Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, January 30, 2024
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Vol. 47 N° 30
Special consultations and public hearings on Bill 41, an Act to enact the Act respecting the environmental performance of buildings and to amend various provisions regarding energy transition
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Intervenants par tranches d'heure
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Maccarone, Jennifer
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Zaga Mendez, Alejandra
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Maccarone, Jennifer
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Dufour, Virginie
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Caron, Linda
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Kelley, Gregory
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Zaga Mendez, Alejandra
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Zaga Mendez, Alejandra
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Maccarone, Jennifer
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Charette, Benoit
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Montigny, Yves
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Montigny, Yves
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Maccarone, Jennifer
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Dufour, Virginie
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Kelley, Gregory
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Zaga Mendez, Alejandra
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Maccarone, Jennifer
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Dufour, Virginie
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Maccarone, Jennifer
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Zaga Mendez, Alejandra
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Maccarone, Jennifer
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Charette, Benoit
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Charette, Benoit
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Maccarone, Jennifer
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Lemay, Mathieu
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Dufour, Virginie
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Kelley, Gregory
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Zaga Mendez, Alejandra
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Maccarone, Jennifer
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Kelley, Gregory
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Dufour, Virginie
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Zaga Mendez, Alejandra
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Maccarone, Jennifer
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Charette, Benoit
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Bogemans, Audrey
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Maccarone, Jennifer
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Zaga Mendez, Alejandra
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Maccarone, Jennifer
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Lemay, Mathieu
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Dufour, Virginie
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Zaga Mendez, Alejandra
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Maccarone, Jennifer
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Maccarone, Jennifer
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Zaga Mendez, Alejandra
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
aux consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 41, Loi édictant la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition
énergétique.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par M. Kelley
(Jacques-Cartier) et M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun).
La Présidente (Mme Maccarone) : Excellent.
Merci beaucoup. Alors, nous débuterons ce matin par les remarques préliminaires
puis nous entendrons par la suite les organismes suivants : l'Union des
municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités et Hydro-Québec.
Alors, j'invite le ministre de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs à
faire ses remarques préliminaires. Vous disposez de six minutes.
M. Charette : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Vous allez me permettre de d'abord saluer les collègues qui
sont avec nous, vous en premier lieu, les collègues, naturellement, des
oppositions, les collègues gouvernementaux. Et vous allez voir, au cours des
prochaines semaines, à travers l'étude du projet de loi, on sera bien entourés
par l'équipe du ministère, que je salue. C'est une expertise qui est
excessivement précieuse et appréciée. Il ne faudra pas hésiter, autant les
collègues du gouvernement que de l'opposition, à recourir à leur expertise.
Vous connaissez Simon Berthiaume qui est au cabinet. Plusieurs d'entre vous
avez l'occasion d'échanger avec lui lorsque les questions se présentent.
Sous-ministre adjoint responsable des dossiers qui nous occupent aujourd'hui,
M. Gibeault. Donc, toutes des expertises, là, qui sont très appréciées. Et
le projet de loi lui-même, bien honnêtement, content d'avoir la possibilité de
commencer son étude. On a eu l'occasion de le présenter un petit peu avant la
fin de l'année dernière. Il y a différents briefings techniques qui ont été
organisés au cours des derniers jours pour que l'information circule de façon
la plus transparente possible. Et c'est un beau projet de loi qui est très
certainement perfectible, donc les consultations qui débutent aujourd'hui nous
permettront d'entendre les groupes qui se sentent interpellés par son contenu.
Viendra ensuite, naturellement, l'étude article par article, avec, comme étape
importante, la possibilité de bonifier les différents articles qui y figurent
déjà. Et convaincu, justement, qu'avec les collègues, autant de l'opposition
que du gouvernement, là, on pourra l'améliorer lorsque c'est nécessaire de le
faire, mais déjà, la base est excessivement solide.
Et le but du projet de loi, si je devais
le résumer en quelques mots, c'est s'assurer d'une meilleure performance
énergétique de nos bâtiments, autant l'existant que les nouveaux. On sait qu'on
a un défi énergétique important au niveau québécois, et ce qu'on aime répéter
continuellement : L'économie... c'est-à-dire, l'énergie la moins chère est
celle que l'on n'utilise pas. Or, on a des bâtiments au Québec qui, dans
certains cas, sont très énergivores, donc il y a une possibilité de récupérer
un potentiel énergétique avec des bâtiments plus performants, et c'est ce que
vise le projet de loi, et de nous... nous donner des outils pour y parvenir.
Déjà, si on se reporte au dépôt du <i>Plan
pour une économie verte, on s'était fixé des objectifs pour le bâtiment, des
objectifs ambitieux à atteindre d'ici 2030, des objectifs qui vont nous aider à
atteindre notre cible de réduction de GES de 37,5 %. Il y a eu d'autres
initiatives aussi qui ont été développées depuis. On se souvient, au niveau du
programme de bioénergie et, d'ailleurs, des chiffres que je regarde toujours
avec beaucoup d'intérêt, si on regarde la période du 1ᵉʳ avril 2022 au 31 mars
dernier, donc 31 mars 2023, ce sont 186 projets qui ont été financés,
qui vont nous permettre, grosso mode, là, de <réduire...
M. Charette :
...qui
ont été financés, qui vont nous permettre, grosso modo, là, de >réduire
notre... nos émissions de GES de plus de 12 000 tonnes. Donc, c'est
un programme qui, en peu de temps, a donné des résultats concrets.
Naturellement, il y a eu d'autres panoplies, là, de mesures qui ont été soit
reconduites, soit développées, que ce soient les programmes Chauffez vert, que
ce soient les programmes ÉcoPerformance, aussi. On a parlé du mazout, on se
souvient, dans une réglementation au cours des deux dernières années. Donc,
c'est des initiatives qui portent leurs fruits, mais qui ne nous permettent pas
d'aller aussi loin, d'où la présentation du projet de loi et son étude
aujourd'hui.
• (9 h 50) •
D'ailleurs, pour aller encore plus loin,
le gouvernement du Québec va, dans les prochains instants, confirmer son
intention de réglementer aussi le recours au gaz naturel dans les bâtiments,
autant l'existant que le nouveau. Ça ne fait pas partie du projet de loi, mais
c'est une intention qui est confirmée aujourd'hui. Donc, ce sont toutes des initiatives,
là, qui s'additionnent.
Et si on devait parler du projet de loi
lui-même, naturellement, on parle du <i>Code du bâtiment actuellement qui
relève de la Régie de l'énergie, et dans la loi constitutive... la <i>Régie
du bâtiment, pardon. C'est une des raisons pourquoi Simon est incontournable,
il me rappelle à l'ordre lorsque j'emploie les mauvais termes, mais cette
loi-là ne nous permet pas d'aborder la question en lien avec l'environnement.
La protection de l'environnement, ce n'est pas dans la loi elle-même. Donc,
c'est la raison pour laquelle on se donne des pouvoirs habilitants pour
intervenir sur ces questions-là. C'est des outils que l'on pourra discuter très
certainement. On a, à travers la dernière formule du Conseil des ministres,
revu les responsabilités. La transition énergétique revient maintenant au
ministère de l'Environnement, ce sera aussi abordé dans le projet de loi.
Et là, j'ai un discret et gentil rappel à
l'ordre comme quoi j'ai presque épuisé mon temps, mais on aura l'occasion
d'aborder toutes ces questions-là au cours des prochaines semaines, notamment à
travers la consultation qui débute aujourd'hui. Et, encore une fois, merci aux
collègues qui vont aider à bonifier ce projet de loi et merci aux groupes qui
vont se présenter aussi pour nous aider à le bonifier à leur tour. Et ce sera
un plaisir de participer à ces échanges-là. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le ministre. Merci à Simon qui va ramener notre ministre à l'ordre.
Alors, j'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et
députée de Mille-Îles à faire ses remarques préliminaires pour une durée de
3 min 36 s. La parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, écoutez, c'est un grand plaisir pour moi d'être ici,
nouvellement porte-parole dans les dossiers environnementaux. Écoutez, il y a
définitivement des enjeux. Les changements climatiques, c'est le défi de la
prochaine... du prochain siècle. Et le Québec doit se doter d'objectifs
ambitieux. Mais pour atteindre ces objectifs, bien, il faut savoir d'où on
part. Alors, le projet de loi ici, il y a des éléments fort intéressants sur
lesquels on va se pencher, concernant justement toute la mesure et connaître
l'état de notre parc immobilier. Par contre, il faut savoir qu'on a des
centaines de milliers d'habitations au Québec et la majorité date d'avant 1985.
Alors, il va sans dire que les mesures qu'on prendra avec ce projet de loi là
pourraient affecter un très grand nombre de nos concitoyens. On vit
actuellement une crise de l'énergie sans précédent. On l'a vu hier, pas plus
tard qu'hier, à la ville de Saint-Bruno, qui se pose la question et qui a des inquiétudes
quant à la possibilité d'avoir de l'électricité pour son nouveau parc
immobilier. Bien, ça, on l'a vu partout au Québec. Il y a plein d'endroits
qu'on l'a entendu. Il y a une tempête parfaite parce qu'avec la crise de
l'énergie, bien, il y a aussi une crise de l'habitation. On a besoin de plus de
logements, et donc on a besoin d'avoir l'énergie pour les nouveaux logements.
Donc, ce projet de loi là, c'est une opportunité incroyable pour améliorer
notre parc immobilier.
Par contre, je dois dire qu'il y a quand
même des inquiétudes par rapport, notamment, à l'autonomie municipale, qu'on
entendra des groupes sur ce dossier ce matin. Le fait que tout se fait par
règlement, aussi, ça soulève des questions. Il y a des exceptions, des règles
différenciées prévues pour le patrimoine, mais il n'y a rien pour l'agricole.
Donc, ça, c'est inquiétant. Le fait qu'on semble vouloir déresponsabiliser la
RBQ, la <i>Régie du bâtiment du Québec, écrit un nouveau <i>code du
bâtiment alors qu'on tente de les unifier et aussi des coûts de mise aux normes
qui, évidemment, comme je l'ai dit, pourraient être assez élevés. Alors, la
réussite de tout ça va dépendre, évidemment, du plan que le gouvernement mettra
en place par la suite. Juste comme exemple, la France a mis 5 milliards d'euros
dans son programme. Ça, ça serait l'équivalent de 900 millions de
dollars au Québec.
Alors, je termine là-dessus, Mme la
Présidente, en remerciant les groupes qui viendront nous présenter leurs <points...
Mme Dufour :
...Mme
la Présidente, en remerciant les groupes qui viendront nous présenter leurs >points
de vue, et puis on a bien hâte de les entendre. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, Mme la députée. J'invite maintenant la porte-parole du troisième...
le troisième groupe d'opposition et députée de Verdun Verdun à faire ses
remarques préliminaires pour une durée de 1 min 30 s. La parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente. À mon tour de saluer tous les collègues présents aujourd'hui à
la commission. Nous allons, bien sûr, travailler ensemble dans ce projet de loi
afin de l'améliorer, de rendre un projet de loi qui va être ambitieux en termes
de lutte aux changements climatiques et décarbonisation des bâtiments. On
salue, entre autres, les efforts qui sont mis pour avoir une norme de cotation
énergétique des bâtiments, une norme qui est déjà utilisée un peu partout en
Europe, et dont il faut faire preuve d'ambition de l'élargir le plus possible
au Québec, pas seulement aux gros bâtiments. Ça va être une de nos
préoccupations. Mais je vais prendre le temps quand même de parler de notre
préoccupation principale, c'est-à-dire l'application de l'article 29 du
projet de loi. Nous allons entendre plusieurs intervenants, aujourd'hui, nous
parler des effets sur l'autonomie municipale, parce que nous avons des leaders
en environnement, des villes qui veulent aller plus loin, et il ne faut pas que
le PL, dans sa forme actuelle, pourrait... et il va casser les efforts de ces
villes-là de réglementer, par exemple, la sortie du gaz des bâtiments, par
exemple, le débranchement des nouveaux... des installations de gaz dans les
bâtiments, comme c'est le cas de Montréal et de Candiac, entre autres. Donc,
nous aimerons avoir plus de pression là-dessus puis même avoir des dispositions
qui vont permettre aux villes d'avoir leur autonomie à la lutte aux changements
climatiques. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous allons maintenant débuter les auditions. Et je souhaite la
bienvenue aux représentants de l'Union des municipalités du Québec. Alors,
bienvenue à M. Martin Damphousse, président et maire de Varennes, M. Guillaume
Tremblay, premier vice-président, président du <i>Comité sur les
changements climatiques et maire de Mascouche, et, bien, Mme Charlotte
Legault-Bélanger, conseillère aux politiques. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, après quoi, nous allons
procéder à la période d'échange avec les membres de la commission. Alors, je
vous invite donc à vous présenter et puis à commencer votre exposé.
M. Damphousse (Martin) : Merci
beaucoup. Martin Damphousse, maire de Varennes et président de l'Union des
municipalités du Québec. M. le ministre de l'Environnement, Mme la Présidente
de la commission, mesdames, messieurs les membres de la commission, je vous
remercie de nous donner l'occasion aujourd'hui de vous faire part de nos
commentaires sur le projet de loi n° 41 portant sur la performance
environnementale des bâtiments du Québec.
L'UMQ tient d'abord à saluer la volonté du
gouvernement d'améliorer la performance environnementale des bâtiments au
Québec. Ce secteur représente environ 10 % des émissions de gaz à effet de
serre, en plus d'être un levier important pour réduire la pression sur le
réseau électrique d'Hydro-Québec. D'ailleurs, le Plan énergie de l'UMQ, qui
sera dévoilé très prochainement, met de l'avant le rôle déterminant des
municipalités du Québec en matière de transition énergétique et de lutte contre
les changements climatiques. Ce plan atteste notamment de la volonté du milieu
municipal d'utiliser les leviers à sa disposition pour participer aux efforts
collectifs en matière d'efficacité énergétique des bâtiments et de gestion de
la pointe de consommation.
L'UMQ tient toutefois à attirer
l'attention de la commission sur certains aspects du projet de loi qui
préoccupent le milieu municipal.
Concernant l'autonomie municipale en
matière d'aménagement du territoire et d'environnement, l'UMQ rappelle que les
municipalités réglementent déjà plusieurs caractéristiques environnementales
des bâtiments via les pouvoirs qui leur sont octroyés par la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme ainsi que la Loi sur les compétences municipales.
Par exemple, plusieurs municipalités prévoient des normes visant à encadrer la
conception et l'entretien des toitures blanches ou végétalisées, à exiger une
gestion in situ des eaux de pluie, à assurer une implantation environnementale
optimale des nouveaux bâtiments ou encore à favoriser l'utilisation des
matériaux de construction recyclés ou de sources locales. Or, le projet de loi
exigerait que l'ensemble de ces mesures locales actuellement en vigueur et à
venir soient transmises au ministre pour analyse et approbation
discrétionnaire. Pour l'UMQ, il est essentiel que le mécanisme de préséance
soit évacué du projet de loi afin de laisser la latitude et l'autonomie aux
municipalités de prévoir des normes locales complémentaires aux normes
minimales provinciales sur leur territoire. À défaut, l'UMQ est d'avis que le
PL 41 ralentirait inutilement la transition énergétique et <l'ambition...
M. Damphousse (Martin)T :
...L'UMQ
est d'avis que le PL 41 ralentirait inutilement la transition énergétique
et >l'ambition climatique locale au Québec en plus d'instaurer un accroc
majeur au principe de subsidiarité en matière d'aménagement du territoire et de
protection de l'environnement, pourtant reconnus dans la Loi sur le
développement durable.
• (10 heures) •
Deuxièmement, le projet de loi propose de
modifier la Loi sur le bâtiment de manière à retirer le code de construction de
la Régie du bâtiment du Québec, les normes d'efficacité énergétique afin de
permettre au ministre de l'Environnement d'encadrer cet aspect dans un nouveau Code
du bâtiment durable. L'UMQ se questionne quant à l'efficience de ces
modifications, et ce, en regard de la Loi 17, sanctionnée en octobre
dernier. L'un des objectifs de cette loi est d'harmoniser et de simplifier les
normes en matière de construction et de sécurité des bâtiments en visant
l'application d'un seul code contenant des normes minimales applicables à tout
le territoire québécois. L'UMQ et la RBQ travaillent déjà depuis plusieurs mois
à construire le nouveau régime, ces efforts se poursuivront d'ailleurs
activement dans les prochaines semaines, en vue de la présentation des projets
de règlements d'application de la Loi 17.
Dans le contexte où la Régie du bâtiment
du Québec, RBQ, a récemment obtenu le pouvoir réglementaire de transférer aux
municipalités certaines responsabilités en matière d'inspection des bâtiments,
l'UMQ se questionne quant à l'identité de l'organisme public qui appliquera le
nouveau code du bâtiment durable. À cet effet, l'UMQ rappelle que toute
délégation d'inspection des normes provinciales à une municipalité doit se
faire sur la base d'une entente avec cette dernière afin de s'assurer,
notamment, qu'elle dispose des ressources humaines et financières suffisantes.
Il est important que cela n'engendre pas de délais supplémentaires en matière
d'émission de permis sur son territoire.
Maintenant, je passe la parole à mon collègue,
M. Guillaume Tremblay.
M. Tremblay (Guillaume) : Merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre, Mme la Présidente de la commission,
mesdames et messieurs les membres de la commission, vous me permettrez de
saluer mon député, donc le député de Masson. Bonjour.
Les municipalités, en tant que
propriétaires de grands bâtiments tels que des arénas, des centres sportifs,
des piscines, des bibliothèques et des garages, seront concernés par le nouveau
système de déclaration, de cotation et de performance des bâtiments. De
nouvelles obligations entraîneront des coûts significatifs pour les
municipalités, surtout en raison de la mise à niveau énergétique des
infrastructures existantes et des coûts de construction accrus liés aux normes
de performance environnementale.
Avec de nombreux équipements sportifs et
de loisir approchant la fin de leur vie utile dans toutes les régions du
Québec, il est impératif que le financement des programmes de décarbonation des
bâtiments municipaux soit suffisant pour ne pas entraver la construction ou la
rénovation de ces infrastructures. L'UMQ souhaite donc à s'assurer que les
fonds dédiés à ces programmes soient adéquats, évitant ainsi d'ajouter des
obstacles financiers à des projets déjà coûteux et essentiels pour la santé
physique et mentale de la population.
De plus, pour garantir des investissements
optimaux à long terme, il est crucial que le gouvernement adopte une approche
réglementaire concertée avec le milieu municipal. Les municipalités devraient
être en mesure d'investir d'une manière stratégique dans les infrastructures
afin que chaque dollar investi puisse maximiser la réduction de GES.
Enfin, l'UMQ souligne la possibilité pour
les municipalités d'inciter la population à participer à la transition énergétique
en montrant l'exemple. Pour faciliter ce processus, l'UMQ recommande de créer
un programme dédié aux municipalités pour leur transition écologique et
énergique, bien sûr.
En terminant, l'UMQ soulève certaines
préoccupations relativement aux conséquences du rehaussement des normes en
matière de performance environnementale des bâtiments sur l'abordabilité des
logements. Le monde municipal est grandement préoccupé par la crise du logement
au Québec. Le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande en logements,
qui remonte au milieu des années 2010, ne cesse de se creuser. L'union se
questionne donc sur l'impact que pourraient avoir des critères plus sévères en
lien avec les matériaux, les équipements et les composantes des bâtiments sur
la construction résidentielle en région, qui éprouve déjà plusieurs
difficultés.
Pour que la mise en œuvre du PL 41
soit le succès qu'il se doit, celui-ci doit tenir compte des réalités locales
et économiques dans l'élaboration des nouvelles exigences réglementaires et
ainsi participer à l'augmentation rapide de l'offre de logements.
De plus, les logements abordables
disparaissent plus vite qu'ils ne se créent en raison d'insalubrité, de
réno-évictions et de hausse des loyers. L'UMQ demande donc de prévoir des mesures
d'aide financière conséquentes et accessibles, particulièrement pour les
logements abordables, afin de soutenir l'intérêt et la capacité des
propriétaires à rénover...
10 h (version révisée)
M. Tremblay (Guillaume) : ...afin
de soutenir l'intérêt et la capacité des propriétaires à rénover et ainsi
éviter la perte de logement.
Nous sommes maintenant disponibles pour
répondre à vos questions. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Alors, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons procéder aux
périodes d'échange. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Aux gens del'UMQ, mes plus sincères salutations. C'est
toujours un plaisir d'avoir la possibilité d'échanger avec vous. Et, pour le
gouvernement du Québec, lorsqu'il est question d'environnement et bien d'autres
sujets, l'UMQ est un partenaire incontournable, et on apprécie ces occasions d'échanger.
Je me suis laissé quelques notes. Merci
pour vos commentaires. Peut-être tenter de vous rassurer au niveau des
compétences municipales, on comprend que c'est un enjeu très important et on
reconnaît le principe d'autonomie municipale. Et lorsqu'il est question des
différentes mesures qui peuvent être adoptées dans les municipalités, que ce
soit les toits blancs et autres, on n'a pas du tout l'intention d'interférer
dans cette capacité de décision des municipalités. Et nos équipes sont d'ailleurs
déjà en discussion, à savoir : Est-ce que le projet de loi, tel que
présenté actuellement, dissipe ces doutes-là? S'il ne les dissipe pas, on
regardera comment les dissiper.
Là, où on a eu une intention d'intervenir,
et d'ailleurs c'est confirmé, là, aujourd'hui par... par le gouvernement, c'est
au niveau de la sécurité énergétique. On a un réel enjeu. Il y a plusieurs
municipalités qui veulent bien faire, et on les encourage à bien faire, mais,
en même temps, c'est difficile, pour une société d'État comme Hydro-Québec,
pour le gouvernement de garantir la sécurité énergétique. On sait qu'elle est
mise à mal depuis... depuis quelques années. Donc, c'est difficile de la
garantir si on ne sait pas quelle initiative peut être prise d'une municipalité
à l'autre, et sans qu'il y ait de... sans qu'il y ait d'évaluation de ces... de
ces impacts-là.
Et c'est là où je confirmais un petit peu
plus tôt par communiqué qu'on va travailler, au cours des prochaines semaines,
des prochains mois, à établir une réglementation. Et naturellement les
municipalités vont être impliquées, elles feront partie de la démarche pour
établir des balises dans lesquelles on va tous pouvoir se reconnaître. Un, pour
les municipalités, ce sera aidant de savoir quelles sont les possibilités, et,
deux, pour Hydro-Québec, ce sera plus facile de déterminer en quelque sorte
quel impact ces mesures-là peuvent avoir sur la disponibilité énergétique.
Donc, cette réglementation à développer,
elle va concerner les nouveaux bâtiments, mais va aussi concerner les bâtiments
existants, et c'est une, je pense, une très belle avancée, une autre,
oserais-je dire, au niveau de l'encadrement du gaz naturel. Donc, dans les
prochaines semaines, on aura l'occasion de s'en parler. Donc, je vous rassure,
les initiatives actuellement, là, qui touchent aux bâtiments, sur certains
items du bâtiment, on ne veut pas intervenir et on ne veut pas miner cette
liberté d'action là. Mais, au niveau énergétique, clairement, il faudra se
concerter, et on aura une réglementation, là, qui viendra clarifier en quelque
sorte les obligations de chacun.
Au niveau du code du bâtiment durable que
l'on veut implanter, je le disais un petit peu dans les remarques préliminaires
tout à l'heure, on n'a pas, au niveau du ministère de l'Environnement, la
possibilité d'intervenir sur la loi-cadre de la Régie du bâtiment. Cependant, j'ai
le mandat depuis... depuis octobre 2022, d'y aller avec une notion de
transition énergétique, et c'est ce qu'on vient intégrer dans le projet de loi.
Donc, il va y avoir un code du bâtiment durable, oui, un code du bâtiment
également, mais le tout doit être vu comme étant un seul et même code avec les
mêmes obligations.
Et, si vous regardez le projet de loi, il
est aussi mentionné qu'il a un pouvoir qui peut être délégué pour l'application
de ce code durable du bâtiment. Donc, on peut penser que c'est effectivement la
Régie du bâtiment qui va hériter du mandat, mais, à tout le moins, il y aura
des obligations en matière de transition énergétique, ce qui n'est pas le cas
actuellement. Et vous le mentionniez d'entrée de jeu, le secteur du bâtiment
est une de nos sources importantes d'émissions au Québec. Et si on veut
atteindre nos cibles d'ici 2030, il faut faire des avancées encore plus
marquées, donc ça devient nécessaire, là, d'y aller avec... avec ces nouvelles
mesures.
Et là je défile un petit peu les points
que vous avez mentionnés, mais je veux vous laisser intervenir aussi par la
suite. Et là j'ai, malheureusement, mon collègue Simon qui me cache la vue et
qui m'empêche de vous saluer et de vous parler tout en vous voyant. Au niveau
de la réglementation à développer, c'est clair qu'on va le faire avec les
municipalités aussi. Vous le savez, vous connaissez le principe, pour avoir
collaboré à plusieurs occasions par le passé, à partir du moment qu'il y a un
projet de règlement, souvent on travaille en cocréation, donc, <avant
même de prépublier...
M. Charette :
...par le passé, à partir du moment qu'il y a un projet de
règlement, souvent on travaille en cocréation, donc, >avant même de
prépublier, on va y aller d'échange avec vos gens. Ensuite, il y a une période
plus formelle de consultations. Donc, c'est clair qu'il y a différents espaces
de collaboration, là, qui vont... qui vont se présenter à nous pour réaliser
nos objectifs.
Je vous entends parler de différentes
craintes au niveau des coûts que ça peut engendrer, notamment pour les
municipalités. C'est vrai pour les municipalités, c'est vrai pour les
propriétaires, là, de parcs immobiliers, il y a un coût à ces travaux-là, au
final, on est tous d'accord. Cependant, si on regarde, et c'est en partie
évalué par plusieurs, si on regarde les économies que ces travaux-là engendrent
par la suite, c'est des coûts qui peuvent être amortis de façon bien prévisible,
il faut le considérer, naturellement, dès le départ.
• (10 h 10) •
Et pour ce qui est de la pénurie de
logements, pour ce qui est des craintes très légitimes aussi que ce projet de
loi engendre des contraintes supplémentaires, il ne faut pas oublier qu'au
départ on se donne une période volontaire. Oui, il va y avoir des obligations à
terme, mais c'est, d'abord et avant tout, sur une base volontaire dans les
premières années, à tout le moins, que cette transformation-là va s'opérer pour
certains des items du projet de loi. Donc, le tout va pouvoir s'intégrer, là,
de façon graduelle, sans que ce soit un choc trop important, parce que la
dernière chose que l'on souhaite comme gouvernement, c'est, bien certain,
rendre encore plus difficile l'accès à des logements qui soient abordables ou
des logements tout simplement réguliers.
Donc là, j'ai voulu répondre à certaines
de vos craintes, mais allons-y avec les échanges. Est-ce que vous êtes d'accord
pour ce qui est de la sécurité énergétique, qu'il faut se donner une base
commune pour être bien certains que les villes, avec de très bonnes intentions,
n'aillent pas un petit peu dans toutes les directions et que ça rende la tâche pratiquement
impossible, là, pour Hydro-Québec?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je vous dirais que c'est essentiel, M. le ministre. Puis je vais reprendre à
rebours. En fait, vous avez commencé par le volet rassurant de l'autonomie
municipale. On est content de l'entendre. On aimerait être capable de lire très
clairement que ce qu'on voudra faire pour améliorer l'efficacité des bâtiments,
et tout ça, ce que j'ai donné comme exemple, puisse se lire clairement.
Face à la sécurité énergétique, on en est
tout à fait conscients. Vous le savez, on a déposé un plan énergie. En fait, on
le déposera officiellement, mais vous en avez eu une copie. On est très
sensible à... le défi des prochaines générations. Mais, je vous dirais, si on
était capables de travailler rapidement, parce que l'exemple qu'on a soulevé
tantôt de Saint-Bruno, je rajoute Prévost, Montréal, Candiac, la volonté
québécoise du milieu municipal est d'accélérer ça puis de démontrer son
leadership. Et c'est pour ça que l'Union des municipalités a déposé
dernièrement son plan de décarbonation des bâtiments municipaux et des flottes
de transport des véhicules, justement pour accélérer cette transition-là. Mais
le volet énergétique, il faut rapidement y arriver ensemble, parce que, si on
laisse la latitude aux municipalités de partir dans tous les sens, bien, on va
se retrouver, malheureusement, rapidement comme des situations tristes comme
Saint-Bruno hier.
Mais ,il faut rapidement trouver une
solution commune pour être le plus efficace et, en fait, s'assurer qu'on puisse
se sortir des énergies fossiles le plus logiquement possible, en fonction de ce
qui est disponible puis en fonction de ce qu'on peut produire collectivement
ensemble. Et, là-dessus, le milieu municipal, vous le savez, va vouloir jouer
un rôle important avec vous, bien sûr.
M. Charette : C'est apprécié.
Je vous remerciais tout à l'heure d'emblée, là, mais c'est une collaboration,
là, qui est non seulement appréciée, mais qui est nécessaire. Mais content de
vous entendre dire qu'il faut qu'on se donne ensemble des balises communes.
Parce que, moi, le premier, j'aimerais dire : On interdit tout recours au
gaz naturel demain matin. Cependant, ça représente énormément de mégawatts
qu'on doit calculer dans les besoins énergétiques généraux et comment remplacer
ces mégawatts-là lorsque notre disponibilité énergétique, elle est déjà
calculée, là, de façon serrée. Donc, content, là, que l'on se rejoigne à ce
niveau-là, et soyez assurés que c'est une réglementation que l'on va travailler
ensemble. Et dans notre esprit, on ne parle pas d'années, là, c'est quelque
chose qu'on souhaite présenter le plus rapidement possible et on aura la
possibilité, là, d'échanger là-dessus.
Vous parliez pour les coûts que
représentent certaines contraintes du projet de loi, notamment pour des
bâtiments plus anciens ou plus énergivores. On parlait d'arénas tout à l'heure
ou de grands complexes de cette nature là. L'approche des différents PMO, on
est rendus au troisième, il y en aura un quatrième ce printemps, et souvent
accompagné de mesures financières, des mesures d'appui pour justement aider <ces
transformations-là...
M. Charette :
...ce printemps, et souvent accompagné de mesures
financières, des mesures d'appui pour justement aider >ces
transformations-là. C'est une approche qu'on entend naturellement maintenir.
Donc, c'est difficile pour moi de déjà évoquer des budgets spécifiques. Mais,
si on regarde PMO1, PMO2, PMO3, oui, il y a des contraintes qui se sont
ajoutées pour bon nombre d'entreprises dans différents secteurs, mais elles avaient,
dans bien des cas, des programmes qui leur étaient adressés pour justement les
aider à se transformer. En fait, on les aide à nous aider à réduire leurs
émissions, et, pour nous, c'est un gage de succès supplémentaire, là, pour
atteindre notre cible de 2030.
Là, la dernière chose que je souhaite,
c'est prendre tout le temps de parole. Je ne sais pas si j'ai de mes collègues
qui avait une question. Mon collègue de Masson, voilà. Donc, on pourra se
partager le temps, Mme la Présidente. Merci déjà pour vos réponses.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Masson, vous disposez de 5 min 45 s.
M. Lemay : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue, Mme Legault-Bélanger, M. Damphousse, M. Tremblay, mon
maire, bien entendu. Donc, bien heureux de vous retrouver ici, à l'Assemblée
nationale. Vous savez, c'est quand même un projet de loi important si on veut
atteindre la décarbonation pour l'horizon 2050. Donc, si on veut avoir
l'efficacité énergétique, bien entendu, il faut réfléchir aujourd'hui à
qu'est-ce qu'on peut faire si on veut que nos nouveaux bâtiments, notamment,
puissent avoir les meilleures normes et pratiques de l'industrie et puis mettre
à niveau les bâtiments existants. Donc, c'est une façon de faire, là, de savoir
un peu quelle est la performance énergétique des bâtiments actuels, et puis,
après ça, de fixer des normes, et puis, après ça, graduellement, remonter les
niveaux pour s'assurer que tous puissent participer à cette décarbonation.
Mais, dans votre mémoire, que j'ai pris le
temps de voir, vous avez fait des recommandations. Le ministre a abordé
certains points. Moi, je vais y aller plus sur vos recommandations qui ont
trait au financement. Vous mentionnez vouloir avoir une aide financière pour,
justement, que les bâtiments municipaux puissent bénéficier d'une aide de Québec.
Vous le mentionnez à... notamment, à la recommandation 3, plus
particulièrement pour vos... C'est quoi, vos attentes en termes de financement?
Est-ce que vous avez un pourcentage chiffré? Est-ce que vous avez déjà des
attentes spécifiques ou c'est simplement un souhait, d'avoir... Est-ce que... tu
sais, est-ce que vous voulez avoir 100 % ou, tu sais, vous êtes en mode
partage un peu? C'est quoi, vos attentes de ce côté-là?
M. Damphousse (Martin) : Là-dessus,
je vous dirais, j'aurai une réponse rapide, mais je vais inviter mes collègues
s'ils ont des ajouts. Je vais faire un parallèle avec le commentaire que M.
Tremblay a mentionné sur la vicissitude de nos arénas, nos piscines qui ont été...
Les arénas ont été construits il y a peut-être 40, 50 ans pour la grande
majorité des arénas au Québec. Et là il y a un programme d'infrastructures
sportives que vous avez mis de l'avant, 300 millions par année, mais j'ai
eu à intervenir à travers les médias, parce qu'on semble avoir atteint un
record historique de demandes de... de subventions qui dépassaient de
1 000 demandes, puis il y a 300 millions. Ça fait qu'on comprend
qu'il y aura probablement, malheureusement, énormément de municipalités au
Québec qui se verront refuser leur demande, que ce soit pour des piscines, pour
des arénas, parce que, justement, leur économie d'énergie est vraiment très
déficiente. Ils ont besoin de travaux, beaucoup d'amour, comme Guillaume
parlait.
Donc, c'est sûr que c'est un des exemples,
en infrastructures sportives, qui est déterminant. Puis, avec l'explosion des
prix qu'on connaît dans la construction, bien, il y a malheureusement beaucoup
de municipalités qui vont devoir faire le choix d'abandonner leurs projets, ce
qui est triste. Ça fait que je n'ai pas de montant spécifique qui est
nécessaire à avoir, mais on a impérativement besoin de la collaboration du
gouvernement du Québec pour y arriver ensemble, bien sûr.
M. Tremblay (Guillaume) : Et,
si vous permettez, Mme la Présidente, aussi, de l'autre côté, l'UMQ représente
aussi des plus grandes villes, mais aussi des villes de toutes tailles. Tantôt,
le ministre disait : Écoutez, le coût d'énergie, l'économie à terme va...
va directement se rembourser. Cependant, il faut comprendre que les plus
petites villes, des fois, ils n'ont pas l'argent pour mettre de l'avant pour,
justement... comment... disons, pour le... je vais le dire en langage... pour
le «fronter», excusez-moi l'expression très anglophone, mais disons pour le
mettre de l'avant, pour l'avancer. Donc, ça aussi, il faut le prendre en
considération dans cette réalité-là. Donc, je me rallie complètement à ce que
mon président a bien dit. Merci.
M. Lemay : Puis, M.
Damphousse et M. Tremblay, tu sais, là, je comprends le programme PAFIRSPA
qu'on parle présentement, là. Effectivement, il y a eu des demandes
historiques, là, au niveau d'infrastructures récréatives et sportives. Mais
sachez que, quand on parle aussi d'efficacité énergétique puis qu'on veut avoir
des bâtiments plus efficaces, je comprends votre point, là, que, dans ce
cas-là, il y avait eu des demandes records, mais ça dénote aussi la santé et le
fait qu'on veut... ça rentre un peu dans notre plan nature, là, avec l'accès
aux citoyens à des infrastructures de qualité <dans les municipalités...
M. Lemay :
...mais ça dénote aussi la santé et le fait qu'on veut... ça
rentre un peu dans notre plan nature, là, avec l'accès aux citoyens à des
infrastructures de qualité >dans les municipalités, qui fait en
sorte que les gens, souvent, quand vous parlez d'aller à l'aréna ou à la
piscine, le coût pour le citoyen est moindre que d'aller prendre une journée de
golf ou une journée de ski, tu sais, si on fait juste un comparable.
Donc, les citoyens, c'est un... une
structure qu'ils demandent puis qu'ils veulent avoir accès parce que c'est une
infrastructure de proximité pour les citoyens. Là, on parle des bâtiments pour
la performance énergétique, tu sais, je comprends que vous ne voulez pas vous
avancer sur un chiffre, mais sachez aussi qu'une fois qu'on fait cette
transition-là, les coûts d'exploitation, d'opération seront réduits d'autant
plus pour les municipalités parce qu'effectivement vous allez atteindre cette
performance-là.
• (10 h 20) •
Je vois le temps qui défile, là, il me
reste moins d'une minute. Mais, sur le même montant, la recommandation 7, là,
vous mentionnez aussi, pour les logements abordables, vous dites que ça se
pourrait que certains propriétaires ne font pas des rénovations ou n'aillent
pas de l'avant avec des logements abordables. Est-ce que vous avez une
inquiétude plus formulée ou une aide plus spécifique que vous aimeriez avoir,
considérant qu'on a déjà des programmes existants pour couvrir ce côté-là, qui,
selon moi n'est pas municipal, mais, tu sais, qui est plus avec des promoteurs,
là?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
étant donné qu'il reste peu de temps, je vous dirais que, face au logement
social, là, moi, je vous dirais qu'une des initiatives exceptionnelles que vous
avez mis de l'avant, là, c'est avec le partenaire du Fonds de solidarité puis
Desjardins, les 1 500 portes. C'est un succès retentissant. Je peux
vous en parler, là, les maires et mairesses se sont... dépêchés pour déposer
des projets. C'est extraordinaire. Si vous étiez capables de bonifier ce nombre
de portes là, je comprends que 1 500, ça n'aide pas le sort du Québec,
mais ça donne un grand coup de pouce. Bravo, parce que ce sont de vrais
accélérateurs, Desjardins et le Fonds de solidarité, ça fonctionne à merveille.
Bravo, là-dessus.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
merci beaucoup. Nous allons continuer nos échanges avec l'opposition officielle.
La députée de Mille-Îles, la parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Et j'ai 10 minutes. J'ai... Pardon? Voilà.
La Présidente (Mme Maccarone) :
10 minutes.
Mme Caron : Parfait. Merci.
Merci à vous, M. le Président, M. le maire. Et, malheureusement, je ne me
rappelle pas de votre nom, je suis désolée. Donc, merci beaucoup pour votre
exposé.
J'ai lu attentivement votre mémoire hier
aussi, puis je voudrais vous entendre davantage sur les risques de poursuite
judiciaire que vous évoquez à la page 6 de votre mémoire.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, étant donné que maître Charlotte Legault-Bélanger est avocate, je vous
dirais que tout ce qui touche le volet juridique, elle est assurément mieux
placée que moi pour vous en parler.
Mme Legault-Bélanger (Charlotte) :
Merci, M. le Président. En fait... puis je ferais le parallèle, là,
également avec l'intention du gouvernement, là, de réglementer le gaz naturel
dans les bâtiments. Ce pour quoi on n'a pas parlé de sécurité énergétique dans
le mémoire, c'est du fait, là, que cette réglementation-là, selon notre
compréhension, ne serait pas prise en vertu du projet de loi 41. Donc, ce
serait, dans un autre temps, via la Loi sur la qualité de l'environnement.
Donc, c'est pourquoi la recommandation qu'on fait est vraiment, là, de
s'inspirer, là, de ce qui se fait dans la Loi sur le bâtiment pour permettre
aux municipalités d'être plus sévères, puisque l'enjeu de sécurité énergétique,
dans le PL 41, n'a pas, selon nous, à être traité. Au contraire, on parle
davantage d'efficacité énergétique, sur un domaine dans lequel il faut
impérativement, tous, collectivement, aller... être le plus ambitieux possible.
Et donc, pour... au niveau du risque
juridique, c'est parce que le mécanisme de préséance qui est proposé aux
articles 29, 30 existe déjà dans la Loi sur la qualité de l'environnement,
à l'article 118.3.3, depuis 1972. Et donc on a vu l'évolution
jurisprudentielle faire en sorte que plusieurs... plusieurs municipalités
faisaient face à des poursuites de promoteurs ou de propriétaires ou de... dans
le milieu énergétique également, d'organismes, là, qui, par exemple, voulaient
faire des pipelines, ou des choses comme ça. Donc, se faire poursuivre en
brandissant ou même se faire menacer, on parle de poursuites-bâillons par...
grâce à cet article-là. Donc, le risque judiciaire engendré par cet article-là
a, à travers le temps, eu un effet de refroidissement sur les municipalités,
sachant qu'elles peuvent... qu'elles sont à risque, là, de poursuites.
Donc, c'est pourquoi on recommande
véritablement d'évacuer le mécanisme de préséance. Et puis, comme M. le
Président l'a mentionné... ça va nous faire plaisir de collaborer et de
continuer notre collaboration avec le gouvernement et Hydro-Québec, <pour
ce qui est...
Mme Legault-Bélanger (Charlotte) :
...ça va nous faire plaisir de collaborer et de continuer notre
collaboration avec le gouvernement et Hydro-Québec, >pour ce qui est
spécifiquement, là, de la sécurité énergétique, pour trouver, là, vraiment la
meilleure façon de concilier autonomie municipale et sécurité
d'approvisionnement, qui, effectivement, là, est un enjeu d'intérêt national.
Mme Dufour : Merci beaucoup,
maître. Est-ce que... S'il y avait préséance, est-ce que ça pourrait empêcher,
dans le fond, les municipalités d'atteindre certains de leurs objectifs? Et là
j'avais en tête, par exemple, une municipalité qui voudrait développer un
écoquartier vraiment très, par exemple, net zéro. Et je salue, d'ailleurs, la
ville de Varennes, là, qui a fait le premier bâtiment municipal net zéro. Avec
une préséance, ce ne serait plus possible d'atteindre ce genre... selon vous,
ou ce serait encore possible?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
moi, ce que je comprends, c'est que ça ralentirait de beaucoup le processus.
Mais de là à dire, est-ce qu'on y arriverait pareil avec un délai plus long, j'invite
Mme Bélanger à...
Mme Legault-Bélanger (Charlotte) :
Mais, encore une fois, c'est ce qui va pouvoir être discuté, là, avec le
gouvernement dans les prochains mois, donc, étant donné que cette
réglementation-là serait soumise au principe de préséance de la LQE, et non pas
du PL 41. Donc, effectivement, il y a d'autres mécanismes juridiques qui
vont pouvoir être discutés pour prendre en compte la sécurité énergétique, mais
tout en laissant, là, la possibilité aux municipalités, là, d'atteindre les
ambitions qu'elles se sont fixées dans leurs plans climatiques, qui, dans
certains cas, sont plus ambitieuses, là, que celles du gouvernement.
Mme Dufour : Merci. Peut-être
vous poser des questions sur les inspecteurs, parce que ça a été un élément qui
avait été soulevé dans le cadre du projet de loi n° 17, lorsque... bon,
c'est ça, que la RBQ pourra mandater les municipalités pour faire des
inspections. Puis là on a entendu le ministre parler qu'il pourrait déléguer
lui-même les inspections des normes qui seraient établies ici, à la RBQ. Donc,
est-ce que les municipalités ont les inspecteurs pour réaliser ce qui pourrait
être exigé, ici, avec le projet de loi 41?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
la réalité, c'est que c'est un volet sur lequel on a beaucoup d'inquiétudes
parce qu'il est clair, et vous le savez, il y a des villes et municipalités du Québec
qui ont les ressources pour être capables de le faire, mais vous comprenez que
c'est loin d'être la grande majorité. Varennes est un bel exemple, Mascouche en
est un autre. Nous n'avons pas ces employés là dédiés pour cette fonction-là.
Donc, c'est sûr qu'à partir du moment où on aurait l'option de prendre la
responsabilité c'est déjà mieux, mais on ne veut surtout pas qu'on nous
l'impose. On ne veut surtout pas que la Régie du bâtiment vienne nous dire :
Vous devez faire l'inspection, quand nous n'avons pas ces capacités-là. Ça
relève au RBQ, mais, si Montréal, si Laval, si de grandes villes souhaitent
l'avoir, sur une base volontaire, soit, mais surtout pas de l'imposer, de grâce.
Mme Dufour : Je vais passer
la parole au collègue. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. M. Damphousse, j'ai une question un petit peu précise sur
l'autoproduction pour les municipalités et, quand même, le déploiement des
microréseaux dans les différentes municipalités. Il y a un projet très
intéressant à Lac-Mégantic, présentement, qui a été déployé par Hydro-Québec.
Alors, c'est sûr, les bâtiments plus efficaces, c'est une chose, mais, si vous
êtes capables de produire de l'électricité sur les toits de vos arénas, ça aide
un petit peu à la situation aussi. Alors, je ne sais pas si vous avez déjà
commencé à penser à l'avenir, c'est que... de déployer plus d'énergie, vous
autres, les municipalités, pour vos bâtiments.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je vous dirais, vous avez une question précise, je vais vous donner une réponse
précise. Dans un premier temps, je vous invite à nous écrire pour qu'on vous
envoie en primeur notre plan énergie. Vous allez voir qu'il y a des axes, il y
a justement la production énergétique. On parle beaucoup d'éolien au Québec. Le
milieu municipal est très présent dans l'éolien. Dans la grande majorité des
cas, ils sont copropriétaires à 50 %, c'est extraordinaire, et c'est
l'orientation à court terme qu'Hydro veut prendre. Et il y a de plus en plus de
municipalités, et là ce n'est plus juste l'Alliance et la région de la
Gaspésie, aujourd'hui, c'est à peu près tout le monde au Québec qui évalue ces
options.
Le volet solaire a aussi de grandes
possibilités. On en parle moins, parce que c'est comme si les subventions
d'Hydro-Québec, gouvernementales sont moins présentes. Mais le potentiel est
extraordinaire, vous avez donné l'exemple des toits, vous le savez comme moi,
en Europe, c'est très fréquent. Mais là, ça devient un apport et un support
énergétique verte dans plein de bâtiments potentiels. Donc, honnêtement, ça
fait partie des plans que nous avons. Il s'agirait d'un petit coup de main
financier, parce que ça ne prend pas une grande différence pour inciter des
résidences à aller de l'avant, mais des bâtiments, comme vous avez mentionnés...
Puis, quand on regarde la superficie des toitures qui existent au Québec, avec
tous les types d'entreprise, mais imaginez le potentiel que nous avons
localement. C'est une avenue à ne pas négliger, assurément.
M. Kelley : 100 % d'accord.
J'ai une <excellente lettre...
M. Damphousse (Martin) :
...types
d'entreprise, mais imaginez le potentiel que nous avons localement. C'est une
avenue à ne pas négliger, assurément.
M. Kelley :
100 %
d'accord. J'ai une >excellente lettre que j'ai écrite dans le Journal
de Montréal. Alors, on peut faire échange, je vais prendre le document en
primeur puis je vais changer la lettre ouverte que j'ai écrite.
Mais juste une dernière question. Si
jamais, dans ce projet de loi, on aborde la question qu'on permette au Québec
que les citoyens pemettent les... les panneaux solaires sur leur toit, aucune
municipalité ne peut interdire quelque chose comme ça. Parce que je sais que,
présentement, il y a certaines municipalités qui interdisent des panneaux
solaires sur le toit des maisons. Je pense qu'on doit avoir des standards ici,
au Québec, mais, quand même, c'est une idée que je lance. Mais je veux savoir, si
on n'a pas le temps, peut-être qu'on peut échanger après, mais est ce que vous
pensez que c'est peut-être utile de créer un standard partout au Québec, où on
permet les citoyens de produire leur propre électricité?
• (10 h 30) •
M. Damphousse (Martin) : Je
pense que ça serait sûrement une bonne idée, mais je pense que c'est une bonne
réflexion qu'on doit avoir avec Hydro-Québec, avec la Régie de l'énergie, avec
le gouvernement, avec les oppositions pour trouver une façon de faire qui
serait uniformisée, qui serait logique. Mais, honnêtement, avec la crise
énergétique dans laquelle on est plongés aujourd'hui, toutes ces options-là
doivent être absolument sur la table. C'est une bonne idée, assurément.
M. Kelley : Parfait. Puis,
juste rapidement, je vais aller sur les fonds. Est-ce que c'est mieux de juste
utiliser des programmes existants ou vraiment créer un autre programme? Parce
que, des fois, j'ai des municipalités qui me parlent, me disent : Bien, il
y a plein de différents programmes. Peut-être c'est mieux juste d'en avoir un
qui est dédié à la transition énergétique pour les municipalités.
M. Damphousse (Martin) : Par
rapport à l'énergie?
M. Kelley : Oui, pour la
transition énergétique pour les municipalités, parce que vous parlez des
différents fonds puis ajouter à des programmes, mais est-ce que c'est mieux
juste d'avoir un programme et une place que tout est simplifié pour vous
autres?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, le mot magique que vous venez de mentionner dans votre question, c'est
«simplifier». Si on était capable d'avoir une formule... Peu importe, qu'il y
ait des fonds existants, de nouveaux fonds, la multiplication des fonds, c'est
l'approche simplifiée, parce que, malheureusement, autant pour les
municipalités que pour les citoyens qui font faire avec des programmes de
quelque nature que ce soit, c'est la lourdeur administrative qui décourage. Il
faut s'éviter ça. Il faut travailler ensemble pour trouver un «fast track»,
désolé de mon anglicisme, pour être... mais je pense que vous avez bien
compris, pour que ça soit facilitant. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
reste deux minutes.
M. Kelley : Deux minutes...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Deux minutes
M. Kelley
: …OK, vas-y.
Mme Dufour : Oui. Bien, en
fait, juste...
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi.
Mme la députée de Mille-Îles, la parole est à vous. Merci.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Donc, juste continuer sur les programmes. Ça, c'est un élément que
vous avez mentionné, qu'il n'y avait pas de programme vraiment dédié aux
municipalités dans certains cas, puis que vous étiez, comme, en compétition,
dans le fond, avec d'autres groupes. Quel genre de programme vous attendriez,
là, pour pouvoir... Là, je sais que le député de Masson a posé une question
là-dessus, mais qu'est-ce qui serait facilitant pour les municipalités
là-dessus?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
honnêtement, ce que j'ai vu, puis Mme Bélanger aura un commentaire
additionnel, mais au fédéral, il existe des fonds justement dédiés là-dessus...
des maisons vertes. Honnêtement, c'est assez intéressant. Ils subventionnent
100 % des coûts, entre autres, dans le solaire de réduction de la
consommation, subventionné pendant 10 ans, sans intérêt. Honnêtement,
c'est superintéressant. C'est des programmes de ce genre-là qu'on aimerait bien
avoir une version québécoise ou une meilleure collaboration Québec, fédéral
pour faciliter cet accès-là, parce que ce n'est pas toujours simple, ces
programmes-là.
Mme Dufour : Effectivement, effectivement,
je pense que c'est un enjeu d'avoir accès au fonds fédéral, mais il y a aussi
la reddition de comptes. Est-ce que vous voyez... Parce qu'en fait c'est
toujours ça, l'enjeu, là, on rajoute, on rajoute, on rajoute. Donc, ce serait
quoi, vos demandes par rapport à la reddition de comptes?
M. Damphousse (Martin) : Je
reviens au mot magique «simplification».
Mme Dufour : Simplifier.
M. Damphousse (Martin) : Oui.
Mme Dufour : Une reddition de
comptes annuelle, bisannuelle?
M. Damphousse (Martin) : Simple.
Mme Dufour : Simple, simple.
Excellent.
M. Tremblay (Guillaume) : Si
vous le permettez. Vous savez que la UMQ, on en parlait tantôt, on a mis de
l'avant le plan de décarbonation, je peux vous dire que les villes cognent à la
porte de l'UMQ, elles sont vraiment de plus en plus, en plus, en plus
intéressées, mais le fardeau, c'est toujours le financement, le financement. Ça
fait que, si le gouvernement pouvait donner un coup de main, je pense que les
villes iraient encore plus rapidement dans ce grand chantier. Puis c'est un
travail d'équipe, hein, vous le dites, c'est une responsabilité conjointe de
tout le monde. Les villes, on est vraiment prêts à faire notre part, mais ça
prend vraiment du financement pour nous aider.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
merci. Nous allons procéder avec le deuxième groupe d'opposition. Mme la
députée de Verdun, le temps est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...quatre minutes, en passant.
Mme Zaga Mendez : Quatre
minutes, merci. Merci beaucoup, M. Damphousse, M. Tremblay et
Mme Legault-Bélanger, pour votre présentation. J'ai expliqué tout à
l'heure que nous avons aussi une inquiétude par rapport à l'article 29 et 30.
Je pense que nous avons tous entendu le ministre nous dire qu'il y a une
intention d'être plus précis, en ce qui concerne la sécurité énergétique, mais,
je pense qu'on peut se le dire, on parle de l'utilisation d'énergie, et c'est, bien
sûr, le gaz naturel...
10 h 30 (version révisée)
Mme Zaga Mendez : ...mais
je pense qu'on peut se le dire, on parle de l'utilisation d'énergie, et c'est
bien sûr le gaz naturel. On le sait que si... Vous l'avez expliqué tout à l'heure,
si le principe de préséance s'applique, que ceci rend inopérant, si on s'attaque
à la sécurité énergétique, les règlements qui sont maintenant déjà opérants qui
concernent l'utilisation, le branchement des nouveaux... nouveaux branchements
de gaz naturel dans les municipalités dont nous avons discutés... et j'aimerais
vous entendre là-dessus. J'aimerais savoir votre opinion sur le fait que, si on
vise la sécurité énergétique... puis on va rendre inopérants ces règlements des
villes qui sont déjà très ambitieuses dans la lutte aux changements climatiques.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
c'est pour ça qu'il est important, puis je l'ai mentionné tantôt, que
rapidement on puisse, en collaboration avec le gouvernement et avec surtout Hydro-Québec,
s'assurer que la réglementation qui sera éventuellement mise en place
fonctionne, parce que d'amener de la réglementation... puis on parle beaucoup
du gaz, mais moi, j'aimerais qu'on dissocie le gaz fossile du GNR, le gaz
renouvelable. Parce que je peux vous en parler, à Varennes, je suis le
président de la SEMECS, un centre de biométhanisation, 120 000 tonnes
de matière par année, mais on produit beaucoup de GNR, c'est ce qu'on veut. Je
comprends qu'on n'en a pas assez encore aujourd'hui dans notre réseau, on
souhaiterait en avoir davantage, mais pour en avoir davantage, ça prend aussi
un réseau de distribution.
Donc, aujourd'hui, on n'a pas la cote,
parce que c'est principalement du gaz fossilisé, mais c'est avec une panoplie
de sources énergétiques vertes. On a parlé de solaire tantôt, on a parlé d'éolien
tantôt, on pourra parler de microbarrages, on a parlé de Lac-Mégantic, en fait,
c'est une multiplication de ces projets-là qui peuvent rendre beaucoup plus
facilitant l'arrivée vers une décarbonation du Québec, mais, pour ça, ça prend
davantage d'énergie verte. Donc, rapidement... qu'on puisse travailler avec le
gouvernement pour envoyer un modèle de réglementation à l'ensemble des
municipalités pour être sécuritaires.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Et, dans le même sens, vous parlez de rendre plus facilitant... Je vous lance
une idée : Qu'est-ce que vous en pensez de faire en sorte que le règlement
devient un minimum, ce qu'on appelle une clause a minima, c'est-à-dire que la
réglementation sur la sécurité énergétique, c'est le minimum à atteindre, mais
que ceci permettrait aux municipalités qui veulent être plus ambitieuses, d'aller
plus loin, par exemple, sur la question de GNR localisé, il y en a plusieurs
exemples de biomasse aussi, forestière ou biomasse agricole, bref, d'obtenir le
minimum pour permettre aux autres municipalités de lutter contre les
changements climatiques?
M. Damphousse (Martin) : Sûrement
une très bonne idée de l'aspect du minimum, mais pour ceux qui voudront être
plus ambitieux, il faut s'assurer aussi qu'Hydro-Québec puisse répondre à l'ambition
des municipalités. Quand on parle de biomasse, il y a des secteurs, il y a des
régions du Québec où ils n'ont même pas de gaz, ça fait que le réseau ne se
rend même pas là, mais ils ont la biomasse pour être capables de produire de l'énergie
différemment. Donc, ils ont probablement une approche plus ambitieuse possible,
mais encore là, ça prendrait le sceau soit du gouvernement ou d'Hydro-Québec,
en disant : OK, votre région, vous aurez la permission d'être plus
ambitieux parce que vous avez la capacité énergétique, donc... Mais ce n'est
pas facile de rendre l'accessibilité à tout le monde, un peu indéfinie, parce
qu'il y en a qui ont de grandes ambitions, mais il faut être sûrs que le réseau
puisse supporter ça.
Mme Zaga Mendez : Merci...
La Présidente (Mme Maccarone) :
12 secondes.
Mme Zaga Mendez : ...c'est
tout le temps que j'ai. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, merci beaucoup, M. Damphousse, M. Tremblay, Me
Legault-Bélanger, pour votre contribution aux travaux de la commission. Nous
allons suspendre les travaux pour quelques instants afin que l'on puisse
accueillir le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 38)
(Reprise à 10 h 42)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Et je souhaite la bienvenue aux
représentants de la Fédération québécoise des municipalités. Alors, bienvenue à
M. Jacques Demers, président, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et
préfet de la MRC de Memphrémagog, ainsi que M. Pierre Châteauvert,
directeur des politiques.
Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi nous allons procéder aux échanges
avec les membres de la commission. Alors, je vous invite donc à commencer votre
présentation et de vous présenter, s'il vous plaît.
M. Demers (Jacques) :Merci beaucoup. Oui, Jacques Demers, maire, Sainte-Catherine-de-Hatley,
et préfet de la MRC de Memphrémagog et président de la Fédération québécoise
des municipalités. Et je suis accompagné du directeur des politiques de la Fédération
québécoise des municipalités, M. Pierre Châteauvert.
D'abord, merci, merci, M. le ministre, Mme
la Présidente, M. le vice-président, mesdames et messieurs membres de la
Commission. La Fédération québécoise des municipalités, à titre de porte-parole
des régions, qui réunit plus de 1 000 membres, dont l'ensemble des
MRC, remercie la commission de l'opportunité qui s'offre à nous de présenter
nos commentaires puis nos recommandations sur le projet de loi 41.
Ce projet de loi propose d'améliorer les
performances environnementales des bâtiments neufs et existants, et prévoit
l'octroi de nouveaux pouvoirs habilitants au ministre de l'Environnement pour
la mise en place d'exigences de performance environnementale des bâtiments et
d'un système de déclaration, cotation et performance des bâtiments.
D'entrée de jeu, la fédération trouve très
louable l'objectif. Quand on veut d'abord améliorer les performances
environnementales des bâtiments, réduire leurs émissions à gaz à effet de serre...
on veut aussi économiser l'énergie, c'est important, à l'échelle du Québec.
Plusieurs municipalités, d'ailleurs, travaillent déjà dans ce sens. Il y a des
initiatives qui émergent d'un peu toutes les régions du Québec de ce côté-là.
Malheureusement, les éléments du projet de
loi posent problème et nécessitent aussi des modifications. Nos commentaires
seront francs et directs. Ils visent à assurer son application.
Je demanderais à M. Châteauvert de
lire quelques extraits de notre mémoire, qui présentent certaines des
propositions et des demandes. Par la suite, on pourra répondre à... à vos
questions.
M. Châteauvert
(Pierre) :Merci, merci. Donc, d'abord, en
premier lieu, en fait, nous, on propose qu'il y ait un changement d'approche au
niveau de la question de la <préséance...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...nous, on propose
qu'il y ait un changement d'approche au niveau de la question de la >préséance,
une revendication de longue date de la FQM, donc, qu'on pourra élaborer tantôt :
«Le projet de loi prévoit aux articles 29 et 30 la préséance des
règlements qui seront adoptés en vertu de la <i>loi sur la performance environnementale,
sur les règlements municipaux portant sur le même objet. Ainsi, les
dispositions du... des règlements du gouvernement primeront sur celles d'un
règlement municipal, à moins que ce règlement ne soit approuvé par le ministre.
«Considérant les enjeux liés à la lutte et
à l'adaptation aux changements climatiques, il est souhaité que la portée de...
de la notion de préséance prévue au projet de loi se limite à établir un seuil
minimal et non à uniformiser la réglementation à la grandeur du Québec. Les
municipalités doivent pouvoir exercer leurs compétences en aménagement,
notamment en mettant en place des normes plus contraignantes en fonction des
particularités de leur territoire. L'ampleur des défis environnementaux et
énergétiques nécessite plutôt de renforcer les capacités d'action des
municipalités et des MRC.»
Donc, pour terminer sur la notion de
préséance : «La FQM rappelle que l'Assemblée nationale a adopté en octobre
dernier le projet de loi 17, lequel a enchâssé dans la Loi sur le bâtiment
le droit des municipalités d'adopter des normes plus exigeantes que celles
contenues dans le code de construction et dans le code de sécurité, ou une
norme portant sur d'autres matières que celles visées à l'un des codes.» Donc,
le précédent est déjà là.
«Deuxièmement, nous demandons une
harmonisation entre la démarche du ministre et celle de la Régie du bâtiment,
c'est-à-dire le code de construction. Afin d'offrir un cadre clair tant pour
les municipalités que pour les citoyens, c'est important qu'il n'y ait qu'un
seul code, que le tout soit harmonisé. L'actuel code de construction de la RBQ,
il vient intégrer les propositions contenues dans le projet de loi. Un arrimage
sera également nécessaire quant aux responsabilités qui seront dévolues... seront
dévolues aux municipalités. À ce chapitre, nous prions le ministre de se
préoccuper de l'impact de ces mesures sur la capacité de toutes les
municipalités, quelle que soit leur taille, lors de l'application de ces
changements. En ce sens, nous invitons tous les partenaires... les
parlementaires, pardonnez-moi, à réfléchir sur la capacité de nos services,
notamment d'inspection, à se conformer et à appliquer les nouvelles règles dans
des délais trop souvent difficiles, voire impossibles à respecter.
«Troisièmement, les nouvelles exigences
prévues au projet de loi entraîneront un fardeau financier administratif
supplémentaire pour les municipalités. Le projet de loi prévoit un système de
déclaration, de cotation et de performance des bâtiments. Le projet de loi
entraînera assurément des coûts importants pour les municipalités qui devront
se conformer à de nouvelles exigences, tant pour la mise à niveau de leurs
bâtiments, la déclaration des données énergétiques relatives à ses bâtiments,
et pour la vérification et l'audit de ses données. Aussi, il est essentiel que
la FQM soit associée à l'élaboration des règlements qui découleront de ce
projet de loi pour s'assurer que les municipalités locales régionales puissent
les appliquer.
«L'article 4 de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments édicté par le projet de loi prévoit
aussi l'obligation de transmettre au ministre un rapport relatif à la
performance environnementale des bâtiments. La fréquence de transmission des
données, les conditions et les modalités seront déterminées ultérieurement par
le règlement. La fédération tient à rappeler au gouvernement les enjeux liés à
la multiplication des redditions de comptes exigées aux municipalités par les
différents ministères, notamment les... municipalités qui peinent à remplir les
nombreux formulaires et déclarations nécessaires pour répondre aux obligations
légales et réglementaires. Ces nouvelles informations à transmettre s'ajoutent
à celles qu'une municipalité doit obligatoirement fournir. Depuis la
publication du rapport Perrault en 2015 — M. Demers était un
des signataires — plus de 47 projets de loi et
68 règlements ont ajouté plus de 90 obligations et redditions de
comptes pour les municipalités. La fédération invite le ministre à tenir compte
de ce qui précède lors de l'élaboration des conditions et modalités relatives à
cette obligation.
«Par ailleurs, bien que la fédération
souscrive à la nécessité à la... de la performance énergétique des bâtiments,
les nouvelles exigences associées au système de cotation entraîneront
vraisemblablement des coûts substantiels pour les municipalités et les MRC pour
la mise à niveau des bâtiments municipaux. Aussi, nous lui demandons de... de
prévoir les mesures de soutien nécessaires à leur adaptation.
«Quatrièmement, le... certains articles du
projet de loi confirment que les municipalités devront appliquer certaines
dispositions des règlements pris en vertu de cette loi. Plusieurs ministères et
organismes se tournent présentement vers les municipalités pour l'application
de leurs normes et règlements, incapables de remplir leurs obligations dans ce
domaine en raison de contraintes budgétaires et de problématiques de main-d'oeuvre.
«De plus, des ministères comme celui de
l'Environnement complexifient davantage la tâche des inspecteurs municipaux
avec la révision de leur réglementation. Ce ministère a publié à lui seul des
centaines de pages de règlements révisés ces dernières années, sans période
suffisante pour la formation et la préparation, rendant quasi impossible leur
application sur plusieurs territoires. La FQM demande au ministre de s'engager
à consulter le milieu municipal avant de procéder à tout transfert de responsabilité
quant à l'application de la loi ou de ses règlements, afin de convenir ensemble
des modalités afférentes à ce transfert, à garantir le caractère volontaire de
l'opération et à prévoir les ressources qui devront l'accompagner.
«Par ailleurs, afin de protéger les
municipalités qui devront appliquer certaines dispositions des règlements pris
en vertu de la présente loi, il est demandé que les municipalités bénéficient
de la même immunité que celle accordée aux inspecteurs du ministère de l'Environnement.
«En conclusion, bien que la volonté
exprimée publiquement par le ministère de l'Environnement soit d'imposer des
obligations <de...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...exprimée publiquement
par le ministère de l'Environnement soit d'imposer des obligations >de
performance environnementale aux grands bâtiments seulement, les pouvoirs
habilitants octroyés au ministre et au gouvernement sont plus vastes et visent
l'ensemble des bâtiments sur le territoire québécois. À terme, tous les
bâtiments pourraient être visés par de nouvelles exigences de performance
environnementale, avec les coûts qui y seront associés. Considérant que nos
commentaires visent le projet de loi tel que présenté, la fédération demande au
ministre, avant un élargissement aux petits bâtiments de... du système de
déclaration et de cotation de la performance environnementale, de mettre en
place toutes les mesures nécessaires de soutien et d'accompagnement afin
d'assurer que les coûts découlant de ces nouvelles exigences ne mettront pas en
péril notamment nos commerces de proximité, essentiels à la vitalité des
régions. On peut aussi penser au défi sur la construction de logements et
d'habitations.
• (10 h 50) •
«Par ailleurs, dans un contexte de pénurie
de logements — c'est ce que j'allais dire — toutes les
régions du Québec... le gouvernement doit s'assurer que les surcoûts associés
au resserrement des exigences des performances environnementales des bâtiments
ne freinent pas le développement de nouveaux projets d'habitation.»
Donc, on est... on appuie, on est d'accord
avec la... l'approche, et disons qu'il y a quelques changements à apporter sur
les modalités. Donc, merci beaucoup... pour vos questions.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons procéder aux périodes
d'échange, et je cède la parole à M. le ministre pour une période de
16 min 30 s.
M. Charette : C'est
gentil, merci. Déjà, je vous avertis que j'ai des collègues qui meurent d'envie
de poser quelques questions, sinon c'est un temps qui sera partagé. Mais déjà,
messieurs... toujours un plaisir. Je le mentionnais à vos collègues de... de
l'UMQ, le milieu municipal, pour le gouvernement du Québec, que ce soit en
environnement, mais dans bien d'autres dossiers, est un partenaire de premier
plan. Moi qui suis dans les fonctions de ministre de l'Environnement depuis un
petit peu plus de cinq ans, je vous compte parmi des partenaires
incontournables, et ce matin vous en faites la démonstration avec la qualité de
votre mémoire. Donc, merci d'être avec nous ce matin.
Je comprends une de vos préoccupations, on
a eu d'ailleurs la possibilité d'échanger avec vos collègues de l'UMQ à ce
sujet-là, la fameuse règle de préséance. Ce que j'ai pu mentionner tout à
l'heure, je le répète pour vous rassurer : on n'a pas l'intention de jouer
au niveau des ambitions des municipalités, en dehors de la capacité et de la
sécurité énergétique du Québec, qui est un véritable enjeu. Donc, ce matin, je
confirmais notre intention, en dehors du projet de loi 41, de déposer une
réglementation, on va le souhaiter le plus rapidement possible, pour venir
établir des balises notamment pour ce qui est du recours au gaz naturel. Les
modalités, on aura l'occasion d'en discuter, parce que oui, c'est quelque chose
qui va être travaillé avec les municipalités, mais on n'a pas le choix d'aller
dans cette direction-là. Et je ne ferai pas l'exercice avec vous, parce que je
ne veux pas que ce soient des questions pièges, mais, si je vous demandais
quelles sont les projections en termes de mégawatts pour les prochaines
constructions sur les 10 prochaines années au Québec, probablement que
vous ne le sauriez pas, et je ne le savais pas moi-même avant de... de me...
m'intéresser à la question. Et, si je vous demandais ça représente combien en
mégawatts d'obliger, par exemple, une transition vers... vers
l'hydroélectricité dans des bâtiments existants qui sont alimentés par exemple
au mazout ou au gaz naturel à l'heure actuelle, probablement que vous n'auriez
pas la réponse, et c'est tout à fait normal, je ne l'avais pas non plus avant
de m'intéresser à ces questions-là.
Donc, au niveau municipal, il y a de
belles ambitions, il ne faut pas les freiner, mais, en même temps, ces
ambitions-là doivent tenir compte de la capacité énergétique du Québec, et ça
doit être orchestré non pas de façon individuelle, chaque municipalité de son
côté, mais en concertation avec Hydro-Québec, notamment pour s'assurer de la
disponibilité énergétique. Donc, lorsqu'il est question dans le projet de loi de...
d'établir des standards qui deviendront la norme, on parle de sécurité
énergétique et, si, tel qu'écrit, il y a une certaine confusion dans le projet
de loi, on aura l'occasion au niveau de l'étude article par article de
s'assurer que la... la motivation derrière cet article-là soit bien saisie.
Mais peut-être une première question :
Est-ce que vous êtes d'accord avec le principe — et l'UMQ semblait
l'être tout à l'heure — que chaque municipalité ne peut pas partir de
son côté et dire : Moi, du jour au lendemain, je ne permets plus le
branchement, que ce soit au gaz naturel, que ce soit au gaz naturel
renouvelable, que tout doit passer par l'hydroélectricité? Est-ce que vous
comprenez quel défi ça pose dans un contexte de sécurité énergétique, qui
est... qui est de plus en plus discuté, là, depuis quelques années?
M. Demers (Jacques) :Oui, ça, ce bout-là, on le comprend puis on adhère
amplement à ça. Mais, vous comprenez, quand on parle de préséance, pour nous,
on a eu il y a très peu de temps des problématiques, là. On parle de bandes
riveraines, on parle d'autres choses en environnement où est-ce que c'est venu
écraser des règlements municipaux, puis on s'est dit : Faisons attention,
là, on joue encore avec des choses que probablement que les municipalités vont
se trouver à avoir à faire <l'application...
M. Demers
(Jacques) :
...encore avec des
choses que probablement que les municipalités vont se trouver à avoir à faire >l'application.
Des fois, il y a des municipalités qui sont plus loin. Puis, quand on met des
règlements qui écrasent ceux qui sont en place, il faudrait éviter... On veut
tous travailler pour l'environnement, mais il y a des municipalités qui sont
rendues plus loin. Puis les bandes riveraines étant un exemple, là, où est-ce
qu'on a vu des bâtiments qui n'avaient pas le droit de se construire sur des
règlements municipaux, mais, étant donné des règlements provinciaux qui sont
venus les écraser, ces mêmes bâtisses-là ont pu s'agrandir. Là, on s'est dit :
Voyons, ça n'a pas de bon sens! On veut avoir moins en bandes riveraines
possible. Là, si le bâtiment, il était à l'extérieur, même si une grande partie
y touchait, on écrasait le règlement municipal. Alors donc, on le permettait.
On a eu des recours, les... des avocats sur ces dossiers-là pour les
municipalités. On s'est dit : Comment ça se fait qu'on ne peut pas se
parler avant? Puis on souhaite, dans ce dossier-là, faire la même chose, de se
dire : Faisons attention, parce que, si c'est nous qui avons à
l'appliquer, bien, il faut faire attention pour ne pas faire le contraire de ce
qu'on veut en environnement. Il y a des gens qui sont plus avancés que le
niveau provincial, qui lui, veut, des fois, permettre que tout le monde avance
rapidement. Puis c'est vraiment en ce sens-là. Je pourrais aller dans ce dit dossier-là
beaucoup, beaucoup plus dans le détail, mais je pense qu'on comprend le
pourquoi, là.
M. Charette : Tout à
fait. En fait, je suis très heureux de vous entendre. Et, je vous rassure, là,
nous, on vise, à travers le projet de loi 41, les notions de sécurité
énergétique, de disponibilité d'énergie. Donc, on trouvera la bonne formule au
moment de l'étude article par article, mais très content de... de vous entendre
à ce sujet-là. Puis, encore une fois, comme ministre de l'Environnement, je
serais le dernier à souhaiter vouloir ralentir la marche des municipalités,
mais il y a un défi de capacité énergétique au Québec et tout doit être
planifié et, on ne peut pas, chacun de notre côté, y aller d'une idée sans
prendre la mesure de son impact.
Sinon, vous parliez de défis au niveau de
l'application des codes, est-ce que ça va devenir compliqué, qu'il y ait un
code du bâtiment durable, puis il y a le code du bâtiment. Il faut le voir
comme une démarche qui va s'intégrer, dont l'application va vraisemblablement
revenir à la Régie du bâtiment du Québec. Mais moi, je ne peux pas... En fait,
je vais le dire autrement : la Régie du bâtiment est responsable des
volets sécuritaires, des volets, dans certains cas, de qualité. Moi, j'ai la
responsabilité de la transition énergétique, donc je ne peux pas aller jouer
dans les plates-bandes d'un autre. Mais, en même temps, on veut que ça se fasse
dans un tout cohérent. Et l'application va vraisemblablement revenir à la Régie
du bâtiment, pour que les échanges avec le milieu puissent être... non pas pour
telle question, c'est le ministère de l'Environnement, il sera là pour y
répondre, pour telle autre question, c'est tel autre ministère ou organisme.
Donc, on... on est les derniers à souhaiter complexifier la démarche, mais, en
même temps, c'est moi qui aie la possibilité, à travers ce projet de loi, de
nous assurer que la transition énergétique dans le secteur du... du bâtiment,
elle est bien... elle est bien prise en compte.
Donc, je vous rassure, actuellement, on a
un... un code qui s'intéresse aux questions énergétiques des bâtiments. Mais,
ce volet-là va être intégré tout simplement, là, au niveau du code québécois,
là, du bâtiment durable, là. Donc, on veut une certaine cohésion à ce
niveau-là, avec une application terrain, là, par la RBQ.
Vous parliez aussi des enjeux de
financement. Il y a une formule qui est intéressante pour le... le bâtiment
privé, qui est la SOFIAC, que... que vous connaissez vraisemblablement. Est-ce
qu'on pourrait penser une formule semblable pour les bâtiments municipaux, une
formule de financement qui... bien, en fait, une formule qui aiderait au
financement, mais qui aiderait aussi à l'expertise? On parle de plus petites
municipalités dans... dans certains cas. Est-ce que c'est quelque chose qui
pourrait être intéressant, de dire : On aurait cet appui-là pour nous
assurer non seulement qu'il y ait un financement qui peut être... qui peut être
fourni, mais qu'il y a une expertise aussi qui peut être donnée aux
municipalités, là, qui voudraient s'engager dans ce type de... de travaux là?
M. Demers (Jacques) :Je pense que c'est évident, de ce côté-là, quand on peut
avoir le financement. Puis, de façon globale, on vise des économies, ça fait
que le financement, normalement, devrait... devrait vite répondre à un besoin
puis être capable... être compensé de quelque façon par la suite, là, par...
par ces économies-là, qu'on fait tous. Puis l'urgence et le besoin de l'énergie
se fait sentir à plusieurs endroits présentement, ça fait que, d'avancer
rapidement là-dessus, on... on y est, là.
Oui?
M. Châteauvert
(Pierre) :Si vous permettez,
effectivement, ce que vous venez de nous préciser, c'est très rassurant par
rapport au... au dernier point. Nous, on a... on s'est référés au texte du...
de la partie publique du Conseil des ministres, l'analyse réglementaire, et
l'interprétation qu'on avait était différente. Mais ce que vous nous dites, un
seul cas... Parce que nous, nos inspecteurs, quand ils ont appliqué des
nouvelles... des... On l'a vu, là, avec le... les... le cadre, pas le cadre
permanent qu'on attend, mais plutôt le... les <règles...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...on l'a vu, là, avec
le... les... le cadre, pas le cadre permanent qu'on attend, mais plutôt le...
les >règles temporaires sur les zones inondables... et tout ça, la
complexité. Notre message, c'était que... que le gouvernement s'assure de
l'efficacité de la mesure... la compréhension de la mesure. Ce que vous venez
de nous dire, là, c'est... c'est très rassurant, puis on vous remercie. Puis on
va être... on va collaborer à ce niveau-là pour s'assurer de ça, puis c'est
aussi vrai au niveau des citoyens. Ça, on est très heureux de... de votre
message ce matin.
M. Charette : C'est
gentil. Je vous remercie rapidement, parce que j'ai des collègues qui veulent
prendre la relève, mais j'aurai l'occasion d'aller vous serrer la main dans
quelques instants.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup, M. le ministre. Le député de René-Lévesque, je vous cède la
parole pour une période de sept minutes.
• (11 heures) •
M. Montigny : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je vais faire rapidement, parce que je veux
surtout vous entendre. Vous avez parlé, là, de... d'importance de la... de
consulter, là, pour les règlements, évidemment, je vous entends bien, aussi sur
les enjeux de mesures de soutien, là, des municipalités. Mais je veux vous
amener... Peut-être ça va vous permettre de revenir sur ces deux éléments-là,
mais je veux vous amener sur deux questions. La première, c'est sur la... tout
le... le côté de cotes ou de... où on va mettre des cotes sur les bâtiments, je
veux vous entendre là-dessus. Mais la deuxième que je vais amener tout à
l'heure, c'est l'enjeu de la biomasse forestière.
Donc, allons-y sur toute la question de la...
de la cote des bâtiments. Donc, est-ce que vous considérez que la mise en place
d'un système de... de cotation, en fait, là, c'est un geste efficace pour
améliorer la performance? Parce que souvent, quand on cote des bâtiments, ça
nous permet de nous comparer, puis... entre nous, mais aussi avec d'autres.
Alors, j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Châteauvert
(Pierre) :Bien, le... En fait, il y a
plusieurs autres expériences qui utilisent cette façon-là, puis je pense que ça
a démontré son... une forme d'efficacité. Le défi, c'est la facilité et la
capacité de bien comprendre puis que ce soit bien appliqué par les gens sur le
terrain, avec les... Ça va finir par les inspecteurs municipaux et tout ça,
puis... Parce que ni la RBQ ni le ministère ont le système d'inspection puis
d'application sur le territoire. Donc, à ce moment-là... Et c'est notre...
notre offre de collaborer avec le ministère pour s'assurer... Nous, dans notre
réseau, on a des gens... les... les gens, des inspecteurs, puis on collabore
avec eux. C'est de s'assurer de la faisabilité puis la facilité de la capacité
de le livrer. Et tout est là, tout est là. C'est une loi qui donne énormément
de pouvoirs habilitants au ministre. On va y aller par règlements.
Effectivement, on réagira à ce moment-là. Mais on est très ouverts à cette
idée-là, parce qu'effectivement vous l'avez dit, la comparaison, c'est le...
c'est le début de... voir si tu es bon ou tu n'es pas bon, puis de voir si tu
peux t'améliorer.
M. Montigny : Bien,
juste un petit... juste... Je vais y aller un petit peu plus loin sur cet
enjeu-là. Je lisais tantôt, dans les documents d'Hydro-Québec qui vont nous
être amenés, là, qu'il y avait... qu'il y avait une petite question, ils vont
probablement en parler tout à l'heure, sur la lourdeur administrative, la
reddition de comptes. C'est quelque chose que vous abordez régulièrement,
l'enjeu de la reddition de comptes. Alors, est-ce que ce système-là, pour vous,
il y a moyen de le faire pour éviter cette reddition de comptes ou dans
l'alourdissement, disons, du travail des municipalités?
M. Châteauvert
(Pierre) :C'est une préoccupation. Dans
l'entente de réciprocité qui a été signée le 13 décembre dernier, il y a
une démarche par rapport à la reddition de comptes des municipalités... donner
quelques chiffres. Puis, effectivement, il y a une proposition qui sera fait à
la table et tout ça, au gouvernement, par l'UMQ, nous, avec... en collaboration
avec l'ADGMQ puis l'ADMQ, sur un processus pour améliorer, OK, cette... toute
cette question de reddition de comptes là. Ça va passer... il faut que les conseils
d'administration des deux unions soient... se... ce soit soumis à leur
attention et pour discussion. Mais c'est certain que nous, on va regarder ça
via le prisme de cette question-là, parce que c'est invivable, le nombre
d'heures que ça demande aux directeurs généraux, aux directeurs, aux directions
des municipalités. Mais c'est possible de faire quelque chose quand c'est... il
y a... C'est une question qu'il faut discuter. Il faut tenir compte de... les
gens, qu'est-ce qu'ils vivent sur le terrain. C'est... Et... Mais il faut... il
faut échanger. Et là, c'est ce qu'il a été convenu le 13 décembre dernier
dans le cadre de l'entente. Puis nous, on va collaborer parce qu'on comprend
que les objectifs doivent être atteints aussi. Il y a un défi qui est évident,
puis il faut l'atteindre.
M. Montigny : Donc, si
je vous comprends bien, tout est dans la collaboration qu'on aura ensemble,
mais on est dans la bonne direction.
M. Châteauvert
(Pierre) :L'ouverture, la collaboration.
L'ouverture, la collaboration.
M. Demers (Jacques) :Il y a des éléments là-dessus où est-ce qu'il faut vraiment
intégrer nos professionnels, ceux qui auront à l'appliquer, qui vont être
capables... voir de quelle façon... Parce que, des fois, on a des bonnes
intentions, mais si ça ne fonctionne pas dans l'application... Puis j'oserais
dire la même chose au niveau des cotes. Des fois, on avait des subventions
basées sur des cotes ou des... des normes qui venaient d'ailleurs. Puis là, ils
nous disaient : Bien, si vous arrivez à tel niveau, bien, vous aurez plus.
Des fois, on faisait des choses ridicules juste pour aller chercher des points,
pour dire : On veut atteindre des cotes. Les cotes, il faut que ce soit
basé sur quelque chose de concret qui se fait puis qui se fait au Québec puis
dans l'ensemble des régions. Il ne faut pas que ce soit basé sur un... un
modèle...
11 h (version révisée)
M. Demers (Jacques) :...au Québec puis dans l'ensemble des régions. Il ne faut
pas que ce soit basé sur un modèle, un style de ville, puis on dit : OK,
si vous arrivez à ça, il y a des places, ça ne s'appliquera pas. Ça fait qu'on
va tous vouloir y arriver. Puis souvent, quand on rattache ces cotes-là à des
obligations, il faut faire attention d'où viennent les cotes.
M. Montigny : Je vais y aller
rapidement, parce qu'il ne reste presque plus de temps, mais je veux vous
amener sur l'enjeu de la biomasse forestière. Hydro-Québec va nous parler aussi
de biénergie. Il y a des régions au Québec, on en parlait avec l'UMQ tantôt,
qui n'ont pas, là, de gaz naturel. Je pense à la Côte-Nord, ma région,
notamment, où il n'y a pas de gaz naturel, il n'y a pas de réseau, donc, mais
il y a de la biomasse forestière. Alors, j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Châteauvert (Pierre) :En fait, la FQM, vous avez vu les résultats des appels de
propositions, là, pour l'éolien, nous sommes directement... on travaille
directement avec cinq des huit projets. Puis les trois autres, bien, c'est nos
membres aussi avec qui on travaille. Et on a un module et on... qu'on est à...
non pas juste en collaboration, mais à contrat avec une trentaine de MRC pour l'ensemble
des projets éoliens, mini-barrages de toutes sortes pour la production d'énergie
propre en région. Ça comprend la biomasse. Et... Mais il y a des... il y a des
difficultés, il y a des... il y a des défis,avec l'ensemble de ces projets-là.
Effectivement, il faut s'asseoir puis regarder ça, mais les contacts qu'on a
avec Hydro-Québec, M. le Président, je pense que c'est... ils sont... s'ils sont
porteurs.
M. Demers (Jacques) :Puis le besoin d'énergie présent va probablement ramener
ces sources-là importantes. D'avoir plus d'une voie d'aller chercher l'énergie,
je pense qu'ils ont... On a un besoin de ce côté-là, qui est plus grand, puis
il y en a qui ont déjà de l'expertise, ça fait qu'il ne faut pas les lâcher de
ce côté.
M. Montigny : Merci beaucoup.
Ça me convient.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
reste une minute dans votre temps.
M. Montigny : Ah! bien, M. le
ministre? OK, je vais y aller. Je vais revenir sur cet enjeu au niveau des
municipalités, parce que, vous le savez, là, j'ai... j'ai été maire, puis cet
enjeu, là, d'éviter l'alourdissement, le... On le dit souvent, là, on alourdit
souvent la tâche. Ça fait que j'aimerais ça juste vous dire : Avez-vous
quelque chose à rajouter là-dessus?
M. Demers (Jacques) :Bien, je pense, les exemples que Pierre prenait tantôt,
juste dans les dernières années, à quel point on a dit qu'on n'alourdit pas, on
n'arrête pas de rajouter du personnel pour faire juste de la reddition de
comptes. C'est... ce n'est pas vrai qu'on... on n'alourdit pas. Au contraire,
de ce côté-là, on avait, il me semble, des intentions de dire, quand on va
rajouter une reddition, on va enlever quelque chose d'autre, de façon à dire :
Il faut garder à niveau. On a l'impression qu'on pousse des petites
municipalités à devenir... à être des administrations de grandes municipalités,
parce qu'on a des redditions de comptes qui se ressemblent beaucoup.
M. Montigny : OK. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous allons poursuivre nos échanges avec l'opposition officielle. Mme
la députée des Mille-Îles, vous disposez de 12 min 23 s. La
parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Merci à vous deux pour votre exposé. Je vais peut-être continuer
sur la lourdeur administrative. Vous parlez, dans votre mémoire, du rapport
Perrault et que, depuis 2015, il y a plus de 90 obligations en reddition
de comptes qui se sont ajoutées. Là, vous dites, la première pièce législative
de l'année pourrait en rajouter davantage. Est-ce que vous avez une idée, là,
de ce que ça représente en temps dans une municipalité, en argent, par exemple,
dans une municipalité?
M. Demers (Jacques) :Si on... si on rouvre le rapport Perrault, c'est ce qu'on y
retrouve. On avait évalué... je ne l'ai pas de mémoire, mais on était quatre
signataires de ce rapport-là, dont je fais partie. On avait rencontré
directement ou indirectement plus de 400 municipalités pour faire le
rapport. Puis il me semble que c'était clair pour tout le monde, à partir de
là, on allait enfin dire : On arrête d'en rajouter. On s'aperçoit que ça...
ça ne semble pas possible, ou il faut trouver une façon autre de le faire,
parce que cette lourdeur-là est un coût économique énorme.
Puis ça semble être un peu facile de dire...
des fois, on fait des projets de loi, des choses, on met en place, des
ministères vont s'en occuper, on... Le risque, en bout de ligne, c'est que ce
soient les municipalités qui aient à s'en occuper. C'est-tu rien qu'un pas vers
ça qu'on est en train de faire? Bien, c'est notre crainte. Parce que, quand on
regarde les gens qui devront faire le suivi, ce n'est pas nécessairement des
ministères ou des endroits qui semblent avoir... déborder de personnel puis qui
ont du temps à dire : On va... on va s'en aller sur le terrain puis on va
faire le suivi de ce côté-là. Ça fait que la plupart des municipalités, c'est
carrément dans leurs règlements qu'on s'accote sur le <i>code du bâtiment.
Ça fait que, là, on se dit : Oh! nos inspecteurs, qui, déjà, ont beaucoup
d'ouvrage de ce côté-là, ont-ils, demain, deux codes à suivre, à vérifier, puis
voir si ça fonctionne bien ensemble pour ne pas en échapper? Là, ce qu'on
apprend, bien, probablement qu'on pourrait le mettre à l'intérieur, bien, c'est
déjà intéressant. C'est ces choses-là, là, qu'on veut éviter, pour ne pas
mettre en double surtout.
Mme Dufour : Mais vous avez
aussi estimé, dans votre mémoire, des coûts supplémentaires que ça pourrait
représenter par bâtiment...
M. Demers (Jacques) :
Dans ce cas-là...
Mme Dufour : ...un audit
énergétique. Vous avez estimé à 15 000 $ par bâtiment, des frais
relatifs à l'obligation de vérification aux cinq ans, ça <aussi...
Mme Dufour :
...à
15 000 $ par bâtiment, des frais relatifs à l'obligation de
vérification aux cinq ans, ça >aussi, c'est... c'est des montants.
Est-ce que les municipalités ont ces sommes-là actuellement? Je pense que...
M. Demers (Jacques) :C'est... ah! il y a... il y aurait peut-être deux réponses
à ça. La réponse courte, non, évidemment, on le voit présentement, on est dans
une période de taxation, puis il n'y a pas beaucoup de municipalités qui ont
fait les premières pages pour dire c'est extraordinaire à quel point ils ne
montent pas les taxes. On en a vu très peu, en première page, de ça.
Je pense qu'il faut répondre à ces
citoyens-là, qui sont... qui ont de la pression de tous les côtés. Puis, quand
on en rajoute au municipal, bien, comme quand on en rajoute à chacun des
gouvernements, c'est directement le citoyen. On... on travaille tous avec le
même citoyen, que ça vienne d'un endroit ou de l'autre. On se dit, bon, bien,
il va y avoir un coût autour de ça, on a-tu réellement la capacité de le faire?
On... C'est... c'est là qu'est... qu'est toujours la difficulté.
• (11 h 10) •
Dans une période aussi qu'on veut avoir
plus d'habitations, on veut... on se fait dire que c'est long, le municipal,
qu'il y a beaucoup d'étapes, bien, on ne vient peut-être pas de le raccourcir.
En même temps, on n'a pas de misère à dire que c'est quelque chose qu'on a
besoin, là. On parle de l'énergie, on a... Il faut le faire. Je pense,
collectivement, on comprend le besoin, essayons de trouver le bon chemin, là.
Mme Dufour : Puis est-ce que...
est-ce que vous voyez un risque que ces surcoûts-là et cette reddition de
comptes supplémentaire là puissent peut-être, disons, empêcher des villes de
sauver des bâtiments? Parce que souvent on voit, là, dans la littérature, qu'il
y a plusieurs... par exemple, des églises qui ont été sauvées par des petites
municipalités. Est-ce que ça pourrait devenir un frein de procéder ainsi?
M. Châteauvert (Pierre) :...une clause, quand même, qui est indiquée, puis on l'a
vue à travers... dans le projet de loi, bien, aussi dans l'ensemble des
documents que... à lequel on a eu accès, où est-ce qu'il y a une préoccupation
par rapport à ces questions-là. Mais... mais tout ça devra être discuté avec le
gouvernement pour s'assurer. Puis je suis certain que les gens vont... qu'à peu
près tout le monde comprend qu'il y a des particularités. Quand on a une
église, on ne peut pas demander la même... en pierre, on peut... historique, on
ne peut pas lui demander la même performance... au niveau de... énergétique
qu'un... qu'un édifice moderne. Donc, c'est certain, mais je pense qu'il y a
une préoccupation à travers les documents qu'on a vus.
Mais oui, il... c'est pour ça qu'il faut
discuter, pour éviter ces pièges-là, pour éviter ces problèmes-là. Et ce qu'on
a entendu ce matin, bien, je pense qu'on... on va pouvoir... On a de bonnes
discussions à venir, ça va être intéressant.
Mme Dufour : Merci. J'ai
peut-être aussi une question sur les effectifs dont les petites municipalités
disposent, là. À la page 13 de votre mémoire, vous dites : «Il est
peu probable que les petites municipalités du Québec puissent prendre en charge
les responsabilités imposées par ce projet de loi avec leurs ressources
actuelles.» Quand j'ai lu ça, je me suis dit : Mais même si on vous disait
«on vous les paie, les ressources», seriez-vous capables d'aller les chercher,
les ressources supplémentaires?
M. Demers (Jacques) :C'est sûr que c'est une problématique, évidemment, tout le
monde est en train... Mais, en même temps, on est en train de trouver ou
chercher des solutions. Il y a... il y a des fusions de services qui se font à
bien des endroits, il y a des analyses de fusion de plein de choses dans le
monde municipal. Oui, des fusions de municipalités, il y a une possibilité, là
aussi, mais souvent, des fusions professionnelles ou de gens qui peuvent
travailler. De là l'importance particulièrement des MRC, où est-ce que, des
fois, les regroupements nous permettent une force sur le territoire. Mais vous
avez absolument raison, c'est encore une personne de plus. Est-ce qu'elle sera
disponible? Est-ce qu'on va la trouver? Je ne peux pas réellement y répondre,
sachant qu'il y a plein de municipalités qui cherchent des professionnels
aujourd'hui, là.
Mme Dufour : Exact, exact. On
épluche les offres d'emploi, puis, c'est ça, il y en a beaucoup qui reviennent
sans cesse. Peut-être, j'aimerais vous entendre sur l'immunité que vous
demandez puis ce que ça aurait comme impact puis comment ça pourrait
s'articuler.
M. Demers (Jacques) :Bien, à... bien, à chaque fois qu'on travaille, veux veux
pas, de ce côté-là, quand on dit qu'on arrive avec une obligation, bien, il ne
faudrait surtout pas qu'on se retrouve à défendre cet élément-là. Si c'est... c'est
imposé aux municipalités, comment ça se fait qu'après ça, d'un côté légal, on
aurait à les défendre, à mettre de l'argent public local? Est-ce qu'on ne
devrait pas plutôt travailler tout de suite en partant pour dire que ces
choses-là, si c'est une décision collective, bien, qu'on l'assume puis qu'on la
protège de façon collective. Parce que le risque, c'est qu'il y ait des
municipalités qui n'osent pas aller aussi loin, puis qu'elles aient la force de
l'application de ça à cause de coûts supplémentaires ou de risques de poursuite.
On... on le sent déjà dans certains dossiers, là.
Mme Dufour : Bien,
d'ailleurs, l'Union des municipalités du Québec, qui était là avant vous, a
parlé des risques judiciaires qu'ils entrevoyaient. Ça, c'est quelque chose que
vous... vous estimez possible? Puis, pour celles qui ont déjà pris des mesures,
par exemple, est-ce que le risque est là?
M. Châteauvert (Pierre) :...je vous référerais, là, au débat que vous avez eu à
l'automne sur l'immunité dans le cas des milieux humides, la protection des
milieux humides, et tout ça. Il y a une décision qui a été rendue par
l'Assemblée nationale, et on l'apprécie grandement. On en a discuté longuement
avec le gouvernement, et, la solution qui a été apportée, on pense que c'est ce
qu'il faut faire. C'est <certain...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...gouvernement, et, la
solution qui a été apportée, on pense que c'est ce qu'il faut faire. C'est >certain
que ce n'est pas illimité, cette immunité-là, mais, quand il y a une
responsabilité qui vient de l'État, les finances... la fiscalité locale n'a pas
à financer... l'application et la contestation en cour de quelque... d'un
mandat qui vient du gouvernement. Donc, ça, c'est notre principe général par
rapport à ça.
Et on... là-dedans, ce projet de loi là,
on voit aussi cette dynamique-là. Mais le gouvernement... l'Assemblée
nationale, vous avez rendu une décision, vous avez adopté des articles de loi,
la dernière session, qui va carrément dans ce qu'on demande. Parce qu'une
municipalité, là, qui se fait poursuivre, bien, il faut qu'elle paie les frais
d'avocat, et tout ça, puis ce n'est souvent pas prévu dans son budget. Ce n'est
pas... ce n'est pas évident, mais... et surtout quand c'est un mandat qui vient
de l'Assemblée nationale ou d'un... ou du gouvernement via un règlement.
Mme Dufour : Merci. Je vais
passer la parole au député de Jacques-Cartier.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
M. le député de Jacques-Cartier, vous disposez de 4 min 15 s.
M. Kelley : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue à M. Demers puis M. Châteauvert. Je sais que vous avez
écouté la présentation de vos amis, juste avant. J'ai posé une question sur
l'autoproduction pour les municipalités et les MRC puis quand même pour les
citoyens avec les microréseaux. Mais j'ai lu, dans votre mémoire, qu'il y a
plusieurs projets déjà où les MRC participent dans les projets éoliens avec
Hydro, et c'est un modèle intéressant.
Alors, en premier temps, peut-être
expliquer comment ces types de projets là sont importants pour des différentes
municipalités et des MRC, particulièrement en région, pour aider à enlever
certaines pressions sur les réseaux, parce qu'on produit plus de l'énergie
verte pour vos citoyens et quand même pour vos municipalités, mais aussi juste
explorer l'idée de peut-être mettre des panneaux solaires sur les toits des
arénas, des écoles, des bâtiments des municipalités et peut-être certains défis
pour certaines petites municipalités que ça peut représenter, ou des avantages.
M. Demers (Jacques) :C'est ça, parce que dans... dans les faits, je pense qu'il
faut y voir les avantages. Parce que, quand on fait ce gain-là, surtout quand
on commence à manquer d'énergie dans un coin ou l'autre, bien, si on est
capables de produire le plus près possible, où est-ce qu'on n'a pas à faire
voyager cette énergie-là, je pense que, rapidement, on comprend le gain.
Et l'implication communautaire, pour nous,
on y tient beaucoup. On a des équipes qui accompagnent ces MRC là, ces
territoires-là, au niveau de l'éolien en particulier, où est-ce que ça avance
bien de ce côté-là. Mais il faut... il faut que le gain soit aussi très local.
Il ne faut pas que cet argent-là disparaisse de la région. Il y a une
acceptabilité sociale de mettre des choses en place dans une région, d'aller
chercher une ressource, qu'elle soit énergétique, ou autres, bien, il faut
qu'il y ait un gain. Puis les endroits, où est-ce qu'ils l'ont fait puis qu'ils
l'ont depuis plusieurs années, ont très bien compris ce gain-là puis l'impact
qu'il y a sur le territoire. Puis les gens adhèrent à ça. Ça fait que c'est
important que ce soit mis en place.
Puis normalement, selon moi, si c'est un
bon investissement, le... l'investissement du... des panneaux solaires, ou peu
importe la méthode pour aller chercher l'énergie, elle devrait rapporter, que ce
soit pour une petite ou une plus grande municipalité, de la même façon. Ça fait
que, si on se construit un aréna puis on nous dit que l'aréna, avec ces
panneaux-là, fait qu'elle va nous coûter, à moyen ou à long terme, beaucoup
moins, bien, c'est un gain d'affaires que chacun peut... peut gagner localement.
Ça fait que je pense que ça s'applique très bien sur l'ensemble du territoire.
Je ne sais pas, Pierre, si tu voulais aller plus...
M. Kelley : ...exactement.
Puis je crois, aussi, on ajoute le stockage et particulièrement les centres
municipals sont souvent aussi des centres d'hébergement, quand il y a une panne...
M. Demers
(Jacques) : D'urgence, oui.
M. Kelley
: ...et c'est
important, c'est des centres d'urgence. Puis, si on peut avoir un système comme
ça, aider des municipalités à être plus autonomes énergétiquement, je pense que
c'est une bonne chose. Ils vont toujours être branchés sur le réseau d'Hydro,
parce que c'est nécessaire dans les pointes de l'hiver, c'est juste normal, le
soleil n'est pas toujours disponible, ni le vent, mais quand même, en général,
avec le stockage, on peut faire un bon équilibre.
Mais je trouve ça juste très intéressant,
parce que je sais que, quand même, M. Demers, vous avez mentionné qu'il y a des
craintes qu'on a un manque d'énergie. Je sais. Est-ce que c'est quelque chose
que vos membres discutent de plus en plus? Est-ce qu'il y a des projets qui
sont présentement en pause à cause le fait qu'il y a un manque d'énergie, puis Hydro
travaille sur les différents plans pour brancher les gens? Est-ce que ça arrive
de plus en plus souvent, selon vous?
M. Demers (Jacques) :Oui, oui, c'est du concret, là, le développement économique
qui me dit qu'il y a des entreprises qu'on laisse partir parce qu'on n'a pas
l'électricité pour leur... fournir l'entreprise qui voudrait s'installer chez
nous, des développements résidentiels, que des secteurs disent : Oh! pas
pour l'instant. On va s'attendre d'avoir l'assurance que l'électricité ou que
l'énergie va arriver chez nous de façon correcte. Il y a beaucoup de cas, là,
au <Québec...
M. Demers (Jacques) :
...énergie va arriver chez nous de façon correcte.
Il y a beaucoup de cas, là, au >Québec, qu'on peut déjà voir, qui sont
concrets, des réponses inverses à celles que chacun des territoires voudrait
donner à ces personnes-là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole au deuxième groupe d'opposition. Mme la
députée de Verdun, la parole... la parole est à vous pour une période de 4 min 8 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente. Merci, M. Demers et M. Châteauvert, pour votre présentation.
J'aimerais revenir sur la recommandation un et deux dans votre mémoire. Tout à
l'heure, avec les discussions, on apprend que... avec exactitude que,
l'intention de règlement, en termes de sécurité ou de disponibilité
énergétique, ça va s'attaquer vraiment à... bon, aux règlements municipaux sur
les gaz, puis, ça a été mentionné tout à l'heure par le ministre, qu'il va être
fait en vertu de la LQE, donc en vertu de l'article 118.3.3, que vous
connaissez bien.
• (11 h 20) •
Donc, moi, je demeure inquiète puis
j'aimerais ça vous entendre sur le fait de garder la préséance dans cet... dans
ce projet de loi là, quand on va faire appel à la LQE, et, comme vous le dites
très bien dans votre mémoire, ça reste... la porte reste ouverte à casser
d'autres règlements municipaux sur d'autres enjeux, comme, qui encadrent
l'efficacité énergétique dans les bâtiments, bref. Donc, j'aimerais ça vous
entendre, vos inquiétudes là-dessus.
M. Châteauvert (Pierre) :En fait, nous, ce qu'on demande, c'est que le... quel que
soit... dans la loi ou le règlement, c'est... il y ait des seuils minimums,
dans le cadre de ce qu'on a convenu tout à l'heure. Tu sais, ça, c'est évident,
on comprend très bien que la disponibilité, l'énergie, c'est... ça doit être
vu, la capacité, la puissance, la disponibilité de la puissance doit être vue
dans une perspective nationale. Ça ne peut pas être... Mais tout ce qui est
local, tout ce qui peut être... qui est rattaché à l'aménagement, à l'urbanisme,
et tout ça, nous, ce qu'on demande, c'est que la préséance... en fait, le
règlement ou la loi prévoie des seuils minimums et permette aux municipalités,
pour différentes raisons... M. Demers faisait référence tantôt à la question
des bandes riveraines, ça s'applique un peu partout, c'est un très, très bel
exemple. On l'a vécu, et il y a des poursuites.
Donc, si c'est ça, bien, nous, ça fait...
c'est très correct. L'État a le droit. C'est comme en tout processus
d'aménagement, l'État définit ses objectifs. Nous, on les prend, on les adapte
à notre milieu, puis des fois on va plus sévère, et tout ça, donc, des choses
comme ça. C'est une discussion, c'est un échange. Ça, on embarque. Et on
comprend très bien que tout ça doit se faire dans la... les... la prérogative
qui est nationale, de l'État, c'est-à-dire toute la question de la puissance
puis du type d'énergie, des choses comme ça. Ça, c'est certain qu'on comprend
très bien ça. Donc...
M. Demers (Jacques) :Particulièrement au niveau environnement, normalement,
c'est un système qui fonctionne bien, où est-ce que l'État met, je vais vous
dire, une base qui s'applique sur l'ensemble, mais qui nous permet d'aller plus
loin. Si les municipalités sont plus avancées, je vais vous dire, en
environnement puis qu'ils veulent mettre des choses pour la protéger encore
mieux, il faut surtout éviter qu'on puisse écraser ça pour dire non. Il ne faut
pas égaler au plus bas, il faut aller... Puis, en général, ça va très bien. Là,
on a eu des exemples pas si lointains qui ont fait mal puis qui nous rappellent
à cette heure, dans les dossiers, de dire : Faisons attention à cet
élément-là pour ne pas que ça se reproduise. Puis je suis convaincu que les gens
qui l'ont pensé n'ont jamais vu cet élément-là, mais on a eu à le vivre, ça
fait que, là, maintenant, on lève la main pour l'éviter.
Mme Zaga Mendez : Merci de la
mise en garde. Puis, dans la minute qui me reste... On parle de disponibilité
énergétique, on a parlé tout à l'heure des cas de la ville de Saint-Bruno.
Est-ce que vous seriez d'accord qu'on devrait privilégier les... la
décarbonisation du parc immobilier dans ce qu'on appelle la disponibilité
énergétique?
M. Demers (Jacques) :Je n'ai pas pensé... Ce que je m'interroge, c'est sur votre
question, la prioriser rapport à quoi?
Mme Zaga Mendez : Par rapport
à des blocs d'énergie qui sont donnés au secteur industriel, par exemple.
M. Demers (Jacques) :Je pense que ce qu'on a besoin de penser, c'est une façon
globale, de quelle façon qu'on peut, le plus rapidement possible, se garder
cette énergie-là. Le manque d'énergie, qu'elle soit utilisée à un élément ou
l'autre, il y a peut-être des façons plus rapides, on le voit, par des
délestages puis des délestages volontaires d'électricité.
Là, moi, le domaine que je connais, c'est
les montagnes de ski. Quand ils nous disent : Heille! Là, on a besoin
d'énergie, c'est froid, ça ne fait pas l'affaire à la montagne de ski, parce
que c'est le bon temps pour fabriquer de la neige. Mais on comprend qu'au
niveau collectif on en a de besoin. Puis Hydro compense pour ces éléments-là.
Ça fait que les montagnes de ski ne sont pas nécessairement perdantes monétairement...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci...
M. Demers (Jacques) :...mais collectivement on vient de protéger une ressource
qu'on a de besoin tout le monde ensemble. C'est pour ça que... regardons là où
on est le plus performants...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup.
M. Demers (Jacques) :...le plus rapides possible.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. Demers, merci, M. Châteauvert, pour votre contribution à nos travaux.
Je suspends les travaux pour quelques
instants afin que l'on puisse accueillir le prochain groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 24)
(Reprise à 11 h 29)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous reprenons nos travaux, et je souhaite la bienvenue aux représentants
d'Hydro-Québec. Alors, bienvenue à M. Rhéaume, Mme Fortin et M. Pouliot. Je
vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre exposé. Après
ça, nous allons procéder aux périodes d'échange. Alors, la parole est à vous,
et bienvenue chez vous.
M. Rhéaume (Dave) : Merci,
Mme la Présidente. Merci aux membres de la commission. Hydro-Québec tient à
remercier les membres de la Commission des transports et de l'environnement
pour cette invitation à participer aux consultations particulières sur le
projet de loi n° 41.
Nous <sommes...
M. Rhéaume (Dave) :
...invitation
à participer aux consultations particulières sur le projet de loi n° 41.
Nous >sommes ici aujourd'hui au
nom d'Hydro-Québec. Je suis Dave Rhéaume, vice-président exécutif, Planification
énergétique et expérience client. Je suis accompagné de Josyane Fortin, directrice
Intelligence de marché et développement des solutions clients, et de M.
Marc-Antoine Pouliot, directeur aux affaires gouvernementales et communications.
• (11 h 30) •
Hydro-Québec a récemment dévoilé son plan
d'action 2035, Vers un Québec décarboné et prospère, qui prévoit une
croissance importante de la demande énergétique québécoise. À
l'horizon 2035, ce sont environ 60 térawattheures qui seront requis
pour soutenir la décarbonation et la croissance économique. Des choix
s'imposent donc pour assurer une utilisation judicieuse de l'électricité et
ainsi maximiser l'impact de cette précieuse ressource. Pour répondre à la
demande croissante, de nouveaux approvisionnements seront nécessaires, mais
nous devrons avant tout faire preuve d'audace et d'innovation pour mieux
utiliser notre énergie propre, soit en consommant moins et au bon moment. Nous
nous sommes ainsi dotés d'une cible ambitieuse de 21 térawattheures de
gain en efficacité énergétique sur cet horizon, ce qui représente le double de
la cadence annuelle historique, et, à titre de comparaison, l'équivalent de la
consommation annuelle de plus de 1,2 million de ménages au Québec.
En ce sens, notre plan d'action 2035
propose des actions concrètes pour réduire la consommation énergétique des
bâtiments. Nous prévoyons par exemple d'accélérer le déploiement d'équipements
performants et connectés en augmentant significativement les appuis financiers
à l'achat de ceux-ci. La bonification des services d'accompagnement, la
promotion de rénovations écoénergétiques et l'élargissement des offres
tarifaires pour encourager les bonnes habitudes de consommation seront
également mis de l'avant.
Toutefois, l'atteinte de cet objectif
ambitieux nécessitera la mobilisation de tous les acteurs, y compris nos
partenaires, notre clientèle et, bien entendu, le gouvernement du Québec. La
consommation énergétique du secteur des bâtiments représente environ les deux
tiers de la consommation totale d'électricité au Québec. Par ailleurs, selon
notre connaissance du marché, près de 85 % des habitations qui se
chauffent à l'électricité n'utilisent pas des équipements dits efficaces. Il y
a donc un gisement important de gains en efficacité énergétique dans ce secteur.
Considérant le poids énergétique de celui-ci, la modernisation des normes, des
lois et des encadrements est sans l'ombre d'un doute un chantier prioritaire
pour assurer l'utilisation judicieuse de l'énergie et l'atteinte des cibles
climatiques.
Nous accueillons ainsi favorablement les
dispositions du projet de loi n° 41 qui permettront de mettre en place des
outils efficaces pour améliorer la performance énergétique des bâtiments. Au
cours des prochaines minutes, nous allons... nous allons approfondir deux
éléments : la mise en place d'un système de cotation énergétique des
bâtiments et le rehaussement des normes encadrant la réalisation des travaux de
construction et de rénovation.
Donc, en ce qui a trait à la divulgation
et à la cotation de la performance environnementale des bâtiments, l'amélioration
de la performance du parc immobilier québécois représente un levier essentiel à
activer dès maintenant pour optimiser la consommation énergétique de ce secteur.
La mise en place d'un système de cotation énergétique est ainsi un moyen
concret qui, dans un premier temps, favorisera une meilleure conscientisation
quant au niveau de consommation énergétique des bâtiments et, ultimement,
permettra une amélioration progressive de leur performance. Ce système prévoit
d'abord l'obligation de divulguer la consommation énergétique des bâtiments.
Une cote de performance est... est ensuite attribuée selon différents facteurs
et, ultimement, une cible d'amélioration est définie afin de faire progresser
la performance vers une cote supérieure. De tels systèmes ont fait leurs
preuves ailleurs, par exemple aux États-Unis, en France et en Australie. Les
exemples concrets de mise en œuvre de systèmes de cotation énergétique sont
nombreux et ont permis de tester différentes approches quant à... quant à
l'encadrement et aux contraintes à prévoir.
Le Québec doit s'inspirer de ces
initiatives et des meilleures pratiques à l'échelle mondiale pour favoriser ici
l'adoption de mesures essentielles à l'atteinte des objectifs énergétiques.
Dans le contexte énergétique actuel, ces mesures devraient être accompagnées de
cibles ambitieuses pour rehausser la performance du parc de bâtiments. Elles
devraient en outre reposer sur l'instauration d'obligations et de services
d'accompagnement pour l'ensemble des bâtiments résidentiels, commerciaux et
institutionnels. En... en ce sens, nous souhaitons assurer le ministre de notre
entière collaboration pour la mise en place d'un système de cotation des
bâtiments québécois et pour le partage des données nécessaires à l'évaluation
de la consommation énergétique.
En ce qui a trait au rehaussement des
normes à respecter lors de la réalisation...
11 h 30 (version révisée)
M. Rhéaume (Dave) : ...en
ce qui a trait au rehaussement des normes à respecter lors de la réalisation de
travaux de construction et de rénovation.
Les initiatives d'efficacité énergétique
prévues dans notre plan d'action 2035 sont ambitieuses et seront
complémentaires aux mesures réglementaires. Ces mesures devraient permettre
notamment d'établir des normes plus exigeantes basées sur les meilleures
pratiques énergétiques dans le secteur du bâtiment. Nous saluons donc les
nouveaux pouvoirs que prévoit le projet de loi pour permettre au ministre d'adopter
des normes encadrant la performance environnementale des bâtiments. Ce partage
de pouvoirs entre la Régie du bâtiment du Québec et le ministre est une
excellente nouvelle, car il favorisera une plus grande intégration des facteurs
énergétiques dans les normes de construction.
Afin d'obtenir des résultats rapides, il
sera essentiel que les règlements visant l'adoption de ces normes soient
présentés sans tarder. Hydro-Québec assure le ministre de son entière
collaboration dans cet exercice. Nous serons ravis de mettre notre expertise à
profit pour proposer des mesures-phares réalisables à courte échéance afin d'assurer
la performance des nouvelles constructions et de rehausser celle des bâtiments
existants.
À titre illustratif, voici quelques
mesures qui pourraient être envisagées pour des gains rapides dans les
nouvelles constructions, comme : exiger des systèmes de chauffage plus
performants et éprouvés, comme les thermopompes; améliorer les exigences relatives
à l'isolation de l'enveloppe du bâtiment, soit l'isolation du toit ou les
fenêtres Energy Star; intégrer les systèmes connectés permettant la gestion de
leur demande de puissance, comme des thermostats connectés.
Quant au parc de bâtiments existant, il
représente un gisement significatif pour une réduction de la consommation.
Pensons par exemple à l'adoption des normes pour les rénovations énergétiques,
à l'intensification des inspections et à l'encadrement du remplacement de
certains appareils pour promouvoir le choix de substituts efficaces. Ces
mesures favoriseront l'amélioration progressive de la performance du parc
existant et se traduiront par des économies pour la clientèle, considérant la
réduction de la consommation.
Bien entendu, de telles exigences devront
être déployées de façon concertée avec les partenaires du milieu énergétique
québécois. Une mise à niveau de la formation de la main-d'œuvre s'impose
également pour assurer l'application adéquate de ces normes sur les chantiers.
Ce volet pourrait d'ailleurs être réalisé en synergie avec le programme
partenaires affiliés Hydro-Québec que nous souhaitons mettre en place et que
nous avons annoncé dans notre plan d'action 2035. Le projet de loi envoie
donc un signal clair sur la nécessité de revoir en profondeur la manière de
construire et de rénover nos bâtiments au Québec. Cette prévisibilité est
attendue par l'industrie, et la mise en place d'une feuille de route permettra
de se préparer et de développer l'expertise nécessaire.
En conclusion, Hydro-Québec accueille
favorablement le projet de loi n° 41, qui permet au
Québec de se doter d'outils essentiels à l'amélioration de la performance
environnementale et énergétique des bâtiments. Nous souhaitons collaborer
activement à la mise en œuvre des mesures évoquées afin d'assurer leur entrée
en vigueur rapide, considérant le rythme imposé par les impératifs de la
décarbonation.
Par ailleurs, nous sommes heureux de
constater que le projet de loi prévoit des pouvoirs qui permettront de
rehausser les normes et l'encadrement pour l'ensemble des marchés, à savoir les
bâtiments résidentiels, commerciaux et institutionnels neufs et existants. Ces
mesures sont conformes et complémentaires à la vision dont s'est dotée
Hydro-Québec dans son plan d'action 2035. Elles seront bénéfiques à l'ensemble
du Québec, par exemple, sur le plan environnemental et énergétique. La
clientèle profitera en outre de factures allégées grâce aux gains d'efficacité
qui seront réalisés.
Toutefois, afin d'atteindre les objectifs de
ce projet de loi, deux éléments nous apparaissent essentiels : les
règlements qui suivront l'édiction de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments devront être présentés sans tarder et les
règlements devront prévoir des cibles d'amélioration ambitieuses et des mesures
pour assurer la conformité dans l'ensemble des secteurs, y compris celui des
bâtiments résidentiels.
En somme, ce projet de loi marque un pas
important vers l'amélioration de la performance des bâtiments, et Hydro-Québec
a bien l'intention d'embarquer dans le train. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter notre
période d'échange, et je cède la parole à M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme
la Présidente. Tout d'abord, madame, messieurs, merci d'être avec vous... avec
nous, plutôt, ce matin, une présence qui est très appréciée. Je le disais aux
personnes qui se sont présentées avant vous, soit l'UMQ et la FQM, à quel point
ils étaient des partenaires incontournables dans le mandat qui revient au
ministre de l'Environnement en matière de décarbonation, oui, mais en matière
de protection de l'environnement en général. Et je pourrais dire et je me dois
de dire la même chose d'Hydro-Québec. Vous êtes un partenaire incontournable
dans nos... dans <l'atteinte...
M. Charette :
...
même chose d'Hydro-Québec. Vous êtes un partenaire incontournable dans nos...
dans >l'atteinte et la capacité d'atteindre nos objectifs de
décarbonation, qui demeure sans doute le plus grand défi de notre société, là,
pour... pour les prochaines années.
Et je serais curieux de vous entendre. Il
est question de décarbonation, donc il doit forcément y avoir une adéquation
avec la disponibilité énergétique. Vous avez parlé de votre plan d'action qui
nous mènera en 2035. Est-ce que vous avez pu évaluer quel est le pourcentage de
la nouvelle production d'hydroélectricité qui serait réservée à la
décarbonation, que ce soit autant transport, bâtiment? Est-ce que c'est des
évaluations qui sont faites, les besoins spécifiquement pour la décarbonation?
• (11 h 40) •
M. Rhéaume (Dave) : Donc,
Mme la Présidente, oui, c'est une évaluation qui a été faite par Hydro-Québec
dans... et qui est publique, donc, qui a été déposée à la Régie de l'énergie.
Dans les documents que nous avons déposés, l'augmentation de 8 000 MW
à 9 000 MW de demande et de production à l'horizon 2035, c'est
75 % qui actuellement est alloué, donc prévu à être dirigé vers des
projets de décarbonation, qui se répartit entre la décarbonation industrielle,
transport et le secteur du bâtiment. Donc, 75 % de l'énergie
supplémentaire rendue disponible pour l'économie du Québec est actuellement
prévu à aller vers des projets de décarbonation.
M. Charette : Ce qui est
un pourcentage très élevé. Est-ce que, dans le même ordre, on pourrait
dire : On ne peut pas... ou, comment le formuler, cette disponibilité
énergétique là freine, en quelque sorte, notre décarbonation? C'est-à-dire, si
on avait plus de capacité, on pourrait décarboner plus rapidement. Puis, à
l'inverse, on ne peut pas aller plus vite que la nouvelle production, que ce
soit d'hydroélectricité ou d'énergie verte, ça constitue un frein. Le
pourcentage est important, oui, mais ça constitue quand même un frein au niveau
des efforts de décarbonation.
M. Rhéaume (Dave) : C'est
exact. Donc, il y a une limite à notre capacité à ajouter de l'énergie
renouvelable disponible. Si on en avait plus, il pourrait y avoir plus de
projets de décarbonation. Puis je vous dirais que c'est pour ça qu'on est très
favorables au projet de loi devant nous. Parce que, pour nous, si on en avait
plus, il faut quand même s'assurer de maximiser les retombées en matière de
décarbonation qu'on va chercher avec les électrons. Donc, on pense que, dans un
environnement où il y a beaucoup de surplus, il peut y avoir le réflexe de se
dire qu'on a moins besoin d'y faire attention. Puis un message central du plan
d'action puis de nos travaux, c'est que cette énergie-là, elle est précieuse.
Puis, le parc du bâtiment, aujourd'hui, on constate que c'est probablement un
puits de valeur important pour aller chercher de l'efficacité énergétique qui
ensuite permet de décarboner d'autres usages, par exemple, qui peuvent
s'appuyer sur les énergies fossiles.
M. Charette : Je suis
content de vous l'entendre dire. Et je vous entendais tout à l'heure parler de
concertation nécessaire entre les différents acteurs concernés. Je ne sais pas
si vous avez eu l'occasion de suivre un petit peu les groupes précédents,
justement, UMQ, FQM, et les deux allaient dans la même direction. Pour moi,
c'est rassurant, je dois vous avouer. Comme quoi ça devient nécessaire de
baliser, en quelque sorte, les intentions des municipalités. Comme ministre de
l'Environnement, mon dernier souhait est de freiner l'ambition.
Mais en même temps, avec ce que vous
dites, c'est-à-dire les défis énergétiques importants, la limite de ces
surplus-là ou la limite de cette production à venir là fait en sorte qu'on ne
peut pas partir dans toutes les directions sans qu'il y ait de concertation. Et
on a vu quelques municipalités... Et je ne les blâme pas, je comprends qu'on
souhaite être ambitieux. Mais c'est difficile pour une municipalité d'évaluer
l'impact de certaines de leur réglementation. Si une municipalité, du jour au
lendemain, devait dire : Je ne permets plus le raccordement au gaz
naturel, qu'il soit renouvelable ou pas, je ne permets plus tel type de recours
à l'énergie, ça a forcément une incidence sur les mégawatts disponibles. Et si
chaque municipalité le fait sans vous solliciter, sans solliciter le ministère
de l'Environnement, sans solliciter le ministère de l'Énergie, pour voir
quelles sont les capacités, ça pourrait compromettre d'autres efforts de
décarbonation qui pourraient avoir un impact encore plus important au niveau de
la réduction des GES. On parle des transports, entre autres, ça va... et ça
nécessite déjà beaucoup d'énergie, ça va nécessiter encore davantage au cours
des prochaines années. Donc, le fait que et l'UMQ et la FQM nous disent :
Oui, ça devient nécessaire, là, qu'on se concerte et qu'on ait des balises de
référence, pour vous, est-ce que c'est rassurant? Est-ce que c'est nécessaire?
Est-ce que c'est un pas dans la bonne direction?
M. Rhéaume (Dave) : On
voit ça d'un très bon œil. Pour nous, c'est essentiel d'avoir de la
prévisibilité puis une certaine forme <d'uniformité...
M. Rhéaume (Dave) :
...
Pour nous, c'est essentiel d'avoir de la prévisibilité puis une certaine forme
>d'uniformité sur la vitesse de la décarbonation. S'il y a un message
qu'Hydro-Québec porte... Le Québec est un leader en décarbonation, on est une
des économies les plus électrifiées au monde... et renouvelable. Ceci étant
dit, pour les prochaines étapes, il faut une adéquation entre le souhait de se
décarboner et la performance énergétique. On ne peut pas simplement annoncer de
bannir différentes sources d'énergie pour les remplacer par de l'électricité,
si on ne va pas s'assurer d'optimiser puis de maximiser la valeur de cette énergie-là.
Donc, pour nous, le plus on va vouloir être ambitieux dans la décarbonation au
Québec, le plus il faut accepter d'être aussi ambitieux dans la performance
énergétique de notre consommation d'électricité. Donc, on voit ça d'un très bon
œil que l'UMQ et la FQM s'impliquent de ce côté-là.
M. Charette : C'est
une... En fait, on voit ça également d'un bon œil. Et j'annonçais, un petit peu
plus tôt, au nom du gouvernement, notre intention, ce n'est pas dans le projet
de loi n° 41... mais notre intention de réglementer
rapidement cette question-là. J'ai pris naturellement l'engagement auprès des
municipalités qu'elles allaient être partie prenante des échanges. Je prends le
même engagement auprès de vous. Hydro-Québec sera aussi partie prenante de ces
échanges-là, tout comme les autres acteurs d'énergie, pour être sûrs qu'on
puisse prendre les bonnes décisions et qu'on puisse avoir la possibilité de
répondre à notre ambition et de faire les bons choix. Parce qu'effectivement un
mégawatt utilisé à telle fin peut avoir un impact plus important au niveau de
la décarbonation générale que simplement dire : On ne permet pas, par
exemple, un nouveau raccordement avec une source d'énergie différente. Donc,
c'est l'engagement que je prends auprès de vous de poursuivre cette
collaboration-là.
Et un petit peu pour chaque dépôt de
règlement, naturellement, il y a un travail qui est fait en cocréation, avant
de proposer le règlement, et par la suite c'est une consultation ouverte. Mais
c'est quelque chose que l'on souhaite réaliser, là, au cours des prochains
mois, très certainement.
Ce sont des échanges pertinents,
fascinants, mais avec un défi, celui du temps, et j'ai des collègues qui m'ont
déjà laissé savoir qu'ils avaient aussi des questions. Donc, merci, encore une
fois, pour votre présence, et c'est une collaboration qui, naturellement, va se
poursuivre au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le ministre. Je cède la parole au député de Masson.
M. Lemay : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. Rhéaume et Mme Fortin, d'être avec nous
aujourd'hui. Je n'ai pas noté votre nom, désolé, là.
Et puis, en fait, vous savez, là, lorsque
vous avez fait la lecture dans votre exposé initial, là, les 10 minutes de
présentation, vous avez mentionné que c'est des efforts de 20 TWh,
justement, en gain d'efficacité énergétique, sur le plan directeur de 2035. 21 TWh...
Tu sais, moi, j'entendais, il n'y a pas si longtemps que ça, entre... des
efforts de 8 TWh à 12 TWh, 13 TWh, là. Tu sais, quand on
constate qu'on est rendus à demander 20 TWh... 21 TWh, excusez-moi,
je constate que c'est quand même... ça frappe l'imaginaire, là, tu sais. Ça
représente 1,2 million de ménages, là, comme vous avez mentionné. Et
vous... tout de suite après, vous dites que, tu sais, selon vous, 85 % des
habitations qui se chauffent à l'électricité n'utilisent pas des équipements
qui sont dits efficaces. Donc, c'est quand même préoccupant.
Je suis persuadé... Dans le fond, vous
l'avez mentionné, comme quoi que vous aviez l'entière collaboration puis que
c'était une bonne chose, justement, qu'on mette en place un système de
cotation, que ce serait un geste efficace pour améliorer la performance
énergétique puis le bilan GES de notre secteur du bâtiment au Québec.
Puis vous avez mentionné aussi être, tu
sais... être favorables. J'aimerais juste savoir, est-ce que vous... Dans le
fond, est-ce que vous considérez que d'y aller avec l'institutionnel en premier,
ainsi que les grands bâtiments, et les multilogements de plus de 150, tu sais,
pour le commercial... est-ce que vous considérez que le plan qu'on a va nous
permettre d'atteindre ces objectifs-là? Je semble... Lorsque je lis votre
mémoire puis que j'entends votre exposé, je semble sentir que vous aimeriez que
ça aille plus vite. Est-ce que vous considérez que le plan qui est en place,
d'y aller par étapes, c'est quand même un bon plan pour nous permettre de se
donner les moyens et aussi les cibles pour y arriver ou vous voudriez qu'on
accélère la cadence?
M. Rhéaume (Dave) : C'est
une bonne question. Pour nous, le projet qu'on a devant nous met les bases de
ce qu'on va avoir de... ce qui est requis pour atteindre nos objectifs. Mais,
comme on le dit, à 21 TWh... Puis c'est ça, selon nous, que ça va prendre
pour réaliser la transition énergétique, avec les cibles de décarbonation que
le Québec s'est données. Oui, il y a 2035, mais avec une cible vers 2050, selon
nous, ce ne sera pas suffisant d'uniquement s'attaquer aux secteurs de
l'institutionnel et des très grands bâtiments.
Est-ce que ça peut venir par étapes?
Absolument. Est-ce qu'il y a assurément des défis différents de <s'attaquer
à un parc de 10 000...
M. Rhéaume (Dave) :
...
Absolument. Est-ce qu'il y a assurément des défis différents de >s'attaquer
à un parc de 10 000 bâtiments versus 4 millions de résidences au
Québec? C'est certain. Donc, on comprend le besoin d'y aller graduellement.
Puis c'est... Puis c'est certain, en toute transparence, qu'il y a des plus
grosses roches à aller chercher dans un bâtiment comme le complexe G ou le parlement
que dans la maison de mes parents. Donc, on pense que, si on va limiter
l'application, de commencer par les plus grands bâtiments au Québec, c'est
adéquat. Néanmoins, selon nous, à terme, ce ne sera pas suffisant pour
atteindre l'ensemble de nos objectifs qu'on se donne de décarbonation au
Québec. Donc, tous les marchés, à terme, devraient être concernés par
l'amélioration des normes.
M. Lemay : Puis c'est un
peu ce qui est prévu, là, c'est d'y aller graduellement. On commence avec les
grands bâtiments, après ça on y va avec les bâtiments de moyenne surface, puis
finalement on finit avec tout le résidentiel aussi, là. Donc, j'imagine que...
Mais ce que je comprends, c'est que vous aimeriez que ce soit dans un
espace-temps plus réduit que dans un espace-temps plus allongé, si on veut.
• (11 h 50) •
M. Rhéaume (Dave) : Écoutez,
du point de vue énergétique, c'est sûr que c'est le plus tôt, le mieux. Dans le
sens que le plus rapidement on va être capables de libérer des... des mégawatts
puis des mégawattheures en améliorant la performance des bâtiments, le plus
vite on rend ces mégawatts-là puis ces mégawattheures-là disponibles pour
électrifier, décarboner d'autres usages énergétiques au Québec.
M. Lemay : Le projet de
loi ne fait pas simplement instaurer une nouvelle loi pour la performance
environnementale des bâtiments, mais fait aussi d'autres modifications diverses
et des dispositions en matière de transition énergétique. Et justement, aux
articles 7 et 8 du projet de loi, on vient traiter de la Loi sur
Hydro-Québec et à l'article 8, plus précisément, on vient remplacer, là,
le plan directeur en transition, innovation, efficacité énergétique, là, par
une politique-cadre sur les changements climatiques prévus sur la <i>Loi
de la qualité de l'environnement. J'ai cru... Tu sais, dans le fond, ce qu'on
vient faire, c'est qu'on prend nos deux... nos deux fonds, là, FTIEE puis le
FECC, puis on les fusionne. Avez-vous des réserves, tu sais, ou... sur cette
fusion-là? Est-ce que vous envisagez... Tu sais, est-ce que vous croyez que la
fusion va vous occasionner une lourdeur administrative ou vous voyez ça d'un
bon œil? Et puis est-ce qu'il pourrait y avoir une meilleure offre
d'harmonisation, justement, entre les subventions qui sont offertes, là, par le
gouvernement mais aussi par Hydro-Québec pour, justement, atteindre nos cibles?
M. Rhéaume (Dave) : Je
vais... Donc, je vais commencer, puis Mme Fortin pourra compléter sur
l'harmonisation des offres, là. Mais nous, on voit ça d'un bon oeil, l'arrimage
entre les deux cadres que vous avez décrits. L'objectif, c'est d'assurer le
plus de prévisibilité puis de cohérence. Donc, là-dessus, on est correct. On
s'est engagés en commission parlementaire, lorsqu'on a parlé du plan
d'action 2035, on a reconnu que parfois, actuellement, il y a des offres
qui peuvent être... créer de la confusion chez les clients, parce que et les
programmes du gouvernement du Québec et ceux d'Hydro-Québec peuvent parfois
viser... Puis on a des initiatives qu'on veut déployer au cours des prochaines
années à cet effet-là.
Mme Fortin (Josyane) : Exact.
De ma compréhension, aussi, les équipes travaillent en ce moment, autant du
côté d'Hydro-Québec qu'avec le gouvernement, pour s'assurer qu'il y a de la
cohérence d'un point de vue client. Donc, c'est sûr que notre intention, c'est
de continuer à travailler avec vous pour s'assurer qu'il y ait une... il y ait
une cohérence lorsqu'on est un client puis qu'on est dans une situation
particulière. On voit positif l'idée qu'il y ait différentes options qui sont
offertes aux clients, donc qui vont tenir compte de la réalité du client, qui
vont en tenir compte de ses besoins puis en même temps qui vont permettre de
maximiser des installations que vont avoir les clients pour que ce soit fait de
manière... que l'électricité soit utilisée de manière performante.
M. Lemay : D'accord.
J'aimerais vous amener maintenant à la page 4 de votre mémoire, là. Vous
mentionnez, justement, quand vous saluez les nouveaux pouvoirs qui sont prévus
par le projet de loi pour permettre dans... au ministre d'avoir des normes
encadrant la performance environnementale des bâtiments... Puis vous mentionnez
le partage des pouvoirs avec la <i>Régie du bâtiment comme une bonne
nouvelle. J'aimerais savoir un peu, là, avec... qu'est-ce qu'on veut...
qu'est-ce qu'on veut faire avec le bâtiment durable? Tu sais, comment vous
voyez ça un peu cet arrimage-là? Est-ce que... Est-ce que vous pouvez nous en
parler un peu plus, si vous avez des préoccupations ou si justement vous voyez
ça vraiment d'un bon œil?
M. Rhéaume (Dave) : On
voit ça d'un bon œil, parce qu'ultimement, la réflexion sur le bâtiment, il y a
plusieurs angles qui doivent être pris en compte pour un gouvernement lorsqu'on
réfléchit à l'évolution du parc du bâtiment. Donc, la question de la
disponibilité est un enjeu qui est souvent discuté actuellement dans les
médias. Donc, il y a la question de la sécurité des bâtiments. Puis on comprend
que, pour la Régie du bâtiment, c'est central à sa mission, assurer que les
bâtiments existants et futurs sont sécuritaires. On pense que le volet
énergétique a peut-être, historiquement, été un peu secondaire. Et, dans un
contexte de transition <énergétique...
M. Rhéaume (Dave) :
...
historiquement, été un peu secondaire. Et, dans un contexte de transition >énergétique,
le volet de la performance énergétique doit être au haut des enjeux qui sont
pris en compte dans les réflexions sur le bâtiment. De notre point de vue, le
ministère de l'Environnement a l'expertise puis les compétences pour contribuer
au volet énergétique dans un contexte de code du bâtiment. Donc, on voit d'un
très bon œil que des gens qui sont des experts en énergie puissent contribuer
au volet énergétique en ce qui a trait au Code du bâtiment.
M. Lemay : Bien, merci
pour ces précisions, là. Je comprends qu'on est à la fin de notre échange, là,
donc je vous remercie. Puis on va céder la parole à nos collègues des
oppositions.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup. Nous allons poursuivre nos échanges avec l'opposition
officielle. Mme la députée de Mille-Îles, la parole est à vous pour une période
de 12 min 23 s.
Mme Dufour : Merci, Mme
la Présidente. Merci, M. Rhéaume, Mme Fortin et M. Pouliot,
donc, pour votre présence. J'aurais peut-être une question pour commencer, à
savoir... On a vu, hier, Saint-Bruno a certaines craintes par rapport à
l'approvisionnement énergétique. Il y a d'autres... Ça a fait les médias, il y
a eu à Gatineau aussi des... d'autres projets. Est-ce qu'on a une idée du
nombre de projets résidentiels qui sont actuellement soit bloqués ou à risque
d'avoir... manque d'approvisionnement énergétique?
M. Rhéaume (Dave) : Il
n'y a pas de projets résidentiels, au Québec, qui sont à risque de ne pas avoir
accès à l'électricité. On doit être très, très clair. Actuellement, dans aucun
cas, les employés d'Hydro-Québec informeraient un développeur ou une
municipalité qu'elle ne peut pas avoir accès à l'électricité pour faire un
projet. Néanmoins, comme un peu on l'a mis de l'avant, on fait beaucoup de
sensibilisation, beaucoup d'information puis on développe des offres
attrayantes pour être certains que les solutions électriques soient le plus
performantes possible. Donc, s'il y a un développeur qui dit : Je veux
ajouter des centaines de maisons avec des enveloppes de bâtiments peu
performantes, des systèmes de chauffage peu pertinents, c'est certain... puis
aucun appareil connecté pour gérer, par exemple, la recharge des véhicules puis
le chauffage, c'est certain qu'on va aller rencontrer ces gens-là pour leur
parler, dire : Écoutez, vous voulez vous inscrire dans la décarbonation,
il faut le faire de façon performante. Si chaque projet n'est pas performant,
éventuellement, on va manquer plus vite d'électricité. Néanmoins, aujourd'hui,
le Québec est en mesure d'alimenter ces quartiers-là.
Mme Dufour : Merci. Mais,
par contre, les délais... Ce qu'on voit, par contre, des fois, c'est les délais.
Puis on l'a vu, on est dans une crise du logement sans précédent, donc les
délais deviennent particulièrement préoccupants, là, dans certains cas.
M. Rhéaume (Dave) : C'est
exact. Donc, dans les... Donc, on a deux catégories de délais. Donc, il y a les
demandes de raccordement, donc, spécifiques. Vous vous bâtissez... Souvent,
c'est beaucoup dans des cas où... des zones moins denses où il faut ajouter
beaucoup de poteaux électriques, donc étendre le réseau pour se raccorder. Ça,
on a pris des engagements de réduire significativement puis donner plus de
prévisibilité pour ça. Mais ça, ce n'est pas pour des quartiers complets, c'est
vraiment une nouvelle rue, par exemple, dans une zone un peu plus rurale. C'est
vrai qu'actuellement il y a eu des cas où les gens ont eu à attendre trop
longtemps. On s'est engagés, on va accélérer là-dessus.
Il y a l'autre catégorie où, par exemple,
j'ai donné l'exemple de Saint-Bruno qui est sorti dans les médias, on parle de
projets, là, de l'ordre d'une vingtaine de mégawatts. Vingtaine de mégawatts à
l'échelle du Québec, on n'a pas un enjeu de disponibilité d'électrons. On peut
avoir des cas, par contre, où actuellement, à la sortie des infrastructures de
transport, il va falloir faire des renforcements importants, puis ça, parfois,
ça peut prendre quelques années. Puis on travaille avec les partenaires pour
leur donner de la prévisibilité. Ça prend aussi, dans certains cas, du temps
assez important à développer son projet, faire les demandes, aller chercher les
permis, donc on s'assure d'être au rendez-vous dans ces cas-là.
Puis je vous dirais que dans certains cas
c'est aussi une opportunité de parler de performance énergétique, de
dire : Regarde, c'est un projet de 20 MW, que, si on mettait des
thermopompes, des appareils connectés, des bornes de recharge intelligentes, on
est peut-être capables de descendre à 12 MW. Puis tout d'un coup le
renforcement important au poste peut être beaucoup plus petit puis on va être
capables d'arriver à vous desservir deux années plus tôt. Donc, c'est le genre
de travail qu'on fait avec les développeurs et les partenaires municipaux.
Mme Dufour : Merci. Vous
avez une bonne connaissance du domaine. Les normes qu'on devrait viser
collectivement, selon vous, ça devrait être quoi, un équivalent, mettons, qui
existe? On a beaucoup entendu parler de Novoclimat, mais, ça, on ne peut pas
dire que c'est la norme la plus ambitieuse qui existe, là. Donc, je ne sais pas
si vous vous êtes penchés puis avoir une idée de qu'est-ce qu'on devrait viser
comme norme, un exemple, là.
Mme Fortin (Josyane) : En
fait, nous, notre proposition, c'est... C'est sûr qu'on est conscients qu'il y
a des améliorations qui pourraient viser, par exemple, tout ce qui concerne le
chauffage. On a nommé d'entrée de jeu, dans l'allocution, qu'il y avait un <gisement
important...
Mme Fortin (Josyane) :
...
chauffage. On a nommé d'entrée de jeu, dans l'allocution, qu'il y avait un >gisement
important dans les... dans la chauffe des bâtisses au Québec. Donc, ça peut se
faire soit à l'aide d'appareils plus performants ou ça peut aussi se faire avec
tout ce qui est l'enveloppe des bâtiments, donc, pour s'assurer que, quand on
chauffe une pièce, la pièce, elle puisse rester au chaud pendant un certain
moment. Donc, pour nous, ça, ça nous apparaît être un gros gisement de valeur.
On souhaite également qu'il y ait de la
disponibilité pour que les appareils puissent être connectés et pilotés à
distance. Donc, par exemple, quand M. Rhéaume mentionnait d'avoir des
bornes de recharge, idéalement, on voudrait qu'elles soient connectées. La même
chose avec les thermostats, qu'ils soient connectés et qu'on soit capable de
facilement déplacer le moment où la chose se fait ou de même réduire la
consommation qui est visée avec le thermostat. Ça nous apparaît deux éléments
qui sont centraux et qui pourraient être considérés dans la réflexion.
• (12 heures) •
Mme Dufour : OK. Vous
avez dit «des appareils connectés». Les balanceurs de charge, est-ce que c'est
quelque chose qu'à un moment donné vous envisagez de déployer qui permettrait
peut-être de moduler la demande, là, le pic?
M. Rhéaume (Dave) : Actuellement,
là, puis je ne sais pas si vous avez un cas précis de type de balance de charge
en tête, là... mais actuellement ce qui est clair c'est qu'on n'impose pas ce
type d'équipement là à notre clientèle. Donc, si la clientèle ne veut pas aller
de l'avant... On travaille... On travaille en mode incitatif, on essaie
d'inciter. Puis je vais vous donner, pour moi, l'exemple le plus... Donc, on ne
force pas ce genre d'équipement là. Et peut-être l'exemple, pour nous, qui est
le plus parlant au Québec : de plus en plus de résidences ont des
climatiseurs. Un climatiseur, ça coûte marginalement moins cher qu'une
thermopompe qui fait le même travail l'été, mais, dans le cas de la
thermopompe, on est capable de bénéficier de trois à quatre fois plus de
performance pour le chauffage en hiver. On voit des cas où, même sur la
télécommande, il y a le petit bouton chauffage, mais c'est un climatiseur qui a
été installé. Nous, Hydro-Québec, on s'engage, on va couvrir le surcoût.
Installez une thermopompe au lieu d'un climatiseur, vous allez bénéficier de la
performance gagnante en hiver, on va couvrir ces surcoûts-là avec nos aides
financières. C'est le genre de cas pratique qu'on pense qu'on peut faire avant
de parler même d'obliger certains types d'équipements.
Mme Dufour : Merci. Je
vais vous poser une question plus technique, là, puis ça va être ma dernière,
après, je vais passer la parole au député de Jacques-Cartier. On dit que... Le
ministre veut qu'on lui déclare la consommation énergétique d'un bâtiment,
l'utilisation qui est faite et même le moment où l'énergie est consommée. Là,
ce que je voulais savoir, c'est : Est-ce qu'avec des compteurs non communicants
on est capable vraiment de connaître le moment que l'énergie est consommée?
M. Rhéaume (Dave) : Les
non-communicants, donc les vieilles générations, là, on ne parle d'appareils
connectés?
Mme Dufour : Oui.
M. Rhéaume (Dave) : Non.
Non.
Mme Dufour : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. M. le député de Jacques-Cartier, vous disposez de 5 min 30 s.
M. Kelley : M. Rhéaume,
rebienvenue. Même chose pour M. Pouliot. Puis bienvenue, Mme Fortin.
Merci pour votre présentation. Je veux juste reviens un petit peu sur la
discussion que vous avez eue avec le ministre sur la question qu'on ne peut pas
tout faire en même temps avec la décarbonisation de notre société. Mais une
question à M. Rhéaume. Le gouvernement a pris la décision d'accorder des
blocs d'énergie à <i>TES à Northvolt, à Microsoft. Est-ce que ça, ça
retarde la décarbonisation de certaines entreprises d'ici parce qu'Hydro-Québec
n'est pas capable de brancher tout le monde et tous les projets des petites et
moyennes entreprises du Québec? Est-ce que ça... pour l'instant, je ne dis pas
pour l'avenir, mais est-ce que ça, c'est la réalité présentement? Parce qu'on a
entendu M. Demers, de la FMQ, dire qu'il connaît qu'il y a des projets qui
étaient refusés, il n'y a pas d'énergie pour l'instant. Est-ce que ça, c'est le
portrait global, présentement?
M. Rhéaume (Dave) : Présentement,
donc, nous, c'est... le plan d'action permet de répondre à la totalité de la
demande qui a été déposée à la Régie de l'énergie d'augmentation de 8 000 MW
à 9 000 MW. Donc, cette demande-là, elle est 25-75. Donc, si votre
question, c'est : Si on ne faisait pas le 25 % de croissance et de
prospérité, est-ce que cette énergie-là pourrait être allouée à quelqu'un
d'autre?, ultimement, c'est... On verra l'évolution de la demande dans le
temps. Nous, ce qui est certain actuellement, c'est qu'on s'assure de répondre
aux demandes qu'on reçoit, autant qu'elles soient de décarbonation ou de
croissance, puis, dans les deux cas, on fait des efforts importants à s'assurer
que la performance énergétique soit la plus élevée possible, comme les
industriels.
M. Kelley : Parfait. Merci.
Et, pour la performance, j'ai vu, dans le mémoire, on parle qu'éventuellement
on doit discuter les cibles par... des cibles d'amélioration ambitieuses par
règlement. Bien, première chose, c'est quoi, des cibles d'amélioration
ambitieuses, selon vous? Puis aussi, est-ce que ce n'est pas mieux d'encadrer
ça dans une loi? Est-ce qu'on travaille un petit peu en inverse, de faire ça
après? C'est juste une question je pose à vous.
M. Rhéaume (Dave) : Bien,
je vous avouerais en toute transparence, mes qualités de juriste sur une loi
versus un règlement, je n'ai pas d'ajout là-dessus. Puis je connais les études
de mes deux collègues...
12 h (version révisée)
M. Rhéaume (Dave) : ...pas d'ajout
là-dessus, puis je connais le... les études de mes deux collègues, ils ne
répondront pas non plus. Donc, je vais... on va passer pour celle-là.
Nous, honnêtement, de notre point de vue,
c'est un équilibre entre l'acceptabilité sociale... Donc, on est conscients que
d'imposer, par exemple, l'amélioration de la performance énergétique, ça vient
avec beaucoup d'avantages pour notre société, mais ça vient avec un coût pour l'utilisateur
direct. Donc, on comprend la prérogative du gouvernement de s'assurer d'une
approche équilibrée, puis c'est là qu'on revient à : il faut, dans ce
cas-là, donc, être cohérents. L'ampleur de nos ambitions en matière de
décarbonation ne peut pas être incohérente avec ce qu'on est prêts à faire
comme transition au niveau de l'augmentation de la performance.
M. Kelley : Parfait. Je sais,
je n'ai pas beaucoup de temps, mais juste rapidement... Inspiration pour nous, les
élus, quand on doit réfléchir à une politique pour aider des citoyens à être
mieux performants, vous avez des listes des différents... comme, les systèmes
de chauffage plus performants, une thermopompe, mais ce n'est pas Hydro-Québec
qui peut faire tout. Je sais que vous faites votre part, mais, sur notre côté,
comment on peut aider les citoyens à être plus efficaces, avec des programmes,
des politiques?
M. Rhéaume (Dave) : C'est une
bonne question.
Mme Fortin (Josyane) : ...vous
dire qu'un exemple de projet de loi comme celui-ci permet notamment d'obtenir
davantage de participation de certains clients qui pourraient ne pas avoir
réfléchi ou ne pas avoir connaissance ou compréhension, en fait, de ce qui
pourrait être requis à installer.
M. Rhéaume (Dave) : Mon
collègue me souhaite... me souffle aussi... Nous, on sort par exemple un
programme comme LogisVert, là, donc, nouveau programme agressif, on parle de...
ça se compte en milliards de dollars, ce qu'Hydro-Québec va investir pour
aider les ménages. Donc, le plus les parlementaires, les élus font la promotion
de : au Québec, quand on consomme de l'électricité, on veut la consommer
de façon performante, participer aux programmes... Nous, on dit de plus en plus
«les deux t» : des thermostats connectés, des thermopompes. C'est
accessible, il y a des aides financières qui facilitent le déploiement de ces
solutions-là.
M. Kelley : Parfait. Puis
moi, je vise un petit plus comme... Pour une famille de la classe moyenne, de
faire le changement de toutes les fenêtres, ça peut coûter environ 20 000 $,
puis ils n'ont pas la capacité de faire ça, présentement. Et ce n'est pas...
ça, ce n'est pas un enjeu pour Hydro, exclusivement, vous avez des programmes
en place, mais c'est plus sur notre côté, de le gouvernement, de trouver des
programmes qui peuvent être mis en place, qui sont plus généreux. Je pense que,
sinon, on risque de peut-être rater les cibles qui étaient mises de l'avant
dans le plan d'Hydro-Québec, qui sont très, très importants, d'être plus
efficaces... mais j'ai des craintes plus pour le côté des citoyens qui ne sont
pas capables d'investir dans leurs maisons présentement parce que le coût de la
vie... puis on peut faire le prix de... le coût de l'hypothèque... Alors, c'était
juste un point sur ça.
M. Rhéaume (Dave) : Si je
peux... Donc, il y a peut-être un cas qui me vient en tête, qui est plus
challengeant pour Hydro-Québec, où, en plus, le support gouvernemental est
intéressant, c'est celui des locataires, notamment des locataires ménages à
faibles revenus. Donc, ils ne sont pas propriétaires de leurs bâtiments. Dans
certains cas, la performance énergétique du bâtiment est très faible. Le
locataire ne peut pas investir parce qu'il n'est pas propriétaire, le
propriétaire n'a pas toujours un incitatif à le faire parce qu'il ne récupère
pas son investissement. C'est certain que ça, c'est un... c'est un des défis
complexes, dans la transition, qu'il va falloir adresser avec le plus de
joueurs possible.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Nous allons poursuivre les échanges avec le deuxième groupe d'opposition. Mme
la députée de Verdun, la parole est à vous pour une période de 4 min 8 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente. Merci, M. Rhéaume, Mme Fortin et M. Pouliot, pour votre
présentation tout à l'heure, bon... On parle bien sûr de décarbonisation, on
parlait de sortir le gaz naturel des bâtiments, ce qui est un objectif en soi
quand on parle de la réduction des gaz à effet de serre. Ceci dit, je voudrais
vous entendre un peu plus sur les nouveaux branchements, la biénergie, qui est
présentée comme une énergie de transition, même si on a toujours une source de
gaz fossile. Combien de temps est-ce que vous pensez que le gaz reste dans les
bâtiments quand on a des nouveaux branchements à la biénergie? Est-ce que vous
sentez que c'est une pratique qui est en ligne avec nos objectifs de
décarbonisation en 2050?
M. Rhéaume (Dave) : Bien,
actuellement, là, pour donner un ordre de grandeur, là, le parc de bâtiments
existants au Québec, là, c'est plus de 10 000 mégawatts qui seraient
équivalents du gaz naturel. Donc, respectueusement, avant qu'on pense qu'on a
10 000 mégawatts et plus à allouer juste au secteur du bâtiment, c'est
sûr qu'on parle de plusieurs années. 10 000 mégawatts, c'est plus que
toutes les industries du Québec. C'est une quantité d'énergie vraiment,
vraiment très élevée, donc ça ne se compte pas en trois ans.
Pour nous, ce qui est vraiment intéressant,
avec la biénergie, c'est qu'on est capables de retirer l'énergie fossile
70 % du temps où il y a du chauffage. Donc, on utilise l'électricité la
grande majorité du temps, puis, dans les périodes où le réseau devient
contraint, dans les périodes où tout notre parc de production est au maximum de
sa puissance... Si on utilise, à ce moment-là aussi, l'électricité pour
alimenter ces bâtiments-là, c'est de l'électricité qu'on n'a pas disponible
pour, par <exemple...
M. Rhéaume (Dave) :
...disponible
pour, par >exemple, convertir des véhicules électriques, qui, eux,
roulent 12 mois par année. Donc, on voit beaucoup de valeur à continuer de
miser pour encore plusieurs années sur le gaz en pointe pour alléger la charge
électrique.
Mme Zaga Mendez : Donc, c'est
vraiment une énergie qu'on va utiliser en période de pointe, ça peut se sous-traiter
vers le gaz naturel, la demande en énergie renouvelable.
• (12 h 10) •
M. Rhéaume (Dave) : Bon, le...
Puis là, évidemment, on ne parle pas de gaz naturel renouvelable, là, mais
probablement que c'est l'une des dernières étapes de la décarbonation que
d'électrifier la pointe de chauffage, dans le sens qu'on commence d'abord et
avant tout par essayer d'électrifier les actifs qui polluent 12 mois par
année. Un véhicule... si vous remplacez votre véhicule à combustion par un
véhicule électrique, ce mégawatt-là, il roule 12 mois par année, donc il
sauve des GES 12 mois par année. Ensuite, lorsqu'on se dit : On va
déjà rentrer dans le chauffage, puis on va enlever le 70 % de GES en
premier, d'allouer des mégawatts pour aller chercher ce dernier 30 %, quand
nous, on fait des analyses, on arrive à la conclusion que c'est les mégawatts
qui ont le moins d'impact sur le bilan carbone du Québec, donc c'est
probablement dans les derniers auxquels on devrait mettre des efforts.
Évidemment, si on est en énorme surplus
d'énergie renouvelable dans les prochaines années, on pourra peut-être faire la
décarbonation plus rapidement, mais on regarde, le Québec, c'est déjà un leader
d'avoir de l'énergie renouvelable disponible, toutes les juridictions de la
difficulté à faire cette transition-là. Nous, on pense qu'il faut y aller...
les bonnes étapes, qui ont le plus d'impact, en premier, de notre point de vue,
la pointe de chauffage... On décarbone déjà 70 % de chauffage, mais le
dernier 30 % en pointe, c'est probablement un des derniers gestes auxquels
il va falloir s'attaquer.
Mme Zaga Mendez : Bien,
rapidement, l'effet de brancher à la biénergie en... des gaz... des émissions à
gaz à effet de serre, est-ce que vous sentez qu'on va atteindre ou pas nos
objectifs en continuant dans cette voie-là?
M. Rhéaume (Dave) : Ah bien, absolument,
notre ambition, c'est d'atteindre l'objectif. On a présenté, dans notre plan 2035,
ce que ça va prendre pour se rendre à l'horizon 2050 dans un monde
décarboné. Nous, on pense simplement... Il y a encore des véhicules à
combustion au Québec. On pense quand même qu'il vaut mieux mettre des efforts à
décarboner, par exemple, le secteur du transport que de s'attaquer à ce
30 % là de chauffage.
Mme Zaga Mendez : Je vous
remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. Rhéaume, Mme Fortin et M. Pouliot, pour vos contributions à nos
travaux... (Panne de son) ...les travaux jusqu'après les avis touchant les
travaux des commissions. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 12)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 45)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, bonjour à tous! La Commission des transports et de l'environnement
reprend ses travaux. Nous poursuivons les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions
en matière de transition énergétique. Cet après-midi, nous entendrons les
organismes suivants : l'Association des professionnels de la construction
et de l'habitation du Québec, en visioconférence, Énergir, aussi en
visioconférence, Conseil Patronal de l'Environnement du Québec,
visioconférence, Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique,
en visioconférence, et M. Pierre-Olivier Pineau, professeur titulaire de
la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal.
Alors, je souhaite la bienvenue aux
représentants de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation
du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre
exposé, après quoi nous procéderons à la période d'échange avec les membres de
la commission. Alors, je vous invite donc à vous présenter puis à commencer
votre exposé.
Mme Demers (Isabelle) : Merci
beaucoup. Merci, Mme la Présidente. Chers membres de la commission, je vous
remercie vraiment de nous recevoir dans le cadre de la consultation
particulière sur le projet de loi n° 41. Je m'appelle Isabelle Demers, je
suis vice-présidente Développement stratégique, Affaires publiques, Innovation
à l'APCHQ, accompagnée de mes collègues Karine Casault, directrice principale,
Communications stratégiques, Développement durable, ainsi que Marco Lasalle,
directeur des services techniques. Brièvement, nous sommes... nous existons
depuis 1961, nous représentons plus de 20 000 membres spécialistes de
l'habitation et de la rénovation. Nous sommes le représentant patronal du
secteur résidentiel.
Lors du renouvellement des conventions
collectives de l'industrie, nous agissons comme moteur de développement social
et économique par la promotion de la durabilité et de la qualité en habitation.
Nos membres, par leurs activités de construction et de rénovation, jouent un
rôle d'importance dans l'amélioration des performances environnementales des
bâtiments et la transition énergétique que le Québec doit entreprendre. D'ailleurs,
notre service technique répond à près de 8 000 appels annuels...
annuellement sur diverses questions techniques en lien avec le Code du bâtiment
et les pratiques exemplaires en matière de construction.
À cet effet, là, tel que présenté dans
notre mémoire, l'APCHQ est favorable à la mise en place de normes et de cotes
de performance environnementale des bâtiments et, de façon générale, à l'adoption
de ce projet de loi fort attendu, d'ailleurs, depuis plusieurs années.
Toutefois, nous avons quelques réserves sur les façons d'atteindre les
objectifs visés par le projet de loi, et nous émettrons donc des suggestions
afin d'en faciliter sa mise en œuvre. Il est important de noter, là, qu'il
demeure difficile pour nous de se prononcer sur les effets qu'aura l'application
de cette norme et des règlements émanant de ce projet, puisqu'il réfère à une
réglementation qui sera adoptée à la suite de ce projet de loi. Donc, sur ce,
je vous remercie. Je cède maintenant la parole à ma collègue Karine Casault,
qui vous exposera avec plus de détails les recommandations que nous vous
soumettons pour, justement, arriver à faire en sorte que les objectifs du
projet de loi n° 41 puissent être rencontrés. Je vous remercie.
Mme Casault (Karine) : Merci,
Isabelle. Mme la Présidente, chers membres de la commission, ma collègue a
mentionné que bien que nous soyons très favorables à l'égard de l'intention du
projet de loi, notre association a certaines réserves quant à sa mise en œuvre.
Quelles sont ces réserves? Eh bien, l'article 2 du projet de loi n° 41
propose de retirer la notion d'efficacité énergétique du bâtiment du Code de
construction du Québec, et donc de la responsabilité de la Régie du bâtiment du
Québec. L'analyse d'impact réglementaire propose également la création d'un
tout nouveau code, soit le code québécois du bâtiment durable, ce qui nous
ferait donc deux codes de construction, l'un pour les normes de qualité, de
sécurité en matière de bâtiment et l'autre, pour tout ce qui touche la
performance environnementale et énergétique du bâtiment, et donc le <i>Code
de construction étant le document de référence de l'industrie et, si nous n'étions
pas dans une assemblée laïque, je vous dirais même la Bible de l'industrie de
la construction, et donc, là, vous pouvez imaginer la complexité de scinder le
tout et d'avoir deux documents de référence, donc deux bibles à devoir se
référer sur les chantiers.
Nous comprenons que la responsabilité de
ces dossiers, énergie et performance environnementale, reviendrait donc au
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, Faune
et Parcs, que nous <appellerons...
Mme Casault (Karine)T :
...l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, Faune et Parcs, que nous >appellerons le ministère de
l'Environnement pour la suite. Et vous le mentionnez ce matin, le ministère
pourrait redonner, éventuellement, l'application de la réglementation à la
Régie du bâtiment du Québec. Donc, nos questions pour vous, aujourd'hui :
Pourquoi reprendre ces pouvoirs pour ensuite les redonner? Et pourquoi créer
des circonvolutions et de la complexité dans les modes de fonctionnement?
• (15 h 50) •
Pour nous, créer un code supplémentaire
nous semble contre-productif, contre-intuitif, alors que le gouvernement a mis
beaucoup d'effort à améliorer notre efficacité et notre productivité dans les
dernières années, tant au niveau provincial que fédéral, et ces efforts-là
pourraient être anéantis par le retrait de l'efficacité énergétique du Code et
par la création du nouveau code québécois du bâtiment durable. Soulignons
d'ailleurs que votre gouvernement s'est démarqué par l'importance accordée à
l'allègement réglementaire et administratif. Pas plus tard qu'en novembre
dernier, on adoptait le projet de loi n° 17 sur ces dossiers d'allègement,
et c'était un premier pas qui était extrêmement important pour l'industrie vers
un code unique en construction. Point de vue fédéral, en 2020, le Québec
a signé l'accord pancanadien de conciliation sur les codes de construction qui
vise à uniformiser les exigences partout au pays, et ce, dès 2025, qui est, à
toutes fins pratiques, demain, et donc, réduirait le nombre d'écarts entre les
codes de construction provinciaux et nationaux.
Tout ça pour dire que, si l'objectif est
que le PL 41 atteigne ses intentions et ses cibles, il faut choisir la
simplicité et ne pas créer des mécanismes supplémentaires pour que l'industrie
emboîte le pas rapidement et sans confusion. C'est également notre souhait.
C'est pour cette raison-là, en fait, que nous recommandons de conserver la
notion d'efficacité énergétique dans le Code de construction sous la
responsabilité de la <i>Régie, avec l'appui du ministère de
l'Environnement, pour lui apporter, bien sûr, toute son expertise technique en
environnement et en énergie. On est convaincus que les cibles peuvent être
dictées par le ministère de l'Environnement et appliquées par la Régie du
bâtiment du Québec. C'est véritablement notre recommandation phare, s'il n'y en
avait qu'une, ce serait celle-là. Et elle fait l'objet d'un consensus de
l'ensemble des associations et des corporations qui représentent l'industrie de
la construction et de l'ingénierie au Québec.
Pour ce qui est de nos autres
recommandations, selon une enquête qu'on a menée, 10% à 25 % du temps des
entrepreneurs serait requis pour toutes les formalités administratives et
réglementaires, donc de tous les enjeux dans l'industrie, le fardeau très... le
numéro un. Et donc, dans cette perspective, on est favorable à une
réglementation uniforme à l'échelle de la province qui offrirait plus de
prévisibilité aux entreprises.
Concernant les mesures d'accompagnement
mises en place à la suite du projet de loi n° 41, nous espérons que le gouvernement
se donne les moyens d'offrir un service d'accompagnement qui soit simple,
rapide et efficace. De notre expérience, la ligne d'appel en est un exemple,
mais certainement, dans tous les cas, un processus simple, rapide et efficace.
Quand on est sur le chantier, on a des questions, donc la ligne d'appel peut
être une belle option.
Ensuite, au niveau de la vérification des
données par une tierce partie, telle qu'elle est prévue au projet de loi, ça
nous semble extrêmement important. Par contre, on se questionne sur la capacité
de la main-d'œuvre, ingénieurs et entrepreneurs, à recevoir cette demande
additionnelle là, dans un contexte où on a des grandes ambitions, grands projets
énergétiques, pénurie de main-d'œuvre, criants besoins en habitation. Tout ça
conjugué, on recommanderait de prévoir des mesures pour favoriser la
disponibilité de la main-d'œuvre, notamment, là, pour exécuter les mises à
niveau de bâtiment et effectuer les audits et vérifications des données.
Concernant les normes et critères de
performance environnementale, le projet de loi souhaite qu'il y en ait pour les
différentes étapes du cycle de construction, de la construction elle-même
jusqu'à la démolition. Et donc, les critères ne seraient pas nécessairement les
mêmes selon chacune des étapes. Donc, pour nous, c'est difficile de nous
prononcer parce que les catégories d'impacts, les critères ne sont pas encore
connus. Notre recommandation, à l'instar, là, de... des instances qui sont
intervenues ce matin en commission, serait également d'organiser des
consultations préalables avec les parties concernées avant la promulgation des
règlements découlant du PL 41 pour une meilleure prise en compte des impacts
<environnementaux...
Mme Casault (Karine)T :
...pour
une meilleure prise en compte des impacts >environnementaux réels de
l'industrie et l'atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à
effet de serre, on recommanderait que la notion de carbone intrinsèque fasse
partie du cadre réglementaire rapidement.
Ensuite, au niveau du type de bâtiment
visé par la réglementation, le PL n° 41 ne le
spécifie pas, l'analyse d'impact réglementaire nous apporte une part de
réponse. On débuterait par les grands bâtiments, et avec des pouvoirs
habilitants qui permettraient de couvrir l'ensemble des bâtiments du Québec.
Donc, pour nous, il serait important qu'on ait une meilleure prévisibilité pour
les propriétaires, les acteurs, pour spécifier les catégories et l'ordre dans
lequel les bâtiments devront être soumis, donc des échéances pour chaque
catégorie de bâtiments.
Et on comprend que, bon, mettre l'accent
sur les grands bâtiments, c'est une priorité pour atteindre les objectifs de
décarbonation. Par contre, comme Hydro-Québec le mentionnait ce matin, il y a
certainement, là, un grand potentiel, un gisement énergétique important dans le
bâtiment résidentiel existant. C'est également les constats qu'on a fait, là,
dans une étude publiée à l'automne dernier, une étude réalisée avec Dunsky et
Ressources naturelles Canada. Donc, le projet de loi parle d'économies
d'énergie de 0,6 térawattheure, on a besoin de plus de 100 térawattheures
d'ici 2050 pour notre transition énergétique, donc on souhaite rappeler qu'on a
estimé un potentiel réalisable de 11 à 15 térawattheures dans le petit
bâtiment résidentiel existant, et ce, en 10 ans.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Merci, Mme Casault, vous allons poursuivre, vous aurez...
sûrement avoir l'occasion de vous faire poser des questions pour compléter
votre exposé. Nous allons maintenant débuter la période d'échange et, M. le
ministre, la parole est à vous pour une période de 13 min 42 s.
M. Charette : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci aux gens, là, que nous recevons, de l'APCHQ,
votre éclairage est très précieux, votre expertise l'est tout autant. Peut-être
vous rassurer sur la réglementation à venir, là, c'est un des propos que vous
avez... que vous nous avez partagés. C'est un projet de loi qui a des
applications concrètes, mais c'est aussi un projet de loi habilitant pour une
réglementation qui est à venir. Et je vous rassure, on a toujours procédé de
cette façon-là et on va continuer à le faire, on aime bien, avant de proposer
un projet de règlement, parler avec les parties prenantes. On aime bien
travailler en cocréation pour avoir une base solide, et, ensuite, c'est une
balle qui est mise au jeu à travers un processus de consultation qui est bien
balisé, qui est public aussi. Donc, il n'y a aucune intention de la part du
gouvernement de dire : Demain, nous édictons un règlement sans qu'il ait
fait, justement, l'objet de ces différentes étapes-là. Et ce projet de loi là
ne procédera pas de façon différente. Donc, vous serez naturellement invités à
apporter votre input, votre couleur, et votre expertise sera certainement
appréciée.
Concernant les codes, à savoir le code qui
serait sous l'égide... et qui est sous l'égide de la Régie du bâtiment, versus
le code qui est proposé à travers le projet de loi, peut-être juste un petit
retour dans le temps. Il y a quelques années, on a adopté un projet de loi, qui
était le projet de loi n° 44 sur la gouvernance, qui
statuait de façon très précise que l'action gouvernementale, au niveau
environnement mais également au niveau... au niveau de la lutte aux gaz à effet
de serre, aux changements climatiques, relevait du ministère de
l'Environnement. Au lendemain de la dernière élection, avec le remaniement
ministériel que ça a engendré, la transition énergétique est venue sous l'égide
du ministère de l'Environnement, ce qui n'était pas le cas par le passé. Donc,
c'est par souci de cohérence et par respect des responsabilités qui nous
reviennent qu'on se donne les moyens d'agir à ce niveau-là, mais on ne veut
certainement pas complexifier les choses, la Régie du bâtiment va demeurer
naturellement un partenaire, mais les mandats ne sont tout simplement pas les
mêmes.
À travers le Code du bâtiment que l'on
connaît aujourd'hui, il est question de sécurité, il est question de la qualité
des constructions qui sont développées, mais la Régie du bâtiment, malgré toute
l'expertise très, très pertinente qu'elle a dans son champ de domaine, elle n'a
pas cette expertise-là au niveau de la transition énergétique et des autres
questions environnementales. Parce que ce n'est pas qu'une question, non plus,
de transition énergétique au sein de l'appareil gouvernemental, cette
expertise-là, elle est maintenant regroupée dans un seul ministère, qui est le
ministère de l'Environnement. Donc, c'est la raison pour laquelle on procède de
cette façon-ci, mais vous l'avez bien dit, c'est, je pense, dans l'ADN du
gouvernement de la <Coalition...
M. Charette :
...vous
l'avez bien dit, c'est, je pense, dans l'ADN du gouvernement de la >Coalition
avenir Québec, on ne veut pas alourdir outre mesure. Il y a de grands efforts
qui sont même faits au niveau de l'allègement réglementaire, mais n'empêche
qu'il y a de grands efforts au niveau de l'efficacité de nos bâtiments, vous y
avez fait référence, Hydro-Québec y a fait référence. C'est un gisement qui est
important, qu'il nous faut exploiter. Donc, il faut adapter notre
réglementation en conséquence et notre législation, aussi, en conséquence, mais
ultimement, pour faciliter la tâche, effectivement que même le nouveau code qui
serait mis de l'avant avec le Code du bâtiment, l'application pourrait être
assurée par la Régie du bâtiment, avec, naturellement, tout l'accompagnement
nécessaire, là, pour s'assurer que les gens puissent s'y retrouver.
• (16 heures) •
Un autre élément qu'il est important de
mentionner, il y a une entrée en vigueur progressive de différentes mesures,
et, dans certains cas, on parle de mesures volontaires, dans un premier temps,
parce qu'on est conscients que c'est un chantier excessivement important qui
est proposé à travers le projet de loi n° 41. Donc,
le but n'est pas de bousculer ou de compromettre la mise en chantier, notamment,
de logements, on en parle beaucoup, on en a besoin, mais en même temps, il faut
s'assurer que ces bâtiments-là, à construire, et les bâtiments existants
puissent offrir une meilleure performance énergétique. Et on s'aide à tous les
niveaux, avec ces questions-là, que ce soit au niveau des émissions de gaz à
effet de serre, mais également au niveau de la récupération d'énergie qu'on
peut mettre à d'autres fins. Donc, je tenais à vous rassurer à ce moment-ci.
Mais sinon, au niveau des émissions
elles-mêmes et de la performance énergétique, il y a différentes normes qui
seront étudiées. Pour vous, quelle est l'avenue la plus probante et la plus
payante à retenir pour avoir des effets réels au niveau de l'efficacité
énergétique des bâtiments?
Mme Demers (Isabelle) : Si
vous permettez, M. le ministre, on... Bien, merci, d'abord, de toutes les
précisions que vous avez données. Effectivement, c'est rassurant, puis,
effectivement, on reconnaît complètement l'expertise de votre ministère en ce
qui a trait à la transition énergétique et aux objectifs que nous avons en
matière, là, de défis environnementaux, là, bien évidemment.
En ce qui a trait des objectifs ou de
façons de faire qui sont plus précises, nous avons... comme ma collègue Karine
a mentionné, nous avons remis un mémoire, ou certaines orientations pour
favoriser la rénovation du parc résidentiel au Québec de façon importante. Il y
a un gisement qui est important qui est là, aussi. Une des choses qui était à
mentionner à cet effet-là et que Mme Casault n'a pas pu présenter tout à
l'heure, c'est l'importance de favoriser la rénovation, pour qu'il y ait des
incitatifs importants à rénover, pour, comme vous l'avez bien dit, faire en
sorte que lorsque l'on rénove et que l'on maintient le parc immobilier actuel,
qu'on le fasse dans un souci d'efficacité énergétique, et non pas pour rénover
comme on le faisait avant, mais qu'on le fasse en fonction de nos objectifs. À
cet effet-là, Karine et Marco ont certainement des spécifications et des
chiffres à vous présenter sur ce que ça pourrait représenter, comme approche et
impact, pour votre ministère, pour être capable de rencontrer vos objectifs.
M. Charette : Merci.
Est-ce que je comprends que... Ça, c'est le défi, hein, lorsqu'on est en
virtuel. Est-ce qu'un ou une de vos collègues souhaite réagir?
Mme Casault (Karine) : Absolument.
Absolument. Donc, effectivement, on a fait des calculs pour aller trouver le
plus grand potentiel à travers, là, ce gisement-là, et on a estimé, là, qu'il
fallait rénover de façon prioritaire les maisons unifamiliales construites
avant 1960 et qu'il y a un potentiel de gain en efficacité énergétique de 6,2 térawattheures
à 8,4 térawattheures, là, et c'est un potentiel réalisable à... technique,
là, donc le 8,4 serait en absolu, si on rénovait, finalement, toutes les
maisons de façon exemplaire. Donc, ce n'est pas nécessairement quelque chose
qui est réaliste, mais si on parle de réalisable, donc de réaliste, on
parlerait d'un potentiel de 6,2 térawattheures dans les maisons
unifamiliales construites avant 1960.
Mme Demers (Isabelle) : Karine,
peut-être simplement pour dire que c'est l'équivalent de toute la région du
grand Québec qui est alimentée, annuellement, là, juste pour, peut-être, ceux
qui... pour qui ce n'est pas... En termes d'impact, là, c'est très important.
M. Charette : Je pense
que j'ai un collègue qui souhaite intervenir aussi. Peut-être juste une
dernière petite question rapide. Vous parlez de résidentiel. Un des constats
qui semble se confirmer, c'est qu'il y a plusieurs programmes qui peuvent être
disponibles...
16 h (version révisée)
M. Charette : ...qui semble se
confirmer, c'est qu'il y a plusieurs programmes qui peuvent être disponibles,
tantôt chez Hydro-Québec, tantôt à travers le gouvernement fédéral, tantôt à
travers le gouvernement du Québec, mais que c'est souvent difficile de
départager les programmes admissibles, qu'il y a une certaine confusion aussi,
parce qu'on bénéficie d'un programme, on ne peut pas bénéficier d'une autre
initiative, d'un autre palier. Est-ce que c'est quelque chose avec quoi vous
êtes confrontés? Et je ne le présente pas comme une question ouverte, parce que
mon collègue m'en voudrait s'il ne lui restait pas de temps, mais peut-être
juste un petit constat rapide, là, qui est le vôtre, à ce sujet-là.
M. Lasalle (Marco) : Rapidement,
si je peux me permettre... Bonjour, Marco Lasalle, directeur service technique.
Là-dessus, il y a... vous avez raison, il y a beaucoup... il y a beaucoup de
programmes. On aimerait ça déjà de pouvoir regrouper, d'avoir peut-être un
concierge à ce moment-là pour pouvoir bien orienter les gens. Mais je vous
dirais quand même, par rapport à la recherche qu'on a faite avec notamment
Ressources naturelles Canada, notre mémoire qui avait été fait... notamment, on
a pu voir... on a pu faire un constat qui était que ces programmes-là ont un
beau succès s'ils sont intéressants pour les personnes, pour les participants.
Je m'explique. On voit très bien la
différence entre le Québec et le reste par rapport aux thermopompes. Par rapport
à la banque de données ÉnerGuide, c'est 41 % des gens qui ont fait appel à
la cotation Energy Star, ÉnerGuide, ont une thermopompe à haute efficacité
énergétique. Ça, c'est bien important, on est vraiment distincts par rapport au
reste du Canada là-dessus, on le voit. Par contre, on voit que des gens, par
rapport à des initiatives qui sont très pertinentes, mais qui ne sont pas
suffisamment encouragées, bien, ça, ça passe à côté. Les gens participent au
programme seulement, exemple, pour la thermopompe, mais ne vont pas aller avec
de l'efficacité énergétique, comme système d'étanchéité à l'air, une meilleure
isolation. On a beau mettre le meilleur système de chauffage, une thermopompe
va produire trois watts d'énergie pour chaque watt consommé, donc c'est un
rendement de 300 %, c'est merveilleux. Bien oui, mais, si j'ai l'équivalent
de trous dans mon enveloppe, une porte patio qui est ouverte à l'année, bien
oui, je produis mieux, mais je continue de gaspiller. Donc, c'est là que je
veux aller.
Les programmes, ils fonctionnent bien. Il
faudrait que ce soit plus clair. Et on a des démonstrations que, si les
incitatifs financiers sont là, il y a vraiment un succès, mais, s'ils sont
insuffisants, même s'ils participent au programme, ils n'iront pas chercher les
bonifications supplémentaires. On se prive à ce moment-là de gains pour le
Québec. Puis il y a toujours la question : Est-ce plus rentable d'économiser
un kilowattheure ou de produire un kilowattheure? Bien, on est en train de
faire la démonstration. Ce n'est peut-être pas vrai pour tous les bâtiments,
mais particulièrement les bâtiments avant 1960, c'est beaucoup plus rentable
économiquement, mais au niveau social également, d'économiser ces
kilowattheures-là.
Oui, je vais passer la question. Je pense
qu'il reste juste un deux minutes...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. Lasalle. M. le député de Masson, vous disposez de 2 min 36 s.
M. Lemay : Oui, merci. Donc,
j'aimerais juste revenir un peu, là, sur vos recommandations 1, 2, 3 — je
ne sais pas si c'est la caméra qui est là, si elle me regarde encore. Bonjour.
Alors, vos recommandations 1, 2, 3, justement, là, on parlait avec le
ministre tout à l'heure, là, juste une, peut-être, précision, parce que nous,
bien entendu, on vient dire qu'on retire du Code de construction du Québec, là,
le chapitre 1.1, sur l'efficacité énergétique des bâtiments, pour l'inclure
au code québécois du bâtiment durable, puis on aurait d'autres chapitres qui
viendraient s'ajouter. Mais, par contre, est-ce que je peux comprendre que, si
on venait sur le site Web de la RBQ, tu sais, inclure des chapitres pour que
tout soit à la même place, quand vous avez dit tantôt, là, vous avez fait une
référence, là, avec la bible ou le guide de référence, là. Mais, tu sais, si
tous les chapitres étaient à la même place sur le site Web, est-ce que ça
pourrait être un compromis acceptable qui ferait en sorte... Non, je regarde...
Allez-y, M. Lasalle. Je veux vous entendre.
M. Lasalle (Marco) : Oui. Je
comprends que l'information serait disponible, mais on travaille encore avec du
papier. On veut l'avoir vraiment dans le livre. On veut le voir pour que toutes
les sections puissent se référer, qu'ils soient bien... que les références...
les liens soient faciles à faire. Je comprends qu'au niveau législatif, c'est
facile de mettre un règlement en ligne, mais, dans l'application, nous, c'est
des réponses en chantier, là, qu'on a besoin de faire, là. On est vraiment...
Dans le papier, la compréhension n'est pas la même, et on ne veut pas avoir 14 000 livres.
Bien, juste présentement... je ne sais pas si j'ai le droit de faire ça, là ,
mais ça, c'est tous des codes de construction en vigueur présentement au
Québec, et ils ne sont pas tous là...
M. Lemay : On arrive à la
fin, hein?
La Présidente (Mme Maccarone) : Une
minute.
M. Lasalle (Marco) : ...en
ajouter un de plus, là...
M. Lemay : OK, je vais aller
sur un autre sujet. J'ai bien compris votre point. Votre recommandation 8,
là, vous mentionnez que vous voulez qu'on alloue d'importantes ressources
humaines et financières pour la formation et la communication <auprès des
entrepreneurs...
M. Lemay :
...qu'on
alloue d'importantes ressources humaines et financières pour la formation et la
communication >auprès des entrepreneurs. Vous avez sûrement des délais,
vous, que vous voyez lorsqu'on fait une modification. Ça ressemblerait à quoi,
l'espace-temps puis, un peu, le financement requis, selon vous?
La Présidente (Mme Maccarone) : En
30 secondes, s'il vous plaît.
Mme Demers (Isabelle) : Karine,
veux-tu y aller?
Mme Casault (Karine) : Bien,
en fait, j'allais laisser Marco, là, intervenir sur la question de la formation.
Je pense qu'il est le mieux placé.
• (16 h 10) •
M. Lasalle (Marco) : Bon. Au
niveau de la formation, il y a déjà des procédures qui sont déjà en place,
notamment de la formation continue obligatoire qui a été mise en place, on est
dans le premier cycle, que la Régie du bâtiment a mis en place. Donc, c'est
déjà des cycles. À tous les deux ans, des entrepreneurs...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
suis désolée de vous couper, M. Lasalle, mais nous devons poursuivre avec le
prochain groupe, peut-être que vous aurez une opportunité de répondre à la
question. Alors, je cède la parole à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci.
Merci à vous pour votre exposé. Moi, je voudrais vous entendre sur les normes.
En fait, vous dites, à votre mémoire, que «les normes en matière de bâtiments
ne devraient pas être élaborées par des entités distinctes». Donc, vous nous
avez bien montré les codes derrière vous. Je comprends que ce n'est pas juste
l'enjeu qu'ils soient physiquement au même endroit, mais c'est qu'ils soient
aussi cohérents, et votre crainte, c'est que, s'ils sont produits par deux
ministères, il manque de cohérence. Est-ce que c'est bien ça?
M. Lasalle (Marco) : Tout à
fait.
Mme Dufour : Tout à fait.
Est-ce qu'il y a des exemples que, tu sais, que l'efficacité du bâtiment est...
par exemple, aurait... serait intrinsèquement reliée à d'autres éléments du Code
de construction?
M. Lasalle (Marco) : Très,
très, très rapidement, là, vous me prenez sur... dans les airs, mais je
pourrais penser tout de suite à des concepts comme les degrés-jours. Ça, c'est
des calculs pour pas des charges de chauffage d'énergie. On appelle ça des
degrés-jour. Le nombre... la différence... la moyenne des degrés dans une
journée qui sont en bas de 18, la différence, le 18 °C. C'est un concept
qui est dans le code de construction. On a des concepts d'indice d'humidité.
C'est tous des facteurs qui ont un lien avec de l'efficacité énergétique. Et, si
on s'en va jouer là-dedans, bien, à ce moment-là, c'est les cycles de
condensation possibles dans l'enveloppe que le code... qu'il y a déjà à
l'intérieur. Là, on est en train d'avoir... la main gauche ne sait pas
qu'est-ce que la main droite va faire.
Et, quand on parle de rénovation, et
particulièrement du bâtiment, la rénovation, c'est encore plus touché que...
plus pointu que de la construction neuve. Un grand chef, on ne reconnaît pas ça
à sa capacité de réussir une sauce à tous les coups, mais celui qui réussit à
ramener une sauce qui a brûlé, il m'impressionne encore plus, celui-là. Bien,
de la rénovation, c'est ça. Et quand on va... La partie qui est la plus
dangereuse à aller modifier et de créer un monstre, c'est en rénovation
notamment...
Mme Dufour : Excellent.
M. Lasalle
(Marco) : ...tout que ça reste dans le
code pour ça.
Mme Dufour : Excellent. Vous
avez parlé aussi, dans votre mémoire, qu'il y a actuellement un effort
pancanadien de conciliation des codes et qu'ailleurs au Canada ils sont plus
avancés que nous dans plusieurs éléments. Est-ce qu'il y a des normes
environnementales qui sont discutées actuellement dans le code canadien?
M. Lasalle (Marco) : Moi, je
me promène au niveau... L'APCHQ, on est vraiment à l'affût de l'innovation, de
ce qui se fait, des meilleures pratiques partout en Amérique du Nord. La
dernière place où est-ce que j'ai commencé à entendre parler de carbone
intrinsèque, c'est au Québec. J'ai entendu parler de ça partout dans le reste
du Canada bien avant. Nous, on parlait d'efficacité énergétique, eux parlaient
déjà du carbone. Même aux États-Unis, même dans des États, qu'on ne penserait
pas, sont en avance sur nous autres, là, des États du Sud, notamment, là,
là-dessus. Donc, il y a vraiment un retard, là, qui est notable, là, pour le
Québec, là-dessus.
Mme Dufour : Merci beaucoup.
M. Lasalle (Marco) : Je n'ai
pas dit qu'on était arriérés non plus, ceci étant dit, là, j'ai juste dit un
retard.
Mme Dufour : Non, non, j'ai
bien compris. Vous avez parlé des programmes puis de toute la possibilité
d'aller chercher, là, dans le bâtiment le petit bâtiment résidentiel, là, avec
de la rénovation, par exemple, là. Il y avait des programmes, dans le passé,
RénoVert, par exemple, qui ne sont plus en place. Est-ce que c'est le genre de
programmes qui, vous jugez, qui étaient efficaces pour ça? Sinon, c'est quoi
que ça prendrait aujourd'hui? Est-ce qu'il y a des programmes aujourd'hui qui
sont en place qui permettent d'atteindre les objectifs qui sont visés avec ce
projet de loi là?
M. Lasalle (Marco) : ...présentement,
avec le projet de loi... Bon, il y a deux choses. Au niveau de l'efficacité
énergétique, il y a un programme qui n'est pas vilain, qui est Rénoclimat. Il
pourrait être simplifié, il devrait être bonifié. Il est insuffisant, puis
c'est pour ça que les gens se limitent à la thermopompe. De manière générale,
là, la thermopompe est vraiment intéressante, en dehors de ça, on n'y va pas
plus que ça. Et il est trop lourd au niveau administratif, c'est pour ça que
les gens ne le font pas. Par contre, au niveau de l'atteinte de l'objectif, il
est vraiment bien. Contrairement, exemple, à ce qu'il y avait dans RévoVert,
qui, lui, était très simple au niveau administratif, sauf qu'il ne faisait pas
le lien, il n'attachait pas <les mesures ensemble...
M. Lasalle (Marco) :
...était
très simple au niveau administratif, sauf qu'il ne faisait pas le lien, il
n'attachait pas >les mesures ensemble. Il n'y avait pas de contrôle de
qualité, d'atteinte des cibles. Ça fait que je pense peut-être le niveau idéal
serait situé quelque part entre les deux.
Mme Dufour : Un mélange des
deux.
M. Lasalle (Marco) : Un
mélange des deux.
Mme Dufour : Excellent.
Excellent. Avez-vous estimé, parce que vous avez estimé la possibilité
d'atteindre une réduction, mais avez-vous estimé le coût de mise aux normes que
ça représenterait pour les bâtiments existants?
M. Lasalle (Marco) : ...on
parle tout simplement de... avant 1960, sur le parc immobilier, là, du Québec,
on pourrait aller chercher, là... on serait dans les alentours, le prix, ne
bougez pas... kilowattheure, on serait à peu près à 1,72 du kilowattheure.
Mme Dufour : OK.
M. Lasalle (Marco) : Donc, on
peut calculer combien ça coûte, La Romaine, si je ne me trompe pas, La Romaine
équivaut à peu près...
Mme Dufour : Ce que je
comprends, c'est que ça revient moins cher qu'une Romaine.
M. Lasalle (Marco) : ...sans
enjeu d'acceptabilité sociale, moins d'impact sur l'environnement, les carbones
intrinsèques et tous ces effets-là, puis beaucoup plus rapide à mettre en place
que de construire un autre complexe hydroélectrique. C'est quasiment clés en
main.
Mme Dufour : Excellent. Je
vais passer la parole au député de Jacques-Cartier.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Jacques-Cartier, vous disposez de 4 min 45 s.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je veux... reviens sur la recommandation n° 8, je
sais que vous avez commencé à répondre à mon collègue. Je ne sais pas si vous
avez des éléments à ajouter, mais j'ai trouvé ça intéressant, la partie qu'il
faut mieux communiquer avec les entrepreneurs. Mais, quand même, sur la
formation, c'est quoi, la meilleure façon d'accélérer ça aussi. Alors, je ne
sais pas si vous avez des autres commentaires sur votre recommandation n° 8.
M. Lasalle (Marco) : Bon, au
niveau de la formation... Je vous remercie de me permettre de compléter mon
début de réponse. Bon. Il y a déjà des systèmes pour avoir la formation mise en
place. Puis juste pour vous dire, aujourd'hui, je vais faire une petite évolution
très rapide dans le temps. Avant, il n'y avait pas de norme au niveau de
l'efficacité énergétique. Le Code de construction, il disait, quand tu as un
espace chauffé avec un espace non chauffé, mets suffisamment de laine, mets un
coupe-vapeur pour ne pas qu'il y ait de condensation...
Jusqu'à tant qu'il y ait une première
crise de l'énergie dans les années 70, Québec, en 1983, a été la première
province canadienne à avoir un règlement d'efficacité dans les nouveaux
bâtiments. Et c'est là qu'on est passé de R, tout ce que tu veux... l'industrie
mettait R-12 à R-20, notamment. À cette époque-là, 1983, ça ne fait pas si
longtemps que ça, on pensait que de l'efficacité énergétique et de la
performance, c'était juste : Rajoute de la laine, rajoute de l'isolant.
On a fait une... On n'a pas fait aucune modification jusqu'en 2012, où est-ce
qu'on a eu la partie 11 pour les petits bâtiments. Là, on a rajouté, on a
dit... Juste d'ajouter de l'isolant, on en a ajouté, on a dit : Dans la
cavité, ce n'est peut-être pas suffisant, on va recouvrir les ponts thermiques
également. En 2012, on est encore là, l'efficacité énergétique, c'est tout
simplement de rajouter de l'isolant. Non, ce n'est pas vrai, on le sait
aujourd'hui, de l'efficacité énergétique, si on n'a pas un contrôle minimal des
fuites d'air, on ne contrôle rien. Isolez votre maison à 100 %, super
bien, ouvrez la porte patio, mettez R-40 de laine, le vent va passer au travers.
On n'est pas encore là.
Voyez-vous comment la formation, au niveau
de l'industrie, est importante. Nous, on le fait, ça passe super bien, le
message. Les formations continues qu'on avait... qui ont été débutées, que j'ai
parlé, passent bien le message. Ça fait que ça va quand même assez vite, mais
juste dire : On est dans un mouvement assez proche. Puis, quand on parle
d'éducation, ces choses-là, moi, je pense que, dans pas si longtemps que ça, au
même titre que fin des années 70, on est passé au chauffage... on était au
mazout, on est passé au chauffage électrique, et on pensait que les plinthes
électriques, c'était le summum, parce qu'on a 100 % de rendement, une watt
consommée, une watt produite. Mais là, aujourd'hui, avec les thermopompes à
haute efficacité, on est rendu avec une watt consommée, trois watts d'énergie
produite. Il reste juste à faire de l'éducation également aux Québécois,
comment les utiliser, les thermopompes. On est rendu là.
Ça fait que l'éducation est vraiment
importante. Quand je dis éduquer les Québécois, la thermopompe devrait être le
système de chauffage principal au Québec, et on va aller compléter avec des
plinthes électriques quand il fait trop froid. Or, encore aujourd'hui, de
manière générale, on utilise les plinthes électriques, particulièrement quand
il fait froid. Là, on veut réduire les plinthes, c'est avec les thermopompes,
et je pense que les maisons du futur, ça va être notre système de chauffage
principal. On va avoir ces thermopompes dans pas long. On s'en va vers là.
Mme Casault (Karine) : Si je
peux me permettre...
M. Kelley : Oui, vas-y.
Mme Casault (Karine) : ...avant
la formation, c'est dur pour nous de nous prononcer, à savoir ça va prendre
combien de temps, parce qu'on ne connaît pas les critères encore <de
performance environnementale...
Mme Casault (Karine) :
...avant la formation, c'est dur pour nous de nous prononcer,
à savoir ça va prendre combien de temps, parce qu'on ne connaît pas les
critères encore >de performance environnementale qui seront édictés
par voie de règlement. Mais je vous donne... je vous donne un exemple, la
formation de Novoclimat, par exemple, que l'on donne à nos entrepreneurs, c'est
l'équivalent de 16 heures de formation. Mais donc, là c'est un contenu
d'information qui est existant, on a 20 000 membres, 16 heures de
formation, est-ce que ça devient obligatoire ou pas. Mais là, cette
formation-là, on devra la créer parce que les critères de performance ne sont
pas encore... ne sont pas encore édictés. Donc, selon ces critères-là, oui,
développement d'une formation, diffusion.
Et voilà. Donc, c'est dur pour nous
d'évaluer à ce stade-ci. Mais juste pour vous donner une idée en termes de
nombre d'heures, de la durée de la formation en tant que telle, il faut la
développer en amont.
• (16 h 20) •
M. Kelley : Bien, merci
beaucoup pour votre présentation puis je vais passer la puck à ma collègue de
Verdun.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
moi qui vais passer le puck, alors...
M. Kelley : Ah! excusez.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mais
voilà, nous passons à la deuxième opposition, Mme la députée de Verdun, vous
disposez de 3 min 26 s. La parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente. Merci, Mme Demers, Mme Casault et M. Lasalle, pour votre
présentation. Ma question va porter sur l'efficacité énergétique des bâtiments.
Ce matin, Hydro-Québec nous éclairait un peu sur la difficulté d'inciter les
investissements pour les locataires, pour les ménages à faibles revenus. On le
sait très bien que plus on est en bas de l'échelle, peut-être on se trouve dans
des bâtiments qui sont mal isolés. Donc, j'aimerais vous entendre un peu sur...
là on parlait des programmes, peut-être sur une unification, voire des corvées
de rénovations de ces types de bâtiments énergétiques qui... dans lesquels on a
une grande, grande perte énergétique. Peut-être vous serez d'accord que ça a
coûté moins cher que faire des nouveaux barrages, par exemple. Je voulais vous
entendre là-dessus.
Mme Casault (Karine) : Effectivement,
il n'y a pas d'incitatifs énormes, là, à la rénovation lorsque ce sont les locataires,
là, qui paient la facture d'électricité. Il demeure qu'il y a certains
programmes qui sont en développement, à l'heure actuelle, si on regarde, par
exemple, le programme MultiRés, à Montréal, avec le fonds... le fonds d'action
climat, et c'est un partenariat, là, avec des investisseurs privés également.
Mais donc, c'est un projet, là, qui va voir le jour prochainement pour... pour
les immeubles locatifs. Puis il y a également un programme qui est financé par
le gouvernement, mais au Nouveau-Brunswick, où ils financent, là, l'entièreté
des mesures des rénovations écoénergétiques pour les ménages à faibles revenus.
Donc, ça peut certainement être des exemples inspirants pour le Québec.
Mme Zaga Mendez : Merci. Avec
le temps qui nous reste...
La Présidente (Mme Maccarone) :
1 min 50 s.
Mme Zaga Mendez :
...1 min 50 s, peut-être vous entendre un peu aussi sur la
faisabilité de sortir des énergies fossiles dans le bâtiment. On le sait que
c'est le nerf de la guerre. On en parlait tout à l'heure, mais plus précisément
vous entendre sur la faisabilité justement de ne plus brancher des nouveaux
bâtiments à des sources de gaz fossile.
M. Lasalle (Marco) : Bien, il
y a déjà une réglementation qui a été faite par M. le ministre, qui était...
2015, je crois, pour sortir notamment les appareils de chauffage au mazout. La
réglementation, elle, est en vigueur, ça fonctionne assez bien et ma
compréhension, c'est que c'était, dans un premier temps, au niveau du mazout,
mais, après ça, on va aller plutôt vers le propane et peut-être également vers
le gaz naturel là-dessus. Donc, ça se fait... sortir ces éléments-là va se
faire de manière naturelle. Par contre, l'entretien des vieux bâtiments, le
parc immobilier restant, lui, ne se fait pas. Vous avez fait... part des
immeubles locatifs, et vous avez bien raison, le parc immobilier québécois
multirésidentiel est le plus vieux et le moins entretenu au Canada.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Mme Demers (Isabelle) : Si je
peux me permettre, j'aimerais ajouter le fait aussi qu'il ne faut pas mettre le
fait que les propriétaires n'ont pas toujours non plus les moyens pour faire
les rénovations qui doivent être faites, et il n'y a pas nécessairement
d'incitatifs énormes pour les aider. Rénover, c'est rénover avec de l'argent
taxé qu'on paie avec la TPS, TVQ, pour ensuite recevoir une augmentation de son
compte de taxes parce qu'on a mis en place des mesures... des mesures. Donc,
c'est... ça demande des fonds importants, pour de l'efficacité énergétique, on
devrait être en mesure de favoriser ça de façon importante.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
Mme Demers, Mme Casault et M. Lasalle, pour votre contribution à nos travaux.
Je suspends les travaux quelques instants
afin que l'on puisse accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 24)
(Reprise à 16 h 26)
La Présidente (Mme Maccarone) :
La commission reprend ses travaux, et je souhaite la bienvenue aux
représentants d'Énergir, M. Lortie, M. Pouliot et Mme Houde. Je vous rappelle
que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi nous
procéderons aux périodes d'échange avec les membres de la commission. Alors, je
vous invite de vous présenter et puis commencer votre exposé.
M. Lortie (Renault-François) : Bonjour
à tous, M. le ministre, chers membres de la Commission des transports et de
l'environnement. Je m'appelle Renault Lortie. Je suis vice-président, Clients
et approvisionnement gazier chez Énergir. Et, aujourd'hui, à l'écran, vous avez
mes collègues, Mme Catherine Houde, qui est directrice exécutive, Affaires
publiques, gouvernementales et communautés, ainsi que mon collègue, Vincent
Pouliot, directeur exécutif, Marché du carbone et efficacité énergétique.
Mme Houde (Catherine) : D'entrée
de jeu, bonjour. On aimerait rapidement réagir à l'annonce du ministre Charette
ce matin, qui faisait l'annonce d'une intention d'encadrer le gaz naturel dans
les bâtiments, donc, on trouve que c'était lié justement au sujet d'aujourd'hui.
Du côté d'Énergir, on considère qu'il s'agit d'une bonne nouvelle, en fait, ça
nous permettra d'assurer une meilleure décarbonation du secteur du bâtiment, le
tout en cohérence avec l'initiative... les initiatives des municipalités, des
distributeurs, des fournisseurs et de nos partenaires, et le tout en adéquation
avec les cibles du Plan pour une économie verte. On est d'avis que ça va nous
donner une meilleure prévisibilité aussi à long terme, et puis la planification
intégrée des ressources serait encore plus nécessaire, on le croit, dans ce
contexte-là.
Donc, on a toujours l'intention de
poursuivre nos échanges avec le gouvernement et puis les acteurs du milieu pour
arriver au meilleur plan, à la meilleure feuille de route dans le secteur des
bâtiments.
M. Lortie (Renault-François) : Merci,
Catherine. Donc, pour ma part, je vais vous exposer deux points, premièrement,
là, que nous sommes favorables au projet de loi 41, puisque, comme je vais
tenter de vous l'exposer, il est bien en ligne avec notre stratégie, chez
Énergir, et notre vision de décarbonation. Et le deuxième point, c'est qu'on
croit que le projet de loi doit laisser de la place à l'innovation et à la
complémentarité des outils de décarbonation. Donc, ça sera mon deuxième point.
Donc, comme disait ma collègue Catherine,
là, Énergir soutient les politiques et les réglementations qui sont liées à la
transition énergétique au Québec, et surtout lorsque ces réglementations-là ou
ces politiques-là s'appuient sur le principe de l'utilisation de la bonne
énergie à la bonne place, au bon moment et au meilleur coût. Donc, c'est
pourquoi on est favorables à l'implantation d'un système de divulgation et de
code de performance environnementale des bâtiments, comme le prévoit le projet
de loi 41. Ce système serait donc appelé à avoir une contribution, selon
nous, là, importante à l'effort collectif de transition énergétique qu'on doit
absolument réussir, et ça va nous aider à redéfinir notre rapport avec
l'énergie, puis, ultimement, à baisser nos gaz à effet de serre dans le secteur
du bâtiment.
Donc, comme je vous disais, la vision de
décarbonation d'Énergir, aux horizons 2030 et 2050, s'aligne très bien avec ce
type de projet de loi. En guise de rappel, là, je vous rappelle, là, qu'on a
quatre piliers dans la stratégie d'Énergir de décarbonation. Premier pilier,
vraiment, les meilleurs investissements à faire <en termes de...
M. Lortie (Renault-François) :
...je vous rappelle, là, qu'on a quatre piliers dans la stratégie
d'Énergir de décarbonation. Premier pilier, vraiment, les meilleurs
investissements à faire >en termes de transition énergétique, c'est
d'accroître nos efforts en efficacité énergétique. Comme organisation, on le
fait depuis 2001, on va continuer à le faire de façon encore plus agressive
dans les prochaines années. On croit pouvoir aider nos clients, là, à éviter
près de 1 million de tonnes de gaz à effet de serre d'ici 2030, depuis
l'année 2020, donc, en seulement une dizaine d'années. Donc, on va
supporter, là, 130 000 projets d'efficacité énergétique. On l'a fait,
en fait, depuis 2001, supporter 130 000 projets d'efficacité
énergétique. Puis on a effectué des investissements de près de 1,2 million de
dollars. Donc, on va continuer avec ce premier pilier qui est l'efficacité
énergétique. Qu'est-ce que ça fait, ça? Ça fait descendre les volumes de gaz
naturel fossile et donc les gaz à effet de serre.
• (16 h 30) •
Le deuxième pilier qui va aussi vraiment
aider le Québec à consommer moins de gaz naturel fossile, c'est celui de la
complémentarité entre les réseaux gaziers et électriques, mieux connu, là, sous
la solution de biénergie. Donc, on a lancé notre partenariat biénergie avec
Hydro-Québec à l'été 2022. C'est déjà un fort succès, et il est maintenant
lancé dans les segments commercial et institutionnel. Donc, pour couvrir l'ensemble
des bâtiments du Québec, on vient donc continuer à prendre des... une clientèle
d'Énergir qui est 100 % au gaz fossile. On l'amène à une alimentation
énergétique électrique pour 70 % du besoin énergétique de l'immeuble, et
donc on abaisse les gaz à effet de serre par le fait même de 70 %. Et on
garde la pointe au gaz naturel traditionnel ou encore vers le gaz naturel
renouvelable pour décarboner complètement le bâtiment.
Le troisième pilier. Donc, une fois qu'on
a travaillé en efficacité énergétique, qu'on a travaillé en biénergie avec
notre partenaire Hydro-Québec, on va utiliser le gaz naturel renouvelable pour
pouvoir vraiment finaliser la décarbonation complète des bâtiments. Et comme
vous le savez, on va... on est très confiants d'atteindre notre cible de
distribution de 10 % de nos volumes totaux d'ici 2030. Cette cible-là est
actuellement à 2 % pour cette année, et augmente très rapidement à
5 % pour 2025, et 10 % pour 2030.
Le quatrième pilier de notre stratégie,
c'est de regarder vers les autres formes d'alimentation énergétique. Donc, on
reste ouvert, bien entendu, à utiliser beaucoup plus les boucles énergétiques.
Nous sommes propriétaires, Énergir, de la principale boucle énergétique au
centre-ville de Montréal. On aimerait voir l'utilisation de cette... de cette
méthode-là de distribution d'énergie très, très efficiente, vraiment, se
multiplier au Québec. On veut... On regarde aussi à mieux valoriser les rejets
thermiques. On réétudie la place de la géothermie aussi. Donc, on regarde, là,
vraiment d'autres solutions pour continuer à travailler sur la décarbonation
des bâtiments.
De ces... Dans ces quatre piliers-là, on a
aussi voulu s'assurer de ne pas générer des nouveaux gaz à effet de serre avec
les nouveaux branchements. Vous avez probablement vu dans les médias la
décision de la Régie de l'énergie, d'hier, en fin de journée, qui a approuvé
notre demande, de... d'obliger finalement tous les nouveaux bâtiments qui
veulent se raccorder à notre... à notre système énergétique, à partir du 1er avril
prochain, là, dans... dans moins de deux mois et quelques jours, donc, à être
100 % renouvelables. Donc, tout nouveau bâtiment qui veut avoir accès au
système de distribution d'Énergir, à partir du 1er avril, devra être
100 % renouvelable. Donc, on croit que ça va laisser beaucoup de place à,
justement, l'offre biénergie, électricité, GNR, ou encore à une... une
distribution 100 % GNR dans le bâtiment. Donc, le projet de loi 41
s'aligne avec les stratégies d'Énergir. Donc, on le croit vraiment favorable.
Mon deuxième point, c'est d'inviter les
membres de votre commission à rester ouverts sur la complémentarité des outils.
Oui, nous avons accès, on est très chanceux au Québec, à un système électrique
presque complètement décarboné, et il faut l'utiliser le plus possible. Mais ce
n'est pas l'unique solution, il doit aussi laisser place à la complémentarité,
comme certaines... certaines des initiatives, là, mises de l'avant par... par
Énergir. Donc, le projet de loi 41 doit s'inscrire dans une logique de
décarbonation efficace et durable. On va continuer à encourager nos clients à
vraiment investir, avant tout, en efficacité énergétique, à travailler sur leur
enveloppe de bâtiment, et ce, dès maintenant. Puis, en plus, on doit, par la
suite, adopter de plus en plus d'énergie renouvelable...
16 h 30 (version révisée)
M. Lortie (Renault-François) : ...leur
enveloppe du bâtiment, et ce, dès maintenant. Puis, en plus, on doit, par la
suite, adopter de plus en plus d'énergies renouvelables, comme l'électricité
verte, en complémentarité avec le GNR, qui viennent vraiment aider,
particulièrement pour gérer la pointe électrique en période d'hiver.
Donc, c'est dans cette avenue-là qu'on
invite vraiment les membres de la commission à garder l'oeil ouvert à ces
innovations-là. On doit avoir besoin de toutes les solutions énergétiques, que
ce soient les accumulateurs thermiques, les boucles énergétiques, la biénergie,
donc, garder, plus tard, dans la réglementation qui va probablement suivre le
projet de loi, une ouverture à l'ensemble de ces solutions-là. Je vais passer
la parole, maintenant, à mon collègue, Vincent Pouliot.
M. Pouliot (Vincent) : Bonjour,
Mme la Présidente, M. le ministre, mesdames, messieurs membres de la
commission. Pour ma part, j'aimerais partager avec la commission certains
points de vigilance à garder en tête, là, par rapport au projet de loi 41.
Notamment, le premier point vise la
cohérence de l'action gouvernementale. On voit que le projet de loi 41 donne
beaucoup de nouveaux pouvoirs habilitants au ministre de l'Environnement, de la
Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Plusieurs de ces
nouveaux pouvoirs sont similaires ou chevauchent le mandat d'autres organismes,
notamment celui de la Régie de l'énergie, quant à l'approbation des plans d'efficacité
énergétique ou de la reddition de comptes des distributeurs d'énergie. Le
projet de loi 41 doit indiquer clairement qui fait quoi, qui, entre la Régie de
l'énergie et le ministre, approuvera les programmes et les budgets requis à
leur réalisation. Le projet de loi 41 ne doit pas compliquer le rôle de la
régie ni dupliquer les processus d'approbation qui sont déjà en place, sous
peine, bien évidemment, de créer des ambiguïtés, de l'incohérence et des
délais, alors qu'il y a urgence d'accélérer la décarbonation.
Deuxième point sur lequel je voulais
attirer votre attention... concernant la clarification des attentes envers les
distributeurs d'énergie. On le voit, notamment à l'article 4, là, du projet de
loi, sur la performance environnementale des bâtiments... semble prévoir que
les distributeurs d'énergie devront fournir des informations sur la
consommation énergétique de leurs clients. Nous comprenons de... ce qui est
attendu du ministre du ministère, c'est qu'Énergir partage les informations sur
la consommation de gaz naturel, qu'elle soit fossile ou renouvelable, mais l'article
4, de la façon dont il est écrit, ratisse très large, ne distingue pas
clairement qui doit fournir les informations entre les propriétaires des
bâtiments ou les distributeurs d'énergie. Énergir souhaite s'assurer,
évidemment, qu'elle sera en mesure de fournir ce qui est attendu en termes d'information,
puisqu'évidemment on ne dispose pas de toutes les informations qui sont
énumérées, notamment à cet article.
Finalement, dernier point sur lequel je
souhaitais vous sensibiliser, c'est évidemment la protection des renseignements
personnels des clients. On voit que le projet de loi 41 prévoit que certaines
données sur la consommation énergétique des bâtiments soient divulguées par les
distributeurs d'énergie. Énergir, évidemment, s'assure de la protection des
renseignements personnels de ses clients dans le cadre de ses opérations, et on
doit s'assurer que le partage des informations par Énergir ne doit pas
accentuer, bien évidemment, les risques de fuite de renseignements personnels.
Donc, je recède la parole à mon collègue, Renaud Lortie, pour la conclusion.
Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) : Votre
temps est déjà écoulé. Je remercie le gouvernement d'avoir cédé... vous céder 1 min 30s
de leur temps. Ça fait que nous allons maintenant débuter la période d'échange.
M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Bonjour. Merci,
Mme la Présidente. Bonjour à vous. Merci de votre présence cet après-midi.
Autant Hydro-Québec est un partenaire, autant Énergir en est un aussi, dans les
défis, là, qui nous reviennent, là, pour se décarboner, pour faire face à la
crise climatique, également.
Vous avez fait allusion à cette décision
de la Régie de l'énergie hier. C'est une belle nouvelle et une initiative, de
votre propre chef, dans un premier temps, et j'étais curieux, à votre
connaissance, est-ce qu'il y a d'autres distributeurs de votre secteur qui ont
demandé à leurs propres régisseurs de passer uniquement au gaz naturel
renouvelable pour les nouveaux branchements? Est-ce que vous êtes seuls, seuls
au monde dans cet univers, ou si c'est une tendance qui est présente, là, au
sein d'autres organisations semblables à la vôtre?
M. Lortie (Renault-François) : Nous
sommes les premiers à pouvoir le mettre en action, dès le 1er avril prochain.
Je connais une autre juridiction nord-américaine qui a fait une demande
semblable, c'est l'initiative de Fortis, en Colombie-Britannique, mais, à l'exception
de celle-ci, qui est toujours à l'étude avec son régulateur, nous sommes les
premiers à avoir eu une approbation et à pouvoir le mettre en <œuvre...
M. Lortie (Renault-François) :
...pouvoir le mettre en >œuvre, et nous en sommes très fiers.
M. Charette : Avec raison, et
dans tous les cas, c'est une belle initiative et ça démontre le rôle que vous
souhaitez jouer au niveau de la transition énergétique. Et c'est quelque chose
qu'on tend, chez certains, à oublier, le gaz naturel renouvelable, c'est
quelque chose qui se perdrait, de toutes les façons, si on ne le valorisait
pas. La matière organique, on en aura toujours à gérer, et, si on ne la
valorise pas, elle émet... elle est une grande source d'émissions de gaz à
effet de serre. Donc, en la valorisant, en la transformant en gaz naturel
renouvelable, là, c'est une belle façon, effectivement, là, de pouvoir
valoriser une matière qui autrement ne serait que gestion de matières
résiduelles. Donc, on vous suit à ce niveau-là.
• (16 h 40) •
Vous avez parlé du programme de biénergie.
J'ai quelques données sous les yeux. C'est une initiative qui est encore
relativement récente. Moi, ce que j'ai, comme chiffres ou comme éléments, là,
du 1er avril 2022 — donc c'est tout récent — au 31 mars
dernier, c'étaient tout près de 190 projets qui avaient déjà été implantés
et financés. On parlait déjà, à l'époque, et ça fait presque un an, de
13 000 tonnes d'équivalent CO2, donc c'est une initiative qui semble
fonctionner. Après quelque... un petit peu moins de deux ans d'usage, est-ce
que vous en faites un premier bilan? Si oui, est-ce que vous pouvez nous
partager un petit peu le fruit, là, de ce bilan-là?
M. Lortie (Renault-François) : Absolument,
oui. Merci beaucoup. Depuis le lancement, là, effectivement, là, à la fin du
printemps 2022, début de l'été 2022, pour le segment résidentiel uniquement,
donc dans le segment de marché de... multirésidentiel de 19 portes et
moins, incluant l'unifamilial, duplex, triplex, nous sommes rendus, là, à près
de 2 300 conversions depuis le lancement du programme et une...
vraiment, une offre qui continue à se faire connaître auprès de notre clientèle
et qui monte en popularité, puis on va continuer à aller de l'avant, là, par
nos efforts de commercialisation. Nous avons pu le lancer, ce programme
biénergie là, dans une deuxième phase, suite à une deuxième approbation de la
Régie de l'énergie du Québec, dans les segments commercial et institutionnel.
Donc, vraiment, là, on vient couvrir l'ensemble du bâtiment au Québec, à
l'exclusion du marché industriel.
Donc, on a pu lancer le tout il y a
quelques mois, et là on débute les premières conversions. C'est des conversions
qui sont plus complexes, qui... donc qui peuvent couvrir des plus gros
bâtiments, comme des écoles secondaires, des petits hôpitaux, des grands
hôpitaux, des grandes institutions, donc c'est des programmes qui prennent un
petit peu plus de temps, où on doit utiliser les services, souvent, d'ingénieurs
en bâtiment, mais on voit, encore une fois, un bel engouement et on croit, là,
vraiment que c'est une offre qui va encore une fois nous mettre dans une bande
à part, je dirais, dans les juridictions nord-américaines, puisque le système
biénergie qu'on a lancé en partenariat avec Hydro-Québec est une première,
encore une fois, en Amérique du Nord.
Et je peux vous dire que, depuis son
lancement, là, à l'été 2022, on a fait plusieurs présentations un peu partout
aux États-Unis et au Canada pour expliquer comment on a pu arriver à une
entente de partenariat et comment on peut décarboner de façon très agressive, là,
la consommation de gaz naturel fossile au Québec.
M. Charette : Et vous en avez
fait mention rapidement, tout à l'heure, vos cibles et objectifs de
décarbonation, dans le temps, ça ressemble à quoi? Oui, on sera à 10 % de
GNR, là, pour 2030, là, on est confiants également de notre côté, mais, pour le
reste, en termes d'objectifs de décarbonation plus généraux, vous en êtes où?
M. Lortie (Renault-François) : Parfait.
Donc, en fait, nous partageons une cible ultime, qui est la décarbonation complète
du bâtiment d'ici 2040. Pour y arriver, on s'inscrit dans la cible, je vais
dire, intérimaire, là, de celle du <i>Plan pour une économie verte, du
PEV, qui est d'abaisser de 50 % les gaz à effet de serre dans le secteur
du bâtiment par rapport à 1990. Ce que ça veut dire, pour nous, notre clientèle
chez Énergir, c'est donc une baisse de 30 % des gaz à effet de serre entre
2020 et 2030 chez notre clientèle dans le bâtiment, mais, vraiment, là, nos
yeux sont sur la cible ultime d'aller chercher une pleine <décarbonation...
M. Lortie (Renault-François) :
...d'aller chercher une pleine >décarbonation du bâtiment
d'ici 2040. Et c'est vraiment par l'utilisation de la complémentarité du réseau
électrique et du réseau gazier que nous allons pouvoir y arriver puis pouvoir y
arriver à un prix juste pour les consommateurs québécois, en utilisant vraiment
pour 8 000 heures par année le réseau électrique propre que nous
avons, mais, pour la pointe électrique, les fameuses pointes à partir de moins 12 degrés,
utiliser le réseau gazier à l'aide du gaz naturel renouvelable. On va pouvoir
vraiment venir décarboner complètement le secteur du bâtiment, avec une
utilisation, là, vraiment optimale des deux réseaux de distribution énergétique
qui sont déjà bâtis et amortis par l'ensemble des Québécois depuis déjà
plusieurs décennies.
M. Charette : Parfait. Merci.
J'ai mon collègue qui souhaitait prendre la parole. Déjà, je vous remercie. Je
n'aurai pas la possibilité d'aller vous serrer la main après votre présentation,
donc je vous salue et vous remercie à l'instant, et c'est mon collègue qui va
prendre la relève.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous poursuivons avec le député de Masson. Vous disposez de 4 min 38 s.
M. Lemay : Merci. Bonjour à
vous trois. Donc, dans votre mémoire, la section 4.3, vous parlez de la
cotation des bâtiments et normes environnementales. Vous avez des réserves de
nature plutôt méthodologique, là. En effet, là, vous venez mentionner, là, que,
pour l'efficacité énergétique d'un bâtiment, que les émissions qui sont liées
au chauffage de l'air et de l'eau...qu'elles ne soient pas uniquement basées
sur des critères d'émission des GES. Dans le fond, vous dites que la cote de
performance énergétique ne devrait pas favoriser des bâtiments inefficaces,
même si leurs émissions de GES sont faibles.
J'aimerais avoir vos réserves de nature
méthodologique, un peu plus d'information là-dessus, tu sais... vous
mentionniez des points par rapport aussi, tu sais, chauffage air et eau, juste
un peu plus de détails là-dessus. C'est quoi, votre type de réserves, s'il vous
plaît?
M. Pouliot (Vincent) : En
fait, peut-être que je peux donner un exemple qui va... qui va vraiment bien
illustrer. Ce qu'on veut éviter, c'est que des bâtiments, exemple, tout
électriques mais qui ont des... une enveloppe thermique qui est complètement
désuète, puissent, parce qu'ils n'émettent pas de gaz à effet de serre, obtenir
une cote énergétique très élevée, alors qu'on a un autre bâtiment, dont un propriétaire
a investi dans son enveloppe de bâtiments, a mis en place des équipements
efficaces, qu'ils soient en gaz naturel renouvelable, combinaison biénergie,
etc., donc, à la limite qu'il pourrait même y avoir des gaz à effet de serre
dans ce bâtiment-là mais que la performance énergétique, elle est optimisée... on
voudrait éviter qu'il y ait des incohérences dans la cotation énergétique de
façon à ce qu'un bâtiment superefficace puisse avoir une cote énergétique
inférieure à un bâtiment totalement non efficace, mais qui n'émettrait pas de
gaz à effet de serre. Donc, je pense que c'est important d'avoir une double
polarité, en fait, entre les indices qui seront utilisés, peut-être un
indicateur de GES, un indicateur aussi d'efficience énergétique, et non pas un
axe unidirectionnel, donc, c'est un peu le point qu'on veut illustrer avec ça.
M. Lemay : Merci pour la
précision. Dites-moi, j'étais là, à Drummondville, en avril 2023, là, quand Mme
Trudeau avait fait l'annonce, là, puis je suis bien content de voir qu'on
arrive, justement, au 1er avril de cette année... pour qu'on mette en place
pour les GNR dans les nouveaux bâtiments. Certains commentaires qu'on peut
constater, là, de personnes, ce serait de dire : Bien, comment ça se fait
que, dans le tuyau, tu sais, il y a un faible pourcentage de GNR? Vous, vous
dites : De gaz de source renouvelable, tu sais, mais comment on fait pour
l'attribuer à ce client spécifiquement, au niveau de la molécule, là? Est-ce
que vous voulez juste éclaircir ce point-là, s'il vous plaît?
M. Lortie (Renault-François) : Excellente
question. Effectivement, c'est un point important. On n'est pas habitués, au
Québec, d'utiliser le système de traçabilité contractuelle pour suivre
l'approvisionnement d'une énergie et sa consommation. Pourtant, c'est un
système qui est utilisé, là, partout en Europe et particulièrement aussi aux
États-Unis.
Donc, effectivement, ce n'est pas la
molécule physique de GNR qui est introduite dans notre système de distribution
qui va être consommée par le client qui en paie le surplus au niveau monétaire,
parce que le gaz naturel renouvelable coûte plus cher que le gaz naturel
fossile, c'est un système de traçabilité... Le meilleur exemple que je peux
donner, c'est celui... On est très habitués du système de traçabilité qu'il y a
dans le système monétaire. Donc, quand on prend un 20 $ physique, puis
qu'on le met dans un guichet automatique à Laval, puis qu'on s'en va à Montréal
pour magasiner, puis qu'on ressort du guichet un 20 $, ce n'est pas le
même 20 $ physique, mais c'est toujours le nôtre parce qu'il y a une
traçabilité juridique du 20 $. C'est exactement la même chose avec le GNR.
Il y a un système de traçabilité qui fait en <sorte...
M. Lortie (Renault-François) :
...système de traçabilité qui fait en >sorte qu'on suit le
GNR lorsqu'il rentre dans notre système. Même si, physiquement, ce n'est pas
celui qui est consommé par le consommateur, c'est bien son GNR, c'est lui qui
en paie le surplus et c'est lui qui va voir le fait qu'il ne paiera pas de
système de plafonnement et d'échange sur sa facture d'Énergir. Il va pouvoir
participer, par exemple, au nouveau système fédéral sur les normes sur les combustibles
propres, donc une reconnaissance qu'il consomme une énergie complètement renouvelable.
La Présidente (Mme Maccarone) : 28 secondes.
M. Lemay : 28 secondes.
Ah bien, merci pour cette capsule de comment c'est fait, et en espérant que ça
réponde aux questions de nos auditeurs. Et, Mme la Présidente, je vais céder la
parole au...
• (16 h 50) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole à l'opposition officielle. M. le député
de Jacques-Cartier, vous disposez de 10 min 16 s.
M. Kelley : Merci, Mme la
Présidente. Merci beaucoup pour votre présentation. Est-ce que vous êtes en
mesure de m'expliquer comment le gaz renouvelable est équivalent de comme…
l'hydroélectricité, en termes des GES? Ça, c'est marqué sur votre site Web.
Puis je veux bien comprendre comment ça, c'est possible, quand vous avez aussi
un système avec les gaz mixtes, mais c'est écrit ici... Parce que moi, je veux
bien, bien s'assurer, tout le monde, que, si on va ajouter plus de gaz dans nos
bâtiments pour le chauffage, qui n'est pas nécessairement une mauvaise chose,
qu'on n'ajoute pas trop à notre bilan des GES, quand nous sommes en train de
réduire ça à le maximum. Parce que c'est sûr que votre produit n'est pas
100 % aucun GES. Alors, si vous êtes capables de bien expliquer ça à nous,
je pense que ça va rassurer plein de monde qui nous écoute ce soir.
M. Lortie (Renault-François) : Absolument.
Donc, il y a... je dirais qu'il y a deux façons de voir l'impact carbone d'une
énergie. Il y a une méthodologie qui regarde à la combustion et il y a une
méthodologie qui le regarde sur l'ensemble du cycle de vie de l'énergie.
Commençons par à la combustion. Donc, effectivement, lorsqu'on brûle du gaz
naturel renouvelable, il va y avoir une fumée, mais le CO2 qui va être relâché
par la combustion de GNR va être un CO2 biogénique, donc un CO2 qui va être
neutre en carbone, tout comme celui qui est émis lorsqu'on fait brûler du bois,
par exemple. C'est une... c'est un carbone qui aurait été émis à l'atmosphère
lorsque la matière organique aurait été consommée dans la nature ou... Et donc
c'est un système qui se veut neutre en carbone au niveau de la combustion.
Après ça, si on regarde la méthodologie
qui regarde l'ensemble du cycle de vie, comme, par exemple, la nouvelle norme
sur les combustibles propres au niveau fédéral va le faire pour l'intensité
énergétique des énergies liquides fossiles, bien, on est en train de mettre en
place ces suivis-là. Et là le GNR, selon sa source — donc, il y a
différentes matières organiques qui peut être utilisée pour faire du gaz naturel
renouvelable — va avoir des intensités carbone différentes.
Je vous donne un exemple. Le gaz naturel
renouvelable qui va être fait à partir de fumier ou de lisier agricole va
souvent se faire donner une intensité carbone négative, alors que celui qui
prend la matière organique qui est dans un lieu d'enfouissement va avoir une
intensité carbone légèrement positive, dans le coin de 10 ou de
15 intensités carbone. Donc, le GNR qui va être utilisé par Énergir puis
qui est commercialisé par Énergir va être un mélange des intensités carbone des
différentes sources de GNR que nous avons.
C'est un peu complexe, mais il reste qu'on
a fait vérifier par le CIRAIG, donc, un des organismes bien connus au Québec
sur les analyses de cycle de vie, quelle était l'intensité carbone de notre GNR
depuis qu'on a commencé à le commercialiser, et l'intensité carbone de notre
GNR est comparable à l'intensité carbone de l'hydroélectricité. On est donc,
selon les différentes sources, un petit peu mieux ou un petit peu plus élevé
que l'utilisation d'une thermopompe ou de calorifères électriques. Donc, c'est
pour ça qu'on est... on met sur notre site Web, comme vous l'avez mentionné,
là, que notre GNR, celui qui est commercialisé, a une intensité carbone qui est
très comparable à celle de notre électricité propre du Québec.
Mme Houde (Catherine) : Si je
peux simplement ajouter, l'étude du CIRAIG, qui a été réalisée en 2020, est
d'ailleurs accessible sur notre site Web, donc toutes les données sont là.
C'est une étude qui a aussi été vérifiée par des pairs. Et puis on a aussi
notre rapport sur la résilience climatique. On en est maintenant à notre
troisième édition, qui sera disponible, là, d'ici quelques semaines.
M. Kelley : Merci beaucoup.
J'ai aussi une question sur cette question de la <biénergie...
M. Kelley :
...j'ai
aussi une question sur cette question de la >biénergie. Comme, on
discute ici que c'est une énergie qui est temporaire, pour aider nous de faire
la transition, mais est-ce qu'on n'est pas en train de forcer les gens de payer
pour un système biénergie puis, dans 15 ans, ils vont être obligés de
sortir de ça? Est-ce qu'il y a un... des coûts pour les consommateurs ou, quand
même, les propriétaires des bâtiments?
M. Lortie (Renault-François) : Ma
réponse, j'essaie de la mettre dans une phrase : Pour nous, la biénergie,
électricité, gaz naturel renouvelable, ce n'est pas une énergie de transition,
c'est une énergie de destination. Alors, il faut vraiment comparer, là,
qu'est-ce qu'on a comme choix en ce moment au Québec. On peut décider, tous ensemble,
de... Donc, le bâtiment chez Énergir, c'est 9 000 mégawatts de
puissance. Donc, si on prend ces 9 000 mégawatts-là puis on les
électrifie, il va falloir bâtir. Depuis la production électrique... Juste pour
comparer, le dernier projet d'Hydro-Québec, de La Romaine, c'était 1 550 mégawatts.
Donc, pour remplacer 9 000 mégawatts, on s'entend qu'on a besoin d'à
peu près quatre, cinq Romaine. Donc, soit on se met, comme société, à générer 9 000 mégawatts,
construire des lignes de transport, construire des lignes de distribution pour
pouvoir remplacer ce 9 000 mégawatts-là en puissance dans le bâtiment
ou soit on utilise le gaz naturel renouvelable, qui est déjà disponible, un
système de distribution d'énergie qui est déjà construit, qui est déjà très
résilient parce qu'il est sous terre, ça fait qu'il est moins affecté par les
changements climatiques qui nous affectent tous, et, donc, on utilise vraiment
la complémentarité des deux réseaux qu'on a déjà, comme société, payés,
amortis, pour pouvoir décarboner ce fameux 9 000 mégawatts-là. Donc,
c'est vraiment une solution de destination.
On ne sera pas, dans 15 ans, à
essayer de vouloir défaire le système de biénergie qu'on est en train de mettre
en place, on va continuer à l'alimenter, on va continuer à utiliser les deux
beaux réseaux en électricité verte et en gaz naturel renouvelable et on va
l'avoir fait à un meilleur coût pour la société québécoise, et avec une
résilience, hein? Parfois, il y a un réseau qui peut avoir des difficultés par
rapport à l'autre. Bien là, avoir accès aux deux réseaux va donner une
résilience aussi à la clientèle québécoise pour pouvoir... pour pouvoir passer
à travers les effets climatiques qui peut affecter notre climat.
M. Kelley : Merci pour la
réponse sur la résilience... le réseau énergétique au Québec. On a vu de plus
en plus de pannes partout au Québec, grâce à des plus grandes tempêtes et
événements climatiques. Est-ce que dans la pointe... bien, on peut parler de
pendant l'hiver, est-ce que le gaz naturel demeure une option qui peut rendre
des bâtiments un petit plus sécures en termes de chauffement, selon vous?
M. Lortie (Renault-François) : Alors,
oui, absolument. Souvent, les vents, la neige lourde, les intempéries qui
peuvent affecter les lignes électriques ne vont pas avoir d'impact sur nos
tuyaux, qui, nous, sont souterrains. Donc, comme on l'a vécu dans le dernier
épisode de verglas, que ce soit celui de l'an passé ou le plus important, d'il
y a maintenant 20 ans, le système gazier est resté, je dirais, utilisable
lors de ces événements-là.
On doit quand même s'assurer d'avoir... On
va continuer à travailler, je dirais, sur des systèmes biénergie encore plus
résilients, je croirais, en faisant place à l'innovation puis en amenant même
des batteries qui pourraient être utilisées, là, pour s'assurer que l'ensemble
des systèmes restent bien utilisés et utilisables pendant ces... pendant ces
mauvaises situations climatiques là.
M. Kelley : Merci. Et juste une
dernière question : Est-ce que vous avez des craintes en lien avec la
main-d'œuvre pour s'assurer que... si jamais il y a une demande de plus pour le
gaz renouvelable, que vous n'êtes pas capables de nécessairement livrer tous
les projets ou toutes les demandes rapidement?
M. Lortie (Renault-François) : C'est
une question intéressante. Non, je crois que l'ensemble des producteurs privés
qui s'intéressent à la construction d'usines de production de gaz naturel
renouvelable ont accès à la main-d'œuvre et à l'expertise maintenant. Nous
avons sept producteurs québécois de gaz naturel renouvelable qui injectent dans
notre <réseau...
M. Lortie (Renault-François) :
...renouvelable qui injectent dans notre >réseau. On devrait
en voir trois autres en... durant l'année 2024, qui va se joindre. Et je n'ai
pas entendu, de la part de ces investisseurs et de ces producteurs-là d'énergie
renouvelable, d'enjeu sur la main-d'oeuvre dans les derniers mois, non.
La Présidente (Mme Maccarone) : 44
secondes.
Mme Dufour : ...
M. Kelley : Ah!
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
bien, question rapide, la députée de Mille-Îles.
• (17 heures) •
Mme Dufour : Ça va être une
question oui ou non, ça va être facile. Merci pour votre exposé. Vous indiquez,
dans votre mémoire, que vous avez pour objectif d'éviter l'émission de 1 million
de tonnes de GES de vos clients par rapport à 1990. Et donc ça, c'est d'ici
2030. Ce que je voudrais savoir, c'est : Est-ce que... si vous atteignez
cet objectif-là que vous vous êtes donné, est-ce que ça va permettre
d'atteindre l'objectif que le gouvernement s'est donné de réduire de 50 %
les émissions d'ici 2030, les émissions de GES?
M. Lortie (Renault-François) : Oui,
absolument. Donc, le plan de match...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Malheureusement, il va falloir qu'on attende pour la réponse, peut-être à un
autre moment. Je cède la parole au député de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vous remercie pour votre présentation. Tout à
l'heure, vous disiez que vous étiez bien d'accord et vous saluiez même les
efforts du ministre d'encadrer, bon, par règlement le gaz naturel. J'imagine,
vous avez entendu parler des différentes initiatives des villes afin
d'interdire les nouveaux branchements de gaz, entre autres, la ville de
Prévost, que vous connaissez bien. Alors, j'aimerais ça, vous entendre un peu
plus sur votre vision sur l'autonomie des villes en termes de lutte aux
changements climatiques, le fait que l'encadrement du gaz naturel va venir, en
fait, casser tous ces règlements-là, des règlements ambitieux, et que j'imagine
que ceci va dans les intérêts d'Énergir.
Mme Houde (Catherine) : Oui,
certainement, bien, on est tout à fait favorables, là, à l'autonomie des villes
en général. Maintenant, avec le règlement, en fait, sur... l'annonce du
ministre de ce matin concernant la réglementation, ce qu'on souhaite, c'est
avoir une cohérence, donc, éviter les courtepointes réglementaires, qui sont
très, très difficiles, là, pour Énergir, pour les distributeurs, pour les
fournisseurs, les partenaires, à appliquer. On doit assurer quand même une
certaine prévisibilité puis s'assurer que ce soit opérationnalisable, là, comme
réglementation, mais, dans tous les cas, on travaille sur le même objectif de
transition énergétique. Ce qu'on souhaite, c'est vraiment atteindre des cibles
que le gouvernement s'est fixées. Puis, évidemment, on collabore avec autant
les villes que le gouvernement du Québec sur ce point.
Mme Zaga Mendez : Merci. Vous
nous parlez d'atteindre des cibles. Vous présentez le gaz naturel renouvelable
comme une voie de transition, bien sûr, lorsqu'il n'est pas mélangé avec du gaz
fossile. J'aimerais ça, vous entendre sur le potentiel du GNR... de GNR pour le
Québec dans les prochaines années.
M. Lortie (Renault-François) : Oui,
il y a différentes études de tiers, là, de consultants qui sont venus évaluer
le potentiel technicoéconomique de l'ensemble de la matière organique que nous
avons au Québec, la matière organique de première génération, avec fumier,
lisier, traitement de boues des eaux usées, les lieux d'enfouissement, donc
toute la première génération de matière organique, mais aussi, après ça, la
deuxième génération qui est... de GNR qui est faite avec de la biomasse
forestière résiduelle, et la troisième génération de GNR, qui va s'en venir
peut-être plus vite que la deuxième génération, on va voir, les deux sont en
développement très rapide en ce moment, mais qui est la méthanisation du CO2
biogénique avec de l'hydrogène vert.
Donc, lorsqu'on regarde l'ensemble de ces
potentiels technicoéconomiques là de GNR, différentes études montraient jusqu'à
178 BCF de potentiel ici, au Québec, et on distribue environ 220 BCF
actuellement de gaz naturel fossile. Ce qu'il faut comprendre, c'est que notre
objectif, c'est d'abaisser le gaz naturel fossile qui est distribué par
Énergir. On est conscients que le gaz naturel fossile doit descendre
rapidement, les volumes de gaz naturel fossile doivent vraiment descendre
rapidement, et qu'on doit remplacer ce qui va rester par le gaz naturel renouvelable.
Et notre engagement...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. Lortie (Renault-François) : ...pour
l'ensemble des segments...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous remercie, M. Lortie, M. Pouliot et Mme Houde, pour votre contribution à
nos travaux ici, dans notre commission, en espérant qu'on va pouvoir poursuivre
le dialogue à l'extérieur de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants
afin que l'on puisse accueillir notre prochain groupe...
17 h (version révisée)
La Présidente (Mme Maccarone) : ...accueillir
le prochain groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 05)
(Reprise à 17 h 08)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous poursuivons nos travaux. Et je souhaite la bienvenue aux représentants du Conseil
Patronal de l'Environnement du Québec.
Alors, je vous rappelle que vous disposez
de 10 minutes pour votre exposé, après quoi, nous procédons aux périodes d'échange
avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter puis à
commencer votre exposé. Merci.
(Visioconférence)
Mme Lauzon (Hélène) : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour! Bonjour à vous. Bonjour, M. le ministre, et bonjour,
Mmes et MM. les parlementaires. On vous remercie de nous avoir invités à
comparaître aujourd'hui.
Mon nom est Hélène Lauzon, je suis la
présidente-directrice générale du Conseil Patronal de l'Environnement du Québec.
Et je suis accompagnée de mes deux collègues, M. Louis-Philippe Lefebvre,
qui est le directeur des affaires publiques et législatives, ainsi que mon
autre collègue, M. Olivier Dulude, qui est le directeur adjoint des
affaires publiques et législatives aussi.
Donc, bien, écoutez, d'emblée, on peut
vous dire que nous appuyons le projet de loi 41. Pourquoi? Pour deux
raisons principales. Parce que le Québec accuse du retard en matière de
performance environnementale, performance environnementale des bâtiments, puis
plus particulièrement en matière de performance énergétique. Vous savez qu'il
existe un code de construction au Québec, mais ce code-là, malheureusement, il
renvoie ou il intègre par voie de renvoi les dispositions du Code national de l'énergie
pour les bâtiments du Canada, qui datent de 2015. Alors, il serait important
que notre nouveau code de construction, qui est en voie de révision, puisse
intégrer la version de 2020, parce que le code du Canada maintenant date de
2020, alors que notre code, au Québec, date de 2015, puis il réfère aux
dispositions de 2015 du code du Canada. Donc, il est important de mettre à jour
ces dispositions.
C'est une bonne chose que le code de
construction soit en révision en ce moment, mais on se rend compte que... on
nous met d'intégrer des mesures d'amélioration en efficacité <énergétique...
Mme Lauzon (Hélène) :
...on
se rend compte que... on nous met d'intégrer des mesures d'amélioration en
efficacité >énergétique, comme par exemple, des exigences d'isolation
thermique.
Donc, pour nous, le projet de loi doit
favoriser, là, l'amélioration rapide de l'efficacité énergétique des bâtiments.
Ça, c'est la première raison pour laquelle nous appuyons le projet de loi.
Puis la deuxième raison, c'est parce que
le projet de loi, il permet au Québec de respecter ses engagements en termes de
réduction d'émissions de gaz à effet de serre. Le dernier inventaire des
émissions de gaz à effet de serre du Québec, qui date de 2021, nous dit que les
bâtiments... pour le chauffage, pour ce qui est des bâtiments, les émissions de
gaz à effet de serre sont de 9,1 %. Donc, il est important qu'on continue
à faire des efforts pour réduire les émissions de GES provenant des bâtiments. Si
je me...
• (17 h 10) •
Maintenant je passe à la portée du projet
de loi 41. Ça semble viser, quand on le lit, la performance énergétique
des bâtiments, mais la rédaction du projet de loi laisse planer la possibilité
que la portée puisse être plus grande, et ça, ça nous préoccupe, ou, en tout
cas, on a un souci par rapport à ça.
La définition de performance environnementale
que l'on retrouve à l'article 1 du projet de loi parle de mobilité durable.
Donc, on se dit : Mais c'est assez large quand même, alors qu'on parle de
bâtiments ici.
L'article 1 aussi... c'est-à-dire
l'article 4.1 b du projet de loi réfère aussi aux matériaux de
construction utilisés lors des travaux de construction. Là aussi, on se dit :Mais
c'est quand même très large.
Donc, pour nous, il serait nécessaire, là,
qu'on précise la portée du projet de loi pour savoir si la loi portera
uniquement sur la performance énergétique des bâtiments dans une perspective de
lutte contre les changements climatiques ou s'il aura une portée plus large
couvrant d'autres aspects liés, là, à la performance environnementale des
bâtiments.
En ce qui concerne les pouvoirs du
ministre, bien sûr, on appuie le fait que le ministre, là, doit jouer un rôle
important en matière d'efficacité énergétique des bâtiments, il doit jouer son
rôle de conseiller du gouvernement dans la lutte contre les changements
climatiques. Puis nous appuyons aussi la pertinence qu'on retrouve dans le
projet de loi d'administrer un système de déclaration obligatoire et de cote de
performance environnementale qui est axée sur la performance énergétique, puis
l'administration d'un registre aussi.
La crainte que nous avons avec le libellé
du projet de loi, c'est que... que le projet de loi, s'il permet d'élaborer des
normes en matière de travaux de construction, ça semble être le cas ou ce n'est
pas certain mais à voir, bien, qu'il puisse y avoir une confusion importante
avec le rôle de la Régie du bâtiment<i> puis le rôle du ministre.
Donc, la Régie du bâtiment<i>, sa
compétence, bien, elle vise à élaborer puis administrer des normes en matière
de travaux de construction pour des fins de sécurité publique, alors que le
ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de
la Faune et des Parcs, bien, lui, sa responsabilité, ce serait surtout
d'élaborer des normes de performance environnementale. Ça fait que, pour nous,
ça suscite de la confusion, puis on croit qu'il y a une nécessité d'une
collaboration étroite entre les deux pour assurer un arrimage, pour s'assurer
que les dispositions de l'un n'empiètent pas sur les dispositions de l'autre,
ou que les pouvoirs de l'un n'empiètent pas sur les pouvoirs de l'autre.
En ce qui concerne les pouvoirs
réglementaires, il y a beaucoup de précisions qui seront éventuellement
déterminées dans un éventuel projet de règlement, puis nous souhaiterions que
les entreprises puissent être consultées en amont, parce qu'il y a beaucoup
d'éléments à déterminer dans le projet de règlement. Donc, c'est un appel qu'on
vous fait à ce sujet.
Au chapitre des commentaires plus
spécifiques, parce que là je vous ai fait des commentaires plus généraux, mais
au chapitre des commentaires plus spécifiques, il y a la notion de bâtiment qui
serait peut-être à avoir parce qu'on n'est pas certain de quel type des
bâtiments sont visés.
On comprend, en lisant l'étude d'impact,
l'analyse d'impact qu'il y aura les... les multilogements, les plus grands
logements au départ, les plus grands bâtiments, mais qu'ensuite ce sera les
autres, mais on n'a pas d'indication. Alors, c'est par voie réglementaire qu'on
comprend que ce sera fait.
Nous croyons aussi qu'il devrait y avoir
des exemptions pour les bâtiments dont la consommation est liée à l'activité
qui s'y déroule et non au bâtiment lui-même, puis on pense entre autres aux
centres de données. Il devrait y avoir aussi une exemption pour les bâtiments
dont les activités sont visées par le règlement sur la déclaration obligatoire
des émissions de contaminants et gaz à effet de serre pour éviter le
dédoublement... double déclaration.
Le projet de loi propose que le déclarant,
le propriétaire déclarant, parle des <matériaux...
Mme Lauzon (Hélène) :
...Le
projet de loi propose que le déclarant, le propriétaire déclarant, parle des >matériaux,
mentionne les matériaux utilisés lors des travaux de construction. Alors, ça,
ça fait vraiment, je vous dirais, frissonner tout le monde parmi nos
entreprises, qui se sont dit : Mais oui, mais il y a des bâtiments
existants, il y a des très vieux bâtiments, on ne sera pas en mesure de fournir
l'information à ce moment-là pour des vieux bâtiments, ou de colliger cette
information-là, ça pourrait prendre beaucoup de temps, ce serait très coûteux.
Donc, ce que nous pensons, c'est que les
bâtiments qui seront visés pour... pour les matériaux utilisés, ça ne devrait
être que les nouveaux bâtiments ou les bâtiments qui ont fait l'objet de rénovations
majeures.
Nous appuyons, bien sûr... Là, il y a...
au chapitre, là, de... les cotes de performance environnementale et puis des...
particulièrement les cotes de performance énergétique du bâtiment, c'est une
très belle initiative. Félicitations! Nous sommes d'accord. Nous souhaiterions
savoir dans quelles circonstances le ministre s'attribue lui-même le pouvoir
d'attribuer une cote. Bien sûr, ce sera par voie réglementaire, mais d'où
l'intérêt et la nécessité de consulter en amont les entreprises.
Pour ce qui est du registre, ça, c'est une
information pour nous qui est très importante, le registre, il est... il fait
en sorte que les renseignements qui y seront consignés sont... ont un caractère
public. Or, comme vous le savez, les entreprises ont souvent des secrets
industriels et commerciaux, donc il faut prévoir un mécanisme pour protéger les
secrets industriels et commerciaux de nos entreprises afin que ces
informations-là ne se retrouvent pas sur le registre.
Donc, plutôt que de dire c'est quoi, la
consommation d'énergie, par exemple, qu'on peut avoir utilisée, bien, parler
d'une fourchette d'énergie pour ne pas révéler de secret de cette façon-là,
donc contextualiser l'information qui pourrait éventuellement se retrouver sur
le registre.
Et puis, bien, je terminerais avec une
disposition où je vous félicite, c'est l'article... attendez un instant, je
crois que c'est 29, oui, l'article 29 du projet de loi, qui nous dit qu'un
règlement municipal portant sur le même objet est inopérant à moins qu'il ait
été approuvé par le ministre. Donc, pour nous, cette disposition-là, elle est
fondamentale.
C'est comme l'article 118.3.3 de la Loi
sur la qualité de l'environnement, c'est une disposition qui est, je vous
dirais, tellement importante de conserver, parce que c'est une disposition qui
permet d'avoir une cohésion ou une cohérence de l'aspect réglementaire à
travers le Québec. Si chaque municipalité se met à adopter son propre règlement
sur l'efficacité énergétique des bâtiments puis les entreprises qui doivent
travailler dans toutes ces municipalités, elles n'y arriveront pas. Donc,
d'avoir une disposition comme celle-là, qui est un garde-fou pour s'assurer que
les règlements municipaux doivent être approuvés par le ministre... mais normalement
c'est le règlement provincial qui va prévaloir.
Puis, enfin, il y a une belle disposition
aussi dans votre projet de loi, qui est importante de mentionner, parce qu'il
est possible de révoquer un règlement municipal que vous auriez approuvé. Donc,
on pense par exemple au règlement de la ville de Montréal qui a adopté un
règlement sur la cotation énergétique. Je ne sais pas si vous l'avez encore
approuvé, mais, si jamais c'était le cas, bien, il pourrait éventuellement être
révoqué parce que c'est un autre régime applicable sur le territoire de la ville
de Montréal. Puis les objectifs ne sont pas nécessairement les mêmes. Pour
vous, c'est la... c'est la déclaration obligatoire, la cotation, les normes,
alors qu'eux c'est la divulgation et la cotation.
Donc, pour nous, c'est important de...
éventuellement de ne plus... de révoquer ces règlements-là pour qu'il n'y ait
qu'un seul règlement à travers le Québec.
Voilà ce que l'on voulait vous dire
aujourd'hui. Et puis, bien, au plaisir d'échanger avec vous maintenant.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
êtes à la seconde près, Mme Lauzon. Merci beaucoup. Nous procédons avec la
période d'échange. M. le ministre, vous disposez de 14 min 30 s.
M. Charette : C'est bien
gentil. Temps que je vais partager avec mes collègues qui souhaitent également
intervenir.
Donc, à vous trois, donc, madame, messieurs,
merci d'être avec nous. C'est toujours un plaisir d'entendre l'expertise de
CPEQ à travers nos différentes occasions d'échange.
Moi, je vais être davantage être dans les
commentaires rassurants, et mes collègues seront davantage dans les questions.
J'ai relevé deux... trois points, en fait, sur lesquels, je pense, on peut
apporter certaines précisions afin de rassurer celles et ceux, là, qui peuvent
être inquiets.
D'abord, qui fait quoi? Dans le projet de
loi, il y a différentes dispositions, il y a aussi des thèmes qui, effectivement,
peuvent sembler s'éloigner de la cotation énergétique des bâtiments, et c'est
le cas.
Le projet de loi 41 est aussi une
occasion pour nous de... de mettre en pratique le volet de transition
énergétique, qui revient maintenant au ministère de <l'Environnement...
M. Charette :
...qui
revient maintenant au ministère de >l'Environnement. On avait besoin
d'une... d'un levier législatif, et le projet de loi 41 en est un.
On se souvient, au lendemain de la
dernière élection, il y a eu un réaménagement au sein des différents
ministères, et le ministère de l'Environnement s'est vu attribuer la
responsabilité de la transition énergétique, donc il y a des dispositions du
projet de loi qui abordent spécifiquement cette question-là.
C'est pour ça que, peut-être, certains
articles donnent l'impression, là, de s'éloigner de la cotation énergétique des
bâtiments, mais il faut faire attention aux impressions, parce que, dans
certains cas, on est dans l'efficacité énergétique des bâtiments, même si les
thèmes retenus donnent l'impression de s'en éloigner.
• (17 h 20) •
Vous parliez, Mme Lauzon, de la
mobilité durable. Il y a un lien direct qui peut être fait avec le bâtiment, c'est
s'assurer, par exemple, que les bâtiments ont les dispositifs pour les bornes
de recharge, s'assurer que, dans certains cas, des bâtiments avec plusieurs
logements puissent avoir, un exemple aussi bête, mais, en même temps,
important, qu'un support à vélos, pour favoriser la mobilité active et durable.
Donc, c'est la raison pour laquelle on retrouve cette référence-là. Donc, un
premier élément de contextualisation.
Et, toujours dans le qui fait quoi,
naturellement, c'est beaucoup la réglementation qui va le définir au cours des
prochains mois, des prochaines années, au fur et à mesure de son développement,
et, comme on l'a fait dans bien d'autres cas de pouvoirs réglementaires, sinon d'habilitations
réglementaires, bien, c'est avec les partenaires que ce sera travaillé.
Donc, le qui fait quoi sera précisé à
travers le processus qu'on a développé, c'est-à-dire la cocréation. Et à
chacune des fois d'ailleurs, le CPEQ était un partenaire très précieux, merci,
encore une fois. Donc, c'est une réglementation qui sera préparée en cocréation
pour ensuite faire l'objet de consultations publiques, où les différentes
parties prenantes auront tout à fait la possibilité, là, de se prononcer.
Et, encore une fois, j'ai eu l'occasion de
le mentionner à des groupes un petit peu plus tôt, ça ne se fait pas du jour au
lendemain, ça ne se fait pas seul dans les officines du ministère de
l'Environnement, les parties prenantes seront impliquées, là, dans la démarche.
Et la fameuse question des deux codes. L'APCHQ,
un petit peu avant vous, a eu l'occasion aussi d'exprimer ce qui semble être des
inquiétudes, et elles sont légitimes ces inquiétudes-là, elles sont même
compréhensibles, mais il faut comprendre, dans la dynamique, que ce soit du
projet de loi 44, où la coordination de l'action gouvernementale en
matière de lutte aux changements climatiques revient au ministère de
l'Environnement, dans la foulée aussi où la responsabilité de la transition
énergétique revient au ministère de l'Environnement, la Régie du bâtiment<i>,
avec toute l'expertise et tout le mérite qu'elle a, n'a pas l'expertise pour
traiter de ces enjeux-là. Elle est au ministère de l'Environnement, cette
expertise-là.
Donc, c'est la raison pour laquelle on
parle d'un code du bâtiment durable, on parle d'une responsabilité qui revient
au ministère de l'Environnement, mais naturellement la Régie du bâtiment sera
un partenaire et est un partenaire de cette démarche-là. La dernière chose que
l'on souhaite, c'est de complexifier le travail de celles et ceux qui veulent
développer des projets, notamment résidentiels.
Donc, on peut voir le code du bâtiment
durable comme une composante du code du bâtiment. Et ultimement, et c'est ce
qui a été répété ce matin aussi, l'application de ce code-là pourra aussi être
confiée... ce n'est pas encore officialisé, mais c'est une hypothèse qui est
bien réelle, pourra être... pourrait être confiée directement à la Régie du
bâtiment<i>, pour éviter que les donneurs d'ordres aient une
multiplication, c'est-à-dire aient plusieurs interlocuteurs pour un même projet.
Mais l'expertise au niveau de la
transition énergétique, l'expertise au niveau environnemental, sinon même
efficacité des bâtiments, elle n'est pas à la Régie du bâtiment<i>, qui
s'occupe davantage de sécurité des ouvrages, qui s'occupe de la qualité des ouvrages.
Donc, c'est pour s'assurer, là, que
l'expertise, la bonne expertise soit développée et mise de l'avant.
Mais loin de nous l'intention de dire :
On veut complexifier la tâche de ces promoteurs, là, qui nous aiderons à mettre
sur le marché davantage de logements, d'habitations ou sinon de bâtiments en
général.
Donc, c'est les trois éléments qui
nécessitaient peut-être une petite précision de ma <part...
M. Charette :
...en
général.
Donc, c'est les trois éléments qui
nécessitaient peut-être une petite précision de ma >part. Si vous
souhaitez intervenir par rapport à ces précisions-là, vous êtes tout à fait
libres et invités à le faire. Sinon, j'ai mes collègues qui auraient davantage
des questions plus précises, là, pour vous.
Mme Lauzon (Hélène) : Merci,
M. le ministre. Moi, je n'ai pas de question additionnelle pour clarification.
Je ne sais pas si mes collègues, vous en avez.
Une voix : Non. Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) : Bon.
Bien, formidable. Nous allons poursuivre les échanges. D'abord, avec la députée
d'Iberville. Vous disposez de 7 min 40 s.
Mme Bogemans : Bonjour.
Premièrement, moi, la façon dont je vous perçois, le conseil patronal, c'est
vraiment comme des partenaires pour pouvoir arriver à atteindre nos objectifs,
comme étant les grands propriétaires, justement, des bâtiments qu'on veut
améliorer la performance énergétique. Puis je voulais voir votre opinion sur la
mise en place du système de cotation dont on parle dans le projet de loi.
Est-ce que vous trouvez que c'est
significatif pour l'amélioration du bilan de GES pour le secteur du bâtiment? Puis
quels secteurs on devrait couvrir?
Mme Lauzon (Hélène) : Bien,
dans un... je vais intervenir, dans un premier temps, si vous me permettez,
puis je pense que mes collègues vont vouloir aussi intervenir.
C'est un aspect positif parce que ça met
de la pression, c'est certain, ça met de la pression pour améliorer sa cote, sa
cotation. La préoccupation que nous avons par rapport à la cotation, c'est que,
s'il y a une cote qui apparaît dans un registre, qui n'est pas contextualisée,
bien, que ça vienne stigmatiser certains bâtiments.
Donc, oui, c'est un avantage pour
améliorer, mais c'est aussi un désavantage pour, éventuellement, sur le marché,
des bâtiments qui vont perdre de la valeur. Je ne pense pas que ce soit ça,
l'objectif gouvernemental, c'est vraiment d'améliorer la performance
environnementale et énergétique des bâtiments.
Donc, on le voit d'un positif... d'un oeil
positif, mais avec aussi cette réserve de nécessité de mise en contexte, là,
lorsque nous inscrivons des renseignements sur le registre.
Mme Bogemans : Quand vous
parlez de stigmatisation de certains bâtiments, vous parlez des bâtiments plus
vieux dont vous faisiez allusion plus tôt dans la présentation, par exemple?
Mme Lauzon (Hélène) : Oui, je
pense que ça, c'est effectivement un risque. Quand vous me disiez quels
bâtiments on voit... On a pu voir, de l'analyse d'impact, que vous iriez par
les... Au départ, je pense que vous souhaitez viser les plus gros bâtiments,
les bâtiments multilogements, mais c'est vrai qu'il y a des plus vieux
bâtiments. Ça ne sera pas nécessairement possible de savoir quels sont les
matériaux qui ont été utilisés, l'information n'est plus accessible, et puis
ces bâtiments-là risquent d'avoir une cote énergétique plutôt élevée. Je ne
sais pas si ça va être élevé ou bas, selon le vocabulaire qu'on utilisera. Mais
oui, une cote pourrait dévaluer certains bâtiments. Je ne sais pas si Me Dulude...
Mme Bogemans : Ça allait
directement à ma prochaine question, là, le lien que vous venez de faire. Tu
sais, justement, compte tenu de cette réalité-là, qu'est-ce que vous mettez de
l'avant pour ces bâtiments-là, qu'on puisse bien les encadrer, bien les
accompagner, pour que leurs cotes soient justes, ou si, justement, il y a des
changements majeurs à faire, quel genre de mesures on pourrait mettre?
Mme Lauzon (Hélène) : Bien,
si vous me permettez, je vais demander à mon collègue Me Dulude de prendre
la parole.
M. Dulude (Olivier) : Merci
beaucoup. Effectivement, au niveau de la contextualisation, c'est de permettre
finalement à un propriétaire d'un bâtiment qui peut être plus âgé ou dont la
consommation énergétique peut provenir non pas du bâtiment lui-même, mais
peut-être du procédé qui s'y passe ou de l'activité qui s'y déroule, de pouvoir
expliquer, justement, de mettre en contexte pourquoi une performance
environnementale ou énergétique peut être un peu moins bonne qu'un bâtiment
similaire, mais, bon, peut-être, ça, ça peut s'expliquer effectivement lorsque
le bâtiment est plus vieux, peut-être qu'il y a des travaux qui ont été... qui
sont... qui sont prévus pour améliorer la performance.
Donc, c'est le genre d'information qui
permettrait, justement, aux personnes et au public qui consultent le registre
d'avoir une information qui est plus complète.
Mme Bogemans : Mais comment
bien accompagner, justement, ceux qui ont des moins bonnes cotes? Parce que
l'objectif, vous l'avez dit, c'est de mettre une pression puis d'amener tout le
monde par en haut. Quel genre de système ou d'appuis on pourrait mettre pour
être capables de bien supporter les propriétaires dans ces changements majeurs
là?
Mme Lauzon (Hélène) : Des
mesures d'amélioration d'efficacité énergétique, ça, c'est certain. Il existe
des programmes, mais je pense qu'il faudrait continuer à s'assurer que les
entreprises connaissent bien ces programmes, de faire de l'éducation, ce que
nous faisons beaucoup, hein, au sein de notre organisation, pour que nos
entreprises intègrent les mesures en efficacité énergétique, qu'elles puissent
comprendre quel est l'impact de l'efficacité énergétique, en quoi ça peut
améliorer non seulement leur cote, mais leur performance environnementale aussi.
Mme Bogemans : Parfait.
Est-ce que vous voyez un lien similaire, quand on parlait de mauvaises cotes ou
de cotes moins adaptées, par rapport aux vieux bâtiments, mais aussi tout
simplement aux régions éloignées, donc aux régions qui n'ont pas nécessairement
le même accès aux <ressources...
Mme Bogemans :
...régions
éloignées, donc aux régions qui n'ont pas nécessairement le même accès aux >ressources,
par exemple, qu'en ville?
Mme Lauzon (Hélène) : C'est
une bonne question! On ne se l'est pas... on ne s'est pas posé cette question,
elle n'a pas été non plus soulevée lors de nos réunions de comité à ce sujet, mais
ça peut être effectivement une bonne question à regarder, à tout le moins, dans
l'analyse réglementaire pour savoir : Est-ce qu'il y a des cotations
différentes selon les régions en raison de leur accès à certaines sources
d'énergie, peut-être? Je ne le sais pas, moi. Vous me posez la question, mais
c'est une bonne question à avoir.
• (17 h 30) •
Mme Bogemans : Est-ce que
vous avez justement des suggestions en matière d'autonomie, ou une autonomie
partielle des grands bâtiments, au niveau énergétique, là, bien entendu, là,
qui pourraient être mises de l'avant par... conjointement, là, par notre
gouvernement, mais pour lesquelles les grands propriétaires pourraient faire
une différence?
Mme Lauzon (Hélène) : Est-ce
que je peux demander à mon collègue Louis-Philippe Lefebvre d'intervenir?
M. Lefebvre (Louis-Philippe) : Excusez-moi.
En fait, on n'a pas de... La réflexion, elle n'est pas très poussée à ce
niveau-là, mais c'est une autre question, là, qu'on pourrait regarder.
Mme Lauzon (Hélène) : Mais,
pour l'autonomie, on peut penser à des projets de... d'éoliennes. On le sait,
en région, là... Comment s'appelle cette entreprise de... donc, dans le Nord
qui fonctionne avec des éoliennes? Ils se sont dotés de nouvelles sources
d'énergie renouvelable. Je pense que toutes ces sources-là peuvent être
analysées pour qu'on puisse parler d'efficacité énergétique aussi.
Mme Bogemans : Oui,
exactement. Mais moi, je voulais dire, dans le sens, pour les propulser, mais
on parlait de partenariat en ouverture. Quel genre de mesures on pourrait
mettre de l'avant, par exemple, pour les nouveaux bâtiments pour inciter les
gens à construire avec une partie autonome des bâtiments? Qu'une partie des
bâtiments, dans le fond, qu'ils projettent soient autonomes.
Mme Lauzon (Hélène) : Autonomes
sur le plan énergétique?
Mme Bogemans : Énergétique,
oui.
Mme Lauzon (Hélène) : Comment
ils pourraient... Ça, c'est une question technique, je ne serais pas en mesure
de répondre. Je ne sais pas si mes collègues ont une réponse. Moi, je n'en ai
pas.
Mme Bogemans : ...partie des
discussions fréquentes, là, dans votre groupe d'entreprises? Donc, ce n'est pas
un souci à court terme des entreprises?
Mme Lauzon (Hélène) : Non,
pas encore, ça n'a pas été porté à notre attention.
M. Dulude (Olivier) : Peut-être,
si je peux me permettre, il y a les questions de synergie et d'écologie
industrielle. On peut... on pourrait par exemple réutiliser de la chaleur d'une
entreprise vers une autre, qui sont localisées proche l'une de l'autre, par
exemple, ou réutiliser la chaleur issue d'un procédé pour chauffer une partie
du bâtiment. J'imagine, c'est le genre de choses qui s'explorent.
Mais effectivement, au niveau de
l'expertise pour des solutions techniques, là, on n'est peut-être pas les
meilleurs intervenants pour répondre à la question.
Mme Bogemans : Parfait.
M. Lefebvre (Louis-Philippe) : Effectivement,
là. J'ai constaté aussi que vous procédez présentement à des réflexions en ce
qui concerne la valorisation des rejets thermiques. Donc, c'est le genre de
choses qu'on... pourraient être mises de l'avant, là, pour ce qui est de
l'autonomie des bâtiments, ou sinon les méthodes de construction.
Encore là, nous, on n'est pas des experts
techniques, mais il y a plusieurs...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Désolée de vous couper, nous allons poursuivre. Mais, juste avant de
poursuivre avec le prochain groupe, y a-t-il consentement pour que la députée
de Notre-Dame-de-Grâce remplace le député de Nelligan pour le reste de la
séance?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Alors, je cède la parole à l'opposition officielle. Mme la députée de
Mille-Îles, vous disposez de 10 min 52 s
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, d'abord, merci à vous pour votre exposé.
Écoutez, j'ai des questions, là,
concernant des éléments que vous avez mentionnés dans votre mémoire, et je n'ai
pas souvenir, là, que vous en ayez parlé, là, notamment la page 6, vous
parlez d'exemption, qu'on devrait prévoir une exemption pour les entreprises,
dans le fond, ou les... dont l'énergie consommée dans le bâtiment est liée à
l'activité.
Donc, j'aimerais vous entendre davantage,
là, sur cette demande d'exemption que vous faites.
Mme Lauzon (Hélène) : Oui.
Bon. L'activité qui est exercée dans un bâtiment, puis on peut donner comme
exemple, là, les grands émetteurs.
Les grands émetteurs vont avoir un procédé
industriel. Ce procédé industriel va contraindre les entreprises à déclarer
leurs émissions de contaminants. C'est le procédé industriel lui-même qui va
contribuer à des émissions de contaminants, donc c'est ce procédé-là qui
éventuellement va avoir une performance... pas une performance, mais qui n'est
pas celui qui va influencer la cotation ou la performance énergétique du
bâtiment. L'activité elle-même, elle est différente du bâtiment lui-même. Donc,
le bâtiment peut être chauffé d'une certaine façon, mais le procédé industriel
utilisé est autre. Donc, c'est ce qu'on veut dire...
17 h 30 (version révisée)
Mme Lauzon (Hélène) : ...mais
le procédé industriel utilisé est autre. Donc, c'est ce qu'on veut dire. Puis l'exemple
qu'on donne dans notre mémoire, qui est utilisé dans la réglementation
ontarienne, ce sont les centres de données. Les centres de données génèrent de...
bien sûr de l'énergie, beaucoup d'énergie, mais ce n'est pas le bâtiment lui-même,
c'est l'activité exercée à l'intérieur du bâtiment.
Mme Dufour : Est-ce que, dans
un cas comme ça, en Ontario, on mesure tout de même l'énergie consommée par l'enveloppe
du bâtiment, ou c'est une... une exemption totale, et donc ils ne sont tout
simplement pas couverts par le registre là-bas?
Mme Lauzon (Hélène) : Est-ce
que... Je ne sais pas si mes collègues... Moi, à ma connaissance, ce n'est pas
une exemption totale, là, mais je me retourne vers mes collègues.
M. Dulude (Olivier) : Effectivement,
là, je suis en train de consulter le règlement lui-même. Peut-être que l'exemption
est pour l'ensemble du bâtiment, ou peut être seulement pour le volet activités.
Mais rien ne nous empêche d'avoir un règlement qui n'est pas exactement aligné
sur l'Ontario de toute façon, là. Mais l'essentiel, dans le commentaire,
effectivement, c'est que le procédé lui-même doit être distingué de l'enveloppe
du bâtiment. Parce que, notamment, quand on pense aux grands émetteurs, bien,
ils sont déjà... le procédé est déjà encadré sur le plan environnemental, par
exemple par le marché du carbone. Quand on veut s'intéresser à l'efficacité
énergétique d'un procédé, il existe des programmes comme ÉcoPerformance qui s'intéresse
à l'efficacité du procédé. Donc, notre commentaire est simplement l'effet que,
si on adopte un projet de loi sur le... sur le bâtiment, il faut peut-être
conserver cette portée-là.
Mme Dufour : Parfait. Merci.
Vous mentionnez également, en page 8 de votre mémoire, que les données
pourraient révéler des secrets industriels, là, puis je pense que ça va dans la
même ligne que ce qu'on parlait maintenant, et là que... C'est ça, je voudrais
vous entendre davantage sur ça, mais aussi le mécanisme que vous voyez en cas
de désaccord sur le caractère public de l'information.
Mme Lauzon (Hélène) : C'est
que les renseignements qu'on pourrait éventuellement retrouver au registre,
portant sur le type d'énergie, la quantité d'énergie utilisée, bien, ça peut
révéler de l'information privilégiée par rapport à des concurrents, la quantité
d'énergie exactement utilisée. Donc, plutôt que d'avoir des renseignements
aussi précis dans le registre, bien, ça prendrait plutôt des renseignements qui
vont donner de l'information plus large sur la fourchette d'énergie utilisée
plutôt que... Alors, ces renseignements-là, lorsqu'on les divulgue trop... de
façon trop précise, bien, ça donne de l'information à la concurrence, d'où la
nécessité de protéger ces secrets commerciaux et industriels.
Puis la façon de le prévoir, c'est de
prévoir un mécanisme qui dirait : Bon, bien, je vais déclarer mes
émissions, je vais les... je vais envoyer mes renseignements au ministre, mais
je vais lui dire que certains d'entre eux doivent être protégés. Je vais
demander de les caviarder ou je vais demander... On retrouve ce mécanisme-là
dans la Loi sur la qualité de l'environnement pour protéger les secrets
industriels et commerciaux. Mais là ce serait la même chose qu'on importerait,
là, dans cette... dans ce... dans cette loi-là pour protéger les secrets
industriels et commerciaux, demander que ces secrets-là ne soient pas divulgués
ou affichés sur le registre. Donc, c'est une... c'est d'autres informations, la
plupart... ce serait plutôt... plutôt que de dire «on va les caviarder», ce serait
peut-être de faire en sorte que, dans le projet de loi, on... ou dans le projet
de règlement éventuel, qu'on fasse attention que ce ne soit pas trop précis
pour protéger ces secrets-là des entreprises.
Mme Dufour : Donc, je
comprends que la l'information exacte pourrait être transmise, mais que le
registre public, lui, ferait seulement pour ce... que votre souhait, c'est que
ce soit seulement une fourchette qui apparaisse.
Mme Lauzon (Hélène) : Oui.
Mme Dufour : Mais que l'information
exacte pourrait être transmise.
Mme Lauzon (Hélène) : Oui.
Mme Dufour : Est-ce que vous
avez des exemples de cas où est-ce que la consommation d'énergie pourrait
donner des informations sur un procédé, là?
M. Lefebvre (Louis-Philippe) : En
fait, ce serait... Pardon, Hélène.
Mme Lauzon (Hélène) : Non,
vas-y, vas-y, je te...
M. Lefebvre (Louis-Philippe) : Donc,
oui, ce serait dans le cas où des entreprises œuvrant dans le même secteur... où
pour la plupart, les... les recettes, les procédés industriels sont les mêmes.
Donc, une entreprise peut... peut estimer, par exemple, la production de sa
concurrente sur la base des déclarations en matière de consommation d'énergie,
puisqu'elle a grosso modo les mêmes... le même procédé, donc les mêmes... la
même consommation pour chaque unité de production. Donc, c'est dans ces cas-là
où il y a... il y a une... il pourrait y avoir une concurrence assez forte dans
un secteur industriel. Il y aurait des informations confidentielles qui
pourraient être déduites, là, du simple fait que la... les données sur la
consommation énergétique sont publiées.
Mme Dufour : Merci de la
précision. Les... vous avez mentionné aussi les matériaux utilisés pour la
construction de bâtiments existants, là. Ça peut être... ça peut être difficile,
les retrouver. Puis c'est la même... c'est le même cas, là, pour les
propriétaires d'immeubles <résidentiels...
Mme Dufour :
...les
retrouver. Puis c'est la même... c'est le même cas, là, pour les propriétaires
d'immeubles >résidentiels, là, d'un certain âge. Donc, est-ce que vous
avez estimé les coûts que ça pourrait représenter si on vous exigeait cette
information-là?
• (17 h 40) •
Mme Lauzon (Hélène) : Non,
normalement, ce que l'on fait, c'est qu'on serait en mesure de mieux connaître
les coûts lorsque le projet de règlement... ou lorsqu'on discute en co-création
du projet de règlement... Mais à cette étape-ci, on sait très bien que, si
c'est un immeuble de 1920, les coûts seront astronomiques pour essayer de
retracer cette information-là, donc ce n'est pas... ce n'est pas approprié,
c'est préférable de se concentrer sur les bâtiments neufs ou ceux qui auront
fait l'objet de rénovations majeures.
Mme Dufour : Parfait, merci.
Puis, est-ce que vous avez évalué les coûts tout court de ce que ça pourrait
représenter une mise aux normes de bâtiments, là, une fourchette, là? Est-ce
que c'est quelque chose que vos membres ont regardé? Est-ce que c'est une
inquiétude qu'ils vous ont partagée avec vous?
Mme Lauzon (Hélène) : Non,
pas avec nous, mais, tu sais, on sait par exemple, d'intégrer des gicleurs dans
un bâtiment, là, c'est une question de millions de dollars, c'est... pour un
vieux bâtiment. Donc, ça veut dire que, pour une question de performance
énergétique, c'est la même chose, c'est changer le système d'énergie, c'est
changer les appareils un peu partout. Alors, c'est assez... mais on ne le sait
pas. Alors, l'analyse n'a pas encore été effectuée.
Mme Dufour : Et, à ce
moment-là, un programme... est-ce que vous pensez qu'un programme provincial
devrait soutenir les entreprises dans cette transition-là, si elles étaient
obligées de faire cette transition-là?
Mme Lauzon (Hélène) : Oui,
parce que les vieux...
Mme Dufour : Puis, selon
vous, ce serait un programme... Pour qu'il soit acceptable et efficace, ce
serait un programme qui... qui offrirait, par exemple, un... quel pourcentage
de soutien financier par rapport aux coûts?
Mme Lauzon (Hélène) : Il va
falloir qu'on vous revienne. Je ne sais pas, parce que, pour être honnête, ça
n'a pas été une discussion au sein de nos membres. Donc, pour... ce serait
préférable de vous revenir plutôt que... et d'évoquer un chiffre.
Mme Dufour : Parfait.
Dernière question. Le code de construction qui est en... élaboration, là, que
vous avez mentionné, qui est basé sur le code de... canadien, là, de 2020.
Mme Lauzon (Hélène) : De 2015,
de 2015, parce qu'on voudrait qu'il soit basé sur 2020, mais là, en ce moment,
il est basé sur 2015, le Code de construction du Québec.
Mme Dufour : Oui, puis le
prochain, celui qui est en élaboration, lui va être basé sur le code de 2020,
c'est... si je vous ai bien comprise.
Mme Lauzon (Hélène) : C'est
ça.
Mme Dufour : Mais là, à ce
moment-là, on nous a... on nous disait, l'APCHQ, plus tôt, nous mentionnait
qu'il y avait un autre code qui était en discussion au niveau canadien. Et donc
ce que je comprends, c'est qu'on serait encore en retard, même... tu sais,
est-ce que... est-ce que d'abord vous faites... participez à ces échanges-là?
Puis est-ce que vous pensez, là, que... que ce serait judicieux que ce soit une
seule et même instance qui élabore tout ce code-là pour qu'on soit alignés avec
le code canadien?
Mme Lauzon (Hélène) : Je...
je douterais que ça puisse être possible, parce que nous le voyons dans
d'autres domaines, puis le Québec tient à sa compétence, à exercer sa
compétence. Donc, je ne pense pas que le Québec renoncerait à sa compétence, il
veut pouvoir avoir son propre code de construction. Puis, par contre, ce qu'ils
font, c'est qu'ils intègrent par voie de renvoi les dispositions du code
national qu'on retrouve au niveau canadien. C'est... Est-ce que c'était cela
votre question?
Mme Dufour : En fait, c'était
vraiment... parce que, là, actuellement, on s'enlignerait avec le RBQ et le
ministère de l'Environnement, qui feraient deux codes, peut-être, même s'ils
seraient peut-être dans un même document, mais ce serait quand même deux
instances, là. Est-ce que vous pensez que c'est... il y aurait intérêt à ce que
ce soit intégré que la... Oui?
Mme Lauzon (Hélène) : Bien
oui, il faudrait... idéalement, là, il faut que ce soit arrimé. Ça, c'est
certain que c'est une grande préoccupation, là, chez les entreprises. Il faut
que ce soit arrimé. Il ne faut pas qu'il y ait de contradiction. Et puis il
faut que ce code-là soit le plus à jour possible. Quand vous disiez, bien, il y
a une autre version au niveau national qui est en élaboration, bien là, si on
est encore en retard, bien, ça... ça fait en sorte que nos entreprises qui sont
dans le domaine de la construction sont aussi en retard, ce qui n'est jamais
bien. Donc, oui, un arrimage pour... pour éviter les contradictions un peu à
l'échelle provinciale.
Mme Dufour : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Et
merci. Nous allons poursuivre les échanges avec la deuxième opposition. Mme la
députée de Verdun, vous disposez de 3 min 38 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente. Merci, Mme Lauzon, M. Dulude et M. Lefebvre, pour votre
présentation. Moi, j'ai une question assez précise pour commencer. Dans la
dernière page de votre rapport, le point 8b, vous êtes assez précis sur le fait
que vous souhaitez que le règlement d'application du PL 41 remplace à
terme le règlement de la ville de Montréal. Donc, je voulais vous entendre un
peu plus là-dessus. À quoi faites-vous référence? Pourquoi vous <tenez...
Mme Zaga Mendez :
...vous
entendre un peu plus là-dessus. À quoi faites-vous référence? Pourquoi vous >tenez
absolument à ce remplacement?
Mme Lauzon (Hélène) : Oui. Bien,
c'est une très bonne question. Le règlement de la ville de Montréal porte sur
la divulgation et la cotation énergétique des bâtiments, puis il entre en
vigueur progressivement, là, puis il y a les bâtiments qui... il y a d'autres
nouveaux bâtiments qui sont visés depuis le 1er janvier. Au Québec, on parle de
déclaration obligatoire, puis... on a aussi des cotes énergétiques,
éventuellement.
Ce que ça fait, c'est que... on le voit,
dans d'autres dossiers, malheureusement, la ville de Montréal adopte de la
réglementation qui fait en sorte que nos entreprises se retrouvent avec un
régime applicable sur le territoire de la ville de Montréal, un régime
provincial. Et c'est... pour nous, c'est pour ça que l'article 118.3.3 de
la Loi sur la qualité de l'environnement est si important, parce qu'il joue un
rempart contre d'éventuels règlements qui seraient adoptés un peu partout au
Québec par différentes municipalités.
Bon. Là, à ma connaissance, il n'y en a
pas, d'autre. Il y a celui de la ville de Montréal, mais comme on prévoit, dans
le projet de loi, qu'il est possible de révoquer un règlement qui existe sur le
même objet, parce que c'est l'esprit de l'article 118.3.3 de la Loi sur la
qualité de l'environnement aussi... bien, comme on prévoit qu'il est possible
de le révoquer, bien, nous, ce que nous croyons, c'est qu'il serait bien de
révoquer le règlement de la ville de Montréal, lorsque le projet de loi et la
réglementation seront en place, pour nous assurer qu'il y a un seul projet de...
un seul règlement. Nos entreprises qui oeuvrent dans le domaine... du domaine de
la construction nous ont dit : On se retrouve avec une panoplie de
règlements municipals, puis c'est très difficile de s'ajuster, de développer
des nouveaux matériaux, parce qu'il y a une réglementation municipale éparse à
travers le Québec. Donc, c'est important d'avoir une seule réglementation
provinciale, selon nous.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Mme Lauzon (Hélène) : Je ne
sais pas si...
Mme Zaga Mendez : Oui, peut-être
rapidement, donc, je comprends bien, je comprends mieux votre énoncé. Ça fait
que ce ne serait pas seulement dans le thème de techniques de construction,
mais ce serait aussi pour l'approvisionnement en énergie. Est-ce que vous
faites référence à cela aussi?
Mme Lauzon (Hélène) : Oui,
oui, tout ce qui... tout ce qui, éventuellement, se retrouverait dans le projet
de loi et dans le... dans la loi et le règlement devrait être de compétence
provinciale, et donc toutes les municipalités qui auraient adopté des
règlements en ce sens, quant à nous... devraient être révoqués, éventuellement,
s'ils ont été adoptés ou approuvés par le ministre.
Mme Zaga Mendez : Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Alors, Mme Lauzon, M. Lefebvre et M. Dulude, merci beaucoup pour
votre contribution ici, à notre commission.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants afin que l'on puisse accueillir le prochain groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 47)
(Reprise à 17 h 49)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, nous reprenons nos travaux, et je souhaite la bienvenue aux
représentants du Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique.
Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, après
quoi nous <procéderons...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre
exposé, après quoi nous >procéderons aux périodes d'échange avec les
membres de la commission. Alors, je vous invite donc à vous présenter et puis
commencer votre exposé.
• (17 h 50) •
M. Dussault (François) : Oui,
alors, bonjour. Merci de nous accueillir. Mon nom est François Dussault. Je
suis le président en exercice de l'association, du Conseil québécois des
entreprises en efficacité énergétique. Je suis accompagné de deux membres, donc
Michel Méthot, qui est notre vice-président, et Geneviève Gauthier, qui est une
membre de l'association et qui nous... qui nous accompagne aujourd'hui.
Est-ce que j'enchaîne ou...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
continuez, s'il vous plaît. Le temps est à vous.
M. Dussault (François) : Oui,
oui. Bon, parfait. Merci. Alors, bien, tout d'abord, je voudrais prendre
quelques instants pour présenter un peu, nous cadrer un peu le CQ3E dans cette
discussion-ci. Alors, le CQ3E, c'est une association qui se caractérise par le
fait que nous sommes des entreprises qui sommes... sommes des fournisseurs de
solutions, de services, de produits dans le domaine de l'efficacité
énergétique, particulièrement dans le domaine du bâtiment. Donc, on est
vraiment une association de professionnels qui agissons sur le terrain dans la
réalisation de projets. On a été fondés en 2019 et on a eu l'occasion de
prendre la parole sur différents sujets au fil du temps. Et maintenant, bien,
on est contents de voir que notre opinion est suffisamment pertinente pour...
ou utile pour être invités à une... à une commission parlementaire comme
celle-ci. Donc, on vous en remercie.
Je tiens à dire que ce projet de loi là
est un projet de loi que... de notre côté, était attendu. On a eu l'occasion de
participer à des échanges, des tables rondes, des discussions dans le passé
avec différents organismes gouvernementaux pour donner notre opinion et
participer à des échanges. Donc, vous ne serez peut-être pas surpris de
m'entendre dire que notre positionnement général est favorable et même très
favorable à l'introduction de cette loi. Nous sommes d'avis qu'on est rendus là
et même on est peut-être même en retard, mais on est rendus là dans le
déroulement de... du processus de décarbonation de notre parc immobilier au
Québec.
Et, en fait, je tiens à dire qu'au mois de
septembre dernier le CQ3E a publié un manifeste que vous avez... si vous allez
sur notre site, vous aurez l'occasion de le consulter, si ce n'est pas déjà fait.
Et vous verrez que notre positionnement se fonde sur trois piliers fondamentaux
et indissociables dans la démarche de décarbonation, qui sont la réduction des
besoins énergétiques d'abord et avant tout, l'électrification au moyen des
bonnes technologies et la gestion de la demande de pointes électriques, parce
qu'on est très conscients sur le terrain de ces enjeux-là de pointes
électriques. Donc, ces trois piliers indissociables là sont accompagnés de
recommandations, et il y en a une qui était précisément d'accélérer la mise en
œuvre de systèmes de cotation et divulgation publique de la performance et des
émissions des bâtiments. Donc, on ne peut pas être plus dans le sujet d'aujourd'hui.
Alors, on va parler rapidement de nos
différentes recommandations. Il y en a... il y en a quatre. Il y en a une
cinquième qui est plus une recommandation avec... à caractère plus
réglementaire que sur la loi elle-même, là, mais on va quand même les aborder
rapidement.
Alors, la première, c'est... aussi
favorables qu'on puisse être à l'introduction de cette loi-là, c'est qu'on
trouve qu'elle manque de clarté sur son intention finale, c'est-à-dire qu'on
parle de collecter de l'information, de produire des cotes, mais on ne dit pas
trop pourquoi on fait ça puis à quoi ça va servir. Alors, je ne sais pas si...
si la façon de faire, ce serait de... d'y aller avec des «attendu que» ou avec
des... un texte introductif un peu plus précis, un peu plus développé, mais, si
on ne veut pas susciter une levée de boucliers de gens qui s'opposent à
l'introduction de ce système-là de divulgation et cotation, il faut que
l'intention finale soit mieux exprimée. Et il faut aussi dire qu'est-ce qui va
être exprimé, parce qu'il y a la notion de performance environnementale ou de
performance énergétique. La performance environnementale est très englobante,
peut impliquer beaucoup d'éléments, et puis peut-être qu'on s'éparpille. Il
faut <peut-être...
M. Dussault (François) :
...englobante
peut impliquer beaucoup d'éléments, et puis peut-être qu'on s'éparpille. Il
faut >peut-être parler de performance énergétique, parce qu'ultimement
c'est ça qu'on veut gérer, c'est... avec ce... ce système de divulgation,
cotation là, c'est de connaître mieux les intensités énergétiques, les taux
d'émission de gaz à effet de serre des bâtiments et les effets sur la...
l'appel de puissance de pointe. Donc, il faudrait être un peu plus clair dans
l'expression de l'intention finale puis dans cette... ce genre de définition là.
Maintenant, on a... les deux suivantes,
les deux autres recommandations, je vais demander à Geneviève de... d'enchaîner
puis d'y aller avec ses commentaires.
Mme Gauthier (Geneviève) : Merci,
François. Bonjour, Mme la Présidente et M., Mme les députés. Donc, on va y
aller rondement sur les autres, pour respecter le temps, les autres
recommandations.
Donc, la deuxième est de définir plus
clairement les concepts de norme et de cote. Et puis, si vous avez des
questions, on pourra répondre à tout ça, mais, dans... ça suit les... le propos
de M. Dussault dans l'intention de la loi, qui touche... qui semble toucher plusieurs
aspects de l'environnement, l'énergie, tout ça. Aussi, même au niveau de la
nomenclature, de la terminologie utilisée, on parle de normes qui pourraient
inclure des cotes et des normes. Puis, dans le langage de... réglementaire, au
niveau de la performance des bâtiments, ça veut dire des choses complètement
différentes. Donc, je ne veux pas m'éparpiller là-dessus, on pourra répondre à
des questions, mais c'est sûr que, si on... l'objectif, c'est d'amener de la
prévisibilité auprès de ceux qui auront à se conformer à cette loi-là, il est
difficile d'en comprendre exactement les intentions. Donc, il y a un travail de
terminologie. Je vais terminer ça pour la deuxième.
Je vais aller tout de suite à la troisième
recommandation, par souci de temps. Donc, on a certaines recommandations sur la
précision de la portée de la déclaration obligatoire puis on va faire un lien
rapidement avec les autres juridictions. Donc, en Amérique du Nord, on va se
concentrer sur l'Amérique du Nord pour le moment, là, vous n'êtes pas sans
savoir qu'il y a d'autres provinces, d'autres États, d'autres villes, au
Canada, aux États-Unis, qui ont adopté ce genre de réglementation là de
divulgation obligatoire et de cotation. Je dirais qu'en Amérique du Nord c'est
surtout des seuils d'émission qui est la façon de faire, dire : Bon, vous
êtes un bâtiment commercial, vous ne dépassez pas tel seuil d'émission par
pieds carrés, donc ici, on y va plutôt du côté cotation.
Il y a différents... différentes choses
qu'on peut apprendre de ces réglementations-là, qui ont été faites ailleurs, il
y a différentes choses qu'on peut apprendre sur... du Défi énergie en
immobilier, qui était un système de divulgation volontaire au Québec, donc dans
un terrain québécois, notamment, la première, sur la qualité de l'information
divulguée. Donc, ce n'est pas parce que... surtout que cette information-là va
servir à établir des cotes. On sait très pertinemment que ce n'est pas tous les
propriétaires qui ont les connaissances, l'expertise ou les ressources
financières pour remplir ce type de formulaire là et surtout de bien les
remplir. Quand on parle d'utiliser cette information-là pour remplir une cote,
ça peut avoir un impact assez important.
Si je fais du parallèle avec d'autres
juridictions comme New York, Boston, San Francisco, Denver, qui ont fait ce
type de réglementation là, donc c'est demandé que l'information soit toujours validée
ou remplie par des professionnels certifiés, qui peuvent être des ingénieurs,
des technologues, des architectes. Donc, la première est sur la qualité des
données, qui est une première préoccupation qu'on amène. La deuxième, c'est de
limiter le fardeau de la divulgation pour les petits propriétaires. Il y a des
grands propriétaires immobiliers qui auront les ressources pour s'y conformer
assez facilement ou devraient les avoir, du moins. On sait qu'il y a quand même
beaucoup de propriétaires pour lesquels ça peut être assez difficile. Puis là
on parle du vécu, que, pour eux, ramasser des factures, ses informations, peut
être assez difficile. Donc, à l'instar de d'autres juridictions en Amérique du
Nord, on recommanderait à ce que les dispositions de cette loi-là et les
règlements qui suivront soient accompagnés de programmes facilitants,
d'assistance technique, financière, ou autres, pour aider les plus petits à se
conformer, puis qu'il n'y ait pas un fardeau qui soit trop grand, mais qu'il y
ait une meilleure aussi... une meilleure acceptation de la loi.
Je vais enchaîner avec le dernier point,
pour cette troisième recommandation là, avant de passer la parole à M. Méthot.
Sur la priorisation et hiérarchisation des informations à divulguer, donc, dans
les autres juridictions... par exemple, là, M. Dussault disait : On est,
dans une certaine limite, en retard, beaucoup de villes, notamment New York, ça
fait une quinzaine d'années qu'ils ont ce type de système là, de... eux, c'est
des seuils, là, mais le principe de divulguer puis d'atteindre certaines
performances. Tout de suite après ou souvent en même temps que ces lois-là
étaient adoptées, il y avait des demandes de faire des audits énergétiques.
Puis là, on va faire le point sur la
mission du CQ3E, qui est d'arriver à des résultats. Puis, quand on parlait de
l'intention, on n'entend pas bien l'intention de résultat dans cette loi-là.
Pour générer, pour que la cote génère des actions de décarbonation, il y aurait
deux chemins, celui de dire : Il y a un seuil, si vous ne l'atteignez pas,
il y a une pénalité financière importante. Mais je vais faire un parallèle avec
l'école, si on a un F à la fin de l'année, donc on ne sait pas en quelle
matière, on ne sait pas qu'est-ce qu'il faut utiliser l'été pour passer notre
année, on ne va pas étudier. Donc, ce qu'on dit, c'est qu'il faudrait peut-être
aussi, comme dans d'autres... d'autres juridictions, demander des audits
obligatoires aux cinq ou 10 ans pour équiper les propriétaires à savoir comment
améliorer leur cote. Puis c'est des dispositions qui existent, là, dans les
autres <juridictions...
Mme Gauthier (Geneviève) :
...à
savoir comment améliorer leur cote. Puis c'est des dispositions qui existent,
là, dans les autres >juridictions. On parle de pénalités financières
importantes, que vous pourrez regarder, là, dans notre mémoire, dans les autres
juridictions.
Puis je vais passer la parole à M. Méthot
sur l'aspect, là, de... vraiment de se dire qu'on veut une loi... oui,
divulguer, mais ne pas divulguer pour divulguer, mais on veut une divulgation
qui va amener à des actions, là, sur le terrain. Donc, Michel, vas-y.
• (18 heures) •
M. Méthot (Michel) : Très
bien, je peux prendre la relève sur la recommandation numéro 4, qui... qui
demande, finalement, de miser davantage sur l'obligation de résultat versus les
moyens, à savoir publier une cote, et la divulguer, et l'afficher. Alors, on
aimerait qu'il y ait un peu plus de mordant dans la loi pour établir un peu la
trajectoire, la trajectoire d'amélioration, là, de la consommation énergétique
ou de l'impact environnemental, là, des immeubles.
On n'est pas d'avis qu'une cote
défavorable sera nécessairement un grand appel à l'action pour faire bouger les
propriétaires immobiliers. On aimerait probablement essayer d'imbriquer, là, à
l'intérieur du modèle, un audit, un léger audit énergétique ou un bilan
énergétique, là, qui permettrait à un propriétaire immobilier d'avoir un léger...
un léger livre de recettes, je dirais, à la suite de ce processus-là, qui lui
permettrait d'aller plus loin et d'apporter de l'éclairage, là, sur ce qui peut
être fait pour moderniser, là, son immeuble.
Geneviève vient de parler également d'une
périodicité. C'est sûr qu'un immeuble est quelque chose de dynamique. Les
technologies évoluent, les disponibilités énergétiques, également, évoluent.
Alors, une périodicité, au niveau d'un audit énergétique, pourrait être
également une bonne chose, là, à recommander.
On sanctionne... bien, on peut commencer, la
périodicité, ça va, on parle de sanctions, également. Il y a beaucoup de
sanctions qui sont amenées à l'absence de divulgation, l'absence d'affichage.
On aimerait que... également, là, qu'il pourrait peut-être y avoir... sans que
ce soient des sanctions lourdes, mais à savoir un incitatif à agir, et à
réduire, également, et améliorer son profil énergétique, là, au niveau de
l'immeuble.
Et moduler aussi, peut-être, moduler les
sanctions en fonction de... peut-être du pied carré de l'immeuble. C'est sûr
que les grands propriétaires immobiliers ont un grand impact lorsqu'ils
prennent des actions directes. Les plus petits propriétaires immobiliers
pourraient être grandement pénalisés, là, si on appliquait des sanctions
équivalentes, là, à tous à ce moment-là. Et également, par rapport à l'écart,
si on établit une cible, également, que la cote soit comparée à une cible, par
rapport à un écart de cote aussi, la sanction pourrait être modulée également,
là, en fonction de la performance actuelle, là, des immeubles en jeu. Alors, je
passerais la parole à mon collègue François pour... pour conclure.
M. Dussault (François) : Je
ne sais pas si... En fait, on a déjà dépassé notre 10 minutes, là, mais on peut
vous... y aller avec les...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
mais il n'y a aucun souci...
M. Dussault (François) : Oui.
OK. Bon...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...oui, il n'y a aucun souci, votre temps est écoulé, mais le gouvernement vous
a quand même partagé un peu de leur temps, ça fait que merci pour votre exposé.
Nous allons passer aux échanges. Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci. Tout
d'abord, merci à vous pour votre intervention. Je vais être plutôt bref, de mon
côté, pour permettre à un collègue de prendre la relève, étant donné qu'il nous
reste bien peu de temps. J'ai bien noté votre interrogation, lorsque vous
disiez, là, qu'il manque de clarté sur l'intention finale. Il faut voir le
projet de loi comme étant un projet de loi habilitant qui donne des pouvoirs au
ministre pour les... pour dire... plutôt, le ministère, et ultimement ces
obligations-là seront précisées dans la réglementation. Donc, on se donne les
pouvoirs pour ensuite adopter une réglementation, et la réglementation va
naturellement être développée en partenariat avec différents acteurs, avec les
parties prenantes, et ensuite consultations publiques. Mais, pour ce qui est
des cibles précises, que ce soit en kilowattheure, que ce soit... ce n'est pas
le genre de détail qu'on peut inscrire dans le... dans le projet de loi.
Et déjà peut être vous rassurer, je
voyais, dans votre mémoire, là, que... que l'objectif ultime devrait être
d'établir un lien entre kilowattheure d'énergie dépensé et superficie. On s'en
va vers ça. C'est le but de la réglementation qui va être développée. Mais,
encore là, c'est le degré de détail qu'on ne peut pas inscrire dans une loi,
mais bien dans la réglementation. Donc, c'est une étape... ultérieure, mais, pour
faire ça, il faut avoir le pouvoir de le faire, et c'est ce que vient nous
permettre le projet de loi.
Donc, c'est le petit commentaire que je
voulais vous partager pour vous rassurer, mais le temps file définitivement
trop rapidement, et j'ai mon collègue qui va prendre la relève. Mais déjà je
vous remercie, là, pour votre présence avec nous en commission cet après-midi.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Alors, M. le député de Masson, la parole est à vous.
M. Lemay : Merci beaucoup...
18 h (version révisée)
La Présidente (Mme Maccarone) : ...alors,
M. le député de Masson, la parole est à vous.
M. Lemay : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Donc, bien content de vous avoir aujourd'hui. Merci pour votre
mémoire, très bien expliqué. Bien entendu, ce que je constate, c'est que,
plusieurs éléments, vous voudriez l'avoir inscrit directement dans la loi,
alors que nous, on a prévu ces éléments-là à travers les règlements. Donc...
Mais je veux juste vous rassurer, là, qu'on est sur la même longueur d'onde,
là, qu'il n'y a pas de discordance entre ce que vous avancez, là, puis ce qui
est... ce qui sera proposé, éventuellement, dans des règlements, là, qui
viennent avec le projet de loi. Je voulais juste vous rassurer de ce côté-là.
M. Dussault (François) : On n'aurait
pas d'autre occasion de s'exprimer que dans une commission parlementaire, ça
fait qu'on a peut-être touché à des aspects réglementaires aussi. Désolé.
M. Lemay : C'est bon. Puis,
dites-moi, tu sais... puis j'aimerais juste... pour qu'on puisse l'avoir, là,
sur l'enregistrement, là, dans le fond, là, pourquoi que c'est important pour
vous, là, dans le fond, d'avoir... Tu sais, vous dites que vous êtes en faveur
d'un régime public, là, puis vous dites même qu'on devrait l'avoir dans les...
dans les meilleurs délais, vous le mentionnez dans votre conclusion aussi. Tu
sais, en quoi que c'est si important? Puis qu'est-ce que vous voudriez qu'on y
retrouve? Parce que j'ai l'impression qu'il y a peut-être un petit écart, là.
Mais est-ce que vous avez des éléments plus spécifiques que vous voudriez qu'on
y retrouve? Et en quoi, pour vous, c'est si important de le mettre en place
rapidement?
M. Dussault (François) : Bien,
nous, on pense que le fait de connaître de l'information puis d'avoir des
cotes, des échelles, des seuils, tout ça, c'est des appels à l'action. Comme
vous avez dit, c'est peut-être la réglementation qui va entraîner les appels à...
les actions concrètes, mais, quand on n'a pas les connaissances puis quand on n'a
pas la littératie non plus, les... Les gens qui gèrent des immeubles, ils
paient des factures d'énergie puis ils ne se posent pas toujours les questions
qu'ils devraient se poser. Alors, on pense que le fait de développer une base
de données, une base de connaissances du parc immobilier au Québec, d'avoir la
possibilité de faire des comparaisons avec des cibles ou des comparaisons avec
des secteurs, c'est absolument gagnant dans la démarche de décarbonation.
Donc, oui, il y a un système de
divulgation, cotations. C'est aussi important que d'implanter des mesures
concrètes de remplacement d'équipements, ou de modernisation, ou de... Ça fait
partie de l'ensemble de l'oeuvre de la décarbonation.
Mme Gauthier (Geneviève) : Si
tu permets, François, je peux ajouter quelque chose.
M. Dussault (François) : Vas-y.
Mme Gauthier (Geneviève) : Ce
qu'on ne détecte pas dans la loi actuelle... puis vous direz : Ça fait
partie des pouvoirs qui sont... que la loi délègue au ministère, ce qu'on ne
voit pas, qu'on retrouve dans d'autres juridictions, c'est la possibilité pour
le gouvernement, par réglementation, après, d'exiger des audits énergétiques,
par exemple, si un bâtiment n'atteint pas une certaine cote. On ne le voit pas,
ça. On voit qu'il y a des dispositions punitives financières par rapport au
non-respect de la divulgation, par rapport au non-respect de l'affichage. On ne
voit pas de pouvoir habilitant au ministre qui lui permettrait de demander à ce
qu'un audit énergétique soit fait sur une cote. On ne voit pas non plus de
pouvoir habilitant, qu'il pourrait, éventuellement, dans plusieurs années, dire :
Si vous n'atteignez pas telle cote, eh bien, vous avez des pénalités
financières, par pieds carrés, du delta avec la cote attendue. Donc, ça, c'est...
de notre... là, on n'est pas des experts de ça, mais, de notre avis, ça ne fait
pas partie... le pouvoir n'est pas délégué dans la loi. Mais vous pouvez nous
rassurer à cet effet-là ou...
M. Lemay : Écoutez, je vais
juste référer à l'article, là. Je pense que c'est dans la loi édictée par le
projet de loi, à l'article 11, qu'on retrouve ce pouvoir-là, dans le fond, qu'on
mentionne, là, que le gouvernement peut, par règlement, là, déterminer... oui.
Dans le fond, ce serait pour... votre point serait couvert par l'article 11
édicté de la loi, dans le projet de loi. Donc, c'est l'article 1 du projet de
loi, mais, dans le fond, dans l'article 1, il y a l'article 11 de la loi édictée.
Donc, c'est à cet endroit-là qu'on le retrouverait.
Dites-moi, j'aimerais vous amener ailleurs
maintenant. Vous avez mentionné, tout à l'heure, vouloir qu'on bonifie de façon
substantielle les subventions pour justement permettre la réalisation de l'efficacité
énergétique de nos bâtiments puis de la conversion des bâtiments actuels. Bien
entendu, tu sais, on parle d'investissements des CAPEX, souvent, versus les
OPEX, là. Tu sais, quand on est en opération, plus tard, on va avoir des
économies substantielles sur la vie... de la durée de vie du bâtiment. Avez-vous
une idée ou une suggestion de véhicule financier qu'on pourrait mettre en
place, justement, pour pouvoir considérer autant les économies futures qui
seront réalisées par les interventions en efficacité énergétique?
M. Dussault (François) : Oui...
bien, en <fait...
M. Lemay :
...interventions
en efficacité énergétique?
M. Dussault (François) :
Oui...
bien, en >fait, peut-être que Michel pourra me compléter parce qu'il
travaille dans le domaine de financement de projets...
M. Méthot (Michel) : Oui, en financement
de projets, oui.
• (18 h 10) •
M. Dussault (François) : ...mais
certainement qu'un audit, quand on parle de réaliser un audit, qui consiste en
un plan directeur, on recommande des mesures. Puis le bien-fondé des mesures
d'efficacité énergétique proposées ou de décarbonation proposées, le bien-fondé
repose sur les objectifs de réduction d'émissions, mais aussi de réduction de
la facture. Quand on choisit telle ou telle mesure qu'on va introduire dans un
projet ou dans un plan directeur, c'est parce que la rentabilité a été jugée
pertinente. Ça fait que, là, il y a... Effectivement, il y a des propriétaires
immobiliers, puis ça dépend des secteurs, ça dépend si c'est public, privé,
industriel, les critères de choix de mesure peuvent être très variables de l'un
à l'autre, il y en a qui veulent des retours sur investissement rapides, il y
en a qui sont prêts à accepter plus long, donc, et... mais ces critères-là sont
déterminants pour le choix ultime des mesures.
Mais c'est pour ça qu'il faut que le
projet, ultimement, soit contraignant. C'est pour que des gens ne disent pas :
Bien, moi, mes critères, c'est ça, donc je ne fais pas... je ne fais pas
d'intervention. Non, non. Les critères, tu as beau avoir tes critères, ton
ensemble de critères, mais la loi t'oblige ou le règlement t'oblige à exécuter
le plan directeur qui aura été déposé. Puis Michel, il va vous parler des
outils qui existent, là.
M. Méthot (Michel) : Quelques
outils. On parlait tantôt de subventions. Je pense que les programmes
subventionnaires, au Québec, sont quand même relativement généreux. Je pense
que, ça, on peut... on peut le statuer quand on se compare aux autres provinces
parce qu'on a quand même une expérience, là, sur d'autres provinces. Les
programmes sont relativement généreux, peuvent toujours être bonifiés, oui. Ce
qui peut être fait aussi, c'est d'identifier des fonds, d'identifier des fonds
d'investissement pour s'assurer... avec des rendements modestes, je dirais, et
attrayants. On ne peut pas faire du 50 % de retour sur l'investissement
quand on fait de l'investissement à long terme en efficacité énergétique.
Alors, oui, du financement patient, du
financement ciblé également. Ça prend des gens responsables de ces fonds-là, de
ces CAPEX-là, qui ont vraiment un objectif de décarbonation et d'investissement
patient et long terme, puis ça, c'est une chose qui peut être faite.
Et, oui, la tarification carbone, notre...
notre... disons, le «cap and trade» au Québec, le système de plafonnement des
émissions, oui, dans 30 ans... pas dans 30 ans, mais, dans
10 ans d'ici, la tonne de carbone va être relativement coûteuse. Alors, on
peut utiliser ce levier-là, futur, comme intrant, là, sur un calcul de retour
sur investissement sur un projet. Ça fait qu'il y a... il y a plusieurs aspects
qui peuvent être mis en branle.
Puis, oui, je suis... je suis actuellement
engagé personnellement sur un fonds d'investissement en efficacité énergétique,
et il est possible de faire de la décarbonation en autofinancement sur... sur
le bénéfice économique qui y est associé.
M. Lemay : Puis justement, M.
Méthot, sur les fonds d'investissement en efficacité énergétique, est-ce que
vous voyez des problèmes actuellement? Est-ce qu'il y a certains problèmes que
vous envisagez qu'on pourrait avoir, tu sais, avec notre projet de loi? Tu
sais, est-ce que vous... est-ce que vous vous dites : Il y a certaines
choses qu'on pourrait améliorer qui feraient en sorte que ça tournerait plus
rondement?
M. Méthot (Michel) : C'est...
des programmes d'intéressement. Il faut... faut s'assurer que c'est à l'agenda
des propriétaires. C'est sûr que, bien, afficher sa cote immobilière à la
porte, oui, ça peut créer un certain mouvement. Est-ce que c'est... c'est un
appel à l'action fort? Je pense que ça prend... Il faut amener ça un petit peu
plus loin. Il faut aller chercher un audit énergétique, s'assurer qu'on a un
plan d'action éclairant sur ce qui doit être fait, là, pour améliorer la
performance environnementale, là, des immeubles. Ça fait qu'il y a l'aspect
audit énergétique, il y a une capacité aussi de... on a un océan à faire
bouillir, là. C'est un peu ça. Il faut... Il faut attaquer... Il faut attaquer
le projet de façon très frontale et il y a beaucoup de travail à faire.
M. Dussault (François) : Moi,
je pense, si je peux me permettre d'ajouter, là, je pense que le projet de loi
introduit un système qui va donner de la connaissance, et de la visibilité, et
puis qui va, si... si la réglementation va aussi loin que ce qu'on souhaite,
qui est à dire d'attacher des audits énergétiques qui sont nécessaires et
obligatoires dans certains cas ou dans tous les cas, peu importe, on va... on
va avoir un fondement, une base très, très solide pour des appels à l'action.
Donc, exécuter les travaux recommandés dans un plan directeur, ça va venir
avec, ça va... ça va être... ça va couler de source.
Par contre, les modes de réalisation, que
ce soit avec de l'autofinancement, avec des fonds d'investissement qui
amènent... ou avec des fonds publics, parce qu'il y a... il y a déjà beaucoup <de...
M. Dussault (François) :
...des
fonds d'investissement qui amènent... ou avec des fonds publics, parce qu'il y
a... il y a déjà beaucoup >de... il y a les subventions, on l'a dit,
mais il y a beaucoup, même, de programmes de financement de projets en
efficacité énergétique à l'intérieur des ministères. Le ministère de la Santé
en a, le ministère de l'Éducation en a. Il y en a un peu partout. Ça fait que
c'est tous des outils financiers qui permettent de réaliser des projets. Il y a
des modes de réalisation, il y a des modes contractuels, il y en a qui
devraient être amélioré, il y en a qui... le système d'appel d'offres public,
le plus bas soumissionnaire n'est pas nécessairement la meilleure façon de
réaliser un projet en efficacité énergétique. Il y a d'autres modalités à
considérer, puis elles existent, mais elles sont sujettes à amélioration.
Donc, je pense que le projet de loi n'est
pas un frein à la réalisation de projets ou à différents modes
d'opérationnalisation qui découleraient de ce système de cotation là.
Mme Gauthier (Geneviève) : ...rajouter,
par exemple, on parle de bonification, là, des programmes de subvention, puis,
oui, il y a la planification financière, mais c'est indiqué dans notre mémoire,
là, on a... J'ai utilisé le terme «programme facilitant», là. Il y a des plus
petits joueurs ou des moyens joueurs dans le secteur immobilier qui, malgré
toutes les subventions, ne s'y retrouvent pas. Donc, l'absence de guichet
unique, l'absence d'accompagnement. Vous serez surpris de savoir que, pour
certains, de rentrer ses données de consommation de gaz ou d'électricité dans
un fichier Excel, ils ne sont pas capables, ils ne savent pas où prendre...
comment lire des factures.
Donc, dans tout ça, oui, il y a les
programmes financement avancé pour les plus gros. Il reste que, pour les petits
ou moyens par programme...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme Gauthier (Geneviève) : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
Mme Gauthier. Désolée de vous couper, mais nous allons poursuivre. Et je
cède la parole à l'opposition officielle, Mme la députée de Mille-Îles, qui
souhaite probablement que vous continuiez.
Mme Dufour : Oui. Exact.
Merci, Mme la Présidente. Je vais vous laisser continuer votre réponse, s'il
vous plaît.
Mme Gauthier (Geneviève) : Il
me restait une phrase, mais c'est pour dire qu'on pense que «bonification des
programmes» veut dire, oui, plus d'argent, mais de l'argent sans
accompagnement, sans... tu sais, sans élément facilitant pour que les gens s'y
retrouvent, qui puisse les aider... Il y a certains propriétaires, ils doivent
être pris par la main pour certaines étapes. Ce n'est pas tout le monde qui a
des équipes, des ingénieurs, des gens qui comprennent, là, les enjeux qu'on est
en train de discuter. Donc, c'est le seul point que je voulais ajouter.
Puis on le voit dans les autres
juridictions, que, quand ça fonctionne, il y a certains programmes qui
pouvaient être mis de l'avant qui vont... des programmes d'accompagnement, si
on veut, pour s'assurer que le fardeau amené par cette réglementation-là, le
baisser pour que les bénéfices soient plus grands, les bénéfices sur la société
soient plus grands que le fardeau qu'on fait porter, là, aux plus petits, là.
Mme Dufour : Oui, merci. Puis
d'ailleurs vous en parlez dans votre mémoire à la page 11, là, que... qu'ils
vont avoir besoin d'appui technique, vous mentionnez. Il y a d'autres groupes
qui ont parlé de formation aussi, qui devrait être fournie. Comment vous voyez
ça? Est-ce que... Est-ce que c'est quelque chose que le ministère devrait
fournir? Est-ce que c'est un groupe qui devrait être mandaté? Puis vous voyez
ça, là, de quelle ampleur, là, que ça pourrait représenter, là?
M. Dussault (François) : Bien,
moi, ce que je vois dans le projet de loi, c'est qu'il va y avoir des outils
mis en place par les distributeurs d'énergie pour que les consommateurs, les
propriétaires aient accès à de l'information de façon plus conviviale. Donc, je
pense que ça, c'est un très bon départ. Ça fait que la... les éléments de base
sont relativement faciles à aller chercher. Donc, l'accompagnement, c'est
peut-être juste de s'assurer que l'information se rend aux bonnes personnes,
correctement, pour ces premières étapes là. Mais, dès qu'on parle de récolter
de l'information sur les matériaux, sur les équipements qui sont présents dans
les bâtiments, sur tout ce qui s'apparente à un audit, bien, nous, ce qu'on
dit, c'est : Il faut que ça soit fait par des professionnels. Ça peut être
des professionnels qui existent déjà au sein de l'organisation du propriétaire
ou qu'il fasse appel à des professionnels externes, mais je pense que, si on
attend que tout le monde soit formé et comprenne, et tout ça, je pense que ça
va être... ça va ajouter des délais. Je pense qu'il faudrait y aller
directement avec une obligation de faire appel à des gens compétents en la
matière, là.
Mme Gauthier (Geneviève) : Bien,
pour faire du millage là-dessus, la réglementation de la ville de Montréal, là,
qui a précédé ce projet de loi là, sur leur page, là, il y a des webinaires qui
ont été enregistrés. Pour les premières informations qu'il y a dans notre
mémoire, là, je ne pas sais pas le numéro de page, vous pouvez le regarder,
qu'on classe en deux étapes, certaines interventions plus faciles qui peuvent...
on peut, par de la documentation, des guides d'interprétation de la loi...
comme la ville de Montréal a, ils ont un guide d'interprétation de la
réglementation, ils ont des webinaires qui ont été donnés live puis qui sont
enregistrés, auxquels... les gens peuvent savoir comment rentrer les données,
et tout ça.
Quand on parle du deuxième niveau, qui est
les équipements puis le niveau qui va nous permettre de savoir quoi faire,
parce qu'au-delà de savoir qu'on n'est pas bons, encore faut-il savoir comment
s'améliorer, ça, c'est vraiment le bout où, là, oui, il peut y avoir de la
formation, oui, il faut qu'il y ait des professionnels d'impliqués, là.
Mme Dufour : Merci.
Effectivement, vous faites un bel... En tout cas, vous parlez de villes, là,
qui ont fait des initiatives semblables, là, dans votre mémoire, et là vous
comparez avec le Québec, mais je me demandais si vous avez vu, justement, par
exemple, dans d'autres juridictions, qu'ils auraient été <jusqu'à...
Mme Dufour :
...je me
demandais si vous avez vu, justement, par exemple, dans d'autres juridictions,
qu'ils auraient été >jusqu'à détailler les équipements. Parce que... Parce
que ça, c'est quand même un élément nouveau puis c'est quand même... c'est
quelque chose, là, qui peut être abstrait, là, pour beaucoup, là, qu'est-ce qui
serait inclus comme un équipement qui consomme, là, de l'énergie.
Donc, je ne sais pas si, dans vos... c'est
ça, dans vos recherches, vous en avez trouvé.
• (18 h 20) •
Mme Gauthier (Geneviève) : Tu
veux-tu que je la prenne, celle-là, François?
M. Dussault (François) : Vas-y,
vas-y, vas-y.
M. Méthot (Michel) : Vas-y,
oui.
Mme Gauthier (Geneviève) : Oui,
bien, dans les autres juridictions, là, là je peux me tromper, mais, de celles
que j'ai regardées, une dizaine, je n'ai pas vu ce type de demande là,
d'équipement, d'abord, sauf que la plupart demandent des audits énergétiques
qui, elles, contiennent des listes d'équipements. Mais un audit énergétique va
au-delà que de faire un inventaire de ce qui existe, amène une couche de plus
qu'on ne retrouve pas dans le projet de loi actuel, qui est de se dire :
Maintenant qu'on sait tout ce qu'il y a, qu'est-ce que vous pouvez faire? Combien
ça coûte? C'est quoi, les interventions?
Donc, la réponse courte, c'est : Non,
je n'en ai pas vu, d'autres réglementations, qui demandaient des équipements mais
demandaient plus des audits énergétiques qui incluent ça, mais qui incluent
aussi ce qui nous permet de passer à l'action. C'est ça, la grande différence
entre les deux.
M. Dussault (François) : C'est
pour ça que j'ai... D'ailleurs, j'ai entendu très bien le ministre tantôt nous
dire que ces choses-là vont peut-être se retrouver dans de la réglementation
future. Mais c'est pour ça qu'on disait que l'intention finale manque
d'expression, que, oui, c'est... oui, on pourra dire tout ce qu'on veut en
réglementation future, mais la loi doit dire que l'intention, c'est qu'il y ait
de l'action qui découle de la cotation, de la divulgation et de la cotation.
Mme Dufour : Oui. Tout à... Vous
venez de mentionner, là, qu'il y a... des fois, les audits complets, là, qui
sont demandés incluent les bâtiments, mais c'est mentionné dans votre mémoire
que, par exemple, pour la ville de New York, on parle de bâtiments de 25 000 pieds
carrés et plus qui ont à fournir un audit aux 10 ans. La Californie, c'est des
bâtiments de 10 000 pieds carrés et plus. Nous, ici, l'intention,
c'est tous les bâtiments.
Donc, est-ce que vous avez vu ça dans
d'autres juridictions, d'évaluer tous les bâtiments et avec tous les équipements?
M. Dussault (François) : Bien,
Geneviève, je ne sais pas si tu as une réponse à ça, mais...
Mme Gauthier (Geneviève) : Bien,
tu sais, la réponse est similaire à l'autre, là, pour les équipements, c'est
non. Pour les audits, effectivement, il y a des seuils minimums de pieds carrés
qui, ça, seront touchés dans la réglementation. Effectivement, là, c'est un...
la balance des inconvénients, des bénéfices à faire, au niveau de la
réglementation. Donc, des audits sur tout bâtiment de tous pieds carrés, je ne
pense pas avoir vu ça...
M. Dussault (François) : C'est
un petit peu pour ça qu'on parlait de deux paliers, là. Mettons qu'on établit
avec un premier niveau, là, l'information de base, on a une cote, puis après ça
le ministre et la réglementation peuvent dire : Oui, mais là, suite à
cette évaluation-là, telle, ou telle, ou telle catégorie doit faire un audit,
et pas seulement une collecte d'information, mais une évaluation aussi des
mesures à implanter, à mettre en œuvre.
Mme Dufour : Oui,
effectivement, c'était très intéressant, dans votre mémoire, de proposer ça, là.
Puis, vous parliez qu'il y aurait peut-être moins de réactions en ayant deux
paliers, là, un palier un peu plus facile puis...
M. Dussault (François) : Oui,
de demandes de révision, oui, oui. Exact.
Mme Dufour : Oui, c'est ça.
J'aimerais vous entendre sur... On a eu, aujourd'hui, des groupes qui
proposaient... dans le fond, qui disaient qu'il faudrait que l'intention, là,
de l'article 29 et 30, qui dit que, dans le fond, cette réglementation-là
serait... passerait outre celles qui sont faites par les municipalités, puis il
y a des groupes aussi qui sont venus nous dire : Non, il faudrait
permettre aux municipalités de pouvoir faire leurs propres... leurs propres
mesures ou, en fait, leurs propres normes si elles souhaitent aller au-delà de
la norme québécoise. Parce qu'il y en a actuellement qui sont quand même plus
avancées, qui peut-être... dans le fond, ce serait peut-être un recul, c'est ce
qu'on nous disait, là, dans certaines villes. Et donc je voudrais vous entendre
sur votre position là-dessus.
M. Dussault (François) : Bien,
on va encore répondre peut-être en tandem, là, mais, moi, je pense que les
municipalités, là... Imaginez, sur l'île de Montréal, il y a plusieurs, déjà,
municipalités. On a des municipalités qui ne sont pas intégrées, puis qui ont
leur propre réglementation, puis qui ne sont pas assujetties aux règlements de
la ville de Montréal. Moi, je pense qu'à un moment donné il faut qu'il y ait
une réglementation plus large qui s'applique à tous. Ceux qui veulent aller
plus loin, bon, peut-être, mais il y a aussi des secteurs sur lesquels les
municipalités ne peuvent pas réglementer.
Le règlement de la ville de Montréal, il
porte sur les émissions de GES, il ne porte pas sur l'énergie. Et, nous, ce
qu'on voit, c'est que vous avez l'intention de... bien, que le gouvernement a
l'intention que ça porte sur l'intensité énergétique. Les émissions, le
temps... le moment où l'énergie est utilisée, ça, il faut <comprendre...
M. Dussault (François) :
...énergétique.
Les émissions, le temps... le moment où l'énergie est utilisée, ça, il faut >comprendre,
en sous-texte, la gestion de pointe électrique. Ça fait que c'est des facteurs
qui... Ça prend une instance plus... de plus haut niveau pour légiférer ou
réglementer ça.
Alors, je... je pense que la ville de
Montréal a tout le mérite d'avoir voulu prendre les devants, mais tant mieux si
l'autorité provinciale peut englober ça. Ça, c'est peut-être un point de vue un
peu plus personnel, là. Mais, Geneviève, je ne sais pas trop qu'est-ce que tu
en penses.
Mme Gauthier (Geneviève) : Bien...
Oui, bien, je vais juste amener un complément à ça. Je pense qu'est-ce qui est
nuisible dans différentes réglementations, puis c'est ça... de ça qu'il serait
question si on laisse les villes avoir des réglementations plus contraignantes,
c'est s'il n'y a pas une certaine uniformité. Parce que, ça, ça peut être
confondant. Donc, si les informations demandées sont les mêmes, si les
informations transigent par les mêmes plateformes et puis qu'un gouvernement
dit : Nous donnons une cote sur l'énergie, une ville dit : On veut
aller plus loin, puis donner une cote sur les GES, c'est la même plateforme,
c'est les mêmes informations demandées, je ne vois pas qu'est-ce qui...
qu'est-ce que ça nuirait. Je ne pense pas que ça nuirait, ça ne pourrait qu'être
accueilli favorablement. C'est assez défavorable, comme François l'a dit. Si ce
n'est pas les mêmes informations qui sont demandées, ça ne transige pas par les
mêmes plateformes, là ça peut être très difficile à gérer puis ce serait
nuisible.
Mme Dufour : Merci. À la
page 11 de votre mémoire, vous parlez de la périodicité de la déclaration.
Vous dites que la loi devrait le mentionner, l'intention. Je partage votre
opinion. Est-ce qu'il y a une périodicité que vous nous recommanderiez?
M. Dussault (François) : Michel.
M. Méthot (Michel) : Peut-être,
oui. Bien, c'est ce qui se fait ailleurs, habituellement. On parle d'au moins
cinq ans. Peut-être avoir une périodicité, là, sur cinq ans. Les choses
évoluent, les travaux se font également, là, au niveau des immeubles, et tout,
et peut-être un trois à cinq ans serait un cycle correct, là, pour nous.
Mme Dufour : Donc, pas
quelque chose d'annuel, là.
M. Méthot (Michel) : Ce
serait peut-être un peu lourd, oui.
M. Dussault (François) : Oui,
c'est un peu lourd puis ça ne donne pas le temps d'agir.
M. Méthot (Michel) : De
prendre action. Disons, si... si on a... une bonne recette pour implanter un
projet d'amélioration, ça prend un horizon deux ans, habituellement. Deux ans à
30 mois, je pense que c'est un horizon correct.
Mme Dufour : OK. Donc, la
mesure que les entreprises prennent, soit aux trois à cinq ans, pour vous, ce
serait... ce serait raisonnable.
M. Méthot (Michel) : Ce
serait bien, oui.
Mme Dufour : Excellent. Je
vous remercie beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous allons poursuivre les échanges avec la deuxième opposition. Mme
la députée de Verdun, la parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci, M. Dussault, M. Méthot et Mme
Gauthier, pour votre présentation puis les échanges. Moi, j'aimerais vous
entendre un peu plus sur le concept de performance énergétique. C'est bien sûr
votre expertise. Et, tout à l'heure, vous disiez que ça vaudrait la peine de
bien définir cet objectif-là dans le cadre du projet de loi. Vous donnez des
exemples de dimensions : intensité énergétique, taux d'émission,
utilisation de puissance électrique. Donc, j'aimerais ça, que vous pouvez... si
vous pouvez développer un peu plus là-dessus.
M. Dussault (François) : Oui.
Bien, je vais me lancer, puis vous me compléterez, mes collègues, au besoin. En
fait, c'est qu'au Québec, on a... comme on a beaucoup d'utilisation d'énergie
électrique... Par exemple, pour le chauffage, je vais y aller avec des
exemples, un bâtiment qui est chauffé tout à l'électricité n'émet pas de gaz à
effet de serre. Puis, pour... on pourrait être tenté de croire qu'il est
exemplaire, mais, en réalité, il contribue peut-être aux problèmes d'appels de
puissance d'Hydro-Québec, il contribue peut-être à mobiliser des kilowattheures
qui seraient utiles pour décarboner le secteur des transports ou décarboner
ailleurs. Donc, il ne faut pas se concentrer que sur les émissions de GES, il
faut se concentrer sur la bonne utilisation de l'énergie, donc ce que nous, on
appelle l'intensité énergétique, la quantité d'énergie par unité de surface,
par mètre carré... bon. Donc, l'intensité énergétique, c'est aussi important
que les taux d'émissions de gaz à effet de serre.
Et on a vu des exemples, là, dans les
tables rondes où on a participé, où la cote serait éventuellement... puis là je
ne veux pas rentrer dans les détails réglementaires qui viendront, mais une cote
à deux indices, par exemple, un indice mixte qui couvre à la fois l'intensité
énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, et même un triple indice
qui se préoccuperait de l'utilisation de la puissance. Donc, il faut absolument
qu'on puisse capturer toutes ces dimensions-là dans la cote. C'est mon point de
vue. C'est... Je pense que c'est le point de vue de notre groupe, mais il y a
peut-être des compléments à ajouter, là.
Mme Zaga Mendez : Dans ce
sens-là... Non, merci. C'était très clair. Puis, pour améliorer, par exemple,
l'intensité énergétique, tout à l'heure, vous parliez <de...
Mme Zaga Mendez :
...clair.
Puis, pour améliorer, par exemple, l'intensité énergétique, tout à l'heure,
vous parliez >de programmes plus larges afin de... j'inclurais là-dedans
aussi des bâtiments qui sont du parc locatif pour les ménages à faibles
revenus, qu'on sait très bien qu'ils sont souvent dans des... peut-être, des
bâtiments dans lesquels on utilise plus d'énergie pour un résultat, en termes
de chauffage, qui est moindre. Donc, comment on s'attaque à ce problème-là
selon vous?
• (18 h 30) •
M. Dussault (François) : Bien,
en fait, la cotation va permettre de mettre au jour les problèmes puis les
rendre... les documenter, les rendre visibles. Puis, dans un cas où la cote est
mauvaise, bien, parfait, on impose l'exécution d'un audit énergétique, et il y
aura un plan de match, un plan directeur sur mesure pour tel bâtiment, puis,
dans trois, quatre, cinq ans, on vient voir les résultats atteints. Ça peut...
Là, quand on parle de locatif résidentiel,
bon, bien là, souvent, ça peut être des enjeux de qualité d'enveloppe de
bâtiment, donc fenestration, toiture, mur. Bon, ce n'est pas nécessairement la
performance des systèmes mécaniques. Il peut y avoir beaucoup d'aspects en jeu.
Et évidemment ces mesures-là sont souvent des mesures avec une moins bonne
rentabilité. Dès qu'on parle d'enveloppe de bâtiment, le «payback» là-dessus,
il peut être beaucoup plus long. Ça fait que, là, soit que les incitatifs
financiers viennent compenser pour ramener ça à un niveau qui est acceptable
pour les propriétaires, mais effectivement les mesures qui touchent le
résidentiel multilocatif peuvent être un enjeu, oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. Dussault, M. Méthot et Mme Gauthier, pour votre présentation
et vos contributions à les échanges ici, dans notre commission.
Nous allons suspendre les travaux pour
quelques instants afin qu'on puisse accueillir le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 32)
(Reprise à 18 h 33)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors
nous reprenons nos travaux. Je souhaite la bienvenue à M. Pierre-Olivier Pineau.
Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi
nous procédons aux périodes d'échange avec les membres de la commission. Alors,
je vous invite donc à vous présenter et commencer votre exposé.
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Merci
beaucoup. Merci de l'invitation. Je suis donc Pierre-Olivier Pineau. Je suis
professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de
l'énergie. Je suis très heureux d'être là. Je tiens surtout à féliciter le
ministre pour ce projet de loi. Je l'attendais depuis 2018, alors que le Plan
directeur en transition, innovation et efficacité énergétique du Québec
2018-2023, qui avait été élaboré par Transition énergétique Québec, évoquait
l'introduction d'un système de cotation énergétique obligatoire des bâtiments
dans le contexte des bâtiments résidentiels. Donc, moi, depuis 2018, je suis
sur... en attente de ce système-là.
J'avais été déçu en 2022, lors de la mise
à niveau du plan directeur, parce que cette notion de cotation obligatoire
avait disparu des bâtiments résidentiels. Elle avait été transférée pour les
bâtiments commerciaux et institutionnels, où c'était indiqué de mettre en place...
Un des objectifs était de mettre en place un système de divulgation, de
cotation et de performance énergétique. Donc, ça, c'était prévu pour l'année
2022-2023, dans le plan... dans la mise à niveau du plan directeur qui avait
été publié en 2022. Donc, je suis enfin très heureux qu'en 2024, avec quelques
mois de retard, on arrive enfin au projet de loi qui permettra ce système-là,
de... de divulgation, cotation et performance énergétique. En fait, en ce qui
concerne le projet de loi en tant que tel, je pense qu'il contient toutes
les... tous les éléments...
18 h 30 (version révisée)
M. Pineau (Pierre-Olivier) : ...en
fait, en ce qui concerne le projet de loi en tant que tel, je pense qu'il
contient tous les éléments nécessaires pour faire en sorte qu'on aille de l'avant.
J'aurais une recommandation qui est très
importante pour la crédibilité des cotations énergétiques. Ça, c'est basé sur
les expériences internationales, où parfois... et mon expérience, en fait, même
personnelle, parce que j'ai moi-même fait une cotation de mon bâtiment à
travers le programme Rénoclimat que le gouvernement du Québec offre aux
citoyens québécois. On obtient une cotation énergétique, cette cotation
énergétique, elle... elle est faite par un outil de simulation qui peut être
très crédible et très précis, mais ce n'est pas validé par le distributeur d'énergie.
Dans le projet de loi, c'est prévu qu'il y ait une plateforme pour que les
distributeurs partagent l'information avec les propriétaires, l'information sur
leur consommation énergétique. Je pense que c'est intéressant, mais, surtout,
le plus intéressant, le plus important, c'est de valider la cotation effectuée
par une firme externe du bâtiment, de valider cette cotation-là avec les
données du distributeur, parce qu'on sait que les distributeurs d'énergie
possèdent l'information sur le bâtiment, possèdent aussi des... un historique sur
la consommation du bâtiment, et pourraient trianguler cette cotation
énergétique faite de manière externe. Elle est faite de manière externe, au
Québec, aujourd'hui, par d'excellentes compagnies qui agissent selon les normes
qui sont recommandées, mais on n'a pas de triangulation. Et ça, c'est très
important, parce que si, par hasard, on a des erreurs ou des décalages entre l'estimation
faite et la consommation réelle, on a... on pourrait avoir un manque de
confiance qui s'insérerait dans le système. Ça, c'était ma recommandation.
J'ai cependant une inquiétude qui a trait
au fait qu'on ne mentionne pas, dans le bâtiment... on mentionne «tout
propriétaire d'un bâtiment» serait, tel que déterminé par règlement du
ministre... devrait être assujetti à ce système de divulgation, cotation et de
performance énergétique. Est-ce qu'on va vraiment avoir tous les propriétaires
de bâtiments résidentiels ainsi que les propriétaires de bâtiments commerciaux
et institutionnels? Là se trouve mon inquiétude, parce que c'est extrêmement
important que tous les propriétaires de bâtiments du Québec, et pas seulement
les propriétaires commerciaux et institutionnels, soient assujettis à ce...
bien, au futur règlement et à la loi. Pourquoi? Parce que les ventes
résidentielles d'électricité, c'est le plus gros des ventes d'Hydro-Québec. C'est
70 térawattheures et, de ce 70 térawattheures d'électricité qu'Hydro-Québec
vend, il y en a 60 % pour le chauffage. 42 térawattheures des ventes d'électricité
d'Hydro-Québec sont dédiés au chauffage dans le secteur résidentiel. Si on ne s'attaque
pas... si la loi et le projet de loi ne couvrent pas les habitations
résidentielles, on passe à côté du plus gros bloc de consommation d'énergie
québécois, qui devrait être prioritaire. Et je reviendrai sur d'autres raisons
pour lesquelles ça devrait être prioritaire.
Si on compare aux ventes commerciales, les
ventes commerciales d'Hydro-Québec, c'est 48 térawattheures, donc c'est
beaucoup moins que les 70 térawattheures résidentiels. Et, de ces 48 térawattheures,
il y en a 43 % pour le chauffage, qui sont, en fin de compte... ce qui
représente 21 térawattheures, donc la moitié de ce que représente le
chauffage pour les clients résidentiels, en termes absolus. Et donc, évidemment,
la performance énergétique des bâtiments, c'est avant tout une question de
chauffage parce que c'est là où l'énergie se consomme au Québec, et, si on veut
agir de manière prioritaire sur le secteur qui est le plus important, c'est
celui des bâtiments résidentiels. Non seulement les clients résidentiels
représentent le plus gros potentiel de gains en térawattheures, mais c'est d'autant
plus important qu'une réglementation s'applique à eux qu'ils ont des tarifs qui
sont subventionnés par les clients commerciaux et institutionnels. Vous savez
très bien que le client résidentiel ne paie que 85 % du coût de service
que... de ce que ça coûte pour le service d'Hydro-Québec, en ce qui concerne l'électricité.
Les clients commerciaux paient 125 % de ce que ça leur coûte. Les clients
commerciaux sont déjà pénalisés, ils ont... donc ils souffrent déjà de la
subvention qu'ils doivent verser aux clients résidentiels. Il serait normal, à
mon avis, qu'il y ait une réglementation... s'attaque aux clients qui ont le
moins grand signal de prix pour faire... lors des efforts d'efficacité
énergétique, parce que leur électricité, elle est subventionnée à hauteur de
15 %. Ils ne paient que 85 % du coût de service.
D'autant plus, et c'est le troisième argument
pour cibler les clients résidentiels, ce sont les clients résidentiels et la
chauffe des <clients...
M. Pineau (Pierre-Olivier)T :
...ce
sont les clients résidentiels et la chauffe des >clients résidentiels
qui constituent le plus gros bloc d'appels de puissance des clients
d'Hydro-Québec. Pour 2024, d'après l'état d'avancement du plan
d'approvisionnement d'Hydro-Québec, Hydro-Québec indique que c'est
14 950 mégawatts d'appel de puissance qu'on doit s'attendre pour le
chauffage uniquement des clients résidentiels, contre seulement
3 700 mégawatts d'appel de puissance pour les clients commerciaux.
Donc, en fait, c'est presque cinq fois plus d'appels de puissance pour les
clients résidentiels. C'est d'autant plus important de cibler les clients
résidentiels que c'est eux qui constituent l'essentiel de la pointe et qu'il
faut donc y avoir... gérer... les aider à gérer la pointe en leur faisant mieux
connaître leur performance énergétique et en les aidant à améliorer cette
performance-là avec un calendrier pour leur permettre de le faire.
• (18 h 40) •
Je continuerais en vous disant qu'agir sur
tous les bâtiments est essentiel parce que l'Agence internationale de
l'énergie, dans sa mise à jour de 2023 de la feuille de route Net-Zero qu'elle
a écrite, planifie 70 %... En fait, dans le scénario, ils ne planifient
pas, mais ils font un scénario pour la décarbonation en 2050, l'Agence
internationale de l'énergie, et ils disent que, dans le secteur des bâtiments,
pour le chauffage, c'est 70 % de réduction qu'on doit atteindre pour... de
la consommation d'énergie. Et tout ça, c'est avec une croissance de 30 %
de la superficie des bâtiments et de la superficie à chauffer.
Pour arriver à ce... à ce 70 % de
réduction de la consommation d'énergie dans les bâtiments tout confondus,
résidentiels et commerciaux, l'Agence internationale de l'énergie dit qu'il
faut faire des rénovations profondes des bâtiments. Donc, non seulement il faut
informer, mais il faut aller sur des rénovations profondes qui réduisent de...
de 60 % la consommation d'énergie des bâtiments. Et ça, il faut faire des
rénovations profondes à un rythme de 2,5 % par an. Ça, c'est selon
l'Agence internationale de l'énergie. C'est très important de réaliser ce type
de rénovations pour que le parc de bâtiments existants s'améliore à un rythme
accéléré pour réduire la consommation des Québécois, permettre de réduire la
pointe, enrichir le Québec en permettant d'utiliser cette électricité-là à
d'autres fins que de chauffer des pièces qui, par ailleurs, les résidences des
Québécois sont de plus en plus grandes et avec de moins en moins de Québécois.
Donc, ça devient un enjeu parce que ça devient un peu absurde à un moment donné
d'avoir de moins en moins de personnes dans les logements québécois et de chauffer
pour tout ça.
Donc, encore une fois, je vais terminer en
disant que je félicite le ministre et que je trouve le projet de loi excellent.
Je pense que, pour faire preuve de leadership à l'échelle internationale, il
faut aller même plus loin que ce que nos collègues internationaux et ce que des
pays comme la France font, avec des interdictions de location pour des
passoires énergétiques. Et il y a tout un calendrier en France qui existe
pour... En 2023, on interdit la location de bâtiments qui y sont cotés G, et en
2025, F. Et ils remontent comme ça jusqu'en 2034, où les résidences cotées D ne
pourront plus être louées. Donc, je m'attends à avoir ce genre de
réglementation assez rapidement dans les années à venir pour les clients
résidentiels et commerciaux. Et j'aimerais... et j'espère surtout ne pas avoir
à attendre six ans de plus avant d'avoir ces règlements-là qui vont être
essentiels pour la mise en œuvre de la loi. Je vous remercie. Et, si vous avez
des questions, il me fera évidemment plaisir d'y répondre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. Pineau. À la seconde près. Alors, nous allons poursuivre les échanges
avec la partie gouvernementale. M. le ministre, vous disposez de
16 min 30 s
M. Charette : C'est bien
gentil, temps que je vais partager avec mes collègues. Mais tout d'abord,
M. Pineau, un plaisir de vous entendre et, à défaut de pouvoir vous serrer
la main à la fin, compte tenu que c'est en virtuel, déjà, je vous remercie pour
votre contribution. Merci pour les bons mots. C'est vrai que ça peut sembler
tardif comme dépôt de projet de loi, mais, en même temps, il fallait y aller
avec une certaine... une certaine cohérence. On se souvient qu'en 2000... le
temps file, 2020, si ma mémoire est exacte, on... exacte, on a déposé le projet
de loi n° 44 qui venait confirmer la responsabilité
du ministre, et donc du ministère de l'Environnement, dans la coordination de
l'action gouvernementale. Le volet Transition énergétique, jusqu'à l'année
dernière, en fait, jusqu'à la fin 2022, était davantage entre les mains ou
sous la responsabilité d'un autre ministère. Donc, il fallait place, en quelque
sorte, les cartes pour pouvoir déposer ce projet de loi là.
Je suis tout à fait d'accord avec vous, il
est nécessaire, très certainement perfectible. C'est la raison pour laquelle on
fait les consultations cette semaine, et certainement perfectible à travers
l'étude article par article qui... qui va suivre. Vous avez parlé de
l'expérience <internationale...
M. Charette :
...qui...
qui va suivre. Vous avez parlé de l'expérience >internationale,
notamment française. Je serais intéressé, là, d'échanger avec vous à ce
sujet-là. Mais peut-être, avant, juste au niveau de la séquence, si je
comprends bien, vous, vous aimeriez qu'on touche davantage, et en premier lieu,
le petit résidentiel avant le commercial et l'institutionnel? Est-ce que c'est
ce que je décote... décode de votre propos?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Non.
C'est-à-dire que je ne pense pas qu'il faille avoir une séquence. Je pense
que... qu'on est... on est à l'heure de l'action et je pense que tous les...
les propriétaires de bâtiments... et dans le projet de loi, c'est bien indiqué,
tous les propriétaires de bâtiments devraient être soumis... bien, pourraient
être soumis à ce système-là. Ma crainte, c'est que vous... vous n'alliez pas
sur les... les propriétaires de bâtiments résidentiels. Je crois que c'est
eux... c'est que la priorité devrait leur être donnée, mais je pense que tout
le monde devrait être soumis en même temps. Je ne pense pas qu'on doive avoir
un groupe en premier. C'est deux groupes qui sont très distincts, et
l'expérience d'un côté n'aidera pas forcément l'expérience de l'autre côté. De
toute façon, on a déjà des villes, comme la ville de Montréal, qui vont de
l'avant avec les propriétaires commerciaux et institutionnels, donc vous
pourrez vous baser en partie sur cette expérience-là. Vous pouvez vous baser
sur l'expérience de pays européens. Et je pense que tout le monde devrait le
plus rapidement possible être assujetti à la divulgation, cotation et
performance en amélioration au fil du temps le plus rapidement possible.
M. Charette : ...sur un
point, peut-être vous inquiéter sur un autre, on va, à terme, viser l'ensemble
des bâtiments, mais on pense, et, en fait, on est convaincus qu'il faut y aller
dans une certaine séquence pour éviter les erreurs, et on en parlera par la
suite. Et les reculs qui se vivent présentement en France, par exemple, c'est
une charge qui est quand même assez conséquente. La réglementation, ne
serait-ce que la préparer, il y a beaucoup de validation à faire, mais ensuite,
l'implanter, ça va nécessiter de mobiliser énormément de personnes. Donc, si on
voulait et si on devait tout faire en même temps, bien, pour moi, c'est un gage
d'échec, un petit peu comme plusieurs reculs se vivent, là, sur le côté
français mais ailleurs aussi. Mais à terme, on vise le bâtiment. Et quand je
dis à terme, on ne vise pas une implantation sur de nombreuses années, mais on
voudra y aller avec une certaine séquence pour être bien sûrs que chacune des
étapes puisse bien se vivre et qu'elle n'amène pas de reculs par la suite. Et
pour avoir passablement lu sur l'expérience française, c'est peut-être ce qu'on
peut en conclure, qu'ils ont voulu tout faire en même temps, avec beaucoup,
beaucoup de recul et ils n'arrivent pas à respecter leurs propres échéanciers.
Moi, la logique que j'essaie d'implanter depuis quelques années, dans les fonctions
que j'occupe, c'est d'avancer sûrement et d'éviter, à chacune des fois, les
reculs. Une réforme majeure, et c'en est une, qu'on implante trop rapidement,
bien elle est susceptible de vivre un certain lot d'échecs, et ces échecs-là,
malheureusement, engendrent par la suite des reculs. Et c'est là où on n'est
pas... on n'est pas gagnants. Mais comment, justement, avec l'expérience et les
comparaisons que vous avez pu établir, on peut éviter les erreurs... Bien, je
dis les erreurs, éviter les problèmes qui se vivent présentement, là, sur le
côté français avec les échéanciers, là, qui sont requestionnés?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Bien,
il y a plusieurs... il y a plusieurs éléments. C'est-à-dire qu'avec des
échéanciers sur l'interdiction de location, ça, je ne dis pas qu'il faille
aller rapidement, forcément de l'avant, mais dans un premier temps, ça fait des
années que le Québec a de l'expérience de cotation de bâtiments à travers le
programme Rénoclimat, donc, il y a, au Québec, des compagnies qui font des
évaluations énergétiques de bâtiments résidentiels depuis des années, donc on a
déjà une expérience à ce niveau-là. Il faut bâtir sur cette expérience-là,
qu'on a déjà, pour rendre obligatoire la cotation lors... comme c'est le cas en
France et dans... pays d'Europe, pas à tout le monde, mais à la vente et... à
la vente pour les nouveaux bâtiments. Et donc là, à chaque fois qu'un
propriétaire vend ou désire avoir une cotation énergétique, bien, on oblige la
cotation et on oblige de le divulguer pour qu'on affiche ces bâtiments-là,
donc... Et là, c'est simplement l'information qu'on possède déjà, qu'on collige
déjà au Québec depuis au moins 10 ans, probablement plus, à travers le programme...
le programme Rénoclimat. Donc, simplement, <demain...
M. Pineau (Pierre-Olivier)T :
...programme...
le programme Rénoclimat. Donc, simplement, >demain matin, dire que quand
on vend un bâtiment ou quand on le met en location, on met l'information... on
rend l'information disponible, je pense qu'il y a très, très peu de risques de
dérapage. Il y a des gens qui ne vont pas aimer ça parce que ça va, justement,
faire voir que leur bâtiment n'est pas très performant, mais c'est l'objectif
de rendre visible la performance énergétique des bâtiments. Donc là, je dirais,
on peut aller de l'avant avec tout le monde, avec des premières étapes. Quand
je dis «aller de l'avant avec tout le monde», ce n'est pas avec... ce n'est pas
de mettre tout en place tout de suite, mais c'est de dire :Tout le monde
est assujetti à une divulgation de la performance de son bâtiment au moment de
la vente ou de la location d'un bâtiment, et au fur et à mesure... Donc, le
parc immobilier, tout le monde va connaître, au fur et à mesure, la cotation du
parc immobilier et par la suite, on peut aller progressivement pour des
améliorations obligatoires.
• (18 h 50) •
M. Charette : Donc, je
comprends, vous faites référence au programme Rénoclimat. Effectivement, les
projets qui en ont bénéficié peuvent être une source d'information précieuse, mais
sur l'ensemble du parc immobilier québécois, c'est un petit pourcentage qui a
bénéficié de ce programme-là. Donc, il y a un travail colossal qui est à faire.
Et vous m'avez mis... En fait, vous m'avez devancé par rapport à un des
exemples que vous avez donnés au niveau du marché locatif. On est déjà dans une
situation où le logement... son accessibilité est problématique. Si on devait
se coller sur l'expérience française et empêcher la location de logements qui
sont désuets ou qui sont... qui sont problématiques au niveau de l'efficacité
énergétique, on se priverait de logements qui, malgré leurs défaillances, sont
utilisés aujourd'hui. Si on brimait où on empêchait la location de ces
appartements-là, on ne viendrait qu'accentuer le problème. Et en étant très
conscient, par contre, que beaucoup, dans les petits plex, souffrent de déficits
importants au niveau de leur entretien, donc de leur efficacité énergétique,
c'est des bâtiments qu'il faudra... qu'il faudra toucher à terme, mais on ne
peut pas imposer ce type de limite là à court terme sans se... sans accentuer
le problème, là, de façon assez considérable.
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Ce
n'est pas du tout ce que je propose. Ce que je propose, c'est de rendre la
divulgation obligatoire le plus rapidement possible et, par la suite, dans un
échéancier de 10 ou 15 ans, imposer des améliorations. Mais dans le... ce
que je vous dis, c'est que la loi, je souhaiterais qu'elle soit la loi de...
Sur la cotation des bâtiments, que l'information soit requise pour le plus
grand nombre. Évidemment, on ne peut pas, demain matin, passer tout le parc de
bâtiments dans une cotation. Ça va prendre du temps pour le déployer. Mais
c'est le genre de choses qu'il faut déployer en se basant sur l'expérience des
compagnies qui existent déjà et qui font Rénoclimat, et qui travaillent avec le
ministère pour, justement, faire des cotations énergétiques. C'est avec eux
qu'il faut s'asseoir. Et d'ailleurs, j'étais un peu étonné de ne pas les voir
invités aux... aux consultations particulières parce qu'elles ont une
expérience extraordinaire, justement, dans l'opérationnalisation des cotations
de bâtiments résidentiels, c'est elles qui pourront vous conseiller, le
gouvernement, sur... avec d'autre, évidemment, mais sur la bonne approche à
faire pour accélérer la diffusion... bien, la collecte de l'information et la
diffusion de l'information. Et en plus, il faudrait cette information-là,
qu'elle soit triangulée par les distributeurs d'énergie pour qu'on puisse
s'assurer que leur évaluation, à laquelle je crois, mais elle soit encore plus
crédible parce qu'on a Hydro-Québec et Énergir et Gazifère qui viennent
derrière dire : Bien, oui, ce qui a été estimé, ça correspond aux ventes
d'énergie qu'on leur a faites durant ces dernières années en ajustant pour la
température.
M. Charette : Il y a là
des... des idées intéressantes, effectivement. Là, c'est le temps qui file.
Peut-être juste une dernière question, en fait c'est celle que je vous posais
d'entrée de jeu. Comment... comment éviter le piège de l'expérience française — je
dis «française» parce que c'est peut-être celle qui nous est la plus connue,
mais la France n'est pas non plus la seule juridiction à avoir initié une
transformation de cette nature-là — en quelques mots? Et ensuite je
laisserais la parole à mon collègue. Comment... comment s'assurer, justement,
qu'on ne recule pas et que l'on soit réellement en marche, là, pour faire des
avancées notables sur ces questions-là?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Mais
donc, j'ai... je ne prétends pas avoir toutes les solutions, mais il faut
évidemment informer tout le monde de l'ampleur de la situation, des privilèges
que beaucoup ont. Une donnée qu'on oublie souvent, c'est que les Québécois sont
de plus en plus dans un... de moins en moins nombreux dans leurs ménages, et
comme je disais, ont des <maisons...
M. Pineau (Pierre-Olivier)T :
...en
moins nombreux dans leurs ménages, et comme je disais, ont des >maisons
de plus en plus grandes, et donc... parce qu'il y a de la construction qui se
fait, il y a des duplex qui deviennent des plex... en fait, je veux dire des
unifamiliales. Quand on regarde les statistiques sur la taille des logements,
c'est de plus en plus grand avec des ménages de plus en plus petits. Donc, ces
gens-là, qui ont des privilèges, on doit les... peut-être, les viser un peu
davantage, en disant : Vous avez des mètres carrés qui sont libres, vous
devriez particulièrement contribuer à la... au logement, peut-être en louant ou
alors, si vous ne voulez pas louer des pièces à d'autres, eh bien, peut-être en
ayant une écofiscalité basée sur l'occupation des logements, ce qui permettrait
de financer. Si les gens veulent avoir deux étages vides à eux-mêmes, eh bien,
ils pourraient être surtaxés, et cette surtaxe, elle... elle permettrait de
financer la rénovation de logements à plus faibles revenus, ce qui permettrait
d'avoir une... des revenus qui permettraient de financer des rénovations pour
d'autres.
Mais, évidemment, il faut avoir conscience
de notre situation, de l'urgence de la nécessité d'agir, des gains économiques
que nous allons réaliser. Il faut éviter, évidemment, de... d'avoir un impact
trop grand sur les ménages à faibles revenus. Fort heureusement, grâce au
travail des différents gouvernements, on a beaucoup de ménages qui ont des
revenus confortables et élevés, et ces gens-là, ils ont des maisons de plus en
plus grandes, des logements de plus en plus grands, et ils pourraient être mis
à contribution pour soit louer une partie de leur logement, soit aller vers
des... bien, de... des rénovations énergétiques.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. Pineau. Nous allons poursuivre avec le député de Masson. Vous
disposez de 3 min 28 s.
M. Lemay : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. M. Pineau, très heureux de vous retrouver. Ça fait déjà
quelques fois qu'on se retrouve en commission parlementaire pour ces
consultations et sur divers projets, notamment.
Mais je reviendrais à votre recommandation
numéro un, que vous avez dite préalablement, puis juste avant, même,a d'aller
avec cette question-là, je vais aller avec une question plus d'ordre d'usage,
formalité, là : Avez-vous l'intention de déposer un mémoire suite à cette
intervention-ci ou c'étaient vos commentaires aujourd'hui?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : C'est
mon ambition de... d'écrire un petit mémoire. Si c'est possible de le faire,
même après, oui, je vais le faire.
M. Lemay : D'accord. Donc, on
serait ravis de pouvoir avoir ce document-là, qui sera fort utile, bien
entendu. Mais ne serait-ce qu'on a quand même la transcription de... qui sera
faite, là, de... les propos que vous avez tenus aujourd'hui. Dites-moi, votre
recommandation un, vous parlez de la crédibilité de la cotation énergétique
faite par un outil de simulation validé par le distributeur et une firme
externe. Donc, vous avez parlé de la triangulation pour, justement, avoir cette
crédibilité-là. Nous, dans l'analyse d'impact réglementaire, on vient de
mentionner qu'effectivement... que l'audit énergétique des bâtiments devrait
être effectué par une tierce partie experte, puis que les documents exigés
attestant la validité des données du potentiel pour rehausser la performance du
bâtiment devraient être publiés par un ingénieur certifié pour la vérification
des données énergétique des bâtiments. Et ce que...ce que ce que vous semblez
dire, c'est qu'il devrait y avoir aussi une notion du distributeur qui soit
incluse pour, justement, avoir cette véracité et crédibilité des données?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Oui,
absolument, parce que malgré tout le raffinement des outils utilisés par les...
lors de l'audit et de l'analyse du bâtiment, ce n'est pas parfait. Et il y a
aussi, selon les usages internes, selon différents facteurs, il peut y avoir
des différences. Et dans la littérature, on s'est aperçu qu'il y avait des
grandes différences, que parfois, des évaluateurs pouvaient être influencés,
et, lors d'une deuxième évaluation, ça, c'est des... ça, c'est des... des... des...
ce qui est... ce qu'on raconte en Europe, justement, quand on a des critères
sur cotation F ou G, qu'on n'a pas le droit de louer selon ça... bien, on peut
s'arranger avec un évaluateur externe pour avoir la bonne cotation en jouant
sur certains facteurs de manière un peu ad hoc. Alors, c'est problématique. Les
outils sont globalement fiables, mais je pense que si on veut vraiment asseoir
leur crédibilité et enlever tous les doutes dans l'esprit de la population,
c'est très important de mettre à profit les données des distributeurs pour
qu'ils puissent valider et dire, bien, comment ce bâtiment peut être, sur
papier, aussi bon, alors que sa consommation est aussi mauvaise, ou
inversement. Et il peut y avoir des explications dans l'usage des bâtiments,
mais malgré tout, on devrait avoir une certaine concordance entre les... la
consommation réelle et la consommation estimée.
M. Lemay : Puis la fréquence
des audits, quatre ans, cinq ans, 10 ans? Nous, on avait déjà prévu une
fréquence, mais selon vous, ça serait quoi, la meilleure fréquence?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Bien,
à... je n'ai pas de meilleure fréquence, mais je pense que ce qui est certain,
c'est qu'à la vente de bâtiments, ça devrait être obligatoire. Si on vend tous
les ans, bien, ils pouvaient te la refaire tous les ans. <Après...
M. Pineau (Pierre-Olivier)T :
...tous
les ans, bien, ils pouvaient te la refaire tous les ans. >Après, c'est
... Bien, il faudrait d'abord, dans un premier temps, obliger tout le monde à
l'avoir, mais, selon la vente, les locations, et, par la suite, oui, peut-être
les faire aux cinq ans, aux 10 ans.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Merci. Nous allons poursuivre. Je cède la parole à l'opposition officielle. Mme
la députée de Mille-Îles, la parole est à vous.
• (19 heures) •
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. Pineau, pour votre présentation. Moi aussi, j'attends...
j'accueillerais, avec grand plaisir, votre mémoire ou ce que vous pourrez
produire. Je vais peut-être continuer dans la même veine que le député de
Masson. Il vous a posé la question sur les audits, à quelle fréquence, selon
vous. Le transfert d'informations concernant la consommation énergétique,
est-ce que vous croyez que ça devrait être distinct, disons? Est-ce que ça ne
devrait être que dans des audits? Parce que vous avez dit que c'était important,
là, que ce soit tous les bâtiments, là, qui soient... tous les bâtiments,
incluant les résidentiels. Et là, ça impliquerait que les résidentiels aussi,
les propriétaires de petits bâtiments, devraient fournir des informations.
Là,, on parle peut-être... je ne sais pas
on va aller jusqu'à des audits aussi complets que pour une usine, par exemple,
mais vous voyez ça comment, le transfert d'information concernant la
consommation énergétique des plus petits bâtiments?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Bien,
c'est-à-dire qu'il... Quand on fait un audit de bâtiment dans le programme qui
est existant depuis longtemps, Rénoclimat, où on a quand même plusieurs
milliers de bâtiments, mais ça reste encore des petits pourcentages, bien, tout
ça, ça va dans des serveurs et des... des fichiers informatiques du ministère
de l'Environnement et de Ressources naturelles Canada qui offrent, justement,
les logiciels pour faire cette estimation-là. Donc, cette information-là, elle
est colligée, elle est connue, mais elle n'est pas diffusée. Ça serait... Je
pense... puis ça, c'est dans le prévu de loi... dans le projet de loi, pardon,
c'est prévu qu'il y ait de la divulgation et un registre des... de la
performance énergétique des bâtiments. Donc, je pense que c'est une excellente
idée. Cette information-là devrait être publique, elle devrait être accessible.
Et donc... Et je comprends tout à fait
qu'on ne peut pas avoir l'information de tout le monde tout de suite, mais,
progressivement, on devrait, au fur et à mesure qu'on fait des audits, on
devrait mettre cette information-là pour pouvoir la comparer et la connaître.
Et ça doit être de l'information publique, un petit peu comme on a le
registre... Les registres fonciers indiquent clairement à qui appartient tel
bâtiment, telle demeure. Ma propriété, elle est au nom de ma femme et moi. Si
vous avez mon adresse, vous pouvez savoir qui est le propriétaire. Je pense que
ça serait normal de savoir, aussi, quelle est la consommation d'énergie, quelle
est la cote du bâtiment. C'est sain que la société comprenne mieux c'est quoi,
sa consommation d'énergie.
Mme Dufour : Effectivement.
Par contre, il y a toute une question, là, de... Il y a tous les propriétaires
qui dépendent... que la consommation énergétique dépend de leurs locataires. Et
là, il y a peut-être un petit défi, là, que ce n'est pas nécessairement eux...
l'information des locataires qui apparaîtrait, là, dans le registre.
Je voudrais peut-être vous entendre, là,
sur l'expérience française, parce que j'ai l'impression que vous la
connaissez... vous la connaissez bien. Les informations qui sont demandées puis
la fréquence des audits là-bas, ça ressemble à quoi, les informations qu'on
demande pour l'audit en particulier, ou l'information qu'on demande de
transmettre? Parce qu'ici on est... juste vous dire ce qu'il y a dans le projet
de loi, là, on parle de la consommation énergétique d'un bâtiment, sa localisation,
superficie, l'utilisation qui en est faite, le type d'énergie et le moment où
cette énergie est consommée, puis il y a aussi les matériaux utilisés lors des
travaux de construction. Donc, est-ce que ça se compare, en France?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Alors,
ça, c'est la divulgation d'information, après, il y a la cotation qui, elle,
nécessite un audit plus détaillé pour coter le bâtiment. Parce que là, on me
donne des informations générales, mais pour coter le bâtiment, il faut faire
une analyse plus grande. Et donc, là, il faut faire un audit énergétique par,
justement, une tierce partie comme ça se fait au Québec, de manière volontaire,
à travers certains programmes, comme ça se fait en Europe, aussi, de manière
similaire. En fait, l'expérience française ou européenne, c'est simplement
qu'on oblige les propriétaires, à certains moments, de faire ces audits-là pour
avoir ces cotations énergétiques. Et on oblige au moment de la vente, ou si on
veut louer... si on veut louer un logement ou si on veut un bâtir un nouveau
bâtiment, il faut qu'on ait cette cotation-là.
Et donc... Mais quelqu'un qui est
propriétaire de son logement depuis 50 ans et qui ne le loue pas n'a pas
besoin de divulguer quoi que ce soit, n'a pas besoin de faire coter son
logement. Donc, en fait, la majorité des Français n'ont pas... ne sont pas
soumis aux règlements. Et ce que je proposerais, ce que j'aimerais voir, c'est
que tous les propriétaires de bâtiments...
19 h (version révisée)
M. Pineau (Pierre-Olivier) : ...ce
que j'aimerais voir, c'est que tous les propriétaires de bâtiments, comme en...
lorsqu'ils vendent leurs bâtiments, pour les acheteurs, pour le bénéfice des
acheteurs, qu'on leur donne l'heure juste sur non seulement la divulgation,
mais la cotation.
La divulgation, en tant que telle, à mon
avis, c'est... en fait, ce n'est pas très contraignant parce que c'est de la
superficie, c'est des informations de base, que vous avez mentionné, et la
consommation, bien, on pourrait simplement dire... avoir un site, comme le
projet de loi le propose, de dire à Hydro... de demander à Hydro-Québec :
Quelle est ma consommation d'énergie? Si on n'est pas capables de faire la
somme de ses factures... mais donc ce n'est pas un très gros travail, mais
faire la somme de ses factures d'électricité et de la quantité d'énergie qu'on
utilise, c'est déjà quelque chose qu'on devrait être en mesure d'obtenir, et,
simplement de divulguer ça, ce sont des informations faciles à faire, à
divulguer.
Donc, on pourrait prévoir un échéancier
pour ça, mais, pour la cotation, il faudrait... il faut faire venir un
évaluateur externe et il faut le faire lors de la vente ou de la location.
Mme Dufour : Merci. Ma
question était effectivement à propos de la divulgation, et, dans le projet de
loi, on prévoit que tout propriétaire d'un bâtiment doit déclarer les
informations que je vous ai décrites au ministre. Donc, qu'il soit en location
ou pas, qu'il ait été construit 150 ans en arrière, ce serait... il y a 150
ans, ce serait encore... ce serait demandé, selon, en tout cas, la version que...
qu'on a ici du projet de loi. Et donc je me demandais si, en France, on allait
aussi loin dans les informations qui sont demandées.
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Alors,
je ne sais pas. Je suis... Je ne le sais pas dans ce détail-là, mais ce ne sont
pas des informations qui sont très difficiles à obtenir parce que c'est... En
ce qui concerne l'usage, la superficie d'un bâtiment, ça peut être estimé. Si
on met... on a des cadastres, on a des informations, un propriétaire devrait
savoir la superficie de son bâtiment. Donc, juste en ce qui concerne la
divulgation, je pense que c'est tout à fait raisonnable d'exiger ces
informations de tout propriétaire.
Mme Dufour : Donc, incluant
les matériaux utilisés lors des travaux de construction et le moment où l'énergie
est consommée?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Alors
là, ça dépend dans quel niveau de détail on veut aller. Le moment où l'énergie
est consommée, c'est très important. Encore une fois, ça, c'est une information
qu'on... qu'Hydro-Québec possède parce qu'on a des compteurs intelligents qui
mesurent notre consommation aux 15 minutes. Alors, c'est tout à fait possible
de savoir quelle est la pointe de consommation des bâtiments, et c'est évident
qu'on ne peut pas faire un registre des 8 760 heures de l'année, en disant
quelle consommation à chaque heure, mais de dire le moment où on consomme le
plus d'énergie, c'est telle heure, tel jour, Hydro-Québec, dans ses fichiers
informatiques, peut sortir cette information-là assez rapidement. Ça demande d'ajuster
les systèmes informatiques pour le faire à grande échelle, mais c'est quelque
chose qui peut être fait puisque c'est de l'information qu'Hydro-Québec détient.
Les matériaux de construction, bien, on
peut savoir si c'est de la brique à l'extérieur ou un autre matériau, mais
évidemment on ne va pas ouvrir les murs pour vérifier qu'est ce qu'il y a. Mais
je n'ai pas lu le projet de loi en pensant qu'on allait dans ce niveau de
détail là. J'avoue que j'ai un peu sursauté quand j'ai vu ça, mais je me suis
dit : Tout compte fait, savoir si c'est une maison qui est isolée avec de
la laine de verre ou autre chose, une maison de pierre, ou une maison de
brique, ou une maison de bois, c'est de l'information que, visuellement, on
peut valider et qui, à mon avis, est bonne à savoir. C'est important de former
les propriétaires à leur propre maison. Donc, divulguer, à travers cet
exercice-là, et ce serait un exercice d'autoformation, et ce n'est pas plus mal,
eux-mêmes ne le regretteront pas, de savoir de quoi est fait leur bâtiment.
Mme Dufour : Merci. Vous avez
parlé de l'importance, là, du résidentiel, là. Les chiffres sont fort
intéressants, 70 térawattheures pour le résidentiel, dont 42 juste pour le
chauffage, c'est énorme, effectivement. Et il y a un groupe, plus tôt ce matin,
qui est venu, là, l'APCHQ, qui nous a parlé qu'avec des... les maisons d'avant
1960, si on rénovait en priorité ces maisons-là, on pourrait aller chercher
entre 11 et 15 térawattheures d'économies. Est-ce que ces chiffres-là vous
semblent, disons, réalistes?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Alors,
réalistes, techniquement, évidemment, il faut qu'il y ait une mobilisation, un
alignement à la fois des gouvernements et de la... des entrepreneurs, des
contracteurs et de la société pour justement se dire : On met ça de l'avant.
Donc, il faut qu'il y ait une mobilisation généralisée pour aller de l'avant.
On ne le regrettera pas. Et surtout il faut faire comprendre mieux à la
population québécoise que, si on ne fait pas ces efforts-là d'économie d'énergie,
il faudra construire d'autant plus de parcs éoliens, de barrages
hydroélectriques, éventuellement, aujourd'hui, on voit dans les médias, peut-être
de centrales nucléaires. Il n'y aura pas de légitimité pour construire tous ces
équipements-là de <production si on n'est...
M. Pineau (Pierre-Olivier) :
...pas
de légitimité pour construire tous ces équipements-là de >production si
on n'est pas exemplaires au niveau de la consommation. Et donc il faut faire
comprendre à tout le monde que ces efforts de réduction, ils vont nous enrichir
et ils vont nous éviter de surconstruire, avec tous les problèmes et les coûts
de la surconstruction d'équipements de production d'électricité.
• (19 h 10) •
Mme Dufour : Merci. Vous avez
parlé aussi que les clients résidentiels payaient à peu près 85 % de ce
que ça coûtait réellement, que les commerciaux en payaient 125 %. Qu'en
est-il des industriels?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : C'est
autour de 105 %, peut-être un peu moins, ça a baissé cette année. L'indice
d'interfinancement est publié chaque année par Hydro-Québec à travers la Régie
de l'énergie, mais les clients industriels, c'est de 102 % ou 105 % à
ce niveau-là, oui.
Mme Dufour : Excellent.
Peut-être une dernière question pour vous. Il y a... il y a un groupe qui nous
a suggéré, là, d'exclure toute la consommation énergétique qui est liée aux
activités des entreprises. Donc, par exemple, des industriels, un centre de
données qui consomme beaucoup, beaucoup d'énergie pour opérer les serveurs,
bien, nous suggéraient, là... nous recommandaient de ne pas calculer cette
énergie-là qui est... qui est consommée pour les activités. J'aurais aimé avoir
votre opinion sur ça.
M. Pineau (Pierre-Olivier) : C'est
un bon point. C'est certain que, si c'est une tour à bureaux que... un étage
qui n'a que des ordinateurs puis un étage qui a des dentistes, eh bien, ça ne
va pas être la même consommation d'énergie. Donc, l'activité est importante, mais
il faut... il faut colliger cette information quelque part. Il faut le savoir,
mais il faut comprendre qu'il faut pouvoir distinguer la consommation pour le
chauffage du bâtiment et la consommation pour les équipements du bâtiment.
Donc, je pense que... je pense qu'il y a des... il y a des informations qui
sont liées à la structure et à l'enveloppe thermique des bâtiments. Elle a sa
performance énergétique par rapport au climat et des équipements qui... de la
consommation qui est liée aux équipements. Il faudrait pouvoir distinguer les
deux, c'est vrai.
Mme Dufour : OK. Donc, donc, selon
vous, on devrait avoir aussi l'information concernant la consommation
énergétique liée aux activités, mais distincte de la consommation pour le
bâtiment en tant que tel.
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Oui,
oui.
Mme Dufour : Excellent. Est-ce
que...
La Présidente (Mme Maccarone) : 10
secondes.
Mme Dufour : Une question
philosophique : Est-ce qu'on construit bien au Québec actuellement?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Non,
pas encore. L'objectif, ce serait d'avoir des bâtiments passifs. L'objectif que
le Québec devrait se donner, c'est de viser des bâtiments passifs.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
merci. Nous allons poursuivre, M. Pineau, avec la deuxième opposition. Mme la
députée de Verdun, la parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente. Merci, M. Pineau, pour votre exposé. Tout à l'heure, vous
parliez de programmes de rénovation profonde. On parlait de Rénoclimat. Il y a
une donnée qui m'a marqué, là, le fait qu'avec des rénovations on peut
atteindre 60 % de réduction de consommation énergétique au niveau du
bâtiment, surtout du bâtiment résidentiel. Tout à l'heure, on discutait, avec
d'autres intervenants, le fait qu'il y a des sources d'énergie qui sont
présentées comme inévitables, là, je dirais ça entre guillemets, que ce soit la
biénergie ou de continuer à alimenter certains bâtiments pour le chauffage...
des gaz fossiles. Est-ce qu'avec cette proposition-là, par exemple, d'entamer
des chantiers de rénovation profonde on pourrait s'en passer, justement, des
sources d'énergie fossile qui continuent à être encouragées?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Bien,
oui, évidemment, là, quand... L'idée d'avoir... de viser des bâtiments passifs,
c'est des bâtiments, donc, qui n'ont pas besoin de système de chauffage actif
parce qu'ils sont tellement bien conçus, leur enveloppe thermique est tellement
performante, qu'ils n'ont pas besoin d'un système de chauffage ou alors
seulement un chauffage d'appoint, et, dans ce cas-là, on peut parler
d'électricité, même d'une bouilloire, quasiment... serait assez suffisante pour
amener de la chaleur dans le bâtiment.
C'est ce qu'il faudrait viser à terme. Il
y a certaines... certains pays qui... qui obligent les nouveaux bâtiments à
être des bâtiments passifs ou des bâtiments «net-zero». Je pense que, si,
vraiment, on voulait être leaders dans la transition énergétique, on mettrait
ces contraintes-là sur les nouveaux bâtiments en faisant... Évidemment, ça
ralentirait le rythme de construction, mais, pour s'assurer de régler la crise
du logement, par ailleurs, il faut... Comme je l'ai mentionné dans une réponse
au ministre Benoit Charette, j'ai dit : Il faut rendre disponibles les
espaces qui sont vides aujourd'hui. On n'a jamais eu autant de pièces vides
dans les logements et les bâtiments québécois. Et donc, ça, on a tendance à
l'oublier, mais on a un parc de bâtiments qui n'a jamais été aussi vide au
Québec.
Et donc il faut trouver une fiscalité pour
encourager... Les gens qui veulent garder leurs espaces vides, s'ils sont
souvent des gens qui ont les moyens, on leur fait payer une <prime pour
financer des logements...
M. Pineau (Pierre-Olivier) :
...des
gens qui ont les moyens, on leur fait payer une >prime pour financer des
logements qui sont performants pour les gens qui cherchent des logements, et,
si on veut s'obstiner à avoir des pièces vides, eh bien, qu'on assume ce
choix-là et qu'on contribue à la construction de logements pour ceux qui n'ont
pas la chance d'avoir ce capital personnel.
Mais, oui, il faut... il faut viser
60 %... des rénovations profondes, 60 % de la réduction de la
consommation d'énergie. Ce sont des chiffres qui sont réalisables, mais
évidemment il faut former les gens de l'APCHQ, que vous avez vus. Eh bien, ils
sont très sensibilisés à ça. Et les contracteurs, les contremaîtres attendent
qu'il y ait une demande de la clientèle pour qu'au lieu de dépenser de l'argent
sur une nouvelle cuisine, ou sur un nouveau patio, ou sur une nouvelle salle de
bain, bien, ce 50 000 $, 100 000 $ que beaucoup de gens
dépensent pour des nouvelles cuisines, on le dépense pour une enveloppe
thermique plus performante, et ça, ça va venir avec des... la divulgation de la
cotation, et des obligations, et des incitatifs pour améliorer la performance
énergétique des bâtiments.
Mme Zaga Mendez : Je vous
remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je vous remercie, M Pineau, pour votre contribution à nos
travaux.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mercredi le 31 janvier 2024, après les avis touchant les
travaux des commissions, où elle poursuivra son mandat. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 16)