Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, February 20, 2024
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Vol. 47 N° 39
Clause-by-clause consideration of Bill 41, an Act mainly to reform municipal courts and to improve the justice system’s efficiency, accessibility and performance
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Intervenants par tranches d'heure
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Jacques, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Grondin, Agnès
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Bogemans, Audrey
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Émond, Jean-Bernard
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Chassin, Youri
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Dufour, Virginie
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Kelley, Gregory
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Dufour, Virginie
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Jacques, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Charette, Benoit
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Dufour, Virginie
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Jacques, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Kelley, Gregory
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Lemay, Mathieu
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Grondin, Agnès
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Bogemans, Audrey
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Émond, Jean-Bernard
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Chassin, Youri
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Zaga Mendez, Alejandra
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Jacques, François
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Charette, Benoit
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Zaga Mendez, Alejandra
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Dufour, Virginie
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Kelley, Gregory
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Dufour, Virginie
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Kelley, Gregory
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-huit minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La commission... Ayant constaté le quorum, je déclare
la séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions
en matière de transition énergétique.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par M. Émond
(Richelieu); M. Montigny (René-Lévesque), par M. Chassin
(Saint-Jérôme); M. Derraji (Nelligan), par M. Kelley
(Jacques-Cartier); et M. Grandmont (Taschereau), par Mme Zaga Mendez
(Verdun).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le secrétaire. Lors de la suspension de nos travaux, jeudi dernier, nous
étions à l'étude de l'amendement de M. le ministre à l'article 30 de la
loi édictée de l'article 1 du projet de loi, et il venait de se terminer un
échange entre le député de Jacques-Cartier et M. le ministre. Donc, est-ce qu'il
y a d'autres commentaires ou autres interventions sur l'amendement à l'article 30
de la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre... Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui.
Merci, M. le Président. Moi, je voulais juste revenir rapidement sur des
affirmations du ministre lors de notre dernier échange concernant la demande
des municipalités. Puis je voulais juste revenir, parce que le ministre nous a
affirmé plusieurs fois, puis là je pense qu'il a été aussi clair envers les
municipalités, qu'il va y avoir une réglementation concernant le gaz, puis
cette réglementation va être faite dans le cadre de la LQE. C'est la Loi sur la
qualité de l'environnement qui donne le pouvoir, en ce moment même, au ministre
de pouvoir faire cette réglementation.
Donc, je reviens un peu sur la raison d'être
de cet article-là, vu que, déjà, il va y avoir une réglementation sur le gaz.
Quels sont les pouvoirs que le ministre souhaite se donner avec l'article 30,
si, déjà, il collabore, puis c'est bien, avec les municipalités, sur un
règlement, sur... On n'est peut-être pas d'accord sur le fond, mais je veux
mieux comprendre le moyen de l'article 30... qu'il donne à l'article 30,
pour créer, encore une fois, de la préséance, une préséance qui a été dénoncée,
quand même. J'ai relu les avis de la FQM puis l'UMQ. ils restent contre le
principe de la préséance, donc d'introduire ce type d'article dans le projet de
loi.
• (9 h 50) •
M. Charette : ...bonjour
à tous et à toutes. Bonjour, M. le Président, bonjour à la collègue. Non, c'est
important de revenir sur cette question-là, effectivement. Oui, la FQM et l'UMQ
en avaient contre le libellé original du projet de loi sur la question de
préséance, mais on l'a réglée, cette question-là, sur les questions... avec les
amendements, là, qui sont apportés. Sur les questions d'ordre plus général, la
préséance ne s'applique pas. Les municipalités pourront aller plus loin que le
cadre qui sera déterminé par la réglementation.
Cependant, lorsqu'il est question d'impact
énergétique, c'est là où entrent en cause les amendements que l'on propose et c'est
là où les municipalités sont aussi en accord avec nous, comme quoi il faut
encadrer cette démarche-là pour ne pas qu'on puisse aller dans toutes les
directions sans mesurer l'impact de chacune des décisions, qui, prises de façon
isolée, peuvent sembler toutes de bonnes idées... mais c'est le cumul de ces
décisions-là qui peuvent avoir un impact sur notre sécurité énergétique.
Donc, de façon générale, je le disais de
façon ironique, si... bien, ironique, plutôt de façon amusée, si jamais la
réglementation établit qu'il faut des fenêtres à deux couches et que les
municipalités, au niveau local, veulent imposer des fenêtres à trois couches,
elles auront la possibilité de le faire. Là où elles auront besoin de passer à
travers la procédure de validation, c'est si la réglementation qu'elles souhaitent
implanter a un impact sur la demande en énergie et, conséquemment, sur la
sécurité énergétique. Mais la question générale de la préséance, je l'ai
réglée, je pense, à la convenance des municipalités.
Mme Zaga Mendez : Si
vous me permettez, M. le Président, bien, je ne suis pas d'accord avec le
ministre que la question de la préséance est réglée, parce que, si on enlève la
question du sujet, là, c'est-à-dire bâtiment... municipalité... par la
municipalité pouvant avoir un impact sur la capacité, le règlement est
inopérant, le <principe...
Mme Zaga Mendez :
...municipalité...
par la municipalité pouvant avoir un impact sur la capacité, le règlement est
inopérant, le >principe de la préséance, il est toujours là. Dès qu'une
municipalité va faire un règlement, il va être inopérant, à moins qu'elle aille
chercher, la municipalité, l'approbation du ministre ainsi qu'un avis favorable
du ministère des Ressources naturelles. Le principe de préséance, il est
toujours là, présent dans l'amendement que vous venez... vous avez déposé.
M. Charette : ...j'ai
mentionné, sur les questions énergétiques, oui, mais sur les autres volets,
non. Et ça, c'est... Si on relit les échanges que nous avons eus avec les
représentants de l'UMQ et de la FQM, c'est déjà un engagement que j'avais pris
au moment même des consultations, qu'on allait, à travers un amendement, régler
les questions d'autonomie, hein? Vous m'avez souvent entendu dire : On ne
freinera pas l'élan des municipalités. Bien, sur les questions énergétiques, ce
n'est pas qu'on va le freiner, mais on va s'assurer que ça se fasse de façon
concertée et de façon à ce que ça tienne en compte l'impact que ça peut avoir
sur la sécurité énergétique au Québec. Et, à ce niveau-là, UMQ, FQM nous
disaient : Il faut effectivement se donner un cadre de référence sur les
questions énergétiques.
Mais, de façon générale, la collègue fait
souvent allusion à cette volonté que nous avons, et que nous avons même
confirmée par communiqué de presse, de sortir le gaz de certains types de
nouveaux bâtiments. C'est l'intention du gouvernement. On va travailler ça avec
les municipalités, on va travailler ça avec Hydro-Québec, avec les autres
fournisseurs d'énergie, pour calculer l'impact de cette politique-là. La
collègue fait mention de la LQE. La LQE est un outil, mais on n'a pas encore
statué sur l'outil, c'est-à-dire sur le moyen qu'on va retenir. Est-ce que
c'est la LQE? Est-ce que c'est avec une disposition de l'actuelle loi? Chose
certaine, on veut procéder rapidement, au cours des prochains mois, là, à ce
niveau-là.
Mme Zaga Mendez : Alors, si
j'ai bien compris, M. le ministre, vous avez dit en commission puis vous avez
dit au micro qu'il va y avoir une réglementation concernant le gaz qui va
découler de la LQE. Là, vous venez de dire que vous n'avez pas encore statué en
fonction de quel outil... quel outil vous allez mobiliser pour faire cette
réglementation-là. Est-ce que j'ai bien compris?
M. Charette : Bien, si la
collègue m'a bien suivi, j'ai parlé de la possibilité de la LQE, mais j'ai
encore, la semaine dernière, à plusieurs reprises... La LQE est une
possibilité. On va trouver le meilleur vecteur pour y parvenir. L'important,
c'est le moment et c'est la finalité. Et, pour nous, c'est un projet de
règlement qu'on entend déposer, là, au cours des prochains mois, mais la LQE
est une possibilité. On va y aller avec le chemin le plus rapide et le plus
efficace. Donc, si c'est la LQE, ce sera la LQE, si c'est à travers le présent
projet de loi, ce sera le présent projet de loi, mais il n'y a pas...
L'important, c'est le résultat et c'est le travail qui sera fait, là, avec les
différents partenaires à ce sujet-là.
Mme Zaga Mendez : Puis, juste
pour une question de cohérence, vous avez quand même été très affirmatif auprès
des municipalités, quand on était ici, il y a quelques semaines, que ceci
allait être fait en vertu de la LQE. Pourquoi on change d'approche?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, moi, je me souviens très bien ce que j'ai pu répéter à plusieurs
occasions encore la semaine dernière et que j'ai réitéré, et, je veux dire,
l'engagement ne peut pas être plus formel. On a pris le soin de produire,
diffuser un communiqué de presse à ce niveau-là. Donc, les intentions du
gouvernement ne peuvent pas être plus claires, là, à ce sujet-là.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le ministre. Je vais conclure, là, je pense que... Là, ce que je comprends,
c'est que vous allez... L'intention de garder l'article n° 30...
l'article 30 tel que... bien, avec l'amendement, c'est de garder ce
pouvoir-là avec... dans le contexte du PL n° 41,
même si vous avez déjà le pouvoir de le faire, même si, déjà, le principe de
préséance se trouve dans notre Loi de la qualité de l'environnement. Là, vous
avez... vous êtes resté, quand même, assez large sur les intentions du PL n° 30, c'est-à-dire... on a parlé du gaz... Je vais poser
ma dernière question : Autre que le gaz, est-ce qu'il y a d'autres
intentions concernant la performance énergétique pour lesquelles vous souhaitez
garder le principe de préséance?
M. Charette : De façon
générale, la LQE nous donne déjà ce pouvoir-là. Et déjà il y a des discussions
avec le milieu municipal, qui aimerait ne pas être assujetti à ce type de
préséance là. On y travaille. On y travaille, mais c'est la LQE, ce n'est pas
la présente loi. Dans le cadre de la présente loi, sa portée, c'est au niveau
de l'efficacité des bâtiments, en fait, la performance environnementale des
bâtiments. Donc, la préséance que l'on se donne, ce n'est pas par rapport à la
LQE en général, c'est uniquement au niveau des bâtiments, c'est uniquement
lorsqu'il y a un impact au niveau de la demande en <énergie...
M. Charette :
...par
rapport à la LQE en général, c'est uniquement au niveau des bâtiments, c'est
uniquement lorsqu'il y a un impact au niveau de la demande en >énergie.
Sur les autres volets, du bâtiment, de leur performance environnementale, les
municipalités pourront aller aussi loin qu'elles le souhaitent. Et c'est là où
les amendements, autant dans le 29 que dans le 30, devenaient nécessaires, pour,
justement, leur permettre d'aller plus loin si elles souhaitent aller plus loin,
mais, si ça a un impact sur la demande en énergie ou sur les distributeurs en
énergie, c'est là où il faudra se concerter pour être bien certains, là, de
mesurer quelle serait la conséquence d'une réglementation qui viserait à...
On donne souvent l'exemple du nouveau
bâtiment, je vais pousser à l'extrême l'exemple que je donne. Si une
municipalité disait : Non seulement on interdit, par exemple le gaz
naturel dans le nouveau bâtiment, mais on exige à tout bâtiment existant qui
connaît des travaux d'en profiter pour enlever, de façon obligatoire, tout
dispositif au gaz, ça aurait une énorme incidence sur les capacités
énergétiques du Québec. Et c'est là où on dit : Bien, il faut se parler, il
faudra s'assurer que ce soit bien mesuré. Et c'est là où, avec le ministère de
l'Énergie et le ministère de l'Environnement, on prendra le temps d'évaluer
l'impact de cette potentielle réglementation. Ça ne veut pas dire qu'elle sera
refusée, mais il faut mesurer son impact avant de la permettre.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à
l'article 30? Donc, est-ce que l'article 30... l'amendement à
l'article 30 de la loi édictée est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Le
vote par... vote nominal, M. le secrétaire... par appel nominal.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Charrette (Deux-Montagnes)?
M. Charette : Pour.
Le Secrétaire
:
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Pour.
Le Secrétaire
:
Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire
:
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire
:
M. Émond (Richelieu)?
M. Émond : Pour.
Le Secrétaire
:
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Pour.
Le Secrétaire
:
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
Le Secrétaire
:
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
:
Abstention.
Le Secrétaire
:
Mme Zaga Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Contre.
Le Secrétaire
:
M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
S'il n'y a pas d'autre... est-ce que... l'amendement est adopté. Nous revenons
à l'article 30 de la loi édictée, l'article 30 amendé. Est-ce qu'il y
a des interventions? Donc, est-ce que l'article... est-ce que l'article 30
amendé de la loi édictée est adopté?
Mme Zaga Mendez : ...par appel
nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M. Jacques) : Le
vote par appel nominal, M. le Secrétaire.
• (10 heures) •
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Charrette (Deux-Montagnes)?
M. Charette : Pour.
Le Secrétaire
:
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Pour.
Le Secrétaire
:
Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire
:
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire
:
M. Émond (Richelieu)?
M. Émond : Pour.
Le Secrétaire
:
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Pour.
Le Secrétaire
:
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
Le Secrétaire
:
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
:
Abstention.
Le Secrétaire
:
Mme Zaga Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Contre.
Le Secrétaire
:
M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'article 30 amendé de la loi édictée est adopté. L'article 31. M. le
ministre.
M. Charette : Merci, M.
le Président. Donc :
«31. Le ministre du Développement durable,
de l'Environnement et des Parcs est responsable de l'application de la présente
loi.»
Commentaire. Cet article précise le
ministre responsable de l'application de la nouvelle loi. Une ancienne
dénomination est utilisée ici, car c'est cette dénomination qui apparaît à
l'article 4 de la Loi sur l'exécutif.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 31 de la loi édictée? S'il n'y a
pas de commentaire, est-ce que l'article... Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Peut-être une question pour le ministre, parce que, dans les
articles subséquents, là, qu'on va analyser, il y a des articles qui viennent
modifier la Loi sur le bâtiment et d'autres éléments. Donc, advenant le cas où
il y avait des modifications dans les articles subséquents, il n'y a pas
d'enjeu au fait que le 31, l'article 31 dise que, dans le fond, cette
loi-là, c'est le ministre... Dans le fond, j'essaie juste de m'assurer qu'on
n'est pas en train de se... un peu de verrouiller les modifications
potentielles futures, par exemple, pour la Régie du bâtiment du Québec, là.
M. Charette : Non, bien,
ce qu'on vient... la question est très pertinente. Ce qu'on vient préciser,
c'est que le ministère de l'Environnement est le ministère titulaire de cette
loi-là, mais on peut déléguer, on va le voir. On peut... on peut confier des
responsabilités, on va le voir, mais ça demeure le ministère de l'Environnement
et le ou la ministre de l'Environnement, là, qui est le ou la ministre <titulaire...
10 h (version révisée)
<195
M.
Charette :
...de l'Environnement et le ou la ministre de l'Environnement,
là, qui est le ou la ministre >titulaire, là, ce cette loi-là, donc il n'y
a pas d'incidence ou ça ne nous limite pas, là, sur la suite des choses. La
responsabilité première va revenir, là, toujours au ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Excellent.
Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article... Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : J'aimerais...
Parce qu'on est dans le chapitre VIII, là, puis ce n'est pas directement avec l'article 31,
mais vu qu'on... c'est avec cet article-là qu'on va finir ce chapitre-là, dans
le... certains mémoires, il y avait des suggestions, puis je voulais juste
avoir la discussion avec le ministre concernant des... comme, bon, les
conséquences socioéconomiques qu'il peut y avoir, la transition énergétique du
bâtiment, on a... on en a un peu discuté avec des acteurs, et voir... parce que,
dans ce chapitre-là, on parle un peu des mesures transitoires, des mesures pour
éviter que les différentes exigences qu'on va avoir suite à la cote... à la
cote des bâtiments ou des normes de performance, elles ne vont pas altérer les
conditions d'accès au logement pour les populations les plus vulnérables. Donc,
je voulais vous entendre un peu là-dessus, M. le ministre, juste avoir cette
discussion, vu qu'on est dans la question des transitions puis application de
ces règlements.
M. Charette : C'est
fondamental, et ça nous ramène à certains échanges que l'on a eus. Ce serait le
danger si on voulait aller trop vite et trop loin. On a cité, à quelques
reprises, l'exemple français, où un certain nombre, et même, important de
bâtiments ne sont plus accessibles à la location parce que les propriétaires ne
peuvent pas se conformer, et, dans certains cas, ils ne peuvent pas se
conformer tout simplement parce qu'il est question... on a eu longuement l'échange...
il est question de bâtiments patrimoniaux et ils ne peuvent pas se conformer
sans enfreindre la réglementation sur les bâtiments patrimoniaux. Donc, ça
crée... ça crée un contre-effet négatif, ce qui fait qu'on ne peut plus rendre
disponibles à la location ces logements-là, et ça peut venir accentuer un
problème d'offre. Donc, non, c'est la raison pour laquelle on y va par étapes.
On a donné les grandes lignes du calendrier qui est visé et on ne veut pas,
justement, accentuer une réalité, là, qui est déjà très problématique, qui est
déjà très sérieuse, c'est-à-dire un problème d'offre au niveau du logement.
Donc, c'est pris en compte, effectivement.
Mme Zaga Mendez : Autres que
les... merci pour la réponse... autres que les étapes qui sont nommées, est-ce
qu'il y a d'autres mesures d'accompagnement qui sont visées pour faire en sorte,
justement, que les populations vulnérables, bien, ce n'est pas à eux de porter
le fardeau dont on parle depuis tantôt?
M. Charette : Il y a beaucoup
de programmes qui sont déjà disponibles. Si on regarde, même, dans le dernier
plan de mise en œuvre, il y a des programmes disponibles pour les
propriétaires, il y a même des programmes disponibles pour les locataires pour
améliorer, là, l'efficacité énergétique de leurs bâtiments. Donc, cette
préoccupation-là, elle est prise en compte. Et c'est des programmes qui sont
bien financés. Ce sont des programmes qui bénéficient d'un suivi annuel pour
voir leur performance, justement. Donc, on ne veut pas que des personnes déjà
avec certaines difficultés, ou qui composent avec certains défis, soient
doublement pénalisées.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
S'il n'y a pas d'autre intervention à l'article 31 de la loi édictée,
est-ce que l'article 31 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous passons maintenant à l'étude des intitulés de la loi édictée. Est-ce que
les intitulés des chapitres et des sections de la loi édictée sont adoptés?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous passons maintenant à l'étude du titre de la loi édictée. Est-ce que le
titre de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Enfin, est-ce que l'article 1 du projet de loi édictant la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 2.
M. Charette : Merci, M. le Président.
Vous avez le même tableau que moi, avec un texte actuel et un texte qui sera
proposé. Donc, ce que je vous suggère, c'est que je vais lire l'article
lui-même, le commentaire, et vous allez voir un petit peu l'impact au niveau du
texte. Donc, l'article 2 :
L'article 173 de la Loi sur le bâtiment
est modifié par la suppression du paragraphe 6° du troisième alinéa et du
dernier alinéa.
Donc, vous les voyez dans le tableau, là,
ce qui est biffé.
Le commentaire. Cette modification
supprime l'efficacité énergétique du bâtiment de l'énumération des sujets pouvant
être visés au Code de construction qu'adopte la Régie du bâtiment. C'est plutôt
le ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs qui aura désormais le rôle et l'habilitation de
prévoir les normes applicables en matière d'efficacité énergétique des
bâtiments, et ce, en vertu de la Loi sur la performance <environnementale...
M. Charette :
...de
prévoir les normes applicables en matière d'efficacité énergétique des
bâtiments, et ce, en vertu de la Loi sur la performance >environnementale
des bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Et l'amendement. Est-ce que l'amendement est...
M. Charette : Il n'y a pas
d'amendement à ce moment-ci.
Le Président (M. Jacques) :
Il n'y a pas d'amendement. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 2?
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Il y a énormément de commentaires sur cet article. L'article 2
vient quand même changer substantiellement, là, la donne au niveau des... de
tout ce qui est le Code de construction, et de nombreux groupes sont venus en
parler, de nombreux groupes en ont parlé aussi dans leur mémoire. Et, quand on
regarde les unions municipales, elles se questionnent fortement sur ce
changement-là. Lorsqu'on regarde ceux qui risquent d'être le plus impactés,
donc les constructeurs, notamment, bien, l'association des constructeurs du
Québec et l'association des professionnels, l'APCHQ, sont très inquiets, ils
nous recommandent de ne pas aller dans cette direction-là. L'Ordre des
ingénieurs, qui sont quand même... c'est quand même un ordre, je dirais, qui
représente ceux qui risquent d'avoir à appliquer tout ce code... on risque
d'avoir... ils risquent d'être impliqués grandement dans ce processus... eux aussi,
ils nous recommandent de ne pas aller dans cette direction.
Dans tous les cas, on nous dit, dans le
fond, qu'on devrait plutôt s'assurer que le ministère travaille avec la RBQ
pour établir ces normes-là d'efficacité énergétique, mais que la Régie du
bâtiment du Québec reste l'instance la plus... en fait, je peux vous dire des
termes exacts qu'on a utilisés là, mais que c'est... la dispersion des normes
de construction dans plusieurs outils réglementaires pourrait... par
différentes instances, risque d'entraîner un manque de cohérence. Puis on nous
dit, finalement, que c'est clairement, pour tous ces groupes-là, qui sont quand
même nombreux... c'est la Régie du bâtiment du Québec qui a l'expertise pour
établir un code de construction.
• (10 h 10) •
Maintenant, je comprends qu'il y a des
enjeux par rapport aux normes environnementales, que le ministère de
l'Environnement est l'instance qui connaît probablement mieux les normes
environnementales, et c'est ce que certains groupes nous ont dit, ils nous ont
dit qu'il faudrait que le ministère travaille avec la Régie du bâtiment du
Québec et non pas en silo, bien que je peux comprendre que le ministre n'avait
pas l'intention de travailler en silo dans... de cette façon-là. La Régie du
bâtiment du Québec, elle ne travaille pas seulement au Québec, mais aussi avec
les autres législations canadiennes. Elle travaille notamment avec le Canada,
là, toutes les normes canadiennes pour uniformiser les codes de construction. Et
tous... et plusieurs groupes nous ont parlé de... qu'il y a eu, dans le passé,
une multiplication de codes et ça a amené énormément de confusion, de
frustration.
Et il y a eu un projet de loi qui a été
adopté pas plus tard que l'an dernier, le projet de loi n° 17,
et là je pense que, de mémoire, c'est l'Union des municipalités du Québec qui
en parlait, mais il y en a d'autres qui l'ont évoqué. L'un des objectifs du
projet de loi n° 17, c'était d'harmoniser les normes
en matière de construction et de sécurité des bâtiments en visant l'application
d'un seul code, contenant des normes minimales, respectant les standards les
plus récents de l'industrie, qui s'appliqueront à tout le territoire québécois.
Et on nous rappelait que le morcellement des normes, au fil du temps, bien, ça
engendrait certains enjeux, notamment en matière d'efficacité réglementaire, de
responsabilisation des intervenants et des mises à jour des normes, alors qu'il
était devenu difficile pour les propriétaires, les concepteurs, les promoteurs
et les entrepreneurs d'identifier les règles applicables à leur situation.
Et là on nous a... J'ai souvenir d'un
échange, dans les consultations particulières, où on nous a demandé :
Bien, si, là, les deux normes sont dans le même cartable, est-ce que ça va
faire la job, même si elles sont créées par deux groupes distincts? Puis les
groupes nous ont dit : Non, non, non, ce n'est pas ça, ce n'est pas... l'enjeu,
ce n'est pas le fait qu'elles se retrouvent au même endroit sur un site Web ou
dans un cartable. L'enjeu, c'est qu'il faut qu'il y ait une cohérence de la
façon que c'est créé.
Et, quand... Et des groupes nous ont
mentionné que, dans le Code de construction, il y a énormément de normes qui
touchent l'efficacité énergétique, sans nécessairement le... que ce soit écrit
tel quel. Et là ils parlaient, par exemple, des normes de ventilation. Est-ce
que le ministère de l'Environnement va revoir les normes de ventilation? Est ce
qu'il va revoir toute les normes qui concernent toutes les machines qui sont
impliquées dans un bâtiment? J'aimerais connaître l'intention du <ministre...
Mme Dufour :
...toute la... les normes qui concernent toutes les machines
qui sont impliquées dans un bâtiment? J'aimerais connaître l'intention du >ministre
puis savoir comment il compte répondre à toutes ces préoccupations-là qui ont
été soulevées.
M. Charette : Merci, M. le
Président. La collègue fait bien de rappeler les inquiétudes qui nous ont,
effectivement, été partagées. Je pense qu'on a, en partie, pu rassurer les
groupes, puis, sinon, je vais tenter de le faire encore ce matin. Il faut
savoir qu'il n'y aura pas d'entre-deux avec l'adoption du projet de loi. Ça ne
s'applique pas du jour au lendemain, ces dispositions-là. Donc, les
dispositions vont s'appliquer lorsque, par règlement, on aura statué, là, la
date d'entrée en vigueur. Dans l'intervalle, je l'ai mentionné, il y a des
travaux qui vont se faire de façon très étroite avec la Régie du bâtiment. On a
déjà commencé à mettre en place, là, une formule de table de travail. Donc, ce
n'est pas le ministère de l'Environnement qui va partir seul, de son côté, à
rédiger tous ces éléments-là. Ça va se faire avec la Régie du bâtiment.
La collègue mentionnait que c'était la
Régie du bâtiment qui avait l'expertise sur ces questions-là énergétiques. Dans
les faits, ce n'est pas le... ce n'est pas le cas, ou, sinon, je l'ai peut-être
mal interprété. C'est le MERN, à l'époque, qui avait aidé la Régie du bâtiment
à intégrer ces dispositions-là dans le code, et on a intégré, au ministère de
l'Environnement, le volet transition énergétique du MERN. Si on regarde les
décrets de nomination l'année dernière... en fait, en 2022, la transition
énergétique, elle est maintenant au ministère de l'Environnement, alors qu'elle
était au MERN... j'ai toujours eu de la misère à prononcer cet acronyme-là... et
c'est le MERN qui avait aidé la Régie du bâtiment à intégrer les dispositions.
Maintenant, cette volonté d'avoir un code
unique du bâtiment à la grandeur du Canada, c'est certainement une intention
louable, mais, si c'était au niveau des questions énergétiques, bien, le Canada
retarderait le Québec. On est déjà désharmonisés dans un très haut pourcentage
sur ces questions-là, et si on devait avoir... ou attendre un code unique, ça
retarderait, justement, les intentions du gouvernement du Québec, et ça
retarderait la progression du Québec dans l'atteinte de ses objectifs.
Mais, ceci dit, je comprends les
préoccupations des constructeurs. Moi, je le réitère, on va travailler ça avec
la Régie du bâtiment. Lorsque les projets de règlements seront prêts, ils
feront l'objet de consultations, donc les groupes auront la possibilité aussi
de contribuer à la bonification de ces intentions réglementaires là. Mais
l'expertise, elle est chez nous, et les objectifs à atteindre ne nous
permettent pas d'attendre le reste du Canada sur ces questions-là. Tant mieux
si on peut influencer le reste du Canada, mais on ne peut pas, non plus,
ralentir notre cadence sur ces enjeux. Et, pour le reste, c'est un travail qui
va se faire, là, en partenariat avec les ministères impliqués.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
Mme Dufour : Oui, j'attendais
que vous mentionniez notre nom... mon nom. Donc, M. le ministre, juste en
rappel, je n'ai pas dit que c'était que le ministère n'avait pas les... En
fait, je vais rappeler ce que j'ai dit. C'est que la Régie du bâtiment du
Québec... et ce n'est pas moi qui l'affirme, là, c'est l'ordre des ingénieurs,
c'est sur... les groupes en construction, ils disent que la Régie du bâtiment
du Québec est celle qui a l'expertise pour rédiger un code de construction.
J'ai dit... Je comprends, certes, que c'est le ministère qui, lui, a les
connaissances, les capacités pour établir des normes d'efficacité énergétique.
C'est ce que j'ai dit auparavant, donc en rappel.
J'aimerais, donc, savoir pourquoi on n'a
pas choisi une approche de... Parce que là, on a... J'ai entendu le ministre,
vous m'avez... vous avez parlé du fait qu'il ne fallait pas attendre après le
reste du Canada, certes, mais on aurait pu modifier le code du bâtiment de la
Régie du bâtiment du Québec. On aurait pu travailler avec le ministre qui est
responsable, le ministre qui est responsable... le ministre du Travail, qui est
responsable, maintenant, de la Régie du bâtiment du Québec, pour mettre à jour
le code du bâtiment. Pourquoi on n'a pas choisi cette direction-là? Parce que
je vous ai entendu souvent mentionner que, bien, il faut avoir les moyens de
faire ces changements-là, puis c'est le ministère qui va l'avoir, donc il faut
le faire dans ce projet de loi là, se donner les moyens de le faire. Mais on
aurait pu donner les moyens au ministre du Travail de le faire aussi. Pourquoi
on n'a pas été dans cette direction-là?
M. Charette : La transition
énergétique ne peut pas être dans plusieurs ministères. Le ministère qui a ce
dossier-là, c'est, dorénavant, le ministère de l'Environnement. Donc, c'est la
raison pour laquelle on devient responsables de ce volet-là, mais avec la
collaboration, naturellement, du ministère du Travail, avec la <collaboration...
M. Charette :
...devient
responsables de ce volet-là, mais avec la collaboration, naturellement, du
ministère du Travail, avec la >collaboration, naturellement, de la Régie
du bâtiment. Puis on vient préciser... Dans les faits, là, si on regarde le
premier article... qui sont... le premier article, et tout ce qui en découle,
venait... se concentrait sur la nouvelle loi édictée. Tout ce qui suit, ou
l'essentiel de ce qui suit, ça vient confirmer les décrets de nomination, où la
transition énergétique relève maintenant du ministère de l'Environnement. Donc,
on ne peut pas donner la transition énergétique à la Régie du bâtiment alors
que c'est le ministère de l'Environnement qui l'a. Mais cette collaboration-là
devient de plus en plus nécessaire. On en a parlé au moment des consultations,
on en parle à travers l'étude du projet de loi également. On a des dispositions
qui permettent la délégation.
Donc, on va, oui, créer ce code du
bâtiment durable, mais l'application, par la suite, bien, vraisemblablement que
c'est la Régie du bâtiment qui va en hériter. Mais toute l'expertise, elle est
au ministère de l'Environnement et non pas à la Régie du bâtiment, sur ces
questions-là.
Mme Dufour : Mais est-ce que
le ministère aurait pu simplement écrire, d'une certaine façon, les sections du
code du bâtiment qui concernent l'efficacité énergétique et le faire avec la
RBQ, mais que ça reste dans le code de construction, au lieu de créer deux
codes?
M. Charette : Bien,
ultimement, on va rédiger tout ça avec la Régie du bâtiment et on va,
vraisemblablement, déléguer l'application du code du bâtiment durable à la
régie du bâtiment. Donc, c'est à peu près la même chose. On n'écrira pas seuls
ces éléments-là, il faut avoir la collaboration de la régie, il faut avoir la
collaboration, aussi, des constructeurs ou des parties prenantes qui seront
affectées par cette réglementation-là. Donc, c'est un travail de rédaction, là,
qui va se faire ensemble.
Et, encore une fois, à partir du moment où
il y a une balle qui est mise au jeu, il y a, de surcroît, une consultation
publique qui va se tenir avant que ces modifications-là soient édictées. Et
moi, je regarde, au fil des quelques années, là, où j'ai eu la responsabilité
de l'environnement, on en a édicté de nombreux, règlements, et rares sont ceux
qui, après la consultation, n'ont pas été bonifiés avant d'être édictés. Donc,
il y a plusieurs espaces de collaboration pour s'assurer, là, que ce soit bien
intégré. La dernière chose que l'on souhaite, c'est d'avoir un code du bâtiment
durable qui ne soit pas... qui ne soit pas applicable, là. On veut que ça
fonctionne, donc on va se donner les moyens, avec les partenaires, là,
d'arriver avec une base très solide.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme Dufour : Merci. Bien,
d'abord, M. le ministre, ici, le projet de loi ne parle pas de transition
énergétique, mais bien d'efficacité énergétique, ce qui n'est pas tout à fait
la même chose, donc un rappel. Deuxièmement, je comprends qu'on dit qu'on va
consulter les membres, écouter, mais les membres, les groupes vous disent
qu'ils voient plutôt l'inverse comme crainte. Ils croient plutôt qu'au lieu
d'améliorer les choses on va les complexifier, on va alourdir et qu'on risque
d'être... de ne pas être en phase.
Donc, moi, j'ai entendu au début, début,
dire : Bien, je pense que j'ai rassuré les groupes. Bien, je dois vous
dire que non. Jusqu'à maintenant, les groupes ne sont pas rassurés du tout,
sinon, on n'aurait pas autant d'appels, donc, concernant cet élément-là. Donc,
moi, je ne vois pas du tout, là, ici, là, dans vos propos, là, l'impression que
vous les avez entendus quand ils ont dit : Non, c'est... celui-là, n'y
allez pas, ça risque de créer l'effet inverse de ce qui est souhaité et,
finalement, de complexifier les choses, alors qu'on est en... on a besoin
d'accélérer la construction, on a besoin de le faire... tu sais, de faire en
sorte que tous les acteurs s'en aillent dans la même direction. Et il y a
moyen, là, d'améliorer les normes, là, à l'intérieur du code, et c'est ce que
tous les groupes vous disent, là.
M. Charette : Tous les
groupes, non. Quelques-uns, oui, et c'est normal, c'est tout à fait normal
qu'ils expriment leurs craintes au moment des consultations. C'est à ça que
servent les consultations. Mais, en même temps, des prémisses de départ, il
faut accélérer cette transformation-là du bâtiment. On ne peut pas attendre le
reste du Canada pour agir à ce niveau-là. Mais on va faire les choses
intelligemment. On parle de performance environnementale. Moi, je parlais de
transition énergétique en fonction des décrets de nomination. On parle ici
d'efficacité énergétique, mais c'est tous des concepts qui se retrouvent à un
certain niveau, et il va y avoir de la nouvelle réglementation qui va
s'établir, parce qu'on doit être plus efficace en bout de <ligne...
M. Charette :
...niveau,
et il va y avoir de la nouvelle réglementation qui va s'établir, parce qu'on
doit être plus efficace en bout de >ligne.
Donc, l'expertise, elle est chez nous. La
collaboration, elle est avec, principalement, la Régie du bâtiment.
L'application va, vraisemblablement, revenir à la Régie du bâtiment. Donc, on
va s'assurer que ça fonctionne. Mais c'est tout à fait normal que des groupes,
au moment de la consultation sur un projet de loi, expriment leurs craintes ou
les éléments qui les mobilisent davantage, c'est l'espace pour ça. Et, à ça, je
dis que ce sont des pouvoirs habilitants. Il n'y a rien, là, qui est coulé...
on est dans le vocabulaire de la construction, là... il n'y a rien qui est
coulé dans le béton, là. On se donne le pouvoir, on va le faire, mais on va le
faire en partenariat avec les parties prenantes, tout simplement. Ce n'est pas
comme si on imposait aujourd'hui, avec cet article-là, le code du bâtiment
durable du Québec. On va le bâtir avec les partenaires, ce code-là.
Mme Dufour : C'est vrai que
ce n'est pas tous les groupes, mais ce sont quand même les groupes, je vous dirais,
les plus importants qu'on a consultés, et les autres ont plutôt été silencieux
sur le sujet. Je voudrais rappeler qu'on a la Fédération québécoise des
municipalités qui en ont parlé, et là je peux vous lire ce qu'ils ont dit :
«L'application du code du bâtiment présentant déjà certains défis, comment
peut-on penser que l'ajout d'un nouveau code pour réglementer les mêmes
activités peut donner des résultats probants?» L'Ordre des ingénieurs du
Québec nous disait ce que je vous mentionnais tout à l'heure, là, que ça risque
d'entraîner un manque de cohérence, et, pour eux, c'est la Régie du bâtiment,
là, qui est responsable d'adopter des normes de construction, et qu'elle est
la... et l'ordre estime que la RBQ est, au Québec, le seul organisme qui
détient l'expertise requise pour déterminer des normes de construction
applicables à l'ensemble du territoire de la province. C'est l'ordre des
ingénieurs, ce n'est pas n'importe qui.
L'Association de la construction du Québec
nous dit que les modifications qui sont proposées risquent de complexifier la
gestion administrative, d'alourdir les processus réglementaires pour les
entrepreneurs, et qu'en nommant... en accordant au ministère de l'Environnement
le pouvoir de dicter des normes en matière d'efficacité énergétique à
l'extérieur du code de construction en vigueur, on vient ajouter un acteur
supplémentaire et une complexité pour les entrepreneurs en construction, et
donc on suggère, là, de reculer sur cet effet.
L'APCHQ, donc l'Association des
professionnels de la construction et de l'habitation du Québec, qui nous dit
exactement la même chose, là : «Nous sommes préoccupés par l'idée de
confier au ministre la tâche de définir des normes de performance
environnementale pour les bâtiments et travaux de construction. La Régie du
bâtiment du Québec possède l'expertise nécessaire dans ce domaine. Un transfert
de ses responsabilités pourrait ralentir et nuire à l'établissement de normes
énergétiques ambitieuses, étant donné que le ministre n'a pas la même expertise
que la RBQ en matière de bâtiment et de construction.»
Et je pourrais continuer. Il y a aussi
l'Institut du développement urbain qui s'est exprimé. C'est quand même des
groupes, quand même, imposants, là, que... je viens de lire ce qu'ils ont dit.
Et je voudrais rappeler que, dans le fond, on ne peut pas dissocier
l'efficacité des bâtiments de la qualité... l'efficacité énergétique des
bâtiments de la qualité des bâtiments, et je pense qu'elle est là, toute la préoccupation.
Alors, il y aurait eu certainement moyen de garder à la RBQ toutes les normes
d'efficacité énergétique, mais de les bonifier, parce que, je suis d'accord
avec vous, elles ne sont pas assez ambitieuses actuellement.
Et, lorsque je vous entends mentionner
qu'on ne peut pas attendre à... on ne peut pas attendre au reste du Canada pour
avancer, bien, d'abord, il y a des provinces qui sont en avance sur nous, mais
ça n'empêche pas qu'on puisse établir le Code de construction du Québec sans
attendre le reste du Canada. Ça aurait très bien pu se faire sans retirer ces
éléments-là du code... de la Régie du bâtiment du Québec, là.
M. Charette : Bien, je vais
répéter, essentiellement, la... les mêmes choses. Les groupes avaient tout à
fait la possibilité... et on les encourage à s'exprimer librement lorsqu'elles
participent, ces organisations-là, aux consultations. Moi, je me souviens... à
la présentation de leurs mémoires, je me souviens que plusieurs de ces
groupes-là se disaient, lors de l'échange, rassurés par les engagements que
l'on prenait. Et certains peuvent tout simplement confondre les responsabilités
de chacun. Je peux comprendre que certains croient que c'est la Régie du
bâtiment qui a cette expertise-là. Or, ce n'est pas le cas. Donc, <l'affirmer...
M. Charette :
...comprendre
que certains croient que c'est la Régie du bâtiment qui a cette expertise-là.
Or, ce n'est pas le cas. Donc, >l'affirmer ne veut pas dire que c'est
une vérité.
Mais, sinon, un extrait d'un autre groupe,
qui, je pense, est à considérer, compte tenu qu'on parle d'efficacité, oui,
énergétique, mais également de performance environnementale des bâtiments, un
passage d'Hydro-Québec : «Nous saluons les nouveaux pouvoirs que prévoit
le projet de loi pour permettre au ministre d'adopter des normes encadrant la
performance environnementale des bâtiments. Ce partage de pouvoirs entre la RBQ
et le ministre est une excellente nouvelle, car il favorisera une plus grande
intégration des facteurs énergétiques dans les normes de construction.» Et
pourquoi les facteurs énergétiques? Parce que cette expertise-là, elle est au
niveau du ministère de l'Environnement.
Encore une fois, je rassure la collègue et
les groupes qui peuvent encore, aujourd'hui, être inquiets, tout ça va se faire
avec la Régie du bâtiment et avec les parties prenantes, là, qui sont
concernées.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Le ministre vient de me citer le mémoire d'une société d'État dont
le mandat est donné par son gouvernement, donc, en termes d'indépendance, je
vous dirais que les groupes que je vous ai nommés sont peut-être plus
indépendants que le groupe que le ministre vient de nommer. Je pense que l'Ordre
des ingénieurs du Québec, la Fédération québécoise des municipalités, l'association
des constructeurs, l'association des professionnels en construction, l'Institut
du développement urbain, et il y en a d'autres, je pense que... oui, c'est ça,
j'en ai d'autres, l'Ordre des architectes, oui, effectivement... oui, il y en a
vraiment... la GCR aussi, bref, plusieurs autres groupes qui se sont prononcés
contre cette modification-là. En termes d'indépendance, je pense qu'ils sont
plus indépendants, mais surtout leur... pour moi, ça vaut... dans la balance,
ça compte beaucoup plus, parce que ce sont des gens qui sont vraiment des
spécialistes qui travaillent avec ce code-là ou qui, même, y participent, à la
création de ce code-là.
M. Charette : Tout est une
question de perspective. Mais j'ai pleinement confiance, pour ma part, en
Hydro-Québec, et c'est Hydro-Québec qui a la responsabilité de fournir de
l'électricité à l'ensemble des Québécois, et non pas des parties prenantes, qui
ont des intérêts bien corporatifs à faire valoir.
Mme Dufour : OK. Je vais
laisser la parole à d'autres collègues...
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Jacques-Cartier... Et je veux juste vous rappeler à tous, là,
puis, depuis ce matin, là, de bien... de ne pas avoir de discussions
directement... ou d'interpeler le ministre, on l'a vu, là, depuis le début. Je
pense qu'on veut avoir une belle semaine, on commence la semaine, donc, si on
peut avoir du plaisir, tout le monde ensemble, tout au long de la semaine. M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. J'ai écouté l'échange entre ma collègue puis le ministre avec
un grand intérêt. Je pense que c'est toujours important, M. le Président, juste
de rappeler puis souligner qu'est-ce qui est écrit dans les différents
mémoires, particulièrement concernant ce changement à la RBQ. Puis il y a
plusieurs mémoires... Je sais que ma collègue a cité une couple, mais je veux
juste prendre le temps, M. le ministre, à lire certaines sections des mémoires
qui ont été déposés. Ces différentes organisations travaillent très fort pour
préparer des mémoires, puis, je pense, c'est important de faire le point ce
matin sur certains éléments qui étaient écrits.
• (10 h 30) •
Je vais commencer avec l'Association de la
construction du Québec, qui dit le suivant : «Toutefois, l'ACQ est d'avis
que certaines mesures proposées sont en contradiction avec plusieurs efforts
qui ont été mis en œuvre dans les dernières années dans le secteur de la
construction en matière d'allègement réglementaire et administratif ainsi que
d'harmonisation des codes de construction à l'échelle du Canada. En effet, tel
que libellé, nous craignons que certaines dispositions du projet de loi
n° 41, qui modifie notamment la Loi sur le bâtiment, requises de créer...
risquent de créer de la confusion pour les entrepreneurs et contrecarrer, du
même coup, le travail effectué depuis 2015 par la Régie du bâtiment du Québec
et, plus récemment, par la Table stratégique canadienne sur l'harmonisation des
codes de construction, table stratégique des codes, et le Comité canadien de
l'harmonisation des codes de construction. Ces dispositions donnent au
ministère de l'Environnement le pouvoir d'ajouter des exigences au Code de
construction pour ce qui concerne spécifiquement l'efficacité énergétique des
bâtiments, responsabilité qui incombe actuellement à la RBQ et aux
municipalités.
«Le Québec étant collectivement engagé
depuis quelques années en faveur d'un allègement réglementaire et
administratif, et ce, afin de favoriser notamment une augmentation de la
productivité, l'ACQ met en garde le gouvernement de ne pas contrecarrer ces
efforts et recommande d'apporter des «ajustissements» au projet de loi n° 41 afin de prévoir un <mécanisme...
>
10 h 30 (version révisée)
<17951
M. Kelley :
...au projet loi
n° 41 afin de
prévoir un >mécanisme qui permet de conserver ou d'intégrer facilement
des éventuelles nouvelles normes de construction en matière d'efficacité
énergétique dans le Code de construction actuel.»
Je pense que c'est important d'aussi lire
les commentaires de l'Ordre des ingénieurs, comme ma collègue a cité un peu sur
la page 12 de leur mémoire :
«L'ordre estime que la RBQ est, au Québec,
le seul organisme qui détient l'expertise requise pour déterminer des normes de
construction applicables à l'ensemble du territoire de la province. De fait,
les normes de construction québécoises, tout comme celles des autres provinces,
sont en réalité les codes nationaux écrits par le Conseil national de recherches
du Canada. Ils sont le fruit... le travail de nombreux experts réunis par cet
organisme. Chaque province incorpore des... incorporer des codes... ces codes
dans la réglementation avec certaines modifications.
«Le Québec est partie prenante d'un
accord... vise à adopter l'édition 2020 de chaque code national dans les
24 mois suivant sa publication en français et en anglais de l'édition 2025
de ces codes dans les 18 mois. D'ailleurs, un projet de règlement est
présentement à l'étude pour donner suite à cet engagement en ce qui concerne l'édition
de 2020 du Code national de l'énergie pour les bâtiments.
«L'ordre est certain que l'Assemblée nationale,
dans son rôle de censeure de l'administration gouvernementale, s'assurera que la
RBQ exercise ses fonctions avec diligence, y compris en matière d'efficacité
énergétique des bâtiments. Cet exercice nous semble plus fructueux que le
transfert des responsabilités entre les différents organismes publics.
«Par ailleurs, le retrait de la compétence
de la RBQ en matière des normes de construction créerait des autres problèmes.
«Premièrement, la RBQ peut présenter...
présentement autoriser l'application des mesures différentes à celles de le code
de construction. Ainsi, un ingénieur peut proposer des solutions innovantes qui
ne sont pas nécessairement prévues dans les normes de construction, ce qui ne
sera plus possible si la RBQ n'est plus compétente en matière d'efficacité
énergétique.
«Deuxièmement, les constructeurs sont
tenus de s'assurer que leurs travaux sont conformes au code de construction et
aux normes municipales. Les concepteurs ont une obligation similaire en ce qui
concerne leurs plans et devis. Puisqu'une telle obligation n'a pas été reprise
dans le projet de loi, il est possible que certains d'entre eux estiment qu'ils
ne sont pas... qu'ils ne sont pas responsables de toute contravention aux
normes de construction qui auront été édictées par le gouvernement.
«Finalement, l'ordre qui... le libellé du
projet de loi... une certaine confusion quant à la compétence de la RBQ. En
effet, l'habilitation qu'elle conserve semble suffisamment large pour lui
permettre encore d'adopter des normes en matière d'efficacité énergétique des
bâtiments, ce qui ne semble pas être l'intention derrière le projet de loi.»
La recommandation n° 5 dans le
mémoire : maintenir la Régie du bâtiment du Québec comme le seul organisme
habilité à adopter des normes de construction provinciales en retirant «lesquelles
peuvent prendre la forme [des normes] en matière des travaux de construction»,
de l'article 10 de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments, l'article 12 de cette loi ainsi que les articles 2 à 4 du
projet de loi.
Prochaine, M. le Président. Un autre
mémoire que j'ai trouvé bien intéressant, c'était par la fédération des
municipalités du Québec, qui a dit le suivant : «Que le projet de loi soit
modifié et que l'ensemble des mesures prévues dans le code québécois du
bâtiment durable soit intégré au code de construction pour la RBQ pour s'assurer
l'harmonisation des normes et les exigences des travaux de construction et de
rénovation de tout édifice.» Encore, il soulève des différentes préoccupations
de leur part. Il dit le suivant, M. le Président, que... Je veux juste lire la bonne
section ici :
«Comme mentionné précédemment, de... la
Loi sur le bâtiment a récemment été modifiée afin de favoriser une
harmonisation progressive des normes applicables à la construction et la
sécurité des bâtiments et d'arriver à appliquer, sur l'ensemble du territoire
québécois, un contenu réglementaire commun, défini et adopté par la RBQ. La Loi
sur le bâtiment a également été modifiée afin de s'assurer que seules des
normes plus exigeantes puissent être adoptées par les municipalités en ces matières.
Même si la tâche <est...
M. Kelley :
...afin
de s'assurer que seules des normes plus exigeantes puissent être adoptées par
les municipalités en ces matières. Même si la tâche >est titanesque,
l'objectif est d'offrir un cadre clair autant pour les municipalités que pour
les citoyens. Or, le projet de loi n° 41 risque de venir
anéantir les efforts de ce sens.
«Dans... Le leitmotiv du gouvernement est
de bonifier l'efficacité énergétique de l'État et de faciliter la vie des
citoyens. Or, l'application du code des bâtiments présentant déjà certains
défis, comment peut-on penser que l'ajout d'un nouveau code pour réglementer
les mêmes activités peut donner des résultats probants? Avec tous les problèmes
de conformité qui pointent déjà à l'horizon, comment peut-on imaginer qu'une
complexification administrative peut favoriser l'atteinte des objectifs nobles
tout en développant l'économie et facilitant la vie des gens? Les municipalités
éprouvant déjà des problèmes avec leurs services d'inspection, comment peut-on
penser que l'ajout d'un nouveau code peut améliorer leur efficacité?
«La proposition contenue dans le projet de
loi ajouterait, donc, en complexité et la fédération insiste sur la nécessité
de s'assurer une harmonisation entre les normes de construction qui seront
imposées par le ministre à celles fixées par le RBQ. Aussi, nous proposons de
conserver un seul code... d'intégration... les propositions contenues dans ce
projet de loi dans l'actuel code de construction de la RBQ. Un arrimage serait
également nécessaire quant aux responsabilités qui seront dévolues aux
municipalités afin de ne pas complexifier leur processus d'adoption réglementaire.»
Et, finalement, je veux juste prendre le
temps, M. le Président, de lire... c'est dans le mémoire... Excusez-moi, c'est
le mémoire de l'Association des professionnels de la construction et de
l'habitation du Québec. Eux autres ont dit :
«Cependant, nous sommes préoccupés par
l'idée de confier au ministre la tâche de définir des normes de performance
environnementale pour les bâtiments et les travaux de construction, et ce, pour
deux raisons :
«La Régie du bâtiment du Québec possède
l'expertise nécessaire dans ce domaine. Un transfert de ces responsabilités
pourrait ralentir ou nuire à l'établissement de normes énergétiques
ambitieuses, était... étant donné que le ministre n'a pas la même expertise que
la RBQ en matière de bâtiment et de la construction.
«Lors d'une enquête de l'association
auprès de ses membres, la lenteur du processus et les coûts ont été cités comme...
des... étant des contraintes avec le ministère de l'Environnement.
«L'association redoute que l'attribution
de responsabilités supplémentaires au ministre en matière du bâtiment ait des
effets néfastes en ce qui concerne le fardeau administratif pour les
entreprises. De plus, les normes en matière de bâtiment et de construction
doivent être cohérentes et ne devraient pas être élaborées dans les entités
distinctes.»
La recommandation n° 1 de
l'association, c'était de «conserver la notion d'efficacité énergétique dans le
code de construction, sous la responsabilité de la Régie du bâtiment du Québec,
avec l'appui de le ministère de l'Environnement pour lui apporter l'expertise
technique en environnement et énergie».
• (10 h 40) •
Alors, tout ça... M. le Président, merci
beaucoup pour votre écoute. Je pense que c'est important juste de rappeler tout
qui est écrit dans les mémoires, pas juste les petites phrases, mais des blocs,
d'expliquer pourquoi ça ne marche pas très bien. Mais une question pour le
ministre : Est-ce que vous... est-ce que vous avez eu, comme, une perte de
confiance envers la RBQ? Pourquoi c'est nécessaire de faire un changement assez
grand quand il y a plusieurs groupes, des experts qui disent : Ça marche
présentement avec la RBQ?
M. Charette : J'aurais
aussi une question pour le collègue : Selon lui, il y a combien d'ETC à la
Régie du bâtiment sur la question de l'efficacité énergétique? Donc, je lui
pose la question.
M. Kelley : ETC, c'est?
M. Charette : Des
effectifs à temps complet. Combien d'employés à la RBQ pour la question de
l'efficacité énergétique?
M. Kelley : Pourquoi
c'est pour moi de répondre à la question, je suis... je ne suis pas des
fonctionnaires, M. le ministre.
M. Charette : Je lui
pose la... je lui pose la question, puis c'est sans méchanceté, c'est juste
pour le bénéfice de tout le monde. Il y a un demi ETC, à la RBQ, sur la
question de l'efficacité énergétique. Il y a un employé qui a deux mandats, dont
celui-là. On en a plus que 15 au ministère de l'Environnement qui travaillent
exclusivement sur cette question-là. Donc, l'expertise, elle est réellement
chez nous. Puis ce n'est pas... je ne dis pas ça pour dénigrer la RBQ, au
contraire, ce sont des partenaires incontournables pour la suite des choses. Ce
que je mentionne et ce que j'ai eu l'occasion de dire à la collègue de Mille-Îles
aussi, c'est que ce travail-là va se faire en partenariat avec la RBQ, mais <l'expertise...
M. Charette :
...pour
la suite des choses. Ce que je mentionne et ce que j'ai eu l'occasion de dire à
la collègue de Mille-Îles aussi, c'est que ce travail-là va se faire en
partenariat avec la RBQ, mais >l'expertise, elle est chez nous. La
réglementation va s'établir avec la RBQ, avec les autres partenaires aussi,
comme on l'a toujours fait. Et c'est très pertinent de lire les mémoires, mais
ce serait aussi pertinent de noter les échanges qui ont eu cours suite au dépôt
de ces mémoires-là. Ce sont des groupes qui se sont dit... Pardon... en partie
rassurés, et ils le seront par le travail de cocréation qui va se faire au
cours des prochains mois et des prochaines années.
Le Président (M. Jacques) : ...la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Donc, ce que je comprends du ministre, c'est qu'actuellement le
nombre d'ETC à la RBQ fait en sorte qu'il n'y a pas les effectifs pour
contrôler ou mettre en place les normes d'efficacité énergétique.
M. Charette : ...développer
les questions en lien avec l'efficacité énergétique. Et ce n'est pas un blâme,
là, que je leur adresse, c'est juste qu'il faut en être conscient. Malgré ce
que certains groupes peuvent penser, l'expertise n'est pas à la RBQ. Et sur...
même sur les éléments du code du bâtiment qui font état d'efficacité
énergétique, ça avait été travaillé avec le MERN à l'époque, et le volet MERN
qui s'en est occupé est maintenant au ministère de l'Environnement. Donc, c'est
une suite qui est très logique et qui va nous amener à des résultats plus
probants et qui vont nous permettre, surtout, d'atteindre les objectifs que
l'on s'est donnés.
Tout à l'heure, on parlait d'Hydro-Québec.
Encore une fois, je réitère ma pleine confiance en Hydro-Québec, mais c'est Hydro-Québec
qui a la responsabilité de s'assurer de l'efficacité, c'est-à-dire de la
disponibilité énergétique pour... Et, on le disait, à travers des bâtiments
plus performants, d'un point de vue environnemental, on peut aller chercher
l'équivalent d'une Romaine, si ce n'est pas d'une Romaine et demie. Donc, cette
expertise-là, elle est précieuse chez Hydro-Québec, elle l'est au ministère de
l'Environnement, puis, ultimement, on aura des bâtiments qui seront plus
performants sur la question environnementale et qui vont nous permettre de
dégager l'énergie dont on a tant besoin, là, pour continuer à décarboner notre
économie.
Mme Dufour : Mais, monsieur....
Merci. D'abord, j'aimerais souligner que la Romaine qu'on peut aller trouver,
c'est dans les bâtiments déjà construits. La modification du code de
construction durable, c'est pour les futurs bâtiments. Alors, ce n'est pas là
qu'on va aller chercher la Romaine. Ce qu'on parlait... tous les groupes, parce
qu'ils parlaient de la Romaine, c'est... L'équivalent, c'est dans l'efficacité
énergétique des bâtiments déjà construits.
Ceci dit, il n'y a pas de doute, il faut
améliorer l'efficacité énergétique de nos bâtiments. Mais là je voudrais
revenir sur la collaboration qui se fait entre la RBQ et le ministère. Si
c'était l'objectif d'améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments dans le
passé, pourquoi est-ce qu'on n'a pas augmenté les ETC, à ce moment-là, que le
ministre a soulevés? Pourquoi est-ce qu'on n'a laissé qu'une demi-ressource au
lieu de renforcer cet élément-là? Pourquoi on a attendu aussi longtemps? Ça
fait quand même presque six ans, là, que le gouvernement est au pouvoir. Donc,
j'aimerais juste comprendre pourquoi... pourquoi on a laissé ça aller jusqu'à
maintenant.
M. Charette : Peut-être
juste, d'abord, corriger une certaine... une affirmation. Les rénovations
majeures sont aussi couvertes par le code. Donc, ce n'est pas uniquement, là,
les nouvelles constructions.
Sinon, bien, la société évolue, ces
enjeux-là prennent davantage d'importance, et c'est la raison pour laquelle,
avec le gouvernement actuel, on est venu augmenter sensiblement les effectifs
au niveau de ces questions-là énergétiques. Nous, on a même un nouveau
sous-ministériat, littéralement, là, qui est dédié à ces questions-là. Donc,
c'est une question qui, peut-être, il y a un certain nombre d'années, avait
moins d'acuité, mais, à l'époque où on est, avec l'atteinte des objectifs que
l'on a, il faut augmenter les ressources, ce qu'on a fait. Et l'expertise a, du
coup, été concentrée dans le meilleur ministère pour assurer les suivis sur ces
questions-là, et c'est le ministère de l'Environnement. Et on remonte... C'est
une transformation, là, qui s'opère depuis quand même quelques années. Avec
l'adoption du projet de loi n° 44, à la présente
législature, on est venu confirmer au ministère de l'Environnement son rôle de
coordination, là, de la lutte aux changements climatiques. Avec les nouveaux
décrets de nomination, on est venu confirmer que la transition énergétique
relevait du ministère de l'Environnement. Donc, c'est juste pour assurer une
plus grande cohérence. Et je fais mienne la citation que je lisais d'Hydro-Québec,
il ne faut pas remettre en question leur indépendance, et encore moins leur
expertise sur ces questions-là. On a besoin, là, de ces outils-là pour aller
plus loin dans <notre...
M. Charette :
...et
encore moins leur expertise sur ces questions-là. On a besoin, là, de ces
outils-là pour aller plus loin dans >notre démarche.
Mme Dufour : Oui, mais la
question, c'est : Pourquoi, ces outils-là, on les transfère au
ministère et on ne les garde pas à la RBQ? Pourquoi est-ce qu'on n'a pas
regardé, par exemple, l'option que le ministère de l'Environnement édicte des
objectifs à atteindre et qu'on donne les moyens à la régie de modifier le code
en augmentant son nombre d'ETC? Parce que, visiblement, ça semble être l'enjeu,
le nombre d'ETC, pour établir ces normes-là. Donc, pourquoi est-ce qu'on n'a
pas augmenté les ressources à la RBQ? Puis c'est le même gouvernement, je
pense, qui dirige la RBQ. Donc, j'aimerais savoir pourquoi on n'a pas choisi
cette avenue-là, de plutôt y aller par objectifs pour maintenir une
uniformisation dans le code.
M. Charette : Je vais
être plus court, étant donné que j'ai répondu à la question précédemment.
L'expertise est au ministère de l'Environnement et, depuis quelques années,
l'opposition officielle de l'époque, je ne sais pas si c'est un nouveau
discours que l'on entend maintenant, mais l'opposition officielle de l'époque
réclamait aussi plus de pouvoirs au ministère de l'Environnement, c'est ce que
l'on incarne depuis quelques années avec le projet de loi n° 44,
celui-là aujourd'hui, et d'autres qui ont été adoptés. Donc, si... Je ne prête
pas d'intention, mais, si on remet en question les pouvoirs que l'on souhaite
accorder au ministère de l'Environnement, et moi, je n'en suis pas,
honnêtement, je suis en faveur de ces pouvoirs accrus là compte tenu de
l'importance de l'enjeu, et pour répondre aussi... tout aussi directement à la
collègue, c'est pour éviter les dédoublements. On ne financera pas ou on ne
mettra pas en place deux équipes avec une expertise qui serait diffuse.
L'efficacité énergétique à ces questions-là de transition énergétique
également, l'expertise, elle est au ministère de l'Environnement, et ça nous
permettra d'être plus efficaces, tout simplement.
Mme Dufour : Merci. Mais
je crois que, justement, les groupes qui soulèvent ces questions-là, leur
crainte, c'est, justement, le dédoublement d'un code de construction qui se
retrouvait avec des normes qui pourraient amener une certaine incohérence entre
les deux.
• (10 h 50) •
J'aimerais peut-être que le ministre
m'indique il y a combien de nombres d'emplois à temps plein à la Régie du bâtiment
du Québec pour établir le code, et il y a combien de ceux qui sont dans le
ministère de l'Environnement qui ont déjà rédigé un code de construction.
J'aimerais savoir, parmi l'ensemble des membres du ministère de l'Environnement,
combien ont rédigé un code de construction dans le passé et combien, à la régie,
il y a de ressources qui travaillent à l'élaboration ou à... au maintien du Code
de construction.
M. Charette : ...et
j'aurais peut-être dû le mentionner dès le départ, le mandat de la Régie du
bâtiment est sur deux objets, essentiellement la santé et la sécurité. C'est
ça, le mandat de la Régie du bâtiment : santé et sécurité pour les
bâtiments qui sont construits, qui sont développés ou les grands projets de
rénovation. Donc, encore une fois, bien, l'expertise n'est pas là, ce n'est pas
leur mandat, on ne peut pas leur reprocher, ce n'est pas leur mandat. La
performance environnementale des bâtiments, ce n'est pas leur mandat. Leur
mandat, c'est la santé et la sécurité sur ces enjeux de construction.
Donc, on veut des bâtiments qui soient
sécuritaires, c'est bien certain, mais, encore une fois, on veut aussi qu'ils
soient performants d'un point de vue environnemental, et c'est là où on va très
bien se compléter dans ce qu'on est en train de mettre en place. Et je ne serai
jamais, jamais, jamais gêné que des pouvoirs accrus soient reconnus au
ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Oui, M. le
Président, je voudrais souligner... Mais, d'abord, je n'ai pas eu de réponse à
ma question : Combien il y a de gens à temps plein à la RBQ qui
travaillent à établir et maintenir le code, et combien de membres ou d'employés
au ministère de l'Environnement qui ont participé à l'élaboration d'un code de
construction? J'attends cette réponse, M. le Président.
M. Charette : ...genre
d'échange qu'on pourra avoir volontiers lors de l'étude des crédits, notamment.
Et, pour ce qui est de la question des effectifs de la Régie du bâtiment, bien,
sa collègue ou son collègue aux crédits pourra aussi questionner mon collègue
responsable de l'enjeu. Mais là, M. le Président, je nous ramènerais, si c'est
possible, je pourrais faire appel à un numéro de règlement en particulier, mais
ce serait bien, là, qu'on revienne à l'étude du <projet...
M. Charette :
...si
c'est possible, je pourrais faire appel à un numéro de règlement particulier,
mais ce serait bien, là, qu'on revienne à l'étude du >projet de loi, là,
en soi.
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. Jacques) : En
fait, M. le ministre, ce que vous invoquez, c'est que vous n'avez pas... vous
n'êtes pas obligé de répondre à toutes les questions qui vous sont adressées.
Est-ce que je comprends bien? Article 81.
M. Charette : Oui, et je
pourrais aussi exprimer le souhait qu'on revienne à l'objet du projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : À
l'article en question. Exactement.
Mme Dufour : Oui. Bien,
l'article touche à la RBQ, puis... Tu sais, dans le fond, le ministre soulevait
que, pour justifier le fait de... du retrait de l'efficacité énergétique du
bâtiment du Code de construction et des responsabilités de la Régie du
bâtiment, bien, il disait que c'est parce qu'il y avait seulement un demi ETC.
Donc, c'est en réponse à cette affirmation-là du ministre que j'ai posé la
question. Je voudrais soulever que la RBQ, dans ce qu'on voit sur le site du
gouvernement, là, ses domaines d'intervention, ce n'est pas seulement la santé
et la sécurité, il y a beaucoup plus que ça, dont l'efficacité énergétique des
bâtiments. Donc, je voudrais... je voudrais le souligner. Moi, ce que je
comprends, c'est que le ministre n'a pas confiance à la RBQ et ce que je
crains, ce que...
Des voix : ...
M. Charette : ...on ne
peut pas prêter des intentions.
Mme Dufour : OK. Parfait.
M. Charette : J'ai
affirmé, à plusieurs reprises, exactement le contraire.
Le Président (M. Jacques) : Je
vous inviterais... je vous inviterais à la prudence, je vous inviterais à la
prudence. Puis je pense qu'on va y aller de façon plus formelle. Je laissais
les échanges se faire de façon transitoire, là, sans intervenir entre les
échanges depuis plus d'une semaine. Donc, à partir de maintenant, là, je vais
vous donner la parole à tour de rôle pour bien concentrer nos travaux sur ce
qui en... ce qui doit être fait.
Mme Dufour : Parfait.
Donc, peut-être une question. Dans le fond, les fonctionnaires du ministère qui
vont établir les normes efficacité énergétique, comment ils vont travailler
avec la RBQ et pourquoi, actuellement, ça ne se fait pas comme ça? Parce que, si
je comprends, c'est... Il devrait déjà avoir une collaboration. Qu'est-ce qui
va changer? Pourquoi on ne le fait pas déjà de cette façon-là?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : ...Merci,
M. le Président. Déjà répondu à la question en disant que la réglementation va
s'établir avec nos partenaires de la Régie du bâtiment du Québec, en qui nous
avons pleinement confiance, je l'ai aussi mentionné à plusieurs reprises. Donc,
c'est un travail de cocréation qui va se faire. La réglementation qui sera
proposée pour consultation aura bénéficié des inputs, de la collaboration de la
Régie du bâtiment, mais également très certainement du ministère de
l'Environnement, ça va de soi, mais également d'autres partenaires de premier
plan. Moi, je regarde l'ensemble de la réglementation qu'on a pu développer au
cours des cinq dernières années comme gouvernement. Je pense que les modèles de
collaboration sont assez probants, je pense qu'ils ont donné de bons résultats,
et ce sera la même chose avec la réglementation qui va découler de l'actuel
projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Oui, merci,
M. le Président. J'aimerais savoir s'il est prévu, avec cette modification, là,
qu'on propose que les fonctionnaires du ministère de l'Environnement
participent aux échanges avec le Conseil national de recherches du Canada, ce
que la Régie du bâtiment du Québec fait présentement concernant les normes de
construction canadiennes.
M. Charette : ...pour
vous mentionner...
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le ministre, il vous reste 2 min 56 s.
M. Charette : On a déjà
rapatrié, suite au décret de nominations, les employés de transition
énergétique qui étaient du côté du MERN. Les mandats de collaboration ne sont
pas qu'avec la Régie du bâtiment. On a des contacts avec d'autres instances et
on aura certainement à collaborer avec les instances qui, de près ou de loin,
peuvent nous aider à améliorer nos pratiques à ce niveau-là. Donc, la
collaboration, elle est à la base de bon nombre des avancées qu'on a pu faire, là,
au cours des dernières années.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Oui. Donc,
est-ce que je comprends que c'est oui, que le ministère de l'Environnement, les
fonctionnaires vont participer aux échanges avec le Conseil national de
recherches du Canada? Ce serait un oui ou un non.
Le Président (M. Jacques) :
M. le ministre.
M. Charette : C'est
naturellement un champ de compétence du Québec. Donc, à partir du moment où il
y a intérêt de collaborer avec des enjeux particuliers, c'est certain que ce
sera une collaboration qui va se faire, mais on aura le loisir de déterminer,
là, sur quels enjeux en particulier on pourra collaborer.
Le Président (M. Jacques) : ...
Mme Dufour : Oui, M. le
Président, je voudrais déposer un amendement avant que mon temps soit écoulé,
mais il est encore en train d'être peaufiné. Donc, je vais encore poser une
question, mais, après, j'aimerais qu'on suspende, là, pour pouvoir le
finaliser, là, parce qu'il y a certains enjeux de rédaction, puis peut-être
qu'on va demander l'aide de la... du secrétaire, là, juste pour s'assurer qu'on
ait <le...
Mme Dufour :
...qu'il
y a certains enjeux de rédaction, puis peut-être qu'on va demander l'aide de
la... du secrétaire, là, juste pour s'assurer qu'on ait >le bon libellé.
Je voudrais simplement savoir qui... qu'est-ce qui va avoir préséance une fois
que les deux codes seront en vigueur. Est-ce que ça va être la santé et sécurité
qui va rester dans le Code de construction ou ce sera l'efficacité énergétique
qui sera dans le code du bâtiment durable?
M. Charette : Bien, comme
je le mentionnais tout à l'heure, ce n'est pas applicable avec l'adoption du
projet de loi. Ce sera applicable lorsqu'on sera prêt, lorsque ce sera...
lorsque ce sera édicté comme tel. Donc, il n'y aura pas... il n'y aura pas de
confusion, là, qui intervient et à quel moment. Donc, tant que ces
dispositions-là n'entrent pas en vigueur, c'est les procédures actuelles qui
s'appliquent. Et, à partir du moment où le code du bâtiment durable est prêt,
c'est là où on va avoir cet apport-là supplémentaire. Mais, dans l'intervalle,
on continue avec les pratiques actuelles, tant que ces modalités-là ne sont pas
en application.
Mme Dufour : Mais, M. le
Président, ça ne répond pas à ma question. Une fois que les deux codes seront
en vigueur, s'il y a une incohérence entre deux codes et que... ou qui viennent
en contradiction entre l'efficacité énergétique et la santé et sécurité, lequel
des deux aura préséance?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : C'est deux
objets différents. En fait, il ne risque pas d'avoir de confusion, ce sont des
objets différents. Ça va être complémentaire, mais ce ne sera pas... ça ne peut
pas être en contradiction étant donné que la régie n'a pas la possibilité de
réglementer sur les enjeux qui relèvent du ministère de l'Environnement. Donc,
c'est complémentaire. Tout simplement. Donc, il ne risque pas d'avoir de
dédoublement ou de confusion à ce niveau-là.
Mme Dufour : Donc, M. le
Président, comme je disais, j'aimerais suspendre pour finaliser l'amendement, à
moins que la collègue des... veuille intervenir.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 59)
11 h (version révisée)
(Reprise à 11 h 08)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous étions à un amendement
qui devait être déposé par Mme la députée de Mille-Îles. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Alors, je vais lire l'amendement : L'article 2 du
projet de loi est modifié :
1° par remplacement du mot «la
suppression» par «le remplacement»;
2° par l'insertion, après «troisième
alinéa», de «par le suivant : L'atteinte de l'efficacité énergétique du
bâtiment et l'intégration des normes favorisant l'efficacité énergétique des
bâtiments en collaboration avec le ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.»;
3° par la suppression des mots «et du
dernier alinéa».
Là, si des gens nous suivent... ça ne doit
pas être facile à suivre, mais l'article modifié se lirait comme suit :
2. L'article 173 de la Loi sur le
bâtiment (chapitre B-1.1) est modifié par le remplacement du paragraphe 6° du
troisième alinéa par le suivant :
«L'atteinte de l'efficacité
énergétique du bâtiment et l'intégration des normes favorisant l'efficacité
énergétique des bâtiments en collaboration avec le ministère de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.»
L'idée ici, M. le Président, c'est de
maintenir l'efficacité énergétique du bâtiment et les normes dans la loi sur le
bâtiment dans le Code de construction, mais de s'assurer que cette
portion-là... que l'efficacité énergétique du bâtiment se fasse en
collaboration avec le ministère de l'Environnement, ce qui était une demande,
là, de... en fait, de plusieurs groupes, les groupes que j'ai nommés
précédemment. Alors, c'est la nature de l'amendement qui est proposé, M. le
Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette : Fidèle à
nos habitudes, rapidement, j'indique ce qu'il est possible de faire avec cet amendement-là.
On ne sera pas en mesure d'y donner suite. En fait, on a eu l'échange avant que
l'amendement soit déposé, donc je n'aurais rien d'autre... je n'aurai rien d'autre
à ajouter à ce moment-ci.
• (11 h 10) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Bien,
je voudrais revenir, M. le Président, sur... Précédemment, quand on parlait de
l'enjeu de la sécurité et des normes d'efficacité énergétique, il y a des
éléments qui pourraient être contradictoires. On nous a parlé qu'il pouvait
avoir des problèmes de cohérence dans différents éléments. Par exemple, je vous
parlais de la ventilation plus tôt, mais il y a aussi des matériaux qui
pourraient être privilégiés, mais qui... parce qu'ils seraient très efficaces
énergétiquement, mais qui pourraient poser des enjeux pour la santé ou des
méthodes de travail, par exemple.
Et un exemple que je pourrais donner, c'est
la façon que les murs et les toits sont... la jonction. Mais, dans un cas, dans
un cas, on pourrait dire : Bien, il vaut mieux les laisser ouverts parce
que c'est une question d'efficacité énergétique, c'est meilleur pour ça, mais,
dans l'autre cas, pour une question de sécurité des incendies, vraiment, on est
mieux de les fermer.
Alors, qu'est-ce qui a préséance ici? Il
était essentiel que les deux codes, en fait, ne soient qu'un, qu'il n'y ait pas
deux codes. Il est essentiel qu'il y ait un seul code et que ce soit la même
entité qui soit responsable de la rédaction du début, mais avec la présence de
gens qui sont spécialisés en efficacité énergétique des bâtiments. C'est
essentiel. Et c'est ça. Je pense que ça résume bien les propos, là, de ce que
je voulais dire par rapport à ça, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le ministre.
M. Charette : Peut-être
dire simplement ce que j'ai eu l'occasion de répéter à plusieurs reprises, c'est
un travail qui va se faire en collaboration avec la Régie du bâtiment dans l'élaboration
de la réglementation du code du bâtiment durable. Donc, j'ai confiance aux
résultats que donneront cette collaboration.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Bien, ça
aurait très bien pu être la collaboration dans... à l'inverse, c'est-à-dire que
le ministère travaille en collaboration avec la Régie du bâtiment du Québec, <plutôt...
Mme Dufour :
...à
l'inverse, c'est-à-dire que le ministère travaille en collaboration avec la
Régie du bâtiment du Québec, >plutôt que la Régie du bâtiment du Québec
qui travaille en collaboration avec le ministère. On aurait probablement eu le
même résultat au bout du compte.
M. Charette : Cette
collaboration se vit entre ceux qui ont l'expertise, et l'expertise sur ces
enjeux-là est au ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Comme je
disais, M. le Président, je pense que, l'expertise, on aurait pu l'amener au...
à la Régie du bâtiment puis on aurait eu les mêmes résultats, mais surtout ça
aurait répondu aux enjeux d'incohérences potentielles.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 2? M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. C'est sûr que je vais appuyer l'amendement de ma collègue.
Je veux juste reviens... Je sais que j'ai
pris le temps de lire les différents mémoires, mais je pense qu'il y a des bons
arguments dedans, d'appuyer l'amendement de ma collègue. Je pense encore, quand
on a des groupes comme l'Ordre des ingénieurs, l'Association de construction du
Québec, c'est eux autres qui sont vraiment l'expert et... Dans ce domaine-là,
de la construction des bâtiments, j'arrive ici, je n'ai pas une formation
professionnelle comme ingénieur, je ne suis pas capable de faire une inspection
d'un bâtiment ni de faire un plan pour construire un bâtiment. Mais, quand eux
autres disent que leur préférence, c'est de garder ça dans les mains la RBQ, je
dois, bien, prendre leurs mots, pas juste en considération, mais prendre ça au
sérieux.
Je pense, ça, c'est pourquoi j'ai pris le
temps de lire leurs mémoires puis les suggestions des autres. Quand même, les
municipalités, tout le monde ici savent très, très bien que nos municipalités
sont très, très impliquées dans l'approbation des projets résidentiels, des
tours de condos, etc. Eux autres ont une certaine expertise. C'est rare qu'un
député d'un comté est responsable pour la planification, développement d'un
projet comme ça, M. le Président. Alors, encore une certaine expertise.
Alors, c'est encore juste pour réflexion.
Je sais que le ministre a dit qu'on a souvent le débat de donner plus des
pouvoirs dans les mains du ministère de l'Environnement. C'est sûr qu'il y a
des arguments en faveur pour ça. Mais ici, quand on parle de... le Code de
construction et d'avoir juste un seul code, je pense que ça mérite une
réflexion, ça mérite un bon débat.
Puis aussi, j'ajoute l'élément que, dans
un temps où on a une crise du logement puis on parle souvent de... des
règlements supplémentaires, comment on peut alléger un petit peu le fardeau sur
les développeurs puis des constructeurs, des entreprises qui sont dans la
construction des bâtiments, il faut encore prendre le temps de réfléchir à ce
que nous sommes en train de mettre certains bâtons dans les roues ou juste
ajouter au fardeau de paperasse pour eux autres. Je pose la question parce
qu'eux autres ont posé la question dans leur mémoire. J'apprécie le fait que le
ministre ait... prend le temps pour répondre à nos questions, d'expliquer
comment il voit les choses, mais, sur notre côté, on va essayer de faire le
débat puis présenter des arguments de l'autre côté de la médaille sur cet
enjeu. Alors, merci beaucoup, M. le Président, pour votre écoute.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 2? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Je voudrais peut-être vous lire un petit passage, dans le fond,
du mémoire de l'Ordre des ingénieurs du Québec puis j'aurai une question par la
suite. Donc, on dit, d'abord, que «le Québec est partie prenante d'un accord
visant à adopter l'édition 2020 de chaque code national dans les 24 mois
suivant sa publication en français et en anglais et l'édition 2025 de ces
codes dans les 18 mois», et qu'il y a «un projet de règlement qui est
présentement à l'étude pour donner suite à cet engagement». Donc, ça, ça
concerne le Code national de l'énergie pour les bâtiments.
«L'ordre...» Et là on dit : «L'Ordre
est certain que l'Assemblée nationale, dans son rôle de censeure de
l'administration gouvernementale, s'assurera que la RBQ exerce ses fonctions
avec diligence, y compris en matière d'efficacité énergétique des bâtiments.
Cet exercice nous semble plus fructueux qu'un transfert de responsabilités
entre différents organismes publics.
«Par ailleurs, le retrait de la compétence
de la RBQ en matière de normes de construction créerait d'autres problèmes. Premièrement,
la RBQ peut présentement autoriser l'application de mesures différentes à
celles du Code de construction. Ainsi, un ingénieur peut proposer des solutions
innovantes qui ne sont pas nécessairement prévues dans les normes de
construction, ce qui ne sera plus possible si la RBQ n'est plus compétente en
matière d'efficacité énergétique... Deuxièmement, les constructeurs sont tenus
de s'assurer que leurs travaux sont conformes au Code de construction et aux <normes...
Mme Dufour :
...constructeurs
sont tenus de s'assurer que leurs travaux sont conformes au Code de
construction et aux >normes municipales. Les concepteurs ont une
obligation similaire en ce qui concerne leurs plans et devis. Puisqu'une telle
obligation n'a pas été reprise dans le projet de loi, il est possible que
certains d'entre eux estiment qu'ils ne sont pas responsables de toute
contravention aux normes de construction qui auront été édictées par le
gouvernement.
«Finalement, l'Ordre note que le libellé
du projet de loi entretient une certaine confusion quant à la compétence de la
RBQ. En effet, l'habilitation qu'elle conserve semble suffisamment large pour
lui permettre encore d'adopter des normes en matière d'efficacité énergétique
des bâtiments, ce qui ne semble pas être l'intention derrière le projet de
loi.»
Alors, j'aimerais entendre le ministre sur
ces éléments-là, les craintes que l'Ordre des ingénieurs a soulevées, les
trois... les quatre... trois... quatre enjeux, en fait, qui ont été soulevés
ici. J'aimerais... J'aimerais comprendre, là, comment on compte pallier à ça,
advenant le cas qu'on n'accepterait pas mon... Bien, il l'a déjà dit, là, ça a
déjà été dit, qu'il n'accepterait pas l'amendement. Donc, j'aimerais avoir des
explications à ce sujet-là.
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : M. le
Président, j'ai eu l'occasion de répondre à ces sujets-là un petit peu plus
tôt.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 2?
Mme Dufour : Bien,
merci, M. le Président. Alors, je veux juste comprendre, là. On me dit qu'un
ingénieur peut proposer des solutions innovantes qui ne sont pas nécessairement
prévues dans les normes de construction. Est-ce que... Si ce n'est plus la RBQ
qui est compétente en matière d'efficacité énergétique, est-ce qu'un ingénieur
va encore pouvoir déroger à... avec des normes innovantes, dans le fond? Je n'ai
pas... Je ne pense pas qu'on ait parlé de ça à aucun moment, là. Donc, je n'ai
pas entendu le ministre là-dessus du tout, là.
M. Charette : Ce n'est
pas le ministère de l'Environnement qui va freiner l'innovation.
Mme Dufour : Donc, je
comprends que ce sera oui. Et, pour ce qui est de l'élément qui inquiète, là,
par rapport au fait que peut-être que les travaux ne seraient pas tenus d'être
conformes au... En fait, c'est l'ordre, là, qui soulève qu'actuellement les
constructeurs sont tenus de s'assurer que leurs travaux sont conformes au Code
de construction. Est-ce qu'il y a une assurance qu'ils vont se sentir
responsables de toute contravention aux normes de construction du code de
bâtiment durable?
M. Charette : Naturellement,
à partir du moment qu'il y a un code, à partir du moment qu'il y a une
réglementation qui oblige à s'y conformer, à partir du moment qu'il y a un
régime de contrôle et de sanction, c'est bien certain que ce n'est pas un code
qui sera une invitation à le respecter, ce sera une obligation de le respecter.
• (11 h 20) •
Mme Dufour : Parfait.
Merci. Et le dernier point qui était soulevé, c'était le fait qu'on conserve
une habilitation suffisamment large pour encore permettre au Code de
construction à la Régie du bâtiment d'adopter des normes en matière
d'efficacité énergétique des bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 2?
Mme Dufour : OK. Donc, je
n'aurai pas de réponse.
M. Charette : En fait,
M. le Président, juste pour ne pas laisser l'échange ainsi, les réponses ont
déjà été données, l'efficacité énergétique, elles sont au ministère de
l'Environnement.
Mme Dufour : L'Ordre des
ingénieurs ne partage pas l'opinion que... la façon que le projet de loi est
écrit. Ça pourrait porter à une certaine confusion. C'est ce qui est mentionné.
M. Charette : Peut-être
rappeler l'objet de l'article que nous étudions. On vient, en 6, biffer
«l'efficacité énergétique du bâtiment». Donc, ça répond, je pense, très
clairement à cet... à ce doute-là qui peut subsister.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 2? Est-ce
que l'amendement est adopté?
Mme Dufour : ...par
appel nominal, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Par
appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
Le Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
Le Secrétaire
: M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
Le Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
Le Secrétaire
: M. Émond
(Richelieu)?
M. Émond : Contre.
Le Secrétaire
: M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Contre.
Le Secrétaire
: Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Pour.
Le Secrétaire
: M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) :
Abstention. Revenons à... Rejeté. L'amendement est rejeté. Nous revenons à
l'article 2. Mme la députée de Mille-Îles, il vous reste cinq secondes.
Mme Dufour : Vote par
appel nominal.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
est-ce que l'article 2 est adopté? Par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette : Pour.
Le Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire : M. Émond
<(Richelieu)...
Mme Grondin :
...pour.
Le Secrétaire :
Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Émond
>(Richelieu)?
M. Émond : Pour.
Le Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :Pour.
Le Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Contre.
Le Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Contre.
Le Secrétaire : Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Abstention.
Le Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
M. le ministre... Adopté. M. le ministre, l'article 3.
M. Charette : Merci, M.
le Président. Donc, article 3 : L'article 174 de cette loi est
abrogé.
Et le commentaire : l'abrogation
proposée retire la possibilité pour la Régie du bâtiment de prévoir au Code de
construction les cas dans lesquels certains professionnels peuvent déroger aux
normes relatives à l'efficacité énergétique lorsqu'une personne physique en
fait la demande dans le contexte de la construction d'une maison unifamiliale.
Elle est faite en concordance avec les modifications suggérées aux
articles 2 et 4 du projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 3?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Alors,
si on lit ce qui est abrogé, là, c'est... je vais le... je vais le lire, là :
«Le Code de construction (chapitre B-1.1, r. 2) peut déterminer les cas où un
entrepreneur, un architecte ou un ingénieur peut déroger aux normes relatives à
l'efficacité énergétique d'un bâtiment lorsqu'une personne physique qui désire
faire construire une maison unifamiliale exige par écrit des spécifications
différentes.» Tout à l'heure, je le mentionnais, que ça, c'était une inquiétude
du... de l'Ordre des ingénieurs du Québec, de dire : Bien, actuellement,
là, c'est une possibilité. Est-ce qu'on va retrouver exactement cet élément-là
dans le code de construction du bâtiment durable?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : Merci.
Bien, en fait, c'est, en quelque sorte, un article de concordance. Étant donné
que l'efficacité énergétique revient au ministère ici, c'est normal, là, que
les pouvoirs suivent, en quelque sorte. Et quoi dire de plus que c'est une
suite logique, là, tout simplement, étant donné qu'on aura la responsabilité
d'établir un règlement en conséquence et qu'on va se... on va s'y référer par
la suite.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée.
Mme Dufour : Merci.
J'aimerais avoir une réponse claire, si possible. Est-ce que cet élément-là,
qu'on trouve ici, va se retrouver dans le code de bâtiment durable? Il ne sera
peut-être pas tel quel, mais l'exemption qu'on permet, la possibilité qu'on
permet aux entrepreneurs, architectes, ingénieurs de déroger aux normes
relatives à l'efficacité énergétique vont être possibles.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le ministre.
M. Charette : ...à ce
niveau-là, avec consentement, on pourrait passer la parole au légiste.
Mme Dufour : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Bon,
veuillez vous nommer et donner votre titre.
M. Woitrin (Pierre) : Oui,
bonjour. Pierre Woitrin, légiste au ministère de la Justice.
Bien évidemment, on ne peut pas présumer
de ce qu'un règlement pris en application de la Loi sur la performance
environnementale va prévoir, mais ce qu'on... ce sur quoi on peut peut-être se
reposer, c'est les dispositions qui vont... qui encadrent l'habilitation du
gouvernement à prendre un tel règlement. L'article 10 va permettre de
prendre des normes en matière de travaux de construction. C'est ce qu'on a vu
précédemment. L'article 12 va permettre au gouvernement d'identifier des
personnes qui vont être responsables de prendre... en fait, d'appliquer ces
normes-là. Donc, ce qu'on retrouve, essentiellement, à l'article 174 de la
Loi sur le bâtiment, en ce moment, permet d'atteindre l'objectif qui est
poursuivi par cet article-là, ça fait que de fixer des normes et d'identifier
les personnes qui vont être en charge de les appliquer... de les respecter,
plutôt.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Me Woitrin. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Je... Moi,
je considère encore qu'on fait une erreur ici, mais bon. On a déjà adopté
l'article précédent, donc on va aller de l'avant.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 3? Donc, est-ce que
l'article 3 est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Par
appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette : Pour.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire : M. Émond
(Richelieu)?
M. Émond : Pour.
Le Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :Pour.
Le Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Contre.
Le Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Contre.
Le Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'article 3 est adopté. Article 4, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M.
le Président. Donc, l'article 4 : L'article 185 de cette loi est
modifié par la suppression du paragraphe 0.4°.
Et là je me rends <tranquillement...
M. Charette :
...
l'article 185
de cette loi est modifié par la suppression du paragraphe 0.4°.
Et là je me rends >tranquillement
au commentaire, parce que c'est un article qui est très long. Donc, le
commentaire : la modification proposée retire des habilitations
réglementaires de la Régie du bâtiment la détermination des normes concernant
l'efficacité énergétique d'un bâtiment.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 4?
Mme Dufour : Ça aurait
été bien d'entendre le ministre lire ça, tout ça. C'est quelques pages. Je
pense qu'on se serait rendus à l'heure du dîner.
Évidemment, M. le Président, vous
comprendrez que, comme on veut retirer, encore une fois, à la régie le fait de
déterminer des normes concernant l'efficacité énergétique d'un bâtiment, bien,
j'aimerais qu'il y ait un vote par appel nominal.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 4? Donc, un vote par appel
nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette : Pour.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire : M. Émond
(Richelieu)?
M. Émond : Pour.
Le Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Pour.
Le Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Contre.
Le Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
:
Contre.
Le Secrétaire : Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez :
Abstention.
Le Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
Le
Président (M. Jacques) : Abstention. L'article 4 est adopté.
L'article 5, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M.
le Président. 5. L'article 196.2 de cette loi est modifié par la
suppression de «commet une infraction et».
Le commentaire très simple, et on vient de
me le confirmer, là, c'est une modification qui est proposée uniquement afin de
retirer une redondance au texte.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 5? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci,
M. le Président. Quand j'ai lu cet article-là, je me suis posé la question :
Pourquoi, en fait, on veut retirer le fait qu'une infraction est commise? Et je
pense que, de mémoire, là, ça concerne l'article suivant également. Je voudrais
juste comprendre, parce qu'on ne l'explique pas vraiment, là. On dit :
Oui, OK, retirer une redondance du texte, mais ça reste qu'on dit que la
personne en question, le constructeur, propriétaire ou entrepreneur,
commettrait une infraction, puis là on vient dire qu'il est simplement passible
d'une amende. On vient retirer le fait qu'il ait commis une infraction, et je
voulais comprendre pourquoi.
Le Président (M. Jacques) : Me
Woitrin.
• (11 h 30) •
M. Woitrin (Pierre) : Oui,
vraiment, c'est une correction qui est apportée au texte, en l'occurrence à cet
article-là et à l'article suivant, comme vous le mentionnez. Lorsqu'on est
passible d'une amende d'un certain montant, on a forcément commis une
infraction. Ça fait qu'on ne retire pas le fait de commettre une infraction, il
s'agit, effectivement, de comportements qui sont punis par la loi. Mais le
texte «est passible d'une amende» suffit à ce qu'on puisse, donc, condamner la
personne en question à une telle amende.
Mme Dufour : Parfait.
Merci pour l'explication légale.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 5? Est-ce que l'article 5
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) :
Adopté. M. le ministre, l'article 6.
M. Charette : Merci, M.
le Président.
6. Les articles 197.1, 197.2 et 199.1
de cette loi sont modifiés par la suppression de «commet une infraction et».
Le commentaire est le même, les
modifications proposées retirent une redondance au texte.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 6? Est-ce que l'article 6
est adopté?
M. Charette : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 7, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M.
le Président.
7. L'article 16 de la Loi sur Hydro-Québec
est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «[...]l'article 17.1.11
de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la Faune[...]» par
«à l'article 10.5 de la Loi sur le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs[...]».
Et le commentaire : cet article
prévoit une modification de concordance en lien avec l'abrogation de
l'article 17.1.11 de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune. La quote-part des distributeurs d'énergie n'est, en effet, plus
payable en vertu de l'article 17.1.1 de la Loi sur le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune, mais bien en vertu de la Loi sur le
ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Il y a,
donc, lieu de modifier le texte de l'article.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 7? Est-ce
que l'article 7 <est adopté...
>
11 h 30 (version révisée)
<17937
Le
Président (M. Jacques) :
...sur l'article 7. Est-ce que l'article 7
>est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 8, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
8. L'article 22.1 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «du plan directeur en
transition, innovation et efficacité énergétiques prévu par la Loi sur le
ministère des Ressources naturelles et de la Faune[...]» par «de la
politique-cadre sur les changements climatiques prévue par la Loi sur la
qualité de l'environnement[...]».
Le commentaire : cet article prévoit
une modification de concordance en lien avec la disparition du plan directeur
en transition, innovation et efficacité énergétiques. Comme les programmes et
les mesures auxquelles l'article réfère seront désormais dans la
politique-cadre sur les changements climatiques, il y a lieu de mettre à jour
le texte de l'article.
Le Président (M. Jacques) : Des
interventions sur l'article 8? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, de ce que je comprends, ceci fait en sorte que, quand on
parle de politique-cadre sur les changements climatiques, on parle bien du PEV,
du Plan pour une économie verte, puis les différents PMO. Je ne suis pas contre
la modification. J'aimerais ça profiter de l'opportunité pour développer un peu
sur la vision qu'a le ministre concernant la transition énergétique dans le
PEV. Tout à l'heure, on a parlé de réglementations qui vont avoir lieu
concernant les gaz puis on a... j'aimerais ça nous ramener sur le fond de la
question. Est-ce que le ministre... Il l'a déjà affirmé, puis je veux juste l'entendre
sur le fait que le gaz naturel, surtout les gaz fossiles, là, ce n'est pas une
énergie de transition et comment ceci va se refléter dans le PEV, étant donné
que, désormais, avec cet article-là, la responsabilité va être donnée au
ministère de l'Environnement.
M. Charette : ...est déjà
effective, là, la transition énergétique, elle est déjà au ministère. Le gaz
naturel, il faut distinguer du gaz naturel renouvelable. Pour nous, le gaz
naturel renouvelable est quelque chose à développer, avec une accélération, même.
On a augmenté, dans la réglementation, le pourcentage minimal qui est
nécessaire, on veut certainement poursuivre dans cette voie-là. Et, sinon, le
gaz naturel lui-même, sans être un mal à tout point de vue, on l'a vu, l'importance
qu'il joue dans le bâtiment. C'est quelque chose dont on doit se départir
graduellement, mais ça ne peut pas se faire du jour au lendemain, compte
tenu... Ne serait-ce que dans le bâtiment, on l'a dit à plusieurs reprises, il
y a plus que 10 mégawatts qui est lié au gaz naturel dans le bâtiment. C'est
énorme. Donc, ça doit se faire de façon concertée et planifiée. Mais, non, ce n'est
pas le but que de maintenir le gaz à tout prix. Au contraire, là, il faut
diminuer notre recours graduellement.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Zaga Mendez : Dans ce
sens, M. le ministre, il y a une des recommandations qui a été faite par la Coalition
Sortons du gaz!, là, je vais la lire, là, j'aimerais savoir votre avis sur la
question. Parce qu'on parle... Là, vous dites : On a les pouvoirs, on est
prêt à aller plus loin, le gaz naturel, ce n'est pas une énergie de transition.
Ici, on a une suggestion qu'il soit formellement indiqué, dans le Plan pour une
économie verte, que... et ses plans de mise en œuvre, donc les différents PMO,
que le gaz naturel n'est pas une énergie de transition et qu'à ce titre il ne
peut se qualifier sur le programme de financement conçu pour soutenir la
transition énergétique. Est-ce que le ministre est d'accord avec ça?
M. Charette : Peut-être juste
une petite... Je vais m'autocorriger — des fois, je m'entends parler
après coup : j'ai dit «10 mégawatts», mais on comprend que c'est 10 000 mégawatts.
Sinon, sinon, pour nous... C'est là où on a le droit d'avoir des divergences d'opinions.
Pour nous, la biénergie est une façon d'accélérer notre lutte aux changements
climatiques en réduisant notre recours au gaz, mais en planifiant mieux nos
besoins énergétiques. Donc, si, dans le libellé, et je devine que c'est le cas,
de cette coalition, de ce regroupement-là, c'est une condamnation indirecte, la
biénergie, on ne pourrait pas aller de l'avant avec cette proposition-là.
Mme Zaga Mendez : Là, on
parle... Le libellé, on parle du gaz naturel. On pourrait aller... Parce qu'on
a tous, tous les... comment je peux dire, les différentes façons que le gaz
fossile est utilisé. Là, on parle vraiment de se qualifier sur les programmes
de financement qui sont conçus pour la transition énergétique. Donc, l'objectif,
là, des prochaines sections, là, puis on va rentrer, par la suite, à l'article 10.5,
là, sur le pouvoir du ministre en termes de transition, c'est que, désormais,
on va faire référence à la politique-cadre sur les <changements...
Mme Zaga Mendez :
...politique-cadre
sur les >changements climatiques. La suggestion ici, c'est que, dans le
cadre de cette politique-là, on soit très clair sur l'intention de ne pas
financer, par des programmes qui sont conçus à la transition énergétique, des
nouveaux branchements au gaz ou l'industrie gazière. Est-ce que vous êtes
d'accord avec ça?
M. Charette : Pour les
nouveaux branchements, on a eu l'occasion d'en discuter, là, dans les prochains
mois, on va arriver avec un cadre assez établi. Mais même le gaz naturel, ça
peut être, dans certains cas... J'essaie de penser à des cas de figure. Si on
a... Et je ne veux pas nommer d'entreprises, bien que j'en aie en tête. Si on a
une entreprise qui utilise, à travers son procédé industriel, quelque chose qui
est beaucoup, beaucoup plus émissif que le gaz naturel; si, dans sa solution,
il y avait une partie qui était associée au gaz naturel, il faudrait y penser.
Si ça nous permet de diminuer significativement nos émissions, il faut que ça
fasse partie de la réflexion. Donc, de façon catégorique, dire : C'est non
dans toutes les circonstances, je ne pourrais pas aller de l'avant avec ça. Il
faut se donner la peine d'évaluer l'impact sur chaque projet en vertu, là, des
programmes, là, qui sont disponibles.
Mme Zaga Mendez : Donc, ce
que vous êtes en train de dire, c'est que, si on utilise encore l'énergie
fossile comme le gaz dans le cadre de... Comment... J'essaie de voir une
étude... un cas précis dans lequel l'introduction du gaz fossile, le ministre
vient de le dire, dans un procédé quelconque, viendrait réduire les émissions
de GES. Dans quel remplacement vous les...
M. Charette : J'ai assez
d'enjeux avec certaines de ces entreprises-là, je ne vais pas les nommer
spécifiquement. Mais une entreprise qui fonctionnerait, par exemple, au coke de
pétrole, si, dans les solutions qu'elle propose ou qu'on lui impose, il devait
y avoir une solution où le gaz naturel joue un rôle, ça pourrait nous permettre
de diminuer de façon significative nos émissions de gaz à effet de serre. Donc,
c'est dans cette perspective-là où je ne peux pas, de façon catégorique,
dire : Le gaz naturel n'est jamais une option valable pour limiter ou
diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. On va privilégier d'autres
choses quand c'est possible, on va privilégier le gaz naturel renouvelable
quand c'est possible. Mais, si ça fait partie d'un cocktail de mesures avec des
changements au niveau de leurs procédés industriels, il faut se donner la peine
de considérer la chose, et, dans certains cas, dans certains types d'industrie,
ça peut faire une différence importante.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Bien, je
comprends qu'il y a certains procédés pour lesquels il faut réserver le gaz
naturel parce qu'on ne peut pas les électrifier. Là, ce que j'entends... Puis
je veux juste mieux comprendre l'intention du ministre. Parce que la question
qui nous est posée, c'est que : Est-ce qu'on va mettre ou pas de l'argent
qui est destiné à la transition énergétique pour introduire du gaz naturel, que
ce soit au niveau de l'industrie, que ce soit au niveau du bâtiment? C'est ça,
la question qui est posée. Là, dans le cas que vous avez nommé, si d'autres
solutions existent, si l'électrification est possible, je veux juste comprendre
pourquoi le ministre souhaite encore financer. Parce que c'est des sous qui
doivent être destinés à la transition, c'est de l'argent pour la transition.
Donc, est-ce que je comprends que, même si une alternative d'électrification
existe, le ministre est à l'aise de financer, par le PMO3... pardon, le PMO qui
va suivre ou le PEV, l'utilisation du gaz naturel dans un procédé de
transition?
M. Charette : Il y a deux,
trois choses importantes à préciser. Dans certains cas, c'est impossible de
transformer un procédé industriel qui passerait, par exemple, du coke de
pétrole à l'électricité, c'est tout simplement impossible. Dans tous les cas de
figure, c'est extrêmement rare qu'il y aurait ce type de recours là.
Et pour ce qui est du nouveau bâtiment, on
se souvient, et c'est tout récent, je pense, c'était la journée même, si je me
souviens bien, de la consultation, lorsque Énergir s'est présenté, la régie...
ou la veille, plutôt, la Régie du bâtiment donnait suite à une demande même
d'Énergir de dire : Le nouveau bâtiment ne sera pas raccordé par du gaz
naturel, mais bien par du gaz naturel renouvelable. Donc, on est déjà dans
cet... Et là, maintenant, c'est une demande d'Énergir à la régie — j'ai
dit «du bâtiment», probablement, je fais souvent la même erreur — la
Régie de l'énergie, la journée même ou la veille, il faudrait vérifier au <niveau
de...
M. Charette :
...
erreur
— la Régie de l'énergie, la journée même ou la veille,
il faudrait vérifier au >niveau de l'agenda, venait de donner suite à
cette demande-là. Donc, le nouveau bâtiment sera raccordé par du gaz naturel
renouvelable, là, dorénavant.
Mme Zaga Mendez : Je vais me
permettre de faire une dernière suggestion au ministre. Est-ce qu'il aurait
l'intention ou est-ce qu'il serait ouvert à qu'on ait la liste des énergies ne
pouvant se qualifier pour la transition énergétique et donc bénéficier d'un
soutien financier à travers les différents programmes dont on avait parlé tout
à l'heure, que cette liste-là soit formellement, après ça, ajoutée dans les
documents de cadrage officiels, que ce soit le PEV et le PMO? C'est-à-dire, là,
je ne vous demande pas de me répondre en détail, même, là, est-ce qu'il y a le
gaz ou pas. Est-ce qu'il y a la liste d'énergies qui peuvent qualifier à ce
type de subvention? Est-ce qu'il y a une ouverture de votre part pour les
ajouter dans les... dans le PEV ou le PMO?
M. Charette : Ça revient un
petit peu à l'échange qu'on a eu précédemment. Il y a certains groupes, je
respecte leur opinion, je ne suis pas... je ne suis pas tenu de la...
c'est-à-dire de... d'être d'accord avec eux, mais, pour certains groupes, le
gaz naturel n'est jamais, jamais une option. Donc, ces groupes-là
souhaiteraient vraisemblablement à ce que le mot «gaz naturel» figure en noir
et blanc dans une pareille liste. Moi, je dis que, pour... dans certains...
certaines conversions, ça peut être envisageable d'intégrer du gaz naturel, si
ça devait remplacer quelque chose de nettement plus émissif et lorsque
l'électrification n'est pas possible. Moi, entre une source très émissive,
l'absence d'alternative 100 % hydroélectrique, par exemple, et une autre
formule avec peut-être du gaz naturel, oui, mais qui amène des résultats
probants en matière de réduction de GES, je ne me priverai pas de cette économie-là
d'émission de GES. Donc, je ne pourrais pas intégrer le mot «gaz naturel» dans
une liste, comme souhaité, là, par certains groupes.
Mme Zaga Mendez : En fait, ce
qui est souhaité, puis là je vous le dis, là, c'est au-delà des groupes, là, ce
n'est pas d'avoir juste le mot «gaz naturel», d'être transparent puis de dire
c'est quoi, la liste d'énergies qui qualifient. Vous venez de décrire un cas de
figure qui peut être assez clair et même faire l'unanimité chez certains :
quand c'est impossible d'électrifier, le gaz naturel peut être permis. Est-ce
que ce type de conditions là... est-ce que la liste d'énergies qui peuvent être
utilisées et sous quelles conditions peuvent déjà apparaître dans le cadre
officiel du Plan pour une économie verte ou des PMO pour guider ou créer des
contraintes, là, on va se le dire, quand c'est possible d'électrifier? Par
exemple, est-ce que vous êtes prêts à financer le gaz naturel, même quand on
connaît qu'il y a un procédé qui est possible et, voire, souhaitable? Ça vous
donnerait des barèmes pour guider le financement.
M. Charette : Là, on vient
peut-être de s'entendre pour dire qu'on ne pourrait pas mettre le gaz naturel
dans cette liste-là.
Mme Zaga Mendez : Je dis :
La liste.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
ce serait une liste où le mot «gaz naturel» ne pourrait pas apparaître. Est-ce
qu'on... est-ce que j'ai l'assentiment de Québec solidaire à ce sujet-là?
Mme Zaga Mendez : Non, ce que
je dis, c'est différent. Ce que je dis, c'est : Ce sont les conditions.
Puis, moi, ma question sur ces conditions-là, c'est : Lorsqu'il existe une
possibilité d'électrification, pourquoi on ne met pas, noir sur blanc, ce
qu'on... quand il existe une possibilité, là, d'électrification, de le mettre
noir sur blanc qu'on ne va pas financer du gaz naturel par... C'est nos
programmes, là, c'est notre argent public, là, qu'on ne va pas financer
lorsqu'il existe... Là, je vous donne des options, là. Est-ce que, ça,
avez-vous une ouverture de le mettre dans le cadre du PEV ou du PMO3?
M. Charette : ...au niveau du
gouvernement, qui est beaucoup plus pragmatique et concrète au niveau des
résultats. Là, on est dans des cas de figure, c'est difficile de généraliser,
mais l'alternative peut exister en théorie, mais ça n'a jamais été démontré. Si
l'alternative est beaucoup trop dispendieuse, au point où l'entreprise ne
ferait pas cette transformation-là, est-ce que l'on est gagnant à maintenir,
par exemple, le coke de pétrole? Donc, il y a plusieurs considérants, c'est la
raison pour laquelle je ne peux pas, tout simplement, dire : Je mets une
liste, je dresse une liste avec plein d'interdictions, sans considérer les
impacts de ces interdictions-là. Je ne pourrais pas, je ne pourrais pas me
priver de ces avantages potentiels là.
Le Président (M. Jacques) : ...interventions
à l'article 8? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 8
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : <
Adopté.
Article...
Le Président (M. Jacques) :
...
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 8 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M. Jacques) :
>
Adopté. Article 9. M. le ministre, commencez par l'article. Et
je sais qu'il y a un amendement déposé... déjà, déposé sur Greffier.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Je lis la version originale dans un premier temps. Donc, 9 :L'annexe III
de la Loi sur la justice administrative est modifiée par l'insertion, après le
paragraphe 4°, du suivant :
«5° — donc — les
recours formés en vertu des articles 8, 14 et 15 de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments[...];».
Et le commentaire : cet article
ajoute à la liste des recours entendus par la section du territoire et de l'environnement
du Tribunal administratif du Québec, les contestations de la cote attribuée par
le ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs à un bâtiment, de sa décision quant à un programme
correcteur soumis ou de sa décision de mettre fin à un programme correcteur.
Cet ajout est nécessaire afin que le Tribunal administratif du Québec puisse
examiner ces recours.
Et je vous lis maintenant... Je vous lis,
par contre... pardon, maintenant, l'amendement. Donc : Dans le paragraphe
5° de l'annexe III de la Loi sur la justice administrative, proposé par
l'article 9 du projet de loi, supprimer «8,».
Et le commentaire : en raison du
retrait de l'article 8 à la Loi sur la performance environnementale
proposé par le présent projet de loi, il n'est plus nécessaire d'en prévoir
l'ajout à l'annexe III de la Loi sur la justice administrative.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement à l'article 9? S'il
n'y a pas d'intervention... Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Juste pour
le bénéfice de ceux qui nous écoutent... Dans le fond, c'est l'article 8, c'est
ce qu'on avait retiré, là, c'était la demande de révision qui devait être
traitée avec diligence, qui était, en fait, incluse dans un autre amendement à
l'article... Mon Dieu! Je ne me souviens plus quel article, mais c'est un
article précédent, je pense, c'est le 4, quelque chose comme ça, qui avait été
modifié pour inclure cette possibilité-là. Donc, c'est pour ça que l'article...
le 8 n'est plus nécessaire dans l'article qu'on est en train de discuter.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement à l'article 9?
Est-ce que l'amendement à l'article 9 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 9 amendé?
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 9, amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 10. M. le ministre.
• (11 h 50) •
M. Charette : ...de la
Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages est modifié par l'ajout, à la fin
du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«7° la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments[...].»
Et le commentaire : la modification
proposée vise à rendre les dispositions de la Loi sur certaines mesures
permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des
barrages applicables à la nouvelle Loi sur la performance environnementale des
bâtiments. Cet ajout permettra, notamment, d'appliquer les dispositions
nécessaires pour vérifier l'application de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et à mettre en place les régimes de sanctions
administratives pécuniaires et pénales applicables.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 10?
Est-ce que l'article 10 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 11, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
11. L'article 5 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Malgré le premier alinéa, seuls les
pouvoirs prévus aux paragraphes 1°, 2°, 4° à 7°, 9° et 11° peuvent être exercés
pour veiller à l'application de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments[...]. Toute personne qui accompagne un inspecteur en vertu du
paragraphe 11° ne peut alors qu'exercer les pouvoirs prévus aux paragraphes 1°,
2°, 4° à 7° et 9°.»
Et le commentaire, quelques pages plus
loin : le premier alinéa de l'article 5 de la Loi sur certaines
mesures permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de
sécurité des barrages prévoit les pouvoirs que peut exercer un inspecteur
lorsqu'il se présente pour examiner un lieu et en faire une inspection dans le
cadre de ses fonctions. L'alinéa qu'il est proposé d'ajouter circonscrit les
pouvoirs des inspecteurs dans le contexte de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments, édictée par le projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M.
le Président. J'aimerais comprendre. On vient dire que seuls les pouvoirs
prévus aux <paragraphes...
Mme Dufour :
... Président.
J'aimerais comprendre. On vient dire que seuls les pouvoirs prévus aux >paragraphes
1°, 2°, 4°... Ah! 4° à 7°. OK. Pardon. J'avais lu 4°, 7°. 4° à 7°, OK, c'est
parfait. Donc, j'ai ma réponse.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 11? Donc, est-ce que
l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 12, M. le ministre.
M. Charette : Merci. 12. L'article 6
de cette loi est modifié par l'insertion, à la fin du troisième alinéa, de «et
de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments[...]».
Et le commentaire : la modification
proposée limite les pouvoirs pouvant être exercés par un inspecteur dans le
contexte de l'application de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 12? Est-ce que
l'article 12 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 13, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. 13. L'article 17 de cette loi est modifié... (panne de son) ...la
fin du cinquième alinéa et de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments.
Le commentaire : la modification
proposée limite les situations dans lesquelles un avis d'exécution peut être
transmis dans le contexte de l'application de la Loi sur la performance environnementale
des bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 13? Donc,
s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 13 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, vous avez un amendement introduisant l'article 13.1, qui
est déjà déposé sur Greffier.
M. Charette : Exact.
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : J'en fais la
lecture, donc : Insérer, après l'article 13 du projet de loi, le
suivant :
«13.1. L'article 79 de cette loi est
modifié par le remplacement de "et aux sanctions administratives
pécuniaires imposées en vertu de la présente loi ou des lois concernées"
par ", aux sanctions administratives pécuniaires imposées en vertu de la
présente loi ou des lois concernées et à une cote de performance environnementale
attribuée à un bâtiment en application du deuxième alinéa de l'article 6
de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments[...]".»
Et le commentaire : l'amendement
donne la compétence au Bureau de réexamen de se pencher sur les demandes de
réexamen de cote de performance environnementale attribué à des bâtiments en
application du deuxième alinéa de l'article 6 de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement à l'article...
introduisant l'article 13.1? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Donc, juste
pour bien comprendre, là, c'est après... Parce que, dans l'article 13, on
fait... on parle de l'article 17, là, on parle de l'article 79. C'est
juste une question de visualiser comment l'article 79 de cette loi se lie
désormais avec cet amendement.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. Me Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Oui, je
peux faire une tentative de consolidation du texte. Mais, essentiellement, ce
qu'on vient faire à l'article 79, c'est vraiment de permettre de saisir le
Bureau de réexamen. Ça fait que ça se lirait probablement comme suit, je m'essaie :
«Le Bureau de réexamen a la charge de traiter les demandes de réexamen...» Attendez.
OK. «...par la présente loi, soit celles relatives aux avis d'exécution visés à
l'article 17 [et] aux sanctions administratives pécuniaires imposées en
vertu de la présente loi ou des lois concernées et à une cote de performance
environnementale attribuée à un bâtiment en application du deuxième alinéa de
l'article 6 de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments[...].»
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Puis, c'est
ça, si je me souviens, c'est juste de la concordance avec qu'est-ce qu'on avait
voté auparavant, qu'on donnait plus le pouvoir au bureau... C'est ça, ce qui
manquerait dans le... Je m'en souviens, de l'article 79, c'est pour ça.
M. Woitrin (Pierre) : Bien,
effectivement, l'article 79 circonscrit les pouvoirs du Bureau de
réexamen, ça fait que, pour pouvoir être saisi de demandes de révision telles
que celles qui sont visées... Voilà.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à
ma question.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement introduisant
l'article 13.1? Est-ce que l'amendement introduisant l'article 13.1
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 14.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, 14. L'article 12 de la Loi sur le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune est modifié par la suppression des
paragraphes 14.2° à 14.5° du premier alinéa.
Et le commentaire : il convient de
retirer les responsabilités liées à la transition énergétique contenues aux
paragraphes 14.2° à 14.5° du premier alinéa de l'article 12 de la Loi sur
le ministère des Ressources <naturelles et de la Faune...
M. Charette :
...
premier alinéa de l'article 12 de la
Loi sur le ministère des Ressources >naturelles et de la Faune. Les responsabilités
liées à la transition énergétique contenues dans ces paragraphes sont
transférées à l'article 10.1 de la Loi sur le ministère du Développement durable,
de l'Environnement et des Parcs, proposé par l'article 20 du projet de
loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Est-ce que c'est possible de savoir pourquoi, à l'époque, ça avait
été fait? Puis là j'ignore à quel moment, mais pourquoi le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune avait le mandat lié à l'efficacité
énergétique, puis on disait même d'élaborer des programmes et des mesures en matière
de transition, d'innovation et d'efficacité énergétique? Est-ce qu'on le sait,
à l'époque, pourquoi ça avait été prévu comme ça?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : On remonte à
quelques années déjà. Le MERN — le «E», c'était «Énergie» — donc,
ils avaient le volet énergie. Là, avec les nominations du dernier décret, il y
a des volets qui sont allés au... Là, je me trompe avec les nouveaux acronymes.
Le volet faune, parcs est venu chez nous; le volet transition énergétique est
venu chez nous; le volet MRNF, donc ministère, Ressources naturelles et Forêts,
est allé dans un nouveau... En fait, c'est une répartition différente des
responsabilités. Et là, avec ces articles-là, on vient confirmer les
responsabilités, là, du décret de nomination.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Oui. Est-ce que
le ministère des Ressources naturelles avait des programmes en efficacité
énergétique?
M. Charette : Oui. Au départ,
quand on a pris le pouvoir, en 2018, il y avait Transition énergétique Québec,
qui a été intégrée ensuite au M-E-R-N — je vais dire «MERN», c'est
plus facile, je vais dire «MERN», c'est plus facile — et la
transition énergétique, par la suite, est venue à l'Environnement. Et tout ça
peut découler des intentions qui ont été confirmées dans le projet de loi n° 44,
qui avait été adopté, si je me souviens bien, là, à l'été ou à l'automne 2020.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le
ministre, je comprends bien qu'il y a eu un changement, vous êtes responsable
pour la transition énergétique. Mais, quand même, quand je regarde les articles 14.4
et 14.5, je trouve que de garder ces éléments, au mieux, garder ça dans la loi,
ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose parce qu'on veut continuer de
s'assurer qu'il y ait un financement des programmes dans le milieu des
ressources naturelles, juste penser à le milieu des mines, puis aussi de
s'assurer d'une coordination de l'ensemble des programmes en mesures de matière
de transition, innovation et efficacité.
• (12 heures) •
Alors, c'est juste d'expliquer, comme,
quand même, pour les principes et des idées un petit peu générales comme ça, M.
le ministre, pourquoi on veut enlever ça d'un projet de loi quand, on sait, on
veut que tous les ministères coordonnent un petit peu sur l'efficacité
énergétique?
Le Président (M. Jacques) : Oui.
M. le ministre.
M. Charette : Très, très
simplement. Les décrets ont déjà été adoptés, il reste à modifier la
législation en conséquence. Mais c'est déjà ce qui se fait, c'est juste... On
profite du projet de loi pour faire les concordances qui ont été faites d'un
point de vue réglementaire, les faire d'un point de vue législatif.
M. Kelley : Mais, c'est sûr, j'imagine,
ça dit que, pour la suite des choses, pour le ministère des Ressources
naturelles, assurer une coordination de l'ensemble des programmes et des
mesures en matière de transition, d'innovation et d'efficacité énergétique, ça
va passer pas par les lois, mais par des politiques?
M. Charette : Le décret le
disait déjà. On vient l'officialiser par la loi. Mais c'est déjà... tout ça est
déjà effectif, c'est déjà... Les programmes ont été rapatriés, on a un nouveau
sous-ministériat, au ministère, là, qui a assumé cette nouvelle responsabilité.
Donc, c'est effectif, mais on vient l'officialiser à travers le corpus
législatif également.
M. Kelley : OK. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui, merci,
M. le Président. Juste pour un peu introduire, peut-être, la discussion qu'on va
avoir dans l'article 20, là. Parce que, de ce que je comprends, on retire
ces articles-là de la loi concernant les Ressources naturelles. Mais,
maintenant, même si c'est... l'effet, c'est avec le ministre de l'Énergie, pour
introduire ces mêmes pouvoirs là au sein du ministre de l'Environnement, je
veux juste bien comprendre, parce que là il y a quand même quatre articles,
puis, dans l'article 20, il y a juste une phrase, ça fait que... de bien
comprendre comment l'ensemble de ces pouvoirs-là vont être transmis au ministère
de l'Environnement.
M. Charette : Je le <mentionnais...
>
12 h (version révisée)
<19263
Mme
Zaga Mendez :
...l'ensemble de ces pouvoirs-là vont être
transmis au ministère de l'Environnement.
M. Charette :
Je le
>mentionnais, c'est déjà intégré, mais, d'un point de vue légistique,
comment l'expliquer, peut-être que Me Woitrin, là, pourrait mieux le verbaliser
que moi.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Me Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Oui,
effectivement. Alors, l'article 20, qu'on va examiner plus tard, campe les
responsabilités du ministre en matière de... donc, concerne des modifications à
l'article 10.1 de la Loi sur le ministère de l'Environnement, campe un
certain nombre des pouvoirs du ministre de l'Environnement, notamment à titre
de coordonnateur de l'action gouvernementale en matière de lutte contre les
changements climatiques.
Ça fait que l'énumération qui est faite
dans cet article-là couvre déjà énormément, un spectre assez large, là, pour
couvrir différents aspects qui sont visés par les paragraphes qu'on abroge à l'article 12
de la Loi sur le MRNF, mais, par ailleurs, la loi sur le ministère comprend
aussi des... du ministère de l'Environnement, je parle, comporte aussi un
certain nombre de pouvoirs généraux du ministre dans différentes matières, qui
sont comparables à ce qu'on retrouvait dans ces dispositions-là, dans la Loi
sur le MRNF.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Donc, si je comprends bien, même... C'est juste pour être certaine qu'on donne
le même... un même niveau de pouvoirs, là. C'est-à-dire, on parle quand même de
programmes de mesures de... matière de transition, ce serait inclus, on parle
également de la contribution financière... des programmes en matière de
transition et des cotisations.
Puis, si je comprends bien, puis c'est
peut-être... Dans le cadre de la Loi sur le ministre des Ressources naturelles,
ceci est quand même une orientation envers l'industrie, là, l'industrie de la
production, de la distribution d'énergie ou pas? C'est ça que je veux
comprendre. Est-ce que, dans le cadre... Bien, peut-être, on pourrait être...
essayer d'être plus clair. Les pouvoirs qui sont dans 14.2°, 14.3°, 14.4°, 14.5°,
même s'ils sont très larges, est-ce qu'il y a une intention dans la loi, là,
des Ressources naturelles... sur les Ressources naturelles, que ce soit axé sur
la transition des ces énergies-là ou c'est vraiment plus large que juste les
énergies de production, distribution des énergies fossiles, par exemple?
M. Charette : ...naturellement,
plusieurs ministères, là, qui peuvent avoir un rôle à jouer, là, dans ces questions-là,
mais la façon dont on le résume... la production, c'est toujours au ministère
de l'Énergie, la consommation passe par le ministère de l'Environnement, l'offre
et demande, dit autrement. Donc, c'est la façon la plus simple de distinguer un
petit peu quel est le rôle qui demeure au ministère de l'Énergie, versus le
rôle qui nous revient.
Nous, si on peut influencer la
consommation, c'est en partie ce que l'on fait avec l'actuel projet de loi, on
est dans nos terres, en quelque sorte, là, ça fait partie des mandats qui nous
sont reconnus.
Mme Zaga Mendez : C'est bon.
Ça répond.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 14? Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 15.
M. Charette : Merci, M. le
Président. 15, donc :
L'intitulé de la section 11.0.1 de
cette loi est remplacé par le suivant : «Orientations, objectifs
généraux et cibles en matière de transition, d'innovation et d'efficacité
énergétiques».
Et le commentaire : l'intitulé de la
section 10.0.1 est modifié afin de refléter les modifications qui sont
apportées aux articles qu'elle contient et la disparition du Plan directeur en
transition, innovation et efficacité énergétiques.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 15? Donc, s'il
n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 15 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 16.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
16. Les articles 17.1.1 et 17.1.3 à
17.1.12 de cette loi sont abrogés.
Et le commentaire, quelques pages plus
loin... en fait, plusieurs pages plus loin, se lit ainsi, donc : l'abrogation
proposée retire de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la
Faune les obligations concernant les programmes et les mesures que les
distributeurs d'énergie doivent mettre à la disposition de leur clientèle, l'obligation
pour le ministre d'élaborer et de soumettre au gouvernement un plan directeur
en transition, innovation et efficacité énergétique, les modalités de la mise
en œuvre et de la révision de ce plan, ses indicateurs de performance et la
reddition de comptes qui y est <associée...
M. Charette :
...et
de la révision de ce plan, ses indicateurs de performance et la reddition de
comptes qui y est >associée. Le Plan directeur en transition, innovation
et efficacité énergétiques est donc aboli.
Les obligations et modalités des
programmes et mesures que doivent réaliser les distributeurs d'énergie ainsi
que l'établissement de la quote-part payable par ceux-ci sont maintenant prévus
à la Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des
Parcs.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 16? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Là, juste pour bien comprendre, on est toujours dans la Loi sur
le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, c'est bien ça? Et là ce
qu'on comprend, c'est que tout ce qui était les définitions de «distributeur
d'énergie», tout ça, ça passerait, dans le fond, au ministère de
l'Environnement, bon, et Transition énergétique. Mais il y a aussi le ministère
de l'Énergie, donc j'essaie juste de saisir pourquoi la première section ne
s'en va pas dans le ministère de l'Énergie.
M. Charette : En fait, le nom
du ministère a changé au fil des années, mais tout ceci, ça s'applique déjà.
C'est un petit peu comme on l'a dit tout à l'heure : Par décrets, c'est
toutes des transformations qui déjà s'opèrent, mais la mise à jour législative
n'avait pas été faite. Donc, ça demeure l'occasion pour le faire, mais c'est
déjà effectif, tout ça.
Mme Dufour : OK. Donc, ça
aurait pu être fait il y a quelques années, dans le fond?
M. Charette : Bien, quelques
années, non, parce que... bien, c'est ça, tout étant relatif. Le décret de
nomination date d'octobre 2022, donc un an et demi, là, en quelque sorte.
Mme Dufour : OK. Et donc ce
n'est pas en lien avec le projet de loi qu'on a ici, c'est juste qu'on
profite...
M. Charette : Exact. On avait
l'article 1, qui était le projet... en fait, la loi édictée, et les
articles subséquents du projet de loi viennent davantage confirmer cette
responsabilité nouvelle, là, pour la transition énergétique, à travers des
dispositions qui sont déjà appliquées mais qui n'avaient pas été ajustées au
niveau du corpus législatif.
Mme Dufour : Parfait, merci.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres informations sur l'article 16? Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 16 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 17.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
17. L'article 17.12.19 de cette loi
est modifié par la suppression, dans le paragraphe 1° du premier alinéa,
de «, à l'exclusion de la partie des droits annuels pour le stockage de gaz et
des droits sur le gaz soutiré déterminée par le ministre».
Et le commentaire : la modification
suggérée aura comme conséquence de porter au volet gestion des énergies
fossiles du Fonds des ressources naturelles une portion des droits annuels pour
le stockage de gaz et des droits sur le gaz soutiré jusqu'alors versés au Fonds
de transition, d'innovation et d'efficacité énergétiques, dont l'abolition est
proposée par l'article 18 de la présente loi.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : Merci, M. le
ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 17? S'il n'y a
pas d'intervention, est-ce que l'article 17 est adopté? M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Je sais
qu'on veut aller un petit peu vite, M. le Président, mais c'est... je veux
juste prendre le temps de bien comprendre, M. le ministre. On va transférer...
c'est bien une partie de le fonds vers le Fonds vert, c'est ça, ou est-ce qu'on
enlève une partie pour le Fonds des ressources naturelles, pour le stockage du
gaz? Je veux juste prendre le temps de bien lire qu'est-ce qu'on est en train
d'adopter ici.
Le Président (M. Jacques) : Me Woitrin.
M. Kelley : Parce que ça
relève aussi... à le prochain article, on va passer beaucoup de temps. Bref, peut-être
c'est juste moi, là, mais...
M. Woitrin (Pierre) : Bien
oui, effectivement, tout ce bloc d'articles là, les articles sont liés. Donc, à
l'article 18, qu'on verra après, toute la sous-section IV de la
section II.1 de la loi, donc, qui inclut les articles 17.12.21 et
17.12.22, est complètement abrogée. Ça fait que toutes les sommes, qui sont, en
fait, le Fonds de transition, innovation, efficacité énergétiques ainsi que la
détermination des sommes qui sont portées au crédit de ce fonds-là, sont abrogées
et transférées dans le Fonds d'électrification et de changements climatiques, institué
par la Loi sur le ministère de l'Environnement.
Donc, pour éviter que certaines sommes
tombent entre deux chaises, comme on abroge l'article 17.12.22, on a à
modifier 17.12.19 pour que des sommes restantes se retrouvent portées au crédit
du volet Énergies <fossiles...
M. Woitrin (Pierre) :
...on
a à modifier 17.12.19 pour que des sommes restantes se retrouvent portées au
crédit du volet Énergies >fossiles du Fonds de gestion des ressources
naturelles. Ça fait que le chemin est compliqué à suivre, puis je m'entends,
puis je le conçois, mais, vraiment, on s'assure qu'aucune somme ne tombe entre
deux chaises.
M. Kelley : Parfait. Puis
c'était combien l'année passée? On va verser environ combien chaque année?
M. Woitrin (Pierre) : C'est...
M. Charette : ...50 000 $
pour cette portion-là. Donc, ce n'est pas des sommes colossales.
M. Kelley : OK. Ce n'est pas
une... OK. Parfait. Pas beaucoup. Merci. Merci pour l'explication.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 17? Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 17 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 18. M. le ministre.
M. Charette : ...M. le
Président.
18. La sous-section 4 de la
section 11.1 de cette loi, comprenant les articles 17.12.21 et
17.12.22, est abrogée.
Et le commentaire : cet article
prévoit l'abrogation des articles instituant le Fonds de transition, d'innovation
et d'efficacité énergétiques et déterminant les sommes qui sont portées à son
crédit. L'article 22 du projet de loi prévoit que ces sommes seront plutôt
versées au Fonds d'électrification et de changements climatiques.
Le Président (M. Jacques) : ...est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 18? S'il n'y a pas
d'intervention, donc, est-ce que l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 19. M. le ministre.
M. Charette : Merci. Donc :
L'article 17.22 de cette loi est modifié par la suppression, dans le
deuxième alinéa, de «, 14.3°».
Le commentaire : la modification
suggérée est une modification de concordance avec l'article 14 du projet
de loi, qui abroge le paragraphe 14.3°, auquel fait référence le deuxième
alinéa de l'article 17.22 de la Loi sur le ministère des Ressources
naturelles et de la Faune.
Le Président (M. Jacques) : ...des
interventions sur l'article 19? Donc, est-ce que l'article 19 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 20. M. le ministre.
M. Charette : Si vous me
permettez, avec le consentement des collègues, on suspendrait l'article 20,
on doit faire une petite validation de notre côté. On pourra y revenir,
vraisemblablement à la prochaine séance, pour l'article 20.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement pour suspendre l'article 20?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Consentement.
M. le ministre, l'article 21. Et on pourrait... Il y a plusieurs articles,
l'introduction de plusieurs articles dans cette partie-là, donc, si on pouvait
le faire par article, 10.2 et, par la suite, 10.3, 10.4, une par une.
M. Charette : ...oui, volontiers.
Et j'aurai aussi un amendement à introduire. Donc...
Le Président (M. Jacques) : À
introduire à 20.1 ou à 21?
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Sur
21, OK. À la fin de tout.
M. Charette : À 10.5. Donc,
on y reviendra, là, à ce moment-là. Donc, je procède avec 10.2. Donc :
«Les distributeurs d'énergie assujettis
doivent soumettre au ministre, pour approbation par celui-ci et dans le délai
qu'il fixe, les programmes et les mesures qu'ils proposent de mettre à la
disposition de leur clientèle pour une durée de cinq ans afin de permettre
l'atteinte des cibles visées à l'article 17.1.2 de la Loi sur le ministère
des Ressources naturelles et de la Faune[...].
«Les programmes et les mesures soumis
doivent contenir une description des actions à réaliser, les prévisions
budgétaires pour la réalisation de celles-ci, leur mode de financement ainsi
qu'un calendrier de réalisation.
«Le ministère peut, avant d'approuver un
programme ou une mesure et afin d'assurer une cohérence entre les programmes et
les mesures ou s'il considère que ces derniers ne permettront pas de répondre
aux orientations, objectifs généraux et cibles visés à l'article 17.1.2 de
la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, demander à un
distributeur d'énergie assujetti d'apporter les modifications nécessaires aux
programmes et aux mesures dont il est responsable.
«Aux fins de l'application du présent
article, on entend par "distributeur d'énergie assujetti" :
«1° Hydro-Québec dans ses activités de
distribution d'électricité;
«2° un distributeur de gaz naturel visé à
l'article 2 de la Loi sur la Régie de l'énergie[...].»
Et le commentaire : cet article
reprend, en grande partie, les obligations qui se trouvaient auparavant à
l'article 17.1.3 de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune. Certains distributeurs d'énergie doivent mettre des programmes et
des mesures à la disposition de leur clientèle, et cet article en prévoit <l'approbation...
M. Charette :
...d'énergie
doivent mettre des programmes et des mesures à la disposition de leur
clientèle, et cet article en prévoit >l'approbation par le ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs. Avant d'approuver...
Une voix : ...
M. Charette : À vos souhaits!
Avant d'approuver les programmes et les mesures, le ministre s'assure qu'ils
permettront l'atteinte des orientations, objectifs généraux et cibles visés à
l'article 17.1.2 de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune. Si cela n'est pas le cas, le ministre peut demander les
modifications nécessaires. Les orientations, objectifs généraux et cibles visés
à l'article 17.1.2 de la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune doivent eux-mêmes être conformes à la politique-cadre sur les
changements climatiques.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Je vais revenir un peu en arrière, là, pour expliquer un peu,
là, l'article 21. L'article 21 introduit plusieurs articles de la
loi... dans la Loi sur le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs. Donc, ce que je disais... On pourrait étudier
article par article, donc 10.2, dans un premier temps... on ne votera pas
l'article 21, mais on va faire 10.2. Par la suite, on fera 10.3 et les
suivants. Donc, si on fait la discussion sur chacun des articles, après, on
votera pour l'ensemble de l'oeuvre. Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 21, 10.2? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le
ministre... et, merci, M. le Président. Si je comprends bien, on vise ici,
comme, certains types de documents, qu'est-ce qu'on vient juste d'enlever du
ministère des Ressources naturelles, que le distributeur d'énergie... qu'il lui
fournisse dans le délai... qu'il lui indique tout renseignement ou tout
document qu'il juge nécessaire. Alors c'est... Oh! excusez-moi, peut-être j'ai
les numéros tous mélangés. Ça, c'est 12, pas 2. Excusez-moi, M. le ministre,
j'ai mélangé mes numéros. Pas de question pour l'instant, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Juste pour valider, là, dans le fond, on introduit des éléments,
ici, dans la Loi sur le ministère du Développement durable... bien, le
ministère de l'Environnement, on introduit des éléments qui touchent les
distributeurs d'énergie, qui avaient été... qu'on a retirés précédemment à la loi
sur les Ressources naturelles, si je ne me trompe pas, la loi sur... oui, c'est...
le ministère des Ressources naturelles, plutôt, mais ces mêmes éléments là,
qu'on introduit ici, il y en a déjà une partie qui sont aussi présents dans la loi
sur le ministère de l'Énergie. C'était ma question tout à l'heure. Donc, je
veux juste le valider, parce qu'on parle de distributeurs d'énergie, là, donc
je veux juste être certaine que ça reste encore aussi dans la loi sur le
ministère de l'Énergie.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Me
Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Bien,
il s'agit de la définition, puis c'est là que peut-être qu'il y aura des
éclaircissements à apporter, là, mais, en ce qui concerne vraiment 10.2, c'est
presque du copier-coller de ce qu'on retrouve dans la Loi sur le MRNF,
effectivement, votre compréhension est exacte. Ça fait que ce sont des
distributeurs d'énergie assujettis, tel que défini dans l'article 10.2. Au
dernier alinéa, on a, donc : «Aux fins de l'application du présent
article, on entend par "distributeur d'énergie assujetti"», et on les
cite. Donc, on assujettit à certaines obligations, qui sont, à ce stade-ci, de
soumettre au ministre, pour approbation de celui-ci, donc, des programmes et
mesures qu'ils entendent mettre à disposition de leur clientèle, mais c'est un
mécanisme qui existe déjà ou qui est très comparable à ce qu'on... à ce qu'on
retrouve dans la Loi sur le MRNF actuellement.
Mme Dufour : OK, mais les
programmes et les mesures, ça, aucunement ils n'ont à les soumettre au
ministère de l'Énergie?
M. Woitrin (Pierre) : Pas en
application de ce texte de la loi sur le ministère de l'Environnement. Ça, ce
sont des éléments sur lesquels le ministre, de par cette nouvelle
responsabilité, va, donc, exercer son... c'est ça, exercer ses nouvelles
fonctions en matière de transition énergétique. Ça fait que c'est... Mais,
encore une fois, c'est quelque chose qui était exercé auparavant par un autre
ministère, mais qui a été rapatrié, par les décrets de nomination d'octobre
2022, dans les mains du ministre de l'Environnement et qu'on vient consacrer,
consolider dans la loi à ce stade-ci.
Mme Dufour : OK, mais, juste
pour comprendre, ça veut dire qu'il pourrait y avoir une partie des programmes
qui sont soumis à un ministère et une autre partie à un autre ministère?
M. Charette : Au niveau de
l'application des programmes, sans offense à Me Woitrin, on pourrait passer la
parole au sous-ministre adjoint, là, avec consentement.
Mme Dufour : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : M.
le sous-ministre, veuillez vous nommer et donner votre titre exact, s'il vous
plaît.
M. Gibeault (Jean-François) : Oui.
Jean-François <Gibeault...
Le Président (M. Jacques) :
...M.
le sous-ministre, veuillez vous nommer et donner votre titre exact, s'il vous
plaît.
M. Gibeault (Jean-François) :
Oui.
Jean-François >Gibeault, sous-ministre adjoint responsable du secteur
transition climatique et énergétique.
On parle beaucoup de programmes qui visent,
par exemple, l'amélioration de l'efficacité énergétique, utilisation de bornes
de recharge, des appareils plus écoénergétiques. Donc, ce n'est pas des
programmes qui visent la production, mais la consommation. Donc, ces
programmes-là sont maintenant suivis par le ministre de l'Environnement.
Mme Dufour : Mais je vais
revenir à la proposition de mon collègue sur les... le député de
Jacques-Cartier, sur les panneaux solaires, où, là, il pourrait y avoir une
portion production, donc, il pourrait y avoir des programmes qui viseraient les
bâtiments, qui... autant l'efficacité que la production. À ce moment-là, est-ce
qu'ils se retrouveraient dans les deux ministères, les programmes seraient
soumis aux deux endroits?
M. Gibeault (Jean-François) : Bien,
comme, par exemple, l'utilisation de panneaux solaires vient limiter la demande
en consommation sur la production actuelle, ce serait également financé par le
même plan soumis au ministre de l'Environnement.
Mme Dufour : OK.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui. Merci,
M. le Président. Dans le premier alinéa de cet article, 10.2, on parle des
cibles qui sont fixées par la Loi sur le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune. Et, dans ma compréhension, désormais, c'est bien le ministre de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie qui exerce les fonctions qui sont
données par cette loi-là.
Donc, ma question, ici : Pourquoi
suivre des objectifs, des cibles de transition énergétique qui sont donnés par
le ministère de l'Énergie quand on vient de, quand même, transférer un ensemble
de responsabilités envers le ministère de l'Environnement? Pourquoi ce n'est
pas le ministre de l'Environnement qui, désormais, étant donné qu'il a toutes
les responsabilités puis tous les pouvoirs qu'on vient de transférer... la
responsabilité de déterminer les cibles, en termes de transition énergétique,
vu qu'il a tous les pouvoirs qui viennent avec?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : ...question,
mais il faut se référer à la politique-cadre, dans laquelle on retrouve les
objectifs. Donc, lorsque le ministère... lorsque, par exemple, le ministère de
l'Énergie fixe des cibles, de son côté, c'est pour atteindre nos objectifs de
la politique-cadre. Et les programmes pour mettre en œuvre ces mesures-là
peuvent être financés par le ministère de l'Environnement aussi. Donc, le
ministère de l'Énergie ne pourrait pas mettre de l'avant des éléments qui sont
contraires aux objectifs à atteindre. Inversement, plus concrètement,
on a, par exemple, déterminé par loi qu'on ne vendra plus de voitures
thermiques en 2035. Pour les années 2026, 2027, 2028, 2029, 2030, il y a
des obligations pour les constructeurs de vendre un certain pourcentage de
véhicules thermiques. Ça a une incidence sur Hydro-Québec, ça a une incidence
sur les politiques que le ministère de l'Énergie peut mettre en place. Donc,
dans le fond, il s'adapte aux objectifs de la politique-cadre et aux lois, là,
qu'on peut adopter, là, sur ces questions-là.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends, là, il y a une politique-cadre puis une adaptation, mais la loi, selon
ma compréhension, elle a préséance sur ce type de politique, puis le... on a
déjà des décrets, là, qui placent... Puis vous l'avez nommé tout à l'heure, la
transition énergétique est sous l'égide du ministère de l'Environnement, on
vient de transposer plusieurs pouvoirs dans ce sens puis on nous... les cibles
qui sont faites par la loi... Dans l'article 17.1.2 de la Loi sur le ministère
des Ressources naturelles, pourquoi on a... Je ne comprends pas encore comment
ça se fait que ce n'est pas le ministre de l'Environnement qui délimite les
cibles de transition pour qu'elles soient aussi, en fait... un autre point à
considérer, que ce soit aussi en accord avec nos cibles de réduction de GES.
Je sais qu'on a mis... bien, on a suspendu
l'article 20, dans lequel on introduit, là, de soutenir la transition
énergétique, mais je pense qu'on est rendus à aller plus loin, là, puis que ce
soit le ministre de l'Environnement qui a, dans la loi, la responsabilité de
fixer ces cibles en termes de transition énergétique.
M. Charette : La question est,
encore une fois, très pertinente, mais, si on se rapporte à la loi, au projet
de loi n° 44, qu'on a adopté, c'est mentionné que les cibles doivent être
en conformité et en respect de la politique-cadre. Donc, c'est dans le projet
de loi n° 44, qui est devenu loi, là, à <l'automne...
M. Charette :
...conformité
et en respect de la politique-cadre. Donc, c'est dans le projet de loi
n° 44, qui est devenu loi, là, à >l'automne 2020. Et le ministère
de l'Environnement continue de coordonner l'ensemble de l'action
gouvernementale, là, sur ces... sur ces éléments-là, et ça fait partie de la
loi, là, en bonne et due forme, ça a été adopté, c'est effectif, là, depuis
maintenant près de quatre ans.
Mme Zaga Mendez : Je sais
qu'il nous reste comme une ou deux minutes, là, avant de prendre la pause, là.
Quand vous parlez de politique-cadre, vous parlez du PEV? Puis le PEV, c'est...
est-ce ce que, dans le Plan pour une économie verte, on a les cibles de
transition en termes de combien d'énergie, comment cette énergie va être
utilisée? Est-ce qu'on les a, à ce point-là?
M. Charette : Comme je
mentionnais, il y a plein d'éléments qui ont fait l'objet soit de lois ou de
règlements. Le mazout, ça a une incidence sur Hydro-Québec, donc on fait un
règlement là-dessus. Hydro-Québec doit s'ajuster en conséquence. La même chose
avec les centaines de milliers de voitures électriques qui s'ajoutent, on sera
à plus de 2 millions en 2030. Ça a une incidence sur Hydro-Québec, donc
les cibles d'Hydro-Québec doivent s'ajuster à cette réglementation, à cette
législation-là. Donc, c'est déjà... c'est déjà pris en compte.
Mme Zaga Mendez : Je vais
revenir par la suite, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 10.2? Mme la députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,M.
le Président. Alors, au début de l'article 10.2, on dit que le ministre...
dans le fond, on dit «dans le délai qu'il fixe», OK... ils «doivent soumettre
au ministre, pour approbation par celui-ci et dans le délai qu'il fixe», le
ministre. C'est... Qu'est-ce qui est un délai... quel délai, là, qui est
raisonnable, en regard de cet article-là?
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
Des voix : ...
M. Charette : Actuellement,
on est... je validais l'information, là, auprès du collègue, donc,
actuellement, on est sur un plan quinquennal 2021‑2026. À l'échéance, ils
devront soumettre un nouveau plan, qui devra, là, être validé, là, par le
ministère.
Mme Dufour : OK, donc on
parle d'aux cinq ans, c'est ça?
M. Charette : Actuellement,
oui, c'est des plans quinquennaux.
Mme Dufour : OK. Est-ce que
ça pourrait changer, ces délais-là?
M. Charette : On pourrait. On
pourrait, effectivement. Actuellement, c'est ce qui est en place et c'est ce
qui semble bien fonctionner, mais les délais pourraient être modifiés,
effectivement.
Mme Dufour : OK. Merci. Je
reviendrai après.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Et, compte tenu de l'heure, nous suspendons nos travaux.
(Fin de la séance à 12 h 30)