(Neuf heures quarante-huit minutes)
Le
Président (M. Jacques) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission... Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports
et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions
en matière de transition énergétique.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par M. Émond
(Richelieu); M. Montigny
(René-Lévesque), par M. Chassin (Saint-Jérôme); M. Derraji
(Nelligan), par M. Kelley (Jacques-Cartier); et M. Grandmont (Taschereau), par Mme Zaga
Mendez (Verdun).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le secrétaire. Lors de la suspension de nos travaux, jeudi dernier, nous
étions à l'étude de l'amendement de M. le ministre à l'article 30 de la
loi édictée de l'article 1 du projet de loi, et
il venait de se terminer un échange entre le député de Jacques-Cartier et M. le
ministre. Donc, est-ce qu'il y a d'autres commentaires ou autres interventions sur l'amendement à
l'article 30 de la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre... Mme la
députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Oui. Merci, M. le Président. Moi, je voulais juste
revenir rapidement sur des affirmations du ministre lors de notre
dernier échange concernant la demande des municipalités. Puis je voulais juste
revenir, parce que le ministre nous a affirmé plusieurs fois, puis là je pense
qu'il a été aussi clair envers les municipalités, qu'il va y avoir une
réglementation concernant le gaz, puis cette réglementation va être faite dans
le cadre de la LQE. C'est la Loi sur la qualité de l'environnement qui donne le pouvoir, en ce moment même, au
ministre de pouvoir faire cette réglementation.
Donc, je reviens un peu sur la raison d'être de
cet article-là, vu que, déjà, il va y avoir une réglementation sur le gaz. Quels sont les pouvoirs que le ministre
souhaite se donner avec l'article 30, si, déjà, il collabore, puis c'est
bien, avec les municipalités, sur un
règlement, sur... On n'est peut-être pas d'accord sur le fond, mais je veux
mieux comprendre le moyen de l'article 30... qu'il donne à
l'article 30, pour créer, encore une fois, de la préséance, une préséance
qui a été dénoncée, quand même. J'ai relu
les avis de la FQM puis l'UMQ. ils restent contre le principe de la préséance,
donc d'introduire ce type d'article dans le projet de loi.
• (9 h 50) •
M. Charette : ...bonjour
à tous et à toutes. Bonjour, M. le Président, bonjour à la collègue. Non, c'est
important de revenir sur cette question-là, effectivement. Oui, la FQM et l'UMQ
en avaient contre le libellé original du projet de loi sur la question
de préséance, mais on l'a réglée, cette question-là, sur les questions... avec
les amendements, là, qui sont apportés. Sur les questions d'ordre plus général,
la préséance ne s'applique pas. Les municipalités pourront aller plus loin que
le cadre qui sera déterminé par la réglementation.
Cependant,
lorsqu'il est question d'impact énergétique, c'est là où entrent en cause les
amendements que l'on propose et c'est
là où les municipalités sont aussi en accord avec nous, comme quoi il faut
encadrer cette démarche-là pour ne pas qu'on puisse aller dans toutes
les directions sans mesurer l'impact de chacune des décisions, qui, prises de façon isolée, peuvent sembler toutes de bonnes
idées... mais c'est le cumul de ces décisions-là qui peuvent avoir un
impact sur notre sécurité énergétique.
Donc, de façon générale, je le disais de façon
ironique, si... bien, ironique, plutôt de façon amusée, si jamais la
réglementation établit qu'il faut des fenêtres à deux couches et que les
municipalités, au niveau local, veulent imposer des fenêtres à trois couches,
elles auront la possibilité de le faire. Là où elles auront besoin de passer à travers la procédure de validation, c'est si la
réglementation qu'elles souhaitent implanter a un impact sur la demande en énergie et, conséquemment, sur la sécurité
énergétique. Mais la question générale de la préséance, je l'ai réglée, je
pense, à la convenance des municipalités.
Mme Zaga Mendez : Si vous me
permettez, M. le Président, bien, je ne suis pas d'accord avec le ministre que
la question de la préséance est réglée, parce que, si on enlève la question du
sujet, là, c'est-à-dire bâtiment... municipalité... par la municipalité pouvant
avoir un impact sur la capacité, le règlement est inopérant, le principe de la préséance, il est toujours là. Dès qu'une
municipalité va faire un règlement, il va être inopérant, à moins qu'elle aille
chercher, la municipalité, l'approbation du
ministre ainsi qu'un avis favorable du ministère des Ressources naturelles. Le
principe de préséance, il est toujours là, présent dans l'amendement que vous
venez... vous avez déposé.
M. Charette : ...j'ai
mentionné, sur les questions énergétiques, oui, mais sur les autres volets,
non. Et ça, c'est... Si on relit les échanges que nous avons eus avec les
représentants de l'UMQ et de la FQM, c'est déjà un engagement que j'avais pris au moment même des consultations,
qu'on allait, à travers un amendement, régler les questions d'autonomie, hein? Vous m'avez souvent entendu dire : On ne
freinera pas l'élan des municipalités. Bien, sur les questions
énergétiques, ce n'est pas qu'on va le freiner, mais on va s'assurer que ça se
fasse de façon concertée et de façon à ce que ça tienne en compte l'impact que
ça peut avoir sur la sécurité énergétique au Québec. Et, à ce niveau-là, UMQ,
FQM nous disaient : Il faut effectivement se donner un cadre de référence
sur les questions énergétiques.
Mais, de façon
générale, la collègue fait souvent allusion à cette volonté que nous avons, et
que nous avons même confirmée par communiqué
de presse, de sortir le gaz de certains types de nouveaux bâtiments. C'est
l'intention du gouvernement. On va travailler ça avec les municipalités,
on va travailler ça avec Hydro-Québec, avec les autres fournisseurs d'énergie,
pour calculer l'impact de cette politique-là. La collègue fait mention de la
LQE. La LQE est un outil, mais on n'a pas
encore statué sur l'outil, c'est-à-dire sur le moyen qu'on va retenir. Est-ce
que c'est la LQE? Est-ce que c'est
avec une disposition de l'actuelle loi? Chose certaine, on veut procéder
rapidement, au cours des prochains mois, là, à ce niveau-là.
Mme Zaga Mendez : Alors, si j'ai bien
compris, M. le ministre, vous avez dit en commission puis vous avez dit au
micro qu'il va y avoir une réglementation concernant le gaz qui va découler de
la LQE. Là, vous venez de dire que vous n'avez pas encore statué en fonction de quel
outil... quel outil vous allez mobiliser pour faire cette réglementation-là. Est-ce
que j'ai bien compris?
M. Charette :
Bien, si la collègue m'a bien suivi, j'ai parlé de la possibilité de la
LQE, mais j'ai encore, la semaine dernière,
à plusieurs reprises... La LQE est une possibilité. On va trouver le meilleur
vecteur pour y parvenir. L'important, c'est le moment et c'est la finalité.
Et, pour nous, c'est un projet de règlement qu'on entend déposer, là, au cours
des prochains mois, mais la LQE est une possibilité. On va y aller avec le
chemin le plus rapide et le plus efficace.
Donc, si c'est la LQE, ce sera la LQE, si c'est à travers le présent projet de
loi, ce sera le présent projet de loi, mais il n'y a pas... L'important,
c'est le résultat et c'est le travail qui sera fait, là, avec les différents
partenaires à ce sujet-là.
Mme Zaga
Mendez : Puis, juste pour une question de cohérence, vous avez quand
même été très affirmatif auprès des municipalités, quand on était ici, il y a
quelques semaines, que ceci allait être fait en vertu de la LQE. Pourquoi on
change d'approche?
M. Charette :
Bien, c'est-à-dire, moi, je me souviens très bien ce que j'ai pu répéter à
plusieurs occasions encore la semaine dernière et que j'ai réitéré, et, je veux
dire, l'engagement ne peut pas être plus formel. On a pris le soin de produire,
diffuser un communiqué de presse à ce niveau-là. Donc, les intentions du
gouvernement ne peuvent pas être plus claires, là, à ce sujet-là.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le ministre. Je vais conclure, là, je pense que...
Là, ce que je comprends, c'est que vous
allez... L'intention de garder l'article n° 30... l'article 30 tel
que... bien, avec l'amendement, c'est de garder ce pouvoir-là avec...
dans le contexte du PL n° 41, même si vous avez
déjà le pouvoir de le faire, même si, déjà, le principe de préséance se trouve
dans notre Loi de la qualité de l'environnement. Là, vous avez... vous êtes
resté, quand même, assez large sur les
intentions du PL n° 30, c'est-à-dire... on a parlé du gaz... Je vais
poser ma dernière question : Autre que le gaz, est-ce qu'il y a d'autres
intentions concernant la performance énergétique pour lesquelles vous souhaitez
garder le principe de préséance?
M. Charette :
De façon générale, la LQE nous donne déjà ce pouvoir-là. Et déjà il y a des
discussions avec le milieu municipal, qui aimerait ne pas être assujetti à ce
type de préséance là. On y travaille. On y travaille, mais c'est la LQE, ce n'est pas la présente loi. Dans
le cadre de la présente loi, sa portée, c'est au niveau de l'efficacité des bâtiments,
en fait, la performance environnementale des bâtiments. Donc, la préséance que
l'on se donne, ce n'est pas par rapport à la
LQE en général, c'est uniquement au niveau des bâtiments, c'est uniquement
lorsqu'il y a un impact au niveau de la demande en énergie. Sur les
autres volets, du bâtiment, de leur performance environnementale, les
municipalités pourront aller aussi loin qu'elles le souhaitent. Et c'est là où
les amendements, autant dans le 29 que dans
le 30, devenaient nécessaires, pour, justement, leur permettre d'aller plus
loin si elles souhaitent aller plus loin, mais, si ça a un impact sur la demande en énergie ou sur les
distributeurs en énergie, c'est là où il faudra se concerter pour être bien
certains, là, de mesurer quelle serait la conséquence d'une réglementation qui
viserait à...
On donne souvent
l'exemple du nouveau bâtiment, je vais pousser à l'extrême l'exemple que je
donne. Si une municipalité disait : Non seulement on interdit, par exemple
le gaz naturel dans le nouveau bâtiment, mais on exige à tout bâtiment existant qui connaît des travaux d'en profiter
pour enlever, de façon obligatoire, tout dispositif au gaz, ça aurait une énorme incidence sur les capacités
énergétiques du Québec. Et c'est là où on dit : Bien, il faut se parler,
il faudra s'assurer que ce soit bien
mesuré. Et c'est là où, avec le ministère de l'Énergie et le ministère de
l'Environnement, on prendra le temps d'évaluer l'impact de cette potentielle
réglementation. Ça ne veut pas dire qu'elle sera refusée, mais il faut
mesurer son impact avant de la permettre.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 30? Donc, est-ce que
l'article 30... l'amendement à l'article 30 de la loi édictée est adopté?
Une
voix : ...
Le Président
(M. Jacques) : Le vote par... vote nominal, M. le secrétaire...
par appel nominal.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Charrette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
M. Émond :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Abstention.
Le Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley :
Abstention.
Le Secrétaire :
Mme Zaga Mendez (Verdun)?
Mme Zaga
Mendez : Contre.
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Président
(M. Jacques) : Abstention. S'il n'y a pas d'autre... est-ce
que... l'amendement est adopté. Nous
revenons à l'article 30 de la loi édictée, l'article 30 amendé.
Est-ce qu'il y a des interventions? Donc, est-ce que l'article... est-ce
que l'article 30 amendé de la loi édictée est adopté?
Mme Zaga
Mendez : ...par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président
(M. Jacques) : Le vote par appel nominal, M. le Secrétaire.
• (10 heures) •
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Charrette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
M. Émond : Pour.
Le Secrétaire :
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
Le Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Abstention.
Le Secrétaire : Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Contre.
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'article 30 amendé de la loi édictée est adopté. L'article 31. M. le
ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
«31. Le
ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs est
responsable de l'application de la présente loi.»
Commentaire. Cet article précise le ministre
responsable de l'application de la nouvelle loi. Une ancienne dénomination est
utilisée ici, car c'est cette dénomination qui apparaît à l'article 4 de
la Loi sur l'exécutif.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 31 de la loi édictée? S'il n'y a
pas de commentaire, est-ce que l'article... Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Peut-être une question pour le ministre, parce que, dans les
articles subséquents, là, qu'on va analyser,
il y a des articles qui viennent modifier la Loi sur le bâtiment et d'autres
éléments. Donc, advenant le cas où il
y avait des modifications dans les articles subséquents, il n'y a pas d'enjeu
au fait que le 31, l'article 31 dise que, dans le fond, cette
loi-là, c'est le ministre... Dans le fond, j'essaie juste de m'assurer qu'on
n'est pas en train de se... un peu de
verrouiller les modifications potentielles futures, par exemple, pour la Régie
du bâtiment du Québec, là.
M. Charette : Non, bien, ce
qu'on vient... la question est très pertinente. Ce qu'on vient préciser, c'est
que le ministère de l'Environnement est le
ministère titulaire de cette loi-là, mais on peut déléguer, on va le voir. On
peut... on peut confier des responsabilités, on va le voir, mais ça
demeure le ministère de l'Environnement et le ou la ministre de l'Environnement, là, qui est le ou la ministre titulaire, là, ce cette loi-là, donc il n'y a pas
d'incidence ou ça ne nous limite pas,
là, sur la suite des choses. La responsabilité première va revenir, là,
toujours au ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Excellent. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article... Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : J'aimerais... Parce qu'on est dans le chapitre
VIII, là, puis ce n'est pas directement avec l'article 31, mais vu qu'on... c'est avec cet article-là qu'on va
finir ce chapitre-là, dans le... certains mémoires, il y avait des suggestions, puis je voulais juste avoir la
discussion avec le ministre concernant des... comme, bon, les conséquences
socioéconomiques qu'il peut y avoir, la transition énergétique du bâtiment, on
a... on en a un peu discuté avec des acteurs, et voir... parce que, dans ce
chapitre-là, on parle un peu des mesures transitoires, des mesures pour éviter
que les différentes exigences qu'on va avoir suite à la cote... à la cote des
bâtiments ou des normes de performance, elles ne
vont pas altérer les conditions d'accès au logement pour les populations les
plus vulnérables. Donc, je voulais vous entendre un peu là-dessus, M. le
ministre, juste avoir cette discussion, vu qu'on est dans la question des
transitions puis application de ces règlements.
M. Charette : C'est fondamental, et
ça nous ramène à certains échanges que l'on a eus. Ce serait le danger si on voulait aller trop vite et trop loin. On a
cité, à quelques reprises, l'exemple français, où un certain nombre, et même, important de bâtiments ne sont plus accessibles à la
location parce que les propriétaires ne peuvent pas se conformer, et, dans
certains cas, ils ne peuvent pas se conformer tout simplement parce qu'il est
question... on a eu longuement l'échange... il est question de bâtiments patrimoniaux
et ils ne peuvent pas se conformer sans enfreindre la réglementation sur les
bâtiments patrimoniaux. Donc, ça crée... ça crée un contre-effet négatif, ce
qui fait qu'on ne peut plus rendre disponibles à la location ces logements-là,
et ça peut venir accentuer un problème d'offre. Donc, non, c'est la raison pour
laquelle on y va par étapes. On a donné les grandes lignes du calendrier qui
est visé et on ne veut pas, justement,
accentuer une réalité, là, qui est déjà très problématique, qui est déjà très sérieuse,
c'est-à-dire un problème d'offre au niveau du logement. Donc, c'est pris
en compte, effectivement.
Mme Zaga
Mendez : Autres que les... merci pour la réponse... autres
que les étapes qui sont nommées, est-ce qu'il y a d'autres mesures d'accompagnement qui sont visées pour faire
en sorte, justement, que les populations vulnérables, bien, ce n'est pas
à eux de porter le fardeau dont on parle depuis tantôt?
M. Charette : Il y a beaucoup de
programmes qui sont déjà disponibles. Si on regarde, même, dans le dernier plan de mise en oeuvre, il y a des
programmes disponibles pour les propriétaires, il y a même des programmes
disponibles pour les locataires pour
améliorer, là, l'efficacité énergétique de leurs bâtiments. Donc, cette
préoccupation-là, elle est prise en
compte. Et c'est des programmes qui sont bien financés. Ce sont des programmes
qui bénéficient d'un suivi annuel pour voir leur performance, justement.
Donc, on ne veut pas que des personnes déjà avec certaines difficultés, ou qui
composent avec certains défis, soient doublement pénalisées.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. S'il n'y a pas d'autre intervention à
l'article 31 de la loi édictée, est-ce que l'article 31 de la
loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) : Adopté. Nous passons maintenant à l'étude des
intitulés de la loi édictée. Est-ce que les intitulés des chapitres et
des sections de la loi édictée sont adoptés?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous passons maintenant à l'étude du titre de la loi édictée. Est-ce que le
titre de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) : Adopté. Enfin, est-ce que l'article 1 du projet de
loi édictant la Loi sur la performance environnementale des bâtiments,
tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 2.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Vous avez le même tableau que moi, avec un texte actuel et un texte
qui sera proposé. Donc, ce que je vous suggère, c'est que je vais lire
l'article lui-même, le commentaire, et vous allez voir un petit peu l'impact au
niveau du texte. Donc, l'article 2 :
L'article 173 de la Loi sur le bâtiment est
modifié par la suppression du paragraphe 6° du troisième alinéa et du dernier
alinéa.
Donc, vous les voyez dans le tableau, là, ce qui
est biffé.
Le
commentaire. Cette modification supprime l'efficacité énergétique du bâtiment
de l'énumération des sujets pouvant
être visés au Code de construction qu'adopte la Régie du bâtiment. C'est plutôt
le ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs qui aura désormais le rôle et
l'habilitation de prévoir les normes
applicables en matière d'efficacité énergétique des bâtiments, et ce, en vertu
de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Et l'amendement. Est-ce que l'amendement est...
M. Charette : Il n'y a pas
d'amendement à ce moment-ci.
Le Président (M. Jacques) : Il n'y a
pas d'amendement. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 2? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M. le
Président. Il y a énormément de commentaires sur cet article. L'article 2 vient quand même changer substantiellement, là, la
donne au niveau des... de tout ce qui est le Code de construction, et de
nombreux groupes sont venus en parler, de nombreux groupes en ont parlé aussi
dans leur mémoire. Et, quand on regarde les unions
municipales, elles se questionnent fortement sur ce changement-là. Lorsqu'on
regarde ceux qui risquent d'être le plus impactés, donc les constructeurs,
notamment, bien, l'association des constructeurs du Québec et l'association des
professionnels, l'APCHQ, sont très inquiets, ils nous recommandent de ne pas
aller dans cette direction-là. L'Ordre des ingénieurs, qui sont quand même...
c'est quand même un ordre, je dirais, qui représente ceux qui risquent d'avoir à appliquer tout ce code... on risque
d'avoir... ils risquent d'être impliqués grandement dans ce processus...
eux aussi, ils nous recommandent de ne pas aller dans cette direction.
Dans tous les cas, on nous dit, dans le fond,
qu'on devrait plutôt s'assurer que le ministère travaille avec la RBQ pour
établir ces normes-là d'efficacité énergétique, mais que la Régie du bâtiment
du Québec reste l'instance la plus... en fait, je peux vous dire des termes
exacts qu'on a utilisés là, mais que c'est... la dispersion des normes de construction dans plusieurs outils réglementaires
pourrait... par différentes instances, risque d'entraîner un manque de cohérence. Puis on nous dit, finalement, que c'est
clairement, pour tous ces groupes-là, qui sont quand même nombreux...
c'est la Régie du bâtiment du Québec qui a l'expertise pour établir un code de
construction.
• (10 h 10) •
Maintenant, je comprends qu'il y a des enjeux
par rapport aux normes environnementales, que le ministère de l'Environnement
est l'instance qui connaît probablement mieux les normes environnementales, et
c'est ce que certains groupes nous ont dit, ils nous ont dit qu'il faudrait que
le ministère travaille avec la Régie du bâtiment du Québec et non pas en silo, bien que je peux comprendre que le ministre
n'avait pas l'intention de travailler en silo dans... de cette façon-là. La Régie du bâtiment du Québec,
elle ne travaille pas seulement au Québec, mais aussi avec les autres législations canadiennes. Elle travaille notamment
avec le Canada, là, toutes les normes canadiennes pour uniformiser les codes de construction. Et tous... et plusieurs
groupes nous ont parlé de... qu'il y a eu, dans le passé, une multiplication de
codes et ça a amené énormément de confusion, de frustration.
Et il y a eu
un projet de loi qui a été adopté pas plus tard que l'an dernier, le projet de
loi n° 17, et là je pense que, de mémoire, c'est l'Union
des municipalités du Québec qui en parlait, mais il y en a d'autres qui l'ont
évoqué. L'un des objectifs du projet de loi n° 17, c'était d'harmoniser les normes en matière de construction et de
sécurité des bâtiments en visant l'application d'un seul code, contenant
des normes minimales, respectant les standards les plus récents de l'industrie, qui s'appliqueront à tout le
territoire québécois. Et on nous rappelait que le morcellement des normes, au
fil du temps, bien, ça engendrait certains enjeux, notamment en matière
d'efficacité réglementaire, de responsabilisation des intervenants et des mises à jour des normes, alors qu'il était
devenu difficile pour les propriétaires, les concepteurs, les promoteurs
et les entrepreneurs d'identifier les règles applicables à leur situation.
Et là on nous
a... J'ai souvenir d'un échange, dans les consultations particulières, où on
nous a demandé : Bien, si, là,
les deux normes sont dans le même cartable, est-ce que ça va faire la job, même
si elles sont créées par deux groupes distincts? Puis les groupes nous
ont dit : Non, non, non, ce n'est pas ça, ce n'est pas... l'enjeu, ce
n'est pas le fait qu'elles se retrouvent au même endroit sur un site Web ou
dans un cartable. L'enjeu, c'est qu'il faut qu'il y ait une cohérence de la
façon que c'est créé.
Et, quand...
Et des groupes nous ont mentionné que, dans le Code de construction, il y a
énormément de normes qui touchent
l'efficacité énergétique, sans nécessairement le... que ce soit écrit tel quel.
Et là ils parlaient, par exemple, des normes de ventilation. Est-ce que
le ministère de l'Environnement va revoir les normes de ventilation? Est ce
qu'il va revoir toute les normes qui
concernent toutes les machines qui sont impliquées dans un bâtiment? J'aimerais
connaître l'intention du ministre puis
savoir comment il compte répondre à toutes ces préoccupations-là qui ont été
soulevées.
M. Charette : Merci, M. le
Président. La collègue fait bien de rappeler les inquiétudes qui nous ont,
effectivement, été partagées. Je pense qu'on a, en partie, pu rassurer les
groupes, puis, sinon, je vais tenter de le faire encore ce matin. Il faut savoir qu'il n'y aura pas d'entre-deux avec
l'adoption du projet de loi. Ça ne s'applique pas du jour au lendemain, ces dispositions-là. Donc, les
dispositions vont s'appliquer lorsque, par règlement, on aura statué, là, la
date d'entrée en vigueur. Dans l'intervalle, je l'ai mentionné, il y a des
travaux qui vont se faire de façon très étroite avec la Régie du
bâtiment. On a déjà commencé à mettre en place, là, une formule de table de
travail. Donc, ce n'est pas le ministère de l'Environnement qui va partir seul,
de son côté, à rédiger tous ces éléments-là. Ça va se faire avec la Régie du
bâtiment.
La collègue
mentionnait que c'était la Régie du bâtiment qui avait l'expertise sur ces
questions-là énergétiques. Dans les faits, ce n'est pas le... ce n'est pas le
cas, ou, sinon, je l'ai peut-être mal interprété. C'est le MERN, à l'époque,
qui avait aidé la Régie du bâtiment à intégrer ces dispositions-là dans le
code, et on a intégré, au ministère de l'Environnement,
le volet transition énergétique du MERN. Si on regarde les décrets de
nomination l'année dernière... en fait,
en 2022, la transition énergétique, elle est maintenant au ministère de l'Environnement,
alors qu'elle était au MERN... j'ai toujours eu de la misère à prononcer
cet acronyme-là... et c'est le MERN qui avait aidé la Régie du bâtiment à
intégrer les dispositions.
Maintenant, cette volonté d'avoir un code unique
du bâtiment à la grandeur du Canada, c'est certainement une intention louable,
mais, si c'était au niveau des questions énergétiques, bien, le Canada
retarderait le Québec. On est déjà
désharmonisés dans un très haut pourcentage sur ces questions-là, et si on
devait avoir... ou attendre un code unique, ça retarderait, justement, les
intentions du gouvernement du Québec, et ça retarderait la progression du Québec
dans l'atteinte de ses objectifs.
Mais, ceci dit, je comprends les préoccupations
des constructeurs. Moi, je le réitère, on va travailler ça avec la Régie du bâtiment. Lorsque les projets de
règlements seront prêts, ils feront l'objet de consultations, donc les groupes
auront la possibilité aussi de contribuer à
la bonification de ces intentions réglementaires là. Mais l'expertise, elle est
chez nous, et les objectifs à atteindre ne nous permettent pas
d'attendre le reste du Canada sur ces questions-là. Tant mieux si on peut influencer le reste du Canada,
mais on ne peut pas, non plus, ralentir notre cadence sur ces enjeux. Et, pour
le reste, c'est un travail qui va se faire, là, en partenariat avec les
ministères impliqués.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
Mme Dufour : Oui, j'attendais que
vous mentionniez notre nom... mon nom. Donc, M. le ministre, juste en rappel,
je n'ai pas dit que c'était que le ministère n'avait pas les... En fait, je
vais rappeler ce que j'ai dit. C'est que la Régie
du bâtiment du Québec... et ce n'est pas moi qui l'affirme, là, c'est l'ordre
des ingénieurs, c'est sur... les groupes en construction, ils disent que
la Régie du bâtiment du Québec est celle qui a l'expertise pour rédiger un code
de construction. J'ai dit... Je comprends,
certes, que c'est le ministère qui, lui, a les connaissances, les capacités
pour établir des normes d'efficacité énergétique. C'est ce que j'ai dit
auparavant, donc en rappel.
J'aimerais, donc, savoir pourquoi on n'a pas
choisi une approche de... Parce que là, on a... J'ai entendu le ministre, vous m'avez... vous avez parlé du fait
qu'il ne fallait pas attendre après le reste du Canada, certes, mais on aurait
pu modifier le code du bâtiment de la Régie du bâtiment du Québec. On aurait pu
travailler avec le ministre qui est responsable, le ministre qui est
responsable... le ministre du Travail, qui est responsable, maintenant, de la
Régie du bâtiment du Québec, pour mettre à jour le code du bâtiment. Pourquoi
on n'a pas choisi cette direction-là? Parce que je vous ai entendu souvent
mentionner que, bien, il faut avoir les moyens de faire ces changements-là,
puis c'est le ministère qui va l'avoir, donc il faut le faire dans ce projet de
loi là, se donner les moyens de le faire. Mais on aurait pu donner les moyens
au ministre du Travail de le faire aussi. Pourquoi on n'a pas été dans cette
direction-là?
M. Charette : La transition
énergétique ne peut pas être dans plusieurs ministères. Le ministère qui a ce dossier-là, c'est, dorénavant, le ministère de
l'Environnement. Donc, c'est la raison pour laquelle on devient responsables
de ce volet-là, mais avec la collaboration,
naturellement, du ministère du Travail, avec la collaboration, naturellement,
de la Régie du bâtiment. Puis on vient
préciser... Dans les faits, là, si on regarde le premier article... qui sont...
le premier article, et tout ce qui en découle, venait... se concentrait
sur la nouvelle loi édictée. Tout ce qui suit, ou l'essentiel de ce qui suit, ça vient confirmer les décrets de
nomination, où la transition énergétique relève maintenant du ministère de
l'Environnement. Donc, on ne peut pas donner
la transition énergétique à la Régie du bâtiment alors que c'est le ministère
de l'Environnement qui l'a. Mais cette
collaboration-là devient de plus en plus nécessaire. On en a parlé au moment
des consultations, on en parle à
travers l'étude du projet de loi également. On a des dispositions qui
permettent la délégation.
Donc, on va,
oui, créer ce code du bâtiment durable, mais l'application, par la suite, bien,
vraisemblablement que c'est la Régie du bâtiment qui va en hériter. Mais
toute l'expertise, elle est au ministère de l'Environnement et non pas à la
Régie du bâtiment, sur ces questions-là.
Mme
Dufour : Mais est-ce que le ministère aurait pu simplement
écrire, d'une certaine façon, les sections du code du bâtiment qui
concernent l'efficacité énergétique et le faire avec la RBQ, mais que ça reste
dans le code de construction, au lieu
de créer deux codes?
M.
Charette : Bien, ultimement, on va rédiger tout ça avec la
Régie du bâtiment et on va, vraisemblablement, déléguer l'application du
code du bâtiment durable à la régie du bâtiment. Donc, c'est à peu près la même
chose. On n'écrira pas seuls ces éléments-là, il faut avoir la collaboration de
la régie, il faut avoir la collaboration, aussi, des constructeurs ou des
parties prenantes qui seront affectées par cette réglementation-là. Donc, c'est
un travail de rédaction, là, qui va se faire ensemble.
Et, encore une fois, à partir du moment où il y
a une balle qui est mise au jeu, il y a, de surcroît, une consultation publique
qui va se tenir avant que ces modifications-là soient édictées. Et moi, je
regarde, au fil des quelques années, là, où j'ai eu la responsabilité de
l'environnement, on en a édicté de nombreux, règlements, et rares sont ceux
qui, après la consultation, n'ont pas été bonifiés avant d'être édictés. Donc,
il y a plusieurs espaces de collaboration pour s'assurer, là, que ce soit bien
intégré. La dernière chose que l'on souhaite, c'est d'avoir un code du bâtiment
durable qui ne soit pas... qui ne soit pas applicable, là. On veut que ça
fonctionne, donc on va se donner les moyens, avec les partenaires, là,
d'arriver avec une base très solide.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme
Dufour : Merci. Bien, d'abord, M. le ministre, ici, le
projet de loi ne parle pas de transition énergétique, mais bien
d'efficacité énergétique, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, donc un
rappel. Deuxièmement, je comprends qu'on dit qu'on va consulter les membres,
écouter, mais les membres, les groupes vous disent qu'ils voient plutôt
l'inverse comme crainte. Ils croient plutôt qu'au lieu d'améliorer les choses
on va les complexifier, on va alourdir et qu'on risque d'être... de ne pas être
en phase.
Donc, moi, j'ai entendu au début, début,
dire : Bien, je pense que j'ai rassuré les groupes. Bien, je dois vous
dire que non. Jusqu'à maintenant, les groupes ne sont pas rassurés du tout,
sinon, on n'aurait pas autant d'appels, donc, concernant cet élément-là. Donc,
moi, je ne vois pas du tout, là, ici, là, dans vos propos, là, l'impression que
vous les avez entendus quand ils ont
dit : Non, c'est... celui-là, n'y allez pas, ça risque de créer l'effet
inverse de ce qui est souhaité et, finalement, de complexifier les
choses, alors qu'on est en... on a besoin d'accélérer la construction, on a
besoin de le faire... tu sais, de faire en sorte que tous les acteurs s'en
aillent dans la même direction. Et il y a moyen, là, d'améliorer les normes,
là, à l'intérieur du code, et c'est ce que tous les groupes vous disent, là.
M. Charette : Tous
les groupes, non. Quelques-uns, oui, et c'est normal, c'est tout à fait normal
qu'ils expriment leurs craintes au moment des consultations. C'est à ça
que servent les consultations. Mais, en même temps, des prémisses de départ, il
faut accélérer cette transformation-là du bâtiment. On ne peut pas attendre le
reste du Canada pour agir à ce niveau-là.
Mais on va faire les choses intelligemment. On parle de performance
environnementale. Moi, je parlais de transition énergétique en fonction
des décrets de nomination. On parle ici d'efficacité énergétique, mais c'est
tous des concepts qui se retrouvent à un certain niveau, et il va y avoir de la
nouvelle réglementation qui va s'établir, parce qu'on doit être plus efficace
en bout de ligne.
Donc, l'expertise,
elle est chez nous. La collaboration, elle est avec, principalement, la Régie
du bâtiment. L'application va,
vraisemblablement, revenir à la Régie du bâtiment. Donc, on va s'assurer que ça
fonctionne. Mais c'est tout à fait normal que des groupes, au moment de
la consultation sur un projet de loi, expriment leurs craintes ou les éléments
qui les mobilisent davantage, c'est l'espace pour ça. Et, à ça, je dis que ce
sont des pouvoirs habilitants. Il n'y a
rien, là, qui est coulé... on est dans le vocabulaire de la construction, là...
il n'y a rien qui est coulé dans le béton, là. On se donne le pouvoir, on va le faire, mais on va le faire en partenariat
avec les parties prenantes, tout simplement. Ce n'est pas comme si on imposait
aujourd'hui, avec cet article-là, le code du bâtiment durable du Québec. On va
le bâtir avec les partenaires, ce code-là.
Mme Dufour : C'est vrai que ce n'est pas tous les groupes, mais
ce sont quand même les groupes, je vous dirais, les plus importants qu'on a
consultés, et les autres ont plutôt été silencieux sur le sujet. Je voudrais
rappeler qu'on a la Fédération québécoise des municipalités qui en ont
parlé, et là je peux vous lire ce qu'ils ont dit : «L'application du code du bâtiment présentant déjà certains défis,
comment peut-on penser que l'ajout d'un nouveau code pour réglementer
les mêmes activités peut donner des résultats probants?» L'Ordre des ingénieurs
du Québec nous disait ce que je vous mentionnais tout à l'heure, là, que ça
risque d'entraîner un manque de cohérence, et, pour eux, c'est la Régie du bâtiment, là, qui est responsable d'adopter des
normes de construction, et qu'elle est la... et l'ordre estime que la RBQ
est, au Québec, le seul organisme qui
détient l'expertise requise pour déterminer des normes de construction
applicables à l'ensemble du territoire de la province. C'est l'ordre des
ingénieurs, ce n'est pas n'importe qui.
L'Association de la
construction du Québec nous dit que les modifications qui sont proposées
risquent de complexifier la gestion administrative, d'alourdir les processus
réglementaires pour les entrepreneurs, et qu'en nommant... en accordant au ministère de l'Environnement le pouvoir de
dicter des normes en matière d'efficacité énergétique à l'extérieur du code de construction en vigueur, on vient
ajouter un acteur supplémentaire et une complexité pour les
entrepreneurs en construction, et donc on suggère, là, de reculer sur cet
effet.
L'APCHQ, donc l'Association
des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec, qui nous dit exactement la même chose, là : «Nous
sommes préoccupés par l'idée de confier au ministre la tâche de définir des normes
de performance environnementale pour les bâtiments et travaux de construction.
La Régie du bâtiment du Québec possède l'expertise nécessaire dans ce domaine.
Un transfert de ses responsabilités pourrait ralentir et nuire à
l'établissement de normes énergétiques ambitieuses, étant donné que le ministre
n'a pas la même expertise que la RBQ en matière de bâtiment et de
construction.»
Et
je pourrais continuer. Il y a aussi l'Institut du développement urbain qui
s'est exprimé. C'est quand même des groupes, quand même, imposants, là,
que... je viens de lire ce qu'ils ont dit. Et je voudrais rappeler que, dans le
fond, on ne peut pas dissocier l'efficacité des bâtiments de la qualité...
l'efficacité énergétique des bâtiments de la qualité des bâtiments, et je pense
qu'elle est là, toute la préoccupation. Alors, il y aurait eu certainement
moyen de garder à la RBQ toutes les normes
d'efficacité énergétique, mais de les bonifier, parce que, je suis d'accord
avec vous, elles ne sont pas assez ambitieuses actuellement.
Et, lorsque je vous
entends mentionner qu'on ne peut pas attendre à... on ne peut pas attendre au
reste du Canada pour avancer, bien, d'abord, il y a des provinces qui sont en
avance sur nous, mais ça n'empêche pas qu'on puisse
établir le Code de construction du Québec sans attendre le reste du Canada. Ça
aurait très bien pu se faire sans retirer ces éléments-là du code... de
la Régie du bâtiment du Québec, là.
M. Charette :
Bien, je vais répéter, essentiellement, la... les mêmes choses. Les groupes
avaient tout à fait la possibilité... et on
les encourage à s'exprimer librement lorsqu'elles participent, ces
organisations-là, aux consultations. Moi, je me souviens... à la présentation
de leurs mémoires, je me souviens que plusieurs de ces groupes-là se disaient,
lors de l'échange, rassurés par les engagements que l'on prenait. Et certains
peuvent tout simplement confondre les responsabilités de chacun. Je peux
comprendre que certains croient que c'est la Régie du bâtiment qui a cette
expertise-là. Or, ce n'est pas le cas. Donc, l'affirmer ne veut pas dire que
c'est une vérité.
Mais,
sinon, un extrait d'un autre groupe, qui, je pense, est à considérer, compte
tenu qu'on parle d'efficacité, oui, énergétique, mais également de performance
environnementale des bâtiments, un passage d'Hydro-Québec : «Nous saluons les nouveaux pouvoirs que
prévoit le projet de loi pour permettre au ministre d'adopter des normes
encadrant la performance environnementale des bâtiments. Ce partage de pouvoirs
entre la RBQ et le ministre est une excellente nouvelle, car il favorisera une
plus grande intégration des facteurs énergétiques dans les normes de
construction.» Et pourquoi les facteurs énergétiques? Parce que cette
expertise-là, elle est au niveau du ministère de l'Environnement.
Encore une fois, je
rassure la collègue et les groupes qui peuvent encore, aujourd'hui, être
inquiets, tout ça va se faire avec la Régie du bâtiment et avec les parties prenantes,
là, qui sont concernées.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Le ministre vient de me citer le mémoire d'une société d'État dont le mandat
est donné par son gouvernement, donc, en termes d'indépendance, je vous dirais
que les groupes que je vous ai nommés sont peut-être plus
indépendants que le groupe que le ministre vient de nommer. Je pense que l'Ordre
des ingénieurs du Québec, la Fédération québécoise des municipalités,
l'association des constructeurs, l'association des professionnels en
construction, l'Institut du développement urbain, et il y en a d'autres, je
pense que... oui, c'est ça, j'en ai
d'autres, l'Ordre des architectes, oui, effectivement... oui, il y en a
vraiment... la GCR aussi, bref, plusieurs autres groupes qui se sont prononcés
contre cette modification-là. En termes d'indépendance, je pense qu'ils sont
plus indépendants, mais surtout leur... pour moi, ça vaut... dans la balance,
ça compte beaucoup plus, parce que ce sont des gens qui sont vraiment des
spécialistes qui travaillent avec ce code-là ou qui, même, y participent, à la
création de ce code-là.
M. Charette : Tout est une question de perspective. Mais j'ai
pleinement confiance, pour ma part, en Hydro-Québec, et c'est
Hydro-Québec qui a la responsabilité de fournir de l'électricité à l'ensemble
des Québécois, et non pas des parties prenantes, qui ont des intérêts bien
corporatifs à faire valoir.
Mme Dufour : OK.
Je vais laisser la parole à d'autres collègues...
Le Président (M.
Jacques) : M. le député de Jacques-Cartier... Et je veux juste vous
rappeler à tous, là, puis, depuis ce matin, là, de bien... de ne pas avoir de
discussions directement... ou d'interpeler le ministre, on l'a vu, là, depuis le début. Je pense qu'on veut avoir une
belle semaine, on commence la semaine, donc, si on peut avoir du plaisir,
tout le monde ensemble, tout au long de la semaine. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. J'ai écouté l'échange entre ma collègue puis le
ministre avec un grand intérêt. Je pense que c'est toujours important, M. le
Président, juste de rappeler puis souligner qu'est-ce qui est écrit dans les
différents mémoires, particulièrement concernant ce changement à la RBQ. Puis
il y a plusieurs mémoires... Je sais que ma
collègue a cité une couple, mais je veux juste prendre le temps, M. le
ministre, à lire certaines sections
des mémoires qui ont été déposés. Ces différentes organisations travaillent très
fort pour préparer des mémoires, puis, je pense, c'est important de
faire le point ce matin sur certains éléments qui étaient écrits.
• (10 h 30) •
Je vais commencer
avec l'Association de la construction du Québec, qui dit le suivant :
«Toutefois, l'ACQ est d'avis que certaines mesures proposées sont en
contradiction avec plusieurs efforts qui ont été mis en oeuvre dans les
dernières années dans le secteur de la construction en matière d'allègement
réglementaire et administratif ainsi que d'harmonisation des codes de
construction à l'échelle du Canada. En effet, tel que libellé, nous craignons
que certaines dispositions du projet de loi
n° 41, qui modifie notamment la Loi sur le bâtiment, requises de créer...
risquent de créer de la confusion pour les entrepreneurs et contrecarrer, du
même coup, le travail effectué depuis 2015 par la Régie du bâtiment du
Québec et, plus récemment, par la Table stratégique canadienne sur
l'harmonisation des codes de construction, table stratégique des codes, et le
Comité canadien de l'harmonisation des codes de construction. Ces dispositions
donnent au ministère de l'Environnement le pouvoir d'ajouter des exigences au
Code de construction pour ce qui concerne spécifiquement l'efficacité
énergétique des bâtiments, responsabilité qui incombe actuellement à la RBQ et
aux municipalités.
«Le Québec étant
collectivement engagé depuis quelques années en faveur d'un allègement
réglementaire et administratif, et ce, afin de favoriser notamment une augmentation
de la productivité, l'ACQ met en garde le gouvernement de ne pas contrecarrer ces efforts et recommande
d'apporter des «ajustissements» au projet
de loi n° 41
afin de prévoir un mécanisme qui permet de conserver ou d'intégrer
facilement des éventuelles nouvelles normes de construction en matière
d'efficacité énergétique dans le Code de construction actuel.»
Je
pense que c'est important d'aussi lire les commentaires de l'Ordre des ingénieurs, comme ma collègue a cité un peu sur la
page 12 de leur mémoire :
«L'ordre estime que
la RBQ est, au Québec, le seul organisme qui détient l'expertise requise pour
déterminer des normes de construction applicables à l'ensemble du territoire de
la province. De fait, les normes de construction québécoises, tout comme celles
des autres provinces, sont en réalité les codes nationaux écrits par le Conseil
national de recherches du Canada. Ils sont le fruit... le travail de nombreux
experts réunis par cet organisme. Chaque province incorpore des... incorporer
des codes... ces codes dans la réglementation avec certaines modifications.
«Le Québec est partie
prenante d'un accord... vise à adopter l'édition 2020 de chaque code
national dans les 24 mois suivant sa
publication en français et en anglais de l'édition 2025 de ces codes dans
les 18 mois. D'ailleurs, un projet de règlement est présentement à l'étude
pour donner suite à cet engagement en ce qui concerne l'édition de 2020 du Code
national de l'énergie pour les bâtiments.
«L'ordre
est certain que l'Assemblée nationale, dans son rôle de censeure de
l'administration gouvernementale, s'assurera
que la RBQ exercise ses fonctions avec diligence, y compris en matière
d'efficacité énergétique des bâtiments. Cet exercice nous semble plus
fructueux que le transfert des responsabilités entre les différents organismes
publics.
«Par ailleurs, le
retrait de la compétence de la RBQ en matière des normes de construction
créerait des autres problèmes.
«Premièrement, la RBQ
peut présenter... présentement autoriser l'application des mesures différentes
à celles de le code de construction. Ainsi, un ingénieur peut proposer des
solutions innovantes qui ne sont pas nécessairement prévues dans les normes de construction, ce qui ne sera plus possible si
la RBQ n'est plus compétente en matière d'efficacité énergétique.
«Deuxièmement, les constructeurs sont
tenus de s'assurer que leurs travaux sont conformes au code de construction
et aux normes municipales. Les concepteurs ont une obligation similaire en ce
qui concerne leurs plans et devis. Puisqu'une telle obligation n'a pas été
reprise dans le projet de loi, il est possible que certains d'entre eux
estiment qu'ils ne sont pas... qu'ils ne
sont pas responsables de toute contravention aux normes de construction qui
auront été édictées par le gouvernement.
«Finalement, l'ordre
qui... le libellé du projet de loi... une certaine confusion quant à la
compétence de la RBQ. En effet,
l'habilitation qu'elle conserve semble suffisamment large pour lui permettre
encore d'adopter des normes en matière d'efficacité énergétique des bâtiments,
ce qui ne semble pas être l'intention derrière le projet de loi.»
La recommandation
n° 5 dans le mémoire : maintenir la Régie du bâtiment du Québec comme
le seul organisme habilité à adopter des normes de construction provinciales en
retirant «lesquelles peuvent prendre la forme
[des normes] en matière des travaux de construction», de l'article 10 de
la Loi sur la performance environnementale des bâtiments,
l'article 12 de cette loi ainsi que les articles 2 à 4 du projet de
loi.
Prochaine, M. le
Président. Un autre mémoire que j'ai trouvé bien intéressant, c'était par la
fédération des municipalités du Québec, qui a dit le suivant : «Que le
projet de loi soit modifié et que l'ensemble des mesures prévues dans le code
québécois du bâtiment durable soit intégré au code de construction pour la RBQ
pour s'assurer l'harmonisation des normes et les exigences des travaux de
construction et de rénovation de tout édifice.» Encore, il soulève des
différentes préoccupations de leur part. Il dit le suivant, M. le Président,
que... Je veux juste lire la bonne section ici :
«Comme mentionné
précédemment, de... la Loi sur le bâtiment a récemment été modifiée afin de
favoriser une harmonisation progressive des normes applicables à la
construction et la sécurité des bâtiments et d'arriver à appliquer, sur
l'ensemble du territoire québécois, un contenu réglementaire commun, défini et
adopté par la RBQ. La Loi sur le bâtiment a également été modifiée afin de
s'assurer que seules des normes plus exigeantes puissent être adoptées par les
municipalités en ces matières. Même si la tâche est titanesque, l'objectif est
d'offrir un cadre clair autant pour les
municipalités que pour les citoyens. Or, le projet de loi n° 41
risque de venir anéantir les efforts de ce sens.
«Dans... Le leitmotiv
du gouvernement est de bonifier l'efficacité énergétique de l'État et de
faciliter la vie des citoyens. Or,
l'application du code des bâtiments présentant déjà certains défis, comment
peut-on penser que l'ajout d'un
nouveau code pour réglementer les mêmes activités peut donner des résultats
probants? Avec tous les problèmes de conformité qui pointent déjà à
l'horizon, comment peut-on imaginer qu'une complexification administrative peut
favoriser l'atteinte des objectifs nobles
tout en développant l'économie et facilitant la vie des gens? Les municipalités
éprouvant déjà des problèmes avec leurs services d'inspection, comment peut-on
penser que l'ajout d'un nouveau code peut améliorer leur efficacité?
«La proposition
contenue dans le projet de loi ajouterait, donc, en complexité et la fédération
insiste sur la nécessité de s'assurer une harmonisation entre les normes de
construction qui seront imposées par le ministre à celles fixées par le RBQ. Aussi, nous proposons de
conserver un seul code... d'intégration... les propositions contenues dans
ce projet de loi dans l'actuel code de construction de la RBQ. Un arrimage
serait également nécessaire quant aux responsabilités
qui seront dévolues aux municipalités afin de ne pas complexifier leur
processus d'adoption réglementaire.»
Et,
finalement, je veux juste prendre le temps, M. le Président, de lire... c'est
dans le mémoire... Excusez-moi, c'est le mémoire de l'Association des professionnels de la
construction et de l'habitation du Québec. Eux autres ont dit :
«Cependant, nous
sommes préoccupés par l'idée de confier au ministre la tâche de définir des
normes de performance environnementale pour les bâtiments et les travaux de
construction, et ce, pour deux raisons :
«La Régie du bâtiment
du Québec possède l'expertise nécessaire dans ce domaine. Un transfert de ces
responsabilités pourrait ralentir ou nuire à l'établissement de normes
énergétiques ambitieuses, était... étant donné que le ministre n'a pas la même
expertise que la RBQ en matière de bâtiment et de la construction.
«Lors d'une enquête
de l'association auprès de ses membres, la lenteur du processus et les coûts
ont été cités comme... des... étant des contraintes avec le ministère de
l'Environnement.
«L'association
redoute que l'attribution de responsabilités supplémentaires au ministre en
matière du bâtiment ait des effets néfastes en ce qui concerne le
fardeau administratif pour les entreprises. De plus, les normes en matière de
bâtiment et de construction doivent être cohérentes et ne devraient pas être
élaborées dans les entités distinctes.»
La recommandation
n° 1 de l'association, c'était de «conserver la notion d'efficacité énergétique
dans le code de construction, sous la responsabilité de la Régie du bâtiment du
Québec, avec l'appui de le ministère de l'Environnement pour lui apporter
l'expertise technique en environnement et énergie».
• (10 h 40) •
Alors, tout ça... M.
le Président, merci beaucoup pour votre écoute. Je pense que c'est important
juste de rappeler tout qui est écrit dans les mémoires, pas juste les petites
phrases, mais des blocs, d'expliquer pourquoi ça ne marche pas très bien. Mais une question pour le ministre : Est-ce
que vous... est-ce que vous avez eu, comme, une perte de confiance envers la RBQ? Pourquoi c'est
nécessaire de faire un changement assez grand quand il y a plusieurs groupes,
des experts qui disent : Ça marche présentement avec la RBQ?
M. Charette : J'aurais aussi une
question pour le collègue : Selon lui, il y a combien d'ETC à la Régie du
bâtiment sur la question de l'efficacité énergétique? Donc, je lui pose
la question.
M. Kelley :
ETC, c'est?
M. Charette : Des
effectifs à temps complet. Combien d'employés à la RBQ pour la question de
l'efficacité énergétique?
M. Kelley : Pourquoi
c'est pour moi de répondre à la question, je suis... je ne suis pas des
fonctionnaires, M. le ministre.
M. Charette : Je lui pose la...
je lui pose la question, puis c'est sans méchanceté, c'est juste pour le
bénéfice de tout le monde. Il y a un demi ETC, à la RBQ, sur la question de
l'efficacité énergétique. Il y a un employé qui a deux mandats, dont celui-là.
On en a plus que 15 au ministère de l'Environnement qui travaillent
exclusivement sur cette question-là. Donc, l'expertise, elle est réellement
chez nous. Puis ce n'est pas... je ne dis pas ça pour dénigrer la RBQ, au
contraire, ce sont des partenaires incontournables pour la suite des choses. Ce
que je mentionne et ce que j'ai eu l'occasion de dire à la collègue de Mille-Îles
aussi, c'est que ce travail-là va se faire en partenariat avec la RBQ, mais
l'expertise, elle est chez nous. La réglementation va s'établir avec la RBQ,
avec les autres partenaires aussi, comme on l'a toujours fait. Et c'est très
pertinent de lire les mémoires, mais ce serait aussi pertinent de noter les
échanges qui ont eu cours suite au dépôt de ces mémoires-là. Ce sont des
groupes qui se sont dit... Pardon... en partie rassurés, et ils le seront par
le travail de cocréation qui va se faire au cours des prochains mois et des
prochaines années.
Le Président (M. Jacques) : ...la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Donc, ce que je comprends du ministre, c'est qu'actuellement le
nombre d'ETC à la RBQ fait en sorte qu'il n'y a pas les effectifs pour
contrôler ou mettre en place les normes d'efficacité énergétique.
M. Charette : ...développer les
questions en lien avec l'efficacité énergétique. Et ce n'est pas un blâme, là,
que je leur adresse, c'est juste qu'il faut en être conscient. Malgré ce que
certains groupes peuvent penser, l'expertise n'est pas à la RBQ. Et sur... même
sur les éléments du code du bâtiment qui font état d'efficacité énergétique, ça
avait été travaillé avec le MERN à l'époque, et le volet MERN qui s'en est
occupé est maintenant au ministère de l'Environnement. Donc, c'est une suite
qui est très logique et qui va nous amener à des résultats plus probants et qui
vont nous permettre, surtout, d'atteindre les objectifs que l'on s'est donnés.
Tout à l'heure, on parlait d'Hydro-Québec.
Encore une fois, je réitère ma pleine confiance en Hydro-Québec, mais c'est Hydro-Québec qui a la
responsabilité de s'assurer de l'efficacité, c'est-à-dire de la disponibilité
énergétique pour... Et, on le disait,
à travers des bâtiments plus performants, d'un point de vue environnemental, on
peut aller chercher l'équivalent d'une Romaine, si ce n'est pas d'une
Romaine et demie. Donc, cette expertise-là, elle est précieuse chez Hydro-Québec,
elle l'est au ministère de l'Environnement, puis, ultimement, on aura des
bâtiments qui seront plus performants sur la
question environnementale et qui vont nous permettre de dégager l'énergie dont
on a tant besoin, là, pour continuer à décarboner notre économie.
Mme Dufour : Mais,
monsieur... Merci. D'abord, j'aimerais souligner que la Romaine qu'on peut
aller trouver, c'est dans les bâtiments déjà construits. La modification du
code de construction durable, c'est pour les futurs bâtiments. Alors, ce n'est pas là qu'on va aller chercher la
Romaine. Ce qu'on parlait... tous les groupes, parce qu'ils parlaient de la
Romaine, c'est... L'équivalent, c'est dans l'efficacité énergétique des
bâtiments déjà construits.
Ceci dit, il n'y a pas de doute, il faut
améliorer l'efficacité énergétique de nos bâtiments. Mais là je voudrais
revenir sur la collaboration qui se fait entre la RBQ et le ministère. Si
c'était l'objectif d'améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments dans le
passé, pourquoi est-ce qu'on n'a pas augmenté les ETC, à ce moment-là, que le ministre a soulevés? Pourquoi est-ce qu'on n'a
laissé qu'une demi-ressource au lieu de renforcer cet élément-là? Pourquoi
on a attendu aussi longtemps? Ça fait quand même presque six ans, là, que le
gouvernement est au pouvoir. Donc, j'aimerais juste comprendre pourquoi...
pourquoi on a laissé ça aller jusqu'à maintenant.
M. Charette : Peut-être juste,
d'abord, corriger une certaine... une affirmation. Les rénovations majeures
sont aussi couvertes par le code. Donc, ce n'est pas uniquement, là, les
nouvelles constructions.
Sinon, bien,
la société évolue, ces enjeux-là prennent davantage d'importance, et c'est la
raison pour laquelle, avec le gouvernement actuel, on est venu augmenter
sensiblement les effectifs au niveau de ces questions-là énergétiques. Nous,
on a même un nouveau sous-ministériat, littéralement, là, qui est dédié à ces
questions-là. Donc, c'est une question qui,
peut-être, il y a un certain nombre d'années, avait moins d'acuité, mais, à
l'époque où on est, avec l'atteinte des objectifs que l'on a, il faut
augmenter les ressources, ce qu'on a fait. Et l'expertise a, du coup, été
concentrée dans le meilleur ministère pour assurer les suivis sur ces
questions-là, et c'est le ministère de l'Environnement. Et on remonte... C'est une transformation, là, qui
s'opère depuis quand même quelques années. Avec l'adoption du projet de loi n° 44, à la présente législature, on est venu confirmer au ministère de
l'Environnement son rôle de coordination, là, de la lutte aux
changements climatiques. Avec les nouveaux décrets de nomination, on est venu
confirmer que la transition énergétique
relevait du ministère de l'Environnement. Donc, c'est juste pour assurer une
plus grande cohérence. Et je fais mienne la citation que je lisais d'Hydro-Québec, il ne faut pas remettre en question leur indépendance, et encore moins
leur expertise sur ces questions-là. On a besoin, là, de ces outils-là pour
aller plus loin dans notre démarche.
Mme Dufour : Oui, mais la question,
c'est : Pourquoi, ces outils-là, on les transfère au ministère et on
ne les garde pas à la RBQ? Pourquoi est-ce
qu'on n'a pas regardé, par exemple, l'option que le ministère de l'Environnement
édicte des objectifs à atteindre et qu'on
donne les moyens à la régie de modifier le code en augmentant son nombre d'ETC?
Parce que, visiblement, ça semble être l'enjeu, le
nombre d'ETC, pour établir ces normes-là. Donc, pourquoi est-ce qu'on n'a pas
augmenté les ressources à la RBQ? Puis c'est le même gouvernement, je pense,
qui dirige la RBQ. Donc, j'aimerais savoir pourquoi on n'a pas choisi cette
avenue-là, de plutôt y aller par objectifs pour maintenir une uniformisation
dans le code.
M. Charette : Je vais être plus
court, étant donné que j'ai répondu à la question précédemment. L'expertise est
au ministère de l'Environnement et, depuis quelques années, l'opposition
officielle de l'époque, je ne sais pas si c'est un nouveau discours que l'on
entend maintenant, mais l'opposition officielle de l'époque réclamait aussi
plus de pouvoirs au ministère de
l'Environnement, c'est ce que l'on incarne depuis quelques années avec le
projet de loi n° 44, celui-là aujourd'hui, et d'autres qui
ont été adoptés. Donc, si... Je ne prête pas d'intention, mais, si on remet en question les pouvoirs que l'on souhaite accorder
au ministère de l'Environnement, et moi, je n'en suis pas, honnêtement,
je suis en faveur de ces pouvoirs accrus là compte tenu de l'importance de
l'enjeu, et pour répondre aussi... tout aussi directement à la collègue, c'est
pour éviter les dédoublements. On ne financera pas ou on ne mettra pas en place
deux équipes avec une expertise qui serait
diffuse. L'efficacité énergétique à ces questions-là de transition énergétique
également, l'expertise, elle est au
ministère de l'Environnement, et ça nous permettra d'être plus efficaces, tout
simplement.
Mme Dufour : Merci. Mais je
crois que, justement, les groupes qui soulèvent ces questions-là, leur crainte,
c'est, justement, le dédoublement d'un code de construction qui se retrouvait
avec des normes qui pourraient amener une certaine incohérence entre les deux.
• (10 h 50) •
J'aimerais peut-être que le ministre m'indique
il y a combien de nombres d'emplois à temps plein à la Régie du bâtiment du Québec pour établir le code, et il y a combien de ceux
qui sont dans le ministère de l'Environnement qui ont déjà rédigé un code de construction.
J'aimerais savoir, parmi l'ensemble des membres du ministère de
l'Environnement, combien ont rédigé un code de construction dans le
passé et combien, à la régie, il y a de ressources qui travaillent à
l'élaboration ou à... au maintien du Code de construction.
M. Charette : ...et j'aurais
peut-être dû le mentionner dès le départ, le mandat de la Régie du bâtiment est
sur deux objets, essentiellement la santé et la sécurité. C'est ça, le mandat
de la Régie du bâtiment : santé et sécurité pour les bâtiments qui sont construits, qui sont développés ou les
grands projets de rénovation. Donc, encore une fois, bien, l'expertise n'est
pas là, ce n'est pas leur mandat, on ne peut pas leur reprocher, ce n'est pas
leur mandat. La performance
environnementale des bâtiments, ce n'est pas leur mandat. Leur mandat, c'est la
santé et la sécurité sur ces enjeux de construction.
Donc, on veut des bâtiments qui soient
sécuritaires, c'est bien certain, mais, encore une fois, on veut aussi qu'ils soient performants d'un point de vue
environnemental, et c'est là où on va très bien se compléter dans ce qu'on est
en train de mettre en place. Et je ne serai
jamais, jamais, jamais gêné que des pouvoirs accrus soient reconnus au
ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Oui, M. le
Président, je voudrais souligner... Mais, d'abord, je n'ai pas eu de réponse à
ma question : Combien il y a de gens à temps plein à la RBQ qui
travaillent à établir et maintenir le code, et combien de membres ou d'employés au ministère de
l'Environnement qui ont participé à l'élaboration d'un code de construction?
J'attends cette réponse, M. le Président.
M. Charette : ...genre
d'échange qu'on pourra avoir volontiers lors de l'étude des crédits, notamment.
Et, pour ce qui est de la question des
effectifs de la Régie du bâtiment, bien, sa collègue ou son collègue aux
crédits pourra aussi questionner mon collègue responsable de l'enjeu.
Mais là, M. le Président, je nous ramènerais, si c'est possible, je pourrais
faire appel à un numéro de règlement en particulier, mais ce serait bien, là,
qu'on revienne à l'étude du projet de loi, là, en soi.
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. Jacques) : En
fait, M. le ministre, ce que vous invoquez, c'est que vous n'avez pas... vous n'êtes pas obligé de répondre à toutes les
questions qui vous sont adressées. Est-ce que je comprends bien?
Article 81.
M. Charette : Oui, et je
pourrais aussi exprimer le souhait qu'on revienne à l'objet du projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : À
l'article en question. Exactement.
Mme Dufour : Oui. Bien,
l'article touche à la RBQ, puis... Tu sais, dans le fond, le ministre soulevait
que, pour justifier le fait de... du retrait
de l'efficacité énergétique du bâtiment du Code de construction et des
responsabilités de la Régie du bâtiment, bien, il disait que c'est parce
qu'il y avait seulement un demi ETC. Donc, c'est en réponse à cette
affirmation-là du ministre que j'ai posé la question. Je voudrais soulever que
la RBQ, dans ce qu'on voit sur le site du gouvernement, là, ses domaines
d'intervention, ce n'est pas seulement la santé et la sécurité, il y a beaucoup
plus que ça, dont l'efficacité énergétique des bâtiments. Donc, je voudrais...
je voudrais le souligner. Moi, ce que je comprends, c'est que le ministre n'a
pas confiance à la RBQ et ce que je crains, ce que...
Des voix : ...
M. Charette : ...on ne peut pas
prêter des intentions.
Mme Dufour : OK. Parfait.
M. Charette : J'ai affirmé, à
plusieurs reprises, exactement le contraire.
Le Président (M. Jacques) : Je
vous inviterais... je vous inviterais à la prudence, je vous inviterais à la prudence. Puis je pense qu'on va y aller de façon
plus formelle. Je laissais les échanges se faire de façon transitoire, là, sans
intervenir entre les échanges depuis plus d'une semaine. Donc, à partir de
maintenant, là, je vais vous donner la parole à tour de rôle pour bien
concentrer nos travaux sur ce qui en... ce qui doit être fait.
Mme Dufour : Parfait. Donc,
peut-être une question. Dans le fond, les fonctionnaires du ministère qui vont établir les normes efficacité énergétique, comment
ils vont travailler avec la RBQ et pourquoi, actuellement, ça ne se fait pas
comme ça? Parce que, si je comprends, c'est... Il devrait déjà avoir une
collaboration. Qu'est-ce qui va changer? Pourquoi on ne le fait pas déjà de
cette façon-là?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : ...Merci, M. le
Président. Déjà répondu à la question en disant que la réglementation va
s'établir avec nos partenaires de la Régie du bâtiment du Québec, en qui nous
avons pleinement confiance, je l'ai aussi mentionné à plusieurs reprises. Donc,
c'est un travail de cocréation qui va se faire. La réglementation qui sera
proposée pour consultation aura bénéficié des inputs, de la collaboration de la
Régie du bâtiment, mais également très
certainement du ministère de l'Environnement, ça va de soi, mais également
d'autres partenaires de premier plan. Moi, je regarde l'ensemble de la
réglementation qu'on a pu développer au cours des cinq dernières années comme gouvernement. Je pense que les modèles de
collaboration sont assez probants, je pense qu'ils ont donné de bons résultats,
et ce sera la même chose avec la réglementation qui va découler de l'actuel
projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Oui,
merci, M. le Président. J'aimerais savoir s'il est prévu, avec cette
modification, là, qu'on propose que les fonctionnaires du ministère de
l'Environnement participent aux échanges avec le Conseil national de recherches du Canada, ce que la Régie du bâtiment du Québec fait présentement concernant les normes de
construction canadiennes.
M. Charette : ...pour vous
mentionner...
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le ministre, il vous reste 2 min 56 s.
M. Charette : On a déjà
rapatrié, suite au décret de nominations, les employés de transition
énergétique qui étaient du côté du MERN. Les mandats de collaboration ne sont
pas qu'avec la Régie du bâtiment. On a des contacts avec d'autres instances et
on aura certainement à collaborer avec les instances qui, de près ou de loin,
peuvent nous aider à améliorer nos pratiques à ce niveau-là. Donc, la
collaboration, elle est à la base de bon nombre des avancées qu'on a pu faire,
là, au cours des dernières années.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Oui.
Donc, est-ce que je comprends que c'est oui, que le ministère de
l'Environnement, les fonctionnaires vont participer aux échanges avec le
Conseil national de recherches du Canada? Ce serait un oui ou un non.
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : C'est
naturellement un champ de compétence du Québec. Donc, à partir du moment où il
y a intérêt de collaborer avec des enjeux particuliers, c'est certain que ce
sera une collaboration qui va se faire, mais on aura le loisir de déterminer,
là, sur quels enjeux en particulier on pourra collaborer.
Le Président (M. Jacques) : ...
Mme Dufour : Oui, M. le
Président, je voudrais déposer un amendement avant que mon temps soit écoulé,
mais il est encore en train d'être peaufiné. Donc, je vais encore poser une
question, mais, après, j'aimerais qu'on suspende,
là, pour pouvoir le finaliser, là, parce qu'il y a certains enjeux de
rédaction, puis peut-être qu'on va demander l'aide de la... du
secrétaire, là, juste pour s'assurer qu'on ait le bon libellé. Je voudrais
simplement savoir qui... qu'est-ce qui va avoir préséance une fois que les deux
codes seront en vigueur. Est-ce que ça va être la santé et sécurité
qui va rester dans le Code de construction ou ce sera l'efficacité énergétique
qui sera dans le code du bâtiment durable?
M. Charette : Bien, comme je le
mentionnais tout à l'heure, ce n'est pas applicable avec l'adoption du projet de loi. Ce sera applicable lorsqu'on sera
prêt, lorsque ce sera... lorsque ce sera édicté comme tel. Donc, il n'y aura
pas... il n'y aura pas de confusion, là, qui intervient et à quel moment. Donc,
tant que ces dispositions-là n'entrent pas en vigueur,
c'est les procédures actuelles qui s'appliquent. Et, à partir du moment où le
code du bâtiment durable est prêt, c'est
là où on va avoir cet apport-là supplémentaire. Mais, dans l'intervalle, on
continue avec les pratiques actuelles, tant que ces modalités-là ne sont
pas en application.
Mme Dufour : Mais, M. le
Président, ça ne répond pas à ma question. Une fois que les deux codes seront
en vigueur, s'il y a une incohérence entre
deux codes et que... ou qui viennent en contradiction entre l'efficacité énergétique
et la santé et sécurité, lequel des deux aura préséance?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : C'est deux objets
différents. En fait, il ne risque pas d'avoir de confusion, ce sont des objets différents. Ça va être complémentaire, mais ce ne
sera pas... ça ne peut pas être en contradiction étant donné que la régie
n'a pas la possibilité de réglementer sur les
enjeux qui relèvent du ministère de l'Environnement. Donc, c'est complémentaire. Tout simplement. Donc, il ne
risque pas d'avoir de dédoublement ou de confusion à ce niveau-là.
Mme Dufour : Donc,
M. le Président, comme je disais, j'aimerais suspendre pour finaliser
l'amendement, à moins que la collègue des... veuille intervenir.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 59)
(Reprise à 11 h 08)
Le
Président (M. Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et, lors de la
suspension, nous étions à un amendement qui devait être déposé par Mme
la députée de Mille-Îles. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, je vais lire l'amendement :
L'article 2 du projet de loi est modifié :
1° par remplacement du mot «la suppression» par
«le remplacement»;
2° par
l'insertion, après «troisième alinéa», de «par le suivant : L'atteinte de
l'efficacité énergétique du bâtiment et l'intégration des normes
favorisant l'efficacité énergétique des bâtiments en collaboration avec le
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs.»;
3° par la suppression des mots «et du dernier
alinéa».
Là, si des gens nous suivent... ça ne doit pas
être facile à suivre, mais l'article modifié se lirait comme suit :
2.
L'article 173 de la Loi sur le bâtiment (chapitre B-1.1) est modifié par
le remplacement du paragraphe 6° du troisième alinéa par le
suivant :
«L'atteinte de l'efficacité énergétique du
bâtiment et l'intégration des normes favorisant l'efficacité énergétique
des bâtiments en collaboration avec le ministère de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.»
L'idée ici, M. le Président, c'est de maintenir
l'efficacité énergétique du bâtiment et les normes dans la loi sur le bâtiment dans le Code de construction, mais
de s'assurer que cette portion-là... que l'efficacité énergétique du bâtiment
se fasse en collaboration avec le ministère
de l'Environnement, ce qui était une demande, là, de... en fait, de plusieurs
groupes, les groupes que j'ai nommés précédemment. Alors, c'est la nature de
l'amendement qui est proposé, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette : Fidèle
à nos habitudes, rapidement, j'indique ce qu'il est possible de faire avec cet
amendement-là. On ne sera pas en
mesure d'y donner suite. En fait, on a eu l'échange avant que l'amendement soit
déposé, donc je n'aurais rien d'autre... je n'aurai rien d'autre à
ajouter à ce moment-ci.
• (11 h 10) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée.
Mme Dufour : Oui.
Bien, je voudrais revenir, M. le Président, sur... Précédemment, quand on
parlait de l'enjeu de la sécurité et des normes d'efficacité
énergétique, il y a des éléments qui pourraient être contradictoires. On nous a
parlé qu'il pouvait avoir des problèmes de cohérence dans différents éléments.
Par exemple, je vous parlais de la ventilation plus tôt, mais il y a aussi des
matériaux qui pourraient être privilégiés, mais qui... parce qu'ils seraient
très efficaces énergétiquement, mais qui pourraient poser des enjeux pour la
santé ou des méthodes de travail, par exemple.
Et un exemple que je pourrais donner, c'est la
façon que les murs et les toits sont... la jonction. Mais, dans un cas, dans un cas, on pourrait dire : Bien, il
vaut mieux les laisser ouverts parce que c'est une question d'efficacité
énergétique, c'est meilleur pour ça, mais, dans l'autre cas, pour une
question de sécurité des incendies, vraiment, on est mieux de les fermer.
Alors, qu'est-ce qui a préséance ici? Il était
essentiel que les deux codes, en fait, ne soient qu'un, qu'il n'y ait pas deux codes. Il est essentiel qu'il y ait un
seul code et que ce soit la même entité qui soit responsable de la rédaction
du début, mais avec la présence de gens qui sont spécialisés en efficacité
énergétique des bâtiments. C'est essentiel. Et c'est ça. Je pense que ça résume
bien les propos, là, de ce que je voulais dire par rapport à ça, M. le
Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le ministre.
M. Charette : Peut-être
dire simplement ce que j'ai eu l'occasion de répéter à plusieurs reprises,
c'est un travail qui va se faire en
collaboration avec la Régie du bâtiment dans l'élaboration de la réglementation
du code du bâtiment durable. Donc, j'ai confiance aux résultats que
donneront cette collaboration.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Bien,
ça aurait très bien pu être la collaboration dans... à l'inverse, c'est-à-dire
que le ministère travaille en
collaboration avec la Régie du
bâtiment du Québec, plutôt que la Régie du bâtiment du Québec qui travaille en collaboration avec le
ministère. On aurait probablement eu le même résultat au bout du compte.
M. Charette : Cette
collaboration se vit entre ceux qui ont l'expertise, et l'expertise sur ces
enjeux-là est au ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Comme
je disais, M. le Président, je pense que, l'expertise, on aurait pu l'amener
au... à la Régie du bâtiment puis on
aurait eu les mêmes résultats, mais surtout ça aurait répondu aux enjeux
d'incohérences potentielles.
Le
Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 2? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. C'est sûr que je vais appuyer l'amendement de ma collègue.
Je veux juste reviens... Je sais que j'ai pris
le temps de lire les différents mémoires, mais je pense qu'il y a des bons arguments dedans, d'appuyer l'amendement
de ma collègue. Je pense encore, quand on a des groupes comme l'Ordre
des ingénieurs, l'Association de construction du Québec, c'est eux autres qui
sont vraiment l'expert et... Dans ce domaine-là, de la construction des
bâtiments, j'arrive ici, je n'ai pas une formation professionnelle comme ingénieur, je ne suis pas capable de faire une
inspection d'un bâtiment ni de faire un plan pour construire un bâtiment. Mais,
quand eux autres disent que leur préférence, c'est de garder ça dans les mains
la RBQ, je dois, bien, prendre leurs mots, pas juste en considération,
mais prendre ça au sérieux.
Je pense, ça, c'est pourquoi j'ai pris le temps
de lire leurs mémoires puis les suggestions des autres. Quand même, les
municipalités, tout le monde ici savent très, très bien que nos municipalités
sont très, très impliquées dans l'approbation des projets résidentiels, des
tours de condos, etc. Eux autres ont une certaine expertise. C'est rare qu'un député d'un comté est responsable pour la
planification, développement d'un projet comme ça, M. le Président.
Alors, encore une certaine expertise.
Alors, c'est encore juste pour réflexion. Je
sais que le ministre a dit qu'on a souvent le débat de donner plus des pouvoirs
dans les mains du ministère de l'Environnement. C'est sûr qu'il y a des
arguments en faveur pour ça. Mais ici, quand
on parle de... le Code de construction et d'avoir juste un seul code, je pense
que ça mérite une réflexion, ça mérite un bon débat.
Puis aussi, j'ajoute l'élément que, dans un
temps où on a une crise du logement puis on parle souvent de... des règlements
supplémentaires, comment on peut alléger un petit peu le fardeau sur les
développeurs puis des constructeurs, des entreprises qui sont dans la
construction des bâtiments, il faut encore prendre le temps de réfléchir à ce que nous sommes en train de mettre certains
bâtons dans les roues ou juste ajouter au fardeau de paperasse pour eux autres.
Je pose la question parce qu'eux autres ont posé la question dans leur mémoire.
J'apprécie le fait que le ministre ait... prend le temps pour répondre à nos
questions, d'expliquer comment il voit les choses, mais, sur notre côté, on va essayer de faire le débat puis présenter
des arguments de l'autre côté de la médaille sur cet enjeu. Alors, merci
beaucoup, M. le Président, pour votre écoute.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 2? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Je voudrais peut-être vous lire un petit passage, dans le
fond, du mémoire de l'Ordre des
ingénieurs du Québec puis j'aurai une
question par la suite. Donc, on dit, d'abord, que «le Québec est partie
prenante d'un accord visant à adopter l'édition 2020 de chaque code
national dans les 24 mois suivant sa publication en français et en anglais et
l'édition 2025 de ces codes dans les 18 mois», et qu'il y a «un projet de
règlement qui est présentement à
l'étude pour donner suite à cet engagement». Donc, ça, ça concerne le Code
national de l'énergie pour les bâtiments.
«L'ordre...» Et là on
dit : «L'Ordre est certain que l'Assemblée nationale, dans son rôle de
censeure de l'administration gouvernementale, s'assurera que la RBQ exerce ses
fonctions avec diligence, y compris en matière d'efficacité énergétique des
bâtiments. Cet exercice nous semble plus fructueux qu'un transfert de
responsabilités entre différents organismes publics.
«Par ailleurs, le
retrait de la compétence de la RBQ en matière de normes de construction
créerait d'autres problèmes. Premièrement, la RBQ peut présentement autoriser
l'application de mesures différentes à celles du Code de construction. Ainsi,
un ingénieur peut proposer des solutions innovantes qui ne sont pas
nécessairement prévues dans les normes de construction, ce qui ne sera plus
possible si la RBQ n'est plus compétente en matière d'efficacité énergétique...
Deuxièmement, les constructeurs sont tenus de s'assurer que leurs travaux sont
conformes au Code de construction et aux normes municipales. Les concepteurs
ont une obligation similaire en ce qui concerne leurs plans et devis.
Puisqu'une telle obligation n'a pas été reprise dans le projet de loi, il est
possible que certains d'entre eux estiment qu'ils ne sont pas responsables de
toute contravention aux normes de construction qui auront été édictées par le
gouvernement.
«Finalement, l'Ordre
note que le libellé du projet de loi entretient une certaine confusion quant à
la compétence de la RBQ. En effet, l'habilitation qu'elle conserve semble
suffisamment large pour lui permettre encore d'adopter
des normes en matière d'efficacité énergétique des bâtiments, ce qui ne semble
pas être l'intention derrière le projet de loi.»
Alors, j'aimerais
entendre le ministre sur ces éléments-là, les craintes que l'Ordre des
ingénieurs a soulevées, les trois... les quatre... trois... quatre enjeux, en
fait, qui ont été soulevés ici. J'aimerais... J'aimerais comprendre, là, comment on compte pallier à ça, advenant le cas
qu'on n'accepterait pas mon... Bien, il l'a déjà dit, là, ça a déjà été dit,
qu'il n'accepterait pas l'amendement. Donc, j'aimerais avoir des explications à
ce sujet-là.
Le Président
(M. Jacques) : M. le ministre.
M. Charette :
M. le Président, j'ai eu l'occasion de répondre à ces sujets-là un petit
peu plus tôt.
Le Président
(M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 2?
Mme Dufour :
Bien, merci, M. le Président. Alors, je veux juste comprendre, là. On me
dit qu'un ingénieur peut proposer des
solutions innovantes qui ne sont pas nécessairement prévues dans les normes de
construction. Est-ce que... Si ce n'est plus la RBQ qui est compétente
en matière d'efficacité énergétique, est-ce qu'un ingénieur va encore pouvoir déroger à... avec des normes
innovantes, dans le fond? Je n'ai pas... Je ne pense pas qu'on ait parlé
de ça à aucun moment, là. Donc, je n'ai pas entendu le ministre
là-dessus du tout, là.
M. Charette :
Ce n'est pas le ministère de l'Environnement qui va freiner l'innovation.
Mme Dufour :
Donc, je comprends que ce sera oui. Et, pour ce qui est de l'élément qui
inquiète, là, par rapport au fait que peut-être que les travaux ne seraient pas
tenus d'être conformes au... En fait, c'est l'ordre, là, qui soulève
qu'actuellement les constructeurs sont tenus de s'assurer que leurs travaux
sont conformes au Code de construction. Est-ce qu'il y a une assurance qu'ils
vont se sentir responsables de toute contravention aux normes de construction
du code de bâtiment durable?
M. Charette :
Naturellement, à partir du moment qu'il y a un code, à partir du moment
qu'il y a une réglementation qui oblige à s'y conformer, à partir du moment
qu'il y a un régime de contrôle et de sanction, c'est bien certain que ce n'est
pas un code qui sera une invitation à le respecter, ce sera une obligation de
le respecter.
• (11 h 20) •
Mme Dufour :
Parfait. Merci. Et le dernier point qui était soulevé, c'était le fait
qu'on conserve une habilitation suffisamment large pour encore permettre au
Code de construction à la Régie du bâtiment d'adopter des normes en matière
d'efficacité énergétique des bâtiments.
Le Président
(M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 2?
Mme Dufour :
OK. Donc, je n'aurai pas de réponse.
M. Charette :
En fait, M. le Président, juste pour ne pas laisser l'échange ainsi, les
réponses ont déjà été données, l'efficacité énergétique, elles sont au
ministère de l'Environnement.
Mme Dufour :
L'Ordre des ingénieurs ne partage pas l'opinion que... la façon que le
projet de loi est écrit. Ça pourrait porter à une certaine confusion. C'est ce
qui est mentionné.
M. Charette :
Peut-être rappeler l'objet de l'article que nous étudions. On vient, en 6,
biffer «l'efficacité énergétique du bâtiment». Donc, ça répond, je pense, très
clairement à cet... à ce doute-là qui peut subsister.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 2? Est-ce que l'amendement est
adopté?
Mme Dufour :
...par appel nominal, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président
(M. Jacques) : Par appel nominal. M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
M. Émond :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme Zaga Mendez (Verdun)?
Mme Zaga
Mendez : Pour.
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention. Revenons à... Rejeté. L'amendement
est rejeté. Nous revenons à l'article 2. Mme la députée de Mille-Îles,
il vous reste cinq secondes.
Mme Dufour :
Vote par appel nominal.
Le Président
(M. Jacques) : Donc, est-ce que l'article 2 est adopté? Par
appel nominal. M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans :
Pour.
Le Secrétaire : M. Émond
(Richelieu)?
M. Émond : Pour.
Le Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Contre.
Le Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Contre.
Le Secrétaire : Mme Zaga Mendez
(Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Abstention.
Le Secrétaire : M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
M. le ministre... Adopté. M. le ministre, l'article 3.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, article 3 : L'article 174 de cette loi est
abrogé.
Et le
commentaire : l'abrogation proposée retire la possibilité pour la Régie du
bâtiment de prévoir au Code de construction
les cas dans lesquels certains professionnels peuvent déroger aux normes
relatives à l'efficacité énergétique lorsqu'une personne physique en
fait la demande dans le contexte de la construction d'une maison unifamiliale.
Elle est faite en concordance avec les modifications suggérées aux
articles 2 et 4 du projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 3?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Alors, si on lit ce qui est abrogé, là, c'est... je vais le... je vais le lire,
là : «Le Code de construction (chapitre B-1.1, r. 2) peut déterminer les
cas où un entrepreneur, un architecte ou un ingénieur peut déroger aux normes relatives à l'efficacité énergétique
d'un bâtiment lorsqu'une personne physique qui désire faire construire une maison unifamiliale exige par écrit des
spécifications différentes.» Tout à l'heure, je le mentionnais, que ça, c'était
une inquiétude du... de l'Ordre des ingénieurs du Québec, de dire : Bien, actuellement, là, c'est une
possibilité. Est-ce qu'on va retrouver exactement cet élément-là dans le
code de construction du bâtiment durable?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : Merci. Bien, en
fait, c'est, en quelque sorte, un article de concordance. Étant donné que
l'efficacité énergétique revient au ministère ici, c'est normal, là, que les
pouvoirs suivent, en quelque sorte. Et quoi dire
de plus que c'est une suite logique, là, tout simplement, étant donné qu'on
aura la responsabilité d'établir un règlement en conséquence et qu'on va
se... on va s'y référer par la suite.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée.
Mme Dufour : Merci. J'aimerais
avoir une réponse claire, si possible. Est-ce que cet élément-là, qu'on trouve
ici, va se retrouver dans le code de bâtiment durable? Il ne sera peut-être pas
tel quel, mais l'exemption qu'on permet, la
possibilité qu'on permet aux entrepreneurs, architectes, ingénieurs de déroger
aux normes relatives à l'efficacité énergétique vont être possibles.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le ministre.
M. Charette : ...à ce
niveau-là, avec consentement, on pourrait passer la parole au légiste.
Mme Dufour : Consentement.
Le
Président (M. Jacques) : Bon, veuillez vous nommer et donner
votre titre.
M. Woitrin
(Pierre) : Oui, bonjour. Pierre Woitrin, légiste au ministère de la
Justice.
Bien
évidemment, on ne peut pas présumer de ce qu'un règlement pris en application
de la Loi sur la performance environnementale va prévoir, mais ce
qu'on... ce sur quoi on peut peut-être se reposer, c'est les dispositions qui
vont... qui encadrent l'habilitation du gouvernement à prendre un tel
règlement. L'article 10 va permettre de prendre des normes en matière de
travaux de construction. C'est ce qu'on a vu précédemment. L'article 12 va
permettre au gouvernement d'identifier des personnes qui vont être responsables
de prendre... en fait, d'appliquer ces normes-là. Donc, ce qu'on retrouve,
essentiellement, à l'article 174 de la Loi sur le bâtiment, en ce moment,
permet d'atteindre l'objectif qui est poursuivi par cet article-là, ça fait que
de fixer des normes et d'identifier les personnes qui vont être en charge de
les appliquer... de les respecter, plutôt.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, Me Woitrin. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Je... Moi, je considère encore qu'on fait une erreur ici, mais bon. On a
déjà adopté l'article précédent, donc on va aller de l'avant.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 3? Donc, est-ce que l'article 3 est adopté?
Des voix : ...
Le Président
(M. Jacques) : Par appel nominal. M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Émond (Richelieu)?
M. Émond :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Président
(M. Jacques) : Abstention. L'article 3 est adopté. Article
4, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le Président.
Donc, l'article 4 : L'article 185 de cette loi est modifié par la suppression
du paragraphe 0.4°.
Et là je me
rends tranquillement au commentaire, parce que c'est un article qui est très
long. Donc, le commentaire : la
modification proposée retire des habilitations réglementaires de la Régie du
bâtiment la détermination des normes concernant l'efficacité énergétique
d'un bâtiment.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a
des commentaires sur l'article 4?
Mme Dufour :
Ça aurait été bien d'entendre le ministre lire ça, tout ça. C'est quelques
pages. Je pense qu'on se serait rendus à l'heure du dîner.
Évidemment,
M. le Président, vous comprendrez que, comme on veut retirer, encore une fois,
à la régie le fait de déterminer des normes concernant l'efficacité
énergétique d'un bâtiment, bien, j'aimerais qu'il y ait un vote par appel
nominal.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 4? Donc, un vote par appel
nominal. M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
M. Émond :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley :
Contre.
Le
Secrétaire : Mme Zaga Mendez (Verdun)?
Mme Zaga
Mendez : Abstention.
Le
Secrétaire : M. Jacques (Mégantic)?
Le Président
(M. Jacques) : Abstention. L'article 4 est adopté.
L'article 5, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le Président.
5. L'article 196.2 de cette loi est modifié par la suppression de «commet
une infraction et».
Le commentaire très
simple, et on vient de me le confirmer, là, c'est une modification qui est
proposée uniquement afin de retirer une redondance au texte.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 5? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M. le
Président. Quand j'ai lu cet article-là, je me suis posé la question :
Pourquoi, en fait, on veut retirer le
fait qu'une infraction est commise? Et je pense que, de mémoire, là, ça
concerne l'article suivant également. Je voudrais juste comprendre,
parce qu'on ne l'explique pas vraiment, là. On dit : Oui, OK, retirer une redondance du texte, mais ça reste qu'on dit que
la personne en question, le constructeur, propriétaire ou entrepreneur,
commettrait une infraction, puis là on vient dire qu'il est simplement passible
d'une amende. On vient retirer le fait qu'il ait commis une infraction, et je
voulais comprendre pourquoi.
Le
Président (M. Jacques) : Me Woitrin.
• (11 h 30) •
M. Woitrin
(Pierre) : Oui, vraiment, c'est une correction qui est apportée au
texte, en l'occurrence à cet article-là et à
l'article suivant, comme vous le mentionnez. Lorsqu'on est passible d'une
amende d'un certain montant, on a forcément commis une infraction. Ça
fait qu'on ne retire pas le fait de commettre une infraction, il s'agit, effectivement, de comportements qui sont punis par
la loi. Mais le texte «est passible d'une amende» suffit à ce qu'on
puisse, donc, condamner la personne en question à une telle amende.
Mme Dufour :
Parfait. Merci pour l'explication légale.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 5? Est-ce que
l'article 5 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président
(M. Jacques) : Adopté. M. le ministre, l'article 6.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
6.
Les articles 197.1, 197.2 et 199.1 de cette loi sont modifiés par la
suppression de «commet une infraction et».
Le
commentaire est le même, les modifications proposées retirent une
redondance au texte.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'article 6? Est-ce que l'article 6 est adopté?
M. Charette :
Adopté.
Le Président
(M. Jacques) : Adopté. Article 7, M. le ministre.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
7. L'article 16
de la Loi sur Hydro-Québec est modifié par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «[...]l'article 17.1.11 de la Loi sur le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune[...]» par «à l'article 10.5 de la Loi
sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des
Parcs[...]».
Et le
commentaire : cet article prévoit une modification de concordance en lien
avec l'abrogation de l'article 17.1.11 de la Loi sur le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune. La quote-part des distributeurs d'énergie
n'est, en effet, plus payable en vertu de l'article 17.1.1 de la Loi sur
le ministère des Ressources naturelles et de
la Faune, mais bien en vertu de la Loi sur le ministère du Développement
durable, de l'Environnement et des Parcs. Il y a, donc, lieu de modifier
le texte de l'article.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 7?
Est-ce que l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. L'article 8, M. le ministre.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
8.
L'article 22.1 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
deuxième alinéa, de «du plan directeur en transition, innovation et efficacité
énergétiques prévu par la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de
la Faune[...]» par «de la politique-cadre
sur les changements climatiques prévue par la Loi sur la qualité de
l'environnement[...]».
Le
commentaire : cet article prévoit une modification de concordance en lien
avec la disparition du plan directeur en transition, innovation et
efficacité énergétiques. Comme les programmes et les mesures auxquelles
l'article réfère seront désormais dans la
politique-cadre sur les changements climatiques, il y a lieu de mettre à jour
le texte de l'article.
Le Président (M.
Jacques) : Des interventions sur l'article 8? Mme la députée de
Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui. Merci, M. le Président.
Donc, de ce que je comprends, ceci fait en sorte que, quand on parle de
politique-cadre sur les changements climatiques, on parle bien du PEV, du Plan
pour une économie verte, puis les différents PMO. Je ne suis pas contre la
modification. J'aimerais ça profiter de l'opportunité pour développer un peu
sur la vision qu'a le ministre concernant la transition énergétique dans le
PEV. Tout à l'heure, on a parlé de réglementations qui vont avoir lieu
concernant les gaz puis on a... j'aimerais ça nous ramener sur le fond de la question. Est-ce que le ministre... Il l'a déjà
affirmé, puis je veux juste l'entendre sur le fait que le gaz naturel, surtout
les gaz fossiles, là, ce n'est pas une énergie de transition et comment ceci va
se refléter dans le PEV, étant donné que, désormais, avec cet
article-là, la responsabilité va être donnée au ministère de l'Environnement.
M.
Charette : ...est déjà effective, là, la transition
énergétique, elle est déjà au ministère. Le gaz naturel, il faut distinguer
du gaz naturel renouvelable. Pour nous, le gaz naturel renouvelable est quelque
chose à développer, avec une accélération, même. On a
augmenté, dans la réglementation, le pourcentage minimal qui est nécessaire, on
veut certainement poursuivre dans cette voie-là. Et, sinon, le gaz naturel
lui-même, sans être un mal à tout point de vue, on l'a vu, l'importance qu'il
joue dans le bâtiment. C'est quelque chose dont on doit se départir
graduellement, mais ça ne peut pas se faire du jour au lendemain, compte
tenu... Ne serait-ce que dans le bâtiment, on l'a dit à plusieurs reprises, il
y a plus que 10 mégawatts qui est lié au gaz naturel dans le bâtiment.
C'est énorme. Donc, ça doit se faire de
façon concertée et planifiée. Mais, non, ce n'est pas le but que de maintenir
le gaz à tout prix. Au contraire, là, il faut diminuer notre recours
graduellement.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée.
Mme Zaga Mendez : Dans ce sens, M.
le ministre, il y a une des recommandations qui a été faite par la Coalition
Sortons du gaz!, là, je vais la lire, là, j'aimerais savoir votre avis sur la
question. Parce qu'on parle... Là, vous dites : On a les pouvoirs, on est
prêt à aller plus loin, le gaz naturel, ce n'est pas une énergie de transition.
Ici, on a une suggestion qu'il soit formellement indiqué, dans le Plan pour une
économie verte, que... et ses plans de mise en oeuvre, donc les différents PMO,
que le gaz naturel n'est pas une énergie de transition et qu'à ce titre il ne
peut se qualifier sur le programme de financement conçu pour soutenir la
transition énergétique. Est-ce que le ministre est d'accord avec ça?
M. Charette : Peut-être juste une
petite... Je vais m'autocorriger — des fois, je m'entends parler après
coup : j'ai dit «10 mégawatts», mais on comprend que c'est
10 000 mégawatts. Sinon, sinon, pour nous... C'est là où on a le droit d'avoir des divergences d'opinions. Pour
nous, la biénergie est une façon d'accélérer notre lutte aux changements
climatiques en réduisant notre recours au
gaz, mais en planifiant mieux nos besoins énergétiques. Donc, si, dans le
libellé, et je devine que c'est le cas, de cette coalition, de ce
regroupement-là, c'est une condamnation indirecte, la biénergie, on ne
pourrait pas aller de l'avant avec cette proposition-là.
Mme Zaga Mendez : Là, on parle... Le
libellé, on parle du gaz naturel. On pourrait aller... Parce qu'on a tous, tous
les... comment je peux dire, les différentes façons que le gaz fossile est
utilisé. Là, on parle vraiment de se qualifier sur les programmes de
financement qui sont conçus pour la transition énergétique. Donc, l'objectif,
là, des prochaines sections, là, puis on va rentrer, par la suite, à
l'article 10.5, là, sur le pouvoir du ministre en termes de transition,
c'est que, désormais, on va faire référence à la politique-cadre sur les
changements climatiques. La suggestion ici,
c'est que, dans le cadre de cette politique-là, on soit très clair sur
l'intention de ne pas financer, par des programmes qui sont conçus à la
transition énergétique, des nouveaux branchements au gaz ou l'industrie
gazière. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
M. Charette : Pour les nouveaux
branchements, on a eu l'occasion d'en discuter, là, dans les prochains mois, on
va arriver avec un cadre assez établi. Mais même le gaz naturel, ça peut être,
dans certains cas... J'essaie de penser à des cas de figure. Si on a...
Et je ne veux pas nommer d'entreprises, bien que j'en aie en tête. Si on a une
entreprise qui utilise, à travers son procédé industriel, quelque chose qui est
beaucoup, beaucoup plus émissif que le gaz naturel;
si, dans sa solution, il y avait une partie qui était associée au gaz naturel,
il faudrait y penser. Si ça nous permet de diminuer significativement
nos émissions, il faut que ça fasse partie de la réflexion. Donc, de façon
catégorique, dire : C'est non dans
toutes les circonstances, je ne pourrais pas aller de l'avant avec ça. Il faut
se donner la peine d'évaluer l'impact sur chaque projet en vertu, là,
des programmes, là, qui sont disponibles.
Mme Zaga Mendez : Donc, ce que vous
êtes en train de dire, c'est que, si on utilise encore l'énergie fossile comme
le gaz dans le cadre de... Comment... J'essaie de voir une étude... un cas
précis dans lequel l'introduction du gaz fossile, le ministre vient de le dire,
dans un procédé quelconque, viendrait réduire les émissions de GES. Dans quel
remplacement vous les...
M. Charette : J'ai assez d'enjeux
avec certaines de ces entreprises-là, je ne vais pas les nommer spécifiquement.
Mais une entreprise qui fonctionnerait, par exemple, au coke de pétrole, si,
dans les solutions qu'elle propose ou qu'on lui impose, il devait y avoir une
solution où le gaz naturel joue un rôle, ça pourrait nous permettre de diminuer
de façon significative nos émissions de gaz à effet de serre. Donc, c'est dans
cette perspective-là où je ne peux pas, de façon catégorique, dire : Le
gaz naturel n'est jamais une option valable pour limiter ou diminuer nos
émissions de gaz à effet de serre. On va privilégier d'autres choses quand
c'est possible, on va privilégier le gaz naturel renouvelable quand c'est
possible. Mais, si ça fait partie d'un cocktail de mesures avec des changements
au niveau de leurs procédés industriels, il faut se donner la peine de
considérer la chose, et, dans certains cas, dans certains types d'industrie, ça
peut faire une différence importante.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Bien, je comprends
qu'il y a certains procédés pour lesquels il faut réserver le gaz naturel parce
qu'on ne peut pas les électrifier. Là, ce que j'entends... Puis je veux juste
mieux comprendre l'intention du ministre. Parce que la question qui nous est
posée, c'est que : Est-ce qu'on va mettre ou pas de l'argent qui est
destiné à la transition énergétique pour introduire du gaz naturel, que ce soit
au niveau de l'industrie, que ce soit au niveau du
bâtiment? C'est ça, la question qui est posée. Là, dans le cas que vous avez
nommé, si d'autres solutions existent, si l'électrification est possible, je
veux juste comprendre pourquoi le ministre souhaite encore financer. Parce que c'est des sous qui doivent être destinés
à la transition, c'est de l'argent pour la transition. Donc, est-ce que je comprends
que, même si une alternative d'électrification existe, le ministre est à l'aise
de financer, par le PMO3... pardon, le PMO qui va suivre ou le PEV,
l'utilisation du gaz naturel dans un procédé de transition?
M. Charette : Il y a deux, trois
choses importantes à préciser. Dans certains cas, c'est impossible de
transformer un procédé industriel qui passerait, par exemple, du coke de
pétrole à l'électricité, c'est tout simplement impossible. Dans tous les cas de
figure, c'est extrêmement rare qu'il y aurait ce type de recours là.
Et pour ce qui est du nouveau bâtiment, on se
souvient, et c'est tout récent, je pense, c'était la journée même, si je me
souviens bien, de la consultation, lorsque Énergir s'est présenté, la régie...
ou la veille, plutôt, la Régie du bâtiment donnait suite à une demande même
d'Énergir de dire : Le nouveau bâtiment ne sera pas raccordé par du gaz
naturel, mais bien par du gaz naturel renouvelable. Donc, on est déjà dans
cet... Et là, maintenant, c'est une demande d'Énergir à la régie — j'ai
dit «du bâtiment», probablement, je fais souvent la même erreur — la
Régie de l'énergie, la journée même ou la
veille, il faudrait vérifier au niveau de l'agenda, venait de donner suite à
cette demande-là. Donc, le nouveau bâtiment sera raccordé par du gaz
naturel renouvelable, là, dorénavant.
Mme Zaga Mendez : Je vais me
permettre de faire une dernière suggestion au ministre. Est-ce qu'il aurait
l'intention ou est-ce qu'il serait ouvert à qu'on ait la liste des énergies ne
pouvant se qualifier pour la transition énergétique et donc bénéficier d'un
soutien financier à travers les différents programmes dont on avait parlé tout
à l'heure, que cette liste-là soit formellement, après ça, ajoutée dans les
documents de cadrage officiels, que ce soit le PEV et le PMO? C'est-à-dire, là, je ne vous demande pas de me répondre
en détail, même, là, est-ce qu'il y a le gaz ou pas. Est-ce qu'il y a la liste
d'énergies qui peuvent qualifier à ce type de subvention? Est-ce qu'il y a une
ouverture de votre part pour les ajouter dans les... dans le PEV ou le
PMO?
M. Charette : Ça revient un petit
peu à l'échange qu'on a eu précédemment. Il y a certains groupes, je respecte
leur opinion, je ne suis pas... je ne suis pas tenu de la... c'est-à-dire de...
d'être d'accord avec eux, mais, pour certains
groupes, le gaz naturel n'est jamais, jamais une option. Donc, ces groupes-là
souhaiteraient vraisemblablement à ce
que le mot «gaz naturel» figure en noir et blanc dans une pareille liste. Moi,
je dis que, pour... dans certains... certaines conversions, ça peut être
envisageable d'intégrer du gaz naturel, si ça devait remplacer quelque chose de
nettement plus émissif et lorsque l'électrification n'est pas possible. Moi,
entre une source très émissive, l'absence d'alternative 100 %
hydroélectrique, par exemple, et une autre formule avec peut-être du gaz
naturel, oui, mais qui amène des résultats
probants en matière de réduction de GES, je ne me priverai pas de cette
économie-là d'émission de GES. Donc, je ne pourrais pas intégrer le mot
«gaz naturel» dans une liste, comme souhaité, là, par certains groupes.
Mme Zaga Mendez : En fait, ce qui
est souhaité, puis là je vous le dis, là, c'est au-delà des groupes, là, ce
n'est pas d'avoir juste le mot «gaz naturel», d'être transparent puis de dire
c'est quoi, la liste d'énergies qui qualifient. Vous venez de décrire un cas de
figure qui peut être assez clair et même faire l'unanimité chez certains :
quand c'est impossible d'électrifier, le gaz naturel peut être permis. Est-ce
que ce type de conditions là... est-ce que la liste d'énergies qui peuvent être
utilisées et sous quelles conditions peuvent déjà apparaître dans le cadre
officiel du Plan pour une économie verte ou des PMO pour guider ou créer des
contraintes, là, on va se le dire, quand c'est possible d'électrifier? Par
exemple, est-ce que vous êtes prêts à financer le gaz naturel, même quand on
connaît qu'il y a un procédé qui est possible et, voire, souhaitable? Ça vous
donnerait des barèmes pour guider le financement.
M. Charette : Là, on vient peut-être
de s'entendre pour dire qu'on ne pourrait pas mettre le gaz naturel dans cette
liste-là.
Mme Zaga Mendez : Je dis : La
liste.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire, ce
serait une liste où le mot «gaz naturel» ne pourrait pas apparaître. Est-ce
qu'on... est-ce que j'ai l'assentiment de Québec solidaire à ce sujet-là?
Mme Zaga Mendez : Non, ce que je
dis, c'est différent. Ce que je dis, c'est : Ce sont les conditions. Puis,
moi, ma question sur ces conditions-là,
c'est : Lorsqu'il existe une possibilité d'électrification, pourquoi on ne
met pas, noir sur blanc, ce qu'on... quand il existe une possibilité,
là, d'électrification, de le mettre noir sur blanc qu'on ne va pas financer du
gaz naturel par... C'est nos programmes, là, c'est notre argent public, là,
qu'on ne va pas financer lorsqu'il existe... Là, je vous donne des options, là.
Est-ce que, ça, avez-vous une ouverture de le mettre dans le cadre du PEV ou du
PMO3?
M. Charette : ...au niveau du
gouvernement, qui est beaucoup plus pragmatique et concrète au niveau des
résultats. Là, on est dans des cas de figure, c'est difficile de généraliser,
mais l'alternative peut exister en théorie, mais ça n'a jamais été démontré. Si
l'alternative est beaucoup trop dispendieuse, au point où l'entreprise ne
ferait pas cette transformation-là, est-ce
que l'on est gagnant à maintenir, par exemple, le coke de pétrole? Donc, il y a
plusieurs considérants, c'est la raison pour laquelle je ne peux pas,
tout simplement, dire : Je mets une liste, je dresse une liste avec plein
d'interdictions, sans considérer les impacts de ces interdictions-là. Je ne
pourrais pas, je ne pourrais pas me priver de ces avantages potentiels
là.
Le
Président (M. Jacques) : ...interventions à l'article 8? S'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que l'article 8 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) : Adopté. Article 9. M. le ministre, commencez
par l'article. Et je sais qu'il y a un amendement déposé... déjà, déposé
sur Greffier.
M.
Charette : Merci, M. le Président. Je lis la version
originale dans un premier temps. Donc, 9 : L'annexe III
de la Loi sur la justice administrative est modifiée par l'insertion,
après le paragraphe 4°, du suivant :
«5° — donc — les
recours formés en vertu des articles 8, 14 et 15 de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments[...];».
Et le
commentaire : cet article ajoute à la liste des recours entendus par la
section du territoire et de l'environnement du Tribunal administratif du
Québec, les contestations de la cote attribuée par le ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs à un bâtiment, de sa décision
quant à un programme correcteur soumis ou de sa décision de mettre fin à
un programme correcteur. Cet ajout est nécessaire afin que le Tribunal
administratif du Québec puisse examiner ces recours.
Et je vous lis
maintenant... Je vous lis, par contre... pardon, maintenant, l'amendement.
Donc : Dans le paragraphe 5° de
l'annexe III de la Loi sur la justice administrative, proposé par
l'article 9 du projet de loi, supprimer «8,».
Et le
commentaire : en raison du retrait de l'article 8 à la Loi sur la
performance environnementale proposé par le présent projet de loi, il n'est
plus nécessaire d'en prévoir l'ajout à l'annexe III de la Loi sur la
justice administrative.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement à l'article 9? S'il
n'y a pas d'intervention... Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Juste pour le
bénéfice de ceux qui nous écoutent... Dans le fond, c'est l'article 8,
c'est ce qu'on avait retiré, là, c'était la demande de révision qui devait être
traitée avec diligence, qui était, en fait, incluse dans un autre amendement à l'article... Mon Dieu! Je ne me souviens plus
quel article, mais c'est un article précédent, je pense, c'est le 4,
quelque chose comme ça, qui avait été modifié pour inclure cette possibilité-là.
Donc, c'est pour ça que l'article... le 8 n'est plus nécessaire dans l'article
qu'on est en train de discuter.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement à
l'article 9? Est-ce que l'amendement à l'article 9 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 9 amendé?
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 9, amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 10. M. le ministre.
• (11 h 50) •
M. Charette : ... de la Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages est
modifié par l'ajout, à la fin du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«7° la Loi sur la performance environnementale
des bâtiments[...].»
Et le commentaire : la modification
proposée vise à rendre les dispositions de la Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages
applicables à la nouvelle Loi sur la
performance environnementale des bâtiments. Cet ajout permettra, notamment,
d'appliquer les dispositions nécessaires pour vérifier l'application de
la Loi sur la performance environnementale des bâtiments et à mettre en place
les régimes de sanctions administratives pécuniaires et pénales applicables.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 10?
Est-ce que l'article 10 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 11, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
11. L'article 5 de cette loi est modifié
par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Malgré
le premier alinéa, seuls les pouvoirs prévus aux paragraphes 1°, 2°, 4° à 7°,
9° et 11° peuvent être exercés pour veiller à l'application de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments[...]. Toute personne qui accompagne un inspecteur en vertu du paragraphe
11° ne peut alors qu'exercer les pouvoirs prévus aux paragraphes 1°, 2°,
4° à 7° et 9°.»
Et le commentaire,
quelques pages plus loin : le premier alinéa de l'article 5 de
la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages prévoit les pouvoirs que peut
exercer un inspecteur lorsqu'il se présente pour examiner un lieu et en faire
une inspection dans le cadre de ses fonctions.
L'alinéa qu'il est proposé d'ajouter circonscrit les pouvoirs des inspecteurs
dans le contexte de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments, édictée par le projet de loi.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui,
merci, M. le Président. J'aimerais comprendre. On vient dire que seuls les
pouvoirs prévus aux paragraphes 1°, 2°, 4°... Ah! 4° à 7°. OK. Pardon. J'avais
lu 4°, 7°. 4° à 7°, OK, c'est parfait. Donc, j'ai ma réponse.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 11? Donc, est-ce que l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 12, M. le ministre.
M. Charette :
Merci. 12. L'article 6 de cette loi est modifié par l'insertion, à la
fin du troisième alinéa, de «et de la Loi sur la performance environnementale
des bâtiments[...]».
Et le
commentaire : la modification proposée limite les pouvoirs pouvant être
exercés par un inspecteur dans le contexte de l'application de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 12? Est-ce que l'article 12 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 13, M. le ministre.
M. Charette :
Merci, M. le Président. 13. L'article 17 de cette loi est modifié... (panne
de son) ...la fin du cinquième alinéa et de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments.
Le commentaire :
la modification proposée limite les situations dans lesquelles un avis
d'exécution peut être transmis dans le contexte de l'application de la Loi sur
la performance environnementale des bâtiments.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions
sur l'article 13? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 13 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. M. le ministre, vous avez un amendement
introduisant l'article 13.1, qui est déjà déposé sur Greffier.
M. Charette :
Exact.
Le Président (M.
Jacques) : M. le ministre.
M. Charette :
J'en fais la lecture, donc : Insérer, après l'article 13 du
projet de loi, le suivant :
«13.1.
L'article 79 de cette loi est modifié par le remplacement de "et aux
sanctions administratives pécuniaires imposées en vertu de la présente loi ou
des lois concernées" par ", aux sanctions administratives pécuniaires
imposées en vertu de la présente loi ou des
lois concernées et à une cote de performance environnementale attribuée à un
bâtiment en application du deuxième alinéa de l'article 6 de la Loi
sur la performance environnementale des bâtiments[...]".»
Et le
commentaire : l'amendement donne la compétence au Bureau de réexamen de se
pencher sur les demandes de réexamen de cote
de performance environnementale attribué à des bâtiments en application du
deuxième alinéa de l'article 6 de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions
sur l'amendement à l'article... introduisant l'article 13.1? Mme la
députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Donc,
juste pour bien comprendre, là, c'est après... Parce que, dans
l'article 13, on fait... on parle de
l'article 17, là, on parle de l'article 79. C'est juste une question
de visualiser comment l'article 79 de cette loi se lie désormais
avec cet amendement.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. Me Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Oui, je peux
faire une tentative de consolidation du texte. Mais, essentiellement, ce qu'on
vient faire à l'article 79, c'est vraiment de permettre de saisir le
Bureau de réexamen. Ça fait que ça se lirait probablement comme suit, je
m'essaie : «Le Bureau de réexamen a la charge de traiter les demandes de
réexamen...» Attendez. OK. «...par la présente loi, soit celles relatives aux
avis d'exécution visés à l'article 17 [et] aux sanctions administratives
pécuniaires imposées en vertu de la présente loi ou des lois concernées et à
une cote de performance environnementale attribuée à un bâtiment en application
du deuxième alinéa de l'article 6 de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments[...].»
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Puis, c'est ça, si
je me souviens, c'est juste de la concordance avec qu'est-ce qu'on avait voté auparavant, qu'on donnait plus le
pouvoir au bureau... C'est ça, ce qui manquerait dans le... Je m'en souviens,
de l'article 79, c'est pour ça.
M. Woitrin
(Pierre) : Bien, effectivement, l'article 79 circonscrit
les pouvoirs du Bureau de réexamen, ça fait que, pour pouvoir être saisi
de demandes de révision telles que celles qui sont visées... Voilà.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à ma
question.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement introduisant
l'article 13.1? Est-ce que l'amendement introduisant l'article 13.1
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 14.
M. Charette : Merci, M. le Président.
Donc, 14. L'article 12 de la Loi sur le ministère des Ressources
naturelles et de la Faune est modifié par la suppression des paragraphes 14.2°
à 14.5° du premier alinéa.
Et le commentaire : il convient de retirer
les responsabilités liées à la transition énergétique contenues aux paragraphes
14.2° à 14.5° du premier alinéa de l'article 12 de la Loi sur le ministère
des Ressources naturelles et de la Faune. Les responsabilités liées à la
transition énergétique contenues dans ces paragraphes sont transférées à
l'article 10.1 de la Loi sur le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs, proposé par l'article 20 du projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Est-ce que c'est possible de savoir pourquoi, à l'époque, ça avait été fait? Puis là j'ignore à quel moment, mais
pourquoi le ministère des Ressources naturelles et de la Faune avait le mandat
lié à l'efficacité énergétique, puis on disait même d'élaborer des programmes
et des mesures en matière de transition, d'innovation et d'efficacité
énergétique? Est-ce qu'on le sait, à l'époque, pourquoi ça avait été prévu
comme ça?
Le Président (M. Jacques) : M. le ministre.
M. Charette : On remonte à quelques
années déjà. Le MERN — le
«E», c'était «Énergie» — donc,
ils avaient le volet énergie. Là, avec les nominations du dernier décret, il y
a des volets qui sont allés au... Là, je me trompe avec les nouveaux acronymes.
Le volet faune, parcs est venu chez nous; le volet transition énergétique est
venu chez nous; le volet MRNF, donc ministère, Ressources naturelles et Forêts,
est allé dans un nouveau... En fait, c'est
une répartition différente des responsabilités. Et là, avec ces articles-là, on
vient confirmer les responsabilités, là, du décret de nomination.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée.
Mme Dufour : Oui. Est-ce que le
ministère des Ressources naturelles avait des programmes en efficacité
énergétique?
M. Charette : Oui. Au départ, quand
on a pris le pouvoir, en 2018, il y avait Transition énergétique Québec, qui a
été intégrée ensuite au M-E-R-N — je vais dire «MERN», c'est plus facile,
je vais dire «MERN», c'est plus facile — et la transition énergétique,
par la suite, est venue à l'Environnement. Et tout ça peut découler des intentions qui ont été confirmées dans le projet de loi
n° 44, qui avait été adopté, si je me souviens bien, là, à l'été ou à
l'automne 2020.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le ministre, je
comprends bien qu'il y a eu un changement, vous êtes responsable pour la transition énergétique. Mais, quand même, quand je
regarde les articles 14.4 et 14.5, je trouve que de garder ces éléments,
au mieux, garder ça dans la loi, ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose
parce qu'on veut continuer de s'assurer
qu'il y ait un financement des programmes dans le milieu des ressources naturelles,
juste penser à le milieu des mines, puis aussi de s'assurer d'une
coordination de l'ensemble des programmes en mesures de matière de transition,
innovation et efficacité.
• (12 heures) •
Alors, c'est juste d'expliquer, comme, quand
même, pour les principes et des idées un petit peu générales comme ça, M. le ministre, pourquoi on veut enlever
ça d'un projet de loi quand, on sait, on veut que tous les ministères
coordonnent un petit peu sur l'efficacité énergétique?
Le Président (M. Jacques) : Oui. M.
le ministre.
M. Charette : Très, très simplement.
Les décrets ont déjà été adoptés, il reste à modifier la législation en
conséquence. Mais c'est déjà ce qui se fait, c'est juste... On profite du
projet de loi pour faire les concordances qui ont été faites d'un point de vue
réglementaire, les faire d'un point de vue législatif.
M. Kelley : Mais, c'est sûr,
j'imagine, ça dit que, pour la suite des choses, pour le ministère des
Ressources naturelles, assurer une
coordination de l'ensemble des programmes et des mesures en matière de
transition, d'innovation et d'efficacité énergétique, ça va passer pas
par les lois, mais par des politiques?
M. Charette : Le décret le disait
déjà. On vient l'officialiser par la loi. Mais c'est déjà... tout ça est déjà effectif, c'est déjà... Les programmes ont été
rapatriés, on a un nouveau sous-ministériat, au ministère, là, qui a assumé
cette nouvelle responsabilité. Donc, c'est effectif, mais on vient
l'officialiser à travers le corpus législatif également.
M. Kelley : OK. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui, merci, M. le
Président. Juste pour un peu introduire, peut-être, la discussion qu'on va
avoir dans l'article 20, là. Parce que, de ce que je comprends, on retire
ces articles-là de la loi concernant les
Ressources naturelles. Mais, maintenant, même si c'est... l'effet, c'est avec
le ministre de l'Énergie, pour introduire ces mêmes pouvoirs là au sein
du ministre de l'Environnement, je veux juste bien comprendre, parce que là il
y a quand même quatre articles, puis, dans l'article 20, il y a juste une
phrase, ça fait que... de bien comprendre comment l'ensemble de ces pouvoirs-là
vont être transmis au ministère de l'Environnement.
M. Charette : Je le mentionnais,
c'est déjà intégré, mais, d'un point de vue légistique, comment l'expliquer,
peut-être que Me Woitrin, là, pourrait mieux le verbaliser que moi.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Me Woitrin.
M. Woitrin
(Pierre) : Oui, effectivement. Alors, l'article 20,
qu'on va examiner plus tard, campe les responsabilités du ministre en matière de... donc, concerne des
modifications à l'article 10.1 de la Loi sur le ministère de
l'Environnement, campe un certain nombre des pouvoirs du ministre de
l'Environnement, notamment à titre de coordonnateur de l'action gouvernementale
en matière de lutte contre les changements climatiques.
Ça fait que l'énumération qui est faite dans cet
article-là couvre déjà énormément, un spectre assez large, là, pour couvrir
différents aspects qui sont visés par les paragraphes qu'on abroge à
l'article 12 de la Loi sur le MRNF, mais,
par ailleurs, la loi sur le ministère comprend aussi des... du ministère de
l'Environnement, je parle, comporte aussi un certain nombre de pouvoirs généraux du ministre dans différentes
matières, qui sont comparables à ce qu'on retrouvait dans ces
dispositions-là, dans la Loi sur le MRNF.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Donc, si
je comprends bien, même... C'est juste pour être certaine qu'on donne le même... un même niveau de pouvoirs, là.
C'est-à-dire, on parle quand même de programmes de mesures de... matière
de transition, ce serait inclus, on parle également de la contribution
financière... des programmes en matière de transition et des cotisations.
Puis, si je comprends bien, puis c'est
peut-être... Dans le cadre de la Loi sur le ministre des Ressources naturelles, ceci est quand même une orientation
envers l'industrie, là, l'industrie de la production, de la distribution
d'énergie ou pas? C'est ça que je veux comprendre. Est-ce que, dans le
cadre... Bien, peut-être, on pourrait être... essayer d'être plus clair. Les pouvoirs qui sont dans 14.2°,
14.3°, 14.4°, 14.5°, même s'ils sont très larges, est-ce qu'il y a une
intention dans la loi, là, des Ressources
naturelles... sur les Ressources naturelles, que ce soit axé sur la transition
des ces énergies-là ou c'est vraiment plus
large que juste les énergies de production, distribution des énergies fossiles,
par exemple?
M. Charette : ...naturellement,
plusieurs ministères, là, qui peuvent avoir un rôle à jouer, là, dans ces questions-là, mais la façon dont on le résume... la
production, c'est toujours au ministère de l'Énergie, la consommation
passe par le ministère de l'Environnement, l'offre et demande, dit autrement.
Donc, c'est la façon la plus simple de
distinguer un petit peu quel est le rôle qui demeure au ministère de l'Énergie,
versus le rôle qui nous revient.
Nous, si
on peut influencer la consommation, c'est en partie ce que l'on fait avec
l'actuel projet de loi, on est dans nos terres, en quelque sorte, là, ça fait
partie des mandats qui nous sont reconnus.
Mme Zaga Mendez : C'est bon. Ça
répond.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 14? Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 15.
M. Charette : Merci, M. le
Président. 15, donc :
L'intitulé de la section 11.0.1 de cette
loi est remplacé par le suivant : «Orientations, objectifs généraux et
cibles en matière de transition, d'innovation et d'efficacité énergétiques».
Et le commentaire : l'intitulé de la
section 10.0.1 est modifié afin de refléter les modifications qui sont apportées aux articles qu'elle contient et la
disparition du Plan directeur en transition, innovation et efficacité
énergétiques.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 15? Donc, s'il
n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 15 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 16.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
16. Les articles 17.1.1 et 17.1.3 à 17.1.12
de cette loi sont abrogés.
Et le
commentaire, quelques pages plus loin... en fait, plusieurs pages plus loin, se
lit ainsi, donc : l'abrogation proposée retire de la Loi sur le
ministère des Ressources naturelles et de la Faune les obligations concernant
les programmes et les mesures que les
distributeurs d'énergie doivent mettre à la disposition de leur clientèle,
l'obligation pour le ministre d'élaborer et de soumettre au gouvernement
un plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétique, les
modalités de la mise en oeuvre et de la révision de ce plan, ses indicateurs de
performance et la reddition de comptes qui y
est associée. Le Plan directeur en transition, innovation et efficacité
énergétiques est donc aboli.
Les obligations et modalités des programmes et
mesures que doivent réaliser les distributeurs d'énergie ainsi que
l'établissement de la quote-part payable par ceux-ci sont maintenant prévus à
la Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des
Parcs.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 16? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M. le
Président. Là, juste pour bien comprendre, on est toujours dans la Loi sur le
ministère des Ressources naturelles et de la Faune, c'est bien ça? Et là ce
qu'on comprend, c'est que tout ce qui était les définitions de «distributeur
d'énergie», tout ça, ça passerait, dans le fond, au ministère de
l'Environnement, bon, et Transition énergétique. Mais il y a aussi le ministère
de l'Énergie, donc j'essaie juste de saisir pourquoi la première section ne
s'en va pas dans le ministère de l'Énergie.
M. Charette : En fait, le nom du
ministère a changé au fil des années, mais tout ceci, ça s'applique déjà. C'est
un petit peu comme on l'a dit tout à l'heure : Par décrets, c'est toutes
des transformations qui déjà s'opèrent, mais
la mise à jour législative n'avait pas été faite. Donc, ça demeure l'occasion
pour le faire, mais c'est déjà effectif, tout ça.
Mme Dufour : OK. Donc, ça aurait pu
être fait il y a quelques années, dans le fond?
M.
Charette : Bien, quelques
années, non, parce que... bien, c'est ça, tout étant relatif. Le décret de
nomination date d'octobre 2022, donc un an et demi, là, en quelque
sorte.
Mme Dufour : OK. Et donc ce n'est
pas en lien avec le projet de loi qu'on a ici, c'est juste qu'on profite...
M.
Charette : Exact. On avait l'article 1, qui était le projet... en
fait, la loi édictée, et les articles subséquents du projet de loi viennent
davantage confirmer cette responsabilité nouvelle, là, pour la transition
énergétique, à travers des dispositions qui sont déjà appliquées mais qui
n'avaient pas été ajustées au niveau du corpus législatif.
Mme Dufour : Parfait,
merci.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres informations sur
l'article 16? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 16 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. M. le ministre, l'article 17.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
17.
L'article 17.12.19 de cette loi est modifié par la suppression, dans le
paragraphe 1° du premier alinéa, de «, à l'exclusion de la partie des
droits annuels pour le stockage de gaz et des droits sur le gaz soutiré
déterminée par le ministre».
Et
le commentaire : la modification suggérée aura comme conséquence de porter
au volet gestion des énergies fossiles du Fonds des ressources naturelles une
portion des droits annuels pour le stockage de gaz et des droits sur le
gaz soutiré jusqu'alors versés au Fonds de transition, d'innovation et
d'efficacité énergétiques, dont l'abolition est proposée par l'article 18
de la présente loi.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 17? S'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article 17 est adopté? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui.
Je sais qu'on veut aller un petit peu vite, M. le Président, mais c'est... je
veux juste prendre le temps de bien comprendre,
M. le ministre. On va transférer... c'est bien une partie de le fonds vers le
Fonds vert, c'est ça, ou est-ce qu'on
enlève une partie pour le Fonds des ressources naturelles, pour le stockage du
gaz? Je veux juste prendre le temps de bien lire qu'est-ce qu'on est en
train d'adopter ici.
Le Président (M.
Jacques) : Me Woitrin.
M. Kelley : Parce que ça relève aussi... à le prochain
article, on va passer beaucoup de temps. Bref, peut-être c'est juste
moi, là, mais...
M. Woitrin (Pierre) : Bien oui, effectivement,
tout ce bloc d'articles là, les articles sont liés. Donc, à l'article 18, qu'on verra après, toute la sous-section IV
de la section II.1 de la loi, donc, qui inclut les articles 17.12.21
et 17.12.22, est complètement abrogée. Ça fait que toutes les sommes, qui sont,
en fait, le Fonds de transition, innovation, efficacité énergétiques
ainsi que la détermination des sommes qui sont portées au crédit de ce
fonds-là, sont abrogées et transférées dans le Fonds d'électrification et de
changements climatiques, institué par la Loi sur le ministère de
l'Environnement.
Donc, pour éviter que
certaines sommes tombent entre deux chaises, comme on abroge
l'article 17.12.22, on a à modifier 17.12.19 pour que des sommes restantes
se retrouvent portées au crédit du volet Énergies fossiles du Fonds de gestion
des ressources naturelles. Ça fait que le chemin est compliqué à suivre, puis
je m'entends, puis je le conçois, mais, vraiment, on s'assure qu'aucune somme
ne tombe entre deux chaises.
M. Kelley : Parfait.
Puis c'était combien l'année passée? On va verser environ combien chaque année?
M. Woitrin
(Pierre) : C'est...
M. Charette :
...50 000 $ pour cette portion-là. Donc, ce n'est pas des sommes
colossales.
M. Kelley : OK.
Ce n'est pas une... OK. Parfait. Pas beaucoup. Merci. Merci pour l'explication.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 17? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 17
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 18. M. le ministre.
M. Charette :
...M. le Président.
18.
La sous-section 4 de la section 11.1 de cette loi, comprenant les
articles 17.12.21 et 17.12.22, est abrogée.
Et
le commentaire : cet article prévoit l'abrogation des articles instituant
le Fonds de transition, d'innovation et d'efficacité énergétiques et
déterminant les sommes qui sont portées à son crédit. L'article 22 du
projet de loi prévoit que ces sommes seront plutôt versées au Fonds
d'électrification et de changements climatiques.
Le Président (M. Jacques) : ...est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 18? S'il n'y a pas d'intervention,
donc, est-ce que l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 19. M. le ministre.
M. Charette :
Merci. Donc :
L'article 17.22 de cette loi est modifié par la suppression, dans le
deuxième alinéa, de «, 14.3°».
Le
commentaire : la modification suggérée est une modification de concordance
avec l'article 14 du projet de loi, qui abroge le
paragraphe 14.3°, auquel fait référence le deuxième alinéa de
l'article 17.22 de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de
la Faune.
Le Président (M.
Jacques) : ...des interventions sur l'article 19? Donc, est-ce
que l'article 19 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 20. M. le ministre.
M. Charette :
Si vous me permettez, avec le consentement des collègues, on suspendrait
l'article 20, on doit faire une petite
validation de notre côté. On pourra y revenir, vraisemblablement à la prochaine
séance, pour l'article 20.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y a consentement pour suspendre
l'article 20?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Jacques) : Consentement. M. le ministre, l'article 21. Et on
pourrait... Il y a plusieurs articles,
l'introduction de plusieurs articles dans cette partie-là, donc, si on pouvait
le faire par article, 10.2 et, par la suite, 10.3, 10.4, une par une.
M. Charette :
...oui, volontiers. Et j'aurai aussi un amendement à introduire. Donc...
Le Président (M.
Jacques) : À introduire à 20.1 ou à 21?
Des voix : ...
Le Président (M.
Jacques) : Sur 21, OK. À la fin de tout.
M. Charette :
À 10.5. Donc, on y reviendra, là, à ce moment-là. Donc, je procède avec
10.2. Donc :
«Les
distributeurs d'énergie assujettis doivent soumettre au ministre, pour
approbation par celui-ci et dans le délai qu'il fixe, les programmes et
les mesures qu'ils proposent de mettre à la disposition de leur clientèle pour
une durée de cinq ans afin de permettre
l'atteinte des cibles visées à l'article 17.1.2 de la Loi sur le ministère
des Ressources naturelles et de la Faune[...].
«Les programmes et
les mesures soumis doivent contenir une description des actions à réaliser, les
prévisions budgétaires pour la réalisation de celles-ci, leur mode de
financement ainsi qu'un calendrier de réalisation.
«Le ministère peut,
avant d'approuver un programme ou une mesure et afin d'assurer une cohérence
entre les programmes et les mesures ou s'il
considère que ces derniers ne permettront pas de répondre aux orientations,
objectifs généraux et cibles visés à
l'article 17.1.2 de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune, demander à un
distributeur d'énergie assujetti d'apporter les modifications nécessaires aux
programmes et aux mesures dont il est responsable.
«Aux fins de
l'application du présent article, on entend par "distributeur d'énergie
assujetti" :
«1° Hydro-Québec dans
ses activités de distribution d'électricité;
«2° un distributeur
de gaz naturel visé à l'article 2 de la Loi sur la Régie de
l'énergie[...].»
Et le
commentaire : cet article reprend, en grande partie, les obligations qui
se trouvaient auparavant à l'article 17.1.3
de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Certains
distributeurs d'énergie doivent mettre
des programmes et des mesures à la disposition de leur clientèle, et cet
article en prévoit l'approbation par le ministre de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Avant
d'approuver...
Une voix :
...
M. Charette : À
vos souhaits! Avant d'approuver les programmes et les mesures, le ministre
s'assure qu'ils permettront l'atteinte des orientations, objectifs généraux et
cibles visés à l'article 17.1.2 de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Si cela
n'est pas le cas, le ministre peut demander les modifications nécessaires. Les
orientations, objectifs généraux et cibles visés à l'article 17.1.2 de la
Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la Faune doivent
eux-mêmes être conformes à la politique-cadre sur les changements climatiques.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Je vais revenir un peu en arrière, là, pour expliquer un peu,
là, l'article 21. L'article 21 introduit plusieurs articles de la
loi... dans la Loi sur le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs. Donc, ce que je disais... On pourrait étudier
article par article, donc 10.2, dans un premier temps... on ne votera pas
l'article 21, mais on va faire 10.2. Par la suite, on fera 10.3 et les
suivants. Donc, si on fait la discussion sur chacun des articles, après, on
votera pour l'ensemble de l'oeuvre. Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 21, 10.2? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le ministre...
et, merci, M. le Président. Si je comprends bien, on vise ici, comme, certains
types de documents, qu'est-ce qu'on vient juste d'enlever du ministère des
Ressources naturelles, que le distributeur d'énergie... qu'il lui fournisse
dans le délai... qu'il lui indique tout renseignement ou tout document qu'il juge nécessaire. Alors c'est... Oh! excusez-moi,
peut-être j'ai les numéros tous mélangés. Ça, c'est 12, pas 2.
Excusez-moi, M. le ministre, j'ai mélangé mes numéros. Pas de question pour
l'instant, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Juste pour valider, là, dans le fond, on introduit des éléments, ici, dans la
Loi sur le ministère du Développement durable... bien, le ministère de
l'Environnement, on introduit des éléments qui touchent les distributeurs
d'énergie, qui avaient été... qu'on a retirés précédemment à la loi sur les
Ressources naturelles, si je ne me trompe pas, la loi sur... oui, c'est... le
ministère des Ressources naturelles, plutôt, mais
ces mêmes éléments là, qu'on introduit ici, il y en a déjà une partie qui sont
aussi présents dans la loi sur le ministère de l'Énergie. C'était ma
question tout à l'heure. Donc, je veux juste le valider, parce qu'on parle de
distributeurs d'énergie, là, donc je veux juste être certaine que ça reste
encore aussi dans la loi sur le ministère de l'Énergie.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Me
Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Bien, il
s'agit de la définition, puis c'est là que peut-être qu'il y aura des
éclaircissements à apporter, là, mais, en ce qui concerne vraiment 10.2, c'est
presque du copier-coller de ce qu'on retrouve
dans la Loi sur le MRNF, effectivement, votre compréhension est exacte. Ça fait
que ce sont des distributeurs d'énergie assujettis, tel que défini dans
l'article 10.2. Au dernier alinéa, on a, donc : «Aux fins de
l'application du présent article, on entend
par "distributeur d'énergie assujetti"», et on les cite. Donc, on
assujettit à certaines obligations, qui sont, à ce stade-ci, de
soumettre au ministre, pour approbation de celui-ci, donc, des programmes et
mesures qu'ils entendent mettre à disposition de leur clientèle, mais c'est un
mécanisme qui existe déjà ou qui est très comparable à ce qu'on... à ce qu'on
retrouve dans la Loi sur le MRNF actuellement.
Mme Dufour : OK, mais les programmes
et les mesures, ça, aucunement ils n'ont à les soumettre au ministère de
l'Énergie?
M. Woitrin (Pierre) : Pas en
application de ce texte de la loi sur le ministère de l'Environnement. Ça, ce sont des éléments sur lesquels le ministre, de par
cette nouvelle responsabilité, va, donc, exercer son... c'est ça, exercer
ses nouvelles fonctions en matière de transition énergétique. Ça fait que
c'est... Mais, encore une fois, c'est quelque chose qui était exercé auparavant
par un autre ministère, mais qui a été rapatrié, par les décrets de nomination d'octobre 2022, dans les mains du ministre de
l'Environnement et qu'on vient consacrer, consolider dans la loi à ce stade-ci.
Mme
Dufour : OK, mais, juste pour comprendre, ça veut dire
qu'il pourrait y avoir une partie des programmes qui sont soumis à un
ministère et une autre partie à un autre ministère?
M. Charette : Au niveau de
l'application des programmes, sans offense à Me Woitrin, on pourrait passer la
parole au sous-ministre adjoint, là, avec consentement.
Mme Dufour : Consentement.
Le
Président (M. Jacques) : M. le sous-ministre, veuillez vous nommer et
donner votre titre exact, s'il vous plaît.
M.
Gibeault (Jean-François) : Oui. Jean-François Gibeault, sous-ministre adjoint
responsable du secteur transition climatique et énergétique.
On parle
beaucoup de programmes qui visent, par exemple, l'amélioration de l'efficacité
énergétique, utilisation de bornes de
recharge, des appareils plus écoénergétiques. Donc, ce n'est pas des programmes
qui visent la production, mais la consommation. Donc, ces programmes-là sont
maintenant suivis par le ministre de l'Environnement.
Mme Dufour : Mais
je vais revenir à la proposition de mon collègue sur les... le député de
Jacques-Cartier, sur les panneaux solaires, où, là, il pourrait y avoir une
portion production, donc, il pourrait y avoir des programmes qui viseraient les bâtiments, qui... autant
l'efficacité que la production. À ce moment-là, est-ce qu'ils se retrouveraient
dans les deux ministères, les programmes seraient soumis aux deux endroits?
M. Gibeault (Jean-François) : Bien,
comme, par exemple, l'utilisation de panneaux solaires vient limiter la demande en consommation sur la production
actuelle, ce serait également financé par le même plan soumis au ministre
de l'Environnement.
Mme Dufour : OK.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui. Merci, M. le
Président. Dans le premier alinéa de cet article, 10.2, on parle des cibles qui sont fixées par la Loi sur le ministère
des Ressources naturelles et de la Faune. Et, dans ma compréhension, désormais, c'est bien le ministre de l'Économie,
de l'Innovation et de l'Énergie qui exerce les fonctions qui sont données
par cette loi-là.
Donc, ma question, ici : Pourquoi suivre
des objectifs, des cibles de transition énergétique qui sont donnés par le ministère de l'Énergie quand on vient de,
quand même, transférer un ensemble de responsabilités envers le ministère
de l'Environnement? Pourquoi ce n'est pas le ministre de l'Environnement qui,
désormais, étant donné qu'il a toutes les
responsabilités puis tous les pouvoirs qu'on vient de transférer... la
responsabilité de déterminer les cibles, en termes de transition
énergétique, vu qu'il a tous les pouvoirs qui viennent avec?
Le Président (M. Jacques) : M. le
ministre.
M. Charette : ...question, mais il
faut se référer à la politique-cadre, dans laquelle on retrouve les objectifs.
Donc, lorsque le ministère... lorsque, par exemple, le ministère de l'Énergie
fixe des cibles, de son côté, c'est pour atteindre nos objectifs de la
politique-cadre. Et les programmes pour mettre en oeuvre ces mesures-là peuvent
être financés par le ministère de l'Environnement aussi. Donc, le ministère de
l'Énergie ne pourrait pas mettre de l'avant des
éléments qui sont contraires aux objectifs à atteindre. Inversement, plus
concrètement, on a, par exemple, déterminé par loi qu'on ne vendra plus
de voitures thermiques en 2035. Pour les années 2026, 2027, 2028, 2029,
2030, il y a des obligations pour les constructeurs de vendre un certain
pourcentage de véhicules thermiques. Ça a une incidence sur Hydro-Québec, ça a
une incidence sur les politiques que le ministère de l'Énergie peut mettre en
place. Donc, dans le fond, il s'adapte aux objectifs de la politique-cadre et
aux lois, là, qu'on peut adopter, là, sur ces questions-là.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée.
Mme Zaga Mendez : Je comprends, là,
il y a une politique-cadre puis une adaptation, mais la loi, selon ma
compréhension, elle a préséance sur ce type de politique, puis le... on a déjà
des décrets, là, qui placent... Puis vous l'avez nommé tout à l'heure, la
transition énergétique est sous l'égide du ministère de l'Environnement, on
vient de transposer plusieurs pouvoirs dans ce sens puis on nous... les cibles
qui sont faites par la loi... Dans l'article 17.1.2 de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles,
pourquoi on a... Je ne comprends pas encore comment ça se fait que ce n'est
pas le ministre de l'Environnement qui délimite les cibles de transition pour
qu'elles soient aussi, en fait... un autre point à considérer, que ce soit
aussi en accord avec nos cibles de réduction de GES.
Je sais qu'on a mis... bien, on a suspendu
l'article 20, dans lequel on introduit, là, de soutenir la transition
énergétique, mais je pense qu'on est rendus à aller plus loin, là, puis que ce
soit le ministre de l'Environnement qui a, dans la loi, la responsabilité de
fixer ces cibles en termes de transition énergétique.
M. Charette : La question est,
encore une fois, très pertinente, mais, si on se rapporte à la loi, au projet
de loi n° 44, qu'on a adopté, c'est
mentionné que les cibles doivent être en conformité et en respect de la
politique-cadre. Donc, c'est dans le projet de loi n° 44, qui est
devenu loi, là, à l'automne 2020. Et le ministère de l'Environnement continue
de coordonner l'ensemble de l'action gouvernementale, là, sur ces... sur ces éléments-là,
et ça fait partie de la loi, là, en bonne et due forme, ça a été adopté, c'est
effectif, là, depuis maintenant près de quatre ans.
Mme Zaga Mendez : Je sais qu'il nous
reste comme une ou deux minutes, là, avant de prendre la pause, là. Quand vous
parlez de politique-cadre, vous parlez du PEV? Puis le PEV, c'est... est-ce ce
que, dans le Plan pour une économie verte, on a les cibles de transition en
termes de combien d'énergie, comment cette énergie va être utilisée? Est-ce
qu'on les a, à ce point-là?
M.
Charette : Comme je mentionnais, il y a plein d'éléments qui
ont fait l'objet soit de lois ou de règlements. Le mazout, ça a une incidence
sur Hydro-Québec, donc on fait un règlement là-dessus. Hydro-Québec doit
s'ajuster en conséquence. La même chose avec les centaines de milliers de
voitures électriques qui s'ajoutent, on sera à plus de 2 millions
en 2030. Ça a une incidence sur Hydro-Québec, donc les cibles d'Hydro-Québec
doivent s'ajuster à cette réglementation, à cette législation-là. Donc, c'est
déjà... c'est déjà pris en compte.
Mme Zaga Mendez : Je
vais revenir par la suite, M. le Président.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 10.2? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,M. le
Président. Alors, au début de l'article 10.2, on dit que le ministre...
dans le fond, on dit «dans le délai qu'il
fixe», OK... ils «doivent soumettre au ministre, pour approbation par celui-ci
et dans le délai qu'il fixe», le
ministre. C'est... Qu'est-ce qui est un délai... quel délai, là, qui est
raisonnable, en regard de cet article-là?
Le Président (M. Jacques) : M. le
ministre.
Des voix : ...
M.
Charette : Actuellement, on est... je validais l'information,
là, auprès du collègue, donc, actuellement, on est sur un plan quinquennal 2021‑2026.
À l'échéance, ils devront soumettre un nouveau plan, qui devra, là, être
validé, là, par le ministère.
Mme Dufour : OK, donc on parle d'aux
cinq ans, c'est ça?
M. Charette : Actuellement, oui,
c'est des plans quinquennaux.
Mme Dufour : OK. Est-ce que ça
pourrait changer, ces délais-là?
M.
Charette : On pourrait. On pourrait, effectivement.
Actuellement, c'est ce qui est en place et c'est ce qui semble bien
fonctionner, mais les délais pourraient être modifiés, effectivement.
Mme Dufour : OK. Merci. Je
reviendrai après.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Et, compte tenu de l'heure, nous suspendons nos travaux.
(Fin de la séance à 12 h 30)