(Neuf heures cinquante-deux
minutes)
Le
Président (M. Jacques) :
Bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement
ouverte.
La commission
est réunie afin de procéder aux consultations particulières et auditions
publiques sur le projet de loi n° 48, Loi modifiant
principalement le Code de la sécurité routière afin d'introduire des
dispositions relatives aux systèmes de détection et d'autres dispositions en
matière de sécurité routière.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Dufour (Mille-Îles) est remplacée par M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys).
Remarques préliminaires
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le secrétaire. Nous débuterons ce matin
par les remarques préliminaires, puis nous entendrons par la suite les
organismes suivants : l'Union des municipalités du Québec, la Fédération
québécoise des municipalités et CAA-Québec.
J'invite maintenant la ministre des Transports
et de la Mobilité durable à faire ses remarques préliminaires. Vous disposez de
six minutes.
Mme Geneviève Guilbault
Mme Guilbault : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour à vous.
Bonjour à toute l'équipe de la commission, votre secrétaire et autres
collègues, les gens de l'audiovisuel, les gens qui nous permettent d'être ici
en commission. Toujours important de commencer par vous, parce que, sans vous,
évidemment, il n'y aurait pas de commission. Donc, bonjour à mes collègues qui
m'accompagnent aussi, députée d'Argenteuil, député de Masson, député de René-Lévesque.
Merci d'être ici avec moi aujourd'hui. À mes estimés collègues des oppositions,
bien sûr, le nouveau porte-parole en transports à l'opposition officielle, que
j'affectionne beaucoup. Alors, très heureuse d'entamer les travaux
officiellement avec le député de Nelligan, le député de Marguerite-Bourgeoys,
le député de Taschereau, avec qui j'ai déjà passé plusieurs heures en
commission dans la précédente session parlementaire. Bonjour à tous ceux qui sont ici ce matin, mes équipes aussi. Vous
reconnaissez, pour... en tout cas, pour le député de Taschereau, qui a passé
plusieurs heures en commission avec nous, mon même sous-ministre adjoint,
Jérôme Unterberg, qui va nous
accompagner aussi pour ce deuxième projet de loi depuis qu'on est... que je
suis, en tout cas, aux Transports et à la Mobilité durable. J'ai ici
Dave Gravel, mon conseiller politique, qui a beaucoup, beaucoup travaillé avec
moi sur la sécurité routière. Derrière moi, mes équipes du ministère, des
équipes, aussi, de la Justice, donc des gens... et de la SAAQ, bien sûr, aussi, mais il y en a aussi dans la salle en
arrière, là, donc des équipes du ministère, de la SAAQ et de la Justice
qui sont venues nous assister pendant ces travaux-là, pendant cette première
partie, les consultations particulières, qui est toujours une partie très,
très, très intéressante.
Et là-dessus, je vais d'abord saluer les gens de
l'UMQ... je pense qu'il y a peut-être des gens des futurs groupes aussi dans la
salle ou, du moins, qui nous écoutent, mais les gens de l'Union des
municipalités du Québec qui sont ici avec nous ce matin, le premier groupe qui,
je pense, était aussi, comme on se le disait, le premier groupe dans notre
dernier projet de loi, parce qu'on s'est quittés, tout juste avant les fêtes,
sur notre précédent projet de loi sur l'expropriation. Aujourd'hui, on est dans
la sécurité routière, mais toujours heureuse de vous avoir, messieurs. Toujours
intéressant d'entendre les unions municipales, bien sûr, sur des projets de loi
aussi importants que celui de la sécurité routière.
Alors, bonjour à tous, les équipes de mes
collègues, à tout le monde qui nous écoute.
Je l'ai dit, on est sur la sécurité routière
aujourd'hui, puis je suis vraiment très heureuse. C'est toujours intéressant de
faire des projets de loi puis de faire avancer les choses dans la société, mais
je dois dire que la sécurité routière, en plus de me rappeler mes précédentes
fonctions de la Sécurité publique, c'est un sujet qui nous touche tous, je
dirais, sur le plan humain, très personnel, parce que soit on a des enfants...
et toute la question des zones scolaires est
très présente dans ce projet de loi là, on a des enfants, on a des personnes
vulnérables autour de nous, on a tous eu des histoires de gens qui ont
vécu des situations et on a tous à coeur la sécurité non seulement de nos
jeunes, là, mais de l'ensemble des gens dans la société. Puis, aujourd'hui,
avec ce projet de loi là, on franchit un autre pas pour sécuriser le réseau
routier, sécuriser des zones où il y a des clientèles vulnérables. Je l'ai dit,
j'ai parlé des zones scolaires.
Il y aura aussi toute la question des appareils de détection, les photoradars
comme on appelle communément, mais
qui sont appelés des ACA, là, dans diverses... dans la littérature, et tout ça.
Mais, bref, on va introduire davantage de
photoradars puis une façon différente d'utiliser les photoradars, qui va à la
fois être plus efficace et moins lourde sur nos systèmes, notamment nos ressources judiciaires, nos ressources
policières. Donc, on aura l'occasion de l'aborder.
Il y a
diverses autres choses dans ce projet de loi là, mais je ne vais pas être... je
ne vais pas... je ne vais pas faire le tour
exhaustivement parce qu'on aura l'occasion d'y revenir, entre autres en étude
détaillée. Mais je veux simplement remercier tous ceux qui vont venir
prendre du temps pour nous rencontrer aujourd'hui, demain, jeudi, tous ceux qui
vont, par ailleurs, envoyer des
mémoires et des commentaires aussi pour nous alimenter. Les consultations
particulières, pour moi, c'est
toujours très important et, par expérience, c'est mon neuvième projet de loi,
ça teinte beaucoup, souvent, les amendements ou les discussions qu'on a
par la suite en étude détaillée, de façon très constructive et pertinente.
Alors, merci à l'avance à tous ceux qui vont venir nous enrichir de leurs
points de vue, quels qu'ils soient.
Alors, merci, tout le monde. Et, encore une
fois, merci, M. le Président, d'être encore ici à présider cette même
commission.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. J'invite maintenant le
porte-parole de l'opposition officielle, M. le député de Nelligan, à
faire ses remarques préliminaires pour une période de
3 min 36 s.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Merci, M. le Président.
Je vais commencer par vous. Merci de présider nos travaux. Un merci aux membres
de la commission. Je tiens aussi à saluer Mme la ministre — c'est
mon premier projet de loi avec elle, figurez-vous,
ça fait six ans que je suis au Parlement, ou je peux utiliser «à l'aube de la
sixième année», cinq ans — que
j'affectionne aussi. Et merci pour le... votre gentil mot, mais aussi merci
d'avoir offert le briefing technique hier. Les équipes étaient là. Nous avons
quand même eu pas mal d'information, je tiens à le souligner. Ce n'est pas
toujours l'habitude ici d'avoir ce genre de
briefing. Nous avons reçu aussi la présentation. Merci à vos équipes qui
étaient là. Donc, c'est toujours très apprécié. Donc, salutations aux
collègues de Mme la ministre, de la partie gouvernementale. Salutations à
mon collègue de Marguerite-Bourgeoys, salutations à mon collègue, aussi, de
Taschereau.
Donc, très
heureux d'entamer la discussion sur la sécurité routière. Et Mme la ministre
l'a très bien mentionné, on est tous
touchés par les enjeux de la sécurité routière. Et j'espère, j'espère qu'au
bout de cet... de cet... des échanges qu'on va avoir avec les groupes
qui vont venir, qui ont pris la peine de préparer des mémoires, de nous envoyer
des commentaires, on va se donner tous d'un cadre législatif à la hauteur de la
sécurité routière pour l'ensemble des Québécoises et des Québécois, qu'on soit
parent, ami ou membre de la famille qui a souffert d'une manière directe ou
indirecte d'un enjeu lié à la sécurité routière. J'espère que... À part la mise
en oeuvre du plan d'action en sécurité routière, que je salue, le projet de loi
ramène des éléments importants pour... pour légiférer et donner suite au plan
d'action. Le dernier bilan routier donne raison à ce projet de loi, qui était
quand même très alarmant. Il y a une forte hausse du nombre de piétons décédés.
Et aussi ce que j'ai noté, c'est 22 % par rapport à la moyenne de 2017 à
2021. Donc, c'est très important, améliorer la sécurité, surtout les usagers
vulnérables comme les élèves. Je note aussi qu'il va y avoir des actions par rapport aux alentours des écoles. C'est un
bon point. J'espère qu'on va travailler en concertation avec surtout les
gouvernements de proximité, je nomme les villes. Donc, aujourd'hui, nous avons
l'occasion de rencontrer l'Union des municipalités du Québec et la Fédération
québécoise des municipalités. C'est un enjeu qu'on doit travailler en toute
collégialité. La sécurité routière concerne tout le monde, et c'est très
important de la faire en concertation.
• (10 heures) •
Je note que
le projet de loi... et ça, Mme la ministre va... va m'entendre parler de ce...
de ça, je dirais, tout au long de nos échanges avec le groupe concerné,
c'est le manque de mesures dans le projet de loi afin de sévir contre l'alcool au volant. J'ai moi-même déposé une
pétition, la pétition est en cours. C'est... C'est important de le souligner,
le Québec est la seule juridiction canadienne qui a encore la limite légale
d'alcoolémie à 0,08. Ailleurs au Canada, la limite a baissé de 0,05. Le
résultat, c'est qu'il y a un nombre de... le nombre de victimes est toujours
présent. Mais je sais que Mme la ministre
est préoccupée par cet enjeu, il faut sauver des vies, mais donnons-nous les
moyens, y compris un cadre législatif qui va nous aider à atteindre notre
but.
Donc, très hâte à commencer le travail, M. le
Président, hâte à entendre les groupes, qui vont enrichir nos discussions, et
très hâte à commencer l'étude de ce projet de loi très, très rapidement. Merci.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le député de Nelligan. J'invite
maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition, M. le député
de Taschereau, à faire ses remarques préliminaires pour une période de
1 min 12 s.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Merci, M. le Président.
Bien, d'abord, merci à vous de nous... de présider encore cette séance
importante. Merci, Mme la ministre, là, d'avoir répondu à l'appel des parents
mobilisés autour des écoles, d'abord. Ça a été comme le... l'élément
déclencheur, en fait, de cette... de cette proposition de projet de loi. Merci,
évidemment, aux collègues qui sont présents des... du... de la partie
gouvernementale et des oppositions, merci aux collègues. Et merci, évidemment,
à tout le personnel qui accompagne, tant pour leurs connaissances techniques
que pour leurs connaissances... techniques aussi, mais d'une autre nature.
Oui, effectivement, bien,
c'est une bonne... c'est une bonne nouvelle d'aller de l'avant sur la question
de la sécurité routière. C'est un enjeu qui
touche toute la population du Québec. C'est un enjeu qui préoccupe toute la
population du Québec. Donc, c'était
attendu. J'ai moi-même travaillé à plusieurs reprises dans ma vie sur ces
enjeux-là. J'ai participé à la
consultation, en 2017, organisée par la SAAQ. Ça a donné, évidemment, des
résultats intéressants, mais pas assez satisfaisants, pas assez... qui
ne nous ont pas fait assez avancer. On le voit, encore beaucoup d'accidentés,
de blessés graves sur les routes. On a de la misère à améliorer notre bilan
routier au Québec.
Donc, ce qu'il y a dans la proposition,
actuellement, est intéressant, mais, encore une fois, même si c'est un pas dans
la bonne direction, je pense qu'on pourrait en faire plusieurs autres, et c'est
un peu le sens des interventions que je ferai dans les... dans les jours qui
viennent. Merci.
Auditions
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Je vous remercie. Et nous allons maintenant débuter nos
auditions.
Donc, je souhaite la bienvenue aux représentants
de l'Union des municipalités du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi nous procéderons à la période
d'échange avec les membres de la commission. Donc, je vous invite à vous
présenter et à débuter votre exposé.
Union des municipalités du Québec (UMQ)
M. Dyotte (Normand) : Alors, merci
beaucoup. Mme la ministre des Transports et de la Mobilité durable, M. le
Président de la commission, Mmes et MM. les membres de la commission, bon matin
à tous et à toutes. Je vous remercie de nous donner l'occasion aujourd'hui de
vous faire part de nos commentaires sur le projet de loi 48, portant sur
la sécurité routière dans nos milieux. Je suis accompagné aujourd'hui par
Philippe Biuzzi, conseiller aux politiques à l'Union des municipalités du Québec.
Depuis maintenant plus de 100 ans, l'UMQ
rassemble les gouvernements de proximité de toutes les régions du Québec afin de mobiliser l'expertise
municipale, accompagner ses membres dans l'exercice, donc, de leurs compétences
et valoriser la démocratie municipale. Nos
membres représentent plus de 85 % de la population et du territoire du
Québec.
D'entrée de jeu, l'UMQ souhaite rappeler son
soutien au Plan d'action en sécurité routière 2023-2028, dévoilé le 22 août 2023 par le
gouvernement du Québec. Les municipalités y sont désignées, à juste titre,
comme étant des partenaires essentiels dans l'atteinte de l'objectif
central du plan d'action, soit la Vision Zéro. Les municipalités, à titre de
gestionnaires d'un réseau routier de 107 000 kilomètres, sont
incontournables dans la mise en place de l'approche du système sûr, approche
sur laquelle repose le plan d'action. L'UMQ accueille favorablement ce projet de loi, qui vise à contribuer à l'atteinte de la
Vision Zéro. Elle considère toutefois que le projet de loi 48, dans sa
forme actuelle, ne permet pas tout à fait aux municipalités de jouer
leur plein rôle de partenaires essentiels de la sécurité routière. L'UMQ tient
donc à attirer l'attention de la commission sur certains aspects du projet de
loi qui pourraient être bonifiés.
Premièrement, les nouvelles mesures quant aux
zones scolaires, soit l'obligation de les aménager de manière sécuritaire et
d'y abaisser la limite de vitesse de base à 30 km/h, auront assurément
pour effet d'améliorer la sécurité des enfants aux abords des écoles.
Toutefois, les investissements nécessaires à l'aménagement sécuritaire et à la
révision des limites de vitesse des zones scolaires prévus par le projet de
loi 48 nécessiteront des investissements beaucoup plus importants que ceux
prévus au plan d'action. Ces investissements incomberont, en partie, aux municipalités. L'UMQ recommande donc de prévoir un
financement substantiellement plus important du gouvernement du Québec
pour l'aménagement sécuritaire et la révision des limites de vitesse des zones
scolaires. À cet effet, le déploiement des
systèmes de détection est une avenue intéressante pour financer cette
obligation. Nous y reviendrons. En ce qui a trait à l'entrée en vigueur
de ces obligations, le projet de loi prévoit que l'obligation d'aménager de
façon sécuritaire la zone scolaire entrera en vigueur à une date déterminée par
le gouvernement. L'union souhaite que le gouvernement
du Québec prenne en compte les délais de planification et de réalisation des
travaux de réaménagement et le fait que les exigences permettant de
remplir cette obligation ne sont pas encore connues pour fixer la date d'entrée
en vigueur. Elle invite également le gouvernement du Québec à la consulter au
préalable. L'UMQ demande donc d'offrir une prévisibilité aux municipalités
quant à l'entrée en vigueur de l'obligation d'aménager de façon sécuritaire les
zones scolaires et du changement de limite de vitesse maximale en zone
scolaire. Cette prévisibilité est d'autant
plus importante dans la possibilité qu'une municipalité pourrait décider de
fixer une limite de vitesse différente à 30 km/h. Cette possibilité
est primordiale puisque le respect d'une limite de vitesse dépend notamment de
l'aménagement de la voie de circulation. De fait, la vitesse moyenne sur une
voie de circulation peut être plus grande dans une zone scolaire à 30 km/h
que lorsque la limite de vitesse y est de 40 km/h. Cela démontre toute
l'importance de l'aménagement des voies de circulation et de la capacité de
contrôle de la limite de vitesse. Le projet de loi prévoit que le gouvernement
fixera des conditions par règlement pour que les municipalités puissent fixer
une limite de vitesse différente. Or, les municipalités sont les plus à même
d'établir la limite de vitesse, qu'elle soit en deçà ou au-dessus de
30 km/h, en fonction des caractéristiques des voies de circulation dont
elles ont la responsabilité. En respect de l'autonomie municipale, l'UMQ
recommande de ne pas permettre au gouvernement de prescrire par règlement des
conditions quant à la fixation par une municipalité d'une vitesse autre que
30 km/h en zone scolaire.
Revenons aux systèmes de détection. L'union
accueille favorablement les mesures visant un déploiement accéléré des systèmes
de détection au Québec. Ces appareils ont largement fait leurs preuves et
peuvent devenir une pièce maîtresse du contrôle du
respect du code de sécurité routière, tout en représentant une source de
financement des initiatives municipales en
sécurité routière. Dans une volonté de collaborer à ce déploiement, l'UMQ fait
plusieurs propositions visant à permettre une véritable participation
des municipalités à ce déploiement. Premièrement, que toutes les municipalités
qui souhaitent mettre en place un régime de sanctions administratives pécuniaires
en matière municipale puissent le faire afin qu'elles puissent prendre part au
régime de SAP spécifiques aux systèmes de détection. Sur le réseau routier
municipal, qu'il soit prévu qu'un système de détection peut être utilisé de
facto sur les chemins publics identifiés à cet effet dans un plan de sécurité
élaboré par une municipalité ou une municipalité régionale de comté, que
l'utilisation de systèmes de détection appartenant à une municipalité devrait
être permise et qu'il soit prévu qu'une partie des sommes destinées au Fonds de
la sécurité routière découlant de l'utilisation, sur les réseaux routiers d'une
municipalité, des systèmes de détection appartenant au ministère des Transports
et de la Mobilité durable puissent être versée directement à cette municipalité
afin de financer le réaménagement des endroits contrôlés par un système de
détection sur son réseau routier. Finalement, que l'entièreté des sommes
destinées au Fonds de la sécurité routière découlant de l'utilisation d'un
système de détection appartenant à une municipalité puisse être utilisée pour
financer ses initiatives de sécurité routière.
En terminant, l'union souhaite porter à
l'attention des membres de la commission certains ajouts proposés à
l'encadrement par les municipalités de la circulation des véhicules hors route
sur les chemins publics du réseau routier
municipal. Les ajouts proposés augmenteront la charge administrative des
municipalités sans gain supplémentaire en matière de sécurité routière.
Le projet de loi vient rendre obligatoire la tenue de procédures
supplémentaires précédant l'édiction d'un
règlement municipal concernant la circulation des véhicules hors route sur les
chemins publics du réseau routier
municipal, nommément la tenue d'une assemblée publique. Il vient également
obliger la transmission d'un rapport
établissant que la circulation des VHR, dans des conditions prescrites, est
sécuritaire. Or, le gouvernement du
Québec a pris l'engagement, dans la Déclaration de réciprocité concernant le
nouveau partenariat entre le gouvernement du Québec et les gouvernements
de proximité, signée en décembre 2023, de mettre en oeuvre un chantier de
travail concernant l'allègement de la charge administrative municipale et de
certains processus gouvernementaux. L'ajout de
ces obligations ne s'inscrit pas dans l'esprit de cet engagement. L'UMQ
recommande de ne pas obliger une municipalité à tenir une assemblée
publique sur le projet de règlement de circulation de véhicules préalablement à
l'édiction du règlement et de ne pas obliger une municipalité à transmettre à
la ministre, avec le règlement, un rapport établissant que la circulation des
véhicules hors route, dans les conditions prescrites, est sécuritaire.
Alors, je
vous remercie de votre attention. Nous sommes maintenant disponibles pour
répondre à vos questions.
• (10 h 10) •
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. Dyotte, pour votre exposé. Je cède
maintenant la parole à Mme la ministre pour une période de
16 min 30 s.
Mme
Guilbault : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Merci,
messieurs, à nouveau, d'être... d'être ici aujourd'hui. Très, très, très
intéressant.
Il y a divers points là-dedans. Puis, si on a le
temps... On a 16 minutes, vous m'avez dit, M. le Président? Bon. Parfait. Et j'ai mon collègue de René-Lévesque qui voudra... qui est un ancien élu municipal aussi, comme vous savez,
donc qui aura des questions pour vous.
Alors, moi, je vais y aller... Comme je dis,
j'ai deux, trois choses, mais je veux commencer par, évidemment, là, toute la
question des radars photo, parce qu'à la fois la disponibilité d'un plus grand
nombre, le choix des sites d'installation, puis la manière de répartir non
seulement les revenus mais aussi les dépenses, parce que vous dites :
L'entièreté des sommes pourrait être retournée aux municipalités... Bien, vous
dites : L'entièreté des sommes qui seraient
allés au fonds devrait être versée aux municipalités. Donc, est-ce que vous,
vous déduisez les frais de gestion, les frais? Parce qu'en fait c'est un
peu ça, mon point, c'est que l'acquisition des photoradars... L'idée, en étant
un peu gestionnaire de l'ensemble du parc d'ACA, si on veut, c'est de pouvoir
faire des appels d'offres groupés, d'être plus attractifs sur les marchés et de
pouvoir aussi nous assurer que les critères dans le choix des appareils vont
répondre aux critères puis aux besoins de l'entièreté des partenaires qui vont
devoir composer, puis manipuler, puis traiter ces... le fruit de ces
produits-là. Donc, il y a comme une logique derrière ça. Puis, en même temps,
c'est quand même des investissements, ça
devient des actifs, finalement, qu'on possède, puis après ça non seulement
l'acquisition, l'installation, mais ensuite l'entretien. Souvent, on a
des contrats pour l'entretien.
Bref, il y a un ensemble de choses là-dedans qui
font qu'en ce moment, puis vous savez probablement qu'en ce moment on a le
PPCM, là, le projet pilote de coopération municipale, depuis environ 10 ans, je
pense, qu'on me disait, auquel on va mettre un terme finalement avec la
nouvelle façon de faire, mais donc, en ce moment, il y a un partage qui est
fait avec les municipalités, en déduisant les frais qui sont les frais que je
vous exposais tout à l'heure, puis l'excédent ayant... allant dans les fonds,
de toute façon, est réinvesti en sécurité routière, tu sais, le TAPU puis le programme... mais c'est-à-dire le Programme
d'aide financière du Fonds de la sécurité routière. C'est des exemples. Puis
d'ailleurs on a eu des excédents aussi au Fonds de l'assurance automobile, dont
on a réinvesti un 44 millions, de mémoire,
en sécurité routière. Donc, il y a déjà des sommes qui, de toute façon,
retournent dans les... la sécurité routière.
Bref,
concrètement, qu'est-ce que vous souhaiteriez modifier là-dedans, dans la
mesure où il y a quand même des dépenses importantes qui doivent être
faites à l'origine avant qu'on ait des revenus?
M. Dyotte
(Normand) : Oui. Alors, bien, écoutez, Mme la ministre, dans
un premier temps, on est partenaires, évidemment, les municipalités,
dans tout ce qui est le projet de loi et les actions qui sont à venir. Alors,
nous, ce qu'on dit, c'est qu'on veut faire partie de la solution. On connaît
bien les territoires, nos territoires, dans le fond, les municipalités, on connaît les endroits aussi où il
y a des risques d'accident, donc on veut intervenir, pouvoir intervenir avec,
entre autres, des photoradars sur les endroits les plus accidentogènes. Alors,
je pense que de faire partie aussi d'un appel d'offres regroupé, comme vous le
mentionnez, c'est une excellente, je pense, proposition. Évidemment, je pense qu'il peut y avoir des prix évidemment à la
baisse dans ce contexte-là. Donc, dans ce contexte-là, on veut participer
et les installer aux endroits les plus appropriés.
Maintenant, oui, il y
a des coûts, il y a des dépenses relatives à ça, évidemment. Alors, il y a des
revenus et des dépenses. Mais avec le projet de loi et ce que vous mentionnez
aussi de pouvoir avoir, au niveau de l'allègement des cours municipales et de
pouvoir participer avec un processus plus administratif que légal dans le
règlement, dans le fond, des... des
contraventions qui vont être données, bien, ça vient diminuer les coûts. Alors,
à quelque part, ces argents-là vont nous servir à réaménager,
évidemment, c'est sûr, les endroits, entre autres, les zones scolaires, qui
sont les plus problématiques. Alors, on est conscients que oui, il y a des
dépenses, mais on pense qu'à la limite, si on fait les bons choix, les bons endroits pour installer des... les
photoradars, bref, on est capables de prendre ces... ces sommes-là pour
les réinvestir adéquatement pour l'aménagement des zones scolaires, entre
autres.
Mme
Guilbault : Oui, effectivement. Puis
d'ailleurs j'aimerais faire une mini parenthèse parce qu'on parle beaucoup... les municipalités qui sont des
partenaires... Puis vous avez probablement regardé le plan d'action, bien, je
sais que vous l'avez regardé, vous étiez vous-même au lancement du plan
d'action le 22 août dernier, le plan, le tout premier plan d'action qu'on a déposé en matière de relations entre le
MTMD puis les municipalités, qui donne suite à une mesure de... de notre
plan d'action, qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce que vous considérez que,
concrètement, ça va nous aider à mieux travailler ensemble, entre autres, pour
la question des aménagements puis les questions de... de travailler en
partenariat concrètement pour pouvoir répondre ensemble aux objectifs? Parce
que la majorité des... la majorité des écoles sont sur votre réseau, alors
c'est sûr que, tu sais, si on veut atteindre nos objectifs, on a besoin de mieux travailler ensemble, donc est-ce que,
rapidement, là, est-ce que vous pensez que c'est un pas dans notre... dans la
même... dans la bonne direction?
M. Dyotte
(Normand) : Oui. Mais absolument, Mme la ministre, c'est un pas dans
la bonne direction.
On sait aussi qu'il y
a plusieurs accidents dans diverses municipalités, donc il est important qu'il
y ait des mesures qui soient mises en place. Vous parlez, entre autres, de
mesures coercitives à certains endroits aussi, avec les amendes. On pourrait
revenir peut-être un peu plus loin. Bien, bref, je pense que c'est un pas qui
va vers l'avant aussi pour assurer une
meilleure sécurité, hein, on veut éviter, évidemment, les accidents qui sont
survenus un petit peu partout dans les municipalités, donc, du Québec.
Et
oui, définitivement, pour répondre à votre question, c'est un excellent pas en
avant avec les différentes actions, mais avec quelques modifications, comme on
le souhaite, comme on vient le mentionner dans notre mémoire.
Mme
Guilbault : Puis sur les... pour revenir
aux radars photo, parce que vous dites : On veut être partenaire,
participer, en fait, si je décode bien, au choix de la localisation des radars
sur votre... sur vos territoires municipaux. Puis à l'article 12 du projet
de loi, oui, c'est ça, ici, à l'article 12, on dit : «Un système de
détection peut être utilisé dans les endroits suivants». Puis là on vient prévoir
explicitement la possibilité de le mettre dans une zone scolaire. Donc, on
n'a... Finalement, tu n'as pas besoin de discuter où, tu sais, c'est prévu
explicitement.
Et dans un lieu où il
y a des travaux de construction, parce qu'on n'en a pas parlé, je n'en ai pas
parlé en introduction, mais ça aussi, c'est une des clientèles qu'on considère
vulnérables, nos travailleurs de chantier, puis toute la question des accidents
sur les sites de travaux routiers.
Puis, par la suite,
on dit : «Sur un chemin public désigné par le ministre [...] ou [...]
partie d'un chemin public», et «une telle désignation est effectuée selon les
critères déterminés par règlement». Et ensuite, on dit que... c'est ça, on convient des «modalités d'une demande
faite par une municipalité aux fins de la désignation d'un chemin public dont l'entretien relève de cette
municipalité». Autrement dit, on vient maintenir l'idée, justement, d'un
partenariat dans le choix des
critères qui vont mener à la... la détermination des localisations. Alors,
est-ce que ça, c'est... ça vous satisfait?
M. Dyotte (Normand) : Bien, je pense
qu'effectivement, si on vient effectivement lire ce que vous mentionnez,
c'est ce qu'on veut. D'ailleurs,
effectivement, on veut effectivement pouvoir intervenir avec vous pour déterminer
quels sont les meilleurs endroits, les plus stratégiques, pour poser ces
futurs photoradars là. Tout à fait.
Par contre...
Peut-être que M. Biuzzi...
M. Biuzzi (Philippe) : Oui, peut-être que je
bonifierais. On considère que, de facto, en fait, là, comme pour les zones
scolaires puis les zones de chantier, les... les endroits déterminés dans des
plans de sécurité faits par des municipalités
ou des MRC, qui sont financés, d'ailleurs, par le... le ministère des
Transports, par le biais du Programme d'aide à la voirie locale, bien,
que ces plans-là devraient aussi permettre d'identifier de facto des endroits
où on peut mettre des... des radars photo en milieu municipal.
Mme
Guilbault : Bien oui, tout à fait,
d'autant plus que... Puis là, avec les sommes qu'on a ajoutées dans le TAPU... je ne sais pas si c'est le TAPU ou le
PAFFSR, qui peut, entre autres, financer des diagnostics de sécurité, parce
qu'il y a tellement d'écoles, c'est trois
quarts, je pense, des écoles, ou un peu plus que le trois quarts qui est sur
votre réseau. Alors, si on veut s'assurer d'avoir des aménagements
sécuritaires obligatoires ou systématiques autour de nos écoles, ça commence,
des fois, par un diagnostic de sécurité.
Donc, ça, est-ce que vous
sentez que vos membres... ou est-ce que vous sentez un... je pense que oui, là,
mais, tu sais, un peu un élan de dire :
Effectivement, on va prendre le recensement de nos écoles, on va regarder
concrètement c'est quoi, les problèmes? Parce que, tu sais, de dire : Il
faut que toutes les écoles soient sécuritaires, c'est sûr que c'est beau, en théorie, mais, en pratique,
dans la vraie vie, ça peut être compliqué, selon le chemin municipal, selon qu'il
est provincial, selon qu'il y a de la circulation lourde ou non.
Alors, est-ce que vous sentez l'adhésion des
membres pour aller dans le sens d'on va faire des diagnostics de sécurité puis
on va s'assurer de savoir précisément comment sécuriser? Parce que, par
exemple, si on obtient une subvention, des fois, ça peut être tentant de
faire... de refaire un trottoir ou de faire autre chose ailleurs que ça. Est-ce
que vous sentez que c'est une réelle priorité pour vos membres que de choisir
des projets qui vont dans le sens de la sécurité, entre autres, autour des
écoles?
M. Dyotte (Normand) : Bien oui, tout
à fait. Des plans de sécurité routière que l'on doit faire, les municipalités,
pour justement assurer la sécurité aux abords des écoles, c'est un élément fort
important. Mais on sait fort bien aussi qu'il va y avoir des investissements
aussi à faire. Alors, on parle dans un milieu bâti. Quand on parle d'un nouveau
milieu en construction, on peut prévoir immédiatement quelles sont les
meilleures mesures à mettre en place et on dit que ça coûte moins cher. Quand
on vient pour intervenir sur un milieu qui est déjà bâti, c'est plus difficile
de modifier la rue, d'ajouter des trottoirs par la suite, etc. Donc, puis c'est
surtout la... je vous dirais, la situation actuelle que nous connaissons. On va
intervenir dans des milieux bâtis, alors c'est pour ça que... et ça ne se fait
pas du jour au lendemain non plus.
Donc, il faut continuer nos plans de sécurité,
les mettre à jour et après ça, bien, il faut identifier des pistes de solutions
et il faut mettre ça dans nos PTI, hein, nos programmes triennaux
d'investissement, et ça, bien, c'est un deux ans, un trois ans, un quatre ans.
Donc, ça nous prend du temps, c'est pour ça qu'on dit, dans notre mémoire
aussi, de nous laisser le temps de mettre les mesures en place, parce que ce
n'est pas vrai que, si, dans quelques mois, on
dit que la mesure tombe, que nos aménagements vont être, évidemment, modifiés
en conséquence. Donc, là-dedans, je pense qu'il faut s'ajuster pour être
certains de mettre en place les mesures importantes.
• (10 h 20) •
Mme Guilbault : Oui. Bien, absolument, puis moi, je suis tellement d'accord
avec vous, ce que vous dites, c'est très vrai.
Puis quand on a commencé à... quand j'ai
commencé à travailler sur le plan de sécurité routière, c'est ça, c'est que la
quasi-totalité des écoles sont déjà existantes, dans des milieux bâtis, avec
des marges de manoeuvre des fois limitées. Alors, c'est pour ça que je dis que
même si, en théorie, on voudrait tous que ça aille vite puis que les écoles
soient sécuritaires du jour au lendemain, ça prend des diagnostics adaptés à
chacun des milieux puis, ensuite de ça, des moyens en conséquence. Alors...
alors, c'est... Bref, c'est très vrai de le dire.
C'est pour ça, d'ailleurs... puis là je cherche
le numéro de la mesure, exactement, mais dans toute la politique d'aménagement
du territoire, là, dans ce sur quoi travaille... dans le fond, c'est le PMO de
la... de la PNAAT je pense, on a enchâssé
deux éléments, dont celui de devoir tenir compte dorénavant... Bien, c'est le
plan de mise en oeuvre de la politique nationale d'aménagement et
d'architecture... d'architecture et d'aménagement du territoire pour... c'est
un peu jargonneux, mon affaire, mais, bref, de s'assurer dans le... dans
l'aménagement des futurs quartiers qu'on va résolument prendre en compte à la
fois la mobilité, mais, tu sais, toutes les questions de sécurité dans la façon
d'aménager les quartiers. Ça fait que ça, on est parfaitement d'accord
là-dessus.
Peut-être un élément aussi que... Sur la
question des VHR, là, parce que c'est quelque chose qui... puis c'est un peu en
marge, mais, comme vous en avez parlé, il y a des cas dont on a plus entendu
parler médiatiquement, de... mais, dans
l'ensemble, actuellement, pour... pour ce que j'en sais, ça va relativement
bien, les... les cas de municipalités qui veulent prévoir la possibilité
de circuler sur les chemins. Donc, ça se déroule conformément. Il y a la
résolution. On traite ça puis ça fonctionne.
Il y a des cas où il y a eu plus d'enjeux, mais
vous, vous dites : N'ajoutons pas d'étape de plus, n'ajoutons pas de procédure, n'ajoutons pas de lourdeur parce
que ça fonctionne déjà bien, si je comprends bien. Donc, de retirer les
articles, vers la fin du projet de loi, là, qui parlaient de ça.
M. Dyotte (Normand) : Oui, tout à
fait, c'est qu'on demande de retirer les obligations pour le moment et de prendre un moment de réflexion à cet effet-là.
Vous le savez, à certains endroits, vous l'avez mentionné, Mme la ministre,
ça va très bien. Il y a peut-être des endroits problématiques, on en convient,
mais, dans la majorité des cas, ce qu'on entend,
du monde municipal, donc, ça va bien. Je pourrais citer l'exemple, là, de la
MRC Antoine-Labelle, entre autres, OK, où il n'y a eu aucune plainte
reportée à la municipalité pour, justement, là, l'utilisation de la voie
publique pour des traverses, entre autres, de VHR. Et ce sont des retombées
économiques importantes pour certaines régions ou la majorité des régions du
Québec. Alors, dans le cas que je viens de mentionner, on parle de
68 millions par année de retombées économiques des activités de VHR. Donc,
c'est important aussi, encore une fois, d'alléger le processus dans le cadre où
il n'y a pas de plainte, où les citoyens sont heureux de la situation.
Et, encore une fois, en termes de gouvernement
de proximité, on ne veut pas, dans le fond, alourdir les processus
administratifs, qu'on a mentionnés. Alors, c'est dans ce contexte-là qu'on dit
que, pour nous, ça ne va pas être du
mur-à-mur, il faudrait regarder, dans le fond, les endroits où ça fonctionne
bien et ne pas systématiquement, là, rendre obligatoire, le rendre
compte à cet égard-là.
Mme Guilbault : Parfait. Merci. Je vais céder la parole à mon collègue de René-Lévesque.
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la ministre. M. le député de René-Lévesque.
M. Montigny : Alors, bonjour.
Historiquement, l'Union des municipalités du Québec, puis vous l'avez dit tout
à l'heure, a toujours parlé pour l'autonomie des municipalités. Il y a un
conseil municipal, il y a un comité de sécurité
routière, il y a des consultations, il y a aussi des consultations dans
l'aménagement quand l'urbanisme fait des projets d'aménagement.
J'aimerais vous entendre avec ça, parce qu'il y
a une démocratie, là, qui est assez proche du citoyen pour le consulter quand
on veut faire un changement, notamment une limite de vitesse, puis il y a une
capacité d'aller poser des questions à ses élus locaux, à son conseiller
municipal. Alors, ma question est assez simple : En quoi on imposerait...
Pourquoi on imposerait quelque chose partout, mur-à-mur, qui est peut-être un
besoin pour une municipalité, mais qui ne l'est pas pour une ville comme
Forestville, par exemple? Alors, pourquoi on imposerait ou — il y
a des gens qui disent ça — qu'on
devrait imposer 30 kilomètres partout dans toutes les villes? Alors,
pourquoi on imposerait pour une ville comme Forestville si ce n'est pas son
besoin, si les conseillers municipaux, si le maire, la mairesse, les élus
locaux et citoyens ne considèrent pas que c'est un besoin local? J'aimerais ça
vous entendre là-dessus.
M. Dyotte (Normand) : Bien, en fait,
c'est que le projet de loi définit que le 30 km/h est comme la base. Alors, ce qu'on soutient, c'est qu'effectivement,
dans les faits et dans la réalité, avec les exemples que j'ai mentionnés
tantôt, ça peut être que la vitesse, aussi, moyenne soit supérieure, puis c'est
arrivé dans des cas concrets aussi, en abaissant à 30 km/h que...
lorsqu'elle était à 40 km/h. Alors, c'est dans ce contexte-là que nous, ce
qu'on propose, c'est de dire : Ayons la
possibilité, les municipalités, de pouvoir quand même, OK, soit monter à 40 ou
soit baisser à 20. Il y a des villes qui l'ont fait, d'ailleurs,
récemment, donc, sur la Rive-Sud de Montréal, le mettre à 20 km/h alentour
des écoles. Alors, ça dépend de
l'aménagement qui est déjà là. Alors, je l'ai mentionné tantôt, alors on ne
fait pas ce qu'on veut avec un aménagement qui est là depuis plusieurs
années. Alors, c'est pour ça qu'il faut s'adapter.
M. Montigny : ...mais ma question
est plus à savoir... Il y a des organisations, il va certainement y en avoir
qui vont venir nous en parler, qui vont souhaiter avoir un mur-à-mur partout au
Québec, de limiter à 30 km/h partout sur tout le territoire des villes.
Alors, j'aimerais vous entendre là-dessus. Parce qu'en quoi... si c'est bon
pour un quartier spécifique, par exemple la région de Laval ou de Montréal,
bien, ça devrait s'imposer dans des municipalités comme Forestville où les...
dans ma circonscription, où les maires... la mairesse ne demande pas ça puis
les élus municipaux non plus, là?
M. Dyotte (Normand) : D'accord. Je
vais laisser M. Biuzzi répondre à cette question.
M. Biuzzi (Philippe) : Bien, en
fait, ultimement, si c'est 30 km/h, la vitesse qui doit s'appliquer, ce
sera 30 km/h. Nous, ce qu'on dit, puis c'est ce qu'on défend dans notre
mémoire, c'est... en fonction des aménagements... puis il y a un historique d'aménagement aussi où parfois on a des voies
de circulation où de mettre un 30 km/h, on sait pertinemment que la
limite de vitesse ne sera pas respectée.
Québec a fait
des aménagements... a fait des tests, en fait, où, autour d'une zone scolaire,
on baissait de 40 à 30 km/h, puis ce qu'ils ont réalisé, c'est que
la vitesse moyenne augmentait, parce que les gens ne respectaient pas la limite
de vitesse. Donc, c'est ce genre de situations là qu'on souhaite éviter.
M.
Montigny : ...corrélation? Il me reste juste quelques
secondes. Il y a une corrélation plus large que simplement
imposer une règle par législation, il faut que ce soit réfléchi dans un
ensemble. C'est ce que je... On pense pareil, là?
M. Dyotte (Normand) : Oui, oui, tout
à fait, puis je pense que ça part lors d'un développement de nouveaux projets. Si on parle de nouveaux projets, tu sais,
il y a des PPU qui sont faits, des règles d'urbanisme, il y a des consultations
publiques aussi lorsqu'on change des
règlements d'urbanisme. Donc, c'est pris en considération dans les aménagements
pour la mobilité active aussi.
Le Président
(M. Jacques) : Merci beaucoup, messieurs. Ceci termine l'échange
avec la partie gouvernementale.
Je cède maintenant la parole à l'opposition
officielle, à M. le député de Nelligan, pour 12 min 23 s
M. Derraji : OK. Merci, M. le
Président. Merci pour votre mémoire, pas mal de commentaires qui vont dans le
sens d'améliorer le projet de loi.
J'aimerais bien, avant d'aller dans les détails,
finir avec la question du financement. Mme la ministre vous a posé la question : C'est quoi, la demande
concrète aujourd'hui de l'UMQ dans le cadre du financement? Soyez beaucoup plus
clairs pour que les membres de la commission puissent comprendre qu'est-ce que
l'UMQ demande aujourd'hui au nom des villes. Est-ce que c'est un
financement où vous partagez les coûts avec Québec? Est-ce que vous dites que
Québec doit lancer les appels pour acheter et, par la suite, les villes
partagent les recettes? C'est quoi, la demande réelle, dans les deux?
M. Dyotte
(Normand) : En fait, il y a deux éléments. Le premier, c'est
que, donc, on remercie évidemment, là, la ministre pour le programme
TAPU et la bonification de 68 millions, donc, qui a été annoncée l'année
passée dans le programme TAPU. Alors, il y a des
investissements qui vont être faits évidemment là-dedans. Mais on est... nous, évidemment, pour l'ensemble des municipalités que
nous couvrons, on est conscients des coûts à venir concernant les aménagements suite à, donc, ces réglementations-là.
Donc, c'est certain qu'on a besoin d'avoir du financement supplémentaire, puis on pourra évidemment sortir
et aussi des chiffres pour l'ensemble des municipalités éventuellement
de combien est-ce que ça pourrait coûter faire les aménagements existants.
Et il y a aussi le
volet des radars photo. Les radars photo, ce qu'on demande, c'est d'aller
chercher une partie pour ce qui est du
88 %, qui est le territoire que couvrent les municipalités. Si nous avons
les radars photo, puis on a la permission de pouvoir les mettre dans les
endroits appropriés, bien, d'avoir évidemment ces revenus-là.
Bon, il y a une
question de revenus et dépenses que Mme la ministre a mentionnée tantôt, mais
il y a aussi le fait que, si c'est, dans le fond, sur le territoire du ministère
des Transports, bien, on demande une partie des revenus pour pouvoir aménager,
à ce moment-là, les routes en conséquence.
M. Derraji : Mais,
excusez-moi, on va juste aller doucement parce que vous avez sauté rapidement
aux revenus. Je veux juste qu'on revient au
financement. Là, vous êtes d'accord par rapport à la proposition, l'appel
d'offres doit être lancé, centralisé, vu l'économie d'échelle. Ça, vous
êtes d'accord?
M. Dyotte
(Normand) : On est d'accord puis on souhaite pouvoir en faire partie
aussi pour qu'on puisse éventuellement avoir des radars photo sur nos
municipalités pour en tirer des revenus.
M. Derraji : Mais
vous voulez en faire partie comment? L'appel d'offres va être lancé par le
ministère. Vous voulez participer à l'appel d'offres pour que des municipalités
aient elles-mêmes leurs photoradars?
M. Dyotte
(Normand) : Effectivement.
M. Derraji : OK. La question de gestion, ça a été posé par Mme
la ministre, il y a des coûts reliés à ça. Vous voulez participer aussi
aux coûts ou juste la partie revenus des photoradars?
• (10 h 30) •
M. Dyotte
(Normand) : Bien, c'est sûr que, quand on y va avec une proposition,
il faut prendre l'ensemble, hein, évidemment. Alors, il faudra regarder d'une
façon plus précise quels sont les coûts associés à ça. Alors, c'est une volonté, dans un premier temps, de pouvoir
évidemment subventionner nos futurs aménagements, il est bien certain. Mais, bref, il va falloir regarder le volet des
coûts, et on comprend qu'il y a un processus administratif qui est en cours
actuellement pour alléger le processus des cours municipales. Donc, c'est une
très belle proposition. Alors, dans ce sens-là,
on pense que... on espère que le net — hein,
on va parler comme ça — va
générer effectivement un net positif.
M. Derraji : OK. On part au financement de l'infrastructure.
Là, vous dites que, dans le plan, vous demandez des sommes pour la mise
en place, donc que les municipalités aient accès à ce fonds.
M. Dyotte
(Normand) : Oui. On a déjà accès à des fonds actuellement, on a déjà
accès.
M. Derraji : Mais
là vous demandez que ce soit indexé en conséquence de ce qu'on va vous demander
dorénavant?
M. Dyotte
(Normand) : Oui, avec des plans qui seront déposés aussi sur
l'ensemble des besoins des municipalités en termes d'aménagement.
Alors, il y a déjà
des plans qui existent puis il y aura aussi une consolidation dans le futur à
venir suite à la mise en place de la réglementation et ce que ça va exiger. On
va tenir compte aussi des propositions d'aménagement, donc des guides qui sont
en... actuellement, là, en rédaction. Donc, on salue le gouvernement pour
supporter les municipalités dans ce sens-là. Évidemment, ça pourra être bonifié
avec les exemples concrets lorsque ça atterrira dans nos municipalités.
M. Derraji : OK.
Là, on a terminé avec le financement. Passons aux revenus. C'est quoi, la
structure idéale, pour vous, pour les revenus?
M. Dyotte
(Normand) : M. Biuzzi.
M. Biuzzi
(Philippe) : En fait, on fait une distinction entre si un système de
détection appartient au ministère des Transports ou appartiendrait à une
municipalité. Dans le cas d'une municipalité, on considère que l'ensemble des
revenus, puisque ça appartient à la municipalité, que les frais ont été payés
par la municipalité, devrait revenir à la municipalité. Évidemment, il y a les
frais de gestion, il y a les frais administratifs, il y a les frais
d'entretien. Du côté des appareils qui appartiennent au ministère des
Transports, on considère... puis, puisque, bon, il y a 250 appareils qui
sont visés par un appel d'intérêt, on considère qu'il devrait y avoir une
rotation de ces appareils-là. Puis, pour qu'il y ait une rotation, il faut que
les endroits où on utilise ces appareils de détection là puissent être réaménagés.
S'ils sont réaménagés, il y a une possibilité de déplacer ces appareils-là
ensuite. Puis c'est pour ça qu'on considère qu'il y a une partie, puis là je
parle vraiment des excédents, là, qui sont visés à l'article 33, qui
devrait retourner dans les municipalités ou
sur le réseau du ministère directement pour corriger les lacunes d'aménagement
qui s'y trouvent.
M.
Derraji : OK. Vous avez... Dans la recommandation n° 5...
non, désolé, ce n'est pas... non, désolé, la recommandation
n° 3, vous parlez beaucoup... «En respect de
l'autonomie municipale, ne pas permettre au gouvernement de prescrire
par règlement des conditions quant à la fixation, par une municipalité, d'une
limite de vitesse autre que 30 kilomètres par heure en zone scolaire.» Je comprends
le principe de l'autonomie municipale, mais pourquoi vous ne voulez pas que le
gouvernement le prescrit par règlement?
M. Dyotte (Normand) : Pour la raison qu'on a
mentionnée tantôt. Donc, il y a un contexte particulier à chacune des zones scolaires et les aménagements sont
différents. Donc, il se peut fort bien... comme, encore une fois, certaines
municipalités ont déjà procédé à des changements de règlement, de mettre ça à
20 kilomètres-heure, d'autres veut mettre
ça à 40 kilomètres-heure selon l'aménagement existant, et pour en venir,
dans le fond, peut-être, à un 30 kilomètres-heure partout, mais il
faut investir dans les aménagements. Alors, il y a des exemples concrets qui démontrent que la vitesse peut être quand même
plus élevée, même si on abaisse... si on abaisse,
dans le fond, la limite de vitesse, compte tenu de la particularité de
l'aménagement de la zone en question.
M. Derraji : Oui.Donc, le problème, c'est
l'aménagement. Et qui dit aménagement, des coûts supplémentaires. Donc,
on revient à la question du financement.
M. Dyotte
(Normand) : Oui, absolument. Parce que de refaire des trottoirs, de
mettre des dos d'âne, etc., on ne parle pas juste de pancartes de
signalisation, là. Souvent, la réduction de vitesse, ça passe par un
rétrécissement de la voie de circulation, et ça, bien, c'est un réaménagement
de la rue et... ou, en plus, comme je l'ai mentionné tantôt, d'ajouter des
trottoirs, élargir les trottoirs. Bref, c'est beaucoup plus dispendieux que
mettre de la signalisation.
M. Derraji : OK.
Vous avez aussi parlé de la prévisibilité et vous avez mentionné l'entrée en
vigueur. Nous sommes au début de l'étude...
de... je dirais, des consultations. L'étude détaillée va commencer dans
quelques semaines. C'est quoi, pour vous, le moment idéal?
M. Dyotte
(Normand) : Bon, on aimerait discuter avec le ministère de... du
moment approprié. Je pense qu'on n'a pas de date à vous proposer à ce
moment-ci. Ce qui est important, c'est qu'on puisse avoir le temps, nous, de
mettre en place les mesures en même temps pour que ça puisse se coordonner avec
cette mise en place là. Alors, on ne pourra pas faire des aménagements,
évidemment, là, routiers, comme j'ai mentionné encore une fois, là, en deux
mois, trois mois, un an, ça passe par nos budgets, là, triennaux, etc. Donc, si
on parle de signalisation, c'est une chose, de marquage au sol, c'est une
chose, mais les aménagements, c'est plus long que ça. Donc, on veut vraiment
être en coordination avec le gouvernement pour s'assurer que, si on met ça en
place, bien, que les mesures vont être efficaces pour l'endroit, là, qui est à
sécuriser.
M. Derraji :
Je vois que... Ça va être ma dernière question. Mon collègue va poser aussi une
question. Je vois que vous êtes président de
la Commission de l'aménagement et des transports au niveau de l'UMQ. L'alcool
au volant, c'est quelque chose qui est absent dans le projet de loi,
surtout la limite de 0,05. On est la seule province canadienne où on est... on
n'est pas à 0,05. Qu'est-ce que vous en pensez?
M. Dyotte
(Normand) : Bien, écoutez, je pense qu'il y a matière à réflexion par
rapport à les thèmes que vous mentionnez. C'est tout à fait normal. Mais, pour
l'union, pour l'UMQ, pour l'instant, on n'a pas de position à cet effet-là pour
l'instant.
M. Derraji : Mais
qu'on soit les seuls au Canada, ça ne vous dérange pas?
M. Dyotte
(Normand) : C'est sûr que c'est préoccupant. Je pense, comme je vous
dis, c'est une réflexion qui est intéressante à faire, tout à fait, mais, pour
l'instant, on n'a pas été plus loin dans l'analyse du dossier, mais, je pense,
c'est une bonne réflexion à faire.
M. Derraji : Merci.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le député de Nelligan. J'invite maintenant le
député de Marguerite-Bourgeoys pour une période de 3 min 40 s.
M.
Beauchemin : Merci beaucoup, M. le Président. On a eu quelques questions
à date qui tournaient alentour, là, du financement puis de la prévisibilité.
Vous avez l'expérience. Vous les connaissez, vos membres. Vous vous êtes
promenés sur le terrain. Ils ne vous ont peut-être pas tous donné, là, les
montants spécifiques exactement, mais, juste au niveau de l'enveloppe pour
adopter l'ensemble du réseau municipal, là, à ce que le projet de loi semble
vouloir indiquer au niveau scolaire, est-ce qu'il y a un ordre de grandeur qui
a été, comme, accumulé de par l'information que vous êtes capables d'avoir sur
le terrain?
M. Dyotte
(Normand) : Bref, je ne pourrais pas vous donner de chiffres ou
montants précis présentement, mais donc l'union est en train de travailler
là-dessus. Par rapport à ce dossier-là, je peux laisser mon collègue,
M. Biuzzi, y aller là-dessus.
M. Biuzzi
(Philippe) : On a quand même, bon, l'exemple de la ville de Québec,
par exemple, là, qui investit 60 millions
sur quatre ans pour la sécurité routière. Grosso modo, en aménagement, on parle
de 50... 50 à 55 millions. On parle d'un 478 000 $ par
année par école, en fait. Il y a 115 écoles sur leur territoire. Il y a
88 % des écoles, des 2 725 écoles au Québec qui sont sur le
réseau routier municipal. Donc, on parle quand même de coûts qui vont être
importants. Quand je vous parle d'un 478 000 $ pour la ville de
Québec, ça... ça, c'est en moyenne. Ça va dépendre, évidemment, de si vous êtes
en contexte d'un cadre qui est déjà bâti ou d'un nouveau quartier. Ça coûte
plus cher dans un milieu qui est plus dense,
nécessairement, parce qu'il y a plus... il y a moins d'espace. Par exemple, il
faut ouvrir la rue complètement,
changer des canalisations en même temps. Mais on parle quand même de sommes qui
sont substantielles. Et là, quand je
vous parle d'un 478... 478 000 $ par école, on ne parle pas
nécessairement de réaménagement complet, ça peut être simplement du
marquage, de la signalisation, et tout ça. Donc, on parle quand même de...
juste à l'échelle de la ville de Québec, on
parle d'un 50, 55 millions. Donc, pour l'ensemble du Québec, on parle de
sommes qui sont beaucoup plus importantes.
M. Beauchemin :
Bien, justement, c'était, comme, cette loi de trois là que je voulais,
comme, avoir votre idée, parce que le nombre
d'écoles fois 478 000 $... la réalité de Québec n'étant pas la
réalité de... du village du Lac-Brome, par exemple, donc j'imagine qu'il
y a un exercice qui a été fait, parce qu'à l'intérieur même de Québec, il y a
des zones qui sont moins denses, évidemment,
là, que dans le centre-ville, qu'ici, sur la rue Saint-Louis, donc c'est peut-être important, là, de... étant donné
le contexte. Donc, cet exercice-là n'a pas été fait, juste approximatif, grosso
modo. Parce que, quand on demande un
financement substantiel, je pense, c'est le mot que vous avez utilisé, je veux
juste... c'est quoi, la référence?
M. Dyotte
(Normand) : Je pense, avec l'exemple, là, qu'on vient de vous donner,
ça démontre que, juste pour la ville de Québec...
ça fait que multiplié pour le Québec, là, dans son ensemble... Alors, on voit
venir, évidemment, les coûts. Donc,
bref, sans avoir de chiffres précis, on sait que les sommes vont être
nécessaires, vont être supérieures. Alors, c'est pour ça qu'on en fait
la demande. Mais on veut travailler intensément avec le ministère pour avancer
encore des chiffres plus précis, qui, sûrement, vont faire en sorte que les
besoins que nous avons vont dépasser ce qui est déjà sur la table actuellement.
• (10 h 40) •
M. Beauchemin :
Je vais juste m'avancer pour faire pure spéculation, mais je me dis que,
bon, faire à Québec ce que doit pour adapter ici, c'est probablement plus
dispendieux que ça le serait dans un village où est-ce qu'il y a moins
d'infrastructures, où est-ce qu'il y a moins de trottoirs, etc., etc. Donc, je
me dis, peut-être que le chiffre... je ne
sais pas votre opinion, est-ce que le chiffre est peut-être plus dispendieux en
milieu vraiment dense versus...
M. Dyotte
(Normand) : Ça dépend, parce que les coûts de construction, comme vous
le savez, bref, depuis quelques années, ont augmenté, là, d'une façon
faramineuse. Alors, que ça soit, là, dans une plus grande ville ou dans une
ville de taille moyenne ou petite, les coûts sont quand même là.
M. Beauchemin :
OK.
Le Président
(M. Jacques) : Merci beaucoup. Ceci termine l'échange avec
l'opposition officielle. Je cède maintenant la parole à la deuxième opposition
et à M. le député de Taschereau pour une période de 4 min 8 s.
M. Grandmont : Merci, M. le Président.
Donc, quatre minutes à nous. Donc, je vais... on va essayer d'y aller
pour deux questions, rapidement. D'abord, sur la recommandation 3, puis
c'est un peu mélangé avec la 2, là, vous dites, en quelque part, tu sais, que
vous êtes, évidemment, prêts à intervenir sur les zones scolaires puis... en
tout cas sur le... tu sais, puis à
embarquer, en fait, dans la protection, là, des... l'amélioration du bilan
routier. En même temps, il y a... il y a un enjeu, puis vous le nommez
bien, là, c'est l'aménagement, qui va faire que les véhicules ou les
automobilistes vont ralentir. Un seul panneau, ça ne fonctionne pas. Ça vient
avec des coûts aussi. Donc, est-ce que, dans le fond, pour vous... C'est comme
multifacette, là. Il y a à la fois l'argent qui doit venir pour être capable de
faire ces aménagements-là, pour avoir un
impact réel. Il y a le fait de peut-être... je ne sais pas, j'aimerais vous
entendre là-dessus, mais pouvoir étaler dans le temps, parce que vous
parlez de date d'entrée en vigueur, là. Est-ce qu'on peut étirer la mise en place de ces infrastructures-là
ou de ces aménagements-là pour réellement réduire la vitesse? J'aimerais
vous entendre là-dessus d'abord.
M. Dyotte
(Normand) : Bien, effectivement, on veut se coordonner pour être certains, lors de la mise en place de ces
mesures-là, que nos aménagements soient sécuritaires. Alors, c'est ça qui
est... qui est demandé. Alors, on demande une coordination, à cet effet-là, de
la date de mise en place. C'est... Comme je l'ai mentionné, ça va prendre du
temps avant de pouvoir aménager sécuritairement ces zones-là. On veut le faire
d'une façon... évidemment, de la bonne façon, donc avec les parties prenantes
puis avec les écoles aussi, parce qu'il ne faut pas oublier qu'on ne fait pas
ça seuls non plus, hein? Dans certaines municipalités, dont la mienne, entre
autres, on a fait le tour de toutes les écoles avec le comité d'établissement
scolaire, avec comité de parents, avec les écoles, avec les policiers. On a marché
alentour, OK, donc, de l'école au complet pour voir où sont les zones
dangereuses et produit un plan de match par rapport à : Voici les
modifications que nous devrions apporter. Donc, il y en a qui sont à court
terme, c'est de la signalisation, c'est du marquage au sol, puis il y en a
d'autres que ce n'est pas ça. Donc, il faut refaire
des rues, il faut refaire des trottoirs, etc. Donc, c'est dans ce temps-là
qu'on dit : Il faut juste harmoniser le tout.
M. Grandmont : Parfait.
Il y a la question de l'autonomie municipale aussi qui est pas mal au coeur de
vos réflexions. Ça, j'aimerais ça vous
entendre là-dessus. Il y a à la fois l'alourdissement des procédures quand ils
parlent... quand on parle des
consultations qui seraient obligatoires dans le cas, là, des... dans les cas
qui concernent les véhicules hors route. Il y a la question aussi de
l'identification des terrains... pas des terrains, pardon, des routes sur
lesquelles on pourrait déployer des radars photo. Il faut tout le temps... à
part les zones de travaux puis les zones scolaires, il faut toujours aller demander à la ministre pour avoir le droit de mettre
en place un radar. Vous demandez aussi le droit d'avoir vos propres
radars, dans le fond, en participant à l'appel d'offres du MTQ.
Donc, l'autonomie municipale est quand même
importante, vous, dans le discours, dans le mémoire que vous apportez.
Expliquez-moi un petit peu plus, là, comment vous voyez ça, là.
M. Dyotte (Normand) : Bien, vous
avez tout à fait raison. D'entrée de jeu, c'est ce que j'ai mentionné, donc
c'est ce que l'UMQ demande depuis des années. Alors, bref, il y a de
l'amélioration continuelle, je pense que ça va bien, mais il y a toujours des
pistes d'amélioration aussi à mettre en place. Alors, dans ces contextes-là,
c'est pour ça qu'on a des propositions concrètes dans ce sens-là, qui fait en
sorte d'alléger pour le bien des citoyens, pour le bien... d'alléger les processus administratifs, bref.
Donc, oui, vous avez tout à fait raison, c'est des volontés que nous avons eues
et que nous avons encore toujours.
M. Grandmont : Bien, ça me... en
tout cas, ça me semblerait cohérent avec les différentes ententes qu'on a eues,
l'entente de réciprocité qui met la place... dans le fond, qui donne des
responsabilités. Évidemment, il faut que ça vienne avec des moyens, tout ça. En
même temps, on a évidemment une connaissance très grande du milieu. Vous avez
même parlé de marche de repérage, ça me rappelle à mon ancien... mon ancien
travail, mais tourner autour de l'école, connaître son terrain puis être
capable de sensibiliser aussi la population.
Écoutez, moi, ça fait pas mal le tour. Merci
beaucoup pour votre participation et votre mémoire fort éclairant.
M. Dyotte (Normand) : Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Taschereau. Merci, M. Dyotte et M. Biuzzi, pour votre
intervention, votre participation aux travaux de la commission.
Et nous suspendons quelques minutes pour faire
place au prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 45)
(Reprise à 10 h 53)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux.
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Nous entendrons maintenant...
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Merci de
garder le silence, s'il vous plaît. Nous reprenons nos travaux et nous entendrons maintenant l'union... la fédération des
municipalités du Québec. Donc, je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi nous procéderons à une période
d'échange avec les membres de la commission.
Je vous invite à vous présenter et à débuter votre exposé. Donc, la Fédération québécoise des municipalités.
Merci.
Fédération québécoise
des municipalités (FQM)
M. Demers (Jacques) : Parfait. Merci beaucoup. Mme la ministre des Transports et
de la Mobilité durable, M. le Président, mesdames, messieurs membres de la
commission, bien contents d'être devant vous aujourd'hui.
La Fédération
québécoise des municipalités, qui compte plus de 1 000 membres à
travers toutes les régions du Québec
et l'ensemble des MRC, notre mission consiste notamment à défendre les intérêts
politiques et économiques des municipalités et des régions en mettant de
l'avant l'autonomie municipale. Nous vous remercions de l'opportunité qui se présente à nous de pouvoir aujourd'hui...
particulièrement au niveau des transports. C'est sur le terrain, c'est chez
nous que ça se passe. On est contents de pouvoir vous en parler.
Nous avons salué le dépôt du plan d'action en
sécurité routière de la ministre l'été dernier. Nous lui avions assuré, à ce
moment, que nous allons suivre les étapes avec intérêt, notamment en ce qui a
trait au renforcement et la collaboration
avec les municipalités. Nous comprenons que le projet de loi constitue la
première étape d'un plan d'action et nous remercions la ministre de
l'avoir proposé aux membres de l'Assemblée nationale.
Les enjeux en
sécurité routière, particulièrement ce qui concerne les enfants et les
populations vulnérables, sont un sujet de préoccupation de premier plan
pour nos décideurs locaux, qui souhaitent avoir la possibilité d'instaurer des mesures efficaces
pour protéger leurs citoyens, qui, d'ailleurs, demandent toujours, de ce
côté-là, une autonomie, de comprendre que, chacun des territoires, il y
a des différences. On est là pour représenter ces groupes. Ils souhaitent
également avoir plus d'écoute de la part du ministère des Transports quand il
est question de faire les meilleurs choix pour leurs municipalités.
Je demanderais à M. Châteauvert... que j'ai
oublié de présenter, d'ailleurs, notre directeur des politiques, qui va lire les extraits de notre mémoire puis qui va
présenter certaines de nos propositions. Par la suite, on sera disponibles
pour répondre à vos questions.
M. Châteauvert (Pierre) : Merci, M. Demers. De manière générale, vous savez, la
Fédération québécoise des municipalités
souhaite que les communautés locales et régionales aient plus d'autonomie dans
leur fonctionnement, également en matière de sécurité routière. C'est
d'ailleurs un sujet qui revient aussitôt, la sécurité routière, dès qu'un accident ou un décès survient sur leur territoire.
Les municipalités sont des partenaires incontournables du gouvernement,
du ministère en cette matière, et c'est pourquoi nous accueillons avec intérêt
les propositions de la ministre.
Aussi, la fédération partage l'objectif de la
ministre de prioriser la sécurisation des zones scolaires ainsi que toutes celles où la sécurité des citoyens pourrait
être compromise. En effet, tous conviennent de se... de l'importance de se
mobiliser pour sécuriser ces zones. Toutefois, nous tenons à le préciser
d'entrée de jeu, le coût et le financement des aménagements doivent être
abordés directement si on désire que les projets nécessaires se réalisent. Le
ministère doit travailler de concert avec
les municipalités dans cet effort et faire en sorte que les leviers financiers
soient au rendez-vous. Le ministère devra aussi
assumer sa part de responsabilité et revoir ses façons de faire, notamment dans
les cas où ces zones se retrouvent sur le réseau supérieur. De là de
l'importance... De là l'importance que les deux paliers de gouvernement
travaillent main dans la main en collaboration sur cette question. Nous y
reviendrons.
Le projet de loi se veut ambitieux en ce qui
concerne les photoradars, et qui portent maintenant le nom d'appareils de
contrôle automatisé, les ACA. Globalement, nous partageons la volonté et
l'orientation proposées par la ministre. Nous soulignons également sa volonté
d'alléger les contrôles et redditions de comptes en ce qui concerne les ACA. Je
préfère photoradars, mais, en tout cas, on va dire ACA. C'est notamment le cas
des articles 4 et 5 du projet de loi qui modifient l'article 294.1 du
Code de la sécurité routière et qui allègent le processus de vérification quant
à l'utilisation des ACA. Nous encourageons d'ailleurs le ministère à poursuivre
dans cette voie lorsqu'il est question de vérification et de reddition de
comptes.
En ce qui a trait à la détermination des sites
où les appareils pourront être implantés, nous pensons que les critères qui
détermineront ceux-ci devront être souples et établis en concertation avec le
monde municipal. Advenant que le déploiement subvienne subséquemment à un
exercice de diagnostic de sécurité routière au niveau de la MRC, il faut que
les rôles de chacun soient bien établis afin de répondre aux attentes et
surtout que les ressources financières qui accompagnent ces exercices soient
facilement accessibles et suffisantes.
Sur le plan des partages de revenus, nous avons
été heureux de constater que la possibilité d'ententes avec les municipalités,
telles qu'elles existaient dans le projet pilote de coopération municipale,
vont perdurer dans le temps. Notre recommandation quant à ce point est de...
que des options de partage des excédents soient évaluées afin d'offrir aux
municipalités l'option la plus avantageuse pour elles, compte tenu de leurs
réalités, si on souhaite vraiment qu'elles aient la marge de manoeuvre pour investir
dans les mesures de sécurisation routière, en particulier dans les zones scolaires. Nous l'avons dit,
d'importantes sommes seront nécessaires pour la réalisation d'aménagements
pour assurer la sécurité, et les revenus qui seront tirés de ces photoradars
devraient être prioritairement investis dans ces projets.
Un autre élément important du projet de loi
touche l'instauration d'un régime de sanctions administratives pécuniaires.
L'idée de délester une partie du traitement des constats d'infraction et de les
diriger vers une autre instance que les tribunaux de la Cour du Québec est
de... en toute cohérence avec la position que nous avons défendue lors des
consultations sur le projet de loi n° 40 sur la réforme des cours
municipales, adopté récemment par l'Assemblée nationale. Nous émettons le
souhait que le gouvernement puisse, dans la mesure du possible, se servir des
outils qui sont déjà en place afin de minimiser les coûts de fonctionnement,
contrôler les nouvelles dépenses et surtout ne pas dédoubler des structures qui
existent déjà.
Nous souhaitons aussi rappeler que, dans de
nombreuses cours municipales du Québec, le système informatique permet une
gestion intégrée et efficace de ce type d'infraction et encourageons le
gouvernement à désigner celles-ci, lorsque cela est possible, à titre
d'organismes désignés pour gérer les constats d'infraction et leurs
contestations.
• (11 heures) •
Autre volet important du projet de loi :
les véhicules hors route. Les membres de la fédération sont tous d'accord :
un décès sera toujours un décès de trop, sur les routes comme dans les
sentiers. Cependant, et il faut le rappeler, la grande majorité des accidents
surviennent en dehors du réseau routier et sont le résultat de fausses
manoeuvres ou de comportements à risque. Aussi, nous croyons que les
modifications prévues par le projet de loi ne sont... ne sont pas en adéquation
avec les risques réels encourus et qu'elles complexifieront grandement la tâche
des administrations municipales sans rien changer à la sécurité des usagers.
Selon nous, l'article 69 du projet de loi
est problématique dans son ensemble. Cet article prévoit l'obligation de tenir
une assemblée publique sur les projets de règlement, de procéder à un avis
public au plus tard le 15e jour qui précède la... qui précède la tenue de
l'assemblée et de faire parvenir le règlement au ministre dans les
15 jours de son adoption, accompagné d'un rapport dont le gabarit se
retrouvera sur le site du ministère. Si le projet de loi est adopté, on introduira
donc un nouveau mécanisme d'adoption de règlement différent de celui prévu dans
le code municipal et la loi des cités et villes, et ce,
sans parler du pouvoir de désaveu de la ministre à l'égard des règlements
relatifs aux véhicules hors route.
Vous conviendrez donc avec nous que l'on ne
puisse accepter cette proposition et qu'il nous est difficile de comprendre,
après avoir signé une entente de réciprocité le 13 décembre dernier avec
le gouvernement, où l'importance de s'attaquer à la lourdeur des redditions de
comptes est identifiée comme une priorité, qu'un projet de loi vienne ainsi en
ajouter. Ce n'est pas l'obligation de tenir une assemblée qui pose problème,
nous le faisons régulièrement dans nos dossiers, non, ce sont les... des
obligations du type obligation de produire un rapport devant être transmis à la
ministre dans le délai précis et selon un gabarit précis qui nous ramènent en
arrière. On s'éloigne donc de la responsabilisation des acteurs avec de telles
propositions. Aussi, nous demandons respectueusement de faire confiance aux
municipalités locales et régionales et de revoir cet aspect du projet de loi.
Concernant l'obligation de réduire la vitesse en
tout temps à un maximum de 30 kilomètres-heure et de... d'aménager des...
les zones et les corridors scolaires, tous s'entendent sur la nécessité de
bouger, que l'on doit faire quelque chose,
mais les choses ne sont jamais simples, même en matière de sécurité. En outre,
la notion de «en tout temps», concernant
la limite de vitesse, peut sembler attrayante à première vue, mais aussi
devenir excessive lorsqu'on l'applique.
Nous sommes d'avis, comme la ministre, que
toutes les zones scolaires doivent offrir un niveau de sécurité équivalent,
mais il demeure que toutes les zones scolaires ne sont pas utilisées de la même
manière. Par exemple, pourquoi imposer cette limitation partout et en tout
temps dans des secteurs peu fréquentés en dehors des jours et des périodes scolaires? Nous demandons plutôt
d'accorder une certaine latitude aux élus municipaux pour les laisser libres
d'apprécier chaque situation. Nous croyons qu'ils sont les mieux placés, par
exemple, pour juger des périodes où l'abaissement de la vitesse est nécessaire
et de celles où la limite peut être de 50 ou de 40. Il faut de la souplesse
pour garder les choses le plus simple... et
garder les choses le plus simple possible pour nous assurer que les mesures
seront suivies et respectées par nos concitoyens.
Nous avons
déjà abordé la question : les coûts rattachés à la mise à niveau des zones
et des corridors scolaires et les aménagements qui en découleront seront très
élevés. Le programme... Le gouvernement a bonifié son programme d'aide
financière actif... au transport actif, mais nous sommes tous... nous savons
tous déjà que les sommes prévues seront
insuffisantes. Les finances des municipalités sont sous pression, comme
celles... tout comme celles du gouvernement. Nous réitérons donc la
nécessité de nous asseoir rapidement pour discuter des moyens à prendre pour
atteindre nos ambitions collectives en ce domaine.
Toujours concernant la sécurité des zones où on
doit intervenir, notamment les zones scolaires, nous avons mentionné plus tôt
que plusieurs d'entre elles se retrouvent sur des routes numérotées et relèvent
donc du ministère des Transports. Or, on ne
compte plus le nombre de différends entre le ministère et les municipalités
concernant ces zones. Si on impose
des obligations aux municipalités, il sera impératif que le ministère des
Transports et de la Mobilité durable prêche par l'exemple et change ses
propres pratiques en ce domaine. Pour ce faire, il faudra que le ministère
modifie ses normes et ses politiques lorsque
les routes nationales traversent des villages et des villes, particulièrement
aux abords des zones scolaires.
À ce
chapitre, la ministre a lancé, dans la dernière année, une initiative qui consiste
à mettre en oeuvre des mesures visant à renforcer les relations, à
simplifier les échanges et à harmoniser les pratiques avec le milieu municipal
essentiellement basée sur la responsabilisation des directions régionales. Les
municipalités doivent pouvoir échanger avec
des gens en mesure d'appliquer leurs décisions. Cette approche suscite un
certain intérêt là où on l'applique. Notre demande est donc simple : il faut continuer dans cette lignée. Il
faut accélérer et amplifier ce mouvement. Il faut que la politique, la
nouvelle approche de la ministre puisse se concrétiser partout sur le
territoire.
Le chantier lancé par la ministre est important,
et nous partageons ses objectifs. Nous avions d'ailleurs accueilli son annonce
avec intérêt, comme disait M. Demers. Pour la FQM, il reste à ajuster des
éléments pour que la ministre puisse atteindre ses objectifs tout en respectant
le rôle et la responsabilité de ses partenaires municipaux. Merci beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci, MM. Demers
et Châteauvert. Et je cède maintenant la parole à la partie gouvernementale, à
Mme la ministre, pour une période de 15 min 56 s.
Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Merci, messieurs,
M. Demers, M. Châteauvert, qui est
un habitué. Vous êtes tous deux des habitués, donc, M. Châteauvert se
passe de présentation, mais c'est gentil de nous l'avoir quand même
introduit. Merci, messieurs, d'être ici. Très, très intéressant.
Vous faites suite à l'UMQ, donc c'est sûr que,
je vous dirais, il y a des éléments qui se recoupent, mais il y a une
sensibilité particulière, là, de par, entre autres, la taille de... la taille
ou la composition des... ou la nature des ressources pour certains de vos
membres, qui, des fois, ont des ressources plus limitées pour donner suite à
des objectifs parfois d'envergure comme on a dans le plan d'action sur la
sécurité routière, donc... Et on est très, très sensibles à ça, puis j'aimerais
peut-être commencer par ça.
Vous avez abordé, à la toute fin, la
mesure 16 du plan d'action, qui était de... puis j'en ai parlé avec vos
prédécesseurs aussi, de déposer le tout
premier plan d'action pour renforcer, puis améliorer, puis rendre plus efficaces
les relations entre mon ministère et les municipalités. Donc, il me semble que
c'est ce à quoi vous faisiez référence, qui, effectivement, était notre
souhait, de franchir un pas vraiment concret pour que ça travaille mieux
ensemble. C'est parce que je me promène
beaucoup, vous vous promenez beaucoup, on sait que, des fois, bon, ce n'est
pas... tout n'est pas parfait, mais on souhaite que les arrimages puis
l'efficacité soient de plus en plus grands, entre autres pour donner suite au
plan d'action de la sécurité routière, mais aussi l'ensemble des besoins, qui
sont énormes, sur nos deux
réseaux respectifs. Donc, est-ce que vous me confirmez que le... puis on l'a
confectionné ensemble, de toute façon, là, mais est-ce que vous me
confirmez qu'à date ce plan-là atteint son objectif?
M.
Demers (Jacques) : Oui, en grande partie,
et puis c'est un... vraiment un pas vers l'avant. Cet échange-là est très, très important dans l'ensemble des
dossiers, parce que je pourrais nommer des dossiers qui traînaient depuis plus de
15 ans, résolutions de municipalités année après année, réduire des
vitesses à l'intérieur d'un village pour l'école, mais, non, c'est une route à numéro. Or donc, vous n'avez aucun pouvoir
municipal, monsieur, pour avancer ce dossier-là. Là, on a réussi des
étapes à des endroits comme ça. Je pense que c'est un pas intéressant.
On s'enfarge encore
dans certaines réglementations. Des fois, on... Je vais prendre un petit
exemple, là, mais des fois on veut avoir une
traverse de piétons. Étant donné qu'il n'y a pas tant de piétons qui traversent
certains villages, on ne veut pas avoir un flash ou une lumière qui est
à temps plein, on veut en avoir une qu'on appuie sur le bouton quand on a à
traverser. Bien là, on nous dit : Oui, oui, mais si vous l'avez, de ce
côté-là, ça le prend de l'autre côté parce
que... puis j'ai dit : Il y a-tu une question de sécurité, l'autre côté?
La vision est très bonne, et le danger n'est pas là. Bien oui, mais
c'est dans le règlement que, s'il y en a d'un bord, ça le prend l'autre bord.
C'est des choses
comme ça que je dis : Quand on commence à se parler, c'est intéressant,
mais il faudrait aussi se permettre de dire que ces gens-là avec qui on parle
ne sont pas toujours cadrés dans des réglementations ou des choses où est-ce
que la seule réponse qu'on y trouve, c'est de dire : C'est le règlement,
c'est comme ça, c'est tout ce que je peux faire. J'aimerais qu'on ait une
espèce de latitude de dire : Est-ce qu'il y a un danger pour les citoyens?
Est-ce qu'on peut penser aux citoyens ou aux enfants qui traversent ces
rues-là? Est-ce que ça a un impact? Est-ce que le pas qu'on est en train de
faire, on vient d'améliorer la place? Là, on pourrait voir, puis c'est un cas
peut-être unique, mais, justement, de prendre des fois un cas unique pour
dire : Il ne faut pas faire du mur-à-mur. Mais, à votre question
principale, c'est une avancée plus qu'importante.
M.
Châteauvert (Pierre) : Si vous permettez,
Mme la ministre, simplement pour... effectivement, ce que M. Demers dit,
là, c'est... on le voit sur le terrain, mais on part de loin, simplement
qu'on... de loin. Avec votre prédécesseur,
on a été obligés d'intervenir parce que le ministère retirait des panneaux,
vous savez, qui indiquent la vitesse, là, votre vitesse, tu sais, ça
flashe quand on dépasse le niveau de la vitesse, sur des routes numérotées.
Mme
Guilbault : Des radars pédagogiques.
M.
Châteauvert (Pierre) : C'était interdit, et le ministère
retirait des panneaux comme ceux-là, qui étaient installés par les municipalités, pour dire aux gens : Regardez,
quand vous traversez un village, je pense à Saint-Siméon, sur la Côte-Nord, où est-ce que... je vois le
député de... de René-Lévesque, qui passe souvent là, et le panneau, on... le
ministère avait retiré ce panneau-là parce
qu'il disait que ça ne correspondait pas au règlement. Et ça, ça fait quelques
années. C'est votre prédécesseur qui l'a... qui a arrêté cette pratique-là.
Donc, on part de loin, il y a beaucoup de choses à faire, mais... On le
remarque, qu'il y a quelque chose mais, disons, vous savez, la culture des
entreprises, des ministères, c'est long à changer, donc il ne faut pas lâcher,
comme on dit, il faut continuer.
Mme
Guilbault : Bien, absolument. En tout cas,
nous autres... moi, depuis un an que je suis là, on est très, très en action sur ce front-là, pour essayer tant
d'enlever de la lourdeur... puis je reviendrai sur les VHR, je veux laisser du
temps à mon collègue de René-Lévesque, mais je vais revenir là-dessus. Mais,
pour la lourdeur puis l'efficacité, là, tu sais, moi, j'aime bien que
les choses se passent, vous aussi, ça fait que c'est ça, on travaille ensemble.
• (11 h 10) •
Puis aussi la mesure
8, dans notre Plan d'action en sécurité routière, vous savez qu'on s'est
engagés, de notre côté, à modifier à la fois le tome I et le tome V, donc la
conception puis la signalisation. Tu sais, l'exemple que vous donnez, là : on n'a pas le droit de mettre
telle affaire à temps partiel, puis tout ça, bon. Alors, on va introduire un
chapitre piéton dans le tome I. Alors, évidemment, je ne sais pas... je
ne suis pas en train de présumer de ce qui va être dans le tome, le chapitre en question, là, je ne suis pas
ingénieure, puis tout ça, puis on va faire les choses scientifiquement puis
correctement, mais c'est simplement pour refléter la sensibilité énorme qu'on a
pour la sécurité des piétons, mais aussi le
gros bon sens de la vraie vie, dans l'entièreté de nos régions puis de nos
municipalités un peu partout au Québec. Parce que tout le monde n'habite
pas à Québec ou à Montréal, là, puis il y a plusieurs réalités un peu partout.
Bref, on est... on est sur la même longueur d'onde. On va continuer de
travailler ensemble là-dessus.
Sur
les ACA, parce que c'est un point important, là, toute la question des dépenses
et des revenus, puis je le disais encore une fois à vos prédécesseurs,
il y a eu un rapport, puis c'est sûr que les cinq municipalités qui ont
participé au projet pilote de coopération municipale, c'est Laval, Longueuil,
Montréal, Québec, Gatineau... Et donc, on a eu des discussions avec eux, on a
un bilan, on a un rapport qui fait le bilan, qui est quelque part ici, là,
enfin, de ce projet pilote là, sur,
justement, comment ça s'est passé. Parce que, quand on dit : On voudrait
affecter des revenus... on voudrait que
les revenus soient redonnés aux municipalités, avec toutes les variantes que ça
peut comporter, là, dans les diverses recommandations,
êtes-vous d'accord, vous, à l'aise avec... puis c'est ça, ici, on n'est pas...
parce que notre pagination est un peu déficiente...
Une voix :
...
Mme
Guilbault : ...122, bon, c'est ça, de ce rapport-là...
êtes-vous à l'aise avec le principe de dire... parce qu'il y a quand même des
coûts importants qui viennent avec ça, à la fois pour l'acquisition,
l'installation, l'entretien et l'utilisation, donc, de
dire : On déduit l'ensemble de ces frais-là, de ces frais fixes et de ces
frais de gestion, on prend l'excédent des revenus et on le réinvestit en
sécurité routière? Oui, par l'entremise de programmes, soit des fonds ou
programmes gouvernementaux, mais ultimement, ça retourne en sécurité routière.
Puis, si on prend les programmes dans les fonds, même le TAPU, ça retourne
beaucoup dans les municipalités. Donc, est-ce que ce principe là, vous, vous
êtes à l'aise avec ça? Parce que c'est un peu ce qu'on projette faire, essentiellement,
pour la suite. On va faire des ententes avec
les municipalités, comme c'est prévu à l'article 12, mais... c'est-tu
l'article 12, ou 13, ou, en tout
cas... 30, en tout cas, bon, on ferait une entente de partage de coûts avec les
municipalités, pour reprendre un peu cet esprit-là. Alors, vous,
êtes-vous à l'aise avec ça?
M.
Demers (Jacques) : Bien oui, je pense que
c'est un principe qui se défend très bien. En même temps, il faut faire
attention, quand on dit un partage des revenus, par la suite, à quelle place
c'est investi. Je me dis, si on l'a mis dans un secteur parce qu'on considère
que ce secteur-là est problématique... Puis, pour moi, les photoradars, il ne
faut pas que ce soit sur une base de dire : On a tel volume de voitures
qui passent à cet endroit-là, donc on peut mettre un photoradar. Le photoradar,
il faudrait que ça continue à représenter des endroits qu'on a des
problématiques. On ne demande pas aux policiers de faire de la surveillance aux
endroits où est-ce qu'on sait que la... Ce n'est pas sur une base de volume,
mais sur une base de problématiques. On n'est pas là nécessairement pour y
faire des revenus, mais c'est vraiment pour... on a une problématique. C'est
une des façons de faire ralentir le trafic, mais, après ça, cet argent-là
devrait souvent être le plus local ou régional possible, parce que, s'ils ont
des problématiques à cet endroit-là, c'est probablement là aussi qu'on va
devoir investir.
M.
Châteauvert (Pierre) : Si vous permettez,
Mme la ministre, on est déjà habitués à ce genre de pratiques, ce genre de
partage avec d'autres ministères. On a déjà des ententes, on gère, pour
notamment Ressources naturelles, tout ce qui est sur les terres publiques. Le
défi, dans ce genre de démarche-là, ce n'est pas... c'est d'identifier les coûts et que ce soit clair, qu'on s'entende. Mais
là les photoradars, j'ai comme l'impression que ça va être plus simple
que quand on parle de gestion des baux villégiature, et tout ça, sur les terres
publiques. Ça, c'est assez compliqué, merci, en fonction des diverses réalités
puis des coûts, puis il y a des poursuites, bon. Je vous fais grâce du détail,
mais on est déjà habitués à ce genre de démarche là. Pour nous, ce n'est pas un
problème. Donc, effectivement, on s'entend sur les coûts, et tout ça, puis on
arrive à une formule, puis on dit : OK, d'accord, on s'entend, et après,
sur ce qu'on doit faire avec les sommes. C'est déjà une pratique qu'on connaît,
que l'on connaît, qu'on est habitués.
Mme
Guilbault : Oui, bien, effectivement, puis
ce que vous dites est très intéressant, puis c'est justement dans l'esprit de
dire : Ne nous limitons pas à choisir des emplacements qui vont être
rentables pour maximiser les revenus au détriment de zones qui peut-être
sauveraient plus de gens ou assureraient plus de sécurité. Ça fait que c'est
pour ça que, des fois, quand on installe des photoradars dans des zones, tu
sais, peut-être, justement, des plus petites municipalités où il y a moins de
volume, ça génère moins de revenus, mais c'est quand même important. Ça fait
que, là, quand tu prends le coût total, quand tu prends la somme des revenus
puis la somme des dépenses, si on dit : La municipalité voudrait le gérer
elle-même, ce ne serait probablement pas rentable.
C'est pour ça que
moi, l'idée de dire : On continue de faire ça de façon groupée, on
continue d'être le gestionnaire du parc puis, ensuite de ça, une fois qu'on a
déduit les frais, on partage les revenus puis on s'assure que c'est réaffecté
en sécurité routière, me semble être la bonne avenue pour préserver... pour ne
pas que la rentabilité à tout prix devienne un critère trop prédominant, au
détriment de la sécurité.
M.
Demers (Jacques) : Sur ce point-là, je
pense qu'il va probablement y avoir une évolution. Je pense qu'à la base vous
avez absolument raison, c'est de la façon qu'il faut partir, mais il faudrait
comprendre aussi, par la suite, parce ce que peut-être qu'on va s'apercevoir
qu'il y a des... il y a des coûts... Est-ce qu'ils ont le personnel pour faire ces éléments-là? Peut-être que les municipalités,
on embarquerait dans cette équation là puis on a peut-être le personnel
qui peuvent le faire. On le sait, ne serait-ce que les PAVA, les indicateurs de
vitesse qu'on met à différents endroits, bien, ça prend quelqu'un qui les
change de temps en temps, qui s'en occupe. Mais est-ce que ça doit toujours
être quelqu'un... Ça prend quelqu'un qui a le temps puis qui comprend son
territoire aussi, puis c'est pour ça que je pense que la municipalité peut
souvent être dans l'équation puis être certaine que l'endroit où est-ce qu'elle
va le placer convient aussi à ce qui se passe sur son territoire. Si c'est
toujours quelqu'un qui vient de l'extérieur, il y a peut-être des éléments
qu'il va oublier, d'importance, qui peut se vivre dans ce milieu-là.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, c'est pour ça qu'on
prévoit que la détermination des autres secteurs, à part les chantiers routiers
puis les zones scolaires, qui sont prévus explicitement dans le projet de loi,
ça va être fait en collaboration avec le ministre.
Je
veux laisser du temps à mon collègue de René-Lévesque. Donc, très rapidement,
sur les VHR, dans le fond, vous, essentiellement, vous dites : C'est déjà
lourd, c'est déjà long, la paperasse, on est tannés, alors n'ajoutons... n'en
ajoutons pas d'autre. Bien, je vous résume ça très, très vite, là...
M.
Demers (Jacques) : Oui, bien, c'est ça.
Mme
Guilbault : ...pour économiser le temps.
M. Demers
(Jacques) : En même temps, il y a une
ouverture là-dessus, de regarder d'un territoire à l'autre. Faisons attention
de ne pas faire du mur-à-mur là-dedans non plus. Il y a des territoires qui ont
des particularités puis qu'il faut... il faut les regarder à la pièce, ces
morceaux-là. Il y a des endroits... Puis il faut faire attention parce que, des fois, on dit : Bon, bien, on veut faire
du mur-à-mur, le principe, en théorie, c'est bon, on est plus sécuritaire, mais,
des fois, quand on a besoin de policiers pour faire la surveillance des choses,
peut-être qu'on rend ça plus compliqué et plus dangereux. Faisons attention
aussi aux décisions qu'on prend, pour être certain qu'on reste sur un mode de
sécurité et qu'on n'est pas en train de faire l'inverse, à vouloir trop restreindre.
Parce que la surveillance policière, ou quoi que ce soit, sur des grands
territoires, souvent, elle n'est pas très présente. Ça fait que, c'est beau de
mettre un règlement, si on n'a pas la force de l'appliquer, on peut avoir une
problématique aussi.
Mme Guilbault : Parfait. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de René-Lévesque, pour 3 min 30 s.
M. Montigny : Merci. On va y aller
rapidement. On a parlé beaucoup de mur-à-mur, des municipalités, de votre rôle aussi auprès du citoyen. On sait, il y
a des comités de sécurité routière dans les municipalités, dans les villes, tout
ça, gouvernement de proximité, proche du citoyen. Il y a des gens qui vont
venir nous voir pour nous dire qu'ils veulent, pour toutes sortes de raisons,
mettre un 30 kilomètres partout sur le territoire des villes, point, pas
juste en zones scolaires, partout.
Tu sais, moi, j'étais maire, là, d'une ville à
Baie-Comeau, puis ce qui me questionne, c'est pourquoi on amènerait quelque
chose comme ça, mur à mur, si c'est bon dans un secteur où on a mis un radar
pédagogique, où on a collecté des données, puis que c'est bon dans ce
secteur-là, pourquoi on l'imposerait partout, tu sais. Ça fait que j'aimerais
ça vous entendre là-dessus.
M. Demers (Jacques) : Bien, je pense que vous avez entièrement raison qu'il faut
regarder localement ce qui se passe. Parce que, dans bien des villages, là, on
n'a pas 5 % de notre population qui vit dans le village, ce qu'on appelle
le périmètre urbain, là où il y a un trottoir. OK, on pourrait peut-être
réduire ces endroits-là, souvent, on le fait pour les écoles, mais déjà avec
une certaine souplesse, où qu'on met des heures où que ça dit que, de telle
heure à telle heure, tu dois être à
30 km, après ça, tu reviens à 50 km, mais il y a peut-être d'autres
endroits qui sont des bords de lac, les gens marchent, et tout ça, puis
que, oui, cet endroit-là a besoin d'avoir un 30 km, puis peut être qu'ils mettront un 20 kilomètres, mais il faut faire
attention pour ne pas faire du mur-à-mur. Il y a peut-être des grandes sections
qui seraient à 50 km ou même à 70 km, puis c'est parfait.
Ça fait que,
quand on arrive à penser qu'on peut appliquer à la grandeur du territoire des
éléments, bien, c'est là où est-ce que la relation avec le ministère, il
est intéressant de dire : Est-ce que ce qu'on amène là-dessus... puis
d'avoir la discussion, je pense qu'on va... Puis la population va nous le dire
localement aussi, là, si ça ne convient pas.
Vous pouvez être certain que nos marcheurs, nos gens qui sont là vont passer
les messages. En même temps, le trafic a le droit d'avoir une fluidité.
Si on vient de compresser, puis de créer un faux entonnoir, puis que ça cause
d'autres problèmes. C'est de là où est-ce
qu'il ne faut surtout pas arriver avec du mur-à-mur, dans des décisions comme
ça, mais on comprend la diminution à certains endroits.
M. Montigny : Ça va. S'il me reste
encore un peu de temps, je vous amènerais sur un autre élément. Des gens qui vont nous dire, là, de tout de suite
mettre en place, là, une réflexion, une vision pour limiter les grands
véhicules. Moi, j'ai un VUS électrique, là, je fais la distance, là,
évidemment, Baie-Comeau-Québec en véhicule électrique tout le temps, à chaque
semaine. Simplement dire que ce véhicule électrique là, oui, c'est un VUS, mais
il ne consomme aucun pétrole puis, en même
temps, il est fonctionnel pour la ville. Ce n'est pas un gros, gros véhicule,
mais, en même temps... J'aimerais ça vous entendre là-dessus. Est-ce que
vous avez déjà réfléchi à cet enjeu-là ou pas du tout? Tu sais, moi, je viens
d'une région, puis c'est normal, là, c'est l'hiver, puis on a besoin, des fois,
d'un grand véhicule.
• (11 h 20) •
M. Châteauvert (Pierre) : Vous savez, on fait souvent de grandes conférences pour nos
membres et des... par rapport à l'écologie et l'environnement, et ça, c'est
fondamental, et un grand professeur que je ne nommerai pas, il a lui-même un
pickup parce qu'il en a de besoin en région. Effectivement, se promener avec un
gros... ou les gros F-150 ou les 350, à Québec, ce n'est peut-être pas une
bonne idée parce que tu ne rentres même pas dans les stationnements
souterrains, là, mais nous, en région, les gens ont besoin de flexibilité et...
parce que c'est, des fois, des outils de travail, et tout. Sur la limitation,
on n'a pas eu de réflexion à l'interne par rapport à ça, il n'y a pas eu de discussion, il n'y a pas eu de position qui a été
élaborée, de réflexion qui a été élaborée par la FQM, mais c'est certain
que les gens ont besoin d'une flexibilité.
Le
Président (M. Jacques) : M. Châteauvert, ceci termine le bloc
d'échange avec la partie gouvernementale. Je cède maintenant la parole à
l'opposition officielle et à M. le député de Nelligan pour
12 min 23 s.
M.
Derraji : Merci, M. le Président. J'ai vraiment aimé la
question de l'ex-maire de Baie-Comeau sur la flexibilité du... la
présence des F-150 dans notre vie. C'est très, très intéressant de voir cet
échange.
Merci,
messieurs, M. Demers et M. Châteauvert, pour le mémoire et pour les
recommandations. J'ai pas mal de questions, mais je vais y aller en
vrac. Je vais commencer par le financement. Vous avez vu, vous étiez là, je ne
sais pas si vous avez
entendu l'UMQ, avant vous, parler d'être impliqué en amont. Je vois que, dans
la recommandation 1, vous nous suggérez dans... et vous suggérez à
la ministre, dans les articles 4 et 5, d'enlever la reddition de comptes.
Pouvez-vous juste nous dire pourquoi?
M.
Demers (Jacques) : Bien, en partie, c'est
qu'on commence à avoir une allergie aux redditions de comptes, là, il ne faut
pas se cacher, là. C'est incroyable, ce que ça a l'air simple d'envoyer aux
municipalités puis aux MRC... puis dire : Bien, vous allez nous faire un
rapport, vous allez... vous allez décider puis là vous allez travailler
là-dessus en ayant l'impression que tout ça est gratuit puis qu'il n'y a
personne qui n'a à mettre de temps. S'il y a
quelque chose que nos membres nous demandent, puis nos directeurs généraux des
municipalités, aussitôt qu'on parle de reddition de comptes... on se dit :
Comment ça se fait? Il me semble, il n'y a pas tant d'années, le gouvernement
disait : Quand on va vous en mettre, on va vous en enlever, parce que vous
en avez trop.
Il y a un super de
beau rapport Perrault, dont je suis un des signataires, je ne sais pas pourquoi
j'en parle encore, parce que ce
rapport-là... Oui, oui, puis d'autres, il va y en avoir d'autres, rapports,
puis ça va revenir toujours sur cet élément-là. On parle tout le temps
d'avoir... Ce qu'on a de besoin, bien souvent, là, c'est de dire : Si vous
avez besoin d'une information... Parce que,
là, on met de la reddition de comptes sans souvent d'avoir une contrepartie. Si
vous avez de besoin d'une information, de l'avoir localement, mais d'avoir
l'obligation de la reddition de comptes, c'est à ça qu'on en a. Si c'est des
données que vous voulez qu'on garde, s'il y a des éléments que vous avez des
questionnements, la transparence, on est pour ça, mais, quand on nous parle de
reddition de comptes, ne sachant pas s'il y a quelqu'un quelque part qui va
seulement la regarder, c'est à ça qu'on se questionne.
M. Derraji : OK.
Donc, pour l'article 4 et 5, votre suggestion, c'est enlever la reddition
de comptes.
M.
Châteauvert (Pierre) : Bien, en fait,
c'est... l'expérience pilote a donné des résultats, et ce qu'on constate, c'est
qu'effectivement on avait certaines craintes qu'on recule sur les résultats qui
étaient assez intéressants par rapport à
toute cette question-là. Et donc la ministre... la ministre a décidé de
continuer dans ce sens-là, puis nous, ce
qu'on dit à la ministre, c'est : Allons donc encore plus loin dans la
réduction de l'ensemble de la reddition de comptes.
M. Derraji : Bien,
je vais vous aider, je vais vous aider à ce qu'on aille beaucoup plus loin.
Pour les gens qui ne savent pas, de quoi
s'agit-il? Parce que vous avez parlé d'un projet pilote, élaborez un peu, j'ai
du temps. Ça va être intéressant parce qu'il y avait un projet pilote,
il a donné des résultats, vous voulez qu'on aille beaucoup plus loin. C'est
très intéressant et rafraîchissant pour les membres de la commission.
M.
Châteauvert (Pierre) : En fait, par
rapport à ça, c'est toute la question... c'est toute la question de qui qui est
propriétaire, qui qui va installer le photoradar, en fait, l'ACA, maintenant,
qu'il faut dire, là.
M. Derraji :
Oui, l'ACA, oui.
M.
Châteauvert (Pierre) : Et, par rapport à cette... le partage
des revenus, la question de qui doit... qui... la façon de calculer les
revenus, et tout, puis qui doit l'appliquer. Il y a des formules qui sont
sorties de cette expérience pilote là qui sont intéressantes, qui sont des
liens directs, et non pas nécessairement : Bien, on attend votre rapport,
et tout, puis là, bon, bien... à l'intérieur de délais. Il y a une flexibilité
que... On n'était pas associé directement, Mme la ministre a nommé les villes,
tout à l'heure, puis, effectivement, ce sont des grandes villes. On a suivi,
parce qu'il y a eu des comités, puis tout ça, puis il y a eu des discussions.
Il y a des... il y a une flexibilité qui vient dans la gestion qui est sortie
de cette expérience pilote là qui est intéressante, qui va nous permettre de
nous asseoir avec le ministère par après,
pour bâtir une relation puis une gestion de ce... de ce nouvel équipement-là, à
la satisfaction des gens, et c'est ça qui nous intéresse énormément.
Je faisais référence
tout à l'heure à la... à d'autres expériences qu'on a avec des ministères par
rapport à la gestion des coûts puis par rapport à la gestion d'une activité, en
fait, d'un élément de l'État, et pour qu'on en arrive à la fin, en termes de
partage de revenus, puis d'application, puis d'émission de permis, de... là, je
fais référence à toute la question de gestion de baux villégiature, qui est une
entente assez importante et qui est... et qu'à la fin on s'assoit. Donc, c'est
ce qu'on fait, on détermine la... on s'entend sur une formule pour déterminer
les coûts réels puis les responsabilités de chacun, et c'est... et je peux vous
dire que c'est très large. Là, actuellement, on est en débat puis on est en
révision de ça, ce n'est pas parfait, puis on a souligné des problèmes, et tout
ça, mais là, avec le ministère, on est en train de discuter sur identifier les
coûts, les responsabilités, et, à la fin, on arrive : Bon, ça coûte tant, et, voici, nous, on met tant, puis vous,
vous mettez tant, et là, à la fin, on arrive avec un montant final. Et là
qu'est-ce qu'on fait avec les surplus? Parce qu'il y a des revenus de
ça. Qu'est-ce qu'on fait? Là, on les utilise pour telle chose, telle activité,
telle amélioration.
Bien, l'expérience
pilote a donné ce genre de démarche là, en fait, a identifié ce genre de
démarches là, puis ça va nous permettre d'aller plus loin par après. Donc,
c'est ça qu'on... Nous, c'est ce qui nous intéresse. Donc, c'est sur la base de partenariats. Ce n'est pas
nécessairement la base de contrôle, et c'est ça qui nous intéresse. C'est pour
ça qu'on dit qu'on aimerait aller plus loin.
M. Derraji : Oui.
J'ai bien compris. Donc, en fait, la demande de la Fédération québécoise des
municipalités aujourd'hui en commission, c'est que c'est très bon, le projet de
loi, c'est une avancée au niveau de la sécurité routière, mais vous voulez être
impliqués en amont.
M.
Châteauvert (Pierre) : Ah! ça, c'est certain.
M. Derraji : ...notamment le choix
des sites...
M. Châteauvert (Pierre) : Ah! ça, c'est clair.
M. Derraji : ...l'emplacement,
partage des revenus, partage des coûts. Oui.
M. Châteauvert (Pierre) : Oui, sinon, on ne voit pas comment ça peut fonctionner,
parce que, notamment, au niveau des revenus, il va sortir des revenus
importants des 250.
M. Derraji : Oui, oui, il y a une
étude qui détermine déjà les revenus préliminaires. Donc, vous voyez d'un bon
oeil... C'est une source de revenus supplémentaire pour vos membres que vous
défendez.
M. Châteauvert (Pierre) : Pour faire des aménagements liés à la sécurité routière.
M. Derraji : Oui, mais je ne vais
pas faire l'avocat de la partie gouvernementale, mais il y a déjà de l'argent.
Mais je veux juste vous citer qu'est-ce que j'ai devant moi : Il y a le
Programme d'aide financière au développement des
transports actifs dans les périmètres urbains qui a été bonifié, vous pouvez me
corriger, de 60 millions de dollars pour les cinq prochaines années. Ils disent déjà qu'il
y a de l'argent et ça va être priorisé, l'aménagement. Est-ce que c'est assez?
M.
Châteauvert (Pierre) : Non, bien, on l'a dit clairement, là, dans le
texte, qu'on le sait tout de suite que ce ne sera pas suffisant. Ça,
c'est clair.
M. Derraji : OK. Donc, pour vous,
les 60 millions de dollars, ce n'est pas suffisant.
M. Châteauvert (Pierre) : Moi, juste... Bien, tantôt, on a entendu l'UMQ qui donnait
l'exemple de la ville de Québec, je ne
l'avais pas vu, celui-là, mais c'est... Non, non, c'est clair et net que ça va
prendre des investissements importants. Exemple, une route nationale,
vraiment, de... genre, la 116, qui traverse plusieurs municipalités, ce sont
de... c'est du 90 km/h, et tout, pour... pour s'assurer qu'effectivement,
quand ça traverse puis qu'il y a une école secondaire,
une école élémentaire ou une autre... un parc... Donc, ça va prendre des
aménagements, et on ne parle pas de... on ne parle pas de
200 000 $, 300 000 $, dans ces cas-là, là, la 116, des
fois, c'est de la quatre voies, là. C'est quelque chose de très important,
donc, c'est clair.
M. Derraji : On a réglé... on a
réglé la... ce que vous voulez au début, mais moi, ce qui m'inquiète, c'est que
vous dites que même cette enveloppe... le plan est ambitieux, mais ce qu'on a
comme enveloppe est insuffisant pour mettre en place ce plan ambitieux.
M. Demers (Jacques) : Ce qu'on pense, c'est que c'est pour ça qu'on a besoin des
revenus, pour avancer avec ces éléments-là.
Ça fait que les revenus qu'il va y avoir doivent être réinvestis. On ne le fera
pas toute la première année, mais on va devoir avancer. Quand je m'aperçois
que, juste de faire une bonne traverse, chez nous, dans un petit village où est-ce que... ça va coûter probablement
100 000 $, 150 000 $, minimum... Puis
Sainte-Catherine-de-Hatley, là, ce
n'est pas la municipalité moyenne, c'est une petite municipalité, ça fait que,
si ça me coûte 100 000 $, 150 000 $ puis on sait
qu'il y a 1 100 municipalités au Québec, pas difficile de faire un
calcul, que : OK, ça ne correspond pas à la dépense minimale qu'on a de
besoin à certains endroits.
Mais on pense que ces endroits-là, oui, leurs
revenus vont être intéressants. En même temps, moi, je souhaite vraiment que le
revenu ne soit pas très élevé, parce que le but ultime, c'est de ralentir le trafic,
ce n'est pas de faire de l'argent, puis ça, je pense qu'il faut aussi le garder
dans l'équation. Si les photoradars font une job extraordinaire et toutes
des... peut-être qu'on aura besoin d'investir moins de sommes à ces
endroits-là. Parce que le but, c'est de ralentir le trafic, d'être capable
d'avoir quelque chose de plus sécuritaire pour tout le monde. Bien, on le
travaille des deux sens. Peut-être que si l'impact est beaucoup plus grand
qu'on s'attend, tout le monde ralentit... peut-être que les installations, tout
ce qu'on appelle le mobilier urbain, a besoin moins d'avancer, tu sais, la
descente des lumières, tout ce qu'on sait, qu'il ne faut pas que ça ait l'air
d'une autoroute, mais plutôt d'un endroit où est-ce qu'on voyage de façon plus paisible
et plus lente. C'est ce qu'on veut amener.
• (11 h 30) •
M. Derraji : Oui, c'est excellent.
Donc, à part le financement, que vous étiez très clairs sur le départ, vous
dites que l'enveloppe budgétaire présente, les 60 millions, est insuffisante.
On avance. Là, maintenant, on arrive au partage des revenus. Nous sommes
d'accord que le but d'avoir tout cela, c'est vraiment avoir un impact sur la
sécurité de tout le monde, que ce soient ceux qui conduisent les voitures ou
les piétons. Là, maintenant, rendu aux revenus, dans un monde idéal, la FQM
aimerait quoi comme partage de revenus? Parce que c'est très important. Parce que, si le coût est très élevé, on a déjà
une idée sur l'enveloppe budgétaire, ça veut dire que c'est des coûts qui
seront répercutés sur les municipalités. Je vous réfère au mémoire au
conseil... qui a été déposé au Conseil des ministres, page 22, je ne sais pas si vous l'avez vu, c'est très clair, au
niveau des zones scolaires, la nouvelle limite, ça dit : «De plus,
l'obligation d'aménager ces zones selon les dispositions d'un guide élaboré par
la ministre des Transports et de la Mobilité durable
impliquera des coûts pour les municipalités.» Donc, on le sait, il va y avoir
des coûts que les municipalités doivent supporter.
Là, aujourd'hui, vous levez le drapeau par
rapport à cela, par rapport aux coûts, par rapport à l'aménagement, mais même
par rapport au plan, parce qu'on ne veut pas... On peut se donner la meilleure
loi qu'on veut, mais la mise en place, ça va
nécessiter des investissements. L'enveloppe, vous la critiquez déjà, ce n'est
pas assez. Maintenant, comment on peut partager, selon vous, votre
recommandation, ce que vous venez de dire, la partie revenus, avec ce que va
nous coûter le projet lui-même, de... je dirais, de la mise en place des ACA?
M.
Châteauvert (Pierre) : Là,
en fait, il y a une enveloppe qui est là. On dit qu'elle est
insuffisante. Et, à côté, il y a des revenus qui vont venir des
photoradars. Il faut s'asseoir sur leur partage. On sait très bien que
l'ensemble de ces aménagements-là vont se
réaliser sur une très longue période. Ça ne peut pas se faire en... comme
M. Demers disait, c'est pour plusieurs années, donc, à ce
moment-là...
Puis on
s'est... dans... on est habitués, en termes d'infrastructures, il manque
toujours des sous, mais on arrive, dans certains dossiers, à... avec le
gouvernement, avec une entente, en discutant, en s'assoyant et en discutant de
ce qui s'en vient comme revenus, puis tout ça, puis ce qui s'en vient comme
dépenses, à planifier et arriver à ajuster la demande avec la réalité. Nous, ce
qu'on dit... Bon, là, l'enveloppe prévue est insuffisante. Il s'en vient des...
des sous des photoradars. Bien, à ce moment-là, assoyons-nous pour ajuster puis
planifier pour que ça fonctionne.
M. Derraji : C'est très clair.
M.
Châteauvert (Pierre) : Et, on l'a vu, notamment en assainissement des
eaux, et tout ça, on est... on arrive à créer une forme d'équilibre.
Tout le monde aimerait aller plus vite, mais ce n'est pas possible, souvent.
M.
Derraji : Oui, mais j'aime ce que vous venez de dire. C'est
qu'on s'entend que l'enveloppe est insuffisante, assoyons-nous pour qu'on
partage...
M. Châteauvert (Pierre) : Exact.
M. Derraji : ...une discussion
directe sur les revenus, pour qu'on puisse financer.
M. Châteauvert (Pierre) : Exactement. C'est ça.
M.
Derraji : OK. Là, je vais aller à autre chose que vous avez
mentionné, parce qu'il y a tellement d'éléments dans votre mémoire.
Recommandation 3, vous dites : «C'est une évidence que l'ajout de
250 ACA aura un impact non négligeable sur le volume de constats
d'infraction qu'ils généreront et qui pourrait créer une pression indue sur le système judiciaire.» Ce que vous dites, c'est
que, comme dans... le projet de loi n° 40 «permet désormais la mise en
place d'un régime de sanctions
administratives pécuniaires dans le milieu municipal». Donc, pouvez-vous juste
élaborer? Parce que c'est sûr que ça va augmenter.
Le
Président (M. Jacques) :
...M. le député de Nelligan, ceci met... met un
terme aux échanges avec l'opposition officielle.
Donc, je cède maintenant la parole à la deuxième opposition, à M. le député de
Taschereau, pour 4 min 8 s.
M.
Grandmont : Merci beaucoup. Merci, M. Châteauvert,
M. Demers, ou inversement, en tout cas, pour votre présentation, votre mémoire. J'irai directement
sur la recommandation n° 10. Ça m'intéresse particulièrement, la question des
routes régionales, des routes nationales, qui appartiennent au MTQ, mais pour
lesquelles le MTQ, dans le fond, donne la responsabilité aux municipalités
de... puis avec... avec des... bien, en tout cas, donne la responsabilité aux
municipalités de voir à l'aménagement de... l'aménagement sécuritaire pour les
usagers... les usagers vulnérables.
Il y en a, des cas, il y en a plein, puis,
évidemment, plusieurs des membres... des villes, des municipalités que vous représentez sont traversées par ces
routes-là. C'est un enjeu à peu près partout sur les
1 100 municipalités du Québec. Je pensais... justement, je me... je revenais dans le passé, puis je me
rappelais que la petite Anaïs Renaud, à Saint-Flavien de Lotbinière, était décédée, justement, dans un cas
comme ça, dans Bellechasse... pas dans Bellechasse, dans Lotbinière. Et
le cas était quand même assez intéressant et évocateur. La municipalité pouvait
faire un trottoir, qui allait coûter 1,2 million de dollars. La
municipalité a un budget de 2,5, là, annuellement, donc, déjà, on voit qu'il y
a une espèce d'incohérence, puis les programmes... le programme d'aide du fonds
de... du fonds de sécurité routière permet d'aller chercher, au maximum,
350 000 $, donc il y a une incohérence au niveau du financement.
Ça fait que j'aimerais vous amener... Vous avez
parlé, bon, de l'entente qui était plus adéquate avec le ministère, il y a une
volonté de travailler mieux ensemble, puis tout ça, puis vous insistez beaucoup
sur le fait que le financement doit suivre. Évidemment, si on a des
responsabilités, le financement doit venir. J'aimerais vous entendre, peut-être, sur une autre façon de voir
la question. Si c'est le MTQ... était responsable des aménagements de transport
actif sur les routes qui lui appartiennent? Évidemment, en consultant la
municipalité, il faut que la municipalité soit consultée là-dedans, là. Mais est-ce que le... est-ce que le ministère
devrait prendre ses responsabilités puis s'occuper, dans le fond, des
aménagements sur ses routes à lui?
M. Demers (Jacques) : ...on ne revient pas où est-ce qu'on était si on pose cette
question-là?
M.
Grandmont : C'est-à-dire?
M. Demers (Jacques) : Bien, c'était ça, c'était le ministère. Avant ça, on ne se parlait pas.
Tout ce qui était sur les routes à numéro qui traversaient nos villages,
c'était le ministère des Transports. On pouvait faire des résolutions, faire
des demandes, il n'y avait pas de discussion.
On ne veut pas
revenir à ça. Parce que le problème avec le ministère des Transports, il
n'habite pas tous ces villages-là, il n'habite pas à tous ces endroits-là. On
veut avoir des gens locaux qui sont dans la discussion, qui comprennent la problématique
pour se rendre au dépanneur, de l'autre bord, parce que le stationnement...
puis que le restaurant, qu'est-ce qu'on fait à cet endroit-là.
Lui,
s'il l'analyse, puis il voit que l'école est plus loin, puis il dit : Non,
non, non, notre traverse, c'est à l'école. Oui, mais ce n'est pas à l'école que les gens traversent, ils vont tous
passer à cet endroit-là. C'est... c'est vraiment d'avoir un avis local.
M.
Grandmont : Ah! bon, on est... Mais je vous... mais je vous entends
bien. Je vous entends bien là-dessus, sur
l'importance d'avoir un avis local. Mais vous êtes tout le temps en situation
de devoir quémander davantage d'argent au ministère des Transports. Dans le cas
où ce serait inversé... Évidemment, il y a toujours l'enjeu de bien collaborer
ensemble, mais ça, la question se pose de toute façon, mais, si c'était la
responsabilité du MTQ, bien l'argent serait peut-être plus facile à débourser,
non?
M.
Demers (Jacques) : Bien, pour moi, pour ma
part, c'est leur responsabilité. C'est quand même leur route, leur responsabilité de faire que la circulation est fluide puis
que c'est sécuritaire, parce que les demandes viennent de ce côté-là.
Ça, pour moi, on est... mais on veut faire partie de l'équation puisqu'on veut
avancer plus rapidement.
M. Grandmont :
Ça, 100 % d'accord avec
vous, mais on est d'accord aussi, je comprends, sur le fait qu'on est
sur le domaine du MTQ, c'est à ce ministère-là d'avoir la responsabilité de
bien faire ses jobs... sa job.
M.
Demers (Jacques) : Ça leur appartient, oui.
M.
Grandmont : Donc, peu importe comment on le fait, soit on descend plus
d'argent vers les municipalités pour mettre en place les aménagements, soit...
oui, en tout cas, l'autre... l'autre option que je proposais, qui était de le
rendre responsable, imputable, en quelque part. Dans tous les cas,
consultations, travail en partenariat, mais que le gouvernement prenne ses
responsabilités puis il fasse atterrir l'argent pour que ce soit sécuritaire,
évidemment.
M.
Demers (Jacques) : Exact, exact.
M.
Grandmont : Parfait. Merci beaucoup.
M.
Demers (Jacques) : Merci à vous.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. Demers et M. Châteauvert, pour votre
contribution aux travaux.
Nous suspendons pour
une courte période de temps pour faire place au prochain groupe.
(Suspension de la séance à
11 h 38)
(Reprise à 11 h 40)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux, et nous recevons maintenant CAA-Québec.
Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi nous procéderons à la période
d'échange avec les membres de la commission. Donc, je vous invite à vous
présenter et à débuter votre exposé.
CAA-Québec
Mme Gagnon
(Sophie) : Oui. Bonjour à tous, merci d'accueillir CAA-Québec et ses
représentants pour cette étude. Alors, Mme la ministre, merci à vous. Messieurs
et mesdames de la commission, bonjour. Alors, je me présente, mon nom est
Sophie Gagnon, je suis vice-présidente, Affaires publiques et RSE,
responsabilité sociétale chez CAA-Québec. Je suis accompagnée de Me Isabelle
Godbout, recherchiste et analyste, et, à ma droite, notre nouveau collègue André Durocher, que vous
reconnaissez sûrement, qui est notre directeur de Relations avec la communauté
et de la sécurité routière.
Qu'il me soit,
d'abord, permis de rappeler que CAA-Québec est bien implanté au Québec, dans
une... avec une communauté de 1,3 million de membres, ce qui représente
près d'un détenteur de permis de conduire sur quatre. Et, au-delà d'offrir de bons services d'assistance dans différents secteurs
comme la mobilité, les assurances, le voyage et l'habitation, on est une organisation résolument engagée à encourager
une consommation responsable et à promouvoir la sécurité routière. On est un organisme sans but lucratif qui agit
avec conviction depuis 120 ans en sécurité routière, et notre fondation déploie chaque année des centaines
d'activités de sensibilisation en sécurité routière partout au Québec.
Nos commentaires, ce
matin, porteront principalement, évidemment, sur les AVA, les appareils de contrôle
automatisés. On aura quelques mots sur la
protection des usagers vulnérables et l'usage des feux... du feu vert clignotant,
et nous reviendrons brièvement sur l'alcool au volant. Alors, sans plus tarder,
je passe la parole à André, en disant aussi que, de façon générale, nous
endossons le projet de loi n° 48 dans son ensemble, mais avec quelques
nuances qu'il nous importe de préciser à l'instant.
M.
Durocher (André) : Merci, Sophie. Conduire un véhicule n'est pas un
droit, mais un privilège, tout comme celui d'utiliser le domaine public aménagé
comme piéton, cycliste ou automobiliste. Pour en profiter, les usagers
doivent respecter les règles et partager la route. La sécurité routière, c'est
l'affaire de tous. Pour le citoyen, c'est de respecter les règles de sécurité
routière, et pour les autorités, c'est de s'assurer que ces règles fassent
l'objet d'une adhésion et d'une acceptabilité sociale. C'est sur cette base que
nous déposons notre mémoire.
Pour ce qui est des ACA, c'est un fait, la
vitesse excessive demeure l'une des principales causes d'accident de la route
au Québec. Là où la présence policière est plus ardue, les radars photo
constituent un outil efficace pour surveiller
le flot de circulation. Cependant, ces appareils ne sont pas une panacée,
c'est-à-dire une solution universelle qui
s'appliquerait automatiquement sur demande. Ils sont un complément à la
surveillance policière à utiliser dans des conditions bien
particulières.
Dès février 2000, nous étions en faveur de
l'usage des radars photo seulement aux endroits qui respectaient deux critères spécifiques, à savoir là où il y a
une problématique de vitesse et de sécurité routière et là où la surveillance
traditionnelle ne pouvait pas être effectuée de manière sécuritaire. En 2007, nous
ajoutions les conditions suivantes : la présence d'un affichage clair pour
prévenir les automobilistes de leur arrivée dans un endroit surveillé et la
transparence sur la gestion et l'utilisation des amendes perçues par
l'entreprise de ces technologies. Enfin, en 2012, CAA-Québec précisait que
l'utilisation des radars photo et des caméras feux rouges dans des zones
scolaires ne pouvait se justifier du simple fait de se trouver dans ces zones.
Il faut des critères précis et documentés.
Aujourd'hui,
au moment où le ministère des Transports souhaite augmenter le nombre d'ACA de
52 à 250 sur les routes du Québec, nous réitérons ces conditions. Il est
donc essentiel que les futurs ACA se retrouvent sur des sites comportant de
véritables risques, où la surveillance policière traditionnelle est difficile,
que leur présence soit signalée à l'avance, que la gouvernance soit centralisée
au ministère des Transports et qu'il y ait une reddition de comptes sur la
performance des équipements, des statistiques de collisions et sur
l'utilisation des amendes perçues.
On ne peut soutenir le retrait de l'obligation
de vérifier la présence et l'état de la signalisation qui annonce les ACA,
c'est une question de transparence, et CAA-Québec s'inquiète des dérapages qui
pourraient en découler. De même, on ne peut endosser le retrait de l'obligation
de désigner les sites par arrêté ministériel publié à la Gazette officielle. Pour nous, la consignation des sites déterminés dans un arrêté
ministériel fait partie de la transparence qui doit être au coeur de l'implantation des ACA au Québec
et de la reddition de comptes nécessaire à son acceptabilité sociale.
Bien que nous soyons en accord sur le choix des
endroits pouvant être contrôlés par un système de détection pour vitesse, nous ne pouvons endosser tous les
sites proposés. D'abord, parlons des zones scolaires. Suite à plusieurs activités d'observation aux abords d'écoles
primaires, nous avons pu y constater le défi lié au respect des
comportements déviants. Rappelons que les ACA n'adressent qu'un seul
comportement déviant, soit la vitesse. C'est pourquoi, si nous sommes en accord
avec l'utilisation des radars photo dans les zones scolaires, certaines
conditions doivent s'appliquer. La problématique de vitesse doit être documentée,
les heures de fonctionnement des appareils doivent se limiter aux périodes
scolaires et il doit y avoir présence de signalisation.
Et il en va de même pour les zones de travaux de
construction et d'entretien. La surveillance policière doit être difficile, les
heures de fonctionnement des appareils doivent être limitées aux périodes de
travail actif sur les chantiers, il doit y
avoir présence de signalisation et les appareils ne peuvent remplacer la
présence des signaleurs. Je le répète, même dans ces zones prioritaires,
il faut créer une adhésion plutôt qu'un sentiment de méfiance de la part des
citoyens.
Il y a aussi les rues partagées et les vélorues.
Selon la définition du MTQ, une rue partagée est une rue pour laquelle les
règles de circulation diffèrent de celles des autres rues et où les
aménagements permettent aux usagers, surtout
les piétons, de circuler de façon sécuritaire. La limite fixée est de
20 km/h. Une vélorue, quant à elle, est définie comme un chemin
public sur lequel certaines règles de circulation sont modifiées pour favoriser
la circulation des cyclistes. La limite y
est de 30 km/h. S'il existe une problématique de respect de la limite de
vitesse, tant sur une rue partagée que
sur une vélorue, c'est fort probablement parce que les aménagements n'y sont
pas adéquats. L'installation de radars photo sur de telles rues serait
perçue comme ce que l'on appelle communément une trappe à tickets. CAA-Québec
ne peut donc pas appuyer l'implantation d'un système de détection sur de telles
artères, car cela ne ferait qu'en miner l'acceptabilité.
Une augmentation substantielle du nombre d'ACA
au Québec amènerait des ajustements administratifs. À cet effet, nous
souscrivons au principe de l'introduction d'un régime de sanctions
administratives pécuniaires pour certains manquements dans l'objectif d'alléger
le travail de la SQ et du ministère de la Justice du Québec. Nous avons
toutefois des réserves quant à l'augmentation du délai de transmission de
l'avis de réclamation au propriétaire d'un
véhicule pris en défaut. Le délai entre une infraction et la notification de la
sanction est actuellement de 30 jours. Nous craignons qu'une
prolongation à 45 jours nuise à l'effet dissuasif sur le comportement du
conducteur fautif, en plus d'alourdir le système.
Nous
souscrivons fermement au principe de la protection des personnes les plus
vulnérables sur la route. Il faut aussi se rappeler que chaque usager a
des obligations à respecter en vertu du CSR. Ce n'est pas parce que l'on est
plus vulnérable que l'on peut se permettre de se comporter de façon moins
responsable. Il ne faut jamais oublier que peu importent
les mesures dissuasives et les règlements que l'on met en place pour notre
protection, ultimement, c'est tous et chacun
d'entre nous qui sommes d'abord et avant tout responsables de nos
comportements. Les ACA n'étant pas une
solution unique, il faut également ajouter des aménagements qui encouragent les
citoyens à adopter des comportements sécuritaires, comme des rues
rétrécies, des saillies de trottoirs et autres mesures d'apaisement.
Par
ailleurs, on le sait, l'augmentation des amendes peut entraîner des changements
de comportement. Cependant, il faut éviter de basculer dans l'hyper punitif.
Les sanctions doivent être proportionnelles aux gestes posés sans être
déraisonnables, au point où les policiers hésiteraient à remettre des constats
d'infraction. Il s'agit là encore d'une situation... d'une question
d'acceptabilité sociale.
Pour ce qui est de
l'alcool au volant, outre la vitesse, l'alcool au volant représente l'une des
principales causes de collision au Québec. CAA-Québec est déçu que ce projet de
loi soit muet sur ce fléau qui brise des vies. Nous invitons donc le gouvernement à considérer l'instauration de
sanctions administratives pour une alcoolémie entre 0,05 et 0,08. Faut-il rappeler que le Québec est
la seule province canadienne où de telles sanctions ne sont pas appliquées?
Il
est démontré que la performance du conducteur dans les différentes tâches est
affectée de manière significative à partir d'une alcoolémie de 0,05. De
même, la vigilance du conducteur diminue et le risque de somnolence augmente. La consommation de faibles doses
d'alcool produit un effet désinhibiteur qui amène le conducteur à adopter des
comportements à risque. Bref, ces sanctions administratives en vertu du CSR
seraient une mesure efficace pour prévenir les collisions et sauver des vies.
On parle ici qu'une amende, jumelée ou non à une interdiction de conduire son
véhicule pour 24 heures, est porteur d'un message qui fait réfléchir le
conducteur.
Mme Gagnon
(Sophie) : Je terminerais notre propos, notre... même, je dirais,
notre petit marathon de ce matin, en attirant l'attention de la commission sur
une question importante sur la protection des travailleurs sur route. Comme chef de file en assistance routière, la
sécurité des patrouilleurs, qu'ils soient nos propres employés ou ceux de nos
partenaires affiliés, demeure une priorité.
• (11 h 50) •
En 2022, nous avons
appuyé la mesure autorisant l'utilisation d'un feu vert clignotant sur les
dépanneuses lorsqu'elles sont en route pour répondre à un appel de... un
service d'urgence. Aujourd'hui, nous appuyons la proposition qui est prévue à
l'article 51 du projet de loi pour permettre au conducteur d'une
dépanneuse d'emprunter les voies réservées. Et, même si nous déployons beaucoup
de mesures de sécurité, chaque année, pour la sécurité de nos gens, on pourrait sans doute faire plus pour
améliorer leur visibilité... la visibilité des dépanneuses et la sécurité des
patrouilleurs lorsqu'ils sont en bordure de route.
Vous trouverez donc à
notre mémoire des références qui établissent que l'utilisation du feu vert
clignotant exerce une influence positive sur la visibilité des dépanneuses, et
donc sur la sécurité des travailleurs, encore une fois, lorsqu'ils sont en bordure de route. Nous croyons pertinent d'en
venir à autoriser l'usage des feux clignotants ambre et verts sur les
dépanneuses, même si elles ne répondent pas à un service d'urgence. Les
patrouilleurs qui oeuvrent en bordure de route pourraient alors les activer et
être ainsi plus visibles.
C'est ce qui met fin
à notre présentation, et nous sommes disponibles pour répondre à des questions.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup pour votre exposé. Nous... Je cède maintenant la parole à la partie
gouvernementale et en l'occurrence à Mme la ministre des Transports et de la
Mobilité durable pour une période de 16 minutes.
Mme
Guilbault : Oui, merci, merci beaucoup, M.
le Président. Merci beaucoup à vous trois d'être présents ici avec nous. Le CAA, évidemment, ça tombe sous
le sens, vous aussi, que vous soyez intéressés à venir nous partager en
personne les commentaires que vous nous avez transmis dans votre mémoire.
Puis merci aussi, de
façon générale, d'ailleurs, pour tout le travail que vous faites en
partenariat. Souvent, je vous... on se
rencontre à l'occasion. Vous travaillez beaucoup avec la SAAQ. Souvent, je vous
vois à la télé et vous me voyez à la télé, mais là, aujourd'hui, on peut
se dire... on peut se dire ensemble merci, parce que je... entre autres, là,
dans la foulée du dépôt du Plan d'action en sécurité routière, j'ai vu beaucoup
de... de relais de messages, puis, tu sais, tout ce que les partenaires peuvent
faire de leur côté pour relayer justement, puis donc multiplier l'effet de ces
messages-là. C'est très, très, très apprécié. Donc, un grand merci pour ce
travail-là que vous faites, vous, tous les jours
de l'année, à temps plein, vous ne faites que ça. Moi, j'ai quelques autres
petits dossiers à l'occasion, mais je me concentre quand même beaucoup
sur la sécurité routière. Donc, bref, merci, très, très, très apprécié.
Je vais commencer
peut-être avec la recommandation n° 1, puis je la
trouve très intéressante. Puis je disais, je pense... c'est-tu aujourd'hui ou
hier? Je disais ça, des fois, les... des fois, le temps va vite, mais je
faisais référence... ça me rappelle ma
précédente fonction de ministre de la Sécurité publique. Quand vous
dites : «La présence policière demeure le meilleur moyen d'assurer
le respect du Code de la sécurité routière, là où cette présence est ardue, les
ACA sont des outils efficaces de surveillance.»
Je veux simplement
souligner la pertinence de cet énoncé-là, parce que c'est une des choses que je
nommais quand j'ai déposé mon plan, en disant : On a 15 000 policiers
au Québec, on est 8,5 millions, ce n'est pas réaliste. Puis je le disais
souvent quand j'étais en sécurité publique, on ne pourra jamais mettre un
policier partout sur chaque rue qui va
surveiller chaque situation partout, dans chaque municipalité. Alors, ce
principe-là, cette philosophie-là, moi, j'y adhère complètement puis je
vous remercie de... de la souligner à nouveau. Et c'est dans cette optique,
justement, qu'on souhaite recourir à la technologie des ACA.
Je trouve ça très intéressant aussi, vous
dites : Ce n'est pas une panacée. Effectivement. Tout ce que vous amenez
sur le choix des... le choix de la localisation des ACA. Parce que vous avez
peut-être entendu, je crois que vous étiez là depuis le
début, vous avez entendu l'UMQ et la FQM qui ont une préoccupation légitime,
là, sur toute la question, à la fois, oui,
du partage des revenus, mais aussi du... de la codécision quant au choix des
emplacements des ACA. J'ai soulevé
tout à l'heure aussi la nécessité, des fois, d'en avoir dans des zones qui vont
protéger beaucoup de gens, même si ce ne sera pas forcément rentable
d'un point de vue monétaire.
Donc, dans
l'ensemble de ces considérations-là, vous, vous en détaillez certains. Tu sais,
le... au numéro 3, là, le choix des futurs sites des ACA, des
risques importants, etc. Est-ce qu'à date, dans le cadre du PPCM, le choix...
Puis en ce moment, on n'a pas un gros parc d'ACA, là, on en a 54, à peu près,
là...
Mme Gagnon (Sophie) : Non, tout à
fait.
Mme Guilbault :
...un peu plus d'une cinquantaine. Il y en a une trentaine qui sont fixes, donc
on ne peut pas tous les bouger. Alors, c'est lourd un peu puis on est très
limités. Mais est-ce qu'à ce jour vous jugez qu'on en a fait une utilisation optimale? Et... et, si on en avait plus, est-ce que
vous maintiendrez un peu l'esprit de ce qui a prévalu jusqu'à maintenant ou est-ce que vous jugez...
Puis, tu sais, dans la codécision aussi, là, à quel point les municipalités,
des fois, il peut y avoir des intérêts divergents, mais, en bout de ligne, on
finit par s'entendre, sauf que, là, on l'a fait avec cinq grandes
municipalités, quand on pense que toutes les municipalités pourraient devenir
intéressées. Alors, comment vous voyez ça? Parce que vous êtes habitués aussi
de travailler là-dedans.
Mme Gagnon
(Sophie) : Oui. Bien, je pense que vous l'expliquez très
bien. Puis, jusqu'à présent, j'ose dire, là, j'étais présente au moment
où on a introduit les premiers appareils, et c'est un peu un exemple, hein, je
pense qu'on peut citer le Québec comme ayant
agi de façon exemplaire, et c'est ce qu'on veut préserver. Et on voit la
multiplication des outils en se
disant : Bon, on passe de 50 à 250. Ce n'est pas dramatique. On sait que,
dans d'autres pays, c'est des... ce sont des chiffres beaucoup plus importants.
Mais il faut se garder de penser que, justement, et c'est pour ça qu'on parle de... ce n'est pas une panacée, il faut se
garder de tomber dans des excès. Il faut rester à préserver le consensus social
qui a prévalu.
Les choses ont été bien faites à l'époque, et on
pense que l'utilisation d'un plus grand nombre peut apporter des bons... des bons résultats en collaboration,
en complémentarité du travail policier, mais il ne faut pas tomber dans...
Et je ne vous cache pas qu'on a vu quand même avec une certaine crainte... on
se dit : Là, bien, c'est 250. Est-ce que plus
tard ce seraient des milliers? Est-ce que c'est vu comme une façon de
générer... André disait, «des trappes à tickets»?
Je pense qu'on a passé à côté de ce risque-là
jusqu'à date, mais il faut maintenir cet équilibre-là puis il faut éviter
d'aller vers des... une gouvernance, parce qu'on en aurait plus, qui serait un
peu plus relâchée, parce que c'est plus compliqué, puis... Mais la reddition de
comptes, l'explication, le choix des endroits demeurent des facteurs d'acceptabilité sociale. Puis, si on veut
maintenir ces bons résultats puis ces bonnes pratiques, bien, il faut
préserver... il faut toujours garder ces principes-là en tête. Et c'est
pour ça qu'on les rappelait ce matin. Je ne sais pas si je réponds à vos... à
votre question.
Mme Guilbault : Oui.
Mme Gagnon
(Sophie) : Et, l'ensemble des municipalités, on maintient
que, dans des zones... On sait qu'il y a des besoins d'aménagement. On
sait que les territoires urbains sont... il y a des municipalités qui ont des
besoins particuliers qu'ils ne pourraient pas justifier par des revenus avec
des ACA. Il faut aider quand même ces endroits-là à avoir de bons aménagements
sécuritaires. Et là, bien... Mais il ne faut pas le faire... il ne faut pas
faire un lien qui n'existe pas entre la sécurité routière puis la génération de
revenus. Ce serait dangereux.
Mme Guilbault : Non, tout à fait. Puis, c'est ça, les trappes à tickets ou,
peu importe comment on le dit, là, c'est exactement ça qu'on... que je disais
tout à l'heure. Puis, quand on dit que ce n'est pas une panacée, pour moi, puis
ça vaut de façon générale en sécurité tout court, là, en sécurité publique, la
pression doit absolument venir avec au moins
autant de prévention. Puis je ne sais pas si vous avez... Bien, en fait, je
sais que oui, là, mais, dans l'ensemble, le plan d'action de la sécurité
routière... Parce que le projet de loi d'aujourd'hui, je ne l'ai pas dit en
remarques introductives, mais c'est un des
moyens pour donner suite au plan d'action. Il vient donner suite à six des
47 sous-mesures, entre autres, toute la question des ACA, toute la
question des amendes aussi puis certaines autres choses, de l'aménagement
sécuritaire obligatoire, diverses choses comme ça. On a ajouté aussi en
complément quelques autres affaires, là,
comme les VHR, mais ça, peut-être que ça vous concerne moins, mais bon, en tout
cas, ça... c'est quelque chose de... qui touche plus les municipalités.
Mais tout ça pour dire que... Est-ce que vous,
vous estimez, dans l'ensemble, dans le plan d'action de la sécurité routière,
on fait suffisamment de place à la prévention? Parce que moi, j'étais fière de
dire que, même si on parlait beaucoup, beaucoup des photoradars... c'est ça qui
a le plus attiré l'attention, c'est le premier axe, les aménagements
sécuritaires, tout ça, mais je... il y a beaucoup de mesures sur la prévention.
Il y a l'introduction d'un chapitre, d'un nouveau chapitre piéton, dans le tome
I, ça, c'est une demande qu'on avait eue notamment de Piétons Québec, ils vont
venir nous voir demain ou jeudi, enfin, je ne veux pas parler pour eux, ou
peut-être cet après-midi.
Mais donc, dans l'ensemble, est-ce que vous
trouvez qu'on fait une place suffisante à la prévention puis qu'on va avoir le
bon équilibre et le bon cocktail prévention et répression davantage avec...
quoique le radar photo, quant à moi, fait autant de prévention que de
répression, là, mais comme il y a un ticket à la fin, pour reprendre le terme.
Alors, pour moi, c'est important, cet équilibre-là. J'aimerais ça vous entendre
là-dessus.
Mme Gagnon
(Sophie) : Oui, bien, on dit souvent que, dans... dans une bonne
séquence de sécurité routière, il y a plusieurs maillons, là. Il y a, d'abord
et avant tout, de l'éducation, de la sensibilisation. Il faut avoir des lois
qui sont justes, équitables, qui sont en mesure de régler des problématiques
identifiées, documentées. Et il y a aussi de la répression, qui est inévitable,
qu'il faut faire appliquer, sinon il n'y a pas de crédibilité qui est accordée
aux mesures. Moi, je pense qu'il y a eu des grands progrès. Ce qui nous
préoccupait beaucoup, c'était l'absence d'une stratégie nationale, puis vous
avez agi rapidement. Donc, on peut souligner ça avec... vous pouvez être fiers
de ça. Et, bien, je crois que c'est un travail qui est en continuelle
évolution, puis de se mesurer pour s'adapter puis s'améliorer demeure les
meilleures façons.
C'est sûr que nous, on va dans plus de
150 écoles... plus de 150 journées-écoles. On aimerait pouvoir en
faire plus. On a des petits moyens avec
notre fondation, on va dans les écoles primaires, secondaires, on a des programmes
d'éducation. Et on forme... on sait qu'on forme la... des citoyens quand on
parle de sécurité routière, on forme aussi des
citoyens de demain qui seront plus responsables et qui... quand... et qui
sont... et qui seront de meilleurs conducteurs ou de meilleurs usagers
de la route, hein, parce qu'on n'est pas qu'avec la voiture, c'est une
responsabilité partagée. Donc, moi, je pense
qu'il y a d'extraordinaires avancées qui ont été faites dans les dernières
années. Il y a toujours place à l'amélioration. Mais je ne sais pas,
Isabelle, si tu veux compléter.
• (12 heures) •
Mme Godbout (Isabelle) : Bien, en
fait, la prévention, il n'y en aura jamais suffisamment, parce que la sécurité
routière, si on veut l'améliorer, il faut en parler continuellement. Puis je
pense qu'il faut travailler de concert aussi
avec les divers organismes pour sensibiliser, dans le fond, les gens qu'on
représente à l'importance du respect du Code de la sécurité routière. Et c'est... c'est la clé, là, pour
améliorer le bilan routier, là. Ça fait partie d'une des... d'une des
façons d'améliorer ce bilan-là qu'on souhaite tous réduit le plus possible, là.
M. Durocher (André) : ...pour avoir
été longtemps en sécurité routière, justement, ce que vous faites, je trouve ça très courageux, parce que la prévention,
ce n'est jamais très sexy, hein, ça ne fait pas la une des médias. C'est
pourquoi on doit justement mettre le sujet de la sécurité routière à
l'avant-plan et en parler, en parler constamment, sans jamais, là, s'asseoir
sur ses lauriers. Et donc, félicitations, à ce niveau-là, et on souscrit
pleinement via... comme Mme Gagnon
disait, notre fondation, et tout, on fait énormément d'activités en amont. Et
lorsque... malheureusement, si on invite tout le monde pour venir dire :
Regardez, on fait une activité de prévention, pas certain qu'on va avoir salle comble. Mais, malheureusement, il ne faut pas
baisser les bras, il faut continuer. On dit toujours que les gens heureux n'ont
pas d'histoire, c'est la même chose lorsqu'on parle de prévention.
Mme Guilbault : C'est très... c'est très bien dit, très imagé, ce que vous
venez de dire, effectivement. Bien, je suis d'accord, puis, tu sais, le
numéro 7, la recommandation numéro 7, la protection des usagers
vulnérables, «CAA dit oui à cette priorité,
mais rappelle que les ACA ne peuvent pas tout régler. Il faut favoriser l'ajout
d'aménagements qui encouragent tous les usagers à adopter des
comportements plus prudents». Les principes de la vision zéro, la Vision Zéro,
d'ailleurs, puis le système sûr, c'est la vision qui est sous-jacente à notre
plan.
Et les aménagements sécuritaires, justement,
deviennent obligatoires pour les zones scolaires dans le projet de loi. C'est
sûr que, là, les mettre obligatoires partout, non seulement c'est un concept
qui devient un peu subjectif, à un moment donné, mais, en plus, ce n'est pas...
ce n'est pas... ce n'est peut-être pas nécessairement réaliste à court terme,
mais bref, on... on dit un peu la même chose.
J'aimerais ça, peut-être, vous entendre sur les
travailleurs de chantier, puis... Bien, merci pour le travail qui a été fait. On a fait adopter... D'ailleurs j'ai
passé au Conseil des ministres, avant Noël, le feu sur les dépanneuses. Vous, vous allez plus loin avec une autre...
c'est-à-dire, où vous appuyez le... C'est 51, je pense, l'article de notre
projet de loi?
Une voix : Oui. Oui.
Mme Guilbault :
Alors, merci pour ça. Mais... Donc, on parle beaucoup des zones scolaires,
mais, quand on parle de clientèles vulnérables, tout ce qu'on a fait, aussi, il
y a tout un chapitre dans notre plan d'action sur un axe, sur les travailleurs
de chantier... Alors, est-ce qu'encore là vous jugez qu'on va dans le bon sens?
Est-ce qu'on va suffisamment loin? À l'article 12, on introduit le fait
que les ACA, outre faire l'objet de sites qu'on détermine en collaboration avec les municipalités, maintenant,
on vient prévoir expressément que les zones scolaires, c'est qu'on peut
en mettre, et les zones de chantier. Qu'est-ce que vous en pensez?
Mme Gagnon (Sophie) : Oui, on
était... on était à l'aise avec la mesure. En même temps, comme on l'a expliqué, pour nous, ça n'enlève pas l'obligation
d'avoir une bonne signalisation, l'usage de... bien, de... le recours à des
signaleurs de chantier. Puis, dans ce sens-là, je pense qu'on avait... on
n'avait pas de problèmes particuliers, mais, encore là, il reste à agir avec...
en... ces principes en tête, là.
M. Durocher (André) : Pour avoir...
pour avoir été commandant de deux postes de quartier à Montréal, lorsqu'on
parle de... on est inquiet quant aux dérapages, c'est qu'il... Je ne pense pas
qu'il y ait qui que ce soit, là... Pour avoir fait affaire avec beaucoup d'élus
locaux, il n'y a personne qui se lève le matin, là, pour dire : Qu'est-ce
que je pourrais faire pour mal faire? Mais, des fois, la pression qui vient des
citoyens peut mettre une pression sur l'élu qui, lui, va vouloir en mettre un
pour, comme on dit, satisfaire ses citoyens. Et on ne voudrait pas que ce soit
un des critères que l'on retient, que ce soit vraiment, là, de façon, là,
objective, nonobstant la pression qui peut être mise, là, de bonne foi, mais tout de même, si on
veut garder cette fameuse acceptabilité sociale. Mme Gagnon l'a dit tantôt,
on a travaillé, tout le monde a travaillé très fort pour qu'il y ait une
acceptabilité sociale du projet. Il ne faudrait pas qu'en quelques mois on
vienne de détruire ce qui a été bâti au cours des dernières années pour gagner
cette acceptabilité sociale.
Mme
Guilbault : Non. Exactement. Mais, en même
temps, pour la sécurité des travailleurs sur les chantiers puis des signaleurs,
c'est quand même un gros enjeu aussi. Donc, ça vient répondre à...
M. Durocher
(André) : Oui, oui, si ça... si ça répond à ces critères-là. Puis,
bon, pour être de Montréal, je le vois
souvent, là, les chantiers qu'il y a autour, ça... effectivement, c'est très
dangereux. Ces gens-là font un travail qui est dangereux, et on se doit
de prendre des mesures pour tenter de les protéger au maximum.
Mme Guilbault : Bien, à Montréal, il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup de chantiers.
C'est sûr qu'on ne pourra peut-être pas en mettre sur tous les
chantiers, mais... mais on...
Mme Gagnon
(Sophie) : En tout cas, 250, ça ne suffira pas, on... ça...
Mme
Guilbault : Seigneur! Non. Parfait.
J'aimerais ça aussi vous entendre sur une... puis... puis ça va être dans un règlement, donc ce n'est pas à proprement
dire tout de suite, mais la question des zones scolaires. En ce moment, une
zone scolaire, c'est de 7 heures à 17 heures, de septembre à
octobre... d'août à... de juin, je veux dire. Du mois d'août ou
septembre?
Une voix : Septembre.
Mme
Guilbault : Septembre au mois de juin.
Qu'est-ce que vous pensez de l'idée de les rendre scolaires en tout temps?
C'est-à-dire que les amendes qui sont plus élevées en zone scolaire
s'appliqueraient en tout temps, dans l'esprit
que même si on est en dehors de la... de la... de l'année scolaire comme telle,
il y a des jeux, il y a des... les enfants vont là, il y a des terrains
de jeux, il y a de la baignade, il y a toutes sortes de choses qui se déroulent
là. Donc, il y a toujours plus ou moins le risque d'avoir des enfants autour.
Mme Gagnon
(Sophie) : Bien, en fait, je pense que de la façon que vous le
présentez, effectivement, pour nous, le fait de poser certaines conditions
en... c'est d'avoir une gouvernance qui tienne compte de la réalité terrain. C'est certain que si, dans une école, dans une
zone, il y a de l'activité à l'année, puis qu'il y a une problématique, bien,
à ce moment-là, de respecter la réalité avec des outils adaptés, pas de
problème. Là où on ne voulait pas tomber dans du mur-à-mur, c'est de dire que
si, en dehors des périodes d'activités, on instaure des règles tellement
prohibitives puis que c'est perçu comme étant sans effet ou sans réel besoin,
alors, ça peut devenir une façon de désengager la mobilisation. Les gens
perçoivent que c'est là, mais ça n'a pas d'effet direct. Je pense qu'il faut
moduler...
M. Durocher
(André) : Pour vous donner un exemple concret, j'ai... j'avais, dans
un des quartiers où j'étais commandant,
différentes écoles, et certaines étaient situées en face d'un parc, une autre
était sur une artère principale, par exemple, on pense à la rue
Christophe-Colomb à Montréal, et une autre pouvait être dans un endroit... à un
autre endroit. Donc, c'est bien évident que, si on prend une rue comme
Christophe-Colomb, bien, il n'y a pas d'enfants qui jouent là le soir. Une
autre école est dans une zone résidentielle et l'autre est en face d'un parc où
il peut y avoir présence d'enfants. C'est pourquoi on doit utiliser certains
critères qui vont tenir compte, là, de la réalité. Et comme ça, en fin de compte, on... en ne faisant pas du
mur-à-mur, en... Je vais utiliser une technique que j'utilisais à la police
de Montréal, je veux dire, lorsqu'on donne
des constats d'infraction, ça doit être en fonction de corriger un
comportement. Si, par exemple, la cause des collisions, c'est les feux
rouges, bien, on donne des constats pour les feux rouges, pour... Donc, dans
les écoles, est-ce qu'il y a... est-ce qu'il y a un problème? Est-ce qu'il y a
des enfants qui jouent près du parc? Oui?
OK, parfait, là, ça a de l'allure. Ailleurs, si ça ne se tient pas, je pense
qu'on n'aura pas l'acceptabilité sociale.
Et, de toute façon, je ne crois pas que les policiers vont, comme on dit,
mettre les efforts là. Donc, on va mettre un règlement qui va faire en
sorte qu'il ne sera respecté de toute façon.
Le
Président (M. Jacques) :
Merci beaucoup. Ceci met un terme aux échanges
avec la partie gouvernementale. Je cède maintenant la parole à
l'opposition officielle et à M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci,
merci. Merci, M. le Président. Merci pour votre mémoire. Vous avez répondu à
pas mal de questions que j'avais au début, mais il y a un point que j'aimerais
bien, pour les 10 minutes que j'ai, que vous sensibilisiez les gens autour
de la table, c'est l'alcool au volant. Donc, le numéro 2 de la page 8
sur 12.
Je pense, si on prend
le temps aujourd'hui, juste pour parler de cet enjeu qui est extrêmement
important... D'ailleurs, je tiens à vous remercier parce que vous êtes le
premier groupe qu'on rencontre qui prend position d'une manière très claire,
vous voulez instaurer une limite d'alcoolémie à 0,05. Bon, je vous...
Mme Gagnon
(Sophie) : Bien, des mesures... des mesures administratives. On ne
veut pas changer le...
M. Derraji : Oui, oui. Non, non,
mesures... Oui, mais mesures administratives.
Mme Gagnon
(Sophie) : ...on ne recommande pas de changer le Code criminel, là,
mais on parle...
M. Derraji : Oui, oui. Non, non,
mesures administratives, on s'entend.
Mme Gagnon (Sophie) : Oui, tout
fait. D'accord.
M. Derraji : Oui, oui. Nous, on
n'est pas là non plus, là. Mesures administratives. Expliquez-nous pourquoi. Tu
sais, je sais, mais c'est pour le bénéfice des gens qui nous regardent. Il y a
des gens qui ne sont pas au courant qu'est-ce qu'on fait maintenant par rapport
à la sécurité routière. Et pourquoi, pourquoi dans le cadre de la sécurité routière... Parce que la ministre est en train de
mettre un plan, il y a des choses qu'on a rajoutées dans le projet de loi, mais
pourquoi nous, en tant que législateurs, on
doit prendre en considération l'alcool au volant dans le cadre de ce projet de
loi?
Mme Gagnon (Sophie) : Bien, ça reste
une mesure qui mérite d'être expliquée et qui nécessite beaucoup d'éducation et
de sensibilisation. Je pense qu'il y a encore beaucoup de mauvaises
informations qui circulent lorsqu'on parle
de sanctions administratives. On sait que c'est un sujet délicat,
particulièrement pour les automobilistes, ça peut être un enjeu. Par
contre, nous l'avons mesuré au fil des... probablement 20 dernières
années, l'évolution des mentalités a beaucoup progressé puis il y a une
certaine acceptabilité qui s'est installée en considérant les... les affres de l'alcool au volant. Et on pense qu'avec des
mesures administratives, là, qu'on parle d'amendes et de... par exemple,
de suspension temporaire de l'usage d'un véhicule sur une période de
24 heures, on peut avoir un effet éducatif important, puis ça peut toucher
des catégories de gens qui seront sensibilisés à jamais s'ils ont le malheur de
recevoir une telle sanction qui n'existe pas aujourd'hui.
Donc, on a
vu, nous, chez CAA-Québec, une évolution de la... de l'acceptabilité ou des
mentalités à cet égard, mais ça mérite... c'est une... c'est un genre de mesure
qui mériterait énormément d'éducation puis d'explications pour être sue.
Mais on pense que les effets dans les autres provinces où on l'a... on les a
appliquées depuis de nombreuses années ont été probants. Il y a eu des
améliorations de la sécurité routière puis des diminutions de décès.
Donc, c'est une mesure qui... bon, je pense
qu'on est rendus là, mais qu'il faut agir avec circonspection, puis le faire de
façon, justement, à créer cette... pour éviter la polarisation puis les débats,
là. Mais je ne sais pas, André, si tu veux ajouter. On pense qu'on est rendus
là.
• (12 h 10) •
M. Durocher (André) : Oui. Je crois
qu'on est rendus là. Pour avoir été policier pendant près de 40 ans, avoir
participé, là, à multiples barrages routiers, et tout, lorsqu'on... des gens
qui très souvent... on va prendre pour alcool
au volant, là, ce n'est pas les cas qu'on voit nécessairement dans les médias,
là, de trois, quatre, cinq fois au-dessus de la limite, c'est très souvent des cas qui sont légèrement au-dessus
de la limite, on parle de M., Mme Tout-le-monde, des gens sans histoire qui, justement, sont impliqués dans une collision
et voient... ont un dossier criminel, voient leurs vies détruites. C'est
pourquoi on trouve que c'est important.
Cette espèce de mesure, en fait, viendrait
permettre... ça viendrait lever un drapeau rouge pour la personne qui prendrait
ce petit verre de vin de trop, là, lors d'un repas. Et c'est... Et il faut...
il faut justement... Selon moi, si on fait ça, on va vraiment frapper la masse,
parce qu'évidemment des cas de grande intoxication, oui, il y en a, mais ce
n'est rien à comparer avec le nombre de personnes qui, en fin de compte, sont
légèrement... leurs capacités sont légèrement diminuées, là, mais ne sont pas
ivres morts. Et c'est pourquoi je crois qu'on est rendus là.
La société est rendue là, de façon générale, de
toute façon. J'ai vu une évolution, moi, au cours... Je suis entré dans la
police au début des années 80 et j'ai quitté il y a deux ou trois ans
à peine, et on a vu une évolution justement au taux d'ivresse. On reprend,
malheureusement, toujours à peu près le même nombre de personnes en conduite
avec capacités affaiblies. C'est les taux d'alcoolémie qui changent, qui sont
beaucoup moins élevés qu'ils étaient autrefois.
M. Derraji : Vous avez dit un mot,
la polarisation.
M. Durocher (André) : J'ai... Moi...
M. Derraji : Non, pas vous, pas
vous, pas vous. Non, non, pas vous.
M. Durocher (André) : Ah! OK.
M. Derraji : Pas vous. Pas vous.
Pourquoi?
Mme Gagnon (Sophie) : Bien, en fait,
ce que... la polarisation, quand j'ai... Ce que j'ai dit, c'est : Il
faut... C'est une mesure qui mérite d'être expliquée pour ne pas... pour créer
le contexte favorable à son instauration. La polarisation, c'est... Quand on
n'explique pas, parfois, certaines personnes peuvent interpréter, qu'on change,
par exemple, la limite, que là, désormais,
on va avoir un dossier criminel si on est à 0,05, alors que la réalité est
toute autre. Puis j'ai... Mon opinion est simplement de dire :
Il... Mesure pour... aussi, quand même, qui est... qui a une charge émotive,
là, quand même. On l'a... on en a parlé beaucoup au Québec au cours des
dernières années. Si on allait dans cette direction-là, j'ajoute qu'il faudrait
éviter la polarisation des opinions en faisant de l'éducation et de la bonne
explication sur quelle est sa portée, quel est ses bénéfices... quels sont ses
bénéfices. Il faut... il... Oui?
M.
Derraji : Justement, le ministère du Transport, avec son plan ambitieux
d'agir sur la sécurité routière, je pense, ils sont capables de faire...
Mme Gagnon
(Sophie) : C'est un outil de plus qu'on pourrait avoir, effectivement.
M. Derraji : Donc,
c'est un outil de plus qui... si on veut répondre d'une manière assez directe à
la sécurité routière d'aujourd'hui, on ne peut pas entrevoir un si beau projet
de loi sans parler de l'alcool au volant.
Mme Gagnon
(Sophie) : Tout à fait. Bien, je pense que c'est l'objet de notre
commentaire, et ce serait une façon de le
bonifier, effectivement. Encore là, comme je le dis, c'est une mesure qui
mérite explication, il faut... il faut la présenter à la population de
façon bien... en termes de gains puis de... pour ce qu'elle est, parce qu'il y
a une charge, quand même, qui demeure au niveau de l'acceptabilité.
Mme Godbout
(Isabelle) : Oui. Si je peux... si je peux ajouter, en fait, c'est ça,
c'est une mesure qui est mal comprise. Alors, c'est pour ça que certains sont
contre cette mesure-là. Donc, effectivement, puis à 0,05, les facultés de conduire sont quand même altérées. Puis la
conduite, c'est quelque chose d'exigeant, qui demande que tous nos réflexes
soient vraiment aiguisés. Alors, c'est une
façon aussi d'aller chercher des gains au chapitre du bilan routier, puis c'est
pour ça qu'on a ajouté cette mesure-là.
Donc, l'objectif de
tous, c'est d'améliorer la sécurité routière, d'améliorer le bilan routier, et
d'ajouter des sanctions administratives qui ont fait leurs preuves dans les
autres provinces canadiennes où elles ont été instaurées, bien, c'est une façon
d'aller chercher des gains en cette matière-là.
M. Derraji : Je
vais y aller en deux temps. Vous êtes des experts de la sécurité routière, vous
faites pas mal d'interventions, vous faites pas mal d'interventions sur la
place publique. Aujourd'hui, vous êtes dans une commission parlementaire où les
élus doivent prendre des décisions par rapport à un projet de loi. Depuis tout
à l'heure, vous me parlez de la perception du public par rapport à cet enjeu.
Moi, je vous pose la question en tant que législateur qui a une pièce devant
lui, un beau travail qui a été fait en amont, et je l'ai... je l'ai souligné.
Il n'y a pas d'argument de ne pas aller là, si on oublie la charge, parce que
ça, c'est en deuxième temps, parce que, pour les photoradars, on peut dire, ce
n'est pas les gens qui veulent payer des amendes, là, donc... mais là on parle
en tant que rôle du législateur qui veut améliorer la sécurité routière. La
ministre a parlé de son plan. Il y a des mesures qu'on retrouve dans le plan.
Vous, aujourd'hui, vous êtes devant des législateurs qui... leur rôle, c'est
légiférer et mettre des lois qui vont améliorer la sécurité routière. Donc, aujourd'hui,
restons dans ce niveau. Après, on va aller au public.
Mme Gagnon
(Sophie) : Oui. Bien, oui, c'est un... c'est une recommandation qu'on
ferait d'opter pour des mesures qui ont le potentiel de contribuer à
l'amélioration du bilan, oui.
M. Derraji : Oui.
Vous avez mentionné l'INSPQ et vous avez mentionné les autres provinces
canadiennes. J'étais aussi en contact avec
quelques groupes qui m'ont beaucoup sensibilisé par rapport aux autres
provinces canadiennes. L'INSPQ aussi, qui est un organisme, je tiens à
le rappeler, du Québec, a déjà statué que les résultats de la littérature
scientifique montrent que la performance du conducteur dans ses différentes
tâches de conduite est affectée de manière significative à partir d'une
alcoolémie de 50 milligrammes par 100, et... mais donc le fameux 0,05.
Donc, scientifiquement, c'est prouvé.
Tout à l'heure, vous
avez mentionné... Je ne veux juste pas faire d'erreur au niveau de votre nom,
désolé...
M. Durocher
(André) : Durocher.
M. Derraji : M. Durocher, vous avez parlé des résultats dans les autres provinces
canadiennes. Avez-vous des choses à nous partager?
M. Durocher
(André) : Bien, je vous dirais, une des choses qui tombe peut-être un
peu dans l'angle mort, outre le fait que je...
en tout cas, je crois qu'on s'en va inévitablement vers ça, ça, c'est ma
perception personnelle, mais il ne faut pas oublier ce qui est dans la
l'angle de mort, également, c'est que... comparé à il y a plusieurs années,
c'est que tout a changé. On sait que conduire un véhicule, ça exige notre
attention complète. Et maintenant, dans les véhicules,
qu'est-ce que c'est? Ce sont des centres de divertissement, c'est le téléphone,
c'est... Donc, c'est... ça vient encore
compliquer la tâche. Tu sais, je vous dirais, là... puis ce n'est pas idéal,
mais je vous dirais, à 0,05, il y a 40 ans, quand tout ce qu'on
avait dans notre véhicule, c'est simplement un radio qui... lorsqu'on venait à
bout de le mettre au bon poste, ça fonctionnait...
M. Derraji : Si
ça fonctionne, si ça fonctionne.
M. Durocher
(André) : Maintenant, on a tout dans le centre de divertissement, on
prend nos messages, et tout. Donc, de là
l'importance d'être concentré. Puis, en plus de ça, bien, on a la même chose du
côté des piétons, des autres usagers de la route, qui eux aussi ont
leurs écouteurs, regardent... Donc, à ce moment-là, si on ne veut pas être
impliqué ou causer des tragédies, ça demande... c'est un travail à temps plein,
en fait, conduire un véhicule. Toute notre attention doit être concentrée
là-dessus.
M. Derraji : Et
les comparatifs par rapport aux autres provinces, vous avez dit au début... je
ne sais pas qui de vous deux ou vous trois a parlé que ça a marché, ça a donné
des résultats, le fait de juste commencer avec des mesures administratives...
des sanctions administratives.
M. Durocher (André) : Oui, mais, je
veux dire, ce qu'il faut garder cependant, là, on sait que les... c'est...
c'est différent aussi, hein, et je n'ai pas, là, tous les chiffres, donc je ne
m'avancerai pas sur les chiffres, mais les habitudes aussi de consommation sont
différentes dans les autres provinces canadiennes qu'au Québec. Ça fait qu'il
faut... il faut regarder, là... Je ne suis pas un scientifique, je vais laisser
ce travail-là aux chercheurs, mais je crois fermement... Et, comme je dis,
c'est... la... à partir du moment où on n'a pas 100 % de nos capacités, on
ne devrait pas conduire un véhicule. Il y a trop d'alternatives possibles pour
conduire son véhicule lorsqu'on a consommé.
M. Derraji : Je pense que vous avez
de très bons arguments pour nous, en tant que législateurs, d'aller de l'avant
avec ça. Maintenant, revenons au public. Vous avez mentionné, vous trois, sur
la charge par rapport au public, au niveau de la... éviter justement la
polarisation. Pensez-vous qu'une vraie campagne menée par le ministère peut
justement démystifier que le but, ce n'est pas de cibler qui que ce soit, mais
plus de sensibiliser? Est-ce que ça pourrait être quelque chose d'envisageable?
Mme Gagnon
(Sophie) : Oui, je le disais, on a mesuré au fil des années
un niveau d'évolution de la connaissance là-dessus, mais on doit dire que... en
fait, pas de la connaissance, comme de l'acceptabilité d'une telle mesure. Sauf
que le niveau de connaissance, quand on a fait des sondages, on sentait que les
gens confondent la mesure... une mesure administrative avec le taux légal fixé
au Code criminel. Puis je pense qu'il y a... Je pense donc que la... de bonnes
campagnes de sensibilisation, d'explication pourraient venir à bout des
réticences ou des craintes. Puis, encore là, comme je le dis, ça... c'est le
genre de mesure qui nécessiterait beaucoup d'attention, d'explication, puis de
relais de message, puis de travail en
partenariat dans l'ensemble de la société, parce que c'est quand même quelque
chose qui...
M. Derraji : Donc, un ajustement
dans le cadre de ce projet de loi, une campagne de sensibilisation avec les
partenaires, pour vous, c'est une...
Mme Gagnon (Sophie) : En continu,
oui. Oui, oui.
M. Derraji : OK. Merci. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Ceci termine l'échange avec l'opposition officielle. Je cède
maintenant la parole à la deuxième opposition. M. le député de Taschereau, pour
4 min 8 s.
M. Grandmont : Merci beaucoup. Merci
beaucoup, Mme Gagnon, M. Durocher, Mme Godbout. Moi aussi, à l'instar de mon collègue de Nelligan, je vais
aborder la question de l'alcool au volant. Vous êtes les premiers à l'aborder,
là, directement. C'est vrai, dans les... dans les provinces canadiennes, on est
à 0,05 partout, sauf en Saskatchewan, on est à 0,04, donc on est plus bas. En
Europe aussi, là, je regardais les chiffres, puis, en Europe, on va de 0,00 à
0,05, sauf une place, encore une fois, aussi
il y a une exception, en... dans le Royaume-Uni. Est-ce que... est-ce que vous
évaluez, à l'instar de ce que dit la Santé publique, qu'on est en retard
au Québec par rapport à cet enjeu-là?
Mme Gagnon (Sophie) : Bien, on
n'utilise pas tous les leviers qu'on pourrait utiliser. Dans ce sens-là, oui. Mais, en même temps, je pense qu'on a fait d'immenses
progrès. Notre taux... Le bilan routier est comparable quand même, mais ça fait partie... sur cette stricte mesure
là, on... c'est un outil qu'on a et qu'on n'utilise pas. Donc, on peut
penser... on pourrait dire ça, là.
M. Grandmont : Effectivement. Merci.
Oui, vouliez-vous ajouter quelque chose? Non?
Mme Gagnon (Sophie) : Isabelle, tu
veux ajouter quelque chose?
M. Grandmont : Non? OK. C'est
parfait.
Mme
Godbout (Isabelle) : Non, c'est ça, on ne peut pas dire qu'on est en retard,
mais il y a des améliorations à apporter...
Mme Gagnon (Sophie) : Il y a des
outils.
M. Grandmont : Donc, c'est un outil
que d'autres ont décidé d'utiliser et que nous, nous n'utilisons pas.
Mme Godbout (Isabelle) : Exactement.
Mme Gagnon (Sophie) : Oui, c'est de
même que je le dirais, oui.
• (12 h 20) •
M.
Grandmont : Bon. À ce jour. Bon, d'accord. Ça fait qu'on dit pas mal
la même chose.
Maintenant,
j'aimerais revenir à 2010, parce qu'il y a... on a... on a failli l'adopter
en 2010, le 0,05 au Québec, avec des mesures administratives.
Évidemment, le 0,08, ça relève du criminel, donc le fédéral, et le 0,05, c'est
des mesures administratives. Et de ma... de
ma compréhension ou de mon souvenir, en fait, puis vous me corrigerez là-dessus,
on voulait vraiment des mesures
administratives, mais extrêmement légères, là, il n'y avait presque rien. Je me
demande même s'il y avait des... Je
pense que... Il me semble, en tout cas, puis vous me corrigerez là-dessus, il
n'y avait même pas d'amende là-dessus.
Mme Gagnon
(Sophie) : ...permis pendant 24 heures.
M.
Grandmont : Je ne me souviens pas s'il y avait des contraventions. On
confisquait évidemment le permis, parce que
la... mais, s'il y a une personne à côté de nous qui pouvait conduire le
véhicule pour rentrer à la maison, ça... ça procédait comme ça, mais la
personne n'avait plus le droit de conduire pour la soirée. Donc, vraiment,
c'était dans une approche de mettre un premier jalon, puis, en parallèle de
tout ça, faire énormément, évidemment, de sensibilisation,
comme vous l'avez nommé tantôt. Mais rappelez-moi, 2010, là, comment ça
s'était... comment c'était programmé en fait, là?
Mme Gagnon
(Sophie) : Bien, je pense qu'il y avait eu un peu l'effet de
polarisation que j'évoquais tantôt, là, je pense qu'on a progressé depuis, mais
il n'en demeure pas moins que, pour moi, pour nous, on serait en faveur de,
justement, une introduction douce, d'expliquer, de faire de la sensibilisation,
mais tout en ayant recours à un outil qui est là. C'est sûr.
Mme Godbout
(Isabelle) : Je ne me souviens plus exactement, en 2010, c'était quoi,
les sanctions qui étaient proposées. Je me souviens qu'on s'était montré en
faveur de ces sanctions administratives là. Elles sont de divers ordres, là,
elles ne sont pas toutes identiques, là, dans les différentes provinces. Le but
de ces sanctions-là, c'est de faire réfléchir à la consommation du dernier
verre, puis au fait aussi, si on se fait prendre une fois avec une sanction
administrative, ça te fait réfléchir davantage avant de te rendre au 0,08, qui,
lui, a des sanctions beaucoup plus
importantes, là, pour un individu. Donc... c'est ça. Donc... Parce que nous, on
a toujours affirmé, à CAA-Québec, que lorsqu'on boit, on ne conduit pas,
et on pense que l'introduction de sanctions administratives ferait en sorte
aussi de faire réfléchir à cette... à cette situation-là.
M. Grandmont :
Donc, dans le fond, c'est le
message qu'on envoie aussi : Faites attention, puis surveillez-vous
plus, parce que les gens savent très, très peu ce que c'est, même, 0,08, là.
Mme Gagnon
(Sophie) : Bien oui, totalement. Bien, exactement, puis c'est... Et
c'est là qu'on dit : Si elle est bien expliquée, s'il y a de la pédagogie,
s'il y a de... s'il y a des bonnes méthodes de mise en oeuvre, c'est rendre service à tout le monde et à soi-même en premier,
là, lorsqu'on en est... c'est un méchant bon drapeau rouge qui se lève,
sans grande conséquence. Puis il ne faut surtout pas se rendre plus loin. Alors,
je pense que c'est...
M. Durocher
(André) : ...de faire des activités de sensibilisation alors que
j'étais policier, avec des gens, puis avec les... les ivressomètres, et les
gens étaient eux-mêmes surpris de voir. Non, non, je me sens bien, je peux conduire
ma voiture, et, lorsqu'ils voyaient le résultat sur l'ivressomètre, là, ils
étaient vraiment surpris. Donc, la pire personne
pour décider de faire le choix, en fait, c'est la personne qui consomme. Donc,
on est un très, très mauvais juge là-dessus. C'est pour ça qu'on... je
crois qu'on est rendus là actuellement.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup, Mme Gagnon, Mme Godbout et M. Durocher, pour votre
contribution aux travaux de la commission.
Et
nous suspendons nos travaux jusqu'à la... les... jusqu'aux avis touchant les
travaux des commissions. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 25)
(Reprise à 15 h 21)
Le Président (M.
Jacques) : Bonjour à tous. La Commission des transports et de
l'environnement reprend ses travaux. Nous poursuivons les consultations
particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 48,
Loi modifiant principalement le Code de la sécurité routière afin d'introduire
des dispositions relatives aux systèmes de détection et d'autres dispositions
en matière de sécurité routière.
Cet après-midi, nous
entendrons les organismes suivants :Piétons Québec, l'Association du
camionnage du Québec, Pas une mort de plus, Accès transports viables et Vivre
en Ville.
Je
souhaite la bienvenue aux représentantes de Piétons Québec. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après
quoi nous procéderons à une période d'échange avec les membres de la
commission. Je vous invite donc à vous présenter et à débuter votre
présentation.
Piétons Québec
Mme
Fournier (Véronique) : Merci, M. le Président, Mme la ministre Geneviève
Guilbault, Mmes et MM. les membres de la commission, représentants,
représentantes du ministère des Transports et de la Mobilité durable et de la Société
de l'assurance automobile du Québec, bonjour. Je me présente, Véronique
Fournier, membre du conseil d'administration de Piétons Québec depuis ses
débuts. Je suis accompagnée aujourd'hui de Sandrine Cabana-Degani, directrice
générale de Piétons Québec.
Piétons
Québec est un organisme à but non lucratif. Nous revendiquons la sécurité et le
confort pour toutes les personnes se déplaçant à pied au Québec. Depuis
2015, nous travaillons à transformer les normes sociales, le cadre
réglementaire et l'environnement bâti en faveur des piétons.
M. le Président, nous tenons à souligner
d'entrée de jeu notre accord avec le projet de loi et les principes qui y sont
apportés. Nous tenons à remercier la ministre pour sa volonté et son écoute
dans le dossier ainsi qu'à la féliciter pour sa proactivité et sa rapidité
d'action. Nous sommes heureuses, aujourd'hui, de pouvoir contribuer car nous pensons que, quoique le projet de loi fasse
un pas dans la bonne direction, ce projet mérite d'être amélioré afin que ses
impacts soient à la hauteur des intentions de la ministre.
En effet, malheureusement, en 2022, on a connu
le pire bilan des 15 dernières années : 79 personnes piétonnes
décédées sur nos routes. Donc, un changement en profondeur de notre cadre
réglementaire et législatif doit être opéré afin de protéger les personnes se
déplaçant à pied. Nous saluons notamment le fait que le projet de loi donne de
nouveaux outils pour la sécurité, notamment via l'ajout de mécanismes de
sanctions administratives pécuniaires pour des infractions constatées par un
système de détection. Également l'harmonisation des amendes pour le non-respect de la priorité piétonne,
l'obligation d'aménager la zone scolaire de façon sécuritaire et l'instauration
du 30 km/h en zones scolaires qui sont introduites par le projet de loi.
Et cela vient établir, là, des bases essentielles pour favoriser une
cohabitation sécuritaire. Mais nous sommes d'avis que ces mesures, bien
qu'elles soient toutes pertinentes, ne sont pas suffisantes et on est capables
d'aller plus loin pour renverser la tendance en ce qui concerne le bilan
routier et, ultimement, sauver des vies qui sont injustement perdues.
Ma collègue Sandrine va vous présenter deux
éléments qui mériteraient d'être grandement améliorés dans le projet de loi,
ainsi que trois mesures qui devraient être ajoutées à celui-ci afin qu'on
puisse avoir les impacts à la hauteur des intentions qui sont annoncées dans le
Plan d'action en sécurité routière.
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Merci,
Véronique. Donc, d'abord, au niveau des points d'amélioration, j'aimerais vous
entretenir des systèmes de détection qui sont au coeur du projet de loi. Comme
vous l'a mentionné Véronique, nous appuyons l'introduction du régime des
sanctions administratives pécuniaires. Nous pensons que ce nouveau principe
permettra de lever plusieurs barrières qui restreignent aujourd'hui
l'installation d'un plus grand nombre d'appareils au Québec. Nous craignons
cependant que le cadre mis en place par le projet de loi ne soit trop restrictif
pour permettre un déploiement important des systèmes de détection. Un tel
déploiement à large échelle est pourtant
nécessaire pour que ces systèmes aient une influence sur la norme sociale et
favorisent l'adoption de vitesses et de comportements sécuritaires. C'est en
ayant l'impression qu'on se fera prendre, peu importe où on circule, si on ne
respecte pas les règles, que de tels systèmes ont vraiment un effet. Le cas de
la France, à ce sujet, est vraiment éloquent.
En France, il est estimé qu'entre 2003 et 2012,
les radars photo ont permis de sauver 23 000 vies. Cela a été rendu possible grâce à un déploiement beaucoup
plus important que celui qui est prévu au Québec par le Plan d'action en
sécurité routière. On pense donc qu'un cadre plus flexible pour les
municipalités qui voudraient accueillir de tels appareils, afin de les
additionner à ceux détenus par le ministère des Transports et de la Mobilité
durable, faciliterait l'augmentation du nombre d'appareils et l'atteinte du
résultat escompté, soit le changement des comportements des usagers.
Ensuite, l'autre élément qui devrait être
modifié dans le projet de loi selon nous concerne l'article 52, qui
prévoit l'obligation d'aménager la zone scolaire de façon sécuritaire. Cette
obligation doit impérativement être étendue aux corridors scolaires, telle que
prévu par la mesure 2.1 du Plan d'action en sécurité routière. Se limiter
aux zones scolaires, soit les abords immédiats du terrain de l'école, équivaut
à ignorer 85 % des enfants piétons blessés et 95 % de ceux tués au
Québec qui le sont hors des environnements scolaires. Ce qui m'amène aux
éléments clés qui nous apparaissent essentiels à ajouter au projet de loi pour
que celui-ci établisse les bases d'une culture de protection des personnes qui se déplacent à pied et permette
de sécuriser les enfants sur l'ensemble de leur cheminement au-delà des
zones scolaires.
Le premier élément concerne la vitesse par
défaut en milieu urbanisé. Celle-ci est fixée à 50 km/h par
l'article 327 du CSR. Nous recommandons d'abaisser cette vitesse à
30 km/h, c'est-à-dire qu'en l'absence de signalisation
contraire, la vitesse maximale en agglomération serait maintenant de
30 km/h. C'est vraiment une mesure porteuse qui est alignée avec la
vision systémique au coeur de l'approche Vision Zéro. Abaisser à
30 kilomètres la vitesse par défaut en
agglomération aura un impact sur la norme sociale liée à la vitesse. Cela
lancera un message clair comme quoi
30 km/h est la vitesse acceptable à adopter en milieu urbanisé. En fait,
c'est que 30 km/h est la vitesse de cohabitation sécuritaire. C'est
vraiment... On a un consensus scientifique clair à cet égard, si bien que l'Organisation
mondiale de la santé recommande que la vitesse soit limitée à 30 km/h dans
les zones urbaines, caractérisées par une interaction entre plusieurs types
d'usagers de la route.
Concrètement, ce changement législatif porteur
aurait un impact sur la vitesse de conception qui est considérée pour les rues
en milieu urbain et influencerait donc les aménagements. En effet, la largeur
des voies est influencée par la vitesse de
référence considérée. De plus, en considérant à 30 km/h comme étant la
vitesse de cohabitation sécuritaire, cela
impliquerait que si le gestionnaire routier décide d'aménager une rue avec une
vitesse supérieure, il doit aménager la traversée sécuritaire et séparer les
piétons de la circulation. Ce changement législatif doit donc se faire dès
maintenant afin que le guide de conception des rues en milieu urbain, que le
ministère des Transports et de la Mobilité durable s'apprête à développer et
qui sera diffusé dès 2027, se base sur les meilleures pratiques actuelles.
Le deuxième élément
concerne le principe de prudence, soit l'article 3.1 du CSR. Vous
trouverez le détail de nos propositions pour le rendre applicable et
sanctionnable dans notre mémoire, mais, en bref, nous recommandons d'abord de
retirer le troisième alinéa, qui, en précisant le comportement attendu des
usagers vulnérables, diminue, selon nous, la portée.
Ensuite, aucune sanction
n'est associée au non-respect du principe de prudence à l'heure actuelle. Nous
proposons donc de l'associer à l'article 327 afin de le rendre applicable,
puis nous proposons de l'incarner à travers les différents articles du CSR en
modulant les sanctions associées à ceux-ci en fonction de la dangerosité du
véhicule conduit. Finalement, nous proposons aussi d'ajouter des sanctions
pénales liées au non-respect de l'article 327, ainsi que celles-ci
puissent varier en fonction des conséquences liées à l'infraction.
Le troisième élément
que l'on souhaite apporter comme bonification concerne le respect de la
priorité piétonne au passage jaune. Il est malheureusement de notoriété
publique qu'au Québec les conducteurs ne respectent pas les passages piétons,
alors qu'ils sont beaucoup mieux respectés dans les autres provinces
canadiennes. Ce n'est pas seulement un élément culturel. Les cadres législatifs
de plusieurs autres provinces du Canada font respecter la priorité piétonne aux
passages piétons en clarifiant que la responsabilité de la traversée
sécuritaire incombe aux personnes au volant des véhicules. Nous recommandons
donc de faire de même et de modifier le CSR afin de traduire cette
responsabilité en retirant l'article 446, en modifiant l'article 410
pour retirer toute ambiguïté sur la responsabilité du conducteur de céder le
passage aux piétons et en ajoutant un article obligeant les conducteurs à
s'arrêter lorsqu'un autre véhicule est immobilisé à un passage pour piétons.
Nos enfants ne devraient pas avoir à voir passer quatre véhicules devant leurs
yeux avant de pouvoir s'engager sécuritairement dans un passage piéton. Notre
grand-mère ne devrait pas mettre sa vie en danger parce qu'un premier
conducteur lui a cédé le passage, mais qu'un second le double sans vérifier si
quelqu'un était engagé dans le passage avant.
Nous invitons donc
les parlementaires à considérer ces trois éléments dans l'étude du projet de
loi afin de saisir cette occasion de mettre en place des mesures prometteuses
qui contribueront à atteindre les objectifs établis par le plan d'action en
sécurité routière.
Notre
mémoire contient aussi quelques autres recommandations pour que notre cadre
législatif et réglementaire favorise une culture piétonne, par exemple,
en assurant la prise en compte des besoins des usagers du transport actif sur
les routes du réseau supérieur et en intégrant la rue piétonne dans la
définition du chemin public.
Mme Fournier (Véronique) :
Pour conclure, bien, par l'adoption du Plan d'action en sécurité routière,
le gouvernement du Québec s'est engagé à ne plus considérer comme acceptable
que des piétons meurent et soient blessés gravement sur les routes du Québec.
Par l'adoption de l'approche Vision zéro, bien, nous affirmons que notre société a le pouvoir et le devoir de faire mieux.
L'adoption du projet de loi doit être la première démonstration concrète
de cet engagement suite à l'adoption du plan.
En
saisissant cette occasion pour que le projet de loi assure le déploiement
d'appareils de contrôle automatisés en nombre suffisant, la sécurisation
du cheminement des élèves, l'abaissement de la vitesse de base de référence en agglomération à 30 km/h et la sanction de
comportements qui mettent en danger des usagers vulnérables, nous pouvons
arriver à prévenir des drames.
Donc,
aujourd'hui, avec Piétons Québec, au nom des piétons du Québec, on vous
demande, à travers ce projet de
loi... d'inviter, pardon, à travers ce projet de loi, à apporter des
modifications, à rehausser la barre pour qu'on fasse en sorte
qu'ensemble on puisse sauver des vies sur les routes du Québec. Merci beaucoup.
• (15 h 30) •
Le Président (M.
Jacques) : Merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons donc entamer
les discussions avec les membres de la
commission par le groupe représentant le gouvernement et Mme la ministre des
Transports et de la Mobilité durable, pour 16 min 30 s.
Mme
Guilbault : Oui, merci. Merci beaucoup, M.
le Président. Rebonjour, mesdames, merci d'être ici avec nous cet après-midi.
Toujours très intéressant. Depuis notre première rencontre, beaucoup de chemin
a été parcouru, sans jeu de mots, avec votre mission, mais c'est quand même ça
qui est ça. Je me souviens, la première fois que vous êtes venues me voir à mon
cabinet puis qu'on a parlé ensemble de vos objectifs, et tout ça, puis je me
plais à croire que plusieurs des idées que vous m'aviez amenées dans cette
rencontre-là sont dans mon Plan d'action pour la sécurité routière, toujours
dans le contexte où le projet de loi d'aujourd'hui, qui est l'objet de notre
discussion, mais qui est un des outils qu'on utilise pour opérationnaliser le
Plan d'action en sécurité routière 2023-2028, qui, lui, est vraiment la pièce
maîtresse avec toutes les mesures qui couvrent plusieurs... plusieurs angles.
C'est sûr que toute la question des zones scolaires, pour vous, les
aménagements sécuritaires, est au coeur de ce que vous nous proposez. Puis je vais en profiter pour reglisser le fait
que... parce qu'il y a quand même un axe, là, qui est aménagement sécuritaire
pour les piétons, le deuxième axe, donc vraiment... puis là, qui est largement
inspiré, je dois dire, là, de ce avec quoi vous nous aviez alimentés à
l'époque, quand je vous ai... quand je vous ai rencontrés, la création du
chapitre piétons, dont moi, je suis très,
très fière, qui n'est pas encore fait, mais qui va se faire à même le tome I de
la... pour la conception routière dans la collection des normes et
ouvrages. Donc, je suis très heureuse de ça.
Sur la question des... J'aurais des questions
sur les zones comme telles, la question des zones scolaires, mais pour les
aménagements. Parce qu'on dit : «Rendre obligatoires les aménagements dans
les zones scolaires». C'est ça qu'on dit dans le plan. On parle aussi des... En fait, dans mon plan, on
évoque aussi les corridors scolaires, mais la façon d'y arriver, c'est
en faisant les... en rendant obligatoire l'aménagement. Et nous, au ministère,
allons mettre à jour le guide Redécouvrir
le chemin vers l'école, qui est sans doute un guide que vous connaissez,
ou... à moins que vous me disiez que...
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Tout
à fait.
Mme Guilbault : Oui? C'est ça. Bon. Alors, pour nous, une des façons d'y
arriver, outre ce qu'on fait dans le projet de loi, ça va être de sensibiliser
les gens parce que la notion de corridor scolaire est un peu plus difficile à
définir ou à circonscrire qu'une notion de zone scolaire. Alors, quand on dit
l'aménagement des corridors scolaires, tu sais, à un moment donné, il faut
qu'il y ait aussi une espèce de circonscription des zones, parce que sinon, ça
peut être tellement, tellement illimité que ça devient difficile. Tu sais, du
point de vue d'une petite municipalité, par exemple, qui est avec une école qui
est sur un grand chemin, qui appartient au réseau provincial, à un moment donné, le corridor, il commence puis il arrête où?
Donc, c'est pour ça qu'avec la notion de zone scolaire, au moins, on avait, je
trouve, un référent qui était peut-être plus simple ou plus objectif, auquel
tout le monde pouvait se référer, à la fois les partenaires municipaux et nous. Mais le guide Redécouvrir le chemin
vers l'école, lui, prend en compte plus largement la notion de
corridor scolaire.
Ça fait que j'aimerais ça vous entendre sur la
complémentarité entre l'obligation législative qu'on met là pour les zones en complément avec le guide, qui,
lui, va vraiment servir... puis elle va être livrée, la mise à jour, en 2024,
cette année, qui, maintenant, va devoir être pris en compte, là, dans
l'aménagement des municipalités, donc qui... qui viendra ajouter le complément,
finalement, pour atteindre le même objectif global que ce que vous proposez.
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Bien,
en fait, la raison pour laquelle on souhaiterait que dans la... dans le libellé
de l'obligation, on inclut les corridors scolaires, c'est que le guide, il
existe aujourd'hui. Oui, il nécessite une mise à jour, mais il existe
aujourd'hui, puis ça ne fait pas en sorte que les corridors scolaires sont
aménagés partout au Québec de façon sécuritaire. Donc, de l'ajouter dans
l'obligation, donc qu'on... qu'on oblige d'aménager de façon sécuritaire les
zones scolaires et les corridors scolaires, à ce moment-là, permettrait de
s'assurer qu'il y ait une uniformité d'une municipalité à l'autre. Ce n'est pas
normal qu'un enfant qui habite dans une municipalité X n'ait pas le droit à la
même sécurité dans son déplacement, dans son cheminement vers l'école que s'il
habite dans une municipalité Y, où la municipalité a décidé d'aménager des
trottoirs et la traversée des rues sécuritaire. Puis ce que j'ai dit dans mes remarques d'entrée, c'est que
c'est 85 % des enfants blessés qui le sont à l'extérieur de
l'environnement scolaire. Donc, on
passe à côté de la grande majorité des collisions impliquant des enfants
piétons, si on agit seulement sur la zone scolaire.
Puis c'est ça, l'enjeu qu'on souhaite amener
avec les... avec vous aujourd'hui puis discuter. Si la solution, ce n'est pas possible de l'amener par le corridor
scolaire, bien, c'est pour ça que la solution de mettre le 30 comme vitesse de...
par défaut en milieu urbain amènerait également cette responsabilité-là. Donc,
on dirait : C'est 30, la vitesse de base
par défaut, à moins de signalisation contraire. Et, à ce moment-là, ça met le
fardeau de responsabilité d'aménager des... les aménagements
correspondants, si on décide que la vitesse qui est affichée va être supérieure
à 30 km/h, puisqu'à ce moment-là on est conscients que la vitesse de
cohabitation n'est pas celle qui a été choisie. Donc, on doit assurer, par l'aménagement de trottoirs ou de
traverses piétonnes sécuritaires, la sécurité des cheminements. Donc, ce
serait une autre façon, si on n'est pas capables d'intégrer les corridors
scolaires dans l'obligation d'aménager. Le 30 km/h, comme vitesse par
défaut, serait une autre façon d'arriver à nos fins.
Si on garde le projet de loi tel qu'il est
proposé, oui, c'est un pas en avant. On amène l'obligation pour la zone scolaire
de l'aménager de façon sécuritaire. Et c'est très important pour nous, les
aménagements, mais on a la crainte que le
guide qui existe déjà aujourd'hui ne soit pas plus appliqué de façon uniforme
qu'il ne l'est à l'heure actuelle.
Mme Guilbault : Oui. Non, mais effectivement, puis c'est un peu... Parce
que, tu sais, quand on dit... Parce qu'il faut toujours trouver l'équilibre
aussi entre, justement, peut-être avoir des... Tu sais, nous, on veut être sûrs
que les gens vont l'appliquer, puis qu'on ne
se retrouve pas où il y a tellement... il y a tellement un manque de
mobilisation, ou d'adhésion, ou une désaffection que, tu sais, on
n'atteint pas l'objectif, puis ça devient trop compliqué d'aller chercher les
gens. Avec la notion de zone scolaire... Puis, tout à l'heure, je vais vous...
je vais y revenir, là, je vais vous poser la même question que j'ai posée au
CAA tout à l'heure sur qu'est-ce que vous pensez des zones scolaires, est-ce qu'on devrait élargir la période de... la
période pendant laquelle c'est considéré une zone scolaire, mais je vais...
je vais y revenir dans un deuxième temps. Mais aussi, tu sais, si, en mettant
toutes les routes d'un réseau municipal à 30 km/heure, est-ce que vous ne
pensez pas qu'à un moment donné il va y avoir une désensibilisation, puis les
gens vont graduellement aller à 35, à 40, puis ils vont remonter à 50, sauf
quand ils sont physiquement proches d'une école
puis qu'ils voient des pancartes de piétons, puis que, là, c'est le vieil
instinct qui revient? Je pose la question, là, parce que, tu sais...
Puis je vous
donne un exemple. Moi, j'habite dans ma circonscription de Louis-Hébert, et là, notre municipalité, sans même que je me mêle de ça, ça
n'a rien à voir, c'est un hasard, ils ont décidé d'adopter au conseil municipal
«30 km/h sur les rues résidentielles, locales, tertiaires et dans les
zones scolaires en tout temps, les routes locales à 40 km/h, les routes
collectrices à 50 km/h. Des aménagements sont graduellement mis en place
pour sécuriser les déplacements des piétons
et des cyclistes. Voici le projet qui sera réalisé sur la route Racette.» Bon.
Bienvenue à ceux qui veulent venir voir la route Racette en passant chez
nous, dans Louis-Hébert. Mais c'est un exemple. Moi, j'ai vu ça
passer sur Twitter, qu'on n'appelle plus Twitter. En tout cas. Bien, alors
c'est une décision du conseil municipal qui me semble aller un peu dans le...
qui me semble découler de ce mouvement-là, qu'on a apporté depuis un an en
remettant la sécurité routière au goût du jour, en en parlant beaucoup dans les
médias, en déposant le plan d'action. Ça fait que je sens qu'il y a une... Puis
c'est une petite municipalité, on est 20 000. Donc, je sens qu'il y a un
mouvement aussi.
Alors, en misant aussi sur cette volonté-là des
municipalités de prendre par elles-mêmes ces décisions-là sur le réseau qui les
concerne, pensez-vous que, dans l'ensemble, on peut quand même, tu sais,
améliorer les choses, sans tomber dans des prescriptions trop strictes qui
pourraient être plus ou moins réalistes, considérant les moyens relatifs puis
les possibilités relatives d'une place à l'autre?
• (15 h 40) •
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Oui.
Bien, vous avez tout à fait raison qu'il y a un mouvement en ce moment au niveau des municipalités pour établir des
zones 30, notamment dans les rues locales. Et cette proposition-là,
de vitesse à 30 par défaut, aiderait les municipalités qui vont dans cette
lignée-là, parce que dans plusieurs rues locales, il n'y a pas d'affichage de
vitesse, OK. Donc, c'est la vitesse par défaut au CSR qui prime. Et, s'ils
veulent rendre une zone 30, ils doivent acheter des panneaux puis les
mettre dans toutes les rues pour créer ces zones résidentielles à 30 km/h
là. Donc, si on adoptait ce changement législatif là en... faisant passer la
vitesse par défaut de 50 à 30 km/h,
bien, on aiderait ces municipalités-là qui vont dans cette lignée-là et ça ne
les empêcherait pas d'avoir leurs rues collectrices à 40 puis leurs rues
artérielles à 50. En fait, la réalité, c'est que si ce changement législatif là
est adopté demain matin, il n'y a rien qui change sur toutes les rues où il y a
un panneau de vitesse qui est présent. C'est seulement sur les rues où il n'y a
aucun panneau de vitesse que la vitesse passe en agglomération de 50 à 30 km/h.
Donc, ça devient la vitesse de référence de base parce que c'est la vitesse qui
prévoit une cohabitation sécuritaire entre les usagers, puis c'est l'OMS qui
nous dit que c'est ce qu'on doit faire. C'est une mesure finalement qui va réduire le fardeau de la transformation
qu'on a à faire puis qui va aussi influencer la façon dont on va aménager les
rues. En les prévoyant à 30 km/h, bien, on peut les faire plus étroites,
puis ça évite d'avoir à revenir ensuite puis de mettre de la modération de circulation puis de... Ça, c'est des coûts
pour les municipalités, là, de venir intervenir dans un deuxième temps.
Donc, ça, c'est... c'est pour ce volet-là.
Pour le 30, le fait que ça nuirait aux zones
scolaires, bien, on sait par l'expérience au Québec que ça fonctionne beaucoup
mieux, une zone à 30 km/h, qu'un petit segment de rue à 30 km/h.
Également, ça influencerait la norme sociale. Si on sait qu'en agglomération,
en milieu bâti, c'est 30, bien, ça deviendrait une habitude chez les Québécois
de rouler à 30 km/h en zone habitée.
Mme
Guilbault : Oui. Parfait. Bien... Bien, effectivement, c'est
ça, mais comme je disais, c'est... c'est toujours de trouver
l'équilibre. Moi, c'est sûr que par défaut, quand il n'y a pas de pancartes
dans les rues résidentielles, on a tendance
de toute façon à ralentir, sauf les récalcitrants, qui, eux, je pense,
peut-être, ne ralentiraient pas plus, malheureusement. Mais je comprends
l'idée.
Puis, sur la notion de zones scolaires, comme je
disais tout à l'heure, actuellement, dans le règlement, c'est prévu à être de
7 heures à 17 heures, de septembre à juin. Et là, nous, on réfléchit
à la possibilité d'étendre les heures pour qu'en fait la zone scolaire soit
considérée une zone scolaire toute l'année, en tout temps, en fait, avec... en
nous disant qu'il y a des enfants qui gravitent toujours un peu autour de ces
milieux-là, parce que, même si ce n'est pas l'année scolaire, il y a des
terrains de jeux, il y a des services de garde, il y a des jeux dans la cour.
Moi-même, je vais au parc avec mes enfants le soir. Ce matin, il y a des gens
qui disaient, à l'inverse : Il y a des écoles sur des grandes artères passantes où il n'y a pas
grand-chose d'intéressant là, tu n'y vas pas à moins d'aller à l'école, là,
alors, tu sais, évitons le mur-à-mur. Donc, j'aimerais ça vous entendre
un peu là-dessus.
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Bien,
dans notre mémoire, par rapport à cette question spécifique là, ce qu'on
proposait, c'est d'y aller avec un 24 heures sur 24 de façon générale,
puis qu'après ça effectivement, pour éviter le mur-à-mur, s'il y a des
exceptions, ça pourrait être revu. En fait... Excusez-moi, je cherche l'exemple
qu'on avait mis. C'est la Nouvelle-Écosse, où la zone scolaire s'applique en
tout temps, 24 heures par jour, sept jours par semaine, 365 jours par
année. Puis, en fait, de plus en plus, on a des écoles où les cours d'école
sont aussi des parcs qui sont utilisés, des
parcs-écoles, il y a souvent du parascolaire, etc., donc ces zones-là devraient
être des zones apaisées, là, selon nous, en tout temps, avec exceptions,
si nécessaire.
Mme Fournier (Véronique) : Puis je
me permets de rajouter également. Sur la notion du 30 ou de la zone, on parle
beaucoup, bon, de la zone scolaire aux abords des écoles, mais on pourrait
faire un parallèle, par exemple, auprès des établissements de santé, où on a
une clientèle... des usagers aînés vulnérables ou des gens en situation de handicap ou de mobilité réduite. On parle... La
société québécoise est vieillissante, les piétons, les décès et les blessures
graves surviennent chez les aînés, on parle, par exemple, de maintien à
domicile, de favoriser la mobilité des gens dans leur communauté, on doit être
en mesure d'offrir des déplacements puis des cheminements qui sont sécuritaires
sur l'ensemble, finalement, de leurs déplacements. Donc, dans la... la vitesse
à 30 km/h de vitesse de référence, ça permet également, finalement, de
sécuriser aussi l'ensemble des espaces urbains où il y a des usagers
vulnérables qui sont à même de se déplacer. Puis autant que l'enfant n'est pas
qu'un écolier, autant que l'aîné n'est pas juste, par exemple, un prestataire
de soins ou autres. Donc, on a à sécuriser, finalement, sur l'ensemble des
besoins qu'on peut avoir comme personnes qui
se déplacent à pied, donc d'où la proposition aussi d'une vitesse apaisée,
sécuritaire, en fonction aussi de ce qui est énoncé par l'Organisation
mondiale de la santé.
Mme Guilbault : Merci
beaucoup. Je vais céder... Il me reste combien de temps? Très peu?
Le Président (M.
Jacques) : Il vous reste moins de trois minutes.
Mme
Guilbault : Je vais céder ma parole au
député de Masson.
Le Président (M.
Jacques) : ...de Masson. M. le député de Masson.
M. Lemay : Merci, M. le Président. Mme Robin et
Mme Cabana-Degani, bienvenue à l'Assemblée nationale.
Je vais y aller
rapidement sur une question. À la page 16 de votre mémoire, vous abordez,
là, les appareils de contrôle automatisés puis vous parlez des enjeux
d'acceptabilité sociale pour l'implantation. Bon. Tu sais, jusqu'à maintenant, là, ça s'est bien passé, c'était fait
dans des endroits stratégiques, de façon transparente avec les automobilistes,
puis c'est fait aussi, tu sais, de façon centralisée et cohérente à travers le
territoire du Québec. Vous... bon, vous le mentionnez vous-même à la
page 16 de votre mémoire, là, que le fait de passer, là, de 50 à 250,
c'est une augmentation de 500 %. Vous venez faire une recommandation de
déléguer le contrôle des emplacements aux municipalités, puis vous nous... vous
nous recommandez aussi de ce fait d'augmenter de façon drastique le nombre. Tu
sais, est-ce que... Ma question, c'est : Est-ce que vous croyez qu'il
pourrait y avoir un manque d'acceptabilité sociale? Tout à l'heure, CAA-Québec
est venu nous mentionner, justement, ce point-là. Ça fait qu'il y aurait cette
première question-là.
Puis, deuxième
question, si vous voulez répondre les deux en même temps : Dans les zones
scolaires, les routes de compétence
provinciale aux abords des chantiers, tu sais, bon, là, vous dites, là, que
si... ce que je comprends, c'est que si on le délègue aux compétences
municipales, tu sais... c'est vraiment ça que vous mentionnez, est-ce que vous
ne pensez pas qu'une décentralisation pourrait justement avoir une perte
d'acceptabilité sociale?
Mme Cabana-Degani
(Sandrine) : Bien, en fait, dans les juridictions où il y a eu des
effets importants, là, par rapport à la mise en place de radars photos,
c'est... c'est le fait qu'il y en avait partout, donc qu'il y a vraiment eu un
effet sur le comportement des usagers. C'est en pensant qu'on va se prendre...
qu'on va se faire prendre, peu importe où on circule, qu'on a un effet sur la
sécurité routière. Le problème aujourd'hui, ce n'est pas un problème de trappe
à tickets ou d'acceptabilité sociale. Le problème, c'est un problème de
sécurité routière pour les piétons, puis je pense que c'est là-dessus qu'on doit
se concentrer si on veut avoir un effet sur la sécurité routière.
Quand on regarde la
France, qui a sauvé 23 000 vies en à peu près 10 ans en mettant
des radars photo, c'est un radar fixe pour 10 000 véhicules sur les
routes. Avec... Oui, on prévoit une hausse importante au Québec, mais on serait à un radar pour 28 000 véhicules
sur un territoire vraiment plus élevé. Avec cette proportion-là, on se
retrouverait avec 0,1 appareil
de contrôle par 1 000 kilomètres carrés, ce qui est moins que le pire
pays d'Europe, qui est l'Irlande, avec 0,2 appareil par
1 000 kilomètres carrés. Donc, si on veut que cette mesure-là ait un
réel effet préventif sur la sécurité routière, puis qu'elle ne serve pas
juste à donner des contraventions à des endroits précis...
Le Président (M.
Jacques) : Merci beaucoup.
Mme Cabana-Degani
(Sandrine) : Oui.
Le Président (M. Jacques) : Ceci termine les échanges avec la partie
gouvernementale. Je cède maintenant la parole au porte-parole de
l'opposition officielle et, en l'occurrence, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci,
M. le Président. Bien, merci à vous deux. Je veux prendre une note plus
personnelle de remercier une ex-collègue. Je vais me permettre de dire... En
général, on nomme avec le nom de famille, mais... Véronique, bienvenue en
commission parlementaire. Et je vois que, toujours, la fibre de l'implication
est toujours là. Donc, bienvenue à vous deux.
Je vais commencer
avec... avec votre première remarque. Vous dites que vous estimez que «les
mesures mises en place par ce projet de loi sont intéressantes, mais qu'elles
n'auront malheureusement pas les impacts proportionnels aux intentions de la
ministre.» C'est quand même tout un constat, parce que, si nous sommes réunis
tous aujourd'hui en commission parlementaire, écouter les groupes, c'est... on
veut améliorer le projet de loi. Donc, vous savez c'est quoi, les intentions de
Mme la ministre, vous avez... vous avez... vous suivez aussi l'actualité, les
intentions des groupes par rapport à la sécurité routière, c'est quoi, les
choses que vous dites aujourd'hui, là, que le législateur doit mettre en place
afin que les intentions, que ce soit de la ministre ou de nous tous, aient
l'impact proportionnel?
Mme Fournier
(Véronique) : Oui. Merci. Disons, bien, dans les... Il y a trois
éléments phares, là, sur lesquels on souhaite mettre l'emphase : on a
parlé du corridor scolaire, de la vitesse en milieu urbain, mais il y a toute
la question de renforcer le principe de prudence en le rendant applicable et en
rendant également... le rendant sanctionnable. Et au Québec, par exemple, il y
a des droits qui sont reconnus aux piétons, mais actuellement, dans les mesures
qui sont proposées, il n'y a pas nécessairement l'ensemble des dispositifs pour
être en mesure de les reconnaître ni pour être en mesure de les exercer comme
personnes qui se déplacent à pied.
Donc, oui, dans le projet
de loi, il y a plusieurs mesures qui viennent augmenter les sanctions, par
exemple, mais, si on pense aux traversées piétonnes dans les blocs jaunes,
bien, là encore, il n'y a pas assez de mesures qui permettent de venir
sanctionner ces éléments-là. Je laisserais Sandrine compléter sur ces mesures.
• (15 h 50) •
Mme Cabana-Degani
(Sandrine) : Oui. Donc, on prévoit des mesures assez concrètes,
là, dans notre mémoire par rapport à ces éléments-là pour permettre aux piétons
d'exercer leurs droits. Par rapport au principe de prudence, on propose
d'abord de retirer le troisième... alinéa du principe, qui vient atténuer le
principe de prudence, puis on... surtout,
pour le rendre sanctionnable, on... on propose de l'allier au... à
l'article 327, là, qui parle de la conduite mettant en danger la
vie ou la sécurité des personnes, pour que le fait de ne pas faire preuve d'une
prudence accrue envers un usager plus vulnérable que soi soit un des
comportements qui soient sanctionnables comme mettant en danger la vie et la
sécurité des personnes. Donc, ça permettrait vraiment de l'appliquer de façon
concrète dans le CSR, parce qu'en ce moment il est seulement un... il reste à
l'étape d'un principe.
On propose aussi d'avoir une proportionnalité
des sanctions dans l'ensemble du Code de la sécurité routière qui permettrait
d'avoir des sanctions plus importantes si on est au volant d'un véhicule qui
est plus dangereux. Donc, notamment, c'est quelque chose qui existe par rapport
aux cyclistes, par rapport aux automobilistes. Donc, je m'explique. Si on
est... Si on est cycliste et qu'on brûle un feu rouge, la sanction va être
moins grave que si on est au volant d'un véhicule parce que les conséquences
sont moins graves pour les autres. Bien, il pourrait y avoir le même principe
qui s'applique aux conducteurs des véhicules lourds, par exemple, parce qu'on
sait que ces véhicules-là sont surreprésentés, notamment dans les décès
piétons, mais sont aussi dangereux pour les autres automobilistes et pour les
autres usagers vulnérables. Donc, au volant de ces véhicules-là, on devrait
faire preuve d'une prudence accrue, et ça devrait se refléter dans
l'application du Code de la sécurité routière.
L'autre volet, c'est par rapport aux passages
piétons. On sait que ce n'est pas très bien respecté au Québec, donc on pense
qu'il y aurait lieu, là, en modifiant certains articles du Code de la sécurité
routière, de venir vraiment préciser que c'est la responsabilité du conducteur
de s'assurer qu'il peut s'engager sur un passage piéton sans danger avant de le
faire, et qu'il y a... qu'il n'y a pas de piéton, là, sur sa voie.
M. Derraji : Vous le dites un peu
plus tard. Vous dites que... «ne voit pas dans le projet de loi une réforme
majeure qui aurait permis de mettre le piéton au coeur de notre système de
mobilité». En fait, ce que vous prônez aujourd'hui,
si on veut aller plus loin, c'est mettre le piéton au coeur du système de
mobilité. C'est ça, l'analyse que vous...
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Bien,
en...
M. Derraji : Oui. Allez-y.
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Non,
non, vous pouvez terminer.
M. Derraji : Non, non, mais j'ai
terminé. Allez-y, allez-y, je vous écoute.
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : En
fait, en mobilité, là, si on veut assurer la sécurité de tout le monde, on
devrait avoir une pyramide inversée qui fait en sorte que c'est le piéton qui
est le plus vulnérable. Donc, c'est à lui qu'on doit s'assurer qu'il est le
plus en sécurité, ensuite, les cyclistes, les automobilistes, les camionneurs.
Donc, pour s'assurer la sécurité de tout le monde, si le piéton est en sécurité,
les autres usagers sont en sécurité également.
M. Derraji : C'est très bien. Non,
c'est très clair. C'est excellent. Vous dites, un peu plus tard :
«L'exigence d'aménager la zone scolaire introduite par l'article de loi étendue
au corridor». Donc, vous faites... Vous, vous voulez élargir, qu'on ne se
limite plus au niveau de la zone scolaire versus corridor scolaire. Là, j'ai le
goût de vous poser la question. J'ai entendu Mme la ministre vous la poser tout
à l'heure. On parle toujours d'acceptabilité sociale.
Est-ce qu'au-delà du beau principe... C'est un... C'est très beau, dire qu'on
veut élargir au niveau des corridors scolaires.
On ne veut plus juste la zone scolaire. L'acceptabilité sociale, les gens ne
seront pas tannés de voir qu'on a... Déjà, on a de la misère à l'assurer
dans la zone scolaire, mais on veut élargir au corridor scolaire. Parce que ce
qu'on veut, c'est, comme vous venez de le
dire... c'est protéger la sécurité des piétons, c'est très important, mais on
ne veut pas avoir plus de rage au volant.
Mme Fournier (Véronique) : Bien, je
pense que ça ramène à la question du droit. Conduire, ça demeure un privilège.
Être... Pouvoir se déplacer puis répondre à nos besoins de base, comme
personnes, c'est un droit de pouvoir le faire en sécurité, un droit à la
mobilité. Puis on pourrait même l'élargir plus largement. L'ONU reconnaît le
droit à un environnement sain, et ça fait partie de cette capacité-là aussi
d'être dans des environnements qui sont favorables à la santé.
Lorsqu'on
parle d'acceptabilité sociale, on l'a vu l'automne passé, on l'a vu dans les
années... et malheureusement ça refait souvent l'actualité, des
communautés, des citoyens, des parents qui se mobilisent pour sécuriser leurs
quartiers, pour sécuriser leurs écoles. Et là, on parle d'enfants, mais il y a
des voix très silencieuses qu'on n'entend pas, les aînés qui décèdent, qui sont
blessés gravement. Pour moi, ça, ça ne peut pas être de l'acceptabilité
sociale.
Puis, lorsqu'on pose, avec le plan d'action en
sécurité routière, comme principe la vision zéro, bien, un geste fort, ce
serait de se dire : Au départ, on a le droit, chacun d'entre nous, à notre
intégrité et notre sécurité lorsqu'on se déplace dans nos milieux de vie. Et, si ça demande
des dispositifs qui soient de contrôle, d'aménagement, mettons-les en place.
Mais on a un devoir et on a surtout un pouvoir, comme société, d'agir en ce
sens-là. Oui, c'est un changement de normes sociales, c'est un
changement de comportements, mais j'ai de la misère à penser que, face à la
voix des familles et des gens qui sont touchés par les conséquences des
victimes de collisions sur la route, que ça fait le poids par rapport à
quelques secondes de sauvées. Par exemple, un virage à droite, on parle de 3 à
6 secondes dans une journée. Une vie... Je n'ai pas besoin d'aller plus
loin.
M. Derraji : Non. Mais vous... vous
mentionnez déjà le virage à droite. Je reviens au corridor scolaire. Peu
importe le milieu urbain, rural, vous, vous dites : Il faut aller avec le...
corridor scolaire. Et, ce que vous dites aussi, c'est 24 heures par... par
jour, sept sur sept, donc, tout au long de l'année, il faut que ce soit la
norme.
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Bien,
en fait, je ferais juste une distinction. Pour la zone scolaire, c'est
24 heures sur 24. Le corridor scolaire, lui, ce qu'on vous propose, c'est
qu'il soit défini par les municipalités, parce que ça ne peut pas être à...
malheureusement à l'Assemblée nationale qu'on décide où sont les corridors
scolaires partout au Québec. Les
municipalités pourraient définir ces corridors scolaires là en fonction de leur
réalité. Ce ne sera pas du mur-à-mur, mais qu'on oblige l'aménagement de ces
corridors-là en fonction de la réalité, de façon sécuritaire.
M. Derraji : Vous êtes le premier
groupe qui nous parle, mais je pense qu'il y en a d'autres un peu plus tard, de
l'institution d'un protecteur de l'usager de la route. Pourquoi?
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Bien,
tout à l'heure, Véronique a parlé des principes d'exercer son droit à la
sécurité. C'est un peu un parallèle par rapport aux normes de santé-sécurité au
travail, hein? On ne va pas accepter des éléments qui mettent en danger les
gens pour une question d'acceptabilité sociale. On se dit : Il faut éliminer le danger à la source. Puis c'est un peu
la même chose en sécurité routière, on doit travailler sur éliminer le danger à
la source et mettre en place les outils pour le faire. Et le Protecteur du
citoyen agirait en sorte de chien de garde à ce niveau-là pour faire le suivi
des demandes, des plaintes des citoyens, mais aussi les recommandations des
coroners. Puis je pense qu'il y a un groupe de parents, Pas une mort de plus,
le collectif Pas une mort de plus, qui viendront vous en parler davantage tout
à l'heure.
M. Derraji : Il y a un autre point
que vous avez ramené, c'est imposer des... des sanctions au-delà d'un taux
d'alcoolémie de 0,05. Je pense que vous avez vu le groupe de ce matin,
CAA-Québec, vous avez vu l'association de la santé publique, l'INSPQ. Pourquoi
c'est nécessaire? Parce que ça ne figure pas dans le projet de loi. Pourquoi...
Pourquoi c'est nécessaire pour vous d'avoir
cet élément dans le cadre de ce projet de loi? Ou bien : Est-ce nécessaire?
Vous le mentionnez, mais est-ce qu'on doit le mettre?
Mme
Cabana-Degani (Sandrine) : Bien, pour nous, c'est une mesure qu'on appuie. Ça
lancerait un message fort comme quoi c'est important de ne pas boire en
conduisant. Puis, en fait, on laisserait les groupes qui ont cette expertise-là
vous expliquer les tenants et aboutissants des pourquoi, et tout ça. Il y a
énormément d'études qui démontrent que ça a un effet. Donc, on appuie cette
demande-là.
M.
Derraji : Donc, vous, vous êtes plus en appui. Donc,
c'est... ce n'est pas quelque chose que votre organisme, Piétons Québec,
a exploré, où vous êtes interpelés par rapport à cet enjeu?
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Bien,
c'est sûr que la question de l'alcool au volant, c'est moins notre expertise,
mais c'est une recommandation. On a pris quand même connaissance de la
documentation liée à ça, et ça nous a convaincus, donc c'est une recommandation
qu'on appuie.
M. Derraji : Ce n'est jamais... Ça
ne figure pas dans la version finale. On va tout faire pour l'avoir, mais si
jamais ce n'est pas le cas, ce serait quoi, votre conclusion?
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Je ne
suis pas sûre de comprendre.
Mme Fournier (Véronique) : Si ce
n'était pas le cas, je pense, un peu à l'image de d'autres éléments du CSR ou du projet de loi, le 0,05, selon l'ASPQ
notamment, les données, la science quand même démontrent que c'est un
taux qui permet un équilibre entre la sécurité puis, bon, quand même une
consommation minimale. Je pense qu'on passerait peut-être à côté de
recommandations basées sur la science, comme dans le cas de l'OMS, où la
recommandation pour des déplacements avec... dans des environnements bâtis où
il y a des usagers vulnérables, la recommandation de vitesse sécuritaire est le
30 km/h. Ça fait partie des recommandations de l'OMS dans le cadre de la
décennie sur la sécurité routière puis c'est également dans les principes de
vitesse aussi qu'on retrouve, par exemple, dans les documents du ministère.
Donc, je pense, c'est de... une décision éclairée par les données probantes à ce
moment-là.
• (16 heures) •
M. Derraji : Donc, vous dites qu'il
y a assez de données probantes, il y a assez de science, le législateur doit
suivre les données probantes. C'est excellent.
Vous mentionnez quelque...
dans la page 17, que vous voulez voir la promotion du transport actif et
plus largement la lutte à la dépendance à l'auto solo dans le cadre de la
mission du ministère.
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Oui,
tout à fait. Puis c'est... c'est quelque chose qui est enligné avec les
politiques gouvernementales, la Politique de mobilité durable, le plan pour une
économie verte, donc on pense que ce serait tout à fait logique. C'est aussi en
ligne avec le nouveau nom du ministère des Transports et de la Mobilité
durable. C'est dans ce sens-là.
M. Derraji : OK. Merci beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Ceci met terme aux échanges avec l'opposition officielle. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Taschereau, de la deuxième opposition,
pour 4 min 8 s.
M. Grandmont : Merci beaucoup.
Merci, mesdames, pour votre exposé et votre mémoire très, très riche. Vous nous
avez... Vous nous avez habitués à de la qualité, puis c'est encore présent
aujourd'hui, donc merci.
J'aimerais vous amener sur un sujet qui n'a pas
été couvert encore, là, par mes collègues, c'est le réseau routier supérieur,
donc les routes régionales, les routes nationales qui appartiennent au
ministère des Transports et de la Mobilité durable. Vous mentionnez, là, que
c'est le quart... de 2001... de 2011, pardon, à 2020, c'est le quart des
piétons décédés qui se trouvaient sur une route numérotée au moment de la
collision. Puis vous faites référence à un cas que j'ai nommé tantôt, à
Saint-Flavien de Lotbinière, puis un autre, là, à Saint-Lin—Laurentides,
où des enfants ont perdu la vie faute
d'aménagement leur permettant de se déplacer. C'est quoi, votre solution? En
fait, qu'est-ce que vous proposez comme solution à mettre en oeuvre pour
régler ce problème-là, là?
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Bien,
on vient de parler de la mission du ministère des Transports. Je pense que ce
serait une des avenues qui permettrait déjà que... d'établir clairement que le
ministère est responsable de la mobilité active également.
La question de la Loi sur la voirie aussi, qui
définit la route, mais qui, dans la définition de route, on n'a pas les
trottoirs ni les voies cyclables. Donc, cette définition-là devrait, à notre
avis, être modifiée pour inclure ces éléments qui sont essentiels à une route,
notamment en agglomération. Puis, ensuite, bien, la discussion qu'on a eue sur
les... la vitesse en agglomération aurait aussi un impact et viendrait
influencer le ministère des Transports sur ses propres routes. Donc, on pense
que c'est une mesure porteuse, aussi, à cet égard-là.
M. Grandmont : On les a entendues,
les municipalités, principalement, là, la FQM, là, qui sont particulièrement
touchées par ça, c'est les petites municipalités, il y en a plusieurs, il y en
a plus de 1 000 au Québec. La plupart, leur rue principale, c'est une
route qui appartient au MTQ, et elles se voient, dans le fond... Parce que, comme vous le dites très bien, dans le fond, ce
n'est pas dans la mission du ministère des Transports que de s'occuper des
infrastructures de transport actif, donc les trottoirs, les aménagements
cyclables, bien, les municipalités sont... se voient pelletée dans leur
cour la responsabilité de mettre en place et d'entretenir des infrastructures
de transport actif qui pourraient sauver des vies. Puis ce qu'on a comme
réponse du côté du MTQ, bien, c'est des programmes dans lesquels il y a de
l'argent, mais, je l'ai mentionné plus tôt, souvent ces sommes-là sont
largement insuffisantes. J'ai donné le cas, là... J'ai donné l'exemple de
Saint-Flavien. Donc, dans... ce que vous proposez, c'est un renversement, dans
le fond, de la responsabilité, en fait, c'est que le MTQ reprenne la
responsabilité de ces infrastructures-là sur ses routes à lui?
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Oui,
puis d'ailleurs, c'était la mesure 8 du cadre d'intervention en transport
actif de la politique de mobilité durable. Donc, on a déjà un engagement du
gouvernement à cet effet-là et on doit,
aujourd'hui, le... activer cet engagement-là en le mettant concrètement dans
les lois pour qu'il puisse être applicable. Donc, c'est tout à fait le
cas. Puis c'est le... c'est la circulation des routes nationales dans ces
coeurs de village là qui amène de l'insécurité routière. Donc, ça devrait être
la responsabilité des propriétaires de ces routes-là d'assurer la sécurité des
usagers qui y circulent, parce qu'on sait que, souvent, ces routes-là, c'est le
bureau de poste, l'école et tous les commerces, là, qui s'y trouvent.
M. Grandmont : Parfait. Merci.
Peut-être juste revenir sur la question de la vitesse de base en milieu urbanisé, là, vous dites qu'à 30 km/h...
Expliquez-nous, là, clairement qu'est-ce que ça... qu'est-ce que ça...
qu'est-ce que ça aurait pour... comme incidence chez les concepteurs de
routes?
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Bien,
en fait, en considérant la vitesse à 30 km/h, ça change la façon dont on conçoit la route, parce que si la vitesse
est à 30, bien, on va concevoir des... une chaussée qui est plus étroite pour
encourager, pour faire en sorte... pour induire des comportements chez les
conducteurs pour que la vitesse adoptée soit de 30 km/h. Et, alors qu'on
va travailler sur un guide de conception des routes en milieu urbain, c'est
important que dès aujourd'hui on ait cette nouvelle vitesse par défaut. Puis ça
va aussi influencer la conception des routes où on décide que c'est une vitesse supérieure qui va être affichée parce
qu'on conçoit alors que ce n'est pas une vitesse de cohabitation sécuritaire. Donc, dans l'aménagement
puis dans la conception, on doit prévoir, notamment, des trottoirs, mais aussi une traversée de la rue sécuritaire par
des aménagements comme des îlots refuges et des feux de circulation.
M. Grandmont : Merci
beaucoup.
Mme Cabana-Degani (Sandrine) : Merci.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup. Ceci met fin aux échanges avec les
membres de la commission. Merci pour votre exposé.
Et nous suspendons quelques minutes pour faire
place au prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 06)
(Reprise à 16 h 12)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et je souhaite la bienvenue aux représentants de
l'Association du camionnage du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, par la suite, les membres de la commission procéderont
à la période d'échange avec vous. Donc, je vous invite à vous présenter et à
débuter votre exposé.
Association du
camionnage du Québec (ACQ)
M. Cadieux (Marc) : Bonjour. Alors,
mon nom est Marc Cadieux, je suis président-directeur général de l'Association du camionnage du Québec. Je suis
accompagné ici d'Yves Maurais, qui est directeur, Dossiers techniques et
opérationnels à l'association.
M. le Président, merci de nous convier à ce... à
cet exercice. Je salue tous les membres de la commission, les gens du ministère des Transports, Société de l'assurance automobile du Québec. Là, je ne veux pas en oublier, alors je vous
salue tous. Certainement qu'il y a d'autres représentants d'autres organismes.
Le 7 décembre dernier, la vice-première ministre
et ministre des Transports, Mme Geneviève Guilbault, a déposé le projet de
loi n° 48, Loi modifiant principalement le Code de la sécurité routière
afin d'introduire des dispositions relatives aux systèmes de détection et
d'autres dispositions en matière de sécurité routière, dans lequel sont inclus,
notamment, les articles sur la formation minimale obligatoire en vue de
l'obtention du permis de conduire de
classe 1, 2, 3, avec la parution de la norme 16 du Conseil canadien
des administrateurs en transport motorisé, du CCATM, communément connu, en janvier 2021. Le gouvernement du Québec
emboîte le pas dans... avec les autres provinces afin de rendre
obligatoire la formation des conducteurs de véhicules lourds partout au Canada.
C'est avec plaisir que notre association partage ses commentaires sur cedit
projet de loi.
Je garderai mes précieuses minutes sans vous
donner la nomenclature de qui nous sommes, vu que c'est déjà à notre mémoire.
L'Association du camionnage, bien sûr, se considère comme représentative de
l'industrie pour laquelle elle agit à titre de porte-parole. De tous les temps,
l'association a été un partenaire des autorités gouvernementales dans leurs
initiatives pour améliorer la sécurité routière. En ce sens, les membres de
l'association du Québec se sont dotés, il y a de nombreuses années, d'un code
de conduite qui fait notamment la promotion du respect de la législation et de
la réglementation applicable à l'industrie du camionnage et qui énonce
l'engagement de ses membres à oeuvrer pour l'amélioration de la sécurité
routière.
Nos objectifs et ceux de la consultation
particulière sont donc, bien sûr, similaires. Depuis ses débuts, l'ACQ du...
l'Association du camionnage du Québec oeuvre comme outil de formation et
d'information pour ses membres, elle les accompagne activement dans tous les
changements qui impactent l'exercice de leurs activités. Aussi, comme
porte-étendard de la sécurité routière, de même que comme porte-parole, comme
je le disais, de l'industrie, la participation de notre association à des
travaux... aux travaux de la présente consultation particulière est tout à
fait, comme je le disais, légitime. De façon
ordonnée, nous reprendrons les thèmes de sécurité routière proposés qui concernent
directement plus notre industrie et ferons part de la... nous ferons part de la
position de notre association à l'égard de ceux-ci.
À l'égard des dispositifs relatifs aux systèmes
de détection, donc je pense communément aux photoradars, concernant le chapitre
sur les dispositions relatives aux systèmes de détection, nous sommes
conscients que les propositions ont pour but de clarifier l'utilisation de ces
systèmes dans un objectif final d'augmenter la sécurité routière de tous les
usagers de la route. L'ACQ voit l'utilisation de ces systèmes comme un outil
supplémentaire pour augmenter le contrôle des limites de vitesse sur les
tronçons spécifiques et pour augmenter la sécurité sur les chantiers de
construction. Toutefois, nous laisserons aux participants de la... que la
commission a invités de plus amples commentaires à venir sur ce sujet.
Je vous parlerai plutôt d'autres dispositions en
matière de sécurité routière. Donc, l'ACQ accueille bien sûr favorablement la
proposition de modification de l'article 66.1 et l'ajout de
l'article 66.2 au Code de la sécurité routière. Ces dispositions s'alignent avec les
recommandations de la norme 16 du Conseil canadien des administrateurs
en transports motorisés. Cette norme a été publiée à la suite du grave accident
survenu dans la région de Teasdale, en Saskatchewan, en 2018, où un autobus
transportant l'équipe de hockey des Broncos de Humboldt est entré en collision avec un camion semi-remorque, faisant
16 victimes. L'accident de Humboldt, en 2018, a révélé de nombreux
manquements au niveau de la sécurité dans l'industrie du camionnage, notamment
le manque de formation minimale pour les conducteurs de véhicules lourds.
Depuis ce malheureux événement, le public a demandé au gouvernement fédéral et aux gouvernements provinciaux de revoir les
conditions d'obtention d'un permis de conduire de véhicules lourds afin
d'augmenter la sécurité des usagers de la route. S'ensuivit, le 21 janvier
2019, à la suite de réunions entre Transports
Canada et le Conseil des ministres responsables des transports et de la sécurité
routière. Le ministre de l'époque, M. Marc Garneau et ses
homologues provinciaux ont annoncé la création d'une norme nationale
obligatoire pour tous les nouveaux conducteurs de camions commerciaux d'ici le
1er janvier... et, de là, à partir du 1er janvier 2020. Le CCATM, qui est le Conseil canadien, toujours, a
été chargé d'élaborer cette norme nationale de formation obligatoire
visant à ce que les futurs camionneurs de partout au Canada aient les
connaissances et les compétences nécessaires pour conduire ces véhicules en
toute sécurité.
Depuis l'apparition
de la norme 16, la majorité des gouvernements provinciaux ont mis en place
une obligation de suivre et de réussir une formation minimale et obligatoire
pour l'obtention du permis de conduire pour véhicules lourds. En date du
1er janvier, donc, de la présente année, seulement quatre provinces de
l'Est du Canada, soit le Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard, n'ont pas cette réglementation à ce
sujet.
La formation
obligatoire vise principalement les étudiants provenant des écoles de conduite
privées et publiques, des entreprises de
transport qui forment leurs propres conducteurs, tout comme la formation pour
l'obtention d'un permis de classe 5. Il est essentiel que la
Société de l'assurance automobile du Québec établisse un programme de formation
obligatoire pour l'obtention d'un permis de conduire de véhicules lourds.
La Société de
l'assurance automobile du Québec se doit, par la même prémisse, d'accorder le
droit d'enseigner aux écoles de conduite et aux entreprises de transport qui
voudront dispenser cette formation. Elle doit pouvoir aussi révoquer ce droit
si elle le juge nécessaire.
Actuellement,
les conducteurs désirant obtenir un permis de classe 1 doivent réussir
leurs examens théoriques et pratiques, posséder au minimum une
expérience de deux ans en conduite de véhicule, soit le permis de
classe 5, avoir un bon dossier de conduite et une santé adéquate. Aucune
formation n'est requise au préalable au passage des examens de la Société de
l'assurance automobile du Québec. Un étudiant, aussi, peut obtenir un DEP, un
diplôme d'études professionnelles, en transport par camion accordé par nos
centres de formation publics en transport routier, soit les CFT de Saint-Jérôme
et de Charlesbourg. Ce programme, bien sûr, est un programme costaud, d'une
durée de 615 heures, qui permet aux étudiants d'obtenir ce permis de
classe 1 avec une réussite aux examens de la société. Le programme DEP...
de DEP en transport par camion est unique au Canada et demeure une référence
nationale en matière de formation pour les
conducteurs de véhicules lourds. Et je crois que c'est un... c'est une fierté
pour le Québec d'avoir de telles écoles.
• (16 h 20) •
À
l'automne dernier, la SAAQ a mis en place son projet pilote avec la
participation de deux écoles de conduite privées et deux entreprises de
transport, le but du projet pilote étant d'évaluer le curriculum proposé pour
la nouvelle formation obligatoire. Quatre groupes de cinq étudiants ont suivi
la formation avec un taux de réussite de 85 % pour le volet théorique.
Pour le projet qui devrait être... qui devrait être complété avec le volet
pratique d'ici la fin janvier, donc, nous y sommes. Les résultats finaux seront
connus au cours du mois de février, et le curriculum devrait être révisé au
besoin afin de produire la version finale de la Société de l'assurance
automobile du Québec, qui mettra en place un programme de certification pour
les enseignants afin de s'assurer de l'uniformité de la formation dispensée
partout au Québec.
À la lumière de ce
qui précède, il nous semble clair que l'industrie du camionnage est déjà
conscientisée à cette réalité et encourage l'introduction d'une réglementation
mettant en place un apprentissage qui respecte les normes nationales de
sécurité. Une obligation de suivre la nouvelle formation de la société
entraînera, pour les candidats éventuels, bien sûr, des coûts qui seront plus
élevés que les coûts actuels de formation dans les écoles de conduite privées
et, aussi, en entreprise. Avec la pénurie de main-d'oeuvre des conducteurs de
véhicules lourds qui sévit dans notre
industrie, des organismes au niveau provincial et fédéral viennent en aide afin
de promouvoir et aider financièrement en conduite de véhicules lourds.
Par exemple, il y a le comité sectoriel de main-d'oeuvre, appelé CAMO-Route, qui a obtenu une subvention de
6 millions de dollars pour le projet de formation alternance
travail-études, au diplôme d'études professionnelles et au diplôme... au
DEP en transport par camion. Le fédéral aussi a fait son bout de chemin par l'entremise
de RH Canada.
Nonobstant tous ces
leviers, il est primordial de mettre à la disposition des candidats ou des
écoles privées, publiques et en entreprises, des modes de financement afin
d'amoindrir les coûts reliés à la formation, comme, par exemple, un accès aux
programmes de prêts et bourses, et serait d'autant plus primordial de ne pas
accentuer cette pénurie de main-d'oeuvre qui pourrait ralentir les activités de
notre industrie.
Dans ce contexte,
l'Association du camionnage du Québec est tout à fait en accord avec les
articles proposés dans le projet de loi n° 48. Le respect des règles
applicables à l'industrie du camionnage est une valeur inhérente à la mission de notre association. Les propositions
offertes dans le projet de loi n° 48 rejoignent nos objectifs en tant
que... en tant que porte-étendard de sécurité routière dans notre
domaine, notamment avec les dispositions concernant cette formation obligatoire
des conducteurs pour l'obtention du permis de conduire de véhicules lourds
classe 1, 2 et 3, servant à, bien sûr,
améliorer cet objectif qui est celle de la sécurité de tous les usagers de la
route. En ce sens, bien sûr, nous sommes fiers et nous nous associons,
bien sûr, à cette modification de la loi. Et nous... nous allons aussi être
ouverts à vos commentaires et être disposés à échanger avec les membres de la
commission. Merci de cette écoute, M. le Président.
Le Président (M.
Jacques) : Merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons donc
commencer la période de questions avec la partie gouvernementale. Mme la
ministre, la parole est à vous pour 16 minutes... pour
15 min 13 s.
Mme
Guilbault : Oui, merci, M. le Président.
Ça me fait plaisir d'avoir cédé une minute à nos amis de l'ACQ pour terminer
l'exposé. Merci beaucoup, messieurs, pour cet exposé sur une partie du projet
de loi dont on a moins parlé à date, parce qu'elle est plus spécifique. Mais
évidemment que, pour l'Association du camionnage, là, c'est fort pertinent.
Quelque chose de très intéressant, aussi, puis je me rappelle quand je suis
allée à votre congrès l'année dernière, je pense, le 28 avril ou peut-être
le 27, en tout cas, c'était un vendredi à Gatineau, on avait... on avait été...
j'étais à votre congrès, puis j'avais fait une allocution sur toutes sortes de
choses et, entre autres, on avait parlé... puis il y avait un journaliste, en
tout cas, puis on avait dit qu'on allait s'engager à donner suite à ça, à
régler cette espèce d'anomalie... pas d'anomalie, mais le fait qu'il nous
restait ça à aller... pour pouvoir... à mettre de l'avant pour pouvoir
respecter la norme qui avait été mise en place, comme vous l'avez exposé, par
M. Garneau à l'époque, qui faisait suite à un accident. Donc, maintenant,
ce sera chose faite. Il y a une disposition, dans le projet de loi, qui est
très générale, puis, par la suite, par règlement, l'objectif, c'est d'y aller
avec le permis de classe 1.
Vous... Nous, on regarde les chiffres du bilan
de la sécurité routière. C'est sûr que quand j'ai déposé mon Plan d'action en
sécurité routière où, d'ailleurs, il y a des des mesures à la toute fin, là,
qui touchent le camionnage, les comités qui sont en place, l'évaluation des
circonstances puis des causes des... des accidents qui impliquent des véhicules
lourds, et tout ça, auxquels vous participez sans doute, donc, merci pour ça,
mais une des... une des raisons qui ont donné lieu à la confection puis au
dépôt de ce projet de loi là... de ce plan d'action là, c'est le bilan de la
sécurité routière. Puis, quand on regarde, là, on est allé, peut-être,
peaufiner les chiffres, là, je ne les ai pas sous les yeux, ça fait que je vais
faire attention, je ne veux pas dire n'importe quoi, mais la représentation, tu
sais, puis je parlais du comité qui est en place pour évaluer les accidents où
il y a des véhicules lourds qui sont impliqués, la responsabilité, ou, je
dirais, l'implication, justement, des véhicules lourds dans le bilan routier,
comment... puis vous, vous le vivez de l'intérieur, là, donc, que ce soit pour
vos membres, que ce soient les risques perçus par vos membres, que ce soit la
façon dont vos... dont vous gérez ça à l'association, la collaboration avec la
SAAQ, j'imagine que vous voyez un lien direct entre l'adoption de cette
mesure-là, la formation obligatoire, et, de façon générale, comment est-ce
qu'on peut abaisser la survenance des incidents où un véhicule lourd est
impliqué, puis, des fois, pas forcément la façon... je ne sais pas le libellé
exact, là, mais c'est... ça ne veut pas dire nécessairement qu'il est responsable,
mais qui a pu faire partie des circonstances d'un accident routier.
M. Cadieux (Marc) : ...impliqué, Mme
la ministre. Je pense que, oui, c'est certain que c'est un souci sur beaucoup
d'aspects, bien sûr, sur, évidemment, les vies, les blessés, aussi sur les
entreprises. Il y a aussi des... il y a aussi des retours importants de gestion
administrative lorsqu'un... lorsqu'on est impliqué dans un simple accident, bon, quand il y a des vies et des blessés, ça
prend toute une autre dimension des deux côtés, tant au niveau de la personne
qui est blessée, qui est impliquée, mais aussi de la personne aussi qui a été
dans... partie prenante à l'accident. Il y a beaucoup de... beaucoup de choses
à gérer. Il y a tous les aspects réglementaires, aussi, qui doivent s'ensuivre,
les enquêtes, et tout ça. Donc, il est certain que c'est notre... c'est notre grande
préoccupation et c'est une demande de l'industrie, d'ailleurs, Mme la ministre,
auquel vos gouvernements... nos gouvernements répondent et répondent,
évidemment, avec ce qu'il faut. Ce n'est pas une grosse modification, mais
c'est une modification qui fera la différence afin de s'assurer qu'on ne
retrouve pas et qu'on n'entende pas, dans des rapports de coroners, des
situations où on apprend que le chauffeur avait très peu d'expérience ou
quelques heures ou avait fréquenté une école, mais uniquement quelques heures,
et puis on lui avait dit qu'il était prêt à passer les examens. Bon, je vais
vous passer toutes les... évidemment, tout ce qui est commenté dans ces
choses-là, mais je pense que c'est... d'avoir une formation minimale, c'est se
donner cette marge de sécurité auprès d'une société qui est la... qui est notre
société industrielle en tant que... en tant qu'entreprise, mais aussi en tant
que... au niveau des citoyens.
Mme Guilbault : Puis du point de vue de vos membres, toujours, parce que
vous l'avez un peu nommé indirectement, il y a toujours l'enjeu de la
main-d'oeuvre, donc cet équilibre-là, parce qu'on peut penser qu'ajouter des
formations obligatoires pourrait potentiellement refroidir, peut-être,
l'intérêt de potentiels candidats qui se disent : Je n'ai pas besoin d'une
grosse formation, je vais devenir conducteur, puis ça va aller bien, ça va
aller vite, ça ne coûte pas cher. Est-ce que... Vous me dites que c'est une
demande de l'industrie, donc l'équilibre entre la difficulté de trouver de la
main-d'oeuvre et la volonté d'avoir une industrie qui est plus sécuritaire, des
chauffeurs qui sont mieux formés, vous semblez dire que c'est assez unanime ou
est-ce qu'il y a des dissensions ou, en tout cas, est-ce que, dans l'ensemble,
l'industrie... vos membres sont derrière?
M. Cadieux (Marc) : Cette volonté
doit supplanter toute personne qui pourrait être indifférente à penser
autrement. Et je ne serai jamais le défenseur de cette minorité qui penserait
que ce n'est pas nécessaire de passer à travers un contrôle et une qualité de
formation. Ça, c'est incontournable, mais... c'est incontournable dans toutes
les discussions que j'ai eues au conseil d'administration et avec de nombreux
membres. Je pense qu'aussi... Yves, si tu veux ajouter à cela quelque chose, je
pense que c'est... ça fait... Il n'y aura jamais une chose qui fera l'unanimité
totale, il y aura toujours un commentaire en quelque part, mais je pense que
celui ou celle qui viendra s'adresser à moi avec ce genre de commentaire, je pense
que je saurais quoi lui répondre, que je pense que la vie des... de tous les
usagers de la route doit être la primauté des usagers de la route, puis
j'écoutais le groupe précédent, des piétons, et tout ça, donc, ça, je pense que
c'est incontournable.
• (16 h 30) •
M. Maurais (Yves) : Bien,
effectivement, c'est... si on regarde, quelqu'un qui veut avoir un permis de
classe 5 aujourd'hui, on lui demande un minimum de 39 heures de
formation théorique et pratique pour conduire un véhicule
léger, une voiture. Par contre, il n'y a aucune obligation pour conduire un
véhicule lourd. Conduire un véhicule lourd, c'est plus que conduire un véhicule
lourd, il y a beaucoup de normes qu'on doit respecter, entre autres tout ce qui
est l'arrimage, que ce soit le respect des charges et dimensions, les heures de
conduite, etc. C'est quand même très complexe. Et puis conduire le véhicule,
c'est une partie du travail d'un conducteur. Il y a quand même beaucoup de
choses, aussi, qui sont plus ou moins abordées, aujourd'hui, dans les
formations qu'on dirait «fast track», les formations rapides. Donc, c'est des
éléments qui demeurent importants, qui sont essentiels à avoir des conducteurs
qui sont sécuritaires sur la route.
M. Cadieux (Marc) : J'ajouterais,
Mme la ministre, aussi, vous m'avez... vous m'avez connu dans les... par les premiers jours sur un dossier de gestion de
crise plus d'infrastructures et... mais aussi sur un autre dossier important
qui était celui des dispositifs électroniques des heures de travail. Et ça,
c'était aussi une demande pour nous, ce n'était pas assez rapide. Je pense que
vous avez... vous aviez senti le pouls du groupe que vous aviez rencontré à votre cabinet, donc... Puis vous entendrez
rarement des industries vous demander de nous réglementer plus, mais dans
certains cas, la réponse, c'est oui. Je
pense que c'est... Il y a des... Il y a des questions, aussi... puis je ne le
cacherai pas, il y a des questions de... d'équité concurrentielle, il y
a des questions... oui, il y a ça, mais il y a aussi des notions de sécurité et
de conformité.
Mme Guilbault : Bien, tout à fait. Si vous ne l'aviez pas fait, j'aurais
fait le parallèle avec le DCE qui était... qui était en suspens puis dont on a
senti, avec beaucoup de ferveur, la hâte que ce soit adopté. C'est chose faite
depuis le 30 avril.
M. Cadieux (Marc) : Et vous l'avez
précédé.
Mme Guilbault : Le 30 avril. Alors, disons-le. Donc, bien, parfait.
Mais je suis d'accord avec vous, en passant. Moi, je posais la question pour
avoir un peu le pouls de vos membres, parce que c'est vrai que des fois, la
main-d'oeuvre peut être un casse-tête pour certaines entreprises, mais je suis
tout à fait d'accord avec vous. Sur le projet pilote, on en a parlé brièvement
tout à l'heure, puis, si ma mémoire est bonne, là, vous l'avez écrit dans vos
documents, mais donc, les examens pratiques, il y a un taux de réussite, à
date, de 85 %, c'est les résultats qu'on avait... théoriques, pardon,
c'est ça, juste avant, théoriques, et pratiques, je pense que ça se terminait
fin janvier, donc on aura la suite des résultats en février. On est seulement
le 5, 6 février, donc vous n'avez peut-être pas la suite de l'information.
Mais, dans l'ensemble, ça semble bien se présenter, le projet pilote.
M. Maurais
(Yves) : Oui, c'est ça. Dans le projet pilote, il y a deux
écoles de conduite et il y a deux entreprises. Donc, on parle de quatre
groupes de cinq étudiants qui ont suivi la formation. Chaque groupe a deux
formateurs qui ont été formés au CFTR,
justement, avec le nouveau curriculum. Donc, le but principal, c'est d'évaluer
le curriculum, la durée, si on est... si on est correct, là, en termes
de contenu et de temps pour la durée prévue. Donc, on devrait avoir... on a... L'équipe de travail, on devrait
avoir une rencontre avec les gens de la société, là, d'ici la fin février, pour
avoir les résultats.
Mme Guilbault : Excellent. On va regarder ça avec grand intérêt. Peut-être
une dernière petite question, puis je vais laisser la suite à mon collègue de René-Lévesque.
Simplement sur le contenu de formation, parce que je sais que vous collaborez avec la SAAQ pour... en vertu d'élaborer,
justement, le futur contenu de formation. Je ne sais pas... Est-ce que
c'est terminé? Est-ce que c'est avancé? Est-ce que vous allez...
M. Maurais (Yves) : En fait...
Mme Guilbault : ...vous attendez les résultats du projet pilote pour...
M. Maurais (Yves) : Oui, c'est ça.
Mme
Guilbault : ...peut-être intégrer les constats dans la future
formation? Mais ça se passe très bien, ça aussi, selon ce que vous me
disiez.
M. Maurais (Yves) : Oui, à date, il
n'y a pas de retard, ça va bien, le projet est vraiment, là, sur son agenda. Le contenu, on ne l'a pas vu encore, on ne nous
l'a pas partagé. On attendait de voir, justement, les résultats du projet
pilote. Et là on devrait, à ce moment-là, le voir et évaluer le tout, là, de
notre côté aussi.
M. Cadieux (Marc) : Vous savez, Mme
la ministre, on a des grands partenaires tels que la SAAQ, avec l'expertise,
mais, bien sûr, des centres de formation en transport routier du Québec, qui
sont... je le répète, je l'ai peut-être dit tout à l'heure, qui constituent
l'orgueil aussi de notre province, parce que j'ai beaucoup d'homologues des
autres provinces qui viennent visiter ces centres-là et qui me disent tous,
évidemment, en anglais : Wow! On souhaiterait avoir ça chez nous.
Dites-nous ce qu'il faut faire. Et ils interrogent les centres de formation.
Bien sûr que ces centres ont été créés il y a plusieurs années, ont grandi, se
sont... se sont grandement... ont pris de la place. Mais on a ce qu'il faut, on
a les outils qu'il faut. Il faut mettre... il faut mettre les exigences.
Mme
Guilbault : Merci. Je vais céder la parole
au député de René-Lévesque.
Le Président (M. Jacques) :
Merci,
Mme la ministre. M. le député de René-Lévesque, pour quatre minutes
précisément.
M. Montigny : La première question
est sur les impacts, au niveau des assurances, là, je pense aux prix
d'assurance, d'avoir de la formation additionnelle, vous en avez parlé,
j'aimerais ça vous entendre là-dessus. Est-ce qu'il peut y avoir un impact
positif, ou comment vous le voyez, là, sur le coût d'assurance en lien avec ces
formations-là pour le personnel?
M. Cadieux (Marc) : Vous avez tout à
fait raison d'aborder le sujet, M. le député. Nos entreprises sont sujettes à
des... ce qu'on peut appeler des audits actuariels de risque lors... lors des
primes, lors de l'établissement des primes. Donc, évidemment, lorsque vous avez
un... lorsqu'on examine votre personnel qui exerce sur la route et les
formations qu'ils ont aussi suivies, leur expérience, les groupes d'âge, tout
ça fait partie de l'analyse actuarielle et de tarification des assurances.
Donc, il y a nettement des avantages, pour les entreprises, de pouvoir se
prévaloir de cet indice de formation et de reconnaissance de véritables
formations avec des normes gouvernementales et avec l'encadrement qui était
apporté par la Société de l'assurance automobile du Québec et avec l'expertise,
bien sûr, de nos grands centres de formation.
M. Montigny : Comme on a un peu de
temps, je vais vous amener ailleurs. Vous savez, moi, je suis du comté de
René-Lévesque. Alors, c'est sur la Côte-Nord. Il y a quand même pas mal de
neige. J'ai été maire pendant cinq ans. Je sais que 400 centimètres de
neige, là, c'est beaucoup. On avait des rues pas larges, des rues plus larges.
Je vous avoue que, dans les rues pas larges, dans les consultations qu'on fait
souvent, comme municipalité, pour voir...
pour aménager des rues, les jeunes disaient : Donnez-nous de la largeur,
on veut marcher, on veut faire du vélo, on ne veut pas se faire frôler
par les camions.
Alors, j'aimerais ça vous entendre sur la
largeur des rues, comment vous voyez ça, vous, avec un camion, dans un
territoire où il y a quand même pas mal de neige, comment vous voyez ça.
M. Cadieux (Marc) : Bien,
évidemment, c'est vraiment la plus belle circonscription au Québec, mais...
mais je vous dirai qu'il y a des défis, autant dans le genre de paysage, dans
lequel vous me présentez l'enjeu, comme l'enjeu
qui se présente aussi dans les villes, où on est en très grande promiscuité
avec la population. Il est certain que, dans des régions comme les
vôtres, il y a différents niveaux d'industrie qui nécessitent, bien sûr, des
équipements beaucoup plus, je dirais, costauds pour transporter beaucoup de...
beaucoup de matériaux. Donc, c'est un enjeu, c'est toujours un enjeu, comme la
pénétration à l'intérieur d'une ville, où on est interpellés par un tissu
beaucoup plus intense maintenant de populations, les vélos, les... beaucoup
plus de piétons, donc beaucoup plus de... beaucoup plus d'interférences avec... et, bien sûr, avec... avec la population et tous
les usagers confondus. Donc, ce sont des défis, oui. Mais j'imagine que,
lorsque vous étiez maire, vous demandiez à vos... aux Travaux publics de
s'assurer que les camions puissent passer pour maintenir l'économie de votre...
de votre circonscription.
M. Montigny : L'enjeu... l'enjeu,
justement, sur lequel je vous amène, c'est, quand on tourne, là, quand on
prend... pour prendre une rue, notamment pour rentrer dans le parc industriel,
quand on rétrécit les rues puis on limite ça, bien, on empiète sur l'autre voie
avec le camion. Alors, est-ce que vous sentez, là, là-dedans, qu'il y a...
qu'il y a des enjeux aussi pour vous, là, la situation? Vous avez quelque chose
à ajouter?
M. Cadieux (Marc) : ...je vais
laisser peut-être Yves, parce que, justement, tout à l'heure, on parlait d'essieu
autovireur avec...
Le Président (M. Jacques) : 10 secondes.
M. Montigny : Ah! bien, c'est
correct, il n'y a pas de problème.
Le Président (M. Jacques) : 10 secondes.
M. Maurais (Yves) : 10 secondes.
Bien, vite, vite, c'est sûr qu'il y a des équipements qui sont disponibles
quand même, qui permettent de faire des virages plus serrés. C'est sûr que
lorsqu'on arrive avec des équipements qui sont de longueur de 53 pieds, ce
n'est pas facile de virer ça sur un coin de rue comme on dit. Mais c'est sûr
que...
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup. Ceci met un terme aux échanges
avec la partie gouvernementale. Je
cède maintenant la parole à l'opposition officielle, en l'occurrence M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, pour 12 min 23 s.
M. Beauchemin : Merci beaucoup, M.
le Président. Merci à vous d'être... d'être ici aujourd'hui. Je mets un chapeau
un petit peu différent, là, pour débuter, parce que c'est, en fait, une
certaine curiosité, mais il y a un fil conducteur, là, vous allez comprendre
vers la suite des questions.
Donc,
la pénurie de main-d'oeuvre, vous en avez parlé, dans votre industrie, que ça
vous touche, ça vous touche sérieusement,
c'était un goulot d'étranglement pour la société. En fait, des analyses ont
démontré, là, que l'inflation a été en partie causée par, justement,
ce... cette incapacité de pouvoir livrer à temps certains éléments de notre...
notre chaîne alimentaire quelconque, qui a fait en sorte que, bon, bien, on a
vécu ce qu'on a vécu, et tout. Combien de camionneurs, selon vous, il faudrait
former pour essayer de justement répondre à la demande?
• (16 h 40) •
M. Cadieux
(Marc) : Former, M. le député, ou il nous manquerait dans l'industrie?
M. Beauchemin :
Former, qui manque dans l'industrie. Il faut les former, j'imagine, pour...
M. Cadieux
(Marc) : ...on va être... on est un peu dans un... dans un
ralentissement un peu économique. C'est
certain que la demande est un peu moins forte, mais on travaille toujours sur
plusieurs leviers, c'est dire l'attraction pour les jeunes dans les
choix de métier, on travaille beaucoup sur les dossiers d'immigration, on
travaille beaucoup sur la rétention des travailleurs expérimentés qui,
peut-être, peuvent encore donner quelques bonnes années au seuil de la
différence entre prendre la retraite ou ne pas la prendre. Ce sont des choses
que nous interpellons lors des consultations prébudgétaires, avec le ministre
des Finances, sur les deux niveaux, le niveau fédéral et provincial. Il nous
manque à peu près, en ce moment...
M. Maurais
(Yves) : ...
M. Cadieux
(Marc) : Combien?
M. Maurais
(Yves) : À peu près 1 500.
M. Cadieux
(Marc) : 1 500 au Québec, mais à peu près 1 500 à
2 000 chauffeurs. Mais les échanges des dernières... des derniers
mois portent vers un ralentissement. Donc, les entreprises, au lieu de laisser
aller leurs chauffeurs, tentent de donner des accommodements sur des... sur des
horaires plus flexibles. Si on... Vous savez, on a été durement sollicités
pendant la pandémie, hein? Dieu sait que je pense que les gouvernements, après
la Santé, remerciaient, bien sûr, l'industrie du transport routier de
marchandises, parce qu'on voyait que le maillon était très... était très faible
sur la... la logistique, évidemment, des marchandises, donc, mais les
entreprises travaillent beaucoup en ce moment, là, sur redonner un peu de
qualité de vie, offrir... si vous aimeriez mieux un quatre jours, on pourrait
vous l'offrir afin, bien sûr, de ne pas... ne pas passer à des mises à pied. Ce
sont le genre des discussions que j'ai en ce moment, là.
M.
Beauchemin : OK. D'accord. J'imagine qu'indirectement, parce que vous
dites, c'est majoritairement, à l'intérieur du territoire québécois, que vos
membres se trouvent à oeuvrer. Il doit y en avoir quand même qui font de
l'exportation, j'assume, là, mais...
M. Cadieux
(Marc) : Bien, en fait, oui, bien, je vous dirais aussi, je suis
vice-président de l'alliance canadienne
aussi. Donc, nos... nos transporteurs font tout le Canada d'un bout à l'autre
et tous les États-Unis jusqu'au Mexique. Alors, j'ai... je n'ose pas les
nommer, là, parce que je vais me ramasser dans les notes de la commission
parlementaire, mais... les gros transporteurs que vous voyez sur les... sur les
grands réseaux routiers, bien sûr, ils sont à
travers le Canada, donc ce sont mes membres. Et aussi, je suis aussi
représentant de mon industrie sur le palier fédéral avec l'Alliance
canadienne du camionnage.
M.
Beauchemin : OK, c'est intéressant, parce qu'effectivement, bon,
l'économie canadienne, elle n'a pas le même rythme de croisière actuellement
que nos voisins du Sud. Mais, pour ceux qui ont cette chance de traverser la
douane américaine, j'assume, leur volume d'affaires reste relativement élevé.
Je vous ai amené là, parce que, dans le fond,
il doit quand même y avoir, dans le programme de formation qu'on... qu'on
discute ici actuellement, là, pas du... mais ça va quand même un peu mettre de la pression un peu, en fait,
additionnelle sur le nombre de candidats additionnels que vous allez pouvoir avoir, j'assume. Est-ce que
vous avez une idée de combien ça, ça pourrait représenter, grosso modo, ou...
M. Cadieux
(Marc) : Écoutez, je ne pourrais pas vous donner en nombre, parce que
ce serait un peu... il faudrait presque que je sois une association avec une
formule Rand, d'adhésion obligatoire, pour avoir tout l'ensemble au complet.
C'est une adhésion par choix, et c'est... c'est certain que cette disposition
est une demande, mais porte, oui, bien sûr, certains... certaines pressions,
comme on le disait, le financement, les coûts associés évidemment à la
formation. Et ça, je pense que c'est une réflexion que le gouvernement fait en
ce moment, comment nous amener à amoindrir cette approche-là, je pense que
c'est le chemin qui nous reste à faire. Mais l'enjeu est un enjeu vraiment de
sécurité et de qualité chez nos chauffeurs et de s'assurer que cette qualité-là
soit normée et qu'elle ne soit pas aléatoire selon... à la bonne volonté d'une
école ou d'une autre.
M.
Beauchemin : Je vous entends, en fait, parce que, dans le fond, c'est
un petit peu... un petit peu le chemin aboutissant de ma question que j'avais
tantôt, parce que, dans le fond, vous parliez tantôt... Il y a des centres de
formation, vous m'excuserez, là, je ne suis pas au courant exactement de
comment tout ça, c'est financé, mais j'assume que c'est par l'ensemble de vos
membres avec un support du gouvernement, j'assume, que...
M. Cadieux
(Marc) : Ce sont des commissions scolaires, M. le député, ce sont...
ce sont deux commissions scolaires qui se séparent le Québec en deux, et qui
offrent même de la formation à la carte, de la formation en entreprise. Ce sont... ce sont vraiment des joyaux
de la formation dans notre milieu de transport. Et, je le disais tout à l'heure,
M. le député, beaucoup de mes collègues des autres provinces viennent visiter
ces centres-là et nous en sommes extrêmement fiers. Donc, ce sont des... Ils
font partie des commissions scolaires du Québec.
M.
Beauchemin : Donc, il n'y a pas un... il n'y a pas un coût
additionnel pour l'industrie, si je comprends bien.
M. Cadieux (Marc) : Non.
M. Beauchemin : OK, d'accord. Donc,
quand vous parliez de la formation, tantôt, qui était nécessaire, là, pour la classe E... de la classe, excusez, 5,
c'est 39 heures. Pour la classe 1, est-ce que vous avez...
Actuellement, c'est le cas, mais si on allait de l'avant pour justement
améliorer la sécurité, etc., qu'est-ce que ça sous-entend, en termes de nombre
d'heures de formation, le coût potentiel que ça peut représenter?
M. Maurais (Yves) : Bien, en fait,
en fait, présentement, le projet pilote est à 135 heures. Donc, sur les
135 heures, il y a 85 heures théoriques et 50 heures pratiques.
Donc, on parle pratiquement de trois fois le temps, là, par rapport à une
classe 5 pour un véhicule léger, là.
M.
Beauchemin : Puis ça, est-ce que c'est suffisant, selon vous?
J'assume que vous avez regardé des comparables dans d'autres
juridictions pour dire : Bon, bien, c'est comme ça là-bas, peut-être qu'on
pourrait essayer ça ici.
M. Maurais (Yves) : Bien, la
norme 16, qui a été émise par le CCATM suite à l'accident, recommande un
minimum de 105 heures. Donc, dans les autres provinces, ça va dans ce
régime-là. Au Québec, par contre, la particularité, c'est lorsqu'on obtient un
permis de classe 1, on obtient automatiquement un permis de classe 2
avec. Et, pour faire le lien de
classe 2... Pour votre information, classe 1, c'est semi-remorques...
camions et semi-remorques, et un classe 2, c'est pour les autobus.
Donc, étant donné que la classe 1 couvre la classe 2, il y a un
peu... un petit peu plus de temps de formation qui est mis, là, par rapport aux
autres provinces, justement, pour couvrir le contenu spécifique au... à la
conduite d'autobus.
M.
Beauchemin : OK. Puis le programme en tant que tel, les
matières couvertes, la technicalité apprise, etc., c'est... c'est comme
un peu standardisé par rapport au reste du Canada.
M. Maurais (Yves) : Oui. C'est
dans... c'est dans la norme 16, là. Le contenu... le contenu spécifique de
la formation minimum, les grandes lignes sont spécifiées dans la norme 16.
M. Beauchemin : OK. Est-ce que vous,
vous avez été capable de voir, par exemple, ce qui se passe en Ontario, puis le
ratio accidents par gros camions, par exemple, versus... Est-ce que vous...
vous voyez la... quantifiez la différence?
M. Maurais (Yves) : Oui. Bien, on
n'a pas de données encore. Il faudrait qu'on parle avec les gens de l'Ontario pour les avoir. Puis ça ne fait pas très
longtemps qu'eux ont commencé le programme de formation obligatoire. Donc,
les données vont éventuellement s'en venir, mais on pourrait éventuellement les
avoir, en consultant, là, les gens du ministère de l'Ontario, entre autres, là,
mais...
M. Beauchemin : Ya-tu
d'autres juridictions au Canada qui... qui ont plus d'historiques?
M. Maurais (Yves) : Bien, je vous
dirais, l'Ouest, ça... avec l'Ontario et l'Ouest du Canada, surtout les
provinces de l'Ouest, là où il y a eu l'accident, c'est là qu'ils ont vraiment
commencé. Ils sont à, pratiquement, leur première année, là, que c'est... le
programme est commencé. Donc, on va commencer à avoir des données, là, sur les
analyses qui ont été faites, là, au cours de l'année 2023.
M.
Beauchemin : Mais c'est toujours intéressant d'avoir des
comparables pour savoir, justement, est-ce qu'on fait la bonne chose, le
fait-on comme il le faut, est-ce qu'on est compétitif, d'une certaine façon,
là. C'est sûr et certain.
M. Cadieux
(Marc) : Oui. Puis, après ça, M. le député, aussi, il faut
normaliser par rapport à la représentativité du nombre d'équipements qui
sont sur le... en sol ontarien par rapport en sol québécois. Mais, vous savez,
on passe tellement d'une province à l'autre qu'évidemment la... le nombre de
passages de nos... de notre industrie sur un territoire par rapport... on peut
y aller par l'immatriculation, ça, ça sera probablement la photo qu'on pourra
avoir lorsqu'on aura un peu de chiffres et d'entrées de données.
M. Beauchemin : Justement, quand
vous parliez tantôt, là, de l'accident de Humboldt, là, quels... quels gestes, concrètement, ont été posés, là, par votre
association, là, pour... à l'interne, je veux dire, au niveau de, comme,
s'adapter à des crises comme celles-là, le mode de réaction, les communiqués,
etc., toute la façon de la gestion de crise qui est
arrivée? Qu'est-ce que... qu'est-ce que vous avez changé, à l'intérieur de vos
processus, pour faire la suite de ça, finalement?
• (16 h 50) •
M. Cadieux (Marc) : Bien, en fait,
je pense que la résultante de cette demande de la loi 48 fait en sorte que
c'est une prise en main de l'industrie envers les différentes autorités
gouvernementales à travers le Canada. Je pense, ça a été... C'est une image qui
est très difficile à gérer, hein, parce que ça prend du temps de se sortir un
peu de ce... de cette image qui... Puis, après ça, le rapport du coroner qui
est arrivé, qui a énoncé le fait que le chauffeur avait très peu de formation,
avait été mis... On lui avait confié tout de suite des routes dans lesquelles
il ne connaissait même pas les trajets.
Donc, tout ça, tout ça, évidemment, a lancé un... a lancé une image extrêmement
négative sur l'industrie.
Alors, c'est
certain que j'ai des membres, autour de moi, qui me disent : Il faut y
voir, là, il faut bouger là-dessus, là. Ça prend les... ça prend un minimum de
formation, ça prend un minimum de garanties parce que les formations qui
sont données à droite et à gauche, elles sont trop aléatoires et elles n'ont
pas... elles n'atteignent pas le but de la qualité dans laquelle on doit
minimalement s'assurer. Vous savez, dans l'industrie, on disait : Bien,
tout ce que les écoles essaient de faire, c'est de vous faire passer l'examen à
la Société d'assurance automobile du Québec. Ce n'est pas ça qu'on veut, là. On veut que celui qui va conduire cette pièce
d'équipement là ait aussi les habilités sur la route et... et qu'il
puisse évidemment avoir le minimum garanti d'un certain nombre d'heures
théoriques et d'heures pratiques, de ne pas se faire dire, après deux, trois
sessions : Bien, tu es tellement bon que tu es prêt à y aller.
M. Beauchemin : La conséquence a été
donc de standardiser à la hausse.
M. Cadieux (Marc) : Exactement,
exactement. C'est coûteux pour une industrie de...
M. Beauchemin : Puis j'ai une
question vraiment spécifique en utilisant peut-être un terme vraiment de vos
membres...
Le Président (M. Jacques) : M. le
député, ceci...
M. Beauchemin : J'allais parler de
l'angle mort...
Le Président (M. Jacques) : ...je
suis désolé, mais ça met fin aux échanges avec votre groupe parlementaire.
Donc, je cède la parole au deuxième groupe d'opposition et M. le député de
Taschereau, pour 4 min 8 s.
M. Grandmont : Oui. Merci beaucoup,
M. Cadieux, M. Maurais, pour votre présentation. Ça a été quand même
bien couvert, là, par mes collègues, là, l'ensemble de votre mémoire. Ça fait
que je vais prendre la balle au bond, en fait, de mon
collègue, qui parlait justement des angles morts. C'est l'angle que je
voulais aborder avec vous. On sait, là, que
les... Puis vous avez parlé, là, de difficulté, là, suite à la question de mon
collègue de René-Lévesque, la difficulté de la cohabitation avec les
usagers vulnérables dans les différents milieux. Les problèmes ne sont pas les
mêmes, puis, évidemment, bien, vous conduisez... ou, en fait, vos membres
conduisent des véhicules qui ont de nombreux angles morts. Ce n'est pas de
votre faute, là, ils sont construits comme ça pour l'instant.
Et puis je trouvais, là, dans le Code de la
sécurité routière, l'article 262 qui disait que «tout véhicule automobile, autre qu'une motocyclette ou un
cyclomoteur, doit être muni d'au moins deux rétroviseurs fixés solidement et
placés, l'un à l'intérieur du véhicule [...] au centre de la partie supérieure
du pare-brise et l'autre à l'extérieur gauche du véhicule». J'imagine que, pour
les camions, les règles ne sont pas exactement les mêmes, parce qu'un miroir en
haut, au milieu, à l'intérieur du véhicule,
dans la cabine, c'est moins ça, là. Mais il n'y a rien qui oblige, en fait,
d'avoir des miroirs antéviseurs qui permettraient de voir... en fait, de
réduire les angles morts sur vos véhicules.
Est-ce que vous êtes favorables à ce qu'une
mesure comme celle-là soit appliquée au Québec, pour vous aider à avoir une
meilleure vision puis, évidemment, être moins impliqués dans des accidents
impliquant des usagers vulnérables?
M. Cadieux (Marc) : Bien, en fait,
l'enjeu des angles morts est un enjeu qui... avec lequel je vis, avec lequel on
a partagé aussi, avec la Société d'assurance automobile du Québec, beaucoup
d'approches de sensibilisation, beaucoup, avec Contrôle routier Québec aussi,
d'opérations de sensibilisation auprès de la population. On a été, avec des véhicules du ministère des Transports, à
quelques reprises, faire des démonstrations avec des tapis et des angles morts,
faire comprendre aux usagers, aux cyclistes les limitations. Mais, de plus en
plus, les entreprises qui vivent — j'ai toujours
le même terme — plus
en proximité avec la population sont drôlement équipées maintenant de miroirs
convexes.
Quand vous parlez de miroirs antéviseurs, c'est
beaucoup plus dans le domaine des autobus, dans le scolaire, auquel évidemment
le véhicule lourd, qui est... qui est un autobus, en l'occurrence, dans ce
cas-là, s'immobilise et fait passer des enfants devant lui, ça, évidemment,
c'est presque rendu un équipement standard. On a aussi certaines technologies
de caméra qui sont... Et c'est un peu comme nos véhicules, M. le député. Vous
voyez, de plus en plus, lorsqu'on change nos véhicules, qu'ils sont munis de beaucoup
plus de détecteurs de véhicule qui s'en vient, de caméras. Donc, nous aussi,
notre... notre industrie aussi reçoit ces évolutions technologiques là aussi au
niveau de nos équipements. Bon, l'industrie que je représente est quand même
une industrie qui fait beaucoup de longue route. Donc, on a des équipements qui sont quand même renouvelés à court terme.
Ce n'est pas... On n'a pas d'équipements qui durent des 15, 20,
25 ans, comme dans d'autres milieux d'industrie, comme dans la
construction, qui sont dans les courts rayonnages. Mais
il y a de plus en plus de sensibilisation. Puis votre collègue, tout à l'heure,
abordait l'angle, là, des primes
d'assurance, ça aussi, ça fait partie de la donne, d'avoir les équipements
nécessaires pour ne pas être impliqués dans un accident et avoir des
primes d'assurance qui sont impactées.
M. Grandmont :
Parfait. Merci. Dans une
entrevue, là, que vous aviez donnée à La Presse, en février dernier, vous disiez :
«Si un camion est en grande promiscuité avec le tissu urbain, oui, les
antéviseurs seraient grandement souhaitables.» Vous maintenez toujours cette
position-là?
M. Cadieux
(Marc) : Oui, je la maintiens. Vous voyez, j'utilise le même vocabulaire...
M.
Grandmont : Parfait, excellent. Merci. Ce sera tout...
M. Cadieux
(Marc) : ...je suis conséquent.
M.
Grandmont : ...M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
MM. Cadieux et Maurais, pour votre contribution aux travaux de la
commission.
Je suspends pour une
courte, courte période de temps pour faire place au prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à
16 h 56)
(Reprise à 17 heures)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et je souhaite la bienvenue aux
représentants de Pas une mort de plus. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi, nous procéderons à une période
d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter
et à débuter votre exposé.
Pas une mort de plus
Mme Deschênes (Alexandra) : Oui,
merci, M. le Président. Bonjour à tous, bonjour, Mme la ministre Guilbault. Bonjour, M. le Président.
Bonjour, les membres de la commission. Alors, je me présente, moi, c'est
Alexandra Deschênes. Je suis la maman d'une jeune fille de huit ans qui
fréquente une école primaire. Et puis je suis co-organisatrice, au même titre
que mes collègues ici présents, du groupe Pas une mort de plus.
Mme Rhéaume
(Ann-Julie) : Bonjour, moi c'est Ann-Julie Rhéaume. Je
suis aussi mère de deux enfants du primaire.
Mme
Korakakis (Katherine) :
Katherine Korakakis, the President of the English Parents Committee
Association, mother of two school age children.
M.
Gagné (Jean-François) : Bonjour, Jean-François Gagné, père de deux
enfants.
Mme Deschênes
(Alexandra) : Alors, Pas de mort de plus, c'est un collectif non
partisan de parents et de citoyens qui, à la
suite du décès de la jeune Maria, happée sur le chemin de l'école par un
automobiliste en décembre 2022, lance
un cri du coeur pour réclamer la fin de l'insécurité routière sur les trajets
scolaires. Les 24 janvier et 15 mars 2023, à l'appel de notre
mouvement, des centaines de parents et de citoyens à travers le Québec manifestent
pour cette cause devant leurs écoles. Ces deux grandes mobilisations nationales
historiques sont largement médiatisées et des élus municipaux et provinciaux y assistent. Le sujet est devenu
incontournable dans les conseils de parents et dans la sphère publique
en général. L'ébullition ayant suivi le décès tragique et évitable,
soulignons-le, de la petite Maria, nous a révélé notre multitude.
Nous étions des
dizaines de groupes de parents inquiets, à la grandeur du Québec, à signaler
des trajectoires scolaires dangereuses dans nos quartiers. Nous étions nombreux
à être empêtrés dans les interminables et complexes démarches devant mener à la
mise en place des plus simples correctifs. Nous étions tout autant à essuyer
des refus ou contraints à se satisfaire de demi-mesures tant l'absence de
normes encadrant la sécurité des trajectoires scolaires mène au Québec à une inertie et un laisser-aller dans le domaine.
Indignés, inquiets, mais résolus, nous avons alors uni nos forces pour
que jamais plus nos écoles ne soient le théâtre d'une telle tragédie.
En août 2023, lors
d'une rencontre particulière avec notre collectif, la ministre des Transports,
Mme Geneviève Guilbault, faisait la promesse tant attendue :
l'aménagement sécuritaire des corridors scolaires serait désormais obligatoire.
Dès lors, cette obligation soulagerait le parent, qui n'aurait plus à
manifester devant l'école pour un bout de trottoir ou un arrêt supplémentaire
ni à engager l'ingagnable bataille contre des municipalités réfractaires. Surtout,
la loi rendrait définitivement et automatiquement sécuritaire la plus normale
et iconique des activités enfantines : marcher vers l'école.
Mme Rhéaume
(Ann-Julie) : Un seul article nous renvoie à cette promesse,
l'article 52, qui se lit comme suit : «En outre, la personne
responsable de l'entretien d'un chemin public est tenue d'aménager de façon
sécuritaire la zone scolaire, notamment en tenant compte du guide d'application
élaboré par le ministre des Transports en semblable matière.»
À notre avis, une
faiblesse de cet article est que le concept de «sécuritaire» n'est pas
clairement défini et que, sans institution pour établir des normes et veiller à
leur respect, il incombera toujours aux parents et aux citoyens d'entreprendre
des démarches pour obtenir des aménagements sécuritaires.
Notre première
recommandation est donc la suivante : adopter une loi sur la santé et la
sécurité des usagers de la route et désigner une institution pour la mettre en
oeuvre. Cette institution devra avoir le pouvoir d'agir en prévention et
d'exiger des correctifs de la part des gestionnaires des chemins publics.
Afin de prendre en
charge le risque inhérent à la circulation des véhicules motorisés dans nos
milieux de vie, nous recommandons au MTMD de s'inspirer de la Loi sur la santé
et la sécurité du travail et d'adopter une loi sur la santé et la sécurité des
usagers de la route. Une institution analogue à la CNESST, un protecteur des
usagers de la route, devrait être désignée pour veiller à l'application de la
nouvelle loi. Celle-ci permettrait d'agir de manière préventive en établissant
des normes contraignantes pour assurer la sécurité des usagers non protégés
dans les différents milieux de vie du Québec. Cette loi donnerait à
l'institution désignée le pouvoir d'imposer aux différentes parties prenantes,
le MTMD, municipalités, centres de services scolaires, etc., de se conformer à
un règlement similaire au règlement sur la santé et la sécurité du travail, qui
définirait avec précision les caractéristiques de sécurité minimale des
différents milieux de vie. Par exemple, pour les zones scolaires en milieu
urbain, ce règlement pourrait rendre obligatoire la présence de trottoirs,
définir la manière dont ils doivent être séparés de la circulation motorisée,
une longueur maximale pour les traversées piétonnes, etc. Ce règlement devrait
être inspiré des meilleures pratiques dans le domaine, notamment du projet
Vision Zéro.
En outre,
l'institution chargée de la mise en oeuvre de cette nouvelle loi devrait
recevoir les plaintes des citoyens au sujet de la sécurité routière et faire le
suivi avec les acteurs concernés. Elle devrait faire aussi un suivi
systématique des recommandations des coroners, déployer des inspecteurs qui
auront tous les pouvoirs nécessaires pour exiger des correctifs afin qu'ils se
conforment à la réglementation et tenir des statistiques sur les causes des
accidents graves en incluant, dans les causes possibles, les aménagements
déficients.
Les activités de la
CNESST reposent sur une hiérarchie des mesures de prévention qui commence avec
l'élimination du danger à la source. L'ensemble de ces mesures a permis au
Québec de faire des avancées significatives en matière de santé et sécurité au
travail dans les dernières décennies. En 2024, nous avons grandement besoin
d'une loi aussi forte que la LSST au niveau de la sécurité routière. Quelqu'un
doit être responsable de la sécurité des usagers de la route.
La révision du tome I
et la table de sécurité routière que la ministre prévoit créer dans son plan
d'action sont les bienvenues. Par contre, puisqu'elles n'auront pas un
caractère obligatoire, elles sont insuffisantes pour garantir des milieux
sécuritaires à nos enfants. Dans bien des cas, les parents mobilisés demandent
des changements qui ont déjà été recommandés par plusieurs spécialistes. Trop
souvent, ces recommandations ne sont pas suivies par les responsables de
l'aménagement, qui n'ont ni l'obligation de les suivre ni même de justifier
leur choix. La loi sur la santé et la sécurité des usagers de la route
permettrait, dans bien des cas, de transformer ces recommandations en
obligations.
Mme Korakakis
(Katherine) : Nous recommandons de rendre obligatoire l'aménagement
sécuritaire des corridors scolaires et non uniquement de la zone scolaire. La
zone scolaire est très restreinte et ne concerne que les tronçons de rue
directement adjoints à une école. Or, les élèves ont besoin que l'ensemble de
leur trajectoire soit sécuritaire. Nous suggérons plutôt d'utiliser
l'expression «corridor scolaire» tant que... pour l'article 52 que
pour l'article 55. On entend par
corridor scolaire toutes routes, trottoirs ou zones reliant une école à ses
zones environnantes et utilisées par les élèves pour se rendre de leur
domicile à l'école ou vice versa. Nous recommandons d'établir un échéancier
quant à l'entrée en vigueur des articles 52, 55 et 57. Nous recommandons
d'exiger la tenue de statistiques sur le nombre de cheminements scolaires qui
auront une limite de vitesse différente de 30 km/h. Puisque nous ne
connaissons pas encore la teneur du règlement qui permettra d'avoir une limite
de vitesse différente, nous sommes inquiets de la portée qu'il pourrait avoir.
C'est pourquoi il devrait être possible de savoir combien d'écoles sont
touchées par les conditions prescrites dans ce règlement. De plus, nous
appuyons la recommandation de Piétons Québec de modifier... de modifier la
vitesse de base dans les agglomérations de 50 km/h à 30 km/h.
M. Gagné
(Jean-François) : Il y a un an, donc, Pas une mort de plus naissait.
Deux manifestations nationales plus tard, plus d'une cinquantaine de villes et
de MRC totalisant plus de la moitié des Québécois nous ont appuyés en signant
une résolution. La ministre a donc proposé un plan de sécurité routière en août
2023. Nous sommes emballés par ce plan. Si les moyens sont mis en place pour
atteindre ces objectifs, le plan sera une réussite.
Est-ce que ce projet
de loi fera en sorte qu'il y ait des trottoirs à Saint-Flavien? Est-ce que les
voitures rouleront encore à 70 km/h sur le boulevard Léger, à six voies,
que mes enfants traversent pour aller à l'école le matin? Est-ce que le MTMD va
encore conserver la limite de vitesse à 70 km/h à Prévost?
Est-ce que les enfants auront enfin droit d'aller à l'école à pied à
Saint-Colomban? Ces exemples que nous avons répertoriés continuent de s'ajouter
depuis l'annonce du mois d'août. Est-ce que le projet de loi va réellement
changer les choses? C'est la seule question qui nous intéresse.
Souvent, on entend
dire : Est-ce que ça prendra une mort pour changer les choses? Nous savons
maintenant qu'une mort, ce n'est pas suffisant. Nous... nous savons que ça
prend plus qu'un rapport du coroner, plus que des articles toutes les semaines
dans les journaux, plus que des parents qui font des demandes pendant des
années, plus que des campagnes de sensibilisation. Ce que ça prendra, c'est un
projet de loi qui fait en sorte que les infrastructures sécuritaires soient
obligatoires sur les trajets scolaires. C'est la moindre des choses si on veut
que nos enfants soient en santé, en sécurité et qu'ils apprennent à devenir
autonomes.
Nous voulons alimenter le cercle vertueux, où
plus c'est sécuritaire, plus les enfants marchent, et donc plus c'est
sécuritaire. Le plan de la ministre, je le répète, est emballant. Le projet de
loi doit mettre concrètement les moyens d'y arriver. La mobilité durable, ça
commence par des enfants qui marchent. À vous de jouer.
• (17 h 10) •
Le
Président (M. Jacques) :
Merci pour votre exposé.
Nous allons débuter les interventions avec la banquette ministérielle,
et j'invite Mme la ministre à débuter cette... la période de questions pour
16 min 30 s.
Mme Guilbault : Oui, merci. Merci beaucoup, M. le Président. Merci à vous,
mesdames, monsieur, d'être présents ici aujourd'hui. Toujours heureuse de vous
retrouver. Comme Piétons Québec un peu, vous faites partie des premières
rencontres que j'ai faites quand je suis arrivée comme ministre sur la question
de la sécurité routière. Vous êtes venus, d'ailleurs, dans Louis-Hébert,
me rencontrer. Merci encore. Et... et donc c'est ça. Puis, comme je l'ai dit à
Piétons Québec, je considère qu'il y a beaucoup d'éléments de ce plan-là qui
découlent des entretiens qu'on a eus, des propos, des propositions, des propos,
des préoccupations que vous avez fait valoir, de ce dont on a discuté ensemble.
Vous étiez venus ici, puis, mon cône orange dessiné par un jeune que vous aviez
amené à l'Assemblée nationale lors de notre interpellation, je l'ai dans mon
bureau. Donc, des fois, dans une story ou autre, on le voit en arrière-fond, il
est là, pour... pour nous rappeler pourquoi on fait ça. Donc, bref, merci, puis
merci de... de vous être déplacés ici aujourd'hui, très intéressant.
J'ai des questions, puis le hasard fait que
Piétons Québec est passé juste un petit peu avant vous, puis c'est certain que, pour moi, il y a des notions, un
petit peu, qui se recoupent dans toute la question des zones et des corridors
scolaires. Donc, j'aurai des questions un peu similaires là-dessus. Puis, comme
je l'expliquais... Bien, d'abord, pour moi,
vous le savez, dans le plan, le premier axe, c'est le transport sécuritaire
vers l'école, puis ensuite de ça, on a un autre axe pour la sécurité des
piétons. Donc, c'est sûr que, pour moi... puis avec une très, très grande
préoccupation pour les zones scolaires, pour
moi, c'est incontournable. Je dirais que c'était l'élément numéro un qui nous
animait puis qui a conduit au dépôt de ce plan-là. Maintenant... puis il
y a un... il y a un... la mesure 1, là, la mesure 1 ou 2 rend
obligatoire, justement, les aménagements sécuritaires autour des zones
scolaires et des corridors scolaires. Mais, pour ce qui est de l'opérationnalisation
de ça, comme je le disais tout à l'heure, la notion de corridor scolaire est
plus compliquée à définir ou à circonscrire que la notion de zone scolaire.
Puis on avait ce matin l'UMQ et la FQM, surtout, entre autres, qui... qui
regroupent les plus petites municipalités, donc qui ont des grands territoires
puis des zones ou des environnements très, très différents de ce qu'on peut
avoir en milieu urbain plus dense. Donc, la notion de corridor là-bas est
autrement différente qu'au centre-ville ici ou à Montréal.
Alors, considérant tous ces éléments-là,
considérant notre volonté que ce soit le plus réaliste puis faisable possible
puis opérationnalisable possible pour nos municipalités, l'article 52 est
rédigé d'une façon, comme vous l'avez dit, avec... en insistant sur les zones
scolaires. Mais, par contre, en complémentarité, la mesure 1.2 du plan
vient dire que les municipalités vont devoir se fier au guide Redécouvrir le
chemin vers l'école, que, sans doute, vous connaissez, qu'on va mettre à jour cette année, en 2024, c'est
l'échéancier qu'on s'était donné dans le plan, puis qui va permettre...
puis là-dedans... puis ça vient aussi avec une des recommandations que vous
disiez, de définir la notion d'aménagement
sécuritaire, qui est, encore là, une notion qui est difficile à définir parce
que, d'un endroit à l'autre, ça ne prendra pas la... la même forme.
Donc, en mettant tout ça ensemble, j'aimerais ça
vous entendre sur comment on concilie le réalisme de... des moyens dont on a besoin puis des actions qu'on a
besoin de susciter pour atteindre notre objectif avec des prescriptions
trop strictes puis un peu imperméables à la variabilité des milieux et des
environnements dans nos différentes régions du Québec.
M. Gagné (Jean-François) : Bien,
je pense peut-être qu'il y a deux réponses à ça. La première réponse, c'est que, tu sais, nos enfants, eux, ne
connaissent pas la définition de «zone scolaire», puis de «trajet scolaire»,
puis de... Et donc, eux, ce qui leur intéresse, c'est de savoir :
Est-ce que le chemin est sécuritaire? Donc, on veut bien, nous, que ce soit écrit seulement «zone scolaire», mais
nos enfants, eux, ce qu'ils veulent, c'est un chemin sécuritaire. Puis, pour eux, ce qui est réaliste, c'est d'avoir un
chemin qui est sécuritaire, peu importe la définition que le législateur en
fait. Eux, ce qui les intéresse, c'est le trajet scolaire.
Je vais être obligé de prendre l'exemple de...
mon exemple personnel où mes enfants doivent traverser le boulevard Léger, où
les voitures roulent à 70 km/h. Ce n'est pas dans la zone scolaire, ça ne
fait pas partie de la zone scolaire, et il va falloir qu'un jour cet endroit-là
soit sécurisé puisqu'en ce moment ça roule à 70 km/h, et c'est le trajet que plein d'enfants de Montréal-Nord
prennent pour aller à l'école. Ça fait que, tu sais, nous, comme parents, nous,
on veut bien regarder la loi puis tout ça, mais il faut absolument qu'un jour
on s'attaque aux trajets scolaires de façon générale. Ça, c'est le premier
élément.
Le deuxième
élément, c'est celui dont Ann-Julie a parlé tantôt, c'est-à-dire que le Protecteur du citoyen, lui, va être capable... le protecteur de
l'usager de la route va être capable, lui, de... de dire : À cet endroit-là,
c'est un endroit où il y a beaucoup d'élèves
qui passent, on a besoin que ce soit sécuritaire, même si ce n'est pas la zone
scolaire précise. Parce qu'en ce moment la zone
scolaire, c'est... le panneau, il est... il est accroché après l'école presque,
là, c'est... il est à un bout de l'école puis à l'autre bout de l'école,
c'est... c'est trop court.
Mme Rhéaume
(Ann-Julie) : Vous dites : C'est difficile, parce que les
milieux sont très différents au Québec, puis on comprend bien ça, puis c'est
justement pour ça qu'on propose peut-être une institution qui serait responsable
de ça, parce que le Québec regorge de spécialistes en urbanisme qui sont
capables de faire les nuances entre une zone scolaire dans un milieu très dense
puis une zone scolaire dans un... dans une région rurale, et il y en a plein,
de solutions. Dans les régions rurales, ils
peuvent passer par des chemins qui sont éloignés des grandes routes. Dans les
zones plus urbanisées, il y a d'autres solutions.
Donc, vous avez raison que c'est difficile, mais
je pense que ce n'est pas une raison pour ne pas le faire puis de demander à
des experts de normer des choses puis de les rendre obligatoires. Parce que
c'est vrai, c'est écrit dans... dans la loi en ce moment, mais «sécuritaire»,
si ce n'est pas défini, c'est très subjectif. Moi, il y a un employé de la
ville de Québec qui me regardait dans les yeux en me disant que telle place
était sécuritaire, puis on n'avait pas du
tout la même vision des choses. Donc, il y aurait moyen de normer ça de manière
qui soit à la fois flexible pour... qui rendrait compte de la diversité
des milieux au Québec, mais qui soit quand même contraignante.
Mme Guilbault : Puis... Parce que, quand on parle de... Vous le dites, là,
vous donnez l'exemple d'un employé de la ville de Québec... on finance aussi
par ailleurs, via le... le PAVL ou, en tout cas, dans l'ensemble de nos
programmes, entre autres des projets pour des diagnostics de sécurité puis le
dépôt de plans de sécurité des municipalités. Donc, pour plusieurs, ça faisait
déjà... bien, pour certaines, en tout cas, au moins, ça faisait déjà partie
de... de projets ou de... d'actions qu'ils étaient en train de poser. Avec les
bonifications des enveloppes puis avec toute la conversation nationale qu'on est
en train d'avoir puis l'imposition du sujet dans... dans l'actualité et autres,
on sent un mouvement.
Tout à l'heure, j'ai lu l'exemple, je ne sais
pas si vous étiez dans la salle, de ma ville de Saint-Aug, où je demeure, dans Louis-Hébert, qui elle... par eux-mêmes, le conseil municipal a
adopté le 30 km/h — 40 km/h,
50 km/h selon les types de rues — sans qu'on les contraigne ou
sans même... même si je suis leur députée, je ne leur en ai même pas parlé, puis ils ont décidé de... d'adopter ça. Ça fait qu'il
y a quand même aussi une mouvance volontaire.
Alors, tu sais, toujours dans une optique de
proposer ou... de proposer ou d'imposer selon quelque chose de réaliste pour susciter le maximum d'adhésion...
C'est ça, tu sais, pour moi, c'est difficile à concilier la même obligation
pour, par exemple, Baie-Comeau ou pour Gatineau. Tu sais, c'est vraiment
ça : nous, on essaie de chercher l'espèce de point de consensus, où on va
aller chercher le plus de monde possible puis le... le plus de dépôts de
projets possible, de diagnostics possible puis de réaménagements possible, qui
débordent, des fois, les zones scolaires. Tu sais, si on prend une école qui
est sur notre réseau provincial, puis là... qui passe sur une route numérotée,
si tu veux mettre des traverses piétons à une certaine distance, des
affichages, des clignotants un peu plus loin, à un moment donné, tu débordes
possiblement la zone scolaire. Mais là c'est le corridor qui devient...
Enfin, je vous partage ça, parce que je sais que
c'est ça, la... le coeur de la préoccupation, puis c'est ça nous aussi qu'on... qu'on veut essayer d'atteindre.
Mais les milieux sont tellement différents que la proposition qu'on faisait
me semblait... combinait la bonification des enveloppes, là, évidemment.
Mme Rhéaume (Ann-Julie) : Mais
vous avez tout à fait raison qu'il y a un mouvement vers la sécurisation. Puis c'est pour ça qu'on veut laisser aux
municipalités qu'on a entendues aussi ce matin l'autonomie d'aller plus loin.
Je veux dire, Québec et Montréal sont exemplaires, en tout cas, du moins dans
leur volonté de faire des aménagements qui sont sécuritaires, puis il y
a d'autres villes, dont manifestement Saint-Augustin aussi, qui veulent aller
là. Donc, l'idée, c'est vraiment de mettre
un plancher. Tu sais, allez aussi loin que vous voulez, les municipalités, pour
sécuriser les trajets, on ne va pas
vous empêcher, mais il y a un... il y a un plancher qu'il faut mettre pour les
villes qui n'ont pas des parents mobilisés, qui n'ont pas nécessairement
une administration municipale qui est très dans cette mouvance-là puis qui a
besoin de... de se faire dire : OK, vous n'êtes pas obligés d'avoir comme
le... le nec plus ultra des... des aménagements sécuritaires, mais faire
marcher les enfants sur un accotement mal déneigé en se faisant frôler par des
camions à 70 km/h, votre autonomie s'arrête là, tu sais. C'est ça.
M. Gagné (Jean-François) : ...on
ne peut pas passer sous silence encore une fois l'exemple de... de... nous, on l'appelle Jacinthe, c'est devenu notre amie, à
Saint-Flavien, où ça fait six ans maintenant qu'il y a eu quelque... un enfant
qui est mort. Il n'y a toujours pas de trottoir. Là, on parle du minimum, là.
On parle de trottoir pour marcher, pour aller à l'école. Il n'est toujours pas
là. Moi, je... je suis encore très surpris qu'on ne soit pas capables de
construire un trottoir dans une ville pour que les enfants puissent...
Mme Deschênes
(Alexandra) : ...recommandation du coroner à la suite du décès.
Donc, c'est aussi ça. C'est que, quand il y a des... quand il y a des
recommandations du... du coroner à la suite d'un décès, bien, c'est au bon
vouloir de la municipalité de les suivre, de toute évidence. Il n'y a rien qui
se passe.
• (17 h 20) •
Mme Korakakis (Katherine) : ...des
écoles, encore, dans la métropolitaine de Montréal où les enfants, c'est... c'est 50 km/h, la route, puis il n'y
a même pas de signe pour montrer d'arrêter, que... faites attention, il y a des
enfants. Puis on peut essayer d'aller vers les conseils municipals, mais ce
n'est pas tout le monde qui nous écoute, quand on vient. Ce n'est pas chaque
parent qui va être mobilisé comme nous, qui va donner son temps, va aller bénévolement puis essayer de faire le cri de coeur. «So», ça
prend quelque chose. Ça prend quelque chose pour que le monde, ils font
attention, quand nos enfants sont en train d'aller à l'école. C'est super
important. Il doit y avoir un minimum pour tout le Québec.
Mme Deschênes
(Alexandra) : ...cette discussion-là au niveau des... des
travailleurs, dire : Bien, écoutez, on va laisser la liberté à ce milieu
de travail là de définir si c'est suffisamment sécuritaire pour ses
travailleurs, puis, bien, s'il a la volonté de le faire et d'aller plus loin,
bien, ce sera OK, puis, bien, sinon, bien, il n'y a pas personne qui va le
contraindre, alors que... C'est... c'est un peu ça que nous regrettons, c'est
que c'est toujours sur le... sur les épaules du... du citoyen, en fait. Dans...
dans nos réalités partagées, c'est ça, c'est qu'il n'y a rien qui ne contraint,
absolument rien, alors que c'est pour ça qu'on veut faire le parallèle avec la
CNESST, qui est une institution forte, qui... qui porte le fardeau de...
d'assurer la sécurité, parce qu'il y a des normes, puis qu'il est inacceptable
que des travailleurs soient mis en danger. Mais on accepte ça pour... pour tout
piéton, mais là on parle, nous, précisément, de... de nos enfants. Je trouve...
je trouve que c'est une conversation qui est un peu absurde, même.
Mme Guilbault : Bien, en rendant... Je comprends ce que vous voulez dire,
mais c'est sûr qu'en rendant obligatoire l'aménagement sécuritaire autour des
zones scolaires... dans les zones scolaires, déjà, quand même, c'est un pas
important par rapport à avant, où on reposait exclusivement sur la bonne
volonté, sur la disponibilité budgétaire, et autres. Donc, dans ce sens-là,
quand même, on... on enchâsse dans une loi cette obligation-là. Donc, je pense
que, tu sais, à la fois d'un point de vue symbolique puis réel, c'est quand
même une... une belle avancée.
Puis sur le... sur
le... justement, l'article 52, là, puis 55, et tout ça, tout ce qui tourne
autour de... de cet article-là, il y aura une conversation ou, en tout cas, une
réflexion à avoir sur la mise en vigueur. Si vous avez vu, à l'article 87,
le dernier article du projet de loi... en fait, divers éléments, là... Il va y
avoir une réflexion sur la mise en vigueur. Selon les éléments, il y a des
choses qui pourront être mises en vigueur plus ou moins vite. Mais cet élément-là
fait partie de ceux pour lesquels il faudra avoir une... une réflexion quand
même lucide, tu sais, en... en ayant en tête
qu'il faut, à un moment donné, en arriver là aussi. Mais, par exemple, une mise
en vigueur dans six mois, tu sais, ça... ce n'est pas réaliste, là. Ça fait que
vous, comment vous verriez ça pour qu'on puisse laisser quand même aux
municipalités le temps de faire ce qu'il faut pour se... pour se conformer, en
ayant quand même un... pas un «deadline», une échéance, éventuellement?
M. Gagné
(Jean-François) : Bien, en fait, nous, ce qu'on a demandé, tout
simplement, c'est qu'il y ait un échéancier. On n'avait pas de date précise en
tête, mais, pour nous, c'est important qu'on soit capables de suivre comment
les choses vont avancer. Comme dans le plan, il y a un échéancier...
Mme Guilbault : 2028.
M. Gagné
(Jean-François) : ...on aurait aimé ça que, dans la loi, il y en ait
un aussi. Pour revenir sur la partie plus financière, là, les priorités, je
veux dire, c'est un choix de société qu'on fait. Je veux dire, nous, on est
contents de voir qu'il y a une priorisation, qu'il y a... qu'il y a un nouveau
budget qui va grandir à propos de ces situations-là. Mais, je veux dire, on...
on investit présentement des milliards. Le ministère du Transport et de la Mobilité durable investit des milliards dans les
routes actuellement. Près de chez moi, ils sont en train de... d'allonger la
19, le ministère du Transport nous dit que ça va diminuer la
circulation, alors que toutes les études disent exactement le contraire. Et ça,
ça coûte des milliards. Et, pendant ce temps-là, nous, on est bien contents
qu'il y aura 68 millions, mais il y a des milliards qui sont... qui sont
faits pour construire une autoroute, qui va créer plus de circulation dans nos quartiers, finalement. Donc, ça, c'est pour la
19, mais il n'y en a pas qu'un, là, il y en a plein, de projets d'autoroute
actuellement, qui coûtent beaucoup plus cher
que de sécuriser nos écoles. Donc, c'est un choix de société qu'on fait
finalement. Est-ce qu'on investit 68 millions pour nos enfants puis
5 milliards pour des nouvelles autoroutes, ou... Il est où le choix
finalement?
Nous, on est très
contents, on... Ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu d'amélioration de ces
projets-là. On est très contents, mais ça
montre aussi toute l'absurdité de l'argent qu'on a investi ailleurs plutôt que
dans la santé de nos enfants, dans leur sécurité, dans leur autonomie.
Mme Rhéaume
(Ann-Julie) : Bien, je me permettrais... Bien, allez-y.
Mme Guilbault : Non, non, allez-y, complétez, je vais avoir un autre sujet
après.
Mme Rhéaume
(Ann-Julie) : Bien, par rapport à l'échéancier, je vous dirais, ça
fait 70 ans, là, que le Québec se
développe en mode tout-à-l'auto. Ça fait qu'évidemment on n'a pas l'attente,
personne, que... que personne ne va
faire ça en un mandat, là, ou en deux ans, ou en... peu importe combien de
temps. Mais, encore une fois, s'il y avait une institution responsable de normer, il pourrait commencer petit, par
la zone scolaire au sens de la loi présentement, le petit
quadrilatère... mais là ce serait précis. Puis éventuellement commencer par
le... le plus évident, les... les zones scolaires,
les corridors scolaires, les milieux très denses, puis... puis agrandir
graduellement, là. Il y aurait moyen de faire ça graduellement, si on le
faisait.
Mme Guilbault : Sur les zones scolaires, j'ai posé la question à d'autres
avant vous aussi, qu'est-ce que vous pensez de l'idée d'étirer... d'étirer
l'horaire des zones scolaires qui sont actuellement de 7 heures à
17 heures, de septembre à juin, puis de les rendre
permanentes, 24/7, 365 jours, puis, encore une fois, ça... spontanément,
on se dit : Bien oui, tu sais, ça, c'est une bonne idée, parce que,
justement, il y a des enfants qui gravitent autour des écoles, il y a des
terrains de jeux, il y a des piscines, mais d'autres écoles sont situées dans
des milieux où il n'y a pas vraiment de mouvement autour des écoles parce que
ce n'est pas des milieux nécessairement alléchants ou, tu sais, c'est sur des
grandes artères passantes, et tout ça. Donc, est-ce qu'il y a une pertinence
par rapport aussi à la sollicitation des
ressources policières pour la surveillance puis tout ça? Quoiqu'on va avoir
plus de radars, mais il n'y en aura quand même pas dans toutes les
écoles. Alors, en prenant tout ça en compte, qu'est-ce que vous en pensez?
Mme Korakakis
(Katherine) : Bien, en fait, c'est une très bonne idée. Puis
aussi pour la communauté anglophone, les écoles, c'est une des seules
institutions qu'on a à travers le Québec qui nous reste. Ça fait qu'autour de
ces écoles-là, la communauté se bâtit. «So», c'est vraiment la place, il y a
tout le temps des activités qui se passent là. «So», pour nous, même si ce
n'est pas les... les enfants de l'école... mais peut-être un centre
communautaire va louer l'école après les... après les heures d'école, il y a
des enfants là-bas, «so», tout qu'est-ce qu'on peut faire pour rendre ça plus
sécuritaire, «let's do it».
Mme Guilbault : Merci beaucoup. Je pense qu'il me reste huit secondes, bon, bien, pour
vous remercier et vous saluer, encore une fois, merci beaucoup de vous
être déplacés puis pour tout le travail que vous faites avec nous.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Et je cède
maintenant, la parole au... à l'opposition officielle, et à M. le député
de Nelligan, pour 12 min 23 s.
M. Derraji : Merci. Merci, M.
le Président. Premièrement, merci à vous quatre pour la présence, de prendre, déjà, la parole sur l'espace public, de
sensibiliser, que ce soient les élus ou les gens, c'est tout à votre honneur.
Donc, bravo encore une fois. J'imagine que... Je vous ai entendu, tout à
l'heure, parler d'un cas, mais j'imagine que voir un enfant frappé par une voiture, c'est toujours
traumatisant. J'ai vu beaucoup de... d'infos dans votre mémoire, notamment on
parlait d'une loi-cadre ou adopter une loi sur la santé, la sécurité des
usagers... des usagers, mais qu'en est-il de ceux qui vivent déjà un choc? Je
ne sais pas si vous étiez dans une situation pareille ou... accompagné
quelqu'un qui a vécu le moment.
Mme Korakakis (Katherine) : Bien,
moi, je peux y aller. Mes enfants vont dans deux écoles différentes puis, depuis novembre, on a eu deux enfants qui se
sont fait frapper. Ils ne sont pas morts, ça fait qu'ils ne sont pas dans
les nouvelles, mais deux enfants frappés par les autos, puis gravement blessés.
Ça a été un choc pour les enfants. Moi, j'ai
un enfant avec des besoins particuliers, ça l'a... ça l'a affecté beaucoup puis
aussi ça a affecté l'environnement totalement. «So», ça, c'est deux
différents cas d'élèves depuis novembre qui se sont fait frapper par des autos.
M. Derraji : Oui. Mais là on
parle beaucoup... Merci pour votre témoignage. Là, on parle beaucoup de la sécurité, et c'est très correct, zone scolaire,
corridor scolaire, mais vous venez de décrire quelque chose qu'on n'a pas vu
encore. Ceux qui accompagnent, ceux qui vivent avec, ceux qui ont vécu, on fait
quoi?
Mme Korakakis (Katherine) : Oui,
c'est une très bonne question, là, c'est... c'est pour ça qu'on est inquiets,
parce qu'après tout, tout qu'est-ce qui arrive avec la santé mentale des
enfants puis le milieu scolaire, on sait
déjà quelle est fébrile, «so», il y a un autre choc qui vient rentrer dedans
comme ça. «So», ça nous prend des... À l'école, on a eu des
interventions, les... les profs ont parlé avec les enfants, «so», on a eu
beaucoup de... d'interventions à l'école, mais à la maison aussi. «So», il faut
de plus en plus éviter des situations comme ça, «so», avec un plan qui peut
réduire la vitesse, ça, ça pourrait aider.
M. Gagné (Jean-François) : On a
deux... deux mamans de notre groupe qui ont perdu leurs enfants dans des
accidents autour des écoles, et je peux vous dire que l'écriture de ces
mémoires-là, pour ces gens-là, c'est... c'est quelque chose de... c'est quelque
chose de... de très gros, parce que ces gens-là se battent pour des
infrastructures, par exemple un trottoir, par exemple des lignes pour
séparer... pour aller à l'école. Ces gens-là, ils se battent depuis des années
pour avoir des infrastructures. Ça fait que nous... Dans le fond, ils ne sont
pas là aujourd'hui, mais nous on est là pour ces gens-là, justement, parce que
ces gens-là demandent qu'il y ait des changements et ils n'en reviennent
toujours pas qu'un rapport du coroner n'est pas suffisant pour faire changer
les choses.
• (17 h 30) •
M. Derraji : Oui, mais sur ce
point, écoutez, là, moi, tout à l'heure, quand je vous ai entendu parler du
rapport du coroner et qu'on n'a pas donné suite au rapport du coroner... Je ne
sais pas ce qu'on attend, un autre décès... et j'espère que non, avant d'agir.
Moi aussi, je suis à votre place, c'est inexplicable.
Mme Deschênes (Alexandra) : C'est
pourquoi on demande qu'il y ait une instance qui puisse faire ce travail-là,
parce que ce n'est pas à des mères endeuillées de faire ce travail-là.
M. Derraji : Et c'est pour cela
que vous, ce que vous proposez, c'est la première fois que j'entends ça... J'ai
siégé sur la loi... sur la révision de la Loi — d'ailleurs dans cette salle — sur
la santé et la sécurité du travail. Vous, ce que vous dites, c'est que vous...
vous cherchez une autre institution, analogue à la CNESST, qui sera en charge
de surveiller tout ça, y compris le fait qu'on ne donne
pas suite à un rapport du coroner. Est-ce que j'ai bien compris ce que vous
proposez?
Mme Rhéaume (Ann-Julie) : Oui,
ça peut être une nouvelle institution ou ça peut être ajouté au mandat de la
SAAQ, parce que, déjà, la SAAQ prélève les cotisations de ceux qui génèrent le
risque, c'est-à-dire les détenteurs de permis de conduire puis
d'immatriculation, pour indemniser les victimes, donc... Par contre, il n'y a
pas de travail de prévention qui peut être fait au niveau des infrastructures.
Donc, l'idée, ce serait de soit créer une nouvelle institution, soit donner au mandat de la SAAQ... donner à la SAAQ le
pouvoir d'intervenir au niveau des infrastructures, en disant : Ici, ça ne correspond pas aux
normes. Comme un... un enquêteur de la CSST viendrait dans un milieu de travail
puis dire : Oups! ici, ça ne correspond pas aux normes, j'ai un règlement,
c'est très clair, voici ce que vous avez... voici ce que vous devez faire, puis
vous avez tel nombre de journées pour vous conformer.
M. Derraji : Oui. Tout à
l'heure, vous avez dit quelque chose d'important, que c'est un début, on
commence quelque part et, probablement, ça
risque d'être d'autres ajouts au courant des prochaines années. Est-ce
qu'aujourd'hui, si je vous dis... Le
fait qu'on reste dans la zone scolaire et non pas aller au corridor, c'est
assez, c'est suffisant? Première question.
Deuxième question : je ne sais pas si vous
avez des informations ou des statistiques par rapport... le nombre d'accidents
ou risques, corridors scolaires versus zones scolaires.
Mme Rhéaume (Ann-Julie) : Bien,
en fait, ça a été dit par Piétons Québec tantôt. Ça fait qu'évidemment, non,
zones scolaires, ce n'est pas suffisant, on voudrait les corridors scolaires,
puis on disait que c'était 85 % des... des enfants happés qui étaient
dans... qui n'étaient pas dans la zone scolaire puis 95 %, je crois, des
décès. Donc, c'est absolument crucial, là, de... de tenir compte de la
trajectoire au complet.
M. Derraji : Oui. Vous voulez
ajouter quelque chose?
M. Gagné (Jean-François) : Ça
va.
M. Derraji : Non?
Recommandation 3, vous dites : «Définir précisément ce que signifie
l'aménagement sécuritaire des corridors scolaires.» C'est quoi, pour vous,
l'aménagement idéal pour un corridor scolaire sécuritaire?
M. Gagné (Jean-François) : Bien
évidemment, comme on le disait tantôt, c'est différent dans tous les milieux.
Donc, tu sais, là, quand moi, je pense à mon milieu, je pense que ça n'a pas de
sens qu'il y ait six voies de circulation à traverser sans qu'il y ait un îlot,
par exemple, pour que les enfants puissent arrêter au milieu de la voie. Ça n'a
pas de sens qu'un enfant ait à traverser une route où c'est 50 km/h, quand
on sait que les études disent qu'en haut de 30, les morts augmentent de façon
exponentielle. Donc... Mais ça, c'est dans mon milieu à moi.
Dans un milieu plus rural, peut-être que ça va
être... bien, ça va prendre un trottoir pour se rendre l'école, au minimum, ça
va prendre un chemin séparé des véhicules, il va falloir que le chemin soit
déneigé. Donc, ce sont des... ce sont des exemples, mais, tu sais, le problème,
ce n'est pas qu'il n'y a pas d'exemple, le problème, c'est qu'actuellement il n'y a rien d'obligatoire. Donc,
il y a des recommandations partout, il y a des plans de déplacements
scolaires qui sont faits. Le problème, c'est que... je veux dire, un rapport du
coroner n'est pas suffisant. Donc, la question,
ce n'est pas : Est-ce qu'on connaît les solutions ou pas? Les solutions,
elles sont connues, il reste à les appliquer.
M.
Derraji : Oui, c'est pour cela que vous dites, dans la
recommandation 2 : «Rendre obligatoire l'aménagement
sécuritaire des corridors scolaires et non uniquement de la zone scolaire», ces
deux-là où les deux sont liés.
M. Gagné (Jean-François) : Tout à
fait.
M. Derraji : OK. Une dernière
question, pour ma part, et, après, c'est mon collègue. Je n'ai pas vu, dans le
mémoire, l'alcool au volant, et je ne sais pas si vous avez eu cette discussion
à l'intérieur de votre organisme.
M. Gagné (Jean-François) : Bien,
évidemment, on est d'accord à ce que la limite pour l'alcool soit diminuée,
pour... et ça ne fait pas de doute. Mais ce n'est pas un sujet qu'on a beaucoup
traité. Vous savez, on est tous des parents bénévoles qui travaillons depuis un
an sur ce dossier-là.
M. Derraji : Mais déjà, vous faites
un excellent travail. Le fait que vous avez réussi à avoir un engagement de Mme
la ministre et avoir une rencontre avec elle, bravo! Vous... c'est un succès
que vous voyez, vous êtes impliqués dans un plan de sécurité, c'est bravo!
Donc, le bénévolat paie, parce que vous voyez que vos idées... vous faites
avancer vos idées. Mais je reviens à la question, ce n'était pas le sujet. Je
pose la question à des parents : Pensez-vous que le législateur est dû à
ajouter le 0,05, si on veut parler de la sécurité routière?
Mme Deschênes (Alexandra) : ...ça ne
fait aucun doute. En fait, je ne vois pas l'obstination à ce sujet-là. Il n'y a
même pas d'enjeu d'acceptabilité sociale. Conduire, c'est quelque chose qui
nécessite une attention en continu. Tout ce qui sera distraction doit être
enlevé. Donc, absolument.
M. Derraji : Merci.
Vous?
Mme
Rhéaume (Ann-Julie) : ...c'est... toute mesure pour favoriser la
sécurité des piétons, on est tellement... on est tellement loin que
n'importe quoi, on va le prendre.
M. Derraji : J'imagine, la même
chose?
Mme Korakakis
(Katherine) :
Absolutely.
M. Derraji :
Absolutely. You? Donc, c'est
unanime, OK.
Mme Deschênes (Alexandra) : ...
M. Derraji : Pardon?
Mme Deschênes (Alexandra) : ...pour
l'Assemblée nationale, tant qu'à moi.
M. Derraji : Bien, écoutez, c'est
pour cela que je vous pose la question. Vous savez, c'est très intéressant ce
qu'on fait. C'est... c'est un échange démocratique. C'est... Je note l'absence
dans le projet de loi. C'est pour cela qu'on demande aux groupes. En date d'aujourd'hui,
je pense que le 0,05 gagne du terrain. On parle même de l'acceptabilité
sociale. Maintenant, nous, on va faire notre travail. Le reste, c'est le
gouvernement qui va accepter ou pas ce que vous proposez. Nous, on est juste
une courroie de transmission. Donc, c'est pour cela que je demandais à des
parents sensibles, impliqués dans cet enjeu s'ils voient d'un bon oeil que le
Parlement doit aller dans ce sens. Ce que je
constate, qu'il y a une acceptabilité sociale. Un groupe avant vous a
dit : Probablement, nous sommes déjà rendus là. Donc, c'est le moment de mettre en application. Donc, je vous
remercie. M. le Président, c'est mon collègue qui va prendre le relais.
Merci encore une fois.
Le Président (M. Jacques) :
Merci,
M. le député de Nelligan. Je cède la parole maintenant à M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci beaucoup...
Le Président (M. Jacques) : Pour
2 min 30 s.
M.
Beauchemin : Bon, merci beaucoup, M. le Président. Je vais
essayer d'être concis. Votre recommandation n° 6,
d'exiger la tenue statistique sur le nombre de cheminements scolaires
qui auront une limite de vitesse différente, juste pour comprendre, est-ce que
vous, vous avez déjà vu ce genre de registre dans d'autres juridictions? Puis
est-ce que vous avez des statistiques que vous pouvez partager avec nous ou...
M. Gagné (Jean-François) : ...là, la
loi prévoit que ce sera 30 km/h devant toutes les écoles, sauf exception.
Donc, pour nous, il faut... il faut mettre le fardeau de la preuve, finalement,
sur le concepteur de la route qui va nous expliquer pourquoi ce serait plus
sécuritaire que la route soit autrement qu'à 30 km/h. Donc, pour... pour
que ça, ça ait lieu, bien, il faut qu'il y
ait un registre pour tenir... pour tenir mémoire, finalement, de ces aires...
de ces endroits-là. Mais non, on ne connaît pas de juridiction qui fait
ça.
M.
Beauchemin : Donc, ce que vous dites, c'est que, finalement, ça
devrait être sur le... les épaules de... bien, du ministère, finalement,
qui...
M. Gagné (Jean-François) : Bien,
dans le cas où c'est le MTMD, oui, mais ça peut être dans les villes aussi,
effectivement.
M. Beauchemin : OK. Puis vous... on
parle de zones scolaires puis de... puis de corridors scolaires. Puis je
m'excuse à l'avance si je dis quelque chose qui a déjà été comme... déjà défini
par d'autres avant, mais, dans un contexte où est-ce que, bon, les enfants sont
transportés en autobus, parce qu'ils sont à une certaine distance x de l'école,
eux, ils sont déposés devant la porte, pas de risque. C'est ceux qui sont à
l'intérieur du cercle, OK? Est-ce que c'est cette approche-là que vous, vous
voulez utiliser quand vous voulez parler de corridors scolaires? C'est que ce
n'est pas vraiment juste les rues les plus utilisées, votre exemple de six
voies, là, à traverser. Est-ce que c'est vraiment plutôt comme, par exemple, ce
qui n'est pas couvert, finalement, par le service d'autobus qui pourrait être considéré
comme la zone scolaire?
M. Gagné (Jean-François) : Bien,
disons que ce serait ambitieux de vouloir faire ça. Dans une ville comme
Montréal ou dans une ville comme Québec, ça voudrait dire que la ville en
entier est un territoire scolaire, là, parce que les milieux sont denses, là.
Moi, j'ai trois écoles à moins d'un kilomètre de la maison, là. Donc, ce
serait... ce serait quand même très exigeant de passer tout de suite à ça.
C'est pour ça que nous, on propose les corridors scolaires
qui seraient les rues qui sont principalement employées par les élèves. Il y a
des études, là, qui sont faites entre autres par le CE, à Montréal, où ils...
où on se rend compte, finalement, que les enfants utilisent pour 95 %
certaines rues, et donc ce seraient celles-là qu'il faudrait prioriser dans la
loi et sur le terrain, finalement.
Le Président (M.
Jacques) : ...ceci termine l'échange avec l'opposition officielle. Je
cède maintenant la parole au deuxième groupe d'opposition et à M. le député de
Taschereau.
M.
Grandmont : Pour quatre minutes? Bonjour à vous quatre. Merci pour
votre énorme engagement depuis un an puis merci pour votre présence puis votre
mémoire également.
Je trouve très
intéressante, là, votre proposition d'un protecteur de l'usager ou des usagers
de la route. Effectivement, vous avez fait la référence avec la CNESST. Il y a
des agents, des... c'est ça, des agents ou, en tout cas, des inspecteurs qui
sont chargés d'aller sur les milieux de travail puis vérifier que les normes,
que les lois sont respectées, sont mises en application au bénéfice de
l'atteinte du moins d'accidents graves ou mortels sur les lieux de travail.
Puis ça m'a fait réfléchir aussi. Récemment, au niveau du ministère de
l'Éducation, on a la création d'un protecteur de l'élève qui a été mis sur la
place publique. De la même façon, on a un Protecteur de l'intégrité en loisir
et en sport qui a été annoncé aujourd'hui dans le projet de loi déposé par la
ministre responsable. Je trouve ça intéressant. Puis je ferai un... je ferai
une petite... une petite parenthèse, en rappelant que, du côté gouvernemental,
on a... on a beaucoup insisté sur l'acceptabilité sociale, sur la difficulté de
mise en application. Est-ce que, pour vous, ça sonne comme un... comme un compromis
à accepter pour faire un pas dans la bonne direction?
• (17 h 40) •
M. Gagné
(Jean-François) : Bien là, l'acceptabilité sociale, pour moi, il n'y a
pas d'acceptabilité à ce qu'un milieu de vie, que mes enfants prennent pour
aller à l'école, soit dangereux. Ce n'est pas acceptable qu'un milieu de vie
soit dangereux pour se déplacer. Ça fait en sorte que la part modale des
marcheurs diminue depuis des dizaines d'années maintenant, parce que le danger
augmente toujours par la quantité, la grosseur, la vitesse des véhicules. Donc,
acceptabilité sociale, pour moi, ça veut dire que, finalement, on laisse aux
usagers dangereux des privilèges, alors que ce qu'on voudrait, c'est que nos
enfants se déplacent à pied pour aller à l'école, tout simplement. Donc, pour moi, c'est un faux débat, cette question
d'acceptabilité sociale autour des écoles. On veut que nos enfants marchent.
Ça devrait être la priorité de nos élus, de... C'est ça qu'ils veulent, les
parents.
M.
Grandmont : Selon vous, là, combien de morts ou d'accidents graves
sont acceptables sur les routes au Québec par année?
Mme Korakakis (Katherine) :
...zéro.
M.
Grandmont :
Zéro?
Mme
Korakakis (Katherine) : Zéro.
Mme Rhéaume
(Ann-Julie) : ...puis... mais la réalité, c'est clairement plus grand
que zéro. Puis, c'est ça, moi-même, je suis mal à l'aise, depuis ce matin, un
peu avec ce débat-là. La sécurité, oui, à un moment donné, il faut... il faut
mesurer les choses, mais on ne peut quand même pas... La situation... Le statu
quo est dangereux, est inacceptable, puis de
commencer à parler des petites frustrations que pourraient vivre des
automobilistes qui choisissent toujours
des voitures plus grosses, avec des plus gros angles morts, puis tout ça, en disant
que sinon ils vont se fâcher, que
sinon ils vont avoir de la rage au volant... Si les gens sont enragés, on ne va
pas leur ouvrir la voie encore plus grande en disant : Mon Dieu! Au
contraire, il faut... il faut les contraindre, donc. Puis comme Jean-François
disait, c'est un choix de société.
M.
Grandmont : Est-ce que vous trouvez que le projet de loi, tel qu'il
est écrit actuellement, nous permet d'atteindre le zéro accident grave, zéro
accident mortel sur les routes?
Mme Rhéaume (Ann-Julie) :
Bien, il aurait besoin d'être bonifié.
M.
Grandmont : Parfait. Merci. J'avais le goût de vous entendre, là, sur
les écoles, les zones scolaires 24/7, 365 jours
par année. On le disait tantôt, il y a peut-être des écoles qui sont moins
fréquentées. Ce n'est pas un peu l'oeuf ou la poule? Il y a peut-être
des écoles qui ne sont pas fréquentées en dehors des heures scolaires parce que
les aménagements autour ne sont pas suffisants?
Mme Korakakis
(Katherine) : Exactement.
Mme Rhéaume
(Ann-Julie) : Oui, il y a ça. Puis il y a aussi, vraiment, là, rouler
10 kilomètres à l'heure plus vite entre
telle et telle heure, là, c'est-tu vraiment un enjeu par rapport à la clarté?
Zone scolaire, zone scolaire, pas besoin
de regarder ta montre. Évidemment, je trouve que c'est... il n'y a... il n'y a
pas de... il n'y a pas de mesure entre les deux, là.
M. Gagné
(Jean-François) : Un exemple très frappant sur Christophe-Colomb,
justement, à Montréal, où la ville a payé une espèce de gros, gros panneau pour
que les automobilistes puissent aller à 10 kilomètres/heure plus vite à
certaines heures de la journée, alors que le reste de la journée, c'est
30 kilomètres. On a vraiment de l'argent dans notre société pour augmenter
la vitesse pendant certaines heures de 10 kilomètres/heure?
Le Président (M. Jacques) : ...un
terme aux échanges avec les membres de la commission. Je vous remercie pour
votre présence parmi nous aujourd'hui.
Nous allons suspendre encore un très court
moment pour faire place au prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 44)
(Reprise à 17 h 47)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et je souhaite la bienvenue aux représentants d'Accès
transports viables. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour
votre exposé, après quoi, nous procéderons à
une période d'échange avec les membres de la commission. Et je vous invite à
vous présenter et à débuter votre exposé.
Accès transports
viables
Mme Gagné
(Marie-Soleil) : Merci, M. le Président. Mme la ministre Geneviève
Guilbault, Mmes et MM. les membres de
la commission, représentantes et représentants du ministère des Transports et
de la Société de l'assurance
automobile du Québec, bonjour, et merci beaucoup de nous recevoir. Je m'appelle
Marie-Soleil Gagné, je suis directrice
générale d'Accès transports viables. Je suis accompagnée d'Angèle Pineau-Lemieux,
coordonnatrice aux affaires publiques
et aux communications au sein de notre organisme, et de Sylvain Nocquard,
chargé de projets en mobilité active chez nous également.
Accès transports viables, pour rappel, c'est un
organisme à but non lucratif qui travaille dans Chaudière-Appalaches et
Capitale-Nationale. On fait la défense des droits des utilisateurs et
utilisatrices des transports actifs et collectifs et on fait aussi la promotion
et la sensibilisation à la mobilité durable.
Pour nous, le projet de loi n° 48 est un
grand sujet d'intérêt chez Accès transports viables, parce qu'on travaille,
depuis plus de 10 ans, à sécuriser les abords des écoles, de concert avec
les centres de services scolaires et les directions d'école, parce qu'on constate
les enjeux vécus dans nos plus petites municipalités, surtout sur nos routes à
numéro, et parce qu'une mort sur nos routes, c'est une mort de trop.
Madame... M. le Président, nous tenons à
souligner le dépôt de ce projet de loi qui vient apporter plusieurs
améliorations importantes en matière de sécurité routière, trois en particulier
qui me semblent importants de nommer : l'augmentation et l'harmonisation
des amendes pour le non-respect de la priorité piétonne, l'obligation
d'aménager la zone scolaire de façon sécuritaire et l'instauration de la limite
de 30 km/h en zone scolaire.
C'est une bonne chose de voir le projet de loi
et le Plan d'action en sécurité routière, du fait qu'il découle, en fait,
directement de la Vision Zéro, une approche de sécurité routière dont
l'objectif ultime est de viser, comme l'indique
son nom, zéro blessé grave et décès sur nos routes. La Vision Zéro est d'autant
plus essentielle quand on sait que,
depuis 10 ans, 27 000 personnes piétonnes ont été blessées,
650 personnes sont décédées et près de 75 personnes... 75 %
de ces personnes qui ont vécu... qui ont été blessées ou qui sont décédées
étaient à l'extérieur de la région de Montréal et ces personnes se déplaçaient
à pied. Malheureusement, il y a des publics plus vulnérables qui sont
surreprésentés dans ces statistiques, notamment les personnes aînées, mais
aussi nos enfants ne sont toujours pas en sécurité aux abords des écoles et
dans leur milieu de vie.
La Vision Zéro est essentielle, mais encore
faut-il en saisir pleinement l'ampleur. Je souhaite ici la définir un peu plus
en détail. La Vision Zéro, contrairement aux approches traditionnelles de
sécurité routière, utilise une approche globale et systémique par rapport aux
collisions. On priorise les actions dans un ordre qui est vraiment très important, donc on privilégie la mobilité durable
et, conséquemment, la réduction du nombre de véhicules sur nos routes,
et donc l'exposition aux risques. Par la suite, on travaille sur les
aménagements, qui permettent de protéger les plus vulnérables et de réduire la
vitesse de circulation des véhicules motorisés. Par la suite, on conçoit des
véhicules permettant de réduire le nombre de collisions ou la gravité des
collisions. Puis finalement on sensibilise, on forme, on contrôle et on sanctionne. L'ordre de priorités, dans la Vision Zéro,
il est non seulement important, mais il est essentiel. C'est la nature
même de cette approche.
• (17 h 50) •
Malheureusement, pour nous, le projet de loi
n° 48, en misant quasi uniquement sur des mesures de contrôle et de
sanction, que ce soit par rapport aux radars ou aux amendes, passe à côté de
l'opportunité d'introduire un véritable changement de paradigme qui viserait
directement à favoriser l'efficacité des modes de transport durables, et tout particulièrement des modes actifs, comme
la marche ou le vélo, qui sont les modes les plus vulnérables, soit dit
en passant, mais aussi ceux qui apportent les plus grands cobénéfices au point
de vue individuel et collectif.
Notre
mobilité, et la façon dont s'est construit notre réseau, on le sait, est
malheureusement axée sur la fluidité automobile. On ne révise pas le
code de sécurité routière à tous les jours. Et c'est pourquoi, si on ne saisit
pas les leviers qui nous permettent de réduire les déplacements automobiles à
la source et de favoriser la mobilité durable, on n'atteint pas véritablement les objectifs de la
Vision Zéro. Ces leviers sont, selon nous, nombreux puis ils vont être...
ils sont présentés en détail dans notre
mémoire. Je vais laisser ma collègue Angèle Pineau-Lemieux continuer avec
quatre plus en détail.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : Merci
beaucoup. M. le Président, je souhaite d'abord vous entretenir sur
l'interdiction du virage à droite aux feux rouges, qui est au sein de notre
mémoire. Il faut savoir que, depuis 2003, le virage à droite aux feux rouges
est permis au Québec, sauf sur l'île de Montréal, et c'est le pouvoir des
municipalités d'instaurer des exceptions en installant des panneaux
d'interdiction aux intersections jugées dangereuses.
Compte tenu du risque de collision qui y est
associé, dans un contexte où, on le sait, la taille des véhicules augmente, le virage à droite aux feux rouges entre
en contradiction avec la Vision Zéro et avec le principe de prudence.
C'est bien de sanctionner l'interdiction du... en fait, je recommence, c'est
pourquoi on recommande l'interdiction du virage
à droite aux feux rouges dans l'ensemble du Québec. Il y a un objectif, c'est
d'inverser le paradigme, c'est-à-dire de faire des intersections où le
virage à droite est interdit est la norme et de faire des intersections où il
est permis l'exception, ce qui est le contraire de ce qu'on a en ce moment.
Il faut dire que, lorsque le virage à droite aux
feux rouges a été implanté en 2003 et à chaque fois qu'on ramène la
conversation publique sur ce sujet-là, on invoque les gains de temps pour les
automobilistes, et donc les gains en carburant dépensé. Or, il y a une étude du
ministère des Transports du Québec qui indique que le gain de temps pour les
automobilistes est en moyenne de 3 à 6 secondes par jour et que, sur le
plan environnemental les économies de carburant sont très faibles. La même
étude estimait à seulement 2,6 litres d'essence par année les économies en
carburant. Or, on le sait, la légalisation du virage à droite aux feux rouges,
entre 2003 et 2015, elle a entraîné 1 108 blessures, dont sept
collisions mortelles, ainsi que 37 blessures graves. Dans une perspective
de Vision Zéro, c'est sept morts et 37 blessés graves de trop.
Je souhaite amener votre attention aussi sur un
deuxième levier qui est à notre disposition dans la révision du code, soit la
modification de la vitesse de base, en agglomération, de 50 km/h à
30 km/h. Je sais qu'on n'est pas les premiers groupes à vous entretenir
là-dessus. C'est bien de sanctionner et de donner des amendes plus élevées en
cas de vitesse non sécuritaire pour la cohabitation avec les piétons et
cyclistes, c'est encore mieux de réduire les vitesses en amont pour s'assurer
que les vitesses pratiquées pardonnent en cas de collision avec les usagères et
usagers les plus vulnérables. Et la littérature, à cet effet, nous montre que
la vitesse à laquelle les véhicules se déplacent sur nos routes joue un rôle
majeur dans la fréquence des collisions entre les véhicules motorisés et les
piétons ou les cyclistes et dans les chances de survie.
Il y en a sûrement qui peuvent se
demander : Est-ce que changer les panneaux a un impact en soi au niveau des limites de vitesse? Pour nous, c'est non
seulement un signal clair comme quoi 30 km/h, c'est la vitesse acceptable
à adopter en milieu urbanisé, mais c'est surtout une occasion en or. Ma
collègue le disait, on ne révise pas le Code de la sécurité routière tous les
jours. Or, on le sait, dans le plan d'action présenté par Mme la ministre,
l'automne dernier, on prévoit une révision des normes d'aménagement,
dans les prochaines années, une révision des tomes I sur la conception
routière, tome IV sur la signalisation routière. Ce serait vraiment
dommage de ne pas profiter de cette révision qui s'en vient pour que les futurs
aménagements en milieu urbanisé au Québec se basent sur la vitesse de
30 km/h, qui est celle qui est sécuritaire pour la cohabitation avec les
piétons et les cyclistes.
Finalement,
j'aborde brièvement deux dernières recommandations qu'on souhaite mettre de
l'avant, qui figurent dans le mémoire, le fait de rendre le non-respect du
principe de prudence sanctionnable et de moduler la sévérité des
sanctions proportionnellement à la dangerosité du véhicule. Il faut savoir que,
quand on a inscrit le principe de prudence,
lors de la dernière révision, on l'a fait pour permettre d'établir qu'il est la
responsabilité des conducteurs des véhicules
les plus dangereux de faire preuve d'une prudence accrue à l'égard des usagères
et usagers les plus vulnérables. En ce sens-là, on souhaite soutenir la
proposition de Piétons Québec de le rendre sanctionnable en... en l'associant à
l'article 327 du Code de la sécurité
routière et de moduler la sévérité des sanctions proportionnellement à la
dangerosité du véhicule. Ça permettrait de traduire le fait, par exemple,
qu'une automobile de petit gabarit ne représente pas le même niveau de risque lors d'une collision avec
une personne piétonne ou une personne cycliste qu'un camion lourd.
Finalement, dernière mesure ou levier qu'on
souhaite vous recommander, c'est celui de permettre aux cyclistes de traiter
les arrêts comme des «cédez le passage». Et, en ce sens, on souhaite soutenir
la proposition qu'on sait que Vélo Québec va vous faire relative aux
articles 369 et 370 qui prévoient qu'à l'approche d'une intersection munie
d'un arrêt aujourd'hui les cyclistes et les automobilistes doivent exécuter un
arrêt complet avant de poursuivre leur trajet. Cette exigence-là nous paraît
justifiée pour les automobilistes parce que leur vitesse restreint leur champ
de vision. On sait que leur masse et leur vitesse combinées va allonger la
distance de freinage et on sait que leur vitesse
et leur masse combinées augmentent aussi la violence des chocs. Or, il s'agit
d'une exigence qui est disproportionnée à nos yeux pour les cyclistes
qui circulent à plus basse vitesse et bénéficient d'une meilleure... d'un
meilleur champ de vision.
On sait aussi que, pour eux, ralentir à l'approche
de l'intersection suffit généralement pour pouvoir évaluer si un arrêt est nécessaire, et surtout, on sait que
repartir après un arrêt complet demande une dépense d'énergie beaucoup
plus grande du cycliste que de l'automobiliste. Cette recommandation-là, elle
viserait à réduire le temps de parcours à vélo afin de favoriser la pratique de
ce mode de transport, dans l'objectif qui est, comme le disait ma collègue, la
priorité numéro un de la Vision zéro, c'est-à-dire favoriser la mobilité
durable. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup pour votre exposé. Donc, je débute les interventions avec Mme la
ministre pour 16 min 30 s.
Mme
Guilbault : Oui, merci beaucoup, M. le
Président. Merci à vous d'être ici présents pour... pour partager... J'ai ici votre mémoire, là, que je...
que je regarde. Puis il y a des recommandations qui vont dans le sens de
ce qu'on propose, alors je trouve ça toujours intéressant, notamment le
numéro 8, numéro 13.
Mais peut-être revenir... ou peut-être...
peut-être une mise en contexte. Parce que, quand on dit... puis je paraphrase,
là, ce n'est pas les mots exacts, mais on trouve dommage de... que le projet de
loi n'utilise pas cette occasion-là, par exemple, pour des questions de virage
à droite, ou peut-être de véhicules, ou de choses qui ne touchent pas
nécessairement ce qui est effectivement dans le projet de loi. C'est sûr que le
projet de loi, c'est un instrument qui sert à mettre en oeuvre des mesures du
plan d'action qu'on avait déposé. Étiez-vous présents, l'un de vous, au
lancement du plan d'action l'année... l'été dernier, peut-être?
Mme Gagné (Marie-Soleil) : On
n'avait pas été invités.
Mme Guilbault : Non?
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : ...oui,
on avait... on était... c'était... c'était à Montréal, le...
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Ah!
C'était à Montréal. Ah!
Mme Guilbault : Oui, c'est ça, c'était à Montréal.
Mme
Pineau-Lemieux (Angèle) : On n'était pas à Montréal, on était en virtuel, on
avait reçu le communiqué, mais non, on n'était pas présents.
Mme Guilbault : Ah! OK, bon, c'est ça, mais... mais, donc, c'est ça, vous
avez suivi ça, le lancement du plan, puis qui était le fruit d'un travail, avec
tellement de rencontres que j'ai faites. J'ai rencontré à peu près tout le
monde, ou sinon mon cabinet, on a rencontré... Puis donc, ça, c'est un peu...
évidemment, ce n'est pas parfait puis ce n'est
pas le miracle qui va mettre fin à tous les problèmes, mais il y a quand même
beaucoup de choses dans ce plan-là dont on est très fiers.
Puis, sur les... en fait, il y a
27 mesures, mais avec quelques sous-mesures, ce qui fait qu'au total ça
fait 47 éléments. Puis là-dessus, il y en a environ six. Il y en a même
précisément six pour lesquels on avait besoin de ce projet de loi là pour les
mettre en oeuvre. Donc, c'est pour ça que c'est un projet de loi... à la
différence, peut-être, d'autres projets de loi qui portent sur un thème, où,
là, on fait le tour de plusieurs choses du thème. Là, c'est vraiment, je
dirais, un projet de loi instrumental pour venir opérationnaliser des choses
qui avaient préalablement été annoncées. Donc, dans ce sens-là, c'est sûr qu'on
s'attarde à des volets qui sont les engagements qu'on avait pris.
Donc, tu sais, évidemment la mesure n° 1, la mesure n° 2,
la mesure n° 4, ainsi de suite, n° 5,
donc, juste pour le contexte, donc, c'est
sûr que les éléments qui ne sont pas nécessairement dans le plan d'action ne se
trouvent pas dans le projet de loi, parce que c'est comme un projet de
loi instrumental, comme je disais, qui vient... qui vient servir à donner suite
à des choses.
Et... et un des éléments importants, bien,
évidemment, c'est les zones scolaires, les zones, les corridors. On a eu le
débat avec... avec des gens qui vous ont précédés aussi, plus de radars-photo,
plus... des pénalités plus élevées. Et je crois que vous disiez, en terminant,
qu'on puisse sanctionner davantage le virage à droite, ou on ne cède pas le passage...
est-ce que c'est... ou le dernier exemple que vous aviez donné à la fin de
votre exposé, si vous pouviez me le répéter.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : La
dernière mesure portait sur le fait de considérer l'arrêt comme un «cédez le
passage» pour les cyclistes. Puis l'autre d'avant portait sur la sanction du
principe de prudence, le fait de le rendre sanctionnable, le non-respect du
principe de prudence.
Mme Guilbault : Ah! OK, OK, OK, parfait. C'est différent de ce que j'avais
compris. Parce que vous avez peut-être vu, dans le projet de loi, il y a une
série d'éléments pour lesquels on va augmenter les sanctions, qui couvrent
beaucoup les cyclistes, beaucoup les piétons, puis c'était exactement ça,
l'objectif. Donc, alors, c'est ça, ça fait que,
sur la question des zones scolaires... Puis, c'est ça, la réflexion, les zones,
le corridor, est-ce que vous considérez que ce qu'on a mis dans le
projet de loi, qui fait donc suite à ce qu'on avait mis dans le plan d'action,
est de nature à augmenter significativement la sécurité dans nos zones
scolaires, donc, pour nos enfants, pour les usagers du réseau qui se promènent
autour de nos zones scolaires?
• (18 heures) •
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Je vais
commencer. Bien, c'est sûr qu'on considère que c'est une bonne avancée, en
fait, un bon premier pas pour justement sécuriser les abords des écoles. En
même temps, on comprend aussi votre mise en contexte. On comprend aussi que,
bon, la révision du projet de loi actuel dépend d'un plan d'action qui a été
annoncé à telle période. En même temps, il y a des enjeux à l'heure actuelle
sur le terrain, il y a des décès, il y a des... il y a des décès, il y a des
collisions, puis un décès ou une collision qui implique un enfant, peu importe
où est-ce qu'il se trouve, en fait, dans une ville, dans un village, dans le
territoire, bien, c'est inacceptable.
Donc, en tant que
tel, nous, oui, effectivement, on considère que c'est une bonne avancée. En
même temps, c'est sûr et certain que tant et aussi longtemps qu'on ne touchera
pas sur la question de la réduction du nombre d'automobiles,
qu'on ne touchera pas sur les aménagements en soi, bien, on... le projet de
loi, en fait... En fait, ce qui... ce qui est proposé ne reflète pas
nécessairement, en fait, l'ampleur de l'approche Vision Zéro. L'approche Vision
Zéro, c'est quand même une approche qui a été éprouvée dans le monde, un peu
partout. Il y a des études, en fait, qui démontrent que c'est une approche qui
permet justement d'atteindre zéro décès, zéro... zéro blessé. Donc, c'est sûr
que, pour nous, la notion de zone versus corridor, on considère que, plus qu'on
aménage, en fait, nos milieux de vie pour qu'ils soient favorables à la
pratique des transports actifs, plus qu'on sécurise par le fait même, en fait,
le milieu. C'est comme ça que je commencerais.
Mme Pineau-Lemieux
(Angèle) : Je complèterais peut-être sur la notion de zone versus
corridor. Dans le plan d'action, on faisait référence à un corridor, là. Dans
certains articles du projet de loi actuel, on fait référence plutôt au mot
«zone». La zone, en ce moment, on parle des... des rues qui sont littéralement
contiguës ou adjacentes au terrain, soit d'un établissement scolaire ou d'un
établissement où il y a des activités scolaires. Et le projet de loi, en ce
moment, ce qu'il propose, c'est d'étendre, de 50 mètres en zone urbaine ou
de 100 mètres hors de la zone urbaine, ce périmètre-là. Or, on le sait,
puis c'est un peu dans ce... dans cette optique-là, la
recommandation 12 : «Transformer le concept de zone scolaire en
corridor scolaire pour créer des secteurs protégés étendus.» C'est dans cette
optique-là que, pour nous, ce n'est pas suffisant de s'intéresser même à
50 mètres autour d'une école. On... L'idée, c'est qu'on le sait, là,
85 %, il me semble, des accidents impliquant les élèves ont lieu en dehors
de la zone scolaire, ont lieu... et je pense que les parents qui étaient avant
nous en ont parlé souvent, ont lieu sur le chemin de l'école. Et donc c'est
cette notion-là de zone qui, pour nous, semble problématique et qu'on trouve
dommage par rapport aux intentions qui avaient été annoncées dans le plan
d'action, de ne pas retrouver un corridor qui est considéré comme plus élargi,
plus étendu et qui permettrait de refléter le fait que les accidents, ils n'ont
pas juste lieu sur le terrain de l'école ou sur la rue adjacente à l'école.
Mme Guilbault : Est-ce que... Je ne sais pas si vous êtes familiers avec le guide Redécouvrir
le chemin de l'école, qui est le complément, là, comme je disais à
des groupes, effectivement, qui ont soulevé le même point que vous, et... et je
disais qu'en complément de ça... parce que, oui, rendre les aménagements
sécuritaires, mais pour avoir une sorte d'uniformité ou de référence objective
en bas de laquelle on n'accepte plus les... que les aménagements soient
considérés sécuritaires, si on veut, on va le mettre à jour cette année, ce
guide-là. Avez-vous une opinion là-dessus, encore une fois, si vous le
connaissez, là?
Mme Pineau-Lemieux
(Angèle) : Bien, la recommandation 14 y fait référence,
laissez-moi la sortir exactement... mais qui vise à «faire de l'aménagement
sécuritaire des zones et corridors scolaires une obligation». Dans le... dans la formulation actuelle de la
proposition qui est dans le projet de loi... je ne la connais pas par coeur,
là, mais ça dit «en tenant compte du guide», et, à nos yeux, c'est une
très bonne chose qu'on élabore un guide qui permet d'avoir des pratiques
standards, les gens pourront faire encore mieux, mais on a au moins un guide de
base. À notre sens, la
recommandation 14 faisait référence au fait que le terme «en tenant
compte» ne nous semble pas porter le caractère obligatoire qui était
attendu dans le plan d'action, où on parlait d'obligation de suivre le guide Redécouvrir
le chemin de l'école, alors que là on est sur une formulation qui parle de
tenir compte, et c'est ce sur quoi porte la recommandation 14, sur le flou
entourant le terme «tenir compte».
Mme
Guilbault : Puis, toujours sur les zones
scolaires, je voyais votre recommandation n° 13, justement :
«Modifier, par voie réglementaire, la période d'application de la zone scolaire
et du corridor scolaire en l'étendant 24 heures par jour, 7 jours par
semaine, 365 jours par année.» Donc, c'est pratiquement un peu
l'expression qu'on a prise aujourd'hui, là, pour parler de ça, parce que je
demandais aux gens : Qu'est-ce que vous pensez de l'idée? En considérant
qu'il y a des environnements différents, des réalités différentes, des milieux
où il n'y a pas vraiment d'installations, qui font que les enfants vont
fréquenter l'école à moins d'aller à l'école, justement, alors... Mais là, je vois, vous, c'est très clair dans la
recommandation n° 13, puis, en fait, nous, de prime abord, on avait un
préjugé favorable pour ça, là, c'est dans... c'est dans la
mesure 1.2 de notre... ou, du moins, dans le plan d'action sécurité
routière, on disait : «Mener des consultations sur le règlement encadrant
l'établissement des zones scolaires et définissant la période scolaire afin
notamment de revoir les balises définissant la période scolaire et les zones
scolaires.» Donc, ça va tout à fait dans ce sens-là. Je voulais justement le...
je voulais seulement le préciser, dire qu'on pense un peu la même chose.
J'irais
à votre recommandation n° 1, qui... qui couvre large quand même, là, tu
sais, la recommandation n° 1 : «Intégrer des modifications
visant non seulement à sanctionner davantage les comportements dangereux, mais
aussi et surtout à favoriser la mobilité durable en augmentant son efficacité.»
Puis vous avez dit, tout à l'heure, tu sais, l'important, c'est ça, ce n'est
pas juste d'avoir des sanctions, ce n'est pas juste de prévoir ce qu'on prévoit
là, mais c'est toute la question de la prévention puis, dans le fond, d'avoir
de l'aménagement plus globalement qui est favorable
à plus de sécurité. Puis, là aussi, je suis d'accord puis, dans un sens,
j'étais... je n'étais pas étonnée de trouver cette recommandation-là
parce que ça va tout à fait dans le sens de votre mission puis des propos que
vous avez tenus précédemment, mais il y a
quand même beaucoup de ça dans le plan d'action de la sécurité routière. Tu
sais, rendre obligatoires des aménagements sécuritaires, ce n'est pas
chose aisée, là, tu sais, pour des villes en dehors des grands centres, vous,
vous êtes plus à Québec, mais, dans l'ensemble de nos régions du Québec, c'est
un énorme pas qu'on franchit puis c'est une énorme pression qu'on met sur les
municipalités. Alors, c'est déjà une avancée majeure qui, je trouve...
Justement, là, c'est non seulement sanctionner dans le projet de loi puis dans
le plan d'action, mais c'est aussi favoriser la mobilité durable, favoriser les
aménagements.
On parle beaucoup des
zones scolaires, mais on a, comme vous savez probablement, aussi tout un bloc
sur la sécurité pour les travailleurs de chantier. On a aussi un bloc sur les
aînés. Pour la première fois, notre ministère va siéger dans la définition de
la nouvelle politique Vieillir ensemble. Alors, on siège dans les comités pour
la nouvelle politique pour les aînés. Les brigadiers scolaires, il y a des
mesures pour les brigadiers scolaires. Donc, tant en termes d'aménagement que
de mobilité durable, que de sécurité en général pour des clientèles vulnérables,
pas seulement les enfants, je trouvais qu'on atteignait l'objectif avec le plan
d'action, dont le projet de loi permet de mettre en oeuvre certaines mesures.
Donc, j'aimerais ça juste vous... entendre votre réponse à cette réflexion-là,
que je me faisais en lisant la recommandation n° 1.
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Bien,
juste pour revenir, en fait, nous, on travaille dans la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches,
donc on est en lien avec différentes municipalités de différentes grosseurs,
là, soit dit en passant. Et puis c'est sûr que les routes à numéro, on ne se le
cachera pas, là, c'est... c'est vraiment... c'est un enjeu, en fait, prioritaire. Le nombre de maires, de
mairesses, de conseillers municipaux qui viennent nous voir puis qui nous
disent : Qu'est-ce qu'on peut faire pour réaménager, en fait, cette
route-là? Parce que j'ai des... j'ai des... des enfants, j'ai des aînés qui
circulent, en fait, sur ces artères-là, à pied. Et, évidemment, ce sont des
endroits qui sont dangereux.
En tant que tel, ce qu'on considère... on
considère vraiment que le projet de... en fait, la révision ne va pas
suffisamment loin, en fait, pour faciliter les déplacements actifs. Donc, par
exemple, il y a tout ce qu'on vient de nommer par rapport à, justement, l'arrêt
Idaho ou... je ne sais pas comment...
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : Cédez-le-passage
aux cyclistes.
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Cédez-le-passage,
oui, merci. Tu sais, ce genre d'initiative là, en fait, rend compétitifs, en
fait, les modes durables par rapport à l'automobile individuelle. Tant et aussi
longtemps qu'on ne va pas chercher à réduire ou à questionner au moins la
dépendance à l'automobile, bien, veux, veux pas, en fait, il... on ne finira
jamais par s'avouer que notre plus grand risque en ce moment, le plus grand
danger sur nos routes, bien, ce sont les automobiles. Ce ne sont pas les
piétons, ce ne sont pas les cyclistes. Et donc, c'est important de prévoir, en fait, des mesures, même si elles sont coûteuses.
Puis on ne demande pas que ça soit réglé du jour au lendemain, je pense
qu'il n'y a pas de recette magique non plus pour rendre le bilan routier moins
lourd. Mais en même temps, je pense qu'il y
a quand même des actions. Puis les municipalités, en fait, elles sont prêtes, elles
ont l'appétit, en fait, pour ce genre de
mesure là, je pense qu'il faut agir en concertation, puis c'est vraiment...
c'est un défi partagé, là, en tant que tel, là.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : Si tu
me permets?
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Bien sûr.
• (18 h 10) •
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : On
parlait, tu sais, justement du fait que notre mission réside dans la mobilité
durable, celle du ministère aussi. Puis je renverrais à la Politique de
mobilité durable —
2030, où on a des objectifs d'augmentation de l'apport modal des transports...
des transports actifs.
À votre question, à savoir est-ce que le
projet de loi permet justement d'atteindre la recommandation n° 1, qui
dit... qui... donc intégrer des modifications qui permettent de favoriser la
mobilité durable en augmentant son efficacité, nous, malheureusement, c'était
là où le constat était le plus sévère, c'est-à-dire qu'autant au niveau des
radars qu'au niveau de l'augmentation des pénalités pour les collisions ou les
infractions, concernant vraiment la priorité piétonne, on est... quand ma
collègue parlait de la Vision Zéro des quatre étapes, on est à la dernière, on
est dans le contrôle, on est dans la sanction. Hors des zones scolaires, là, je
pense qu'au niveau des zones scolaires, on a compris justement qu'il fallait
agir en amont. Mais, on le disait, c'est aussi les aînés qui sont
surreprésentés dans les décès sur nos routes. Les accidents ne se produisent
pas juste en zones scolaires, malheureusement.
Et donc, c'est cette notion-là d'être capable
d'agir en prévention, en amont, sur l'ensemble du territoire, qui, à notre
sens, se ne retrouve pas tant dans le projet de loi. On parle des sanctions
qu'on va appliquer une fois que la vitesse a été dépassée, on parle des amendes
qu'on va pouvoir donner une fois qu'on a constaté un délit, mais est-ce qu'on
va vraiment s'être donné les leviers pour qu'en amont il n'y en ait pas
d'infraction ou qu'il n'y en ait pas de délit, parce que, les vitesses, par les
aménagements, par de la façon de faire, la vitesse pratiquée, elle est
sécuritaire? C'est là qu'on trouve que, malheureusement, il manque cette
partie-là dans le projet de loi.
Mme Guilbault : Puis, dans le... dans le plan d'action, parce que je vous
entends sur les aînés, puis vous avez raison de le soulever, c'est très
important, on a beaucoup parlé des zones scolaires, mais, pour moi, c'était
important pour moi qu'on parle de clientèles vulnérables, donc les aînés, les
travailleurs de chantier, comme je vous disais, les brigadiers aussi et...
parce que les brigadiers font les frais des mêmes aménagements non sécuritaires
que nos enfants, on en parle moins, là, mais
c'est important pour moi aussi. Puis dans le plan d'action, puis encore une
fois, ce n'est pas quelque chose qui se retrouve dans le projet de loi
parce que ce ne sont pas des mesures pour lesquelles on avait besoin de
modifications législatives, mais dans le plan d'action, à la mesure n° 8,
on a deux sous-mesures qui sont... qui
touchent le tome I, la conception routière, et le tome V, la
signalisation. Et là on dit : «Tester et évaluer de nouveaux aménagements qui pourraient
éventuellement être intégrés dans la norme.» «Intégrer des aménagements dans la
norme.» «Intégrer un chapitre "Piétons" prévoyant notamment les grands
concepts et principes d'aménagements visant la sécurité des déplacements
piétonniers.» «Documenter la signalisation des autres provinces et pays
destinée à améliorer la sécurité de l'ensemble des
usagers, en portant une attention particulière aux piétons et aux aînés — et
ainsi de suite.»
Alors, c'est pour ça que ça m'a surprise quand
vous dites : Il n'y a rien dans le projet de loi là-dessus, on est tout de
suite dans la sanction. Pour moi, puis encore une fois, je suis d'accord
avec vous que ce n'est pas dans le projet de loi, mais, pour moi, ce bloc-là du
plan d'action nous permet d'agir en amont sur les aménagements sécuritaires,
documenter ce qui se fait ailleurs qui fonctionne bien, notamment pour nos
aînés, tu sais, les... puis qui... des fois, les traverses piétonnes, ce n'est
pas adapté, ce n'est pas assez long, les... la mobilité réduite aussi, on n'en
a pas parlé, mais ça fait partie de ça, pour moi. Donc, c'est... c'est...
Oh! 30 secondes. Bon. Bon, bien là, je n'ai
pas le temps de vraiment poser de question, mais en tout cas. Mais je vous
remercie beaucoup pour le travail que vous nous avez fourni, je pense qu'il y a
beaucoup de points sur lesquels on se rejoint. Mais j'entends bien les ajouts.
Le Président (M. Jacques) :
Merci,
Mme la ministre. Ceci met fin aux échanges. Et maintenant nous allons céder la
parole à M. le député de Marguerite-Bourgeoys, pour, toujours,
12 min 23 s.
M. Beauchemin : Merci beaucoup, M.
le Président. Écoutez, je pense qu'il y a beaucoup de matière dans ce que vous
apportez, puis je trouve ça superintéressant. Si vous aviez à faire, disons,
là, comme le top 3 de, selon vous, ce qui manque, là, dans le projet de
loi, ça serait quoi?
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Alors,
top 3? Vous êtes plutôt difficile. Prioriser les agents et les usagers
vulnérables, donc vraiment, tu sais, de revoir, en fait, les modifications
légales, revoir les différents articles, finalement, puis vraiment de
s'attaquer... «s'attaquer», excusez-moi ce terme-là, mais vraiment de protéger,
en fait, les... nos usagers, nos usagères
les plus vulnérables. Mme la ministre le mentionnait, oui, il y a les enfants,
mais il y a aussi les personnes aînées, il y en a d'autres aussi. Donc,
c'est sûr que pour nous, à ce niveau-là, c'est clairement... c'est
indispensable.
Puis, de garantir, en fait, de favoriser la
mobilité active, de favoriser, en fait, la mobilité durable à travers
différentes... à travers différents éléments aussi, à notre sens, c'est
fondamental, parce qu'en tant que tel, plus que... il y a vraiment une
corrélation directe entre l'accidentologie puis le nombre de véhicules sur nos
routes. Donc, à notre sens, c'est clair qu'il y a un travail qu'on doit exercer
en tant que société pour justement réduire à la source les problèmes, à savoir
le nombre de véhicules sur nos routes.
Mais je te laisse continuer les... J'ai... je
me... Je t'ai... J'ai fait seulement un top 2, je te laisse le troisième,
juste parce que je trouve ça un peu difficile...
Une voix : ...
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Oui?
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : Bien,
tu as nommé des... tu as nommé des grands principes.
Mme Gagné (Marie-Soleil) : C'est ça.
Mme
Pineau-Lemieux (Angèle) : Moi, je nommerais deux mesures. On en... on
les nommait tantôt, l'interdiction de virage à droite au feu rouge puis
la modification de la vitesse de base en agglomération de 50 km/h à
30 km/h. Quand on parle d'agir pour la protection des usagers plus
vulnérables puis de favoriser la mobilité active en disant : On va d'abord
réduire à la source le nombre de déplacements automobiles, on va d'abord
transférer vers des modes plus durables, ce seraient... ce seraient des mesures
qui sont, selon nous, à mettre de l'avant rapidement et qui vont avoir un
impact direct sur les guides d'aménagement dont parlait Mme la ministre tantôt.
M. Beauchemin : D'accord. Merci.
Rapidement, on a... on a pris connaissance, là, de votre mémoire. Vous
n'abordez pas du tout, là, les appareils de contrôle, les ACA, là. Avez-vous
une pensée par rapport à leur utilisation dans votre objectif à vous?
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Vous
parlez des mécanismes de contrôle dans les véhicules, en fait, même sur les
véhicules?
M. Beauchemin : Sur la route.
Mme Gagné (Marie-Soleil) : OK, sur
la route. Bien, c'est sûr que là, ça dépasse peut-être un peu le sujet de la sécurité routière. On considère en fait qu'il
faut d'autres sources de financement, en fait, pour justement financer nos
fabuleux transports collectifs. Donc, pour
nous, c'était vraiment stratégique, en fait, d'être favorables tout simplement
à cette mesure-là. C'est sûr que tout
comportement qui peut mettre en danger, en fait, la sécurité des cyclistes, des
piétons, des usagers, des usagères les plus vulnérables... À notre sens,
c'est une bonne mesure.
Maintenant, est-ce que c'est la mesure à
prioriser? Encore une fois, je le rappelle, en Vision Zéro, tout ce qui est
sanctions et contrôles arrive en dernier temps, en fait, en termes de priorités
d'action. Nous, ce qu'on... ce qu'on considère
prioritaire, c'est clairement la mobilité durable, mais aussi de faire des
aménagements qui pardonnent. Parce qu'à l'heure actuelle on a tendance à penser
que l'automobiliste ou que la personne, finalement, qui conduit un véhicule a
les meilleurs comportements, a un meilleur état de santé, que c'est vraiment
quelqu'un qui va pouvoir finalement prendre
les meilleures décisions possibles. Or, je pense que les statistiques nous
prouvent le contraire, il y a des choses
dans notre environnement qui peuvent venir, en fait, impacter notre conduite,
qui va justement mettre en danger d'autres usagers, d'autres usagères.
Donc, voilà.
M.
Beauchemin : OK. Bien, je comprends. Donc, votre perspective,
c'est vraiment plus comme un mécanisme de financement, un petit peu, si
je comprends bien, ça aide à lever un peu les sous pour...
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : Bien,
on est favorable à l'implantation de davantage de mesures de contrôle comme les radars. On n'y a pas accordé
une attention particulière, non seulement parce que ça se retrouve déjà,
mais non seulement, comme l'a dit ma
collègue aussi, parce qu'on voulait attirer l'attention sur l'ordre de
priorisation de la Vision Zéro,
qu'elle met les sanctions en dernier, mais ça ne veut pas dire pour autant que
c'est une mauvaise mesure.
M.
Beauchemin : OK. Bien, là, vous en avez parlé un peu tout à
l'heure. Puis je pense qu'on a abordé l'idée, là, de baisser le taux
d'alcool dans le sang de 0,08 à 0,05 plus tôt aujourd'hui. De votre point de
vue à vous, ça aussi, ça ferait partie, donc, d'un ensemble de mesures pour...
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Bien
entendu, on ne s'est pas penché sur la question. C'est sûr que, oui, on serait
favorable. Toute mesure limitant, en fait, les risques et les dangers, en fait,
impliquant des collisions entre des automobilistes ou... et/ou des piétons, des
cyclistes, évidemment qu'on va être d'accord. Maintenant, c'est sûr que nous, on considère que la vie, en fait, des
usagers, des usagères les plus vulnérables doit prévaloir, en fait, sur
peut-être la notion de plaisir.
M. Beauchemin : Vous parliez des
cyclistes tantôt. Puis ça, c'est un point que j'ai... Vous aviez trois, je
pense, recommandations de... spécifiques pour les cyclistes. La recommandation
de permettre aux cyclistes de traiter les
arrêts comme des cédez-le-passage, avez-vous des études qui démontrent que
c'est correct, qu'il n'y a pas de danger pour les cyclistes? Avez-vous
déjà des analyses sur ce sujet-là?
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Je vais
attirer votre attention sur... Je sais que le mémoire de Vélo Québec cite
plusieurs études qui portent justement sur le sujet. Ça s'appelle, tantôt ma
collègue disait, l'arrêt Idaho parce que c'est le premier État américain qui a
mis de l'avant cette pratique-là. Et ce qu'on constate dans les États
américains qui ont été de l'avant, c'est qu'il n'y a pas d'augmentation
significative du nombre de collisions avec... Parce que la crainte, ça pourrait être que ça, la crainte de
collisions avec les personnes piétonnes, et les études tendent à démontrer
que ça ne va pas dans ce sens-là. Parce que,
comme on le disait tantôt, chez un automobiliste, on marque un arrêt, bien,
parce que le champ de vision est restreint, parce que la distance de freinage
est plus grande, parce que la gravité, en cas
de choc, est plus grande aussi, alors que... Et c'est une pratique qu'on
observe assez couramment, là, des cyclistes qui vont ralentir à
l'approche d'un arrêt, s'arrêter s'ils voient qu'ils n'ont pas la priorité,
mais, sinon, continuer en ne marquant pas complètement l'arrêt.
• (18 h 20) •
Donc, pour nous, ce serait de venir inscrire
cette mesure-là, l'autoriser au niveau de traiter l'arrêt comme un
cédez-le-passage. Et ça permettrait aussi qu'on puisse véritablement sanctionner
les cyclistes qui ont... qui peuvent avoir un comportement dangereux et qui
peuvent, eux, ne pas ralentir et là mettre en danger les personnes piétonnes ou
les personnes plus vulnérables qui sont justement à l'arrêt. Donc, à notre
sens, ça permettrait non seulement de s'appuyer
sur la littérature pour favoriser, on disait, les déplacements à vélo, réduire
les temps de parcours. On le sait, que c'est plus exigeant, pour un cycliste,
de redémarrer que pour un automobiliste, que ça aurait peu de conséquences
sur les autres usagers, mais que ça nous permettrait aussi, je pense, de
sanctionner les comportements qui, eux, sont véritablement dangereux.
M. Beauchemin : Avez-vous... Là,
vous parliez d'exemples de l'Ohio, si j'ai bien compris.
Une voix : L'Idaho.
M. Beauchemin : À Idaho?
Une voix : Idaho.
M. Beauchemin : À Idaho, OK, le...
l'État de la patate.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : Depuis 1982.
M.
Beauchemin : D'accord. Donc, est-ce que vous aviez aussi vu des
applications qui ont été faites comme dans le reste du Canada? Parce
qu'on a quand même un environnement légèrement différent. Je pense à l'hiver.
Je pense aux cyclistes qui se promènent avec des
«goggles» l'hiver, là, qui se promènent avec des lumières, protection contre le froid, etc. Eux autres aussi, ils ont un petit
peu le champ de vision restreint, là, OK? Ça fait-tu partie? Parce qu'on...
évidemment, on a un bel hiver en ce moment, là, mais grosse tempête, si on
était... si on était en Nouvelle-Écosse aujourd'hui, on la trouverait peut-être
moins drôle, là. Donc, c'est ça, c'est dans ce contexte-là. Est-ce que...
C'est-tu quelque chose qui a fait partie de votre approche pour...
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Bien,
généralement, en contexte de tempête hivernale, tous les usagers et les
usagères, peu importe leur mode, doivent modifier, en fait, leur conduite par
mesure de prudence, par précaution. Donc, c'est sûr qu'on s'attend finalement
au même comportement des cyclistes que les automobilistes, qui, dans tous les
cas, adaptent, en fait, leur conduite en fonction de la météo.
M. Beauchemin : OK. Mais donc pas
de... d'encadrement.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : Pas au
niveau... Au niveau du Canada, à ma connaissance, il n'y a pas de... il n'y a
pas eu d'adoption similaire au Canada. Il y a la ville de Montréal qui s'était
prononcée en faveur de la mesure lors des consultations de la SAAQ en 2017. Et,
comme disait ma collègue, de manière... Évidemment, si on parle d'un contexte
hivernal où il y a de la neige sur la chaussée, c'est... il faut reconnaître un
peu le vélo d'hiver, c'est très difficile d'aller aussi vite en vélo d'hiver
qu'on va en vélo d'été. Donc, je ne serais pas capable de vous citer une étude
précise, mais, de prime abord, j'aurais tendance à dire que la vitesse est
réduite quand on est en vélo d'hiver, à l'approche d'une intersection.
M. Beauchemin : C'est certain.
Est-ce que vous préconisez plus une approche... Pour ce qui est de
l'aménagement sécuritaire, là, est-ce que vous préconisez plus une approche,
disons, uniforme à travers le Québec là-dessus, ou est-ce que, pour vous, ça
reste quand même peut-être aussi une responsabilité des municipalités de
s'adapter cas par cas dans leur région?
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Bien,
c'est sûr que, pour travailler avec des milieux autant ruraux, périurbains
qu'urbains, il faut trouver des solutions, en fait, qui soient adaptées aux
réalités de chaque milieu. Donc, c'est sûr qu'à notre sens d'aller... L'aspect
uniformité est intéressant, en fait, dans l'éventualité où c'est plus facile,
en fait, pour les usagers et les usagères de comprendre la loi grosso modo, là.
Donc, c'est vraiment... c'est une loi qui est uniforme partout. En même temps,
on s'entend que les réalités sont différentes, mais il faut aussi s'assurer
qu'il n'y a pas d'injustice territoriale, en fait, qui peuvent se créer aussi à
travers, finalement, des exigences qui pourraient causer effectivement
préjudice à certaines municipalités qui ont des services, par exemple, qui
n'ont pas de service d'urbanisme ou d'aménagement, ou qui n'ont pas les mêmes
moyens que, par exemple, une grande ville comme Québec, Montréal.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : Bien,
je ferais... je ferais du pouce pour nous amener sur, justement, la
recommandation de modifier la vitesse de base en agglomération de 50 km/h
à 30 km/h. Aujourd'hui, on est dans une réalité où, ma collègue le disait,
souvent les plus petites municipalités vont avoir beaucoup moins de moyens que
les plus grandes, et ça fait... et même dans les plus grandes qu'aujourd'hui,
la vitesse de base, la norme, c'est du 50 km/h, eh bien, une ville ou une
municipalité, qu'elle soit petite ou grande, qui souhaite faire des
modifications, s'assurer qu'ici que ce soit
30 km/h dans nos rues résidentielles, que ce soit 40 km/h sur notre
réseau artériel à certains endroits, bien, doit se mettre à signaliser
au cas par cas toutes ces intersections, toutes ces intersections, toutes ces
rues-là. Et ça crée une complexité que certaines plus grandes municipalités
sont peut-être capables de gérer, mais que souvent des plus petites
municipalités ne seront pas capables de gérer.
C'est pareil
pour... je pense à l'aménagement de trottoirs, on en a beaucoup entendu parler,
ou d'infrastructures de transport actif dans des plus petites
municipalités où c'est la route du réseau supérieur, la route à numéro du ministère des Transports qui traverse la
municipalité, où peut-être qu'à Montréal ou Québec on aurait l'argent de payer
le trottoir et l'entretien, mais là, puisque ce n'est pas pris en charge, bien,
on se ramasse avec des rues principales au Québec où il n'y a tout simplement
pas d'infrastructures de transport actif.
Donc, je
pense que c'est important d'avoir une uniformité dans le principe, dans le
principe que, dans toutes nos municipalités au Québec, on devrait avoir
des milieux sécuritaires. Ensuite, il faut que nos guides d'aménagement, il faut que nos guides de normes, ce soit une base
minimum sur laquelle tout le monde peut partir, puis peuvent évidemment
faire mieux, peuvent évidemment aller plus loin, mais que notre norme, elle
soit celle qui protège le plus les usagers vulnérables et qu'ensuite les
exceptions viennent se faire au cas par cas, mais pas le contraire. En ce
moment, dans plusieurs types de lois, la
norme, c'est la façon la plus lousse et, ensuite, les villes peuvent venir
choisir de resserrer, mais malheureusement, ça fait en sorte qu'il y en
a qui n'ont pas les moyens ou pas les ressources pour le faire.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup. Ceci complète l'intervention de
l'opposition officielle. Je cède maintenant la parole à M. le député de Taschereau,
pour toujours 4 min 8 s.
M. Grandmont : Trois,
quatre minutes. Merci beaucoup à vous trois d'être présents, présentes
aujourd'hui. Merci pour votre mémoire,
encore une fois, toujours très riche. Merci aussi pour la conversation que vous
avez eue tantôt avec Mme la ministre qui nous a dit, là... puis je vais
la paraphraser, mais que le projet de loi, c'était un projet de loi instrumental visant à mettre en application le plan d'action
qui avait été déposé avec 27 mesures. Je suis retourné voir si on parlait, entre autres, de véhicules
hors route, et on n'en parlait pas. Donc, j'en comprends qu'il y a de la place dans
le projet de loi pour ajouter des éléments. Donc, merci pour ce petit
moment-là.
D'abord, sur les corridors scolaires, je
voudrais vous entendre là-dessus, vous avez, en fait, élaboré... puis je
voudrais juste que vous le répétiez pour le bénéfice de tous et toutes ici.
Comment vous imaginez pouvoir encadrer ou établir cette zone-là? Parce que vous
en avez fait un... vous avez donné un exemple tantôt de comment on pourrait
quantifier, en fait, cette... ce corridor-là, cette zone de corridor.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : En
fait, on faisait référence au fait qu'en ce moment, les rues autour des écoles ou des établissements scolaires sont les
seules qui sont incluses dans la zone scolaire. Le projet de loi prévoit qu'on aille
ajouter 50 mètres, si je ne me trompe pas, en zone urbaine,
100 mètres hors des zones urbaines. Le problème, c'est qu'avec cette définition-là on reste toujours dans un tout petit
cercle autour de l'école, puis on peut imaginer, là, ça nous fait plein de petits cercles, plein de
petits patchs où tu as, autour de l'établissement scolaire, une certaine forme
de sécurité en termes de vitesse.
Pour nous, la notion de corridor scolaire, c'est
de faire référence pas juste au petit cercle autour de l'école, mais aux... à
toutes les routes qui peuvent permettre de rendre à l'école puis toutes les
routes qui font que, dans un quartier au
complet, c'est l'école de quartier, bien, on sait qu'il y a des enfants... il
existe... il existe une réglementation, mais qui fait qu'au-delà d'un certain périmètre, les enfants peuvent
prendre l'autobus scolaire, bien, en dessous de ce... de ce périmètre-là, on devrait se donner les
moyens d'être capables de sécuriser nos corridors scolaires adéquatement.
M. Grandmont : Donc, ça, c'est déjà
normé, en fait, on sait déjà que des jeunes, par exemple, ont accès aux
transports en commun à partir d'une certaine... d'une certaine distance. On pourrait
dire qu'à l'intérieur de ça, toute route qui se rend à l'école pourrait faire
partie du corridor scolaire, par exemple.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : C'est
un exemple de façon dont on pourrait procéder. Est-ce qu'on y va par un... par
une distance, ou est-ce qu'on y va par une définition plus large qui permet
d'être peut-être plus adaptable au milieu urbain versus...
M. Grandmont : Périrural, oui.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : ...versus
des régions, là? C'est clair que...
M. Grandmont : Ce n'est pas la même
réalité.
Mme Pineau-Lemieux (Angèle) : C'est
clair que ce n'est pas la même réalité, exactement.
M. Grandmont : Il y a beaucoup de
jeunes qui prennent l'autobus aussi, évidemment.Mais donc, il y aurait moyen, selon vous, d'encadrer, en fait, cette
notion de corridor scolaire là, selon certains paramètres, mais qui sont déjà
connus, sur lesquels on pourrait s'appuyer. Parfait, merci.
Sur les routes à numéro, je sais que c'est un
enjeu qui... bien, qui touche évidemment votre organisation. Là, vous touchez à
la fois Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, on est dans des milieux qui
ne sont pas toujours urbains, évidemment non
plus. Il y a des cas qui ont fait la manchette, des enfants qui sont décédés.
Vous avez travaillé d'ailleurs sur le dossier, là, à Saint-Flavien de
Lotbinière, notamment. Comment... comment arriver à se sortir de cette
problématique qu'on a actuellement? C'est-à-dire que les routes appartiennent
au ministère des Transports. On donne à la municipalité le rôle de devoir faire
des aménagements pour sécuriser. Puis ce qu'on donne, du côté du MTQ, c'est de l'argent à travers des programmes de
subventions. Est-ce qu'on ne devrait pas changer un peu la façon de voir
les choses?
Mme Gagné (Marie-Soleil) : Bon,
maintenant, sur le modèle à préconiser en termes de gouvernance ou en termes de
financement, je ne sais pas si j'ai... on a envie nécessairement de s'avancer
là-dessus. Par contre, ce qu'on peut... ce qu'on peut dire, c'est que les
municipalités sont... ont des connaissances, en fait, par rapport à leur
milieu, puis elles sont à même, en fait, d'être capables de diagnostiquer et de
choisir des solutions qui soient adaptées, en fait, à leur réalité. Maintenant,
il suffit de les outiller, mais surtout, en fait, qu'elles puissent avoir les
ressources pour mettre en place, en fait, ces solutions-là, pour créer des
environnements qui soient favorables à la pratique des transports actifs et
collectifs. C'est sûr qu'il y a... il y a la question de la connaissance, il y
a la question du financement, mais c'est sûr et certain qu'il y a... il y a une
dynamique, en fait, relationnelle entre les municipalités, en fait, puis le
MTQ, qui vient peut-être, en fait, freiner le développement, justement,
d'environnements favorables à la pratique des transports actifs.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup. Ceci met la fin à nos échanges.
Donc, je vous remercie pour votre participation à nos travaux.
Et nous suspendons quelques instants pour accueillir
le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 18 h 30)
(Reprise à 18 h 35)
Le
Président (M. Jacques) :
Nous reprenons nos travaux. Je souhaite maintenant
la bienvenue aux représentants de Vivre en ville. Je vous rappelle que
vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi nous procéderons
à une période d'échange avec les membres de la commission. Donc, je vous invite
à vous présenter et à commencer votre exposé.
Vivre en Ville
Mme Robin (Jeanne) : Oui, bien,
merci beaucoup de nous recevoir. Je m'appelle Jeanne Robin, je suis directrice
principale de Vivre en ville. Je suis accompagnée de Francis Garnier, qui est
conseiller aux affaires publiques à Vivre en ville également. Merci beaucoup de
nous recevoir aujourd'hui. On est très heureux de pouvoir présenter nos
recommandations sur le projet de loi n° 48 sur la sécurité routière en
personne. On est conscients qu'il est tard, on va essayer d'être dynamiques,
vous avez eu une grosse journée.
En premier
lieu, on souhaite saluer les avancées que constitue le Plan d'action en
sécurité routière 2023-2028, d'abord, et puis ce projet de loi qui en
est un premier élément. Ce qu'on a particulièrement apprécié puis ce qu'on a
salué, d'ailleurs, au moment de l'adoption du plan d'action en sécurité
routière, c'est qu'il y a une amorce vraiment de Vision zéro, d'adoption du
système sûr comme approche de sécurité routière pour le Québec, ce qui est
vraiment une approche prometteuse et une excellente nouvelle parce que,
malheureusement, l'évolution du bilan routier au Québec dans les dernières
années montre qu'on a pas mal atteint les limites des approches traditionnelles
en matière de sécurité routière et que donc l'approche de la Vision zéro ou
approche Système sûr est vraiment une nécessité.
Dans le projet de loi n° 48, on voit bien
les marques d'une ébauche de cette approche, en particulier avec la diminution
de la vitesse par défaut dans les zones scolaires, l'obligation d'aménager de
façon sécuritaire les rues concernées autour des zones scolaires et puis une
volonté aussi de modifier les comportements par la sensibilisation et par le
contrôle, donc des éléments qui s'inscrivent bien dans l'approche du Système
sûr. Toutefois, et ça va faire l'objet de l'essentiel de notre présentation, on
craint que ces changements n'aient qu'une portée limitée parce qu'ils portent
sur un territoire qui est trop restreint et parce qu'il y a certains angles
morts encore dans le projet de loi. Des modifications législatives
supplémentaires nous apparaissent nécessaires pour prendre un vrai virage en
matière de sécurité routière. Et donc on a plusieurs recommandations pour
accentuer le virage du Système sûr, notre mémoire en contient 19, on a prévu de
vous en présenter plus précisément quatre ce soir.
Donc, je rentrerais tout de suite dans la
première recommandation, sur laquelle on souhaite attirer votre attention et
qui concerne les vitesses, donc notre recommandation 4, qui vise à faire
passer de 50 à 30 km/h la vitesse maximale autorisée par défaut dans une
agglomération en vertu du Code de la sécurité routière, donc de modifier les
articles du Code de la sécurité routière qui le prévoient.
Pourquoi passer de 50 à 30 km/h? On vous en
a déjà parlé aujourd'hui, mais c'est vrai que la science, l'expérience montrent
que le risque de décès en cas de collisions est de 75 % à 50 km/h, le
risque de décès en cas de collision est de seulement 10 % à 30 km/h.
C'est vraiment une transformation qui est de nature à sauver des vies. On sait
aussi que plus on roule vite, plus on a un champ visuel restreint, donc on est
moins capable de réagir à notre environnement. Donc, dans un environnement qui
se caractérise par la cohabitation avec des usagers vulnérables, la survenue
d'événements inattendus, c'est opportun de disposer de tout son champ visuel.
Et, évidemment, plus on roule vite, plus la
distance d'arrêt est longue. À 50 km/h, c'est 30 mètres. À
30 km/h, c'est 15 mètres, donc on a plus de chances de réussir
à s'arrêter avant que la collision ne survienne.
L'objectif de ce changement législatif là, ce
serait de généraliser, partout au Québec, une pratique qui est déjà... qui est
déjà amorcée dans certaines municipalités. Il y a des villes, par exemple la
ville de Québec, où on a commencé à généraliser le 30 km/h sur une bonne
partie du réseau routier local. Et ce que les experts recommandent et ce qu'ils
estiment, c'est qu'il y a à peu près 70 % du réseau routier local qui a
vocation à être à une vitesse de 70 kilomètres...
pardon, 70 % qui a vocation à être à une vitesse de 30 km/h maximum.
Donc, le 40 ou le 50 km/h pourrait encore être mis en place, évidemment, en agglomération sur certains
axes, mais ça deviendrait l'exception et non pas la norme, avec des résultats intéressants en matière
de qualité de vie, de réduction du bruit, d'augmentation du sentiment de
sécurité, de qualité du voisinage. Donc,
c'est la première recommandation sur laquelle on souhaitait s'attarder ce soir.
• (18 h 40) •
Ensuite, on passerait à une recommandation qui
concerne l'aménagement sécuritaire des rues et des routes, et notre proposition
à la recommandation 6, c'est d'élargir l'obligation d'aménagement
sécuritaire à l'ensemble du réseau routier.
Je vais vous lire notre proposition. En fait, elle consiste à ajouter, dans les
articles 298 et 299, la phrase qui est actuellement relative
seulement à l'aménagement en zones scolaires, donc de dire : «En outre, la
municipalité est tenue d'aménager de façon
sécuritaire le chemin public concerné, notamment en tenant compte des guides
élaborés par le ministre des Transports en semblable matière.»
Cette obligation d'aménagement sécuritaire, on
pense qu'elle est particulièrement nécessaire à l'entrée en agglomération pour
marquer la différence de vitesse avec le réseau routier, qui aura permis
d'accéder à cette agglomération, et aussi là où les municipalités décideront
d'autoriser une vitesse supérieure à celle de 30 km/h. Puis ça, c'est une différence quand même assez
importante avec la situation actuelle où, ce qu'on demande aux municipalités,
c'est de mettre du... du 50 km/h partout et, là où elles décideraient de
mettre en place une vitesse inférieure, de faire un aménagement adapté à cette
vitesse inférieure là. Mais là on irait complètement dans le sens inverse,
c'est-à-dire que la façon normale de rouler, c'est 30 km/h, et si on
décide que, sur une artère, on veut autoriser 50 km/h, alors on est responsable de faire des aménagements sécuritaires, par
exemple, pour la traversée des piétons ou pour la cohabitation avec les
cyclistes, puisqu'on sait très bien que les collisions mortelles et graves,
elles se trouvent sur le réseau artériel, que c'est donc là qui a lieu
d'aménager de façon sécuritaire et de mettre le maximum d'efforts.
La troisième recommandation sur laquelle on
souhaitait attirer votre attention, c'est la modulation des sanctions en fonction des caractéristiques du
véhicule conduit pour mieux refléter le risque encouru en cas de collision. Il
y a plusieurs études qui se sont penchées sur l'effet de l'augmentation de la
taille et du poids des véhicules et le changement de format des véhicules du
parc de promenade, donc, en gros, le fait qu'on a davantage de camions légers
dans le parc. Il y a plusieurs études qui se sont penchées sur l'impact sur la
sécurité de ces changements-là. Il est visiblement important. C'est
probablement une des raisons majeures de l'aggravation du bilan routier dans
les dernières années et ce qu'on évalue, par exemple, c'est qu'en collision
avec un pickup, on a un risque de blessure grave qui est multiplié par deux et
un risque de décès qui est multiplié par trois. Donc, ce n'est pas anodin de
conduire un véhicule qui est plus lourd, qui est plus gros, qui a un capot plus
haut.
Ce n'est pas un sujet sur lequel c'est facile de
travailler, mais on pense que de l'aborder sous l'angle des sanctions, donc de
dire : On conduit un véhicule qui est plus gros, ça vient avec davantage
de responsabilités, donc si on n'observe pas le Code de la sécurité routière,
la sanction sera plus forte, on pense que ce serait une façon d'aborder le
sujet et de questionner peut-être cette évolution-là, qui est... qui est loin
d'être anodine.
Finalement, la quatrième recommandation sur
laquelle on voulait se pencher, c'est notre recommandation 12, donc, où on
appuie l'adoption des articles, dans le projet de loi, qui visent à rehausser
le montant des amendes en cas... dans le cas de plusieurs infractions, des
infractions qui ont pour conséquence de mettre à risque les usagers
vulnérables. Et ce qu'on recommande c'est que l'augmentation du montant des
amendes pour ces infractions-là soit associée à une importante campagne de
sensibilisation routière. Parce qu'on ne veut pas attendre que ce soit le
bouche-à-oreille qui signale que l'État considère dorénavant que ce sont des
infractions graves et qu'elles doivent être punies comme telles. Il faut
vraiment le faire connaître, il faut en profiter pour augmenter les
connaissances, parce que malheureusement,
visiblement, il y a beaucoup de personnes qui ne connaissent pas les règles de
circulation et qui se pensent tout à fait dans leur bon droit quand
elles, par exemple, n'accordent pas la priorité aux piétons lors d'un virage ou
dans ce genre de situation. Donc, ça nous paraît important de travailler
là-dessus.
Finalement, les acteurs de santé publique, et
particulièrement en prévention des traumatismes, je pense qu'ils ne nous
pardonneraient pas de ne pas évoquer la réduction du risque à la source, donc
le rôle important que peuvent jouer la
planification intégrée de l'aménagement et des transports pour réduire le
kilométrage parcouru et le développement de réseaux de transport en commun pour
faire un virage de la voiture vers les modes qui sont plus sécuritaires. Il
faut bien considérer qu'investir en transport collectif c'est un geste de
sécurité routière.
Pour terminer, bien, je voulais vous remercier
pour votre accueil ce soir. C'est un sujet qui est... la sécurité routière, qui est au coeur de la mission de Vivre
en ville. Nous, on souhaite aider à la conception de milieux de vie de
qualité qui répondent aux besoins de la population, qui assurent sa santé, et
la santé, évidemment, c'est... la sécurité routière en fait partie. Donc, merci
beaucoup.
Le Président
(M. Jacques) : Merci beaucoup pour votre exposé. Je donne
maintenant la parole à la ministre pour 16 min 30 s.
Mme Guilbault : Oui, merci, merci, M. le Président. Oui, il est un petit
peu tard, mais c'est toujours très intéressant.
La dernière fois qu'on s'est vus, c'est à votre sommet pour les piétons,
pour... pas «pour», mais c'est-à-dire à Drummondville. Donc, toujours un
plaisir de se retrouver. Merci encore pour l'invitation, d'ailleurs, où j'y
étais avec notre collègue de Drummond—Bois-Francs, qui a été un succès, à en juger
par ce que j'ai vu passer par la suite. Moi, quand j'ai quitté, ensuite, il y
avait, je pense, la mairesse de Longueuil puis plein d'autres invités qui s'en
venaient. Alors, bravo encore pour ce bel événement. Puis merci d'être ici,
vous aussi, à cette heure-là. Merci pour le mémoire, qu'on a regardé, les 19,
quand même, 19 recommandations assez fournies, qui vont dans... qui vont
sur plusieurs angles.
C'est sûr que moi, j'ai bien entendu les quatre
sur lesquels vous avez insisté, mais c'est sûr que nous, il y en a qui nous
intéressent un petit peu plus, dans le sens, elles sont toutes intéressantes,
mais qui vont vraiment dans le sens déjà des produits sur lesquels on est en
train de travailler, c'est-à-dire le plan d'action pour la sécurité routière et
le projet de loi qu'on est... qu'on est en train d'étudier, puis qui vont aussi
dans le sens... Vous êtes le huitième groupe
qu'on a aujourd'hui, donc il y en a eu sept, avant, dans toutes sortes de...
sur toutes sortes de sujets, mais il y a des choses qui reviennent
beaucoup. Donc, pour moi, c'est important de prendre un peu le pouls. Puis
justement, ça le dit, on est en consultations particulières. Donc, je priorise
ce qui est déjà dans le projet de loi pour essayer de voir un peu le pouls de
ces éléments-là chez les divers groupes.
Donc, votre bloc de recommandations, il y a cinq
recommandations dans un bloc qui s'intitule Routes et rues sécuritaires. Et là,
j'ai envie de vous partager un peu ce que j'ai fait avec d'autres groupes avant
vous, parce que, bien, vous vous appelez Vivre en ville, donc vivre en ville
peut nous évoquer ne pas vivre en région ou en tout cas est différent de vivre en région. Je ne sais pas à quel point Vivre en
ville est dans une conception élargie, où ça peut être vivre dans une ville comme Baie-Comeau, je prends toujours l'exemple de mon collègue, qui était maire de
Baie-Comeau, ou une ville comme Montréal, avec toutes les différences
que ça peut... que ça peut impliquer, mais, c'est ça, c'est qu'on a commencé la
journée avec l'UMQ et la FQM, déjà là, on a la différence, les plus grandes
villes, les plus petites municipalités, et toute cette question-là
d'élargissement... parce que, dans le projet de loi, ce qu'on a, ça donne suite
aux premiers éléments, là, du plan d'action sur la sécurité routière, sur de
nouvelles contraintes qu'on amène en termes
d'aménagements sécuritaires, oui, dans les zones scolaires, mais, quand on
regarde aussi plus loin, notamment les mesures qui touchent... les
mesures 8 et 9, pour les aînés, donc tout ce qui touche voir ce qui se
fait ailleurs comme aménagements sécuritaires, s'assurer d'aller vers des
aménagements sécuritaires pas seulement dans les zones scolaires, mais de façon
générale pour l'ensemble des clientèles vulnérables, ça ne représente pas le
même fardeau ou la même réalité et le même coût selon qu'on est dans une ville
plus densifiée, dans une ville avec un plus grand territoire, selon que c'est
notre propre réseau, selon qu'on compose avec le réseau du ministère des
Transports, avec qui des fois c'est plus compliqué de travailler, mais de moins
en moins depuis un an, mais, quand même, des fois encore un petit peu, et
donc...
Alors, tout ça pour dire que... comment est-ce
que vous conciliez tout ça? Parce que moi, je me dis : L'important pour
qu'une mesure fonctionne puis qu'on atteigne un objectif dans un plan d'action,
il faut qu'on... il faut qu'on mobilise, il faut que ce soit réaliste, il faut
que les gens embarquent. Si c'est trop... Si ça va trop dans un sens, il y en a
qui vont débarquer. Si ça va trop peu dans un... dans un autre sens, il y en a
qui n'embarqueront pas non plus. Et là, nous, ce qu'on proposait, pour nous,
c'est un peu l'équilibre entre tout ça qui va aller chercher le maximum de
mobilisation, tant dans les grandes villes, qui sont vraiment beaucoup dans la
mouvance... mais même les petites
municipalités sont dans cette mouvance-là, on le sent, et veulent... Je
prends... je prenais l'exemple ce matin de ma petite municipalité de
Saint-Augustin, de 20 000 habitants, où j'habite, dans Louis-Hébert, qui, par elle-même, a emboîté
le pas, réduit les limites de vitesse sur son réseau, etc. Donc, comment est-ce
que vous voyez, là, la conciliation de l'ensemble des éléments que j'ai
évoqués?
Mme Robin (Jeanne) : Bon, d'abord,
merci de nous rappeler que s'appeler Vivre en ville est un problème quand on
travaille en réalité avec tous les types de milieux. Ça va nous amener un
argument supplémentaire dans le processus de positionnement organisationnel
dans lequel nous sommes actuellement. Moi, je dis souvent que «je travaille
pour Vivre en ville, mais» parce qu'en réalité on travaille beaucoup avec des
petites municipalités et avec des municipalités de banlieue. Petite parenthèse.
• (18 h 50) •
Pour ce qui est de la préoccupation pour la
sécurité routière, selon notre expérience puis les raisons pour lesquelles on
est sollicités, elle est répandue dans tous les types de municipalités. Il y a
énormément de petites municipalités qui
soulèvent la question, et effectivement c'est souvent en lien avec un réseau
routier sous responsabilité du ministère des Transports, mais qui se trouve
à être aussi la rue principale, qui se trouve à être aussi la route sur
laquelle se trouve l'école, donc avec des besoins d'aménagement. Quand on parle
de sécurité routière, on parle à tout le monde. Il n'y a personne qui considère
que devant chez soi, ça devrait être un milieu où on ne se sent pas en
sécurité. Donc, là-dessus, le niveau de sensibilisation est sans doute élevé un
peu partout, et ce n'est pas pour rien que ça suscite beaucoup d'intérêt quand
on fait un projet de loi sur la sécurité routière, ça préoccupe tout le monde.
Malheureusement, on connaît souvent quelqu'un qui a eu à faire face à des
collisions, d'ailleurs.
Pour ce qui est du coût et des moyens
disponibles pour mettre en place des mesures d'apaisement de la circulation,
c'est vrai que le coût peut parfois être élevé. C'est d'autant plus important
de changer les normes, comme c'est prévu d'ailleurs dans le plan d'action en
sécurité routière, pour qu'on puisse avoir des informations sur comment faire
évoluer les rues à chaque fois qu'on a à les réaménager, parce qu'il faut quand
même souvent les réaménager, les rues, et, au moment de l'aménagement, ça ne
coûte pas plus cher, un aménagement sécuritaire, comparé à un aménagement plus
large qui favorise les vitesses. La question, c'est surtout : Est-ce qu'on
dispose des connaissances et de l'expérience pour mettre en place cet
aménagement-là? Mais, à partir du moment où il va y avoir des guides développés par le ministère des
Transports, probablement en collaboration avec les municipalités d'ailleurs,
on suppose, pour tenir compte de leurs différentes caractéristiques, ça va
devenir beaucoup plus facile pour une municipalité
de donner des contrats clairs et des mandats clairs aussi bien à son équipe
interne qu'à ses sous-contractants.
Évidemment, quand on a à réaménager tout son
réseau de rues pour l'adapter à une vitesse, ça peut représenter des coûts
importants, mais même les municipalités qui, par exemple, décident que
dorénavant c'est des trottoirs partout savent que ça prend un certain temps de
se mettre en place. On ne s'attend pas à ce que, quand on... quand on met en place une norme, demain matin tout
soit transformé. Mais il faut changer la norme un jour pour que... pour
que ça évolue.
Donc, pour répondre à votre question, les
attentes sont élevées du côté du milieu municipal, de recevoir un
accompagnement, d'avoir des normes qui évoluent, de pouvoir changer les choses
sans faire face à une levée de boucliers localement ou à un manque de moyens ou
de compétences. Donc, là-dessus, le ministère des Transports a un rôle de
leadership très important à jouer.
Mme Guilbault : Oui, tout à fait, puis je le disais ce matin à d'autres
groupes, dans le plan, d'ailleurs, il y a une
des mesures qui est le dépôt... bien, l'élaboration et le dépôt du tout premier
plan d'action sur, justement, les relations, le travail, la
collaboration entre les municipalités puis le ministère des Transports, qui
débordent la sécurité routière, mais qui est très, très, très pertinents puis
nécessaires dans le cadre de la mise en oeuvre de tout ce qu'on a à faire avec
les municipalités pour la sécurité routière. Ça fait que vous avez... vous avez
tout à fait raison.
J'irais peut-être sur la recommandation... puis
je vais laisser un petit peu de temps pour ma collègue d'Argenteuil qui, je crois,
aura des interventions à faire, mais sur les recommandations 12 et 14.
Simplement, en fait, pour faire, en
quelque sorte, du renforcement, parce que recommandation numéro 12, c'est
dans la rubrique Comportements sécuritaires : «Adopter les
articles 61 à 63 qui visent à rehausser les montants des amendes dans les
cas de plusieurs infractions et faire de ce changement l'occasion d'une
campagne de sensibilisation à la sécurité routière.»
Alors, bien, simplement
dire à quel point ça va, justement, dans le sens de ce qu'on veut faire. Je ne
sais pas si vous avez pris connaissance du type d'infractions pour lesquelles
on va rehausser les amendes, mais ça tourne beaucoup autour des cyclistes, des
piétons, ne pas céder le passage à un piéton, ne pas s'arrêter à un feu rouge à
une distance sécuritaire d'un piéton, des choses comme ça. Alors... puis,
encore une fois, ça donne suite à ce que j'avais déjà annoncé. J'avais un peu
affiché mes couleurs au dépôt du plan d'action en disant : Le projet de
loi va suivre. Mais le signal avait été envoyé qu'on voulait aller dans le sens
de protéger les clientèles plus vulnérables. Il y aura un règlement en
parallèle pour les points d'inaptitude aussi.
Alors, est-ce que vous considérez qu'on... qu'on
atteint la cible, qu'on vient protéger davantage? Est-ce que vous auriez fait
ça autrement? Est-ce que vous auriez ajouté autre chose, ou est-ce que vous
considérez qu'on fait une belle avancée pour protéger les gens qui sont un peu
plus à risque sur notre réseau?
Mme Robin (Jeanne) : Le fait d'avoir
des sanctions plus importantes, ça peut contribuer à changer la norme sociale,
ça envoie le signal que c'est des comportements qui sont dangereux, c'est pour
ça qu'on prévoit une amende élevée. Et c'est à notre avis très important de
préciser justement... Évidemment, nous, on a regardé de quels articles il
s'agissait, mais ça va être important de le dire et d'en faire une campagne
publicitaire pour rappeler : on augmente les amendes pour cette
pratique-là, parce qu'elle représente du danger et parce qu'elle a par exemple
été concernée par... en nommant le nombre de
collisions, en tout cas, en... vraiment en sensibilisant au fait que ce n'est
justement pas pour augmenter les revenus qu'on augmente les amendes,
c'est vraiment pour changer les comportements. Parce que ce qu'on souhaite,
c'est changer les comportements.
On en profiterait quand même pour rappeler que,
si ces comportements-là sont pratiqués, c'est souvent parce qu'il y a un défaut de l'aménagement qui n'est pas
suffisamment clair et qui n'incite pas suffisamment à des pratiques
respectueuses du Code de la sécurité routière. Par exemple, on se rend compte
que, quand il y a un îlot refuge ou quand il y a des avancées de trottoir
devant un passage pour les piétons, eh bien, les voitures, les automobilistes
ont beaucoup plus tendance à s'arrêter. Nous, on aime bien dire qu'il y a de la
sensibilisation, il y a de la sensibilisation par le contrôle et il y a de la
sensibilisation par l'aménagement. Et donc ça va être très important que les
guides de conception routière passent en
revue toutes ces infractions-là et regardent de quelle manière il faudrait
aménager la rue pour qu'elles ne soient plus commises tout simplement
parce que l'environnement va envoyer un signal clair et qu'on aura tendance à
respecter la loi parce que ça apparaîtra tout simplement évident de le faire.
Mme Guilbault : Bien, tout à fait, puis c'est un... c'est la conversation
qu'on avait avec un autre groupe, là, tu sais, oui, les sanctions, on vise
certains types d'infractions, des sanctions plus élevées, plus de photo-radars,
mais c'est en complément avec la prévention,
avec des aménagements, avec.. Ça, on est... on est... Combien il me reste de
temps, M. le Président?
Le Président (M. Jacques) : 4 min 59 s.
Mme Guilbault : Ah! OK, parfait. Peut-être un petit dernier élément sur la
recommandation 14 : «Adopter les articles visant le déploiement d'ACA
et la mise en place d'un régime de sanctions administratives pécuniaires,
s'assurer que le mécanisme choisi permettra de déployer les systèmes de
détection en nombre suffisant.» On n'a pas abordé aujourd'hui... ça a adonné
comme ça, on a beaucoup abordé les ACA, les appareils de contrôle automatisés, mais pas le nouveau type de régime de sanctions
qu'on introduit. Et là, vous, vous en parlez. Alors donc, considérez-vous
que c'est une bonne idée? Nous, l'objectif, c'est sûr que c'était de réduire le
fardeau sur nos ressources policières, nos ressources judiciaires. Puis, à
notre sens, ça atteint l'objectif tout en ne compromettant pas les objectifs de
sécurité routière. Donc, est-ce que je comprends de votre recommandation que
vous êtes...
Mme Robin (Jeanne) : C'est ce qu'on
a compris et on était favorables à ce déploiement, en effet.
Mme
Guilbault : Parfait. Bon, bien, je vais céder la parole, M. le
Président, à notre collègue estimée d'Argenteuil.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée
d'Argenteuil, pour quatre minutes pile.
Mme
Grondin : Ah! bravo! Merci. Mme Robin, M. Garnier,
bonjour. Moi, j'aimerais ça, pour bien comprendre... Parce que, tantôt,
Mme Robin, vous expliquiez, à travers vos recommandations, dans le fond,
l'idéal, en termes de prévention, de sensibilisation, d'aménagement durable, ça
serait de s'assurer qu'il y ait... qu'on passe, par défaut, à 30 km/h dans
les agglomérations, les zones urbaines ou densifiées ou... Est-ce que vous
avez... Est-ce que c'est toutes les routes dans une municipalité, en fait? Et
qui décide?
Mme Robin (Jeanne) : Ça ne pourra
pas être toutes les routes. En fait, dans les guides d'aménagement puis de
structuration du réseau routier, souvent, ce qu'on lit, c'est qu'un réseau lent
ne peut exister que s'il y a également un réseau rapide. Seulement, il faut que
leur aménagement soit distinct et soit clair et qu'on assure la sécurité sur le
réseau rapide. Notre proposition, c'est... ça consiste à modifier assez peu
d'articles dans le Code de la sécurité routière, et que simplement, l'article
que les municipalités utilisent actuellement pour imposer une limite de vitesse
plus basse que 50 km/h, elles
l'utiliseraient dorénavant pour imposer... pour autoriser une limite de vitesse
plus élevée que le 30 km/h.
Donc,
par défaut, ce serait 30 km/h partout, mais, évidemment, les municipalités
vont identifier un réseau probablement composé d'artérielles et de
collectrices, où la vitesse autorisée serait plus élevée, mais où, comme les
municipalités décideraient elles-mêmes qu'elles autorisent 50 km/h à cet
endroit-là, elles auraient le fardeau de mettre en place un aménagement
sécuritaire qui assure la protection des piétons lors de la traversée de la
rue, par exemple, en créant des feux de circulation, en créant des avancées de
trottoirs, en ayant une signalisation claire, en ayant... en assurant
l'éclairage, la visibilité. Donc, ça enverrait le message qu'on est conscients
que c'est une vitesse dangereuse en cas de collision, qui ne permet pas une
cohabitation pacifiée des usagers vulnérables et de la circulation motorisée.
Et donc, comme on est conscients de ça, on crée des aménagements qui soient
adaptés. C'est notre proposition.
• (19 heures) •
Mme Grondin :
Et donc, à ça s'ajouterait, dans les zones scolaires ou les... et les
corridors scolaires aussi, là, une priorité. Il y a un 30 km, et donc là,
il n'y a pas vraiment de possibilité qu'une municipalité se dise : Tout
près d'une école, on l'augmente à 40, 50, 60, c'est déjà comme prévu et pris
pour acquis.
Mme Robin
(Jeanne) : Effectivement... Oui.
Mme Grondin :
Mais toutefois, vous proposez quand même qu'il y ait des aménagements sécuritaires,
puis c'est ça que je veux bien comprendre, zones scolaires, mais aussi sur le
chemin ou «au cheminement». Et donc, là aussi, je veux bien comprendre comment
on fait. Une petite municipalité, la ministre a parlé de
20 000 habitants pour sa petite municipalité, moi, dans mon comté,
j'ai 14 municipalités sur 17 qui ont moins de 5 000 habitants,
donc là, on est aussi ailleurs à ce niveau-là. Et les enjeux, là, de sécurité
sont tout aussi importants en ce sens-là. Mais comment on accompagne ces
petites municipalités là? Tu sais, parce qu'on le voit, là, et vous le savez,
je l'entends, ce sont des investissements importants. C'est une chose, le
nouveau, c'en est une autre l'acquis...
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la députée d'Argenteuil. Je dois maintenant
céder la parole à l'opposition officielle, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le Président. Bonjour à vous deux. Merci
pour votre rapport. Pas mal de recommandations.
Je vais... je vais
commencer par la recommandation 7, où vous dites : «Élargir la
définition de la zone à protéger aux abords des autres lieux fréquentés par les
enfants ainsi que le cheminement par lequel ils s'y rendent, en tout temps.»
Nous avons entendu beaucoup de groupes aujourd'hui. Là, le grand débat :
Est-ce qu'on limite dans la zone scolaire ou le corridor scolaire? La collègue
vient de vous parler d'une réalité aussi de plusieurs, plusieurs municipalités.
Je pense que vous travaillez pas mal avec les municipalités. Vous pouvez nous
partager l'heure juste, OK. Il y a des
municipalités qui vous appellent parce qu'elles veulent aller de l'avant avec
certaines mesures. Vous avez sûrement
entendu les critiques à l'égard que, commençant quelque part avec la zone scolaire,
c'est un peu... beaucoup allaient dans le corridor scolaire. Où vous
vous situez à la lumière de ce que vous avez entendu aujourd'hui, mais aussi
votre expertise terrain? On ne veut pas aller avec du mur-à-mur, mais on veut
vraiment avoir l'heure juste par rapport à ce que vous avez entendu ou
expérimenté sur le terrain.
Mme Robin
(Jeanne) : Notre position, c'est que ce qui est actuellement défini
comme la zone scolaire, c'est beaucoup trop étroit comme périmètre pour
considérer qu'on assure la sécurité des déplacements des enfants vers l'école
quand on agit seulement sur cette zone-là. Donc, il faut vraiment élargir cette
zone.
On... La question des
corridors scolaires a été abordée. Une proposition qu'on n'a pas faite, parce
que, nous, notre recommandation, c'est de passer à 30 km/h partout, mais
qu'on aurait pu détailler, c'est, par exemple, de considérer qu'il y a un périmètre autour de chaque école où on peut
s'attendre à ce qu'il y ait beaucoup d'enfants qui se déplacent, parce qu'on sait que, jusqu'à
600 mètres à parcourir, c'est la marche qui domine comme mode de
déplacement pour se rendre vers l'école. Donc, on pourrait se dire que,
dans 500 mètres, un kilomètre autour des écoles, il faut s'assurer de
sécuriser l'ensemble du réseau routier, parce que les enfants peuvent circuler
n'importe où.
Même quand on
identifie un corridor scolaire, un enfant peut faire un détour, peut avoir
besoin d'aller chercher un ami, peut préférer passer par un autre endroit,
parce qu'il y a un parc, parce qu'il y a un commerce, parce qu'il a quelqu'un à
visiter. Donc, c'est... c'est hasardeux de trop restreindre la zone dans
laquelle on fait des aménagements. On met beaucoup plus de monde en sécurité à
partir du moment où on élargit la zone dans laquelle on crée des aménagements sécuritaires. Ça permet d'en faire bénéficier
plus de monde. Mais, tout simplement pour favoriser les déplacements des
enfants vers l'école, considérant qu'on souhaite développer l'activité
physique, développer les... augmenter les déplacements actifs, c'est nécessaire
de ne pas se limiter seulement aux abords des écoles.
Par ailleurs, c'est
difficile de faire respecter une limite de vitesse seulement sur 100 à
200 mètres, ça ne permet pas de mettre en place des aménagements très,
très efficaces. C'est plus efficace si on travaille sur une zone complète.
Donc, notre proposition, c'est vraiment d'élargir la zone sur laquelle on
travaille.
M. Derraji : OK.
Mais là on est loin du corridor scolaire. Donc là, vous, ce que vous dites...
Parce que ce que vous avez dit, c'est vraiment la vitesse, je l'ai vu. Mais
même un corridor scolaire, pour vous, ce n'est pas assez, si j'ai bien compris,
hein, vous pouvez...
Mme Robin (Jeanne) : Je dois dire
que mon grand âge et mon expérience dans le domaine font en sorte que j'ai
contribué à la rédaction du guide Redécouvrir le chemin de l'école et
que la détermination des corridors scolaires a suscité de
nombreux débats entre les adultes que nous étions, et on a quand même constaté
qu'en réalité les enfants ne circulent pas nécessairement dans le corridor que
nous avons eu tellement de mal à identifier avec des formules mathématiques et
l'analyse de la situation routière. Donc, oui, il faut dépasser la zone
scolaire et il faut dépasser la notion de corridor scolaire.
M. Derraji : OK. Je ne suis pas un
expert, donc je pose juste la question, mais j'avais cette... je ne peux pas
dire que je n'étais pas convaincu, mais j'essaie de me trouver des arguments
pour me convaincre moi-même, mais vous me confirmez que même le corridor
scolaire, ce n'est pas assez?
Mme Robin (Jeanne) : Ce ne serait
pas assez.
M. Derraji : OK. Et vous vous basez
sur quoi?
Mme Robin (Jeanne) : Ah...
M. Derraji : Parce que vous avez dit
une formule mathématique. Je n'étais pas là dans vos réunions, mais vous
semblez être une experte dans le domaine. Pouvez-vous élaborer plus?
Mme Robin (Jeanne) : Oui. J'ai
vraiment eu la chance de beaucoup travailler avec des écoles justement sur le
développement de plans de déplacements scolaires, et on a constaté que les
corridors scolaires ne suffisent pas. D'abord, il faudrait les faire évoluer
presque chaque année, parce que la population scolaire évolue. Et, ensuite, le
comportement même des enfants change. On change d'amis, on change de chemin, on
va à l'école avec un frère, une soeur, ça ne se passe plus de la même manière.
Donc, ça demanderait un ajustement qui demande un travail énorme aux
municipalités pour identifier c'est quoi, la meilleure route. Et est-ce que
c'est la même qu'il y a deux ans? Est-ce que ce sera la même dans deux ans?
Donc, comme on sait maintenant que, pour avoir une réelle influence sur les
comportements des automobilistes, il faut agir sur l'aménagement et pas
seulement sur les panneaux, imaginez le coût que ça représente d'aménager,
chaque année, un corridor différent et d'en faire au préalable l'analyse.
C'est... C'est fastidieux comme travail. Il
vaut mieux prendre pour acquis que, tout autour d'une école, la zone doit être
sécurisée.
M. Derraji : OK. Donc, on arrive à
une conclusion que, vu le coût, vu, si je peux dire, l'applicabilité de... du
corridor... au fait, la définition du corridor, on dirait que c'est... on ne va
pas atteindre les résultats escomptés. C'est pour
cela que vous, vous allez avec la recommandation 4 et que, pour vous, la
solution, la solution, pour ne pas rentrer dans ce labyrinthe, c'est
vraiment baisser le tout à 30 kilomètres par heure.
Mme Robin (Jeanne) : C'est de
considérer que l'ensemble du réseau routier doit être sécuritaire, que, pour
assurer la sécurité, on peut baisser la vitesse pratiquée ou on peut créer des
aménagements qui vont faire en sorte qu'en
traversée de la rue on est mieux protégés et donc de faire une combinaison de
ces différentes mesures là, mais ce qui
passe par un changement de la vitesse autorisée par défaut, un passage de 50 à
30 km/h, en effet, ce que beaucoup de municipalités commencent à
faire. Mais, si on souhaite améliorer la sécurité routière partout au Québec,
ça passe probablement par un changement au plus haut niveau de l'État. Mais
c'est, par exemple, le choix que la ville de Québec a fait il y a quelques
années déjà maintenant.
M. Derraji : OK. Vous avez dit que...
Avant, sur les... Je suis juste curieux de si vous avez des documents à nous envoyer, je ne sais pas, avec la présidence
de la commission, sur les corridors scolaires, si vous avez le temps de
partager des documents. Ça semble... Vous semblez avoir des documents par
rapport à des études sur les corridors scolaires.
Mme Robin (Jeanne) : Absolument. Il
y a un travail très important qui a été fait pour l'identification des mesures
de sécurité en milieu scolaire. On peut certainement vous envoyer ça.
M. Derraji : OK. Merci.
Le Président (M. Jacques) :
...à
la... au secrétariat de la commission.
Mme Robin (Jeanne) : Oui. Oui, oui,
bien entendu.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci.
M. Derraji : Je vais revenir à la
recommandation 4. Là, ce que vous dites, c'est vraiment... c'est...
c'est : «autorisée dans une agglomération». Ça veut dire que là on parle
vraiment de toute la zone. Est-ce que c'est précisé, la zone, zone... pas la zone scolaire, mais, encore une fois, c'est
l'agglomération, c'est... on fait baisser le tout à 30 km/h?
• (19 h 10) •
Mme Robin (Jeanne) : C'est à partir
du moment où on rentre dans l'agglomération, et donc, concrètement, à partir du
moment où il y a des maisons aux abords du réseau routier, ça devient justifié
de baisser à 30 km/h. On peut s'attendre à ce que la vitesse change par
moments. On sait que, par exemple, il y a des municipalités où il y a... il y a un regroupement de maisons à un endroit qui était
plus de type agricole, et puis ensuite on revient dans un endroit où c'est moins habité, avant d'entrer dans
le noyau villageois. Donc, on pourrait tout à fait envisager de passer à
30 km/h, puis de revenir à une vitesse supérieure, et ensuite de baisser à
nouveau la vitesse.
M. Derraji : Avez-vous en tête des villes, au-delà de la ville
de Québec, à l'extérieur, pas une ville urbaine, mais, je dirais, les
exemples que la collègue venait de mentionner, qui ont fait ce changement?
Mme Robin (Jeanne) : On avait fait une petite
recherche pour vérifier qu'effectivement il y avait des municipalités de
différentes tailles. Là, je dois admettre que je ne les ai pas en tête...
M. Derraji : Non,
mais ce n'est pas grave, ça pourrait être plus tard...
Mme Robin
(Jeanne) : ...mais, en effet, ça existe.
M. Derraji : ...ça
pourrait être plus tard.
Un autre point que
j'ai... ça m'a un peu... en fait, c'est la première fois que je le lis, c'est
le réflexe «équité». On entend... En termes de santé publique, on parle
beaucoup, beaucoup de... des déterminants de la santé, et ça agit sur plusieurs, plusieurs, plusieurs aspects, mais
c'est la première fois que je vois cette analyse. Et d'ailleurs vous allez
avec une recommandation 8 : «S'assurer d'une application équitable
des nouvelles obligations en matière de sécurité routière et prévoir des
critères à cet effet dans les programmes de soutien». Vous pouvez élaborer un
peu plus?
Mme Robin
(Jeanne) : Oui. On se rend compte, et d'ailleurs il y a des
municipalités qui nous l'ont signalé, que la pratique pour améliorer la
sécurité routière, à plusieurs endroits, c'est d'agir là où il y a de la
demande. Donc, quand il y a des demandes citoyennes, quand on appelle au 311,
quand on appelle... quand on... quand on sollicite son conseiller municipal pour que la rue soit sécurisée, bien, souvent,
on obtient ce qu'on demande. Par contre, on se rend compte que les
personnes qui demandent, c'est celles qui sont souvent les mieux... les mieux
réseautées, les mieux en mesure de faire
valoir leurs intérêts, et malheureusement on n'intervient pas forcément là où
ce serait le plus nécessaire et là où, en particulier, on... il y a une
concentration de personnes à faibles revenus, marginalisées, à risque d'exclusion.
Donc, évidemment,
pour... pour s'assurer de mettre en place l'équité en sécurité routière, la
première chose, c'est d'y aller d'abord par la connaissance de son territoire
plutôt que par la réponse à la demande. Même si c'est très tentant, en tant qu'élu et en tant que
fonctionnaire municipal, de répondre à la demande, il faut avoir conscience
que, sinon, on a tendance à faire des gestes inéquitables.
Comment on peut
soutenir ça à travers des programmes? D'abord en posant la question : Quel
est le niveau de revenus de l'endroit où vous souhaitez faire un aménagement
qui va sécuriser... qui va améliorer la sécurité routière? Parce que
probablement qu'une municipalité qui est toujours obligée de répondre à cette
question-là va se poser la question, va se dire : Est-ce que, par hasard,
j'aurais un biais d'intervention? Donc, tout simplement poser la question, ça peut aider. Puis, ensuite, si on se
rend compte qu'effectivement il y a vraiment un déficit d'aménagement dans les secteurs les plus défavorisés, là il faut
peut-être y aller avec des programmes spécifiques, parce que peut-être que
ça veut dire qu'on ne travaille pas de la bonne manière, qu'on ne mobilise pas
les bons acteurs, qu'il y a... il y a un enjeu là-dessus. C'est... c'est un
élément auquel on fait de plus en plus attention, et on trouvait que c'était
une bonne occasion, le travail sur le projet de loi, d'amener la réflexion sur
l'équité.
M. Derraji : Oui,
c'est un bon point, mais pensez-vous que les programmes en place déjà ont ce
réflexe équité, les programmes que... soit
que vous utilisez ou que vous suggérez quand vous essayez de mettre quelque chose
avec une municipalité ou une ville?
Mme Robin
(Jeanne) : Non, pas systématiquement, mais ça arrive. Par exemple, le
travail sur la réduction des îlots de
chaleur urbains, c'est un exemple de programme qu'on connaît qui était
justement réservé aux interventions dans
les secteurs considérés comme à fort niveau de défavorisation sociale et
matérielle. Donc, on sait que c'est... ça a déjà existé dans certains
programmes gouvernementaux, mais ce n'est pas... ce n'est pas répandu, ce n'est
pas systématique.
M. Derraji : OK.
Je ne sais pas si c'est votre expertise ou pas, mais je vais quand même vous
poser la question, je l'ai posée à beaucoup de groupes, je ne peux pas
m'empêcher de ne pas vous la poser, vous me voyez venir : l'alcool au
volant.
Mme Robin
(Jeanne) : Tout ce qui peut améliorer la sécurité, c'est une bonne
idée de le mettre en place. Puis les experts notent qu'on... excusez-moi, nos
facultés sont... sont affaiblies bien en deçà de la limite actuellement
permise. Donc, à partir du moment où nos facultés sont... sont affaiblies...
Le Président (M.
Jacques) : ...
Mme Robin
(Jeanne) : ...on est... on est un plus gros danger sur la route.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup.
M. Derraji : Merci
à vous deux. Merci.
Le
Président (M. Jacques) : Ceci termine les échanges avec l'opposition
officielle. Je cède maintenant la parole à M. le député de Taschereau
pour 4 min 8 s.
M. Grandmont : Une dernière
intervention, M. le Président. Merci beaucoup. D'abord, merci pour votre
présence. Merci pour votre mémoire. Toujours épaté par la qualité des mémoires
que vous produisez puis de vos interventions également.
J'aimerais d'abord aller sur un... sur un angle
sur lequel il y a... qui n'a pas été abordé encore, c'est la taille des véhicules. Vous avez dit quand même que la
taille et le poids des véhicules est responsable de la détérioration du bilan
routier ou très certainement... je ne me souviens plus, en tout cas, mais
quelque chose comme ça. J'ajouterais aussi qu'évidemment c'est responsable de
notre difficulté à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, évidemment.
Vous prenez l'angle «sanction». Ce n'est pas
là-dessus que je veux vous amener, parce qu'évidemment je comprends qu'il y a un
mécanisme par lequel on pourrait agir, évidemment. D'autres angles sur lesquels
j'aimerais peut-être vous entendre ou d'autres que je ne nommerai pas... mais
l'angle de la publicité, je sais qu'il y a des campagnes qui existent par
rapport à ça, notamment chez Équiterre, puis aussi l'angle des cotes de
sécurité vis-à-vis les usagers externes. On a des cotes de sécurité pour les
usagers à l'intérieur des véhicules, mais il n'y a pas de cote de sécurité qui
est donnée pour que des acheteurs puissent évaluer si ce type de véhicule là
est intéressant ou pas. En tout cas, c'est un outil d'aide à la décision ou à
l'achat. J'aimerais vous entendre un peu sur la taille des véhicules.
Mme Robin (Jeanne) : Oui. C'est vrai
qu'il n'y a pas d'obligation dans les analyses de sécurité, les tests de
sécurité que passent les véhicules, il n'y a pas d'obligation de considérer
l'environnement extérieur, donc le risque qu'on fait courir à un piéton, ou à
un cycliste, ou à un usager qui est vulnérable et qui n'a pas de carrosserie
pour le protéger. Donc, effectivement, ce
serait... ce serait, en effet, une mesure intéressante, de travailler sur ces
éléments-là, parce qu'il y a une... un déficit de connaissance sur la dangerosité
des gros véhicules. Et on a déjà parlé de course à l'armement, parce qu'à force
de croiser de plus en plus de gros véhicules on se dit qu'on devrait soi-même
être dans un véhicule plus gros pour ne pas
subir de conséquences en cas de collision. Puis c'est un élément qu'on n'a pas
mentionné dans notre mémoire, mais l'étude qu'on a consultée et qui...
qui a évalué la différence de risque de blessure et de décès en cas de
collision avec un usager vulnérable, elle évalue aussi la différence de risque pour
les occupants d'un autre véhicule automobile en cas de collision avec un
véhicule plus gros, et ces risques-là sont également augmentés. Donc,
l'augmentation de la taille des véhicules, ça fait... ça diminue la sécurité
routière pour... pour l'ensemble de la population.
M. Grandmont : Oui. Puis,
évidemment... Puis, évidemment, je vous invite à la partager, cette étude-là,
si c'est possible, là, au Greffier. Puis de la même façon aussi, bien, on sait
que ces véhicules-là ont des angles morts qui sont quand même plus importants,
là, les piliers notamment.
Il ne nous reste pas beaucoup de temps, mais je
vous amènerais sur la question des routes régionales et nationales. Vous travaillez, bien entendu, avec plein de municipalités,
de toutes tailles, mais je sais que c'est des petites municipalités dont
la route principale... dans le fond, le coeur du village ou de la municipalité
se trouve au carrefour d'une route à numéro. Est-ce que ce n'est pas le MTQ qui
devrait avoir la responsabilité, dans ce cas-là, de s'assurer que des
aménagements de transport actif, les trottoirs, les aménagements cyclables...
dans le fond, que ce soit le MTQ qui s'en... MTMD, pardon, mais qui s'en
occupe? C'est son équipement, c'est son infrastructure.
Mme Robin (Jeanne) : Effectivement,
les personnes qui circulent sur une route à numéro devraient pouvoir se
déplacer en sécurité, peu importe leur mode de déplacement. On sait que la
collaboration est bien meilleure aujourd'hui que ce qu'elle a déjà été avec le
ministère des Transports pour les petites municipalités, on nous le dit. Quand
on demande des audits de sécurité, ils sont faits, il y a des améliorations qui
sont apportées. C'est certain que le... Si
on veut améliorer la sécurité routière, il y a une question d'exemplarité de
l'État, qui va devoir travailler lui-même sur ses propres
infrastructures. Nous ne pouvons pas ne pas... ne pas le mentionner.
M.
Grandmont : Puis, évidemment, il y a la question financière
aussi qui est mêlée à tout ça. Merci beaucoup pour votre présence en
cette heure tardive.
Mme Robin (Jeanne) : Merci.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup, M. le député de Taschereau. Merci
beaucoup pour votre présence en commission.
La commission ajourne ses travaux jusqu'à
demain, le mercredi 7 février 2024, après les avis touchant les travaux
des commissions, où elle poursuivra son mandat.
(Fin de la séance à 19 h 19)