caribou.
Puis, si on regarde au niveau de la
stratégie qui est en préparation... mais parallèlement à ça, de notre côté, là,
depuis 2019, on parle de tout près de 30 millions, 28 millions
pour être plus précis, qui ont été investis pour la protection du caribou. Et,
avec la stratégie qui sera dévoilée, c'est des sommes encore passablement plus
importantes, là, qui seront confirmées.
Mme McGraw : Alors, je sais
qu'on a posé des questions assez concrètes... bien, spécifiques...
M. Charette : Je ne sais
pas... je ne sais pas si...
Mme McGraw : Donc, je
voudrais laisser le temps de répondre. Je ne sais pas si le ministre a eu la
chance d'avoir des réponses plus précises aux questions.
Le Président (M. Jacques) : Au
pire, Mme la députée, si le ministre veut s'engager à transmettre les réponses
à la commission, s'il ne les a pas avant la fin de votre temps de parole...
Sinon, il vous reste, là, plus de 1 min 20 s
M. Charette : On pourra... on
pourra les déposer au secrétariat, effectivement. Mais, juste vous mentionner
rapidement, là, c'est plus de 350 000 $, là, qui ont été engagés pour
la protection à travers les vestes <pare-balles...
M. Charette :
...les
vestes >pare-balles de nos agents. Mais, pour ce qui est de savoir s'il
y a une plaque des deux côtés, une réponse à venir vous sera transmise.
Mme McGraw : OK. Mais on
comprend que c'est une question importante, hein...
M. Charette : Tout à fait.
Mme McGraw : ...c'est la
sécurité des agents de la protection de la faune. Alors, on attend une réponse.
Merci.
Alors, juste peut-être, en dernier,
revenir au Plan nature 2030, et on espère... le Plan nature, je devrais
dire, on va y revenir demain. Mais on... Si je comprends bien, on attend
toujours le plan qui allait être déposé ce printemps. Donc, on a jusqu'au 21 juin.
Alors, est-ce qu'on prévoit... Quand est-ce qu'on prévoit justement présenter
le plan de la nature?
M. Charette : Petit élément
de réponse rapide sur les vestes pare-balles, ce sont des vestes avec les deux côtés,
là, qui sont... qui sont dorénavant commandées.
Plan nature. Quelle belle nouvelle, le
dernier budget, quand même, et c'est dans la foulée exacte, concrète, là, de la
COP15. On parle de centaines de millions de dollars. Là, on est en train de
procéder un petit peu comme on l'avait fait pour le Plan pour une économie
verte, c'est-à-dire consulter les partenaires. Il y a des partenaires qui vont
se voir confier un rôle précis dans les prochaines semaines, et les
orientations et la façon de bénéficier ou de...
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre...
M. Charette : ...la façon
d'engager ce fonds-là dans les mois qui vont suivre.
Le Président (M. Jacques) : ...merci
beaucoup. Merci.
Nous allons passer maintenant au temps de
parole du gouvernement pour une période de 9 min 36 s, et
j'invite maintenant la députée d'Argenteuil à prendre la parole. Merci.
Mme Grondin : Merci, M. le
Président. Donc, bonjour, M. le ministre. Bonjour, chers collègues. Vous savez,
M. le ministre, hein, ça fait plusieurs années, vous connaissez mon grand
intérêt pour la nature et donc pour la protection de la biodiversité. Depuis le
début de votre mandat, vous avez dans... pour différents outils, vous les avez
bonifiés, vous les avez actualisés. Je pense à la modification que vous avez
amenée, en 2021, sur la Loi sur la conservation du patrimoine naturel.
Cette loi-là visait notamment... Et je trouve ça important parce que, quand on
parle de protection de la biodiversité, c'est un outil qui était vraiment
important de bonifier. Et, en fait, on a accéléré les processus de création des
aires protégées avec cette loi-là. Moi, ce qui m'interpelle beaucoup, c'est
qu'on a permis aussi d'élargir l'éventail de mesures de conservation dans les
milieux naturels. Donc, on dépasse cette notion-là d'aires protégées en tenure
publique et là on... Moi, je me sens grandement interpelée en ce sens-là, ou
mieux outillée en terres privées dans le sud du Québec. C'est aussi une forme
de protection de la biodiversité ou, au moins, de la protection de nos services
écologiques.
Vous avez également, dans cette loi-là,
permis d'impliquer davantage les citoyens, ce qui est vraiment intéressant,
ainsi que les communautés locales et autochtones. Donc, ça, c'est un outil que
vous avez bonifié, et je souhaitais, encore une fois, réitérer à quel point
c'était fondamental. Tout récemment, à la COP15, en décembre, on s'est engagé à
suivre les engagements... en fait, au niveau de la COP15, notamment, celle qui
est la plus connue, c'est le 30 %, en matière de protection du territoire.
Il y a une série d'autres mesures qui sont intéressantes. Et je pense que vous
souhaitez mettre l'accent, là, c'est ce qu'on voit, ou mettre des efforts dans
le sud du Québec en matière de protection de la biodiversité. On a aussi
annoncé certaines mesures pour augmenter... — ah! ça, c'est le fun — ...pour
augmenter soit l'agrandissement ou de nouveaux parcs. Vous en aviez parlé
tantôt, un engagement quand même assez historique et impressionnant... moi, en
tout cas, je n'ai pas vu ça en 25 ans, d'un... à peu près un peu plus de 1 milliard
de dollars sur la question de l'eau et de la biodiversité. Je veux y revenir,
peut-être qu'on pourra en parler dans les prochaines études.
Mais je fais un lien avec la biodiversité
et le plan eau, parce que, quand on parle d'écosystèmes hydriques, aquatiques,
des milieux humides, les espèces exotiques, envahissantes, aquatiques, on fait
des liens avec la biodiversité <inévitablement...
Mme Grondin :
...biodiversité
>inévitablement. Donc, je pense qu'il va y avoir un lien entre l'eau et
la nature dans... en tout cas, dans les deux plans. Je pense qu'il y a
aussi une trame de fond, puis vous... moi, je vous vois aller depuis plusieurs
années, où l'environnement doit être une question transversale. Donc, il y a
comme une trame de fond ou une vision qui est de l'accès à la nature, et là on
le voit dans différents autres ministères, que cette notion-là est aussi intéressante.
On a parlé... Puis un des outils, qui est,
à mon avis, très important, c'est aussi toute la question des espèces
vulnérables et menacées. Tantôt, vous en avez parlé, parce que notre collègue
de Verdun vous a posé une belle question à ce sujet-là, mais j'ai l'impression
que... j'aimerais ça vous entendre davantage sur la question des espèces
vulnérables et menacées. Parce qu'outre le fait que vous allez ajouter... ou
que vous avez actualisé la liste ou mis à jour cette liste-là, outre le fait
que vous avez aussi bonifié le comité qui va se pencher sur ces questions-là,
qu'est-ce que vous prévoyez quant au régime d'encadrement et de protection, qui
cible tout ce qui est espèce vulnérable et menacée, puis faites-vous un lien
par rapport au Plan nature?
M. Charette : Oui, en fait,
il y a plusieurs, plusieurs éléments intéressants, là, importants dans ce que
la collègue mentionne. Ce n'est pas pour s'envoyer, là, comme parlementaires,
des fleurs, mais c'est une avancée significative, le dernier budget, sur ces
questions-là. On le sait, le mandat débute tout juste. Donc, oui, on avait pris
des engagements sur la durée du mandat. Donc, au niveau du budget, on aurait
très bien pu dire : Bien, vous verrez dans le prochain budget, ou vous
verrez dans le... celui qui va suivre. Mais, dès le premier budget, on a tout
près de 1 milliard de dollars de confirmés, d'argent neuf, pour
des dossiers qui ont, trop longtemps, manqué d'amour, je vais le dire comme ça.
L'eau, c'est au coeur de notre engagement, ça doit être au coeur de notre
engagement. Au niveau de la protection de la biodiversité, c'est des moyens qui
nous manquaient, on va le dire comme ça. Et, dans les deux cas, ce sont
deux dossiers qui peuvent se marier de façon très intéressante.
Au niveau du secteur ou du plan eau...
Merci, d'ailleurs, pour les travaux, là, qui sont conduits par la collègue,
avec le Forum d'action sur l'eau, avec une belle rencontre vendredi dernier,
notamment, de nombreux partenaires. Donc, c'est les partenaires du milieu, interpelés,
qui vont nous aider à prévoir comment faire une bonne utilisation de ces
sommes-là. On veut faire la même démarche au niveau du Plan nature. Tout à
l'heure, je commençais, avec la collègue, cet élément de réponse là. Dans les
prochaines semaines, les prochains mois, c'est le milieu qui sera interpelé,
pour voir quel pourrait être le bon usage de ces sommes-là, et je suis
convaincu qu'à la fin les recommandations des uns et des autres, pour ces deux groupes
de travail là différents, vont se... vont se retrouver. Parce que, oui, si on
veut protéger la biodiversité, on ne peut pas perdre de vue la protection de
notre eau, et inversement. L'eau, elle est tout aussi essentielle, là, pour
développer des habitats pour certaines espèces. Donc, c'est 1 milliard
qu'on a, c'est énorme, pour faire des avancées concrètes.
• (10 h 50) •
Un lien avec le comité. Je tenais à ce que
ce comité-là soit formé le plus rapidement possible. On a agi en quelques
semaines. Ce qui m'étonne, c'est que, par le passé, pendant plusieurs années,
il n'y a pas eu de réunion de ce comité-là, et la composition elle-même du
comité, elle était... elle était un petit peu nébuleuse. Donc là, c'est un
exercice de transparence complet. Non seulement, samedi, on a confirmé que le
comité est complété, on a donné les noms, les gens qui... qui y siègent sont...
sont désignés, et, ma foi, c'est des gages de succès. Puis, dans les deux cas,
le hasard de la vie veut que les deux personnages clés soient assis un à côté
de l'autre pour ces missions-là, donc Agnès... pardon, désolé, offense, mes
excuses, M. le Président... la députée d'Argenteuil va chapeauter toute cette
réflexion sur l'eau, et le député de Masson, cette réflexion sur la faune
notamment, et très, très, très rapidement. On ne veut pas gagner de temps avec
ça, mais on veut bien faire les choses. Et pourquoi je dis : «On ne veut
pas gagner de temps»? C'est que les argents sont déjà là, sont déjà
disponibles. Ce n'est pas comme <si...
M. Charette :
...comme
>si on avait besoin d'un budget subséquent pour avoir des moyens pour
poser nos actions. Donc, on a les sommes qui sont confirmées. On a deux députés
qui vont avoir un rôle fondamental dans la coordination de la suite et on va
espérer, là, des orientations, là, d'ici la fin de l'année dans les... dans les
deux cas. Mais surtout très heureux que ces enjeux-là aient enfin été
priorisés à leur juste valeur à travers un budget, là, qui en a surpris
plusieurs.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Vous avez un autocorrecteur assez efficace. Donc, il reste
40 minutes. Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin : 40 minutes?
Le Président (M. Jacques) : 40 secondes.
Excusez-moi.
Mme Grondin : Donc,
merci beaucoup, M. le ministre. Et je suis contente de vous entendre dire qu'il
y a des liens, là, entre deux... deux... deux actions clés qui vont être
la protection de l'eau, la protection de notre ressource nationale et le Plan
nature. Et ce qui m'emballe encore le plus, c'est toute cette approche-là de
concertation avec le milieu. Il y a une chose qu'on peut être fiers, c'est
qu'en termes d'expertise locale et régionale, tant au niveau de la biodiversité
que de l'eau au Québec, on peut être fiers. Merci beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 11 heures, où elle reprendra l'étude du volet
Transition énergétique
(Suspension de la séance à 10 h 52)
(Reprise à 11 heures)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des transports et de l'environnement reprend
ses travaux.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Transition énergétique des crédits budgétaires du
portefeuille Environnement et Lutte contre les changements climatiques, Faune
et Parcs pour l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe d'une heure a
été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Martel
(Nicolet-Bécancour); M. Morin (Acadie), par M. Kelley
(Jacques-Cartier); et M. Grandmont (Taschereau), par Mme Zaga Mendez
(Verdun).
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre générale, incluant
les questions et les réponses...
11 h (version révisée)
Le Président (M. Jacques) : ...nous
allons procéder à une discussion d'ordre général incluant les questions et les
réponses. J'invite les intervenants à faire des réponses courtes, tout
dépendamment aussi de la durée des questions.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
Je vous rappelle que la longueur des interventions doit être généralement
proportionnelle à la longueur des questions.
M. le député de Jacques-Cartier, la parole
est à vous pour 18 minutes.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Je veux juste dire un grand bonjour aussi à l'équipe... bien, c'est
bien sûr au ministre directement. Bonjour, M. le ministre, et votre équipe à
côté de vous, puis tous les fonctionnaires qui ont préparé les documents pour l'exercice
des études de crédits.
Moi, je suis un ancien attaché politique,
alors je me souviens très bien les périodes des études des crédits et tout le
travail qui est fait par tous les différents groupes et ministères dans chaque
ministère. C'est un travail énorme. Et c'est très, très important, pour notre
démocratie, qu'on prend le temps pour faire une révision complète de toutes les
dépenses du gouvernement, chaque sou qui a été dépensé par le gouvernement,
parce que ça, c'est vraiment la base de notre démocratie, c'est de bien savoir
comment le gouvernement a dépensé notre argent et si ça a bien fonctionné.
Je veux juste commencer... M. le ministre,
je sais que c'est vous qui êtes responsable pour le dossier de la transition
énergétique, puis on a eu des débats depuis le début de la session sur la
situation. Je sais que votre ministère a préféré l'étude de Dunsky, mais je
veux juste reposer une question que j'ai posée à Hydro-Québec puis aussi à
votre collègue le ministre responsable de l'Énergie : Le Québec a besoin
combien de térawatts par heure dans les prochaines années, est-ce que c'est
100, 137 ou 150? Parce qu'on a eu trois réponses différentes des différents
groupes et dans les différentes études. Et moi, je veux juste commencer, si,
après ces discussions-là, le gouvernement a vraiment fixé un... un chiffre
exact pour le montant d'énergie que nous avons besoin pour faire la transition
énergétique.
M. Charette : Bien, tout d'abord,
salutations, collègue. On l'avait fait aux crédits précédents, mais c'est... Il
a très, très bien fait de saluer toutes les personnes qui nous accompagnent
parce qu'effectivement c'est beaucoup, beaucoup de travail. Et je le
mentionnais tout à l'heure, là, les équipes ont quelque peu changé, il faut s'estimer
chanceux, peu importe la formation politique à laquelle on appartient, de
pouvoir compter sur une fonction publique, là, de cette compétence et de cette
expertise pour nous accompagner.
Ceci dit, la question elle est... elle est
intéressante. Il n'y a pas de réponse formatée que je pourrais transmettre au
collègue. En quelques mots, je serais tenté à dire que les trois réponses
peuvent être bonnes. Il nous faut, minimalement, aller chercher ce 100 TWh
supplémentaire. Ça, c'est un minimum. Selon l'avancée des technologies, selon l'avancée
de la situation, ça pourrait être davantage, mais je ne peux pas vous dire ce
matin... je n'ai pas de grande primeur de dire c'est 150, ou c'est 120, ou c'est
111, ou c'est 113. C'est minimum 100. Ça, on peut s'entendre là-dessus, et, au
fil des prochaines années, au fil des prochaines décennies, on va voir le
rythme qui sera retenu pour cette transition-là, et ça va faire évoluer les
chiffres. Mais, déjà, on a une base, et le défi colossal, c'est minimum
100 TWh supplémentaires, là, qui seront nécessaires.
M. Kelley : Parfait. Alors, 100,
on dit que c'est une base, il y a quand même des experts qui disent que c'est
possible qu'on ait besoin de juste produire environ 80 parce qu'on peut inclure
aussi l'efficacité énergétique, aussi dans les chiffres. Je sais que c'est un
débat entre les experts, mais c'est... que vous avez dit qu'au minimum ça va
prendre 100, puis on va regarder ça comme une cible pour la suite des choses.
Je veux juste poser une question à M. le
ministre, depuis que vous avez été nommé ministre dans ce dossier, la crise
énergétique qui s'en vient au Québec, dans un sens, pour les bonnes raisons,
parce qu'on veut faire une transition à une économie sans émission, une société
zéro émission, et tout ça, c'est : Quand vous avez vraiment commencé à
penser à cette réalité qu'on va avoir un manque d'énergie et comment vous avez
réagi, après ça, pour s'assurer qu'on va être capables de produire l'énergie
qui est nécessaire?
M. Charette : Peut-être juste
revenir sur l'introduction du collègue, et j'aurais pu le mentionner moi-même
tellement c'est important, et ça explique pourquoi est-ce que c'est 100, est-ce
que c'est 110, est-ce que c'est 120, est-ce que c'est 130. Les premiers gains
vont se faire au niveau de l'efficacité <énergétique...
M. Charette :
...130.
Les premiers gains vont se faire au niveau de l'efficacité >énergétique.
Vous allez voir, Hydro-Québec, au cours des prochaines années, va faire
beaucoup d'efforts à ce niveau-là. Vous allez voir, du côté gouvernemental, il
y a des travaux en préparation qui seront aussi confirmés de mois en mois. Ça a
une incidence sur à savoir est-ce que c'est x térawattheures plutôt qu'un autre
pourcentage, et c'est au cœur des... des projets, là, qui sont en
développement, là, chez Hydro-Québec.
Pour ce qui est du constat, c'est vrai
qu'il y a quelques années à peine, tous étaient unanimes pour dire : On
est en situation de surplus énergétique. Mais je vous dirais que c'est avant
l'arrivée du gouvernement de la Coalition avenir Québec qui a mis des efforts
jamais investis par le passé pour accélérer notre transition énergétique. Si ce
qu'on a mis en place, au cours des dernières années, n'avait pas été mis en
place, on peut penser qu'on serait encore dans une situation où l'enjeu
énergétique n'aurait pas la même... la même acuité qu'aujourd'hui.
Je vous donne un exemple très, très simple
et bête. L'annonce qui a été faite vendredi dernier au niveau de la norme zéro
émission, mine de rien, c'est une excellente nouvelle, oui, mais ça va
nécessiter de l'énergie supplémentaire. Bien, il y a quelques années, lorsqu'on
ne redoublait pas d'efforts sur cette transition-là, naturellement, les besoins
énergétiques étaient moins conséquents, étaient moins importants. Donc, c'est
la volonté gouvernementale qui est venue exacerber, qui est venue amplifier,
là, ce besoin supplémentaire d'énergie.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le ministre, pour ouvrir la porte pour parler de le passé, parce que, c'est
vrai, en 2016, avec la Politique énergétique, nous avons souligné, oui, c'était
au gouvernement libéral, qu'on va arriver en 2000... 2030, on va frapper le
point où on n'a plus de surplus d'électricité, puis l'ancien gouvernement a
décidé de lancer des projets, des minicentrales, puis aussi des projets d'éoliennes
dans l'Est du Québec. Puis je me souviens très bien que quand vous... pas vous
personnellement, mais quand vous, le gouvernement de la... particulièrement le
parti de la Coalition avenir du Québec était dans l'opposition, vous avez
sévèrement critiqué des projets des minicentrales, vous avez sévèrement
critiqué le plan du projet d'Apuiat dans l'Est du Québec. On a eu des grosses...
batailles, des débats à l'Assemblée nationale : Ça va coûter, les
Québécois, trop cher, trop cher. Puis, quand vous allez arriver en pouvoir en
2018, vous avez annulé des projets de minicentrales. Puis, cinq ans plus tard,
maintenant, on arrive, puis nous avons une discussion sur : Il faut
construire des barrages rapidement. Alors, je trouve qu'il y a un manque, un
petit peu facile de critiquer l'ancien gouvernement. Mais, depuis cinq ans, la
seule chose que je vois que vous avez faite, une chose, que vous avez annulé
des projets, première chose, une autre chose, quand vous étiez dans
l'opposition, vous avez essayé de mettre des barrages partout pour le
gouvernement qui était en place pour faire plus d'énergie au Québec.
Puis je veux ajouter à cela que vous avez
aboli Transition énergétique Québec avec le projet de loi n° 44. C'était
une organisation qui a bien fonctionné, selon toutes les critiques, quasiment
tous les groupes qui ont venu dans la commission parlementaire parlaient de
coordination intergouvernementale puis entre les différents ministères. Puis
maintenant, on arrive avec une situation où tout le monde parle : Il faut
agir vite pour ajouter des projets parce que 2000... 2030, c'est demain, c'est
dans une couple des années.
Alors, je veux juste savoir quand est-ce
que le ministre de la Transition de l'énergie... énergétique a changé ses idées
sur les projets de l'énergie verte puis aussi sur les projets des barrages, des
minicentrales.
• (11 h 10) •
Le Président (M. Jacques) : M.
le député, je veux juste vous rappeler de vous adresser à la présidence, parce
que, là, vous, elle a le dos... le dos quand même assez large maintenant, là.
Donc, juste vous adresser à la présidence. Merci.
M. Charette : Tout d'abord,
peut-être rassurer le collègue à travers la présidence que je reconnais de très
belles décisions qui ont été prises par le passé. Il ne m'a pas entendu
critiquer tout le... le bilan passé des gouvernements qui nous ont précédés. Il
y a des décisions courageuses et très éclairées, à l'époque, qui ont vu le
jour, notamment la mise en place de la Bourse du... carbone, je n'ai jamais dit
le contraire.
Cependant, il y a plusieurs éléments, là,
qui ont été mentionnés qui méritent des corrections parce qu'ils ne sont pas
tout à fait exacts. Ne serait-ce qu'au niveau de la multitude de barrages, on
n'a jamais dit qu'on va développer une multitude de barrages. D'ailleurs, dans
les derniers jours, on a évoqué la possibilité d'un barrage supplémentaire. Et
on sait fort bien que construire un barrage, avec tous les travaux de
planification, de réalisation que ça implique, c'est plusieurs, plusieurs
années. Donc, non, on ne bâtira pas de barrages sur toutes les rivières du
Québec. Il y a un potentiel, d'un, qui est évoqué, et ça, c'est après deux
autres étapes bien, bien <importantes...
M. Charette :
...et
ça, c'est après deux autres étapes bien, bien >importantes. On l'a
mentionné, le premier souhait, là, c'est la réduction ou l'efficacité
énergétique. C'est comme ça qu'on va faire des gains importants. Ensuite,
l'éolien, et là aussi, malheureusement, le collègue a une vision un petit peu
tronquée de ce qui s'est produit au cours des dernières années. Rappelons-nous,
à l'époque où ces projets-là avaient été évoqués, quel était le prix de
l'éolien. Un prix qui était excessivement élevé, qui était d'aucune façon
compétitive comme... comme... comme... compétitif comme... comme engagement
financier. Ce que l'on a dit à l'époque, refaites vos... vos devoirs, aux
entreprises qui travaillaient dans le secteur et revenez-nous avec des projets
plus compétitifs, ce qui s'est effectivement produit dans les années qui ont
suivi, sous le leadership et sous la... la... l'orientation gouvernementale
qu'on a pu donner. Si on avait réalisé ces projets-là à l'époque, avec les
coûts que les promoteurs nous proposaient, franchement, le coût aurait été
nettement trop élevé. Donc, il fallait se donner le temps, il fallait faire
cette pression-là pour qu'on ait des prix plus compétitifs, ce qui s'est, par
la suite, confirmé. Donc, bravo! et heureusement, là, que cette vision-là a été
partagée de notre côté dès le départ. Il y a aussi des travaux qui vont être
faits au niveau de l'efficacité des barrages eux-mêmes. Ça aussi, c'est une
source de production supplémentaire. Donc, la lecture que fait le collègue de
dire : On ne... on ne voit que de futurs barrages et de nouveaux barrages,
c'est inexact, mais on ne peut pas en même temps exclure cette possibilité-là,
compte tenu des besoins énormes qui sont à notre disposition. Mais ce n'est pas
pour demain matin, on va viser et on va miser sur l'éolien, on va miser sur
l'efficacité énergétique, on va miser sur la productivité des barrages actuels,
et ce sera peut-être insuffisant, d'où cette réflexion que l'on doit tenir. Ça
prend un minimum 10 ans, si ce n'est pas 15 ans, construire un
barrage, donc si on n'initie pas cette réflexion-là maintenant, dans
15 ans, si on réalise qu'il nous manque toujours des térawattheures, on
aura 15 ans de retard, et ça, on ne pourrait pas se le pardonner.
M. Kelley : Merci pour la
réponse, M. le ministre. Et je veux préciser que, quand même, dans le plan
d'Hydro-Québec, ça ne parle pas exclusivement des barrages, mais revient sur
une question des coûts, mais quand même Hydro-Québec a dit : Pour tous les
projets qu'on va ajouter, ça va coûter, des Québécois, plus d'argent. On était
dans la même position que 2016. Est-ce que les prix ont changé un peu? Oui, mais
tout de même... tout le monde, tout le monde savait, en 2016, que le prix de
l'éolien puis aussi le solaire va diminuer dans les années de... d'avenir,
c'était écrit dans le ciel. Alors, quand même l'opposition à l'époque, la CAQ,
a décidé de critiquer nous puis dire que ce n'était pas bon pour les Québécois,
ça va coûter trop, que la campagne qui a été faite sur les tarifs, et tout ça.
Je me souviens ça très, très bien.
Puis, maintenant que le ministre a soulevé
ça, est-ce qu'il peut nous dire, pour les Québécois, quelle option en termes de
coûts est meilleure, c'est de construire un grand barrage ou de construire un
multiple des projets solaires ou éoliens partout au Québec? Entre les deux,
lequel est le meilleur choix pour les Québécois?
M. Charette : Bien, le
meilleur choix, le collègue ne l'a pas évoqué, moi, j'ai souvent entendu les
gens d'Hydro-Québec le dire, on le répète dans notre... dans notre discours
quotidiennement, l'électricité la plus abordable est celle qu'on n'utilise pas.
C'est ça le meilleur choix, c'est ça le plus économique, c'est-à-dire favoriser
et mettre des efforts importants sur l'efficacité énergétique au niveau de nos
bâtiments, notamment, neufs et anciens. Et si on veut améliorer le... le bilan
au niveau efficience, ce sera de rendre plus productifs les barrages qui sont
déjà existants. Donc, les formules les plus économiques, c'est celles-là.
Ensuite, interviennent d'autres formules, l'éolien et, dans les prochaines
années, si on parle de prospection ou d'avenir, l'éolien demeure encore à ce
jour une option plus intéressante que le solaire en territoire québécois, on
s'entend, dans un premier temps. Mais au niveau solaire, là aussi, on pourra
certainement constater des avancées technologiques importantes, et ça deviendra
peut-être toujours plus intéressant de se rabattre sur le... le solaire, et
ensuite les barrages peuvent faire une différence. Et c'est un gouvernement
responsable qui se dit ceci : On ne peut pas exclure une de nos options.
Ce n'est pas l'option qui nous sera accessible à court terme, on ne peut
certainement pas l'exclure compte tenu des besoins énormes qui seront
nécessaires, là, au cours des prochaines années.
M. Kelley : Merci, M. le
ministre...
M. Kelley : ...temps coule.
Le Président (M. Jacques) : On
vous rattrape.
M. Kelley : Oui. Puis je veux
juste maintenant... reviens sur la question de TEQ. Une couple des années
après, est-ce que vous avez des regrets d'abolir TEQ?
Une voix : ...
M. Charette : Aucun regret,
je pense que c'était même éclairé.
Mais je veux juste revenir sur la question
précédente, très, très rapidement. Solaire, éolien, des outils qu'on doit
ajouter à notre sac à outils de façon réelle, mais il ne faut pas non plus,
pour ceux et celles, là, qui s'intéressent aux questions énergétiques, mettre
de côté l'aspect intermittent de ces sources d'énergie là. Les barrages, à ce
jour, offrent la stabilité et la régularité nécessaires, contrairement à
l'éolien ou au solaire, mais qui sont malgré tout des outils, là, que l'on veut
développer davantage.
Au niveau de TEQ, tout à l'heure, on
faisait les crédits faune et parcs, là on fait ceux sur la transition
énergétique. Autant c'était nécessaire, pour une plus grande cohésion,
d'intégrer le volet Faune et Parcs, autant c'était nécessaire, pour cette même
cohésion, d'intégrer le volet Transition énergétique pour bien remplir notre
mission au niveau de la lutte aux changements climatiques. Donc, c'était
éclairé comme décision. Et aujourd'hui, on voit à quel point nos équipes, qui
sont pleinement intégrées, l'équipe Changements climatiques et Transition
énergétique, c'est devenu une seule et même équipe, à quel point cette
complémentarité-là faisait défaut. Et ça va nous aider, ça va nous aider à
aller plus loin et surtout mettre en place plus rapidement des mesures, là, qui
auraient peut-être tardé, là, sans... sans cette intégration-là.
M. Kelley : Merci pour la
réponse, M. le ministre. Moi, je vois un petit peu qu'on a eu des gros débats
autour de TEQ à cause de le fait que l'alignement... que la coordination entre
les différents ministères était très, très importante. Et, comme critique, M.
le Président, en matière de l'énergie, je trouve, des fois, c'est comme il y a
plusieurs pilotes dans ce dossier. Il y en a un qui prend beaucoup de place,
c'est sûr, mais, moi, je vois qui, vraiment, pilote cette transition
énergétique. Est-ce que c'est le ministre responsable de l'Énergie? Est-ce que
c'est le ministre ici avec moi? Je sais qu'il va dire : Tout le monde
travaille ensemble. Mais c'est juste... c'est où, la coordination
intergouvernementale, interministérielle? Dans ce dossier, des fois, c'est
difficile à suivre qui va décider sur les projets économiques qui sont
importants pour l'avenir du Québec, mais que va prendre beaucoup de notre surplus
qui reste, mais aussi qui va prendre l'énergie additionnelle dans la... dans l'avenir.
Alors, on verra, on verra, si le
ministre... Encore, j'apprécie ses réponses, elles sont pas mal claires et
nettes. Mais je reviens que je pense, sur la question de TEQ, on a manqué
quelqu'un qui peut vraiment faire la bonne analyse de si on dépense l'argent
correctement pour s'assurer qu'on fait la transition dans une façon le plus
responsable pour les contribuables du Québec. Mais je pense qu'on a eu ce
débat, M. le ministre, pendant plusieurs années.
Et je veux juste... reviens... bien, je reviens...
je vais poser maintenant une différente question juste rapide sur les crédits
des impôts pour les chars électriques, encore, M. le ministre, est-ce que vous
trouvez que c'était toujours...
Le Président (M. Jacques) : En
terminant, M. le député, il vous reste cinq secondes.
M. Kelley : Je vais poser la
question dans mon prochain bloc, M. le Président. Merci beaucoup.
• (11 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. J'invite la porte-parole du deuxième groupe d'opposition, Mme la
députée de Verdun, pour un temps de parole de 12 minutes.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. J'avais hâte d'avoir cet échange-là, en termes de transition
énergétique, parce qu'il y a quelque chose que je pense que tout le monde autour
de la table, on partage, c'est l'objectif de carboneutralité en 2050. Alors, on
est... Quand on écoute les experts puis on veut atteindre la carboneutralité,
ça veut dire une décarbonisation de l'économie, mais ça veut dire aussi de ne
plus utiliser de sources d'énergies fossiles.
Donc, ma première question, c'est de
savoir si M. le ministre est d'accord avec moi sur le fait que, dans l'objectif
de 2050, on... il ne faudra plus utiliser des sources d'énergies fossiles.
M. Charette : C'est clair que
c'est une... une source d'énergie qu'il faudra remplacer graduellement. Où
serons-nous en 2050? Est-ce qu'il y aura encore certains usages? C'est
possible, ne pensons qu'à tous les produits, là, autour de la table, qu'on a à
nos côtés, qui peuvent être produits à partir de ces... de ces... de ces
ressources-là. L'important, c'est de ne pas les utiliser. Vous... L'important
sera de ne plus les utiliser comme source d'énergie, et c'est certainement
envisageable d'ici 2050, de renoncer à cette dépendance-là. On est
particulièrement <choyés...
M. Charette :
...renoncer
à cette dépendance-là. On est particulièrement >choyés, au Québec,
d'avoir cet éventail d'options à notre... à notre disposition. Je parlais avec
le collègue, tout à l'heure, d'hydroélectricité, mais il y a d'autres
ressources très précieuses, là, qu'on peut utiliser du côté québécois. Mais
oui, j'ai confiance que d'ici 2050 comme source d'énergie, les ressources
fossiles ne seront plus... ne seront plus nécessaires.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Donc, très contente d'entendre ça, qu'il faut sortir pour les sources
d'énergie. Alors, est-ce que le ministre serait d'accord avec moi, qu'il faut
éliminer cette source-là, comme par exemple l'usage du gaz naturel?
M. Charette : Le gaz naturel
lui-même doit être remplacé par du gaz naturel renouvelable, et ce serait une
erreur de ne pas miser sur le gaz naturel renouvelable parce que la planète
elle-même en génère de par les différents processus de putréfaction, notamment
de la matière organique. Donc, on sait que cette putréfaction-là génère des gaz
à effet de serre. Donc, il faut capitaliser là-dessus pour remplacer le gaz
naturel qui lui est extrait, là, de nos... de nos... de notre sous-sol. Donc le
gaz naturel renouvelable, pour moi, est une option qui est nécessaire parce
qu'autrement ce seront des gaz à effet de serre qui seraient émis de toutes les
façons. Donc, l'important maintenant, c'est d'augmenter le pourcentage de ce
gaz naturel là renouvelable dans les usages que l'on fait, ce que l'on a déjà
amorcé avec une réglementation très stricte sur la question.
Le Président (M. Jacques) : Je
vais vous inviter à prendre le temps réponse question, à peu près le même
temps, s'il vous plaît, merci. Mme la...
Mme Zaga Mendez : Merci.
Donc, ce que j'entends, c'est l'objectif, c'est sortir du gaz naturel pour
remplacer par du gaz naturel renouvelable. Est-ce que le ministre connaît le
potentiel? Est-ce qu'on est capable de faire ça, de tout remplacer?
M. Charette : On est un des
États dans le monde à avoir déjà fixé des objectifs extrêmement ambitieux.
Notre réglementation actuelle nous amène à 10 % de gaz naturel
renouvelable, c'est énorme et c'est un pourcentage qui est appelé à augmenter
avec les années. On parle beaucoup de consigne au niveau de la gestion de nos
matières résiduelles, et malheureusement pas suffisamment de matières
organiques. Ça fait partie des transformations qu'on a initiées. Mais lorsque
l'on veut implanter, dans tous les foyers du Québec, la collecte de matières
organiques, c'est justement notamment, pas uniquement, mais notamment pour
produire du gaz naturel renouvelable. Donc, à terme, notre 10 % peut
devenir un 15 %, 20 %, 30 %, 50 %, et c'est appelé à croître
de façon importante.
Mme Zaga Mendez : Merci. Et
qu'est ce qu'on fait avec ces 90 % qui restent? Parce que, là, ce que
j'entends, c'est qu'on va essayer de remplacer, puis on sait très bien la
limite du gaz naturel renouvelable. En ce moment, on est à peu près en bas de
5 %. Même si on atteint les 10 %, il reste une dépendance de
90 % surtout dans le bâtiment. Est-ce que le ministre est en train de nous
dire qu'en 2050 on va encore avoir des bâtiments chauffés au gaz... au gaz naturel?
M. Charette : Ce n'est... ce
n'est pas le but. D'ailleurs, si on regarde nos gros blocs d'émissions, on
parle beaucoup des transports, du secteur industriel, mais il y a trois...
trois autres secteurs qu'il ne faut pas oublier, celui des déchets, celui de
l'agriculture et celui des bâtiments. Donc, il faut décarboner nos bâtiments.
Il y a des... Je ne peux pas, malheureusement à ce moment-ci, révéler, là, tout
ce qui est en réflexion, mais il y a des réflexions importantes sur le secteur
du bâtiment qui ont cours, à l'heure où on se parle, pour justement les
décarboner. Donc, en 2050, à mon sens, il n'y aurait pas lieu d'avoir...
d'avoir du gaz naturel pour... pour alimenter nos... nos bâtiments. Au mieux...
c'est-à-dire au pire, ce sera du gaz naturel renouvelable, mais du gaz naturel
extrait de notre sous-sol, on n'en veut plus. Et la collègue demandait comment
s'attaquer aux 90 %, bien, c'est en diminuant notre dépendance à cette
ressource-là. À partir du moment où on décarbone les bâtiments, ce ne sera même
plus, dans certains cas, du gaz naturel renouvelable, ce sera vraisemblablement
tout simplement de l'électricité, de l'hydroélectricité ou sinon de
l'électricité produite avec d'autres sources d'énergie. Et à la base de tout
ceci, c'est cette fameuse loi qui fait de nous des leaders à l'échelle
mondiale, de dire : On... on n'extraira plus de ces énergies-là pour
éviter de maintenir notre dépendance. Ça nous oblige à considérer d'autres
options, et c'était l'objectif de la loi lorsqu'elle a été présentée l'année
dernière.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
suis contente d'entendre que, du gaz naturel, on n'en veut plus. Ça fait que
j'aimerais entendre le ministre un peu plus sur les moyens qu'on va prendre dès
maintenant parce que, dans la durée de vie des bâtiments, c'est... 2050, c'est
demain matin. C'est aujourd'hui qu'on doit faire les actions pour faire la
transition au niveau du <bâtiment...
Mme Zaga Mendez :
...C'est
aujourd'hui qu'on doit faire les actions pour faire la transition au niveau du >bâtiment.
Alors, comment faire? Quelles actions qu'il va prendre pour ne pas un peu
menotter nos bâtiments aux énergies fossiles en 2050?
M. Charette : Des gestes très
concrets ont été posés. Encore dans les derniers jours, la collègue a peut-être
suivi des annonces qui ont été faites d'abord à Gatineau, mais également sur le
côté de Laval, sur le côté de Victoriaville. C'est des municipalités qui, avec
le concours du gouvernement du Québec, vont décarboner leurs bâtiments. Donc,
on n'attendra pas 2050 pour... pour s'attaquer à cette réalité-là. Au
niveau du bâtiment municipal, il y a des appuis gouvernementaux qui sont
disponibles. Au niveau du bâtiment... du gouvernement du Québec, parce que là
aussi il faut améliorer nos façons de faire, vous allez voir, au cours des
prochaines années, il y aura aussi des efforts à ce niveau-là. Vous allez nous
entendre parler éventuellement de cotation énergétique, c'est-à-dire de prendre
la mesure des bâtiments qui sont existants, voir comment contribuer, aider à
les décarboner. Donc, c'est réellement des réflexions, des chantiers qui sont
en cours pour s'assurer, là, que notre... parmi nos cinq principaux secteurs
d'émissions, on puisse avoir des résultats tangibles, là, dans chacun de ces
secteurs-là.
Mme Zaga Mendez : Merci. En
fait, je voulais entendre un peu plus le ministre sur différents chantiers qui
sont en cours, parce que déjà il y a des municipalités au Québec, Montréal,
Laval, il y a d'autres... six autres municipalités qui déjà sont en train
d'interdire ce qu'on appelle les nouveaux branchements au gaz naturel. Est-ce
que le ministre reconnaît que c'est le moyen qu'il faut prendre aujourd'hui
pour atteindre la carboneutralité en 2050?
M. Charette : ...faire dans
l'ordre. Et j'invite la collègue à se référer à l'expertise d'Hydro-Québec, qui
est quand même une société d'État dont on peut tous être fiers. Ce
qu'Hydro-Québec nous dit : C'est une bonne idée, mais il faut le faire
dans l'ordre, et pas tout le monde en même temps, parce que, si ça devenait une...
une règle applicable à tous les bâtiments du jour au lendemain, la
problématique énergétique dont on discutait avec le collègue de Jacques-Cartier
tout à l'heure serait tout simplement amplifiée. On ne pourrait pas, du jour au
lendemain, décarboner tous nos bâtiments ou les convertir, du jour au lendemain,
tous à l'hydroélectricité, on n'aurait pas la disponibilité énergétique
nécessaire, et ça, ce n'est pas moi qui le mentionne, c'est Hydro-Québec, avec
toute son expertise.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Tantôt, on parlait... la durée de vie des équipements dans le bâtiment. 2050,
c'est dans combien de temps? 30 ans. Alors, c'est maintenant qu'il faut
qu'on fasse ce remplacement-là pour ne plus utiliser le gaz naturel en 2050.
Avec la réponse qu'on vient d'avoir... puis je repose la question : Si on
fait ça au fur et à mesure, au compte-gouttes, on va se retrouver avec du gaz
naturel dans le bâtiment, M. le ministre?
M. Charette : Encore une
fois, il faut distinguer le gaz naturel du gaz naturel renouvelable. On n'a pas
parlé de biénergie non plus. Dans certains cas, la biénergie peut et doit être
une belle solution, en autant qu'on accorde toute l'importance nécessaire au
gaz naturel renouvelable.
Tout à l'heure, je parlais de bâtiments
municipaux, mais je pourrais vous parler de bâtiments extrêmement critiques que
sont par exemple les hôpitaux, que sont par exemple les CHSLD, enfin, tous les
bâtiments liés à des... à des services de première nécessité ou d'urgence. Il
faut que ces bâtiments-là aient la possibilité d'avoir un appui technique en
cas de panne prolongée. On l'a vécu ces dernières semaines, des épisodes, là,
qui ont été problématiques dans bien des secteurs. Donc, il va y avoir
vraisemblablement de la biénergie encore en 2050, mais je vais souhaiter, et on
travaille à ce qu'elle soit alimentée par du gaz naturel renouvelable à ce... à
ce moment-là pour la portion pas palliative, mais alternative à l'électricité,
que ce soit dans des périodes de pointe importantes, que ce soit dans
l'éventualité d'une panne de courant prolongée. Donc, on ne peut pas écarter
cette... cette option-là, qui est nécessaire à la survie, là, littéralement,
là, d'individus.
• (11 h 30) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Il vous reste 1 min 30 s
Mme Zaga Mendez : Le
moratoire qui est proposé, que c'est déjà mené partout, là, à Montréal, Laval
et six autres municipalités, le moratoire sur les nouveaux branchements au gaz
naturel, si on veut atteindre la cible de 2050, devient inévitable. Alors, moi,
je veux entendre si, oui ou non, le ministre va s'engager, pour atteindre notre
cible de 2050, d'opérer ce moratoire.
M. Charette : J'ai... j'ai
manqué une fraction, le moratoire sur...
Mme Zaga Mendez : Le
moratoire de branchement... des nouveaux branchements au gaz dans les
bâtiments.
M. Charette : ...je
mentionnais à la collègue, il y a des réflexions. Aujourd'hui, naturellement,
je ne peux pas tout, tout révéler, là, ce qui est en
préparation, mais il y a des scénarios intéressants qui sont réfléchis, qui
sont discutés actuellement...
11 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...révéler, là,
ce qui est en préparation, mais il y a des scénarios intéressants qui sont
réfléchis, qui sont discutés actuellement. Et on s'est donné un bel exercice
annuellement, qui est la mise à jour de notre plan d'action. Donc, année après
année, il y a des mesures qui vont s'ajouter. Vous allez voir, dans quelques
semaines, on présente le troisième plan de mise en œuvre. Ce n'est pas dans le
troisième, je ne veux pas laisser entendre ceci, mais, à chaque année, il y a
des bonifications qui vont se faire au gré des réflexions, là, qui continuent d'avancer
au sein du ministère.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Le Président (M. Jacques) : Une
quinzaine de secondes.
Mme Zaga Mendez : Une
quinzaine de secondes. Je veux juste inviter le ministre à prendre ça en
considération, parce que réduire de 7 %, c'est ça qui nous amènerait la
transition complète dans le bâtiment, ce 7 % de moins dans notre bilan de
GES, et qu'on a signé divers accords, là, je n'aurai pas le temps de tous les
détailler, et c'est même dans le plan d'action pour atteindre 50 %...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. J'invite maintenant le député de Jacques-Cartier à poursuivre
sa deuxième intervention pour une période de 18 minutes.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Je veux juste ajouter une question dans le même sens de ma
collègue de Verdun et juste très rapidement : Est-ce que le ministre est
au courant des discussions qu'il y a eues entre le chancelier Olaf Scholz, l'automne
dernier... où, apparemment, le premier ministre du Québec a laissé la porte
ouverte au développement du gaz naturel dans l'avenir? Ça, c'est un article qui
vient du National Post, et, quand même, le ministre des Finances a
soulevé que peut-être c'est possible, si les alliés en Europe demandent de
développer le gaz naturel, la porte pourrait être ouverte à... ici, au Québec.
Est-ce que c'est vrai ou non?
M. Charette : En fait, je
pense qu'on a eu l'occasion de répondre à plusieurs, plusieurs reprises à ces
hypothèses-là. Je ne doute pas que l'Europe se retrouve dans une situation
extrêmement difficile, sinon précaire, mais, du côté québécois, c'est une
décision qui a été confirmée, non pas par de simples propos mais par l'adoption
d'une loi en bonne et due forme : le seul projet qui nous permettait de se
rapprocher de cette volonté-là, c'est celui de GNL. Je me suis personnellement
rendu dans la région pour mentionner que ce projet-là ne se réaliserait pas,
compte tenu de son impact environnemental. Donc, il n'y a pas beaucoup,
beaucoup de flou, là, sur cette question-là. Ce n'est pas la voie qui est
retenue.
Et celles et ceux qui évoquaient le
conflit en Ukraine, malheureusement, essayaient de détourner, peut-être, à leur
avantage le conflit, parce qu'on sait fort bien que, même si on disait oui
demain matin, ça prendrait des années avant qu'une telle infrastructure soit
mise en place. Et on va souhaiter de tout cœur et le plus sincèrement possible
que ce conflit-là en Europe ne perdure pas des années. Donc, c'était une façon
de détourner à leur avantage un conflit tristement tragique, mais non, ce n'est
pas une option, là, qui est envisagée du côté québécois.
M. Kelley : Parfait. Merci, M.
le ministre. Maintenant, je veux poser des questions sur le Fonds de
transition, d'innovation et d'efficacité énergétiques. Juste rapidement, M. le
ministre, est-ce que vous pouvez nous expliquer les grands objectifs de ce
fonds?
M. Charette : En fait, le Fonds
d'électrification et de changements climatiques ou le...
M. Kelley : Oui. Question
générale 70, on parle du Fonds de transition, d'innovation et d'efficacité
énergétiques, c'est un montant d'environ 300 millions de dollars, le
FTIEE.
M. Charette : En fait, je
voulais juste être bien certain, là, de comprendre la question. Oui, il y a des
objectifs, des cibles, même, qui ont été clairement identifiées, on parle :
d'améliorer... amélioration d'efficacité énergétique de 15 %, avec des
résultats intermédiaires, donc, on voudrait qu'il y ait une amélioration, là,
dans le temps, là, qui soit perceptible; réduire de 40 % la quantité de
produits pétroliers consommés au Québec, ça rejoint un petit peu le
questionnement, là, de notre collègue de Verdun tout à l'heure; augmenter de
25 % la production totale d'énergie renouvelable, et ça aussi, c'est en
lien avec ce qu'on pouvait mentionner tout à l'heure, notamment au niveau du
gaz naturel renouvelable; augmenter de 50 % la production de bioénergie — là
aussi, il y a un lien manifeste avec le gaz naturel renouvelable; et éliminer l'utilisation
du charbon thermique au Québec. Il y a quelques années, tout juste, on était...
tout de même, hein, ça peut sembler surprenant, mais on était à 708 tonnes,
en 2013, donc une baisse de 19,4 %, là, sur la période 2013‑2021. Et
les dernières, dernières données sont à être colligées, mais c'est des
objectifs tangibles, là, qui nous permettront d'atteindre notre cible.
Le Président (M. Jacques) : ...de
s'adresser à la présidence, de ne pas vous interpeler <directement...
M. Charette :
...là,
qui nous permettront d'atteindre notre cible.
Le Président (M. Jacques) :
...de
s'adresser à la présidence, de ne pas vous interpeler >directement.
Merci. M. le député.
M. Kelley : M. le ministre,
le 15 %... c'est quoi, la base du 15 %, alors, quand même, pour le
25 % d'énergie propre? Vous utilisez comme... quel chiffre de base pour
juger si les projets vont contribuer à réduire nos GES ou, quand même, d'être
plus... aider à notre efficacité énergétique?
M. Charette : L'année de
référence, pour cet objectif-là en particulier, c'est 2013. Donc, c'est un pourcentage
à partir de l'année 2013, un peu comme, de façon plus générale, au niveau
des changements climatiques, on a une année de référence, qui est 1990. Dans
tous les cas, c'est important, cette année de référence, c'est celle qui nous
permet d'évaluer l'atteinte ou non des objectifs. Et ce qui peut être confondant
pour plusieurs, j'en conviens, c'est qu'on n'a pas tous les mêmes années de
référence pour tous les objectifs. Donc, 2013, pour l'élément qu'on discute
maintenant, 1990 pour ce qui est des GES en général. Le gouvernement fédéral a
une année de référence différente, donc je peux comprendre, là, qu'on puisse
s'y perdre régulièrement. L'important, c'est de se coller sur notre année de
référence, là, pour pouvoir évaluer notre performance.
M. Kelley : Est-ce que votre
ministère a un guide des critères plus précis pour déterminer si un projet peut
aller de l'avant?
M. Charette : Oui, puis
d'ailleurs, ça, c'est un des éléments pour lesquels je suis particulièrement
fier. Je ne sais pas si le collègue a pu suivre nos travaux, en décembre
dernier, on n'a pas que dévoilé notre inventaire, comme on le fait à chaque
année en fin d'année, mais on a mis aussi en ligne un outil qui est disponible,
dorénavant, à tous, un tableau de bord de suivi sur les différentes mesures qui
sont mises en place pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. On voit
très bien la performance des différentes mesures qui sont incluses dans le plan
de mise en œuvre. Donc, non seulement on a une transparence, dorénavant,
complète, mais ça nous permet de voir quelles mesures... bien, où est le... où
se situe le rendement de chacune des mesures. Et ça, c'est un bel outil, là,
qui n'est pas réservé à l'usage exclusif des gens du ministère, mais qui est en
ligne, donc disponible à l'ensemble de la population.
M. Kelley : Puis, pour les
projets, M. le ministre, est-ce qu'il y a comme un échéancier? Comme, je vois
ici dans la liste des... c'était le Centre-Ouest-de-Montréal, le CIUSSS, qui a
reçu une subvention, dans la conversion et efficacité énergétique dans les
bâtiments commerciaux et institutionnels, de 258 000 $. Est-ce qu'eux
autres doit comme... rendu compte des efficacités qui ont été faites avec ce
projet? Puis est-ce qu'eux autres sont obligés de produire un rapport chaque
année pour dire on est rendu où exactement? C'est juste de savoir comment le
ministère évalue, comme, si le projet était un succès ou non.
• (11 h 40) •
M. Charette : On a des
mesures de suivi. Dans certains cas, les projets performent mieux qu'anticipé,
dans d'autres cas, c'est un résultat qui peut être moins probant, mais, oui, il
y a ces mesures de suivi là.
Tout à l'heure, j'évoquais également les
ententes qui ont été signées avec différentes municipalités au cours des
dernières semaines. C'est la même chose pour les municipalités. Il y a des
mesures de suivi. Cependant, lorsqu'on parle de décarbonation de bâtiments,
c'est difficile de se tromper. Si on est en mesure, au départ, d'évaluer, par
exemple, la quantité de gaz naturel qui est requise, versus son
électrification, par exemple, à travers... à travers, tout simplement, de
l'hydroélectricité, si on fait cette transition-là, on a une bonne idée du
résultat qui sera obtenu, et c'est plus difficile de se tromper, heureusement,
dans ces conditions-là. Mais, dans tous les cas, il y a des mesures
d'évaluation pour s'assurer qu'on ne perde pas de temps, pour s'assurer qu'on
ne perde pas de moyens pour atteindre les cibles qu'on s'est données.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Dans le volet, dans le même programme, il y a le 1.1.1.1, l'électrification
des automobiles et des motocyclettes. Vous avez dépensé environ
194 millions de dollars. Je veux savoir combien des motos qui
présentement roulent sur le gaz a été enlevées avec ce montant qui a été
investi dans ces parcs-là. Et est-ce que vous avez aussi une idée combien
d'énergie est-ce que ça va prendre pour électrifier tout, sur cette liste-là,
tous ces... je ne sais pas si c'est juste des <automobiles...
M. Kelley :
...une
idée combien d'énergie est-ce que ça va prendre pour électrifier tout, sur
cette liste-là, tous ces... je ne sais pas si c'est juste des >automobiles
ou c'est aussi peut-être des bornes, mais est-ce que vous avez aussi un
portrait de chaque fois que vous... investir dans l'électrification des
transports, combien d'énergie est-ce que ça va prendre pour s'assurer qu'on
peut réussir avec un investissement aussi majeur comme ça chaque année?
M. Charette : Ce sont toutes
de bonnes questions. Et, dans les faits, les sommes investies sont nettement
plus importantes que celles mentionnées par le collègue. Si on se réfère... Encore
là, on n'a pas besoin de remonter loin dans le temps, là, vendredi dernier, il
y a quelques jours tout juste, on a rehaussé, de façon significative, les
modalités de notre norme zéro émission, et ça avait été évalué, en partenariat
avec Hydro-Québec, qu'est-ce que ça représentait comme demande énergétique.
Donc, oui, ce type de vérification là est
nécessaire, mais, heureusement, ce type de vérification là est faite pour
s'assurer qu'on puisse répondre à nos objectifs, mais, dans tous les cas, ce
sont des sommes colossales, au niveau de l'électrification des transports, des
véhicules légers, notamment, on est en centaines et en centaines de millions.
Pour ce qui est des motos, je dois vous
avouer, c'est un domaine avec lequel on a moins souvent de questions, donc le
nombre...
Une voix : ...
M. Charette : Parfait. Donc,
on voit qu'on n'est pas dans les mêmes proportions du tout, là. Les
motocyclettes, c'est beaucoup moins élevé, là, on parle de 29 unités,
uniquement, ce qui est très, très peu, et les motocyclettes sont aussi... Ça,
c'est pour ce qui est, j'imagine, d'une transition. C'est-tu un «retrofit» pour
ces quelques...
Une voix : ...
M. Charette : Ah! OK. Désolé,
hein, on réfléchit à haute voix, là, parce que c'est des chiffres avec lesquels
on compose, moi, personnellement, à tout le moins, moins régulièrement. Donc,
il y a deux catégories, motocyclettes électriques, 29, et les motocyclettes
avec des usages plus spécialisés, là, à vitesse limitée, électriques, on est à
158, mais on s'entend que ce n'est pas le type de véhicule, là, qui est la
principale source d'émissions de gaz à effet de serre, même si on s'y attaque
malgré tout, mais l'emphase est réellement mise sur les véhicules plus lourds.
M. Kelley : Bien, alors,
juste de bien comprendre si c'est... Comme chaque fois, il y a des... Vous avez
plus un portrait, comme, combien d'énergie ça va prendre chaque année pour les
investissements qui sont faits. Alors, on sait que, présentement, on a de plus
en plus de besoins pour l'énergie. Alors, ce n'est pas vraiment, comme, on
regarde un programme puis on dit : Bien, on va investir dans les chars
électriques, ça va prendre x «amount» d'électricité propre, c'est vraiment plus
juste une idée globale pour l'économie, pour les citoyens, pour chauffer les
maisons, etc., il n'y a pas quelque chose qui est plus précis sur les
investissements : est-ce qu'on sait combien d'électricité, ça va prendre
pour... 200 millions de dollars, par exemple?
M. Charette : Je veux
rassurer le collègue, cette évaluation-là, elle n'est pas générale et abstraite,
là, pour chaque mesure, il y a une évaluation qui est faite. Juste pour
rappeler un petit peu la séquence, vendredi, on annonçait une modification
réglementaire importante, mais, avant d'annoncer pareille mesure, il fallait se
valider auprès d'Hydro-Québec pour être bien certains d'avoir la disponibilité
nécessaire. Et c'est là où, dans une certaine mesure, même nos cibles de
réduction de GES ne peuvent pas être des cibles qui ne sont pas appuyées par
une disponibilité hydroélectrique, ou encore éolienne, ou, sinon, solaire.
Donc, oui, on a pris le temps, avec Hydro-Québec, de regarder quel était
l'impact de cette mesure-là, et on le fait pour chacune des mesures, là, du
plan de mise en œuvre.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Je vais aller vraiment précis dans l'étude des crédits, juste parce
que, des fois, on regarde des tableaux puis aussi on a des listes des
différentes entreprises... qui ont reçu des fonds du ministère. Alors, je suis
toujours sur le 1.1.1.1. On a des pages de listes, puis j'ai rendu... Je vais
juste dire ça, je vais aller lentement : 9050-8391-Québec inc. a reçu 1 million de
dollars, une subvention de 1 100 018 et 500 sous du gouvernement du
Québec. Est-ce que le ministre peut juste me dire c'est quoi, exactement, le
projet que lui a approuvé?
M. Charette : On pourra le
faire, mais un petit peu comme je le mentionnais à la collègue, pour ne pas
perdre du temps de question et de réponse au collègue, c'est une réponse qu'on
pourra fournir un petit peu plus tard, là, le temps d'identifier la réponse.
Mais peut-être juste rappeler le <numéro...
M. Charette :
...qu'on
pourra fournir un petit peu plus tard, là, le temps d'identifier la réponse.
Mais peut-être juste rappeler le >numéro d'entreprise, vous l'avez
mentionné rapidement.
M. Kelley : Oui. 9050-8391-Québec
inc.
M. Charette : Parfait.
Excellent. Excellent. Merci. On vous reviendra, là, dès qu'on aura identifié la
réponse.
M. Kelley : Oui. Puis,
j'imagine, pour vous... M. le ministre, je sais que la liste est très, très
longue. Est-ce que vous avez une signature électronique pour plusieurs de ces
programmes-là ou est-ce que vous êtes obligé de signer chaque dossier par main
dans ces beaux cartables, je sais, qui existent? Et je sais que chaque fois
vous avez beaucoup d'argent à approuver, mais je veux savoir un petit peu,
est-ce que vous prendre le temps de regarder ça ou c'est plus un travail qui
est fait par votre cabinet puis aussi par vos fonctionnaires? Juste une
question. Je sais que les signatures électroniques, ça existe dans tous les
ministères.
Le Président (M. Jacques) : ...M.
le député, s'adresser à la présidence... quelques fois que je dois le répéter.
Merci.
M. Kelley : Ah! OK.
M. Charette : Bien,
peut-être répondre simplement : Ce ne sont pas toutes les centaines de
projets acceptés qui nécessitent une approbation directement du ministre. Dans
tous les cas, il y a une procédure, donc, selon le type de projet, oui, cette
signature, qui est par le ministre. Dans certains cas, c'est une délégation...
une délégation d'autorisation qui est donnée au ministère, donc je ne peux pas
répondre de façon précise que c'est uniquement des signatures électroniques.
Dans certains cas, ce n'est même pas la signature, même électronique, du
ministre qui est requise.
Donc, ça dépend de la nature des projets,
mais, dans certains cas, c'est réellement un dossier, là, qui parvient à mon
bureau directement, pour lequel je dois signer officiellement le document. Dans
d'autres cas, spécialement les programmes normés, ce n'est pas... ce n'est pas
le ou la ministre qui signe chacun des projets retenus.
M. Kelley : Parfait.
Moi, je vois, M. le ministre qu'il y a comme plusieurs projets approuvés
pour... Alors, j'imagine, ça, c'est comme sur une feuille qui est pour un
programme, quelqu'un a fait une soumission, puis c'est juste approuvé dans le
programme. Alors, je pense qu'on comprend bien, mais je pense que c'est
toujours important de poser des questions précises. J'étais juste curieux sur
le million de dollars qui était investi dans cette entreprise-là.
Alors, je sais qu'on n'a pas beaucoup de
temps. C'est une question que j'ai presque lancée la dernière fois, mais
c'était juste... M. le Président, on sait que des Québécois, présentement,
attendent pour avoir un char électrique. Est-ce que le ministre est rassuré par
les fournisseurs des automobiles que, dans les prochaines couples d'années, on
va avoir du stock, des chars électriques ou est-ce qu'on va avoir des lignes
d'attente et... des listes d'attente de plus en plus longues? Je sais que ce
n'est pas quelque chose que lui peut régler, mais c'est juste une question
parce que c'est important pour la transition énergétique, M. le Président.
M. Charette : Oui, très
important. Rapidement, à la question précédente, le numéro... la compagnie
numéro en question, c'est un concessionnaire automobile, parce que les
concessionnaires automobiles administrent le volet Roulez vert, la subvention
qui est accordée aux acheteurs de véhicules électriques. Donc, c'est le projet
en question.
Sinon, la disponibilité, quelle question
fondamentale à l'électrification des transports! C'est pour ça que j'étais bien
content de l'annonce de vendredi dernier. Actuellement, il y a une plus grande
demande que l'offre disponible. Donc, il faut augmenter l'offre. Et l'offre, on
ne l'augmente pas uniquement en faisant des beaux yeux aux concessionnaires ou
aux constructeurs, c'est en les obligeant à rendre disponibles ces modèles-là.
• (11 h 50) •
C'est la raison pour laquelle le
règlement, là, qui est maintenant en consultation, prévoit des amendes
importantes pour les constructeurs qui n'atteignent pas le nombre de crédits
qui est imposé par cette nouvelle norme là. Et partout dans le monde, les
quelques lois vraiment fortes en matière de véhicules zéro émission, on voit
que c'est le gage de succès. Les constructeurs automobiles envoient tout le
temps leurs modèles où ils sont obligés de les envoyer pour ne pas être
pénalisés.
Donc, avec ce projet de règlement là, on a
la norme VZE à ce jour en Amérique du Nord, là, à partir du moment où ce sera
édicté, naturellement, la plus... la plus ambitieuse. Et on s'assure de
l'approvisionnement requis, sinon, ces constructeurs-là pourraient très bien
dédier ces véhicules à l'Europe ou dans d'autres États ou provinces en Amérique
du Nord où la réglementation est plus sévère.
M. Kelley : Merci.
Le Président (M. Jacques) : Ceci
termine l'échange. Je vais maintenant céder la parole au député de Masson.
M. Lemay : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Jacques) : Neuf
minutes.
M. Lemay : Très bien.
Donc, puisque nous parlions, justement, de la norme véhicule zéro émission,
restons sur ce sujet-là, M. le ministre, si vous en... si vous me le permettez.
En fait, vendredi dernier, le 21 avril, lors du Salon du véhicule
électrique de Montréal, justement, vous en avez fait <l'annonce...
M. Lemay :
...vendredi
dernier, le 21 avril, lors du Salon du véhicule électrique de Montréal,
justement, vous en avez fait >l'annonce, là, de passer... d'ajouter
400 000 véhicules électriques à l'horizon 2030. Donc, on a
présentement une norme qui mentionne que c'est 1,6 million de véhicules
électriques, mais, en réalité, on s'en va vers le 2 millions de véhicules
électriques en 2030.
Et, si on peut faire un comparatif, lorsqu'on
a réfléchi à cette question-là, même en 2015, là, il y avait à peine 0,7 %
des véhicules qui étaient électriques sur nos routes. Ensuite, en 2017, on a
participé à l'élaboration de la norme VZE, qui est rentrée en vigueur le
11 janvier 2018, mais les chiffres, ils progressent quand même de
façon impressionnante, M. le ministre, là. On a juste à reculer d'une année,
environ, mars 2022, on était à 136 000 véhicules électriques sur
nos routes ,au Québec, immatriculés. En janvier 2023... en septembre,
c'était 158 000 véhicules, en janvier 2023, cette année, c'est
171 000 véhicules qui sont sur nos routes. Donc, c'est une augmentation de
32 %, quand même.
Et là, ce qu'on se donne avec cette
nouvelle norme, c'est les moyens d'y arriver, et ce que les gens doivent
comprendre, c'est que, présentement, l'annonce que vous avez effectuée, c'est
qu'il y a une période de consultation qui va débuter le 3 mai prochain sur
les deux règlements que vous mettez en place, là. On peut les retrouver sur le
site Web du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs, sous l'onglet Nombre de véhicules zéro
émission.
Les deux projets de règlement, c'est :
le projet de Règlement modifiant le Règlement d'application de la Loi visant
l'augmentation du nombre de véhicules automobiles zéro émission au Québec afin
de réduire les émissions de gaz à effet de serre et autres polluants, et le
deuxième règlement, tout aussi intéressant, c'est le projet de Règlement
modifiant le Règlement visant la limitation du nombre de crédits pouvant être
utilisés par un constructeur automobile et la confidentialité de certains
renseignements.
Donc, moi, j'ai bien hâte de voir, là, le
résultat de ces consultations-là, M. le ministre, pour justement qu'on puisse
le mettre en vigueur, puis passer à de nouvelles cibles, mais, vous savez, si
je vous fais ce préambule-là, en réalité, c'est un peu parce que je suis
passionné par le sujet. Le secteur des transports représente quand même
43 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Puis moi, tu sais, je
comprends, là, qu'il faut qu'on réduise nos émissions de gaz à effet de serre,
mais moi, j'aimerais ça, que vous m'expliquiez, M. le ministre, pourquoi, en
fait, on cible ce secteur-là puis pourquoi que les véhicules électriques
participent à la transition énergétique.
M. Charette : Et je suis
content, là, de revenir sur cette annonce de vendredi dernier, et je serai
encore plus content quand l'édiction du projet de règlement sera officialisée, là,
ce que l'on compte faire, là, au début de l'automne, si tout va bien.
Pourquoi c'est nécessaire? Vous l'avez...
le collègue l'a bien mentionné, les transports demeurent notre principale
source d'émissions de gaz à effet de serre, 43 %, 44 %. Impensable, impensable
de penser qu'on peut atteindre notre cible si cette proportion-là ne diminue
pas de façon significative. Là, j'arrondis, là, mais ce qui nous permet d'être
optimistes, c'est que le secteur routier du véhicule léger et du véhicule
passagers, ça représente 20 % de nos émissions totales. Le jour où on
n'aura que des véhicules passagers zéro émission, du coup, on aura baissé
20 % de nos émissions totales. C'est considérable.
Et le projet de règlement est le meilleur
outil qu'on pouvait se donner. C'est, avec ça, l'endroit en Amérique du Nord où
on sera les plus stricts, avec, naturellement, la Californie et la
Colombie-Britannique, deux États avec lesquels d'ailleurs on collabore bien, mais
c'est une avancée significative, et il faut être optimiste.
Les chiffres que vous évoquez, là, sont
très, très révélateurs. Et, si on regarde, pour l'année 2022, on est à peu
près à 12 % ,13 % d'immatriculation des nouveaux véhicules qui sont
déjà zéro émission, et cette proportion-là, là, d'année en année, va augmenter.
Puis ce qui... La combinaison parfaite, c'est que les constructeurs automobiles
se sont aussi engagés à rendre disponibles de nouveaux modèles. Les principales
compagnies, bien, je ne veux pas les nommer, là, mais la plupart des grands constructeurs
à travers le monde ont même des dates de fin pour la production de véhicules
thermiques. Donc, dans les prochaines années, là, ça va de beaucoup aider notre
bilan, et c'est bien tant mieux. C'est une très belle nouvelle.
M. Lemay : Merci, M. le
ministre... M. le Président. J'aimerais poursuivre toujours sur cette lancée.
Ça fonctionne au niveau du micro? Ah! parfait. Et puis, en réalité, j'ai
remarqué... j'ai fait la lecture des cahiers des études des crédits des
oppositions puis des renseignements généraux, puis l'opposition officielle, à
la question 117, venait poser la question : De combien de véhicules
électriques le <ministère...
M. Lemay :
...l'opposition
officielle, à la question 117, venait poser la question : De combien de
véhicules électriques le >ministère de l'Environnement a-t-il fait
l'acquisition en 2022‑2023? Et c'est bien indiqué, à la question 117, la
réponse, merci, justement. Puis on regardait, sur le site Web du ministère,
justement, vous avez le tableau de bord pour les cibles du Plan pour une
économie verte 2030, et, à l'intérieur de ce tableau de bord là, il y a une
section qui est Exemplarité de l'État au niveau du pourcentage d'automobiles,
VUS, fourgonnettes et minifourgonnettes électriques de l'État. Et je voulais
juste mentionner que vous participiez très bien, avec votre ministère, à
l'achat de ces véhicules-là, dans cette transition-là, et on voit la
progression de la cible dans le plan. Donc, je suis persuadé que c'est une
cible que vous suivez aussi de façon... très activement et qu'il n'y a pas de
raison qu'on n'atteigne pas nos cibles qui sont indiquées.
M. Charette : On a toutes les
raisons d'être confiants, compte tenu de la disponibilité de nouveaux modèles,
compte tenu des restrictions que l'on impose. Donc, oui, c'est un des aspects
du plan de mise en œuvre qui se déroule à la vitesse que l'on peut espérer à ce
moment-ci.
M. Lemay : Et, M. le
Président, lorsqu'on parle de véhicules zéro émission, bien entendu, il faut
les recharger ces véhicules, donc il faut aussi avoir une stratégie pour la
recharge des véhicules électriques... parce qu'on est déjà rendu à... on le
mentionnait tout à l'heure, 171 000 véhicules électriques, mais ce n'est
pas tous les propriétaires, présentement, qui ont accès à une borne de recharge
à domicile. Plusieurs personnes sont locataires ou propriétaires d'un condo.
Bref, il y a des enjeux de ce côté-là, M. le Président. Et donc c'est sûr que,
lorsqu'on a accès à un stationnement directement adjacent à sa résidence, on
est en mesure de faire l'installation d'une borne de recharge à domicile, mais,
comme que je vous le mentionnais, ce n'est pas le cas pour tous.
Donc, j'aimerais savoir, si vous
permettez, M. le Président, que le ministre puisse me répondre, qu'est-ce qu'on
compte faire pour que personne ne soit laissé pour compte dans cette
transition.
M. Charette : Et le collègue,
encore une fois, voit juste. Et même pour le propriétaire d'une maison, on a
vu, il y a quelques mois, avec... suite à un rappel d'une compagnie, encore une
fois, je ne la nommerai pas, mais on ne pouvait pas charger à l'intérieur d'un
garage ou on ne pouvait pas maintenir à l'intérieur d'un garage, même d'un abri
Tempo, certains modèles, le temps que la correction se fasse. Donc, oui, la
recharge à domicile, c'est important, mais il faut offrir d'autres options.
Il y a quelques semaines... je finis par
perdre la notion du temps, il y a peut-être trois, quatre semaines, avec notre
collègue à l'Économie, on annonçait pour 60 millions de dollars de
projets de recharge rapide à l'extérieur des foyers, tantôt en entreprises,
tantôt sur les axes routiers. Vous allez voir, dans les prochaines semaines, on
va aussi dévoiler d'autres aspects de notre stratégie de recharge.
Donc, oui à la maison, quand c'est
possible, mais il faut prévoir d'autres possibilités. Mais, déjà, même pour les
blocs appartements, même pour les condos, il y a des subventions qui sont
disponibles et admissibles pour que même les loyers... en fait, que les
appartements locatifs puissent bénéficier de ces subventions-là et de ces
infrastructures de recharge. Et il y a de plus en plus de propriétaires ou
d'entreprises qui s'en prévalent.
• (12 heures) •
M. Lemay : ...ministre. Et
pour poursuivre dans le même sujet, on a parlé des véhicules zéro émission, des
stratégies de recharge, qu'est-ce qu'on peut s'attendre dans les prochaines
étapes, tu sais? On a bonifié le Plan pour une économie verte, est-ce qu'on
peut s'attendre qu'éventuellement il y ait une réflexion au niveau d'une norme
VZE ou en ce qui concerne le camionnage lourd, tu sais? C'est-tu dans les
possibilités, dans les prochaines étapes à venir?
M. Charette : Exact.
Le Président (M. Jacques) : ...30
secondes.
M. Charette : Tout à l'heure,
je disais 43%, 44 %, secteur transport, 20 %, véhicules légers, ce
qui laisse un 20%, 23 % pour le véhicule lourd. Donc, oui, on travaille
une stratégie de norme VZE pour le secteur lourd. Là aussi, on regarde et on
travaille avec nos collègues et amis de Colombie-Britannique, Californie, pour
qu'on crée un marché suffisamment important. Mais, oui, il faudra s'attarder
aux véhicules lourds par la suite.
Le Président (M. Jacques) : ...M.
le ministre. Avant de terminer, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mercredi 26 avril 2023, à 11 h 30, où elle
entreprendra l'étude du volet Environnement et lutte contre les changements
climatiques des crédits budgétaires du portefeuille Environnement et Lutte
contre les changements climatiques, Faune et Parcs.
(Fin de la séance à 12 h 01)