(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission
est réunie afin d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de
transition énergétique.
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Gendron (Châteauguay) est remplacée par M. Tremblay
(Dubuc); M. Montigny (René-Lévesque), par M. St-Louis (Joliette); M. Derraji
(Nelligan), par M. Kelley (Jacques-Cartier); et M. Grandmont
(Taschereau), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le secrétaire.
Mémoires déposés
Avant de débuter, je dépose les mémoires qui ont
été reçus depuis la fin des consultations particulières.
Remarques préliminaires
Nous sommes... Nous en sommes maintenant aux
remarques préliminaires pour lesquelles chaque membre dispose de 20 minutes. J'invite le ministre de l'Environnement, de
la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs à
faire ses remarques préliminaires. M. le ministre.
M. Benoit Charette
M. Charette : Bien gentil, merci, M.
le Président. Et, bien honnêtement, je vais être beaucoup, beaucoup plus bref
que ça pour que l'on puisse commencer les travaux le plus rapidement possible.
Alors, peut-être saluer les collègues, ce
sera un plaisir de travailler cet important projet de loi, autant mes collègues
de la partie gouvernementale que les collègues de l'opposition.
Ce que je mentionnais lors des remarques
préliminaires, avant la consultation elle-même, c'est qu'au ministère on a le
grand, grand privilège d'être bien supportés par une équipe de fonctionnaires — ma
foi, d'une très grande compétence, mais
aussi d'une belle expertise — qui
seront aussi à nos côtés pour nous accompagner. Et, étant donné que
c'est un projet de loi qui est assez technique dans sa formulation, on pourra
recourir à cette expertise-là, avec le
consentement des collègues, volontiers. Donc, je les remercie de leur présence,
en premier lieu, le sous-ministre adjoint, M. Gibeault, et sinon,
naturellement, les gens du secrétariat, vous, M. le Président.
Et ce n'est
pas un projet de loi qui est chargé au niveau politique. C'est un projet de loi
qui était attendu, qui a été très bien accueilli par l'essentiel des
groupes qui ont pu nous partager leurs points de vue à travers la consultation.
Donc, bien heureux et bien hâte de débuter cette étude article par article.
Donc, je n'en dirai pas plus à ce moment-ci.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant la
porte-parole de l'opposition officielle et députée de Mille-Îles à faire
ses remarques préliminaires.
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, je vais... je vais rendre la pareille au ministre. C'est un plaisir
d'être ici. Et je le remercie, là, de nous donner l'occasion de parler de transition
énergétique. Et évidemment je salue tous les collègues qui seront sur l'étude
de ce projet de loi. J'en profite aussi pour remercier tous les groupes qui
sont venus en commission, en consultations particulières, nous faire part de
leurs préoccupations, de leurs commentaires par rapport au projet de loi.
D'abord, je dois dire que le projet de loi est
très... Il y a... il y a plusieurs intentions qu'on ne connaît pas vraiment,
parce que le mot «par règlement» se retrouve plus de 30 fois,
34 fois, et le mot «règlement» se retrouve 54 fois dans le projet de loi, donc plusieurs des éléments devront
être précisés seulement par la suite. Et c'est difficile, là, pour autant les
groupes qui ont analysé le projet de loi que les parlementaires que nous
sommes, de voir vraiment l'impact du projet de loi sur l'ensemble de la
population, difficile de l'évaluer.
• (9 h 50) •
Et c'est pour ça que nous
croyons qu'il sera nécessaire de déposer... Le ministre devra déposer ses
intentions réglementaires et tous les coûts estimés, notamment pour les PME,
mais aussi pour les citoyens, là, individuels qui pourraient être impactés,
parce que, présentement, on a peu, là, de... peu d'idée d'où tout ça pourrait
mener puisque tout va s'établir par règlement. Et je le précise, là, que,
contrairement à une loi qui est discutée ici publiquement en commission
parlementaire, où tous les groupes entendent les autres groupes parler, un
règlement, bien, ça s'écrit, bien, ce n'est pas péjoratif, mais derrière des
portes closes, où les gens ne voient pas ce qui s'écrit, et il n'y a pas de
visibilité par rapport aux commentaires. Oui, il y a une consultation, mais
elle n'est pas publique, au sens où tout le monde voit ce que tous les autres
disent, et les parlementaires ne sont pas du tout impliqués dans l'étude du règlement en question. Donc, pour ces raisons-là,
on pense qu'il va falloir avoir un petit peu plus de précision. Il y aura d'ailleurs plusieurs de nos questions qui vont
porter à cet effet. Et, pour cette même raison, c'est difficile, donc,
d'évaluer l'impact final. Et même les intentions gouvernementales, même si
elles nous sont présentées, bien, elles pourraient changer plusieurs fois en cours de route, parce
qu'un règlement, ça se change plus facilement qu'une loi. Donc, voilà. Alors,
ça, c'est un élément.
On a plusieurs... Tu sais, on a vu beaucoup
qu'on parlait de performance environnementale, mais, dans les faits, on a
compris que la préoccupation première, c'était plutôt la performance
énergétique. Et là je vais... je vais mentionner que, tu sais, on a parlé
beaucoup de transition énergétique, on a eu des groupes qui sont venus nous en parler, dont Hydro-Québec, mais
l'autoproduction, c'est une des manières d'y arriver et ça doit être
correctement encadré. Ça ne fait pas partie du projet de loi, mais on
doit la faciliter. Et là il y a peut-être une opportunité ici, là, à regarder
qu'est-ce qu'on pourrait faire pour faire un petit pas en avant vers cette
autoproduction-là, qui serait facilitée.
Ensuite, je
vais peut-être juste mentionner les grands points qu'on va pouvoir discuter,
mais qui a été présenté par les
groupes. Mais le code du bâtiment... On souhaite créer... Le projet de loi
prévoit de créer un code du bâtiment durable qui serait établi par le ministère
de l'Environnement. Bien, la très, très grande majorité des groupes, si ce
n'est pas de la totalité, nous ont mentionné qu'il y avait un très grand
risque de cohérence et que... et qu'en fait ça devrait rester sous l'égide, là, de la Régie du bâtiment, dans le
code du bâtiment, mais avec la participation du ministère de l'Environnement. Alors,
évidemment, on viendra en parler lors de l'étude détaillée.
Il y a aussi
la question de l'autonomie municipale qui était... qui était inquiétante, qui a
été soulevée à maintes reprises. Et on y reviendra. On aura des propositions
d'amendements en ce sens. Il y a des craintes d'augmentation de la
bureaucratie qui a été soulevée, toute la question des données, la difficulté
d'obtention des données par les locataires qui a été soulevée et tout
l'enjeu... bien, est-ce qu'on parle de performance environnementale. Et, si
oui, bien, à ce moment-là, c'est beaucoup plus large que peut-être juste ce qui
est écrit ici, dans le projet de loi, où on semble plutôt s'enligner sur une
performance énergétique des bâtiments.
Et puis finalement, bien, il y a tout l'enjeu
aussi des coûts, qu'est-ce que... qu'est-ce que ce projet de loi là pourrait
avoir comme impact sur les coûts, est-ce qu'il y aura des aides
gouvernementales qui viendront. Ça, c'est un élément qui a été soulevé. Puis ça
va venir, j'aurai... j'aurai des questions... on aura des questions à ce
sujet-là.
Et puis, par la suite, là, il y a eu d'autres
éléments qui ont été soulevés, notamment par rapport au gaz... Ça, c'est sûr que ça a été un enjeu, là, qui a... qui
ne fait pas... On a vraiment des positions complètement, là... Il y a des
groupes qui sont pour le maintien du
gaz dans... le gaz naturel, d'autres, qu'on doit sortir complètement du gaz.
Donc, ça aussi, il y aura des éléments à vérifier et à poser des
questions.
Et, par la suite, M. le Président, bien, on va
regarder ça en détail lors de l'étude détaillée. Mais je pense que ça fait le tour, là, des points principaux que je
voulais vous mentionner d'entrée de jeu. Alors, ce sera bien intéressant
comme projet de loi, et je remercie encore une fois le ministre pour cette
opportunité. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée de Mille-Îles. J'invite maintenant la porte-parole du deuxième
groupe d'opposition, Mme la députée de Verdun, pour vos remarques
préliminaires.
Mme Alejandra Zaga
Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci, monsieur...
merci, M. le Président. Je veux saluer à tous les membres de la banquette
ministérielle, M. le ministre, les collègues aussi, de la première opposition.
Nous abordons l'étude de ce projet de loi autant
avec ouverture que des questions et, bien sûr, des propositions afin
d'accroître l'efficacité énergétique de nos bâtiments, et tout ceci dans une
optique de réduction des gaz... des
émissions de gaz à effet de serre. La cotation qui est présentée, nous l'avons
déjà dit, pour nous, c'est un pas de l'avant, mais c'est un peu le
minimum à atteindre dans les circonstances.
Ce que nous souhaitons, bien sûr, c'est faire
preuve d'ambition, surtout par les normes qui vont être établies. On parle que 10 % des émissions de GES au...
au Québec viennent du secteur du bâtiment, ce qui équivaut aux émissions
de 1,6 million de voitures. Et on le
sait que c'est principalement dû au chauffage. Nous avons aussi entendu Hydro-Québec nous admettre que 85 %
des résidences qui se chauffent à l'électricité n'utilisent pas des équipements
efficaces. Donc, selon nous, le maximum doit être mis en oeuvre pour
réduire la pression de la demande d'électricité en réduisant d'abord, avant tout, le gaspillage d'énergie, et
qui émane principalement de l'ensemble des bâtiments, et en majorité causé
par le chauffage.
On est aussi inquiets par les différentes
réglementations qui vont découler de ce projet de loi. On le sait que ça va être crucial pour atteindre les objectifs de
décarbonation qu'on s'est fixés, et on sait que c'est le règlement surtout... c'est
le règlement qui va définir la cotation qui va nous permettre de mesurer le
niveau d'ambition du gouvernement. Je veux quand même mettre une mise en garde
que, pour nous, pour garantir une cotation énergétique ambitieuse, le projet de loi doit s'appliquer à l'ensemble du parc
immobilier, en bout de compte, et le plus rapidement possible. On va donc demander d'inclure un échéancier pour
savoir quand l'ensemble des bâtiments seront concernés par la cotation. Ce qu'on demande : bien sûr, que ça se fasse
dans un délai raisonnable, mais en prenant en considération les objectifs de réduction
des gaz à effet de serre que le Québec s'est donnés.
On a entendu plusieurs groupes s'exprimer, comme
Vivre en Ville, le ROEE, l'UMQ. (Interruption) Pardon. Ce projet de loi doit
instaurer un seuil minimal en ce qui concerne des normes de performance
écoénergétiques des bâtiments, et ne pas plafonner, voire couper les
initiatives des différentes municipalités. Donc, le pl n° 41, pour nous,
doit être un seuil pour encourager les municipalités à aller bien au-delà. Et,
si les règlements qui sont adoptés par le pl
n° 41 ne sont pas assez ambitieux, on va enlever aux municipalités la
possibilité de faire eux-mêmes des règlements pour combler des lacunes
et arriver à ses propres objectifs de réduction des gaz à effet de serre.
Pour nous, le principe de préséance qui est
présent, qui est encore dans le projet de loi, il doit... on doit réparer l'erreur. Parce que c'est un principe qui
est déjà dans la Loi sur la qualité
de l'environnement, et nous sommes
en train de doubler cette erreur en
l'incluant dans le projet de loi actuel. Cette pression sur les règlements
municipaux est décriée depuis des années par les municipalités, qui
demandent d'abroger. L'UMQ et la Coalition Sortons du gaz, le ROEE et la... la CDQE veulent que le contenu du
règlement soit le plus ambitieux possible. Il s'agit, encore une fois,
de rehausser les normes minimales.
Un aspect qui, pour nous, doit être traité, au
moins discuté dans le cadre de ce projet de loi, c'est notre utilisation du gaz fossile et comment on va en
dépendre ou pas pour atteindre la carboneutralité en 2050. Nous savons que les équipements de chauffage ont des durées de
vie de 20 à 30... 30 ans, on doit donc arrêter d'encourager l'installation
de nouveaux équipements du chauffage au gaz. Et ça, ça inclut présentement
l'utilisation de la biénergie et le recours au gaz naturel renouvelable
tel qu'on le connaît et qui est fourni par Énergir. Parce que, si on continue à
encourager l'utilisation de ces systèmes,
dans 20 à 30 ans, nous allons encore avoir du gaz naturel dans nos
bâtiments. Ça veut dire qu'en 2050 nous serons encore dépendants des
énergies fossiles pour des procédés qui peuvent être rapidement électrifiés. En
ce moment, l'entente entre Hydro-Québec et Énergir sur la biénergie risque de
permettre une dépendance au gaz fossile, qui est complètement contraire aux
objectifs de transition énergétique que le Québec s'est doté.
Le GNR n'est pas une option de remplacement pour
le gaz naturel présentement parce qu'il n'y en a pas... en fait, il n'y en a pas, puis il n'y en aura jamais
assez. On le sait que le GNR, bien qu'il soit renouvelable, demeure du méthane.
Son utilisation engendre donc les mêmes impacts sur la santé que les gaz
fossiles, et sa prétendue carboneutralité peut prendre de nombreuses années,
voire plusieurs décennies, à s'accomplir à travers le cycle naturel du carbone.
Pour nous, l'utilisation du GNR, oui, elle est souhaitable pour réduire les
effets des gaz à effet de serre, surtout dans la revalorisation des déchets ou
autres types de biomasse, cependant, il doit être seulement utilisé pour des
procédés qui ne peuvent pas être
électrifiés, comme on les connaît dans les industries. C'est la même chose pour
l'énergie, on doit l'utiliser seulement pour les bâtiments qui ont déjà
des installations au gaz, et qui ne sont pas en fin de vie, et ne pas les
encourager dans les nouveaux bâtiments.
En bref, le
projet de loi n° 41 est une opportunité pour être capables de décarboner
nos bâtiments, pour sortir de notre dépendance au gaz à effet de serre.
Il faut faire preuve d'ambition et, peut-être, si on s'en va là, être la pierre
angulaire d'une décarbonation pour tous les
bâtiments au Québec et ainsi arriver à nos objectifs de réduction de GES.
Merci, M. le Président.
• (10 heures) •
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la députée de Verdun. Y a-t-il d'autres
membres de la commission qui souhaitent faire des... des interventions?
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Gregory Kelley
M. Kelley : Rapidement, M. le
Président. Je suis très heureux d'être ici pour étudier un projet de loi qui
est hyperimportant pour la transition énergétique.
Je veux juste reviens sur le point de ma
collègue de Mille-Îles sur l'importance de regarder la question autour de
l'autoproduction. Hydro-Québec a une cible très ambitieuse : juste entre
ici et 2035, c'est de mettre environ... des panneaux solaires sur... de mettre
des panneaux solaires sur environ 125 000 maisons au Québec. Alors,
je pense que nous avons le devoir de
s'assurer que c'est bien encadré, bien réglementé, puis on permette des gens de
se lancer dans l'autoproduction à leur maison, et qu'il n'y a aucune, aucune
barrière qui est mise de l'avant. C'est sûr qu'il faut être plus
efficaces avec notre consommation de l'énergie. Il faut se... rendre nos
bâtiments, particulièrement des nouveaux, plus efficaces, mais, en même temps,
je pense qu'on a une opportunité ici de discuter comment on peut encadrer
l'autoproduction à la maison, puis s'assurer qu'il n'y a pas de...
nécessairement, entre guillemets, des blocages, en termes des règlements,
peut-être le niveau municipal. Alors, je souhaite vraiment discuter de ça avec
le ministre, puis trouver une façon de discuter de ça, peut-être, avec des
légistes du gouvernement aussi. Parce que c'est sûr que ce n'est pas une question simple, mais il faut
encourager quelque chose qui... dans le plan de M. Sabia, quelque chose
qu'on... tous trouvent crédible, des cibles très ambitieuses.
Puis c'est, des fois, sur nous de s'assurer que
le cadre législatif marche pour... Le fardeau ne peut pas être juste sur le dos
d'Hydro-Québec. C'est pour nous, les législateurs, aussi d'assumer notre devoir
dans ce grand projet et défi pour notre société. Puis, quand même, on va faire
notre travail sur chaque article dans une façon respectueuse, mais on va être rigoureux aussi. On n'est pas ici
pour faire les choses vite, mais de faire les choses correctement. Et ça, c'est
qu'est-ce qui est important, c'est le devoir que nous avons envers nos
citoyennes et tous les citoyens du Québec.
Alors, c'est tout... J'ai
déjà travaillé plusieurs fois avec le ministre sur les différents projets de
loi. Je sais que c'est quelqu'un qui
collabore, il collabore beaucoup avec les oppositions. On est ici juste pour
rendre ce projet de loi dans la
meilleure version que possible. Alors, moi, je vais être là pour collaborer
avec lui et, quand même, avec mes collègues dans l'opposition et la
deuxième opposition officielle, si nécessaire. Alors, merci beaucoup, M. le
Président.
Le Président (M. Jacques) :
Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Avant de débuter l'étude article par article,
est-ce qu'il y a des motions préliminaires? Il n'y a pas de motion préliminaire.
Étude détaillée
Donc je prends en considération l'article 1
du projet de loi. Cet article édicte la Loi sur la performance environnementale
des bâtiments. La jurisprudence prévoit que les dispositions d'une loi édictée
doivent être étudiées de la même manière et dans le même ordre que le seraient
les dispositions prévues dans un projet de loi.
Nous débuterons donc par l'étude puis la mise
aux voix de chaque article de la loi édictée à l'article 1. M. le
ministre, la parole est à vous pour l'article 1 de la loi édictée de... à
l'article 1 du projet de loi.
M. Charette : Merci beaucoup,
M. le Président. Bien, peut-être un petit mot, d'abord, sur la procédure. Si ça
convient aux collègues, je me proposerais de lire chacun des articles et le
commentaire principal aussi. Ça va nous aider à suivre le fil. J'apprécie les
offres de collaboration. Je pense que c'est un beau projet de loi pour,
justement, exercer cette collaboration-là. Bien d'accord avec les collègues, on
n'est pas pressés, on veut bien faire les choses. Donc, lecture des articles,
avec lecture, ensuite, des commentaires.
Il y a aussi
une intention de déposer le plus rapidement possible les amendements.
D'ailleurs, il y a un certain nombre d'amendements qui sont prêts pour
dépôt. Donc, dès les prochains instants, les collègues vont pouvoir en prendre
connaissance. Et, en toute transparence, il y a certains amendements qui
doivent passer par le comité de législation et qui doivent être approuvés par
le Conseil des ministres. On espère pouvoir franchir cette étape-là dès demain. Donc, normalement, demain, on aura
l'ensemble des amendements proposés par la partie gouvernementale. Et, à
l'inverse, si les oppositions veulent aussi déposer leurs amendements pour
qu'on les travaille ensemble, libre à elles, mais, dans tous les cas,
nous, on va les déposer, là, le plus rapidement possible.
Donc, article 1, très simple, c'est :
«La Loi sur
la performance environnementale des bâtiments, dont le texte figure au présent
chapitre, est édictée.»
Le commentaire est très simple, et j'y vais plus
largement que ce qui est mentionné dans le document qui vous a été remis :
Dans bon nombre de projets de loi qu'on a eus à travailler au cours des
dernières années, on venait travailler dans
des lois existantes. On a fait référence à la Loi sur la qualité de l'environnement tout à l'heure. Donc, souvent, on venait amender, modifier,
bonifier des aspects d'une loi existante. Là, on en crée une nouvelle. C'est
une toute nouvelle loi qui est créée, et c'est ce que vient dire, en quelque
sorte, le premier article en question.
Le
Président (M. Jacques) : Il faudrait aussi lire le premier article de la
loi édictée. Donc là, on a lu la loi édictée, mais, dans le
chapitre I, Dispositions générales, l'article 1.
M. Charette : Sans problème.
Donc, de nouveau, article 1 :
«La présente loi vise à encadrer la performance
environnementale des bâtiments.
«Au sens de la présente loi, la performance
environnementale s'entend de caractéristiques d'un bâtiment qui ont un impact
sur l'environnement, notamment son empreinte carbone, l'énergie qui est
utilisée par ce bâtiment et le moment auquel elle est utilisée, l'énergie
produite par ce bâtiment ainsi que les équipements favorisant la mobilité
durable de ses occupants ou de ses utilisateurs.»
Le
commentaire : L'article 1 de la loi édictée par le projet de loi
décrit l'objet de celle-ci, définit ce que signifie la performance
environnementale au sens de cette loi. De manière générale, la performance
environnementale d'un bâtiment doit
s'entendre, au sens de la loi édictée, de caractéristiques de ce bâtiment qui
ont un impact sur l'environnement.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur... Mme la députée de Mille-Îles... des Mille-Îles.
Mme Dufour : Vous pouvez dire «de»
Mille-Îles, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : «Des» ou
«de»... «des»...
Mme
Dufour : Parce que, «des» Mille-Îles, c'est... Il va
falloir que je le fasse changer à l'Assemblée nationale, c'est... On ne
dit pas «des» Trois-Rivières.
Le Président (M. Jacques) : ...il y
en a qui disent «des», puis je dis «de».
Mme Dufour : Oui, mais on ne dit pas
«des» Trois-Rivières, on dit «de» Trois-Rivières, donc c'est la même chose pour
moi, ça fait que...
Le Président (M.
Jacques) : OK, «de» Mille-Îles. C'est beau.
Mme Dufour : Merci beaucoup. Bon.
Bien, premier élément que j'aimerais souligner, puis je pense que plusieurs
groupes, là, l'ont... en ont parlé, le fait qu'on parle de performance
environnementale, ce n'est pas précisé ici.
On parle aussi d'empreinte carbone, des groupes sont venus parler de carbone
intrinsèque. Donc, j'aimerais peut-être entendre le ministre ou un
sous-ministre, là, sur comment on pourrait mieux préciser ça. Parce que c'est
très vaste, actuellement, ça laisse place à
beaucoup, beaucoup de choses potentielles, par exemple, la gestion des matières
résiduelles du bâtiment, etc. Donc, je vous laisse en parler, M. le ministre.
M. Charette : Merci pour la
question. Effectivement, c'est quelque chose qui a été soulevé par plusieurs
des groupes que l'on a entendus. Dans la conception même du projet de loi,
lorsqu'on parle d'empreinte carbone, c'est sûr
qu'on ne voit pas la référence ou le mot «carbone intrinsèque», mais, lorsqu'on
dit «empreinte carbone», «énergie qui est utilisée par ce bâtiment et le
moment auquel elle est utilisée», pour nous, ça couvre l'entièreté du cycle de
vie. Donc, ce que les groupes nous laissaient
entendre... Est-ce qu'on va jusqu'à couvrir la fin de vie utile du bâtiment,
donc, la gestion de ces matières-là,
à la toute fin? C'est ce que prévoit le projet de loi et c'est ce que... c'est
l'intention, là, qui est... qui est la nôtre à travers la définition qui
est proposée.
Et je le mentionnais, je ne me souviens plus à
quel groupe, au Québec, on a fait de grandes avancées à bien des égards au
niveau de la gestion de notre matière résiduelle au cours des dernières années,
que ce soit la matière organique... on a parlé de consigne, on a parlé aussi de
modernisation de la collecte sélective, mais là où on a de grandes avancées à
faire, c'est au niveau des CRD, ce qui est construction, rénovation,
démolition. Donc, il y a de la réglementation qui est en préparation à ce
niveau-là. Et il faut prévoir, justement, l'afflux de ces matériaux-là une fois un bâtiment en fin de vie. Et c'est couvert,
là, par la définition que l'on donne au niveau de l'empreinte carbone d'un
bâtiment.
• (10 h 10) •
Mme
Dufour : Merci. Je comprends qu'on dit qu'on veut que ce
soit couvert, mais on ne le précise pas dans la définition, ici, de l'article 1, là. On parle... tu sais, les
caractéristiques d'un bâtiment qui ont un impact sur l'environnement,
notamment son empreinte carbone, mais on ne précise pas davantage. Est-ce qu'on
devrait aller à dire : Bien, si on parlait de carbone intrinsèque, ce
serait déjà un peu plus clair? Parce qu'«empreinte carbone», c'est... ça veut
dire beaucoup de choses, ça peut... ça peut être interprété de différentes
façons. Ensuite, on ne parle pas ici de la fin de vie, non plus, du bâtiment.
Puis il y aurait... il y aurait aussi des précisions à obtenir sur les
équipements favorisant la mobilité durable de ses occupants, à quoi on fait
référence ici. Ça aussi, c'était une question qui avait été soulevée.
M.
Charette : ...et c'est madame... du Conseil Patronal de
l'Environnement du Québec, Mme Lauzon, qui avait questionné :
Pourquoi cette référence-là? Elle est... elle est très importante dans le
bâtiment. Et on parle beaucoup, en parallèle
de tout ça, de l'électrification des transports, on parle de mobilité durable,
donc c'est... mobilité active, donc c'est la raison pour laquelle on a
cette référence-là.
Éventuellement, et on ne s'en cache pas, on
voudra déposer de la réglementation venant obliger les nouveaux bâtiments à
avoir des infrastructures de recharge. C'est assez étonnant, et j'ai fait
l'exercice encore récemment : si on cherche
un appartement, que ce soit en locatif ou en condo, de vouloir en avoir un avec
une borne de recharge, même si l'appartement
est récent, c'est un défi. Et c'est absolument inconcevable que l'on construise
de nouveaux bâtiments dans une
perspective de durée de vie de 25, 30, voire même 50 ans, en 2024, sans
qu'on prévoie dès l'origine les infrastructures nécessaires. Et, pire
encore, dans certains complexes de condos ou encore en locatif, ce n'est pas
permis de faire installer cette borne de
recharge là. Donc, on veut, dans une réglementation à venir le plus rapidement
possible... c'est qu'on oblige dès la construction à ce qu'il y ait un certain
nombre de bornes de recharge ou qu'il y ait des installations, là, pour les
différentes unités. Et, si on parle de mobilité active, ça pourrait, dans un
certain nombre de conditions, dire : Bien, si vous avez tant d'appartements et plus, il faudrait aussi
prévoir, par exemple, un espace pour ranger les vélos ou des trucs de cette
nature-là. Donc, c'est la raison pour laquelle on fait référence à la mobilité
durable dans le bâtiment.
Pour ce qui est de la définition elle-même,
c'est vrai, le mot «intrinsèque», on ne le lit pas, et ce n'est pas nécessaire,
là, d'y aller avec tout le fin détail, parce que c'est une expression qui
pourrait changer dans le temps. L'important, c'est de la définir, cette
empreinte-là, et on dit que ça couvre l'empreinte carbone dans son ensemble, et
l'énergie qui est utilisée par ce bâtiment, et le moment auquel elle est
utilisée. Donc, le moment où elle est utilisée, c'est aussi au moment où le
bâtiment serait, ultimement, démoli. Donc, ça couvre, mais je ne mettrais pas,
en toute transparence et franchise, là, je ne mettrais pas le mot «intrinsèque»
spécifiquement. C'est un vocabulaire qui est utilisé
aujourd'hui, expression qui va peut-être changer dans le temps, donc j'aime
mieux couvrir plus large, mais avoir tous ces éléments-là couverts, là,
dans l'explication qui est fournie.
Mme Dufour : Merci, M. le ministre.
Évidemment, vous savez sans doute que c'est moi qui ai mis en place, à Laval,
la réglementation pour obliger l'installation de bornes électriques, là. On
était la ville la plus avant-gardiste à ce
sujet-là, donc je suis tout à fait en faveur, évidemment, de ce que vous parlez
par rapport aux bornes de recharge. Et,
surtout, il faut prévoir, effectivement, des supports à vélos, parce que c'est
aussi un enjeu, puis vous le savez, il faut réduire aussi le nombre de véhicules sur les routes, donc, ce n'est pas
seulement des bornes de recharge. Donc, je suis contente, vous y avez pensé.
Ça peut aller, pour ce qui est de carbone
intrinsèque, je comprends que ça peut changer. D'ailleurs, c'est un vocabulaire
que moi, personnellement, je ne connaissais pas avant les consultations
particulières. Par contre, là où je pense qu'il y a vraiment un manque, dans cette
définition, ici, c'est qu'on ne parle pas de la fin de vie du bâtiment. Puis vous
l'avez dit, c'est vrai que c'est vraiment un enjeu majeur, les CRD, et je pense
qu'on devrait venir au moins le circonscrire,
qu'on parle aussi de la fin de vie du bâtiment, parce qu'ici, là, nulle part on
ne peut penser que ça fait partie des intentions.
M. Charette : ...article 1. La
collègue a tout à fait raison. Naturellement, on y va dans l'ordre, mais, si on
regarde — je prends un petit peu d'avance — si
on regarde l'article 2, dans le... un, deux, trois, quatre, cinquième
alinéa, c'est mentionné, là, de façon spécifique, donc : «Aux fins
de l'application de la présente loi, sont assimilés à des travaux de construction les travaux de fondation,
d'érection, de rénovation, de réparation, d'entretien, de modification ou
de démolition d'un bâtiment ainsi que l'installation ou le remplacement total
ou partiel des équipements dont est doté ce
bâtiment.» Donc, c'est réellement, là, comme je le mentionnais, la conception
que nous avons à travers le projet de loi, mais la référence plus spécifique
se retrouve à l'article 2.
Mme Dufour : Bien, je crois qu'elle
devrait aussi être incluse dans le premier élément, parce qu'ici on parle... à la fin, là, ce que vous faites
référence, puis on y viendra, des travaux de construction, on fait référence...
«ou de démolition», mais ce n'est pas la même chose que de dire que, dès
lors de l'érection d'un nouveau bâtiment, on réfléchisse
d'avance à la fin de vie du bâtiment. Et la performance environnementale,
comment on va l'évaluer, va dépendre de
comment il pourra, le bâtiment, être démoli, en fin de vie, ou déconstruit, en
fait, parce que ce serait beaucoup plus écologique de déconstruire. Ici,
on parle de démolition, ce n'est pas la même chose.
Et je pense
qu'on devrait venir dire, bien, que la performance environnementale inclut la
fin de vie du bâtiment, parce que c'est... comme je disais, ce n'est pas
la même chose qu'à la fin, de dire : OK, là, on va discuter de la démolition, alors que, dans les faits,
«démolition» ne veut pas dire «déconstruction». On pourra l'ajouter à la...
plus loin, mais, ici, on devrait parler aussi de fin de vie d'un
bâtiment.
M. Charette : Je comprends le
commentaire de la collègue. Ce qu'on va éviter de faire, dans le projet de loi,
c'est d'y aller de répétitions ou de
doublons. À partir du moment où c'est couvert à l'article 2, moi, je ne
vois pas le besoin de l'inclure aussi à l'article 1, mais... Je
rassure la collègue, lorsqu'on lit le dernier alinéa, là, de l'article 2,
on fait référence à toutes les étapes du
cycle de vie du bâtiment, mais je ne le remettrais pas constamment dans
différents articles. Et on le voit, là, naturellement, on va lire
l'article 2, une fois l'article 1 adopté, mais on vient réellement,
là, préciser ce degré de détail là.
Mme
Dufour : Peut-être juste... Bien, est-ce que... est-ce que
vous croyez que ce serait adéquat, à ce moment-là, d'ajouter «déconstruction», dans l'article 2, là,
lorsqu'on y arrivera, pour ne pas juste parler de démolition?
Des voix : ...
M. Charette : Et
ma collègue m'indique qu'à l'article 10 on fournit encore davantage de
détails à ce niveau-là. Donc, c'est
couvert. Et, non, le mot «déconstruction» n'est pas employé. Là aussi, c'est
une expression, là, qui est entendue plus
fréquemment, là, ces dernières années, mais qui n'est pas... ce n'est pas un
concept, là, qui est entièrement défini. Donc, le degré de définition,
on le retrouve dans les articles eux-mêmes, et, naturellement, un degré de
définition encore plus important dans la réglementation, là, qui sera à venir,
mais, à partir du moment où on précise très, très clairement que c'est l'ensemble du cycle de vie qui est couvert, on peut
penser, que l'on emploie le mot «démolition», «déconstruction», là, on
peut... on peut penser, là, et on doit penser que c'est couvert.
Mme Dufour : Bien, ce sera dans le
procès-verbal du projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 1 de la loi édictée?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 1 de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 2, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
«Dans la présente loi, on entend par :
«"bâtiment" :
une construction utilisée ou destinée à être utilisée pour abriter ou recevoir
des personnes, des animaux ou des choses et dont les équipements et
composants consomment de l'énergie ou une partie d'une telle construction;
«"distributeur d'énergie" : un
"distributeur d'électricité", un "distributeur de gaz
naturel" ou un "distributeur de
vapeur" au sens de la Loi sur la Régie de l'énergie ainsi que toute autre
personne distribuant de l'énergie pouvant être consommée par un bâtiment;
«"organisme
public" : un organisme public au sens de la Loi sur l'accès aux
documents des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels.
«Aux fins de
l'application de la présente loi, les propriétaires d'un bâtiment qui constitue
un immeuble détenu en copropriété divise sont le syndicat des
copropriétaires et tout copropriétaire de cet immeuble.
Et
enfin, ce que je lisais un petit peu plus tôt :
«Aux fins de
l'application de la présente loi, sont assimilés à des travaux de construction
les travaux de fondation, d'érection, de
rénovation, de réparation, d'entretien, de modification ou de démolition d'un
bâtiment ainsi que l'installation ou le remplacement...» pardon, «ou le remplacement
total ou partiel des équipements dont est doté ce bâtiment.»
Et le
commentaire : L'article 2 de la loi édictée définit certains termes
qui sont employés dans la loi pour en circonscrire
la portée et en faciliter la lecture. La définition d'«organisme public» est la
définition couramment utilisée dans d'autres lois pour définir ce type
d'organisme.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires à l'article 2 de la loi
édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, j'aimerais d'abord qu'on... savoir si on...
pourquoi on n'avait pas défini «équipements»
et «composants» qui consomment de l'énergie. Parce que, bien, ça peut être
interprété de bien des façons. Donc, je voudrais juste savoir pourquoi
ces deux mots-là n'ont pas été définis dans cette section.
M. Charette :
À l'occasion, et c'est ce que je mentionnais dans les remarques
préliminaires, avec le consentement des
collègues, on a l'équipe de juristes du ministère, donc, si vous souhaitez une
réponse plus adéquate et plus
précise, je ne suis pas juriste, donc on pourrait... on pourrait tout
simplement passer la parole au responsable du dossier.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y aurait consentement?Consentement.
Veuillez vous nommer et nommer votre titre.
M. Woitrin
(Pierre) : Bonjour. Pierre Woitrin, légiste au ministère de la
Justice.
Dans une loi comme
celle-là, et dans bien des lois, par ailleurs, on définit un certain nombre de
termes lorsqu'il nous est utile pour...
comme le ministre l'a exprimé, de circonscrire le champ d'application de la loi
ou de faciliter la lecture, simplement, de la loi pour ne pas avoir à
répéter les termes et expressions employées.
En l'occurrence, les
termes que vous voyez à l'article 2 ont été définis parce qu'on ressentait
le besoin de les définir pour circonscrire
l'application de la loi, mais les termes «équipements» et «composants» n'ont
pas... n'avaient pas cette particularité, là, on ne ressentait pas le
besoin de définir les équipements et composants en question, là, qui consomment
de l'énergie.
Mme Dufour : Oui, bien, c'est parce que ça peut être interprété
de bien des façons. Et là je me demandais, si on ne sent pas la nécessité de les... de les définir, est-ce qu'on voit...
est-ce qu'il n'y a pas un risque de... bien, éventuellement, là, s'il y
avait une poursuite quelconque, que ce soit interprété de bien des façons,
puisque la loi ne le définit pas?
M. Woitrin
(Pierre) : En fait, les équipements et composants, dans la définition
de «bâtiment», servent à définir la notion de bâtiment. Ça fait que c'est un
des critères qu'on doit voir ressortir lorsqu'on se pose la question. Lorsque
le gouvernement va avoir à réglementer des bâtiments, au sens de la loi, il faudra
que ces bâtiments revêtent un certain nombre
de caractéristiques, dont le fait d'avoir des équipements et composants qui
consomment de l'énergie. Ça fait qu'à partir du moment où l'ensemble de ces
critères-là, incluant le fait qu'il y ait des équipements, au sens commun
du terme, puisqu'ils ne sont pas... et des composants du bâtiment, au sens
commun du terme, puisqu'ils ne sont pas
définis par la loi, consomment de l'énergie dans un bâtiment et que les autres
critères sont respectés, on rentre dans
la définition de «bâtiment», mais «composants» et «équipements» ne
nécessitaient pas, dans ce cadre-là, d'être définis.
Mme Dufour : OK. Donc, juste pour bien comprendre, là, si...
Par exemple, je ne sais pas, moi, des composants qui consomment de l'énergie,
des lumières, par exemple, des abat-jour, etc., feraient partie d'un composant
qui consomme de l'énergie.
M. Woitrin
(Pierre) : Effectivement. À partir du moment où... Donc là, on se pose
la question, toujours, de... S'agit-il d'un bâtiment au sens de la loi? Est-ce
qu'il s'agit d'une construction qui est utilisée pour abriter des personnes, ou des animaux, ou des choses? Première
chose. Si la réponse est oui, on va au deuxième critère. Est-ce que, par
exemple, il y a des lumières? Est-ce qu'il y a un système... un chauffe-eau?
Est-ce qu'il y a une enceinte lumineuse? On pourrait rentrer effectivement dans la définition. Ça fait
qu'«équipements» et «composants» doivent être vraiment interprétés au
sens large, là.
Mme Dufour : Donc,
une grange agricole, par exemple, il y en a qui ont des animaux, mais, des
fois, c'est du foin qui est entreposé, parce que... elle contient quelque
chose, même si elle ne consomme pas de l'énergie. Là, à ce moment-là, est-ce
qu'elle en ferait partie ou elle n'en ferait pas partie? Puis est-ce que le
simple fait qu'il y ait un bulbe de... tu
sais, une lumière au plafond pour éclairer, est-ce que ça suffit? Puis, à ce
moment-là, s'il n'y a aucune autre énergie, par exemple, pas
d'électricité pour chauffer, est-ce que, là, à ce moment-là, ça va faire partie
d'un bâtiment qui va être visé ici ou pas?
M. Woitrin (Pierre) : Au sens de la loi, de
manière très théorique, effectivement, si on prend les deux paramètres
que je viens de citer, une construction qui abrite des animaux et dont des
composants ou équipements consomment de l'énergie, ça rentre dans la définition, mais
cette définition-là est à circonscrire dans les règlements. Puis le ministre va
l'exposer dans les différents articles qui suivent, les bâtiments vont être le
type de bâtiments, le type d'usage des bâtiments, les bâtiments qui vont
être visés par la réglementation, qu'il s'agisse de la réglementation
ministérielle pour la déclaration, qu'on
verra plus tard, ou des normes applicables, ou de la cote qu'on va attribuer à
des bâtiments, là... Ces bâtiments-là vont être circonscrits dans les...
dans les règlements, avec toute la latitude dont... qui est permise par cette
définition somme toute assez large de «bâtiment».
Mme Dufour : Oui,
mais, comme je disais, s'il y a juste une lumière pour éclairer mais qu'il n'y
a pas de chauffage, ça va rentrer quand même dans la catégorie, là. Puis je ne
parle pas d'animaux, là, je parlais de foin. Là, à ce moment-là, ça rentrerait
dedans, la catégorie, juste parce qu'il y a une lumière pour éclairer?
M. Woitrin (Pierre) : Dans la définition qu'on
a actuellement au projet de loi, oui. Est-ce qu'il s'agit de l'intention
de le réglementer? Là, on est dans un autre... dans un autre débat.
Mme Dufour : Bien,
voilà. Et je vais donner un autre exemple, et là je cherche le terme, le bon
terme, mais un «shack», un «shack» trois
saisons, un petit... un petit... ce n'est pas un chalet, là, c'est plus...
c'est plus rustique que ça, qui sert
juste l'été, surtout, un peu fin du printemps, début de l'automne, qui n'est
pas chauffé, encore une fois, qui a peut-être juste un poêle à bois, ça
aussi, ça rentrerait dans la définition, là?
M. Woitrin
(Pierre) : S'il répond aux deux paramètres que je viens de citer, il
rentre dans la définition, oui.
Mme Dufour : Bien,
il répond parce que les paramètres sont très vagues. Donc, il répondrait, donc
on... Ça fait que, tu sais, dans le fond, ce que je voulais dire, c'est :
Vu qu'«équipement» et «composant» ne sont pas définis, bien, ça laisse place à beaucoup d'interprétations, qu'est-ce que ça
pourrait être, qu'est-ce qui pourrait être considéré comme, c'est ça,
faisant... être prévu par la loi, là, couvert par la loi.
M. Charette :
Je comprends tout à fait les questionnements de la collègue. En même temps,
on est au deuxième article, c'est un degré
de détail, là, sur ce que... ce que le projet de loi entend couvrir, ce que la
réglementation devra couvrir. Donc, c'est des détails, là, sur les types
de bâtiments, entre autres, que l'on retrouve, là, dans des articles
subséquents.
Mme Dufour : Mais
c'est que, M. le ministre, je n'ai pas vu d'autres endroits où on définit les
équipements et les composants dans le projet de loi.
M. Charette :
...non, comme le collègue l'a
mentionné, mais, pour... est-ce que c'est du résidentiel ou autre, là, grands
bâtiments, c'est le type de détail que l'on retrouve plus loin, là, dans le
projet de loi.
Mme Dufour : Je n'ai pas souvenir qu'on ait distinct l'agricole
ou les chalets trois saisons, là, M. le ministre, dans le projet de loi,
là. Les exemples que je donnais ne sont pas...
M. Charette :
Je donne raison à la collègue, il
n'y a pas de mention directe au «shack» dans le projet de loi. Ça, je
lui donne... je lui donne raison.
Mme Dufour : Mon
point étant que c'est tellement large que ça pourrait inclure beaucoup plus que
ce que, probablement, le projet de loi vise.
Donc, de là... de là le point que je pense qu'on devrait définir. Puis mon
questionnement était «qui consomme de
l'énergie». Est-ce qu'un foyer au bois... un poêle à bois, hein, est-ce que ça
rentre dans la définition?
M. Woitrin
(Pierre) : L'énergie, encore une fois, comme elle n'est pas définie
par le projet de loi, doit être prise dans
son sens commun, ça fait que «consommer de l'énergie», selon notre connaissance
du sens commun des termes... de l'expression «consommer de l'énergie»,
pourrait rentrer effectivement dans la définition, oui.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée.
Mme Dufour : Oui.
Donc, c'est très, très large. Est-ce que c'est l'intention, de couvrir les
poêles à bois?
M. Charette :
Ça, j'ai eu l'occasion de le mentionner à plusieurs reprises, les
municipalités ont déjà cette habileté-là. D'ailleurs, on le voit, là, ces
derniers jours, la ville de Québec est en train de réglementer la question.
Donc, c'est un pouvoir qui est dévolu aux municipalités.
Moi, d'un point de
vue national, c'est-à-dire du point de vue du gouvernement du Québec, il n'y a
pas d'intention d'aller au niveau des foyers à bois, pour une raison fort
simple : en milieu urbain, on peut comprendre, en milieu rural ou en
régions plus éloignées, ce n'est pas la même réalité. Donc, on veut réellement
laisser cette possibilité-là aux municipalités, de réglementer en fonction de
leurs réalités. Si j'imposais le règlement... Le règlement de la ville de Québec, à Québec peut être très, très
pertinent, mais, si je devais l'imposer à la grandeur du Québec, c'est là où des milieux diraient : Bien, nous, on n'a
pas d'alternative, il nous faut un poêle à bois, il nous faut tel type de
chauffage. Donc, ça, c'est une habileté, là, qui revient aux municipalités.
• (10 h 30) •
Mme Dufour : Je
partage tout à fait votre opinion, M. le ministre. C'est pour ça que le 29 et
30... les articles 29 et 30 vont poser problème plus tard, quand on va y
arriver.
M. Charette :
...mentionné au moment des consultations, et d'ailleurs, tout à l'heure, je
vous disais d'entrée de jeu : Il y a
des modifications, des amendements qui doivent passer par le comité de
législation, et le Conseil des ministres, ça en fait partie, et c'est un
travail, là, qui s'est fait conjointement avec l'UMQ et la FQM. Donc,
l'imbroglio, à tout le moins le doute, qui
pouvait subsister à la lecture de l'article sera corrigé, là, j'ai bon espoir,
avec les amendements qui seront proposés.
Mme Dufour : Parfait.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député
de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui.
M. le ministre, juste de bien comprendre, «distributeur d'énergie», on est en
train ici de créer une définition pour le
bâtiment qui est distributeur d'énergie. Je veux bien comprendre le paragraphe,
exactement, parce qu'après ça on rentre dans les définitions qui sont
trouvées dans la Loi sur la Régie de l'énergie, puis je ne trouve pas nécessairement, au début de la loi sur
la Régie de l'énergie, de phrase... «distributeur d'énergie», nécessairement.
Alors, je veux juste être sûr qu'il y a une concordance sur cette idée d'un
distributeur d'énergie.
M. Charette :
Dans le projet de loi, on vient définir la portée qu'on lui donne. En fait,
c'est un petit peu l'objet de
l'article 2, parce qu'on retrouve dans le projet de loi plusieurs
références à ces termes-là, que ce soit «bâtiment», «distributeur
d'énergie», «organisme public». Donc, on vient signifier ou définir leur
portée. Mais je veux juste être bien certain, là, de la question du collègue,
par rapport à «distributeur d'énergie», quelle est la question?
M. Kelley : Exactement,
bien, c'est juste de bien comprendre, parce qu'on a, entre guillemets,
«distributeur d'énergie», puis, après ça, on
a une suite des différents distributeurs au Québec. Alors, c'est juste de bien
comprendre, pour le reste du projet de loi, quand on parle d'un
distributeur de l'énergie, ça doit être quelqu'un qui tombe sous la définition
trouvée dans la Loi sur la Régie de l'énergie, un distributeur d'électricité,
qui est juste Hydro-Québec, si je comprends
bien, un distributeur de gaz naturel ou un distributeur de vapeur. Alors,
c'est... pour le reste, le projet de loi qu'on a, la phrase «distributeur
d'énergie», c'est juste ces trois définitions qui se rendent dans la phrase
d'un distributeur d'énergie. C'est
juste de bien comprendre, pour le reste du projet de loi, quand on parle d'un
distributeur d'énergie, c'est juste ces trois éléments qui définissent
c'est quoi, un distributeur d'énergie.
M. Charette :
En fait, comme on le voit, si on lit le reste de l'élément que le collègue
soulève, il y a aussi «ainsi que toute autre personne distribuant de l'énergie
pouvant être consommée par un bâtiment», donc ça couvre l'ensemble. Et pour ce qui est de distributeur d'énergie, distributeur
d'électricité, distributeur de gaz naturel ou distributeur de vapeur,
c'est la même définition, là, que l'on retient que celle contenue dans la loi,
là, sur la Régie de l'énergie.
M. Kelley : Parfait.
Puis juste une autre question, parce que je trouve ça bien intéressant, sur les
bâtiments. Alors, tout... un bâtiment qui...
une construction utilisée ou destinée à être utilisée par un habitat ou
recevoir des personnes, alors c'est tout bâtiment qui a une porte, puis
une personne peut rentrer. Je pense, comme... par exemple, des fois, il y a des installations de la MCQ qui ne sont pas
utilisées à côté d'une autoroute ou, quand même, d'Hydro-Québec. Alors,
vraiment, on parle de tout bâtiment qui a une porte, puis une personne peut
rentrer. Ça, c'est, grosso modo, une définition d'un bâtiment au Québec?
M. Charette :
...de voir l'exemple du collègue sur le pont Jacques-Cartier, et autres, et
de ce type-là. En fait, ça fait partie... ça fait partie de l'infrastructure du
pont. Je ne la qualifierais pas, personnellement, de bâtiment, étant donné que
ça fait partie du pont lui-même, donc. Et, parfois... bien, non pas... ce n'est
jamais volontaire, mais je vais assurément errer pendant l'exercice qui est le
nôtre, donc mes collègues pourront me rappeler à l'ordre, mais, pour ma part, ça fait partie d'un pont, ce n'est pas un
bâtiment. Mais, si j'erre, ça peut se jouer subtilement, ça peut être des
coups de pied, ça peut être... mais vous me le dites si mon interprétation
n'est pas la bonne.
M. Kelley : Mais
la raison pourquoi je pose la question, c'est juste parce que... Si on fait un
exemple, vous pouvez imaginer qu'il y a une petite...
quelque chose sur le pont Jacques-Cartier. Moi, je peux imaginer des...
certains bâtiments, quand même, de mon comté qui sont aux côtés de
l'autoroute, qui, je pense, ne sont pas nécessairement utilisés, mais, quand même, ils sont allumés avec l'électricité, ils
consomment de l'électricité. Alors, c'est juste, encore... Parce qu'une
définition, c'est général. Et ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose
qu'on inclue des types de bâtiments comme
ça, parce qu'on veut que tout est efficace dans la construction. Parce qu'on va
quand même construire des autres bâtiments, dans l'avenir, qui sont
rarement ou jamais utilisés, mais il y a quand même l'option, pour quelqu'un,
de rentrer pour faire des travaux, de mettre des choses. On peut parler du stockage,
etc.
Mais c'est juste une
question plus générale. Je trouve ça intéressant lorsqu'on est en train de
définir c'est quoi, un bâtiment, exactement, et comment, moi, je regarde ça,
c'est toute place qu'on peut rentrer avec une porte qui est considérée comme un
bâtiment, qui est logique, hein, on s'entend. Mais, en même temps, juste pour
s'assurer on couvre quoi exactement dans ce projet de loi.
Alors, c'est tout pour moi pour l'instant. Je ne
sais pas si ma collègue a une question, ou le ministre a des commentaires à ma
question très générale et simple?
Le Président (M. Jacques) :
Merci,
M. le député. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. Bien, je vais
continuer, parce que le collègue, en posant sa question, le collègue de Jacques-Cartier, m'a amenée... m'a amenée à penser que j'ai... j'ai été, à un moment
donné, dans un poste de pompage d'une municipalité, et c'est effectivement un
bâtiment avec une porte, avec une... l'électricité, puis, après ça, on
rentre... on rentre dans le souterrain, puis là, bon, il y a... c'est très
grand à l'intérieur, et on entrepose des choses que je préfère ne pas vous
donner la... trop de détails sur la nature. Mais, bref, ça aussi, je comprends
que ça rentrerait dans cette définition?
M. Charette : C'est un bâtiment qui
va consommer de l'énergie, et, pour connaître le secteur où ma collègue a
oeuvré comme... comme conseillère municipale, avec un lieu, justement, de
traitement des eaux, on a probablement visité
la même installation, puis peut-être même ensemble, je me souviens plus, mais
il y a différents types de bâtiments, et
ça, ça pourrait être un type de bâtiment, effectivement, parce qu'il y a
une consommation d'énergie qui est assez... qui peut être assez... assez
importante.
Mme Dufour : Mais tout ce qui est
souterrain va... Puis c'est là que ça m'amenait. Parce que... parce que ce que... ce que j'avais en tête, là, les postes de
pompage, c'est un petit bâtiment, très petit, mais après, on rentre, descend
dans le souterrain, et là, c'est très, très
grand. C'est là qu'on traite les... bien, c'est le pompage des eaux usées, là,
c'est ça. Donc, ça peut être très grand à l'intérieur. Donc, tout ce qui est
souterrain va aussi être couvert, à ce moment-là, par ce projet de loi
là?
M.
Charette : Bien, l'article ne précise pas si c'est en surface
ou souterrain. Donc, il y a des parties de bâtiments qui peuvent être en
sous-oeuvre ou souterrain, effectivement.
Mme Dufour : OK. Moi, j'avais
d'autres questions par rapport aux définitions. On n'a pas défini «norme» et «cote», puis on en parle beaucoup plus loin, mais
on ne les précise pas. Et je me demandais, encore une fois, là, si c'était une
intention de ne pas les définir, qu'est-ce qu'une norme, qu'est-ce qu'une cote
environnementale.
Le Président (M. Jacques) : Me Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Non,
effectivement, on ne définit pas les termes, ni «cote» ni «norme». On vient
circonscrire, par contre, ce qu'on entend... dans la section II de la loi
édictée, ce que constitue une cote et ce qu'elle vise. En ce qui concerne la norme, on est davantage précis, encore,
lorsqu'on se dirige à l'article 10 et qu'on mentionne que le gouvernement peut, par règlement, établir des
normes en matière de performance environnementale des bâtiments. Ces
normes-là, elles peuvent prendre la... deux formes, celle de normes en matière
de travaux de construction et celle de cotes
en matière de performance... de cotes de performance environnementale, pardon.
Donc, on ne les définit pas, mais on les circonscrit fortement dans les
sections II et III de la loi édictée.
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée.
Mme Dufour : Oui, je m'excuse. Merci
pour la réponse. Par contre, comme ça dit «par règlement», que ça peut
s'établir par règlement, bien, ça laisse, encore une fois, la porte à bien des
choses. En tout cas, moi, si j'étais... tu
sais, comme personne que cette loi-là pourrait s'appliquer à moi, j'aurais aimé
avoir peut-être une définition claire de qu'est-ce qu'on va s'entendre
comme norme, pas quelle va être la norme, mais qu'est-ce qu'une norme pour ne
pas avoir la surprise dans un règlement plus tard — qui, comme je le
mentionnais, peut être modifié assez aisément, là.
• (10 h 40) •
M.
Charette : ...est quand même assez généralement convenu. Ce
qu'est une norme, c'est une application, là, qui est assez... assez précise,
standard. Mais ce qui est... ce que va contenir la norme, c'est là où le règlement
va fournir le degré de détail. Puis on aura souvent l'occasion de le
répéter, puis, honnêtement, je le disais aussi au moment de la consultation,
moi, je le... je ne le prends pas personnel, je ne suis nullement offensé.
C'est normal de vouloir ce degré de détail
là. Puis quand j'étais dans l'opposition, je demandais le règlement avant que
le projet de loi soit adopté. C'est normal. Mais, dans les faits, il y a
une séquence qui est la suivante. Là, on se donne le pouvoir de faire ces
règlements-là. Actuellement, on n'a pas le pouvoir de les faire, donc il faut
se donner le pouvoir avant d'élaborer les règlements eux-mêmes. Mais on va
quand même pouvoir discuter, là, quelles sont les possibilités, quelles sont
les intentions à travers les règlements qui seront développés par la suite.
Et, à tout moment, tout à
l'heure, la collègue disait : Un règlement, c'est vrai, ce n'est pas une
consultation au même titre qu'une commission parlementaire. Mais ce n'est pas
pour autant derrière des portes closes, en ce sens que la façon dont on aime
travailler depuis ces dernières années, au ministère de l'Environnement, c'est
beaucoup... avant même de déposer un projet
de règlement, c'est de travailler en co-création avec les parties concernées.
C'est-à-dire, on va voir un petit peu
à sonder les partenaires pour que la balle, lorsqu'elle sera mise au jeu,
qu'elle ait déjà un certain... un
certain canevas dans lequel les partenaires vont se retrouver. Et, par la
suite, c'est une consultation qui est... qui est publique, non pas à
caméra et micro ouverts, là, mais tout citoyen partenaire a la possibilité d'y
participer. Et, par la suite, le règlement
est édicté. Mais il faut d'abord se donner le droit de faire des règlements sur
ces questions-là, ce qui n'est pas le cas présentement.
Mme Dufour : Oui, mais il n'y a pas
d'enjeu de se donner le droit de faire des règlements, mais il y a des
définitions de base qui, je crois, sont manquantes dans le projet de loi. Mais,
bon, je ne suis pas juriste, et les rédiger moi-même, c'est... quand même, ce
n'est pas simple. Et j'ai compris... on sait comment fonctionne la rédaction
d'un règlement, on l'a vu, mais, par contre,
il y a une réalité : les parlementaires ne font pas partie de l'équation
lors des... de ces études-là. Et l'autre élément, c'est que personne ne
voit les commentaires des autres. Donc, il n'y a pas une réelle consultation, comme on voit avec un projet de loi,
comme on a pu entendre, pendant trois jours, des groupes ici. Donc,
c'est quand même fort différent.
Je voudrais peut-être vous poser une... poser
une question concernant... on parle de personne distribuant de l'énergie. Là, je suis dans la définition de
distributeur d'énergie. Est-ce qu'un dépotoir qui redistribuerait son gaz à Gaz
Métro, par exemple, qui revend son
gaz... est-ce que ça rentre dans cette définition-là ou pas, le gaz qui est
produit par un site... pardon, «dépotoir», ce n'est plus le bon terme...
un site d'enfouissement technique?
Le Président (M. Jacques) : ...
M. Woitrin (Pierre) : La définition
de distributeur d'énergie est axée sur... donc, principalement sur les
définitions qui sont données de distributeur d'électricité, de distributeur de
gaz naturel et de distributeur de vapeur au sens de la Loi sur la Régie de l'énergie.
Ces éléments-là servent à l'interprétation de ce qu'on va entendre par «toute
personne distribuant de l'énergie pouvant être consommée par un bâtiment». Ça
fait que, dans le processus auquel vous
faites référence, là, je ne sais pas à quel... dans quel maillon de la chaîne
on se situe, mais distributeur d'électricité, distributeur de gaz naturel et distributeur de vapeur sont le dernier
maillon de la chaîne, c'est-à-dire, c'est la... l'énergie qui va être consommée, ultimement, c'est le
maillon de distribution vers le consommateur. C'est ça que je comprends des
définitions qui sont données.
Ça fait que,
lorsqu'on parle d'une personne distribuant de l'énergie pouvant être consommée
par un bâtiment, est-ce qu'un lieu d'enfouissement technique, parce que c'est
peut-être à ça que vous faites référence, qui produirait ou qui
capterait du méthane et le redistribuerait sur le réseau, sans nécessairement
être responsable de la distribution ultime, serait couvert par cette
définition-là? Je n'en ai pas l'impression.
M. Charette : ...faire erreur,
comment j'interprète la question, ce serait davantage un producteur qu'un
distributeur parce qu'effectivement on a des lieux d'enfouissement techniques
qui vont produire du gaz naturel renouvelable, mais ce n'est pas le lieu
d'enfouissement technique qui va acheminer cette énergie-là à un bâtiment par
la suite. Il y a un intermédiaire, qui est le distributeur, donc on parlerait
réellement : producteur, distributeur, client. Donc, le lieu, selon ce que je comprends de la question,
là, ne serait pas considéré comme distributeur, mais davantage
producteur.
Mme Dufour : Puis dans le cas de
distributeur de vapeur? Et là vous me permettrez, là, d'être étonnée, là.
Qu'est-ce qu'un distributeur de vapeur? Et la même chose, là, il existe des
grandes industries, là, qui produisent énormément de chaleur et qui... et cette
chaleur est redistribuée, par exemple, dans des serres agricoles à proximité.
Est-ce que... Comment on le considère ici, là?
M.
Charette : Peut-être référer à un projet de règlement qu'on
a... je ne me souviens plus, hein, ça fait peut-être un petit peu plus d'un an,
la valorisation thermique, donc un règlement qu'on a pu présenter, là, il y a
un petit moment déjà et c'est quelque chose sur quoi on doit miser
davantage. Hydro-Québec mise là-dessus. Comme gouvernement, on mise là-dessus.
Un exemple, même, dans la région de Québec, que ce soit à travers
l'incinérateur, une valorisation de l'énergie de cette chaleur-là pour
alimenter des bâtiments avoisinants. Donc, on a maintenant une réglementation
là-dessus. On a la possibilité de financer des projets de valorisation
thermique aussi. C'est financé à travers le dernier PMO qui a été présenté.
Donc, il y a de la distribution de vapeur ou de chaleur, là, qui peut être
valorisée.
Mme
Dufour : Mais est-ce qu'il existe des entreprises
distributrices de vapeur? Parce qu'on connaît, tu sais, au niveau de... distributeur de gaz naturel, on
connaît Énergir, l'électricité, on connaît Hydro-Québec,
Hydro-Sherbrooke, etc., mais distributeur de vapeur, à qui on fait
référence?
M. Woitrin (Pierre) : Bien, donc,
distributeur de vapeur est défini au sens, donc, encore une fois, de l'article 2 de la loi sur la régie. Je ne
suis moi-même pas un spécialiste de ce domaine-là. Je pourrais peut-être
renvoyer à des collègues au technique, et on pourrait vous revenir avec
la réponse, là, plus clairement.
M. Charette : Bien,
c'est une bonne idée de le mentionner. On est en début d'article par article,
on va se donner une méthode de travail. Donc, dans certains cas, la réponse, on
ne l'aura pas immédiatement, mais on la prend en délibéré puis on pourra vous
revenir. Moi, personnellement, je ne connais pas de nom de compagnie qui se
spécialise ou qui ne fait que ça, mais on vous reviendra avec la réponse plus
tard.
Mme Dufour : C'est ça. C'est que
j'essaie juste de comprendre la distinction entre, par exemple, un groupe...
comme, vous avez donné l'exemple, là, de l'incinérateur qui distribue de la
vapeur... Là, je vais attendre qu'on m'écoute.
M. Charette : J'ai peut-être un
élément de réponse.
Mme Dufour : OK, je vais continuer
après. Allez-y.
M. Charette : Dans le cas de la
vapeur, ce qu'on me dit, et c'est un petit peu l'exemple du... de l'incinérateur, un bâtiment qui fournit de la
vapeur à un autre bâtiment devient un distributeur de vapeur. Donc, ce n'est
pas forcément une entreprise... ce n'est pas une entreprise qui arrive avec son
camion, emmagasine la vapeur et va la distribuer. Souvent, c'est de bâtiment à
bâtiment, et c'est là où on parlerait de distributeur de vapeur.
Mme Dufour : Mais est-ce que
c'est... est-ce qu'il y aurait des cas où la même chose pourrait être possible
par rapport au gaz naturel renouvelable, s'il y avait une... tu sais, par
exemple, juste à côté d'un site d'enfouissement technique, une entreprise qui
vient, qui utilise directement le gaz naturel sans passer par Énergir? Est-ce
qu'à ce moment-là le site d'enfouissement technique deviendrait un distributeur
de gaz naturel au sens de cette définition-ci?
M. Charette : On reviendra... À ma
connaissance, il y a un intermédiaire, mais je ne veux pas... je ne veux pas induire la collègue en erreur. On pourra vous
revenir avec la réponse. Parce que j'ai quelques cas de figure en tête, pour
avoir visité à peu près tous les lieux d'enfouissement technique au Québec où
il y a, effectivement, une valorisation qui
est faite, mais je pense qu'il y a un intermédiaire. Mais je vais... je prends
la question en délibéré, là, puis on vous reviendra à ce... à ce
niveau-là.
Mme Dufour : Parfait. Puis j'aurai
aussi la question par rapport à une entreprise privée qui produirait sa propre énergie, là. On en entend beaucoup parler
en ce moment qu'on vise à ce que... Bien, en fait, ce que je comprends,
c'est que le gouvernement souhaiterait permettre à certaines entreprises de
produire sa propre électricité, peut-être même avec des éoliennes, par exemple,
et que, s'ils étaient en surplus, qu'ils pourraient les revendre à un tiers. À
ce moment-là, ils seraient inclus, ici, dans le projet de loi?
M. Charette : Bien, ça, c'est
quelque chose qu'on pourra discuter à quelques endroits dans le projet de loi. C'est une distinction qui est très, très
importante entre la production et la consommation. Si on regarde les mandats
qui ont été confiés au ministère de l'Environnement et de la Lutte aux
Changements climatiques, et de la transition énergétique... ce n'est pas dans
le titre, mais on a la transition énergétique au niveau du ministère... nous,
on s'occupe de la consommation. Tout ce qui est production... puis on pourra en
discuter malgré tout, là, mais le volet production d'énergie, il n'est pas sous l'égide du ministère
de l'Environnement, mais bien sous l'égide du ministère de l'Énergie. Donc,
le volet production, on ne le couvre pas, là, dans le... dans le projet de loi.
• (10 h 50) •
Mme Dufour : Et ma question ne
parlait pas de la production, mais bien de la distribution. Donc, dans le cas
où une entreprise produit sa propre électricité, mais a des surplus et la
distribue, la revend à un tiers, et là je ne parle pas d'Hydro-Québec, là, donc, une autre entreprise à côté, par exemple,
elle devient un distributeur d'énergie au sens de ce projet... de la loi
ici. C'est ce que je comprends, là.
M. Charette : Je ne dirais pas ça.
Il faut savoir que, dans les prochaines semaines, il va y avoir un projet de
loi qui sera présenté par notre collègue, là, à l'Économie et à l'Énergie pour
ces enjeux-là. Donc, nous, on n'a pas de prétention... et on ne couvre pas, là,
ces aspects-là, qui sont, tout de même, liés à la production. C'est suite à une
production, qu'elle soit privée ou par Hydro-Québec, donc ce n'est pas quelque
chose là, qui est couvert par le projet de
loi. Mais de ce que je comprends du calendrier parlementaire, là, c'est une
question de quelques semaines avant que le projet de loi puisse être
présenté. Il fera l'objet, un petit peu comme on l'a fait, d'une consultation,
naturellement, et de l'étude article par article par la suite.
Mme Dufour : Mais ça reste que je
comprends difficilement pourquoi on... dans le cas d'une entreprise qui
produirait de la vapeur et qui la distribuerait à un voisin, elle serait
incluse ici, elle serait couverte ici, mais une autre entreprise qui produirait
de l'électricité par éoliennes et qui la distribuerait à l'entreprise voisine,
elle ne serait pas incluse là-dedans.
Pourquoi... pourquoi on ferait deux régimes, un pour ceux qui font de la vapeur
et un autre pour ceux qui font de l'énergie électrique?
M. Charette : Non, ce n'est pas...
ce n'est pas qu'il y a deux régimes. C'est que, dans le cas de la vapeur, c'est
une proximité immédiate. Comme je vous mentionnais, moi, je ne connais pas
d'entreprise qui transporte de la vapeur d'un endroit A à
B, qui pourrait être éloigné. C'est réellement une question, là, de très grande
proximité. Mais pour ce qui est de la
production privée et revendre à autrui, parce que là on n'est pas dans ce
questionnement-là, c'est le projet de loi, là, qui sera présenté par
notre collègue qui va donner ce type de détail là.
Des voix :
...
M. Charette :
...une information, là, qui m'est transmise. Énergir peut, sur certains
projets, agir comme distributeur de chaleur aussi... de vapeur, c'est-à-dire.
C'est ce que je vois, là, à l'instant.
Mme Dufour : Oui,
mais ça ne répond toujours pas à ma question. Mais ce que je comprends, c'est
que peut-être que le distributeur d'énergie, à ce moment-là, resterait Hydro,
et c'est pour ça qu'on... que ce ne serait pas couvert, dans le sens que celui qui produirait de l'électricité... Et là
je comprends que c'est un autre projet de loi, mais mon questionnement
était à l'effet que, si on permettait, à un moment donné, à une entreprise
de... Puis on parlait d'autoproduction, là, tout à l'heure, mon collègue en
parlait. Bien, si, par exemple, moi, j'ai ma maison, j'ai des panneaux
solaires, mais j'en ai tellement, d'électricité, par rapport à... puis j'ai de
la géothermie, en plus, je pourrais fournir
mon voisin, est-ce que je serais incluse comme un distributeur d'énergie?
C'était... c'était un peu ça, le questionnement. Mais là je comprends
que ça passerait par Hydro, puis ça resterait toujours Hydro, le distributeur.
M. Charette :
Bien, tout est une question,
là... La nuance du collègue est importante. S'il y a un intermédiaire, c'est lui qui devient le distributeur — le
principe général — mais
la production, la simple production, nous, on ne le couvre pas par le
projet de loi. S'il y a une production pour ses propres besoins, et, par la
suite, il y a un intermédiaire pour la
distribution, bien, c'est le distributeur... c'est l'intermédiaire qui est
qualifié de distributeur, et non pas le producteur.
Même dans les... je
m'éloigne du projet de loi, là, mais même dans certains des projets, là, qui
ont pu faire la manchette, que ce soit TES, et autres, il va y avoir,
possiblement, production électrique, possiblement, surplus, mais s'il y a un surplus, ce n'est pas le producteur
qui, bien souvent, va le distribuer, il va y avoir un intermédiaire, et, dans
bien des cas, ce sera Hydro-Québec. Donc, c'est Hydro-Québec qui va être le
distributeur de l'énergie, et non pas le producteur.
Donc, Hydro-Québec peut être productrice et distributrice, mais Hydro-Québec
peut être tout simplement distributrice aussi si elle agit entre le lieu
de production et son lieu de distribution par la suite.
Mme Dufour : Mais
un autre exemple qui me vient en tête, là, la bibliothèque de Varennes — on en
a parlé, je ne sais pas si vous avez eu la chance de la visiter, mais je vous
encourage à le faire — en
été, ils produisent beaucoup plus d'électricité que ce qu'ils consomment. Leur
intention initiale était qu'en été ils puissent chauffer la piscine municipale, qui est juste à côté, donc de
pouvoir distribuer l'électricité qu'ils produisent directement à leur propre piscine,
qui est juste à côté. Ils seraient devenus un distributeur si on leur
permettait de le faire.
M. Charette :
...puis, honnêtement, je ne suis pas le plus grand des spécialistes, mais
je comprends l'image que vous... que vous
faites. Si le réseau... c'est-à-dire, si le lieu de production est collé sur le
lieu d'accueil, bien, c'est le même système de la municipalité qui va
pouvoir... qui va pouvoir, à travers un fil électrique, alimenter l'autre
bâtiment. Donc, est-ce que je le qualifierais de distributeur? Je ne pense pas.
C'est un réseau... c'est la municipalité qui a son bâtiment à côté, tout
simplement.
Mme Dufour : Mais
supposons que cette piscine-là n'était pas municipale, puis que c'était une
piscine privée qui souhaiterait aussi
prendre l'électricité, bien là, il deviendrait distributeur. Je vais peut-être
vous poser la question par rapport
aux bâtiments, parce qu'en pensant aux piscines j'ai pensé, justement, aux
cabanons et je me demandais si on incluait aussi les cabanons.
M. Charette :
Si les... si les cabanons sont des bâtiments?
Mme Dufour : Bien,
il y a de l'électricité dans les cabanons, généralement.
M. Charette :
...j'ai plein d'images quand il est question de cabanons, mais si c'est chauffé,
si... il peut même y avoir de la ventilation, il peut y avoir de la
climatisation... si c'est le... si c'est le cas, c'est un bâtiment.
Mme Dufour : D'accord.
M. Charette :
Et juste pour répondre aux questions, producteurs, et autres, là, c'est
certain qu'on est au tout, tout, tout début
de l'étude du projet de loi, mais on me rappelait, à juste titre, qu'à
l'article 4 c'est des questions qui seront mieux... mieux définies aussi,
là. Donc, on aura des réponses au fur et à mesure, là, de l'avancée de nos
travaux.
Mme Dufour : J'ai
lu l'entièreté du projet de loi, M. le ministre et, si j'ai posé la question,
c'est parce que ce n'était pas si clair que ça dans l'article 4.
M. Charette :
Et on est là pour répondre aux questions.
M. Kelley :
J'ai une question, M. le Président.
Le
Président (M. Jacques) : ...Cartier.
M. Kelley :
Je veux juste comprendre. Dans la définition de distributeur d'énergie,
distributeur d'électricité, distributeur de gaz naturel, distributeur de
vapeur, pourquoi les distributeurs des produits pétroliers étaient laissés à
côté pour les bâtiments?
M. Charette :
Si on regarde, vous avez aussi «ainsi que toute autre personne distribuant
de l'énergie pouvant être consommée par un
bâtiment». Naturellement, il y a une énumération, mais qui ne se veut pas
exhaustive. Donc, avec cette formulation-là, on couvre l'entièreté, là,
des distributeurs d'énergie.
M. Kelley :
La raison pourquoi je cible cette définition, parce qu'on sait qu'il y a
présentement des bâtiments qui utilisent toujours l'huile pour le chauffage. Je
sais qu'il y a une transition, on veut mettre fin à ça, mais c'est quand même... dans le prochain couple d'années, ça
va être une source d'énergie pour plusieurs bâtiments au Québec. C'est
juste... quand je regardais le projet de la régie, je sais qu'on en a cité
juste trois, mais je veux bien comprendre, M.
le ministre : Des distributeurs des produits pétroliers sont aussi inclus
dans les définitions pour ce projet de loi ou non? Est-ce que c'est
mieux de faire un amendement pour ajouter? Parce que, quand je regarde les
définitions, dans le projet de loi, de la
Régie de l'énergie, c'est très spécifique. On a le distributeur d'électricité,
distributeur de gaz naturel, distributeur
des produits pétroliers puis aussi des distributeurs de vapeur. Et c'est
précis, c'est quatre sources de distributeur.
Alors, c'est plus une
question, M. le ministre, sur le fait qu'on veut éliminer ce type de
distribution, quand même. Est-ce que c'est
mieux d'avoir ça clairement indiqué dans le projet de loi ou est-ce que ce
n'est pas nécessaire? Mais c'est juste une piste de réflexion pour
s'assurer que dans... Une personne peut, un jour, arriver et dit : Bien,
ce projet de loi ne s'applique pas à nous
parce que, nous, on a un producteur... un distributeur des produits de...
pétroliers. Alors, c'est juste d'éviter que quelqu'un peut dire :
Bien, il y a une lacune dans le projet de loi. C'est tout.
Le Président
(M. Jacques) : ...Woitrin.
• (11 heures) •
M. Woitrin (Pierre) : Bien,
la raison pour laquelle on ne fait pas référence à «distributeur de produits
pétroliers» à la définition — on
va retrouver «distributeur de produits pétroliers» dans la Loi sur la Régie de
l'énergie — est,
somme toute, assez simple. La
définition ne correspond pas à l'objectif qui est poursuivi par le projet de
loi, par la... en fait, par la loi édictée. On parle de quiconque approvisionne
un commerçant au détail de produits pétroliers. Ça fait qu'on est dans
un... un maillon de la chaîne qui précède le dernier maillon. Donc, la
distribution de produits pétroliers...
Ce qu'on veut viser
comme distributeurs d'énergie dans le projet de loi, ce sont ceux qui vont être
capables, notamment, de fournir de l'information sur la consommation d'un
bâtiment, et le ministre y a référé, on y viendra à l'article 4, où on
définit le type de déclaration qu'on s'attendra dans une certaine mesure, des
distributeurs d'énergie. Les distributeurs d'énergie, tels qu'ils sont définis,
sont les distributeurs d'énergie qui sont capables de fournir de l'information sur la consommation d'un bâtiment.
Les distributeurs de produits pétroliers, au sens de la loi sur la régie,
ne correspondent pas... ne permettent pas d'atteindre cet objectif.
M. Kelley :
OK. Juste de clarifier les choses. Dans le premier article, l'empreinte
carbone, on veut avoir les données et puis
l'information là-dessus. Ce n'est pas nécessaire d'avoir ça pour les
distributeurs des produits pétroliers dans
la présente loi? On ne veut pas savoir c'est quoi, l'empreinte carbone?
J'essaie de faire un lien encore. C'est juste... Comme le fait que ce
n'est pas là parce que ce n'est pas l'objectif du projet de loi pour un
distributeur de l'énergie, je comprends, mais, quand même, ça demeure toujours
un distributeur d'énergie pour le prochain couple des années. Alors, c'est encore juste de suivi la logique
pourquoi ce n'est pas là si on veut avoir toute l'information nécessaire de
tous les bâtiments. Ça, ça n'empêche pas notre capacité d'avoir
l'empreinte carbone d'un bâtiment. Si on exclut cette définition-là, pas de
trouble, parce qu'on regarde les distributeurs d'énergie, puis, après ça, on a
les trois différentes sources qui sont clairement indiquées dans le projet de
loi, puis on laisse une à côté, qui... dans la Régie de l'énergie.
Alors, c'est juste
encore de s'assurer que tout marche bien, puis ce n'est pas un enjeu en termes
de s'assurer qu'un bâtiment est bien codifié, et puis on a toutes les données
qui sont nécessaires, si c'est un bâtiment qui est chauffé par un produit
pétrolier.
Le Président (M.
Jacques) :
Merci, M. le député de Jacques-Cartier. Je veux
juste prendre quelques instants pour vous
informer que les amendements annoncés en début de séance par M. le ministre
sont maintenant disponibles sur Greffier. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Sur l'article 2 puis les
définitions, j'ai une question. Parce qu'on donne une définition assez large
des bâtiments — ça
va — est-ce
que le ministre avait l'intention... pourquoi il n'est pas allé plus loin puis
définir tout de suite les bâtiments selon leur type ou leur taille, par
exemple : type de bâtiment résidentiel, bâtiment industriel, bâtiment
institutionnel, ou la taille des bâtiments, que ce soit gros, petit, moyen? Je sais qu'il y a une intention dans le
Parlement, vous l'avez dite, mais j'aimerais savoir pourquoi ne pas tout de suite
donner ces définitions-là, vu que, peut-être, un jour, vous allez vouloir
élargir pour l'ensemble des bâtiments.
M. Charette : En fait, c'est le cas.
Avec une formulation de cette nature-là, c'est l'ensemble des bâtiments qui sont assujettis. Donc, la réglementation va
préciser les obligations par type de bâtiment. Mais, avec une formulation volontairement
large, on assujettit l'ensemble, là, des bâtiments.
Mme Zaga Mendez : À
cet égard, est-ce que vous allez pouvoir partager avec nous les définitions ou
les caractéristiques par type de bâtiment? C'est-à-dire, la réglementation va
le faire, mais est-ce que vous allez pouvoir nous
en dire plus de qu'est-ce qui va être inclus par... qu'est-ce qu'on entend par
type de bâtiment dans la réglementation?
M.
Charette : Les obligations... On va effectivement avoir
l'occasion d'en discuter, sur les types de bâtiments, la séquence anticipée et
autres, oui, on va pouvoir en discuter, là, lorsque les articles s'y prêteront.
Mais, dans un premier temps, étant donné qu'on est encore... encore dans les
articles introductifs, on se donne le pouvoir, là, d'y aller pour l'ensemble
des bâtiments. Mais, comme on l'a dit à quelques reprises au moment des
consultations, et même les groupes semblaient aller dans cette
direction-là, on ne peut pas tout faire en même temps. Donc, on va y aller vraisemblablement par étapes, là, pour couvrir le
plus large possible, et là où les impacts sont les plus importants, là, quand
c'est possible.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à ma
question. Merci.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Peut-être juste
continuer par rapport à ce que le collègue, le député de Jacques-Cartier, mentionnait. Le propane, je voulais savoir comment
c'était considéré, parce qu'il y a quand même des gens qui utilisent le propane
pour se chauffer. Donc, je voulais juste... Parce que... Est-ce que c'est
considéré comme un produit pétrolier puis c'est exclu, à ce moment-là?
M.
Charette : ...le mazout, avec une réglementation, là, dans le
cas du mazout, qui... qui interdit... on a... on a... ça, ça fait
deux ans, je pense, qu'on a fait ça, on a commencé à introduire des
interdictions pour les nouveaux raccordements pour empêcher le remplacement par
une autre infrastructure de mazout. Donc, c'est dans la même catégorie,
effectivement.
Mme Dufour : Mais on n'en est pas là
pour le propane, le propane continue.
M. Charette : Là, il n'y a pas de
réglementation pour le propane, à ce moment-ci.
Mme Dufour : OK. Parfait. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 2 de la loi
édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Peut-être juste...
juste être sûre, là, le propane, c'est exclu même pour l'agriculture? Parce
qu'il y a quand même des entreprises agricoles qui s'en servent, là.
M. Charette : Au niveau agricole, on
couvre... le projet de loi ne couvre pas les bâtiments agricoles.
Mme
Dufour : ...d'exclusion. Excusez-moi, là, je... c'est la
première fois que j'entends ça, que ça ne couvre pas les bâtiments
agricoles.
M. Charette : Juste un petit
instant, pour vous donner la bonne information.
(Consultation)
M. Charette : Bien, dans un... Comme
je le mentionnais tout à l'heure, tous les types de bâtiments sont en quelque
sorte couverts, mais la réglementation, dans un premier temps, ne couvrira pas
le bâtiment agricole, mais le pouvoir habilitant est là. Mais ce ne sera pas
dans les... on parlait de séquence, là, on ne commencera pas par le bâtiment
agricole.
Mme Dufour : Non. Ça, je le
comprends, mais il reste qu'il ne sera pas exclu du projet de loi, là, donc...
M. Charette : Non. Bien,
c'est-à-dire, c'est un bâtiment.
Mme Dufour : C'est ça. Donc...
M. Charette : Donc, les bâtiments...
Mme Dufour : Exactement.
M. Charette : Non, non, c'est...
Mme Dufour : Si
on couvre le cabanon, on va couvrir les bâtiments agricoles.
M. Charette : Exact, exact. Je
voulais juste parler de la séquence à venir.
Mme
Dufour : Exactement. Mais ça, elle n'est pas... elle n'est
pas dans le projet de loi, la séquence, et elle peut changer à tout moment, là. Donc, c'est pour ça
qu'on pose des questions. Donc, on comprend qu'il y a... le... la... tout ce qui
est propane est exclu, peu importe le type de bâtiment.
M. Charette : Les distributeurs de
propane sont des distributeurs d'énergie.
Mme Dufour : Bien, ils sont un
distributeur de produits pétroliers.
M.
Charette : Mais distributeurs d'énergie. Vous avez
distributeur d'énergie, l'étiquette large, et vous avez des définitions plus précises pour des types de
distributeurs en particulier, mais un distributeur... les distributeurs d'énergie
incluent les distributeurs de propane.
Mme
Dufour : Donc, incluent les distributeurs de produits
pétroliers. Tout à l'heure, vous avez... il me semble, vous avez dit le
contraire, là.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire...
Là, on est au niveau des définitions.
Mme Dufour : Exact. C'est ça,
exactement.
M. Charette : Donc, au niveau des
définitions, c'est un distributeur d'énergie, mais ça ne veut pas dire que ça va être la même obligation pour chacun de ces
types de distributeurs. C'est là, la distinction qu'on faisait, tout à l'heure,
mais ça demeure un distributeur d'énergie au
même titre qu'il distribue du propane ou du mazout. C'est un distributeur
d'énergie, mais les obligations, on va le voir un petit peu plus loin, ne sont
pas les mêmes pour tout le monde. Dans certains
cas, l'information est disponible et sera recueillie. Dans d'autres cas, il n'y
a pas de système d'information qui nous permet de collecter cette
information-là. C'est la distinction. Mais, dans la définition elle-même, ce
sont des distributeurs d'énergie.
Mme
Dufour : OK. Donc, quand on dit : «Toute autre
personne distribuant de l'énergie pouvant être consommée par un
bâtiment», ça va inclure les produits pétroliers, ça va inclure le propane, ça
va inclure le mazout.
M. Charette : Exact. Ce sont des
distributeurs d'énergie. Cependant, comme je le mentionnais, on n'a pas la
capacité de recueillir des informations pour certains petits distributeurs
d'énergie, comme les plus conventionnels que sont Hydro-Québec, Énergir et
autres. C'est là où, dans les obligations, il va y avoir des distinctions, là,
dans un premier temps.
Mme Dufour : Et là, je vais revenir
sur le poêle à bois de tout à l'heure, distributeur de cordes de bois, est-ce
qu'il est considéré comme un distributeur d'énergie?
M. Charette : C'est là où je vais
peut-être recevoir un coup de pied, là, mais ma... moi, je dirais non.
Mme Dufour : Pardon?
M. Charette : C'est peut-être là où
je vais errer et que je vais recevoir un coup de pied, dont vous ne verrez pas la portée ou les effets, mais, pour moi, un
distributeur de bois... de bois d'allumage n'est pas un distributeur d'énergie.
Mme Dufour : Même de granules?
M. Charette : ...pas dire qu'il
serait assujetti, là, on n'est pas... on n'est pas dans le même type de...
• (11 h 10) •
Mme
Dufour : Mais il faut comprendre. Est-ce qu'il fait partie
de... tu sais, les granules, le distributeur de granules?
M. Charette : Mais en... On me... on
me dit... Oui, j'ai... Subtil, le coup de pied, mais on me dit que c'est un... c'est un distributeur, ça pourrait être
perçu comme un distributeur d'énergie, mais qui ne serait pas assujetti. Là, on
n'est pas... on n'est pas dans cette...
Mme Dufour : OK. Donc, le
distributeur de cordes de bois devient un distributeur d'énergie.
M. Charette : On pourrait, on
pourrait.
Mme Dufour : Prenez note, ceux qui
nous écoutent, le distributeur de granules aussi. Excellent.
Le Président (M.
Jacques) : ...sur l'article 2 de la loi édictée? S'il n'y a pas
d'autre intervention...
M. Kelley : Là, il y a une...
monsieur...
Le Président (M. Jacques) : M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Encore juste, M. le
ministre, pour l'organisme public, les raisons pourquoi on a ciblé ça, c'est,
j'imagine, pour s'assurer que tout est... des bâtiments et d'un organisme
public sont inclus dans ça? C'est juste de
s'assurer. Je veux bien comprendre pourquoi c'est indiqué dans cette partie, le
projet de loi, c'est... j'imagine, aussi, pour le reste du projet de loi,
bien... de comprendre qu'on vise tous les organismes publics pour l'efficacité
énergétique.
M. Charette : ...étant donné que
c'est une appellation que l'on retrouve à différents endroits, on fait juste peut-être
confirmer, là, qu'on l'interprète au sens de la Loi, là, sur l'accès aux
documents des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels. Mais oui, c'est la même... c'est la même définition.
M. Kelley : Parfait. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 2 de la loi édictée?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 2 de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 3. M. le ministre.
M. Charette : «La présente loi lie
l'État.»
Et le commentaire : L'article 3 est
une disposition permettant d'appliquer les dispositions de la loi à l'État, levant, par le fait même, l'immunité de la couronne
prévue à l'article 42 de la Loi d'interprétation. Le terme «État» a été
choisi en l'espèce puisqu'il réfère à la fonction exécutive et comprend le
gouvernement, ses ministères ainsi que ses mandataires, dans la mesure
où de tels mandataires agissent... agissent à l'intérieur des fonctions
confiées par l'État.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 3 de la loi édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Juste pour bien comprendre, est-ce que cela implique que l'État, avec tout...
qui est propriétaire de nombreux bâtiments, sera couvert par ce projet de loi
là et que ça va s'appliquer aux bâtiments dont l'État est propriétaire?
M.
Charette : Oui. Et les bâtiments du gouvernement, tu sais, du
Québec sont couverts, là, par le projet de loi.
Mme
Dufour : Et... et... bon. Puis, quand on dit «ses
mandataires», par exemple, la Société
d'habitation du Québec en ferait partie, Hydro-Québec, ça va... ça va...
évidemment, les SAQ, etc.
M. Charette : Exact.
Mme Dufour : Excellent.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? M.
le député de Jacques-Cartier.
M.
Kelley : M. le ministre, ça n'inclut pas, par exemple, des
bâtiments des municipalités, par contre? On vise vraiment juste l'État
québécois?
M. Charette : Bien, les
municipalités sont propriétaires de bâtiments, les bâtiments sont assujettis.
En fait, on voulait juste confirmer qu'il n'y avait pas... je dis «immunité»,
là, mais qu'il n'y avait pas d'exemption pour le gouvernement du Québec. Mais,
dans les faits, dans les faits, les bâtiments municipaux sont des bâtiments,
donc sont assujettis également.
M. Kelley : Parfait. Merci.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
S'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que l'article 3 de la
loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 4. M. le ministre.
M.
Charette : Merci, M. le Président. «Tout propriétaire d'un
bâtiment, tout organisme public et tout distributeur d'énergie déterminés par
règlement du ministre doivent, selon les conditions et les modalités prévues à
ce règlement :
«1° déclarer au ministre :
«a) la
consommation énergétique d'un bâtiment, sa localisation, sa superficie,
l'utilisation qui en est faite, le type d'énergie qui est consommée par
celui-ci et le moment où cette énergie est consommée;
«b) les matériaux utilisés lors des travaux de
construction ainsi que les équipements et les composants dont est doté un
bâtiment ou les équipements dont est doté le site sur lequel un bâtiment se
situe;
«c) le nom et les coordonnées du propriétaire
d'un bâtiment;
«d) tout
autre renseignement nécessaire aux fins visées par la présente
loi et aux règlements pris en vertu de celle-ci;
«2° obtenir d'une personne ou d'un organisme
reconnu en vertu de ce règlement un rapport de vérification de tout
renseignement déclaré ou fourni au ministre;
«3° fournir au ministre le rapport visé au
paragraphe 2°;
«4° dans
le cas d'un distributeur d'énergie, élaborer et administrer une plateforme
numérique lui permettant de transférer à un propriétaire les
renseignements relatifs à la consommation énergétique d'un bâtiment.
«Le ministre
peut également, par règlement, prévoir les cas et les conditions selon lesquels
un propriétaire ou un distributeur d'énergie doit conserver tout renseignement
ou tout document déclaré ou fourni en application du premier alinéa.
Le
commentaire : L'article 4 vise à habiliter le ministre à prendre un
règlement obligeant certains propriétaires de bâtiments, certains
organismes publics et certains distributeurs d'énergie déterminés par ce
règlement à déclarer de l'information lui permettant de dresser le portrait, la
performance environnementale des bâtiments au Québec.
Le ministre est l'autorité administrative
adéquate pour prendre ce type de règlement, considérant que la transmission de renseignements de la nature de
ceux-ci... de ceux... pardon, de ceux visés par la disposition ne constitue
pas un fardeau important pour les administrés. Le même niveau d'autorité
administrative a d'ailleurs été choisi par le législateur lors de l'adoption de
l'article 46.2 de la Loi sur la qualité de l'environnement, qui habilite
le ministre à prendre un décret visant la déclaration des émissions de gaz à
effet de serre de certains émetteurs.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 4? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Vous ne serez pas
surpris, M. le Président, que j'aie quelques questions.
Le Président (M. Jacques) : Pas du
tout.
Mme Dufour : Ici, ici, il faudrait
d'abord comprendre c'est quoi, les intentions. Parce que, de la façon que c'est
écrit, c'est : tout propriétaire d'un bâtiment doit respecter ce qui est
écrit là. On ne dit pas qu'il va y avoir des exceptions ici. Et il y a quand
même beaucoup, beaucoup d'informations, et donc, à un moment donné, j'avais cru
comprendre qu'on parlait de nouveaux bâtiments. Mais là ça semble être aussi
des anciens bâtiments. Donc, est-ce qu'on peut avoir une meilleure idée de
quelle est l'intention du ministre avec cet article-là?
M. Charette : Une bonne question,
très, très pertinente. On se rappelle, c'est un pouvoir habilitant que vient
conférer le projet de loi sur ces questions-là. Et on se souvient, là, au
moment de la consultation, certains craignaient l'application de cet
article-là, en disant : C'est beaucoup, ça peut être lourd, ça peut
être... ça peut être extrêmement contraignant. Donc, tout ne se fera pas simultanément,
en même temps, pour tous les types de bâtiments, mais on se donne le pouvoir et le droit de le faire. Mais
c'est la réglementation qui va venir, par étapes, déterminer qui est assujetti,
quelles seront les conditions
d'assujettissement, quelles seront les obligations pour... mais on se donne,
dans un premier temps, le pouvoir de le faire.
Et, dans
certains cas, lorsqu'il est question, là... j'essaie de trouver, il y en a qui
ont des plateformes... j'essaie de voir... «tout autre renseignement»,
ta, ta, ta. C'est dans... dans... pour les grands distributeurs, lorsqu'on
voit, par exemple... En fait, c'est le quatrième... le point 4° : «Dans le
cas d'un distributeur d'énergie, élaborer et administrer une plateforme numérique lui permettant de
transférer à un propriétaire les renseignements relatifs à la consommation
énergétique d'un bâtiment.» Les grands
distributeurs ont déjà ça, cette possibilité-là, ils ont déjà l'information.
Donc là, on va les obliger à la transmettre. Donc, c'est la réglementation, là,
qui va venir... qui va venir préciser, en quelque sorte, les obligations
de chacun.
Mme Dufour : Mais, je vais revenir
aux fournisseurs de granules ou de propane, on n'aura pas les détails de... le
moment de la consommation.
M. Charette : ...ce type de détail
là. L'heure de la consommation, pour un système qui stocke, par exemple, une quantité x de propane, c'est plus
difficile de l'avoir qu'un distributeur, comme Hydro-Québec, qui est l'a en
temps réel, parce que, l'heure de la consommation d'une pompe de
propane, il n'y a personne qui l'a. La bonbonne est dans la cour ou intégrée au
bâtiment et c'est... Je veux dire, quand la demande est là, ça rend disponible
le propane, qui est déjà contenu dans... Donc, ce type d'information là sur
l'heure, on ne l'aura pas, mais, sur les factures, la fréquence des livraisons,
donc on pourra estimer que tel bâtiment consomme x quantités de propane par
année, mais on n'aura pas la possibilité de savoir à quelle heure précisément
le propane est davantage utilisé, ce qui n'est pas le cas avec le gaz naturel,
ce qui n'est pas le cas avec... avec l'électricité, naturellement. Donc, le
degré d'information ne peut pas être le même selon le type de produit qui est utilisé. Mais, gaz
naturel... bien, c'est-à-dire, je dis hydroélectricité, Hydro-Québec, ça, on a... on a la possibilité, en
temps réel, de savoir ce que consomme un bâtiment, là, qui les utilise.
Mme
Dufour : Dans le cas d'Hydro-Québec, il y a encore des gens
qui ont des compteurs non communicants. Dans ce cas-là, ce n'est pas
possible de connaître à quel moment est consommée l'électricité.
• (11 h 20) •
M.
Charette : C'est... Je n'ai plus les pourcentages, là,
Hydro-Québec a certainement l'information, mais c'est marginal, là. Effectivement, il y a certains...
certaines propriétés, là, pour différentes raisons, qui ne sont pas branchées avec ce type d'appareils là, mais c'est devenu
marginal, là. La très, très grande majorité ont des compteurs communicants.
Mme
Dufour : Mais est-ce qu'on va prévoir une exception pour
ces cas-là, ne pas obliger les gens d'avoir des compteurs communicants?
M.
Charette : ...n'est pas possible, n'est pas... n'est pas
accessible ou ne peut pas être transmise, ça, ça va faire partie des mécanismes
précisés, là, naturellement. Mais, encore une fois, j'ai pu le... On est dans
les décimaux, là. C'est très, très, très marginal.
Mme Dufour : Oui, mais... mais,
si... je veux juste que ce soit clair, on ne va pas obliger les gens à changer
leur compteur pour avoir des communicants pour...
M. Charette : ...Hydro-Québec ne
prévoit pas ça et le règlement ne prévoit pas d'obligation en ce sens-là non
plus.
Mme
Dufour : Puis, dans le cas d'Énergir, pour le gaz naturel,
je vous avoue que j'ignore comment fonctionne leur compteur, là. Donc, dans
leur cas, ils sont capables de connaître, tout comme Hydro-Québec, la consommation
exacte? Parce que j'ai cru comprendre que ce
n'était pas le cas quand ils sont venus, mais peut-être que j'ai mal compris
aussi, là.
M. Charette : Oui. Je m'y connais
moins à travers Énergir qu'Hydro-Québec, mais, effectivement, selon les volumes
ou les besoins, on peut déterminer la consommation d'un bâtiment comme on peut
le faire, là, avec une distribution qui est assurée par Hydro-Québec.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée de Mille-Îles. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Alors, premier alinéa de
l'article 4, bon... Le ministre a été clair, depuis tout à l'heure, là,
sur l'intention d'aller par règlement, mais j'aimerais qu'on commence à
préciser les intentions, c'est-à-dire,
on parle de tout propriétaire d'un bâtiment, organisme public, distributeur
d'énergie qui vont être déterminés par règlement, qui sont ces... en fait,
quels types de bâtiments, quels types d'organismes publics, est-ce qu'on a un
échéancier. Est-ce qu'on peut commencer à nous en dire un peu plus?
M.
Charette : Si on... Pour ce qui est de la séquence elle-même,
à terme, là, on le mentionnait, tout est assujetti, mais, pour ce qui est de la séquence
d'application, on y a fait référence un petit peu, là, au moment de la consultation,
on va définitivement commencer par le grand bâtiment. Le grand bâtiment, ça
peut être bâtiment public, ça peut être même
du résidentiel. Dans le résidentiel, comment on le qualifie de grand bâtiment,
c'est 25 logements et plus. Donc, c'est ce qui va intervenir en
premier, selon la planification, là, qui est en train de se faire.
Mme Zaga Mendez : Est-ce qu'il y a
une date pour la mise en oeuvre, comme votre objectif, mettons, en commençant par les grands bâtiments? Puis, pour
l'ensemble des données, là, je reviendrai sur les types de données, mais
quel est l'échéancier pour l'application pour les grands bâtiments?
M. Charette : Il y a des règlements
qui vont intervenir, on va le souhaiter, assez rapidement. Et, pour ce qui est
du grand bâtiment, on se souvient, hein, il y a... il y a plusieurs étapes. Il
y a un volet qui sera volontaire pour certaines
étapes, il y a un volet qui va être contraignant dès les débuts, mais
l'assujettissement, le... je ne suis pas mesure de donner de calendrier
de dépôt de règlement. Moi, je vais vous dire : Le plus rapidement
possible. On pense être en mesure de fournir
certains projets de règlement dès la présente année pour certains types, mais,
pour le grand bâtiment en général, je
ne serais pas en mesure de vous dire. Est-ce que c'est dans six mois,
est-ce que c'est dans neuf mois? Mais, à partir du moment où on a
les habilitations, on va accélérer la cadence de rédaction, là, pour pouvoir
mettre au jeu cette réglementation-là le plus rapidement possible.
Mme Zaga
Mendez : Bien, on demande, entre autres, un échéancier, puis de le
comprendre, puis même le discuter, parce que, si on voit, dans les autres
aliéna, les points a, b, c, d, c'est toutes des informations pertinentes. On n'est pas contre aller chercher ces
informations-là, mais il va falloir que les propriétaires, les organismes
publics, les distributeurs d'énergie sachent le plus vite possible c'est quand,
qu'ils vont devoir préparer l'ensemble des façons de partager les informations.
Est-ce qu'on a un échéancier? Parce qu'on va se le dire, 2050, là, ça arrive
vite, c'est dans 25 ans, puis 25 ans, dans un
milieu comme la construction, comme la distribution, c'est des choses... la
durabilité de certains matériaux, là, qu'on ne
peut pas remplacer, parce qu'on a déjà investi aujourd'hui, puis ça va coûter
très cher. Il va falloir le savoir très vite.
Donc, est-ce possible
de nous donner un peu plus des réponses en ce qui... l'échéancier? Là, on nous
parle des grands bâtiments, OK, mais est-ce
qu'on parle des organismes publics? On a donné quelques exemples, tout à
l'heure, de les différentes
définitions des bâtiments pour le résidentiel, puis on le sait, que c'est le
nerf de la guerre, pour l'efficacité énergétique, alors on s'attend à un
peu plus de réponses.
M. Charette :
Exact. Mais, dans la déclaration, là, qui a été faite, il y a déjà un
projet de calendrier, là, qui est présenté. Vous avez raison, 2050 arrive
rapidement, mais 2030 arrive encore beaucoup plus vite, et on a des objectifs,
dans le bâtiment, à atteindre d'ici 2030. Donc, on y va, là, un petit peu
de façon sommaire, on s'entend.
2025, on souhaiterait
une réglementation qui soit applicable, là, pour les bâtiments institutionnels.
Pour les bâtiments commerciaux et
résidentiels de plus de 15 000 mètres carrés, ça peut représenter,
là... ou de plus... systématiquement, là, ou de plus de 150 unités
d'habitation.
Pour 2026, on
serait dans les bâtiments commerciaux et résidentiels de plus de
5 000 mètres carrés ou plus de 50 unités d'habitation.
2027, on serait
davantage dans les bâtiments commerciaux et résidentiels de plus de
2 000 mètres carrés ou de plus de 25 unités d'habitation.
Donc,
on commence dès l'année prochaine avec, réellement, les plus grands bâtiments,
et on va, dans les années qui vont suivre, essayer de couvrir les
bâtiments, là, de plus petites dimensions.
Mme Zaga
Mendez : Et ces échéanciers font partie déjà du plan d'action, en
termes de décarbonation des bâtiments, dans le cadre de...
M. Charette :
Oui. Si on regarde, pour 2030, dans le PEV et dans le PMO, on a des objectifs
au niveau des émissions, ce n'est peut-être pas ventilé avec autant de
précision, là, on vient préciser nos intentions pour y parvenir. Mais il y a des cibles importantes, importantes
qui sont mentionnées et dans le PEV et dans le PMO, là, pour ce qui est
du bâtiment.
Des voix :
...
Mme Zaga Mendez : Est-ce que... je veux
juste finir. Je veux savoir s'il y a un autre complément d'information.
M. Charette :
Bien, en fait, c'est des données, des rappels. Donc, on serait à 60 %
d'ici 2030 pour ce qui est des bâtiments publics, 50 %, le privé, et
15 % d'amélioration d'efficacité énergétique pour le privé, là,
d'ici 2030.
Mme Zaga Mendez :
Parfait. Mais merci de nous avoir partagé un peu les intentions. Puis je me
demande... Parce que, là, on est dans des
termes très généraux. Si on lit la loi telle quelle puis on nomme les
intentions qui sont là, est-ce
qu'en 2026, est-ce qu'en 2030... est-ce que ça va être les mêmes
intentions des gouvernements qui vont succéder?
M. Charette :
Bien, moi, ce que...
Mme Zaga
Mendez : Maintenant, où est-ce que... où est-ce que je m'en vais avec
ça, je pense que vous comprenez bien l'argument, là, c'est-à-dire que... Est-ce
possible d'inclure tout de suite dans le projet de loi des intentions
d'échéancier et qui peuvent même être un miroir des objectifs de décarbonation
qu'on se donne déjà? On a la Loi de la
qualité de l'environnement, qui donne des objectifs de réduction en 2030,
on... Moi, je parlais de 2050 pour la décarbonation complète, là, on s'entend
que, pour arriver à être carboneutre, il va falloir... dans 25 ans, et il
n'y a rien dans la loi. Là, on parle des différentes déclarations qui
vont devoir être faites en termes de matériaux, des données, des renseignements. J'ai travaillé en recherche,
là, je le sais, que ça ne se fait pas du jour au lendemain. Je sais que ça...
C'est des chantiers énormes, puis il y a différentes industries, mais aussi les
organismes publics doivent avoir... et ça commence dès maintenant si, en 2050,
on veut y arriver. Est-ce possible d'avoir une intention dans la loi en termes
d'échéancier et nous le présenter?
M. Charette :
Dans... dans les projets de loi, on a, dans... on a fait ajouter, à la
précédente législature, dans la loi, la
cible de réduction de gaz à effet de serre pour 2030, ça n'y était pas,
mais ce type de détail là par secteurs de bâtiment, ce n'est pas le type d'information qu'on inclut
dans une loi parce que c'est beaucoup trop spécifique. En même temps, puis je
nous taquine en disant ça, je pense qu'il n'y a personne dans la salle, ici,
qui veut aller moins vite, là, mais, en même temps, je ne pourrais pas,
dans un article d'un projet de loi, dire : Pour tant de
1 000 mètres carrés et plus, c'est 2025, ensuite c'est 2026,
ensuite c'est 2027. Ce n'est pas le degré de détail, là, que l'on
retrouve, pas parce que c'est une loi en environnement : dans tout type de
loi, c'est des... c'est de nature réglementaire et non pas législative.
• (11 h 30) •
Mme Zaga Mendez : Dans ce cas, vous avez
parlé des objectifs de 2030 qui sont déjà dans la loi, de la réduction...
M. Charette : ...en fait, ce n'est
même pas... ce n'est pas ventilé, c'est la... la réduction générale de nos
émissions. Effectivement, c'est dans la loi, 37,5 % de réduction par
rapport à l'année de référence, qui est 1990, mais on ne
précise pas, c'est 37 %, donc tant de pourcentage à travers le transport,
tant de pourcentage à travers la matière résiduelle,
tant de pourcentage à travers le bâtiment ou l'industriel. Donc, la
ventilation, elle n'est pas... elle n'est pas dans la loi.
Mme Zaga Mendez : Elle n'est pas
dans la loi. Puis donc vous n'avez pas l'intention de donner ce type d'objectif
dans le 4°. Là, j'ai pris le 4°, par exemple, parce que c'est ici que ça
commence à être généraliste et, en même temps, qu'on ne donne pas tout de suite
une idée en termes d'échéancier, autant aux propriétaires privés que les
propriétaires publics. Là, je vous entends, là, M. le ministre, vous nous avez
détaillé jusqu'à 2027, puis on n'a pas encore
inclus là l'ensemble des bâtiments du Québec. C'est quand que vous croyez que
vous allez être capable d'inclure l'ensemble des bâtiments du Québec?
M. Charette : Tout à l'heure, la
collègue demandait : Est-ce que... Pourquoi ce ne serait pas dans la loi?
Mais c'est dans la politique-cadre, donc c'est dans la politique gouvernementale.
Mais, pour établir des normes de cette
nature-là, il faut aussi avoir des données, puis c'est ce que permet le projet
de loi, de recueillir les données qui nous permettront peut-être ensuite
de déterminer une future norme, de la renforcer par la suite, mais je ne peux
pas aller dans ce degré de ventilation. Puis ce n'est pas parce que c'est le
ministère de l'Environnement, c'est comme ça dans la... Lorsqu'on établit,
lorsqu'on construit des lois, la ventilation, elle est dans la réglementation, elle
n'est pas... elle n'est pas dans la loi. Parce qu'à l'inverse, on peut...
certains pourraient vouloir accélérer le pas, d'autres voudraient le ralentir.
Des fois, il y a des impondérables qui ne relèvent pas de la volonté
gouvernementale aussi, et il faut cette souplesse-là dans la réglementation.
Mme Zaga Mendez : Je vais juste
me permettre un commentaire, puis on y reviendra par la suite. Je comprends
tout à fait qu'il faut des données pour être capable d'élargir, je comprends,
mais c'est un peu l'oeuf et la poule. Pour
que les différents bâtiments... propriétaires des bâtiments, organismes
publics, distributeurs d'énergie puissent fournir les données à temps,
il faut leur donner un échéancier qui est clair. Puis si on ne donne pas un
échéancier qui est clair tout de suite, là,
vous allez donner quelques éléments, mais vous ne donnez pas encore la
précision, bien, on ne va pas avoir les données nécessaires pour être
capables d'entamer la décarbonation de l'ensemble de nos bâtiments. C'est ça que...
c'est ça que j'essaie de comprendre. C'est qu'on nous dit : Tout va se
faire par règlement, on va le définir, mais les échéanciers sont quand même
assez lousses. Vous ne nous avez pas dit : Demain matin, vous nous avez dit : Peut-être dans six, neuf mois, on
va peut-être commencer... on va commencer, pardon, par les gros bâtiments.
Mais c'est qu'à un moment donné, si on
continue à pousser, les gens qui sont ceux à fournir ces données-là ne vont pas
le faire à temps et on va être en retard pour l'ensemble du parc
immobilier.
M. Charette : Je comprends la
volonté de ne pas accumuler de retard, mais, actuellement, on n'a tout
simplement pas le droit de faire ça. On n'a pas les pouvoirs de faire ça. Donc,
il faut se donner les pouvoirs à travers la... à travers le projet de loi.
Mais, pour ce qui est de l'échéancier, là, ce que je vous mentionnais, 2025,
2026, 2027, c'est de l'information qui a circulé auprès des partenaires, et des
organismes, et des entreprises qui seront visées. Donc, elles savent qu'il y a une réglementation qui va être en
préparation à ce niveau-là. Le grand bâtiment, pour 2025, ils sont
informés, et là, maintenant, on va travailler avec eux à établir la
réglementation pour être sûrs qu'ils soient prêts
au moment où elle sera édictée. Mais actuellement, l'intention, elle est
connue. Mais je voudrais faire ça, là, ce qui est contenu dans
l'article 4, que je n'aurais pas le droit parce que c'est un pouvoir qui
n'a pas encore été reconnu, là, par loi.
Mme Zaga Mendez : Je comprends.
Ça va pour l'instant.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de
Mille-Îles?
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Je voudrais peut-être aller sur le paragraphe, là, qui commence par
le petit point b, là, b, les matériaux
utilisés lors des travaux de construction. Je voudrais avoir une idée, là.
Quels matériaux, on pense? Est-ce qu'on est plutôt dans l'enveloppe du bâtiment
ou on est vraiment dans tout ce qui touche l'intérieur, les planchers,
les comptoirs? Quels... Parce que, tu sais, quand on parlait de performance
environnementale, c'est sûr que les
matériaux à l'intérieur, ça peut beaucoup faire une différence sur la
performance environnementale, mais, en même temps, il faut un équilibre
aussi avec le degré d'information qu'on va exiger. Donc, je voudrais connaître
un peu plus l'information qu'on veut obtenir, quels types de matériaux qui sont
visés puis l'étendue, là, de ce qui est prévu.
M. Charette : Tout à l'heure,
on parlait de carbone intrinsèque. C'est un petit peu la suite logique. Donc,
techniquement, on pourrait tout demander avec cet article-là. Naturellement, on
parlait d'équilibre tout à l'heure, ce qui
est raisonnable ou pas, puis dans le commentaire, c'est un petit peu ce qui est
mentionné aussi, ce qui est raisonnable de demander, on ne demandera
pas, pour chacune des poignées de porte, quel est le matériel, là, qui a été
retenu pour leur consommation. Mais il y a
des informations qui, pour la performance énergétique d'un bâtiment, seront
centrales. Est-ce que c'est de la brique? C'est isolé avec quoi? Donc,
c'est vraisemblablement le type d'information qu'on va générer. Mais techniquement, si on y allait au pied de la lettre, on
pourrait tout demander, mais ce n'est pas l'intention, là, c'est ce qui
va avoir un impact sur la performance énergétique du bâtiment, là, qui sera
davantage visé.
Mme Dufour :
La performance énergétique ou aussi la consommation énergétique?
M. Charette :
...performance énergétique va déterminer la consommation, en quelque sorte.
Donc, si ça a un impact sur la consommation, c'est des données qui pourront
être... qui pourraient être utiles et qui pourraient faire l'objet, là, de la
réglementation, mais...
Mme Dufour : Mais
c'est qu'on parle aussi d'équipements et composants, puis là je vais vous
amener... par exemple, une propriété qui a
une piscine à l'extérieur et qui souhaite la chauffer pour pouvoir en profiter
plus longtemps, bien, ça fait un... c'est un équipement qui consomme de
l'énergie, mais ce n'est pas... l'efficacité énergétique de la maison
elle-même n'a pas d'influence sur cet équipement-là. Donc, j'aimerais savoir si
l'intention, c'est de se rendre à ce type d'équipement là, par exemple.
M. Charette :
Pour la présence de piscines, à ma connaissance... Bien, c'est-à-dire on va
avoir une indication de la consommation, mais pas forcément, on ne s'en va pas
vers un registre des piscines, là, au Québec, là, ce n'est pas... ce n'est pas
l'intention. Mais effectivement, si la piscine est chauffée, si c'est relié à
un système, que ce soit thermopompe ou autre, bien, on va avoir... ça va venir
affecter la consommation, là, du bâtiment, mais il n'y a pas de registre de
piscine ou quoi que ce soit, ce n'est pas le type d'information, là, qui serait
demandé, là, par exemple, en b, sur les matériaux utilisés, là, lors des
travaux de construction.
Mme Dufour : Non,
j'en comprends... mais comme ça va consommer, effectivement, est-ce qu'on va
devoir les déclarer, déclarer qu'on a ce type d'équipements là, qu'on souhaite
chauffer sa piscine, soit au gaz naturel, au propane ou à l'électricité, ou
même au solaire? Solaire, ce serait bien.
M. Charette :
En fait, c'est une bonne question, là. Bien, je rassure les gens parce que
je vois le titre qui pourrait découler de ça, il n'y a pas de registre des
piscines, là, au Québec qui s'en vient.
Mme Dufour :
...
M. Charette :
Disons que oui. Non, je vois certains titres et j'ai une idée quel
journaliste pourrait aussi produire ces articles-là. Mais, dans les faits,
comme je le mentionnais, on peut tout collecter comme information. On pourrait
demander il y a combien de poignées de porte dans la maison. Puis on peut
demander aussi, à travers le b, les composants dont est doté un bâtiment ou les
équipements dont est doté le site sur lequel un bâtiment se situe. Donc, le pouvoir habilitant peut nous amener très,
très, très loin dans le type d'information que l'on souhaite obtenir, mais
ce n'est pas le type d'information que l'on veut obtenir s'il n'y a pas
d'impact sur l'efficacité, là, énergétique du bâtiment ou sa performance. Donc,
c'est réellement les matériaux qui vont avoir un impact sur la...
• (11 h 40) •
Et pourquoi ce type d'information
là est utile? Bien, ultimement, puis ce n'est pas qu'on s'en va vers ça, mais
c'est avec de la collecte de données qu'on pourra dire : Bien, tel type de
bardeaux, ou tel type de revêtement, ou tel type de système d'isolation, sans
dire qu'on va viser le lendemain une interdiction, mais on se rend compte que
ça ne... ce n'est pas assez efficient, c'est
là où les normes de construction vont nous permettre d'établir... lorsqu'on
parle de Novoclimat ou autre, on
vient dicter en quelque sorte les standards. Donc, c'est pour établir des
standards essentiellement, là, que l'information sera utile. Pour atteindre tel
standard, bien, peut-être que tel type de laine isolante, par exemple,
ne sera plus utilisée.
Mme Dufour : Bien, en fait, je comprends que c'est... on ne
vise pas un registre des piscines. Mon questionnement était
plutôt : Est-ce qu'on va avoir un registre des chauffe-eau de piscine ou
de spa? C'était plutôt ça. Puis, ce que j'ai
compris, c'est qu'on avait beaucoup d'intérêt à régir la pointe, par exemple,
ou à s'assurer que la pointe soit protégée. Les piscines, c'est moins... ça a moins d'influence sur la pointe qui
est généralement en hiver, mais un spa, par exemple, ça consomme de
l'énergie, ceux qui en ont, en hiver.
Bref, là, vous avez
dit que c'était surtout la... l'efficacité énergétique du bâtiment, mais
lorsqu'on a eu des conversations, on semblait s'intéresser à la consommation
énergétique des bâtiments avec ses composants et ce n'est pas la même chose. Donc, c'est pour ça que je veux
vraiment préciser, parce qu'ici on dit : «Performance environnementale
des bâtiments», ça ne se limite pas à
l'efficacité énergétique et donc pas seulement à l'enveloppe. Est-ce qu'on va
aller... Tu sais, quelqu'un qui a des planchers chauffants, et je vais faire
mon mea culpa, on en a chez nous, bien, ça consomme plus d'électricité que
d'autres... tu sais, que d'autres systèmes électriques, donc... Mais jusqu'où
on pense pouvoir aller pour avoir une
idée de c'est quoi, l'intention? Si on se limite à l'enveloppe, qu'on le dise,
mais moi, ce que je comprends, c'est qu'avec la préoccupation
énergétique qu'on a présentement, on semble vouloir aller plus loin que ça,
mais j'aimerais qu'on sache si c'est le cas.
M. Charette :
Bien, moi, je nous ramène... Le commentaire, c'est un petit peu l'intention
derrière l'article. On ne souhaite rien de déraisonnable, il faut que ce soit
accessible, il faut que ce soit... il ne faut pas que ce soit une contrainte
trop ardue, là, pour les gens qui devront répondre à ces obligations-là, mais
pas de registre de piscines, pas de registre
de planchers chauffants, pas de registre de... mais, ultimement, un bâtiment
qui est très énergivore peut l'être parce
qu'il est mal isolé, peut l'être parce qu'il y a plusieurs composantes qui sont
très, très demandantes. Bien, c'est là où le consommateur va avoir
intérêt à mettre en place différents systèmes.
Je ne sais pas si vous
avez vu, ces derniers jours, mais il y a des projets pilotes, actuellement, qui
sont menés par Hydro-Québec, que ce soit pour stocker de l'énergie ou autre.
C'est des appareils qui vont vraisemblablement se généraliser, qui vont permettre d'atténuer, peut-être, la demande de
certains types d'appareils. Mais, dans les faits, ce n'est pas
l'intention du gouvernement, là, d'instaurer des registres de cette nature-là.
Ceci dit, on parlait des pouvoirs habilitants ou
de l'autonomie municipale. Il y a des municipalités qui, dans leurs propres
codes, peuvent instaurer des contraintes de cette nature-là. On a parlé des
foyers au bois, il y a quelques instants, mais il y a des villes... Moi, je
suis un petit peu les débats qui ont cours, là, dans certaines municipalités. Actuellement, il y a un débat qui a cours, sur le
côté de Sherbrooke, sur la notion de piscine aussi, mais c'est une intention
réglementaire de la municipalité et non pas du gouvernement du Québec. Donc,
les villes ont la possibilité, là, d'aller au-delà de la réglementation
québécoise.
Et je vous rassure, je sais qu'il y a des
articles qui vont aborder la question, et les amendements qu'on va proposer vont maintenir cette autonomie-là des
municipalités. On parlera d'énergie différemment, là, mais, pour ce type de
réglementation là, les municipalités auront toujours le droit, là, d'aller plus
loin que le gouvernement du Québec souhaite le faire.
Mme Dufour : Oui. Bien, en fait, je
fais... comme vous le savez, à une autre époque, j'ai même été... fait partie des élus qui ont interdit des systèmes de refroidissement
à l'eau, donc, pour les... je parle de systèmes industriels, commerciaux, là, parce que la consommation d'eau
était une préoccupation. D'ailleurs, je vous invite à regarder de ce côté-là
parce qu'il y a une stratégie d'eau potable qui aurait intérêt à être regardée
pour ces systèmes-là.
Je vais
peut-être poser une question sur le deuxième... mon Dieu! je ne sais pas
comment le décrire, là, mais le deuxième point, là, «obtenir d'une
personne ou d'un organisme reconnu en vertu de ce règlement»...
Une voix : ...
Mme Dufour : Pardon?
M. Charette : ...
Mme Dufour : Deuxième paragraphe du
premier...
M. Charette : ...
Mme
Dufour : Premier alinéa. Merci. Donc, on parle d'un rapport
de vérification. On dit, là : «De tout renseignement déclaré ou fourni au
ministre». Ce rapport de vérification là, est-ce que c'est avant ou après? Dans
le fond, j'essaie juste de comprendre. Est-ce que c'est... l'intention
de ce rapport de vérification là, c'est de vérifier les besoins d'efficacité énergétique ou plutôt, un coup que tout est
fait, comme... tu sais, quel est le résultat? C'est pour comprendre.
M.
Charette : Encore là, on est dans les pouvoirs habilitants.
On couvre large. Sans dire qu'on ira spécifiquement et dans le détail, là, pour
chacun de ces pouvoirs-là, c'est... s'il y a une déclaration qui est faite, on
veut s'assurer qu'elle soit exacte. Donc, le ministre pourrait exiger
que ce soit fait, justement, là, par une personne ou un organisme qui est reconnu pour s'assurer que l'information
transmise, elle est exacte. Donc, le degré de détail, ce qui sera exigé, est-ce
que le rapport avec une personne
indépendante le sera, c'est tous des éléments, là, qui seront précisés dans la
réglementation à venir, mais on se donne le pouvoir de le faire.
Mais moi, je reviens aux commentaires, on ne
veut pas aller avec des requêtes, là, qui soient indûment trop chargées ou trop
lourdes, mais on se donne le pouvoir, là, de couvrir très, très large, là, avec
l'article 4.
Mme
Dufour : Mais, pour comprendre, est-ce que c'est avant la
construction ou après la construction, ou avant les rénovations ou après
la rénovation? C'est où?
M. Charette : Bien, c'est-à-dire, à
partir du moment où il y aura... puis ça peut être dans les deux cas, là, à
partir du moment où il y a une obligation pour une entité x, le ministère... le
ministre se donne le droit que cette information-là soit validée par une
instance reconnue. Je résume ça comme ça, là, mais c'est un pouvoir, là, qui
est reconnu, là, à travers l'article 4.
Mme Dufour : Et ce rapport-là, il
est à... aux frais de qui, à ce moment-là, de la...
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
dans bien des cas, c'est des obligations pour le propriétaire, donc c'est lui
qui doit se conformer à ces obligations-là. C'est lui qui aura et qui pourrait
avoir... en fait, j'aime mieux dire «qui pourrait avoir», là, des frais à
encourir pour se conformer. Encore une fois, le commentaire est très, très
clair, et je le réitère, là, le but, ce
n'est pas de mettre des bâtons dans les roues ou d'être autrement exigeants,
mais on veut s'assurer, là, que l'information qui est transmise soit
exacte.
Mme Dufour : Parfait.
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
que vous avez terminé, Mme la députée? Terminé?
Mme Dufour : Oui, oui, merci.
Le Président (M. Jacques) : Oui. Je
cède maintenant la parole à Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. J'ai peut-être trois,
quatre questions. C'est plus des questions de clarification.
Alors, le d,
on parle de «tout autre renseignement nécessaire aux fins visées par la
présente loi». Dans les objectifs, on a parlé d'empreinte carbone avec
une perspective du cycle de la... en comptant le cycle de la vie. Quels autres
renseignements pourraient être demandés?
M. Charette : C'est une formulation
assez générale qui nous permet de couvrir ce qui n'est pas nommément mentionné.
Ça ne veut pas dire qu'on a quelque chose en tête, ça veut dire : On ne
veut pas prendre de chance. Si à l'usage on se rend compte qu'il nous manque
tel type d'information, bien, le d va nous permettre d'aller la chercher par règlement. À ce moment-ci, honnêtement, je
n'ai pas d'idée. Je n'ai pas d'idée de ce que ça pourrait... C'est à l'usage,
généralement, là. C'est une formulation qu'on retrouve dans plusieurs projets
de loi qui nous permet de penser à ce qu'on
n'a pas pensé au moment de la rédaction, là, mais ce n'est pas dans l'optique,
là, d'aller avec un dessin caché ou quoi que ce soit, là, c'est pour ne
pas se priver de nouvelles possibilités.
Mme Zaga Mendez : Parfait. On parle
des matériaux utilisés lors des travaux de construction. Est-ce que... Je veux
juste me mettre un peu en situation. Moi, je suis plus intéressée de savoir
est-ce qu'on va avoir les données nécessaires pour être capables de dire si,
bon, la carboneutralité d'un bâtiment, est-ce qu'on atteint ou pas nos objectifs,
là, dans cette perspective-là. Est-ce qu'on parle... quand on parle des
matériaux utilisés, est-ce qu'on va regarder le détail en termes de sources, en
termes de réutilisation? Parce que, par exemple, des fois, des bâtiments vont
être faits avec la réutilisation de certains bâtiments. Jusqu'à quel point on
veut aller chercher ces données-là afin de garantir d'avoir un portrait complet
des bonnes pratiques?
• (11 h 50) •
M. Charette : On pourrait aller
très, très, très loin, ce qui deviendrait extrêmement contraignant, voire
impossible pour un constructeur ou pour un propriétaire de bâtiment. Donc, ce
n'est pas ce que l'on veut. On veut avoir les données qui nous permettent de
nous améliorer. Tout à l'heure, je parlais de certaines normes, une qui est connue,
la norme Novoclimat, il y en a bien d'autres, mais cette norme-là a été établie
parce qu'il est connu que tels, tels types de matériaux ou tel type de système
de chauffage ou tel type de système d'isolation nous permettent d'arriver avec les résultats escomptés. Donc,
c'est plus vers ça que l'on... que l'on s'enligne, que de dire : Bien, je
veux... j'ironisais tout à l'heure, là, je veux avoir comme info il y a combien
de poignées de porte, là, dans la maison. Ce n'est pas... ce n'est pas les informations,
là, qui nous seront utiles pour les fins, comme le dit en d, là, pour les fins
visées, là, par la loi.
Mme Zaga
Mendez : Mais je veux juste... Puis ça me va comme réponse,
là, je comprends. Mais, par exemple, là, les matériaux utilisés et la
source de ces matériaux-là... est-ce que la source pourrait être un critère
intéressant ou une donnée? C'est quand même
une donnée qui est facile, là. C'est-à-dire les... dans le bois, on est
capables de savoir, le bois, il vient d'où, là. C'est standard, de plus
en plus, là.
M. Charette : Encore là, c'est de
voir qu'est-ce qui est utile pour le bois. Certainement qu'il y a une... qu'il y a une pertinence. Pour d'autres types de
composantes de la maison, peut-être moins. Mais on ne veut pas exiger une
reddition de comptes qui est impossible à tenir ou qui serait trop lourde à
tenir. On parle beaucoup de la difficulté de l'offre au niveau du
bâtiment, mais tant... plus les contraintes sont importantes, plus ça ralentit l'offre,
ce qui est un problème actuellement au niveau du Québec, notamment pour le
logement. Donc, on veut réellement avoir la possibilité d'aller chercher des
données qui vont avoir un impact sur les fins visées par le projet de loi, mais
je ne serais pas à même de vous donner le détail. Et, pour le grand bâtiment,
on parlait tout à l'heure du calendrier, pour le grand bâtiment, ce n'est pas
le même type de données qui sera utile et pertinent que pour le plus petit
bâtiment. Donc, c'est là où la réglementation qui va être élaborée avec les
parties prenantes va amener ce degré de détail là.
Mme Zaga Mendez : Mais je vous parle
de ça dans l'esprit de... on assujettit également les organismes publics. Ça
fait que ça, ça veut dire, c'est nos bâtiments québécois, c'est notre parc
immobilier de nos différents ministères, écoles, hôpitaux, là. Parfait. Et on
le sait, qu'au Québec, on devrait de plus en plus se pencher par... et
encourager l'utilisation des matériaux locaux, notre propre bois et, enfin, de réduire...
Ça réduit aussi l'empreinte carbone d'un
bâtiment, comprendre elle est où, la source. Parce que, quand on parle... Vous
avez parlé, là, de l'empreinte carbone, là. Ce n'est pas seulement dans
la production, c'est aussi : Est-ce qu'on considère également la distance
que ces matériaux-là vont faire? Est-ce que... ou, de façon volontaire ou de
façon à encourager ce type de pratique là? Parce
que moi, je vois ici une opportunité d'être capable de... en déclarant ça, en
déclarant la source ou la distance, être capable aussi d'augmenter
l'efficacité énergétique en incluant le cycle de vie des matériaux de
construction.
M. Charette : La
loi permet de le faire. Ça ne veut pas dire qu'on va vouloir et pouvoir le
faire, mais la loi permet, là, d'aller aussi loin. Moi, je regarde certaines
entreprises, je ne sais pas si, pour les collègues, c'est... et moi, je ne le
dis pas de façon méprisante, parce, même moi, c'est relativement nouveau, là,
cette maîtrise-là de concept, les scopes 1, 2, 3 sur l'empreinte carbone
d'un téléphone ou de n'importe quel produit. Il y a certaines compagnies qui se lancent dans cette démarche-là. Il y a
des... En fait, plus on avance, plus c'est poussé, comme... Parce que, là, on va
même chercher... Parce que c'est une chose d'avoir l'information sur le madrier
de bois, mais, plus on avance dans cette
démarche-là... c'est aussi intégrer le poids carbone des sous-traitants et
de... Donc, ça va très, très loin dans la démarche. On s'entend, là,
que, pour des bâtiments avec une multitude de composantes, on ne peut pas aller
à l'équivalent des scopes 1, 2, 3, là, pour chacune des composantes.
Donc, la loi, techniquement, nous donne ce
pouvoir-là, mais ce n'est pas l'intention d'aller aussi loin pour chacune des composantes, ce serait tout simplement
impossible pour les propriétaires eux-mêmes, les constructeurs, là, d'aller
avec ce degré de détail là.
Mme Zaga
Mendez : J'ai une question sur les concepts d'organismes
reconnus en vertu du règlement. Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples
de ces organismes-là? Quand on parle d'obtenir d'une personne — parce
qu'on parle de deux choses, d'une personne
ou d'un organisme reconnu — un
rapport, est-ce que vous pouvez nous donner des exemples?
M. Charette : Des évaluateurs,
ingénieurs, architectes, souvent des gens, là, qui sont soumis à un ordre
professionnel ou à, sinon, un code de conduite. Donc, c'est le type d'experts
qui pourraient être reconnus.
Mme Zaga Mendez : Et, quand on parle
de reconnaissance ici, est-ce qu'on parle de... est-ce que c'est... ce type d'organismes et personnes vont être définis
dans le règlement ou est-ce qu'on parle d'organismes ou personnes qui vont
être habilités par une formation ou une certaine certification de la part du
ministère?
M.
Charette : Si je me réfère à certains des règlements qu'on a
fait adopter, là, au cours des dernières années, c'est effectivement le genre
de détails que l'on voit qui seraient habilités à exercer telle ou telle
fonction. Effectivement, la réglementation va le préciser.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à ma
question.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M. le Président.
Donc, j'aimerais savoir de qui on s'est inspiré. Est-ce qu'on s'inspire de l'Ontario, de la France? Et je pose
la question parce que BOMA... BOMA, le groupe BOMA nous a mentionné à quel point ça avait été quand même ardu, en
Ontario, obtenir les données. Donc, par rapport à l'étendue des données
qu'on souhaite aller chercher, on s'inspire de qui présentement?
M. Charette : Pour la cueillette de
données...
Des voix : ...
M. Charette : Ah! c'est ça, ce n'est
pas tant... c'est ce que j'allais... c'est la réponse à laquelle je pensais, ce
n'est pas tant une juridiction que la capacité d'aller chercher l'information.
On sait que, pour les grands distributeurs, on en parlait tout à l'heure, que
ce soit Hydro-Québec, que ce soit Energir, pour ce qui est du gaz naturel, ça
va être... l'information, ils l'ont, c'est juste qu'actuellement, on n'a pas la
capacité d'exiger de l'obtenir, mais on sait qu'elle existe, cette information-là. Donc, ce n'est pas tant l'exemple
français, ontarien ou autres sur cet aspect-là. Sur d'autres aspects,
là, on pourra parler de l'exemple de la France, on pourra parler de l'exemple
de d'autres juridictions, mais pour ce qui est de la collecte de données, c'est
la capacité à aller chercher ces informations-là. Et, sur les grands
distributeurs qui couvrent l'essentiel, pas la totalité, mais la quasi-totalité
des besoins, on sait que l'information est disponible et on sait qu'on peut
l'obtenir.
Mme
Dufour : Oui, en fait, je référais plutôt — puis
ça, j'en suis consciente — à
tout ce qui est matériaux de construction. Ça, c'est moins simple d'aller
chercher toute l'information sur ce qui est inclus, le type d'isolation, etc.
Donc, c'est pour ça que je vous demandais
sur qui on s'est inspiré, quelle juridiction va dans ces détails-là pour leur
collecte de données sur les bâtiments.
M. Charette : ...vous revenir avec
des exemples de réglementation qui se trouvent ailleurs. On se note des petits
devoirs, là, on pourra transmettre l'information à la commission, volontiers.
Mme Dufour : C'est ça, parce que
c'est important de comprendre à peu près vers où on veut s'en aller. Puis,
comme tout va être défini plus tard, bien, savoir c'est qui, votre inspiration,
ça pourrait nous aider à saisir, parce que c'est
très vaste, là, les équipements, les composants dont est doté un bâtiment.
Est-ce qu'on va vouloir connaître, c'est ça, là, tout ce qui consomme de
l'énergie dans le bâtiment? On a compris que probablement pas. S'il... tu sais,
est-ce qu'il y a une
borne électrique, il n'y a pas une borne électrique, ça consomme puis ça
consomme... tu sais, ça peut... ça peut... dépendamment... S'il y a une borne,
est-ce qu'il y a un régulateur qui permet de... tu sais, une borne intelligente
ou pas? Ça ne sera pas la même consommation,
le même moment de la consommation, etc. Donc, il y a ça pour, comme je disais, tous les appareils qui consomment
beaucoup d'énergie, là, dans une maison, là. Ce n'est pas juste le chauffage,
là.
M. Charette : Mais, à terme, ce
n'est pas sur les appareils qui consomment, mais moi, je réitère le souhait, puis on en a parlé d'entrée de jeu tout à l'heure,
à terme, je veux que chaque nouvelle construction ait des infrastructures
de recharge, qu'elles aient des infrastructures. Ça, c'est encore un non-sens
qu'une nouvelle construction aujourd'hui ne prévoit pas ça, là. Donc, à terme,
c'est ce qui est visé, là, clairement.
• (12 heures) •
Mme
Dufour : Mais est-ce que... Parce que oui, c'est sûr que
c'est visé, mais ça va consommer éventuellement s'il y a des voitures de
branché, évidemment.
M. Charette : Oui, mais, en même
temps...
Mme Dufour : Par contre, s'il y a un
régulateur de charge, ça va permettre... ou une borne intelligente, ça va
permettre de consommer à un moment plus propice à la pointe.
M. Charette : D'une part, mais
est-ce que, dans les projets, là, qui sont évalués par Hydro-Québec, et c'est
fascinant comme quoi la technologie avance... c'est-à-dire à quel moment
charger, c'est une chose, mais faire en sorte que la voiture devienne un
élément de recharge ou de distribution d'énergie à la maison ou l'appartement,
ça, on... c'est une technologie qui est en évolution actuellement et qui va se
standardiser et qui va nous aider et qui va aider
Hydro-Québec à gérer justement sa demande énergétique. Si l'ensemble des
véhicules au Québec deviennent des sources potentielles d'énergie à
certains moments, ça vient changer la donne. Donc, oui, à quel moment en
charge, mais est-ce qu'on a une borne à la maison ou dans notre complexe
résidentiel qui permet d'aller chercher de cette énergie qui est présente dans
les voitures, là, ça va... c'est des petites révolutions, là, qui ont cours
actuellement, là, au niveau technologique et qui vont nous aider.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup pour votre contribution aux travaux.
Et, compte tenu de l'heure, j'ajourne les
travaux... je suspends les travaux, excusez-moi, je suspends les travaux.
Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 01)
(Reprise à 15 h 25)
Le Président (M. Jacques) :
La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi sur la performance environnementale
des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition
énergétique.
Lors de la suspension de nos travaux cet
avant-midi, nous étions à l'étude de l'article 4 de la loi édictée. Donc, M. le ministre venait de finir son
intervention, et ce serait maintenant à Mme la députée de Mille-Îles, qui
semblait vouloir intervenir ce matin sur...
Mme Dufour : Bien, je voulais bien,
mais là mes notes... Je ne sais pas pourquoi, je ne trouve pas mon document.
Alors, malheureusement, il faut que je le fasse venir d'en haut. Alors, toutes
mes notes sont en haut, donc, à mon bureau.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des... Mme la députée de Verdun, sur l'article 4.
Mme Zaga Mendez : Est-ce possible de
juste suspendre cinq secondes?
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 26)
(Reprise à 15 h 27)
Le
Président (M. Jacques) :
Nous reprenons nos travaux, et je cède maintenant
la parole à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M. le
Président. Donc, écoutez, je pense que j'avais sensiblement fait le tour, là, mais juste rappeler, dans le fond, que ce que je comprends,
c'est que, parce qu'il y a eu des réponses contradictoires à mon collègue... au collègue de Jacques-Cartier et
à moi-même concernant les distributeurs d'énergie tels qu'identifiés à l'alinéa quatre, cela
pourrait inclure les distributeurs de propane, les fournisseurs de granules et
même... même, ça pourrait inclure des fournisseurs de bois de chauffage.
Donc, je voulais juste le souligner, et on va... on va repréciser les matériaux
de construction qu'on prévoit, mais on parle principalement de plutôt
l'enveloppe du bâtiment et non pas l'intérieur, les matériaux, même si,
actuellement, comme c'est écrit, ça pourrait porter à interprétation que c'est absolument tout, tout, tout ce qui est à
l'intérieur d'un bâtiment, même le comptoir de cuisine ou... C'est ça. Donc,
voilà.
Le Président (M. Jacques) : ...est-ce
que...
M. Charette : ...je ne partage pas
le mot «contradiction». Je ne pense pas qu'il y a de contradiction qui a été
relevée, sinon des précisions, et ce qui peut, par contre, porter non pas à
confusion, mais qui nécessite encore une fois de le rappeler, l'article 4
nous donne des pouvoirs très étendus, on en convient, mais ce qui a été
mentionné pour éviter toute confusion, c'est
qu'on n'a pas l'intention d'aller dans le fin détail pour chacun... chacune des
composantes, par exemple, qui constituent les matériaux d'un bâtiment
quelconque, mais on se donne le pouvoir de le faire. On ne sait pas,
dans quelques années, comment l'expérience nous aura appris ou démontré qu'il
faut élargir ou qu'il faut user de
d'autres... de d'autres méthodes. Donc, les pouvoirs auront été confirmés à
travers le projet de loi, mais le commentaire... L'article 4
continue de s'appliquer. On ne veut pas y aller de contraintes qui seraient
trop une charge impossible à rencontrer, là, par les constructeurs, sinon les
propriétaires de bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : ...une autre question, en fait, tout... on dit, tu
sais, au tout départ de cet article-là : Tout propriétaire d'un bâtiment,
OK, devra déclarer ses... les informations qu'on décrit. Et là il me semble
avoir entendu le ministre, lors des
consultations particulières, que l'intention, c'était surtout de parler des
nouveaux bâtiments, et ça s'appliquait aussi pour la section II, de
mémoire, là, la cote de performance environnementale, mais ce que je voulais
savoir, c'est... Dans le cas de la
performance environnementale, donc le chapitre II, la section I,
«Déclaration obligatoire», pour les bâtiments déjà construits, est-ce
que l'intention, c'est aussi d'avoir... de capter les informations concernant
les matériaux utilisés lors de la construction?
• (15 h 30) •
M. Charette : Le projet de loi, dans
certains aspects, touche le bâtiment existant. On l'a vu tout à l'heure avec la séquence qu'on veut se donner en 2025,
2026, 2027. Ça, ce sont pour des bâtiments qui sont existants, mais il y a des
dispositions du projet de loi aussi qui visent les nouvelles constructions.
Donc, on couvre l'ensemble des bâtiments. Pour ce qui est des matériaux utilisés et autres, c'est davantage pour
les nouvelles constructions que ce type de renseignements là seront... seront requis.
Mme Dufour : Mais pourquoi on ne le
précise pas, que... on ne s'est pas mis, par exemple, pour tel élément, bien,
ça, c'est pour les bâtiments construits après l'entrée en vigueur de la loi,
par exemple?
M.
Charette : On est réellement dans un règlement de pouvoir
habilitant. Je me répète un peu, mais c'est de dire : On se donne tous les
moyens à notre disposition, mais la réglementation va venir déterminer, en
quelque sorte, les intentions.
Et, pour ce qui est des matériaux utilisés, on
ne demandera pas d'ouvrir les murs d'un bâtiment qui est déjà construit, là. Donc, c'est réellement pour les
nouvelles constructions, mais l'article lui-même nous donne des pouvoirs
étendus qui, au fil du temps, pourront être utilisés, là, de façon... de façon
à répondre aux besoins recherchés.
Donc, on s'ouvre grandes toutes les portes,
mais, après, on va y aller de façon plus chirurgicale, à travers les règlements
eux-mêmes, pour s'assurer, là, d'avoir les informations qui nous permettront,
là, d'avancer dans cette... dans cette quête de bâtiments plus... plus
résilients.
Mme Dufour : D'accord. Merci.
Le
Président (M. Jacques) : ...autres commentaires sur l'article 9 de la
loi édictée... 4, c'est-à-dire,
l'article 4? S'il n'y a
pas d'autre intervention... M. le député de Jacques-Cartier .
M. Kelley : Qui vient d'arriver. Et
désolé si j'ai manqué un bout de la discussion, mais j'ai eu quand même quelque
chose que j'ai trouvé, dans tout l'article 4, que je n'ai pas compris
avant qu'on ait eu nos discussions. On dit :
«Tout propriétaire d'un bâtiment, tout organisme public et tout distributeur
d'énergie déterminés par règlement du ministre», mais on vient de dire,
dans l'article avant, que c'est déterminé par la Loi de la Régie de l'énergie.
Alors, ça dit : Dans l'avenir, le
ministre va être capable de, par règlement, ajouter des distributeurs d'énergie
ou quand même modifier certains éléments qui est dans une autre... loi
de la régie?
Le Président (M. Jacques) : M. le
ministre.
M. Charette : En fait, j'ai... c'est
peut-être le moyen... le moment, c'est-à-dire, de rassurer le collègue. On couvre les distributeurs d'énergie, oui, mais pas
dans la perspective, là, que le collègue mentionne. C'est qu'on peut les
assujettir comme on le fait, mais on ne joue pas dans... dans les modalités,
là, dans... dans les modalités d'application de la régie.
M. Kelley : Mais,
M. le ministre, vous voyez un petit peu la crainte. Parce que la façon que
l'article est écrit, ça vous laisse, par règlement, le pouvoir de réglementer
sur ces éléments-là, d'un bâtiment, un organisme public. Parce que c'est
déterminé par règlement du ministre. Comment moi, je lis la phrase,
l'interprétation que j'avais présentement,
c'est que le ministre peut changer quelque chose par règlement qui touche
quelque chose qu'on vient de clarifier
dans l'article n° 2, qui était lié directement avec la Loi sur la
Régie de l'énergie. J'essaie juste de comprendre le... La façon que c'est écrit, je veux éviter cette
façon qu'un autre ministre arrive puis il décide : Bien, moi, j'ai la
capacité de changer des choses, dans
la loi de la régie, par règlement. Vous comprenez, M. le Président? C'est juste
que la façon que c'est écrit, je pense, ça mérite un petit peu de
clarification.
M. Charette : ...collègue, c'est
juste la définition qui est reprise de la Régie de l'énergie. On n'intervient
pas dans la régie de...
Si on voit, là, à l'article 2, c'est au
sens de la Loi sur la Régie de l'énergie. Donc, on vient définir des concepts.
Et le concept de distributeur d'énergie qui est présenté, c'est selon... c'est
au sens de la Loi sur la Régie de l'énergie,
mais on ne joue pas dans les... dans les modalités d'application de la régie.
On va se parler de la Régie du bâtiment, on va se parler du code du bâtiment, mais la Régie de l'énergie, ce n'est pas... ce n'est pas... on n'interfère pas, là, dans
leurs... dans leurs responsabilités.
M. Kelley : Je ne sais pas si
c'est... Encore, c'est juste de la façon que c'est écrit. Pour moi, je trouve
que ça laisse la porte ouverte que c'est
déterminé par règlement, «tout propriétaire d'un bâtiment». Mais je veux juste
soulever ici, sur nos ondes, que c'est un enjeu.
Une autre chose, M. le ministre. Je reviens, le
dernier paragraphe de l'article n° 4. Encore, je veux
juste bien... Peut-être, le ministre a un
exemple, peut-être a déjà donné ça, mais «le ministre peut également, par
règlement, prévoir [le] cas et les conditions selon lesquels un
propriétaire ou un distributeur d'énergie doit conserver tout renseignement ou tout document déclaré ou fourni
de l'application d'un premier alinéa». Mais c'est juste de comprendre
quelle situation est-ce qu'on va obliger quelqu'un de conserver un document.
Puis on ne dit pas, comme, conserver dans la façon qui... ils n'ont pas
l'obligation de se rendre... de donner des documents au gouvernement. C'est
bien, vraiment : Ils doivent garder ces documents pour eux-mêmes?
M. Charette : ...le parallèle que
l'on peut donner, que ce soit la loi sur l'impôt ou autre, les particuliers,
les entreprises sont tenus de conserver un certain temps les documents dans
l'éventualité où ces documents-là ou ces pièces justificatives seraient...
seraient requises. Mais, encore là, on se donne le pouvoir. Le règlement va
déterminer, éventuellement, la durée où les documents doivent être conservés,
mais c'est... Je pense que la loi sur l'impôt est la meilleure illustration
pour... pour cet aspect-là en particulier.
M. Kelley : Parce que, j'imagine,
c'est quelque chose, en termes que... l'achat d'un bâtiment, de garder toute
information, c'est peut-être important pour quelqu'un qui achète un bâtiment.
Bref, c'est... c'est... Je pense que vous avez répondu à une partie de la
question. Je comprends que ça va être déterminé par règlement, mais, quand
même, on laisse plein des choses dans cet
article-là qui sont importantes pour l'objectif de ce projet de loi. Alors, je
ne sais pas si c'était mieux de... encadrer ça dans la loi, c'est un minimum,
en place de juste laisser ça à un règlement. Mais encore, on verra la
suite des choses.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. Bien,
j'ajouterais que plusieurs groupes nous ont fait part et... de leurs
inquiétudes, de l'augmentation de la
bureaucratie que cet... cet élément-là pourrait représenter. Et c'est vrai
que... et c'est vrai qu'il y a... En fait, il y a peu de lois
actuellement qu'on adopte qui allègent le fardeau, le bureaucratique qu'on
impose aux entreprises, ou même aux citoyens, ou aux municipalités. Et celui-ci
en est un qui semble... qui semble porter à... qui pourrait augmenter
sensiblement, là, la bureaucratie. Parce que, là, ici, on dit : «Un
propriétaire ou un distributeur d'énergie».
Donc, tout le monde doit garder l'information, c'est ce que je comprends, alors
que le distributeur d'énergie sera obligé de transmettre au propriétaire
l'information, mais il devra aussi la garder. En tout cas, il faudra trouver un
moyen qu'on n'alourdisse pas de façon
démesurée ce qui est déjà très, très lourd pour les entreprises. C'est un cri
du coeur, je pense, qu'on a entendu, là. Notamment, la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante en avait fait part, mais il y avait d'autres groupes aussi qui en ont
parlé. C'est un enjeu. Nos PME, on ne fait que... qu'alourdir sans cesse
leurs... les... leurs requis et le fardeau administratif pour elles.
M. Charette : Nous avons
aussi... Je réfère souvent aux commentaires, mais on le lit et on l'écrit, là,
en bonne et due forme, comme quoi les dispositions ne constituent pas un
fardeau important pour les administrés. Dans l'analyse d'impact réglementaire,
on pense que, pour une première année, ça représenterait quatre heures de
travail par entreprise, et, les années
subséquentes, une heure de travail par année. Donc, c'est... c'est très
marginal. Et pour ce qui est des informations à transmettre, la plupart
proviendraient des distributeurs d'énergie qui nous transmettraient l'information directement. Donc, ce ne sont pas
les assujettis eux-mêmes qui nous transmettraient leur consommation d'énergie, mais bien leurs distributeurs
d'énergie. Mais le but, ultimement, est de ne pas alourdir le fardeau des
assujettis. Ça, c'est un principe, là, qui est... qui est cher au
gouvernement également.
• (15 h 40) •
Mme Dufour :
L'estimation de quatre heures a été, selon les groupes, sous-estimée aussi.
Selon des groupes, ce serait plus que ça.
Donc, je ne sais pas comment le calcul a été fait, mais des représentants
d'entreprises jugeaient que ce serait
probablement plus que ce quatre heures-là. Et je rappelle que ça s'ajoute à
l'ensemble des autres dispositions qui ont été ajoutées dans les
dernières années. Et donc elles nous parlaient, là, qu'actuellement, là, de
mémoire, là, elles passaient le quart de
leur temps à répondre à des... des demandes administratives, là. Donc, c'est...
c'est quand même énorme, là.
M. Charette :
Pour le projet de loi, il y a une analyse d'impact réglementaire qui a été
faite, et, pour chaque règlement qui va en découler, il y aura une analyse
d'impact réglementaire encore plus précise qui sera faite. Et on est assez
confiants, là, des estimations qui ont pu être réalisées. Et ces analyses
d'impact réglementaire là, plus précises,
seront sans doute de nature à rassurer les groupes qui pensaient que c'est un
nombre d'heures incalculables, là, qui serait attendu par chaque
assujetti.
Mme Dufour :
Écoutez, il y a peut-être une autre question qui... qui concerne les... la
plateforme numérique. On dit qu'ils devront élaborer et administrer une
plateforme numérique, les distributeurs d'énergie, mais comment on va s'assurer
qu'il y ait comme une certaine cohérence? Parce qu'il y a des... il y a
plusieurs propriétaires, en fait, qui font
affaire avec plus qu'une source d'énergie. Donc, par exemple, si on est
biénergie, gaz naturel et hydroélectricité, bon, comment on va s'assurer que ce ne soit pas... ça ne
demande pas, justement, de décortiquer puis que ça prenne vraiment juste
le quatre heures qu'on prétend que ça va prendre?
M. Charette :
Là, on parle des distributeurs, et non pas des assujettis clients, en
quelque sorte.
Mme Dufour : Oui, mais les clients vont avoir à capter
l'information. Si les plateformes numériques sont distinctes...
M. Charette :
Mais l'information serait transmise au gouvernement directement. Comme on
mentionnait ce matin, pour les grands distributeurs, c'est des données qu'ils
ont déjà. Les clients... c'est-à-dire Hydro-Québec sait fort bien quelle est la
consommation de chacun de ses clients. Hydro-Québec est même en mesure de dire
quelles sont les pointes propres à chaque
client. Énergir pourrait aisément... en fait, a aussi déjà cette donnée-là.
Donc, c'est de rendre accès... rendre
accessibles ces informations-là au gouvernement, en quelque sorte. Mais ce
n'est pas une charge qui est... qui s'additionne pour l'assujetti
client, mais pour l'assujetti distributeur d'énergie.
Mme Dufour : M.
le ministre, je vais juste lire... On parle ici d'une «plateforme numérique lui
permettant de transférer à un propriétaire les renseignements relatifs», pas au
gouvernement, à un propriétaire. Et, dans... dans ma vie antérieure, avant d'être au municipal, je faisais de la conversion
de données. Je faisais des... justement, de la fusion de données, de
base de données, et ce n'est jamais si simple que ça, faire de la fusion de
bases de données.
Et donc c'est pour ça
que je posais la question. Si Énergir transmet au client, au propriétaire,
d'une certaine façon, ses données, Hydro-Québec transmet d'une autre façon ses données, et là ça va être... après ça,
le gouvernement va établir sa façon qu'il veut recevoir l'information,
et là c'est le client propriétaire qui aura à départir tout ça et s'assurer que ce soit dans le format que le
gouvernement souhaite avoir. Est-ce qu'il y aura une uniformisation de ces
données-là? Est-ce qu'on va s'assurer que la
plateforme soit sensiblement pareille entre Énergir, Hydro et peut-être un
fournisseur de propane, et s'il y en a d'autres, là?
M. Charette :
...être disponible au client. Le
client aura la possibilité de la valider. Mais la charge de transmettre
l'information aux gouvernements n'est pas au client utilisateur, mais le client
aura accès à cette information-là pour qu'il puisse valider, pour son
bon... son bon savoir, quelle est la consommation réelle qu'il a. Donc, il
pourra ajuster des comportements, au besoin,
à ce... Suite à l'information qu'il aura, il en fera ce qu'il voudra, mais
l'important, c'est que le gouvernement ait accès à cette information-là
directement auprès des distributeurs d'énergie.
Mme Dufour : Et
là je vous avoue que j'ai de la difficulté à saisir, parce que vous venez de
dire que ce n'est pas au client de
transférer l'information sur l'énergie consommée, mais l'article commence en
disant : «Tout propriétaire [doit]
déclarer au ministre la consommation énergétique d'un bâtiment...» Donc, c'est
écrit tel quel que c'est le propriétaire qui devra le transmettre,
l'information.
Alors, j'aimerais,
là... si c'est vraiment juste le distributeur d'énergie qui doit transmettre
l'information, bien, il faut changer l'article, là. Ce n'est pas ça que ça dit,
là.
M. Charette :
Non. Bien, en fait, si... Là, je ne sais pas si la collègue a l'analyse
d'impact réglementaire, mais, dans l'analyse
d'impact réglementaire, c'est précisé... bien, en fait, c'est l'explication des
intentions gouvernementales, c'est que le client a accès à ces
informations-là. Il pourra ajuster sa consommation s'il le souhaite, mais le
client a la possibilité d'autoriser directement le distributeur d'énergie à
transmettre l'information au gouvernement. Donc, on peut penser que les clients vont consentir ou vont autoriser cette
transmission-là, d'informations, mais c'est précisé dans l'analyse
d'impact réglementaire. Je peux préciser l'endroit, là, si la... ou...
Mme Dufour : Bien, l'enjeu, c'est
que ce n'est pas écrit dans la loi comme ça, M. le ministre, là. Je ne sais pas
si c'est habituel, là, mais la loi dit autre chose que l'analyse d'impact
réglementaire.
M.
Charette : Non. Bien, comme...
Mme Dufour :
Alors, ce qui va s'appliquer, après, c'est la loi.
M. Charette :
...comme on le mentionnait à plusieurs reprises depuis ce matin, il y a...
à parcourir le projet de loi, on aura à le
répéter à plusieurs reprises, là, on se donne des pouvoirs, mais les modalités
seront précisées dans les règlements. Et déjà on a une idée des
intentions gouvernementales à travers l'analyse d'impact réglementaire, et
c'est mentionné dans l'analyse d'impact
réglementaire que le client aura la possibilité d'autoriser son distributeur
d'énergie à transmettre l'information au gouvernement. Je peux lire le
passage, si jamais la collègue le souhaite.
Mme Dufour : Bien,
c'est à... c'est à quelle page de l'analyse réglementaire, peut-être pour nous
orienter?
M. Charette :
On va vous donner... Parce que,
là, nous, on l'a sous format numérique. On va pouvoir transmettre la
référence, mais c'est...
Mme Dufour : Ou
le paragraphe?
M. Charette :
C'est... actuellement, là, c'est écrit : «...la plateforme API
établisse un lien direct entre la plateforme Energy Star Portfolio Manager et
les serveurs des distributeurs, ce qui permet le transfert automatique des
données de consommation mensuelle dans l'outil de collecte lorsque
l'autorisation est accordée par le propriétaire du bâtiment.»
Mais on pourra vous
fournir l'endroit spécifique. Donc, on vous donne la source, là, ou l'endroit
précis où retrouver l'information, mais,
avec le consentement du client, le transfert d'informations, là, va se faire
automatiquement.
Mme Dufour : Mais, dans ce cas-là, quelle information le
propriétaire de bâtiment va devoir transmettre dans les quatre heures?
C'est quoi, l'information qu'il va devoir capter?
M. Charette :
...ça, c'est pour une entreprise. On estime que l'impact de cette... de
cette réglementation-là à venir pour une
entreprise, la première année, serait de quatre heures, et les années subséquentes,
d'une heure. Mais ce n'est pas pour
chaque consommateur ou utilisateur d'Hydro-Québec, ou d'Énergir, ou d'un autre distributeur
d'énergie, ce sont pour les entreprises elles-mêmes, et non pas les
clients particuliers.
Mme Dufour : Bien,
je vais... je vais répéter, dans le «une heure» subséquent, c'est quoi, les
informations qu'on va s'attendre à ce qu'un propriétaire de bâtiment
transmette, dans ce cas-là?
M. Charette :
Il y a des... Bien, en fait, et c'est là où la lecture s'imposait, c'est
que ça peut être une délégation de responsabilités. À partir du moment où le
client dit : Moi, j'autorise mon distributeur d'énergie à transmettre l'information qui est requise, bien,
du coup, c'est une tâche en moins, là, qui revient au propriétaire lui-même, et
on peut penser que, pour la plupart des clients, cette autorisation-là sera
donnée. Si, moi, comme propriétaire... ce n'est pas mon cas personnel,
là, mais, si, comme propriétaire, c'est un exemple que je donne, comme
propriétaire de bâtiment, j'autorise mon distributeur ou mes distributeurs
d'énergie à transmettre l'information, bien, c'est une tâche qui va se faire automatiquement, là, que je
n'aurai pas à renouveler, que je n'aurai pas à réaliser moi-même, parce que l'information,
elle est détenue et connue déjà par les distributeurs d'énergie.
Mme Dufour : Et ça, ça vaut pour les propriétaires de bâtiments
qui ont des locataires, par exemple, des locataires commerciaux, là,
qui, chacun, ont leurs propres comptes et leurs propres compteurs?
• (15 h 50) •
M. Charette :
Désolé, j'ai manqué le début de l'intervention.
Mme Dufour : Et
ça, ça va aussi pour les propriétaires commerciaux, par exemple, ou même
industriels qui auraient des locataires, locataires commerciaux, par exemple,
et donc qui sont sur des compteurs distincts? Le propriétaire — puis
ça, c'était une inquiétude, je pense, qui a été soulevée par BOMA, de mémoire — le
propriétaire d'un tel bâtiment, est-ce qu'il aura à aller chercher
l'information ou c'est chacun des locataires qui vont donner l'autorisation à, par exemple, Hydro-Québec de transmettre l'information au gouvernement? Et là le propriétaire ne
saura pas si une information s'est rendue ou pas, mais il sera garant
de... tu sais, que chacun de ses locataires ait transmis l'information?
Le Président (M.
Jacques) : Il vous reste trois minutes, Mme la députée.
Mme Dufour :
Oui, bien, mon collègue pourra...
M. Charette :
On peut présumer, à ce moment-ci, qu'une très grande... Pour éviter cette
surcharge-là, c'est dans l'intérêt des
clients de donner cette délégation-là, permettre à leur distributeur de
transmettre l'information. Donc, est-ce que quelques clients voudront ne
pas... ne pas la transmettre? C'est toujours possible. Mais on peut penser que
tous et... la plupart des gens seront à la recherche d'une tâche la plus
allégée possible.
Il
y a un complément d'information qui vient de m'être transmis, comment
l'évaluation du quatre heures versus une heure s'est faite. On sait que
Montréal s'est dotée de son système de cotation du bâtiment, et c'est à partir de l'expérience montréalaise qu'on est arrivés à
estimer ce quatre heures-là versus une heure, première année versus les subséquentes. Donc, c'est l'évaluation, là, qui
est à la base du... bien, de l'évaluation, là, qui est utilisée. Mais, comme
je le disais, à partir du moment où on dépose un règlement, ce règlement-là va
avoir une oeillère spécifique à son application. Donc, on va tomber dans des
degrés de précision sur les impacts toujours plus grands que l'oeillère
générale, là, pour le projet de loi.
Mme Dufour :
OK. Et je reviens au cas où on a des locataires, le rapport de vérification, à
ce moment-là, puis, vous l'avez dit, bon,
ils vont tenter, probablement, d'avoir la tâche la plus allégée possible, mais
que se passe-t-il dans le cas où un
des locataires refuse de coopérer? Ça reste le propriétaire qui est responsable
de transmettre l'information, même s'il ne les a pas, les informations,
de la façon que c'est rédigé présentement, là, bien sûr.
M. Charette :
Le propriétaire, auprès de son distributeur d'énergie, a la possibilité...
Il demeure propriétaire du bâtiment. Même s'il a des clients à l'intérieur, il
est propriétaire du bâtiment. Donc, il aura la possibilité d'aller chercher
l'information pour chacune des composantes de son... de son bâtiment. Donc,
même s'il avait un client qui, pour x raisons que ce soit, ne voulait pas
collaborer — je
le dis comme ça, même si ce n'est pas une question de collaboration, mais il
est propriétaire du bâtiment — donc, auprès de son fournisseur
d'énergie, il pourra avoir le détail complet, là, sur son bâtiment même si le
bâtiment a différents compartiments ou différents locataires.
Des voix : ...
Le Président (M.
Jacques) : M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui,
M. le Président. Est-ce qu'on peut juste suspendre rapidement? On va discuter,
peut-être, l'option de déposer un amendement.
Le Président (M.
Jacques) : ...discuter ou déposer un amendement?
M. Kelley : ...rédiger
ça correctement.
Le Président (M.
Jacques) : Donc, vous suspendez pour déposer un amendement?
M. Kelley : On
va en discuter, la possibilité, si c'est correct avec vous.
Le Président (M.
Jacques) : Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 54)
(Reprise à 15 h 57)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux.
Et nous étions à M.
le député de Jacques-Cartier, à savoir s'il déposait ou non un amendement. M.
le député.
M. Kelley : Non,
M. le Président. Merci pour le temps. C'était une suggestion qui a été faite
par un des groupes, mais il y a aussi une
autre partie du projet de loi où un amendement fitte peut-être mieux. Mais,
quand même, merci. On a appris... Ça va vite. On pose des questions au
ministre, et, des fois, ça prend des réflexions, puis on n'a pas assez
de temps là. Puis on n'est pas dans un rush non plus, M. le Président. On va
prendre notre temps pour faire ça correctement.
Mais je reviens à des
questions qui ont été posées par ma collègue. Alors, si le propriétaire d'un
bâtiment avec plusieurs entreprises demande les renseignements concernant la
consommation de l'énergie, puis il y a une... parce qu'on peut penser à
certaines entreprises qui sont plusieurs dans le même bâtiment, puis une
dit : Non, c'est un secret de l'entreprise, puis on ne veut pas dévoiler
comme... combien d'énergie ça prend pour x types de projets. Qu'est-ce qui arrive là? C'est que le propriétaire
a toujours le droit d'aller chercher ce type d'information. Qu'est-ce qui arrive
dans une situation de potentielle... une contestation entre les deux?
M. Charette :
La question est très pertinente, et la suspension a permis, même de notre
côté, là, de préciser un petit peu ces aspects-là. Si jamais il y avait des
rénovations ou des travaux à faire sur un bâtiment, ce n'est pas le locataire
qui aurait la responsabilité, mais c'est bien le propriétaire. Donc, le
propriétaire est l'autorité qui peut demander aux distributeurs d'énergie
d'avoir la consommation totale de ses... de ses espaces locatifs dans son bâtiment à lui. Donc, le fournisseur d'énergie
sera en mesure de préciser quelle est la consommation totale. Même si un
client, bien, dit : Moi, j'aime mieux
ne pas transmettre ces informations-là, c'est le propriétaire qui est l'ultime
responsable et c'est le propriétaire, là, qui sera en droit d'avoir
l'information sur la consommation totale, là, de son... de l'ensemble de son
bâtiment.
M.
Kelley : OK. Merci beaucoup. Puis juste une question... Juste une
question, M. le ministre. Présentement, est-ce qu'il y a des types
d'informations qui sont partagés avec le ministère sur l'état de certains
bâtiments? Je veux comprendre un petit peu le système existant et comment ça va
être intégré avec un nouveau processus de recevoir beaucoup d'informations. Et
c'est juste une question sur le côté informatique et comment votre ministère va
se préparer pour avoir un système qui fonctionne bien avec beaucoup de données
qui vont rentrer sur une période d'une couple des années.
M. Charette :
Actuellement, le ministère ne détient pas ce type d'information là, étant
donné qu'il n'en a pas la... c'est-à-dire,
il n'a pas la possibilité d'exiger ou de demander ce type d'information là.
Donc, on n'en a pas pour le moment.
C'est un des pouvoirs habilitants du projet de loi. Et il y a des plateformes
qui... qui existent, qui seraient accessibles
par l'entremise des distributeurs au ministère de l'Environnement, mais il faut
savoir que cette information-là, elle
existe, elle est disponible chez les distributeurs. Donc, c'est l'accès qui va
être partagé, tout simplement, là, à travers cette... cette plateforme-là.
• (16 heures) •
M. Kelley : Et,
j'imagine, dans certains cas, l'information va se rentrer en morceaux, dans le
sens que, quand on parle qu'il faut déclarer
les types de matériaux qui ont été utilisés, bien, c'est possible que, sur la
vie d'un bâtiment, il va... on va
faire les rénovations ou, quand même, des projets d'efficacité. Alors, c'est
juste encore la simplification. On a entendu des groupes, pendant les
audiences publiques, qui juste toujours répètent : Les choses doivent
juste être efficaces pour nous. Alors, j'imagine, il y a des documents qui
doivent de temps en temps être donnés, peut-être à votre collègue responsable
pour le logement. Mais maintenant c'est juste encore... si c'est par une
application ou... quand même, je pense que l'importance de l'efficacité puis
simplicité de transmis les... transférer les données est tellement importante
parce que c'est un fardeau, c'est sûr que c'est un fardeau. Je sais que ma
collègue a déjà soulevé ça, mais je veux juste répéter encore qu'ils ont déjà
beaucoup de paperasse dans leur vie, nos entrepreneurs. Puis d'ajouter un autre niveau, qui est peut-être juste pour une
période, là, mais, quand même, on sait que c'est plus de travail pour
eux autres.
M. Charette :
Juste pour être bien certain, là, de faire la distinction, la plateforme
numérique n'est pas sur les matériaux de construction, c'est pour le volet
cotation énergétique des bâtiments. Donc, ce n'est pas... cette plateforme-là
ne sera pas autant pour compiler les matériaux utilisés pour un... la
construction d'un bâtiment, c'est deux choses différentes. Et pour ce qui est
des matériaux, c'est uniquement pour le nouveau bâtiment au moment de sa
construction. Donc, il n'y a pas de rétroactivité, là, sur des bâtiments, là,
qui sont déjà... qui sont déjà construits.
M. Kelley : Est-ce
que vous avez une idée de combien de bâtiments doivent produire les
renseignements, les données à vous, dans la première phase?
M. Charette :
Pour les phases 2025, je ne sais pas si... Bien, si je ne suis pas en
mesure de vous la fournir dans les
prochaines secondes, là, on transmettra l'information. Mais, oui, il y a des
évaluations de faites à ce niveau-là.
M. Kelley : Intéressant.
J'imagine, on va voir une première vague qui est assez importante, puis ça va
être intéressant de suivre ça. Ce n'est pas, comme : ça n'arrive jamais
dans les autres...
M. Charette :
Les très, très gros bâtiments
sont moins nombreux que les plus petits bâtiments. Donc, la première
vague, ça va toucher davantage de superficies que de... que d'adresses
distinctes.
M. Kelley : Parfait.
C'est toutes les questions que j'avais pour l'instant, M. le Président.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 4
de la loi édictée?
M. Charette :
Bien, juste une petite précision,
étant donné qu'on a déjà l'information dans l'AIR, la section 4.1,
description des bâtiments. C'est la page...
Une voix : 9.
M. Charette :
La page 9. On a une
ventilation, là, par... par catégorie de bâtiments et par mètre carré, donc
4.1, page... 9? 9.
M. Kelley : Alors, dans les... les notes sur l'analyse
d'impact réglementaire, on a, sur la page no° 9,
M. le ministre, dans la section 4.01, il y a plus de
130 000 bâtiments commerciaux et institutionnels, puis je vois ici
que le ministre estime que moins de
10 % des bâtiments commerciaux... Alors, est-ce qu'on peut faire un calcul
rapide que ça va être 13 000, environ, j'imagine, dans la première
phase, ou est-ce qu'il faut faire... regarder des autres données aussi?
M. Charette :
Pour les grands bâtiments qui
seraient visés par la première phase, on parle de 1 000 bâtiments,
environ, là, à l'échelle du Québec.
M. Kelley : OK.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 4 de la loi édictée? S'il
n'y a pas d'autres interventions, est-ce que l'article 4 de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Donc, M. le ministre, l'article 5 de la loi
éditée.
M. Charette :
Article 5 : «Une cote relative à la performance environnementale
est attribuée à tout bâtiment déterminé par règlement du gouvernement.»
Le commentaire :
L'article 5 est la première disposition de la section établissant le
système de cotation de la performance environnementale des bâtiments. Il
prévoit qu'une cote de performance environnementale est attribuée à tout
bâtiment qui sera déterminé par règlement du gouvernement.
Les articles suivants
établissent la procédure suivant laquelle la cote d'un bâtiment devra être
établie.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 5 de la
loi édictée? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Je vais revenir sur les questions des
échéanciers, je... parce que c'est important puis c'est là qu'on se donne le
pouvoir, puis on n'est pas contre le fait qu'on va attribuer des cotes
relatives à... aux bâtiments. Moi, j'aimerais ça poser une question au
ministre, parce que... pour revenir un peu sur la discussion qu'on a eue. C'est quand qu'il pense qu'on va être capables,
au Québec, de donner une cote à tous les bâtiments? Si on vous
dit : À quel horizon?
M. Charette :
...l'ensemble, là, ce matin, on a délimité les objectifs 2025, 2026,
2027, mais on comprend qu'après 2027, ce n'est pas l'entièreté des bâtiments
qui seront assujettis, ça demeure encore les plus grands. La collègue fait référence à tous les bâtiments, y
compris les maisons privées, les... il n'y a... il n'y a pas d'échéancier
arrêté pour... pour couvrir l'entièreté des bâtiments au Québec, là. On a
déjà... ces trois phases-là englobent plusieurs... on parle de dizaines
de milliers de bâtiments qui sont les plus grands consommateurs d'énergie.
Donc, pour ce qui est des plus petits, et ultimement, si on voulait se rendre à
l'unité individuelle personnelle, il n'y a pas... il n'y a pas d'échéancier
d'arrêté à ce moment-ci. On a déjà une très, très grosse tâche à réaliser, là,
d'ici 2027.
Mme Zaga
Mendez : Est-ce que...
M. Charette :
Mais ceci dit, peut-être qu'en 2026, je serais en mesure de vous le dire, ou en
2027, je serais en mesure de vous le dire.
Mais là, il faut d'abord mettre en branle la planification, là, de ces... de
ces premières phases, là. Donc, c'est une information qui va se révéler,
là, au fil du temps, tout simplement.
Mme Zaga
Mendez : Parce que là, on a devant nous une opportunité pour donner un
peu les... comme une pierre angulaire, les bases pour la décarbonation des
bâtiments pour les prochains 15, 20 ans, là. Ce n'est pas tous les jours qu'on ouvre des lois comme ça. Puis, bien
sûr, on parle d'un horizon dans deux, trois ans. OK, mais on le sait que les
gouvernements changent, on ne sait pas si M. le ministre, il va être encore là.
Moi, ce que je veux savoir et comprendre, parce que tout à l'heure on a... on
parlait jusqu'en 2027, on nous dit qu'il n'y a aucun échéancier pour l'ensemble
des bâtiments, puis ce n'est pas allé... on a parlé, jusqu'à... dans le cas du
logement, jusqu'à 25 unités, mais dans
plusieurs parties du Québec, là, le parc locatif, là, ce n'est pas des
25 unités, là. Le parc locatif, des fois, c'est des sixplex, des
triplex, les duplex qui sont mal isolés, dans lesquels on n'a aucune exigence.
Est-ce que le ministre a l'intention d'aller
là? Je ne parle pas encore du bungalow seul, je vous parle des sixplex, par
exemple, ou des triplex. C'est quand qu'on va appliquer la cote à ce
type bâtiment là?
M. Charette :
Bien, c'est toutes des questions très, très pertinentes. Il faut aussi, et
on va en parler, du code du bâtiment durable, donc, les nouvelles constructions
seront assujetties à des règles plus strictes. Donc, ça, c'est un volet qu'il
ne faut pas négliger, qui va nous aider à améliorer, là, justement,
l'efficacité énergétique de nos bâtiments. Mais, sinon, on en a parlé, je
pense, avec le Pr Pineau, le danger de tout assujettir trop rapidement, bien,
ça engendre des problèmes réels dans les juridictions
qui s'y sont risquées, notamment en France. On le sait, on le dit et on le
répète, là, semaine après
semaine : Il y a un enjeu, au Québec, au niveau du logement, entre autres.
Donc, si on devait interdire la
location de... d'appartements dans un... dans un plex qui n'a pas été... ou qui
n'a pas réussi à se conformer suffisamment rapidement, on crée un autre problème. C'est la raison pour laquelle on
veut y aller dans l'ordre avec les trois grandes catégories de bâtiments. Mais
c'est certain que... même le projet de loi nous donne ces habilitations-là pour
couvrir encore plus large, à terme.
Donc là, je vous
dirais, pour les trois prochaines années, on se concentre sur ces phases-là,
mais ça ne veut pas dire qu'à l'année 1, ou l'année 2, ou à l'année 3
on n'aura pas commencé à préparer les phases subséquentes. Mais on a déjà la
possibilité, à travers les pouvoirs qui nous seraient octroyés, d'aller
chercher des informations sur la consommation des... même des bungalows, ou des
appartements, ou des appartements en copropriété. Le pouvoir est là, mais réalistement, on ne veut pas diminuer
l'offre. Réalistement, on sait qu'en termes d'inspecteurs, en termes de main-d'oeuvre disponible,
on ne pourrait pas tout couvrir du jour au lendemain. Et déjà, c'est un
programme excessivement ambitieux, là, pour les années 2026...
2025, 2026, 2027.
• (16 h 10) •
Mme Zaga Mendez : Oui, bien, je suis
d'accord avec le ministre sur le fait qu'il va falloir chercher l'information,
on n'en doute pas. On nous parle d'un échéancier jusqu'en 2027, mais on reste
encore dans des bâtiments à taille... à plus grande taille. Quand on parle des
triplex et duplex et sixplex, qui est la majorité, en fait, de notre parc locatif, là, même... pas seulement à
Montréal, en région, ce n'est pas des grands complexes de 25, 30 ou 45, là,
en plusieurs places, comme... c'est de ça on parle dans le parc locatif, les
gens paient très cher pour leur logement, de plus en plus, on sait que c'est un
coût qui s'accumule. Là, moi, ce que je veux comprendre... Puis je suis
d'accord, là, on ne va pas le faire demain matin, là. Ce n'est pas ça,
l'objectif, là. On veut un échéancier, on veut un engagement pour dire :
Est-ce que c'est 2029? Est-ce que c'est 2028? Est-ce que c'est 2030? Est-ce
qu'on va le repousser jusqu'en 2045? C'est ça qu'on veut comprendre parce qu'on
a la chance de le faire maintenant, puis les informations qu'on va avoir, bien
sûr qu'elles vont nous permettre d'accélérer le pas puis aller vers une cote
pour tous... tous les bâtiments. Puis je ne vous parle pas encore du bungalow,
là, je parle encore des sixplex et triplex.
M. Charette : ...2027, on va avoir
mis en place tous les outils, mais on ne couvrira pas forcément le fameux
bungalow dont parle la collègue. Là, on parle du projet de loi qui nous réunit
cet après-midi, mais il faut parler, aussi,
des autres initiatives. Un bâtiment qui, par sa petite taille, par exemple,
n'aurait pas les mêmes obligations en 2027, bien, il se voit tout de
même offrir différentes opportunités par Hydro-Québec pour... pour améliorer
son efficacité énergétique, qui se voit offrir différents programmes par le
gouvernement du Québec. Donc, ce n'est pas parce que ces obligations ne sont pas les mêmes en 2027 qu'il n'y a pas d'outils
qui s'offrent à ces propriétaires-là. Et on l'a vu, je pense que ça a été abordé, aussi, dans les
consultations, même les locataires ont des programmes qui leur sont disponibles
pour augmenter l'efficacité énergétique de
leur loyer. Donc, un assujettissement différent ou des obligations différentes ne
veut pas dire pas mesure pour ce type de... de logement là.
Mme Zaga
Mendez : Alors, on continue avec les mêmes programmes
volontaires qui existent déjà pour le reste du
bâtiment?
M. Charette : Bien, on va voir, dans
les prochains mois, les résultats des projets pilotes chez Hydro-Québec. Et ce n'est pas de connivence, là, mais le hasard
ou le timing est excellent, peut-être que la collègue a vu, ces derniers jours,
là, des reportages sur différents projets pilotes d'Hydro-Québec menés chez des
particuliers, que ce soient des systèmes de batteries, que ce soient des
systèmes... bien, en fait, différents systèmes qui permettent d'augmenter ou
d'améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments. Ce que l'on peut penser,
c'est que les programmes vont devenir de
plus en plus attrayants. Et même pour Hydro-Québec, construire un barrage, ça
se calcule en milliards de dollars, on s'entend, donc, si, à travers des
mesures où les particuliers ont la possibilité d'avoir du financement ou des
subventions pour des systèmes de batteries et autres, Hydro-Québec va
rentrer dans son argent.
On dit tout le temps : L'électricité qu'on
ne consomme pas, c'est la moins chère des électricités. Donc, si on peut aller
chercher l'équivalent d'une Romaine ou de deux Romaine par cette... par ces
actions-là, bien, c'est des argents qui
peuvent très, très bien être investis dans des programmes d'aide aux
particuliers et même aux entreprises, là. Et de ces mesures-là, je devine qu'il va y en avoir de plus en plus au
cours des prochaines années, donc c'est des incitatifs qui, si leur
usage n'est pas obligatoire, ça devient peut-être même pénalisant de ne pas...
de ne pas y recourir, à ces... à ces options-là.
Mme Zaga Mendez : Bien, écoutez, M.
le Président, j'entends ce que nous dit le ministre, là. Je pense qu'on n'est
pas d'accord sur... sur le fait qu'il faut accélérer le pas pour... pour que
les cotes... la cote relative à la... la performance
environnementale, pardon, soit étendue pour l'ensemble des bâtiments. Puis là,
je vous donnais des exemples très concrets, là, le parc locatif, à Montréal,
surtout dans ma circonscription, là, c'est des duplex, des triplex, des
sixplex, c'est ça qu'il y a. Quand on touche à ça, bien sûr, on va réduire la
consommation, mais à date, le ministre nous montre juste un échéancier
jusqu'en 2027, là.
Écoutez, on n'est pas d'accord, mais je vais
continuer à faire de la pression pour qu'on ait un échéancier plus serré et, aussi, ambitieux, afin d'arriver en
2050. Les matériaux de construction, on... toutes les... comment je peux dire...
les différentes sources d'énergie qu'on utilise, on ne peut pas changer du jour
au lendemain. Si on ne met pas tout de suite
des objectifs en se disant : Heille, dans le bâtiment, pour les sixplex,
là, ça va être dans quatre ans... Bien, les gens vont être capables de
se préparer. C'est ça qu'on demande.
M. Charette : C'est très différent
lorsqu'on va parler de construire un nouveau bâtiment avec des normes rehaussées. Ça, on va parler du code du bâtiment
durable, mais la question qui me vient à l'esprit, à la collègue :
L'assujettissement qu'elle souhaite, est-ce que c'est au niveau de la
déclaration ou au niveau d'une cote à atteindre? Parce que si c'est la déclaration, ça, c'est relativement simple à
faire, mais si c'est un résultat sur la cotation à obtenir, ça va avoir une incidence très forte et, sans
doute, très rapide sur le coût des logements à court terme. Je suis convaincu
que ce n'est pas ça, le but. Donc, si c'est assujettir pour avoir une idée du
profil du bâtiment, ça, ça peut se faire rapidement, mais si, pour les petits plex, on dit : En plus, pour
2026, non seulement vous devez faire cette déclaration sur... sur l'efficacité de votre bâtiment, mais
vous devez atteindre une cote en particulier, c'est clair que ça va nécessiter...
Parce que la collègue n'a pas tort du tout,
on a un parc immobilier qui peut être désuet, là, et spécialement dans certains
secteurs. Donc, s'il y
a une obligation de rencontrer une cote précise en peu de temps, on peut penser
à une augmentation assez importante du coût des loyers, ce n'est pas ce
que l'on veut, tous ici, dans la salle, je suis convaincu.
Puis,
ultimement, il y a l'enjeu qui n'est pas... qui n'est pas à négliger, qui,
malheureusement, touche plusieurs, plusieurs
secteurs, si on veut assujettir, du jour au lendemain, autant au niveau de la
cotation que du rendement lui-même, l'entièreté des bâtiments, il va
manquer d'inspecteurs, il va manquer de travailleurs, il va manquer de
main-d'oeuvre. C'est simplement impossible. Et c'est là où la France recule ces
mois-ci, parce qu'il y avait des objectifs qu'elle ne pouvait pas rencontrer.
Le résultat? Il y a des appartements qui étaient en location qui ne sont plus,
là, disponibles à la location. Donc, on vient augmenter, encore, un problème
d'offre et, là non plus, on ne s'aide pas.
Mme Zaga Mendez : Alors, juste
pour... Parce que, là, j'ai eu une ouverture sur la déclaration,
je veux aller là-dessus. Bien sûr, je reviendrai sur la cotation, puis je
reviendrai... mais je trouve ça intéressant, ce qui me... mais on vient de traiter l'article 4 qui traite
des données des déclarations. J'ai posé la même question tout à l'heure :
Est-ce possible d'avoir un échéancier sur quand les différents bâtiments
vont pouvoir être assujettis à ça? Est-ce qu'il y a un engagement de la part du ministre d'avoir un échéancier beaucoup plus
détaillé en ce qui concerne l'ensemble des bâtiments? On le sait que ça va être par règlement, là, on vient de
l'adopter, là. Je... bien sûr, je pense que les collègues vont tous être
d'accord que le plus qu'on met dans la loi, le mieux c'est, mais est-ce que le
ministre va soit nous soumettre un amendement dans ce sens-là ou est-ce qu'il
va nous faire un engagement de qu'est-ce qu'il peut et comment les choses vont
être déclarées, et dans quel échéancier?
M. Charette : On n'a pas besoin
d'amendement, en ce sens qu'on a le pouvoir habilitant pour le faire, donc, il suffirait de présenter un règlement à terme.
Moi, lorsque je posais la question, c'était pour avoir une meilleure idée, là,
des souhaits de la collègue, mais je réitère que les trois prochaines années,
c'est un chantier colossal. La collègue dit :
Il faut accélérer. C'est une accélération majeure parce qu'on part de zéro
kilomètre-heure, là. Donc, on part de zéro, avec ces trois années-là, on va passer à une vitesse de croisière
extrêmement élevée par rapport au zéro kilomètre où on est aujourd'hui.
Moi-même, pour l'assujettissement à la
déclaration, je vais être bien honnête, je n'ai pas, aujourd'hui, de réponse. Est-ce qu'on sera prêt en 2027? Peut-être
que l'année prochaine j'aurai la réponse à cette question-là. Mais là, on veut
passer de zéro à 100 kilomètres. C'est déjà une vitesse qui est assez...
qui est assez considérable. Est-ce qu'on voudra passer, d'ici 2027, de
100 à 120 ou à 130 kilomètres-heure? On le verra, mais on part de zéro,
actuellement, et c'est ça qu'il faut prendre en considération. La progression
extrêmement rapide... en fait, on crée un champ nouveau, là, d'activité, littéralement, mais il faut être sûrs que ça ne
crée pas une pression négative sur l'offre, il faut être sûrs d'avoir la main-d'oeuvre pour rencontrer ces
obligations-là par la suite. Donc, c'est là où il faut... il faut l'analyser,
cet impact-là.
Mme Zaga Mendez : C'est bon.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 5 de la loi édictée?
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
D'abord, je voudrais peut-être poser une question concernant... On a parlé des
règlements, là, qu'il y a beaucoup d'éléments qui seront déterminés par
règlement. Dans d'autres lois, il est possible de soumettre... en fait, dans d'autres
lois, ils ont soumis le premier règlement aux parlementaires. Moi, je vous inviterais à faire la même chose dans ce
cas-ci, parce qu'on est devant quelque chose qu'on... on est devant l'inconnu.
Et vous voyez qu'avec nos échanges, des fois, il y a certainement des
améliorations. Il y a même des questions, des fois,
que... que les gens qui vous accompagnent n'ont pas toute la réponse, ils
cherchent, ils cherchent. Bref, peut-être que pour le premier règlement,
ce serait intéressant de le soumettre aux parlementaires, je vous le soumets.
• (16 h 20) •
M. Charette : S'il était prêt, je le
ferai avec plaisir.
Mme Dufour : Non, pas maintenant,
pas maintenant, mais quand il le sera.
M. Charette : Ah! En commission
parlementaire.
Mme Dufour : Oui, voilà, exactement,
pour en discuter.
M. Charette : Bien, en fait, ce
n'est pas... ce n'est pas la façon de faire. Ce que j'aime faire et quand c'est
possible de le faire, je le fais, moi, le dernier projet de loi qu'on a
travaillé ensemble, sur l'eau, au moment de l'étude détaillée, on avait déposé
les projets de règlements. Actuellement, les projets de règlements ne sont
pas... ne sont pas prêts, et ce n'est pas
habituel, après l'adoption d'un projet de loi, de revenir en commission parlementaire.
En fait, moi, ça fait 16 ans que je suis ici, à ma connaissance, je
n'ai jamais vu ça, de refaire une commission parlementaire sur un règlement qui
découle d'un projet de loi qui a été adopté précédemment. Ce n'est pas... je
peux me tromper, là, mais je n'ai aucun souvenir, en 16 ans, d'une
procédure de cette nature-là.
Cependant,
l'engagement qui est pris... Et les partenaires connaissent notre façon de
travailler, la cocréation, pour nous,
c'est très important. Et, tout à l'heure, à juste titre, la collègue
disait : Déjà, le milieu de la construction s'inquiète d'une lourdeur administrative, d'un fardeau supplémentaire
qui pourrait être déraisonnable. C'est la raison pour laquelle on va le
travailler avec eux, ce projet de règlement. C'est la raison pour laquelle,
avec la Régie du bâtiment, on est en train
de voir comment mettre en place une table de travail, en quelque sorte. Mais si
je devais déposer, aujourd'hui, un projet de règlement sans avoir eu cet
espace de collaboration avec les partenaires, ils seraient d'autant plus inquiets. Mais je ne peux pas prendre l'engagement
de revenir en commission parlementaire pour un règlement à venir, ce
n'est la procédure, mais ça se fera en toute transparence au préalable,
ensuite, avec le dépôt et une consultation à laquelle tout le monde a la
possibilité... même, et ça, je le dis à chacune des fois, les oppositions ont
la possibilité de participer à cette consultation-là. La... une formation
politique veut déposer un mémoire, le défendre, c'est tout à fait possible de
le faire. Et contrairement à ce qu'on... est-ce que... je pense que c'est la
collègue qui disait ça tout à l'heure, juste
pour corriger un petit peu le tir, les mémoires qui sont présentés lors de
cette consultation-là, ils ne sont pas secrets, là. Si tel ou tel groupe
dépose un mémoire après, ce sont des documents, là, qui sont accessibles à
l'ensemble du public. Donc, on a la
possibilité de voir un petit peu quelles étaient ou quelles sont les
préoccupations, là, de tel ou tel groupe.
Mme Dufour : On me dit que le
règlement sur les piscines, ça s'est fait comme ça, ce que... ce que je suggérerais. Évidemment, je ne suggérais pas de le
déposer maintenant, mais ultérieurement, pour inclure les parlementaires, parce
qu'on peut aussi aider à améliorer les règlements.
M. Charette : Je ne connais pas ce
règlement-là.
Mme Dufour : Je le soulève et,
semble-t-il, ça s'est déjà fait, donc, et c'est quand même... Et vous vous dites : Ce n'est pas habituel, mais ce n'est
franchement pas habituel d'avoir un projet de loi avec autant d'éléments qui
sont déterminés par règlement non plus. Donc, je pense qu'on est dans des
records, ici, là.
M. Charette : ...la beauté de la
chose, c'est qu'on n'est pas obligés d'être d'accord sur tout, hein? Pour avoir
travaillé beaucoup, beaucoup de projets de loi, c'est loin d'être inhabituel,
et à chacune des fois, l'approche de cocréation était extrêmement appréciée.
Mais je le comprends, et, en fait, je comprends le propos et je comprends la frustration. J'ai eu ce même propos et j'ai eu
cette même frustration-là dans l'opposition, mais il faut d'abord se donner
les pouvoirs avant de... de mettre au jeu un projet de règlement, c'est la
séquence.
Et on le sait, modifier un projet de loi, c'est
nettement plus complexe que de modifier un règlement. Donc, si jamais on
retenait, à travers... dans le projet de loi, là, si on intégrait ce degré de
détail là et qu'on devait découvrir une
coquille ou une application qui ne produit pas les résultats escomptés, bien,
on le sait, là, ce n'est pas tous les jours qu'on peut entrer dans une
loi, alors qu'un règlement nous permet de réagir et de corriger le tir beaucoup
plus rapidement. Mais je ne blâme pas la
collègue, je comprends tout à fait la position, là, et la frustration, même,
que ça peut représenter.
Mme Dufour : En fait, je ne fais que
soulever les inquiétudes soulevées par l'ensemble des groupes, qui disait ne
pas avoir de visibilité par rapport à l'élément final de ce projet de loi là,
comment ce sera, au final.
Je vais
peut-être venir avec l'article 5, là, on veut établir une cote relative à
la performance environnementale. Quels bâtiments seront exclus d'emblée?
Est-ce qu'il y a des bâtiments qui, d'emblée, on sait qu'ils ne recevront pas cette cote-là ou on souhaite que tous les
bâtiments, éventuellement, reçoivent une cote établie par... déterminée par
règlement du gouvernement?
M. Charette : On est à
l'article 5, donc, on se donne le pouvoir d'exiger, là, cette cote-là pour
le bâtiment. Mais comme on le mentionnait ce matin, dans la réglementation, à
tout le moins, les premières, on sait qu'on ne touchera pas à certains types de
bâtiments dans l'immédiat. Est-ce que, dans quelques années, ce sera autre
chose? Peut-être, mais l'article lui-même nous permet, là, de couvrir
l'entièreté, là, du... du parc immobilier.
Mme Dufour : Parfait. Et
actuellement... Parce qu'en fait, plus loin, on discutera de la Régie du
bâtiment du Québec, et ce que j'aimerais comprendre, c'est l'impact
de ce qu'on détermine ici. Ici, c'est plutôt vague, là, on dit... on ne parle pas du ministère de l'Environnement, on
parle du gouvernement, mais si, plus loin, il y avait des modifications
par rapport à la Régie du bâtiment, qu'elle restait responsable du code, du
code de bâtiment durable, par exemple, il n'y
aurait pas d'enjeu, à ce moment-là, de... avec la cote relative, là, la façon
que c'est rédigé, ça pourrait être aussi la Régie du bâtiment du Québec
qui établisse cette cote-là?
M.
Charette : Bien, ça... La Régie du bâtiment va garder
certaines prérogatives. Le ministère de l'Environnement va avoir
d'autres prérogatives. Et je comprends, et j'ai entendu, comme la collègue,
plusieurs s'interroger, à savoir, est-ce que ça va être compliqué de s'y
retrouver à travers de deux codes distincts? La façon dont on peut le résumer,
et je l'ai mentionné à plusieurs reprises, il y a des aspects qui vont relever
de la régie, d'autres du ministère de l'Environnement,
mais cette information-là, elle sera regroupée, là, pour un constructeur sur
un... sur une même page, on pourrait
avoir les obligations à rencontrer en matière de sécurité, par exemple, qui
relèvent de la Régie du bâtiment, et les critères à rencontrer sur les
aspects, là, liés à l'environnement ou, sinon, aux aspects énergétiques. Mais
actuellement la régie voudrait faire ça qu'elle n'a pas la compétence, elle n'a
pas les habiletés nécessaires pour couvrir les champs qu'on va couvrir à
travers les pouvoirs qu'on va se donner.
Mme
Dufour : Oui. Par contre, ce n'est pas le... L'enjeu n'était
pas : Est-ce que ça va se retrouver sur une même page ou dans le même
cartable, là? C'était vraiment un enjeu de cohérence, mais on pourra en
discuter ultérieurement.
M. Charette :
La cohérence, tout à l'heure, je vous parlais de table de cocréation, on
veut et on travaille, là, ces jours-ci, d'ailleurs, à la création d'une table
conjointe, là, je ne sais pas si le mot «table», c'est la bonne... mais un
espace, à tout le moins, de travail, Régie du bâtiment, ministère de
l'Environnement, pour s'assurer de cette cohérence-là. Et les règlements qui
seront présentés ultimement seront aussi travaillés avec nos partenaires de la Régie du bâtiment. C'est juste qu'ils n'ont pas,
et ce n'est pas pour les dénigrer ou leur enlever quoi que ce soit, l'expertise
au niveau de la transition énergétique, elle n'est pas à la Régie du bâtiment,
elle est au ministère de l'Environnement. Donc,
c'est là où les... les expertises de chacun pourront se compléter. Et les
obligations de rendement énergétique, c'est aussi chez nous que
l'expertise se retrouve.
Mme Dufour : De
toute façon, on aura cette discussion-là ultérieurement puisque ça vient plus
loin dans le projet de loi. Peut-être une
petite précision à la question. Juste au point précédent, le député de Jacques-Cartier a demandé combien de bâtiments
seraient visés par cette première phase, par la première phase, et le ministre,
vous avez répondu
1 000 bâtiments. Par contre, quand je regarde l'analyse d'impact
réglementaire, on dit qu'il y a plus de 130 000 bâtiments
commerciaux institutionnels et qu'au moins... que moins de 10 % des
bâtiments commerciaux institutionnels se qualifient comme étant des grands
bâtiments. C'est 13 000 bâtiments qu'on... plus les bâtiments qui
sont détenus et gérés par l'État, là. Donc, on est dans plus que... bien plus
que 1 000 bâtiments.
• (16 h 30) •
M. Charette :
Bien, en fait, c'est par mètre
carré. Donc, dans les grands bâtiments, il y a aussi une ventilation à faire.
Donc, la première phase, c'est que je vous parlais, là, en termes de mètres
carrés, pour 2025, là, on serait à plus ou moins 1 000 bâtiments. C'est sûr que la deuxième phase
inclut aussi des grands bâtiments, mais des grands bâtiments qui sont plus petits que les grands bâtiments de
la première phase. Mais la première phase, la première année, là, ce serait 1 000 bâtiments,
essentiellement, qui seraient visés.
Mme Dufour : OK. Est-ce que... Parce que... Est-ce que ce
serait la page 15 de l'analyse réglementaire qu'on devrait se fier?
M. Charette :
Je pense que cette ventilation-là, je ne sais pas si on l'a...
Mme Dufour : C'est
ça, parce que...
M. Charette :
Je parlais de la page 9 pour une première ventilation, mais pour une
ventilation encore plus...
Mme Dufour : Non,
il n'y a pas ce détail-là à la page 9.
M. Charette :
...pour une ventilation encore
plus poussée, je ne pense pas qu'on l'a dans le mémoire, puis je ne
pense qu'on l'a dans...
Mme Dufour : Non,
c'est pour ça qu'on ne peut pas le voir dans le document. Il n'est pas là?
M. Charette :
Donc, c'est vraiment une sous-catégorie.
Mme Dufour : Mais
est-ce que c'est possible d'avoir cette ventilation-là, si vous l'avez? Parce
qu'elle ne fait pas partie du document qui nous a été fourni.
M. Charette :
...on avait présenté une forme de
PowerPoint, au moment du briefing, il y avait une ventilation un petit peu plus
précise à ce niveau-là. Sinon, c'est un document qu'on peut déposer au
secrétariat, là, volontiers.
Mme Dufour : Je
vais aller voir.
Des voix : ...
M. Charette :
...c'est la page... je pense, 12
du PowerPoint. C'est la... c'est-à-dire, c'est la... les catégories sans qu'il
y ait les nombres, mais on essaiera d'agréger...
Mme Dufour : ...
M. Charette :
La page 12, vous avez les types, les catégories. Pour...
Mme Dufour : Oui,
mais pour...
M.
Charette : ...on vous transmettra l'information, le nombre de
bâtiments avec cette catégorisation-là, de bâtiments. Mais, pour la
première année, là, c'est 1 000, essentiellement, là, que l'on visera.
Une voix : ...
M. Charette : Au niveau commercial
et institutionnel, effectivement.
Mme Dufour : Merci. Donc, je
comprends que vous allez nous faire parvenir la ventilation par catégorie.
M. Charette : ...l'information, oui.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
que le dépôt, ce sera public ou seulement pour...
M. Charette : C'est... On pourra,
effectivement, le rendre public, là, sans problème.
Le Président (M. Jacques) :
Parfait.
Merci, M. le ministre.
Des voix : ...
M. Charette : En fait, on l'aurait
déjà.
Des voix : ...
M. Charette : Oui, bien, enfin, on
l'a déjà... transmettre au secrétariat, là, sans problème.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 5 de la loi édictée? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 5 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 6.
M. Charette : Merci. Donc,
article 6 : «Le propriétaire d'un bâtiment doit transmettre au
ministre la cote de performance environnementale attribuée à son bâtiment
conformément à la méthode et aux modalités prévues par règlement du
gouvernement. Ce règlement peut notamment prévoir :
«1° les
méthodes de calcul applicables à l'attribution de la cote de performance
environnementale d'un bâtiment, lesquelles peuvent varier notamment
selon :
«a) le type de bâtiment visé et ses caractéristiques;
«b) les travaux de construction réalisés;
«c) la localisation du bâtiment;
«d) la
quantité et le type d'énergie consommée ou produite ainsi que le moment où
cette énergie est consommée ou produite;
«2° les personnes pouvant attribuer la cote de
performance environnementale d'un bâtiment;
«3° les cas
et les conditions selon lesquels une cote de performance environnementale peut
être déterminée pour un regroupement de bâtiments;
«4° les cas et les conditions selon lesquels
sont pris en compte :
«a) les équipements dont est doté le site [pour]
lequel est situé le bâtiment;
«b) la répartition des équipements entre des
bâtiments.
Et : «Le gouvernement peut également, par
règlement, prévoir les cas, les conditions et les modalités selon lesquels le
ministre attribue une cote de performance environnementale à un bâtiment.»
Commentaires : Le premier alinéa de
l'article 6 prévoit le processus selon lequel une cote de performance
environnementale serait attribuée pour certains bâtiments identifiés par
règlement du gouvernement.
Le paragraphe 1° du premier alinéa prévoit que
les méthodes de calcul d'attribution de la cote peuvent notamment être prévues.
Ces méthodes peuvent varier en fonction de paramètres prévus aux
sous-paragraphes a à d de ce paragraphe. À
titre d'exemple, les types et les caractéristiques de bâtiment, selon lesquels
les méthodes de calcul des cotes pourraient varier, pourraient viser
leur dimension, l'utilisation qui en est faite, résidentielle, commerciale,
industrielle, etc., ou leur année de construction.
Les travaux
de construction sont définis par le dernier alinéa de l'article 2 comme
incluant les travaux de fondation, d'érection, de rénovation, de réparation,
d'entretien, de modification ou de démolition d'un bâtiment, ainsi que
l'installation, le remplacement total
ou partiel des équipements dont est doté ce bâtiment. À titre d'exemple, ces
travaux de construction pourraient viser des travaux d'isolation du
bâtiment, de remplacement des portes et fenêtres de celui-ci, ainsi que le
remplacement de son système de chauffage, voire une simple composante de
celui-ci, afin de le rendre plus efficace.
L'emplacement du bâtiment constitue aussi un
paramètre selon lequel la méthode de calcul de la cote de celui-ci pourra varier.
La méthode de calcul pourrait en effet varier, par exemple, en fonction de son
emplacement géographique dans la province, de son
isolement ou de sa proximité avec des sources d'énergie renouvelable... en fait, ça se poursuit à la page suivante. La quantité
et le type d'énergie qui est consommée par un bâtiment est un paramètre qui
pourrait influencer la méthode de calcul de la cote déterminée par règlement. À
titre d'exemple, la consommation d'électricité plutôt que d'énergie
fossile par un bâtiment pourrait influencer le choix de la méthode à utiliser,
de même que le moment où cette énergie est utilisée. Ce paramètre pourrait
permettre de tenir compte, dans l'attribution
d'une cote, de la capacité d'un bâtiment à utiliser moins d'énergie lors d'une
période de grande demande.
Le paragraphe 2° permet de prévoir, dans un
règlement du gouvernement, les personnes habilitées à attribuer des cotes de
performance environnementale d'un bâtiment. Dans certaines situations, des
compétences particulières pourraient être
requises pour collecter les données nécessaires au calcul de la cote de
performance, en raison, par exemple, de la nature du bâtiment.
Le paragraphe 3° permet quant à lui de prévoir
dans ce règlement les cas et les conditions selon lesquels une cote de performance environnementale pourrait être
attribuée à un groupe... à un groupement de bâtiments, par exemple lorsque
ceux-ci sont interconnectés. On peut penser à des bâtiments qui se partagent un
seul compteur électrique ou à différents pavillons d'un campus universitaire
dont le contrôle de la consommation énergétique est centralisé.
Le paragraphe 4° prévoit quant à lui qu'un tel
règlement peut définir les situations dans lesquelles les équipements dont est doté le site d'un bâtiment
peuvent être pris en compte dans l'attribution d'une cote de performance
environnementale et dans quelle mesure des
équipements répartis entre des bâtiments peuvent influencer cette cote. Ces équipements
pourraient notamment consister en des enseignes lumineuses, des bornes de
recharge électriques ou tout autre équipement consommant ou produisant de
l'énergie à proximité du bâtiment.
Le deuxième
alinéa de l'article 6 prévoit qu'un règlement du gouvernement peut fixer
des... fixer les conditions et les modalités selon lesquelles le
ministre peut lui-même attribuer une cote de performance environnementale à un
bâtiment. Ce pouvoir d'attribuer des cotes de performance est nécessaire afin
de pouvoir viser des bâtiments dont les caractéristiques
n'ont pas pu être déterminées avec suffisamment de précision dans un règlement
pris en application du premier alinéa.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 6 de la loi édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Je vais commencer avec l'alinéa 2°, «les personnes pouvant attribuer la cote de performance environnementale». Est-ce
qu'on a établi qui? Et là je ne me souviens pas, là, qu'on en ait parlé.
On dit juste «des personnes habilitées», oui, c'est ça, «attribuer la cote».
Est-ce qu'on a une idée de qui aurait ces qualifications-là pour attribuer la
cote?
Parce que je sais que c'était quand même une
inquiétude qui a été soulevée, là, pendant les consultations particulières, puis qui... qu'il a été mentionné
qu'en... qu'en France c'était un élément, là, qui avait été contesté beaucoup,
là. La cote était contestée, là-bas, parce qu'on disait que, dans le fond, ceux
qui l'avaient établie, ils n'avaient pas... peut-être pas les compétences pour
le faire. Donc, quelles sont les intentions ici?
M. Charette : Et c'est là où la
notion de pénurie de main-d'oeuvre était à prendre en compte et c'est là aussi
où on doit réitérer qu'on ne peut pas tout faire en même temps, parce qu'on
manquerait de cette main-d'oeuvre qualifiée. On peut penser à des membres
d'ordres professionnels, on l'évoquait, ce matin, ça peut être architecte, ça
peut être ingénieur, mais ça va être précisé aussi dans la réglementation. Et,
selon le type de bâtiment, dans la note explicative, dans le commentaire, là, à
la deuxième page, le deuxième paragraphe, où on reprend aussi l'explication, dans certains cas, c'est des compétences plus
particulières qui seront requises. Donc, la réglementation va déterminer,
en quelque sorte, les personnes habilitées,
mais on parle de professionnels reconnus, mais qui ne sont pas en quantité
infinie au Québec, donc il faudra être en mesure, là, de s'assurer
qu'ils peuvent répondre à la... à la charge.
• (16 h 40) •
Mme Dufour : Mais on pourrait... on
pourrait penser, par contre, que ce sont des gens qui auraient été
identifiés... tu sais, des groupes de personnes, plutôt, identifiés par le
ministère, qui pourraient être certifiés pour pouvoir
établir cette cote-là. Parce que j'imagine que ceux qui auront besoin d'avoir
une cote auront le choix avec qui ils voudront travailler pour... pour
établir cette cote-là.
M. Charette : Oui. Bien, à partir du
moment où on préciserait, par exemple, que ce sont des ingénieurs, les
ingénieurs font partie d'un ordre... d'un ordre professionnel, donc les
ingénieurs sont... sont tenus de respecter un code
de pratique qui est bien défini. Donc, il ne pourrait pas y avoir d'évaluation
de complaisance, en quelque sorte. Et, s'il devait y en avoir par un
membre d'un ordre professionnel, bien, c'est une personne qui est... qui est
susceptible de perdre sa licence, littéralement, là. Donc, c'est un... c'est un
gage de qualité. Il y en a qui... qui font mal les choses, là, malgré ce
cadre-là, mais on peut penser... et je suis convaincu que la très grande
majorité des ingénieurs ou des architectes, par exemple, sont... sont soucieux
de la qualité du travail qu'ils... qu'ils réalisent et sont soucieux de ne pas
compromettre leur droit de pratiquer aussi.
Mais ce sera préciser par règlement, là, le type
de... un petit peu comme on l'a fait dans différents projets de loi et la réglementation qui en découlait. Je me
souviens, un projet de loi, je pense, c'était dans un omnibus législatif... et,
en fait, peut-être aussi abordé dans l'omnibus réglementaire, les pouvoirs de
sanction : qui peut inspecter... qui peut... quelles sont les
qualifications qui sont requises. Donc, c'est le type de détail, là, qu'on...
qu'on aura, là, dans la réglementation.
Mme Dufour : Je
vais proposer un amendement à cet effet-là, concernant spécifiquement cette...
cette ligne-là ou cet alinéa-là, simplement pour venir spécifier que ce
seraient des personnes qualifiées et certifiées par le ministère, et non
pas ouvrir la porte à n'importe qui, même si ce n'est probablement pas ce qu'il
y aurait dans le règlement, mais compte tenu... pour répondre un peu à la
crainte qui a été soulevée, justement, par les groupes qui sont venus parler de
l'expérience française. L'amendement a été soumis, là, je crois, donc.
Le Président (M.
Jacques) : Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 43)
(Reprise à 16 h 47)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et je reviens à Mme la députée
de Mille-Îles, de... de nous présenter votre amendement à l'article 6.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Alors, c'est le premier amendement de ce projet de loi.
Donc,
l'article 6 de ce projet de loi est modifié par l'insertion, dans le
paragraphe 2°, après les mots «les personnes», des mots «, ayant
l'expertise et la certification reconnue par le ministère,».
L'article modifié se
lirait comme suit : «Le propriétaire d'un bâtiment doit transmettre au
ministre la cote de performance environnementale attribuée à son bâtiment
conformément à la méthode et aux modalités prévues par règlement du
gouvernement...»
Je
peux-tu... je peux-tu sauter puis juste lire la phrase, l'alinéa 2°? Non. Il faut
que je lise tout? OK. Bon, avec Andrée
Laforest, on pouvait. «...et aux modalités prévues par règlement du
gouvernement. Ce règlement peut notamment prévoir :
«1°
les méthodes de calcul applicables à l'attribution de la cote de performance
environnementale d'un bâtiment, lesquelles peuvent varier notamment
selon :
«a) le type de
bâtiment visé et ses caractéristiques;
«b) les travaux de
construction réalisés;
«c) la localisation
du bâtiment;
«d)
la quantité et le type d'énergie consommée ou produite ainsi que le moment où
cette énergie est consommée ou produite;
«2° — c'est là, la modification — les
personnes, ayant l'expertise et la certification reconnue par le ministère,
pouvant attribuer la cote de performance environnementale d'un bâtiment;
«3°
les cas et les conditions selon lesquels une cote de performance
environnementale peut être déterminée [par] un regroupement de
bâtiments;
«4° les cas et les
conditions selon lesquels sont pris en compte :
«a) les équipements
dont est doté le site sur lequel est situé le bâtiment;
«b) la répartition
des équipements entre des bâtiments.
«Le
gouvernement peut également, par règlement, prévoir les cas, les conditions et
les modalités selon lesquels le ministre attribue une cote de
performance environnementale à un bâtiment.»
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette :
Merci et merci à la collègue pour la proposition. C'est un premier
amendement. J'apprécie, et on aura l'occasion, là, de revivre l'expérience,
très certainement. Et, à chacune des fois, je dis rapidement, ceux et celles
qui ont travaillé avec moi le savent si, oui, on peut aller de l'avant, ou non,
et, bien souvent, on dit oui, mais, dans le cas présent, on ne pourra pas aller
de l'avant avec l'amendement pour... pour deux raisons.
Lorsqu'on lit
l'article 6, tel qu'il est écrit présentement, on lit : «Le
propriétaire d'un bâtiment doit transmettre...», ta, ta, ta, et ensuite :
«Ce règlement peut notamment prévoir», et c'est là qu'au deuxième élément on lit : «Les personnes pouvant attribuer la
cote de performance environnementale d'un bâtiment.» Donc, on va prévoir quelles
sont les personnes qui vont pouvoir le faire. Donc, ça dit essentiellement ce
que la collègue mentionne. Donc, la réglementation va préciser quelles sont les
qualifications qui sont requises. Donc, à ce niveau... à ce niveau-là, sur
l'objectif, on se rejoint entièrement.
• (16 h 50) •
L'élément qui, par
contre, me... m'interpelle un petit peu plus, c'est lorsqu'il est question de
certification. On ne créera pas forcément une nouvelle certification. Donc, si
jamais on parle d'ingénieur, on présume et on croit que les ingénieurs, à
travers leur formation, à travers leur code d'ingénieur, auront les capacités
de répondre à cette... à cette exigence-là. Tout à l'heure, on disait : On
ne veut pas accentuer le fardeau, on ne veut pas alourdir. Si on devait créer
une certification supplémentaire, là on ne s'aiderait pas. Donc, pour le grand
principe, on se rejoint totalement, totalement, en disant qu'on va déterminer
quelles sont les personnes qui vont pouvoir effectuer cette tâche-là, mais
vraisemblablement ça ne passera pas par la création d'une nouvelle
certification. Mais, sur l'essentiel, on se rejoint sans problème.
Mme Dufour : Oui.
Ce n'était pas nécessairement l'intention de créer une nouvelle certification,
mais plutôt d'ouvrir... de venir préciser
les groupes de professionnels qui pourraient établir une cote. Et ça ne devrait
pas, à mon sens, se limiter à l'ordre
des ingénieurs, parce qu'effectivement l'enjeu de la main-d'oeuvre, vous l'avez
dit. Même si l'ordre nous a dit qu'il
n'y aurait pas d'enjeu de main-d'oeuvre, il y a aussi des enjeux de coûts pour
ceux qui auront à avoir cette cote-là. Et ce n'est pas vrai que la
totalité des ingénieurs du Québec sont... sont en possibilité d'établir cette
cote-là non plus. Et il y a des... d'autres regroupements, dont les inspecteurs
en bâtiment, par exemple, qui pourraient se qualifier
et être en mesure d'établir une cote. Donc, c'était plutôt dans le sens de...
de qui sont certifiés par le ministère pour faire cette... cette
tâche-là, qui est d'établir une cote.
M.
Charette : Et on se rejoint. Et, tout à l'heure, la collègue
me demandait des exemples, c'est là où je parlais d'ingénieurs,
architectes, mais c'est... ce n'est pas... ce n'est pas exclusif, là. Il pourra
y avoir... mais c'est le règlement qui va venir préciser les compétences qui
seront requises pour... pour s'acquitter, là, de ce mandat-là.
Le Président (M. Jacques) : ...de
Verdun? Non. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à
l'article 6 de la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que...
Mme Dufour : ...amendement que
j'ai proposé, tout simplement.
Le Président (M. Jacques) : ...l'amendement
de l'article 6, est-ce qu'il y a... Est-ce que l'amendement à
l'article 6 est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : L'amendement
à l'article 6 de la loi édictée est rejeté. Revenons à l'article 6.
Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci. Moi,
j'ai des questions. La façon que l'article est rédigé, on nous parle que, bon, le règlement, là, qui va avoir les méthodes
et modalités prévues pour encadrer la cote de performance énergétique,
on parle de «peut notamment prévoir». Ça fait que c'est des options, ce n'est
pas des obligations telles qu'on les lit. Donc, ma première question,
c'est : Pourquoi ce sont des options et pas des obligations?
M. Charette : Un peu comme les
articles précédents, le 4, en particulier, avait une liste très, très
exhaustive, et, si on... on voulait ratisser dans son sens le plus large, ce
seraient des contraintes et un fardeau extrêmement important, là, pour les
assujettis. Donc là, là, au niveau de l'article 6, on se donne «les
pouvoirs de», mais ça ne veut pas dire que
tous les règlements vont, dès le départ, couvrir tous ces éléments-là qui...
qui seront maintenant possibles. Donc, c'est un... c'est un «peut»,
c'est des outils qu'on se donne. Et, selon le règlement, bien, on va opter pour
telle ou telle modalité, on va opter pour tel ou tel type de personnes
qualifiées. Donc, c'est le pouvoir. Et le règlement va déterminer, par la
suite, là, les modalités précises.
Mme Zaga Mendez : Pour
continuer, dans le picot c, d... Bon, je vais revenir, là, pardon, là. Quand on
parle des «méthodes de calcul applicables», on parle de certains facteurs qui
vont venir... être pris en compte. Juste pour comprendre un peu plus, comment
joue le facteur c, la localisation du bâtiment?
M. Charette : ...on l'évoquait
un petit peu, là, dans... dans le commentaire. Deux... deux éléments qui
viennent en tête facilement, un bâtiment qui, pour une raison ou pour une
autre, n'est pas desservi, par exemple, par Hydro-Québec. Un bâtiment qui, par
exemple, est situé, là, dans... dans le Grand Nord, où il fait extrêmement
froid, venteux, et autres, ça se peut qu'il
ait besoin de plus d'énergie, ça se peut qu'il n'y ait pas autant de fenêtres,
ça se peut que... Donc, c'est là où la localisation, la géographie du
bâtiment va avoir... va avoir un impact.
Mme Zaga Mendez : Merci. Sur le
d, parce que dans le commentaire on parle... surtout de l'utilisation, la
quantité, le type d'énergie qui est consommée ou produite. Donc, ma première
question, c'est par rapport à la production d'énergie. Donc, ici, juste pour me
donner un cas précis, là, est-ce qu'on parle des industries? Est-ce qu'on... Parce que l'énergie produite dans le cas
du bâtiment, autre que la vapeur, est-ce que vous nous... Juste nous donner un
exemple... Parce que la consommation, ça va. De comprendre...
M. Charette : Un exemple
d'énergie produite?
Mme Zaga Mendez : Parce qu'on
dit... Peut-être c'est moi qui comprends mal, là. Je vais le lire au complet : «La quantité et le type d'énergie
consommée ou produite ainsi que le moment où cette énergie [transformée] ou
produite.» Donc, produite dans... à l'intérieur du même bâtiment, est-ce que
c'est à ça qu'on fait référence?
M. Charette : Le... l'exemple
qui m'est donné... Si, par exemple, une consommation est très, très basse, c'est peut-être parce que la personne est... bien,
la personne... le bâtiment en produit aussi. Donc, le... la consommation
basse s'explique parce qu'il y a une
production, sur le site, d'énergie. Donc, ça pourrait être un exemple en
particulier.
Mme Zaga
Mendez : En ce qui concerne la production, pourquoi le moment... Puis
là on en discute, là... La quantité, je
comprends, les types, je comprends. La question du moment, la déclaration du
moment de la consommation du type d'énergie.
M. Charette :
...pas des débats, mais un des sujets, sujets récurrents, là, à travers la
consultation, mais, de façon générale, c'est l'appel de puissance. Le moment
est très déterminant sur... sur la charge que ça représente pour le distributeur d'énergie, peut-être un petit peu
moins pour le gaz naturel que pour l'électricité, mais, pour l'électricité,
c'est un facteur qui est déterminant. C'est une information qui est... qui est
précieuse. Si on devait déterminer qu'un bâtiment
est en surconsommation à des moments charnières, bien, c'est là où il y a des
alternatives qui pourraient être proposées pour que la charge soit moins
grande, là, sur... sur le distributeur.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Bien, c'est un peu là que... que je voulais aller, là.
Je comprends la question de la puissance. On parle de la gestion de la pointe.
Je pense que c'est ça, l'enjeu, comment on va déterminer... La quantité et le
type, je pense qu'on est capables de faire un radian en... compte tenu ou pas
d'énergie fossile à la base. Je pense que, là-dessus, on est d'accord, on l'a
reconnu, même. Parfait.
Bien, comment on va
déterminer quelle cotation on donne par rapport à quel remplacement on fait?
Exemple, là, on nous parle d'utilisation de
quantité de type énergie à un moment, utilisation de gaz naturel en période de
pointe. Est-ce que ceci fait en sorte qu'on a une meilleure cote ou une
plus moins bonne cote énergétique? Parce que, là, on a comme trois facteurs
qui... dans lesquels on joue : la quantité, le type, mais aussi le moment.
Puis je voulais juste savoir quelle est la compréhension, du côté... du côté du
ministre, du côté du ministère, de... de l'utilisation de ces énergies-là selon
le moment.
M. Charette :
La question est bonne, mais, encore là, c'est la réglementation qui va
déterminer l'impact que ça va avoir. Est-ce que c'est plus intéressant
d'avoir... d'avoir, à un moment, toujours... On revient à la question de la
pointe, admettons. Est-ce que c'est plus intéressant, pour un bâtiment en
période de pointe, de sursolliciter le réseau Hydro-Québec versus aller
chercher un apport à travers le système de bioénergie? C'est... c'est une
question, là, qui... pour le gouvernement
actuel, puis on ne s'en est jamais cachés, on favorise la bioénergie, on croit
en ses mérites, mais tout à fait conscients que d'autres voient la chose
différemment. Mais ça va être ça... ça va déterminer un petit peu la valeur ou le potentiel énergétique d'un...
d'un bâtiment, s'il sollicite moins Hydro-Québec en période de pointe,
mais ça ne veut pas dire que c'est ce qu'on va encourager systématiquement.
On en a fait
mention, lors des échanges, il y a des alternatives qui peuvent être proposées.
On s'entend, pour le grand bâtiment, là, l'alternative, ce n'est pas multiplier
les batteries, mais, dans certains types de bâtiments, le stockage d'énergie
peut devenir une façon intéressante qui va être payante aussi dans le système
de cotation. Donc, ce n'est pas uniquement
le gaz naturel, l'alternative, il y a d'autres alternatives qui peuvent faire
une différence puis qui pourront être encouragées dans la cotation qui
sera... qui sera déterminée.
• (17 heures) •
Mme Zaga
Mendez : Bien, on s'entend, M. le ministre, vous venez de dire deux
choses qui, pour moi, peuvent être mises en opposition, là. Peut-être, j'ai mal
compris, je veux juste revenir. Vous avez dit, tout à l'heure, que la façon comment on va calculer la... le
potentiel énergétique du bâtiment ou pour dire si un bâtiment est plus efficace
énergétiquement, oui ou non, ça va être par règlement. OK, mais... mais on veut
comprendre ici c'est quoi, l'intention derrière ça, parce qu'il va falloir
créer une sorte de gradation, une sorte de pointage, qu'on va donner selon le type, la quantité, mais on ajoute le
facteur du moment. Donc, ma question, c'est de savoir si un bâtiment a ou un
bâtiment b... si le bâtiment a... À un moment donné, vous... vous avez décrit
ce que le gouvernement encourage, on n'est
pas d'accord avec ça, mais est-ce que ça va favoriser en termes de performance
énergétique, donc créer un incitatif par cette performance-là, d'aller plus en
plus vers la biénergie si ça nous donnait de... plus de points dans une cote
quelconque?
M. Charette :
Avec le consentement des
collègues, le sous-ministre adjoint, là, pourrait répondre, un petit peu,
la cotation, comment elle pourrait... elle pourrait être perçue, là, dans...
dans ce système-là.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement? Consentement. Veuillez vous nommer et dire votre
titre, s'il vous plaît.
M. Gibeault (Jean-François) : Merci,
M. le Président. Jean-François Gibeault, sous-ministre adjoint responsable
du Bureau de la transition climatique et énergétique.
En fait, c'est que,
comme le mentionnait le ministre un peu plus tôt, c'est une série d'intrants
qu'on aura le pouvoir... le ministère aura le pouvoir de requérir, et ils
pourront être pertinents pour l'attribution d'une cote. Donc, on peut
s'imaginer qu'avec les enjeux de pointe, d'approvisionnement, on pourrait
attribuer une modification de cote en fonction de l'appel de puissance et non
pas simplement en fonction de la quantité d'énergie consommée. Donc, à quantité
d'énergie égale, disons, sur une période d'une journée ou d'une semaine, il
pourrait y avoir quand même une distinction
de faite entre l'appel maximal qui est fait pour un bâtiment, donc, avec une
consommation, je dirais, plus concentrée dans les moments où ça affecte
davantage les distributeurs.
Mme Zaga
Mendez : ...sur un dernier élément, bien comprendre. À quantité égale,
donc, deux bâtiments qui ont la même consommation énergétique, ça, c'est...
l'appel qu'on fait au niveau de la pointe viendrait avantager ou pas, selon la
cote.
M. Gibeault
(Jean-François) : Exact.
Mme Zaga Mendez : OK. Et c'est juste
pour bien... Parfait. Donc, mettons, on stabilise les deux facteurs, on va juste jouer sur le moment, s'il y a,
à un moment, un bâtiment a, bâtiment b qui font appel à l'hydroélectricité,
bien, au moment de la pointe, donc, le bâtiment a, qui opte pour la
biénergie, serait bénéficié dans la cote?
M. Gibeault (Jean-François) : Bien,
la cote peut être double. Il peut y avoir une cote qui porte sur l'efficacité
énergétique puis une cote qui porte sur les émissions de gaz à effet de serre.
Donc, ça peut prendre, par exemple, la forme
d'une lettre et d'un chiffre, où un représente l'efficacité énergétique et
l'autre représente les émissions de
GES. Donc, quand on parle de la cote attribuable en fonction de l'efficacité
énergétique, oui, ça peut être un facteur, l'appel de puissance.
Mme Zaga Mendez : Alors, mais...
M. Charette : ...en fait, le
sous-ministre l'a expliqué, comme on souhaite avoir des explications claires,
mais la technologie qui est utilisée peut aussi avoir une incidence. Et c'est
là où la biénergie, c'est une option, mais ce n'est
pas la seule option et ce n'est pas celle qui est encouragée, mais ça dépend du
type de bâtiment. On y croit, on y croit, ça, il n'y a aucun, aucun doute, les
mérites sont reconnus, mais ce n'est pas la seule solution. S'il y a un accumulateur
de chaleur, s'il y a un système de batterie,
c'est là où la cote, même si c'est la même quantité d'énergie qui est consommée
avec la gestion de l'appel, en fait, de la pointe, celui qui est en... qui a la
même consommation que son voisin mais qui a
un accumulateur de chaleur va avoir une meilleure... une meilleure cote. Donc,
ce n'est pas la quantité totale qui est le seul... le seul intrant à
considérer, c'est le moment et comment cet appel de puissance là est atténué
par un système d'accumulateur de chaleur, par exemple.
Mme Zaga Mendez : Je remercie... sur
le... Je trouve ça superintéressant, parce que, jusqu'à maintenant, on est dans
les grands principes, mais je pense que ce qu'il y a en arrière,
l'article 6, puis je reviendrai... Vous l'avez bien faite, la différence
efficacité énergétique versus consommation des gaz à effet de serre. Ce que je
lis, dans l'article 6, puis ce qu'on lit depuis le début, en tout cas,
c'est très orienté efficacité, performance environnementale, mais nulle part on
ne nous dit qu'est-ce qu'on va prioriser, est-ce que c'est l'efficacité
énergétique ou la réduction des gaz à effet de serre. Parce qu'on... Je ne sais
pas, je pose la question très large, là, si je reviens, là, la performance
attribuée au bâtiment, est-ce que la cote va être surtout axée sur l'efficacité
énergétique ou comment le volet des gaz à effet de serre va être capable de
jouer son rôle?
M.
Charette : On se donne les pouvoirs de couvrir ces deux
aspects-là. Sans revenir en arrière, là, bien, l'article 5, on ne
parle pas de performance. La cote, ce n'est pas une cote énergétique, c'est une
performance environnementale, donc c'est autant le volet efficacité énergétique
que le volet émissions. Donc, c'est la raison pour laquelle on n'a pas... on
n'a pas retenu le nom, là, à cet article-là, «performance énergétique» du
bâtiment. Oui, il est question de performance énergétique, mais on veut couvrir
plus large avec le projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : ...
Mme Zaga Mendez : Oui, juste un
dernier commentaire. Je vais revenir, là, parce que j'ai d'autres exemples en
tête, là, maintenant, pour aussi avoir des détails de comment cette cote-là va
être appliquée, parce qu'on n'a pas vu le règlement, M. le ministre, ça fait
que c'est très difficile, là. J'entends des intentions, j'entends des : On
veut faire ça puis, à la fois, on veut faire ceci. Là, on a un exemple d'un
cas, de comment on va les comparer. Ça reste très abstrait, ce qu'on voit dans
l'article 6, là.
On parle beaucoup d'énergie, puis ça va, on
n'est pas contre ça, là, mais on parle beaucoup de ça. Il n'y a rien... C'est
parce que les facteurs, là, je l'ai dit depuis le début, ce n'est pas des
obligations. On nous donne des exemples de tous les types de méthodes...
pardon, modalités qui vont être prévues pour les calculs, mais ce que moi, je
veux comprendre, c'est l'importance que va avoir l'efficacité énergétique par
rapport à l'intention des gaz à effet de
serre, tous les deux, là. Là, je comprends qu'elles sont... Est-ce qu'il y en
a, d'autres choses qui vont être incluses dans la performance
environnementale? Parce qu'on pourrait...
M.
Charette : En même temps, lorsqu'il est question de
performance énergétique, on ne peut pas faire fi des GES. L'énergie a
une corrélation directe avec les GES. Si c'est un bâtiment qui est alimenté à
l'hydroélectricité, versus un bâtiment qui est alimenté par une autre source,
sur le volet GES, celui qui est alimenté à l'hydroélectricité, par exemple, ou
par Hydro-Québec, peu importe la source renouvelable, a un avantage.
Donc, on ne peut pas dire : L'énergie et
GES. C'est imbriqué, mais à chacune des fois, vous remarquerez, là, je me suis assuré, là, encore dans les dernières
secondes, que c'est le cas. On parle de performance environnementale,
autant à l'article 5 qu'à l'article 6, pour couvrir ces différents
aspects-là, mais même si on avait dit «performance énergétique», l'énergie est
liée avec les GES, mais on se donne réellement, là, cette possibilité-là.
Mme Zaga
Mendez : Je comprends, M. le ministre, je veux juste
clarifier, parce que, tout à l'heure... Quand on regarde la quantité,
bien, la source énergétique, c'est facile d'être capable de faire, justement,
les gradients selon les émissions de GES, la quantité,
également, mais, si on met même source d'énergie, Hydro, même quantité, et là
on s'atteint au moment, donc, là, quel facteur a plus de poids, l'efficacité
énergétique ou les gaz à effet de serre? Parce que, là, on va aller faire... avoir recours à des énergies qui ne sont
pas renouvelables, à un moment donné. Donc, moi, je veux comprendre
c'est quoi, l'intention. On ne voit pas le règlement, on ne peut pas le savoir.
À quoi on va donner plus de poids, à la réduction des gaz à effet de serre ou
seulement l'efficacité énergétique?
M. Charette : Comme le collègue, là,
le mentionnait tout à l'heure, il peut y avoir une cote alphabétique puis une
cote numérique, et les deux cotes sont un... peuvent être indépendantes, ce qui
fait qu'on peut avoir une très bonne cote au niveau de la... de la performance
énergétique, mais une très mauvaise cote au niveau GES. Donc, c'est le type de cotation, là, que l'on souhaite mettre
en place. Pour le propriétaire du bâtiment, le but c'est d'avoir une bonne
cote, mais c'est... le but, ultimement, s'il veut une plus-value à sa cote,
c'est d'aller chercher une cote qui est favorable au niveau autant énergétique qu'au niveau GES,
mais ça, c'est le système de cotation, là, que l'on se propose d'établir.
• (17 h 10) •
Mme Zaga Mendez : Je trouve qu'on
manque de détails encore pour établir, vraiment, là, je ne sais pas si les
collègues veulent y aller, là-dessus, parce que, là, on nous dit : Ah, il
pourrait avoir une cote numérique, là, mais j'ai l'impression qu'on... avec
tout respect, là, j'ai l'impression qu'on est en train de lancer des idées puis
on n'a pas attaché cette partie-là. Donc, c'est très important de nous donner
plus d'information : c'est quoi les intentions, comment ce règlement va
être bâti, pour bien comprendre ce qu'on est en train de voter à
l'article 6, là.
Le Président (M. Jacques) :
Député
de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. C'est un échange
très, très intéressant. Alors, M. le ministre, je sais qu'on vise vraiment des
grands bâtiments, c'est des tours de bureaux, des centres commerciaux, des
grands entrepôts, des magasins à grande surface,
des hôtels, des résidences pour les personnes âgées, des arénas, des écoles
primaires. Alors, d'ajouter des panneaux solaires sur le toit de ces bâtiments-là
va améliorer leur cote, selon le ministère? Parce qu'ils sont tellement proches
à l'énergie renouvelable, si l'énergie renouvelable est sur le toit de
leurs bâtiments, alors c'est une bonne chose si on encourage des gens d'avoir
des panneaux solaires sur le toit de leurs bâtiments, et ça va aider dans leur
qualification, qu'on voit dans les notes un
petit peu ici, que... de proximité avec les sources d'énergies renouvelables.
C'est une bonne chose. C'est dans les commentaires, là. Alors, je pense qu'on
va viser ça. C'est une bonne chose d'encourager les gens de se lancer
dans l'autoproduction.
Et est-ce que ça, c'est qu'est-ce que le
règlement vise peut-être un jour, c'est d'encourager les gens des gens d'aller
dans cette direction? C'est quand même écrit dans d, sur le premier
point : «La quantité et le type d'énergie consommée ou produite ainsi que le moment [que] cette énergie est
consommée ou produite.» Alors, c'est intéressant. Puis je veux juste
avoir les pensées de le ministre là-dessus.
M. Charette : En fait, en répondant
à la question du collègue, je vais aussi tenter de répondre à l'interrogation, là, de la collègue de Québec
solidaire. Étant donné... puis peut-être, je ne sais pas si j'ai une page, dans
le PowerPoint qui vous a été présenté au moment du briefing... la page 11,
sur les intentions... 12...
Une voix : ...
M. Charette : 12, sur la
présentation PowerPoint. Le titre, c'est Intentions réglementaires. Vous
regardez, au niveau du déploiement, le système à lettres et chiffres est bien
présenté. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas quelque chose, là, qu'on vient de
sortir.
Donc, on
pourrait avoir un bâtiment très, très bien isolé, mais qui est chauffé au
charbon, pire cas de scénario, là, donc il aurait... Et la lettre et
les... correspond aux GES, et le chiffre correspond à l'isolation. Donc, on
aurait un bâtiment E1, donc une mauvaise note au niveau GES et une très,
très bonne note au niveau de l'isolation, et, à l'inverse, on pourrait avoir un bâtiment qui est chauffé à
l'électricité, donc la lettre serait A, et une passoire, donc, au niveau
énergétique serait 6. Donc, on ne veut pas de E1 puis on ne veut pas de A6.
Donc, c'est l'addition des deux qui va déterminer la valeur réelle, là, de
cette... de cette cote-là.
Je ne sais pas si, par la même occasion, j'ai
répondu au collègue de Jacques-Cartier. Donc, la source, ou les GES à travers la source retenue, peut affecter
grandement la cote. Donc, ce qu'on veut, c'est un bâtiment qui est bien isolé,
pour avoir A1, le meilleur cas de scénario, bâtiment très bien isolé et qui est
chauffé à l'hydroélectricité. Là, on a la cote qu'on veut, c'est-à-dire A1. On
ne veut pas de E1 puis on ne veut pas de A6.
M. Kelley : De ma part, c'est
encore... Je trouve cet élément-là, quand on parle de la production, un petit peu, dans le projet de loi... alors c'est... Je
comprends l'échange et la réponse que vous avez donnée à ma collègue, mais
encore, c'était peut-être juste de répondre
directement, si c'est une bonne... si le gouvernement va encourager des gens
de mettre des panneaux solaires sur le toit de leurs bâtiments.
Parce que c'est exactement qu'est-ce qu'on vise
dans ce projet de loi. Ce n'est pas juste une question de rendre les bâtiments
plus efficaces, mais aussi s'assurer que les bâtiments sont conçus dans la
proximité des sources d'énergie renouvelable, qui est... qui est dans les notes
Explications. Alors, je ne sais pas si c'est juste moi, mais je veux juste
rassurer les gens qui nous écoutent que c'est exactement qu'est-ce que le
gouvernement vise, c'est : on va encourager les gens qui ont des gros
bâtiments de peut-être regarder l'option d'autoproduction pour leurs bâtiments.
Je ne parle... pas nécessairement
un système d'interconnexion avec Hydro-Québec, je parle vraiment directement de
les gros entrepôts, les centres commerciaux, des écoles, des arénas.
M. Charette :
...on rejoint, là, le collègue à
ce niveau-là. Tout à l'heure, je parlais de la cote alphanumérique, mais,
si c'est une production qui est renouvelable et qui est sur site, l'aspect
alpha... en fait, l'aspect lettre va être à l'avantage
du bâtiment, c'est certain. Et, s'il est bien isolé, de surcroît, bien, on
aura... on aura les... autant une lettre favorable qu'un chiffre
favorable.
M. Kelley : Excellent.
Merci. Ça répond à ma question.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Non, c'est bon.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président. Alors, je vais juste
retourner sur l'alinéa dont le député de Jacques-Cartier parlait, là, la quantité et le type d'énergie
consommée ou produite ainsi que le moment où cette énergie est consommée
ou produite. J'aimerais savoir comment on va pouvoir capter le moment où
l'énergie est produite. Parce que, là, ici, on ne parle plus juste de... c'est
ça, là, des données d'Hydro-Québec avec compteurs intelligents. Là, on est dans
la production, les données qui sont
produites. Donc, on voudrait pouvoir savoir le moment où l'énergie est
produite. Et là, bon, je pensais au solaire, mais, par exemple, si on
est en géothermie, il y a une certaine énergie qui est produite par le sol.
Comment on la capte, cette information-là?
M. Charette :
...que la question de la collègue est bien interprétée, là, de mon côté,
c'est le net entre ce qu'Hydro-Québec doit fournir comme énergie versus ce que
le bâtiment peut produire lui-même, là. Mais là la collègue veut savoir le
moment où le bâtiment produit ce...
Mme Dufour :
Non, ce n'est pas la collègue qui veut savoir, c'est ce que le projet de
loi, il dit.
M. Charette : Non, mais... Bien, je
veux dire, je ne comprends pas... je vais le dire autrement : Je ne
comprends pas la question de la collègue.
Mme Dufour :
Je vais lire ce qui est écrit : «Le moment où cette énergie est
consommée ou produite.» Donc, ça, c'est...
On dit que le règlement peut notamment prévoir d'établir... de, tu sais, dans
le fond, de transmettre au ministre le moment où cette énergie est
consommée ou produite.
M. Charette :
Comme on dit depuis le début, on se donne les moyens, les pouvoirs, mais
l'information qui est souhaitée, c'est la consommation. C'est le moment de la
consommation qui va faire une différence au niveau de l'établissement de la
cote. On n'est pas dans un marché de production. Éventuellement, si ça devait
se développer davantage, on aura la possibilité de le couvrir, mais là...
Actuellement, les besoins, en termes d'informations, là, c'est réellement le moment de la consommation, pour voir
quel impact ça a sur la demande générale, mais on se donne... on se
donne le pouvoir de couvrir la production, également, là, à terme.
Mme Dufour :
On se donne beaucoup de pouvoirs, effectivement. Je vais peut-être poser
d'autres questions. La localisation du bâtiment, l'alinéa 6... Je vais
juste attendre que le ministre entende.
M. Charette :
En complément d'information, je l'avais mentionné ce matin, ce n'est pas
encore répandu, au Québec, mais c'est
quelque chose qui va certainement se développer très rapidement au cours des
prochaines années : les bornes de recharge bidirectionnelles. Tout à
l'heure, je le mentionnais, là, si, à terme, les quelques millions de
véhicules électriques au Québec devenaient fournisseurs d'énergie... Pour un
bâtiment, c'est la même chose, si le bâtiment a une borne bidirectionnelle et qu'il est alimenté à un moment précis par
une batterie de voiture électrique, c'est là où l'aspect production
pourrait être aussi considéré. Donc, le pouvoir, on se le donne, mais les
bornes bidirectionnelles... Et ce réflexe-là n'est pas encore généralisé, là,
au Québec, mais la possibilité va venir très rapidement.
• (17 h 20) •
Mme Dufour : Bien, ça reste que moi,
j'ai de la difficulté à saisir en quoi on veut connaître, éventuellement, cette
information-là pour établir la cote,
puisqu'au bout du compte, si l'utilisation, par exemple, d'une borne
bidirectionnelle permet de diminuer la consommation à des moments
précis, bien, on l'a, l'information. De savoir que c'est parce qu'ils ont
utilisé un accumulateur de chaleur, ou une borne, ou parce qu'ils ont eu de la
géothermie, ou parce qu'ils avaient des
panneaux solaires, j'essaie de saisir à quel point ça va être utile dans
l'établissement de la cote environnementale.
M. Charette : ...une
information qui peut être utile, comme je le mentionnais tout à l'heure, pour
mesurer l'impact net. Si on voit qu'une généralisation de ce type de
technologie là donne des résultats probants, c'est bon de le savoir, là, pour y recourir encore davantage.
Donc, c'est une donnée qui peut... qui peut être très, très pertinente dans
l'évaluation des besoins énergétiques.
Mme Dufour : Mais
ça implique... ça va impliquer, pour ceux qui auront ces outils-là, de mesurer
l'information et de la transmettre au ministère, alors que, dans le cas
de la consommation, bien là, l'information va être envoyée directement par le distributeur d'énergie. Ça me
semble... Je peux comprendre que l'information peut être intéressante à obtenir, mais l'énergie que ça va prendre pour la
produire, l'information, là, je m'excuse, c'est un jeu de mots, ça me semble
assez fastidieux pour ceux qui vont investir dans leurs bâtiments pour ça, là.
M. Charette : Sans vouloir me
répéter, bien que ce soit nécessaire de le faire, on se donne des pouvoirs,
mais si ce n'est pas pertinent, on ne le demandera pas, là. Donc, une
information qu'on n'a pas besoin, on ne la demandera pas. Moi, je vous dis que
c'est un potentiel qui est en développement, qui peut devenir intéressant mais si, à terme, il n'y a pas de pertinence de le
demander, on ne le demandera pas, mais c'est réellement une technologie qui avance
de façon très intéressante, qui pourra révolutionner, dans une certaine mesure,
notre dépense ou nos besoins énergétiques,
au Québec, mais, s'il n'y a pas de pertinence, on ne le demande tout simplement
pas, mais on a la possibilité de le demander si ça devient pertinent.
Mme Dufour : Oui. En fait, je ne
juge pas de la pertinence, ici, je juge juste du plus que ça donne, versus le coût, tu sais, en temps, pour les gens qui auront
ces panneaux solaires là ou la géothermie, de produire l'information, de la
transmettre au gouvernement, il y a comme... alors qu'au bout du compte, ce
qu'on veut, c'est une cote pour le bâtiment.
M.
Charette : Bien, pour reprendre l'expression de la collègue,
si le plus que ça donne ne donne pas grand-chose, on ne le demandera
tout simplement pas, là. C'est dans cette perspective-là.
Mme Dufour : Je pense qu'il y a
beaucoup, beaucoup, beaucoup de requis administratifs, gouvernementaux qui pourraient être enlevés puis qui, actuellement,
sont maintenus parce qu'ils sont là. Ça fait qu'il y a un risque. À chaque
fois qu'on se donne les pouvoirs d'aller
chercher plus d'information, on le voit, ça alourdit la charge des entreprises
puis des individus.
M.
Charette : ...en même temps, ce n'est pas l'adoption du
projet de loi, c'est la version de la réglementation qui va établir une
charge supplémentaire, si charge supplémentaire il y a, mais, dans... On le
reconnaît tous, là, il y a un défi : il
faut améliorer la performance environnementale des bâtiments. Donc là, on se
donne un paquet d'outils possibles. Après,
ce sera de retenir les bons outils avec... je me souviens encore du commentaire
de l'article 4, avec le désir de ne pas alourdir le fardeau outre
mesure, mais, dans certains cas... À partir du moment qu'il y a une contrainte,
il y a des gens qui ne sont pas contents,
ça, on s'entend, mais, par moments, la contrainte, elle est nécessaire si on
veut améliorer la performance environnementale et énergétique du
bâtiment.
Donc, je ne
dis pas que tout le monde sera content et ravi d'avoir des obligations, mais,
si on veut atteindre nos objectifs en matière d'efficacité énergétique, si on
veut atteindre nos objectifs en matière de performance environnementale,
dans certains cas, il y aura des obligations à respecter, mais il faudra les
justifier, et, pour chaque règlement, encore une
fois, une analyse d'impact réglementaire distincte pour bien prendre la mesure
de ce que ça va représenter, là, pour l'assujetti.
Mme Dufour : Alors,
parlons d'éléments qui pourraient vraiment alourdir la tâche. L'alinéa b ou...
l'alinéa 1, point b, on parle des travaux de construction réalisés,
puis là, quand on lit les commentaires, on parle que ça pourrait même aller à une simple composante du système de
chauffage qui serait remplacée. C'est beaucoup de détails, encore une
fois, qu'on semble vouloir aller, là, c'est...
M. Charette : En même temps, on a
abordé ces questions-là au moment de la réglementation sur le mazout, par
exemple. À partir du moment où un système au mazout est en opération, il peut
continuer d'opérer. À partir du moment où il doit être remplacé parce qu'il
arrive en fin de vie, c'est là où la contrainte survient, c'est là où on
dit : On ne peut pas remplacer un système au mazout en fin de vie par un
autre système au mazout. Donc, lorsqu'il est question de composantes de
systèmes de chauffage, cet exemple-là est bon. C'est une contrainte,
oui, mais je suis convaincu que la collègue porte-parole en environnement est
d'accord pour ne pas remplacer un système au mazout par un autre système au mazout. Donc, c'est là où la composante du
système de chauffage, c'est une contrainte, oui, mais qui est
nécessaire, là, dans...
Mme Dufour : M. le ministre,
évidemment, je ne parlais pas du mazout, ici, je fais partie des gens qui l'ont
interdit dans la ville où il était. Donc, non, je ne faisais pas référence au
mazout. C'est quand on dit «une simple composante du système de
chauffage», là, je ne pensais pas à tout le système de chauffage. C'est la
façon que ça a été rédigé, «voire une simple
composante du système de chauffage». Donc, pour moi, ce n'était pas la totalité
du système de chauffage, ici.
M.
Charette : Je comprends, mais le système au mazout peut être
une composante d'un système global de chauffage.
Mme Dufour : Une très grande
composante. Je vais aller dans le point c, «la localisation du bâtiment». Ici, un peu plus loin, on parle, bon... l'emplacement
du bâtiment, on dit que la méthode de calcul pourrait varier en fonction
de l'emplacement
géographique, l'isolement, la proximité avec les énergies renouvelables, mais
on ne parle pas d'orientation,
d'orientation du bâtiment par rapport... Bien, il y a des orientations
optimales, là, pour l'efficacité énergétique, et d'autres qui le sont
beaucoup moins. Donc, ça, ça m'a surpris, qu'on ne l'inclue pas ici.
M. Charette :
Les orientations nord, sud ou...
Mme Dufour : Du
bâtiment. Oui, exact.
M. Charette :
Oui. Bien, en fait, lorsqu'on
construit un nouveau bâtiment, on peut avoir cette préoccupation-là ou
ce réflexe-là, mais, pour le bâtiment existant, alors, on compose avec un
bâtiment qui est déjà sur site, mais sa localisation géographique fait foi de
sa réalité. Tout à l'heure, je donnais l'exemple...
Une voix : ...
M. Charette :
Et dans le a... bien oui, un autre élément, là, qui est pertinent, là, dans
le a, c'est «le type de bâtiment visé et ses caractéristiques». Donc, on
peut... on peut le couvrir de cette façon-là, mais... Oui, c'est une de ses
caractéristiques, son emplacement sur un site en particulier, mais, de façon
générale, à la collègue de Verdun, je faisais plus référence géographiquement
parlant : si on est dans le nord, dans un coin où c'est un réseau autonome
qui alimente les bâtiments, c'est clair que ça va avoir un impact, là, sur la
consommation d'énergie, là, de ce... et du type d'énergie que ce bâtiment-là va
pouvoir requérir.
Mme Dufour : Oui, bien, c'est ça, c'est pour ça que je
précisais l'orientation du bâtiment, parce que, si un nouveau bâtiment se construit dans l'orientation la moins
optimale, ça devrait affecter sa cote, parce que, déjà, c'est... aujourd'hui on
a les connaissances pour savoir quelles sont les orientations optimales, là.
M. Charette :
Et, à l'inverse, un bâtiment qui
a l'orientation optimale, dans la cote alphanumérique, bien, ça va avoir
une incidence parce qu'il va consommer moins d'énergie.
• (17 h 30) •
Mme Dufour : Exact. Maintenant, j'aimerais peut-être vous
amener un élément parce que... On a vu qu'il y a des villes qui veulent interdire le gaz naturel, par exemple, et on a eu
le cas de Saint-Bruno, qu'on a discuté en commission, en consultations
particulières, et Hydro-Québec qui dit : Ah! faites attention, on ne
pourrait peut-être pas interdire l'énergie...
en fait, le gaz pour certaines pointes ou certains moments, puis qu'il faudrait
peut-être se garder de la marge de manoeuvre, mais, d'un autre côté, on
dit que la consommation d'électricité, plutôt que l'énergie fossile, par un
bâtiment pourrait influencer le choix de la méthode à utiliser. OK?
Et là... et là ce
qu'on... Moi, ce que... Dans le fond, mon questionnement, c'est : Est-ce
que des choix qu'on ferait aujourd'hui ou qui ont été faits dans le passé parce
qu'il y avait une difficulté d'approvisionnement en électricité propre
pourraient pénaliser, éventuellement, des bâtiments, des propriétaires de
bâtiments, dans le futur, parce qu'ils auraient fait, par exemple, le choix de
la biénergie? Hydro-Québec encourage la biénergie, actuellement, mais on le sait, que l'énergie... tu sais, le gaz
naturel fossile peut être... pourrait affecter négativement la cote, mais le...
celui qui reçoit l'énergie, là, il
n'est pas celui nécessairement qui détermine quel type de gaz naturel rentre
dans sa maison. Bref, est-ce que ça... Comment on va s'assurer qu'il n'y
ait pas de pénalité ou que ceux qui ont fait ces choix-là, à l'époque, pour aider, dans le fond, le Québec, ne
soient pas pénalisés plus tard? Puis ça peut être... C'est le cas aussi pour des
grandes entreprises, là.
M. Charette :
Exact. Le même a que je précisais
tout à l'heure, là, «le type de bâtiment visé et ses caractéristiques», ça
peut être un élément de réponse. Si le bâtiment est situé dans un secteur qui
n'est pas approvisionné par un type d'énergie x, ce sera pris en considération,
forcément. Et, même si une cote est établie, par exemple, un bâtiment qui,
aujourd'hui, est au gaz... bien, je prends un exemple, là, avec
l'alphanumérique, donc, alimenté au gaz naturel, donc une variable alpha qui serait plus défavorable, mais moyennement
isolée... Ce n'est pas une côte qui est permanente dans le temps. Le but, c'est
d'aller chercher une amélioration de sa cote. Donc, il est plus ou moins bien
isolé, donc il y aura des efforts à
faire pour améliorer sa cote d'isolation. Et, si le gaz naturel peut être
remplacé, dans ce cas-là, par l'hydroélectricité, ou si on ajoute, par exemple, un système d'énergie
solaire sur le toit, bien, dans les deux cas, sa cote va pouvoir s'améliorer.
Donc, il n'y a pas de fatalité absolue. Il
va pouvoir améliorer, par des investissements particuliers, son volet isolation
puis il va pouvoir améliorer vraisemblablement son bilan, sa cote alpha,
donc GES, par l'apport d'un système d'appoint de production d'énergie.
Puis ce
qu'Hydro-Québec disait, puis un petit peu l'UMQ et la FQM, c'est que tout le
monde veut travailler ensemble pour établir
cette réglementation-là. Les municipalités, mises à part, peut-être, de plus
grandes municipalités, n'ont pas
l'expertise pour déterminer l'impact de leurs mesures, et surtout... et pas
davantage d'expertise pour proposer des alternatives.
Ce qu'Hydro
peut faire... Dans le cas de Saint-Bruno, notamment, Hydro-Québec dit : On
l'a, l'énergie, on l'a, l'énergie, ce n'est pas ça, l'enjeu, mais, si on peut
accompagner la ville pour rendre le quartier encore plus intéressant d'un point de vue énergétique parce qu'on
installerait, par exemple, des accumulateurs de chaleur, parce qu'il y aurait des systèmes de batteries disponibles... Mais,
pour le résidentiel, Hydro-Québec a été très, très claire. Il y aura de
l'énergie nécessaire pour approvisionner ces secteurs-là, mais,
lorsqu'on parle de développer un nouveau quartier, aussi bien utiliser des
technologies qui nous permettraient d'avoir encore davantage de bons... de bons
résultats.
Donc, c'est pour ça...
Puis on va en reparler, là, aux articles 28, 29, c'est dire : On va
travailler ensemble, avec les distributeurs
d'énergie, les municipalités et le gouvernement du Québec, pour retenir les
options les plus optimales possibles, avec un objectif, c'est de sortir
le gaz le plus possible des options qui, autrement, pourraient être naturelles
à retenir.
Mme Dufour : Mais c'est ça, un peu,
qui m'inquiète, la dernière phrase que... que vous venez de dire : Il faut
absolument sortir le gaz. Ça veut dire que des industriels, par exemple, qui
auraient investi dans des systèmes où ils avaient le gaz, parce qu'on leur a
demandé de le faire, parce qu'il fallait assurer un approvisionnement
électrique pour d'autres priorités, là, ils auraient payé ces systèmes-là,
puis, plus tard, on va leur dire : Bien là, maintenant, pour maintenir
votre cote, améliorer votre cote, vous allez investir encore, vous allez devoir
investir encore pour sortir le gaz, et donc
pénaliser ces industriels-là qui auront investi à l'époque pour aider les
autres autour, donc, et c'est ce que j'entends, là, et ça m'inquiète.
M. Charette : La préoccupation est
légitime, mais peut-être des précisions qui s'imposent... Comme je le mentionnais, le secteur industriel n'est pas...
n'est pas couvert, là, dans les premières... dans les premières phases, à ce
niveau-là, mais, deuxièmement, c'est au niveau du... Ce qu'on va discuter dans
les prochains jours, vraisemblablement, au niveau des pouvoirs des
municipalités, c'est pour le nouveau bâtiment, essentiellement, et c'est
pour... on peut le penser, davantage, là, résidentiel. Donc, là aussi, ce n'est
pas l'industriel qui est... qui est visé.
Mme Dufour : J'ai dit «industriel».
Pensez à un grand centre commercial qui a dû pallier parce qu'il n'avait pas
suffisamment d'énergie à un certain moment, a dû investir dans des systèmes au
gaz, par exemple, bien, aujourd'hui, on leur dirait : Bien là, il faut que
vous investissiez pour changer... Ça revient... c'est exactement le même commentaire, oubliez le mot «industriel», là,
mettez ça pour «commercial», là... Il y a des écoles aussi qui... des
nouvelles écoles, là, qui ont été construites récemment, qui sont alimentées au
gaz. Donc, donc, ce que je comprends, c'est que tout ça sera à refaire et ces
groupes-là seront pénalisés. C'est ce que j'entends.
M. Charette : C'est-à-dire,
pénalisés, non, parce qu'il y a une possibilité d'amélioration qui va être à
l'avantage de l'entreprise elle-même. Ça sera à l'avantage de l'entreprise
d'améliorer sa cote, et le remplacement n'est pas la journée même, si... et
tout grand propriétaire immobilier, dans son immobilisation, dans ses frais,
calcule ces cycles de vie, calcule, donc, s'il prévoit au moment... On parlait
de remplacement de pièces, tout à l'heure, ou de systèmes. Si telle composante arrive en fin de vie, il le sait, dans les
prochaines années, bien, il anticipe ce moment-là, et son remplacement
va se faire par une... par une technologie qui est moins émissive.
Donc, ça, ça
fait partie des investissements qui sont faits naturellement par les
entreprises. Là, les investissements seront encouragés vers des
technologies qui sont moins émissives, et ces technologies-là ne sont pas
forcément toujours plus dispendieuses qu'installer, sur un gros bâtiment, tout
un réseau, tout un système de chaudières, de fournaises, et autres. Ce n'est
pas... ce n'est pas économique, là. Donc, si le remplacement, qui doit se faire
de toutes les façons, se fait par un système
qui est moins énergivore ou qui est davantage intéressant d'un point de vue
émission de GES, bien, il va améliorer sa cote alors qu'il devait, de
toutes les façons, faire des investissements.
Mme Dufour : Oui, mais, comme vous
l'avez dit, des fois, c'est sur des horizons très, très longs, et là ce que je
comprends, c'est que, pour améliorer la cote, ça va être dans un horizon quand
même plus... plus court, ce qui est correct, mais prévoit-on des aides pour
soutenir ces conversions-là?
M. Charette : Elles existent déjà,
ces aides-là, et ça, c'est un... c'est un défi, là. On a une multitude de programmes à travers ne serait-ce que le ministère
de l'Environnement. Hydro-Québec a des programmes aussi. Il y a des
programmes au fédéral également. Souvent, le défi, ce n'est pas la
disponibilité de programmes, c'est de savoir qu'ils existent et comment...
comment en bénéficier, mais des argents... On pourrait faire le recensement à
travers le dernier PMO. Ça se calcule en
centaines de millions, là, les différents programmes qui... qui peuvent aider
les entreprises. Je dis «entreprises», mais commerces, mais également
les municipalités. Dans certains cas, ce sont des programmes qui s'adressent spécifiquement aux municipalités.
Dans d'autres cas, ce sont des programmes qui s'adressent à quiconque a un bâtiment qui peut être amélioré au niveau de
son efficacité énergétique, donc, et c'est l'approche retenue, je dirais,
ces dernières années. On ajoute des contraintes dans certains cas. On en est
conscients. Donc, on pourrait parler de bâton, mais, généralement, il y a une
carotte qui... qui accompagne le bâton pour favoriser, là, cette transition-là.
Mme
Dufour : Oui, mais il faudra qu'elle soit substantielle,
cette carotte-là, parce que les investissements pour les grands
bâtiments vont être... pourraient être assez substantiels aussi, là.
M. Charette : Oui, mais le dernier
PMO, c'est 9 milliards de dollars. Donc, il y a beaucoup d'argent. Je comprends que certains de ces argents-là, c'est
davantage au niveau transport, mais, pour le secteur du bâtiment, si on fait la
somme des programmes disponibles, ça se calcule en centaines de millions. Donc,
on parle de sommes considérables.
Mme Dufour : Excellent. Peut-être
une question concernant le dernier paragraphe, oui, de l'article 6, c'est
le dernier, on dit : «Le gouvernement
peut également, par règlement, prévoir les cas, les conditions et les modalités
selon lesquels le ministre attribue une cote de performance
environnementale à un bâtiment.» Là, ici, le ministre, là, c'est qui, vraiment, des... Tu
sais, ce n'est sûrement pas le ministre qui va attribuer une cote, là. Ça fait
que je veux savoir c'est... parce que, je pense, vous avez déjà un
horaire assez chargé. Donc, j'aimerais savoir qui va attribuer cette cote.
M. Charette :
Dans les textes de loi, souvent, la responsabilité est reconnue directement
au ministre, mais la collègue a bien vu et
bien deviné. On peut lire «le ministère», là, tout simplement. C'est le
ministère, là, qui, à travers sa réglementation, aurait la possibilité,
là, d'établir également, là, des conditions pour l'établissement de cotes de
performance.
• (17 h 40) •
Mme Dufour : Et
là, considérant qu'on parle... Bon, au départ, phase I, on parle quand
même d'un millier de bâtiments. Ça peut être
assez ardu, établir tous ces paramètres-là, les barèmes. La députée de Verdun,
tout à l'heure, parlait... la proportion ou la... pardon?
Une voix : ...
Mme Dufour : La pondération, voilà le mot que je cherchais,
merci, la pondération pour chacun des éléments, considérant qu'il y a des
éléments qui n'auront pas l'information. Bref, est-ce qu'on va faire des
simulations? Comment... comment on va partir cette phase un là? Je sais
qu'il y a un mécanisme de contestation, il me semble, aussi. Je voudrais le valider, là. Est-ce qu'une... c'est ça, un
propriétaire pourrait contester la cote elle-même? Parce que je sais
qu'il y en a plus loin, mais je voudrais m'assurer que c'est bien le cas, là.
M. Charette :
Oui, effectivement, il y a un système de cotation, mais c'est là où qu'on
prend volontiers... et, comme ministre de
l'Environnement, j'aimerais que tout ça soit fait demain matin, mais c'est tout
un système qui est à mettre en place. Je faisais l'analogie de la vitesse de la
collègue. Il faut aller plus vite, oui, mais on part de zéro. Donc, cette
accélération-là doit se faire de sorte qu'on puisse répondre à nos propres
exigences.
L'exemple... on cite
souvent l'exemple français. Tout n'est pas mauvais dans l'exemple français,
mais il faut apprendre ce qui n'a pas fonctionné. Se donner des critères que tu
ne peux pas appliquer parce qu'il manque soit... soit de personnel ou parce que
la contrainte, ensuite, sur l'offre du logement... parce que plusieurs
logements sont retirés du marché... On ne s'aide pas, là, en faisant des
règlements de cette nature-là.
Donc, oui, c'est graduel
parce que chaque étape sera extrêmement demandante, et il faut... Moi, je ne
veux pas faire un règlement qu'on n'est pas en mesure d'appliquer. Donc, il
faut s'assurer qu'il soit applicable, ce règlement-là, par la suite.
Mme Dufour :
Bien, voilà, et c'est pour ça que je posais la question, si on va faire des
simulations avant de lancer... de les
lancer, là, parce que ça peut vraiment varier selon la pondération qu'on
attribue à chaque élément. Puis je comprends les préoccupations, là, de
la députée de Verdun, à savoir qu'est-ce qu'on... la pondération pour l'économie en GES versus l'économie en énergie,
mais ça va pour tout un... Il y a vraiment une multitude d'éléments, là,
ici, là, comme... qui sont... qui sont visés.
M. Charette :
...que les éléments de coercition vont intervenir plus tard dans le temps.
Donc, il y a un assujettissement. On va pouvoir se baser sur un historique de
consommation, mais le volet coercition n'intervient pas le jour 1, là. Donc, les simulations, on va... on va les vivre
pendant cette période-là. On part de zéro, oui, mais d'autres ont pris
certaines initiatives à ce niveau-là. Donc, on bénéficie de leur expertise.
Tout à l'heure, je parlais du système de
cotation de la ville de Montréal, notamment. Donc, on part de zéro, mais avec
l'expérience de d'autres, et, avant de dire, au jour 1, vous ne vous
conformez pas, donc vous êtes sanctionnés, il va y avoir une période de grâce,
en quelque sorte, pour laisser à tous les joueurs la possibilité, là, de
bien se conformer.
Mme Dufour : Merci. Je voudrais
peut-être aussi vous entendre sur les regroupements de bâtiments, là. Dans les
notes explicatives, on parlait que ça pouvait être, par exemple, des pavillons,
différents pavillons d'un campus universitaire, dans le fond, des regroupements
qui partagent un même compteur électrique. Là, c'est sûr, quand j'ai pensé «campus universitaire», j'ai pensé à
l'Université Laval, notamment. Est-ce que c'est... Comment c'est envisageable
de penser qu'on peut établir une cote pour un ensemble, alors que chaque
bâtiment a sa réalité propre, ses matériaux propres,
sa localisation propre, etc., et des années de construction distinctes,
effectivement. Il y en a peut-être qui vont produire de l'énergie,
d'autres qui vont avoir du gaz, d'autres, juste de l'électrique.
M. Charette :
La question est très bonne. C'est sûr que le cas... En fait, l'exemple de
l'Université Laval est peut-être plus difficile à mettre en pratique parce que
c'est beaucoup, beaucoup de bâtiments différents, et je ne connais pas leur...
comment leur branchement est effectué, mais je ne serais pas surpris qu'il y
ait plus qu'un compteur pour l'ensemble des bâtiments. Je dis ça, là, mais ce
n'est pas... pas moi qui fais les relevés pour l'Université Laval, mais un
exemple qui peut être donné, et c'est l'exemple de la collègue, de ce matin, un
bâtiment qui peut être... qui peut être utilisé pour alimenter le bâtiment
voisin, et les deux étant de la... d'une même ville, un accumulateur de chaleur
ou un transfert de... une valorisation thermique pour la piscine qui est à
côté, par exemple, donc, là, ça peut être un
seul et même système, et là c'est plus facile d'établir l'impact de l'un sur
l'autre, mais plusieurs, plusieurs bâtiments sur un grand terrain, on
peut penser, là, qu'il y a plus qu'un... qu'il y a plus qu'un compteur.
Mme Dufour : Mais les piscines
ne faisaient pas partie des bâtiments ce matin.
M. Charette :
Pardon?
Mme Dufour :
Les piscines ne faisaient pas partie des bâtiments ce matin.
M. Charette :
Attention, attention, tout à l'heure, on parlait des piscines dans la cour
des gens. C'est là que je disais qu'ils
n'avaient pas de registre, mais la... quand je parle de piscines... Une piscine
municipale intérieure, là, bien, je pense, c'est l'exemple que la
collègue a utilisé.
Mme Dufour :
Non, c'était extérieur, une piscine extérieure.
M. Charette : OK, mais j'ai en tête une
piscine municipale qui est intérieure, donc, ce n'est pas tant la piscine que
le bâtiment. Ce bâtiment-là peut être... peut être chauffé par valorisation
thermique d'une source de production qui est
aussi municipale. C'est peut-être là où on s'est mal compris, mais c'est
l'interprétation que j'en faisais. Et là on me rappelle que l'exemple de
Laval n'est peut-être pas celui à retenir parce qu'il y a une centrale de
production thermique qui alimente le campus de l'Université Laval.
Mme Dufour :
Oui, puis je ne pense pas que le campus de l'Université McGill se
qualifierait, ni celui de l'UQAM non plus...
M. Charette :
Ils ont des bâtiments dans...
Mme Dufour :
...ni non plus l'UdeM, donc l'Université de Montréal. Donc, on peut se demander
lequel campus universitaire on faisait référence dans les notes, là, c'est ça.
Parfait. Moi, je pense que ça fait le tour de mes questions.
Le Président (M.
Jacques) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 6 de la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article... Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Deux petites dernières questions rapidement, parce que je
pense qu'on a fait le tour sur les intentions, et tout. Est-ce qu'on a une date
pour le dépôt des règlements qui vont détailler les méthodes et les modalités
pour l'établissement de la cote? Est-ce que vous avez une date pour le dépôt de
ces règlements-là?
M. Charette :
Idéalement, assez tôt, parce que le système... On parlait de l'application,
dès 2025, du système de déclaration de cotes. Donc, c'est une question de mois,
là, si on veut rendre ça applicable en 2025.
Mme Zaga
Mendez : Et il y a quand même... Puis je reviens, là, sur la cote, le
système alphanumérique, là. Donc, oui, on a eu une présentation. Ma question,
c'est de savoir... Est-ce qu'il va y avoir un changement entre qu'est-ce qui a
été présenté lors de la... le système alphanumérique, là.
M. Charette :
Au moment de la présentation qui a été faite il y a quelques jours, au
moment du briefing...
Mme Zaga Mendez :
Oui, quels types de changements on s'attend à voir, ou pas du tout, parce
que c'est des exemples.
M. Charette :
C'est l'intention... c'est
l'intention réglementaire, là, qui... qui nous... qui nous anime actuellement.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. Ça répond à ma question.
Le Président (M.
Jacques) : S'il n'y a pas d'autre... Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci.
Juste revenir sur la biénergie, parce qu'Hydro-Québec, actuellement, encourage beaucoup les gens à aller vers la biénergie où
ils... où la deuxième énergie, c'est du gaz, généralement, et là on va établir la cote en fonction du... de l'énergie consommée.
Comment on calcule l'énergie... tu sais, en biénergie, comment c'est établi, tu
sais, comment qu'on pense comparer une cote de biénergie versus une cote de
100 % électrique, par exemple?
M. Charette :
L'évaluation qui peut être faite, un bâtiment qui est au gaz versus un
bâtiment qui est en biénergie, 70 %...
plus ou moins 70 % de réduction de la consommation de gaz. Donc, c'est
majeur. Donc, si on parle d'une cotation... Puis on le disait, hein, le
gaz naturel, dans le bâtiment, c'est l'équivalent... là, c'est plus de
10 000 mégawatts. Donc, si on réduit de 70 %, on a réduit
passablement, mais on ne peut pas, du jour au lendemain...
Et, je pense, même l'organisme Sortons le gaz! disait qu'on... ça ne peut pas
se faire, sortir, du jour au lendemain, l'ensemble du gaz naturel, mais,
si on passe de 100 % gaz à 30 % gaz avec un système biénergie, il y a
déjà un gain qui est... qui est substantiel.
• (17 h 50) •
Et c'est triste à dire,
mais les changements climatiques... puis, on le voit, malheureusement, cet
hiver, les périodes de forte demande liées aux grands froids risquent d'aller
en diminuant au fil des années. Donc, le recours au gaz naturel pour affronter la pointe, c'est un recours qui va aussi,
normalement, diminuer, mais un système qui est 100 % gaz, qui passe en biénergie, c'est un système qui,
oui, va permettre d'améliorer la cote du bâtiment, compte tenu de sa
cote alpha qui sera... qui sera plus... plus positive.
Mme
Dufour : OK, mais, celui qui aura investi dans un système
de biénergie parce qu'on l'a encouragé, est-ce qu'il... après, on va lui dire : Bien là, maintenant, il faut que tu
lâches la biénergie puis que tu t'en ailles à 100 % électrique pour
améliorer ta cote?
M. Charette : ...pas la capacité
énergétique pour remplacer 100 %, là, le gaz dans les bâtiments. Je serais
très, très heureux, d'un point de vue émissions, d'un point de vue ministre de
l'Environnement, mais on ne l'a pas... Hydro-Québec et autres l'ont mentionné,
et, même si... Des fois... Je réalise ma propre erreur, là, des fois, je disais
75 %, des fois, 85 %, mais c'est
75 % de la nouvelle production d'énergie verte qui sera consacrée à la
décarbonation, notamment, des bâtiments, mais ça ne suffit pas. Ça ne
suffit pas. Si on voulait, du jour au lendemain, remplacer le
10 000 mégawatts, c'est l'équivalent de six ou sept Romaine.
Donc, ceux
qui sont en biénergie ou ceux qui se sont convertis du gaz 100 % naturel
en biénergie, bien, ils ont pris une bonne décision, et il n'y a pas...
on voudrait qu'on n'aurait pas les moyens de dire : On passe à 100 %
hydroélectricité dans un avenir même... même prévisible, même sur
l'horizon 2035. Si on regarde le plan d'action d'Hydro-Québec, là, qui
nous amène à la période 2035, même avec l'augmentation de production qui
est visée, on ne pourrait pas, d'aucune façon, arriver à remplacer ce
10 000 mégawatts-là.
Mme Dufour : Tout à fait, non. Je
voulais simplement m'assurer qu'on n'allait pas pénaliser des gens qui feraient le choix de la biénergie quand on les
encourage à le faire présentement et que, plus tard, ils soient obligés
d'encore une fois convertir leur
système vers un autre système 100 % électrique. Sinon, on ne devrait plus
le permettre. Tu sais, déjà, la biénergie... mais je comprends qu'on ne
peut pas s'en passer, là.
M. Charette : Et d'un point de
vue... Il y a une cote... Si on parle du bâtiment, là, il y a une cote minimale
qui devra être atteinte, et ceux qui sont en
bas de cette cote-là, minimale, auront,
on ne peut pas être plus transparents
que ça, à faire des investissements pour passer le seuil... le seuil de
passation, mais ceux qui sont en biénergie seront déjà en haut de la cote
minimale. Donc, il n'y a pas de... il n'y a pas de sanction possible, là, dans
leur cas.
Mme Dufour : Peut-être une dernière
question pour moi. Je dis ça puis, à chaque fois, j'en ai une nouvelle.
M. Charette : ...alpha, mais c'est
sûr que, si c'est une passoire, c'est extrêmement mal isolé, ce n'est pas tant
le système biénergie qui va les couler que l'aspect isolation. Donc, oui, il y
aura des investissements requis à faire, mais pour le volet isolation.
Mme Dufour : Tout à fait, mais le
volet isolation va dépendre de la consommation d'énergie. Comme je parlais... s'il y a un bâtiment qui n'a pas besoin
d'être chauffé, entre guillemets, vraiment, s'il n'est pas isolé, ce n'est
pas... ce n'est pas grave, tu sais.
M.
Charette : Oui, bien, c'est la perte... c'est la perte
énergétique qui devient... qui vient déterminer le besoin d'isolation.
S'il n'y a pas de perte, effectivement, l'isolation ne sera pas... ne sera pas
décotée pour autant, là.
Mme Dufour : C'est ça, puis, quand
on voit la liste dans le... les... l'analyse d'impact réglementaire qu'on vise au départ, on est dans le commercial, donc,
surtout, et de l'institutionnel. Donc, on ne touchera pas du tout, du tout à
l'agricole, là, dans la première phase. Les grands bâtiments agricoles ne
seraient pas couverts?
M. Charette : Ce n'est pas... ce
n'est pas dans les phases, là, immédiates, effectivement.
Mme
Dufour : Dans les... c'est ça, OK, parfait, puis le
multirésidentiel, les grands bâtiments multirésidentiels non plus, ça
viendrait... Par contre, on a les résidences pour personnes âgées. Donc, le
multirésidentiel pourrait...
M.
Charette : C'est le nombre de pieds... en fait, de mètres
carrés qui va déterminer où... Au niveau résidentiel, on se dit : C'est le
25 et plus, à terme, là, qui... qui sera, dans les premiers temps... bien,
c'est-à-dire, dans les trois premières années,
vraisemblablement, assujetti. Donc, on n'est pas dans le 25 et moins, là, à ce
moment-ci. Éventuellement, on pourra certainement y parvenir, mais pas
dans les premières phases, effectivement.
Mme Dufour : Non, mais... mais il y
a énormément d'espaces de condos que ça va... ça va inclure, là.
M. Charette : Oui, dès le départ,
effectivement.
Mme Dufour : Exactement, comme...
M.
Charette : Les grandes tours à condos, c'est du résidentiel,
mais c'est du mètre carré de nature à les assujettir, là, dès le départ.
Mme Dufour : Parfait. Merci.
Le Président (M. Jacques) : M. le
député de Jacques-Cartier.
M.
Kelley : Merci, M. le Président. M. le ministre, je veux
juste savoir si le stockage est pris en considération. J'ai regardé le
paragraphe 4°, puis c'était juste quelque chose que j'ai vu pour certains
équipements qui sont partagés, puis on cite les bornes de recharge comme un
exemple, mais est-ce qu'aussi... On parle, dans la note, là, d'explication, de
la recharge électrique ou tout autre équipement consommant et produisant de
l'énergie à proximité du bâtiment. Alors, je
comprends, il y a toujours l'idée de l'énergie de proximité, mais, quand même,
le stockage, ça va être de plus en plus une option qui est intéressante
pour le cas d'un partage des ressources de l'efficacité énergétique.
M. Charette : Le collègue a tout à
fait raison de dire que le stockage... puis, encore une fois, il n'y a rien...
il n'y a pas de connivence du tout, mais je
pense... je ne veux pas faire de publicité, mais, je pense, c'est à
Radio-Canada, cette semaine, il y avait différents reportages. Il y a
différents types de projets pilotes, dont des projets pilotes avec batteries domestiques. On a en tête... Puis là je
ne veux pas faire de publicité, mais on a en tête les Powerwall de Tesla,
mais il y a d'autres options de batteries
qui sont en développement et qui sont... qui sont testées présentement par
Hydro-Québec.
Donc, oui, ça va avoir une incidence sur la
performance environnementale du bâtiment si, à terme, l'expérience est
concluante. Personnellement, je pense que ça va être concluant. Puis c'est des
systèmes qui, dans le meilleur, meilleur des... Bien, c'est-à-dire, le système
minimal va permettre un stockage. Donc, une batterie qui va se charger à même l'alimentation régulière faite, par
exemple, par Hydro-Québec, c'est déjà une amélioration, mais, dans le
meilleur des mondes, on aurait une batterie qui se chargerait entièrement, par
exemple, par des panneaux solaires.
Donc, non seulement il y a une consommation
régulière qui provient du réseau, mais il y a une batterie qui n'est pas
chargée par le réseau, donc qui ne nécessite pas une demande plus grande pour
Hydro-Québec, qui est alimentée de façon automatique par le solaire. Là, on a
un système qui est nettement plus complet et même plus... drôlement plus intéressant, là, et c'est de voir
quand... quand on tombe sur la batterie. Si, par exemple, Hydro-Québec envoie un signal, comme certaines applications le
permettent déjà, comme quoi on est en période de pointe, et si c'est l'énergie provenant de la batterie qui prend le
relais, à ce moment-là, on aura une maison, un appartement qui deviendra non
plus une charge pour Hydro-Québec, mais une forme de délestage de responsabilité,
et ça, ce sont des systèmes qui vont vraisemblablement se généraliser au cours
des prochaines années.
M. Kelley : Parfait. Merci beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 6 de la loi édictée? Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 6 de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous allons prendre une pause de quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 18 heures)
(Reprise à 18 h 08)
Le Président (M. Jacques) :
Nous
reprenons nos travaux.
Au moment de
la suspension, nous en étions à lire l'article 6... l'article 7,
c'est-à-dire, de la loi édictée. M. le ministre.
M.
Charette : Merci, M. le Président. Donc, je vais lire
l'article original, mais déjà je vous confirme qu'il y a un amendement,
là, qui sera proposé, que je lirai, là, tout de suite après.
Donc, l'article 7 dans sa version
originale : «Lorsqu'une cote de performance environnementale est attribuée
en application du deuxième alinéa de l'article 6, cette décision est
notifiée au propriétaire du bâtiment et peut, dans les 60 jours de sa
notification et selon les modalités déterminées par règlement du gouvernement,
faire l'objet d'une demande de révision.»
Le
commentaire : Cet article prévoit la possibilité de demander la révision
de la cote de performance environnementale attribuée par le ministre en
application du deuxième alinéa de l'article 6.
Et je vous
lis maintenant l'article 7, tel que proposé par un... par un
amendement : Remplacer l'article 7 de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments, proposé par l'article 1 du
projet de loi, par le suivant :
«7. Lorsqu'une
cote de performance environnementale est attribuée à un bâtiment en application
du deuxième alinéa de l'article 6, cette décision est notifiée au
propriétaire du bâtiment qui peut, par écrit, demander au Bureau de réexamen institué par
l'article 78 de la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les
lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages le réexamen
de la décision dans les 30 jours de sa notification.»
Le
commentaire : Cet amendement vise à confier au Bureau de réexamen institué
par la loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages le réexamen des cotes de
performance environnementale des bâtiments attribuées par le ministre. Le
Bureau de réexamen est une entité distincte de l'unité administrative ayant
attribué la cote de performance environnementale.
Un autre amendement modifiant l'article 79
de la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages est requis pour pouvoir saisir le
Bureau de réexamen.
Bref, tout à
l'heure, on mentionnait qu'il y avait un processus de réexamen, on avait un
article 7 initial qui ne précisait pas les modalités d'application, et là
on vient apporter ce degré de détail là avec l'amendement qui est proposé.
• (18 h 10) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Les notes complémentaires ne sont pas... n'ont pas suivi, là, avec le document,
là, donc je veux juste le mentionner, là, elles ont été lues, mais nous, on n'y
a pas accès. J'aurais aimé ça pouvoir les
relire, parce qu'il y a quand même beaucoup de détails qui ont été mentionnés.
Donc, je ne sais pas s'il est possible de les avoir, de nous les
transmettre, ces notes-là. Ça, c'est le premier élément.
M. Charette : C'est une bonne... une
bonne remarque. Je n'en étais pas conscient en faisant la lecture. Pour cet amendement-là, c'est peut-être difficile,
mais, pour les prochains amendements, on tentera, là, d'avoir le commentaire
à l'écran également.
Mme Dufour : Je comprends, mais
est-ce que... est-ce qu'on les a? Est-ce qu'on peut nous les transmettre? Parce
qu'il y a quand même beaucoup de détails qui a été lu...
M. Charette : Oui, oui, bien oui, on
peut transmettre au secrétariat, là, sans problème.
Mme Dufour : Pour que... avant qu'on
l'adopte, bien entendu.
M.
Charette : Ah! bien... Bien, c'est-à-dire, avant qu'on
l'adopte, on peut distribuer les copies papier qu'on a, oui.
Mme Dufour : Oui, ce serait déjà ça.
M. Charette : Donc, on ne passera
pas par le secrétariat.
Mme Dufour : Alors, j'ai peut-être
une première question, ça concerne... En fait, parce que, là, il y avait l'article 7, le 8 et le 9 qui... qui
traitaient la demande de révision. Là, on a changé le terme «demande de
révision» par «réexamen». Dans l'article 9, on parlait du Tribunal administratif du Québec; là, on semble parler plutôt du Bureau de réexamen. Donc, c'est une nouvelle entité, en tout
cas, que moi, je n'avais pas entendu parler. On avait un 60 jours; là, on
parle de 30 jours. Donc, c'est quand même beaucoup de changements,
là. Est-ce qu'on peut nous expliquer pourquoi tous ces changements?
M.
Charette : Vous allez voir, par la suite, il va y avoir un
autre amendement. Les articles 8 et 9, ils tomberaient, tout simplement,
avec l'adoption de l'article 7 amendé. Donc, on oublie les autres
dispositions, là, c'est réellement le Bureau de réexamen qui va avoir
cette responsabilité-là. Donc, dans le prochain amendement, on va tout
simplement retirer les articles 8 et 9, là, auxquels la collègue fait
référence.
Mme
Dufour : OK. Par contre, précédemment, on donnait
60 jours. Là, on baisse à 30 jours, c'est court, c'est... Déjà,
60 jours, ça m'apparaissait court. Là, on est à 30 jours, c'est très
très, très court.
M. Charette : Bien, en fait, c'est
juste pour... ce n'est pas l'argumentaire, c'est juste pour dire : On veut
aller en réexamen. Mais ce n'est pas
l'argumentaire comme tel, c'est juste lever la main pour dire : On veut
aller en réexamen. Mais c'est la façon de procéder, là, au ministère de
l'Environnement, à travers le Bureau de réexamen.
Mme Dufour : Oui, mais là on est en
train de créer quelque chose de complètement nouveau, des cotes où on ne sait
pas la nature de qu'est-ce qui va sortir au bout du compte. Il y a... On va
avoir plein d'ingrédients, ça va donner une côte, puis lui, il va sortir
quelque chose, une recette, puis ça va être différent pour chacun des bâtiments.
Puis, avant qu'on soit capables de réaliser
si cette cote-là fait du sens ou pas, ça va peut-être prendre plus que
30 jours, particulièrement au départ, au début, phase I, où là on est
dans l'inconnu total. On n'est pas dans quelque chose qu'on fait déjà,
là, on est dans quelque chose qui, présentement, n'existe pas. Donc, je veux
bien croire qu'on se réfère à quelque chose,
Bureau du réexamen des barrages, là, mais là on est dans une... complètement
une nouvelle, une nouvelle... tu sais, formule qui... 30 jours pour lever
la main, faut-il encore qu'on sache qu'on a raison, qu'on a besoin de
lever la main, puis, avant de s'en rendre compte, ça va peut-être prendre plus
que 30 jours, là.
M.
Charette : C'est des commentaires pertinents. Deux éléments
de réponse. L'exercice de cotation ne se fera pas à l'insu du propriétaire, donc, qui va prendre part à cet
exercice-là, il va savoir qu'il va avoir une cote d'attribuée, il va
savoir qu'il a des responsabilités à assumer. Donc, ce n'est pas comme si c'est...
Ce n'est pas une lettre à la poste qu'il va recevoir, un matin, pour
dire : Vous êtes coté x. C'est une procédure à laquelle le propriétaire
sera associé et c'est une procédure qui n'est pas sanctionnable pendant un
certain nombre d'années. Pour les 1 000 bâtiments dont il est
question dans la première phase, on parle de sanction à partir de 2029, donc ce
n'est pas... Ce n'est pas parce qu'il a un
avis de cotation que, s'il n'est pas conforme, qu'il a la sanction le lendemain
matin, là. Il y a réellement un délai de conformité sur quelques années. Donc, ce n'est pas de 30 jours, et
la contravention est dans la poste, là. Pour les
1 000 premiers bâtiments, on parle de 2029, vraisemblablement, là,
pour la partie sanctionnable.
Mme
Dufour : Mais, dans ce cas, s'il n'y a pas d'urgence,
pourquoi limiter ça à 30 jours? Pourquoi l'avoir changé, alors
qu'on prévoyait 60 jours?
M. Charette : ...
Mme Dufour : Pourquoi l'avoir réduit
à 30 jours?
M. Charette : Bien, c'est deux
instances différentes. Comme je le mentionnais tout à l'heure, le Bureau de réexamen, dans sa procédure, pas uniquement pour
ce volet-là, pour tout ce qui était assujetti au Bureau de réexamen, c'est
un délai de 30 jours qui est applicable.
Mme Dufour : Mais ça pourrait être
plus. On aurait juste à écrire «60 jours», puis ce serait 60 jours.
Je veux dire, on le précise ici, là,
c'est... Donc, à... Précédemment, on avait 60 jours dans la loi.
Évidemment, les groupes n'ont pas commenté. Si on leur avait dit qu'ils
avaient eu 30 jours, peut-être qu'on aurait eu des commentaires. Là, on...
C'était 60, donc il n'y a pas eu... à ma
connaissance, il n'y a pas eu de groupes qui ont commenté le 60 jours,
mais ils n'ont pas demandé de le réduire à 30 non plus, là.
M. Charette : Si on regarde
l'article 9, qu'on va abroger tout à l'heure, là : «Le recours devant
le Tribunal administratif du Québec doit être formé dans les 30 jours qui
suivent la notification de la décision contestée.» On était aussi à
30 jours, à ce moment-là...
Mme Dufour : Non.
M. Charette : Donc, le 60 jours
auquel... Ah! c'est à l'article 7. Donc, juste le relire dans sa version
initiale, donc : «Lorsqu'une cote de performance [...] est attribuée
[...], cette décision est notifiée au propriétaire du bâtiment et peut, dans
les 60 jours [...] et selon — ta, ta, ta — par règlement [...],
faire l'objet d'une demande de révision», versus 9.
Donc, c'est le recours. En fait, le recours devant le tribunal administratif
était à 30 jours et là le recours devant le Bureau de réexamen est à... en fait, à 30 jours, et le recours
devant le tribunal... le Bureau de réexamen, est à 30 jours aussi.
Mme Dufour : En fait, c'est vraiment
l'article 7, là, qui parle des 60 jours. La demande de révision peut
être faite dans les 60 jours de sa
notification, de la cote. Et là, par la suite, c'est s'il y a une... S'il y a
une contestation devant le tribunal, là, après ça, le recours doit être fait
dans les 30 jours. Mais, au départ, il y avait 60 jours, là, pour
contester.
M.
Charette : Mais la question est très, très pertinente. Je
veux juste m'assurer qu'on donne la bonne réponse à la collègue.
Des voix : ...
M.
Charette : Avec le consentement des collègues, on pourrait
passer la parole à notre juriste pour expliquer la distinction.
Le Président (M. Jacques) : Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
que vous pouvez vous nommer et donner votre titre, s'il vous plaît?
Mme
Poissant (Noémi) : Certainement. Merci. Donc, Noémi Poissant, je suis
avocate au ministère de la Justice.
En fait, le 30 jours, c'est quelque chose,
là, bon, qui est cohérent avec le reste du corpus, là, qu'on applique en
environnement. Donc, dans les 30 jours, la personne va pouvoir faire état,
là, de son intention de... en fait, de sa demande, là, de demander le réexamen
de la cote qui lui a été attribuée et présenter les grandes lignes. Mais, après
ça, quand on se déplace de loi, parce que le
Bureau de réexamen, lui, est institué sous la loi, et là le titre est un peu
long, là, mais là, M-11.5... 11.6, pardon, on voit, là, à
l'article 80, que le Bureau de réexamen, là, va donner au demandeur l'occasion de présenter ses observations. Donc, la
personne va quand même pouvoir, tu sais, en extra, dans le fond, là, de la demande qu'il va
avoir présentée dans les 30 jours... elle va pouvoir présenter des
observations supplémentaires, là, puis compléter son dossier, au besoin,
avant qu'il y ait une deuxième décision qui soit rendue.
• (18 h 20) •
Mme Dufour : Et
ça, c'est quoi, le délai pour compléter le dossier comme c'est mentionné?
Mme Poissant (Noémi) : Il y a... Non, je peux y
aller? Pardon. Donc, il n'y a pas de... Je suis en train de vérifier, là, rapidement, il n'y a pas de délai qui est
inscrit dans la loi. Je ne sais pas, je pourrais peut-être faire une
vérification, là, si jamais il y a un délai, mais j'ai l'impression que
ça dépend vraiment plus, là, des circonstances, dans le sens où, tu sais, est-ce que la personne a beaucoup de
pièces à ramasser ou elle dit : Bien, je vais présenter des arguments, puis
finalement elle ne revient pas, là? À un
moment donné, le Bureau de réexamen, lui, il faut... il va falloir qu'il rende
une décision. Mais il n'y a pas de délai inscrit dans la loi sur le...
délai pour compléter le dossier, là.
Mme Dufour : OK.
Donc, juste pour comprendre la mécanique, le 30 jours qu'on propose ici,
c'est pour lever la main puis dire :
Bien, moi, j'aimerais que je sois réexaminé, ouvrir un dossier. Là, le Bureau
du réexamen ouvre le dossier, et là il demande des pièces
supplémentaires, et là ça pourrait prendre deux, trois, quatre mois pour
fournir ces pièces supplémentaires là, il n'y a pas vraiment de délai, là.
Mme Poissant
(Noémi) : Habituellement, on parle du délai raisonnable pour compléter
le dossier. Donc, ça va être applicable, tu
sais, en fonction de la jurisprudence et de, peut-être, la complexité de la
preuve, là, que l'administré veut
compléter. Mais c'est... la norme, c'est le délai raisonnable, donc je n'ai pas
de délai ferme, là, à vous indiquer, là.
Mme Dufour : Non, effectivement, puis c'est quelque chose de
nouveau, donc il n'y en a pas, de jurisprudence, probablement, sur ça
spécifiquement. Donc, c'est quelque chose qui n'a pas été fait encore, donc,
normalement, il ne devrait pas y avoir de jurisprudence encore sur ça,
précisément, mais ça viendra éventuellement.
Mais,
plus tôt dans l'article 8 original, on... on disait : «La demande de
révision doit être traitée avec diligence». Donc, c'est, j'imagine, un
peu le délai raisonnable. Mais là c'était par rapport au tribunal ou au
gouvernement. Là, on est par rapport aux... dans le fond, au citoyen, au
corporatif, là, qui serait visé, là. Donc, c'est le renversement, en fait, il est quand même important, là, et... alors
que, précédemment, on donnait quand même 60 jours pour lever la main
puis dire : Bien, on voudrait une
demande de révision. Donc, c'est ça, j'essaie de comprendre pourquoi... Je
comprends qu'on a voulu peut-être s'aligner avec ce qui se faisait déjà,
mais on avait prévu 60 jours. Pourquoi on n'a pas maintenu le
60 jours, tout simplement?
M. Charette :
Et je dois avouer, là, c'est des modalités avec lesquelles je me
familiarise en même temps que les collègues. Ce que je comprends, le
60 jours, c'était aussi pour déposer l'argumentaire, alors que, là, on a
un 30 jours, on lève la main puis, après, on prend le temps nécessaire
pour le faire. Donc, pas certain que c'est plus pénalisant, au contraire, ça
laisse plus de temps à l'intimé de donner suite... en fait, de donner suite à
sa volonté, là, de réexamen. Parce que, dans le 60 jours, il fallait que
le dossier soit présenté. Mais, en même temps, le Bureau de réexamen, ce sont
ces façons de procéder dans les différents plans, dans les différents champs
d'application, c'est un 30 jours. La même chose, on lève la main, puis
ensuite vous prenez le temps de bien présenter votre dossier.
Mme Dufour : Est-ce
qu'on... puis je ne sais pas comment ça se passe présentement, mais est-ce
que... On ne va pas encourager des groupes à
lever la main plus vite, pour être sûrs de ne pas être pénalisés, pas perdre le
30 jours, puis que, finalement,
par la suite, ils prennent le temps de vraiment analyser tous les paramètres de
la cote, et puis, par la suite, finalement, dire : Bien, je n'ai pas
de contestation ou...
M. Charette :
On va le voir avec l'expérience, compte tenu des quatre années, là, de...
non sanctionnables. Mais, en même temps, étant donné que... Comme je disais, la
cotation ne va pas se faire par surprise, à l'insu du propriétaire, là, le
propriétaire devra faire partie de l'exercice, devra fournir,
vraisemblablement, des informations, et tout ça. Donc, ça ne sera pas une
surprise, là, cette note-là qu'il va recevoir ou le fait de recevoir une note.
Puis si, à la lecture, il pense qu'il est
lésé dans l'évaluation qui a été faite, c'est là où il signifie puis ensuite il
prend le temps, là, d'argumenter sa position.
Mme Dufour : Peut-être
une précision sur le quatre ans non sanctionnable. Quatre ans non sanctionnable
prend l'hypothèse qu'en 2025 ces 1 000 bâtiments là auront une cote.
Mais le règlement n'a pas été fait encore, on ne connaît pas encore tous les
paramètres, et ça va quand même prendre un certain temps avant d'obtenir toutes
ces informations-là. D'ailleurs, je n'ai pas souvenir du délai qu'on donnait
pour obtenir tous ces détails-là pour être capable
d'établir la cote. Mais est-ce qu'on pense vraiment que c'est réaliste qu'en
2025, dans un an, les cotes soient établies pour les
1 000 bâtiments?
M. Charette :
...1 000 bâtiments, donc des bâtiments de l'État, des bâtiments
publics. En même temps, on est en
début 2024. Moi, je suis confiant qu'on puisse présenter, présenter le
projet de règlement au cours de la présente année. 2025, ça va jusqu'au 31 décembre 2025, donc on a deux ans,
essentiellement, ou à peu près, là, deux ans moins un mois et quelques
jours, donc, pour arriver à mettre en place et à appliquer la réglementation.
Si ça nous semblait irréaliste, je le dirais
d'emblée. C'est pour ça que 2025, pour nous, pour cette première phase là,
semble la bonne référence. 2026 en
sera une autre, 2027 ensuite. Mais avec un intervalle de presque deux ans, là,
je pense que c'est tout à fait réaliste.
Mme Dufour : L'Ontario,
semble-t-il, a pris cinq ans pour atteindre les 25 000...
25 000 pieds carrés, les bâtiments de 25 000 pieds carrés et plus, pour établir cette cote-là
pour l'ensemble, c'est ce que BOMA nous a mentionné. Donc, je crois que
peut-être que vous êtes très optimiste, mais on le verra à l'usage.
L'autre
questionnement que j'avais... Vous avez mentionné que les
1 000 bâtiments incluaient les bâtiments de l'État, comme si ça venait les exclure. Mais ma compréhension, c'est
qu'ils devraient aussi faire partie... On devrait être exemplaires,
l'État, on devrait être les premiers, en fait...
M. Charette :
Ils font partie, donc, dans les premiers...
Mme Dufour : Donc,
le volume n'est pas moindre, là.
M. Charette :
Non, exact. Et peut-être juste une... peut-être un élément de réflexion par
rapport à ce que nous disait BOMA, qui met de l'avant des initiatives très,
très louables, mais ça demeure volontaire, donc, quand c'est volontaire, c'est
plus long et c'est... bien, c'est plus long... avoir le volume nécessaire,
puis, quand c'est volontaire, c'est souvent les bons élèves qui se posent en
volontaires parce qu'ils veulent... ils savent qu'ils sont de bons élèves puis ils veulent que ce soit reconnu.
Alors que, là, ce n'est pas limitatif aux bons élèves, c'est en fonction du...
de la superficie du bâtiment qu'ils seront assujettis ou pas, là. Donc, ça va
prendre moins de temps pour avoir autant de... de pieds carrés, de
mètres couverts qu'une norme volontaire.
Mme Dufour :
Donc, je comprends qu'en Ontario c'était volontaire?
M. Charette :
Ontario? Bien, c'est-à-dire, je faisais référence à... à ce que les gens de
BOMA nous disaient. Je ne me souviens plus si c'était une... Parce que BOMA
nous parlait de ses... de ses...
Mme Dufour :
...
M. Charette : ...oui, mais de ses
normes de certification qui étaient... qui étaient volontaires. Je ne me
souviens plus où elles s'appliquaient, spécialement. Si c'est Ontario,
c'est Ontario, mais ça demeurait volontaire.
Mme Dufour : Et ce qu'ils nous ont
mentionné, c'était dans un mémoire, ils nous mentionnaient qu'en Ontario
la norme, qui n'était pas volontaire, avait pris cinq ans avant d'être, tu
sais, applicable à l'ensemble des... des bâtiments de 25 000 pieds
carrés et plus.
M. Charette :
Cinq ans, ça, c'est... Honnêtement, c'est une référence que je n'ai pas en
tête.
Mme Dufour :
Donc, cinq ans. C'est pour ça qu'ils nous disaient que le délai envisagé
semblait peu réaliste par rapport à l'expérience ontarienne.
M. Charette :
Moi, je faisais plutôt référence à un autre élément de leur présentation,
sur leurs normes. Donc, je confondais, là,
peut-être deux aspects de leur présentation. Et, comme je le mentionnais, on
est... on bénéficie de l'expérience
des autres. Ce n'est peut-être pas... Je ne suis pas en mesure de comparer
personnellement l'expérience ontarienne, là. Ce n'est peut-être pas
exactement les mêmes modalités d'application. Peut-être qu'ils n'avaient pas les quatre années, non plus, à leur disposition
pour... pour se conformer avant que ce soit sanctionnable. Je ne suis pas
en mesure, là, personnellement, de comparer les deux... ces deux aspects là.
Mme Dufour :
Je vais vous référer à la page 7 de leur mémoire : «La
réglementation actuelle de l'Ontario pour le premier aspect de ce projet de
loi, soit la divulgation des données énergétiques, aura nécessité cinq ans, de 2018 à 2023, pour obtenir des données complètes du
parc immobilier de plus de — pardon — 50 000 pieds
carrés.» Donc, pas les 25 000. Donc, l'Ontario sont quand même...
• (18 h 30) •
M. Charette :
Je vous dis, c'est... Je veux dire, c'est... c'est pertinent, là, de nous
rappeler cet aspect-là du mémoire. Ce que je ne sais pas, par contre, c'est
s'ils se sont donné les mêmes moyens que nous. Nous, en obligeant les
distributeurs d'énergie à rendre disponible cette information-là, peut-être
qu'on sauve des... peut-être qu'on sauve des années, là. Je ne sais pas si
l'expérience ontarienne impliquait une obligation de divulgation, ce qui est
notre... ce qui est notre cas, là, au Québec.
Mme Dufour : Oui. Je vous avoue que je
pensais que, plutôt, votre ministère devrait connaître cette
information-là, plutôt que moi, là.
M. Charette :
En fait, je...
Mme Dufour :
J'imagine que votre ministère a regardé l'expérience ontarienne, mais...
M. Charette : Mais
je ne prétends pas que la collègue a l'information non plus, ce n'était pas...
ce n'était pas un reproche. Je dis que moi, je ne sais pas si l'Ontario
a obligé les distributeurs d'énergie. Et on a un avantage aussi sur l'Ontario, c'est qu'on a deux distributeurs d'énergie en
position de monopole, ce qui n'est pas le cas en Ontario. Donc, on a des cartes qui nous aident
vraisemblablement. Et l'expérience ontarienne a certainement été évaluée, là,
par le ministère. Donc, tant mieux si on profite de l'expérience des
autres pour aller plus vite, mais on a clairement des... des avantages à notre
disposition, notamment, là, la situation de monopole des distributeurs
d'énergie, contrairement à l'Ontario.
Mme Dufour : Oui, tout à fait.
Mais par contre les informations qu'on demande vont bien au-delà de seulement
l'énergie, là. On demande énormément de détails pour établir la cote qui ne
sera pas... qui ne sera pas simple à obtenir
pour l'ensemble des bâtiments. Ce n'est qu'une ligne, l'énergie, par rapport à
l'ensemble des éléments qu'on veut avoir pour établir la cote.
M. Charette : Peut-être
juste... Il faut être prudent pour ne pas inquiéter les gens qui nous écoutent.
On se donne de larges pouvoirs, mais, même tout à l'heure, j'ai insisté pour
dire à plusieurs reprises : Il n'est pas acquis qu'on va demander tout ce que l'on aura le droit de demander. Donc,
c'est pour ça que la comparaison n'est peut-être pas applicable, là, à
ce niveau-là.
Mme Dufour : Ça,
c'est l'enjeu, quand on est... Tout, tout se fait par règlement, on ne peut pas
supposer ce qui sera décidé l'année prochaine. Ce que je peux juste constater,
c'est que le projet de loi, lui, prévoit énormément d'éléments.
M.
Charette : Bien, je suis
convaincu qu'elle sera d'accord avec l'idée de... on se donne toutes les
possibilités et ensuite on retient les applications qui sont les plus...
qui sont les plus pertinentes en termes de résultats attendus. Mais on se donne les possibilités. Mais
l'article 4, à travers son commentaire, le... le mentionnait très
clairement : on ne demandera rien qui n'est pas... qui n'est pas...
requis d'être demandé.
Mme Dufour : Mais non, je ne partage
pas l'opinion. Donc, j'aimerais juste qu'on ne me mette pas des mots dans la
bouche, là. Donc, de dire : Je suis convaincu que vous allez être
d'accord, non. Je pense qu'on aurait pu venir préciser tout ça et être précis.
Si on sait déjà quels vont être les éléments, les variables qu'on va prendre en
compte pour établir une cote, bien, c'est ces éléments-là qu'on devrait voir.
S'il y a six éléments sur 10 qui sont... qui ne seront pas requis, bien,
pourquoi on les mentionne?
M. Charette : C'est-à-dire, je ne
sais pas comment la collègue travaille, moi, je vais parler pour moi-même, dans
ce cas-là... moi, j'aime avoir le plus large spectre de possibilités possible.
Et ensuite on choisit parmi les possibilités que l'on a. Mais je ne veux pas me
freiner à ce moment-ci. Et la réglementation sera déterminée en fonction des
besoins que l'on aura pour arriver à nos fins. Mais je ne veux pas... je ne
veux pas me priver de possibilités à ce
moment-ci. On dit : Il faut aller plus vite, il faut bien faire les
choses, donc pour ça, il faut avoir des moyens.
Et on dit, hein, des occasions de travailler une
loi, là... On ne fait pas la LQE. Juste... Personnellement, au fil des cinq
dernières années, j'ai travaillé à l'intérieur de la LQE dans différents
projets de loi, mais là, c'est une nouvelle
loi que l'on crée. Donc, c'est tout, tout, tout nouveau. Donc, on ouvre toutes
les portes et, par la suite, on regardera les avenues, là, qui sont les
plus probantes pour arriver aux fins, là, qui sont celles du projet de loi.
Mme Dufour : Je comprends. Mais on
ne peut pas aujourd'hui dire que tout ce qui est mentionné là ne servira pas.
Alors, quand moi, je regarde, je vous dis : Il y a énormément
d'informations qu'on semble vouloir aller chercher, quand je vois des
réactions, qu'on me dit : Bien non, mais c'est exagéré, bien, ils sont
dans le projet de loi quand même, là. Alors, demain matin, ça pourrait... le
règlement pourrait inclure chacun de ces éléments-là. Et il y a beaucoup,
beaucoup d'éléments. On est dans les équipements, les...
M.
Charette : Les possibilités... Exact. Et on... Pour moi,
c'est une bonne nouvelle, de se donner des possibilités. Mais, pour ce
qui est de la réglementation, on regardera avec les parties prenantes
impliquées. Je vous parlais tout à l'heure d'une collaboration, là, qui va
devenir de plus en plus étroite avec la Régie du bâtiment. On ne mettra rien
qui n'est pas nécessaire dans la réglementation, mais les portes sont ouvertes
ou les possibilités sont présentes pour avoir ces outils-là au besoin, tout
simplement.
Mme Dufour : ...d'autre question.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. J'aimerais ça revenir sur
l'amendement pour mieux comprendre le rôle du Bureau de réexamen, juste
pour que... détailler. Je regardais en même temps la loi sur certaines mesures puis... permettant d'appliquer la loi en matière
d'environnement, là. Il y a plusieurs... Comment je peux dire? La façon
dont c'est... c'est écrit, là, dans l'article 78 et 79 de la loi sur
certaines mesures permettant d'appliquer la loi sur... différentes lois en environnement, c'est beaucoup de mesures pécuniaires,
c'est... c'est beaucoup de sanctions pécuniaires. C'est-à-dire, quand
une personne reçoit un avis du ministère de l'Environnement, il s'en va...
c'est-à-dire, il s'en va contre un règlement quelconque, là, où il n'y a pas...
Il y a des... des exemples, arrêt d'un appareil ou d'un équipement, ou interdire la vente, si j'ai des mesures... tu sais, il y
en a beaucoup, beaucoup, mais plusieurs... C'est quand même explicite, là, je pense, dans... dans
l'article 79, c'est : «Sanctions administratives pécuniaires imposées
en vertu de la présente loi». Donc, moi, je
veux mieux comprendre le rôle du Bureau de réexamen. Parce que l'attribution
d'une cote de performance, peut-être, c'est de mon côté, mais je veux juste...
entendre le ministre, je ne le vois pas comme une simple mesure pécuniaire.
C'est assez complexe. Donc, comment il voit le rôle du Bureau de réexamen pour
être capable... après on parlera des délais, là, mais pour être capable de
réévaluer ceci? Est-ce qu'il y a plus de ressources qui vont être accordées?
Quels sont les changements qui vont être faits à cet égard-là?
M. Charette : Bien, peut-être
rappeler, dans un premier temps, le ministère de l'Environnement, c'est un
ministère de contrôle, donc une multitude de règlements qui donnent... qui
donnent la possibilité de sanctionner le non-respect d'une réglementation.
Donc, c'est un ministère de contrôle. Donc, à l'intérieur du ministère, on a
cette entité-là qui permet à toute personne qui est prise en défaut ou qui,
selon le ministère, est prise en défaut de répondre et de défendre sa cause, en quelque sorte, si jamais elle s'estime
lésée. Donc, c'est le bureau, là, qui a cette responsabilité-là pour
différentes mesures applicables au ministère, pas l'ensemble, mais pour
certaines. Donc, ils sont habitués des procédures
de réexamen, voire d'appel. L'expertise, elle est là. L'important, puis c'était
mentionné dans le commentaire, l'important, c'est que ça ne peut pas
être la même entité qui a à octroyer la cote. Il faut qu'il y ait une
indépendance entre l'entité qui octroie la
cote... c'est-à-dire qui a réglementé l'octroi d'une cote versus l'entité qui
permet de réexaminer la... Mais, pour ce qui est des ressources, il n'y a
pas... il n'y a pas d'enjeu ou d'inquiétude, et l'expertise est là aussi, au
sein, là, de cette entité-là. Et, petite confidence, je comprends que c'est une
entité qui est très heureuse de recevoir ce mandat-là.
Mme Zaga Mendez : Tant mieux pour le
bureau. Je veux juste vous entendre parce que vous avez parlé de contrôle.
Alors là, je ne suis pas ni pour ni contre, mais comment je l'interprète, c'est
que la cotation de performance environnementale, si on la voit avec l'esprit de
ce bureau, qui est un... qui est un bureau de contrôle, là, d'application des
sanctions... C'est ça que je veux mieux comprendre peut-être. Allez-y.
M. Charette : Je me suis peut-être
mal exprimé. Ce n'est pas... ce n'est pas le Bureau de réexamen qui est une instance de contrôle. C'est le ministère de
l'Environnement qui est un ministère de contrôle, à bien des égards, là, s'assurer
du respect de notre réglementation, là, à tout égard. Donc, le Bureau de
réexamen, ce n'est pas une instance de
contrôle. C'est une instance qui permet aux parties de signifier leur
désaccord, là, par rapport à une décision qui aurait été... qui aurait
été rendue.
• (18 h 40) •
Mme Zaga
Mendez : Et quelle est, selon vous, la motivation pour
contester? Parce que c'est bien qu'il y ait... que le bureau soit en
charge. Un propriétaire qui reçoit une cote avec laquelle il n'est pas d'accord,
il décide d'aller contester. Mais c'est quoi, la motivation d'aller chercher...
Parce que, quand je regardais en même temps les sanctions, il y en a... il y a
des sanctions pour... puis on va en parler, là, il va y avoir des sanctions
dans la loi pour la transmission des documents, mais est-ce qu'il y a une
sanction pour avoir ou pas une cote? Est-ce qu'il y a une sanction pour avoir
ou pas une cote qui est plus performante qu'une autre dans un certain secteur à
un moment donné? Parce que, moi, je veux
comprendre quelle est la motivation pour la personne d'aller contester. Si on
conteste, c'est comme une note, n'est-ce pas? Je n'ai pas passé l'examen, je
vais contester, ou est-ce qu'on va... ou est-ce qu'on ouvre aussi la
contestation pour : J'aurais dû être coté plus haut et finalement je suis
coté plus bas? Puis quelle est la motivation pour les gens de le faire, si,
finalement... s'ils sont cotés plus bas? Il n'y a pas vraiment de sanction ou
des choses... ni des amendes à payer.
M. Charette : C'est une bonne
question. Puis la précision du collègue est importante aussi. Ce n'est pas
uniquement le propriétaire qui serait en défaut qui aurait intérêt à faire une
demande de réexamen. Un propriétaire qui passe, je vais le dire comme ça, entre
guillemets, a quand même intérêt à avoir peut-être une meilleure note. Donc,
s'il s'estime non pas lésé, mais s'il estime que la cote qu'il a obtenue n'est
pas suffisamment haute, il pourra faire appel au Bureau de réexamen aussi pour
s'assurer d'avoir la cote qu'il pense être légitime d'avoir. Donc, ce n'est pas uniquement dans une perspective d'éviter
une sanction administrative pécuniaire, c'est aussi... Parce qu'on le voit,
là, il va y avoir un certain marketing autour de la cote d'un bâtiment. Pour
certains propriétaires, ça va devenir un élément de référence, ça va devenir un
élément de promotion de son bâtiment. Donc, s'il estime qu'il a... qu'il
devrait avoir une cote plus élevée, il pourra aussi se référer, là, au Bureau
de réexamen.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Dernière
question, juste de concordance. Parce que, là, j'ai compris le rôle, j'ai
compris... Parfait. En ce qui concerne l'article 79 de la Loi sur
certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages, j'ai l'article
devant moi, juste pour comprendre, c'est quand...
est-ce qu'on le fait dans le cadre de cette loi, l'amendement, ou est-ce que
vous allez...
M. Charette : ...les 8 et 9?
Mme Zaga Mendez : Non, les... un
autre amendement modifiant l'article 79 de la loi sur certaines mesures.
Je veux juste comprendre. L'amendement qu'on fait en ce moment, c'est bien sûr
dans le cadre du projet de loi, pour l'article 7. Après ça, on nous
annonce, dans le commentaire, qu'il va y avoir un autre amendement qui va être
fait à l'article 79. Puis peut-être je suis juste dans les détails, là,
mais bien comprendre ce qu'on fait, là. Dans l'article 79, comment c'est écrit, à
moins que je n'aie pas la version la plus à jour, là, on nous réfère à
l'article 17 de la loi. Ça fait que, là, je me dis, je me permets un peu
de... qu'est-ce qui est changé, où, puis comment le mandat allait être mis à
jour dans l'application actuelle.
Le Président (M.
Jacques) : Merci beaucoup. Me Poissant. Est-ce qu'il y a
consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Jacques) : Consentement.
Mme Poissant
(Noémi) : Oui. Donc, en fait, l'article 79, il y a un autre
amendement qui va être proposé plus loin, en fait, là, pour aller inscrire
explicitement le réexamen des cotes, là, dans ses tâches, en fait.
Mme Zaga Mendez : Parfait, pour moi, ça
répond. Même que, bref, dans l'article 79, il réfère dans
l'article 17 pour l'ensemble des détails, là. À moins que je me trompe. Si
je me trompe, c'est vous, la juriste, madame.
Mme Poissant
(Noémi) : Non, mais je vais quand même prendre le temps, là. De
mémoire, en fait, là, c'est que l'article 17, ce sont les avis
d'exécution. Donc, dans le fond, le Bureau de réexamen, en ce moment, peut réexaminer les sanctions administratives
pécuniaires qui sont imposées, il peut aussi réexaminer les avis d'exécution
qui vont être imposés, puis là, il va pouvoir aussi faire la cote... en
fait, réexaminer la cote.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. C'est bon. Ça répond à ma question.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la députée de Verdun. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : ...merci,
M. le Président. Donc, j'aimerais peut-être juste refaire le processus de
comment ça se passerait, s'il y avait contestation de la cote. Donc, il y a une
cote établie. Lève la main pour dire : Non, je ne suis pas tout à fait d'accord avec la cote établie. Et
là, à partir de ce moment-là, qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qui se passe?
Si on peut juste me l'expliquer parce que je vais avoir des questions par la
suite.
M. Charette :
Comme la collègue l'a mentionné, il y a un temps jugé raisonnable qui sera
donné à la partie, je dis «défenderesse», je ne sais pas si c'est le bon terme,
mais c'est la personne qui s'estime lésée. Et, par la suite, une fois le
dossier complété, bien, c'est le Bureau de réexamen qui va déterminer si la
personne qui fait la procédure avait raison ou pas, et ce sera la cote qui sera
confirmée, là, le cas échéant.
Mme Dufour : ...et donc, là, il y a une décision qui est rendue
pour dire : Bon, la décision... la cote était correcte ou elle doit...
devrait être modifiée. Il n'y a plus de contestation possible, donc, au Tribunal administratif du Québec, s'il y a
mésentente avec le Bureau de réexamen?
M. Charette :
...on va dans la loi elle-même, là. Ce n'est pas... Ce n'est pas la nôtre,
mais celle qui vient donner les pouvoirs du Bureau de réexamen. On a
l'article 80 qui dit : «Après avoir donné au demandeur l'occasion de
présenter ses observations et, s'il y a lieu, de produire des documents pour
compléter son dossier, le Bureau de réexamen décide sur dossier, sauf s'il
estime nécessaire de procéder autrement. Il peut alors confirmer la décision
qui fait l'objet du réexamen, l'infirmer ou la modifier.» Donc, c'est
l'article 80, là, de l'autre loi. Donc, le Bureau de réexamen a ces trois
possibilités-là : demander un réexamen, l'infirmer ou carrément la
modifier.
Mme Dufour : Je vais répéter ma question : Il n'y a plus
de contestation possible au Tribunal administratif du Québec pour les
requérants?
M. Charette :
Après le Bureau de réexamen? Oui, après, c'est... c'est aussi possible, là,
de se référer, là, au... au Tribunal, pardon, administratif du Québec.
Mme Dufour : OK.
Mais, dans ce cas-là, pourquoi on enlèverait l'article 9, qui est... Parce
qu'on est... On nous disait que
l'article 7 remplaçait les trois articles, 7, 8, 9. L'article 9
parlait du... du recours au Tribunal administratif du Québec.
M. Charette :
...c'est couvert dans la loi elle-même. Mais c'est pour ne pas que le
Tribunal administratif du Québec soit la première instance qui reçoit la
doléance. On sait que c'est un tribunal qui est déjà extrêmement sollicité,
donc si on peut faire cette première étape là et éviter un certain
pourcentage... Je ne dis pas qu'il n'y en a pas
du tout qui se retrouveront au tribunal administratif, mais tout ce qu'on aura
évité d'y envoyer, ça va être un gain, là, pour le tribunal
administratif.
(Consultation)
M. Charette : La
section II, là, sur le Tribunal administratif du Québec, la procédure est
aussi détaillée là. C'est les articles précédents au 90 que je mentionnais, là,
donc 85, 86, 87. Mais c'est une instance qui est déjà très, très sollicitée, donc on va faciliter, en quelque
sorte, la démarche et peut-être éviter un certain pourcentage de recours
à ce tribunal-là.
Mme Dufour : ...donc, le recours au
Tribunal administratif du Québec est déjà prévu et encadré dans la loi qui
traite du Bureau du réexamen. OK. Parfait. À ce moment-là... Excusez. J'avais
une autre question, mais là, elle vient de me sortir de la tête.
Le
Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions à
l'amendement à l'article 7 de la loi édictée?
Mme Dufour : Pourquoi, c'est ça, on
l'avait prévu à l'origine dans la loi puis que, là, on le retire? Tu sais,
pourquoi on l'avait inclus à l'article 9 si ça existait déjà, ce
recours-là? Je veux juste bien comprendre, là.
M. Charette : Bien, on va le voir
avec l'abrogation proposée des articles 8 et 9, on permet toujours le
recours au tribunal. Mais, comme je mentionnais, on va... possiblement éviter
un certain nombre de références. Mais c'est déjà une procédure, là, dans la
loi, qui est... qui est établie, tout recours au Tribunal administratif du
Québec. Et ça, c'est... bien, en fait, c'est la loi dont on parle, là, la Loi
sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages. Il y avait déjà un recours au
tribunal, là, qui était... qui était possible. On ne veut pas que ce soit la
première instance, pour le décharger un petit peu. Mais, à partir du moment où
la personne maintient sa volonté d'y recourir parce qu'elle n'est pas
satisfaite de ce que le Bureau de réexamen aura fait, la personne a la
possibilité, là, d'y recourir.
• (18 h 50) •
Mme Dufour : Mais c'est juste que,
là, les gens qui vont lire cette loi-là... Là, on dit : Il faut aussi que
vous lisiez la loi sur les barrages... la sécurité des barrages. C'est ce qu'on
va leur dire, là.
M. Charette : Ce n'est pas... Bien,
en fait, ce n'est pas... ce n'est pas uniquement la loi sur la sécurité de...
C'est un... c'est un processus d'appel, en quelque sorte, donc c'est... c'est
au mérite.
Mme Dufour : Mais qui est édicté
dans une... la loi sur les...
M. Charette : Bien, la loi
s'appelle... Bien, il y a le volet Sécurité des barrages, là.
Mme Dufour : C'est ça.
M. Charette : Mais ce n'est pas le
seul nom de la loi. Mais, encore là, si la personne est satisfaite du travail
du Bureau de réexamen, elle n'aura pas à recourir au Tribunal administratif du
Québec, qui aurait été autrement son premier recours. Donc, si on peut éviter
ce recours-là devant ce tribunal-là, on aura fait des gains, là.
Le Président (M. Jacques) : D'autres
interventions concernant l'amendement à l'article 7?
Mme Dufour : ...pas un amendement.
Bien, j'ai une question sur l'amendement.
Le Président (M. Jacques) : Sur
l'amendement à l'article 7?
Mme Dufour : Oui. Parce que
l'amendement introduit le concept du Bureau de réexamen qui n'était pas dans la loi. Donc, je veux peut-être juste...
Donc, on fait... on fait référence, dans la loi, là, la loi sur certaines
mesures, bon, en matière de sécurité
de barrages, qu'à l'article 78, on dit, là, comment est institué le Bureau
de réexamen. Puis là on dit :
«Le ministre désigne les personnes faisant partie de cette unité — l'unité de Bureau de réexamen — lesquelles
doivent relever d'une unité distincte de
celle de qui relèvent les personnes qui prennent les décisions visées par un
réexamen.» Et donc, là, ce que je voudrais comprendre : Qu'est-ce que ça
implique, et particulièrement pour les bâtiments... les bâtiments de
l'État qui auront une cote?
M.
Charette : ...mentionnais dans le commentaire, c'est une
bonne chose. Et c'est nécessaire que ce soit une... une instance distincte pour
qu'il y ait cette indépendance-là. Par exemple, le sous-ministériat à l'Efficacité
énergétique, qui est responsable de
l'application, là, de ce projet de loi, n'est pas la même unité que le Bureau
de réexamen. C'est le même ministère, oui, parce que c'est... c'est un
gros organigramme, il y a le ministère de l'Environnement, mais deux unités différentes, pour ne pas qu'il y ait
de conflits d'intérêts, c'est-à-dire l'unité qui établit les normes, et pas
celle qui juge si le propriétaire s'y est conformé ou pas. Il pourrait y avoir
un biais. Donc, c'est une unité différente, là, qui aura le... qui
relève du... du Bureau de réexamen.
Mme
Dufour : D'accord. Et comment on s'assure... Tu sais,
les... Je comprends que c'est une unité distincte, là, mais les groupes qui
vont être traités... Le Bureau de réexamen, je comprends qu'il sert à plus. Il
ne servira pas qu'à ça, là. Il sert à plusieurs autres éléments. Donc,
est-ce qu'il est possible, à ce moment-là, qu'un demandeur se retrouve au Bureau de réexamen, mais avec deux... deux dossiers
distincts, mais vraiment complètement distincts? Puis là, à ce moment-là,
est-ce que ça devrait être deux... comment je pourrais dire, les membres de
ceux qui vont faire la révision soient... ce ne soient pas les mêmes?
M. Charette :
C'est-à-dire, c'est tout à fait possible. En même temps, ça devient
hypothétique, mais techniquement possible qu'un promoteur se retrouve pour deux
dossiers différents au Bureau de réexamen, tout comme c'est possible qu'un
promoteur se retrouve avec deux dossiers différents devant le Tribunal
administratif du Québec, tout comme c'est
possible que quelqu'un qui est accusé d'une infraction x se retrouve... de deux
infractions x se retrouve devant la Cour du Québec. Ça fait que, oui,
c'est possible, effectivement.
Mme Dufour : Mais,
la distinction, c'est qu'au Tribunal administratif du Québec ce ne sera pas le
même juge. Et donc c'est pour ça mon questionnement par rapport au Bureau de
réexamen. Est-ce que... Est-ce que c'est un groupe, ou une personne, ou il y a
plusieurs... et ça varie d'une journée à l'autre? C'est...
M. Charette :
Il y a... bien, c'est-à-dire, ce
sont des gens avec un background juridique, d'une part, mais il y a plus qu'une
personne, là. Donc, si... Parce que c'est... c'est effectivement techniquement
possible. S'ils pouvaient avoir impression de conflit d'intérêts ou quoi
que ce soit, les responsables pourraient... les gestionnaires pourraient très
bien dire : On a un même individu ou même compagnie avec deux dossiers
distincts, donc on va s'assurer que ce soit traité
par des personnes différentes. C'est tout à fait possible. Ce sera à la
discrétion, là, des gestionnaires, là, du bureau.
Mme Dufour : Du bureau. OK. En tout cas, moi, j'y tiens, à ce
que ce soit... ce soit dit : Le 30 jours m'apparaît court pour lever la main. Donc, ça, c'est quelque
chose qu'avant, comme je disais, on prévoyait 60. Je ne sais pas, je ne pense
pas qu'on va présenter un amendement, mais ça m'apparaît court.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 7? Il n'y a pas... pas d'intervenant. Donc,
est-ce que l'amendement à l'article 7 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 7 amendé de la loi
édictée? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 7
amendé de la loi édictée est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. L'article 8 et 9. M. le ministre.
M. Charette :
Je vais les lire simultanément?
Le Président (M. Jacques) : Consentement?
Est-ce qu'il y a consentement pour lire l'article 8 et 9 ensemble?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Jacques) : Consentement.
M. Charette :
C'est gentil. Donc, le 8 : «La demande de révision doit être traitée avec
diligence.
«Après avoir donné au
demandeur l'occasion de présenter ses observations et, s'il y a lieu, de
produire des documents pour compléter son
dossier, la personne chargée de la révision décide sur dossier, sauf si elle
estime nécessaire de procéder autrement. Elle peut alors confirmer la décision
qui fait l'objet de la révision, l'infirmer
ou la modifier.
«La décision doit être
écrite, motivée et notifiée avec diligence au demandeur. Elle doit mentionner
le droit du demandeur de contester la décision devant le Tribunal administratif
du Québec.»
Le commentaire :
Cet article encadre la procédure relative à la révision administrative des
décisions d'attribution de cote par le ministre. Il prévoit ainsi que la
révision d'une telle décision se fait sur dossier, c'est-à-dire sans audition,
considérant que la personne aura eu l'occasion de présenter ses observations et
de produire des documents au soutien de celles-ci. Il prévoit par ailleurs que
le demandeur d'une révision puisse contester la décision de révision devant le
Tribunal administratif du Québec et être informé de cette possibilité.
Le contenu de cette
disposition prévoit les obligations applicables en matière de justice administrative
prévues aux articles 4 et 7 de la Loi sur la justice administrative.
C'était le 8.
Le 9 : «Le
recours devant le Tribunal administratif du Québec doit être formé dans les
30 jours qui suivent la notification de la décision contestée — Voilà.
«Le Tribunal peut
confirmer, infirmer ou modifier la décision contestée.»
Et
le commentaire : L'article 9 prévoit que le délai pour porter appel
de la décision de révision est de 30 jours suivant la notification de la
décision contestée, et que le Tribunal administratif du Québec peut confirmer,
infirmer ou modifier la décision de révision contestée.
Je vais
maintenant vous lire l'article qui vient amender ces deux articles là. Donc, ce
serait tout simplement de retirer les
articles 8 et 9 de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments proposés par l'article 1 du projet de loi.
Et
le commentaire : En raison de l'amendement proposé à l'article 7 du
projet de loi, ces deux articles peuvent être retirés puisque les
éléments qu'ils visaient sont déjà couverts à la loi sur certaines dispositions
permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des
barrages.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Juste pour bien comprendre... avec la Loi sur, excusez-moi, là, certaines
mesures permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de
sécurité des barrages, le Bureau de réexamen, il y a... il rend sa décision. Et
là il y a le recours devant le Tribunal administratif du Québec qui est toujours possible. Les délais qui sont prévus dans
cette loi, parce que, là, je ne l'ai pas devant moi, là, c'est... je n'avais
pas prévu de lire cette loi-là au complet,
donc qu'en est-il des délais pour contester au Tribunal administratif du
Québec?
M. Charette : On a, à
l'article 84, c'est la section I, je pense, c'est : «Une
décision du Bureau de réexamen peut, dans les...» En fait, c'est la raison pour
laquelle l'article 7 donne moins de détails que les articles 8 et 9,
parce que c'est déjà dans la loi. Donc,
l'article en... en question précise, là : «Une décision du Bureau de
réexamen peut, dans les 30 jours de sa notification, être contestée
par la personne visée par la décision devant le Tribunal administratif du
Québec.»
• (19 heures) •
Mme
Dufour : Parfait. Et les délais, généralement, pour donner
un retour de la part du Tribunal administratif du Québec, est-ce que
c'est encadré aussi? Parce que je vois que ça continue, les articles 85...
M. Charette : ...du tribunal de
répondre à la...
Mme Dufour : Oui.
M. Charette : Ça, je n'ai pas
l'information.
Une voix : ...
M. Charette : Oui. En fait,
l'article 81 : «La demande de réexamen doit être traitée avec
diligence.»
Mme
Dufour : Oui. C'est ça. C'est ce qu'on avait à
l'article 8 précédemment. Mais comment c'est défini, «avec
diligence»?
M. Charette : J'imagine qu'il y a
une... il y a une procédure, une jurisprudence qui s'est développée avec les années. C'est d'y aller sans retard indu. Mais je
ne sais pas s'il y a eu des jugements qui sont venus confirmer ce qu'est une
décision diligente, là, je ne pourrais pas... je ne pourrais pas vous dire.
Mme Dufour : OK. Donc, on n'a pas
idée des délais que ça pouvait représenter?
Une voix : ...
M.
Charette : On me dit que, bien, petite précision, sans que ce
soit légalement inscrit, là, l'objectif administratif est entre trois et
six mois, là, pour donner une réponse.
Mme Dufour : Ah! tout de même, hein,
trois à six mois.
M. Charette : Mais c'est l'objectif
pour se conformer à l'esprit, là, d'une réponse diligente.
Mme Dufour : OK...
Le Président (M. Jacques) : ...sur
l'amendement? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : ...donc, je
comprends qu'avec cet amendement on se réfère aux articles 81, 82, 83, 84
de la loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en
environnement. Moi, je trouve ça intéressant, là. Je ne suis pas contre le fait
que la décision en réexamen est publiée sur le site Internet du ministère du
Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Donc, elle va être
rendue publique. Auparavant, ce n'était pas le cas, ce n'était pas l'intention,
puis maintenant, ce l'est pour l'ensemble des bâtiments. Parce que, là, juste
se mettre dans l'esprit qu'on va... puis on souhaite que ce soit élargi à le
plus de bâtiments possible, puis c'est tant mieux. Donc, est-ce que cette
mesure-là s'appliquerait aussi lorsqu'on va commencer à aller de plus en plus
dans des bâtiments, moyenne taille? Est-ce
que c'est... ça se fait avec le consentement du propriétaire? Est-ce que vous
voyez un enjeu? Moi, je trouve ça
intéressant qu'on ait un exercice de transparence, mais comment vous voyez le
déploiement de cette mesure-là pour des bâtiments à plus petite taille?
M. Charette : On
n'est pas rendus à ce... pour ces étapes-là, on n'est pas rendus à ce degré-là
d'affirmation d'orientations. On pourra s'en reparler dans un an, peut-être,
et...
Mme Zaga Mendez : ...on verra. Mais
c'est juste qu'on donne l'opportunité à quelqu'un qui va en réexamen... Je ne
suis pas en train de dire que toutes les cotes vont être publiques, là, ça va
être... Donc, si quelqu'un décide d'aller en réexamen, puis on applique la loi,
la décision de la réexamination... la prise en considération ou pas va être
rendue publique... Donc, j'ai la bonne compréhension? OK.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur... Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. Bien, juste...
La députée de Verdun pose une question par rapport au caractère public, mais il y a quand même le fait qu'on a des
prévisions plus loin, là, pour... pour, dans certains cas, maintenir
l'information non publique. Et d'ailleurs... et d'ailleurs, je ne sais
pas s'il y a une possibilité de contester, contester qu'est-ce qui est caractère public ou non, parce qu'il pourrait
y avoir des groupes qui ne seraient pas définis, inclus dans la loi plus loin,
puis qui pourraient vouloir que ça reste non public. Et le recours, lui, va
rendre ça public, effectivement.
M.
Charette : La question est très pertinente. On est en train
de valider la réponse, à savoir si tous les jugements du TAQ sont
publics.
Des voix : ...
M. Charette : Parfait. On... Juste
pour ne pas induire les collègues en erreur, là, parce que ce n'est pas... ça ne relève pas de notre ministère, on fait la
vérification et on vous revient. Mais, a priori, impression personnelle, je
peux me tromper, mais les décisions du TAQ seraient publiques. Mais on va vous
le confirmer, là, le plus rapidement possible.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement aux articles 8 et 9? S'il n'y a pas d'autres interventions, est-ce que
l'amendement aux articles 8 et 9 de la loi édictée sont adoptés... est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) : Adopté. Donc, ceci abroge les articles 8 et 9
de la loi. Passons maintenant, M. le ministre, à l'article 10.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, 10 : «Le gouvernement peut, par règlement, établir des
normes en matière de performance
environnementale des bâtiments, lesquelles peuvent prendre la forme de normes
en matière de travaux de construction ou celle d'une cote de performance
environnementale.
«Les normes peuvent varier notamment en fonction
des paramètres visés au règlement pris en application des sous-paragraphes a à
d du paragraphe 1° et du sous-paragraphe a du paragraphe 4° du premier alinéa
de l'article 6.
«Ce règlement doit prévoir des normes
particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble classé ou cité en application de
la Loi sur le patrimoine culturel;
«2° un
immeuble patrimonial, au sens de la loi, situé dans un site patrimonial classé,
déclaré ou cité en application de cette loi; et
«3° un immeuble inscrit dans un inventaire visé
au premier alinéa de l'article 120 de cette loi; et
«4° un immeuble situé dans le site patrimonial
national déclaré par cette loi.»
Le commentaire : L'article 10 prévoit
l'habilitation, pour le gouvernement, de fixer des normes en matière de
performance environnementale des bâtiments. Ces normes pourraient notamment
prendre la forme de travaux de construction ou de cotes de performance
environnementale à atteindre.
Les travaux de construction sont définis par le
dernier alinéa de l'article 2 comme incluant les travaux de fondation,
d'érection, de rénovation, de réparation, d'entretien, de modification ou de
démolition d'un bâtiment ainsi que l'installation ou le remplacement total ou
partiel des équipements dont est doté ce bâtiment. À titre d'exemples, ces
travaux pourraient viser l'isolation du bâtiment, le remplacement des portes et
fenêtres de celui-ci ainsi que le remplacement
de son système de chauffage, voire d'une simple composante de celui-ci afin de
le rendre plus efficace. Ces normes pourraient aussi prévoir des
échéances pour effectuer les travaux de construction en question.
Et les normes qui seraient prévues dans un
règlement pris en application de cette habilitation pourraient par ailleurs prendre la forme de cote de performance à
atteindre dans un délai donné. À titre d'exemple, un bâtiment ayant une
cote de performance F8 pourrait avoir à se rendre à la cote D7 dans
un délai déterminé.
Et certains bâtiments requièrent que la
réglementation prise en application de cet article en raison de leurs
particularités patrimoniales. C'est le cas de certains bâtiments visés par la Loi
sur le patrimoine culturel, auxquels le troisième alinéa de l'article 10
réfère.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 10? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Peut-être, j'aimerais entendre le ministre sur quelles
seraient les particularités prévues, distinctes pour les immeubles
patrimoniaux.
M. Charette :
Dans certains cas, ça pourrait
être carrément des exemptions, et ça, je reviens souvent à l'exemple
français. Dans certains cas, c'est carrément impossible d'appliquer leur propre
réglementation, parce que ça viendrait altérer
le... la caractéristique qui fait de ce bâtiment-là un bâtiment patrimonial.
Donc, j'y vais à l'extrême, là, mais, dans certains cas, ça pourrait
prendre la forme d'une exemption d'assujettissement.
Mme Dufour : Comme... mais comment qu'on déterminerait ça à...
tu sais, je comprends, là, qu'on a... on a certains éléments, mais les
inventaires des... tu sais, quand on parle d'un immeuble inscrit dans un
inventaire visé, là, on parle de milliers de
bâtiments versus... tu sais, ce n'est pas tous les bâtiments qui sont égaux là,
dans les inventaires, là. Puis ça, je
les connais bien, parce que c'est... J'étais là quand on l'a fait à Laval. Tu
sais, un bâtiment de 300 ans, ce n'est pas équivalent d'un bâtiment
de 1940, par exemple. Donc, comment on va distinguer ça?
M. Charette :
À partir du moment où il y a une... il y a une classification de...
patrimoniale, on pourrait dire... et là,
c'est la réglementation qui va le déterminer, mais on pourrait dire, par
exemple : On ne vient pas altérer le système d'isolation ou on ne
vient pas... on ne vient pas imposer un système x d'isolation, parce que
ça viendrait dénaturer le... le bâtiment patrimonial ou qu'est-ce qui fait sa
caractéristique. Donc, c'est le genre d'élément, là, qui pourrait être mentionné dans la... dans la
réglementation. Et actuellement, puis ça, c'est quelque chose, là, que l'on
suit de près, c'est un des éléments
problématiques en France, justement. Si on a un certain nombre de bâtiments
patrimoniaux, au Québec, on peut penser, en fait, on devine qu'en
France, ils en ont beaucoup, beaucoup plus. Donc, c'est... il ne faut pas dénaturer le bâtiment patrimonial, donc
les exigences pourraient être différentes, là, pour ce type de bâtiments là.
• (19 h 10) •
Mme Dufour : Effectivement,
mais comment on va distinguer les... les bâtiments patrimoniaux entre eux?
Parce que, comme je disais, ils ne sont pas tous équivalents, il y en a qui
sont plus récents, mais qui sont quand même considérés patrimoniaux et qui...
l'isolation pourrait être refaite, par exemple, plus aisément que des bâtiments
avec de la brique. Tu sais, des fois, il y
en a un que j'ai vu, là, c'est à peu près ça de large, là, le mur de briques,
là, c'était... on ne touche pas à ça, c'est évident. Donc, comment on va
les distinguer? Parce qu'on ne peut pas prendre bâtiment par bâtiment ou... c'est... Il y a trop de
bâtiments patrimoniaux au Québec, là, il va falloir se donner une façon de
travailler, une règle, là, générale.
M. Charette :
Dans le calcul de la cote, c'est un exemple, là, parce qu'il peut y en
avoir plusieurs, là, mais dans le calcul de la cote, on pourrait exempter
l'élément qui, autrement, serait pénalisant pour le bâtiment. Si on sait que c'est son isolation qui est problématique,
bien, le volet isolation de la cote environnementale pourrait être exempté,
mais c'est réellement la réglementation. Est-ce que... parce qu'il y a des
catégories, la collègue a bien raison, est-ce que ça va être une... est-ce que
ça va être une précision par catégorie ou par type de système d'isolation ou
par type... c'est là où le travail de co-création avec les partenaires va nous
guider, là, sur l'application la plus... la plus réaliste. Mais on veut soigner
notre patrimoine et on ne veut pas altérer, là, ses caractéristiques. Donc, ça
va prendre la forme d'exemption, là, dans certains cas.
Mme Dufour : Non,
tout à fait. Puis il y a même, au niveau des portes et fenêtres, par exemple,
bien, il y a beaucoup... il y a plusieurs
réglementations municipales, en fait, qui obligent à remplacer par l'équivalent,
qui est souvent en bois, qui n'est pas le plus... tu sais, qui n'est pas
le plus efficace côté énergétique, mais qui... si on veut garder les aliments... éléments patrimoniaux, bien, on ne
peut pas, comme, se mettre à mettre des cadres en aluminium. Donc... donc,
ça, il faut absolument que ça soit pris en considération, c'est évident.
Et j'aimerais aussi
comprendre, parce qu'on dit : «Un immeuble inscrit dans un inventaire visé
au premier alinéa». Un inventaire visé, là,
ce qu'on fait référence, c'est les inventaires des villes, si je ne me trompe
pas, là. On dit... on dit : «Un
immeuble inscrit dans un inventaire visé au premier alinéa de
l'article 120 de cette loi.» Puis là, on parle de la Loi sur le patrimoine
culturel. Donc, si je ne me trompe pas, là, c'est... ce sont les bâtiments qui
sont des inventaires faits par les MRC, là, ou les villes et... mais là
ce que je voudrais voir... parce qu'il y a quand même des bâtiments patrimoniaux qui sont patrimoniaux, mais qui ne
sont pas nécessairement dans un inventaire, pour toutes sortes de raisons,
parce que l'inventaire n'a pas encore été fait, parce qu'ils ont été oubliés.
Est-ce qu'il y aura une possibilité, pour les propriétaires
de ces bâtiments-là, d'avoir une exception pour eux, également? Puis là, je
peux vous donner, là... j'en ai 120, bâtiments, à Laval, qu'on avait
oubliés dans notre inventaire. Tu sais, c'est un exemple.
M. Charette :
Je dirais que ça va être à
travailler avec le ministère de la Culture, là, dans ces cas-là, que même si ce
n'est pas classé en bonne et due forme, qu'il y a sans doute une meilleure idée
de l'existence de ces bâtiments-là. Donc, le ministère de la Culture,
là, pour ce volet-là, sera assurément un partenaire, là, dans l'élaboration de
la réglementation.
Mme Dufour : Sauf
que je ne le vois pas, tu sais, dans les éléments, je... Ce que vous voulez
dire, c'est que, dans le règlement, il pourrait y avoir d'autres exceptions qui
ne seraient pas prévues ici. Il faudrait le prévoir, il faudrait le prévoir,
parce qu'il y en a quand même plusieurs, il y a beaucoup de villes qui n'ont
pas fait d'inventaire, plusieurs MRC qui n'ont pas encore complété leur
inventaire, puis quand ils le font, bien, comme je dis, des fois, ce n'est pas
complet.
Des voix : ...
M.
Charette : On n'a pas l'expertise du ministère de la Culture
sur cet enjeu-là. Donc, c'est au ministère de la Culture de s'assurer
que ce qui est patrimonial ou classé... Je comprends qu'il y a des cas de...
Mme Dufour : Mais ce n'est pas le
ministère de la Culture, M. le ministre, qui établit ces inventaires-là, ce sont les villes, les MRC. Donc, ce n'est pas le
ministère de la Culture qui aura la... la capacité de dire : Ce
bâtiment-là en fait partie ou pas, il devrait être dedans ou pas, ce
sont les villes et les MRC.
M. Charette : Mais c'est le
ministère de la Culture qui établit les... les règles de ce qu'on ne fait pas à
ce niveau-là. Nous, on...
Mme Dufour : C'est les villes, ce
n'est pas le ministère.
M. Charette : ...on reconnaît des
exemptions possibles sur des bâtiments qui sont...
Le Président (M. Jacques) : Je vous
remercie pour votre collaboration.
Compte tenu
de l'heure, la commission ajourne ses travaux au mercredi 14 février
2024, à 8 heures, où elle se réunira en séance de travail.
(Fin de la séance à 19 h 15)