(Neuf heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de procéder aux
consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 41, Loi édictant la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition
énergétique.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par M. Kelley
(Jacques-Cartier) et M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun).
Remarques préliminaires
La Présidente (Mme Maccarone) : Excellent.
Merci beaucoup. Alors, nous débuterons ce matin par les remarques préliminaires
puis nous entendrons par la suite les organismes suivants : l'Union des
municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités et Hydro-Québec.
Alors, j'invite le ministre de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs à
faire ses remarques préliminaires. Vous disposez de six minutes.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Vous allez me permettre de d'abord saluer les collègues qui sont avec nous, vous en premier lieu, les
collègues, naturellement, des oppositions, les collègues gouvernementaux.
Et vous allez voir, au cours des prochaines semaines, à travers l'étude du
projet de loi, on sera bien entourés par l'équipe
du ministère, que je salue. C'est une expertise qui est excessivement précieuse
et appréciée. Il ne faudra pas hésiter, autant les collègues du gouvernement
que de l'opposition, à recourir à leur expertise. Vous connaissez Simon
Berthiaume, qui est au cabinet. Plusieurs d'entre vous avez l'occasion
d'échanger avec lui lorsque les questions se présentent. Sous-ministre adjoint responsable des dossiers qui
nous occupent aujourd'hui, M. Gibeault. Donc, toutes des expertises, là,
qui sont très appréciées.
Et le projet de loi lui-même, bien honnêtement,
content d'avoir la possibilité de commencer son étude. On a eu l'occasion de le
présenter un petit peu avant la fin de l'année dernière. Il y a différents
briefings techniques qui ont été organisés au cours des derniers jours pour que
l'information circule de façon la plus transparente possible. Et c'est un beau
projet de loi qui est très certainement perfectible, donc les consultations qui
débutent aujourd'hui nous permettront d'entendre les groupes qui se sentent
interpellés par son contenu. Viendra ensuite, naturellement, l'étude article
par article, avec, comme étape importante, la possibilité de bonifier les
différents articles qui y figurent déjà. Et
convaincu, justement, qu'avec les collègues, autant de l'opposition que du
gouvernement, là, on pourra l'améliorer lorsque c'est nécessaire de le
faire, mais déjà, la base est excessivement solide.
Et le but du
projet de loi, si je devais le résumer en quelques mots, c'est s'assurer d'une
meilleure performance énergétique de nos bâtiments, autant l'existant
que les nouveaux. On sait qu'on a un défi énergétique important au niveau
québécois, et ce qu'on aime répéter continuellement : L'économie...
c'est-à-dire, l'énergie la moins chère est celle que l'on n'utilise pas. Or, on
a des bâtiments au Québec qui, dans certains cas, sont très énergivores, donc
il y a une possibilité de récupérer un potentiel énergétique avec des bâtiments
plus performants, et c'est ce que vise le projet de loi, et de nous... nous
donner des outils pour y parvenir.
Déjà, si on se reporte au dépôt du Plan pour une
économie verte, on s'était fixé des objectifs pour le bâtiment, des objectifs
ambitieux à atteindre d'ici 2030, des objectifs qui vont nous aider à atteindre
notre cible de réduction de GES de 37,5 %. Il y a eu d'autres initiatives
aussi qui ont été développées depuis. On se souvient, au niveau du programme de
bioénergie et, d'ailleurs, des chiffres que je regarde toujours avec beaucoup
d'intérêt, si on regarde la période du 1er avril 2022 au 31 mars
dernier, donc 31 mars 2023, ce sont 186 projets qui ont été financés,
qui vont nous permettre, grosso modo, là, de réduire notre... nos émissions de
GES de plus de 12 000 tonnes. Donc, c'est
un programme qui, en peu de temps, a donné des résultats concrets.
Naturellement, il y a eu d'autres panoplies, là, de mesures qui ont été
soit reconduites, soit développées, que ce soient les programmes Chauffez vert,
que ce soient les programmes ÉcoPerformance, aussi. On a parlé du mazout, on se
souvient, dans une réglementation au cours des deux dernières années. Donc,
c'est des initiatives qui portent leurs fruits, mais qui ne nous permettent pas
d'aller aussi loin, d'où la présentation du projet de loi et son étude
aujourd'hui.
• (9 h 50) •
D'ailleurs, pour aller
encore plus loin, le gouvernement du Québec va, dans les prochains instants,
confirmer son intention de réglementer aussi le recours au gaz naturel dans les
bâtiments, autant l'existant que le nouveau. Ça ne fait pas partie du projet de
loi, mais c'est une intention qui est confirmée aujourd'hui. Donc, ce sont
toutes des initiatives, là, qui s'additionnent.
Et si on devait parler du projet de loi
lui-même, naturellement, on parle du Code du bâtiment actuellement qui relève
de la Régie de l'énergie, et dans la loi constitutive... la Régie du bâtiment,
pardon. C'est une des raisons pourquoi Simon est incontournable, il me rappelle
à l'ordre lorsque j'emploie les mauvais termes, mais cette loi-là ne nous
permet pas d'aborder la question en lien avec l'environnement. La protection de
l'environnement, ce n'est pas dans la loi elle-même. Donc, c'est la raison pour
laquelle on se donne des pouvoirs habilitants pour intervenir sur ces
questions-là. C'est des outils que l'on pourra discuter très certainement. On
a, à travers la dernière formule du Conseil
des ministres, revu les
responsabilités. La transition énergétique revient maintenant au ministère de l'Environnement,
ce sera aussi abordé dans le projet de loi.
Et là j'ai un discret et gentil rappel à l'ordre
comme quoi j'ai presque épuisé mon temps, mais on aura l'occasion d'aborder
toutes ces questions-là au cours des prochaines semaines, notamment à travers
la consultation qui débute aujourd'hui. Et, encore une fois, merci aux
collègues qui vont aider à bonifier ce projet de loi et merci aux groupes qui
vont se présenter aussi pour nous aider à le bonifier à leur tour. Et ce sera
un plaisir de participer à ces échanges-là. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le ministre. Merci à Simon qui va ramener notre ministre à l'ordre.
Alors, j'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et
députée de Mille-Îles à faire ses remarques préliminaires pour une durée de
3 min 36 s. La parole est à vous.
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, écoutez, c'est un grand plaisir pour moi d'être ici,
nouvellement porte-parole dans les dossiers environnementaux. Écoutez, il y a
définitivement des enjeux. Les changements climatiques, c'est le défi de la
prochaine... du prochain siècle. Et le Québec doit se doter d'objectifs
ambitieux. Mais pour atteindre ces objectifs, bien, il faut savoir d'où on
part. Alors, le projet de loi ici, il y a des éléments fort intéressants sur
lesquels on va se pencher, concernant justement toute la mesure et connaître
l'état de notre parc immobilier. Par contre, il faut savoir qu'on a des
centaines de milliers d'habitations au Québec et la majorité date d'avant 1985.
Alors, il va sans dire que les mesures qu'on prendra avec ce projet de loi là
pourraient affecter un très grand nombre de nos concitoyens. On vit
actuellement une crise de l'énergie sans précédent. On l'a vu hier, pas plus
tard qu'hier, à la ville de Saint-Bruno, qui se pose la question et qui a des
inquiétudes quant à la possibilité d'avoir de l'électricité pour son nouveau
parc immobilier. Bien, ça, on l'a vu partout au Québec. Il y a plein d'endroits
qu'on l'a entendu. Il y a une tempête parfaite parce qu'avec la crise de
l'énergie, bien, il y a aussi une crise de l'habitation. On a besoin de plus de
logements, et donc on a besoin d'avoir l'énergie pour les nouveaux logements.
Donc, ce projet de loi là, c'est une opportunité incroyable pour améliorer
notre parc immobilier.
Par contre,
je dois dire qu'il y a quand même des inquiétudes par rapport, notamment, à
l'autonomie municipale, qu'on entendra des groupes sur ce dossier ce
matin. Le fait que tout se fait par règlement, aussi, ça soulève des questions. Il y a des exceptions, des règles
différenciées prévues pour le patrimoine, mais il n'y a rien pour l'agricole.
Donc, ça, c'est inquiétant. Le fait qu'on
semble vouloir déresponsabiliser la RBQ, la Régie du bâtiment du Québec,
écrit un nouveau code du bâtiment alors qu'on tente de les unifier et
aussi des coûts de mise aux normes qui, évidemment, comme je l'ai dit,
pourraient être assez élevés. Alors, la réussite de tout ça va dépendre,
évidemment, du plan que le gouvernement mettra en place par la suite. Juste
comme exemple, la France a mis 5 milliards d'euros dans son programme.
Ça, ça serait l'équivalent de 900 millions de dollars au Québec.
Alors, je termine là-dessus, Mme la Présidente,
en remerciant les groupes qui viendront nous présenter leurs points de vue, et
puis on a bien hâte de les entendre. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, Mme la députée. J'invite maintenant la porte-parole du troisième...
le troisième groupe d'opposition et députée de Verdun Verdun à faire ses
remarques préliminaires pour une durée de 1 min 30 s. La parole
est à vous.
Mme Alejandra Zaga
Mendez
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. À mon tour de saluer
tous les collègues présents aujourd'hui à la commission. Nous allons, bien sûr,
travailler ensemble dans ce projet de loi afin de l'améliorer, de rendre un
projet de loi qui va être ambitieux en termes de lutte aux changements
climatiques et décarbonisation des bâtiments.
On salue, entre autres, les efforts qui sont mis
pour avoir une norme de cotation énergétique des bâtiments, une norme qui est
déjà utilisée un peu partout en Europe, et dont il faut faire preuve d'ambition
de l'élargir le plus possible au Québec, pas seulement aux gros bâtiments. Ça
va être une de nos préoccupations. Mais je vais prendre le temps quand même de parler de notre préoccupation
principale, c'est-à-dire l'application de l'article 29 du projet de loi. Nous
allons entendre plusieurs intervenants, aujourd'hui, nous parler des effets sur
l'autonomie municipale, parce que nous avons
des leaders en environnement, des villes qui veulent aller plus loin, et il ne
faut pas que le PL, dans sa forme actuelle, pourrait... et il va casser
les efforts de ces villes-là de réglementer, par exemple, la sortie du gaz des bâtiments, par exemple, le débranchement des nouveaux... des
installations de gaz dans les bâtiments, comme c'est le cas de Montréal et de Candiac, entre autres. Donc, nous aimerons
avoir plus de pression là-dessus puis même avoir des dispositions qui
vont permettre aux villes d'avoir leur autonomie à la lutte aux changements
climatiques. Merci.
Auditions
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci beaucoup. Nous allons maintenant débuter les
auditions. Et je souhaite la bienvenue aux représentants de l'Union des
municipalités du Québec. Alors, bienvenue à M. Martin Damphousse, président et maire de Varennes, M. Guillaume
Tremblay, premier vice-président, président du Comité sur les changements climatiques
et maire de Mascouche, et, bien, Mme Charlotte Legault-Bélanger,
conseillère aux politiques. Je vous rappelle
que vous disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, après quoi, nous
allons procéder à la période d'échange avec les membres de la
commission. Alors, je vous invite donc à vous présenter et puis à commencer
votre exposé.
Union des municipalités
du Québec (UMQ)
M. Damphousse (Martin) : Merci
beaucoup. Martin Damphousse, maire de Varennes et président de l'Union des
municipalités du Québec. M. le ministre de l'Environnement, Mme la Présidente
de la commission, mesdames, messieurs les membres de la commission, je vous
remercie de nous donner l'occasion aujourd'hui de vous faire part de nos
commentaires sur le projet de loi n° 41 portant sur la performance
environnementale des bâtiments du Québec.
L'UMQ tient d'abord à saluer la volonté du
gouvernement d'améliorer la performance environnementale des bâtiments au
Québec. Ce secteur représente environ 10 % des émissions de gaz à effet de
serre, en plus d'être un levier important
pour réduire la pression sur le réseau électrique d'Hydro-Québec. D'ailleurs, le Plan énergie de l'UMQ, qui sera dévoilé très
prochainement, met de l'avant le rôle déterminant des municipalités du Québec
en matière de transition énergétique et de lutte contre les changements
climatiques. Ce plan atteste notamment de la volonté du milieu municipal
d'utiliser les leviers à sa disposition pour participer aux efforts collectifs
en matière d'efficacité énergétique des bâtiments et de gestion de la pointe de
consommation.
L'UMQ tient toutefois à attirer l'attention de
la commission sur certains aspects du projet de loi qui préoccupent le milieu
municipal.
Concernant l'autonomie municipale en matière
d'aménagement du territoire et d'environnement, l'UMQ rappelle que les
municipalités réglementent déjà plusieurs caractéristiques environnementales
des bâtiments via les pouvoirs qui leur sont octroyés par la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme ainsi que la Loi sur les compétences municipales.
Par exemple, plusieurs municipalités prévoient des normes visant à encadrer la
conception et l'entretien des toitures blanches ou végétalisées, à exiger une
gestion in situ des eaux de pluie, à assurer une implantation environnementale
optimale des nouveaux bâtiments ou encore à favoriser l'utilisation des
matériaux de construction recyclés ou de sources locales. Or, le projet de loi
exigerait que l'ensemble de ces mesures locales actuellement en vigueur et à venir soient transmises au ministre
pour analyse et approbation discrétionnaire. Pour l'UMQ, il est essentiel
que le mécanisme de préséance soit évacué du
projet de loi afin de laisser la latitude et l'autonomie aux municipalités
de prévoir des normes locales complémentaires aux normes minimales provinciales
sur leur territoire. À défaut, l'UMQ est d'avis que le PL 41 ralentirait
inutilement la transition énergétique et l'ambition climatique locale au Québec
en plus d'instaurer un accroc majeur au principe de subsidiarité en matière
d'aménagement du territoire et de protection de l'environnement, pourtant
reconnus dans la Loi sur le développement durable.
• (10 heures) •
Deuxièmement, le projet de loi propose de
modifier la Loi sur le bâtiment de manière à retirer le code de construction de
la Régie du bâtiment du Québec, les normes d'efficacité énergétique afin de
permettre au ministre de l'Environnement d'encadrer cet aspect dans un nouveau
Code du bâtiment durable. L'UMQ se questionne quant à l'efficience de ces
modifications, et ce, en regard de la Loi 17, sanctionnée en octobre
dernier. L'un des objectifs de cette loi est d'harmoniser et de simplifier les
normes en matière de construction et de sécurité des bâtiments en visant
l'application d'un seul code contenant des normes minimales applicables à tout
le territoire québécois. L'UMQ et la RBQ
travaillent déjà depuis plusieurs mois à construire le nouveau régime, ces
efforts se poursuivront d'ailleurs activement dans les prochaines
semaines, en vue de la présentation des projets de règlements d'application de
la Loi 17.
Dans le contexte où la Régie du bâtiment du
Québec, RBQ, a récemment obtenu le pouvoir réglementaire de transférer aux
municipalités certaines responsabilités en matière d'inspection des bâtiments,
l'UMQ se questionne quant à l'identité de l'organisme public qui appliquera le
nouveau code du bâtiment durable. À cet effet, l'UMQ rappelle que toute
délégation d'inspection des normes provinciales à une municipalité doit se
faire sur la base d'une entente avec cette
dernière afin de s'assurer, notamment, qu'elle dispose des ressources humaines
et financières suffisantes. Il est important que cela n'engendre pas de
délais supplémentaires en matière d'émission de permis sur son territoire.
Maintenant, je passe la parole à mon collègue,
M. Guillaume Tremblay.
M.
Tremblay (Guillaume) : Merci beaucoup, M. le président. M. le ministre,
Mme la Présidente de la commission, Mmes et MM. les membres de la
commission, vous me permettrez de saluer mon député, donc le député de Masson.
Bonjour.
Les municipalités, en tant que propriétaires de
grands bâtiments tels que des arénas, des centres sportifs, des piscines, des
bibliothèques et des garages, seront concernés par le nouveau système de
déclaration, de cotation et de performance des bâtiments.
De nouvelles obligations entraîneront des coûts significatifs pour les
municipalités, surtout en raison de la mise à niveau énergétique des
infrastructures existantes et des coûts de construction accrus liés aux normes
de performance environnementale.
Avec de nombreux équipements sportifs et de
loisir approchant la fin de leur vie utile dans toutes les régions du Québec,
il est impératif que le financement des programmes de décarbonation des
bâtiments municipaux soit suffisant pour ne pas entraver la construction ou la
rénovation de ces infrastructures. L'UMQ souhaite donc à s'assurer que les
fonds dédiés à ces programmes soient adéquats, évitant ainsi d'ajouter des
obstacles financiers à des projets déjà coûteux et essentiels pour la santé
physique et mentale de la population.
De plus, pour garantir des investissements
optimaux à long terme, il est crucial que le gouvernement adopte une approche réglementaire concertée avec le
milieu municipal. Les municipalités devraient être en mesure d'investir d'une manière stratégique dans les infrastructures
afin que chaque dollar investi puisse maximiser la réduction de GES.
Enfin, l'UMQ souligne la possibilité pour les
municipalités d'inciter la population à participer à la transition énergétique en montrant l'exemple. Pour faciliter
ce processus, l'UMQ recommande de créer un programme dédié aux
municipalités pour leur transition écologique et énergique, bien sûr.
En terminant,
l'UMQ soulève certaines préoccupations relativement aux conséquences du
rehaussement des normes en matière de performance environnementale des
bâtiments sur l'abordabilité des logements. Le monde municipal est grandement préoccupé par la crise du logement
au Québec. Le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande en logements,
qui remonte au milieu des années 2010, ne cesse de se creuser. L'union se
questionne donc sur l'impact que pourraient
avoir des critères plus sévères en lien avec les matériaux, les équipements et
les composantes des bâtiments sur la construction résidentielle en
région, qui éprouve déjà plusieurs difficultés.
Pour que la mise en oeuvre du PL 41 soit le
succès qu'il se doit, celui-ci doit tenir compte des réalités locales et
économiques dans l'élaboration des nouvelles exigences réglementaires et ainsi
participer à l'augmentation rapide de l'offre de logements.
De plus, les logements abordables disparaissent
plus vite qu'ils ne se créent en raison d'insalubrité, de réno-évictions et de
hausse des loyers. L'UMQ demande donc de prévoir des mesures d'aide financière
conséquentes et accessibles, particulièrement pour les logements abordables,
afin de soutenir l'intérêt et la capacité des propriétaires à rénover et ainsi
éviter la perte de logement.
Nous sommes maintenant disponibles pour répondre
à vos questions. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup. Alors, je
vous remercie pour votre exposé. Nous allons procéder aux périodes
d'échange. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Aux gens del'UMQ, mes plus sincères salutations. C'est toujours un
plaisir d'avoir la possibilité d'échanger avec vous. Et, pour le gouvernement
du Québec, lorsqu'il est question
d'environnement et bien d'autres sujets, l'UMQ est un partenaire
incontournable, et on apprécie ces occasions d'échanger.
Je me suis laissé quelques notes. Merci pour vos
commentaires. Peut-être tenter de vous rassurer au niveau des compétences
municipales, on comprend que c'est un enjeu très important et on reconnaît le
principe d'autonomie municipale. Et lorsqu'il est question des différentes
mesures qui peuvent être adoptées dans les municipalités, que ce soit les toits blancs et autres, on n'a pas du
tout l'intention d'interférer dans cette capacité de décision des municipalités.
Et nos équipes sont d'ailleurs déjà en discussion, à savoir est-ce que le
projet de loi, tel que présenté actuellement, dissipe ces doutes-là. S'il ne
les dissipe pas, on regardera comment les dissiper.
Là où on a eu
une intention d'intervenir, et d'ailleurs c'est confirmé, là, aujourd'hui
par... par le gouvernement, c'est au niveau de la sécurité énergétique.
On a un réel enjeu. Il y a plusieurs municipalités qui veulent bien faire, et
on les encourage à bien faire, mais, en même temps, c'est difficile, pour une
société d'État comme Hydro-Québec, pour le
gouvernement de garantir la sécurité énergétique. On sait qu'elle est mise à
mal depuis... depuis quelques années. Donc, c'est difficile de la
garantir si on ne sait pas quelle initiative peut être prise d'une municipalité
à l'autre, et sans qu'il y ait de... sans qu'il y ait d'évaluation de ces... de
ces impacts-là.
Et c'est là où je confirmais un petit peu plus
tôt par communiqué qu'on va travailler, au cours des prochaines semaines, des
prochains mois, à établir une réglementation. Et naturellement les
municipalités vont être impliquées, elles
feront partie de la démarche pour établir des balises dans lesquelles on va
tous pouvoir se reconnaître. Un, pour les municipalités, ce sera aidant
de savoir quelles sont les possibilités, et, deux, pour Hydro-Québec, ce sera
plus facile de déterminer en quelque sorte quel impact ces mesures-là peuvent
avoir sur la disponibilité énergétique.
Donc, cette réglementation à développer, elle
va concerner les nouveaux bâtiments, mais va aussi concerner les bâtiments existants, et c'est, je pense, une
très belle avancée, une autre, oserais-je dire, au niveau de l'encadrement
du gaz naturel. Donc, dans les prochaines semaines, on aura l'occasion de s'en
parler. Donc, je vous rassure, les initiatives actuellement, là, qui touchent
aux bâtiments, sur certains items du bâtiment, on ne veut pas intervenir et on ne veut pas miner cette liberté d'action là, mais,
au niveau énergétique, clairement, il faudra se concerter, et on aura une
réglementation, là, qui viendra clarifier en quelque sorte les obligations de
chacun.
Au niveau du code du bâtiment durable que l'on
veut implanter, je le disais un petit peu dans les remarques préliminaires tout
à l'heure, on n'a pas, au niveau du ministère de l'Environnement, la
possibilité d'intervenir sur la loi-cadre de la Régie du bâtiment. Cependant,
j'ai le mandat depuis... depuis octobre 2022, d'y aller avec une notion de transition énergétique, et c'est ce qu'on vient
intégrer dans le projet de loi. Donc, il va y avoir un code du bâtiment
durable, oui, un code du bâtiment également, mais le tout doit être vu comme
étant un seul et même code avec les mêmes obligations.
Et, si vous regardez le projet de loi, il est aussi mentionné qu'il a un
pouvoir qui peut être délégué pour l'application de ce code durable du
bâtiment. Donc, on peut penser que c'est effectivement la Régie du bâtiment qui
va hériter du mandat, mais, à tout le moins, il y aura des obligations en
matière de transition énergétique, ce qui n'est pas le cas actuellement. Et
vous le mentionniez d'entrée de jeu, le secteur du bâtiment est une de nos
sources importantes d'émissions au Québec. Et si on veut atteindre nos cibles
d'ici 2030, il faut faire des avancées encore plus marquées, donc ça devient
nécessaire, là, d'y aller avec... avec ces nouvelles mesures.
Et là je défile un
petit peu les points que vous avez mentionnés, mais je veux vous laisser
intervenir aussi par la suite. Et là j'ai, malheureusement, mon collègue Simon
qui me cache la vue et qui m'empêche de vous saluer et de vous parler tout en
vous voyant. Au niveau de la réglementation à développer, c'est clair qu'on va
le faire avec les municipalités aussi. Vous le savez, vous connaissez le
principe, pour avoir collaboré à plusieurs occasions par le passé, à partir du
moment qu'il y a un projet de règlement, souvent on
travaille en cocréation, donc, avant même de prépublier, on va y aller d'échange avec vos gens. Ensuite,
il y a une période plus formelle de consultations. Donc, c'est clair qu'il y a
différents espaces de collaboration, là, qui vont... qui vont se présenter à
nous pour réaliser nos objectifs.
Je vous entends
parler de différentes craintes au niveau des coûts que ça peut engendrer,
notamment pour les municipalités. C'est vrai
pour les municipalités, c'est vrai pour les propriétaires, là, de parcs immobiliers,
il y a un coût à ces travaux-là, au final, on est tous d'accord.
Cependant, si on regarde, et c'est en partie évalué par plusieurs, si on regarde les économies que ces travaux-là
engendrent par la suite, c'est des coûts qui peuvent être amortis de façon bien
prévisible, il faut le considérer, naturellement, dès le départ.
• (10 h 10) •
Et pour ce qui est de
la pénurie de logements, pour ce qui est des craintes très légitimes aussi que
ce projet de loi engendre des contraintes supplémentaires, il ne faut pas
oublier qu'au départ on se donne une période volontaire. Oui, il va y avoir des obligations à terme, mais
c'est, d'abord et avant tout, sur une base volontaire dans les premières
années, à tout le moins, que cette transformation-là va s'opérer pour certains
des items du projet de loi. Donc, le tout va
pouvoir s'intégrer, là, de façon graduelle, sans que ce soit un choc trop
important, parce que la dernière chose que l'on souhaite comme
gouvernement, c'est bien certain : rendre encore plus difficile l'accès à
des logements qui soient abordables ou des logements tout simplement réguliers.
Donc là, j'ai voulu
répondre à certaines de vos craintes, mais allons-y avec les échanges. Est-ce
que vous êtes d'accord pour ce qui est de la
sécurité énergétique, qu'il faut se donner une base commune pour être bien
certains que les villes, avec de très bonnes intentions, n'aillent pas
un petit peu dans toutes les directions et que ça rende la tâche pratiquement
impossible, là, pour Hydro-Québec?
M. Damphousse
(Martin) : Bien, je vous dirais que c'est essentiel, M. le ministre.
Puis je vais reprendre à rebours. En fait, vous avez commencé par le volet
rassurant de l'autonomie municipale. On est content de l'entendre. On aimerait
être capable de lire très clairement que ce qu'on voudra faire pour améliorer
l'efficacité des bâtiments, et tout ça, ce que j'ai donné comme exemple, puisse
se lire clairement.
Face à la sécurité
énergétique, on en est tout à fait conscients. Vous le savez, on a déposé un
plan énergie. En fait, on le déposera
officiellement, mais vous en avez eu une copie. On est très sensible à... le
défi des prochaines générations. Mais, je vous dirais, si on était
capables de travailler rapidement, parce que l'exemple qu'on a soulevé tantôt,
de Saint-Bruno, je rajoute Prévost, Montréal, Candiac, la volonté québécoise du
milieu municipal est d'accélérer ça puis de démontrer son leadership. Et c'est
pour ça que l'Union des municipalités a déposé dernièrement son plan de
décarbonation des bâtiments municipaux et des flottes de transport des
véhicules, justement pour accélérer cette transition-là. Mais le volet
énergétique, il faut rapidement y arriver ensemble, parce que, si on laisse la
latitude aux municipalités de partir dans tous les sens, bien, on va se
retrouver, malheureusement, rapidement comme... des situations tristes comme
Saint-Bruno hier. Mais il faut rapidement trouver une solution commune pour
être le plus efficace et, en fait, s'assurer
qu'on puisse se sortir des énergies fossiles le plus logiquement possible, en
fonction de ce qui est disponible
puis en fonction de ce qu'on peut produire collectivement ensemble. Et, là-dessus,
le milieu municipal, vous le savez, va vouloir jouer un rôle important
avec vous, bien sûr.
M. Charette :
C'est apprécié. Je vous remerciais tout à l'heure d'emblée, là, mais c'est
une collaboration, là, qui est non seulement
appréciée, mais qui est nécessaire. Mais content de vous entendre dire qu'il
faut qu'on se donne ensemble des balises communes. Parce que, moi, le
premier, j'aimerais dire : On interdit tout recours au gaz naturel demain
matin. Cependant, ça représente énormément de mégawatts qu'on doit calculer
dans les besoins énergétiques généraux. Et comment remplacer ces mégawatts-là
lorsque notre disponibilité énergétique, elle est déjà calculée, là, de façon serrée? Donc, content, là, que l'on se
rejoigne à ce niveau-là, et soyez assurés que c'est une réglementation que
l'on va travailler ensemble. Et, dans notre esprit, on ne parle pas d'années,
là, c'est quelque chose qu'on souhaite présenter le plus rapidement possible et
on aura la possibilité, là, d'échanger là-dessus.
Vous parliez pour les
coûts que représentent certaines contraintes du projet de loi, notamment pour
des bâtiments plus anciens ou plus énergivores. On parlait d'arénas, tout à
l'heure, ou de grands complexes de cette nature là. L'approche des différents
PMO, on est rendus au troisième, il y en aura un quatrième ce printemps, est
souvent accompagné de mesures financières, des mesures
d'appui pour justement aider ces transformations-là. C'est une approche
qu'on entend naturellement maintenir. Donc, c'est difficile pour moi de déjà
évoquer des budgets spécifiques. Mais, si on
regarde PMO1, PMO2, PMO3, oui, il y a des contraintes qui se sont ajoutées pour
bon nombre d'entreprises dans différents secteurs, mais elles avaient,
dans bien des cas, des programmes qui leur étaient adressés pour justement les
aider à se transformer. En fait, on les aide à nous aider à réduire leurs
émissions, et, pour nous, c'est un gage de succès supplémentaire, là, pour
atteindre notre cible de 2030.
Là,
la dernière chose que je souhaite, c'est prendre tout le temps de parole. Je ne
sais pas si j'ai de mes collègues qui avait une question. Mon collègue de
Masson, voilà. Donc, on pourra se partager le temps, Mme la Présidente.
Merci déjà pour vos réponses.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Masson, vous disposez de 5 min 45 s.
M. Lemay : Merci, Mme la Présidente.
Bienvenue, Mme Legault-Bélanger, M. Damphousse, M. Tremblay, mon
maire, bien entendu. Donc, bien heureux de vous retrouver ici, à l'Assemblée nationale.
Vous savez, c'est quand même un projet de loi
important si on veut atteindre la décarbonation pour l'horizon 2050. Donc,
si on veut avoir l'efficacité énergétique, bien entendu, il faut réfléchir
aujourd'hui à qu'est-ce qu'on peut faire si
on veut que nos nouveaux bâtiments, notamment, puissent avoir les meilleures
normes et pratiques de l'industrie et puis mettre à niveau les bâtiments
existants. Donc, c'est une façon de faire, là, de savoir un peu quelle est la
performance énergétique des bâtiments actuels, et puis, après ça, de fixer des
normes, et puis, après ça, graduellement, remonter les niveaux pour s'assurer
que tous puissent participer à cette décarbonation.
Mais, dans votre mémoire, que j'ai pris le temps
de voir, vous avez fait des recommandations. Le ministre a abordé certains points. Moi, je vais y aller plus
sur vos recommandations qui ont trait au financement. Vous mentionnez
vouloir avoir une aide financière pour, justement, que les bâtiments municipaux
puissent bénéficier d'une aide de Québec.
Vous le mentionnez notamment, à la recommandation 3, plus particulièrement
pour vos... C'est quoi, vos attentes en termes de financement? Est-ce
que vous avez un pourcentage chiffré? Est-ce que vous avez déjà des attentes spécifiques ou c'est simplement un souhait,
d'avoir... Est-ce que... tu sais, est-ce que vous voulez avoir 100 % ou,
tu sais, vous êtes en mode partage un peu? C'est quoi, vos attentes de
ce côté-là?
M. Damphousse (Martin) : Là-dessus,
je vous dirais, j'aurai une réponse rapide, mais je vais inviter mes collègues
s'ils ont des ajouts. Je vais faire un parallèle avec le commentaire que
M. Tremblay a mentionné sur la vicissitude de nos arénas, nos piscines qui
ont été... Les arénas ont été construits il y a peut-être 40, 50 ans pour
la grande majorité des arénas au Québec. Et là il y a un programme
d'infrastructures sportives que vous avez mis de l'avant, 300 millions par
année, mais j'ai eu à intervenir à travers les médias, parce qu'on semble avoir
atteint un record historique de demandes de... de subventions qui dépassaient
de 1 000 demandes, puis il y a 300 millions. Ça fait qu'on comprend
qu'il y aura probablement, malheureusement, énormément de municipalités au
Québec qui se verront refuser leur demande, que ce soit pour des piscines, pour
des arénas, parce que, justement, leur économie d'énergie est vraiment très
déficiente. Ils ont besoin de travaux, beaucoup d'amour, comme Guillaume
parlait. Donc, c'est sûr que c'est un des exemples, en infrastructures
sportives, qui est déterminant. Puis, avec l'explosion des prix qu'on connaît dans la construction, bien, il y a
malheureusement beaucoup de municipalités qui vont devoir faire le choix
d'abandonner leurs projets, ce qui est triste. Ça fait que je n'ai pas de
montant spécifique qui est nécessaire à avoir, mais on a impérativement
besoin de la collaboration du gouvernement du Québec pour y arriver ensemble,
bien sûr.
M.
Tremblay (Guillaume) : Et, si vous permettez, Mme la Présidente, aussi,
de l'autre côté, l'UMQ représente aussi
des plus grandes villes, mais aussi des villes de toutes tailles. Tantôt, le
ministre disait : Écoutez, le coût d'énergie, l'économie, à terme,
va... va directement se rembourser. Cependant, il faut comprendre que les plus
petites villes, des fois, ils n'ont pas l'argent pour mettre de l'avant pour,
justement... comment... disons, pour le... je vais le dire en langage... pour le «fronter», excusez-moi
l'expression très anglophone, mais disons pour le mettre de l'avant, pour
l'avancer. Donc, ça aussi, il faut le prendre en considération dans
cette réalité-là. Donc, je me rallie complètement à ce que mon président a bien
dit. Merci.
M. Lemay : Puis, M. Damphousse
et M. Tremblay, tu sais, là, je comprends le programme PAFIRSPA qu'on parle présentement, là. Effectivement, il y
a eu des demandes historiques, là, au niveau d'infrastructures récréatives
et sportives. Mais sachez que, quand on parle aussi d'efficacité énergétique
puis qu'on veut avoir des bâtiments plus efficaces, je comprends votre point,
là, que, dans ce cas-là, il y avait eu des demandes records, mais ça dénote
aussi la santé et le fait qu'on veut... ça
rentre un peu dans notre Plan nature, là, avec l'accès
aux citoyens à des infrastructures de
qualité dans les municipalités, qui fait
en sorte que les gens, souvent, quand vous parlez d'aller à l'aréna ou à la
piscine, le coût pour le citoyen est moindre que d'aller prendre une
journée de golf ou une journée de ski, tu sais, si on fait juste un comparable.
Donc, les citoyens, c'est un... une structure qu'ils demandent puis qu'ils
veulent avoir accès parce que c'est une infrastructure de proximité pour les
citoyens. Là, on parle des bâtiments pour la performance énergétique, tu sais,
je comprends que vous ne voulez pas vous avancer sur un chiffre, mais sachez
aussi qu'une fois qu'on fait cette transition-là, les coûts d'exploitation,
d'opération seront réduits d'autant plus pour les municipalités parce
qu'effectivement vous allez atteindre cette performance-là.
Je vois le
temps qui défile, là, il me reste moins d'une minute. Mais, sur le même
montant, la recommandation 7, là,
vous mentionnez aussi, pour les logements abordables, vous dites que ça se
pourrait que certains propriétaires ne font pas des rénovations ou
n'aillent pas de l'avant avec des logements abordables. Est-ce que vous avez
une inquiétude plus formulée ou une aide
plus spécifique que vous aimeriez avoir, considérant qu'on a déjà des
programmes existants pour couvrir ce côté-là, qui, selon moi n'est pas
municipal, mais, tu sais, qui est plus avec des promoteurs, là?
• (10 h 20) •
M. Damphousse (Martin) : Bien, étant
donné qu'il reste peu de temps, je vous dirais que, face au logement social,
là, moi, je vous dirais qu'une des initiatives exceptionnelles que vous avez
mis de l'avant, là, c'est avec le partenaire du Fonds de
solidarité puis Desjardins, les 1 500 portes. C'est un succès
retentissant. Je peux vous en parler, là,
les maires et mairesses se sont dépêchés pour déposer des projets. C'est
extraordinaire. Si vous étiez capables de bonifier ce nombre de portes
là, je comprends que 1 500, ça n'aide pas le sort du Québec, mais ça donne
un grand coup de pouce. Bravo, parce que ce sont de vrais accélérateurs,
Desjardins et le Fonds de solidarité, ça fonctionne à merveille. Bravo,
là-dessus.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
merci beaucoup. Nous allons continuer nos échanges avec l'opposition
officielle. La députée de Mille-Îles, la parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Et j'ai 10 minutes. J'ai... Pardon? Voilà.
La Présidente (Mme Maccarone) :
10 minutes.
Mme Dufour : Parfait. Merci. Merci à
vous, M. le Président, M. le maire. Et, malheureusement, je ne me rappelle pas
de votre nom, je suis désolée. Donc, merci beaucoup pour votre exposé.
J'ai lu attentivement votre mémoire hier aussi,
puis je voudrais vous entendre davantage sur les risques de poursuite
judiciaire que vous évoquez à la page 6 de votre mémoire.
M. Damphousse (Martin) : Bien, en
fait, étant donné que maître Charlotte Legault-Bélanger est avocate, je vous
dirais que tout ce qui touche le volet juridique, elle est assurément mieux
placée que moi pour vous en parler.
Mme
Legault-Bélanger (Charlotte) : Merci, M. le président. En fait... puis je ferais
le parallèle, là, également avec l'intention du gouvernement, là, de
réglementer le gaz naturel dans les bâtiments. Ce pour quoi on n'a pas parlé de
sécurité énergétique dans le mémoire, c'est du fait, là, que cette
réglementation-là, selon notre compréhension, ne serait pas prise en vertu du projet de loi 41. Donc, ce serait,
dans un autre temps, via la Loi sur la qualité de l'environnement. Donc,
c'est pourquoi la recommandation qu'on fait est vraiment, là, de s'inspirer,
là, de ce qui se fait dans la Loi sur le bâtiment pour permettre aux
municipalités d'être plus sévères, puisque l'enjeu de sécurité énergétique,
dans le PL 41, n'a pas, selon nous, à
être traité. Au contraire, on parle davantage d'efficacité énergétique, sur un
domaine dans lequel il faut impérativement, tous, collectivement,
aller... être le plus ambitieux possible.
Et donc, pour... au niveau du risque juridique,
c'est parce que le mécanisme de préséance qui est proposé aux articles 29,
30 existe déjà dans la Loi sur la qualité de l'environnement, à
l'article 118.3.3, depuis 1972. Et donc on a vu l'évolution jurisprudentielle faire en sorte que plusieurs...
plusieurs municipalités faisaient face à des poursuites de promoteurs ou
de propriétaires ou de... dans le milieu énergétique également, d'organismes,
là, qui, par exemple, voulaient faire des pipelines, ou des choses comme ça.
Donc, se faire poursuivre en brandissant ou même se faire menacer, on parle de poursuites-bâillons par...
grâce à cet article-là. Donc, le risque judiciaire engendré par cet article-là
a, à travers le temps, eu un effet de
refroidissement sur les municipalités, sachant qu'elles peuvent... qu'elles
sont à risque, là, de poursuites.
Donc, c'est pourquoi on recommande véritablement
d'évacuer le mécanisme de préséance. Et puis, comme M. le Président l'a mentionné... ça va nous faire plaisir de collaborer
et de continuer notre collaboration avec le gouvernement et Hydro-Québec pour ce qui est spécifiquement, là, de la
sécurité énergétique, pour trouver, là, vraiment la meilleure façon de concilier autonomie municipale
et sécurité d'approvisionnement, qui, effectivement, là, est un enjeu
d'intérêt national.
Mme Dufour : Merci beaucoup, maître.
Est-ce que... S'il y avait préséance, est-ce que ça pourrait empêcher, dans le fond, les municipalités d'atteindre
certains de leurs objectifs? Et là j'avais en tête, par exemple, une
municipalité qui voudrait développer
un écoquartier vraiment très, par exemple, net zéro. Et je salue, d'ailleurs,
la ville de Varennes, là, qui a fait
le premier bâtiment municipal net zéro. Avec une préséance, ce ne serait plus
possible d'atteindre ce genre... selon vous, ou ce serait encore
possible?
M. Damphousse (Martin) : Bien, moi,
ce que je comprends, c'est que ça ralentirait de beaucoup le processus. Mais de
là à dire, est-ce qu'on y arriverait pareil avec un délai plus long, j'invite
Mme Bélanger à...
Mme Legault-Bélanger (Charlotte) : Mais,
encore une fois, c'est ce qui va pouvoir être discuté, là, avec le gouvernement
dans les prochains mois, donc, étant donné que cette réglementation-là serait
soumise au principe de préséance de la LQE,
et non pas du PL 41. Donc, effectivement, il y a d'autres mécanismes
juridiques qui vont pouvoir être
discutés pour prendre en compte la sécurité énergétique, mais tout en laissant,
là, la possibilité aux municipalités, là, d'atteindre les ambitions qu'elles se sont fixées dans leurs plans
climatiques, qui, dans certains cas, sont plus ambitieuses, là, que
celles du gouvernement.
Mme Dufour : Merci. Peut-être vous
poser des questions sur les inspecteurs, parce que ça a été un élément qui
avait été soulevé dans le cadre du projet de loi n° 17, lorsque... bon,
c'est ça, que la RBQ pourra mandater les municipalités pour faire des
inspections. Puis là on a entendu le ministre parler qu'il pourrait déléguer
lui-même les inspections des normes qui seraient établies ici, à la RBQ. Donc,
est-ce que les municipalités ont les inspecteurs pour réaliser ce qui pourrait
être exigé, ici, avec le projet de loi 41?
M.
Damphousse (Martin) : Bien, la réalité, c'est que c'est un volet sur
lequel on a beaucoup d'inquiétudes parce qu'il est clair, et vous le savez, il
y a des villes et municipalités du Québec qui ont les ressources pour être
capables de le faire, mais vous comprenez que c'est loin d'être la grande majorité.
Varennes est un bel exemple, Mascouche en est un autre. Nous n'avons pas ces
employés là dédiés pour cette fonction-là. Donc, c'est sûr qu'à partir du
moment où on aurait l'option de prendre la responsabilité c'est déjà mieux,
mais on ne veut surtout pas qu'on nous
l'impose. On ne veut surtout pas que la Régie du bâtiment vienne nous
dire : Vous devez faire l'inspection, quand nous n'avons pas ces capacités-là. Ça relève au RBQ, mais, si
Montréal, si Laval, si de grandes villes souhaitent l'avoir, sur une
base volontaire, soit, mais surtout pas de l'imposer, de grâce.
Mme Dufour : Je
vais passer la parole au collègue. Merci.
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. M. Damphousse, j'ai une question un petit peu
précise sur l'autoproduction pour les municipalités et, quand même, le
déploiement des microréseaux dans les différentes municipalités. Il y a un
projet très intéressant à Lac-Mégantic, présentement, qui a été déployé par Hydro-Québec.
Alors, c'est sûr, les bâtiments plus
efficaces, c'est une chose, mais, si vous êtes capables de produire de
l'électricité sur les toits de vos
arénas, ça aide un petit peu à la situation aussi. Alors, je ne sais pas si
vous avez déjà commencé à penser à l'avenir, c'est que... de déployer
plus d'énergie, vous autres, les municipalités, pour vos bâtiments.
M. Damphousse
(Martin) : Bien, je vous dirais, vous avez une question précise, je
vais vous donner une réponse précise. Dans
un premier temps, je vous invite à nous écrire pour qu'on vous envoie en
primeur notre plan énergie. Vous allez voir qu'il y a des axes, il y a
justement la production énergétique. On parle beaucoup d'éolien au Québec. Le
milieu municipal est très présent dans l'éolien. Dans la grande majorité des
cas, ils sont copropriétaires à 50 %, c'est
extraordinaire, et c'est l'orientation à court terme qu'Hydro veut prendre. Et
il y a de plus en plus de municipalités, et là ce n'est plus juste
l'Alliance et la région de la Gaspésie, aujourd'hui, c'est à peu près tout le
monde au Québec qui évalue ces options.
Le volet solaire a
aussi de grandes possibilités. On en parle moins, parce que c'est comme si les
subventions d'Hydro-Québec, gouvernementales
sont moins présentes. Mais le potentiel est extraordinaire, vous avez donné
l'exemple des toits, vous le savez
comme moi, en Europe, c'est très fréquent. Mais là, ça devient un apport et un
support énergétique verte dans plein de bâtiments potentiels. Donc,
honnêtement, ça fait partie des plans que nous avons. Il s'agirait d'un petit coup de main financier, parce que ça ne
prend pas une grande différence pour inciter des résidences à aller de l'avant,
mais des bâtiments, comme vous avez mentionnés... Puis, quand on regarde la
superficie des toitures qui existent au Québec,
avec tous les types d'entreprise, bien, imaginez le potentiel que nous avons
localement. C'est une avenue à ne pas négliger, assurément.
M. Kelley : 100 % d'accord. J'ai une excellente lettre
que j'ai écrite dans le Journal de
Montréal. Alors, on peut
faire échange, je vais prendre le document en primeur puis je vais changer la
lettre ouverte que j'ai écrite.
Mais juste une
dernière question. Si jamais, dans ce projet de loi, on aborde la question
qu'on permette au Québec que les citoyens
pemettent les... les panneaux solaires sur leur toit, aucune municipalité ne
peut interdire quelque chose comme ça. Parce que je sais que, présentement,
il y a certaines municipalités qui interdisent des panneaux solaires sur le
toit des maisons. Je pense qu'on doit avoir des standards ici, au Québec, mais,
quand même, c'est une idée que je lance.
Mais je veux savoir, si on n'a pas le temps, peut-être qu'on peut échanger
après, mais est-ce que vous pensez que c'est peut-être utile de créer un
standard partout au Québec, où on permet les citoyens de produire leur propre
électricité?
• (10 h 30) •
M. Damphousse
(Martin) : Je pense que ça serait sûrement une bonne idée, mais je
pense que c'est une bonne réflexion qu'on doit avoir avec Hydro-Québec, avec la
Régie de l'énergie, avec le gouvernement, avec les oppositions pour trouver une façon de faire qui serait uniformisée, qui
serait logique. Mais, honnêtement, avec la crise énergétique dans
laquelle on est plongés aujourd'hui, toutes ces options-là doivent être
absolument sur la table. C'est une bonne idée, assurément.
M. Kelley : Parfait.
Puis, juste rapidement, je vais aller sur les fonds. Est-ce que c'est mieux de
juste utiliser des programmes existants ou vraiment créer un autre programme?
Parce que, des fois, j'ai des municipalités qui me parlent, me disent : Bien, il y a plein de différents programmes.
Peut-être c'est mieux juste d'en avoir un qui est dédié à la transition
énergétique pour les municipalités.
M. Damphousse
(Martin) : Par rapport à l'énergie?
M. Kelley : Oui, pour la transition énergétique pour les
municipalités, parce que vous parlez des différents fonds puis ajouter à
des programmes, mais est-ce que c'est mieux juste d'avoir un programme et une
place que tout est simplifié pour vous autres?
M.
Damphousse (Martin) : Bien, en fait, le mot magique que vous venez de
mentionner dans votre question, c'est «simplifier». Si on était capable
d'avoir une formule... Peu importe, qu'il y ait des fonds existants, de
nouveaux fonds, la
multiplication des fonds, c'est l'approche simplifiée, parce que,
malheureusement, autant pour les municipalités
que pour les citoyens qui font faire avec des programmes de quelque nature que
ce soit, c'est la lourdeur administrative qui décourage. Il faut
s'éviter ça. Il faut travailler ensemble pour trouver un «fast track», désolé
de mon anglicisme, pour être... mais je pense que vous avez bien compris, pour
que ça soit facilitant. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
reste deux minutes.
M. Kelley : Deux minutes...
La Présidente (Mme Maccarone) : Deux
minutes
M. Kelley : ...OK, vas-y.
Mme Dufour : Oui. Bien, en fait,
juste...
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi.
Mme la députée de Mille-Îles, la parole est à vous. Merci.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Donc, juste continuer sur les programmes. Ça, c'est un élément que
vous avez mentionné, qu'il n'y avait pas de programme vraiment dédié aux
municipalités dans certains cas, puis que
vous étiez comme en compétition, dans le fond, avec d'autres groupes. Quel
genre de programme vous attendriez, là,
pour pouvoir... Là, je sais que le député de Masson a posé une question
là-dessus, mais qu'est-ce qui serait facilitant pour les municipalités
là-dessus?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
honnêtement, ce que j'ai vu, puis Mme Bélanger aura un commentaire
additionnel, mais au fédéral, il existe des fonds justement dédiés là-dessus...
des maisons vertes. Honnêtement, c'est assez intéressant. Ils subventionnent
100 % des coûts, entre autres, dans le solaire de réduction de la
consommation, subventionné pendant 10 ans, sans intérêt. Honnêtement,
c'est superintéressant. C'est des programmes de ce genre-là qu'on aimerait bien
avoir une version québécoise ou une meilleure collaboration Québec, fédéral
pour faciliter cet accès-là, parce que ce n'est pas toujours simple, ces
programmes-là.
Mme Dufour : Effectivement,
effectivement, je pense que c'est un enjeu d'avoir accès au fonds fédéral, mais
il y a aussi la reddition de comptes. Est-ce
que vous voyez... Parce qu'en fait c'est toujours ça, l'enjeu, là, on rajoute, on
rajoute, on rajoute. Donc, ce serait quoi, vos demandes par rapport à la
reddition de comptes?
M. Damphousse (Martin) : Je reviens
au mot magique, «simplification».
Mme Dufour : Simplifier.
M. Damphousse (Martin) : Oui.
Mme Dufour : Une reddition de
comptes annuelle, bisannuelle?
M. Damphousse (Martin) : Simple.
Mme Dufour : Simple, simple.
Excellent.
M. Tremblay (Guillaume) : Si vous le
permettez. Vous savez que l'UMQ, on en parlait tantôt, on a mis de l'avant le
plan de décarbonation, je peux vous dire que les villes cognent à la porte de
l'UMQ, elles sont vraiment de plus en plus, en plus, en plus intéressées, mais
le fardeau, c'est toujours le financement, le financement. Ça fait que, si le
gouvernement pouvait donner un coup de main, je pense que les villes iraient
encore plus rapidement dans ce grand chantier. Puis c'est un travail d'équipe,
hein, vous le dites, c'est une responsabilité conjointe de tout le monde. Les
villes, on est vraiment prêts à faire notre part, mais ça prend vraiment du
financement pour nous aider.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci, merci. Nous allons procéder avec le
deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Verdun, le temps est à
vous.
Mme Zaga Mendez : Merci beaucoup,
Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...quatre minutes, en passant.
Mme Zaga
Mendez : Quatre minutes,
merci. Merci beaucoup, M. Damphousse, M. Tremblay et
Mme Legault-Bélanger, pour votre présentation.
J'ai expliqué
tout à l'heure que nous avons aussi une inquiétude par rapport à
l'article 29 et 30. Je pense que nous avons tous entendu le
ministre nous dire qu'il y a une intention d'être plus précis, en ce qui
concerne la sécurité énergétique, mais, je pense qu'on
peut se le dire, on parle de l'utilisation d'énergie, et c'est, bien sûr, le gaz
naturel. On le sait que si... Vous l'avez
expliqué tout à l'heure, si le principe de préséance s'applique, que ceci rend
inopérant, si on s'attaque à la
sécurité énergétique, les règlements qui sont maintenant déjà opérants qui
concernent l'utilisation, le branchement
des nouveaux... nouveaux branchements de gaz naturel dans les municipalités
dont nous avons discutés... et j'aimerais vous entendre là-dessus.
J'aimerais savoir votre opinion sur le fait que, si on vise la sécurité
énergétique... puis on va rendre inopérants ces règlements des villes qui sont
déjà très ambitieuses dans la lutte aux changements climatiques.
M. Damphousse
(Martin) : Bien, c'est pour ça qu'il est important, puis je l'ai
mentionné tantôt, que rapidement on puisse,
en collaboration avec le gouvernement et avec surtout Hydro-Québec, s'assurer que la réglementation qui sera éventuellement mise en
place fonctionne, parce que d'amener de la réglementation... puis on parle
beaucoup du gaz, mais moi, j'aimerais qu'on dissocie le gaz fossile du GNR, le
gaz renouvelable. Parce que je peux vous en parler,
à Varennes, je suis le président de la SEMECS, un centre de biométhanisation,
120 000 tonnes de matière par année, mais on produit beaucoup de GNR, c'est ce qu'on veut. Je comprends qu'on
n'en a pas assez encore aujourd'hui dans notre réseau, on souhaiterait en avoir davantage, mais pour en avoir
davantage, ça prend aussi un réseau de distribution.
Donc, aujourd'hui, on
n'a pas la cote, parce que c'est principalement du gaz fossilisé, mais c'est
avec une panoplie de sources énergétiques vertes. On a parlé de solaire tantôt,
on a parlé d'éolien tantôt, on pourra parler de microbarrages, on a parlé de Lac-Mégantic,
en fait, c'est une multiplication de ces projets-là qui peuvent rendre beaucoup plus facilitant l'arrivée vers une décarbonation
du Québec, mais, pour ça, ça prend davantage d'énergie verte. Donc, rapidement, qu'on puisse travailler avec le
gouvernement pour envoyer un modèle de réglementation à l'ensemble des
municipalités pour être sécuritaires.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Et, dans le même sens, vous parlez de rendre plus
facilitant... Je vous lance une idée :
Qu'est-ce que vous en pensez de faire en sorte que le règlement devient un
minimum, ce qu'on appelle une clause a minima, c'est-à-dire que la
réglementation sur la sécurité énergétique, c'est le minimum à atteindre, mais
que ceci permettrait aux municipalités qui veulent être plus ambitieuses,
d'aller plus loin, par exemple, sur la question de GNR localisé, il y en a plusieurs exemples de biomasse aussi, forestière
ou biomasse agricole, bref, d'obtenir le minimum pour permettre aux
autres municipalités de lutter contre les changements climatiques?
M. Damphousse
(Martin) : Sûrement une très bonne idée de l'aspect du minimum, mais
pour ceux qui voudront être plus ambitieux,
il faut s'assurer aussi qu'Hydro-Québec puisse répondre à l'ambition des municipalités.
Quand on parle de biomasse, il y a des secteurs, il y a des régions du Québec
où ils n'ont même pas de gaz, ça fait que le
réseau ne se rend même pas là, mais ils ont la biomasse pour être capables de
produire de l'énergie différemment. Donc, ils ont probablement une
approche plus ambitieuse possible, mais encore là, ça prendrait le sceau soit
du gouvernement ou d'Hydro-Québec, en disant : OK, votre région, vous
aurez la permission d'être plus ambitieux parce que vous avez la capacité
énergétique, donc... Mais ce n'est pas facile de rendre l'accessibilité à tout
le monde, un peu indéfinie, parce qu'il y en
a qui ont de grandes ambitions, mais il faut être sûrs que le réseau puisse
supporter ça.
Mme Zaga
Mendez : Merci...
La Présidente
(Mme Maccarone) : 12 secondes.
Mme Zaga
Mendez : ...c'est tout le temps que j'ai. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
merci beaucoup, M. Damphousse, M. Tremblay, Me Legault-Bélanger, pour
votre contribution aux travaux de la commission. Nous allons suspendre les
travaux pour quelques instants afin que l'on puisse accueillir le prochain
groupe. Merci.
(Suspension de la séance à
10 h 38)
(Reprise à 10 h 42)
La Présidente
(Mme Maccarone) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et je
souhaite la bienvenue aux représentants de la Fédération québécoise des
municipalités. Alors, bienvenue à M. Jacques Demers, président, maire de
Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog, ainsi que
M. Pierre Châteauvert, directeur des politiques. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi nous allons procéder
aux échanges avec les membres de la commission. Alors, je vous invite donc à
commencer votre présentation et de vous présenter, s'il vous plaît.
Fédération québécoise des municipalités (FQM)
M. Demers
(Jacques) : Merci beaucoup. Oui, Jacques
Demers, maire, Sainte-Catherine-de-Hatley, et préfet de la MRC de Memphrémagog
et président de la Fédération québécoise des municipalités. Et je suis
accompagné du directeur des politiques de la Fédération québécoise des municipalités,
M. Pierre Châteauvert.
D'abord,
merci, merci, M. le ministre, Mme la Présidente, M. le vice-président, mesdames
et messieurs membres de la Commission. La Fédération québécoise des
municipalités, à titre de porte-parole des régions, qui réunit plus de
1 000 membres, dont l'ensemble des MRC, remercie la commission de
l'opportunité qui s'offre à nous de présenter nos commentaires puis nos
recommandations sur le projet de loi 41.
Ce projet de loi
propose d'améliorer les performances environnementales des bâtiments neufs et
existants, et prévoit l'octroi de nouveaux pouvoirs habilitants au ministre de
l'Environnement pour la mise en place d'exigences de performance environnementale des bâtiments et d'un système de
déclaration, cotation et performance des bâtiments.
D'entrée
de jeu, la fédération trouve très louable l'objectif. Quand on veut d'abord
améliorer les performances environnementales des bâtiments, réduire
leurs émissions à gaz à effet de serre, on veut aussi économiser l'énergie,
c'est important, à l'échelle du Québec. Plusieurs municipalités, d'ailleurs,
travaillent déjà dans ce sens. Il y a des initiatives qui émergent d'un peu
toutes les régions du Québec de ce côté-là. Malheureusement, les éléments du
projet de loi posent problème et nécessitent aussi des modifications. Nos
commentaires seront francs et directs. Ils visent à assurer son application.
Je demanderais à
M. Châteauvert de lire quelques extraits de notre mémoire, qui présentent
certaines des propositions et des demandes. Par la suite, on pourra répondre
à... à vos questions.
M. Châteauvert
(Pierre) : Merci, merci. Donc, d'abord, en
premier lieu, en fait, nous, on propose qu'il y ait un changement d'approche au
niveau de la question de la préséance, une revendication de longue date de la
FQM, donc, qu'on pourra élaborer tantôt.
Le projet de loi
prévoit aux articles 29 et 30 la préséance des règlements qui seront
adoptés en vertu de la loi sur la
performance environnementale, sur les règlements municipaux portant sur le même
objet. Ainsi, les dispositions du... des règlements du gouvernement
primeront sur celles d'un règlement municipal, à moins que ce règlement ne soit
approuvé par le ministre.
Considérant les
enjeux liés à la lutte et à l'adaptation aux changements climatiques, il est
souhaité que la portée de... de la notion de préséance prévue au projet de loi
se limite à établir un seuil minimal et non à uniformiser la réglementation à
la grandeur du Québec. Les municipalités doivent pouvoir exercer leurs
compétences en aménagement, notamment en mettant en place des normes plus
contraignantes en fonction des particularités de leur territoire. L'ampleur des
défis environnementaux et énergétiques nécessite plutôt de renforcer les
capacités d'action des municipalités et des MRC.
Donc, pour terminer
sur la notion de préséance, la FQM rappelle que l'Assemblée nationale a adopté
en octobre dernier le projet de loi 17, lequel a enchâssé dans la Loi sur
le bâtiment le droit des municipalités d'adopter des normes plus exigeantes que
celles contenues dans le code de construction et dans le code de sécurité, ou
une norme portant sur d'autres matières que celles visées à l'un des codes.
Donc, le précédent est déjà là.
Deuxièmement, nous
demandons une harmonisation entre la démarche du ministre et celle de la Régie
du bâtiment, c'est-à-dire le code de
construction. Afin d'offrir un cadre clair tant pour les municipalités que pour
les citoyens, c'est important qu'il n'y ait qu'un seul code, que le tout
soit harmonisé. L'actuel code de construction de la RBQ, il vient intégrer les
propositions contenues dans le projet de loi. Un arrimage sera également
nécessaire quant aux responsabilités qui seront dévolues... seront dévolues aux
municipalités. À ce chapitre, nous prions le ministre de se préoccuper de
l'impact de ces mesures sur la capacité de toutes les municipalités, quelle que
soit leur taille, lors de l'application de ces changements. En ce sens, nous
invitons tous les partenaires... les parlementaires, pardonnez-moi, à réfléchir
sur la capacité de nos services, notamment d'inspection, à se conformer et à
appliquer les nouvelles règles dans des délais trop souvent difficiles, voire
impossibles à respecter.
Troisièmement, les
nouvelles exigences prévues au projet de loi entraîneront un fardeau financier
administratif supplémentaire pour les municipalités. Le projet de loi prévoit
un système de déclaration, de cotation et de performance des bâtiments. Le
projet de loi entraînera assurément des coûts importants pour les municipalités
qui devront se conformer à de nouvelles exigences, tant pour la mise à niveau
de leurs bâtiments, la déclaration des données énergétiques relatives à ses
bâtiments, et pour la vérification et l'audit de ses données. Aussi, il est
essentiel que la FQM soit associée à l'élaboration des règlements qui
découleront de ce projet de loi pour s'assurer que les municipalités locales
régionales puissent les appliquer.
L'article 4 de
la Loi sur la performance environnementale des bâtiments, édictée par le projet
de loi, prévoit aussi l'obligation de transmettre au ministre un rapport
relatif à la performance environnementale des bâtiments. La fréquence de transmission des données, les
conditions et les modalités seront déterminées ultérieurement par le règlement.
La fédération tient à rappeler au gouvernement les enjeux liés à la
multiplication des redditions de comptes exigées aux municipalités par les
différents ministères, notamment les... municipalités qui peinent à remplir les
nombreux formulaires et déclarations nécessaires pour répondre aux obligations
légales et réglementaires. Ces nouvelles informations à transmettre s'ajoutent
à celles qu'une municipalité doit obligatoirement fournir. Depuis la
publication du rapport Perrault en 2015 — M. Demers
était un des signataires — plus
de 47 projets de loi et 68 règlements ont ajouté plus de 90 obligations et redditions de
comptes pour les municipalités. La fédération invite le ministre à tenir compte
de ce qui précède lors de l'élaboration des conditions et modalités relatives
à cette obligation.
Par
ailleurs, bien que la fédération souscrive à la nécessité à la... de la
performance énergétique des bâtiments, les nouvelles exigences associées au
système de cotation entraîneront vraisemblablement des coûts substantiels pour
les municipalités et les MRC pour la mise à
niveau des bâtiments municipaux. Aussi, nous lui demandons de... de prévoir
les mesures de soutien nécessaires à leur adaptation.
Quatrièmement,
le... certains articles du projet de loi confirment que les municipalités
devront appliquer certaines dispositions
des règlements pris en vertu de cette loi. Plusieurs ministères et organismes
se tournent présentement vers les municipalités pour l'application de
leurs normes et règlements, incapables de remplir leurs obligations dans ce
domaine en raison de contraintes budgétaires et de problématiques de
main-d'oeuvre.
De plus, des ministères comme celui de
l'Environnement complexifient davantage la tâche des inspecteurs municipaux
avec la révision de leur réglementation. Ce ministère a publié à lui seul des
centaines de pages de règlements révisés ces dernières années, sans période
suffisante pour la formation et la préparation, rendant quasi impossible leur
application sur plusieurs territoires. La FQM demande au ministre de s'engager
à consulter le milieu municipal avant de
procéder à tout transfert de responsabilité quant à l'application de la loi ou
de ses règlements, afin de convenir
ensemble des modalités afférentes à ce transfert, à garantir le caractère volontaire
de l'opération et à prévoir les ressources qui devront l'accompagner.
Par ailleurs, afin de protéger les municipalités
qui devront appliquer certaines dispositions des règlements pris en vertu de la présente loi, il est demandé
que les municipalités bénéficient de la même immunité que celle accordée
aux inspecteurs du ministère de l'Environnement.
En
conclusion, bien que la volonté exprimée publiquement par le ministère de
l'Environnement soit d'imposer des obligations de performance environnementale
aux grands bâtiments seulement, les pouvoirs habilitants octroyés au
ministre et au gouvernement sont plus vastes et visent l'ensemble des bâtiments
sur le territoire québécois. À terme, tous les bâtiments pourraient être visés
par de nouvelles exigences de performance environnementale, avec les coûts qui y seront associés. Considérant que nos
commentaires visent le projet de loi tel que présenté, la fédération demande
au ministre, avant un élargissement aux
petits bâtiments de... du système de déclaration et de cotation de la
performance environnementale, de mettre en place toutes les mesures
nécessaires de soutien et d'accompagnement afin d'assurer que les coûts
découlant de ces nouvelles exigences ne mettront pas en péril notamment nos
commerces de proximité, essentiels à la vitalité des régions. On peut aussi
penser au défi sur la construction de logements et d'habitations.
• (10 h 50) •
Par ailleurs, dans un contexte de pénurie de
logements — c'est
ce que j'allais dire — toutes
les régions du Québec... le gouvernement doit s'assurer que les surcoûts
associés au resserrement des exigences des performances environnementales des
bâtiments ne freinent pas le développement de nouveaux projets d'habitation.
Donc, on
est... on appuie, on est d'accord avec la... l'approche, et disons qu'il y a
quelques changements à apporter sur les modalités. Donc, merci beaucoup
pour vos questions.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup pour votre exposé. Nous allons procéder aux périodes d'échange, et je
cède la parole à M. le ministre pour une période de 16 min 30 s.
M. Charette : C'est gentil,
merci. Déjà, je vous avertis que j'ai des collègues qui meurent d'envie de
poser quelques questions, sinon c'est un temps qui sera partagé. Mais déjà, messieurs,
toujours un plaisir. Je le mentionnais à vos
collègues de... de l'UMQ, le milieu municipal, pour le gouvernement du Québec,
que ce soit en environnement, mais dans bien d'autres dossiers, est un
partenaire de premier plan. Moi qui suis dans les fonctions de ministre de
l'Environnement depuis un petit peu plus de cinq ans, je vous compte parmi des
partenaires incontournables, et ce matin vous en faites la démonstration avec
la qualité de votre mémoire. Donc, merci d'être avec nous ce matin.
Je comprends une de vos préoccupations, on a eu
d'ailleurs la possibilité d'échanger avec vos collègues de l'UMQ à ce sujet-là,
la fameuse règle de préséance. Ce que j'ai pu mentionner tout à l'heure, je le
répète pour vous rassurer : on n'a pas l'intention de jouer au niveau des
ambitions des municipalités, en dehors de la capacité et de la sécurité
énergétique du Québec, qui est un véritable enjeu. Donc, ce matin, je
confirmais notre intention, en dehors du projet de loi 41, de déposer une
réglementation, on va le souhaiter le plus rapidement possible, pour venir
établir des balises notamment pour ce qui est du recours au gaz naturel. Les
modalités, on aura l'occasion d'en discuter, parce que oui, c'est quelque chose
qui va être travaillé avec les municipalités, mais on n'a pas le choix d'aller
dans cette direction-là. Et je ne ferai pas l'exercice avec vous, parce que je
ne veux pas que ce soient des questions pièges, mais, si je vous demandais
quelles sont les projections en termes de mégawatts pour les prochaines
constructions sur les 10 prochaines années au Québec, probablement que
vous ne le sauriez pas, et je ne le savais pas moi-même avant de... de me...
m'intéresser à la question. Et, si je vous demandais ça représente combien en
mégawatts d'obliger, par exemple, une transition vers... vers
l'hydroélectricité dans des bâtiments existants qui sont alimentés par exemple
au mazout ou au gaz naturel à l'heure
actuelle, probablement que vous n'auriez pas la réponse, et c'est tout à fait
normal, je ne l'avais pas non plus avant de m'intéresser à ces
questions-là.
Donc, au niveau municipal, il y a de belles
ambitions, il ne faut pas les freiner, mais, en même temps, ces ambitions-là
doivent tenir compte de la capacité énergétique du Québec, et ça doit être
orchestré non pas de façon individuelle, chaque municipalité de son côté, mais
en concertation avec Hydro-Québec, notamment pour s'assurer de la disponibilité énergétique. Donc, lorsqu'il
est question dans le projet de loi de... d'établir des standards qui deviendront
la norme, on parle de sécurité énergétique
et, si, tel qu'écrit, il y a une certaine confusion dans le projet de loi, on
aura l'occasion au niveau de l'étude
article par article de s'assurer que la... la motivation derrière cet
article-là soit bien saisie.
Mais peut-être une première question :
Est-ce que vous êtes d'accord avec le principe — et l'UMQ semblait l'être tout à l'heure — que
chaque municipalité ne peut pas partir de son côté et dire : Moi, du jour
au lendemain, je ne permets plus le branchement, que ce soit au gaz
naturel, que ce soit au gaz naturel renouvelable, que tout doit passer par l'hydroélectricité? Est-ce que vous comprenez
quel défi ça pose dans un contexte de sécurité énergétique, qui est...
qui est de plus en plus discuté, là, depuis quelques années?
M. Demers
(Jacques) : Oui, ça, ce bout-là, on le comprend puis on adhère
amplement à ça. Mais, vous comprenez, quand on parle de préséance, pour
nous, on a eu, il y a très peu de temps, des problématiques, là. On parle de
bandes riveraines, on parle d'autres choses en environnement où est-ce que
c'est venu écraser des règlements municipaux, puis on s'est dit : Faisons
attention, là, on joue encore avec des choses que probablement que les
municipalités vont se trouver à avoir à faire l'application. Des fois, il y a
des municipalités qui sont plus loin. Puis, quand on met des règlements qui
écrasent ceux qui sont en place, il faudrait éviter... On veut tous travailler
pour l'environnement, mais il y a des municipalités qui sont rendues plus loin.
Puis les bandes riveraines étant un exemple, là, où est-ce qu'on a vu des
bâtiments qui n'avaient pas le droit de se construire sur des règlements
municipaux, mais, étant donné des règlements provinciaux qui sont venus les
écraser, ces mêmes bâtisses-là ont pu s'agrandir. Là, on s'est dit : Voyons,
ça n'a pas de bon sens! On veut avoir moins en bandes riveraines possible. Là,
si le bâtiment, il était à l'extérieur, même si une grande partie y touchait,
on écrasait le règlement municipal. Alors donc, on le permettait. On a eu des
recours, les... des avocats sur ces dossiers-là pour les municipalités. On
s'est dit : Comment ça se fait qu'on ne peut pas se parler avant? Puis on
souhaite, dans ce dossier-là, faire la même chose, de se dire : Faisons
attention, parce que, si c'est nous qui avons à l'appliquer, bien, il faut
faire attention pour ne pas faire le contraire de ce qu'on veut en environnement. Il y a des gens qui sont plus
avancés que le niveau provincial, qui lui, veut, des fois, permettre que
tout le monde avance rapidement. Puis c'est vraiment en ce sens-là. Je pourrais
aller dans ce dit dossier-là beaucoup, beaucoup plus dans le détail, mais je
pense qu'on comprend le pourquoi, là.
M. Charette :
Tout à fait. En fait, je suis très heureux de vous entendre. Et, je vous
rassure, là, nous, on vise, à travers le
projet de loi 41, les notions de sécurité énergétique, de disponibilité
d'énergie. Donc, on trouvera la bonne formule au moment de l'étude article par
article, mais très content de... de vous entendre à ce sujet-là. Puis, encore
une fois, comme ministre de l'Environnement,
je serais le dernier à souhaiter vouloir ralentir la marche des municipalités, mais il y a un défi de capacité énergétique au
Québec et tout doit être planifié et, on ne peut pas, chacun de notre côté, y
aller d'une idée sans prendre la mesure de son impact.
Sinon,
vous parliez de défis au niveau de l'application des codes, est-ce que ça va
devenir compliqué, qu'il y ait un code du bâtiment durable, puis il y a le code
du bâtiment. Il faut le voir comme une démarche qui va s'intégrer, dont
l'application va vraisemblablement revenir à la Régie du bâtiment du Québec.
Mais moi, je ne peux pas... En fait, je vais le dire autrement : la Régie
du bâtiment est responsable des volets sécuritaires, des volets, dans certains
cas, de qualité. Moi, j'ai la responsabilité de la transition énergétique, donc
je ne peux pas aller jouer dans les plates-bandes d'un autre. Mais, en même temps, on veut que ça se fasse dans un tout
cohérent. Et l'application va vraisemblablement revenir à la Régie du
bâtiment, pour que les échanges avec le milieu puissent être... non pas pour
telle question, c'est le ministère de l'Environnement, il sera là pour y
répondre, pour telle autre question, c'est tel autre ministère ou organisme. Donc, on... on est les derniers à
souhaiter complexifier la démarche, mais, en même temps, c'est moi qui aie
la possibilité, à travers ce projet de loi, de nous assurer que la transition
énergétique dans le secteur du... du bâtiment, elle est bien... elle est bien
prise en compte. Donc, je vous rassure, actuellement, on a un... un code qui
s'intéresse aux questions énergétiques des bâtiments. Mais, ce volet-là va être
intégré tout simplement, là, au niveau du code québécois, là, du bâtiment durable, là. Donc, on veut une certaine
cohésion à ce niveau-là, avec une application terrain, là, par la RBQ.
Vous
parliez aussi des enjeux de financement. Il y a une formule qui est
intéressante pour le... le bâtiment privé, qui est la SOFIAC, que... que vous connaissez vraisemblablement. Est-ce
qu'on pourrait penser une formule semblable pour les bâtiments municipaux, une formule de financement qui... bien,
en fait, une formule qui aiderait au financement, mais qui aiderait
aussi à l'expertise? On parle de plus petites municipalités dans... dans
certains cas. Est-ce que c'est quelque chose
qui pourrait être intéressant, de dire : On aurait cet appui-là pour nous
assurer non seulement qu'il y ait un financement qui peut être... qui
peut être fourni, mais qu'il y a une expertise aussi qui peut être donnée aux
municipalités, là, qui voudraient s'engager dans ce type de... de travaux là?
M. Demers
(Jacques) : Je pense que c'est évident, de
ce côté-là, quand on peut avoir le financement. Puis, de façon globale, on vise
des économies, ça fait que le financement, normalement, devrait... devrait vite
répondre à un besoin puis être capable...
être compensé de quelque façon par la suite, là, par... par ces économies-là,
qu'on fait tous. Puis l'urgence et le
besoin de l'énergie se fait sentir à plusieurs endroits présentement, ça fait
que, d'avancer rapidement là-dessus, on... on y est, là.
Oui?
M. Châteauvert
(Pierre) : Si vous permettez,
effectivement, ce que vous venez de nous préciser, c'est très rassurant par rapport au... au dernier point.
Nous, on a... on s'est référés au texte du... de la partie publique du Conseil des ministres, l'analyse
réglementaire, et l'interprétation qu'on avait était différente. Mais ce que
vous nous dites, un seul cas... Parce que nous, nos inspecteurs, quand ils ont
appliqué des nouvelles... des... On l'a vu, là, avec le... les... le cadre, pas
le cadre permanent qu'on attend, mais plutôt le... les règles temporaires sur
les zones inondables, et tout ça, la
complexité. Notre message, c'était que... que le gouvernement s'assure de
l'efficacité de la mesure... la compréhension de la mesure. Ce que vous
venez de nous dire, là, c'est... c'est très rassurant, puis on vous remercie.
Puis on va être... on va collaborer à ce
niveau-là pour s'assurer de ça, puis c'est aussi vrai au niveau des citoyens.
Ça, on est très heureux de... de votre message ce matin.
M. Charette : C'est gentil. Je
vous remercie rapidement, parce que j'ai des collègues qui veulent prendre la
relève, mais j'aurai l'occasion d'aller vous serrer la main dans quelques
instants.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci beaucoup, M. le ministre. Le député de René-Lévesque, je vous cède la parole pour une période de sept minutes.
• (11 heures) •
M. Montigny :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je vais faire rapidement, parce
que je veux surtout vous entendre. Vous avez
parlé, là, de... d'importance de la... de consulter, là, pour les règlements,
évidemment, je vous entends bien, aussi sur les enjeux de mesures de
soutien, là, des municipalités. Mais je veux vous amener... Peut-être ça va
vous permettre de revenir sur ces deux éléments-là, mais je veux vous amener
sur deux questions. La première, c'est sur
la... tout le... le côté de cotes ou de... où on va mettre des cotes sur les
bâtiments, je veux vous entendre là-dessus. Mais la deuxième que je vais
amener tout à l'heure, c'est l'enjeu de la biomasse forestière.
Donc, allons-y sur
toute la question de la... de la cote des bâtiments. Donc, est-ce que vous
considérez que la mise en place d'un système
de... de cotation, en fait, là, c'est un geste efficace pour améliorer la
performance? Parce que souvent, quand
on cote des bâtiments, ça nous permet de nous comparer, puis... entre nous,
mais aussi avec d'autres. Alors, j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Châteauvert
(Pierre) : Bien, le... En fait, il y a
plusieurs autres expériences qui utilisent cette façon-là, puis je pense que ça a démontré son... une forme
d'efficacité. Le défi, c'est la facilité et la capacité de bien comprendre puis
que ce soit bien appliqué par les gens sur le terrain, avec les... Ça va finir
par les inspecteurs municipaux et tout ça,
puis... Parce que ni la RBQ ni le ministère ont le système d'inspection puis
d'application sur le territoire. Donc, à ce moment-là... Et c'est
notre... notre offre de collaborer avec le ministère pour s'assurer... Nous,
dans notre réseau, on a des gens... les...
les gens, des inspecteurs, puis on collabore avec eux. C'est de s'assurer de la
faisabilité puis la facilité de la capacité de le livrer. Et tout est
là, tout est là. C'est une loi qui donne énormément de pouvoirs habilitants au ministre. On va y aller par règlements.
Effectivement, on réagira à ce moment-là. Mais on est très ouverts à cette
idée-là, parce qu'effectivement vous
l'avez dit, la comparaison, c'est le... c'est le début de... voir si tu es bon
ou tu n'es pas bon, puis de voir si tu peux t'améliorer.
M. Montigny :
Bien, juste un petit... juste... Je vais y aller un petit peu plus loin sur
cet enjeu-là. Je lisais tantôt, dans les
documents d'Hydro-Québec qui vont nous être amenés, là, qu'il y avait...
qu'il y avait une petite question, ils vont probablement en parler tout
à l'heure, sur la lourdeur administrative, la reddition de comptes. C'est
quelque chose que vous abordez
régulièrement, l'enjeu de la reddition de comptes. Alors, est-ce que ce
système-là, pour vous, il y a moyen
de le faire pour éviter cette reddition de comptes ou dans l'alourdissement,
disons, du travail des municipalités?
M. Châteauvert
(Pierre) : C'est une préoccupation. Dans
l'entente de réciprocité qui a été signée le 13 décembre dernier, il y a
une démarche par rapport à la reddition de comptes des municipalités... donner
quelques chiffres. Puis, effectivement, il y
a une proposition qui sera faite à la table et tout ça, au gouvernement, par
l'UMQ, nous, avec... en collaboration avec l'ADGMQ puis l'ADMQ, sur un
processus pour améliorer, OK, cette... toute cette question de reddition
de comptes là. Ça va passer... il faut que les conseils d'administration des
deux unions soient... se... ce soit soumis à
leur attention et pour discussion. Mais c'est certain que nous, on va regarder
ça via le prisme de cette question-là, parce que c'est invivable, le
nombre d'heures que ça demande aux directeurs généraux, aux directeurs, aux
directions des municipalités. Mais c'est possible de faire quelque chose quand
c'est... il y a... C'est une question qu'il faut discuter. Il faut tenir compte
de... les gens, qu'est-ce qu'ils vivent sur le terrain. C'est... Et... Mais il
faut... il faut échanger. Et là, c'est ce qu'il a été convenu le
13 décembre dernier dans le cadre de l'entente. Puis nous, on va
collaborer parce qu'on comprend que les objectifs doivent être atteints aussi.
Il y a un défi qui est évident, puis il faut l'atteindre.
M. Montigny :
Donc, si je vous comprends bien, tout est dans la collaboration qu'on aura ensemble,
mais on est dans la bonne direction.
M. Châteauvert
(Pierre) : L'ouverture, la collaboration.
L'ouverture, la collaboration.
M. Demers (Jacques) : Il y a des éléments là-dessus où est-ce qu'il faut vraiment intégrer nos
professionnels, ceux qui auront à l'appliquer, qui vont être capables...
voir de quelle façon... Parce que, des fois, on a des bonnes intentions, mais
si ça ne fonctionne pas dans l'application... Puis j'oserais dire la même chose
au niveau des cotes. Des fois, on avait des subventions basées sur des cotes ou
des... des normes qui venaient d'ailleurs. Puis là, ils nous disaient :
Bien, si vous arrivez à tel niveau, bien, vous aurez plus. Des fois, on faisait
des choses ridicules juste pour aller chercher des points, pour dire : On
veut atteindre des cotes. Les cotes, il faut que ce soit basé sur quelque chose
de concret qui se fait puis qui se fait au Québec puis dans l'ensemble des
régions. Il ne faut pas que ce soit basé sur un modèle, un style de ville, puis
on dit : OK, si vous arrivez à ça, il y a des places, ça ne s'appliquera
pas. Ça fait qu'on va tous vouloir y arriver. Puis souvent, quand on rattache
ces cotes-là à des obligations, il faut faire attention d'où viennent les
cotes.
M. Montigny :
Je vais y aller rapidement, parce qu'il ne reste presque plus de temps,
mais je veux vous amener sur l'enjeu de la biomasse forestière. Hydro-Québec va
nous parler aussi de biénergie. Il y a des régions au Québec, on en parlait avec l'UMQ tantôt, qui n'ont pas, là, de gaz naturel.
Je pense à la Côte-Nord, ma région, notamment, où il n'y a pas de
gaz naturel, il n'y a pas de réseau, donc, mais il y a de la biomasse
forestière. Alors, j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Châteauvert (Pierre) : En fait, la FQM, vous avez vu les résultats des appels de propositions,
là, pour l'éolien, nous sommes directement... on travaille directement
avec cinq des huit projets. Puis les trois autres, bien, c'est nos membres
aussi avec qui on travaille. Et on a un module et on... qu'on est à... non pas
juste en collaboration, mais à contrat avec une trentaine de MRC pour
l'ensemble des projets éoliens, mini-barrages de toutes sortes pour la production d'énergie propre en région. Ça comprend
la biomasse et... Mais il y a des... il y a des difficultés, il y a des...
il y a des défis avec l'ensemble de ces projets-là. Effectivement, il faut
s'asseoir puis regarder ça, mais les contacts qu'on a avec Hydro-Québec, M. le
Président, je pense que c'est... ils sont... s'ils sont porteurs.
M. Demers (Jacques) : Puis le besoin d'énergie présent va probablement ramener ces sources-là
importantes. D'avoir plus d'une voie d'aller chercher l'énergie, je pense
qu'ils ont... On a un besoin de ce côté-là, qui est plus grand, puis il
y en a qui ont déjà de l'expertise, ça fait qu'il ne faut pas les lâcher de ce
côté.
M. Montigny :
Merci beaucoup. Ça me convient.
La Présidente (Mme
Maccarone) :
Il reste une minute dans votre temps.
M. Montigny :
Ah! bien, M. le ministre? OK, je vais y aller. Je vais revenir sur cet
enjeu au niveau des municipalités, parce que, vous le savez, là, j'ai... j'ai
été maire, puis cet enjeu, là, d'éviter l'alourdissement, le... On le dit
souvent, là, on alourdit souvent la tâche. Ça fait que j'aimerais ça juste vous
dire : Avez-vous quelque chose à rajouter là-dessus?
M.
Demers (Jacques) : Bien, je pense, les
exemples que Pierre prenait tantôt, juste dans les dernières années, à quel point on a dit qu'on n'alourdit
pas, on n'arrête pas de rajouter du personnel pour faire juste de la reddition de comptes. C'est... ce n'est pas vrai qu'on... on
n'alourdit pas. Au contraire, de ce côté-là, on avait, il me semble, des
intentions de dire, quand on va rajouter une reddition, on va enlever quelque
chose d'autre, de façon à dire : Il faut garder
à niveau. On a l'impression qu'on pousse des petites municipalités à devenir...
à être des administrations de grandes municipalités, parce qu'on a des
redditions de comptes qui se ressemblent beaucoup.
M. Montigny :
OK. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous allons poursuivre nos échanges avec l'opposition
officielle. Mme la députée des Mille-Îles, vous disposez de
12 min 23 s. La parole est à vous.
Mme Dufour : Merci,
Mme la Présidente. Merci à vous deux pour votre exposé. Je vais peut-être
continuer sur la lourdeur administrative. Vous parlez, dans votre mémoire, du
rapport Perrault et que, depuis 2015, il y a plus de 90 obligations en
reddition de comptes qui se sont ajoutées. Là, vous dites, la première pièce
législative de l'année pourrait en rajouter davantage. Est-ce que vous avez une
idée, là, de ce que ça représente en temps dans une municipalité, en argent,
par exemple, dans une municipalité?
M.
Demers (Jacques) : Si on... si on rouvre
le rapport Perrault, c'est ce qu'on y retrouve. On avait évalué... je ne l'ai
pas de mémoire, mais on était quatre signataires de ce rapport-là, dont je fais
partie. On avait rencontré directement ou indirectement plus de 400 municipalités
pour faire le rapport. Puis il me semble que c'était clair pour tout le monde,
à partir de là, on allait enfin dire : On arrête d'en rajouter. On
s'aperçoit que ça... ça ne semble pas possible, ou il faut trouver une façon
autre de le faire, parce que cette lourdeur-là est un coût économique énorme.
Puis ça semble être
un peu facile de dire... des fois, on fait des projets de loi, des choses, on
met en place, des ministères vont s'en occuper, on... Le risque, en bout de
ligne, c'est que ce soient les municipalités qui aient à s'en occuper. C'est-tu
rien qu'un pas vers ça qu'on est en train de faire? Bien, c'est notre crainte.
Parce que, quand on regarde les gens qui devront faire le suivi, ce n'est pas
nécessairement des ministères ou des endroits qui semblent avoir... déborder de
personnel puis qui ont du temps à dire : On va... on va s'en aller sur le
terrain puis on va faire le suivi de ce côté-là. Ça fait que la plupart des
municipalités, c'est carrément dans leurs règlements qu'on s'accote sur le code
du bâtiment. Ça fait que, là, on se dit : Oh! nos inspecteurs, qui, déjà,
ont beaucoup d'ouvrage de ce côté-là, ont-ils, demain, deux codes à suivre, à
vérifier, puis voir si ça fonctionne bien ensemble pour ne pas en échapper? Là,
ce qu'on apprend, bien, probablement qu'on pourrait le mettre à l'intérieur,
bien, c'est déjà intéressant. C'est ces choses-là, là, qu'on veut éviter, pour
ne pas mettre en double surtout.
Mme Dufour : Mais
vous avez aussi estimé, dans votre mémoire, des coûts supplémentaires que ça
pourrait représenter par bâtiment...
M.
Demers (Jacques) : Dans ce cas-là...
Mme
Dufour : ...un audit
énergétique. Vous avez estimé à 15 000 $ par bâtiment, des frais
relatifs à l'obligation de vérification aux cinq ans, ça aussi, c'est...
c'est des montants. Est-ce que les municipalités ont ces sommes-là
actuellement? Je pense que...
M. Demers
(Jacques) : C'est... ah! il y a... il y
aurait peut-être deux réponses à ça. La réponse courte, non, évidemment, on le voit présentement, on est dans
une période de taxation, puis il n'y a pas beaucoup de municipalités qui ont fait les premières pages pour dire c'est
extraordinaire à quel point ils ne montent pas les taxes. On en a vu très peu,
en première page, de ça.
Je pense
qu'il faut répondre à ces citoyens-là, qui sont... qui ont de la pression de
tous les côtés. Puis, quand on en rajoute au municipal, bien, comme
quand on en rajoute à chacun des gouvernements, c'est directement le citoyen. On... on travaille tous avec le même citoyen, que
ça vienne d'un endroit ou de l'autre. On se dit, bon, bien, il va y avoir un
coût autour de ça, on a-tu réellement la capacité de le faire? On... C'est...
c'est là qu'est... qu'est toujours la difficulté.
• (11 h 10) •
Dans une
période aussi qu'on veut avoir plus d'habitations, on veut... on se fait dire
que c'est long, le municipal, qu'il y a beaucoup d'étapes, bien, on ne
vient peut-être pas de le raccourcir. En même temps, on n'a pas de misère à dire que c'est quelque chose qu'on a besoin, là.
On parle de l'énergie, on a... Il faut le faire. Je pense, collectivement, on
comprend le besoin, essayons de trouver le bon chemin, là.
Mme Dufour : Puis est-ce que...
est-ce que vous voyez un risque que ces surcoûts-là et cette reddition de
comptes supplémentaire là puissent peut-être, disons, empêcher des villes de
sauver des bâtiments? Parce que souvent on
voit, là, dans la littérature, qu'il y a plusieurs... par exemple, des églises
qui ont été sauvées par des petites municipalités. Est-ce que ça
pourrait devenir un frein de procéder ainsi?
M. Châteauvert (Pierre) : ...une clause, quand même, qui est indiquée, puis on l'a
vue à travers... dans le projet de loi, bien, aussi dans l'ensemble des
documents que... à lequel on a eu accès, où est-ce qu'il y a une préoccupation
par rapport à ces questions-là. Mais... mais tout ça devra être discuté avec le
gouvernement pour s'assurer. Puis je suis certain que les gens vont... qu'à peu
près tout le monde comprend qu'il y a des particularités. Quand on a une église, on ne peut pas demander la
même... en pierre, on peut... historique, on ne peut pas lui demander la
même performance au niveau de... énergétique qu'un... qu'un édifice moderne.
Donc, c'est certain, mais je pense qu'il y a une préoccupation à travers les
documents qu'on a vus. Mais oui, il... c'est pour ça qu'il faut discuter, pour éviter ces pièges-là, pour éviter ces
problèmes-là. Et ce qu'on a entendu ce matin, bien, je pense qu'on... on va
pouvoir... On a de bonnes discussions à venir, ça va être intéressant.
Mme Dufour : Merci. J'ai peut-être
aussi une question sur les effectifs dont les petites municipalités disposent, là. À la page 13 de votre mémoire,
vous dites : «Il est peu probable que les petites municipalités du Québec
puissent prendre en charge les responsabilités imposées par ce projet de loi
avec leurs ressources actuelles.» Quand j'ai lu ça, je me suis dit : Mais
même si on vous disait : On vous les paie, les ressources, seriez-vous
capables d'aller les chercher, les ressources supplémentaires?
M. Demers (Jacques) : C'est sûr que c'est une problématique, évidemment, tout le
monde est en train... Mais, en même temps, on est en train de trouver ou
chercher des solutions. Il y a... il y a des fusions de services qui se font à
bien des endroits, il y a des analyses de fusion de plein de choses dans le
monde municipal. Oui, des fusions de municipalités, il y a une possibilité, là
aussi, mais souvent, des fusions professionnelles ou de gens qui peuvent
travailler. De là l'importance particulièrement des MRC, où est-ce que, des
fois, les regroupements nous permettent une force sur le territoire. Mais vous
avez absolument raison, c'est encore une personne de plus. Est-ce qu'elle sera
disponible? Est-ce qu'on va la trouver? Je ne peux pas réellement y répondre,
sachant qu'il y a plein de municipalités qui cherchent des professionnels
aujourd'hui, là.
Mme Dufour : Exact, exact. On
épluche les offres d'emploi, puis, c'est ça, il y en a beaucoup qui reviennent sans cesse. Peut-être, j'aimerais vous entendre
sur l'immunité que vous demandez puis ce que ça aurait comme impact puis
comment ça pourrait s'articuler.
M. Demers (Jacques) : Bien, à... bien, à chaque fois qu'on travaille, veux veux
pas, de ce côté-là, quand on dit qu'on
arrive avec une obligation, bien, il ne faudrait surtout pas qu'on se retrouve
à défendre cet élément-là. Si c'est... c'est
imposé aux municipalités, comment ça se fait qu'après ça, d'un côté légal, on
aurait à les défendre, à mettre de l'argent public local? Est-ce qu'on
ne devrait pas plutôt travailler tout de suite en partant pour dire que ces
choses-là, si c'est une décision collective, bien, qu'on l'assume puis qu'on la
protège de façon collective? Parce que le risque, c'est qu'il y ait des
municipalités qui n'osent pas aller aussi loin, puis qu'elles aient la force de
l'application de ça à cause de coûts supplémentaires ou de risques de
poursuite. On... on le sent déjà dans certains dossiers, là.
Mme Dufour : Bien, d'ailleurs, l'Union
des municipalités du Québec, qui était là avant vous, a parlé des risques
judiciaires qu'ils entrevoyaient. Ça, c'est quelque chose que vous... vous
estimez possible? Puis, pour celles qui ont déjà pris des mesures, par exemple,
est-ce que le risque est là?
M. Châteauvert (Pierre) : ...je vous référerais, là, au débat que vous avez eu à
l'automne sur l'immunité dans le cas des
milieux humides, la protection des milieux humides, et tout ça. Il y a une
décision qui a été rendue par l'Assemblée nationale, et on l'apprécie
grandement. On en a discuté longuement avec le gouvernement, et, la solution
qui a été apportée, on pense que c'est ce qu'il faut faire. C'est certain que
ce n'est pas illimité, cette immunité-là, mais, quand il y a une responsabilité qui vient de
l'État, les finances... la fiscalité locale n'a pas à financer l'application
et la contestation en cour de quelque...
d'un mandat qui vient du gouvernement. Donc, ça, c'est notre principe général
par rapport à ça.
Et on... là-dedans, ce
projet de loi là, on voit aussi cette dynamique-là. Mais le gouvernement...
l'Assemblée nationale, vous avez rendu une décision, vous avez adopté des
articles de loi, la dernière session, qui va carrément dans ce qu'on demande. Parce qu'une municipalité, là, qui se fait
poursuivre, bien, il faut qu'elle paie les frais d'avocat, et tout ça, puis ce n'est souvent pas prévu dans
son budget. Ce n'est pas... ce n'est pas évident, mais... et surtout quand
c'est un mandat qui vient de l'Assemblée nationale ou d'un... ou du
gouvernement via un règlement.
Mme Dufour : Merci.
Je vais passer la parole au député de Jacques-Cartier.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Alors, M. le député de Jacques-Cartier, vous disposez de
4 min 15 s.
M. Kelley : Merci,
Mme la Présidente. Bienvenue à M. Demers puis M. Châteauvert. Je sais
que vous avez écouté la présentation de vos amis, juste avant. J'ai posé une
question sur l'autoproduction pour les municipalités et les MRC puis quand même pour les citoyens avec les microréseaux. Mais
j'ai lu, dans votre mémoire, qu'il y a plusieurs projets déjà où les MRC
participent dans les projets éoliens avec Hydro, et c'est un modèle
intéressant.
Alors, en premier temps, peut-être expliquer
comment ces types de projets là sont importants pour des différentes
municipalités et des MRC, particulièrement en région, pour aider à enlever
certaines pressions sur les réseaux, parce qu'on produit plus de l'énergie
verte pour vos citoyens et quand même pour vos municipalités, mais aussi juste
explorer l'idée de peut-être mettre des panneaux solaires sur les toits des
arénas, des écoles, des bâtiments des municipalités
et peut-être certains défis, pour certaines petites municipalités, que ça peut
représenter, ou des avantages.
M.
Demers (Jacques) : C'est ça, parce que
dans... dans les faits, je pense qu'il faut y voir les avantages. Parce que,
quand on fait ce gain-là, surtout quand on commence à manquer d'énergie dans un
coin ou l'autre, bien, si on est capables de
produire le plus près possible, où est-ce qu'on n'a pas à faire voyager cette
énergie-là, je pense que, rapidement, on comprend le gain.
Et l'implication
communautaire, pour nous, on y tient beaucoup. On a des équipes qui
accompagnent ces MRC là, ces territoires-là, au niveau de l'éolien en
particulier, où est-ce que ça avance bien de ce côté-là. Mais il faut... il
faut que le gain soit aussi très local. Il ne faut pas que cet argent-là
disparaisse de la région. Il y a une acceptabilité sociale de mettre des choses
en place dans une région, d'aller chercher une ressource, qu'elle soit énergétique, ou autres. Bien, il faut qu'il y ait
un gain. Puis les endroits, où est-ce qu'ils l'ont fait puis qu'ils l'ont depuis
plusieurs années, ont très bien compris ce gain-là puis l'impact qu'il y a sur
le territoire. Puis les gens adhèrent à ça. Ça fait que c'est important que ce
soit mis en place.
Puis
normalement, selon moi, si c'est un bon investissement, le... l'investissement
du... des panneaux solaires, ou peu importe la méthode pour aller
chercher l'énergie, elle devrait rapporter, que ce soit pour une petite ou une
plus grande municipalité, de la même façon. Ça fait que, si on se construit un
aréna puis on nous dit que l'aréna, avec ces panneaux-là, fait qu'elle va nous
coûter, à moyen ou à long terme, beaucoup moins, bien, c'est un gain d'affaires
que chacun peut... peut gagner localement.
Ça fait que je pense que ça s'applique très bien sur l'ensemble du territoire.
Je ne sais pas, Pierre, si tu voulais aller plus...
M. Kelley : ...exactement. Puis je crois, aussi, on ajoute le
stockage et particulièrement les centres municipals sont souvent aussi
des centres d'hébergement, quand il y a une panne...
M.
Demers (Jacques) : D'urgence, oui.
M. Kelley :
...et c'est important, c'est des centres d'urgence. Puis, si on peut avoir un
système comme ça, aider des municipalités à
être plus autonomes énergétiquement, je pense que c'est une bonne chose. Ils
vont toujours être branchés sur le réseau d'Hydro, parce que c'est
nécessaire dans les pointes de l'hiver, c'est juste normal, le soleil n'est pas toujours disponible, ni le vent, mais
quand même, en général, avec le stockage, on peut faire un bon équilibre.
Mais je trouve ça
juste très intéressant, parce que je sais que, quand même, M. Demers, vous
avez mentionné qu'il y a des craintes qu'on
a un manque d'énergie. Je sais. Est-ce que c'est quelque chose que vos membres
discutent de plus en plus? Est-ce qu'il y a des projets qui sont
présentement en pause à cause le fait qu'il y a un manque d'énergie, puis Hydro
travaille sur les différents plans pour brancher les gens? Est-ce que ça arrive
de plus en plus souvent, selon vous?
M.
Demers (Jacques) : Oui, oui, c'est du
concret, là, le développement économique qui me dit qu'il y a des entreprises
qu'on laisse partir parce qu'on n'a pas l'électricité pour leur... fournir
l'entreprise qui voudrait s'installer chez nous, des développements
résidentiels, que des secteurs disent : Oh! pas pour l'instant. On va
s'attendre d'avoir l'assurance que l'électricité ou que l'énergie va arriver
chez nous de façon correcte. Il y a beaucoup de cas, là, au Québec, qu'on peut déjà voir, qui sont concrets,
des réponses inverses à celles que chacun des territoires voudrait donner
à ces personnes-là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole au deuxième groupe d'opposition. Mme la
députée de Verdun, la parole... la parole est à vous pour une période de
4 min 8 s.
Mme
Zaga Mendez : Merci, Mme la Présidente. Merci, M. Demers et
M. Châteauvert, pour votre présentation. J'aimerais revenir sur la
recommandation 1 et 2 dans votre mémoire. Tout à l'heure, avec les
discussions, on apprend que... avec exactitude que l'intention de règlement, en
termes de sécurité ou de disponibilité énergétique, ça va s'attaquer vraiment
à... bon, aux règlements municipaux sur les gaz, puis, ça a été mentionné tout
à l'heure par le ministre, qu'il va être fait en vertu de la LQE, donc en vertu
de l'article 118.3.3, que vous connaissez bien.
Donc, moi, je demeure inquiète puis j'aimerais
ça vous entendre sur le fait de garder la préséance dans cet... dans ce projet
de loi là, quand on va faire appel à la LQE, et, comme vous le dites très bien
dans votre mémoire, ça reste... la porte reste ouverte à casser d'autres
règlements municipaux sur d'autres enjeux, comme... qui encadrent l'efficacité
énergétique dans les bâtiments, bref. Donc, j'aimerais ça vous entendre, vos
inquiétudes là-dessus.
• (11 h 20) •
M. Châteauvert (Pierre) : En fait, nous, ce qu'on demande, c'est que le... quel que
soit... dans la loi ou le règlement, c'est... il y ait des seuils minimums,
dans le cadre de ce qu'on a convenu tout à l'heure. Tu sais, ça, c'est évident,
on comprend très bien que la disponibilité, l'énergie, c'est... ça doit être
vu, la capacité, la puissance, la disponibilité de la puissance doit être vue
dans une perspective nationale. Ça ne peut pas être... Mais tout ce qui est
local, tout ce qui peut être... qui est rattaché à l'aménagement, à
l'urbanisme, et tout ça, nous, ce qu'on demande, c'est que la préséance... en
fait, le règlement ou la loi prévoie des seuils minimums et permette aux
municipalités, pour différentes raisons... M. Demers faisait référence
tantôt à la question des bandes riveraines, ça s'applique un peu partout, c'est
un très, très bel exemple. On l'a vécu, et il y a des poursuites.
Donc, si c'est ça, bien, nous, ça fait... c'est
très correct. L'État a le droit. C'est comme en tout processus d'aménagement,
l'État définit ses objectifs. Nous, on les prend, on les adapte à notre milieu,
puis des fois on va plus sévère, et tout ça,
donc, des choses comme ça. C'est une discussion, c'est un échange. Ça, on
embarque. Et on comprend très bien que tout ça doit se faire dans la...
les... la prérogative qui est nationale, de l'État, c'est-à-dire toute la question de la puissance puis du type d'énergie,
des choses comme ça. Ça, c'est certain qu'on comprend très bien ça. Donc...
M. Demers (Jacques) : Particulièrement au niveau environnement, normalement,
c'est un système qui fonctionne bien, où est-ce que l'État met, je vais vous
dire, une base qui s'applique sur l'ensemble, mais qui nous permet d'aller plus
loin. Si les municipalités sont plus avancées, je vais vous dire, en
environnement puis qu'elles veulent mettre des choses pour la protéger encore
mieux, il faut surtout éviter qu'on puisse écraser ça pour dire non. Il ne faut pas égaler au plus bas, il faut
aller... Puis, en général, ça va très bien. Là, on a eu des exemples pas si
lointains qui ont fait mal puis qui nous rappellent à cette heure, dans
les dossiers, de dire : Faisons attention à cet élément-là pour ne pas que ça se reproduise. Puis je suis
convaincu que les gens qui l'ont pensé n'ont jamais vu cet élément-là, mais on
a eu à le vivre, ça fait que, là, maintenant, on lève la main pour l'éviter.
Mme Zaga Mendez : Merci de la mise
en garde. Puis, dans la minute qui me reste... On parle de disponibilité
énergétique, on a parlé tout à l'heure des cas de la ville de Saint-Bruno.
Est-ce que vous seriez d'accord qu'on
devrait privilégier les... la décarbonisation du parc immobilier dans ce qu'on
appelle la disponibilité énergétique?
M.
Demers (Jacques) : Je n'ai pas pensé... Ce que je m'interroge, c'est
sur votre question, la prioriser rapport à quoi?
Mme Zaga Mendez : Par rapport à des
blocs d'énergie qui sont donnés au secteur industriel, par exemple.
M. Demers (Jacques) : Je pense que ce qu'on a besoin de penser, c'est une façon
globale, de quelle façon qu'on peut, le plus
rapidement possible, se garder cette énergie-là. Le manque d'énergie, qu'elle
soit utilisée à un élément ou
l'autre, il y a peut-être des façons plus rapides, on le voit, par des délestages
puis des délestages volontaires d'électricité.
Là, moi, le domaine que je connais, c'est les
montagnes de ski. Quand ils nous disent : Heille! Là, on a besoin
d'énergie, c'est froid, ça ne fait pas l'affaire à la montagne de ski, parce
que c'est le bon temps pour fabriquer de la
neige. Mais on comprend qu'au niveau collectif on en a de besoin. Puis Hydro
compense pour ces éléments-là. Ça fait que les montagnes de ski ne sont
pas nécessairement perdantes monétairement...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci...
M. Demers (Jacques) : ...mais collectivement on vient de protéger une ressource
qu'on a de besoin tout le monde ensemble. C'est pour ça que... regardons là où
on est le plus performants...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup.
M. Demers (Jacques) : ...le plus rapides possible.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. Demers, merci, M. Châteauvert, pour votre contribution à nos
travaux.
Je suspends
les travaux pour quelques instants afin que l'on puisse accueillir le prochain
groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 24)
(Reprise à 11 h 29)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous reprenons nos travaux, et je souhaite la bienvenue aux représentants
d'Hydro-Québec. Alors, bienvenue à M. Rhéaume, Mme Fortin et
M. Pouliot. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour
faire votre exposé. Après ça, nous allons procéder aux périodes d'échange.
Alors, la parole est à vous, et bienvenue chez vous.
Hydro-Québec
M. Rhéaume (Dave) : Merci, Mme la
Présidente. Merci aux membres de la commission. Hydro-Québec tient à remercier les membres de la Commission des transports et de l'environnement pour cette invitation à participer aux
consultations particulières sur le projet de loi n° 41.
Nous sommes ici aujourd'hui au nom
d'Hydro-Québec. Je suis Dave Rhéaume, vice-président exécutif, Planification
énergétique et expérience client. Je suis accompagné de Josyane Fortin,
directrice Intelligence de marché et
développement des solutions clients, et de M. Marc-Antoine Pouliot,
directeur aux affaires gouvernementales et communications.
• (11 h 30) •
Hydro-Québec a récemment dévoilé son plan
d'action 2035, Vers un Québec décarboné et prospère, qui prévoit une croissance importante de la demande
énergétique québécoise. À l'horizon 2035, ce sont environ 60 térawattheures qui seront requis pour
soutenir la décarbonation et la croissance économique. Des choix s'imposent
donc pour assurer une utilisation judicieuse de l'électricité et ainsi
maximiser l'impact de cette précieuse ressource. Pour répondre à la demande
croissante, de nouveaux approvisionnements seront nécessaires, mais nous
devrons avant tout faire preuve d'audace et d'innovation pour mieux utiliser
notre énergie propre, soit en consommant moins et au bon moment. Nous nous
sommes ainsi dotés d'une cible ambitieuse de 21 térawattheures de gain en
efficacité énergétique sur cet horizon, ce qui représente le double de la
cadence annuelle historique, et, à titre de comparaison, l'équivalent de la
consommation annuelle de plus de 1,2 million de ménages au Québec.
En ce sens, notre plan d'action 2035
propose des actions concrètes pour réduire la consommation énergétique des
bâtiments. Nous prévoyons par exemple d'accélérer le déploiement d'équipements
performants et connectés en augmentant
significativement les appuis financiers à l'achat de ceux-ci. La bonification
des services d'accompagnement, la
promotion de rénovations écoénergétiques et l'élargissement des offres
tarifaires pour encourager les bonnes habitudes de consommation seront
également mis de l'avant.
Toutefois, l'atteinte de cet objectif ambitieux
nécessitera la mobilisation de tous les acteurs, y compris nos partenaires, notre clientèle et, bien entendu, le
gouvernement du Québec. La consommation énergétique du secteur des
bâtiments représente environ les deux tiers de la consommation totale
d'électricité au Québec. Par ailleurs, selon notre
connaissance du marché, près de 85 % des habitations qui se chauffent à
l'électricité n'utilisent pas des équipements dits efficaces. Il y a donc un gisement important de gains en efficacité
énergétique dans ce secteur. Considérant le poids énergétique de
celui-ci, la modernisation des normes, des lois et des encadrements est sans l'ombre
d'un doute un chantier prioritaire pour assurer l'utilisation judicieuse de
l'énergie et l'atteinte des cibles climatiques.
Nous accueillons ainsi favorablement les
dispositions du projet de loi n° 41 qui permettront de mettre en place des outils efficaces pour améliorer la
performance énergétique des bâtiments. Au cours des prochaines minutes, nous
allons... nous allons approfondir deux éléments : la mise en place d'un
système de cotation énergétique des bâtiments et le rehaussement des
normes encadrant la réalisation des travaux de construction et de rénovation.
Donc, en ce qui a trait à la divulgation et à la
cotation de la performance environnementale des bâtiments, l'amélioration de la
performance du parc immobilier québécois représente un levier essentiel à
activer dès maintenant pour optimiser la consommation énergétique de ce
secteur. La mise en place d'un système de cotation énergétique est ainsi un
moyen concret qui, dans un premier temps, favorisera une meilleure
conscientisation quant au niveau de
consommation énergétique des bâtiments et, ultimement, permettra une
amélioration progressive de leur performance. Ce système prévoit d'abord
l'obligation de divulguer la consommation énergétique des bâtiments. Une cote
de performance est... est ensuite attribuée selon différents facteurs et,
ultimement, une cible d'amélioration est définie afin de faire progresser la
performance vers une cote supérieure. De tels systèmes ont fait leurs preuves ailleurs, par exemple aux États-Unis, en France et
en Australie. Les exemples concrets de mise en oeuvre de systèmes de cotation
énergétique sont nombreux et ont permis de tester différentes approches quant
à... quant à l'encadrement et aux contraintes à prévoir.
Le Québec doit s'inspirer de ces initiatives et
des meilleures pratiques à l'échelle mondiale pour favoriser ici l'adoption de mesures essentielles à l'atteinte
des objectifs énergétiques. Dans le contexte énergétique actuel, ces mesures
devraient être accompagnées de cibles
ambitieuses pour rehausser la performance du parc de bâtiments. Elles devraient
en outre reposer sur l'instauration d'obligations et de services
d'accompagnement pour l'ensemble des bâtiments résidentiels, commerciaux et institutionnels. En ce sens, nous
souhaitons assurer le ministre de notre entière collaboration pour la
mise en place d'un système de cotation des bâtiments québécois et pour le
partage des données nécessaires à l'évaluation de la consommation énergétique.
En ce qui a trait au rehaussement des normes à
respecter lors de la réalisation de travaux de construction et de rénovation, les initiatives d'efficacité
énergétique prévues dans notre plan d'action 2035 sont ambitieuses et
seront complémentaires aux mesures réglementaires. Ces mesures devraient
permettre notamment d'établir des normes plus exigeantes
basées sur les meilleures pratiques énergétiques dans le secteur du bâtiment.
Nous saluons donc les nouveaux pouvoirs que
prévoit le projet de loi pour permettre au ministre d'adopter des normes
encadrant la performance environnementale des bâtiments. Ce partage de pouvoirs
entre la Régie du bâtiment du Québec et le ministre est une excellente
nouvelle, car il favorisera une plus grande intégration des facteurs
énergétiques dans les normes de construction.
Afin d'obtenir des résultats rapides, il sera
essentiel que les règlements visant l'adoption de ces normes soient présentés
sans tarder. Hydro-Québec assure le ministre de son entière collaboration dans
cet exercice. Nous serons ravis de mettre
notre expertise à profit pour proposer des mesures-phares réalisables à courte
échéance afin d'assurer la performance des nouvelles constructions et de
rehausser celle des bâtiments existants.
À titre illustratif, voici quelques mesures qui
pourraient être envisagées pour des gains rapides dans les nouvelles constructions, comme : exiger des
systèmes de chauffage plus performants et éprouvés, comme les thermopompes; améliorer les exigences relatives à
l'isolation de l'enveloppe du bâtiment, soit l'isolation du toit ou les fenêtres
Energy Star; intégrer les systèmes connectés permettant la gestion de leur
demande de puissance, comme des thermostats connectés.
Quant au parc de bâtiments existant, il
représente un gisement significatif pour une réduction de la consommation.
Pensons par exemple à l'adoption des normes pour les rénovations énergétiques,
à l'intensification des inspections et à l'encadrement du remplacement de
certains appareils pour promouvoir le choix de substituts efficaces. Ces
mesures favoriseront l'amélioration progressive de la performance du parc
existant et se traduiront par des économies pour la clientèle, considérant la
réduction de la consommation.
Bien entendu, de telles exigences devront être
déployées de façon concertée avec les partenaires du milieu énergétique
québécois. Une mise à niveau de la formation de la main-d'oeuvre s'impose
également pour assurer l'application adéquate de ces normes sur les chantiers.
Ce volet pourrait d'ailleurs être réalisé en synergie avec le programme
partenaires affiliés Hydro-Québec que nous souhaitons mettre en place et que
nous avons annoncé dans notre plan d'action 2035. Le projet de loi envoie
donc un signal clair sur la nécessité de revoir en profondeur la manière de construire et de rénover nos bâtiments
au Québec. Cette prévisibilité est attendue par l'industrie, et la mise
en place d'une feuille de route permettra de se préparer et de développer
l'expertise nécessaire.
En conclusion, Hydro-Québec accueille
favorablement le projet de loi n° 41, qui permet au
Québec de se doter d'outils essentiels à
l'amélioration de la performance environnementale et énergétique des bâtiments.
Nous souhaitons collaborer activement
à la mise en oeuvre des mesures évoquées afin d'assurer leur entrée en vigueur
rapide, considérant le rythme imposé par les impératifs de la
décarbonation.
Par ailleurs, nous sommes heureux de constater
que le projet de loi prévoit des pouvoirs qui permettront de rehausser les normes et l'encadrement pour
l'ensemble des marchés, à savoir les bâtiments résidentiels, commerciaux
et institutionnels neufs et existants. Ces mesures sont conformes et
complémentaires à la vision dont s'est dotée Hydro-Québec dans son plan
d'action 2035. Elles seront bénéfiques à l'ensemble du Québec, par
exemple, sur le plan environnemental et
énergétique. La clientèle profitera en outre de factures allégées grâce aux
gains d'efficacité qui seront réalisés.
Toutefois, afin d'atteindre les objectifs de ce
projet de loi, deux éléments nous apparaissent essentiels : les règlements qui suivront l'édiction de la Loi sur
la performance environnementale des bâtiments devront être présentés sans tarder et les règlements devront prévoir des
cibles d'amélioration ambitieuses et des mesures pour assurer la conformité
dans l'ensemble des secteurs, y compris celui des bâtiments résidentiels.
En somme, ce projet de loi marque un pas
important vers l'amélioration de la performance des bâtiments, et Hydro-Québec
a bien l'intention d'embarquer dans le train. Merci.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup pour votre
exposé. Nous allons maintenant débuter notre période d'échange, et je
cède la parole à M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la Présidente.
Tout d'abord, madame, messieurs, merci d'être avec vous... avec nous, plutôt,
ce matin, une présence qui est très appréciée. Je le disais aux personnes qui
se sont présentées avant vous, soit l'UMQ et la FQM, à quel point ils étaient
des partenaires incontournables dans le mandat qui revient au ministre de
l'Environnement en matière de décarbonation, oui, mais en matière de protection
de l'environnement en général. Et je
pourrais dire et je me dois de dire la même chose d'Hydro-Québec. Vous êtes un
partenaire incontournable dans nos...
dans l'atteinte et la capacité d'atteindre nos objectifs de décarbonation, qui
demeure sans doute le plus grand défi de notre société, là, pour... pour
les prochaines années.
Et je serais curieux de vous entendre. Il est
question de décarbonation, donc il doit forcément y avoir une adéquation avec
la disponibilité énergétique. Vous avez parlé de votre plan d'action qui nous
mènera en 2035. Est-ce que vous avez pu évaluer quel est le pourcentage de la
nouvelle production d'hydroélectricité qui serait réservée à la décarbonation,
que ce soit autant transport, bâtiment? Est-ce que c'est des évaluations qui
sont faites, les besoins spécifiquement pour la décarbonation?
• (11 h 40) •
M. Rhéaume (Dave) : Donc, Mme
la Présidente, oui, c'est une évaluation qui a été faite par Hydro-Québec dans... et qui est publique, donc, qui a été
déposée à la Régie de l'énergie. Dans les documents que nous avons déposés,
l'augmentation de 8 000 MW à
9 000 MW de demande et de production à l'horizon 2035, c'est
75 % qui actuellement est alloué, donc prévu à être dirigé vers des
projets de décarbonation, qui se répartit entre la décarbonation industrielle,
transport et le secteur du bâtiment. Donc, 75 % de l'énergie
supplémentaire rendue disponible pour l'économie du Québec est actuellement
prévu à aller vers des projets de décarbonation.
M. Charette :
Ce qui est un pourcentage très élevé. Est-ce que, dans le même ordre, on
pourrait dire : On ne peut pas... ou, comment le formuler, cette disponibilité
énergétique là freine, en quelque sorte, notre décarbonation? C'est-à-dire, si
on avait plus de capacité, on pourrait décarboner plus rapidement. Puis, à
l'inverse, on ne peut pas aller plus vite que la nouvelle production, que ce
soit d'hydroélectricité ou d'énergie verte, ça constitue un frein. Le
pourcentage est important, oui, mais ça constitue quand même un frein au niveau
des efforts de décarbonation.
M. Rhéaume
(Dave) : C'est exact. Donc, il y a une limite à notre capacité à
ajouter de l'énergie renouvelable disponible. Si on en avait plus, il pourrait
y avoir plus de projets de décarbonation. Puis je vous dirais que c'est pour ça
qu'on est très favorables au projet de loi devant nous. Parce que, pour nous,
si on en avait plus, il faut quand même s'assurer de maximiser les retombées en
matière de décarbonation qu'on va chercher avec les électrons. Donc, on pense
que, dans un environnement où il y a beaucoup de surplus, il peut y avoir le
réflexe de se dire qu'on a moins besoin d'y faire attention. Puis un message
central du plan d'action puis de nos travaux, c'est que cette énergie-là, elle
est précieuse. Puis, le parc du bâtiment, aujourd'hui, on constate que c'est
probablement un puits de valeur important pour aller chercher de l'efficacité
énergétique qui ensuite permet de décarboner d'autres usages, par exemple, qui
peuvent s'appuyer sur les énergies fossiles.
M. Charette :
Je suis content de vous l'entendre dire. Et je vous entendais tout à
l'heure parler de concertation nécessaire entre les différents acteurs
concernés. Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de suivre un petit peu les
groupes précédents, justement, UMQ, FQM, et les deux allaient dans la même
direction. Pour moi, c'est rassurant, je dois vous avouer. Comme quoi ça
devient nécessaire de baliser, en quelque sorte, les intentions des
municipalités. Comme ministre de l'Environnement, mon dernier souhait est de
freiner l'ambition. Mais en même temps, avec ce que vous dites, c'est-à-dire
les défis énergétiques importants, la limite de ces surplus-là ou la limite de
cette production à venir là fait en sorte qu'on ne peut pas partir dans toutes
les directions sans qu'il y ait de concertation. Et on a vu quelques
municipalités... Et je ne les blâme pas, je comprends qu'on souhaite être
ambitieux. Mais c'est difficile pour une municipalité d'évaluer l'impact de
certaines de leur réglementation. Si une municipalité, du jour au lendemain,
devait dire : Je ne permets plus le raccordement au gaz naturel, qu'il
soit renouvelable ou pas, je ne permets plus tel type de recours à l'énergie,
ça a forcément une incidence sur les mégawatts disponibles. Et si chaque
municipalité le fait sans vous solliciter, sans solliciter le ministère de
l'Environnement, sans solliciter le ministère
de l'Énergie, pour voir quelles sont les capacités, ça pourrait compromettre
d'autres efforts de décarbonation qui pourraient avoir un impact encore
plus important au niveau de la réduction des GES. On parle des transports, entre autres, ça va... et ça nécessite déjà
beaucoup d'énergie, ça va nécessiter encore davantage au cours des prochaines
années. Donc, le fait que et l'UMQ et la FQM nous disent : Oui, ça devient
nécessaire, là, qu'on se concerte et qu'on ait des balises de référence, pour
vous, est-ce que c'est rassurant? Est-ce que c'est nécessaire? Est-ce que c'est
un pas dans la bonne direction?
M. Rhéaume
(Dave) : On voit ça d'un très bon oeil. Pour nous, c'est essentiel
d'avoir de la prévisibilité puis une certaine forme d'uniformité sur la vitesse
de la décarbonation. S'il y a un message qu'Hydro-Québec porte... Le Québec est
un leader en décarbonation, on est une des économies les plus électrifiées au
monde... et renouvelable. Ceci étant dit, pour les prochaines étapes, il faut
une adéquation entre le souhait de se décarboner et la performance énergétique.
On ne peut pas simplement annoncer de bannir différentes sources d'énergie pour
les remplacer par de l'électricité, si on ne va pas s'assurer d'optimiser puis
de maximiser la valeur de cette énergie-là. Donc, pour nous, le plus on va
vouloir être ambitieux dans la décarbonation au Québec, le plus il faut
accepter d'être aussi ambitieux dans la performance énergétique de notre
consommation d'électricité. Donc, on voit ça d'un très bon oeil que l'UMQ et la
FQM s'impliquent de ce côté-là.
M. Charette :
C'est une... En fait, on voit ça également d'un bon oeil. Et j'annonçais,
un petit peu plus tôt, au nom du
gouvernement, notre intention, ce n'est pas dans le projet de loi n° 41, mais... notre intention de réglementer rapidement cette
question-là. J'ai pris naturellement l'engagement auprès des municipalités
qu'elles allaient être partie prenante des échanges. Je prends le même
engagement auprès de vous. Hydro-Québec sera aussi partie prenante de ces
échanges-là, tout comme les autres acteurs d'énergie, pour être sûrs qu'on
puisse prendre les bonnes décisions et qu'on puisse avoir la possibilité de
répondre à notre ambition et de faire les bons choix. Parce qu'effectivement un
mégawatt utilisé à telle fin peut avoir un impact plus important au niveau de
la décarbonation générale que simplement dire : On ne permet pas, par
exemple, un nouveau raccordement avec une source d'énergie différente. Donc,
c'est l'engagement que je prends auprès de vous de poursuivre cette
collaboration-là.
Et un petit peu pour
chaque dépôt de règlement, naturellement, il y a un travail qui est fait en
cocréation, avant de proposer le règlement, et par la suite c'est une
consultation ouverte. Mais c'est quelque chose que l'on souhaite réaliser, là,
au cours des prochains mois, très certainement.
Ce sont des échanges
pertinents, fascinants, mais avec un défi, celui du temps, et j'ai des
collègues qui m'ont déjà laissé savoir qu'ils avaient aussi des questions.
Donc, merci, encore une fois, pour votre présence, et c'est une collaboration
qui, naturellement, va se poursuivre au cours des prochaines semaines et des
prochains mois. Merci.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci, M. le ministre. Je cède la parole au
député de Masson.
M. Lemay : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. Rhéaume et Mme Fortin, d'être avec nous
aujourd'hui. Je n'ai pas noté votre nom, désolé, là.
Et puis, en fait, vous
savez, là, lorsque vous avez fait la lecture dans votre exposé initial, là, les
10 minutes de présentation, vous avez
mentionné que c'est des efforts de 20 TWh, justement, en gain d'efficacité
énergétique, sur le plan directeur de 2035. 21 TWh... Tu sais, moi,
j'entendais, il n'y a pas si longtemps que ça, entre... des efforts de 8 TWh à 12 TWh, 13 TWh, là. Tu
sais, quand on constate qu'on est rendus à demander 20 TWh... 21 TWh,
excusez-moi, je constate que c'est
quand même... ça frappe l'imaginaire, là, tu sais. Ça représente
1,2 million de ménages, là, comme vous avez mentionné. Et vous...
tout de suite après, vous dites que, tu sais, selon vous, 85 % des
habitations qui se chauffent à l'électricité n'utilisent pas des équipements
qui sont dits efficaces. Donc, c'est quand même préoccupant.
Je suis persuadé... Dans le fond, vous l'avez
mentionné, comme quoi que vous aviez l'entière collaboration puis que c'était une bonne chose, justement, qu'on
mette en place un système de cotation, que ce serait un geste efficace
pour améliorer la performance énergétique puis le bilan GES de notre secteur du
bâtiment au Québec.
Puis vous avez mentionné aussi être, tu sais...
être favorables. J'aimerais juste savoir, est-ce que vous... Dans le fond,
est-ce que vous considérez que d'y aller avec l'institutionnel en premier,
ainsi que les grands bâtiments, et les multilogements de plus de 150, tu sais,
pour le commercial... est-ce que vous considérez que le plan qu'on a va nous permettre d'atteindre ces objectifs-là? Je
semble... Lorsque je lis votre mémoire puis que j'entends votre exposé, je semble sentir que vous aimeriez que ça aille
plus vite. Est-ce que vous considérez que le plan qui est en place, d'y aller
par étapes, c'est quand même un bon plan pour nous permettre de se donner les
moyens et aussi les cibles pour y arriver ou vous voudriez qu'on
accélère la cadence?
M. Rhéaume (Dave) : C'est une
bonne question. Pour nous, le projet qu'on a devant nous met les bases de ce qu'on va avoir de... ce qui est requis pour
atteindre nos objectifs. Mais, comme on le dit, à 21 TWh... Puis c'est ça,
selon nous, que ça va prendre pour réaliser la transition énergétique,
avec les cibles de décarbonation que le Québec s'est données. Oui, il y a 2035, mais avec une cible vers 2050, selon
nous, ce ne sera pas suffisant d'uniquement s'attaquer aux secteurs de
l'institutionnel et des très grands bâtiments.
Est-ce que ça
peut venir par étapes? Absolument. Est-ce qu'il y a assurément des défis
différents de s'attaquer à un parc de 10 000 bâtiments versus
4 millions de résidences au Québec? C'est certain. Donc, on comprend le
besoin d'y aller graduellement. Puis c'est... Puis c'est certain, en toute
transparence, qu'il y a des plus grosses roches à aller chercher dans un
bâtiment comme le complexe G ou le parlement que dans la maison de mes parents.
Donc, on pense que, si on va limiter l'application, de commencer par les plus
grands bâtiments au Québec, c'est adéquat. Néanmoins,
selon nous, à terme, ce ne sera pas suffisant pour atteindre l'ensemble de nos
objectifs qu'on se donne de décarbonation au Québec. Donc, tous les
marchés, à terme, devraient être concernés par l'amélioration des normes.
M. Lemay : Puis c'est un peu ce
qui est prévu, là, c'est d'y aller graduellement. On commence avec les grands bâtiments, après ça on y va avec les
bâtiments de moyenne surface, puis finalement on finit avec tout le résidentiel
aussi, là. Donc, j'imagine que... Mais ce que je comprends, c'est que vous
aimeriez que ce soit dans un espace-temps plus réduit que dans un espace-temps
plus allongé, si on veut.
• (11 h 50) •
M. Rhéaume (Dave) : Écoutez, du
point de vue énergétique, c'est sûr que c'est le plus tôt, le mieux, dans le sens que le plus rapidement on va être capables de
libérer des... des mégawatts puis des mégawattheures en améliorant la
performance des bâtiments, le plus vite on rend ces mégawatts-là puis ces
mégawattheures-là disponibles pour électrifier, décarboner d'autres usages
énergétiques au Québec.
M. Lemay : Le
projet de loi ne fait pas simplement instaurer une nouvelle loi pour la
performance environnementale des bâtiments, mais fait aussi d'autres
modifications diverses et des dispositions en matière de transition
énergétique. Et justement, aux articles 7 et 8 du projet de loi, on vient
traiter de la Loi sur Hydro-Québec et à
l'article 8, plus précisément, on vient remplacer, là, le plan directeur
en transition, innovation, efficacité énergétique, là, par une politique-cadre sur les changements
climatiques prévus sur la Loi de la qualité de l'environnement. J'ai cru... Tu
sais, dans le fond, ce qu'on vient faire, c'est qu'on prend nos deux... nos
deux fonds, là, FTIEE puis le FECC, puis on les fusionne. Avez-vous des
réserves, tu sais, ou... sur cette fusion-là? Est-ce que vous envisagez... Tu
sais, est-ce que vous croyez que la fusion
va vous occasionner une lourdeur administrative ou vous voyez ça d'un bon oeil?
Et puis est-ce qu'il pourrait y avoir une meilleure offre d'harmonisation,
justement, entre les subventions qui sont offertes, là, par le gouvernement
mais aussi par Hydro-Québec pour, justement, atteindre nos cibles?
M. Rhéaume
(Dave) : Je vais... Donc, je vais commencer, puis
Mme Fortin pourra compléter sur l'harmonisation des offres, là.
Mais nous, on voit ça d'un bon oeil, l'arrimage entre les deux cadres que vous
avez décrits. L'objectif, c'est d'assurer le plus de prévisibilité puis de
cohérence. Donc, là-dessus, on est correct. On s'est engagés en commission
parlementaire, lorsqu'on a parlé du plan d'action 2035, on a reconnu que
parfois, actuellement, il y a des offres qui peuvent être... créer de la
confusion chez les clients, parce que et les programmes du gouvernement du
Québec et ceux d'Hydro-Québec peuvent parfois viser... Puis on a des
initiatives qu'on veut déployer au cours des prochaines années à cet effet-là.
Mme Fortin (Josyane) : Exact.
De ma compréhension, aussi, les équipes travaillent en ce moment, autant du
côté d'Hydro-Québec qu'avec le gouvernement, pour s'assurer qu'il y a de la
cohérence d'un point de vue client. Donc, c'est sûr que notre intention, c'est de
continuer à travailler avec vous pour s'assurer qu'il y ait une... il y ait une
cohérence lorsqu'on est un client puis qu'on est dans une situation
particulière. On voit positif l'idée qu'il y ait différentes
options qui sont offertes aux clients, donc qui vont tenir compte de la réalité
du client, qui vont en tenir compte de ses besoins puis en même temps qui vont
permettre de maximiser des installations que vont avoir les clients pour que ce
soit fait de manière... que l'électricité soit utilisée de manière performante.
M. Lemay : D'accord.
J'aimerais vous amener maintenant à la page 4 de votre mémoire, là. Vous
mentionnez, justement, quand vous saluez les nouveaux pouvoirs qui sont
prévus par le projet de loi pour permettre dans... au ministre d'avoir des
normes encadrant la performance environnementale des bâtiments... Puis vous
mentionnez le partage des pouvoirs avec la Régie du bâtiment comme une bonne
nouvelle. J'aimerais savoir un peu, là, avec... qu'est-ce qu'on veut...
qu'est-ce qu'on veut faire avec le bâtiment durable? Tu sais, comment vous
voyez ça un peu cet arrimage-là? Est-ce que... Est-ce que vous pouvez nous en
parler un peu plus, si vous avez des préoccupations ou si justement vous voyez
ça vraiment d'un bon oeil?
M. Rhéaume (Dave) : On voit ça
d'un bon oeil, parce qu'ultimement, la réflexion sur le bâtiment, il y a
plusieurs angles qui doivent être pris en compte pour un gouvernement lorsqu'on
réfléchit à l'évolution du parc du bâtiment. Donc, la question de la
disponibilité est un enjeu qui est souvent discuté actuellement dans les
médias. Donc, il y a la question de la sécurité des bâtiments. Puis on comprend
que, pour la Régie du bâtiment, c'est central à sa mission, assurer que les bâtiments existants et futurs sont
sécuritaires. On pense que le volet énergétique a peut-être, historiquement,
été un peu secondaire. Et, dans un contexte de transition énergétique, le volet
de la performance énergétique doit être au haut des enjeux qui sont pris en
compte dans les réflexions sur le bâtiment. De notre point de vue, le ministère
de l'Environnement a l'expertise puis les compétences pour contribuer au volet
énergétique dans un contexte de code du bâtiment. Donc, on voit d'un très bon
oeil que des gens qui sont des experts en énergie puissent contribuer au volet
énergétique en ce qui a trait au Code du bâtiment.
M. Lemay : Bien, merci pour ces
précisions, là. Je comprends qu'on est à la fin de notre échange, là, donc je
vous remercie. Puis on va céder la parole à nos collègues des oppositions.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup. Nous allons
poursuivre nos échanges avec l'opposition officielle. Mme la députée de Mille-Îles,
la parole est à vous pour une période de 12 min 23 s.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. Rhéaume, Mme Fortin et M. Pouliot, donc,
pour votre présence. J'aurais peut-être une question pour commencer, à
savoir... On a vu, hier, Saint-Bruno a certaines craintes par rapport à
l'approvisionnement énergétique. Il y a d'autres... Ça a fait les médias, il y
a eu à Gatineau aussi des... d'autres projets. Est-ce qu'on a une idée du
nombre de projets résidentiels qui sont actuellement soit bloqués ou à risque
d'avoir... manquent d'approvisionnement énergétique?
M. Rhéaume (Dave) : Il n'y a
pas de projets résidentiels, au Québec, qui sont à risque de ne pas avoir accès
à l'électricité. On doit être très, très
clair. Actuellement, dans aucun cas, les employés d'Hydro-Québec informeraient
un développeur ou une municipalité qu'elle ne peut pas avoir accès à
l'électricité pour faire un projet. Néanmoins, comme un peu on l'a mis de
l'avant, on fait beaucoup de sensibilisation, beaucoup d'information puis on
développe des offres attrayantes pour être
certains que les solutions électriques soient le plus performantes possible.
Donc, s'il y a un développeur qui
dit : Je veux ajouter des centaines de maisons avec des enveloppes de
bâtiments peu performantes, des systèmes de chauffage peu pertinents,
c'est certain... puis aucun appareil connecté pour gérer, par exemple, la
recharge des véhicules puis le chauffage, c'est certain qu'on va aller
rencontrer ces gens-là pour leur parler, dire : Écoutez, vous voulez vous
inscrire dans la décarbonation, il faut le faire de façon performante. Si
chaque projet n'est pas performant,
éventuellement, on va manquer plus vite d'électricité. Néanmoins, aujourd'hui,
le Québec est en mesure d'alimenter ces quartiers-là.
Mme Dufour : Merci.
Mais, par contre, les délais... Ce qu'on voit, par contre, des fois, c'est les
délais. Puis on l'a vu, on est dans
une crise du logement sans précédent, donc les délais deviennent
particulièrement préoccupants, là, dans certains cas.
M. Rhéaume
(Dave) : C'est exact. Donc, dans les... Donc, on a deux
catégories de délais. Donc, il y a les demandes de raccordement, donc, spécifiques. Vous vous bâtissez... Souvent, c'est
beaucoup dans des cas où... des zones moins denses où il faut ajouter
beaucoup de poteaux électriques, donc étendre le réseau pour se raccorder. Ça,
on a pris des engagements de réduire significativement puis donner plus de
prévisibilité pour ça. Mais ça, ce n'est pas pour des quartiers complets, c'est
vraiment une nouvelle rue, par exemple, dans une zone un peu plus rurale. C'est
vrai qu'actuellement il y a eu des cas où
les gens ont eu à attendre trop longtemps. On s'est engagés, on va accélérer
là-dessus.
Il y a l'autre catégorie où, par exemple, j'ai
donné l'exemple de Saint-Bruno qui est sorti dans les médias, on parle de projets, là, de l'ordre d'une vingtaine
de mégawatts. Vingtaine de mégawatts à l'échelle du Québec, on n'a pas
un enjeu de disponibilité d'électrons. On peut avoir des cas, par contre, où
actuellement, à la sortie des infrastructures de transport, il va falloir faire
des renforcements importants, puis ça, parfois, ça peut prendre quelques
années. Puis on travaille avec les partenaires pour leur donner de la prévisibilité.
Ça prend aussi, dans certains cas, du temps assez important à développer son projet, faire les demandes, aller chercher
les permis, donc on s'assure d'être au rendez-vous dans ces cas-là.
Puis
je vous dirais que dans certains cas c'est aussi une opportunité de parler de
performance énergétique, de dire :
Regarde, c'est un projet de 20 MW, que, si on mettait des thermopompes,
des appareils connectés, des bornes de recharge intelligentes, on est
peut-être capables de descendre à 12 MW. Puis, tout d'un coup, le
renforcement important au poste peut être
beaucoup plus petit puis on va être capables d'arriver à vous desservir deux
années plus tôt. Donc, c'est le genre de travail qu'on fait avec les
développeurs et les partenaires municipaux.
Mme Dufour :
Merci. Vous avez une bonne connaissance du domaine. Les normes qu'on
devrait viser collectivement, selon vous, ça devrait être quoi, un équivalent,
mettons, qui existe? On a beaucoup entendu parler de Novoclimat, mais, ça, on ne peut pas dire que c'est la norme la plus
ambitieuse qui existe, là. Donc, je ne sais pas si vous vous êtes
penchés puis avoir une idée de qu'est-ce qu'on devrait viser comme norme, un
exemple, là.
Mme Fortin
(Josyane) : En fait, nous, notre proposition, c'est... C'est sûr qu'on
est conscients qu'il y a des améliorations qui pourraient viser, par exemple,
tout ce qui concerne le chauffage. On a nommé d'entrée de jeu, dans
l'allocution, qu'il y avait un gisement important dans les... dans la chauffe
des bâtisses au Québec. Donc, ça peut se faire
soit à l'aide d'appareils plus performants ou ça peut aussi se faire avec tout
ce qui est l'enveloppe des bâtiments, donc,
pour s'assurer que, quand on chauffe une pièce, la pièce, elle puisse rester au
chaud pendant un certain moment. Donc, pour nous, ça, ça nous apparaît
être un gros gisement de valeur.
On souhaite également
qu'il y ait de la disponibilité pour que les appareils puissent être connectés
et pilotés à distance. Donc, par exemple,
quand M. Rhéaume mentionnait d'avoir des bornes de recharge, idéalement,
on voudrait qu'elles soient connectées. La même chose avec les
thermostats, qu'ils soient connectés et qu'on soit capable de facilement déplacer le moment où la chose se fait
ou de même réduire la consommation qui est visée avec le thermostat. Ça
nous apparaît deux éléments qui sont centraux et qui pourraient être considérés
dans la réflexion.
• (12 heures) •
Mme Dufour : OK. Vous avez dit «des
appareils connectés». Les balanceurs de charge, est-ce que c'est quelque chose
qu'à un moment donné vous envisagez de déployer qui permettrait peut-être de
moduler la demande, là, le pic?
M. Rhéaume (Dave) : Actuellement, là, puis je
ne sais pas si vous avez un cas précis de type de balance de charge en
tête, là... mais actuellement ce qui est clair c'est qu'on n'impose pas ce type
d'équipement là à notre clientèle. Donc, si la clientèle ne veut pas aller de
l'avant... On travaille... On travaille en mode incitatif, on essaie d'inciter.
Puis je vais vous donner, pour moi, l'exemple le plus... Donc, on ne force pas
ce genre d'équipement là. Et peut-être l'exemple, pour nous, qui est le plus
parlant au Québec : de plus en plus de résidences ont des climatiseurs. Un
climatiseur, ça coûte marginalement moins
cher qu'une thermopompe qui fait le même travail l'été, mais, dans le cas de la
thermopompe, on est capable de bénéficier de trois à quatre fois plus de
performance pour le chauffage en hiver. On voit des cas où, même sur la
télécommande, il y a le petit bouton chauffage, mais c'est un climatiseur qui a
été installé. Nous, Hydro-Québec, on
s'engage, on va couvrir le surcoût. Installez une thermopompe au lieu d'un
climatiseur, vous allez bénéficier de la performance gagnante en hiver,
on va couvrir ces surcoûts-là avec nos aides financières. C'est le genre de cas pratique qu'on pense qu'on
peut faire avant de parler même d'obliger certains types d'équipements.
Mme Dufour :
Merci. Je vais vous poser une question plus technique, là, puis ça va être ma
dernière, après, je vais passer la parole au
député de Jacques-Cartier. On dit que... Le ministre veut qu'on lui déclare la
consommation énergétique d'un bâtiment, l'utilisation qui est faite et même le
moment où l'énergie est consommée. Là, ce que je voulais savoir, c'est : Est-ce qu'avec des compteurs non
communicants on est capable vraiment de connaître le moment que
l'énergie est consommée?
M. Rhéaume (Dave) : Les non-communicants,
donc les vieilles générations, là, on ne parle d'appareils connectés?
Mme Dufour :
Oui.
M. Rhéaume
(Dave) : Non. Non.
Mme Dufour :
Parfait. Merci.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci. M. le député de Jacques-Cartier, vous
disposez de 5 min 30 s.
M. Kelley : M. Rhéaume,
rebienvenue. Même chose pour M. Pouliot. Puis bienvenue, Mme Fortin.
Merci pour votre présentation. Je veux juste reviens un petit peu sur la
discussion que vous avez eue avec le ministre sur la question qu'on ne peut pas
tout faire en même temps avec la décarbonisation de notre société. Mais une
question à M. Rhéaume. Le gouvernement a pris la décision d'accorder des
blocs d'énergie à TES, à Northvolt, à Microsoft. Est-ce que ça, ça retarde la
décarbonisation de certaines entreprises d'ici parce qu'Hydro-Québec n'est pas
capable de brancher tout le monde et tous
les projets des petites et moyennes entreprises du Québec? Est-ce que ça...
pour l'instant, je ne dis pas pour l'avenir, mais est-ce que ça, c'est
la réalité présentement? Parce qu'on a entendu M. Demers, de la FMQ, dire qu'il connaît qu'il y a des projets qui
étaient refusés, il n'y a pas d'énergie pour l'instant. Est-ce que ça, c'est
le portrait global, présentement?
M. Rhéaume
(Dave) : Présentement, donc, nous, c'est... le plan
d'action permet de répondre à la totalité de la demande qui a été déposée à la Régie de l'énergie d'augmentation de
8 000 MW à 9 000 MW. Donc, cette demande-là, elle est
25-75. Donc, si votre question, c'est : Si on ne faisait pas le 25 %
de croissance et de prospérité, est-ce que cette énergie-là pourrait
être allouée à quelqu'un d'autre?, ultimement, c'est... On verra l'évolution de
la demande dans le temps. Nous, ce qui est
certain actuellement, c'est qu'on s'assure de répondre aux demandes qu'on
reçoit, autant qu'elles soient de décarbonation ou de croissance, puis,
dans les deux cas, on fait des efforts importants à s'assurer que la
performance énergétique soit la plus élevée possible, comme les industriels.
M. Kelley : Parfait. Merci. Et,
pour la performance, j'ai vu, dans le mémoire, on parle qu'éventuellement on doit discuter les cibles par... des cibles
d'amélioration ambitieuses par règlement. Bien, première chose, c'est quoi, des
cibles d'amélioration ambitieuses, selon vous? Puis aussi, est-ce que ce n'est
pas mieux d'encadrer ça dans une loi? Est-ce qu'on travaille un petit peu en
inverse, de faire ça après? C'est juste une question je pose à vous.
M. Rhéaume
(Dave) : Bien, je vous avouerais en toute transparence, mes
qualités de juriste sur une loi versus un règlement, je n'ai pas d'ajout là-dessus. Puis je connais les études de mes deux collègues, ils ne répondront pas non plus.
Donc, je vais... on va passer pour celle-là.
Nous,
honnêtement, de notre point de vue, c'est un équilibre entre l'acceptabilité
sociale... Donc, on est conscients que d'imposer, par exemple,
l'amélioration de la performance énergétique, ça vient avec beaucoup
d'avantages pour notre société, mais ça
vient avec un coût pour l'utilisateur direct. Donc, on comprend la prérogative
du gouvernement de s'assurer d'une approche équilibrée, puis c'est là
qu'on revient à : il faut, dans ce cas-là, donc, être cohérents. L'ampleur
de nos ambitions en matière de décarbonation ne peut pas être incohérente avec
ce qu'on est prêts à faire comme transition au niveau de l'augmentation de la
performance.
M.
Kelley : Parfait. Je sais, je n'ai pas beaucoup de temps,
mais juste rapidement... Inspiration pour nous, les élus, quand on doit
réfléchir à une politique pour aider des citoyens à être mieux performants,
vous avez des listes des différents... comme, les systèmes de chauffage plus
performants, une thermopompe, mais ce n'est pas Hydro-Québec qui peut faire
tout. Je sais que vous faites votre part, mais, sur notre côté, comment on peut
aider les citoyens à être plus efficaces, avec des programmes, des politiques?
M. Rhéaume (Dave) : C'est une bonne
question.
Mme Fortin (Josyane) : ...vous dire
qu'un exemple de projet de loi comme celui-ci permet notamment d'obtenir davantage de participation de certains clients
qui pourraient ne pas avoir réfléchi ou ne pas avoir connaissance ou
compréhension, en fait, de ce qui pourrait être requis à installer.
M. Rhéaume
(Dave) : Mon collègue me souhaite... me souffle aussi...
Nous, on sort par exemple un programme comme LogisVert, là, donc,
nouveau programme agressif, on parle de... ça se compte en milliards de
dollars, ce qu'Hydro-Québec va investir pour aider les ménages. Donc, le plus
les parlementaires, les élus font la promotion de : au Québec, quand on consomme de l'électricité, on
veut la consommer de façon performante, participer aux programmes... Nous, on dit de plus en plus «les deux t» :
des thermostats connectés, des thermopompes. C'est accessible, il y a des aides
financières qui facilitent le déploiement de ces solutions-là.
M. Kelley : Parfait. Puis moi, je
vise un petit plus comme... Pour une famille de la classe moyenne, de faire le
changement de toutes les fenêtres, ça peut coûter environ 20 000 $,
puis ils n'ont pas la capacité de faire ça, présentement. Et ce n'est pas...
ça, ce n'est pas un enjeu pour Hydro, exclusivement, vous avez des programmes
en place, mais c'est plus sur notre côté, de le gouvernement, de trouver des
programmes qui peuvent être mis en place, qui
sont plus généreux. Je pense que, sinon, on risque de peut-être rater les
cibles qui étaient mises de l'avant dans le plan d'Hydro-Québec, qui sont très, très importants, d'être plus efficaces...
mais j'ai des craintes plus pour le côté des citoyens qui ne sont pas
capables d'investir dans leurs maisons présentement parce que le coût de la
vie... puis on peut faire le prix de... le coût de l'hypothèque... Alors,
c'était juste un point sur ça.
M. Rhéaume
(Dave) : Si je peux... Donc, il y a peut-être un cas qui me
vient en tête, qui est plus challengeant pour Hydro-Québec, où, en plus,
le support gouvernemental est intéressant, c'est celui des locataires,
notamment des locataires ménages à faibles revenus. Donc, ils ne sont pas
propriétaires de leurs bâtiments. Dans certains cas, la performance énergétique du bâtiment est très faible. Le locataire ne
peut pas investir parce qu'il n'est pas propriétaire, le propriétaire
n'a pas toujours un incitatif à le faire parce qu'il ne récupère pas son
investissement. C'est certain que ça, c'est
un... c'est un des défis complexes, dans la transition, qu'il va falloir
adresser avec le plus de joueurs possible.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Nous allons poursuivre les échanges avec le deuxième groupe d'opposition. Mme
la députée de Verdun, la parole est à vous pour une période de
4 min 8 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. Rhéaume, Mme Fortin et M. Pouliot, pour
votre présentation tout à l'heure. Bon, on
parle bien sûr de décarbonisation, on parlait de sortir le gaz naturel des bâtiments,
ce qui est un objectif en soi quand on parle de la réduction des gaz à effet de
serre. Ceci dit, je voudrais vous entendre un peu plus sur les nouveaux branchements, la biénergie, qui
est présentée comme une énergie de transition, même si on a toujours une
source de gaz fossile. Combien de temps est-ce que vous pensez que le gaz reste
dans les bâtiments quand on a des nouveaux branchements à la biénergie? Est-ce
que vous sentez que c'est une pratique qui est en ligne avec nos objectifs de
décarbonisation en 2050?
M. Rhéaume (Dave) : Bien,
actuellement, là, pour donner un ordre de grandeur, là, le parc de bâtiments existants au Québec, là, c'est plus de
10 000 mégawatts qui seraient équivalents du gaz naturel. Donc, respectueusement,
avant qu'on pense qu'on a 10 000 mégawatts et plus à allouer juste au
secteur du bâtiment, c'est sûr qu'on parle de plusieurs années. 10 000 mégawatts, c'est plus que toutes les
industries du Québec. C'est une quantité d'énergie vraiment, vraiment
très élevée, donc ça ne se compte pas en trois ans.
Pour nous, ce qui est vraiment intéressant, avec
la biénergie, c'est qu'on est capables de retirer l'énergie fossile 70 %
du temps où il y a du chauffage. Donc, on utilise l'électricité la grande
majorité du temps, puis, dans les périodes où le réseau devient contraint, dans
les périodes où tout notre parc de production est au maximum de sa puissance...
Si on utilise, à ce moment-là aussi, l'électricité pour alimenter ces
bâtiments-là, c'est de l'électricité qu'on
n'a pas disponible pour, par exemple, convertir des véhicules électriques, qui,
eux, roulent 12 mois par année. Donc, on voit beaucoup de valeur à
continuer de miser pour encore plusieurs années sur le gaz en pointe pour
alléger la charge électrique.
Mme Zaga Mendez : Donc, c'est
vraiment une énergie qu'on va utiliser en période de pointe, ça peut se
sous-traiter vers le gaz naturel, la demande en énergie renouvelable.
• (12 h 10) •
M. Rhéaume (Dave) : Bon, le... Puis
là, évidemment, on ne parle pas de gaz naturel renouvelable, là, mais
probablement que c'est l'une des dernières étapes de la décarbonation que
d'électrifier la pointe de chauffage, dans le sens qu'on commence d'abord et
avant tout par essayer d'électrifier les actifs qui polluent 12 mois par
année. Un véhicule... si vous remplacez
votre véhicule à combustion par un véhicule électrique, ce mégawatt-là, il
roule 12 mois par année, donc il sauve des GES 12 mois par
année. Ensuite, lorsqu'on se dit : On va déjà rentrer dans le chauffage, puis on va enlever le 70 % de GES en premier,
d'allouer des mégawatts pour aller chercher ce dernier 30 %, quand nous, on
fait des analyses, on arrive à la conclusion que c'est les mégawatts qui ont le
moins d'impact sur le bilan carbone du Québec, donc c'est probablement dans les
derniers auxquels on devrait mettre des efforts.
Évidemment, si on est en énorme surplus
d'énergie renouvelable dans les prochaines années, on pourra peut-être faire la décarbonation plus rapidement, mais
on regarde, le Québec, c'est déjà un leader d'avoir de l'énergie renouvelable disponible, toutes les juridictions
de la difficulté à faire cette transition-là. Nous, on pense qu'il faut y aller
avec les bonnes étapes qui ont le plus d'impact en premier, de notre point de
vue, la pointe de chauffage... On décarbone déjà 70 % de chauffage,
mais le dernier 30 % en pointe, c'est probablement un des derniers gestes
auxquels il va falloir s'attaquer.
Mme Zaga Mendez : Bien, rapidement,
l'effet de brancher à la biénergie en... des gaz... des émissions à gaz à effet
de serre, est-ce que vous sentez qu'on va atteindre ou pas nos objectifs en
continuant dans cette voie-là?
M. Rhéaume (Dave) : Ah bien,
absolument, notre ambition, c'est d'atteindre l'objectif. On a présenté, dans
notre plan 2035, ce que ça va prendre pour se rendre à l'horizon 2050
dans un monde décarboné. Nous, on pense simplement... Il y a encore des
véhicules à combustion au Québec. On pense quand même qu'il vaut mieux mettre
des efforts à décarboner, par exemple, le secteur du transport que de
s'attaquer à ce 30 % là de chauffage.
Mme Zaga Mendez : Je vous remercie.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci beaucoup, M. Rhéaume, Mme Fortin et
M. Pouliot, pour vos contributions à nos travaux.
Je suspends les travaux jusqu'après les avis
touchant les travaux des commissions. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 12)
(Reprise à 15 h 45)
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, bonjour à tous! La Commission des transports et de l'environnement
reprend ses travaux.
Nous poursuivons les consultations particulières
et les auditions publiques sur le projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi
sur la performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses
dispositions en matière de transition énergétique.
Cet après-midi, nous entendrons les organismes
suivants : l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec, en visioconférence, Énergir,
aussi en visioconférence, Conseil
Patronal de l'Environnement du Québec, visioconférence, Conseil
québécois des entreprises en efficacité énergétique, en visioconférence, et
M. Pierre-Olivier Pineau, professeur titulaire de la Chaire de gestion du
secteur de l'énergie à HEC Montréal.
Alors, je souhaite la
bienvenue aux représentants de l'Association des professionnels de la
construction et de l'habitation du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la
commission. Alors, je vous invite donc à vous présenter puis à commencer
votre exposé.
Association des
professionnels de la construction
et de l'habitation du Québec (APCHQ)
Mme Demers
(Isabelle) : Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente. Chers
membres de la commission, je vous remercie
vraiment de nous recevoir dans le cadre de la consultation particulière sur le
projet de loi n° 41. Je m'appelle Isabelle
Demers, je suis vice-présidente Développement stratégique, Affaires publiques,
Innovation à l'APCHQ, accompagnée de mes collègues Karine Casault,
directrice principale, Communications stratégiques, Développement durable,
ainsi que Marco Lasalle, directeur des services techniques.
Brièvement,
nous sommes... nous existons depuis 1961, nous représentons plus de
20 000 membres spécialistes de
l'habitation et de la rénovation. Nous sommes le représentant patronal du
secteur résidentiel. Lors du renouvellement des conventions collectives
de l'industrie, nous agissons comme moteur de développement social et
économique par la promotion de la durabilité et de la qualité en habitation.
Nos membres, par leurs activités de construction et de rénovation, jouent un
rôle d'importance dans l'amélioration des performances environnementales des
bâtiments et la transition énergétique que le
Québec doit entreprendre. D'ailleurs, notre service technique répond à près de
8 000 appels annuels...
annuellement sur diverses questions techniques en lien avec le code du bâtiment
et les pratiques exemplaires en matière de construction.
À cet effet, là, tel que présenté dans notre
mémoire, l'APCHQ est favorable à la mise en place de normes et de cotes de
performance environnementale des bâtiments et, de façon générale, à l'adoption de
ce projet de loi fort attendu, d'ailleurs, depuis plusieurs années. Toutefois,
nous avons quelques réserves sur les façons d'atteindre les objectifs visés par
le projet de loi, et nous émettrons donc des suggestions afin d'en faciliter sa
mise en oeuvre. Il est important de noter, là, qu'il demeure difficile pour
nous de se prononcer sur les effets qu'aura l'application de cette norme et des règlements émanant de ce projet,
puisqu'il réfère à une réglementation qui sera adoptée à la suite de ce projet
de loi. Donc, sur ce, je vous remercie. Je cède maintenant la parole à ma
collègue Karine Casault, qui vous exposera avec plus de détails les
recommandations que nous vous soumettons pour, justement, arriver à faire en
sorte que les objectifs du projet de loi n° 41 puissent être rencontrés.
Je vous remercie.
Mme Casault (Karine) : Merci,
Isabelle. Mme la Présidente, chers membres de la commission, ma collègue a
mentionné que bien que nous soyons très favorables à l'égard de l'intention du
projet de loi, notre association a certaines réserves quant à sa mise en
oeuvre. Quelles sont ces réserves? Eh bien, l'article 2 du projet de loi
n° 41 propose de retirer la notion d'efficacité énergétique du bâtiment du
Code de construction du Québec, et donc de la responsabilité
de la Régie du bâtiment du Québec. L'analyse d'impact réglementaire propose
également la création d'un tout nouveau code, soit le code québécois du
bâtiment durable, ce qui nous ferait donc deux codes de construction, l'un pour
les normes de qualité, de sécurité en matière de bâtiment et l'autre, pour tout
ce qui touche la performance environnementale et énergétique du bâtiment, et
donc le Code de construction étant le document de référence de l'industrie et, si nous n'étions pas dans une assemblée
laïque, je vous dirais même la Bible de l'industrie de la construction, et donc, là, vous pouvez imaginer la complexité de
scinder le tout et d'avoir deux documents de référence, donc deux bibles
à devoir se référer sur les chantiers.
Nous comprenons
que la responsabilité de ces dossiers, énergie et performance environnementale,
reviendrait donc au ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, Faune et Parcs, que nous appellerons
le ministère de l'Environnement pour la suite. Et vous le mentionnez ce matin,
le ministère pourrait redonner, éventuellement, l'application de la
réglementation à la Régie du bâtiment du Québec. Donc, nos questions pour vous, aujourd'hui : Pourquoi reprendre
ces pouvoirs pour ensuite les redonner? Et pourquoi créer des circonvolutions
et de la complexité dans les modes de fonctionnement?
• (15 h 50) •
Pour nous, créer un code supplémentaire nous
semble contre-productif, contre-intuitif, alors que le gouvernement a mis
beaucoup d'effort à améliorer notre efficacité et notre productivité dans les
dernières années, tant au niveau provincial que fédéral, et ces efforts-là
pourraient être anéantis par le retrait de l'efficacité énergétique du code et par la création du nouveau code
québécois du bâtiment durable. Soulignons d'ailleurs que votre gouvernement
s'est démarqué par l'importance accordée à
l'allègement réglementaire et administratif. Pas plus tard qu'en novembre
dernier, on adoptait le projet de loi n° 17 sur ces dossiers d'allègement,
et c'était un premier pas qui était extrêmement important pour
l'industrie vers un code unique en construction. Point de vue fédéral, en 2020,
le Québec a signé l'accord pancanadien de
conciliation sur les codes de construction qui vise à uniformiser les exigences
partout au pays, et ce, dès 2025, qui
est, à toutes fins pratiques, demain, et donc, réduirait le nombre d'écarts
entre les codes de construction provinciaux et nationaux.
Tout ça pour dire que, si l'objectif est que le
PL 41 atteigne ses intentions et ses cibles, il faut choisir la simplicité
et ne pas créer des mécanismes supplémentaires pour que l'industrie emboîte le
pas rapidement et sans confusion. C'est également notre souhait. C'est pour
cette raison-là, en fait, que nous recommandons de conserver la notion d'efficacité énergétique dans le Code de
construction sous la responsabilité de la régie, avec l'appui du ministère
de l'Environnement, pour lui apporter, bien sûr, toute son expertise technique
en environnement et en énergie. On est convaincus que les
cibles peuvent être dictées par le ministère de l'Environnement et appliquées
par la Régie du bâtiment du Québec. C'est
véritablement notre recommandation phare. S'il n'y en avait qu'une, ce serait
celle-là. Et elle fait l'objet d'un
consensus de l'ensemble des associations et des corporations qui représentent
l'industrie de la construction et de l'ingénierie au Québec.
Pour ce qui est de
nos autres recommandations, selon une enquête qu'on a menée, 10 % à
25 % du temps des entrepreneurs seraient requis pour toutes les formalités
administratives et réglementaires, donc de tous les enjeux dans l'industrie, le
fardeau très... le numéro 1. Et donc, dans cette perspective, on est
favorable à une réglementation uniforme à l'échelle de la province qui
offrirait plus de prévisibilité aux entreprises.
Concernant les
mesures d'accompagnement mises en place à la suite du projet de loi n° 41,
nous espérons que le gouvernement se donne
les moyens d'offrir un service d'accompagnement qui soit simple, rapide et
efficace. De notre expérience, la
ligne d'appel en est un exemple, mais certainement, dans tous les cas, un
processus simple, rapide et efficace. Quand on est sur le chantier, on a
des questions, donc la ligne d'appel peut être une belle option.
Ensuite, au niveau de
la vérification des données par une tierce partie, telle qu'elle est prévue au
projet de loi, ça nous semble extrêmement
important. Par contre, on se questionne sur la capacité de la main-d'oeuvre,
ingénieurs et entrepreneurs, à recevoir cette demande additionnelle là,
dans un contexte où on a des grandes ambitions, grands projets énergétiques,
pénurie de main-d'oeuvre, criants besoins en habitation. Tout ça conjugué, on
recommanderait de prévoir des mesures pour
favoriser la disponibilité de la main-d'oeuvre, notamment, là, pour exécuter
les mises à niveau de bâtiment et effectuer les audits et vérifications
des données.
Concernant les normes
et critères de performance environnementale, le projet de loi souhaite qu'il y
en ait pour les différentes étapes du cycle de construction, de la construction
elle-même jusqu'à la démolition. Et donc, les critères ne seraient pas
nécessairement les mêmes selon chacune des étapes. Donc, pour nous, c'est
difficile de nous prononcer parce que les catégories
d'impacts, les critères ne sont pas encore connus. Notre recommandation, à
l'instar, là, de... des instances qui sont intervenues ce matin en
commission, serait également d'organiser des consultations préalables avec les
parties concernées avant la promulgation des règlements découlant du PL 41
pour une meilleure prise en compte des
impacts environnementaux réels de l'industrie et l'atteinte des objectifs de
réduction des émissions de gaz à effet de serre, on recommanderait que
la notion de carbone intrinsèque fasse partie du cadre réglementaire
rapidement.
Ensuite,
au niveau du type de bâtiment visé par la réglementation, le PL n° 41 ne le spécifie pas, l'analyse d'impact réglementaire nous apporte une part de réponse. On débuterait par les
grands bâtiments, et avec des pouvoirs habilitants qui permettraient de
couvrir l'ensemble des bâtiments du Québec. Donc, pour nous, il serait
important qu'on ait une meilleure
prévisibilité pour les propriétaires, les acteurs, pour spécifier les
catégories et l'ordre dans lequel les bâtiments devront être soumis,
donc des échéances pour chaque catégorie de bâtiments.
Et on comprend que,
bon, mettre l'accent sur les grands bâtiments, c'est une priorité pour
atteindre les objectifs de décarbonation.
Par contre, comme Hydro-Québec le mentionnait ce matin, il y a certainement, là,
un grand potentiel, un gisement énergétique important dans le bâtiment
résidentiel existant. C'est également les constats qu'on a fait, là, dans une étude publiée à l'automne
dernier, une étude réalisée avec Dunsky et Ressources naturelles Canada. Donc,
le projet de loi parle d'économies d'énergie de 0,6 térawattheure, on a
besoin de plus de 100 térawattheures d'ici 2050 pour notre
transition énergétique, donc on souhaite rappeler qu'on a estimé un potentiel
réalisable de 11 à 15 térawattheures dans le petit bâtiment résidentiel
existant, et ce, en 10 ans.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Merci, Mme Casault, vous allons poursuivre, vous aurez... sûrement avoir
l'occasion de vous faire poser des questions pour compléter votre exposé. Nous
allons maintenant débuter la période d'échange et, M. le ministre, la
parole est à vous pour une période de 13 min 42 s.
M. Charette :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci aux gens, là, que nous recevons,
de l'APCHQ, votre éclairage est très précieux, votre expertise l'est tout
autant.
Peut-être vous
rassurer sur la réglementation à venir, là, c'est un des propos que vous
avez... que vous nous avez partagés. C'est un projet de loi qui a des
applications concrètes, mais c'est aussi un projet de loi habilitant pour une
réglementation qui est à venir. Et je vous rassure, on a toujours procédé de
cette façon-là et on va continuer à le faire,
on aime bien, avant de proposer un projet de règlement, parler avec les parties
prenantes. On aime bien travailler en cocréation pour avoir une base
solide, et, ensuite, c'est une balle qui est mise au jeu à travers un processus
de consultation qui est bien balisé, qui est public aussi. Donc, il n'y a
aucune intention de la part du gouvernement de dire : Demain, nous édictons un règlement sans qu'il ait fait,
justement, l'objet de ces différentes étapes-là. Et ce projet de loi là ne procédera pas de façon différente.
Donc, vous serez naturellement invités à apporter votre input, votre couleur,
et votre expertise sera certainement appréciée.
Concernant
les codes, à savoir le code qui serait sous l'égide... et qui est sous l'égide
de la Régie du bâtiment, versus le code qui est proposé à travers le
projet de loi, peut-être juste un petit retour dans le temps. Il y a quelques années, on a adopté un projet de loi, qui était le
projet de loi n° 44 sur la gouvernance, qui statuait de façon très
précise que l'action gouvernementale, au niveau environnement mais
également au niveau... au niveau de la lutte aux gaz à effet de serre, aux
changements climatiques, relevait du ministère de l'Environnement. Au lendemain
de la dernière élection, avec le remaniement
ministériel que ça a engendré, la transition énergétique est venue sous l'égide
du ministère de l'Environnement, ce qui n'était pas le cas par le passé.
Donc, c'est par souci de cohérence et par respect des responsabilités qui nous
reviennent qu'on se donne les moyens d'agir à ce niveau-là, mais on ne veut certainement
pas complexifier les choses, la Régie du
bâtiment va demeurer naturellement un partenaire, mais les mandats ne sont tout
simplement pas les mêmes.
À
travers le Code du bâtiment que l'on connaît aujourd'hui, il est question de
sécurité, il est question de la qualité des
constructions qui sont développées, mais la Régie du bâtiment, malgré toute
l'expertise très, très pertinente qu'elle a dans son champ de domaine,
elle n'a pas cette expertise-là au niveau de la transition énergétique et des
autres questions environnementales. Parce que ce n'est pas qu'une question, non
plus, de transition énergétique au sein de l'appareil gouvernemental, cette
expertise-là, elle est maintenant regroupée dans un seul ministère, qui est le
ministère de l'Environnement. Donc, c'est la raison pour laquelle on procède de
cette façon-ci, mais vous l'avez bien dit,
c'est, je pense, dans l'ADN du gouvernement de la Coalition avenir Québec, on
ne veut pas alourdir outre mesure. Il
y a de grands efforts qui sont même faits au niveau de l'allègement
réglementaire, mais n'empêche qu'il y a de grands efforts au niveau de
l'efficacité de nos bâtiments, vous y avez fait référence, Hydro-Québec y a
fait référence. C'est un gisement qui est important, qu'il nous faut exploiter.
Donc, il faut adapter notre réglementation en conséquence et notre législation, aussi, en conséquence, mais
ultimement, pour faciliter la tâche, effectivement que même le nouveau
code qui serait mis de l'avant avec le Code du bâtiment, l'application pourrait
être assurée par la Régie du bâtiment, avec, naturellement, tout
l'accompagnement nécessaire, là, pour s'assurer que les gens puissent s'y
retrouver.
• (16 heures) •
Un autre élément
qu'il est important de mentionner, il y a une entrée en vigueur progressive de
différentes mesures, et, dans certains cas,
on parle de mesures volontaires, dans un premier temps, parce qu'on est
conscients que c'est un chantier excessivement important qui est proposé
à travers le projet de loi n° 41. Donc, le but n'est
pas de bousculer ou de compromettre la mise en chantier, notamment, de
logements, on en parle beaucoup, on en a besoin, mais, en même temps, il faut s'assurer que ces bâtiments-là, à
construire, et les bâtiments existants puissent offrir une meilleure
performance énergétique. Et on s'aide à tous les niveaux, avec ces
questions-là, que ce soit au niveau des émissions
de gaz à effet de serre, mais également au niveau de la récupération d'énergie
qu'on peut mettre à d'autres fins. Donc, je tenais à vous rassurer à ce
moment-ci.
Mais sinon, au niveau
des émissions elles-mêmes et de la performance énergétique, il y a différentes
normes qui seront étudiées. Pour vous,
quelle est l'avenue la plus probante et la plus payante à retenir pour avoir
des effets réels au niveau de l'efficacité énergétique des bâtiments?
Mme Demers (Isabelle) : Si
vous permettez, M. le ministre, on... Bien, merci, d'abord, de toutes les
précisions que vous avez données. Effectivement, c'est rassurant, puis,
effectivement, on reconnaît complètement l'expertise de votre ministère en ce
qui a trait à la transition énergétique et aux objectifs que nous avons en
matière, là, de défis environnementaux, là, bien évidemment.
En ce qui a trait des
objectifs ou de façons de faire qui sont plus précises, nous avons, comme ma
collègue Karine a mentionné, remis un mémoire, ou certaines orientations, pour
favoriser la rénovation du parc résidentiel au Québec de façon importante. Il y
a un gisement qui est important qui est là, aussi. Une des choses qui était à
mentionner à cet effet-là et que Mme Casault n'a pas pu présenter tout à
l'heure, c'est l'importance de favoriser la rénovation, pour qu'il y ait des
incitatifs importants à rénover, pour, comme vous l'avez bien dit, faire en
sorte que lorsque l'on rénove et que l'on
maintient le parc immobilier actuel, qu'on le fasse dans un souci d'efficacité
énergétique, et non pas pour rénover comme on le faisait avant, mais
qu'on le fasse en fonction de nos objectifs. À cet effet-là, Karine et Marco ont certainement des
spécifications et des chiffres à vous présenter sur ce que ça pourrait
représenter, comme approche et impact, pour votre ministère, pour être
capable de rencontrer vos objectifs.
M. Charette : Merci. Est-ce que je
comprends que... Ça, c'est le défi, hein, lorsqu'on est en virtuel. Est-ce qu'un
ou une de vos collègues souhaite réagir?
Mme Casault (Karine) : Absolument.
Absolument. Donc, effectivement, on a fait des calculs pour aller trouver
le plus grand potentiel à travers, là, ce gisement-là, et on a estimé, là,
qu'il fallait rénover de façon prioritaire les maisons unifamiliales
construites avant 1960 et qu'il y a un potentiel de gain en efficacité
énergétique de 6,2 térawattheures à 8,4 térawattheures, là, et c'est
un potentiel réalisable à... technique, là, donc le 8,4 serait en absolu, si on rénovait, finalement, toutes les
maisons de façon exemplaire. Donc, ce n'est pas nécessairement quelque
chose qui est réaliste, mais si on parle de réalisable, donc de réaliste, on
parlerait d'un potentiel de 6,2 térawattheures dans les maisons
unifamiliales construites avant 1960.
Mme Demers
(Isabelle) : Karine, peut-être simplement pour dire que c'est
l'équivalent de toute la région du grand Québec qui est alimentée,
annuellement, là, juste pour, peut-être, ceux qui... pour qui ce n'est pas...
En termes d'impact, là, c'est très important.
M. Charette :
Je pense que j'ai un collègue qui souhaite intervenir aussi. Peut-être
juste une dernière petite question rapide. Vous parlez de résidentiel. Un des
constats qui semble se confirmer, c'est qu'il y a plusieurs programmes qui
peuvent être disponibles, tantôt chez Hydro-Québec, tantôt à travers le
gouvernement fédéral, tantôt à travers le gouvernement du Québec, mais que
c'est souvent difficile de départager les programmes admissibles, qu'il y a une
certaine confusion aussi, parce qu'on bénéficie d'un programme, on ne peut pas
bénéficier d'une autre initiative, d'un
autre palier. Est-ce que c'est quelque chose avec quoi vous êtes confrontés? Et
je ne le présente pas comme une question ouverte, parce que mon collègue
m'en voudrait s'il ne lui restait pas de temps, mais peut-être juste un petit
constat rapide, là, qui est le vôtre, à ce sujet-là.
M. Lasalle (Marco) : Rapidement,
si je peux me permettre... Bonjour, Marco Lasalle, directeur service technique.
Là-dessus, il y a...
vous avez raison, il y a beaucoup... il y a beaucoup de programmes. On aimerait
ça, déjà, de pouvoir regrouper, d'avoir peut-être un concierge à ce moment-là
pour pouvoir bien orienter les gens. Mais je vous dirais quand même, par
rapport à la recherche qu'on a faite avec notamment Ressources naturelles
Canada, notre mémoire qui avait été fait, notamment, on a pu voir... on a pu
faire un constat qui était que ces programmes-là ont un beau succès s'ils sont
intéressants pour les personnes, pour les participants.
Je m'explique. On
voit très bien la différence entre le Québec et le reste par rapport aux
thermopompes. Par rapport à la banque de données
ÉnerGuide, c'est 41 % des gens qui ont fait appel à la cotation Energy
Star, ÉnerGuide, ont une thermopompe à haute efficacité énergétique. Ça, c'est
bien important, on est vraiment distincts par rapport au reste du Canada là-dessus, on le voit. Par contre,
on voit que des gens, par rapport à des initiatives qui sont très pertinentes,
mais qui ne sont pas suffisamment
encouragées, bien, ça, ça passe à côté. Les gens participent au programme
seulement, exemple, pour la thermopompe, mais ne vont pas aller avec de
l'efficacité énergétique, comme système d'étanchéité à l'air, une meilleure
isolation. On a beau mettre le meilleur système de chauffage, une thermopompe
va produire trois watts d'énergie pour
chaque watt consommé, donc c'est un rendement de 300 %, c'est merveilleux.
Bien oui, mais, si j'ai l'équivalent de trous dans mon enveloppe, une
porte patio qui est ouverte à l'année, bien oui, je produis mieux, mais je
continue de gaspiller. Donc, c'est là que je veux aller.
Les programmes, ils
fonctionnent bien. Il faudrait que ce soit plus clair. Et on a des
démonstrations que, si les incitatifs
financiers sont là, il y a vraiment un succès, mais, s'ils sont insuffisants,
même s'ils participent au programme, ils n'iront pas chercher les
bonifications supplémentaires. On se prive à ce moment-là de gains pour le
Québec. Puis il y a toujours la
question : Est-ce plus rentable d'économiser un kilowattheure ou de
produire un kilowattheure? Bien, on est en train de faire la
démonstration. Ce n'est peut-être pas vrai pour tous les bâtiments, mais
particulièrement les bâtiments avant 1960, c'est beaucoup plus rentable
économiquement, mais au niveau social également, d'économiser ces
kilowattheures-là.
Oui, je vais passer
la question. Je pense qu'il reste juste un deux minutes...
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. Lasalle.
M. le député de Masson, vous disposez de 2 min 36 s.
M. Lemay : Oui, merci. Donc, j'aimerais juste revenir un peu,
là, sur vos recommandations 1, 2, 3... Je ne sais pas si c'est la
caméra qui est là, si elle me regarde encore. Bonjour. Alors, vos
recommandations 1, 2, 3, justement, là, on parlait avec le ministre tout à l'heure, là, juste une, peut-être,
précision, parce que nous, bien entendu, on vient dire qu'on retire du
Code de construction du Québec, là, le chapitre 1.1, sur l'efficacité
énergétique des bâtiments, pour l'inclure au code québécois du bâtiment
durable, puis on aurait d'autres chapitres qui viendraient s'ajouter. Mais, par
contre, est-ce que je peux comprendre que, si on venait sur le site Web de la
RBQ, tu sais, inclure des chapitres pour que
tout soit à la même place, quand vous avez dit tantôt, là, vous avez fait une
référence, là, avec la bible ou le guide de référence, là. Mais, tu
sais, si tous les chapitres étaient à la même place sur le site Web, est-ce que
ça pourrait être un compromis acceptable qui ferait en sorte... Non, je
regarde... Allez-y, M. Lasalle. Je veux vous entendre.
M. Lasalle
(Marco) : Oui. Je comprends que l'information serait disponible, mais
on travaille encore avec du papier. On veut l'avoir vraiment dans le livre. On
veut le voir pour que toutes les sections puissent se référer, qu'ils soient
bien... que les références... les liens soient faciles à faire. Je comprends
qu'au niveau législatif, c'est facile de
mettre un règlement en ligne, mais, dans l'application, nous, c'est des
réponses en chantier, là, qu'on a besoin de faire, là. On est vraiment... Dans le papier, la compréhension n'est
pas la même, et on ne veut pas avoir 14 000 livres. Bien, juste présentement... je
ne sais pas si j'ai le droit de faire ça, là, mais ça, c'est tous des
codes de construction en vigueur présentement au Québec, et ils ne sont
pas tous là...
M. Lemay : On
arrive à la fin, hein?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Une minute.
M. Lasalle
(Marco) : ...en ajouter un de plus, là...
M. Lemay : OK, je vais aller sur un autre sujet. J'ai bien
compris votre point. Votre recommandation 8, là, vous mentionnez
que vous voulez qu'on alloue d'importantes ressources humaines et financières
pour la formation et la communication auprès des entrepreneurs. Vous avez
sûrement des délais, vous, que vous voyez lorsqu'on fait une modification. Ça
ressemblerait à quoi, l'espace-temps puis, un peu, le financement requis, selon
vous?
La Présidente (Mme
Maccarone) : En 30 secondes, s'il vous plaît.
Mme Demers
(Isabelle) : Karine, veux-tu y aller?
Mme Casault (Karine) : Bien, en fait, j'allais laisser
Marco, là, intervenir sur la question de la formation. Je pense qu'il
est le mieux placé.
• (16 h 10) •
M.
Lasalle (Marco) : Bon. Au niveau de la formation, il y a déjà des
procédures qui sont déjà en place, notamment de la formation continue
obligatoire qui a été mise en place, on est dans le premier cycle, que la Régie
du bâtiment a mis en place. Donc, c'est déjà des cycles. À tous les deux ans,
des entrepreneurs...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
suis désolée de vous couper, M. Lasalle, mais nous devons poursuivre avec le prochain groupe, peut-être
que vous aurez une opportunité de répondre à la question. Alors, je cède la
parole à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui,
merci. Merci à vous pour votre exposé. Moi, je voudrais vous entendre sur les
normes. En fait, vous dites, à votre mémoire, que «les normes en matière de
bâtiments ne devraient pas être élaborées par des entités distinctes». Donc,
vous nous avez bien montré les codes derrière vous. Je comprends que ce n'est
pas juste l'enjeu qu'ils soient physiquement
au même endroit, mais c'est qu'ils soient aussi cohérents, et votre crainte,
c'est que, s'ils sont produits par deux ministères, il manque de
cohérence. Est-ce que c'est bien ça?
M. Lasalle
(Marco) : Tout à fait.
Mme Dufour : Tout
à fait. Est-ce qu'il y a des exemples que... tu sais, que l'efficacité du
bâtiment est... par exemple, aurait... serait intrinsèquement reliée à d'autres
éléments du Code de construction?
M. Lasalle
(Marco) : Très, très, très rapidement, là, vous me prenez sur... dans
les airs, mais je pourrais penser tout de suite à des concepts comme les
degrés-jours. Ça, c'est des calculs pour faire des charges de chauffage d'énergie. On appelle ça des degrés-jour. Le
nombre... la différence... la moyenne des degrés dans une journée qui sont en
bas de 18, la différence, le 18 °C. C'est un concept qui est dans le code
de construction. On a des concepts d'indice d'humidité. C'est tous des
facteurs qui ont un lien avec de l'efficacité énergétique. Et, si on s'en va
jouer là-dedans, bien, à ce moment-là, c'est
les cycles de condensation possibles dans l'enveloppe que le code... qu'il y a
déjà à l'intérieur. Là, on est en train d'avoir... la main gauche ne
sait pas qu'est-ce que la main droite va faire.
Et, quand on parle de
rénovation, et particulièrement du bâtiment, la rénovation, c'est encore plus
touché que... plus pointu que de la
construction neuve. Un grand chef, on ne reconnaît pas ça à sa capacité de
réussir une sauce à tous les coups, mais celui qui réussit à ramener une
sauce qui a brûlé, il m'impressionne encore plus, celui-là. Bien, de la rénovation, c'est ça. Et quand on va... La
partie qui est la plus dangereuse à aller modifier et de créer un monstre,
c'est en rénovation notamment...
Mme Dufour :
Excellent.
M.
Lasalle (Marco) : ...tout que ça reste
dans le code pour ça.
Mme Dufour : Excellent. Vous avez parlé aussi, dans votre
mémoire, qu'il y a actuellement un effort pancanadien de conciliation
des codes et qu'ailleurs au Canada ils sont plus avancés que nous dans plusieurs
éléments. Est-ce qu'il y a des normes environnementales qui sont discutées
actuellement dans le code canadien?
M. Lasalle
(Marco) : Moi, je me promène au niveau... L'APCHQ, on est vraiment à
l'affût de l'innovation, de ce qui se fait, des meilleures pratiques partout en
Amérique du Nord. La dernière place où est-ce que j'ai commencé à entendre
parler de carbone intrinsèque, c'est au Québec. J'ai entendu parler de ça
partout dans le reste du Canada bien avant.
Nous, on parlait d'efficacité énergétique, eux parlaient déjà du carbone. Même
aux États-Unis, même dans des États
qu'on ne penserait pas sont en avance sur nous autres, là, des États du Sud,
notamment, là, là-dessus. Donc, il y a vraiment un retard, là, qui est
notable, là, pour le Québec, là-dessus.
Mme Dufour : Merci
beaucoup.
M. Lasalle
(Marco) : Je n'ai pas dit qu'on était arriérés non plus, ceci étant
dit, là, j'ai juste dit un retard.
Mme Dufour : Non, non, j'ai bien compris. Vous avez parlé des
programmes puis de toute la possibilité d'aller chercher, là, dans le
bâtiment, là, le petit bâtiment résidentiel, là, avec de la rénovation, par
exemple, là. Il y avait des programmes, dans
le passé, RénoVert, par exemple, qui ne sont plus en place. Est-ce que c'est le
genre de programmes qui, vous jugez,
étaient efficaces pour ça? Sinon, c'est quoi que ça prendrait aujourd'hui?
Est-ce qu'il y a des programmes aujourd'hui qui sont en place qui
permettent d'atteindre les objectifs qui sont visés avec ce projet de loi là?
M. Lasalle (Marco) : ...présentement, avec le
projet de loi... Bon, il y a deux choses. Au niveau de l'efficacité énergétique, il y a un programme qui n'est pas
vilain, qui est Rénoclimat. Il pourrait être simplifié, il devrait être bonifié,
il est insuffisant, puis c'est pour ça que les gens se limitent à la
thermopompe, de manière générale, là, la thermopompe est vraiment intéressante, en dehors de ça, on n'y va pas plus que ça.
Et il est trop lourd au niveau administratif, c'est pour ça que les gens ne le
font pas. Par contre, au niveau de l'atteinte de l'objectif, il est vraiment
bien. Contrairement, exemple, à ce
qu'il y avait dans RénoVert, qui, lui, était très simple au niveau
administratif, sauf qu'il ne faisait pas le lien, il n'attachait pas les
mesures ensemble. Il n'y avait pas de contrôle de qualité, d'atteinte des
cibles. Ça fait que je pense peut-être le niveau idéal serait situé quelque
part entre les deux.
Mme
Dufour : Un mélange des deux.
M. Lasalle
(Marco) : Un mélange des deux.
Mme Dufour : Excellent.
Excellent. Avez-vous estimé, parce que vous avez estimé la possibilité
d'atteindre une réduction, mais avez-vous estimé le coût de mise aux normes que
ça représenterait pour les bâtiments existants?
M. Lasalle (Marco) : ...on
parle tout simplement de... avant 1960, sur le parc immobilier, là, du Québec,
on pourrait aller chercher, là... on
serait dans les alentours, le prix, ne bougez pas... kilowattheure, on serait à
peu près à 1,72 $ du kilowattheure.
Mme Dufour : OK.
M. Lasalle (Marco) : Donc, on peut calculer
combien ça coûte, La Romaine, si je ne me trompe pas,
La Romaine équivaut à peu près...
Mme Dufour : Ce
que je comprends, c'est que ça revient moins cher qu'une Romaine.
M. Lasalle
(Marco) : ...sans enjeu d'acceptabilité sociale, moins d'impact sur
l'environnement, les carbones intrinsèques et tous ces effets-là, puis beaucoup
plus rapide à mettre en place que de construire un autre complexe
hydroélectrique. C'est quasiment clés en main.
Mme Dufour : Excellent.
Je vais passer la parole au député de Jacques-Cartier.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député de Jacques-Cartier, vous disposez de
4 min 45 s.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Je veux reviens sur la recommandation n° 8,
je sais que vous avez commencé à répondre à mon collègue. Je ne sais pas si
vous avez des éléments à ajouter, mais j'ai trouvé ça intéressant, la partie qu'il faut mieux communiquer avec les
entrepreneurs. Mais, quand même, sur la formation, c'est quoi, la meilleure
façon d'accélérer ça aussi. Alors, je ne sais pas si vous avez des
autres commentaires sur votre recommandation n° 8.
M. Lasalle
(Marco) : Bon, au niveau de la formation... Je vous remercie de me
permettre de compléter mon début de réponse.
Bon. Il y a déjà des systèmes pour avoir la formation mise en place. Puis,
juste pour vous dire, aujourd'hui,
je vais faire une petite évolution très rapide dans le temps. Avant, il n'y
avait pas de norme au niveau de l'efficacité
énergétique. Le Code de construction, il disait, quand tu as un espace chauffé
avec un espace non chauffé, mets suffisamment de laine, mets un
coupe-vapeur pour ne pas qu'il y ait de condensation. Jusqu'à tant qu'il y ait une première crise de l'énergie dans les années 70,
Québec, en 1983, a été la première province canadienne à avoir un
règlement d'efficacité dans les nouveaux bâtiments. Et c'est là qu'on est passé
de R, tout ce que tu veux... l'industrie mettait R-12 à R-20, notamment. À
cette époque-là, 1983, ça ne fait pas si longtemps que ça, on pensait que de
l'efficacité énergétique et de la performance, c'était juste : Rajoute de
la laine, rajoute de l'isolant. On a fait une... On n'a pas fait aucune modification jusqu'en 2012, où est-ce qu'on a eu
la partie 11 pour les petits bâtiments. Là, on a rajouté, on a
dit... Juste d'ajouter de l'isolant, on en a ajouté, on a dit : Dans la
cavité, ce n'est peut-être pas suffisant, on
va recouvrir les ponts thermiques également. En 2012, on est encore là,
l'efficacité énergétique, c'est tout simplement de rajouter de
l'isolant. Non, ce n'est pas vrai, on le sait aujourd'hui, de l'efficacité
énergétique, si on n'a pas un contrôle minimal des fuites d'air, on ne contrôle
rien. Isolez votre maison à 100 %, super bien, ouvrez la porte patio,
mettez R-40 de laine, le vent va passer au travers. On n'est pas encore là.
Voyez-vous
comment la formation, au niveau de l'industrie, est importante? Nous, on le
fait, ça passe super bien, le message. Les formations continues qu'on
avait... qui ont été débutées, que j'ai parlé, passent bien le message. Ça fait
que ça va quand même assez vite, mais juste dire : On est dans un
mouvement assez proche. Puis, quand on parle d'éducation,
ces choses-là, moi, je pense que, dans pas si longtemps que ça, au même titre
que fin des années 70, on est passé
au chauffage... on était au mazout, on est passé au chauffage électrique, et on
pensait que les plinthes électriques, c'était le summum, parce qu'on a
100 % de rendement, un watt consommé, un watt produit. Mais là,
aujourd'hui, avec les thermopompes à haute
efficacité, on est rendu avec un watt consommé, trois watts d'énergie produite.
Il reste juste à faire de l'éducation également aux Québécois, comment
les utiliser, les thermopompes. On est rendu là.
Ça fait que
l'éducation est vraiment importante. Quand je dis éduquer les Québécois, la
thermopompe devrait être le système de chauffage principal au Québec, et on va
aller compléter avec des plinthes électriques quand il fait trop froid. Or,
encore aujourd'hui, de manière générale, on utilise les plinthes électriques,
particulièrement quand il fait froid. Là, on
veut réduire les plinthes, c'est avec les thermopompes, et je pense que les
maisons du futur, ça va être notre système de chauffage principal. On va
avoir ces thermopompes dans pas long. On s'en va vers là.
Mme Casault
(Karine) : Si je peux me permettre...
M. Kelley : Oui,
vas-y.
Mme Casault (Karine) : ...avant la
formation, c'est dur pour nous de nous prononcer, à savoir ça va prendre combien de temps, parce
qu'on ne connaît pas les critères, encore, de performance environnementale qui
seront édictés par
voie de règlement. Mais je vous donne... je vous donne un exemple, la formation
de Novoclimat, par exemple, que l'on
donne à nos entrepreneurs, c'est l'équivalent de 16 heures de formation.
Mais donc, là c'est un contenu d'information qui est existant, on a
20 000 membres, 16 heures de formation, est-ce que ça devient
obligatoire ou pas. Mais là, cette
formation-là, on devra la créer parce que les critères de performance ne sont
pas encore... ne sont pas encore édictés. Donc, selon ces critères-là, oui, développement d'une formation,
diffusion. Et voilà. Donc, c'est dur pour nous d'évaluer à ce stade-ci, mais juste pour vous donner une
idée en termes de nombre d'heures, de la durée de la formation en tant
que telle. Il faut la développer en amont.
• (16 h 20) •
M.
Kelley : Bien, merci beaucoup pour votre présentation puis
je vais passer la puck à ma collègue de Verdun.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
moi qui vais passer le puck, alors...
M. Kelley : Ah! excusez.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mais
voilà, nous passons à la deuxième opposition, Mme la députée de Verdun, vous
disposez de 3 min 26 s. La parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la
Présidente. Merci, Mme Demers, Mme Casault et M. Lasalle, pour
votre présentation. Ma question va porter sur l'efficacité énergétique des
bâtiments. Ce matin, Hydro-Québec nous éclairait un peu sur la difficulté
d'inciter les investissements pour les locataires, pour les ménages à faibles
revenus. On le sait très bien que plus on est en bas de l'échelle, peut-être on
se trouve dans des bâtiments qui sont mal isolés. Donc, j'aimerais vous
entendre un peu sur... là on parlait des programmes, peut-être sur une
unification, voire des corvées de rénovations de ces types de bâtiments
énergétiques qui... dans lesquels on a une grande, grande perte énergétique.
Peut-être vous serez d'accord que ça a coûté moins cher que faire des nouveaux
barrages, par exemple. Je voulais vous entendre là-dessus.
Mme Casault (Karine) : Effectivement,
il n'y a pas d'incitatifs énormes, là, à la rénovation lorsque ce sont les locataires, là, qui paient la facture
d'électricité. Il demeure qu'il y a certains programmes qui sont en
développement, à l'heure actuelle, si on regarde, par exemple, le
programme MultiRés, à Montréal, avec le fonds... le fonds d'action climat, et c'est un partenariat, là, avec des
investisseurs privés également. Mais donc, c'est un projet, là, qui va voir le
jour prochainement pour... pour les immeubles locatifs. Puis il y a également
un programme qui est financé par le gouvernement,
mais au Nouveau-Brunswick, où ils financent, là, l'entièreté des mesures des
rénovations écoénergétiques pour les ménages à faibles revenus. Donc, ça
peut certainement être des exemples inspirants pour le Québec.
Mme Zaga Mendez : Merci. Avec le
temps qui nous reste...
La Présidente (Mme Maccarone) :
1 min 50 s.
Mme Zaga
Mendez :
...1 min 50 s, peut-être vous entendre un peu aussi sur la
faisabilité de sortir des énergies fossiles dans le bâtiment. On le sait
que c'est le nerf de la guerre. On en parlait tout à l'heure, mais plus
précisément vous entendre sur la faisabilité justement de ne plus brancher des
nouveaux bâtiments à des sources de gaz fossile.
M. Lasalle (Marco) : Bien, il y a
déjà une réglementation qui a été faite par M. le ministre, qui était... 2015, je crois, pour sortir notamment les appareils de
chauffage au mazout. La réglementation, elle, est en vigueur, ça fonctionne
assez bien et ma compréhension, c'est que c'était, dans un premier temps, au
niveau du mazout, mais, après ça, on va aller
plutôt vers le propane et peut-être également vers le gaz naturel là-dessus.
Donc, ça se fait... sortir ces éléments-là va se faire de manière naturelle. Par contre, l'entretien des vieux
bâtiments, le parc immobilier restant, lui, ne se fait pas. Vous avez fait... part des immeubles locatifs, et
vous avez bien raison, le parc immobilier québécois multirésidentiel est le
plus vieux et le moins entretenu au Canada.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Mme Demers (Isabelle) : Si je peux
me permettre, j'aimerais ajouter le fait aussi qu'il ne faut pas mettre le fait
que les propriétaires n'ont pas toujours non plus les moyens pour faire les
rénovations qui doivent être faites, et il n'y
a pas nécessairement d'incitatifs énormes pour les aider. Rénover, c'est
rénover avec de l'argent taxé qu'on paie avec la TPS, TVQ, pour ensuite recevoir une augmentation de son compte de
taxes parce qu'on a mis en place des mesures... des mesures. Donc, c'est... ça demande des fonds importants, pour de
l'efficacité énergétique, on devrait être en mesure de favoriser ça de
façon importante.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci, Mme Demers, Mme Casault et
M. Lasalle, pour votre contribution à nos travaux.
Je suspends les travaux quelques instants afin
que l'on puisse accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 24)
(Reprise à 16 h 26)
La Présidente (Mme Maccarone) : La
commission reprend ses travaux. Et je souhaite la bienvenue aux représentants
d'Énergir. M. Lortie, M. Pouliot et Mme Houde, je vous rappelle
que vous disposez de 10 minutes pour
votre exposé, après quoi nous procéderons aux périodes d'échange avec les
membres de la commission. Alors, je vous invite de vous présenter et
puis commencer votre exposé.
Énergir
M. Lortie
(Renault-François) : Bonjour à tous, M. le ministre, chers membres de
la Commission des transports et de
l'environnement. Je m'appelle Renault Lortie. Je suis vice-président, Clients
et approvisionnement gazier chez Énergir. Et, aujourd'hui, à l'écran, vous avez mes collègues, Mme Catherine
Houde, qui est directrice exécutive, Affaires publiques, gouvernementales
et communautés, ainsi que mon collègue, Vincent Pouliot, directeur exécutif,
Marché du carbone et efficacité énergétique.
Mme Houde (Catherine) : D'entrée de
jeu, bonjour. On aimerait rapidement réagir à l'annonce du ministre Charette ce
matin, qui faisait l'annonce d'une intention d'encadrer le gaz naturel dans les
bâtiments, donc, on trouve que c'était lié justement au sujet d'aujourd'hui. Du
côté d'Énergir, on considère qu'il s'agit d'une bonne nouvelle, en fait, ça nous permettra d'assurer une meilleure
décarbonation du secteur du bâtiment, le tout en cohérence avec l'initiative...
les initiatives des municipalités, des distributeurs, des fournisseurs
et de nos partenaires, et le tout en adéquation avec les cibles du Plan pour une économie verte. On est d'avis que ça va nous
donner une meilleure prévisibilité aussi à long terme, et puis la
planification intégrée des ressources serait encore plus nécessaire, on le
croit, dans ce contexte-là.
Donc, on a
toujours l'intention de poursuivre nos échanges avec le gouvernement et puis
les acteurs du milieu pour arriver au meilleur plan, à la meilleure
feuille de route dans le secteur des bâtiments.
M. Lortie (Renault-François) : Merci,
Catherine. Donc, pour ma part, je vais vous exposer deux points, premièrement,
là, que nous sommes favorables au projet de loi 41, puisque, comme je vais
tenter de vous l'exposer, il est bien en
ligne avec notre stratégie, chez Énergir, et notre vision de décarbonation. Et
le deuxième point, c'est qu'on croit
que le projet de loi doit laisser de la place à l'innovation et à la complémentarité
des outils de décarbonation. Donc, ça sera mon deuxième point.
Donc, comme disait ma collègue Catherine, là,
Énergir soutient les politiques et les réglementations qui sont liées à la
transition énergétique au Québec, et surtout lorsque ces réglementations-là ou
ces politiques-là s'appuient sur le principe
de l'utilisation de la bonne énergie à la bonne place, au bon moment et au
meilleur coût. Donc, c'est pourquoi on est favorables à l'implantation d'un
système de divulgation et de code de performance environnementale des bâtiments,
comme le prévoit le projet de loi 41.
Ce système serait donc appelé à avoir une contribution, selon nous, là,
importante à l'effort collectif de
transition énergétique qu'on doit absolument réussir, et ça va nous aider à
redéfinir notre rapport avec l'énergie, puis, ultimement, à baisser nos
gaz à effet de serre dans le secteur du bâtiment.
Donc, comme je vous disais, la vision de
décarbonation d'Énergir, aux horizons 2030 et 2050, s'aligne très bien
avec ce type de projet de loi. En guise de rappel, là, je vous rappelle, là,
qu'on a quatre piliers dans la stratégie d'Énergir,
de décarbonation. Premier pilier, vraiment, les meilleurs investissements à
faire en termes de transition énergétique, c'est d'accroître nos efforts
en efficacité énergétique. Comme organisation, on le fait depuis 2001, on va continuer à le faire de façon encore plus
agressive dans les prochaines années. On croit pouvoir aider nos clients, là, à
éviter près de 1 million de tonnes de gaz à effet de serre d'ici 2030,
depuis l'année 2020, donc, en seulement une dizaine d'années. Donc, on va supporter, là, 130 000 projets
d'efficacité énergétique. On l'a fait, en fait, depuis 2001, supporter 130 000 projets d'efficacité
énergétique. Puis on a effectué des investissements de près de
1,2 million de dollars. Donc,
on va continuer avec ce premier pilier qui est l'efficacité énergétique.
Qu'est-ce que ça fait, ça? Ça fait descendre les volumes de gaz naturel
fossile et donc les gaz à effet de serre.
• (16 h 30) •
Le deuxième pilier qui va aussi vraiment aider
le Québec à consommer moins de gaz naturel fossile, c'est celui de la complémentarité entre les réseaux
gaziers et électriques, mieux connu, là, sous la solution de biénergie. Donc,
on a lancé notre partenariat biénergie avec Hydro-Québec à l'été 2022.
C'est déjà un fort succès, et il est maintenant lancé dans les segments
commercial et institutionnel. Donc, pour couvrir l'ensemble des bâtiments du
Québec, on vient donc continuer à prendre
des... une clientèle d'Énergir qui est 100 % au gaz fossile. On l'amène à
une alimentation énergétique
électrique pour 70 % du besoin énergétique de l'immeuble, et donc on
abaisse les gaz à effet de serre par le fait même de 70 %. Et on
garde la pointe au gaz naturel traditionnel ou encore vers le gaz naturel
renouvelable pour décarboner complètement le bâtiment.
Le troisième pilier. Donc, une fois qu'on a
travaillé en efficacité énergétique, qu'on a travaillé en biénergie avec notre partenaire Hydro-Québec, on va utiliser
le gaz naturel renouvelable pour pouvoir vraiment finaliser la décarbonation complète des bâtiments. Et comme
vous le savez, on va... on est très confiants d'atteindre notre cible de distribution de 10 % de nos volumes totaux
d'ici 2030. Cette cible-là est actuellement à 2 % pour cette année, et
augmente très rapidement à 5 % pour 2025, et 10 % pour 2030.
Le quatrième pilier de notre stratégie, c'est de
regarder vers les autres formes d'alimentation énergétique. Donc, on reste ouvert, bien entendu, à utiliser
beaucoup plus les boucles énergétiques. Nous sommes propriétaires, Énergir,
de la principale boucle énergétique au
centre-ville de Montréal. On aimerait voir l'utilisation de cette... de cette
méthode-là de distribution d'énergie très, très
efficiente, vraiment, se multiplier au Québec. On veut... On regarde aussi à
mieux valoriser les rejets thermiques. On réétudie la place de la géothermie
aussi. Donc, on regarde, là, vraiment d'autres solutions pour continuer à
travailler sur la décarbonation des bâtiments.
De ces... Dans ces quatre piliers-là, on a aussi
voulu s'assurer de ne pas générer des nouveaux gaz à effet de serre avec les nouveaux branchements. Vous avez
probablement vu dans les médias la décision de la Régie de l'énergie,
d'hier, en fin de journée, qui a approuvé notre demande, de... d'obliger
finalement tous les nouveaux bâtiments qui veulent se raccorder à notre... à
notre système énergétique, à partir du 1er avril prochain, là, dans...
dans moins de deux mois et quelques jours, donc, à être 100 %
renouvelables. Donc, tout nouveau bâtiment qui veut avoir accès au système de distribution d'Énergir, à partir du
1er avril, devra être 100 % renouvelable. Donc, on croit que ça va
laisser beaucoup de place à, justement, l'offre biénergie, électricité,
GNR, ou encore à une... une distribution 100 % GNR dans le bâtiment. Donc, le projet de loi 41 s'aligne avec les
stratégies d'Énergir. Donc, on le croit vraiment favorable.
Mon deuxième
point, c'est d'inviter les membres de votre commission à rester ouverts sur la
complémentarité des outils. Oui, nous avons accès, on est très chanceux
au Québec, à un système électrique presque complètement décarboné, et il faut l'utiliser le plus possible. Mais ce n'est pas
l'unique solution, il doit aussi laisser place à la complémentarité,
comme certaines... certaines des initiatives, là, mises de l'avant par... par
Énergir. Donc, le projet de loi 41 doit s'inscrire dans une logique de
décarbonation efficace et durable. On va continuer à encourager nos clients à
vraiment investir, avant tout, en efficacité énergétique, à travailler sur leur
enveloppe de bâtiment, et ce, dès maintenant. Puis, en plus, on doit, par la
suite, adopter de plus en plus d'énergies renouvelables, comme l'électricité
verte, en complémentarité avec le GNR, qui viennent vraiment aider,
particulièrement pour gérer la pointe électrique en période d'hiver.
Donc, c'est dans cette avenue-là qu'on invite
vraiment les membres de la commission à garder l'oeil ouvert à ces innovations-là. On doit avoir besoin de toutes
les solutions énergétiques, que ce soient les accumulateurs thermiques, les boucles énergétiques, la biénergie, donc,
garder, plus tard, dans la réglementation qui va probablement suivre le projet
de loi, une ouverture à l'ensemble de ces
solutions-là. Je vais passer la parole, maintenant, à mon collègue, Vincent
Pouliot.
M. Pouliot
(Vincent) : Bonjour, Mme la Présidente, M. le ministre,
mesdames, messieurs membres de la commission. Pour ma part, j'aimerais
partager avec la commission certains points de vigilance à garder en tête, là,
par rapport au projet de loi 41.
Notamment, le premier point vise la cohérence de
l'action gouvernementale. On voit que le projet de loi 41 donne beaucoup
de nouveaux pouvoirs habilitants au ministre de l'Environnement, de la Lutte
aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Plusieurs de ces
nouveaux pouvoirs sont similaires ou chevauchent le mandat d'autres organismes, notamment celui de la Régie de l'énergie, quant à l'approbation des plans d'efficacité énergétique ou de
la reddition de comptes des distributeurs d'énergie. Le projet de loi 41
doit indiquer clairement qui fait quoi, qui,
entre la Régie de l'énergie et le ministre, approuvera les programmes et les
budgets requis à leur réalisation. Le projet de loi 41 ne doit pas
compliquer le rôle de la régie ni dupliquer les processus d'approbation qui
sont déjà en place, sous peine, bien évidemment, de créer des
ambiguïtés, de l'incohérence et des délais, alors qu'il y a urgence d'accélérer
la décarbonation.
Deuxième point sur lequel je voulais attirer
votre attention, concernant la clarification des attentes envers les
distributeurs d'énergie. On le voit, notamment à l'article 4, là, du
projet de loi, sur la performance environnementale des bâtiments... semble
prévoir que les distributeurs d'énergie devront fournir des informations sur la
consommation énergétique de leurs clients. Nous comprenons de... ce qui est
attendu du ministre, du ministère, c'est qu'Énergir partage les informations
sur la consommation de gaz naturel, qu'elle soit fossile ou renouvelable, mais
l'article 4, de la façon dont il est écrit, ratisse très large, ne
distingue pas clairement qui doit fournir les informations entre les
propriétaires des bâtiments ou les distributeurs d'énergie. Énergir souhaite
s'assurer, évidemment, qu'elle sera en mesure de fournir ce qui est attendu en
termes d'information, puisqu'évidemment on ne dispose pas de toutes les
informations qui sont énumérées, notamment à cet article.
Finalement, dernier point sur lequel je
souhaitais vous sensibiliser, c'est évidemment la protection des renseignements
personnels des clients. On voit que le projet de loi 41 prévoit que
certaines données sur la consommation énergétique des bâtiments soient
divulguées par les distributeurs d'énergie. Énergir, évidemment, s'assure de la protection des renseignements
personnels de ses clients dans le cadre de ses opérations, et on doit s'assurer
que le partage des informations par Énergir
ne doit pas accentuer, bien évidemment, les risques de fuite de renseignements
personnels.
Donc, je recède la parole à mon collègue, Renaud
Lortie, pour la conclusion. Merci beaucoup.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Votre
temps est déjà écoulé. Je remercie le gouvernement d'avoir cédé... vous céder 1 min 30s de leur temps. Ça
fait que nous allons maintenant débuter la période d'échange. M. le ministre,
la parole est à vous.
M. Charette : Bonjour. Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous. Merci de votre présence cet après-midi. Autant
Hydro-Québec est un partenaire, autant Énergir en est un aussi, dans les défis,
là, qui nous reviennent, là, pour se décarboner, pour faire face à la crise
climatique, également.
Vous avez fait allusion à cette décision de la
Régie de l'énergie hier. C'est une belle nouvelle et une initiative, de votre propre chef, dans un premier
temps, et, j'étais curieux, à votre connaissance, est-ce qu'il y a d'autres
distributeurs de votre secteur qui ont
demandé à leurs propres régisseurs de passer uniquement au gaz naturel
renouvelable pour
les nouveaux branchements? Est-ce que vous êtes seuls, seuls au monde dans cet
univers, ou si c'est une tendance qui est présente, là, au sein d'autres
organisations semblables à la vôtre?
M. Lortie
(Renault-François) : Nous sommes les premiers à pouvoir le mettre en
action, dès le 1er avril prochain. Je
connais une autre juridiction nord-américaine qui a fait une demande semblable,
c'est l'initiative de Fortis, en Colombie-Britannique, mais, à l'exception de
celle-ci, qui est toujours à l'étude avec son régulateur, nous sommes
les premiers à avoir eu une approbation et à pouvoir le mettre en oeuvre, et
nous en sommes très fiers.
M. Charette :
Avec raison, et dans tous les cas, c'est une belle initiative et ça
démontre le rôle que vous souhaitez jouer au niveau de la transition
énergétique. Et c'est quelque chose qu'on tend, chez certains, à oublier, le
gaz naturel renouvelable, c'est quelque chose qui se perdrait, de toutes les
façons, si on ne le valorisait pas. La matière
organique, on en aura toujours à gérer, et, si on ne la valorise pas, elle
émet... elle est une grande source d'émissions de gaz à effet de serre. Donc, en la valorisant, en la transformant en
gaz naturel renouvelable, là, c'est une belle façon, effectivement, là,
de pouvoir valoriser une matière qui autrement ne serait que gestion de
matières résiduelles. Donc, on vous suit à ce niveau-là.
• (16 h 40) •
Vous avez parlé du
programme de biénergie. J'ai quelques données sous les yeux. C'est une
initiative qui est encore relativement récente. Moi, ce que j'ai, comme chiffres
ou comme éléments, là, du 1er avril 2022 — donc c'est tout récent — au
31 mars dernier, c'étaient tout près de 190 projets qui avaient déjà
été implantés et financés. On parlait déjà,
à l'époque, et ça fait presque un an, de 13 000 tonnes d'équivalent CO2,
donc c'est une initiative qui semble fonctionner. Après quelque... un
petit peu moins de deux ans d'usage, est-ce que vous en faites un premier
bilan? Si oui, est-ce que vous pouvez nous partager un petit peu le fruit, là,
de ce bilan-là?
M. Lortie (Renault-François) : Absolument,
oui. Merci beaucoup. Depuis le lancement, là, effectivement, là, à la
fin du printemps 2022, début de l'été 2022, pour le segment
résidentiel uniquement, donc dans le segment de marché multirésidentiel de
19 portes et moins, incluant l'unifamilial, duplex, triplex, nous sommes
rendus, là, à près de
2 300 conversions depuis le lancement du programme et, vraiment, une
offre qui continue à se faire connaître auprès de notre clientèle et qui monte en popularité, puis on va continuer à
aller de l'avant, là, par nos efforts de commercialisation. Nous avons
pu le lancer, ce programme biénergie là, dans une deuxième phase, suite à une
deuxième approbation de la Régie de l'énergie du Québec, dans les segments
commercial et institutionnel. Donc, vraiment, là, on vient couvrir l'ensemble
du bâtiment au Québec, à l'exclusion du marché industriel.
Donc,
on a pu lancer le tout il y a quelques mois, et là on débute les premières
conversions. C'est des conversions qui sont plus complexes, qui... donc
qui peuvent couvrir des plus gros bâtiments, comme des écoles secondaires, des
petits hôpitaux, des grands hôpitaux, des grandes institutions, donc c'est des
programmes qui prennent un petit peu plus de
temps, où on doit utiliser les services, souvent, d'ingénieurs en bâtiment,
mais on voit, encore une fois, un bel engouement et on croit, là,
vraiment que c'est une offre qui va encore une fois nous mettre dans une bande
à part, je dirais, dans les juridictions
nord-américaines, puisque le système biénergie qu'on a lancé en partenariat
avec Hydro-Québec est une première, encore une fois, en Amérique du
Nord.
Et je peux vous dire
que, depuis son lancement, là, à l'été 2022, on a fait plusieurs présentations
un peu partout aux États-Unis et au Canada
pour expliquer comment on a pu arriver à une entente de partenariat et comment
on peut décarboner de façon très agressive, là, la consommation de gaz
naturel fossile au Québec.
M. Charette :
Et vous en avez fait mention
rapidement, tout à l'heure, vos cibles et objectifs de décarbonation, dans
le temps, ça ressemble à quoi? Oui, on sera à 10 % de GNR, là, pour 2030,
là, on est confiants également de notre côté, mais, pour le reste, en termes
d'objectifs de décarbonation plus généraux, vous en êtes où?
M. Lortie
(Renault-François) : Parfait. Donc, en fait, nous partageons une cible
ultime, qui est la décarbonation complète du bâtiment d'ici 2040. Pour y
arriver, on s'inscrit dans la cible, je vais dire, intérimaire, là, de celle du Plan pour une économie verte, du PEV,
qui est d'abaisser de 50 % les gaz à effet de serre dans le secteur du
bâtiment par rapport à 1990. Ce que ça veut dire, pour nous, notre clientèle
chez Énergir, c'est donc une baisse de 30 %
des gaz à effet de serre entre 2020 et 2030 chez notre clientèle dans le
bâtiment, mais, vraiment, là, nos yeux sont sur la cible ultime d'aller chercher une pleine décarbonation du
bâtiment d'ici 2040. Et c'est vraiment par l'utilisation de la complémentarité du réseau électrique et du réseau
gazier que nous allons pouvoir y arriver puis pouvoir y arriver à un
prix juste pour les consommateurs québécois, en utilisant vraiment pour
8 000 heures par année le réseau électrique propre que nous avons,
mais, pour la pointe électrique, les fameuses pointes à partir de moins
12 degrés, utiliser le réseau gazier à l'aide du gaz naturel renouvelable.
On va pouvoir vraiment venir décarboner complètement le secteur du bâtiment avec une utilisation, là, vraiment optimale des
deux réseaux de distribution énergétique qui sont déjà bâtis et amortis
par l'ensemble des Québécois depuis déjà plusieurs décennies.
M. Charette :
Parfait. Merci. J'ai mon collègue
qui souhaitait prendre la parole. Déjà, je vous remercie. Je n'aurai pas la
possibilité d'aller vous serrer la main après votre présentation, donc je vous
salue et vous remercie à l'instant, et c'est mon collègue qui va prendre
la relève.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci beaucoup. Nous poursuivons avec le député de
Masson. Vous disposez de 4 min 38 s.
M.
Lemay : Merci. Bonjour à vous trois. Donc, dans votre
mémoire, la section 4.3, vous parlez de la cotation des bâtiments
et normes environnementales. Vous avez des réserves de nature plutôt
méthodologique, là. En effet, là, vous venez mentionner, là, que, pour
l'efficacité énergétique d'un bâtiment, que les émissions qui sont liées au
chauffage de l'air et de l'eau, elles ne soient pas uniquement basées sur des
critères d'émission des GES. Dans le fond,
vous dites que la cote de performance énergétique ne devrait pas favoriser des
bâtiments inefficaces, même si leurs émissions de GES sont faibles.
J'aimerais avoir vos réserves de nature
méthodologique, un peu plus d'information là-dessus, tu sais, vous mentionniez
des points par rapport aussi, tu sais, chauffage air et eau, juste un peu plus
de détails là-dessus. C'est quoi, votre type de réserves, s'il vous plaît?
M. Pouliot (Vincent) : En fait,
peut-être que je peux donner un exemple qui va... qui va vraiment bien illustrer. Ce qu'on veut éviter, c'est que des
bâtiments, exemple, tout électrique, mais qui ont des... une enveloppe
thermique qui est complètement désuète, puissent, parce qu'ils n'émettent pas
de gaz à effet de serre, obtenir une cote énergétique très élevée, alors qu'on a un autre bâtiment, dont un
propriétaire a investi dans son enveloppe de bâtiments, a mis en place
des équipements efficaces, qu'ils soient en gaz naturel renouvelable,
combinaison biénergie, etc., donc, à la limite qu'il pourrait même y avoir des
gaz à effet de serre dans ce bâtiment-là, mais que la performance énergétique,
elle est optimisée, on voudrait éviter qu'il
y ait des incohérences dans la cotation énergétique de façon à ce qu'un bâtiment
superefficace puisse avoir une cote énergétique inférieure à un bâtiment
totalement non efficace, mais qui n'émettrait pas
de gaz à effet de serre. Donc, je pense que c'est important d'avoir une double
polarité, en fait, entre les indices qui seront utilisés, peut-être un
indicateur de GES, un indicateur aussi d'efficience énergétique, et non pas un
axe unidirectionnel, donc, c'est un peu le point qu'on veut illustrer avec ça.
M. Lemay : Merci pour la précision.
Dites-moi, j'étais là, à Drummondville, en avril 2023, là, quand Mme Trudeau avait fait l'annonce, là, puis je
suis bien content de voir qu'on arrive, justement, au 1er avril de cette
année, pour qu'on mette en place pour
les GNR dans les nouveaux bâtiments. Certains commentaires qu'on peut
constater, là, de personnes, ce
serait de dire : Bien, comment ça se fait que, dans le tuyau, tu sais, il
y a un faible pourcentage de GNR? Vous,
vous dites : De gaz de source renouvelable, tu sais, mais comment on fait
pour l'attribuer à ce client spécifiquement, au niveau de la molécule,
là? Est-ce que vous voulez juste éclaircir ce point-là, s'il vous plaît?
M. Lortie (Renault-François) : Excellente
question. Effectivement, c'est un point important. On n'est pas habitués, au Québec, d'utiliser le système de
traçabilité contractuelle pour suivre l'approvisionnement d'une énergie et sa consommation. Pourtant, c'est un système qui est
utilisé, là, partout en Europe et particulièrement aussi aux États-Unis.
Donc,
effectivement, ce n'est pas la molécule physique de GNR qui est introduite dans
notre système de distribution qui va être consommée par le client qui en
paie le surplus au niveau monétaire, parce que le gaz naturel renouvelable coûte plus cher que le gaz naturel fossile. C'est
un système de traçabilité. Le meilleur exemple que je peux donner, c'est
celui... On est très habitués du système de
traçabilité qu'il y a dans le système monétaire. Donc, quand on prend un
20 $ physique, puis qu'on le met dans un guichet automatique à Laval, puis
qu'on s'en va à Montréal pour magasiner, puis qu'on ressort du guichet
un 20 $, ce n'est pas le même 20 $ physique, mais c'est toujours le
nôtre parce qu'il y a une traçabilité juridique du 20 $. C'est exactement
la même chose avec le GNR. Il y a un système de traçabilité qui fait en sorte qu'on suit le GNR lorsqu'il rentre dans
notre système. Même si, physiquement, ce n'est pas celui qui est consommé
par le consommateur, c'est bien son GNR, c'est lui qui en paie le surplus et
c'est lui qui va voir le fait qu'il ne paiera pas
de système de plafonnement et d'échange sur sa facture d'Énergir. Il va pouvoir
participer, par exemple, au nouveau système fédéral sur les normes sur
les combustibles propres, donc une reconnaissance qu'il consomme une énergie
complètement renouvelable.
La Présidente (Mme Maccarone) : 28 secondes.
M.
Lemay : 28 secondes. Ah! bien, merci pour cette
capsule de comment c'est fait, et en espérant que ça réponde aux
questions de nos auditeurs. Et, Mme la Présidente, je vais céder la parole
au...
• (16 h 50) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole à l'opposition officielle. M. le député
de Jacques-Cartier, vous disposez de 10 min 16 s.
M.
Kelley : Merci, Mme la Présidente. Merci beaucoup pour
votre présentation. Est-ce que vous êtes en mesure de m'expliquer comment le gaz renouvelable est
équivalent de... comme l'hydroélectricité, en termes des GES? Ça, c'est marqué
sur votre site Web. Puis je veux bien comprendre comment ça, c'est possible,
quand vous avez aussi un système avec les gaz mixtes, mais c'est écrit ici...
Parce que moi, je veux bien, bien s'assurer, tout le monde, que, si on va ajouter plus de gaz dans nos bâtiments pour
le chauffage, qui n'est pas nécessairement une mauvaise chose, qu'on
n'ajoute pas trop à notre bilan des GES, quand nous sommes en train de réduire
ça à le maximum. Parce que c'est sûr que
votre produit n'est pas 100 % aucun GES. Alors, si vous êtes capables de
bien expliquer ça à nous, je pense que ça va rassurer plein de monde qui
nous écoute ce soir.
M. Lortie (Renault-François) : Absolument.
Donc, il y a... je dirais qu'il y a deux façons de voir l'impact carbone d'une
énergie. Il y a une méthodologie qui regarde à la combustion et il y a une
méthodologie qui le regarde sur l'ensemble du cycle de
vie de l'énergie. Commençons par à la combustion. Donc, effectivement,
lorsqu'on brûle du gaz naturel renouvelable, il va y avoir une fumée, mais le
CO2 qui va être relâché par la combustion de GNR va être un CO2 biogénique,
donc un CO2 qui va être neutre en carbone, tout comme celui qui est émis
lorsqu'on fait brûler du bois, par exemple.
C'est une... c'est un carbone qui aurait été émis à l'atmosphère lorsque la
matière organique aurait été
consommée dans la nature ou... Et donc c'est un système qui se veut neutre en
carbone au niveau de la combustion.
Après
ça, si on regarde la méthodologie qui regarde l'ensemble du cycle de vie,
comme, par exemple, la nouvelle norme
sur les combustibles propres au niveau fédéral va le faire pour l'intensité
énergétique des énergies liquides fossiles, bien, on est en train de mettre en place ces suivis-là. Et là le GNR,
selon sa source — donc,
il y a différentes matières organiques
qui peuvent être utilisées pour faire du gaz naturel renouvelable — va
avoir des intensités carbone différentes.
Je vous donne un
exemple. Le gaz naturel renouvelable qui va être fait à partir de fumier ou de
lisier agricole va souvent se faire donner une intensité carbone négative,
alors que celui qui prend la matière organique qui est dans un lieu
d'enfouissement va avoir une intensité carbone légèrement positive, dans le
coin de 10 ou de 15 intensités carbone. Donc, le GNR qui va être utilisé
par Énergir puis qui est commercialisé par Énergir va être un mélange des
intensités carbone des différentes sources de GNR que nous avons.
C'est un peu
complexe, mais il reste qu'on a fait vérifier par le CIRAIG, donc, un des
organismes bien connus au Québec sur les
analyses de cycle de vie, quelle était l'intensité carbone de notre GNR depuis
qu'on a commencé à le commercialiser, et l'intensité carbone de notre
GNR est comparable à l'intensité carbone de l'hydroélectricité. On est donc, selon les différentes sources, un petit
peu mieux ou un petit peu plus élevé que l'utilisation d'une thermopompe
ou de calorifères électriques. Donc, c'est
pour ça qu'on est... on met sur notre site Web, comme vous l'avez mentionné, là, que notre GNR, celui qui est commercialisé, a
une intensité carbone qui est très comparable à celle de notre électricité
propre du Québec.
Mme Houde
(Catherine) : Si je peux simplement ajouter, l'étude du CIRAIG, qui a
été réalisée en 2020, est d'ailleurs accessible sur notre site Web, donc toutes
les données sont là. C'est une étude qui a aussi été vérifiée par des pairs. Et puis on a aussi notre rapport sur la
résilience climatique. On en est maintenant à notre troisième édition, qui
sera disponible, là, d'ici quelques semaines.
M. Kelley : Merci
beaucoup. J'ai aussi une question sur cette question de la biénergie. Comme, on
discute ici que c'est une énergie qui est temporaire, pour aider nous de faire
la transition, mais est-ce qu'on n'est pas en train de forcer les gens de payer
pour un système biénergie puis, dans 15 ans, ils vont être obligés de
sortir de ça? Est-ce qu'il y a un... des coûts pour les consommateurs ou, quand
même, les propriétaires des bâtiments?
M. Lortie
(Renault-François) : Ma réponse, j'essaie de la mettre dans une
phrase : Pour nous, la biénergie, électricité, gaz naturel renouvelable,
ce n'est pas une énergie de transition, c'est une énergie de destination.
Alors, il faut vraiment comparer, là, qu'est-ce
qu'on a comme choix en ce moment au Québec. On peut décider, tous ensemble,
de... Donc, le bâtiment chez Énergir, c'est 9 000 mégawatts de
puissance. Donc, si on prend ces 9 000 mégawatts-là puis on les électrifie, il va falloir bâtir. Depuis
la production électrique... Juste pour comparer, le dernier projet d'Hydro-Québec, de La Romaine, c'était
1 550 mégawatts. Donc, pour remplacer 9 000 mégawatts, on
s'entend qu'on a besoin d'à peu près quatre, cinq Romaine. Donc, soit on
se met, comme société, à générer 9 000 mégawatts, construire des
lignes de transport, construire des lignes de distribution pour pouvoir
remplacer ce 9 000 mégawatts-là en puissance dans le bâtiment ou soit
on utilise le gaz naturel renouvelable, qui est déjà disponible, un système de
distribution d'énergie qui est déjà construit, qui est déjà très résilient
parce qu'il est sous terre, ça fait qu'il est moins affecté par les changements
climatiques qui nous affectent tous, et, donc, on utilise vraiment la
complémentarité des deux réseaux qu'on a
déjà, comme société, payés, amortis, pour pouvoir décarboner ce fameux
9 000 mégawatts-là. Donc, c'est vraiment une solution de
destination.
On ne sera pas, dans
15 ans, à essayer de vouloir défaire le système de biénergie qu'on est en
train de mettre en place, on va continuer à l'alimenter, on va continuer à
utiliser les deux beaux réseaux en électricité verte et en gaz naturel
renouvelable et on va l'avoir fait à un meilleur coût pour la société
québécoise, et avec une résilience, hein? Parfois,
il y a un réseau qui peut avoir des difficultés par rapport à l'autre. Bien là,
avoir accès aux deux réseaux va donner une résilience aussi à la
clientèle québécoise pour pouvoir... pour pouvoir passer à travers les effets
climatiques qui peuvent affecter notre climat.
M. Kelley : Merci
pour la réponse sur la résilience, le réseau énergétique au Québec. On a vu de
plus en plus de pannes partout au Québec,
grâce à des plus grandes tempêtes et événements climatiques. Est-ce que dans la
pointe... bien, on peut parler de
pendant l'hiver, est-ce que le gaz naturel demeure une option qui peut rendre
des bâtiments un petit plus sécures en termes de chauffement, selon
vous?
M. Lortie
(Renault-François) : Alors, oui, absolument. Souvent, les vents, la
neige lourde, les intempéries qui peuvent
affecter les lignes électriques ne vont pas avoir d'impact sur nos tuyaux, qui,
nous, sont souterrains. Donc, comme
on l'a vécu dans le dernier épisode de verglas, que ce soit celui de l'an passé
ou le plus important, d'il y a maintenant
20 ans, le système gazier est resté, je dirais, utilisable lors de ces
événements-là.
On doit quand même
s'assurer d'avoir... On va continuer à travailler, je dirais, sur des systèmes
biénergie encore plus résilients, je
croirais, en faisant place à l'innovation puis en amenant même des batteries
qui pourraient être utilisées, là, pour s'assurer que l'ensemble des
systèmes restent bien utilisés et utilisables pendant ces... pendant ces
mauvaises situations climatiques là.
M.
Kelley : Merci. Et juste une dernière question :
Est-ce que vous avez des craintes en lien avec la main-d'oeuvre pour
s'assurer, si jamais il y a une demande de plus pour le gaz renouvelable, que
vous n'êtes pas capables de nécessairement livrer tous les projets ou toutes
les demandes rapidement?
M. Lortie
(Renault-François) : C'est une question intéressante. Non, je crois que
l'ensemble des producteurs privés qui
s'intéressent à la construction d'usines de production de gaz naturel
renouvelable ont accès à la main-d'oeuvre et à l'expertise maintenant.
Nous avons sept producteurs québécois de gaz naturel renouvelable qui injectent
dans notre réseau. On devrait en voir trois autres en... durant
l'année 2024, qui va se joindre. Et je n'ai pas entendu, de la part de ces investisseurs et de ces producteurs-là
d'énergie renouvelable, d'enjeu sur la main-d'oeuvre dans les derniers
mois, non.
La Présidente (Mme Maccarone) : 44 secondes.
Mme Dufour : ...
M. Kelley : Ah!
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
bien, question rapide, la députée de Mille-Îles.
• (17 heures) •
Mme
Dufour : Ça va être une question oui ou non, ça va être facile.
Merci pour votre exposé. Vous indiquez, dans votre mémoire, que vous avez pour objectif d'éviter l'émission de
1 million de tonnes de GES de vos clients par rapport à 1990. Et
donc ça, c'est d'ici 2030. Ce que je voudrais savoir, c'est : Est-ce que...
si vous atteignez cet objectif-là que vous
vous êtes donné, est-ce que ça va permettre d'atteindre l'objectif que le
gouvernement s'est donné de réduire de 50 % les émissions d'ici
2030, les émissions de GES?
M. Lortie (Renault-François) : Oui,
absolument. Donc, le plan de match...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Malheureusement, il va falloir qu'on attende pour la réponse, peut-être à un
autre moment. Je cède la parole au député de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je vous remercie pour votre présentation. Tout à l'heure,
vous disiez que vous étiez bien d'accord et vous saluiez même les efforts du
ministre d'encadrer, bon, par règlement le gaz naturel. J'imagine, vous avez
entendu parler des différentes initiatives des villes afin d'interdire les
nouveaux branchements de gaz, entre autres, la ville de Prévost, que vous
connaissez bien. Alors, j'aimerais ça vous entendre un peu plus sur votre
vision sur l'autonomie des villes en termes de lutte aux changements
climatiques, le fait que l'encadrement du
gaz naturel va venir, en fait, casser tous ces règlements-là, des règlements
ambitieux, et que j'imagine que ceci va dans les intérêts d'Énergir.
Mme Houde (Catherine) : Oui,
certainement, bien, on est tout à fait favorables, là, à l'autonomie des villes
en général. Maintenant, avec le règlement,
en fait, sur... l'annonce du ministre de ce matin concernant la réglementation,
ce qu'on souhaite, c'est avoir une cohérence, donc, éviter les
courtepointes réglementaires, qui sont très, très difficiles, là, pour Énergir,
pour les distributeurs, pour les fournisseurs, les partenaires, à appliquer. On
doit assurer quand même une certaine
prévisibilité puis s'assurer que ce soit opérationnalisable, là, comme
réglementation, mais, dans tous les cas, on travaille sur le même objectif de
transition énergétique. Ce qu'on souhaite, c'est vraiment atteindre des cibles
que le gouvernement s'est fixées. Puis, évidemment, on collabore avec autant
les villes que le gouvernement du Québec sur ce point.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Vous nous parlez d'atteindre des cibles.
Vous présentez le gaz naturel renouvelable comme une voie de transition,
bien sûr, lorsqu'il n'est pas mélangé avec du gaz fossile. J'aimerais ça, vous
entendre sur le potentiel du GNR... de GNR pour le Québec dans les prochaines
années.
M. Lortie (Renault-François) : Oui,
il y a différentes études de tiers, là, de consultants qui sont venus évaluer le potentiel technicoéconomique de
l'ensemble de la matière organique que nous avons au Québec, la matière
organique de première génération, avec fumier, lisier, traitement de boues des
eaux usées, les lieux d'enfouissement, donc
toute la première génération de matière organique, mais aussi, après ça, la
deuxième génération qui est... de GNR qui est faite avec de la biomasse
forestière résiduelle, et la troisième génération de GNR, qui va s'en venir
peut-être plus vite que la deuxième génération, on va voir, les deux
sont en développement très rapide en ce moment, mais qui est la méthanisation
du CO2 biogénique avec de l'hydrogène vert.
Donc, lorsqu'on regarde l'ensemble de ces
potentiels technicoéconomiques là de GNR, différentes études montraient jusqu'à
178 BCF de potentiel ici, au Québec, et on distribue environ 220 BCF
actuellement de gaz naturel fossile. Ce
qu'il faut comprendre, c'est que notre objectif, c'est d'abaisser le gaz
naturel fossile qui est distribué par Énergir. On est conscients que le
gaz naturel fossile doit descendre rapidement, les volumes de gaz naturel
fossile doivent vraiment descendre
rapidement, et qu'on doit remplacer ce qui va rester par le gaz naturel
renouvelable. Et notre engagement...
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. Lortie (Renault-François) :
...pour l'ensemble des segments...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous remercie, M. Lortie, M. Pouliot et Mme Houde, pour votre contribution à nos travaux ici, dans notre
commission, en espérant qu'on va pouvoir poursuivre le dialogue à l'extérieur
de la commission.
Je
suspends les travaux quelques instants afin que l'on puisse accueillir notre
prochain groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
17 h 05)
(Reprise à 17 h 08)
La Présidente (Mme
Maccarone) :
Alors, nous poursuivons nos travaux. Et je
souhaite la bienvenue aux représentants du Conseil Patronal de l'Environnement du Québec. Alors, je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi, nous procédons aux périodes
d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter puis à commencer votre exposé. Merci.
Conseil patronal de l'environnement du Québec (CPEQ)
Mme Lauzon (Hélène) : Merci, Mme la Présidente.
Bonjour! Bonjour à vous. Bonjour, M. le ministre, et bonjour, Mmes et
MM. les parlementaires. On vous remercie de nous avoir invités à comparaître
aujourd'hui.
Mon
nom est Hélène Lauzon, je suis la présidente-directrice générale du Conseil Patronal de l'Environnement du Québec. Et je suis accompagnée de mes deux collègues,
M. Louis-Philippe Lefebvre, qui est le directeur des affaires
publiques et législatives, ainsi que mon autre collègue, M. Olivier
Dulude, qui est le directeur adjoint des affaires publiques et législatives
aussi.
Donc, bien, écoutez,
d'emblée, on peut vous dire que nous appuyons le projet de loi 41.
Pourquoi? Pour deux raisons principales. Parce que le Québec accuse du retard
en matière de performance environnementale, performance environnementale des
bâtiments, puis plus particulièrement en matière de performance énergétique.
Vous savez qu'il existe un code de
construction au Québec, mais ce code-là, malheureusement, il renvoie ou il
intègre par voie de renvoi les dispositions du Code national de
l'énergie pour les bâtiments du Canada, qui datent de 2015. Alors, il serait
important que notre nouveau code de construction, qui est en voie de révision,
puisse intégrer la version de 2020, parce
que le code du Canada maintenant date de 2020, alors que notre code, au Québec,
date de 2015, puis il réfère aux dispositions de 2015 du code du Canada.
Donc, il est important de mettre à jour ces dispositions.
C'est une bonne chose
que le code de construction soit en révision en ce moment, mais on se rend
compte que... on nous met d'intégrer des
mesures d'amélioration en efficacité énergétique, comme par exemple, des
exigences d'isolation thermique.
Donc, pour nous, le projet de loi doit favoriser, là, l'amélioration rapide de
l'efficacité énergétique des bâtiments. Ça, c'est la première raison
pour laquelle nous appuyons le projet de loi.
Puis la deuxième
raison, c'est parce que le projet de loi, il permet au Québec de respecter ses
engagements en termes de réduction
d'émissions de gaz à effet de serre. Le dernier inventaire des émissions de gaz
à effet de serre du Québec, qui date de 2021, nous dit que les
bâtiments... pour le chauffage, pour ce qui est des bâtiments, les émissions de gaz à effet de serre sont de 9,1 %. Donc,
il est important qu'on continue à faire des efforts pour réduire les émissions
de GES provenant des bâtiments. Si je me...
• (17 h 10) •
Maintenant je passe à
la portée du projet de loi 41. Ça semble viser, quand on le lit, la
performance énergétique des bâtiments, mais
la rédaction du projet de loi laisse planer la possibilité que la portée puisse
être plus grande, et ça, ça nous
préoccupe, ou, en tout cas, on a un souci par rapport à ça. La définition de
performance environnementale que l'on retrouve à l'article 1 du
projet de loi parle de mobilité durable. Donc, on se dit : Mais c'est
assez large quand même, alors qu'on parle de bâtiments ici. L'article 1
aussi... c'est-à-dire l'article 4.1°b du projet de loi réfère aussi aux
matériaux de construction utilisés lors des travaux de construction. Là aussi,
on se dit : Mais c'est quand même très large. Donc, pour nous, il serait
nécessaire, là, qu'on précise la portée du projet de loi pour savoir si la loi portera uniquement sur la performance énergétique
des bâtiments dans une perspective de lutte contre les changements
climatiques ou s'il aura une portée plus large couvrant d'autres aspects liés,
là, à la performance environnementale des bâtiments.
En ce qui concerne
les pouvoirs du ministre, bien sûr, on appuie le fait que le ministre, là, doit
jouer un rôle important en matière d'efficacité énergétique des bâtiments, il
doit jouer son rôle de conseiller du gouvernement dans la lutte contre les changements climatiques. Puis nous appuyons
aussi la pertinence qu'on retrouve dans le projet de loi d'administrer
un système de déclaration obligatoire et de cote de performance
environnementale qui est axée sur la performance énergétique, puis
l'administration d'un registre aussi.
La
crainte que nous avons avec le libellé du projet de loi, c'est que... que le
projet de loi, s'il permet d'élaborer des normes en matière de travaux
de construction, ça semble être le cas ou ce n'est pas certain mais à voir,
bien, qu'il puisse y avoir une confusion importante avec le rôle de la Régie du
bâtiment puis le rôle du ministre.
Donc, la Régie du bâtiment, sa compétence, bien,
elle vise à élaborer puis administrer des normes en matière de travaux de
construction pour des fins de sécurité publique, alors que le ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs, bien, lui, sa responsabilité, ce serait surtout
d'élaborer des normes de performance
environnementale. Ça fait que, pour nous, ça suscite de la confusion, puis on
croit qu'il y a une nécessité d'une collaboration étroite entre les deux
pour assurer un arrimage, pour s'assurer que les dispositions de l'un
n'empiètent pas sur les dispositions de l'autre, ou que les pouvoirs de l'un
n'empiètent pas sur les pouvoirs de l'autre.
En ce qui concerne
les pouvoirs réglementaires, il y a beaucoup de précisions qui seront
éventuellement déterminées dans un éventuel
projet de règlement, puis nous souhaiterions que les entreprises puissent être
consultées en amont, parce qu'il y a
beaucoup d'éléments à déterminer dans le projet de règlement. Donc, c'est un
appel qu'on vous fait à ce sujet.
Au chapitre des
commentaires plus spécifiques, parce que là je vous ai fait des commentaires
plus généraux, mais au chapitre des
commentaires plus spécifiques, il y a la notion de bâtiment qui serait
peut-être à avoir parce qu'on n'est pas certain de quel type des
bâtiments sont visés. On comprend, en lisant l'étude d'impact, l'analyse
d'impact qu'il y aura les... les multilogements, les plus grands logements au
départ, les plus grands bâtiments, mais qu'ensuite ce sera les autres, mais on
n'a pas d'indication. Alors, c'est par voie réglementaire qu'on comprend que ce
sera fait.
Nous croyons aussi
qu'il devrait y avoir des exemptions pour les bâtiments dont la consommation
est liée à l'activité qui s'y déroule et non
au bâtiment lui-même, puis on pense entre autres aux centres de données. Il
devrait y avoir aussi une exemption pour les bâtiments dont les activités sont
visées par le règlement sur la déclaration obligatoire des émissions de
contaminants et gaz à effet de serre pour éviter le dédoublement... double
déclaration.
Le projet de loi
propose que le déclarant, le propriétaire déclarant, parle des matériaux,
mentionne les matériaux utilisés lors des
travaux de construction. Alors, ça, ça fait vraiment, je vous dirais,
frissonner tout le monde parmi nos entreprises, qui se sont dit :
Mais oui, mais il y a des bâtiments existants, il y a des très vieux bâtiments,
on ne sera pas en mesure de fournir
l'information à ce moment-là pour des vieux bâtiments, ou de colliger cette
information-là, ça pourrait prendre beaucoup de temps, ce serait très coûteux.
Donc, ce que nous
pensons, c'est que les bâtiments qui seront visés pour... pour les matériaux
utilisés, ça ne devrait être que les nouveaux bâtiments ou les bâtiments qui
ont fait l'objet de rénovations majeures.
Nous appuyons, bien
sûr... Là, il y a... au chapitre, là, de... les cotes de performance
environnementale et puis des... particulièrement les cotes de performance
énergétique du bâtiment, c'est une très belle initiative. Félicitations! Nous sommes d'accord. Nous souhaiterions savoir
dans quelles circonstances le ministre s'attribue lui-même le pouvoir
d'attribuer une cote. Bien sûr, ce sera par voie réglementaire, mais d'où
l'intérêt et la nécessité de consulter en amont les entreprises.
Pour ce qui est du
registre, ça, c'est une information pour nous qui est très importante, le
registre, il est... il fait en sorte que les
renseignements qui y seront consignés sont... ont un caractère public. Or,
comme vous le savez, les entreprises ont souvent des secrets industriels
et commerciaux, donc il faut prévoir un mécanisme pour protéger les secrets
industriels et commerciaux de nos entreprises afin que ces informations-là ne
se retrouvent pas sur le registre. Donc,
plutôt que de dire c'est quoi, la consommation d'énergie, par exemple, qu'on
peut avoir utilisée, bien, parler d'une fourchette d'énergie pour ne pas
révéler de secret de cette façon-là, donc contextualiser l'information qui
pourrait éventuellement se retrouver sur le registre.
Et puis, bien, je
terminerais avec une disposition où je vous félicite, c'est l'article...
attendez un instant, je crois que c'est 29, oui, l'article 29 du projet de
loi, qui nous dit qu'un règlement municipal portant sur le même objet est inopérant à moins qu'il ait été approuvé par
le ministre. Donc, pour nous, cette disposition-là, elle est fondamentale.
C'est comme l'article 118.3.3 de la Loi sur la qualité de l'environnement,
c'est une disposition qui est, je vous dirais, tellement importante de
conserver, parce que c'est une disposition qui permet d'avoir une cohésion ou
une cohérence de l'aspect réglementaire à travers le Québec. Si chaque
municipalité se met à adopter son propre règlement sur l'efficacité énergétique des bâtiments puis les entreprises qui doivent
travailler dans toutes ces municipalités, elles n'y arriveront pas. Donc, d'avoir une disposition comme celle-là, qui
est un garde-fou pour s'assurer que les règlements municipaux doivent être approuvés par le
ministre... mais normalement c'est le règlement provincial qui va prévaloir.
Puis, enfin, il y a
une belle disposition aussi dans votre projet de loi, qui est importante de
mentionner, parce qu'il est possible de
révoquer un règlement municipal que vous auriez approuvé. Donc, on pense par
exemple au règlement de la ville de
Montréal qui a adopté un règlement sur la cotation énergétique. Je ne sais pas
si vous l'avez encore approuvé, mais, si jamais c'était le cas, bien, il
pourrait éventuellement être révoqué parce que c'est un autre régime applicable
sur le territoire de la ville de Montréal. Puis les objectifs ne sont pas
nécessairement les mêmes. Pour vous, c'est
la... c'est la déclaration obligatoire, la cotation, les normes, alors qu'eux
c'est la divulgation et la cotation. Donc, pour nous, c'est important de... éventuellement de ne plus... de
révoquer ces règlements-là pour qu'il n'y ait qu'un seul règlement à travers
le Québec.
Voilà ce que l'on
voulait vous dire aujourd'hui. Et puis, bien, au plaisir d'échanger avec vous
maintenant.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
êtes à la seconde près, Mme Lauzon. Merci beaucoup. Nous procédons avec la
période d'échange. M. le ministre, vous disposez de
14 min 30 s.
M. Charette :
C'est bien gentil. Temps que je
vais partager avec mes collègues qui souhaitent également intervenir.
Donc, à vous trois,
donc, madame, messieurs, merci d'être avec nous. C'est toujours un plaisir
d'entendre l'expertise de CPEQ à travers nos différentes occasions d'échange.
Moi, je vais être
davantage être dans les commentaires rassurants, et mes collègues seront
davantage dans les questions. J'ai relevé
deux... trois points, en fait, sur lesquels, je pense, on peut apporter
certaines précisions afin de rassurer celles et ceux, là, qui peuvent
être inquiets.
D'abord, qui fait quoi? Dans le projet
de loi, il y a différentes dispositions, il y a aussi des thèmes qui,
effectivement, peuvent sembler s'éloigner de la cotation énergétique des
bâtiments, et c'est le cas.
Le
projet de loi 41 est aussi une occasion pour nous de... de mettre en
pratique le volet de transition énergétique, qui revient maintenant au
ministère de l'Environnement. On avait besoin d'une... d'un levier législatif,
et le projet de loi 41 en est un.
On
se souvient, au lendemain de la dernière élection, il y a eu un réaménagement
au sein des différents ministères, et le ministère de l'Environnement
s'est vu attribuer la responsabilité de la transition énergétique, donc il y a
des dispositions du projet de loi qui abordent spécifiquement cette
question-là.
C'est
pour ça que, peut-être, certains articles donnent l'impression, là, de
s'éloigner de la cotation énergétique des
bâtiments, mais il faut faire attention aux impressions, parce que, dans
certains cas, on est dans l'efficacité énergétique des bâtiments, même
si les thèmes retenus donnent l'impression de s'en éloigner.
• (17 h 20) •
Vous parliez,
Mme Lauzon, de la mobilité durable. Il y a un lien direct qui peut être
fait avec le bâtiment, c'est s'assurer, par
exemple, que les bâtiments ont les dispositifs pour les bornes de recharge,
s'assurer que, dans certains cas, des bâtiments avec plusieurs logements
puissent avoir, un exemple aussi bête, mais, en même temps, important, qu'un
support à vélos, pour favoriser la mobilité active et durable. Donc, c'est la
raison pour laquelle on retrouve cette référence-là. Donc, un premier élément
de contextualisation. Et, toujours dans le qui fait quoi, naturellement, c'est beaucoup la réglementation qui va le définir
au cours des prochains mois, des prochaines années, au fur et à mesure
de son développement, et, comme on l'a fait dans bien d'autres cas de pouvoirs
réglementaires, sinon d'habilitations réglementaires, bien, c'est avec les
partenaires que ce sera travaillé. Donc, le qui fait quoi sera précisé à
travers le processus qu'on a développé, c'est-à-dire la cocréation. Et à
chacune des fois d'ailleurs, le CPEQ était un partenaire très précieux, merci, encore une fois. Donc, c'est
une réglementation qui sera préparée en cocréation pour ensuite faire l'objet de consultations publiques, où les
différentes parties prenantes auront tout à fait la possibilité, là, de se
prononcer.
Et, encore une fois,
j'ai eu l'occasion de le mentionner à des groupes un petit peu plus tôt, ça ne
se fait pas du jour au lendemain, ça ne se fait pas seul dans les officines du
ministère de l'Environnement, les parties prenantes seront impliquées, là, dans
la démarche.
Et la fameuse
question des deux codes. L'APCHQ, un petit peu avant vous, a eu l'occasion
aussi d'exprimer ce qui semble être des
inquiétudes, et elles sont légitimes ces inquiétudes-là, elles sont même
compréhensibles, mais il faut comprendre, dans la dynamique, que ce soit
du projet de loi 44, où la coordination de l'action gouvernementale en
matière de lutte aux changements climatiques revient au ministère de
l'Environnement, dans la foulée aussi où la responsabilité de la transition
énergétique revient au ministère de l'Environnement, la Régie du bâtiment, avec
toute l'expertise et tout le mérite qu'elle a, n'a pas l'expertise pour traiter
de ces enjeux-là. Elle est au ministère de l'Environnement, cette expertise-là.
Donc, c'est la raison pour laquelle on parle d'un code du bâtiment durable, on parle d'une responsabilité qui revient au
ministère de l'Environnement, mais, naturellement, la Régie du bâtiment sera un
partenaire et est un partenaire de cette démarche-là. La dernière chose que
l'on souhaite, c'est de complexifier le travail
de celles et ceux qui veulent développer des projets, notamment résidentiels.
Donc, on peut voir le code du bâtiment durable comme une composante du
code du bâtiment. Et ultimement, et c'est ce qui a été répété ce matin aussi,
l'application de ce code-là pourra aussi être confiée... ce n'est pas encore
officialisé, mais c'est une hypothèse qui est bien
réelle, pourra être... pourrait être confiée directement à la Régie du bâtiment, pour éviter que les donneurs d'ordres aient une multiplication,
c'est-à-dire aient plusieurs interlocuteurs pour un même projet. Mais
l'expertise au niveau de la transition énergétique, l'expertise au niveau
environnemental, sinon même efficacité des bâtiments, elle n'est pas à la Régie
du bâtiment, qui s'occupe davantage
de sécurité des ouvrages, qui s'occupe de la qualité des ouvrages. Donc, c'est
pour s'assurer, là, que l'expertise, la bonne expertise soit développée et mise
de l'avant. Mais loin de nous l'intention
de dire : On veut complexifier la tâche de ces promoteurs, là, qui nous
aiderons à mettre sur le marché davantage de logements, d'habitations ou
sinon de bâtiments en général.
Donc, c'est les trois
éléments qui nécessitaient peut-être une petite précision de ma part. Si vous
souhaitez intervenir par rapport à ces précisions-là, vous êtes tout à fait
libres et invités à le faire. Sinon, j'ai mes collègues qui auraient davantage
des questions plus précises, là, pour vous.
Mme Lauzon
(Hélène) : Merci, M. le ministre. Moi, je n'ai pas de question
additionnelle pour clarification. Je ne sais pas si mes collègues, vous en
avez.
Une voix : Non.
Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) : Bon.
Bien, formidable. Nous allons poursuivre les échanges. D'abord, avec la
députée d'Iberville. Vous disposez de 7 min 40 s.
Mme Bogemans :
Bonjour. Premièrement, moi, la
façon dont je vous perçois, le conseil patronal, c'est vraiment comme des
partenaires pour pouvoir arriver à atteindre nos objectifs, comme étant les
grands propriétaires, justement, des bâtiments qu'on veut améliorer la
performance énergétique. Puis je voulais voir votre opinion sur la mise en
place du système de cotation dont on parle dans le projet de loi.
Est-ce
que vous trouvez que c'est significatif pour l'amélioration du bilan de GES
pour le secteur du bâtiment? Puis quels secteurs on devrait couvrir?
Mme Lauzon (Hélène) : Bien,
dans un... je vais intervenir, dans un premier temps, si vous me permettez,
puis je pense que mes collègues vont vouloir aussi intervenir.
C'est un aspect
positif parce que ça met de la pression, c'est certain, ça met de la pression
pour améliorer sa cote, sa cotation. La préoccupation que nous avons par
rapport à la cotation, c'est que, s'il y a une cote qui apparaît dans un
registre, qui n'est pas contextualisée, bien, que ça vienne stigmatiser
certains bâtiments. Donc, oui, c'est un avantage pour améliorer, mais c'est
aussi un désavantage pour, éventuellement, sur le marché, des bâtiments qui
vont perdre de la valeur. Je ne pense pas que ce soit ça, l'objectif
gouvernemental, c'est vraiment d'améliorer la performance environnementale et
énergétique des bâtiments. Donc, on le voit d'un positif... d'un oeil positif,
mais avec aussi cette réserve de nécessité de
mise en contexte, là, lorsque nous inscrivons des renseignements sur le
registre.
Mme
Bogemans : Quand vous parlez de stigmatisation de certains bâtiments,
vous parlez des bâtiments plus vieux dont vous faisiez allusion plus tôt dans
la présentation, par exemple?
Mme Lauzon
(Hélène) : Oui, je pense que ça, c'est effectivement un risque. Quand
vous me disiez quels bâtiments on voit... On
a pu voir, de l'analyse d'impact, que vous iriez par les... Au départ, je pense
que vous souhaitez viser les plus gros bâtiments, les bâtiments
multilogements, mais c'est vrai qu'il y a des plus vieux bâtiments. Ça ne sera pas nécessairement possible de savoir quels
sont les matériaux qui ont été utilisés, l'information n'est plus accessible,
et puis ces bâtiments-là risquent d'avoir
une cote énergétique plutôt élevée. Je ne sais pas si ça va être élevé ou bas,
selon le vocabulaire qu'on utilisera. Mais oui, une cote pourrait
dévaluer certains bâtiments. Je ne sais pas si Me Dulude...
Mme
Bogemans : Ça allait directement à ma prochaine question, là, le lien
que vous venez de faire. Tu sais, justement,
compte tenu de cette réalité-là, qu'est-ce que vous mettez de l'avant pour ces
bâtiments-là, qu'on puisse bien les
encadrer, bien les accompagner, pour que leurs cotes soient justes, ou si,
justement, il y a des changements majeurs à faire, quel genre de mesures
on pourrait mettre?
Mme Lauzon (Hélène) : Bien, si vous me
permettez, je vais demander à mon collègue Me Dulude de prendre la
parole.
M. Dulude (Olivier) :
Merci beaucoup. Effectivement, au niveau de la contextualisation, c'est de
permettre finalement à un propriétaire d'un bâtiment qui peut être plus âgé ou
dont la consommation énergétique peut provenir non pas du bâtiment lui-même,
mais peut-être du procédé qui s'y passe ou de l'activité qui s'y déroule, de
pouvoir expliquer, justement, de mettre en contexte pourquoi une performance
environnementale ou énergétique peut être un peu
moins bonne qu'un bâtiment similaire, mais, bon, peut-être, ça, ça peut
s'expliquer effectivement lorsque le bâtiment est plus vieux, peut-être qu'il y a des travaux qui ont été... qui
sont... qui sont prévus pour améliorer la performance. Donc, c'est le
genre d'information qui permettrait, justement, aux personnes et au public qui
consultent le registre d'avoir une information qui est plus complète.
Mme Bogemans :
Mais comment bien accompagner,
justement, ceux qui ont des moins bonnes cotes? Parce que l'objectif, vous
l'avez dit, c'est de mettre une pression puis d'amener tout le monde par en
haut. Quel genre de système ou d'appuis on pourrait mettre pour être capables
de bien supporter les propriétaires dans ces changements majeurs là?
Mme Lauzon
(Hélène) : Des mesures d'amélioration d'efficacité énergétique, ça,
c'est certain. Il existe des programmes, mais je pense qu'il faudrait continuer
à s'assurer que les entreprises connaissent bien ces programmes, de faire de
l'éducation, ce que nous faisons beaucoup, hein, au sein de notre organisation,
pour que nos entreprises intègrent les
mesures en efficacité énergétique, qu'elles puissent comprendre quel est
l'impact de l'efficacité énergétique, en quoi ça peut améliorer non
seulement leur cote, mais leur performance environnementale aussi.
Mme
Bogemans : Parfait. Est-ce que vous voyez un lien similaire, quand on
parlait de mauvaises cotes ou de cotes moins adaptées, par rapport aux vieux
bâtiments, mais aussi tout simplement aux régions éloignées, donc aux régions
qui n'ont pas nécessairement le même accès aux ressources, par exemple, qu'en
ville?
Mme Lauzon
(Hélène) : C'est une bonne question. On ne se l'est pas... on ne s'est
pas posé cette question, elle n'a pas été
non plus soulevée lors de nos réunions de comité à ce sujet, mais ça peut être
effectivement une bonne question à
regarder, à tout le moins, dans l'analyse réglementaire pour savoir :
Est-ce qu'il y a des cotations différentes selon les régions en raison
de leur accès à certaines sources d'énergie, peut-être? Je ne le sais pas, moi.
Vous me posez la question, mais c'est une bonne question à avoir.
• (17 h 30) •
Mme Bogemans :
Est-ce que vous avez justement
des suggestions en matière d'autonomie, ou une autonomie partielle des
grands bâtiments, au niveau énergétique, là, bien entendu, là, qui pourraient
être mises de l'avant par... conjointement,
là, par notre gouvernement, mais pour lesquelles les grands propriétaires
pourraient faire une différence?
Mme Lauzon
(Hélène) : Est-ce que je peux demander à mon collègue Louis-Philippe
Lefebvre d'intervenir?
M. Lefebvre
(Louis-Philippe) : Excusez-moi. En fait, on n'a pas de... La
réflexion, elle n'est pas très poussée à ce niveau-là, mais c'est une autre
question, là, qu'on pourrait regarder.
Mme Lauzon
(Hélène) : Mais, pour l'autonomie, on peut penser à des projets de...
d'éoliennes. On le sait, en région, là...
Comment s'appelle cette entreprise de... donc, dans le Nord qui fonctionne avec
des éoliennes? Ils se sont dotés de
nouvelles sources d'énergie renouvelable. Je pense que toutes ces sources-là
peuvent être analysées pour qu'on puisse parler d'efficacité énergétique
aussi.
Mme Bogemans : Oui, exactement. Mais
moi, je voulais dire, dans le sens, pour les propulser, mais on parlait de partenariat en ouverture. Quel genre de
mesures on pourrait mettre de l'avant, par exemple, pour les nouveaux
bâtiments pour inciter les gens à construire avec une partie autonome des
bâtiments? Qu'une partie des bâtiments, dans le fond, qu'ils projettent soient
autonomes.
Mme Lauzon (Hélène) : Autonomes sur
le plan énergétique?
Mme Bogemans : Énergétique, oui.
Mme Lauzon
(Hélène) : Comment ils pourraient... Ça, c'est une question
technique, je ne serais pas en mesure de répondre. Je ne sais pas si mes
collègues ont une réponse. Moi, je n'en ai pas.
Mme
Bogemans : ...partie des discussions fréquentes, là, dans
votre groupe d'entreprises? Donc, ce n'est pas un souci à court terme
des entreprises?
Mme Lauzon (Hélène) : Non, pas
encore, ça n'a pas été porté à notre attention.
M. Dulude (Olivier) : Peut-être, si
je peux me permettre, il y a les questions de synergie et d'écologie industrielle. On peut... on pourrait par exemple
réutiliser de la chaleur d'une entreprise vers une autre, qui sont localisées
proche l'une de l'autre, par exemple, ou réutiliser la chaleur issue d'un
procédé pour chauffer une partie du bâtiment. J'imagine, c'est le genre de
choses qui s'explorent. Mais effectivement, au niveau de l'expertise pour des
solutions techniques, là, on n'est peut-être pas les meilleurs intervenants
pour répondre à la question.
Mme Bogemans : Parfait.
M. Lefebvre (Louis-Philippe) : Effectivement,
là. J'ai constaté aussi que vous procédez présentement à des réflexions en ce qui concerne la valorisation des
rejets thermiques. Donc, c'est le genre de choses qu'on... pourraient être
mises de l'avant, là, pour ce qui est de l'autonomie des bâtiments, ou sinon
les méthodes de construction.
Encore là, nous, on n'est pas des experts
techniques, mais il y a plusieurs...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Désolée de vous couper, nous allons poursuivre. Mais, juste avant de poursuivre avec le prochain groupe,
y a-t-il consentement pour que la députée de Notre-Dame-de-Grâce remplace le député de Nelligan pour le reste
de la séance?
Des voix : Consentement.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci beaucoup. Alors, je cède la parole à
l'opposition officielle. Mme la députée de Mille-Îles, vous disposez de
10 min 52 s.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, d'abord, merci à vous pour votre exposé.
Écoutez, j'ai des questions, là, concernant des
éléments que vous avez mentionnés dans votre mémoire, et je n'ai pas souvenir, là, que vous en ayez parlé, là,
notamment la page 6, vous parlez d'exemption, qu'on devrait prévoir
une exemption pour les entreprises, dans le fond, ou les... dont l'énergie
consommée dans le bâtiment est liée à l'activité. Donc, j'aimerais vous
entendre davantage, là, sur cette demande d'exemption que vous faites.
Mme Lauzon (Hélène) : Oui. Bon.
L'activité qui est exercée dans un bâtiment, puis on peut donner comme exemple,
là, les grands émetteurs, les grands émetteurs vont avoir un procédé
industriel, ce procédé industriel va contraindre les entreprises à déclarer
leurs émissions de contaminants. C'est le procédé industriel lui-même qui va contribuer à des émissions de contaminants, donc
c'est ce procédé-là qui, éventuellement, va avoir une performance... pas une performance, mais qui n'est pas celui qui
va influencer la cotation ou la performance énergétique du bâtiment.
L'activité elle-même, elle est différente du bâtiment lui-même. Donc, le
bâtiment peut être chauffé d'une certaine façon,
mais le procédé industriel utilisé est autre. Donc, c'est ce qu'on veut dire.
Puis l'exemple qu'on donne dans notre mémoire,
qui est utilisé dans la réglementation ontarienne, ce sont les centres de
données. Les centres de données génèrent de... bien sûr de l'énergie, beaucoup d'énergie, mais ce n'est pas le
bâtiment lui-même, c'est l'activité exercée à l'intérieur du bâtiment.
Mme
Dufour : Est-ce que, dans un cas comme ça, en Ontario, on
mesure tout de même l'énergie consommée par l'enveloppe du bâtiment, ou c'est
une... une exemption totale, et donc ils ne sont tout simplement pas couverts
par le registre là-bas?
Mme Lauzon
(Hélène) : Est-ce que... Je ne sais pas si mes collègues... Moi, à ma
connaissance, ce n'est pas une exemption totale, là, mais je me retourne vers
mes collègues.
M. Dulude (Olivier) : Effectivement,
là, je suis en train de consulter le règlement lui-même. Peut-être que
l'exemption est pour l'ensemble du bâtiment, ou peut être seulement pour le
volet activités. Mais rien ne nous empêche d'avoir un règlement qui n'est pas
exactement aligné sur l'Ontario de toute façon, là. Mais l'essentiel, dans le commentaire, effectivement, c'est que le
procédé lui-même doit être distingué de l'enveloppe du bâtiment. Parce que,
notamment, quand on pense aux grands
émetteurs, bien, ils sont déjà... le procédé est déjà encadré sur le plan environnemental, par exemple par le marché du
carbone. Quand on veut s'intéresser à l'efficacité énergétique d'un procédé,
il existe des programmes comme ÉcoPerformance qui s'intéresse à l'efficacité du
procédé. Donc, notre commentaire est
simplement l'effet que, si on adopte un projet de loi sur le... sur le
bâtiment, il faut peut-être conserver cette portée-là.
Mme Dufour : Parfait. Merci. Vous
mentionnez également, en page 8 de votre mémoire, que les données
pourraient révéler des secrets industriels, là, puis je pense que ça va dans la
même ligne que ce qu'on parlait maintenant,
et là que... C'est ça, je voudrais vous entendre davantage sur ça, mais aussi
le mécanisme que vous voyez en cas de désaccord sur le caractère public
de l'information.
Mme Lauzon (Hélène) : C'est que les
renseignements qu'on pourrait éventuellement retrouver au registre, portant sur le type d'énergie, la quantité d'énergie
utilisée, bien, ça peut révéler de l'information privilégiée par rapport à
des concurrents, la quantité d'énergie exactement utilisée. Donc, plutôt que
d'avoir des renseignements aussi précis dans
le registre, bien, ça prendrait plutôt des renseignements qui vont donner de
l'information plus large sur la fourchette d'énergie utilisée plutôt
que... Alors, ces renseignements-là, lorsqu'on les divulgue trop... de façon
trop précise, bien, ça donne de l'information à la concurrence, d'où la nécessité
de protéger ces secrets commerciaux et industriels.
Puis la façon de le prévoir, c'est de prévoir un
mécanisme qui dirait : Bon, bien, je vais déclarer mes émissions, je vais les... je vais envoyer mes
renseignements au ministre, mais je vais lui dire que certains d'entre eux
doivent être protégés. Je vais demander de les caviarder ou je vais
demander... On retrouve ce mécanisme-là dans la Loi sur la qualité de l'environnement
pour protéger les secrets industriels et commerciaux. Mais là ce serait la même
chose qu'on importerait, là, dans cette... dans ce... dans cette loi-là
pour protéger les secrets industriels et commerciaux, demander que ces
secrets-là ne soient pas divulgués ou affichés sur le registre. Donc, c'est
une... c'est d'autres informations, la plupart...
ce serait plutôt... plutôt que de dire «on va les caviarder», ce serait
peut-être de faire en sorte que, dans le projet de loi, on... ou dans le projet
de règlement éventuel, qu'on fasse attention que ce ne soit pas trop précis
pour protéger ces secrets-là des entreprises.
Mme Dufour : Donc, je comprends que
la l'information exacte pourrait être transmise, mais que le registre public,
lui, ferait seulement pour ce... que votre souhait, c'est que ce soit seulement
une fourchette qui apparaisse.
Mme Lauzon (Hélène) : Oui.
Mme Dufour : Mais que l'information
exacte pourrait être transmise.
Mme Lauzon (Hélène) : Oui.
Mme Dufour : Est-ce que vous avez
des exemples de cas où est-ce que la consommation d'énergie pourrait donner des
informations sur un procédé, là?
M. Lefebvre (Louis-Philippe) : En
fait, ce serait... Pardon, Hélène.
Mme Lauzon (Hélène) : Non, vas-y,
vas-y, je te...
M. Lefebvre (Louis-Philippe) : Donc,
oui, ce serait dans le cas où des entreprises oeuvrant dans le même secteur, où, pour la plupart, les... les recettes,
les procédés industriels sont les mêmes. Donc, une entreprise peut... peut estimer, par exemple, la production de sa
concurrente sur la base des déclarations en matière de consommation d'énergie, puisqu'elle
a grosso modo les mêmes... le même procédé, donc les mêmes... la même
consommation pour chaque unité de
production. Donc, c'est dans ces cas-là où il y a... il y a une... il pourrait
y avoir une concurrence assez forte dans un secteur industriel. Il y
aurait des informations confidentielles qui pourraient être déduites, là, du
simple fait que la... les données sur la consommation énergétique sont
publiées.
Mme Dufour : Merci de la précision.
Les... vous avez mentionné aussi les matériaux utilisés pour la construction de bâtiments existants, là. Ça peut
être... ça peut être difficile, les retrouver. Puis c'est la même... c'est le même
cas, là, pour les propriétaires d'immeubles résidentiels, là, d'un certain âge.
Donc, est-ce que vous avez estimé les coûts que ça pourrait représenter si on
vous exigeait cette information-là?
• (17 h 40) •
Mme Lauzon
(Hélène) : Non, normalement, ce que l'on fait, c'est qu'on
serait en mesure de mieux connaître les coûts lorsque le projet de
règlement... ou lorsqu'on discute en co-création du projet de règlement... Mais
à cette étape-ci, on sait très bien que, si c'est un
immeuble de 1920, les coûts seront astronomiques pour essayer de retracer cette information-là, donc ce n'est pas... ce
n'est pas approprié, c'est préférable de se concentrer sur les bâtiments neufs
ou ceux qui auront fait l'objet de rénovations majeures.
Mme Dufour : Parfait, merci. Puis,
est-ce que vous avez évalué les coûts tout court de ce que ça pourrait représenter une mise aux normes de bâtiments, là,
une fourchette, là? Est-ce que c'est quelque chose que vos membres ont
regardé? Est-ce que c'est une inquiétude qu'ils vous ont partagée avec vous?
Mme Lauzon (Hélène) : Non, pas avec
nous, mais, tu sais, on sait par exemple, d'intégrer des gicleurs dans un
bâtiment, là, c'est une question de millions de dollars, c'est... pour un vieux
bâtiment. Donc, ça veut dire que, pour une
question de performance énergétique, c'est la même chose, c'est changer le
système d'énergie, c'est changer les appareils un peu partout. Alors, c'est
assez... mais on ne le sait pas. Alors, l'analyse n'a pas encore été effectuée.
Mme Dufour : Et, à ce moment-là, un
programme... est-ce que vous pensez qu'un programme provincial devrait soutenir
les entreprises dans cette transition-là, si elles étaient obligées de faire
cette transition-là?
Mme Lauzon (Hélène) : Oui, parce que
les vieux...
Mme Dufour : Puis, selon vous, ce
serait un programme... Pour qu'il soit acceptable et efficace, ce serait un
programme qui... qui offrirait, par exemple, un... quel pourcentage de soutien
financier par rapport aux coûts?
Mme Lauzon (Hélène) : Il va falloir
qu'on vous revienne. Je ne sais pas, parce que, pour être honnête, ça n'a pas
été une discussion au sein de nos membres. Donc, pour... ce serait préférable
de vous revenir plutôt que... et d'évoquer un chiffre.
Mme Dufour : Parfait. Dernière
question. Le code de construction qui est en élaboration, là, que vous avez
mentionné, qui est basé sur le code de... canadien, là, de 2020...
Mme Lauzon
(Hélène) : De 2015, de 2015, parce qu'on voudrait qu'il soit
basé sur 2020, mais là, en ce moment, il est basé sur 2015, le Code de
construction du Québec.
Mme Dufour : Oui, puis le prochain,
celui qui est en élaboration, lui va être basé sur le code de 2020, c'est... si
je vous ai bien comprise.
Mme Lauzon (Hélène) : C'est ça.
Mme Dufour : Mais là, à ce
moment-là, on nous a... on nous disait, l'APCHQ, plus tôt, nous mentionnait
qu'il y avait un autre code qui était en discussion au niveau canadien. Et donc
ce que je comprends, c'est qu'on serait encore
en retard, même... tu sais, est-ce que... est-ce que d'abord vous faites...
participez à ces échanges-là? Puis est-ce que vous pensez, là, que... que ce serait judicieux que ce soit une
seule et même instance qui élabore tout ce code-là pour qu'on soit
alignés avec le code canadien?
Mme Lauzon (Hélène) : Je...
je douterais que ça puisse être possible, parce que nous le voyons dans
d'autres domaines, puis le Québec tient à sa compétence, à exercer sa
compétence. Donc, je ne pense pas que le Québec renoncerait à sa compétence, il
veut pouvoir avoir son propre code de construction. Puis, par contre, ce qu'ils
font, c'est qu'ils intègrent par voie de renvoi les dispositions du code
national qu'on retrouve au niveau canadien. C'est... Est-ce que c'était cela
votre question?
Mme Dufour : En fait, c'était
vraiment... parce que, là, actuellement, on s'enlignerait avec le RBQ et le ministère de l'Environnement, qui feraient deux
codes, peut-être, même s'ils seraient peut-être dans un même document, mais ce serait quand même deux instances, là.
Est-ce que vous pensez que c'est... il y aurait intérêt à ce que ce soit
intégré, que la... Oui?
Mme Lauzon
(Hélène) : Bien oui, il faudrait. Idéalement, là, il faut que
ce soit arrimé. Ça, c'est certain que c'est une grande préoccupation, là, chez
les entreprises. Il faut que ce soit arrimé. Il ne faut pas qu'il y ait de
contradiction. Et puis il faut que ce code-là soit le plus à jour
possible. Quand vous disiez, bien, il y a une autre version au niveau national
qui est en élaboration, bien là, si on est encore en retard, bien, ça... ça
fait en sorte que nos entreprises qui sont
dans le domaine de la construction sont aussi en retard, ce qui n'est jamais
bien. Donc, oui, un arrimage pour... pour éviter les contradictions un
peu à l'échelle provinciale.
Mme Dufour : ...
La
Présidente (Mme Maccarone) : Et merci. Nous allons poursuivre les échanges avec
la deuxième opposition. Mme la députée de Verdun, vous disposez de
3 min 38 s.
Mme Zaga Mendez : Merci,
Mme la Présidente. Merci, Mme Lauzon, M. Dulude et M. Lefebvre,
pour votre présentation. Moi, j'ai une question assez précise pour commencer.
Dans la dernière page de votre rapport, le point
8b, vous êtes assez précis sur le fait que vous souhaitez que le règlement
d'application du PL 41 remplace à terme le règlement de la ville de Montréal. Donc, je voulais vous entendre un
peu plus là-dessus. À quoi faites-vous référence? Pourquoi vous tenez
absolument à ce remplacement?
Mme Lauzon (Hélène) : Oui. Bien,
c'est une très bonne question. Le règlement de la ville de Montréal porte sur
la divulgation et la cotation énergétique des bâtiments, puis il entre en
vigueur progressivement, là, puis il y a les bâtiments qui... il y a d'autres
nouveaux bâtiments qui sont visés depuis le 1er janvier. Au Québec, on
parle de déclaration obligatoire, puis on a aussi des cotes énergétiques,
éventuellement.
Ce que ça fait, c'est que — on le
voit dans d'autres dossiers, malheureusement — la ville de Montréal adopte
de la réglementation qui fait en sorte que nos entreprises se retrouvent avec
un régime applicable sur le territoire de la
ville de Montréal, un régime provincial. Et c'est... pour nous, c'est pour ça
que l'article 118.3.3 de la Loi
sur la qualité de l'environnement est si important, parce qu'il joue un
rempart contre d'éventuels règlements qui seraient adoptés un peu partout au
Québec par différentes municipalités.
Bon. Là, à ma connaissance, il n'y en a pas
d'autre. Il y a celui de la ville de Montréal, mais comme on prévoit, dans le projet de loi, qu'il est possible
de révoquer un règlement qui existe sur le même objet, parce que c'est l'esprit
de l'article 118.3.3 de la Loi sur la qualité de l'environnement aussi...
bien, comme on prévoit qu'il est possible de le révoquer, bien, nous, ce que
nous croyons, c'est qu'il serait bien de révoquer le règlement de la ville de
Montréal, lorsque le projet de loi et la réglementation seront en place, pour
nous assurer qu'il y a un seul projet de...
un seul règlement. Nos entreprises qui oeuvrent dans le domaine, du domaine de
la construction, nous ont dit : On se retrouve avec une panoplie de
règlements municipals, puis c'est très difficile de s'ajuster, de développer
des nouveaux matériaux, parce qu'il y a une réglementation municipale éparse à
travers le Québec. Donc, c'est important d'avoir une seule réglementation
provinciale, selon nous.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Mme Lauzon (Hélène) : Je ne sais pas
si...
Mme Zaga
Mendez : Oui, peut-être rapidement, donc, je comprends
bien, je comprends mieux votre énoncé. Ça
fait que ce ne serait pas seulement dans le thème de techniques de
construction, mais ce serait aussi pour l'approvisionnement en énergie.
Est-ce que vous faites référence à cela aussi?
Mme Lauzon (Hélène) : Oui, oui, tout
ce qui... tout ce qui, éventuellement, se retrouverait dans le projet de loi et
dans le... dans la loi et le règlement devrait être de compétence provinciale,
et donc toutes les municipalités qui auraient adopté des règlements en ce sens,
quant à nous... devraient être révoqués, éventuellement, s'ils ont été adoptés
ou approuvés par le ministre.
Mme Zaga Mendez : Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Alors, Mme Lauzon, M. Lefebvre et M. Dulude, merci
beaucoup pour votre contribution ici, à notre commission.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants afin que l'on puisse accueillir le prochain groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 47)
(Reprise à 17 h 49)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, nous reprenons nos travaux, et je souhaite la bienvenue aux
représentants du Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique.
Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour faire votre exposé, après quoi nous procéderons aux périodes d'échange
avec les membres de la commission. Alors, je vous invite donc à vous
présenter et puis commencer votre exposé.
Conseil québécois des
entreprises en
efficacité énergétique (CQ3E)
M. Dussault (François) : Oui, alors,
bonjour. Merci de nous accueillir. Mon nom est François Dussault. Je suis le
président en exercice de l'association, du Conseil québécois des entreprises en
efficacité énergétique. Je suis accompagné de deux membres, donc Michel Méthot,
qui est notre vice-président, et Geneviève Gauthier, qui est une membre de
l'association et qui nous... qui nous accompagne aujourd'hui.
Est-ce que j'enchaîne ou...
• (17 h 50) •
La
Présidente (Mme Maccarone) : Oui, continuez, s'il vous plaît. Le temps
est à vous.
M. Dussault (François) : Oui, oui. Bon, parfait.
Merci. Alors, bien, tout d'abord, je voudrais prendre quelques instants
pour présenter un peu, nous cadrer un peu le CQ3E dans cette discussion-ci.
Alors, le CQ3E, c'est une association qui se caractérise par le fait que nous
sommes des entreprises qui sommes... sommes des fournisseurs de solutions, de
services, de produits dans le domaine de l'efficacité énergétique,
particulièrement dans le domaine du bâtiment. Donc, on est vraiment une
association de professionnels qui agissons sur le terrain dans la réalisation
de projets. On a été fondés en 2019 et on a eu l'occasion de prendre la parole
sur différents sujets au fil du temps. Et maintenant, bien, on est contents de
voir que notre opinion est suffisamment pertinente pour... ou utile pour être
invités à une... à une commission parlementaire comme celle-ci. Donc, on vous
en remercie.
Je
tiens à dire que ce projet de loi là est un projet de loi que... de notre côté,
était attendu. On a eu l'occasion de participer à des échanges, des tables
rondes, des discussions dans le passé avec différents organismes gouvernementaux
pour donner notre opinion et participer à des échanges. Donc, vous ne serez
peut-être pas surpris de m'entendre dire que notre positionnement général est
favorable et même très favorable à l'introduction de cette loi. Nous sommes
d'avis qu'on est rendus là et même on est peut-être même en retard, mais on est
rendus là dans le déroulement de... du processus de décarbonation de notre parc
immobilier au Québec.
Et, en fait, je tiens
à dire qu'au mois de septembre dernier le CQ3E a publié un manifeste que vous
avez... si vous allez sur notre site, vous aurez l'occasion de le consulter, si
ce n'est pas déjà fait. Et vous verrez que notre positionnement se fonde sur trois piliers fondamentaux et indissociables
dans la démarche de décarbonation, qui sont la réduction des besoins
énergétiques d'abord et avant tout, l'électrification au moyen des bonnes
technologies et la gestion de la demande de pointes électriques, parce qu'on
est très conscients sur le terrain de ces enjeux-là de pointes électriques.
Donc, ces trois piliers indissociables là sont accompagnés de recommandations,
et il y en a une qui était précisément d'accélérer la mise en oeuvre de
systèmes de cotation et divulgation publique de la performance et des émissions
des bâtiments. Donc, on ne peut pas être plus dans le sujet d'aujourd'hui.
Alors, on va parler
rapidement de nos différentes recommandations. Il y en a... il y en a quatre.
Il y en a une cinquième qui est plus une recommandation avec... à caractère
plus réglementaire que sur la loi elle-même, là, mais on va quand même les
aborder rapidement.
Alors,
la première, c'est... aussi favorables qu'on puisse être à l'introduction de
cette loi-là, c'est qu'on trouve qu'elle manque de clarté sur son
intention finale, c'est-à-dire qu'on parle de collecter de l'information, de
produire des cotes, mais on ne dit pas trop pourquoi on fait ça puis à quoi ça
va servir. Alors, je ne sais pas si... si la façon de faire, ce serait de...
d'y aller avec des «attendu que» ou avec des... un texte introductif un peu
plus précis, un peu plus développé, mais, si on ne veut pas susciter une levée
de boucliers de gens qui s'opposent à l'introduction de ce système-là de
divulgation et cotation, il faut que l'intention finale soit mieux exprimée. Et
il faut aussi dire qu'est-ce qui va être exprimé, parce qu'il y a la notion de
performance environnementale ou de performance énergétique. La performance
environnementale est très englobante, peut impliquer beaucoup d'éléments, et
puis peut-être qu'on s'éparpille. Il faut
peut-être parler de performance énergétique, parce qu'ultimement c'est ça qu'on
veut gérer, c'est... avec ce... ce
système de divulgation, cotation là, c'est de connaître mieux les intensités
énergétiques, les taux d'émission de
gaz à effet de serre des bâtiments et les effets sur la... l'appel de puissance
de pointe. Donc, il faudrait être un peu plus clair dans l'expression de
l'intention finale puis dans cette... ce genre de définition là.
Maintenant, on a...
les deux suivantes, les deux autres recommandations, je vais demander à
Geneviève de... d'enchaîner puis d'y aller avec ses commentaires.
Mme Gauthier
(Geneviève) : Merci, François. Bonjour, Mme la Présidente, et
messieurs dames les députés. Donc, on va y aller rondement sur les autres, pour
respecter le temps, les autres recommandations.
Donc, la deuxième est
de définir plus clairement les concepts de norme et de cote. Et puis, si vous
avez des questions, on pourra répondre à tout ça, mais, dans... ça suit les...
le propos de M. Dussault dans l'intention de la loi, qui touche... qui
semble toucher plusieurs aspects de l'environnement, l'énergie, tout ça. Aussi,
même au niveau de la nomenclature, de la
terminologie utilisée, on parle de normes qui pourraient inclure des cotes et
des normes. Puis, dans le langage de... réglementaire, au niveau de la
performance des bâtiments, ça veut dire des choses complètement différentes.
Donc, je ne veux pas m'éparpiller là-dessus, on pourra répondre à des
questions, mais c'est sûr que, si on...
l'objectif, c'est d'amener de la prévisibilité auprès de ceux qui auront à se
conformer à cette loi-là, il est difficile d'en comprendre exactement les intentions. Donc, il y a un travail de
terminologie. Je vais terminer ça pour la deuxième.
Je vais aller tout de
suite à la troisième recommandation, par souci de temps. Donc, on a certaines
recommandations sur la précision de la portée de la déclaration obligatoire puis
on va faire un lien rapidement avec les autres juridictions. Donc, en Amérique
du Nord, on va se concentrer sur l'Amérique du Nord pour le moment, là, vous
n'êtes pas sans savoir qu'il y a d'autres provinces, d'autres États, d'autres
villes, au Canada, aux États-Unis, qui ont adopté ce genre de réglementation là
de divulgation obligatoire et de cotation. Je dirais qu'en Amérique du Nord
c'est surtout des seuils d'émission qui est la façon de faire, dire : Bon,
vous êtes un bâtiment commercial, vous ne dépassez pas tel seuil d'émission par
pieds carrés, donc ici, on y va plutôt du côté cotation.
Il y a différents...
différentes choses qu'on peut apprendre de ces réglementations-là, qui ont été
faites ailleurs, il y a différentes choses qu'on peut apprendre sur... du Défi
énergie en immobilier, qui était un système de divulgation volontaire au
Québec, donc dans un terrain québécois, notamment, la première, sur la qualité
de l'information divulguée. Donc, ce n'est pas parce que... surtout que cette
information-là va servir à établir des cotes. On sait très pertinemment que ce n'est pas tous
les propriétaires qui ont les connaissances, l'expertise ou les ressources
financières pour remplir ce type de formulaire là et surtout de bien les
remplir. Quand on parle d'utiliser cette information-là pour remplir une cote,
ça peut avoir un impact assez important.
Si je fais du
parallèle avec d'autres juridictions comme New York, Boston, San Francisco,
Denver, qui ont fait ce type de réglementation là, donc c'est demandé que
l'information soit toujours validée ou remplie par des professionnels
certifiés, qui peuvent être des ingénieurs, des technologues, des architectes.
Donc, la première est sur la qualité des données, qui est une première
préoccupation qu'on amène. La deuxième, c'est de limiter le fardeau de la
divulgation pour les petits propriétaires. Il y a des grands propriétaires
immobiliers qui auront les ressources pour s'y conformer assez facilement ou
devraient les avoir, du moins. On sait qu'il y a quand même beaucoup de
propriétaires pour lesquels ça peut être assez difficile. Puis là on parle du
vécu, que, pour eux, ramasser des factures, ses informations, peut être assez
difficile. Donc, à l'instar de d'autres juridictions en Amérique du Nord, on
recommanderait à ce que les dispositions de cette loi-là et les règlements qui
suivront soient accompagnés de programmes facilitants, d'assistance technique,
financière, ou autres, pour aider les plus petits à se conformer, puis qu'il n'y ait pas un fardeau qui soit trop grand,
mais qu'il y ait une meilleure aussi... une meilleure acceptation de la loi.
Je vais enchaîner
avec le dernier point, pour cette troisième recommandation là, avant de passer
la parole à M. Méthot. Sur la priorisation et hiérarchisation des informations
à divulguer, donc, dans les autres juridictions... par exemple, là, M. Dussault disait : On est, dans une certaine
limite, en retard, beaucoup de villes, notamment New York, ça fait une
quinzaine d'années qu'ils ont ce type de système là, de... eux, c'est des
seuils, là, mais le principe de divulguer puis d'atteindre certaines
performances. Tout de suite après ou souvent en même temps que ces lois-là
étaient adoptées, il y avait des demandes de faire des audits énergétiques.
Puis là, on va faire
le point sur la mission du CQ3E, qui est d'arriver à des résultats. Puis, quand
on parlait de l'intention, on n'entend pas bien l'intention de résultat dans
cette loi-là. Pour générer, pour que la cote génère des actions de
décarbonation, il y aurait deux chemins, celui de dire : Il y a un seuil,
si vous ne l'atteignez pas, il y a une pénalité financière importante. Mais je
vais faire un parallèle avec l'école, si on a un F à la fin de l'année, donc on
ne sait pas en quelle matière, on ne sait
pas qu'est-ce qu'il faut utiliser l'été pour passer notre année, on ne va pas
étudier. Donc, ce qu'on dit, c'est qu'il faudrait peut-être aussi, comme
dans d'autres... d'autres juridictions, demander des audits obligatoires aux
cinq ou 10 ans pour équiper les propriétaires à savoir comment améliorer
leur cote. Puis c'est des dispositions qui existent, là, dans les autres
juridictions. On parle de pénalités financières importantes, que vous pourrez
regarder, là, dans notre mémoire, dans les autres juridictions.
Puis je vais passer
la parole à M. Méthot sur l'aspect, là, de... vraiment de se dire qu'on
veut une loi... oui, divulguer, mais ne pas divulguer pour divulguer, mais on
veut une divulgation qui va amener à des actions, là, sur le terrain. Donc,
Michel, vas-y.
• (18 heures) •
M. Méthot
(Michel) : Très bien, je peux prendre la relève sur la recommandation
numéro 4, qui... qui demande, finalement, de miser davantage sur
l'obligation de résultat versus les moyens, à savoir publier une cote, et la divulguer, et l'afficher. Alors, on aimerait
qu'il y ait un peu plus de mordant dans la loi pour établir un peu la
trajectoire, la trajectoire d'amélioration, là, de la consommation
énergétique ou de l'impact environnemental, là, des immeubles.
On
n'est pas d'avis qu'une cote défavorable sera nécessairement un grand
appel à l'action pour faire bouger les propriétaires immobiliers. On aimerait
probablement essayer d'imbriquer, là, à l'intérieur du modèle, un audit, un
léger audit énergétique ou un bilan énergétique, là, qui permettrait à un
propriétaire immobilier d'avoir un léger... un léger livre de recettes, je dirais, à la suite de ce processus-là, qui
lui permettrait d'aller plus loin et d'apporter de l'éclairage, là, sur
ce qui peut être fait pour moderniser, là, son immeuble.
Geneviève vient de
parler également d'une périodicité. C'est sûr qu'un immeuble est quelque chose
de dynamique. Les technologies évoluent, les disponibilités énergétiques,
également, évoluent. Alors, une périodicité, au niveau d'un audit énergétique,
pourrait être également une bonne chose, là, à recommander.
On
sanctionne... bien, on peut commencer, la périodicité, ça va, on parle de
sanctions, également. Il y a beaucoup de sanctions qui sont amenées à
l'absence de divulgation, l'absence d'affichage. On aimerait que... également,
là, qu'il pourrait peut-être y avoir... sans
que ce soient des sanctions lourdes, mais à savoir un incitatif à agir, et à
réduire, également, et améliorer son profil énergétique, là, au niveau
de l'immeuble.
Et moduler aussi,
peut-être, moduler les sanctions en fonction de... peut-être du pied carré de
l'immeuble. C'est sûr que les grands propriétaires immobiliers ont un grand
impact lorsqu'ils prennent des actions directes. Les plus petits propriétaires immobiliers pourraient être grandement
pénalisés, là, si on appliquait des sanctions équivalentes, là, à tous à
ce moment-là. Et également, par rapport à l'écart, si on établit une cible,
également, que la cote soit comparée à une cible, par rapport à un écart de cote
aussi, la sanction pourrait être modulée également, là, en fonction de la
performance actuelle, là, des immeubles en jeu. Alors, je passerais la parole à
mon collègue François pour... pour conclure.
M. Dussault (François) : Je ne sais pas si... En
fait, on a déjà dépassé notre 10 minutes, là, mais on peut vous... y
aller avec les...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui, mais il n'y a aucun souci...
M. Dussault
(François) : Oui. OK. Bon...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...oui, il n'y a aucun souci, votre temps est
écoulé, mais le gouvernement vous a
quand même partagé un peu de leur temps, ça fait que merci pour votre exposé.
Nous allons passer aux échanges. Alors, M. le ministre, la parole est à
vous.
M.
Charette : Merci. Tout d'abord, merci à vous pour votre
intervention. Je vais être plutôt bref, de mon côté, pour permettre à un
collègue de prendre la relève, étant donné qu'il nous reste bien peu de temps.
J'ai bien noté votre interrogation, lorsque vous disiez, là, qu'il
manque de clarté sur l'intention finale. Il faut voir le projet de loi comme
étant un projet de loi habilitant qui donne des pouvoirs au ministre pour
les... pour dire... plutôt, le ministère, et ultimement ces obligations-là seront
précisées dans la réglementation. Donc, on se donne les pouvoirs pour ensuite
adopter une réglementation, et la réglementation va naturellement être
développée en partenariat avec différents acteurs,
avec les parties prenantes, et ensuite consultations publiques. Mais, pour ce
qui est des cibles précises, que ce soit en kilowattheure, que ce
soit... ce n'est pas le genre de détail qu'on peut inscrire dans le... dans le
projet de loi.
Et déjà peut-être vous rassurer, je voyais, dans
votre mémoire, là, que... que l'objectif ultime devrait être d'établir un lien entre kilowattheure d'énergie
dépensée et superficie. On s'en va vers ça. C'est le but de la réglementation
qui va être développée. Mais, encore là, c'est le degré de détail qu'on ne peut
pas inscrire dans une loi, mais bien dans la
réglementation. Donc, c'est une étape... ultérieure, mais, pour faire ça, il
faut avoir le pouvoir de le faire, et c'est ce que vient nous permettre
le projet de loi.
Donc, c'est le petit commentaire que je voulais
vous partager pour vous rassurer, mais le temps file définitivement trop
rapidement, et j'ai mon collègue qui va prendre la relève. Mais déjà je vous
remercie, là, pour votre présence avec nous en commission cet après-midi.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Alors, M. le député de Masson, la parole est à vous.
M. Lemay : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, bien content de vous avoir aujourd'hui. Merci pour votre
mémoire, très bien expliqué. Bien entendu, ce que je constate, c'est que,
plusieurs éléments, vous voudriez l'avoir inscrit directement dans la loi,
alors que nous, on a prévu ces éléments-là à travers les règlements. Donc... Mais je veux juste vous rassurer, là, qu'on est
sur la même longueur d'onde, là, qu'il n'y a pas de discordance entre ce
que vous avancez, là, puis ce qui est... ce
qui sera proposé, éventuellement, dans des règlements, là, qui viennent avec
le projet de loi. Je voulais juste vous rassurer de ce côté-là.
M.
Dussault (François) : On n'aurait pas d'autre occasion de s'exprimer que
dans une commission parlementaire, ça fait qu'on a peut-être touché à
des aspects réglementaires aussi. Désolé.
M. Lemay : C'est bon. Puis,
dites-moi, tu sais... puis j'aimerais juste... pour qu'on puisse l'avoir, là,
sur l'enregistrement, là, dans le fond, là, pourquoi que c'est important pour
vous, là, dans le fond, d'avoir... Tu sais, vous dites que vous êtes en faveur
d'un régime public, là, puis vous dites même qu'on devrait l'avoir dans les...
dans les meilleurs délais, vous le
mentionnez dans votre conclusion aussi. Tu sais, en quoi que c'est si
important? Puis qu'est-ce que vous
voudriez qu'on y retrouve? Parce que j'ai l'impression qu'il y a peut-être un
petit écart, là. Mais est-ce que vous avez des éléments plus spécifiques
que vous voudriez qu'on y retrouve? Et en quoi, pour vous, c'est si important
de le mettre en place rapidement?
M. Dussault (François) : Bien, nous,
on pense que le fait de connaître de l'information puis d'avoir des cotes, des échelles, des seuils, tout ça, c'est
des appels à l'action. Comme vous avez dit, c'est peut-être la réglementation
qui va entraîner les appels à... les actions concrètes, mais, quand on n'a pas
les connaissances puis quand on n'a pas la
littératie non plus, les... Les gens qui gèrent des immeubles, ils paient des
factures d'énergie puis ils ne se posent pas toujours les questions
qu'ils devraient se poser. Alors, on pense que le fait de développer une base
de données, une base de connaissances du parc immobilier au Québec, d'avoir la
possibilité de faire des comparaisons avec des cibles ou des comparaisons avec
des secteurs, c'est absolument gagnant dans la démarche de décarbonation.
Donc, oui, il y a un système de divulgation,
cotations. C'est aussi important que d'implanter des mesures concrètes de
remplacement d'équipements, ou de modernisation, ou de... Ça fait partie de
l'ensemble de l'oeuvre de la décarbonation.
Mme Gauthier (Geneviève) : Si tu
permets, François, je peux ajouter quelque chose.
M. Dussault (François) : Vas-y.
Mme Gauthier (Geneviève) : Ce qu'on
ne détecte pas dans la loi actuelle... puis vous direz : Ça fait partie
des pouvoirs qui sont... que la loi délègue au ministère, ce qu'on ne voit pas,
qu'on retrouve dans d'autres juridictions, c'est la possibilité pour le
gouvernement, par réglementation, après, d'exiger des audits énergétiques, par
exemple, si un bâtiment n'atteint pas une certaine cote. On ne le voit pas, ça.
On voit qu'il y a des dispositions punitives financières par rapport au
non-respect de la divulgation, par rapport au non-respect de l'affichage. On ne
voit pas de pouvoir habilitant au ministre qui lui permettrait de demander à ce
qu'un audit énergétique soit fait sur une cote. On ne voit pas non plus de
pouvoir habilitant, qu'il pourrait, éventuellement, dans plusieurs années,
dire : Si vous n'atteignez pas telle cote, eh bien, vous avez des
pénalités financières, par pieds carrés, du delta avec la cote attendue. Donc, ça, c'est... de notre... là, on n'est pas
des experts de ça, mais, de notre avis, ça ne fait pas partie... le pouvoir
n'est pas délégué dans la loi. Mais vous pouvez nous rassurer à cet effet-là
ou...
M. Lemay : Écoutez, je vais juste
référer à l'article, là. Je pense que c'est dans la loi édictée par le projet
de loi, à l'article 11, qu'on retrouve
ce pouvoir-là, dans le fond, qu'on mentionne, là, que le gouvernement peut, par
règlement, là, déterminer... oui. Dans le fond, ce serait pour... votre
point serait couvert par l'article 11 édicté de la loi, dans le projet de loi. Donc, c'est l'article 1 du
projet de loi, mais, dans le fond, dans l'article 1, il y a
l'article 11 de la loi édictée. Donc, c'est à cet endroit-là qu'on
le retrouverait.
Dites-moi, j'aimerais vous amener ailleurs
maintenant. Vous avez mentionné, tout à l'heure, vouloir qu'on bonifie de façon
substantielle les subventions pour justement permettre la réalisation de
l'efficacité énergétique de nos bâtiments
puis de la conversion des bâtiments actuels. Bien entendu, tu sais, on parle
d'investissements des CAPEX, souvent, versus les OPEX, là. Tu sais,
quand on est en opération, plus tard, on va avoir des économies substantielles sur la vie... de la durée de vie du bâtiment.
Avez-vous une idée ou une suggestion de véhicule financier qu'on pourrait
mettre en place, justement, pour pouvoir
considérer autant les économies futures qui seront réalisées par les
interventions en efficacité énergétique?
M.
Dussault (François) : Oui... bien, en fait, peut-être que Michel pourra
me compléter parce qu'il travaille dans le domaine de financement de
projets...
M. Méthot (Michel) : Oui, en financement
de projets, oui.
• (18 h 10) •
M. Dussault (François) : ...mais
certainement qu'un audit, quand on parle de réaliser un audit, qui consiste en
un plan directeur, on recommande des mesures. Puis le bien-fondé des mesures
d'efficacité énergétique proposées ou de
décarbonation proposées, le bien-fondé repose sur les objectifs de réduction
d'émissions, mais aussi de réduction de
la facture. Quand on choisit telle ou telle mesure qu'on va introduire dans un
projet ou dans un plan directeur, c'est parce que la rentabilité a été jugée
pertinente. Ça fait que, là, il y a... Effectivement, il y a des propriétaires
immobiliers, puis ça dépend des secteurs, ça dépend si c'est public,
privé, industriel, les critères de choix de mesure peuvent être très variables
de l'un à l'autre, il y en a qui veulent des retours sur investissement
rapides, il y en a qui sont prêts à accepter
plus long, donc, et... mais ces critères-là sont déterminants pour le choix
ultime des mesures. Mais c'est pour ça qu'il faut que le projet,
ultimement, soit contraignant. C'est pour que des gens ne disent pas :
Bien, moi, mes critères, c'est ça, donc je
ne fais pas... je ne fais pas d'intervention. Non, non. Les critères, tu as
beau avoir tes critères, ton ensemble de critères, mais la loi t'oblige
ou le règlement t'oblige à exécuter le plan directeur qui aura été déposé. Puis
Michel, il va vous parler des outils qui existent, là.
M. Méthot
(Michel) : Quelques outils. On parlait tantôt de subventions.
Je pense que les programmes subventionnaires, au Québec, sont quand même
relativement généreux. Je pense que, ça, on peut... on peut le statuer quand on
se compare aux autres provinces parce qu'on a quand même une expérience, là,
sur d'autres provinces. Les programmes sont relativement généreux, peuvent
toujours être bonifiés, oui. Ce qui peut être fait aussi, c'est d'identifier des fonds, d'identifier des fonds
d'investissement pour s'assurer... avec des rendements modestes, je dirais,
et attrayants. On ne peut pas faire du
50 % de retour sur l'investissement quand on fait de l'investissement à
long terme en efficacité énergétique.
Alors, oui, du financement patient, du
financement ciblé également. Ça prend des gens responsables de ces fonds-là, de ces CAPEX-là, qui ont vraiment un
objectif de décarbonation et d'investissement patient et long terme, puis ça,
c'est une chose qui peut être faite.
Et, oui, la
tarification carbone, notre... notre... disons, le «cap and trade» au Québec,
le système de plafonnement des émissions, oui, dans 30 ans... pas
dans 30 ans, mais, dans 10 ans d'ici, la tonne de carbone va être
relativement coûteuse. Alors, on peut
utiliser ce levier-là, futur, comme intrant, là, sur un calcul de retour sur
investissement sur un projet. Ça fait qu'il y a... il y a plusieurs
aspects qui peuvent être mis en branle.
Puis, oui, je suis... je suis actuellement
engagé personnellement sur un fonds d'investissement en efficacité énergétique, et il est possible de faire de la
décarbonation en autofinancement sur... sur le bénéfice économique qui y est
associé.
M. Lemay : Puis justement, M. Méthot,
sur les fonds d'investissement en efficacité énergétique, est-ce que vous voyez
des problèmes actuellement? Est-ce qu'il y a certains problèmes que vous
envisagez qu'on pourrait avoir, tu sais, avec notre projet de loi? Tu sais,
est-ce que vous... est-ce que vous vous dites : Il y a certaines choses
qu'on pourrait améliorer qui feraient en sorte que ça tournerait plus
rondement?
M. Méthot (Michel) : C'est des
programmes d'intéressement. Il faut... il faut s'assurer que c'est à l'agenda des propriétaires. C'est sûr que, bien, afficher
sa cote immobilière à la porte, oui, ça peut créer un certain mouvement. Est-ce
que c'est... c'est un appel à l'action fort? Je pense que ça prend... Il faut
amener ça un petit peu plus loin. Il faut aller chercher un audit énergétique,
s'assurer qu'on a un plan d'action éclairant sur ce qui doit être fait, là,
pour améliorer la performance environnementale, là, des immeubles. Ça fait
qu'il y a l'aspect audit énergétique, il y a une capacité aussi de... on a un océan à faire bouillir, là. C'est un peu
ça. Il faut... il faut attaquer... il faut attaquer le projet de façon
très frontale et il y a beaucoup de travail à faire.
M.
Dussault (François) : Moi, je pense, si je peux me permettre
d'ajouter, là, je pense que le projet de loi introduit un système qui va donner
de la connaissance, et de la visibilité, et puis qui va, si... si la
réglementation va aussi loin que ce qu'on souhaite, qui est à dire d'attacher
des audits énergétiques qui sont nécessaires et obligatoires dans certains cas
ou dans tous les cas, peu importe, on va... on va avoir un fondement, une base
très, très solide pour des appels à l'action. Donc, exécuter les travaux
recommandés dans un plan directeur, ça va venir avec, ça va... ça va être... ça
va couler de source.
Par contre, les modes
de réalisation, que ce soit avec de l'autofinancement, avec des fonds
d'investissement qui amènent... ou avec des fonds publics, parce qu'il y a...
il y a déjà beaucoup de... il y a les subventions, on l'a dit, mais il y a
beaucoup, même, de programmes de financement de projets en efficacité
énergétique à l'intérieur des ministères, le ministère de la Santé en a, le
ministère de l'Éducation en a, il y en a un peu partout, ça fait que c'est tous
des outils financiers qui permettent de réaliser des projets. Il y a des modes
de réalisation, il y a des modes contractuels, il y en a qui devraient être
amélioré, il y en a qui... le système d'appel d'offres public, le plus bas
soumissionnaire n'est pas nécessairement la meilleure façon de réaliser un
projet en efficacité énergétique. Il y a d'autres
modalités à considérer, puis elles existent, mais elles sont sujettes à
amélioration. Donc, je pense que le projet de loi n'est pas un frein à
la réalisation de projets ou à différents modes d'opérationnalisation qui
découleraient de ce système de cotation là.
Mme Gauthier
(Geneviève) : ...rajouter, par exemple, on parle de bonification, là,
des programmes de subvention, puis, oui, il y a la planification financière,
mais c'est indiqué dans notre mémoire, là, on a... j'ai utilisé le terme
«programme facilitant», là, il y a des plus petits joueurs ou des moyens
joueurs dans le secteur immobilier qui, malgré
toutes les subventions, ne s'y retrouvent pas, donc, l'absence de guichet
unique, l'absence d'accompagnement... Vous serez surpris de savoir que,
pour certains, de rentrer ses données de consommation de gaz ou d'électricité
dans un fichier Excel, ils ne sont pas
capables, ils ne savent pas où prendre... comment lire des factures. Donc, dans
tout ça, oui, il y a les programmes
financement avancé pour les plus gros. Il reste que, pour les petits ou moyens
par programme...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Merci, Mme Gauthier. Désolée de vous couper,
mais nous allons poursuivre. Et je cède la
parole à l'opposition officielle, Mme la députée de Mille-Îles,
qui souhaite probablement que vous continuiez.
Mme Dufour : Oui. Exact. Merci, Mme la Présidente. Je vais vous
laisser continuer votre réponse, s'il vous plaît.
Mme Gauthier
(Geneviève) : Il me restait une phrase, mais c'est pour dire qu'on
pense que «bonification des programmes» veut dire, oui, plus d'argent, mais de
l'argent sans accompagnement, sans... tu sais, sans élément facilitant pour que
les gens s'y retrouvent, qui puisse les aider... Il y a certains propriétaires,
ils doivent être pris par la main pour
certaines étapes. Ce n'est pas tout le monde qui a des équipes, des ingénieurs,
des gens qui comprennent, là, les enjeux qu'on est en train de discuter.
Donc, c'est le seul point que je voulais ajouter.
Puis
on le voit dans les autres juridictions, que, quand ça fonctionne, il y a
certains programmes qui pouvaient
être mis de l'avant qui vont... des programmes d'accompagnement, si on veut,
pour s'assurer que le fardeau amené par cette réglementation-là, le
baisser pour que les bénéfices soient plus grands, les bénéfices sur la société
soient plus grands que le fardeau qu'on fait porter, là, aux plus petits, là.
Mme Dufour : Oui,
merci. Puis d'ailleurs vous en parlez dans votre mémoire à la page 11, là,
que... qu'ils vont avoir besoin d'appui technique, vous le mentionnez. Il y a
d'autres groupes qui ont parlé de formation aussi, qui devrait être fournie.
Comment vous voyez ça? Est-ce que... Est-ce que c'est quelque chose que le
ministère devrait fournir? Est-ce que c'est
un groupe qui devrait être mandaté? Puis vous voyez ça, là, de quelle ampleur,
là, que ça pourrait représenter, là?
M. Dussault
(François) : Bien, moi, ce que je vois dans le projet de loi, c'est
qu'il va y avoir des outils mis en place par les distributeurs d'énergie pour
que les consommateurs, les propriétaires aient accès à de l'information de
façon plus conviviale. Donc, je pense que ça, c'est un très bon départ. Ça fait
que la... les éléments de base sont relativement faciles à aller chercher.
Donc, l'accompagnement, c'est peut-être juste de s'assurer que l'information se
rend aux bonnes personnes, correctement,
pour ces premières étapes là. Mais, dès qu'on parle de récolter de l'information
sur les matériaux, sur les équipements qui sont présents dans les bâtiments,
sur tout ce qui s'apparente à un audit, bien,
nous, ce qu'on dit, c'est : Il faut que ça soit fait par des
professionnels. Ça peut être des professionnels qui existent déjà au
sein de l'organisation du propriétaire ou qu'il fasse appel à des
professionnels externes, mais je pense que, si on attend que tout le monde soit
formé et comprenne, et tout ça, je pense que ça va être... ça va ajouter des
délais. Je pense qu'il faudrait y aller directement avec une obligation de
faire appel à des gens compétents en la matière, là.
Mme Gauthier
(Geneviève) : Bien, pour faire du millage là-dessus, la réglementation
de la ville de Montréal, là, qui a précédé ce projet de loi là, sur leur page,
là, il y a des webinaires qui ont été enregistrés. Pour les premières
informations qu'il y a dans notre mémoire, là, je ne pas sais pas le numéro de
page, vous pouvez le regarder, qu'on classe
en deux étapes, certaines interventions plus faciles qui peuvent... on peut,
par de la documentation, des guides
d'interprétation de la loi, comme la ville de Montréal a, ils ont un guide
d'interprétation de la réglementation, ils ont des webinaires qui ont
été donnés live puis qui sont enregistrés, auxquels... les gens peuvent savoir
comment rentrer les données, et tout ça.
Quand
on parle du deuxième niveau, qui est les équipements puis le niveau qui va nous
permettre de savoir quoi faire, parce qu'au-delà de savoir qu'on n'est pas
bons, encore faut-il savoir comment s'améliorer, ça, c'est vraiment le bout où,
là, oui, il peut y avoir de la formation, oui, il faut qu'il y ait des
professionnels d'impliqués, là.
Mme Dufour : Merci.
Effectivement, vous faites un bel... En tout cas, vous parlez de villes, là,
qui ont fait des initiatives semblables, là, dans votre mémoire, et là vous
comparez avec le Québec, mais je me demandais si vous avez vu, justement, par
exemple, dans d'autres juridictions, qu'ils auraient été jusqu'à détailler les
équipements. Parce que... parce que ça, c'est quand même un élément nouveau
puis c'est quand même... c'est quelque chose, là, qui peut être abstrait, là, pour beaucoup, là, qu'est-ce qui serait
inclus comme un équipement qui consomme, là, de l'énergie.
Donc, je ne sais pas
si, dans vos... c'est ça, dans vos recherches, vous en avez trouvé.
• (18 h 20) •
Mme Gauthier
(Geneviève) : Tu veux-tu que je la prenne, celle-là, François?
M. Dussault
(François) : Vas-y, vas-y, vas-y.
M. Méthot
(Michel) : Vas-y, oui.
Mme Gauthier
(Geneviève) : Oui, bien, dans les autres juridictions, là, là je peux
me tromper, mais, de celles que j'ai
regardées, une dizaine, je n'ai pas vu ce type de demande là, d'équipement,
d'abord, sauf que la plupart demandent des audits énergétiques qui,
elles, contiennent des listes d'équipements. Mais un audit énergétique va
au-delà que de faire un inventaire de ce qui existe, amène une couche de plus
qu'on ne retrouve pas dans le projet de loi actuel,
qui est de se dire : Maintenant qu'on sait tout ce qu'il y a, qu'est-ce que
vous pouvez faire? Combien ça coûte? C'est quoi, les interventions?
Donc, la réponse courte, c'est : Non, je n'en ai pas vu, d'autres
réglementations, qui demandaient des équipements, mais demandaient plus des
audits énergétiques qui incluent ça, mais qui incluent aussi ce qui nous permet
de passer à l'action. C'est ça, la grande différence entre les deux.
M. Dussault
(François) : C'est pour ça que j'ai... D'ailleurs, j'ai entendu très
bien le ministre tantôt nous dire que ces choses-là vont peut-être se retrouver
dans de la réglementation future. Mais c'est pour ça qu'on disait que
l'intention finale manque d'expression, que, oui, c'est... oui, on pourra dire
tout ce qu'on veut en réglementation future, mais la loi doit dire que
l'intention, c'est qu'il y ait de l'action qui découle de la cotation, de la
divulgation et de la cotation.
Mme Dufour : Oui.
Tout à... Vous venez de mentionner, là, qu'il y a... des fois, les audits
complets, là, qui sont demandés incluent les bâtiments, mais c'est mentionné
dans votre mémoire que, par exemple, pour la ville de New York, on parle de
bâtiments de 25 000 pieds carrés et plus qui ont à fournir un audit
aux 10 ans. La Californie, c'est des bâtiments de 10 000 pieds
carrés et plus. Nous, ici, l'intention, c'est tous les bâtiments.
Donc, est-ce que vous
avez vu ça dans d'autres juridictions, d'évaluer tous les bâtiments et avec
tous les équipements?
M. Dussault
(François) : Bien, Geneviève, je ne sais pas si tu as une réponse à
ça, mais...
Mme Gauthier (Geneviève) : Bien,
tu sais, la réponse est similaire à l'autre, là, pour les équipements, c'est
non. Pour les audits, effectivement, il y a des seuils minimums de pieds
carrés qui, ça, seront touchés dans la réglementation.
Effectivement, là, c'est un... la balance des inconvénients, des bénéfices à
faire, au niveau de la réglementation. Donc, des audits sur tout
bâtiment de tous pieds carrés, je ne pense pas avoir vu ça...
M. Dussault
(François) : C'est un petit peu pour ça qu'on parlait de deux paliers,
là. Mettons qu'on établit avec un premier
niveau, là, l'information de base, on a une cote, puis après ça le ministre et
la réglementation peuvent dire :
Oui, mais là, suite à cette évaluation-là, telle, ou telle, ou telle catégorie
doit faire un audit, et pas seulement une collecte d'information, mais
une évaluation aussi des mesures à implanter, à mettre en oeuvre.
Mme Dufour : Oui, effectivement, c'était très intéressant, dans
votre mémoire, de proposer ça, là. Puis, vous parliez qu'il y aurait
peut-être moins de réactions en ayant deux paliers, là, un palier un peu plus
facile puis...
M. Dussault
(François) : Oui, de demandes de révision, oui, oui. Exact.
Mme Dufour : Oui, c'est ça. J'aimerais vous entendre sur... On
a eu, aujourd'hui, des groupes qui proposaient... dans le fond, qui
disaient qu'il faudrait que l'intention, là, de l'article 29 et 30, qui
dit que, dans le fond, cette réglementation-là serait... passerait outre celles
qui sont faites par les municipalités, puis il y a des groupes aussi qui sont venus nous dire : Non, il faudrait
permettre aux municipalités de pouvoir faire leurs propres... leurs propres
mesures ou, en fait, leurs propres
normes si elles souhaitent aller au-delà de la norme québécoise. Parce qu'il y
en a actuellement qui sont quand même
plus avancées, qui peut-être... dans le fond, ce serait peut-être un recul,
c'est ce qu'on nous disait, là, dans certaines villes. Et donc je
voudrais vous entendre sur votre position là-dessus.
M. Dussault
(François) : Bien, on va encore répondre peut-être en tandem, là, mais
moi, je pense que les municipalités, là...
Imaginez, sur l'île de Montréal, il y a plusieurs, déjà, municipalités. On a
des municipalités qui ne sont pas intégrées, puis qui ont leur propre
réglementation, puis qui ne sont pas assujetties aux règlements de la ville de
Montréal. Moi, je pense qu'à un moment donné il faut qu'il y ait une
réglementation plus large qui s'applique à tous. Ceux qui veulent aller plus loin, bon, peut-être, mais il y a aussi des
secteurs sur lesquels les municipalités ne peuvent pas réglementer.
Le règlement
de la ville de Montréal, il porte sur les émissions de GES, il ne porte pas sur
l'énergie. Et, nous, ce qu'on voit, c'est
que vous avez l'intention de... bien, que le gouvernement a l'intention que ça
porte sur l'intensité énergétique. Les
émissions, le temps... le moment où l'énergie est utilisée, ça, il faut
comprendre, en sous-texte, la gestion de pointe électrique. Ça fait que
c'est des facteurs qui... Ça prend une instance plus... de plus haut niveau
pour légiférer ou réglementer ça.
Alors, je... je pense que la ville de Montréal a
tout le mérite d'avoir voulu prendre les devants, mais tant mieux si l'autorité
provinciale peut englober ça. Ça, c'est peut-être un point de vue un peu plus
personnel, là. Mais, Geneviève, je ne sais pas trop qu'est-ce que tu en penses.
Mme Gauthier (Geneviève) : Bien...
Oui, bien, je vais juste amener un complément à ça. Je pense qu'est-ce qui est
nuisible dans différentes réglementations, puis c'est ça... de ça qu'il serait
question si on laisse les villes avoir des réglementations plus contraignantes,
c'est s'il n'y a pas une certaine uniformité. Parce que, ça, ça peut être
confondant. Donc, si les informations demandées sont les mêmes, si les
informations transigent par les mêmes plateformes et puis qu'un gouvernement
dit : Nous donnons une cote sur l'énergie, une ville dit : On veut
aller plus loin, puis donner une cote sur
les GES, c'est la même plateforme, c'est les mêmes informations demandées, je
ne vois pas qu'est-ce qui...
qu'est-ce que ça nuirait. Je ne pense pas que ça nuirait, ça ne pourrait
qu'être accueilli favorablement. C'est assez défavorable, comme François
l'a dit. Si ce n'est pas les mêmes informations qui sont demandées, ça ne
transige pas par les mêmes plateformes, là ça peut être très difficile à gérer
puis ce serait nuisible.
Mme Dufour : Merci. À la
page 11 de votre mémoire, vous parlez de la périodicité de la déclaration.
Vous dites que la loi devrait le mentionner,
l'intention. Je partage votre opinion. Est-ce qu'il y a une périodicité que
vous nous recommanderiez?
M. Dussault (François) : Michel.
M. Méthot (Michel) : Peut-être, oui.
Bien, c'est ce qui se fait ailleurs, habituellement. On parle d'au moins cinq ans. Peut-être avoir une périodicité, là, sur
cinq ans. Les choses évoluent, les travaux se font également, là, au niveau
des immeubles, et tout, et peut-être un trois à cinq ans serait un cycle
correct, là, pour nous.
Mme Dufour : Donc, pas quelque chose
d'annuel, là.
M. Méthot (Michel) : Ce serait
peut-être un peu lourd, oui.
M. Dussault (François) : Oui, c'est
un peu lourd puis ça ne donne pas le temps d'agir.
M. Méthot (Michel) : De prendre
action. Disons, si... si on a... une bonne recette pour implanter un projet d'amélioration, ça prend un horizon deux ans,
habituellement. Deux ans à 30 mois, je pense que c'est un horizon correct.
Mme Dufour : OK. Donc, la mesure que
les entreprises prennent, soit aux trois à cinq ans, pour vous, ce serait... ce
serait raisonnable.
M. Méthot (Michel) : Ce serait bien,
oui.
Mme Dufour : Excellent. Je vous
remercie beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous allons poursuivre les échanges avec la deuxième opposition. Mme
la députée de Verdun, la parole est à vous.
Mme Zaga
Mendez : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci,
M. Dussault, M. Méthot et Mme Gauthier, pour votre
présentation puis les échanges. Moi, j'aimerais vous entendre un peu plus sur
le concept de performance énergétique. C'est bien sûr votre expertise. Et, tout
à l'heure, vous disiez que ça vaudrait la peine de bien définir cet objectif-là
dans le cadre du projet de loi. Vous donnez des exemples de dimensions :
intensité énergétique, taux d'émission,
utilisation de puissance électrique. Donc, j'aimerais ça, que vous pouvez... si
vous pouvez développer un peu plus là-dessus.
M. Dussault (François) : Oui. Bien,
je vais me lancer, puis vous me compléterez, mes collègues, au besoin. En fait, c'est qu'au Québec, on a... comme on a
beaucoup d'utilisation d'énergie électrique... Par exemple, pour le chauffage,
je vais y aller avec des exemples, un bâtiment qui est chauffé tout à
l'électricité n'émet pas de gaz à effet de serre. Puis,
pour... on pourrait être tenté de croire qu'il est exemplaire, mais, en
réalité, il contribue peut-être aux problèmes d'appels de puissance d'Hydro-Québec,
il contribue peut-être à mobiliser des kilowattheures qui seraient utiles pour
décarboner le secteur des transports ou décarboner ailleurs. Donc, il ne faut
pas se concentrer que sur les émissions de
GES, il faut se concentrer sur la bonne utilisation de l'énergie, donc ce que
nous, on appelle l'intensité énergétique, la quantité d'énergie par unité de surface, par mètre carré... bon, donc
l'intensité énergétique, c'est aussi important que les taux d'émissions
de gaz à effet de serre.
Et on a vu
des exemples, là, dans les tables rondes où on a participé, où la cote serait
éventuellement... puis là je ne veux pas rentrer dans les détails
réglementaires qui viendront, mais une cote à deux indices, par exemple, un indice mixte qui couvre à la fois l'intensité
énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, et même un triple indice
qui se préoccuperait de l'utilisation de la
puissance. Donc, il faut absolument qu'on puisse capturer toutes ces
dimensions-là dans la cote. C'est mon point de vue. C'est... Je pense
que c'est le point de vue de notre groupe, mais il y a peut-être des
compléments à ajouter, là.
Mme Zaga Mendez : Dans ce sens-là...
Non, merci. C'était très clair. Puis, pour améliorer, par exemple, l'intensité
énergétique, tout à l'heure, vous parliez de programmes plus larges afin de...
j'inclurais là-dedans aussi des bâtiments
qui sont du parc locatif pour les ménages à faibles revenus, qu'on sait très
bien qu'ils sont souvent dans des... peut-être, des bâtiments dans
lesquels on utilise plus d'énergie pour un résultat, en termes de chauffage,
qui est moindre. Donc, comment on s'attaque à ce problème-là selon vous?
• (18 h 30) •
M. Dussault (François) : Bien, en
fait, la cotation va permettre de mettre au jour les problèmes puis les
rendre... les documenter, les rendre visibles. Puis, dans un cas où la cote est
mauvaise, bien, parfait, on impose l'exécution
d'un audit énergétique, et il y aura un plan de match, un plan directeur sur
mesure pour tel bâtiment, puis, dans trois, quatre, cinq ans, on vient
voir les résultats atteints. Ça peut...
Là, quand on parle de locatif résidentiel, bon,
bien là, souvent, ça peut être des enjeux de qualité d'enveloppe de bâtiment, donc fenestration, toiture, mur. Bon,
ce n'est pas nécessairement la performance des systèmes mécaniques. Il
peut y avoir beaucoup d'aspects en jeu. Et évidemment ces mesures-là sont
souvent des mesures avec une moins bonne rentabilité. Dès qu'on parle
d'enveloppe de bâtiment, le «payback» là-dessus, il peut être beaucoup plus
long. Ça fait que, là, soit que les incitatifs financiers viennent compenser
pour ramener ça à un niveau qui est acceptable pour les propriétaires, mais effectivement les mesures qui touchent le
résidentiel multilocatif peuvent être un enjeu, oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. Dussault, M. Méthot et Mme Gauthier, pour votre
présentation et vos contributions à les échanges ici, dans notre commission.
Nous allons
suspendre les travaux pour quelques instants afin qu'on puisse accueillir le
prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 32)
(Reprise à 18 h 33)
La
Présidente (Mme Maccarone) : Alors nous reprenons nos travaux. Je souhaite la
bienvenue à M. Pierre-Olivier Pineau. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi nous procédons aux
périodes d'échange avec les membres de la
commission. Alors, je vous invite donc à vous présenter et commencer votre
exposé.
M. Pierre-Olivier Pineau
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Merci
beaucoup. Merci de l'invitation. Je suis donc Pierre-Olivier Pineau. Je suis professeur à HEC Montréal et titulaire de la
Chaire de gestion du secteur de l'énergie. Je suis très heureux d'être là. Je
tiens surtout à féliciter le ministre pour ce projet de loi. Je l'attendais
depuis 2018, alors que le Plan directeur en transition,
innovation et efficacité énergétiques du Québec 2018‑2023,
qui avait été élaboré par Transition
énergétique Québec, évoquait l'introduction d'un système de cotation
énergétique obligatoire des bâtiments dans le contexte des bâtiments
résidentiels. Donc, moi, depuis 2018, je suis sur... en attente de ce
système-là.
J'avais été déçu en 2022, lors de la mise à
niveau du plan directeur, parce que cette notion de cotation obligatoire avait
disparu des bâtiments résidentiels. Elle avait été transférée pour les
bâtiments commerciaux et institutionnels, où
c'était indiqué de mettre en place... Un des objectifs était de mettre en place
un système de divulgation, de cotation et de performance énergétique. Donc, ça,
c'était prévu pour l'année 2022‑2023, dans le plan... dans la mise à niveau du plan directeur qui avait été publié en
2022. Donc, je suis enfin très heureux qu'en 2024, avec quelques mois de
retard, on arrive enfin au projet de loi qui permettra ce système-là, de... de
divulgation, cotation et performance énergétique.
En fait, en ce qui concerne le projet de loi en tant que tel, je pense qu'il
contient tous les éléments nécessaires pour faire en sorte qu'on aille
de l'avant.
J'aurais une recommandation qui est très
importante pour la crédibilité des cotations énergétiques. Ça, c'est basé sur
les expériences internationales, où parfois... et mon expérience, en fait, même
personnelle, parce que j'ai moi-même fait une cotation de mon bâtiment à
travers le programme Rénoclimat que le gouvernement du Québec offre aux citoyens québécois. On obtient une
cotation énergétique, cette cotation énergétique, elle... elle est faite par un
outil de simulation qui peut être très crédible et très précis, mais ce
n'est pas validé par le distributeur d'énergie. Dans le
projet de loi, c'est prévu qu'il y ait une plateforme pour que les
distributeurs partagent l'information avec les propriétaires, l'information sur
leur consommation énergétique. Je pense que c'est intéressant, mais, surtout,
le plus intéressant, le plus important, c'est de valider la cotation effectuée
par une firme externe du bâtiment, de valider cette cotation-là avec les
données du distributeur, parce qu'on sait que les distributeurs d'énergie
possèdent l'information sur le bâtiment, possèdent aussi des... un historique
sur la consommation du bâtiment, et pourraient trianguler cette cotation énergétique faite de manière externe.
Elle est faite de manière externe, au Québec, aujourd'hui, par d'excellentes
compagnies qui agissent selon les normes qui sont recommandées, mais on n'a pas
de triangulation. Et ça, c'est très important,
parce que si, par hasard, on a des erreurs ou des décalages entre l'estimation
faite et la consommation réelle, on a... on pourrait avoir un manque de
confiance qui s'insérerait dans le système. Ça, c'était ma recommandation.
J'ai cependant une inquiétude qui a trait au
fait qu'on ne mentionne pas, dans le bâtiment... on mentionne «tout
propriétaire d'un bâtiment» serait, tel que déterminé par règlement du
ministre... devrait être assujetti à ce système de divulgation, cotation et de
performance énergétique. Est-ce qu'on va vraiment avoir tous les propriétaires
de bâtiments résidentiels ainsi que les propriétaires de bâtiments commerciaux
et institutionnels? Là se trouve mon inquiétude,
parce que c'est extrêmement important que tous les propriétaires de bâtiments
du Québec, et pas seulement les propriétaires commerciaux et institutionnels,
soient assujettis à ce... bien, au futur règlement et à la loi. Pourquoi? Parce que les ventes résidentielles d'électricité,
c'est le plus gros des ventes d'Hydro-Québec. C'est 70 térawattheures et, de ce 70 térawattheures d'électricité
qu'Hydro-Québec vend, il y en a 60 % pour le chauffage.
42 térawattheures des ventes d'électricité d'Hydro-Québec sont
dédiés au chauffage dans le secteur résidentiel. Si on ne s'attaque pas... si la loi et le projet de loi ne couvrent pas les
habitations résidentielles, on passe à côté du plus gros bloc de consommation
d'énergie québécois, qui devrait être
prioritaire. Et je reviendrai sur d'autres raisons pour lesquelles ça devrait
être prioritaire.
Si on compare aux ventes commerciales, les
ventes commerciales d'Hydro-Québec, c'est 48 térawattheures, donc c'est
beaucoup moins que les 70 térawattheures résidentiels. Et, de ces
48 térawattheures, il y en a 43 % pour le chauffage, qui sont, en fin
de compte... ce qui représente 21 térawattheures, donc la moitié de ce que
représente le chauffage pour les clients résidentiels, en termes absolus. Et
donc, évidemment, la performance énergétique des bâtiments, c'est avant tout une question de chauffage parce que c'est là
où l'énergie se consomme au Québec, et, si on veut agir de manière
prioritaire sur le secteur qui est le plus important, c'est celui des bâtiments
résidentiels. Non seulement les clients résidentiels représentent le plus gros
potentiel de gains en térawattheures, mais c'est d'autant plus important qu'une
réglementation s'applique à eux qu'ils ont des tarifs qui sont subventionnés
par les clients commerciaux et institutionnels. Vous savez très bien que le
client résidentiel ne paie que 85 % du coût de service que... de ce que ça
coûte pour le service d'Hydro-Québec, en ce qui concerne l'électricité. Les
clients commerciaux paient 125 % de ce
que ça leur coûte. Les clients commerciaux sont déjà pénalisés, ils ont... donc
ils souffrent déjà de la subvention qu'ils doivent verser aux clients
résidentiels. Il serait normal, à mon avis, qu'il y ait... une réglementation
s'attaque aux clients qui ont le moins grand signal de prix pour faire... lors
des efforts d'efficacité énergétique, parce que leur électricité, elle est
subventionnée à hauteur de 15 %. Ils ne paient que 85 % du coût de
service.
D'autant plus, et c'est le troisième argument
pour cibler les clients résidentiels, ce sont les clients résidentiels et la chauffe des clients résidentiels qui
constituent le plus gros bloc d'appels de puissance des clients d'Hydro-Québec.
Pour 2024, d'après l'état d'avancement du plan d'approvisionnement
d'Hydro-Québec, Hydro-Québec indique que c'est 14 950 mégawatts
d'appel de puissance qu'on doit s'attendre pour le chauffage uniquement des
clients résidentiels, contre seulement 3 700 mégawatts d'appel de
puissance pour les clients commerciaux. Donc, en fait, c'est presque cinq fois plus d'appels de puissance pour les clients
résidentiels. C'est d'autant plus important de cibler les clients résidentiels
que c'est eux qui constituent l'essentiel de la pointe et qu'il faut donc
avoir... gérer... les aider à gérer la pointe en leur faisant mieux
connaître leur performance énergétique et en les aidant à améliorer cette
performance-là avec un calendrier pour leur permettre de le faire.
• (18 h 40) •
Je continuerais en vous disant qu'agir sur tous
les bâtiments est essentiel parce que l'Agence internationale de l'énergie,
dans sa mise à jour de 2023 de la feuille de route Net-Zero qu'elle a écrite,
planifie 70 %... En fait, dans le scénario, ils ne planifient pas, mais
ils font un scénario pour la décarbonation en 2050, l'Agence internationale de l'énergie, et ils disent que, dans le secteur des
bâtiments, pour le chauffage, c'est 70 % de réduction qu'on doit atteindre
pour... de la consommation d'énergie. Et tout ça, c'est avec une croissance de
30 % de la superficie des bâtiments et de la superficie à chauffer.
Pour arriver à ce 70 % de réduction de la
consommation d'énergie dans les bâtiments tout confondus, résidentiels et
commerciaux, l'Agence internationale de l'énergie dit qu'il faut faire des
rénovations profondes des bâtiments. Donc,
non seulement il faut informer, mais il faut aller sur des rénovations
profondes qui réduisent de 60 % la consommation d'énergie des
bâtiments. Et ça, il faut faire des rénovations profondes à un rythme de
2,5 % par an. Ça, c'est selon l'Agence
internationale de l'énergie. C'est très important de réaliser ce type de
rénovations pour que le parc de bâtiments existants s'améliore à un
rythme accéléré pour réduire la consommation des Québécois, permettre de
réduire la pointe, enrichir le Québec en permettant d'utiliser cette
électricité-là à d'autres fins que de chauffer des pièces qui, par ailleurs,
les résidences des Québécois sont de plus en plus grandes et avec de moins en
moins de Québécois. Donc, ça devient un enjeu parce que ça devient un peu
absurde à un moment donné d'avoir de moins en moins de personnes dans les
logements québécois et de chauffer pour tout ça.
Donc, encore une fois, je vais terminer en
disant que je félicite le ministre et que je trouve le projet de loi excellent.
Je pense que, pour faire preuve de leadership à l'échelle internationale, il
faut aller même plus loin que ce que nos collègues internationaux et ce que des
pays comme la France font, avec des interdictions de location pour des
passoires énergétiques. Et il y a tout un calendrier en France qui existe
pour... En 2023, on interdit la location de bâtiments qui
y sont cotés G, et en 2025, F. Et ils remontent comme ça jusqu'en 2034, où les
résidences cotées D ne pourront plus être louées. Donc, je m'attends à avoir ce
genre de réglementation assez rapidement dans les années à venir pour les
clients résidentiels et commerciaux. Et j'aimerais... et j'espère surtout ne
pas avoir à attendre six ans de plus avant d'avoir ces règlements-là qui vont
être essentiels pour la mise en oeuvre de la loi. Je vous remercie. Et, si vous
avez des questions, il me fera évidemment plaisir d'y répondre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. Pineau. À la seconde près. Alors, nous allons poursuivre les échanges
avec la partie gouvernementale. M. le ministre, vous disposez de
16 min 30 s
M. Charette : C'est bien gentil,
temps que je vais partager avec mes collègues. Mais tout d'abord,
M. Pineau, un plaisir de vous entendre et, à défaut de pouvoir vous serrer
la main à la fin, compte tenu que c'est en virtuel,
déjà, je vous remercie pour votre contribution. Merci pour les bons mots. C'est
vrai que ça peut sembler tardif comme dépôt de projet de loi, mais, en même
temps, il fallait y aller avec une certaine... une certaine cohérence.
On se souvient qu'en... le temps file, 2020, si ma mémoire est exacte, on...
exacte, on a déposé le projet de loi n° 44 qui venait
confirmer la responsabilité du ministre, et donc du ministère de
l'Environnement, dans la coordination de l'action gouvernementale. Le volet
Transition énergétique, jusqu'à l'année dernière, en fait, jusqu'à la
fin 2022, était davantage entre les
mains ou sous la responsabilité d'un autre ministère. Donc, il fallait placer,
en quelque sorte, les cartes pour pouvoir déposer ce projet de loi là. Je suis
tout à fait d'accord avec vous, il est nécessaire, très certainement perfectible. C'est la raison pour laquelle on fait
les consultations cette semaine, et certainement perfectible à travers l'étude
article par article qui... qui va suivre.
Vous avez
parlé de l'expérience internationale, notamment française. Je serais intéressé,
là, d'échanger avec vous à ce sujet-là. Mais peut-être, avant, juste au
niveau de la séquence, si je comprends bien, vous, vous aimeriez qu'on touche davantage, et en premier lieu, le petit
résidentiel avant le commercial et l'institutionnel? Est-ce que c'est ce que
je décote... décode de votre propos?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Non.
C'est-à-dire que je ne pense pas qu'il faille avoir une séquence. Je pense
que... qu'on est... on est à l'heure de l'action et je pense que tous les...
les propriétaires de bâtiments, et dans le projet de loi, c'est bien indiqué,
tous les propriétaires de bâtiments devraient être soumis... bien, pourraient
être soumis à ce système-là. Ma crainte, c'est que vous n'alliez pas sur les
propriétaires de bâtiments résidentiels. Je crois que c'est eux... c'est que la priorité devrait leur être
donnée, mais je pense que tout le monde devrait être soumis en même temps.
Je ne pense pas qu'on doive avoir un groupe en premier. C'est deux groupes qui
sont très distincts, et l'expérience d'un côté n'aidera pas forcément
l'expérience de l'autre côté. De toute façon, on a déjà des villes, comme la
ville de Montréal, qui vont de l'avant avec les propriétaires commerciaux et
institutionnels, donc vous pourrez vous baser en partie sur cette expérience-là. Vous pouvez vous baser sur l'expérience
de pays européens. Et je pense que tout le monde devrait le plus
rapidement possible être assujetti à la divulgation, cotation et performance en
amélioration au fil du temps le plus rapidement possible.
M. Charette : ...sur un point,
peut-être vous inquiéter sur un autre, on va, à terme, viser l'ensemble des bâtiments, mais on pense, et, en fait, on est
convaincus qu'il faut y aller dans une certaine séquence pour éviter les
erreurs, et on en parlera par la suite. Et les reculs qui se vivent
présentement en France, par exemple, c'est une charge qui est quand même
assez conséquente.
La
réglementation, ne serait-ce que la préparer, il y a beaucoup de validation à
faire, mais ensuite, l'implanter, ça va nécessiter de mobiliser
énormément de personnes. Donc, si on voulait et si on devait tout faire en même
temps, bien, pour moi, c'est un gage
d'échec, un petit peu comme plusieurs reculs se vivent, là, sur le côté
français mais ailleurs aussi. Mais, à
terme, on vise le bâtiment. Et quand je dis «à terme», on ne vise pas une
implantation sur de nombreuses années, mais on voudra y aller avec une
certaine séquence pour être bien sûrs que chacune des étapes puisse bien se
vivre et qu'elle n'amène pas de reculs par la suite. Et pour avoir passablement
lu sur l'expérience française, c'est peut-être ce qu'on peut en conclure,
qu'ils ont voulu tout faire en même temps, avec beaucoup, beaucoup de reculs et
ils n'arrivent pas à respecter leurs propres échéanciers.
Moi, la logique que j'essaie d'implanter depuis
quelques années, dans les fonctions que j'occupe, c'est d'avancer sûrement et
d'éviter, à chacune des fois, les reculs. Une réforme majeure, et c'en est une,
qu'on implante trop rapidement, bien elle
est susceptible de vivre un certain lot d'échecs, et ces échecs-là,
malheureusement, engendrent par la suite des reculs. Et c'est là où on
n'est pas... on n'est pas gagnants.
Mais comment, justement, avec l'expérience et
les comparaisons que vous avez pu établir, on peut éviter les erreurs... bien,
je dis les erreurs, éviter les problèmes qui se vivent présentement, là, sur le
côté français avec les échéanciers, là, qui sont requestionnés?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Bien,
il y a plusieurs... il y a plusieurs éléments. C'est-à-dire qu'avec des
échéanciers sur l'interdiction de location, ça, je ne dis pas qu'il faille
aller rapidement, forcément de l'avant, mais dans un premier temps, ça fait des
années que le Québec a de l'expérience de cotation de bâtiments à travers le
programme Rénoclimat, donc, il y a, au Québec, des compagnies qui font des
évaluations énergétiques de bâtiments résidentiels depuis des années, donc on a
déjà une expérience à ce niveau-là. Il faut bâtir sur cette expérience-là, qu'on a déjà, pour rendre obligatoire la cotation
lors... comme c'est le cas en France et dans les pays d'Europe, pas à tout
le monde, mais à la vente et... à la vente pour les nouveaux bâtiments. Et donc
là, à chaque fois qu'un propriétaire vend ou désire avoir une cotation énergétique,
bien, on oblige la cotation et on oblige de le divulguer pour qu'on affiche
ces bâtiments-là. Et là, c'est simplement l'information qu'on possède déjà,
qu'on collige déjà au Québec depuis au moins
10 ans, probablement plus, à travers le programme... le programme
Rénoclimat. Donc, simplement, demain matin, dire que quand on vend un
bâtiment ou quand on le met en location, on met l'information... on rend
l'information disponible, je pense qu'il y a très, très peu de risques de
dérapage. Il y a des gens qui ne vont pas aimer ça parce que ça va, justement,
faire voir que leur bâtiment n'est pas très performant, mais c'est l'objectif
de rendre visible la performance énergétique des bâtiments. Donc là, je dirais,
on peut aller de l'avant avec tout le monde, avec des premières étapes. Quand
je dis «aller de l'avant avec tout le monde», ce n'est pas avec... ce n'est pas
de mettre tout en place tout de suite, mais c'est de dire : Tout le monde
est assujetti à une divulgation de la performance de son bâtiment au moment de
la vente ou de la location d'un bâtiment, et, au fur et à mesure... donc, le
parc immobilier, tout le monde va connaître,
au fur et à mesure, la cotation du parc immobilier et par la suite, on peut
aller progressivement pour des améliorations obligatoires.
• (18 h 50) •
M.
Charette : Donc, je comprends, vous faites référence au
programme Rénoclimat. Effectivement, les projets qui en ont bénéficié peuvent être une source d'information précieuse,
mais, sur l'ensemble du parc immobilier québécois, c'est un petit pourcentage qui a bénéficié de ce
programme-là. Donc, il y a un travail colossal qui est à faire.
Et vous m'avez mis... En fait, vous m'avez
devancé par rapport à un des exemples que vous avez donnés au niveau du marché
locatif. On est déjà dans une situation où le logement... son accessibilité est
problématique. Si on devait se coller sur l'expérience française et empêcher la
location de logements qui sont désuets ou qui sont... qui sont problématiques
au niveau de l'efficacité énergétique, on se priverait de logements qui, malgré
leurs défaillances, sont utilisés
aujourd'hui. Si on brimait où on empêchait la location de ces appartements-là,
on ne viendrait qu'accentuer le problème, et en étant très conscient, par
contre, que beaucoup, dans les petits plex, souffrent de déficits
importants au niveau de leur entretien, donc
de leur efficacité énergétique. C'est des bâtiments qu'il faudra... qu'il
faudra toucher à terme, mais on ne
peut pas imposer ce type de limite là à court terme sans se... sans accentuer
le problème, là, de façon assez considérable.
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Ce
n'est pas du tout ce que je propose. Ce que je propose, c'est de rendre la
divulgation obligatoire le plus rapidement possible et, par la suite, dans un
échéancier de 10, 15 ans, imposer des améliorations. Mais dans le... Ce
que je vous dis, c'est que la loi, je souhaiterais qu'elle soit la loi de...
sur la cotation des bâtiments, que l'information soit requise pour le plus
grand nombre. Évidemment, on ne peut pas, demain matin, passer tout le parc de
bâtiments dans une cotation. Ça va prendre du temps pour le déployer. Mais
c'est le genre de choses qu'il faut déployer en se basant sur l'expérience des
compagnies qui existent déjà et qui font Rénoclimat, et qui travaillent avec le
ministère pour, justement, faire des cotations énergétiques. C'est avec eux
qu'il faut s'asseoir. Et d'ailleurs, j'étais un peu étonné de ne pas les voir
invités aux... aux consultations particulières parce qu'elles ont une expérience extraordinaire, justement, dans
l'opérationnalisation des cotations de bâtiments résidentiels, c'est elles
qui pourront vous conseiller, le gouvernement, sur, avec d'autre, évidemment,
mais sur la bonne approche à faire pour accélérer la diffusion... bien, la
collecte de l'information et la diffusion de l'information. Et, en plus, il
faudrait, cette information-là, qu'elle soit triangulée par les distributeurs
d'énergie pour qu'on puisse s'assurer que leur évaluation, à laquelle je crois,
mais elle soit encore plus crédible parce qu'on a Hydro-Québec et Énergir et
Gazifère qui viennent derrière dire :
Bien, oui, ce qui a été estimé, ça correspond aux ventes d'énergie qu'on leur a
faites durant ces dernières années en ajustant pour la température.
M. Charette : Il y a là des... des
idées intéressantes, effectivement. Là, c'est le temps qui file. Peut-être
juste une dernière question, en fait c'est celle que je vous posais d'entrée de
jeu. Comment... comment éviter le piège de l'expérience française — je
dis «française» parce que c'est peut-être celle qui nous est la plus connue,
mais la France n'est pas non plus la seule juridiction à avoir initié une
transformation de cette nature-là — en quelques mots? Et ensuite je laisserais la parole à mon collègue.
Comment... comment s'assurer, justement, qu'on ne recule pas et que l'on
soit réellement en marche, là, pour faire des avancées notables sur ces
questions-là?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Mais
donc, j'ai... je ne prétends pas avoir toutes les solutions, mais il faut
évidemment informer tout le monde de l'ampleur de la situation, des privilèges
que beaucoup ont. Une donnée qu'on oublie
souvent, c'est que les Québécois sont de plus en plus dans un... de moins en
moins nombreux dans leurs ménages, et
comme je disais, ont des maisons de plus en plus grandes, et donc... parce
qu'il y a de la construction qui se fait, il y a des duplex qui
deviennent des plex... en fait, je veux dire des unifamiliales. Quand on
regarde les statistiques sur la taille des logements, c'est de plus en plus
grand avec des ménages de plus en plus petits. Donc, ces gens-là, qui ont des
privilèges, on doit les... peut-être, les viser un peu davantage, en
disant : Vous avez des mètres carrés qui sont libres, vous devriez
particulièrement contribuer à la... au logement, peut-être en louant ou alors,
si vous ne voulez pas louer des pièces à d'autres, eh bien, peut-être en ayant
une écofiscalité basée sur l'occupation des logements, ce qui permettrait de financer. Si les gens veulent
avoir deux étages vides à eux-mêmes, eh bien, ils pourraient être surtaxés,
et cette surtaxe, elle permettrait de financer la rénovation de logements à
plus faibles revenus, ce qui permettrait d'avoir une... des revenus qui
permettraient de financer des rénovations pour d'autres.
Mais, évidemment, il faut avoir conscience de
notre situation, de l'urgence de la nécessité d'agir, des gains économiques que
nous allons réaliser. Il faut éviter, évidemment, de... d'avoir un impact trop
grand sur les ménages à faibles revenus.
Fort heureusement, grâce au travail des différents gouvernements, on a beaucoup
de ménages qui ont des revenus confortables et élevés, et ces gens-là, ils ont des maisons de
plus en plus grandes, des logements de plus en plus grands, et ils pourraient être mis à contribution
pour soit louer une partie de leur logement, soit aller vers des... bien,
des rénovations énergétiques.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci beaucoup, M. Pineau. Nous allons
poursuivre avec le député de Masson. Vous disposez de
3 min 28 s.
M.
Lemay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. M. Pineau,
très heureux de vous retrouver. Ça fait déjà quelques fois qu'on se retrouve en
commission parlementaire pour ces consultations et sur divers projets,
notamment.
Mais je reviendrais à votre recommandation
numéro un, que vous avez dite préalablement, puis juste avant, même,a d'aller
avec cette question-là, je vais aller avec une question plus d'ordre d'usage,
formalité, là : Avez-vous l'intention de déposer un mémoire suite à cette
intervention-ci ou c'étaient vos commentaires aujourd'hui?
M. Pineau
(Pierre-Olivier) : C'est mon ambition de... d'écrire un petit
mémoire. Si c'est possible de le faire, même après, oui, je vais le
faire.
M.
Lemay : D'accord. Donc, on serait ravis de pouvoir avoir
ce document-là, qui sera fort utile, bien entendu. Mais ne serait-ce
qu'on a quand même la transcription de... qui sera faite, là, de... les propos
que vous avez tenus aujourd'hui. Dites-moi, votre recommandation un, vous
parlez de la crédibilité de la cotation énergétique faite par un outil de
simulation validé par le distributeur et une firme externe. Donc, vous avez
parlé de la triangulation pour, justement,
avoir cette crédibilité-là. Nous, dans l'analyse d'impact réglementaire, on
vient de mentionner qu'effectivement l'audit énergétique des bâtiments
devrait être effectué par une tierce partie experte, puis que les documents
exigés attestant la validité des données du potentiel pour rehausser la
performance du bâtiment devraient être publiés par un ingénieur certifié pour
la vérification des données énergétique des bâtiments. Et ce que... ce que vous
semblez dire, c'est qu'il devrait y avoir aussi une notion du distributeur qui
soit incluse pour, justement, avoir cette véracité et crédibilité des données?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Oui,
absolument, parce que malgré tout le raffinement des outils utilisés par les...
lors de l'audit et de l'analyse du bâtiment, ce n'est pas parfait. Et il y a
aussi, selon les usages internes, selon différents facteurs, il peut y avoir
des différences. Et dans la littérature, on s'est aperçu qu'il y avait des
grandes différences, que parfois, des évaluateurs pouvaient être influencés,
et, lors d'une deuxième évaluation, ça, c'est des... ça, c'est des... des...
des... ce qui est... ce qu'on raconte en Europe, justement, quand on a des
critères sur cotation F ou G, qu'on n'a pas le droit de louer selon ça, bien, on
peut s'arranger avec un évaluateur externe pour avoir la bonne cotation en
jouant sur certains facteurs de manière un peu ad hoc. Alors, c'est
problématique. Les outils sont globalement fiables, mais je pense que, si on
veut vraiment asseoir leur crédibilité et enlever tous les doutes dans l'esprit
de la population, c'est très important de mettre à profit les données des
distributeurs pour qu'ils puissent valider et dire, bien, comment ce bâtiment
peut être, sur papier, aussi bon, alors que sa consommation est aussi mauvaise, ou inversement. Et il peut y avoir des
explications dans l'usage des bâtiments, mais, malgré tout, on devrait
avoir une certaine concordance entre les... la consommation réelle et la
consommation estimée.
M.
Lemay : Puis la fréquence des audits, quatre ans, cinq
ans, 10 ans? Nous, on avait déjà prévu une fréquence, mais selon
vous, ça serait quoi, la meilleure fréquence?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Bien,
à... je n'ai pas de meilleure fréquence, mais je pense que ce qui est certain, c'est qu'à la vente de bâtiments, ça
devrait être obligatoire. Si on vend tous les ans, bien, ils pourraient la
refaire tous les ans. Après, c'est ... Bien, il faudrait d'abord, dans
un premier temps, obliger tout le monde à l'avoir, mais, selon la vente, les
locations, et, par la suite, oui, peut-être les faire aux cinq ans, aux
10 ans.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Merci. Nous allons poursuivre. Je cède la parole à l'opposition officielle. Mme
la députée de Mille-Îles, la parole est à vous.
• (19 heures) •
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. Pineau, pour votre présentation. Moi aussi,
j'attends... j'accueillerais, avec grand plaisir, votre mémoire ou ce que vous
pourrez produire.
Je vais peut-être continuer dans la même veine
que le député de Masson. Il vous a posé la question sur les audits, à quelle fréquence, selon vous. Le
transfert d'informations concernant la consommation énergétique, est-ce que vous
croyez que ça devrait être distinct, disons? Est-ce que ça ne devrait être que
dans des audits? Parce que vous avez dit que c'était important, là, que ce soit
tous les bâtiments, là, qui soient... tous les bâtiments, incluant les
résidentiels. Et là, ça impliquerait que les résidentiels aussi, les
propriétaires de petits bâtiments, devraient fournir des informations. Là, on
parle peut-être... je ne sais pas on va aller jusqu'à des audits aussi complets
que pour une usine, par exemple, mais vous
voyez ça comment, le transfert d'information concernant la consommation énergétique
des plus petits bâtiments?
M. Pineau
(Pierre-Olivier) : Bien, c'est-à-dire qu'il... Quand on fait un audit
de bâtiment dans le programme qui est existant depuis longtemps,
Rénoclimat, où on a quand même plusieurs milliers de bâtiments, mais ça reste
encore des petits pourcentages, bien, tout ça, ça va dans
des serveurs et des... des fichiers informatiques du ministère de l'Environnement et de Ressources naturelles Canada
qui offrent, justement, les logiciels pour faire cette estimation-là. Donc,
cette information-là, elle est colligée, elle est connue, mais elle n'est pas
diffusée. Ça serait... Je pense... puis ça, c'est dans le prévu de
loi... dans le projet de loi, pardon, c'est prévu qu'il y ait de la divulgation
et un registre des... de la performance
énergétique des bâtiments. Donc, je pense que c'est une excellente idée. Cette
information-là devrait être publique, elle devrait être accessible.
Et
donc... Et je comprends tout à fait qu'on ne peut pas avoir l'information de
tout le monde tout de suite, mais, progressivement, on devrait, au fur
et à mesure qu'on fait des audits, on devrait mettre cette information-là pour
pouvoir la comparer et la connaître. Et ça doit être de l'information publique,
un petit peu comme on a le registre... Les
registres fonciers indiquent clairement à qui appartient tel bâtiment, telle
demeure. Ma propriété, elle est au nom de ma femme et moi. Si vous avez mon
adresse, vous pouvez savoir qui est le propriétaire. Je pense que ça serait
normal de savoir, aussi, quelle est la consommation d'énergie, quelle
est la cote du bâtiment. C'est sain que la société comprenne mieux c'est quoi,
sa consommation d'énergie.
Mme Dufour : Effectivement.
Par contre, il y a toute une question, là, de... il y a tous les propriétaires
qui dépendent... que la consommation énergétique dépend de leurs locataires. Et
là, il y a peut-être un petit défi, là, que ce n'est pas nécessairement eux...
l'information des locataires qui apparaîtrait, là, dans le registre.
Je voudrais peut-être
vous entendre, là, sur l'expérience française, parce que j'ai l'impression que
vous la connaissez... vous la connaissez bien. Les informations qui sont
demandées puis la fréquence des audits là-bas, ça ressemble à quoi, les
informations qu'on demande pour l'audit en particulier, ou l'information qu'on
demande de transmettre? Parce qu'ici on est... juste vous dire ce qu'il y a
dans le projet de loi, là, on parle de la consommation énergétique d'un
bâtiment, sa localisation, superficie, l'utilisation qui en est faite, le type
d'énergie et le moment où cette énergie est
consommée, puis il y a aussi les matériaux utilisés lors des travaux de
construction. Donc, est-ce que ça se compare, en France?
M. Pineau
(Pierre-Olivier) : Alors, ça, c'est la divulgation d'information,
après, il y a la cotation qui, elle, nécessite un audit plus détaillé pour
coter le bâtiment. Parce que là, on me donne des informations générales, mais pour coter le bâtiment, il faut faire une analyse
plus grande. Et donc, là, il faut faire un audit énergétique par, justement,
une tierce partie, comme ça se fait au
Québec, de manière volontaire, à travers certains programmes, comme ça se fait en
Europe, aussi, de manière similaire. En fait, l'expérience française ou
européenne, c'est simplement qu'on oblige les propriétaires, à certains
moments, de faire ces audits-là pour avoir ces cotations énergétiques. Et on
oblige au moment de la vente, ou si on veut louer... si on veut louer un
logement ou si on veut un bâtir un nouveau bâtiment, il faut qu'on ait cette
cotation-là.
Et donc... Mais
quelqu'un qui est propriétaire de son logement depuis 50 ans et qui ne le
loue pas n'a pas besoin de divulguer quoi que ce soit, n'a pas besoin de faire
coter son logement. Donc, en fait, la majorité des Français n'ont pas... ne
sont pas soumis aux règlements. Et ce que je proposerais, ce que j'aimerais
voir, c'est que tous les propriétaires de bâtiments, comme en... lorsqu'ils
vendent leurs bâtiments, pour les acheteurs, pour le bénéfice des acheteurs,
qu'on leur donne l'heure juste sur non seulement la divulgation, mais la
cotation.
La divulgation, en
tant que telle, à mon avis, c'est... en fait, ce n'est pas très contraignant
parce que c'est de la superficie, c'est des informations de base, que vous avez
mentionnées, et la consommation, bien, on pourrait simplement dire... avoir un
site, comme le projet de loi le propose, de dire à Hydro... de demander à
Hydro-Québec : Quelle est ma consommation d'énergie? Si on n'est pas
capables de faire la somme de ses factures... mais donc ce n'est pas un très
gros travail, mais faire la somme de ses factures d'électricité et de la
quantité d'énergie qu'on utilise, c'est déjà quelque chose qu'on devrait être
en mesure d'obtenir, et, simplement de divulguer ça, ce sont des informations
faciles à faire, à divulguer.
Donc, on pourrait
prévoir un échéancier pour ça, mais, pour la cotation, il faudrait... il faut
faire venir un évaluateur externe et il faut le faire lors de la vente ou de la
location.
Mme Dufour : Merci.
Ma question était effectivement à propos de la divulgation, et, dans le projet
de loi, on prévoit que tout propriétaire d'un bâtiment doit déclarer les
informations que je vous ai décrites au ministre. Donc, qu'il soit en location
ou pas, qu'il ait été construit 150 ans en arrière, ce serait... il y a
150 ans, ce serait encore... ce serait demandé, selon, en tout cas, la
version que... qu'on a ici du projet de loi. Et donc je me demandais si, en
France, on allait aussi loin dans les informations qui sont demandées.
M. Pineau
(Pierre-Olivier) : Alors, je ne sais pas. Je suis... Je ne le sais pas
dans ce détail-là, mais ce ne sont pas des informations qui sont très
difficiles à obtenir parce que c'est... En ce qui concerne l'usage, la
superficie d'un bâtiment, ça peut être estimé. Si on met... on a des cadastres,
on a des informations, un propriétaire devrait savoir la superficie de son
bâtiment. Donc, juste en ce qui concerne la divulgation, je pense que c'est tout
à fait raisonnable d'exiger ces informations de tout propriétaire.
Mme Dufour : Donc,
incluant les matériaux utilisés lors des travaux de construction et le moment
où l'énergie est consommée?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Alors
là, ça dépend dans quel niveau de détail on veut aller. Le moment où l'énergie
est consommée, c'est très important. Encore une fois, ça, c'est une information
qu'on... qu'Hydro-Québec possède parce qu'on a des
compteurs intelligents qui mesurent notre consommation aux 15 minutes.
Alors, c'est tout à fait possible de savoir quelle est la pointe de
consommation des bâtiments, et c'est évident qu'on ne peut pas faire un
registre des 8 760 heures de l'année, en disant quelle consommation à
chaque heure, mais de dire le moment où on consomme le plus d'énergie, c'est
telle heure, tel jour, Hydro-Québec, dans ses fichiers informatiques, peut
sortir cette information-là assez rapidement. Ça demande d'ajuster les systèmes
informatiques pour le faire à grande échelle, mais c'est quelque chose qui peut
être fait puisque c'est de l'information qu'Hydro-Québec détient.
Les matériaux de
construction, bien, on peut savoir si c'est de la brique à l'extérieur ou un
autre matériau, mais évidemment on ne va pas ouvrir les murs pour vérifier qu'est
ce qu'il y a. Mais je n'ai pas lu le projet de loi en pensant qu'on allait dans
ce niveau de détail là. J'avoue que j'ai un peu sursauté quand j'ai vu ça, mais
je me suis dit : Tout compte fait, savoir si c'est une maison qui est
isolée avec de la laine de verre ou autre chose, une maison de pierre, ou une
maison de brique, ou une maison de bois, c'est de l'information que,
visuellement, on peut valider et qui, à mon avis, est bonne à savoir. C'est
important de former les propriétaires à leur propre maison. Donc, divulguer, à
travers cet exercice-là, et ce serait un exercice d'autoformation, et ce n'est
pas plus mal, eux-mêmes ne le regretteront pas, de savoir de quoi est fait leur
bâtiment.
Mme Dufour : Merci.
Vous avez parlé de l'importance, là, du résidentiel, là. Les chiffres sont fort
intéressants, 70 térawattheures pour le résidentiel, dont 42 juste pour le
chauffage, c'est énorme, effectivement. Et il y a un groupe, plus tôt ce matin,
qui est venu, là, l'APCHQ, qui nous a parlé qu'avec des... les maisons d'avant
1960, si on rénovait en priorité ces maisons-là, on pourrait aller chercher
entre 11 et 15 térawattheures d'économies. Est-ce que ces chiffres-là vous
semblent, disons, réalistes?
M. Pineau
(Pierre-Olivier) : Alors, réalistes, techniquement, évidemment, il
faut qu'il y ait une mobilisation, un alignement à la fois des gouvernements et
de la... des entrepreneurs, des contracteurs et de la société pour justement se dire : On met ça de
l'avant. Donc, il faut qu'il y ait une mobilisation généralisée pour aller de
l'avant. On ne le regrettera pas. Et surtout il faut faire comprendre mieux à
la population québécoise que, si on ne fait pas ces efforts-là
d'économie d'énergie, il faudra construire d'autant plus de parcs éoliens, de
barrages hydroélectriques, éventuellement, aujourd'hui, on voit dans les
médias, peut-être de centrales nucléaires. Il n'y aura pas de légitimité pour
construire tous ces équipements-là de production si on n'est pas exemplaires au
niveau de la consommation. Et donc il faut
faire comprendre à tout le monde que ces efforts de réduction, ils vont nous
enrichir et ils vont nous éviter de surconstruire, avec tous les
problèmes et les coûts de la surconstruction d'équipements de production
d'électricité.
• (19 h 10) •
Mme Dufour : Merci.
Vous avez parlé aussi que les clients résidentiels payaient à peu près
85 % de ce que ça coûtait réellement, que les commerciaux en payaient
125 %. Qu'en est-il des industriels?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : C'est
autour de 105 %, peut-être un peu moins, ça a baissé cette année. L'indice
d'interfinancement est publié chaque année par Hydro-Québec à travers la Régie
de l'énergie, mais les clients industriels, c'est de 102 % ou 105 % à
ce niveau-là, oui.
Mme Dufour : Excellent.
Peut-être une dernière question pour vous. Il y a... il y a un groupe qui nous
a suggéré, là, d'exclure toute la
consommation énergétique qui est liée aux activités des entreprises. Donc, par
exemple, des industriels, un centre de données qui consomme beaucoup,
beaucoup d'énergie pour opérer les serveurs, bien, nous suggéraient, là... nous
recommandaient de ne pas calculer cette énergie-là qui est... qui est consommée
pour les activités. J'aurais aimé avoir votre opinion sur ça.
M. Pineau
(Pierre-Olivier) : C'est un bon point. C'est certain que, si c'est une
tour à bureaux que... un étage qui n'a que des ordinateurs puis un étage qui a
des dentistes, eh bien, ça ne va pas être la même consommation d'énergie. Donc,
l'activité est importante, mais il faut... il faut colliger cette information
quelque part. Il faut le savoir, mais il faut comprendre qu'il faut pouvoir
distinguer la consommation pour le chauffage du bâtiment et la consommation pour les équipements du bâtiment.
Donc, je pense que... je pense qu'il y a des... il y a des informations
qui sont liées à la structure et à l'enveloppe thermique des bâtiments. Elle a
sa performance énergétique par rapport au
climat et des équipements qui... de la consommation qui est liée aux
équipements. Il faudrait pouvoir distinguer les deux, c'est vrai.
Mme Dufour : OK. Donc, donc, selon
vous, on devrait avoir aussi l'information concernant la consommation
énergétique liée aux activités, mais distincte de la consommation pour le
bâtiment en tant que tel.
M. Pineau
(Pierre-Olivier) : Oui, oui.
Mme Dufour : Excellent.
Est-ce que...
La Présidente (Mme
Maccarone) :
10 secondes.
Mme Dufour : Une
question philosophique : Est-ce qu'on construit bien au Québec
actuellement?
M. Pineau (Pierre-Olivier) :
Non, pas encore. L'objectif, ce serait d'avoir des bâtiments passifs.
L'objectif que le Québec devrait se donner, c'est de viser des bâtiments
passifs.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
merci. Nous allons poursuivre, M. Pineau, avec la deuxième opposition. Mme
la députée de Verdun, la parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. Pineau, pour votre exposé. Tout à l'heure, vous
parliez de programmes de rénovation profonde. On parlait de Rénoclimat. Il y a
une donnée qui m'a marqué, là, le fait
qu'avec des rénovations on peut atteindre 60 % de réduction de
consommation énergétique au niveau du bâtiment, surtout du bâtiment
résidentiel. Tout à l'heure, on discutait, avec d'autres intervenants, le fait
qu'il y a des sources d'énergie qui sont
présentées comme inévitables, là, je dirais ça entre guillemets, que ce soit la
biénergie ou de continuer à alimenter certains bâtiments, pour le
chauffage, de gaz fossiles. Est-ce qu'avec cette proposition-là, par exemple,
d'entamer des chantiers de rénovation profonde on pourrait s'en passer,
justement, des sources d'énergie fossile qui continuent à être encouragées?
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Bien,
oui, évidemment, là, quand... L'idée d'avoir... de viser des bâtiments passifs,
c'est des bâtiments, donc, qui n'ont pas besoin de système de chauffage actif
parce qu'ils sont tellement bien conçus, leur enveloppe thermique est tellement
performante qu'ils n'ont pas besoin d'un système de chauffage ou alors
seulement un chauffage d'appoint, et, dans ce cas-là, on peut parler
d'électricité, même d'une bouilloire, quasiment... serait assez suffisante pour
amener de la chaleur dans le bâtiment.
C'est ce qu'il faudrait viser à terme. Il y a
certaines... certains pays qui... qui obligent les nouveaux bâtiments à être
des bâtiments passifs ou des bâtiments net zéro. Je pense que, si, vraiment, on
voulait être leaders dans la transition
énergétique, on mettrait ces contraintes-là sur les nouveaux bâtiments en
faisant... Évidemment, ça ralentirait le rythme de construction, mais,
pour s'assurer de régler la crise du logement, par ailleurs, il faut... Comme
je l'ai mentionné dans une réponse au
ministre Benoit Charette, j'ai dit : Il faut rendre disponibles les
espaces qui sont vides aujourd'hui. On n'a jamais eu autant de pièces
vides dans les logements et les bâtiments québécois. Et donc, ça, on a tendance
à l'oublier, mais on a un parc de bâtiments qui n'a jamais été aussi vide au
Québec.
Et donc il faut trouver une fiscalité pour
encourager... Les gens qui veulent garder leurs espaces vides, s'ils sont
souvent des gens qui ont les moyens, on leur fait payer une prime pour financer
des logements qui sont performants pour les gens qui cherchent des logements,
et, si on veut s'obstiner à avoir des pièces vides, eh bien, qu'on assume ce choix-là et qu'on contribue à la
construction de logements pour ceux qui n'ont pas la chance d'avoir ce
capital personnel.
Mais, oui, il faut... il faut viser 60 %...
des rénovations profondes, 60 % de la réduction de la consommation
d'énergie. Ce sont des chiffres qui sont réalisables, mais, évidemment, il faut
former les gens de l'APCHQ, que vous avez vus. Eh bien, ils sont très
sensibilisés à ça. Et les contracteurs, les contremaîtres attendent qu'il y ait
une demande de la clientèle pour qu'au lieu de dépenser de l'argent sur une
nouvelle cuisine, ou sur un nouveau patio, ou sur une nouvelle salle de bain,
bien, ce 50 000 $, 100 000 $ que beaucoup de gens dépensent
pour des nouvelles cuisines, on le dépense pour une enveloppe thermique plus
performante, et ça, ça va venir avec des... la divulgation de la cotation, et
des obligations, et des incitatifs pour améliorer la performance énergétique
des bâtiments.
Mme Zaga Mendez : Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je vous remercie, M. Pineau, pour votre contribution à nos
travaux.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux au mercredi le 31 janvier 2024, après les avis touchant les
travaux des commissions, où elle poursuivra son mandat. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 16)