(Quatorze heures
trois minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) :
À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 48, Loi modifiant principalement le
Code de la sécurité routière afin d'introduire des dispositions relatives aux
systèmes de détection et d'autres dispositions en matière de sécurité routière.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Bogemans (Iberville) est remplacée par M. Sainte-Croix
(Gaspé); M. Lemay (Masson), par M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue);
et Mme Dufour (Mille-Îles), par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Reprise du débat sur la
motion proposant que la ministre des Transports et
de la Mobilité durable transmette des documents permettant d'apporter un
éclairage supplémentaire à la commission dans l'exécution de son mandat
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je vous rappelle que, lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous
en étions à l'étude d'une motion présentée par le député de Nelligan. M. le
député, il vous reste 10 min 15 s, et je vous cède la parole.
M. Monsef Derraji
(suite)
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Donc, écoutez, j'espère qu'aujourd'hui il n'y aura pas de travaux
qui vont perturber notre commission.
Bien, je vais juste reprendre là où on s'est
laissés hier. Cette motion préliminaire vise principalement à aller demander au
ministère du Transport et de la Mobilité durable à transmettre à la commission,
à notre commission, les avis juridiques, les notes ministérielles, les études
ou tout autre document pertinent produit par le ministère des Transports et de
la Mobilité durable concernant la possibilité d'instaurer des sanctions
administratives en lien avec la conduite avec des facultés affaiblies, par
l'alcool, bien entendu.
Donc, Mme la Présidente, je vais juste
essayer... parce que, là, on démarre, et toujours, quand on démarre, on essaie
de se rappeler ce qu'on a fait, pourquoi on dépose cette motion aujourd'hui.
C'est que, je l'ai mentionné au début, nous avons demandé à entendre en
commission parlementaire le directeur de police de la ville de Montréal, qui lui-même a fait deux sorties... bien, une sortie sur
l'alcool au volant, où il appuyait la baisse à 0,05 et la mise en place
de mesures administratives. Par la suite, même entrevue, il a été questionné
par le journaliste : Si vous êtes prêt, même,
à aller à 0? Donc, le risque 0. Donc, il était d'accord. Nous avons fait
la proposition de l'entendre en commission parce que c'est important pour... pour nous, en tant que membres, de
voir un peu ce que les autres pensent, surtout quand il s'agit de
services de la police de Montréal.
Il y a aussi la motion que nous avons demandé
d'entendre le coroner. Et, moi, sérieux, sur cette motion, je me disais :
S'il y a quelqu'un qui va nous éclairer, c'est le Bureau du coroner. Et je sais
que Mme la ministre connaît très bien le Bureau du coroner. D'ailleurs, son rapport a été très clair, était très clair, il nous
demandait d'agir pour le 0,05. Et vous savez que, pour moi, mener ce
combat de l'alcool au volant, ce combat m'anime. Et je veux vraiment que ce
projet de loi qu'on s'apprête à étudier, qui est le Code de la sécurité
routière, donc c'est un code qu'on veut revoir, qu'on se donne les moyens nécessaires pour... qu'on se donne tous, en
tant que parlementaires, un excellent projet de loi qui va agir sur les
accidents... les accidents de la route.
Donc, vous
avez vu, Mme la Présidente, nous avons formulé le voeu d'entendre pas mal de
groupes. L'Institut national
de santé publique, d'ailleurs, il a formulé un avis, un avis scientifique, de
plusieurs pages. Ça aussi, ça a été refusé.
Donc, le refus de beaucoup de groupes. Mon collègue député de Taschereau
a aussi formulé quelques propositions pour entendre d'autres groupes.
Donc, maintenant, après avoir épuisé presque
l'ensemble des groupes qui touchent de près ou de loin à la cause de l'alcool
au volant, je me suis dit... Écoutez, j'ai oublié l'ARQ, l'association
Restaurateurs du Québec, parce que c'est ce
qu'on avait sur la table. Ce qu'on avait sur la table, c'est que ça risque de
nuire aux revenus des bars et des restaurateurs et le problème de la
mobilité dans les régions. C'est les arguments qu'on avait jusqu'à maintenant
qui nous disaient... surtout de la partie
gouvernementale parce qu'ils ont voté contre la motion du mercredi. On
demandait clairement une position du Parlement, et c'est une occasion ratée
pour le gouvernement, Mme la Présidente, parce que ça a été presque
unanime. Parti libéral, Parti québécois, Québec solidaire, tout le monde était
unanime, u-na-ni-me. Tout le
monde voulait baisser le taux de l'alcool à 0,05 et imposer les mesures
administratives à la lumière de ce qu'on voit ailleurs. Et d'ailleurs ça
a donné d'excellents résultats.
Moi, je pense, là on est rendus, aujourd'hui...
après avoir épuisé presque l'ensemble des demandes justes, justifiées, je pense
que la seule chose qu'il reste, c'est que, Mme la ministre, qu'elle nous dépose
les avis juridiques, qu'elle nous dépose les notes ministérielles. J'ose
espérer qu'avant de dire que... je suis contre une mesure, une telle mesure, d'imposer des sanctions administratives,
Mme la ministre s'est basée sur des documents. Je l'ai mentionné, que...
probablement pas la science. Je dis «probablement» parce que je ne veux pas
qu'on m'accuse de quelque chose, je dis «probablement» parce que, la science,
on sait où elle se loge. L'INSPQ, même la Santé publique, je m'en rappelle,
j'étais dans cette place, ils étaient par visioconférence, l'Association de la
santé publique, ils nous ont dit : Écoutez, ils ont un seul point. Le seul
point que la SPQ avait, c'est vraiment baisser à 0,05, et mettez les mesures
administratives, parce qu'on est la seule province canadienne qu'on n'avait pas
installé... instauré ça.
L'INSPQ, je vous ai dit, l'INSPQ, je traîne
toujours leur avis scientifique. Beaucoup de pages, pour les gens qui veulent
le lire. Il date quand même de quelques années. Mais, rien que la revue
bibliographique, c'est cinq pages de revues
scientifiques. La plupart des études scientifiques le démontrent, que ça serait
bien pour le législateur d'aller vers le 0,05 et de mettre les mesures
administratives. Donc, on a oublié le côté scientifique.
Côté de la mobilité, écoutez, la meilleure
personne est en face de moi, c'est la ministre responsable de la Mobilité.
Donc, s'il y a un enjeu dans les régions, par exemple, les régions des
collègues, de mobilité, c'est pour cela qu'on ne veut pas aller à 0,05, bien,
j'espère qu'ils vont faire des demandes pour améliorer la mobilité dans leurs régions. Moi, sérieusement, quand j'entends qu'il
y a un problème de mobilité dans ma région, et je suis député caquiste,
et ma ministre responsable de la Mobilité est ma ministre, bien, je vais me
battre pour ma région, pour augmenter la mobilité dans ma région. J'espère que
ça fait partie des discussions du caucus caquiste, Mme la Présidente.
• (14 h 10) •
Qu'est-ce
qu'il reste? Les restaurateurs, ça a été refusé. On voulait les entendre, on
voulait entendre les restaurateurs, ça a été refusé. Donc, ce qu'il nous reste,
c'est que, probablement, à l'intérieur du ministère, il y a des avis, des
notes, des avis juridiques. Bien, j'espère que, cette fois-ci, les collègues
vont avoir le courage de dire : Écoute, Mme
la ministre, vous avez pris une décision. Cette décision, est-ce que c'est un
flair politique ou bien... Elle est basée sur quoi? Basée sur quoi? Un sondage? Nous aimerions le voir. Même si, moi,
j'ai le sondage de la coop de l'information, les Québécois appuient la
baisse de la... du taux de l'alcool à 0,05, 62 % de la population.
Je ne vais pas dire, Mme la Présidente,
gouverner, c'est choisir, mais bon, probablement, le gouvernement a d'autres
lectures, mais, je vous le dis, cette motion, en fait, ça donne une bonne porte
de sortie au gouvernement. Pourquoi? Parce que, probablement, les avis
juridiques que Mme la ministre a entre ses mains ou les études vont nous éclairer, et le débat sera terminé, le
débat... on va passer à autre chose. Parce que jusqu'à maintenant, sur la place
publique, il n'y a personne qui a été convaincu par ce refus. Et, vous le
savez, Mme la Présidente, chose qui est extrêmement importante, j'ose espérer
qu'aucune prise de position de n'importe quel ministre... elle n'est pas juste
arbitraire. Ça veut dire qu'elle est basée sur des avis.
Donc, c'est pour cela que je pense que notre
demande est juste. Je dirais même, ça aide le gouvernement. Parce que, si,
clairement, dans les notes, le ministère recommande à la ministre de ne pas
aller de l'avant, ça veut dire, ils ont fait
leur travail. Il y a des experts. Moi, je leur fais confiance, à notre appareil
gouvernemental, à notre appareil... l'appareil administratif, qu'ils se
sont basés sur des faits et ils ont formulé un avis, ils ont écrit une note, la
note a été acheminée par les voies officielles, et Mme la ministre l'avait sur
son bureau, parce qu'elle voyait l'enjeu venir et elle s'est dit : Écoute,
vu la note que j'ai, vu l'avis que j'ai, je ne vais pas aller de l'avant avec
la demande de l'opposition officielle.
Merci de me
rappeler qu'il me reste une minute, Mme la Présidente. Donc, je vais conclure,
je vais conclure et j'espère que mes collègues vont accueillir favorablement
cette demande. D'ailleurs, mon collègue député de Taschereau avait des bons arguments aussi, hier, par rapport aux études. Lui aussi,
dans le cadre de notre motion, parlait des études, parlait des avis.
Et je vais terminer avec ce point : Mme la
vice-première ministre a utilisé pas mal les avis de la Santé publique pendant la
pandémie, avec raison, et les Québécois, ils ont suivi. Mais maintenant, s'il y
a un avis, Mme la Présidente, nous aimerions le voir. S'il y a une note
ministérielle, nous aimerions la voir pour nous convaincre que la décision de
ne pas aller à 0,05 et d'imposer des mesures administratives est basée sur des
vraies études ou sur des avis juridiques. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le député. Y
a-t-il d'autres interventions? M. le député de Taschereau.
M. Etienne
Grandmont
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Je vais... Je suis d'accord avec cette proposition de motion
préliminaire visant à nous donner, en fait, accès aux avis juridiques, aux
notes ministérielles, aux études ou tout autre document produit par le
ministère des Transports et de la Mobilité durable qui concerne la possibilité
d'instaurer des sanctions administratives en
lien avec la conduite avec des facultés affaiblies par l'alcool, parce que
c'est trop important d'avoir accès à cette information-là si on veut
avoir un vrai débat sur cette question-là.
Parce que,
pour l'instant, ce qu'on a eu comme débat, c'est des motions préliminaires,
c'est des groupes qu'on a entendus. On a eu une fermeture du côté de Mme
la ministre, en fait, pendant plusieurs interventions. Même, je me souviens, pendant
l'intervention du CAA-Québec, le mémoire... les interventions du CAA-Québec
portaient beaucoup sur la question de l'alcool au volant, puis la ministre a
bien fait attention de ne pas poser de questions là-dessus, et a tourné
autour de ça, et a plutôt été sur les autres aspects du mémoire. C'est son
choix. Il y a eu d'autres cas, où, évidemment,
avec madame... madame et monsieur, là, de Mothers Against Drunk Drivers, qui...
on n'a pas eu le choix d'aborder cette
question-là, mais, encore une fois, du côté de la ministre, on a plutôt voulu
dire qu'on en faisait suffisamment au Québec.
Quand on a eu des échanges, par la suite, aussi
en Chambre, Mme la ministre a rappelé combien on était... on était
avant-gardistes, au Québec, on était sévères, qu'il n'était donc pas question,
par ses interventions, c'est ce qu'on comprenait,
d'aller vers le 0,05 avec des sanctions administratives. Dans les médias, on a
vu que, finalement, il y avait eu une discussion au caucus de la CAQ et que la
décision semblait être prise, mais moi, j'aimerais savoir sur quoi on a pris
cette... sur quelle base on a pris cette décision-là. Ça m'apparaît logique. On
ne peut pas prendre une décision sur la base
de sondages, dans ce cas-ci, parce qu'effectivement les sondages montrent que
la population est favorable. Donc, il n'y a pas d'argument là. Donc, on ne peut
pas dire que la population n'est pas prête à un tel changement. Tu sais,
des fois, ça arrive, on sait que la science nous amène vers quelque chose, mais
que la population pourrait ne pas être prête à aller vers ça parce que... parce
qu'il n'y a pas de pédagogie qui a été faite. Bon, ça peut... ça peut
s'expliquer, là. Mais, dans ce cas-là, ce n'est juste même pas le cas. Donc, ce
n'est pas sur la base de sondages.
Ce n'est pas sur la base du rapport du coroner.
Je vais me permettre d'en lire un extrait parce que c'est intéressant. C'était
suite au décès de Stéphanie Houle. Donc, le Bureau du coroner avait déposé son
rapport le 10 octobre 2023, donc c'est tout récent. On n'est pas dans des
rapports, là, qui datent, là, de plusieurs décennies. Parce qu'on a déjà eu ce
débat-là quand même en 2007 et 2010, mais là c'est l'actualité toute fraîche.
Donc :
«Le Bureau du coroner annonce le dépôt du
rapport d'investigation du coroner Me Yvon Garneau portant sur le décès de Mme Stéphanie Houle, qui est survenu
le 1er octobre 2021 — donc
on s'en souviendra — à
la suite d'une collision routière
alors que Mme Houle était passagère d'un véhicule qui circulait sur le
chemin Hemming à Drummondville.
«Dans son
rapport, le coroner Garneau indique notamment que les prélèvements sanguins
analysés au Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale
de Montréal ont révélé une alcoolémie près de deux fois la limite légale pour le conducteur au moment de la perte de
contrôle de son véhicule. Son investigation a également démontré que certaines
personnes ont pu être témoins de sa consommation d'alcool avant qu'il ne prenne
le volant du véhicule avec Mme Houle.
«À la suite de son analyse complète des causes
et des circonstances du décès et afin d'améliorer la sécurité de tous les
usagers de la route sur les enjeux liés à la conduite d'un véhicule avec les
facultés affaiblies par l'alcool ou les drogues et à la vitesse excessive,
Me Garneau recommande», et là il s'adresse... il s'adresse aux
législateurs, notamment, et à la Société de l'assurance automobile, notamment,
donc, au ministère, il recommande au ministère de la Sécurité publique du Québec, à la Société de l'assurance automobile
du Québec, ainsi qu'à Éduc'alcool de «coordonner leurs efforts afin de mettre en place des activités de sensibilisation
visant à rappeler au public l'importance de signaler aux policiers les
conducteurs ayant ou semblant avoir les facultés affaiblies par l'alcool ou une
drogue.»
La sensibilisation, la surveillance par les
pairs, ça, c'est des choses sur lesquelles on est déjà... quand même déjà
actifs, là, ça existe déjà. Mais Me Garneau recommande aussi au ministère
des Transports et de la Mobilité durable et à la Société de l'assurance
automobile du Québec «de réaliser dans les plus brefs délais leur analyse respective de la faisabilité d'abaisser le seuil
limite d'alcool dans le sang de 80 mg par 100 ml à 50 mg par
100 ml, ce qui consiste à amender le Code de la sécurité routière
en conséquence».
C'est ce qu'on est en train de faire. On a
ouvert le Code de la sécurité routière. On a une opportunité de revoir la loi et de procéder à l'abaissement. En
fait, le coroner ne recommande même pas de l'abaisser, là, il recommande
d'abord de faire l'analyse, d'analyser, de
faire une analyse de la faisabilité d'abaisser le seuil limite d'alcool dans le
sang.
Donc, est-ce que cette analyse-là a été faite?
Moi, j'aimerais ça, le savoir. Si on a pris une décision, peut-être que... qui
maintient 0,08, donc à 80 mg par 100 ml, bien, peut-être que cette
analyse n'a pas été faite encore, ce qui contreviendrait,
finalement, à l'avis, à la recommandation du coroner Yvon Garneau. Donc, moi,
j'aimerais beaucoup que, si cette analyse a été faite, bien, on y ait accès. Si
elle n'a pas été faite encore, bien, au moins, qu'on le sache. Ce serait
important pour le débat public.
Donc, d'abord, on ne sait pas... à moins qu'on
n'ait pas cette information-là, mais on peut supposer que l'analyse n'a pas été
faite et que ce n'est pas sur la base, évidemment, du rapport du coroner qu'on
se base pour refuser de baisser à 0,05. Ce n'est pas non plus sur les études de
l'INSPQ qu'on s'est fié, qu'on s'est... qu'on s'est assis, qu'on a fait la
discussion. Ce n'est pas sur cette base-là qu'on a fait la discussion qui a eu
lieu à l'intérieur du caucus de la CAQ parce que l'INSPQ est en faveur d'un
abaissement de... du taux d'alcool permis au volant.
• (14 h 20) •
Je me permets de lire quelques mots rédigés par
l'INSPQ : «Selon les plus récentes statistiques, publiées par la Société de l'assurance automobile du Québec en
2022, 347 personnes sont décédées sur les routes du Québec en 2021. La conduite avec les facultés affaiblies par
l'alcool est une des principales causes de décès. Parmi les 135 conducteurs
décédés en 2020 ayant subi un test d'alcoolémie, 31,9 % avaient une
alcoolémie supérieure à la limite permise de 80 mg d'alcool par
100 ml de sang. Ce pourcentage est supérieur à celui de 2019, qui était de
29 %.» On est passés, entre 2019 et 2020, de 29 % à 31,9 %, donc
presque 3 % de plus de conducteurs décédés qui avaient un taux d'alcool
supérieur à 0,08.
Je poursuis
sur les propos de l'INSPQ : «Selon plusieurs études...» Parce que,
l'INSPQ, c'est ça qu'ils font, hein? Ils font souvent des relevés de
plusieurs études, des relevés de littérature, ils regardent ce qui se passe
ailleurs. Ils font eux-mêmes leurs études, mais ils consultent d'autres études.
C'est ça, le principe de la recherche, hein? «Selon plusieurs études, conduire avec une alcoolémie
aussi basse que 50 mg par 100 ml de sang — donc
50... donc 0,05 — augmente
significativement le risque de collision mortelle. Selon une étude québécoise,
conduire avec une alcoolémie variant entre 0,05 et 0,08 ml d'alcool — 50 et
80 mg d'alcool, pardon — par 100 ml de sang augmente
d'environ quatre fois le risque de collision
mortelle.» C'est une statistique que j'ai déjà mentionnée ici, en commission.
Donc, il y a un risque sur lequel on peut travailler. On peut réduire le
nombre d'accidents mortels sur les routes en abaissant à 0,05. C'est ce qu'on nous dit, à l'INSPQ. «Le risque de
collision mortelle s'accroît de manière exponentielle au fur et à mesure que l'alcoolémie
augmente. Ce risque est respectivement de 23,9 % et 176,5 pour des
alcoolémies variant entre 81 et 150 mg par 100 ml et 151 et
210 mg par 100 ml de sang.» Donc, on voit que ça augmente de manière
exponentielle. «Malgré le risque entraîné par
ce comportement, la conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool demeure
un comportement encore bien répandu au Québec.» Au Québec, il est
malheureusement trop souvent possible, trop facile
de conduire un peu chaud, comme je l'ai déjà dit en référence à une chronique
de Patrick Lagacé. Patrice ou Patrick?
Une voix : ...
M. Grandmont : Patrick. Des fois, je
mélange avec le... avec Patrice. «Selon un sondage réalisé au mois de janvier 2021 par la Société de l'assurance automobile
du Québec — qui,
je le rappelle, est liée au ministère des Transports du Québec, hein — 39 %
des Québécois ont admis avoir conduit dans les quatre heures suivant la
consommation d'alcool — entre parenthèses, ne serait-ce qu'un verre — au
cours des 12 derniers mois.» La SAAQ, qui, je l'imagine très bien, a un
accès direct à la ministre, évidemment, qui fait ses représentations, ses
recommandations pour que le législateur agisse de la manière la plus
adéquate, la plus diligente possible pour améliorer le bilan routier, la SAAQ
tient un bilan annuel, et donc propose, j'imagine, à la ministre, des
recommandations. Mme la ministre n'est pas sans savoir, certainement, que 39 % des Québécois et Québécoises ont
admis avoir... conduire dans les quatre heures suivant la consommation
d'un verre d'alcool dans les 12 derniers mois.
Je poursuis, toujours sur l'INSPQ : «Le
Québec a toujours lutté intensément contre la conduite avec les facultés
affaiblies par l'alcool.» C'est vrai qu'on en fait déjà beaucoup. «Des mesures
de dissuasion et de contrôle ont été progressivement intensifiées, par
exemple : tolérance zéro pour les nouveaux conducteurs — c'est
une bonne chose — suspension
du permis de conduire dès la première offense — c'est une bonne chose — saisie
du véhicule à la deuxième offense — c'est
une bonne chose — imposition
de l'utilisation d'un antidémarreur éthylométrique — c'est
une très bonne chose aussi.» Mme la ministre les avait nommées, ces
mesures-là qui sont en place. Ce sont des bonnes mesures. «De plus, des
programmes d'application sélective de la loi ont été implantés et des campagnes
de sensibilisation ont été réalisées.» Mme la ministre nous rappelait des
panneaux : L'alcool au volant, c'est criminel. Moi aussi, ça m'a marqué quand j'étais jeune. Puis
c'est vrai qu'on en voit encore, des fois, dans certaines régions du
Québec.
«Il faut...» Je poursuis, toujours sur
l'INSPQ : «Il faut cependant noter que différentes mesures de prévention ont été recommandées afin de lutter plus
efficacement contre l'alcool au volant au Québec.» Première recommandation
de l'INSPQ : introduire un article au Code de la sécurité routière afin
d'abaisser à 0,05 l'alcoolémie permise pour conduire
un véhicule pour tous les conducteurs non assujettis au permis probatoire,
comme c'est le cas pour toutes les provinces
canadiennes. Deuxième recommandation : «Promouvoir, lorsque la technologie
sera disponible, l'introduction de
l'antidémarreur éthylométrique dans les normes de sécurité pour la construction
des véhicules.» Troisième recommandation : «Favoriser la mise en
place des moyens permettant aux policiers d'effectuer le dépistage aléatoire de
l'alcool au volant lors des opérations
policières.» Quatrième recommandation : «Favoriser l'application par les
policiers du Code criminel en matière de CFA en exigeant un test d'haleine en
bordure de route pour les conducteurs impliqués dans un accident ou
interceptés en vertu d'une infraction au Code de la sécurité routière.» Et
dernière recommandation : «Accentuer la réalisation de PAS contre la
conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool.» Et l'INSPQ termine en
disant : «La mise en oeuvre de ces mesures permettrait de faire des gains
supplémentaires en matière de lutte contre l'alcool au volant et de sauver des
vies.» C'est ça, la recommandation de l'INSPQ, cinq recommandations basées sur
la science qui permettraient de faire des gains supplémentaires en matière de
lutte contre l'alcool au volant et de sauver des vies.
Le... Je vais essayer de retrouver, là... On a
rencontré aussi... Ah! je ne l'ai pas avec moi. On a a rencontré aussi le
CAA-Québec, évidemment, et j'imagine que cette... des recommandations du
CAA-Québec ont peut-être ou n'ont pas été, peut-être ou pas, dans le fond, été
discutées, l'objet de discussions lors du caucus de la CAQ, où la question de
l'alcool au volant a été abordée. Donc, moi, je me demande, je me demande cette
question-là : Comment s'est prise cette décision? Sur quelle base on a
pris la décision, lors de la discussion au caucus de la CAQ, où on a décidé, où
on a pris la décision de ne pas aller de l'avant avec le 0,05 pour la
consommation d'alcool permise au volant? Est-ce que ça a été une discussion qui
a été imposée... Est-ce que c'est une décision, pardon, qui a été imposée au
caucus? Est-ce que c'est une discussion qu'on a pu avoir? Est-ce que des
députés, des ministres ont pu faire valoir
leurs points de vue? Moi, j'aimerais savoir si, le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, il a une opinion là-dessus. J'aimerais savoir si le député de Mégantic
a une opinion sur l'alcool au volant, le 0,05, le 0,08. J'aimerais savoir si la députée de Châteauguay a une opinion, si elle a donné son opinion lors de la discussion au
sein du caucus. J'aimerais savoir si la députée d'Argenteuil a émis son
opinion lors de la discussion sur le 0,05? Même chose pour le député de Gaspé : Est-ce qu'il a eu cette opportunité de pouvoir
donner son opinion? Il est peut-être en faveur du 0,08 ou du 0,05, je ne sais
pas, mais j'aimerais ça, savoir s'il a pu en discuter. Même chose pour le
député de René-Lévesque :
Est-ce qu'il a donné son opinion? Est-ce qu'il a une opinion sur le 0,05?
Est-ce qu'il a pu faire valoir... Est-ce qu'il a eu accès à des études qu'on
lui a montrées pour lui montrer quels étaient les avantages de maintenir le
0,08? Est-ce que la ministre, qui est également députée
de Louis-Hébert, a amassé des études pour justifier la
décision du caucus de maintenir à 0,08?
Je suis... je suis
donc très en faveur de la motion qui est amenée par le député de Nelligan.
Quand on prend des décisions comme celle-là, de maintenir à 0,08, alors qu'on
pourrait sauver des vies, j'espère qu'on le fait sur des bonnes bases, j'espère
qu'on le fait sur des bases solides. J'espère que ce n'est pas juste...
En fait, j'ai de la
misère à me l'expliquer parce que, pour vrai, ce n'est même pas les sondages.
Il n'y a rien à gagner à ne pas ouvrir le débat puis discuter du 0,05. La
population est d'accord, sauf à Québec. Les sondages montrent qu'à Québec les
gens sont un peu moins en faveur. Là, on est à 50 %. Avec un peu
d'éducation, un petit peu de sensibilisation, c'est sûr qu'on est capables de
convaincre des gens. Les gens ne sont pas à 50 % en faveur, à 50 %
contre, puis il n'y a personne qui peut changer d'idée là-dedans, là. Il y a
toujours un 25 % d'irréductibles des deux côtés du spectre. Puis, au
milieu, il y a un 50 %, là, qui peut aller d'un bord ou de l'autre. Puis
ça, c'est un instantané qu'on a, là, un sondage qui date de... d'il y a peu de
temps. C'est en 2023, si ma mémoire est bonne. Donc, on peut faire bouger le curseur, on peut les amener
tranquillement, pas vite vers une acceptabilité sociale, même à Québec.
Mais, je veux dire, à Rouyn-Noranda—Témiscamingue, à Mégantic, à Châteauguay, dans
Argenteuil, à Gaspé, dans René-Lévesque, selon... selon ce que nous dit le sondage, là,
les gens sont en faveur de réduire le taux permis d'alcool à 0,05 à
hauteur de 61 %. À Montréal, c'est là que c'est le plus élevé, on est à... eh!
câline, mes lunettes, ça commence... c'est
l'âge. C'est 66 % dans la région de Montréal puis 57 % ailleurs au
Québec. Les gens sont majoritairement favorables ou très favorables à
cette mesure-là.
• (14 h 30) •
J'ai de la misère à
comprendre le rationnel derrière cette décision-là, qui, je le rappelle, nous
permettrait de sauver des vies. Peut-être
qu'on attend la réalisation de cette analyse-là, là, qui était faite, qui était
proposée par le coroner, hein? Il demandait, dans les plus brefs délais, une
analyse de la faisabilité d'abaisser le seuil limite d'alcool dans le
sang de 0,08 à 0,05 afin d'amender le Code de la sécurité routière. Si c'est
ça, bien, que l'étude soit... qu'on nous dise que l'étude est en cours, ou elle a été commandée, ou elle va l'être
incessamment, puis on va reprendra le temps de... tu sais, on rouvrira le débat quand... quand cette
analyse-là sera faite du côté du MTQ. Mais, pour l'instant, on n'a même pas...
on n'a même pas accès à ça, là.
Donc, si c'est ça, la
réponse, bien, que la ministre le dise. Moi, je pense que ça pourrait nous
aider, puis on pourrait peut-être... on
pourrait peut-être... disons, on pourrait suspendre les travaux le temps qu'on
ait l'étude, peut-être. Pourquoi?
Parce que j'ai l'impression que, de toute façon, on s'en va vers ça, hein? On
s'en va vers 0,05. C'est comme si on est en retard, ici, au Québec, là, par
rapport au reste... en fait, par rapport au Canada, où toutes les provinces
canadiennes sont à 0,05 ou 0,04, puis les meilleurs pays, en termes de sécurité
routière, ont penché vers le 0,05.
Donc, moi, je le
rappelle, il y a... il y a moyen de faire cheminer la population parce que je
comprends que c'est un enjeu qui est clivant. C'est un enjeu qui est chargé,
hein? À chaque fois qu'on a ce débat-là, c'est chargé. Il y a des... Il y a des gens qui sont très pour. Tu
sais, quand je disais : Il y a 25 % pour, 25 % contre, peut-être
que, sur la question de l'alcool au volant, peut-être que les
proportions, les groupes sont plus forts, sont plus nombreux d'un côté comme de l'autre. Parce que c'est un enjeu
qui est clivant, hein? Je comprends que les gens ont... qui sont contre
cette mesure-là, outre les arguments qu'on a déjà entendus, là, avec les... Au
niveau, là, des tenanciers de bar ou la restauration, on ne les a pas vus, on
ne les a pas entendus, mais bon, mon collègue de... et moi avons... avons cité,
là, certains de leurs arguments. Il y a une crainte du niveau économique, d'un point
de vue économique. Puis, de l'autre côté,
bien, les citoyens, les citoyennes, les conducteurs de véhicules, eux, de leur
côté, il y en a pour qui les empêcher de conduire à plus de 0,05 au
volant, c'est perçu comme un... un empêchement de boire, une interdiction de
boire de l'alcool, une interdiction d'avoir
du fun. Alors, ce n'est pas ça, hein? On n'interdit pas aux gens de boire de
l'alcool, on n'interdit pas aux gens
de... d'avoir du fun, de sortir, d'aller dans les bars, d'aller voir des amis,
d'avoir des soupers, des soupers même bien arrosés à l'occasion. Ce
qu'on leur demande, c'est de faire attention, quand ils conduisent, de ne pas consommer d'alcool ou d'en consommer vraiment
en quantité très faible. À 0,05, on peut être sûrs que les personnes
vont faire doublement attention.
Puis, comme je le
disais, je pense que c'est hier, des mesures existent pour rassurer les gens,
mais il faut faire... il faut faire l'exercice de sensibilisation et de
pédagogie auprès de la population, auprès des tenanciers de bar et des restaurateurs, d'une part, comme je l'ai
dit, c'est une... c'est une... c'est quelque chose qui est déjà en cours
ailleurs, dans d'autres législations, et on va, par exemple, encourager
les tenanciers de bar ou encourager les restaurateurs à donner des gratuités
aux personnes qui sont désignées comme conducteurs ou conductrices déguisés...
déguisés... désignés — il
fallait que ça sorte à un moment donné — désignés, l'objectif étant de
s'assurer que cette personne-là, bien, elle
trouve son compte à travers ce rôle peut-être un peu ingrat. Si vous avez déjà
été chauffeur désigné, bien, c'est drôle de voir ses amis avoir du fun,
c'est le fun aussi d'avoir... d'avoir un petit cadeau en échange. Donc, moi, je
trouve que c'est un beau... c'est un beau
cadeau qu'on ferait à ces personnes-là, c'est un bel encouragement qu'on
ferait. Puis je pense qu'il y aurait de la pédagogie, donc, à faire et
de la sensibilisation à faire auprès de ces restaurateurs-là, à ces
commerces-là, pour leur montrer que, dans le fond, ils ne perdraient pas au
change. Tu sais, dans les endroits où ces mesures-là ont été mises en place,
là, il n'y a pas eu d'hécatombe au niveau du commerce, au niveau de la
restauration, au niveau des tenanciers de bar, là, ça... ce n'est pas arrivé.
Puis probablement que les mêmes discussions qu'on a aujourd'hui, on les a eues
à l'époque là-bas aussi, mais ils ont décidé de faire le choix de sauver des vies. Ils ont décidé de faire le choix de la
sensibilisation, du changement de normes sociales pour arriver finalement
à des résultats où les gens ont toujours du fun, le commerce se porte toujours
bien, puis, en même temps, on a un meilleur bilan routier. Moi, je pense que
c'est une espèce de «win-win-win», là, tout le monde est gagnant, là.
Puis, du côté de la
population, bien, c'est ça, c'est comme je le disais, c'est un changement de
normes sociales, puis on est capables de le faire, on est capables de le faire.
On a tellement de beaux exemples au Québec, là. Mme la ministre parlait de L'alcool au volant, c'est criminel.
C'est vrai que c'est une belle campagne qui a bien fonctionné. Les
campagnes pour s'attacher au volant, ça fonctionne, mais on voit qu'il faut
toujours persévérer. Ce matin encore, à la radio, j'entendais que... je pense,
c'est un conducteur sur cinq impliqué dans un accident mortel, il me semble, qui ne portait pas son... sa ceinture de sécurité.
Donc, on a toujours à refaire quand même ce travail-là, évidemment, là.
Mais des campagnes aussi, par exemple, sur le tabagisme au Québec, ça a
fonctionné. On a sorti la cigarette de nos lieux d'enseignement, on a sorti la
cigarette des avions, des aéroports, des lieux d'enseignement. Moi, je n'ai pas
connu ça, je suis trop jeune, mais mes
parents, quand ils étaient jeunes, quand ils allaient au cégep, ça fumait dans
les salles de cours, ça devait être quelque chose de rare. Moi, j'ai
connu les bars enfumés quand j'étais plus jeune.
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui, c'est ça. Ça ne
devait pas être très bon pour la santé, ça ne devait pas être très bon pour la
santé. Mais on a augmenté les taxes. C'est très impopulaire, hein, c'est
vraiment très impopulaire. On a interdit aux gens l'accès à certains lieux. On
a mis des limites, des neuf mètres devant la porte, on n'a pas le droit
d'accéder. Les fumeurs se sont sentis, mais ostracisés. J'ai des amis qui
étaient fumeurs puis qui étaient bien en colère de ça. Puis ça devait être
un... ça devait être un débat qui était quand même chargé aussi dans la
population, là. On avait du 40 %,
50 % à une époque, là, il y avait beaucoup de gens, une grande proportion
de la population qui fumait, puis on a réussi à prendre notre courage à
deux mains, parce que la Santé publique nous disait : Il y aurait des
économies à faire sur le système de santé, il y aurait des morts à éviter si on
abaissait le taux de tabagisme au Québec. Puis une des façons d'y arriver,
c'est de s'assurer qu'il y a moins de gens qui fument la cigarette, d'une part,
puis qu'il y ait moins de fumée secondaire, d'autre part.
Bien, c'est un peu le même principe avec
l'alcool au volant. Avec l'alcool au volant, là, le problème, c'est que ce n'est pas juste des gens qui mettent leur
vie en danger. Stéphanie Houle, c'est ça, le problème. Puis la fille du couple
qu'on a rencontré dans cette même salle, ici, c'était ça aussi, elle était avec
un conducteur qui était en état d'ébriété. C'est
les victimes collatérales. Sur le boulevard Dufferin-Montmorency, la famille
qui a été happée, là, à l'intersection, là où finalement Mme la ministre
a fait installer un radar photo, là, c'était quelqu'un qui était en état
d'ébriété solide, grande vitesse, mauvaise
configuration de route. Puis, c'est ça, c'est des gens qui n'avaient pas, eux,
choisi de consommer de l'alcool au
volant, mais c'est des victimes collatérales de cette décision-là de consommer
de l'alcool puis de prendre le volant.
Donc, on a
un... on a, entre les mains, une possibilité très grande de pouvoir faire
cesser ce genre de situation là. Ce n'est pas juste... ce n'est pas juste les
personnes qui sont... qui, en quelque part, sont responsables de leurs actes,
là, c'est un peu ça, là, la
responsabilisation personnelle. Puis je pense que j'ai entendu ça un peu, là,
dans le fond, dans les discours, aussi, que j'ai... j'ai entendus, il y
a la question de la responsabilisation personnelle, mais il y a toute la
question de la responsabilisation sociétale à travers le débat de l'alcool au
volant. Le 0,08, le 0,05, là, nous avons le pouvoir,
comme législateurs, d'envoyer un message clair aux gens pour qu'ils fassent
attention non seulement à eux autres, mais aux autres aussi. Il n'y a
personne... Je veux dire, nous, là, comme parents, comme... comme amis d'autres
personnes, on va... on va être vigilants, on va faire attention, on va leur
dire : Ne consomme pas. Moi, mes enfants, c'est sûr que je leur dis, tu sais. Ma plus vieille, elle a commencé à
prendre son permis de conduire. C'est sûr qu'elle va être... elle va
être sensibilisée au fait de ne pas prendre d'alcool.
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui, 16 ans.
Une voix : ...
M.
Grandmont : Ah! en fait, elle a 17, elle a 17, puis c'est ma
deuxième, c'est... mais j'ai 46 ans, hein, pour votre information.
Une voix : ...
M. Grandmont : Hein?
Des voix : ...
M. Grandmont : On va revenir sur le
sujet, on va revenir sur le sujet. Oui, c'est ça, le... Mais, tu sais, on va
sensibiliser les gens qui sont proches. Puis je l'ai entendu, cet argument-là,
quand on était au salon bleu, l'argument de la responsabilisation personnelle.
Puis c'est vrai qu'il y a un rôle à jouer qui est important, puis c'est vrai
qu'on veut qu'on se passe le mot, on fasse des campagnes de sensibilisation, on
demande à nos amis de faire attention. Puis même
on dit, dans les campagnes, mettons, comme... comme Opération Nez rouge, bien,
tu sais, quand tu conduis, quand tu as bu, bien, ne conduis pas. Mais
l'enjeu pour moi, comme législateur, c'est d'agir sur les autres, c'est d'agir
sur les autres personnes, les victimes collatérales. Moi, je veux éviter que
des drames comme ceux qu'on a vus, que j'ai évoqués tout
à l'heure, arrivent encore. Ce n'était pas la faute des personnes. Ils ne
l'avaient pas choisi. Ils n'avaient pas mis leurs vies en danger. Elles ont été
mises en danger, elles sont décédées parce que d'autres personnes avaient été
irresponsables. Puis ce qu'on voit avec cette mesure-là, à regarder un peu
partout toutes les études, toutes les recommandations sérieuses qui sont...
qu'on peut trouver sur le sujet un peu partout au Québec, au Canada ou ailleurs
dans le monde, bien, ça pointe tout le temps dans la même direction.
• (14 h 40) •
Donc, si je reviens à la motion préliminaire,
j'aimerais savoir, moi aussi, sur quelle base on a pris la décision de refuser
ça. Je pense que c'est... ça serait la moindre des choses, une question de
transparence. Je pense que la population, là, les 62 %... les 61 % de
la population qui est en faveur de cette mesure-là, d'abaisser de 0,08 à 0,05
la limite d'alcool permise au volant, est en droit de savoir sur quelle base la
ministre — et
le caucus de la Coalition avenir Québec — a pris sa décision de
maintenir ça à 0,08. C'est un choix, on ne pourra pas y faire grand-chose, dans
l'opposition, malheureusement, on ne pourra pas y faire grand-chose. On n'est
pas... Le gouvernement est très majoritaire. Mais je pense que la population,
les électeurs ont le droit de savoir sur quelle base la décision de ne pas
abaisser à 0,05 a été prise. C'est une question de transparence, c'est une
question d'honnêteté. Puis j'espère qu'on va avoir, au terme de cette
discussion-là, accès à ces études ou, en tout cas, au rationnel qui a justifié
cette décision-là.
Donc, moi, je m'en remettrai à... je m'en
remettrai, finalement, à la décision, à la fin. J'ai l'impression que, même
dans l'étude détaillée, j'ai... j'ai peu d'espoir, en fait, qu'on réussisse à
avancer. Peut-être qu'on verra la lumière, là, peut-être qu'on arrivera à
convaincre, peut-être qu'il y aura un autre sondage qui nous montrera que la
population est encore plus en faveur grâce au bon travail que nous avons fait
dans les oppositions, mais... mais si jamais la décision n'est pas changée,
parce que là elle semble ferme, bien, qu'on puisse avoir accès aux décisions,
aux raisons qui ont justifié... Parce que je regardais la revue de presse, là,
puis c'était... c'était une décision qui avait été communiquée de façon laconique, là, un article du Devoir,
le 10 octobre dernier. Ça disait : «Dans un bref courriel
envoyé à La Presse canadienne, le cabinet de la ministre des
Transports, Geneviève Guilbault, n'a toutefois laissé aucun doute sur le sort
qui sera réservé à cette recommandation.» Et là je cite : «Une révision de
la limite d'alcool permise au volant n'est pas envisagée par notre
gouvernement», écrit-on. C'est la seule communication qu'on a eue par rapport à
ça, malgré tout... tout le travail, tout l'éclairage, tous les articles qu'on a
pu susciter sur cet enjeu-là.
Donc, j'appuierai, donc, cette proposition de
motion préliminaire. Elle me semble tout à fait juste dans un souci de
transparence pour la population. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci,
M. le député. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, la parole est à vous.
Mme Michelle
Setlakwe
Mme Setlakwe : Oui. Donc,
j'interviens cet après-midi, Mme la Présidente, au nom du chef de l'opposition
officielle. Mes interventions porteront également, de toute évidence, là, sur
cette motion déposée par mon collègue le député de Nelligan, demandant à la
commission... demandant à la ministre des Transports et de la Mobilité durable
de transmettre à cette commission les avis juridiques, les notes
ministérielles, les études ou tout autre document pertinent produit par le
ministère des Transports et de la Mobilité durable concernant la possibilité
d'instaurer des sanctions administratives en lien avec la conduite avec les
facultés affaiblies par l'alcool. Tout ça, évidemment, s'inscrit dans le cadre de l'étude détaillée, et donc, avant l'étude
détaillée du projet de loi n° 48. On demande également, par le biais de cette motion, que les documents
soient transmis à la commission afin d'apporter un éclairage supplémentaire
à celle-ci dans l'exécution de son mandat, et ce, dans un délai maximum de
10 jours.
J'ai... je vais évidemment reprendre certains
des arguments de fond qui ont déjà été discutés, mais je vais débuter par un
argument qui est plutôt sur la forme, et je trouve ça intéressant de plaider un
genre de jurisprudence ou de précédent ici, à l'Assemblée nationale. Il y a eu,
déjà, une motion qui a déjà été présentée dans le même sens, dans une autre commission. Mais, écoutez,
permettez-moi d'abord, là, de revenir sur le... sur le pourquoi, là, la raison
d'être de cette motion, pourquoi est-ce qu'on a décidé de faire une motion
préliminaire pour demander à la ministre de transmettre à la commission tous
les documents pertinents produits par le ministère, son ministère, concernant
la possibilité d'instaurer des sanctions administratives en lien avec conduite
avec les facultés affaiblies par l'alcool. Pourquoi? Bien, écoutez, c'est parce
que... C'est simple, Mme la Présidente, on rappelle que l'objet de ce genre de motion préliminaire, c'est de «voir à
l'organisation fonctionnelle des travaux de la commission.» «Le but et l'esprit
d'une motion préliminaire sont de proposer les meilleurs moyens afin
d'aider la commission à accomplir son mandat, notamment en tenant des auditions
publiques ou, comme dans le présent cas, en utilisant d'autres moyens pour
éclairer et organiser ses travaux». Et ça, c'est les conclusions d'une
décision, là, de la commission, 244-21, rendue le 17 janvier 1995, ce sont les principes qui doivent nous guider,
signé de Sylvain Simard. Puis il y a aussi la commission... la décision
de la commission 244-37 en juin 2006, de Charlotte L'Écuyer. Ce sont
les... je rappelle, le but et l'esprit des
motions préliminaires, donc, d'assister, d'aider la commission, d'aider les
législateurs dans l'accomplissement de leur mandat.
Je vous disais tout à l'heure qu'il y a une
motion de ce genre qui a été déposée dans une autre commission. C'est assez récent, c'est en 2022, lors de l'étude
détaillée du projet de loi n° 28, Loi visant à mettre fin à l'état d'urgence
sanitaire. Le 11 mai 2022, mon collègue
de Nelligan avait présenté une motion préliminaire qui demandait au ministre de
la Santé et des Services sociaux de produire les contrats accordés de gré à gré
en vertu des pouvoirs d'urgence autorisés
par les articles 118 et suivants de la Loi sur la santé publique. On se
souviendra, là, dans le cadre de la pandémie, évidemment,
il y avait une procédure de décret et puis, dans le cadre de ce projet de loi
qui visait à mettre fin à l'état d'urgence sanitaire, bien, on a demandé de
voir... de produire tous les contrats qui avaient été accordés de façon
exceptionnelle, de gré à gré, en vertu des pouvoirs d'urgence. Le dépôt de
cette motion préliminaire avait permis aux parlementaires
d'échanger sur le bien-fondé de la demande. Et, malgré le fait que la motion
avait été rejetée au niveau purement
procédural, il faut noter qu'il y avait quand même eu un accord entre le
ministre de la Santé et les oppositions concernant la transmission
d'informations, et, dans ce cas précis, on parlait d'une liste de contrats,
comme j'ai mentionné, les contrats accordés de gré à gré.
D'ailleurs,
le ministre de la Santé avait dit à l'époque, et je le cite :
«Premièrement, lorsqu'on parle de transparence, j'aimerais dire qu'il y a
beaucoup de choses que j'aime dans cette motion-là — en
référant à la motion préliminaire de la même nature — puis
je veux le mentionner au député et aux autres députés. Alors donc, je vous dis,
présenté comme ça, c'est non — donc, ça avait été refusé — mais
j'ai de la flexibilité, puis ça, je pense que c'est important de le reconnaître pour votre demande.» Donc, la motion
avait peut-être été rejetée de façon technique, mais il y avait... ça avait
donné lieu à un partage d'information. Et tout ça, moi, je pense que c'est un
point à rappeler, quand on demande des informations, là, il faut que la
partie gouvernementale se remette dans l'état d'esprit que ce n'est pas juste
pour satisfaire les oppositions. Si on
demande des informations, c'est pour l'ensemble de la population, c'est dans un
souci de transparence pas seulement envers nous, là, les trois élus assis de ce
côté de la table, c'est pour la population qu'on représente, c'est pour l'ensemble de la population qui se pose des
questions et qui se sent, comme nous, dans le néant, dans le flou par
rapport...
Qu'est-ce qui a poussé la partie
gouvernementale, les membres du caucus de la CAQ à fermer la porte à la
possibilité d'introduire des sanctions administratives à partir d'un taux
d'alcoolémie de 0,05? Je suis certaine que la décision n'a pas été prise sans
avoir des documents en main sur le coin d'une table. Je suis certaine qu'il y
avait des... Puis là on est très larges dans la formulation de notre motion, il
y avait des avis juridiques, il y avait des notes, il y avait des études ou tout autre document pertinent. On aimerait
vraiment avoir accès à ces documents-là, pas juste pour nous, dans notre rôle
d'opposition, c'est bien important, là, pour les fins de maintenir un débat
sain et constructif, mais pour l'ensemble de la population,
dans un souci de transparence. Quand le gouvernement... un gouvernement majoritaire prend une décision et ferme la porte à
un débat, bien, c'est la moindre des choses qu'on sache sur quelle base. Donc,
voilà, c'était un précédent que je pensais qu'il était pertinent de mettre de
l'avant.
• (14 h 50) •
Nous, ce qu'on demande à la ministre avec la
présente motion, c'est donc de la transparence et de la flexibilité. Elle
pourrait s'inspirer de ce que le ministre de la Santé avait choisi de faire,
rejeter la motion, mais ouvrir la porte à un échange d'information, à un
échange de documents. Il suffit d'un peu d'ouverture du gouvernement, Mme la Présidente. Ici, là, il faut le rappeler,
là, ce n'est pas un caprice, on parle de sécurité routière. Un gouvernement
qui est responsable, un gouvernement qui est
rigoureux, analyse toutes les possibilités de renforcer la sécurité routière
avant de déposer un projet de loi. Le projet de loi n° 48,
c'est un... on ne dit pas le contraire, là, c'est un projet de loi qui va renforcer la sécurité, qui amène des
éléments pertinents, mais pourquoi ne pas utiliser cette opportunité pour
ouvrir la porte à bonifier le projet de loi avec d'autres dispositions,
d'autres mesures? Je ne peux pas croire que l'idée d'instaurer des
sanctions administratives en lien avec la conduite avec les facultés affaiblies
par l'alcool n'a pas fait l'objet de réflexions
au ministère des Transports depuis 2018. Mais, si c'est le cas, qu'on nous le
dise, mais là tout porte à croire que, depuis 2018, au sein de ce
ministère important, il y a eu une réflexion, il y a eu un échange de
documents.
Moi, en fait, un autre chapeau que je porte ici,
dans mon rôle de parlementaire, c'est porte-parole au niveau de l'accès à
l'information. Puis plus je me penche sur la question... J'ai toujours su que
c'était une pierre angulaire de notre système démocratique, mais plus je me
penche sur l'accès à l'information puis sur... C'est une question fondamentale,
Mme la Présidente, c'est une question de transparence. Et, ultimement, ce qu'il
faut retenir, c'est que c'est fondamental pour maintenir la confiance de la
population envers nos institutions, envers le gouvernement. Il est inadmissible
que, par le biais d'un communiqué laconique, on apprenne que le gouvernement a
fermé la porte à cette possibilité d'instaurer des sanctions administratives.
Mon collègue de Taschereau l'a mentionné tout à l'heure, la décision a été
communiquée par écrit, je pense, à La Presse, disant :
Bien non, le gouvernement ferme la porte. Et puis
ce serait pour des raisons... honnêtement, je ne veux pas leur mettre des mots
dans la bouche, là, mais moi, ce que j'ai
compris, c'était, bon, probablement en lien avec l'offre de transport collectif
qui n'était pas adéquate. Mais la porte, elle est fermée, sans plus, alors
qu'on sait que la population semble vouloir aller dans ce sens-là, il y a une
majorité de la population qui le
souhaite. Nos jeunes adoptent un comportement différent de leurs... des
générations précédentes, c'est une bonne chose, et...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Ça va?
Une voix : ...
Mme
Setlakwe : Oui, je peux continuer? Merci. Et on a des données
scientifiques à l'appui. Les recommandations... Tu sais, si on met tout
ça dans la balance, là, les groupes, les experts qui viennent nous dire que
c'est... qu'il y a une recommandation favorable en ce sens-là, ils sont
importants, ils sont nombreux, alors qu'on a, bon, des points de vue divergents aussi, c'est normal, mais ils sont
moins nombreux. Alors donc, ce qu'on demande, c'est d'expliquer, pas juste à
l'opposition, là, pas juste à moi, députée
de Mont-Royal—Outremont, à
mon collègue de Nelligan, au député de Taschereau. Ce n'est pas trois individus tannants, là, qui
veulent savoir, là, c'est l'ensemble des parlementaires et l'ensemble de la population
québécoise.
Moi, je ne suis même pas capable d'expliquer...
J'en ai parlé du dossier, là, avec mes enfants, mes ados, mes jeunes adultes.
Bien oui, moi aussi, j'ai l'âge d'avoir des jeunes adultes à la maison. Je ne
suis même pas capable de leur expliquer pourquoi, à l'Assemblée nationale, on
n'est pas prêts à poser ce geste-là. Bien, je peux leur dire que le gouvernement de la CAQ ne veut pas. Mais c'est
fou, hein, je ne suis pas capable d'expliquer. Mais, voyons, maman, il doit bien y avoir une explication à quelque part.
Bien, je vais leur dire ce soir qu'aujourd'hui j'ai demandé
l'explication, à défaut de l'avoir eue de façon... de façon
spontanée, là, parce que j'aurais pensé qu'un gouvernement qui prend ce genre de décision là, si importante, aurait, au moins, un document d'une page à fournir,
trois, quatre explications. Mais, voilà,
au moins, ce soir, je vais pouvoir ajouter... je vais dire : Bien,
écoutez, j'ai utilisé un outil à ma disposition, une motion préliminaire, pour demander, à défaut d'avoir
accès à des groupes additionnels, pour demander des documents à l'appui
d'une décision qui a été prise par mes collègues au gouvernement.
On ne veut pas avoir des secrets d'État, là, on
ne veut pas avoir des... savoir qui a dit quoi, qui a pensé quoi, pour quelles
raisons, on veut juste avoir une explication, on veut savoir quels ont été
les... Encore une fois, là, choisissez-en un, il doit y en avoir un qui
s'applique à votre discussion, à votre réflexion, avis juridiques, notes
ministérielles, études ou tout autre document pertinent, c'est très large.
C'est ce qu'on demande, c'est ce qu'on demande, que ces documents-là soient
déposés et qu'ils soient donc utilisés dans le cadre de nos travaux. C'est ça,
notre rôle de législateurs, de prendre des décisions, d'échanger de
l'information, de poser des questions, d'obtenir des réponses. Encore une fois, ce n'est pas une question de caprice,
c'est pour être en mesure de... d'être rigoureux puis de prendre une
décision éclairée. Voilà.
Je reviens... je reviens à mes notes. Donc, ce
qu'on nous demande, autrement dit, c'est de... On ouvre la main... on ouvre la
porte, on vous tend la main, parlez-nous, échangez avec nous. Vous voyez
combien ça nous tient à coeur puis ça tient à coeur à une majorité de Québécois
et Québécoises. Ça tient à coeur à nos jeunes. Ce qu'on veut, c'est sauver des
vies. Mais expliquez-nous quel est le fondement de votre décision. Qu'est-ce
qui a penché dans la balance? Qu'est-ce qui a été l'élément qui a fait en sorte
qu'il y a une majorité des membres du caucus de la CAQ qui ont décidé... Vous en êtes arrivés, j'imagine, à un consensus. Bon,
il y a une majorité qui a parlé ici. On n'est pas... On juge que ce
n'est pas dans le bon... ce n'est pas dans... ce ne serait pas dans le bon
intérêt des Québécois. Ce n'est pas
opportun, ce n'est pas utile, ce n'est pas une bonne idée, nous, on fait... on
fait les choses différemment au Québec. Expliquez-nous pourquoi, c'est
ce qu'on vous demande.
Nous pourrions très bien s'entendre sur ce qui
peut être divulgué, Mme la Présidente. On peut négocier, on peut... on peut discuter, on peut échanger, comme
ça s'était fait dans le cadre la... de cette autre commission dont je vous ai
parlé, en 2022. Qu'est-ce qui pourrait être transmis à la commission? Et cela,
je dois le dire, ne retarde en rien l'avancement des travaux, on peut continuer
à avancer, Mme la Présidente.
J'aimerais... j'aimerais soulever d'autres
points. Je pense que c'est vraiment important qu'on aille au fond des choses, là, dans le cadre de cette motion
préliminaire, nous, au sein de notre caucus, là, du Parti libéral du Québec. Et
je comprends et c'est devenu très évident que c'est la même chose au sein de...
du deuxième groupe d'opposition, Québec solidaire, qu'il est important
que les décisions qui sont prises s'appuient sur des documents. Moi, en tant
que... Dans mon ancienne vie, j'étais... bien, je le suis toujours, mais je
pratiquais le droit puis je sais comment ça fonctionne, là, quand il y a des décisions qui sont prises par des
conseils d'administration, par des conseils municipaux, par des élus, par des
dirigeants d'entreprise. Les décisions se prennent sur la base d'écrits, de
notes, de mémos, de notes de service, de documents, d'études. On a été
très larges. Puis c'est un... je pense que c'est un principe qui s'applique à
toutes les personnes autour de la table de cette commission aujourd'hui, là.
Donc, nous, on croit que c'est important, et j'ose penser que c'est important du côté gouvernemental aussi, quand les
décisions... quand on prend une décision, on s'appuie sur ce genre de
documents.
La ministre de... des Transports et de la
Mobilité durable l'a fait elle-même de façon tout à fait louable, là, quand
elle est venue nous annoncer, annoncer à la population, au printemps 2023,
qu'elle tirait le trait sur le projet du troisième lien avec beaucoup de
courage et de détermination et avec... Visiblement, suite à une préparation,
elle est arrivée les bras chargés de plusieurs cartables, tous les Québécois
ont cette image en tête, là, de... d'une ministre qui est arrivée préparée,
équipée, documentée. Elle est venue annoncer aux Québécois que c'était... que,
sur la base d'études, il n'était plus opportun d'aller de l'avant avec le
troisième lien pour relier les deux rives. Il y avait des études à l'appui et, en gouvernement responsable,
la ministre communiquait la décision de revenir sur cet engagement-là. Ça ne
s'est pas... Donc, la décision, clairement, ne s'était pas prise à l'aveugle,
sans document, sans réflexion. Il y avait des documents, il y avait
avait des documents étoffés dans ces cartables-là, et on nous a dit, on nous a
informés que la décision avait été mûrement réfléchie et qu'il n'y avait aucune
autre voie pour un gouvernement responsable. Il fallait mettre un terme à ce
projet parce qu'il n'était plus justifié par des études.
• (15 heures) •
Alors, je fais un parallèle avec la décision qui
a été prise en caucus de la CAQ de ne pas aller de l'avant avec cette
proposition d'instaurer des mesures administratives, pas un nouveau... un
nouvel acte criminel, là, changer le Code
criminel, non, non, simplement, se coller sur ce qu'il fait... sur ce qu'il se
fait ailleurs au Canada et instaurer des mesures administratives, des sanctions administratives pour les
conducteurs qui conduisent avec un taux d'alcoolémie de 0,05. Quand ils nous disent qu'ils ne veulent pas
aller dans ce sens-là, là on ne serait pas en mesure de savoir s'il y avait
des cartables, s'il y avait des documents? Impossible. Moi, je pense, Mme la
Présidente, qu'il y avait... il y avait clairement des documents, il y avait
clairement des études. Puis, honnêtement, on a tellement l'air d'être... d'être
à contre-courant, on n'est pas du tout à la même place, la population le veut,
alors qu'on nous explique, éclairez-nous, dites-nous
qu'est-ce que vous avez, là, dans vos... dans vos documents, qu'est-ce que vos
équipes vous ont fourni comme information.
Faites-nous savoir, s'il vous plaît, puis peut-être qu'on va... on va se
rallier à votre position. J'en doute, mais il se pourrait qu'on se
rallie à votre position.
Bon, je faisais le parallèle avec l'implantation
d'un tunnel autoroutier entre les deux rives, mais je la cite, la
ministre : «On n'a pas de données qui justifieraient l'implantation d'un
tunnel autoroutier entre les deux rives.» Quelle
clarté! Bien, est-ce que, donc, il y a des données ou il n'y a pas de données
qui justifient l'implantation de mesures de sanction administrative en
lien avec l'alcool au volant? La question se pose. Le parallèle est intéressant.
Or donc, dans le cas de l'alcool au volant,
nous n'avons pas la même rigueur de la ministre sur la décision de son
gouvernement à refuser d'introduire des sanctions administratives à
partir d'un taux d'alcoolémie 0,05. Je le formule différemment.
M. Jacques : Mme la Présidente...
puis il y a eu deux, trois interventions, là. D'ailleurs...
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, est-ce que vous faites un rappel au règlement?
M. Jacques : Oui, exactement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Quel
règlement?
M. Jacques : Bien, je ne suis pas
obligé de nommer le règlement. Je fais juste un rappel au règlement, à l'effet,
peut-être, de faire attention aux mots utilisés, «rigueur»... 35.1, je peux
prendre 35.1, entre autres, la rigueur de la
ministre versus un dossier, versus un autre, je ne pense pas qu'il y ait de
rigueur de considéré dans ce dossier-là. Puis tantôt on a invoqué
certains éléments aussi.
La
Présidente (Mme Maccarone) : M. le député, merci. On prend ça sous
considération. Continuez, Mme la députée.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Je vais faire attention de ne pas utiliser le mot «rigueur».
M. Jacques : ...
Mme
Setlakwe : Non, non, écoutez, non. On présume de la bonne
foi, on présume de la rigueur... Je présume de la bonne foi du gouvernement ici
et de la rigueur, et je suis certaine qu'il y avait des documents à l'appui.
Je reviens à mes notes. Dans les dernières
semaines, là, on a maintes fois parlé des avis, des études et des données qui appuient notre proposition afin de
lutter contre l'alcool au volant. Donc, écoutez, nous, on a fait... on a fait
de la lecture et on a... Puis mon collègue l'a montré tout à l'heure, l'avis
étoffé de l'INSPQ, j'en ai... je n'ai pas l'avis détaillé, mais j'ai quand même un sommaire, et je vais rappeler... je
pense, ça vaut la peine de rappeler les conclusions et les recommandations de l'INSPQ. À la fin, ils
nous disent :
«Considérant
que la performance, lors de la conduite d'un véhicule automobile, est négativement affectée à partir d'un taux
d'alcoolémie de 50 milligrammes par 100 millilitres de sang;
«Considérant que la conduite d'un véhicule
automobile à un TA, taux d'alcoolémie, de 50 milligrammes par
100 millilitres multiplie de manière significative le risque de collision
avec blessures graves, voire mortelles;
«Considérant l'ensemble de la littérature qui
confirme que l'abaissement de la limite du TA permis pour la conduite d'un véhicule automobile à
50 milligrammes est une mesure efficace pour prévenir les collisions et
sauver des vies;
«Considérant que l'efficacité de l'abaissement
du TA s'observe autant auprès de conducteurs affichant des TA très élevés que des TA plus modestes et que les
Canadiens et Québécois sont fortement préoccupés par les problématiques
de sécurité routière liées à la conduite sous l'influence de l'alcool;
«L'INESPQ recommande que le TA permis pour la
conduite d'un véhicule automobile soit abaissé à 0,05.»
Donc,
c'était, je vous le rappelle, la conclusion de cette étude, de cet avis
scientifique détaillé, qui a été soumis, je pense, à la commission.
Alors, nous, sur la base de cet avis
scientifique... Également, il y a le Bureau du coroner, n'est-ce pas, qui... Puis moi, je n'étais pas présente durant les
consultations particulières, mais je crois comprendre que la commission a eu
le bénéfice, dans le cadre des consultations particulières, d'entendre des experts
qui sont venus faire état de leurs recommandations. Je vous le rappelle, donc,
que le Bureau du coroner recommande la chose suivante, donc : «Afin
d'améliorer la sécurité de tous les usagers de la route sur les enjeux liés à
la conduite d'un véhicule avec les facultés affaiblies par l'alcool ou les
drogues et à la vitesse excessive, je recommande — le coroner :
«Au ministère de la Sécurité publique du Québec,
à la SAAQ ainsi qu'à Éduc'alcool de coordonner leurs efforts afin de mettre en
place des activités de sensibilisation visant à rappeler au public l'importance
de signaler aux policiers les conducteurs ayant ou semblant avoir les facultés
affaiblies par l'alcool ou une drogue.»
Il recommande «au ministère des Transports et de
la Mobilité durable et à la SAAQ, Société de l'assurance automobile du Québec,
de réaliser dans les plus brefs délais leur analyse respective de la
faisabilité d'abaisser le seuil limite
d'alcool dans le sang de 80 milligrammes à 50 milligrammes par
100 millilitres, qui consiste à amender le Code de la sécurité
routière en conséquence».
Tiens, c'est une autre façon de le dire, donc,
des analyses, bon, respectives... des analyses de faisabilité. Je pense que ça
rentre, Mme la Présidente, dans notre... dans notre demande, ici, là, dans la
motion préliminaire, études de faisabilité, avis, notes,
études, autres documents. On a donc ces experts qui sont venus nous dire que
c'est leur recommandation. On se rappellera
aussi que le gouvernement a souvent écouté la science. Le gouvernement a
demandé à la population d'écouter la science dans le cadre de la
pandémie, quand on mettait en place les mesures sanitaires. Là, on a la
science, on a différents experts qui sont venus... qui sont venus nous dire que
c'était une bonne chose.
Si c'est une
question de mobilité, si c'est une question de ne pas nuire indûment à
l'industrie de la restauration et des
tenanciers, bien, qu'on nous le dise aussi. Honnêtement, c'est comme... On ne
sait plus de quelle façon le demander. On veut faire venir des groupes
additionnels, on veut avoir accès à des documents. Encore une fois, on le
fait... on le fait dans l'intérêt public, là, on le fait pour le bien commun.
On ne le fait pas pour notre intérêt personnel. On veut simplement avoir un
éclairage adéquat pour pouvoir mener nos travaux ici, au sein de la commission,
là, de façon efficace et éclairée. En tant
que législateurs, on l'a déjà dit, il est important d'avoir le portrait
complet, complet de la question quand il est question d'améliorer la
sécurité routière afin de sauver des vies.
Tu sais, il faut... il faut se le rappeler, là,
ce qu'on lit, les rapports qu'on lit... d'ailleurs mon collègue en a fait la
lecture tout à l'heure, le député de Taschereau, il a nommé le nom de victimes,
des personnes qui sont... qui sont décédées. Il me semble que c'est dans notre
devoir, là, de s'assurer que... bon, je n'ose pas utiliser le mot «rigueur», qu'on aille au fond des choses, qu'on soit
détaillés, qu'on prenne le temps requis, qu'on tourne toutes les pierres. C'est
une expression qu'on entend ici?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Setlakwe : Pardon?
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez le droit de dire «rigueur».
Mme Setlakwe : J'ai le droit de
dire... OK, merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
c'est un nom... c'est un nom parlementaire.
Mme
Setlakwe : Et je ne pense pas avoir dit que la ministre avait
manqué de rigueur. J'avais souligné sa rigueur quand elle avait fait son
annonce précédente.
Mme Grondin : ...
Mme Setlakwe : Je suis...
Mme Grondin : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Ça
reste que le mot «rigueur», c'est un mot qui n'apparaît pas, alors...
Mme Grondin : ...l'article 35.7...
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
reste 4 min 35 s à son intervention.
Mme
Grondin : ...je sens qu'on prête des intentions. Je suis une
députée. On parle de «pas de rigueur», on parle de «tourner les coins
ronds». Qu'on fasse attention, s'il vous plaît. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
Mme la députée. Mme la députée, continuez.
• (15 h 10) •
Mme Setlakwe : ...je n'avais pas
l'intention de prêter des intentions. On utilise un outil parlementaire à notre
disposition et on fait des parallèles avec
d'autres cas vécus, d'ailleurs, dans cette législature, là, je ne parle pas de
dossiers dont je n'avais pas connaissance.
On est... on souligne... je souligne le
caractère important. On parle de sécurité, on parle de sauver des vies, on parle de sécurité sur nos routes, on parle du fait
que le Québec fait cavalier seul. Les autres provinces ont mis en place ce
genre de mesures. On demande simplement de comprendre. On demande simplement
d'avoir les explications. On ne veut pas
dire... prêter des intentions puis dire : Bien, Untel a pensé ça,
l'Autretel a pensé une autre chose. On ne veut pas. On n'a pas à savoir
ces choses-là, on n'a pas à connaître le fin détail des débats qui ont eu lieu
au sein du caucus de la CAQ, ce n'est pas ça qu'on demande. Ça, ça ne nous
regarde pas, à savoir qui penchait d'un côté, qui penchait de l'autre côté, qui a argumenté plus fort. Pas du
tout. On veut savoir s'il y avait des documents... bien, si, oui, s'il y avait
des documents à l'appui, et, s'il y en
avait, est-ce qu'ils pourraient être partagés avec tous les membres de la
commission afin d'apporter un éclairage, afin de nous guider, de nous aider, de
nous permettre, nous aussi, là, d'avoir, donc... d'avoir cet accès
privilégié? On peut le dire, vous avez accès privilégié... un accès privilégié
à des documents, probablement des études, peut-être plus à jour, plus
détaillées, plus étoffées.
À la fin, soyons réalistes, là, la décision,
elle a été prise. Je garde toujours espoir qu'il pourrait y avoir un changement
d'avis, mais je suis réaliste. Je pense que nous sommes très réalistes, de ce
côté-ci de la table. Le gouvernement détient
la majorité des sièges, et puis peut-être que la décision, elle est, comme on
dit, finale et sans appel, mais il est tout à fait
permis et souhaitable... D'ailleurs, ça fait partie des règlements de
l'Assemblée nationale, il y a une raison
pour ça, je l'ai rappelé, là, au début de mon intervention, la raison pour
laquelle ce genre de motion existe et est permise en vertu des
règlements qui nous régissent tous, c'est justement... Bien, je vais le
rappeler : «L'objet des motions préliminaires est de voir à l'organisation
fonctionnelle des travaux de la commission.» Bien, on souhaite être
fonctionnel, on souhaite être outillé, avec les études, avec les documents.
Partagez-les avec nous. C'est ce qu'on demande. Honnêtement, je ne pense pas
qu'on en demande tant que ça.
On
s'est essayés de différentes façons. On a proposé qu'il y ait d'autres groupes
qui soient appelés en consultations pour
fournir un éclairage verbal, là, ici, en temps réel. C'est toujours utile pour
les parlementaires de pouvoir écouter, entendre, voir les experts, les
intervenants, leur poser des questions. On a essuyé un refus. Donc là, on
demande, à défaut de pouvoir échanger avec
des groupes additionnels, incluant des groupes... on l'a dit, là, hier, comme
les restaurateurs, qui ne sont... qui ne soutiennent pas la mesure, à
défaut de pouvoir échanger avec ces groupes, nous souhaiterions avoir accès à des documents qui auraient pu être
fournis au gouvernement et qui auraient servi à appuyer leurs décisions.
Donc,
voilà, Mme la Présidente, notre position au sujet de cette motion qui demande,
donc, accès à des documents dans un souci de transparence, dans un souci
de servir l'intérêt public. Je vous remercie.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions?
M. Montigny :
...que j'aurai une motion.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. C'est noté. Oui, Mme la ministre.
Mme Geneviève Guilbault
Mme
Guilbault : Oui, juste peut-être prendre
quelques minutes, à ce stade-ci, parce que j'ai écouté plusieurs heures les
collègues des oppositions. Alors, je veux juste, au micro, faire certaines
précisions, parce qu'il y a des choses inexactes qui ont été dites à mon sujet
ou au sujet de mes collègues de la partie gouvernementale. Donc, à aucun moment je n'ai évoqué que le transport
collectif avait quoi que ce soit à voir avec le 0,05. Ça a été dit, de mémoire,
par le député de Nelligan. Donc, c'est inexact. Et les insinuations aussi qui
ont été faites, là, du même genre, sur le fait que mes collègues auraient dit
des choses comme ça, ou qu'on manque de rigueur, ou quoi que ce soit, sont
inexactes aussi.
Ce que j'ai dit, à ce
sujet-là, à plusieurs reprises, dont une motion du mercredi où j'ai passé plus
d'une demi-heure à évoquer le point de vue
de notre gouvernement, et mes collègues aussi, certains de mes collègues ont
complété, c'est que, globalement, le Québec est une des nations les plus
sévères au Canada, une des... en tout cas, une des juridictions, disons-le comme ça, les plus sévères au Canada en matière
de conduite avec les facultés affaiblies. Donc, c'est ça que j'ai dit et
c'est ça que je maintiens au micro.
Je voudrais aussi
préciser qu'il y a eu 17 heures de consultations particulières ou, en tout
cas, 17 groupes qui sont venus nous rencontrer. Cette liste-là repose sur
une entente qui avait été faite entre tous les partis assis ici, autour de la
table. Donc, on a eu des consultations en bonne et due forme. Que ce soit le
Bureau du coroner ou la FADOQ, ces gens-là ont été invités, ont décliné par
eux-mêmes les invitations. Parce que ça a fait l'objet de certaines motions.
Il faut comprendre que les gens ne sont pas obligés de venir et, s'ils
déclinent eux-mêmes les invitations, on peut bien passer plusieurs minutes ici
à en reparler, mais c'est leur droit, je pense, Mme la Présidente, de décliner
les invitations.
Et, en terminant, je
veux juste rappeler que ce projet de loi là, il est important, il porte sur des
éléments importants qui viennent donner
suite à des éléments tout aussi importants du Plan d'action en matière de
sécurité routière. On a, de notre côté, un certain empressement et une
volonté réelle de l'adopter dès que possible ou, du moins, d'en entamer l'étude
détaillée, parce qu'on considère que la sécurité routière est justement un
sujet important. Et je crois qu'après 17 heures de consultations particulières,
il serait opportun de passer à l'étude détaillée du projet de loi, qui, je le
rappelle, est très important pour notre gouvernement.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Y a-t-il d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons passer aux
mises aux voix. Est-ce que la...
Mme
Setlakwe : ...appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Par appel nominal. Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)?
Mme
Setlakwe : Pour.
La
Secrétaire : Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
Mme
Guilbault : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
M. Jacques : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Et Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, la motion préliminaire est rejetée.
Et, si j'ai
bien compris, on attend... on est prêts à entendre une motion de la part du
gouvernement. M. le député de René-Lévesque.
Motion
proposant de passer immédiatement à l'étude détaillée du projet de loi
Débat sur la
recevabilité
M. Yves Montigny
M. Montigny : Absolument. Merci, Mme
la Présidente. Alors :
«Que la Commission des transports et de
l'environnement passe immédiatement à l'étude de l'article 1 et des
articles suivants du projet de loi n° 48, Loi modifiant principalement le
Code de la sécurité routière afin d'introduire des dispositions relatives aux
systèmes de détection et d'autres dispositions en matière de sécurité routière.»
Mme la Présidente, on semble vraiment avoir fait
le tour, un bon tour de table, on est conscients, là, de l'importance du PL n° 48,
qui introduit de nombreuses dispositions qui améliorent la sécurité routière,
alors il devient urgent de procéder à l'étude article par article. Pour moi,
là, c'est vraiment une évidence.
Alors, comme vous le savez, le règlement ne
prévoit pas de limite quant au nombre de motions préliminaires qui peuvent être
présentées, et il appartient donc à la présidente de juger de la... recevabilité,
exactement, d'une motion proposant de passer à l'article 1. Pour cela, un
certain nombre de critères doivent guider votre décision, lesquels sont
énumérés ici dans la décision rendue par le député de Masson le 24 octobre
2019.
Premier critère : le rôle de la présidence
est d'assurer le respect des droits de chaque parlementaire et de donner aux
députés de l'opposition le temps nécessaire pour faire valoir leur point de
vue. Concernant ce critère, soulignons que nous en sommes présentement à la quatrième
séance de l'étude détaillée. Sept motions préliminaires ont été présentées,
environ 9 heures de débats, incluant aujourd'hui, ont eu lieu depuis le
début de l'étude détaillée. L'opposition
officielle a pu présenter quatre motions préliminaires, et la deuxième
opposition a pu présenter deux motions préliminaires.
Deuxième critère : il appartient à la
présidence seule de juger si cette motion est recevable.
Troisième
critère : la recevabilité d'une motion proposant de passer immédiatement à
l'article 1 ne s'évalue pas en vertu d'un calcul purement mathématique du
nombre de séances et d'heures consacrées aux motions préliminaires.
Le quatrième critère : toutefois, malgré le
troisième critère, les précédents peuvent servir de guides à la présidence pour
rendre sa décision. Soulignons que, dans le recueil La procédure
parlementaire du Québec, il y a de nombreux précédents où une telle motion
a été jugée recevable, Mme la Présidente, à la troisième séance ou lorsque
quatre ou cinq motions préliminaires avaient été présentées. Je vous réfère aux
pages 563 et 564 du recueil.
D'ailleurs, dans une décision rendue le
11 juin 2004 par M. Bernard Brodeur, il est mentionné que :
«Compte tenu [du fait] qu'il y a eu sept motions préliminaires présentées par
les députés de l'opposition et que la commission en est à
sa troisième séance portant spécifiquement sur l'étude détaillée du projet de
loi, la motion proposant de passer à l'étude
de l'article 1 [devrait être considérée comme] recevable, car l'opposition
a pu soumettre suffisamment de motions préliminaires.»
• (15 h 20) •
Cinquième critère,
Mme la Présidente : il a maintes fois été décidé que cette motion ne vise
pas à clore le débat mais à passer à une autre étape de l'étude détaillée au
projet de loi, soit l'étude article par article.
Mme la Présidente, je
vous soumets que l'opposition a eu le temps nécessaire pour faire valoir son
point de vue d'opposition officielle, et la deuxième opposition a eu
l'opportunité de présenter plusieurs motions préliminaires qui visaient toutes
à entendre des motions supplémentaires, parfois même des groupes qui avaient
décliné l'invitation à passer aux consultations particulières, Mme la
Présidente.
Maintenant,
j'aimerais aussi ajouter un élément — Mme la ministre y faisait
référence tout à l'heure : nous avons déjà entendu 17 groupes en
consultations particulières, basé sur une entente avec tous les partis. Je veux
vous signifier, Mme la Présidente, que toutes les motions préliminaires jusqu'à
maintenant portent sur des consultations particulières supplémentaires. La
motion que je vous soumets devient davantage signifiante, à ce moment-ci.
Du côté
gouvernemental, nous sommes prêts à débattre sur le fond de chaque article du
projet de loi n° 48, et, en
conséquence, nous devrions poursuivre le débat sur cette importante mesure
législative en passant à l'étape de l'étude article par article. Je vous
demande de trancher en ce sens, Mme la Présidente. Merci.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup, M. le député. Y a-t-il d'autres
interventions? Oui, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, la parole est à vous.
Mme Michelle Setlakwe
Mme
Setlakwe : Oui, donc, j'ai le droit d'intervenir au nom du chef de
l'opposition officielle pour...
Une voix : ...
Mme
Setlakwe : Oui, oui, en réponse à la motion. Écoutez, j'apprends,
c'est la première fois que je fais ce genre d'intervention là. Je comprends que
la partie gouvernementale dépose une motion qui demande de procéder
immédiatement à l'étude détaillée du projet de loi.
Là, vous avez
invoqué, ou, Mme la Présidente, il y a eu des arguments à l'effet qu'il y a une
jurisprudence qui existe sur ce genre de demande là. Et puis, bon, la
jurisprudence, ce n'est pas une science exacte, mais pas besoin d'être avocat pour savoir que, quand il y a des
décisions qui sont rendues dans le passé, dans des contextes similaires,
il faut prendre le temps, oui, d'en parler,
de les analyser et de voir lesquelles s'appliquent le mieux à la situation qui
nous occupe présentement, il faut s'en inspirer.
Les décisions qui ont
été mentionnées, effectivement, portent sur ce qu'on est en train de discuter.
Il semblerait qu'il y aurait des précédents où six motions préliminaires
avaient été présentées par l'opposition et que, dans ce cas-là, la motion avait été jugée... la motion, donc, de
procéder immédiatement à l'étude détaillée avait été jugée irrecevable. Quand il y a eu... quand il y avait
huit motions préliminaires de l'opposition qui avaient été présentées, dans
ce cas-là, la décision rendue est à l'effet de statuer que la motion, elle est
recevable.
Donc ici, si je
comprends bien les faits, nous sommes à sept motions préliminaires. Donc, on
n'a pas un précédent qui calque la même trame factuelle, mais, bon, on a quand
même de la jurisprudence. Puis moi, je vais me permettre de faire valoir les arguments qui militent en faveur, donc,
d'une décision à l'effet de rendre la motion irrecevable.
Bien, rappelons-nous,
donc, que, dans le cas de la jurisprudence récente, cette décision, 244...
Apparemment il y en aurait une autre. Donc, vous, vous avez parlé de 247. À
247, on l'avait... non, on l'avait, 244, 247, on l'a, c'est une... c'est ça, c'est la décision rendue par la
députée d'Argenteuil, où c'était recevable, mais celle où il y avait six
motions préliminaires qui avaient été présentées a été jugée... la
motion a été jugée irrecevable. Ça, c'est la décision 244-46 rendue par la
députée d'Argenteuil.
Ici, on est dans une
situation mitoyenne, il y en a sept. J'ai entendu le collègue mentionner que
toutes les motions préliminaires qui ont été
présentées visaient à allonger ou à prolonger, à tenir des consultations
additionnelles, ce qui n'est pas techniquement exact, ici, et, si je me
trompe, j'aimerais le savoir, là. Il y a donc... Nous, on a proposé cinq motions préliminaires. La première, c'était
pour entendre le Bureau du coroner, la deuxième, c'était pour entendre le Service
de police de la ville de Montréal, la troisième, j'étais ici, c'était pour
entendre l'Institut national de santé publique
du Québec, et la quatrième, c'était
donc hier, l'association... on demandait d'entendre l'Association Restauration
Québec. Quatre motions qui demandent des consultations particulières
additionnelles.
Je m'excuse, je fais
une mini parenthèse. J'ai combien de temps, Mme la Présidente, pour...
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez 30 minutes lorsque vous demandez de parler de la recevabilité.
Mme
Setlakwe : Merci. Oui. Notre cinquième motion préliminaire, nous, à
l'opposition officielle, bon, c'est celle
qu'on vient... dont on vient de discuter, plus tôt cet après-midi. On ne
demande pas dans... on ne demande pas des consultations additionnelles,
dans le cadre de cette cinquième, on demande des documents. Là, je ne veux pas
revenir sur tout ce qui a été... ce qui a
été dit, mais on demandait, donc, soit des avis juridiques, soit des notes
ministérielles, soit des études
concernant la possibilité d'instaurer des sanctions administratives ou tout
autre document, donc, en lien avec la conduite avec facultés affaiblies
par l'alcool.
Et, du côté du deuxième
groupe d'opposition, il y en avait deux, la FADOQ et l'OPHQ, donc les personnes
atteintes d'un handicap, exact. Donc, on a un beau... un beau débat cet
après-midi, parce que dans... en l'occurrence, il y a sept motions
préliminaires qui ont été demandées, et non pas huit. Je crois comprendre que
huit, c'est un maximum. On est à sept, et il y en a une des sept qui ne traite
pas... ne demande pas de consultations mais demande plutôt un échange
d'informations, un échange de documents, ce qui n'allonge pas du tout les
consultations.
Donc, notre objectif, là, cet après-midi, c'est
de débattre de l'opportunité... ou de la recevabilité, je m'excuse, de la
motion présentée par le gouvernement. Moi, je plaiderais... pas «je
plaiderais», je plaide à l'effet de continuer dans
le débat dans le cadre des motions préliminaires et de ne pas procéder immédiatement
à l'étude détaillée. Mme la Présidente, respectueusement, en vertu... je vous
rappelle l'article 244 du Règlement de l'Assemblée nationale, qui traite de
l'étude article par article et des consultations particulières. Je pense que ça
vaut la peine de rappeler le libellé de cet article : «La commission
saisie étudie chaque article du projet de loi et les débats portent sur les
détails du projet. Les amendements doivent se rapporter à son objet et être
conformes à son esprit et à la fin qu'ils visent.»
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi,
Mme la députée, je suis désolée de vous interrompre, mais je veux juste savoir,
est-ce que vous êtes en train de faire un débat sur la recevabilité de la
motion ou bien... le débat sur la motion, si
c'est pour la recevabilité, ça doit être un débat court. Si c'est un débat sur
la motion, vous avez votre
30 minutes, le temps écoule, il vous reste à peu près 25 minutes.
Mais est-ce que c'est sur la recevabilité ou le débat sur la motion?
Mme Setlakwe : Là, je suis sur la
recevabilité. Puis j'ai combien de temps? Il doit être court?
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
faut que ce soit un débat court, restreint.
Mme Setlakwe : OK. Donc, court,
c'est donc moins que de 30 minutes?
La Présidente (Mme Maccarone) : Beaucoup
moins que 30 minutes, en effet.
Mme Setlakwe : On s'entend pour une
dizaine de minutes? Là, j'ai déjà cinq minutes de...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Je vais entendre les arguments de votre part...
Mme Setlakwe : D'accord.
La Présidente (Mme Maccarone) :
...puis peut-être de la part de la deuxième opposition, puis après...
Mme Setlakwe : Après quoi on va
parler du fond. Là, on est sur la forme... sur la recevabilité.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Après quoi je dois rendre une décision, ça fait
que je vais suspendre les travaux.
Mme Setlakwe : Je comprends...
Des voix : ...
Mme Setlakwe : OK. Donc, écoutez,
pour faire un sommaire de ce que j'ai dit, on n'a pas fait huit demandes de
motion... huit motions préliminaires, on en a fait sept, au total, les deux
groupes, l'opposition officielle et le deuxième groupe, et elles ne portent pas
toutes sur des... sur des consultations... sur le fait d'allonger les
consultations. On veut... Il y en a une qui traite de documents, donc qui
n'entraîne pas un allongement de temps. Et ce n'est pas un délai indu, ici, Mme
la Présidente. Je plaiderais que la... puis qu'on n'a pas de jurisprudence à l'appui
d'une décision à l'effet que la motion du
gouvernement est recevable, étant donné que nous ne sommes pas rendus à huit. On
est à sept, donc on devrait pouvoir continuer. C'est dans l'intérêt public de
continuer ce débat, qui est important, afin d'avoir toutes les informations en
main avant d'entamer l'étude détaillée. Les consultations qu'on demande ne sont
pas frivoles, sans objet. Ce n'est pas que ce n'est pas pertinent, c'est très
pertinent au débat. Et, en fait, on aurait une autre motion à soumettre. On
n'est pas prêts à procéder à l'étude détaillée. Il y a encore lieu d'entendre
des groupes, il y a encore lieu d'avoir cet échange préliminaire, qui va faire
en sorte qu'on va avoir des échanges, lors de l'étude détaillée, plus
pertinents, on va pouvoir aller au fond des choses, on va pouvoir s'en remettre
à ce qu'on a entendu de la part des groupes, de part et d'autre.
• (15 h 30) •
Alors, respectueusement, je vous soumets que la
motion n'est pas recevable, pas seulement sur la base de la jurisprudence
qui... On n'a pas un cas devant nous où, après sept motions, la motion a été
jugée recevable. Et, pour des questions de débat, il est dans l'intérêt de la
population, il est dans l'intérêt public, dans l'intérêt commun qu'on puisse
continuer à échanger sur ce sujet fondamental et qu'on entende les groupes. Le
but et l'esprit d'une motion préliminaire, il nous en resterait une, sont de
proposer les meilleurs moyens afin d'aider la commission à accomplir son mandat, notamment en tenant des auditions publiques
ou, comme dans le cas présent, en utilisant d'autres moyens pour
éclairer et organiser les travaux.
Mme la Présidente, on a
fait nos devoirs, puis je pense que, si je ne l'ai pas fait, je vais rappeler
certains principes qui se dégagent de notre jurisprudence parlementaire.
Premièrement, je réitère, notre règlement ne précise pas le nombre...
La Présidente (Mme Maccarone) : Madame...
Mme la députée, je vais vous remercier...
Mme Setlakwe : Oui, je vais... je
vais conclure. On n'a pas le nombre, et puis les principes qui se dégagent de la jurisprudence devraient favoriser un débat,
entendre les points de vue, permettre à l'opposition de faire valoir ses points
de vue. Et, voilà, il appartient à la présidente de juger. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Etienne
Grandmont
M. Grandmont : Oui, merci beaucoup,
Mme la Présidente. Donc, moi aussi, je vais me prononcer, là, sur la
recevabilité, là, de la motion qui est présentée par la partie gouvernementale.
D'abord, sur, effectivement, la jurisprudence,
il y a une décision qui avait été... qui avait été rendue, là, en fait, la
décision 244/46, rendue par la députée d'Argenteuil le 3 juin 2020,
mentionnait la chose suivante : «Dans le cas présent, la commission en
était à la fin de sa troisième séance lorsque la motion proposant de passer à
l'étude de l'article 1 et des suivants a été présentée. À ce moment-là, la
commission avait disposé de six motions préliminaires présentées par les députés de l'opposition. À la lumière des précédents,
la recevabilité de la motion ne peut être clairement établie.»
Il y a des décisions qui avaient été rendues à
l'effet également que huit semblait être le nouveau standard, huit motions préliminaires qui étaient déposées.
Tout ça avait été fait dans un contexte où la composition des différentes
formations politiques à l'Assemblée nationale était changeante : on était
passé de deux partis politiques représentés à l'Assemblée nationale, puis
trois, puis quatre. Donc, dans ce contexte-là, on avait donné davantage de
possibilités aux élus de pouvoir se faire
entendre à travers les motions préliminaires. Donc, c'est pour ça que le nombre
de motions préliminaires avait augmenté avec le temps. C'est une
question de proportionnalité, en fait, de groupes représentés à l'Assemblée
nationale.
Ça, je pense que c'est important de le rappeler
parce que la présidence, qui devra rendre une décision, évidemment, si,
d'abord, elle modifie cette jurisprudence-là, des décisions qui découlent,
là... des décisions rendues en 2019 et 2020, bien, on créerait un nouveau
précédent qui, je ne pense pas, est à l'avantage de la démocratie, de la possibilité que les élus ont de pouvoir s'exprimer.
Puis c'est le rôle de la présidence de voir à ce que chacun des élus ait, dans
le respect des procédures, toute la latitude, toute la possibilité de pouvoir
exprimer des points de vue ou de pouvoir recevoir les informations
nécessaires à la prise de décision, au bon fonctionnement, finalement, des
commissions parlementaires, notamment.
Donc, pour moi, la jurisprudence était déjà
claire. Je m'attendais, honnêtement, à ce qu'on dépose cette motion préliminaire. Je m'attendais,
effectivement, un peu comme ce que disait ma collègue de Mont-Royal—Outremont, à ce qu'on débatte, après la huitième, de est-ce
qu'on a huit demandes de... huit propositions, huit motions préliminaires
qui portent sur des groupes. On aurait pu débattre, effectivement, est-ce que
celle qui demande, finalement, les études... la dernière dont on a débattu, là,
celle qui demande des études, des avis juridiques et compagnie, est-ce que ça rentre dans le calcul des huit motions préliminaires? Je m'attendais à ce que ça se passe plus là, le débat, mais là on est
à sept motions préliminaires déposées, dont une dont on aurait pu discuter,
parce que c'est une... elle est... elle est de nature différente. Mais, dans
tous les cas, on n'a pas atteint le huit. Donc, si on rend une décision à l'effet
d'accepter, de recevoir cette... si on juge que cette... En fait, si vous, Mme
la Présidente, jugez que cette motion est recevable, bien, on vient de perdre
quelque chose. Les groupes d'opposition viennent de perdre un outil nécessaire,
et utile, et important pour le parlementarisme.
Donc, moi, je... je vous demande de nous
permettre d'atteindre... de ravoir peut-être cette discussion-là après la huitième ou après la neuvième, dépendamment de
si... comment on considère cette motion-là, qui est particulière, là, qui
concerne les études et les avis juridiques. Mais, à mon avis, en fait, toutes
les décisions qui parlent... toutes les décisions sur lesquelles s'appuie la
jurisprudence parlent de l'importance du rôle de la présidence, qui est
d'assurer le respect des droits de chaque parlementaire, de donner aux députés
de l'opposition le temps nécessaire pour faire valoir leurs points de vue. Pour
moi, ça, c'est un principe fondamental. Et, comme je le disais, suite aux
décisions qui ont été rendues en 2019 et 2020, on avait rétabli un nouveau
standard, un nouveau précédent qui était de huit.
Donc, moi, je vous enjoins, à travers, je
l'espère, une décision écrite, évidemment, à ne pas recevoir cette motion-là.
Qu'on ait le débat, peut-être, suite au dépôt d'une prochaine motion qui
demanderait qu'on passe à l'article 1 du projet de loi n° 48, mais
pas à cette étape-ci, ça m'apparaît tout à fait prématuré, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup, M. le
député. Merci, collègues, pour vos interventions. J'ai bien entendu les
arguments et je suspends les travaux le temps de rendre une décision. Merci.
Oui, M. le député.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vais faire mon possible.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je...
je ne peux pas vous répondre tout de suite, mais je prends bonne note. Puis, si on se retrouve avec la difficulté
de rendre une décision, je prends l'engagement de reprendre nos travaux
pour ajourner. Ça fait que merci beaucoup pour le conseil.
Alors, on ajourne, le temps... excusez-moi, on
suspend, le temps de prendre une décision. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
(Reprise à 15 h 52)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, on reprend nos travaux.
Et, en vertu de l'article 165 du règlement,
je fais une motion pour que la commission ajourne ses travaux. Est-ce que la
motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Adopté. Merci beaucoup.
Alors, j'ajourne les travaux sine die. Merci
beaucoup.
(Fin de la séance à 15 h 53)