Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
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Wednesday, April 26, 2023
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Vol. 47 N° 8
Étude des crédits budgétaires du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, volet Environnement et Lutte contre les changements climatiques
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Jacques, François
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McGraw, Désirée
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Zaga Mendez, Alejandra
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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McGraw, Désirée
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Arseneau, Joël
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Grondin, Agnès
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Montigny, Yves
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Bogemans, Audrey
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Rivest, Mathieu
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Jacques, François
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McGraw, Désirée
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McGraw, Désirée
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Jacques, François
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Charette, Benoit
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Zaga Mendez, Alejandra
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Charette, Benoit
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Zaga Mendez, Alejandra
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Jacques, François
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McGraw, Désirée
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Fortin, André
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McGraw, Désirée
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Bogemans, Audrey
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Rivest, Mathieu
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Charette, Benoit
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Rivest, Mathieu
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Jacques, François
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Grondin, Agnès
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McGraw, Désirée
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Zaga Mendez, Alejandra
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Charette, Benoit
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Zaga Mendez, Alejandra
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Jacques, François
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McGraw, Désirée
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Montigny, Yves
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Lemay, Mathieu
11 h (version révisée)
(Onze heures trente minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Environnement et Lutte contre les changements climatiques des
crédits budgétaires du portefeuille... de l'exercice... d'Environnement et
Lutte contre les changements climatiques, Faune et Parcs pour l'exercice
financier 2023-2024. Une enveloppe de 4 h 30 min est allouée
pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Gendron (Châteauguay) est remplacée M. Thouin
(Rousseau); Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis) par M. Fortin (Pontiac);
M. Morin (Acadie) par Mme Dufour (Mille-Îles); M. Grandmont
(Taschereau) par Mme Zaga Mendez (Verdun); et M. St-Pierre Plamondon
(Camille-Laurin) par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général,
incluant les questions et les réponses. Les mises aux voix...
11 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Jacques) : ...général,
incluant les questions et les réponses. Les mises aux voix de ces crédits
seront effectuées à la fin du temps qui leur est alloué, soit en fin de
journée, vers 18 heures.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
Je vous rappelle que la longueur des réponses doit être généralement
proportionnelle à... la longueur des questions. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
la parole est à vous.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président, et bonjour aux collègues. Je salue d'abord le... le ministre de l'Environnement,
Changements climatiques, Parcs et Faune, ainsi que les députés de la banque
ministérielle et les collègues députés en opposition. Je salue aussi d'autres
personnes qui représentent, entre autres, je crois, RECYC-QUÉBEC, des
représentants du BAPE ainsi que les... la fonction publique pour tout le
travail qui a été... fait pour préparer ces discussions importantes. Merci
aussi pour l'éclaircissement obtenu lors des crédits de Faune et Parcs qui ont
eu lieu ici hier. Je suis contente d'être de retour et j'ai bien hâte d'avoir...
de poser des questions et surtout d'avoir des réponses.
Alors, je n'hésite pas avec ma première
question. On a eu le dépôt du rapport de la Commissaire du développement
durable au... au sein du bureau de... du Vérificateur général, ça a été déposé
aujourd'hui, alors c'est sûr que je... je ne peux pas m'empêcher de commencer
là-dessus. Alors, je... salue d'ailleurs les sujets choisis par la commissaire
dans ce rapport. J'avais aussi eu la chance d'être présente lors des
consultations sur la Stratégie de développement durable, la stratégie
gouvernementale pour 2023... jusqu'en 2028, durant lesquelles on a pu entendre
Mme Lambert, la commissaire, y lire son mémoire à ce sujet. Et, dans les deux,
le rapport déposé ce matin et le mémoire sur la Stratégie de développement
durable, on souligne l'importance que des actions et des mesures transversales...
que ce soit... qu'elles soient prises en matière de développement durable, et
les impacts qu'elles ont sur le climat et la biodiversité. Et on... souligne d'ailleurs
l'interaction entre ces deux enjeux essentiels, c'est-à-dire l'impact des
changements climatiques sur la biodiversité et la perte de la biodiversité sur
les changements climatiques.
Alors, une chose en particulier qui m'a
inquiétée, M. le Président, à la lecture du rapport ce matin, est justement...
c'est : la coordination et la cohésion devraient être nettement améliorées
entre les ministères, notamment de la Sécurité publique et du Transport, afin d'assurer
une gestion intégrée relative à... l'érosion des berges. M. le Président, j'aimerais
savoir ce que le ministre pense de cette recommandation.
M. Charette : Merci beaucoup
à la collègue pour sa question. Je vais prendre... quelques petites secondes
pour saluer et remercier toutes les personnes, là, qui sont avec nous ce matin,
autant les équipes du ministère que les collègues parlementaires et tout le...
le personnel d'appui.
Je ne vous mentirai pas, M. le Président,
à travers la question de la collègue. Je ne l'ai pas lu, le rapport, encore. Il
a été déposé il y a quelques... quelques instants tout juste. Contrairement à
la... la croyance de certains, les ministres n'ont pas accès à ces rapports-là
avant qu'ils ne soient déposés. Donc, je ne peux pas le commenter dans le
détail, ne l'ayant pas lu, mais j'ai effectivement quelques... quelques
éléments de réponse malgré tout.
Dans l'introduction, la collègue faisait
référence justement aux travaux sur la stratégie durable que... la Stratégie de
développement durable que l'on a travaillée ensemble il y a quelques semaines
tout juste. On... Elle parlait aussi de cohésion entre les ministères.
Peut-être juste faire un petit retour à ce niveau-là. Je pense que ce sont de
belles avancées. D'une part, la consultation a aidé à se faire une tête, elle a
aidé à bonifier ce qui était mis sur la table au niveau de la stratégie
elle-même. On se souvient qu'on se questionnait tous, on avait à peu près tous
la même question, à savoir : Est-ce que le réseau scolaire, est-ce que le...
le réseau de la santé devraient être intégrés de façon plus formelle dans cette
stratégie? Il y a eu des belles avancées à ce niveau-là. Et les collègues ont
pu en constater. Il y a une... une volonté clairement exprimée, autant par le
ministère de l'Éducation que par le ministère de la Santé, de participer plus
activement à l'implantation de la Stratégie de développement durable. Donc, c'est
une belle nouvelle, on peut s'en réjouir. C'est le fruit de... du travail qu'on
a pu réaliser ensemble. Et ça permet de faire ce lien avec la cohésion entre
les ministères.
Hier, on a aussi parlé de l'intégration du
volet Faune et <Parcs...
M. Charette :
...ça
permet de faire ce lien avec la cohésion entre les ministères.
Hier, on a aussi parlé de l'intégration
du volet Faune et >Parcs au ministère de l'Environnement. On a parlé
également de l'intégration du volet Transition énergétique au niveau du
ministère de l'Environnement. Ce sont toutes des décisions qui vont favoriser
grandement la cohésion au cours des prochaines années. Et déjà, ne serait-ce
que dans la présentation et la préparation du plan de mise en oeuvre loi
n° 3 qu'on va soumettre dans les prochaines semaines, on... on peut
témoigner du fruit de cette plus grande cohésion.
Maintenant, pour ce qui est des... des bandes...
j'allais dire «bandes riveraines», mais on parle davantage au niveau de
l'érosion, là aussi, cette cohésion-là doit être renforcée, c'est bien certain.
Il y a des travaux qui se font déjà avec la Santé publique, parce que la Santé
publique peut être... impactée lorsqu'il y a des situations de vulnérabilité
sur certains territoires, mais plus directement la Sécurité publique, les
Transports. Donc, ce sont des travaux, là, qui ont déjà été initiés. Et
d'ailleurs la collègue n'était pas encore avec nous à l'époque, mais lorsqu'on
a adopté le projet de loi n° 44, à la précédente législature, on venait
confier au ministère de l'Environnement un rôle de coordination de l'action
gouvernementale, là, sur plusieurs... sur plusieurs enjeux.
Là, je ne veux pas être trop vague dans...
dans les réponses que je donne, mais je le mentionnais, je ne l'ai pas lu, le
rapport. Mais on confirme, là, de notre côté, il y a un bureau de coordination
qui a été mis en place pour prévenir les situations d'érosion. Ça implique
plusieurs ministères. Donc, on... on a anticipé, en quelque sorte, certaines
des recommandations de la Commissaire au développement durable et on a déjà
commencé à intégrer certaines des recommandations, là, qui vont nous guider
pour la suite des choses.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme McGraw : Merci, monsieur...
Merci, M. le ministre. Une autre question. Ça a rapport avec... Écoutez, c'est
sûr qu'on n'a pas eu la chance de lire le... le rapport au complet, mais je
n'en doute pas que le ministre a eu la chance, comme nous, de... de regarder la...
le résumé qui a été présenté par la commissaire aujourd'hui. Et les collègues
étaient... collègues étaient présents. Alors... Alors, on parle beaucoup de
la... la coordination, la cohésion et de la transparence. Et ce n'est pas la
première fois que je questionne le ministre sur la transparence. Il y a
plusieurs autres exemples, entre autres, en matière de la qualité de l'air et
de l'eau, sujet auquel je reviendrais plus tard, de moments où la matière dont
l'information est partagée avec la population, les gouvernements, plus
spécifiquement... les gouvernements de proximité et les autres parlementaires, est
questionnable.
Est-ce que vous prévoyez des méthodes pour
informer les gens et leurs représentants mieux... et mieux les informer? On
pense au constat n° 3, par exemple, du chapitre 4 en particulier.
Mais là, si vous n'avez pas eu la chance de regarder le... ce chapitre, donc de
façon plus générale, sur la question?
• (11 h 40) •
M. Charette : Bien, de... de façon
plus générale, très certainement. Mais, de façon très concrète aussi, depuis
quelques années, on a fait des efforts assez considérables au niveau des...
pardon, des exercices de reddition de comptes et de transparence. Hier
seulement, je faisais référence, tout le volet Lutte aux changements
climatiques avec les objectifs que l'on... que l'on s'est fixés depuis décembre
dernier. On peut suivre en ligne, sans que ce soit compliqué, un tableau de
bord qui nous donne justement un portrait de situation précis sur l'atteinte
des cibles pour chacun des... des objectifs. On a fait la même chose il y a
quelques semaines. Et c'était demandé depuis... pardon, depuis des années au
niveau de la qualité de l'air. On nous demandait justement ces données sur les...
les échantillonnages qui étaient pris.
Et ça, ça... ça touche l'entièreté du
Québec. Le site Internet, là, c'est littéralement en ligne, là, sur qc... en
fait, c'est le... le portail, là, sur... là, je n'ai pas le... le lien entier,
je pourrai donner l'adresse tout à l'heure, mais c'est disponible pour tout le
monde. On a fait ce même type... L'adresse, je ne sais pas si je peux la... en
fait, ce serait... en fait, quebec.ca... qc.ca, ce n'est pas un... ce n'est pas
un site comme tel, probablement quebec.ca. Je vais vous donner l'adresse
complète dans... dans un instant. Oui, c'est quebec... .ca.
Donc, c'est des données qui sont
disponibles, qui étaient demandées depuis un certain temps. Donc, c'est chose
faite pour la qualité de l'air, c'est chose faite pour les aires protégées.
Le Président (M. Jacques) : ...Merci.
On...
M. Charette : Bref, il y a eu
de grands exercices de transparence de <complétés...
Le Président (M. Jacques) :
...Merci.
On...
M. Charette :
Bref,
il y a eu de grands exercices de transparence de >complétés.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
On va continuer.
Mme McGraw : ...ma mère m'a
appris... ma... d'interrompre n'est pas poli. Donc, je demanderais au Président
de m'assister en termes de proportionnalité des... des questions-réponses.
Merci, M. le Président.
M. Charette : C'est bon.
Le Président (M. Jacques) : Oui.
Oui. Vous êtes très, très bien écoutée, Mme la députée.
Mme McGraw : Merci beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Et
on va demander aux... aux gens de... au ministre de faire des réponses un peu
plus courtes, s'il vous plaît.
Mme McGraw : Merci. Je
reviens sur la... le premier enjeu qui a été choisi par la commissaire,
notamment, en termes de... d'érosion et submersion côtières. Le prochain... Un
constat que j'aimerais mentionner : celui de... l'acquisition et la
diffusion des connaissances. On dit, et je cite : «Les trois ministères
ont acquis des connaissances sur l'érosion et la submersion côtières, mais le
MSP et le... MELCC, votre ministère, effectivement, n'ont pas veillé à ce que
cette information soit pleinement accessible.» Alors, je vous cite un exemple
concret. Est-ce qu'il y a une raison pour laquelle ces informations ne sont pas
diffusées? Qu'est-ce qui ralentit la diffusion de ces informations-là?
M. Charette : Naturellement,
le ministère de l'Environnement a énormément de données à sa disposition, c'est
un ministère de réglementation, c'est un ministère de législation. De mémoire,
une trentaine de lois, une centaine de règlements, donc beaucoup, beaucoup
d'information, là, qui transite par le ministère de... de l'Environnement. Je
le disais à la question précédente, au cours des dernières années, on a rendu...
disponibles de façon très facile, très aisée, plusieurs données. Là, il
faudrait que la collègue soit peut-être juste un petit peu plus précise sur
quel type de données elle aimerait voir accessibles, et je serais en mesure
peut-être de... de lui répondre. Mais on a déjà mis en ligne énormément de
documentation pour que la population puisse être bien renseignée.
Mme McGraw : ...ce seraient
toutes les données qui... qui seraient accessibles au... au public.
Mais je passe à la... à la prochaine
question. Cela m'a marquée... lors de la présentation ce matin. On a... Encore
sur le sujet des... de l'érosion et la submersion... submersion côtières, on a
appris qu'en termes de... des éléments manquants pour une gestion efficace des interventions
d'adaptation aux risques liés à ces enjeux-là... on a appris qu'on n'a pas...
le gouvernement n'a pas, et je cite, «optimisé le financement disponible, dont
le financement significatif du fédéral». Alors, est-ce que le ministre pourrait
nous expliquer pourquoi le gouvernement du Québec n'aurait pas accédé au
maximum du financement disponible justement pour s'adapter aux changements
climatiques?
M. Charette : C'est une bonne
question et elle... elle est d'actualité dans bon nombre de dossiers. Le
gouvernement fédéral peut mettre de l'avant des programmes, cependant, ces
programmes-là ne considèrent pas toujours les compétences du Québec. Dans
certains cas, ça prend du temps à négocier une convention. On l'a vu
malheureusement dans le dossier, par exemple, puis je m'éloigne un petit peu de
nos dossiers à nous, là... mais ce fut le cas pour ce qui est du logement, par
exemple. Donc, le Québec ne souhaite jamais signer une convention qui ne
reconnaît pas justement ses compétences dans des sujets particuliers, dans des
sujets précis. Donc, dans certains cas, ça prend un petit peu plus de temps,
mais au final, on souhaite et on parvient généralement à aller chercher la part
qui nous revient. Mais, oui, il y a toujours une volonté pour le Québec de
faire respecter ses compétences. C'était le cas pour le logement. Dans certains
cas, au niveau du... de l'environnement comme tel, il y a des questions qui se
posent aussi, mais au final, on essaie, là, d'aller chercher la part qui nous
revient sans compromettre l'esprit de nos compétences.
Mme McGraw : Donc, est-ce que
le ministre confirme que le Québec a été chercher le maximum du financement
disponible du fédéral selon ses compétences?
M. Charette : C'est... En
fait, c'est malheureusement trop vague comme question parce qu'il y a plusieurs
programmes fédéraux. Je ne sais pas à quel programme la collègue se... se...
Mme McGraw : Ah! je parle des
interventions d'adaptation, tout ce qui est adaptation, changements climatiques
et en particulier les... les risques qui sont liés à l'érosion et la... la submersion
côtières.
M. Charette : En fait, ce
sont des programmes qui s'échelonnent sur plusieurs années. Donc, je vous
confirme qu'on travaille avec nos collègues du fédéral pour s'assurer de créer
les arrimages nécessaires. Donc, on... on n'a pas laissé périmer des sommes, on
continue à échanger. C'est des programmes, là, encore une fois, qui
s'échelonnent sur un certain nombre d'années.
Mme McGraw : OK. Parce que je
pense que les Québécois seraient très déçus d'apprendre si jamais le Québec
n'irait pas chercher le maximum des sommes disponibles pour l'adaptation aux...
aux changements <climatiques...
Mme McGraw :
...très
déçus d'apprendre si jamais le Québec n'irait pas chercher le maximum des
sommes disponibles pour l'adaptation aux... aux changements >climatiques.
C'est un enjeu important, et on va suivre ça de très près.
Alors, maintenant, je vais passer à... à ma
collègue. On mentionne un deuxième sujet, à part des... l'érosion et la... la submersion
côtières, on parle beaucoup de milieux humides et... et... Alors, je voudrais passer
à ma collègue. On mentionne le sujet du peu de soutien et l'encadrement offerts
aux municipalités qui demandent de participer activement à la transition
écologique et économique auxquelles on assiste. Alors, j'ai d'ailleurs, comme
je dis, ma collègue la députée de Mille-Îles qui pourra poser des questions au
niveau des affaires... municipales, et aussi experte en tant que milieux
humides. Alors, si vous me permettez, M. le... le Président.
Le Président (M. Jacques) : Je
vais céder la parole à Mme la députée de Mille-Îles.
Mme McGraw : ...milieux... humides
et hydriques. Désolée.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci... Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Jacques) : Il
vous reste 6 min 45 s.
Mme Dufour : Six minutes, alors
on va essayer de faire ça vite.
Écoutez, vous savez, M. le ministre
connaît mon intérêt pour les milieux humides et hydriques. On a eu des débats
sur le sujet dans le passé. Et... Et, en fait, la Loi sur les milieux humides
et hydriques qui avait été adoptée en 2017 est assez claire : on a un
principe zéro perte nette dans le préambule. Et on... on a une séquence à
suivre... dans cette loi, qu'on dit qu'on doit éviter de détruire des milieux
humides, ou des... de les atteindre, par la suite, de les minimiser, de
minimiser l'impact, et sinon, de compenser financièrement. Le ministre peut-il
nous indiquer de quelle façon il procède à cette séquence? Comment il... il s'assure
que le principe d'évitement soit le premier appliqué dans la loi?
M. Charette : Au cours des
quatre dernières années, il y a beaucoup de bonifications qui ont été apportées
à cette question de gestion des milieux humides, notamment à travers les sommes
que l'on arrive maintenant à... à recueillir. Au départ, et je ne dis pas que
c'était une mauvaise chose, il fallait... il fallait laisser le temps de se...
de se mettre en... en branle, en quelque sorte. Mais, au départ, quand les
libéraux ont mis en place cette... cette belle politique, cette belle... cette
belle idée, la valeur des milieux humides était la même, que l'on soit en
milieu très urbanisé comme Laval, par exemple, versus une région qui est un
milieu humide en soi, par exemple, l'Abitibi-Témiscamingue. Donc, on est venus
apporter des bonifications pour valoriser encore davantage les milieux humides
en milieu urbain.
On a, beaucoup plus récemment, modifié les
façons de bénéficier des sommes qui avaient été amassées. Parce que d'aucune
façon on ne voulait en faire un... un fonds consolidé. Et, ce qu'on a réalisé,
c'est qu'on...
Mme Dufour : ...question. Et
là on s'éternise. Mais j'aimerais une réponse à la question du comment le
ministre s'assure de la... de suivre la... la séquence de la loi, et de
commencer par l'évitement.
• (11 h 50) •
M. Charette : J'y réponds...
J'y réponds à l'instant même, si la collègue me laisse terminer. Donc, avec les
modifications qui ont été apportées, ce sera beaucoup plus facile maintenant de
bénéficier des sommes qui ont été amassées pour justement conserver les milieux
humides ou... encore les rétablir.
Pour ce qui est de l'évitement, une des
formules qu'on a pu retenir, c'est celle des aires protégées. On le disait
hier, ce sont plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés qui ont été
protégés. Et, dans ces kilomètres carrés là, il y a une proportion non
négligeable de milieux humides qui sont maintenant protégés de façon
permanente. Juste une donnée qui, moi, m'impressionne toujours, là : sur
le réseau d'aires protégées qui est constitué, là, essentiellement... 272 000 kilomètres
carrés, on a essentiellement 28 % de milieux humides. Donc, c'est une
façon concrète de protéger des milieux humides.
Et naturellement on est en appui aux
municipalités puis aux... MRC. Lorsqu'elles veulent protéger des territoires,
on est là pour les accompagner, s'assurer que ce soit notamment intégré dans
leur plan de contrôle intérimaire, ce qui n'était pas le cas il y a quelques
années tout juste.
Mme Dufour : Merci, mais ça
ne répond toujours pas à la question. Parce que, de créer une aire protégée ne
justifie pas les destructions de milieux humides ailleurs. Donc, je répète la
question. Et je répète que la loi indique que le ministre... les autorisations
ministérielles doivent venir avec une justification sur la raison pourquoi il
n'est pas possible d'éviter la destruction dans un... et... et de faire le
projet ailleurs, dans un autre lieu de la MRC. Et d'ailleurs la Commissaire du
développement durable l'a souligné dans son rapport, et ce sera une belle
lecture pour le ministre, mais elle le <souligne...
Mme Dufour :
...la
Commissaire du développement durable l'a souligné dans son rapport, et ce sera
une belle lecture pour le ministre, mais elle le >souligne : malheureusement,
la très, très grande majorité du temps, il n'y a aucune justification pour...
pour autoriser la destruction des milieux humides. Alors, j'aimerais savoir
comment le ministre compte respecter la loi et appliquer le principe qui est
prévu, soit l'évitement suivi de la minimisation et la compensation, et ne pas
passer à la compensation automatiquement.
M. Charette : En fait,
peut-être rappeler justement le bon ordre à la collègue : la compensation,
c'est la dernière étape. Il doit y avoir une autorisation préalable. J'espère,
là, que la collègue en est bien consciente. Mais la collègue est aussi issue du
milieu municipal, elle sait fort bien que les municipalités peuvent déjà, à
travers leur... leur plan de contrôle intérimaire, protéger des territoires. C'est
difficile de protéger un territoire lorsque la municipalité n'appuie pas cette
mesure-là. Donc, le premier devoir, c'est d'indiquer, à travers un plan de
contrôle intérimaire, que l'on veut protéger tel territoire. Ultimement, s'il y
a un projet qui doit se... se développer ou qui est sollicité pour un
développement dans un territoire autre qui est protégé, bien, il y a des
autorisations qui sont... qui sont nécessaires. Donc, ça ne se fait pas sans
contrôle. Et, par la suite, si l'autorisation est donnée, il y a une
compensation qui est exigée. Donc, tout ça est très bien encadré par la
réglementation et par la loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme McGraw : ...parce que
c'est une question courte, mais une réponse plutôt longue. Il nous reste peu de
temps, juste pour poser une... autre question dans ce bloc. Alors là, je vais
passer aux changements climatiques, mais on va y revenir.
On... On comprend que ça va nous coûter...
très cher et que le coût de l'inaction, ça va nous coûter encore plus cher. Il
faut vraiment penser aux prochaines générations. Donc, j'ai une question très
précise. Depuis la motion initiale, il y a plus d'un an maintenant, qui voulait
explorer la possibilité... d'établir un comité-conseil jeunesse pour se pencher
sur la lutte aux... changements climatiques, rien... ne s'est passé. Nous
sommes même revenus à la charge avec une nouvelle... motion qui n'a pas été
retenue. Où en êtes-vous? Parce que, dans la réponse aux... questions
particulières... n° 26, on nous revient pour dire que rien n'a été fait.
J'espère que ce n'est pas le cas. Est-ce que c'est bien le cas... M. le
ministre?
Le Président (M. Jacques) : ...pour
répondre.
M. Charette : En fait, la
réponse... la réponse est la même, il y a un plan de mise en oeuvre qui sera
présenté dans les prochaines semaines, ce que je dis depuis le début. Puis il y
aura une réponse à cette question-là dans quelques semaines à travers la
nouvelle mise à jour du plan de mise en oeuvre. On s'est engagés à donner suite
à cette motion et on le fera.
Mme McGraw : Mais, à date, on
confirme que rien n'a été fait. C'était la réponse qu'on a reçue aux questions
particulières.
M. Charette : En fait, le
plan de mise en oeuvre n'a pas été mis à jour, donc officiellement, non.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. Charette : Mais, je vous
le dis, dans quelques jours, vous aurez la réponse.
Le Président (M. Jacques) : Ça
termine le premier bloc d'échange. Je cède maintenant la parole à la
porte-parole du deuxième groupe d'opposition, la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
veux saluer brièvement les collègues parce que j'aimerais beaucoup entendre le
ministre nous parler du rapport de la Commissaire du développement durable.
J'ai cru comprendre tantôt... puis je veux juste savoir si j'ai bien entendu la
réponse du ministre : Est-ce que le ministre a lu le rapport?
M. Charette : Bien, en fait,
ce que je mentionnais, puis même certains collègues peut-être n'en sont pas
conscients... mais, les ministres, on ne reçoit pas ces rapports-là avant
qu'ils soient présentés. Le rapport a été présenté il y a quelque 1 h 30 min
tout juste, donc non, je ne l'ai pas lu. On m'en a fait quelques résumés. Mais
je vous promets une lecture attentive, mais ce n'est pas fait à l'heure où on
se parle.
Mme Zaga Mendez : Est-ce
qu'il a lu les constats, au moins, le résumé?
M. Charette : J'étais à la
période de questions avec la collègue. J'étais en rencontre tout juste avant. J'ai
lu des résumés, oui, mais je n'ai pas lu le rapport, pas plus qu'un résumé, et
c'est bien, bien normal. Il y a des collègues, par contre, qui étaient de ce
huis clos là. Mais la... la collègue, si elle y était, a sans doute remarqué
que je n'y étais pas parce que les ministres ne participent pas à ces huis clos
là non plus.
Mme Zaga Mendez : Ça fait que
le ministre n'a même pas pris le temps de parler aux collègues?
M. Charette : Bien oui, je
vous ai dit, j'ai des... eu des... des rapports, mais je ne l'ai pas lu encore,
étant donné que ça a été présenté il y a quelques instants tout juste.
Mme Zaga Mendez : Donc, je
vais... on va devoir informer le ministre que... des conclusions de la
Commissaire du développement durable. Elle nous a parlé de graves manquements
en termes d'adaptation aux changements climatiques. Puis c'est de ça que j'ai
le goût de... qu'on en discute. Je veux commencer par poser ma question simple :
À combien... Parce que, là, je pense que le ministre de l'Environnement connaît,
l'adaptation, c'est une priorité, on peut regarder tous les impacts qui ont les
changements climatiques sur notre vie, notre économie et nos milieux de vie. À
combien le ministre évalue l'impact des changements climatiques pour le Québec?
M. Charette : Ça, j'ai eu
aussi l'occasion de répondre à cette question-là par le passé. Il y a des
évaluations qui sont faites par ministères, par missions aussi. Hydro-Québec,
par exemple, a rendu publique, un petit peu, l'évaluation qu'elle faisait de
ses obligations par rapport à <l'adaptation...
M. Charette :
...missions
aussi.
Hydro-Québec, par exemple, a rendu publique, un petit peu,
l'évaluation qu'elle faisait de ses obligations par rapport à >l'adaptation.
Au niveau du plan de mise en oeuvre, l'année dernière, on avait certaines
sommes importantes, en fait, qui étaient dédiées à la question, mais ça
n'inclut pas tout ce qui est fait par les autres ministères, qui ne... Comment
le... le dire? Ce ne sont pas des fonds dédiés. À partir du moment où, par
exemple, au niveau du ministère des Transports, qu'on... qu'on se rend compte
qu'une route est vulnérable par rapport à, justement, l'impact des changements
climatiques, le ministère des Transports corrige la situation sans qu'il y ait
eu au préalable un fonds dédié à cette question-là. Donc, on sait que ça va
coûter cher, le gouvernement du Québec a... toujours répondu à... à l'appel.
D'ailleurs, je suis dans une région, là,
les Laurentides, 2017, 2019, largement touchée par les inondations...
Mme Zaga Mendez : Oui, mais
M. le ministre, la question...
M. Charette : ...et on a
répondu pour se protéger.
Mme Zaga Mendez : Je... Je ne
vous pose pas la question sur les fonds qui sont dédiés. Je vais y revenir. La
question, c'est simple : Est-ce que votre ministère a évalué combien ça va
coûter, les effets des changements climatiques au Québec?
M. Charette : Il n'y a pas...
Comment je pourrais vous dire ça? Il y a trop de missions différentes. Je
pourrais additionner ce que chacun des ministères peut prévoir et anticiper,
mais je ne peux pas vous donner un chiffre comme ça, de cette nature, à
cette... à ce moment-ci. Mais ce n'est pas un fonds dédié. Chaque ministère
s'assure d'avoir les argents nécessaires, là, pour répondre à... à ces
besoins-là.
Mme Zaga Mendez : Donc, le...
le ministre est en train de nous dire qu'il n'y a aucuns chiffres évalués par
le ministère de l'Environnement pour savoir combien ça va coûter. Je ne dis pas
combien d'argent qu'on va mettre pour réparer la situation, combien ça va
coûter.
Je veux avancer. Parce qu'il y a du monde
qui ont commencé à faire ce travail-là : les municipalités évaluent que ça
va coûter autour de 2 milliards par année. Est-ce que le ministre
considère ce chiffre-là valable?
M. Charette : Bien, moi,
j'inviterais à... la collègue à ne pas me prêter ou me mettre dans la bouche
des... des mots.
Mme Zaga Mendez : Non, alors
donnez-moi d'autres.
M. Charette : Je n'ai pas dit
qu'il n'y avait pas d'évaluation de faite. Je... J'ai dit que c'est des totaux
que je ne peux pas faire à ce moment-ci, donc, d'une part.
Les municipalités, dans les évaluations
qu'elles ont faites, c'est beaucoup au niveau de l'entretien des
infrastructures. Là aussi, ça ne relève pas du ministère de... de l'Environnement,
mais là aussi, au niveau du ministère des Affaires municipales, il y a des
sommes colossales qui sont dédiées. On parle de plusieurs milliards de dollars.
Donc, là aussi, il y a réponse lorsqu'une situation se... se présente. Mais, au
niveau du ministère de l'Environnement, on ne fait pas de maintien d'actif,
notamment au niveau du réseau d'aqueduc, ce que le... les municipalités peuvent
demander en ce moment.
Mme Zaga Mendez : Alors, pour
qu'on poursuivre la discussion, je veux juste savoir si le ministre peut
s'engager à mettre toutes ces sommes-là ensemble puis nous donner un totaux...
un total de toutes ces sommes-là, de le faire pour nous?
M. Charette : C'est parce que
ça... ça ne fonctionne pas comme ça. Comment dire? À partir du moment où il y a
un besoin qui se manifeste ou qui se présente, le ministère concerné y répond.
Je comprends la dynamique dans laquelle se
situe la collègue. Au niveau international, lorsque je participe à des COP, on
parle de fonds pour l'adaptation. Ce... Cet esprit-là, de fonds, c'est pour beaucoup
les pays plus développés qui viennent aider les pays moins développés. Donc là,
il y a une enveloppe qui est constituée pour aider ces pays-là. Mais le Québec
est un État développé en soi, donc lorsqu'il y a un besoin, on y répond. On
n'est pas obligés de constituer un fonds pour répondre à l'adaptation aux
changements climatiques. On répond.
Tout à l'heure, l'exemple que je donnais
dans... dans ma propre région suite aux inondations de 2017, 2019...
• (11 h 30) •
Mme Zaga Mendez : ...que là,
il y a une information... je suis désolée, une information importante qui nous
a été donnée. Vous avez dit qu'on n'a pas besoin de constituer un fonds
spécifique pour les changements... pour l'adaptation aux changements
climatiques. Est-ce que c'est bien ça que j'ai entendu?
M. Charette : Ce n'est pas...
Ce n'est pas un fonds d'adaptation. Nulle part dans le plan de mise en oeuvre...
On a des sommes qui sont dédiées à l'adaptation, mais ça ne fait pas partie
d'un fonds.
Et... Et je veux juste être bien certain
de comprendre la question de la collègue. Si on rapporte ça dans les
discussions des COP, lorsqu'on parle de créer des fonds d'adaptation, c'est des
fonds alimentés par les pays développés pour aider les pays qui sont moins
développés. Mais le Québec envers soi-même n'a pas besoin de se créer un fonds.
On a les moyens nécessaires pour répondre aux besoins qui se... se présentent.
Je reviens. Je n'ai jamais eu l'occasion
de finir mon... mon illustration. Au niveau des inondations, on sait qu'il
fallait s'adapter. Dans... Dans la région des Basses-Laurentides, on a mis en
place, pour plusieurs dizaines de millions de dollars, uniquement dans les
dernières années, des mesures de protection. Mais ça, ces mesures de protection
là n'ont pas été financées à travers un fonds d'adaptation aux changements
climatiques.
Le Président (M. Jacques) :
Merci. Merci. Mme la députée...
12 h (version révisée)
M. Charette : ...n'ont pas été
financés à travers les fonds d'adaptation aux changements climatiques.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Zaga Mendez : Merci. Alors,
on va juste revenir un peu en arrière, là, parce que je parlais de... La commissaire
du développement durable nous a dit aujourd'hui, là, qu'il n'y a aucun plan
crédible pour faire face à l'érosion côtière au Québec. Il n'y a pas de gestion
intégrée des risques. Le problème est même mal documenté. Le ministère n'est
pas capable de donner un chiffre. Il me dit qu'il y a des sommes, il y a de l'argent
ici et là. Je vais être plus directe. En ce moment, combien d'argent il y en a...
les sommes, ne parlons plus de fonds, les sommes que votre ministère a mises de
côté pour l'adaptation aux changements climatiques?
M. Charette : Dans le
dernier... dans le dernier PMO, là, c'est de notoriété publique, on était à...
on était à 647 millions de dollars, et là, naturellement, on va le
bonifier à travers le prochain plan qui sera présenté, mais il ne faut pas
penser que c'est uniquement ces sommes-là qui sont dédiées à l'adaptation.
Comme je vous le mentionnais, lorsqu'on a construit des ouvrages de protection
à hauteur de plusieurs dizaines de milliers... de millions de dollars, c'est-à-dire
dans les Basses-Laurentides et ailleurs au Québec, ce n'était pas à travers des
programmes normés ou dédiés. Le gouvernement réagit ou anticipe des situations
sans qu'il ait à constituer des fonds en particulier, mais, dans le PMO, on
avait pu identifier certaines mesures, sans compter d'autres qui en sont, des
mesures d'adaptation, aussi, mais qui vont s'adresser davantage au milieu
municipal. On a parlé du programme OASIS. Je pourrais vous en nommer plusieurs.
Donc, on parle déjà de sommes colossales.
Mme Zaga Mendez : Merci. Merci,
M. le ministre. C'est juste que, dans les informations que j'ai, puis,
peut-être, vous me corrigerez, là, c'est pour ça qu'on est là, donc là les
informations que j'ai, c'est que les investissements en adaptation aux
changements climatiques totalisent 437 millions de dollars à l'axe 3
du PMO 2022-2027. Pourquoi vous nous dites 647,3 millions? Est-ce que ça,
c'est le nouveau PMO?
M. Charette : Non. Le nouveau
PMO va être présenté dans les prochaines semaines. Lorsqu'on parle... c'est
parce qu'il y a plusieurs sommes qui, déjà, peuvent être associées à des
mesures d'adaptation ou de résilience climatique. Tout à l'heure, je vous
parlais du programme OASIS. C'était un 100 quelques millions de plus. Et là je
serais tenté de vous le dire, mais je veux laisser le suspense, j'ai les
chiffres sous les yeux, du prochain PMO 3. Vous voulez déjà une primeur?
Mme Zaga Mendez : Bien sûr,
c'est pour ça qu'on est...
M. Charette : Dans deux
semaines, deux, trois semaines, là, vous allez avoir la réponse.
Mme Zaga Mendez : Parfait, on
a une date, M. le ministre.
M. Charette : Mais, déjà, c'est
des sommes qui seront bonifiées par rapport au précédent PMO, mais, encore là,
je réitère, la somme que l'on va annoncer dans quelques semaines, elle sera
bonifiée, oui, mais l'action gouvernementale en matière d'adaptation aux
changements climatiques ne se limite pas à ce montant-là.
Mme Zaga Mendez : Alors, merci.
Je vais partir du 647,3 millions. Dans votre Plan pour une économie verte,
puis ça a été cité par la Commissaire au développement durable, on dit qu'on
fait face à 1,5 milliard de coûts directs liés aux bâtiments ou routes
endommagés, c'est 1,5 milliard. Vous nous dites que vous avez 647 millions.
Il y a un grand écart, et ça, ça n'inclut pas les effets... vous savez, les
autres effets des changements climatiques. Donc, qu'est-ce qu'on va faire pour
rattraper ce retard?
M. Charette : Ce que j'ai
mentionné tout à l'heure, je peux le répéter volontiers. Le ministère des
Transports, par exemple... On a notre collègue des Îles-de-la-Madeleine, là,
qui est présent avec nous. Il y a beaucoup d'efforts qui sont nécessaires aux
Îles, mais aussi dans l'est du Québec, pour des situations d'érosion qui posent
problème et qui menacent la survie même de certains de nos territoires, mais ce
n'est pas une somme qui est budgétée à travers un fonds d'adaptation. Le
ministère des Transports, avec d'autres ministères, lorsque ça s'applique,
contribue au financement de ces mesures-là. C'est pour ça que je ne peux pas
vous dire : Au total, c'est tant, parce que ce n'est pas libellé comme tel
dans les budgets des ministères. Je ne sais plus, honnêtement, et ce n'est
pas... ça ne relève pas de nous, mais, aux Îles seulement, c'est des sommes
importantes qui ont été dédiées. Il y en aura encore d'autres très importantes
parce que la situation, elle est très sérieuse, pour ne pas dire critique, et c'est
la même chose dans d'autres régions du Québec.
Mme Zaga Mendez : Il ne nous reste
pas beaucoup de temps. Moi, ce que je conclus, là, c'est qu'on n'a pas un
budget total qui nous dit combien ça va nous coûter, combien d'argent on met de
côté, parce que tout le monde fait ça à la pièce, mais ça confirme un peu qu'est-ce
que la commissaire du développement durable nous disait ce matin, M. le
ministre, qu'il manque une coordination en termes de mesures d'adaptation.
Êtes-vous d'accord?
M. Charette : Pas du tout. En
fait, j'apprécie les rapports qui nous sont fournis, mais je n'arrive pas à la
même <conclusion que la collègue...
M. Charette :
...je
n'arrive pas à la même >conclusion que la collègue. L'argent est au
rendez-vous.
Mme Zaga Mendez : Que la
commissaire?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, phrasé différemment par la collègue, c'est plutôt le libellé
retenu, le phrasé retenu par la collègue. Les besoins, ils sont répondus, mais
la collègue sera toujours déçue si elle s'attend à ce qu'il y ait un fonds
unique pour... prévu pour l'adaptation. Je parlais du travail du programme OASIS.
Ce n'est pas sous le libellé «adaptation». C'est davantage comptabilisé au
niveau des partenariats avec les municipalités, mais c'est de l'argent pareil.
C'est plus que 110 millions qui aident... qui sont disponibles pour que les
municipalités soient davantage résilientes, mais c'est de l'adaptation, mais,
non, il n'y a pas un fonds qui... qui comptabilise toutes les sommes qui sont
prévues à ce niveau-là.
Mme Zaga Mendez : Alors, je
vais... J'ai deux minutes. Merci, d'ailleurs, de nous avoir donné une date pour
le PMO, j'apprécie.
M. Charette : Je ne l'ai pas
donnée. J'ai dit que ça s'en venait.
Mme Zaga Mendez : Ça venait
dans deux semaines...
M. Charette : Ça s'en vient.
Mme Zaga Mendez : ...on va
retenir ça, à peu près. Alors, ça aurait été le fun, en fait, je dis ça comme
ça, de commencer à parler du PMO puis de la mise à jour, parce que c'est ça, le
devoir qu'on a, comme parlementaires, vous questionner, puis, on va se le dire,
c'est la... c'est comme, on va dire, la colonne vertébrale du plan pour
réduction de GES. Donc, je me demande s'il pouvait prendre aujourd'hui
l'engagement de demander une procédure parlementaire pour étudier le PEV dès
qu'il sera déposé, la mise à jour.
M. Charette : Le PEV, lui, a
été présenté il y a près de... plus de deux ans maintenant. Le PMO, lui, c'est
une mise à jour qui est annuelle, à chaque printemps. L'engagement que j'ai
pris et que je peux réitérer, à partir du moment où on sera prêts à le
présenter, on va organiser un briefing, parce que c'est un budget en soi, le
PMO. Donc, naturellement, les oppositions seront invitées à participer à ce
briefing-là pour qu'on ait tous la même information, et ce sera une information
transmise de façon tout à fait objective par l'équipe du ministère. Donc, ça,
c'est l'engagement qu'on a pris, et je le réitère, là, sans problème.
Mme Zaga Mendez : Parfait,
mais je tiens à dire quand même, M. le ministre, qu'un briefing c'est bien
entre nous, mais je pense qu'on a des redditions de comptes publiques à faire
devant les parlementaires sur ce morceau qui va être très important dans la
lutte aux changements climatiques. 2030, c'est demain matin. Il nous reste
quoi, sept ans? Alors, est-ce qu'il peut s'engager à ce qu'on ait un exercice
d'évaluation par les parlementaires ici, en commission, pour le PMO qui va être
déposé?
M. Charette : Ce n'est pas
comme ça que ça fonctionne. Lorsqu'il y a une présentation d'un document, ce
n'est pas une commission parlementaire, là, qui voit le jour par la suite.
Nous, on rend disponible toute l'information, et, si un briefing n'est pas
suffisant pour la...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Nous allons passer au troisième bloc d'intervention, et...
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : La
députée de...
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) :
La députée des Mille-Îles.
Mme McGraw : ...pour poursuivre
ma... poursuivre et je reviendrai sur... avec d'autres questions.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : Donc, je vais
revenir... Je vais juste souligner, pour le ministre, qui n'a pas eu
connaissance du rapport de la commissaire du développement durable, les lacunes
qu'elle a trouvées dans la gestion des milieux humides et hydriques. Donc, je
vais résumer. Là, j'ai parlé, tout à l'heure, là, de la séquence «éviter,
minimiser, compenser» en dernier lieu. Alors, la commissaire a trouvé des
lacunes dans toutes les étapes de cette loi-là.
Donc, d'abord, elle a trouvé que, pour
l'évitement, bien, il y a... ce n'est presque jamais justifié de ne pas
privilégier l'évitement à la destruction. Donc, en fait, on va... on ne
justifie pas le fait de ne pas appliquer ce principe-là, l'évitement de la
destruction.
Pour ce qui est de la minimisation, bien,
elle n'est pas suivie. Il y a seulement 40 % des autorisations
ministérielles qui ont donné lieu à des inspections de conformité, puis je
pense que ma collègue va en parler tout à l'heure.
Et, pour ce qui est de la compensation, bien,
on n'a pas mis en place de facteur d'équivalence pour comparer, comparer les
milieux détruits avec les milieux de remplacement proposés, et, en plus, le
ministère, il n'a pas d'information complète quant aux pertes de milieux. Donc,
on ne peut pas vraiment choisir les projets pour compenser. On apprend qu'il y
a seulement sept projets sur... Il y a eu 180... 120 millions d'accumulés dans
le fonds de compensation. Il y a seulement sept projets qui ont été autorisés
pour 2,5 millions. Comment le ministre autorise-t-il les projets de compensation
s'ils n'ont pas les données puis s'ils n'appliquent pas la loi?
M. Charette : On applique la
loi. Peut-être corriger l'affirmation de la collègue, la loi et la
réglementation ont été largement bonifiées au cours des dernières années parce qu'elles
comportaient des lacunes, et, encore une fois, je le mentionnais tout à
l'heure, ce n'était pas de mauvaise foi, mais, lorsque ça a été adopté, il y a
quelques années, bien, il fallait laisser l'expérience se vivre pour voir
quelles étaient, là, les lacunes qui allaient se manifester.
Le rapport de la commissaire <sera
d'une grande utilité...
M. Charette :
...le
rapport de la commissaire >sera d'une grande utilité pour la suite des
choses, mais il faut savoir que, déjà, dans les dernières semaines, on a fait
des annonces importantes qui répondent à certaines de ces... à certains de ces
questionnements-là. Donc, la commissaire n'a pas pu en prendre compte elle-même
dans son rapport, qui était sans doute déjà terminé à ce moment-là.
Au niveau de la compensation, on est venus
revoir entièrement la façon d'utiliser le fonds qui était... qui était
constitué. On parle de sommes considérables. On parle de plusieurs dizaines de
millions de dollars, et, je le mentionnais tout à l'heure, le but n'est pas de
faire de l'argent avec cette compensation-là. On veut que cet argent-là serve à
la santé de nos milieux humides. Donc, on est venus modifier les procédures
d'application. Les sommes pour les... la recherche préalable ont été bonifiées.
Les appels d'offres, la façon dont les promoteurs peuvent déposer des projets,
ont été bonifiés. Les sommes admissibles par projet ont été largement
bonifiées.
Donc, ce sont tous des éléments qui ont
été confirmés ces dernières semaines et que la commissaire n'a pas pu
prendre... n'a pas pu en prendre connaissance étant donné que le rapport était
sans doute déjà terminé. Donc, pour nous, des rapports de cette nature-là,
c'est utile, mais il faut savoir qu'il y a déjà plusieurs correctifs, là, qui
ont été apportés depuis.
Mme Dufour : Le ministre,
tout à l'heure, a mis le doigt un peu sur les municipalités pour la protection
des milieux humides et hydriques, mais il a pleinement les pouvoirs, en vertu
de la loi sur les milieux humides et hydriques, pour refuser la destruction
d'un milieu humide qui est de fort intérêt écologique, mais préfère presque
toujours la compensation financière à l'évitement ou la minimisation. Alors,
moi, j'aimerais comprendre pourquoi le ministre n'applique pas sa propre loi.
M. Charette : J'aurais une
question pour la collègue, qui était conseillère municipale. Est-ce qu'elle
nous dit : Le gouvernement de proximité, qui est le gouvernement
municipal, n'a pas à s'immiscer ou n'a pas à indiquer quelle est la façon dont
ils ou elles souhaitent développer leurs milieux? Donc, pour nous, on ne peut
pas ne pas considérer ce que les municipalités anticipent comme développement.
Tout à l'heure, quand je disais que les
plans de contrôle intérimaires... Je ne rejette pas la faute ou je ne donne pas
le fardeau de la preuve aux municipalités. Je disais seulement que c'est un
outil que les municipalités peuvent utiliser pour protéger des milieux humides.
Je vous parlais d'un autre outil aussi, qui est celui des aires protégées, mais
il y a une gradation, là. Entre un plan de contrôle intérimaire et des aires
protégées, il y a plusieurs autres possibilités d'intervention, et, à partir du
moment où il y a une autorisation qui est nécessaire, il y a énormément de
suivi qui est fait. J'ai quelques données que je pourrais partager à la
collègue si elle le souhaite. Il y a 40 % des autorisations, là, qui sont
inspectées. Donc, une fois autorisé, ce n'est pas sans suivi. On ajoute à ça...
Le Président (M. Jacques) : ...passer...
je pense que les collègues ont eu la réponse à leur question.
Mme Dufour : ...municipale.
Et d'ailleurs j'avais participé au plan d'identification, là, des milieux
humides de la ville de Laval, et on avait identifié un beau milieu humide que,
par la suite, le ministre a malheureusement autorisé la destruction, et il a
fallu, par la suite, que la municipalité acquière cette terre pour la préserver
en partie, malheureusement. Alors, moi, je répète ma question.
M. Charette : Bien, peut-être
juste un petit élément de réponse à ce niveau-là...
Mme Dufour : Autorise-t-il
automatiquement la compensation financière lorsqu'il a le pouvoir de refuser et
de... et refuser la destruction de milieux humides?
M. Charette : Peut-être un
petit complément d'information que la collègue oublie, sans doute, sciemment. Oui,
il y a eu rachat avec une subvention du gouvernement du Québec. Donc, le
ruisseau Barbe, auquel fait allusion la collègue, a été financé par le
gouvernement du Québec. On appuie... Et c'est ce que... ça revient à ce que je
mentionnais. Si les villes s'impliquent pour protéger un milieu en particulier,
le gouvernement du Québec, en particulier le ministère de l'Environnement,
n'est jamais loin, généralement, pour appuyer la démarche de la municipalité, mais
je suis convaincu qu'il y a plusieurs municipalités qui sont inquiètes
aujourd'hui d'entendre la collègue dire que ce gouvernement de proximité n'a
pas son mot à dire dans le développement de leur territoire. Donc, le
gouvernement du Québec a une loi à appliquer, il l'applique, il a une
réglementation à faire respecter, il le fait, mais, en même temps, il faut
aussi prendre... il faut être conscient qu'il y a un accompagnement à faire.
Alors, ça ne peut pas être imposé systématiquement par le ministère de
l'Environnement.
Le Président (M. Jacques) :
Merci.
Mme McGraw : Avec respect, M.
le Président, le... avec respect pour le ministre, je ne crois pas que c'était
ce que ma collègue avait dit. Donc, je veux juste clarifier.
Je poursuis les questions par rapport aux <milieux
humides et hydriques...
Mme McGraw :
...questions
par rapport aux >milieux humides et hydriques. Il y a... On a partagé un
document ce matin, et je comprends que le ministre n'a pas eu le temps de lire
le rapport au complet, mais c'est... j'imagine qu'il est au courant des faits
et des informations par son propre ministère, et je parle maintenant des
inspections. On nous a souligné que la majorité des autorisations
ministérielles délivrées pour des travaux en milieux humides et hydriques ne
font pas l'objet... ne font pas l'objet d'une... d'aucune inspection de
conformité et que, 2018, on est en chute libre. Alors, comment le ministre
répond à ce constat par la commissaire?
M. Charette : Je vais aussi
compléter ma réponse précédente, là, parce qu'on a malheureusement voulu
insinuer certaines choses par rapport au ruisseau Barbe. Le plan de contrôle
intérimaire de la ville de Laval a été déposé après que le projet ait été...
Une voix : ...
M. Charette : Non, je le sais
bien, mais il y a quand même une insinuation, là, qui mérite une réponse. Donc,
le plan de contrôle intérimaire a été déposé après que le projet a été
présenté, et, malgré tout, le gouvernement du Québec a aidé à racheter une
partie importante de ce projet-là, de ce terrain-là. Donc, lorsqu'on évoque une
information, je veux juste m'assurer qu'elle soit exacte, ce qui n'était pas le
cas dans le propos de la collègue.
Mme McGraw : Et je suis
d'accord. Donc, j'ai évoqué une information et un constat de la commissaire par
rapport aux inspections de conformité, qu'il n'y a aucune... la majorité, il
n'y a aucun... font l'objet d'une inspection. Ça, ce sont des données du
ministère que vous êtes au courant, M. le ministre, et comment vous expliquez
ces données?
M. Charette : Moi, c'est les
chiffres que je voulais vous donner tout à l'heure, là. Il y a 40 % des
autorisations qui ont déjà fait l'objet d'inspections. On a aussi des données,
là, qui nous laissent croire que le contrôle...
Mme McGraw : C'est la
majorité. Donc, 40 %, c'est moins que la majorité, on est d'accord.
M. Charette : Oui, mais ça,
ça, on pourra en discuter tout à l'heure, mais les inspections... Que ce soit
pour les milieux humides ou de façon générale, on ne va pas inspecter tous les
projets qui sont autorisés. Ça n'a jamais été le cas, ce ne sera jamais le cas,
et ce n'est pas notre intention d'arriver à un chiffre de 100 %. Les
inspections sont toujours dirigées vers les projets qui semblent plus sensibles
ou plus susceptibles de ne pas respecter l'objet de leur autorisation. Donc, si
la collègue s'attend à ce que 100 % des projets autorisés par un
certificat d'autorisation soient inspectés, la collègue sera tout le temps
déçue, parce que ce n'est pas l'intention.
Mme McGraw : Oui, et effectivement
c'est décevant, et c'est décevant aussi d'apprendre que votre ministère, et je
cite, «ne réalise pas toujours des inspections au moment opportun, soit avant
que des dommages soient causés à l'environnement».
M. Charette : Est-ce que... Je
suis curieux. Est-ce que la collègue souhaiterait que... parce que c'est
plusieurs... On parle de milliers de certificats d'autorisation, là, si on
considère autant milieux humides que dans tous les autres champs d'application
du ministère. Le Parti libéral s'engagerait, lui, à inspecter sur place chacun
de ces milliers de projets acceptés. C'est-tu ce que la collègue mentionne?
Mme McGraw : C'est moi qui
pose les questions. Avec tout le respect, M. le Président, c'est moi qui pose
les questions au ministre.
Le Président (M. Jacques) : Je
pense que vous avez...
M. Charette : C'est parce que
la réponse, elle est évidente. Ce ne sera jamais 100 %.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Je
vais juste vous demander de rester dans le respect. Je pense qu'on a des bonnes
interventions de chaque côté. Je pense que tout le monde peut discuter, et
c'est ce qu'on fait ce matin, là, parler des enjeux environnementaux. Donc, je
vous invite à rester dans le respect.
M. Charette : ...spécifique,
au niveau de la dernière année, il y a tout de même eu
2 465 inspections, il y a eu 439 avis de non-conformité, il y a
eu 65 sanctions administratives pécuniaires. Puis, au cours des dernières
années, là, c'est quand même des sommes colossales qui ont été amassées à
travers les différentes condamnations, là, on parle de tout près de
600 000 $, mais, je réitère, le ministère n'a pas l'intention, et je le cautionne
entièrement, de faire des inspections sur site pour chacune des autorisations
qui ont été émises. Ce serait absolument contre-productif.
Mme McGraw : ...de la
majorité est en chute libre depuis 2018, et c'est les constats de la
commissaire, mais je passe à autre chose, M. le Président. On va parler
d'enjeux... d'autres enjeux. On pourrait passer la journée là-dessus, sur le
rapport de la commissaire, et on y reviendrait... on va y revenir en
après-midi.
Alors, M. le Président, la présence des
perfluorés dans <l'eau potable est...
Mme McGraw :
...la
présence des perfluorés dans >l'eau potable est toujours préoccupante.
En tout cas, c'est ce que les agences de protection environnementale et de
santé, les deux, nous disent. Quel est le plan du gouvernement pour se diriger
vers une élimination des perfluorés dans l'eau potable au Québec?
M. Charette : Très, très
bonne question. D'ailleurs, on a eu l'occasion d'aborder ces enjeux-là au cours
des dernières semaines. Le ministère y travaille, là, depuis un bon moment. On
a d'ailleurs parmi les experts les plus reconnus en la matière au ministère. On
peut s'estimer chanceux à ce niveau-là. On a déjà un facteur de chance qui est
fondamental. On n'a pas de production de PFAS sur le territoire québécois.
C'est déjà un avantage, parce qu'on regarde certaines juridictions autant en
Europe qu'aux États-Unis... ont de ces usines-là, et ça pose des problèmes que
l'on n'a pas.
Cependant, cependant, il faut être
conscient, là... Je ne suis pas un expert en la matière, mais, déjà, juste en
regardant la salle ici, je pourrais vous identifier énormément de produits qui
comportent des PFAS. Donc, c'est partout, partout dans notre environnement. Il
faut en être conscients. Donc, éliminer complètement les PFAS... Il y a
plusieurs... Ça, c'est ce que j'ai pu retenir, il y a plusieurs molécules de
PFAS. Donc, ce que l'on a fait jusqu'à maintenant, c'est interdire les plus
problématiques, même au niveau international, mais, au niveau québécois, c'est
un contrôle, c'est un suivi, c'est un accompagnement. On l'a vu ces dernières
semaines, il y a certaines municipalités qui étaient plus exposées. On est là
pour accompagner ces municipalités-là, mais malheureusement il faut être
conscients que des PFAS, il y en a partout dans notre environnement.
Mme McGraw : Oui, c'est sûr
que c'est un problème, et il faut procéder à l'élimination, et on comprend
qu'on a des usines de prétraitement. Alors, la question des... Le prétraitement
des perfluorés est planifié sur les abords du lac Memphrémégog, si je comprends,
«magog», je devrais dire, qui rejette du lixiviat à même le lac. Pouvez-vous...
pourriez-vous nous dire ce qu'il en est? Pardon, M. le Président, est-ce que le
ministre pourrait nous dire qui... ce qu'il en est du prétraitement de ce
projet de la compagnie Coventry?
M. Charette : Oui, ce que la...
La question aussi est encore pertinente, mais c'est important de préciser que
c'est aux États-Unis. Cette entreprise-là est aux États-Unis. J'ai...
Mme McGraw : ...fait partie
aussi du Québec, on est d'accord?
M. Charette : Pardon?
Mme McGraw : On est d'accord
que le lac Memphrémagog fait partie du Québec?
M. Charette : Bien, si la
collègue me laisse répondre, je lui aurais dit que je suis en communication
avec les autorités américaines à ce niveau-là. Il y a eu des échanges directs.
Les ministères sont aussi en communication. Le projet a été largement bonifié
au fil des années. Il a été question aussi d'un moratoire, mais c'est clair que
l'on suit cette question-là de près. Mais il faut rappeler, là, que c'est des
installations qui sont en sol américain. On n'a pas le contrôle que l'on aurait
si elle était au Québec, cette usine-là, mais il y a quand même des éléments
très rassurants qui nous ont été communiqués par les autorités américaines
concernées. Je vous faisais mention du moratoire, mais, sur les conditions qui
seront posées pour ce prétraitement-là, aussi, on vient s'aider, mais autant
nos députés du secteur sont régulièrement informés, autant les contacts avec
l'État du Vermont sont aussi réguliers. Donc, c'est un dossier, là, que l'on
suit de près de notre côté.
Mme McGraw : Alors, on
comprend que les perfluorés sont partout, puis ça va être un défi, les éliminer,
mais il faut s'essayer, évidemment, il faut s'y mettre.
Alors là, on procède avec une autre région
du Québec, c'est-à-dire la ville de Val-d'Or. On a appris que Val-d'Or a dû
condamner un de ses puits en raison d'une concentration élevée de PFAS. Est-ce
que le gouvernement analyse les concentrations de perfluorés après cet incident
et comptez-vous... Est-ce que le gouvernement compte... le ministre compte
mettre des fonds de ce côté pour appuyer les villes dans leur bataille contre
ces contaminants? Et est-ce qu'il y a d'autres informations sur la situation au
Québec? En tout cas, on va poursuivre avec la première question au niveau des
fonds. Comptez-vous mettre des fonds?
M. Charette : Oui. En fait,
la ville de Val-d'Or a été informée il y a plus d'une année de cette problématique-là.
Dès qu'on a pu en prendre conscience de notre côté, la ville a été informée.
Heureusement, elle avait une autre source d'approvisionnement, là, qui lui
était disponible. Donc, le problème a pu être corrigé très facilement, mais,
oui, les villes sont accompagnées. Il y a notre programme au niveau de la <surveillance
de la qualité de l'eau...
M. Charette :
...programme
au niveau de la >surveillance de la qualité de l'eau potable qui est
disponible et qui est là en renfort pour les municipalités qui ne sont pas en
mesure, bien souvent, de procéder elles-mêmes à ces analyses-là, mais, oui, il
y a un accompagnement autant au niveau technique que financier, au besoin, là,
pour corriger des situations précises.
Mme McGraw : Est-ce qu'il y
aurait d'autres informations... Une question de suivi, M. le Président. Est-ce
que le ministre pourrait confirmer s'il y a d'autres informations sur la
situation au Québec? Et comptez-vous informer les villes et les citoyens... les
citoyens de façon systématique?
M. Charette : Oui, bien, en
fait, dès qu'une problématique est identifiée, la municipalité est informée,
c'est bien certain, mais, de façon plus générale, au niveau des PFAS, il y a
une réflexion pancanadienne qui se fait actuellement. On participe à cet effort
de concertation au niveau du milieu scientifique. D'ailleurs, le fédéral a
terminé, il y a quelques semaines tout juste, quelques jours tout juste, sa
consultation. Il y aura production d'un rapport. On va naturellement en prendre
connaissance, mais nos propres scientifiques sont impliqués dans la démarche.
Donc, en termes de connaissances, en termes d'expertise, je le disais tout à
l'heure, on peut s'estimer chanceux et on va prendre, naturellement, les
mesures qui s'imposent en fonction de connaissances qui se développent année
après année, là, sur cette question-là.
Mme McGraw : Oui. Alors, on
comprend que vous nous transmettez ou vous nous avez transmis des informations
avec des... par rapport aux rencontres. Quels sont les besoins? Et on parle... on
parle peut-être davantage aussi de santé, les impacts sur la santé. Est-ce que
vous pouvez élaborer là-dessus?
M. Charette : Oui, bien,
peut-être confirmer qu'au cours des dernières semaines j'ai moi-même participé à
plusieurs rencontres sur le sujet. La Santé publique était représentée. Donc,
ce n'est pas uniquement le ministère de l'Environnement, là, qui suit le
dossier de près. La Santé publique est impliquée aussi. Je ne serais en... je
ne serais pas en mesure de reprendre tous les propos du Dr Boileau lors de ces
rencontres-là, mais on venait relativiser de façon assez éloquente les risques,
et, pour la population, ce qu'on nous disait, c'est qu'il n'y a pas... il n'y a
pas de risque à travers l'eau potable. On s'entend, là, les PFAS, ça demeure un
contaminant, mais, si on parle d'eau potable, la population du Québec peut être
tout à fait rassurée. On a une eau de qualité assez, assez remarquable au
Québec, et la Santé publique, là, ne voyait pas de voyant rouge ou d'inquiétude
particulière. Au contraire, on nous réitérait l'importance de ne pas alarmer la
population, parce que, justement, on a une eau de très, très grande qualité
disponible au Québec.
Mme McGraw : Alors, vous ne
voulez pas informer la population? Je veux juste comprendre...
M. Charette : Bien, je ne
comprends pas...
Mme McGraw : Pardon, M. le
Président, le ministre... Est-ce que... Je veux juste bien comprendre. Moi, ce
que je comprends là-dedans, c'est qu'on ne veut pas informer la population.
Est-ce qu'on peut juste clarifier, s'il vous plaît?
• (12 h 30) •
M. Charette : Non, je ne
comprends pas comment la collègue arrive à cette question ou même supposition.
Au contraire, je viens de dire qu'on a beaucoup d'efforts de faits au niveau de
la communication. Je dis que la Santé publique nous dit : Il ne faut pas
s'alarmer. Je ne dis pas que la Santé publique nous dit de ne pas informer. Elle
nous dit de ne pas s'alarmer, parce qu'on a une eau de qualité, et, nous, les
rapports, ils sont publics. S'il y avait une inquiétude, honnêtement, je
n'aurais aucune gêne à la partager, mais la santé... Je ne suis pas médecin,
hein? Je ne suis pas médecin puis je ne suis pas spécialiste en santé publique.
Donc, celles et ceux qui le sont, spécialistes, nous disent : Non
seulement on suit la situation de près, on a une expertise extrêmement bien
développée au Québec pour s'acquitter de ce mandat-là, et, avec les
connaissances que nous avons, il n'y a pas lieu de s'alarmer. Mais, dès qu'il y
a une situation qui est problématique, la collègue a évoqué Val-d'Or, on
informe la municipalité et on collabore avec la municipalité concernée pour
corriger la situation.
Mme McGraw : Donc, vous ne
trouvez pas... Le ministre ne trouve pas, M. le Président, que, lorsqu'on
parle... Et ce n'est pas nous, c'est les médias qui disent : Des
contaminants éternels dans l'eau potable des villes québécoises. Il n'y a
pas raison à s'inquiéter, à se préoccuper?
M. Charette : La question
semble...
Mme McGraw : Les experts... on
parle d'experts, là, et vous... les experts interministériels. Si je regarde la
réponse dans les questions particulières, on dit qu'il y a des rencontres avec
les populations au besoin, et je devrais clarifier... Ça veut dire quoi, au
besoin, c'est... Quand est-ce qu'on décide qu'on va informer et rencontrer les
citoyens?
M. Charette : Bien, au
besoin, c'est quand il y a un problème. S'il n'y a pas de problème, il n'y a
pas de problème. Il ne faut pas en créer non plus, des problèmes...
12 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...il n'y a pas
de problème. Il ne faut pas en créer, non plus, des problèmes, là. On dit
exactement la même chose, et je l'ai mentionné lors de mes réponses précédentes :
Dès qu'il y a une situation qui est jugée problématique...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre.
M. Charette : ...on corrige
cette situation-là en collaboration avec la municipalité.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée, ceci met fin à ce bloc. J'invite maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine
pour 15 minutes.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci, M. le ministre, d'être présent et de nous aider à faire
le point sur la situation en environnement. Merci à ceux qui vous accompagnent,
à toute l'équipe et à mes collègues du parti gouvernemental et des oppositions.
J'aimerais aborder une question, je pense,
qui n'a pas été abordée jusqu'à présent pour... en fait, sur la question de la
gestion des matières résiduelles au Québec. J'aimerais que, M. le ministre,
vous nous aidiez à faire le point sur la situation, le bilan des dernières
années et vers où on s'en va, parce qu'on cherche à comprendre, à l'heure
actuelle, un peu les... ou faire l'état des lieux, et on a l'impression que les
données ne sont pas tout à fait actuelles. Est-ce que vous pouvez nous dire si
vous êtes en mesure de nous donner, là, un portrait de la situation sur la
gestion des matières résiduelles, en lien avec le plan, notamment celui qui
avait pour objectif de réduire la quantité de déchets produits, là, par
habitant à 525 kilogrammes par année pour 2023, donc pour cette année?
M. Charette : C'est un
dossier qui est passionnant, mais, en même temps, moi, je me désole de voir
tous les retards qui ont pu être pris au cours des années, et on l'assume comme
société, là, ce retard-là. Autant on peut se bomber le torse sur plusieurs
enjeux en environnement par le leadership que le Québec a exercé, pas
uniquement le gouvernement actuel, là, même les gouvernements précédents,
autant en matière de gestion des matières résiduelles, le travail qui reste à
faire, il est immense. On enfouit beaucoup plus au Québec qu'ailleurs au Canada,
notamment. On peut l'expliquer par la grandeur de notre territoire.
On a, pendant des décennies, utilisé la
solution facile, qui était l'enfouissement. Donc, on n'a pas eu suffisamment
recours à la valorisation, encore moins au recyclage préalable. Donc, il y a
des efforts colossaux qui doivent être faits. Il y a des transformations
importantes qui ont été initiées, là, au cours des dernières années, autant au
niveau de la matière organique... Il n'y a aucune raison, bien honnêtement, que
la matière organique se retrouve dans les lieux d'enfouissement. C'est une
matière qui peut et qui doit être valorisée. C'est pour ça qu'on a mis des
conditions précises, là, auxquelles l'ensemble des municipalités du Québec
doivent se soumettre d'ici 2025. On pourra peut-être parler de consigne aussi,
la consigne est une autre transformation extrêmement complexe, mais importante
pour réduire l'enfouissement.
Et le gros défi, au Québec, là, celui pour
lequel on n'a pas encore de solution réellement implantée, c'est les CRD, tout
ce qu'on appelle construction, démolition, rénovation. Ça constitue une
proportion très importante de ce qui se retrouve à l'enfouissement, et c'est
sans doute le prochain grand défi qu'on a, après celui de la consigne, après
celui de la matière organique, arriver à bien récupérer, recycler et,
naturellement, valoriser ces déchets-là. Mais il faut arrêter de tout
simplement penser que tout peut être enfoui, alors qu'une proportion importante
de ces résidus ultimes là pourraient être valorisés.
M. Arseneau : Bien,
évidemment, on est tout à fait d'accord, mais si on peut arriver, là, thème par
thème, parce que vous avez abordé déjà plusieurs éléments de la problématique
et les grands enjeux... Ma première question, c'est : Est-ce que vous êtes
en mesure de nous donner des chiffres récents, plus précis, par exemple, que le
rapport du BAPE, qui a été déposé, si je me souviens bien, là, en janvier 2022,
donc, janvier 2022, avec des chiffres qui dataient de 2019? Est-ce que votre
ministère a des données, là, sur... qui sont récentes? Par exemple, bien, je
parlais de l'objectif global, là, de réduction de la production des déchets par
habitant.
M. Charette : Oui. Et merci
au collègue de faire référence au BAPE. C'est plutôt rare que l'on procède de
cette façon-là, mais c'est un BAPE générique que j'avais demandé pour faire un
portrait de situation. Donc, le rapport du BAPE est intéressant. Il y a RECYC-QUÉBEC
qui a sorti son bilan, là, il y a quelques semaines, en début d'année, tout
juste. Donc, on a des chiffres à ce niveau-là. Donc, oui, c'est des données,
là, qui peuvent être consultées, là. Tout dépendant de la question, je pourrais
vous trouver une réponse bien, bien précise, là, mais...
M. Arseneau : Bien, je vais
encore y aller de façon générale. Déjà, dans le rapport du BAPE, on
disait : C'est <impensable...
M. Arseneau :
...bien,
je vais encore y aller de façon générale. Déjà, dans le rapport du BAPE, on
disait : C'est >impensable qu'on atteigne l'objectif. Vous le
déplorez, comme moi, mais la question qui se pose, c'est : Quels sont les
moyens qui ont été mis en œuvre par le gouvernement au cours des quatre
dernières années ou depuis le dépôt du rapport du BAPE, en janvier 2022, pour
tenter d'obtenir des résultats qui soient probants et qui soient plus près des
objectifs? Parce que, si je me souviens bien, il y a un des scénarios qui est
évoqué par le ministère qui dit : Même pour... tu sais, au train où on va,
même 2041, on n'atteindra pas l'objectif qui était fixé pour 2023.
M. Charette : C'est des
transformations qui, dans certains cas, peuvent coûter beaucoup, beaucoup de
sous, ne serait-ce que pour la matière organique. Je ne sais pas, je lance le
message, la question à l'équipe, qui pourra me répondre, mais on a quelques...
on a des sommes colossales pour la matière organique pour la prochaine
décennie, que ce soit pour le développement d'usines de biométhanisation ou
pour développer des lieux pour fabriquer le compost. Je sens que la réponse va
venir, là, dans les prochains instants, mais on parle...
M. Arseneau : Bien, des
informations, le temps que la....
M. Charette : Exact. Bien,
c'est des sommes colossales et qui portent fruit, mais ça prend du temps à
implanter. Vous avez peut-être vu dans les médias, là, ces derniers jours, il y
a la ville de Québec qui maintenant peut dire que son usine de biométhanisation
est fonctionnelle. Naturellement, une usine de cette nature-là... Je me
souviens, il y a quelques années, j'avais visité le site avec le maire
Labeaume, parce que les travaux étaient amorcés. Là, c'est maintenant terminé.
Donc, avant qu'un projet soit pleinement réalisé, fonctionnel, ça prend du
temps.
M. Arseneau : Bien, si vous
me permettez juste une intervention...
M. Charette : C'est 1,2 milliard
de dollars qu'on a de disponibles pour...
Le Président (M. Jacques) : Oui,
M. le député.
M. Arseneau : Oui. J'aimerais
pouvoir vous poser la question, parce que vous abordez la question, et c'est
fondamental : Pourquoi est-ce qu'encore, au Québec, on enfouit des
matières organiques? On peut se poser la question, et il faut prendre des
mesures, mais l'objectif, je vous le rappelle, l'objectif du ministère était
de... la cible, en fait, c'était 60 % de recyclage ou, enfin, de
traitement des matières organiques. Si mes chiffres sont bons, on serait à
peine à 27%, 28 %, selon les chiffres qu'on a pu obtenir, et là le
ministère a rehaussé l'objectif à 70 % pour 2030.
Alors, ce que je veux dire par là, vous
comprenez, c'est... Puis ce n'est pas un reproche au ministre, au ministère, je
sais que c'est une œuvre collective, mais, en même temps, à quoi bon relever
les cibles si les moyens actuels ne nous permettent pas d'aller à la moitié de
la cible précédente?
• (12 h 40) •
M. Charette : Actuellement,
on a une réglementation, là, qui a été renforcée par rapport à la matière
organique, avec un objectif clair : d'ici 2025, l'ensemble du territoire
québécois devra être desservi par un service de collecte de matières
organiques. C'est nouveau, là. Ça, on l'a fait adopter, ce règlement-là, si je
me souviens bien, en juillet 2020. Donc, le temps que ça prenne effet, oui, les
résultats peuvent être plus mitigés, dans l'intervalle, mais après, l'effet va
être décuplé. À partir du moment où chaque foyer québécois aura la possibilité
de valoriser, à travers ces services-là, sa matière organique, là, les
pourcentages devraient augmenter de façon considérable.
Puis je ne veux pas ressasser le passé,
là, mais, en 2010, le gouvernement, à l'époque, s'était engagé pour que, 2020,
la matière organique soit valorisée. Moi, je suis arrivé en fonctions en
janvier 2019. Malgré l'engagement qui avait été pris presque neuf ans plus tôt,
il n'y avait aucune, aucune politique qui avait été implantée. Donc,
l'engagement avait été pris, mais il n'y avait pas de politique, il n'y avait
pas de règlement, il n'y avait pas de moyens. C'est ce qu'on est venus
corriger.
Et, pour la valorisation, 1,2 milliard de
dollars, là, de disponibles pour aider les régions, et on me confirme, là, il y
a plusieurs projets qui sont présentement à l'étude dans différentes régions,
certains projets sont en opération, Québec est le dernier en lice à s'ajouter.
Donc, c'est réellement une transformation importante, là, qui devrait voir des
résultats intéressants se développer au cours des prochaines années.
M. Arseneau : Bien, est-ce
que vous êtes en train de me dire que, pour 2025, avec le 1,2 milliard
auquel vous faites référence, là, qu'on pourrait atteindre des objectifs, là,
très, très ambitieux, là, que 100 % des ménages...
M. Charette : On travaille,
et les derniers chiffres que j'ai, là, il y a 61 % des municipalités du
Québec qui se sont... qui ont embarqué dans la danse. On est en 2023, il reste
deux ans pour les autres municipalités à emboîter le pas. À partir du moment où
l'ensemble des municipalités seront partie prenante de la démarche, les
pourcentages de valorisation de matières <organiques...
M. Charette :
...municipalités
seront partie prenante de la démarche, les pourcentages de valorisation de
matières >organiques vont aussi augmenter significativement.
M. Arseneau : Là, on parle de
la collecte dans le secteur résidentiel. Est-ce qu'on inclut également, M. le
ministre, les commerces, la restauration et les institutions?
M. Charette : Oui, oui. Ça
aussi, c'est nouveau. Dans notre jargon à nous, là, désolé, on a souvent notre
vocable un petit peu particulier, donc, on appelle ça les ICI, institutions,
commerces et industrie. Ils sont aussi visés. Là, actuellement, là, on
m'indique que c'est 80 % de la population québécoise qui est déjà
couverte. Et, quand je vous dis que la progression, là, sera significative,
en... on était à 45 % en 2016. Donc, en quelques années seulement, là, on
est passé de 45 à 80 %, et, si on remonte plus loin dans le temps, en
2009, on était à 7 %, uniquement. Et on vise le 100 %, là, dans les
meilleurs délais.
M. Arseneau : Bien, quand on
parle de 100 %, là, pour être sûr que ceux qui nous écoutent comprennent
bien, 100 % des Québécois auraient un service qui leur est offert, de
collecte, donc une voie pour nous permettre de valoriser les matières
organiques. Évidemment, ça ne veut pas dire que 100 % de ceux qui y ont
accès vont collaborer, vont contribuer. Est-ce que ça, on a une stratégie, ou
un objectif, ou des cibles à atteindre, des indicateurs, pour voir,
actuellement, si on a 80 %, c'est quoi, le taux de participation?
M. Charette : Ce qui est
problématique, je vous dirais, à ce moment-ci, c'est le multilogement. Puis
vous avez peut-être vu, là, dans les dernières semaines, il y a eu des articles
dans certains médias à ce niveau-là. C'est là où il y a une pédagogie, c'est là
où il y a une communication, là, qui doit être renforcée pour que les
propriétaires de ces immeubles-là ou pour que les syndicats de copropriétaires
se mobilisent en ce sens. On comprend, il y a un enjeu, en matière organique,
c'est celle qui... dont la putréfaction est la plus rapide, donc on peut
comprendre les inquiétudes au niveau des odeurs, au niveau des bestioles qui
pourraient être attirées par ça, mais RECYC-QUÉBEC est là pour appuyer,
justement, ces regroupements-là, s'assurer que les gens qui habitent dans ce
type d'immeuble là puissent également participer à l'effort de valorisation de
la matière organique.
M. Arseneau : Mais l'idée
d'avoir des cibles, les indicateurs ou un objectif à atteindre, est-ce que ça,
c'est...
M. Charette : Bien, c'est le
cas, en fait, les municipalités, ce n'est pas un choix qui leur est laissé,
d'ici 2025, c'est une obligation. Et les municipalités sont d'excellentes
partenaires à ce niveau-là. Lorsqu'on avait présenté le règlement, je me
souviens encore, les municipalités étaient à nos côtés, et on était en
communication constante pour essayer, là, de faire un suivi, s'assurer que
l'implantation se déroule selon le calendrier respecté... indiqué, mais ce
n'est pas un souhait, là, c'est réellement une obligation de desservir
l'ensemble de la population.
M. Arseneau : Mais est-ce
qu'en parallèle on s'apprête, ou on continue, du côté du ministère, à permettre
des projets de création ou d'agrandissement de lieux d'enfouissement technique,
justement parce qu'on n'atteint pas nos objectifs en 2023?
M. Charette : Malheureusement,
dans certains cas, il y a des agrandissements qui sont nécessaires parce qu'on
voit que le rythme d'implantation n'est pas en phase avec la matière qui est
générée. Les dernières années... on ramène souvent la pandémie, mais on l'a vu,
il y a eu beaucoup, beaucoup plus de livraisons à domicile. Du coup, les
quantités de carton, dans certains cas, ont augmenté. Ce n'est pas un carton
qui est toujours disposé au bon endroit, je donne un exemple parmi tant
d'autres, mais, oui, malheureusement, il y a des agrandissements qui ont été
autorisés, il y en a d'autres, vraisemblablement, qui le seront, mais ce que
l'on veut...
M. Arseneau : Mais est-ce
qu'on peut obtenir un engagement à l'effet qu'ils ne sont pas autorisés pour
enfouir, au moins, de la matière organique?
M. Charette : En fait, un des
outils qu'on s'est donné actuellement, c'est d'augmenter le coût de la
redevance. À partir du moment où l'enfouissement est toujours la façon la plus
accessible, ça crée une certaine paresse ou, à tout le moins, ça ne génère pas
trop, trop d'initiatives.
Donc, les redevances ont été augmentées
significativement. D'ailleurs, à partir de janvier dernier, là, il y a eu une
hausse et les hausses seront successives par la suite, mais on ne peut pas
interdire l'enfouissement de la matière organique, tout simplement parce qu'on
ne contrôle pas ce qui est mis dans, par exemple, les sacs. Le citoyen qui met
un sac au chemin, on ne l'éventre pas pour voir... est-ce que ça peut aller au
site d'enfouissement ou pas. Donc, il y a beaucoup de pédagogie, mais il y a
beaucoup de moyens...
Le Président (M. Jacques) :
En terminant.
M. Charette : ...financiers
qui sont disponibles pour améliorer notre bilan à ce niveau-là.
Le Président (M. Jacques) : Merci
pour l'intervention. Je cède maintenant la parole à la <députée...
M. Charette :
...améliorer
notre bilan à ce niveau-là.
Le Président (M. Jacques) :
Merci
pour l'intervention. Je cède maintenant la parole à la >députée
d'Argenteuil.
Mme Grondin : Merci, M. le
Président. En fait, c'est une petite question parce qu'hier, aux études des
crédits qui étaient consacrés à la Faune, j'ai oublié de poser une question au
ministre, qui est une question qui concerne un dossier assez complexe, qui
est... qui est, en fait, un dossier complexe sur les cerfs de Virginie dans le
parc Michel-Chartrand, à Longueuil. À mes yeux, ce dossier-là est un exemple où
l'absence de corridors écologiques mène à un casse-tête qui est à la fois
écologique, mais aussi social, on le voit bien, et économique. Est-ce que, M.
le ministre, il y a des actions que le gouvernement peut poser pour contribuer
à la solution qu'on a besoin?
M. Charette : Bien, merci de
la question. C'est une problématique qui est encore d'actualité, hein? On voit
que le dossier est devant les tribunaux, actuellement. Je peux comprendre que
certaines personnes s'émouvoient... je ne sais pas si je conjugue bien, je
pense que oui, face à la réalité de ces cerfs-là, mais il faut comprendre que
ce n'est pas dans leur intérêt, notamment, de les nourrir, ce qui a en quelque
sorte engendré une partie du problème, à tout le moins.
C'est la raison pour laquelle on a
présenté un règlement. En fait, on met en application un règlement qui vient
baliser, qui vient interdire le nourrissage des cerfs dans... à la grandeur du
Québec, pour une certaine période de l'année. Et celles et ceux qui
s'émouvoient du sort des cerfs doivent prendre conscience que, non, il ne faut
pas les nourrir. Il faut, dans certains cas, recourir... et ça aussi, c'est un
sujet qui peut être délicat, mais il faut recourir à l'abattage de ces cerfs-là,
qui se retrouvent en trop grand nombre. Et, quand je dis que c'est
problématique pour l'espèce elle-même, elle finit par en souffrir, c'est ce que
les gens doivent réaliser. Dans le secteur que vous évoquez, ils sont en
surpopulation, ils finissent par manquer de nourriture. Ça génère une
problématique pour l'espèce elle-même.
Donc, l'engagement que l'on a pris, dans
les prochaines semaines... on devra modifier le règlement pour le port d'arme à
feu, que ce soit carabine à plomb, que ce soit arme à feu traditionnelle, pour,
ultimement, permettre l'abattage de certaines de ces têtes-là, tout simplement
parce qu'on a perdu le contrôle. La réglementation, actuellement, le dit, dans
les territoires de la SEPAQ, on ne peut pas avoir carabine à plomb, sinon, arme
à feu. Donc, on va venir modifier le règlement, ce sera vraisemblablement par
arbalète, par contre, que l'abattage devra se faire, mais je le dis de la façon
la plus transparente possible. Je sais qu'il y a des gens qui s'émouvoient et
qui pensent qu'on pourrait les laisser se reproduire indéfiniment sur le
territoire, mais à ces personnes-là, je dis : Pensez aux bêtes elles-mêmes,
qui finissent par en souffrir.
Du côté du ministère de l'Environnement,
de la Faune et des Parcs, on va prendre les mesures nécessaires, mais, oui,
pédagogie, puis, ultimement, essayons de comprendre que de nourrir ces
espèces-là dans un milieu qui n'est pas naturellement le leur peut causer plus
de tort qu'autre chose aux cerfs, là, que l'on veut maintenant protéger, là,
pour certains.
• (12 h 50) •
Mme Grondin : Merci, M. le
ministre.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de René Lévesque.
M. Montigny : Bonjour, M. le
Président. Merci beaucoup. Alors, j'aimerais ça, moi aussi, remettre en lumière
un élément, là, qui aurait pu être discuté hier, mais spécifiquement sur les
enjeux des parcs nationaux, là, pour mon collègue.
M. le ministre, vous savez, on a
27 parcs nationaux dans presque toutes les régions du Québec, 2,6 %
du territoire québécois qui est situé dans un parc national, c'est
42 000 kilomètres carrés. Alors, évidemment, en plus de ces réseaux
de parcs terrestres, là, on compte aussi un magnifique parc marin du
Saguenay—Saint-Laurent, qu'on a d'ailleurs visité ensemble, récemment, mon
collègue et moi, à Tadoussac. Alors, les Québécois, là, se sont vraiment
réapproprié le territoire, dans les dernières années, avec la pandémie,
évidemment, en visitant les régions et les parcs nationaux, le réseau SEPAQ,
qui a vraiment... la demande est vraiment, je dirais, en forte croissance.
Rappelons que le premier but des parcs nationaux de préserver les
caractéristiques particulières de nos plus beaux coins de pays.
Alors, j'aimerais vous entendre sur... Vous
savez, notre formation politique s'est engagée, lors de la dernière campagne
électorale, à ajouter trois nouveaux parcs nationaux dans son réseau, dont
notamment un dans ma <circonscription...
M. Montigny :
...électorale,
à ajouter trois nouveaux parcs nationaux dans son réseau, dont notamment un
dans ma >circonscription, qui est dans le secteur des dunes de
Tadoussac, M. le ministre. Alors, M. le ministre, j'aimerais savoir si vous
comptez respecter notre engagement, notamment pour les secteurs des dunes et
pour les autres secteurs aussi, pour l'ensemble des régions du Québec.
M. Charette : Oui, bien,
merci, M. le Président. En fait, au collègue, je dirais ceci : D'abord,
merci de m'avoir invité dans sa circonscription et de m'avoir fait rencontrer
le maire. Et c'est fascinant de voir à quel point les milieux peuvent se
mobiliser pour réaliser des projets. Quand le maire de Tadoussac nous parlait,
avec beaucoup de passion, de ce projet-là, je ne pouvais faire autrement que de
m'en réjouir. Ce que je lui ai mentionné, ce que je nous dis aujourd'hui :
On va aller de l'avant avec l'agrandissement de parcs nationaux, on va aller de
l'avant avec la création de nouveaux parcs nationaux.
Tadoussac, c'est un des projets qui avance
bien et pour lequel on va souhaiter des avancées, là, concrètes au cours des
prochaines années. Il y a des procédures, hein, on le voit avec un qui,
actuellement, est en procédure de BAPE pour l'agrandissement, donc il y a des
consultations, il y a tout ça, mais tout se met en place pour aller de l'avant,
et je serai très, très heureux, la journée où on pourra dire : C'est chose
faite, notamment sur le côté de Tadoussac, mais aussi dans les autres régions,
là, pour lesquelles on a promis des agrandissements, ou, sinon, carrément la
création de nouveaux parcs nationaux.
M. Montigny : Merci beaucoup,
M. le ministre.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. J'invite maintenant la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre est maintenant responsable de la
transition énergétique, sous la gouverne du ministère de l'Environnement.
Anciennement, c'était en lien avec le ministre de l'Énergie. Et, en ce moment,
la production d'énergie, d'électricité, de GNR, de bioénergie, la régie de
l'électricité, Hydro-Québec est sous la gouverne du MEIE, mais, maintenant, les
programmes de transition énergétique, comme Roulez vert, Chauffez vert et puis
tous les «climat», Technoclimat... et Novoclimat, ÉcoPerformance, également,
sont sous votre gouverne. Pouvez-vous nous expliquer les avantages pour les
Québécois de cette nouvelle mesure là puis comment est-ce que ce rapprochement,
il est structurant pour la réalisation du plan économique vert du Québec?
M. Charette : Merci pour la
question. Hier, on parlait de cohésion, de cohérence, même, tout à l'heure, là,
à travers certaines questions, on voulait s'assurer, là, qu'il y avait des
discussions entre les autorités concernées. C'est un très, très, très bel
exemple. On va présenter... je n'ai toujours pas dit la date, mais on va
présenter prochainement le plan de mise en oeuvre n° 3. Anciennement... C'est
toujours un exercice de collaboration avec plusieurs ministères, mais, par le
passé, il y avait de ces morceaux-là qui se retrouvaient dans différents
ministères, sous l'égide de différents collègues qui faisaient un beau travail,
mais ce n'est jamais comme s'assurer que sous un seul sous-ministériat, on ait
autant la lutte aux changements climatiques et la transition énergétique, avec
les moyens à notre disposition pour réaliser nos objectifs.
On le voit avec le plan, là, qu'on est à
la veille de présenter, c'est facilitant. Au niveau des suivis, ce sera
facilitant. Au niveau de la reddition de comptes, ce sera facilitant aussi.
Donc, je pense que c'est un changement qui s'imposait et qui va nous aider à
aller de l'avant, là, dans l'atteinte d'objectifs qui demeurent, encore
aujourd'hui, là, très, très ambitieux.
Mme Bogemans : Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Et maintenant je cède la parole au député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci, M. le
Président. M. le ministre, bonjour. Bonjour à toute l'équipe. Ça me fait
plaisir. Moi, je veux vous parler de véhicules électriques, parce que, vous
savez, dans cette idée-là de vouloir faire cette transition énergétique là et
d'avoir zéro émission en 2035, bien, j'aimerais voir avec vous, là, de quelle
façon, là, tu sais ...en plus de réduire grandement les GES, de quelle façon
nos voitures électriques vont participer à la transition énergétique, mais en
incluant la façon qu'on pourra aussi amener nos manufacturiers et aussi les
citoyens dans cette belle dynamique-là, là, de vouloir réduire les GES et de
participer collectivement à ce succès, finalement.
M. Charette : Merci pour la
question. On ne le répétera jamais assez, les transports, c'est de loin notre
principale source d'émissions. J'arrondis, là, je dis 45 %, mais ça
oscille entre 43 %, 44 %, et c'est énorme. On ne pourra jamais
atteindre nos cibles si on ne s'attaque pas de façon particulière au secteur
des transports.
Puis le secteur des transports se divise
en différentes catégories, là, mais le transport routier et celui des voitures
passagers, camionnage... le transport lourd, c'est autre chose, mais le transport
passagers routier, je vais <l'appeler...
M. Charette :
...routier
et celui des voitures passagers, camionnage... le transport lourd, c'est autre
chose, mais le transport passagers routier, je vais >l'appeler comme ça,
à lui seul, c'est, essentiellement, 20 % de nos émissions totales. Donc,
c'est pour ça que c'est important de prendre des décisions, là, dans le dernier
mandat.
On est la première législation, en
Amérique du Nord, puis parmi les premières dans le monde, à avoir interdit la
vente de véhicules thermiques à partir d'une date donnée. Moi, je suis un petit
peu... bien, pas chauvin, mais fier, un an après qu'on l'ait fait, l'Union
européenne a adopté exactement le même calendrier que nous, 2035. Un petit peu
plus tard, c'est la Californie qui adopté exactement le même calendrier que
nous, 2035.
Donc, on sait qu'à partir de 2035 il n'y
aura plus de véhicule thermique qui va se vendre au Québec, des véhicules
neufs, on s'entend, mais on ne pouvait pas non plus se permettre d'attendre
2035 avant d'ajouter des nouvelles mesures. On a renforcé notre norme VZE et,
pas plus tard que vendredi dernier, on a ajouté des conditions extrêmement
strictes aux constructeurs, qui devront s'assurer d'atteindre un certain nombre
de crédits d'ici... bien, en fait, pour les périodes successives jusqu'en 2030,
pour ne pas avoir à payer des compensations qui seraient excessivement élevées.
Ce que ça veut dire pour nous, c'est qu'ils devront rendre disponibles des
véhicules zéro émission, parce qu'actuellement la demande, elle est beaucoup
plus forte que l'offre. Donc, on veut augmenter l'offre. C'est là où les
sanctions seront salées, sévères, pour les constructeurs qui ne se conformeront
pas, mais avec la modification qu'on a annoncée vendredi dernier, on estime que
85 % des véhicules neufs qui seront vendus en 2030 seront... je dis :
85 %, mais c'est minimalement 85 %, ça risque d'être plus que ça, qui
seront... qui se qualifieront pour la norme zéro émission. Donc, c'est une
progression qui est colossale.
Je vous disais tout à l'heure, on était
dans les premiers dans le monde à avoir adopté une loi où on a une date d'échéance.
Bien là, en Amérique du Nord, avec cette réglementation, on devient, et de
loin, les leaders sur les normes zéro émission. Et c'est un gage de succès parce
que la demande, elle est forte, au Québec, mais elle est forte à travers la
planète aussi, donc les constructeurs envoient, systématiquement et en
préférence, leurs véhicules là où les règlements sont les plus sévères. Là, on
vient de se doter de ces règlements-là, plus sévères. Donc, oui, notre marché
pourra être alimenté plus aisément. Et disons-nous ceci, quand on aura réglé
20 % de ce 45 %, c'est un bond immense, là, qui pourra être à notre
crédit et qui va nous aider à atteindre la carboneutralité, là, d'ici 2050.
M. Rivest : Si vous me
permettez, comme j'ai peut-être une dernière question, là, vu le temps qui
passe... Je vous remercie pour la réponse. On peut se donner le droit d'être
chauvin, là. J'ai été, moi-même, un des premiers à avoir un véhicule électrique
aussi, donc à passer à ce zéro émission là, mais on se donne quand même des
défis, au Québec, hein, je pense, qui sont audacieux, de se dire qu'en plus de
faire cette transition-là de véhicules zéro émission... je pense aux bornes...
Et ce travail-là, je pense, entre autres, à mon collègue député, ici, qui
travaille au niveau de l'électrification puis du volet des autobus électriques,
entre autres, etc., et des véhicules. Je pense que certains ont pu faire cette
transition-là de façon assez aisée, mais je pense, entre autres, à ceux qui
peuvent avoir des logements où on a une problématique de trouver, peut-être,
plusieurs bornes. Est-ce qu'on a un plan, une façon de faire pour réaliser ça?
M. Charette : Oui, et c'est
fondamental. On aurait la meilleure norme VZE qui soit, si on n'avait pas de
stratégie de recharge, bien, ce serait extrêmement problématique. Je sais qu'il
y a peut-être un mois, un mois et demi, on a annoncé pour plus... bien, pour
60 millions de dollars de projets, essentiellement, pour du
stationnement qui soit sur rue, qui soit sur des terrains d'entreprises, qui
soit, bref, accessible à la population. Donc, ça, c'est des bornes en plus qui
vont s'ajouter à tous les milliers de bornes qui sont déjà disponibles au
niveau résidentiel, mais nos programmes d'aide financière sont déjà disponibles
pour... que ce soit le multilogement, que ce soit pour les entreprises, que ce
soit pour les commerces. Et, dans les prochaines semaines, vous allez voir...
• (13 heures) •
Le Président (M. Jacques) : En
terminant.
M. Charette : ...on va
arriver avec d'autres éléments, là, de la stratégie de recharge, mais c'est
fondamental. Si on n'avait pas cet élément-là...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre.
M. Charette : ...puis on
avait uniquement des contraintes à l'achat, ce ne serait pas suffisant.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre.
Et, compte tenu de l'heure, nous
suspendons nos travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 heures)
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons reprendre nos travaux. Je vous rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre... poursuivre l'étude du volet Environnement et Lutte contre
les changements climatiques des crédits budgétaires du portefeuille
Environnement et Lutte contre les changements climatiques, Faune et Parcs pour
l'exercice financier 2023-2024.
Nous en sommes maintenant à un bloc d'interventions
de l'opposition officielle. Et j'invite Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce à
prendre la parole pour une durée de 17 min 30 s.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Alors, rebonjour aux collègues. Et alors on va reprendre un peu le
thème de l'eau. On a discuté un peu hier, on a parlé aussi ce matin du fait que
le... le questionnement au niveau du ministre, du ministère d'avoir accédé au
maximum de... du financement disponible...
15 h (version révisée)
Mme McGraw : ...discuté un
peu hier, on a parlé aussi ce matin du fait que le... le questionnement au
niveau du ministre, du ministère d'avoir accédé au maximum de... du financement
disponible, surtout du fédéral. Et, à ce niveau-là, je reviens sur la question
de l'eau. Alors, considérant que nous avons ici, au Québec, 3 % de l'eau
douce au monde, notre proximité avec le fleuve Saint-Laurent et les Grands
Lacs, pourquoi est-ce que le gouvernement du Québec ne s'est pas présenté comme
candidat pour avoir l'Agence canadienne de l'eau ici, au Québec?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : Je pense qu'une
question semblable avait été posée hier.
Mme McGraw : Je reviens
là-dessus pour avoir une réponse plus complète, M. le ministre... M. le
Président.
M. Charette : Elle risque de
se ressembler beaucoup, la réponse à ce qui a été dit hier. Il y a des
échanges, même au niveau des COP, qu'elles soient climatiques, ou même, sinon,
au niveau... au niveau changements climatiques, ou, sinon, biodiversité. Moi, j'ai
des échanges régulièrement avec mon homologue fédéral, à savoir comment qu'on
peut se positionner, comment qu'on peut aider, sinon quelles décisions qu'on
prend, naturellement, par... par nous-mêmes. On a déjà de belles
représentations au niveau de l'eau. Ce n'était pas et ça ne demeure pas notre
priorité que de mettre des efforts, là, sur... sur ce... ce siège-là en
particulier. On aura, dans les prochaines semaines, à parler beaucoup, beaucoup
d'eau, avec l'étude du projet de loi n° 20, notamment. Je vous dirais qu'à
ce moment-ci c'est ce qui est notre priorité, là, en regard à l'eau.
Mme McGraw : Mais est-ce qu'on
ne peut pas faire les choses en même temps, dans le sens que l'eau? C'est une
priorité, c'est notre or bleu ici, au Québec. On parle souvent puis on va y
revenir au niveau du Fonds bleu. On comprend que Winnipeg, c'est maintenant le
siège social. Il va y avoir des retombées économiques importantes, toute la
réputation. On a très bien compris, en tant que Montréal qui était hôte, qui
demeure hôte du secrétariat sur la convention sur la biodiversité. Alors, on
comprend très bien les... les atouts au niveau... les retombées économiques, de
la réputation aussi. Alors, on... on a la misère à comprendre pourquoi le
Québec ne s'est même pas présenté comme candidat pour avoir cette agence ici,
au Québec.
M. Charette : Je veux juste
être certain de la... de la question de la collègue. Vous parlez d'une agence
canadienne?
Mme McGraw : L'agence
canadienne sur l'eau. Et les provinces ont eu la chance, si je comprends bien,
selon les informations que j'ai, ont eu la chance de se présenter comme
candidats.
M. Charette : ...mieux l'esprit
de... de la question. Comme je vous disais, au niveau international, il y a
beaucoup de discussions, là, avec... avec mon homologue au niveau fédéral.
Mais, pour ce qui est d'un siège canadien au Québec, sans dire que c'est une...
ce n'est pas un conflit, mais certainement une divergence de vues avec le
gouvernement fédéral. Pour le Québec, l'eau est de compétence des provinces.
Et, lorsque le fédéral a voulu créer cette instance-là, on a signifié que le
Québec avait pleine compétence pour gérer et administrer les questions
afférentes à l'eau. Donc, on ne va... on n'a pas voulu renforcer une dynamique
qui laisserait entendre que c'est une compétence partagée, alors qu'à notre
sens ce n'est pas une compétence partagée. C'est la raison pour laquelle on n'a
pas manifesté d'intérêt.
Et, désolé, au départ, j'avais mal saisi
la question, là, mais c'est réellement l'objet de notre réflexion. Mais ça ne
nous a pas empêchés de participer de façon constructive à plusieurs échanges
sur les questions afférentes à l'eau. Mais, pour nous, c'est réellement une
compétence, là, de plein droit du gouvernement du Québec.
Mme McGraw : Alors, je
souligne que c'était une opportunité en or, en or bleu, pour le Québec d'être
un leader canadien et mondial en matière d'eau et ça aurait amené des retombées
économiques et réputationnelles importantes pour notre Québec.
M. Charette : Je suis
curieux. Est-ce que la... la collègue reconnaît qu'en matière d'eau le Québec a
pleine compétence? Est-ce que c'est un appui qu'on peut avoir de l'opposition
officielle?
Mme McGraw : Ah! c'est moi
qui posais... c'est moi qui posais la... la question, monsieur le... M. le
Président.
M. Charette : Mais je suis
curieux de nature.
Mme McGraw : Alors, on va
continuer sur le thème d'eau, le Fonds bleu. Donc, M. le Président, le ministre
a pris la décision de rehausser les redevances sur l'eau, quelque chose que je
salue, que ma formation politique s'y était d'ailleurs engagé depuis plusieurs
années. Et le parti caquiste avait flirté avec l'idée en 2018, mais le premier
ministre avait renié, l'avait renié, l'engagement, pris par l'actuel ministre
de sa Sécurité publique pendant la campagne de 2018. D'ailleurs, j'ai un
article intitulé... de Radio-Canada, Redevances sur l'eau : «On ne veut
pas augmenter les prix aux consommateurs», a dit le premier <ministre...
Mme McGraw :
...pendant
la campagne de 2018. D'ailleurs, j'ai un article intitulé... de
Radio-Canada,
Redevances sur l'eau : «On ne veut pas augmenter les prix aux
consommateurs», a dit le premier >ministre.
Alors, si vous me permettez, on a perdu
quatre ans, on a perdu quatre ans. Vous avez le pouvoir réglementaire, le
ministre avait le règlement... pouvoir... pardon, le pouvoir réglementaire de
le faire et le ministre ne l'avait pas fait avant cette année. Comme le
ministre a compté aller chercher environnement un autre 30 millions plutôt
que 3 millions en virant bon, en mal, est-ce que le ministre reconnaît que
son hésitation dans le dossier a coûté au Québec plus de 100 millions de
dollars, c'est-à-dire quatre fois 27 millions?
M. Charette : Peut-être, un
petit retour dans le temps. Oui, on va proposer, dans les prochaines semaines,
une augmentation significative de la redevance, mais ça n'avait pas été revu
depuis le début des années 2010. Donc, si le Parti libéral nous dit
aujourd'hui «on le souhaitait», bien, ils avaient toute la
décennie 2010, essentiellement, pour le faire, alors que ça n'a pas été
fait. On sera celles et ceux qui le feront, tous ensemble, tous partis
politiques confondus, parce que c'est effectivement quelque chose qui est
nécessaire. Il y a les redevances qui sont déterminées à travers le règlement,
les règlements qui sont déjà publiés pour faciliter la compréhension de la... de
la démarche, mais, avant toute chose, c'est l'étude du projet de loi n° 20
qui nous attend. C'est dans quelques jours tout juste. Je pense que les
différentes formations ont pu convenir des groupes que nous allions entendre.
Donc, très, très hâte de voir et de participer ensemble à ces échanges-là. Et je
vais souhaiter, naturellement, une adoption pour mettre en vigueur les
règlements par la suite. Et c'est une hausse de 900 % que ça représente,
donc c'est effectivement significatif.
Mme McGraw : Et on a bien
hâte de participer. Alors, mais on comprend quand même, M. le Président, qu'en
2018, et je... et que... que le premier ministre disait ne pas... pardon, le
premier ministre Legault disait ne pas vouloir augmenter le prix aux
consommateurs. Donc, il y a un changement, alors on aimerait comprendre...
Le Président (M. Jacques) : Il
faut appeler les gens par leur titre et non pas par leur nom, Mme la...
Mme McGraw : Ah! pardon. Je
suis désolée. Le premier ministre caquiste. Alors...
Le Président (M. Jacques) : Premier
ministre du Québec.
Mme McGraw : Oui, mais juste
pour être claire, en 2018, parce qu'il y avait deux premiers ministres, c'est
juste pour être claire, faire la distinction entre les deux.
Qu'est-ce qui a changé, selon... selon le
ministre, son argumentaire ou l'argumentaire du gouvernement?
M. Charette : Bien, peut-être
rappeler à la collègue que j'étais aussi candidat à cette élection-là,
plusieurs de mes collègues aussi, ça ne faisait pas partie du programme en
2018. On a un collègue, et je sais que la... la collègue y fait référence, qui,
dans un article, avait lancé une réflexion notamment à travers les bouteilles
d'eau, mais je l'invite à lire le programme de 2018, et ça ne faisait pas
partie du programme.
Cependant, à la fin du dernier mandat,
c'est le temps qui nous a manqué. C'est une très bonne chose que le temps nous
ait manqué. On avait déposé un projet de loi qu'on n'a pas eu l'occasion de
faire adopter. Et quand je dis que c'est une très bonne chose, on arrive avec
quelque chose de beaucoup plus structuré cette fois-ci, avec surtout un impact
au niveau des futurs revenus du Fonds bleu qui sont nettement plus conséquents.
Donc, ce sont quelques mois qui nous auront permis, là, et qui nous permettront
de faire des avancées encore plus significatives si, avec la collaboration des
oppositions, on peut faire adopter le projet de loi.
• (15 h 10) •
Mme McGraw : Alors, le
gouvernement a refusé d'exiger une redevance plus élevée pour les entreprises
qui prélèvent l'eau. On... on a l'article ici, récemment, février 2022, de
La Presse. Alors, ça, c'est une ligne qu'on pouvait lire il y a plus qu'une...
plus qu'un an, bien, moins d'un an... plus qu'un an, je devrais dire, 2022,
dans La Presse : «Après que le ministre avait refusé une proposition de ma
prédécesseuse en tant que porte-parole en environnement, le gouvernement
s'était d'ailleurs engagé à revoir le système au courant de la
42e législature». Alors, après ces semaines intensives d'études de
crédits, nous commencerons d'ailleurs l'étude détaillée du projet de loi
n° 20. On est vraiment contents que ça va enfin avoir lieu. Alors, le
ministre... M. le Président, j'aimerais savoir le ministre... Qu'est-ce qui a
poussé le gouvernement et le ministre à changer d'idée? Et pourquoi maintenant
surtout? Vous avez parlé un peu... Le ministre a parlé un peu de pourquoi, mais
peut-être pourquoi maintenant?
M. Charette : La collègue
n'était pas là à la précédente législature et c'est peut-être bon de ramener
certaines choses en contexte. Je me souviens très bien de cet échange-là avec
la collègue qui occupait vos fonctions, là, à la dernière législature. C'était
d'ailleurs dans... dans la même <salle...
M. Charette :
...Je
me souviens très bien de cet échange-là avec la collègue qui occupait vos
fonctions, là, à la dernière législature. C'était d'ailleurs dans... dans la
même >salle ici. On étudiait à ce moment-là le projet de loi
n° 102, qui est un projet de loi omnibus, et c'est un amendement qui avait
été déposé, là, et qui arrivait de nulle part. Les consultations avaient déjà
eu lieu. On n'avait jamais abordé cette question-là. Donc, ce que j'avais eu
l'occasion de mentionner à l'époque, c'est qu'on ne peut pas adopter un
amendement de cette nature-là sans qu'on ait pu... pu offrir aux groupes la
possibilité de s'exprimer sur la question. Et je lui avais mentionné que, dans
les semaines qui allaient suivre, on allait déposer un projet de loi en bonne
et due forme qui donnerait lieu à une consultation en bonne et due forme.
Donc, on a eu le temps de déposer le
projet de loi. On n'a pas eu le temps de tenir la consultation. Cependant, on
arrive maintenant avec un projet de loi qui est beaucoup plus étoffé. On a des
dates de commissions parlementaires. Donc, j'ai bon espoir que cette fois-ci on
puisse y parvenir. Mais il ne faut pas détourner le sens de cet échange-là à
travers l'article, c'est un amendement qui avait été déposé, là, sans qu'il y
ait eu quelque consultation que ce soit.
Mme McGraw : Est-ce qu'on
reconnaît quand même, M. le... Est-ce que le ministre reconnaît, M. le
Président, qu'on a perdu quatre ans pendant lesquels le gouvernement a refusé
de revoir les redevances et que, oui, c'est bien avec le projet de loi
n° 20, mais on a quand même perdu quatre ans? Et, si on va faire
30 millions au lieu de... 30 millions au lieu de 30... 3 000
millions par année, il faut reconnaître que l'inaction du gouvernement nous a
coûté des millions pendant quatre ans. Alors, est-ce que le... est-ce que le
ministre reconnaît cette perte?
M. Charette : Bien, je
reconnais que les libéraux ne se... ne se sont jamais intéressés à cette
question-là pendant la décennie 2010. Je le mentionnais, la dernière
augmentation remonte au début des années 2010. Donc, on parle des quatre
dernières années, où, pourtant, un projet de loi a été déposé en bonne et due
forme. Donc, je pense qu'on a pu agir de façon suffisamment efficace et surtout
de façon concrète.
Une intention, c'est une chose, la
réaliser, c'en est une autre. Et nous serons... Et je n'accorde pas le mérite
uniquement au gouvernement. Si on arrive à adopter ce projet de loi là, ce sera
au mérite de l'ensemble des parlementaires, toute formation politique
confondue.
Mais, oui, on aurait pu procéder autrement
dans les années 2010, très certainement, avec des hausses plus
significatives.
Mme McGraw : Et on a bien
hâte de participer ensemble en tant que parlementaires. Mais je voudrais
bien... Parce que la question ne se pose pas vis-à-vis les gouvernements
antérieurs, c'est ce gouvernement. Donc, la question est très simple :
Est-ce que le ministre reconnaît, M. le Président, qu'on a perdu quatre ans et
des millions de dollars?
M. Charette : Si la collègue
veut ramener ça sur une base de parti politique, je reconnais que la Coalition
avenir Québec sera le parti qui aura fait avancer le dossier de l'eau comme
aucun autre parti par le passé. C'est le type de discours que je veux éviter,
mais c'est la collègue qui nous amène sur ce terrain-là. Ça me fait bien
plaisir.
Mme McGraw : Alors, M. le
Président, on va passer. On va peut-être revenir sur la question d'eau, mais je
vais... je vais passer maintenant à la question d'air et de qualité d'air.
D'ailleurs, M. le Président, on... on aimerait parler d'un enjeu très local,
ici, dans la capitale nationale, le rapport du groupe de travail, justement, le
rapport du groupe de travail, le GTCA. On comprend... Premièrement, est-ce
que... quand est-ce que le ministre a reçu le rapport, le rapport GTCA? Là, on
parle de... de Limoilou.
M. Charette : Bien, en fait,
il y a eu quelques rapports et on a été d'une très grande transparence à
chacune des fois. C'est toujours des rapports qui ont été communiqués, là, sans
délai. On a permis, d'ailleurs, pour ce qui est du dernier à tout le moins,
même une deuxième séance d'information publique pour les... les résidents du
secteur. La première, pour différents enjeux logistiques, là, avait empêché la
participation d'un certain nombre de citoyens intéressés. On a repris
l'exercice quelques semaines par la suite. Mais, sinon, on n'a pas retenu
d'information, là, dans aucun des cas, là, à ce niveau-là.
Mme McGraw : On comprend que
le ministre voulait lire le rapport avant qu'il soit publié pour vraiment
étudier, prendre le temps de prendre en considération tous les éléments. Donc,
ça, on comprend. Mais les... Est-ce que vous... est-ce que le ministre croit
que les citoyens et les citoyennes de Limoilou auraient pu avoir droit à ce
même traitement? Parce qu'on a eu la chance de rencontrer les parties prenantes
face à ces enjeux et on a compris qu'ils n'ont pas eu le temps de lire le
rapport, poser des questions, informer, encore moins parce que les citoyens ont
assez dû... ont aussi dû se déplacer au Château Laurier. Le rapport a été tant
attendu pendant longtemps dû à l'ampleur de l'enjeu et au fait que son dépôt a
été reporté à deux <reprises...
Mme McGraw :
...encore
moins parce que les citoyens ont assez dû... ont aussi dû se déplacer au
Château Laurier. Le rapport a été tant attendu pendant longtemps dû à l'ampleur
de l'enjeu et au fait que son dépôt a été reporté à deux >reprises.
Alors, est-ce que le ministre reconnaît, M. le Président, qu'on comprend qu'il
avait besoin de faire la lecture, que mais aussi les citoyens auraient pu avoir
droit à ce même traitement?
M. Charette : Je comprends
qu'il y a certaines informations qui échappent à la collègue. Il y a eu une
première présentation publique par le... le professeur, en fait, M. Charland
lui-même, l'auteur. Et ça, ça s'est fait rapidement. Ça s'est fait trop
rapidement aux yeux des gens du quartier. C'est la raison pour laquelle... et
je l'ai mentionné à ma réponse précédente, c'est la raison pour laquelle il y a
eu une deuxième séance d'information. C'est peut-être l'élément, là, qui... qui
manque à... à la collègue, mais ça s'est déroulé quelques semaines plus tard,
dans le quartier lui-même avec l'auteur aussi. Donc, les gens du secteur ont eu
amplement le temps de prendre connaissance du... du rapport en question. Et ma
foi, c'est une séance qui s'est très bien déroulée.
Donc, il n'y a jamais eu d'information
retenue de notre côté, et on a organisé deux séances d'information plutôt
qu'une pour être bien certain, là, que les gens du quartier, du secteur
puissent se reconnaître dans... dans le rapport et surtout poser les questions
qui s'imposent auprès de son auteur.
Mme McGraw : M. le Président,
je ne sais pas si on parle des mêmes consultations, donc je veux juste
clarifier. Là, on parle... là, je parle du... à Château Laurier. Je parle aussi
que le fait... du fait qu'on parle de... les choses se sont passées vite. Si je
comprends bien, le ministère a convoqué les citoyens à 24 heures d'avis.
La rencontre a eu lieu alors que la ville de Québec tenait en simultané une
autre rencontre d'information sur le développement durable. Alors, quel était
le but de ce... de ce... effectivement, manque d'empathie, effectivement, face
aux citoyens de Limoilou, tant au niveau du temps qu'on leur donne,
24 heures pour se présenter, et en même temps qu'une rencontre importante
sur le développement durable à la ville de Québec?
M. Charette : C'est... c'est dommage,
mais en fait je vais répéter exactement la même chose une troisième fois. C'est
dommage que la collègue n'ait pas pris le temps de mieux se renseigner, il y a
eu...
Le Président (M. Jacques) : ...répondre
dans le prochain bloc.
M. Charette : ...il y a eu
une deuxième séance.
Le Président (M. Jacques) : On
va passer au prochain bloc avec la députée de Verdun. Merci.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci, M. le Président. J'aimerais revenir sur la lutte aux changements
climatiques. Pardon. Puis, on va parler un peu plus de nos cibles de réduction.
Je pense que le ministre nous a dit que, dans quelques semaines, on va avoir le
PMO 3. Et bien sûr, l'année passée, le plan qui a été déposé arrivait à
51 % de la cible en 2030. Donc, la cible de 37,5 % du gouvernement de
la CAQ. Quel pourcentage de la cible va être atteint avec le nouveau
PMO 3?
M. Charette : C'est un autre
scoop que vous me demandez, là, étant donné que le PMO 3 n'a pas été
divulgué encore.
Mme Zaga Mendez : Bien sûr.
M. Charette : Vous souhaitez
avoir la... la réponse?
Mme Zaga Mendez : Bien sûr,
c'est pour ça qu'on est là.
M. Charette : D'ici deux,
trois semaines, promis. Promis, promis.
Mme Zaga Mendez : Bon. Promis.
M. Charette : Le PMO 1...
Bien, je fais des blagues, mais c'est une question très, très importante. Le
premier PMO, 42 %. Dès l'année suivante, on était à 51 %, donc un
bond de... de 9 %. Et ce que l'on disait, à ce moment-là, si on arrive à
faire une progression de 6 %, 7 %, 8 % année après année, si on
fait le calcul, d'ici 2030, on sera à 100 %.
Non, je ne peux pas vous dire la
progression à ce moment-ci, mais je peux vous confirmer qu'on suit notre courbe,
et ce sera encore plus tangible que nous avons toutes les chances d'atteindre
notre cible. Et on sera, il faudra reconnaître le... le mérite de la société
québécoise, si on y parvient, on sera un des rares États dans le monde. Et ça,
c'est le volet malheureux, heureux pour le Québec, mais malheureux à l'échelle
mondiale, on risque d'être parmi les seuls à atteindre notre cible que l'on
s'est fixée pour 2030.
• (15 h 20) •
Mme Zaga Mendez : Bien... je
vais continuer à poser... qu'on creuse un peu sur la question de la cible.
Parce que je comprends, on n'a pas eu le PMO 3 à temps pour faire cet
exercice de reddition de comptes, on aurait pu le faire déjà ici maintenant. Et
comme on faisait des... des jokes qu'on... Je vais me permettre de voir avec
vous... je vais vous donner des montants puis vous me dites : C'est plus
haut, plus bas. Ça fait que...
M. Charette : Puis après...
Mme Zaga Mendez : Est-ce que
ça va être plus haut ou plus bas que 55 %?
M. Charette : Mais après on va...
on va faire le même exercice, puis vous allez me dire si votre cible de
55 % était réaliste à la dernière élection?
Mme Zaga Mendez : Ah,
c'est... ça va être un exercice que ça va me faire plaisir de faire le jour que
je vais peut-être me retrouver à votre place, mais là on est dans les rôles que
nous sommes. Donc, est-ce que c'est plus haut ou plus bas que 55 % de la
cible?
M. Charette : Quelle date, déjà,
qu'on publie? Ça s'en vient. Il faut un petit peu de patience.
Mme Zaga Mendez : Ça s'en
vient?
M. Charette : Un petit peu de
patience. Mais déjà, là, c'est le seul élément que je vais m'engager à donner <aujourd'hui...
M. Charette :
...Quelle
date, déjà, qu'on publie? Ça s'en vient. Il faut un petit peu de patience.
Mme Zaga Mendez :
Ça
s'en vient?
M. Charette :
Un
petit peu de patience. Mais déjà, là, c'est le seul élément que je vais
m'engager à donner >aujourd'hui, ce sera plus haut que 55 %.
Mme Zaga Mendez : Bon. Donc,
on est-tu plus proche de 65 % ou en bas de 65 %?
M. Charette : Là, vous
ambitionnez, vous ambitionnez.
Mme Zaga Mendez : Je vais
m'essayer.
M. Charette : Je m'attendais
à ce qu'après avoir confirmé le 55 % vous me disiez : Bravo!
Félicitations! On est fiers de vous. Mais, au final, c'est dans quelques
semaines que l'on aura la... la réponse à tout ça.
Mme Zaga Mendez : Ça fait que
je vais rester optimiste, là, on va dire, c'est 60 %, mettons 60 %.
Puis, je pense que, pour se réjouir, on aimerait avoir un plan complet.
M. Charette : Ce serait
extrêmement, extrêmement ambitieux. Est-ce que vous seriez contente à
60 %?
Mme Zaga Mendez : Je pense
que ce qu'on s'attend, puis tous les Québécois et Québécoises s'attendent,
c'est qu'on ait 100 % du plan pour arriver à 2030, qui est dans sept ans.
Alors, si on est à 60 %, on rate la cible avec le plan que vous allez
montrer dans quelque temps,
M. Charette : Non, bien, en
fait, c'est ce que j'aimerais vous faire comprendre ou aider à vous faire
comprendre cet après-midi, c'est... Et j'invite la collègue à se méfier de tous
les pays qui disent, en 2003... 2023, savoir où ils en sont pour l'atteinte de
leurs... leurs cibles avec la même rigueur que nous, c'est-à-dire une
réglementation adoptée, des budgets adoptés, un suivi exercé de façon... Ça
n'existe pas dans les faits. Mais, même si on devait être à 55 %, à
56 %, à 58 %, 59 % dans... dans quelques semaines, l'important
c'est que, d'année en année, on puisse avoir minimalement de 6 % à
7 % de progression pour qu'on soit à 100 % en 2030.
Mme Zaga Mendez : Mais donc,
de ce que j'entends...
M. Charette : Parce que,
c'est peut-être un exercice pédagogique qui est important à faire, notre pourcentage
est établi en fonction de budgets et en fonction de règlements adoptés. Donc,
ce n'est pas des potentiels, c'est quelque chose qui se mesure, là, qui nous
permet de calculer le pourcentage.
Mme Zaga Mendez : Merci. Puis,
juste... juste rappeler qu'on garde le temps en fonction des questions. Je
faisais un exercice. Combien... Donc, admettons, là, c'est... sur 55 %, on
continue là-dessus. Est-ce que le ministre peut nous dire aujourd'hui qu'il va
y avoir un pourcentage qui va provenir des mesures du fédéral? Combien?
M. Charette : Le PMO, c'est des...
des mesures 100 % québécoises. Naturellement, on... on peut avoir des
intrants, on peut avoir des collaborations, sinon des... des mesures du
gouvernement fédéral, mais dans notre pourcentage, qu'il soit entre... Bon. Je
vais donner un indice de plus. On va être entre 55 % et 100 %
lorsqu'on va présenter le PMO 3, et ce sera des mesures proprement,
proprement québécoises qui seront calculées avec des budgets québécois, avec
des règlements québécois puis avec des mesures de suivi québécoises.
Mme Zaga Mendez : Pour
continuer, dans nos mesures québécoises, on a le SPEDE. Alors, j'aimerais ça
vous entendre parler un peu plus sur le SPEDE.
On sait que c'est au coeur de la
stratégie, la tarification du carbone, on est très d'accord là-dessus, on a des
échanges avec la Californie puis on sait que c'est les échanges avec la
Californie qui nous ont permis d'atteindre la moitié... faire un peu la moitié
du chemin pour nos différentes cibles. Puis, l'autre moitié, on l'a vu en 2020,
on a parlé de l'effet de la pandémie. Je pense que jusque là le ministre est
d'accord.
Je voulais savoir : Est-ce qu'il est
capable de nous dire combien de millions on envoie chaque année aux États-Unispar
le SPEDE?
M. Charette : C'est une très
bonne question, et je ne sais pas si la collègue est informée, mais je quitte
dimanche pour la Californie dans une perspective de renégociation de notre...
de notre partenariat. On l'avait annoncé il y a quelques semaines.
C'est un outil formidable, le SPEDE, c'est
un outil formidable, il faut s'en convaincre, mais, en même temps, on est
conscients qu'il y a des améliorations à faire au niveau des crédits
compensatoires, au niveau peut-être de certaines modalités. Donc, on va
discuter de ça la semaine prochaine avec notre partenariat.
Les chiffres varient, mais surtout les
chiffres auront tendance à diminuer. Mais je ne me trompe en disant, là, que ça
peut représenter 200 quelques millions de dollars pour... pour, justement, avoir
la possibilité de comptabiliser les crédits qui... qui ont été achetés du côté
californien.
Mme Zaga Mendez : Donc, on
dépend quand même du fait qu'il y a une fuite des capitaux, c'est-à-dire qu'on
achète 200 millions de dollars en crédits carbone à la Californie
pour arriver à nos cibles. Est-ce que le ministre peut nous confirmer qu'on
garde le SPEDE?
M. Charette : Assurément.
Assurément. C'est un... un bel outil, je le mentionnais. J'ai eu cette
discussion-là avec plusieurs... plusieurs collègues de différentes provinces
canadiennes, la taxe fédérale a ses mérites, je les reconnais, mais je... je
préfère de beaucoup notre système à nous, tout simplement que le SPEDE impose
des plafonds qui diminuent avec les années, pour ce qui est des émissions d'une
part, et surtout les revenus sont 100 % réinvestis dans la lutte aux
changements <climatiques...
M. Charette :
...je
préfère de beaucoup notre système à nous, tout simplement que le SPEDE impose
des plafonds qui diminuent avec les années, pour ce qui est des émissions d'une
part, et surtout les revenus sont 100 % réinvestis dans la lutte aux
changements >climatiques, ce qui n'est pas le cas avec la taxe fédérale,
où l'essentiel des argents sont remis aux citoyens. C'est un système qui se
vaut, mais, en termes de résultats, je préfère l'approche québécoise.
Puis, j'ai le chiffre, là, tout à l'heure,
je disais environ 200 millions, on est à 230 millions. Mais, on
regarde... Étant donné les... les plafonds qui diminuent, compte tenu des
modifications que l'on souhaite apporter, c'est un chiffre qui est appelé à
décroître de façon importante.
Mme Zaga Mendez : Merci. On
va avancer un petit peu plus. Parce qu'il reste qu'on dépend de... Je suis
contente de vous entendre, là, qu'on ne va pas mettre de côté le SPEDE. Ceci
dit, on continue à dépendre de l'achat puis la fuite des capitaux. Qu'est-ce
qu'on va faire pour forcer la réduction en sol québécois et ne pas dépendre de
la Californie?
M. Charette : On a des... des
régimes de crédits compensatoires, là, qui se développent. On en a annoncé un
pour la forêt privée il y a quelques mois. On en a annoncé un autre plus
récemment au niveau de la biométhanisation. Donc, ce sont des outils de cette
nature-là qui vont nous aider à faire en sorte que des crédits puissent
s'acheter aussi directement en sol québécois. Et je vous parlais de renégocier
l'entente avec la Californie, c'est un des aspects qu'on veut resserrer à ce
niveau-là.
Mme Zaga Mendez : Puis, en
termes de réduction à la source, est-ce que... Parce que là, on en parlait
tantôt, on comparaît avec la taxe fédérale, mais on s'entend que le prix du
carbone, au SPEDE, est beaucoup moins que la taxe au fédéral. Est-ce que vous
croyez qu'il faut hausser la trajectoire du prix du carbone pour le SPEDE?
M. Charette : Elle va hausser
de façon assurée. Étant donné que les plafonds d'émission diminuent, ça ajoute
de la valeur.
Et ça, c'est peut-être le piège à éviter :
comparer le prix carbone québécois versus la taxe fédérale. Je vous le
mentionnais, l'essentiel de l'argent qui est récolté à travers la taxe fédérale
est retourné aux citoyens sans qu'il n'y ait de mesures mises en place. Donc,
elle a beau être plus élevée, dans les faits, elle donne moins de moyens pour
réaliser les mesures de lutte aux changements climatiques. Nous, c'est
100 % réinvesti, 100 % en mesures québécoises.
Mme Zaga Mendez : Puis
rapidement, réponse courte, à combien elle va hausser le prix du carbone dans
le SPEDE?
M. Charette : On a des... On
a un tableau que je pourrais déposer, là, littéralement, parce que je pourrais
vous donner des chiffres comme ça, mais je pourrais déposer le tableau
directement au niveau de la... de la commission. Mais c'est une hausse, là, qui
est soutenue pour les prochaines années.
Mme Zaga Mendez : Le chiffre
que j'ai, puis vous me corrigerez, là, c'est 97 $ la tonne en 2030, selon le
PMO de l'an passé. Est-ce que c'est toujours bon, ce chiffre-là?
M. Charette : Oui, c'est
sensiblement les mêmes chiffres, effectivement. Je voulais valider, là, pour ne
pas induire la... la collègue en erreur, mais on pourra déposer le... le tableau
sans problème.
Le Président (M. Jacques) : Vous
vous engagez à déposer le tableau vers la fin, là, des travaux aujourd'hui?
M. Charette : Exact.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Combien de temps que j'ai, M. le Président? Il me reste combien de temps?
Le Président (M. Jacques) : Il
vous reste 3 min 58 s.
• (15 h 30) •
Mme Zaga Mendez : Parfait. Ça
fait que le prix du carbone du fédéral est à 170 $. Vous savez, moi, j'ai
un background en économie, puis n'importe quel économiste va vous le dire que...
On compare deux coûts. Qu'est-ce qui est le plus avantageux pour une compagnie?
Lequel des deux prix va encourager la compagnie à faire des actions? On a un
gros manque entre le fédéral, est-ce que vous êtes d'accord?
M. Charette : Non, d'aucune
façon. Comme je le mentionnais tout à l'heure, c'est beau avoir un prix plus
élevé, mais si on ne réinvestit pas les produits de ce coût plus élevé là dans
la lutte aux changements climatiques, ça ne donne pas plus de... de moyens.
C'est là où je... Et, encore une fois, je ne dénigre pas le système fédéral,
mais ce sont deux systèmes complètement différents. Nous, notre coût la tonne,
c'est-à-dire le... le prix à la tonne a beau être plus bas, mais 100 % de
ces sommes-là sont réinvestis. C'est ce qui nous permet, notamment, de dire que
le prochain PMO, c'était dans le dernier budget, mais la ventilation n'a pas
été présentée encore, ce sont 9 milliards de dollars qui seront
investis directement dans la lutte aux changements climatiques pour les cinq
prochaines années. Ça, c'est sans compter les mesures transport collectif et
autres. Mais j'aime mieux un système qui nous permet de réinvestir 100 %
des sommes qu'un système avec un coût plus élevé, mais dont 70 % et même
plus n'est pas utilisé à la lutte aux changements climatiques.
Mme Zaga Mendez : Mais,
cependant, à la fin de la journée, deux prix, un qui est plus haut puis un qui
est plus bas, lequel encourage les compagnies à changer de comportement, selon
vous?
M. Charette : Notre système.
Regardez les diminutions...
Mme Zaga Mendez : Donc, le
plus bas.
M. Charette : Bien, en fait,
il ne faut pas juste regarder le prix, il faut... il faut regarder le système
derrière ça. La collègue, peut-être, pourra se rappeler, on a introduit, par
exemple, le... le principe de la consigne, pas à confondre la... la consigne
des... des contenants à boire, mais la consigne pour les émissions de gaz à
effet de serre. Donc, les entreprises ont un incitatif encore supplémentaire à
réinvestir ces sommes-là...
15 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...on a
introduit, par exemple, le principe de la consigne, pas à confondre la consigne
des contenants à boire, mais la consigne pour les émissions de gaz à effet de
serre. Donc, les entreprises ont un incitatif encore supplémentaire à
réinvestir ces sommes-là dans la réduction de leurs propres émissions. Donc, au
final, je pense, sans prétention, que notre système donne et donnera davantage
de résultats.
Mme Zaga Mendez : Comme il me
manque un peu de temps, est-ce que le ministre pourrait aujourd'hui s'engager à
nous démontrer que la trajectoire du prix du carbone actuel du SPEDE va
atteindre les cibles de réduction? Puis, s'il y a ce plan-là, est-ce qu'il peut
le déposer?
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
à chaque année, on le met à jour, donc, dans quelques… quelques jours, d'ici un
mois, le plan de mise en œuvre 3 sera déposé, et on verra très bien qu'on est,
avec le pourcentage qui sera annoncé, entre 55 % et 100 %, qu'on sera
sur la bonne tangente pour réaliser notre objectif.
Mme Zaga Mendez : Combien de
temps il me reste?
Le Président (M. Jacques) : Une
minute.
Mme Zaga Mendez : Une minute?
Alors, M. le ministre… mais là vous le savez qu'il faut qu'on hausse notre prix
du carbone. C'est la seule façon que le SPEDE va marcher. Est-ce que vous
croyez au principe du pollueur-payeur?
M. Charette : Bien,
assurément. Mais j'ai… la question qui me vient à l'idée : Quelle est la
préférence de la… de la collègue? Est-ce que c'est davantage un prix ou une
diminution des émissions? Si c'est la diminution des émissions qui est le
souhait de la collègue, c'est mieux un système avec un plafond régressif, ce
que ne fait pas la taxe fédérale. Donc, c'est mieux, un plafond régressif, avec
des sommes qui sont 100 % réinvesties dans la lutte aux changements
climatiques. C'est ce qui donne des résultats, c'est ce qui nous a permis, d'année
en année, de faire... Une petite question comme ça, amicale.
Mme Zaga Mendez : Mais c'est
quoi, le résultat, M. le ministre? Le résultat, c'est qu'on n'atteint pas notre
cible.
M. Charette : Entre le Québec
et le Canada, qui a réussi, actuellement, à diminuer ses émissions? Le Québec. Le
Canada, les émissions sont toujours en hausse.
Mme Zaga Mendez : De combien?
De combien on a…
M. Charette : Bien, on a fait
l'inventaire en décembre dernier, on était à moins 26 % par rapport à...
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup à vous deux, ceci termine l'intervention. Je cède maintenant la parole
à la députée de Notre-Dame-de-Grâce pour sa deuxième intervention, de 17 min 30 s.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Mais donc la réponse du ministre a été importante, et je salue... d'ailleurs,
je salue ma collègue de deuxième opposition pour... d'avoir abordé ce sujet et
je voudrais poursuivre. Alors, on comprend très bien… Là, ce matin, on a parlé…
le rapport de la commissaire, M. le Président, qui est sorti, mais on se
rappelle très bien que, l'année passée, il y a un an, la commissaire, elle a
dit qu'on navigue à l'aveugle sur les changements climatiques. Ça, c'est le
rapport de la commissaire de l'année passée, et ça n'a pas changé depuis ce
temps-là, parce qu'on comprend très bien que le Plan pour une économie verte…
on attend toujours le prochain, le troisième, mais, à date, n'a identifié que
51 % des mesures pour y parvenir.
Il est important aussi de se rappeler que
le 37… le cible de… la cible, je devrais dire, de 37,5 % n'est pas assez,
n'est pas à la hauteur, ne nous permet pas d'atteindre la carboneutralité d'ici
2050. C'est… c'est la réalité scientifique et économique. Alors, il nous faut
des cibles plus ambitieuses, mais, par la suite, aussi avoir un vrai plan de
match pour y arriver. Donc, peut-être, dans les prochains jours, lorsque le
ministre va nous présenter ce plan, peut-être toutes les réponses y seront,
mais, en attendant, on pose des questions. Alors, bien, c'est une question,
effectivement : Est-ce que le prochain Plan pour une économie verte va,
justement, identifier 100 % des mesures pour parvenir à nos cibles?
M. Charette : Bien, peut-être
juste... La collègue, malheureusement, là, fait des affirmations qui sont
inexactes. Avec la cible que l'on s'est donnée, avec le plan de match que l'on
s'est donné, on est sur la bonne courbe pour… pour atteindre la carboneutralité
en 2050. Si vous regardez, notamment, le rapport Dunsky, qui a été publié il y
a un petit moment, c'est écrit clairement, la courbe est la bonne. Ça… ça ne
veut pas dire qu'il n'y a pas d'efforts à faire. Il y a des efforts à faire. Mais
si on est à 37,5 % en 2030, c'est envisageable et réalisable d'être à la
carboneutralité en 2050. Une chose.
Pour ce qui est du prochain PMO, je répète
ce que je mentionnais à notre collègue de Québec solidaire : Méfions-nous
des pays ou des États qui prétendent avoir identifié 100 % des mesures à
mettre en place. Ceux qui font ça, essentiellement, ils calculent des
potentiels, ils pensent que tel secteur va générer tant de réductions et
pensent que tel autre secteur va générer tant d'autres réductions. Nous, on ne <pense…
M. Charette :
...que
tel secteur va générer tant de réductions et pensent que tel autre secteur va
générer tant d'autres réductions. Nous, on ne >pense pas, on calcule des
éléments qui sont validés et appuyés par trois conditions : on a la
mesure, la mesure est clairement identifiée, on a le budget, le budget est
dûment voté, et on a le règlement, qui est dûment présenté, sinon déjà, même,
adopté. Donc, on ne calcule pas des potentiels, on calcule l'effet de mesures
concrètes. C'est la raison pour laquelle, d'année en année, on ajoute des
pourcentages qui nous permettront d'être à 100 %, si on continue dans la
même… dans la même logique. Et le calcul est simple à faire, on était à
52 %, on était à 51 %, et le prochain, entre 55 % et 100 %.
Mme McGraw : Donc, si on
comprend bien, la réponse est donc non. On ira... on s'attend, avec le PEV,
justement, que les mesures ne seront pas identifiées, et même, on critique… on
se méfie, selon le ministre, on se méfie des États, d'autres provinces,
d'autres pays, justement, qui identifient… parce que c'est de la planification.
C'est normal de planifier et de réajuster. Ça fait que, selon nous, on nous...
c'est... on s'organise pour faire un échec et on s'inquiète. Mais le ministre,
si je comprends bien, il nous dit, le mot qu'il a utilisé : Il faut être
patients, il faut être patients face à l'urgence climatique.
Et, justement, je voulais revenir sur la
question des jeunes, des jeunes, qui ont à faire des choix impossibles, ces
jours-ci, entre leur futur et individuel, de faire les études, de trouver un
emploi et leur avenue… leur avenir collectif. Et là je parle en tant
qu'ancienne présidente de collège. Et j'ai vu des étudiants qui me disaient,
ils avaient des offres à Harvard, à Stanford : Non, je ne ferai pas ça,
parce que, les 10 prochaines années, il faut que je passe à l'action sur
les changements climatiques. Donc, on met les jeunes dans une situation
impossible. Alors, qu'est-ce qu'on dit, M. le Président, qu'est-ce que le
ministre dit à ces jeunes-là? Est-ce que… est-ce qu'il faut qu'ils se patientent
face à l'urgence climatique?
M. Charette : Je leur dis
notamment : Méfiez-vous des formations politiques ou des gouvernements qui
prétendent avoir identifié 100 % de ce qui pourra être fait. C'est la
première chose à mentionner. Je leur dis : Méfiez-vous d'autant plus des
partis politiques qui prétendent avoir toutes les solutions, alors que
l'énergie nécessaire n'est même pas disponible. Ça me rappelle quelques
formations politiques lors de la dernière campagne électorale.
Mais, sinon, à ces… à ces jeunes-là, je
leur dis : La crise climatique, elle est importante, on a un gouvernement,
au Québec, qui prend la chose au sérieux, qui investit des sommes comme jamais
il ne s'en est investi par le passé sur ces questions-là, qu'on s'est donné des
mesures de contrôle et de suivi extrêmement rigoureuses qui font l'envie
d'autres pays qui, maintenant, cherchent à calquer un petit peu notre… notre
façon de faire. Et, à ces jeunes-là, je leur répète qu'ils peuvent compter sur
le gouvernement du Québec.
• (15 h 40) •
Mme McGraw : Mais ils
regardent un État qui... le gouvernement… qu'ils sentent que c'est la
complaisance et la... et non le sentiment de passer à l'action. Et, justement,
lorsqu'on parle d'autres pays et du gouvernement, où est-ce qu'on est rendus,
le fait que le gouvernement… le Québec est rendu où on est aujourd'hui c'est à
cause de décisions qui ont été prises bien avant, des décennies, ça fait des
décennies, alors on est... et le gouvernement du Québec et le... qui profite de
ces décisions-là, ce qui est bien, dont le marché de carbone. Donc, c'est des
décisions antérieures de gouvernements antérieurs.
La question c'est : Qu'est-ce que ce
gouvernement fait maintenant? Parce que, comparativement aux autres provinces,
surtout l'Ontario, l'effort est moindre, l'effort est moindre. Donc, oui ...
par habitant, mais c'est grâce à des décisions antérieures. Alors, que fait le
gouvernement pour rehausser le niveau d'ambition et les actions concrètes pour
y arriver, dont une cible de 2025, et ne pas attendre jusqu'en 2030, à
l'intérieur de ce mandat de ce gouvernement?
M. Charette : C'est la
première fois que j'entends, et ça me fait sourire, que l'Ontario a plus de
leadership que le Québec en matière de changements climatiques. Je le dis avec
le sourire, parce que je rappellerai à la collègue que c'est l'Ontario qui
s'est retirée du marché du carbone. Jamais l'Ontario n'investit autant que le
Québec en matière de lutte aux changements climatiques. C'est aussi l'Ontario
qui a mis de côté une norme VZE. Je pense que, si on veut être sérieux, là,
soyons sérieux un petit peu. Je pense qu'il n'y a pas grand <spécialistes…
M. Charette :
...une norme VZE. Je pense que, si on veut être sérieux, là,
soyons sérieux un petit peu. Je pense qu'il n'y a pas grand >spécialistes
de cette question-là qui seraient prêts à reprendre l'affirmation de la
collègue comme quoi l'Ontario assume un plus grand leadership que le Québec.
Puis j'aime beaucoup nos collègues de l'Ontario, je suis en contact avec le
ministre de l'Ontario, mais ce n'est juste pas sérieux. Honnêtement, n'allez
pas là.
Mme McGraw : On parle de
l'effort présentement, et non juste ce qui s'est passé antérieurement. En tout
cas, on peut être en désaccord, peut-être, M. le ministre, mais la question,
c'est... M. le Président, la question pour le ministre, c'est… on parle
d'efforts et d'ambition maintenant… qu'est-ce qu'on dit aux jeunes, maintenant,
qui ne se sentent pas en sécurité parce qu'ils trouvent que le gouvernement est…
n'en fait pas assez et qu'il manque d'ambition, et même, sont complaisants, à
cause des décisions antérieures d'autres gouvernements dans le passé?
M. Charette : Bien, je vais
répondre à un des éléments de la question. Les gouvernements, par le passé… Moi,
je me souviens de tous les rapports sur la gestion du Fonds vert. Les
gouvernements passés, donc, oui, on avait une bourse du carbone, où les argents
n'avaient souvent pas de lien avec… les argents, où ils étaient investis, on
pouvait difficilement faire un lien avec la lutte aux changements climatiques.
On peut sortir des extraits de ces rapports-là. Je me souviens qu'il n'y avait
aucune mesure de suivi, aucune mesure de contrôle.
Donc, si je veux rassurer les jeunes,
bien, je leur dis que cette époque-là, elle est terminée, elle est terminée,
cette époque-là, que le contrôle et le suivi sont faits de façon extrêmement
rigoureuse. Je vous parlais hier, je pense, encore… et peut-être même, ce
matin, des tableaux de bord qu'on rend disponibles, qui sont sur Internet, qui
peuvent être consultés. Donc, on voit que chaque mesure est suivie de façon
stricte pour s'assurer qu'elle donne les résultats escomptés. Et si la mesure
devait ne pas être aussi performante qu'escomptée, on la bonifie ou on la met
de côté, tout simplement. On ne veut plus perdre, comme les gouvernements
passés le faisaient, des années, sinon des centaines de millions de dollars en
investissements qui n'avaient strictement aucun lien avec la lutte aux
changements climatiques.
Mme McGraw : En parlant...
Donc, le ministre, il parle de rigueur, et, justement, la commissaire, ce
matin, la commissaire sur le développement durable parle de manque de cohésion,
de coordination, de manque de rigueur, et même, l'apparence de conflit
d'intérêts dans comment… la gestion et les études. Et on parle de rigueur. Lorsqu'on
on regarde le budget tout récemment, à ce que je vois… j'ai peut-être manqué… puis
j'attends une réponse… on n'a même pas... ce n'est même pas clair, avec la
hausse entre 1990 et 2020, de 16 % en tant que transports, la contribution
du transport aux émissions GES… on n'a même pas, pour la cible de 2030, la
cible intérimaire, ce n'est pas organisé selon les secteurs. Alors, j'ai peut-être
manqué quelque chose. Encore une fois, on va peut-être me dire que ça va venir
avec le plan d'économie verte, mais il n'y a pas encore, selon... à ce qu'on
voit, un plan selon les secteurs, dont le transport. Est-ce que j'ai manqué
quelque chose?
M. Charette : Oui, beaucoup
de choses, manifestement. Et la collègue me fait penser… On a à peu près le
même âge. Je me souviens, quand j'étais plus jeune, là, il y avait le catalogue
de Distribution aux consommateurs. Ce qu'on faisait, là, on était à la maison
puis on regardait un petit peu ce qu'on peut choisir, ce qui pouvait nous
convenir à ce niveau-là. Les libéraux agissaient de la sorte à l'époque,
c'est-à-dire, chaque ministère proposait ou demandait des sommes, et on
répondait par oui ou par non, sans dire... ou sans se poser la question à
savoir est-ce qu'il y a un lien avec les changements climatiques. Moi, je me
souviens de financements d'ailerons d'avions, et tout ça. Donc, c'était le
catalogue Distribution aux consommateurs du Parti libéral. Mais le résultat,
c'est qu'on n'arrivait pas à rendre de façon concrète la réduction de gaz à
effet de serre, et c'est là où les rapports ont été extrêmement sévères.
Moi, je ne l'ai pas lu encore, mais,
pendant la pause du midi, je vais feuilleter un petit peu le rapport de la Commissaire
au développement durable. Je l'en remercie pour le rapport, mais c'est un
rapport beaucoup moins critique que ceux et celles sur les… sur le Fonds vert
que pouvait faire le vérificateur… le Vérificateur général à une certaine
époque.
Donc, je rassure la collègue. Moi, je ne
veux pas... La collègue semble vouloir jouer sur les affiliations politiques,
là. Moi, j'aimerais beaucoup nous ramener au défi collectif que nous avons,
tout le monde ensemble. On peut, je pense, de façon très, très légitime,
reconnaître qu'on a une démarche rigoureuse au Québec. Je pense qu'on peut tous
comme parlementaires, en être fiers. Peu importe qui a porté ces
changements-là, on peut en être fiers. Et parlons d'une seule voix, <invitons…
M. Charette :
...en
être fiers. Peu importe qui a porté ces changements-là, on peut en être fiers.
Et parlons d'une seule voix, >invitons... Et c'est le défi des
prochaines années, des prochaines générations. Oui, il y a le Québec, mais il
faut que d'autres États, d'autres pays puissent suivre le leadership québécois
pour qu'on puisse, à l'échelle mondiale... Que le Québec atteigne sa cible,
c'est une chose, si on se donne les moyens pour y parvenir, mais il faut que la
planète entière arrive aussi à atteindre ses objectifs en matière de lutte aux
changements climatiques.
Mme McGraw : On est bien
d'accord là-dessus. Alors, une question plus spécifique, M. le Président, plus
précise. On parle de... là, pour rentrer un peu plus dans le secteur transports,
une mesure écofrais… d'écofrais a été annoncée, avec la sortie du budget, qui
est de réviser le droit spécifique sur les pneus neufs. Est-ce que le ministre
envisage la révision d'autres mesures du genre?
M. Charette : C'est une très
belle question. Et il y en a, dans les faits, d'autres mesures de cette
nature-là qui ont été adoptées au cours des dernières semaines, des derniers
mois, qui ne passent pas toujours par des mesures budgétaires. Un exemple,
depuis janvier dernier, on a rehaussé de façon significative les redevances à
l'enfouissement. C'est l'écofiscalité. Ce sont des mesures qui nous aident à,
justement, changer des comportements. Il y a... il y a… Je pourrais nommer
quelques exemples. On parlait du marché du carbone tout à l'heure. C'est la
mesure par excellente... par excellence d'écofiscalité. Donc, on en introduit.
La norme VZE, dans une certaine mesure peut être aussi une mesure
d'écofiscalité pour les entreprises cette fois-ci. Donc, c'est des outils qui,
lorsqu'utilisés de façon intelligente, peuvent provoquer des changements réels.
Et, naturellement, juste parce que la
collègue en parlait tout à l'heure, les redevances sur l'eau, qui seront
augmentées de façon significative, là, si le… si on peut procéder avec
l'adoption du projet de loi. Vous avez eu un règlement... parce qu'elle me donne…
elle me demande des exemples… il y a quelques semaines, on a prépublié un
règlement, un projet de règlement sur les redevances sur les émissions de
contaminants. Donc, on a mis de l'avant, là, plusieurs mesures de… d'écofiscalité
au cours des derniers mois et on aura d'autres occasions au cours des
prochaines années.
Mme McGraw : M. le Président,
le ministre, il parle d'eau, donc j'en profite pour revenir sur le sujet d'eau.
Je sais qu'en parlant de débordement d'eaux usagées, dans les renseignements
particuliers, à la question 54, on remarque qu'il y a en... qu'il y a eu
2 000... 20 155 débordements d'eaux usées, usées de plus que l'an
dernier... que l'an dernier... depuis l'an dernier, pardon. Alors, c'est une
hausse importante, qu'on a passé de l'année 2021-2022 à cette année, où il
y avait 33 382 débordements. Donc, c'est quand même important, de
20 000 à un 33 000. Est-ce que le ministre sait ce qui s'est passé?
• (15 h 50) •
M. Charette : En partie, ça
peut s'expliquer aisément. On le sait que les municipalités doivent faire des
travaux d'entretien dans leur système de traitement des eaux, et, pour faire un
entretien, sinon apporter des correctifs, dans certains cas, pendant un laps de
temps durée, on doit permettre, justement, ces... en fait, ces versements au
niveau des affluents principaux. Cependant, ce qu'il faut savoir, c'est que c'est
encadré, il y a des autorisations qui sont nécessaires, le ministère est mis à
contribution. Mais on ne sera jamais à zéro litre d'eau de surverse pour cette
raison, ne serait-ce que celle de l'entretien de nos réseaux, là, des
traitements des eaux. Lorsque les réparations se font, bien, l'eau doit aller
quelque part, et, malheureusement, par moments, ça veut dire des surverses. Mais
il faut que ce soit encadré, et c'est le cas avec le ministère de
l'Environnement.
Mme McGraw : Je veux juste
souligner… parce que, le président, je pense qu'il manque peut-être...
Le Président (M. Jacques) : 40 secondes.
Mme McGraw : 40 secondes.
Juste pour faire souligner auprès du ministre et de son équipe, au niveau de la
reddition de comptes, on pourrait omettre le fait... on pourrait omettre le
fait qu'on nous a initialement transmis les mauvais documents de renseignements
et ceux de l'année passée. Alors, on a oublié de répondre à certaines de nos
questions. Je peux les... je peux vous les donner par écrit, mais donc on n'a
pas pu déposer des réponses, on n'a pas reçu des réponses complètes. Donc, je
veux juste souligner ça au niveau de reddition des comptes. Donc, par exemple,
les questions 44-F, 59 et 87-H. On voulait juste souligner…
Le Président (M. Jacques) : ...Mme
la députée. Je cède maintenant la parole au député des îles des... des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Des
Îles-de-la-Madeleine, oui.
Le Président (M. Jacques) : M.
le <député…
Le Président (M. Jacques) :
...au
député des îles des... des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Des
Îles-de-la-Madeleine, oui.
Le Président (M. Jacques) :
M.
le >député.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le ministre, vous avez mentionné tout à l'heure, dans
une... dans un premier bloc d'interventions, l'exemple des Îles-de-la-Madeleine
concernant l'érosion des berges et la submersion. J'aimerais y revenir, ça me
préoccupe, et ça préoccupe beaucoup mes citoyens, et, en fait, tous ceux qui
sont, évidemment, dans des milieux riverains, et, visiblement, ça préoccupe
aussi la Commissaire au développement durable. Pendant l'heure du midi, on a eu
le temps d'approfondir notre lecture de son rapport. Est-ce que vous avez
également eu l'occasion de prendre connaissance de son rapport? Est-ce qu'on
peut en discuter un peu? Parce que là, vous nous dites depuis tout à l'heure
que le plan de mise en oeuvre, ça viendra plus tard, mais le rapport, lui, il
est déjà derrière nous. Est-ce qu'on peut en discuter un peu, sur les constats
qui sont quand même accablants par rapport à la gestion intégrée?
M. Charette : De façon
générale. J'ai eu à peine quelques minutes. Il faut savoir, mercredi, c'est
jour de Conseil des ministres, donc, pour l'essentiel de la pause, j'étais en
Conseil des ministres, mais j'ai feuilleté un petit peu les... les
recommandations, c'est ce qui me permettait de dire qu'il y a des rapports par
le passé, qui étaient nettement plus sévères. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut
pas prendre en considération les constats actuels. On s'engage à le faire. Mais
je ne pourrais pas débattre de longues heures sur le rapport en question.
M. Arseneau : Mais le rapport
indique, selon ce que… ce que nous rapportent les médias, que, malgré le fait
que c'est le ministère de l'Environnement qui a la responsabilité de développer
une approche de gestion de gouvernance intégrée, bien, dans les faits, ça n'a
pas encore été traduit dans des... dans des actions qu'on pourrait considérer
comme intégrées de la part des différents ministères. J'ai le goût de vous...
vous poser tout simplement la question suivante : Quelle est votre
approche, ces dernières années, et surtout, pour ce qui s'en vient, pour vous
assurer qu'on puisse avoir justement, cette approche intégrée, qui est
essentielle pour qu'on puisse avancer dans le… dans le domaine de la protection
des berges?
M. Charette : C'est
essentiel, effectivement. On a jeté les bases déjà, on a parlé, là, d'un bureau
de projet qui... qui est à se mettre en place, notamment. Vous allez m'entendre
parler, dans les prochaines semaines, de lettre-mandat aussi. On se souvient,
avec l'adoption du projet de loi n° 44 à la dernière... législature, ce
sont des... des pouvoirs, maintenant, qui sont possibles pour le ministère de
l'Environnement. Donc, oui, il y a des approches qui sont concertées. Comme
vous allez voir, là, c'est de plus en plus dans cette... dans cette voie-là que
l'on... que l'on se dirige, et c'est normal.
Mais il y aura tout le temps un ministère,
par contre, qui est... qui est responsable. Le ministère de l'Environnement ne
sera jamais celui responsable, par exemple, des travaux pour endiguer ou pour
contrer l'érosion des berges. On sera certainement là pour parler des risques à
venir, des projections qui sont faites, mais ce n'est pas le ministère de
l'Environnement qui va commencer à réaliser et qui va même budgéter ces
travaux-là. Dans certains cas, si on parle d'endiguement, ça peut être le ministère
des Transports. Le ministère de la Sécurité publique peut avoir un rôle à jouer
aussi. Mais il y a une coordination, et il y a un travail interministériel, là,
qui devra... qui devra être renforcé, et, avec le bureau de projet, là,
annoncé, là, c'est dans cette direction-là qu'on va.
M. Arseneau : Ça remonte à
quand, cette annonce du bureau de projet, vous dites?
M. Charette : Ah! je ne
pourrais pas dire à... C'est il y a un peu plus d'un mois, début... début mars
dernier, donc c'est relativement récent.
M. Arseneau : Donc, mars...
mars 2023, mais... mais c'est que ça fait quand même trois ans qu'on a
identifié le ministère de l'Environnement comme responsable de conseiller le
gouvernement, là, concernant la gouvernance intégrée. Qu'est-ce qui a été fait
pour qu'on en arrive à créer un bureau de projet juste trois ans plus tard?
M. Charette : C'est une
étape... c'est une étape supplémentaire. Puis on rappelle que, cette date-là,
on annonçait aussi 70 millions, là, pour l'érosion des berges en
particulier. Mais il y a plusieurs choses qui ont été faites depuis l'adoption
du projet de loi n° 44. Toute la gouvernance a été revue au niveau de la
lutte aux changements climatiques. Les différents PMO qui ont été présentés
jusqu'à maintenant, c'est l'oeuvre d'une coordination avec les différents
ministères, parce qu'encore une fois il y a plusieurs des mesures qui seront
présentées ou qui ont été présentées, dans les PMO précédents, qui ne seront
pas réalisées par le ministère de l'Environnement, mais par d'autres
ministères. Ce que ça veut dire, c'est que c'est un travail de coordination,
là, qui est bel et bien en branle, là, depuis... depuis l'adoption du projet de
loi n° 44. Mais c'est une voie que l'on veut encore renforcer au cours
des... des prochaines années.
M. Arseneau : Mais, je ne
sais pas, si le passé est garant de l'avenir, vous... Puis j'essaie
d'interpréter vos propos. Vous dites : Il y a une certaine coordination
qu'on souhaite mettre en <place…
M. Arseneau :
...Puis
j'essaie d'interpréter vos propos. Vous dites : Il y a une certaine
coordination qu'on souhaite mettre en >place, ce n'est pas encore achevé
mais on y travaille. Mais vous ne serez jamais les décideurs pour les
ministères autres que celui que vous présidez. Mais on se demande
véritablement, à ce moment-là, comment on pourra, justement, s'assurer que la
main droite sache ce que la main gauche fait dans une planification, là, qui
touche les mêmes communautés si un ministère ne sait pas ce que l'autre fait,
puis que celui qui est censé s'assurer d'une certaine coordination, lui, il dit :
Bien, moi je n'ai pas le pouvoir sur l'autre ministère. J'aimerais comprendre
qu'est-ce qui fait que vous avez une responsabilité qui semble difficile à
appliquer au jour le jour, là, sur les actions concrètes qui touchent notamment
les communautés et les municipalités.
M. Charette : En fait, si je
peux rassurer le collègue, c'est bien tant mieux. Il faut distinguer la
coordination de la réalisation. Ce n'est pas parce que le ministère de
l'Environnement coordonne des travaux qu'il sera le maître d'oeuvre ensuite,
pour sa réalisation…
M. Arseneau : Ça, on en
convient.
M. Charette : …et on est à ce…
à ce niveau-là. Et, dès le PMO 1, on annonçait des mesures au niveau de
l'érosion. Si on revient à ce sujet-là, il y a des sommes qui ont été investies
depuis, naturellement, 2021. Il y a de nouvelles sommes qui ont été confirmées
il y a quelques semaines tout juste. Mais, malgré les sommes confirmées, ce
n'est pas, et ce ne sera pas, et c'est une bonne chose que ce ne soit pas le
ministère de l'Environnement qui réalise ces travaux-là. Il faut que ce soit la
bonne expertise. Et nous, on a de vastes champs d'expertise, mais ce n'est pas
nous qui avons l'expertise pour, justement, réaliser les travaux... les travaux
eux-mêmes. Mais quand on regarde et qu'on lit un plan de mise en œuvre on voit
très bien que c'est une coordination de l'ensemble des ministères, certains en
particulier. Les ministères les plus naturels, là, je vous dirais,
naturellement, Transports, le MEI, mais également les Affaires municipales, la
Sécurité publique. Donc, ce sont les ministères, là, avec lesquels on a une collaboration
encore plus étroite.
Et si on parle de mesures plus
spécifiques, encore ces derniers jours, on a beaucoup travaillé avec le
ministère de l'Agriculture. Donc, c'est une coordination, là, qui se fait, mais
ce n'est pas nous qui allons, par exemple, réaliser la politique sur
l'agriculture durable. On peut aider à travailler à son élaboration, on peut
coordonner certains travaux, mais la réalisation doit se faire par le ministère
de l'Agriculture.
M. Arseneau : On comprend que
la mise en œuvre, les actions seront… seront réalisées par d'autres ministères
partenaires, mais quand on lit, dans le rapport, par exemple, qu'il y a 13 des
24 MRC exposées à l'érosion côtière qui n'ont pas de cartes pour leur permettre
justement, de connaître l'état de la situation et où il faudrait intervenir, on
dit carrément que le ministère de la Sécurité publique… je sais que vous direz :
Ce n'est pas votre ministère, mais a une mission cruciale, c'est d'informer les
élus, mais qu'il ne fait pas son travail. À ce moment-là, comme responsable de
la coordination d'une gouvernance intégrée, quel est votre rôle par rapport à
un collègue ministériel, par un autre ministère qui ne fait pas son travail?
• (16 heures) •
M. Charette : C'est un autre
bel exemple. En fait, je ne serais pas prêt à dire, par contre, qu'il ne fait
pas son travail. On est députés, ici, tout le monde. Je suis convaincu qu'on a
tous entendu parler du régime transitoire après la ZIS, qui était la zone
d'intervention spéciale. On a tous entendu, par nos municipalités, parler de
régime permanent, qui devrait, éventuellement, être confirmé. C'est coordonné
avec la Sécurité publique et le ministère des Affaires municipales pour mettre
à jour, notamment, ces cartes-là au niveau du domaine hydrique. Il y a des MRC
ou il y a des secteurs au Québec qui sont plus avancés que d'autres, mais il y
a une obligation pour les MRC, qui ont cette responsabilité, de mettre à jour
leur carte du domaine hydrique, et, par la suite, ça nous permet de passer à
l'étape suivante.
On a… on est à la deuxième d'un… d'une
séquence de trois étapes. On est à la ZIS, on est à la… au régime transitoire,
on sera, ensuite, au régime permanent. Mais ce sont les trois ministères qui
travaillons avec... avec les MRC, donc les municipalités, pour que leurs cartes
soient mises à jour. Il y a même un appui financier pour qu'elles puissent
faire ce travail-là dans certains cas, parce qu'on peut penser... la CMM a des
outils à sa disposition que de plus petites MRC ou de plus petites
municipalités n'ont pas. Donc, on est là pour accompagner le milieu municipal,
là, dans la réalisation de ce travail-là.
M. Arseneau : Mais le milieu
municipal et les citoyens, parfois, ont l'impression de vivre le jour de la
marmotte, parce que ce qu'on voit dans le rapport, ce qu'on lit à nouveau c'est
que les outils dont on dit qu'ils devraient être à la disposition des
communautés locales, des municipalités, là, puis que ça… ça devrait être le cas
aujourd'hui... mais, en fait, c'était le même constat qu'on posait en 2008, 2009
et 2010, et on a toujours l'impression que les délais sont… sont repoussés.
Alors, je ne sens pas chez… chez le ministre une… une urgence d'agir…
16 h (version révisée)
M. Arseneau : ...aujourd'hui,
mais, en fait, c'était le même constat qu'on posait en 2008, 2009 et 2010, et
on a toujours l'impression que les délais sont repoussés. Alors, je ne sens pas
chez le ministre une urgence d'agir, alors qu'évidemment les dommages se
multiplient et s'accentuent, et tous les phénomènes de changement climatique
sont de plus en plus... Les tempêtes sont de plus fréquentes et de plus en plus
sévères, et les dommages, ils sont beaucoup plus importants dans leurs coûts,
évidemment, que ce qu'il en coûterait d'investir dans l'adaptation et dans la
prévention.
Donc, moi, je voudrais obtenir de la part
du ministre cette espèce de profession de foi ou, en fait, d'engagement à ce qu'on
agisse le plus rapidement possible, parce que c'est non seulement nécessaire
pour protéger nos communautés, nos infrastructures puis même nos écosystèmes,
mais c'est aussi, sur le plan financier, un excellent investissement d'agir
rapidement.
M. Charette : Tout à fait. En
fait, c'est démontré qu'un dollar investi au niveau de l'adaptation peut en
faire économiser jusqu'à 15 $, là.
M. Arseneau : En faire sauver
13 $ ou 15 $. C'est ça.
M. Charette : Effectivement.
Donc, c'est démontré. Et la profession de foi que je pourrais faire, c'est de
continuer ce qu'on a initié dans le PMO, là, dans... pas dans le... En fait, j'ai
les chiffres du PMO 3. Là, je regarde ma collègue de Verdun : Je donne-tu
ceux du PMO 3 ou du PMO 2? Je vais y aller avec ceux du PMO 2. Le PMO 3, ce
sera dans quelques jours. Mais on était déjà à 8,5 millions de dollars qui
étaient prévus pour la réalisation des cartes au niveau des risques d'érosion.
Donc, c'est un appui. Quand je vous disais qu'on accompagnait les milieux, donc
il y a de l'argent. C'est une mise à jour qui se fait et c'est des argents...
Ce que je dirai par rapport au PMO 3, c'est qu'on ne diminue pas, qu'on
augmente, puis on regardera la hausse à ce moment-là, mais c'est la meilleure
profession de foi.
On n'avait pas d'argent par le passé pour
justement, dans bien des cas, réaliser ce type de travaux là. Et là non
seulement on en a, mais c'est de l'argent qui est bonifié par la suite. Puis,
si on voulait parler de tous les appuis aux municipalités, là — je
pourrais passer en revue tout ce qui a été confirmé au cours des dernières
semaines — on parle de dizaines et de dizaines de millions de
dollars.
M. Arseneau : Mais je reviens
sur la question de l'approche et du plan de gestion intégrée. Ce qu'on lit, c'est
qu'il n'y aura pas de plan de gestion intégrée avant 2027. Vous ne trouvez pas
que c'est loin?
M. Charette : Bien, je ne
suis pas d'accord avec l'échéancier de 2027. Je vous parlais, là, du groupe de
travail qui a été mis en place.
M. Arseneau : Donc, ça serait
pour quand, si ce n'est pas 2027?
M. Charette : Il y a déjà...
Bien, en fait, il y a déjà des travaux qui se font. La première, première étape
incontournable, vous l'avez dit, je n'aurais pas pu mieux le mentionner, il
faut une mise à jour des cartes. Donc, on est à réaliser ces travaux-là. On a
de l'argent pour y parvenir. Le PMO est mis à jour d'année en année, ce qui
fait que, si les sommes prévues en... dans le PMO 3 s'avéraient insuffisantes,
on peut penser que, dans le PMO 4, il y aura des sommes supplémentaires.
Donc, c'est dès maintenant que ça se
passe, là. On n'attendra pas 2026 ou 2027, là, pour agir sur ces questions-là.
Et vous êtes bien placé pour le voir. Au niveau des Îles, il y a des travaux
qui sont en cours depuis un certain nombre d'années.
M. Arseneau : Mais on ne nie
pas qu'il y ait des travaux, mais les travaux sont faits un petit peu, là, à l'aveugle.
C'est ce qu'on dit, d'ailleurs. La Commissaire au développement durable dit :
On navigue sans gouvernail. Et c'est ça qui est inquiétant. Même, on dit que le
ministère de l'Environnement a demandé, pour appuyer les décisions face au
risque, a demandé, donc, des outils au ministère de la Sécurité publique et...
qui n'ont toujours pas été fournis par... aux municipalités. Ça va prendre combien
de temps avant qu'on puisse avoir les outils pour agir correctement puis de ne
pas avoir à investir et réinvestir sans savoir exactement où on s'en va de
façon intégrée pour un territoire?
M. Charette : Le groupe qui a
été confirmé le 3 mars dernier nous aidera à ce niveau-là. Il y avait déjà de
la coordination qui se faisait, mais là on s'est donné un outil supplémentaire
pour mieux coordonner encore nos actions, ce qui fait que c'est un travail qui
est évolutif mais qui va donner des résultats bien avant 2027, j'en suis... j'en
suis convaincu.
M. Arseneau : Et est-ce qu'il
y aura un outil à un moment donné, un plan de gestion intégrée, véritablement?
Parce que vous semblez dire que c'est évolutif. Donc, on irait un peu, là, au
fur et à mesure, selon les...
Le Président (M. Jacques) : En
terminant.
M. Arseneau : ...les efforts
qu'on pourra y consentir?
M. Charette : ...regarder à
travers les mises à jour de nos travaux.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. Charette : Je ne suis pas
fermé à l'idée.
Le Président (M. Jacques) : Merci
pour vos interventions. Et je reconnais maintenant l'opposition officielle et
le... M. le député de Pontiac.
M. Fortin :Merci. C'est bien gentil, M. le Président. Merci à ma
collègue de Notre-Dame-de-Grâce de me prêter quelques minutes de son temps.
M. le ministre, ça va bien?
M. Charette : ...de vous
retrouver.
M. Fortin :Bien, moi aussi. On avait des rôles inversés, à une <époque...
M. Charette :
...de
vous retrouver.
M. Fortin :
Bien, moi aussi. On avait des rôles inversés à une >époque.
M. Charette : Exact. Exact.
M. Fortin :
Alors, ça va me faire plaisir de vous servir le même traitement que vous m'avez
servi.
M. Charette : J'étais d'une
gentillesse.
M. Fortin :Bien non, mais c'est une gentillesse sans fin, voyons!
M. Charette : Bien oui. Vous
vous souviendrez à quel point j'étais gentil à votre endroit.
M. Fortin :Je vais essayer de m'en souvenir.
OK. J'en ai juste pour quelques minutes,
M. le ministre. Ce ne sera pas compliqué. Le règlement sur l'encadrement des
activités en fonction de leur impact sur l'environnement a un impact majeur sur
les producteurs maraîchers. Vous le savez, ils vous en ont parlé, ils vous ont
écrit. Je suis convaincu que votre collègue le ministre de l'Agriculture, vous
en a parlé aussi.
Mais là on se retrouve avec une panoplie
d'entreprises agricoles qui sont... Honnêtement, là, ils le savent, vous le
savez, là, ils sont en non-conformité parce que le règlement, il est excessif.
Est-ce que, d'abord, là, vous êtes d'accord avec ça, entre autres pour des
entreprises du secteur maraîcher, quand on parle d'eau de lavage, là? Je m'en
tiens aux eaux de lavage pour l'instant.
M. Charette : Je ne dirais
pas que le règlement est excessif. Ce que je dirais, par contre, c'est qu'il
faut se donner une période de conformité plus grande. Et on s'en parlait tout à
l'heure, sans répondre à cette question-là en particulier, mais je disais que
le ministère de l'Environnement est appelé à collaborer à plusieurs... avec
plusieurs ministères. Et, au cours des dernières semaines, on s'est penchés
spécifiquement sur cette question-là. La nouvelle n'a peut-être pas percolé,
mais on a annoncé un délai de conformité de quelques années. Donc, les
inquiétudes qu'avaient les producteurs maraîchers se sont vues rassurées. Mais
je ne dis pas que le règlement est inadéquat. Il est adéquat, mais le délai de
conformité était trop court.
Donc, on sera là, au cours des prochaines
années, pour accompagner les producteurs, notamment au niveau des eaux de
lavage. Le ministère de l'Agriculture est impliqué à travers sa politique
d'agriculture durable. Donc, les gens de l'UPA, avec qui on était encore... On
est quel jour aujourd'hui? Je perds la notion du temps. On est mercredi. Je
pense que c'est lundi, les gens de l'UPA, notamment, se sont dits ravis. Donc,
ce sont de très belles avancées, là, qui se sont concrétisées, là, au cours des
derniers jours et des dernières semaines.
M. Fortin :...années?
M. Charette : On parle de
quatre ans, quatre ans pour ce qui est des eaux de lavage, en particulier,
parce qu'il y a d'autres modalités qui touchent d'autres aspects, mais, pour
les eaux de lavage, on parle de quatre ans où l'accompagnement se fera. Parce
qu'ultimement, les eaux de lavage, ce n'est pas un luxe. À partir du moment où
on a beaucoup de sédiments qui se retrouvent dans les cours d'eau, on peut
contribuer à les faire mourir ou vieillir prématurément si on a trop d'amidon
dans l'eau suite au lavage des pommes de terre, par exemple. Donc, ce n'est pas
un luxe, mais on va se donner le temps de bien faire les choses.
M. Fortin :Sauf que vous le savez, ce qui s'est produit dans les
derniers temps, là. Il y a des entreprises, entre autres, qui ont dû fermer
temporairement. Je pense à une entreprise dans le milieu des betteraves parce
qu'il y a eu des plaintes par rapport à la couleur de l'eau de lavage.
M. Charette : Bien, en même
temps...
M. Fortin :
C'est sûr qu'il va y avoir une couleur différente que l'eau que vous êtes en
train de boire en ce moment.
M. Charette : C'est bien
certain, mais je suis sûr qu'on se comprend. Si on a une eau... le fruit d'une
eau de lavage qui est extrêmement, extrêmement dense, qui est chargée en
sédiments, parce que la couleur, ce n'est pas qu'une couleur, là, c'est
chargé... si on vient affecter de façon durable un cours d'eau par la suite,
c'est sérieux. On ne peut pas se priver de précautions nécessaires.
Donc, le règlement, je pense honnêtement
qu'il est adéquat, mais on se laisse quatre ans pour arriver à la conformité, mais
surtout aider les producteurs à se conformer. Ça veut dire des investissements,
ça veut dire des conseils sur des meilleures pratiques à retenir. Mais je vous
confirme que l'UPA s'est montrée très rassurée, là, par ces modifications-là.
• (16 h 10) •
M. Fortin :Bien, très bien. Le quatre ans, là, c'est une chose, ça
donne du temps pour se conformer, mais, d'autre part, vous savez ce que les
entreprises agricoles disent, c'est qu'il y a beaucoup de... Parce que la
plupart vont faire affaire avec un consultant pour parler au ministère de
l'Environnement pour avoir des autorisations nécessaires. C'est que les
consultants trouvent votre processus à l'interne tellement lourd qu'ils ne
veulent plus le faire, que le nombre de consultants qui font affaire avec le
ministère de l'Environnement, là, il est tellement... il est en chute et qu'ils
ont de la difficulté à se trouver des gens pour faire les demandes tellement
c'est pesant.
M. Charette : À ce niveau-là,
je vais demander l'appui du député de Pontiac pour rappeler aux agriculteurs
qu'on doit tous faire notre part. Donc, on ne veut pas abaisser les normes. On
veut s'assurer qu'ils aient les moyens pour se conformer à cette
réglementation-là.
Mais, honnêtement, moi, je regarde la
réglementation sur les pesticides, sur... En fait, la réglementation, elle a sa
pertinence. Les pesticides, c'est une réalité qui est beaucoup mieux
documentée. Je comprends que ça peut représenter des contraintes pour certains
types de productions, mais on est là pour les accompagner.
M. Fortin :Mais vous pouvez me dire de parler aux agriculteurs pour
les <convaincre...
M. Charette :
...les
accompagner.
M. Fortin :
Mais vous pouvez me dire de parler aux agriculteurs
pour les >convaincre, mais eux, là, ce qu'ils disent, c'est : J'ai
de la difficulté à trouver un consultant qui veut s'embarquer dans ce
processus-là parce qu'il est lourd. Vous l'avez regardé à l'interne. Vous ne
pensez pas qu'il n'y a aucun changement à faire?
M. Charette : Moi, je regarde
ce qui s'est fait au cours des dernières années. Lorsqu'on a travaillé le
REAFIE il y a peut-être deux, trois ans, là on tombe dans un débat d'initiés,
là, mais c'était une réévaluation de nos processus d'évaluation
environnementale, on a procédé à plusieurs simplifications, mais jamais au
niveau des normes. On veut simplifier les choses, mais on ne veut pas diminuer
nos normes qui se justifient.
Et on a une table, et ça, c'est
relativement nouveau, et je pense que ça va aider à cette collaboration-là, on
a une table UPA, MAPAQ, Environnement pour essayer d'identifier ce qui
accroche. S'il y a des éléments de nature administrative, on est très, très
volontaires pour les aplanir, ces difficultés-là. D'ailleurs, le REAFIE,
c'était essentiellement ça.
Mais, au niveau des normes elles-mêmes,
lorsqu'on peut les justifier d'un point de vue environnemental, c'est là où on
ne veut pas faire de recul. Mais, au niveau administratif, je suis entièrement
d'accord. Par moments, au fil des années, je dirais même des décennies, c'est
règlement par règlement qui ont été adoptés. Dans certains cas, ça crée... ça a
créé des dédoublements, ça a créé de la confusion. On finit par difficilement
s'y retrouver. Ça, on travaille ça et avec le MAPAQ et avec l'UPA, là, pour
s'assurer de corriger ces situations-là.
M. Fortin :OK. Donc, si je reviens l'an prochain, si ma collègue me
prête encore quelques minutes l'an prochain, vous allez avoir fait des...
aplani certaines... certains processus?
M. Charette : Très
certainement. D'ailleurs, on a un omnibus réglementaire qui a été prépublié il
y a quelques semaines qui, si tout va bien, sera édicté, là, quelque part dans
les prochains mois. On en a déjà un autre en préparation. Et, dans cet omnibus
réglementaire là, il y a des volets proprement... proprement agricoles pour
justement aplanir certaines divergences. Donc, non seulement vous êtes le
bienvenu l'année prochaine, mais on espère que vous allez venir nous visiter à
ce moment-là.
M. Fortin :Dernière chose. Sur l'omnibus, avant de redonner son temps
à ma collègue, sur l'omnibus réglementaire, est-ce que votre objectif... Parce
que, la plupart du temps, les omnibus réglementaires, là, c'est pour des trucs
qui sont pas mal consensuels. Là, est-ce que vous considérez que vous avez un
consensus dans l'industrie agricole autour de votre omnibus réglementaire?
M. Charette : Ce qui a été
proposé là a été largement appuyé. Il y a certaines mesures au niveau des
pesticides, mais j'espère que vous allez comprendre que c'est nécessaire
d'ajuster la réglementation au niveau des pesticides. J'espère qu'on va pouvoir
compter sur votre appui à ce niveau-là. Mais il y a beaucoup des éléments du
projet réglementaire qui ont été travaillés avec le milieu agricole, avec le
MAPAQ, avec l'UPA, notamment. Et, dans le prochain omnibus réglementaire, ce
sera aussi le cas. Il y a plusieurs éléments, là, qui s'y retrouveront à la
demande même du milieu agricole.
M. Fortin :
OK. Dernière, dernière chose, je vous le promets, ma chère collègue. Je reviens
aux eaux de lavage une dernière fois, là. Un des points qui ont été mentionnés
par les agriculteurs, les producteurs maraîchers, c'est autour de la question
des coûts. Parce que ça coûte la... ça coûte quand même assez cher, là, pour se
mettre à niveau, disons, là, surtout pour ceux qui utilisent un montant assez
important d'eau. Est-ce que les montants, comme ça a été demandé pour
Prime-Vert, entre autres, vont être bonifiés?
M. Charette : Bien, la bonne
nouvelle, vous avez peut-être vu dans les dernières semaines, il y a eu une
entente fédérale avec le gouvernement du Québec sur l'agriculture durable. Donc,
on a, du côté du MAPAQ, des moyens financiers qui étaient déjà importants, mais
qui sont maintenant bonifiés. Le collègue ministre de l'Agriculture a présenté
sa politique, c'est la politique d'agriculture durable, avec des argents. Donc,
oui, il y aura un accompagnement financier, là, pour les agriculteurs pour les
aider à se... à se conformer.
M. Fortin :Mais pas nécessairement sur Prime-Vert, là.
M. Charette : Pour ce qui est
des programmes...
M. Fortin :Puis on pourra en parler au ministre de l'Agriculture
demain, mais...
M. Charette : Oui, c'est ça.
C'est un programme qui n'est pas à l'Environnement. Je ne le connais pas en
particulier, mais, de façon générale, là, il y a des moyens pour accompagner et
aider le milieu agricole.
M. Fortin :Mais, vous, on ne vous a pas confirmé que Prime-Vert serait
bonifié?
M. Charette : En fait,
j'avais surtout le souci des programmes relevant du ministère de
l'Environnement...
M. Fortin :Mais quand même. Mais c'est un programme qui, vous le
savez, là, découle de vos... des obligations qui viennent du ministère de
l'Environnement. Alors...
M. Charette : En fait, c'est
un programme qui peut être financé à travers la politique d'agriculture
durable. Donc, c'est mon collègue, là, qui pourrait vous répondre avec une plus
grande précision à ce niveau-là.
M. Fortin :OK. Je comprends que, les silos, ça n'a pas changé
beaucoup. OK. Pas de problème. Merci, M. le ministre.
M. Charette : Est-ce que je
peux répondre à cette question?
M. Fortin :Non, non, mais je ne voudrais pas que vous prendiez... Ce
n'était pas une question.
M. Charette : Bien, en fait,
vous m'avez ouvert la porte...
M. Fortin :Puis, ma collègue, je veux lui redonner son temps en toute
gentillesse.
M. Charette : ...vous m'avez
ouvert la porte pour dire que les silos, c'est chose du passé, bien qu'on parle
d'agriculture, parce que les silos sont nombreux sur les terres agricoles,
naturellement.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Pontiac. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : M. le Président,
je ramène le ministre sur la question des <matières...
Le Président (M. Jacques) :
...Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw :
M. le
Président, je ramène le
ministre sur la question des >matières
résiduelles. Alors, on a... on a observé ce matin, on a appris qu'encore une
fois... je pense que c'est la troisième fois qu'on annonce que la consigne sera
encore repoussée. Donc, c'était supposé être printemps 2023, ensuite
novembre 2023, et là, si je comprends bien, on n'a pas de date précise. Alors,
la première question : Comment expliquez-vous les... tant de retard dans
l'élargissement de la consigne?
M. Charette : Moi, c'est un
des premiers dossiers que j'ai pu prendre à bras-le-corps en janvier 2019. Et
je regardais les rapports, c'est recommandé depuis le début des années 80.
On était en 2019...
Mme McGraw : Oui, mais on est
rendus en 2023, M. le ministre. On n'est plus en 2019.
M. Charette : Bien, voilà. Si
on considère que...
Mme McGraw : Ça fait quatre
ans.
M. Charette : Si vous me laissez
terminer. Si on considère que ça fait une quarantaine d'années que c'est
discuté, moi, prendre quelques mois de plus pour bien faire les choses,
honnêtement, je n'ai aucune, aucune gêne. Mais je confirme...
Mme McGraw : Donc, vous
prévoyez quelques mois, M. le ministre?
M. Charette : Je confirme à
la collègue, dès le 1er novembre, c'est le début de la consigne élargie.
Donc, il n'y a pas de changement à ce niveau-là. On va procéder
vraisemblablement par phasage parce que c'est ce qu'on est en train d'examiner
à ce moment-ci. Ce que ça veut dire, c'est que, dès le 1er novembre, on va
introduire des nouveaux types de contenants, vraisemblablement les contenants
d'aluminium. Déjà, on parle de 300 millions de contenants de plus par
année dès le 1er novembre qui vient. Donc, c'est énorme.
Mais il faut comprendre que, derrière ça,
il y a des changements de comportement importants qui sont nécessaires. Il y a
une logistique aussi à mettre en place. Actuellement, là, on ne s'en cache pas,
pour offrir ce service de qualité auquel les Québécois ont droit, il manquerait
d'équipement au 1er novembre prochain. Puis les gens qui vont payer leur
consigne ont tous les droits de s'attendre à pouvoir se faire rembourser
lorsque le contenant est ramené. Mais, actuellement, on n'aurait pas les
infrastructures. Donc, 1er novembre, tout ce qui est aluminium, c'est
300 millions de contenants de plus. C'est énorme. Donc, c'est déjà une
avancée majeure. Et, dans les prochaines semaines, on devrait être en mesure de
confirmer le plan pour les deux autres types généraux, en fait, les trois
autres types généraux de contenants, c'est-à-dire plastique, verre et
multicouche. Mais on n'attendra pas 40 ans, là. C'est une question... un
calendrier qui sera réaliste et qui...
Mme McGraw : Donc, est-ce que...
est-ce que c'est réaliste de penser que ça va être cette année, cette
année 2023?
M. Charette : Pour
l'aluminium? Dès le 1er novembre. Donc, dès le 1er novembre, ce sera
effectivement en place avec 300 millions de contenants supplémentaires.
Donc, c'est majeur.
Mme McGraw : Donc, lorsqu'on
a appris, ce matin, qu'il y a des détaillants qui veulent reporter ça en 2025,
est-ce que ça vous... est-ce que vous prévoyez...
• (16 h 20) •
M. Charette : Mais il y a
certains aspects qui étaient déjà prévus pour 2025, le multicouche, notamment,
2025 et même au-delà, potentiellement. Donc, c'était déjà prévu dans certains
cas.
Mais, entre l'aluminium et le multicouche,
il y a aussi le plastique et le verre. Et c'est ce que je confirmais, là, il y
a quelques instants. Dans les prochaines semaines, on sera en mesure d'établir
un calendrier plus précis. Mais j'espère qu'on sera d'une seule voix à dire que
les Québécois ont droit de se faire rembourser la consigne qu'ils auront payée.
Et, pour ça, il faut que les infrastructures soient mises en place, il faut
qu'elles soient accessibles, il faut qu'elles soient fonctionnelles. Et moi, je
vais m'assurer que ce réseau-là, même, de collecte de la matière soit bel et
bien en place pour éviter des frustrations, là, aux consommateurs qui auront...
qui auront payé en bonne et due forme le prix de leur consigne.
Mme McGraw : Alors,
comment... quel serait... est-ce que vous pouvez élaborer, M. le ministre, via
M. le Président, quelles seront les mesures prises pour évaluer l'efficacité de
cette nouvelle méthode et l'élargissement?
M. Charette : En y allant par
étapes, on va s'aider dans l'évaluation. Si on y va par types de contenants,
l'aluminium dans un premier temps...
Parce qu'il y a un travail de pédagogie.
On en parlait au sein de l'équipe encore il y a quelques jours. Pour le
compost, ça a pris des années à mettre ça dans l'esprit et dans la tête des
Québécois. Donc, ce n'est pas vrai que, du jour au lendemain, là, tout le monde
va savoir qu'autant aluminium vert... On parle de 2,5 milliards de
contenants de plus par année qui seront consignés à terme. Donc, il faut faire
un travail de pédagogie. Donc, en y allant par étapes, on va se donner les
moyens de réussir.
Mais, si je peux rassurer la collègue et
l'ensemble des parlementaires, la loi, elle est adoptée, la réglementation,
elle est adoptée. Donc, on ne parle pas de recul, là, d'aucune façon. On parle
de phasage, de sorte que l'expérience client, je vais l'appeler comme ça, ne se
transforme <pas...
M. Charette :
...de
phasage, de sorte que l'expérience client, je vais l'appeler comme ça, ne se
transforme >pas en calvaire pour celles et ceux, là, qui n'arriveraient
pas à se faire rembourser leurs consignes.
Mme McGraw : L'élargissement
de la consigne prévu et annoncé n'inclut, si on comprend bien, les batteries,
hein? Puisque tout est en cours d'électrification dans cette transition vers la
carboneutralité, quelle est donc la stratégie face au recyclage des batteries?
M. Charette : Là, on parle
des batteries de voiture?
Mme McGraw : Toutes les
batteries.
M. Charette : En fait, il y a
des batteries qui sont déjà soumises à une REP, à une responsabilité élargie
des producteurs, les petites batteries, là, qu'on peut utiliser au quotidien.
Mais je devine que, dans votre
planification, là, vous souhaitiez parler des batteries de voiture. On avait, l'année
dernière, présenté un projet de règlement à ce niveau-là, et, vous savez, un
projet de règlement, c'est toujours accompagné d'une période de consultation,
et c'est très, très nécessaire et pertinent. Et, à travers cette
consultation-là, le milieu du véhicule électrique nous a partagé des commentaires
nous disant qu'on peut faire mieux. On peut faire mieux, et on fera mieux. Je
ne suis pas en mesure de vous parler de calendrier aujourd'hui, mais, dans les
prochains mois, on aura une nouvelle version pour la récupération et la
valorisation des batteries de véhicule électrique. Et c'est une nécessité. On
est à plus ou moins 200 000 véhicules électriques aujourd'hui et on sera à
plus ou moins 2 millions en 2030. Donc, il faut anticiper l'afflux de ce
nombre de batteries là pour savoir comment bien gérer tout ça.
Mme McGraw : Donc, juste
parce que je pense qu'on arrive... Pardon? 30 secondes?
Le Président (M. Jacques) : ...secondes.
Mme McGraw : 30 secondes.
Donc, pour revenir aux petites batteries, c'est-à-dire les piles, clairement,
il y a aussi un problème de récupération pour que... aussi la sécurité
d'employés, on en a parlé au Saguenay, de centres de tri soit compromise.
Quelles sont les mesures prises par le gouvernement ou l'aide offerte aux
centres de tri pour ne plus que ça se passe, que ça se reproduise?
M. Charette : Essentiellement
de la pédagogie. J'écoutais encore, il y a quelques jours, là, des clips vidéo
où, dans les centres de tri, on compte un nombre innombrable de couches, des
couches usagées avant... en fait, souillées. Ça ne va pas dans le bac de
recyclage, tout comme...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Votre temps est maintenant écoulé. Je cède maintenant la parole
à la partie gouvernementale et à Mme la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : ...M. le
Président. On est conscients, au gouvernement, les citoyens et les citoyennes
du Québec aussi sont conscients, il faut livrer une chaude lutte aux
changements climatiques. En ce moment, toute la société est en train de se
préparer aussi puis de prendre les mesures qu'il faut pour être prête face à
tous les changements auxquels on est confrontés en ce moment. Puis la manière
dont le ministère se positionne en ce moment est vraiment au centre de toute
cette concertation sociétale là.
Je voulais savoir si vous pouvez expliquer
aux Québécois et aux Québécoises le projet de valorisation thermique, comment
est-ce que ça peut nous aider à réduire significativement nos émissions de gaz
à effet de serre au Québec.
M. Charette : C'est une belle
annonce, je pense, qu'on a pu faire il y a quelques semaines tout juste. On
parle de plus de 160... De mémoire, je pense qu'on était à
162 millions de dollars. C'est méconnu de bien des gens, mais,
malheureusement, nos bâtiments ou nos activités industrielles sont à l'origine
d'énormément de gaspillage thermique. C'est quoi? C'est la chaleur qui est tout
simplement perdue, compte tenu du manque d'efficience ou d'efficacité
énergétique de nos industries ou de nos bâtiments.
Or, cette chaleur-là, elle peut être
utilisée à d'autres fins. Le plus bel exemple que j'ai donné au moment de
l'annonce, c'est ici même, à Québec. On a un incinérateur, on a un hôpital pas
tellement loin. Donc, ce que l'on fait, c'est qu'à travers une conduite — c'est
un petit peu plus de deux kilomètres, si je me souviens bien — on
a l'incinérateur qui permet de chauffer l'hôpital, qui est à distance
raisonnable. Ce que ça veut dire, c'est que l'hôpital, du coup, n'a pas besoin,
par exemple, de gaz naturel en période de pointe pour se chauffer ou a moins
besoin d'hydroélectricité pour se chauffer en période... en période normale.
Donc, c'est une source d'énergie qui permet d'éviter d'en utiliser une autre,
et à terme, oui, c'est moins de gaz à effet de serre.
On parlait hier, je pense... au niveau de
la transition énergétique, le gros, gros défi, on se demandait : C'est-tu
100 térawattheures, c'est-tu 110, c'est-tu 130 qu'il nous manque? Toutes
ces mesures-là, d'efficacité énergétique, nous permettent d'économiser de ces
térawattheures qui peuvent être utilisés à d'autres fins, notamment au niveau
de l'électrification des transports. Donc, oui, ça peut sembler très, très <technique...
M. Charette :
...fins,
notamment au niveau de l'électrification des transports. Donc, oui, ça peut
sembler très, très >technique, mais c'est une très belle mesure qui a
été annoncée, là, il y a quelques semaines, qui va nous aider à aller plus
loin, là, dans notre démarche.
Mme Bogemans : Félicitations.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. Je reconnais maintenant le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci, M. le
Président. Vous savez, M. le ministre, on a eu la chance de travailler
ensemble, là, sur la Commission des transports et de l'environnement en tout
début d'année. On a rencontré plusieurs personnes, plusieurs regroupements qui
sont venus nous parler et dans le but de mettre sur pied la Stratégie
gouvernementale de développement durable 2023-2028. À mon souvenir, je crois
qu'elle a été adoptée dans les dernières semaines, hein? C'est quelque chose
qui est, on va dire, un petit pain sorti du four, là, qui est tout prêt pour
nous puis qui implique quand même plusieurs partenaires, plusieurs aussi
instances gouvernementales sur la Loi du développement durable, ainsi que les
différents ministères, là, qui auront à travailler avec nous à cette... à la
mise sur pied de cette politique-là, qui est assez importante pour le Québec.
J'aimerais vous citer, suite à l'adoption
de ça, ce qui a permis, en début de mandat, puis je cite ce que j'ai devant moi,
ici, du gouvernement : «en établissement... en établissant un programme
d'intervention renouvelé pour les cinq prochaines années et dont la vision est
de faire du Québec un territoire attrayant pour ses résidents, ses visiteurs,
ses entreprises grâce à quelques éléments qu'on a mis sur pied, une économie
compétitive reposant sur des modes de production et de consommation durables,
ensuite, sur un lieu et la nature en santé a sa place au coeur de nos milieux
de vie, un endroit où chacun se sent en confiance et a de réelles possibilités
de participer à notre société.» Moi, je trouve ça exceptionnel, M. le ministre,
de voir ce travail-là, qui a été réalisé dans les dernières semaines.
Dans cette stratégie aussi, elle tient
compte du contexte d'accélération de nos défis, des défis globaux associés à la
crise du climat et à la biodiversité, dont les retombées affectent la société
dans tous ses aspects.
J'ai envie de vous demander d'abord, parce
que j'ai eu cette opportunité-là aussi dans les dernières années... En 2018,
vous savez, M. le ministre, il y a eu le Fonds Écoleader qui a été mis sur
pied. Dans mon ancienne vie, j'ai eu cette grande possibilité de connaître,
d'une façon privilégiée, le Fonds Écoleader parce que j'ai eu à mettre
moi-même, au sein de mon organisation, une planification sur le développement
durable de l'organisation que je représentais. Mais j'aimerais ça, au bénéfice
de tout le monde, que vous puissiez nous dire, ce Fonds Écoleader là, qu'est-ce
qu'il en est maintenant et à qui il s'adresse.
• (16 h 30) •
M. Charette : C'est une autre
belle question. Il y a quelques semaines tout juste, avec notre collègue aux
Affaires municipales, j'allais nommer son nom, on a pu faire la promotion,
justement, de ces initiatives-là. Ce que l'on veut, c'est de permettre au
milieu d'identifier des mesures qui sont porteuses. On veut permettre au milieu
d'identifier leur leader, en quelque sorte, que l'on pourra accompagner. Puis,
là aussi, il y a des moyens financiers à réaliser leurs projets. Et ce n'est
pas toujours des projets d'envergure. Il faut réduire des mégatonnes ultimement
d'ici 2030. Mais ça, ça veut dire qu'on doit aussi appuyer des projets qui
émettent moins, mais, lorsqu'on les additionne tous, donnent des quantités de
gaz à effet de serre qui sont... qui sont intéressantes.
Donc, on est là aussi pour des projets de
plus petite envergure, permettre à des leaders naturels, en quelque sorte, et
ça peut être des organisations, là, on s'entend, de mettre de l'avant des
initiatives. Mais ça démontre, je pense, qu'on est là, naturellement, pour
aider le secteur des transports, on est là pour aider le secteur industriel,
mais on est là aussi pour des plus petites mesures qui, additionnées entre
elles, donnent des résultats drôlement intéressants.
M. Rivest : Merci. Alors,
est-ce que vous pouvez aussi nous rappeler peut-être combien de projets qui ont
pu voir... vu le jour, là, à l'intérieur du Fonds Écoleader? Parce qu'il me
semble que ça a eu un impact important.
M. Charette : Là, on parle de
300 projets terminés. On parle de 6,6 millions de dollars générés
grâce à la réduction, là, des coûts. On parle de 22 millions de dollars en
revenus supplémentaires générés, que ce soit la valorisation des résidus,
encore les nouveaux débouchés... les nouveaux marchés. Donc, on n'est pas dans
les centaines de millions, on n'est pas dans les mégatonnes, mais on invite quand
même et on permet la réalisation de projets plus ciblés, mais qui donnent des
résultats, là, tout aussi intéressants.
M. Rivest : Mais, comme je
vous témoignais, pour moi, ça a été des projets tout à fait ciblés et importants...
16 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...mais qui
donnent des résultats, là, tout aussi intéressants.
M. Rivest : Mais, comme je
vous témoignais, pour moi, ça a été des projets tout à fait ciblés et
importants. Puis, tu sais, je me demandais... On parlait, tout à l'heure, de
silos, là. Moi, j'ai... j'ai été témoin, justement, de ce travail-là qui est
réalisé dans le volet interministériel, puis je souligne ce travail-là puis ces
efforts-là qui sont réalisés dans les derniers mois. Mais, à l'intérieur du
Fonds Écoleader, pouvez-vous me dire les sommes? Je crois que... le MEI qui est
là, le ministère de l'Environnement. Comment sont ventilées ces sommes-là?
M. Charette : On a, de la
part du MEI, une somme de 4,4 millions. Pour ce qui est du ministère de l'Environnement,
directement, on est à 3,9 millions de dollars. Et, je regardais, là,
on a des agents, des porte-parole, si je pourrais m'exprimer ainsi, là, dans
les 17 régions administratives. Donc, ce n'est pas concentré que dans les
grands centres, chaque région du Québec, là, peut profiter, là, de ce type d'initiative
là.
M. Rivest : Ils sont
supportés par quelle organisation, à titre d'exemple, là?
M. Charette : C'est des
porteurs locaux, bien souvent, qui agissent comme intermédiaires.
M. Rivest : Les MRC, les
SADC, peut-être, ou les...
M. Charette : Oui, on a...
Oui. Bien, en fait, il y a différentes possibilités. J'essaie de voir, là. Oui,
bien, comme je le mentionnais, c'est...
M. Rivest : Les acteurs
locaux.
M. Charette : ...c'est des
acteurs locaux, là, qui peuvent se faire d'abord les porte-parole de ces
possibilités-là et qui peuvent aider à leur réalisation, là, par la suite.
M. Rivest : J'ai évidemment l'exemple
qui me concerne personnellement. Mais à qui vont ces impacts-là, ces
investissements-là? À qui ça peut profiter?
M. Charette : Bien, les
premiers milieux bénéficiaires sont les milieux où se réalisent les projets, même
de petits projets avec une portée très locale. Un, il peut y avoir des
retombées économiques. Mais les premiers bénéficiaires, ça demeure la région
elle-même. Donc, c'est le type de projets que l'on... que l'on supporte et que
l'on va certainement continuer à supporter, là, dans le futur.
M. Rivest : Merci, M. le
ministre.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin : Merci, M. le
Président. Vous savez, j'écoutais les échanges ce matin entre le ministre et
mes collègues de l'opposition concernant les milieux humides et hydriques et l'adaptation
aux changements climatiques. Je suis un peu surprise, je vous avoue, M. le
Président, là, en fait, je pourrais dire que je suis agréablement surprise qu'enfin
mes collègues de l'opposition parlent de ces sujets-là, qui sont à mes yeux
très importants, parce que je... on... ça n'a pas été le cas depuis 2018,
puis ça me donne envie de turluter, mais enfin, ça, c'est une autre histoire.
Donc, M. le Président, vous connaissez
bien mon parcours, j'ai été... j'ai dirigé un conseil régional de l'environnement
pendant 10 ans, j'ai été conseillère en environnement dans le milieu
municipal pendant 10 ans aussi, donc vous ne serez pas surpris que je vous
dise, en fait, que, pour réussir à s'adapter aux changements climatiques puis à
protéger nos milieux humides et hydriques d'intérêt... je réitère, encore une
fois, que nos succès reposent surtout sur la diversité des mesures qu'on est
capables de mettre en place pour outiller nos... nos expertises locales et
régionales. Et donc c'est une des façons qu'on... qu'on peut mieux habiter
notre territoire. Ça fait que le rôle de l'aménagement du territoire est
fondamental quand on veut réussir à s'adapter aux changements climatiques puis
aussi quand on veut réussir à protéger nos milieux humides et hydriques d'intérêt.
On a mis en place plusieurs outils déjà,
le ministre... pour aider notamment nos municipalités, nos MRC, des actions qui
sont structurantes. On a qu'à penser au Plan de protection du territoire face
aux inondations, le ministre en a parlé, on est rendus bientôt à l'étape de
régime permanent aussi. On a la politique d'aménagement du territoire et de l'architecture,
où, là, on va voir plusieurs actions qui vont se poser. On a le projet de loi
en ce moment. On a le plan de tourisme responsable et durable. Donc, des
actions très structurantes qui nous permettent d'outiller nos municipalités.
Mais j'aimerais poser une question au ministre.
Parce que l'argent aussi est important, c'est un incitatif qui encourage nos
acteurs locaux à bouger. On parlait beaucoup ce matin de l'importance de l'argent.
Moi, je voulais revenir en arrière et dire : Il n'y a pas juste ça. Mais j'aimerais
ça que vous me parliez du programme OASIS, parce que c'est un <programme...
Mme Grondin :
...parce
que c'est un >programme qui, à mes yeux, est très pertinent pour nos
municipalités, notamment, et nos communautés autochtones. Donc, j'ai vu que
vous vouliez en parler ce matin.
M. Charette : Tout à l'heure,
bien oui.
Mme Grondin : Vous n'avez pas
eu l'occasion trop, trop. Donc, je vous invite à en parler.
M. Charette : Je ne sais pas
si la collègue le sait, mais je suis dur de la feuille, comme diraient les
personnes plus âgées. Je suis sourd de l'oreille droite. Est-ce que vous avez
dit «turluter»?
Mme Grondin : Oui.
M. Charette : Ça fait
longtemps que je n'ai pas entendu ce mot-là. Mais on pouvait se réjouir,
effectivement, avec cette... On l'a annoncé le printemps dernier, le programme
OASIS, ça fait un petit moment déjà. C'est une enveloppe qui est non
négligeable. C'est 113 millions de dollars pour aider justement les
municipalités à être plus résilientes, le milieu municipal, les acteurs
municipaux. Ça peut prendre différentes formes, on peut parler de verdissement,
on peut parler d'infrastructures vertes, là, pour justement favoriser la
résilience des municipalités. C'est un programme qui est encore relativement
jeune, je dirais, mais on a déjà reçu un certain nombre de projets qui, ma foi,
semblent fort intéressants. Et, à chaque occasion que nous avons avec le milieu
municipal, on leur rappelle l'existence de ce programme-là qui va réellement
s'intégrer, je pense, dans les réflexes de... dans les réflexes de différentes
municipalités. Et ce n'est pas la seule façon d'accompagner les municipalités.
Au cours des dernières semaines, on a appuyé des villes en particulier, que ce
soit Gatineau, que ce soit Victoriaville, que ce soit, il m'en manque une,
Laval. Dans certains cas...
Une voix : ...
M. Charette : Victoriaville,
exact. Donc, dans certains cas, c'est, oui, la décarbonation de bâtiments,
mais, dans d'autres cas, c'est aussi au niveau de la résilience, au niveau de
leurs infrastructures vertes. Et c'est des montants qui viennent s'ajouter aux
argents disponibles à travers le programme OASIS. Mais il y a plusieurs
municipalités qui, lorsque l'on parle de ce programme-là, ne sont pas encore au
fait de son existence. Donc, il y a un travail de communication à faire aussi à
ce niveau-là.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Nous revenons avec l'opposition officielle, avec la... Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Alors, merci, M.
le Président. On revient sur la question, on complète sur les matières
résiduelles et aussi postconsommation. Donc, question bien précise pour le
ministre : les biosolides sont un sujet, évidemment, préoccupant, et la
population commence à se demander pourquoi les États-Unis exportent autant de
leurs biens de postconsommation ici, au Québec, outre la rentabilité. Alors,
que répond le ministre à cette question de la part des Québécois?
• (16 h 40) •
M. Charette : Mais c'est...
c'est, oui, une problématique à laquelle on s'est attaqué, notamment en début
d'année. Vous avez peut-être vu le reportage, là, d'abord, je pense que c'était
à La semaine verte. L'émission Enquête s'est penchée aussi sur
cette question-là. Et, je dois vous avouer, j'ai été le premier inquiet par
plusieurs des éléments partagés dans ces deux... dans ces deux reportages-là.
Ce qui fait que très rapidement, par la suite, on a pris des mesures
importantes.
D'ailleurs, tout à l'heure, avec le collègue
de Pontiac, je parlais de l'omnibus réglementaire deux qui sera édicté, là, on
peut le penser, dans les prochaines semaines. Il y a un volet qui touche
spécifiquement à ces questions-là pour interdire l'épandage de biosolides en
provenance des États-Unis sur le territoire agricole québécois compte tenu des
risques et des inquiétudes que ça peut... que ça peut représenter.
Donc, on n'a pas tardé à agir à ce
niveau-là, et tout ça s'est fait en collaboration avec les acteurs concernés.
Le milieu agricole pouvait être inquiet, à juste titre. Les entreprises qui
travaillent dans ce type de valorisation de la matière avaient leurs
inquiétudes aussi. Donc, c'est un travail, là, qui s'est fait très, très
rapidement, mais avec un bel esprit de collaboration.
Mme McGraw : J'ai aussi des
questions plus particulières sur le rendement et la performance du ministère
sur le dossier des matières résiduelles. On peut remarquer que les délais, en
jours, concernant la délivrance des autorisations ministérielles ont augmenté,
et c'est... en fait, c'est une augmentation de 27 jours de délai total au
ministère et une augmentation de 51 jours du délai médian. Pourquoi?
M. Charette : Je ne suis pas
certain de comprendre à quels délais la collègue fait référence.
Mme McGraw : C'est la
délivrance des autorisations ministérielles dans le dossier des matières
résiduelles, et surtout on... c'est la <réponse...
Mme McGraw :
...et
surtout on... c'est la >réponse particulière n° 13.
M. Charette : D'accord. Bien,
peut-être, pour ne pas pénaliser la collègue, y aller d'une question
supplémentaire, puis je vous reviendrai.
Mme McGraw : Oui, on peut...
Merci. Oui, je vais... je vais poursuivre. On va revenir là-dessus. Aussi,
donc, on comprend aussi que la capacité de traitement est à revoir. Est-ce que
le volume a changé ou est-ce que c'est la capacité de traitement qui est à
revoir?
M. Charette : Dans les
centres d'enfouissement en particulier?
Mme McGraw : Dans les... Des
demandes... Le délai des traitements des demandes.
M. Charette : En fait, le
délai des traitements, c'est... c'est ça qu'on proposait, là, de...
Mme McGraw : Il y a
augmentation. Et la question : À cause de l'augmentation dans le
traitement des demandes, est-ce que c'est une question de capacité de
traitement ou est-ce que le volume a changé? Ou est-ce que c'est les deux?
M. Charette : Je saisis mal,
malheureusement, la question, je ne veux pas y aller d'une mauvaise réponse.
Oui, bien, je suis assez... je ne suis pas certain, honnêtement, là, qu'on...
qu'on parle de la même chose. Mais, tout à l'heure, on parlait du REAFIE, c'est
une réévaluation, là, de nos procédures administratives au niveau de
l'évaluation environnementale qui a été complétée il y a deux ans, si je
ne m'abuse. On est venus permettre les déclarations de conformité. Donc, tout
ne passe pas par des certificats d'autorisation comme tels. Donc là, si on
parle de déclaration de conformité, il peut, dans certains cas, y avoir des
délais plus longs, mais, bien honnêtement, je ne suis pas certain de répondre à
la bonne question ou de comprendre la question de la collègue.
Mme McGraw : Alors, c'est des
questions aussi qui ont rapport sur les travailleurs en environnement et les
inspecteurs. Je sais qu'on pourrait parler de pénurie de main-d'oeuvre. Si on
comprend, il y a eu... malgré qu'on a eu... vu... Le ministère a engagé
12 employés étudiants de plus que l'année passée auprès... au sein du
ministère, c'est-à-dire des... mais, malgré cette hausse, il y a eu 790... non,
798, pardon, interventions en moins qui ont été effectuées en comparaison avec
2021-2022, des interventions par des étudiants. Alors, pourquoi? La question
est pourquoi.
M. Charette : Je regarde ce
que j'ai ici.
Mme McGraw : Des
interventions en moins. Si on peut référer à la question précise, juste
comme...
Des voix : ...
Mme McGraw : C'est réponse
particulière 17. C'est une réponse, que vous avez engagé 12 employés
étudiants de plus, mais on voit qu'il y a 798 interventions effectuées en
moins. Et la question est simple : Pourquoi?
M. Charette : Oui. Bien, juste
pour être bien certain d'avoir les mêmes chiffres, moi, je regarde, là, ce
seraient 318 inspecteurs, donc, cette année. Une hausse... une hausse du
nombre d'inspecteurs, oui. Il y a des étudiants, naturellement, comme à chaque
année, mais je n'ai pas le même... le même portrait, là, que la collègue me
présente.
Mme McGraw : Mais c'est ça,
le nombre d'interventions totales, si je lis bien les réponses qui ont été...
les réponses du ministère. Le nombre d'interventions effectuées par les
étudiants en 2022-2023 total, c'est 3 531 et c'est 798 moins que l'année...
l'année précédente. Alors, c'est la question, mais on... je peux attendre la
réponse, on pourra... on va pouvoir y revenir.
M. Charette : Puis c'est... Le
numéro de la question, le numéro de la question, c'est?
Mme McGraw : C'est numéro 17,
à la question particulière n° 17.
M. Charette : 17, parfait.
Bon, on vous reviendra, là, volontiers.
Mme McGraw : On va y... on va
y revenir, si vous... bon, toujours les étudiants, ça m'intéresse, donc
c'était...
Alors, on va revenir sur d'autres
questions en lien avec les matières résiduelles. Est-ce que le ministre... pardon.
Est-ce que... Comment le ministère s'assure-t-il... pardon, je suis vraiment
désolée. Peut-être une question pour faire suivi... suivre la question que je viens
de poser : Est-ce que le ministre évalue qu'il y a un manque de ressources
ou l'affectation des mandats ne sont pas assez claires? Donc, c'est en lien
avec la question antérieure par rapport à la diminution d'interventions. Alors,
c'est peut-être... Bien, je vous... je vous laisse avec ça, je vais revenir sur
l'autre question.
Alors là, on <voudrait...
Mme McGraw :
...Alors
là, on >voudrait parler de... les étapes de traitement d'une...
lorsqu'il y a une plainte faite auprès du ministère. Est-ce que les inspecteurs
sont spécialisés dans un domaine particulier? Et est-ce qu'ils reçoivent une
formation générale... une formation générale, une formation continue? C'est un
peu pour comprendre comment les... c'est vraiment les étapes dans le traitement
des plaintes auprès du ministère.
M. Charette : Peut-être juste
des petits éléments de réponse déjà. Et, si la collègue me le permet après, je
reviendrais 30 petites secondes sur la question de la... de la consigne,
un complément d'information, là, qui peut être important par rapport à notre
échange.
Donc, j'ai la réponse en question. Donc,
effectivement, si on regarde 2021-2022, 4 329, 2022-2023, oui, 3 531.
Mais ce n'est pas une baisse qui est significative, parce que, si on regarde
2020-2021, là, on était nettement plus bas. Donc, on oscille, là, je regarde au
fil des années, il y a eu une variation, là, qui pouvait aller de 4 000,
dans certains cas, même un petit peu plus, à 3 500. Et, on s'entend, là,
2020-2021, il y avait certainement l'effet pandémique aussi, mais on ne peut
pas parler de baisse significative à ce... à ce niveau-là. Donc, il n'y a pas...
il n'y a pas d'inquiétude de mon côté.
Mme McGraw : Alors, pour
vous, c'est... ça ne vous inquiète... ça ne vous préoccupe pas. Ça ne préoccupe
pas le ministre, si je comprends bien.
M. Charette : Pardon? Je n'ai
pas...
Mme McGraw : Ça... Je sais
que je dois m'adresser au Président. Donc, M. le Président, si je comprends
bien, ça ne préoccupe... le ministre n'est pas préoccupé par la diminution.
Selon nous, hein, c'est significatif des interventions par les étudiants. J'ai
peut-être...
M. Charette : Non,
effectivement. Et, par le passé, lorsqu'il y a eu des besoins en effectifs
supplémentaires, là, dans les années récentes, on ne s'est pas gênés pour
manifester les besoins. On est venus renforcer d'ailleurs les capacités
d'action, là, du ministère après un certain nombre d'années où il y avait
malheureusement eu des coupes. Mais ce n'est pas le cas. Et, non, je ne suis
pas inquiet.
Et, si la collègue me permet, consigne,
quelques petites secondes...
Mme McGraw : Juste avant de
revenir à la consigne.
M. Charette : Parfait.
Mme McGraw : Juste parce
qu'on a aussi parlé de l'augmentation dans les délais de 27 jours en total
et aussi... mais 51 jours de délais médians. À la question, c'était :
Pourquoi? Je pense que vous allez...
Une voix : ...
Mme McGraw : Pour la... C'est
ça, la délivrance des autorisations ministérielles en vertu de
l'article 22 de la LQE? Mais, si vous avez besoin de plus de temps, on
peut revenir sur la consigne.
• (16 h 50) •
M. Charette : Non, exact.
Mais, quand qu'on parlait de... du REAFIE, tout à l'heure, il y a un certain
élagage qui s'est fait, parce que, maintenant, les déclarations de conformité
pour certains types de projets sont possibles. Donc, oui, c'est venu à une... c'est
un ajustement, là, qui a pu engendrer des délais plus longs. Mais, de façon
générale, c'est une réforme qui devrait nous permettre de raccourcir au
contraire les délais. On a des directions régionales aussi qui sont mieux
constituées. Il manquait des effectifs dans les directions régionales, et on
est en train, là, de corriger cette situation-là.
Mme McGraw : Et, la consigne,
vous avez...
M. Charette : Et, pour les
inspections, une autre réponse, là, on est plutôt en hausse au niveau du nombre
d'inspections. En 2021, on était à 22 268, 2021-2022, on était à
28 491, et, 2022-2023, on est à 29 465. Donc, malgré, là, ce qu'on a
discuté, on est en hausse.
Pour la consigne, 30 secondes. Au
niveau des détaillants des marchés d'alimentation, que ce soient les Provigo,
Steinberg, IGA, Super C, nommez-les, on ne change pas les obligations qui
leur reviendront. Donc, dans toute la transformation qui est en train de se
faire, la loi, le projet de loi et le projet de règlement fixent des obligations
pour les détaillants.
Et je veux rassurer la collègue, je veux
insister là-dessus, là, malgré que l'on parle de phasage, dorénavant, on ne
change pas les obligations, là, qui reviennent à ces détaillants-là, qui sont
un maillon incontournable dans la mise en marché de ces contenants-là, mais par
la suite aussi au niveau, naturellement, de la récupération possible. Ce qu'on
a dit à l'époque, ça s'applique aussi. Ce ne sera pas toujours sur le site
lui-même ou à l'intérieur du commerce, mais ces détaillants-là auront
l'obligation d'être associés à une démarche de récupération. Il n'y a
strictement rien, là, qui change à ce niveau-là. Donc, une petite <parenthèse...
M. Charette :
...Donc,
une petite >parenthèse, là, que je trouvais importante de faire.
Mme McGraw : Donc, merci de
clarifier. On va... Est-ce qu'on peut revenir, maintenant, sur les questions
par rapport aux inspections? Justement, je peux répéter. Donc, est-ce que
les... Donc là, c'est les étapes, on parle des étapes de traitement d'une
plainte auprès du ministère. Est-ce que les inspecteurs sont spécialisés dans
un domaine particulier ou est-ce qu'ils reçoivent une formation générale? Et
est-ce que la formation est continue?
M. Charette : C'est des gens
qui ont différents profils de formation à la base, mais, pour ce travail-là en
particulier, c'est une formation qui se fait en continu, là, par la suite au
sein du ministère. Donc, il y a des formations qui sont dans tous les domaines.
C'est ce qui est recherché. On recherche cette polyvalence-là. Mais le travail
d'inspecteur est par la suite réalisé, là, grâce à une formation qui est en
continu. Et cette polyvalence-là permet de traiter différents types de plaintes
aussi. Donc, si on avait un profil unique, on manquerait peut-être d'expertise
dans des domaines en particulier. Donc, à la basse, polyvalence et ensuite une
formation en continu, là, pour les inspecteurs qui sont en poste.
Mme McGraw : En continu. Et
est-ce que le ministre pourrait préciser quelles sont les étapes précises de
traitement d'une plainte faite auprès du ministère?
M. Charette : Alors, ça
peut... ça peut prendre bien des... des formes. Ça peut être un signalement
par... par des citoyens, ça peut être un signalement par une personne témoin
d'un manquement potentiel. Les inspecteurs peuvent se rendre sur place par
eux-mêmes. Tout à l'heure, on le disait, hein, pour les milieux humides, on est
à 40 % à peu près. Donc, les inspecteurs, naturellement, vont aller vers
les projets qui représentent un risque plus important pour... pour
l'environnement. Et, si on sait que, malheureusement, un promoteur a un
historique un petit peu plus douteux au fil des années, c'est clair que les
inspecteurs auront le réflexe d'aller par eux-mêmes visiter le site de ces
travaux-là.
Mme McGraw : Bien, justement,
en visitant les sites... puis je vais revenir sur les étapes, parce que je
crois que je... c'est une question assez claire, quelles sont les étapes, mais,
en revenant, les inspecteurs, souvent, ils interviennent... ou peut-être pas
nécessairement souvent, mais parfois ils interviennent dans des milieux plutôt
hostiles, si on comprend bien. Quand il est question d'entreprises
récalcitrantes, quelles sont les mesures que le ministère entreprend pour
assurer la protection de ces évaluateurs et de ses employés?
M. Charette : C'est une autre
très, très bonne question, et, malheureusement, ce sont des situations que l'on
voit au ministère. Ce n'est pas tous des enfants de choeur qui écoutent Britney
Spears, là, qui... qui vont... qui vont conduire ces projets-là. Et il y a des
fiers... il y a des fiers à bras par moment et qui, par le passé, ont même
démontré une certaine... certains comportements plus, plus, plus agressifs.
Donc, les inspecteurs se sont appuyés, à ce moment-là, par les corps de police
municipaux, sinon la Sûreté du Québec, sinon... Donc, il y a un appui, parce
que, pour nous, la sécurité des inspecteurs est au coeur de nos préoccupations
également.
Mme McGraw : Donc, vous
êtes... le ministre est rassuré que les... les évaluateurs, les inspecteurs ont
les... sont bien outillés, outillés pour intervenir et, au besoin, que la
police les... la police les accompagne.
M. Charette : Non, exact, et,
malheureusement, ça s'est avéré. Je ne nommerai pas de projet en particulier,
j'en ai notamment dans ma région, mais ça s'est... ça s'est produit où il y
avait assistance. Même si les inspecteurs ont de réels pouvoirs de contrainte
dans certains cas, malheureusement, le renfort de corps policiers, que ce soient
municipaux ou la Sûreté du Québec, là, ça s'avère nécessaire.
Mme McGraw : Et, finalement,
je reviens... avec le temps qu'il me reste, M. le Président, de revenir sur les
étapes, les étapes de... pour traiter d'une plainte et spécifiquement... donc,
lors des étapes, mais aussi est-ce que... quand est-ce que le délai... Parce
qu'on veut comprendre plus les délais dans le traitement des plaintes. Alors,
selon vous, quel est le délai... quelle est l'étape où le délai est le plus
grand?
M. Charette : Quelle est
l'étape? Juste être...
Mme McGraw : Quelle est
l'étape ou entre... entre quelles étapes est-ce que le délai est le plus grand?
Donc, il faudrait peut-être savoir un peu de l'ordre des étapes et...
Le Président (M. Jacques) :
...
Mme McGraw : ...voilà.
M. Charette : Pardon?
Le Président (M. Jacques) : Rapidement.
M. Charette : Oui. Il n'y a
pas de réponse unique, ça dépend de la nature du projet, ça dépend de la nature
de la plainte ou, sinon, de l'infraction probable. Dans certains cas, non
seulement on <témoigne...
M. Charette :
...non
seulement on >témoigne d'une infraction, mais il y a une enquête qui
doit se faire pour démontrer la responsabilité...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Ça termine le bloc d'intervention de la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Je cède maintenant la parole à la deuxième
opposition pour son dernier bloc de questions, à Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Comment ça va, M. le ministre? Toujours en forme?
M. Charette : ...C'est
dommage, ça prend fin dans une heure, j'en... j'en... j'en aurais pris plus.
Mme Zaga Mendez : Exact.
Juste... juste à temps pour mettre du Britney Spears. Juste à temps pour mettre
du Britney Spears. Alors, on va essayer de répondre... des questions courtes,
réponses courtes, comme ça, ça nous garde en forme jusqu'à la fin.
Milieux humides. On a vu qu'on est encore
dans des régions dans lesquelles on n'atteint pas les pertes nettes, ça veut
dire que le ministère a reçu de l'argent pour la compensation. Est-ce qu'il pourrait
nous dire, le ministre, aujourd'hui, combien d'argent est-ce que vous en avez
reçu pour la compensation de milieux humides?
M. Charette : Oui. Je vais
donner le chiffre dans quelques instants, là, c'est une somme qui est quand
même importante, on parle de plus de 100 millions, mais ce que... mais le
chiffre exact, là, je vous le confirme dans quelques instants. Mais on a
annoncé une grande transformation il y a quelques semaines, parce le but, ce
n'est pas d'amasser de l'argent, c'est d'utiliser cet argent-là, mais là on me
demande des réponses courtes, donc je m'arrête là. Mais le but, ce n'est pas
d'amasser de l'argent, c'est de faire profiter à nos milieux humides ce... ce
potentiel financier là.
Mme Zaga Mendez : Donc, on va
dire autour de 100 millions. J'attendrais la...
M. Charette : 100... oui.
Mme Zaga Mendez : ...la
réponse au complète, vous pouvez nous l'envoyer au pire, il n'y a pas de
problème.
M. Charette : C'est une
question de secondes.
Mme Zaga Mendez : Et
qu'est-ce qu'on va faire? Qu'est-ce qu'on a fait? Parce que j'ai l'impression
que ça fait des années qu'on entend qu'il y a des millions qui dorment dans les
coffres du ministère, puis ça n'a pas été utilisé pour l'objectif, c'est-à-dire
créer des nouveaux milieux humides.
M. Charette : C'est... Mais,
je rassure la collègue, ça n'a pas été utilisé à d'autres objectifs non plus. C'est
de l'argent qui était tout simplement...
Mme Zaga Mendez : Qui dort.
M. Charette : ...en dormance,
mais ce n'est pas ça qu'on voulait, c'est la raison pour laquelle on a adopté,
là, des modalités différentes pour rendre admissibles des... des projets
plus... plus... plus près de la réalité. Donc, le but, là, ce n'est
certainement pas d'accumuler de l'argent, c'est de le réinvestir. Et les
modalités qui ont été confirmées, autant au niveau de l'appel d'offres en
continu, au niveau des montants disponibles, ça va faire une différence, là,
j'ai confiance.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Donc...
Donc, vous la... vous avez... vous avez admis, là, qu'on a des millions en
dormance en ce moment. Je comprends que ce n'est pas l'objectif, ce n'est pas
ça que je remets en question, mais ça veut dire que le ministère va devoir
dépenser ça rapidement. Est-ce que vous vous engagez à le faire rapidement?
M. Charette : C'est
113 millions. C'est l'information qui me manquait. Bien, c'est-à-dire,
oui, on veut le faire rapidement, mais correctement, là, on ne veut pas non
plus ouvrir les vannes pour que cet argent-là ne soit pas utilisé à bon
escient. Mais les modalités qui ont été annoncées, là, il y a quelques
semaines, répondaient à des demandes que les spécialistes en la matière nous
formulaient, là, depuis un certain temps. Donc, bien confiance que, de façon
périodique, on pourra voir un montant différent. Il y aura toujours des entrées
d'argent, c'est certain, mais il faut qu'il y ait des sorties d'argent aussi
pour pouvoir réaliser ces projets-là.
Mme Zaga Mendez : Parfait. On
va... je vais passer à d'autres thèmes parce que c'est notre dernier bloc. Plan
nature, on sait qu'il va y avoir des annonces, et tant mieux, en aires protégées.
Je vous avais posé une question, ma première question en chambre portait sur la
rivière Magpie : Où est-ce qu'on en est pour la rivière Magpie?
M. Charette : Hier, je disais
que je ne peux pas me permettre d'annoncer à la pièce des projets, tout ce que
je peux confirmer, c'est qu'il y a de nouvelles aires protégées, là, dans les
prochaines semaines, les prochains mois qui seront confirmés.
Dans le cas de la rivière Magpie, sans
parler d'aires protégées, ce qui peut rassurer la collègue, et Hydro-Québec et
le gouvernement ont mentionné au cours des dernières semaines qu'il n'y avait
aucun projet hydroélectrique à ce moment-ci dans un avenir prévisible. Donc,
c'est peut-être l'élément, là, qui peut rassurer, là, à ce... à ce moment-ci.
• (17 heures) •
Mme Zaga Mendez : Ça rassure,
mais ce qu'on attend depuis des années, puis je sais que le... le projet, il
est là, là, vous le savez, vous l'avez étudié, il faut juste qu'il s'accélère
un petit peu.
M. Charette : Oui, mais, en
matière d'aires protégées, en même temps, j'aimerais ça que le collègue admette
qu'on a quand même fait un beau boulot.
Mme Zaga Mendez : Bien, on a
admis hier qu'on allait avoir des mesures de protection dans le territoire
demandé par les communautés autochtones de Pessamit, je sais que M. le ministre
l'a réaffirmé aujourd'hui, là-dessus, est-ce qu'il est capable de nous dire si
les 2 761 kilomètres carrés qui sont demandés par les... la
communauté de Pessamit?
M. Charette : Ce que je
mentionnais hier, et pas plus aujourd'hui, ce n'est pas que je ne veux pas,
c'est que c'est un travail qui est en train de se compléter, je ne peux pas
parler de délimitation, je ne peux pas parler de kilomètre carré à ce moment-ci.
Mais, oui, dans les prochaines semaines, il y a des nouvelles aires protégées...
17 h (version révisée)
M. Charette : ...mais oui,
dans les prochaines semaines, il y a des nouvelles aires protégées qui seront
confirmées, et on avance réellement à un beau rythme pour atteindre nos
objectifs, là, d'ici 2030.
Mme Zaga Mendez : Merci. Il y
a eu une annonce superintéressante de la COP15, qu'on a même saluée, les monts Kaaikop.
Alors, ce que j'ai cru comprendre, c'est que là, quand on s'est mis à mettre le
projet en branle, on a trouvé un claim minier sur les monts Kaaikop, n'est-ce
pas?
M. Charette : Oui, oui,
effectivement. On a eu l'information il y a quelques semaines tout juste.
Mme Zaga Mendez : Puis donc,
en ce moment, est-ce que vous pouvez nous dire comment vous vous sentez par
rapport à ça? Parce que, là, c'est le travail de votre ministère qui ne peut
pas avancer parce qu'on a un claim minier qui bloque la protection du
territoire.
M. Charette : Oui. Je peux peut-être
rassurer la collègue, on peut avancer en présence de claims, il y a des
modalités, là, qui peuvent s'appliquer. Mais dans le mont... dans le cas des
monts Kaaikop, la frustration est d'un autre ordre. Puis je ne fais pas de
reproches personnels, mais oui, le projet se dessinait depuis un certain temps,
on pourrait même parler de quelques années. Mais le projet nous a été soumis
uniquement en décembre dernier, jamais de façon... par les voies reconnues, on n'avait
reçu de projet d'aire protégée pour ce secteur-là. Là, le projet est rentré en
bonne et due forme en décembre, ce qui nous permet, là, de travailler le
dossier. Mais c'est un beau secteur, et on va vouloir confirmer une aire...
pardon, une aire protégée.
Mme Zaga Mendez : Une aire
protégée. Est-ce que le ministre a fait la demande pour retirer le claim
minier?
M. Charette : Sans parler,
là, du détail, mais il y a des mesures, là, qui sont envisagées actuellement
pour concrétiser ce projet-là.
Mme Zaga Mendez : Parce que
je pense qu'il serait d'accord avec moi, ce serait plus simple qu'on facilite
la protection du territoire... préséance sur la question du claim minier.
M. Charette : En fait, il
aurait été plus simple de recevoir le projet plus tôt, mais là on fait avec la
date de réception du projet, et c'est un projet, là, qui continue de nous tenir
à cœur.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Je
vais sur un autre sujet. C'est un peu la fin. Il y a quelque chose qui a attiré
mon attention sur un règlement, je ne sais pas si... Je pense que c'est bien...
bel et bien le ministère de l'Environnement. C'est un règlement qui s'appelle :
Relatif à l'évaluation et à l'examen des impacts sur l'environnement de
certains projets. Et, dans la modification qu'il y a eu au règlement, on
relâche les critères assujettissant les usines de batteries à l'évaluation
environnementale, ce qui était prévu auparavant, n'est-ce pas, M. le ministre?
M. Charette : Oui. Bien, en
fait, c'est une belle nouvelle, je peux en parler, là. Tout à l'heure, on
parlait de l'omnibus réglementaire 2, c'est un élément, là, de cet omnibus
réglementaire là qui n'est pas édicté. Donc, ce n'est pas encore officialisé,
mais on a bon espoir de le faire au cours des prochaines semaines, des
prochains mois. C'est qu'on s'est rendu compte que ce type d'installations là,
d'un point de vue environnemental, ne posait pas de problème direct qui,
généralement, commande un BAPE. C'est la procédure d'évaluation longue, donc,
pour ce type de projet là, compte tenu de la mesure... bien, en fait, pas de la
menace, mais de l'impact environnemental potentiel. Ce n'était pas nécessaire
de retenir la plus longue des procédures d'examen environnemental.
Mme Zaga Mendez : Alors, on
a... Donc, on va permettre... Parce que la façon que c'est écrit, j'ai le
règlement devant moi, là : article 1, aliéna deux, on supprime l'article 26,
ça veut dire qu'on n'est plus en train d'assujettir à l'évaluation
environnementale des usines de fabrication de véhicules. C'est bien ça?
M. Charette : En fait, c'est
les batteries, ce n'est pas les usines de fabrication de véhicules.
Mme Zaga Mendez : Ah! c'est
les deux. Je vais juste citer l'étude d'impact réglementaire : «La
modification permettant de cibler des projets à risque élevé. L'assujettissement
relatif à la fabrication de véhicules est remplacé par l'assujettissement de
certains projets de fabrication de batteries.»
M. Charette : Exact. Donc, c'est
le volet batterie. Mais il y a quand même un déclencheur, donc il va quand même
y avoir une procédure d'évaluation longue, je l'appelle comme ça, si jamais le
pied carré de l'installation excède la nouvelle norme qui maintenant n'est plus
un déclencheur. Donc, pour moi, c'est une bonne nouvelle. On sait, on veut
favoriser la filière batterie puis, dans certains cas, on imposait la procédure
longue. Le BAPE, on le sait, c'est pertinent, c'est nécessaire, c'est
important, mais par moments ce n'était tout simplement pas nécessaire, là, d'en
tenir.
Mme Zaga Mendez : Je veux
juste comprendre. Si l'on avait... si on voulait le faire pour les batteries,
on aurait pu ajouter des choses pour les batteries ou alléger pour les
batteries. Là, on est en train d'alléger pour la fabrication de véhicules.
Pourquoi?
M. Charette : Bien, je vous
le mentionnais, là, c'est réellement pour le volet batteries, on n'a pas de
constructeurs <automobiles qui.... qui...
M. Charette :
...
mentionnais, là, c'est réellement pour le volet batteries, on n'a pas de
constructeurs >automobiles qui.... qui bénéficieraient d'une mesure de
cette nature-là, alors on n'a pas... C'est réellement dans le but de favoriser
le développement de la filière batterie, sans compromettre, naturellement, la
protection de l'environnement. Si, au niveau de ce type d'usine là, on avait...
on avait la certitude qu'il y avait un impact à surveiller d'un point de vue
environnemental, on n'aurait pas procédé à cette modification-là. Donc là,
c'est uniquement le pied carré qui change, donc... Pardon. Il y a toujours un
pied carré qui est déclencheur, mais, pour les usines, là, de plus petite
grandeur que le déclencheur en question, il n'y a pas de BAPE automatique.
Mme Zaga Mendez : Parce que
c'est peut-être... Je vais reformuler ma question. Pourquoi pour les usines? Je
comprends, là, pour la batterie, là, puis même on pourrait vous questionner
là-dessus, mais là je veux revenir. Le règlement, avant, assujettissait les
usines de fabrication. S'il n'y a pas de projet en vue, pourquoi on les a
retirées? C'est ça qui n'est pas clair, M. le ministre.
M. Charette : Bien, je ne
veux pas insister sur l'intention gouvernementale autrement que pour
dire : C'est pour les batteries, ce n'est pas dans une perspective... C'est
pour la filière batterie, là, que cette modification-là a été apportée.
Mme Zaga Mendez : Mais la
modification enlève l'assujettissement aux fabricants de véhicules, pas aux
fabricants de batteries. Est-ce que je me trompe? Peut-être qu'on se trompe,
mais dites-nous-le, parce que ce n'est pas ça qui est écrit dans l'analyse
d'impact réglementaire puis ce n'est pas ça que l'alinéa un point un... alinéa deux
de l'article 1 du règlement nous dit.
M. Charette : On est venus
ajouter un critère d'assujettissement pour les batteries.
Mme Zaga Mendez : Et en
enlevant un critère pour les véhicules.
M. Charette : Ce n'est pas
l'interprétation...
Mme Zaga Mendez : C'est ça
que j'ai devant moi, M. le ministre.
M. Charette : Bien, on pourra
vous revenir à ce niveau-là sans problème, là.
Mme Zaga Mendez : Je
l'espère.
M. Charette : Mais je vous
confirme l'intention gouvernementale derrière ça : c'est pour la filière
batterie. Et on sait que ce type d'installation là, tout dépendant de la
dimension, naturellement, là, ne pose pas d'enjeux environnementaux, là, qui
nécessiteraient obligatoirement un BAPE, par exemple.
Mme Zaga Mendez : Je vous
remercierais de revenir avec cette information-là, parce que c'est ça qui est
écrit noir sur blanc dans l'étude d'impact... dans l'étude réglementaire,
d'impact réglementaire et dans le règlement que j'ai ici, devant moi.
M. Charette : Peut-être un
petit complément d'information. Déjà, les entreprises, les principales
entreprises du domaine de l'automobile, mais encore là on n'en a pas, là,
seraient assujetties comme avant, si elles n'avaient pas de volet batterie.
Nous, c'est le volet batterie, là, qui est venu dicter ce changement-là. Donc,
si c'était...
Mme Zaga Mendez : Donc, si
une usine fabrique des voitures et des batteries, on allège la réglementation,
mais si une usine fabrique juste des automobiles, c'est comme avant? C'est-tu
ça que je comprends?
M. Charette : On est dans le
très, très hypothétique, il n'y a pas de constructeur. Puis honnêtement on a
des belles nouvelles, je pense, dans les prochains mois, prochaines années,
mais je ne pense pas... Enfin, il n'y a pas de projet de constructeur, là, donc
c'est réellement pour le secteur batterie qu'on a fait cette modification-là.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends. Je veux aller sur un autre sujet parce qu'il me reste peut-être deux
minutes.
Le Président (M. Jacques) : Environ.
Mme Zaga Mendez : Environ.
Gaspillage alimentaire. S'il y a une chose sur laquelle... Je cherche des
choses sur lesquelles on est d'accord. Le ministre, quand il s'est levé pour
parler de gaspillage alimentaire, il était d'accord avec moi sur le fait que le
gaspillage alimentaire, c'est un grand problème. On l'a dit tantôt avec les
matières résiduelles. Est-ce qu'il serait d'accord avec moi qu'il faut réduire
de 50 %, au moins de 50 %, les aliments qui se retrouvent à la
poubelle?
M. Charette : Le plus
possible. Et ce n'est pas que je ne veux pas échanger avec la collègue
là-dessus, mais le gaspillage alimentaire, comme tel, c'est mon collègue au
MAPAQ, là, qui a les programmes. Mais autant lui que moi vous disons
ceci : Il y en a trop. C'est la raison pour laquelle il y a différentes
mesures. Et c'est la raison pour laquelle j'ai été fâché, il y a quelques
semaines, avec un article de journal. Sans renommer l'entreprise en question,
je vous confirme qu'il y a rendez-vous qui a été pris, rendez-vous qui devrait
se confirmer dans les prochaines semaines, si je me souviens bien, avec la
haute direction de l'entreprise pour s'assurer, là, que ces erreurs-là ne se
reproduisent plus.
• (17 h 10) •
Mme Zaga Mendez : J'étais contente
de vous voir fâché, M. le ministre. Nous aussi, on était fâchés puis...
M. Charette : C'est rare que
je suis fâché, quand même. Je suis un bon gars, il faut le dire.
Mme Zaga Mendez : C'est rare,
mais il faut se fâcher de temps en temps, ça...
M. Charette : Il faut. Il
faut.
Mme Zaga Mendez : En
environnement, on a des raisons, on va se le dire. Alors, est-ce que vous avez
eu la chance de parler avec votre collègue?
M. Charette : Oui...
Mme Zaga Mendez : Parce que
moi, demain, je vais avoir la chance de le questionner là-dessus. Mais est-ce
que vous avez parlé avec votre collègue?
M. Charette : Vous allez
voir, il est également très, très gentil. Mais oui, oui, dès la <journée
où ces...
Mme Zaga Mendez :
...collègue?
M. Charette :
Vous
allez voir, il est également très, très gentil. Mais oui, oui, dès la >journée
où ces nouvelles-là... Parce que ça s'est fait sur deux jours, donc on a eu
l'occasion de s'en parler. Il a des programmes à sa disposition, il y a un
accompagnement. En fait, une des belles mesures qui parfois n'est pas connue
des détaillants, il y a un circuit de récupération...
Le Président (M. Jacques) :
...
Mme Zaga Mendez : ...plus de
temps.
M. Charette : Malheureusement!
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre, ceci termine l'intervention... les interventions du deuxième
groupe d'opposition. Je cède maintenant la parole, pour leur dernière
intervention aussi, à l'opposition officielle pour une période de
18 minutes.
Mme McGraw : 18 minutes.
Merci, M. le Président. Alors, je reviens sur la question de qualité d'air à
Limoilou. Alors, on se reprend là-dessus. On a reçu le portrait de la qualité d'air...
de l'air dans le quartier de Limoilou, ici, à Québec, suite au rapport du
groupe d'experts, le GTCA. Et le portrait... on a appris que le portrait
n'était pas rose, il n'est pas... ne demeure pas rose. Les habitants de
Limoilou respirent un des airs les plus saturés en particules fines du Québec,
dioxyde d'azote lié à la circulation routière, pollution liée au chauffage à
bois et, cerise sur le sundae, le nickel.
Comme les citoyens de Limoilou, nous
étions sceptiques quand le ministre a rehaussé par cinq la norme de nickel.
Alors, la première question, M. le ministre, via le président : Pourquoi
vous avez rehaussé par fois la norme de nickel, déjà dans des niveaux élevés et
même surpassés 44 fois, depuis le mois d'avril 2022?
M. Charette : Peut-être
revenir sur notre échange précédent. La collègue ne semblait pas savoir qu'il y
avait eu une deuxième séance d'information conduite dans le secteur même. Ça,
c'est le 29 mars dernier. Donc, on a répondu entièrement aux demandes des
citoyens du secteur, et je pense qu'on a pu les rassurer.
Pour ce qui est du rapport lui-même, je
pense qu'il y a des belles nouvelles qu'il ne faut pas non plus oublier. Ce que
l'on dit, c'est que la qualité de l'air dans le secteur s'améliore. Elle
s'améliore. Ce que l'on dit aussi : depuis plus d'une année, il y a une
collaboration qui ne s'était pas vue par le passé entre le port de Québec, la ville
de Québec et le ministère de l'Environnement. C'est un travail qui est conjoint,
maintenant, et qui, je pense, va amener des résultats intéressants. C'est pour
répondre à l'introduction.
Mais sinon, pour le nickel lui-même, si la
collègue a lu le rapport, il n'y a pas... il n'y a pas d'inquiétude
particulière. En fait, le nickel n'est pas l'élément le plus préoccupant. Ce
que le rapport soulève, c'est deux choses, c'est beaucoup les particules fines,
on peut penser notamment à l'incinérateur, et aussi le transport dans le
secteur. Donc, le nickel n'est pas une quantité inquiétante dans le...
Mme McGraw : OK. Alors,
vous allez me permettre, M. le ministre et M. le Président, la proportionnalité,
parce qu'il me reste juste quelques minutes. Alors, je vais insister, avec tout
le respect, M. le ministre et M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : ...essayons
de garder...
Mme McGraw : Alors, même
si l'on exclut le nickel, même si... Parce que... la proportionnalité. Même si
on exclut le nickel et, quand même, que l'air... Est-ce qu'on est d'accord pour
dire que l'air du secteur étudié par le GTCA est moins qu'optimal, et d'autres
contaminants sont présents en grande quantité? Est-ce que le ministre élabore
des solutions à ce sujet? Parce que je vous confirme que les citoyens ne se
sentent pas rassurés.
M. Charette : Oui. Bien,
en fait, c'est vrai qu'il y a un enjeu de qualité de l'air dans le secteur.
Tout à l'heure, je parlais des particules fines, j'ai fait mention de
l'incinérateur, mais j'aurais dû insister davantage sur les poêles à bois. Ça a
été démontré que, dans le secteur, là, ça avait une incidence particulière avec
toutes les particules liées au transport également. Donc, on a un portrait de
situation qui est connu.
Et pourquoi, maintenant, on est à ce point...
on est à ce point informés? C'est qu'on a aussi pris la décision de rendre
publiques les données sur la qualité de l'air, ce qui n'était pas le cas par le
passé. Donc, cette transparence-là va rassurer la population qui pouvait penser
qu'on leur cachait des données, ce qui n'est pas le cas.
Mais ce qui me rend encore plus optimiste,
puis que vous allez le voir encore dans les prochaines semaines, il y a une
collaboration réellement nouvelle entre la ville de Québec, qui, par rapport
aux poêles à bois, par exemple, peut intervenir, le port de Québec, qui peut
intervenir sur certains des... des contaminants atmosphériques, et le ministère
de <l'Environnement...
M. Charette :
...
intervenir sur certains des... des contaminants atmosphériques, et le ministère
de >l'Environnement. Moi, je suis là depuis assez longtemps pour me
souvenir d'une époque où cette collaboration-là n'était même pas envisageable.
Donc, il y a vraiment un changement de
culture, et le ministère de l'Environnement est pleinement, pleinement engagé,
là, pour collaborer avec ses partenaires à l'amélioration de la qualité de
l'air dans le secteur.
Mme McGraw : Eh bien, on a
entendu parler, justement, de la sortie du rapport et on avait l'impression que
le rapport, et ça a été critiqué, ça a été sorti... que le gouvernement a fait
en sorte que le rapport est sorti en douce, d'autant plus que l'événement de
présentation du rapport a été annoncé le jour... la journée même, si on
comprend bien. Donc, c'est...
M. Charette : Oui, mais c'est
là où, malheureusement, la...
Mme McGraw : On parle
peut-être de deux éléments différents, mais il y a... Dans un des cas...
M. Charette : Non, absolument
pas. Il vous manque une pièce importante du casse-tête, que je m'évertue
poliment à rappeler. Il y a eu deux présentations. La première, effectivement,
les citoyens nous ont dit... Ce n'est pas nous qui avons choisi la date, hein,
ce n'est pas nous qui avons dit : C'est à telle heure, telle place. Mais
les citoyens ont laissé... nous ont laissé savoir que les délais de préparation
étaient trop courts, et, à ça, on a répondu favorablement très rapidement. Ce
qui fait que, quelques semaines plus tard, et c'est là où je donnais la date,
là, je pense, c'est le 28... le 29 mars, il y a eu une autre séance. Là,
les citoyens ont eu tout le temps nécessaire pour se préparer. C'est le même
auteur qui était présent, accompagné par les spécialistes du ministère de
l'Environnement. Donc, d'aucune façon on n'a voulu rendre public de façon... en
douce ou en catimini ce rapport-là. On a tenu deux séances plutôt qu'une, et
avec quelques semaines d'intervalle, pour répondre à la demande.
Donc, je peux comprendre que dans certains
cas on n'ait pas l'information, mais il ne faut pas laisser entendre qu'on a
fait ça en catimini. On ne pouvait pas être plus transparents et on ne pouvait
pas être plus conciliants à l'égard des gens du secteur. On a répondu à leur
demande, là, et ça, sur toute la ligne.
Mme McGraw : Est-ce qu'on
comprend quand même que la première fois, ça n'a pas été sorti de façon idéale,
et l'implication citoyenne, ça n'a pas été idéal? Est-ce qu'on reconnaît? Parce
que c'est ce qu'on nous dit, les citoyens. Est-ce qu'on le reconnaît?
M. Charette : Ce que je peux
mentionner, c'est que ce n'est pas nous qui avons déterminé la date, et,
lorsque l'événement s'est tenu, les organisateurs ne savaient pas qu'à la ville
il y avait une autre consultation au même moment. Mais, dès qu'on l'a su, on en
a pris acte, donc la première séance s'est tenue, mais quelques semaines après,
le 29 mars... Parce que ce que l'on déplorait aussi, c'est que cette
soirée d'information n'avait pas lieu dans le secteur Limoilou directement, ce
qui était vrai. Donc, non seulement on en a fait une deuxième, quelques
semaines après, comme ça nous était demandé, cette deuxième-là s'est tenue dans
le secteur concerné. Donc, il n'y a pas d'admission de responsabilité, au
contraire, il y a admission d'une très grande proactivité pour rassurer et
répondre aux demandes des citoyens.
• (17 h 20) •
Mme McGraw : Alors là, on va
passer, M. le Président, à la question de la biodiversité, un peu pour
reprendre certaines questions. Alors, comme j'ai déjà dit, j'étais très fière
de... que le Québec a été hôte à la COP... de la COP15, à Montréal, en tant que
secrétariat... siège... le secrétariat de la Convention de l'ONU sur la
biodiversité, et j'étais très fière et très fière de pouvoir faire partie de la
délégation québécoise. Et ça a été un moment fort pour le Québec, et on le
reconnaît.
Malgré, malgré tout ça, on a des
questions. Alors, l'engagement d'atteindre la cible de 30 % d'aires
protégées d'ici 2030, question : Est-ce que le gouvernement pourrait
envisager une cible intérimaire de 25 % en 2025? Pourquoi? Parce que c'est
à l'intérieur du mandat du gouvernement, donc vous avez un certain contrôle.
Alors, puisqu'on comprend, la situation est urgente, est-ce que le gouvernement
pourrait envisager une cible à l'intérieur de leur mandat, soit de 2025?
M. Charette : Peut-être juste
une petite correction qui est importante, là, parce que j'entends souvent cette
affirmation-là. La COP15 et le gouvernement n'ont pas pris l'engagement de
30 % d'aires protégées, c'est 30 % de mesures de protection. Nous, au
Québec, on a beaucoup misé sur les aires protégées. On va continuer de miser
sur les aires protégées, mais ce ne seront pas 30 % d'aires protégées. Parce
qu'à travers l'UICN on reconnaît plusieurs autres mesures de protection que
l'on appelle efficaces, qui sont considérées dans le calcul. <Donc,
juste...
M. Charette :
... de
protection que l'on appelle efficaces, qui sont considérées dans le calcul.
>Donc, juste une petite parenthèse qui est importante.
La cible de 30 %, pour nous, elle est
importante, et on veut éviter l'erreur du passé, c'est-à-dire se retrouver à la
veille de l'échéancier et avoir un travail immense de rattrapage à faire. Donc,
ce n'est pas... ce n'est pas... je veux dire, il n'y a pas de règlement qui
nous oblige à ça. Mais je vous dirais, là, pour être crédibles, en 2026, il
faudra être aux alentours de 23 %, 24 %, 25 %. C'est l'objectif
qu'on s'est donné comme... comme gouvernement.
Mme McGraw : Donc, pourquoi
le gouvernement ne formalise pas cette... Parce que je suis d'accord... Parce
qu'on regarde l'approche, j'avoue, vis-à-vis les changements climatiques et,
justement, on... l'approche de la demi-mesure de 50 %, de mesure...
d'identifier, justement, on s'inquiète que ça ne va pas nous amener au succès.
Justement, c'est une approche qui va nous amener vers l'échec. Donc, justement,
on se pose la question : Pourquoi pas des cibles intérimaires? Donc, je
suis contente d'apprendre, si je comprends bien, que le gouvernement envisage
de façon informelle, mais c'est peut-être à formaliser, un 25 %, même
26 % d'ici 2025.
M. Charette : Dans les... Je
ne peux pas donner de date, à ce moment-ci, ce n'est pas connu, mais on va
présenter une planification stratégique au niveau de la protection de la
biodiversité, et il y aura vraisemblablement, là, des cibles intérimaires.
Donc, ce n'est pas un simple discours, encore une fois. Pour être crédible, non
pas seulement comme gouvernement ou comme formation politique, mais le Québec,
s'il veut être crédible sur la scène internationale à ce niveau-là... Et
actuellement, là, littéralement, il fait office de leader. On nous envie
beaucoup. Mais, pour maintenir ce statut-là ou cette crédibilité-là, à quelques
années de l'échéancier, il faudra avoir progressé de façon marquée, là, et
c'est notre intention.
Mme McGraw : Parce que c'est
demain, ça s'en vient vite.
M. Charette : Ça vient vite,
effectivement.
Mme McGraw : Alors, pour
parler d'autres cibles, on a vu une autre idée de cible de 50 % d'ici
2050. Donc, quelle est la réaction du gouvernement? Parce qu'on comprend... Si
moi, je comprends bien, le 30 %, selon les scientifiques, c'est la moyenne
globale, c'est un... il faut atteindre 30 % d'ici 2030 à travers le monde.
Mais c'est sûr qu'il y a des pays qui sont... ça va être très difficile, tandis
qu'au Québec on a les moyens d'aller peut-être encore plus loin. Donc, que
pense... M. le Président, quelle est la réaction du ministre et du gouvernement
face à l'idée d'une cible de... de 50 % d'ici 2050?
M. Charette : J'ai vu encore,
ces derniers jours, des articles là-dessus. Ma réponse, c'est très, très
simple : on va travailler pour le 30 %, dans un premier temps, et par
la suite on pourra regarder, là, quelle sera la suite. Mais déjà c'est une très
très grosse commande que l'engagement qui a été pris. Et on est crédibles. Il y
a bien... Et je ne veux pas être défaitiste en disant ça, mais il y a bien des
gens qui ont adhéré aux objectifs de la COP15 et qui n'avaient d'aucune façon
atteint les objectifs qui étaient pourtant fixés par 2020... pour 2020. Nous,
on les a atteints, ces objectifs-là, donc on est crédibles. Je vais souhaiter
que tout le monde atteigne, naturellement, son objectif de 30 %, mais,
parmi les acteurs les plus crédibles à ce niveau-là, le Québec en fait
certainement partie.
Mme McGraw : Et cette... Et on
est d'accord qu'il y a une crédibilité. Justement, c'est pour ça qu'au lieu
de... c'est pour éviter la complaisance et se dire d'aller plus loin. C'est
pour ça qu'on regarde d'autres cibles de... Un peu comme avec les changements
climatiques, justement, il y a des cibles de 2030, 2050. Donc, c'est une
question qu'on va reposer au gouvernement, mais on comprend que, pour
l'instant, le gouvernement étudie la situation, si je comprends bien?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, il n'y a certainement pas d'engagement parce que je sais que les
croûtes à manger d'ici 2030 sont importantes, mais atteignons d'abord cet
objectif-là, et par la suite on pourra regarder quel pourrait être le prochain
objectif.
Mme McGraw : Une des
inquiétudes principales dans l'atteinte des cibles en matière... là, on parle
d'aires protégées, c'est que la majorité des zones choisies se trouvent dans le
nord. Alors, savez-vous quel pourcentage d'aires protégées se trouveront au sud
du Québec?
M. Charette : Dans le Plan
Nord, ça, c'est aussi quelque chose qui a été pris comme engagement, lors de la
COP... et moi, personnellement, ravi. Il y a eu cet engagement-là, on se disait
d'ici 2030, on parlait de plusieurs centaines de millions de dollars, là, qui
allaient être disponibles. Donc, on aurait pu laisser couler plusieurs budgets
avant de voir la trace de cet argent-là, mais dès le dernier budget, donc celui
présenté le 21 <mars dernier...
M. Charette :
...
trace de cet argent-là, mais dès le dernier budget, donc celui présenté le
21 >mars dernier, c'est plus de 400 millions, là, qui ont été
déjà inscrits dans le budget pour le Plan Nord. Et on a déjà pris l'engagement,
là, que l'essentiel ou une bonne partie de ces sommes-là serviront à développer
des projets d'aires protégées dans le sud.
Parce qu'il ne faut pas confondre deux
concepts. C'est certain que les superficies seront toujours plus importantes
dans le nord, compte tenu de l'étendue du territoire, compte tenu qu'on est
plus aisément en terres publiques dans le nord que dans le sud, mais il faut
multiplier les projets dans le sud. Et, dans les deux dernières années, on a
annoncé peut-être pas loin de 20 quelques projets d'aires protégées; ils
étaient tous dans le sud, la superficie... la superficie, pardon, plus petite,
mais tous des projets qui étaient dans le sud.
Mme McGraw : Alors, je vais
juste... Il me reste moins de 3 minutes, donc je vais poser mes dernières
questions. Pour être très concrets... Parce qu'il y a les cibles, il y a les objectifs,
mais il y a le concret et les moyens de s'y prendre. Alors, quelles seront les
mesures mises en place pour s'assurer d'une reddition de comptes transparente
et pour que la population québécoise y voie les résultats? Et après ça j'ai une
dernière question, donc je vais insister sur une réponse assez vite.
M. Charette : En fait, c'est
difficile d'être plus difficile en termes de transparence, pour ce qui est des
aires protégées. Parce qu'on a des registres, sur le site Internet du
ministère, tout y figure : les statuts de chacune des aires protégées,
leurs superficies, leurs plans de gestion, leurs emplacements. Donc, ce sont
toutes des informations qui sont publiques. Donc, ce sera facile, là, de se
convaincre que l'on progresse à ce niveau-là.
Mme McGraw : Plusieurs
programmes ont été...
M. Charette : Ça sera facile
de se convaincre. Je ne sais pas si j'ai dit le contraire. Ça va être facile de
se convaincre qu'on progresse. Je me réécoutais, là, puis, je pense, j'ai dit
le contraire.
Mme McGraw : Alors, plusieurs
programmes ont été carrément arrêtés, M. le ministre, M. le Président, dans le
dernier budget, tels que le soutien à la lutte aux plantes exotiques
envahissantes et le soutien à la mission des organismes gouvernementaux, non
gouvernementaux. Est-ce que le renouvellement des programmes suivants seront
inclus dans le nouveau Plan nature 2023... non... le Plan nature 2023,
celui qui s'en vient cette année? Donc, les cibles... Voilà. Pardon. Juste la
première question. Les programmes ont été arrêtés. Alors, est-ce vous pouvez
répondre à la question au niveau des programmes qui ne sont plus soutenus,
c'est-à-dire, par exemple, la lutte aux plantes exotiques envahissantes et le
soutien à la mission des organismes non gouvernementaux?
M. Charette : Naturellement,
il y a plusieurs modalités de financement. Les organismes que l'on supportait,
on continue à les supporter. On a même ajouté dans... sans le nommer, là, mais,
dans un certain réseau, une région qui était peut-être mal desservie par le
passé, mais c'est des programmes qui ont été reconduits. Et le Plan nature
pourra aussi accompagner ces organismes-là. Donc, on a neuf organismes
financés, là, par mission. Sinon, pour les plantes exotiques, c'est ça, le Plan
nature, là, sera là pour continuer d'accompagner ces mesures-là. Mais ceux qui
étaient soutenus depuis un certain nombre d'années...
Le Président (M. Jacques) : En
terminant.
M. Charette : Et la
convention se terminait dans certains cas. Mais c'est des... c'est un support
qui se poursuit, là, avec les nouveaux budgets.
• (17 h 30) •
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, M. le ministre. Et je cède la
parole au député des... M. le député des Îles-de-la-Madeleine pour sa dernière
intervention de 17... de 14 min 47 s.
M. Arseneau : Eh! j'ai
presque gagné trois minutes sur mon temps!
Le Président (M. Jacques) : Trois
minutes, exact.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Il y a quelques jours, c'étaient... j'allais dire «les célébrations»,
mais il n'y a pas de quoi célébrer, c'était le Jour de la Terre. L'inquiétude
est grande, et je pense que c'est normal qu'on soit inquiets lorsqu'on n'a pas
la conviction qu'on va pouvoir atteindre les cibles qu'on se fixe pour
empêcher, justement, l'augmentation de l'émission de gaz à effet de serre qui
aura un effet néfaste, évidemment, sur la température du globe et sur le
climat.
Le gouvernement a un objectif de réduction
des émissions de gaz à effet de serre de 37,5 %. Vous en avez discuté tout
à l'heure avec ma collègue de Verdun, puis on disait que, bon, il fallait
trouver des mesures, des moyens et puis que ce serait quelque part entre
55 % et 100 % des mesures qui seraient divulguées dans les prochaines
semaines. Je vous soumets, en tout respect, M. le Président, qu'il faut non
seulement passer à l'action, il faut agir, mais il faut aussi convaincre. Et
moi, je pense qu'actuellement...
17 h 30 (version révisée)
M. Arseneau : ...seulement
passer à l'action, il faut agir, mais il faut aussi convaincre. Et moi, je
pense qu'actuellement il y a un déficit de crédibilité, parce que vous avez
utilisé le mot «crédibilité», là, il y a un déficit de crédibilité dans un plan
pour lequel on a la moitié des moyens pour atteindre nos objectifs d'ici 2030...
2030, là, c'est demain matin.
Alors, je voudrais faire le plaidoyer, M.
le ministre, pour que vous puissiez nous prouver qu'on est sérieux, comme
gouvernement au Québec, d'atteindre les objectifs puis qu'on puisse le
démontrer, qu'on les atteindra. Et même si on peut avoir tendance à jouer au
chat et à la souris sur une annonce qui viendra bientôt, là, je vous implore de
mettre en place les conditions qui vont permettre de mobiliser la population
derrière les efforts que vous voulez... auxquels vous voulez nous convier.
Est-ce qu'on aura, oui ou non, un portrait d'ensemble, ou avec des cibles
intermédiaires, ou avec des mesures ciblées par secteur qui nous permettent de
dire : On sait où on s'en va au Québec?
M. Charette : C'est une belle...
une belle question puis une belle façon de l'amener. Déjà, pour encourager ou
rassurer les gens, le GIEC pose la condition suivante : Si on veut être
crédible en matière de lutte aux changements climatiques, d'ici 2025, il faudra
avoir commencé à diminuer nos émissions. C'est le message qui est envoyé à la
planète, parce que la très grande majorité des pays sont toujours en
augmentation. Mais cette étape-là, le Québec, on l'a déjà franchie. On a déjà
commencé à diminuer nos émissions, ce que le... On parlait, comparaison au
régime fédéral par rapport au régime québécois, nous... fédéral, ce n'est pas
fait, ils sont toujours en augmentation. Nous, on a commencé à baisser. Donc, c'est
déjà une façon d'assurer ou démontrer une crédibilité.
Pour le reste, le PMO qui sera présenté,
là, dans quelques jours, quelques semaines, va nous amener à un pourcentage
plus élevé, 42 % au départ, 51 %, x pourcentage dans quelques
semaines. Et le calcul est facile à faire, si les gens additionnent la
progression d'année en année et qu'ils anticipent les progressions à venir, on
se rend à 100 %. Mais oui, il y aura un élément de nouveauté dans le PMO
pour dire à quel point on progresse. Le pourcentage est tout le temps, tout le
temps, extrêmement documenté, mais, à ce pourcentage-là, on va ajouter un pourcentage
supplémentaire qui représente nos prochains chantiers en quelque sorte. Donc,
ça, c'est un élément nouveau qu'on n'avait pas dans le PMO 2. Donc, on va
avoir non seulement le noyau dur de nos efforts, mais on va avoir aussi une
projection sur les chantiers, là, qui seront les nôtres au cours des prochaines
années.
Et, au cours des prochaines années, non
seulement le noyau dur va grossir, mais la partie sur laquelle on va travailler
va aussi grossir. Donc, oui, c'est possible d'envisager un 100 % d'ici
2030. Et, preuve ultime de la volonté gouvernementale des budgets, il n'y a
aucun gouvernement en Amérique du Nord qui, par habitant, n'investit autant que
le Québec. C'est pour ça, tout à l'heure, l'exemple de l'Ontario m'a fait
sourire un petit peu. Il n'y a pas de comparaison possible. C'est 9 milliards de
dollars supplémentaires qui, pour la période 2023-2028, donc, seront
disponibles pour différentes mesures. C'est important d'insister, ces 9 milliards
là n'incluent même pas les budgets en transport collectif, n'incluent pas un
paquet de mesures qui aussi aident à la lutte aux changements climatiques.
M. Arseneau : Moi, je veux
bien croire qu'on va devoir investir, évidemment, dans une transition
écologique, mais, dites-moi, donnez-moi-z-en davantage pour me convaincre que l'ensemble
de l'action gouvernementale est orientée vers cette transition-là, parce que c'est
une des choses, d'ailleurs, que la Commissaire au développement durable avait
remarqué, c'est qu'on n'a pas nécessairement le sentiment que l'ensemble de l'appareil
gouvernemental est mobilisé, les hauts dirigeants. Les indicateurs n'existent
pas toujours. Tu sais, tout ça, c'est des éléments qui nous échappent et qui ne
permettent pas, je le répète, non seulement d'assurer une crédibilité, mais d'assurer
aussi une espèce de mobilisation où on pourrait dire : Le gouvernement est
en tous points exemplaire. Maintenant, il appartient à l'industrie, au
commerce, aux citoyens de suivre, parce que c'est le gouvernement qui est
véritablement le leader.
On a déjà proposé, mon collègue, dans la
précédente législature, disait : Pourquoi on n'adopte pas un projet de
budget carbone? Pourquoi est-ce qu'on ne se donne pas une loi-cadre pour
s'obliger à respecter nos obligations au Québec? Est-ce que c'est des choses
auxquelles vous réfléchissez qui <pourraient le permettre...
M. Arseneau :
...une
loi-cadre pour s'obliger à respecter nos obligations au Québec? Est-ce que
c'est des choses auxquelles vous réfléchissez qui >pourraient le
permettre?
M. Charette : Deux, trois
petits éléments de réponse. Le collègue a commencé son intervention en disant
qu'il va falloir investir beaucoup. Oui, ce volet-là, on le fait, mais il faut
aussi réaliser que ce n'est pas que des investissements monétaires, il y a des
changements réglementaires aussi qui s'imposent. On en a apporté plusieurs. Le
dernier qu'on propose, là, naturellement, il faut attendre son édiction, mais ce
que l'on évoquait, vendredi dernier, pour la norme VZE, ça coûte zéro pour le
gouvernement du Québec, mais c'est une mesure qui va avoir énormément d'impact
au niveau de la réduction des GES. Donc, ce n'est pas qu'une question d'argent,
il faut beaucoup d'argent, on met beaucoup d'argent, mais c'est aussi une
question de réglementation, et la norme VZE est un bel exemple à ce niveau-là.
Et notre ami commun, ancien député de Jonquière,
ce que j'ai eu l'occasion de lui dire à bon nombre de reprises, c'est que le
marché du carbone couvre déjà 80 % de nos émissions au Québec. Donc, le
marché du carbone en soi est un budget carbone, parce qu'on le disait tout à
l'heure, c'est un marché qui oblige une diminution des plafonds régressifs en
matière des émissions. On me parlait souvent, lorsqu'on me parlait du budget
carbone, de tel, tel pays, mais, bien souvent, ces pays-là avaient moins de
secteurs couverts que le Québec lui-même. Donc non, on ne parle pas comme tel
d'un budget carbone, mais oui, le marché du carbone en est un en quelque sorte,
et il couvre 80 % de nos émissions. J'ai des exemples en tête où des pays
où, oui, ils ont un budget carbone, mais ça touche quelques éléments de leur
secteur d'émissions. Donc, on n'est pas du tout gênés, là, de parler de notre
marché du carbone.
M. Arseneau : Donc, dans
trois semaines, rendez-vous pour avoir...
M. Charette : Exact.
M. Arseneau : ...le plan de
mise en œuvre, et on sera au rendez-vous. J'ai quelques petites questions en
rafale parce que je vais manquer de temps.
J'aimerais savoir, parce que, dans mon
premier bloc d'intervention, on a parlé de la gestion des matières résiduelles.
Je pense qu'on va s'entendre là-dessus, la meilleure façon de gérer nos
ordures, c'est d'abord d'en réduire la quantité. Et ça m'amène à aussi la
réduction du gaspillage, j'aimerais savoir si vous avez eu l'occasion de
prendre connaissance du projet de loi qu'on a déposé, le projet de loi n° 492, pour la réduction du gaspillage, notamment, des
invendus dans l'alimentaire, comme dans les biens de consommation en général, y
compris les vêtements, les meubles, et ainsi de suite, et le droit à la
réparation. Est-ce que c'est une mesure qui... ou un projet de loi qui vous
inspire que vous pourriez soit appeler ou dont vous pourriez vous inspirer pour
justement réduire à la source le gaspillage, parce que vous l'aviez dénoncé
comme moi et comme la collègue de Verdun lorsqu'on a lu les journaux il y a peu
de temps?
M. Charette : Tout à fait. En
fait, il y a des réflexions à ce niveau-là, au niveau de rendre accessible le
droit à la réparation. Si éventuellement il y a un projet de loi, ce ne sera
pas le ministère de l'Environnement ou ce ne sera pas moi qui va le porter,
peut-être un autre collègue. Donc, oui, il y a des réflexions à ce niveau-là,
sans vous parler de calendrier ou quoi que ce soit. Mais, dans l'intervalle, on
en parlait à l'échange précédent, il faut réduire ce gaspillage alimentaire là
de façon significative. Il y a des circuits de récupération qui sont déjà
disponibles, dont certains détaillants, notamment, ne se prévalent pas, et
c'est dommage. C'est ce qu'on veut mieux faire savoir. Il y a des organismes,
maintenant, qui, lorsque, par exemple, un restaurant, un dépanneur, un marché
d'alimentation dit : Moi, j'ai tant des quantités de x produits qui sont
sur le point d'expirer ou expirés, bien, l'organisme en question vient le
collecter, parce qu'une façon de revaloriser, ça existe déjà.
• (17 h 40) •
M. Arseneau : Mais sur une
base volontaire. Moi, la question, c'est : Est-ce que c'est suffisant?
Parce que, quand c'est moins cher pour une entreprise de jeter au rebut plutôt
que de convenir d'une entente puis d'instituer, là, une nouvelle chaîne de
valorisation, évidemment, il n'y a pas d'incitatif, on n'en sortira jamais,
non?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, est-ce que les résultats actuels me satisfont? Non. C'est pour ça
qu'on réfléchit à d'autres mesures, mieux faire connaître les mesures
actuelles, mais s'assurer qu'il y ait d'autres réflexions. Puis on disait
aussi... aussi curieux que ça puisse paraître, là, il y a des réflexions sur la
gestion des invendus. Il y a même des réflexions sur... en fait, sur différents...
sur différents produits de consommation. Donc, c'est un travail, là, qui se
poursuit.
M. Arseneau : Mais vous avez
parlé d'une rencontre avec une entreprise qu'on ne nommera pas. Mais est-ce
qu'on est encore rendu à la discussion? Est-ce que vous ne pensez pas qu'il
faut serrer la vis sur le plan légal?
M. Charette : Je pense... et
je ne veux pas parler pour eux, mais si on... la même entreprise que je ne
nommerai pas davantage, je pense qu'ils n'étaient pas très, très contents de la
couverture qu'ils ont eue pendant 48 heures, et je pense que <ça les
a réveillés...
M. Charette :
...si
on... la même entreprise que je ne nommerai pas davantage, je pense qu'ils
n'étaient pas très, très contents de la couverture qu'ils ont eue pendant 48 heures,
et je pense que >ça les a réveillés. On a eu des communications, par la
suite, où il y a des engagements qui ont été pris. On leur a rappelé notre
propre réglementation. Et il y a une rencontre, là, je n'ai pas la date, là,
mais je sais que c'est aussi en mai, qui est confirmée avec les représentants
de cette entreprise-là.
Le pouvoir citoyen, le pouvoir des médias
est extrêmement fort et c'est... peu importe l'entreprise, n'aime pas voir son
nom associé à une nouvelle de cette nature-là. Donc, c'est un petit électrochoc
en soi, mais il faut faire mieux, il n'y a aucun, aucun doute.
M. Arseneau : Ne négligez pas
le pouvoir législatif non plus...
M. Charette : Aussi.
M. Arseneau : ...c'est le
conseil que je peux vous donner, M. le ministre.
M. Charette : Ah! on ne s'en
est pas privé en matière de gestion de matières... en matières résiduelles au
cours des dernières années.
M. Arseneau : J'aimerais vous
demander, M. le ministre, ça fait, depuis 2017, qu'on attend la création d'un
registre public d'accès à l'information environnementale. C'est pour quand?
M. Charette : Ah! ça, c'est
une autre belle question. Puis j'étais un petit peu surpris, il y a eu quelques
articles ces dernières semaines. Au cours des derniers mois, dernières années,
il y a énormément de nouveaux volets qui ont été rendus publics à travers... à
travers le site Internet. On parlait de la qualité de l'air, c'est nouveau. Les
aires protégées, c'est impossible d'être plus transparents que ça. Donc, en
termes de divulgation d'informations, il y a... il y a eu beaucoup, beaucoup
d'améliorations de faites. Au niveau des évaluations...
M. Arseneau : Mais le registre,
le registre lui?
M. Charette : Exact, exact.
Bien, des registres, on en a mis plusieurs en ligne ces dernières années. Mais,
pour ce volet-là en particulier, il faut juste réaliser la somme colossale que
ça représente en termes de travail. L'infrastructure informatique, c'est une
chose, mais on parle de projets. Un projet peut avoir, dans certains cas, des
centaines de pages, voire plus de pages encore. Donc, il y a un travail...
M. Arseneau : 2023, 2024?
M. Charette : Je vous dirais
qu'on a progressé, on va continuer à progresser, mais c'est le volet qui
demande le plus de travail en termes d'infrastructures informatiques, mais
de...
M. Arseneau : Numérisation.
M. Charette : ...numérisation
de ces documents-là, c'est colossal. Mais ce qu'on va faire... On parlait de
REAFIE tout à l'heure. Les nouveaux projets ont l'avantage de nous être soumis,
dans bien des cas, de façon électronique. Donc, on a déjà des documents
électroniques disponibles. Donc, c'est des projets qui seront plus faciles à
rendre publics dans un avenir...
M. Arseneau : Une dernière
petite question, une question facile. Décontamination des terres contaminées, vous
aviez engagé 200 millions pour les terrains contaminés. Ça stagne, selon
les... ce qu'on entend, là. Il y a, quoi, 3 %, est-ce que je me... non,
enfin, un pourcentage infime du premier 100 millions qui a été utilisé.
Est-ce que vous avez un plan de match pour relancer les opérations de
décontamination?
M. Charette : Il faut... Il y
a deux...
M. Arseneau : Est-ce que les
sommes sont toujours disponibles aussi?
M. Charette : ...deux façons
de le voir. Il y a encore des sommes de disponibles pour des projets qui se
réalisent beaucoup plus rapidement. On était avec une municipalité encore il y
a quelques jours. Il ne faut pas confondre, par contre, les sommes qui ont été
transférées directement à la ville de Montréal. Et là, malheureusement,
moi-même, je pose des questions à la ville de Montréal à ce niveau-là :
Pourquoi ça tarde tant avant que ces sommes-là sont engagées? Ça fait quelques
années que les montants ont été transférés, et c'est vrai que très peu... et
trop peu de ces sommes-là ont été utilisées à ce moment-ci. Mais il faut poser
la question à Montréal, comme je leur pose la question, parce qu'on veut... on
ne veut pas transférer des sous pour en transférer, on veut qu'il y ait des
résultats à tout ça.
M. Arseneau : Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Merci, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Et je cède
maintenant la parole au député de René-Lévesque, pour la partie
gouvernementale, pour une période de 14 min 47 s.
M. Montigny : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, dans la foulée, là, du déploiement de la Stratégie
québécoise de l'eau 2018-2030, mon collègue, M. le ministre de l'Environnement,
a annoncé la mise sur pied du Forum d'action sur l'eau. Sa mission, là, est
vraiment d'assurer la cohérence et la complémentarité des actions des instances
gouvernementales et des principaux intervenants en matière de gouvernance de
l'eau au Québec. M. le Président, le forum a tenu 11 rencontres depuis
mars 2021. Ses membres proviennent de quatre ministères et 16 organisations
représentatives des milieux municipaux. Vous le savez, vous vous souvenez, j'ai
été maire pendant quand même six ans. Alors, c'est important, l'implication du
milieu municipal. Le milieu, aussi, environnemental, évidemment, le milieu
économique, scientifique et de la gestion de l'eau.
En juillet 2022, le Forum d'action sur
l'eau a publié ses actions concertées sur l'eau en 2022. Cette publication est
issue d'un travail de réflexion, de collaboration, qui regroupe plus de
25 acteurs gouvernementaux, non gouvernementaux et municipaux, bien sûr.
Le 15 décembre 2022, le premier
ministre a pris <l'engagement de créer...
M. Montigny :
...qui
regroupe plus de 25 acteurs gouvernementaux, non gouvernementaux et
municipaux, bien sûr.
Le 15 décembre 2022, le premier
ministre a pris >l'engagement de créer le Fonds bleu lors de son
discours prononcé dans le cadre de la 15e conférence des parties de la
Convention des Nations Unies sur la diversité biologique de Montréal. La mise
en place d'un fonds bleu viendra combler les besoins financiers associés à la
mise en œuvre du plan eau et permettra au ministère de l'Environnement de mieux
protéger les ressources en eau, les lacs, les rivières, les espèces aquatiques
avec un financement transparent et soutenu dans le temps, M. le Président.
Dans le budget, tout dernier budget déposé
par le ministre des Finances, évidemment, en mars dernier, des sommes ont été
prévues pour la Stratégie québécoise de l'eau et pour le Fonds bleu. Au total,
500 millions de dollars, un demi-milliard ont été attribués pour la
période 2023 à 2028. De ce montant, 70 millions sont prévus pour la
poursuite de certaines mesures du plan d'action 2018-2023 de la SQE afin
d'assurer la transition d'ici la mise en place du plan eau dès 2024. Le plan eau
tiendra notamment compte des problématiques prioritaires des bassins versants
et donnera suite aux recommandations du Commissaire au développement durable du
Québec, issues de son rapport sur la conservation des ressources en eau en juin
2020.
Alors, M. le Président, la Stratégie
québécoise de l'eau 2018-2030 est guidée par sept orientations qui
permettront au gouvernement d'assurer... d'assumer, plutôt, son rôle de gardien
de l'eau et de mobiliser les acteurs concernés : premier élément, d'assurer
une eau de qualité pour la population; deuxième, de protéger et de restaurer
les milieux aquatiques; troisième élément, mieux prévenir et gérer les risques
liés à l'eau; quatrième, miser sur le potentiel économique de l'eau; le
cinquième, promouvoir une utilisation durable de l'eau; le sixième, acquérir et
partager les meilleures connaissances sur l'eau; et le septième et dernier,
assurer et renforcer la gestion intégrée des ressources en eau.
• (17 h 50) •
Une des très bonnes nouvelles, M. le
Président, qui sera certainement très efficace, M. le Président, peut-être
davantage... qui aura plus d'effet que le «Ab Roller» sur le député de Masson,
des travaux du Forum d'action sur l'eau ont repris en janvier dernier, M. le
Président. De plus, six nouvelles organisations se sont ajoutées : la
Fondation Rivières, Eau secours! la Fédération québécoise pour le saumon atlantique,
l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent, le GRIL, CentrEau, et
le Réseau québécois sur les eaux souterraines. Ces groupes issus de divers
milieux, notamment scientifiques, pourront permettre de proposer de nouvelles
initiatives, j'en suis convaincu, tout en demeurant cohérents avec les
orientations et les cibles de la Stratégie québécoise de l'eau.
Alors, ma question, M. le Président :
Q/uelles sont les prochaines étapes pour le Forum d'action sur l'eau?
M. Charette : Bien, merci
pour la question. C'est un des beaux dossiers qui ont évolué au cours de la
dernière année. Et, sans fausse modestie, je pense qu'on doit une belle... on
ne peut pas applaudir, là, mais de beaux remerciements à notre collègue
d'Argenteuil, qui pilote ce dossier-là avec une main... un doigté formidable.
On avait d'ailleurs une rencontre vendredi dernier. Et, ce qui est très
intéressant et même surprenant, c'est de voir autant de groupes, je ne dirais
pas aux intérêts divergents, mais aux réalités très, très différentes, mais
travailler dans une seule optique, s'assurer de la préservation de notre
ressource, sans doute, la plus précieuse, qui est notre eau. Encore une fois,
moi, ça fait quelques années que je suis dans les fonctions actuelles, et je ne
suis pas sûr qu'on aurait pu mobiliser ces groupes-là, il n'y a pas si
longtemps que ça, avec les mêmes objectifs. Donc, merci à la députée
d'Argenteuil, mais merci à tous les représentants, là, qui siègent autour de
cette table, et c'est très concret.
On va, dans les prochaines semaines, avoir
à travailler l'étude du projet de loi n° 20, qui est une étape importante.
Ça va venir confirmer la création du fameux fonds bleu, qui est un engagement
qui n'est pas resté théorique, là, qui est appuyé maintenant par des crédits
budgétaires importants, qui sera aussi financé par la redevance sur l'eau, mais
on veut être certain d'en faire une bonne utilisation. Et qui de mieux que <les
acteurs de l'eau...
M. Charette :
...des
crédits budgétaires importants, qui sera aussi financé par la redevance sur
l'eau, mais on veut être certain d'en faire une bonne utilisation. Et qui de
mieux que >les acteurs de l'eau pour nous aider à établir les paramètres
pour l'utilisation de ce fonds-là. Et c'est ça, la prochaine étape, en quelque
sorte, c'est le mandat qui leur a été confié. Ils y travaillent de façon très,
très méthodique pour dire quels seront les projets ou les orientations à
prioriser, comment engager ces sommes-là, quelle est la nature des projets qui
pourraient être financés. Bref, ils ont eu un premier mandat complété avec le
rapport, le collègue le mentionnait, là, l'été dernier, et ce deuxième volet
qui les occupe, c'est de nous guider... guider sur la suite des choses et
comment faire une bonne utilisation de ces sommes-là.
Et tout à l'heure, on parlait de moyens au
niveau de la lutte aux changements climatiques. Il faut vraiment réaliser à
quel point l'environnement, de façon générale, a connu des hausses de budget
qu'aucun, aucun ministère autre n'a reçu depuis l'arrivée de la Coalition
avenir Québec. Lutte aux changements climatiques, on passe de 7,6 à 9 milliards de
dollars en un an, une hausse de 1,4 milliard, c'est 18 %. Si on
regarde par rapport à deux ans, c'est 35 % d'augmentation pour le volet Lutte
aux changements climatiques. Et on finance la biodiversité et l'eau, et les
deux, c'est intimement lié, hein, on parle de biodiversité, on parle d'eau.
Mais, malgré tout, deux budgets que je peux qualifier de colossaux, c'est 1 milliard de
dollars, essentiellement, 1 milliard de dollars d'argent neuf.
Donc, on a vraiment un gouvernement qui a
priorisé ces enjeux-là importants, à travers des budgets qui sont un record, je
pense qu'on peut employer le terme, là, sans trop s'autoféliciter. Mais,
maintenant, il faut livrer des résultats, et le Forum d'action sur l'eau, là,
va nous aider de façon indispensable à ce niveau-là.
M. Montigny : Merci, M. le
ministre.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole au député de
Masson.
M. Lemay : Merci, M. le
Président. Je vais faire une suite à une des questions qui avaient été posées
précédemment par notre collègue de Verdun, concernant les crédits
compensatoires puis le système de plafonnement d'échange et des droits
d'émission qu'on a, le SPEDE, en vertu du marché du carbone. Puis, vous savez,
le 5 avril dernier, on a fait l'annonce d'un nouveau projet de règlement,
qui est le projet de biométhanisation des lisiers admissibles à la délivrance
de crédits compensatoires, et c'est d'ailleurs en consultation, là, du 5 avril
jusqu'au 22 mai, donc, pour ceux qui veulent regarder ce règlement-là.
En fait, le projet de règlement, il vise à
rendre admissible la délivrance de crédits compensatoires des projets de...
biométhanisation des lisiers porcins et bovins. Ça, M. le Président, là, en
langage familier, là, on parle ici de pets de vache, là, et tout ce qui
s'ensuit. Et donc ça provient d'une exploitation agricole dotée d'un système de
gestion des liquides, des lisiers, des fosses à lisier au Québec. Et ça, M. le
Président, on fait ça, en vertu... avec le domaine agricole, mais on le fait
aussi en ce qui a trait à nos déchets qu'on produit nous-mêmes. Et donc je suis
très... Je me réjouis aujourd'hui de voir le retour de Mme Emmanuelle Géhin
comme PDG de RECYC-QUÉBEC. Alors, merci et bienvenue dans vos nouvelles
fonctions. Et parce que, dans le fond, avec le Programme de traitement des
matières organiques par biométhanisation et compostage... Et c'est là-dessus
que j'aimerais poser une question au ministre, parce que...
Puis je faisais ce parallèle-là, parce
qu'on sait, la gestion des matières résiduelles au Québec, avec RECYC-QUÉBEC
qui nous ont donné des statistiques pour 2021, la quantité éliminée par
habitant, ça s'établit à 716 kilos, puis ça, c'est en hausse par rapport à
2020, qui était à 707 kilos par habitant. Puis, si on a un objectif
d'avoir un zéro déchet, bien, il faut qu'on prenne des actions pour ça, M. le
Président. Et donc on veut inverser cette tendance-là, et c'est pour ça qu'afin
de détourner l'élimination de la matière organique produite par la population
québécoise, bien, le gouvernement du Québec, il a lancé la Stratégie de
valorisation de la matière organique en juillet 2020, dont l'objectif est de
valoriser au moins 70 % de cette matière d'ici 2030. Puis il y a une
enveloppe de 1,2 milliard qui est accordée. Donc, il y a un plan, il y a
des mesures, il y a des actions. Et donc l'objectif principal du programme,
c'est de réduire la quantité des matières organiques destinées à l'élimination.
Et puis on est rendu maintenant à la
quatrième phase du programme, puis ça a été approuvé en janvier dernier par le
Conseil du trésor, et puis ça va permettre d'avoir deux volets à soutenir et
financer la mise en place. Puis on parle ici d'agrandissement d'installations
de traitement de la matière organique, d'acquisition d'équipements de collecte
de matières organiques résidentielles pour des demandeurs municipaux et
autochtones, et on a même bonifié le pourcentage d'aide afin de soutenir encore
plus les municipalités qui ont un indice de vitalité économique plus faible.
Puis ça, M. le Président, vous êtes bien conscient, parce que vous avez fait la
tournée, la vitalité économique en région, donc, on <tient compte des
régions...
M. Lemay :
...vitalité
économique plus faible. Puis ça, M. le Président, vous êtes bien conscient,
parce que vous avez fait la tournée, la vitalité économique en région, donc, on
>tient compte des régions lorsqu'on fait ce type de programme.
Alors, M. le Président, ma question pour
le ministre, ce serait de savoir, à l'heure actuelle, avec le programme,
combien de projets le gouvernement a financés et, aussi, s'il pourrait nous
donner quelques exemples de projets qu'on a financés avec le programme.
M. Charette : Bien,
peut-être... parce que l'introduction du collègue faisait état du portrait général.
Il faut prendre conscience de l'importance de la matière organique dans ce qui
se retrouve, malheureusement, encore en 2023, là, dans nos lieux
d'enfouissement technique. C'est essentiellement 55 %, encore à ce jour,
de ce qui se retrouve, là, dans ce qu'on appelle communément les LET, et c'est
probablement ce qui serait le plus facile. Rien n'est réellement facile, là,
mais c'est probablement ce qui serait le plus facile à valoriser. C'est la
raison pour laquelle on s'est donné une réglementation très stricte à cet
effet-là, et ça représente passablement de tonnes de GES à chaque année, qui ne
sont pas malheureusement valorisées. Hier, on avait le débat, je pense, avec la
collègue hier ou... oui, non, hier avec la collègue de Verdun sur le gaz naturel...
pas le débat, l'échange sur le gaz naturel renouvelable. Donc, toute cette
matière organique là qui, actuellement, se retrouve à l'enfouissement, c'est
une valorisation à laquelle on échappe dans bien des cas.
Au niveau des appuis comme tels, là, les
données les plus récentes que j'ai datent du 10 janvier dernier. Donc,
volet 1 du programme, c'est 27 projets de biométhanisation et de
compostage, là, qui sont appuyés. On parle d'une contribution quand même de
362 millions de dollars, ce n'est pas négligeable. Il y a d'autres
volets, le collègue y a fait mention. Au niveau du volet 2, on parle, l'acquisition
d'équipements pour la collecte résidentielle notamment, ce sont 18 projets
qui sont soutenus. C'est des sommes moins importantes, mais qui, pour les
municipalités, sont fondamentales, c'est 3,5 millions de dollars. Et
je pourrais, si le collègue le souhaite, là, évoquer quelques projets plus
précis.
Le Président (M. Jacques) : En
terminant, M. le ministre, on arrive à la fin.
M. Charette : Ah! bien désolé,
mais il y a des projets dans différentes régions du Québec, là, qui sont
soutenus, là, pour... pour justement les aider à bien récupérer et ensuite
valoriser la matière organique.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup pour tous ces échanges de cet après-midi. Donc, le temps alloué à
l'étude du volet Environnement et Lutte contre les changements climatiques des
crédits budgétaires du portefeuille Environnement et Lutte contre les
changements climatiques, Faune et Parcs, étant presque écoulé, nous allons
maintenant procéder à la mise aux voix des crédits. Le programme 1
intitulé Protection de l'environnement et de la faune est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Jacques) : Adopté
sur division. Le programme 2 intitulé Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Jacques) :
Adopté sur division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du
portefeuille Environnement et Lutte contre les changements climatiques, Faune
et Parcs, pour l'exercice financier 2023-2024, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Jacques) : Adopté
sur division.
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes des renseignements de l'opposition. Compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux à mardi le 2 mai 2023, à 9 h 30,
où elle entreprendra l'étude du volet Transport des crédits budgétaires du
portefeuille Transport et Mobilité durable. Merci.
(Fin de la séance à 18 heures)