Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Wednesday, March 20, 2024
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Vol. 47 N° 45
Clause-by-clause consideration of Bill 48, An Act to amend mainly the Highway Safety Code to introduce provisions relating to detection systems and other highway safety-related provisions
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Maccarone, Jennifer
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Derraji, Monsef
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Setlakwe, Michelle
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Setlakwe, Michelle
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Jacques, François
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Montigny, Yves
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Grondin, Agnès
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Bogemans, Audrey
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Blouin, Catherine
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Gendron, Marie-Belle
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Derraji, Monsef
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Montigny, Yves
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Grondin, Agnès
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Bogemans, Audrey
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Blouin, Catherine
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Gendron, Marie-Belle
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Setlakwe, Michelle
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Grandmont, Etienne
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Jacques, François
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Setlakwe, Michelle
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Derraji, Monsef
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Guilbault, Geneviève
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Montigny, Yves
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Grondin, Agnès
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Blouin, Catherine
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Gendron, Marie-Belle
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Setlakwe, Michelle
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Jacques, François
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Derraji, Monsef
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Guilbault, Geneviève
11 h (version révisée)
(Onze heures seize minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 48, Loi modifiant
principalement le Code de la sécurité routière afin d'introduire des
dispositions relatives aux systèmes de détection et d'autres dispositions en
matière de sécurité routière.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Dufour (Mille-Îles) est remplacée par Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont).
Décision de la présidence concernant la
recevabilité d'une motion préliminaire
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup. Je vous rappelle que, lors de l'ajournement de nos travaux,
jeudi dernier, la députée de Mont-Royal—Outremont a
soulevé la recevabilité de la motion du député de René-Lévesque proposant de
procéder à l'étude du projet de loi article par article.
Alors, je suis prête à rendre ma décision
sur la recevabilité de la motion préliminaire présentée par le député de
René-Lévesque jeudi dernier, laquelle propose que la commission procède
immédiatement à l'étude de l'article 1 du projet de loi.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Est-ce que je vous dérange? Merci. Je vous... je vous rappelle, par ailleurs,
que la présidence des commissions ne rend aucune décision écrite. Ma décision
sera consignée aux journaux des débats, où vous pourrez vous y référer.
J'ai bien entendu vos interventions
concernant la recevabilité de la motion du député de René-Lévesque et j'ai bien
pris en considération vos arguments dans l'analyse de ma décision. Vous avez
notamment fait valoir le poids de la jurisprudence parlementaire, le principe
voulant que le débat soit favorisé par la présidence et la composition
changeante des commissions au cours des dernières décennies.
Afin de rendre cette décision, la
présidence doit être guidée par la jurisprudence. Les grands principes qui s'en
dégagent sont les suivants.
Premièrement, le rôle de la présidence est
de... est d'assurer le respect des droits de chaque parlementaire et de donner
aux députés de l'opposition le temps nécessaire pour faire valoir leurs points
de vue.
Deuxièmement, il appartient à la
présidence seule de juger si cette motion est recevable.
Troisièmement, la recevabilité d'une
motion proposant de passer immédiatement à l'article 1 ne s'évalue pas en
vertu du calcul purement <mathématique...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...recevable.
Troisièmement, la recevabilité d'une
motion proposant de passer immédiatement à l'article 1 ne s'évalue pas en
vertu du calcul purement >mathématique du nombre de séances et d'heures
consacrées aux motions préliminaires.
Quatrièmement, les précédents peuvent
servir de guide à la présidence pour rendre sa décision.
Enfin, cinquièmement, il a maintes fois
été décidé que cette motion ne vise pas à clore le débat, mais à passer à une
autre étape de l'étude détaillée du projet de loi, soit l'étude article par
article.
À ce titre, en 2003 et 2004, les
présidences Copeman et Brodeur avaient jugé de telles motions recevables en
indiquant que les oppositions avaient pu soumettre suffisamment de motions
préliminaires. Dans le premier cas, la commission en était... en était à sa
quatrième séance, et six motions avaient été présentées. Dans le deuxième cas,
sept motions avaient été présentées, et la commission en était à sa troisième
séance. Le même président Copeman a déterminé, toujours en 2003, qu'une telle
motion était irrecevable après que six motions ont été présentées, et ce, lors
de sa troisième séance. En 2019, le président Lemay a jugé que la motion était
recevable alors que la commission en était à sa troisième séance et qu'elle ait
disposé de huit motions préliminaires.
• (11 h 20) •
En somme, aucune décision précédente ne
permet de dégager une interprétation unique du nombre de motions, de séances ou
d'heures d'étude consacrées aux motions préliminaires devant être consacrées à
l'étude des motions préliminaires. En l'espèce, dans le cadre de l'étude de
projet de loi n° 48, nous sommes au début de la cinquième séance et, en
commission, à disposer de sept motions préliminaires lorsque le député de
René-Lévesque a présenté sa motion.
Enfin, je rappelle que la présidence doit
évaluer la recevabilité en toute neutralité. Ainsi, à la lumière de ces
éléments, je juge que la motion proposant de passer à l'étude de l'article 1
est recevable.
Cela étant dit, juste pour nous situer
d'où on était, je vous rappelle que lors de l'ajournement de nos travaux, jeudi
dernier, la députée de Mont-Royal—Outremont a soulevé la
recevabilité de la motion du député de René-Lévesque proposant de procéder à
l'étude du projet de loi article par article. Mais, avant de mettre aux voix la
motion du député de René-Lévesque, est-ce qu'il y a des interventions en ce qui
concerne la recevabilité de la motion? Je vois qu'il n'y a... Oui, M. le député
de Nelligan.
M. Derraji : Oui, très
rapidement, Mme la Présidente, je comprends qu'il n'y a pas d'avis écrit, et
donc on va suivre... ça va être inscrit dans le Journal des débats.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention en ce qui concerne la recevabilité
de la motion, est-ce qu'il y a des... Oui, excusez-moi. Le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup. Bien, en fait, sur la recevabilité?
La Présidente (Mme Maccarone) : Seulement
sur la recevabilité. Si vous souhaitez intervenir sur la motion, ce serait le
prochain appel que je vais faire.
M. Grandmont : Parfait. Bien,
sur la recevabilité, oui, une déception, là, on avait argumenté en faveur,
effectivement, du fait qu'on avait une jurisprudence qui avait été établie sur
la base de l'augmentation du nombre de groupes parlementaires. Je considère que
c'est un recul par rapport au nombre de motions préliminaires qu'il est
possible de déposer, d'autant plus que c'est aussi un... donc, c'est un... pour
moi, c'est un principe fondamental du pouvoir de s'exprimer des députés lors
des commissions. Je pense qu'on est en train de reculer. Selon notre lecture,
là, de la jurisprudence, huit aurait été le nombre adéquat, considérant les
décisions qui ont été prises par le passé, mais j'accepte évidemment votre
décision, mais elle nous déçoit. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Merci. Je vous ai bien entendu. Y a-t-il d'autres interventions sur la
recevabilité?
Reprise du débat sur la motion proposant de passer
immédiatement à l'étude détaillée du projet de loi
S'il n'y a pas de... nous allons procéder
d'abord à des interventions sur la motion qui a été déposée par le député de
René-Lévesque. Y a-t-il des interventions? Il n'y a pas d'intervention.
Mise aux voix
Alors, nous allons passer à la mise aux
voix. Est-ce que la motion déposée par le député de René-Lévesque est adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup. Alors, c'est adopté.
Étude détaillée
Nous allons poursuivre. D'abord, je prends
en considération l'article 1 du projet de loi. Alors, Mme la ministre, la
parole est à vous pour la lecture de l'article 1 du projet de loi.
Mme Guilbault :Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors, article 1 :
L'article 3 du Code de la sécurité routière est modifié par l'insertion,
après «infraction», de «, ou d'un manquement constaté au moyen d'un système de
détection,».
Donc, c'est une... Voulez-vous... je ne
sais pas, les collègues, on... le commentaire? Ça dépend des goûts.
Des voix : ...
Mme Guilbault :
Parfait. Alors, en commentaire, l'article 1 du projet de loi modifie
l'article 3 du <Code de la sécurité routière...
Mme Guilbault :
...parfait. Alors, en commentaire, l'article 1
du projet de loi modifie l'article 3 du > Code de la sécurité
routière à des fins de concordance pour préciser que la personne au nom de
laquelle un véhicule routier est immatriculé est responsable d'un manquement
commis avec ce véhicule lorsque ce manquement est imputable au propriétaire.
Donc, du fait qu'on introduit un nouveau régime de SAP, on se devait d'être
plus large que la notion d'infraction.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Y a-t-il des interventions? M. le député.
M. Derraji : ...j'ai
oublié, j'ai cru que je dois chaque fois poser... Donc, je veux juste
comprendre. Quand Mme la ministre parle de «système de détection», est-ce que c'est
n'importe quel système de détection ou c'est... elle peut spécifier quels
systèmes de détection?
Mme Guilbault :Le système de détection, la définition va être introduite
un peu plus loin, à l'article 6, je pense, peut-être, ou, en tout, cas
bientôt.
Une voix : ...
Mme Guilbault :L'article suivant, bon, l'article 2. Alors, on va
venir préciser la définition d'un système de détection, mais c'est
qu'actuellement c'est les cinémomètres photographiques ou les... l'autre
système, là, pour les feux rouges, qui sont utilisés, mais...
M. Derraji : C'est très... c'est
très...
Mme Guilbault :
...le système photographique de contrôle de circulation aux feux rouges, mais
là on veut élargir, parce qu'on pourrait avoir des nouvelles... des nouveaux
systèmes de détection, tout dans l'optique de moderniser, etc.
M. Derraji : Oui. Je
pense que Mme la ministre va aimer mon amendement. Donc, je vais demander une
petite suspension, parce qu'elle a raison... (panne de son) ... qu'on va avoir
des nouveaux systèmes de détection. C'est pour cela que je voulais une
clarification par rapport aux systèmes de détection. C'est très clair. C'est ce
que j'ai lu dans le deuxième. Mais, si ça ne vous dérange pas de nous donner un
petit moment juste pour finaliser l'amendement, vous l'envoyer, et on peut en
discuter avec Mme la ministre. C'est bon? Juste une seconde.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Parfait, mais nous avons déjà l'amendement.
M. Derraji : Ah! Vous
l'avez déjà reçu? C'est bon. OK, c'est bon, vous êtes rapides, c'est bon.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Ça fait que, si vous le souhaitez, vous pouvez aller tout de suite... On va
l'afficher sur l'écran.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Et voilà, M. le député, la parole est à vous.
M. Derraji : Juste une
chose, j'ai... juste un oubli, Mme la Présidente, j'aurais dû le demander au
début. L'article 254, on va étudier article par article, alinéa par alinéa.
Désolé, là, je l'ai... je l'ai complètement... On était vraiment dans le...
dans le jus de la matinée.
La Présidente (Mme Maccarone) :
C'est noté. Merci.
M. Derraji : Donc,
merci. Donc, je peux... je peux présenter l'article. Donc, l'amendement qu'on
ramène, justement, il va dans le même sens que Mme la ministre. Bon, je pense
que... je ne vais pas parler en son nom, mais je pense qu'elle a raison de dire
qu'il va y avoir d'autres systèmes de détection. Donc :
«3. La personne au nom de laquelle un
véhicule routier est immatriculé est responsable d'une infraction ou d'un
manquement constaté au moyen d'un système de détection ou de caméras
intelligentes, imputable au propriétaire en vertu du présent code.»
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Continuez, M. le député.
M. Derraji : Oui, par un
échange.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, en fait, pour nous, l'introduction du concept de
«système de détection»... puis là c'est un peu anachronique, parce que la
définition est au prochain article, mais... puis je viens de valider avec les
juristes, là. Et puis, à moins qu'on me dise un avis contraire, la notion de «système
de détection» pourrait inclure des caméras intelligentes. Donc, on ne voit pas
la nécessité d'ajouter plus de spécifications, l'idée étant justement de nous
donner le plus de latitude possible dans la future évolution de nos systèmes.
M. Derraji : Je ne
sais... Moi, quand je l'ai lu, au début, «système de détection», clairement on
ne parle pas de caméras intelligentes. Et d'ailleurs on a... on a l'exemple. Je
pense que Mme la ministre est au courant de BusPatrouille. Il y a au moins de
17 millions de dépassements illégaux d'autobus scolaires. Et, on le voit, il y
avait déjà un projet pilote, i y a un service complet offert par BusPatrouille.
Il y avait des projets pilotes. Malheureusement, on n'a aucune idée par rapport
à ces projets... à ces... à ces projets pilotes. Et, si c'est le cas, bien,
pourquoi ne pas être beaucoup plus explicite dans l'article de la définition
d'un système de détection? Si c'est le cas, ça veut dire... si on n'a pas de
problème avec les caméras intelligentes, bien, on peut juste l'ajouter.
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
Mme Guilbault :Bien, j'aurai la même réponse à chaque fois, là. le concept
de «système de détection» a été volontairement choisi pour être suffisamment
large pour nous donner toute la latitude et inclure tout éventuel nouveau
système de détection qu'on pourrait vouloir utiliser.
M. Derraji : OK. Oui, juste
un point. Et, Mme la Présidente, au début, là, vraiment, au début, début, j'ai <posé...
Mme Guilbault :
...utiliser.
M. Derraji :
OK.
Oui, juste un point. Et, Mme la Présidente, au début, là, vraiment, au début,
début, j'ai >posé la question par rapport à «système de détection».
C'est vrai qu'on va le voir un peu plus tard : «Tout système
photographique de détection permettant de mesurer ou de calculer la vitesse ou
de surveiller un comportement routier, notamment le cinémomètre
photographique...» Je sais que je suis dans le deuxième article, mais on ne
parle pas de caméras intelligentes. Désolé, là, mais, si on essaie de me faire
expliquer qu'on ne veut pas être beaucoup plus explicite parce qu'on veut
rester large, on ne l'est pas. Parce qu'on... j'ai lu le «système de détection»,
entre guillemets, point... deux points. On explique, dans le deuxième article,
c'est quoi, un système de détection, en aucun cas on ne parle de caméras
intelligentes, en aucun cas. Donc, je veux bien entendre Mme la ministre et les
explications de son équipe, mais je ne pense pas qu'on est clairs dans la
définition des caméras intelligentes.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien, écoutez, effectivement, là, on est d'accord
qu'on va revoir cette... cette notion-là plus tard, là, dans la... dans
l'article 2, là. Puis c'est... c'est bien évident pour moi aussi, là, qu'à
partir du moment où on... on va venir déterminer qu'est-ce qu'un système de
détection, qui, donc, est... qui est identifié, dans le fond, dans l'article 1...
Bon, c'est ça, je pense que le meilleur endroit pour l'introduire, c'est
effectivement, là, dans les définitions, mais ça, je suis... je suis d'accord
là dessus.
• (11 h 30) •
Par contre, je suis d'accord avec mon
collègue que moi, j'aimerais qu'on m'explique, du côté de la partie
gouvernementale, si la notion de «système photographique de détection» inclut
aussi des caméras, parce que, là, on parle de «système de détection». Puis on
vient... c'est comme si le... c'est comme si l'énoncé était très large, «système
de détection», mais après ça, dans la définition, on parle de «système
photographique de détection». Donc, est-ce que, dans le fond, la définition
n'est pas plus restreinte que le terme «système de détection» qui est utilisé?
Je comprends qu'on fait le débat avant
l'article 2, là, mais ce n'est pas grave, tant qu'à l'avoir ouvert, je me
dis : Faisons-le puis on fera de l'économie de temps tantôt, là, ou on le
fera deux fois, effectivement, mais... mais je trouve ça intéressant quand
même, parce qu'il y a eu des projets... des projets intéressants. Puis on en a
entendu parler, là, avec, notamment, l'association des transporteurs scolaires
qui nous parlait d'un projet pilote, puis je pense que c'était le projet BusPatrouille,
qui nous disait que c'est des caméras qui étaient utilisées pour rendre compte
du non-respect de la signalisation clignotante, là, les panneaux qui se
déploient sur les bus... les bus scolaires, les bus jaunes, et que, dans le
fond, on avait permis, évidemment, là. Ce projet pilote avait été très, très
parlant du fait qu'on s'est retrouvés avec des... on avait constaté finalement
que, malgré... malgré toutes les pénalités en termes de points de démérite ou
les amendes qui étaient très salées, malgré la surveillance policière, malgré
la sensibilisation qui a été faite aussi pour le respect de cette... de cette
signalisation-là... bien, c'est ça, on constatait énormément, énormément de
défauts de contraventions. Mais, dans ce cas-là, c'étaient des caméras qui
étaient utilisées.
Donc, moi, je pose la question :
Est-ce que... est-ce que le terme «système de détection» n'est pas restreint
par l'utilisation dans la définition des termes «système photographique de
détection»? Pour moi, photographie, ça réfère à une prise de photo, là. Ça fait
que je... j'ai de la misère. Peut-être qu'on pourrait m'expliquer que la
définition englobe plus large. Moi, je veux juste m'assurer qu'après quand ça
va être utilisé par... par les différents pouvoirs publics, quand on va
déployer des moyens pour justement être innovant, là, sur la captation, la
constatation des infractions...
Puis aussi je pense à plus tard aussi, là,
quand on aura des gens qui vont contester des décisions qui auront été prises,
si on n'est pas en train, finalement, d'ouvrir la porte à des... à des
contestations qui soient plus... qui soient trop faciles. Parce qu'on
pourrait... on pourrait argumenter sur la notion de système de détection qui ne
respecterait pas, dans le fond, la définition donnée dans la loi, dans le Code
de la sécurité routière. Donc, j'ai cette question-là, là. Est-ce qu'on n'est
pas en train de restreindre le terme «système de détection» avec la définition?
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, la... l'expression «système de détection» peut
inclure des caméras intelligentes si un jour on voulait en utiliser, alors
confirmé par mes juristes ici. Donc, si on veut poursuivre le débat, puis à
l'article 2... mais ça va être toujours la même réponse, je le dis
d'avance.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oui.
M. Grandmont : ...renchérir.
Pour moi, là, la question ne porte pas sur la question de «système de détection»,
parce que, pour moi aussi, «système de détection», c'est un terme qui est très
large, et ça, là-dessus, je suis d'accord avec Mme la ministre, c'est un terme
qui est <large...
>
11 h 30 (version révisée)
<
M. Grandmont :
...pour
moi aussi, «système de détection», c'est un terme qui est très large. Et ça,
là-dessus, je suis d'accord avec Mme la ministre, c'est un terme qui est >large.
C'est sur la notion de «système photographique de détection», qui est la
définition utilisée pour les systèmes de détection. Est-ce que ce terme-là
inclut des caméras, caméras intelligentes ou peu importe, mais captation vidéo?
Est-ce que système photographique inclut la captation vidéo? C'est ça, la
question que je pose à Mme la ministre.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Là, l'amendement porte sur l'introduction de l'expression
«caméras intelligentes». Et ce que j'ai dit, c'est que, si on... Avec le
concept de système de détection qu'on introduit ici et qu'on va définir à l'article 2,
si le Québec voulait utiliser des caméras intelligentes, il pourra le faire. Je
ne sais pas si c'est plus clair comme ça.
M. Grandmont : Non. Mais,
c'est ça, je vais répéter ma question pour être sûr que Mme la ministre l'ait
bien entendue, là. Je suis d'accord sur la question de système de détection. Pour
moi, c'est une... c'est un terme qui, pour moi, réfère à quelque chose de très
large. Mais ma question, c'est : «Système photographique de détection»,
est-ce que ça inclut de la captation vidéo?
Mme Guilbault :Dans l'article actuel?
M. Grandmont : Ça va
être dans l'article 2. C'est juste que, là, mon collègue de Nelligan a
ouvert la discussion là-dessus.
Mme Guilbault :OK, mais peut-être qu'on pourrait faire le débat... On
pourrait adopter l'article 1 puis... puis transporter le débat où il y a
lieu, c'est-à-dire à l'article 2, parce que, là, on parle d'une notion qui
n'existe même pas en ce moment dans l'article 3, dont il est question à l'article 1.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Continuez, M. le député.
M. Grandmont : ...pour l'instant...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Parfait. M. le député de Nelligan.
Des voix : ...
M. Derraji : Je vais
attendre.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Allez-y, M. le député. La parole est à vous.
M. Derraji : Oui,
bien... parce que ça va être plus rapide, parce qu'on veut tous aller de l'avant.
C'est que, c'est votre première réponse qui n'était pas très claire, en tout
respect. Parce que j'ai posé la question sur le système de détection, et, c'est
vrai, on ne peut pas aller lire le deuxième article parce qu'on est dans le
premier article, mais, clairement, dans le deuxième article, il n'y a aucune
mention de caméras intelligentes. Et vous me dites que ce n'est pas le cas. Il
y a un projet pilote qui a été leadé par votre ministère, il y a un projet
pilote.
Ça existe, ça existe, c'est juste on n'a
pas... nous n'avons pas entendu de ce projet depuis 2021. Le projet pilote a
été lancé en 2018. Et quand on dit qu'on ne peut pas... que ça inclut... mais
ce n'est pas clair dans le texte qu'il y a des caméras intelligentes. Donc, si
on ne le définit pas dans le 1, est-ce qu'on peut le définir dans le système de
détection? Parce que ce que vous dites, c'est que vous liez, vous liez système
de détection, l'article 1. L'article 2, vous définissez c'est quoi,
un système de détection. Je le lis, mais... le «notamment», mais, quand on dit
«notamment», c'est précisé «cinémomètres photographiques», et il y a deux
choses. Au feu rouge, en aucun cas on ne parle pas de caméras intelligentes.
Donc, l'argument de dire «quand on va l'utiliser»,
excusez-moi, elle est déjà utilisée. Il y avait un projet pilote, qui a donné d'excellents
résultats, avec des caméras intelligentes. Ça a été lancé en 2018, mais on n'en
entend plus parler depuis 2021. Mais on ne peut pas dire aujourd'hui qu'on ne
peut pas utiliser les caméras intelligentes, ça existe, surtout par rapport...
Écoute, on peut faire le débat sur l'objectif de système de caméras de
BusPatrouille. C'est capter, justement, les dépassements illégaux et les
comportements dangereux autour des véhicules scolaires, identifier l'automobiliste
fautif et lui envoyer la contravention. On ne peut pas, aujourd'hui, Mme la
Présidente, faire un débat à moitié. On ne peut pas faire un débat à moitié. On
parle d'un système de détection, OK, on va juste faire les choses par ordre. Le
projet pilote, il existe, il a existé, OK, au niveau du ministère. Ça a été
lancé en 2018 par mon collègue le député de Pontiac. 2021, il n'y a plus rien
qui reste, il n'y a aucune nouvelle, on n'a plus de nouvelles.
On est devant le premier article, on dit que
véhicule routier et immatriculé est responsable d'une infraction, d'un
manquement constaté au moyen d'un système de détection. Donc, on définit le
système de détection imputable au propriétaire en vertu du présent code. Dans
le système de détection... Je veux bien croire que c'est général, l'article 2...
à moins si la ministre veut ouvrir les deux. Si on... Il définit, le
législateur définit le système de détection : «...tout système [...] de
détection permettant de mesurer [...] de calculer la vitesse ou de surveiller
un comportement routier, notamment...» Donc, «notamment», on précise les deux
choses, mais pourquoi on ne précise pas les caméras intelligentes, sachant <que...
M. Derraji :
...un
comportement routier, notamment.» Donc, «notamment», on précise les deux
choses, mais pourquoi on ne précise pas les caméras intelligentes, sachant >que...
Je pense et j'espère que le ministère va nous éclairer sur pourquoi le projet
pilote n'est plus en place, pourquoi on a fermé le dossier de BusPatrouille.
Donc, moi, je pense que le fait d'ajouter des caméras intelligentes, c'est un
système de détection, mais via un autre moyen technologique qu'on ne définit
pas dans l'article 2.
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
Mme Setlakwe : Oui,
merci, Mme la Présidente. Juste pour renchérir sur les propos de mon collègue.
Mme la ministre, respectueusement, je pense qu'il y a deux questions qui se
posent ici. Et je suis d'accord avec vous que la définition à l'article suivant
n'est pas limitative — là je mets mon chapeau d'avocate — et
n'exclut pas le concept de caméras intelligentes, mais il n'en demeure pas
moins qu'on aimerait avoir une réponse de votre part. Mme la Présidente, on
aimerait que la ministre se prononce sur le fond du concept de caméras
intelligentes suivant le projet pilote. Et là, là-dessus, on n'a pas... on n'a
pas de réponse de la part de la ministre, sachant que c'est une initiative,
comme mon collègue l'a mentionné, qui a eu lieu, qui a été mis... une
initiative qui a été mise en place, un projet pilote qui avait un objectif
louable, là, de protéger ce qu'on a de plus précieux, nos enfants.
En 2018, rappelons-nous, là, que
l'objectif de ce projet pilote qui avait été mis en place en partenariat avec
l'entreprise BusPatrouille visait à documenter le nombre de dépassements ou de
croisements illégaux d'autobus scolaires. On a recueilli des informations. Le
projet pilote a été mis en place pendant quelques mois. En juin... Donc, ça,
c'était en février 2018. En juin, le rapport est sorti. Le principal constat du
projet pilote est à l'effet, donc, qu'il y a des dizaines de dépassements
illégaux par jour, des automobilistes qui prennent des risques délibérés ou qui
ignorent la loi. Des caméras de surveillance installées sur des autobus
scolaires partout au Québec prouvent que les contrevenants sont encore trop
nombreux. Ça, c'est un résumé, là.
• (11 h 40) •
Donc, le rapport avait été déposé. En
2021, trois ans plus tard, votre gouvernement... Mme la Présidente, le
gouvernement de la CAQ est au pouvoir et le gouvernement semble montrer une
ouverture face à l'installation de caméras intelligentes sur les
8 000 autobus scolaires. Aujourd'hui, en 2024, on est en train
d'étudier un projet de loi sur la sécurité routière. J'entends la réponse de la
ministre, là, sur... disons, sur le libellé, sur la sémantique. Je comprends
très bien que le concept de caméras intelligentes n'est pas exclu du libellé,
mais est-ce qu'il est exclu des intentions de la ministre? Est-ce que la
ministre entend donner suite à ce projet pilote?
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
Mme Guilbault :Oui, bien, pour une autre fois, je vais repréciser puis,
si... Là, on est encore à l'article 1? En tout cas...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Sur l'amendement.
Mme Guilbault :...je vais exceptionnellement citer l'article 2 pour
répondre à l'article 1 dans la future... la définition qu'on va voir...
peut-être même pas aujourd'hui, mais un jour, dans l'article 2. On parle
de «notamment le cinémomètre photographique et le système photographique de
contrôle de circulation aux feux rouges», dans le sens que ces choses-là existent
déjà. Alors, bien sûr qu'il faut les transposer dans la définition, parce que
ces choses-là ne vont pas disparaître. Mais le «notamment», très clairement, et
je pense que ma collègue vient juste de le dire, c'est évident que cette
définition-là permet d'introduire des nouvelles façons.
Maintenant, on ne fera pas ici le débat de
qu'est-ce qui va être utilisé et quand. Ce n'est pas le propos du projet de
loi. Le propos du projet de loi, c'est de nous permettre de créer un nouveau
régime de sanctions administratives pécuniaires, et donc d'élargir ce qui,
actuellement, est seulement limité à des infractions, et d'aller de l'avant
avec les mesures de notre plan d'action sécurité routière, qui sont très, très
importantes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la députée.
Mme Setlakwe : Merci,
mais je... j'hésite. Je ne comprends pas pourquoi la ministre hésite à nous
exprimer sa vision ou ses intentions par rapport à une initiative comme celle
qui a été mise de l'avant en collaboration avec BusPatrouille en 2018. Est-ce
que c'est une initiative qu'elle juge intéressante et qu'elle a l'intention de
poursuivre? Qu'on soit à l'article 1, ou 2, ou 3, il me semble que la
question est pertinente, puis on mériterait une réponse quant à cette
initiative-là.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Puis y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement? M. le député
de Nelligan.
M. Derraji : Oui, oui.
Bien, je pense que ma collègue a posé une question, j'espère que Mme la
ministre va lui répondre, parce que c'est... Écoute, on va tous aller sur le
téléphone, ça va être long, Mme <la...
M. Derraji :
...Écoute,
on va tous aller sur le téléphone, ça va être long, Mme >la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
M. le député. Mme la...
M. Derraji : ...Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Mais j'ai déjà répondu plusieurs fois et je pense qu'on est
à la 10e heure du projet de loi. On commence l'étude de l'article 1,
donc, certainement, de notre côté, il y a de l'empressement à aller de l'avant,
mais je n'ai senti aucun empressement, ni de l'opposition officielle, ni de la
deuxième opposition, à ce jour. Alors, ça, c'est la première chose.
La deuxième, il ne faut pas dénaturer le
projet de loi. Le projet de loi, son objectif, c'est de nous permettre d'avoir
des sanctions administratives pécuniaires pour des manquements à d'éventuels
systèmes de détection qui, oui, pour certains, vont être les actuels cinémomètres
photographiques et les actuels systèmes photographiques de contrôle de
circulation aux feux rouges qui vont rester là, mais qui pourraient un jour
être autre chose. On le sait, d'ailleurs, une des mesures de mon plan d'action
sécurité routière, c'était de faire un appel international, vérifier les
dispositifs qui sont disponibles sur le marché, voir ce qui se fait ailleurs,
qu'est-ce qui pourrait être la meilleure... les meilleures technologies à avoir
au Québec pour contrôler un certain nombre de comportements.
Alors, de ramener continuellement un
projet pilote qui a déjà eu lieu puis d'essayer d'en faire l'objet de
l'article 1 ou de l'article 2 du projet de loi, c'est hors de propos,
Mme la Présidente. Si mes collègues veulent reparler de ce projet pilote là, il
y aura d'autres tribunes pour le faire, mais, actuellement, l'objectif du
législateur et du gouvernement, en tout cas, qui dépose cette pièce-là
législative, c'est d'élargir le type de système qui pourrait être utilisé au
Québec pour contrôler un certain nombre de comportements. Voilà.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la députée, avant de passer la parole.
Mme Setlakwe : Merci
pour la réponse. Je la comprends, c'est tout à fait clair, mais il n'en demeure
pas moins qu'on ne connaît toujours pas... bien, quelle serait la tribune pour
parler de... de vos... de votre vue quant à ce projet de... ce projet pilote là.
Je comprends très bien l'objectif du
projet de loi, et on n'est pas en train de dire que ce n'est pas un objectif
louable, là, d'ajouter des sanctions pécuniaires pour certains comportements,
mais il me semble que ce serait beaucoup plus simple d'avoir une réponse puis
de pouvoir passer à autre chose.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :J'ai répondu déjà.
Mme Setlakwe : OK. Bien,
moi, je voudrais simplement que ce soit dit, là, caméra, micro, que non
seulement on ne connaît pas l'intention du gouvernement par rapport à
l'initiative de BusPatrouille, on ne la connaît pas, et là je ne connais même
pas la tribune appropriée pour obtenir cette réponse-là. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien, avant de revenir sur l'amendement,
parce qu'on est sur... on est sur un amendement, là, j'aimerais... j'aimerais
revenir sur quelque chose que Mme la ministre a dit. Elle a dit qu'elle ne
sentait pas d'empressement du côté de l'opposition officielle puis la deuxième
opposition à adopter ce projet de loi là. Je veux... je veux vraiment la
rassurer, parce que je pense qu'elle ne comprend pas le sens de mes interventions.
Je l'ai répété beaucoup, à plusieurs reprises, c'est un enjeu qui me tient
extrêmement à cœur, ça fait 10 ans que je travaille sur les enjeux de sécurité
routière au Québec, j'ai participé à peu près à toutes les consultations qui
étaient possibles de participer là-dessus, j'ai participé à toutes les
occasions : tables de concertation, groupes de discussion, groupes de
travail sur la sécurité routière. Je me considère extrêmement motivé à adopter
le meilleur projet de loi possible.
Donc, mon empressement, là, il est partagé
entre agir le plus rapidement possible pour avoir un impact le plus rapide
possible sur le terrain, améliorer le bilan routier, mais, en même temps,
saisir l'opportunité d'un projet de loi sur la sécurité routière pour avoir le
meilleur projet de loi possible, aussi pour améliorer le bilan de la sécurité
routière. Donc, oui, ça se peut que ça prenne un peu de temps, ça se peut que
ça prenne un peu de temps parce que je vise à voir le meilleur projet de loi,
et je le fais pour qu'on ait le meilleur projet de loi n° 48.
Après ça, si Mme la ministre juge que
c'est de la perte de temps que d'être consciencieux dans mon travail puis de
faire des amendements pour essayer d'avoir le meilleur projet de loi, bien, ça
lui appartient, mais je veux juste lui dire que, moi, ça... ça me blesse
d'entendre ça parce que je suis très motivé à voir le meilleur projet de loi.
Je le fais pour qu'on ait, au Québec, le meilleur bilan de sécurité routière au
Québec, c'est un enjeu qui me tient beaucoup à cœur.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
M. Grandmont : ...pour
revenir sur le... sur l'amendement, la définition, moi, les réponses de Mme la
ministre ne me satisfont pas. Encore une fois, quand on dit... quand on regarde
comme il faut, évidemment, on parle de l'article 2 en ce moment parce
qu'on a un amendement sur le 1 qui réfère à la définition qu'on a dans
l'article 2, donc c'est normal qu'on ait cette discussion-là en ce moment,
là. Quand on dit «un système de détection», encore une fois, c'est très large
comme... comme terme utilisé, et je m'en réjouissais, parce que ce que je veux,
c'est qu'on ait le plus possible d'opportunités ou de... de moyens pour
constater et d'innover, ça, j'en suis, tout à fait. Alors, pourquoi, dans la
définition, venir, ce qui m'apparaît à moi, restreindre la définition? Quand on
dit le «système de détection», pour moi, c'est le système très large, puis,
après ça dans la définition, on dit : «...tout système photographique de
détection permettant de mesurer ou de calculer la vitesse ou de surveiller un
comportement routier, notamment le <cinémomètre...
M. Grandmont :
...de
détection permettant de mesurer ou de calculer la vitesse ou de surveiller un
comportement routier, notamment le >cinémomètre photographique et le
système photographique de contrôle de circulation aux feux rouges.» Je
comprends qu'il y a un «notamment», là, mais on parle quand même de système, de
tout système photographique. Et ma question est simple : Est-ce que la...
est-ce que le mot, les mots «tout système photographique de détection» comprend
aussi les caméras? Est-ce que ça le comprend ou pas? Parce que, pour moi, ça
semble être opposé, ça semble être exclusif. Dans ce cas-là, peut-être que ce
n'est pas l'article 1 qu'on doit le modifier, là, peut-être que c'est
à l'article 2, dans la définition qu'on vient de rajouter, «captation
vidéo» ou «caméras intelligentes», en référence à BusPatrouille, peu importe. Mais
est-ce que... est-ce qu'on doit, dans le fond, insister pour l'ajout d'une
notion de caméra intelligente, soit à l'article 1, soit dans l'article 2
parce que la définition dans l'article 2 est trop restreignante? C'est ça,
la question de fond.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien là je comprends. Cette question-là est
effectivement un peu plus ciblée. Parce que le député dit lui-même pourquoi
venir restreindre à certains... à certains systèmes spécifiques, qui est
pourtant exactement le propos de l'amendement qui est déposé en ce moment.
Donc, moi, je suis d'accord avec lui, on veut être large, on veut de la
latitude, ce n'est pas les deux seuls systèmes précis qu'on a, mais c'est parce
que c'est ceux qui existent actuellement. L'objectif, pour le reste, c'est
d'avoir toute la latitude possible.
Mais, suivant sa question, là on est en
train de vérifier si, peut-être, à l'article 2, on pourrait ajouter un mot
après «photographique» pour être sûrs d'inclure... qui ne serait pas
l'amendement puis qui ne serait pas à l'article 1. Mais, pendant qu'on
termine, peut-être, l'article 1, on pourrait arriver avec une... Bien, on
est en train, en tout cas, de vérifier, mais, peut-être, on arriverait avec une
proposition à l'article 2.
• (11 h 50) •
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...juste revenir
sur un point, et je veux le mettre au clair parce que c'est ce que je voulais
dire : Mme la ministre, on est là pour amender le projet de loi, pour se
donner le meilleur projet de loi pour améliorer le bilan routier. Donc, je
tiens à la rassurer, l'empressement, nous aussi, on l'a. On veut bien faire
notre travail. Et je la rassure, avec le beau sourire, qu'on veut bien aller
dans ce projet de loi. Donc, quand on ramène un amendement par rapport aux
caméras intelligentes, c'est parce qu'on a fait nos recherches. Je ne veux
pas... Écoute, j'ai un argumentaire de plusieurs heures, ça existe, c'est
juste... ce n'était pas clair. Donc, s'ils ne voient pas l'intérêt dans le
premier article, on n'a aucun problème, on a fonctionné comme ça dans les
autres projets de loi, on peut attendre, on peut voir si ça... si c'est
possible de le mettre dans le deuxième article. Mais, j'en suis sûr et certain,
la façon avec laquelle la ministre veut améliorer son projet de loi, bien, ça
va aider tout le monde, le public aussi.
Je pense que c'est le moment de se donner
un projet de loi avant-gardiste en matière de sécurité routière, et, je pense,
le fait de le définir... Et je suis d'accord avec elle, si c'est pour le
définir davantage dans l'article 2, pas de problème, je le comprends, mais
on ne peut pas ni le définir dans l'article 1 ni dans l'article 2. On
ne peut pas, Mme la Présidente. Donc, si j'ai bien compris.... si j'ai bien
compris votre proposition, Mme la ministre, si j'ai bien compris, vous ne voyez
pas l'intérêt de mettre «caméras intelligentes» dans l'article 1, mais,
vous voulez, dans l'article 2, définir ou ajouter un autre outil
technologique, notamment des caméras. Parce que, si on n'a pas de caméra,
clairement, les bus scolaires, qui est un enjeu, j'en suis sûr et certain que
vous êtes sensible à la question... Les études le démontrent, le dépassement
illégal d'un autobus jaune immobilisé avec feu clignotant, c'est de plus en
plus fréquent, ça existe. Mais on ne l'a pas. Je ne sais pas si c'est dans
votre objectif.
Moi je n'ai pas de problème. Si vous me
dites que ce n'est pas la place, je n'ai aucun problème, je le retire. C'est
juste on ne peut pas passer à côté de ne pas définir un système de détection.
C'est juste ça. Parce que, c'est vrai, j'ai lu le deuxième, il n'y a pas de
définition. Donc, on s'essaie avec le premier article, si vous me dites que ce
n'est pas la bonne place, on peut le faire dans le deuxième.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, en fait, ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est
qu'on ne veut pas ajouter de spécificité à nos définitions actuelles. Au
contraire, on veut la plus grande latitude. Donc, on ne va pas ajouter «caméras
de surveillance» dans un autre article, mais ce qu'a soulevé le député de Taschereau,
la notion de vidéo, dans le terme «photographique», on est en train... c'est
parce qu'on est en train de vérifier, parce qu'il y a quand même des
considérations sérieuses, là, éventuellement légales, et tout ça, derrière les
changements qu'on fait. Donc, on aurait peut-être le <régime...
Mme Guilbault :
...des considérations sérieuses, là, éventuellement
légales et tout ça, derrière les changements qu'on fait. Donc, on aurait
peut-être le >régime de preuve. On aurait peut-être une proposition à
faire, qui atteindrait notre objectif, peut-être atteindrait celui de la
deuxième opposition, mais là on est en train de le valider, là. Mais cette
proposition-là serait à l'article 2. Je comprends que les deux débats sont
liés, articles 1 et 2, mais ce serait vraiment plus à la définition à
l'article 2 qu'il serait approprié de le mettre.
M. Derraji : ...caméras
intelligentes? Est-ce que c'est une obligation? Est-ce que c'est quelque chose
qui va limiter... limiter le texte? C'est... Juste... je veux comprendre
pourquoi.
Mme Guilbault :Bien, parce que ce n'est pas nécessaire.
M. Derraji : Ce n'est
pas nécessaire, avoir des caméras intelligentes sur les bus...
Mme Guilbault :Si... Pourquoi mettre les caméras plus que n'importe quel
autre moyen?
M. Derraji : Mais...
Mme Guilbault :Quant à ça, quelqu'un d'autre pourrait arriver puis dire :
Bien, pourquoi vous ne mettez pas tel autre de... type de système que j'ai vu
quelque part? Le souhait...
M. Derraji : Mais c'est
une... c'est une très bonne...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
M. Derraji : Oui,
désolé. Désolé.
Mme Guilbault :Le souhait, c'est d'être le plus large possible pour ne pas
qu'on ait besoin, à chaque fois qu'on veut mettre peut-être un nouveau système,
de venir faire des changements législatifs, puis que ça prenne des heures, puis
que ce soit compliqué, alors qu'on veut probablement tous ici que le Québec
soit toujours le plus innovant et le plus à l'avant-garde possible dans des
questions aussi importantes. Donc là, je le répète, là, nous avons déposé un
projet de loi dont l'objectif est de nous donner toute la latitude pour pouvoir
utiliser les meilleurs systèmes en temps utile selon l'évolution de la
technologie puis des systèmes qui sont à la disposition des diverses nations.
Alors, je suis sensible à ce qui a été
évoqué par rapport à... au terme «photographique», là, qui, peut-être, pouvait
soulever des questions dans l'article 2. Donc, comme je le disais, on est
en train de valider avec... avec des équipes de juristes pour être sûrs que, si
on fait une proposition, elle ne va pas avoir des angles morts, parfois, qu'il
faut bien considérer.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...parlant
de projets avant-gardistes. Moi, je pense qu'on avance très, très bien, et
c'est toujours intéressant de voir l'échange avec Mme la ministre. Caméras sur
les autobus, le rapport a été mis sur une tablette. Ça existe, le rapport, vous
l'avez. Vous venez de dire que vous voulez être avant-gardiste. Nous aussi, c'est
pour cela qu'on amende le projet de loi. Et juste vous dire, Mme la ministre,
c'est qu'il y a des gens déjà... Ces dispositifs sont plus répandus aux États-Unis,
ça existe aussi en Ontario, au Nouveau-Brunswick, qui permettent d'identifier
les véhicules qui effectuent un dépassement illégal d'un autobus jaune
immobilisé avec feux clignotants en marche et panneau d'arrêt activé. Ça
existe.
J'ai une seule question : Comment Mme
la ministre, aujourd'hui, va s'assurer qu'il n'y a plus de dépassement illégal
d'un autobus jaune? Par quel moyen? Par quel moyen? On le voit, on le sait, Mme
la Présidente. Il y a même un reportage publié par Le Droit, une
conductrice d'un autobus à Gatineau indiquait que, sur certains circuits, ce
genre d'infraction peut survenir cinq, six fois par semaine. Je vais le
répéter. Les dépassements, le genre d'infraction, c'est cinq à six fois. Mme la
ministre vient de dire qu'elle veut être avant-gardiste. Je lui parle des autobus
jaunes. Comment aujourd'hui elle va s'assurer qu'il y a un système de détection
concernant les dépassements des autobus jaunes?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Une voix : ...
M. Derraji : Non, pas de
problème, je peux la répéter. Vous voulez être avant-gardiste. Qu'est-ce qu'on
fait avec les autobus scolaires? C'est un fait, les dépassements en arrêt. Je
vous ai partagé maintenant une conductrice d'un autobus qui disait que ce genre
d'infraction peut arriver cinq à six fois par semaine. On oublie ce qu'on a dit
par rapport aux caméras intelligentes. Comment, dans le projet de loi, vous
allez être en mesure de dire qu'on va surveiller les dépassements des autobus
jaunes, qui est un fléau? Ça existe. Il y a des accidents. Par quel moyen?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Bien, je dirais, l'ensemble du projet de loi ou, en tout
cas, dans sa quasi-totalité... puis une bonne partie des mesures du plan
d'action de sécurité routière est... a pour objectif d'améliorer la sécurité
dans les déplacements. Et là il y aura d'autres articles plus tard, mais les
nouveaux fameux systèmes de détection dont on est en train de débattre, il va y
en avoir dans les zones scolaires. Il va y avoir des aménagements sécuritaires
aussi qui sont rendus obligatoires dans les zones scolaires. Il va y avoir le
30 kilomètres-heure obligatoire dans les zones scolaires. Donc, une très,
très bonne partie... Et d'ailleurs le premier axe de mon plan d'action en
sécurité routière, c'est des déplacements sécuritaires en zones scolaires.
Alors, c'est un des axes clés de mon plan d'action, dont certaines des mesures
doivent s'opérationnaliser via un projet de loi. Il faut toujours bien replacer
l'esprit, Mme la Présidente, que la pièce <maîtresse...
Mme Guilbault :
...axes clés de mon plan d'action, dont certaines
des mesures doivent s'opérationnaliser via un projet de loi. Il faut toujours
bien replacer l'esprit, Mme la Présidente, que la pièce >maîtresse de
notre action gouvernementale en sécurité routière, c'est le plan d'action en
sécurité routière. 27 mesures, 47 sous-mesures, mais, pour certaines, on a
besoin d'un projet de loi. Pour certaines, on va avoir besoin de modifications
réglementaires aussi. Donc, c'est ça qu'on est en train de faire. On n'est pas
en train de refaire un nouveau plan de sécurité routière, là, il est fait.
L'objectif, en ce moment, c'est d'y donner suite.
Donc, toute amélioration du projet de loi,
bien sûr que je suis ouverte, tu sais, c'est mon neuvième projet de loi, là.
Donc, on en a fait beaucoup, beaucoup, d'amendements, et donc ça va de soi.
Mais l'objectif, c'est ni de transformer le projet de loi, ni de créer un
nouveau plan d'action en sécurité routière, ni de débattre des futurs projets,
activités, systèmes qui pourraient être utilisés dans le futur. L'objectif,
c'est de se donner les moyens, comme gouvernement, de pouvoir utiliser ce qu'on
veut dans le futur sans que ce soit compliqué. Puis d'ailleurs, plus tard, on
aura aussi un nouveau système qui va nous permettre d'avoir de la souplesse
dans les types d'infraction au lieu d'aller toujours en modifications
législatives. Donc, l'objectif aussi, il est pragmatique, là, d'arrêter, des
fois, de se compliquer la vie quand on veut juste utiliser quelque chose de
nouveau ou de plus performant.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. M. le député.
• (12 heures) •
M. Derraji : ...en tout
respect, on ne parle pas de zones scolaires. Je parle de dépassement illégal
d'un autobus en arrêt, probablement très loin de la zone scolaire, pour aller
chercher les enfants, pour les ramener à l'école.
Mme la Présidente, parlons du rapport. Ce
rapport existe au ministère, et Mme la ministre est en train de me dire qu'on
ne va pas compliquer la vie, on se voit parce qu'on veut juste faire un projet
de loi. Bien, excusez-moi, le projet de loi, son titre, Loi modifiant
principalement le Code de la sécurité routière afin d'introduire des
dispositions relatives aux systèmes de détection et d'autres dispositions en
matière de sécurité routière... Le projet de loi introduit des systèmes de
détection. Ça, c'est le titre du projet de loi.
Je vais... je vais lire et citer le
rapport de BusPatrouille, et c'est très important pour les gens qui nous
écoutent, parce que, quand même, aujourd'hui, on a l'occasion de parler de
quelque chose qui a fonctionné. Le rapport réalisé par BusPatrouille, à
l'époque, avait permis... Là, à l'époque, c'est quoi? À l'époque où il y avait
un projet pilote qui a été annoncé par mon collègue député de Pontiac, où il
était ministre du Transport, où une douzaine d'autobus, dans plusieurs régions
du Québec, dont l'Outaouais, l'Estrie, le Québec... Et ça a eu lieu
l'hiver 2018. Le rapport réalisé par BusPatrouille, à l'époque, avait
permis de répertorier 1 800 dépassements illégaux du bras d'arrêt
pour les 13 autobus équipés de caméras avec un taux moyen de
3,8 infractions par autobus par jour. 3,8 infractions par autobus par
jour.
Donc, on veut réformer le Code de la
sécurité routière. Mme la ministre nous invite à une commission parlementaire,
mais elle ne veut pas qu'on rajoute autre chose. Je pense qu'on ne se comprend
pas sur la finalité de réviser un Code de la sécurité routière. Moi, quand j'ai
vu que... la loi modifiant le Code de la sécurité routière, je pense qu'on doit
parler de toute la sécurité routière, et la question qui se pose : Est-ce
que l'enjeu des autobus scolaires est un enjeu ou pas? Et ça a été démontré, le
taux de... moyen d'infractions, c'est 3,8 infractions par jour. Et le
projet pilote, au Québec, avait été décrit comme le plus préoccupant par BusPatrouille
et réalisé en quelques années... À Gatineau, en six semaines, Gatineau,
114 infractions avaient été comptabilisées aux abords d'un seul véhicule.
C'est le... la sixième pire fréquence d'infractions. Donc, aujourd'hui, si on
ne parle pas de caméras intelligentes, je ne pense pas qu'on est en train de
moderniser le Code de la sécurité routière. C'est une occasion manquée. C'est
pour cela... je me demande, encore une fois, combien ça vaut, une vie humaine.
Je pense, si on est là, dans le cadre du Code
de la sécurité routière, on doit prendre ça. Le rapport est là. Le ministère a
ce rapport, ils l'ont. Donc, le rapport existe depuis 2018. J'arrive devant un
projet de loi où Mme la ministre nous dit qu'elle veut réformer le Code de la
sécurité routière afin d'introduire, je le dis bien, d'introduire des
dispositions relatives aux systèmes de détection. Elle-même l'annonce, elle
veut ramener des nouvelles dispositions aux systèmes de détection. On parle de
caméras intelligentes. Pourquoi? Ça existe. On ne peut pas, encore une fois,
dire que ça n'existe pas. C'est depuis 2018. On est en 2024. Donc, on ne peut
pas faire abstraction que ça n'existe pas. Ça a donné d'excellents résultats.
Donc, si on laisse le projet de loi tel
qu'il est aujourd'hui, ça veut dire que le gouvernement vient de nous <annoncer
qu'il n'y aura pas...
>
12 h (version révisée)
<
M. Derraji :
...que
ça... que ça n'existe pas. Ça a donné d'excellents résultats.
Donc, si on laisse le projet de loi tel
qu'il est aujourd'hui, ça veut dire que le gouvernement vient de nous >annoncer
qu'il n'y aura pas de caméras intelligentes sur les bus scolaires. Si c'est ça,
la volonté, moi, je veux juste que la ministre me le dise, est-ce que c'est ça,
la volonté. Si c'est la volonté, je comprends, on passe à autre chose, on vote
sur l'amendement, et je comprends que c'est un refus. Mon temps, il est aussi
précieux, mais je ne veux pas commencer à continuer un débat sur quelque chose
qui me paraît très logique. On ne peut pas parler d'un système de détection et
ne pas parler de caméras intelligentes aujourd'hui.
Donc, je répète ma question, Mme la
Présidente, à Mme la ministre, si elle n'est pas intéressée par les caméras
intelligentes sur les bus scolaires, non ou oui? Et j'arrête le débat. Ce n'est
pas grave.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Bien, comme je l'ai dit plusieurs fois, en ayant une
définition la plus large possible, ça va justement permettre, entre autres, au
gouvernement d'utiliser des caméras de surveillance, s'il le souhaite, et
autres systèmes. Donc, c'est l'inverse de ce qu'essaie de plaider mon collègue,
qui plaide exactement l'inverse de la réalité, puisque... depuis tout à l'heure,
je lui explique qu'en élargissant la définition, ça va, entre autres, permettre
d'utiliser des caméras intelligentes, si on le souhaite, et n'importe quel
autre système. Donc, ça me semble assez simple, là. Et c'est ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci...
merci. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup. Oui, j'avais une question pour Mme la ministre par rapport,
justement, à la diversité, là, des outils dont on veut se doter pour être
capables de constater des... des constats d'infraction... des infractions, en
fait. Je sais que c'est utilisé par des municipalités, notamment dans le cadre
de recherches, c'est-à-dire que, par exemple, je pense à des... je pense, des recherches
d'ailleurs qu'a menées Marie-Soleil Cloutier de l'INRS, qu'on a rencontrée ici,
là. Vous vous souvenez de la chercheure qui avait été très pertinente, très
éloquente, une bonne vulgarisatrice. Elle va d'ailleurs être contente de m'entendre
le dire, j'apprécie beaucoup son travail. Tout ça, tout ça pour dire que je
pense qu'il y a des municipalités, des fois, qui mettent à profit les images
qui sont captées pour documenter, pour faire de la recherche.
Je pense, entre autres, à une étude,
justement, du Pr Cloutier où elle constatait les presque collisions, dans
le fond, des moments où, finalement, une voiture passe proche d'un piéton, ou d'un
cycliste, ou d'une autre... d'un autre automobiliste, et finalement il n'y a
rien qui se passe, il n'y a pas de dommage matériel, il n'y a pas de... il n'y
a pas de blessé grave, ou léger, ou mortel. Mais on constate que... Et c'est...
c'est souvent des indices comme ça qui sont intéressants, parce que ça nous
permet de voir qu'il y a des secteurs, des tronçons de route notamment, bien,
évidemment, là, les boulevards, hein, qui sont... les artères, en fait, là, qui
sont souvent plus propices à avoir des collisions, parce qu'on a un bon flot de
véhicules, une vitesse qui est quand même assez importante puis, en même temps
aussi, beaucoup de piétons et des cyclistes qui circulent parce que c'est
alimenté par le transport en commun, parce qu'on traverse des quartiers, etc.
Mais donc cette information-là, elle est très utile pour les chercheurs qui
vont documenter les presque collisions, mais aussi les collisions, pour
comprendre quelles sont les manoeuvres qui occasionnent ces presque collisions
ou ces collisions-là.
Donc, un peu dans le même esprit, là, que
l'idée d'ajouter les caméras, parce que vous comprendrez qu'on documente moins
bien une presque collision avec une photo qu'avec une vidéo, dans le fond, là. Dans
le fond, est-ce que... est-ce qu'on peut se donner... Dans le fond, ma question
est à double... double volet, là : Est-ce qu'on peut se donner justement l'ouverture
d'aller vers des systèmes... un plus large éventail de systèmes de détection,
incluant la vidéo, la captation vidéo? Puis est-ce qu'on pourrait
éventuellement aussi avoir des collaborations avec des chaires de recherche
pour partager ces images-là, en s'assurant évidemment que tout ça est anonyme, là,
puis tout ça, là, mais pour s'assurer aussi de documenter les risques puis
découvrir les meilleures pratiques aux bons endroits aussi?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, comme je le disais, on n'est pas actuellement
dans le choix des futures méthodes. On est en train d'évaluer tout ça et...
Mais, pour pouvoir évoluer puis pour pouvoir innover puis moderniser, que ce
soit la signalisation ou les appareils de détection, il faut, d'abord et avant
tout, se donner la possibilité de le faire dans le CSR. Donc, c'est ça, l'objectif
du projet de loi, Mme la Présidente. Mais je trouve ça intéressant. Puis
éventuellement, à un moment donné, on va avoir terminé le projet de loi, mais
nous, on va aller de l'avant. Éventuellement, on va avoir des nouveaux ACA, on
va avoir des nouveaux systèmes, on va l'annoncer, on va le communiquer puis on
va évoluer à travers le temps, bien au-delà de ma petite personne, là. Je veux
dire, le gouvernement va continuer d'évoluer en sécurité routière après nous, mais,
actuellement, ce qu'on veut, c'est vraiment de pouvoir se donner les moyens d'évoluer
et de penser en dehors de la boîte, de peut-être un jour avoir des projets
comme celui-là, de pouvoir faire ce qu'on veut le <moment venu...
Mme Guilbault :
...de peut-être un jour avoir des projets comme
celui-là, de pouvoir faire ce qu'on veut le >moment venu. Ce sera dans
un... dans un deuxième temps, je dirais, dans le sens qu'on travaille déjà
là-dessus, on est déjà en train de faire une revue de ce qui se produit. Puis là
j'ai ressorti mon Plan d'action en sécurité routière, là. Donc, tu sais, quand
je regarde l'axe a, quand je regarde... On est en train de préparer une
stratégie des mobilités innovantes, ce n'est pas directement dans le propos
d'aujourd'hui, mais ça va tout dans le même sens de dire on veut... on veut
être innovants. Alors... Puis c'est pour ça qu'on souhaite être le plus large
possible.
Puis là, éventuellement, quand on va
arriver à l'article 2, on aura notre proposition, mais, dans la future
définition, on va proposer, en fait, de retirer le terme «photographique de
détection» pour vraiment parler de «tout système permettant de mesurer ou de
calculer la vitesse ou de surveiller un comportement routier». Donc, «tout
système permettant de [...] surveiller un comportement routier», on va enlever
la notion de photographique qui peut-être pouvait paraître inutilement
restrictive ou en tout cas amener des questionnements. Donc, vraiment, on va être
très, très, très large. Alors, on pourra mettre... bien, «mettre ce qu'on veut
là-dedans».... évidemment, là, tu sais, il va y avoir des gens qui vont nous
conseiller puis il y a des gens professionnels de ça qui vont nous faire des
recommandations, là, mais on va se donner vraiment beaucoup de latitude pour
pouvoir évoluer.
• (12 h 10) •
M. Grandmont : ...c'est
une... c'est une ouverture intéressante. Puis je suis content de voir que la...
que Mme la ministre a compris, dans le fond, le sens de mon intervention, de
nos interventions. Je ne veux pas mettre des mots dans la bouche de mes
collègues de Mont-Royal—Outremont et Nelligan, mais, en
tout cas, moi, ça me rassure, effectivement. Parce que la façon que je
comprenais la question des systèmes de détection, puis je m'en réjouissais, je
voulais que ce soit le plus large possible, qu'on puisse se donner le plus de
marge possible, que le spectre d'outils à utiliser dans les prochaines années
pour avoir un impact le plus positif possible soit le plus large possible. Donc,
si on s'en va vers ça, je suis... je suis tout à fait intéressé à ce qu'on en
rediscute tantôt, là, dans l'article 2 au niveau de la définition du «système
de détection».
Puis, bien, pour, évidemment, là, la
question, là, d'utiliser, là... de faire des partenariats avec les chaires de
recherche sur les enjeux de sécurité routière qui visent à protéger davantage
les usagers vulnérables, notamment, là, les cyclistes et les piétons, évidemment,
on ne peut pas mettre ça dans le projet de loi, mais c'est une perche que je
tends à Mme la ministre. Et j'espère que... en tout cas je sens de l'ouverture,
de son côté, j'espère qu'elle la saisira et puis qu'elle pourra prendre des
ententes, collaborer. Elle-même tend des... des perches, là, avec les
différentes chaires de recherche pour développer des partenariats pour avoir
les meilleures pratiques possibles. Donc, ce sera tout pour l'instant.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci,
Mme la Présidente. Bien, je serai brève. Honnêtement, j'apprécie notre échange.
Puis, quand j'ai dit, plus tôt... je suis à l'article 2, là, moi aussi, je
suis rendue plus loin. Je pense que l'ajustement doit être à l'article 2.
Je lisais la définition de façon très large. Elle est large. Puis, je pense,
c'est l'intention, c'est de la garder large et ne pas être... ne pas être obligé
de revenir avec une modification législative, si jamais le gouvernement
choisissait de mettre de l'avant une autre technologie ou... De toute façon, il
va y avoir des nouvelles technologies. Donc, on va attendre de voir
l'amendement.
Donc, effectivement, «système
photographique», c'est peut-être ce mot-là, là, qui est problématique. Mais
autrement il y a deux parties à la définition. Il y avait «tout système
photographique de détection permettant de mesurer ou de calculer la vitesse ou
de surveiller un comportement routier». La deuxième partie, c'est les exemples.
«Notamment», on sait tous qu'est-ce que ça veut dire, «notamment», là, je ne
voyais pas qu'on excluait. Mais effectivement, peut-être que «photographique»,
ça exclut une caméra intelligente qui prend une vidéo. Donc, on va attendre de
voir l'amendement là-dessus.
Mais ma deuxième... ma deuxième question, puis
ce n'est pas pour répéter ce qui a été dit, mais là, je prends connaissance,
moi aussi, là, d'un article récent. Tu sais, là, on n'est plus en 2018 avec le
projet pilote, le rapport, qui était quand même... qui était quand même
intéressant. On aimerait savoir où le gouvernement en est, où le ministère en
est avec l'idée de mettre de l'avant des caméras sur les autobus. Puis là je
vois... je vois les enjeux. Il y en a, des enjeux qui sont sous étude. Je lis,
là, que le ministère n'exclut pas la tenue d'un... bon, d'un autre projet
pilote, mais est conscient des nombreux enjeux à considérer, le cas échéant,
notamment la problématique de délivrance de constats d'infraction sur la base
de preuves captées par des caméras d'infraction sur des autobus. Québec
spécifie que les systèmes de visibilité périphérique de même que le système de
freinage automatique d'urgence et le bras d'arrêt allongé sont, tout comme les
caméras, actuellement en évaluation par Transports Canada, etc.
Donc, on le voit très bien, là, que c'est
quelque chose qui est en... qui est en cours de réflexion. Est-ce que vraiment
la ministre ne souhaite pas élaborer à ce stade-ci sur où c'en est rendu? Puis,
si elle a l'intention de poursuivre les démarches par rapport à tout ce qui
implique la sécurité de nos enfants autour des autobus, mais pas juste en zone
scolaire. L'autobus... La sécurité des... des enfants autour des autobus, ce
n'est pas juste en zone scolaire.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, c'est certainement un sujet qui est très
important. C'est pour ça qu'à l'époque on avait mis... associé neuf <points...
Mme Guilbault :
...c'est certainement un sujet qui est très
important. C'est pour ça qu'à l'époque on avait mis... associé neuf >points
d'inaptitude à quelqu'un qui ne respecte pas un feu d'arrêt. Il y a des
campagnes importantes qui se font, de la FTA, à laquelle j'ai participé, d'ailleurs,
cette année. J'ai fait un tournage dans un autobus scolaire avec des enfants
pour faire une campagne de sensibilisation. On a 11 000 chauffeurs un
peu partout qui, tous les jours, aussi font cette sensibilisation-là, aux
règles de sécurité, pour nos enfants, donc. Puis, même si ce n'est pas
directement le projet dont parlent les collègues, tout ce qu'on fait dans le Plan
d'action en sécurité routière, c'est quand même une petite révolution en
matière de sécurité dans les zones scolaires.
Donc, on pose... déjà des gestes très
forts, mais il ne faut jamais rien exclure. Puis c'est pour ça que ce qu'on
souhaite faire avec le projet de loi, c'est de... c'est de se donner des moyens
très larges pour que, dans le futur, on puisse aller de l'avant avec quel que
soit le projet qu'on... quelle que soit l'utilisation des systèmes qu'on va y
faire ou d'éventuels autres projets pilotes. Là, on parle des caméras sur des
autobus, mais ça pourrait être d'autres projets pilotes dans d'autres types de
contextes. On veut pouvoir avoir la latitude nécessaire pour mettre en place ou
tester n'importe quel autre nouveau système qui nous serait recommandé sur la
base de l'expertise, de l'évolution de la science, des recherches, l'INRS, et
compagnie, tous ces gens-là qui font de la recherche au quotidien sur la
sécurité routière.
Alors, avec le libellé qu'on va proposer
dans l'article 2, si un jour on veut utiliser des caméras intelligentes,
si on veut utiliser des caméras de surveillance, si on veut utiliser quoi que
ce soit d'autre qui nous serait proposé, on va pouvoir le faire parce qu'on va
parler de tout système permettant de surveiller un comportement routier. Donc
là, on a la latitude. On consacre, finalement... ou on va consacrer dans
l'éventuel amendement toute la latitude qu'on souhaite se donner comme
législateurs pour, comme je disais, pas seulement moi comme ministre
actuellement, mais éventuellement mes successeurs aussi.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...Mme la
ministre le voit très bien, moi, j'ai aimé les échanges. Elle va voir
l'empressement. Moi, on passe au deuxième article. Je pense que la discussion
donne un fruit. Et, je pense, le fait de ne plus parler de photographie, de «système
photographique», c'est excellent. Et, dans l'échange, c'est mentionné, les
caméras. Donc, moi, écoutez, ça fait mon affaire.
Vous savez quoi? Je retire mon amendement.
On passe au deuxième. Pas de problème. Ce qui est bien, c'est que la ministre a
compris ce qu'on voulait dire depuis tout à l'heure. C'est juste ça. Parce
qu'on ne peut pas laisser les autobus... C'est un fléau, ça existe. Et je pense
qu'elle a accès à tous les rapports des anciens projets pilotes, on n'a pas
besoin d'un autre... d'un autre projet pilote. On a besoin de caméras
intelligentes.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il consentement pour retirer l'amendement proposé par le député de
Nelligan?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
y a consentement. Merci beaucoup. Alors, nous procédons au débat...
Mme Guilbault :...
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
pourriez. Vous pourriez intervenir sur l'article 1.
Mme Guilbault :Bien, juste sur la dernière intervention. Oui, c'est ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
oui, oui. Allez-y. La parole est à vous.
Mme Guilbault :Ah oui? OK. Bien, parfait. Non, mais juste pour être
certaine qu'on dit... qu'on dit bien la même chose. Alors, effectivement, des
caméras de surveillance, avec le futur amendement à l'article 2... des caméras
de surveillance pourraient être utilisées, si on le souhaite. Mais ça inclut
cette option-là, mais sans prendre aucun engagement formel sur aucun projet à
ce stade-ci, parce qu'on est en train de faire une revue de littérature, on est
en train d'évaluer les différents dispositifs, les différents systèmes qui sont
à notre disposition en 2024 et les années suivantes. Donc, on prendra les
meilleures décisions le moment venu, mais on se sera donné, législativement
parlant, les moyens d'aller de l'avant avec le meilleur choix parmi ce qui nous
sera proposé par nos experts.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...le
député.
M. Derraji : ...réponse très
intelligente. Aucun problème. Notre rôle de législateur, c'est ne pas se
limiter. Le législateur s'occupe de mettre dans la loi la mesure. Je prends
bonne note qu'il y a l'intérêt. Là, maintenant, il va y avoir d'autres forums,
crédits. Aux périodes de questions, on va questionner l'utilité du projet
pilote de BusPatrouille. Mais au moins, en date d'aujourd'hui, on avance. Parce
que, tout à l'heure, Mme la Présidente a dit l'empressement. Probablement que,
si on prend le temps très bien, on va bien faire les choses. Et je salue son
ouverture de mettre des... d'enlever le mot «photographique» et de mettre «tout
système», y compris les caméras intelligentes. On avance, Mme la Présidente.
Très bien.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions à l'article 1? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons passer à la mise aux voix. Est-ce que l'article 1
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous procédons à l'article 2. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Alors, article 2 : L'article 4 de ce code est
modifié par l'insertion, selon l'ordre alphabétique, de la définition suivante :
«"système de détection"» :
tout système photographique de détection permettant de mesurer ou de calculer
la vitesse ou de surveiller un comportement routier, notamment le cinémomètre
photographique et le système photographique de contrôle de circulation aux feux
rouges;».
En commentaire, l'article 2 du projet
de loi introduit au Code de la sécurité routière la <définition...
Mme Guilbault :
...commentaire, l'article 2 du projet de loi
introduit au
Code de la sécurité routière la >définition de
l'expression «système de détection» qui vise tout système photographique
permettant de mesurer ou de calculer la vitesse d'un véhicule routier ou de
surveiller un comportement routier, notamment le cinémomètre photographique et
le système photographique de contrôle de circulation aux feux rouges. Le
cinémomètre photographique et le système photographique de contrôle de
circulation aux feux rouges sont les appareils présentement utilisés soit pour
mesurer la vitesse d'un véhicule ou pour contrôler l'arrêt à un... l'arrêt à un
feu rouge.
La Présidente (Mme Maccarone) : Et,
si je comprends bien, vous avez l'intention de poursuivre avec un amendement
que nous n'avons pas encore reçu.
Alors, nous allons suspendre juste
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 19)
(Reprise à 12 h 20)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Mme la ministre, pour la lecture de votre
amendement à l'article 2, s'il vous plaît.
Mme Guilbault :Ah! il est là. OK. Bon, bien, parfait. Merci, Mme la
Présidente. Donc, amendement à l'article 2, que je propose : Supprimer,
dans la définition proposée par l'article 2 du projet de loi,
«photographique de détection».
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
Mme Guilbault :Alors, tel que proposé informellement tout à l'heure, mais
on évite de venir amener une précision supplémentaire qui pourrait donner
l'impression que c'est restrictif ou, en tout cas, qui pourrait amener plus de
questions que de réponses. Donc, on se donne toute la latitude en parlant
seulement de «système».
La Présidente (Mme Maccarone) : ...député
de Nelligan.
M. Derraji : ...une
précision. Quand on parle de la latitude, et je la comprends très bien, c'est
tous nouveaux appareils technologiques, y compris les appareils... les caméras
intelligentes?
Mme Guilbault :Oui. Des caméras intelligentes pourraient être utilisées avec
ce libellé-là.
M. Derraji : OK.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il... Oui. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Donc, je ne
sais pas si on peut faire défiler, mais le reste demeure, là, «notamment le
cinémomètre photographique»? Oui. C'est ça. Parfait. OK.
Bien, parfait. Excellent. Moi, je suis
bien d'accord avec cette proposition-là. Ça rejoint l'objectif qu'on
poursuivait, là, d'élargir, de se garder les portes ouvertes pour l'avenir, de
faire évoluer, d'accepter ou, en fait, de pouvoir utiliser tout... toute
avancée technologique qui nous permettrait de mieux faire le travail sur le
terrain pour constater des infractions et améliorer le bilan routier. Donc,
moi, ça me rejoint.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 2
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Maccarone) : Adopté.
Merci. Nous procédons maintenant à l'article 2 tel qu'amendé. M. le député
de Nelligan.
M. Derraji : ...avant de
passer à l'article 3, je vais avoir un amendement, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez un amendement à l'article tel qu'amendé?
M. Derraji : Non, non. Une
fois amendé, on a un 2.1 qui va arriver. Donc...
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
C'est noté. Oui. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : J'ai des
amendements... moi, j'ai des... un amendement pour l'article 2 tel
qu'amendé.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est...
Oui, c'est ça. Parce que, là, ça fait que, là, on va... on va.... Vous
souhaitez modifier l'article tel qu'amendé?
M. Grandmont : Exact. Ajouter
une définition, en fin de compte.
La Présidente (Mme Maccarone) : Voilà.
Est-ce que votre amendement est prêt?
M. Grandmont : Oui. Je pense
que ça vous a été partagé. Si ce ne l'est pas, ça devrait être prêt.
La Présidente (Mme Maccarone) : OK.
Ça fait que nous allons suspendre les travaux juste quelques instants pour
donner le temps pour le trajet de l'amendement en question. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 23)
12 h 30 (version révisée)
(Reprise à 12 h 38)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous reprenons nos travaux, et, M. le député de Taschereau, je vous cède la
parole pour la lecture de votre amendement... qui souhaite amender l'article 2
tel qu'amendé.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien, écoutez, c'est un débat qu'on a eu, là,
évidemment, là, à quelques reprises, là, pendant les audiences, notamment. J'avais
dit aussi, pendant les...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...faire
la lecture de votre amendement en premier, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Ah oui! C'est
vrai. Bien oui, bien oui! Tout à fait. Vous avez raison, merci de me rappeler à
l'ordre.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
M. Grandmont : Donc, dans le
fond, c'est d'ajouter une définition au... à l'article 2 tel qu'amendé,
là, puis c'est la notion de «corridor scolaire». Donc : «Toute route,
trottoir ou zone [relié à] une école à ses zones environnantes et utilisées par
les élèves pour se rendre de leur domicile à l'école et vice-versa.»
Puis je me rends compte en lisant, là, qu'on
a pris textuellement, là, la proposition qui a été faite par Piétons Québec, et
évidemment, pour Piétons Québec, c'était évident que ça se passait à pied ou à
vélo dans cette organisation-là. Si on veut être plus précis, là, on pourra...
puis on pourra voir au fil des discussions s'il y a moyen de simplement ajouter
des mots, là : «Toute route, trottoir ou zone relié à une école à ses
zones environnantes et utilisées par les élèves pour se rendre à pied ou à vélo
de leur domicile à leur école et vice-versa.» L'objectif étant qu'on ajoute
cette définition-là parce que, bien, vous le savez aussi bien que moi, là, le
plan de sécurité routière qui a été déposé, là, par Mme la ministre, le plan 2023-2028,
donc, sur les cinq prochaines années, là, considérant que 2024 est à peine
entamé, on veut... on veut s'assurer d'avoir le meilleur plan de sécurité
routière.
• (12 h 40) •
Puis Mme la ministre parlait, là...
faisait référence à la notion de corridor scolaire, puis ça a été... disons que
ça a été une surprise, et pour nous et pour les groupes aussi, là, qui sont... bien,
qui ont participé aux audiences, de se rendre compte que, finalement, on était
passé de la zone... de la notion de corridor scolaire à la notion de zone
scolaire. Puis on nous avait répondu que c'est parce que c'était beaucoup plus
facile à définir ce que c'était qu'une zone scolaire.
Puis je comprends que c'est facile à
définir, c'est des quatre rues autour d'une école, mais, en même temps, comme
le rappelaient, bien, tous les groupes, en fait, là, 85 % des accidents,
des accidents graves, des collisions, donc, qui mènent à des enfants qui se
blessent, 85 % de ces collisions-là, donc, se passent à l'extérieur de la
zone scolaire, sur le chemin de l'école, sur la distance entre l'école et leur
domicile, donc dans le corridor scolaire. Puis 95 % des décès d'enfants
sur les routes, quand ils se rendent à pied ou à vélo à l'école ou quand ils
retournent chez eux, bien, ça se passe aussi à l'extérieur de la zone scolaire,
donc, encore une fois, sur le chemin de l'école.
Donc, si on veut vraiment... Puis, je
comprends, la première motivation de Mme la ministre, si on se rappelle bien de
comment on en était arrivés à un plan de sécurité routière, bien, c'est la
sécurité autour des écoles. Mais, si on est en train de ne pas couvrir
85 % des collisions menant à des accidents et 95 % des collisions
menant à des décès, on est en train de passer à travers l'esprit même de ce qui
avait motivé Mme la ministre à faire son plan, à déposer son plan de sécurité
routière 2023-2025... 2028, pardon.
Je me permets de rappeler, là, un peu, là,
des... Ah! puis je me rends compte que j'ai mal cité. En fait, là, ce n'était
pas Piétons Québec, c'était Pas une mort de plus qui avait... qui avait utilisé
la définition qu'on a ramenée ici, qu'on propose de faire en amendement. Mais
donc ce que ce collectif-là disait, c'est que la zone scolaire est très
restreinte et ne concerne que les tronçons de rue directement adjacents à une
école. Alors, les élèves ont grandement... ont besoin, en fait, de l'ensemble
de leur trajet... que leur trajet soit sécuritaire. Nous suggérons plutôt d'utiliser
l'expression «corridor scolaire» pour toute une route... pour toute route,
trottoir ou zone reliant une école à ces zones... à ces zones environnantes
utilisées par les élèves pour se rendre de leur domicile à l'école et vice-versa.
Vivre en Ville nous disait : «Afin d'améliorer
la sécurité des enfants dans leurs déplacements vers l'école, il faut agir sur
l'ensemble de leur cheminement en intervenant sur le système routier. De 2011 à
2020, il y a eu 3 031 enfants piétons, donc de 14 ans et moins,
qui ont été blessés, toutes gravités confondues, légères, graves, mortelles,
dont 42 enfants piétons décédés sur nos routes au Québec. Moins de
14 % des enfants blessés et seuls 5 % des enfants tués dans la même
période se trouvaient dans un environnement scolaire, donc dans la zone
scolaire.»
Donc, on est... on est en train de passer
à côté de l'essentiel, il me semble, si on ne se permet pas d'aller vers une
définition claire de ce qu'est un corridor scolaire. Puis je soumets une
définition, mais, comme je le disais tantôt, je suis très ouvert à en discuter
sur la formulation avec Mme la ministre. On se rappellera que la Ville de
Montréal nous avait présenté une carte fort intéressante et pertinente, dans
laquelle ils avaient tracé des rayons d'un kilomètre autour de l'école. Est-ce
qu'on devrait parler du réseau routier compris à l'intérieur d'un rayon d'un
kilomètre autour d'une école? Est-ce que c'est ça qui devrait servir de
référence pour définir, dans le fond, ce que c'est que le corridor scolaire? Je
comprends, là, qu'il y a <un enjeu d'évolution...
M. Grandmont :
...de
référence pour définir, dans le fond, ce que c'est que le corridor scolaire. Je
comprends, là, qu'il y a >un enjeu d'évolution dans le temps de ce que
c'est que le corridor scolaire. Moi, j'ai travaillé sur des... en partenariat,
avec la Ville de Québec notamment, sur l'identification des corridors scolaires
pour toutes les écoles de la ville de Québec. Donc, ce n'est pas moi qui l'a
fait directement, là, mais, je veux dire, j'ai travaillé assez près, avec mes
chargés de projet à l'époque, pour savoir que la façon d'utiliser... de définir
ce que c'était, un corridor scolaire, c'était de prendre les codes postaux des
jeunes qui fréquentent une école, puis, après ça, d'identifier les routes par
lesquelles ils sont susceptibles de se déplacer. Donc, si on prend les codes
postaux... évidemment, les cohortes scolaires évoluent, et donc les codes
postaux des jeunes qui circulent vers l'école à pied ou à vélo tendent à
changer avec le temps, et donc ça peut bouger. Donc, on pourrait aussi aller
vers une définition qui serait plus générale, «tout chemin emprunté par les
élèves», puis, après ça, bien, plus loin dans le projet de loi ou dans un
règlement, venir imposer aux écoles de... par exemple, à tous les cinq ans, ce
qui me semble un délai raisonnable, à tous les cinq ans, de refaire
l'identification des corridors scolaires. Mais ce qui est important pour moi,
c'est qu'on réussisse à venir sécuriser, plus loin dans notre projet de loi,
avec cette définition-là de «corridor scolaire», les déplacements des jeunes
vers l'école à pied ou à vélo. C'est ça, l'objectif.
Puis, comme on le voit actuellement, il y
a peu ou pas... il y a peu, en fait, d'accidents graves ou mortels sur le
pourtour de l'école, puis c'est normal parce qu'une fois rendu à l'école, bien,
tout le monde ralentit ou, en tout cas, la plupart des gens ralentissent.
Souvent, c'est là aussi qu'on fait de la surveillance scolaire. Quand il y a
des opérations au début de la... à la rentrée scolaire ou au retour du
printemps parce que les jeunes recommencent à marcher puis à utiliser leur vélo
un petit peu plus pour aller à l'école, donc, à ces périodes critiques là,
bien, quand il y a des opérations policières, bien, c'est autour des écoles
directement. Les policiers veulent être visibles puis envoyer un signal.
Évidemment, ils ne vont pas... En tout cas, c'est plus facile de s'installer à
côté de l'école puis c'est généralement ce qu'ils vont faire, donc... Puis,
généralement aussi, il y a le nombre. Il y a beaucoup... Comme tout le monde
converge vers l'école, bien, il y a une espèce de sécurité par le nombre qui
s'installe. Tout d'un coup, il y a comme beaucoup de petits piétons, beaucoup
de petits cyclistes qui sont autour de l'école, dont c'est tout le... dont
c'est tout... dont c'est le point d'arrivée, finalement, et donc les
automobilistes sont plus vigilants à cet endroit-là. Puis il y a de la
signalisation aussi, on est proche d'une école.
Donc, tout ça milite vraiment en faveur de
travailler sur le déplacement en dehors de cette zone-là, le corridor scolaire,
donc en amont et en aval, dépendamment si on est le matin ou le soir. Donc,
moi, c'est ce que je propose. Puis, comme je vous dis, là, je ne suis pas fermé
à une modification, là, suite aux discussions qu'on aura, là, du libellé, parce
qu'avoir la bonne définition, je comprends que c'est un enjeu, mais il me
semblerait important de le faire pour s'assurer de bien sécuriser les
déplacements de nos jeunes vers l'école.
Encore une fois, je le rappelle, là,
l'intention dans le plan de sécurité routière déposé par la ministre était le
bon, l'intention était la bonne. On doit sécuriser le déplacement des jeunes,
mais on ne peut pas se restreindre simplement aux quatre rues qui sont autour
de l'école. On manque la cible. On est en train d'oublier 85 % des
accidents menant à des blessures puis 95 % des accidents menant à des
décès. Ce serait dommage de passer à côté de ça. Je pense que ça vaut la peine
de trouver la bonne définition. J'en propose une. Puis, encore une fois, comme
je vous dis, tantôt, on devrait peut-être ajouter, là, «à pied ou à vélo», «se
rendre à pied ou à vélo à l'école et vice-versa», mais donc c'est ça, la
proposition, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, d'abord, je veux dire, je suis très sensible au
point qui est soulevé par mon collègue, là. C'est d'ailleurs une des raisons
principales pour lesquelles on a décidé de confectionner ce plan-là d'action
pour la sécurité routière, qui est à l'origine du projet de loi qu'on étudie
présentement. Et le député a raison, là, dans le premier axe du plan, il est
question à la fois des zones scolaires et des corridors scolaires. C'est sûr
que, là, actuellement... puis je comprends que, probablement, il va dire qu'on
est à l'article pour l'introduction de définitions, puis je comprends très bien,
là, puis il a raison, mais c'est sûr que, quand on introduit une nouvelle
définition qui n'existe pas actuellement, on se demande, par corollaire,
qu'est-ce qu'on a l'intention d'en faire plus tard. Parce qu'on introduit une
nouvelle définition, j'imagine que c'est pour proposer des mesures qui vont la
concerner plus tard, sinon ça ne serait pas utile de l'introduire. Donc là, on
ne sait pas exactement c'est quoi, l'objectif précis d'introduire cette
définition-là ou plutôt qu'est-ce que, plus tard, le député va proposer de
faire avec cette nouvelle définition là. Donc, c'est sûr que, là, on... il nous
manque une partie de l'information. Mais, en même temps, je comprends très bien
qu'ils doivent suivre la séquence, puis là on est à l'étape des définitions.
Donc, ce n'est <pas du tout une critique...
Mme Guilbault :
...puis là on est à l'étape des définitions. Donc,
ce n'est >pas du tout une critique, c'est simplement le fait qu'il nous
manque une partie de l'information. Parce que, comme on l'a dit en
consultations aussi — parce que c'est revenu, la question du corridor
scolaire — c'est sûr que les zones scolaires... il existe déjà un
règlement sur la définition des zones scolaires. D'ailleurs, on va le modifier
et on va faire en sorte qu'on aura le 30 kilomètres-heure obligatoire
partout dans les zones scolaires.
Mais pour ce qui est des corridors
scolaires, puis ça a été discuté, puis possiblement avec la FQM, là... c'est
ça, j'y vais de mémoire, puis je ne veux pas mettre des mots dans la bouche de
personne, mais c'est sûr que la réalité d'une grande ville versus un village
ou, tu sais, une petite municipalité... puis j'en parlais avec mon collègue de
René-Lévesque, qui a été maire de Baie-Comeau, mais, avant d'imposer... puis
encore là, je le fais sous toutes réserves, parce que je ne sais pas si ce
serait l'intention du collègue de Taschereau, mais, avant d'aller de l'avant
avec des obligations mur à mur, indépendamment de la taille et des moyens des municipalités,
il faut être prudents. Donc, c'est pour ça que les obligations, elles sont dans
les zones scolaires.
Mais pour ce qui est des corridors
scolaires, quelle que soit la définition... là, on a une proposition de
définition qui me semble intéressante, mais, avant de l'introduire et
d'éventuellement amener des obligations uniformes sur ces notions-là ou ces
zones-là, qui seraient nouvellement définies, de corridor scolaire, on ne peut
pas, à notre sens, le faire de la même façon qu'on le fait pour les zones
scolaires, parce que ça peut avoir des incidences qui sont majeures dans
certaines municipalités, et donc... et je réfère, là, à mon plan d'action sur
la sécurité routière... la façon dont on compte atteindre l'objectif pour les
zones limitrophes aux zones scolaires, donc, si on veut, le différentiel entre
corridor scolaire et zone scolaire, c'est via le guide qu'on va mettre à jour, Redécouvrir
le chemin vers l'école, et donc c'est ça, de voir la façon dont on peut
proposer des aménagements. Il est écrit ici, là — c'est parce que
j'ai mon plan d'action toujours pas loin ici, là — les mesures 1
et 2. Donc, on est là-dedans. Puis on y prescrit, à 2.1, là : «Rendre
obligatoire l'aménagement sécuritaire des zones et des corridors scolaires,
notamment par la prise en compte du guide d'application élaboré par la ministre
des Transports et de la Mobilité durable.» Donc, c'est ça. Et là le fameux
guide, à 2.2, on dit qu'on va l'actualiser, et... c'est ça.
• (12 h 50) •
Puis je me souviens du comité de parents
aussi, qui était venu puis qui disait : C'est ça, effectivement, des fois
autour des écoles, il y a des questions à se poser et des choses à faire. Et
moi, je disais : On pourrait, dans la révision du guide en question,
essayer de venir... je n'aime pas le mot «prescrire», parce que ça a quelque
chose d'impératif, mais venir encourager les comités de parents à s'asseoir, à
se créer des structures de concertation, de consultation très locale, parce que
les gens qui habitent autour de leurs écoles, dans leurs quartiers, c'est eux
qui les connaissent le mieux, beaucoup mieux que moi qui connaît mon propre
quartier, mais je n'ai pas la prétention de connaître tous les quartiers. C'est
la même chose pour chacun des élus, on connaît les nôtres, mais pas ceux de
tout le Québec. Donc, de favoriser que les idées ou les propositions de
modification de nouvelles signalisations, de... peut-être de modification de
vitesse, etc., viennent du milieu comme tel, à la fois des parents, des écoles,
des centres de services scolaires, peut-être du service de police municipale,
locale ou la Sûreté pour les plus petites municipalités, justement, et autres
personnes qui pourraient avoir un point de vue pertinent sur la chose. Donc,
c'est plutôt la façon dont on va essayer d'atteindre l'objectif, encore une
fois, parce que, sinon, ça devient énorme, comme fardeau, entre autres sur des
petites municipalités.
M. Grandmont : Merci pour la
réponse. Bien, moi aussi, là, j'ai toujours le plan de sécurité routière
proche, parce que ça m'intéresse. Je pense que c'est un... c'est quand même
intéressant, là, puis on avait salué aussi, évidemment, ce plan-là, même si je
pense qu'on peut aller plus loin, là. Mais effectivement moi, je réfère à la
section Transport actif sécuritaire vers l'école. Bon, l'action 2 : «Rendre
obligatoire l'aménagement sécuritaire des zones et des corridors scolaires...»
Donc, déjà, même, il y avait l'intention de la ministre, à travers le plan
d'action en sécurité routière, de rendre obligatoire l'aménagement sécuritaire
des zones et des corridors scolaires. C'est ce qui est écrit à 2.1. Donc,
comment on peut arriver à cet objectif-là puis, après ça dans le projet de loi,
retirer la notion de «corridor scolaire» si, dans le plan d'action, c'était
nommé... le plan d'action sécurité routière, c'était textuellement nommé, là,
noir sur blanc, les zones et les corridors scolaires, «notamment par la prise
en compte du guide d'application élaboré par la ministre des Transports et de
la Mobilité»?
Mme la ministre me demande c'est quoi, mon
intention, par la suite. Bien, c'est simplement de revenir au plan d'action tel
qu'il était écrit, s'assurer qu'après ça les municipalités mettent en
application les aménagements sécuritaires dans les zones puis dans les corridors
scolaires en prenant en compte le guide d'application élaboré par la ministre.
Donc, si on n'a pas défini ce que c'est qu'un corridor scolaire, bien, le guide
d'application, donc, ne pourra pas s'appliquer, parce qu'on n'aura pas défini
ce que c'est. Il va s'appliquer à la zone scolaire, mais il ne s'appliquera pas
à la notion de corridor scolaire. Donc, mon intention, elle est là, là, c'est
de mettre... de s'assurer que la définition de corridor scolaire, elle est
claire pour qu'après ça, bien, les municipalités soient... doivent, en fait,
là, <mettre en place...
M. Grandmont :
...scolaire,
elle est claire, pour qu'après ça, bien, les municipalités soient... doivent,
en fait, là, >mettre en place les aménagements sécuritaires pour que nos
enfants puissent se déplacer. Puis, tu sais, la définition... Mme la ministre
fait référence à son collègue de René-Lévesque, puis, bon, ça s'applique dans,
tu sais, à peu près tous les cas, là, toutes les... beaucoup de municipalités
au Québec, là. Je vois le collègue d'Argenteuil qui hoche de la tête puis je
suis bien d'accord. Puis évidemment que ce n'est pas tous les jeunes qui se
déplacent à pied ou à vélo vers l'école. Je veux dire, dans les milieux urbains
des fois, on a des 80 %, 90 %, 95 % des jeunes qui se déplacent
à pied ou à vélo vers l'école, mais, dans la... je ne m'attends pas à ce que,
dans la circonscription, là, de René-Lévesque, on ait la même chose non plus,
évidemment. Par contre, peut-être que, dans un rayon de 800 mètres ou un kilomètre,
ce qui est à peu près le maximum qu'on s'autorise généralement, là... Vous
savez, je parlais tantôt de la ville de Montréal, qui traçait un cercle d'un
rayon d'un kilomètre autour de l'école parce que c'est... de mémoire, là,
le un kilomètre, c'est là où on offre le transport scolaire. À partir de
800 mètres ou un kilomètre, généralement, c'est à peu près à partir
de là, généralement, qu'on offre le transport scolaire gratuit, bien, c'est la
distance qu'on s'attend à ce que les jeunes puissent marcher.
Et donc, si on avait, même à Baie-Comeau
ou dans une ville qui fait partie de la circonscription de René-Lévesque, un
rayon autour d'une école de 800 mètres, puis qu'on se rend compte qu'il
n'y a pas de jeunes qui habitent là, bien, il n'y a pas de corridor scolaire,
puis c'est tout. Si un jour il y a un jeune, une maison, des gens qui
s'installent à côté d'une école, bien là, subitement, on a l'obligation de le
faire parce qu'on a effectivement des jeunes qui sont susceptibles de se
déplacer à pied ou à vélo vers l'école, mais donc ce n'est pas un chambardement
complet, là, de l'urbanisme d'une municipalité, là, on parle vraiment de jeunes
qui ont... qui sont susceptibles de se déplacer à pied ou à vélo, puis c'est un
cercle qui est relativement restreint autour d'une école. Puis ce n'est pas dit
que ça va s'appliquer dans toutes les municipalités, mais je pense qu'il faut
s'offrir cette possibilité-là.
Puis, par ailleurs, généralement, là, les
écoles, même dans les milieux périurbains ou même ruraux, généralement, il y a
quand même une bonne densité de maisons autour de l'école. Vous savez
combien... comment ça fonctionne, là, les coeurs villageois. Généralement,
c'est là que sont installées les écoles. Donc, souvent, bien, il va y avoir, au
croisement des deux routes, dont une route qui appartient généralement au
ministère des Transports et de la Mobilité durable, donc une route régionale ou
une route nationale. On a l'école, on a l'église, qu'on se demande encore
qu'est-ce qu'on va faire puisqu'il n'y a plus personne qui y va, puis on a,
bien, une couple de services, un dépanneur ou une épicerie, etc. Puis autour,
généralement, il y a quand même une bonne densité de résidences autour. Puis
même dans les nouvelles banlieues qui ont été créées depuis les années 70,
généralement, autour des écoles, il y a quand même une bonne densité de jeunes.
Évidemment que le rayon... le rayon de un kilomètre, là, et, au-delà du
rayon de un kilomètre, il y a beaucoup d'autres résidences, il y a
beaucoup de jeunes qui vont tomber dans le bassin de l'école puis avec la
spécialisation des écoles aussi... bon, ça, c'est un autre dossier, mais il y a
quand même beaucoup de jeunes qui vont venir de l'extérieur. Mais, pour ces
jeunes-là, là, qui sont autour de l'école à un rayon de 800 mètres, bien,
il faut leur donner la possibilité.
Bref, je reviens là-dessus, je pense que
c'est applicable puis c'est... En même temps, même en donnant une définition
assez précise de ce que c'est, un, ça va nous permettre de nous rattacher au
plan d'action, mais en plus ça ne viendra pas contraindre les villes, toutes
les municipalités du Québec, à des dépenses démesurées, là, ce n'est pas ça qui
va se passer, là.
D'autre part, bon, Mme la ministre dit :
Bon, on aime mieux qu'il y ait comme une mobilisation des parents qui se créée autour
des écoles. Moi, j'en suis beaucoup, là, des cas comme ça, là, de parents qui
se mobilisent autour des écoles pour arriver à essayer justement d'avoir un
corridor scolaire plus sécuritaire, parce que la zone scolaire, tout le monde
s'entend que c'est pas mal souvent le cas, là, même si on apporte des
améliorations qui sont quand même notables, là, j'en conviens, mais, pour ce
qui est du corridor scolaire, généralement, il y a des... il y a un manque,
c'est noté par beaucoup de parents qui se mobilisent déjà, puis, à Québec, là,
les cas sont nombreux, là. Ça passe par le conseil de quartier, ça fait des
représentations, ça se fait dire après ça par la ville : Bien oui, mais
non, puis, après ça, on essaie de voir c'est quoi, les aménagements, parce que
ça...
Ça ne fonctionne pas actuellement. Tant
qu'on n'aura pas d'obligation d'aller de l'avant, puis de bien définir ce que
c'est que le corridor scolaire, puis, après ça, de bien se raccorder au plan
d'action en sécurité routière, bien, on aura toujours de la réticence.
Actuellement, le système, il fonctionne comme ça, sur la mobilisation des
parents, puis, malheureusement, ça ne donne pas des résultats, parce qu'après
ça, souvent, ce qu'on a, c'est : Ah! mais oui, mais c'est une route du
ministère des Transports. Ça fait que, là, la ville renvoie la balle au
ministère des Transports, le ministère des Transports dit : Bien là, on
n'a pas d'argent pour ça ou, en tout cas, on a une enveloppe qui peut permettre
d'aller chercher de l'argent, mais, tu sais, l'enveloppe est restreinte. Ça
fait que, là, après ça, ça retourne à la municipalité. La municipalité n'a pas
l'argent pour le faire parce que l'enveloppe ne couvre pas suffisamment les
frais. Ça ne fonctionne pas. Il faut qu'on ait un système dans lequel on a,
comme c'était écrit dans le Plan d'action en sécurité routière, une forme
d'obligation à rendre obligatoire l'aménagement sécuritaire des zones et des
corridors scolaires. C'est ça qui est dans le plan. Je me réfère à ça, là,
c'est très important, mais ça ne passera pas par <une mobilisation de
parents...
M. Grandmont :
...c'est
très important, mais ça ne passera pas par >une mobilisation de parents,
ça ne fonctionne pas, c'est comme ça actuellement, puis c'est pour ça que les
parents se sont mobilisés à partir de l'hiver... c'était 2023, donc c'est pour
ça que les parents se sont... 2022? Oui, c'est ça, 2023, c'est pour ça que les
parents se sont mobilisés, parce que ça ne fonctionne pas. Puis c'est comme ça
que ça fonctionne actuellement, mais ça ne marche pas, ça ne donne pas les
résultats.
Donc, moi, je suis bien prêt à discuter,
comme je le disais tantôt, du libellé, on peut définir une zone, on peut rester
plus flou en disant : Bien, tu sais, c'est en fonction du... de là où
résident les enfants, on peut être plus précis en disant, bien, c'est un rayon
de 800 mètres autour des écoles, mais, de grâce, donnons-nous une
définition pour être capable de se raccorder à ce qui est écrit dans le plan
d'action.
La Présidente (Mme Maccarone) : Une
courte réponse, Mme la ministre, nous devons suspendre prochainement.
Mme Guilbault :Oui, bien, c'est qu'il y a plusieurs éléments que je veux
amener dans la discussion, là, qui est très intéressante, mais je pense que,
là, avec les 31 secondes qu'il me reste, je vais peut-être suggérer de la
reprendre tantôt.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Il n'y a pas de problème.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 15)
Le Président (M. Jacques) : La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 48, Loi modifiant principalement le Code de la sécurité routière
afin d'introduire des dispositions relatives aux systèmes de détection et
d'autres dispositions en matière de sécurité routière.
Lors de la suspension de nos travaux, cet
avant-midi, nous en étions à l'étude de l'amendement du député de Taschereau
proposé à l'article 2 amendé du projet de loi. Mme la ministre, vous vous
apprêtiez à répondre à M. le député de Taschereau sur son amendement. Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Merci, M. le Président. Salutations à tous. Donc,
effectivement, puis j'avais déjà donné certains éléments dans ma première
réponse dans le cadre d'échanges qu'on avait, mais un peu dans le même sens, tu
sais, ce que j'évoquais, c'est qu'à l'inverse des zones scolaires, qui sont
déjà définies de longue date, qui sont déjà des entités connues avec lesquelles
toutes les municipalités du Québec sont habituées de travailler, la notion de
corridor scolaire, bien qu'effectivement introduite dans mon propre plan, là,
tu sais, je l'ai, moi aussi, ici, toujours dans ma sacoche et... Et donc...
Mais cette notion-là n'est définie nulle part actuellement.
Donc là, non seulement on se propose de
les rendre plus sécuritaires, c'est effectivement ça qui est... qui est écrit
dans le plan, mais il faut commencer par la définir. Et ce que je disais ce
matin, c'est que ce ne sera pas forcément la même chose partout. Il y a des
réalités très différentes, il y a des ressources très différentes. Et, quand on
en parle avec les associations municipales, qu'on en parle aussi... Puis j'ai
ici un extrait, c'est ça qu'on avait, vous voyez, le mémoire de la ville de
Montréal, parce que, que ce soient les municipalités, que ce soient les
différents partenaires, Piétons Québec, différents groupes qui sont venus nous
rencontrer qui sont tous intéressés par la chose, bien, je pense que le
consensus, c'est de dire : Il faut s'entendre ensemble, il faut s'asseoir
ensemble pour d'abord le définir, le corridor scolaire, puis ensuite de ça,
voir de quelle façon on vient l'encadrer pour le rendre plus sécuritaire, puis
donc, se conformer à la mesure 2 du Plan d'action en sécurité routière
dans l'éventuelle mise à jour du guide Redécouvrir le chemin vers l'école.
Et c'est ça qu'on disait.
Puis là j'y faisais référence, puis le
collègue m'a dit : Ça fonctionne déjà avec la mobilisation des parents,
puis on... on voit un peu les limites de ça. Donc... Bien, en tout cas, je
paraphrase, c'est ça. On voit déjà les limites de ça puis... puis c'est vrai qu'il
faut... qu'il faut franchir un pas de plus. C'est pour ça que j'ai fait le Plan
d'action en sécurité routière. Mais ce que je disais aux parents, parce qu'il
reste que c'est eux les mieux placés, donc d'encourager une structure de
communication permanente dans le fameux guide, ce qui fait que ces gens-là vont
être obligés continuellement... Obligés? Je n'aime pas le terme «obligé», mais,
en tout cas, c'est ça pareil. Ils vont être contraints, du moins, de discuter,
de s'entendre sur des mesures, ensuite de ça de les mettre en place, parce que
le plan le dit, là, «rendre sécuritaires les corridors scolaires», donc, dans l'éventuelle
mise à jour du guide. Et c'est cette mise à jour là, c'est ce processus de mise
à jour, là, je pense, qui va être le bon forum pour asseoir les personnes
ensemble, les instances concernées ensemble, arriver avec une définition,
arriver sur des paramètres puis arriver ensuite sur des objectifs de
sécurisation.
Puis je parlais de la ville de <Montréal...
Mme Guilbault :
...arriver, ensuite, sur des objectifs de
sécurisation, puis je parlais de la ville de >Montréal. Donc, j'ai ici
un extrait de leur mémoire, là, la page 19, ils parlaient justement de...
du guide Repenser le chemin vers l'école : «Nous pensons qu'en
raison de...» C'est ça. «Nous pensons qu'en raison de son expertise, la ville
de Montréal doit être impliquée dans la révision et l'actualisation de ce guide
afin de faciliter la mise en place des aménagements sécuritaires. Nous pensons
que le guide peut être plus détaillé, notamment pour alimenter les
municipalités possédant moins d'expertise en la matière, mais également de
veiller à la prise en compte des spécificités montréalaises et des milieux plus
denses dans les prescriptions qui émaneront du guide», donc. Et : «De
plus, la ville souhaiterait disposer de l'autonomie nécessaire pour déterminer
les actions engagées.»
Alors, déjà, on sent qu'ils sont d'accord
avec l'objectif, mais de dire : Prenons le temps quand même de nous
entendre, de s'asseoir, de tenir compte des spécificités, eux parlent de ville
densifiée parce que c'est Montréal, mais une autre municipalité plus petite
nous aurait sans doute dit : Tenons compte de mes spécificités à moi, qui
ne sont pas du tout, justement, la même réalité ni les mêmes ressources qu'une
métropole.
Alors, bref, pour atteindre l'objectif de
tous, je crois que la meilleure façon d'en arriver au même objectif que
l'amendement qui est déposé, ça va être de... d'avoir le comité de révision du
guide qui soit le plus inclusif possible. Donc, différents intervenants, entre
autres, qui sont venus nous voir en commission, d'asseoir ces gens-là ensemble,
puis d'arriver avec une définition puis une prescription des... une
prescription, je dirais, plus incarnée, là, des objectifs d'amélioration de la
sécurité des corridors scolaires, qui va faire consensus, donc qui va avoir
beaucoup plus de chances d'atterrir puis de donner quelque chose de concret
dans la réalité.
• (15 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci pour la
réponse, Mme la ministre. Je ne sais pas par quel bout prendre ça, parce que,
bon, Mme la ministre, elle dit : Il faut qu'on prenne le temps de le
définir, ce qu'est c'est qu'un corridor cyclable. On s'entend sur le fait qu'il
faut agir sur les corridors cyclables, je pense qu'on est d'accord là-dessus.
C'est écrit dans le plan, donc, ce que je comprends, c'est que la ministre dit
qu'il n'y a pas d'erreur, c'est... ça se trouve dans le plan de sécurité
routière puis ça va être traité d'une autre façon, ça va être traité dans tous
les cas. Elle passe encore beaucoup par la mobilisation des parents. Moi, je
vous dis, ça fait des années que les parents travaillent de cette façon-là puis
ça ne fonctionne pas. Puis d'ailleurs le collectif des parents qui est venu
nous voir, le collectif Pas une mort de plus, s'est pas mal insurgé. C'était
probablement un des gros enjeux sur lequel ils ont insisté beaucoup. Ils ont fait
des propositions, tu sais, proactives, là, avoir un protecteur de l'usager. Il
y avait plein de mesures qui étaient plus en ajout au projet de loi. Donc, on
était plus dans un... essayer de coconstruire un projet de loi encore... qui
irait encore plus loin. Mais c'est bien un recul sur lequel ils ont insisté,
c'est celui du retrait, en tout cas, de l'apparent retrait de la notion de
corridor scolaire qui apparaît dans le plan de sécurité routière, mais qui
n'apparaît pas dans le projet de loi n° 48. Prenons le temps de définir ce
que c'est. Donc, je pense qu'il y a un chemin possible vers définir ce que
c'est, un corridor scolaire, ça, je suis d'accord avec Mme la ministre.
Le plan d'action a été déposé en août
2023. On aurait eu le temps, normalement, de... il me semble, de déposer,
d'élaborer cette fameuse définition là. Moi, j'en propose une aujourd'hui parce
que je trouvais illogique, en tout respect, que ça ne se retrouve pas dans le
projet de loi n° 48. Je veux dire, je ne peux pas croire qu'il n'y a pas
personne au ministère des Transports, qui n'a pas déjà travaillé, notamment, à
travers tout le très bon travail qui se fait dans le guide Vers le chemin de
l'école... Pour redécouvrir le chemin de l'école, qui n'a pas...qui
n'a pas une définition de ce que c'est un corridor scolaire. Elle doit bien se
trouver là-dedans, la définition, ou elle doit se trouver, en tout cas, dans la
tête de quelqu'un qui a travaillé là-dessus. C'est possible de trouver quelque
chose, il me semble. Ça serait... Si on ne le met pas là actuellement, bien, on
ne se donne pas les moyens de se contraindre à aller vers des aménagements ou
de signalisation qui nous permettraient, comme je le disais, puis je le répète
parce que c'est important, de travailler sur le 85 % des accidents, des
collisions qui donnent des accidents graves ou légers ou le 95 % des
accidents qui résultent en des décès de jeunes sur le chemin de l'école. On est
en train de passer... on est en train de passer à côté du plus gros, en fait, de
ce que le plan de sécurité routière voulait faire parce qu'on n'inclut pas la
notion de corridor scolaire.
Tantôt, Mme la ministre me demandait
quelle était mon intention par la suite, là, si j'amenais la définition, si je
proposais d'amener la définition de «corridor scolaire» dans la liste des
différentes définitions qu'on trouve là, à l'article 4 du Code de la
sécurité routière. Bien, à l'instar de ce que... En fait, comme le proposait
Piétons Québec, ce que j'espère faire, en fait, c'est de... c'est ça, en plus
de modifier l'alinéa à l'article... attendez que je me retrouve, là, juste être
sûr... Bon, c'est ça, en plus de modifier l'article... l'alinéa ajouté à
l'article 294.0.1 pour inclure les corridors scolaires, Piétons Québec
recommande qu'une modification du règlement encadrant l'établissement des zones
scolaires et définissant une période <scolaire...
M. Grandmont :
...l'établissement
des zones scolaires et définissant une période >scolaire... Non, ce
n'est pas ça. Je suis à côté. L'objectif, en fait, c'est d'amender le 294.0.1
pour s'assurer que tous les gestionnaires de chemins routiers, là, de routes,
en fait, y apposent la signalisation adéquate. Il y a une signalisation qui
existe au Québec pour les corridors scolaires, je pense que les gens la
connaissent, là, c'est les petits panneaux jaunes, corridor... corridor
scolaire. Bien, c'est de forcer les municipalités à installer cette
signalisation-là. C'est peut-être le minimum à faire, mais au moins ça envoie
un signal à l'effet qu'il y a des petits piétons, des jeunes, là, qui sont de
l'âge du primaire ou du secondaire, qui circulent sur ces routes-là. Puis les
automobilistes doivent être attentifs, doivent être plus prudents. Donc, voilà.
Moi, je réinsiste. Je ne comprends pas
pourquoi on ne retrouve pas cette notion-là, d'autant plus que ça a été demandé
par plusieurs groupes. Ça a été demandé, notamment, par le collectif Pas une
mort de plus, Piétons Québec, Vivre en Ville, notamment, qui avaient demandé à
ce qu'on revienne à ce qui était tout simplement écrit dans le plan d'action.
Tout le monde avait salué cette partie-là, là, tout le monde était content de
l'effort qui était mis autour des écoles. Évidemment, le plan d'action, à bien
des égards, là, pourrait aller plus loin, là. Mais, sur ce qui faisait
consensus, il y avait la zone scolaire, il y avait le corridor scolaire. On ne
s'explique pas pourquoi Mme la ministre décide de le retirer sous l'argument
que c'est difficile à définir, alors qu'on a eu le temps en masse de le faire.
Puis moi, je vous en propose une, puis je suis même ouvert à ce qu'on la
revoie, quitte à ce qu'on la suspende, là. On peut suspendre cet amendement-là
aussi, un bout de temps, le temps que les experts du ministère des Transports,
que je salue, nous trouvent la bonne... la bonne définition, puis on reviendra
en temps et lieu. Je pense encore... je pense encore une fois qu'on passe à
quelque chose... à côté de quelque chose de vraiment très, très gros, qui constituait
essentiellement le cœur du Plan d'action en sécurité routière de Mme la
ministre. Voilà pour l'instant.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, je veux juste réitérer très clairement que j'ai
le même objectif que mon collègue, là, tu sais, c'est pour ça que j'ai fait la
mesure 2, là, on n'était pas obligés de le mettre. C'est nous qui avons
fait le plan. On n'était pas obligés. On aurait pu mettre juste les zones
scolaires. Donc, clairement, il y a un intérêt. Mais la nuance, c'est que les
zones scolaires, c'est déjà un concept avec lequel tout le monde est habitué de
travailler. Donc, c'est, en quelque sorte, plus simple, non pas que c'est
simple nécessairement à opérationnaliser, là, un peu partout, mais, au moins,
c'est déjà plus clair. Et ce n'est pas nouveau. C'est éprouvé comme concept
puis comme... comme notion de référence. Le corridor scolaire, avant de penser
ajouter des obligations d'aménagements sécuritaires... puis, en fait, pas
avant, mais, tu sais, simultanément au fait qu'on y ajoute des obligations
sécuritaires, on... on doit d'abord, là, s'entendre sur une définition. Puis
c'est là... c'est là, là, je pense, l'importance, puis je ne pense pas que,
quand on parle de notions aussi complexes... Parce que, quand même, c'est
facile à discuter comme ça ici, mais, dans la vraie vie, là, c'est des choses
qui donnent lieu à des processus, puis à des actions, puis, tu sais, à des
diagnostics de sécurité, puis à des changements, des propositions de
réaménagement, puis des projets, puis de la réalisation de projets, et tout ça.
Donc, je ne pense pas qu'on peut faire l'économie de la consultation pour avoir
une définition qui convient à tous.
Puis, tu sais, on a passé presque
10 heures ici en motion pour nous demander toujours, toujours, toujours
plus de consultation, alors qu'on avait... on en avait fait déjà
17 heures. Et là, tout à coup, pour une nouvelle notion, qui va avoir des
incidences majeures sur 1 200 municipalités au Québec, on ne ferait
aucune consultation. Moi, je pense qu'on escamoterait quelque chose dans le
processus. Non pas qu'on ne veut pas adhérer à notre propre plan, mais je pense
que c'est correct de faire les choses dans l'ordre. Et là on met... on met... Parce
qu'il va y avoir une première rencontre déjà le 10 avril. Puis, quand on
regarde aussi les échéanciers, le livrable pour la mise à jour du guide, c'est
2024. Donc, on est dans nos échéanciers. On est seulement au mois de mars, et
là il y aura une première rencontre déjà le 10 avril, et il y a plusieurs
groupes qui vont être convoqués, là, à cette... à cette rencontre là pour
commencer le travail de mise à jour. Donc, on aura ces rencontres-là, on aura
les discussions.
Il y a tant des... autant des municipalités
que des groupes d'intérêts, des groupes de parents, des groupes comme Accès
Transports viables, etc. Donc, il y a une foule de gens qui vont... évidemment,
la SAAQ, le ministère. Il y a ces gens-là qui vont se rencontrer. Donc on va
travailler ensemble, on va arriver avec une définition qui fait consensus, on
va se donner des objectifs, aussi, qui font consensus, partant du principe que
tout le monde est de bonne foi puis comprend que ça va ajouter des exigences
qui n'existaient pas avant, parce que c'est ça, le... c'est ça, le principe du Plan
d'action en sécurité routière. Puis on va être capables de livrer un guide
actualisé, en 2024, qui va générer des aménagements plus sécuritaires non
seulement dans les zones scolaires, mais dans les corridors scolaires, selon
leur future définition.
M. Grandmont : Donc, le
10 avril, c'est une rencontre pour les... Redécouvrir le chemin de
l'école ou c'est...
Mme Guilbault :Oui, les premières rencontres.
M. Grandmont : OK, puis les
tomes... les tomes I et V, ça, c'est-tu déjà en cours, ces
consultations-là ou ce travail-là pour la refonte? Tant qu'à être là-dessus, là.
Mme Guilbault :Oui, bien... oui, ça, c'est les... les tomes, ils sont à ma
mesure... ils sont dans mon axe 2, je pense, de <mémoire...
Mme
Guilbault :
Oui, bien... oui, ça,
c'est les... les tomes, ils sont à ma mesure... ils sont dans mon axe 2,
je pense, de >mémoire, là...
M. Grandmont : C'est au début,
c'est au début.
Mme Guilbault :Ah! ils sont au début. C'est ça. Là, je n'ai pas les dates.
M. Grandmont : Ou je me trompe,
là. Non, ce n'est pas au début, excusez-moi.
Des voix : ...
Mme Guilbault :...les travaux internes... c'est drôle, comment ça...
M. Grandmont : C'est des...
mesure 8, mesure 8. Action 8.
Mme Guilbault : ...capable
de trouver mes affaires...
M. Grandmont : Les deux
tomes, c'est action 8.
Mme Guilbault :C'est l'action 2, oui, c'est ça.
M. Grandmont : Huit, huit, huit.
Mme Guilbault :L'action 8, OK. Ah oui, c'est ça. Bon, depuis hier, je
les cherche, je ne sais pas pourquoi. Oui, c'est ça. Non, mais les travaux sont
commencés à l'interne, et puis il y aura là aussi des discussions, mais c'est sûr
que, tu sais, quand on parle d'intégrer les aménagements dans la prochaine
norme, il va falloir discuter, entre autres, justement, avec les municipalités,
surtout pour le tome I. Alors, oui, c'est en cours. Parce que ça aussi,
les livrables... mais, si on regarde, moi, j'ai mis des livrables avec des
échéanciers précis justement pour qu'on puisse s'y référer. Donc, tester des
nouveaux aménagements, c'est cette année, mais intégrer... avoir une nouvelle
norme, c'est 2025 pour le tome I, puis le chapitre Piétons, 2026, c'est un
plan d'action 2023-2028, on s'en rappelle, et, pour le tome V, c'est
cette année aussi, les nouvelles dispositions.
• (15 h 30) •
M. Grandmont : Parfait. Donc,
si je résume, dans le fond, donc, dans le plan d'action, on avait des mesures,
on voulait... On parlait de corridors et d'aménagement, de corridors et de
zones scolaires. Là, dans la loi, on parle de zones scolaires parce que c'est
un concept qui, selon ce que vous... ce que la ministre dit, ça se définit
mieux. On a une définition commune. Et donc, là, il y aura force de loi pour
dire : Bien, dans ces zones scolaires là, il y aura une obligation de
signalisation et d'aménagement. C'est ce que... dans le fond, comme, ça va être
compris dans la loi, puis après ça, bien, les guides viendront définir, en
fait, quels types d'aménagement puis quels types de signalisation on doit
faire. Ce qui ne sera pas le cas des corridors parce qu'on n'a pas de
définition, disons, consensuelle, et donc, dans ce cadre-là, bien, on va avoir
encore une fois le guide Redécouvrir le chemin de l'école, il va y avoir
les tomes I et V, et, dans tous les cas... et, dans tous les cas, cette...
il n'y aura pas d'obligation, il n'y aura pas d'obligation à court terme, ça va
être sur une base volontaire, puis même, Mme la ministre a parlé de
mobilisation des parents pour essayer d'influencer les pouvoirs publics aux différents
paliers, en tout cas...
Mme Guilbault :...participer aux travaux de révision.
M. Grandmont : Pour
participer, oui, évidemment, puis tout ça. Moi, ce que je ne comprends pas, Mme
la ministre, puis je reviens toujours à ça, c'est que, dans le plan d'action,
l'action 2, c'est : «Rendre obligatoire l'aménagement sécuritaire des
zones et des corridors scolaires.» Pour moi, une obligation, ça relève d'une
loi, puis là ce que vous me dites, c'est que, pour les zones scolaires, ça va
être obligatoire, donc ça relève d'une loi. Puis, de l'autre côté, les
corridors, bien, ça ne sera pas obligatoire, ça va relever de guides, ça va
relever d'orientations qui vont être prises. On va inciter les gens à se
mobiliser, mais on n'est pas... on n'est pas en train de le rendre obligatoire.
Le plan d'action est clair, c'est rendre obligatoires la signalisation et les
aménagements pour les corridors et les zones, ce n'est pas : un, c'est
obligatoire, puis l'autre, ce n'est pas obligatoire. Pour moi, donc, si ça doit
être obligatoire, les deux doivent être inscrits dans la loi.
Et c'est pour ça que je propose un
amendement, d'ajouter une définition pour définir ce que c'est, un corridor
scolaire, puis, après ça, qu'on puisse enfin, à l'article 294.0.1, venir
dire aux municipalités que, dans les corridors scolaires, ils vont devoir faire
la signalisation. Mais on ne peut pas avoir... C'est des pommes puis des
pommes, là, ce n'est pas des pommes et des oranges dans le plan d'action.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, c'est la même explication que tout à l'heure, la
signalisation, le tome V, c'est des choses qui existent déjà. Oui, on va
les... on va le faire évoluer, on va faire une révision. Les zones scolaires,
c'est déjà un concept avec lequel on travaille. Il y en a plusieurs, déjà, à 30 kilomètres-heure,
il y en a plusieurs qui ont des aménagements sécuritaires, pas toutes, mais le
corridor scolaire ne sera pas le... ne s'incarnera pas de la même façon sur le
territoire des municipalités dépendant où on se trouve.
Alors, je suis même étonnée que le député,
après avoir passé des heures et des heures à revendiquer des consultations sur
un projet de loi qui avait déjà eu 17 heures de consultations, souhaite
aujourd'hui qu'on fasse l'économie de la consultation des groupes qui vont être
directement concernés. Bien, alors, on ne peut pas faire la consultation ici,
donc il faut la faire une fois qu'on aura terminé le projet de loi puis,
ensuite de ça, fonctionner avec le futur guide amélioré, amélioré sur la base
de discussions entre différents groupes, des municipalités, des centres de services
scolaires, etc.
M. Grandmont : Là, Mme la
ministre me met des mots dans la bouche. Ce n'est pas vrai que j'ai dit que je
voulais qu'on fasse l'économie d'une consultation. Évidemment, qu'on en fasse,
tant mieux. J'ai dit, tantôt, que le projet de loi... le plan d'action a été
déposé en août 2023, on aurait eu en masse le temps, entre ce moment-là puis le
dépôt d'un projet de loi, le projet de loi n° 48,
pour bien définir ce que c'est, un corridor scolaire, trouver une définition
consensuelle de ce que c'est, on s'est retrouvés avec plein de groupes, pendant
les audiences, qui ont <décrié le fait...
>
15 h 30 (version révisée)
<19267
M.
Grandmont :
...ce que c'est qu'un corridor scolaire, trouver
une définition consensuelle de ce que c'est. On s'est retrouvés avec plein de
groupes, pendant les audiences, qui ont >décrié le fait qu'on n'était
pas... qu'on avait retiré, finalement, puis je partage leur point de vue là-dessus,
la notion de corridor scolaire dans le PL n° 48, alors qu'il se trouve
dans... dans le plan d'action.
Mais j'aimerais que vous me répondiez à la
question suivante : Comment vous allez rendre obligatoire — puis
je vais reprendre les mots, là, du plan d'action — rendre obligatoire
l'aménagement sécuritaire des corridors scolaires si on ne le met pas dans la
loi? Comment ça peut être obligatoire, les aménagements puis la signalisation,
si on ne le met pas dans la loi?
Mme Guilbault :Bien, ce sera via les... ce sera via les règles qui vont
être prescrites dans le futur guide, en fait, le guide...
M. Grandmont : Mais le
guide...
Mme Guilbault :
...qui existe déjà, mais qui... la future mise à jour.
M. Grandmont : Mais le guide
ne fait pas... ne fait pas... comment qu'on dit ça, c'est quoi, l'expression...
Une voix : ...
M. Grandmont : ...ne fait pas
force de loi, merci, n'a pas force de loi. Le guide n'a pas force de loi, Mme
la... Mme la ministre. C'est la loi qui vient dire ce qui est obligatoire puis
ce qui... ce qui ne l'est pas. Donc, si tout ce qui se trouve dans les
politiques gouvernementales puis dans tous les guides de référence est
obligatoire, bien, il y a bien des choses qui se régleraient au Québec. On est
passés à travers bien des projets de loi récemment, puis il y a des politiques
qui allaient très loin, puis les lois étaient pas mal moins sévères.
Moi, vraiment, là, j'aimerais que vous
répondiez à ma question. Comment on va s'assurer que c'est obligatoire de faire
des aménagements et de faire la signalisation dans les zones... dans... dans les
corridors scolaires si ce n'est pas inscrit dans le projet de loi n° 48?
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien... Oui?
M. Grandmont : ...rouvrir la
loi, quand vous aurez trouvé votre définition avec votre groupe de travail pour
finalement inscrire «corridor scolaire» dans... dans un autre projet de loi qui
viendra modifier le Code de la sécurité routière?
Mme Guilbault :Non. Bien, justement, comme j'expliquais ce matin, le but,
c'est de ne pas être obligés de toujours revenir dans la loi pour pouvoir
faire... pouvoir poser des gestes en matière de sécurité routière, donc, mais,
comme je l'ai dit, on a un plan, ici, qui est quand même un plan dont on doit
répondre, nous, comme gouvernement, qu'on a choisi d'élaborer de cette façon-là.
Alors : «Rendre obligatoires les zones et corridors, notamment par la
prise en compte du guide d'application élaboré par la ministre des Transports».
Et ce guide-là, à 2.2, va être actualisé sur la base d'une consultation pour en
arriver à une définition qui va faire consensus et, ensuite de ça, des
objectifs d'aménagement sécuritaire qui vont présupposer aussi des diagnostics,
qui sont une autre mesure que j'ai plus loin. Donc, tout ça, évidemment, est
inextricablement lié, là. C'est l'ensemble du plan qui va nous permettre d'atteindre
les objectifs.
M. Grandmont : ...si, dans le
fond, le guide, là, Redécouvrir le chemin de l'école, si le tome I, le tome
V sont... effectivement, là, font un travail sur la notion, là, de corridor
scolaire. Dans le fond, est-ce que, Mme la ministre, vous vous... vous... vous allez
considérer que les villes ont l'obligation de mettre des aménagements et des...
de la signalisation dans les corridors solaires... scolaires? Et est-ce que
vous allez intervenir pour forcer les municipalités, sur la base de vos guides,
Redécouvrir le chemin de l'école, le tome I, le tome V... Est-ce que
vous allez invoquer ces... utiliser ces documents-là pour intervenir auprès des
municipalités qui ne respecteront pas, dans le fond... qui sont... qui seront
récalcitrantes à mettre en place les aménagements et la signalisation? Est-ce
que c'est ça que vous nous dites?
Mme Guilbault :Bien oui, ça va de soi, puisqu'on prend la peine de dire qu'ils
vont devoir faire des aménagements. Mais, tu sais, l'autre chose aussi, c'est
que, déjà, ce plan-là, il est sur cinq ans. Ce n'est pas pour rien, c'est parce
que c'est des choses qui sont quand même compliquées, là, on ne peut pas tout
faire du jour au lendemain. On le voit, le temps que ça prend, faire quelque
chose. Et, ensuite de ça, avec les 1,5 million de kilomètres carrés qu'on
a au Québec, ça va prendre aussi un certain temps aux municipalités, surtout
pour les aménagements déjà existants. Je ne dis pas «les futurs quartiers», ça,
on peut les développer à la lumière des préoccupations d'aujourd'hui, mais, pour
les quartiers existants, ça va prendre un certain temps, aussi, pour les
municipalités. Tu sais, là, les travaux vont être faits, le guide va être mis
en place, ensuite de ça vont partir avec ce guide-là, vont poser le diagnostic
de sécurité dans leurs propres zones, corridors scolaires, vont arriver avec
des projets, vont réaliser les projets. Donc, tout ça va se faire graduellement,
mais, au moins, le signal est très fort puis, en plus, dans les moyens qu'on a
bonifiés, entre autres avec le TAPU.
Mais, pour moi, c'est évident, là, tu
sais, pour moi, c'est très clair, quand je le lis, c'est la mesure n° 2.
On a entendu tant l'UMQ que la FQM, qui est venue nous rencontrer. Il n'y a
personne, en ce moment, qui n'est pas dans le même élan que nous de vouloir
avoir plus de sécurité routière. Je me souviens d'amis à vous qui étaient
venus... bien, d'amis, en fait, je veux dire, de collaborateurs, là, les... nos
amis, tous communs, de Pas une mort de plus qui avaient pris la peine de venir
me rencontrer chez nous, dans Louis-Hébert, et qui m'avaient déposé un gros
cartable de résolutions municipales, ils m'avaient amené une foule de
résolutions municipales qui disaient toutes : Considérant que ça prend
plus de sécurité, considérant qu'on veut tous, tu sais... puis, en voulant <dire...
Mme Guilbault :
...m'avaient amené une foule de résolutions
municipales qui disaient toutes : Considérant que ça prend plus de
sécurité, considérant qu'on veut tous, tu sais... puis, en voulant >dire,
il y a une conscientisation, là, actuelle, là, puis il y a un momentum depuis
le tristement connu décès de la petite Mariia. Alors, une foule de résolutions
où c'est facile de dire : Ça prend plus et mieux quand, finalement, tu
as... mais tu n'as pas de balise claire, tu n'as pas de budget. Alors là, j'ai
dit : Parfait, assoyons-nous puis trouvons quelque chose de réaliste qui
va atterrir pour vrai dans la vraie vie.
M. Grandmont : Bon,
d'abord, dans la vraie vie, là, les parents se mobilisent, mais c'est difficile
d'avoir ces aménagements-là tant qu'il n'y aura pas d'obligation de les faire.
Ce n'est pas sur la base de guides, même s'ils sont aussi bons, qu'on va forcer
les municipalités et qu'on va, dans le fond, obliger à avoir au moins une
signalisation sur les corridors scolaires. Il n'y a pas des écoles partout sur
les 1,5 million de kilomètres carrés du Québec non plus. Le territoire est
grand, mais on est assez concentrés dans le sud. Je pense que Mme la ministre
le sait.
Peut-être une dernière chose, moi, je
pense qu'on est encore... puis, je le répète parce que c'est très important, on
est en train de passer à côté de 85 % des collisions qui mènent à des
accidents... à des... à des blessures, 95 % des accidents qui mènent à des
décès sur le chemin de l'école. Ce n'est pas suffisant, mais c'est le choix de
la ministre. Je vais rester là pour l'instant, mais déception. Merci.
Mme Guilbault :Je vais juste peut-être compléter.
Le Président (M. Jacques) : Oui,
Mme la ministre.
• (15 h 40) •
Mme Guilbault :En tout respect des propos de mon collègue, je veux juste
préciser qu'on ne passe pas à côté de ces décès-là. C'est la raison pour
laquelle on aborde les corridors scolaires dans le plan d'action. Sinon, on
aurait pu faire le choix de ne pas aborder les corridors scolaires, de se
simplifier la vie puis de juste parler des zones scolaires, mais on voulait en
faire plus. C'est pour ça qu'on introduit les corridors dans le plan.
M. Grandmont : ...il
fallait le garder dans le projet de loi aussi, pas juste le mettre dans un plan
d'action. C'est... ça n'a pas... ce n'est pas contraignant.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement de l'article 2
amendé? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à
l'article 2 amendé est adopté? Par vote nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
: Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : ...
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Contre.
La Secrétaire
: M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire
: Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire
: Et M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
Maintenant, nous revenons à l'article 2 amendé. Est-ce qu'il y a d'autres
discussions sur l'article 2 amendé? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : ...merci,
M. le Président. Je vais avoir un autre amendement à proposer. Je crois qu'il a
déjà été envoyé.
Une voix : ...
M. Grandmont : Oups! Ce
n'est pas le bon, ça.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 41)
(Reprise à 15 h 43)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous en étions au dépôt d'un
amendement à l'article 2 amendé de M. le député de Taschereau. M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui,
merci beaucoup. En fait, là, c'est un... c'est un ajout, encore une fois, une
autre définition que nous souhaitons adopter, là, au projet de loi. Il consiste
en fait à définir, là, ce que c'est que les aides à la mobilité motorisée.
Donc, j'y vais comme suit, là :
Modifier l'article 2, tel qu'amendé,
par l'ajout, à la fin, de :
«Et de la définition suivante :
«"aides à la mobilité motorisées"
: appareils conçus pour pallier une incapacité à la marche, tels les fauteuils
roulants électriques, les triporteurs et les quadriporteurs.»
Cette... il est souvent question, en fait,
là, des aides à la mobilité dans le discours public. Puis on est... on a
plusieurs... plusieurs... On en a parlé, quand même, là, aussi, là, de... du
type de véhicule de micromobilité qu'on peut retrouver sur les... sur les
aménagements <cyclables...
M. Grandmont :
...on
a plusieurs... plusieurs... On en a parlé, quand même, là, aussi, là, de... du
type de véhicule de micromobilité qu'on peut retrouver sur les... sur les
aménagements >cyclables, notamment, ou sur les trottoirs. Puis on se
retrouve avec un... une incroyable diversité de véhicules électriques de petite
taille qui, malheureusement, se disent de la mobilité... de l'aide à la
mobilité motorisée.
Or, il y a des projets qui ont été faits,
des projets de... des projets pilotes qui ont été faits par le ministère des
Transports, et on... tu sais, pour s'assurer que, finalement, là, les fauteuils
roulants électriques, les triporteurs, les quadriporteurs étaient effectivement
les vrais véhicules qu'on peut considérer comme des aides à la mobilité
motorisée puis s'assurer aussi qu'on ne se retrouve pas avec toutes sortes de
véhicules qui vont à des vitesses toutes variables.
Puis, en même temps, il y a une explosion,
là, de ces... de ces véhicules-là, mais... puis c'est une bonne chose, je pense
que c'est bien de les avoir, mais, pour être capable de savoir où a le droit de
circuler, éventuellement, plus loin, là, dans le projet de loi n° 48, là, dans
le Code de la sécurité routière, où a le droit de circuler quel véhicule dit de
micromobilité ou encore d'aide à la mobilité motorisée, on trouvait important
de venir identifier, là, bien nommer, en fait, ce dont il était question. Donc,
c'est pour ça qu'on vient le nommer. Puis, dans ce cas-là, c'est vraiment des
outils qui sont utilisés par... qui sont... qui sont, en fait, donnés... pas
donnés, mais autorisés par des professionnels de la santé. Donc, on ne peut pas
aller dans une boutique s'acheter un véhicule de ce type-là sans avoir eu une
recommandation, là. En tout cas, à tout le moins, il faut qu'elle soit
remboursée, en partie du moins, là, par les bons bailleurs publics. Et on est
partis tout simplement, là, de la définition, là, du ministère des Transports
et de la Mobilité lui-même.
Donc, c'est pour ça qu'à l'intérieur du
Code de la sécurité routière ce qu'on souhaite, c'est venir apporter cette
modification-là pour être sûrs que, plus loin quand on dira, bien : Tel
véhicule a le droit de circuler sur tel type d'aménagement, bien, on puisse
référer finalement au bon mode de transport, c'est simplement ça.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Bien, encore une fois, je... ce n'est pas une notion qui
est actuellement définie, donc... puis elle n'est pas traitée non plus, c'est
ça, dans le projet de loi. Alors, je... C'est... c'est...
Des voix : ...
Mme Guilbault :
C'est ça, ça fait que ce n'est pas quelque chose qui est... qui est dans la
loi. On n'est pas à un stade où on a une maturité, je dirais, de... des projets
pilotes, des expérimentations, de la documentation, etc., de l'expérimentation
pour en arriver avec une définition dans la loi. Ce n'est pas quelque chose qui
est abordé dans le projet de loi. Alors, c'est... je dirais que c'est
périphérique à notre propos.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député.
M. Grandmont : Bien, la
définition, là, c'est celle du ministère des Transports lui-même, là, qui avait
lancé un projet pilote, puis qui s'était terminé le 1er juin 2020, puis
qui avait confirmé l'importance d'encadrer l'utilisation des aides à la
mobilité motorisée. Et donc le ministère a ainsi jugé essentiel de poursuivre
cet encadrement, celui-ci s'inscrivant dans sa mission qui est d'assurer la
mobilité des personnes par des systèmes de transport efficaces et sécuritaires.
Donc, si on parle de systèmes efficaces et sécuritaires, bien, on parle de
sécurité routière, notamment. Donc, on est pas mal dans un projet de loi qui
traite de sécurité routière.
Donc, c'est pour ça qu'on voulait
s'assurer d'avoir cette définition-là inscrite au Code de la sécurité routière
pour y référer de manière ultérieure dans le... dans le Code de la sécurité
routière, tout simplement. Puis j'invite la... Mme la ministre à consulter, là,
ses collègues, là, du ministère. Je veux dire, il y a une définition qui
existe. Il y a un projet pilote qui est terminé depuis trois ans et demi. Donc,
il y a une certaine forme de maturité, j'ose espérer, là, du... puis au niveau
de la connaissance aussi, une certaine connaissance, là, du côté du ministère.
L'objectif est de simplement s'assurer
qu'on ne dévie pas de ce que c'est, la définition d'une aide à la mobilité
motorisée et que... et que, quand on va venir préciser sur quelles
infrastructures une aide à la mobilité... motorisée peut circuler, bien, on
puisse savoir qu'on s'adresse... ou, en fait, qu'on identifie, qu'on fait
référence à des véhicules qui ont été nommés dans... qui ont été identifiés
dans les définitions prévues à l'article 4 du Code de sécurité routière.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, c'est ça, c'est qu'on... parce que c'est... après le
projet pilote, il y a un arrêté qui existe, qui doit être public, j'imagine,
quelque part, donc, sur les aides à la mobilité. Je ne suis pas habile avec <l'informatique...
Mme Guilbault :
...après le projet pilote, il y a un arrêté qui
existe, qui doit être public, j'imagine, quelque part, donc, sur les aides à la
mobilité. Je ne suis pas habile avec >l'informatique, moi, je n'ai pas
d'ordinateur. Enfin, il y a un arrêté qui existe, donc, puis éventuellement le
souhait, ce sera de le transposer dans le Code de la sécurité routière, mais,
comme je disais, actuellement, on... on n'est pas à ce stade-là. Ça va être...
puis là j'ai... j'ai mes équipes qui me confirment qu'il y a une complexité
autour de ça, donc ce n'est pas dans le propos du projet de loi actuel. Le
projet de loi, c'est essentiellement pour les systèmes... les nouveaux systèmes
de détection et diverses autres dispositions, mais ce n'est pas un bloc
complexe qui fait partie du... de la proposition législative actuelle. Donc,
c'est des travaux qui vont continuer de se faire. Il existe déjà un arrêté pour
avoir un certain nombre de paramètres d'encadrement d'application, mais ce
n'est pas dans le propos du projet de loi.
M. Grandmont : ...évidemment,
comme on l'a dit, puis on va sûrement le répéter quand même assez souvent, le
projet de loi ne va pas assez loin. C'est un bon pas dans la bonne direction,
il y a des éléments là-dedans qui sont intéressants, mais souvent, outre le...
outre le recul, là, sur les corridors scolaires, là, ce qui fait défaut au plan
de... pas au plan, mais au projet de loi n° 48, c'est ce qui ne s'y trouve
pas.
• (15 h 50) •
On a une opportunité incroyable de...
justement, d'ouvrir le Code de la sécurité routière, et donc de pouvoir voir à
répondre aux meilleures, disons, mesures à mettre en place, comme législateurs,
pour améliorer le bilan de sécurité routière. On ne peut pas regarder ça juste
à travers la simple lorgnette, là, de ce qui se passe sur les quatre rues
autour d'une école, les chantiers de construction et ce qui a trait aux
véhicules hors route, là, qui sont les trois... essentiellement les trois... ah!
puis les... évidemment les systèmes de détection automatisés, là. La sécurité
routière, c'est beaucoup plus large que ça. Je pense que Mme la ministre est
bien au courant de ça.
Bien, j'aurais une question. Donc, oui, je
suis... j'étais au courant qu'effectivement il y avait un arrêté ministériel
sur cette notion, là, de... un arrêté relatif aux aides à la mobilité motorisée.
Ça, ça date quand même d'il y a quelque temps, là, comme... Je vais juste
revérifier, là, mais le... donc, l'arrêté avait été... avait été communiqué, il
y avait eu un communiqué sur l'arrêté ministériel qui avait été partagé, donc, par
votre prédécesseur, là, le 7 août 2020 suite à un projet pilote.
Donc, j'aurais deux questions. Pourquoi ça
tarde? Pourquoi, finalement, on ne l'a pas intégré dans le projet de loi
n° 48, d'une part, considérant le temps immense que ça fait? Puis
qu'est-ce qui rend la chose si complexe que ça? Parce que, si on a fait un
projet pilote, si on a fait un arrêté ministériel, qu'est-ce que... c'est Mme
la ministre qui l'a dit elle-même, là, c'est une question complexe, donc
j'aimerais connaître la nature de cette complexité-là.
Le Président (M. Jacques) :
...
Mme Guilbault :Oui. Bon, on vérifie avec l'expert de notre équipe, mais,
de façon générale, puis peut-être que moi aussi... chacun, on va probablement
répéter chacun de notre côté certaines choses au fil de l'étude, puis c'est
correct, puis c'est normal, mais il y a une infinité de choses sur lequel
pourrait porter... sur lesquelles pourraient porter des projets de loi. Alors,
c'est sûr qu'à un moment donné ça prend un spectre, tu sais, ça prend un...
comment on dit ça, un «scope», mais comment... je ne veux pas le dire en
anglais, un rayon, en tout cas, ça prend une portée...
Une voix : ...
Mme Guilbault :C'est ça, on circonscrit, tu sais, une... ça prend une
circonscription d'éléments à l'intérieur d'un sujet qui peut être vaste, puis
la plupart des sujets sont vastes. Puis, ça a été la même chose avec
l'expropriation, on a eu une foule de discussions puis, à un moment donné, on
se dit : Bien là, c'est ça qui est ça. Il y a des éléments finalement
qu'on choisit de ne pas aborder parce qu'on veut se concentrer sur l'essentiel.
Puis la sécurité routière, Dieu sait que
c'est un univers qui est vaste, c'est pour ça que je répète souvent que ce
projet de loi là, il sert à donner suite au plan. Et le Plan d'action en
sécurité routière, là, peut-être pour l'exemplifier de la façon la plus
visuelle possible, il est fait d'une manière où il y a un échéancier, mais il y
a aussi un livrable, il y a une colonne livrable. Et, dans le fond, puis je
pense que ça va être peut-être vraiment la façon la mieux imagée, pour chacun
des... chacune des mesures ou sous mesures pour laquelle, dans la colonne
livrable, il est écrit «projet de loi déposé», c'est ça qu'on trouve,
essentiellement, dans le projet de loi.
Il y a plein d'autres choses intéressantes
puis pertinentes qui pourraient être abordées. Puis, un jour, il y aura un
autre projet de loi sur le CSR, assurément, puis ils vont faire autre chose,
comme moi, je fais autre chose que ce que mes prédécesseurs ont fait. Et donc...
mais, tu sais, c'est ça, là, le propos du projet de loi, là, c'est de donner
suite aux mesures pour lesquelles, dans la colonne livrable, il est écrit
«projet de loi déposé». Ça fait que, déjà, vous voyez, mesure 1.1, là : «Fixer
la vitesse à 30 kilomètres-heure dans les zones scolaires.» Ensuite de ça,
bon, tu sais... puis là je ne les ferai pas un par un, je ne veux pas gaspiller
le temps, sauf que c'est ça, le principe. Et le sujet de l'arrêté en question
puis ce dont on est en train de discuter n'est pas une mesure du plan qui...
pour laquelle on a besoin de faire des modifications législatives.
Et, avant que, peut-être, le collègue me
dise qu'il y a des articles sur le VHR qui ne sont pas dans le plan <d'action...
Mme Guilbault :
...qui... pour laquelle on a besoin de faire des
modifications législatives.
Et, avant que peut-être, le collègue me
dise qu'il y a des articles sur le VHR qui ne sont pas dans le plan >d'action,
j'aurai l'intention de déposer un amendement pour les retirer. Alors, avis à
tous, si jamais on... on voulait... Parce que c'est vrai que ce n'est pas... ce
n'était pas... on voulait régler ça en même temps, mais, bon... mais il y a
d'autres petites choses périphériques, il faut dire, notamment sur les permis,
les interdictions pour les nouveaux permis de moto, mais bref. Alors, c'est ça,
mais, sinon, j'ai mon collègue ici...
M. Grandmont : ...
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : Oui, c'est
vrai que le plan d'action... vous référez beaucoup au plan d'action,
évidemment, puis d'ailleurs je suis content d'entendre, là, l'histoire, les...
que vous allez retirer éventuellement ce qui réfère aux véhicules hors route.
Ça m'enlève... vous me scoopez, là, vous m'enlevez une opportunité de vous
rappeler. Non, je sais bien, mais probablement que les... la Fédération
québécoise des municipalités, notamment, a dû faire... réaliser que c'était
quand même un peu un alourdissement, là, de leurs tâches.
Par ailleurs, moi, tu sais, je fais ça
pour... vous le savez, là, pour le bien commun, pour le bien collectif. Je veux
avoir le meilleur plan de sécurité routière. Puis c'est tout à votre avantage.
Plus vous allez avoir un meilleur Code de sécurité routière puis un meilleur
bilan routier, bien, plus, collectivement, on va être... on va être gagnants,
puis plus vous serez aussi la ministre de la Mobilité durable qui aura permis d'avoir
un bilan positif sur la... Ça fait que je fais ça pour vous aussi, là, c'est
pour vous dire... Mais vous pouvez passer la parole à votre collègue.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Si vous voulez vous nommer et nommer votre titre, s'il vous
plaît.
M. Scott (Jean-François) : Bonjour.
Jean-François Scott, conseiller en réglementations, en politiques au ministère
des Transports. Si je m'éloigne, on m'entend? OK. C'est bon.
Des voix : ...
M. Scott (Jean-François) :
Super. C'est tellement plus confortable. Donc, comme Mme la ministre disait, il
y a... il y a les équipes, entre autres notre équipe au ministère, qui
travaillent sur le dossier des AMM, les aides à la mobilité motorisées. Il y a
eu le projet pilote, comme vous le disiez, qui avait été prolongé à l'époque.
Maintenant, il y a un arrêté ministériel pris en vertu du code, donc il y a un
encadrement complet relatif aux AMM. Oui, il est souhaité, évidemment,
d'intégrer tout ça dans le CSR éventuellement, mais, pour l'instant, il n'y a
pas de flou juridique ou d'absence de règles. Mais ça vient évidemment avec une
définition, comme vous le mentionniez, bien, des règles de circulation
particulières, des règles en matière d'équipement, des signaux d'avertissement,
des dispositifs d'éclairage sur ces appareils-là. Donc, il reste des
consultations à parfaire, à mener. Donc, c'est un volet important qu'on veut
intégrer au code, oui, éventuellement. Et c'est un gros... un gros bloc, si je
peux dire. Je ne sais pas si Mme la ministre l'a dit, mais c'est pour l'instant
environ 40 articles, l'arrêté, donc c'est... c'est ça, c'est assez majeur.
M. Grandmont : Oui, je
comprends que c'est un... Puis ça va toucher de plus en plus de personnes
aussi, parce qu'on veut garantir la mobilité à tous et à toutes, donc, puis,
avec le vieillissement de la population, perte d'autonomie, disons que c'est...
ce n'est pas étranger au fait qu'on en voit de plus en plus aussi. Puis je
pense qu'il va falloir intervenir puis, encore une fois, aussi pour départager
ce qui en est puis ce qui n'en est pas, là. Parce que ça reste... comme vous le
disiez, même s'il y a une définition, ça reste, dans mon esprit à moi, en tout
cas, assez flou sur le terrain. Donc, il y a une complexité.
Vous dites qu'il y a encore des
consultations à faire. Qu'est-ce qu'il reste à faire comme consultations qu'on
n'a pas déjà fait dans le cadre... Est-ce que c'est parce que la technologie
évolue? Est-ce que c'est d'autres raisons? Qu'est-ce qui fait qu'on doive encore
consulter s'il y a déjà eu un projet pilote?
M. Scott (Jean-François) : Honnêtement,
je ne pourrais pas vous le dire en détail, parce que c'est des collègues à moi
qui travaillent plus spécifiquement là-dessus. Je connais le dossier également,
mais il y a eu des consultations à l'époque. Le projet pilote initial, je
crois, avait commencé en 2015, a été prolongé en 2018. Donc, comme vous le
dites, les choses évoluent, il faut mettre à jour ces consultations-là. Il y
avait divers organismes qui avaient été consultés à l'époque. Donc, je crois
qu'il y a encore des discussions qui ont lieu ponctuellement, mais, avant de
présenter un encadrement des règles à jour, complètes, évidemment, il reste ça
à attacher, oui.
M. Grandmont : Est-ce que la définition
qu'on propose, là, selon votre expertise... est-ce que la définition qu'on
proposait, c'est la bonne définition, en fait, là, des aides à la mobilité...
motorisées?
M. Scott (Jean-François) : Je
ne pourrais pas me prononcer là-dessus. Il y a une définition à l'arrêté.
Une voix : ...
M. Grandmont : Il y a une
définition à l'arrêté, donc dans l'arrêté.
M. Scott (Jean-François) : Oui,
tout à fait.
M. Grandmont : D'accord. Je
vais aller voir tout de suite, là, l'arrêté. Non, ce n'est pas vrai. D'accord,
bien, je vous remercie pour vos... pour vos réponses. Moi, je persiste à
penser, effectivement, que, comme je le disais tantôt, c'est quelque chose qui
nous pend au bout du nez, là, dans... pour de plus en plus de gens. Moi, j'invite
vraiment Mme la ministre à considérer à intégrer, à tout le moins, la
définition, qu'on peut... qu'on peut négocier. On peut consulter l'arrêté,
suspendre, regarder l'arrêté, s'assurer d'avoir la bonne définition puis, après
ça, suivre... laisser le travail suivre son cours.
Parce que, de toute façon, l'arrêté va
venir... va être intégré, Mme la ministre l'a dit elle-même, là, on veut
intégrer éventuellement tout cet arrêté ministériel là au Code de la sécurité
routière, puis, je pense, ce serait la bonne chose à faire. Là, ça fait depuis
2015, là, qu'on est sur la <question...
M. Grandmont :
...on
veut intégrer éventuellement tout cet arrêté ministériel là au Code de la
sécurité routière, puis, je pense, ce serait la bonne chose à faire. Là, ça
fait depuis 2015, là, qu'on est sur la >question, donc presque neuf ans.
C'est beaucoup de temps pour une question qui, finalement, aurait pu se régler
il y a quand même pas mal de temps. Je comprends qu'on fasse des projets
pilotes, je comprends même qu'on ait pu le renouveler à l'époque, là, mais là
ça fait... ça fait beaucoup de temps que ça... ça dure. Et c'est assez évident,
quand on regarde un peu ce qui se passe sur le terrain, de voir qu'il y a... il
y a besoin, là, finalement, de faire du ménage dans tout ce qui circule sur les
routes, sur les différents aménagements, sur les trottoirs, dans les
aménagements cyclables aussi. Donc, moi, je n'aurai rien d'autre à ajouter pour
l'instant, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement du député de
Taschereau à l'article 2 amendé? Donc, s'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article...
M. Grandmont : ...s'il vous
plaît.
Le Président (M. Jacques) : ...l'amendement
à l'article 2 amendé est adopté? Par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : ...
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Contre.
La Secrétaire
: M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire
: Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire
: Et M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
Merci. L'article est... l'amendement est rejeté. M. le député de Taschereau.
• (16 heures) •
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup. J'aurai un troisième et dernier... en tout cas pour l'instant,
proposition d'amendement pour l'article 2, là, tel qu'amendé. Je pense
qu'il a dû être... vous être envoyé, donc vous serez à même de le consulter sur
le Greffier. Est-ce qu'il apparaît déjà? Ah oui! Il est déjà là. Parfait.
Excellent. Donc, voilà. En fait, il y a une petite... une petite coquille, là,
je suis désolé, c'est...
Le Président (M. Jacques) :
...
M. Grandmont : Il ne s'agit
pas d'ajouter à la fin de l'article 2, mais de remplacer. En fait, oui,
c'est ça : Ajouter, à la fin de l'article 2 tel qu'amendé, l'alinéa
suivant :
L'article 4 de ce code est modifié
par le remplacement de «"bicyclette assistée" : une bicyclette
munie d'un moteur électrique» — oui, d'accord, ça se
tient — par :
«"vélo à assistance électrique" :
vélo équipé d'un moteur électrique alimenté par une batterie rechargeable pour
lequel il faut pédaler pour les utiliser.»
Oui, c'est ça, c'est qu'en fait, dans
le... l'article 4 du code... du Code de la sécurité routière, là, il y a
un... il y a une définition qui nous apparaissait désuète, là, passée date,
caduque : «"Bicyclette assistée" : une bicyclette munie
d'un moteur électrique.» On sait combien les vélos à assistance électrique ont
beaucoup évolué dans les dernières années. Il y a deux types... pour faire... pour
faire court, là, il y a deux types de vélos électriques, là. Il y a des vélos
électriques pour lesquels on... il y a... on n'a pas besoin de pédaler,
finalement, là, puis il y a un moteur assez fort avec un «throttle». Je ne sais
pas c'est quoi, le mot en français, c'est comme les... tous les mots de garage.
Si quelqu'un le connaît... En tout cas, vous voyez ce que je... ce dont je
parle, là. Donc, un «throttle» pour donner de la puissance au vélo, qui se met
à accélérer sans qu'on ait besoin de pédaler, au contraire des vélos à
assistance électrique. Et c'est... c'est d'ailleurs, là, ce qui se trouve,
là... les systèmes de vélopartage, là, Bixi à Montréal, àVélo ici, à Québec,
qui ont en tout ou en partie une flotte de vélos à assistance électrique, il
faut pédaler pour que ça avance. Et ce n'est pas les mêmes règles qui
s'appliquent, qu'on... qu'on ait un vélo à assistance électrique ou qu'on ait
un vélo électrique, là, avec, finalement, un accélérateur, sur lequel on n'a
pas besoin de...
Puis c'est deux... c'est vraiment deux
types de vélos très distincts l'un de l'autre. Quand il s'agit, là... Et je...
Actuellement, là, les vélos électriques sont... sont associés beaucoup à ce... à
un vélo... sont... sont associés aux vélomoteurs, pour lesquels il faut avoir
des permis de conduire, mais on sait très bien que, dans les prochains mois,
prochaines années, les règles pourraient être changées. Et il nous apparaissait
tout à fait pertinent, là, de revoir la notion de bicyclette assistée,
justement en utilisant une définition, là, que... qui est disponible, là,
notamment sur le site de... du CAA-Québec, là. On s'est inspirés de la
définition qu'ils ont... qu'ils ont donnée, là, pour justement bien venir...
pour bien venir définir ce qu'était un vélo à assistance électrique pour lequel
on doit pédaler. Ce n'est pas la même chose, ce n'est pas les mêmes vitesses
qui sont pratiquées, ce n'est pas le même niveau de dangerosité. Et, comme je le
disais tantôt, les vélos en système de vélopartage s'associent beaucoup plus à
des vélos à assistance électrique pour lesquels on doit pédaler.
Je ne sais pas si mon collègue de
René-Lévesque, qui m'a dit... qui nous a avoué hier prendre le transport en commun,
807, à Québec... s'il utilise aussi le vélopartage ici, à Québec. Il faut
s'abonner, ça vaut vraiment la peine. C'est vraiment un beau système, ça
fonctionne très bien. Moi, je l'utilise pour monter la côte de chez nous
jusqu'à l'Assemblée nationale. Je suis en veston puis j'arrive sans une goutte
de sueur au front. Ça fonctionne très bien. Pour vrai, là, ça vaut vraiment la
peine de l'essayer puis ça ne coûte vraiment pas très <cher en plus.
Donc...
>
16 h (version révisée)
<19267
M.
Grandmont :
...ça fonctionne très bien. Pour vrai, là, ça vaut
vraiment la peine de l'essayer puis ça ne coûte vraiment pas très >cher,
en plus. Donc, salut aux collègues du RTC, ils font un bon travail.
Tout ça pour dire qu'il nous semblait opportun
de venir modifier... remplacer cette définition-là, qui est caduque, par
quelque chose qui s'apparente beaucoup plus à ce qu'on trouve actuellement sur
les routes du Québec et aussi, là, dans les systèmes de vélopartage. Ça va être
très utile plus tard, quand on va vouloir modifier, là, des règles, notamment
en ce qui a trait, plus loin dans le Code de la sécurité routière, à l'obligation
de porter un casque, par exemple, à l'obligation, pour les 14-18 ans, de
suivre un cours de vélomoteur, un peu comme les scooters.
Quand on veut... Vous le savez, là, les
jeunes, là... Peut-être... Peut-être même avez-vous, vous-même, peut-être, M.
le Président, conduit un scooter quand vous étiez jeune, mais il fallait puis
il faut toujours, en fait, aussi conduire... passer un permis de cyclomoteur.
Puis actuellement, là, les jeunes de moins de 18 ans qui voudraient
utiliser les systèmes de vélopartage, donc des vélos à assistance électrique,
comme je le dis, qui, au sens de la loi, s'apparentent à des vélomoteurs, à des
cyclomoteurs, doivent suivre une formation de scooter. Ça n'a juste pas de bon
sens. Puis moi, je pense que, dans les villes comme à Québec ou à Montréal et
bientôt ailleurs, je n'en doute pas, on risque... on va voir se déployer ces
systèmes de vélopartage électrique. Bien, on est en train d'empêcher une bonne
quantité de jeunes de moins de 18 ans d'utiliser ces systèmes-là ou, en
tout cas, de le faire de manière parfois illégale. Je sais que ça se fait,
malheureusement, là. Donc, pour moi, c'est important de changer la définition,
parce que, si on veut éventuellement modifier les lois sur la question de l'âge
auquel on a le droit de commencer à prendre des systèmes de vélo à assistance
électrique partagé dans nos villes puis aussi l'utilisation du casque, bien, on
doit avoir la bonne définition, comme je le mentionne puis comme je le propose
ici.
Puis, le casque, c'est important aussi.
Vous savez que, M. le Président, au Québec, il n'y a pas d'obligation de porter
le casque quand on circule à vélo. C'est une bonne chose. Moi, j'ai toujours
prôné, là, la sensibilisation, les encouragements, les campagnes pour inviter
les gens à le porter. Puis ça fonctionne bien, là. Je ne me souviens plus des
chiffres exactement, ça fait longtemps que je ne les ai pas consultés, mais ça
tournait autour de 90 %, 95 % des gens qui portent un casque. Donc,
on a quand même beaucoup progressé.
Puis là, d'ailleurs, aussi dans les...
dans les endroits dans le monde où on oblige le port du casque, ce qu'on
remarque, c'est une diminution du nombre de personnes qui prennent le vélo pour
se déplacer. Ça tient à toutes sortes de raisons, là, le côté compliqué, le
côté esthétique. Bon, c'est l'obligation. Ça... aux gens, dans ce cas, alors
que la sensibilisation nous permet d'atteindre des objectifs adéquats.
Puis par ailleurs, bien, comme on va avoir
de plus en plus de routes qui seront sécuritaires, bien, le port du casque ne
sera pas nécessaire dans la mesure où le casque est utile quand il y a une
collision. S'il n'y a pas de collision, pour quiconque a roulé dans des... dans
des... dans des villes où, finalement, les aménagements cyclables sont de
qualité exceptionnelle, il n'y a pas de chance d'avoir une collision avec un
véhicule routier, donc le port du casque devient un peu accessoire, finalement.
Bon, je reviens au propos. L'idée, c'est
que, pour les vélopartages, le port du casque, quand il y a un vélo électrique,
là, à assistance électrique, on est obligé de porter le casque. Mais c'est
compliqué. C'est compliqué, de faire respecter ça. Soit les pouvoirs publics,
les services de police appliquent une espèce de tolérance, soit, bien, on
accepte qu'il y a moins de gens qui l'utilisent. Mais ce n'est pas ça, l'objectif.
L'objectif, c'est d'avoir de plus en plus de gens qui utilisent les systèmes de
vélopartage.
À Vancouver, ils ont essayé un système où
il y avait un système de prêt de casques. Bon. Je ne suis pas sûr que j'aurais
été très, très fan de prendre un casque sachant qu'il a été utilisé par
plusieurs personnes avant moi, là. Puis effectivement c'est ce qu'on se rendait
compte. C'est qu'en essayant de mettre... d'imposer le port du casque, mais en
mettant des systèmes de casques partagés, bien, on n'atteignait pas l'objectif
d'augmenter le nombre de personnes qui utilisaient ce système de transport là.
Donc, comment on fait pour y arriver?
Bien, c'est en ayant des systèmes de vélo à assistance électrique sur lesquels
on va pouvoir venir, par règlement, dire : Bien, on va baisser la
puissance, on va baisser la puissance des moteurs, ce qui fait que les
véhicules... les véhicules... les vélos vont rouler moins vite.
Vous savez, là, actuellement à Québec, par
exemple, les véhicules... les vélos à assistance électrique, là, partagés
roulent jusqu'à une vitesse maximum d'à peu près 30 kilomètres-heure. Ça
dépend comment qu'on pousse, mais c'est 30 kilomètres-heure que c'est
conçu pour être fait, là. Et, à 30 kilomètres-heure, on juge que le port
du casque est obligatoire. Si on baissait la vitesse à un peu moins de ça,
genre autour de 25, bien là le port du casque ne deviendrait plus obligatoire.
Donc, c'est important de garder l'idée que
le vélo à assistance électrique ne s'apparente pas à un cyclomoteur, pour
lequel, un, il est obligé d'avoir un casque, deux, il est obligé de suivre une
formation pour les 14-18 ans. Encore une fois, c'est des bonnes habitudes
de vie qui sont en train de se perdre et pour lesquelles on pourrait avoir des
gains significatifs pour l'avenir des transports, là, dans les... dans les...
dans les villes dans lesquelles on déploie ce genre de système là.
Donc, voilà pourquoi on propose cette
définition-là, qui est plus ajustée que celle qu'on a actuellement, là, dans le
Code de la sécurité routière, où on parle de bicyclette assistée : «Une
bicyclette munie d'un moteur électrique.» C'est beaucoup trop large. Ce qu'on a
besoin, c'est d'avoir quelque chose sur <lequel...
M. Grandmont :
...bicyclette
munie d'un moteur électrique.» C'est beaucoup trop large. Ce qu'on a besoin,
c'est d'avoir quelque chose sur >lequel... auquel on réfère dans la
vraie vie du vrai monde et sur lequel on pourrait avoir un certain pouvoir au
niveau législatif ou réglementaire par la suite pour s'assurer qu'un maximum de
gens l'utilise. Notamment, je reviens toujours sur la question du casque et de
l'obligation d'une formation pour les 14-18 ans.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup, M. le député. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, très intéressant, encore une fois. Tout ce qui touche
la sécurité routière de près ou de loin est intéressant et noble. Et ce sont
des choses sur lesquelles il faut travailler. Mais la mise à jour de la
définition de la bicyclette assistée, effectivement, devra faire l'objet d'une
mise à jour. Mais, en discussion avec mon même collègue, là, qui est dans ces
équipes-là, qui font ce travail-là, c'est, encore une fois, un gros bloc. Ça...
Tu sais, c'est plus... C'est moins simple que ça en a l'air, là. Alors, ça a
des incidences sur divers éléments, donc il faut prendre le temps de l'attacher
comme il faut. Et donc ce n'est pas un bloc qui est prévu dans le projet de
loi, donc, parce que, comme j'ai expliqué, le projet de loi donne suite aux
mesures du Plan d'action en sécurité routière, mais c'est certainement une mise
à jour sur laquelle il faudra travailler dans le futur.
• (16 h 10) •
M. Grandmont : Juste savoir
un peu, là, parce qu'après ça je... Mme la ministre, là, donne des réponses
assez... assez larges, là, en fait, là. Mais qu'est-ce qui... qu'est-ce qui
bloque? Qu'est-ce qui fait que c'est... ça prend autant de temps que ça? Ça
fait plusieurs années, quand même, que les vélos électriques ou vélos à
assistance électrique ont envahi nos rues. Bixi existe depuis des années, le
réseau àVélo, à Québec, existe depuis... on va être rendus à la quatrième
saison, je pense, cet été. Qu'est-ce qui fait que c'est aussi long que ça puis
qu'on n'agisse pas sur... pour l'intégrer finalement dans un... dans le projet
de loi? Moi, je pensais qu'après autant d'années, là, à voir des vélos
électriques se déployer, autant de représentations, il y a eu beaucoup de
consultations un peu partout, puis là on a une opportunité, on ouvre le Code de
la sécurité routière.
Puis par ailleurs, bien, je le rappelle
aussi, mais, moi, mon intention, c'est de le faire aussi pour les jeunes de 14
à 18 ans, qui, par ailleurs, se rendent à l'école en vélo à assistance
électrique. Ce n'est pas pour rien qu'on met autour des écoles secondaires,
notamment, puis on met autour des écoles... des cégeps... en fait, «écoles
secondaires», on ne le fait pas encore, parce que justement, ce n'est pas
supposé être utilisé par les jeunes, mais autour des cégeps, pour l'instant, on
met... on met des bornes, là, des stations de vélos... de vélos.
Donc, qu'est-ce qui fait que ça prend
autant de temps que ça? Puis quelle est la complexité dont on nous parle?
Mme Guilbault :Oui. Bien, à moins que le collègue de... Si c'est pour
avoir sensiblement le même propos que le collègue de Taschereau, je le
laisserais peut-être parler avant puis je répondrais après.
M. Derraji : ...ne vous
dérange pas. Ça va nous...
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, monsieur.
Ça va probablement nous aider, parce que ce n'est pas la première fois que
j'entends que le projet de loi émane uniquement du plan d'action. Et, à chaque
fois, il y a une réponse. C'est l'incidence et la complexité. Ça a été la même
réponse tout à l'heure par rapport à ce que le collègue présentait.
Juste qu'on clarifie. Donc, il n'y a pas
autre option qui a été étudiée qu'on ne peut pas à ajouter dans le projet de
loi? Parce que ce que le collègue amène comme amendement par rapport au vélo à
assistance électrique, sérieux, ça fait du sens. On croise tous des vélos
équipés d'un moteur électrique alimenté par une batterie rechargeable, pour lesquels
il faut pédaler pour les utiliser. Je pense que, tous autour de la table, on
les voit. Ils font partie du paysage.
Mme la ministre n'a pas arrêté de dire
qu'elle veut moderniser le Code de la sécurité routière. Mais je veux juste
comprendre, comme ça, ça va être clair pour l'ensemble du projet de loi. Deuxième
amendement, troisième, la même réponse, c'est que ça n'a pas été étudié. Donc,
on prend pour acquis que ce qu'il y avait dans le plan d'action, c'est ce que
vous voulez faire aujourd'hui dans le projet de loi. Mais il n'y a pas matière
d'amender, voir des choses que, probablement, elles ne figuraient pas dans le
plan d'action.
Le Président (M. Jacques) : ...
Mme Guilbault :Bien, ça dépend si on veut apporter des amendements à des
choses qui sont directement dans le projet de loi. J'ai moi-même déposé un
amendement, ce matin, suivant les commentaires du collègue de Taschereau parce
qu'on était dans le propos. Mais, le projet de loi, l'objectif puis le plan
d'action, c'est d'améliorer le bilan aussi. Il ne faut pas perdre ça de vue,
là. Alors, mettre à jour une série de définitions qui ne sont pas directement
concernées soit par le plan d'action ou soit par le projet de loi, on n'est pas
dans le coeur du sujet. C'est du moins mon interprétation.
Alors, oui, je vais être très ouverte à ce
qu'on puisse faire des amendements. On pourra s'en parler, et tout ça. Mais là
on est juste à l'article 2 et on nous parle de choses périphériques, alors
que l'article 2... Puis je comprends, là, on amène des nouvelles
définitions puis on est dans un article qui porte sur les définitions. Ça, je
le comprends tout à fait. Mais la définition que nous, on amenait dans
l'article 2, c'est pour les <systèmes...
Mme Guilbault :
...définitions. Ça, je le comprends tout à fait.
Mais la définition que nous, on amenait dans l'article 2, c'est pour les
>systèmes de détection, qui sont nommément dans le titre du projet de
loi parce que c'est un gros morceau du projet de loi. Qu'on veuille parler
d'autres définitions, on peut en parler, mais, à chaque fois qu'on modifie ou
qu'on introduit une définition, c'est plus complexe que juste s'en parler entre
nous. Ça a des répercussions. Alors, si on s'embarque dans un chantier soit
d'introduction ou de mise à jour de définitions sur des notions qui, oui, sont
pertinentes, je tiens à le dire, là, mais qui ne font pas directement partie de
l'objectif du projet loi, c'est-à-dire donner suite aux mesures du Plan
d'action en sécurité routière, je l'ai dit tout à l'heure, là, il y a une
infinité possible, là.
Alors, moi, je pense qu'on a intérêt... Qui
trop embrasse mal étreint, me disait mon collègue ici. Je pense qu'on a intérêt
peut-être à concentrer notre énergie sur les éléments qui sont directement en
lien avec le Plan d'action en sécurité routière. Non pas que je suis fermée à
entendre les propositions des collègues, pas du tout, pas du tout, mais c'est
sûr que ma prédisposition, c'est de me concentrer sur ce qui est déjà dans le
projet de loi et dans le Plan d'action en sécurité routière.
M. Derraji : Mais quelles
répercussions? Je veux juste que... Parce que je comprends, il y a un
raisonnement derrière. Mais, c'est quoi, les répercussions? C'est quoi,
l'incidence? Parce que la définition, moi, je... à moins, corrigez-moi si je me
trompe, au contraire, ça rajoute une clarification par rapport au vélo à
assistance électrique qu'on voit dans... de nos jours. Je veux juste comprendre
c'est quoi, la complexité que ça rajoute au projet de loi ou même aux gens du
ministère.
Mme Guilbault :...si les collègues sont d'accord, M. Scott pourrait amener
des éléments de réponse.
Le Président (M. Jacques) : M.
Scott.
M. Scott (Jean-François) : Oui.
Donc, la bicyclette assistée, comme vous disiez, est déjà définie, prévue au
CSR. De modifier uniquement la définition pour la remplacer par «vélo à
assistance électrique», ça pourrait causer des enjeux avec d'autres
dispositions du code qui réfèrent à la bicyclette assistée. Pour vous dire, au
ministère, à la SAAQ, il y a des travaux en cours qui impliquent des
consultations avec d'autres provinces également pour revoir, mettre à jour cet
encadrement-là, des bicyclettes assistées et les vélos électriques,
appelons-les comme on veut. Ce n'est pas une question simple.
Depuis 2020, il y a eu une modification au
Règlement sur la sécurité des véhicules automobiles fédéral, qui prévoyait à
l'époque une définition de «bicyclette assistée». Le CSR renvoyait à ce
règlement fédéral là pour certaines choses pour les caractéristiques de la
bicyclette. Depuis que ça a été abrogé, les provinces doivent justement revoir
leur cadre législatif propre à eux, aux provinces.
Donc, il y a des travaux en cours qui
visent, oui, à clarifier la définition, qu'est-ce qu'une bicyclette assistée,
est-ce qu'on garde le même terme ou non, mais également sur les règles
applicables, comme vous disiez, pour tenir compte peut-être du type
d'utilisation du vélo, des nouveautés, comme vous disiez, là, l'évolution des
modèles existants. Donc, c'est... Encore une fois, comme je le disais tantôt,
je me répète, là, c'est... c'est un bloc assez important qui devrait venir avec
plusieurs modifications.
Le Président (M. Jacques) : ...M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Je vous
remercie pour votre... pour votre réponse.
Moi, je remarque, là, ça fait deux fois,
là, qu'on... que je propose, là, des questions... des amendements, en fait, là,
en lien avec des types de véhicules qui évoluent, en fait, assez rapidement, là,
les... les aides à... les aides à la mobilité motorisées et les vélos à
assistance électrique. Ça fait deux fois que je propose des choses, puis, dans
les deux fois, on nous dit : C'est complexe, c'est compliqué, c'est long.
Puis, ce que je remarque, en fait, c'est
qu'on est en train de... La vague, elle est là, là. Ça fait longtemps qu'on est
là-dedans, là. Ça fait longtemps qu'on a des vélos à assistance électrique sur
le terrain. Puis il y en a de plus en plus. Je suis allé au Salon du vélo à
Québec. D'ailleurs je ne sais pas si ma collègue a été... mes collègues ont été.
Ils ont reçu une invitation aussi. Mais c'est fou, là, le nombre d'exposants,
là, dont c'est le principal produit, là, pour les vélos. Puis les aides à la
mobilité, comme je vous disais tantôt, bien, c'est très varié. Il y a des
«onewheel», il y a des skates, des rouli-roulants, hein, si on le dit en
français, motorisés. Il y a toutes sortes de choses, bref, là, qui circulent
sur nos routes aujourd'hui. Puis moi, j'ai juste peur qu'on manque... qu'on
manque le coche, là, qu'on soit en retard. C'est comme si le législateur était
en retard par rapport à ce qui est en train de se passer.
Je ne sais pas comment ça se passe dans
les autres... dans les provinces canadiennes, là. Je ne sais pas comment ça se
passe actuellement, si... Puis ça, c'est quelque chose que je... je ne savais
pas, là, comme qu'il y a eu des abrogations au niveau législatif au niveau
fédéral. C'est intéressant. Mais moi, je dirais au législateur puis je dirais à
Mme la ministre, là, de peut-être enclencher assez rapidement <là-dessus...
M. Grandmont :
...dirais
au législateur puis je dirais à Mme la ministre, là, de peut-être enclencher
assez rapidement >là-dessus. Les projets pilotes, on les a faits, puis,
comme je disais, la vague est en train d'arriver.
Puis ça devient un peu n'importe quoi sur
les routes en termes de micromobilité, je vais le dire comme ça, au sens large.
Même, tu sais, je pense, ça vaudrait la peine d'intervenir assez rapidement,
parce que, pour vrai, là, c'est... ça arrive vite. Puis on n'arrête pas de nous
dire : C'est complexe, il nous reste encore des choses à établir, à
vérifier, des projets pilotes à refaire. Tu sais, est-ce qu'on va... est-ce
qu'on va... est-ce qu'on va faire comme dans d'autres cas, par exemple, avec
Uber, laisser entrer Uber pour finalement, après ça, légiférer? À un moment
donné, c'est parce que ce n'est pas à cette industrie-là à nous imposer un
certain modèle. C'est au législateur à se poser les bonnes questions le plus
rapidement possible.
L'intelligence artificielle pourrait être
un autre bon exemple. L'intelligence artificielle est en train d'arriver, puis
on n'a pas encore eu les discussions là-dessus au... tu sais, puis on n'a pas
eu encore de commission là-dessus. Je m'éloigne un peu, mais tout ça pour dire
que c'est un... c'est un... les technologies vont vite, accélèrent beaucoup,
deviennent de plus en plus facilement accessibles.
Donc, avant que ça devienne vraiment
n'importe quoi puis qu'on soit obligés, là... qu'on subisse puis qu'on essaie
de rattraper des... tu sais, de rattraper les pots qui sont en train de tomber,
bien, soyons plutôt proactifs, légiférons le plus rapidement possible. J'invite
vraiment la ministre à aller là-dessus.
Je ne sais pas si... Il y a-tu un... Je
vous ai vue consulter le plan de... plan d'action. Il y a-tu quelque chose
là-dessus dans le plan d'action? Je pense que oui, hein?
• (16 h 20) •
Mme Guilbault :Oui. Bien, il y a le... il y avait un projet pilote pour
encadrer les APTM, donc trottinettes, et tout ça.
M. Grandmont : ...
Mme Guilbault :C'est E. C'est 18... 18.1. Oui. Ça fait que c'est ça.
Des voix : ...
Mme Guilbault :Je ne l'ai pas... Je ne l'ai pas dit au micro. Ce n'est pas
les bicyclettes directement, mais c'est parce que le député disait : Il y
a... Il y a l'arrivée de toutes sortes de nouvelles mobilités. Exactement. Ça fait
que c'est pour ça qu'on avait ajouté celui-là. Mais il y avait déjà les vélos
électriques bien avant, mais il y a, en plus, d'autres choses qui se présentent.
M. Grandmont : ...bon, on
touche une partie de ce que je disais, puis vous faites bien de le souligner. Mais
les systèmes de vélopartage, tout ça, là, tu sais, intervenons puis donnons-nous
la chance de pouvoir... Je comprends, là, qu'on n'acceptera pas mon amendement,
là, mais j'incite vraiment la ministre à revenir le plus rapidement possible
avec ça, là. Je comprends qu'il y a d'autres projets de loi, peut-être, dans la
machine à saucisses actuellement, là, on nous parle d'une agence de la mobilité
durable, peut-être, ce sera le prochain, mais, sinon, là, d'ici la fin de son
mandat, si elle peut se pencher sur la question des aides à la mobilité, de la
micromobilité, des APTM, donc, déjà, c'est là, de revoir un peu aussi ce qu'on
décide d'autoriser ou de définir comme un vélo à assistance électrique puis à
qui... quelles sont les normes qui les encadrent, à quelle vitesse ça peut
aller, quelles sont les obligations pour les 14-18 ans, est-ce qu'on...
est-ce qu'on doit porter un casque ou pas, je pense, ce serait se rendre
service collectivement, dans les milieux urbains principalement, où on a ce
type de mobilité là, pour venir un peu encadrer tout ça puis aussi donner la
chance à notamment les jeunes, là, sur le chemin de l'école secondaire, de
pouvoir utiliser ces nouveaux systèmes là en toute sécurité puis en plus grand
nombre. Mais je m'arrêterai là. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 2
amendé? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article...
l'amendement à l'article 2, amendé, est adopté? Par vote nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire : Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire : Et M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'amendement est rejeté. Est-ce qu'il y a des interventions à l'article 2 amendé?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 2, amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme Guilbault :
...
Le Président (M. Jacques) : L'article 2
amendé, est-ce qu'il est adopté?
Mme Guilbault :Ah oui. Adpoté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Donc, maintenant, l'article 3. Madame... Oui. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...avant. 2...
2.1.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
il y a... il y a un amendement pour l'introduction d'un article?
M. Derraji : Oui. Si ça ne
vous dérange pas.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
que vous... Est-ce qu'on a l'amendement?
M. Derraji : Oh! non. Il faut
que... Juste... Non. Une minute.
Le Président (M. Jacques) : Non.
Donc, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 23)
(Reprise à 16 h 33)
Le Président (M. Jacques) : ...reprenons
nos travaux. Et, lors de la suspension, nous en étions au dépôt d'un amendement
introduisant l'article 2.1 du député de Nelligan. M. le député de
Nelligan.
M. Derraji : Oui, merci, M.
le Président. Et donc l'article 2.1, article 202.2.1.2 du Code de la
sécurité routière : Insérer, après l'article 2 du projet de loi, le
suivant :
2.1. L'article 202.2.1.2 de ce code
est modifié :
1 ° par le remplacement de «lourd autre
qu'un véhicule visé à l'article 202.2.1.1» par le mot «routier»;
2° par le remplacement du deuxième alinéa
par le suivant :
«Un agent de la paix suspend sur-le-champ
au nom de la Société, le permis de toute personne soumise à l'interdiction prévue
au premier alinéa et ce, conformément au paragraphe 4° de l'article <202.4....
>
16 h 30 (version révisée)
<17923
M.
Derraji :
...prévue au premier alinéa, et ce, conformément au
paragraphe 4° de l'article >202.4.»
L'article se lirait comme suit :
Il est interdit... Donc :
«202.2.1.2. Il est interdit de conduire ou
d'avoir la garde ou le contrôle d'un véhicule routier si son alcoolémie est
égale ou supérieure à 50 mg d'alcool par 100 ml de sang.
«Un agent de la paix suspend sur-le-champ
au nom de [leur] Société, le permis de toute personne soumise à l'interdiction
prévue au premier alinéa et ce, conformément au paragraphe 4° de l'article
202.4.»
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article? Mme la ministre,
sur l'introduction de l'article 2.1.
Mme Guilbault :C'est à moi à commenter? Bien, écoutez, M. le Président, je
pense qu'on a déjà eu beaucoup, beaucoup, beaucoup d'échanges sur le 0,05, le
0,08, on en a eu ici, on en a eu au salon bleu, je crois bien. On a eu une
longue motion un mercredi après-midi. On en a eu pendant les nombreuses motions
préliminaires. Il me semble bien avoir rectifié les... certains propos inexacts
qui avaient été tenus à l'endroit de mes collègues et moi, donc... Mais, comme
on est à une autre étape, l'étude détaillée, je pense que ça vaut la peine
peut-être de réitérer notre position, parce que, là, je comprends que mon
collègue ramène, via cet amendement-là, qu'il choisit de placer à l'article 2,
mais qu'il aurait pu, j'imagine, placer ailleurs, mais on l'aborde maintenant,
donc. Et ce sera la position que je vais réitérer aussi, si jamais il y avait d'autres
amendements qui poursuivent le même objectif.
D'abord, dire qu'on est, évidemment, très,
très, très sensibles, tu sais, on disait tout à l'heure : Il y a une
infinité d'aspects... il y a une infinité d'aspects, d'angles, de sujets, d'éléments
qui font partie... qui constituent la sécurité routière. On est sensibles à
tous les aspects de la sécurité routière. Et, sur la question de la conduite
avec les facultés affaiblies, on n'est pas les seuls à être sensibles à la
question. C'est la raison pour laquelle au fil du temps, depuis 2010,
notamment... Puis j'avais fait toute la... j'avais refait toute la genèse des
actions législatives qui avaient été posées par les divers gouvernements au fil
du temps, qui nous... qui, cumulativement, nous ont positionnés, au Québec,
comme étant une des juridictions les plus sévères au Canada en matière de
conduite avec les facultés affaiblies. Et j'utilise volontairement l'expression
«facultés affaiblies» parce que ça inclut la drogue aussi, même si, ici, on se
penche sur l'alcool, ça inclut aussi les drogues.
Et, entre autres... et, entre autres éléments,
en termes de sanctions de ces comportements-là, on a le programme, je l'ai...
Puis là les gens vont peut-être dire : Elle radote, mais c'est volontaire,
c'est le même sujet. Donc, je pense que c'est important de prendre le temps de
ramener ces éléments-là d'information, qui sont pertinents dans le contexte.
Donc, on a le programme de... pour ceux qui ont une condamnation, là, le plus
long et le plus encadrant. On a aussi des mesures sévères pour les nouveaux
conducteurs : interdiction d'alcool pour les jeunes conducteurs, 22 ans
et moins, interdiction d'alcool pour les gens qui conduisent un taxi, un autobus.
Et là on aura, je pense, article 46, mais j'y vais de mémoire, là, une
nouvelle... pour les nouveaux conducteurs de motos, pendant 24 mois, donc,
une interdiction d'alcool aussi. Alors... Et on a aussi, sur les modalités de
saisie de véhicule, sur l'éthylomètre, ça, c'est important, la deuxième
condamnation, éthylomètre à vie, avec une possibilité, je crois, de faire une
demande après 10 ans. Encore là, de mémoire, mais j'aurai sûrement des
gens qui me corrigeront si c'est inexact, mais, à la troisième condamnation, c'est
à vie.
Donc, on est déjà très, très, très sévères
parce que c'est un fléau. Et là je ne parle même pas de tous les
investissements dans les campagnes de promotion... de promotion... évidemment,
de promotion de la dissuasion, et de sensibilisation, et de responsabilisation,
donc des investissements qui vont de manière croissante dans le temps dans
toutes ces campagnes-là, dans tous ces messages-là, les activités qui se font
dans les écoles, bref, plusieurs choses qu'on fait pour... pour nourrir cette
sévérité-là qu'on a à l'endroit de la conduite avec les facultés affaiblies.
Donc, je trouvais important de le réitérer, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Bon, je tiens à
rassurer Mme la ministre, qu'il n'y a pas une autre volonté à redéposer l'amendement
ailleurs. On a analysé le projet de loi, c'est extrêmement difficile. On n'a
pas vos équipes, malheureusement. C'est le seul endroit où on a trouvé
important à le mettre. Mais, du moment qu'elle parle, Mme la ministre, avec
raison, de la dissuasion, la vraie, c'est de travailler en amont et ce n'est
pas avec des mesures qu'ils viennent de mentionner qu'on va avoir un effet de
dissuasion de gens qui veulent prendre le volant d'une voiture avec des
facultés affaiblies. Je vais... je vais <quand même le faire...
M. Derraji :
...qu'ils
viennent de mentionner qu'on va avoir un effet de dissuasion de gens qui
veulent prendre le volant d'une voiture avec des facultés affaiblies. Je
vais... je vais >quand même le faire. Vous savez, quand on a commencé à
prendre au sérieux l'alcool au volant... parce qu'on a quand même fait nos
travaux, je n'ai jamais pensé que ça va prendre une telle ampleur, mais je vais
quand même le faire.
Vous savez, hier, il y avait un point de
presse sur le dépôt du projet de loi sur l'alcool au volant. Et, hier, on m'a
informé, on m'a informé qu'aujourd'hui, le 20 mars, marque les sept ans
depuis le décès de Jessica Sarli-Rivera. Elle était âgée de 26 ans. Et je
ne sais pas pourquoi il y a une telle coïncidence encore une fois, mais je vais
quand même le faire au nom de Jessica, que je n'ai pas connue, et au nom de ces
familles endeuillées, parce qu'on est dans un cadre, on parle de la sécurité
routière. Et en aucun cas... je ne dis pas qu'il n'y a pas de sensibilité. Je
n'ai jamais, jamais, jamais dit qu'il n'y a pas de sensibilité. Je sais que Mme
la ministre aussi, en tant que mère responsable, elle est aussi sensible. Et,
autour de la table, je pense, je pense que les arguments, on les a, on les a
abondamment mis sur la table. Il y avait autant d'arguments, que ça soit de la
science à Québec, coroner, etc.
• (16 h 40) •
Mais aujourd'hui, en tant que père aussi,
je vais, vous aussi, vous partager l'histoire de Jessica, parce que, moi, on me
l'a partagée, et surtout ses parents. C'était l'aînée de trois enfants et la
seule fille de ses parents. Donc, le couple qui milite pour... Là, maintenant,
ce n'est plus un, maintenant, on voit qu'il y a d'autres familles qui militent,
d'ailleurs, elles étaient trois, hier, trois familles. Et ses parents, ils
ont... ils ont envoyé une lettre ouverte dans LaPresse en
2022. Je vais essayer de résumer.
«Son sourire éclairait même les pièces les
plus sombres, son rire contagieux, ses câlins tendres et authentiques, ses
encouragements, ses appels inattendus pour prendre des nouvelles et nous dire
qu'elle nous aimait. Et, à la suite de son décès...» Donc, le décès de Jessica,
et je vous le dis aujourd'hui parce que je l'ai mentionné un jour, qu'on va
continuer à sensibiliser le gouvernement, c'est la seule chose qu'on a en notre
pouvoir, et que l'amendement qu'on a aujourd'hui pour le 0,05, on lui a donné
le nom, c'est le nom de Jessica. À la suite de son décès, c'est là où ses
parents, ils ont commencé à militer au sein de MADD. D'ailleurs, maintenant, on
a MADD Québec. D'ailleurs, Daniel, il était là hier, un autre membre d'une
famille endeuillée.
La plupart des familles nous ont parlé,
hier, de leur combat par rapport à la baisse... de baisser la limite
d'alcoolémie à 0,05, mais ils nous ont parlé aussi de thérapie. Et, moi, hier,
c'est la première fois aussi.. Encore une fois, le fait qu'on rencontre des
gens, on nous raconte d'autres histoires. Écoutez... est très dur pour un des
couples présents hier de continuer à nous expliquer comment elle vivait la
douleur de la perte de son fils. Je peux continuer à parler de Jessica qui
était aussi une battante. Elle aurait voulu que nous participions à envoyer un
message clair à tout le Québec que l'alcool et les drogues au volant peuvent
faire des dommages irréparables et que ces dangers sont évitables.
Et j'entends Mme la ministre quand elle
parle des mesures, mais c'est des mesures qui ne sont pas en amont, c'est des
mesures qui viennent après. Et le but d'agir avec des mesures administratives,
on le précise, ce n'est pas le Code criminel, c'est des mesures
administratives, c'est justement pour se donner les moyens, en tant que
société, d'avoir quand même un bon bilan. Et le bilan, c'est... encore une
fois, c'est par rapport au Code de la sécurité routière. Et je pense que les
murs de cette salle, s'ils parlent, ils vont le... ils vont répéter tout ce
qu'on a dit par rapport à la science, par rapport au rapport du coroner.
Mais, aujourd'hui, je vous le dis, j'ai
prévu autre chose, mais je le fais, et au nom de Jessica, qui n'est plus là.
Jessica a perdu la vie le 20 mars 2017 et elle est morte suite d'une collision
avec une personne conduisant avec les capacités affaiblies par <l'alcool
et les drogues...
M. Derraji :
...et
au nom de Jessica qui n'est plus là. Jessica a perdu la vie le 20 mars
2017. Et elle est morte suite d'une collision avec une personne conduisant avec
les capacités affaiblies par >l'alcool et les drogues. La famille disait
qu'aucun mot ne pourra jamais décrire la douleur, la détresse et le désespoir
qui ont subitement empli et changé leur vie et celle de leur famille.
Jessica, ou Jess pour les intimes, était
l'aînée de trois enfants, une seule fille. Et, si, aujourd'hui, on veut envoyer
un message... parce qu'au-delà des mesures que le gouvernement n'arrête pas de
dire depuis le début, c'est que je pense qu'on est tous à la bonne place. Il y
a un consensus. Mme la ministre parle de la dissuasion, oui, mais je pense que le
fait d'aller comme les autres provinces, ça va, encore une fois, améliorer le
bilan de la sécurité routière.
Et d'ailleurs c'est ce que... c'est ce
que... c'est ce qui anime Mme la ministre. C'est pour cela qu'elle a travaillé
pour un plan d'action. Et, de ce plan d'action, on a un projet de loi
aujourd'hui. Et, quand on parle de la prévention et la limite du 0,05, est-ce
que le rôle du gouvernement est aussi important pour donner plus d'outils aux
services de police pour sauver des vies et renforcer la sécurité des
concitoyens? Et donc, pour prévenir et contrôler davantage, c'est aussi donner
des avertissements et des mesures administratives aux conducteurs qui
conduisent avec un taux d'alcool à 0,05. Et, je répète, cela se fait dans
toutes les autres provinces canadiennes.
Donc, encore une fois, je pense qu'en tant
que législateur c'est la seule façon qu'on a de dire : On s'attarde
aujourd'hui à revoir le Code de la sécurité routière. Depuis ce matin, on parle
sur des outils, sur des définitions, notamment par rapport à d'autres aspects
liés à la sécurité routière, mais notamment avec la définition au niveau des
systèmes de détection. Mais là, avant de continuer le projet de loi pour aller
un peu plus loin sur d'autres aspects, je pense que c'est très important de
prendre le temps de dire que le débat a été fait sur le risque de 0,05, qu'il y
a des familles endeuillées qui parlent, qui prennent la parole, qui se
mobilisent, qui défendent une cause et qu'on les a entendues. Donc, on les a
entendues. Mais comment? C'est parce qu'on a une occasion, dans un code de la
sécurité routière, d'amender le projet de loi.
Je sais que Mme la ministre va dire :
Écoutez, vous... vous savez où je loge, mais, si on sait où tout le monde loge,
bien, fermons les discussions... la discussion sur le projet de loi, et on
parle du plan d'action et on termine tout le projet de loi en quelques minutes.
Mais on ne peut pas, M. le Président, malheureusement, c'est le seul moyen pour
les partis de l'opposition de prévaloir leur point de vue. C'est le seul moyen
qu'on a d'amender un projet de loi. La fenêtre, elle est là, et je ne veux
pas... je ne veux pas que, pendant la Semaine nationale de la prévention de la
conduite avec facultés affaiblies, qu'on rate l'occasion. On est dans la
semaine, M. le Président, la semaine de la conduite avec facultés affaiblies,
c'est cette semaine, M. le Président. Et l'amendement, il est... il est clair.
Je sais que le gouvernement a déjà choisi
sa réponse depuis plusieurs semaines, et je me disais, probablement avec le
temps, le gouvernement va avoir le temps de voir que <ça fait du sens...
M. Derraji :
...je
sais que le gouvernement a déjà choisi sa réponse depuis plusieurs semaines, et
je me disais, probablement avec le temps, le gouvernement va avoir le temps de
voir que >ça fait du sens. Et, quand je dis : Ça fait du sens,
c'est que tout le monde est d'accord, je dirais, une bonne partie de la
population. Comme je l'ai mentionné tout à l'heure, cet amendement que... je ne
sais pas si j'ai le droit de baptiser des amendements, mais je l'ai mentionné,
c'est l'amendement de Jessica aujourd'hui.
Donc, M. le Président, j'espère...
j'espère que le gouvernement va prendre en considération la douleur de
plusieurs familles endeuillées, au Québec, qui se mobilisent de plus en plus,
qui veulent que les choses changent. On les voit davantage. Je vous dis, M. le
Président, quand j'ai commencé à parler avec des familles, la plupart ne
voulaient pas prendre la parole publiquement. Une bonne majorité préférait me
texter, répondre au téléphone, mais ils ne voulaient pas prendre la parole
parce que la douleur est très, très profonde, la douleur, elle est très
profonde. Maintenant, on voit de plus en plus le courage de ces familles qui
vivent encore la détresse. Croyez-moi, je l'ai vu hier, lors du dépôt du projet
de loi, les visages des personnes qui étaient là, des gens endeuillés qui
pleuraient, mais, au même temps, applaudissaient, parce que, pour la première
fois, il y a un dépôt de projet de loi dans ce sens et qu'elles espéraient
qu'un jour le gouvernement du Québec va appeler le projet de loi et l'adopter.
Mais, en attendant, M. le Président, en
attendant... en attendant, M. le Président, l'appel de ce projet de loi, je
pense que l'occasion qu'on a devant nous aujourd'hui, c'est que nous sommes
dans la Semaine nationale de la prévention de la conduite avec facultés
affaiblies. Nous avons tous l'opportunité aujourd'hui d'envoyer un message
positif à ceux et celles qui se mobilisent pour la Semaine nationale de la
prévention de la conduite avec facultés affaiblies, mais surtout, pour ces
familles endeuillées, qu'on passe à autre chose, on accepte les mesures
administratives et on baisse le taux d'alcoolémie à 0,05. Le consensus, il est
là. Le gouvernement prendra le crédit. Mme la ministre va être... et la
vice-première ministre va être la première à aller de l'avant avec une telle
mesure.
• (16 h 50) •
Donc, M. le Président, je garde quand même
un espoir. Si on perd l'espoir, pas sûr qu'on va continuer à vivre. Et, vous
savez, je suis un éternel homme positif. L'amendement est là. L'amendement de
Jessica est là. On va voter tous à la fin, chacun en fonction de sa lecture,
conscience, interprétation. Chacun va le nommer comme il veut, mais j'espère,
j'espère sincèrement, sincèrement, qu'on va prendre un instant et dire :
On a tous, on a tous maintenant, entre nos mains, une occasion en or d'agir,
une occasion de répondre à des citoyens, d'ailleurs, qui ont commencé à
contacter des élus de la majorité gouvernementale pour les sensibiliser que...
Pourquoi le gouvernement refuse de donner son accord pour passer à autre chose?
On parle de mesures administratives pour sauver des vies.
Donc, aujourd'hui, M. le Président, je ne
vais pas ramener des arguments scientifiques ou parler des autres arguments que
vous connaissez par cœur. Aujourd'hui, je le fais au nom de ces familles
endeuillées, parce que c'est la meilleure semaine pour le faire. Je vous le
dis, nous sommes dans la Semaine nationale de la prévention de la conduite avec
facultés affaiblies. Je le fais d'une manière solennelle, au nom de Jessica, au
nom de ses parents, Elizabeth Rivera et Antoine Bittar, qui, aujourd'hui,
malheureusement, se rappellent d'une triste anniversaire... d'un anniversaire,
désolé, d'un anniversaire triste pour eux, pour leur famille. Je n'ai plus de
mot à dire, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Jacques) : ...merci,
M. le député de Nelligan. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement introduisant l'article 2.1? <M. le député de
Taschereau...
Le Président (M. Jacques) :
...merci,
M. le député de Nelligan. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement introduisant l'article 2.1? >M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. C'est un... c'est un amendement que je suis content de voir
apparaître, proposé par mon collègue de Nelligan. On en a beaucoup parlé.
L'alcool au volant, c'est non seulement criminel, mais c'est un fléau sur
lequel on peut agir. Je comprends que ça ne fait pas partie du plan d'action,
mais en même temps on a une opportunité incroyable de tout mettre en œuvre pour
améliorer le bilan routier au Québec, d'éviter des morts. Puis, oui, il y a
plusieurs arguments qui ont été sortis. J'étais content que mon collègue
rappelle d'abord l'anniversaire de décès de Jessica. J'en profite pour saluer
et, encore une fois, offrir mes condoléances à M. Bittar et Mme Rivera, qui
nous écoutent sans doute.
C'est une situation qu'on ne souhaite à
personne. Je ne peux pas m'imaginer vivre ça, moi, avec mes enfants. Je suis
persuadé que Mme la ministre, c'est la même chose aussi. Elle l'a dit de toute
façon, c'est quelque chose qui la touche, évidemment, aussi. Je suis persuadé
que c'est la même chose aussi pour tous les collègues qui nous écoutent, qui
connaissent peut-être aussi dans leur famille des cas où c'est arrivé. Moi, je
l'ai... je l'ai déjà mentionné, mais c'est arrivé dans la... dans ma
belle-famille il y a moins d'un an. Et c'est toujours quelque chose sur lequel
on se dit : Câline! On a des prises, on a des moyens, on pourrait
intervenir. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la chance qu'on a
d'être assis ici aujourd'hui, comme législateurs, puis se dire : On
pourrait sauver des vies. Moi, ça me... ça m'émeut de penser qu'on a cette
espèce de pouvoir magique là d'intervenir puis d'éviter que des... que d'autres
cas arrivent. On ne les empêchera pas tous, mais ce qu'on remarque, c'est
qu'ailleurs dans les législations où ça a été mis en place, le 0,05, il y a
moitié moins de morts liés à l'alcool sur les routes. Si on pouvait sauver 42
des 85 personnes qui décèdent des causes... des causes d'alcool sur les
routes juste en adoptant cet amendement-là, je me dis : On ferait une
saprée bonne job. Le côté magique du pouvoir du législateur, on a le pouvoir de
le mettre en action aujourd'hui en adoptant cet amendement-là.
Donc... Puis j'ai offert mes condoléances
aux parents de Jessica, mais j'aimerais aussi les féliciter, peu importe
l'issue du vote, pour leur courage à travers ça. C'est une démarche,
évidemment, qui est extrêmement émotive pour eux. Puis je comprends qu'ils en
ont fait une mission. Ils se sont dit qu'ils ne voudraient pas que ça n'arrive
à personne d'autre au Québec. Ils ont décidé que ce... qu'est-ce qui est arrivé
à leur fille, dans le fond, serve d'exemple et n'arrive plus jamais. Ils font
ça pour les autres. Ils font ça pour nous. Ils font ça pour leurs proches. Ils
ne pourront pas jamais ramener... peu importe ce qu'on votera tantôt, ça ne
ramènera jamais leur fille, mais ils ont décidé que cet exemple-là allait
servir de catalyseur, de levier pour que ça n'arrive plus puis que... puis que,
là, dorénavant, plus jamais de parents vivent cette situation-là. Donc, je les
remercie pour leur combat, je les remercie pour cette mission qu'ils se sont
donnée de préserver la vie d'enfants d'autres parents au Québec. Je pense que
c'est un beau cadeau qu'on pourrait se faire si on votait en faveur de cet
amendement-là.
...pendant toutes les discussions qu'on a
eues sur... sur la question de l'alcool au volant pendant les audiences puis
pendant le processus, là où on a... on a discuté de quelques motions
préliminaires, on a beaucoup parlé, là, de... des arguments, les différents
arguments émotifs ou... ou scientifiques, là, liés à la question de l'alcool au
volant. Puis il est apparu un article, dont je n'avais pas... j'avais oublié...
bien, je n'ai pas oublié, en fait, on n'a pas eu le temps, en fait, là, d'en
discuter. Je ne sais pas si les gens connaissent, là, la série de chroniques,
là, faites par Jean-François Cliche, au Soleil, vérification faite, que
je trouve toujours intéressante, que je lis toujours. Peu importe le sujet, je
trouve ça intéressant, il fouille bien les... les sujets, finalement, là, qu'il
traite à travers ça.
Puis, le 9 mars dernier, puis je vais
me permettre de le lire parce que c'est quand même intéressant, c'est un bon
résumé, je pense, de toutes les discussions qu'on a eues ensemble, le
9 mars dernier, il a publié un texte : Moins de décès là où la
limite d'alcoolémie est à 0,05? Donc, j'y vais, je vous fais la lecture :
«L'affirmation, combien...» Puis c'est toujours quelqu'un, là, de... dans ce
cas-ci, c'est Michel Lavallée de Québec qui posait la question. «L'affirmation,
combien d'accidents mortels et autres sont causés par des automobilistes
affichant un taux d'alcoolémie légèrement inférieur à 0,08 gramme d'alcool
par 100 millilitres de sang — donc, le 0,08 — pour
soutenir l'idée de descendre <le seuil légal...
M. Grandmont :
...et
autres sont causés par les... des automobilistes affichant un taux d'alcoolémie
légèrement inférieur à 0,08 gramme d'alcool par 100 millilitres de
sang, donc le 0,08, pour soutenir l'idée de descendre >le seuil légal
pour prendre le volant à 0,05, on affirme souvent que ça sauverait des vies,
mais qu'en est-il vraiment?»
Puis c'est vrai, moi, j'ai fait des
publications sur les médias sociaux, sur X, notamment. Puis il y a beaucoup de
gens qui réagissaient, puis peut-être l'avez-vous remarqué aussi : Oui,
mais qu'est-ce que ça change? Le plus important, c'est de s'attaquer au 0,08
puis aux récidivistes, puis, bon. Puis, là-dessus, c'est vrai qu'il faut...
comme le disait Mme la ministre, je suis d'accord avec ça, il faut évidemment
intervenir là-dessus. Et, souvent, ce que les gens disaient en parallèle,
c'était : Bien, entre 0,05 puis 0,08, ça ne donne rien, l'important, c'est
de s'attaquer aux récidivistes pour 0,08 et plus, c'est eux autres les plus
dangereux.
Donc, Jean-François Cliche dit : «Ce
n'est pas une question facile — puis on l'a vu, d'ailleurs, avec les
discussions qu'on a eues. D'une part, le resserrement des lois un peu partout
dans le monde depuis 30, 40 ans, a changé les comportements collectifs et
mené à une baisse généralisée des décès causés par l'alcool au volant. Dans ce
contexte, quand un pays décide d'abaisser la limite de 0,08 à 0,05, il peut
être difficile d'attribuer les progrès qui suivent à la nouvelle loi ou la
tendance qui était déjà en marche. D'autre part, les comparaisons
internationales peuvent être hasardeuses dans ce domaine. L'alcool n'occupe pas
la même place dans toutes les cultures, et les conséquences qu'il y a à péter
la balloune varient beaucoup, indépendamment d'où la limite est placée, comme
l'a déjà noté le Conseil canadien de la sécurité. Par exemple, le Danemark ne
tolère pas qu'on conduise avec plus de 0,05 d'alcool dans le sang, mais
n'impose aux contrevenants qu'une amende et une suspension conditionnelle du
permis pour ceux qui se font prendre entre 0,05 et 0,12, passé 0,12, ça devient
plus sévère.» Donc, on est dans une limite encore plus, disons, généreuse au
niveau de ce pays-là, Danemark.
• (17 heures) •
«Encore ici, il peut être très ardu de
distinguer l'effet sur les seuils tolérés de celui des sanctions. Cela dit,
cependant, il existe quand même des éléments de réponse de deux ordres qui
suggèrent fortement que, oui, il y aurait moins d'accidents à 0,05 qu'à 0,08.
Donc, d'abord, les réflexes plus lents. Primo, plusieurs études de laboratoire
ont montré que les réflexes s'émoussent et que la précision des gestes est déjà
réduite avec 0,05 % d'alcool dans le sang, pas autant qu'à 0,08, mais
quand même plus qu'à jeun.» On se souvient un peu de la chronique de Patrick Lagacé,
Conduire un peu chaud. C'est un peu ça, c'est un peu dans cet esprit-là
qu'on est, là.
«Par exemple, un article paru en 2000 dans
le British Journal of Anesthesia a mesuré le temps de réaction d'une
douzaine de volontaires à des signaux visuels. Résultat : dès 0,02 %
d'alcoolémie, les réactions étaient allongées de 30 millisecondes en
moyenne, mais ce retard passait à 90 millisecondes à 0,05 % d'alcool
et 120 millisecondes à 0,08. D'autres mesures psychomotrices montraient le
même genre d'effets de l'alcool à 0,05. De la même manière, d'autres études de
laboratoire ont trouvé que la prise de décision était altérée dès 0,05. Par
exemple, en 2017, des chercheurs américains ont placé des volontaires dans un
simulateur de conduite avec différents taux d'alcoolémie et ont constaté que
les participants conduisaient de manière plus risquée — entre parenthèses, qu'on
mesurait par distance maintenue entre les véhicules, à 0,08 d'alcool qu'à 0,05.
Leur résultat suggérait aussi une différence entre 0,05 et le zéro absolu, mais
elle n'était pas significative d'un point de vue statistique. Notons que ces
résultats ont été confirmés par nombre d'autres études de laboratoire.
«Maintenant, dans le monde réel, dans la
vraie vie des vrais gens — deuzio — dans l'ensemble, les études
qui ont porté sur les accidents dans le monde réel abondent dans le même sens.
Par exemple, des chercheurs québécois ont analysé l'effet des mesures
administratives que toutes les provinces canadiennes — sauf le
Québec, on se le rappelle — ont mises en place entre 1987 et 2010, où
elles punissent par des amendes ou des suspensions de permis le fait de
conduire avec plus de 0,05 % d'alcool dans le sang. Ces mesures s'ajoutent
à la limite pénale, évidemment, qu'on connaît, le 0,08 qui relève du fédéral.
En comparant le "avant" et le "après" l'introduction de ces
mesures et en contrôlant le mieux possible différents facteurs, dont la
tendance à la baisse qui existait déjà, les auteurs de l'étude ont conclu que
cela a réduit de 3,7 % en moyenne le nombre de conducteurs qui périssent
dans les accidents de la route avec 0,05 d'alcool dans le sang ou plus. «Plusieurs
autres travaux, de type avant ou après et avec, sans, ont eux aussi conclu que
le fait de passer à 0,05 a réduit la mortalité, notamment dans le Maine et aux
États-Unis en général, ainsi que dans d'autres endroits comme l'Australie et
plusieurs pays d'Europe. De même, les limites qui ont examiné la proportion des
conducteurs ayant bu de l'alcool dans les décès routiers montrent, elles aussi,
un risque nettement accru, même si les chiffres varient un peu d'une étude à
l'autre. Des travaux québécois cités par la santé publique, par exemple,
indiquent un risque de décès multiplié par quatre entre 0,05 et 0,08, alors que
d'autres parlent plutôt d'un risque six à sept fois supérieur, et même
17 fois supérieur chez les hommes de 16 à 20 ans, de mourir dans un
accident routier impliquant un seul véhicule. Encore une fois, c'est nettement
moins que passer 0,08, risque qui est multiplié par 11 à 15 et même
52 fois chez les jeunes hommes avec une alcoolémie entre 0,08 et...» Ça
existe, mais c'est quand, même, clairement plus que pour les conducteurs parfaitement
sobres.
Donc, le verdict de M. Cliche : «C'est
vrai, il n'est jamais facile de mesurer l'impact de politique comme celle sur
l'alcool au volant, mais il y a quand même des études nombreuses et variées, <autant
dans...
>
17 h (version révisée)
<19267
M.
Grandmont :
...mais c'est quand même clairement plus que pour
les conducteurs parfaitement sobres. Donc, le verdict de M. Cliche :
«C'est vrai, il n'est jamais facile de mesurer l'impact de politiques comme
celle sur l'alcool au volant, mais il y a quand même des études nombreuses et
variées, >autant dans leurs origines géographiques que dans leur
méthodologie, qui montrent que les réflexes et le jugement sont clairement
altérés, à 0,05 % d'alcool dans le sang et que cela fait une différence
dans les bilans routiers.»
Je tenais à vous le partager parce que c'est
un bon résumé de toutes les discussions qu'on a eues. M. Jean-François
Cliche, là, fait un travail rigoureux, puis je suis persuadé que vous-même...
quand j'en ai parlé, j'ai vu des collègues, dans la partie gouvernementale,
hocher de la tête, c'est quelqu'un qu'on apprécie, c'est quelqu'un de sérieux,
de solide. Puis, de toute façon, ça pointe dans la même direction que tout ce
qu'on a amené comme arguments plus scientifiques.
D'ailleurs, on a très hâte de voir les
études et les avis ministériels, là, qui ont incité le gouvernement à prendre
la décision de rester à 0,08, là, on ne le rappellera jamais assez, ça, c'est
quelque chose qui m'intrigue beaucoup, mais toujours est-il que, pour moi, là,
on serait bien fous de passer à côté de cet amendement-là, l'amendement Jessica,
qui nous permettrait d'améliorer notre bilan routier, de sauver pas moins, là...
c'est une estimation, là, mais autour de 42 personnes à chaque année, 42
Jessica, 42 personnes à chaque année qui ne mourraient pas. Parce que c'est
prouvé, c'est prouvé par la science, c'est prouvé par les expériences
empiriques partout où ça a été mis en application, on améliore le bilan
routier. Je suis persuadé que personne ici n'a envie que ça arrive à un de ses
enfants. Je suis persuadé que vous n'avez pas envie que ça arrive non plus à
nos proches, à nos amis. Qu'est-ce qu'on attend? La science, tout le monde
pointe dans la même direction : 0,05. Adoptons cet amendement-là et
passons à autre chose, passons à un autre sujet. Réglons ça d'un simple... d'un
simple oui. Ce sera tout. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Taschereau. Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui. Merci, M.
le Président. Juste me rappeler j'ai combien de temps.
Le Président (M. Jacques) : 20 minutes.
Mme Setlakwe : 20 minutes.
Merci, M. le Président. Par où commencer? Parce que je pense que tout a été...
tout a été dit.
Le Président (M. Jacques) : ...le
micro, ce n'est pas le bon qui est allumé.
Mme Setlakwe : Merci. Oui, je
pense qu'il est très pertinent de reprendre la parole à nouveau sur cet enjeu
important. Puis, bien, d'entrée de jeu, je veux souligner le triste
anniversaire, aujourd'hui, ça fait sept ans que la jeune Jessica Sarli-Rivera
est décédée des suites d'une collision avec une personne conduisant avec les
capacités affaiblies par l'alcool et les drogues. J'ai été extrêmement touchée
et impressionnée quand j'ai entendu ses parents prendre la parole, à
différentes reprises, là, dans les dernières semaines. Je salue leur courage
puis je leur envoie mes pensées les plus profondes de solidarité et de
compassion. Je ne peux pas m'imaginer ce que vous avez vécu... ce qu'ils ont
vécu.
J'entends la ministre qui nous dit que le
Québec se situe de... se situe bien, là, en fait déjà beaucoup, se compare
bien... se situe bien quand on se compare à ce qui se fait dans d'autres
juridictions au niveau... au niveau de la sévérité, au niveau des mesures qui
sont mises en place. Il y a beaucoup de mesures punitives. Je ne mets pas ça en
doute, mais je me demande pourquoi on hésite à renforcer le message, pourquoi
on hésite à aller plus loin si on... si ça nous permet de sauver des vies.
Mon message principal, aujourd'hui, là, c'est
que je n'adhère pas, tout comme mon collègue de Nelligan, là, à l'argument
selon lequel on en fait assez. On ne peut pas en faire assez, on ne peut pas
trop en faire quand on parle de sauver des vies et éviter des pertes de vies,
éviter que d'autres jeunes vies comme celle de Jessica, dont la vie a été
fauchée à 26 ans, éviter, donc, ces pertes de vies et éviter cette douleur
à d'autres familles.
On parle du fait que ça fait sept ans que
la jeune Jessica est décédée. Je peux imaginer qu'avec le temps la douleur s'adoucit
un peu puis j'imagine que la pression et le malaise qu'on ressent... Parce que,
moi, juste à y... à en entendre parler, puis je suis sûre que c'est la même
chose pour tout le monde autour de la table... je suis certaine que la ministre
a une grande sensibilité aussi, je sais qu'elle est une mère de famille, juste
à penser qu'il arrive quelque chose à nos enfants, ça suscite une réaction
forte, des réactions physiques aussi, là, on est... on vit de l'anxiété, on vit
de la... on vit de la peur, on est comme pris d'un certain <vertige...
Mme Setlakwe :
...physiques
aussi, là, on est... on vit de l'anxiété, on vit de la... on vit de la peur, on
est comme pris d'un certain >vertige à l'idée que ça pourrait peut-être
nous arriver. Donc, si on peut en faire plus pour éviter cette douleur-là à
d'autres familles, je nous encourage à le faire et je nous encourage à ne
pas... à réfléchir avec notre cœur.
Et ce qui est drôle... Contrairement à ce
qu'on fait d'habitude, on est très rationnels et logiques. Et on peut l'être
ici, parce qu'on a des arguments, oui, on a des très bons arguments en faveur
d'un changement législatif, là, pour abaisser le seuil d'alcoolémie dans le
sang à 0,05 %, mais je nous invite tous à penser, dans la balance, là, que
l'argument... que de... qu'on devrait réfléchir avec notre cœur, qu'on devrait
penser à la douleur que vit la famille, notamment, là, la famille Sarli-Rivera,
qui, aujourd'hui, j'imagine, voit cette douleur revenir à la... cette douleur
vive revenir à la surface. Donc, je nous invite à penser avec notre cœur puis à
se dire que, si on peut en faire un peu plus, on devrait le faire.
• (17 h 10) •
Renforçons le message. On ne parle pas,
ici, là, de changer le Code criminel, encore une fois, là, mais c'est d'envoyer
le message qu'au Québec on ne conduit pas un peu chaud. Là, je me permets de citer,
moi aussi, à mon tour, le chroniqueur Patrick Lagacé, comme l'a fait mon
collègue de Taschereau, j'ai trouvé que c'était... ça résumait très bien
l'affaire, tu sais, «un peu chaud». Ça peut tuer, un peu chaud, un peu, tu
sais, limite, là, on n'est pas à 0,08, on n'est pas... on n'a pas atteint le
seuil qui déclenche l'acte criminel et tout ce qui s'ensuit, mais on ne devrait
pas être derrière un volant, on n'a pas à être derrière un volant, on ne peut
pas faire ça.
Nos jeunes... on l'a dit la semaine
dernière, je vais le redire aujourd'hui, nos jeunes sont prudents, ils ont
cette mentalité de ne pas conduire quand ils boivent. C'est la tendance. On
devrait le faire pour renforcer ce message-là, renforcer cette bonne pratique
qui est déjà mise en place par nos jeunes. Renforçons le message,
changeons les comportements. Alignons-nous avec le reste du Canada. Ça se fait
partout ailleurs, dans toutes les provinces, pourquoi on ne le fait pas au
Québec? Je n'ai toujours pas entendu d'argument valable qui... selon lequel,
là, il y aurait une situation particulière au Québec qui ferait en sorte qu'on
serait... qu'on agirait différemment des autres provinces. Écoutons la science.
On l'a dit, là, déjà, il y a plusieurs experts qui sont d'accord avec la
proposition, avec ce que mon collègue de Nelligan martèle comme message depuis
des semaines, la motion, le projet de loi. Bravo de le marteler encore
aujourd'hui, lors de l'anniversaire du décès de Jessica, avec cet amendement au
projet de loi.
Les experts sont d'accord. Les experts
sont venus dire que c'est la bonne chose à faire, l'Institut national de santé
publique du Québec, le Bureau du coroner, le chef du Service de police de la
ville de Montréal. Brièvement, je vais rappeler ce que le coroner... le Bureau
du coroner a dit. Ils ont recommandé, en octobre dernier, au ministère des
Transports et de la Mobilité durable et à la SAAQ de «réaliser dans les plus
brefs délais leurs analyses respectives de la faisabilité d'abaisser le seuil
limite d'alcool dans le sang de 0,08 mg/100 ml à 0,05 mg/100 ml,
qui consiste à amender le Code de la sécurité routière en conséquence». C'est
exactement ce sur quoi on se penche aujourd'hui et dans les prochaines
semaines, un amendement au Code de la sécurité routière. Saisissons
l'opportunité, faisons ce changement-là. Le Bureau du coroner a fait cette
recommandation dans le but d'améliorer la sécurité de tous les usagers de la
route sur les enjeux liés à la conduite d'un véhicule avec des facultés
affaiblies.
Le SPVM... Fady Dagher, le chef du SPVM, a
dit qu'il était d'accord avec cette modification d'abaisser le seuil à 0,05.
Lui, c'est une personne qui se concentre sur les actions à poser pour améliorer
une problématique. Il est un expert, il nous dit qu'il est d'accord. Ce sont
nos policiers qui sont sur le terrain pour retirer de nos routes les
conducteurs avec des... avec facultés affaiblies. Nous, on ne l'écoute pas? Par
exemple, les violences <armées...
Mme Setlakwe :
...pour
retirer de nos routes les conducteurs avec des... avec facultés affaiblies.
Nous, on ne l'écoute pas? Par exemple, les violences >armées ont baissé
de 26 % dans les rues de Montréal par rapport à 2022. Depuis quand on
n'écoute pas les acteurs sur le terrain? Depuis quand on n'écoute pas la
science? Depuis quand on n'écoute pas notre cœur? Depuis quand on n'essaie pas
de sauver des vies, au Québec? L'INSPQ mentionne que, selon une étude
québécoise, conduire avec une alcoolémie entre 51 et 80 milligrammes
d'alcool par 100 millilitres de sang augmente d'environ quatre fois,
quatre fois, le risque de collision mortelle.
Il y a même des arguments monétaires,
économiques. On ne les a pas entendus, là, mais les... il y a un mouvement de
défense des motocyclistes, au Québec, qui se sont penchés sur différentes
questions, et ils sont venus nous dire, par une communication... je ne pense
pas qu'elle était officielle, on ne les a pas entendus, mais, selon eux, selon
les rapports annuels, il y a des frais d'indemnisation qui sont de l'ordre de
plus de 1 milliard, en 2021, et 1,1 milliard en 2022. Parce qu'on
sait que les accidents avec blessés coûtent beaucoup pour payer les indemnités.
Selon ce groupe, donc, des motocyclistes, l'alcool au volant coûte en moyenne
200 millions de dollars en indemnisations par année. C'est un autre
angle que je vous... que je vous amène. Si les arguments humains, les arguments
scientifiques, les arguments de pertes de vies ne vous ont pas convaincus, il y
aurait même des arguments monétaires, si c'est ça que ça prend en plus. Selon
la SAAQ, en 2014, une estimation des coûts pour les accidents liés à l'alcool
est de 80 millions de dollars en indemnisations et de
320 millions de dollars en coûts sociaux, perte de productivité,
dommages matériels, etc.
Je reviens à la famille Sarli-Rivera et
toutes les autres familles qui... comme le disait mon collègue de Nelligan, qui
suivent nos débats, qui suivent les échanges, qui suivent la proposition, et
qui souffrent, hein, qui souffrent, et qui ne se sentent pas... probablement
pas en... pas capables... Ce n'est pas quelque chose qu'ils veulent faire,
d'aller sur la place publique, d'aller sur une... d'aller derrière un lutrin et
un micro et derrière les caméras pour exprimer leur souhait qu'on aille dans
cette direction-là, mais je suis sûre, vous le savez tous, là, il y a de
nombreuses familles au Québec qui ont vécu ce traumatisme de perdre un enfant,
de perdre un être cher, et je pense qu'ils sont — imaginez-les tous,
là — derrière le couple Sarli-Rivera à hocher de la tête, à être
d'accord. Ils ont trouvé en cette famille des porte-parole extraordinaires, qui
ont eu le courage de venir s'asseoir ici, en commission parlementaire, qui ont
fait des points de presse, qui sont venus témoigner de leur vie avec leur fille
et de leur vie sans leur fille. Ils ont une belle famille... ils avaient une
belle famille de trois enfants, c'était l'aînée de la famille, la seule fille
de... leur seule fille. Ils ont encore, Dieu merci, deux enfants, mais la perte
d'un enfant, on ne s'en remet jamais. C'est ce qu'on dit : Avec le temps,
la douleur s'adoucit, mais on ne s'en remet jamais. Ça, ça me... je suis sûre
que tout le monde autour de la table le sait, le réalise.
Donc, je nous demande tous de
reconsidérer, je nous demande tous de se demander si, aujourd'hui, on fait la
bonne chose. Comme législateurs, mon collègue de Taschereau l'a dit, je me
permets de le réitérer, on a un privilège, là, d'avoir un siège. Nous sommes
125 à l'Assemblée nationale à être élus, à représenter nos concitoyens, à
exercer la fonction de législateur. Il y a des journées ou des semaines, on
vient ici, à Québec, puis là on repart, puis on se dit, bien... on fait le
bilan de notre semaine : Qu'est-ce que... qu'est-ce qu'on a contribué? On
a travaillé sur quoi? Est-ce que c'était vraiment un sujet qui nous interpelait
beaucoup? Est-ce que c'était quelque chose... Tu sais, il y a un paquet de
sujets, là, mais je pense que, ce soir, en tout cas, depuis les derniers jours,
les dernières semaines... je pense qu'aujourd'hui on peut dire qu'on traite
d'un sujet qui interpelle tous les Québécois puis je pense qu'on peut se dire
qu'aujourd'hui on traite d'un sujet qui fait vraiment une grande différence, un
sujet crucial, un sujet fondamental. Puis je nous encourage collectivement...
De façon unanime, là, ce serait donc beau si l'Assemblée nationale parlait
d'une seule voix dans ce dossier-là! Ce n'est pas une <question...
Mme Setlakwe :
...collectivement...
De façon unanime, là, ce serait donc beau si l'Assemblée nationale parlait
d'une seule voix dans ce dossier-là! Ce n'est pas une >question de
dire... de pointer du doigt qui que ce soit, là, que le gouvernement en fait
assez, n'en fait pas assez, a trop hésité. Ce n'est pas ça qui est important.
Il n'est jamais trop tard pour prendre la bonne décision, pour poser le geste
qui peut et qui, selon les études, va sauver des vies.
Donc, lors du vote, je nous invite à
reconsidérer et à adopter cet amendement, qui est vraiment la bonne chose à
faire pour éviter cette douleur que la famille Sarli-Rivera a malheureusement dû...
avec laquelle ils ont dû composer et composent toujours. Je ne vais pas relire
la lettre ouverte de la famille dans LaPresse, c'est... mon
collègue de Nelligan a été capable de le faire, je pense qu'on... c'est trop...
c'est trop difficile. On peut juste s'imaginer, on est des parents aussi,
qu'est-ce que... le bonheur que ça nous apporte, quel bonheur apportent nos
enfants dans nos vies, mais c'est... ce sont des parents qui ont eu le courage
non seulement de s'exprimer publiquement, verbalement, à plusieurs reprises,
mais ce sont des parents qui ont étalé leur peine et leur douleur sur la place
publique d'une façon remarquable. Suite au décès de Jessica, ils militent au
sein de MADD, Mothers Against Drunk Driving Canada.
• (17 h 20) •
Je pense que nous, autour de la table, si
on vivait... si on avait vécu ce drame, on ferait partie de ce groupe de
citoyens qui se mobilisent une fois qu'on a passé à travers différentes étapes
de deuil. Probablement qu'on serait là, avec eux, en train de dire aux
parlementaires que nous sommes : Changez la loi, allez un pas de... allez
un pas plus loin. Écoutez-nous, là. Nous, on a vécu ça, on trouve ça
insupportable. Notre être cher, notre enfant est mort parce qu'il y avait
quelqu'un sur la route qui conduisait, bien, très chaud ou un peu chaud. Nous,
on a simplement à les écouter puis à se dire que c'est une contribution tout à
fait simple et possible, là, de venir changer la loi pour mettre toutes les
chances de notre bord de... bien, que ça ne nous arrive pas, que ça n'arrive
pas à nos familles, que ça n'arrive pas à nos amis, que ça n'arrive pas à nos
enfants.
Si on était les premiers, là, à aller dans
cette direction-là, si c'était tout à fait novateur, je dirais : Bon, on
va... OK, on va se pencher là-dessus, on va en parler, on va voir, hein? On
n'est pas les premiers. Ce que j'entends, ce que je constate, c'est qu'on est
les derniers au Canada, puis ça se fait aux États-Unis puis partout autour de
nous, ça se fait, il y a des mesures administratives qui sont imposées à partir
de 0,05. C'est un message que le Québec doit envoyer. Je nous invite à le
faire, M. le Président, puis je nous invite à nous inscrire dans le combat du
couple Sarli-Rivera. Selon eux, et je les cite : «Jessica était aussi une
battante et elle aurait voulu que nous participions à envoyer un message clair
à tout le Québec que l'alcool et les drogues au volant peuvent faire des
dommages irréparables et que ces dangers sont évitables.»
M. le Président, je pense que j'ai fait le
tour. Encore une fois, je nous invite à ne pas adhérer à l'argument comme quoi
on en fait déjà assez. Je nous invite à faire preuve de la plus grande
précaution. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. M. le député de Nelligan, pour 4 min 30 s.
M. Derraji : Combien?
Le Président (M. Jacques) : 4 min 30 s.
M. Derraji : OK. Je vais me
chronométrer. Merci, M. le Président. Écoutez, je vais prendre les prochaines
minutes pour vous lire un message que j'ai reçu de la famille, d'ailleurs, il
est public, et espérons, espérons, encore une fois que, le moment de vote... que
les collègues qui vont voter vont prendre ça en considération :
«Notre fille a vu sa vie volée par
l'alcool au volant. Son temps sur la terre fut court, mais, par son amour et sa
générosité, elle a su toucher bien des gens. Sa bonté et son cœur <immense...
M. Derraji :
...fut
court, mais par son amour et sa générosité, elle a su toucher bien des gens. Sa
bonté et son cœur >immense demeurent sans doute notre plus grande
fierté. Jessica était aussi une battante et elle aurait voulu que nous
participions à envoyer un message clair à tout le Québec, envoyer un message
clair à tout le Québec que l'alcool et les drogues au volant peuvent faire des
dommages irréparables et que ces dangers sont évitables. «Aujourd'hui, c'est
donc comme elle et pour elle que nous vous demandons de rendre nos routes plus
sécuritaires et que nous contribuons à éveiller des consciences en racontant
son histoire. Nous avons besoin que les choses changent et que le message soit
compris, en souvenir de Jess, mais aussi pour toutes les autres victimes et
leurs familles. Au Québec, on ne peut pas se permettre de perdre d'autres
Jessica.»
M. le Président, il reste presque une
minute. Parfois, dans la vie d'un parlementaire, il y a des amendements qui
changent la vie. Aujourd'hui, vous avez entendu mes deux collègues. Le débat
risque de se terminer, dans ce projet de loi, en ce qui concerne l'alcool au
volant, et le combat de ces familles endeuillées risque de continuer, mais
quelle occasion manquée de la part du Parlement de mettre fin à la douleur de
ces familles endeuillées qui veulent agir et qui veulent nous aider à améliorer
le bilan de la sécurité routière et aussi amender le Code de la sécurité
routière.
Comme je l'ai mentionné, M. le Président,
au début, ce n'est plus les arguments scientifiques ni les autres arguments qui
vont guider le vote, le prochain vote, chacun... chaque collègue va voter en
fonction de sa conscience personnelle, en fonction de ses arguments ou,
probablement, la ligne du parti. Gardons en tête qu'aujourd'hui,
malheureusement, il y a une famille qui se rappelle d'une triste histoire, d'un
anniversaire très triste pour eux, qui est la perte de leur fille. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Nelligan. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article
introduisant l'article 2.1? Donc, est-ce que l'article 2.1 est
adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Un
vote par appel nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire : Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Et M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'article introduisant l'article 2.1 est rejeté.
Maintenant, est-ce que... Nous pouvons
passer à l'article 3. Mme la ministre, article 3.
Mme Guilbault :Oui, oui, oui. Alors, article 3... article 3 :
L'article 251 de ce code est modifié, dans le paragraphe 2° :
1° par le remplacement de «cinémomètre
photographique ou d'un système photographique de contrôle de circulation aux
feux rouges» par «système de détection»;
2° par le remplacement de «cinémomètre ou
d'un tel système de contrôle» par «système».
En commentaire. L'article 3 du projet
de loi est une modification de concordance pour tenir compte de l'introduction
au Code de la sécurité routière de l'expression «système de détection». Les
expressions «cinémomètre photographique» et «système photographique de contrôle
de circulation aux feux rouges» sont ainsi remplacées par cette nouvelle
expression. Alors, une modification de concordance par rapport à
l'article 2.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 3? M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Bien,
écoutez, je voulais en profiter pour poser quelques questions, là, d'ordre plus
général par rapport à ça. Quand j'avais lu, là, en préparation là, du début, là,
des audiences du projet de loi, là, quelques questions m'étaient venues en <tête...
M. Grandmont :
...là,
du début, là, des audiences du projet de loi, là, quelques questions m'étaient
venues en >tête, là, puis je voulais savoir comment... de manière
générale, comment ça fonctionne, en fait, au niveau des corps policiers ou de
la fabrication de la preuve, en fait, là, quand les plaques sont sales ou
enneigées. Comment ça... comment ça se passe, concrètement? Je ne sais pas si
Mme la ministre a des éléments de réponse, là, quand les plaques...
Parce qu'en fait, vous le savez, là, on va
utiliser davantage d'appareils de contrôle automatisés, qui vont nous permettre
de constater des infractions, donc, le non-respect du Code de la sécurité
routière. La façon d'identifier le propriétaire d'un véhicule, bien, c'est
évidemment par la plaque d'immatriculation. Qu'est-ce qui se passe quand la
plaque n'est pas visible? Qu'est-ce qui se passe pour la saleté par de la
neige? Qu'est-ce qui se passe quand des gens... puis on l'a déjà vu aussi, là,
utilisent toutes sortes de dispositifs, là, des espèces d'enduit... pas
d'enduit, mais de plastiques, en fait, là, qui viennent rendre impossible la
lecture de la plaque? Qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là? Comment on
réagit, là, du côté, là, des corps policiers qui doivent faire la preuve? C'est
ça, ce serait ma première question par rapport à ça.
• (17 h 30) •
Le Président (M. Jacques) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui, tout à fait. Bien, si mon collègue est d'accord, j'ai
une professionnelle ici qui est familière avec le sujet, qui pourrait répondre.
M. Grandmont : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Madame, est-ce que vous pouvez vous nommer et nommer votre titre, s'il vous
plaît?
Mme Morin-Verville (Amélie) : Amélie
Morin-Verville, conseillère à la direction des radars photo, au ministère des
Transports. Pour répondre... Là, je vais... je vais essayer de répondre. Si je
ne réponds pas complètement, vous reposerez la question. En fait, au niveau des
plaques qui pourraient être enneigées, effectivement, il y a un taux de rejet
des dossiers qui peuvent être détectés par des appareils. Ça fait partie... en
fait, depuis le début, là, de l'utilisation des radars photo, ça fait partie
des situations où est-ce qu'on ne peut pas, malheureusement, donner le constat
d'infraction parce qu'on n'est pas capables de bien faire la preuve, en fait,
que le véhicule... en fait, de bien faire la preuve de la... du propriétaire du
véhicule et que c'est vraiment le véhicule, là, qui est en infraction.
M. Grandmont : OK. Donc,
c'est la même chose pour la saleté aussi. Donc, je comprends qu'il y a un taux
de rejet. Il est situé à combien environ, là, bon an, mal an?
Mme Morin-Verville (Amélie) : Le
taux de rejet, ça, je ne... je ne m'avancerai pas là-dessus, exactement, là, le
taux de rejet. On l'a, par contre, on pourrait vous revenir.
M. Grandmont : OK. Parfait.
Puis, quand il s'agit, là, d'utilisation, là, d'enveloppes plastifiées ou autre
qui... Parce que j'imagine que vous êtes quand même à même de constater qu'il y
a... qu'il peut y avoir davantage de personnes qui utilisent ce genre de
dispositif là pour ne pas être... pour ne pas que le numéro de la plaque puisse
être détecté par une caméra, là. Je sais que ça existe, là. Qu'est-ce que... qu'est-ce
qui est fait dans ce temps-là? Est-ce qu'il y a une... Bien, ça fait partie des
rejets, j'imagine, aussi, mais est-ce que vous tenez un compte particulier par
rapport à ça pour éventuellement avertir les corps policiers qu'ils pourraient
faire plus de surveillance par rapport à ça? Est-ce qu'il y a un mécanisme pour
s'assurer que ça ne devienne pas un peu une espèce d'épidémie, là, de
l'utilisation d'un mécanisme de ce type-là?
Mme Morin-Verville (Amélie) : C'est
sûr que le Code de la sécurité routière interdit ce genre d'utilisation
d'outils là. Évidemment, avec les radars photo, on ne peut pas... n'étant pas
en mesure de lire la plaque, on ne peut pas rien faire. Je ne saurais dire si
les policiers font des interventions spécifiques là-dessus, malheureusement.
M. Grandmont : Donc, grosso
modo, on est sur la bonne foi des gens, de manière générale.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Effectivement.
Bien, en fait, au niveau des radars photo, on ne peut rien faire pour ce genre
d'outil là.
M. Grandmont : ...donc ce
n'est pas avec les radars photo qu'on va réussir à débusquer des coquins qui
voudraient contourner la loi, mais je m'étonne quand même du fait qu'il n'y a
pas nécessairement de mécanisme pour avertir... Mettons qu'on... supposons qu'on
verrait une recrudescence d'utilisation de ce type de mécanisme là, là, il n'y
a pas de mécanisme pour avertir les corps policiers pour leur dire : Heille!
faites attention, sur votre territoire, il y a comme davantage de personnes, on
en remarque davantage, de personnes? Je comprends que la neige, la saleté, ce
n'est peut-être pas... c'est un peu épisodique, puis on... bon, je sais qu'il y
a des gens qui lancent de la neige sur leurs plaques exprès, là, mais bon,
on... bon, ça reste probablement l'exception, là, mais, pour ce qui est des
dispositifs, là, qui viendraient empêcher, finalement, là, poser
volontairement... qui empêcheraient la lecture, est-ce qu'il n'y a pas...
est-ce qu'il y a... est-ce qu'on ne devrait pas avoir un mécanisme pour
informer les corps policiers d'une certaine fluctuation du nombre de cas où on
remarque que c'est utilisé?
Mme Morin-Verville (Amélie) : Effectivement.
Bien, en fait, les dossiers qui sont détectés par les appareils, ce sont quand
même les policiers qui les reçoivent, donc c'est traité au Centre de traitement
de la preuve. Donc, eux autres voient quand même le type de rejet, c'est eux,
en fait, qui nous fournissent un peu les statistiques sur la neige, etc., et
les autres sujets, en fait, qui imposent un rejet.
Au niveau des infractions, la légiste
pourrait venir vous en parler <davantage...
>
17 h 30 (version révisée)
< Mme Morin-Verville (Amélie) :
...en fait, qui impose un rejet. Au niveau des infractions, la
légiste pourrait venir vous en parler >davantage, là, sur ce qui est
fait au niveau de l'utilisation, là, au niveau légal, si vous le souhaitez.
M. Grandmont : Oui, parfait,
excellent, ce serait intéressant, effectivement. Puis j'avais une autre
question, là, qui concernait... Bon, les gens ne sont pas supposés, là, avoir
des appareils qui leur permettent de détecter qu'il y a un radar. On comprend que
les radars photo, en général, les ACA, mais je vais les appeler des «radars
photo» parce que c'est beaucoup plus de la vitesse, là, en qui concerne le
point que je veux discuter... Donc, les gens ne sont pas supposés avoir d'appareils
qui détectent des radars photo.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Des
cinémomètres.
M. Grandmont : Des
cinémomètres, effectivement. En même temps, bon, souvent, il y a une
signalisation, pas tout le temps. Quand c'est des opérations avec des... quand
c'est des... quand c'est des véhicules, donc, il n'y a pas d'avertissement. Quand
c'est des cinémomètres fixes ou temporaires, là, je vous laisse peut-être
préciser, là, est-ce que...
Mme Morin-Verville (Amélie) : Bien,
il y a une signalisation qui est toujours présente sur les sites, que ce soient
des sites où est-ce qu'il y a des opérations avec des appareils mobiles ou des
sites où est-ce qu'il y a des appareils fixes.
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Donc,
il y a toujours des... une signalisation qui est présente sur les sites. Il n'y
a aucun site qui est opéré avec des radars photo qui... qui n'a pas de
signalisation.
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
je disais la même chose. En fait, ce que je disais, c'est que les... quand c'est
une personne qui tient le cinémomètre, en fait, là, donc, on est d'accord
là-dessus, là, dans ce cas-là, il n'y a pas de... il n'y a pas d'affichage qui
est fait, bon, d'accord, on dit la même chose. Donc, on n'est pas... Puis donc,
en même temps, les gens sont... Donc, c'est comme une façon de leur dire :
Bien, attention, surveillez-vous, il y a quelque chose qui s'en vient. Puis là,
si, en plus, vous n'avez pas ralenti, bien là c'est bien juste de votre faute de
ne pas avoir ralenti, il y avait un panneau qui l'annonçait.
Et donc c'est pour ça aussi qu'on interdit
le fait d'avoir des détecteurs de détecteurs de vitesse, là. Ça me faisait bien
rire, quand j'étais jeune, de dire «détecteurs de détecteurs». Mais aujourd'hui
on sait que, dans les différentes applications, que ce soit Google Maps, que ce
soit Waze, Plans, peu importe la plateforme, les gens vont indiquer la présence
d'un radar photo ou d'un radar fixe ou mobile de type, là, automatisé.
Est-ce que... est-ce qu'il y a quelque
chose qui, dans la loi québécoise, vient interdire l'utilisation... l'identification
de sites de radar sur des applications où, là, c'est une contribution des
automobilistes? C'est comme une espèce de travail collectif qui est fait sur
les applications, puis les gens indiquent qu'à tel endroit il y a un... Dans le
fond, ils font indirectement ce qu'il n'est pas permis de faire directement, là.
Est-ce qu'il y a quelque chose qui l'encadre, cette partie-là, le mode
contributif de dénonciation de présence d'un radar photo sur les plateformes
telles Google Maps ou Waze, et compagnie, là?
Mme Morin-Verville (Amélie) : Bien,
je vais répondre pour les radars photo. Actuellement, même notre site Internet
à nous, on les identifie, les sites. Donc, je ne verrais pas pourquoi on les
empêcherait, eux, de les reprendre, parce que notre volonté, c'est que les gens
sachent où ils sont pour qu'ils ralentissent, parce que ce sont des sites où est-ce
qu'on a dénoté des problématiques d'accidents... d'accidents. Donc, au niveau
des radars photo, il n'y aurait pas intérêt à les empêcher à partager la bonne
nouvelle, si je peux le dire comme ça, parce qu'on veut qu'ils le sachent, et
ceux qui ont des infractions sur ces sites-là, ils ne peuvent pas dire qu'ils n'auront
pas été avertis. Pour l'autre partie de votre question, je ne saurais répondre,
malheureusement.
M. Grandmont : Donc, l'autre
partie, on parle vraiment des radars tenus par une personne. Ça, on sait que c'est
interdit, d'avoir un radar photo... un détecteur de détecteur de vitesse, mais
les applications permettent de le faire. N'importe qui qui a utilisé une de ces
applications-là sait très bien, là, qu'ils sont identifiés, puis, même, il est
possible de l'enlever une fois que le radar photo est disparu, là, que la
personne a décidé de... est partie en chasse après une personne. Et donc vous
ne savez pas s'il y a quelque chose qui encadre ça? Parce qu'à lire ça je
comprends qu'on n'est pas exactement sur les cinémomètres, sur les appareils de
contrôle automatisé, je comprends.
(Interruption)
M. Grandmont : Tout va bien?
Parfait. Mais je trouvais l'opportunité intéressante, de discuter de ça, auquel
cas, bien, il y aurait peut-être moyen ou, en tout cas, besoin d'intervenir, mais
je ne sais pas si quelqu'un d'autre peut répondre à cette question-là qui m'interpelle,
qui m'intéresse beaucoup.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Peut-être
que les légistes pourraient...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme Côté-Verville. Maintenant, je vous demande à vous aussi de vous identifier
et de donner votre titre, s'il vous plaît.
Mme Tardif (Marie-Josée) : Oui,
Marie-Josée Tardif, notaire pour le ministère du Transport et de la Mobilité
durable.
Donc, pour répondre, il n'y a pas de disposition
qui encadre l'utilisation, là, d'un détecteur de cinémomètres via une
application mobile puisque l'article 251, là, fait mention vraiment d'installer
dans un véhicule, là, de... un détecteur. Donc, c'est <toujours dans la
notion de... présentement, là, on a...
Mme Tardif (Marie-Josée) :
...c'est
>toujours dans la notion de... Présentement, là, on a... puis le besoin
n'a pas été... en tout cas, n'a pas été signifié, de légiférer pour contrôler
l'utilisation des signalements par application mobile pour le moment.
Pour votre... l'autre volet de... votre...
le premier volet de la question, pour la plaque, là, donc, c'est sûr que
quelqu'un qui... qui utiliserait une enveloppe ou... plastique ou un système
pour empêcher la lecture de la plaque, là, il y a une... il y a une infraction
qui est prévue au Code de la sécurité routière. La personne est passible d'une
amende de 500 $ à 1000 $, là, par le policier. Je n'ai pas, par
exemple, de statistique sur l'application de cette disposition-là par les corps
policiers.
Il y a aussi un article qui prévoit que
quelqu'un... une... pour... si la plaque est illisible au niveau de la... pour
des raisons de saleté, un agent de la paix peut demander au propriétaire du
véhicule de nettoyer la plaque, puis le propriétaire doit s'exécuter, sinon il
est passible aussi d'une... il y a une amende qui est prévue pour ça, mais,
sinon, c'est le cadre légal, là, qui est prévu, qui entoure la question que
vous aviez.
• (17 h 40) •
M. Grandmont : Parfait, c'est
très éclairant, mais donc, évidemment, on ne pourra pas donner un ticket, une
contravention à quelqu'un qui a un produit qui... qui vient empêcher la lecture
par un appareil automatisé... via un appareil automatisé. Ça va toujours devoir
être un policier qui le fait. Je comprends qu'évidemment ça, c'est le cas.
Mme Tardif (Marie-Josée) : Oui,
oui, c'est ça.
M. Grandmont : Puis, donc,
pour ce qui est des différentes plateformes, Waze, Google Maps, Plans, sur lesquelles,
dans un mode collaboratif, les gens identifient des radars photo opérés par des
policiers, donc, actuellement, il n'y a rien dans la loi qui l'empêche parce
qu'il n'y a pas eu de demandes qui ont été faites actuellement. C'est ça?
Mme Tardif (Marie-Josée) : Bien,
de... tu sais, la problématique n'a pas été soulevée, puis là, bien, dans le
fond, le CSR... le CSR fait référence à l'installation dans un véhicule d'un
système de... d'un détecteur de cinémomètres.
M. Grandmont : Parfait. Bien,
c'est intéressant, mais je suis content de soulever moi-même la question parce
que je pense qu'il y a... il y a un trou, là, à quelque part. On fait vraiment indirectement
ce qu'on ne devrait pas faire directement. Puis il ne doit plus y avoir
beaucoup de gens, de toute façon, considérant la facilité qu'on a, avec nos
téléphones, d'avoir ces plateformes-là puis accès à cette information-là, qui
doivent installer des détecteurs de détecteurs de vitesse dans leur véhicule,
là, disons que le marché a dû s'effondrer pas mal dans les dernières années, mais...
OK, bien, merci pour vos réponses. On
reviendra peut-être éventuellement avec un amendement qui ira dans le sens de
légiférer là-dessus. On verra comment qu'on peut regarder ça, là,
éventuellement, mais je vous remercie pour votre contribution.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Taschereau. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 3? Donc, l'article 3... est-ce que l'article 3 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 4, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Merci, M. le Président. Article 4 :
L'article 294.1 de ce code est
remplacé par le suivant :
«294.1. La personne responsable de
l'entretien d'un chemin public doit installer une signalisation appropriée pour
indiquer tout endroit où le respect des règles relatives à la sécurité routière
est contrôlé au moyen d'un système de détection.»
En commentaire. L'article 4 du projet de
loi a les objets suivants. L'article 294.1 maintient l'obligation pour la
personne responsable de l'entretien d'un chemin public d'installer une
signalisation pour indiquer à tout endroit la présence d'un système de
détection, comme c'est déjà le cas. L'obligation de vérifier la présence et
l'adéquation de la signalisation indiquant l'endroit où la surveillance par un
système de détection est réalisée est supprimée. Par le fait même, l'obligation
de faire rapport au ministre du résultat de cette vérification est également
retirée. Enfin, en concordance avec l'introduction au Code de la sécurité
routière de l'expression «système de détection», les expressions «cinémomètre
photographique» et «système photographique de contrôle de circulation aux feux
rouges» sont remplacées par cette nouvelle expression.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de
Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Question...
Bien, je comprends l'intention avec l'article... l'article 4. J'ai peut-être
deux... deux petites questions, précisions. Quand on parle de la personne
responsable de l'entretien d'un chemin public, est-ce que ça, c'est une expression
qui... qui est connue dans le corpus? Est-ce que tout le monde sait c'est qui?
Est-ce que ça a besoin d'être précisé davantage ou... C'est la première
question.
Mme Guilbault :La personne responsable de... bien, c'était déjà libellé
comme ça dans le code actuellement.
Mme Setlakwe : Oui. Donc, ça
répond à ma question, «personne responsable de l'entretien».
Mme Guilbault :Oui, «personne responsable de l'entretien d'un chemin
public».
Mme Setlakwe : Oui, OK, et
puis...
Mme Guilbault :En fait, c'est une municipalité ou le ministère, mais c'est
qu'on reprend, dans le fond, la même expression que dans l'article d'origine.
Mme Setlakwe : Non, je
comprends, OK, il n'y a pas lieu de changer ça, OK, je comprends. Et donc on
peut présumer, là, que les municipalités qui vont voir ces systèmes s'ajouter
sur leur <territoire vont être bien satisfaites...
Mme Setlakwe :
...voir
ces systèmes s'ajouter sur leur >territoire vont être bien satisfaites,
mais je demande quand même : Est-ce que vous avez tenu compte de l'impact,
là, sur les villes de leur imposer ça? Est-ce qu'il y a eu... C'est quoi, la
réception? Est-ce que ça va coûter cher? Qu'est-ce que ça va impliquer? Est-ce
que vous avez considéré ça?
Mme Guilbault :Oui, puis les... Je pense que... En tout cas, j'y vais de
mémoire, là, mais les associations municipales... Tout le monde, en fait, est
ouvert à avoir plus de radars photo. Il y en a même qui voulaient les gérer
eux-mêmes, les acheter eux-mêmes, et là ce qu'on disait à l'époque, c'est :
Il vaut mieux que le ministère demeure, du moins, gestionnaire de
l'acquisition, de l'approvisionnement puis du parc, si on peut appeler ça comme
ça, mais ensuite on pourra voir.
Puis d'ailleurs, à l'article 5, si ma
mémoire est bonne, là, c'est là qu'on va modifier... oui, c'est ça, exact, donc,
on va avoir des modifications sur l'autorisation du ministre pour prévoir...
encore une question de latitude, pour prévoir l'éventualité où... si, un jour, des
municipalités étaient responsables de leur propre système, mais, pour
l'instant, on va... on va poursuivre un peu comme on fait là, et, dans un autre
article plus loin, il y aura... On va parler d'une entente, éventuellement,
qu'il va y avoir entre le ministère puis les municipalités sur le partage des
revenus une fois les frais de gestion puis certains frais déduits.
Alors, bref, on va... on va... en fait, on
va conserver le partenariat... le type de partenariat qu'on a actuellement avec
les municipalités, mais, oui, elles sont toutes très ouvertes à la chose.
Mme Setlakwe : Oui, OK. Honnêtement,
moi, ça me satisfait, là, puis je pense qu'on reconduit l'esprit de ce qui
existait avant. Merci.
Mme Guilbault :Oui, oui, oui, non, c'est ça, tout à fait, puis c'est de la
concordance avec le système de détection, puis on enlève un peu de paperasse. Si
vous remarquez, il y a un paragraphe qui disparaît, là, des redditions de
comptes à la ministre, qui... Dans le fond, ce qu'on me dit, c'était lourd
inutilement puis ça n'avait pas de valeur ajoutée.
Mme Setlakwe : Il est supprimé.
OK, merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 4? Donc, est-ce
que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 5.
Mme Guilbault :Article 5 : L'article 312.1 de ce code est remplacé
par le suivant :
«312.1. Nul ne peut modifier tout ou
partie d'un système de détection sans l'autorisation du propriétaire de ce
système.
«Nul ne peut, sans l'autorisation de la
personne responsable de l'entretien d'un chemin public ou d'un membre d'un
corps de police qui a compétence sur le territoire où se trouve le système,
enlever ou déplacer tout ou partie de ce système.»
En commentaire. L'article 5 du projet de
loi précise les personnes qui peuvent autoriser la modification d'un système de
détection de même que l'enlèvement et le déplacement d'un système ou d'une
partie du système. Un système de détection ne pourra ainsi être modifié sans
l'autorisation de son propriétaire. Il pourra être déplacé par une personne qui
aura été... qui aura été autorisée par la personne responsable de l'entretien
d'un chemin public sur lequel le système est utilisé ou par un membre d'un
corps de police qui a compétence sur le territoire de la municipalité où le
système est utilisé.
En outre, en concordance avec
l'introduction au Code de la sécurité routière de l'expression «système de
détection», les expressions «cinémomètre photographique» et «système
photographique de contrôle de circulation aux feux rouges» sont remplacées par
cette nouvelle expression.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 5? S'il n'y a...
Mme Setlakwe : Je pense que
ça va de soi, là, qu'on ne peut pas le modifier ou le déplacer. Je pense que le
libellé est clair. Moi, je n'ai pas d'intervention.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Taschereau?
M. Grandmont : Non, je ne
pense pas, non...
Le Président (M. Jacques) : C'est
beau? Bon, donc, s'il n'y a d'autre intervention, est-ce que l'article 5 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, l'article 6.
Mme Guilbault :Oui, article...
Le Président (M. Jacques) : Et
je crois qu'il y a un amendement aussi, peut-être faire les deux en même temps?
Mme Guilbault :Oui, exactement. Je ne savais pas si vous préfériez que je le
dise au début ou après la lecture.
Le Président (M. Jacques) : Commencez
par l'article et suivant... l'amendement par la suite.
Mme Guilbault :Parfait, exactement. Donc, article 6 :
L'article 312.2 de ce code est remplacé
par le suivant :
«312.2. Nul ne peut endommager un système
de détection ni nuire de quelque façon au fonctionnement d'un tel système ou à
l'enregistrement par l'appareil photo des éléments apposés à l'une ou plusieurs
des photographies prises par ce système ou qui y sont visibles.»
En commentaire. Les modifications prévues
par l'article 6 du projet de loi sont de concordance. En concordance avec
l'introduction au Code de la sécurité routière de l'expression «système de
détection», les expressions «cinémomètre photographique» et «système
photographique de contrôle de circulation aux feux rouges» sont remplacées par
cette nouvelle expression, et, en concordance avec l'abrogation des articles
332 et 359.3, proposée par les articles 8 et 11 du projet de loi, la référence
aux informations visées au troisième alinéa des articles 332 et 359.3 du CSR
est remplacée par une référence aux éléments du système de détection apposés à
l'une ou plusieurs des photographies prises par un tel système ou qui y sont
visibles.
Et l'amendement à l'article 6 :
Supprimer, à l'article 312.2 du Code de la sécurité routière, proposé par
l'article 6 du projet de loi, «photo».
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 6... sur <l'amendement
à l'article 6...
Le Président (M. Jacques) :
...est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 6... sur >l'amendement à
l'article 6?
Mme Setlakwe : ...vise à
retirer le mot... le mot «photo» pour...
Mme Guilbault :En concordance avec l'amendement apporté à l'article 2.
Mme Setlakwe : À la
définition... au terme défini, tout à fait. Donc, «ou à l'enregistrement» par
«ou un appareil», ce n'est pas forcément une photo. On veut se laisser la
latitude... Et là on parle encore de «photographie»... En tout cas, je relis,
moi... Peut-être que mon collègue de Taschereau peut intervenir. Moi, je le... je
veux juste le relire à tête reposée.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Oui, on parle
encore de «photographie» un peu plus loin. Est-ce qu'on veut «photographie», ou
on veut «image», ou est-ce que les légistes sont à l'aise avec le fait qu'on
supprime «photo», mais, plus loin, qu'on fasse référence aux photographies
prises par le système?
(Consultation)
Mme Guilbault :Oui, c'est ça, ce qu'on m'explique, c'est que, même si
c'est des images vidéo dans l'éventuel système ou même si c'est un système qui
prend, effectivement, des photographies, l'élément de preuve qui va être
transmis va quand même résulter en une photographie.
• (17 h 50) •
Mme Setlakwe : Et non pas une
vidéo?
Mme Guilbault :Et non pas une vidéo. C'est ce que je comprends?
(Consultation)
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 51)
18 h (version révisée)
(Reprise à 18 h 04)
Le Président (M. Jacques) : ...reprenons
nos travaux, et, lors de notre suspension, nous étions à l'amendement à l'article
6, et j'invite Me Tardif à nous donner les explications.
Mme Tardif (Marie-Josée) : Oui.
En fait, on proposait de simplement supprimer le mot «photo» pour permettre que
l'appareil utilisé prenne une photo ou une vidéo. Mais, ultimement, ce qui est
utilisé en preuve puis ce qui est... ce qui va continuer d'être utilisé, même
avec des... les plus récents appareils, c'est toujours des photographies qui
vont pouvoir être... avoir été tirées soit d'un appareil photo ou d'un appareil
vidéo. Ce n'est pas une vidéo qui serait transmise au défendeur, là, pour... à
la suite d'une infraction constatée. C'est... Donc, les éléments de... les
éléments... les différents éléments apposés à une ou plusieurs photographies,
comme la date, l'endroit, puis tout ça, ça demeurerait inscrit sur les
photographies tirées d'un appareil photo ou d'un appareil vidéo, puis c'est ça
qui serait transmis, ultimement, au défendeur. Puis l'expression va revenir à
plusieurs autres dispositions, là, tout au cours de l'étude détaillée, là, du
projet de loi, parce que l'infraction est constatée par une... au moyen d'une
photographie qui est prise par un système de détection, système de détection
qui pourra être un appareil photo ou un appareil vidéo. Mais, pour... dans un
avenir moyen, court terme... court, moyen terme, c'est les photographies, là.
Puis, tu sais, c'est sûr que d'utiliser en
preuve, par exemple, une vidéo, là, ça demande vraiment des travaux avec... au
niveau du poursuivant, là, avec les différents intervenants impliqués, si on
voulait aller jusque là, là. Mais, pour le moment, on pense que tirer des
photos de... des photographies d'une vidéo prise par un système de détection,
ce serait suffisant, pour permettre l'utilisation des systèmes actuels, mais
aussi d'une... de nouveaux systèmes, là, qui sont... qui sont
potentiellement... qui pourraient potentiellement être utilisés.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Me Tardif. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement à l'article
6?
Mme Setlakwe : ...je remercie
Me Tardif de l'explication. Je pense qu'il est, en fait, opportun de laisser le
libellé tel qu'il est vers la fin, là, pour des fins de ne pas se créer d'autres
problèmes puis de respecter le régime qui est en place actuellement puis les...
les règles de preuve. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, bien, je
veux remercier aussi, pour les... Me Tardif pour ses explications. Puis, simplement
pour notre compréhension puis pour nous rassurer peut-être aussi, mais j'imagine
qu'une série de photos peuvent être utilisées comme preuve, donc on pourrait
avoir une série de photos tirées d'une vidéo, et donc on est capable de
comprendre le mouvement ou, en tout cas, on est capable de rendre
photographique une preuve qui... d'abord, qui est animée, qui serait une vidéo,
par exemple, on est capable d'arriver à faire ce qu'on... indirectement ce qu'on
veut faire directement.
Une voix : ...
M. Grandmont : Pardon?
Une voix : Recréer la scène.
M. Grandmont : Recréer la
scène, un peu comme ça, tu sais, quand on fait des animations avec un... Mais, bon,
parfait, donc une série de photos est acceptable en preuve. C'est ça que je
voulais avoir comme information. Je vous remercie.
Mme Tardif (Marie-Josée) : Oui,
effectivement. D'ailleurs, la notion de série de photographies, et vous allez
la trouver à plusieurs dispositions, là, on fait référence toujours au... quand
on parle d'une preuve, c'est «la photographie ou la série de photographies»
fait preuve de son admissibilité, peut être... est admissible en preuve, tout
ça. Donc, cette notion-là est déjà présente au Code de la sécurité routière puis
elle est reconduite, là, par les dispositions du projet de loi.
M. Grandmont : ...à être... à
se donner de la marge de manœuvre pour être capables d'avoir des appareils qui
vont suivre une évolution technologique, avec des nouvelles façons de la capter
puis d'en rendre compte, puis, de l'autre côté, là, on ne vient pas tout
déstabiliser, dans le fond, les procédures qui existent déjà. Puis, en même
temps, les deux sont compatibles, dans le fond. Ça fait que je vous remercie, c'est
parfait.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Ça va être très
rapide. Merci beaucoup, j'ai manqué une partie, mais juste quand on dit
«enregistrement par appareil», l'enregistrement de base est en vidéo.
Mme Tardif (Marie-Josée) : Bien,
ça pourra être... c'est soit les données, là, la photo de la plaque, ou ça
pourrait être l'enregistrement vidéo, oui.
M. Derraji : Et, dans les
deux cas, les deux sont exploitables, que ce soit vidéo ou photo?
Mme Tardif (Marie-Josée) : Ils
le seraient potentiellement, oui.
M. Derraji : Ils le seraient
en fonction de la nature de l'appareil.
Mme Tardif (Marie-Josée) : Oui.
M. Derraji : OK, c'est bon.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Merci, Me Tardif. Est-ce que l'amendement à l'article 6 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Donc, maintenant, nous revenons à l'article 6 amendé. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 6 amendé? S'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article 6 est <adopté?...
Le Président (M. Jacques) :
...sur
l'article 6 amendé? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 6 amendé est >adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, l'article 7, Mme la ministre, suivi de votre amendement.
Mme Guilbault :Oui. Merci, M. le Président. Article 7.
L'article 312.3 de ce code est
modifié par le remplacement des paragraphes a et b du premier alinéa par les
paragraphes suivants :
«1° de quelque façon au
fonctionnement d'un système de détection;
«2° à l'enregistrement par l'appareil
photo des éléments à poser à l'une ou plusieurs des photographies prises par ce
système ou qui y sont visibles.»
En commentaire. Comme pour l'article
précédent, les modifications prévues par l'article 7 du projet de loi sont
de concordance. En concordance avec l'introduction, au Code de la sécurité
routière, de l'expression «système de détection», les expressions «cinémomètre
photographique» et «système photographique de contrôle de circulation aux feux
rouges» sont remplacées par cette nouvelle expression. Et, en concordance avec
l'abrogation des articles 332 et 359.3, proposée par les articles 8
et 11 du projet de loi, la référence aux informations visées au troisième
alinéa des articles 332 et 359.3 est remplacée par une référence aux
éléments du système de détection apposés à l'une ou plusieurs des photographies
prises par un tel système ou qui y sont visibles.
Et l'amendement à l'article 7 :
Supprimer, dans le paragraphe 2° de
l'article 7 du projet de loi, «photo».
Sur le même principe que l'amendement de
l'article 6.
• (18 h 10) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement à
l'article 7? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement
à l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, est-ce que l'article 7 amendé... est-ce qu'il y a des
interventions? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 7,
amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 8. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Merci. Article 8 :
L'article 332 de ce code est abrogé.
En commentaire. L'article 8 du projet
de loi abroge l'article 332 du Code de la sécurité routière.
Les éléments qui y sont prévus sont
reportés dans deux nouveaux articles du CSR, proposés plus loin par les
articles 12 et 22 du projet de loi, qui introduisent respectivement les
articles 519.79 et 602.2, ainsi que dans un règlement que
l'article 37 du projet de loi propose d'édicter.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 8?
Mme Setlakwe : Je comprends que
c'est déplacé ailleurs.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 8 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 9, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Merci. Article 9 :
L'article 333 de ce code est modifié
par le remplacement de «cinémomètre photographique ou d'un système
photographique de contrôle de circulation aux feux rouges» par «système de
détection».
En commentaire. La modification proposée
par l'article 9 du projet de loi est en concordance avec l'introduction,
au Code de la sécurité routière, de l'expression «système de détection», les
expressions «cinémomètre photographique» et «système photographique de contrôle
de circulation aux feux rouges» sont remplacées par cette nouvelle expression.
Donc, un article de concordance.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 9? Oui,
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Juste parce que
je veux juste... je veux juste... Là, c'est ce qu'on a fait tout à l'heure par
rapport au système de détection, hein? C'est la même définition?
Mme Guilbault :Oui, c'est à l'article 1 et 2, en fait.
M. Derraji : 2? Article 2,
OK. Je voulais juste...
Mme Guilbault :1 aussi, ça... 1, c'était quoi?.
M. Derraji : Non, c'est 2 où
vous avez fait la définition, mais vous faites référence à la... au système de
détection dans l'article 1, mais vous le définissiez dans
l'article 2.
Mme Guilbault :Exact.
M. Derraji : C'est bon.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. S'il n'y a pas d'autre intervention sur l'article 9, est-ce que
l'article 9 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 10.
Mme Guilbault :Article 10.
L'article 334.1 de ce code est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «cinémomètre
photographique ou d'un système photographique de contrôle de circulation aux
feux rouges» par «système de détection».
En commentaire. La modification proposée
par l'article 10 du projet de loi est en concordance avec l'introduction
au Code de la sécurité routière de l'expression «système de détection». Les
expressions «cinémomètre photographique» et «système photographique de contrôle
de circulation aux feux rouges» sont remplacées par cette nouvelle expression.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 10? S'il
n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 10 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 11, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Merci. Article 11 :
L'article 359.3 de ce code est
abrogé.
En commentaire. L'article 11 du
projet de loi abroge l'article 359.3 du Code de la sécurité routière. Les
éléments qui y sont prévus sont reportés dans deux nouveaux articles du CSR
proposés plus loin par les articles 12 et 22 du projet de loi, qui
introduisent respectivement les articles 519.79 et 602.2, ainsi que dans
un règlement que l'article 37 du projet de loi propose d'édicter.
Le Président (M. Jacques) : Parfait,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 11?
Mme Setlakwe : ...déplace
ailleurs, c'est ça?
Mme Guilbault :Oui.
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Pourquoi tout a
été mis... vous le mettez ailleurs? Est-ce qu'il y a une raison ou vous
voulez...
Mme Guilbault :
...
M. Derraji : Mais là, ce
n'est vraiment pas une <question
M. Derraji :
...vous
le mettez ailleurs? Est-ce qu'il y a une raison ou vous voulez...
Mme Guilbault :
...
M. Derraji :
Mais là, ce n'est vraiment pas une >question piège, là. Je
voulais juste... Je suis juste curieux.
Mme Guilbault :Ma collègue juriste peut venir les... donner une réponse.
Le Président (M. Jacques) : Oui.
Donc, Me Tardif.
Une voix : On est intéressés.
Le Président (M. Jacques) : Me Tardif
va pouvoir nous répondre.
M. Derraji : ...vraiment,
ce n'est pas... C'est juste par curiosité.
Mme Tardif (Marie-Josée) : Oui.
Bien, c'est, en fait, que, présentement, le Code de la sécurité routière permet
de contrôler la vitesse par un cinémomètre photographique. Ça le prévoit
spécifiquement à l'article 332 du CSR. Puis, à l'article 359.3, on
prévoit que l'arrêt à un feu rouge peut être vérifié, le... s'il est fait par
un système photographique de contrôle de circulation aux feux rouges. Ça fait
que, pour les deux... les deux comportements routiers, présentement, qui
peuvent être contrôlés, présentement, par un système de détection, dans le
fond, c'est prévu spécifiquement aux articles. Ce qui est souhaité, c'est qu'on
le... On... Ce qui était souhaité, c'est d'avoir la latitude d'en prévoir
d'autres puis de le prévoir par règlement. C'est pour ça que, là, maintenant,
vous allez le voir plus loin dans le projet de loi, on... les dispositions du
CSR qui pourraient être... dont le respect pourrait être vérifié par un système
de détection seraient déterminées par un règlement du gouvernement. Et le
règlement va venir identifier les dispositions du CSR qui vont pouvoir être...
dont le respect va pouvoir être contrôlé par un système de détection. Pour le moment,
on va reprendre les mêmes dispositions, soit l'article 332.
Une voix : ...
Mme Tardif (Marie-Josée) : L'article 332,
l'excès de vitesse, puis l'article 359, qui est l'obligation de faire un
arrêt à un feu rouge. Puis... Mais puisqu'il était souhaité que, s'il existe
d'autres systèmes de détection qui pourraient constater d'autres comportements
routiers, on ne voulait pas être obligés de venir modifier le code pour le
prévoir... Dans le fond, on pourrait le faire par règlement. Ça fait que, là,
dans le fond, tout ce qui est... Au lieu de le prévoir spécifiquement aux
articles, on a un... c'est... on a comme regroupé toutes les dispositions dans
un nouveau chapitre.
M. Derraji : Et donc, ce
que vous souhaitez, c'est que... plus de flexibilité au niveau du CSR, ne pas
être limités. Si, demain, il y a une nouvelle technologie qui va aider, par
exemple, je ne sais pas quoi, qu'est-ce que vous avez en tête, là, vous avez
nommé juste deux. J'imagine...
Mme Tardif (Marie-Josée) : Qui
sont... les... ceux présentement, actuellement.
M. Derraji : Qu'il y a...
Qu'on a. Juste deux, oui, feux rouges et...
Mme Tardif (Marie-Josée) : Excès
de vitesse.
M. Derraji : Et l'excès
de vitesse. Avez-vous quelque chose d'autre en tête ou...
Mme Tardif (Marie-Josée) : Bien,
ça...
Mme Guilbault :Bien là, c'est juste de voir... Excusez, mais c'est ça,
c'est... c'est la latitude dont on voulait se prévaloir tout à l'heure, là.
Donc là, on a des processus qui ont été faits pour voir qu'est-ce qui est
disponible sur le marché. Mais, si, éventuellement, il y avait d'autres types
d'infractions... parce que c'est lourd, faire des modifications législatives.
Ça fait que, si on peut procéder par règlement, ça va être beaucoup plus
souple, moins compliqué. Et en plus on regroupe, c'est ça, de la... Il y a la
création d'un nouveau chapitre, dans le fond, parce que c'était un peu
éparpillé, les modifications relatives aux ACA. Donc...
M. Derraji : Ce qui me
ramène à vous poser une autre question sur les pénalités. On ne parle pas de
pénalités, là, on parle juste de détection d'une infraction. Il y a deux :
excès de vitesse et feux rouges, mais les deux, il y a des infractions liées.
Mme Guilbault :Oui, mais ça, c'est... Je ne sais pas c'est à quel article par
coeur...
M. Derraji : Parce que
je veux juste comprendre. Je comprends la flexibilité. Je vous salue, c'est
excellent, c'est... ça va permettre aux gens d'aller plus vite et non pas
attendre à... Mais je ne suis pas un grand fan des règlements. Parfois je dis :
Un règlement, on peut l'interpréter de plusieurs façons, mais la question :
Pourquoi vous dites aujourd'hui que c'est mieux que ça passe par règlement et
non pas par voie du législateur?
Mme Guilbault :Parce que c'est compliqué, faire un projet de loi, on le
voit, c'est long, c'est lourd, alors qu'un règlement, c'est une prépublication
à la Gazette officielle, les gens peuvent faire leurs commentaires,
ensuite de ça on peut l'édicter. Ça permet d'être beaucoup plus efficace comme
État.
M. Derraji : Ce n'est
pas vraiment lourd. C'est un projet de loi.
Mme Guilbault :Mais c'est certainement plus exigeant en termes de
ressources humaines. Vous voyez la quantité de personnes qui ont été assises
ici pendant des heures? Alors, un règlement, je dirais que c'est peut-être un
peu plus pratique, pragmatique.
Des voix :...
Mme Guilbault :Oui. Bien, ça répond bien aux besoins des usagers. Mais, en
fait, l'un comme l'autre, ça répond bien, mais...
M. Derraji : OK. Donc,
en date d'aujourd'hui, il y a deux choses, c'est feux rouges et l'excès de
vitesse. Mais est-ce que, sur la table, il y a autre chose que vous voulez
passer par règlement?
Mme Guilbault :Non, mais là, actuellement, on est sur le projet de loi.
Donc, on va éventuellement avoir le règlement, et il y aura un projet,
justement, qui sera publié pendant 45 jours dans la Gazette officielle,
les gens pourront faire leurs commentaires. Mais là on est en train d'élaborer
le <projet...
Mme Guilbault :
...dans la Gazette officielle, les gens
pourront faire leurs commentaires. Mais là, on est en train d'élaborer le >projet
de règlement. Je ne suis pas en mesure aujourd'hui d'en dévoiler le contenu.
M. Derraji : OK. Donc...
Mme Guilbault :Mais notre intention, c'est de ne pas s'enfermer
nécessairement. Actuellement, on va continuer de fonctionner avec feux rouges,
vitesse. On le voyait tout à l'heure, on protégeait en quelque sorte les deux
systèmes qui sont actuellement utilisés. On va continuer d'avoir ça, mais, si,
un jour, il y a d'autres types d'infractions, d'autres types de comportements
qui... que les appareils... les nouveaux appareils permettent de contrôler,
bien, on va avoir la latitude de le faire sans devoir passer par un projet de
loi.
M. Derraji : Juste,
parenthèse, attention à votre sac. Désolé. Je...
Mme Guilbault :Ah! d'habitude, c'est moi qui me roule dedans...
M. Derraji : Oui, bien, je le
vois depuis tout à l'heure. J'ai juste peur pour lui et pour votre sac.
Mme Guilbault :Il n'est pas assez gros.
M. Derraji : Je ferme la
parenthèse, M. le Président. Je le vis aussi. Pas mon sac, mais sac de ma
femme.
Je vais revenir au règlement. Je suis
juste curieux parce qu'on dirait qu'il y a quelque chose que... ce n'est pas
que... il y a quelque chose qui vous empêche de le mettre pour les deux. Vous
voulez aller vite par le règlement, mais, si on peut juste savoir c'est quoi,
les choses que vous avez en tête, pour les mettre en règlement. Parce qu'on
veut améliorer le CSR, ça, c'est clair, et vous ne voulez pas que ça... ça
passe par voie... procédure normale, donc par publication, par règlement, mais
c'est quoi, c'est quoi, cette chose que...
• (18 h 20) •
Mme Guilbault :Là, c'est ça, c'est à l'article 37. Mais je ne suis
pas certaine de comprendre la question. C'est assez commun d'avoir des projets
de loi dans lesquels on prévoit, par règlement, certaines mesures, puis
éventuellement il y a des projets de règlement qui sont présentés simultanément
ou après le projet de loi, là, donc...
M. Derraji : Mais vous avez
le droit, je vous le dis, c'est juste... moi, je suis toujours sceptique à ce
qu'on... quand on me dit : On va passer ça par règlement, j'ai déjà joué
dans ce film ailleurs, et on se ramasse avec des surprises. Donc, du moment que
je suis dans le Code de la sécurité routière, il y a un plan, il y a quelque
chose, il y a des réflexions au sein du ministère. Si vous pouvez nous partager
ces réflexions, ça serait génial. Vous avez dit quoi? 37?
Des voix : ...
M. Derraji : Vous avez dit
37?
Mme Guilbault :C'est ça, à l'article 37, c'est là qu'on va venir
détailler un peu plus, là. Je ne sais pas si...
M. Derraji : Les sanctions
administratives pécuniaires? Est-ce que...
Mme Guilbault :Les collègues... Oui, c'est ça. Il y a les amendes qui sont
prévues. Ça ne sera pas long, je le... je ne l'ai pas...
M. Derraji : C'est la
page 249.
Mme Guilbault :249.
Des voix : ...
Mme Guilbault :C'est ça ici? Alors... alors c'est ça : «Le Règlement
d'application de diverses dispositions concernant les systèmes de détection»
dont le respect peut être contrôlé... alors qui peut être contrôlé en matière
de respect des limites de vitesse, en matière de respect de l'arrêt à un feu
rouge... Là, je lis l'article 37, mais, en tout cas, c'est entre nous, là,
mais...
M. Derraji : Non, non, non. OK.
Mais là il est dans... Mais vous n'êtes pas obligée, sérieux... une question...
Donc... donc, c'est dans le projet de loi. Donc, ce n'est pas dans le
règlement.
Le Président (M. Jacques) : ...
M. Derraji : Hein?
Mme Guilbault :Mais les...
M. Derraji : Non, mais c'est
juste... Ça va bien, l'échange...
Le Président (M. Jacques) : ...
je me parlais à moi
M. Derraji : Ah! oui, désolé.
Je respecte l'autorité du président.
Des voix : ...
Mme Guilbault :Pour ne pas... Pour qu'on voulait... Pour qu'on... Pour
qu'il puisse être en vigueur dès que possible à l'adoption du projet de loi et
non attendre la future élaboration du règlement, on a mis le règlement
directement dans un article du projet de loi, mais, comme c'est un règlement,
ensuite, si on veut le modifier pour ajouter des choses ou modifier des choses,
on va pouvoir le faire par règlement.
Une voix : ...
Mme Guilbault :...ça ne laisse pas de vide juridique entre les deux.
M. Derraji : OK! Bien là,
c'est excellent, parce que ce n'est pas ce que j'ai compris au début. Parce que
ce que j'ai compris au début, c'est qu'il va y avoir un projet de règlement
plus tard. Donc, il est dans la loi, il est là, quand on va voir le 37...
Mme Guilbault :Oui, il est dans la loi, mais, si, un jour, on... Parce que
quand mon collègue disait : Qu'est-ce qui est sur la table? Qu'est-ce
qu'on veut faire dans le futur? C'est dans ce sens-là que je disais :
Éventuellement, si on veut faire des changements, ça va se faire par règlement.
Mais j'ai bien dit, aussi, qu'on a protégé les deux systèmes actuellement
utilisés, puis les types d'infractions actuellement surveillées par nos
appareils sont tels quels ici, là.
M. Derraji : OK, donc, les
infractions qu'on a, c'est ce qu'on a maintenant. Une fois, il y a un
changement, ça va se faire par voie de règlement.
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : Si on n'a pas...
Si on n'a pas un... quelque chose que nous, on voit, qui n'existe pas
maintenant, bien, la seule chose qu'on a, c'est l'ajouter dans le... l'amender
dans le projet de <loi...
M. Derraji :
...quelque
chose que nous, on voit, qui n'existe pas maintenant, bien, la seule chose
qu'on a, c'est l'ajouter dans le... l'amender dans le projet de >loi, sinon
c'est en fonction de votre lecture et ça peut passer par un règlement. Est-ce
que j'ai bien résumé? Est-ce que j'ai bien compris?
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : OK. Moi, ça
répond à ma question. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Nelligan. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
Bien, c'est des questions intéressantes qui sont posées par mon collègue, là,
parce qu'évidemment on veut... avec un règlement, on se permet d'être un petit
peu plus agiles, je le dirais comme ça, là, pour faire évoluer, finalement, le
type d'infractions qui peuvent être identifiées ou relevées par des appareils
de détection automatisés. En même temps, bien, Mme la ministre l'a souligné
aussi, c'est vrai que ça mobilise plus de personnes d'avoir... de faire le
processus dans une loi. Par contre, le projet de loi, bien, il y a aussi des
audiences, on a le temps... c'est plus démocratique, je pourrais le dire comme
ça, c'est plus ouvert, on a le temps d'avoir des discussions ensemble. Un
règlement, je veux dire, oui, les gens ont 45 jours pour envoyer des
mémoires, mais ça reste quand même un... disons, un processus un petit peu plus
expéditif, d'une part, mais un petit peu plus, aussi, imposé. Ce n'est
peut-être pas le bon terme, mais, en fin de journée, je pense que Mme la
ministre va comprendre ce que je veux dire.
Donc, je suis comme un peu ambivalent par
rapport à ça, parce qu'il y a des éléments qui sont positifs d'un côté comme de
l'autre, puis il y a des choses aussi, actuellement... peut-être que... puis je
veux me référer, en fait, au mémoire, là, de Vélo Québec, là, mais peut-être
d'abord commencer par... Là, actuellement, là, les caméras ou, en fait, les
appareils, les ACA qu'on a, là, les systèmes de détection peuvent être
utilisés, puis ça va être ça, là, à la sanction, là, du projet de loi pour deux
types d'infractions, c'est-à-dire la vitesse puis le respect des feux rouges?
C'est bien ça?
Mme Guilbault :Excusez, j'ai manqué la fin parce que mon collègue, il...
M. Grandmont : Donc, ma
question, là, c'est qu'au moment où le projet de loi va être sanctionné, donc
adopté, les deux types d'infractions qui pourront être identifiées, les deux
types d'infractions qui pourront être relevées par les appareils de détection
automatique, c'est la vitesse puis les feux rouges?
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : C'est ça.
Donc, la vitesse, je comprends, ça, c'est un système qui est à part, c'est des
cinémomètres. Bon, il y a une technologie associée à ça. L'autre côté, les feux
rouges, c'est des appareils photo, tout simplement. C'est bêtement ça?
Mme Guilbault :Si on veut. Oui, c'est ça, exact.
M. Grandmont : La preuve,
c'est ça, là, c'est une photo qui montre que l'automobiliste a traversé une
intersection alors que le feu était rouge ou c'est une série de photos ou une
photo. C'est bien ça? Parfait.
Il y avait des propositions qui avaient
été faites par Vélo Québec, notamment pour la question du non-respect d'un feu
vert directionnel puis aussi, là, de l'interblocage. Je vais aller dans les...
dans le Code de la sécurité routière, c'est les articles 364 et 366.
Donc, 364. Donc, ça dit : «À moins
d'une signalisation contraire, face à une flèche verte, le conducteur d'un
véhicule routier ou le cycliste doit, après avoir cédé le passage aux véhicules
routiers, aux cyclistes et aux piétons déjà engagés dans une intersection,
circuler dans le sens indiqué par la flèche.» Donc, en gros, ce que ça dit,
c'est que, s'il y a une flèche qui dit d'aller tout droit, on n'a pas le droit
de tourner à droite ou à gauche. Puis 366... Donc, ça, c'est sur
l'interblocage. Une flèche verte, ça dit : Va tout droit, tu n'as pas le
droit de tourner. Sinon, c'est une infraction, et donc, normalement, on a un
ticket pour ça.
Puis 366, ça dit : «Même si un feu de
circulation le permet, le conducteur d'un véhicule routier ne peut s'engager
dans une intersection quand le véhicule ne dispose pas à l'avant d'un espace
suffisant pour ne pas bloquer l'intersection. Dans ce cas, le conducteur doit
immobiliser son véhicule dans la ligne latérale de la chaussée qu'il s'apprête
à croiser.»
L'interblocage, dans le fond, si vous avez
déjà participé ou joué au jeu Rush Hour, là, tu sais, c'est les voitures qui
sont toutes comme ça, là, sur un petit... puis il faut faire sortir la voiture
rouge, là, c'est ça, de l'interblocage, c'est des voitures qui sont dans
l'intersection puis qui empêchent les... elles sont avancées suffisamment dans
l'intersection malgré un feu rouge puis elles empêchent les voitures qui ont
leur feu vert d'avancer. Et ça aussi, c'est interdit et c'est passible d'une
contravention.
Dans ces deux cas-là, on a des situations
qui se passent à une intersection, là où on a déjà des caméras pour être
capables de détecter le non-respect d'un feu rouge. Est-ce qu'on n'aurait pas
pu, plutôt que d'attendre le règlement, les insérer tout de suite dans la loi?
Puisque, de toute façon, c'est déjà des éléments ou, en fait, des comportements
qui sont proscrits et qu'on aurait pu, finalement, tout de suite, dès la
sanction, vérifier avec des systèmes de détection automatisés.
Mme Guilbault :Oui. Bien, c'est ça. C'est qu'actuellement les systèmes
dont on dispose peuvent encadrer, ils peuvent surveiller les deux comportements
qui sont déjà prévus, le feu rouge puis le...
M. Grandmont : Puis la
vitesse.
Mme Guilbault :...puis la vitesse, c'est ça. Alors donc, on ne dispose
pas, actuellement, de moyens technologiques pour d'autres infractions, mais, si
un <jour...
Mme Guilbault :
...on ne dispose pas, actuellement, de moyens
technologiques pour d'autres infractions, mais si un >jour c'est le cas,
on va pouvoir les ajouter par règlement; des infractions qui existent déjà par
ailleurs, là, qui sont déjà des choses qui sont interdites, là. L'idée, avec le
règlement, ce n'est pas d'inventer des nouvelles affaires sorties de nulle
part, puis tout ça, là, on s'entend, mais... mais c'est ça.
M. Grandmont : Mais je vous
comprends bien, mais... mais identifier un interblocage ou le non-respect d'un
feu... d'une flèche verte comme 364, là, ça se... ça se vérifie avec une photo,
en fait, ça aussi. Puis on a déjà des appareils qui sont situés aux
intersections. Est-ce qu'il y a quelque chose qui, dans la technologie, nous
empêche de constater des infractions pour 364 et 366?
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Donc,
je crois que, compte tenu de l'heure, nous allons suspendre nos travaux sine
die.
(Fin de la séance à 18 h 30)